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HARVARD LAW LIBRARY 



R«d«d ÎEP 1 1 1931 



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1 




ANALECTA 



JURIS FOITIFIGIL 



KECDEa DE DISSERTATIONS SUE DIEFEBENTS SUJETS 



DEOIT CANONIQUE, IITURGIE, THÉOLOGIE ET HISTOIEE 



DIXiNEUVIÈME SÉRIE 






ROME 
Librairie de la Propagande 

I.X CHEVALIER lIBLANDifl, GÉRANT. 



PARIS 
VICTOR PALMÉ, éditem- 

76, RUE DES SilNTS-PËRES 

GENÈVE 

(tROSSET & TREMBLEY, Libraires-Editeors 

1880 



BRUXELLES 
J. ALBANËL, Libraire 

29. KUE V 






k 



SEP 1 1 1931 






TABLE DES ARTICLES 



RENFERMÉS DANS LA XIX« SÉRIE 



duTiQUB msTORiquB. Edition de saint Grégoire de Tours, 
par Buinart. Mémoire de Tabbé de Camps. Origine de la 
monarchie. Col. 1. 

Elbctiok des tfyiQuss. Divers systèmes aujourd'hui 
Btûvis en Europe et en Amérique. Discipline des douze pre- 
miers siècles. Modération des papes. Canons du quatrième 
concile de Latran. Election des évêques par les chanoines 
de la cathédrale et par le clergé diocésain. Les papes d'Avi- 
gnon. Si l'élection doit être confirmée. Col. 22. 

Masiaqs. Liberté du consentement. Le mariage contracté 
dans la crainte de perdre un riche héritage est-il nul? 
Décision du 26 juillet 1879. Col. 25. 

Dispense. Empêchement impoUntiae. Professeurs mo- 
dernes de médecine légale. Signes physiques. Dispense du 
mariage raPum. Décision du 26 juillet 1879. Col. 93. 

Mélanges. Encyclique du saint-père Léon XIU sur le 
mariage et le divorce. ^ Office de S. Joachim et de 
sainte Anne élevé à la seconde classe. — Introduction de la 
cause de béatification de la vénérable Marguerite Bour- 
geois. — Le vénérable Claude La Colombière. — Décisions 
liturgiques. Col. 107. 

Pbincipes de DBorr canonique. Idée du droit canonique. 
Classification générale. Principes qui servent de base. Ins- 
titution divine de l'Eglise. Propriétés, pouvoir, constitution. 
Caractères de la discipline. Divers états de la société. 
Théories sur les rapports qui doivent erister entre A re- 
ligion et la société civile. Col. 129. 

ITNiVEBSiTits CATHOLIQUES. Règlement d'études. Collège de 
S. Bonaventure établi par le pape Sixte-Quint. Théologie 
thomistique. Béglement des Dominicains. Exercices. Cercles, 
conférences, disputes. Exemption des universités. Privilèges 

des docteurs et des licenciés. Col. 161. 

Tbaité des cubés amovibles (supplément). Note extraite 
des archives de la congrégation des affaires ecclésiastiques. 
Dissertation rédigée pour la S. Congrégation des évêques 
et réguliers. Col. 190. 

Décisions de la S. Congrégation du Concile. Distri- 
butions. Curé de la cathédrale. — Grade de licencié. 
Espagne. — Droit de préséance entre les confréries. — 
Dispense de mariage ratione impotentiae. Col. 214. 

Mélanges. Fête de S. Joseph. — Concile de Constance. 
Erreurs de Grabon. — Jubilé de S. Thomas de Cantor- 
béiy. — Lettre de S. Charles Borromée. — Consécration 
de régGse S. Apollinaire. Homélie de Benoît XIY. — 
Lettre du Saint-Père à l'archevêque de Cologne. — Discours 
du Saint-Père aux représentants des écoles thomistes. — 
Le vénérable Morelli. — Le vénérable François de Lagonero. 
Martyrs de TExtrême-Orient. Le vénérable Benoît Cotto- 
lengo — Office du Saint-Cœur de Marie. — Indulgences 
du Magnificat. Statues de S. Pierre. Col. 235. 



Pbincipbs de droit canonique (Suite). Sources. Con- 
ciles généraux. Conditions de Técumenicité. Autorité des 
décisions dogmatiques et disciplinaires. Constitutions des 
papes. Manière dont les bulles sont reçues dans l*Eglise 
et derniers caractères de leur autorité. Col. 257. 

Indults liturgiques. Office du Sacré-Cœur. Origine et 
progrès. — Offices et fêtes de la Sainte- Vierge. — Offices 
particuliers du clergé romain. Col. 279. 

Les communautés de Bome. Ordonnances des cardi- 
naux-vicaires. Cérémonies de vêture et de profession. Elec- 
tions. Clôture et parloir. Administration. Pensionnaires. 
Cloche de la Passion. Col. 302. 

PsocAdure. Formalités juridiques des causes niatri- 
moniales. Bulle de Benoit XIY. Instruction de 1840. Dis- 
pense m radice. Enquête complémentaire. Décision du 20 
septembre 1879. CoL 338. 

Mélanges. Statistique pontificale. Martyrs et papes ca- 
nonisés. Nationalité des papes. Combien de religieux. Deux 
cent trente papes écrivains. Editions officielles publiées à 
Bome — Fulrade et Maginarius — Critique littéraire au 
moyen-âge. — Election de Clément V. Villani réfuté par le 
dominicain Becchetti. — Auditeurs du sacré-palais — Diète 
de Vérone. Lois suggérées par Frédéric Barberousse. — 
Concessions verbales et oracvda vivae vocis des papes ré- 
voqués par Grégoire XV et Urbain VIIL — Mandement de 
Prosper Lambertini, évêque d*Ancdne. — Saint Pierre 
et S. Paul patrons de Bome. — Gouvernements de fait. 
Clément V et Grégoire XVI. — Discours du Saint-Père 
aux prédicateurs. Lottre jur le mariage civil. Col. 347. 

Saint Thomas d*Aquin patron des écoles. Demandes 
adressées au saint-père pour le protectorat universel. Bé- 
union de la sacré Congrégation des Biles du S février 1877. 
Information du postulateur. Bemarques du promoteur de 
la foi. — Encyclique du Saint-Père Léon XIII du 4 août 
1879 sur la philosophie des pères de l'Eglise et de S. 
Thomas. Adhésions à PEncyclique. Seconde réunion de la 
S. Congrégation des Bites. Bref de notre Saint-Père le pape 
Léon XIII. CoL 385. 

Les cas réseevés. Gerson. Le cardinal Campège. Cas 
occultes. Pouvoirs accordés aux curés. Conciles d'Allemagne. 
S. C.des Evêques et Béguliers. Pénitenciers permanents. Ces- 
sation des réserves, aux principales fêtes. Si l'on peut dé- 
signer des confesseurs spéciaux pour le clergé. Celebret 
annuel. Col. 427. 

Droit paroissial. Concours. Délai de six mois pour 
conférer les paroisses au concours, sons peine de dévolu- 
tion en faveur du Saint-Siège. Qualités scientifiques et 
morales. Décision d\L 20 décembre 1879. Col. 253. 



ViCAiBES PAROISSIAUX. Droit d'être préférés aux étran- 
gers pour les obsèques. Décision du 20 décembre 1879. 
Col. 477. 

Mélanges liturgiques. Chantres laïques. — Funérailles 
des pauvres ; application gratuite de la messe. — Eglises 
bénies. Titulaire. — Drap blanc pour les adultes — Fa- 
briciens. Entrée dans le sanctuaire. Processions. — Mariage 
célébré dans une maison particulière et dans une chapelle 
domestique etc. Col. 485. 

I 

r 

Consistoire du 20 août 1880. Bupture des relations 
avec le gouvernement belge. Lettres du saint-père. Col. 513. 

Saint Thomas patron universel des écoles. Lettre du car- 
dinal Antonin de Luca. Bestauration de la philosophie. Sta- 
tuts de Tacadénde de S. Thomas. Nouvelle édition des 
œuvres. Col. 520. 

BâvÉLATiONS PRIVÉES. Mémoire de Bénitez de Lugo sur 
la vie de la vénérable Marianne. Principes théologiques sur 
l'objet de la foi catholique. Dangers des révélations parti- 
culières. Evangiles apocryphes. livre de VEnfance du Sa/u^ 
veur. Circonstances et &its qui ne sont pas mentionnés 
dans Tévangile ni dans les saints pères. Bévélations des 
femmes. Col. 528. 

Nomination des chanoines. Collation simultanée des 
canonicats. Bulles pontificales sur la division de la simul- 
tanée. Décisions de la Bote. Prescription en faveur du cha- 
pitre. Pénitencerie donnée aux réguliers. Installation des 
chanoines. Col. 567. 

Placement des capitaux. Le compte-courant dans une 
banque est-il un dépôt ordinaire, ou simplement un prêt, 
imbkmm, au sens théologique ? Titres légaux pouvant au- 
toriser rintérêt. Les cardinaux Turiozzi, Bertazzoli, Del 
Drago. Avis de trois juriconsultes. Col. 587. 

Décisions de la S. Congrégation du Concile. Bede- 
vance pour les saintes huiles. — Legs de messes. La pre- 
scription se forme-t-elle contre les défunts. Col. 608. 

Mélanges liturgiques. Cathédrale sans paroisse : bé- 
nédiction des fonts. — Autel portatif. — Erection des con- 
fréries. — Consécration des autels. — Bénédiction du Saint- 
Sacrement. Usage de quelques diocèses de Allemagne de- 
puis l'époque de Luther. — Patrons et titulaires. Chapelet 
de morts etc. Col. 619. 

Lb culte immémorial. Enumération des bienheureux 
et des saints dont le culte a été confirmé par le Saint-Siège, 
depuis 1625 jusqu'à nos jours. Supplément au traité de 
canonizatione de Benoît XIV. Col. 641. 

Principes de droit canonique. Sources particulières. 
Conciles pléniers et nationaux. Conciles provinciaux. Sy- 
nodes diocésains. Concours du synode aux statuts. Manières 
de suppléer les synodes. Ordonnances des évêques hors 
de leurs synodes. Col. 702. 

Mémoire inédit de Benoît XIY. Evèchés suburbicaires. 
Option réservée aux cardinaux prêtres ou diacres. Col. 716. 

Décisions. Vacances des chanoines. Distributions. — 
Démembrement d'une paroisse. — Catéchisme. Ordon- 
nance épiscopale. Col. 735. 

Mélanges. Chant Grégorien. — Vicariat apostolique 
en Chine. — La vénérable Elisabeth Sanna. ^ Le bien- 
heureux Egidius a Laurentiana. — Décisions liturgiques. — 
Avis concernant les litanies. CoL 755. 



Doctrines de S. Thomas d'Aquin. Trois lettres du 
Saint-Père Léon XIII. Motu-proprio sur la nouvelle édition. 
Faux disciples. Col. 769. 

PliiNciPES DE DROIT CANONIQUE. Concordats. Lois sé- 
culières. Coutumes. Usages opposés aux prescriptions cano- 
niques. Col. 773. 

Nomination des chanoInes. (Suite). Coutume et pres- 
cription. Mémorable arrêt pour les chanoines de Bénévent* 
Si la prescription s*établit contre Thomme qui ignore son 
propre droit. Col. 783. 

Bévélations privées. (Suite). Transports de la véné- 
rable Marianne au ciel. Allaitement. Beauté physique. Vision 
de la substance du pain séparée des accidents. Col. 806. 

Traité des vicaires paroissiaux. Organisation des pa- 
roisses. Statuts des conciles sur la nomination des vicaires. 
Décisions de la Bote et des S. Congrégatious. Col. 881. 

Décisions. Election du vicaire capitulaire. -^ Abolition 
de la monarchie de Sicile. Pouvoir de dispenser gratui- 
tement les pauvres. — Appel dans les dix jours. — Di- 
gnité abbatiale dans un chapitre. Col. 852. 

MaLANGBS. Lettres de S. Cjprien sur le baptême des 
hérétiques. — Bépétiteurs de droit canonique. — Saint 
François d'Assise victime. — Sermon de Benoît XIV pour 
une profession religieuse. — Mélanges liturgiques. Col. 868. 

Saint Cyrille et saint Méthode. Encyclique de notre 
Saint-père Léon XITL Office. Col. 897. 

Bévélations privées. (Suite). Circonstances de la Passion. 
Colonne de la flagellation. Couronne d*épines. Col. 903. 

Principes de droit canoniqoe. Ordre ecclésiastique. 
Privilèges. Devoirs des ecclésiastiques. Col. 921. 

Pensées de Napoléon. Protection de la religion ca- 
tholique. Célibat. Séminaires. Education des filles. Dépor- 
tation de Pie VII. Col. 936. 

Nomination des chanoines. (Pin). Origine historique 
de la simultanée. Diplômes pontificaux. Sentiment des plus 
savants canonistes. Col. 949. 

Mariaqe. Opposition des parents. Arrêt du tribunal ec- 
^ clésiAtique. Col. 982. 

Mélanges liturgiques. Messe de mort le jour de la 
fête de S. Joseph. — Deux messes chantées dans una 
église. — Communion à la messe de mariage. — Office 
canonial. — Bénédictions réservées aux évêques etc. Col. 986. 

Le culte immémorial. (Suite). Enumération des bien- 
heureux et des saints dont le culte a été confirmé par le 
Saint-Siège. Col. 1025. 

Bévélations privées. (Pin). Prétendue permanence du 
sang de la Sainte- Vierge dans le corps de Jésus-Christ. 
Sueur de sang. Bévélation contraire de la vénérable Marie 
d'Agréda. Conclusion de Bénitez. Col. 1063. 

Droit paroissial. Concours pour la nomination des curés. 
Conciles provinciaux qui ont prescrit Tédit public. Aptitude 
littéraire et morale. Décisions de la Bote. Col. 1094. 

Procédure canonique. Lacune dans la plupart des 
auteurs. Précepte paternel. Censures latae serUerUiae. Sus- 
pense de conscience informée. Col. 1115. 

Mélanges. Canonisation de Charlemagne. — Témoins 
synodaux. — L'archevêque de Cologne. — Béglement des 
études dans Tordre franciscain. — Les , impôts du gou- 
vernement séculier. — Cagliostro. — Bénédiction nuptia- 
le. Col. 1130. 



ANALEGTA JURIS PONTIFIGII. 



CENT SOIX4NTR-CI1IQUIËMB UTRAISOIV. 



GBITIQIIE HISTORIOll 



GREGOIRE DE TOURS 



DE DOK RrilfART. 



Noua airoDB publié dans les précédeuts volumes des 
Analecta quelques travaux historiques de l'abbé de 
Camps^ dont les manuscrits sont conservés k la biblio- 
thèque nationale de Paris. Oa a pu remarquer dans 
notre seizième série (col. 641) la judicieuse disserta- 
tion sur la prétendue consultation que Pépin le Bref 
aurait adressée au pape S. Zacharie au snjet du chan- 
gement de dynastie. Nous empruntons au même 
auteur l'ouvrage suivant : Remarques critiques sur la 
préface et sur les notes du A. P. Ruinart à l'édition des 
ouvrages de Grégoire de Tours et de la chronique de 
Frédégaire. (M. De Camps, tome 96). 

[Avis de la Rédaction.) 



l 



Utilité de Téâition des oufrages de Grégoire de Tours et de la 
chronique de Frédégaire par Ruinart. 

Grégoire, évoque de Tours^ qui parvint à cet évô- 
ché Tan 572 et décéda le 17 de novembre de Tannée 
595, passe pour le père de l'histoire de France et pour 
celui des anciens auteurs français qui a traité cette 
histoire le plus au long. 

Frédégaire a continué l'histoire de Grégoire de 
Tours dans une chronique qui est assez estimée et 
qui a été continuée par les auteurs contemporains; 
elle finit à Tan 758. 

Ceux qui savent tant soit peu l'histoire de France 
sont persuadés que les ouvrages de Grégoire de Tours 
et les chroniques de Frédégaire et de ses continuateurs 
sont les meilleurs livres pour l'histoire de nos rois de 
la première race. 

Quoique ces ouvrages ne soient pas sans défauts^ 
que des savants y aient même trouvé quelques erreurs, 
néanmoins c'est une source féconde où Ton puise une 
infinité de faits sûrs et constants^ qui nous instruisent 



non seulement de l'histoire des rois des Français^ 
mais aussi du gouvernement ecclésiastique et politique 
de la nation française. 

Plusieurs savants qui ont travaillé jusqu'à présent 
à éclairer notre histoire^ persuadés que les ouvrages 
de Grégoire de Tours et ceux de Frédégaire et de ses 
continuateurs étaient d*une très grande utilité, nous 
en ont procuré diverses éditions. Les dernières étaient 
pluscorrectesqueles premières etnéanmoins ne Tétaient 
point assez. D'ailleurs le P. Le Cointe et de Valois ayant 
rejeté plusieurs chapitres des ouvrages imprimés de 
Grégoire de Tours et de Frédégaire sur des raisons 
très fortes, il était, s'il faut ainsi dire, d'une nécessité 
absolue de rétablir l'autorité de ces ouvrages qui sem- 
blait fort affaiblie. 

Enfin les éditions de Grégoire de Tours et de la 
chronique de Frédégaire étant sans notes, il n'y avait 
que les personnes les plus habiles dans la connaissance 
des anciens usages du royaume et dans celle des lieux 
qui s'y trouvent énoncés qui pussent lire ces auteurs 
avec quelque satisfaction. 

LeR.P. Ruinart a levé tous ces obstacles par sa 
nouvelle édition des ouvrages de Grégoire de Tours 
et de la chronique de Frédégaire. 

