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Full text of "Algèbre elémentaire avec de nombreuses applications à la géométrie et aux questions les plus simples de physique, de mecanique, etc"

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ALGÈBRE 

ÉLÉMENTAIRE 



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AVIS. 

Tous les exemplaires de cet ouvrage non revêtus de notre griffe 
.seront réputés contrefaits. 



DE l.'lMl'UlMtHlK I»E CUArtLKT, U Ë l.K VAIgIkaKU, 




/ 



ALGÈBRE 

fjÂ"^ ÉLÉMENTAIRE 



7 



AVEC DE NOMBREUSES APPLICATIONS 

A LA GÉOMÉTRIE ET AUX QUESTIONS LES PLUS SIMPLES iDÏMHÏYSiyUE 
DE MÉCANIQUE, ETC • . 



A I/USAGE 



DES ASPIRANTS 

A L'ÉCOLE MIHTAIRK DE SALNT-C\R , A L'ÉCOLE NAVALE, A L'ÉCOLE lOKKSTILUK 
A l'école centrale des arts et MANUFACTURES, ETC 



PAR H»« SONNET 

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BOcrEWR Jis sr.nîir.i!* 



-o >» *^C<;7<r 



PARIS 

L. HACHETTE ET C'« 

LIBRAIRES DE L' UNIVERSITÉ ROVALE DE FRANCl 

RUE PIERRE-SAURAZIN, y" fi 

1848 



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VJ^4i, 



AVANT-PROPOS 



D'après l'usage adopté dans l'enseignement , on divise l'Algèbre 
en deux parties : l'Algèbre élémentaire et l'Algèbre supérieure. 
La première partie , qui renferme la résolution des équations du 
premier et du second degré , la formule du binôme , la théorie 
des logarithmes, et quelques questions accessoires, est celle qui 
est traitée dans ce volume. L'Algèbre supérieure n'étant exigée 
que pour le baccalauréat es sciences mathématiques et pour l'ad- 
mission à l'École Polytechnique et à l'École Normale , nous 
croyons être utile au plus grand nombre des élèves en publiant 
séparément un traité sur la partie de l'Algèbre qui est comprise 
dans le cadre des mathématiques élémentaires. En supprimant 
l'Algèbre supérieure , que nous nous réservons d'ailleurs de trai- 
ter plus tard avec les développements qu'elle comporte, nous 
avons pu réduire considérablement l'étendue de ce hvre, tout en 
donnant h l'exposition des théories principales plus d'extension 
qu'elle n'en reçoit d'ordinaire. 

L'Algèbre, comme les autres branches des mathématiques, 
peut être enseignée sous deux points de vue : soit sous le point 
de vue spéculatif ou purement théorique , soit sous le point de 
vue des applications. Nous n'avons rien négligé pour compléter 
la partie théorique et pour lui donner la rigueur qui est devenue 
aujourd'hui un des premiers besoins de l'enseignement. Mais en 

a 

812299 



II AVA^T- PROPOS. 

même temps nous aurions cru être infidèle au système que nous 
avons adopté dans nos autres publications , si nous n'avions es- 
sayé d'ajouter à la clarté et à l'intérêt de l'exposition théorique 
par de nombreuses applications. Il y a sans doute des esprits aux- 
quels les vérités abstraites plaisent, par cela seul que ce sont des 
vérités; mais le plus grand nombre aiment à trouver dans le 
monde des abstractions quelque chose d'utile et d'applicable au 
monde réel. Pour les esprits neufs ou rebelles, ce sont d'ailleurs 
les applications qui servent à faire comprendre la théorie, qui en 
donnent pour ainsi dire la clef, et qui contribuent le plus puis- 
samment à en fixer les préceptes dans la mémoire. 

Parmi les applications de l'Algèbre , les plus intéressantes sont 
celles qui se rattachent à la Géométrie élémentaire ; nous n'avons 
pas hésité h en donner un grand nombre : rien n'est plus propre 
à fortifier et à étendre le jugement des élèves que l'étude des re- 
lations intimes qui existent entre ces deux branches de la science; 
et nous aurions eu d'autant plus de regrets de nous priver d'une 
source aussi abondante de problèmes, que presque toujours la 
Géométrie est enseignée avant l'Algèbre , ou au moins parallèle- 
ment avec elle. Si quelques-uns de MM. les professeurs croyaient 
néanmoins avoir des motifs de commencer par l'Algèbre, ils 
trouveront h la suite de chaque théorie des exemples et des pro- 
blèmes abstraits sur lesquels ils pourront exercer leurs élè^es. 

Les autres applications sont piiscs parmi les problèmes les 
plus élémentaires de Physique et de Mécanique, ou dans des 
questions usuelles. Nous avons plutôt choisi que multiplié les 
énoncés , et les élèves laborieux pourront consulter à ce sujet des 
recueils connus et estimés où ils trouveront en abondance de quoi 
alimenter leur zèle. 

ïl y a un certain nombre de questions que nous avons traitées 
d'une manière très-différente de celle qui est en usage ; telles sont : 



AVANT-PROPOS. III 

la discussion (partielle) des valeurs générales fournies par trois 
équations du premier degré à trois inconnues; l'extraction de la 
racine carrée des quantités en partie cnmmensurables et en par- 
tie incommensurables , celle des quantités imaginaires ; la réso- 
lution de l'équation exponentielle , etc. Nous n'ayons point été 
guidés en cela par un vain amour de la nouveauté ; nous croyons 
nos méthodes préférables; MM. les professeurs en jugeront. Il y a 
d'autres questions que nous avons traitées plus complètement 
qu'on ne le fait d'ordinaire, tels sont : le calcul des irration- 
nelles , les combinaisons , les logarithmes , et enfm les approxi- 
mations numériques. Cette dernière question, qu'on ne traite pas 
ordinairement en Algèbre , et qui cependant ne saurait être traitée 
convenablement en Arithmétique , a été de notre part l'objet d'un 
soin tout particulier ; nous y avons donné quelques théorèmes 
utiles et simples, connus sans doute, mais dont l'énoncé ne se 
trouve pas ordinairement dans les livres ; entre autres celui-ci : 
Lorsqu'une quantité plus grande que l'unité est donnée à moins 
d'une unité décimale d'un certain ordre , sa racine carrée ou cu- 
bique peut être obtenue avec le même degré d'approximation = . 
Nous avons consacré un paragraphe particulier aux approxima- 
tions relatives, les seules qui intéressent la pratique, et dont les 
règles ne sont données nulle part, du moins à notre connais- 
sance. 

Quant à l'ordre que nous avons suivi, on s'en fera une juste 
idée en parcourant la table des matières. On verra que dans cha- 
cune des divisions de l'ouvrage l'indispensable est toujours ce 
que nous avons mis en première ligne. 

Quoique nous n'ayons pas eu l'intention de composer un Ma- 
nuel des aspirants à telle ou telle école spéciale , néanmoins les 
élèves qui se destinent aux écoles trouveront dans ce traité tout 
ce qui peut leur être utile, et, en particulier, la solution de 



IV AVANT-PROPOS. 

toutes les questions de théorie ou d'application proposées dans le 
questionnaire de Saint-Cyr. Nous croyons donc pouvoir leur of- 
frir ce livre, ainsi qu'aux élèves qui suivent l'enseignement spé- 
cial dans les collèges , et à tous ceux en général qui se livrent à 
l'étude des Mathématiques élémentaires , comme un guide qu'ils 
pourront consulter avec quelque fruit. 



ÉLÉMENTAIRE. 
PREMIÈRE PARTIE. 

OPÉRATIOIVS FONDAMEiVTALES ET PROBLÈMES 
DU PREMIER DEGRÉ. 

CHAPITRE PREMIER. 

NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 

§ I. But de l'Algèbre. 

1. L'Algèbre est la science qui a pour but de résoudre d'une 
manière générale les questions relatives aux nombres. 

C'est-à-dire que , dans cette partie des mathématiques , on ne se 
contente pas de la solution particulière d'une question, on recherche 
encore la solution générale de toutes les questions du même genre. 

Pour y parvenir, on représente par des lettres les grandeurs con- 
nues ou inconnues que l'on a à considérer; et, à l'aide de signes 
abréviatifs on écrit les relations que la nature du problème établit 
entre ces grandeurs. L'Algèbre donne ensuite des règles pour ti-ans- 
former ces relations en d'autres plus simples, ou mieux appropriées 
au but qu'on se propose ; et c'est en déplaçant ainsi successivement 
la difficulté qu'on peut la diminuer et enfin la résoudre. On obtient 
alors la valeur de chaque inconnue sous la forme d'une expression 
générale^ dans laquelle il n'y aura plus, dans chaque cas particulier, 
qu'à remplacer chaque lettre par sa valeur particulière , et à effec- 
tuer les calculs qui ne sont qu'indiqués. Une pareille expression 
générale est ce qu'on nomme \mQ formule algébrique. 

Un exemple éclaircira ces généralités. 

2. Proposons-nous d'abord cette question particulière : Trouver 

1 



2 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I. 

deudr. non^bne^ dont la somme soit 17 et dont la différence soit 5 . 
Pour la l'ésoudre, nous pourrons d'abord faire le raisonnement 
.suivant : • 

'* La différence des deux nombres étant 5 , le plus grand est égal 
au plus petit augmenté de 5 ; la somme des deux nombres est donc 
égale au plus petit nombre augmenté de 5 , plus encore au plus 
petit nombre ; ou, ce qui revient au même, à deux fois le plus petit 
nombre, plus 5 . Mais cette somme doit faire 17 ; donc le double 
du plus petit nombre, plus 5 , égale 17 . Il en résulte que le double 
du plus petit nombre équivaut à 17 diminué de 5 , ou à 12 ; et 
que par conséquent ce plus petit nombre lui-même est la moitié de 
12 , ou 6 . Par suite, le plus grand nombre est égal à 6 plus 5 , 
ou à 11 . 

On remarque que dans ce raisonnement certaines expressions se 
reproduisent un grand nombre de fois ; ce sont le plus petit nombre; 
le plus grand nombre; plus ou augmenté de ; moins ou diminué de; 
égale ou équivaut à. On pourra donc simplifier l'écriture de ce rai- 
sonnement en convenant, par exemple, de représenter le plus petit 
nombre par la lettre œ , le plus grand nombre par la lettre y ; les 
expressions plus ou augmenté de par le signe -f- , déjà employé en 
arithmétique , les expressions moins ou diminué de par le signe — ; 
la division par 2 en mettant ce nombre en dénominateur ; enfin les 
expressions égale ou équivaut à par le signe = . A l'aide de ces 
conventions, le raisonnement ci-dessus pourra s'écrire de la manière 
suivante : 

y—x=b ; 

donc f/ = a?-|-5 . 

Mais î/ + a?=17 ; 

donc x-\-6+x=^V7 , 

ou 2a;+5 = 17 . 

De là résulte 2a; = 17 — 5 = 12 ;' 

donc ^~Y ^^ aJ = 6 . 

Par suite, j^ = 6-(-5 = ll . 

Chacune des lignes que nous venons d'écrire , correspond à l'un 
des raisonnements partiels qui composent le raisonnement total écrit 
plus haut. 

5. Les raisonnements seraient évidemment les mêmes si les 
nombres 17 et 6 étaient remplacés par des nombres quelconques. 
Mais les signes abréviatifs que nous avons employés ne suffisent pas 
pour mettre en évidence ce qu'il peut y avoir de commun dans les 



NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 3 

rsultats des raisonnements, quelles que soient les données. Cela 
tient à ce que les résultats numériques auxquels on est conduit 
n'offrent aucune trace des opérations qui ont servi à les obtenir. 
Ainsi le nombre 6 , qui a été obtenu en retranchant 5 de 17 et en 
prenant la moitié du reste, pourrait s'obtenir d'une infinité d'autres 
manières ; et rien dans ce résultat brut 6 n'indique comment on y 
est parvenu. 

Il n'en serait plus de même si , au lieu d'effectuer les opérations 
numériques au fur et à mesure qu'elles se présentent , on se con- 
tentait de les indiquer par des signes. C'est ce que nous allons 
montrer en reprenant le même problème ; mais afin de donner à la 
solution toute la généralité qu'elle comporte , nous remplacerons 
les données numériques par des lettres auxquelles on pourra ensuite 
attribuer telles valeurs qu'on voudra. Nous désignerons donc par a 
la somme des deux nombres inconnus x et y ; et par b leur dif- 
férence; œ désignant toujours le plus petit. 

Cela posé , nous allons reprendre le raisonnement total ; nous le 
reproduirons ensuite en employant l'écriture algébrique ; et, afin de 
rendre la comparaison plus facile nous aurons soin de marquer d'un 
numéro d'ordre commun les raisonnements partiels qui se corres- 
pondent : 

[1] Le plus grand nombre, moins le plus petit, égale la différence 
donnée ; 

[2] Donc, le plus grand nombre équivaut au plus petit, plus la 
différence donnée ; 

[3] Le plus grand nombre , plus le plus petit , égale la somme 
donnée ; 

[4] Donc , le plus petit nombre augmenté de la différence donnée, 
plus encore le plus petit nombre , égale la somme donnée ; 

[5] Ou bien , deux fois le plus petit nombre , plus la différence 
donnée, égale la somme donnée. 

[6] Il en résulte que : deux fois le plus petit nombre égale la 
somme donnée , moins la différence donnée ; 

[7] Et qu'enfin , le plus petit nombre égale la moitié de la somme 
donnée, moins la moitié de la diflérence donnée. 

[8] Par suite, le plus grand nombre égale la moitié de la somme 
donnée, moins la moitié de la différence donnée, plus cette même 
différence ; 

[9] Ce qui revient à la moitié de la somme donnée, plus la moitié 
de la différence donnée. 



U PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I. 

En écriture algébrique , les mêmes raisonnements deviendront 



[1] 


y—x=b ; 


[2] donc 


y = x-^b . 


[3] Mais ^ 


y+x=a ; 


[4] donc 


x-\-b -{-x = a 


[5] ou bien 


2œ + b==:a . 


[6] Il en résulte 


2x = a — b , 


[7] et enfin 


a b 


[8] Par suite 


a b . , 
2/ = 2-2 + * 


[9] ou bien 


a , b 
ï/ = 2 + 2 ■ 



Remarque. On voit que lorsqu'on a la somme et la différence de 
deux nombres, on obtient le plus petit en retranchant la moitié de 
la différence de la moitié de la somme, et le plus grand en ajoutant 
la moitié de la différence à la moitié de la somme; ce qui constitue 
un théorème de calcul. 

A. Les valeurs générales 

a b . a , b 

x=z- — - et ?/ = -4-- 
2 2 -^ 2 '2 

sont des formules qui donneront immédiatement les valeurs des 
inconnues dans chaque cas particulier ; il suffira d'y remplacer a 
et b par les données particulières, et d'efiéctuer les calculs in- 
diqués. 

Si l'on demande , par exemple , de trouver deux nombres dont la 
somme soit 31 et la différence 13 , on aur^ 

^ ^^ 13 nf 31 , 13 

18 AA 

ou x = ~ et y = ~ , 

ou enfin ^ = 9 et ?/ = 22 ; 

c'est-à-dircquelepluspetitdes deux nombres demandés est 9 , et 
le plus grand 22 . En eli'et, 22 diminué de 9 donne 13 , et 22 
augmenté de 9 donne 31 . 

*">. La question très-simple que nous venons de traiter suffit 
néanmoins pour faire voir connnent l'écriture algébrique, indé- 



NOTIONS PRÉrJMINAIRES. 5 

pendamment de sa brièveté, permet de traiter un problème de la 
manière la plus générale, et conduit à des formules ou règles pour 
obtenir la solution dans chaque cas particulier. 

La série des égalités [4] , [5] , [6] , [7] du numéro (5) , offre un 
exemple des transformations successives à l'aide desquelles on peut, 
d'une relation entre une inconnue et des quantités données , dé- 
duire une relation plus simple qui donne la valeur de cette in- 
connue. 

Le but de l'Algèbre étant ainsi clairement établi , nous allons nous 
occuper des signes abréviatifs qu'elle emploie et des règles du cal- 
cul algébrique. 

§ H. Des signes algébriques. 

t>. Nous donnons dans ce paragraphe l'explication de tous les 
signes abréviatifs usités en Algèbre , quoique plusieurs d'entre eux 
ne soient pas, dès à présent, indispensables à connaître. Notre but 
est d'éviter au lecteur, qui aurait oublié le sens d'un signe , la peine 
d'en chercher la définition dans le corps de l'ouvrage, en lui offrant 
un tableau qu'il lui sera toujours facile de consulter. 

7. Le signe -|- s'énonce ^/?^s; placé entre deux quantités, il 
indique qu'on en fait la somme. Ainsi x-\-6 signifie la somme des 
quantités a? et 5 ; de même a; -j- « -j- 5 exprime la somme des 
quantités x, a et 5 . 

8. Le signe — s'énonce moins; placé entre deux quantités, il 
indique qu'on en fait la différence , ou que de la première on re- 
tranche la seconde. Ainsi x — 5 exprime la différence des quan- 
tités X et 5 , ou ce qui reste de la quantité représentée par x 
quand on en retranche 5. De même x — a — 5 indique ce qui 
reste de la quantité x quand on en retranche successivement la 
quantité a et le nombre 5 . 

9. Le signe X s'énonce multiplié par; placé entre deux quan- 
tités, il indique qu'on en fait le produit. Ainsi xy<6 indique le 
produit de x par 5. De même ^XaX5 exprime le produit 
des trois facteurs x, a et 5 . 

On remplace souvent le signe X par un simple point. Ainsi au 
lieu de a'Xb on peut écrire a. b . 

Plus souvent encore on se contente , pour exprimer la multipli- 
cation , d'écrire les facteurs à la suite les uns des autres , sans au- 
cune interposition de signe. Mais cela ne se fait que lorsqu'il n'y a 
pas plus d'un facteur numérique , et ce facteur se place alors le pre- 
mier. Ainsi au lieu de ^ X « X 5 on peut écrire x.a,^ , ou plus 
simplement 6ax . 



n PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I. 

Le facteur numérique qui précède ainsi un produit de facteurs 
exprimés par des lettres, porte le nom de coefficient. 

10. Quand un produit renferme plusieurs facteurs égaux, on se 
contente d'écrire l'un d'eux, et l'on place à sa droite, et un peu au- 
dessus, le nombre qui indique combien il y a de ces facteurs égaux. 
Ainsi, au lieu de 5x5 on peut écrire 5^ ; au lieu de ^X^Xa: 
on peut écrire x^ . 

Ce nombre qui indique combien il y a de facteurs égaux à celui 
qu'on n'écrit qu'une fois, porte le nom à' exposant; et le produit des 
facteurs égaux s' sl^^qWq puissance de l'un de ces facteurs. L'expres- 
sion ba^h-x indiquerait un produit composé du facteur 5 , de 3 
facteurs égaux à « , de 2 facteurs égaux à 6 , et enfin d'un facteur 
égala X ; ou bien le produit de 5 par la 3« puissance de a , 
par la 2*^ puissance de 6 , et par la l'^^ puissance de x . 

11. Le signe : s'énonce È?/m>'jpâ!r; placé entre deux quantités; 
il indique que la première est divisée par la seconde. Ainsi x : 5 
exprime le quotient de 57 par 5 . 

On indique encore la division en écrivant le quotient comme une 
fraction qui aurait pour numérateur le dividende et pour dénomi- 
nateur le diviseur. Par exemple 

X : 5 peut s'écrire -r . 
5 

Le trait horizontal qui sépare le dividende du diviseur se nomme 
barre de division. 

12. Le signe y/ indique la racine carrée de la quantité placée 
au-dessous, c'est-à-dire une quantité qui, multipliée par elle-même, 
reproduirait la quantité placée sous le signe. Par exemple \/49 ex- 
prime la racine carrée de 49 , ou le nombre qui , multiplié par 
lui-même, donne 49 . 

Le signe v^ indique de même la racine cubique de la quantité 
placée au-dessous, c'est-à-dire une quantité qui, prise 3 fois comme 
facteur, donnerait pour produit la quantité placée sous le signe. 
Ainsi, ^64 exprime la racine cubique de 64 , ou le nombre qui, 
pris 3 fois comme facteur, donnerait pour produit 64 . 

Les signes v^ , v^ , etc. , indiqueraient de même la racine 
quatrième, la racine cinquième, etc. , de la quantité placée au-des- 
sous, c'est-à-dire une quantité qui , prise 4 fois, 5 fois, etc. , comme 
facteur, donnerait pour produit la quantité placée sous le signe. 

Ce signe porte en général le nom de radical , et le nombre placé 
au-dessus dans son ouverture est ce qu'on nomme Vindice du ra- 
dical. Ainsi, dans ^~~, c'est 3 qui est l'indice du radical. 



NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 7 

15. Les parenthèses ( ) expriment le résultat des opérations 
indiquées sur les quantités qu'elles enveloppent ; les signes qui af- 
fectent les parenthèses indiquent les opérations à effectuer sur ce 
résultat. Ainsi , 

X — {a — 5) 

indique que de la quantité x on retranche le résultat obtenu en re- 
tranchant 5 de a . 

(a; + 5)Xa 

indique qu'après avoir fait la somme des quantités a? et 5 , on 
multiplie le résultat, ou la somme, par a . 

(x — 2):a 

indique qu'après avoir retranché 2 de ^ on divise le résultat, 
ou la différence, par la quantité a . 

(x + 6f: {a-^'^f 

indique qu'après avoir fait la somme des quantités a? et 5 et formé 
un produit de 3 facteurs égaux à cette somme , on divise ce produit 
par le produit de 2 facteurs égaux à la différence entre a et 2. 

14. Le signe = s'énonce égale; placé entre des expressions 
numériques ou algébriques , il indique que les deux expressions 
sont égales en valeur. 

Le signe >> s'énoncep/ws grand que; placé entre deux quantités, 
il indique que la première est plus grande que la seconde. Ainsi, 
a? > 5 signifie que la quantité représentée par x est plus grande 
que 5 . 

Le signe < s'énonce ^Zî^s petit que; placé entre deux quantités, 
il indique que la première est plus petite que la seconde. Ainsi, 
x<C^ signifie que la quantité représentée par x est plus petite 
que 5 . 

15. Lorsque, dans une question, on a représenté certaines quan- 
tités par des lettres , on réprésente des quantités analogues par les 
mêmes lettres chargées d'un ou plusieurs accents. Les lettres 
chargées d'un accent s'énoncent en y ajoutant le m.oi prime; celles 
qui sont chargées de deux accents s'énoncent en y ajoutant le mot 
seconde; pour trois accents on ajoute le mot tierce; et ainsi de suite. 
Par exemple : 



s'énonceraient a , a prime, a seconde, a tierce. 

L'usage que nous ferons des divers signes dont il vient d'être 
question , en fixera peu à peu le sens dans la mémoire du lecteur. 



PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I. 



§ III. Des diverses espèces d'expressions algébriques. 

16. Les expressions algébriques les plus simples sont les lettres 
mêmes de l'alphabet destinées à représenter certaines quantités 
connues ou inconnues. On emploie ordinairement les premières 
lettres de l'alphabet, a, ô, c, d, etc. , pour représenter des quan- 
tités supposées connues, mais dont on ne particularise pas la valeur 
numérique. Les quantités inconnues se désignent, au contraire, 
par les dernières lettres x^ ?/, >s, etc. 

17. On donne en général le nom à' expression algébrique à tout 
ensemble de lettres , ou de lettres et de nombres , réunis par quel- 
ques-uns des signes énumérés dans le paragraphe précédent. Ainsi 



Voa?b{x-\-b):\Ja—b 
est une expression algébrique. 

Une expression algébrique est dite rationnelle quand elle ne con- 
tient point de signe radical. Elle est irrationnelle dans le cas con- 
traire. 

Une expression algébrique est dite entière lorsqu'aucune division 
n'y est indiquée. Elle est fractionnaire dans le cas contraire. 

Nous nous occuperons d'abord des expressions algébriques ra- 
tionnelles et entières. Telle est l'expression : 

18. Dans une expression algébrique rationnelle et entière où il 
n'entre point de parenthèses , les différentes parties séparées par les 
signes + ou — sont ce que l'on appelle les différents termes de 
l'expression. Telles sont dans l'expression ci-dessus les parties ^a^x , 
— Aa^x^ , ou +\Qax^ . 

Une expression algébrique qui n'a qu'un terme prend le nom de 
monôme; telle est l'expression — 4a^x^ . 

Une expression algébrique qui a deux termes prend le nom de 
binôme; tel est 3a — 5 b . 

Une expression algébrique qui a trois termes porte le nom de tri^ 
noine; tel est 2x^ — 'Sax-{-5ab . 

En général, une expression algébrique qui a plusieurs termes 
porte le nom de pohjnome. 

19. Dans un monôme, il y a quatre éléments à distinguer : 

1° Le signe dont il est précédé, et qui peut être -)- ou — . Tout 
monôme qui n'a pas de signe est censé précédé du signe + . Les 
monômes précédés (ou supposés précédés} du signe -)- sont des 



NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 9 

monômes additifs ou positifs. Les monômes précédés du signe — 
sont des monômes soustractifs ou négatifs. 

2° Le facteur numérique, s'il y en a un. Ce facteur qu'on écrit le 
premier, porte, ainsi que nous l'avons vu, le nom de coefficient. 

3° Les lettres qui forment les autres facteurs. 

4° Les exposants de ces lettres , ou les nombres écrits à droite et 
un peu au-dessus , qui indiquent combien de fois chaque lettre entre 
comme facteur dans le produit total. 

Ainsi dans — Aa^x^ , le signe est — , le coefficient est 4 ,les 
lettres sont a et ^ , les exposants sont 2 et 3 . 

20. Remarque. Si dans un monôme on imagine que chaque lettre 
prenne une valeur numérique déterminée , le produit indiqué par 
ce monôme prendra lui-même une certaine valeur numérique , la- 
quelle devra être prise positivement ou négativement , c'est-à-dire 
additivement ou soustractivement, suivant que le monôme est af- 
fecté du signe + ou du signe — . Si, par exemple, dans le mo- 
nôme 4aV on imagine que a ait la valeur 3 et ^ la valeur 5 , 
le monôme reviendra à — 4.3.3.5.5.5 ou à — 4500 . 

On pourrait attribuer aux lettres des valeurs numériques frac- 
tionnaires, sans que pour cela le monôme cessât d'être entier, al- 
gébriquement parlant. Si par exemple on attribue à « la valeur - 

Qi2i X la valeur - ,1e monôme — 4aV reviendra à — — . 

C'est toujours sous cette forme numérique qu'il faut se représen- 
ter un monôme ; c'est-à-dire qu'on doit se le représenter comme 
composé d'une valeur absolue, entière ou fractionnaire, et d'un 
signe qui est -|- ou — . 

21. On nomme degré d'un monôme la somme des exposants des 
lettres qui y entrent. Les lettres qui n'ont point d'exposant n'en- 
trant qu'une fois comme facteur, sont supposées avoir pour expo- 
sant 1 . Ainsi le degré du monôme 5 aWx est 3 -f- 2 -[- 1 ou 6 . 

22. On nomme termes semblables dans un polynôme ceux qui 
ne diffèrent que par le coefficient et par le signe. Ils contiennent par 
conséquent les mêmes lettres affectées des mêmes exposants. Ainsi 
dans le polynôme 

Voa^b^x — 6a^6V + %aWx -^ 7a6V — 9aWx — AaWx , 

il y a quatre termes semblables : 

l^a^b^x, +%aWx, —-QaWx et --iaWx . 

On peut toujours réduire les termes semblables en un seul. Il est 
clair en effet, dans l'exemple précédent, que quelle que soit la va- 



^ 



10 PREMIÈRE PARTIE. -- CHAPITRE I. 

leur numérique de àWx il faut prendre 15 fois cette valeur, ajou- 
ter encore 8 fois la même valeur, puis en retrancher d'abord 9 fois 
cette même valeur, et encore 4 fois cette valeur. Le résultat sera 
donc le même que si de 15 + 8 ou 23 fois la valeur numérique 
dont il s'agit, on retranchait 9 -)- 4 ou 13 fois cette môme valeur, 
ce qui donnerait 23 — 13 ou 10 fois cette valeur. L'ensemble des 
quatre termes considérés revient donc à X^c^h^x. 

Si l'ensemble des termes négatifs l'emportait sur celui des termes 
positifs, le résultat serait lui-même négatif. On tire de là cette 
règle : Pour effectuer la réduction des termes semhlahles , on fait 
la somme de tous les coefficients qui ont le signe -\- et la somme 
de tous les coefficients qui ont le signe — ; on retranche la plus 
petite somme de la plus grande , on donné au reste le signe de la 
plus grande , et on écrit à la suite la partie littérale commune. 

25, Un polynôme est dit homogène quand tous ses termes sont 
du même degré (21). Tel est le polynôme 

6ah''x^ — QaWx'-\-^a'bx , 

dont tous les termes sont du 6^ degré, 

24. Ordonner un polynôme, c'est écrire ses différents termes 
dans un ordre tel que les exposants d'une même lettre aillent tou- 
jours en augmentant ou toujours en diminuant d'un terme à l'autre. 
La lettre que l'on choisit pour guide prend le nom de lettre ordon- 
natrice ; si l'on écrit les termes de manière que les exposants de la 
lettre ordonnatrice aillent en augmentant, on dit que le polynôme 
est ordonné par rapport aux puissances croissantes de cette lettre ; 
si les exposants de la lettre ordonnatrice vont en diminuant , on dit 
que le polynôme est ordonné par rapport aux puissances décrois- 
santés de cette lettre. 

Ainsi le polynôme , déjà considéré ci-dessus ^ 

5a6'^— 6«'62^*+8a*ôa7 

est ordonné par rapport aux puissances croissantes de a , ou par 
rapport aux puissances décroissantes de x . 

Dans la plupart des calculs algébriques on a soin d'ordonner 
ainsi les polynômes ; cette opération facilite les calculs , en leur 
donnant plus de symétrie. Il est clair d'ailleurs que , quel que soit 
l'ordre dans lequel on écrit les termes , soit additifs , soit soustractifs, 
d'un polynôme , sa valeur demeure la même. Cette valeur se com- 
pose évidemment de la somme des valeurs numériques des termes 
additifs ou positifs , diminuée de la somme des valeurs numériques 
des termes soustractifs ou négatifs. 

Il peut arriver que plusieurs termes d'un polynôme contiennent 



%k 



NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 11 

la même puissance de la lettre ordonnatrice ; on les ordonne alors 
entre eux par rapport aux puissances d'une seconde lettre. Par 
exemple , le polynôme 

ordonné par rapport aux puissances décroissantes de x , contient 
deux termes affectés de x^ ; ces deux termes sont ordonnés par 
rapport aux puissances décroissantes d'une seconde lettre , a . 

L'ensemble des termes qui contiennent la lettre ordonnatrice 
principale avec son plus haut exposant forme ce qu'on appelle le 
groupe le plus élevé du polijnome. S'il y avait plusieurs termes con- 
tenant la lettre ordonnatrice avec son moindre exposant, leur en- 
semble formerait le groupe le moins élevé. 



12 PKEMIÈRE PARTIE. 



CHAPITRE II. 

DES QUATRE OPERATIOXS FONDAMENTALES, ET DES FRACTIONS 
ALGÉBRIQUES. 

25. Nous ne nous occuperons dans ce chapitre et dans le suivant 
que des expressions algébriques rationnelles , en commençant par 
celles qui sont entières. Nous supposerons de plus , si elles sont 
monômes, qu'elles sont positives, ou que, si elles sont polynômes, 
l'ensemble des termes positifs l'emporte en valeur absolue sur l'en- 
semble des termes négatifs. 

Nous verrons plus tard (chap. iv) le sens qu'il faut attribuer aux 
opérations algébriques et aux quantités mêmes sur lesquelles elles 
s'effectuent , lorsque la condition dont nous venons de parler n'est 
pas remplie. 

§ I. De l'addition. 

2G. En ayant égard à la restriction exprimée dans le numéro 
précédent, additionner deux expressions algébriques, c'est ajouter 
à la valeur absolue de la première, la valeur absolue de la seconde. 

1° Si les deux expressions à additionner sont deux monômes 
semblables (22) , on additionnera les coefficients , et l'on écrira à la 
suite de la somme la partie littérale commune. Par exemple, les 
deux expressions 5aV et Ic^x^ ont pour somme Xlc^x^ . 

2° Si les deux expressions à additionner ^ont deux monômes 
dissemblables, il suffira d'écrire le second à la suite du premier en 
les séparant par le signe + ; et le résultat ne sera susceptible 
d'aucune simplification. Par exemple, la somme des expressions 
5a^x^ et 7aV est 

27. Supposons maintenant que les expressions à additionner 
soient polynômes; et qu'à a — b , par exemple, on se propose 
d'ajouter c — d . 

Si à la suite de a — b on écrivait le premier terme de c — d en 
le faisant précéder du signe -f- , ce qui donnerait a — b-{-c , on 
aurait ajouté à a — b une quantité trop grande de d ; \e résultat 
serait donc lui-même trop grand de d . Pour lui donner sa véri- 



OPÉRATIONS FONDAMENTALES. 13 

table valeur , il faut donc le diminuer de d , ce qui se fera en 
écrivant à sa suite — d ; ei l'on aura 

a — b-{-c — d . 

On voit qu'il a suffi d'écrire à la suite de a — b chacun des 
termes de c — d ^ avec le signe qu'il avait ; car le terme c qui 
n'était précédé d'aucun signe , devait être regardé comme précédé 
du signe + (49). 

En répétant les raisonnements qui précèdent pour des polynômes 
composés d'autant de termes qu'on voudra, on verrait de même que 
les termes positifs du second polynôme doivent s'écrire à la somme 
avec le signe -f- , et que les termes négatifs de ce même polynôme 
doivent s'écrire à la somme avec le signe — . En d'autres termes : 
Pour additionner deux polynômes , on écrit le second à la suite du 
premier en conservant à chaque terme son signe. 

Remarque. La règle serait évidemment la même pour ajouter un 
polynôme à un monôme. 

28. Si la somme présente alors des termes semblables, il faut 
en opérer la réduction (22), ce qui simplifie le résultat. 
Soient , par exemple , à additionner les polynômes 

et 5a^^'+2aV— 11«^*+10^-^ , 

on trouvera OaV — Aa^x^ — Aax'* -\-c(f' . 

Soient de même , les polynômes : 

a'b+^ia^—Ah^ 
et 5a^6— 3a6^+ô^ , 

on trouvera 6a^6 — 36^ . 

§ II. De la soustraction. 

29. D'après l'hypothèse admise dans ce chapitre , soustraire deux 
expressions algébriques l'une de l'autre, c'est retrancher de la va- 
leur absolue de la première la valeur absolue de la seconde. 1° Si 
les deux expressions sont deux monômes semblables , on retran- 
chera le coefficient de la seconde du coefficient de la première , ce 
que nous supposerons possible , et l'on écrira à la suite de la ditïé- 
rence la partie littérale commune. Par exemple, la différence entre 
l(^bx et Ao^-hx est évidemment Sa^bx . 

2° Si les expressions à soustraire sont deux monômes dissembla- 
bles , on écrira le second à la suite du premier en les séparant par le 
signe — ; et le résultat ne sera susceptible d'aucune simplification. 



*^ PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II. 

Ainsi la différence des monômes oax'' et SaW est 5aa?*— 3aV. 
50. Supposons maintenant que l'expression à soustraire soit 
polynôme, celle dont on soustrait pouvant être polynôme ou mo- 
nôme. Par exemple, supposons que de a-^b , on veuille sous- 
traire c — d . 

Si à la suite de a—b on écrivait le terme c avec le signe — 
c'est-à-dire si de a—b on retranchait c , ce qui donnerait 
a^b—c , onaurait évidemment retranché une quantité trop grande 
de d ; le résultat serait donc trop petit de d .Pour lui rendre sa 
vraie valeur il faudra donc lui ajouter d , ce qui se fera en écri- 
vant -\-d à la suite , et l'on aura a'-~b—c-{-d. 

On remarquera que le terme c qui avait, ou était censé avoir, le 
signe -f- dans le polynôme à soustraire, a le signe — au résultat- 
et que le terme d qui avait le signe — dans le polynôme à sous- 
traire, a le signe -J- au résultat. 

En répétant les mêmes raisonnements et les mêmes observations 
pour des polynômes, composés d'autant de termes qu'on voudra, 
on verrait de même que tout terme ayant le signe + dans le poly- 
nôme à soustraire devra être écrit au résultat avec le signe — , et 
que tout terme ayant le signe — dans le polynôme à soustraire, 
devra être écrit au résultat avec le signe -|- . De là cette règle : Pour 
soustraire un polynôme d'un autre, on récrit à la suite de cet autre 
en changeant le signe de chacun de ses termes. 

Si la différence ainsi obtenue présente des termes semblables, il 
faut, pour simplifier le résultat, opérer la réduction (22) de ces 
termes. 

Exemples. I. Du polynôme 9aV— 4aV— 4«;r*4-^» 
on veut soustraire 4aV— 6aV-(-7a.2;*— 9^' 

on aura d'abord pour résultat 

9aV~4aV— Aax' -f a;- — 4aV-f-6a-.r5^ 7ax'-\-9x' 
ou , en réduisant , 

II. Si de a^+2ab-\-b^ on soustrait a^ — 'iab-^-b^ , 
on trouvera pour reste 

a' + 2ab-{-b'-^a'~{-2ab—b' 
ou, en réduisant, 4ab . 

^i. Hemarque sur l'usage des parenthèses. Il arrive souvent que 
l'on a intérêt à regarder un polynôme, soit comme la somme, soit 
comme la différence de deux autres polynômes. Pour cela, on réunit 



OPÉRATIONS FONDAMENTALES. 15 

entre parenthèses tous les termes qu'on regarde comme composant 
le polynôme ajouté ou soustrait, et l'on fait précéder ces paren- 
thèses du signe -f- dans le premier cas, ou du signe — dans le 
second. Mais, afin d'avoir égard aux règles données (27, 50) pour 
l'addition ou pour la soustraction des polynômes , si l'on met -)- 
devant les parenthèses, on écrit les termes entre parenthèses chacun 
avec le signe qu'il avait ; tandis que si l'on met — devant les pa- 
renthèses , on écrit les termes entre parenthèses , chacun avec un 
signe contraire. Si, dans la suite des calculs ou des raisonnements, 
on vient à supprimer les parenthèses , c'est-à-dire à effectuer l'opé- 
ration indiquée sur le polynôme qu'elle renfermait, ses termes con- 
servent leur signe si les parenthèses étaient précédées du signe -f , 
et chacun d'eux en change au contraire si les parenthèses étaient 
précédées du signe — . Dans un cas, comme dans l'autre, on re- 
produit ainsi le polynôme total , tel qu'il était avant l'introduction 
des parenthèses. 
Soit , par exemple , le polynôme 

a-\-b — c-}-d — e-f-/ — 5^ + ^ • 

On pourra l'écrire de chacune des manières suivantes : 

a + b—(c — d-\-e--f+g—h) , 
a + b-c+(d--e+f-g + h) , 
a-}-b'—c~\-d'—(e--f+g—h) , 
etc. , ' 

et , en supprimant les parenthèses , c'est-à-dire en effectuant l'ad- 
dition ou la soustraction indiquées, on reproduira le polynôme pri- 
mitif 

a-^b — c-^-d — e+/ — g-\-h . 



§ III, De la multiplication. 

52. D'après les restrictions établies au commencement de ce 
chapitre, le but que nous nous proposons dans la multiplication 
algébrique sera le même qu'en arithmétique ; c'est-à-dire qu'étant 
données deux expressions algébriques, monômes ou polynômes, 
nous chercherons à en former une troisième dont la valeur numé- 
rique ou absolue soit le produit des valeurs absolues des deux pre- 
mières. 

Supposons donc d'abord que les deux facteurs soient deux mo- 
nômes ; par exemple baWx et Sa^bif . 



16 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE 11. 

Le premier monôme 6a^b^x représente le résultat qu'on ob- 
tiendrait en multipliant 5 par le produit de trois facteurs égaux 
à a , puis en multipliant le résultat de cette première multiplica- 
tion par le produit de deux facteurs égaux à b , et en multipliant 
enfin le résultat de cette seconde multiplication par le facteur x . 
Or, on a vu en arithmétique que multiplier un nombre par un pro- 
duit de plusieurs facteurs revient à multiplier ce nombre successi- 
vement par chacun de ces facteurs ; et ce principe subsiste pour les 
(juantités fractionnaires compie pour les nombres entiers. Le mo- 
nôme 6a^b-x pourra donc s'écrire 

^XaXaXaXb><bXx . 

De même, le monôme '^a-bif pourra s'écrire 

SXaXaXbXyXy . 

Et, en vertu du principe déjà invoqué ci-dessus, on obtiendra le 
produit demandé en multipliant le premier monôme successivement 
par chacun des facteurs du second ; ce qui donnera 

6XaXaXaXbXbXccXSXaXaXbXyXy . 

Mais dans un produit de plusieurs facteurs, entiers ou fraction- 
naires, on peut intervertir l'ordre des facteurs sans changer le pro- 
duit. On pourra donc, en rapprochant les facteurs égaux, écrire le 
produit de la manière suivante : 

^XSXaXaXaXaXaXbXbXbXxXyXy . 

Le produit de 5 par 3 est 15. Ce produit doit être multiplié suc- 
cessivement par cinq facteurs égaux à «, ce qui revient à le multi- 
plier par le produit effectué de ces cinq facteurs, ou par a\ On 
aura donc ainsi 15 X a\ Ce produit doit être multiplié à son tour 
successivement par trois facteurs égaux à b, ce qui revient à le 
multiplier par le produit effectué de ces trois facteurs, ou par b\ On 
aura ainsi 15Xû'X^^ Multipliant par x, il vient l^Xa'Xb^Xoc. 
Multipliant enfin successivement par deux facteurs égaux à y, ou , 
ce qui revient au même, par le produit effectué de ces deux fac- 
teurs , ou par y\ il vient enfin 15 Xa"^ X ^^ Xx X y'; ou en sup- 
primant les signes de multiplication : 

làa^b^xy^ . 

On voit 1° que le coefficient 15 du produit est le produit des coef- 
ficients 5 et 3 des deux facteurs monômes ; 2° que toutes les lettres 
qui entrent dans l'un des facteurs entrent au produit; 3° que l'ex- 
posant 5 de la lettre a au produit est la somme des exposants 3 
et 2 qu'elle avait dans les deux monômes; 4° que l'exposant 3 de 



OPÉRATIONS FONDAMENTALES. 17 

la lettre b au produit est la somme des exposants 2 et 1 qu'elle 
avait dans les deux monômes ; 5" que le facteur x , qui n'entre 
qu'au multiplicande, entre au produit avec le même exposant 1; 
6** enfin que le facteur y\ qui n'entre qu'au multiplicateur, entre 
au produit avec le même exposant 2. 

De là cette règle : Pour multiplier l'un par Vautre deux monômes 
positifs, il faut faire le produit des deux coefficients, écrire à la 
suite toutes les lettres qui entrent dans les deux facteurs monômes, 
et affecter chacune d'elles d'un exposant égal à la somme de ceux 
qu'elle a dans ces deux facteurs . (En appliquant cette règle, on voit 
que toute lettre qui n'entre que dans l'un des deux monômes entre 
au produit avec le môme exposant.) 

Exemple. Le produit de Va'b^cd' par AahHx'' est 28a^6^ceZV. 

Remarque. Il résulte de la règle de la multiplication des mo- 
nômes, que le degré (21) du produit est la somme des degrés des 
deux monômes facteurs. Ainsi le degré de ^oa^lfx étant 6 , et le 
degré de Zc^-hif étant 5, le degré de leur produit ^(flPxf est 
6+5 ou 11. De même, le degré de Id'Wcd'- étant 11, et le degré 
de Aab'dx' étant 7 , le degré de leur produit 2Sa'b^cd^x^ est 
11 + 7 ou 18 . 

55. Soit maintenant à multiplier un polynôme par un monôme, 
par exemple a + b — c par m. Les lettres a,b,c,m représentent 
des quantités numériques entières ou fractionnaires. Pour fixer les 
idées et faciliter le discours, supposons que le multiplicateur mo- 
nôme m ait pour valeur ^ ; la multiplication aura pour but de 

4 
prendre les - du multiplicande. Si celui-ci se réduisait à «+ô , 

on obtiendrait évidemment le produit en prenant les - de f^,puis 

4 ^ 

les - de 6, et faisant la somme des produits partiels obtenus; c'est- 
à-dire que le produit total s'obtiendrait en multipliant séparément 
a et b par m et faisant la somme de ces produits partiels, ce qui 

donnerait am-\-bm . Mais en opérant ainsi on a pris les | d'un 

polynôme trop grand de c, puisque ce n'était pas a-]-b qu'il fal- 
lait multiplier, mais bien a+b'-c , ou a+b diminué de c .Le 

produit obtenu am'{-bm est donc trop grand des - de c ou du 

produit cm ; pour lui rendre sa véritable valeur il faut donc en re- 
trancher cm , ce qui donnera 

am-^-bm — cm . 

2 



18 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE 11. 

Comme on pourrait répéter le même raisonnement pour chaque 
terme soustractif, on voit que pour faire le produit d'un polynôme 
par un monôme (positif), il faut multiplier séparément chaque terme 
du polynôme multiplicande par le monôme multiplicateur, en don- 
nant à chaque terme du produit le signe du terme du multiplicande 
qui Va fourni. 

Ainsi le produit de 5«a;^+3a^a; — 4a'' par Qa-bx serait 

30a6V+18«^6^'-— 24a^6^ . 
De môme , le produit de Zà^b—la^b' + lSab'^-'b'' par Aab^c 
serait \1a!'b^c—%cii;^b''c-\-^<darb'c—Aa¥c. 

54. Soit enfin à multiplier un polynôme par un polynôme , par 
exemple a~b par c — d pour plus de simplicité. Faisons d'a- 
bord le produit du multiplicande a—b par le terme c du mul- 
tiplicateur, ce qui donnera, d'après ce qu'on vient de voir ac—bc. 

En opérant ainsi, on a multiplié le multiplicande par une quan- 
tité trop grande de d , puisque ce n'était pas par c qu'il fallait 
multiplier, mais bien par c diminué de d . 11 s'ensuit que le 
résultat est lui-même trop grand du produit de a — b par d , 
c'est-à-dire de ad — bd . 

Pour lui rendre sa véritable valeur , il faut donc en retrancher 
ad — bd , ce qui donne, d'après les règles de la soustraction, c'est- 
à-dire en changeant le signe de chaque terme du polynôme à sous- 
traire , 

' ac — bc — ad-\-bd . 

En examinant ce résultat , on voit qu'il contient les produits par- 
tiels de chaque terme du multiplicande a—b par chaque terme 
du multiplicateur c — d . Quant au signe dont chaque produit par- 
tiel est affecté , on remarque 1" que les termes a et c , qui avaient 
(Quêtaient censés avoir) le signe + , ont donné un produit ac 
qui figure au résultat avec le signe + ; 2° que les termes 6 et c , 
dont l'un avait le signe — et l'autre le signe -f- , ont fourni au 
résultat le terme négatif — 6(? ; 3" que les termes a ei d , dont 
l'un avait lesigne + et l'autre le signe —, ont fourni au résultat 
le termenégatif —«rf ; 4°enfinqueles termes b et eZ , qui avaient 
tousdeux le signe — , ontfourni au résultatle terme positif -\-bd . 

En résumant, on voit que deux termes de môme signe ont donné 
un produit positif, et que deux termes de signe contraire ont 
donné un produit négatif. 

Les mêmes raisonnements appliqués à deux polynômes quel- 
conques montreraient que ces règles sont générales , et que deux 
termes de même signe donnent toujours un produit affecté du 



OPÉRATIONS FONDAMENTALES. 19 

signe + , et que deux termes de signe contraire donnent un pro- 
duit affecté du signe — . C'est en cela que consiste ce qu'on ap- 
pelle la règle des signes dans la multiplication. 
On l'énonce quelquefois en disant d'une manière abrégée que 
+ multiplié par + àonne -f 

+ 
^ On dira donc que, pour multiplier deux polynômes l'un par 
Vautre, il faut multiplier chaque terme du multiplicande par chaque 
terme du înultiplicateur , en ayant égard à la règle des signes. 

Si le résultat présente des termes semblables, on en opère la 
réduction. 

3o. Soit, par exemple, à multiplier bax^—^éx'—Aa^x + a^ 
par Qax^-—'lct-x-\-^a;^ . On disposera ces calculs de la manière 
suivante : 

Multiplicande 5«^'— Saraf— 4à^x-\-a^ 

Multiplicateur 6«^- — 2a-x -\- Sa^ 



1" produit partiel 30a-V— 18»^^* -24aV+6ftV 

2' » — 10aV+ 6a'x'-\-Sa'x'~ la^x 

Produittotalréduit 30aV— 28aV— Zo!^x''-^^od'x''—Ua^x-\-Za 

On écrit d'abord le multiplicande; on écrit au-dessous le multi- 
plicateur ; on tire un trait horizontal au-dessous du multiplicateur. 
On fait le produit du multiplicande par le premier terme du multi- 
plicateur ; c'est le premier produit partiel, qu'on écrit au-dessous du 
trait horizontal. On fait le produit du multiplicande par le second 
terme du multiplicateur ; c'est le second produit partiel qu'on écrit 
au-dessous du premier. On obtient ainsi autant de produits partiels 
qu'il y a de termes au multiplicateur. Au-dessous du dernier pro- 
duit partiel , on tire un second trait horizontal ; et au-dessous de ce 
trait on écrit le produit total , qui est la somme des produits partiels, 
somme dans laquelle on effectue , s'il y a lieu , la réduction des 
termes semblables. 

Il convient d'ordonner (24) le multiplicande, le multiplicateur 
et le produit total par rapport aux puissances d'une même lettre; 
les calculs ayant alors plus de symétrie sont plus faciles à vérifier. 
Il convient aussi d'écrire chaque terme d'un produit partiel au-des- 
sous du terme semblable , s'il y en a , dans le produit partiel précé- 



20 PREMIÈRE PARTlt:. — CHAPITRE 11. 

dent ; la réduction des termes semblables se trouve ainsi facilitée ; 
il est aussi plus facile d'ordonner le produit total. 

56. Nous placerons ici trois produits dont on fait un fréquent 
usage en Algèbre, et qui fournissent autant de théorèmes de calcul. 

1. a+b 

a+b 
a--\- ab 
+ ab + b' 



a''^-1ab+lf- . 

Cette multiplication montre que le carré de la somme de deux 
quantités renferme le carré de la première , plus le double produit de 
la première par la seconde , plus le carré de la seconde. 

fOn se rappelle qu'en arithmétique on nomme carré d'une quan- 
tité le produit de cette quantité par elle-même.) 

Ce théorème, écrit algébriquement, donne 

{a-\-bfz=a^-\-1ab-\-b'' . 

IL a~b 

a — b 



a^— ab 

— ab-\-b'' 
cC"—1ab-\-b'' . 

• Cette multiplication montre que le carré de la différence de deux 
quantités rcnjerme le carré de la première , moins deux fois le pro- 
duit de la première par la seconde, plus le carré de la seconde. 
Ce théorème , écrit algébriquement , donne 

{a^bf: 

m. 



a + b 
a-~b 


cC-+ab 
— ab — b'' 



a' ■ — 0- . 

Cette multiplication montre que le produit de la somme de deux 
quantités par leur différence , équivaut à la différence de leurs 
carrés. 

Ce théorème , écrit algébriquement , donne 

(a + b){a—b) = a'—b'. 

57. Remarques. I. Si le multiplicande et le multiplicateur sont 
homogènes (25), le produit est lui-même homogène. Car chaque 



OPÉRATIONS FONDAMENTALES. 21 

terme du produit s'obtenant en multipliant un terme du multipli- 
cande par un terme du multiplicateur, le degré de ce terme du pro- 
duit est la somme des degrés des deux termes qui l'ont fourni (52), 
c'est-à-dire la somme des degrés du multiplicande et du multipli- 
cateur, puisque ceux-ci sont homogènes. Tous les termes du pro- 
duit sont donc du même degré, c'est-à-dire qu'il est homogène. 

On voit de plus que son degré est la somme des degrés des deux 
polynômes facteurs. 

Ainsi , dans l'exemple donné au n° 5o , le multiplicande est ho^ 
mogène et du 4° degré, le multiplicateur est homogène et du S** de- 
gré, le produit est homogène et du 7'' degré. 

58. II. Par suite des réductions qui s'opèrent entre les termes 
semblables, certains termes du produit peuvent disparaître ; c'est ce 
qu'on voit dans l'exemple lïl du n" 56. Mais il y a toujours au 
moins deux termes qui ne disparaissent pas : ces termes sont, si le 
multiplicande et le multiplicateur ont été ordonnés par rapport aux 
puissances d'une même lettre , le produit du premier terme du 
multiplicande par le premier terme du multiplicateur, et le pro- 
duit du dernier terme du multiplicande par le dernier terme du 
multiplicateur. 

En effet : si , pour fixer les idées , on suppose ces polynômes or- 
donnés par rapport aux puissances décroissantes d'une même lettre ; 
le premier terme du multiplicande et le premier terme du multi- 
plicateur contenant chacun la lettre ordonnatrice à une puissance 
plus élevée qu'aucun des termes qui suivent, leur produit contien- 
dra cette même lettre à une puissance plus élevée qu'aucun autre 
terme du produit, et ne pourra conséquemment se réduire avec 
aucun autre. De même : le dernier terme du multiplicande et le 
dernier terme du multiplicateur contenant chacun la lettre ordon- 
natrice à une puissance moins élevée qu'aucun des termes qui pré- 
cèdent, leur produit contiendra cette même lettre à une puissance 
moins élevée qu'aucun autre terme du produit , et ne pourra en 
conséquence se réduire avec aucun autre. Tels sont, dans la multi- 
plication du n° 5o, le premier terme SOa^x^ du produit et le der- 
nier -j-Sa"^ . 

Quelles que soient les réductions qui s'opèrent, il restera donc 
au moins deux termes au produit. La multiplication suivante offre 
un exemple du cas où il ne reste que ces deux termes. 

a — b 



a' -f a'b -f a'b'- -\- a'b' + ab' 
— a'^b — dW- —aW— ab' — U' 
a' — 6^ 



t1 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II. 

39. m. Il peut arriver que plusieurs termes du multiplicande 
contiennent la lettre ordonnatrice avec le même exposant; on or- 
donne alors ces termes entre eux par rapport à une seconde lettre, 
comme on l'a vu (24). La même circonstance peut se présenter au 
multiplicateur. 

On écrit ordinairement les termes d'un même groupe (24) dans 
une même colonne verticale, afin de mieux distinguer les différents 
groupes. La multiplication s'effectue d'ailleurs comme à l'ordi- 
naire. 

Exemple. Sa'x^ +6ab^x —Aa-h^ 

Zax — 4ab 

+ 1bx 



— 6 a'bx''+ 1 2 ab'x^ — 8 aWx 

+ 6 a^bx^— 1 2 a'bx'- — 24 œ^b^'x + 1 6 a»6' 

— 4ab'x~+ 3a-b-x- 

9 a\x^ — 1 2 a^bx' — 1 2 cc'b'x + 1 6 a'b^ , 

— 4 «6 V+ 26 aV;^^'— 32 a^i'a; 

-f-12«7/V 

Lorsque, comme dans l'exemple précédent, il y a au multipli- 
cande et au multiplicateur plusieurs termes affectés de la plus haute 
puissance de la lettre ordonnatrice , on peut remarquer que le pro- 
duit de ces deux groupes de termes donne le groupe le plus 
élevé (24) du produit; c'est-à-dire que les ternies provenant de la 
multiplication de ces deux groupes peuvent bien se réduire entre 
eux, mais ne sauraient se réduire avec ceux qui proviennent des 
groupes suivants, attendu qu'ils contiennent la lettre ordonnatrice 
principale avec un plus haut exposant. Ainsi , dans l'exemple ci- 
dessus, les termes ^a-x^—1ubx^ du multiplicande, et les termes 
3 «a; -}- 2 bx du multiplicateur, ont fourni au produit quatre termes 
qui se sont réduits à deux 9a^a^ — Aab^x^ ; mais ces termes 
n'auraient pu se réduire avec les autres qui contiennent tous la 
lettre ordonnatrice x avec un exposant moindre que 3 . 

La même chose aurait lieu s'il y avait au multiplicande et au mul- 
tiplicateur plusieurs termes affectés de la moindre puissance de la 
lettre ordonnatrice; ces deux groupes de termes donneraient le 
groupe le moins élevé (24) du produit. 

Ces remarques nous seront bientôt utiles. 

40. IV. On a vu, en arithmétique, et nous avons déjà rappelé, 
qu'un produit de facteurs entiers ou fractionnaires ne change pas 
dans quelque ordre qu'on effectue les multiplications. Les quantités 



. OPÉRATIONS FONDAMENTALES. 23 

monômes ou polynômes que nous considérons jusqu'ici n'étant, 
d'après les restrictions établies au commencement de ce chapitre, 
que des quantités numériques, on peut leur appliquer le même 
principe. Cette remarque fournit un moyen de vérifier une multi- 
plication algébrique; il suffit de la recommencer en prenant le 
multiplicateur pour multiplicande et le multiplicande pour multi- 
plicateur; le produit doit rester le même. On pourrait encore re- 
commencer l'opération en changeant de lettre ordonnatrice. 

Mais il est préférable d'acquérir de bonne heure assez d'habitude 
du calcul pour pouvoir se passer de ces sortes de vérification. 

§ IV. De la division. 

41. La division, en Algèbre comme en arithmétique, est une opé- 
ration par laquelle, étant donnés un produit de deux facteurs et l'un 
de ces facteurs , on se propose de retrouver le second facteur. Le 
produit donné est le dividende, le facteur donné est le diviseur, le 
facteur cherché est le quotient. 

Soit d'abord à diviser un monôme (positif) par un autre monôme 
(également positif), par exemple Vôoj'b^xif par ôa^b^x . 

D'après les règles de la multiplication des monômes (52) le coef- 
ficient 15 du dividende a été formé en multipliant le coefficient 5 
du diviseur par le coefficient inconnu du quotient ; on obtiendra donc 
ce coefficient inconnu en divisant 15 par 5 , ce qui donne 3 .Le 
quotient ne peut contenir aucune lettre qui ne soit pas au dividende. 
Or, l'exposant 5 de la lettre a au dividende est la somme de l'ex- 
posant 3 de la même lettre au diviseur et de l'exposant inconnu 
de cette même lettre au quotient; on obtiendra donc cet exposant 
inconnu en retranchant 3 de 5 , ce qui donne pour reste 2 et 
montre que le quotient doit contenir le facteur é , De même, l'ex- 
posant 3 de la lettre b au dividende est la somme de l'exposant 
2 de cette même lettre au diviseur et de l'exposant inconnu de cette 
même lettre au quotient; on obtiendra donc cet exposant inconnu 
en retranchant 2 de 3 , ce qui donne pour reste 1 , et montre 
que le quotient contiendra le facteur b . La lettre x entrant avec 
le même exposant au dividende et au diviseur, ne saurait entrer au 
quotient. La lettre y n'entrant pas au diviseur, doit entrer au quo- 
tient avec le même exposant qu'au dividende. Le quotient sera donc 
Za^bif . Et, en effet, en multipliant bo^b\x par ^a^bif on re- 
trouve bien 1 5 d'b^xif . 

De là cette règle : pour diviser deux monômes (positifs) l'un par 
l'autre, divisez le coefficient du monôme dividende par le coejficient 
du monôme diviseur^ vous obtiendrez le coefficient du monmne cjuo- 
tient. Examinez successivement chaque lettre du dividende, Si elle 



24 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE H. 

est commune au dividende et au diviseur , et que son exposant ait 
dividende surpasse son exposant au diviseur, écrivez Aa au quotient 
avec un exposant égal à la différence de ces exposants. Si elle a 
le même exposant au dividende et au diviseur, dispe7isez-vous de 
l'écrire au quotient. Si elle n'entre qu'au dividende, écrivez-la avec 
le même exposant au quotient. 

Exemple. Le quotient de '^Sa^b^cd^x^ par VaWcd- est Aahhlx"^. 

42. Remarques. I. La division serait impossible : 1° si le diviseur 
contenait une lettre qui n'entrât pas au dividende ; 2° si une lettre 
avait au diviseur un exposant plus élevé qu'au dividende; 3° si le 
coefficient du dividende n'était pas exactement divisible par le coef- 
ficient du diviseur. 

IL Lorsqu'une lettre entre au dividende et au diviseur avec le 
même exposant, si on lui appliquait la môme règle qu'aux autres 
lettres , on devrait l'écrire au quotient avec un exposant égal à la 
différence des exposants qu'elle a au dividende et au diviseur, c'est- 
à-dire avec l'exposant zéro. Ainsi, le quotient de l^aWx par Za^b 
serait ^a^bx . 

Or, nous avons vu que le quotient doit être ^bx ; le facteur a^ 
représente donc un facteur qui n'altère pas le produit ; c'est-à-dire 
qu'il représente l'unité. 

On se sert quelquefois de ce symbole pour conserver au quotient 
la trace d'un facteur du dividende qui disparaîtrait sans cela. Mais 
il faut bien se rappeler qu'une expression telle que a^ est le sym- 
bole de l'unité, ou que a^ est égal à 1 . 

45. Soit maintenant à diviser un polynôme par un monôme (po- 
sitif), par exemple ZOa^bx^-^-l^al'bx^ — 'lAa;'bx par Qa^bx . 

Le quotient sera un polynôme , car le produit d'un monôme par 
un monôme serait un monôme. Or, on a vu (55) que le produit d'un 
polynôme par un monôme est un polynôme composé du même 
nombre de termes affectés des mêmes signes, et qu'ils s'obtiennent 
en multipliant respectivement chaque terme du polynôme multi- 
plicande par le monôme multiplicateur. On formera donc le quotient 
demandé en divisant chaque terme du polynôme dividende par le 
monôme diviseur, et affectant chaque terme du quotient du même 
signe que le terme du dividende qui l'a fourni. 

Le quotient de 2tOa^bx^ par Qa^bx est Ijax^- ; on l'écrira au 
quotient total , où il sera censé avoir le signe -|- , attendu qu'il 
sera le premier. Le quotient de 18a*6x^ par Qa^bx est 'ia^x ; 
on l'écrira avec le signe -|- ^ ^«^ suite du premier terme du quotient 
total. Le quotient de ^Aaj'bx par Qa^bx est Aa^ ; on l'écrira avec 
le signe — à la suite des deux premiers termes du quotient total. 



OPÉRATIONS FONDAMENTALES. 25 

Le quotient total sera ainsi 6ax^-\-S c^x — 4 a' .On peut vérifier 
en effet, qu'en multipliant ce quotient par le diviseur %a^hx on re- 
produirait le polynôme dividende. 

On voit que 'pour diviser un polynôme par un monôme (positif), 
il faut diviser chaque terme du polynôme dividende par le monôme 
diviseur, et affecter chaque terme du quotient du même signe que 
le terme du dividende qui Va fourni. 

Ainsi, le quotient de 12f<*^>^c — 8a^6*c-)-20a^6^c — 4«6V par 
Aab^c est Zéh — laW^^alx'—y^ . 

Remarque. La division serait impossible si un terme quelconque 
du polynôme dividende n'était pas exactement divisible (42) par le 
monôme diviseur. 

44. Lorsque tous les termes d'un polynôme admettent un facteur 
conimun, il est souvent utile de mettre ce facteur en évidence, c'est- 
à-dire de décomposer le polynôme en deux facteurs dont l'un soit 
le facteur monôme commun à tous ses termes , et dont l'autre soit 
le quotient du polynôme proposé par le facteur commun ; ce quo- 
tient ou ce facteur polynôme se met alors entre parenthèses. Par 
exemple, on a vu tout à l'heure que le polynôme 

30ft^6^' + na'^hx^ — "l^cëhx 

était divisible par Ç^a^hx et donnait pour quotient 

^ax^-\-Zo?x — 4a^ . 

On peut donc écrire ce polynôme de la manière suivante : 

(5 a.r^ + 3 a^^ — 4 a^) 6 fl^ô^ 

qui exprime le produit du quotient par le diviseur (15). Le facteur 
monôme peut se mettre indifféremment à droite ou à gauche de la 
parenthèse. 

Soit de même le polynôme 1 2 a^l?c — 8 a'-V'c + 20 cC-Wc — 4 aWc . 
On reconnaît que le facteur \aWc est commun à tous ses termes ; 
on peut donc mettre ce facteur en évidence , en écrivant entre pa- 
renthèses le quotient du polynôme proposé par le facteur mis hors 
parenthèses. On aura ainsi : 

Aaly^ci^^a^'h-^la^b^^^ah^—b'*) . 

On fait encore usage d'une autre notation qui remplace les pa- 
renthèses. Lorsqu'un polynôme contient plusieurs termes afïéctés 
de la même puissance de la lettre ordonnatrice, on écrit quelquefois 
ces termes dans une même colonne verticale ; mais la lettre ordon- 
natrice ne s'écrit qu'une fois dans cette colonne, et on la sépare des 



26 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II. 

autres facteurs par un trait vertical, qui tient lieu de parenthèses. 
Ainsi, au lieu d'écrire 

on écrira 



9«^ 
— 4ab' 



x^—lla^h 



S2a'b^ 



x + lGa'b' 



+ 26a'b' 
+ 12a6' 

On voit que x^ est mis en facteur commun par un trait vertical 
pour les deux premiers termes , x^ pour les trois suivants, et x 
pour les deux suivants. j 

4o. Soit enfin à diviser un polynôme par un polynôme; par 
exemple, 

30 a'x' — 28 a'^x' — 3 a'^x^ + 5 à'x- — 1 4 a'x -\- 3 a^ 

par bax^ — 3a-x^ — Aa^x -\-a' . 

On commencera par écrire le diviseur à la droite du dividende, 
en les ordonnant par rapport aux puissances d'une même lettre, 
s'ils n'étaient pas déjà ordonnés; et on les séparera par un trait ver- 
tical. On tirera un trait horizontal au-dessous du diviseur pour le 
séparer du quotient. Ces dispositions sont indiquées dans le ta- 
bleau ci-dessous ; les polynômes y sont ordonnés par rapport aux 
puissances décroissantes de la lettre x . 

Dividende. Diviseur. 

30a2^«_28a'^'*-- 3a'x^+6a'x'—Ua'x+Sa' | 6ax^—M^x'—4a ^x+a[ 
—SOa-x'^l^a'x'-^^Aa'x^'—Mx'^ 6ax-—2a-x+3a'' Quotient, 

1" reste. .. — 10a'j?*+21a^^^ — a^x-—l4a^x-^^a^ 
+10a^x''— 6a*x^—Sa;'x^-\- 1a\x 



reste •\-\ba!*x^—^d'x^-'na'x+^a^ 

— 1 5a*ir3+9«V-j-l 2a*'^— 3a'' 

reste 



Concevons que le quotient inconnu soit ordonné par rapport aux 
puissances décroissantes de la même lettre. Comme le dividende 
est le produit du diviseur par le quotient, le produit partiel du pre^ 
mier terme du diviseur par le premier terme du quotient doit don- 
ner le premier terme du dividende; car on a vu (58, II) que ce 
produit partiel n'a pu se réduire avec aucun autre. On obtiendra 
donc le premier terme du quotient en divisant le premier terme du 
dividende par le premier terme du diviseur. 



OPÉRATIONS FONDAMENTALES. 27 

Mais ici il sera nécessaire d'avoir égard aux signes , car en ordon- 
nant les deux polynômes il peut également arriver que le premier 
terme ait le signe -f~ ou le signe — . Or, la rè(jle des signes 
donnée pour la multiplication (54) nous apprend que si le produit 
de deux termes est positif, ces deux termes sont de même signe; 
et que si le produit est négatif, les deux termes sont de signe con-- 
traire, On peut donc former le tableau suivant : 

+ divisé par + donne au quotient + 

+ - 

- + - 

- -, ■ + 

ce qui montre que le quotient de deux termes de même signe a le 
signe + > ^t ^^^ ^^ quotient de deux termes de signe contraire a 
le signe — ; règle qui est la même que pour la multiplication. 

Dans l'exemple actuel, le premier terme du dividende et le pre- 
mier terme du diviseur étant positifs, le premier terme du quotient 
sera positif. On divisera donc 30a^^^ par ^ax"^ , ce qui donne 
6«^^ , et l'on écrira ce premier terme du quotient au-dessous du 
diviseur. 

Le dividende étant le produit du diviseur par le quotient, con- 
tient tous les produits partiels du diviseur par les différents termes 
du quotient. Le premier terme du quotient étant trouvé , on peut 
donc multiplier le diviseur par ce terme, et retrancher le produit 
ainsi obtenu du dividende ; le reste ne contiendra plus que les pro- 
duits du diviseur par les termes suivants du quotient, et sera par 
conséquent un nouveau dividende plus simple sur lequel on pourra 
opérer comme sur le premier. Ce calcul se fait de la manière sui- 
vante : '\-^ax^ multiplié par -\-Qax^~ donne -fSOaV , et, 
pour soustraire, — 2>0a^x^ , qu'on écrit au-dessous du premier 
terme du dividende; — ^a^x^ par +6aa?^ donne — ISflV , 
et, pour soustraire, -f- l^a^x'* , qu'on écrit au-dessous du divi- 
dende, à la suite du terme précédent; — Aa^x par -\-Qax^ 
donne —^Aàx^ , et, pour soustraire, -\-24a''x^ , qu'on écrit 
au-dessous du dividende à la suite des deux termes précédents; en- 
fin -f-a* par -\-6ax^- donne -f-6«V , et, pour soustraire, 
— 6a^x^ , qu'on écrit encore au-dessous du dividende à la suite des 
trois termes précédents. On tire un trait horizontal au-dessous du 
polynôme soustrait; on opère la réduction des termes semblables, 
et l'on obtient pour premier reste 

Ce premier reste étant le produit du diviseur par l'ensemble des 
termes inconnus du quotient, et se trouvant ordonné comme le di- 



''^W^'- 



28 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IL 

viseur et le quotient , par rapport aux puissances décroissantes de la 
lettre x , son premier terme est le produit exact du premier 
terme du diviseur par le premier des termes inconnus du quotient, 
puisque ce produit partiel n'a pu se réduire avec aucun autre. On 
aura donc le second ternie du quotient en divisant le premier terme 
du premier reste, ou second dividende, par le premier terme du 
diviseur. Or, — lOa^x^ divisé par -\-5ax^ donne — 2a^-x ; 
on écrit ce quotient partiel à la suite du premier terme du quotient 
total. 

Connaissant le second terme du quotient , on peut faire le pro- 
duit du diviseur par ce second terme , et retrancher ce produit du 
premier reste ; le second reste qu'on obtiendra ne contiendra plus 
que les produits partiels du diviseur par les termes suivants du quo- 
tient. En effectuant ces calculs de la même manière que ci-dessus, 
on obtient pour second reste 

Ce second reste étant le produit du diviseur par l'ensemble des 
termes inconnus du quotient, et se trouvant ordonné par rapport 
aux puissances décroissantes de la lettre x , son premier terme 
est le produit exact du premier terme du diviseur par le premier 
des termes inconnus du quotient, puisque ce produit partiel n'a pu 
se réduire avec aucun autre. On obtiendra donc le troisième terme 
du quotient en divisant le premier terme du second reste par le pre- 
mier terme du diviseur. Or, -|-l5aV divisé par -\-bax^ donne 
+ 3a^ ; on écrit ce quotient partiel à la suite des deux premiers 
termes du quotient total. 

Connaissant le troisième terme du quotient , on peut multiplier 
le diviseur par ce terme , et soustraire le produit du second reste ; 
le troisième reste qu'on obtiendra ne contiendra plus que les pro- 
duits partiels du diviseur par les termes suivants du quotient, s'il 
y en a. En effectuant ces calculs, on trouve zçro pour troisième 
reste; il en résulte que l'opération est terminée, et que le quotient 
total est 

En multipliant, en effet, le diviseur par ce quotient, on repro- 
duirait le dividende (54). 

De tout ce qui précède , on tire la règle suivante : Po^ir diviser 
deux polynômes l'un par l'autre , on écrit le diviseur à la droite du 
dividende en les ordonnant par rapport aux puissances d'une même 
lettre; on les sépare par un trait vertical, et Von tire un trait hori- 
zontal au-dessous du diviseur pour le séparer du quotient. On di- 
vise le premier terme du dividende par le premier terme du diviseur; 
on obtient aiîisi le premier terme du quotient, qu'on écrit au-dessous 



OPÉRATIONS FONDAMENTALES. 



29 



du diviseur. On multiplie le diviseur par ce terme \ on soustrait le 
produit du dividende, et Von obtient un premier reste. On divise le 
premier terme de ce premier reste par le premier terme du diviseur \ 
on obtient ainsi le second terme du quotient ; on V écrit à la suite 
du premier; on multiplie le diviseur par ce second terme', on sous- 
trait le produit du premier reste, et l'on obtient un second reste. 
On opère sur ce second reste et sur les suivants, comme sur le pre- 
mier; on obtient ainsi les termes successifs du quotient. Si le divi- 
dende est le produit exact du diviseur par un polynôme entier, on 
obtient zéro pour dernier reste, et l'opération est terminée. 

( Dans chaque division partielle de monômes, il faut observer la 
règle des signes, qui consiste en ce que deux term.es de même signe 
donnent un quotient positif, et deux termes de signe contraire un 
quotient négatif.) 

46. Il peut arriver que le dividende et le diviseur contiennent 
plusieurs termes affectés de la plus haute puissance de la lettre 
ordonnatrice ; dans ce cas , la même circonstance peut se présenter 
au quotient. Or, on a vu (59) que le groupe le plus élevé du multi- 
plicande , multiplié par le groupe le plus élevé du multiplicateur, 
donne le groupe le plus élevé du produit , sans réduction avec les 
autres groupes. Si donc on divise le groupe le plus élevé du divi- 
dende par le groupe le plus élevé du diviseur, on obtiendra le 
groupe le plus élevé du quotient , lequel groupe pourra n'avoir 
qu'un seul terme, mais en renfermera ordinairement plusieurs. On 
multipliera le diviseur par le groupe de termes obtenus , on retran- 
chera le produit du dividende, et l'on obtiendra un premier reste , 
sur lequel on opérera comme sur le dividende ; et ainsi de suite. 

Le tableau ci-dessous offre un exemple du cas qui nous occupe : 



Dividende. 

9 à' Ix^—na'^b 

+nab^ 



Diviseur. 



+Aab'^ 






x''—naW^\x+16aW 
— 32a^6^ 



x'--\-naW\x 
4- ^a'b'\ 



3a^ 
—2ab 



x'+6ab'x—Aa-b~ 



Quotient. 



Sa 

+26 



— 4«6 



V' reste. . . —nct^b \xr^ —Ua^b'^x +1661^^"^ 
+ 8a^6^| 



+na^b \x'-+Ua'b'x 
— HaW-\ 



■IQaW 



2*= reste. 



30 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II. 

Après avoir disposé le dividende et le diviseur comme ce tableau l'in- 
dique, on divise le groupe le plus élevé du dividende, c'est-à-dire 
(da^—4ab-)x^ , par le groupe le plus élevé du diviseur, savoir 
(Sa-—2ab)x" .Le facteur 9a^—4ab~ divisé par le facteur 3a^—2ab , 

9a'—4ab' \ Sa' — 2ab 
— 9à^-]-6a^b Sa +26 

+ 6a'0-4ab^ 
--6à'b + 4ab~ 

donne pour quotient 3 a + 2 ô .Et comme le facteur x" divisé 
par le facteur x- donne pour quotient x , le quotient des deux 
groupes considérés sera (3a + '2b)x .On écrit ce groupe de ter- 
mes au quotient total, on multiplie le diviseur par ce groupe, on 
soustrait le produit du dividende , et l'on obtient le premier reste. 
Legroupe le plus élevé de cepremier reste est (— 12 c(;'b-}~^a-b-)xK 
Pour le diviser par le groupe le plus élevé du quotient, ou par 
i3a~—2ab)x' , il suffit de diviser —12 ft^ô+Sa^ft^ par Sa^—2ab, 
puisque x'- divisé par x- donne l'unité. Effectuant cette divi- 
sion partielle 

— na'b + Sa'b'- I Sa'—<2ab 
+ 12«^6— 8a^6= ~Aab 



: 

on trouve — 4ab , qu'on écrit à la droite du premier groupe de 
termes du quotient. On multiplie le diviseur par le nouveau terme 
obtenu, on soustrait le produit du premier reste; et comme on 
obtient pour second resle zéro, il s'ensuit que l'opération est ter- 
minée, et que le quotient total cherché est 

3a X — 4ab . 

+ 26 

47. Remarques. I. On reconnaît que la division'ne peut s'effectuer 
exactement : 1° lorsque le diviseur contient une lettre qui n'entre 
pas au dividende; 2° lorsque la plus haute puissance d'une lettre 
au diviseur surpasse la plus haute puissance de la même lettre au 
dividende ; 3" lorsque, après avoir ordonné le dividende et le divi- 
seur par rapport aux puissances, décroissantes par exemple, d'une 
même lettre , quelle qu'elle soit , le premier terme du dividende 
n'est pas exactement divisible par le premier terme du diviseur, ou 
que le groupe de termes le plus élevé du dividende n'est pas exac- 
tement divisible par le groupe le plus élevé du diviseur; 4° lorsque 
le dernier terme du dividende n'est pas exactement divisible par le 
dernier terme du diviseur, ou que legroupe de termes le moins 
élevé du dividende n'est pas exactement divisible par le groupe le 



OPÉRATIONS FONDAMliNTALES. 31 

moins élevé du diviseur; 5° enfin lorsque, dans le courant de l'opé- 
ration, le premier terme d'un reste n'est pas exactement divisible 
par le premier terme du diviseur, ou que le premier groupe de 
termes de ce reste n'est pas exactement divisible par le premier 
groupe du diviseur. 

II. Lorsqu'il se manifeste une impossibilité dans le courant de l'o- 
pération, le reste auquel on est parvenu est ce qu'on appelle le reste 
de r opération. Si l'on ajoute ce reste au produit du diviseur par 
l'ensemble des termes obtenus au quotient , on doit reproduire le 
dividende. '^ ' 

Soit , par exemple , à diviser 

1 2 a-x^^ + 7a^^2 — 8 d'x + 2 à 
par Aax^-\-lSd-X'-Qa^. 

En opérant comme précédemment , 

12a^^»+ Ja'x'^-- ^a'x-\- 1a'\ Aax^ + 6a'x—Qa^ 

—1 2 g-x^ — 1 5 a^x- -|- 1 8 ol'x Zax—la' 

P*^ reste — 8aV+10a*^+ 2ft-' 

+ ^a^x''-\-\0a^x — \1ct 



2' reste .* . . . + 20a*^— lOa^ 

on obtient d'abord au quotient les deux termes ^ax et — 2 a' ; 
puis l'on parvient à un second reste 20a*.r — lOa-^ dont le premier 
terme n'est pas divisible par le premier terme du diviseur, puisqu'il 
contient la lettre ordonnatrice à une puissance moindre. Il en ré- 
sulte que l'opération ne peut s'effectuer exactement , et que le divi- 
dende est égal au produit du diviseur par ^ax — 2 a^ , augmenté 
du reste 10a*x — lOa^ ; ce qu'il est facile de vérifier. 

48. Nous placerons ici quelques théorèmes de calcul , dont on 
fait assez souvent usage , et qui se rattachent à la division. 

I. Soit le binôme x"^ — a^ , dans lequel m désigne un 
nombre entier quelconque. Proposons-nous de diviser ce binôme 
par le binôme x — a . 

^m ^m j ^ ^ 

—x"^ + ax"^-^ "^ "♦-^4- ax"^-^ -f g-yg"'-^ + etc . . .+ a^-^ 
-\-ax'^-^—a"' 

-j-a^cz;"'-- — a"* 






+ a"' — a"' ou zéro. 



52 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II. 

Ces binômes étant ordonnés par rapport aux puissances décrois- 
santes de X , divisons le premier terme ^"' du dividende par 
le premier terme x du diviseur. Le quotient partiel sera x 
affecté d'un exposant égal à la différence entre ?w et 1 , c'est-à- 
dire a;"— ^ . Multipliant le diviseur par ce terme, et soustrayant 
le produit du dividende, on obtient pour premier reste -j-«x"'-^ — a'". 
Divisons «a?'"-^ par x , le quotient sera +«^'"-- , puisque 
l'exposant de x devra être diminué d'une unité. Multipliant le 
diviseur par ce terme, et soustrayant le produit du dividende, on 
obtient pour second reste 4-^^"--— «'" ; et ainsi de suite. 

Or, si l'on examine ces restes successifs, on reconnaît que, dans 
leur premier terme, l'exposant de a va sans cesse en augmentant 
d'une unité d'un reste à l'autre, tandis que l'exposant de x va en 
diminuant d'une unité ; de sorte que la somme des deux exposants 
reste toujours égale à m . Il viendra donc un moment où l'exposant 
de^ « sera devenu m , tandis que x aura disparu; en sorte 
qu'à cet instant on aura pour reste a'^—cr ou zéro. D'où il ré- 
sulte que : X'" — a"' est diviblepar x— a . 

Quant au quotient, il est facile à retenir. Tous ses termes sont 
positifs , et ont pour coefficient l'unité ; l'exposant de x va en 
diminuant d'une unité d'un terme à l'autre; celui de a va en 
augmentant d'une unité. Le premier terme est ^'"-^ . Quant au 
dernier, on le trouvera en remarquant que les termes consécutifs 
(lu quotient ne sont autre chose que les premiers termes des restes 
successifs dans lesquels l'exposant de a; a été diminué d'une 
unité ; or, le reste qui précède a'"— a'» , est, d'après la loi des 
exposants -^-a'^-^x—a"^ ; le terme correspondant du quotient 
est donc + «'"-^ ; et ce terme est le dernier, puisque le reste 
suivant est zéro. 

On démontrerait d'une manière analogue que : 

IL x'^—a^ est divisible par x-\-a lorscjue m est pair. 

IIL x'^ + a'^ est divisible par x-{-a lorsque m est im- 
pair. 

IV. x'' -L- a"^ n'est jamais divisible par x — a. 

Nous engageons le lecteur à développer lui-même la démonstra- 
tion de chacun de ces théorèmes. (Voy. le n° 592.) 

§ V. Des fractions algébriques. 

49. Lorsqu'une division est impossible, on se contente de l'in- 
diquer : pour cela on écrit le diviseur au-dessous du dividende en 
les séparant par un trait horizontal appelé barre de division (11). 



DES FRACTIOINS ALGÉBRIQUES. ^3 

Ainsi , dans l'exemple du n» 47, lorsque l'on est parvenu au reste 
^Oa'x — lOaP , l'opération ne pouvant être continuée, on indique- 
rait le quotient de ce reste par le diviseur, sous la forme 

Aax^-\-ba^x—Qa? 

et cette expression serait ce qu'il faut ajouter au quotient déjà ob- 
tenu pour le compléter. 

Une expression de cette forme est ce qu'on nomme une fraction 
algébrique; mais le sens qu'on attache ici au mot fraction n'est point 
le même qu'en arithmétique. Dans une fraction ordinaire, en effet, 
les deux termes sont nécessairement entiers ; dans une fraction al- 
gébrique, au contraire, les deux termes peuvent prendre des va- 
leurs quelconques, entières ou fractionnaires , par suite des valeurs 
particulières attribuées aux lettres qui y entrent. (Ils peuvent 
même prendre des valeurs négatives , mais nous faisons abstraction 
de ce cas dans le présent chapitre.) On ne doit donc entendre par 
fraction algébrique qu'un quotient dans lequel le dividende prend 
le nom de numérateur, et le diviseur celui de dénominateur. 

Le calcul des fractions algébriques a d'ailleurs la plus grande 
analogie avec celui des fractions ordinaires. 

oO. On ne change pas la valeur d'une fraction algébrique en mul- 
tipliant ou en divisant à la fois ses deux termes par une même 
quantité. 

Supposons, en effet, pour fixer les idées, que, par suite des va- 
leurs attribuées aux lettres qui entrent dans la fraction algébrique, 

son numérateur prenne la valeur - et son dénominateur la va- 

5 
7 
leur ~ , la valeur de la fraction sera le quotient de ces deux ex- 
pressions fractionnaires , c'est-à-dire 

6 Xll 
5X7 • 

Concevons maintenant que l'on multiplie les deux termes ? et 



7 



jY par une même quantité qui ait la valeur ~ ; ces deux termes 

deviendront respectivement ^-^ et ^^^ ; leur quotient 
deviendra donc 

6X4X11X3 

5X3X7X4 



34 PKEMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE 11. 

OU , en supprimant les facteurs communs 4 et 3 , 

6X11 
5X7 ' 

c'est-à-dire que le quotient n'a pas changé. 

On démontrerait de la même manière que le quotient ne change 
pas si l'on divise les deux termes par une même quantité. 
Ainsi les expressions 

2a A^ 4a^— 'lab 

Sb ' Qab ' 6ab—Sb' ' 

sont des fractions équivalentes ; car on obtient la seconde en mul- 
tipliant les deux termes de la première par 2a , et la troisième 
en multipliant les deux termes de la première par 2a — b ; ou 
bien on obtiendrait la première en divisant les deux termes de la se- 
conde par 2ft , ou les deux termes de la troisième par 2a — b . 

ôl. Pour simplifier une fraction, il faut supprimer les facteurs 
communs à ses deux termes. Ces facteurs sont faciles à apercevoir 
si les deux termes sont monômes. 
Soit, par exemple , la fraction 

48a^6V 
QOa^bx' ' 

on aperçoit sur-le-champ que les deux termes sont divisibles par 
l'ia^bx'* ; et, en effectuant la division, il vient 

4ab 

Si les deux termes sont polynômes , il faut chercher les facteurs 
communs à tous les termes de chaque polynôme , et les mettre en 
évidence (44) ; on aperçoit alors facilement les facteurs monômes 
qui peuvent être communs aux deux termes, de la fraction. Quant 
aux polynômes mis entre parenthèses, il arrive quelquefois qu'ils se 
décomposent à vue en facteurs polynômes plus simples, et que cette 
décomposition met en évidence des facteurs polynômes communs 
aux deux termes de la fraction. 

Soit , par exemple , la fraction 

S6a'b^—36aW 
bWb^—lOSaW+àia^b' ' 
Le numérateur peut se mettre sous la forme 

36tt^6«(a«— 6^^ 
ou , en vertu de ce qu'on a vu au n° 56, 

36a»6'(a-f-6)(a — 6) . 



DES FKACTlOr^S ALGÉBRIQUES. 35 

Le dénominateur peut s'écrire 

ou , en vertu de ce qu'on a vu au lieu cité , 

La fraction proposée peut donc se mettre sous la forme 

ZQa^b\a-{-b){a—b) 
b4a^b\a-~b)(a—b) * 

On reconnaît alors que ses deux termes sont divisibles par 18 aW- 
et par (a — b) ; supprimant ces facteurs communs , il reste 

2a(a-{-b) 2a^-i-2ab ' 

Sb(a — b) ^" Sab+Sb^ ' 

L'habitude de ces transformations est d'un grand secours dans les 
calculs algébriques. 

o2. Si l'on a une fraction algébrique jointe à une quantité en- 
tière, on peut réduire le tout en une seule expression fractionnaire 
d'après les mêmes règles qu'en arithmétique. En effet, il est clair 
qu'on ne change pas la valeur de la quantité entière en la multi- 
pliant et en la divisant en même temps par le dénominateur de la 
fraction; on obtient ainsi deux quantités fractionnaires de même 
dénominateur; et l'on peut les réunir en une seule, en faisant la 
somme des numérateurs et donnant à cette somme le dénominateur 
commun ; car diviser une somme revient à diviser ses parties et à 
faire la somme des quotients. 

Soit, par exemple , l'expression 

4b+^.^^^ ou u + ^'-^'^ + ^' 

on aura successivement 

Aab-\-a'—'lab + b^ a^+2ab4-b^ • 

J — ou — ■ ^ — 

a a 

ou enfin (56) (a+àY ^ 

a 

Réciproquement : lorsqu'on a une expression fractionnaire dans 
laquelle, le numérateur et le dénominateur étant ordonnés par rap- 
port aux puissances d'une même lettre, le premier terme du numé- 
rateur est exactement divisible par le premier terme du dénomina- 
teur, on peut opérer une ou plusieurs divisions partielles, qui 
fourniront un quotient partiel entier, et l'on complétera ce quotient 
par une fraction ayant pour numérateur le reste et pour dénomina- 



J6 PREMlfeKE PAiniE. -— CHAPITRE II. 

teur le diviseur, c'est-à-dire le dénominateur de Texpression pro- 
posée. 

Soit , par exemple , la traction 

4ax^+5a^x — 6a^ 
On a vu au n" 47 que si l'on divise le numérateur par le dé- 
nominateur on obtient pour quotient 3ax — 2r6' et pour reste 
20tt^^ — iOa^ . On pourra donc mettre la fraction proposée sous 
la forme 

Soit de même la fraction 

(a—bf u-—2ab + b' 

a — 2b a— 2b 

Effectuant la division , on obtient pour quotient a et pour 
reste ^' ; on peut donc écrire la fraction proposée sous la forme 

''+7r^b ' 

Ces diverses transformations sont au nombre de celles dont l'Al- 
gèbre fait un plus fréquent usage , soit dans la solution des pro- 
blèmes, soit dans la démonstration des théorèmes de calcul. 

o5. Pour additionner deux fractions algébriques de même déno- 
minateur, il suffit évidemment d'additionner les numérateurs et de 
donner à la somme le dénominateur commun ; puisque , comme 
nous l'avons rappelé déjà , diviser une somme est la même chose 
que de diviser séparément les parties et de faire la somme des quo- 
tients. 

Si les fractions à additionner n'ont pas le même dénominateur, 
on les réduira au même dénominateur en multipliant les deux termes 
de chacune par le produit des dénominateurs de toutes les autres, 
ce qui ne changera pas leur valeur (i>0) . 
Soit, par exemple, à additionner les fractions 
a^—ab a^-\-ab a- — b"- 

a-\-b ' a^b ' a 

Multipliant les deux termes de la première par a — b et par a , 
les deux termes de la seconde par a-\^b et par a , et les deux 
termes de la troisième par a-\-b et par a — b , elles devien- 
dront : 

^*_-2a^/> + rr6- a}Ar2d'b^LHr fV — 2a-b' -\- b ' . 
a^^a'b ' a' — a'b ' a'—aV) 



DES FRACTlOiNS ALGÉBRIQUES. 37 

ajoutant les numérateurs, et donnant à la somme le dénominateur 
commun, il viendra, après réductions, 

d'—cC-b ' 

Si les dénominateurs des fractions proposées ont des facteurs 
communs , on peut obtenir un dénominateur commun plus simple 
que le produit des dénominateurs. Pour cela, on suivra la même 
marche qu'en arithmétique ; ayant décomposé les dénominateurs en 
facteurs aussi simples qu'on le pourra , on fera le produit de tous 
ces facteurs simples , en affectant chacun de son plus haut exposant; 
on aura ainsi le dénominateur commun. On le divisera par le déno- 
minateur de chaque fraction , et l'on multipliera son numérateur 
par le quotient obtenu. On aura ainsi les nouveaux numérateurs, 
sous lesquels on écrira le dénominateur commun. Les fractions 
étant ainsi réduites au même dénominateur , on les additionnera 
comme ci-dessus. 

Soient , par exemple , les fractions : 

M N P 

na'x — na'bx ' ISa'bx+lSaWx ' Md'x' — 24aW-x'' ' 

dans lesquelles M , N , P représentent des numérateurs quel- 
conques. 
Les dénominateurs peuvent se mettre sous la forme : 

^\^.a\x.ia—b) , 2.3\a\b.x.ia+b) , 2\3.a\x\{a-\-b){a-~-b); 
on devra donc prendre pour dénominateur commun 

2\S\d\b.x\{a-\-b)(a — b) 
ou llébx'—lld'b^x'' 

Le quotient de ce dénominateur commun par le dénominateur de 
la première fraction est '±.'^.b.x.{a-\-b) ou ^ahx-\-^Wx ; c'est 
par ce quotient qu'il faudra multiplier le numérateur M . 

Le quotient du dénominateur commun par le dénominateur de 
la seconde fraction est T'.a.x.ia — b) ou Ac?x — Aabx ; c'est par 
ce quotient qu'il faudra multiplier le numérateur N . 

Le quotient du dénominateur commun par le dénominateur de la 
troisième fraction est S.a^.b ; c'est par ce quotient qu'il faudra 
multiplier le numérateur P . 

Les fractions proposées pourront donc s'écrire : 

M{6abx-\-6b^x) ^{4a^x — 4abx) Sa'bV 

72a'bx-—7'la'b'x'- ' 72a'bx'—72a'b'x' ' 72a^bx^—72M'x^ ' 

et maintenant qu'elles ont le même dénominateur, il ne resterait 
qu'à faire la somme des numérateurs et à donner à cette somme le 
dénominateur commun. 



38 PREMltRE PARTIE. — CHAPITRE II. 

o4. Pour soustraire l'une de l'autre deux fractions algébriques, 
on commence par les réduire au même dénominateur, on soustrait 
le numérateur de l'une du numérateur de l'autre , et l'on donne à 
la différence le dénominateur commun. 

Soit, par exemple, à soustraire de ^—^ la fraction ^^~^ ; 

a — a-\- b 

ces fractions réduites au même dénominateur deviennent respecti- 

vement ^^,__,r et ^,_,î . 

Si du premier numérateur on retranche le second, on trouve 
pour reste 4 ab ; donnant à cette différence le dénominateur com- 
mun , il vient 

4ab 

S^. Pour multiplier l'une par l'autre une fraction algébrique et 
une quantité entière , il suffit de multiplier le numérateur de la 
fraction par la quantité entière et de donner au produit le dénomi- 
nateur de la fraction. 

Concevons , en effet , que par suite des valeurs attribuées aux 

lettres, le numérateur de la fraction prenne la valeur - et son 

o 

7 
dénominateur la valeur -j ; concevons de même que la quantité 

algébrique entière prenne la valeur numérique fractionnaire - . 

La fraction algébrique aura pour valeur le quotient de - par - ou 

•r-— ^ ; et le produit de cette quantité par - sera X^X^ 
3X7 ^ ^ »^ 9 3X7X9 

Multiplions maintenant le numérateur - _ de la fraction algé- 

2 5 V 2 

brique par la quantité ^ , le produit sera -^— - ; si nous lui 

7 
donnons pour dénominateur j , le résultat sera le quotient de 

5X2 7 5X2 X4 

^^^ par ^ ou bien ^^^ ; résultat qui ne diffère de 

celui que nous avons obtenu d'abord , que par l'ordre des facteurs, 
lequel ordre est , comme on sait , indifférent. 

Soit, par exemple, à multiplier g_ par a— b ,1e 

, .. ab{a — b) abia — b) ^ ab 

produit sera — ^ — — -' ou , , ).. — ^— , ou enfin -V? • 

o} — b~ (a-\-b){a — b) a + 6 



DES FllACTIONS ALGÈBUlQUIiS. 39 

On aurait pu , au lieu de multiplier le numérateur de la fraction 
par la quantité entière, diviser son dénominateur, le résultat eût été 
le même; c'est ce qu'on démontrerait facilement comme ci-dessus. 

Remarque. Pour multiplier une fraction algébrique par son déno- 
minateur, il suffit de le supprimer. Soit, en effet, pour plus de 

simplicité, la fraction t ; si on la multiplie par 6, on aura , d'après 

Ja règle précédente -r- , ou , en effectuant la division indiquée , 

a simplement, résultat auquel on fût parvenu en supprimant le dé- 
nominateur. 

S6. Pour multiplier deux fractions algébriques l'une par l'autre, 
il faut multiplier les numérateurs entre eux et les dénominateurs 
entre eux. 

Supposons , en effet , que le numérateur de la première fraction 

6 7 

ait la valeur - et son dénominateur la valeur -r ; que le nu- 

2 

mérateur de la seconde ait pour valeur - et son dénomina- 

y 

teur -r- . La première fraction aura pour valeur le quotient 

o 

5 7 5x4 

de - par -7 ou - — zj . La seconde fraction aura pour va- 
3 ^ 4 3X7 ^ 

2 11 2X8 

leur le quotient de - par — ou ^ . Le produit des 

5X4X2X8 



deux fractions a donc pour valeur o v/ -y ^^ o v/ 1 1 

oX/ X"X 11 

5 2 

Multiplions maintenant entre eux les numérateurs - et - des 

5X2 

fractions algébriques proposées, le produit sera tj— ^ ; multiplions 

oX" 

de même leurs dénominateurs v et -q- ; le produit sera . , 

La fraction algébrique qui aura pour numérateur le produit des 

numérateurs des fractions proposées , et pour dénominateur le pro- 

5X2 
duit de leurs dénominateurs sera donc le quotient de o^n P^'^ 

'-^ '-'''- S^^Tl ; résultat qui ne diffère de 
celui que nous avions obtenu d'abord que par l'ordre des facteurs 

r> .. , V ,.. 1. Qab a-\-b , 

Soit, par exemple, a multiplier -ttâi P^^ "o — ' ^^ P^^' 



3/; 



hO PHEMIËRE PARTIE. — CHAPITRE IL 

duitsera _ .- ' , ^ ou r—- — r~j-j — ~ , ou enfin . . 

2«(«' — b^) 2a{a-\-b){a — 6) a — b 

La même règle s'étendrait sans peine à un nombre quelconque 

de fractions. 

07. On démontrerait comme ci-dessus : 1° Que pour diviser une 
fraction algébrique par une quantité entière, il faut multiplier son 
dénominateur par cette quantité entière (ou diviser son numérateur 
si cela est possible). 

a- — b^ a^ — b^ • 

Exemple. Le quotient de —r — par a — b est x—, Tx 

^ 2a ^ 2«(a — b) 

(a-\-b){a—b) ^ a-\-b 

ou • ' / ,, , ou enfin — -! — . 
2a[a — b) 2a 

S*» Que pour diviser une quantité entière par une fraction , il faut 

multiplier la quantité entière par le dénominateur de la fraction , et 

diviser le produit par le numérateur. 

. . , ,. ab + b'- , {a?—b^)2a 

Exemple. Le quotient de a^ — b^ par — ^ — est , , ^^ 

{a+b)(a—b)2a ia—b)2a p 2a^—2ab 

°" (,+6)// '«-^ — ^ '°"'^"«" -T— • 

3° Que pour diviser une fraction algébrique par une autre , il faut 

multiplier la fraction dividende par la fraction diviseur renversée. 

. , j 2a^x—2b^x 4ab^—4b^ 

Exemple. Le quotient de —7 par — — ^j — est 

{2a^x—'2b^x).l6ax 2 .^ .5 . a . x\{a + b){a — b) 

5ab{Aab''^4b') ^" 2^ 5 .a . 6^(a — 6) 

„ 3 x'{a+b) 
enfin —j^— • 

Ces règles sont faciles à retenir, puisque , comme on a pu le re- 
marquer, elles sont exactement les mêmes qu'en arithmétique. 

08. Si l'on avait à multiplier ou à diviser des expressions algé- 
briques formées d'une partie entière et d'une fraction , on com- 
mencerait par réduire la partie entière et la fraction en une seule 
expression fractionnaire (52); on opérerait ensuite comme pour des 
tractions. 

Soit, par exemple, à diviser 3a par -r— « . Ces deux 

, 3«^— 36' ^ a^ — ab , ,. , 

expressions reviennent a et — ^ — . Leur quotient 

(3 a*— 36^)6 ,. 36 (a + 6) (a — 6) n 

est donc ^—-. ^r- , ou bien -^-j- — vr , ou entin 

a(a^ — ab) a\a — 0) 

36(a + 6) 

a* 



PBEMlÈRl; PARTIE. 41 



CHAPITRE m. 

DES lÉQVATIOXS ET DES PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 



§ I. Notions générales sur les égaillés. 

59. On a vu au n"' 14 que pour exprimer que deux quantités sont 
égales , on les écrit à la suite l'une de l'autre en les séparant par le 
signe = , Deux expressions algébriques séparées par ce signe for- 
ment ce qu'on appelle, en général, xmQ égalité; et les quantités 
placées de part et d'autre du signe sont les deux membres de l'é- 
galité. Par exemple : 

3/p \ 

a-{-b = c — d ; {x — à){x-\-a)=:x^ — a^ ; — - — =4 

o 

sont des égalités. La quantité a-\- b est le premier membre de la 
première ; c — d en est le second membre ; et ainsi des autres. 

Mais ces égalités sont , comme on va le voir, d'espèces très-dif- 
férentes. 

I. Il peut arriver que, dans un problème où figurent des quantités 
données a ^ b , e , d auxquelles on n'attribue pas de valeurs par- 
ticulières , ces quantités soient néanmoins assujetties, par la nature 
même de la question, à satisfaire à la condition 

a-\- b = c — d ; 

cette condition serait plus particulièrement une égalité^ ou une 
simple relation. 

II. L'égalité {x — a) {x -\- a) = x'^ — a^ 

se distingue de la précédente en ce que , si l'on effectue les calculs 
indiqués, le premier membre devient identiquement égal au second 

x^ — a'^ = x^ — a* . 

Elle jouit, en conséquence, de la propriété caractéristique d'être 
satisfaite quelles que soient les valeurs qu'on attribue aux lettres 
qui y entrent. Si, par exemple, on remplace x par 2 et « par 1 , 
elle donne : 

(2-'l)(2+l) = 22 — 1^ ou 1x3 = 4—1 ou 3=:3 . 



U1 PREMIÈRE PARTir. — CHAPITRE III. 

Si l'on remplace x par 5 et a par 2 , elle donne : 

(5 — 2)(5+2) = 5^— 2- ou 3X7=25—4 ou 21 = 21 

si l'on remplace x par - et a par 1 , elle donne : 



3 



(l-')(H=©' 



1 7 Ifi 7 7 

1' °" 3X3=9--^ '^" 9=9 



et ainsi de suite. 
Les égalités de cette espèce portent le nom d'identités. 

m. L'égalité ^^F^ = ^ 

est satisfaite lorsqu'on y remplace ^ par 11 ; car 3 fois 11 font 
33 ; 33 — 1 font 32 ; 32 divisé par 8 donne bien 4 . Mais 
cette égalité cesserait d'être vérifiée si l'on y mettait à la place de x 
toute autre valeur que le nombre 11 . 

On donne le nom d'équation à toute égalité de cette espèce , ex- 
primant une relation entre une quantité inconnue et des quantités 
données, et qui ne peut être satisfaite que par certaines valeurs dé- 
terminées de l'inconnue. 

(Nous considérerons plus tard le cas où il y a plusieurs inconnues.) 

Remarque. On peut remarquer que les simples relations d'égalité 
deviennent des équations lorsqu'on y regarde comme inconnue 
l'une des lettres qui y entrent. Si, par exemple, dans la relation 

a-\- b = c — d 
trois seulement des quantités a , b , c , d étant supposées don- 
nées b , c , d , par exemple, on se proposait d'en déduire la 
quatrième, a , cette simple relation d'égalité deviendrait une équa- 
tion où a serait l'inconnue. 

60. On peut faire subir aux égalités toutes transformations qui 
n'empêchent pas les deux membres de rester égaux ; ainsi, on peut 
ajouter une même quantité aux deux membres, soustraire une 
même quantité des deux membres, multiplier les deux membres 
par une même quantité, diviser les doux membres par une même 
quantité. 

I. Les deux premières propriétés servent 2i faire passer un terme 
d'un mem,bre dans un autre , transformation qui est très-fréquem- 
ment employée. Pour l'effectuer, il suffit d'effacer du membre où il 
était le terme que l'on veut changer de membre, et de l'écrire dans 
l'autre avec un signe contraire à celui qu'il avait. 

Prenons pour exemple l'égalité 

a-\-b=:c — d 
et supposons qu'on veuille faire passer le terme b dans le second 



NOTIONS SUR LES ÉGALITÉS. /l3 

membre. Si, d'abord, on l'efface dans le premier, comme il était ad- 
ditif, on diminue ce membre de la quantité h ; pour ne pas trou- 
bler l'égalité, il faut donc diminuer aussi le second membre de h , 
ce qui se fera en y écrivant — 6 . On aura ainsi : 
a=zc — d — b 

Supposons maintenant qu'on veuille faire passer le terme d du 
second membre dans le premier. Si d'abord on l'efface dans le se- 
cond , comme il était soustractif , on augmente ce second membre 
de la quantité d ; pour ne pas troubler l'égalité, il faut donc aug- 
menter aussi le premier membre de d , ce qui se fera en y écri- 
vant -\-d ; ei l'on aura : 

a-{-d=^c — h . 

Ainsi , pour faire passer un terme d'un membre dans un autre il 
faut changer son signe. 

Remarque. Cette faculté de faire passer un terme d'un membre 
dans un autre , permet de réduire entre eux les termes semblables 
qui se trouvent dans les deux membres. Ainsi l'égalité 

Sa^—6ab-{-b^==2a^ + 2ab — l5b^ 
peut s'écrire Sa^—6ab-\-b^ — 2a^--2ab-\-l6b^=0 
ou, plus simplement , a^ — ^ab-{-16b^=0. 

Lorsqu'un même terme se trouve dans les deux membres avec le 
même signa, on peut le supprimer de part et d'autre ; car cela re- 
vient à retrancher une même quantité aux deux membres si ce 
terme est additif, ou à l'ajouter aux deux membres s'il est soustractif. 

Ainsi l'égalité a^—4ab + b^:=b^-'4ab + c'- 

revient à a^=c^ . 

61. II. La troisième propriété, qui permet démultiplier les deux 
membres par une même quantité , sert a faire disparaître les déno- 
minateurs lorsqu'il y en a. Pour cela, on commence par réduire 
tous les termes de l'égalité, tant entiers que fractionnaires, au 
même dénominateur (52 , 55) ; il est alors permis de supprimer ce 
dénominateur, car cette suppression revient à multiplier tous les 
termes de l'égalité , et par conséquent les deux membres , par ce 
dénominateur même (55, Rem.). 

Soit , par exemple , l'égalité 

6« , d^ 

a =c-\ — , 

a ' c ' 

en réduisant tous les termes au même dénominateur ac , on a 

d'abord 

a^c b'c ac^ .ad} 

ac ac ac~^ ac '' ' ■ 



UU PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III. 

et, en supprimant le dénominateur commun, ce qui revient à 
multiplier tous les termes par ac , il vient 

a^c — b-c=ac'-\-acP , 

kinsi , pour faire disparaître les dénominateurs d'une égalité, il 
suffit de réduire tous les termes au même dénominateur, et de sup- 
primer ensuite le dénominateur commun. 

62. 111. La quatrième propriété , qui permet de diviser les deux 
membres par une même quantité , sert à supprimer les facteurs 
communs aux deux membres, quand il s'en trouve. Cette suppres- 
sion simplifie les calculs. Soit pour exemple l'égalité 

4a^ — Sa'b+4ab^ = 6a^b — eb'' , 

si l'on met en évidence (44), dans chaque membre, les facteurs 
communs à tous les termes , il vient 

4a{a^—'2ab + b'^) = 6b{à'—b') 

ou 4aia'-bf = 6b(a-^b){a—b) . 

Sous cette forme, on voit que les deux membres sont divisibles par 
*2(û — b) . Effectuant cette division , il reste l'égalité plus simple. 

2a{a — b)=3b(a + b) 

ou 2ft' — 2a6=3«6 + 36' . 

65. Ces diverses transformations s'appliquent aux équations 
comme aux autres espèces d'égalités. On peut démontrer, de plus, 
que, sauf certaines restrictions que nous aurons soin de signaler, 
elles n'altèrent pas les valeurs de l'inconnue , c'est-à-dire celles qui, 
mises à la place de l'inconnue , rendent le premier membre égal au 
second (o9, 111). 

Les équations qui , sous des formes différentes , sont néanmoins 
satisfaites par les mêmes valeurs de l'inconnue,, sont dites équiva- 
lentes. 

On peut d'abord, sans changer les valeurs de l'inconnue , ajouter 
une même quantité aux deux membres. En effet , soit, par exemple, 
l'équation 

ax* — bx=zcx — d [1], 

ajoutant aux deux membres une même quantité m ; nous aurons 

(ax*^bx)-{-m=(cx—d)-\-m [2], 

équation où nous avons à dessein enveloppé de parenthèses les 
membres de l'équation primitive. 11 est clair que si une certaine 
valeur attribuée à x satisfait à l'équation [1], elle satisfera aussi 
à l'équation [2] ; car les quantités entre parenthèses étant égales de 
part et d'autre, puisqu'on suppose l'équation [1] satisfaite, ces 



NOTIOINS SUR LES ÉGALITÉS. 45 

quantités, augmentées chacune de m , sont encore égales. Réci- 
proquement : si une certaine valeur mise pour x vérifie l'équa- 
tion [2], elle vérifiera aussi l'équation [1]; car, pour que les deux 
membres de l'équation [2] deviennent égaux , comme ils ont une 
partie commune m , il faut que les parties non communes, mises 
entre parenthèses, deviennent égales elles-mêmes; or, ces quan- 
tités ne sont autre chose que les deux membres de l'équation [1] ; 
donc cette équation est vérifiée. Les deux équations [1] et [2] ad- 
mettent donc exactement les mêmes valeurs ; ce qui démontre la 
proposition énoncée. 

On démontrerait de la même manière que Von peut, sans changer 
les valeurs de l'inconnue, retrancher une niêrne quantité aux deux 
membres. 

Il résulte de ces deux propriétés que l'on peut , sans changer les 
valeurs de l'inconnue, faire passer un terme d'un membre da?is un 
autre [en changeant son signe, comme il a été dit plus haut (60, 1)]. 

64. On peut , sans changer {en général) les valeurs de l'incon- 
nue, multiplier les deux membres d'une équation par une même 
quantité. 

Soit encore l'équation 

axr — bx = cx — d [1]. 

En multipliant les deux membres par une même quantité m , 
on obtient 

(ax- — bx)m = {cx — d)7n [2]. 

Si une certaine valeur mise pour x satisfait à l'équation [1] , 
elle satisfera à l'équation [2] ; car les deux membres de l'équa- 
tion [1] devenant égaux, il en est de même des facteurs entre pa- 
renthèses dans les deux membres de l'équation [2] ; et comme le 
second facteur m est le même de part et d'autre , les produits 
sont égaux; c'est-à-dire que l'équation [2] est vérifiée. 

Réciproquement : si une certaine valeur mise pour x satisfait 
à l'équation [2], c'est que ses deux membres deviennent égaux; et 
comme ils ont le facteur commun m , il faut que les facteurs 
entre parenthèses deviennent égaux. Or ces facteurs ne sont autre 
chose que les deux membres de l'équation [1] ; donc cette équation 
est vérifiée. 

Les équations [1] et [2] sont donc satisfaites par les mêmes va- 
leurs de X , ce qui démontre la proposition énoncée. 

Remarques. L Cette démonstration suppose essentiellement que 
le facteur in introduit n'est pas nul ; et il faut admettre par con- 
séquent qu'il ne contient pas l'inconnue x . S'il la contenait , il 
serait possible de trouver une valeur de x qui annulât le fac- 



^6 PRExMlÈRE PAKTIË. — CHAPITIŒ 111. 

teur m ; cette valeur annulant par suite les deux membres de 
l'équation [2], cette équation se trouverait satisfaite; tandis qu'il 
arriverait en général que l'équation [1] ne le serait pas. Ces deux 
équations ne seraient pas alors équivalentes : 
Soit , par exemple , l'équation très-simple 

^• + 1 = 4; 

multiplions ces deux membres par a;— 1 , il viendra 

x^ — \z=Ax — A . 

Cette équation est vérifiée par la valeur 1 , qui annule le facteur 
introduit x — 1 ; tandis qu'il est facile de s'assurer que cette 
même valeur 1 ne satisfait pas à l'équation primitive. 

II. Il y a cependant une exception à cette exception ; c'est-à-dire 
que la proposition générale subsiste lorsque le facteur par lequel on 
multiplie les deux membres d'une équation est le dénominateur 
commun à tous ses termes, qu'il contienne ou non l'inconnue. 

Cela tient à ce que la suppression du dénominateur commun , 
bien qu'elle soit équivalente à une multiplication (o3 et 61), n'in- 
troduit pas réellement de facteur dans l'équation résultante, si l'on 
a pris le plus petit dénominateur commun, comme il est facile de 
le faire dans les cas qui se présentent ordinairement. Mais de plus 
amples détails sur ce sujet seraient ici hors de propos. 

Il résulte de la proposition précédente et de la dernière remarque 
que Von peut , sans changer les valeurs de l'inconnue, faire dispa- 
raître les dénominateurs d'une équation. 

05. On démontrerait exactement de la même manière que l'on 
peut, sans changer les valeurs de l'inconnue, diviser les deux 
membres d'une équation par une même quantité; et, par conséquent, 
supprimer les facteurs communs aux deux membres. 

Il ftmt cependant faire ici la même restrictipn que ci-dessus , et 
supposer que le facteur supprimé n'est pas nul , et qu'il ne contient 
pas l'inconnue. S'il la contenait , on pourrait trouver une valeur de 
l'inconnue qui annulât ce facteur et satisfît par suite à l'équation 
primitive , sans satisfaire pour cela à l'équation résultant de la sup- 
pression du facteur. C'est ainsi que l'équation : 

x^—\=zAx — A 
dans laquelle ces deux membres sont divisibles par x — 1 , est 
satisfaite par la valeur 1 qui , mise pour x , annule ce facteur 
commun et par suite les deux membres ; tandis que cette même 
valeur 1 ne satisfait pas à l'équation 

x + l = A 
qu'on obtient en supprimant le facteur x — 1 . 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. Ul 

66. Les équations à une seule inconnue se distinguent les unes 
des autres par leur degré; on nomme degré d'une équation, le plus 
haut exposant de l'inconnue lorsqu'on a fait disparaître les dénomi- 
nateurs, effectué les calculs indiqués, et opéré la réduction des 
termes semblables (60) . 

L'équation 3 ^' -j- 1 = 4 — 2x est du premier degré , parce que 
le plus haut exposant de x est l'unité. 

L'équation ax'^ — bx = cx — d est du second degré, parce que 
le plus haut exposant de a; est 2 . 

L'équation ax"- -\- bx'' z= c est du quatrième degré, parce que le 
plus haut exposant de x est 4 . Et ainsi de suite. 

L'équation {x — af — x^=zW 

qui paraît du second degré au premier abord , n'est réellement que 
du premier , parce que , lorsqu'on a développé (x — af et fait la 
réduction des termes semblables , il reste : 



L'équation ax 



1ax — h^ . 

' X 



au contraire,' dans laquelle x n'entre qu'à la première puissance , 
est réellement du second degré , parce que , lorsqu'on a fait dispa- 
raître les dénominateurs, elle devient : 

ax^ -\-h=^cx 
où X entre avec l'exposant 2 . 

Nous ne nous occuperons d'abord que des équations du premier 
degré. 

On distingue encore les équations en équations numériques et en 
équations littérales, suivant que les quantités données qui y entrent 
sont exprimées par des nombres ou représentées par des lettres. 

% II. De la résolution des équations du premier degré a une seule inconnue. 

67. Résoudre une équation, c'est déterminer les valeurs qui, 
mises à la place de l'inconnue, rendent le premier membre égal au 
second, et changent par conséquent l'équation en identité. 

Pour résoudre une équation, on cherche à la transformer en une 
équation équivalente (65) , dans laquelle l'inconnue soit seule et à 
la première puissance dans un membre , l'autre membre ne conte- 
nant que des quantités connues. Si, par exemple, en opérant de cette 
manière, on arrive à une équation telle que ^=4 , comme cette 
équation est évidemment satisfaite quand on y remplace x par 4 , 
il s'ensuit que le nombre 4 est une valeur de l'inconnue , puis- 
que cette valeur satisfait à l'équation proposée qui, par hypothèse, 
est équivalente à a; = 4 . 



68 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE 111. 

Si, de même, on parvient à une équation telle que x=a — b , 
il s'ensuit que a — b est la valeur de l'inconnue. 

Pour résoudre une équation quelconque du premier degré à une 
seule inconnue, on suit une marche uniforme que l'on peut résumer 
de cette manière : 

1° Faire disparaître les dénominateurs (61). 

2° Effectuer les multiplications indiquées, s'il y en a. 

3° Faire passer dans un même membre tous les termes qui con- 
tiennent l'inconnue, et dans l'autre membre tous les termes qui en 
sont indépendants (60). 

4° Opérer la réduction des termes semblables (22). 

Il convient de choisir le membre où l'on réunit les termes affects 
de l'inconnue, de manière que, si les facteurs qui multiplient 
l'inconnue sont numériques, l'ensemble des termes positifs l'em- 
porte sur l'ensemble des termes négatifs, et que, si ces facteurs sont 
littéraux, il y ait au moins un terme positif; ce qui sera toujours 
possible. 

5° Mettre l'inconnue en facteur commun (44) dans le membre où 
elle se trouve (s'il y a plusieurs termes affectés de l'inconnue qui 
n'aient pu se réduire). 

6° Diviser les deux membres par la quantité qui multiplie l'in- 
connue (Go). 

De cette manière, on aura passé par une suite d'équations équi- 
valentes (05), dont la dernière présentera l'inconnue seule dans un 
membre et des quantités connues dans l'autre; c'est-à-dire que l'on 
aura obtenu la valeur de l'inconnue. 

Soit pour premier exemple l'équation numérique : 

1x — \ o_ J^+3 

Faisant disparaître les dénominateurs , nous aurons 

2jrX8 — 8 — 3X5X8=a;X54-3X5 . 
Effectuons les multiplications , l'équation deviendra 

16^ — 8 — 120==5^ + 15 . 
Faisons passer dans le premier membre tous les termes en x , et 
dans le second tous les termes indépendants de x , il viendra 

16^ — 5^ ==15 + 8 + 120 ; 
ou , en faisant la réduction des termes semblables , 

11^ = 143 . 
Divisons les deux membres par le nombre . 1 1 qui multiplie x , 
nous aurons enfin 

143 

X = — — • , ou , en effectuant la division , x = \Z , 



EQUATIOISS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. U9 

On peut vérifier , en effet , que si dans l'équation proposée on 
met 13 à la place de x , chacun des deux membres se réduit 
à 2 ; en sorte que l'équation est satisfaite. 

Soit pour second exemple l'équation littérale 

2x-\-Sb _ x — ^a 
^-" ' "• -■'■■■' a-\-b ~~ a — b "^ * 

Faisons disparaître les dénominateurs, nous aurons 

{1x-{-^b){a—b) = {x — ^a){a+b)-\-b [a + h) {a — b) , 
ou, en effectuant les multiplications indiquées, 
1ax-\-%ab-'1bx—'èb''=ax — 1a^-^bx — 1ab-\-Da^ — ^b^ . 

Faisons passer dans le premier membre tous les termes affectés 
de X , et dans le second tous les termes indépendants de x , il 
viendra 

'•lax — 1bx — ax — bx — — 'îla' — 1ab'+ba'~bb'—%ab-\-%b^ , 

ou, en opérant la réduction des termes semblables, 

ax — ^bx = ^d^ — \Qab + Zb^ . 

Mettons x en évidence dans le premier membre , l'équation 
prendra la forme 

(a — Sb)x=2Sa^ — 10ab-{-Sb^ . 
Divisons enfin les deux membres par la quantité a — 3 ô qui mul- 
tiplie X , nous obtiendrons 

— 3ft'-— 10fl6 + 36^ 
•^- a-Sb 

ou , en effectuant la division indiquée , 

x = Sa — b , 

La valeur de l'inconnue est donc Sa — b ; et, en effet, il est 
facile de vérifier que si l'on remplace x par cette valeur, les deux 
membres de l'équation proposée se réduisent tous deux à 6 . 

Exemples. Le lecteur pourra s'exercer sur les exemples suivants : 

OX Z _ ^X ——o / 15 \ tv\ 

— _ 6= — - — (dou x = 7) ; 

-r- — L-T 1= ^ . (d'où x = Sa — 2b) . 

2a-\- b 2a — b 

08. Remarques. L La valeur obtenue satisfait toujours à Téqua- 
tion proposée ; car elle satisfait évidemment à la dernière équation , 
qui est équivalente à la proposée. 

n. Une équation du premier degré à une seule iticonnue n'admet 
pour cette inconnue qu'une seule valeur; car, pour qu'une valeur sa- 

li 



50 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III. 

tisfasse à l'équation proposée, il faut qu'elle satisfasse à la dernière 
équation obtenue , qui lui est équivalente ; il faut donc qu'elle soit 
égale au second membre de cette dernière équation. 

Par exemple, dans l'exemple numérique ci-dessus, on arrive 
à x = lS ; pour qu'une valeur, mise à la place de x , satis- 
fasse à la proposée, il faut qu'elle satisfasse à x = l3 ; il faut 
donc qu'elle soit égale à 13 . 

III. L'habitude du calcul permet souvent d'exécuter en même 
temps plusieurs des opérations que nous avons détaillées. Ainsi , 
en faisant disparaître les dénominateurs , on peut en même temps 
effectuer les multiplications. Ainsi, encore, en faisant passer les 
termes d'un membre dans un autre , on peut en même temps effec- 
tuer la réduction des termes semblables. 

IV. Si , par suite du choix qu'on aurait fait pour le membre dans 
lequel on fait passer les termes affectés de l'inconnue , il arrivait 
qu'après la réduction des termes semblables , tous les termes affectés 
de l'inconnue fussent négatifs, on pourrait changer les signes de 
tous les termes , ce qui ne troublerait pas l'équation ; car ce chan- 
gement revient à faire changer de membre à tous les termes , et à 
intervertir ensuite l'ordre des deux membres , ce qui est évidem- 
ment permis. 

09. Remarques sur les inégalités. Lorsqu'on veut exprimer 
qu'une quantité doit être plus petite ou plus grande qu'une autre, 
on a vu (14) qu'il suffit de les écrire à la suite l'une de l'autre en 
les séparant par le signe < dans le premier cas , ou par le si- 
gne > dans le second. Une pareille expression est ce qu'on 
nomme une inégalité. Ainsi 

a — X ^h — X 
a<b ; x + ^>n ; '-J-<-Y~ 

sont des inégalités. 

On peut évidemment leur faire subir les mêmes transformations 
qu'aux égalités , puisque ces transformations ne troublent pas l'iné- 
galité. Toutefois, il ne serait pas permis d'intervertir l'ordre des 
deux membres; il faudrait dans ce cas renverser le signe de l'iné- 
galité. On ne pourrait pas non plus changer les signes de tous les 
termes , sans renverser le sens de l'inégalité , puisque ce change- 
ment de signes revient à transposer les deux membres. 

On a quelquefois besoin de transformer une inégalité en une 
autre dans laquelle une certaine quantité se trouve isolée dans l'un 
des deux membres , et précédée du signe + ; cette transforma- 
tion a pour but de déduire de l'inégahté une limite pour la quan- 
tité dont il s'agit. C'est ce qu'on appelle, par extension, résoudre 
l'inégalité par rapport à la quantité considérée. Cette résolution 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 51 

s'opère d'après les mêmes règles que pour les équations , sauf les 
restrictions énoncées plus haut. 

Ainsi de x-^-b"^!^ on tire a?>12 — 5 ou ic>7 . 

Qi ' X b •—~ X 
De — - — << — - — on tire successivement 

2« — 2^<36 — 3â? , puis 3^--2^<36— '2a ; 
puis enfin , a? <! 3 6 — 2 a. 

On traiterait de même toutes les inégalités qui sont du premier 
degré par rapport à la quantité considérée , c'est-à-dire qui , après 
la suppression des dénominateurs , ne contiennent cette quantité 
qu'à la première puissance. 

§ III. Problèmes qui conduisent à une équation du premier degré 
à une seule inconnue. 

70. La résolution d'un problème d'Algèbre se compose nécessai- 
rement de deux parties. Dans la première on cherche à exprimer les 
relations que l'énoncé établit entre les inconnues et les données , ce 
qui conduit toujours à un certain nombre d'équations , si le pro- 
blème est réellement du ressort de l'Algèbre. Dans la seconde on 
cherche à déduire de ces équations les valeurs des inconnues. 

L'Algèbre donne des règles certaines pour la résolution des équa- 
tions ; quant à la première partie , qu'on appelle la mise en équa- 
tions, elle ne saurait être astreinte à des lois aussi certaines , vu 
l'immense variété des problèmes qu'on peut avoir à résoudre. Il 
existe cependant une sorte de marche à suivre qu'on peut formuler 
de cette manière : Indiquer sur les lettres qui représentent les in- 
connues et sur les données numériques ou littérales les opérations 
QUE l'on EFFECTUERAIT , si , après avoir trouvé les valeurs des incon- 
nues, on se proposait de les vérifier. L'usage que nous ferons de cette 
règle jtin fera comprendre l'esprit et la portée. 

Nous ne nous occuperons dans ce paragraphe que des problèmes 
qui conduisent à une seule équation du premier degré à une seule 
inconnue. 

71. Premier PROBLÈME. t%^ère« Z7 ans, son fils en a 12 ; 
on dema7ide dans combien d'années l'âge du père sera le double de 
celui du fils. 

Désignons par x le nombre d'années cherché. Si ce nombre 
d'années était connu , et que l'on voulût le vérifier, on dirait : 

Le père ayant 37 ans , dans x années il en aura 37 + ^' ; 
à la même époque , le fils en aura 12 -(- a? ; d'après l'énoncé, le 



52 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE 111. 

double de cet âge , c'est-à-dire ( 12 + ^) X 2 doit valoir l'âge du 
père; on doit donc avoir l'égalité 

On a ainsi obtenu l'équation du problème. En la résolvant (68), 

on trouve 

^ = 13. 

Et, en effet, dans 13 ans, le fils aura 12 + 13 ou 25 ans; le 
père en aura 37+13 ou 50 , qui est bien le double de 25: 

72. Deuxième PROBLÈME. On « 60 hectolitres de blé à 30 /r. 
VhectoUtre ; combien faut-il y joindre de blé à l^jr. pour faire 
un mélange valatit 25 fr, l'hectolitre ? 

Désignons par x le nombre d'hectolitres cherché , et opérons 
comme si nous voulions vérifier ce nombre. Le prix des 60 hecto- 
litresà 30fr. est 30^X60 ou ISOOfr. ;leprixdes x hec- 
tolitres à 22 fr. est n'Xx ou 22.^ ; le prix total est donc 
lg00 + 22a:-. Pour avoir le prix d'un hectolitre du mélange, il 
faut diviser le prix total par le nombre total d'hectolitres, qui est 
60 + ^ .Mais, d'après l'énoncé, ce prix doit être de 25 tr. ; on 

a donc l'égalité 

1800-t-22^_gK 

~6ô+~r~-"^^' 

c'est l'équation du problème. En la résolvant , on trouve ^=100 . 
H faut donc prendre 100 hectolitres à 22 fr. 

Le même problème , traité généralement , donnera une tormule 
pour résoudre toutes les questions analogues. Soient n le nombre 
d'hectohtres donné , à a francs l'hectolitre, x le nombre 
d'hectolitres cherché à b francs l'hectolitre, soit enfin c le 
prix d'un hectolitre du mélange. Le prix total du ble sera na + bx 
et le nombre total d'hectolitres n + x ; on- aura donc 

na-\-bx ^ 

n-\-x 

n{a — c) 

d'où l'on tire ^— ^__^ > 

c'est-à-dire qu'il faut multiplier le nombre n d'hectohtres 
donnés par la différence , a-c entre le prix supéneur et e 
prix moyen , et diviser le produit par la différence , c-b , entre 
le prix moyen et le prix inférieur. 

Si, par exemple, on suppose n:=AO ; a ==21 , o- u , 

c = 2l , on trouvera 

40X3 _ 

X=:^ X =dO , 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 53 

75. Troisième PROBLÈME. Une pmjsanne , chargée de vendre des 
œufs au marché, vend à une première personne la moitié de ses œufs 
plus la moitié d'un œuf; à une seconde personne la moitié de ce qui 
lui reste plus la moitié d'un œuf; enfin , à une troisième la moitié de 
ce qui lui reste de la seconde vente, plus la moitié d'un œuf. Après 
cette troisième vente , il lui reste 7 œuf s ; combien en avait-elle 
en arrivant au marché? 

Soit X le nombre d'œufs qu'avait la marchande en arrivant. 

Elle vend à une première personne un nombre d'œufs marqué 

par rt'+s ' il lui en reste donc après cette première vente 

X \ X \ 

X — — — - ou - — - . Elle vend à une seconde personne la moitié 

X 1 
de ce qui lui reste , c'est-à-dire j—j , plus la moitié d'un œuf, 

X \ \ X \ 

ou -T — 2~t"9 ' ^^ encore j+t ; il lui en reste donc 

X \ X \ X 3 

2~2~4~"4 ^^ 4"~4 • 
Elle vend à une troisième personne la moitié de ce qu'il lui reste de 

X 3 
cette seconde vente , c'est-à-dire tz—x , plus la moitié d'un œuf, 

o o 
i2? 3 1 X 1 

OU g— g +2 ' ^" encore -+- ; il lui reste donc 



X S X 1 



X 



4 4 8 8 ^" 8 8 • 
Mais , d'après l'énoncé , ce reste doit être égal à 7 ; on a donc 
l'égalité 

^-1 = 7 • 
8 8' 

c'est l'équation du problème. En la résolvant, on trouve 

^=63 . 
En effet , à la première personne , la paysanne vend la moitié de 63 
plus la moitié de 1 , ce qui est la même chose que la moitié 
de 64 , c'est-à-dire 32 ; et il en reste par conséquent 31 . 
A la seconde personne , elle vend la moitié de 31 plus la moitié 
de 1 , ce qui est la même chose que la moitié de 32 , c'est-à- 
dire 16 , et il en reste par conséquent 15 . A la troisième per- 
sonne, elle vend la moitié de 15 , plus la moitié de 1 , ce qui 
est la même chose que la moitié de 16 , c'est-à-dire 8 ; et il 
en reste bien 7 , comme l'exige l'énoncé. 

74. Quatrième problème. Un ouvrier peut faire un certain m- 



54 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III. 

vrage en 1% heures de travail \ un second ouvrier ferait le même 
ouvrage en 24 heures de travail; un troisième le ferait en 
36 heures . On demande combien d'heures les trois ouvriers tra- 
vaillant ensemble emploieront à faire ce même ouvrage. 

Soit X le nombre d'heures cherché. Le premier ouvrier faisant 

l'ouvrage proposé en 18 heures , fera en 1 heure — de cet 

ouvrage. En x heures il en fera donc une fraction marquée par 

— . Par une raison analogue , le second ouvrier, en x heures , 

18 

fera ^ de l'ouvrage proposé ; et le troisième ouvrier en fera 

^ . Or, la somme de ces fractions de l'ouvrage doit faire l'ouvrage 
entier, qui est pris ici pour unité ; on doit donc avoir 

X I X j X 

Î8"^24'^36'^ 

;r(4+3 + 2) , ,, > 72 _ 

Les trois ouvriers emploieront donc 8 heures . 
On voit, en effet, qu'en 8 heures , le premier ouvrier fera les 

— ou les - de la tâche ; le second en fera les ^ ou le tiers , 

o . 8 2 

qui revient à ^ ; le troisième en fera les — ou les ^ . Or, la 

4 3 2 9 

somme 9 + 9 + 9 ^^^* 9 ^" ^ ' 

c'est-à-dire la tâche tout entière . 

On obtient facilement une formule générale pour résoudre les 
problèmes analogues. Soient a , b , c les nombres d'heures 
employées par chaque ouvrier pour faire la tâche à lui seul ; en 
raisonnant comme ci-dessus , on arrivera facilement à l'équation : 

X' I X I X 

. , abc 

qu. donne ^- ^6^„,+6„ • 

75. Cinquième problème. Plusieurs personnes puisent dans un 
vase contenant du vin : La première y prend 1 litre , plus le 
quart de ce qui reste; la seconde vient ensuite prendre 2 litres , 
plus le quart de ce qui reste [après avoir pris ces 2 litres ) ; la 
troisième vient ensuite prendre 3 litres , plus le quart de ce qui 
reste (après avoir pris ces 3 litres ), et ainsi de suite. Il se trouve 
alors que le vin a été également partagé entre toutes les personnes. 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 55 

On demande la quantité de vin contenue dans le vase, le nombre des 
personnes et la part de chacune d'elles. 

Il n'y a réellement qu'une inconnue dans ce problème, bien qu'il 
semble y en avoir trois , les deux autres se déduisant immédiate- 
ment de la première. Soit donc x le nombre de litres de vin 
contenu dans le vase. La part de la première personne sera 

1 A ; — ou — î — ; et il restera x -. — ou . — ~ — . 

3^ 3 

Lorsque la seconde personne aura pris 2 litres, il restera — j 2 

ou — — ; la part de cette seconde personne sera donc 

^ , 1/3^ — 11\ ^ , 3.2^ — 11 o 3^ + 21 ,, . 

^ + 4\ 4 ) ^" ^^ Ï6~ '^"^^^1" W~ ' ^^'^ 

les parts devant être égales, on a immédiatement l'équation du pro- 
blème en égalant la première part et la seconde, ce qui donne 

X + Z 3^ + 21 . I 1^' o in. 

— 4 — — rk — ^" 4a?-f-12 — 3ii?+21 , 

d'où 07 = 9 . 

Le vase contenait donc 9 litres de vin. 
Substituant cette valeur dans la première part, on la trouve égale 

94-3 

à — j — ou 3 litres ; et puisqu'elles sont toutes égales, le 

nombre des personnes est le quotient de 9 par 3 , ou 3. 

On voit que l'égalité des trois parts est une conséquence de l'éga- 
lité des deux premières, et par conséquent l'énoncé du problème 
contient plus de conditions qu'il n'est nécessaire. Il est facile d'ail- 
leurs de vérifier que ces conditions sont remplies. 

La première personne prend 1 litre , il en reste 8 ; le quart 
de ce reste est 2 ; la part de la première personne est donc 
1+2 ou 3 .11 reste alors 6 litres dans le vase. La seconde 
personne en prend 2 ; il en reste 4 ; le quart de ce reste 
est 1 ; la part de la seconde personne est donc 2+1 ou 3 . 
11 reste alors 3 litres dans le vase. La troisième personne prenant 
ces 3 litres , plus le quart de ce qui reste, ou zéro, la part de 
cette troisième personne est égale à 3 comme celle de chacune 
des deux autres. 

76. Il n'est pas sans intérêt de traiter le même problème d'une 
manière générale, en supposant qu'au lieu de prendre chaque fois 
le quart de ce qui reste dans le vase, on en prenne une fraction 

1 

marquée par - . 



'>6 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III. 

Dans cette hypothèse, la part de la première personne est 

1 H ;— - ou --^ . Il reste dans le vase x— ^ 

n n fi 

fij^ — ^^ fi I 1 

ou — . La seconde personne prenant 2 litres 

sur ce reste , il reste alors dans le vase 

nx—x — n-\-\ ^ ^^ n.x—œ—n+l—2n 

n ^^ n ' 

nx — x — Zn-\-\ , 
ou encore '■ — . La part de la seconde personne 

j ^ , 1 fnx — X — 3 w 4- 1\ 

sera donc 2 + - -H- ) , 

^ n\ n / ' 

ou 2-j 5 ■ — ' ou encore -^ — - — ' . 

Égalant les deux premières parts , on obtient l'équation 

x-\-n — 1 nx — x-\~2n-—Sn-{-l 

n n^ ' 

ou nx-\-n^ — n = nx — x-\-'in^ — 3w + l , 

d'où x = n^ — 1n-\-\ ou x-={n — \f . 

Cette valeur de x , substituée dans l'expression de la première 
part, donne pour la valeur de cette part 

n^ — 27l + l+7^ — 1 n^ — n 

■ , ou , ou enfin n — 1 . 

n n 

Divisant la valeur de x par la valeur d'une part, ou [n — 1)' 
par {n — 1) , on obtient pour quotient le nombre des parts, qui 
est n — 1 . 

Il reste à vérifier l'égalité de toutes les parts. Or, d'abord , les 
deux premières sont égales , puisque c'est en écrivant cette égalité 
qu'on a obtenu l'équation du problème. Cela posé, pour démontrer 
l'égalité de toutes les autres nous emploierons un mode de dé- 
monstration dont on fait un fréquent usage en Algèbre. 11 consiste 
à faire voir que si la proposition a été vérifiée pour un certain nombre 
de parts, elle sera vraie encore pour la part suivante; et, en effet, 
si cela était démontré, comme les deux premières parts sont égales, 
il en résulterait que la troisième est égale à chacune des deux pre- 
mières; les trois premières étant donc égales, il en résulterait que 
la quatrième est égale à chacune des trois premières, et ainsi de 
suite : donc il serait démontré que toutes les parts sont égales. 

Supposons donc que les p premières parts sont égales , et dé- 
montrons que la part suivante, ou la {p -\- If"" , est égale à une 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 57 

quelconque des précédentes. Pour cela, remarquons que la pre- 
mière part ayant pour valeur n — l , la somme des p pre- 
mières parts est {n — l)p . Quand ces p premières parts ont 
été prises, il reste dans le vase (n — 1)^ — {n — l)p . Or, la pre- 
mière personne prend 1 litre avant de prendre - de ce qui 

reste; la deuxième personne prend de même 2 litres , la troi- 
sième prend 3 litres , la g""" prend donc p litres , et la 
(p -|- If"" prend p-j-1 litres. Il restera donc alors dans le vase 

(n-iy-(n-l)p-^{p-\-l) . 
La part de la {p -\- If""" personne sera donc 

p \ 1 \ (n-ir-{n-l)p-{p + l) 



ou 



n(p + l) + (n—lf — (n~'l)p'^(p+l) 



ou , en effectuant les multiplications , et réduisant 

np-\-n-\-n^ —2n + l —np-\-p — p-^\ n^—n 
— i — £1 OU ; 

ou , enfin , n — l . 

La (p + 1)""" part est donc égale à la première. Donc , d'après 
les raisonnements faits plus haut, toutes les parts sont bien égales. 

Nousvavons insisté sur ce problème , parce qu'il offre un utile 
exemple de mise en équation et'de bons exercices 'de calcul. 

77. Le lecteur pourra s'exercer sur quelques-uns des problèmes 
dont les énoncés suivent : 

L Partager 24 en deux parties telles que le 5"'^ de la pre- 
mière, plus le 7"''' de la seconde, fassent 4 . (Réponse : 10 
et 14.) 

II. Un enfant, interrogé sur son âge, répond : « Dans 16 ans mon 
âge sera le triple de ce qu'il était iltj a 2 ans . ^> On demande l'âge 
actuel de f enfant. (Réponse ; 11 ans . ) 

III. Une fontaine peut remplir un bassin en 6 heures , une autre 
peut le remplir en 8 heures , une troisième eii 10 heures . Lors- 
qu'elles coulent ensemble pendant ^heures , il s'en faut de 26 
hectolitres que le bassin ne soit rempli. Quelle est sa capacité ? 
(Réponse: 120 hectolitres .) 

Vf . Une personne charitable partage 50 fr. entre ^0 pauvres, 
parmi lesquels il g a un certain nombre d'hommes et de femmes, et 
un seul enfant; elle donne Sfr. à chaque homme, 2fr. à cha- 
que femme, et 1 fr. à l'enfant. On demande combien il y avait 



58 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE HT. 

d'hommes, et combien il y avait de femmes. ( Réponse : 1 1 hommes 
et 8 femmes.) 

V. Un père laisse 10000 /r. à ses quatre fils, et ordonne 'par 
testament que le premier aura 2 fois autant que le second, moins 
2000/r. ; lesecond S fois autant que le troisième, moins 3000 /r. , 
et le troisième 6 fois autant que le quatrième, moins 4000 fr . 
Quelles seront les parts des quatre fils? (Réponse : 4000 fr. , 
3000 fr. , 2000 fr. et 1000 fr.) 

VI. Un vase contient un mélange d'eau et de vin. On en retire le 
quart et on le remplace par de l'eau; on retire ensuite le quart de 
ce nouveau mélange., et on le remplace également par de l'eau; 
enfin on retire le quart de ce troisième mélange , et on le remplace 
encore par de l'eau. Il arrive alors que le vase contient Zfois plus 
d'eau que de vin. On demande dans quel rapport étaient Veau et 
le vin dans le mélange primitif. ( Réponse : comme 1 1 est 
à 16 .) 