Cette édition est plus ample que toutes les précé- 
dentes, et il Ta enrichie de notes très curieuses et très 
savantes. 

Celles qui sont pour faire connaître les lieux ne 
peuvent, ce me semble, être meilleures, Ruinart mar- 
quant ces lieux assez positivement. 

Les notes pour les faits historiques me paraissent 
plus faibles, ce Père s'étant contenté, du moins pour 
l'ordinaire, de marquer le sentiment des bons auteurs 
et en particulier celui de Valois, sur les faits qui don- 
nent lieu à ces notes. 

Quant aux notes sur la discipline ecclésiastique, suie 
l'ancien cours ou office de l'Eglise gallicane et sur l'his- 
toire des saints dont Grégoire de Tours parle dans ses 
ouvrages, elles sont presque toutes des plus excellentes. 

Enfin, à regarder en général l'édition de Grégoire de 
Tours que le P. Ruinart nous a donnée, et les notes de 
ce savant religieux, on peut dire que c^est un livre 
excellent et dont le public doit retirer de grands avan- 
tages. Ce n'est pas qu'il ne s'y trouve des fautes, mais 
où n'en trouve-t-on point? 

Le P. Ruinart a mis à la tête des ouvrages de Gré- 
goire de Tours et de la chronique de Frédégaire une 



19* SERIE. 



1 



RUINART. 



préface très savante qu'il a divisée en cinq sections ou 
parties. 

Il a fait voir daa» k preoiièrt la aéeeMÎté de réi» 
primer les ouvrafet d^ âr^fre de Tmt^ «t a e^foit 
ensuite de quelle utilité doit être la lecture de ses ou- 
vrages et ce qu'on y trouve, tant pour l'histoire ec- 
clésiastique et politique des Français que pour les lois^ 
les coutumes et les usages de la monarchie. 

Il rapporte, dans sa seconde sectienf ua eatalaguedea 
ouvrages composés par Grégoire de Tours, et de ceux 
qui sont attribués à ce savant auteur^ et fait voir en 
quel temps il les a composés. 

Il s'efforce, dans la troisième section, de prouver que 
l'histoire des Français, composée par Grégoire de 
Tours^ n'a pas été interpolée comme le P. Le Coînte 
Ta soutenu^ et, dans la quatrième^ il fait voir les peines 
et les soins qu'il s'est donnés et les divers manuscrits 
qu'il a consultés pour rendre soû édition aussi correcte 
qu'elle l'est. 

La cinquième et dernière secfîon ne regardé que 
Frédégaire, sa chronique et la continuation de cette 
chronique. Le R. P. Ruioart y expose les manuscrits 
qu'il a fus et les copies imprimées doàt il s'est servi 
pour la redonner de nouveau. 

Cette préface est très bien écrite ; son style est nei, 
succinct et élégant. Les choses y sent exposées avep 
une méthode charmante^ et le P. Ruinart y traite 
d^une manière très civile et très reconnnaissante ceux 
qui lui ont fourni des manuscrits ou des mémoires 
pour mettre Sédition des ouvrages de Grégoire de 
Tours et de Frédégair e dans Tétat de perfection où îîs 
se trouvent. 

Ht 

Les Prtncate ont ea des rois'plos de deox ^îédes dvanf Is mort du 

tyraa Bogènet' 

Quoique la préfacé du P. Ruinart soit des plus belles 
etdeâpius élégantes^ on se plaint néanmoins qu'elle 
n'a pas toute l'exactitude qu'elle devrait, et que ce sa- 
.vant religieux y avance ou y défend des faits ou des 
usages qui sont contjre l'antiquité de l'origine de nos 
rois et les droits de leur couronne^ et contre les pri- 
vilèges et les libertés de l'Eglise gallicane. 

Le P. Ruinart examine^ dans Tarticle 6 de sa pré- 
facCs si les Français ont eu des rois dans le' commence* 
ment ou seulement des dues^ — ou éi les maîtres de cette 
nation étaient désignés sous le titre de principes, lu&re- 

Îulosy, ou regales; ce qu'il fait parce que Gréjgoira de 
'ouss veut que b natidn franchisa n'ait eu des roia 
qu'après la mort dm tyran Eugène (arrivée l'an â94). 
Le P. Ruinart avoue <{uede Valois s'étak fort récrié 
centre cette opinion^ soutenant que les Français avaient 
toujours eu des rois« Après quoi il dît :. « Bien qiie )a 
li'aie pas dessein de disputer sur le nom de roi, je ne 
crois pas néanmoios qu'on, puisse prouver par aucun 
ancien monum^t que les Franfpia n'aient eu en même 
temps qu'un seul roi. Qtfoique néknmohis il paraisse 
certain qu'il y avait ehe» les Francis une première 
famille et plua noble que lés autres^ commis parle 
Grégoire de Tours, de laquelle on avait coutume de 



prendre les gouverneurs des peuples, que les écrivains 
Romains ont appelés rois ou petits rois^ eu égard à la 
Mutaime des auliiMialîenft$ BaieHi«i est-ce qui peut 
Jdlritier, aJoiHe-t^il^ qiel tjkte ilci avaient chez les 
Français? » 

Le raisonnement du P. Ruinart tend à faire voir que 
Grégoire de Tours ne s'est point trompé^ et que les 
auteurs romains n'ont donné le nom de rois ou de 
petite rois aux maîtres de la nation française qu'à cause 
que les chefs des autres peuples avaient ce titre ; mais 
cela ne dit rien et ne détruit point le sentiment de de 
Valois^ qui assure que la nation française avait eu des 
rois longtemps avant la mort du tyran Eugène. D'ail- 
leurs pourquoi le P. Ruinart veut-il que les chefs des 
Français ne lussent pas cois^ puisqu'il sait que tous les 
peuples de laOernatiie êkknl ^avètaés par des rois? 
Qu'il consulte les panégyristes anciens, qu'il lise Am- 
mien Marcellin^ le poète Ctaudien et la vie de S. Am- 
broise; et^ sans aller si loin, qu'il relise les passagesdes 
auteurs qu'il a lait itnpfitaaei' 1 lat fêle de Grégoire de 
Tours, et il se convaincra qu^ les Français avaient des 
rois plus de deux siècles avant la mort du tyran 
Eugène, et que ces prinees^ étaient qualifiés de rois par 
les auteurs latius. Et on peut conjecturer qu'ils étaient 
ailsii fuaiîfiés de nême pair leurs sojeèiy puisqu'on 
obsenr^ qu'ils ont retenu le titiede reis^ 

Au DSble^ il ne s'agi* paa à$ coAtesteIr wêè \b noitt. 
Les prÎMes que \dm grecs oitt ^aUfiés de* BmJ^oîç 
étaient^ils plus im moins roisi cfB^ emx à q^i les ladimi 
détonaient leHitre de A«ai; et le KeiiÎDek des Aliemaads 
nVt-iipaB la même forte l{u*^k titrée de roiitsité cha 
1a0 Français? Le nom n'y failr rien, il faut seulement 
ftvdiv égaid' an laiif «faà là piiissaiiee.. 

f aveu» asvec le P« RUiâarC qo'ik est împfMnMl* dw 
laiw voir qu'avaiit Pharaiilt)n la* ÉaAiok» françaiar iét 
obéi à un seul eC même roi ; mais il ne suife pa» de 
là qu'elle n ait f oint eu de rois. Clodion, Clovis 1% 
Clotaire I*' et Clotaire II étant décédés, la nation fran- 
çaise cessa d'être soumise a un seul roi, et en eut plu- 
sieurs, le royaume se partageant alors entre les fils du 
dernier roi, e'eiisQit^'ii quei lors de cette inu)tiplî<eilé les 
maîtres des Françaiis ne fcnsent pas deer rois? C'est ce 
c^u'on ne se persuadera jamais. 

Grégoire de Tours t*a potnt dft qoig CfocTion dît été le pfémfér 
roi des Français, comme le P.. RUitidrt le ft^utieoil^ 

Le P. Ruinart va plus loin dans l'article 8^ et il 
avance que, si Ton en veut ctoire Grégoire de Tours, 
il faut attribuer à Clodion rhorfnêur d'avoir fondé fe 
royaume des Français et d'en avoir été le premier roi. 
Je ncb puis comprendre comment il est possible que le 
P. Ruinart ait parlé de la sorte, puisque Grégoire de 
Tours ne dit rien qui puisse faire conjecturer qu'il crût 
que Clodion ait été le prentier roi des Français* II 
rapporte seulement et sans décider ce que le peu 
d'anciens auteurs qu'il avait lus avaient dit des 
anciens Fraûçaisv et ces aciteurs ne llavaient pas codr 
duit bien loin, puisqu'il n'en cite que des faite arrivés 
depuis l'an 390, c'est-à-dTre trente-six années avant 




9 



GREGOIRE DE TOURS. 



le commencement du rdgne de Clodion, et il rapporte 
ce qo'ils disent sans rien décider. Voici ce qu'il en dit : 

ê Les historiens qf» j'«i aligné» »• nous ont laissé 
qœ cette notion des ancien? Français, dont ils n'ont 
pas nommé les rois. Plusieurs assurent que ces peuples 
sont aortis de la Paononie, et qu'à la vérité ils s^ 
logèrent d'ali^ord sur le rivage du Rhin ; qu'ensaite^ 
après avoir passé ce fleuve^ ils entrèrent dans la 
Thuriqge et se créèrent des /pis à 'longs cheveux qd'ils 
prirent dans la première et pour ainsi dire dans la plus 
noble famille de leur nation : établissement qui fuA 
affermi par les victoires d.u grand CIoyîs, coipme nous 
le dirons dans la suite. Car noes lisons dans iesconsur 
laires^que Theodemer roi des Français^fîU de Richimer 
(autrefois roi) et Ascilla sa mère^ périrent par Tépée 
des Romains. Os disent aussi que Glodion, hrave et 
tcès noble dans sa nation, avait, été roi des f*rançais 
tfl qu'il demeurait au éhâteau de Dispargum^ ^ui est 
sur les frontières des Tburingiqis. ■ 

Grégoire de Tours n'en dit pas davantage ; ainsi 
Ton ne peut avancer, sans erreur, comme faiUe P. Rui- 
naft, qull ait dit que Ctodion ait été le premier roi des 
Français. Il parait seulement qu'il avait lu dans Içs 
consulaires que Clodion avait été roi des Français dans 
le môme temps que Theodemer commandait aussi ^ur 
one partie de cette natiop. 

Je n'entreprends point de concilier à^ce sujet la chro- 
ndlogie de Grégdire de Tours av$c celle de son abrévia- 
tenr; il. me sufKt d'avoir faiiconnaitre quetirégoire de 
Tours n'a point dit que Clodion a été le j^remier roi 
des Français ; que même il ne nous a pas donné )ieu 
de\e conjecturer^ et qu'ainsi Jjd R. Ru^n^rt nous en a 
imposé lorsqu'il it bien votOu Favancer. 



y 



Plusieurs Français étaient chrétiens avant le baplôme de Çbvrui. 

Le P. Ruinart dit dans le chap. 9 qu*avânt le 
baptême de Clovis les Français étaient païens ; que 
néanmoins, lors de ce baptême, quelques-uns étaient 
ariens^ comme il parait par Lanthilde, sœur de Ciovis. 
Le P. Ruinart pouvait ajoutj^r que quelques-uns d'entre 
eux étaient catholiques, entre autres Arbogaste, gou- 
verneur de t'rèves^ si célèbre dans les lettres de saint 
Auspice é^êquedeTout (Duchesne, t. I*', p, 844) et de 
Sidoine Apollinaire (Sulpiee Sévère, 1. 4, ep. .17) et 
l'abbé CatriobàodesaaqlieLleimênie Sidoine avait écrit 
(Voy« Boucher, mJBelg.\BonêA. IQ^'Ch. 6, .p. £fi9.eit 
wgq.) et même le inomhireide.cbrétîenAiétiLU si{gnuad 
parmi les FranfQais .(pie Procopea cru quUls l'étaiegkt 
lopisdtera^iilO, dîsaiit(f«mitil^mentqiie, lonegneieB 
Gaaièià Armonques se liguàrraJt avec les Fi^^iifaîs, 
ce qui arriva en 410, ces deui Inatiens ^étaJent ndiré- 
tiennas, et que Içs légiots iH)ipaiM9>qiii fétemft en 
gamiaon stir la fumlière !se joignirentà eUea,<pMee que 
ies mires eAuemiâ de l'Ëmpice tdont eUas létMult latta- 
qaéeetétoieiit asîeikA^PreeQpc, ^ bûUa(i^ik(ko). 

Pffoqspe^ étfuit.hi8tMieo ptos |^r Mhe de ;ce itQnfMHUi 
qW'GfégnireifarffoukSyije.'Ae fafs.auenne diffîeiilta de 
iiiepuisuader^jtwéoa>aulMitéu H^[v» partie ^O'U^Aif- 



tîen fnBftMe était dès lors -cbvétieBne, et que Gfégoim 
es Tours n'a dit qM toute la natien fran^se avait étë 
tdoiitre jusqu'au baptême 4e €tovis qu'Jà cause ({ue 
les rois' et tes grands 4e in nstieiD étaient demeofés 
dans le paganisme. On^ le croira eans peine si, faisait 
réflexion au témoignage que je viens d'alléguer^ on 
observe que les auteurs qui parlent de la conversion 
et du baptême de Clovis disent unanimement que toute 
la nation se convertit en même t^mps^; quoique néan- 
moins fl n'y ait eu pour lors que trois mille persom^s 
qui aient embrassé le christianisme^ comme nous 
rapprenons de Grégoire de Touro et d'Hiiicnair ar- 
ehÂyàque de Reims. (Gregor. L 2^cap.31 .Capit. CaroK 
Calv.tit* 41. Baluz, capit. reg. franc, fol. S20.) Or, 
comme il n'est pas croyable que la nation française n'ait 
été pour lors composée que de trois mille horanij^; 
il s'ensuit que, eomoie je ^iens de dire, ces autebrs 
n'oatt dit qoe toute la nation était peST^ne qiiVk caiftsë 
que le itn et les grands, c'est-à-dire le chfff et letprin» 
cipaui membres de la nalion, étaient encore ensevelit 
le paganisme. 



VI 



De la loi qui exclat les femmes de la couronne. 

AuM^rt veut ^ns 4e IS' article de sa préface, <{ue 
lesie»ineseeieAte%clue6<de1asuocessioR à laeevrenne 
par le^6^ article d|i soicaote-deurième chapitre de ia 
loi aalîque. 

dissentiment e0t-edui du viil^ke, maïs il ne de- 
vrait pas être celui-d'un e»ipant^omme le P. Ruinart 
qui ne doit pas ignorer que les habiles gens eoirt per- 
suadés que Tarticle de la loi ^alique ne regarde que la 
succession aux fiefs et nullement la succession à I^ 
couronne. 

Or il est sûr que lesjFiiMçajSîMaient des lois touchant 
la succession que le P. Ruinart n'a point connue^^ 
copune Jl parait par le même article où il fait mention 
de ia loi «aliqae, et ces lois réglaient la -succession 
à 'la couronne. Agathias en pade souvent et .nous ap- 
prend que ces lois ordonaaient que le fils succédât ^u 
^èic en quelque bas âge qu'il pût lêtre, qu'au défaut 
dss fils les parents les plus proches succédassent, et 
que les filles fussent exclues de la succession à la cou- 
rorme. 

'Cette loi ordonnait encore que les princes qui se re- 
staient contre les reis 'leurs pères ou leurs parents 
jf ttssent exdus de leor succession, -s'il ne plaisait aux 
tme de leurpardonner-et de les réhabiliter, s'il faut 
ainsi dire. Agathiasnous a conservé la connaissaneede 
ces lois et nous a tiit connaître que celles que les rois 
Thierri K, Clotaire et ♦Dagebert !* dontièrent aux îAfl- 
-leoMinds étaient nembhifbles à celles de 4a nationfran- 
gaïse, eacepté ce qui regardàitUafeligion, les Allemands 
étant , encore païens lorsque ces lois furent données. 
'L'exclusion «des^lles de la succession à la couronne 
était une loi commune à toutes ies nations, et S. Au- 
gustin nous- en apprend la raison. C'est, dit4I, que le 
royaumeeët un dffice qui ne peut être administré que 
•par lesiiommes, de même*que le sacerdoce. Car, ajoute 



mm 



RUINART. 



8 



ce eaint^ de même que les filles ne pourraient succéder 
à la dignité sacerdotale^ quand même elle serait héré- 
ditaire^ ainâi les filles ne peuvent succéder à la dignité 
royale, n'étant pas plus capables d'en remplir les fone« 
lions et les devoirs. (Âugust. de Civit. Dei.) 

VU 

Il D*e8t point vrai que les reines mères aient été pour Tordinaire 
régentes des États des rois leurs fils pendant la première 
race. 

Le P. Ruinart dit, dans Tarticle 13 de sa préface, que 
quand les rois parvenaient à la couronne étant mi- 
neurs, les reines leurs mères avaient la régence si elles 
étaient vivantes, ou à leur défaut^ les grands du 
royaume. 

Cette proposition n'est point vraie^ et il n'en a 
trouvé aucune preuve dans Grégoire de Tours ni dans 
Frédégaire qu'il donne au public. Ces auteurs nous ap- 
prennent au contraire que la reine-mère des fils de 
Clodomir roi d'Orléans n'eut point la régence de leur 
royaume; que de même la reine Brunehaut ne fut point 
d'abord régente des états du roi Childebert son fils ; 
que Frédégonde ne fut point non plus régente pendant 
les premiers mois, et peut-être pendant les premières 
années du règne de Clotaire II son fils, et Grégoire de 
Tours nous en assure^ et elle-même supplia le 
roi Gontran, oncle de son fils, de vouloir prendre 
l'administration et la régence du royaume. Ce que ce 
prince fit par le seul droit de sa naissance, et nomma 
des régents^ sur lesquels il se déchargea du gouver- 
nement et de l'autorité souveraine. (Greg. Tur. 1. 7, 
cap. 6,7, 19). 