§ IV. Hésolulion d'un système de deux équations du premier degré 
à deux inconnues. 

78. Lorsque , dans un problème , il y a deux inconnues , il faut 
que l'énoncé fournisse deux équations entre ces inconnues. Si , en 
effet, il n'en fournissait qu'une, on pourrait attribuer à l'une des 
inconnues une valeur arbitraire ; on n'aurait plus alors qu'une équa- 
tion ne contenant que la seconde inconnue pour laquelle on trou- 
verait un nombre limité de valeurs (une seule, par exemple, si 
réquation était du premier degré par rapport à cette inconnue) ; 
et , comme on pourrait répéter ce calcul pour toutes les valeurs 
arbitraires attribuées à la première inconnue, on voit qu'il y aurait, 
en général, un nombre illimité de systèmes de valeurs propres à 
vérifier l'équation. On dit, dans ce cas, que le problème est indé- 
terminé. 

Si, par exemple, on n'avait entre deux inconnues x et y que 

l'équation unique 

x — y=l 

on pourrait attribuer à y une valeur quelconque , la valeur cor-^ 
respondante de x serait 

x = y + l 
ou la valeur attribuée à y , augmentée d'une unité. 11 y aurait 
donc une infinité de solutions, et le problème serait indéterminé. 

Nous supposerons donc dans ce paragraphe que l'énoncé du pro- 
blème fournit deux équations du premier degré à deux inconnues. 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 59 

79. Une équation à deux inconnues est dite du premier degré lors- 
qu'après y avoir fait disparaître les dénominateurs , les inconnues 
n'y entrent qu'à la première puissance, et n'y sont point multipliées 
entre elles. D'après cela : une équation du premier degré à deux 
inconnues, xQiy , ne peut renfermer que trois espèces de 
termes ; savoir : des termes contenant x à la première puissance, 
des termes contenant y à cette même puissance, et des termes 
indépendants de x et de y . Concevons qu'après avoir fait dis- 
paraître les dénominateurs (61), on ait réuni dans un même mem- 
bre tous les termes qui contiennent les inconnues, et dans l'autre 
membre les termes qui en sont indépendants; puis, qu'après avoir 
opéré les réductions , on ait mis x en évidence parmi tous les 
termes qui le contiennent , et qu'on en ait fait autant pour y ; 
l'équation se présentera sous la forme 

ax-\-by=::c , 

dans laquelle a , b Qi c peuvent être des quantités numé- 
riques ou algébriques, monômes ou polynômes. 

La quantité a se nomme ordinairement le coefficient de x , 
et la quantité b se nomme le coefficient de y . 

Nous admettrons donc que le problème fournisse deux équations 
de cette forme. Résoudre ces équations c'est trouver les valeurs qu'il 
faut attribuer aux inconnues pour satisfaire à la fois aux deux équa- 
tions. Pour y parvenir on remarque d'abord que, si l'une des deux 
équations proposées ne renfermait que l'une des deux inconnues , 
les valeurs des deux inconnues s'obtiendraient immédiatement. 
Soit, en effet, une équation à deux inconnues 

5.r + 2?/ = 33 [1] 

et une équation à une seule inconnue, qu'on peut toujours supposer 
résolue ; par exemple 

^ = 5 [2]; 

si l'on met pour x la valeur 5 dans l'équation [1], elle devient 

25 + 22/ = 33 . [3], 

d'où 2y = 33-— 25 = 8 et y = 4. 

Et ces valeurs x = b , y=4 sont les seules qui puissent sa- 
tisfaire aux équations proposées [1] et [2] ; car la seconde exige 
que X soit égal à 5 ; et si x est égal à 5 , l'équation [1] 
se change en l'équation [3], qui revient à y = 4 , et n'est satis- 
faite que quand on y met 4 à la place de y . 

On voit donc que si l'une des équations proposées ne contenait 
que l'une des inconnues , x par exemple, cette équation don- 
nerait immédiatement la valeur de x ; et en substituant cette va- 



60 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III. 

leur à la place de x dans l'équation à deux inconnues, on en 
tirerait la valeur correspondante de y ; et l'on aurait ainsi le sys- 
tème unique de valeurs de x et de y propre à satisfaire à la fois 
aux deux équations. 

Tout l'artifice de la résolution d'un système de deux équations du 
premier degré à deux inconnues , consiste donc à déduire de ce 
système d'équations un système de deux autres équations équiva- 
lentes (c'<^.st-à-dire admettant les mêmes valeurs pour les inconnues), 
et telles que l'une d'elles ne contienne que l'une des deux incon- 
nues. C'est ce que l'on appelle éliminer une inconnue. Il y a pour 
cela plusieurs méthodes que nous allons exposer, en traitant d'abord 
des exemples particuliers. 

80. Soient les deux équations : 

6^ + 2?/= 33 [1] 

7^—3^=23 [2]; 

proposons-nous d'éliminer l'inconnue y . Observons pour cela 
qu'il est toujours permis d'ajouter ou de soustraire deux équations 
membre à membre ; car si deux quantités sont respectivement égales 
à deux autres quantités , la somme ou la différence des deux pre- 
mières est évidemment égale à la somme ou à la différence des deux 
dernières. Or , si y avait le même coefficient dans les deux équa- 
tions , on ferait disparaître cette inconnue en retranchant ces deux 
équations membre à membre ; et si y avait dans les deux équa- 
tions des coefficients égaux et de signe contraire, on atteindrait le 
même but en ajoutant ces deux équations membre à membre. 

Dans l'exemple qui nous occupe, y n'a pas le même coeffi- 
cient dans les deux équations; mais il est facile de faire en sorte 
qu'il en soit ainsi : il suffit pour cela de multiplier tous les termes 
de la première équation par le coefficient 3 de ?/ dans la se- 
conde , et tous les termes de la seconde par le coefficient 2 de y 
dans la première , ce qui est permis (64). 

On obtient ainsi les équations : 

15^ -h 6?^ = 99 [3] 

14^ — 6î/ = 46 [4]. 

et , en les ajoutant membre à membre , puisque y a maintenant, 
dans les deux équations, des coefficients égaux et de signe contraire, 

il vient 

29^ = 145 , 

doù ^"""29" ^" ^ = 5 L'^J- 

Nous sommes ainsi ramenés au cas du numéro précédent, et nous 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 61 

avons vu que les valeurs qui satisfont aux équations [1] et [6] sont 
x = ^ et îj=z4 , 

De là cette règle : 

Lorsqu'on a deux équations du premier degré à deux inconnues, 
pour éliminer l'une de ces inconnues , il faut multiplier tous les 
termes de la première équation par le coefficient de cette inconnue 
dans la seconde, et tous les termes de la seconde par le coefficient de 
cette même inconnue dans la première. On soustrait alors , ou bien 
Von ajoute , les deux équations membre à membre, selon que Vin- 
connue à éliminer se trouve avoir dans les deux équations des coeffi- 
cients de même signe ou de signe contraire. 

Remarques. I. Cette règle, qui a beaucoup d'analogie avec la ré- 
duction des fractions au même dénominateur, est aussi susceptible 
des mêmes simplifications ; si les coefficients de l'inconnue à éli- 
miner avaient des facteurs communs, il suffirait de multiplier tous 
les termes de chaque équation par les facteurs non communs du 
coefficient de l'inconnue à éliminer dans l'autre. 

II. Si l'inconnue à éliminer n'avait dans l'une des équations 
d'autre coefficient que l'unité , il suffirait de multiplier tous les 
termes de cette équation par le coefficient de cette inconnue dans 
l'autre ; ce qui rentre au reste dans la règle générale. 

Ul. Il faut démontrer maintenant que l'équation obtenue par 
cette élimination, jointe à l'une des équations proposées, forme un 
système équivalent à celui des deux proposées. Mais on peut dé- 
montrer plus généralement que, si l'on multiplie la première équa- 
tion par une quantité quelconque m , la seconde par une quan- 
tité quelconque n , et qu'on les ajoute ou qu'on les retranche 
membre à membre, l'équation ainsi obtenue, jointe à l'une des 
deux proposées forme un système équivalent à celui des deux pro- 
posées. 

Soient , en effet , les deux équations 

ax-\-by =: c [1], 

a'x+b'y=^c' [2]; 

multiplions la première par m , et faisons passer tous les termes 
dans le premier membre ; multiplions la seconde par n , et fai- 
sons de même passer tous les termes dans un même membre ; nous 
obtiendrons ces deux équations 

{ax-\-bij — c)m=^0 [3], 

{a'x-\-b'y — c')n = [4], 

équivalentes aux deux premières (63, 64). 
Retranchant membre à membre , on obtient 

{ax -\-by — c) m — {a'x^ b'y — d) n^=.0 [5] . 



62 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III. 

Il s'agit de démontrer, par exemple, que le système des équa- 
tions [1] et [5] équivaut au système des équations [1] et [2]. 

Or, tout système de valeurs de x et de y qui satisfera aux 
équations [1] et [2] , annulera les premiers membres des équa- 
tions [3] et [4], et par suite le premier membre de l'équation [5] qui 
en est la différence; ces valeurs satisferont donc à l'équation [5], et 
conviendront par conséquent au système [1] et [5]. 

Réciproquement : tout système de valeurs de x et de y qui 
satisfera aux équations [1] et [5], annulera les premiers membres 
des équations [3] et [5] ; et par suite, le premier membre de l'équa- 
tion [4] qui en est la différence ; ces valeurs satisferont donc à 
l'équation [2] qui est la même que [4] , et conviendront par consé- 
quent au système [1] et [2]. 

Donc enfin le système [1] et [5] équivaut au système [I] et [2]. 

Il en serait encore de même si , au lieu de soustraire membre à 
membre les équations [1] et [2], on les eût ajoutées. 

Remarque. Si, en particulier, les valeurs de m et de n sont 
telles que y disparaisse de l'équation [5] , notre conclusion sub- 
siste , et la légitimité de l'élimination effectuée plus haut se trouve 
démontrée. 

82. Nous donnerons ici deux exemples du mode d'élimination 
exposé ci-dessus. 

I. Soient d'abord les deux équations numériques 

7^ -f92/-=l40 , 
hx\-^y=i 97 . 

On remarque que les coefficients de y ont le facteur com- 
mun 3 , et que les facteurs non communs sont 3 et 2 ; mul- 
tipliant donc tous les termes de la première équation par 2 et 
tous ceux de la seconde par 3 , il vient 

14.^' -1-18 2/ =.280 

15^7 -|- 18?/ ==291 ; 
retranchant , membre à membre , la première de la seconde , puis- 
que les coefficients de y ont le même signe , on obtient 

^=11. 
Cette valeur , mise pour x dans la première équation , donne 

77 -h 9?/ ==140 d'où 9y==63 
et ' y = l. 

II. Soient maintenant les deux équations littérales : 

ax — by = a^ -\- b^ 
bx -\- ay =^ a} -{- b^ . 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 63 

Multiplions tous les termes de la première par a , et tous ceux 
de la seconde par b , nous aurons 

à-x — aby = a^-\- ab"- 

b-x + aby = a^b + b^- 

Ajoutons membre à membre; puisque les coefficients de y ont 
des signes contraires , il viendra 

a'x + b'x =.à' + a'b + ab' + b^ 
ou {a'-\-b')x=za'+a'b + ab' + b' , 

,, , a'-^a'b+ab'-\-b^ , , 

dou x=: — ! --f— — ^ — ou x=a-]-b . 

Cette valeur , mise pour x dans la première équation , donne 

a^-{-ab — by = d^-\-¥ , d'où by=ab — b^ , 

ab~b'^ 
puis y= — - — ou y=a — b . 

111. Le lecteur pourra s'exercer sur les deux exemples suivants : 

4 
nx — by = 6 d'où x = - . 

9x + Ay=^W y--=2 . 

('2a-\-b)x — {'2a—b)y=^Sab d'où x = 2a-\-b 

(2a--b)x-\-{2a—b)y=:Sa^-\-2b^ y=2a — b. 

85. Nous avons exposé la première la méthode d'élimination qui 
offre dans la pratique le plus de commodité. On lui donne ordinai- 
rement le nom de méthode par réduction (au même coefficient). 
Mais l'élimination peut s'opérer de plusieurs autres manières. 

1. Soient les deux équations traitées plus haut (80). 

5^' + 2?/ = 33 [1], 

7x—3y = 23 [2]. 

Supposons, pour un instant , que la valeur de x ait été déter- 
minée par un procédé quelconque; en la mettant pour x dans 
l'une des deux équations proposées , dans la première, par exemple, 
on en tirerait la valeur correspondante de y .Or, si l'on tire de 
la première équation la valeur de y , en y regardant x comme 
connu , on obtient : 

.=23^' [3]. 

Cette valeur, jointe à la valeur qu'on suppose avoiy trouvée pour x , 



6U PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE 111. 

doit satisfaire à la seconde équation proposée. Si donc on met dans 
l'équation [2], à la place de y la valeur [3], l'égalité 



7x-3(?i^)=23 [4], 



à laquelle on parvient, sera une condition à laquelle la valeur de .r 
devra satisfaire. Cette condition, traitée comme une équation où 
l'inconnue est œ , donnera donc la valeur de x . En la résol- 
vant, on trouve ^ = 5 , comme on l'a trouvé par une autre mé- 
thode ; et cette valeur, mise pour x dans l'équalion [3] donne de 
même y— -4 . 

On voit que cette méthode consiste à prendre la valeur de Tune 
des inconnues dans l'une des deux équations , en y regardant l'autre 
inconnue comme déterminée, et à substituer cette valeur dans la 
seconde équation, qui ne contient plus alors qu'une seule inconnue. 
En conséquence on a donné à cette méthode le nom de méthode 
par substitution. 

Elle a, dans la pratique, l'inconvénient d'introduire des déno- 
minateurs qu'il faut ensuite faire disparaître. Mais elle offre l'avan- 
tage de pouvoir être généralisée , et appliquée, comme on le verra , 
à des équations de degré quelconque , toutes les fois que l'une de 
ces équations peut se résoudre par rapport à l'une des inconnues. 

84. II. Reprenons encore les équations [1] et [2] du numéro pré- 
cédent. Nous avons vu que , si l'on y regarde œ comme déter- 
miné , et qu'on tire de la première la valeur de y , on obtient 

33 — 50, 



Si l'on tire de même de la seconde la valeur de y , on obtient 

7.r— 23 

Or, ces deux valeurs de y doivent être égales, puisque les mêmes 
valeurs de x et de y doivent satisfaire à la fois aux deux équa- 
tions; en les égalant, on aura donc une condition à laquelle la valeur 
de X devra satisfaire. Cette condition 

7a? — 23 _ 33 — 5^ 
3 ~ 2 

traitée comme une équation où l'inconnue est x donne encore 
x = b ; et cette valeur mise pour x dans l'une quelconque des 
deux valeurs de y ci-dessus , donne y = 4 . 
Cette méthode est connue sous le nom de méthode /;ar comparai- 



ÉQUATIONS KT PROBLÈMES DU PREMlEft DEGRÉ. 65 

son. Elle a, comme la précédente, l'inconvénient d'introduire des 
dénominateurs. 

83. m. Enfin, reprenons une dernière fois les équations [1] 
et [2] du n" 85. Si l'on multiplie la première par une quantité in- 
déterminée m , et qu'on les ajoute membre à membre, on obtient 

5 mx + 7x -j- 2 my — 3 ?/ = 33 m + 23 [5] . 

On a démontré au n" 8i que l'équation ainsi obtenue, combinée 
avec l'une quelconque des deux proposées, forme un système d'é- 
quations équivalentes aux proposées. Or, la quantité m étant 
quelconque , on peut en disposer de manière à faire disparaître de 
l'équation [5] tous les termes en y . Pour cela, il suffit de poser 

3 

2m = 3, d'où ^n = - . Cette valeur, mise pour m dans l'équa- 
tion (3), la réduit à 

1^ I - 9^ I no 

-^• + 7^^=:-^H-23 , 

d'où l'on tire encore x = 5 ; et par suite y = 4 . 

Si les coefficients de y dans les deux équations proposées avaient 
eu le même signe, il eût fallu soustraire les équations au lieu de les 
ajouter. 

Cette méthode , qu'on désigne sous le nom de méthode des coef- 
ficients indéterminés, offre , comme les deux précédentes , l'incon- 
vénient des dénominateurs. Mais nous verrons bientôt qu'on peut 
s'en servir de manière à tirer à volonté d'une seule et même équa- 
tion (l'analogue de l'équation [5]), soit la valeur de ./• , soit la 
valeur de y . Elle se rattache d'ailleurs à l'une des méthodes les 
plus générales et les plus fécondes de l'Algèbre. Nous y reviendrons 
incessamment; il nous suffit ici de l'avoir signalée. 

Remarque. Les trois dernières méthodes que nous venons de faire 
connaître reviennent au fond à la première , comme il serait aisé de 
s'en convaincre ; mais la méthode par réduction est plus simple , 
plus commode et plus élégante. 

86. Remarques sur les iNÉGALitÈs. Une question fournit quelque- 
fois deux conditions exprimées par deux inégalités , dans lesquelles 
entrent deux quantités pour lesquelles on veut obtenir des limites; 
c'est ce qu'on appelle résoudre ces deux inégalités. On peut, en gé- 
néral, employer à cet effet la méthode par réduction; mais il faut bien 
remarquer : Pqu'on ne peut ajouter deux inégalités membre àmembre 
qu'autant que les signes d'inégalité sont dans le même sens. Ainsi de 

« > 6 et c >. c? on peut déduire a -f- c > 6 -f- «/ ; 



66 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III. 

mais on ne pourrait savoir si a — c est plus grand ou plus petit 
que b — cl . 

2° Qu'on ne peut soustraire deux inégalités membre à membre 
qu'autant que les signes d'inégalité sont de sens contraire : ainsi de 

7>5 et 2<3 on peut déduire 7 — 2>5 — 3 

en retranchant l'inégalité avec le signe << de l'inégalité avec le 
signe > , et en mettant le signe > dans l'inégalité résultante. 
Mais on ne pourrait rien conclure, en général, pour leur somme. 

La résolution de deux inégalités du premier degré ne sera donc 
pas toujours possible. 

Si l'on a, par exemple, les deux inégalités 

Ax — '^y>ll et 7?/ — 2j;>3 , 

on en tirera par multiplication et addition , comme pour des équa- 
tions , 

^43 , ^ 17 . 

mais si l'on avait les inégalités 

4^-h32/>ll et 7?/ — 2j;>3 , 

86 
on en tirerait bien 2/ >7y > parce que x s'élimine par addition ; 

mais on ne pourrait pas en déduire une limite pour x , parce 
qu'il faudrait soustraire pour éliminer y . 
Si l'on avait au contraire les inégalités 

4^' + 3!/>ll et 7y — 2a?<5 , 

31 
on en tirerait bien '^>-7^ \ parce que y s'élimine en retran- 
chant la seconde inégalité de la première ; mai^ on ne pourrait pas 
en tirer une limite pour y , parce qu'il faudrait additionner pour 
éliminer x . 

§ V. Problèmes qui conduisenl à deux équations du premier degré 
à deux incommes. 

87. Parmi les problèmes qui présentent plusieurs inconnues, il 
en est un grand nombre qu'on peut résoudre en n'employant qu'une 
seule inconnue. 

Prenons pour exemple ce problème : Partager 15 en deux 

4 
parties telles que la première surpasse d'une unité les - de la 

seconde. 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PllliMIER DEGRÉ. 67 

Si l'on appelle x la première partie, la seconde sera Xb — x 
et l'énoncé du problème fournit immédiatement l'équation 

4 

^• = 3(15 — 0?) + ! [1], 

d'où l'on tire x — S^ . Les deux parties sont donc 9 et 6 ; 
et, en eft'et, 9 surpasse d'une unité le nombre 8 qui est les 

I de 6 . 

o 

Mais lorsqu'on traite ainsi, à l'aide d'une seule inconnue, un pro- 
blème qui en comporte plusieurs, c'est qu'on opère mentalement 
une véritable élimination. Dans le problème qui précède, par exem- 
ple , si l'on désigne par x la première partie et par ij la se- 
conde, on a les deux équations 

x-\-y — \h 

4 , 

•^=3^ + 1 y 

et si l'on tire de la première la valeur de y pour la substituer 
dans la seconde, c'est-à-dire si l'on élimine y entre les deux 
équations, on retombe sur l'équation [1]. C'est cette élimination de 
y qu'on a opérée mentalement quand on a traité le problème avec 
la seule inconnue x . 

Ces éliminations tacites, qui abrègent évidemment le calcul écrit, 
compliquent en revanche les opérations mentales que nécessite la 
mise en équation du problème ; en sorte que , hors des cas très- 
simples, comme celui qui précède , ou ceux des problèmes 1 , IV, V, 
proposés au n'' 77, on perd plus qu'on ne gagne à diminuer le 
nombre des inconnues. C'est même, comme exercice d'intelligence 
seulement que nous avons proposé alors au lecteur le problème 
du n° 77, que l'on traitera plus aisément avec deux inconnues, 
quoique leur rapport seul soit l'inconnue demandée. 

Nous croyons donc devoir donner comme conseil général d'in- 
troduire dans le calcul toutes les inconnues que le problème com- 
porte ; si, parmi les équations qui les lient il y en a de très-simples, 
comme l'équation x-\-y=zi5 de tout à l'heure , on opérera par 
écrit les éliminations très-simples qu'on eût opérées mentalement; 
voilà toute la diftérence. 

Nous ajouterons , par anticipation , que l'introduction de toutes 
les inconnues facilitera , en général , la discussion du problème ; 
nous verrons , en effet , qu'il se présente parfois des circonstances 
inexplicables en apparence, lorsque l'on a réduit mal à propos le 
nombre réel des inconnues. 



68 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE 111. 

Quant à la mise en équation , elle est soumise à la seule règle 
générale que nous avons donnée au n" 70. Il ne nous reste donc 
qu'à donner quelques exemples de. problèmes conduisant à deux 
équations du premier degré à deux inconnues. 

88. Premier problème. Deux espèces de pièces de monnaie sont 
telles : que '^pièces de la première, plus 5 pièces de la seconde 
font 13 //'. ; et que 18 pièces de la seconde surpassent de 
1 fr. 6 cent, la valeur de b pièces de la première. Quelle est la 
valeur, en fixmcs et centimes, de chacune de ces deux espèces de 
pièces de monnaie '( 

Désignons par x la valeur d'une des pièces de la première es- 
pèce, et par y la valeur d'une des pièces de la seconde. Nous 
aurons , d'après l'énoncé , les deux équations : 
•2j; + 5î/ = 13' , 
18?/:=5a? + 1^05 . 
On éliminera x en multipliant la première équation par 5 , 
la seconde par 2 et ajoutant ; on trouve ainsi : 
36?/ + 252^ = 65^ + 2^10 , 
ou 61y = 67^,10 , d'où ?/ = 1^10 . 

Cette valeur, mise pour y dans la première équation , donne 

2.^ + 5^,50 = 13^ , d'où ^ = 3^75 . 
Chaque pièce de la première espèce vaut donc 3S75 , et chaque 
pièce de la seconde espèce 1^10 . 

89. Deuxième prorlème. Trouver une fraction telle que si l'on 

3 

ajoute une unité à chacun de ses termes, elle devienne éyale à -, ; 

et que si l'on retranche au contraire une unité de chacun de ses 

2 
termes , elle devienne égale à - . 

Soient x le numérateur et // le dénominateur; l'énoncé four- 
nit sur-le-champ les deux équations suivantes : 

^ + 1 __ 3 ./— 1 _2 

y + l~4 '^ y-l~3 ' 
ou 3«/ — 4a: =1 et 3^' — 2//=:l , 

qui donnent .r = 5 et y = 7 .La fraction demandée est donc 
- .Si, en effet, on ajoute une unité à chacun de ses termes, elle 

devient ^ ou -. ; et si l'on retranche au contraire une unité de 

4 2 

chacun de ses termes, elle devient - ou - . 



ÉQUATIONS ET PROBLEMES DU PREMIER DEGRÉ. 69 

90. Troisième problème. Un nombre est composé de deux chiffres, 
dont la somme absolue est 14 ; et si on le retourne, il augmente 
de 36 ; quel est ce nombre? 

Soient x le chiffre des dizaines, et y celui des unités ; on aura 
d'abord 

x + y=i4 [1]. 

Maintenant, le nombre demandé a pour valeur 10x-\-y , et 
le nombre retourné a pour valeur 10y-\-x . Or, d'après l'énoncé, 
ce second nombre surpasse le premier de 36 , on a donc 

10y^x=:lOx-{-y-}-36 , 
ou . ... 9y~9x = S6 , 

ou encore y — x==4 [2]. 

On connaît donc la somme et la différence des deux chiffres ; en 
vertu du théorème démontré au n° 5 , le plus grand , // , est égal 
à la moitié de leur somme plus la moitié de leur difiërence , c'est- 
à-dire à 7 + 2 ou 9 ; et le plus petit , x , est égal à la 
moitié de leur somme moins la moitié de leur différence , c'est-à- 
dire à 7 — 2 ou à 5 ; c'est ce qu'on verrait d'ailleurs en ré- 
solvant le système des équations [1] et [2]. 

Le nombre demandé est donc 59 ; en effet , la somme de ses 
chiffres est 14 ; et lorsqu'on le retourne, on obtient 95 qui 
surpasse 59 de 36. 

9i. QuxmiÈWE VROBLÈME. ï ne 2)ersonne qui possède 60000 /r. , 
en a placé une partie à A\ pour 100 ,et l'autre à 3^ pour 100 ; 
ce qui lui fait un revenu de 2500 /r. On demande combien elle a 
placé au taux de 4 1 , et combien au taux de Sj^ . 

Soient x ei y les deux sommes placées ; on aura d'abord 

^-1-^ = 60000^ . 
Maintenant, le capital x , au taux de 4^ ou f , donne un 
revenu annuel de ^^—^ ou ^ . Le capital y , au taux 

de 31 ou I , donne un revenu annuel de ^^ ou — ^ . 

1 \J\J JiiJx) 

La somme de ces revenus partiels doit faire le revenu total 
2500 fr. ; on a donc pour seconde équation 

. g+^=.2500fr. 

ou bien 9a" + 7?/ = 500000 fr. 



70 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE ÎII. 

Mettant pour y sa valeur 60000^ — x tirée de la première 
équation , et effectuant la multiplication par 7 , il vient 

9x + 420000 — 7.r = 500000^ , 
d'où 07 = 40000^ , 

par suite y — 20000^ . 

En effet , 40000 fr. à 4 J- pour 100 rapportent 1800 fr. ; 
et 20000 fr. à 3^ pour 100 rapportent 700 fr. ; la somme 
de ces deux revenus fait bien 2500 fr . 

92. Cinquième problème. Une montre marque midi; l'aiguille 
des minutes est alors sur celle des heures. On demande à quelle heure 
se fera la prochaine rencontre des deux aiguilles, et chacune des 
autres rencontres successives. 

On sait que le tour du cadran est divisé en 60 parties , dont 
chacune répond à une minute pour la marche de la grande aiguille ; 
on sait de plus que la grande aiguille parcourt les 60 divisions en 
une heure, tandis que la petite aiguille n'en parcourt que 5 . 

Cela posé , soit x le nombre des divisions parcourues par la 
grande aiguille, depuis midi jusqu'à la première rencontre; et 
soit y le nombre des divisions parcourues par la petite dans le 
même temps. On aura d'abord 

x: y :: 60: 5. 
d'où x^ny [1]. 

En second lieu, la grande aiguille prenant l'avance ne pourra 
rencontrer la petite qu'après une révolution complète ; le nombre 
de divisions parcourues par la grande aiguille se composera donc 
de 60 , plus le nombre des divisions parcourues par la petite ; 
c'est-à-dire qu'on aura 

.T=zm-\-y ""' [2]. 

De ces deux équations on tire très-facilement 

60 ^ «Al 60 

La grande aiguille aura donc parcouru 1'' 60 divisions , qui 
correspondent à une heure , 2*» 'j^ de division , ou 5 divi 
sions -f^ , qui correspondent à 5 minutes ei^ .11 sera donc 
l''5"'fj^ . 

Quant à la deuxième rencontre . il est clair qu'elle se fera 
t'' 5"' fV après la première , puisqu'à l'instant de la première ren- 
contre les aiguilles se retrouvent l'une par rapport à l'autre comme 
elles étaient à midi. U sera donc 2'' 10™ j^ .En ajoutant successi- 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 71 

vement V'6"'-^ , on trouvera pour les heures des autres ren- 



contres successives : 



3'^ 


le*" 


J_ 


41- 


21™ 


A 


^^ 


27- 


1 1 


6^ 


32- 


-Pi 


71. 


38- 


2 
1 1 


8»' 


43- 


JL 


9^> 


49- 


1 1 


10^^ 


54- 


A 


12'^ 


ou minuit; 



77 



et enfin 

ce qui fait, en tout, 11 rencontres en 12 heures . 

95. Sixième PROBLÈME. Hiéron, roi de Syracuse, avait remis à 
un orfèvre 10 livres d'or pour faire une couronne qu'il voulait 
offrir à Jupiter. Le travail étant achevé , la couronne se trouva du 
poids de 10 livres ; mais le roi , soupçonnant que V orfèvre avait 
allié de l'argent à l'or, consulta Archimède. Celui-ci, sachant que 
l'or perd dans l'eau les 52 millièmes de son poids , et que l'argent 
y perd les 99 millièmes de son poids, détermina le poids de la cou- 
ronne plongée dans l'eau , et trouva qu'il était de 9 livres 6 onces ; 
ce qui fit reconnaître la fraude. On demande combien il y avait de 
livres de chaque métal dans la couronne. 

Soient x le poids de l'or, et y le poids de l'argent contenus 
dans la couronne. On aura d'abord l'équation 

x-^y = \m 

si l'on suppose les poids exprimés en onces. 

Maintenant , puisque l'or perd dans l'eau les 52 millièmes de 
son poids , le poids x de l'or contenu dans la couronne perdrait 

dans l'eau --r-^ . Par une raison analogue , le poids y de l'ar- 

99?/ 
gent contenu dans la couronne, perdrait — -r^ . La somme de 

ces deux pertes doit faire la perte totale qu'a subie dans l'eau le poids 
de la couronne, c'est-à-dire 10 onces ; puisque la couronne, 
qui pèse 10 livres dans l'air, ne pèse plus dans l'eau que 9 li- 
vres 6 onces . On a donc pour seconde équation : 

52£ 99^_ 
1000 "^1000 
ou 52^ + 99?/ — 10000 . 



72 PREMltniî PARTIE. — CHAPITRE III. 

Mettant pour // sa valeur 160 — a:- tirée de la première équa- 
tion , il vient 

52^+99(160 — ^) = 10000 , 

ou 52;z + 15840 — 99 a? =10000 , 

d'où 15840 — 10000 = 99^ — 52^ , 

ou 5840 = 47^ , 

V ^ 5840 „ 

d ou x = --^ d once , ou 124 onces |4 ', 

ou enfin x=:7 livres 12 onces i| . 

Par suite y = 2 livres 3 onces ff . 

94. On peut tirer d'un calcul analogue une formule générale pour obtenir les 
proportions d'un alliage, connaissant sa densité et celle des métatix qui le com- 
posent. En effet , soient d et d' les densités des métaux alliés , x ei y 
leurs poids , et d" la densité de l'alliage. En prenant pour unité le poids de 
l'alliage , on aura d'abord 

rr + y — 1 . 

Maintenant, la densité d'un corps étant le rapport de son poids à celui d'un 
égal volume d'eau, en divisant son poids par sa densité, on aura le poids d'un 

volume d'eau égal au sien. Ainsi | . | et |, représenteront respective- 
ment les poids de trois volumes égaux ;î ceux des métaux alliés et a celui de 
l'alliage. Or, si l'on admet que les métaux ne changent pas de volume en s'al- 
lianl, le volume de l'alliage sera la somme des volumes des métaux alliés; on 
devra donc avoir 



d'^d'~d" 



De ces deux équations, on tire 



did"—d') _ d\d—d") 

d%d—d') ^ y — d"(d—d') 



Le rapport de ces deux valeurs est 



d{d"—d') 
d'd~d") 



Si , par exemple, on a d~i9, d' = 7 , d"=:iG, on trouvera 

19X9 7X3 , X 19x9 57 

V^TirzTT:, •' et -=— --=:-^ ; 



iGxl2 ' -^ 1GX12 ' y 7x3 

c'est-à-dire que les métaux alliés sont dans le rapport de .S7 à 7 ; ou que, 
sur ()4 unités de poids d'alliage, le premier métal entrerait pour 57 et le 
second pour 7 de ces unités de poids. 

9i5. Le lecteur pourra s'exercer sur les problèmes dont les 
énoncés suivent. 

[. Trouver un nombre tel qu'en le divisant par 5 on ait pour 
reste 2 ; fju' en le divisant par 8 on ait pour reste 5 ; et que 
le quotient de la première division surpasse de 3 unités le quo- 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 78 

lient de la seconde. (Réponse : Les quotients sont 7 et A ; le 
nombre demandé est 37 ). 

II. « L'âne dit un jour au mulet : Si je prenais 50 kilogrammes 
de ta charge, la mienne deviendrait le double de la tienne, — Et moi, 
lui répondit le mulet , si je prenais 50 kilogrammes de ta charge, 
la mienne deviendrait triple de la tienne. » On demande la charge de 
chacun. (Réponse : L'âne portait 110 kilogrammes et le mulet 
130 kilogrammes .) 

III. La distance de Paris à Tours est de 225 kilomètres . Un 
convoi de vjagons part de Paris pour Tours avec une vitesse de 
25 kilomètres à l'heure; 1 heure 4S minutes après, un convoi 
part de To^irs pour Paris avec une vitesse de 35 kilomètres à 
l'heure. On demande au bout de quel temps et à quelle distance de 
Paris les deux' convois se croiseront. (Réponse : Au bout de 
3 heures à partir du second départ, et à 120 kilomètres de 
Paris.) 

lY. Deux joueurs conviennent que celui qui perdra la première 
partie doublera l'argent de son adversaire; que celui ciui perdra la 
seconde triplera l'argent de son adversaire; que celui qui perdra la 
troisième quadruplera l'argent de son adversaire; et ainsi de suite. 
Au bout de trois parties, la perte ayant été alternative, ils se reti- 
rent chacun avec 48 francs . On demande ce qu'ils avaient en 
commençant le jeu. (Réponse : Le premier perdant avait 62 francs 
et son adversaire 34 francs .) 

V. Deux vases contiennent à eux deux 11 litres d'eau. On 
prend la moitié de ce que contient le premier pour le verser dans le 
second; puis le tiers de ce que contient alors le second pour le verser 
dans le premier; puis le quart de ce que contient cdors le premier 
pour le verser dans le second; enfin on prend le cinquième de ce que 
contient alors le second pour le verser dans le premier. A cet in- 
stant, le second vase se trouve contenir 1 litre d'eau de plus que 
le premier. On demande ce que chacun d'eux contenait pri^nitive- 
ment. (Réponse : Le premier vase contenait 3 litres d'eau et le 
second 8 litres .) 

YI. Si Ton augmente de 2™ la base d'un rectangle, et qu'on 
diminue sa hauteur de 3" , sa surface diminue de 48"'-i ; si 
l'on augmente au contraire sa base de 3"' , et qu'on diminue sa 
hauteur de 2"' , sa surf ace augmente de 6'"-' .On demande la 
base et la hauteur, sachant que la surface se mesure en multipliant 
ces deux dimensions l'une par Vautre. (Réponse : la base a 30"' 
et la hauteur 24"' v) 



Ih PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IJI. 

S VI. Résolulion d'un système de trois équations du premier degré à trois 
inconnues ; et en général d'un nombre quelconque d'équations du premier 
degré renfermant le même nombre d'inconnues. 

fM». Supposons d'abord qu'on ait à résoudre les trois équations 

4x — 7îj + 6z = U [1], 

5^ + 2?/ = 33 [2], 

7.r — 3?/ — 23 ' [3], 

dont la première seule renferme les trois inconnues x , ?/ , s , 
lesdeuxdernièresne renfermant que les deux inconnues x et tj . 
Les deux dernières équations pourront être remplacées par les 
valeurs 

qu'on en tire (80, 81 ); et ces deux valeurs, mises pour x ci y 
dans l'équation [l], la réduisent à 

20—14+62=24 [4] 

ou 6s=:38~20=:18 , 

d'où l'on tire z- = ^ . 

Et ces valeurs des inconnues sont les seules qui puissent satisfaire 
au système des trois équations proposées; car les deux dernières 
n'admettent pas d'autres solutions que a? =5 et y =4 ; et si 
X et y ont respectivement ces valeurs , l'équation [1] se change 
en l'équation [4] qui n'admet pas d'autre solution que 2 = 3. 

Pour résoudre un système quelconque de trois équations du pre- 
mier degré à trois inconnues, il faut donc tâcher d'en déduire un 
système équivalent, dans lequel deux des trois équations ne ren- 
ferment que deux des inconnues. 

97. Soient les trois équations : 

2^ — 3y + 5s=27 [1], 

Zx + Qy — Az=^ 2 [2], 

5jr + 4y + 2x;=40 " [3]. 

Éliminons z entre les équations [1] et [2] ; pour cela multi- 
plions l'équation [1] par 4, l'équation [2] par 5; et ajoutons 
membre à membre, nous trouverons : 

23ic + 18?/ = 118 [4], 

Éliminons de même z entre les équations [1] et [3] ; pour cela 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIiîR DEGRÉ. 75 

multiplions l'équation [1] par 2 , l'équation [3] par 5 , et re- 
tranchons la première de la dernière, nous obtiendrons : 

21.r + 26?/=:l46 [5]. 

Les équations [4] et [5] ne renfermant plus que œ et tj , on 
sait en tirer les valeurs de ces inconnues. Si , par exemple , on mul- 
tiplie l'équation [4] par 13 , l'équation [5] par 9 , et qu'on 
retranche la seconde de la première, y disparaîtra, et il restera 

110.^ = 220 d'où x = 2 . 
Cette valeur, mise pour .x dans l'équation [4], donne 

46 + 18«/~118 ou 18y = 72 , 
d'où ?/ = 4 . 

Si maintenant dans l'une des trois équations proposées, dans l'équa- 
tion [1] par exemple, on remplace X par 2 et «/ par 4 , 
cette équation devient 

4 — 12 + 55 = 27 ou 5^ = 35 , 
d'où 5 = 7 . 

On voit , par cet exemple , que pour résoudre un. système de trois 
équations à trois inconnues x , y , z , il faut éliminer l'une 
des trois inconnues, z par exemple, deux fois, savoir : entre la 
'première équation et la seconde, par exemple, puis entre la première 
et la troisième; on obtient ainsi deux équations entre les deux in- 
connues x et y ; on en tire les valeurs de ces inconnues; on 
substitue ces valeurs dans l'une des trois équations proposées, et l'on 
en tire la valeur de la troisième inconnue z . 

Remarque. C'est pour plus de symétrie dans le choix des lettres 
que nous avons d'abord éliminé z ; il eût été plus simple et plus 
commode d'éliminer d'abord y ; savoir, entre les équations [1] 
et [2], puis entre les équations [2] et [3], à cause des facteurs com- 
muns que présentent les coefficients de cette inconnue. On aurait 
eu ainsi à résoudre les deux équations plus simples : 

7x-\- 65= 56 , 
9.^-]- 145 = 116 ; 

qui donnent ^:=2 et 5=7 , Ces valeurs mises dans l'équa- 
tion [1], donnent ensuite ?/ =: 4 . 

98. Les valeurs i>:=2, ?/ = 4, 5 = 7 sont les seules qui 
puissent satisfaire au système des équations [1] , [4] et [5] ; nous 
1 avons démontré (96) pour un exemple analogue. Il reste donc à 



76 PREMIÈ1U-: PARTJE. — CHAPITRE III. 

faire voir que le système des équations [1], [4] et [5] est équivalent 
au système des trois équations proposées. 

Mais on peut démontrer plus généralement que si l'on multiplie 
la première équation par une quantité quelconque m , la se- 
conde par une quantité n , et qu'on les ajoute ou qu'on les re- 
tranche membre à membre ; puis qu'on multiplie la première par 
une quantité quelconque m! , la troisième par une quantité n' , 
et qu'on les ajoute encore ou qu'on les retranche membre à membre, 
la première équation, jointe aux deux équations ainsi obtenues, 
forme im système équivalent à celui des trois équations proposées. 

Pour le démontrer, concevons qu'on ait fait passer tous les termes 
de chaque équation dans un seul membre; désignons pour abréger 
ces membres par A , B , C ; en sorte que les trois équations 
proposées seront représentées par 

A = , B = et C = 0. 

Il s'agit de faire voir , par exemple , que le système 

A--0 , wA-f ;zB = , m'k—nT. = i) 

est équivalent au premier. 

Or, tout système de valeurs de x , y , z qui satisfera aux trois 
équations proposées, annulera A , B et C , et par suite 
wA-|-nB et m'k — r/C ; ces valeurs satisferont donc aux trois 
équations du second système. 

Béciproquement : si un système de valeurs satisfait aux équations 
du second système , en vertu de A = , ces valeurs annule- 
ront A ; la seconde équation wA-|-wB=0 se réduira donc à 
^iB=0 , cequiexige B=^0 ; et la troisième équation m'k — w/C=0 
ou m'X=z?i'C se réduira à = n'C , cequiexige C=() ; 
c'est-à-dire que les valeurs en question annuleront à la fois A , 
B et C , et satisferont par conséquent aux équations du pre- 
mier système. 

Bemàrque. Si , en particulier, les multiplicateurs m , n , m 
et n' sont choisis de manière qu'en ajoutant ou retranchant con- 
venablement , l'inconnue z disparaisse des équations 

?/?A-l-7?B=:0 et 7/î'A — w'C = , 

la démonstration subsiste; ce qui démontre la légitimité du mode de 
résolution que nous avons employé. 

99. Comme exemple d'équations littérales , nous traiterons les 

suivantes : 

ax — by-\-cz=za}-\-c'^ [1] 

-, ' bx + cy — az = b''+c'- [2] 

_c,T-\-(ty+bz=n^-\-h' [3]. 



ÉQUATIONS ET PHOBLÈMliS DV PREMIER DEGRÉ. 77 

Éliminons z entre les équations [1] et [2], nous trouvons 

vV+ bc)œ + ic'— ab)y = é + ac'+ h'c + 1^ [4]. 

Éliminons :; entre les équations [2] et [3], il viendra 

[b^— ac) X + {a' -\-bc)yz=w'-\- ab' + bc' + b^ [5] . 

L'élimination de // entre ces deux dernières , donne 

{ai' -\- a-bc + ab^ + ^^^') ^ = ^^ + ^'^ + ^^<^ + «^^"^ + ^'^'C + a^c^ 

-\-ab!*-\-abâ , 
ou 
{cv" + «6c + 6" +• 6'^) a; — a' + «^^ + a-bc -\- a b' + ab'c + «c^' + «7/+ bc^, 

d'où , en divisant les deux membres par a^ -\- abc + 0'^ + ^'^ > 

Cette valeur mise pour x dans l'équation [5] donne 

(a^-\-bc)y=a"-\-a^c~\-abc-\-bc- 
d'où , en divisant les deux membres par a- + bc , 

y=za-\-C . 

Mettant pour x et y leurs valeurs dans l'équation [1], elle 
devient 

a^ — bc-\-cz=a~-{-c^ ou c::i = bc-^c~ ; 

d'où z=b-{-c . 

100. Il est facile maintenant de généraliser la marche que nous 
avons suivie. Supposons qu'on ait 5 équations du premier degré 
entre les 5 inconnues x , y , s , u ^ t. On élimi- 
nera t quatre fois : par exemple entre la première équation et 
chacune des quatre autres ; on obtiendra ainsi 4 équations entre 
les inconnues .r , ?/ , ^ , u . On éliminera u trois fois : 
par exemple entre la première de ces quatre équations , et chacune 
des trois autres ; on obtiendra ainsi 3 équations entre les 3 in- 
connues X ^ y , z . On éliminera z deux fois : par exem- 
ple entre la première de ces trois équations et chacune des deux 
autres ; on obtiendra ainsi 2 équations entre les 2 inconnues 
X et y . On éliminera y entre ces deux équations , et l'on 
obtiendra une équation qui ne contiendra plus qu'une seule incon- 
nue X . On en tirera la valeur de cette inconnue. On portera 
cette valeur à la place de x dans l'une des deux équations 
entre x et y ; et l'on en tirera la valeur de y . On portera 
les valeurs de x et de y dans l'une des trois équations entre 
X ^ y et :ï ; et l'on en tirera la valeur de s . On portera les 



78 PREMIËRK FAHTIli. — CHAPITRE ïll. 

valeurs de œ , y et z dans l'une des quatre équations entre 
X , y , z et u ; et l'on en tirera la valeur de u . On por- 
tera enfin les valeurs de x , y , z et it dans l'une des cinc^ 
équations proposées entre x , y , 5 , u et f ; et l'on en 
tirera la valeur de t . 

On suivrait une marche analogue pour un nombre quelconque 
d'équations du premier degré renfermant le même nombre d'in- 
connues. 

101. Le calcul se simplifie , lorsque toutes les équations ne con- 
tiennent pas toutes les inconnues. Si, par exemple, dans le cas 
de 5 équations entre 5 inconnues x , y , z , u et t , 
il y avait une équation qui ne contînt pas l'inconnue x ; cette 
équation pourrait être prise pour l'une des 4 équations à 4 
inconnues qu'on se propose d'obtenir; et il suffirait d'éliminer x 
trois fois pour obtenir les trois autres. Si , parmi ces 4 équations 
entre les 4 inconnues y , s , u et t , il y en avait une 
qui ne contînt pas l'inconnue s par exemple , cette équation 
pourrait être prise pour l'une des 3 équations à 3 inconnues 
qu'on cherche à en déduire ; et il suffirait d'éliminer :; deux fois 
pour obtenir les deux autres. Et ainsi de suite. 

Si deux inconnues manquent à la fois dans une même équation , 
le calcul se simplifie encore davantage. Il est rare qu'il ne se pré- 
sente pas dans le courant des opérations quelque circonstance favo- 
rable dont on puisse tirer parti avec un peu d'adresse , lors même 
que les équations primitives contiennent toutes les inconnues. 

Soient , pour exemple , les 4 équations : 

5x — Sy-\-Az — 2u== 1 [1], 

x + '2y — 6z + 'Su= 5 [2], 

Sx— y — 2z-\' u= [3], 

Ax-{-Sy — 3z-{-2u = n [4], 

qui contiennent chacune les 4 inconnues x , y , z et u . 

L'élimination de u entre [1] et [3] , puis entre [2] et [3] , 
enfin entre [1] et [4] donne très-facilement : 

nx — 6y= 1 [5], 

— 8^-t- r)y+ z= b [6], ■ 

9x+ 5=12 [7]. 

L'équation [5] ne contenant pas z , il suffit d'éliminer z entre 
[6] et [7] , ce qui donne 

17x — by = 7 [8]. 

L'éHmination de y entre les équations [5] et [8] , donne ensuite 
6^ = 6 , d'où x=i . 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES 1>U PREMIER DEGRÉ. 79 

Mettant cette valeur de x dans les équations [5] et [7] , on en 
tire 

ll—by=l et 9 + s=12, , ; 

d'où y = 2 et 2 = 3 , . 

Ces valeurs de x , y et z introduites dans 1 équation [3] , 
donnent 

3_2--.6 + w = , d'où u = à .^ ^ 

102. Le lecteur pourra s'exercer sur les exemples suivants : 

I. 2x — 6y+ 3s = 5 , d'où ^ = 10 , 

x-\-2y — 12z- = i , y= 3 , 

Sy+6z~ Sx = , z= 1 . 

II. ax-\-by — cz^=.lP- ^ d'où xz=l c ^ 
bx — cy -\- az = a^ ^ y = b , 
cx-\- ay — bz = c^ ^ z = a . 

III. Qx-{-Sy—3z-{- u = b , d'où x= , 
Sx-\-6y-j-2z— 2u = 4 , y= 2 , 
5x — 2y—2z-{- 1u = 1 , z= 2 , 
2a; + 5?/ + 3s— 3w=l , . u= 5 . 

§ VU. Problèmes qui conduiseiil à un nombre quelconque d'équations du 
premier degré , renfermant le même nombre d'inconnues. 

105. La mise en équations de ces problèmes est soumise à la 
règle générale donnée au n° 70. Nous rappellerons ici le conseil 
que nous avons donné au n'' 87 d'introduire dans le calcul toutes 
les inconnues que le problème comporte. Sans doute, quand le 
nombre des inconnues est grand , il semblerait qu'on doit chercher 
à le restreindre ; mais l'avantage qu'il en pourrait résulter pour le 
calcul serait presque toujours compensé, et au delà, par l'embarras 
que la suppression de quelques inconnues introduirait dans la mise 
en équations. 

Cela dit, il ne nous reste qu'à donner quelques exemples. 

Premier problème. On a trois lincjots qui contiennent : 

Le premier. 
Le second. 
Le troisième. 

Combien faut'il prendre de chacun d'eux pour former un quatrième 
lingot qui contienne : 

75 yr. d'or , 100 d'argent , et 149 de cuivre ? 



20 gr, d'or , 


30 d'argent , 


40 de cuivre . 


30 


40 


50 


40 


50 


90 



80 . PUEMIÈKE PARTIE. — CHAPITRE 111. 

Soient .r , y , z les nombres de grammes de chacun des 
trois premiers lingots, qu'il faut prendre pour former le quatrième. 
On remarquera ,'que , dans le premier lingot , il y a 1^^' d'or, sur 
*20+30-[-iO ou 90 ; c'est-à-dire que l'or y entre pour ^ . Dans 
le second lingot, il entre pour ^ , et dans le troisième, pour ^ . 
Ce métal entrera, en mêmes proportions, dans les parties x , 
y , z qu'on prendra des trois lingots ; et, comme la somme des 
quantités d'or contenues dans ces parties doit faire 75^'' , on devra 
avoir l'équation : 

L'argent, dans le premier lingot, entre pour i| , dans le second, 
pour jL , dans le troisième , pour f^ ; on verrait donc , par un 
raisonnement analogue au précédent, qu'on doit avoir : 

Et, en opérant de même pour les quantités de cuivre , on trouverait 
de même l'équation : 

Telles sont les équations du [)roblème. En faisant disparaître les 
dénominateurs et simplifiant, elles deviennent : 

8^;+ 9?/+ 8<s"=2700 [1], 

\ix-\-ny+mz=^mo [2], 

16^ + 152^H-18^=:5364 [3]. 

Éliminant d'abord x entre [1] et [2], puis entre [1] et [3], on 
obtient ; 

3y 4-4^ = 900 [4]., 

^y — ^z= 36 , [5]. 

Éliminant ensuite y entre ces deux dernières , on trouve 

6^ = 864 , d'où 5 = l44fc'"- . 
Cette valeur, mise dans [5] , donne 

3 y— -288 = 36 , d'où y =108^' . 
Et ces valeurs, mises dans [l] , donnent 

8^4-972 + 1152 = 2700 , d'où ^ = 72*-"- . 

10^. Deuxième problème. Trois vases contiennent , à eux trois , 
18 litres d'eau. On prend la moitié de ce que contient le premier , 
pour le verser clans le second \ on prend ensuite le tiers de ce que 
contient alors le second , pour le verser dans le troisième) on prend 



ÉQUATlOr^S ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 81 

enfin le quart de ce que contient alors le troisième, pour le verser 
dans le premier. Il se trouve alors que Veau est également partagée 
entre les trois vases. On demande ce que chacun d'eux contenait pri- 
mitivement. 

Soient x , y , z les nombres de litres d'eau contenus pri- 
mitivement dans chaque vase. Si l'on prend la moitié de ce que 

contient le premier, c'est-à-dire | pour le verser dans le second, 

les trois vases contiendront des quantités d'eau marquées respecti- 
vement par 

2*^ ; y-\-2^ ; z . 
On prend maintenant le tiers de ce que contient le second, c'est- 
à-dire \y-\-\x , pour le verser dans le troisième ; les quantités 
d'eau contenues deviendront donc : 

1^ ; V^ï^ — ïy — ïx ; et z-^\y-\-^^x ; 
^^* ^ 5^ ; fy+i^'- ; et 5 + iy + i^ . 

On prend enfin le quart de ce que contient le troisième vase, c'est- 
à-dire ^ i^-f- J^^y-}- Jjj; , pour le verser dans le premier; les 
quantités d'eau contenues deviennent dès lors : 

ou M^+l^ + ï^y; |y + i^; et 1^ + 1-^4.1^; 
mais l'eau se trouvant alors également partagée, chaque vase con- 
tient le tiers des 18 litres, c'est-à-dire 6 litres. On a donc les 
trois équations : 

, ly+'^x =6 , 

l^ + iy + é^ = 6 , 
ou, en simplifiant : 

nx-\-1y-\-^z=zU^ , 

x-\-^y = 18 , ' 

x-\-^y-\-^z~ 48 . 

Si l'on retranche les deux dernières membre à membre, on a sur- 
le-champ 

6::==30 , d'où ^ = 5 ; 

à l'aide de cette valeur, la première équation devient 

13.r + 2y=:ll4 ; 
si l'on en retranche la seconde membre à membre, il reste : 
12^ = 96 , d'où a; = 8 ; 

6 



82 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE 111. 

enfin cette valeur, mise pour x dans la seconde équation, donne 

8+22/ = 18 , d'où 2/ = 5 . 

Le premier vase contenait donc 8 litres , le second 5 et le troi- 
sième 5 ; ce qu'on vérifiera facilement. 

105. Troisième problème. Un nombre est tel : que, si on le di- 
vise par 1 , on a pour reste 4 , que, si on le divise par 9 , 
on a pour reste 6 , que, si on le divise par 13 , on a pour 
reste 8 ; et de plus, la somme des trois quotients surpasse de 3 
unités le quart du nombre lui-même. On demande quel est ce nombre f 
^ Soit X le nombre cherché, et soient ?/ , :; et u les quo- 
tients respectifs qu'on obtient en le divisant par 7,9 ou 13 . 
On aura, en vertu de la division même : 

x=: 7y + A , 

x= 9^ + 6 , 

x = \^u-\-% , 

et, en vertu de la dernière partie de l'énoncé , 

2/ + - + ^« = 4^+3 . 

Si l'on tire des trois premières équations les valeurs de 2/ ,:;,?/ , 
en y regardant x comme connu, on obtient : 

X — 4 x — Q X — 8 

et , si l'on met pour y ^ 2 , u ces valeurs dans la quatrième 
équation , on obtient 

X — 4 ) X — 6 , X — 8 _1 , 

-7- -h -9- -h -Y3- - 4^'+ «5 , 

équation qui ne contient plus que l'inconnue x . On en tire, en 
faisant disparaître les dénominateurs : 

468 a; — 1872 + 364x — 2184 + 252^~2016=819a; + 9828 
ou 265;r = 15900 d'où x — QO. 

Tel est le nombre demandé. Les quotients qu'on obtient en le 
divisant par 7 , 9 ou 13 , sont 8 , 6 et 4 , dont la 
somme 18 surpasse de 3 unités le nombre 15 qui est le quart 
de 60. 

Remarque. Ce problème offre un exemple d'une question qui 
comporte réellement quatre inconnues , bien que l'énoncé semble 
n'en admettre qu'une. . , 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 80 

106. Le lecteur pourra s'exercer sur les problèmes dont les 
énoncés suivent : 

I. Un homme chargé de transporter des vases de trois grandeurs, 
est convenu de payer pour chaque vase cassé par lui autant qu'il au- 
rait reçu s'il l'eiît rendu en bon état. On lui donne 3 grands vases,, 5 
moijens et ^petits. On apprend qu'en route il a cassé tous les vases 
de l'une des trois grandeurs, mais l'on ne sait laquelle. Si ce sont 
les grands ou les petits le porteur touchera 10 fr.; mais si ce sont 
les moyens, il ne touchera que S fr. On dejnande ce qu'il doit tou- 
cher pour un vase de chaque espèce rendu en bon état. 

(Réponse: 3fr. pour un grand vase , 2 fr. pour un moyen^ 
1 fr. pour chaque petit.) 

IL On demande quel est le ^nombre de quatre chiffres qui jouit des 
propriétés suivantes : 1° que la somme des deux premiers chiffres, 
soit à sa droite, soit à sa gauche, est égale à 7 ; S** que le chiffre 
de ses unités est le triple de celui des centaines ; 3" enfin que si l'on 
écrit ses quatre chiffres dans un ordre contraire, le nombre aug- 
mente de 909. (Réponse : 5216.) 

IIL Une personne a divisé son capital en trois parties qu'elle a 
placées, la première à 5 pour 100^ la seconde à 4 pour 100^ la 
troisième à 3 pour 100 . Elle se fait ainsi un revenu annuel de 
4000 /r. , comme si tout son capital eût été placé à A pour 100 . 
On sait déplus que la partie placée à 5 pour 100 rapporte annuel- 
hment 600 fr. de plus que celle qui est placée à S pour 100. On 
demande quel est le capital entier, et quelles sont les trois parties. 

(Réponse : le capital entier est de 100000 fr. ; les trois par- 
ties sont 30000 fr. , 40000 fr. et 30000 fr. ) 



8i V PREMIËRE PAI'.TIE. 



CHAPITRE IV. 

DES QUANTITÉS NÉGATIVES, ET DE LA DISCUSSION DES PROBLÈMES 
DU PREMIER DEGRÉ. 



§ I. Des quanlilés négatives. 

107. Jusqu'ici , lorsque nous avons eu à considérer des expres- 
sions algébriques polynômes, nous avons toujours supposé que 
l'ensemble des termes positifs l'emportait en valeur absolue sur l'en- 
semble des termes négatifs; et quant aux monômes isolés, nous les 
avons toujours supposés positifs. Nous avons à examiner mainte- 
nant , dans l'hypothèse contraire , le sens qu'il convient d'attacher 
aux expressions algébriques, et ce que deviennent les règles du 
calcul littéral , qui n'ont été établies , on se le rappelle , que dans la 
supposition où les quantités sur lesquelles on opère ont une valeur 
positive. 

Considérons un polynôme, dans lequel la partie négative soit 
supposée l'emporter en valeur absolue sur la positive ; et pour plus 
de simpHcité, choisissons le binôme a — b .Si l'on attribue à b 
une valeur plus grande qu'à a , ce binôme n'otfre plus en appa- 
rence d'autre sens à l'esprit que celui d'une opération impos- 
sible. 

On peut, à la vérité, donner une forme plus simple à l'expression 

a 6 ; car, si l'on désigne par d l'excès de la valeur absolue b 

sur la valeur absolue a , en sorte que b soit égal à a-\-d , 
on aura à retrancher de a la somme a-\-d ; et si l'on en re- 
tranche d'abord a , ce qui donne zéro pour reste, on n'aura plus 
à indiquer que la soustraction de d , ce qui conduira à l'expression 
plus simple — d . On peut même remarquer que cette simplifi- 
cation revient à soustraire a de b et à affecter le reste d du 
signe — ; c'est ainsi , par exemple, que 7 — 12 reviendrait à 
7 — 7 — 5 , et se réduirait par conséquent à — 5 . 

Mais ces expressions négatives isolées , — d , — 5 , n'en sont 
pas moins des symboles d'impossibilité , si l'on s'en tient aux notions 
et aux conventions de l'arithmétique. Or, on va voir que, dans un 
autre ordre d'idées , ces expressions deviennent susceptibles d'une 
interprétation parfaitement rationnelle; et que, bien loin d'être les 



DES QUANTITÉS NÉGATIVES. 85 

symboles d'une opération impossible, elles sont quelquefois la seule 
réponse raisonnable que puisse comporter une question. 

Concevons, par exemple, qu'un thermomètre marquant 10" 
au-dessus de zéro, la température vienne à baisser de 6*^ ; pour 
avoir la température nouvelle , il faudra retrancher 6^ de 10" , 
ce qui donnera 10" — 6" ou 4" . Point de difficulté jusqu'ici. 

Mais, le thermomètre marquant toujours 10" au-dessus de 
zéro, supposons que la température vienne à baisser de 14" ; si 
l'on veut, comme tout à l'heure, retrancher de la température pri- 
mitive le nombre de degrés dont elle s'est abaissée, on est conduit 
à l'expression 10" — 14" ou — 4" , d'après la simphfication in- 
diquée ci-dessus. D'un autre côté, si, partant du lO""' degré au- 
dessus de zéro, on compte 14 degrés en descendant l'échelle 
thermométrique, on arrive à zéro quand on en a compté 10 , et 
les 4 restants se trouvent comptés au-dessous de zéro. Remar- 
quons cette correspondance entre le symbole — 4" et le résultat 
réel 4" au-dessous de zéro . 

Prenons un second exemple. Un lieu est situé sous le 40'' degré 
de latitude nord , un second lieu est situé à 30 degrés au sud du 
premier, sur le même méridien pour plus de clarté. Si l'on veut 
connaître à quelle latitude répond ce second lieu , on retranchera 
les 30" de la latitude 40" , ce qui donnera 40"~30" ou 10" 
de latitude nord. Point de difficulté. 

Mais si le second lieu était à 50" au sud du premier, et que, 
pour obtenir sa latitude , on retranchât encore les 50" de la lati- 
tude 40" , on arriverait à l'expression 40" — 50" ou — 10" . 
D'un autre côté , si , en partant du 40'""" degré de latitude nord 
on descend vers le sud en comptant 50 degrés , quand on en aura 
compté 40 , onserasur l'équateur, etles 10 qui restent seront 
comptés vers le sud ; la latitude demandée sera donc 10" de lati- 
tude sud . Remarquons encore cette correspondance entre le sym- 
bole — 10" et le résultat réel 10" de latitude sud . 

Pour dernier exemple, imaginons qu'un événement ait eu lieu 
600 ans après J. C, et qu'un autre événement ait eu lieu 400 ans 
auparavant. Pour avoir la date de celui-ci, il faudra retrancher 
400 ans de 600 ans , ce qui donnera 600 — 400 ou 200 ans 
après J. C. Mais si l'on suppose que le deuxième événement consi- 
déré ait eu lieu 800 ans avant celui dont on a parlé d'abord , et 
que pour avoir sa date on retranche encore les 800 ans des 
600 ans , on arrive à l'expression 600 — 800 ou — 200 ans .D'un 
autre côté , il est facile de voir que l'événement en question a eu 
lieu 200 ans avant J. C. Remarquons encore cette correspon- 
dance entre le symbole — 200 ans , et le résultat réel 200 ans 
avant J. C. 



86 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

Dans les exemples que nous venons de prendre , et il serait facile 
de les multiplier, on trouve cette circonstance commune que la 
quantité cherchée est, par sa nature, susceptible d'être comptée 
dans deux sens opposés. Et l'on remarque que , l'un de ces deux 
sens étant celui qui est le plus ordinaire , et dans lequel on compte 
habituellement les quantités regardées comme positives , il arrive 
que si la quantité cherchée doit être comptée en sens contraire , le 
calcul de cette quantité effectué d'après les mêmes règles que si elle 
devait être positive , conduit à un résultat négatif. 

Il n'y a qu'un pas de cette remarque à la convention de compter 
dans l'un des deux sens opposés les quantités positives , et dans le 
sens contraire les quantités négatives. De cette manière, toutes les 
fois qu'une quantité sera ainsi susceptible d'être comptée dans deux 
sens contraires, il sera aussi rationnel de lui attribuer des valeurs 
négatives que des positives ; et les monômes négatifs isolés ne seront 
des symboles d'impossibilité absolue que lorsqu'ils représenteront 
une quantité qui , par sa nature, ne peut être comptée que dans un 
sens. Si , par exemple, il s'agit de la longitude d'un lieu, comme 
elle peut être comptée vers l'est ou vers l'ouest , on pourra admettre 
pour cette quantité des valeurs indistinctement positives ou négati- 
ves. S'il s'agit au contraire du nombre des côtés d'un polygone , 
comme il ne peut être compté que dans un sens , il n'admettra pas 
de valeurs négatives ; et une valeur négative , dans ce cas , serait un 
symbole d'impossibilité absolue. 

108. Cette convention peut être justifiée par une autre considé- 
ration qui nous servira en même temps à montrer sous son véritable 
jour le calcul des quantités négatives, et l'Algèbre en général. 

Reprenons l'exemple du thermomètre. Supposons qu'il marque 
6^ au-dessus de zéro , et que la température vienne à s'élever de 
10 degrés ; pour savoir le nombre de degrés qlie l'instrument mar- 
quera , il faudra ajouter aux 10 degrés d'élévation , les 6 degrés 
que le thermomètre marquait d'abord , ce qui donnera 10 + 6 
ou 16° au-dessus de zéro. 

En général , si t désigne dans ce cas la température primitive, 
a l'accroissement, et T la température finale , on aura la relation 

T = a + t [1]. 

Supposons maintenant que la température primitive soit de 6*^ 
au-dessous de zéro , et qu'elle s'élève encore de W ; la tempéra- 
ture finale e 'obtiendra en remarquant que, si elle s'élève d'abord 
de 6 degrés , le thermomètre marquera zéro ; et que les 4 degrés 
d'élévation restants seront comptés au-dessus de zéro. C'est-à-dire 
que pour avoir la température finale, il faudra des 10 degrés 



DES QUANTITÉS NÉGATIVES. 87 

d'élévation retrancher les 6 degrés au-dessous de zéro que mar- 
quait primitivement le thermomètre ; ce qui donne en effet 10^^ — 6^ 
ou 4" au-dessus de zéro. 

En général, si t désigne alors la température primitive , ou le 
nombre de degrés au-dessous de zéro que marquait primitivement 
le thermomètre , si a désigne toujours l'accroissement de tem- 
pérature et T la température finale , on aura la relation 

T = a—t [2]. 

On voit que les relations [1] et [2] ne diffèrent l'une de l'autre 
que par le signe qui précède la température initiale t . Cette re- 
marque suffirait pour justifier la convention qui consiste à regarder 
comme positives les températures comptées au-dessus de zéro, et 
comme négatives celles qui sont comptées au-dessous . 

Mais il y a plus , c'est que cette convention permet de réunir les 
deux formules [1] et [2] en une seule, qui comprendra tous les cas, 
et donnera ainsi la réponse la plus générale à la question proposée. 
Il suffit pour cela d'étendre la signification des mots quantité et ad- 
dition. Nous appellerons quantités algébriques celles qui , comme 
la température , la latitude , le temps , etc. , sont susceptibles d'être 
comptées indiff'éremment dans deux sens opposés; ces quantités 
étant positives si on les compte dans l'un de ces deux sens , et né- 
gatives si on les compte dans l'autre. Nous appellerons addition al- 
gébrique une opération ayant pour but de réunir deux ou plusieurs 
quantités algébriques en conservant à chacune son signe; de telle 
^oviQ (\\XQ\2i somme cdgébiique diQ -j-10 et de — 6 sera 10 — 6 , 
comme celle de +10 et de +6 est 10 + 6 . Nous pour- 
rons alors ne conserver que la formule [1] , et l'énoncer en disant : 
que si un thermomètre marque t degrés et que la température 
s'élève de a degrés, la température finale T sera la somme algé- 
brique de « et de ^ . Cette formule répondra alors à tous les 
cas. Si, par exemple, la température initiale est de 10*^ au-des- 
sous de zéro , et qu'elle s'élève de 7 degrés, pour avoir la tem- 
pérature finale , on remplacera a par +7 et t par — 10, 
et faisant la somme algébrique, on aura 

T = + 7 — 10 ou T = >-3 , 

ce qui voudra dire que la température finale est de 3^ au-dessous 
de zéro. C'est ce qu'il est facile de vérifier. 

109. Prenons un dernier exemple. Supposons que deux villes 
soient situées sur le même méridien : l'une h 48° de latitude nord, 
l'autre à 35*^ de latitude nord ; pour avoir leur distance en lati- 
tude, on n'aura qu'à retrancher 35 de 48 , ce qui donnera 
48«— 35*^ ou 13' de latitude nord. 



88 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

En général, si L et / désignent les deux latitudes nord , et 
(l la distance des deux villes, on aura la relation 

c/ = L — / [1]. 

Supposons maintenant que la première ville étant toujours à 
48^ de latitude nord, la seconde soit à 35^ de latitude sud; il 
est clair que pour obtenir leur distance en latitude, il faudra /azre 
la somme des nombres 48 et 35 , ce qui donnera 48° + 35*^ 
ou 83*^ . 

En général, si L désigne le nombre de degrés de latitude nord, 
/ le nombre de degrés de latitude sud , et d la distance des 
deux villes , on aura la relation 

fl^L + l [2]. 

Les relations [1] et [2] ne diffèrent que par le signe qui précède 
la latitude / . Il est donc naturel de regarder la latitude comme 
une quantité algébrique , qui sera positive ou négative , suivant 
qu'elle sera comptée vers le nord ou vers le sud. On pourra ensuite 
renfermer tous les cas de la question qui nous occupe dans la for- 
mule [1] , en étendant le sens du mot soustraction. On appellera 
soustraction algébrique une opération par laquelle on écrit une 
quantité algébrique à la suite d'une autre en changeant son signe; 
en sorte que la différence entre +48 et +35 sera 48—35 ; 
mais que la différence entre +48 et — 35 sera 48 + 35 . 
On énoncera alors la formule [1] d'une manière générale en disant : 
que pour obtenir la distance en latitude de deux lieux donnés , il 
faut faire la différence algébrique entre leurs latitudes. 

110. En résumé, on voit qu'il existe des quantités susceptibles 
d'être comptées indifféremment dans deux sens opposés ; et que , 
suivant qu'elles sont comptées dans l'un ou l'autre de ces deux 
sens, elles figurent avec un certain signe ou avec le signe contraire 
dans la solution d'une même question. Les quantités de cette es- 
pèce ont reçu le nom de quantités algébriques; on leur attribue le 
signe + lorsqu'elles sont comptées dans l'un des deux sens dont 
on vient de parler, et le signe — lorsqu'elles sont comptées dans 
le sens contraire. L'avantage qu'on retire de cette convention est 
non-seulement de trouver une interprétation pour les quantités né- 
gatives isolées que le calcul fournit quelquefois , mais encore de 
pouvoir généraliser les formules auxquelles conduit la solution d'un 
problème particulier. 