VIII 

Les Gaulois souhaitaient d'être soumis aux Français avant qu'ils 

fussent chrétiens. 

LeP.Ruinartdit, dans le 16' article de sapréface^que 
les Gaulois souhaitaient fort d'être sous la domination 
des Français qui venaient d'embrasser la religion catho- 
lique, et dont le roi venait d'être baptisé; mais il ne 
s'est pas souvenu sans doute que Grégoire de Tours 
marque cette affection pour les Français avant même 
qu'ils fussent chrétiens, et dit au chapitre 23 du se- 
cond livre de son histoire que S. Apruncule, é?ê- 
que de Langres, fut obligé de se bannir à cause 
que, comme les autres Gaulois^ il souhaitait d'être 
soumis à la domination française. Ce fait arriva 
vers Tan 484, c'est-à-dire douze années avant la con- 
version de Clovis, roi des Français, en suivant même 
la chronologie du P. Ruinart qui fixe la mort de Si* 
doine Apollinaire sous l'an 484 (Not. ad Greg. Tur. 
p. 74.)i et Grégoire de Tours nous assure que S. Aprun- 
cule, qui fuyait de Tongres, arrivait à Clermont lors 
du décès du même Sidoine qui en était évêque^ et 
auquel le même Grégoire de Tours dit qu'il succéda ; 
d'où il suit que le P. Ruinart s'est trompé^ ne fixant le 
désir qu'avaient les Gaulois d'être soumis aux 
Français qu'après que ces peuples et Clovis leur roi 
eurent embrassé le christianisme et reçu le baptême. 



IX 

Nomination des érSques. 

Le P. Ruinart dit, dans le 20* article de sa préface 
que, pour peu que l'on examine les canons faits dans 
les conciles tenus sous la première race et confirmés 
par les rois, on ne doutera nullement que les élections 
aux évêchés ne fussent entièrement libres; mais que si 
on ne lit que Grégoire de Tours et les formules des or- 
donnances des rois pour l'intronisation des évêques, 
on ne doutera nullement que les rois ne nommassent de 
plein droit aux évêchés; mais^ ajoute-t-il, si l'on lit 
Grégoire de lours avec attention. Ton remarquera 
que la discipline de ces temps était réglée de manière 
qu'elle conservait aux canons toute leur vigueur sans 
diminuer en rien l'autorité royale. 

Le sentiment de Ruinart sur ces usages ne me paraît 
point tout à fait juste^ et on doit être d'autant plus 
surpris que ce père a dû observer^ par la lecture de 
Grégoire de Tours et par celle des actes de presque 
tous les saints évêques qui ont vécu sous la première 
race, que la plus grande partie des évêques des Gaules 
n avaient point été élus par le clergé et par les peuples ; 
mais qu'ils avaient été nommés par les rois seuls. 

Grégoire de Tours nous en rapporte un grand 
nombre d'exemples. C'est de lui que nous savons que 
S. Quintien et S. Gai ont été nommés à Tévêché 
de Clermont par tes rois, que S. Nizier n'est parvenu 
à l'archevêché de Lyon et un autre S. Nizier h l'arche- 
vêché de Trêves, que par la nomination royale; que 
S. Ursicin n'est devenu évêque de Cahors, S. Domnole 
du Mans^ et S. Sulpice-Sevère de Bourges qu'à cause 
ue les rois les ont nommés à ces évêchés. 

Je passe une centaine d'autres exemples, n'ayant 
voulu rapporter que ceux des saints évêques des Gaules 
que Grégoire de Tours dit avoir été nommés par les 
rois. 

Les canons des conciles, loin de prouver la liberté 
des élections, insinuent le contraire, car on n'a jamais 
fait des ordonnances pour établir une chose qui se pra- 
tique communément et librement. 



La constitution de dotaire U n'a point introduit la simonie dans 
les Gaules ; il parait qu'elle n'a été foite que pour la réprimer. 

Le P. Ruinart dit, au même article 20 de sa préface, 
que la liberté des élections fut très affaiblie par la 
constitution de Clotaire II, qui, confirmant le cinquième 
concile de Paris (tenu en 6! 5), qni porte que l'évêque 
serait élu par le clergé et le peuple, puis ordonné parle 
métropolitain et ses suffragants, ajouta que celui qui 
serait élu par le roi serait consacré par le mérite de 
sa personne et de sa doctrine. 

Cette constitution, dit Ruinart, donna lieu à bien 
des désordres, parce qu'elle favorisait les desseins des 
ambitieux et surtout des officiers du roi , qui dans la 
suite occupèrent les meilleurs bénéfioes du royaume, 
et qui, de séculiers devenant tout à coup évêques, di- 
minuèrent beaucoup la sainteté de r£glise des Gaules. 
Les uns^ ajoute*t-il, obtinrent des brevets de nomina- 



t 



9 



GREGOIRE DE TOURS. 



10 



tion aux évéchés par la recommandation des grands 
qa'ils avaient gagnés^ ou par argent, ou par de basses 
QOmplaisances^ et introduisirent la simonie dans le 
royaume. 

Le P. Ruinart s'eet trompé, attribuant a la consti- 
tution du roi Clotaire II l'introduction de la simonie 
dans le royaume, puisqu'avant ce temps elle était si 
enracinée dans toute l'étendue de la monarchie fran • 
çaise que S. Gai, qui parvint à Tévêché de Clermont 
Tan 527, louait Dieu de n'être point devenu évêque 
par simonie, et disait qu'en cette occasion il ne lui 
avait coûté qu'une pièce d'or qu'il avait donnée au 
cuisinier qui avait préparé le repas qu'il avait donné 
après son sacre. S* Gai fut fait évèque en 527, 
quare-viogt-huit années avant la constitution de Clo- 
taire II, et lei gens de bien se plaignaient alors amère- 
ment des progrès funestes qu'avait faits la simonie 
dans le royaume; c'est ce que le P. Ruinart n'a pu 
ignorer, puisque c'est Grégoire de Tours qui nous 
l'apprend dans le troisième article du sixième chapitre 
des Vies des Pères. 

Je viens à un autre exemple^ tiré aussi de Grégoire 
de Tours et qui s'est passé l'an 584, c'est-à-dire trente 
et un ans avant la constitution de Clotaire. Quantité de 
personnes, dit Grégoire de Tours, offrirent de l'argent 
au roi Gootran pour obtenir l'archevêché de Bourges. 
Ce prince leur répondit qu'il n'avait pas coutume de 
vendre les bénéfices ; aprè . quoi il nomma Sulpice-Sé- 
vère à cet archevêché. Cela fait, Sulpice fut fait clerc^ 
et ensuite sacré évèque. Ce second témoignage de Gré- 
goire de Tours^ tiré du 39* chapitre du livre 5 de son 
histoire^ établit solidement que la simonie était fort en 
usage dans le royaume longtemps avant la constitution 
de Clotaire, et qu'ainsi le P. Ruinart n'a pas dû lui at- 
tribuer l'introduction de cette simonie dans le royaume. 
Je croirais plutôt que ce prince sage et pieux n'aurait 
fait cette constitution que pour extirper cette même 
simonie, étant bien plus difficile de corrompre par pré- 
sents pour parvenir à l'évêché de grands et de bons 
rois^ tels qu'ont été presque tous ceux de la première 
race, que de gagner les principaux d'entre le clergé et 
le peuple d'une ville pour s'en faire élire évèque. 

Au reste, le P. Ruiuart n'a pas rencontré juste^ di- 
sant que cette constitution donna lieu à bien des dé- 
sordres et qu'elle fut cause que les officiers du roi 
occupèrent dans la suite les meilleurs bénéfices du 
royaume, et que de séculiers devenant tout à coup 
évèques, ils diminuèrent beaucoup la sainteté de TE- 
glise des Gaules. Car au contraire on n'a pas vu de 
plus saints évéques dans les Gaules que ceux qui ont 
été pris au nombre des dfieiers du roi ; depuis la cons- 
titution de Clotaire, S. Arnoul et S. Clodulphe de Hetz, 
S. Cunibert de Cologne, S. Ouen de Rouen, saint Eloi 
de Noyon^ S. Léger d'Autun, et une infinité d'autres 
grands et saints évéques ont été tirés du palais pour 
être élevés à l'ejûseopat. Il est même arrivé plus sou- 
vent que les évèques tirés de la cour ont été plus ver- 
tueux que ceux qui ont été élus par le clergé et par le 
peuple, parce que pour l'ordinaire, les rois ne nom- 
maient aux évéfihés que des personnes dont le mérite 
leur était parfaitement connu, et que souvent la brigue 



et la ^'puissance avaient bien plus de part aux élec- 
tions que la connaissance de la vertu et du mérite. 
Ainsi je ne fais aucune difficulté de dire que c'est sans 
fondement et contre la vérité de l'histoire que le 
P. Ruinart avance que les évèques tirés de la cour et 
nommés par les rois ont diminué la sainteté de l'é- 
glise des Gaules, puisqu'au contraire ils l'ont main- 
tenue et même augmentée. 

Or je ne crois point du tout que le roi Clotaire II se 
soit attribué un droit qu'il n'avait point, ordonnant par 
sa constitution que l'évêque, que le roi avait élu, fût 
sacré. Ce prince ne fit que confirmer un droit dont ses 
prédécesseurs avaient joui. Il paraît, par une infinité 
d'exemples que nous trouvons pour la plupart dans 
Grégoire de Tours, que, si ce monarque fit mentiou 
des droits de sa couronne dans sa constitution, c'est 
parce que, ne le faisant pas, il s'en privait d'autant 
qu'il confirmait un concile qui ordonnait la liberté des 
élections et déclarait qu'elles devaient être faites par 
le clergé et par le peuple. 

II est même à croire que quelques évèques conti- 
nuèrent de contester aux rois le droit de nommer auK 
évèchés, s'en étant trouvé qui avaient regardé ces 
nominations illicites^ et même Léontius^ archevêque 
de Bordeaux, et ses sufiFragans avaient été jusqu'à 
déposer^ vers l'an 562, Emerius, évêque de Saintes, à 
cause en partie que le roi l'avait nommé et l'avait fait 
sacrer par un autre que par lui qui était son métropo- 
litain; mais leur procédé n'avait [point été approuvé, 
et S. Eufronius, archevêque de Tours, ne voulut 
jamais souscrire à la condamnation d'Emerius, parce 
que sans doute il était mieux instruit que l'archevêque 
de Bordeaux des droits du roi et de sa couronne. La 
témérité de Léontius et de ses suffragants ne demeura 
pas impunie , comme Grégoire de Tours nous l'apprend, 

XI 

Vicariat de S. Remy. 

Le P. Ruinart dit, dans le 23* article de sa préface, 
que Gilles archevêque de Reims avait érigé un évêché, 
ce qu'il n'était point en droit de faire, le vicariat du 
Saint-Siège attaché à son Église dès le temps de saint 
Rémi ne lui donnant point ce pouvoir. 

Le P. Ruinart devait se souvenir que ce vicariat 
est fort contesté, qu'il y a plus de raisons d'en douter 
et même de le rejeter entièrement que de le croire. 
D'aillenrsquandce vicariatseraitconstant,le P. Ruinart 
ne doit pas ignorer que le P. Le Cointe a prouvé que 
ce vicariat avait été attaché à la personne de S. Rémi 
et non à son Église; que ce saint archevêque avait été 
vicaire du Saint-Siège dans les Gaules, mais que cette 
dignité n'avait pullement passé à ses successeurs* 
(Coint. aâ ann. 633, n.69, 1. 1 Annal., p. 411.) 

XII 

Si Ton forçait les princes et les grands de se faire clercs. 

Le P. Ruinart avance, dansrarticle 33 de sa préface^, 
qu'il était ordinaire sous la première race de nos rois , 
de renfermer les princes et les grands dans les abbayes 



il 



RUBVART. 



12 



ou dao8 les églises et de leur faire prendre les ordires. 
Que quelques-uns même s*^ -retiraient d'eux-mêriued, 
et s'engageaient dans la cléncature pour se MUi^ la 
yfie, mais qu^il ne faut pas croire qu'on leilf Aotmâit 
les ordres malgré eux,l^gTise n'ayant jai&acit Sdtltfért 
cette violence. Quelques lignes après, ce mêdie père 
se contredit, avançant que qaelques-uns àb cesprinciss 
ou grands rentraient dans le monde, et à cause Tjû^ajUtit 
été forcés d'entrer dans la cléricatuir^, fis Ue ero]|ttil9itit 
pas être obligés d'y demeurer. 

C'est au P. Ruinart à concifter ces dedi ctititradto^ 
teurs.11 soutient dans l'aune qu^on ne forçaft point ceii 
princes ni ces grands d'entrîer dknB lacléricatorr^/etildit 
dans l'autre que ces princes rentraient dame le tacmi^, 
parce qu'ils atâietit été forcés de se fkire cletes. 9e 
crois devoir obserirer quMl paraît que les princes 
étaient quelquefois obligés d^ëiitrer malgré eux datrs 
la cléricature. 11 ne ïaut que Kré dans ^Orégotre de 
Tours les plaintes du roi Cararic et les tnenaces 4e 
son fils, et enfin les commandements du roi doiris 
pour faire donner leB ordres sacrés à ces decn princes, 
afin de se eonvaincre ijue l^entrée des princes et dee 
grands dans ta clértoature n'était pas toujours 
Toloutaire. 

J1 paraît ausài qubM'érorée, fils du roi<Mpéric, fut 
englué ibâilgl'é Ini dans Tétat «ectésiastique (Oreg. 
raî'.,1. 5, eap.l4),tïtideseontinaatetir&deï^téfiégah^ 
dit, en termes formete^ qu'ïl^rc/Iii fut engagé malgré 
lijfi ifanà Tétat ecclésiastique (ÏWI. cron. cap. IN), 
c6 qui est Confirmé par Taifteur de la vie de saint Lé* 
gë^ (ViOi^. Leod. cap. S ; 'Duchesne, 1. 1, pag. €02). 

XIV 

Remarques sur les annales de Bùlteau imprimées à la tête de 

Grégoire de Tours* 

Le P. Ruinart nous 4oBiie, iaptfès sa préface, une 
histoire de S. Grégoire de Tours composée, à ce 
qu'il croit, par S. Odon, abbé de Cluny, et tirée pour 
la plupart des ouvrées de ce saint. Après quoi ilj^lace 
divers éloges donnés à ce saint et à ses ouvrages par 
divers auteurs. 11 a fait imprimer enstiite les juge- 
ments que plusieurs savants oût portés de Prédégaire 
et de sa chronique. 

Le P. Ruinart a fait imprimer ensuite des annates 
des anciens Français, à commencer depuis le tempB 
que les auteurs en parlent sous ce nom' jusqu'à l'an 457. 
Cette, pièce a été composée par Sl.^Bulteâu, comme le 
père Ruinart nous en informe dans le fil* atticle de 
fia préface.'M. Rulteau a joint à serAunàWles passages 
des anciens auteurs qui lui servent lîe preuves. Uena^ 
de plus, rapporté .quelques autres qiii nous font con- 
naître que les pays occupés pair les anciens 'Français 
étaient désignés quelquefois sous le nom de France 
dès le temps même du grand' Constantin ; et enfin il en 
a drané d'autres qui nous apprennent le nom de 
quelques-uns -de^ peuples qui ont formé la nation fran* 

çaise. 

!l serait à souhaiter qùll *etkt dtér avec 'la même* pré- 
cision Tendroit d'où il ître tous ôéô passages et raotoriié 



des anciens'autetmi, ^ ^e le ^dfAre en fût «tueè^ 
grand qu'il pourrait %ite. n est ^MkumIds très tsené^ 
dérd)ie, etndtis n'avons rietl-^r tetlè «nttlRre -tpa'Vm 
puisse comparer à ce recueil de passages si Ton *vi9irt 
avoir égard % sa netteté e t à tea ' brièveté . - 

*La dironolo^e de Mf . Bulteaà est différente de ctllle 
de pthmieurs Mtrats ^odermatràs 4iâ!riles, et edà 
paraît dèslti première année. 

n *fite*8otn Tan "255 la dèftdteidM Français par An-*, 
rSHen, qui 'eommandiiit tme ffigion des -Romaim qtti 
avait son i|uaitter à Mayence. Le P. lie Cointe, si hafa^e 
duns Thistoire de France, fixe cMe action sous Tan 
2S4. fCoint. Annal. Ecd.Franxj. t.*, p. 22 et 23.) 

Tiîlemont'ta place sous Fan 242 (Tillem. Hist. des 
Emp. t. 2.) et Vdois veut qu^elle se soHpaasée en 258. 
(Val. Rer. rranc. t. 1, p. '2.) 

lie P. Boucher, plus ancien que ces trois auteurs, 
croit que cette défaite arriva vers Tan '255. (Buch. 
Belg. Roman. L, 6. cap. tO, p. "204.) 

Il serait à souhaiter quelA. Butteau nous eût appris 
la raison qu'il a eue de ne pas s'en tenir àla cffaronologie 
du "P. Cointe ou à celle de Tiliemout, ou à celle de 
Valois, qui sont de très *bons maîtres dans ITiîslaire, 
pîutûl qu'à celle flu T. Bomftier, que ces habiles 
auteurs avaient rejetée sur d'assez "bonnes raisons. 