Cette tendance de l'Algèbre à généraliser les opérations et les ré- 
sultats est un de ses caractères distinctifs. Nous aurons occasion d'y 
revenir plus d'une fois. 11 nous suftitpour le moment d'avoir essayé 
de faire comprendre l'origine des quantités négatives et des règles 



DES QUANTiTKS ÎSÉGATIVES. 89 

suivant lesquelles on les introduit dans le calcul. Nous allons main- 
tenant exposer ces règles en détail. 

111. On appelle QVAmiiÉ algébmqve une quantité qui se com- 
pose de deux éléments : V d'îtnevaleurnmnérique qui i^^ent être en- 
tière ou fractionnaire ; 2° d'un signe qui peut être -j- ou — . 

5 5 

Ainsi +4,-4, +- , — - , -\- a , —a , -\-4a^b , 

— Aa^b , etc., sont des quantités algébriques. Si elles contiennent 
des lettres, il faut toujours imaginer que ces lettres tiennent lieu de 
certaines valeurs numériques entières ou fractionnaires. 

Quant à l'ordre de grandeur des quantités négatives entre elles , 
ou comparées aux quantités positives, il faut remarquer que si d'un 
nombre quelconque , 5 par exemple , on retranche successive- 
ment une unité, on obtient des nombres de plus en plus petits 4 , 
3 , 2 , 1 , . Arrivé à ce point, si l'on continue à retrancher 
toujours successivement une unité , on obtient les quantités néga- 
tives — 1, — 2, — 3, — 4, etc., dont la valeur absolue 
est croissante. Mais, comme c'est à l'aide d'une même opération, 
la soustraction d'une unité , qu'on a obtenu toute cette série de 
nombres, les uns positifs décroissants, les autres négatifs croissants 
en valeur absolue , l'analogie a conduit à regarder les quantités né- 
gatives comme moindres , algébriquement parlant, que les quantités 
positives , et comme d'autant moindres que leur valeur absolue est 
plus grande. Ainsi — 1 est regardé comme moindre que 0; — 2 
est moindre que — 1 ; et ainsi de suite. 

Conformément à cette convention , lorsqu'on veut exprimer 
qu'une quantité a est positive , on écrit « ^ ; et si l'on veut 
exprimer qu'elle est négative, on écrit a<^0 . 

112. Z'addition algébrique est une opération par laquelle on 
réunit plusieurs quantités algébriques en conservant à chacune son 
signe. 

Ainsi, la somme algébrique de -{-a et de -\-b est a-{-b ; 
la somme algébrique de -^ a et de — b est a — b ; la somme 
algébrique de — a et de -\-b est — a-{-b ; la somme algé- 
brique de — a et de — b est — a — b . 

Un polynôme peut être considéré comme la somme algébrique de 
ses termes. 

Pour additionner deux polynômes, il suffit d'écrire le second à la 
suite du premier en conservant à chaque terme son signe. Cette règle 
a déjà été donnée au n° 27 ; mais nous avions supposé alors que , 
dans chaque polynôme , l'ensemble des termes positifs l'emportait 
sur l'ensemble des termes négatifs. Cette restriction devient inutile. 



90 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

115. La SOUSTRACTION ALGÉBRIQUE €st une opération par laquelle 
on écrit la quantité à soustraire à la suite de la quaritité dont on la 
soustrait, en changeant le signe de la quantité à soustraire. 

Ainsi, la différence algébrique entre -{-a et + b est a — h-, 
la différence algébrique entre -\-a et — /; est r^ + Z;; la dif- 
férence algébrique entre — a et -f^ est —« — /;; la diffé- 
rence algébrique entre — a et — h est — a-\-l) . 

Pour soustraire un polynôme d'un autre, il faut l'écrire à la 

suite de cet autre en changeant le signe de chacun de ses termes. 

. Cette règle a été donnée au n° 50 , en supposant que dans chaque 

polynôme l'ensemble des termes positifs l'emportait sur l'ensemble 

des" termes négatifs; cette restriction n'est plus nécessaire. 

114. La MULTIPLICATION ALGÉBRIQUE est une opération par laquelle 
on cherche une quantité algébrique, appelée produit, qui soit com- 
posée avec une quantité algébrique, appelée multiplicande, comme 
une autre quantité algébrique, appelée multiplicateur, est composée 
avec l'unité positive. 

Cette définition n'est, comme on le voit , qu'une extension de la 
définition donnée en arithmétique ; on y a introduit l'élément qui 
distingue les quantités algébriques des quantités purement numé- 
riques, c'est-à-dire le signe. 

Soit + A à multiplier par + B . La valeur absolue du pro- 
duit sera composée avec la valeur absolue A du multiplicande , 
comme la valeur absolue B du multiplicateur est composée avec 
l'unité; c'est-à-dire que, d'après les notations admises, cette valeur 
absolue du produit sera AB . Quant au signe du produit, comme 
le multiplicateur -j-B a le môme signe que l'unité positive, ce 
produit aura le même signe que le multiplicande, c'est-à-dire -f . 

Ainsi , le produit de -f A par -f B est -(- AB . 

Soit -fA à multiplier par — B . La valeur absolue du pro- 
duit sera, comme ci-dessus, AB . Mais le multiplicateur — B 
ayant un signe contraire à celui de l'unité positive, le produit aura 
un signe contraire à celui du multiplicande, c'est-à-dire — . 

Ainsi le produit de +A par — B est — AB . 

Soit —A à multiplier par -f-B . La valeur absolue du pro- 
duit sera encore AB . Mais le multiplicateur -f-B ayant le 
même signe que l'unité positive , le produit aura le môme signe que 
le multiplicande, c'est-a-dire — . 

Ainsi, le produit de —A par -}-B est — AB . 

Soit enfin —A à multiplier par — B . La valeur absolue 
du produit sera AB . Mais le multiplicateur — B ayant un 
signe contraire à celui de l'unité positive, le prodmt aura un signe 
contraire à celui du multiplicande —A , c'est-à-dire + . 



DES QUANTITÉS NÉGATIVES. 9tl 

Ainsi , le produit de — A par — B est + ^^^ • 

La règle des signes établie au n° 54 par la considération de deux 
polynômes dans chacun desquels la partie positive était supposée 
l'emporter sur la partie négative , se trouve donc étendue à des mo- 
nômes isolés , en partant de la distinction établie entre les quan- 
tités algébriques et les quantités purement numériques , et de la 
définition plus générale adoptée pour la multiplication. 

Quant à la multiplication des polynômes , les règles établies au 
n° 54 , dans la supposition où la partie positive de chaque polynôme 
l'emporte sur la partie négative , subsisteront encore dans l'hypo- 
thèse contraire. 

Soit, en efïet, à multiplier a — h par c — d , et supposons 
d plus grand que c en valeur absolue ; le binôme c — d re- 
vient à — {d — c) ; expression dans laquelle , d'après notre sup- 
position d — c sera positif. Nous aurons donc à multiplier 
-\-{a — b) par — {d — c) . Pour obtenir ce produit, il faudra 
d'abord multipher entre elles les valeurs absolues {a — b) et {d — c) 
des deux facteurs, et changer ensuite le signe du résultat, puisque 
ces deux facteurs sont de signe contraire ; car les règles démontrées 
ci-dessus ne supposent pas que A et B représentent des mo- 
nômes plutôt que des polynômes. En multipliant d'abord les valeurs 
absolues {a — b) et {d — c) on obtient, d'après les règles du 
n° 54, qui sont applicables ici, puisque a — b et d — c sont 
positifs l'un et l'autre : 

ad — bd — ac-\-bc . 

Et en changeant le signe du résultat, ce qui se fait en changeant le 
signe de chaque terme , on obtient : 

— ad-\- bd-\-ac — hc 
ou ' ac — bc — ad-\-bd ^ 

comme on l'a obtenu au n° 54. 

Les règles de la multiplication subsistent donc sans la restriction 
faite alors. 

llo. La DIVISION ALGÉBRIQUE est uue opération par laquelle, étant 
donnes le produit de deux facteurs algébriques et Vun de ces facteurs, 
on cherche L'autre facteur. 

On a vu, aux n"' 41 à 46, comment les règles de la division se 
déduisent de celles de la multiplication. Ces dernières étant mainte- 
nant établies sans restriction pour les monômes positifs ou négatifs , 
et pour les polynômes dans lesquels la partie positive est plus grande 
ou plus petite en valeur absolue que la partie négative, il en est de 
même des règles de la division. 



92 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

116. Les règles données aux n°' î50 à 38 pour le calcul des frac- 
tions algébriques, n'étant fondées que sur celles des quatre opérations 
fondamentales, elles acquièrent la même généralité que celles-ci. 

117. Deux quantités algébriques sont égales lorsqu'elles ont 
même valeur absolue et même signe. Si on les multiplie chacune 
par une même troisième, les produits seront égaux; car il est évi- 
dent qu'ils auront aussi même valeur absolue et même signe. 

Il suit de là qu'on peut, sans troubler une égalité , multiplier ses 
deux membres par une même quantité algébrique ; ce qui généra- 
lise la transformation indiquée au n° 61. 

On démontrerait de même qu'on peut , sans troubler une égalité , 
diviser ses deux membres par une même quantité algébrique ; ce 
qui généralise la transformation du n° 62. 

Remarque. On peut dans une égalité changer les signes de tous 
les termes , car cette transformation revient à multipher ou à diviser 
à la fois les deux membres par — 1 . 

On retrouve ainsi , par une autre voie , une règle déjà démon- 
trée (68, IV.) 

§ II. Discussion des problèmes du premier degré a une seule inconnue. 

118. Lorsqu'on a résolu un problème d'une manière générale, 
c'est-à-dire en représentant les données par des lettres, comme 
nous l'avons fait, par exemple, aux n"^ 74, 76 et 1)4, il est utile 
de rechercher les principales circonstances que peut présenter la 
solution, suivant les valeurs particulières qu'on peut attribuer à ces 
données. L'examen méthodique de ces circonstances est ce qu'on 
nomme la discussion du problème. 

Nous nous occuperons dans ce paragraphe de la discussion des 
problèmes qui conduisent à une seule équatiori, à une seule in- 
connue. 

Une pareille équation, lorsqu'on y a fait disparaître les dénomi- 
nateurs , qu'on a rassemblé dans un membre tous les termes affectés 
de l'inconnue , et dans l'autre tous les termes indépendants de cette 
inconnue, qu'enfin on a mis l'inconnue en facteur comnmn parmi 
les termes où elle se trouve, peut toujours être ramenée à la forme 

A^ = B [1], 

dans laquelle A et B peuvent être des quantités quelconques , 
monômes ou polynômes, algébriques ou numériques. 

B 

On tire de cette équation ,t = ^ , 

c'est cette valeur qu'il s'agit de discuter. 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 93 

119. Lorsqu'on attribue aux données de la question des valeurs 
particulières , les quantités A et B prennent elles-mêmes di- 
verses valeurs. Il peut arriver que A et B soient de mêmes 
signes, ou bien qu'ils soient de signe contraire; que l'une d'elles 
s'annule , ou qu'elles s'annulent toutes deux à la fois. Nous allons 
examiner ces divers cas. 

I. Si A et B sont de même signe, leur quotient est positif; 

T> 

la valeur ^=-r est alors une réponse directe à la question , et 

ne donne lieu à aucune remarque. 

IL Si A et B sont de signes contraires, leur quotient est 
négatif; on peut alors distinguer deux cas. 

Ou la quantité que x représente est susceptible d'être comptée 
dans deux sens opposés , qui correspondent, l'un à ses valeurs po- 
sitives , l'autre à ses valeurs négatives. Dans ce cas , une valeur 
négative itrouvée pour l'inconnue est encore une réponse directe à 
la questipn. Si , par exemple , l'inconnue x représentait un cer- 
tain nonibre de degrés du thermomètre , comptée à partir du zéro , 
une valeur telle que — 6 n'aurait rien que de parfaitement ad- 
missible , et répondrait à 6*^ au- dessous de zéro , comme la valeur 
-f- 6 répondrait à 6" an-dessus de zéro. Cela résulte des con- 
ventions dont nous avons parlé au n*» 107. 

Ou la quantité que x représente n'est susceptible d'être comptée 
que dans un seul sens. Alors, une valeur négative trouvée pour x 
est un caractère d'impossibilité du problème, tel qu'il a été posé 
du moins. Cette valeur négative indique un vice dans l'énoncé, ou 
au moins dans la manière de l'entendre; elle montre qu'une quan- 
tité qu'on avait regardée comme additive devait être regardée comme 
soustractive , ou vice versa ; et l'on peut , en rectifiant l'énoncé , 
être conduit à une valeur positive numériquement égale à la valeur 
négative trouvée en premier lieu. 

Pour opérer cette rectification dans l'énoncé , on remarque que , 
si l'on a trouvé , par exemple , la valeur 



et qu'on change x en — x dans l'équation du problème , les 
calculs demeureront les mêmes, à l'exception du signe de x ; en 
sorte qu'on parviendra à l'équation 

— x = — 6 , ce qui revient à x = 6 . 

Ainsi donc, on changera x en — x dans l'équation du pro- 
blème ; il sera facile alors de reconnaître le changement qu'il fau- 
drait faire subir à l'énoncé pour qu'il conduise à l'équation ainsi 
modifiée, au lieu de conduire à l'équation primitive. 



94 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

120. Soit proposé, par exemple, ce problème: 

Un ouvrier fait, par jour, a mètres (Vune certaine étoffe \ un 
second ouvrier en fait b mètres dans le même temps. Le premier 
a déjà ;f ait c mètres, et le second en a fait m de plus. On de- 
mande dans combien de jours les deux ouvriers en auront fait 
autant Vun que l'autre. 

Désignons par x le nombre de jours demandé. Le premier ou- 
vrier faisant a mètres par jour, en fera en x jours un nombre 
marqué par le produit de a par x , c'est-à-dire ax ; au 
bout de ce temps , le nombre total de mètres qu'il aura fait sera 
donc c-\-ax . Le second ouvrier faisant /; mètres par jour, en 
fera en x jours un nombre marqué par bx , et, au bout de ce 
temps, le nombre total de mètres qu'il aura fait sera c-\-7n-\-bx . 
Or, d'après l'énoncé , ces deux nombres doivent être égaux ; on doit 
donc avoir l'équation 

c -\- ax ^=: c -{- 7n -\- bx \ [1] 

771/ f 

d'où l'on tire x = 7- [21, 

a — b : ^ -" 

« 

c'est-à-dire que , pour obtenir le nombre de jours demancké , il faut 
diviser l'avance du second ouvrier par la différence entre les.nombres 
de mètres que les deux ouvriers font par jour; résultat auquel on 
aurait pu d'ailleurs parvenir directement. On remarquerj\ de plus 
que la donnée c n'a servi que dans la mise en équation, et a 
complètement disparu du résultat, qui en est par conséquent indé- 
pendant. 

Si l'on fait les hypothèses particulières a = 8 , 6=5, k=12 , 
on trouve 

X = -r r OU X=:4 . 

O b 

Mais si l'on fait, au contraire, les hypothèses' « = 5 , 6 = 8 , 
m=12 , on trouve 

Cette valeur négative indique qu'il y a alors un vice dans l'é- 
noncé. Et en effet , le premier ouvrier travaillant moins vite que le 
second , ne pourra jamais rattraper celui-ci , qui a une avance de 
12 mètres. La quantité x , qu'on avait regardée comme additive, 
doit donc être regardée comme soustractive. Changeons donc x 
en — X dans l'équation [1] du problème, il viendra : 

c — ax = c-{-m — bx [3], 

et l'on voit facilement (|ue pour que l'énoncé conduise à l'équa- 
tion ainsi modifiée, il faut poser la question en ces termes : 



DISCUSSION DES PR06LÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 95 

Combien s'est-il écoulé de jours depuis celui où le nombre de 
mètres faits par chacun des deux ouvriers était le même ? 
En résolvant l'équation [3] on obtient : 

x=-r [4], 

h — a 

et, si l'on met pour « , b , m , les valeurs 5 , 8 , 12 , 
qui avaient conduit tout à l'heure à une valeur négative, on trouve : 

^ = -— ^ ou a; = 4 . 

Remarque. Si l'on avait, dès l'abord, regardé le nombre de jours 
X comme susceptible d'être compté indifféremment vers l'avenir 
ou vers le passé, c'est-à-dire si on avait considéré x comme une 
quantité Égébrique (ill), on aurait pu sur-le-champ admettre la 
valeur n^ative , sans être obligé de modifier l'énoncé , autrement 
qu'en remplaçant ces mots dans combien de jours par les mots de- 
puis commen de jours, et le mot sera par les mots a été, ce qui est 
simplem^t une nécessité de langage. Et la valeur négative trouvée 
pour xi eût indiqué que l'époque cherchée était antérieure au 
lieu d'êtfe postérieure à l'instant que l'on prend pour point de 
départ. ^ 

121. ni. Il peut arriver que, par suite des valeurs particuHères 
attribuée^ aux données, le numérateur B de la valeur 

B 

( ^' = 1 

devienne nul, sans que le dénominateur le soit, ce qui donne: 

_0 

Une ^^leur de cette forme n'est autre que zéro ; car zéro divisé 
par une quantité quelconque, donne évidemment pour quotient 
zéro. Si l'on conservait quelque doute à cet égard, il suffirait de re- 
monter à l'équation --^^ 

A^ = B , 
qui se réduit alors à Ao? = , 

et ne peut être satisfaite que par la valeur 

car, pour annuler un produit tel que A^' , il faut annuler un de 
ses facteurs ; et le facteur A est supposé différent de zéro. 
Le problème précédent conduirait à une valeur nulle si l'on faisait 



96 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

l'hypoihèse particulière m = . Et, en effet, les quantités d'ou- 
vrage faites par chaque ouvrier étant alors égales, la condition in- 
diquée par l'énoncé se trouve remplie dès le jour même, et par 
conséquent le nombre de jours cherché est zéro. 

122. IV. 11 peut arriver que les hypothèses faites sur les données 
annulent le dénominateur A , sans annuler le numérateur, et 
qu'on ait: 

B 

Remarquons d'abord que l'on ne sait pas a priori si une pareille 
expression pourrait être légitimement déduite de l'équation A x=^ ; 
car il faut pour cela diviser ses deux membres par une quantité nulle, 
ce qui n'est point permis en général (04). Or, cette équation se ré- 
duit alors à = B , et ne saurait par conséquent êtrt satisfaite 
par aucune valeur de ^.L'hypothèse A=0 répondÇoncà un 
cas d'impossibilité. 

Pour voir ce que peut signifier en lui-même le symbole 

posons d'abord que A , au lieu de devenir nul, preni 
ment une valeur très-petite, par exemple, 0,001 ; on afira 

^=ô;^ «" *=ioooB. j 

Supposons en second lieu que , par de nouvelles hypothèses , le dé- 
nominateur A prenne une valeur encore plus petite , ^,000001 
par exemple ; il viendra 1 




B 



i 



^ = o;ôoô6ôi °" ^-lOOOOOOB. 

Si A prenait une valeur plus petite encore , par exemple , 
0,000000001 , on aurait * 

^"" o,OOoLoO] "" ^^-lOOOOOOOOOB. . 
On voit qu'à mesure que le dénominateur A acquiert des va - 
leurs de plus en plus petites, la valeur j prend au contraire des 

valeurs de plus en plus grandes. Si donc on attribue à A la va- 
leur zéro , c'est-à-dire une valeur moindre que toute quantité assi- 

gnable , la fraction j prendra au contraire une valeur plus grande 

que toute quantité assignable ; c'est ce qu'on appelle une valeur in- 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 97 

finiment grande , ou infinie. On dit, en conséquence, que l'expres- 
sion - est le symbole de l'infini. 

Si, par exemple, dans le problème du n° 120, on fait l'hypo- 
thèse az=b ^ on trouve x=2— . Or, si l'on remonte à l'énoncé 

du problème , il est facile d'interpréter ce résultat. Au lieu de sup- 
poser a=zb , c'est-à-dire au lieu de supposer que les deux ou- 
vriers font chaque jour le même nombre de mètres , supposons 
d'abord que a surpasse b d'une très-petite quantité , c'est-à- 
dire que la quantité d'ouvrage faite journellement par le premier 
ouvrier ne surpasse que de très-peu celle que fait journellement le 
second ; il est clair qu'il ftmdra au premier ouvrier un temps consi- 
dérable pour rattraper le second. Si donc l'excès de a sur b est 
plus petit que toute quantité assignable , il faudra au premier ou- 
vrier pour rattraper le second un temps plus long que toute quan- 
tité donnée; c'est-à-dire que si « = 6 , le temps cherché sera 
InfMi. 

Une solution infinie, ou de la forme - , est donc un caractère 
d'impossibihté. 

Remarque I. Puisque cette impossibilité se manifeste sur l'ex- 
pression ~ aussi bien que sur l'équation kx = ^ d'où on l'a 

déduite, on voit que cette déduction peut être regardée comme légi- 
time , bien qu'elle consiste à diviser par A , c'est-à-dire alors par 
zéro , les deux membres de l'équation. 

Remarque II. Il est utile de remarquer que les solutions infinies 
peuvent être en même temps négatives. Si, par exemple, dans le 
problème du n° 120 , on fait l'hypothèse «<^ , on a vu que la 
valeur de x devenait négative ; c'est-à-dire que si l'on suppose 
que le premier ouvrier travaille moins vite que le second, ce n'est 
qu'à une époque antérieure qu'ils ont pu avoir fait autant d'ouvrage 
l'un que l'autre. Or, cette époque antérieure sera d'autant plus éloi- 
gnée que l'excès de a sur b sera plus petit ; si donc on sup- 
pose cet excès nul, ou a — b, les deux ouvriers n'auront pu avoir 
fait autant d'ouvrage l'un que l'autre qu'à une époque antérieure 
injiniment éloignée. En sorte que la solution est à la fois négative 
et infinie. On trouve , en effet, 

m 
:c = --. 

Ce caractère d'impossil>ilité est de même nature que l'infini po- 
sitif; il n'y a de différence que dans le sens. 

7 



98 PREMIÈRE PARTIE. -— CHAPITRE IV. 

Remarque IIÏ. On représente quelquefois l'infini positif par le 
signe +00 et l'infini négatif par — oo . 

123. V. Il peut arriver enfin que les hypothèses faites sur les 
données représentées par des lettres, annulent à la fois le numéra- 
teur B et le dénominateur A de la valeur de l'inconnue x , 
auquel cas cette valeur prend la forme : 



Comme on ignore ce que peut signifier un pareil symbole , et 
qu'on ne sait d'ailleurs s'il pourrait être légitimement déduit de 
l'équation Aa; = B , puisqu'il faudrait diviser ses deux membres 
par zéro, il faut remonter à l'équation même. 

Or, dans le cas où A et B sont nuls , cette équation est sa- 
tisfaite d'elle-même, quelle que soit la valeur qu'on attribue à x , 
puisque les deux membres sont tous deux égaux à zéro. Le pro- 
blème admet donc autant de solutions qu'on voudra ; et par consé- 
quent V expression - est un symbole d'indétermination. 

Si, par exemple, dans le problème du n° 120, on fait en même 
temps les deux hypothèses m = et a == ô , la valeur de x 

prend la forme - . Or, il est clair en effet que si aucun des deux 

ouvriers n'a d'avance sur l'autre , et s'ils font chaque jour le même 
nombre de mètres, le nombre total de mètres faits par chacun d'eux 
sera continuellement le même, et que par conséquent toute valeur 
imaginable de x sera une solution du problème. 

On peut, en étudiant l'expression - en elle-même, recon- 
naître également une quantité indéterminée. Concevons en effet 
une fraction algébrique ^ ^^nt les deux termes décroissent en 

conservant entre eux le même rapport. Ce rapport restant , par hy- 
pothèse, le même, quelque petits que soient ses deux termes en 
valeur absolue , on doit admettre qu'il restera encore le même à la 
limite , c'est-à-dire quand les deux termes seront nuls et que la 

fraction sera réduite à la forme - . Cette forme peut donc repré- 
senter le rapport dont nous parlons. Mais, comme ce rapport est 
quelconque d'ailleurs, on voit que - peut représenter telle quan- 
tité que l'on voudra. 
Remarque I. Puisque l'indétermination se manifeste aussi bien 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 99 

sur l'expression - que sur l'équation A^ = B d'où elle est dé- 
duite , on voit que la déduction se trouve légitimée , bien qu'elle 
consiste alors à diviser les deux membres de l'équation par zéro. 
Remarque II. Il faut observer toutefois que la valeur de x peut 

prendre la forme - , sans qu'il y ait indétermination réelle , lors- 
qu'on a négligé de supprimer les facteurs communs au numérateur 
et au dénominateur. 
Supposons, par exemple , qu'un problème ait conduit à la valeur 



x = 



a^ — 9b 



2 > 



et qu'on fasse les hypothèses particulières a = 6 et 6 = 2 , on 
trouvera 


^ = 0» 

ce qui semble indiquer, dans ce cas, une indétermination du pro- 
blème. Mais si l'on observe, que les deux termes de la valeur 
de X sont divisibles par a — 3 ô , et qu'on effectue cette divi- 
sion , il restera 

_ a + b 

et si Ton fait , dans cette valeur ainsi simplifiée , les hypothèses 
a = ô et 6 = 2 , qui avaient donné - , on trouve 

8 2 

^ = Î2 ^" ^ = 3' 
valeur parfaitement déterminée. 

On voit combien il est important de supprimer les facteut*s qui 
peuvent être communs aux deux termes de la valeur de l'inconnue, 
puisque, indépendamment d'une plus grande complication dans 
l'expression de cette valeur, ils peuvent induire en erreur dans cer- 
tains cas particuliers de la discussion du problème. 



§ III. Discussion des problèmes du premier degré à deux inconnues. 

124. Soient les deux équations : 

ax+by = c [1], 

a'x-\-b'y = c' [2]. 

I Pour en tirer les valeurs de x et de y , nous allons employer 



100 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPiTRE IV. 

la méthode des coefficients indéterminés, déjà indiquée au n" 80, 
Multiplions la première équation par une indéterminée m et re- 
tranchons-en la seconde membre à membre , il viendra 

{ma — a!) x -\- {mb — b') y = me — c' [3] . 

On a démontré au n° 81 que le système des deux équations 
proposées peut être remplacé par le système formé de Fune d'entre 
elles et de l'équation [3]. Or, on peut profiter de rindétermination 
de m pour tirer à volonté de l'équation [3] , soit la valeur de x , 
soit celle de y . 

Si , par exemple , on égale à zéro le coefficient de y , et qu'on 
pose 

mb — b' — O d'où w^ — -^ •> 

l'équation [3] se réduit à 

me — c 
{ma — a') x=^mc — c d ou x =^—_ — t/ > 



ma — a 



ou, en mettant pour m sa valeur r > - . 

^__i '__ cb'-bc' ^^^ 

b'a ~ab'~-ba 

Si , au contraire , on égale à zéro le coefficient de x , ei qu'on 
pose 

ma — a'=0 d ou m=i:- , 

a . . 

l'équation [3] se réduit à 

,, , me — e' 

{mb — b')y=^me — d d ou y = ,^^^n^. > 

ou , en mettant pour m sa valeur - , 

a ^ ^ tt'c — ae' ac' — eu! 



-^"a! , a'b — ab' ab' — ba' 

- b — b 
a 



[5], 



en changeant les signes au numérateur et au dénominateur , afin de 
donner à la valeur de y le même dénominateur qu'a celle de x. 

12o 11 y a un moyen mnémonique très-simple de se rappeler 
ces valeurs iiéncrales, ou de les reformer directement au besoin. 



DISCUSSION DES PROr.LÈMES DU PRExMILR M'CHf:: iOV 

On écrit sur une même ligne les deux combinaisons ab et ba ; 
on les sépare par le signe — , et dans chaque terme on accentue 
la seconde lettre, ce qui donne ab' — ba' ; on a ainsi le dénomi- 
nateur commun aux deux valeurs. 

Pour former le numérateur de la valeur de x , il suffit de 
remplacer, dans ce dénominateur, les lettres a et a' , par les 
lettres c et c' ; c'est-à-dire chaque coefficient de œ par le 
terme indépendant des inconnues qui lui correspond ; on obtient , 
en effet, ainsi cb' — bc' , qui est bien le numérateur de la valeur 
de X . 

Pour former le numérateur de la valeur de y , il faut remplacer 
dans le dénominateur les lettres b et b' par les lettres c et 
c' , c'est-à-dire chaque coefficient de y par le terme indépen- 
dant des inconnues qui lui correspond; on obtient ainsi, en effet, 
ac' — caf , qui est bien le numérateur de la valeur de y . 

126. On peut se servir de ces valeurs générales pour résoudre 
deux équations particulières. Il suffit pour cela d'y remplacer les 
lettres a , b , c , a' , 6' , c' par leurs valeurs. 

Soient, par exemple, les deux équations 

5^-|-2?/ — 33 
7j; — 3^ = 23 
déjà traitées au n° 80. On aura , dans cet exemple , 
a=z^ , b^^l , r' = 33 , a! = 7 , &' = _3 , r'==23 . 

Par suite , en substituant dans les valeurs générales [4] et [5] on 
trouvera 

_ 33X(— 3)— 2X23 _ — 99 — 46 _ — 145 _^ 
^~ 5X(— 3)— 2X7 ~-~i5— 14~— 29"'"' 

_ 5X23 — 33X7 _ 115 — 231 _ — 116 
'^"~5X(— 3) — 2X7~— 15 — 14~— 29' 
comme au numéro cité. 

Mais il sera , presque toujours , préférable de traiter directement 
chaque exemple particulier. Le principal usage des valeurs géné- 
rales est dans la discussion que nous allons faire. 

127. Cette discussion a pour but d'examiner les formes les plus 
remarquables que peuvent prendre ces valeurs lorsqu'on vient à 
faire des hypothèses particulières sur la valeur des lettres qui y 
entrent. 

I. D'abord, si les hypothèses particulières donnent peur x et 
y des valeurs positives , ces valeurs sont une réponse directe à la 
question , et ne donnent lieu à aucune remarque. 



r=^A 



3 * 



102 PREMIÈRE PATITIE. — CHAPITRE IV. 

IL Si les valeurs particulières attribuées aux lettres donnent pour 
' l'une des inconnues ou pour chacune d'elles une valeur négative , 
il pourra arriver que ce soit le signe d'une impossibilité dans le 
problème; c'est ce qui aura lieu si la quantité dont il s'agit n'est 
susceptible par sa nature d'être comptée que dans un seul sens. 
Dans ce cas on suivra la marche déjà indiquée à l'occasion des pro- 
blèmes à une seule inconnue : on changera dans les équations du 
problème le signe de l'inconnue pour laquelle on aura trouvé une 
valeur négative , et l'on cherchera le changement qu'il faut intro- 
duire dans l'énoncé pour qu'il conduise aux équations ainsi modi- 
fiées au lieu de conduire aux équations primitives. Il pourra arriver 
aussi que la valeur négative trouvée puisse être admise comme ré- 
ponse à la question ; c'est ce qui aura lieu si la quantité dont il 
s'agit est susceptible d'être comptée indifféremment dans deux sens 
opposés. 

Nous allons donner des exemples de ces deux cas. 

128. Problème. Un ouvrier a travaillé une première fois dans 
une maison pendant 7 jours , sur 3 desquels il a eu avec lui un 
apprenti, et il a touché 'H^ francs . Une seconde fois, le même ou- 
vrier a travaillé pendant 11 jours, sur A desquels il a eu avec 
lui son apprenti, et il a touché 47 francs . On demandece queyagnait 
l'ouvrier par jour, et ce que lui rapportait le travail de son apprenti. 

La traduction de cet énoncé conduit immédiatement aux deux 
équations 

7a;-f-3?/ = 29 

lla; + 4?/ = 47 , 

dans lesquelles x représente le gain journalier de l'ouvrier, et 
y ce que lui rapporte par jour le travail de son apprenti. 

En éliminant y on trouve ^=5 ; et cette valeur, mise 
pour X dans la première équation , donne 

35 + 3?/ = 29 ; d'où ?/ = — 2 , 

résultat inadmissible. 

Changeons donc le signe de y dans les équations du problème, 
qui deviendront 

707 — 3?/ = 29 , 

lia; — 4y = 47 , 

On voit que les quantités 3?/ et Ay , qu'on avait d'abord re- 
gardées comme additives, doivent être au contraire regardées 
comme soustractives ; c'est-à-dire que l'apprenti, au lieu de rap- 
porter chaque jour à son maître une somme y , lui coûte au 
contraire une certaine somme. Il faudra donc poser la question de 



DISCUSSION DES PROBrÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 103 

cette manière : On demande ce que gagnait l'ouvrier par jour, ci ce 
que lui coûtait son apprenti. 

Avec cette modification, on trouve cP = 5 et y = 2 , qui 
répondent alors directement à l'énoncé. 

129. Problème. Deux courriers parcourent la même route ; Vun 
fait 2i kilomètres par heure , V autre fait \) kilomètres dans le 
même temps ; le premier a passé à minuit en unpolnt A situé sur 
la route ; le second , h heures après, c^j^é en un point B situé 
à d kilomètres au delà du point Wz On demande le lieu et 
l'heure de leur rencontre. 

^ A B 



W K R 

Nous supposerons d'abord que les deux courriers marchent dans 
le même sens, de X vers Y . Soit R le lieu de la rencontre, 
supposé situé au delà du point B . Désignons par x la dis- 
tance BR , et par y le nombre d'heures écoulées depuis minuit 
jusqu'à l'instant de la rencontre. 

Le premier courrier aura parcouru la distance AR ou d-]-x 
en y heures ; et comme il fait a kilomètres par heure , on 
aura l'équation 

ay = d-\-x [1]. 

Le second courrier aura parcouru la distance BR ou x en 

y — A heures ; et comme il fait 6 kilomètres par heure, on aura 
pour seconde équation 

b(y-^h) = x ^ ^ [2]. 

Éliminant x , on obtient 

ay=zd+b{y—h) , d'où y= ^^ [3]. 

^ .^ , d — bh — ah-\-bh d — ah 

Par suite y — /i = • 7 — ' — = r- ; 

•^ a — b a — b 

. b{d—ah) p.-, 

et enfin x = — --^ [4],. 

a — b 

Si Ton a «>6 et d'^ah , on aura à plus forte raison 
d'^bh ; les termes des valeurs de x et de y étant positifs, 
ces valeurs seront positives elles-mêmes, et répondront directe- 
ment à la question. Si, par exemple, on suppose a=:12^, 6=9'', 
d = 63^ et ^=4 heures , on trouve 

x=45^ et y — 9^ . 

C'est-à-dire que les courriers se rencontreront à 45 kilomètres 
au delà du point B , et que la rencontre aura lieu à 9 heures 
du matin. 



\0h PREMIÈRE PARTIE. —CHAPITRE IV. 

Supposons, au contraire, que l'on ait a^b et d^hh ; 
mais en même temps d<^ah , on trouvera pour y une valeur 
positive , mais pour ./; une valeur négative. Comme la distance 
BR est susceptible d'être comptée indifféremment à droite ou à 
gauche du point 13 , c'est-à-dire comme x est une quantité 
algébrique, nous savons que les valeurs négatives n'ont rien d'ab- 
surde et peuvent s'interpréter; ayant admis comme positives les va- 
leurs comptées vers la droite, nous admettrons comme négatives 
celles qui seront comptées,yers la gauche. La solution s'interprétera 
donc en disant que la rencontre, au lieu de se faire «w f/e/à du 
point B se fera en deçà de ce point, en R' par exemple. 

C'est ce qui doit être, en effet; car ah étant le chemin par- 
couru par le premier courrier dans h heures , la condition 
d <^ah indique que , à h heures après minuit , il aura parcouru 
une distance plus grande que d , et dépassé par conséquent le 
point B au moment où le second courrier y arrive ; et comme il 
va plus vite que celui-ci , la rencontre ne pourra avoir lieu au delà 
du point B . 

Soient, par exemple, a^^ll^ ^ ^?=9\ (Z = 42^ et /i=4 , 
on trouvera 

?/ = 2 et x—'—l^^ ; 

c'est-à-dire, d'après l'interprétation précédente, que la rencontre 
aura lieu à 2 heures du matin , et à 18 kilomètres en deçà du 
point B, 

On arriverait aux mêmes résultats en traitant la question directe- 
ment dans l'hypothèse d'une rencontre entre A et B . Soit, 
en effet, R' le point de rencontre, et faisons BR'=^ . Le 
chemin parcouru par le premier courrier sera AR' ou d — x\ 
on aura donc pour première équation ^ 

ay = d — X . 

Le chemin parcouru par le second courrier sera BR' ou x ; 
quant au temps employé, ce ne sera plus y — h, mais bien 
]i — y ; car pour que la rencontre ait lieu entre A et B , il 
faut nécessairement que l'instant de la rencontre précède celui où 
le second courrier arrive en B , c'est-à-dire que y doit être 
moindre que h . On aura donc l'équation 

b{h-~y)—x . 

Or, ces deux équations pourraient se déduire des équations primi- 
tives [1] et [2], en y changeant x en —x \ elles conduiront 
donc aux mêmes valeurs , sauf le signe de x . 

Si l'on faisait les hypothèses a>b et d<bh , on aurait à 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 105 

plus forte raison d<Cah , et les valeurs de x et de 7/ se- 
raient toutes deux négatives. On trouvera l'interprétation de ce ré- 
sultat en regardant à son tour y comme une quantité algébrique, 
c'est-à-dire en supposant que y désigne un nombre d'heures sus- 
ceptible d'être compté indifféremment avant ou après minuit; la 
rencontre aurait lieu alors un certain nombre d'heures avant mi- 
nuit, et à gauche du point B ; le point de rencontre serait même 
situé à gauche du point A , en R'^ , par exemple. Cela résulte 
de ce que la valeur absolue de x , qui est alors 

b (ah — d) bah — bd 

~ ou T— , 

a — b a — b 

^ . 1 ad — bd . , 77^7 , X ^ 

est plus grande que — , ^puisquona bh^d ;cest-a- 

dire qu'elle est plus grande que ^^ j— ou que d . 

C'est ce qu'on voit encore en remarquant que bh est le che- 
min parcouru dans h heures par le second courrier; et que, 
puisque bh est plus grand que d , le second courrier était , à 
minuit , à gauche du point A , et que , par conséquent , la ren- 
contre n'a pu avoir lieu que de ce côté. 

Si, par exemple, on a a=12^ , /> — 9^ , d=SO^ et h=4 ; 
on trouve y = — 2 et x=^ — 54'' , c'est-à-dire, d'après l'inter- 
prétation précédente , que la rencontre a eu lieu 2 heures avant 
minuit, et à 54 kilomètres à gauche du point B (ou à 24 ki- 
lomètres à gauche du point A ). 

On peut encore vérifier ces résultats en traitant directement le 
problème pour le cas où la rencontre serait supposée avoir lieu en 
un point R" situé à gauche du point A . 

En effet, soient x la distance BR" , et y le nombre d'heures 
écoulées depuis l'instant de la rencontre jusqu'à l'arrivée du pre- 
mier courrier en A , c'est-à-dire jusqu'à minuit. Le chemin par- 
couru par le premier courrier en y heures sera AR" ou x — d ; 
on aura donc pour première équation 

ay = x — d . 

Le chemin R"B ou x aura été parcouru par le second cour- 
rier dans un temps qui se compose de y-\~h , puisque le second 
courrier n'arrive en B que h heures après que le premier est 
arrivé en A ; on aura donc pour seconde équation 

a(y-\-h) = x . 

Or, ces deux équations se déduisent des deux équations primi- 



106 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

tives [1] et [2] en y changeant à la fois x en — x et y en 
— y . Elles donneront donc les mômes valeurs avec des signes con- 
traires. 

150. Remarque I. Nous avons supposé jusqu'ici que le second 
courrier passait en B , un nombre h d'heures après que le 
premier a passé en A ; on pourrait supposer que cela a lieu au 
contraire h heures avant. On va voir qu'il suffit pour introduire 
cette hypothèse nouvelle de changer partout h en -—h ; en 
sorte que les formules primitives resteraient applicables si l'on re- 
gardait h comme une quantité algébrique susceptible d'être 
comptée indifféremment en plus ou en moins. En effet, reprenons 
le premier cas où la rencontre a lieu en R ; on aura comme plus 
haut 

ay=:d-\-x . 

Le temps employé par le second courrier à parcourir l'espace BR 
ou X , sera alors h + y , puisque le second part de B , un 
nombre h d'heures avant que le premier parte du point A ; on 
aura donc pour seconde équation 

b(y + h)=x , 

équation qui ne diffère de celle obtenue dans le numéro précédent 
qu'en ce que —h est remplacé par +/i , ou que h est 
changé en —h . Il suffira donc pour obtenir les. valeurs de x 
et y de changer, dans celles obtenues plus haut, le signe des 
termes où entre h , ce qui donnera 

d + bh , b{d + ah) 

y:= ' , et x = '—7— . 

^ a—b a—b 

151. Remarque IL Nous avons supposé jusqu'à présent que le 
premier courrier va plus vite que le second, ou qu'on a «> ^ ; 
on pourrait faire l'hypothèse contraire. Le dénominateur des valeurs 
de X et de y devenant alors négatif, les valeurs positives 
trouvées plus haut deviendraient négatives et les négatives devien- 
draient positives. On trouverait d'ailleurs facilement l'interprétation 
de tous ces résultats; nous ne nous y arrêterons point. 

Mais nous avons admis jusqu'ici que les deux courriers mar- 
chaient dans le même sens ; voyons si les formules primitivement 
obtenues seraient encore applicables au cas où les deux courriers 
marcheraient à la renconte l'un de l'autre. 

Admettons, par exemple, que le premier courrier allant de A 
vers B et le second de B vers A la rencontre se fasse en R' 
entre A et B . Soit x la distance BR' ; et supposons que le 
second courrier arrive en B , un nombre h d'heures après que 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 107 

le premier est arrivé en A . Soit enfin , comme ci-dessus , y le 
nombre d'heures écoulées depuis le passage du premier courrier 
en A , c'est-à-dire depuis minuit, jusqu'à l'instant de la ren- 
contre. 

Le chemin parcouru en y heures par le premier courrier sera 
AR' ou cl — ^ ; on aura donc 

ay = d — œ . 

Le chemin x sera parcouru par le second courrier dans un 
temps marqué par y — h , comme dans le premier cas; on aura 
donc pour seconde équation 

- 1. biy — h)=x . ', 

De ces deux équations , on tire 

d+hh , b{d—ah) 

y=z — !^-— et x=:— — 7-j— . 
^ a-f-0 a-\-o 

Or, ces valeurs pourraient se déduire des valeurs primitives en y 
changeant le signe de b et celui de x ; car elles donnent alors 

d4-bh , ^h{d—ah) b{d — ah) 

y = — V-T- et —x = , , ' ou x = p-r— . 

^ a-\-b a-{-b a-\-b 

On voit donc que les valeurs primitives seraient applicables au 
cas qui nous occupe , si , d'une part , on continuait à regarder x 
comme négatif lorsque cette distance est comptée à gauche du 
point B , et si, de l'autre, ayant regardé b comme positif lorsque 
ce nombre de kilomètres parcourus dans une heure par le second 
courrier représentait un chemin fait vers la droite, on convenait de 
regarder b comme négatif lorsqu'il représente un chemin fait 
vers la gauche. 

Il résulte de tout ce que nous avons dit dans ces trois derniers 
numéros que les formules établies pour un cas particulier du pro- 
blème que nous avons en vue deviennent applicables à tous les cas 
de ce problème , lorsqu'on y regarde les quantités x , y ^ A , 
b , etc., comme des quantités algébriques, c'est-à-dire comme sus- 
ceptibles d'être comptées indifféremment dans deux sens opposés. 
Et toutes les fois que les quantités considérées sont effectivement de 
cette nature, les formules établies dans un cas particulier devien- 
nent applicables à tous ; c'est là une vérité qui ne peut être direc- 
tement démontrée, mais qui a été vérifiée un assez grand nombre de 
fois pour qu'on puisse la regarder comme bien établie. 

Nous allons maintenant reprendre la discussion des valeurs géné- 
rales du n° 124 : 

cb' — bc' ac' — cd 

^—ah—ba! y — ab'—bd \ 



108 PREMltUE PARIFE. —CHAPITRE IV. 

152. III. Nous venons d'examiner, dans ce qui précède, tous les 
cas où aucun des deux termes de ces valeurs générales ne devient 
nul. Il nous reste à examiner ceux dans lesquels l'un de ces termes 
ou tous deux à la fois prennent la valeur zéro. 

Si l'un des numérateurs prend seul la valeur de zéro, celui de x 
par exemple, il en résulte une valeur nulle pour x , ce qui 
n'offre aucun caractère d'impossibilité. 

Si les deux numérateurs sont nuls , sans que le dénominateur 
commun le soit, x et v/ sont nuls en même temps. C'est ce 
qui a lieu quand on fait les hypothèses c = et c'=0 . Il est 
clair d'ailleurs que cela ne peut avoir lieu que dans ce cas. Car les 
valeurs x = et ?/ = rendant nuls les premiers membres 
des équations 

(ix-\-by=::c et u'x-\-Vy^=^c' , 

ces équations ne peuvent être satisfaites par ces valeurs qu'autant 
que les seconds membres sont nuls. 

155. IV. Si le dénominateur commun prend la valeur zéro, sans 
que les numérateurs soient nuls, les valeurs de x et de y pren- 
nent la forme - que nous avons déjà rencontrée (125) dans la 

discussion des problèmes à une seule inconnue , et qui s'est pré- 
sentée à nous comme le symbole de l'infini ou d'une impossibilité. 
Comme on ne sait pas, a 'priori, si cette valeur peut être légiti- 
mement déduite des équations proposées, puisqu'il faudrait pour 
cela, quelle que fût d'ailleurs la méthode employée, diviser les 
deux membres d'une équation par zéro , il faut remonter aux équa- 
tions mmes : 

ax~\-by = c et a'x -[- b'y =:'c'. 

Pour les mieux comparer, multiplions la première par 1/ et la 
seconde par b ; elles deviennent 

ab'x-{-bb'y = cb' et a'bx-{bb'y—bc' [A]. 

Or, si le dénominateur des valeurs de x et de y est nul, 

on a 

ab' — ba' = ou ab'=:ba' ; 

dans les deux équations [A] les premiers membres sont donc identi- 
ques sans que les seconds le soient ; ces deux équations et par con- 
séquent les deux proposées sont donc incompatibles. 

Remarque. L'impossibilité étant manifeste sur les équations comme 
sur les valeurs qui en sont déduites , on peut regarder la déduction 
comme légitime. 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 109 

iôÂ. Prenons pour exemple le problème des courriers. 
Si l'on suppose a = dans les valeurs de x et de y du 
n° 129, on trouve 

d—bh ^ h{d—ah) 

2/--Ô- '^ ^^— ô— ' 

si Ton fait la même hypothèse dans les équations primitives 

ay =:d-\- X et h [y — ^) = x 
elles deviennent 

ay:=d-\- X et a[y — /ô =^ ^^ ou uy = ah + x ; 

sous celte forme, l'incompatibilité est manifeste , puisque l'on a les 
mêmes premiers membres et des seconds membres différents. 

En considérant le problème en lui-même , l'impossibilité n'est 
pas moins évidente. Car, si la vitesse du premier courrier surpasse 
de très-peu celle du second , il lui faudra un temps considérable 
pour le rattraper, et la rencontre n'aura lieu qu'aune distance très- 
grande. Si donc les deux vitesses deviennent égales , on peut dire 
qu'il faudra au premier courrier un temps infini pour rattraper le 
second , et que la rencontre aura lieu à une distance intniie. 

15o. y. Si les deux termes de la valeur de l'une des inconnues 
deviennent nuls, il en sera en général de même des deux termes 
de la valeur de la seconde , et ces deux valeurs se présenteront 

sous la forme ~ , qui , dans les problèmes à une seule inconnue , 

est un caractère d'indétermination (125). 

Supposons , par exemple, que la valeur générale de x se pré- 
sente sous cette forme , et qu'on ait à la fois 

cf/~bc' = () et ab'—bcù=:0 , 
ou cb'=::bc' et ab' = ba' . 

En divisant ces relations membre à membre, et supprimant les 
facteurs communs , on en tire 

ou ac' — a'c=0 , 

c'est-h-dire que le numérateur de la valeur de y est nul; et 
comme elle a le même dénominateur que celle de x ,'û s'ensuit 

qu'elle prend aussi la forme -- . 

Comme on ne sait si ces valeurs peuvent être légitimement dé- 
duites des équations, puisqu'il faudrait pour cela diviser les deux 
membres d'une même équation par zéro, il faut remonter aux 



a a 




1 f 


- —7- 


ou 


ac = ac 


C c' 







110 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

équations mêmes , ou plutôt aux équations [A] que nous en avons 
déduites. 

Or, en comparant ces équations , on reconnaît qu'elles sont iden- 
tiques, puisque aU est égal à a'b , et ch' à hc' . Ces 
deux équations, et par conséquent les deux proposées, rentrent 
donc l'une dans l'autre; on n'a, pour résoudre le problème, qu'une 
même équation sous deux formes différentes; il est donc indé- 
terminé. 

Remarque. L'indétermination se manifestant sur les équations 

proposées comme sur les valeurs de la forme - qui en sont dé- 
duites , on peut regarder la déduction comme légitime. 

156. Prenons encore pour exemple le problème des courriers. 
Si l'on suppose à la fois a= 6 et d = bh , auquel cas la va- 
leur de y se présente sous la forme - , on déduit de ces re- 
lations cette autre relation très-simple d = ah . Par suite la 
valeur de x prend aussi la forme ^ • . 
Si Ton remonte aux équations mêmes 

ay = d-\-x et b(y — h)=:x , 
elles deviennent, en ayant égard aux hypothèses ci-dessus , 
ay = d-\-x et ay=ibh-{-x ou ay==d-\-x , 

c'est-à-dire qu'elles deviennent identiques. 

On se rend également compte de l'indétermination en considé- 
rant le problème en lui-même. On suppose,, en effet, a = b , 
c'est-à-dire que les deux courriers ont la même vitesse. On sup- 
pose de plus d = bh , c'est-à-dire qu'il faut h heures au se- 
cond courrier pour parcourir la distance d ; en d'autres termes, 
il était en A , un nombre h d'heures avant d'arriver en B . 
Il se trouvait donc en A à minuit , en même temps que le pre- 
mier courrier ; et comme ils ont la même vitesse , ils doivent se 
trouver et s'être trouvés ensemble en tous les points de la route , 
c'est-à-dire que le problème qui consiste à trouver le lieu et l'heure 
de la rencontre est un problème indéterminé. 

Remarque. Il est bon de remarquer que, quoique le problème 
soit indéterminé lorsque les deux équations rentrent l'une dans 
l'autre, il n'en faudrait pas conclure que les valeurs de x et 
de y sont arbitraires. Elles sont évidemment liées par l'équation 
unique qu'a fournie le problème. 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 111 

Ainsi , dans l'exemple des courriers , la distance x et le nombre 
d'heures y , restent liés par l'équation 

mj=^d^x d'où X — ay:=d . 

On pourra bien attribuer à y , par exemple , telle valeur qu'on 
voudra; mais il faudra donner à x la valeur qu'on tirera de cette 
équation. 

157. VI. Il y a un cas où la valeur de l'une des inconnues prend 

la forme - , tandis que l'autre prend la forme - . Ce cas se 

présente quand les hypothèses introduites annulent à la fois les 
coefficients d'une même inconnue dans les deux équations. 

Si , par exemple , on suppose à la fois « = et a' = , les 
valeurs générales de x et de y deviennent 

cb'—hc' , 

x^—^— et y = -^ . 

Si l'on remonte aux équations primitives , on voit qu'elles se ré- 
duisent alors à 

ôz/ = c et b'y=^c' , 

équations incompatibles , puisqu'elles donnent pour y deux va- 
leurs ^ et ^, qui ne sont point supposées égales. En même 

temps , sous un certain point de vue , il y a aussi indétermination , 
puisque, x n'entrant plus dans ces équations , il est permis d'at- 
tribuer à cette inconnue telle valeur que l'on voudra. Mais on ne 
peut concilier clairement ces deux caractères que par des considé- 
rations géométriques qui ne sauraient trouver place ici '^. 

Cette circonstance se présente dans le problème des courriers 
quand on suppose à la fois a = et h=0 , c'est-à-dire que 
la vitesse de chaque courrier est nulle. On trouve alors 

d , 

Il est évident, par les hypothèses mêmes, que le problème 
est impossible si d n'est pas nul, c'est-à-dire si les courriers, 
devenus immobiles, ne sont pas au même point. 



* Les équations ly — c et h'y = c' , représentent deux parallèles a l'axe 
des X ; le point de rencontre a donc une abscisse infinie. Mais comme ce point 
de rencontre n'est pas plutôt sur l'une des parallèles que sur l'autre , ni même 
que sur toute autre droite parallèle aux deux premières, l'ordonnée de ce 
point est indéterminée. 



que les quantités i, 6t y; sont supposées égales. 



112 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

Remarque. Si l'on a à la fois a = , «' = et bc' = cb' , 
les valeurs de x et de y se présentent toutes deux sous la 

forme - ; mais il est bon de remarquer que, pour la valeur 

de y , l'indétermination n'est alors qu'apparente. En effet, de 

cl)' 
la relation bc' = cO' on tire c' = -r . Introduisons cette va- 

b 

leur dans l'expression générale de y ; elle deviendra 

' b acb' — bca' c(ab' — ba') 

y— ab' — ba' " b{ab'—ba')~~ b{cib'-—ba') ' 
ou, en supprimant le facteur ab' — bcd commun aux deux termes, 

c 

y=i ' 

ce qui devait être, puisque ce cas ne diffère du précédent qu'en ce 

b '' j' 

§ IV. Discussion partielle des problèmes du premier degré à trois inconnues. 

158. Comme cette discussion est beaucoup plus longue et a 
beaucoup moins d'intérêt que celle des problèmes à deux incon- 
nues; comme d'ailleurs elle ne peut être clairement exposée sans le 
secours de certaines considérations géométriques "^^ nous nous bor- 
nerons à former les valeurs générales des inconnues, et à signaler 
quelques cas particuliers dignes de remarque. 

Soient les trois équations : 

ax -\-by -{~cz =d [1], 

a'œ~\-b'y-\-c'z=^d' [2], 

a'x+b'y+c'z=:d" [3]. 

Pour obtenir les valeurs de a: , y et z propres à vérifier à 
la fois ces trois équations, nous emploierons encore la méthode des 
coefficients indéterminés. Multiplions la première équation par une 
indéterminée m , la seconde par une indéterminée n ; ajou- 
tons membre à membre ces deux équations , et retranchons -en 
membre à membre la troisième , il viendra 

{am + a'n —,«'0 x + (bm + b'n — U')y -f- icm + c'n — c") z 

=^dm-\-d'n-'d' M- 



* La résolution de trois équations du premier degré a trois inconnues revient 
a la reciierche du point d'intersection de trois plans. 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 113 

Le système des trois équations proposées pourra être remplacé 
par le système des deux premières et de l'équation [4]. Pour le faire 
voir, remarquons que si, afin d'abréger l'écriture, on suppose 
qu'on ait fait passer tous les termes de chaque équation dans un 
seul membre, et qu'on représente les trois proposées par 

A=rO , A' = , A r=:0 , 

l'équation [4] pourra être représentée par 

Am + A'?i — A'' = 0. 

Or, tout système de valeurs de x , y , z qui satisfera aux 
trois équations proposées , annulera A , A' et A'' ; donc il 
annulera aussi km + k!n —A'' ; donc il satisfera à l'équation [4]. 
Réciproquement : tout système de valeurs de x , y , z qui 
satisfera aux équations [1] , [2] et [4] annulera A et A' , et de 
plus km + k'n~-M' . Mais puisque A et A' sont nuls, 
cett-e dernière expression ne peut être nulle qu'autant que A'' est 
aussi annulé; ces valeurs satisferont donc à l'équation [3]. Donc en- 
fin les systèmes [1], [2], [3] et [1], [2], [4] sont équivalents. 

159. Cela posé , si nous voulons obtenir la valeur de x , pro- 
fitons de l'indétermination de m et de n pour égaler à zéro 
les coefficients de y et de z dans l'équation [4] , et posons 

bm-\-h'n=^b" [5], 

cm-\-c'n^=c" [6]. 

L'équation [4] se réduira à 

{am-{-a'n—ci')x=zdm-\-d'n~(i' ; 

1, . dm-\-d'n — d" 

d ou X = — 4—; m ' 

am-\-an — d ^ -•' 

valeur dans laquelle il n'y aura plus qu'à mettre pour m et pour n 
les valeurs tirées des équations [5] et [6]. 

Or, en appliquant ici la loi de formation des valeurs générales ti- 
rées de deux équations du premier degré à deux inconnues (125), 
on trouve 

^^ ye-d'v ^ bc"^cb" 

Mettant ces valeurs dans l'expression [7], et multipliant , haut et ba;?, 
par bc' — cb' , on obtient 

^ d{b"c'—c"b') + d'{bc"~cb ")--d'Xbc'^cb') ^.. 
a {b"c'--c"b') + a' {bc" ~ cb") — a!'b c'—cb') '-^^* 

On remarquera que le numérateur de cette expression peut se 
déduire du dénominateur en y remplaçant a , a' , a" par 



U^l PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

d , d , d' ; c'est-à-dire les coefficients de x par les termes 
indépendants des inconnues ; remarque qu'on aurait déjà pu faire 
sur l'expression [7]. Reste donc à trouver la loi de formation du dé- 
nominateur. 

Or, en développant les calculs et changeant tous les signes au nu- 
mérateur et au dénominateur, ce qui n'altère pas la valeur de o^ , 
on trouve pour dénominateur 

ah'c"-- ac'b"-\-cab"'- ba!c" + bc'd'---cb'd' ; 

polynôme qui peut être formé de la manière suivante : : 

On prend les deux lettres a et b dont on forme les deux 
permutations ab et ba . Dans chacun de ces produits on in- 
troduit successivement c à la troisième , à la seconde et à la pre- 
mière place, ce qui donne 

ahc , acb , cab , bac ^ bcd , cba . . 

On donne alternativement à ces termes le signe -|- et le signe -^ , 
ce qui donne 

abc — acb -\- cab — bac -f- bca — cba . 

Enfm , dans chaque terme on met un accent à la seconde lettre et 
deux accents à la troisième , ce qui donne 

aUc"--- ac'b" + ca'b" — baY + bc'a" — cb'a" . 
La valeur de x peut donc s'écrire 



ab'c'—dc'b" + cd'b"— bd'c" + bc'dl'—cb'd!' 

^- ■ab'c"—ac'b"+ ca'b'—ba'c'+bc'a'^cbV ^ J- 

En opérant d'une manière tout à fait semblabïe, on trouvera : 

ad'c"—ac'd"+ca'd"—da'c"+dc'a"—cd'a" . 

y = abV^ac'b"+ ca'b"— ba'c"+ bc'a"—cb'a" ^ ^' 

__ ab'd"— ad'b"+ da'b"— ba'cl' + bd'a"~ db'a" 

- — ab'c"— ac'b" + ca'b" — bcic" + bc'a'—cb'd' ^ ^' 

On reconnaîtra facilement : 1° Que les trois expressions ont le 
même dénominateur ; 2" que pour former le numérateur de y il 
faut changer b , b' , b" en d , d/ , d" ; 3» que pour for- 
mer le numérateur de -s , il faut changer c , c , c en 
d , d' , d" . En un mot, pour former le numérateur de chaque 
inconnue, il faut, dans le dénominateur commun , remplacer les 
coefficients de cette inconnue par les termes indépendants des m- 
connues qui leur correspondent. 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 115 

Ces valeurs sont des formules dont on pourrait se servir pour 
trouver, dans chaque cas particulier, les valeurs des inconnues; 
mais il sera presque toujours plus simple de résoudre directement 
les équations particulières proposées. Le véritable usage de ces va- 
leurs générales est dans la discussion dont nous allons toucher les 
points principaux. 

Pour abréger l'écriture, nous représenterons les valeurs ci-dessus 
sous la forme 

__A _B C 

140. I. Si les hypothèses faites sur les données rendent x , y 
et z positifs, ces valeurs sont une réponse directe à la question. 

Si une ou plusieurs de ces valeurs deviennent négatives, et que 
les grandeurs qu'elles représentent ne soient pas, par leur nature, 
susceptibles d'être comptées indifféremment dans deux sens op- 
posés , on changera dans les équations proposées le signe des hi- 
connues pour lesquelles on aura trouvé des valeurs négatives , et 
l'on cherchera les changements qu'il faut faire dans l'énoncé du pro- 
blème pour qu'il conduise aux équations ainsi modifiées ; on sera 
certain alors de trouver pour les inconnues des valeurs positives. 

Si l'on trouve pour les inconnues des valeurs nulles , ces valeurs 
n'offrant par elles-mêmes aucun caractère d'impossibihté , elles 
seront encore une réponse directe à la question. 

Ce cas se présenterait si l'on avait à la fois 6? = , rf'=i et 
c?" r= , comme on peut le voir. Il est clair d'ailleurs que cela ne 
pourra avoir lieu que dans ce cas ; car des valeurs nulles mises 
pour X , îj et z , rendant nuls les premiers membres des 
équations proposées , ces équations ne peuvent être satisfaites par 
ces valeurs qu'autant que les seconds membres sont nuls. 

141. II. Nous avons vu que le système des trois équations pro- 
posées peut être remplacé par le système formé de deux d'entre 
elles , les deux premières par exemple , et de l'équation [4] du 
n** 138. Or, on démontrerait de la même manière qu'on peut sub- 
stituer à l'équation [4] toute équation obtenue en multipliant res- 
pectivement les trois proposées par des facteurs quelconques , mais 
finis et différents de zéro , et en faisant la somme des résultats ob- 
tenus. 

Cela posé , multiplions la première équation par b"c' — d'V , la 
seconde par hc"~ch" , la troisième par b'c — c'h , et ajoutons- 
les membre à membre. Tous les termes en y s'entre-détruiront ; 
il en sera de même des termes en s , et l'équation résultante se 
réduira à 



116 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

On arriverait encore au môme résultat si l'un de nos trois multi- 
plicateurs était nul. Supposons, par exemple, que h'c — c'h soit 
nul. Multiplions la première équation par b"c' — c"U , la seconde 
par bc" — cb" et ajoutons ; les termes en y se réduiront à 

bb"c'y—b'b"cy ou à b"{bc' -'C'b)y , 

c'est-à-dire à zéro puisque bc' — c'b est nul. Il en sera de même 
des termes en ^ ; et l'équation résultante se réduira encore à 

Dx = X [121; 

D et A ayant alors des valeurs différentes de celles qu'ils ont 
quand bc' — c'b n'est pas nul. 

Ainsi , tant qu'il n'y aura pas plus d'un des trois multiplicateurs 
qui s'annule , on pourra remplacer le système des trois équations 
proposées par le système des deux premières et de l'équation [12]. 

On démontrerait exactement de la même manière que, pourvu 
qu'il n'y ait pas plus d'un des trois binômes ac'—ca' , a!c"—c'a!' 
QQ fji'c — d'a qui soit nul, on pourra remplacer le système des 
trois proposées par le système de deux d'entre elles et de l'équation 

Dy=:B [13]. 

De même enfin , pourvu qu'il n'y ait pas plus d'un des trois bi- 
nômes ab' — bd, a:b" — b'a!', ou a!'b — b"a qui soit nul, 
on pourra remplacer les trois proposées par deux d'entre elles et 
par l'équation 

D,.=:G [14]. 

Dans cette hypothèse, si le dénominateur D des valeurs géné- 
rales s'annule pour certaines suppositions faites sur les données 
sans qu'aucun des numérateurs A , B ' ou C s'annule en 
même temps, le système des équations proposées sera mcompatible. 
Car il pourra être remplacé par deux de ces équations et par une 
équation telle que [12], qui est alors impossible, puisque D est 
nul sans que A le soit, et qu'elle se réduit par conséquent 
à = A . 

Si les trois numérateurs A , B , C , s'annulent en même 
temps que le dénominateur D , le système des é^iuations propo- 
sées sera indéterminé ; car il pourra être remplacé par deux de ces 
équations et par une équation telle que [12] , qui est alors satisfaite 
d'elle-même puisque A et D sont nuls, et quelle se réduit 
à = . 

Ainsi , tant qu'il n'y a pas , dans chaque groupe de trois binômes 
tels que bc' — cb' , etc., considérés ci- dessus, plus d'un bi- 
nôme qui s'annule, on peut affirmer que si les valeurs de x , y , 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU PREMIER DEGRÉ. 117 

A 

z , se présentent toutes les trois sous la forme — , le système pro- 
posé est incompatible ; et que si ces valeurs se présentent toutes les 
trois sous la forme - , le système est indéterminé. 

Si l'une se présentait sous la forme - et les autres sous la 

N N 

forme — ; ou l'une sous la forme — et les autres sous la 

forme -, il y aurait à la fois incompatibilité et indétermination ; 

ce qui ne peut être rendu sensible que par des considérations géo- 
métriques *. 

142. ni. Si dans l'un des trois groupes de binômes, il y en a 
deux qui soient nuls, le troisième est nul également. Soient par 
exemple 

■ ■ ■ c'h'=zO , 



bc' — 


eb'=:0 


et 


b'c'- 


— c 


on en tire facilement 












b b' 


et 


b' 


b" 

'' c" 


Par conséquent il en 


résulte 









- = ^ ou bc" — cb" = (i . 

ce 

Dans cette hypothèse, reportons-nous à la valeur [8] de œ , 
trouvée au n" 159. Les trois binômes qui s'annulent sont multi- 
pliés respectivement par « , a' , a!' au dénominateur, et par 
y/ , d\ d" au numérateur ; il en résulte que les deux termes se 

réduisent à zéro et que x se présente sous la forme - . 

Il peut arriver alors qu'il y ait au moins une des deux autres 

N 
valeurs qui se présente sous la forme - , ou qu'elles se présentent 

toutes les deux sous la forme - . 

Examinons d'abord le premier cas ; et supposons , pour fixer 
les idées, que ce soit la valeur de z qui se présente sous la 

forme - . Il faut pour cela qu'il n'y ait pas plus d'un des trois 

binômes ab' — ba' , a'b" — b'a" , ou a"b — b'^a qui soit nul; 
car, comme ces binômes sont multipliés au dénominateur par c" , 

* Exemple : deux plans parallèles coupés par un troisième. 



118 _- PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV. 

c , c' et au numérateur par d" , d , d\ s'ils étaient nuls 
tous les trois les deux termes se réduiraient à zéro, ce qui est 
contre l'hypothèse. 

Mais , s'il n'y a pas plus d'un de ces trois binômes qui soit nul, 
on pourra remplacer le système des équations proposées par deux 
d'entre elles et par l'équation impossible [141] 

D^ = C . 

Ce système est donc incompatible. 

Si les valeurs de y et de z prennent toutes deux la forme - 

en même temps que celle de x , on ne pourra rien conclure en 
général, et il faudra remonter aux équations proposées. 

Supposons , par exemple , que les neuf binômes ah' — ha' , 
ah" — ba!' , hc' — h'c , etc. soient nuls, ou, ce qui revient au 
même , qu'on ait la suite de rapports 

a:h:c::a':h':c'\\d''.h"\c" . 

Les valeurs des trois inconnues se présenteront sous la forme - . 

Or, si l'on multiplie respectivement les trois équations par a' a!' ^ 
par ad' et par aa' , les trois premiers membres deviendront 
identiques , tandis qu'il pourra arriver : ou que les seconds mem- 
bres soient tous différents , auquel cas il y aurait incompatibilité 
entre ces trois équations ; ou que deux seulement de ces seconds 
membres soient égaux , auquel cas le système se réduirait à deux 
équations incompatibles ; ou enfin que les trois seconds membres 
soient égaux , auquel cas le système se réduisant à une seule équa- 
tion, il serait indéterminé. 

Ainsi , les valeurs des trois inconnues peuvent se présenter toutes 

les trois sous la forme - , soit que le système soit incompatible , 

ou à la fois incompatible et indéterminé, ou enfin totalement indé- 
terminé. Il faut donc, alors, recourir aux équations elles-mêmes 
pour reconnaître directement le cas d'impossibilité ou d'indétermi- 
nation qu'elles présentent. 



PREMIÈRE PARTIE. ItB 



CHAPITRE V- 

ANALYSE INDÉTERMINÉE DU PREMIER DEGRÉ. 



§ I. Résolution ea nombres entiers d'une équation du premier degré à deux 

indéterminées. 



i45. Lorsqu'un problème qui comporte n inconnues , ne 
fournit que n—p équations, on peut se donner arbitrairement 
p de ces inconnues, et en déduire les n—p autres. Le problème 
est donc indéterminé. L'analyse indéterminée a pour objet de ré- 
soudre en nombres entiers les équations numériques qui renferment 
un nombre d'inconnues supérieur à celui des équations mêmes. 
Dans ce paragraphe, nous nous occuperons de la résolution en 
nombres entiers d'une équation du premier degré à deux inconnues , 
ou , suivant l'expression consacrée , à deux indéterminées. 

Une équation numérique du premier degré à deux indéterminées 
peut toujours être mise sous la forme 

ax+bij — c , [1], 

dans laquelle a ^ 6 et c sont des nombres entiers positifs 
ou négatifs , et tels qu'il n'y ait pas de facteurs communs à tous les 
termes. * 

144. Il faut remarquer d'abord qu'une pareille équation ne peut 
admettre de solutions entières qu'autant que les coefficients a et 
h des deux indéterminées sont premiers entre eux. 

En effet, s'ils avaient un facteur commun , ce facteur diviserait 
exactement le premier membre , puisque x et y sont supposés 
entiers ; il devrait donc aussi diviser le second membre , ce qui est 
contre l'hypothèse, puisque l'on a supprimé les facteurs communs 
à tous les termes. 