TH. Bulteau quitte aussitôt la chronologie du P. Bou- 
cher, car il place sous Fan 269 la guerre de l'empe- 
reur Gallien contre les Français, et ce père l'avait 
fixée indéfiniment et pour le plus tard en '258. (Bûcher, 
de Bélg. Rom. 1. 6. cap. 9, p. *08.) 

M. Bulteau fixe sous U'an 2641e ridicule triomphe 
de Gallien que de Valois jftace sens Tan 263 
(Val. de réb. Tranc. p. S.) et le P. ï-e Cointe sous l'an 
2B5 (Le Cointe. Annal. Eccl. *Franc. t. J, p. 24). 

Cette diversité de sentiments se rencontrant pres- 
que partout, les annales de Bulteau sont d'autant plus 
embarrassantes qu'il ne donneaucune raison de sa chro- 
nologie, ce qui fait que, pour peu qu'on aime l'exacti- 
tude, on ne peut s'en servir qu^après avoir reconnu par 
de bonnes preuves que les époques en sont justes. 

XV 

Reauirques sur les aanales du P. Ruinart. 

•Les "«Hiitâtos tlo^.'Boltaaa ifiaia«eiità l'an 456. Le 
P.iRainart7 e» a joint d'antre» qu'ita composées sur les 
oâvra^B 'dei6TégoifletietTotti«>et«nrila chronique de 
Prédégaire et de ses eontinaatflnM. filles oommed- 
ceat fr i^466 etffiniasetttàran 766.>fill)i8Sontd'autant 
nhwuttteB'quece çère-eitcles pages de «on édition de 
GMgeire'et^e^'Prédégaive, «ù les ^aits «ontenua dans 
sefrannales soat'rapportés. 

La chronologie tAaP. Roinafi est fMniile» époqueades 
règnes «esToi» et pour les groasiep «stioiwtoniêaioqnB 
le4». M«billon'aétehBo«k»»ee'«iwmRes.46 ^isiCt 
ie^saiyqne presque tonloBeetépoqo«S'iont^Wie8»eur 
desprettTee^aesicoBBlantesyqu^eo peot Jies aophailer 

nevr ces tein|>sM. 

' fee'P. RmnaJt 'a^eneom mmi, poor presqoe i toutes 
«e»»époque8/l«9«BeotiiB«Bl8«du P.' Lo €kNnt»«t< «euxwïe 



»3 



GREGOIBft M^ TOURS: 



it4 



Vabi% <{itii0iilPétfll^v€tlfailCI»diitMtln^ 
onetituile. Ce^éM Wmhmàms&pmr^^*f^ 
bien ife» épofaeuiiiaB fctoatti*te* di» P: SuiimM *«t 
Ictfoddaiaeiit n'ait ^^ tovr.tfdtlîiB^ 

Ceinte^ (JÉirafiaée,. tfa-poiÉtt «wd'attWf Aî»ô«^^u* 
caose, dit-il, que Sigebert la rappor«s*»6Wlîfr 33^aMtt«e 

du règne de Cioiris. 

CependaAt ce savantl afcifeur savait que ce n'est 

Joint Siffebert qui divise sa chronique par années 
^etripereursou der0fiHtii*qu'îf5;aitffl^^ 
Ces additions ne se trouvent ^ans aucun des anciens 
flWDQSddts dd^Sigehsfb'Blle»;^ oii«6t4*âjofitMediafMrès 
€oap-par()68gëosiquiin?âtaiBid^.paé hoUÎBSrt dbd^bi 

dirtinologiedstpfesifrtètoujBmel^^ feoûw 

de4éuioutrtisàitné*^c©<piilpte»teattx époque» *• 
lAghei de Clorâ* Ce priocei ^doii la lM)ime«jhf attoltjgk^ 
AdMa'sét le t]lèa«»VaB>4«t,<e«d)éeéJtofe^26 nxmaAtê 
del'attôll ^it-selott- la ebmaciogie mie^ api4«i <»yap 
à k efarmiiqM de Sigeb^^ Clovis deifint roi ém 
Français en 484 et mourut en 514. 

Ik ne f^ut pas croire que cette différences soitlcr seul 
détmt qw sé ttoove dans crtte ehfOQolégbfV ft^ tii^ 
m a pas de moiodrBidao» la dkpi^itiotf dès Mnéss» db 
rtgM de Clovi». iM cimcile d'Oriéans^ eO^ û%é 0ur k 
W année da rigne de Oovis el soos l'an 612. Néan^ 
ttdin» ce Mncile fat tenu la 30* amnée du règne dte 
ei^s et Tan SU, comme les savanlsroat piimi* pirfc 

censnlat qui lui sert^dvdaM. 

Ce& défaMs dana la ^reMiogie aje\i*ée» à la 
chronique de Sigebert font voiv ifue ^ oanin^ yû 
dit, c'est sur ee fottdemeBl^ Irte* légitr qfie le 
P. Le Ceivle et^ aprèa» hÊt, 1er P. Huionut oaft fixé 
sous l'a» 508 Ventvevw de Cloiflie^et d'illaiiie^. ^e^ de 
Yàleis a rapportée eomM l'année* aniVQiPite.. 

Le P. Rinifartfixe auseî hn^taeire de^ VAsnÈMiqm 
eu delaBretagae sow Van 502, en ifuei il Bh uimhle 
F. Le Gotnte, sane cpi& néaniaoiM ii y »fr aocofle 
^edson de la> netttfe ae«Mieetter année. A est seuteneat 
BtKT^né leeAriMfioilinafétaMitMunèseiipâlKQueiqne 
eesiépoquielB Be'SoieafrpoiiitBelîdeaientétablieSyrj'avMe 
néanmoins qu'on wdoil^par tés nj^r^ à i»>iii»d'awir 
ées raisons îmmibfeedeleftiipe; ciea ne peafrblÉtoier 
Us auteofe ^ar lea eut étaUiea parce qiie> n^ayaaft 
poiirt de règle aûre^ikont faîb^u mieux ^u'il leuc a 

jété possible* 

S.es annale» deRuiMrt settt belien^ el il setait fort 
^ aouliaéter que neae ei^MMiene de^ semUabte» pokr 
toate la Éoi» de TbiAeire de no9 Hois. Lee é^^o^iee 
ne4eiJdfeBCpa»tét4e*s)àveceelleB du P. Lé" Êointe; 
mais> eeiMte je l'ai déj^dityil e'ert(parti«ulièM»em 
attaelié k la cbrendiogie établie et pfouvée par le P. Mar 
billon dans les dF^f^er» owmigee de ee savant rel^|ieiix; 
et eetle chronoUgie, qamqm contestée^ m'a para m 
bcmne et si nolidenent établie, que je ne ferais «ueaoe 
daiSleulté de la etlivf% ptesqne partent^ 



XW 



dfégiîMTde^Teafe' s'sfl* If0«|ié qeaoè il n'g^ftsé liu roynité:ote 
les FxsD^ qii'apFèS'ki mort .da;ts¥aii Sug^ei 

A paft&e^^:^ remarques du F. Ruinart sur Grrégofre 
de tours^et sur Frédégaiire. Je ne mf'^attacherai qu.li 
oeUes qui regardent l'histoire civile dcfs Frapçais^ sans 
mVrêter que le mt^ins que je pourrai à. celles '(]pii 
t^oncemeut l'hisfoire eccïésiâstique. 

Celles du premier livre me paraissent, très justes^ et 
lï commence celles du second livre par une petite dis* 
sertation dans laquelle il' prouve que ce que Grégpire 
de tours dit dfe S. Brice successeur de S. Hàrtin 
à rarchevëcliéMe Tours, est conforme à la vérité. Ses 
raisonnements^ sont très jiisteset je crois <|a'ils doivent 
contenter 1er ciritiques qui ne veulent pas que ce* saint 
ait succédé à S» Hàrtin. 

Grégoire de Tours as&ure; dans lë neuvième chapitre 
dû se<5ond livre de son fiistoire^ que Sulpice-AIexandre, 
après avoir dit que les' Français eurent un roi). et pas- 
sant son nom sous s9eneB«dit ensuite : Le tyran Eugène 
ayant entrepris hr guerre s'avança vers les bords du 
Rhm afin de renouveler les anciens traités avec les rois 
des Français et Ses Âirenmnds. 

Le p. Ruinart fait' une longue remarque sur ce 
sujet dans licqcreile il demanda si ce roi dont parle 
Sulpice-Arexand^ren'ëst point Pbaramond, dont la chro- 
nique de Prosper fixe le commencement du. ri^ne 
sous Tàn KGj après avoir rapporté celui de Priam 
sous Pan S8Z. Tl ajoute que M. de Talbis a blâmé 
Grégorre de Tbtrrs de n'avoir donné qjue le titre de 
duesâuSminnii et àMaffcomir chefs des Français, étant 
sttrqu'ilb êtaientrois cmnme on l'apprend de Clàudien 
et dVi prêtre Paulin dans la vie de S. Ambroise, et 
encore de Sulpice-Âlexandire lui-même qui lés traite de 
regales et de subtegulos. 

Je suis surpris que le P. Ruinart ait pu proposer, si 
ce n^est point de Pbaranrond de qui Sulpice-Alexaodre 
a' etitenduparier", cfuiand il^a dit que les Français avaient 
un roi. Car à Kre cet auteur, on* voit qull n'a parlé 

Îue Se Marcomir et de Sumron, qu'ir traite tantôt de 
ucy, d\3 royaux et de rois. 

n feut observer, pour en être coni^aihcu,, queSul- 
pice-Alexaadre rapportant la guerre qu'Argobaste fit 
auxFi'ançais sous^Fautoritéde Tèmpereur Valentinien, 
pout Tors renfèmrér dans Vienne où iî étaft sans auto- 
rité, dit qu'Argobaste commença cette guerre dans 
rtiiviâr et qu'il haïssait Sunnon et MaBeomir soas-roia 
des Français, subregulos Framorum. 

Les annales de Buîtean imprimées à Fa tête de Gré- 
goire def Tours placent cette guerre sous Tan 392. 

SuTpice-Âlexandre parle ensuite du voyage qii£ le 
même Arbogaste fit vers le Rhin pour faire la paix.au 
nom du tyran Eugène avec les rois des Français et 
des Allemands;, cum Alemannorum et Francorum re- 
gdus. 

tes annales de Bulteau rapportent ce vo jage sous 
fana 93. 

Ainsi tn9& Seat faits vapporlés par Sulpice-Alexan- 
dre, Pun arrivé en 392, Tautre Tannée suivante, et 



15 



^ 



RUINART- 



16 



dans lesquels il ne s'agit que des mêmes princes des 
Franchis, savoir de Sunnon et de Marcomir. C*est àeux 
qu'Arbogaste fait la guerre en 392 ; c'est avec eux 
qu'il fait la paix l'année suivante, sous le nom du 
tjran Eugène, qu'il avait élevé sur le trône. Je ne dis 
rien que Pontanus (Pontan. de Orig. Franc.^ cap. 9, 
pag. 291 et seq.), lé P. Boucher (Bûcher, de Belg. 
Roman. L. 12, cap. 11 et 12^ pag. 381 et seq.)^ 
Le Côinte (Coint. , Annal. Eccles. Franc. ^ t. 1, pag. 39), 
et de Valois (Vales.Rer. Franc. Jib. 2>pag. 75 et seq.) 
n'aient prouvé d'une manière décisive et qui même 
ne soit établi solidement dans les Annales des Fran- 
cis que le P. Ruinart a fait imprimer. 

C'est ce que le P. Ruinart devait faire observer au 
lecteur^ afin de lui faire connaître que Sulpice-AIexan-^ 
dre avait reconnu les princes des FraD<;ais pour des 
rois^ et qu'il leur avait donné ce titre, quoiqu'il ne leur 
donnât quelquefois que celui de ducs ou de sous-rois. 

Le P. Ruinart devait encore nousfsùre observer que 
ce passage fait voir que les rois des Français avec qui 
le tyran Eugène avait fait la paix, n'étaient pas diffé- 
rents de Sunnon et de Marcomir, qu'on traite de rois ou 
ducs des Français et auxquels Arbogaste avait fait la 
guerre. 

Il paraît que Grégoire de Tours a cru que ces sous- 
rois et ces rois avaient été des personnes différentes, 
puisqu'il dit que Sulpice-Alexandre, ayant laissé les 
ducs ou régaliens des Français^ marque distinctement 
qu'ils avaient eu un roi. 

Le P. Ruinart a donné dans le sentiment de Gré- 
goire de Tours^ et afin que nous n'en doutassions point, 
il a proposé^ dans une note fort longue, si ce roi ne 
serait point Pharamond. Ce qu'il fait parce qu'il ne 
s'est pas donné la peine de réfléchir sur ces deux faits 
rapportés par Sulpice-Alexandre, de relire les annales 
qif il a fait imprimer et dans lesquelles il a cité la page 
où ces passades se trouvent dans son édition des ou- 
vrages de Grégoire de Tours. . 

Le P. Ruinart fait voir au même endroit qu'il n'a 
pas toujours mis beaucoup d'attention à ce qu'il faisait; 
car, après avoir proposé si ce ne serait point Phara- 
mond dont Sulpice- Alexandre aurait voulu parler, il 
dit dans la même note que ce prince commença de 
régner en 420, et cependant Sulpice- Alexandre rapporte 
des faits arrivés en 392 et 393, par conséquent 27 an- 
nées avant le commencement du règne de Pbaramond^ 
suivant la chronologie du P. Ruinart que je ne crois 
point vraie. 

Les PP. Boucher (Bûcher^ de Belg. Rom., 1. 14, 
cop. 9, pag. 451 et seq.) et le Cointe (Coint. ad Ann. 
417, n. 1 et seq., t. l^pag. 44 et seq.) ont fixé le 
commencement du règne de Pharamond sous l'an 417. 
Ils ont eu égard en fixant cette époque à la chronique 
de Prosper^ et ont fait voir, sur des raisons très solides^ 
que ce que cet auteur dit de Pharamond se doit rap- 
porter à l'an 417 et non à l'an 420. Mais le P. Ruinart 
n'a pas cru devoir s'éloigner du sentiment de Valois^ 
qui fixe le commencement du règne de Pharamond 
sous l'an 420 et qui n'a pas pris garde que le règne 
de Pharamond a deux époques : la preno^bè^, à com- 
mencer du temps qu'il succéda au roi Marcomir son 



{)ère> c'esWi-dira en 399 ou 400 ; la seconde, à com- 
mencer depuis rétablissement paisible de la monar-. 
chie française dans les Gaules par la cession que 40â ^ 
Romains firent aux Français de ee qu'ils avaient con-' 
qois et occupé deçà le Rhin ; et cette cession se fit vers 
la fin de 4 16, par la paix dont le P. Boucher (Bûcher, 
de Belg. Roman., lib. 14, eap. 8, pag. 4&0 etsuiv*) 
parle assez au long. 

XVil 

I^ Français n*ont point passé le Rhin pour entrer dans la Tha- 
ringe, comme le Teulent Grégoire de Tours et le P. Ruinart. 

Le P. Ruinart fait une note asseï étendue sur le pas- 
sage de Grégoire de Tours où il est dit que plusieurs 
ayançaient que les Français ét»ent sortis de la Pan • 
DOnie, qu'ils s^ étaient logés d'abord le long du Rhin, 
qu'ensuite ayant passé ce fleuve, ils étaient entrés dans 
la Thuringe, Tharingiam transmeasse^ et que là s'étaient 
créé des rois chevelus qu'ils avaient pris de la pre- 
mière et pour ainsi dire de la plus noble race de leur 
nation. 

Le P. Ruinart dit, au sujet de Thoringorum et 
Tharingiam, que de tous les manuscrits de Grégoire de 
Tours, qu'il a vus, il n'y en a aucun où l'on ne lise 
ces mots, excepté dans celui de Royaumont, où l'on 
trouve à la seconde fois Tungrarum^ et il ajoute que 
dans l'édition de Grégoire de Tours par Radius on lit 
Tungrorum. Il dit ensuite que de Valois avait avancé 
qu'il fallait lire : Transacto Mœno^ le M^în étant un 
fleuve qu'il faut passer en venant de la Pannoaie pour 
entrer dans la Thurioge. Enfm, après avoir rapporté 
et rejeté les sentiments du P. Daniel sur ce sujet, il 
dit que Guillaume Morel disait avoir vu un manuscrit 
dans lequel il y avait Tungrorum ou Thoringorum; 
d'où, ajoute le P. Ruinart, quelques-uns des écrivains 
français modernes avaient cru que les Français, après 
avoir demeuré delà le Rhin, avaient passé ce fleuve et 
étaient venus demeurer dans laThuringe; mais, ajoute 
ce père, en décidant, non seulement tous les imprimés 
mais aussi tous les manuscrits de Grégoire de Tours 
s'opposent à ce sentiment, comme aussi Frédégaire^ 
l'auteur des Gestes des Français^ etc. 

Sur cette décision le P. Rninart assure et rend in- 
contestable le Thoringorum pour Tongrorum qui se 
trouve, dit^il, dans tous les imprimés et manuscrits, 
ne se souvenant plus qu'il venait de dire que, dans 
l'édition de Radius on lisait Tungrorum et non Tho- 
ringorum; mais, sans s'arrêter à cette contradiction, 
je m'étonne que le P. Rninart n'ait pas été le premier 
à nous faire remarquer qu'il faut lire Tungriam et 
Tungrorum et non Thuringiam et Thuringorum^ ou 
que Grégoire de Tours s'est trompé. Les preuves des 
annales de Bulteau imprimées par le P. Ruinart suffi- 
saient pour le convaincre que rancienne France était 
delà le Rhin^ comme il paraît par S. Jérôme, par 
le poète Claudien et par la table de Peutinger. D'ail- 
leurs Sulpice-Alexandre dit deux fois dans le chap. 9 
de Grégoire de Tours, sur lequel le P. Ruinart fait 
cette remarque, que les troupes romaines qui étaient 
dans les Gaules étaient obligées de passer le Rhin pour 



»» 



17 



GREGOIRE DE TOURS. 



18 



ealrer dans les terres des Français > donc ces terres 
btaieDt dans les pays que nous appelons aujourd'hui 
AUemagoe. 

Joignons à ces preuyes toutes celles des annales de 
fiulteau qui prouTcnt que les Allemands étaient logés 
de là le Rhin^ que c'était de là qu'ils venaient ravager 
les Gaules et qu'ils repassaient ce fleuve pour rentrer 
ehex eux ; que c'était aussi delà ce fleuve que les Ro- 
mains les allaient chercher. C'est contredire une vérité 
connue que de penser le contraire, les Français ne pa- 
raissaient qu'au delà du Rhin depuis Cologne jusqu'à 
l'embouchure de ce fleuve et depuis ce même fleuve 
jusqu'à l'Elbe >t même au delà. Us paraissent dans ces 
quartiers dans tous les temps que l'histoire parle d'eux 
Jusque vers l'an 410 qu'ils commencôreot à s'établir 
dans les Gaules et qu'une partie d'entre eux s'avança 
jusc[u*au bord du Mein, où ils paraissent du temps 
d'Altila, comme le prouvent les vers de Sidoine Apol- 
linaire^ qui font partie du panégyrique d'Avit et que 
M. Bulteau a rapportés pour prouver qu'en 451 Mé- 
rovée, roi des Français^ eut part à la victoire remportée 
sur Attila, roi des Huns. 

Les Français paraissent donc toujours avant l'an 410 
au delà du Rhin, et même ils étaient originaires des 
pays de delà ce fleuve. On voit par les seuls passages 
rapportés par M. Bulteau que les Sicambres , les 
Cattes, les Chérusques, les Chamaves, les Chauques 
les Amsibares, les Bructères^ les Attuariens^ etc., ontj 
formé la nation française, et en ont fait partie. Or 
ces peuples étaient Germains d'origine et logés dans 
la Grermanie depuis si lon^^temps que dès le temps 
d'Auguste on ne savait plus s'ils étaient originaires de 
delà le Rhin ou si leurs ancêtres s'étaient allés loger 
delà ce fleuve dans les siècles les plus éloignés. 

Ces peuples étaient logés dans la Germanie ; c'est 
contre eux que les Romains faisaient la guerre depuis 
César jusqu'à l'empire de Trajan, comme Tacite nous 
l'apprend^ et c'est ce que tous les écoliers savent. C'est 
aussi coatrejeux que Rome a continué la guerre depuis 
Tao 255^ pour ne rien dire de plus, Jusqu'à l'an 486, 
comme nous l'apprenons des annales de Bulteau et de 
celles que le P. Ruinart a composées sur Grégoire de 
Tours. 

Cela étant incontestable par ces annales seules et 
par les passages qui leur servent de preuves ; cela, 'de 
pluSy ayant été prouvé par les PP.Boucher et Le Cointe^ 
par de Valois et par tant d'autres habiles gens dont 
le P. Ruinart cite à toutes heures les ouvrages dans 
ses notes sur Grégoire de Tours, il devait convenir que, 
ai le même Grégoire s'est servi des termes de Thorin" 
gia et de Thoringarum, il s'est trompé grossièrement^ 
et qu'il fiillâit Tungria et Tungrorum. La raison est que 
les Français étaientlogés delà le Rhin; qu'ainsi il ne 
leur fallait point passer ce fleuve pour entrer dans la 
Thurioge ; mais ils étaient obligés de le passer pour 
entrer dans le pays desTongres qu'ils occupèrent. Ainsi 
Von ne peut disculper Grégoire de Tours, ou, pour 
mieux dire, ses copistes qui ont écrit que les Français 
passèrent le Rhin pour entrer dans la Thuringe ; 
qu'en présupposant qu'étant logés dans les Gaules 
dans les siècles les plus reculés^ ils avaient passé le 



Rhin pour entrer dans la Thuringe > et cela le ferait 
tomber dans deux autres contradictions. La première 
que pour aller de la Hongrie ou Pannonie dans la 
Thuringe il ne faut point passer le Rhin, à moins d'i- 
maginer le circuit du P. Daniel que le P. Ruinart re- 
jette avec tant de raison. 

La seconde, qu'il faudrait présupposer que les Fran* 
çais auraient eu des rois depuis ce temps, et c'est ce 
que ne veulent ni Grégoire de Tours, ni le P. Ruinart ; 
car cela ne pourrait selon eux s'accommoder ni avec les 
regaUbus ni avec les diMibus de Sulpice- Alexandre. 

Au reste l'intention de Grégoire de Tours paraît 
avoir été de faire voir que les Français avaient passé 
le Rhin pour occuper la Thuringe prétendue après les 
guerres que rapporte Sulpice- Alexandre. Car lors de 
ces guerres ils n'avaient, dit-il, que des ducs, et après 
ce passage ils se firent des rois. Etablissement qui fut, 
dit-il, affermi par les victoires de Clovis. 

Si le P. Ruinart avait jugé à propos de faire ces ré- 
flexions, il aurait reconnu que si Grégoire de Tours 
n'a parlé que de la Thuringe et non du pays des Ton- 
grès, il a fait une faute. Il aurait même reconnu que la 
prétendue sortie des Français de la Pannonie est une 
fable, et on ne peut, en cette occasion et dans d'autres, 
le sauver du juste reproche d'avoir ignoré la géogra- 
phie. Ce qui paraît par un fait arrivé de son temps et 
presque sous ses yeux. 

Il nous dit, au chapitre 31 du septième livre de son 
histoire, que Gondebaut-Ballomer était, à Bordeaux, 
fort chéri de Bertram, évèque de cette ville ; et il avance 
au chapitre 34 du môme livre que ce même Gondebaut 
avait passé la Garonne avec l'évèque Sagittaire et les 
ducs Mumnole, Bladaste et Vadon, et s'était avancé 
vers Saint-Bertrand de Comminges. Cependant tout le 
monde sait qu'il ne faut point passer la Garonne pour 
aller de Bordeaux à Saint-Bertrand de Comminges^ et 
que cette rivière est en deçà de Bordeaux. Qu'ainsi 
Grégoire de Tours s'est trompé ; car il ne parait point 
du tout que Gondebaut ait quitté Bordeaux depuis ce 
temps pour passer deçà la Garonne^ ni qu'il ait repassé 
ce fleuve pour se retirer dans le pays de Comminges. 
D'ailleurs, selon Grégoire de Tours, il n'y a pas d'ap- 
parence de croire que Gondebaut soit sorti de Bor- 
deaux et ait passé la Garonne^ parce que les troupes de 
Gontram venaient à grandes journées pour lattaquer, 
comme ils firent, et il les attendait au delà de la Ga- 
ronne et sur les bords de ce fleuve pour leur empêcher 
le passage. Ce qu'il ne put, les troupes de Gontram 
ayant passé ce fleuve à la nage, et l'ayant obligé de 
fuir vers Comminges, comme Grégoire de Tours le dit 
au chapitre 35 du même livre 7. Si cet auteur se trompe 
sur un fait arrivé de son temps, et s'il connaît si peu 
des pays qui étaient pour ainsi dire à sa porte, étant 
alors archevêque de Tours, et étant né et ayant été 
élevé en Auvergne, doit-on être surpris s'il se trompe, 
rapportant des faits aussi éloignés qu'était celui du 
passage des Français dans le pays des Tongres^ et 
doit-on jêtre surpris s'il a ignoré que la Thuringe était 
au delà le Rhin, lui qui n'a pas su si le pays de Com- 
nûnges était de ça ou delà la Garonne par rapport à 
lavilledeTburs? 



19' »Kni&. 



i» 



BmNAim 



20 



xniï 

Qià éteit ic pèM <to «ginMri, para èê nmàmm, m te 

Grégoire de Tours^ après atDirAh tfue k» VrançH» 
vmmÉl pmaé leKtiki «t étdieirt entrés dam )a Thurioge 
-où fb s'étaient fait des rois éit : Noos Iraont dans les 
GonsTotaîres qw Tbèoâemer, ni des FraMais «utre- 
fois, et AseiHa im mère, atafent Hé tués par Pépée. 

« Nam în Caosnlaribus legîmus Theodermcfram , 
regem Froncoram fiKam Riefafnerfs qocmdain, et 
Aseiliam matrem ejns, gladio inteffectos. « 

La phrase étant imparfaite^ parce qn'il fant de néces- 
sité quelqoe mot après quondam^ te P. Ruinart y a 
fait tine note dans laquelle il 'dit qne de Yalots avait 
cru que^ au Ken de quondam^ il fallait consulis ; mais, 
dit-il^ ce changement ne se trouve point dans le manus- 
crit de la Bibliothèque du roj^ et de Valois Tie s'-est 
point servi de ce mot dans ses additions au premier 
tonre de l'Histoire des Français. 

Le P. Ruinart ajoute qu'il y en a qui croient 
qu^Ascille était fille de l'empereur Anthémius^ breau* 
père de Ricimer, mais que, comme le P. Sirmond Tk 
remarqué dans tes notes sur la vie de S. Epiphane par 
{Innodias^ Ricimer, père de Théodemer, et Richner, 
gendre d'Anthémius, ont étédeu hommes différents; 
qu'ils n'étaient point du même pays et qu'ils n'ont point 
v6cu en même temps, et qu'ainsi Ton s'est trompé en 
n'en faisant qu^un même hom'me, 

'Cette ntfte du P. 'Ruinart ne nous apprend point ce 
que nous devons croire de ce ^uoncfam, ni ce qui do?t 
être mis après. l'ai toujours cru qu'il fallait régis et 
lire : « Theodenrerem regem Francomm filiom Richi- 
meris quondam régis et Aseiliam matrem. b 

Sans cette addition ou sans quelque autre semblable, 
ta phrase ne s'entend point, et il ne faut que la lire pour 
en Stre convaincu. La voicr: 

« Théodemer roides Français^ fils de'Ricimer autre- 
fois, fut tué avec Ascilh sa mère, n 

On ne peut dire : Théodemer, fils de Ricimer, fut tué 
atltreTois, la virgule qui se trouve après quondctm, au- 
trefois, ne le permet point. Jecroisqu'il faut ajoifter le 
mot roi et lire âe>cette manière: 

cThéodemerroi des Français^ fils de Ricimer atitre- 
fois roi, tut tué avec Ascîlla sa mère. » 

l'ai, pour le croire^ le titr^ de roi, porté par Théo- 
demer, et je suis persuadé^sur des preuves très solides^ 
et comme le P. Boucher lettres bien remarqué, que les 
Français se seraieitt pltitftt exposés à toutes softes de 
malheurs que de recomiaitre pour rois des princes qui 
n'auraient pas été fila de rois ou de la ratse royale. (Bn- 
cber.1. 12, cap. !5/pag. 387.) 

Et Grégoire de Tours me confirme que Ricimer était 
roii ou du moms de ^a race royale ; car, après avoir dit 
que les Français avaient créé des rois de la première et 
de la plus noble race Aa leur nation, H parle lâe Diéo^ 
demer. (Greg. Tor. 1. 2, cap. 9.) Or cette première 
race étantla rnce royale, il s'ensuit que Ricimer devait 
Stre de la race royade, et cette race était royale plu- 
sieurs siècles avant Théodemer. Ce qui parafit non seu- 



lan«t^rc0 grand nmaàm A^nmàu Fiaoçatt i|m 
noirs4aMrf«is.anrao*lui^ maétraewa psr leÉénoigng» 
de S. Avit, qui assure que les aïeuls de CAmw ém» 
hêàegré^im f Iw ébignés âVMnl éténis. (ftoebeme, 
t. l,pw«8&.) 

Le terme de jmHRi», ;à vob JMMywds, >di«t I 
•e mrt, prouve qn ies wmttnê pMernéls 4b 
avaient «lé rais dam (mb l» «eaifa. €a fue la saim 
prêtre Sarteaat mm aeeara «a plosîean andrcrils 'at 
ne fait pasda dififiaullé dédire que, dans quelque antî« 
quiié qu'on putsm remonter, les ancêtres de Tbéode- 
ehilde fille de Clavis, et les aïsuls paternels des rois 
Stgebept et Gfaildebert, petit-fils du même GIovis.avaiMt 
été des rois et s'étaient auecédé kfs uns aux autres par 
dimtauccMssif. (fiicerpt. e Fortan.Carmin. hist.Gbesn. 
t. ï,p, 488, 487, 490.) Ces preuves, auxquelles j'en 
pMrrais joindreplaeieuiB autres, font voir que lesFran- 
çais «avaient eu des rois dans tous les temps, et que ces 
raie s'étaient suocédé les uns aux aux auti^s. Comme 
de plus le trAae des Fronçais était saecessîf^ qu>e les 
fih y auocédaient aux pène,49t à son défaut les mâles les 
plus proches en quelque degré qa''il8 fussent, et que 
les filles en étaient exdues eonmie nom l'apprenons 
d'Agathias, ile'onfluit que Théodemer n'eet devenu roi 
qne pair droit eaccessif ; que eonséquemment Ricimer 
son pêne ^tatt roi, o« du mams file du roi et de la^race 
royale. Qu'ainsi fe ne crois pas qn^an puisée se tromper 
en ajoutant najrîa après quondam, et lisant: « Theode- 
nmrem regem Francorum^filiam Aichimeris qaondam 
régis. j> 

11 s^aglt pnisentemest de faire coannître ce que l'on 
aicru deRidmer, père de Théodemer. 

Quelques-uns se sont imaginé qa'il ^tait le même 
que Riormar, gendre de Temperear Anthémius. 

Les autres l'ont pris poiirle^ansul Rtchinser. 

L'opinion des premiers se détruit par le seul texte 
de «Grégoire de Toura, qan, parlant ée Ricimer, marque 
qu^il était mort/le terme qtiondam ne pouvant convenir 
qu'à une personne décédée. Si donc Ricimer était dé- 
cédé lorsque Ttiéodemer son fils fut tué, c'est-à-dire en 
415 ou en 42:5 pour le plus tard, il ne peut être Ricimer 
gendre de l'^emperetrr Anthémius, puisque ce dermer 
ne mourut que le 20' jour d'août de l'an 473, c'est-à* 
dire etnquaate-^enx ans pour le ptne tard après le décès 
de Ricimer père de Théodemer. (Idat. Chron. Du- 
chasne, t. 1, pag. 1^; Valas. Rer. Franc. 1. 4, t. 1, 
pag. 7«40 

iê ne dis Tien -en eeta^de noaaaaa. 

Le P. Sirmond avait amacé, comme 4e P. Ruinart 
le remarque, que ftimaer pèra de tPbéodemer et Ri- 
cimer gendre d'Anthémios sont deom \personnes diffé- 
rentes, qui n'ont point véou' dans les mêmes temps et 
ne sont point du même pays. 

Pontanas (Ponlan. deorig. Franc. 1. 3, cap. 6), le 
P.'Booehar. (BuiAier, de Beig. Roman. 1. 14, cap. 5, 
pag, 448) et de Vateis (Vales. «er. Franc. 1. 2, cap. 61) 
ont cra^qiie Hieimer, père du roi Théodemer, était 
la aoBsdl ftichomar, qnî était mort vers le temps que 
l'emperenr Théodase se préparait à faire la guerre au 
tyran Sugène, c'est-àwlire en 392 ou 398. 

Je «MseriiaisBns peine au sentiment de ces ravante^ 



^ 



GaBGOIRE DB TOUBS. 



2î 



ûyà Wfiis qoA IfrMMiI RMMNMr eàt été qualifié d« 
Toi oa qu'on eût dit seulement qu'il était de la race 

H eet bon d'obierFer que Ci oQMul estMlèbndaM 
/ totiqailéy et que pluflieun «i iteon CMAeraponûos en 
oal parié avec éiofje. ftidMser. fat eemta de» ào^ 
mestiquee sons TempeMST Gnttie% ^mmniid maitve 
de la milice. 

Gratien ayant associé Théodose le Grand, à l'empire, 
lui donna Richomer, qui eut sous lui des gouverne- 
mental de grandes chargea^ et ei^n parvint en 384 au 
emadbii^ qui était le cosabla des digAitéa romaisB». 

Le emnte ijnoMen MarmUîa^ qui étaii de la eouir des 
empereurs et qui eranrnsMÎt le couol Richomer, e» 
parle sauvent et arec élega, mais prineipaiement lors* 
q4ie ce eomivl Richomerr qui étaât alors^ comte des do- 
mestiques, s'offrit à l'empereur ValeiB pour être ea 
otage anpràs de Friiigenie, roi des Goths^ et il eonti- 
nuaiiy dit AmmieB, de donner en cette occasion de 
fraudes preuves de sa dignité et de sa naissance. 
(Anuman. 1. 31, cap» 12.) 

Ces termes Be nous font point connaître que Richo- 
mer ait été d'extraetion royalcy comme rassurent ceux 
qui le font père du roi Théodoner* Us font voir seule- 
ment qn'E était d'une naissance illitstre. Or, il est. in- 
contestable que si Richomer^ avait été de la race royale» 
Ammien Marseliio n'aurait pas manqné de le marqHer 
UkcéUe occasion, lui surtout qui était fort exact sur 
ces sortes de choses. Nous en avons une preuve cons- 
tante dans la relation de la bataillé que Julien TApostat 
g^gna sur les Allemands prts de Strasboarg Tan 356« 
Ammîeo y désigne les rois par le titre de roi, et les 
piÎAces de leur sattg par le titus de regaleSj hommes 
rcymax. C'est aussi dû même auteur que nous savons 
que Mellobaudes, comte des domestiques de l'empe- 
reur Gratien, était roi dos Français. (Ammien, K 31, 
cap. U).) 