14o. S'il existait un facteur commun entre a et c , ou entre 
6 et c , l'équation pourrait être simplifiée. En effet, soient 
a=a'm et c=c'm , a' , c' et m étant des nombres en- 
tiers. Remplaçons a et c par ces valeurs , et divisons par m; 
il viendra 

' m 



120 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE V. 

Or, c' étant entier ainsi que «'^ , il faut que — soit entier, 

c'est-à-dire que m divise le produit hy ; mais il est premier 
avec h , puisqu'il n'y a pas de facteur commun à tous les termes; 
il faut donc qu'il divise exactement y . Soit y' le quotient , en 
sorte qu'on ait y=mif ; l'équation proposée se réduira à 

a'x-\-hij'=c' , 

équation dont les termes sont plus simples. Quand on l'aura résolue, 
il suffira de multiplier par m les valeurs de y' pour obtenir 
celles de y . 

146. Nous supposerons donc que dans l'équation à traiter il n'y 
ait plus de facteur commun entre les coefficients considérés deux 
à deux. 

Nous allons faire voir que si l'on avait trouvé, par un moyen 
quelconque, un système de valeurs entières, ^=a et y=p 
par exemple, propre à vérifier l'équation proposée, on pourrait 
obtenir sur-le-champ tous les autres systèmes analogues. 

En effet, puisque a et [3 , mis pour x et y ^ vérifient 
par hypothèse l'équation proposée , on a 

Si l'on retranche cette relation de l'équation proposée, membre à 
membre , on obtient 



d'où x = o(. 



a{X'-(x)-\-b(y—li)=0 

àjy-?) ^ 

a 



Or, puisque x doit être entier, et que le prfemier terme a de 
sa valeur est entier , il faut que le second le soit , c'est-à-dire que 
a divise le produit b{y — p) ; et comme a est premier avec 6, 
il faut qu'il divise y — p . Appelons t le quotient entier de cette 
division , nous aurons 

^-^ = t , d'où y==^ + at ^ [2]. 

Mettant t à la place de ~ — - dans la valeur de x , elle 

^ a 

devient 

x=zoi-^l}t [3]. 

Il suffira de donner à t des valeurs entières, positives ou néga- 
tives pour obtenir autant de systèmes correspondants de valeurs 
entières pour x et pour y . 



ANALYSE INDÉTERMINÉE. 121 

La démonstration même prouve que tous les systèmes de valeurs 
entières sont compris dans ces formules; et l'on vérifierait a poste- 
riori qu'elles satisfont à la proposée en y substituant pour x et 
pour y les valeurs [3] et [2]; les termes en t disparaissent 
d'eux-mêmes, et il reste 

relation qui est vérifiée par hypothèse. 

On voit donc que lorsqu'on aura trouvé pour x ei y un 
système de valeurs entières a et p , on formera leurs valeurs 
générales en ajoutant à a et à p le produit d'une nouvelle in- 
déterminée entière t par le coefficient de x , s'il s'agit de la 
valeur de y , et par le coefficient de y pris en signe contraire , 
s'il s'agit de la valeur de x . 

Il est clair , d'ailleurs , que comme t peut être changé en —t , 
on pourra prendre a en signe contraire et h avec son signe. 

Remarque. La suite des valeurs de x forme une progression 
arithmétique dont la raison est le coefficient de y ; et la suite des 
valeurs de y forme une progression arithmétique dont la raison 
est le coefficient de x . Mais ces deux progressions seront l'une 
croissante et l'autre décroissante , si a et b sont positifs; elles 
seront toutes deux croissantes ou toutes deux décroissantes si a 
et b sont de signe contraire. , . 

147. Tout se réduit donc à trouver un système de valeurs entières 
pour X et pour y . 

Remarquons d'abord que , dans quelques cas particuliers , on ob- 
tiendrait immédiatement ce système de valeurs. Par exemple , si c 
était nul , on satisferait à l'équation en prenant x=^0 et y=0 . 
Si c était un multiple de a , et qu'on eût c^=ma , on satis- 
ferait en posant x==zm et ?/:=0 . Si c avait la forme 
nbdzma , on satisferait en posant x=zç:m et y = n . . 

Hors ces cas , il faut une méthode particulière pour trouver un 
système de valeurs. Voici celles que l'on emploie. 

L Résolvons l'équation proposée par rapport à celle des deux 

indéterminées qui a le plus petit coefficient. Soit a<ib ; tirons la 

valeur de x , il viendra 

c — by 

x= . 

a 

Je dis que si l'on substitue pour y une suite de nombres po- 
sitifs , 1 , 2 ,... jusqu'à -\-p ; et une suite de nombres 
négatifs, — 1 , — 2 ,... jusqu'à — r/ , en sorte que p-^-q 
soit égal à a — 1 , il y aura dans ces substitutions une valeur 
de y qui donnera pour x un nombre entier. 



1 22 PREMIÈRE PARTIE. -— CHAPITRE V. 

En effet, soient -{-y' et —y" , par exemple, deux de ces 
substitutions ; soient q' et g" les quotients positifs ou négatifs 
qu'on obtiendra en divisant c — by' et c-\-by'' par a ; les 
restes devront nécessairement différer. Car si les deux divisions 
donnaient le même reste r , on aurait en même temps 

c — bif =aq' -{-r 
c + bi/'=:aci'-^r , 
d'où , en retranchant la première identité de la seconde 

b{y'+y")=a{^'-cï) . 

Or, a divisant le second membre devrait diviser le premier ; 
mais a est premier avec b ; il devrait donc diviser ])' -\-y" . 
Mais y' ne pouvant surpasser p , et y" ne pouvant surpasser 
q , la somme y' -\-y" ne peut surpasser p-\-q ou a — 1 ; 
elle ne saurait donc être divisible par a . 

Il en serait de même , a fortiori, s'il s'agissait de deux substitu- 
tions prises toutes deux dans la série des nombres positifs , ou toutes 
deux dans la série des nombres négatifs. 

Donc , tous les restes résultant de ces substitutions seront diffé- 
rents. Mais le nombre de ces restes , égal au nombre des substitu- 
tions, est p + q-\-l ou a ; et puisque ces restes ne peuvent 
surpasser le diviseur a , il faudra qu'un d'entre eux soit égal à 
zéro. Le nombre correspondant mis pour y donnera donc 
pour X un nombre entier ; et l'on aura ainsi un système de va- 
leurs entières de x et de y . 

Soit, par exemple, l'équation 

21-1-8?/ 



On en tire 



o 



Substituons pour y les nombres , -|-1 , -[-2 et — 1 , 
— 2 ; nous trouverons que ~2 donne pour x un nombre 
entier -\- 1 . Les valeurs de x et de y seront donc 

^ — 1+8^ et ?/ = — 2-|-5^ , 

en prenant le coefficient -)-5 avec son signe, et le coeffi- 
cient — 8 en signe contraire. 

148. IL Résolvons encore l'équation proposée par rapport à 
l'indéterminée qui a le plus petit coefficient; soit a<,b ; tirons 
la valeur de x , il vient 



ANALYSE INDÉTERMINÉE. 123 

Effectuons , autant qu'il est possible , la division de b par a ; 
soient q le quotient et r le reste ; nous aurons 

, c — ry 

•^=—^2/ H — —- • 

Le premier terme de la valeur de x étant entier , il faut que le 
second le soit : égalons-le à une indéterminée entière t , nous 
aurons 

(c^—qy+t [2], 

relation où 1/ et if représentent des nombres entiers qui satis- 
font à l'équation 

^=:t ou at-\-ry=e [3], 

Cette équation est de même forme que la proposée , et il s'agit 
aussi de la résoudre en nombres entiers ; mais le coefficient r est 
moindre que le coefficient b de la proposée . 

Traitons cette équation comme la proposée. Résolvons-la par 
rapport à l'indéterminée y qui a maintenant le plus petit coeffi- 
cient , puisque le reste r est moindre que le diviseur a de la 
division qui l'a fourni ; il viendra 

c — at 

?/ = . 

^ r 

Divisons a par r ; soient q' le quotient et r' le reste; 
nous aurons 

Le premier terme de la valeur de y étant entier , il faut que le 
second le soit; égalons-le à une nouvelle indéterminée entière f ; 
il viendra 

y^-g't+t^ . M, 

relation oti t et t' représentent des nombres entiers qui satis- 
font à l'équation. 

î=:^^ = r ou r't + rt'=c [5]. 

Cette équation est encore de même forme que la proposée et doit, 
comme elle , être résolue en nombres entiers ; mais le coefficient 
/ est moindre que le coefficient a de l'équation précédente. 

Traitons encore cette équation comme la précédente , et résol- 
vons-la par rapport à l'indéterminée qui a le plus petit coefficient , 
c'est-à-dire par rapport à / : nous aurons 

î — ^ , « 



124 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE V. 

Divisons r par r' ; soient q" le quotient et r" le reste ; il 
viendra 

c r"t' 

^^„,yr + £_Li . 

Le premier terme de la valeur de t étant entier , il faut que le 
second le soit; égalons-le à une nouvelle indéterminée entière f , 
nous aurons 

/ = — grY + f ' [6]; 

relation où i' et f représentent des nombres entiers qui sa- 
tisfont à l'équation ^ 

"—^r^f ou rY-frr = c [7], 

équation de même forme que la proposée , mais à coefficients plus 
simples. 

En continuant ainsi , on ramène successivement la résolution de 
l'équation proposée à celle d'une série d'équations de même espèce, 
dont les coefficients sont de plus en plus petits. Mais, si l'on fait at- 
tention aux opérations eflectuées , on remarque qu'on a divisé d'a- 
bord a par b , puis h par le reste r de la division précé- 
dente , puis r par le reste / de la division qui précède , et 
ainsi de suite ; c'est-à-dire qu'on effectue sur a et b les mêmes 
calculs que si l'on cherchait le plus grand commun diviseur entre 
ces nombres. Or, ces nombres sont premiers entre eux ; on devra 
donc parvenir à un reste égal à l'unité. Soit r" ce reste égal à 1 ; 
en sorte qu'on ait 

t'-{.r'f = c . 

On en tire t' — c — r'f ; 

et il suffira de donner à t" une valeur entière quelconque pour 
obtenir une valeur entière correspondante de t' . Les valeurs en- 
tières de t" et de t' mises dans l'équation [6] donneront pour 
t une valeur entière; ces valeurs entières de t' et de t mises 
dans l'équation [4] donneront une valeur entière pour y ; enfin 
ces valeurs entières de t et de y mises dans Téquation [2] 
donneront une valeur entière correspondante pour x . 

On pourra effectuer ces substitutions successives sans donner d'a- 
bord aucune valeur particulière à ^' ; on obtiendra ainsi les valeurs 
de y et de x exprimées au moyen de la seule indéterminée 
t" . Il suffira, dans ces expressions, de donner à f une valeur 
entière, positive ou négative quelconque; on en déduira immédiate- 
ment un système de valeurs entières pour x et y . ; 

Prenons pour exemple l'équation 

8.z:-f 13y — 159; 



ANALYSE INDÉTERMINÉE. 125 

les calculs précédemment indiqués donneront successivement : 
169— Uy ^^ . 7—52/ ,^ , , 

en posant '^^^-^ =zt ou 5?/ + 8^=7. 

Puis, y = ^^ = i^t + ^^ = l^t-^t' ; 

en posant — 5~~^' ^^^ 3^ + 5^'=:2 . 

Puis, ^=^^i:=_^'+^ii'^_>r+r , 

en posant '~^— = t" ou 2 ^' + 3 ^'' — 2 . 

o 

Puis, ^'=f_2i^i_^'^__L:^i_f__r , 

en posant f^=^1f . ■ '' 

Mettant cette valeur dans celle de t' , on trouve 

i^'=i— 2r— r=i— sr ; 

mettant les valeurs de t' et de f dans celle de ^ , il vient 

^=:— i+3r+2r=:--i+5r; 

mettant les valeurs de t et de t' dans celle de y ,ovi obtient 

?/=i+i--5r+i— 3r=3~8r . 

Enfin , mettant les valeurs de y et de t dans celle de .c , on 
trouve 

^=19— 3+8r~i+5r=:i5+i3r . 

Remarque. Cette méthode est indépendante de la propriété dé- 
montrée au n° 146 pour la formation des valeurs générales de x 
et de y \ mais en y ayant égard , on peut abréger notablement 
l'application de la méthode. Dès qu'on parvient à une fraction dont 
on peut annuler le numérateur par une valeur entière de l'indéter- 
minée qui y entre, on obtient, en remontant de proche en proche, un 
système de valeurs entières pour x et y , Qi par suite leurs 
valeurs générales. 

Par exemple, dans le calcul ci-dessus, dès qu'on est parvenu à 
l'équation 



126 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE V. 

on voit qu'on peut annuler la fraction en posant ^'=1 , ce qui 
donne t= — l ; par suite 2/=l + l+i=3 ; par suite encore 
^ = 19 — 3—1 = 15 . En vertu de la propriété du n° i4G on peut 
donc poser immédiatement 

ic==15-fl3if et 2/=3 — 8^ ', 

é désignant une indéterminée entière. 

149. Cette méthode comporte plusieurs simplifications qu'il im- 
porte de ne point négliger. 

I. D'abord, il convient d'effectuer, autant qu'il est possible, la 
division de c par a , comme celle de b par a ; en sim- 
plifiant les coefficients des indéterminées, on simplifie aussi les 
termes indépendants. C'est ce que nous avons fait dans l'exemple 
traité au numéro précédent. 

II. En second lieu, on peut toujours s'arranger de manière que 
chaque reste soit plus petit que la moitié du précédent ; il suffit 
pour cela de prendre les quotients par excès toutes les fois qu'en 
les prenant par défaut la condition indiquée ne serait pas remplie. 
Si , par exemple , on a 

b=:aq-\-r 

on pourra écrire, en ajoutant -j-a et — a, 

b = aiq-\-l)-'(a—r) . ' ' 

Or , des deux restes r et a — r , l'un sera toujours moindre 
que la moitié de a , puisque leur somme est égale à a . Il n'y 
a d'exception que pour le cas où ces restes seraient égaux ; mais 
alors il serait indifférent de prendre le quotient par défaut ou par 
excès. , 

III. Enfin, il peut arriver qu'au numérateur de la fraction qu'on 
égale à une nouvelle indéterminée , il existe un facteur commun à 
tous les termes ; en le mettant en évidence , il en résulte une sim- 
plification. Soit , par exemple , la fraction 

c — by 
d 

Si c et & ont un facteur commun m et qu'on ait c = dm 
et 6 = y m , c' et b' étant des nombres entiers , on pourra 
écrire 

m{(i' — b'y) 
a 

Or, pour que le numérateur soit divisible par a , il faut, puis- 
que a est nécessairement premier avec m , facteur de /; , 



ANALYSE INDÉTERMINÉE. 127 

que le binôme entre parenthèses d — h'ij soit divisible par a . 
On posera donc en conséquence 

"Ln^^t d'où at-\-Vy=.d ,' 

- . ^ 

équation plus simple que l'équation at-\-htjz=c , à laquelle on 
serait parvenu sans avoir égard au facteur m . 

11 faut remarquer toutefois que cette simplification ne se présen- 
terait qu'autant qu'on aurait négligé d'avoir égard dès le principe 
au facteur m commun entre 6 et c , comme nous l'avons 
expliqué au n° 1^3. 

11)0. Le problème qu'on a en vue exige souvent, non-seulement 
que les valeurs de x et de ij soient entières , mais encore 
qu'elles soient positives. 

En reprenant les valeurs générales du n° 146, on devra avoir (1 1 ï) 

fs + a^>0 et a— 6^>0 . 

On tire de la première inégalité (69), en y supposant a positif, 
ce qui est permis , 

a 
Si h est négatif dans l'équation proposée et qu'on ait b=.-^b' , 
la lettre b' désignant un nombre entier positif, la seconde inéga- 
lité devient 

a + 6'^>0 d'où i>-'^ • 

Les deux limites obtenues pour t étant toutes deux des limites 
inférieures, il suffira de donner à t des valeurs entières , algébri- 
quement plus grandes que la plus grande de ces deux liniites ; par 
conséquent, le nombre des solutions entières et positives pour 
X et y sera illimité. 

Si b est positif dans l'équation proposée , on tire de la seconde 
inégalité 

a'^bt d'où ^<C"Â • 

On a ainsi pour t une limite inférieure et une limite supérieure. 
S'il y a des nombres entiers compris entre ces deux limites , en les 
mettant à la place de t on aura autant de systèmes de valeurs 
entières et positives pour x et y ; mais le nombre en sera né- 
cessairement limité. S'il n'y a aucun nombre entier compris entre 
les deux limites , ou si elles sont contradictoires , c'est-à-dire si la 
limite supérieure est algébriquement moindre que la limite infé- 
rieure, il n'y aura aucun système de valeurs entières et positives. 



128 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE V. 

Dans l'exemple numérique traité plus haut , on a trouvé 

y = — 2 + 5^ et œ=l-{-8t . 
On en déduit pour t deux limites supérieures 

t>l et ^>_1 . 

2 

11 suffira de donner à t des valeurs entières supérieures à p , 

o 

c'est-à-dire, 1,2,3 etc. jusqu'à l'infinitif positif. 
Si une équation à deux indéterminées avait fourni les valeurs 



2/r= — 2 + 5/ et .^ = 31— 8/ , 

2 31 

on en tirerait ^ > r ^^ ^ *^ ~5" • 

b 8 

On ne pourrait donc donner à l que les valeurs 1 , 2 et 3 
qui sont comprises entre ces limites. 
Si une équation à deux indéterminées avait fourni les valeurs 

y = — 2 + 5/ et ^z=l — 8/ , 

2 1 

on en tirerait ^!>x ^^ ^<!o ? 

O o 

limites contradictoires ; il n'y aurait donc aucun système de solu- 
tions entières et positives. 

ISl. Remarque. Quand le nombre des systèmes de valeurs en- 
tières et positives est limité, on peut le déterminer à une unité 
près avant de résoudre l'équation proposée. 

En elîet , ce cas se présente lorsque a et b étant de même 
signe , on obtient pour / deux limites , l'une inférieure et l'autre 
supérieure 

/>— " et i<j . 

Supposons, pour fixer les idées, que a et fi soient positifs, au- 
quel cas la première limite est négative et la seconde positive. 

Soient p le nombre entier immédiatement inférieur à - ,et </ le 

nombre entier immédiatement inférieur à - . Onne pourra don- 
ner à / que les valeurs , 1 , 2 ,... jusqu'à -j-p , et 
— 1 , —2 , —3 , etc., jusqu'à —q ; ce qui fait en 
tout p-\-q-\-l valeurs. 



ANALYSE INDÉTERMINÉE. 129 

Or on a , par hypothèse , 

p<- et q<l d'où p+^<^ + ^ , 



P+fJ< 



ou ^ ..j .««4-^.'^ 



ab 



ouenfin p_j_^<;_L 

puisque a et .8 forment un système de valeurs de ^ et de y 
On aurait de même 

i? + l>x et g+l>^ ,d'où 2^+q+2>~ . 

Il résulte de là que la quantité ~ est comprise entre ;; + q et 

P + <7 + 2 ' c'est-à-dire entre le nombre des valeurs de t dimi- 
nué d'une unité et ce même nombre augmenté d'une unité. On aura 

donc ce nombre de valeurs en prenant le quotient — ou par 
excès ou par défaut. 
Soit, par exemple, l'équation 

7^ + 12?/ = 200 . > 

Le quotient par défaut de 200 par 7 fois 12 ou 84 , est 2 
le quotient par excès est 3 ; le nombre des valeurs entières et 
positives ne peut donc être que 2 ou 3 . On trouve en effet : 

y= — 2+7^ et ^ = 32—12^ . 

L'indéterminée t doit donc être comprise entre - et ^^ 

7 12 

8 
ou - pour que x et y soient positifs; on ne peut donc 

donner à t que les valeurs 1 et 2 ; ce qui ne fournit que 
deux systèmes de valeurs , 

y= 5 , .r=20 , 
et y =12 , x= 8 . 

lo2. Comme exemples de questions conduisant à une équation 
à deux indéterminées, nous traiterons les deux suivantes : 

[. Problème. Trouver un nombre dont le triple divisé par 8 
donne pour reste 6 . 

Soient x ce nombre, et y le quotient de 3^ par 8 ; on 
devra avoir l'égalité 

3^ = 8?/-f-5 . 

9 



130 PREMIÈRE PARTIE. —CHAPITRE V. 

En appliquant le mode de solution indiqué au n« 147, on trouve 
que y=: — 1 donne la valeur entière x=^ — \ ; on a donc 

yz= — 1 + 3^ et ôP== — 1 + 8/ . 
On peut donner à t toutes les valeurs entières et positives de- 
puis 1 ; ce qui donne les systèmes 

ï/ = 2 , x= 7 ; 
y = 5 , ip = 15 ; 
5^ = 8 , x=T^ ; 
etc. , etc. 

\\. ^m^htm. Faire une somme de ^6fr, avec deux espèces de 
pièces étrangères, dont les unes valent 3^,75 et les autres 1^10 . 
Soient x le nombre des pièces de première espèce , et y le 
nombre des pièces de la seconde espèce ; on devra avoir 

3,75.^ + 1,10. y ==26 ; 
ou, en multipliant tous les termes par 100 , 
375^ +110?/ = 2600 . 

Les nombres 375, 110 et 2600 ayant le facteur commun 5, 
on peut d'abord le supprimer, ce qui donne 
75^ + 222/ =-520 • 

Les nombres 75 et 520 ayant encore le facteur commun 5 , 
on peut poser (145) ?/ = 5?/ , et supprimer le facteur 5 , ce 

qui donne 

l5.r + 22?/'=104 . 

Les nombres 22 et 104 ayant le facteur commun 2 , on 
peut poser x=:'2x' et supprimer le facteur 2 , ce qui donne 
enfin l'équation 

15a^'+lly' = 52 . 

On en tire y' = A-x' + ^-^^^ = 4--x' + At , 

en posant ^-^^ = t , d'où x'=2 — lU ; 
par suite y' = 2+l5^ . 

On voit que x' et y' ne peuvent être positifs en même temps 
que pour t=^0 , ce qui donne x'=2 et !y'=2 ; par suite 
x = 4 et y = iO . 

En effet : 4 pièces à 3S75 font 15 fr. , et 10 pièces à 1^,10 
font 11 fr. ; la somme 15 + 11 est bien égale à 26. 



ANALYSE INDÉTERMINÉE. 131 

Ce problème offre un exemple d'une question algébriquement 
indéterminée qui n'est cependant susceptible que d'une seule solu- 
tion arithmétique. 

Remarque. On aurait pu prévoir que le problème ne pouvait ad- 
mettre au plus qu'un système de valeurs entières et positives ; car 
le produit des coefficients 15 et 11 est plus grand que le terme 
indépendant 52 ; d'où il suit que les quotients par défaut et par 
excès de 52 par 15 fois 11 , sont et 1 . Le nombre 
des systèmes de valeurs entières et positives ne pouvait donc pas 
surpasser 1 . 

Le lecteur pourra s'exercer sur les questions suivantes : 
L Une société s'est cotisée pour une fête, à raison de 9/r. pour 
chaque dame et de 16/r. pour chaque homme; la somme ainsi 
réunie a été de 330 fr. ; combien y avait-il d'hommes et de 
dames ? 

(Réponse: iNombre des hommes : 15 , 6 ; 
Nombre des dames : 10 , 26 .) 
IL Trouver un nombre qui divisé par 7 donne pour reste 5 
et qui divisé par 18 donne pour reste 3 . 

(Réponse : 75 , 201 , 327 , etc. , nombres en progression 
arithmétique.) 

^ IIL Faire une longueur d'un mètre en plaçant les unes à la suite 
des autres des pièces de 2 francs , dont le diamètre est de 27 
millimètres, et des pièces de 1 franc , dont le diamètre est de 
23 millimètres . 

(Réponse : Nombre des pièces de 2 francs : 20 ; 

Nombre des pièces de 1 franc : 20 .) 

^ IV. Diviser 90 en deux parties dont l'une soit divisible par 5 
et Vautre par 11 . 

(Réponse : Première partie : 90 , 35 ; 

I Deuxième partie : , 55 .) 

^ V. Trouver une fraction telle qu'en l'ajoutant terme à terme avec 

2 7 - 

la fraction - , on obtienne pour résultat —, . 

^ 24 . 

5 12 19 

(Réponse:—, —, —, etc., fractions dont les termes sont 

en progression arithmétique.) 

i VI. On a de l'argent au titre de 0,950 , et de l'argent au titre 
de 0,820 . Combien faut-il prendre, en nombres entiers, de déca- 



132 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE V. 

grammes de chaque espèce d'argent, pour faire un alliage qui con- 
tienne 1 kilogramme d'argent pur? 

(Réponse : argent au titre de 0,950 : 88"^, 6''"; 
argent au titre de 0,820 : 20^^% llô"^^ .) 

§ II. Résolulion en nombres entiers des équalions du premier degré à plus 
de deux indéterminées. 

lo5. Considérons d'abord deux équations à trois indéterminées. 

ax-\-by-\-cz=^d [1], 

a'x+b'y+c'z=d' [2], 

dans lesquelles on peut toujours supposer qu'on ait supprimé les 
facteurs communs à tous les termes. 

Ces équations ne pourront admettre de solutions entières pour 
X , y et ; qu'autant que, dans chacune d'elles, il n'y aura 
aucun facteur commun aux trois coefficients des indéterminées. 
Car si a , ^J , ^ , par exemple , admettaient un facteur com- 
mun, ce facteur diviserait le premier membre, puisque J' , y ,^ 
sont entiers ; il devrait donc aussi diviser le second , ce qui est im- 
possible , puisqu'il n'y a plus , par hypothèse , aucun facteur com- 
mun à tous les termes. Admettons donc que cette condition soit 
remplie. 

Éliminons l'une des trois indéterminées, ^ par exemple, entre 
les deux équations proposées ; nous obtiendrons l'équation 

(«c' — ca')x -f {hc' — ch'jy = de! — cd' [3], 

qui devra également admettre des solutions entières. Il faudra pour 
cela , qu'après avoir supprimé les facteurs communs aux deux mem- 
bres', s'il s'en trouve, les coefficients de X et y soient premiers 
entre eux (144). Supposons cette condition remplie. Nous pourrons 
tirer de l'équation ci-dessus des valeurs de x et de y de la 
forme r ^ . t/t 

X — a + mt , yz=(;^ + 7lt [4]. 

Transportant ces valeurs dans l'une des équations proposées, on ob- 
tiendra une équation en ^ et / , qui devra, à son tour, ad- 
mettre des solutions entières. Si les conditions nécessaires sont 
remplies, on pourra obtenir pour z et t des valeurs de la forme 

:: = yJ^pt' , t = o + qt' , 
mettant cette valeur de i dans les expressions de x et de y , 
celles-ci deviendront 

x:={oL-\-ino) + mqt' , y = {i^ + no) + nqt' . 



ANALYSE INDÉTERMINÉE, 133 

Les trois indéterminées .r , y , z se trouveront ainsi expri- 
mées au moyen d'une seule indéterminée ^ ; et il suffira de 
donner à t' des valeurs entières positives ou négatives pour ob- 
tenir autant de systèmes de valeurs entières pour x ^ y et z . 
Soient, pour exemple, les équations 

5.:^;'-|- 8?/— 11^=45 , 

7,^_6?/+ 35 = — 1 . 

En éliminant z , on obtient d'abord 

92i^>-_42?/=^124 ou 46.r — 21î/=62 , 

d'où l'on tire (148) 

x=zh-\-1\l et ?/ = 8-|-46^ . 

Ces valeurs, mises dans la seconde équation proposée, donnent 

3^— 129/^==12 , 

d'où l'on tire ^ =4+ 129 #' " . . 

et t = ^t' . 

Par suite y = s + lSSf 

et .r=5-j- 63^' . 

lo4. Il est bon de remarquer que , lorsque les coefficients 
ac^ — ca' et bc' — cb' de l'équation [3] sont premiers entre eux , 
on est dispensé de résoudre une seconde équation à deux indéter- 
minées. En effet , on a alors, a et 8 désignant un système de 
valeurs de l'équation [3] , 

x=oi-{-(bc'—cb')t et y=^ — (ac'— ca')t . 
Ces valeurs, mises dans l'équation [1], donnent, après réductions, 

cz — c{ab' — ba')t = cl — en — bp . 
Le premier membre étant divisible par c , le second doit l'être 
également ; en désignant le quotient par y , on a 

z — (ab' — ba')t = y , 

d'où z=iy-\-{ab' — ba')t . 

^ , d — aa — 63 
Comme on a pose = y , 

d'où «a -f- 68 -f CY = r/ , 

on voit que a , ^ , Y forment un système de valeurs entières 
de œ j y , z ; et qu'on a 

X = aL-\- (bc — eb')t , y=z^-\- (ca' — ac')t , 

z=zy-\-(ab' — ba')t . 

valeurs qui ont une symétrie remarquable. 



\Ul PREMIÈRE PARTIE. —CHAPITRE V. 

Soient, par exemple, les équations 

6x + Sy — nz=z46 , • ' . . 

7x--Sy+ 2s=19 . 

On obtient, en éliminant z , l'équation 
87^ — 172/~299 , 
d'où l'on tire ^ = 5 + 17^ et y = 8 + 87^ . 

Substituant ces valeurs dans la première équation , elle devient , 
après réductions , 

nz — 7SU = A4 , 
d'où z = 4-{-7U . 

ioS. Si la question exige que les solutions soient entières et po- 
sitives, on aura à satisfaire à trois inégalités. 

On vient de voir que les valeurs de oo , y , z se présentent 
sous la forme 

x=z(ji-\.m,t , yz=^-\-nt , ^ — Y + r/ . 

On posera donc 

a + m^>0 , \i + nt>0 , Y + r^>0 , 

ce qui donnera trois limites pour t . 

Si ces limites sont toutes trois inférieures ou toutes trois supé- 
rieures , on pourra donner à t toutes les valeurs au-dessus de la 
plus grande de ces limites , si elles sont inférieures, ou toutes les 
valeurs au-dessous de la plus petite, si elles sont supérieures. Il y 
aura donc un nombre illimité de solutions. 

Si ces limites ne sont pas toutes trois de même sens , t devra 
être pris entre ces limites ; et par conséquent il y aura un nombre 
limité de solutions. 

Si ces limites étaient contradictoires, il n'y aurait aucune solution 
positive possible. 

156. Comme exemple d'une question conduisant à deux équa- 
tions du premier degré à trois indéterminées, nous traiterons la sui- 
vante : 

On veut donner une yratification aux ouvriers d'une fabrique. Si 
l'on donne 6 fraîics à chaque homme, 4 francs à chaque femme 
et 2 francs à chaque enfantjl faudra une somme de 156 francs . 
Si l'on donne 1 franc de inoins à chacun , il ne faudra que 
lU francs . On demande comijien il y a d'hommes, de femmes et 
d'enfants. 

Soient x le nombre des hommes, y celui des femmes, z celui 



ANALYSE INDÉTERMINÉE. 135 

des enfants. On aura évidemment les deux équations 

4x + Sy+ z — US . ■ : 

Éliminant z , on trouve 

3^ + 2?/ = 80 , 
d'où l'on tire x — 'it et «y = 40 — 3 if . 

Ces valeurs, mises dans la seconde équation du problème, donnent 

^— <5=2 , 
d'où z = t-—2 , 

Comme x , y et z doivent être positifs , on devpa avoir 



t>0 



'<f 



et #>2 



On devra donc prendre pour t des valeurs entières et posi- 
tives depuis 2 jusqu'à 13 inclusivement , ce qui donnera 
12 solutions possibles : 

Savoir 



/= 2 ; 


x= 4 ; 


?/ = 34 ; 


z= ; 


3 


6 


31 


1 ; 


4 


8 


28 


2 ; 


5 


10 


25 


3 ; 


6 


12 


22 


4 ; 


.7 


14 


19 


5 ; 


8 


16 


16 


6 ; 


9 


18 


13 


7 ; 


10 


20 


10 


8 ; 


11 


22 


7 


9 ; 


12 


24 


4 


10 ; 


13 


26 


1 


11 . 



1S7. Soit maintenant à résoudre en nombres entiers une équa- 
tion unique , du premier degré à trois indéterminées 

ax-\-by-{-cz=^d ^ 
dans laquelle a , b , c sont des nombres entiers qui n'ont 
point de facteur commun. 

Il y a deux cas à distinguer : ou , parmi les trois coefficients a , 
6 , <? , on en pourra trouver au moins deux qui soient premiers 
entre eux; ou bien ces coefficients, pris deux à deux comme on 
voudra, offriront toujours un facteur commun (ce qui ne veut pas 
dire qu'il y ait un facteur commun à la fois aux trois coefficients). 



^36 PREMIÈIIE PARTIE. — CHAPITRE V. 

I. Examinons d'abord le premier cas; et, pom' fixer les idées, 
supposons que a et b soient premiers entre eux. 

Faisons passer le terme en z dans le second membre, et appli- 
quons à l'équation 

ax-j-by = d — cz 

la méthode du n° 148, en y considérant z- comme connu; nous 
en tirerons , pour x et ij des valeurs de la forme 

x = oL-—bt et y = i^-\-af , 

dans lesquelles a et p seront des polynômes entiers et du pre- 
mier degré par rapport à z . On pourra dès lors prendre arbitrai- 
rement z et ^ ; et, pourvu qu'on leur attribue des valeurs en- 
tières , il en résultera des valeurs entières pour x et y . 

Si ces valeurs doivent, en outre, être positives, on donnera à z 
une valeur arbitraire entière et positive ; on posera alors 

a — 6if>0 et f>-\-af>0 . 

Il en résultera pour t deux limites; et suivant que ces limites 
seront de même sens ou de sens contraire , compatibles ou incom- 
patibles, il en résultera un nombre illimité de valeurs entières et 
positives pour x et y , ou un nombre limité de ces valeurs , ou 
bien il n'en existera aucune. On opérera de même pour chaque va- 
leur entière et positive qu'on attribuera à z . 
Soit, par exemple, l'équation unique 

5^ + 8?/ — 12^:^41 . 

Comme 5 et 8 sont premiers entre eux, on peut appliquera 
méthode ; on écrira donc 

bx-\-i^y = A\ + V2z ,"' 

A\ + nz — %y ^ , _ ^ .1+22 + 2?/ 
d'où x= ! — ^ = 8 + 25 — 2?/-] ' ^-^ — ^ , 

») o 

ou x=^% + ^z — 1y-\-t , % 

en posant l+l|+l^-=:/ ou 27/-5^=:-l-25 . 

Puis y:..=lzi|i±^^_, + 2^ + ^ = -. + 2^+^\ 

en posant —^ — 1' ou / = 1 + 2 ^' . 

Cette valeur, mise dans celle de y , donne 

y^ — z-\-^^+At'+l' ou y = — S + 2 + 5^ . 



ANALYSE INDÉTERMINÉE. 137 

Et en substituant pour y et t leurs valeurs dans celle de x , 
on obtient 

.2^ = 8+2^ + 25 — 4 — 10/' + l + 2i(' = 5 + 4^ — 8^' . 

Si l'on ne veut que des valeurs positives , on tirera de ces valeurs 
les conditions 

,>i^ et r<l£±l . 

2 5 

Pour 5 = , on a I">—t et /'<- ; on ne pourra donc 

prendre que t'=zO ; ce qui donnera ^=2 et a; = 5 . 

1 9 

Pour z — 1 , on a /'>— ^ et /'<- ; on pourra donc ad- 

o o 

mettre les valeurs /'=0 et /'=1 ^ qui donneront , savoir : 
r = 0....?/ = l , x=^ ; 

/'=1 ?/ = 6 , X=:l . 

13 
Pour 5 = 2 , on a ^'>0 et /'<— ; on pourra donc ad- 

o 

mettre les valeurs t' = (car la condition /'>0 n'exclut pas 
l'égalité) et /' = 1. 

Pour /' = , on aura y=^0 , x=\?, . . 

Pour /'=l , y=z^ , ^— 5 . r ' 

1 17 
Pour 5 = 3 , on a /'>- et /'<-^ ; on pourra donc ad- 

o o 

mettre les valeurs ^'=1 et /' = 2 , qui donneront, savoir : 

pour t'=\ ?/ = 4 , i)'; = 9 ; .• 

pour /'=:2 ?/=9 , x = \ . 

En continuant ainsi, on obtiendrait autant de systèmes de valeurs 
entières et positives qu'on le voudrait. 

1^8. II. Supposons maintenant que, parmi les coefficients 
a , 6 , c , on ne puisse pas en trouver deux qui soient premiers 
entre eux. Désignons par m le plus grand commun diviseur entre 
a et 6 , par exemple ; soient a' et h' les quotients respectifs 
de ft et 6 par m . L'équation proposée deviendra 

ma'x-\- 7nh'y -\-cz=zd , 

d'où l'on tire dx-\-h'ii=z 1 . 

^ -^ m 

Le premier membre étant supposé entier, il faut que le second 

le soit ; en désignant ce nombre entier par t , on aura donc 

a'x-\-b'y=t [1], 

et -=:t ou cz-\-mt = d [2]. 



188 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE V. 

Or, d et h' étant premiers entre eux , puisque ce sont les 
quotients de a et de h par leur plus grand commun diviseur, 
l'équation [1] admettra des solutions entières de la forme 

x—^—h't' et ?/ = p + aY [3] , 

dans lesquelles a et p seront des polynômes entiers et du pre- 
mier degré par rapport à t ; cela résulte du mécanisme même de 
la méthode exposée au n° 148. 

De même, c et m étant premiers entre eux, puisque le 
facteur m , commun à a et à 6 , ne l'est pas à c , l'équation 
[2] admettra des solutions entières de la forme 

z = ^—mt" et tz=h-\-cf [4] ; 

mettant cette valeur de t dans les expressions de x et de y , 
ces indéterminées se trouveront exprimées par des polynômes entiers 
et du premier degré en f et t' ; tandis que z ne dépendra 
que de t" . 

Si la question exige que les valeurs de x , y et s soient en 
outre positives, on posera les conditions qui expriment que ces va- 
leurs sont plus grandes que zéro. On cherchera ensuite en opérant 
sur ces inégalités des transformations permises (86) à isoler /' et 
f , et à obtenir ainsi des limites pour ces indéterminées ; mais l'on 
ne peut se flatter a priori d'y réussir. 

Soit, pour exemple, l'équation 

6^ — 10?/-fl5s = 37 . 

Les deux premiers coefficients ayant le facteur commun 2 , nous 

pourrons la mettre sous la forme 

37— 15s 
3^—5?/= 2 ' 

et poser en conséquence 

30^-52/ = / et ^2:=^ = t ou 15s+2^=:37 . 

On tire de la première: y:=il — ?>t' et a7=:2f — 6^' . 
De la seconde on tire de même : ^ = 1 — 2f et / = 11 + I5f' . 
Mettant cette valeur de t dans les expressions de y et de x , 
elles deviennent 

y=ll+15f— 3^ et ^=:22 + 30r— 5r . 
Il suffira de donner à ^' et à t" des valeurs entières quelcon- 
ques pour obtenir autant de systèmes de valeurs entières pour 
X ^ y et z . 

Si l'on veut en outre que ces valeurs soient positives , on posera 
les conditions 
1— 2f>0 ; ll + l5f-3^'>0 et 22 + 30f— 5^'>0 



ANALYSE INDÉTERMINÉE. 



isd 



La première donne t"<i-^ . Les deux autres peuvent s'écrire 

3if'— 15r<ll et 5?^'— 30f<22 

ou , en multipliant les deux termes de la première des deux par 2 , 

[m] 6i^' — 30f<22 et 5*^'— 30f<22 \n\. 

Or, de 2f<<l on tire 30/"«<15 . Ajoutant cette inégalité 
membre à membre avec chacune des deux précédentes , on en tire 

6 if' < 37 et 5f<37 

conditions,* dont la première comprend la seconde. 

On ne devra donc prendre pour 1' que les valeurs -)-6 , 
+ 5 , etc. jusqu'à l'infini négatif. 

On tire des inégalités en f qX f ^ 



f> 



6f—22 



et r> 



5 if' — 22 



30 - 3Q 

Pour les valeurs positives de t' , c'est la première de ces deux 
limites de t" qu'il suffira de considérer ; pour les valeurs néga- 
tives de /' , ce sera la seconde ; et l'on ne devra prendre pour f 
que les valeurs comprises entre et cette limite. On trouve ainsi : 

Pour f= 6 ; 5 ; 4 ; qu'il n'y a point de valeur correspon- 
dante de t" . 

Pour : 



f= 3 ; 
f= 2 ; 


on 


trouve 


t'^0 ; 
; 


d 


où 


x= 7 
12 


y= 2 
5 


; 2 = 1 . 
1 . 


^=-2 ; 
^' = -3 ; 






f=0 ; 

— 1 ; 

; 

—1 ; 






2 
37 

7 


2 

20 
; 5 


; z = l . 
3 . 
1 . 
3 . 


^'=-8 ; 






f = ; 

—1 ; 

—2 ; 






.2:=: 62 
32 

2 ; 


20 
.5 


Z=z 1 . 

3 . 
5 ; 



et ainsi de suite. 

lo9. Comme exemple de question qui conduit à une seule équa- 
tion entre trois indéterminées, nous traiterons la suivante : 

Faire une longueur d'un mètre en mettant à la suite l'une de 
r autre des pièces de ^fr. dont le diamètre est de 2>7 millimètres ; 
des pièces de 2fr. dont le diamètre est de 27 millimètres , et 
des pièces de 1 fr. dont le diamètre est de 23 millimètres . 

Si X , y , z représentent respectivement le nombre des 



140 PKEMIÈKE PARTIE. — CHAPITRE V. 

pièces de 5 fr. , de 2 fr. et de 1 fr. , on devra avoir 

37^ + 27^ + 23^ = 1000 . 
On peut appliquer ici la méthode du n" iS7, et écrire 

272/ + 23^- 1000 — 37a^ , 
d'où Ton tire (148) 

?/ = — 3 + 8^ — 23^ et 2 = 47— ll;r + 27^ . 
Comme ces valeurs doivent être positives , on devra avoir 

^>0 , 8ic — 23^ — 3>0 ; 47 — ll^ + 27^>0 , 
on éliminera t par réduction entre les deux dernières inégalités 
qui sont de même sens, et il viendra 

— 37^ + 1000>0 d'où 



^1000 



37 

condition qu'on aurait pu écrire sur-le-champ , puisqu'elle exprime 
que la somme des diamètres des pièces de 5 fr. ne doit pas sur- 
passer 1000 millimètres ou 1 mètre , c'est-à-dire la longueur 
demandée. 

L'indéterminée x aura donc pour limites et 27 inclu- 
sivement. Des deux inégalités en x et t , on tire ensuite 



t< 



8 a?— 3 



et 



t> 



11^—47 



23 ^27 

chacune des valeurs attribuées à a? , d(^ à 27 , devra être 
mise dans ces inégalités ; il en résultera deux limites entre lesquelles 
les valeurs correspontantes de t devront être prises. Si ces limites 
ne comprenaient point de nombre entier, la valeur correspondante 
de X devrait être rejetée. On formera ainsi le tableau suivant : 

j; = 0, ^=—1, y =20, 2=20 

36 

9 
25 
14 
30 

3 
19 

8 
24 
13 
29 

2 
18 

7 
23 



1 





5 


1 


—1 


28 


2 





13 


3 





21 


4 


+1 


6 


4 





29 


5 


1 


14 


6 


1 


22 


7 


2 


7 


8 


2 


15 


9 


3 





9 


2 


23 


10 


3 


8 


11 


3 


16 


12 


4 


1 



^=13 , 


t= 


-- 4 , 


?/ = 


= 9, 


2 = 12 


14 




'4 




17 


1 


15 




5 




2 


17 


16 




5 




10 


6 


17 




» 




» 


» 


18 




6 




3 


11 


19 




6 




11 





20 




» 




» 


» 


21 




7 




4 


5 


22 




» 




» 


)» 


23 




» 




» 


» 


24 




» 




» 


» 


25 




» 




» 


M 


26 




» 




» 


» 


27 




» 




» 


» 


En tout 23 solutions. 





ANALYSE ïi\ DÉTERMINÉE. 1^1 

160. Ce qui précède indique suffisamment la marche qu'il fau- 
drait suivre si l'on avait plus de trois indéterminées. 

I. Si l'on avait, par exemple, trois équations à quatre indéter- 
minées X ^ y , z et w , on en tirerait par l'élimination 
de u , deux équations à trois indéterminées x , ?/ , z- que 
l'on traiterait comme il a été dit plus haut ( loo et suiv.) Ayant ob- 
tenu les valeurs à.e x , y ei z au moyen d'une indétermi- 
née t , on porterait ces valeurs dans l'une des trois équations 
proposées, qui ne contiendrait plus alors que deux indéterminées t 
et u ; on traiterait cette équation à deux indéterminées , et l'on 
en tirerait les valeurs de t et de u au moyen d'une nouvelle 
indéterminée t' . Portant alors la valeur de t en t' dans les 
expressions de x , y ^ 2 , on aurait les quatre indétermi- 
nées a? , ?/ , z et u exprimées au moyen d'une seule indé- 
terminée t' . 

II. Si l'on n'a que deux équations à quatre indéterminées x , 
?/ , z et u ^ on en tirera par l'élimination de u une équa- 
tion à trois indéterminées, que l'on traitera comme il a été dit aux 
j^os 157 g^ g^-^ jj y ^yj,^ alors, comme on l'a vu, deux cas à dis- 
tinguer. 

Si l'on obtient les valeurs de x ^ y au moyen d'une seule 
indéterminée t , z restant arbitraire, on portera ces valeurs 
dans l'une des équations proposées qui ne contiendra plus que 
î^ , z et t . On la traitera comme la précédente , et l'on ob- 
tiendra soit u et z au moyen d'une seule indéterminée t' , 
t restant arbitraire, auquel cas x , ?/ , z et u pourront 
être exprimés au moyen de t et de t' ; soit u , z Qi t 
au moyen de deux indéterminées t' et t" , auquel cas x , 
y , z et u pourront être exprimés au moyen de ces deux 
mêmes indéterminées. 

Si, en traitant l'équation primitive résultant de l'élimination 
de u , on obtient x ^ y et z au moyen de deux indéter- 
minées t et f , en portant ces valeurs dans l'une des équa- 
tions proposées , on obtiendra une équation à trois indéterminées 
w , t et t' . En la traitant à son tour, on obtiendra soit u 
et t au moyen d'une seule indéterminée f , i' restant arbi- 
traire, auquel cas x ^ y ^ z et ii pourront être exprimés 
au moyen de t' et de f ; soit u , t et t' au moyen de deux 
indéterminées f et t'" , auquel cas x ^ y , z et u pour- 
ront être exprimés au moyen de ces deux mêmes indéterminées. 

TII. Enfin , si l'on n'a qu'une seule équation à quatre indétermi- 
nées X ^ y ^ z , u ^ il pourra se présenter deux cas, ou 
l'on pourra trouver deux coefficients premiers entre eux , ou on ne 
le pourra pas. 



142 PREMIÈRE PARTIE. — CliAPlTRE V. 

Dans le premier cas, supposons que ce soient les coefficients 
de X et de y qui soient premiers entre eux. On fera passer 
dans le second membre les termes en z et en u ; on traitera 
l'équation résultante comme une équation à deux indéterminées x 
et y , et l'on obtiendra les valeurs de x et de y au moyen 
d'une indéterminée t ^ z et u restant arbitraires. 

Dans le second cas , on isolera encore dans le premier membre 
les termes en x et en y ; on divisera les deux membres par 
le plus grand commun diviseur des coefficients de x et de y . 
Le second membre devant être entier, on le représentera par une 
nouvelle indéterminée t . On obtiendra ainsi deux équations : 
l'une entre x ^ y et t ^ où l'on regardera t comme connu; 
l'autre en s , u et t . La première donnera x et y au 
moyen de t et d'une nouvelle indéterminée t' . La seconde 
donnera z , u et t au moyen de deux nouvelles indéter- 
minées f et t'" . Portant la valeur de t dans celles de x et 
de y , on obtiendra ces dernières au moyen de trois indétermi- 
nées f , f et f ; tandis que z et u seront exprimés 
au moyen des deux indéterminées f et f seulement. 

161. Le lecteur pourra s'exercer sur les problèmes qui suivent. 

L Trouver un nombre qui, divisé par les nombres 5 ^ 8 , 13 , 
donne respectivement pour restes A , 1 , 12 . 

(Réponse: 619 , 1039 , 1559 , etc., nombres en progres- 
sion arithmétique.) 

IL Trouver un nombre composé de trois chiffres, dont la somme soil 
16 , et tel qu'en y ajoutant 99 on obtieime le nombre retourné. 

(Réponse: 394 , 475 , 556 , 637 et 718 .) 

III. On a trois espèces d' argent : la première au titre 0,96 ; la 
seconde au titre 0,88 ; la troisième au titre 0^,82 . Combien fau- 
drait-il prendre, en nombres entiers, de décagrammes de chaque es- 
pèce d'argent , pour faire \ kilogramme d'alliage, au titre 0,90 . 

(Réponse: T" espèce d'argent ; 2" espèce; 3" espèce. 



25"» 


75"» 


0"» 


28 


68 


4 


31 


61 


8 


34 


54 


12 


37 


47 


16 


40 


40 


20 


43 


33 


24 


46 


26 


28 


49 


19 


32 


52 


12 


36 


55 


5 


40 .) 



ANALYSE INDÉTERMINÉE. 143 

IV. Un propriétaire a fait travailler dans quatre fermes diffé- 
rentes, savoir : 12 hommes dans la première, 9 dans la se- 
conde^ 8 dans la troisième et 6 daris la quatrième. La dépense 
totale a été de 1^50 francs . On voudrait savoir quelle a pu être 
la dépense par homme dans chacune des quatre fermes [en nombres 
entiers de francs). On se rappelle seulemeîit que la dépense dans la 
seconde et la troisième ferme valait autant que la dépense dans la 
première; et que chaque homme employé dans celle-ci a gagné deux 
fois plus que chacun de ceux qui ont été employés dans la qua- 
trième. 

(Réponse: P' ferme; 2*^ ferme; S'^ ferme; 4^ ferme. 



id. 


8 


66 


id. 


id. 


16 


57 


id. 


id. 


24 


48 


id. 


id. 


32 


39 


id. 


id. 


40 


30 


id. 


id. 


48 


21 


id. 


id. 


56 


12 


id. 


id. 


64 


3 


id. 



\kk SECONDE PARTIE. 



SECONDE PARTIE. 

PROBLÈMES DU SECOND DEGRÉ, PUISSANCES 
ET RACINES, LOGARITHMES. 



CHAPITRE VI. 



DE LA FORMATION DU CARRK DES QUANTITES AEOEKRIQUES, 
ET DE L'EXTRACTION DE LEUR RACINE CARREE. 



^ I. De la formation dn carré des quantités algébri<iues. 

162. Le carré d'une quantité algébrique est le produit de cette 
quantité par elle-même. 

Pour former le carré d'un monôme, il faut , d'après les règles de 
la multiplication des monômes , multiplier le coefficient par lui- 
même, et ajouter à lui-même l'exposant de chaque lettre; il faut 
donc, en d'autres termes, /«/re le carré du coefficient et doubler tous 
les exposants. , 

Ainsi , le carré de Cya-b^x sera ^^a'*¥x^ . 

105. On a vu (50) que le carré d'un binôme se compose du cairé 
du premier terme, de deux fois le produit du premier par le second 
et du carré du second. 

Voyons comment se compose le carré d'un trinôme. 

Soit le trinôme a-\- b-\-c . Représentons par une seule lettre x 
l'ensemble des deux premiers termes ; nous aurons à former le carré 
de X -]- c , ce qui, d'après la règle rappelée ci-dessus, donnera 

x^-\-1cx-\-c^ , 
ou , en remettant pour x sa valeur, 

{a+bf+^c{a + b)-\-c'^ , 
ou encore a^-|-2«6 + 6'+2ac+26c + c' ; 

c'est-à-dire que le carré d'un trinôme se compose du carré du pre- 



FORMATION DES CARRÉS. ikS 

mier terme, plus deux fois le produit du premier terme par le se- 
cond, plus le carré du seco?id, plus deux fois le produit de chacun 
des deux premiers par le troisième , plus le carré du troisième. 

164. On trouverait de même que, s'il y avait un quatrième 
terme , le carré contiendrait , outre les parties qu'on vient d'énu- 
mérer, deux fois le produit de chacun des trois premiers termes par 
le quatrième, plus le carré du quatrième, 

La loi de formation est évidente, et il est facile d'en démontrer la 
généralité. 

En effet , supposons-la démontrée pour un polynôme de n — 1 
termes a~\^h-\-c....-\-k , et faisons voir qu'elle subsistera pour 
un polynôme de n termes 

a-\-b + c.,.. + k-]-l . 

Pour cela, représentons par x l'ensemble des n—i premiers 
termes ; nous aurons à former le carré de x-\-l , ce qui donnera 

x^+^lx + t' 

ou , en mettant pour x sa valeur, 

(« + 6 + 6'.... + Af+2(fi + 6 + c.... + /«:)/ + /2 
ou («^ + ^> + c....+ A-)2+2a/ + 26/ + 2cZ.... + 2/t/ + /^ ; 

c'est-à-dire qu'il faudra ajouter au carré du polynôme de n — 1 
termes deux fois le produit de chacun de ces n — 1 premiers 
termes par le n""" , plus le carré du n""" ; ce qui démontre que 
si la loi est vraie pour n — 1 termes , elle est encore vraie pour 
n termes. 

Or, on l'a démontrée directement pour 3 termes ; donc elle 
est vraie pour 4 ; étant vraie pour 4 termes, elle l'est pour 6 ; 
et ainsi de suite. Donc elle est générale. 

D'après cette règle , on trouvera que le carré du polynôme 

2aa;3+4a^^2— 4ft"^+3a* 
est 4 a^x'' + 1 6 d^x^ — 20 aV + 40 éx" — 24 wx -f 9 a»^ . 

IGi). Remarque I. Lorsqu'on ordonne le polynôme par rap- 
port aux puissances d'une même lettre, il y a toujours à son carré 
quatre termes qui ne peuvent se réduire avec aucun autre. Ces 
termes sont les deux premiers et les deux derniers, si le carré est 
lui-même ordonné. 

En effet , si , par exemple , a-\-h-\-c ....-\-k-\-l représente 
un polynôme quelconque, dont les termes a , 6 , etc., sont 
des monômes quelconques ordonnés par rapport aux puissances 
décroissantes d'une certaine lettre x , le terme a contenant 

10 



1^6 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VI. 

la lettre ordonnatrice avec un plus haut exposant que tous les au- 
tres, son carré a~ , qui sera le premier terme du carré total, con- 
tiendra aussi la lettre ordonnatrice avec un exposant plus élevé qu'au- 
cundes termes 2a& , 6- , 2ac , etc. qui suivent, et ne pourra 
conséquemment se réduire avec aucun autre. C'est ce que nous 
avons déjà vu dans la théorie de la multiplication (58). 

En second lieu, le terme 2ab se compose du produit des deux 
termes qui, dans le polynôme proposé, contiennent la lettre ordon- 
natrice avec les exposants les plus élevés ; il contiendra donc lui- 
même cette lettre avec un exposant plus élevé que les termes b^ , 
2«c , 26c , etc. qui le suivent, et ne pourra conséquemment se 
réduire avec aucun autre. 

Ce que nous avons dit des deux premiers termes , a^ et 2a6 , 
en considérant les plus hauts exposants de la lettre ordonnatrice , 
nous pourrions le dire des deux derniers , P et 2 A/ , en consi- 
dérant les plus faibles exposants de cette lettre. 

Il y aura donc bien quatre termes qui ne se réduiront pas ; et ces 
termes seront les deux premiers et les deux derniers, si le polynôme 
est ordonné. 

Il faut bien remarquer qu'on ne pourrait rien affirmer de sem- 
blable pour les autres termes; car le terme b^ , par exemple, 
pourrait fort bien se réduire, et se réduira ordinairement, en effet, 
avec le terme 2 ac , dont les deux facteurs contiennent la lettre 
ordonnatrice , l'un avec un exposant plus élevé que dans h , et 
l'autre avec un exposant plus faible. 

Remarque II. Ce que nous venons de dire des termes isolés, on 
pourrait le dire des groupes de termes , s'il arrivait que le polynôme 
proposé contînt plusieurs termes affectés de la même puissance de 
la lettre ordonnatrice (59). 

IGG. Pour former le carré d'une fraction algébrique, il faut, 
d'après les règles de la multiplication des fractions (.i6), faire le 
carré de son numérateur et le carré de son dénominateur. 

a , a^ 
Ainsi le carre de b T^ ^ 



^a — Zb _, 4a=— 12a6-h962 
et ainsi de suite. 



le carré de 5^0 ^^^ 25^'^6« ' 



RACINE CARRÉE DES QUANTITÉS ALGÉBRIQUES. U7 

<5 II. De rexlraclion de la racine carrée des quantités algébriques. 

167. La racine carrée d'une quantité algébrique est une seconde 
quantité qui, multipliée par elle-même, reproduit la première. 

Mais cette racine se distingue de la racine carrée considérée en 
arithmétique par une différence essentielle. La racine arithmétique 
d'une quantité numérique est essentiellement positive; la racine 
algébrique d'une quantité, soit numérique, soit algébrique, peut être 
prise indifféremment avec deux signes contraires. En effet, soit à 
extraire la racine carrée de 49 ; au point de vue arithmétique, la 
racine est + 7 ; mais, au point de vue algébrique , cette racine est 
aussi bien — 7 que +7 ; car — 7 , multiplié par lui-même, 
donne, d'après les règles des signes (114), +49 , aussi bien que 
~\-7 multiplié par lui-même. De même ~\-a^ étant aussi bien 
le carré de — a que le carré de -)- a , la racine de + ^^ ^st 
donc , à volonté , -j- ^ ou — a . 

On indique cette double solution en affectant la racine du double 
signe ±: , et l'on écrit 

sj'â^=z±:a ; /49 = ±7 . 

Nous pouvons toutefois, quant à présent , faire abstraction de ce 
double signe ; sauf à nous rappeler, lorsque nous aurons extrait la 
racine d'une quantité algébrique , que cette racine peut être prise 
indifféremment telle que nous l'aurons trouvée ou en signes con- 
traires. 

168. D'après la règle donnée (162) pour former le carré d'un 
monôme, on peut voir que, pour qu'un monôme soit un carré par- 
fait , il faut : 1° que son coefficient soit un carré parfait ; 2° que les 
exposants de toutes les lettres qui y entrent soient pairs. 

Si ces deux conditions sont remphes, on obtiendra la racine 
carrée du monôme proposé en extrayant la racine de son coeffi- 
cient, et en divisant par 2 les exposants de toutes les lettres. 
Ainsi la racine de A^a'^b^x^ est Ja^b^x , abstraction faite du 
double signe ± . 

Si ces conditions ne sont pas remplies, on se contente d'indiquer 
la racine. Soit, par exemple, le monôme "lAa^b'x ; sa racine sera 
indiquée par sJ'^Aa^b^x . Nous verrons plus loin comment on peut 
simpUfier les expressions de ce genre. 

169. Soit maintenant à extraire la racine carrée d'un polynôme. 
Remarquons d'abord qu'un binôme ne saurait être un carré par- 
fait, car le carré d'un monôme est un binôme (162) et le carré d'un 



U8 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VI. 

binôme est un trinôme (56). Il faut donc que le polynôme proposé 
ait au moins trois termes. 
Cela posé , désignons le polynôme proposé par 

A + B + C+D + E + etc... 

les lettres A , B , C , etc., représentant, pour abréger, des 
monômes quelconques, que nous supposerons ordonnés par rapport 
aux puissances décroissantes d'une même lettre , a- par exemple. 
Supposons que le polynôme proposé soit un carré partait , et re- 
présentons sa racine par 

a-}- b-\-c-\'d-\- etc.... 

polynôme que nous supposerons également ordonné par rapport aux 
puissances décroissantes de x . 

D'après les remarques faites au n° 16î5, le carré du terme a 
n'a pu se réduire avec aucun autre terme du carré , et se trouve 
être le premier terme A du polynôme proposé. En extrayant 
donc la racine de ce premier terme , on aura le premier terme a 
de la racine demandée. 

Ayant trouvé ce premier terme de la racine , on en fera le carré 
que l'on retranchera du polynôme proposé, et il restera 

B + C + D-f-E + etc. [1]. 

Or, d'après les mêmes remarques , le premier terme B de ce 
reste doit être exactement le produit du double du premier terme 
de la racine par le second , produit qui n'a pu se réduire avec aucun 
autre. En divisant donc ce premier terme B par le double 'la 
du premier terme de la racine, on obtiendra pour quotient le se- 
cond terme b . 

Ayant trouvé ce second terme de la racine , on sait que le poly- 
nôme proposé doit contenir le carré de la somme des deux pre- 
miers termes, «-f-ft , de la racine (164), c'est-à-dire les trois 
termes a- -{-2ab-\-b- ; on pourrait former ces trois termes et les 
retrancher du polynôme proposé; mais comme on en a déjà retran- 
ché a^ , il suffit de former les deux suivants et de les retrancher 
du reste [1]. Pour cela, on écrira à la suite du double du premier 
terme de la racine le second terme de cette même racine, ce qui 
donnera 2«-|-^ ' ^^ ^'^^ multipliera la somme par b , ce qui 
donnera 2 «6 -f- b- ; on retranchera ce produit du reste [1] , et on 
obtiendra un second reste 

C' + D' + E'-f F'-f etc. [2]. 

D'après la loi de formation du carré d'un polynôme (164), ce 
reste doit contenir encore les doubles produits de chacun des deux 



RACINE CARRÉE DES POLYNOMES. 149 

premiers termes de la racine par le troisième, plus le carré du troi- 
sième, etc.; c'est-à-dire les termes 

Or, parmi ces termes, le premier 2 ac est celui qui contient la 
lettre ordonnatrice x avec le plus haut exposant, car a est 
plus élevé en ce que b ; ce terme n'a donc pu se réduire avec 
aucun de ceux qui le suivent, et doit , par conséquent se trouver le 
premier dans le reste [2]. En divisant donc le premier terme C de 
ce second reste par le double 2 a du premier terme de la racine , 
on obtiendra pour quotient le troisième terme c . 

Ayant trouvé ce troisième terme , on sait que le polynôme pro- 
posé doit contenir le carré de la somme des trois premiers termes 
de sa racine , lequel carré revient à {a-\- b)^ -f- 2 ac -\-^bc-{-c^ . 
On pourrait former ce carré et le retrancher du polynôme proposé ; 
mais comme on en a déjà retranché (a -f bf , il suffit de former 
les termes suivants et do les retrancher du reste [2] . Pour cela , on 
doublera les deux premiers termes de la racine , et l'on écrira à la 
suite le troisième, ce qui donnera 2a + 26 + (? ;on muUipliera 
par r? , ce qui donnera 2 ac ~{- 2 bc -{- c^^ ; on retranchera ce pro- 
duit du reste [2] , et l'on obtiendra un troisième reste 

D''+F/-hF' + etc. [3]. 

D'après la loi de formation du carré d'un polynôme, ce reste doit 
contenir encore les doubles produits de chacun des trois pre- 
miers termes de la racine par le quatrième , plus le carré du qua- 
trième, etc., c'est-à-dire 

2ad-\-2bd + 2cd-{-cP-{-etc. 

Or, parmi ces termes, le premier 2 ad est celui qui contient la 
lettre ordonnatrice x avec le plus haut exposant ; ce terme n'a 
donc pu se réduire avec aucun de ceux qui suivent , et doit par 
conséquent se trouver le premier dans le reste [3]. En divisant donc 
le premier terme W de ce troisième reste par le double 2 a du 
premier terme de la racine, on obtiendra le quatrième terme d . 

Ayant trouvé ce quatrième terme , on sait que le polynôme pro- 
posé doit contenir le carré de la somme des quatre premiers termes 
de sa racine, lequel carré revient à 

{a + b + cT--\-2ad + 2bd + 2cd + d^ . 

On pourrait former ce carré et le retrancher du polynôme pro- 
posé; mais comme on en a déjà retranché (a-\-b-{-cf , il suffit de 
former les termes suivants et de les retrancher du reste [.3]. Pour 
cela , on doublera les trois premiers termes de la racine , et l'on 
écrira à la suite le quatrième, ce qui donnera 2a-\-2b-{-2c-{-d ; 



150 SECONDE PARTIE. —CHAPITRE VI. 

on multipliera par d , ce qui donnera ^ad -]-'ibd-\-^cd-\-dJ^ ; 
on retranchera ce produit du reste [3] , et l'on obtiendra un qua- 
trième reste sur lequel on opérera comme sur le précédent. 

En continuant ainsi, on obtiendra successivement tous les termes 
de la racine; et l'on reconnaîtra que l'opération est terminée lors- 
qu'on parviendra à un reste nul. 

170. Dans la pratique , on dispose l'opération comme ci -dessous : 

4«V+16a'.r'— 20a'^^+40«l^?2— 24a^^+9rt' 1 ^ax^-{- Aa^x^^— Aa^x-\-U 



— Aà^x^ -\- Acix^ 



[1] -{-\Wx^—^Oéx^-\-A()a'x^—Via''x-\-M + Aax^-\- Ao}x^ 



[2] —\Qa^x'^10d'x''-^A0éx^—Ua'x+W +\Ç>d'x'+\Qd'x' 



+\Qa'x*-\-Z1éx''—\Qa'x^ + Aax' + 8^^^^— Aa'x 

— Ad'x 



[3] +1 2a'x'+lAa'x'—Ud^x+9a' 



12a\r^ — 2Aœ'x~-\-2Aœx — 9œ ' 







+ Aax^+ Sarx'^~ Sd'x+'Sd 

3« 



+12ftV+24rtV— 24rt'^+9a' 



et l'on déduit de ce qui précède la règle suivante , dont on peut 
vérifier l'application sur l'exemple qu'on vient de traiter. 

Pou?' extraire la racine carrée d'un polynôme , on V ordonne par 
rapport aux puissances d'une certaine lettre; on tire à sa droite un 
trait vertical pour le séparer de la racine à obtenir, et Von tire un 
trait hori^^ontal au-dessous de l'espace réservé à cette racine. On ex- 
trait la racine du premier terme du pohjnome , et on l'écrit comme 
premier terme à la racine. On fait le carré de ce premier terme , oi\ 
le retranche du polynôme proposé, et l'on obtient un premier reste [1]. 
On écrit au-dessous de la racine le double de son premier terme; on 
divise le premier terme du reste [\]par ce double du premier terme 
de la racine; le quotient est le second terme de la racine. On écrit le 
double du premier terme de la racine ; à sa droite on écrit le se- 
cond terme , et l'on multiplie la somme par ce second terme; on re- 
tranche le produit du reste [1], et l'on obtient un second reste [2]. 
On divise le premier terme de ce second reste [2] par le double du 
premier terme de la racine; le quotient est le troisième terme de la 
racine. On écrit le double des deux premiers termes de la racine; à la 
droite de ce double, on écrit le troisième terme de la racine; on mul- 
tiplie la somme par ce troisième terme; on retranche le produit du 
reste [2], et l'on obtient un troisième reste [3]. On divise le premier 



RACINE CARRÉE DES POLYNOMES. 151 

terme de ce troisième reste par le double du premier terme de la ra- 
cine, et l'on obtient le quatrième terme de la racine; et ainsi de 
suite. L'opération est terminée quand on obtient pour reste zéro . 

171. L'opération serait impossible : 

V Si le plus haut ou le plus faible exposant d'une lettre quel- 
conque dans le polynôme proposé était impair. Car, en ordonnant 
par rapport à cette lettre, il faut que le premier et le dernier termes 
soient des carrés parfaits , ce qui exige que les exposants de ces 
termes soient pairs ; 

2" Si, après avoir ordonné par rapport aux puissances d'une lettre 
quelconque, le premier et le dernier termes n'étaient pas des carrés 
parfaits ; 

3° Si le second terme n'était pas exactement divisible par le 
double de la racine carrée du premier, ou si l'avant-dernier terme 
n'était pas exactement divisible par le double de la racine carrée du 
dernier ; 

4° Si, dans le cours de l'opération, on parvenait à un reste dont le 
premier terme ne fût pas exactement divisible par le double du pre- 
mier terme de la racine obtenue. 

172. Lorsqu'un polynôme n'est pas un carré parfait, on peut 
encore appliquer arbitrairement la règle du n° 170 jusqu'à ce qu'on 
parvienne à un cas d'impossibilité, au quatrième par exemple. Il 
résulte alors des calculs effectués que le polynôme proposé est iden- 
tiquement égal au carré de l'ensemble des termes trouvés à la ra- 
cine, plus le reste auquel on est parvenu. L'opération n'a d'autre ré- 
sultat, dans ce cas, que de décomposer le polynôme proposé en deux 
parties dont l'une soit un carré parfait. Tel est, en effet, le seul but 
qu'on puisse alors se proposer. 

Si, par exemple, on applique la règle du n° 170 au polynôme 

9 a^x'' — 24 a^x^ -f^ 46 a'^x^ — 20 a^x -\-lZa^ 

qui n'est point un carré parfait , puisque son dernier terme 13 a*^ 
n'est pas un carré, après avoir obtenu à la racine ces trois termes 

3a,%'^ — Aa-x-{-^a^ , 

on trouve pour reste 2()o;'x — 11 a^ . 

Il en résulte que le polynôme proposé peut se mettre sous la 
forme 

(3ri.r2— 4«^^-|-5a')^ + 20tt''.r — 12a'^ . 

C'est le seul résultat qu'on puisse tirer des calculs effectués ; mais 
ce résultat peut avoir son utilité dans certaines circonstances. 

175. Remarque. Nous avons supposé qu'en extrayant la racine 



152 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VI. 

carrée du premier terme du polynôme proposé on prenait cette ra- 
cine avec le signe + ; mais, d'après ce qui a été dit au n° 167, 
on pourrait aussi la prendre avec le signe — . 11 est aisé de voir, 
en récapitulant les calculs à effectuer, que l'on obtiendrait alors la 
même suite de termes à la racine, mais que ces termes auraient 
tous un signe contraire à celui qu'ils auraient eu si l'on eût pris le 
premier terme avec le signe -\- . En sorte qu'on obtiendrait la 
même racine totale, changée de signe, ce qui est en effet une solu- 
tion du problème. 

174. Pour extraire la racine carrée d'une fraction algébrique, il 
faut extraire la racine de chacun de ses termes; cela résulte de la 
loi de formation du carré d'une fraction (lOG). Ainsi la racine carrée 
de la fraction 

Î44^ ^'^ - 12a • 

Si l'un des deux termes n'est pas un carré parfait, on se contente 
d'indiquer la racine : ainsi la racine de 

ISab ,, . v/Ï3â7; 
-— -^ s écrira ^ — . 
9x" 3x 

Nous nous occuperons bientôt du calcul des quantités affectées 
de radicaux du second degré. 



SECONDE PARTIE. 153 



CHAPITRE VII. 

DES EQUATIONS ET DES PKOBLÈIUES DU SECOND DEORK. 

§ I. De la résolution des équations du second degré U une seule inconnue, 

17d. Une équation à une seule inconnue est du second degré 
quand, après avoir fait disparaître les dénominateurs et effectué les 
calculs , elle contient un ou plusieurs termes où l'inconnue entre à 
la seconde puissance. 

Soit d'abord l'équation très-simple 

^2 = 25 , 

qui ne renferme qu'un terme en x^ et un terme indépendant 
de X . 

Lorsque deux quantités algébriques sont égales, on ne peut pas 
affirmer que leurs racines carrées soient égales, car ces racines 
peuvent différer par le signe (167); mais si l'on prend la racine de 
l'une avec le signe -|- ou avec le signe — , on peut être as- 
suré d'avoir en même temps une racine de l'autre. On peut donc, 
en extrayant la racine des deux membres de l'équation ci-dessus , 
écrire généralement 

Cette équation offre quatre combinaisons de signes : 

+ ^=- + 5 , 

Mais les deux dernières reproduisent les deux premières quand on 
y change à la fois tous les signes , ce qui est permis. On aura donc 
toutes les combinaisons distinctes en écrivant simplement 

Si l'on avait l'équation x^=^k , 
on en tirerait de même a? = dz \/A . 



154 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VIT. 

17G. Soit maintenant l'équation 

14^—^^ = 40 [1], 

ou x^—Ux = — 40 [2], 

qui renferme un terme en x^ , un terme en x et un terme 
indépendant de x . Si l'on pouvait convertir le premier membre 
en un carré parfait , en extrayant ensuite la racine carrée des deux 
membres l'équation se trouverait ramenée au premier degré; car 
la racine d'un polynôme du second degré en x doit être du pre- 
mier degré par rapport à cette lettre. 

Or, on remarque que x^ — 14 x peut être considéré comme 
formant les deux premiers termes du carré d'un binôme, sa- 
voir : x^ ^ le carré du premier terme de ce binôme inconnu , 
et — 14a? le double produit du premier terme de ce binôme par 
le second. On aura le premier terme de ce binôme inconnu en ex- 
trayant la racine de x^ , qui est x ; et pour avoir le second , 
il faudra diviser le double produit — 14 a; des deux termes du 
binôme inconnu par le double 2x du premier, ce qui donne 
— 7 . Le binôme cherché est donc x — 7 , et l'on complétera 
son carré en ajoutant à x''—Ux le carré du second terme —7 , 
c'est-à-dire 49 . Mais, pour ne pas troubler l'égalité, il faudra 
ajouter aussi 49 au second membre de l'équation [2], ce qui 
donnera 

^2_ 14^ 4- 49 ==— 40 + 49 

ou (^-7)«=:9 . 

Extrayant alors la racine de chaque membre , en remarquant que , 
d'après ce qui a été dit au n° précédent, il suffit de mettre le double 
signe zt devant la racine du second membre , on obtient 

x—7 = ±:3 ; 
ou , en faisant passer le terme —7 dans le second membre , 

X=:7±3 . 

En adoptant le signe supérieur, on trouve 
a? = 7 + 3 = 10 ; 
et en adoptant le signe inférieur, on trouve 
ic = 7 — 3 = 4 . 
L'équation peut donc être satisfaite de deux manières, soit en 
remplaçant x par 10 , soit en remplaçant a? par 4 . C'est 
ce qu'il est facile de vérifier, car on a dans le premier cas 
14X10—100=140 — 100 = 40 , 

et dans le second , 

14X4 — 16 = 56 — 16 = 40 . 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU SECOND DEGRÉ. 155 

177. Généralement, après avoir fait disparaître les dénomina- 
teurs, une équation du second degré ne pourra contenir que trois 
espèce^l termes, savoir : des termes en x'^ , des termes en x , 
et des HRies indépendants de x . Si l'on fait passer tous les 
termes dans un même membre , qu'on mette x^ en facteur parmi 
ceux qui le contiennent, et qu'on en fasse autant pour x , l'é- 
quation aura la forme générale 

ax^ -\- hx -^ c =. , 

dans laquelle a ^ b ^ c peuvent être des quantités quelconques 
numériques ou algébriques, monômes ou polynômes. 

Divisant tous les termes par a , il vient 

ou , en remplaçant - par p et - par q , pour abréger 
(i (i 

l'écriture , 

x'^-^px-yq^^Q . 

Telle est l'équation qu'il s'agit de résoudre. 
Faisons passer le terme q dans le second membre , et écrivons 
x^-{-px = — q [1]. 

Le premier membre peut être considéré comme renfermant les 
deux premiers termes du carré d'un binôme , savoir : x'^ carré 
du premier terme de ce binôme inconnu , et px double produit 
du premier terme de ce binôme par le second. On aura le premier 
terme de ce binôme inconnu en extrayant la racine de x^ , qui 
est X ; et pour avoir le second , il faudra diviser le double pro- 
duit px des deux termes du binôme inconnu , par le double 2x 

du premier, ce qui donne ^ . Le binôme cherché est donc x -f-^ ; 
et l'on complétera son carré en ajoutant à x'^-\-px le carré de ^ 
ou ^ . Mais , pour ne pas troubler l'égalité, il faudra aussi ajou- 



ter j au second membre de l'équation [1] , ce qui donnera 

^^'+^'^ + f =-— 7 + f > 



ou 



('+i)'=i 



156 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VII. 

Extrayant la racine des deux membres en mettant le double signe di 
devant la racine du second , on obtient 



^■+l=-\/? 



ou, en faisant passer le terme | dans le second memlire , 



2-V 4 



Cette expression de x est une formule r/énérale qui peut servir 
à trouver immédiatement l'inconnue dans une équation du second 
degré quelconque, sanç répéter les raisonnements ci -dessus, et 
que l'on peut énoncer dé» la manière suivante : 

Dans toute équation du^second degré ramenée à la forme 
a:'+px-\-q = , 
rinconnue est égale à la moitié du coefficient de la première puis- 
sance de X , plus ou moins la racine carrée du carré de cette 
moitié, suivi du terme indépendant de x , pris avec le signe qu'il 
a dans le second membre. 

178. I. Si on applique cette règle à l'équation 
j;2 — 5.r-]-6 — , 
on trouvera immédiatement 









ou 

ce qui donne les deux valeurs 

5,1 .. 

et .r = --^-2, 

en sorte que l'équation est satisfaite par les deux valeurs 3 et 2 
11. Soit encore l'équation algébrique 

x^—{1a-\-^h)x-\-^ah = Q , 
on trouvera , en appliquant la règle, 

^^2^^^p^y_e,, 



.. 2a-f-3& , ■ / Aa^+nab + ^b' 
ou bien x=z ^ =b W ^ ■— uao 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU SECOND DEGRÉ. 157 

Réduisant tout au dénominateur 4 sous le radical , et réduisant , 
il vient 



, Ma^— 12c 
^• = — ^^V 4 



,_2a + 3^_^^ /4a^— 12fl6 + 36^ 



Or la racine peut s'extraire exactement, ce qui donne 

2a + 36_i_2a — 3/^ 

x = ' ± . 

2 2 

De là deux valeurs 

2«4-3ô + 2«— 3/; ,^ 

X — ^ i =2a 

et ^^^+31-.2jL+3i' = 36. 

179. Il est bon de savoir résoudre l'équation 

sans être obligé de diviser par a . 
Or, si , dans les valeurs obtenues plus haut , 



on remplace p et q par leurs valeurs , il vient 



2a 
Réduisant au même dénominateur sous le radical , on trouve 



V 4a^ a 



'^~" 2a 



V"~4^?~ ' 



ou, en extrayant la racine du dénominateur \c? , et mettant la 
en dénominateur commun , 



— h-±zs'lf-'\ac 

•^ = Ta • 

On peut arriver à cette expression d'une manière plus simple. 
Multiplions par 4a les deux membres de l'équation proposée, 
après avoir fait passer le terme c dans le second membre , elle 
devient 

\éx^-\-^ahx-= — \ac . 

Ajoutons IP- à chaque membre , nous aurons 
4 a^x"- + \ahx + 6- == 6' — 4a^ 



158 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VII. 

OU , en remarquant que le premier membre est un carré parfait , 
"^'Extrayant la racine , on obtient 





<lax+h=::.±.sjb^ — Aac 


d'où 


1ax — ^h±.sjh^ — \ac 


et 


^ _ — h±i\Jb'' — Aac 



2a 

On peut énoncer cette expression en disant que : dans toute 
équation du second degré de la forme a\^-\^hx-\-c = , l'in- 
connue est égale au coefficient de la première' puissance de x 
pris en signe contraire, plus ou moins la racine carrée du carré de ce 
coefficient, diminué de quatre fois le produit du coefficient de x' 
par le terme indépendant de x ; le tout divisé par le double du 
coefficient de x^ . 

Soit pour exemple l'équation 



on en tirera ^^^±^25 + 4x3X2 



5=ts/25+24 5±:7 
ou X- 6 "^-6- ' 

ce qui donne les deux valeurs 

5+7 ,■ , 5—7 i 

^==-^=2 et ^^-^^--_. 

180. Enfin , lorsque le coefficient de la première puissance de x 
est divisible par 2 , il se présente une petite simplification qu'il 
convient de ne pas négliger. 

Soit b = 2fi , l'équation générale ci-dessus pourra s'écrire 

ax''+2^x-\-c=z0 . 

Faisant passer le terme c dans le second membre et multipliant 
par a , il vient 

a-x^ -\- 2 a^x = — ac 

ou , en ajoutant f>^ à chaque membre , 

«V + 2 alix + i^^ = f'- ac 
ou {ax + pf=^^'-ac , 

d'où , en extrayant la racine , 

ax+^ = ±\/p^ — ac , 

et par suite x = — - — ^^ , 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU SECOND DEGRÉ. 159 

c'est-à-dire que : dans toute équation du second degré ramenée à la 
forme ax^-j- 2px -|- c = , l'inconnue est égale à la moitié du coef- 
ficient de la première puissance de l'inconnue, prise en signe con- 
traire, plus ou moins la racine carrée du carré de cette moitié, di- 
minué du produit du coefficient de x^ par le terme indépendant 
de X ; le tout divisé par le coefficient de x^ . 

■ Exemples. I. Soit l'équation numérique 

5^2 — 6^ + 1=0 ; 
on aura , d'après cette règle , 



_ 3±s/9 — 5 _ 3=i=2 

^-~ 5 ~ 5 ' 

d'où a; = l et x= - , 

^' 5 

II. Soit, en second lieu, l'équation algébrique 

(a' ■— b^)x' — 1c?hx + aW=.{) 

On aura x = — ^ — \^ — 

a^ — b^ 



a'b ±1 sjàb^ — à^b"" + cC^h^ éb ±a¥ 
ou 0? = ' — 



abiaûih) 
ou encore x — - ' 



ab(azhb) 

{a+b){a-^b) ' 



De là deux valeurs 

ab{a-\-b) ab 






[a-\-b){a — b) a — b 

^ ^~'{a-\-b){a — b)~T+b ' 

m. Le lecteur pourra s'exercer sur les exemples suivants : 

7x^ — 32^ + 15 = , -, 

x^— (4a~26)j^' + 3a2— 8a6 — 36-=0 , 

x — b^ x~a~^ ' 

^a , X — 26 

x-\-b~^ a—b ~" • 



160 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VII. 



§ II. Problèmes <iui conduisent a une équation du second degré a une seule 

inconnue. 

" 181. Quant à la mise en équation des problèmes, nous n'avons 
rien à ajouter à ce qui a été dit d'une manière générale au n° 70. 
Nous nous bornerons donc à traiter quelques questions choisies. 

Problème I. Un banquier a escompté en dedans un billet de 
2080 /r. payable dans ^ mois , et un billet de 3150 /r. payable 
dans 10 mois ; V escompte total a été de 230 fr. ; on demande 
quel était le taux de l'escompte. 

Soit X le taux de l'escompte. Puisque 100 fr. , au bout 
d'un an, rapportent x , au bout de 8 mois ils rapporteraient 

2^ ou ^ ; par conséquent , si un billet payable dans 8 mois 

énonçait la somme 100^ + — , l'escompte en dedans de ce billet 

semit ^ .Dans les mômes conditions, l'escompte de 2080 fr. 

o 
sera donc donné par le quatrième terme de la proportion 

2 2 

100 + - ic : -^ : : 2080^ : ce quatrième terme, 

o o 

dont la valeur est conséquemment 

2080^x1^' 
100 + |a; 



ou , en multipliant haut et bas par 3 

4160a; 



[1]. 



300 + 2^ 

En second lieu, 100 fr. au bout d'un an rapportant x , 

1 jC ^x 

au bout de 10 mois ils rapporteront — ou —; par consé- 
quent, si un billet payable dans 10 mois énonçait la somme 
100^ + ^ , l'escompte en dedans de ce billet serait ^ . Dans les 

mêmes conditions, l'escompte de 3150 fr. sera donc donné par 
le quatrième terme de la proportion 

100 -[-— : ^ :: 3150M ce quatrième terme, 
'66 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU SECOJND DEGRÉ. 161 

dont la valeur est conséquemment 

3150^ X^ 

D 



100 + ^ 



ou , en multipliant haut et bas par 6 , 

15750^ 

600 + 5^ 1^^^- 

Mais, d'après l'énoncé, la somme de ces deux escomptes doit faire 
230 fr. ; on doit donc avoir l'équation 

4l60.r 15750^ 

300 + 2^^^600+5^""^^^ f^J- 

Faisant disparaître les dénominateurs, transposant et réduisant, il 
vient 

50000^- + 6600000^ = 41400000 

ou ,r^+132^ = 828 [4J, 

d'où l'on tire x~6 et ^-r^ — 138 . 

Le taux de l'escompte étant essentiellement positif, la seconde 
valeur doit être rejetée ; le taux cherché est donc 6 pour ICO . On 
trouvera ensuite pour l'escompte des deux billets 80 fr. et 
150 fr. , en mettant pour x la valeur 6 dans les expressions 

[1] et [21. ^ 

Remarque. En changeant x en — x dans l'équation [3] , il 
serait facile de trouver un énoncé auquel convînt la solution — 138 
prise positivement; mais, outre que cet énoncé serait incompatible 
avec la notion d'escompte, la valeur positive +6 se trouverait 
alors convertie en une valeur négative — 6 . 

On pourra être surpris, au premier abord, de voir l'Algèbre 
donner ainsi une solution étrangère à la question , quel que soit le 
signe que l'on donne à x dans l'équation du problème. Mais il 
faut bien remarquer que l'Algèbre doit donner la réponse à toutes 
les questions qui pourraient conduire à la même équation [4], et 
dont le nombre est illimité. Telles seraient, par exemple, les sui- 
vantes, bien différentes de celle que nous venons de résoudre. 

Trouver un rectangle dont la surface soif de 828"'"i et dont la 
base et la hauteur diffèrent de 132"^ ; question qui conduit préci- 
sément à l'équation ^(^+ 132) = 828 ; en appelant x le plus 
petit côté du rectangle. 

Trouver un rectangle dont la surface soit de 828'""î et dont la 
base et la hauteur fassent en somme 132"' ; question qui conduit à 

11 



162 SECONDE PARTIE. CHAPITRE VII. 

l'équation x (132— a;)= 828 , laquelle ne diffère de l'équation [4] 
qu'en ce que x est changé en —x. 

Enfin cette question générale qui comprend les précédentes : Trou- 
ver deux quantités dont le produit soit 828 et dont la somme al- 
gébrique soit 132 ; laquelle, en désignant par x l'une des deux 
quantités demandées, conduit encore à l'équation [4] , et admet les 
solutions négatives aussi bien que les positives. 

L'équation [4] est donc beaucoup plus générale que le problème 
qui y a conduit ; et il n'est point surprenant qu'elle admette une so- 
lution étrangère à ce problème particulier. Nous aurons souvent 
l'occasion de faire des remarques analogues. 

182. Problème II. Partager 17 en deux parties telles que le 
carré de la première surpasse de 2 unités le double du carré de 
la seconde. 

Si l'on appelle x la première partie , la seconde sera {\l/—x)\ 
et en traduisant algébriquement l'énoncé , on aura 

2(17—07)^ + 2=:^' 

ou , en réduisant , a;'- — 68 ^ + 580 — , 
d'où l'on tire 5; = 34ïh24 , ,' 

c'est-à-dire ^ = 58 et a; = 10 . 

La seconde valeur satisfait à la question , et donne pour les deux 

parties 10 et 7 . . . ,, . 

Quant à la première valeur, elle est, quoique positive, etrangei;e 
à la question proposée, puisqu'une des parties de 17 ne saurait 
surpasser 17 . 

Remarque. L'explication de cette circonstance, en apparence sin- 
gulière, est facile à trouver. Le problème que nous venons de ré- 
soudre avec une seule inconnue, en comporte réellement deux, 
qui sont les deux parties de 17 . 

En appelant x et y ces deux parties , les équations du pro- 
blème seraient 

x + y:^\7 , 

Or il ne suffit pas que x soit positif pour que la solution ré- 
ponde à l'énoncé, il faut encore que y le soit, ce qui ne peut avoir 

lieu si X surpasse 17 . .^ . .. j • * 

Si l'on change y en - ?/ , la première équation devient 

X — y = 17 
et la seconde ne change point. Ces équations répondraient à ce pro- 
blème : Trouver deux nombres qui diffèrent de 17 , et tel que le 



ÉQUATIONS ET PllOBLÈMES DU SECOND DEGRÉ. 163 

carré du plus grand surpasse de 1 unités le double du carré du plus 
petit. Dans ce cas, les valeurs de .x restant les mêmes, on trouve 
que la valeur ^ = 68 satisfait et donne pour y une valeur po- 
sitive ?/ = 4l ; tandis que x=\(} donne y~ — 7 . 

Mais les valeurs, tant négatives que positives de y , deviendraient 
admissibles si l'on prenait pour énoncé : Trouver deux quantités 
dont la somme algébrique soit 17 , et telles que le carré de la pre- 
mière surpasse de 2 unités le double du carré de la seconde. 

On voit ici, comme dans le problème précédent, que l'équation à 
laquelle on est parvenu est plus générale que le problème qui y a 
conduit, et que c'est à cette plus grande généralité qu'il faut attri- 
buer les valeurs étrangères au problème particulier que l'on a en 
vue fournies par les procédés de l'Algèbre. 

i^^.V^omtmlll. Un champ a 480--^ de superficie ; un champ 
voisin, qui a 6"' déplus en longueur, mais 4- de moins en lar- 
geur, a la même superficie. On demande les dimensions des deux 
champs (dont la forme est supposée être celle d'un rectangle). 

La superficie d'un rectangle ayant pour expression le produit de 
sa longueur par sa largeur, si x désigne la longueur du premier 

champ, — sera sa largeur. La longueur du second sera 

x + e^ ; sa largeur sera ~ 4 ; et sa superficie sera le pro- 
duit de ces deux expressions. On devra donc avoir 

ou , en effectuant et réduisant , 

2880 , 

— 4.3? — 24— . 

X 

Faisant disparaître le dénominateur x , transposant et divisant 
par 4 , il vient 

•^' + 6^ — 720 = , 
d'où Ton tire .r = —- 3d=v/729 = — 3±27 , 
c'est-à-dire x=:24 et x = — 30 . 

Prenons d'abord la solution positive. La longueur du premier 
champ étant de 24'" ;^ sa largeur est ■ ^^ ' ou 20"' ; la Ion- 

gueur du second est 24"^ -f 6'" ou 30'" , et sa largeur est 
20"» — 4"^ ou 1&" , sa superficie a donc pour valeur 30X16 
ou 480"»*'i ; elle équivaut donc bien à la première. 



lea SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VU. 

Passons à la solution négative. Pour l'interpréter, changeons x 
en — X dans l'équation du problème ; nous aurons 

(-x + 6)(-^-4)=480 ; , 

ou, en changeant à la fois le signe de chaque facteur, ce qui n'alté- 
rera pas le produit , 

(._6)(^ + 4):=480 ,_ 

équation qui répond au cas où le second champ aurait 6'" de 
moins en longueur et 4'" déplus en largeur. 

On trouverait en effet pour solutions ^ = 30 et ^' = — 24 . 
La première de ces valeurs donne pour la largeur du premier champ 

^ ou 16'» ; la longueur du second est 30 — 6 ou 24'" et 

sa largeur est 16 + 4 ou 20"' . C'est-à-dire que c'est le se- 
cond champ du cas précédent qui est devenu le premier. Quant à la 
valeur négative — 24 , son interprétation nous ramènerait au 
premier cas. 

On voit qu'on passe d'un cas à l'autre en changeant le signe 
de ^ ; et c'est pour cela que l'Algèbre les réunit en présentant la 
solution de l'un avec le signe + et celle de l'autre avec le 
signe — . 

V^^i. V^ov>Lm^\y. Une personne qui a 120000 /r. décapitât 
en a fait deux parts quelle a placées à deux taux différents; la pre- 
mière lui rapporte annuellement 2800 /r. ; la seconde, qui est 
placée à un taux plus élevé de 1 fr. , lui rapporte 2500 /r. On 
demande quelles sont les deux parts, et à quels taux elles ont clé 
placées, , 

Désignons par x le taux auquel la première part est placée. Ni 
la première part était connue, on obtiendrait son intérêt annuel en 
la multipliant par le taux x , et en divisant par 100 ; ce qui de- 
vrait donner 2800 fr. On aura donc l'expression de la première 
part en faisant les opérations inverses , c'est-à-dire en nmltipliant 
2800 fr. par 100 , et en divisant le produit par x ; ce qui 

donne 

280000 

X 

En raisonnant de la même manière, on trouvera pour l'expres- 
sion de la seconde part 

250000 

x + 1 * 



ÉQUATIONS ET PROBLÈMES DU SECOND DEGRÉ. i65 

Et puisque la somme des deux parts doit faire le capital entier, on 
devra avoir 

280000 25^^^20000, 

ou —.= 12 , 

ou encore 12x^ — 41^ — 28 = 0, 

d'où l'on tire x = A et x = — — . 

La valeur positive +4 , qui est seule admissible, donne 4 + 1 
ou 5 pour le taux auquel a été placée la seconde part. La pre- 
mière est alors 

— 7 — ou 70000^ , 
4 

et la seconde est -^ — ou 50000^ . 

5 

La somme de ces deux parts forme bien le capital 120000 fr. 

Ici, comme dans le problème I, la valeur négative — ~- ne 

pourrait être interprétée qu'en partant d'un énoncé incompatible 
avec la notion d'intérêt. Rappelons que si l'Algèbre fournit ainsi 
une solution étrangère, cela tient à ce que l'équation à laquelle on 
est parvenu a plus de généralité que le problème particulier qui y a 
conduit, et que l'Algèbre doit répondre à toutes les questions qui 
conduiraient à cette même équation , et dont quelques-unes pour- 

7 
raient admettre la solution négative — -^ . 

18i>. Problème V. Divise?- 11 en deux parties telles que la 
somme de leurs cubes soit égale à 407 . 

Soit X l'une des parties , l'autre sera 11 — x .Le cube de la 
première s'écrira x^ . Pour former le cube de la seconde, formons 
d'abord son carré qui est 1 P — 2xll .x-\- x- , et multiplions ce 
carré par 11 — x , ce qui donnera 

IP— 3X11'..^ + 3X11 ..:^'— ^^ . 

En faisant la somme des deux cubes, les termes en 
sent ; on doit donc avoir l'équation 

11^—3 X 11'. .^ + 3 X 11 . ^' — 407 



disparais- 



166 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VII. 

OU , en remarquant que tous les termes sont divisibles par 1 1 , 

11^—3X11 .ir+3a;^=37 , 

ou 3^«— 33a? + 84 = , 

ou encore x^—llx-\-2S=0 , 

d'où l'on tire x = 7 et .t = 4 . 

Si l'on prend 7 pour la première partie, la seconde sera 11 — 7 
ou 4 . Si l'on prend 4 pour la première, la seconde sera 1 1 — 4 
ou 7 . En sorte que, bien que nous trouvions deux valeurs positives 
distinctes et toutes deux admissibles , le problème n'admet néan- 
moins qu'une solution. Cela tient à ce que, x ne désignant pas 
plutôt une des parties que l'autre , l'Algèbre doit les donner toutes 
les deux ; et c'est ce qui arrive en effet. 

180. Le lecteur pourra s'exercer sur les exemples qui suivent : 

I. Une personne a acheté du drap pour 300 /r. Si elle avait 
patjé le mètre 5fr. de moins elle aurait eu , pour la même somme, 
2"* de drap de plus. On demande combien elle a acheté de mètres 
de drap, 

(Réponse : 10™ . Solution négative — 12'" , qu'on interpré- 
tera comme au n° 185. ) 

II. Un amateur de tableaux achète pour original une copie qu'il 
est obligé de revendre ensuite ^Afr. ; à ce marché il perd autant 
pour 100 que le tableau lui avait coûté. On demande quel a été 
le prix d'achat. 

(Réponses: 60 fr. et 40 fr.) 

III. Partager 12 en deux parties telles que le carré de la pre- 
mière soit inférieur d'uîie unité au double du carré de la seconde. 

(Réponse : la première partie est 7 ; par suite la seconde est 5 . 
De plus une solution inadmissible , 41 pour la première partie, 
ce qui donnerait pour la seconde — 30 .Voy. le n° 182.) 

IV. On a payé 96 fr. à 14 ouvriers , hommes et femmes; 
chaque homme a reçu autant de francs quHl y avait de femmes, et 
chaque femme autant de francs qu'il y avait d'homnies. Combien 
y avait-il d'hommes et combien y avait-il defemmes^t 

(Réponse : 8 hommes et 6 femmes , ou bien 6 hommes et 
8 femmes ). 

V. Trouver les quatre termes d'une proportion par quotient, sa- 
chant que la raison est 3 , que la somme des antécédents est 5 , 
et que la somme des carrés des quatre termes est 130 . 

(Réponse: 2: 6:: 3:9 ou 3:9:: 2:6). 



ÉQUATIONS BIGARRÉES. i6î 

VI. Deux ouvriers ont un ouvrage à faire. Si chacun d'eux en 
faisait la moitié , il leur faudrait en tout '26 heures de travail 
pour le terminer; 7nais s'ils ij travaillent ensemble , l'ouvrage sera 
fait en 12 heures . Combien d'heures chacun d'eux emploierait-il 
à faire l'ouvrage entier s'il travaillait seid ? 

(Réponse : L'un des ouvriers emploierait 30 heures , et l'autre 
20 heures .) 



§ m. De la résolution de l'équation bicarrée, et des problèmes qui conduisent 
à une équation de cette espèce. 



187. On nomme équation bicarrée une équation du quatrième 
degré (66) qui ne contient que les puissances paires de l'inconnue. 
Lorsqu'on a fait disparaître les dénominateurs , passé tous les termes 
dans un seul membre, réuni en un seul tous ceux qui contiennent 
l'inconnue à la quatrième puissance , en un autre tous ceux qui la 
contiennent à la deuxième puissance , enfin en un troisième tous 
ceux qui sont indépendants de l'inconnue , l'équation bicarrée se 
présente sous la forme 

ax'*-^bx^+c~(i . 

Pour résoudre une pareille équation , qui ne diffère d'une équa- 
tion du second degré qu'en ce que x y est remplacé par x"- et 
x^ par x'* , on pourra prendre comme inconnue x- . On po- 
sera donc 

X- =. y d'où X' = y- 

en élevant les deux membres au carré. Substituant ces valeurs dans 
l'équation proposée , elle deviendra 

arf -\- by -\- c =^ Q , 

d'où l'on tirera (179) 



— b±.s'b'' — Aac 

y= ra — • 

Maintenant, de x^=^y , on déduit x^=-±.sly ; mettant donc 
pour y la valeur qu'on vient de trouver, on aura tinalement 



^-±\/- 



6±:v/6^-4ap 
2a 



ce qui fournit pour x quatre valeurs, en combinant les signes 



108 SECONDE PARTIE. — CIÏAriTRE VII. 

de toutes les manières possibles, savoir : 



x=-\/- 

x^+sj- 

X^-Sj 



— h + sJb'—Aac 
'la 



20 



h — \lb^ — Aac 
20 



— b — sjb"^ — Aac 

20 * 

Ces valeurs sont deux à deux égales et de signe contraire , et c'est 
ce qu'on pouvait prévoir. Car, si une valeur quelconque a , mise 
pour X , satisfait à l'équation proposée , la valeur égale et de signe 
contraire — a y satisfera également, puisque le carré de — a 
est le même que celui de -|- a , et que par conséquent il en est de 
même de leurs quatrièmes puissances. 

188. I. Soit, pour exemple numérique, l'équation 
;2;^— 169^-+ 3600=0 . 
En posant x^=y , d'où x*=zif , on obtient 

?/^— 169?/ + 3600=^0 , 
équation qui donne pour y deux valeurs 

?/= 144 et ?/ = 25 , 
mettant ces valeurs dans ^- = ?/ , il vient 

x- = lAA et a?2 = 25 ; 
d'où a7==hl2 et x ==±b . 

IL Soit, pour exemple algébrique, l'équation 

x' ^2{a^ + b-) x^ + {a' — b^f = . 
En opérant comme ci-dessus , on aura successivement 

y' — 2{a' + b')y +{a' — b'f=:0 , 
d'où y = a-+b^±2ab , 

c'est-à-dire yz=(a + bf et y={a — bf, 
donc x'- = {a + bf et x'- = (a — bf , 

d'où X z=d!z(a-\-b) et x =±i{a — b) , 

c'est-à-dire 
x = + a-\-b , x = — a-^b , xz= + a'-b , x=^a + b . 



ÉQUATIONS BICARRÉES. 169 

11 est facile de vérifier que chacune de ces quatre valeurs satisfait 
effectivement à l'équation proposée. , 

189. Nous allons donner quelques exemples de questions qui 
donnent lieu à la résolution d'une équation bicarrée. 

Problème I. Décomposer 120 en deux facteurs tels que la somme 

de leurs carrés soit égale à 289 . 

120 
Soit X l'un des facteurs , l'autre sera — ; on devra donc 

X ' 

14400 
avoir ^2 4-12:^ = 289 ou ;77*—289.a?2+ 14400=0 , 

d'oùl'ontire x = ±:\^ et ^ = ±8 . 

Si l'on ne veut que des facteurs numériques, les valeurs posi- 
tives 15 et 8 peuvent seules convenir à la question ; mais si 
l'on admet les facteurs algébriques , on aura encore une solution 
en prenant — 15 et — 8 . 

Problème II. Trouver la hase et la hauteur d'un rectangle sachant 
que sa surface est de 12"'*'i et que sa diagonale a 5"' . (On sup- 
pose connus la mesure du rectangle et le théorème de Pythagore. ; 

12 

Soit x la base , la hauteur sera — ; or , d'après le théorème 

X ^ 

de Pythagore , la somme des carrés de ces deux dimensions doit 

égaler le carré de la diagonale ; on doit donc avoir 

.x^-flii=25 ou ^^^— 25.2^^+144=0 , 
d'oùl'ontire x=àiA et x=^±Z . 

Ici les valeurs +4 et +3 sont les seules qui soient ad- 
missibles. 

Problème III. Partager 60 en deux facteurs tels que le carré 
du triple du premier, plus le carré du double du second fassent une 
somme éaale à 801 . 



Soit x le premier facteur , le second sera — et l'on devra 

/120\^ 14400 

avoir (3^)-+(^^) =801 ou 9^^+i^ = 801 , 

\ X J X" 

ou enfin 9^^—801^^+14400=0 , 

d'oùl'ontire a;=±8 et ^=±5 . 

Les seconds facteurs correspondants seront àz—- et dz— , 

o 5 

c'est-à-dire ±y et ±12 . 



170 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VII. 

Les deux facteurs devront être pris avec le même signe, attendu 
que le produit 60 est positif. 

§ IV. Résolution , dans quelques cas simples , d'un système de plusieurs équations 
(dont une au moins du second degré) renfermant le même nombre d'in- 
connues. 

190. Une équation à deux inconnues est dite du second degré 
lorsqu'après y avoir fait disparaître les dénominateurs et effectué les 
calculs, elle contient soit le carré de l'une des inconnues, soit le 
produit de ces deux inconnues. 

En général , une équation à deux inconnues est du degré n , 
lorsque , après avoir fait disparaître les dénominateurs et effectué les 
calculs , la somme des exposants des deux inconnues est n dans 
le terme où cette somme est la plus grande. 

Nous nous occuperons, dans ce paragraphe, de la résolution, 
dans quelques cas simples, d'un système de deux équations à deux 
inconnues, lorsque l'une au moins de ces équations est du second 
degré. 

Soit d'abord le système des deux équations 

X7J = b . 

Si l'on tire de la première la valeur de y en x , savoir 
ij=za — X , et qu'on la mette à la place de y dans la seconde , on 
obtient 

x{a — x)=^b ou ax — x^z^h , 

ou encore x^—ax-\-b—0 . 

Si , au lieu d'éliminer y , on eût éliminé x , on serait parvenu 
à l'équation 

y'—ay+f>=^ . 

qui ne diffère de la précédente que par le caractère qui représente 
l'inconnue; d'où il suit que la même équation donne à la fois x 
et y ; c'est-à-dire : non pas que x et y sont égaux , mais que 
si l'on prend pour x l'une des valeurs fournies par l'équation du 
second degré à laquelle on est parvenu , il faudra prendre pour y 
l'autre valeur fournie par la même équation. 

On aurait pu prévoir ce résultat ; car les équations proposées sont 
symétriques en x et y ; c'est-à-dire que si l'on y changeait x 
en y et y en j: , elles ne changeraient pas; il en résulte que 
le calcul qui donne x est le même que celui qui donne y , et 
que par conséquent il doit donner à la fois l'un et l'autre. 



ÉQUATIONS DU SECOND DEGRÉ A DEUX INCONNUES. 171 

On tire de ce qui précède ce théorème de calcul : Lorsque l'on a 
la somme et le produit de deux quantités, elles sont données Vune 
et Vautre par une même équation du second degré , dans laquelle le 
terme affecté de la seconde puissance de l'inconnue a pour coefficient 
l'unité ; le terme affecté de la première puissance apour coefficient la 
somme des deux quantités prises en signe contraire , et le terme in- 
dépendant de l'inconnue est le produit de ces mêmes quantités. 

191. Soit, par exemple, à résoudre ce problème: Trouver la 
base et la hauteur d'un rectangle, sachant que sa surface est de 
48""'! et que son périmètre est de 28™ . 

En désignant par x la base et par y la hauteur , on aura 
xy pour l'expression de la surface et 2x-\-2y pour celle du 
périmètre. On devra donc avoir 

xy=4S et 2x-\-'2y—2S ou x-\-y~l4 . 

En vertu du théorème précédent, l'équation qui donnera à la fois la 
base et la hauteur sera 

d'oii -s — 8 et 5 = 6 , 

c'est-à-dire que si la base a 8™ , la hauteur aura 6"" ; ou que si 
la hauteur a 8*" , la base aura 6'" . Car z désigne indifférem- 
ment la base ou la hauteur du rectangle. > 

192. Soit proposé un système quelconque de deux équations à 
deux inconnues , l'une de ces équations étant du premier degré , 
et l'autre du second. 

On pourra tirer de la première la valeur de y en .x , et , en 
la substituant dans la seconde , on aura à résoudre une équation du 
second degré en x . Ayant déterminé x , on remettra sa valeur 
dans la première équation , et l'on en tirera la valeur correspon- 
dante de y . Il y aura, en général, deux systèmes de valeurs, 
mais il pourra arriver qu'un seul des deux systèmes* puisse conve- 
nir à la question particulière qui aura fourni les deux équations 
proposées. 

Soit proposé, par exemple, ce problème : Un capitaliste veut 
placer, à des taux différents, une somme de 40000 /r. et une 
somme de 25000 fr. S'il les place à intérêts simples , il en retirera 
6000 /r. au bout de deux ans; mais s'il les place à intérêts com- 
posés , il en retirera 140 fr. de plus. On demande à quels taux 
les deux soynmes doivent être placées. 

Soient x et y ces deux taux. Pour obtenir l'intérêt de 
40000 fr. au taux x , au bout de 2 ans , à intérêts simples , on 



172 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VII. 

sait qu'il faut multiplier 40000 fr. par x et par 2 , et di- 
viser le résultat par 100 .On obtient ainsi 

800^7 . 

On obtient de la même manière , pour l'intérêt de 25000 fr. , au 
bout de 2 ans , et au taux y 

600 îj . 

On aura donc, pour première équation 

800^ + 500?/ = 6000 , 

ou 8^ + 5?/ = 60 [1]. 

En second lieu , pour savoir ce que devient un capital 40000 fr. 
au bout de 2 ans , au taux x et à intérêts composés , on sait 

qu'il faut multiplier le capital par (l +-r^) , ce qui donne 

De même , un capital de 25000 fr. , placé pendant 2 ans au 
taux y et à intérêts composés, devient 

25000 (h- 4y. 

Or, la somme de ces deux capitaux définitifs doit faire la somme 
des capitaux primitifs augmentée de ce qu'ils rapportent, c'est-à- 
dire augmentés de 6000 fr. plus l40 fr. , ce qui fait en tout 
71 140 fr. On a donc pour seconde équation 

' 4000o(n-:|jy+2500o(l + ^) =71140 , 

OU, en effectuant, chassant les dénominateurs et réduisant, 

8^^+1600a? + 5?/^-fl000y=12280 [2]. 

On tire de l'équation [1] 

60--8^ 

Mettant pour y cette valeur dans l'équation [2] , faisant dispa- 
raître les dénominateurs , et réduisant , on obtient 
13;r^ --120^ + 275 = , 

d'où x = o et x = 4-pr^ . 

Ces valeurs , mises pour x dans l'équation [3] donnent 
y = 4 et y = 5-ft . 



ÉQUATIONS DU SECOND DEGRÉ A DEUX INCONNUES. 173 

Le problème admet donc deux solutions : 

^ = 5 avec y = 4 , 

et x = A-^ avec ?/ = 5-nï • 

195. Soient proposées, maintenant, deux équations simples, 
toutes deux du second degré ; par exemple : 

x'+f=m [1], 

xij = 120 [2]. 

(La seconde équation est du second degré, parce que les incon- 
nues X et tj y sont multipliées entre elles (190).) 

On peut , d'abord , tirer de la seconde la valeur de y en x ^ 
laquelle est 

y=— > [3], 

et substituer cette valeur dans la première équation , qui ne con- 
tiendra plus alors que la seule inconnue x . On trouve ainsi 

^ X- 
ou , en faisant disparaître le dénominateur x- , et transposant 

x' — 289 x'^ + 1 4400 =: [4] , 

équation bicarrée, qui donne (187) 

x=:±:lb et x = àz% . 
Ces valeurs, mises pour x dans l'équation [3], donnent ensuite 

?/==:±8 et y = ihl5 . 
Les signes supérieurs doivent se correspondre ainsi que les signes 
inférieurs ; en d'autres termes ^ x et îj doivent être de même 
signe, puisque leur produit doit être égal au nombre positif 120. 
Remarque. Les quatre valeurs de y sont précisément les 
mêmes que les quatre valeurs de ^ . On pouvait le prévoir ; car 
les équations proposées étant symétriques par rapport à ^ et à 
y , c'est-à-dire ne changeant pas de forme quand on y change x 
en y et y en x , \\ en résulte que le calcul nécessaire pour 
déterminer y doit être précisément le même que celui qui dé- 
termine X , et que, par conséquent, on doit trouver les mêmes 
valeurs que ces deux inconnues. 
Mais ce ne sont point les valeurs égales qui se correspondent : 

à la valeur x = -\-l6 correspond ?/ = -|- 8 , 

— 15 ~ 8 , 
+ 8 +15 , 

— 8 —15 . 



i 74 SECONDE PARTIE. -— CHAPITRE VII. 

104. On peut encore résoudre le système des deux équations 
précédentes par un autre procédé qu'il est bon de connaître. 

On remarque que si, au premier membre de l'équation [l], on 
ajoutait le double du premier membre de l'équation [2] , on obtien- 
drait le carré de œ -\- ?j ; et que si l'on retranchait au lieu 
d'ajouter, on obtiendrait le carré de œ — y; par suite, on con- 
naîtrait la somme des deux inconnues ainsi que leur différence ; et, 
en vertu du théorème démontré au n" 5 on obtiendrait immédiate- 
ment chacune de ces inconnues. 

On trouve, en effet, en opérant ainsi : 

x^ + 2xy + y^ ou (^ + y)'^ = 289 + 240 = 529 , 

et œ^—'2xy-\-y^ ou (^ — y)^ = 289 — 240 = 49 , 

d'où l'on tire x + y = d-23 , 

et 00 — y=:zh 7 . 

±23dt7 , ±23=1=7 
Par suite x — ^ et y = , 

ce qui donne pour x et y les valeurs écrites plus haut. 

Soit proposé, par exemple, ce problème : Trouver les deux 
côtés de r angle droit d'un triangle rectangle, sachant que son hy- 
poténuse a 13 mètres , et que sa surface est de 30 mètres 
carrés. 

En désignant par x et y les deux côtés demandés , et re- 
marquant que si l'un de ces deux côtés est pris pour base du 
triangle, l'autre mesure précisément la hauteur, on aura les deux 
équations * : 

x^ + y^=m9 , 

et -a??/:=30'"'i ou xy = 60 . 

On tire de là (x + yf = 169 -|- 120 = 289 , 

et (ic — y/=: 169 — 120= 49 , 

d'où x-^-y^l? et x — y = 7. 

On peut se dispenser du double signe , en remarquant que x et 
y doivent être positifs et en convenant d'appeler x le plus 
grand de ces deux côtés. 
On a ensuite (5) 



x~ — ^ — = 12 et y = 



* La somme des carrés des deux côlés de l'angle droit équivaut au carré de 

^'hypoténuse ; et la surface du triangle a pour mesure la moitié du produit de 

sa base par sa hauteur. (Voy. notre Géométrie théorique et pratique, 3" édition.) 



ÉQUATIONS Î)U SECOND DEGRÉ A PLUSIEURS INCONNUES. 175 

193. Comme exemple d'une question à trois inconnues, soit 
proposé le problème suivant : 

Tromper les trois dimensions d'un parallélépipède rectangle, sa- 
chant que sa diagonale a 7 mètres , que la surface de sa base est 
de 12'''"i , et que la soî)ime de ses douze arêtes est de 44 mètres . 

Désignons par x et y les deux côtés adjacents du rectangle 
de base , et par z la hauteur du parallélépipède , nous aurons les 
trois équations 

a;'^ + f + z^ = 49 [1], 

■ xy = n [2], 

et 4a) + 4y-{'4z=U ou ^ + 2^+^=11 [3]; 

qui expriment : 1° que la somme des carrés des trois arêtes abou- 
tissant à un même sommet équivaut au carré de la diagonale; 
2° que le produit des deux côtés adjacents du rectangle de base 
mesure la surface de ce rectangle; 3° que la somme des douze 
arêtes , lesquelles sont égales 4 à 4 , est de 44"' . 

Pour résoudre ce système d'équations , mettons la première sous 
la forme 

Ajoutons-la membre à membre avec l'équation [2] multipliée 
par 2 ; nous aurons 

a:^ + ^ccy + y' = 49 — z^ + 24 , 

ou {x + yf = 7S—z'^ . 

Mais , de la troisième équation proposée , on tire 

x-\-y=i\\ — z . 

Mettant pour ôc-\-y cette valeur dans l'équation ci-dessus , il vient 

(11— s)^=73— 2^- , 
ou , en développant , transposant et réduisant , 

25^— 22-5-1-48 = , 

ou encore 2^--ll.s-|-24 = ; 

d'où z=r.s et z = S . 

La valeur ^=8 ne peut convenir au problème; car le carré 
de 8 est plus grand , à lui seul , que 49 . Prenons donc z=3 ; 
il en résulte 

.^^-1-^=11-3=8 ,^ 

et, comme on a xy=zl2 , 



176 Si;CONDE PARTIE. — CHAPITRE VU. 

on est ramené à un système analogue à celui du n" 190. Dès lors 
on aura à la fois ^' et ij en résolvant l'équation 

î^'— 8w + 12=0 , 

dans laquelle le terme en u a pour coefficient la somme 8 des 
deux inconnues , prise en signe contraire , et où le terme indépen- 
dant de u est le produit 12 de ces mêmes inconnues. 

Cette équation donne i^ = 6 et ?^=2 . On a donc .r=6 , 
y=2 ou bien x=:^ > ^=6 . 

196. Le lecteur pourra s'exercer sur les problèmes qui suivent : 

I. Trouver la hase et la hauteur d'un rectangle , sachant que sa 
diagonale a 3'", 7 et que sa surf ace .est de 4'""'i,20 . 

(Réponse : 3"\5 et r»,2 ). 

II. Trouver une fraction telle que le produit de ses deux termes 
soit 12 , et que si, à cette fraction , on ajoute la même fraction 
renversée , on obtienne pour somme 2 jô . 

(Réponse.: y ou - 

III. Calculer les trois côtés d^un triangle rectangle, sachant que 
son périmètre est de 90"' et que sa surface est de 180"'"' . 

(Réponse;: hypoténuse, 41'" ; côtés de l'angle droit, 40"' 
et 9™ . 

IV. Calculer les trois arêtes adjacentes d'un parallélépipède rec- 
tangle , saclmnl que sa diagonale a 13'" , que la somme de ses faces 
est de 192'"""' , et que le périmètre du rectangle de base est de 14'" . 

(Réponse : côtés du rectangle de base, 3'" et 4™ ; hauteur du 
parallélépipède, 12'" .) 

V. Partager 17 en trois parties telles que la somme de leurs 
carrés soit égale à \^{ , et que le produit des deux parties extrêmes 
soit égal au triple de la partie moyenne. 

(Réponse: 2 , 6 , 9 .) 



y^ 



r 



SECONDE PARTIE. 177 





CHAPITRE VIII 



I . 



DES QUANTITÉS IRRATIONNELLES DU SECOND DEGRÉ , DES QUANTITÉS IiMA- 
GINAIRES, ET DE LA DISCUSSION DES PROHLÈMES DU SECOND DEGRÉ. 



§ I. Des quantités irrationnelles du second degré. 

197. Lorsqu'un nombre entier n'est pas un carré parfait, on sait 
que sa racine carrée ne peut être exprimée exactement ni par un 
nombre entier, ni par un nombre fractionnaire; mais que l'on peut 
en approcher aussi près qu'on le -désire. Ainsi une expression telle 
que v/2 représente une quantité dont la valeur ne peut être assi- 
gnée exactement en nombres, mais qui a néanmoins une existence 
réelle, puisqu'on peut toujours trouver deux quantités numériques^ 
différant entre elles d'aussi peu qu'on le voudra, et entre lesquelles 
elle soit comprise. Une pareille quantité est ce qu'on appelle une 
quantité inconmiensurable, si on la considère sous le rapport de son 
évaluation numéj'ique, ou une quantité irrationnelle j, si l'on ne 
s'attache qu'au signe \/ par lequel elle est représentée. 

Une quantité telle que \^'Sal) , dans laquelle a et b sont 
des quantités numériques quelconques, est encore une quantité 
/rrtt//ow?ie//e. On pourrait bien, à la vérité, trouver pour a et b 
des valeurs numériques telles que ^ab devînt un carré parfait, 
auquel cas y'Sab deviendrait rationnel et commensurable ; mais 
comme cela n'a pas heu pour toutes les valeurs qu'on pourrait attri- 
buer à a et à 6 , il convient de traiter l'expression \/3a6 
comme si le radical [12] ne pouvait jamais disparaître, c'est-à-dire 
qu'il convient de la traiter comme si elle devait rester irrationnelle 
pour toutes les valeurs de aetéeb. 

Généralement, toutes les fois qu'un radical du second degré 
porte sur une quantité algébrique qui n'est point un carré parfait , 
algébriquement parlant, c'est-à-dire indépendamment des valeurs 
particulières qu'on peut attribuer aux lettres qui y entrent, l'ex- 
pression doit être regardée comme irrationnelle , bien que pour 
certaines valeurs particulières attribuées aux lettres, elle puisse 
cesser de l'être. C'est ainsi que \Ui^-\-b'' doit être considérée 
comme une quantité irrationnelle , attendu que à'-{-b^ ne peut 



178 SKCONDE PARTIE. — CHAPITUE YlII. 

être ni le carré d'un monôme, ni celui d'un polynôme ; et cela, 
quoique certaines valeurs particulières, attribuées à a et à 6, 
ou à l'une des deux seulement, puissent rendre a^-\-Jf- un carré 

parfait, ce qui arriverait, par exemple, pour à=ja , auquel cas 

a^-\-b^ se réduirait à — j— et serait le carré de -r- . 
4 2 

Nous allons nous occuper , dans ce paragraphe , des règles suivant 

lesquelles les irrationnelles du second degré doivent être introduites 

dans le calcul. Pour cela, nous commencerons par étendre aux 

quantités incommensurables quelques théorèmes fondamentaux 

qui n'ont été supposés démontrés jusqu'ici que pour les quantités 

commensurables. 

1 90 . I . U7i produit de deux facteurs incom^nensurables ne change 
pas, dans quelque ordre qu'on suppose la 7nultiplication effectuée. 

Soit à multiplier, par exemple , y/^ par s/5 . Il s'agit de faire 
voir que le produit est indépendant de l'ordre des facteurs. 

Pour cela , soit a une valeur de s/^ , approchée par défaut à 

moins de -, en sorte que sj'i soit compris entre a et «+-  

Soit de même fi une valeur approchée de v^5 au même degré 
d'approximation. 
Les quantités a et 8 étant commensurables , on a 

Les quantités a-[— et fi + - étant également commensu- 
rables , on a de même 

Or, v/2 étant compris entre a et a + - » et v^5 étant 
compris entre ? et fi + i , le produit v/2Xv/5 est compris 
entre aô et (a + i) (fi + -) , c'est-à-dire entre les premiers 
membres des égalités ci-dessus. Pareillement y^ôX s/2 est com- 
pris entre p-a et (p-f--) y- + i) ' c'est-à-dire entre les se- 
conds membres de ces mêmes égalités. Donc \J^y<\J'o et 
v/5 X V 2 sont compris entre les mêmes limites. 



DES QUANTITÉS IRRATIONNELLES DU SECOND DEGRÉ. 179 

Mais si l'on développe U + - j (P + ^) > ce qui donne 

on voit que les deux premiers membres des égalités ci-dessus diffè- 
rent de 

n ^ n ^ n^ ' 
quantité qu'on peut rendre aussi petite qu'on voudra en prenant 
n suffisamment grand, c'est-à-dire en prenant pour a et p 
des valeurs de ^'2^ et de ^/5 suffisamment approchées. 

Les produits \/'2 X s/ 5 et )/6 X s/2 sont donc compris entre 
deux limites variables qu'on peut rapprocher l'une de l'autre autant 
qu'on le voudra ; il faut donc que ces produits soient rigoureusement 
égaux. Car, s'ils différaient, on pourrait rendre la différence des 
deux limites moindre que la différence des deux produits qu'elles 
comprennent entre elles, ce qui serait absurde. On a donc 

v/2Xv/5 = v/^X\/2 , 
ce qui démontre la proposition énoncée. 

199. II. Multiplier une quantité par le produit de deux facteurs 
incommensurables, revient à la multiplier successivement par cha- 
cun de ces facteurs. 

Démontrons, par exemple , que multiplier une quantité a par 
le produit (supposé effectué) {y,/2X\/b) , revient à multiplier 
d'abord_cette quantité par v/2 , et à multiplier ensuite le produit 
par \/5 . 

En conservant les notations du numéro précédent, on aura d'abord, 
puisque a et p, a + - et !^ + i sont commensurables , 
et que la proposition a été démontrée en arithmétique dans ce cas : 

aX(ap)=(aa)Xp 

•■ "><[(■+.-) ('+î)]=K-+3]x(f+ï 

Or, (v/2Xv/5) étant compris entre ap et L-\--) U-{-~\ , 

le produit « X (v/2 X v/5 ) sera compris entre les premiers mem- 
bres des égalités ci-dessus. De même, v/2 étant compris entre 
"" ^^ « + « > le produit a . v/2 est compris entre «a et 



(■+i) ■ 



180 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE Vlll. 

par suite, comme y/ô est compris entre p et 

p + - , le produit {a.\/2)X^o sera compris entre les seconds 

membres des égalités ci-dessus. 

Les produits «x(v/2Xv/5) et (a.\/2)x\/b sont donc 
compris entre les mômes limites. Or, en développant le premier 
membre delà seconde égalité, et retranchant le premier membre 
de la première, on trouve pour la diiférence entre les deux limites : 

«a , afi a 
n ~^ n n~ ' 

quantité qui peut être rendue aussi petite que l'on voudra en pre- 
nant n suffisamment grand. 

Les produits considérés sont donc compris entre deux limites 
variables qu'on peut rapprocher l'une de l'autre autant qu'on le 
voudra; ces deux produits sont donc rigoureusement égaux; et 
l'on a 

aX(v/2Xv/5) = («.v/2)XN/^ , 
ce qui démontre la proposition énoncée. 
On retendrait facilement à un nombre quelconque de facteurs. 

200. IIL Un produit d'autant de facteurs incommensurabtes 
qu'on le voudra est indépendant de l'ordre de ces facteurs. 

Il résulte d'abord du principe I que l'on peut intervertir l'ordre 
des deux premiers facteurs , puisque leur produit s'effectue avant 
l'introduction des facteurs suivants. Démontrons que l'on peut in- 
tervertir l'ordre des deux derniers. 

Pour cela , soit a le produit de tous les facteurs jusqu'aux deux 
derniers, que nous supposerons être v/2 et y/ô . Le produit 
total sera 

(aXv/2)Xv/5 , 
ou , en vertu du principe II, 

aX(v/2Xv/5) ; 
mais, en vertu du principe I, on peut écrire 

ax(v/5Xv/2) ; 
et, en vertu du principe II, ce dernier produit équivaut à 
(«Xv/5)Xs/2 . 

On voit donc qu'il est permis d'intervertir l'ordre des deux derniers 
facteurs. 



DES QUANTITÉS IRRATIONNELLES DU SECOND DEGRÉ. 181 

Il en résulte qu'on peut intervertir l'ordre de deux facteurs con- 
sécutifs quelconques , car ces facteurs peuvent être considérés 
comme les derniers avant l'introduction des facteurs qui suivent. 

Pouvant intervertir l'ordre de deux facteurs consécutifs quelcon- 
ques , on peut , par des changements successifs , amener un facteur 
désigné à une place désignée quelconque. Et , comme on en peut 
faire autant pour chaque facteur, on peut amener tous les facteurs 
dans un ordre déterminé quelconque. 

Donc , enfin , l'ordre des facteurs n'influe pas sur le produit ; ce 
qu'il s'agissait de démontrer. 

201. La première chose à faire, dans le calcul des quantités 
irrationnelles, est de simplifier les radicaux s'il y a lieu. Cette sim- 
plification repose sur le principe suivant : 

IV. La racine carrée d'un produit équivaut au produit des racines 
carrées de ses facteurs. 

Soient, par exemple, a , 6 , c ^ rZ les facteurs du pro- 
duit ; je dis qu'on a 



ya.b .c .d=zsja .\Jb .sjc .\Jd , 

En effet , le premier membre élevé au carré donne a.h .c.d 
par définition. Voyons ce qu'on obtient en élevant au carré le second 
membre. Ce carré se présente d'abord sous la forme 

{\'a .sjb.sjc. \j7l) {\Ja .sj'b ,\/c . \'d) , 
ou, en vertu du principe II, 

\Ja .\J'b . \jc . \Jd .\/a.\Jlj.\Jc.\Jd, 
ou , en vertu du principe III, 

\Ja . \la .\Jl} .\jlb . \Jc . \Jc .s/d.sjd , 
ou , en vertu du principe II , 

(\^a.s/â)x(sj'b.sjb)x(s/c.s/c)x{s/d.s,/d) . 

Mais , par définition , \/a.\/a est égal à a ; de même y/ô . ^b 
est égal à 6 , et ainsi des autres. Le produit obtenu peut donc 
s'écrire 

a . b . c . d . 

Ainsi le carré du second membre de l'égalité ci-dessus revient au 
carré du premier membre. Donc ces deux membres sont égaux 
eux-mêmes en valeur absolue. Et comme, quel que soit le signe 
qu'on prenne pour chacun des radicaux y'a, \/b, etc.,lepro- 



182 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE Y[II. 

duit aura nécessairement le signe -|- ou le signe — , c'est-à- 
dire l'un des deux signes que l'on peut donner au premier mem- 
bre ; il s'ensuit que les deux membres sont égaux pour la valeur ab- 
solue et pour les signes. 

202. Supposons maintenant qu'il s'agisse de simplifier un ra- 
dical ; par exemple 

On décomposera la quantité placée sous le radical en deux fac- 
teurs, dont l'un soit un carré parfait ; on pourra écrire ainsi 



Or, en vertu du principe précédent, on peut extraire séparément 
(ou indiquer si l'on ne peut l'extraire) la racine de chacun des deux 
facteurs, ce qui donnera 

\/25a-6*Xv/3âi . 
La première racine s'extrait exactement (168); il vient donc 

et le signe radical porte maintenant sur une quantité plus simple. 
On trouvera de même que les quantités 



^^10Sab'x'- , v^363a^6V , )jH64a'b''x' 
peuvent s'écrire respectivement 

9b^Xi^Jcib , llabx-ijsâh , 12a'bxs/6âx . 

Remarque. On nomme quantités irrationnelles setnblables celles 
qui , lorsqu'elles ont été simplifiées , présentent la même quantité 
sous le radical. 

Telles sont les deux quantités 9b-xs/3ab et Uabx^JSab ob- 
tenues ci-dessus. 

205. On peut, au contraire, dans certains calculs, avoir intérêt 
à faire passer sous le radical un facteur placé devant; il est clair 
qu'il faut alors élever ce facteur au carré. 

Si l'on a, en effet, l'expression a^/b , on peut l'écrire 

V^ô^ . s/6 
ou, en vertu du principe IV, 

s/¥b . 
204. Ce que nous venons de dire d'un facteur peut se dire d'un 



DES QUANTITÉS IRRATIONNELLES DU SECOND DEGRÉ. 183 

dénominateur, car diviser une quantité par m , par exemple , re- 



vient à la multiplier par — 



Soit l'expression 



sj^,, qui revient à ^i.« ou à y/ g) 
En vertu de ce qui précède (201), on pourra l'écrire 

OU —yJa, ou enim — 



s/ 



i)'-^'*' 



On a donc v/— i= — •> 

ce qui permet de faire passer un dénominateur hors d'un radical en 
en extrayant la racine, ou de l'y faire entrer en l'élevant au carré. 

205. Nous pouvons maintenant passer en revue les différentes 
opérations qu'on peut avoir à effectuer sur les radicaux du second 
degré. 

L'addition et la soustraction ne peuvent que s'indiquer, si les 

radicaux sont dissemblables. Ainsi, la somme de sja et de \Jb , 
s'écrira simplement \Ja-\-\Jb ; leur différence sJa — \Jb . 

Si les radicaux sont semblables, on opère l'addition ou la sous- 
traction des quantités placées devant le radical ; ce radical est un 
facteur commun dont on affecte le résultat. Ainsi la somme des 
quantités 

sJxmâWâf- et v/363a=^6V , 

qui reviennent à ^¥x\l^ab et \\abx^\l'dab , 

est {^b\ic-\-\\abx-)sJ^ctb . 

Leur différence est (9 b^x — W abx^) \/3ab . 

206. Multiplication. Pour faire le produit de deux radicaux du 
second degré, on peut faire le produit des quantités placées sous 
chacun d'eux et affecter le produit du radical comînun. 

On a, en effet, en vertu du principe lY (201), 

}/ây<s/b = )/ab • 

Cette règle s'étend à un nombre quelconque de facteurs. 

Il peut arriver que le produit soit susceptible de se simplifier, ou 
même qu'il soit rationnel. Ainsi : 

Le produit de \/baFb par \/Tbâ¥x est \j7oa''b^x , qui re- 
vient à 6a^b\/Sbx , 



186 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VIII. 



Le produit de yjla'x par y/lS^ôV est y/ 36 fl''*6V , qui re- 
vient à Ç^a^b'-x^ . 

207. Division. Pour diviser deux radicaux l'un par l'autre, on 
peut diviser l'une par l'autre les quantités placées sous chacun d'eux 
et affecter le quotient du radical commun. 

Désignons, en etïet, par q le quotient des radicaux yr? et 
V' ^ ; en sorte qu'on ait 

y^=g ou yja = s/b.q . 
\Jb 

En élevant les deux membres au carré, il viendra 

a=^b .q~ , 

dou q-=- et q=^\/j^ . 

Par conséquent ^■=\/j. 

Il peut arriver que le quotient soit susceptible de se simplifier, ou 
même qu'il soit rationnel. Ainsi : 

/Î~5q3^^2 

Le quotient de \j\ba^bx^- par yjlOab'^x^ est i/ ^ , 

ou, en simplifiant la fraction (ol), y ^rr- • 

/'•21a b^x 

Le quotient de ^2iab^x par \/\2a^T^ est W 3 , 

/"tF" 6y/7Z^ 

Le quotient de y/lSa^^Ôj;' par \/Sab^x- est i/ 3 ^ , 

208. La formation des puissances et l'extraction des racines des 
radicaux du second degré rentrant dans celles des radicaux d'un 
degré quelconque, et n'étant point nécessaires pour la résolution ni 
pour la discussion des problèmes du second degré, nous n'en trai- 
terons pas ici d'une manière particulière. Il ne nous reste donc à 
parler que de quelques transformations qu'il est souvent utile de 
faire subir aux expressions algébriques affectées de radicaux du se- 
cond degré. 

Lorsqu'une fraction algébrique contient un ou plusieurs radicaux 



DES QUANTITÉS IRRATIONNELLES DU SECOND DEGRÉ. 485 

du second degré à son dénominateur, on peut les faire passer à son 
numérateur. 

I. Soit d'abord l'expression — - , En multipliant ses deux 

my/b 

termes par y/b , on obtient -^ , expression dont le dénomina- 
teur est rationnel. 

g 

Si , par exemple , on a la fraction — - , on obtiendra , en nml- 

2\/3 

tipliant ses deux termes par \/3 , 

II. Soit, en second lieu, l'expression . Multiplions ses 

b -\- m\ c 

deux termes par /; — myjc , il viendra 

a(j) — 7n\Jc) 
b^—rn^c ' 

expression dont le dénominateur est rationnel. 

5 

Si , par exemple , on a la fraction ^ ; en multipliant ses 

4+2v'3 

deux termes par 4 — 2v/3 , il viendra 

5(4 — 2v/3) 5(4— 2v/3) 5(2-s/3) 
16-4x3 - ^" 4 - ^^^^^^ove -^ . 

III. Soit l'expression — = . Multiplions ses deux termes 

myJb-\-n\'c 

par m]/!) — n^c , il viendra 

aijnsjl) — nsjc) 

Tïfb — n^e ' : 

expression dont le dénominateur est rationnel. 

9 
Si , par exemple , on a la fraction — ~ ; en multipliant 

les deux termes par 3v/2-j- 2v/3 , il viendra 



I 9(3^2+2v/3) 9(3v/2+2v/3) 3r3v/2 + 2^3) 

9X2-4X3 ' 6 ' 0"^"^^^^ 2 

IV. Si le dénominateur contenait plus de deux radicaux, on pour- 



186 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE YlII. 

rait encore, par des multiplications successives, parvenir à le rendre 



rationnel. Soit pour exemple la fraction 

24 



s/5 + v/2 — \/3 • 
Mutiplions d'abord les deux termes par v^5 + v/2 + v^3 ; il viendra 
24(v/5 + v/j + v/3) ^^ 24(v^5-hy2 + v/3) 
(v^5 + v/27-3 5 + 2v/l0+2-3 ' 

24(v/5 + ,/2 + v/3) ^^ ^^^^^^ 1,(^5 +V/M-V/3) 
^" 4+2v/l0 2+v/lO 

Multiplions maintenant les deux termes par v/lO — 2 ; il viendra 

12(v/5 + V^ + v/3)(v^ïÔ-2) ^^ 2(^5 + v/2 + v/3)(v/ïô~2) . 
10 — 4 

209. On a vu, dans la résolution de l'équation bicarrée (187), 
qu'on peut avoir un radical du second degré portant sur une quan- 
tité composée d'une partie rationnelle et d'une partie irrationnelle ; 
en un mot qu'il peut se présenter des expressions de la forme 
\ja + \J~b . On peut, dans certains cas particuliers, transfornier 
cette expression en_une autre composée de deux radicaux séparés, 
telle que \Jm + s/n • 

Pour y parvenir, posons 

x=\a-\-sJb , 
ou cc^ =za-\-\Jl> , ou encore x^ — a — sjlf , 

d'où l'on tire, en élevant les deux membres au carré , puis trans- 

Cette équation bicarrée peut être considérée comme résultant de 
l'élimination d'une inconnue ij (105) entre les deux équations 

^2_j_y2_2a et xyz=\Ja^—b . 
Or, si on traite ce système d'équations comme au n" 104, on ob- 
tient ; 

^^,j^yf^^a + 1sjé^^ et {x—yf=^^a — 1sja'—b. 

Par conséquent : 

^+2/ = d=v/2a + 2s/â^ et ^ — y = ± ^2» — 2 v^«^— 6 , 
puis enfin 

^ = d=iV2« + 2v/«^^^±^V^2a — 2s/a^— 6 , 



DES QUANTITÉS IRRATIONNELLES DU SECOND DEGRÉ. 187 

OU , en faisant passer le dénominateur 2 sous le radical (204) , 



./ a + sja^^b _^ . ra^slé—h 



Sôus cette forme , on voit que la transformation qu'on se propose 
serait effectuée si a^ — h était un carré parfait ; car en désignant 
par c la racine de ce carré , on aurait : 



'a-\-c , ^ a — c 



Quant aux signes qu'il conviendrait de prendre, on remarquera 
que si l'on élève cette valeur au carré , on obtient 



=»±v/ï 



4 ' 

et qu'il faut mettre le signe + ou le signe — devant le radi- 
cal suivant que les deux radicaux séparés qui entrent dans la valeur 
de X sont pris avec le même signe ou en signe contraire. Or, on 
doit avoir aussi 

Les deux radicaux de la valeur trouvée pour x devront donc être 
pris avec le même signe , et ce signe devra être + ^i l'expression 

proposée s^i-\-sjh est elle-même précédée du signe -|- . Ce 
signe devrait au contraire être — , si l'expression proposée était 
précédée du signe — . En sorte qu'on a 



S'il s'agissait au contraire de l'expression "^a — \jl) qui con- 
duit à la même équation bicarrée , ces deux radicaux séparés dans 
la valeur de x devraient être pris en signe contraire , afin que 
leur produit fût affecté du signe — , comme le terme — sjb ; 
et l'on aurait 



^^^=^{\/^-\A 



Soit , pour exemple , l'expression 



188 SECONDE PARTIE. — ClUPITRE VIII. 

On a, dans ce cas, 0,^—0 = 64 — 60 = ^ ; d'où c = 2 et 
par suite 

La transformation se trouve ainsi effectuée. 

S II. Des quantités imaginaires du second degré. 

210. Nous avons fait remarquer, au commencement du para- 
graphe précédent, que la racine carrée d'une quantité positive, 
qu'elle soit commensurable ou non, a toujours une existence réelle, 
puisqu'on peut toujours assigner deux limites numériques, aussi 
rapprochées qu'on le voudra, entre lesquelles elle soit comprise. II 
n'en serait plus de même si la quantité dont on veut extraire la 
racine était une quantité négative. Non-seulement la racine carrée 
d'une quantité négative ne saurait être assignée en nombres, mais 
elle n'a même aucune existence réelle ; car il résulte de la règle des 
signes (114) qu'aucune quantité réelle, soit positive, soit néga- 
tive, ne peut, lorsqu'on la multiplie par elle-même, donner un 
produit négatif. 

Ainsi + 2 , multiplié par lui-même , donne -f 4 ; et — 2 , 
multiplié par lui-même , donne également -f 4 . Mais il n'existe 
aucune quantité réelle qui, multipliée par elle-même, puisse 
donner pour produit — ^ 4 . La racine carrée de — 4 , n'a donc 
pas d'existence réelle ; et l'expression \/' — 4 n'est que le symbole 
d'une opération impossible. 

Les expressions de cette espèce sont ce ^que l'on appelle des 
quantités imaginaires. 

Toute racine de degré pair d'une quantité négative est encore 
une quantité iinar/înaire ; car, d'après la règle des signes, toute 
puissance paire d'une quantité réelle, soit positive, soit négative, 
est nécessairement positive. Mais nous nous occuperons spéciale- 
ment dans ce qui va suivre des imaginaires du second degré. 

On donne ordinairement à ces quantités une forme plus com- 
mode. Reprenons comme exemple l'expression \/ — 4 .On re- 
garde la quantité — 4 , placée sous le radical, comme le produit 
de -|-4 par — 1 ; et pour extraire la racine carrée du produit 
on convient d'appliquer encore la règle du n° 201, c'est-à-dire 
qu'on extrait , ou que du moins on indique la racine carrée de chaque 
facteur. On obtient ainsi 2 . \/—î . De même l'expression^ \/—a- 
pourrait s'écrire a\/^ ; l'expression V — ^ s'écrirait \/^.\/ — 1 . 



DES IMAGINAIRES DU SËCOIND DEGRÉ. 189 

En un mot , la racine d'une quantité négative s'écrit en multipliant 
par \J'—Î la racine de la même quantité prise positivement. 