Or^ qui croira qu'un auteur si exact à marquer la 
nattsance royale de ceux dont il parie ait omis de* le 
marquer dans m endroit où il loue ce consul par la 
grandeur de sa naissance ? 

Il est encore à abserver ^e le sophiste Libanios^ qui 
a éerk quantité de lettrée au caasul Richomersen Mé« 
eènetetdoat il étaîl estimé, et qui e» parle partoutavee 
éloge, aa dst point qu'il £&t 4'eatraction royale, quoique 
néawneâfia il dise que* sa naissance était des plus il* 
lustras. Or^ esb-tl à croire qu'il eût passé sous silence 
cette eatraotma, la plus illustre qu'oo' puisse souhaiter^ 
si Richomer avait été issu des ceis? C'est ce qu'oa ne 
se pessvadera point. 

Or pons en nvenir à ma. propasitîon^ Richomer, 
n'étant ne roi m iss» de la race royale,. n'a pointété le 
pdre de Tfaéodeaieff roi des Français, parce qu'il n'y 
avait qae les filsdeanBÎs, aa défaut dea fils les mâles 
les pk» pr«hes à suoeéder, qui pussent parvenir à la 
couronne des Français. 

Sor ees raînanaje ne peimasdto qpoe Richimer, père 
de Tbiodemer niè das£Baaçaia,a« été aussi roi. des Fraai- 
çaia; qnetciuB q|ji l'ont, era le mdoie qaa le consul 
RiebooMr ea le caoïte KiaânnB gendiia de Ifemponeu 
Aatbéaius>.se sont tnmipés. 



b antaac moderne &Bt le tet RicUaiecife de Sa»>^ 
roi des Français., maèsisaoe avires prenve« qnelii 

convenance du temps qui est entière. 
Sea scBlimenf; est plaHsttde^ et peat-^tas qu'avec le 

teai^on trouaera des pnsames* pear Tétablfar. 

(La suite prochainement.) 



inmm des eyhqk 



Nomination des ôféques. Dhfers systèmes. Allemagne. Saisse. Bol- 
lande. Angleterre. Etats-Unis d'Amérique. — Dispipline éa» 
douze premiers siècles. Modération des papes. Participation des 
fidèles à l'élection des évoques. — Discipline établie par le qua- 
trième concile gdaésal de Latran. Les évéques previneiaox et 
les fidèles sont privés de toute inlervemUon. Estnl certaia que 
l'élection canonique est entièrement réservée aui chanoines 
des cathédrales, au préjudice du clergé diocésain? — Papes 
d'Avignon. Règles de la chancellerie. Concordats. Opposition. 
— Confirmatiou de Télection canonique. 



1 



Eu Irlande, en Angteterrei, en Ecosse et en Holiandiey 
le clergé prend part à Téleotion des évèques de diffë<* 
rentes maniâres* 

En Irlande» les curés ou les chanoines doivent éline 
à la majorité des voix trois candidat» v Le procès« 
verbal de réiectiou est rédigé en double exempldre, 
dont un est adressé au métropolitain^ ou, le siè^ épis- 
copal étant vacant, au plus ancien évèque de la pro- 
vince. L'autre exemplaire est envoyé à Rome. Puis, 
le métropolitain remet la terne à Rame, en exprimant 
son avis sur chaque candidat, 

L'iatervenlion du clergé paroissial à la nomination 
des évêques est vraiment digne de remarque. Elle 
rappelle rancienae discipline. NuUus invitis detur épis- 
copus^ dit le pape saint Léon I dans une déccétale. 
C'est l'esprit de la législation eociésîastique que le 
pouvoir est d'autant plus fort et mieux obéi qu'il est 
créé par le choix Ubre de ceux cpii devsont s'y sou- 
mettre. 

La pratique irlandaise est basén sur on décret de 
Pie VUI en date du 17 octobm 1829. Le Saint-Siège 
avait, avant cette époque, retaUi Télection canonique 
en Suissa, dans les Pays-Baa et dans toute la Prusse. 

La hiérarchie épisoopale fut restaurée en Angle- 
terre en 18&0. Une instruction pontificale en date* du 
21 avril 1852 régla la nomination des évêques. Loin 
d'écarter le clergé, l'instruction prescrit que les cha- 
noines dssssent au scrutin une liste de trois candidats. 
Cette liste est communiquée au métropelttain qui la 
transmet au Saiat-Siège après en avoir eeoféré aree 
ses suOragants. Ce système a l'avantage de laisser Tini- 
tiative du choix au clergé^ représenté en quelque sorte 
par Les chanotoes de chaque dioeisew Au oeste les ch»* 
noines anglais, sont, au fond, des curés^ car ils des- 
servent des stations paroissiales sur divers points de 
leur diocèse; ils s'aasemUent dans la ville épiseopaie i 



l! 



23 



L'ELECTION DES EVEQUES. 



24 



certaines époques. 11 arrive fort rarement que le Saint- 
Siège prenne Tévèque en dehors de la liste dressée par 
les électeurs. 

Une instraction pontificale du 18 juillet 1858 a 
étendu aux diocèses de Hollande 1q mode de nomina- 
tion des évèques créé six ans auparavant pour TAngle- 
terre. 

Dans TAmérique septentrionale^ le clergé est com- 
plètement écarté de toute participation à la nomination 
des évèques. Le système adopté aux Etats-Unis a été 
appliqué au Canada et à TAustralie. Tous les trois ans 
les évèques communiquent à leur métropolitain et au 
Saint-Siège les noms des prêtres qu'ils jugent dignes 
de l'épiscopat. Lorsqu'il s'agit de pourvoir à un dio- 
cèse par la nomination d'un coadjuteur avec succes- 
sion, les évèques comprovinciaux assemblés exami- 
nent les qualités des candidats et en informent le 
Saint-Siège. Dans la province d'Halifax (Nouvelle- 
Ecosse) l'archevêque convoque ses suifragants^ et, as. 
semblés, ils dressent la terne des sujets qu'ils recom- 
mandent à Rome. 

Les chapitres des cathédrales n^existant pas dans 
l'Amérique septentrionale, on n'a pu appeler les cha- 
noines pour désigner les futurs évèques, comme on 
Ta fait en Angleterre et en Hollande. Cependant^ comme 
il a été dit plus haut, en Irlande, à défaut des cha- 
pitres, ce sont les curés qui désignent à la majorité des 
voix les futurs évèques. « In quos major suffragiorum 
« numerus convenerit i>, dit le décret pontifical du 
17 octobre 1829. Une autre difficulté est que les pa- 
roisses n'étant pas encore établies dans les diocèses 
des Etats-Unis, les curés n'existent pas, et ne peuvent 
par conséquent prendre part à l'élection ; mais si le 
mot fait défaut, la chose subsiste au fond. Qu'est-ce 
que la paroisse? C'est un district, un arrondisbement 
déterminé, dans lequel la parole divine est annoncée 
et les sacrements sont conférés par un prêtre sous sa 
responsabilité directe. Or l'Amérique du Nord est cou- 
verte de stations paroissiales confiées à la sollicitude 
des prêtres qui les dirigent. Quelque nom que portent 
ces prêtres, missionnaires, recteurs ou autre, en réalité 
ce soQt des curés. Les fidèles s'adressent à eux pour 
les sacrements essentiels, et les recteurs eux-mêmes 
doivent en conscience répondre àTappel. L'organisa- 
tion paroissiale n'exige pas absolument la perpétuité 
du titre et la nomination à vie. En effet, la France 
renferme trente mille curés amovibles, et le petit nom- 
bre, à peine le dixième^ reçoit l'institution perpétuelle. 
Le concile de Trente condamne l'administration collec- 
tive, solidaire, confuse ; il exige un recteur certain 
pour toute agrégation religieuse. Ce recteur existe as- 
surément en Amérique comme partout ; le nom ne 
fait rien à la chose. Le siège épiscopal de Baltimore 
fut érigé en 1789. Pie VI autorisa le clergé à faire l'é- 
lection du premier évêque. 

Pendant bien des siècles la population chrétienne 
prit part à Télection des évèques. Jouissait-elle du 
droit de suffrage ou se bornait-elle à rendre un témoin 
gnage et à ratifier l'élection? Les historiens discutent 
ce point; il ne paraît pas qu'il ait existé une loi gé- 
nérale et constante. Le quatrième concile général de 



Latran, en 1215, consacra définitivement Texclusioii 
des laïques. 

Afin de se pénétrer de l'esprit de l'Eglise sur cet 
important sujet, il est utile de se rappeler les enseigne- 
ments renfermés dans la tradition. C'est pourquoi nous 
allons rapporter brièvement les principaux faits qui 
nous sont attestés par l'histoire. 

II 

La première élection qui eut lieu dans l'Eglise fut 
celle de l'apôtre saint Mathias, en remplacement de 
Judas. Saint Pierre qui aurait pu absolument désigner 
ce collègue en apostolat, préféra remettre Télection à 
rassemblée des premiers chrétiens. On en choisit deux 
et le sort tomba sur Tun d'eux qui fut Mathias. (Actes 
des Apôtres, chap, 1**.) 

S. Cyprien dit que les évèques ne montent à leur 
dignité que par le jugement et le choix que Dieu en 
fait et qu'il exécute par Fautorité des électeurs et des 
populations qui rendent témoignage au mérite de celui 
qui a été proposé. Si le peuple y consent par le témoi- 
gnage qu'il rend de l'aptitude de celui qu'on élit, le 
clergé a encore plus de part aux élections. 

On lit dans S. Jérôme que les prêtres d'Alexandrie, 
dès rinstant de la mort de leur évêque, élisaient l'un 
d'eux en sa place. Cette discipline remontait au pre- 
mier siècle; vraisemblablement elle fut établie par 
S. Marc. 

L'obéissance que les chrétiens prêtent à leurs pas- 
teurs n'étant nullement servile, mais d'autant plus 
fidèle qu'elle est plus libre, il faut qu'ils aient agréé 
celui à qui ils doivent obéir. Cette pensée est exprin)<6e 
dans une décrétale du pape S. Léon I. « Qui prsefa- 
turus est omnibus, ab omnibus eligatur. b II est dit 
dans la même lettre qu'on ne doit pas instituer d'é- 
vèque contre la volonté ou sans la demande des inté- 
ressés. 

S. Augustin fit élire de son vivant son succes- 
seur. 11 assembla son clergé et son peuple et proposa 
Evodius, qui fut agréé. 

S. Grégoire le Grand prit Tinviolable résolution 
de ne point s'ingérer dans les élections des évèques 
pour les traverser ou pour s'en approprier l'autorité. Il 
indiqua quelquefois celui qu'il souhaitait qu'on élût ; 
mais ce n'était que lorsqu'il ne s'en trouvait point 
de capable dans le clergé du diocèse, et alors même il 
ne faisait que proposer celui qu'il avait en main sans 
user du commandement. 

Ayant appris que les clercs de Milan avaient élu 
pour évêque le diacre Constance, pour lequel il avait 
beaucoup d'estime et d'amitié, Grégoire leur écrivit 
malgré cela qu'ils usassent de toute la circonspection 
possible dans un choix si important, et que pour lui il 
était dans une inviolable résolution de ne jamais gêner 
les élections (lib. 2, épît. 29) « 

Le pape Adrien P' donna à Cbarlemagne l'avis de ne 
se mêler jamais des élections aux évêchés, comme luî^ 
même faisait profession de n'y point prendre de part, 
afin de laisser une liberté entière aux électeurs. Dans 
une autre circonstance^ il déclara i ce prince que les 



25 



L'ELECTION DES EVEQUES. 



26 



éirèqaea deRavenne araient toojoure été élus par les 
fliAffrages libres^ sans que les euYoyés ou les commis- 
saîrefi do pape ou du roi s'y fussent jamais trouyés. 

L6 eoocile de Francfort suppose que les places va- 
cantes des abbés des monastères sont remplies par 
l'élection des religieux arec le consentement des évè- 
qae». L'élection a toujours été le droit commun des 
instituts religieux pour la collation des dignités et des 
chairs tant supérieures que secondaires. 

Charlemagne reconnaît dans ses capitulaires, qu'il a 
accordé au clergé la liberté des élections épiscopales, 
non pas comme nne grâce nouvelle, mais comme un 
droit établi par les canons et une liberté naturelle à 
l'Eglise (Gapitulaire de l'an 803). 

Hincmar^ écrivant au roi Louis III pour lui de- 
mander qu'il laissât les élections libres, lui proposa 
l'exemple de Charlemagne, et lui rapporta le capitu- 
hire susdit (£pît. 12}. 

Le successeur de Charlemagne consacra les pré- 
mices de son empire par une déclaration favorable 
aux élections canoniques des évêques. 

Les lettres d'Hincmar nous apprennent un point 
fort important des élections^ savoir, que ce n'était pas 
seulement le clei^é de la ville épiscopale qui donnait 
son suffrage^ mais aussi les prêtres de la campagne, 
c De rusticanarum parochiarum presbyteris occurrant 

< vicarii^ commorantium secum concordia vota fe- 

< rentes, d C'était donc par députés ou par procu- 
reurs que les prêtres du diocèse assistaient à l'élec- 
tion. Ainsi l'élection n'était faite que par les personnes 
présentes, mais ces procureurs portaient le suffrage 
et le consentement de tous ceux qui les avaient en- 
voyés. 

Fioms, de Lyon, qui composa vers la même épo- 
que un opuscule sur les élections, dit que l'Eglise 
romaine, de son temps, élisait le pape avec une en- 
tière liberté, et que dans toutes les provinces qui étaient 
sous la domination temporelle du Saint-Siège, la même 
liberté régnait dans les élections. 

Comme l'Allemagne fut longtemps gouvernée par 
des princes de la race de Charlemagne, la discipline 
ecclésiastique s'y régla sur celle de France. Dans le 
concile de Cologne tenu Tan 887, il est dit que le 
clergé de Uinden ayant éln pour évêque Drogon, il 
fut sacré par les évêques du concile. Les empereurs 
Othon furent les imitateurs de la piété de Charle- 
magne, et par conséquent les conservateurs de la li- 
berté des élections. L'évêque de Paderborn fit con- 
firmer par ces empereurs le privilège accordé par 
Charles le Chauve et par le pape^ pour la liberté des 
élections qui devaient être faites par les ecclésias- 
tiques du diocèse. 

Les élections épiscopales de ritalie étaient les plus li- 
bres de toutes, comme recevant de plus près l'influence 
du siège apostolique, qui est plus particulièrement 
chargé delà défense des libertés de l'Eglise. Nicolas I, 
dans un concile tenu à Rome, enjoignit à Tarchevêque 
de Ravenne de ne plus ordonner d'évêques qui n'eus- 
lent été élus dans les formes canoniques. 

En 989 le concile de Reims nous apprend que tout 
le clergé prenait part à l'élection de l'archevêque. 



Deux ans après, l'élection de Gerbert, qui fut depuis 
le pape Sylvestre II, eut lieu de la même manière. 
Dans le concile romain tenu en 998, on déposa 
Etiencfe, qui avait été fait évêque de Puy, du vivant 
de 1 évêque, qui était son oncle, sans élection cano- 
nique. 

ill 

S. Grégoire VII déposa plusieurs évêques , parce 
que Pélection canonique ne leur avait pas ouvert cette 
grande dignité. Le roi Philippe de France lui ayant 
demandé plusieurs fois qu'il donnât l'évêché de Char- 
tres à un abbé régulier, Grégoire ne crut pas pouvoir 
satisfaire à cette demande sans une élection cano- 
nique, parce qu'il voulait suivre et observer les insti- 
tutions des Pères : « Quia sanctorum Patrum statuta 
« sequi et observare cupimus, nihil de eo aut de pro- 
• motione ejus sine electione ecclesîœ nobis proban- 
« dum esse judicavimus. » Il manda donc à son légat 
de s'informer si on pouvait faire une élection libre et 
canonique du sujet que le roi proposait. Or, si Gré- 
goire VII eût été d'humeur à vouloir nommer' les évê- 
ques, l'occasion eût été favorable. Mais l'usage n'en 
éuit pas encore introduit, et ce pape était trop rigou- 
reux observateur des canons pour l'introduire. Ce 
n'était pas encore l'usage que le pape pourvût aux 
évêchés lorsqu'il avait cassé une élection irrégulière. 

Urbain II ne fut pas moins religieux observateur 
des canons dans les élections. L'évêque de Chartres 
s'étant démis de son évêché entre ses mains, il exhorta 
le clergé et le peuple à élire Yves. Quand Innocent fl 
érigea l'évêché de Bénévent en archevêché, en 1137, 
il proposa le nouvel archevêque au clergé et au peuple 
de Bénévent, afin que chacun eût la liberté de s'y op- 
poser, sïl n'était pas entièrement irréprochable. 

Alexandre III, ayant érigé la nouvelle ville d'Alexan- 
drie en évêché, y établit lui-même un évêque, sans at- 
tendre l'élection; il en fît en quelque façon ses ex- 
cuses en écrivant au clergé de cette ville et protestant 
que la nécessité l'avait forcé d'agir de la sorte, mais 
qu'à l'avenir ils jouiraient de la même liberté pouT 
les élections que les autres cathédrales de la province 
de Milan 4 

A l'exception de circonstances extraordinaires les 
élections subsistaient encore dans Tltalie au commen- 
cement du xiii' siècle, quoiqu'elles fussent réduites au 
clergé sans que le peuple y eût encore quelque parti- 
cipation. 