211. Pour additionner ou pour soustraire deux quantités de la 
forme asj'^^ , on opère l'addition ou la soustraction des quan- 
tités réelles que \J — 1 multiplie, et l'on met \/ — 1 en facteur 
commun. Ainsi 

Pour multiplier l'une par l'autre deux quantités de la forme 
a \l — 1 , on fait le produit des quantités réelles , et l'on multiplie 
l'un par l'autre les deux facteurs \/ — 1 . 

Soit, par exemple, à multiplier a\J — 1 par by — 1 ; on mul- 
tiplie d'abord a par h , ce qui donne ab ; puis on multiplie 
\J — 1 par \J — 1 . Ce dernier produit, qui n'est autre que le carré 
de sj — I , donne — 1 par la définition même de la racine car- 
rée; le résultat total est donc ■ — ab , c'est-à dire le produit des 
quantités réelles pris en signe contraire. 

Ainsi (-)- 3 y/^) X (+ 5 y/^) = — 15 , 

(+3v^=ï)xC-5v''=î)=: + l5 . _ 

Pour diviser l' une par l'autre deux quantités de la forme a \j' — 1 , 
on fait le quotient des quantités réelles, et le facteur \j' — 1 dis- 
paraît. 

,. . ay/— T a Sy^^ 3 

Amsi ^ — - ; "^^==.=1 — - . 

b\—\ ^ — 5v— 1 ^ 

Remarque I. On pourrait faire le produit de y^ — 1 par y/ — 1 
en appliquant la règle du n" 206 , c'est-à-dire en effectuant la mul- 
tiplication sous le radical. On trouverait ainsi y ( — 1) X( — 1) ou 
y^+1 , c'est-à-dire ihl ; tandis qu'en regardant le produit comme 
le carré de l'un des facteurs y — 1 , nous n'avons trouvé que — 1 . 
On pourrait expliquer cette contradiction apparente en remarquant 
que y/ — 1 devant implicitement être pris avec un double signe, 
le produit y — 1 X y/ — 1 peut lui-même être affecté d'un double 
signe ; en sorte que si le produit absolu est — 1 , le produit , eu 
égard aux signes , est zp 1 . 

Mais il est préférable d'effectuer le produit comme nous l'avons 
fait en premier lieu ; cette méthode étant conforme à la définition 
même de y/ — 1 , et indépendante de toute convention étrangère. 

Remarque II. On voit (jue les règles qu'on vient de donner pour 



190 SECONDE PARTIE. — CHAPITUE Mil. 

le calcul des quantités de la forme a\/^-[ ne sont que l'exten- 
sion des règles établies pour le calcul des quantités réelles. Cette 
extension, dont l'utilité sera mieux sentie par la suite, est justifiée 
par la tendance de l'Algèbre à généraliser ses procédés. 

212. Toute expression algébrique dans laquelle il entre des 
quantités de la forme a y/^ est une expression imaginaire. Celles 
qui sont les plus importantes à considérer, et auxquelles on peut, 
comme on le verra plus tard, ramener toutes les autres, sont les 
expressions de la forme a + b y -^ , qui se composent d'une par- 
tie réelle et d'une partie imaginaire. Nous allons reprendre en dé- 
tail l'examen des opérations qu'on peut avoir à effectuer sur des 
quantités de cette forme. 

I. Addition. Soient à additionner les deux quantités a-{-b\/—l 
et c-\-d\/^l ; on pourra d'abord écrire le rësultat de cette ma- 
nière : a-j-ftv^ + c + cZy/^ . Mais on peut aussi, en inter- 
vertissant l'ordre des termes, écrire a -{- c -]- b sf^ -{- d \^ —1 , 
ou (211) {a+c) + {b + d)s/'^ , 

Et l'on voit que la somme de deux quantités de la forme a-\-b v/— 1 
est encore une quantité de même forme. 

II. Soustraction. On verrait de la même manière que la diffé- 
rence des deux quantités a-]-b}/ — 1 et c-|-c?v/ — 1 est 

{a^c) + (b — d)s/^ , 

c'est-à-dire une quantité de même forme. 

215. III. Multiplication. Soit à multiplier a-^bs/—! par 
cJ-d y/— ï . En multipliant chaque terme du multiplicande par 
chaque terme du multiplicateur, et en ayant égard à ce qui a été 
dit au n° 211, on obtiendra 

ac+bc\/—î-}-ad)/^—bd ou {ac—bd)-\-{bc-{-ad)y/—l . 

Ainsi le produit est encore une quantité de même forme. 

Remarque I. On peut observer que si l'on avait c = a et 
d= — b , le résultat se réduirait à a^ + b"" . Ainsi on a ce théo- 
rème : 

{a+b^^)(,a — bs/^)=a'+b' , 

qui n'est que l'extension du théorème analogue démontré pour les 
quantités réelles au n° 50. 

Remarque 11. Le produit ne peut être nul qu'autant que la partie 
réelle et la partie imaginaire s'annulent séparément, puisque l'une 



DES IMAGINAIRES DU SECOND DEGKÉ. 191 

d'elles ne saurait se réduire avec l'autre. Pour que le produit fût 
nul , il faudrait donc que l'on eût à la fois 

ac — bd=0 et bc-}'ad = . 

Faisant la somme des carrés , on obtient 

a^c^ + bW + b'c^ + a'd^ = , 

ou ^a^^b^){c'^-\-d'-) = . "'./''' 

Or, un produit de quantités réelles ne peut être nul qu'autant que 
l'un des facteurs est nul. On doit donc avoir 

ou bien a^-\-b^ = , ce qui exige a = et ô = , 
ou bien c^+tZ^ — Q ^ ce qui exige c = et d~0 . 

Dans le premier cas, le facteur a-\- b\J — 1 s'annule; dans le 
second , c'est le facteur c-\- d sj — 1 . 

Ainsi, un produit de deux quantités imaginaires du second degré 
ne peut être nul qu'autant que l'un des deux facteurs est nul. 

IV. Division. Soit à diviser a-\-b\J^-i par c-\-d\J—i .On 
peut d'abord écrire le quotient sous la forme fractionnaire 

a-\-b\J^^ 
c-\-d\/'^ 

Multiplions les deux termes de cette expression fractionnaire par 
c — d\J — 1 ; il viendra 

{ac -)- bd) -f- {bc—ad) sj—ï 

ce qu'on peut écrire 

ac -\-bd .bc — ad i — - 

Ainsi le quotient se compose encore d'une partie réelle et d'une» 
partie imaginaire , c'est-à-dire qu'il est de la même forme que le 
dividende et que le diviseur. 

On trouverait ainsi que le quotient de 10-|-15v/-— ï par 

l+2v/^ est 8 — v/^ . 

214. Y. Soit à former le carré de la quantité a-\-b\j'—i . 
D'après les règles de la multiplication , on trouvera 

{a^—b^)^1absj'^ , 

quantité de la même iprme que a-\-b \J — 1 . 
Ainsi le carré de 3 + 2^— T est 5 + 12v/^ . 



192 SECONDE PAKTIE. — CHAPlTilE Mil. 

VI. Soit enfin à extraire la racine de a-\-b \^—[ . Nous allons 
faire voir qu'elle est encore de même forme. Pour le démontrer, 
posons 

Va4-6v/=T = a;+yV'=ï [1]. 

11 s'agira de démontrer qu'on peut trouver pour x et y des 
valeurs réelles propres à satisfaire à cette égalité. 
Si l'on élève les deux membres au carré , on obtient 

a + 6\/^==^-' — y' + 2^yv— ï [2]. 

Or, comme on suppose a: et y réels, et que les quantités 
réelles ne peuvent se réduire avec les imaginaires, cette équation 
ne pourra subsister qu'autant qu'il y aura égalité entre les quantités 
réelles, d'une part, et les quantités imaginaires de l'autre. On 
devra donc avoir à la fois 

œ'-f = a [3] 

et 2œy = b [4]. 

On pourrait obtenir les valeurs de œ et de y au moyen d'une 
équation bicarrée , mais les résultats se présenteront sous une forme 
plus simple en opérant comme il suit. 

Multiplions l'équation [3] par b , l'équation [4] par a , et re- 
tranchons ensuite membre à membre pour faire disparaître les 
termes indépendants de x et de y ; nous trouverons 

bx- — '2axy — b?/- = , 
ou , en divisant par //^ , 



©'-"© 







• X 

Résolvons cette équation en y regardant - ' connue l'inconnue ; 
il viendra 



[5]. 



X adzya"-\- b' 

V ^* 

Multipliant membre à membre avec l'équation [4], on obtient 

1x-z=azhyja^ + b' , 

dou x'= \y — LoJ, 

en ne prenant que le signe + , attendu que *' doit être po- 
sitif. 

Delà x = ±y ^\^ ^^ [/]. 

quantité réelle. 



DES IMAGINAIRES DU SECOND DKGRÉ. 193 

Pour obtenir y , il suffit de mettre pour x- sa valeur [6] dans 
l'équation [3], qui donne 

a 4- Jct^ -\- /)- \jâ^ + IP- — a 



[8], 



d'où y=.±\/^J^àJtz^ 

quantité réelle , puisque y^a^+ô* est plus grand que \/c^- ou 
que a . 

En ayant égard à l'équation [4], on voit que x et 1/ doivent 
être pris avec le même signe si b est positif, et avec des signes 
contraires si 6 est négatif. On aura donc 



et 






quantités qui sont bien de la forme a-^b \J — 1 . 

Soit, par exemple, à extraire la racine de 5 +12 y/ — 1 ; on 
aura « = 5 , ft = 12 , par suite 

^rtCa + 'iv'-l) . 
2-15. Le lecteur a pu se demander plusieurs fois dans quel but , 
si les quantités de la forme h \J — 1 ou a-\-h y/ — 1 n'ont au- 
cune réalité , on étend à ces expressions les règles établies pour le 
calcul des quantités réelles , et quelle est l'utilité qu'on peut retirer 
du calcul des quantités imaginaires. A cela, nous pourrions ré- 
pondre que ces quantités jouant un rôle dans la discussion des pro- 
blèmes du second degré, il importe de les étudier d'abord en 
elles-mêmes. Mais on peut ajouter aussi que ces sortes de quan- 
tités , bien que n'ayant aucune réalité , peuvent servir à des trans- 
formations auxquelles il serait souvent très-difficile de parvenir 
sans leur secours. Elles forment , comme on l'a dit quelquefois, 

13 



19a SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VIII. 

une sorte de pont que l'on jette d'une expression réelle à une autre, 
et que l'on brise après Tavoir passé. 

Pour donner un exemple élémentaire de cette propriété, qui jus- 
tifierait à elle seule l'extension des règles du calcul des quantités 
réelles aux quantités imaginaires , proposons-nous de démontrer ce 
théorème d'arithmétique : 

S^ un nombre est la somme de deux carrés, son carré est encore la 
somme de deux carrés. 

Pour le faire voir, désignons par n un nombre qui soit la somme 
de deux carrés a^ et b^ , en sorte qu'on ait 

n=:a^+b' . 
En vertu de la propriété démontrée au n" 215, on peut écrire 
cette égalité de la manière suivante : 

n=z{a-\-bs/^){a—b\/'^) . 
Elevons les deux membres au carré , il viendra 

n^ = (a + bs/^)\a--bsf^y ,^' 
ou, en développant chaque carré , 

ou, en vertu de la propriété déjà citée , 

n'~={a'—b'T+4aW- . 

Or, le second membre est bien la somme de deux carrés ; savoir : 
du carré de a^— 6- et du carré de 2 «6. 

En sorte que non-seulement on a démontré la proposition, mais 
encore on a des formules pour la décomposition de n^ en deux 
carrés. 

Soit, par exemple, n = 6 .Ce nombre est la somme de deux 
carrés 4 et 1 . Si l'on pose a- = 4 et 6-=l , ou a = 2 
et 6 = 1 , on aura , d'après ce qui précède , 

n^=(4-l)^-f 4.4.1 = 3^ + 4^ , 

ainsi n"^ ou 25 est la somme du carré de 3 et du carré de 4 . 
Posons maintenant N = 4-+3' , en taisant a=4 et b=S . 
Les mêmes formules donneront 

N*=ri6 — 9)- + 4.4^3'=r + 24^ ; 

ainsi N^ , ou le carré de 25 , c'est-à-dire 625 , est la somme 
du carré de 7 et du carré de 24 ; ce qui est en effet. Et ainsi 
de suite. 
Sr\ns doute on aurait pu démontrer ce théorème sans le secours 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU SECOND DEGRÉ. 195 

des quantités imaginaires, mais la démonstration qui précède est 
très-propre à faire voir, sur un exemple élémentaire et simple, 
comment, d'une relation entre quantités réelles, on peut déduire, 
par le secours des imaginaires, une autre relation entre quantités 
réelles. 

<^ m. Discussion des problèmes du second degré. 

216. Nous avons vu (177, 179) qu'une équation du second de- 
gré peut toujours être ramenée à la forme x--^pœ-\-q = , ou 
à la forme plus générale ax'--}- bx + c=:0 . Pour cela nous avons 
dit qu'il fallait faire disparaître les dénominateurs et effectuer les 
calculs. Nous pouvons ajouter à présent que, si l'équation contenait 
un ou deux radicaux du second degré, sous lesquels l'inconnue fût 
engagée, il faudrait les faire disparaître. 

A cet effet, s'il n'y a qu'un seul radical, on l'isole dans un 
menibre; et, en élevant les deux membres au carré, on le fait dis- 
paraître. Soit, par exemple, l'équation : 

2x-{-Ss/x~-b = U , 
on en tirera successivement 



3s/x—5 = U — 2x d'où 9(x — 6) = (24 — 2x)'' , 
où il n'y aura plus qu'à effectuer les calculs et transposer. 

S'il y a deux radicaux, on les isole dans un membre; on élève au 
carré; le membre qui contenait les radicaux ne contient plus alors 
que leur double produit. On isole le double produit dans un seul 
membre; et, en élevant une seconde fois au carré, on obtient une 
équation débarrassée de radicaux. Soit, par exemple, l'équation : 

v/S-f-\/l3— ^==5 , 
on en tirera successivement 



^._|_13_^_|_2y/^(13 — a7)=:25 , ou \/x{lS—x) = 6 ; 
puis x{lS — x) = SQ , 

où il n'y aura plus que les calculs à effectuer. 
Cela posé , reprenons l'équation du second degré sous la forme : 

x''+px-+-q=zO [1]. 

Nous avons vu (177) qu'en la résolvant on obtient les deux va- 
leurs : 




Ift6 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VIII. 

Ces valeurs, que nous désignons par x' et oc^' , sont ce que Ton 
a l'habitude d'appeler les racines de l'équation du second degré. Il 
est important de ne pas les confondre avec le radical qu'elles ren- 
ferment . 
Si on les ajoute on obtient 

r t v P P 

xAr^^-\-\^-P . 
et si on les nmltiplie , on trouve pour produit 

-■■-"=t-{t-^')='' • 

Ainsi : 1'' la somme des racines d'une équation du second degré, de 
la forme x--f-px + q = , est égale au coefficient de la première 
puissance de x , pris en signe contraire ; et, 2° le produit de ces 
mêmes racines est égal au terme indépendant de x . 

Réciproquement : si deux quantités a et b remplissent ces 
conditions, en sorte qu'on ait à la fois 

a-{-b = — p et aO=:q ; 

ces quantités sont racines de l'équation [1] , c'est-à-dire que , mises 
a la place de x , elles satisfont à l'équation. Car, on tire de la pre- 
mière relation 

bz^ — p — a , 

et, en mettant pour b cette valeur dans la seconde, il vient 

— pa—a^ = q ou a^ -\- pa -{- q = . 

On démontrerait, en éliminant a au contraire, qu'on a aussi 

b' + pb + q — O . ^' 

217. Remplaçons, dans l'équation [1], p et q par Icuib 
valeurs —{x'+x") et j;V ; il viendra 

X' — (x' + ar'O X + X'X" =^ 

OU - x^ — x'x — x"x-{-x'x"=0 , 

ou encore x (x — x') — x" {x —x') = , 

ou enfin (x — x') {x — x") = [2] . 

Ainsi , le premier membre de l'équation x- -}- px-}-q=0 se dé- 
compose en deux facteurs du premier degré, formés de l'inconnue 
x diminuée alternativement des deux racines. 

Si , par exemple , on a l'équation 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU SECOND DEGRÉ. 197 

qui a pour racines 2 et 3 ; son premier membre pourra se 
mettre sous la forme {x — 2)0^ — 3) , ce qu'il est facile de vérifier. 
Pareillement , le premier membre de l'équation 

x'^-{-x — 6 = , 
qui a pour racines -j-2 et — 3 , pourra se mettre sous la forme 

(;r_2)(^+3) , 

attendu que la différence entre x et — 3 est x-\-^ . 

Remarque I. Le théorème que nous venons de démontrer fait 
comprendre pourquoi une équation du second degré peut être sa- 
tisfaite de deux manières ; c'est que , son premier membre pouvant 
se décomposer en deux facteurs du premier degré , on peut annuler 
ce premier membre en égalant à zéro l'un ou l'autre des deux 
facteurs. 

Si, par exemple, on a l'équation x^ — 5.^ + ^==^ ? ^^ qu'on la 
mette sous la forme 

{x—2){x—S) = , 

on voit qu'elle peut être satisfaite, soit en posant œ — 2=0 , 
d'où x = 2 ; soit en posant x — 3=0 , d'où x = 3 . 

Remarque IL Le même théorème démontre aussi qu'une équation 
du second degré n'a que deux racines , c'est-à-dire ne peut être 
satisfaite que de deux manières. Et, en effet, en mettant l'équa- 
tion [1] sous la forme [2] , on voit bien qu'on ne peut satisfaire à 
l'équation , c'est-à-dire annuler son premier membre , qu'en annu- 
lant l'un des deux facteurs (215, rem. II), ce qui donne ou 
X — x'=.o d'où x=.x' ,o\x X — x" =zO d'où x=rx" . 

Remarque IÏI. Il résulte encore du même théorème que si a est 
une des racines de t' équation x--|-px + q = , son premier mem- 
bre est divisible par x — a ; car, si l'on appelle b la seconde 
racine, le premier membre pourra se mettre sous la forme 
{x—a){x — b) ; donc il est divisible par x — a . 

218. Discutons maintenant les valeurs tirées de Téquation 
x--\-px-\-q=zO , savoir 






Wl-^ et ." = -|-\/f- 



I. Faisons d'abord l'hypothèse q^O . 

En même temps, il peut arriver que la quantité placée sous le 
radical soit positive, nulle ou négative. 

Si l'on a -^ — ^!>0 ■> les deux racines sont réelles; et comme 



498 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE \III. 

^ — q est alors moindre que ^ , sa racine est moindre que ^ ; 

c'est-à-dire que le radical est alors moindre , en valeur absolue , que 

le terme — "- ; c'est donc ce terme qui donne son signe aux deux 

racines ; ainsi , elles sont de même signe ; toutes deux négatives si 
p est positif, toutes deux positives si p est négatif. (On ne peut 

supposer j9=0 , puisque ^ — q est positif .) 

Si l'on a ^ — g'^O , le radical disparaît; les deux racines se 

réduisent à — -^ ; elles sont donc égales; négatives si p est po- 

sitif; nulles, si p est nul; positives, si p est négatif. 

Si l'on a ^ — 9<C0 ? le radical porte sur une quantité négative; 

les deux racines sont, donc imaginaires. Elles seraient égales et de 
signe contraire si p était nul. 

II. Faisons, en second lieu, l'hypothèse ^ — . 
Dans ce cas , 

^- 2 + V4- 2 + 2"°' 



^ - 2 V 4~ 2 2~ ^ • 

Ainsi , l'une des racines est nulle , l'autre est de signe contraire 
à p ; elle serait nulle aussi si l'on avait, en même temps, ^=0 . 

III. Faisons , enfin , l'hypothèse q^O . 
Dans ce cas, — q est positif; la quantité placée sous le radical 
est donc positive; les deux racines sont réelles. Mais comme 

^ — q est alors plus grand que y , sa racine est plus grande 
que ^ , c'est-à-dire que le radical est alors plus grand, en valeur 

absolue , que le terme — ^ ; c'est donc le radical qui donne son 

signe à chaque racine; l'une d'elles est donc positive et l'autre néga- 
tive, quel que soit le signe de i? . La plus grande, en valeur ab- 

P y 

solue , est celle où le radical est de même signe que — ^ , c est-a- 
dire que celle qui est de signe contraire à p , Elles seraient égales 
et de signe contraire si ;; était nul. 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU SECOND DEGBÉ. 199 

219. Cette discussion peut être présentée d'une autre manière , 
fondée sur les théorèmes du n° 216, et plus facile à retenir. 

I. Soit g>0 .Si l'on a ^ — 5'>0 , les deux racmes sont 

réelles. De plus, elles sont de même signe puisque leur produit q 
est positif. Elles sont positives si leur somme — p est positive , 
c'est-à-dire si p est négatif; elles sont négatives si leur somme 
— p est négative, c'est-à-dire si p est positif. On ne peut, dans 
ce cas , supposer p = . 

Si l'on a y — q = (\ , les deux racines sont égales; chacune 

vaut la moitié de leur somme, c'est-à-dire — - ; elles sont posi- 

tives , nulles ou négatives , selon que p est négatif , nul ou positif. 

Si l'on a —■ — q<iO , les deux racines sont imaginaires. Elles 

sont égales et de signe contraire si leur somme — p est nulle, 
c'est-à-dire si p=0 . 

IL Soit ^=0 .Le produit des deux racines étant nul , il faut 
que l'une d'elles le soit. L'autre est alors égale à leur somme — p , 
et est positive , nulle ou négative , suivant que p est négatif, nul 
ou positif. 

IlL Soit q<C^ Les deux racines sont réelles. Elles sont de 
signe contraire puisque leur produit q est négatif. La plus grande 
en valeur absolue est de même signe que leur somme — p , c'est- 
à-dire positive si p est négatif, et négative si p est positif. Si 
p était nul , les deux racines étant de signe contraire devraient être 
égales en valeur absolue. 

220. On peut , à l'aide de ces remarques , reconnaître la nature 
des racines d'une équation du second degré avant de l'avoir ré- 
solue. Soit , par exemple , l'équation 

M* 49 49 48 

Ici T — q est égal à ^ — 12 ou à "x "~* "^ ' quantité po- 
sitive. 

Les deux racines sont donc réelles. Elles sont de même signe, 
puisque leur produit est + 12 ; elles sont positives , puisque leur 
somme est + 7 . 

Soit l'équation i?2-|-7a? + 12 = . 

Les deux racines sont encore réelles et de même signe; mais 
elles sont négatives, puisque leur somme est — 7 . 



200 SECONDE PAUTIE. — CHAPITRE VIU. 

Soit l'équation x~-\-7ir—\2 = . 

Les deux racines sont réelles ; elles sont de signe contraire , puis- 
que leur produit est — 12 . La plus grande est négative, puisque 
leur somme est — 7 . 

221. Remarque L Lorsque les racines sont égales, le premier 
membre est un carré parfait. Cela résulte du théorème du n° 217, 
puisque ce premier membre revient alors à {x — x'){x — x') ou 
à {X — x')- . Mais il est bon de le voir directement. On a alors 

p- p^ 

. — </ = ou r/ = ~ . Si , dans l'équation proposée , on rem- 
place q par cette valeur, on obtient 

Remarque IL Lorsque les racines sont imaginaires , le premier 
membre est la somme de deux quantités positives , et ne saurait 
par conséquent devenir nul pour aucune valeur réelle de x , ce qui 

rend 1 impossibilité manifeste. On a, en effet, dans ce cas, j — f/<0 

if if 

ou '7>7- . On peut donc poser q=:z'j-\-fr , en désignant par 

a^ une quantité essentiellement positive. Mettant pour q cette 
valeur dans l'équation , elle devient 

x'-\-px-\-^-\-o?=zO ou C^+|y+a^=0. 

Sous cette forme , on voit bien qu'aucune valeur réelle mise à la 

place de x ne saurait satisfaire à l'équatiori ; car, que x +^ 

soit positif ou négatif, son carré est toujours positif. 

Remarque III. Lorsque les coefficients de l'équation , savoir p 
et q , sont réels , les deux racines sont toujours réelles ensemble 
ou imaginaires ensemble. Car, si l'une des racines était une quantité 
réelle ^t , et que l'autre fût une quantité imaginaire ô+ry — 1 , 
on aurait, en vertu des théorèmes du n° 216, 

— p =^ a -\- h -\- csj^ et q ^=:z aib -\- csj — l) 
ou p=z — (a + 6) — c\l — 1 et qz=ab-\- acsj — T , 

c'est-à-dire que les coefficients p et q seraient tous deux 
imaginaires. 

Remarque IV. Si l'équation est numérique et que les coefficients 
p et q soient commensurables , les racines sont toujours com- 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU SECOND DEGRÉ. 201 

mensurables ensemble ou incommensurables ensemble. Car, si l'une 
des racines était une quantité commensurable a , et l'autre une 
quantité incommensurable , pouvant avoir une partie commensu- 
rable, telle que b-\-\/c , on aurait, en vertu des théorèmes déjà 
cités, 

— p=^a-\- b-\~\/c et q = a{b-\-\^c) 

ou p = — {a-\-b) — v^c et qz=ab~{-\/d^c , 

c'est-à-dire que les coefficients p et g seraient tous deux in- 
commensurables. 

222. Nous avons supposé jusqu'ici que l'on pouvait mettre 
l'équation sous la forme x^ -\- pœ -\- q =^ ; c'est-à-dire que 
dans l'équation plus générale ax^--\- bx-{-c=:i.) , a n'était pas 
nul, et qu'alors on pouvait diviser par a . Il s'agit de voir main- 
tenant ce qui arriverait si des hypothèses particulières faites sur les 
données du problème venaient à annuler a . 

Pour cela, changeons d'abord x en ~ ; aux plus grandes 

valeurs de y correspondront les plus petites valeurs de x , et 
vice versa. On obtient ainsi 

y y 

ou, en chassant les dénominateurs, 

a-\-by-{-ci/'^=tzO . 

Faisons maintenant l'hypothèse a = ; l'équation se réduit à 

by-^cy^=:0 ou y (b -{- cy) z=z . 

On satisfait à cette équation, soit en posant y = , soit en po- 
sant 

b-\'cy = , d'où y = — - ; 

mais puisque x = - , on déduit de ces valeurs de y 

x=:-- et x = . 



La première de ces valeurs est une valeur infmie (1 22), que l'on 
n'aurait pas soupçonnée si l'on se fût contenté de faire «=0 
dans l'équation proposée , puisqu'elle se réduit alors à 

bx-{-c=zQ , 

et ne donne pour x que la seconde valeur — - . 



202 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE YIII. 

Si l'on fait en même temps a = et 6 = 0, l'équation en y 
ci-dessus se réduit à 

et donne pour ij deux valeurs nulles. Il en résulte pour œ 

deux valeurs infinies , et c'est ce qu'on pouvait prévoir puisque la 

c c 

seconde valeur — t se réduit alors à — - ou à l'infini. 


225. On aurait pu faire les mêmes hypothèses dans les valeurs 
générales tirées de l'équation ax^ -\- bx -\- c = . Ces valeurs 
sont (179) 



^~ Ta ' ^ -" Va 

Si l'on suppose ^^ = , on trouve 

, —b-\-b , ,, —1b „. r, . 
x' = — t— = - et . ^' = —r— = Imfini. 



On trouve bien une valeur infinie , mais l'autre se présente sous 
la forme indéterminée - . Pour faire voir que cette indétermina- 
tion n'est qu'apparente , on multiplie les deux termes de x' par 



— b — \/b^ — 4ac , 
ce qui donne 

(—bf — ib^—Aac) _ 4ac 



x^= 



— 2a{b + ^'b' — Aac) ~ 2a{b + sJb^ — Aac) 

Sous cette forme , on voit que , si l'on fait ft=0 , la valeur de x' 

se réduit à - ; mais que si , avant de faire cette hypothèse , on 

supprime le facteur 2 a commun aux deux termes (125), on 
obtient 

26» c 

-b+h ''^ -6 ' 

qui est bien la valeur finie et déterminée qu'on devait obtenir. 
Si l'on fait à la fois a = et 6= , les deux valeurs de x 

se présentent sous la forme - . Quant à la première , on vient de 

voir que l'indétermination n'est qu'apparente et que la véritable valeur 

est — T , qui, pour b = , se réduit à — ^ ou à l'infini. 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU SECOND DEGBÉ. 203 



Pour la seconde, multiplions ses deux termes par ^b+sJU^—Aac 
ce qui donne 

^ ~^a{—h + \/b^ — 'iac)~' 1a{—h-^sjW — Aac) 
ou, en supprimant le facteur commun la ^ 

2c 



— b + \/b^—4ac 
Si maintenant on fait a = et 6 = 0, cette valeur se réduit 

à ~ , c'est-à-dire à l'infini. 

Ainsi , pour a = et 6 = , les deux racines sont infinies , 
comme cela devait être, d'après ce qui a été dit au numéro pré- 
cédent. 

Enfin , si l'on faisait à la fois a = , b = et c = , les 
deux valeurs de x se présenteraient encore toutes les deux sous 

la forme - ; mais dans ce cas l'indétermination serait réelle. Car 

il est évident que, dans ce cas, l'équation pourrait être satisfaite 
par une valeur quelconque de ^ . 

224. Nous allons appliquer cette discussion à quelques exemples 
particuliers. 

Problème I. Trouver le dénominateur d'une fraction dont le nu- 
mérateur est a , sachant que, si l'on ajoute b à chacun des 
deux termes, la fraction augmente de m . 
Soit X le dénominateur demandé. On devra avoir 
a4-b a 
x-\-b X 
ou mx^^ — (1 — m)l^x-{-ab = , 



„ , (l-^m)b±:i/(l--mfb^—4mab 
dou x = ^ . 

1° Ces deux valeurs seront réelles et positives si l'on a . 
• > ' (1 — m)W^Amah et 1— w>0 . 



exemple, « = 3 , 


b = 


-2 , 


m- 


= — , on trouvera 


i-^s/m- 


-4 


à- 


.2 


= 11 -*-7 , 


-h 









d'où «' = 18 et x" — A 



20^ SECONDE PARTIE. — CHAPITRE YIII. 

3 

Si l'on adopte la première valeur, la fraction demandée est -' , 

18 
5 
et se change en —, quand on ajoute 2 à chacun de ses termes. 

Or, ^ — ^ ou 7 — - vaut effectivement —r . 
' 20 18 4 b 12 

3 

Si l'on adopte la seconde valeur, la fraction demandée est ^ > 

5 

et se change en - quand on ajoute 2 a chacun de ses termes. 

., 5 .3 1 

2" Les deux valeurs deviendraient égales si l'on avait 
(1 — m)W=zAmab . 

Soient, par exemple, ta — 1 , /; — 8 , m — ^ ; on trouvera 

pour ces deux valeurs x^=A .La fraction demandée est alors ^ -> 

9 3 

et se change en — ou t quand on ajoute 8 à chacun de 

n 3 1 1 

ses termes. Or, -r — -:=- . . . 

A A ^ 

3° Les deux valeurs seraient imaginaires si l'on avait : 

(\—.m)W<CAmnb . 
C'est ce qui arriverait si l'on avait , par exemple , « == 1 , 

rn = - ,6=2 . 
o 

Dans ce cas le problème serait impossible. 

4" On trouverait une racine positive et une négative, si l'on sup- 
posait b négatif; c'est-à-dire si l'on supposait qu'au lieu d'ajouter 
un même nombre aux deux termes de la fraction on en retranchât 

un même nombre. 

5 
Soient, par exemple, «=11, 6=— 2 , m = —; on trouvera 



,= _ ^^—^— , 

^'12 
d'où x'=z6 et a?"==— 8f, . 

La seconde solution est purement algébrique ; la première donne 



DISCUSSION DES PROBLÈMES DU SECOND DEGRÉ. 205 

pour la fraction demandée ~ . Cette fraction, quand on retranche 



2 à chacun de ses termes, devient y . Or, 7 — — égale en 
effet A . 

ô** On trouverait une solution infinie si l'on faisait m ■=. , c'est- 
à-dire si l'on demandait que la seconde fraction fût équivalente à la 
première. 

Les deux valeurs de x sont alors 

^•=- et ;r r=« . 

La seconde solution est évidente : car si le dénominateur est 
égal au numérateur, auquel cas la fraction équivaut à l'unité, en 
ajoutant un même nombre aux deux termes on ne change pas sa 
valeur. 

La première solution s'explique avec la même facilité ; car si le 
dénominateur x est infini, il en est de même du dénomina- 
teur x-\-h ; les deux fractions , , et - sont donc nulles 

x-\-h x 

toutes les deux, et, par conséquent, leur différence est également 
nulle. 

22o. Problème IL Trouver les rayons, extérieur et intérieur, 
d'une sphère creuse de matière quelconque , connaissant l'épaisseur 
de la matière et le volume qu'elle occupe. 

Soit X le rayon intérieur, le rayon extérieur sera x + e en 
désignant par e l'épaisseur de la matière. Le volume que cette 
matière occupe est la différence entre les deux sphères dont les 
rayons sont x-{-e et x ; on doit donc avoir, en appelant V 
ce volume , 

ou , en divisant par 



4 4 

^r:{x + ef—-'::x' 



471 

3 ' 

3V 

{x-{-ef — x^ = -j-- 
47r 



Si l'on fait le carré de ^* + ^ ? on trouve x'^ -\-2ex -\- & ; et 
en multipliant ce carré par x-\-e , on obtient pour le cube de ce 
binôme 

x^-\-'^ex'-\-^e''x-\-c^ . 



■* Le volume d'inie si)lière a pour expression les 4 du rapi)orL u tie la tircou- 
férence au diamètre , mulUpliés par le cube du rayon. 



206 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VIII. 

Mettant cette valeur dans l'équation ci-dessus, et supprimant les 
termes en x^ qui se détruisent, il vient 

-: • 2^ex^ + Ze^x4~e^ = ^ , 

ou *' + «^ + ^-4^='^ ^*^- 

On tire de cette équation 



2"~ V 4re 



x-— ^—^. , ^2 



Pour que le problème soit possible , il faut que ces valeurs soient 
réelles; mais comme alors la seconde est nécessairement négative, 
il faut, de plus, que la première soit positive. Les deux racines de- 
vant être de signe contraire, il faut que le dernier terme de l'équa- 
tion [1] soit négatif (216), et cette condition suffit en même temps 
pour la réalité des racines (218). 



V _ „ , ,.. 4 



Posons donc 5- — y— <0, d'où V>-Txe' . /, 

3 47:e o ^ 

Cette condition exprime que le volume donné doit être plus 
grand que celui de la sphère qui aurait pour rayon l'épaisseur 
donnée ; et , en effet , le plus petit volume qu'on puisse obtenir en 
conservant une épaisseur donnée , correspond évidemment au cas 
où le rayon intérieur serait nul; la matière occuperait alors une 
sphère pleine ayant l'épaisseur donnée pour rayon. 

Si l'on avait V = -7re^ , on devrait trouver zéro pour la valeur 

o 

positive de ^ ; et c'est ce qui arrive en effet, car on a alors 



ou 



^--2 + \/4""'~2 + 2-^- 



12 



Quant à la valeur négative , elle est purement algébrique , et ne 
peut convenir au problème. 

226. Problème III. Trouver sur la droite XY , qui joint deux 
points lumineux A et B , le point qui reçoit de chacun d'eux 
la même quantité de lumière. 

(On suppose connu ce principe de physique : que la quantité de 
lumière reçue est en raison inverse du carré de la distance au point 
lumineux.) 

•^ A B 



DISCUSSION DES PROBLEMES DU SECOND DEGRÉ. 207 

Prenons pour inconnue la distance AG du point cherché à l'un 
des deux points lumineux, et désignons-la par x ; soit d la dis- 
tance AB des deux lumières. Représentons par é la quantité 
de lumière que recevrait un point situé à 1 mètre du point A , 
et par f celle qu'il recevrait à 1 mètre du point B. 

Si / désigne pour un moment la quantité de lumière que le 
point cherché G reçoit du point A , on devra avoir, d'après le 
principe cité : 

/ 2 

l\é\\ 1'":^ d'où /=- . 

X 

En raisonnant de même , on trouvera que la quantité de lumière 
que le point cherché G reçoit du point B est 

f 
{d — xf ' 
Ces deux quantités de lumière reçue par le point cherché G de- 
vant être égales d'après l'énoncé , on doit avoir l'équation : 

x^ [d^xf LiJ- 

On pourrait la traiter comme à l'ordinaire , et nous conseillons cet 
exercice aux élèves ; mais il est plus simple de remarquer que les 
deux membres étant des carrés parfaits, on peut en extraire la ra- 
cine , ce qui donne les deux équations du premier degré 

> . .-.. --±;5-^ ' ■■ - [2], 

X d — X ^ ^ 

Si l'on prend le signe -)- devant le second membre, on trouve, 
en faisant disparaître les dénominateurs , 

ud — a.x-=^x , d'où x'=zd. 7 . 

Si l'on prend le signe — devant le second membre , on trouve , 
de la même manière , 

fj.d — a^' = — ^x , d'où x"=:d. 



a-p' 
valeurs réelles qu'il s'agit de discuter. 

1° Supposons d'abord la première lumière plus intense que la se- 
conde, ou a>p . Dans ce cas les deux valeurs x' et x" sont 
toutes deux positives. 

Gonsidérons d'abord la valeur x' . Gomme a-f p est plus 



grand que a , l'expression — — est moindre que 1 ; la va- 

a-|-p 

leur x' est donc moindre que d , et répond à un point compris 
entre les points lumineux A et B . De plus, comme a 4-8 est 



208 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VIII. 

moindre que a-|-a ou 2a , l'expression — :— est plus grande 

a 1 . . , , , , . . , 

que — ou (}ue - ; auisi x est plus grand que la moitié 

de d . Le point correspondant C est donc plus près du point 
B que du point A . 
Considérons, en second lieu, la valeur x" . Comme a — p est 

moindre que a , l'expression — — est plus grande que 1 ; 

ainsi x'^ est plus grand que d , et répond à un point C , si- 
tué au delà du point lumineux B qui a la moindre intensité. On 
conçoit, en effet, qu'on puisse trouver de ce côté un point pour le- 
(|uel la différence d'intensité des deux lumières soit compensée par 
la différence des distances au point éclairé. 

2" Supposons que l'intensité de la seconde lumière aille en aug- 
mentant et que par conséquent S augmente en se rapprochant 
ainsi de a , la valeur x' ira en diminuant et la valeur .x" ira 
en augmentant. Ainsi le point C se rapprochera du milieu de 
AB , et le point C s'éloignera de plus en plus de la lumière B . 

Si l'on suppose maintenant a = 8 , ou les deux lumières d'égale 

intensité, on aura ol==- et ;«."=—, c est-a-dire que le point C 
Ji u 

se trouvera alors au milieu de AB , et que le point C se sera 
éloigné à une distance infinie à droite du point B . On conçoit, en 
effet, que pour compenser la différence d'intensité des deux lu- 
mières, il faut éloigner le point C d'autant plus que cette diffé- 
rence est moindre ; et que si enfin elle devient nulle, ce n'est qu'à 
une distance infinie que la différence due aux distances devient in- 
sensible. 

3° Supposons que fi , continuant à croître, devienne plus grand 
(jue a , ou que la lumière B soit plus intense que la lu- 
mière A . 

La valeur x' reste positive et moindre que d , c'est-à-dire 
(qu'elle répond toujours à un point compris entre A et B . Mais, 
comme p est plus grand que a , il s'ensuit que « -)- [i est 

plus grand que 2 a , et que, par conséquent , -y-^ est moindre 

fme JL ou que - ; ainsi x' est moindre que - , c'est-à-dire 

2x ^ ^ 

(lue le point C est alors plus près de la lumière A que de la 
lumière B . 

Quant à la valeur x' , elle devient négative ; et, puisqu'on a re- 
gardé comme positives les distances comptées à droite du point A , 



DISCUSSION DES ÉQUATIONS DU SECOND DEGRÉ. 209 

on devra, pour la généralité des formules (110), regarder comme 
négatives celles qui sont comptées à gauche de ce point. La valeur 
négative trouvée pour oé' correspondra donc à un point C' , si- 
tué à gauche du point lumineux A qui a la moindre intensité, 
et à une distance de ce point d'autant plus grande que la différence 
absolue p — a est plus petite. 

4° Si l'on faisait maintenant décroître l'intensité de la lumière B 
jusqu'à ce qu'on en fût revenu à l'hypothèse p = a , on trouve- 
rait pour x" des valeurs négatives de plus en plus grandes, et 
enfin une valeur infinie qu'on devrait regarder comme négative, 
puisqu'elle serait la limite vers laquelle tend une quantité négative 
de plus en plus grande en valeur absolue. Ainsi , pour a = fi la 
solution infinie répond à un point que l'on peut supposer placé in- 
différemment à droite ou à gauche des deux lumières , ce qui doit 
être. 

Il ne faudrait pas en conclure que l'équation du second degré a, 
dans ce cas, trois racines , elle n'en a que deux ; mais la valeur in- 
finie peut être affectée du signe + ou du signe — , suivant 
qu'on la considère comme limite de quantités croissantes positives, 
ou de quantités .croissantes en valeur absolue, mais négatives. 

5° Si l'on fait en même temps les deux hypothèses a = p et 
r/ = , c'est-à-dire si l'on suppose que les deux lumières soient de 
même intensité, et placées en outre au même point A , on trouve 

x'=^ et .r" = 5 . 

La première valeur donne le point A ; cela devait être, puisque 
le point C , qui est au milieu de AB pour a == p , se confond 
alors avec A et B . 

La seconde est indéterminée; et, en effet, en quelque point de la 
droite XY qu'on place alors le point éclairé , il recevra des deux 
points lumineux la même quantité de lumière. 

Si , sans faire aucune hypothèse sur d , on fait les deux suppo- 
sitions a=0 et p = , on trouve pour x' et x" deux va- 
leurs indéterminées. Et, en effet, si les deux lumières sont éteintes, 
un point quelconque situé soit entre A et B , soit en deçà ou 
au delà, reçoit de chacun de ces points une quantité de lumière 
nulle et par conséquent une quantité égale. 

227. Le lecteur pourra s'exercer sur les exemples qui suivent : 
L Partager le nombre a en deux parties telles que la somme 
de leurs racines carrées soit égale à un nombre b . 

n. Un voyageur a n kilomètres à faire , et marche d'une ma- 
nière régulière. S'il faisait chaqiie jour a kilomètres de plus, il 

14 



210 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE VllJ. 

emploierait à son voyage b jours de moins. Quelle serait alors la 
durée de son voyage ? 

III. Trouver le côté de l'une des bases d'un tronc de pyramide à 
bases carrées, connaissant le côté de l'autre base, la hauteur du 
tronc et son volume. 

IV. Partager a en deux parties telles que la somme de leurs 
cubes soit égale à b . 

§ IV. Discussion de l'équalion bicarrée. 

228. L'équation bicarrée peut se présenter sous l'une des deux 
formes 

x''-\-px^-{-q = ou ax''-^bx^ + c = . 

En posant x^ = y , on en tire 

y'^-\-py-\-q = ^ ou aif+by + f^ = ^ • 
Soient y' et / les deux racines de l'équation en ?/ , on aura 

x'=zzts/V et x"=±:)/f . 
1° Si y' et îf sont réels et positifs, on aura pour x quatre 
valeurs réelles, dont deux positives et deux négatives, égales deux 
à deux en valeur absolue. Ce cas se présentera quand on aura en 
même temps 

(J>0 , p<0 et ^ — (7>0 , 
ou c>0 , ^^<0 et b'' — Aaq>0 , 

attendu que a peut toujours être supposé positif. 

2° Si y' est positif et ?/ négatif, on aura pour x' deux 
valeurs réelles , égales et de signe contraire , et pour x" deux va- 
leurs imaginaires. Ce cas aura lieu pour 

(/<0 ou c<0 . 

3° Si y' et îj" sont tous deux réels et négatifs , on aura pour x 
quatre valeurs imaginaires. Cela aura lieu pour 

if 
q>0 , p>0 et j — 9>^ » 

ou c>0 , 6>0 et 6^ — 4ac>0 . 

4° Si îj' et îj" sont imaginaires, il en sera de même des quatre 
valeurs de x , puisque la racine carrée d'une quantité imaginaire 



DISCUSSION DE L'ÉQUATION BICARKÉE. 211 

du second degré est elle-même imaginaire (214). Ce cas se présen- 
tera pour 

^>0 et ^'~^<0 , 

ou c>0 et 6^ — 4flc<0 . 

5° Si y' et y" sont égaux , les valeurs positives de x seront 
égales entre elles, et les valeurs négatives égales entre elles. Cela 
aura lieu pour 

^ — q=0 ou b^^4ac=0 . 

^ Elles seront d'ailleurs réelles, nulles ou imaginaires, suivant que 
!/' et y" seront positifs, nuls ou négatifs, c'est-à-dire suivant 
qu'on aura 

p<0 , p = , ;?>o 

ou 6<0 , 6 = , 6>0 . 

6° Si l'équation en y a des racines infinies , il en sera de même 
de l'équation en x . Mais celles-ci pourront être réelles ou ima- 
gmaires, suivant que les racines de l'équation en y seront égales 
à l'infini positif ou à l'infini négatif. 

229. Comme exemple de cette discussion nous traiterons la 
question suivante : 

Problème. Un capitaliste place deux sommes sl et h à des 
taux différents et à intérêts composés pendant deux ans, et obtient 
au bout de ce temps un capital définitif total c . S'il eût placé les 
mêmes sommes une année au premier taux, et l'amiée suivante au 
second taux, le capital définitif total eût été d . On demande quels 
sont ces deux taux. 

Désignons par t et t' les deux taux demandés. La somme a 
au taux ^ , et à intérêts composés , devient au bout de deux ans 

^(^"'"îôô) ' ^^ somme b au taux t' , à intérêts composés et 

au bout du même temps, devient b U +y^)' . On a donc pour 
première équation 

•('+4)"+K'+i4)'='- 

La somme a au taux t , au bout d'un an, devient a (l 4- —\ ; 

\ ~ looy' 
cette dernière somme au taux f , au bout d'une autre année, de- 
vient à son tour a (l+ ^^ (l-\- ^ . La somme b , placée 



212 SECONDE PAUTIE. — CHAPITRE VIII. 

de la même manière, deviendrait à ll-\- : — ) (l-f- — ) . On a 
donc pour seconde équation 

Pour simplifier le calcul, prenons pour inconnues les quantités 
l t! 

^ "^ TÔÔ ^^ ^ "^ Tôô ' posons en conséquence 

Les deux équations du problème deviendront 

ax^ -j- bip- = c et {a-\-b)xy=.d . 

Si l'on prend dans la seconde la valeur de y en x pour la 
substituer dans la première , on trouve , après avoir fait disparaître 
les dénominateurs 

a{a -{-bfx' — (ft + bfca^ -\-bd'=zO [i] ; 

en ne mettant point de double signe devant le radical total , attendu 
que X doit être essentiellement positif. 

En éliminant au contraire x entre les deux équations propo- 
sées , on arrive à l'équation 

b{a + bfy'-{a+bfcf+ad'=ù [3]; 

d'où J {a + b)cz^sfW+W^^^^^'^^' r^. 

^ V 'Ibia + b) ^ ^' 

On doit mettre zç. au lieu de zh devant le radical intérieur, 
afin qu'en prenant les signes supérieurs ensemble ou les signes in- 
férieurs ensemble, on obtienne un système de valeurs qui satisfasse 
aux équations proposées. 

1° Le second terme des équations [1] et [2] étant essentiellement 
négatif, et le troisième étant essentiellement positif, il s'ensuit que, 
pour que les valeurs obtenues soient réelles , il suffit que le radical 
intérieur le soit , c'est-à-dire qu'on ait 

{a + bfc'-'>Aabd'' [5]. 

Le problème est alors susceptible de deux solutions distinctes. 
Ayant obtenu x et ?/ , on en déduira facilement 

^ = 100^; — 1 et i'=:\OQy — \ . 



DISCUSSION DE L' ÉQUATION BICARRÉE. 213 

Comme cas particulier, supposons que les deux modes de place- 
ment donnent le même capital définitif, ou qu'on ait c=:d \ les 
valeurs de x et de y deviendront 



ce qui donne les deux systèmes 



-\-h)czç:{a — b)c 

2b{a-{-b) 



ou 



œ' = i/ — —7 avec «/'=i/ — r^ , 

y c6-\-b ^ V«+6' 

// A I ^ ^ I ^ I (^ « 

^ =\/ — TT'- ^vec y — \ — i— F-T 



Le premier système donne x' ■=zy' , solution évidente a priori 
dans ce cas. 

2° Si l'on a (a + ^^)2(?2=i: 4«^^rf- [6], 

les deux systèmes se réduisent à un seul : 



^=V^ '' y^s/ib- 



Dans ce cas, on ne peut supposer c=zd sans supposer en même 
temps a=b ; car si l'on fait c — d dans la relation [6], elle se 
réduit , en divisant par c^ , à 

{a-\-bf=::Aab , d'où a^ — ^ab + b^=:Q , 
ou [a — bf=zQ , ou enfin a = b . 

3° Si l'on a (« + bfc''<:4abd^ . 

Ces deux systèmes sont imaginaires. 
4° Si l'on suppose a = , l'équation [1] donne pour x- une 

valeur infinie, et une valeur finie. . . x = -r= . 

^bc 

L'équation [3] donne ?/'=0 , et y=i/^~ pour les valeurs 

correspondantes. 

On peut s'assurer que le second système satisfait alors aux deux 
équations proposées. Quant au premier, il s'explique en remarquant 
que si la somme a était très-petite, l'un des systèmes représentés 
par les équations [2] et [4] donnerait pour x une valeur très- 
grande et pour y une valeur très-petite ; en sorte que si a de- 
vient nul, X devient infini et y nul. 

Si l'on suppose à la fois a = et b = , toutes les valeurs se 

présentent sous la forme - ; mais si l'on commence par faire 



214 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE Mil. 

b=za dans les équations [1] et [3], et si l'on supprime le facteur 
a alors commun à tous les termes, puis qu'on fasse ensuite a= , 
ces équations se réduisent toutes deux à d-=^ , ce qui indique 
que les valeurs de x et de y sont infinies (222). 11 est évi- 
dent, en effet, qu'il faudra un taux d'autant plus élevé pour obtenir 
un même capital définitif, que le capital primitif sera plus petit; et 
que par conséquent si le capital primitif devient nul , il faudra un 
taux infiniment grand. 

230. Le lecteur pourra s'exercer sur les exemples suivants : 

1. Trouver les quatre termes d'une proportion par quotient , dont 
la raison est q , sachant que la somme des carrés de ces termes est 
égale à sl , et que leur produit est égal à b . 

IL Inscrire dans une sphère un cylindre dont la surface soit équi- 
valente à un cercle donné. 

IIL Partager un nombre a en deux parties telles que, si l'on 
multiplie respectivement leurs carrés par m et n , la différence 
des produits soit égale à un nombre donné b . 

IV. Trouver les rayons des bases d'un tronc de cône, connaissant sa 
hauteur, son volume, et la moyenne géométrique entre les surfaces de 
ses bases. (On pourra représenter cette moyenne par la surface d'un 
cercle donné , et le volume du tronc par celui d'un cylindre de 
même hauteur.) 



SECONDE PARTIE. 215 



CHAPITRE IX. 

DES PUISSANCES ET DES RACINES D'UN DEGRÉ QUELCONQUE. 

§ l. Des combinaisons. 

251 . La formation des puissances des polynômes exigeant la con- 
naissance de la théorie élémentaire des combinaisons , nous allons 
d'abord l'exposer, afin de ne pas interrompre ce que nous aurons à 
dire sur les puissances. 

On nomme combinaisons de m objets n à n les différentes 
manières de grouper ces objets nk n ^ ào. telle 'sorte que deux 
groupes diffèrent au moins par un des objets qui y entrent. 

On nomme permutations de n objets les différentes manières 
de les ranger suivant une figure déterminée , par exemple en ligne 
droite. 

On est convenu de nommer arrangements de m objets n « n 
les différentes manières de ranger ces objets suivant une figure dé- 
terminée , en ligne droite par exemple , en les prenant n k n . 

Il résulte de ces définitions que si , après avoir formé toutes les 
combinaisons de m objets n k n ^ on eff'ectuait, dans chaque 
groupe de n objets toutes les perwi^^a^zows possibles, on obtien- 
drait précisément tous les arrangements possibles de ces m ob- 
jets 7i à 71 . En sorte que , si l'on multiplie le nombre des com- 
binaisons de m objets n k n , par le nombre des permutations 
qu'on peut faire subir à un groupe de n objets , on obtiendra 
précisément pour produit le nombre des arrangements possibles de 
ces m objets nkn . 

Si donc on désigne par C„i,„ le nombre des combinaisons de 
m objets nk7i \ par Pn le nombre des permutations qu'on 
peut faire subir à un groupe de n objets ; et par A^,„ le nom- 
bre des arrangements possibles de m objets nkn , on aura la 
relation 

d'où l'on déduit c^^=^» ; 

c'esl-à-dire que, pour obtenir le nombre des combinaisons de 



216 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

m objets nkn , il faut diviser le nombre des arrangements pos- 
sibles de ces m objets nkn , par le nombre des permutations 
qu'on peut faire subir à un groupe de n objets. 

Nous allons donc chercher à déterminer A,„^„ et P,, ; nous en 
déduirons C^^^ • 

Afin de fixer les idées , nous supposerons que les objets dont il 
s'agit sont les lettres de l'alphabet. C„»,n ' désignera alors le nom- 
bre de manières de prendre m lettres nkn , de telle sorte 
qu'on obtienne, en les multipliant, autant de produits distincts. 
Pn désignera le nombre de manières d'écrire à la suite les unes d£s 
autres n lettres déterminées. Enfin A„,^n désignera le nombre 
de manières d'écrire à la suite les unes des autres n lettres, 
prises , de toutes les façons possibles , sur un nombre total de m 
lettres, 

252. Soient a , h , c , d , . , , h , k , l , \q% m 
lettres considérées. 

Le nombre des arrangements de ces m lettres 1 à 1 est 
évidemment égal au nombre de ces lettres ; on a donc 

Cherchons à former les arrangements 2 à 2 . Pour cela , il 
suffira de prendre tour à tour chacune des m lettres, et d'écrire 
à sa droite chacune des m — 1 lettres restantes ; ce qui donnera 



ah 
ac 
ad 


ba 
hc 
bd 


ca 

cb . 
cd . 


. la 

. Ib 
. le 


ak 
al 


bk 
bl 


'ck '. 
cl . 


', Ih 
. Ik 



On aura bien ainsi tous les arrangements 2 à 2 ; il suffit pour 
le démontrer de faire voir qu'aucun arrangement n'a été omis , et 
qu'aucun n'a été répété. Or, 1° considérons un arrangement quel- 
conque ck . On a pris chaque lettre à son tour pour former une 
colonne verticale ; on a donc pris en particulier la lettre c . A la 
suite de cette lettre, on a écrit successivement chacune des lettres 
restantes; on a donc écrit en particulier la lettre k ; ce qui a 
donné l'arrangement ck . Donc, aucun arrangement n'a été omis. 

2° Comparons deux arrangements quelconques écrits dans le ta- 
bleau ci-dessus. Ou ils se trouveront dans une même colonne ver- 
ticale, et alors ils différeront par la dernière lettre; ou ils se trouve- 
ront dans deux colonnes différentes, et alors ils différeront par la 



. DES COMBINAISONS. 217 

première lettre. Donc , tous les arrangements obtenus sont dis- 
tincts. 

Donc enfin , on a bien ainsi tous les arrangements 2 à 2 .11 
reste à en déterminer le nombre. Or, il y a autant de colonnes qu'il 
y a d'arrangements 1 à 1 , ou de lettres; c'est-à-dire m ; et il y 
a m — 1 arrangements dans chaque colonne ; il y a donc en tout 
m {m — 1) arrangements 2 à 2 ; et l'on a 

Formons les arrangements 3à3 . Pour cela, il suffira de 
prendre tour à tour chaque arrangement 2 à 2 , et d'écrire à sa 
suite chacune des m— 2 lettres restantes, ce qui donnera 

abc acb hca . . Ma 

klb 



abd acd bcd 
abe ace bce 



abl ad bel 



hic 



klh . 



On aura bien ainsi tous les arrangements 3 à 3 .En effet : 

1" Considérons un arrangement quelconque bck . On a pris , 
à son tour, chaque arrangement 2 à 2 pour former une co- 
lonne verticale ; on a donc pris en particulier l'arrangement bc . 
On a écrit à la suite chacune des lettres restantes ; on a donc écrit 
en particulier la lettre k , ce qui a donné l'arrangement bck . 
Donc aucun arrangement n'a été omis. 

2° Comparons deux arrangements quelconques écrits dans le ta- 
bleau ci-dessus. Ou ils sont dans la même colonne verticale, et alors 
ils diffèrent par la dernière lettre ; ou ils sont dans deux colonnes 
difiërentes, et alors ils diffèrent au moins par l'ordre des deux pre- 
mières lettres, comme abk et &ttÂ; . Donc tous les arrangements 
écrits sont distincts. 

Donc enfin , on a bien ainsi tous les arrangements 3 à 3 .11 
reste à en déterminer le nombre. Or, il y a autant de colonnes qu'il 
y a d'arrangements 2à2 , c'est-à-dire A^,2 ou m (m — 1) ; 
et , dans chaque colonne, il y a 7n — 2 arrangements ; il y a donc 
en tout m(w — 1)(m — 2) arrangements 3 à 3 ; et l'on a 

La loi de formation de ces valeurs est évidente. Mais on peut la 
démontrer d'une manière générale. Concevons que nous ayons 
trouvé le nombre km,n-i des arrangements 7i — Ihn — 1 , et 
que nous voulions former les arrangements n k n . Pour cela , il 
suffira de prendre à son tour chacun des arrangements n — là 



218 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

r/i — \ ^ et d'écrire à sa suite chacune des lettres restantes, lesquelles 
sont au nombre de m—{n — 1) ou m — /i+1 . On formera 
ainsi autant de colonnes verticales qu'il y a d'arrangements n — 1 
kn — l , et dans chacune de ces colonnes il y aura m — w + l 
arrangements. V Aucun arrangement n h n n'aura été omis ; 
car, soit, par exemple, l'arrangement abc gh que nous sup- 
poserons formé de n lettres. On a pris à son tour chaque arran- 
gement n — 1 an — 1 pour former une colonne verticale ; on a 

donc pris en particulier l'arrangement abc g . On a écrit à la 

suite chacune des lettres restantes ; on a donc écrit en particulier la 
lettre h , ce qui a formé l'arrangement abc....gh . T Aucun ar- 
rangement n'a été répété ; car, si l'on compare deux arrangements 
écrits dans le tableau formé comme il vient d'être dit, ou ils seront 
dans une même colonne verticale , et alors ils difiereront par la der- 
nière lettre ; ou ils seront dans deux colonnes différentes, et alors ils 
différeront au moins par l'ordre des n — 1 premières lettres , 

comme abc gh et gbc ah . 

Donc enfin on aura bien tous les arrangements nkn . Pour en 
déterminer le nombre , il faut multiplier le nombre des colonnes, 
ou le nombre des arrangements n — 1 kn—1 , c'est-à-dire 
A„.,n-i , par le nombre d'arrangements contenus dans chaque co- 
lonne , c'est-à-dire par m—n^l;on aura donc 

A^,n = A^,„_i.(m — n-|-l) . 

Cette formule étant générale , on peut y donner à n toutes les 
valeurs entières depuis 2 jusqu'à n ; on obtient ainsi 

A^,2 = A„»,i.(w — 1) 
A^.v = A^. .(wî— 3) 



Si l'on multiplie ces égalités membre à membre , qu'on supprime 
les facteurs A^,, , km,s , Ka- • - ^ , ^m.n-x communs aux 
deux membres, et qu'on remplace A„,i par sa valeur m , on 
obtient 

A«,„ = w(m— l)(m— 2)(m— 3) {m—n+\) . 

255. Remarque. Le second membre se compose de n facteurs, 
qui vont en diminuant d'une unité , à partir de m qui est le pre- 
mier. Ainsi le nombre des facteurs est toujours égal à l'indice n 
de A„,n ; le nombre des arrangements 2 à 2 est exprimé par 
2 facteurs ; le nombre des arrangements 3 à 3 est exprimé par 



DES COMBINAISONS. 219 

3 facteurs , etc.; le nombre des arrangements nkn est exprimé 
par n facteurs. 

Exemple I. Combien peut-on former de nombres de 3 chiffres 
avec les chiffres impairs 1 , 3 , 5 , 7 , 9 ? 
Le nombre demandé est le nombre des arrangements de 6 objets 

3 à 3 ; il est donc égal à un produit de 3 facteurs , dont le pre- 
mier est 5 , et les autres vont en diminuant successivement d'une 
unité. Ce nombre est donc 

5X4X3 ou 60 . 

Exemple II. Combien pourrait-on former de rubans rayés de 

4 couleurs avec les 7 couleurs du prisme ? 

Le nombre demandé est le nombre des arrangements de 7 objets 
4 à 4 ; il est donc égal à un produit de 4 facteurs, dont le pre- 
mier est 7 ; et les autres vont en diminuant successivement d'une 
unité. Ce nombre est donc 

7X6X6X4 ou 840 . 

Exemple III. Six joueurs jouent à un jeu de cartes où Von donne 
une carte à chacun; de combien de manières peut-il arriver qu'ils 
soient servis ? 

Le nombre demandé est le nombre des arrangements de 32 objets 
6 à 6 ; il est donc égal à un produit de 6 facteurs , dont le pre- 
mier est 32 , et les autres vont en diminuant successivement d'une 
unité. Ce nombre est donc 

32 X 31 X 30 X 29 X 28 X 27 ou 652458240 . 

Si le jeu était de 52 cartes , le nombre demandé serait 

52X51X50X49X48X47 ou 14658134400 . 

254. Évaluons maintfjnant le nombre des permutations possibles 
qu'on peut faire subir à n objets. Les permutations ne diffèrent 
des arrangements qu'en ce que l'on prend toutes les lettres ; en 
d'autres termes, le nombre des permutations de n objets est 
égal au nombre des arrangements de n objets nk n \ c'est-à- 
dire que l'on peut écrire 

P — A 

Si donc on remplace m par n dans la valeur de A,„,n , on 
aura la valeur de Pn . On trouve ainsi 

Vn = n{n—\){n—T) 2.1 

ou Pn = 1.2.3 {n—l),n . 

C'est-à-dire que le nombre des permutations de n objets est 



220 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

égal au produit de la suite naturelle des nombres, depuis 1 jus- 
qu'à n . " 

On remarquera que, comme dans la formule des arrangements, 
le nombre des facteurs est égal à n . 

On aurait pu établir directement cette formule. 

Supposons, en effet, qu'on ait formé les permutations de 
n—\ lettres a , h , c , .... k , et que leur nombre soit 
P„_.i . Pour former les permutations de n lettres , on prendra 
chacune des permutations de n — 1 lettres, et on y introduira 
la tV^" lettre , / , successivement à toutes les places. Los per- 
mutations ainsi obtenues seront toutes distinctes; car elles différe- 
ront, ou par l'ordre des n — 1 lettres primitives, ou par la place 
qu'occupe la /^''""^^ lettre introduite / . D'ailleurs , aucune per- 
mutation ne sera omise; car, si l'on considère la permutation 
ahlc ^ , par exemple, on voit qu'elle provient de la permuta- 
tion ahc,...k de n — 1 lettres, dans laquelle on a introduit 
/ à la 3^ place; elle a donc dû être formée. On aura donc bien 
ainsi toutes les permutations de n lettres. Or, chaque permuta- 
tion de 71 — 1 lettres en fournira n àe n lettres; car la 
lettre / peut être mise à n places différentes. 

On aura donc Pn == Pn-i X ^ . 

Si , dans cette formule, qui est générale , on donne à 7i toutes 
les valeurs depuis 2 jusqu'à n , on obtient 

P,=Pi.2 

P8 = P2.3 

P. = P3.4 



Pn = Pn-l.W . 

Multipliant terme à terme, supprimant les facteurs communs 
aux deux membres , et observant que le nombre des permutations 
de 1 lettre est égal à 1 , ou que Pi = 1 , il viendra 

Pn=1.2.3.4...7î . 

Exemple I. De combien de manières peut-on atteler à une diligence 
.5 chevaux désignés'^ 

Le nombre demandé est celui des permutations de 5 objets ; 
sa valeur est donc 

1 .2.3.4.5 ou 120 . 

Exemple IL Une maîtresse de maison offre à ses convives 12 as- 
siettes de dessert ; de combien de manières peuvent-elles être placées 
sur la table, en conservant la même ordonnance/^ 



DES COMBINAISONS. 221 

Le nombre demandé est celui des permutations de 12 objets , 
c'est-à-dire 

1.2.3.4.5.6.7.8.9.10.11.12 ou 479001600 . 

Exemple 111. De combien de manières les cartes peuvent-elles être 
disposées dans un paquet de 24 cartes ? 

Le nombre demandé est celui des permutations de 24 objets ; 
c'est-à-dire 

1.2.3.4.5.6.7.8.9.10.11.12.13.14.15.16.17.18.19.20.21.22.23.24 . 

En effectuant les calculs , on trouve 

620448401733239439360000 . 

255. Ayant déterminé le nombre des arrangements de m objets 
nkn , et le nombre des permutations possibles de n objets, on 
obtient sur-le-champ le nombre des combinaisons n?^n par la 
formule 

A 

m,n -p 

établie au n" 251. 

En mettant pour k^.n et pour P„ leurs valeurs (252, 254), 
on trouve 

^"'"~" 1.2.3. 4 777, l * 

Il y a , dans cette expression , n facteurs au numérateur et au- 
tant au dénominateur. Le numérateur a pour premier facteur le 
nombre total m des objets; les autres facteurs vont en dimi- 
nuant successivement d'une unité. Le dénominateur est le produit 
de la suite naturelle des nombres entiers depuis 1 jusqu'au 
nombre n d'objets qui entrent dans chaque combinaison. 

On aurait pu établir aussi cette formule directement. 

Supposons qu'on ait formé les combinaisons de m lettres 
n — là n — 1 , et qu'on veuille former les combinaisons nkn . 
On pourra, à la droite de chaque combinaison n — 1 k n — 1 , 
écrire successivement chacune des m — {n — 1) ou m — n-\-\ 
lettres restantes. Mais , il est facile de voir que chaque combinaison 
nkn sera ainsi répétée n lois ; car elle proviendra également 
de l'introduction de l'une quelconque des n lettres qui y entrent , 
dans la combinaison formée des n — 1 autres. 

Pour avoir le nombre des combinaisons nkn , il faudra donc 
multiplier le nombre des combinaisons n — 1 à n — 1 par 
ni — n-{-\ , et diviser le produit par n . Ainsi on a 

_ rri — n + \ 



222 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

Si , dans cette formule qui est générale , on donne à n toutes 
les valeurs depuis 2 jusqu'à n , on aura la série d'égalités 

r — r m—l 
r —r ^—^ 

^fn,4 t(«i,3 • 7 j 



r — r m—n-\-l 

Multipliant terme à terme, supprimant les facteurs communs 
aux deux membres , et remarquant que C^a = m , ou y » il 

viendra 

P m m — 1 m — 2 m — 3 m — n-^1 

U.n — y.— 2" •— 3---4— •••• - 

__ m{m — 1) (m—2)(m—S) . . . . (,m — n -\- 1) 
~ 1 . 2 . 3 . 4 n 

EXEMPLE I. Dans un conseil, composé de 12 membres, on tire 
au sort une commission de 5 membres, pour s'occuper d'un cer- 
tain travail. De combien de manières cette commission pourra- 
t-elle être composée ? 

Le nombre demandé est celui des combinaisons de 12 ob- 
jets 5 à 5 . Le numérateur devra se composer des 5 facteurs 
12.11.10.9.8 ;etle dénominateur des 5 facteurs 1.2.3.4.6 . 
Le nombre cherché sera donc 

12.11 .10.9.8 ..no « -yno 

- — - — - — j—-r OU 11.9.8 , ou enfin 792 . 
12.3.4.5 

Exemple IL Un maître de poste, qui a 15 chevaux dans son 
écurie, doit en fournir 4 pour relaijer une voiture; de combien 
de manières peut-il le faire ? 

Le nombre demandé est le nombre des combinaisons de 15 ob- 
jets 4 à 4 . Le numérateur devra se composer des 4 facteurs 
15 . 14 . 13 . 12 ; et le dénominateur, des 4 facteurs 1.2.3.4. 
Le nombre cherché sera donc 

^^'^t'^l' ^J ou 15.7.13 , ou enfin 1365. 

Exemple 111. Chaque joueur qui fait , au jeu du piquet, donne 



DES COMBINAISOJNS. 223 

12 cartes sur 32 à son adversaire; de combien de manières 
celui-ci peut-il être servi? 

Le nombre demandé est celui des combinaisons de 32 objets 
12 à 12 , c'est-à-dire 

32 . 31 . 30 . 29 . 28 . 27 . 26 . 25 . 24 . 23 . 22 . 21 
1 . 2 . 3 . 4 . 5 . 6 . 7 . 8 . 9 .10.11 .12 ' 

ou , en supprimant les facteurs communs au numérateur et au dé- 
nominateur, 

31 . 29 . 26 . 23 . 21 . 20 ou 225792840 . 

256. Remarque I. La valeur de Cm,n peut être mise sous une 
autre forme qu'il est bon de connaître. 
Si l'on multiplie les deux termes de C^,n par le produit 

{m — n){m — n — \){m — n — 2) 3.2.1 , 

ou 1 .2.3.4 (m^n) , 

on trouve 

P __ m(m — 1 ){m — 2)(m — 3) . . . (m — n-\-l)(m — nXm — n — 1 ) . . . 3 . 2 . 1 : 
'"^^■^1 .2 . 3 . 4 .... n '. r~ 2.3...(m— /i) * 
Or, le numérateur est alors le produit de la suite descendante des 
nombres entiers depuis m jusqu'à 1 , ou , ce qui revient au 
même, le produit de la suite naturelle des nombres depuis 1 jus- 
qu'à m . On peut donc écrire 

r __ 1'2.3.4 m 

^m,n— j 2.3....?^X1.2.3.... (m — n) * 
Et , comme Cm,n est nécessairement un nombre entier, on voit 
que le produit de la suite naturelle des nombres depuis 1 jus- 
qu'à m est toujours divisible par le produit 1 . 2 , 3 . . . . n , 

par le produit 1.2.3 (m — n) , et par le produit de ces 

deux produits. 

On aurait pu remarquer de même , sous la première forme de 
Cm,n , que le produit m{m — l)(m — 2) (m — n-\-\) est tou- 
jours divisible par le produit 1.2.3 n ; ou que le produit de 

n nombres consécutifs est toujours divisible par le produit des 
n premiers nombres. 

Remarque II. Il résulte aussi de la forme que nous venons de 
donner à C,„^n que le nombre des combinaisons de m objets 
n à n est égal au nombre des combinaisons de ces mêmes objets 
m — n à m — n . 

En effet , la formule ci-dessus étant générale , on peut donner 
à n une valeur quelconque moindre que m ; donnons-lui la 
valeur m — n , c'est-à-dire changeons n en m — n ; il en ré- 



22/l SECONDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

sultera que m — n sera changé en 7n — {m — n) ou en n . 
On aura donc 

_ 1.2.3.4 m 

'"'""""" 1.2.3....(w— ?^)X1.2.3.... ri * 

Par conséquent C„»,n = Cw,7n~n , 

ce qu'il fallait démontrer. 

On aurait pu apercevoir cette propriété directement. Car, si l'on 
prend n lettres , par exemple , sur m , il en reste m — n ;à 
chaque combinaison de n lettres répond une combinaison de 
7n — 7i lettres , et vice versa. Et si les combinaisons nkn sont 
toutes distinctes, il en sera de même des combinaisons m — n à 
m — n , et vice versa. Donc ces combinaisons sont en même nombre. 

^ôT .VviO'&htm.l. Parmi les combinaisons de 12 lettres a^ b, 
c, ..., etc., 5à5 , combien y en a-t-il qui contiennent à la fois 
3 lettres déterminées a , b , c ? 

Pour résoudre ce problème, concevons que l'on veuille former les 
combinaisons 5 à 5 qui contiennent à la fois « , b et c . 
Nous commencerons par écrire ces 3 lettres ; et, à la suite de ces 
3 lettres, il en faudra écrire 2 autres , prises parmi les 12 — 3 
ou 9 lettres restantes. Le nombre demandé est donc celui des com- 
binaisons de 9 lettres 2 à 2 ; c'est-à-dire 

i-« ou 36 . 

Si l'on demandait généralement : combien, parmi les combinai- 
sons de m lettres n « n ,y en a-t-il qui contiennent à la fois p 
lettres déterminées't On remarquerait de même (jue, pour former les 
combinaisons demandées , il faudrait d'abord écrire les p lettres 
qui doivent entrer dans toutes ces combinaisons, puis compléter le 
nombre de n lettres dans chaque combinaison , en prenant les 
n — p lettres complémentaires parmi les m — 'p lettres non en- 
core écrites. Le nombre demandé serait donc celui des combinai- 
sons de m — p lettres n — pkn — p , c'est-à-dire 

(m—p){m—p — l){in—p — 2) [m—p — (n—p) + l] 

î ; 2 '. 3 tt;^ (n—p) ' 

(m—p)(m'-p — l}{m—p — 2) (m — n + i) 

^" ~~1 : 2 : 3 .... {n-p) ' 

Problème IL Parmi les combinaisons de 12 lettres a, b, c, ..., etc., 
5 rt 5 , combien y en a-t-il qui ne contiennent ni a , ni h , ni c ? 

Si l'on met à part les 3 lettres a , 6 , c qui ne doivent pas 
entrer dans les combinaisons demandées, il en restera 12 — 3 ou 



DES COMBINAISONS. 225 

9 ; le nombre demandé est donc celui des combinaisons de 9 let- 
tres 5 à 5 , c'est-à-dire 

* 9.8.7.6.5 

1.2.3.4.5 ^" 1^^ • . 

Si l'on demandait généralement : combien, parmi les combinai- 
sons de m lettres n à n , y en a-t-il qui ne contiennent aucune 
des p lettres déterminées a , b , c .etc."^ On remarquerait 
de même qu'en mettant à part ces p lettres qui ne doivent pas 
entrer dans les combinaisons demandées, il en resterait m—p . Le 
nombre demandé serait donc celui des combinaisons de m—p let- 
tres nkn ^ c'est-à-dire 

{m—p){m—p—^\){m—p — 'ï) . . . .{m—p — n + l) 

r~: 2 \ 3 777, n • 

Problème III. Parmi les combinaisons de 11 lettres a^ b, c, . . ., etc., 
5 à 5 , combien y en a-t-il qui contiennent au moins \ne des 
3 lettres a ^ b ^ c .^ 

Si l'on cherche le nombre total des combinaisons 5 à 5 , puis le 
nombre de ces combinaisons qui ne contiennent ni a , ni' ^ , ni 
c , la différence de ces deux nombres sera le nombre de combinai- 
sons où entre nécessairement l'une au moins des 3 lettres a , 

b, ^ . Or, le nombre total des combinaisons de 12 lettres 5à5 
est 

12.11.10.9.8 

1.2.3.4.5 ^" ^^2 • 

Nous venons de trouver que le nombre de ces combinaisons où n'en- 
trent m a , ni 6 , ni c est 126 ; la différence 792 — 126 
ou 666 sera donc le nombre demandé. ' 

Si l'on demandait généralement : combien, parmi les combinai- 
sons de m lettres nàn , yen a-t-il qui contiennent au moins 
l une des p lettres déterminées a , b , c , etc. 'i On remar- 
querait de même que le nombre demandé est la différence entre le 
nombre total des combinaisons de m lettres nkn , et le nombre 
de ces combinaisons qui ne contiennent aucune des p lettres dé- 
terminées, nombre que l'on a exprimé tout à l'heure. Le nombre 
demandé serait donc 

m(m— l}(m — 2)....(m — /i-j-l) 

1 . 2 \ 3 :t7: n 

_{m—p){m'^p~\),,,,{rn—p — n-\-\) 

""î '- 2 rrr: n • 

Problème IV. Le lecteur pourra appliquer ces formules à la solu- 
tion des problèmes suivants : 

15 



226 SLCONDE PAHTIL. — CHAPITRE IX. 

Si l'on donne à un joueur 12 cartes sur 32 , de combien de 
manières pourra-t-il arriver : V quHl ail les 4 as; 2" qu'il n'ait 
aucune figure ; 3" qu'il ait au moins un trèfle'^ 

(Réponses: 1° de 3108105 manières ; 2" de 125970 nm- 
nières;3"de 223088684 manières.) 



11. De la tbrinalion des puissances des quanlilés algébriques. — Formule ihi 

binôme. 



258. On nomvciQ puissance m"'"""' d'une quantité le produit de m 
facteurs égaux à cette quantité. 

Cherchons d'abord comment on forme la puissance m""" d'un 
monôme ; et , soit pour fixer les idées , le monôme 3 aWx à élever 
à la puissance 5«. D'après la définition , cette puissance sera ex- 
primée par 

3 a^b'x X 3 a^h^x X 3 aWx X 3 d'b^x X 3 d'iji'x . 

Or, d'après la règle de la multiplication des monômes, il faudra , 
pour eff'ectuer ce produit, faire le produit des coefficients, c'est- 
à-dire le produit de 5 facteurs égaux à 3 , ou la ô'^ puissance 
de 3 , qui est 243 . Il faudra ensuite affecter chaque lettre de 
la somme des exposants qu'elle a dans chaque facteur ; la lettre a 
devra donc avoir pour exposant 2 + 2 + 2-|-2+2 , c'est-à- 
dire 2X5 , ou 10 ; la lettre h devra avoir pour exposant 
3_|_3-(-3-[-3-l-3 , c'est-à-dire 3 X 5 , ou 15; enfin, la let- 
tre X devra avoir pour exposant 1 -f- 1 -f- 1 -(- 1 -f 1 , c'est-à- 
dire 1 X 5 , ou 5 . La 5*' puissance demandée sera donc 

lAZaW^x' . 

On voit que pour la former il a fallu élever le coefficient du mo- 
nôme proposé à la 5'^ puissance , et multiplier par 5 les expo- 
sants de toutes les lettres qui y entrent. 

En général , joowr élever un monôme à la puissance m , il faut 
élever son coffiecicnt à la puissance m et multiplier par m les 
exposants de toutes les lettres qui y entrent. 

On trouvera ainsi que 

(2fl&Vf = 128a-6^x^* ; (5a^6Vt = 625a^'6V« 

et [Ç,a''bc''o(f'f=^1\Mh^c'x''' . 

Si le monôme à élever à la puissance m était négatif, chaque 
couple de facteurs donnant un produit positif, en vertu de la règle 
(les signes, le produit total serait positif ou négatif selon que le 



FORMATION DES PUISSANCES. 227 

nombre des facteurs serait pair ou impair. Ainsi, la puissance m'"'" 
d'une quantité négative a le signe + ou le signe — , suivant 
({ue m est pair ou impair. 
On trouvera de cette manière , . 

et ainsi de suite. 
De même 

*i39. Occupons -nous maintenant de former la m""" puissance 
d'un binôme. 

On pourrait, étant donné ce binôme, en obtenir par des multi- 
plications successives le carré , puis le cube , puis la 4" puissance , 
et enfin une puissance quelconque. Mais le but que l'on doit se pro- 
poser est de découvrir une loi qui permette de développer la puis- 
sance m""" sans être obligé de passer par les puissances intermé- 
diaires. 

Si l'on calcule, par des multiplications successives, les puissances 
successives d'un binôme très-simple, tel que x-}-a , comme ce 
binôme est homogène , on voit bien que ses puissances seront ho- 
mogènes; et, comme il est du premier degré, on reconnaît sans 
peine que son carré sera du second , son cube du troisième , etc. ; 
et enfin que sa puissance m'""' sera du degré m . En sorte que la 
loi des exposants est très-simple, puisque , dans chaque terme du 
développement , la somme des exposants doit être égale à w . 

Mais, quant à la loi des coefficients, on ne peut la découvrir à la 
seule inspection des résultats ; cela tient aux réductions qui se sont 
effectuées entre les termes semblables , et par suite desquelles la 
trace des opérations qui les ont fournis a disparu. 

Pour empêcher ces réductions , on commence par multiplier 
entre eux des binômes dont le premier terme est le même, mais 
dont les seconds termes sont différents, tels que x-\-a , ^+6 , 
x-{-c , etc. 

On trouve ainsi : 

1° Que le produit (x -{-a){x-{-b) , revient à 

x'^-{-a x-{-aO . 
2" Que le produit (x -^a){x-\- b) {x + c) , revient à 



x^-\-a 
+ c 



x^ + ab 
-\-bc 



X -\- abc 



228 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

3" Que le produit (x -{-a){x-\- h) {x + c) {x + d) 



revient à 



x^-\-a 



X' 



x^ -\- abc 
-{-abd 
-\-acd 
X-bcd 



X -\- abcd 



-^^-{-ab 
-\- ac 
+ ad 
+ bc 
-\-bd 
+ cd 

et ainsi de suite. 

Or, dans ces développements il y a une loi manifeste : 

L'exposant de x dans le premier terme est égal au nombre des 
facteurs binômes ; il va ensuite en diminuant d'une unité d'un terme 
à l'autre , jusqu'au dernier qui ne contient plus x , c'est-à-dire où 
l'exposant de x est zéro (42, Rem. II). 

Le coefficient du premier terme est l'unité. 

Le coefficient du second terme est la somme des seconds termes 
des binômes. 

Le coefficient du troisième terme est la somme des produits 2 à 2 
des seconds termes des binômes. 

Le coefficient du quatrième terme est la somme des produits 3 à 3 
des seconds termes des binômes , et ainsi de suite. 

Enfin le dernier terme est le produit des seconds termes de tous 
les binômes. 

240. Il s'agit de démontrer que cette loi est générale. Pour cela, 
admettons qu'elle s'applique à un produit de m — 1 binômes , et 
faisons voir qu'elle s'appliquera dès lors à un produit contenant un 
facteur binôme de plus , c'est-à-dire m facteurs binômes. 

Soient donc x-\-a , x-\-b , x -]- c , x-\-d , .... x + k, 
les m — 1 binômes pour lesquels nous supposons que la loi énon- 
cée ci-dessus se vérifie. Désignons par Si la somme des seconds 
termes de ces binômes, par S^ la somme de leurs produits 2 à 2, 
par Sa la somme de leurs produits 3 à 3 , en général par Sn 
la somme de leurs produits nhn . D'après la \o\ admise , le dé- 
veloppement du produit de ces m — 1 facteurs binômes sera 

a;m-i _|-Sia;-^+S2^-"-^+S3a;—* . . . . + Sn-i^'^-H-Sn^'"-"-^ .... +S„»_i. 

Introduisons un //*'*■"'= facteur x + l , le produit sera 



^•"' + Si 
+ 1 



;-^-fS2 
+Si/ 



+ S,/ 



...+S„ 



+....+S._i/ -f 



X' 



.+S._i/. 



Dans ce développement , l'exposant du premier terme est égal au 
nombre //^ des facteurs binômes ; l'exposant de x va ensuite 
en diminuant d'une unité d'un terme à l'autre, jusqu'au dernier où 
il est zéro , c'est-à-dire où x n'entre pas. 



FORMATION DES PUISSANCES. 229 

Le coefficient du premier terme est l'unité. 

Le coefficient du second terme se compose de la somme Si des 
seconds termes des m—l premiers binômes, plus du second 
terme / du m''"'" binôme; il est donc égal à la somme des seconds 
termes des m binômes. 

Le coefficient du terme qui en a 2 avant lui se compose de la 
somme S, des produits 2 à 2 des seconds termes des m—l 
premiers binômes, plus du produit Si^ de la comme des seconds 
termes de ces m — 1 premiers binômes, par le second terme l 
du w;'""; en d'autres termes, il se compose des produits 2à2 
des seconds termes des m binômes , puisque S, représente la 
somme de ceux où n'entre pas / , et que Sj/ est la somme de 
tous ceux qui contiennent / . 

Le coefficient du terme qui en a 3 avant lui se compose de la 
somme Sh des produits 3à3 des seconds termes des m — l 
premiers binômes, plus du produit Sg/ de la somme de leurs pro- 
duits 2 à 2 par le second terme l du m""" binôme ; en d'autres 
termes, il se compose de la somme des produits 3 à 3 des seconds 
termes des m binômes , puisque S3 représente la somme de 
ceux où n'entre pas / , et que S,/ est la somme de tous ceux 
qui contiennent l . 

Généralement, le coefficient du terme en ^'"-" , ou du terme 
qui en a n avant lui , se compose de la somme S„ des produits 
n h n des seconds termes des m — 1 premiers binômes, plus du 
produit Sn_i/ de la somme de leurs produits n — 1 à^ — 1 par 
le second terme / du m''""" binôme; en d'autres termes, il se com- 
pose de la somme des produits n kn des seconds termes des 
m, binômes , puisque S^ est la somme de ceux oji n'entre pas / , 
et que S„_i^ représente la somme de tous ceux qui contiennent l. 

Enfin, S^_i étant le produit des seconds termes des m — 1 
premiers binômes, S^_i/ est le produit des seconds termes des 
m binômes. 

Ainsi la loi énoncée étant supposée vérifiée pour m — 1 bi- 
nômes, est vraie encore pour un binôme de plus. Or, elle a été vé- 
rifiée pour 4 binômes , donc elle est vraie pour 5 ; étant vraie pour 
5 binômes elle l'est pour 6, et ainsi de suite; donc elle est gé- 
nérale. 

241. Pour déduire de cette loi celle du développement de la m""' 
puissance d'un même binôme x -\- a , il n'y a qu'à supposer que 
tous les seconds termes a , b , c , k , l deviennent égaux. 

La somme des seconds termes des binômes deviendra égale à a 
répété autant de fois qu'il y a de binômes, c'est-à-dire m fois. Le 
coefficient du second terme du développement sera donc ma . 



230 SECOKDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

La somme des produits 2 à 2 des seconds termes des binômes 
deviendra égale à é , répété autant de fois qu'on peut faire de 

combinaisons 2a2 avec m lettres, cest-a-dire ^ 2~ 

Le coefficient du troisième terme du développement sera donc égal 
, m [m — 1) , 
a i 2 '' • 

La somme des produits 3 à 3 des seconds termes des bi- 
nômes deviendra égale à o? , répété autant de fois qu'on peut 
faire de combinaisons 3 à 3 avec m lettres, c'est-k-dire 

m{m — \){m—% ^^.^ ^^ coefficient du quatrième terme du dé- 
1.2.3 

, , , mim — \){m — 2) g 
veloppement sera donc égal a -^ ^ 3 — ^ • 

Généralement, la somme des produits n à ?i des seconds termes 
des binômes deviendra égale à a'' , répété autant de fois qu'on 
peut faire de combinaisons nkn avec m lettres., c'est-à-dire 

m(m— 1)(^— 2) (w— w + 1) 

un nombre de fois marque par ^^ ^ — ; — 3 — 777^ n ' 

Le coefficient du {n -\-\T' terme , ou de celui qui en a ^ avant 
lui , sera donc égal à 

1 . 2 '. 3 ~. 'n 

Enfin le produit des seconds termes des binômes deviendra égal 
à dr ; ainsi le dernier terme du développement sera rr . 
On aura donc enfin 

(^4-a)"'=d;--f-m«a;--^+YTT" + 1.2. 3 ^"" 

•••• ^1.2. 3 .... n -T---'-r 

Telle est Informulé du binôme; cette formule est due à Nev^^ton. 

242. Pour appliquer cette formule à un exemple particulier, il 
n'est pas nécessaire d'y remplacer m par sa valeur particulière. 
Il est plus commode d'observer d'après quelle loi chaque terme 
peut se déduire du précédent; cette loi connue, on pourra déve- 
lopper une puissance quelconque de oc-\-a sans le secours de la 
formule générale. 

Le premier terme ^"' a pour exposant celui de la puissance 
qu'on veut développer. 

Le terme w,a.r'»-^ peut se déduire du précédent j""' en le 
multipliant par m , exposant de .r dans ce terme , en introdui- 



FORMATION DES PUISSANCES. 231 

sant le facteur a , c'est-à-dire en augmentant l'exposant de a 
d'une unité , et en diminuant au contraire celui de x d'une 
unité. 

Le terme ^— ^ o?ïïf~^ peut se déduire du précèdent 

max"^-^ en le multipliant par m — 1 , exposant de x dans ce 
terme, en divisant par 2 , nombre supérieur d'une unité à l'ex- 
posant de a dans le même terme, puis en augmentant d'une 
unité l'exposant de a et en diminuant d'une unité l'exposant 
de X . 

Le terme -p — -^—^ — ô-~ «^ peut se dedun^e du précé- 

dent -^ — —^a^x"^-- en le multipliant par m — 2 , exposant 

de X dans ce terme , en le divisant par 3 , nombre supérieur 
d'une unité à l'exposant de a dans ce même terme, puis en aug- 
mentant d'une unité l'exposant de a et en diminuant d'une unité 
l'exposant de x . 

Cette loi est générale. Pour le faire voir, considérons le terme 
général 

m{m--\) [m -.^), , ,.{m — n-\-^){m — n + 1) ^ 
^-'••••l . 2 . 3 .... (w — l) . n "^^ • 

Pour en déduire le terme précédent, il n'y a qu'à changer n en 
n — 1 , ce qui donne 

u, -11 ^(M-l)(M-2) .... (m-7^-|-3)(m-7^+2) ^„^ ,.^, 
^ '^••••1.2. 3 .... (7Z-2) . {n~l) '' '^ 

On reconnaît ainsi que pour déduire au contraire le terme [n] 
du terme précédent [n — î] , il faut le multiplier par {m — ?î-(-1) , 
exposant de x dans ce terme, le diviser par n , nombre supé- 
rieur d'une unité à l'exposant n — 1 de a, dans ce même 
terme , puis augmenter d'une unité l'exposant de a et diminuer 
d'une unité l'exposant de ^ . 

2 45. Une autre remarque peut servir à abréger les calculs , c'est 
que les coefficients des termes également éloignés des extrêtnes sont 
égaux. 

En effet : le nombre total des termes du développement est 
m-\-l , puisque le premier terme est x"^ , que l'exposant de x 
va en diminuant d'une unité d'un terme à l'autre, et que le dernier 
terme ne contient pas ir . 

Cela posé, considérons le terme qui en a n avant lui; ce terme 
M pour coefficient le nombre des combinaisons de m lettres n à n 



'HSr- 



232 Si:CONDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

OU Cm,n . Considérons le terme qui en a n après lui; d'après la 
remarque qui précède , il en aura m — n avant lui , puisque le 
nombre des termes qui suivent , ajouté au nombre des termes qui 
précèdent , doit faire m . Ce terme aura donc pour coefficient le 
nombre des combinaisons de m lettres tn — 71 h m — n on 
Cm,m-n • Or, Ic uombrc des combinaisons de m lettres m — n 
km — n est égal au nombre des combinaisons de m lettres 
nk n (256 , Rem. III) ; donc ces deux coefficients sont égaux. 

On aurait pu arriver à la même conséquence en remarquant que 
le développement de (x-{-a)'"* doit être le même que celui de 
(«+^)"* ; et que, puisque, dans ces deux développements, les 
coefficients se forment d'après la même loi , deux termes de même 
rang doivent avoir le même coefficient. Or, deux termes qui ont le 
même rang dans les deux développements sont précisément deux 
termes également éloignés des extrêmes dans l'un de ces dévelop- 
pements considéré seul. 

244. Il résulte de la remarque précédente que si m est impair, 
auquel cas il y aura un nombre pair m + 1 de termes , tous les 
coefficients se reproduiront deux fois ; il suffira donc de calculer la 
moitié des termes ; les termes suivants s'obtiendront çn récrivant 
les précédents en ordre inverse, en y changeant x en a et a 
en X . 

Si m est pair, auquel cas il y aura un nombre impair m + 1 
de termes, il y aura un terme du milieu dont le coefficient ne se 
reproduira pas; il faudra pousser le calcul jusqu'à ce terme; les 
suivants se déduiront des précédents comme il vient d'être dit. 

On peut même se dispenser de compter les termes. 

Dans le cas de m impair, on reconnaîtra qu'on est parvenu au 
dernier terme de la première moitié, lorsque î exposant de x ne 
surpassera plus celui de a que d'une unité. En eftét, soit M.a^x'^ 
le terme qui termine cette première moitié ; le suivant devra être 
Ma'^xP ; mais, d'après la loi de formation, on doit avoir q=p-\-l . 

Dans le cas de m pair, on reconnaîtra qu'on est parvenu au 
terme du milieu , quand les exposants de a et de x seront 
égaux. Car, soit Ua^x'^ le terme du milieu; le terme précédent 
contiendra a^-^x'^-^^ , et le terme suivant contiendra au contraire 
^p+i^q_i _ Qj.^ çgg (jg^x termes étant également éloignés des ex- 
trêmes , doivent pouvoir se déduire l'un de l'autre en changeant 
X en a et a en X ; ce qui exige qu'on ait p-\-l=q-\-l 
et p — ^=Ç — 1 , ou simplement p = q - 

24,^. Appliquons la formule du binôme et les remarques que 
nous venons de faire au développement de {x-\-a)'^ . 
Le premier terme sera x'^ . 



FORMATION DES PUISSANCES. 233 

Pour obtenir le second , il faudra multiplier le premier par 7 
introduire le facteur a , et diminuer l'exposant de x d'une 
unité, ce qui donne 7ax^ . 

Pour obtenir le suivant , il faut multiplier celui-ci par 6 , di- 
viser par 1 -f- 1 ou 2 , ce qui revient à multiplier par 3 , puis 
augmenter d'une unité l'exposant de a et diminuer d'une unité 
l'exposant de ^ , ce qui donne 21 aV . 

Pour obtenir le suivant , il faut multiplier celui-ci par 5 , di- 
viser par 2-1-1 ou 3 , ou , ce qui est plus commode , diviser 
d'abord par 3 et multiplier ensuite par 5 , puis augmenter d'une 
unité l'exposant de a et diminuer d'une unité l'exposant de œ , 
ce qui donne Sba^x'' . 

Comme l'exposant de x ne surpasse plus celui de a que d'une 
unité , les termes suivants s'obtiendront en récrivant en ordre in- 
verse les termes déjà écrits, après avoir changé X en a et a en X . 
Ces termes sont donc 35aV , 21ftV , 7a^x et a?. 

Ainsi on aura 

(x-\-ay=x'-\-7ax'+21a^x'-\-36a^x'+35a'x^^21a'x'-\-7a'x-{-a' . 
On trouvera de même 

{x-{-af = x'-\-Sax^ + 3a^x+a^ . 
(x-\-af~x^-{-4ax^-^6a^x'--\-4a^x-{-a'' . 

{x-\-af = x'-{-^ax'-\-^8a'x'-\-66a'x'-]-70a'x' + b6a'x^+2Sa'x^ 

-\-Sa'x-\-a^ . 

246. Nous avons supposé jusqu'ici que le binôme à élever à la 
puissance m avait ses deux termes positifs; si l'on avait à élever 
à la puissance m le binôme x — a , le développement de cette 
puissance pourrait se déduire de celui de (x-\-a)"' en changeant 
a en — a . Les puissances impaires de — a étant négatives , 
et ses puissances paires étant positives (258), les termes de rang 
impair, qui contiennent a à des puissances paires, seront posi- 
tifs, et les termes de rang pair, qui contiennent a à des puis- 
sances impaires , seront négatifs , c'est-à-dire que les termes seront 
alternativement positifs et négatifs. Ainsi on aura 

(x — a)'^=x'^ — m«^"*-*-)~p — —-^a^x"^-- ^ — —^ — —-^a^x'^-^-^-. . . 

Le dernier terme a*" sera précédé du signe -f s'il est de 
rang impair , c'est-à-dire si m-}-l est impair , ou si m est pair. 
Il sera précédé du signe — s'il est de rang pair, c'est-à-dire si 
m est impair. 



23^4 SECONDE PARTIE. -— CHAPITRE IX. 

On trouvera ainsi 

{x—af=x'—6ax''-\-15a^x''—20a''x'-\-l6a'x'—Mx-\-câ . 

247. Soit maintenant à développer une puissance d'un binôme 
quelconque , par exemple (2^^ — Sabf . 

On commencera par poser 2a^=p , 3ab=q .On aura ainsi 
à développer (p — 9)^ ; ce qui donnera 

/ — 5/V + 10i?V — 1 Op'f + ôj/^ — ?•' . 
On aura ensuite 

p=2a^ , p^=4a'' , p^=Sa' , ^*=16a« , p'=S2a'^ . 
^=3a6 , 9*=9a'6S q^^^VaW, f/=SUàb'\ q'=2iS(('b' . 

Substituant ces valeurs dans le développement ci -dessus, on 
obtiendra 

32a''—b.l6C(^.Sab+10.Sa'.9aW — 10Aa'.27aW+^.2a\S\a'b' 

^243 a'b' ; 

ou , en eifectuant les multiplications indiquées , 

On développerait de la même manière une puissance quelconque 
d'un binôme donné. 

248. Remarque I. Si , dans le développement de (x + af' , on 
suppose x = l et a=l , les puissances de x et de a se 
réduisent toutes à l'unité; en sorte que le développement se réduit 
à la somme des coefficients. Mais, en même temps, l'expres- 
sion {x+af' se réduit à (1 + 1)'" ou à 2^ . Ainsi donc : /r/ 
.somme des coefficients, dans le développement de (x+a)'" , est égale 
à la m''"" puissance de 2 . 

Par exemple, dans {x-^ay , on a vu que les coefficients sont 

1 , 7 , 21 , 35 , 35 , 21 , 7 , 1 . 

Si l'on en fait la somme, on trouve 128 , qui est bien la 7' puis- 
sance de 2 . 
De même, les coefficients de {x+af sont, comme on l'a vu , 

1 , 8 , 28 , 56 , 70 , 56 , 28 , 8 , 1 . 

La somme de ces coefficients est 256 , qui est la 8« puissance 
de 2 . 

Remarque II. Cette propriété peut trouver son application. Sup- 
posons, par exemple, que l'on demande de combien de manières 



FORMATION DES PUISSANCES. 235 

on peut partager m objets en deux groupes. On remarquera que 
l'on peut d'abord ne rien mettre dans le premier groupe , et mettre 
les m objets dans le second , ce qui ne peut se faire que d'une 
manière . On peut ensuite mettre 1 objet dans le premier groupe , 
et m — 1 dans le second, ce qui peut se faire de m manières. 
On peut en mettre 2 dans le premier et m — 2 dans le second, 
ce qui peut se faire d'autant de manières qu'il y a de combinaisons 

possibles de m objets 2 à 2 , c'est-à-dire —^ — ^ — - . On peut 

en mettre 3 dans le premier groupe , et m — 3 dans le second, 
ce qui peut se faire d'autant de manières qu'il y a de combinaisons 

possibles de m objets 3 a 3 , c est-a-dire — ^ — - — - — - — - . 

En continuant ainsi , on voit que les différentes manières d'exécuter 
le partage demandé sont en nombres marqués par les coefficients 
du développement de {x-\-af . Donc, le nombre total de ma- 
nières d'effectuer ce partage , sera exprimé par la somme des coef- 
ficients de ce développement , c'est-à-dire par 2'" . 

Exemple I. Huit personnes sont placées dans 2 chambres , de 
combien de manières cela peut-il se faire^ 

(Réponse : 2« ou 256.) 

Exemple II. On veut mettre 12 pièces de monnaie dans une 
bourse à deux compartiments ; de combien de manières peut-on le 
faire ? 

(Réponse: 2^^ ou 4096.) 

Exemple III. Avec un jeu de 52 cartes on propose de faire 
2 parts ; de combien de manières pourra- t-07i le faire? 

(Réponse : 2''- ou 4503599627370496 .) 

Remarque III. Si l'on fait œ=l et a^n 1 dans le dévelop- 
pement de (x — a)"* , on obtient pour résultat la somme des coef- 
ficients de rang impair du développement de {x -\- a)"" , moins la 
somme de ses coefficients de rang pair. La différence entre ces 
deux sommes est donc nulle , puisque (1 — 1)'" se réduit à zéro. 

249. Soit maintenant à développer la puissance m*"'* d'un 
polynôme quelconque a-]-b-\-c-\-d-\-e....-\-k-\-l , que 
nous désignerons par P pour abréger. Posons 

b + c + d + e..,. +k + l = x , 
nous aurons 

V^-={x+ay^=x^^^+7nax^'^-K,.A- ^^^^T'^^'''^^~^'^'^\ i''x^^^^ 

Dans ce développement, il faudra remplacer .r"* , x'"-'^ , etc.. 



236 SECONDE PABTIE. — CHAPITRE IX. 

par leurs valeurs. Pour cela, posons 

c + d-{-e ~\-k + l = îj , 

nous aurons x=b-\-y ; d'où l'on tirera, par exemple, 

I (m—n)im—n—l). . . .(in—n—p + l) ^ __^ , ^„,_„ 

'*'* ' 1.2 p ^ "* 

Dans ce nouveau développement, il faudra remplacer ?/"~" , 
^w-n-i ^ Q^ç,^^ ^r^Y igyps valeurs. Pour cela, posons 

d-\-e -\-k-\-l = Z' y 

nous aurons y = c-\- z. ; d'où l'on déduira , par exemple , 

, {m—n—p)(m—n—p—l)...{m—7i—p—q+l) ^^ .,„_„_p_g 
"••■^ 1.2... ^ 

Dans ce nouveau développement, il faudra remplacer ^"«-"-p , 
^tn-n-p-i ^ g|.(.^ pj^p \euYs valcurs. Pour cela, posons 

e-\- -\-k-\-l=:u , 

nous aurons z = d-\-u ; d'où l'on tirera , par exemple , 

{7n-n-p-q) {m-n-p-q-\). . . . (m-y^-p-y-r+l ) ^^,^,„_„_p_,_, 
'"'' 1 . 2 r 

En continuant ainsi , on parviendra à des développements dans les- 
quels n'entreront plus que les diverses puissances de k-\-l , que 
l'on sait développer. On obtiendra donc le développement total par 
des substitutions successives. 
Soit, par exemple, à développer {a + h-\-cf . On aura d'abord 

{a + x)^ = a' -[-^^a'x -\-?,ax' + x" . 

On aura ensuite 

X =b -\-c . ■ 

x^ = b'-{-3b'c-\-Sbc' + à . 
Et, en substituant, et effectuant les calculs, 
{a-\-b+cf=a'+3a'b+3ah'-\-3ab'+6abc+^ac'+b'+Wc+Sbc^+c\ 

Remarque. On peut encore écrire ce développement ainsi : 

{a+b-}- cfz= {Q?+b'+c^)+3{a'b+a^c+b'a-\-b'c+c^a+c'b) -\-6abc . 



t FORMATION DES PUISSANCES. 237 

Y 2d0. On peut se proposer de trouver le terme général du déve- 
loppement de P"* . 

Pour cela , il faudra , dans le terme général de (x + aT ? rem- 
placer X"*-'' par le terme général de son développement , c'est- 
à-dire par le terme général du développement de (y -\- bf-'' . 
Puis , dans ce second terme général , remplacer y^-^-p par le 
terme général du développement de (^-f-cy"-"-^' . Puis, dans ce 
troisième terme général , remplacer ^^^-^-P-q p^r le terme gé- 
néral du développement de {u + df-^'-p-i . Et ainsi de suite. 

Pour fixer les idées, supposons que P n'ait que les cinq 
termes a-]-b-]-c-\-d-\-e ; ou que u~e .En effectuant les sub- 
stitutions dont on vient de parler, on trouvera, au numérateur du 
coefficient du terme général , la suite des facteurs 

m , m— 1 , , ^n — n-\-l ; 

puis m—n , m—n—1 , , m—n—p-^l ; 

puis m—n — p , 7n—n — p—1 , , m — n — p — q-{l ; 

puis m—n—])—q, m—n—p—q—1, ...., m—n—p—q—r-\-i . 

On voit que ces facteurs forment la suite descendante des nombres 
entiers depuis m jusqu'à m — n — p — q — r+l , ou jusqu'à 
s-^1 ; en désignant par s le nombre m — n — p — q — r.On 
peut prolonger cette suite de facteurs jusqu'à l'unité, sauf à mul- 
tiplier le dénominateur par s{s—l). ...3.2.1 , ou , ce qui revient 

au même , par 1.2.3 s . 

Le dénominateur sera alors formé du produit 

1.2.3..../iX1.2.3....i?X1.2.3....(zXl.2.3....rXl.2.3....A- . 

Quant au monôme affecté de ce coefficient, ce sera 

«"ôPc^^^e"'-"-^-^-'' ou a^'^cH^e' . * 

Le terme général demandé sera donc enfin 

1 -2.3 (m — l)m .^ ^ 

1.2.3.. . riX1.2.3...i?X 1.2.3... .^X 1.2.3. ..rx 1.2.3.../ ^' ^' ' 
avec la condition n-\-p-\-q-\-r-\-s=:m . 

Il serait facile de généraliser ce résultat. 

2ol. Remarque L Le coefficient de ce terme général étant né- 
cessairement un nombre entier, il en résulte que le produit de la 
suite naturelle des nombres depuis 1 jusqu'à m , est divisible 
par le produit 

1.2.3....wXl.2.3....;?Xl.2.3....gXetc. , 

pourvu que la somme des nombres n , p , q ^ etc., soit égale 
à m . 



238 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

Remarque 11. Si l'on fait « = 1 , 6 = 1 , e = l , etc., le dé- 
veloppement se réduit à la somme de ses coefficients. Quant au po- 
lynôme, il se réduit à N ; en désignant par cette lettre le nom- 
bre de ses termes. La somme des coefficients du développement de 
la wr"" puissance d'un polynôme de N termes est donc égale 
à N"* . 

Remarque III. Cette propriété peut trouver son application. On 
démontrerait facilement que le coefficient du terme général exprime 
le nombre de manières de partager m objets en N groupes , 
dont le premier contienne n objets, le second p , le troisième q , 
et ainsi de suite. La somme des coefficients du développement de la 
puissance m''"" d'un polynôme de N termes exprime donc le 
nombre de manières de partager m objets en N groupes. Or, 
d'après ce qu'on vient de voir, ce nombre de manières a pour ex- 
pression N''' . 

Exemple I. De combien de manières peut-on placer 8 personnes 
dans 3 chambres? < ■ 

(Réponse: 3* ou 6561.) 

Exemple II. De combien de manières peut-on mettre 12 pièces 
de monnaie dans un porte-inonnaie qui a 4 compartiments ? 

(Réponse: 4^« ou 16777216.) 

Exemple III. De combien de manières peut-on faire 10 parts 
avec un jeu de 52 cartes? 

(Réponse : 10'^ , ou un nombre formé de l'unité suivie de 52 
zéros.) 

§ III. Des racines des quantités algébriques. 



252. La racine n)'"'" d'une quantité algébrique est une seconde 
quantité qui , prise n fois comme fticteur, donne pour produit la 
première. On désigne la racine n}""' d'une quantité par le signe 
'^~~ placé en avant de cette quantité. Ainsi ^a désigne la racine 
n:''"'' de a . La lettre n placée au-dessus du signe radical se 
nomme X indice de la racine. 

D'après la règle donnée (258) pour former la puissance ?^""" 
d'un monôme, on voit que, si un monôme est une puissance n""" 
exacte, on en extraira la racine en extrayant celle de son coeffi- 
cient, 'et en divisant par n les exposants de toutes les lettres qui 
(/ entrent. 

Ainsi ^nSa'b''x''' = 2 ab'x^ ; ^Mb^b"^' = 5 a;'b'x' . 

(La racine /i'"'" d'un nombre peut s'extraire par un procédé 



RACINES DES QUANTITÉS AUiÉBRIOUl-S. 233 

analogue à celui à l'aide duquel on extrait sa racine carrée ou sa 
racine cubique. Mais, à ce procédé laborieux, on substitue avec 
avantage l'emploi des logarithmes, comme nous le verrons bientôt. 
Lorsqu'il s'agit de nombres peu considérables, on peut se conten- 
ter de former les puissances n"""' des neuf premiers nombres , 
et de voir quelle est celle qui reproduit le nombre proposé.) 

Quant à la racine n''""" d'un polynôme, elle pourrait s'extraire 
par un procédé analogue à celui que nous avons employé au n° 170 
pour extraire la racine carrée, et en se fondant sur la formule du 
binôme. Mais ce calcul étant à peu près sans applications, nous ne 
nous y arrêterons pas. 

2Î55. Lorsqu'un nombre entier N n'est pas une n'"''"' puis- 
sance exacte, sa racine w'™'" est incommensurable; car les puis- 
sances d'une quantité fractionnaire irréductible sont elles-mêmes 
irréductibles, et ne sauraient reproduire un nombre entier N . V" 

Lorsqu'une expression fractionnaire irréductible ^ n'est pas 

une n'""" puissance exacte, sa racine ?^"""' est incommensurable. 
Multiplions, en effet, ses deux termes par b""-^ , elle deviendra 

—^ . bon denommateur sei^a une puissance ^r"" exacte ; mais 

il n'en sera pas de même de son numérateur, car il faudrait pour 
cela que a contînt le facteur b , ce qui est contraire à l'hypo- 
thèse. La racine 7r"' du numérateur sera donc incommensura- 
ble ; il en sera donc de même de la racine de l'expression fraction- 
naire proposée. 

On démontrerait, comme aux n°^ 198 et suivants , que l'on peut 
étendre aux quantités incommensurables du degré n les règles 
ordinaires du calcul algébrique. 

254. Une quantité négative ne peut être une puissance ^"""^ exacte 
qu'autant que n est impair ; car les puissances paires d'une quan- 
tité réelle, positive ou négative, sont positives d'après la règle des 
signes. Il en résulte que toute racine d'indice pair d'une quantité 
négative est une quantité imagi?iaire , et n'oftre que le symbole 
d'une opération impossible. Ainsi, ^"^ , v^^ , etc., sont des 
quantités imaginaires. 

266. Nous allons maintenant exposer les règles générales du 
calcul des radicaux. On démontre, dans l'Algèbre supérieure, i[ne 
tout radical , dont l'indice est n , est susceptible de n déter- 
minations distinctes; mais une seule de ces déterminations est réelle 
et positive j c'est la valeur arithuiétique ou numérique de ce radical. 



2^0 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

Nous ne nous occuperons ici que de la valeur numérique des ra- 
dicaux. 

Le principe fondamental du calcul des radicaux est celui-ci : La 
racine n'""" d'un produit est égale au produit des racines n"""" de ses 
facteurs. 

Soit, en effet, abcd un produit quelconque. La racine ?i"'" de 

ce produit sera exprimée par \Jabcd . 
Le produit des racines ?r"" des facteurs sera exprimé par 

\Ja .\Jl) .\Jc .\Jd . 
Or, je dis que cette quantité est une nouvelle forme de la racine 
du produit abcd . En effet, si on élève cette quantité à la puis- 
sance n , on aura 

{\a .\Jb . \/c . sjTi) (y a . v/^ . v/^ . V 5) ( ) 

le nombre des parenthèses semblables étant n .' 

Mais, pour nuiltiplier une quantité par un produit de plusieurs 
facteurs , on peut multiplier successivement par chacun des facteurs 
de ce produit ; on pourra donc écrire 

\J^ .\Jl) . \/c .\Jd .\Ja . \JT) .sjc .s/d .\Ja.\Jb . \ic .\Jd 

ou , en intervertissant l'ordre des facteurs , 

;ia/fa/fa.,. 'fb /fb . ^'l) . . . ^/c . ;j'c /^c . . , ^Jd /^d . ^j^ . . . 

chaque radical entrant n fois de suite comme facteur. 

Or, multiplier entre elles n quantités égales à \Ja , c'est éle- 
ver \j7i à la puissance n , ce qui donne, par défmition , a . 
Multiplier cette quantité successivement par n facteurs égaux 
à !^b , revient à la multiplier par le produit^de ces n facteurs , 
ou par la ti'""' puissance de y^ô , qui est b , par défmition. Mul- 
tiplier le produit ab successivement par n facteurs égaux à ^c , 
revient à le multiplier par le produit de ces n facteurs, ou par c , 
ce qui donne abc . Enfm , multiplier abc successivement par 
n facteurs égaux à \7l , revient à le multiplier par le produit de 
ces n facteurs , ou par d , ce qui donne abcd . 

Donc , en élevant à la ^r"" puissance , le produit 

\/a/i^b.\/c. '\[d , 
on obtient le même résultat , abcd , qu'en élevant à la ?^""" puis- 
sance le radical ^sjabcd . Donc ces deux quantités sont numérique- 
ment égales , et l'on a 

'^abcd=^ \Ja.\/'b,\Jc.\Jd , 
Ce qui revient à la proposition énoncée. 



CALCUL DLS UADICAUX. 2hi 

2^56. Le premier usage qu'on peut faire de ce principe est de 
simphtier les radicaux. Pour cela, on décompose, s'il est possible, 
la quantité placée sous le radical en deux facteurs, dont l'un soit 
une puissance exacte d'un degré égal à l'indice du radical. On ex- 
trait alors la racine de ce facteur, et l'on se contente d'indiquer 
la racine du second. Lo radical porte ainsi sur une quantité plus 
simple. 

On trouvera de cette manière 

^'667a'jc'= ^ 8 1 a^x' .7a^x=^Si a'x^ , y' 7 à'x — 3 a x'ij'îcfx . 
V 6400000 aW^x''=^ ^ 3200000 a^b^'x^ . 2 a^'x = 20 a Irx" {/2¥I^ 

On nomme radicaux sernblables ceux qui portent sur des quan- 
tités égales, quelle que soit la quantité qui peut être placée comme 
facteur hors du radical. 

On peut quelquefois, en simplifiant les radicaux, les amener à 
être semblables. Ainsi les expressions 



V54«'^ et V 250^^6* 
reviennent à 3 «^20^ et 6b^2¥b , 

qui renferment des radicaux semblables. 

207. Au lieu de faire sortir un facteur du radical , on peut au 
contraire avoir intérêt à faire passer sous le radical un facteur qui 
est devant. 

Pour cela , il faut évidemment élever ce facteur à une puissance 
marquée par l'indice du radical. 

Ainsi a sjb revient à ''!/a% , 

car, si on simplifiait la seconde expression, on retomberait sur la 
première. . 

208. L'addition et la soustraction des radicaux ne peuvent que 
s'indiquer lorsque les radicaux ne sont pas semblables. Mais s'ils le 
sont, on peut opérer sur les quantités qui multiplient le radical, et 
mettre ce radical en facteur commun. Ainsi 

3a^a2^4- 56v/â^— a^'^= (3« -^- 56 — «)^^===(2« +56);/^ . 

259. Multiplication. Pourinultiplier l'un par Vautre deux radi- 
caux de même indice, il suffit de multiplier l'une par l'autre les 
quantités placées sous chaque radical, et Œ affecter le produit du ra- 
dical commun . 

J6 



242 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

On a , en effet , en vertu du principe fondamental (235) , 

Cette règle s'étend à un nombre quelconque de facteurs. 

11 peut arriver que le produit soit susceptible de se simplifier, ou 
même qu'il soit rationnel. Par exemple, 

260. Division. Pour diviser l'un par l'autre deux radicaux de 
même indice, il suffi de diviser l'une par l'autre les quantités pla- 
cées sous chaque radical, et d'affecter le quotient du radical 

commun. . v ^ * •:. ' 

»«/■"■ ' . 

. . ■«. v^ 

Soit, en eftet, ^i^ = 9 • 

s/b 

On en tire ^a—q.\Jb , 

ou , en élevant à la puissance n les deux membres 

a = q".b dou ^7 =^ 
et , en extrayant la racine tr"" des deux membres , 



fJ 



-s/l 



t)eux quantités égales à une troisième étant égales entre elles, on 
en conclut 

H peut arriver que le quotient se simplifie, ou même qu'il soit 
rationnel. Ainsi 

Ï/I62a'hx'__ ' l \md'b^' _.j'i^2jlÉ — 'JjL^—}^ 
. p|S^-V384r.6^^; V 64/>« ^646« 46'^ * 

261. Formation des puissances. Pour élever un radical à la 
puissance p , il suffit d'y élever la quantité placée sous le ra- 
dical. 

En effet, on a ((/«/= ^/a. (/a. ^«.... {/« , < 

les facteurs du second membre étant en nombre p . 

D'après la règle de la multiplication des radicaux, on aura donc 



CALCUL DES RADICAUX. ^ 2^1 ;> 

les facteurs placés sous le radical étant aussi en nombre p . On 
peut donc écrire 

ce qui revient à l'énoncé de la proposition. 
On aura , par exemple , 

262. Extraction des hacines. Pour extraire d'un, radical une 
racine du degré p .. il suffit de multiplier par p , l'indice de ce 
radical. 

Soit, en effet, \/!^a = b . . ' 

Elevons les deux membres à la puissance p ; il suffira pour y éle- 
ver le premier membre de supprimer le premier radical ; cela ré- 
sulte de la définition même de la racine. On aura donc 

;/â=bp . 

Elevons les deux membres de cette nouvelle égalité à la puis- 
sance n ; il suffira dans le premier membre de supprimer le radi- 
cal, et dans le second il faudra multiplier l'exposant p par n (258). 
Il viendra donc 

a = bp'' ou ô^'P . 

Extrayons maintenant la racine np'"'" des deux membres, nous 
obtiendrons 

^a = b . 

Et, puisque deux quantités égales à une troisième sont égales entre 
elles, 

\/^a= \/a , 

ce qui revient à l'énoncé de la proposition. 
On trouvera ainsi 



\^6Wb' = i^6iaH' = 2a'b . 

265. On peut, sans changer la valeur numérique d'un radical, 
multiplier par un même nombre son indice et l'exposant de chaque 
facteur qu'il affecte. 

Soit , en effet , l'expression \/a'"' . . " 

Si on élève cette quantité à la puissance /; , on aura, en vertu 
de ce qui a été démontré au n" 261, 



'2t\U SECONDE PARTIE. — CHAPiTRE iX. 

Si l'on extrait maintenant la racine p""" du résultat , on ob- 
tiendra, en vertu du numéro précédent, 

Or, ces deux opérations contraires ayant pour etl'et de se détruire, 
on doit retrouver la quantité primitive. Ou a donc 

ce qui démontre la proposition. 

Par une raison semblable on peut , sans ckamjcr la valeur nuiné- 
rique d'un radical, diviser par un même nombre son indice et l'ex- 
posant de chaque facteur qu'il affect-e. 

Ainsi ( a^f)' = yab'^ , 

puisqu'on peut diviser par 2 l'indice G et les exposants 2 et 4 . 

264. Le principe démontré au commencement du numéro pré- 
cédent permet de réduire deux radicaux quelconques au môme 
indice, 

Pour réduire deux radicaux au 7néme indice, on multiplie l'in- 
dice de chaque radical, ainsi que les exposants des facteurs qu'il 
affecte, par V indice de V autre jradiccd.__ 

Soient les deux radicaux (/a'" et sjb'^ On multipliera n et m 
par 7J , puis p et q par n , ce qui n'altérera pas (205) la 
valeur numérique de ces radicaux. Ils deviendront alors 

' 7^ et "v"/;^, 

et auront tous les deux le môme indice. 

Cette opération , qui a beaucoup d'analogiç avec la réduction de 
deux fractions au même dénominateur, est susceptible des mêmes 
simplifications; c'est-à-dire que l'on peut prendre prmr indice 
connnun le plus petit multiple des deux indices. On divisera alors 
ce plus petit multiple par l'indice de chaque radical, et l'on élèvera 
la quantité placée sous ce radical à une puissance marquée par le 
quotient obtenu. 

Soient, par exemple, ^'Iba^b^x et {j'ilab^x' , ou, ce qui 
revient au même, Ij^-.éWx et "yJ\S\al)'x' . Le plus petit mul- 
tiple des indices 6 et 8 est 24 . Le quotient de 24 par 6 
est 4 ; on élèvera donc h la A"- puissance la quantité placée sous le 
premier radical. Le quotient de 24 par 8 est 3 ; on élèvera 
donc au cube la quantité placée sous le second radical. On obtiendra 
ainsi pour les deux radicaux ' 

'^^.d^'lfx' et l'WÂHFx'' . 



CALCUL DKS RADICAUX. 2^5 

Si l'on avait plus de deux radicaux , on multiplierait l'indice de 
chaque radical , ainsi que l'exposant de chacun des facteurs qu'il 
affecte, par le produit des indices des autres radicaux. Ainsi les 
trois radicaux 

deviendraient '"'^Tir^' , "7^ ^ "''\/c^ . 

Si les indices avaient des facteurs communs, on prendrait leur 
plus petit multiple pour l'indice commun, et l'on opérerait comme 
il a été dit pour le cas de deux radicaux. 

26o. La réduction des radicaux au même indice sert à multi- 
plier ou à diviser l'un par l'autre deux radicaux d'indices quel- 
conques. 

Soit , par exemple , ^ multiplier \/a"' par Ç'(i'^ ; en réduisant 
d'abord ces radicaux au môme indice , on aura "^/a'^^ et "y/a'"^ . 
Opérant alors la multiplication par la règle du n*» 2o9', on obtiendra 



Ça^'i'.a'"' ou yVrp^"'? . 

S'il s'agissait au contraire de diviser l'un par l'autre les mêmes 
radicaux, on aurait d'abord, en appUquant la règle du n" 200, 



ou , en vertu de la règle de la division des monômes , 



Va-^-"^ . ^ 



If/ 



Par exemple , i^fà X \/ar = ^'cà^'^- c(}^ =^ y/o 
\^cc* ^ /a" 15 — 



§ IV. Des exposants fracliounaires et des exposants négatifs. 

266. On a vu au n° 252 que pour extraire la racine ??''"" d'un 
monôme , il faut diviser par n l'exposant de chaque lettre qui y 

entre. Ainsi, v^a'" peut s'écrire a'' toutes les fois que la divi- 
sion de m par n peut s'effectuer, puisque — représente le 

quotient de m par n . 

L'analogie conduit ensuite à adopter la même notation, lors même 



2'iÔ SECONDE PARTIE. — CHAPITRE IX. 

que la division de m par n n'est plus possible , et à poser en 
conséquence , quels que soient les nombres entiers m et r* , 

m, 

c'est-à-dire que pour indiquer la racine n''"' de la puissance m'""" 
d'une quantité a , on ajfecte cette quantité d'un exposant frac- 
tionnaire qui a pour numérateur V exposant m de la puissance, 
et pour dénominateur V indice n de la racine. 

L'avantage de cette notation est de simplitier sur-le-champ le 
calcul des radicaux, attendu que les règles établies pour le calcul 
des exposants entiers subsistent pour les exposants fractionnaires . 
C'est ce que nous allons démontrer. 

267. I. Multiplication. Soit à multiplier les deux expressions 

a"- et a"^ . 

D'après la définition des exposants fractionnaires , ces expressions 
reviennent respectivement à 

V'ô^ et à Ç/ft^ , 
ou, en les réduisant au même indice, à 

7«^ et à 7«^ • 
Effectuant la multiplication d'après la règle du n° 2d9, il vient 



ou , d'après la règle de la multiplication des monômes , dans le cas 
des exposants entiers , 



Si l'on se sert, pour exprimer ce produit, d'un exposant fraction- 
naire, on aura 

a "" ou rt"^ , 

c'est-à-dire que, pour inultiplier deux puissances fractionnaires 
d'une même quantité, il faut faire la somme des exposants y comnie 
dans le cas des exposants entiers. 
ïl. Division. Soit à diviser 

<2" par a'^ , 
ou , ce qui revient au même , 

y'a'" par ^a^ , 



DES EXPOSANTS FRACTIONNAIRES. 247 

011 , en réduisant au même indice , 

7^' par yô^ . ^ .,';■. 

Effectuant la division d'après la règle du n° 260 , il vient ; 






ou , d'après la règle de la division des monômes pour le cas des 
exposants entiers , 

Si l'on emploie un exposant fractionnaire, ce quotient pourra 
s'écrire 

a """i ou «""'^ , 

c'est-à-dire que , pour diviser Vune 'par Vautre deux puissances 
fractionnaires d'une même quantité , il faut retrancher l'exposant 
du diviseur de l'exposant du dividende, comme dans le cas des 
exposants entiers. 

Ta 

III. Puissances ET RACINES. Soit à élever a" à la puissance frac- 

tioimaire - . Ce cas renfermera celui où g serait égal à 1 , 

c'est-à-dire où la puissance serait entière , et celui où p serait 
égal à 1 , c'est-à-dire où l'on aurait à extraire seulement une 
racine d'indice q . 

La quantité proposée a" ou ^a'" doit , d'après la définition 
de l'exposant fractionnaire - , être élevée d'abord à la puis- 
sance p , et l'on doit ensuite extraire de cette puissance une racine 
dont l'indice Q^i q . 

Or, on a (v'^7="^p (261). 

On a ensuite vÇ/^ = 'v«"''^ (262). 

Employant maintenant un exposant fractionnaire, on pourra 
écrire 

mp m p 

ri«« OU a'^*'^ , 
c'est-à-dire que , pour élever une quantité affectée d'un exposant 

fractionnaire —, à une puissance fractionnaire - ^ il faut faire 

le produit des deux exposants — et - ^ comme dans le cas des 
exposants entiers. 



2^8 SECONDE PARUE. —CHAPITRE IX. 

On voit que toutes les règles du calcul des exposants entiers s'ap- 
pliquent aux exposants fractionnaires ; ce qui justifie l'emploi de 
cette notation, plus générale que celle des exposants entiers , et 
plus conforme, par conséquent, à l'esprit de l'Algèbre. 

Remarque. Le principe du n" 2()5 revient à celui d'après lequel 
on peut multiplier ou diviser à la fois les deux termes d'une frac- 
tion par un même nombre sans en changer la valeur. 

2G8. On a vu, au n** 41 , que pour diviser l'une par l'autre deux 
puissances entières d'une même quantité, il faut soustraire l'expo- 
sant du diviseur de l'exposant du dividende. 

a"* 
Ainsi — peut s'écrire a'"~'' , 

lorsque n est moindre que m . 

L'analogie conduit à faire usage de la même notation , lors même 
que 71 est plus grand que m , et à poser en conséquence 

quels que soient les nombres m et n . 

Or, si n surpasse m d'une quantité p , et qu'on ait 
n7=:zm-\-p , on pourra écrire l'égalité ci-dessus sous la forme 



et , en divisant les deux termes du premier membre par «^ (41, 

Telle est la définition de l'exposant négatif —p . Ainsi, les ex- 
pressions 

a~^ , a-* , a ^ , 
reviennent respectivement à 

1 1 2_ 

a' 

L'avantage de cette notation est encore que , les règles démon- 
trées pour le calcul des exposants positifs {entiers ou fractionnaires) 
subsistent pour les exposants négatifs ; et c'est cette généralité , con- 
forme à l'esprit de l'Algèbre, qui justifie l'emploi dos exposants né- 
gatifs. 

Il reste à démontrer la proposition énoncée. 



DES EXPOSANTS NÉGATIFS, " 249 

269. T. Multiplication. Soît à multiplier r/-"' par (c^^ , 
m et p pouvant être entiers ou fractionnaires. 
D'après la définition des exposants négatifs , on aura à multiplier 



— - par cc^p , 
ce qui donnera , d'après le calcul des exposants positifs , 

-- ou a^-- , 

puisqu'il faut soustraire les exposants dans la division, qu'ils soient 
entiers ou fractionnaires , et qu'on admet un exposant négatif. 

Or, p — m est\s.so7nme algébrique de p et de — m .Donc 
il faut, dans le cas où nous sommes, faire la somme des exposants 
des deux facteurs. 

Soit à multiplier a-"' par «-^ , ou ce qui revient au même , 

on obtiendra , d'après le calcul des exposants positifs , 

1 1 

ou 



mais , d'après la définition des exposants négatifs , ce résultat peut 
s'écrire 

Or, — m, —p est encore la somme algébrique des exposants 
des deux facteurs. Donc pour tnulHplier entre elles deux puis- 
sances (positives ou négatives) d'ïmeméme quantité, il faut faire la 
somme algébrique des exposants, 

II. Division. Soit à diviser a-"' par a-^p , ou bien 

1 

-— par a^ ; 

il viendra, d'après le calcul des exposants positifs, 

1 1 

r/."' . a/ ^" a'"^^' ' 

ou , en employant un exposant négatif , 

Or — m — p est la différence algébrique entre l'exposant — m 
du dividende et l'exposant -\-p du diviseur. 



250 ' SECONDE PARTI li. — CHAPITRE IX. 

Soit à diviser au contraire a+'" par cr^ ou bien 

. . "^^ P^^ ^ ' 

il viendra , d'après le calcul des exposants positifs , 

a'".aP ou oT'-^ . 

Or m-\-p est la différence algébrique entre l'exposant -{-m du 
dividende et l'exposant — p du diviseur. 
Soit enfin à diviser «~"* par a"^ ou bien 

ce qui donnera, d'après le calcul des exposants positifs, 



ou , d'après le même calcul et en admettant un exposant négatif, 

Or p — m , ou — m-\-p , est la différence algébrique entre 
l'exposant — m du dividende et l'exposant — p du diviseur. 

Donc, pour diviser l'une par P autre deux puissances (positives 
ou négatives) d'une même quantité, il faut soustraire l'exposant du 
diviseur de l'exposant du dividende. 

111. Puissances. Soit à élever a-"" à la puissance -^p , ou, 

ce qui revient au môme , -^ à la puissance p . On aura 



(i)' «" i-" 



en vertu du calcul des exposants positifs. 

Mais, si l'on emploie un exposant négatif, le résultat pourra s'é- 
crire 

Or —mp est le produit de l'exposant — -w par l'exposant 

Soit, au contraire, à élever a'^"' à la puissance —^.D après 
la définition de l'exposant négatif —p on devra avoir 

1 

ou , d'après le calcul des exposants positifs , 

1 



DES EXPOSANTS NÉGATIFS. 251 

Employant un exposant négatif, on pourra écrire 

Or —mp est le produit de l'exposant -\-m par l'exposant 

Soit enfin à élever «-'» à la puissance —p . D'après la défi- 
nition des exposants négatifs , on devra avoir 

•■^ ^■.- ■ î_ . " 

1 \^ ' 



U"7 



ou , d'après le calcul des exposants positifs , ' 

— ou «'"P . 

Or -]-mp est le produit de l'exposant — m par l'exposant 
—P ' 

Donc , pour élever une puissance (positive ou négative) d'une 
quantité à une seconde puissance (positive ou négative), il faut 
faire le produit des deux exposants. 

Le cas d'une puissance renferme implicitement celui d'une racine, 
puisque les exposants peuvent être fractionnaires. On voit donc que 
le calcul des exposants entiers et positifs, étendu d'abord aux expo- 
sants posïlik fractionnaires, peut s'étendre aux exposants entiers ou 
fractionnaires négatifs, c'est-à-dire à des exposants commensurables 
quelconques. 

270. On peut même l'étendre à des exposants incommensura- 
bles; car de pareils exposants pouvant être remplacés par des 
quantités commensurables qui en diffèrent d'aussi peu que l'on vou- 
dra, le calcul applicable à ces quantités approchées est applicable 
à leurs limites , c'est-à-dire aux exposants incommensurables dont 
il s'agit. 

Donc , enfin , les règles pour le calcul des exposants sont géné- 
rales. 



^^- SECOINDE PARTIE. 



CHAPITRE X. 

DES ÉQUATIONS EXPONENTIELLES ET DES LOGARITHMES. 

§ I. De la résolution des équations exponentielles. 

271. On nomme en général équations exponentielles celles dans 
lesquelles l'inconnue entre comme exposant. La plus simple des 
équations de ce genre est l'équation 

«=^ = 6 ; ... ' - 

c'est la seule que l'on traite dans les éléments ; nous allons dans 

ce paragraphe nous occuper de sa résolution pour le cas où a et b 
sont positifs. 

Remarquons d'abord que , si l'on savait résoudre cette équation 
pour une valeur particulière de a et pour toutes les valeurs de b , 
on saurait la résoudre pour toute autre valeur de a . Supposons , 
par exemple , que l'on sache résoudre l'équation 

\0'=:n 

pour toutes les valeurs de n , et qu'on veuille résoudre l'équation 

a^ = b . 

On posera y — ~ d'où a'" z= b ou \ar^) —b (267) . 

On posera ensuite a'"=io d'où «=10"' 
en élevant les deux membres à la puissance m . 

Puisque par hypothèse on sait résoudre cette dernière équa- 
tion , on en tirera la valeur de m . On aura ensuite à résoudre 
l'équation 

f -'' " ■ 

xa^'J = b ovi \0'= b , 

d'où l'on tirera de même la valeur de x .Connaissant m et x^ 
on en déduira y par la relation y— — . 

272. Remarquons, en second lieu, que si l'on savait résoudre 
l'équation 

\ir= fi 



ÉQUATIOINS EXPONliiNTlELLKS, 253 

pour toutes les valeurs de n plus grandes que l , on saurait la 
résoudre pour des valeurs plus petites que 1 . Soit , en effet , à 
résoudre l'équation 

10^= i , 

P 

dans laquelle p peut être entier ou Fractionnaire , mais plus 
grand que 1 . Posons 

il viendra IQ-^ — - ou 77^-— 268;, 

_ p 10'' P 

ce qui exige 10'' =^ . 

Or, puisque p est plus grand que 1 , on sait , par hypothèse , 
résoudre cette équation; on en tirera donc la valeur de y ; et, en 
la prenant en signe contraire , on aura la valeur de x . 

275. Remarquons enfin que, si l'on savait résoudre l'équation 

pour toutes les valeurs entières de n , on saurait la résoudre 
pour toutes les valeurs fractionnaires. Soit, en eifet, à résoudre 
l'équation 

dans laquelle p et q sont supposés entiers. Posons 

il viendra 10'^-^=^- ou ]^=^ (260). 

q 10- q ^ ' 

Or, on satisfera à cette équation en posant séparément 

W>—p et 10= = 6/ , 

équations que l'on sait résoudre par hypothèse, puisque p ei q 
sont entiers. Connaissant y et :ï , on en fera la ditiérence y — ^, 
et l'on aura la valeur de x . 

274. Il reste donc à résoudre l'équation IQ'^^n pour les va- 
leurs entières de n . 

La valeur de x sera entière toutes les fois que n sera égal à 
l'unité suivie d'un certain nombre de zéros. Si, par exemple, on a 
à résoudre 

10^—100000 ; - : . . : 

comme 100000 équivaut à 10^ , ii s'ensuit que ^==5 . 
Les équations 

10^=10; 10^ = 100; 10.-^1000; 10' = 10000 ; etc. ; 



254 SECONDE PARTlii. — CHAPITRE X. 

donneraient de même 

^•=1 ; j;=2 ; x = S ; x = i ; etc. 

Remarque. L'équation lO-'^:! donne ^ = . Car on a vu (41) 
qu'on a en général a^=zl . 

27o. Pour toute autre valeur entière de )i , x sera incom- 
mensurable. Supposons, en effet, qu'on donne à ^ la valeur 

P IL 

commensurable - . L'expression lO"" deviendra 10'^ ou \J\(y^ . 

Pour que cette quantité fût égale à un nombre entier, il faudrait 
que 10^ fût une puissance exacte du degré (/.Or, 10*'=2^'.5''. 
Pour que ce produit fût une puissance </'"" exacte , il faudrait qu'il 
en fût de môme de 2^ et de 5^ . Il faudrait donc que p fût 

p ^ 

divisible par g . Mais alors - serait un nombre entier ; et 10^ 

serait égal à l'unité suivie d'un certain nombre de zéros, ce qui est 
contraire à l'hypothèse. 

276. On ne pourra donc pas, en général , obtenir exactement la 
valeur de x \ on ne pourra que se proposer d'en approcher. 

On a calculé une fois pour toutes , par des méthodes qui ne sont 
point élémentaires , une table où l'on trouve , en regard de chaque 
valeur entière de n , depuis 1 jusqu'à 100000 et au delà, 
la valeur correspondante de x , à moins d'une demi-unité du 
7" ordre décimal. 

Nous reviendrons bientôt sur l'usage de cette table. Pour le mo- 
ment, nous essayerons de faire comprendre comment, par des 
moyens élémentaires, on aurait pu la calculer. 

Imaginons qu'on extraye la racine carrée de^ 10 ; puis la racine 
carrée de cette racine ; puis la racine carrée de cette nouvelle ra- 
cine, et ainsi de suite. On obtiendra ainsi des quantités qui iront en 
diminuant, mais qui seront toujours supérieures à l'unité, puisque, 
d'après le mécanisme même de l'extraction de la racine carrée, tout 
nombre plus grand que 1 a une racine plus grande que 1 . Ces 
quantités ne seront autre chose que des puissances fractionnaires 
de 10 , dont les exposants seront successivement 
1111 
2 ' 4 ' 8' 16 • * • • ^ ' 

car sJ\6 = W ; V 10'^=10'' ; V 10*=:10^ ; et ainsi de suite. 
Après la 25« opération , on parviendra à une puissance de 10 qui 
aura pour exposant 



ou 



2^^ 33554432 



ÉQUATIONS £XP0Î\£NT1ELLES. 255 

quantité plus petite qu'une demi-unité du 7« ordre décimal , car 
son dénominateur est plus grand que 20000000 . 

Désignons cet exposant par - pour faciliter l'écriture , et re- 
présentons par l -)- a la valeur de 10^ ; en sorte qu'on ait 

- 10i=l + a [1]. 

277. Concevons maintenant que, par des multiplications succès 
sives, on calcule les puissances successives du second membre de 
cette équation ; on aura les égalités 

10«=:1 ; 10P=l + a ; 10^=(l+a)2 ; 
10"^ = (l + a)« ; loi=(l + «y^ ;....10?=:(l+«r ; 

dans lesquelles les seconds membres auront été calculés par hy- 
pothèse. 

Or, 1° les exposants successifs i , ? -^ , etc. , diffèrent 

entre eux de - , c'est-à-dire de moins d'une demi - unité du 
7« ordre décimal. 

'2° Je dis que tout nombre entier moindre que 1000000 tom- 
bera entre deux termes consécutifs de la série formée par les se- 
conds membres. 

En effet , en vertu de la relation [1 j , on a d'abord 

10==(l + a);^=:l+Pa + Ktli)^._|_etc. 

Donc le terme ^a , à lui seul, est moindre que 10 , et l'on 

a ^a<10 . 

On ne troublera pas cette inégalité en remplaçant p par un 
nombre moindre, par 10000000 , par exemple; on aura donc 

10000000 a < 10 , d'où a< . 

^1000000 

Cela posé, prenons la différence entre deux termes consécutifs de 
la série des seconds membres; par exemple, entre les termes 
(1 -t-a)*"-i et (1 -f a)'" . Cette différence est 

(l-|-o()-_(l_^«).n-i OU (l+a)'"-^[(l+a)— 'l] ', " . ' 

OU encore (1 -[-a)"^-^a ; 



256 SECONOl- PARTIE. — CHAPITRE X. 

et comme a est moindre que ^^^^ , cette différence est 

moindre que 

(1 +«)"'-! 



1000000 
Cette différence sera donc moindre que l'unité tant que l'on aura 

(l+a)'^*< 1000000 . 
D'ailleurs la série des quantités 

(1 + oc) , (1 + af , (1 + a)^ . . . (1 + a)'"-^ , ,'1 +«)- , etc., 

peut toujours être poussée assez loin pour que le dernier terme at- 
teigne et surpasse même tout nombre donné , 1000000 , par 
exemple ; il suffit pour cela qu'on ait 

(1 +ar> 1000000 OU 1 + m^+ ^ ^^ '' 7.2+ etc. >1000000 , 
inégalité à laquelle on satisfera si l'on pose 

.»«> 1000000 ou «>ÎH?52?, 

a 

ce qui sera toujours possible à réaliser. 

Donc , puisqu'on peut prolonger cette série depuis 1 jusqu'à 
1000000 , et que dans toute celte s