Quoique l'autorité des papes dominât plus particu- 
lièrement dans l'Italie qu'ailleurs, ils n'avaient poui tant 
pas mis d*obstacle aux élections, soit des évêques, soit 
des abbés,jusqu'à l'an 1057, que l'abbé du Hont-Cassrn 
ayant été élu sans l'agrément du pape Victor II, ce 
pape s'en plaignit. 

Les premiers évêchés que les papes aient donnés de 
plein droit dans Tltalie ont été apparemment les titres 
des cardinaux-évêques. Comme c'étaient des villes 
presque sans peuple et sans clergé, et que le titre et 
l'éclat du cardinalat avait déjà comme obscurci dans 
Testime des hommes la dignité d'évêque, le pape don- 



'''^^^^/ffm^y- 



27 



UBLBGTIOrf DES RVEOOES. 



m 



nait ces titres d'étéques en la même manière que^ le» 
autres titres de e&râioBOi'pvâlMs eV de eardttiius<4îa»- 
ères. 

Innocent III, aporès ateÎT' déposé l'éfttque de Melfi^ 
ne laissa pas de donner ara chapitre nne entière liberté 
de lui donner un successeur. 

L'élection canonique, en France, se conserva durant 
le douzième siècle. Le célèbre Geoffroi de Vendôme^ 
répondant à Tévêque d'Angers, qui s'était plaint de ce 
qu'il avait été contraire à son élection, répond qoe ce 
prélat n'a été élu que par une fureur et une conspi- 
ration séditieuse de la population; que Jésus-Christ 
ayant lui-même élu et consacré ses apêtres, et leur 
ayant ensuite communiqué ce double pouvoir, il n'y a 
que le clergé et les évêques qui puissent, au sens pro- 
pre, élire les évêqn^. Le peuple ne peut que déciaver 
ses sentiments et ses désirs (Lib. 3, epist. 2). 

La validité de Télection dépendait du dergé seul. 
Les lettres de S. Bernard en fournissent une foule 
de preuves. Après la mort le l'archevêque de Sens, 
S. Bernard écrivit au clergé pour lui témoigner Tim- 
portanee de l'élection. Au sujet d'un autre diocèse, 
persuadé que tout le poids de l'élection dépendait du 
clergé, il s'informa du partage des voix des ecelésias- 
tiques (Epist. 276). 

Pierre le Vénérable^ abbé de Clnny, prévint le pape 
Innocent 11^ afin qu'il ne déférât point à l'appel du 
comte d'Anjeu sur l'élection de l'évêque de Lisieux, 
attendu que cette élection avait été réguiièrsment faite 
et confirmée par le métropolitain. S. Bernard ayant 
cûosolté l'abbé de Gluny s'il devait consentir à Tâec^ 
tien d'JQenri, frère du roi et moine de Gîteanx, élu 
évéque de Beauvais^ Pierre répondît qu'il ne pouvait 
pas refuser son consentement à un choix que le clergé 
et la population avaient f ait,et qne les supérieurs avaient 
confirmé (Lib. h, q)ist. 8^ 9). 

Ainsi, durant le douiième siècle^ le clergé avait la 
principale part aux électicmit épiscopales^ sans que la 
population en fût entièrement écartée. 

Lorsque Suger gouvernait le royaume de France en 
l'absence de Louis VU, le chapitre d'Autan élut poar 
évêque un prince de la maison royale, frère du duc de 
Bourgogne. Quand Philippe-Auguate partit p#ur la 
croisade et laissa la régence à sa mère et à l'archevêque 
de Reims, il leur ordMna de respecter la liberté des 
élections épiscopales. 

Le peu de monuments qui noua est resté des ^iaea 
d'Espaf,-ne après l'invasion des Maures^ suffît pour 
nous faire connaître que le clergé, la population et les 
évêques y eurent à peu près le même degré depo«voir 
dans les élections épiscopales que dans les autres coo- 
trées de la chrétienté. Les rois ayant rBeow|uis toutM 
ces églises sur les infidèles, ils s'y étaient acquis oa 
droit plus particulier de feodation et de patronage. 
Mais ils n'eussent pas cru f;tre les lîbératMrs ^ 
églises, s'ils ne leur eussent rendn levr aneienne liberté 
relativement à l'élection. 

Avant la conquête normande^ r^eetiûn canonique 
avait lieu régulièrement dans les égUses d'Angteteifeu 
Les prinees normands, pour Mieux t«iir le pays dans 
^obéissance, s'étudièrsnt i faire dépendre pins 



lument les éleetfomAe la vofaintÉdai rvm. ToufailMa». 
après la mort d^ & Thomas de Gantoshéry, le ni 
Henri II pramiLde dnatter nne^entière libwté peiiolaab 
élecliiNm. S. Hugnea, nonsmé' éiAque de Linêi»ki^ ne 
vonlut jaaarâ consentir à son éleetion^ jusqu'àce qu'ils 
eût un» entière assnnnce dis Ubre consentement dtas 
électeoni^ 

Dans le easeondar ée Womns entre le pape Ca* 
lixte II et l'empereor d'Aliemaigne, cehn^ renonaça. à 
Tinvestiture par la omisse et l'aonsaoet promit do lais- 
ser fisire l'éleetioo eaaoaiqua des évêifues. Celte traii- 
sactian fut confirmée dans les diètes de Warzbotirgt, 
de Worms et de Bambevg. 

Eugène III écrivit aux évêques d'AUemagne qu'ils 
n'auraient pas dû sonSrir une diase aussi contraire 
aux canons que la translation d'un évêque contre la 
volonté du clergé : ce Non volonté clero^ imo et contra- 
dicente. x> (Annales de Baronius). 

Innocent III trouva nne conjoncture favorable pour 
faire renoncer au drn^t de consentement qui était de- 
meuré aux empereurs dans fes éieetions et qui donnait 
naissance à une infinité de fâcheux démêlés. En 1209^ 
l'empire étant disputé entie Philippe de Sonabe et 
Othon de Saxe^ le pape ne voulut se déclarer pour 
Othjn qu'après avoir obtenu de lui le désistement à 
toute intervention dans les élections : <x Electioncs praB • 
latorum libère et canonice fiant, quatenus ille prœfi- 
ciatur eeclesiaB viduatœ^ cpiemtotum capitulum, vel 
major et sanior pars ipsius duxerit eligendum.» (Gon« 
tinuateor des Annales de Baronius, ann. 1209, n. 10). 

En 1213^ Frédéric II, élu empereur, fit la même 
promesse de laisser faire librement les élections des 
évêques. 

Rodolphe, chef de la maison d'Autriche, ayant été 
élu empereur, s'engagea» envers le pape Grégoire X, 
en 1274, à sauvegarda* la liberté des élections épisco- 
pales^ dans les mêmes tenaes que l'avaient fait autre-- 
fois Othon de Saxe et Frédéric ii . 

Voilà la première phase de la discipline. Elle dura 
douze siècles^ Le clergé faisait Télection, la popula- 
tion rendait témoignage, les évêques de la province 
surveillaient et le métropelitaîn confirmait Télu. 

IV 

Innocent III étsblit une forme Bsuveile dans le qoa- 
trième concile de Latran, en 1 3 i 5^ et n'y donna aucune 
part aux laïques, m aux évêques de la province. Il dé- 
clara qu'après avoir reçu par écrit les suffrages, celui 
qui obtiendrait fe plus grand nombre et la plus saine 
partie de l'assemblée^ serait élu. iHusieurs uinées 
avant le concile, Innocent III avait dit dans une déeré- 
tale que les statuts canoniques remettent, en règle or- 
dinaire, l'éiectios des évêques aux clercs des églises 
cathédrafes, sauf les pays oà vn usage spédal vent an* 
trement. G*est tkne ee pnpequt renferma tout le droit 
des élections dans le clergé , en donnant TexclnsioD à la 
population et aax autras éféques de la province. 

Les deux déerétakes. poUiées dans )m concile générai 
de 121Â réserfont-elies ampresséiMnd Téieetim des 
évêones aux chanosnea des cathédrales, à l'exclusion 



2» 



L'ELBcnriDrf ms uvbqubs. 



30 



itL clergé 4it efiwân T B wmMe MniM 4'âev«r tp^ 
qM»do<it6i ^ ne p«f»BfnC p^ 
nmto vnîeemiteiioe. fin 'dllrt, 4a TeeeoraiMCbrtioD éi 
tMfv^er iee absevie feitettppoeer'qaelfs éieetettie 
mrèààmi^m tam ans la «lîtio «éfriMopele. Lemctt 
ti9MtafiMi«raBeiie4Hil ladiftmlttr D'après te coatexte» 
îl « pevt qne 4oe net signifie ranesiblée dm éleeteon 
et aoD la i£ e «n e « caphahâre des «ha&oinee de ht ea^ 
Ihédra^. Si cette eipikattnBB qmilqae fondement, le 
oencile Ae Latraa n'aurait pas abselument enlevé an 
clergé dieeésain l'ancien dreil de participer à l'élection 
des éT^qnes. An défcot de la décrétale, le concile dé« 
clare qu'il vent donner une ferme certaine anx élec« 
lions. Fa^rtrîl entendre qu'il a entièrement changé ie 
fond d'une discipline aus^i ancienne que l'Eglise même? 
Gela exp&jaeraii qne dans plusieurs pays le clergé 
dioeéeain ait pn continoer à ee réanîr aux chaneinea 
pefQT l'élection des chèques. Ce que le concile de Lalran 
a incontestablement et définiti<vement «opprimé, c'est 
llnterventioB des éaèques de la proYÎnce et odle de la 
populatioB laïque. 

fii^oire IX acheva d'aMir la coutame de faire 
corooarir les laïqws a«vec le clergé pour les élections 
épiseopatos: car il le défendit eeus peine de nullité. 

Dans le cours da irn' siècle^ les papes n»rent leur 
sollicitude à faire respecter la liberté des élections. Ils 
Dénommèrent les évêques que rarement, et pour des 
circonstances exceptionnelles. Les décratales de Gré- 
goire IX et le sexte de Boniface YIII sont remplies de 
décisions concernant les appels que les élections £ai- 
sannt porter à Rome. D'autre part^ les mandats de 
prouidendo passèrent insensiblement dans la pratique, 
et les réserves pontificales, au détriment de réleetion 
canonÂfiie^ commencèrent. Mais ce système ne fut 
amplemeift développé que dans le siècle suivant. 

Dans les royanmes du Nord^ les évêques étaient^ 
comme partout^ élus par le clergé. En 1250^ Inno- 
cent IV, apprenant que dans la Suède le roi, les ba- 
rons et le peuple élisaient les évèqnes, ordonna qu'à 
l'avenir ce fût h clergé seul qui fît l'élection. 

On termina en 1273 un différend de la dernière 
importance : dans la Norvège ie roi prétendait que le 
royanme était héréditaire et Farchevêque de Nidrosie 
prétendait au contraire qu'ail était •éflectif et qu^il avait 
la première voix dans l'élection. Enfin, l'archevêque 
renonça i son droit d'élire les rois, et le roi Magnus re<- 
nonça ea même temps à toute la part qu'il pouvait 
aivoiraex élecftîons des évêques. 

Lorsque Clément IV donna l'investitnre de la Sicile 
i Charles d^Aïqou, U stîpala la liberté des élections. 

BaPanl285/Honorius IV se réserva tous les évê- 
dne de la Sicile^ pendant l'embrasement des guerres 
alkmées entre la maison d'Anjou *et celle d'Aragon^ de 
penr que les évêques qu'on élirait prissent part contre 
les Angevins. La fin des guerres fit rétablir les élec- 
tiens. 

Lorsqoe Boniface VIII donna le royaume de Sar- 
daigne et de Corse & Jacques d'Aragon en 1297, ce fut 
k la oofidition de la liberté des Sections épiscopales« 

Le qnatoraième siècle devint funeste aux élections 
canoniques. 



W 



£lément V, preorier pape d'Avignon^ se réserva dès 
le débat de aoa pontificat toortes les églises patriar- 
cales, nétropoRtaines, éptscopaies, et 3., du monde en- 
tier. Jean XXil, son successeur, ee réserva le revenu 
de la preanère année de tous les évêchés. Clément VI 
pourvut ses cardinaux par les réserves ou les expecta- 
tives dans toQS les royaumes chrétiens. 

Les Français opposèrent peu de résistance à ces in- 
novations; il leur paraissait comme une nécessité iné- 
vitabled'en user de la sorte, depuis la translation du 
Saint-Siège à Avignon, qui leur avait fait perdre près-' 
que tout le domaine, ou tous les revenus de l'Eglise en 
Italie, n en coûta cher à la France d^avoir tant désiré 
cette translation de la cour pontificale. Il est vrai que 
les cardinaux étant presque tous Français durant ces 
soixante-dix ans, et le séjour de la cour romaine étant en 
France, ces libéralités ne sortaient pas du royaume. 

Jean XXII, en 1322^ se réserva la provision de tous 
les évêchés des provinces d'Aquîla, de Milan, de Ra- 
veone, de Gênes et de Pise, & cause des divisions qui 
se produisaient à toutes les élections pendant l'éloigne- 
ment des papes, et le transport du Saint-Siège à Avi- 
gnon. Mais ce pape protesta que ce n'était que pour un 
temps, jusqu'à ce que, la paix étant rétablie, on pût 
aussi rétablir des élections libres et bien réglées. 

On croit que ce fut Jean XXII qui donna commen- 
cement aux règles de la chancellerie, et que ses suc- 
cesseurs commencèrent à les promulguer. Ces règles 
sont publiées par les papes immédiatement après leur 
création^ et elles expirent, pour ainsi dire^ à leur mort; 
elles demeurent sans vigueur et sans autorité jusqu'à 
ce que leur successeur les ait renouvelées^ et leur ait 
en quelque façon rendu la vie. 

Ces règles de la chancellerie réservèrent à la nomi- 
nation des papes tous les évêchés et abbayes de la 
chrétienté qui auraient plus de deux cents florins de 
revenu. Le transport du Saint-Siège et de la cour ro- 
maine qui se fit de Rome à Avignon, rendit^ répétons- 
le^ ces réservations comme inévitables, afin de pouvoir 
fournir ^entretien nécessaire à la cour pontificale. 

Clément VI, pour favoriser le parti de Robert, roi 
des Deux-Siciles, se réserva particulièrement,en 1343, 
toutes les provisions des évêchés^ des abbayes et des 
collégiales. Cela montre que les précédentes réserves 
étaient peu observées . 

En 1343, Edouard III écrivit au psipe pour le con- 
jurer de laisser la liberté des élections aux églises de 
son royaume^ surtout aux cathédrales. Quelqjies an- 
nées après, le roi envoya ses ambassadeurs pour con- 
jurer le pape de révoquer toutes les réservations et de 
souffrir que le clergé élût les évêques^ et que les mé- 
tropolitains les coiïfirmassent comme autrefois. Le par- 
lement anglais fit le même statut que les élections se- 
raient libres. 

Dans le traité qui se fit entre le pape Grégoire XI et 
le roi Frédéric de Sicile, en 1372, il fut dit que toutes 
les églises cathédrales et autres auraient une pleine 
Hberté dans les élections : a Omnes ecclesise cathedra* 



31 



L'ELECTION DES EVEQUES. 



32 



les^ et alise in electiooibus plena libertate gaudebuut. » 
(Annales de Baronius, année 1372, n. 11.) 

Cette clause de la liberté des élections fut insérée 
dans la concession que fit Urbain Yly en l'an 1381, à 
Charles de Dures. Celle qu'Eugène IV fit à Alphonse^ 
roi d'Aragon, en 1445^ est toute semblable et avec les 
mêmes clauses (Ibid.) 

Ainsi^ malgré la grande extension que prit la nomi- 
nation immédiate des évêques par le pape, l'élection 
canonique ne disparut pas entièrement ; les papes 
prirent soin de la sauvegarder par leurs concordats. 

Vers la fin du siècle et dans le cours du suivant^ la 
situation résultant du grand schisme, en causant de 
grandes calamités^ eut pour résultat, dans plusieurs 
contrées, le rétablissement des élections épiscopales. 

Le pape d'Avignon était comme forcé de donner les 
évèchés, pour se conserver l'appui de ses partisans . 
Les papes de Rome ne gardaient peut-être pas plus de 
mesure. 

En 1391^ le parlement d'Angleterre décida que les 
élections des évêques seraient faites avec toute la li- 
berté ancienne selon les canons. 

Huit ans après^ l'assemblée générale de l'église de 
France s'étant réunie à Paris, après avoir fait sous- 
traction d'obéissance aussi bien au pape d'Avignon 
qu^à celui de Rome, ordonna que tous les évêchés 
bissent remplis par l'élection canonique. 

Les évêques d'Espagne s'assemblèrent à Alcolea la 
même année et y prirent les mêmes réso utions de ne 
plus déférer aux nominations et de rétablir rélection. 

Le concile de Constance fut assemblé en 1414. Le 
clergé de France y envoya ses députés^ avec ordre de 
demander la confirmation des décrets sur les élections. 
Le concile décida que le vrai pape futur réformerait 
Tarticle des réservations et confirmations des évêchés^ 
ne voulant rien résoudre sur cet article qu'après la 
création d'un pape. Martin Y, ayant été élu, passa sous 
silence toutes les demandes. 

Puisque les conciles de Pise et de Constance 
n^avaient pas satisfait à ses justes requêtes, le clergé 
français, le conseil du roi et le parlement s'assem- 
blèrent, et un édit publié en 1418 décida qu'on pour- 
voirait aux évêchés par Télection canonique^ selon le 
droit ancien et les conciles généraux, sans avoir égard 
aux expectatives ou aux provisions. 

Le concile de Râle, en 1433 et en 1436^ rétablit les 
élections et abolit toutes les réserves. Ces décrets fu- 
rent embrassés avec joie dans l'assemblée de Rourges, 
en 1438, et ensuite ils furent insérés dans la pragma- 
tique sanction. Durant tout le règne de Charles Vil, la 
pragmatique fut observée. Elle le fut mal sous 
Louis XI, qui tâcha de la mieux rétablir dans une as- 
semblée qu'il fit tenir à Orléans en 1478. Après sa mort 
les états de Tours, en 1483^ en demandèrent le parfait 
rétablissement. En 1499, Louis XII (^n ordonna l'ob- 
servation inviolable. 

Il résulte de là que^ pendant le siècle qui précéda le 
concordat de François I*^, l'élection des évêques se fit 
en France^ en règle ordinaire, d'après l'ancienne di- 
scipline. 

L'Allemagne, oii les élections avaient été jadis plus 



longtemps et plus audacieusement opprimées, est celle 
de toutes les provinces chrétiennes où elles se sont le 
plus glorieuse ment conservées. Les papes l'emporlèrent 
jadis sur les princes allemands pour maintenir les élec- 
tions ; au quinzième siècle, les princes obtinrent du 
pape le concordatv germanique qui supprima les ré- 
serves pontificales. Ce concordat fut fait en 1448, entre 
Nicolas V et Frédéric III, ou la nation allemande. Les 
règles de la chancellerie réservaient au pape toutes les 
églises cathédrales et abbatiales ; le concordat rétablit 
les élections et ne les réserva au pape que lorsque les 
prélats mourraient en cour de Rome,ou qu'ils seraient 
cardinaux ou officiers de la cour pontificale. Ce con- 
cordat a été en vigueur jusqu'au commencement du 
présent siècle. 

En 1460, le pape Pie II nomma à l'évéché de 
Cracovie, pendant que le chapitre procéda à Télection 
canonique. Celui qui avait été nommé par le pape fut 
obligé de traiter avec l'élu du chapitre et de lui céder 
son droit (Annales de Baronius, année 1460, num.45) 

Innocent YIH eut des démêlés avec Ferdinand, roi 
de Naples ; ce prince voulait nommer aux évêchés, 
comme connaissant fort bien les mérites de tous ses 
sujets, au lieu que le pape^ ne les connaissant que de 
loin, ne pouvait en faire un aussi juste discernement 
quMl eût été nécessaire. 

VI 

Le concordat de 1515 entre Léon X et François I 
abolit les élections, parce qu'elles étaient ou violentées 
par la puissance séculière, ou simoniaques, ou inté- 
ressées par les considérations de la chair et du sang, ou 
accompagnées de parjure^ en ce que les électeurs, après 
avoir juré d'élire le plus digne, ne laissaient pas 
de suivre ou leur passion ou les prières^de leurs amis. 
C'est ce qui détermina le pape à donner au roi la 
nomination des évêques. 

Sponde dit, dans ses annales ecclésiastiques, qu'on 
s'étonna en France que les papes^ étant élus par les 
cardinaux^ eussent cassé les élections des autres 
évêques ; que Génébrard avait cru que la décadence 
de l'Eglise de France n'était provenue que de cette lu* 
novation dans la manière de donner des pasteurs à 
l'Eglise. 

Le clergé^ le parlement et les universités s'oppo- 
sèrent à la publication du concordat. Lopposition 
ne fut vaincue que par l'absolutisme du monarque et 
des lits de justice. 

Dans les États d'Orléans^ en 1560, le clergé, la 
noblesse et le tiers-état demandèrent le rétablis- 
sement des élections. Charles IX accueillit les remon- 
trances et publia une ordonnance qui autorisa les 
chapitres à présenter' une liste de trois personnages, 
parmi lesquels le roi choisirait. 

Cette concession partielle ne satisfit personne. Au 
concile de Trente les évêques français demandèrent 
vivement le rétablissement des élections. Pouvait-on 
espérer que le concile révoquerait les concordats 
signés par le pape 7 C'est à Rome même que la question 
aurait dû être portée. 



33 



UELECTION DES EVEQUES. 



Î4 



Âox états-fi^aéraux tenas à Blois en 1576^ Henri III 
révoqua rordonnance d'Orléans qui avait restitué au 
clergé le droit de présenter trois candidats. 

ùs élections forent encore redemandées par Tassem- 
blée de Melon en 157 9, par le concile de Rouen en 
1581, par le concile de Reims en 1583, par celui de 

Bordeaux la même année 1583. 

Tai nommé Génébrard^ le savant professeur au 
Collège de France, qui publia un Traité des électioM 
dans lequel la nomination aux évêchés par le roi était 
Tivement combattue. Génébard fut yictime de son 
zèle^ il fut banni à perpétuité. Dans la suite il obtint 
de Henri IV définir ses jours au prieuré de Semur. 
Saint François de Sales se glorifiait d'avoir été son 
disciple. On a de Génébrard une Chronologie, 1 680, 
in-foiio, une traduction française de Josèphe in-folio, 
une Oraison funèbre de P. Danes in-8% etc. 

Malgré la secrète et constante opposition du clergé de 
France, la nomination royale subsista jusqu'à 1790. 
La constitution civile du clergé, adoptée le 24 août, 
décida que les évêques seraient élus au scrutin par les 
électeurs des assemblées primaires, quelle que fût 
leur religion. 

Dans le concordat de 1801, Napoléon fut préoccupé 
avant tont de ressaisir la nomination des évêques. 

Sous la république de 1848, il fut un instant question 
de rendre au clergé Télection des évêques, mais au 
clergé seulement, avec l'adjonction toutefois du maire 
et de l'adjoint du chef-lieu du diocèse. 



Vil 



La discipline traditionnelle remontant aux premiers 
temps de l'Église, à l'âge même des apôtres (car saint 
Marc, disciple de saint Pierre, en fit la règle de l'église 
d'Alexandrie, dès le pre.nier siècle), appelle le clergé 
à l'élection des évêques. 

Le droit commun c'est encore à l'heure qu'il est l'élec- 
tion canonique, telle que la décrétale Quia pr opter du 
grand concile de Latran la constitue. L'élection confère 
au seul et unique élu jut ad rem et le droit d'êlre 
confirmé, sauf le cas de l'indignité canonique légale- 
ment prouvée. Cette loi, n'ayant jamais été abrogée, re- 
prendrait son empire dans les contrées que le saint-siége 
laisserait sans disposition spéciale. 

Les règles de la chancellerie, les concordats, les ins- 
tructions particulières qui ont été données pour l'A- 
mérique, le Canada, l'Australie, l'Angleterre et la 
Hollande, ne sont pas des lois proprement dites, car les 
caractères d'universalité, d'extension et de durée font 
défaut. Les règles de la chancellerie expirent avec 
cbaqnepape, ainsi que j'ai dit précédemment; le suc- 
cesseur 8*abstenant de les renouveler, elles perdent 

toute valeur. 

Grâce à Léon XH, Télection canonique des évêques 
a lien à l'heure qu'il est en Prusse et en Suisse. 
Lorsque, sous le pontificat de Pie VIII, on détacha 
l'ancien diocèse de Saint-Galt de celui du Coïre pour 
le rétablir dans son indépendance, une convention fut 

19^ SEAIE, 



passée entre le saint-siége et la république helvétique. 
Voici l'article de cette convention : 

<K A chaque future vacance du siège épiscopal, le 
t droit d'élection de Tévêque appartiendra au chapitre 
« de la cathédrale ; il sera exercé en commun par les 
« chanoines résidants et non résidants dans les trois 
i premiers mois à partir de la vacance. » Que faut-il 
entendre par les chanoines non résidants ? Ce sont 
les recteurs des paroisses, qui s'associent aux rési- 
dants pour l'élection des évêques. Cet exemple montre 
que l'intervention du clergé diocésain n'a rien d'étrange 
aujourd'hui. 

Dans les contrées libres de tout engagement concor- 
dataire, le saint-siége est libre de rétablir d'un trait de 
plume l'élection canonique des évêques. Ces contrées 
sont actuellement assez nombreuses, soit i cause de 
l'extension que la religion catholique a prise sur tous 
les points du globe, soit par suite des changements 
politiques. Le nouveau royaume d'Italie ayant déchiré 
les concordats, le terrain est libre pour l'élection cano- 
nique. La Belgique qui, avant J830, faisait partie du 
royaume des Pays-Bas, fut comprise dans le concordat 
de Léon XII, qui autorisa l'élection des évêques par les 
chapitres. Quoique la Belgique ait conquis son indé- 
pendance en 1831,1a disposition du concordat a été 
remplacée par la recommandation épiscopale et la no- 
mination directe par le pape. 

Viennent ensuite les diocèses soumis au régime de 
la liste dressée par les chanoines ou par les curés, con- 
trôlée par .les évêques et soumise à Rome. La Hol- 
lande, l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande sont dans ce 
cas. Ce régime n'atteint pas sans doute la perfection 
de l'élection canonique ; c'est toutefois recommandable 
que le clergé soit appelé, même dans des limites res- 
treintes, à participer à la nomination des évêques. 

Dans l'Amérique septentrionale et en Australie, le 
clergé est entièrement écarté de la nomination. Quel- 
ques concordats ont été conclus en ces derniers temps 
avec des contrées de l'Amérique méridionale ; c'est 
ainsi que le concordat de 1 862 avec Nicaraga et celui 
du 25 septembre 18f>3 avec le gouvernement de l'E- 
quateur, ont cédé au président de la république la no- 
mination des évêques. Ce privilège se conçoit dans un 
gouvernement monarchique ; mais que le président 
d'une république démocratique nomme les évêques, 
cela est vraiment nouveau. 

Les contrées que je viens d'énumérer, et d'autresdont 
la situation est la même, forment une partie notable 
de l'Eglise catholique. Le rétablissement des élections 
épiscopales y est actuellement possible et dépend uni- 
quement de la sagesse du saint-siége. 

Si on réfléchit au degré de culture intellectuelle et 
morale qui distingue actuellement le clergé, il est 
facile de se convaincre qu'il ne saurait y avoir de bien 
grands dangers à lui confier l'élection des évêques. 
Depuis un demi-siècle, sur tous les points du globe 
le clergé témoigne à l'endroit du saint-siége un dé* 
vouement et une affection qui semblent mériter une 
récompense. La plus précieuse, ce serait indubitable- 
ment la restitution du droit d'élire les évêques. 

Il se peut qu'au moyen-âge, époque d'ignorance et de 

3 • 



3K 



MARIAGE. 



36 



yiolentes pasBions, les élections aient causé de graves 
désordres ; mais la culture moderne garantit contre 
le retour de ces Tiolences. 

A une époque comme la nôtre, il faut compter avec 
Topinion publique, continuellement tenue en éveil par 
la presse. Il est donc permis de supposer que Télection 
des évêques par le clergé amènerait d'excellents choix , 
comme l'eipérience le constate en Suisse et en Prusse. 
Un corps électoral composé des membres notables 
du clergé diocésain ne peut se laisser influencer par 
des recommandations et des intrigues. Le danger de 
la simonie pécuniaire ou morale serait chimérique. 

La discipline actuellement en vigueur veut que chaque 
évêque obtienne des bulles pontificales, sans lesquelles 
il ne peut prendre possession de son siège. 

Durant le laps de quatorze siècles^ le pape ne confi^ 
mait pas immédiatement les élections des évêques, qui 
par conséquent étaient dispensés d'obtenir ses bulles. 
Lss papes d'Avignon, les premiers, se réservèrent la 
collation des évèchés et firent expédier des bulles. 

Tous les concordats qui ont accordé la nomination 
au prince temporel^ ont réservé au saint-siége la 
confirmation des évêques et imposé par suite Tobli- 
gation d*obtenir les bulles. 

11 est juste de reconnaître que cette centralisation 
devint tout à foit salutaire à l'époque où le protestan- 
tisme causa de si déplorables déchirements dans la 
chrétienté. 

Quoique la confirmation de l'élection soit nn point 
important de la discipline actuellement établie, on n e 
peut dire qu'elle soit absolument nécessaire. Ce qui se 
passe dans les ordres religieux en est une preuve con- 
vaincante. Les supérieurs généraux sont revêtus de la 
juridiction ecclésiastique proprement dite sur leurs 
subordonnés avec le pouvoir extérieur et juridique. 
Elus par le chapitre général^ qui souvent se tient à 
Rome même, ils entrent en fonctions sans confir- 
mation aucune. Il n'est donc pas vrai q«e toute 
élection doive être confirmée. 



lARlAfiE 



Liberté nécessaire à la Talidité du mariage. Crainte réTérenlielle. 
L'union contractée par la crainte de perdre une riche succes- 
MOD 68t*elle nulle ? Sentiment des canonistes. IMcision de la 
S. Congrégation du Concile du 26 juillet 1879. 

Le mariage est-il valide lorsqu'il a été contracté 
par crainte de perdre une riche succession ? <» 

Telle est la question agitée dans une cause matri*- 
moniale traitée par la S. Congrégation du Concile le 
26 juillet 1879. 

Les jurisconsultes établissent une grande diffé- 
rence entre les conditions qui s'opposent directe- 
ment au but du mariage et les causes déterminantes 
qui portent à conclure le con trat. 

Il se peut que l'amour de l'argent soit la cause 
déterminante du mariage^ mais cette cause ne peut 
annuler le contrat, du moment qu'elle n'écarte pas le 
triple but de l'union conjugale. 



Le savant Pontius dit fort bien : < Si quelqu'un 
épouse une femme pour sa beauté ou sa dot, ce 
n^est pas même selon moi un péché véniel ; ces motifs 
ne seraient absolus que s'ils faisaient totalement abs^ 
traction de la fin essentielle du mariage. On ne doit 
les considérer que comme des causes impulsives et 
déterminantes. » 

Si plusieurs motifs concourent à un acte, il faut 
s'en tenir au motif honnête et licite, qui est de nature 
à soutenir l'acte ; car il y a lieu de présumer que 
l'acte s'accomplit dans les conditions les plus favo- 
rables. Il suffit qu'une des causes soit véritable. 

Le droit exige plusieurs conditions pour annuler 
le contrat accompli sous l'empire de la crainte. 

II faut que le mal que Ton craint soit très grave ; 
il faut que la crainte soit très forte, et que Thomme 
qui inspire cette crainte ait le pouvoir et l'habitude 
d'accomplir ses menaces. En outre^ il est absolu- 
ment nécessaire que l'homme sur lequel la crainte 
est exercée n'ait pas le moyen d'éviter le mal dont 
il se voit menacé. 

La crainte de perdre une riche succession envisage 
plutôt un lucre qu'on désire qu'un mal que Ton veuille 
éviter. L'héritage n'appartient pas à lliomme qui 
espère l'obtenir^ car cet homme n'a encore aucun 
droit à la succession. En le perdant, il ne perd rien 
de ses biens propres. Il suit de là que la crainte de 
manquer l'héritage ne peut être une cause juste pour 
annuler le contrat. Sanchez dit à ce propos : « Je 
suis d'avis que la crainte de perdre un lucre, un hé- 
ritage^ un bienfait qu'on espère obtenir et auquel on 
n'a pas droit à titre de justice^ ne peut influencer 
essentiellement la liberté, parce qu'au lieu d'oppri- 
mer la volonté^ c'est au contraire une excitation pour 
elle. En effet, l'espoir, ou le désir du lucre ne dimi- 
nue pas le volontaire ; il l'excite, au contraire, comme 
dit excellemment S. Thomas. • 

Ces principes de droit sont développés dans les 
plaidoiries que nous rapportons ei«après. Voici d'a- 
bord les faits essentiels de la cause. Le folium de la 
S. Congrégation du Concile fera connaître les circons* 
tances nécessaires à l'appréciation du procès. 

Le baron Pierre de B., Français^ prit du service 
dans l'armée du roi de Bavière. En rentrant dans sa 
famille, il ramena une femme allemande avec laquelle 
il avait vécu maritalement et qu'il voulait épouser. 
Toute la famille s'opposa à^cette mésalliance, et offrit 
à Pierre une jeune personne fort riche et de sa con- 
dition . Pierre étant l'ahié^ sa tante Eulalie avait l'in- 
tention de lui laisser ses biens, notamment un do- 
maine qui entourait le château et que la loi du par- 
tage en avait distrait. Le jeune homme ne pouvait 
compter que sur une fortune médiocre. Il avait con- 
tracté plus de cent mille francs de dettes. H se laissa 
influencer par la riche dot qui lui était offerte, mais 
la principale considération fut de ne pas perdre Thé* 
ritage de sa tante. Le mariage se fit le 25 novembre 
1862. 

La bonne harmonie fut de courte durée dans le 
ménage^ soit par antipathie^ soit par suite de que- 
relles entre la belle-mère et la jeune femme. En 1865 



T- -; ^ 



37 



MARIAGE. 



38 



le trlbiuud ciyU prononça la séparation. Désolés de 
celte niptare, les parents obtinrent une réconcilia- 
M<m momeotanée ; Ters la fin de l'année, Pierre 
adrnsa a sa femme une lettre remplie d'affection. 
Cependant Julie m rentra au domicile conjugal que 
trois ans après, en 1868. La tante Eulalie mourut 
la même année, en laissant à Pierre la plus grande 
partiede ses biens. Le jeune bomme, d'accord avec 
Julie, renouvela aussitôt l'instance en séparation, 
et le tribunal rendit un arrét^ favorable. 

Cependant sept années s'écoulèrent avant que 
Pierre soulevât la question de la nullité du mariage. 
Comme il ne pouvait espérer de gagner la cause de- 
vant Wa itibunaux français^ il transporta son domi- 
cile en Suisse. Le tribunal de Wintenthur prononça 
le âiroree. 

Cela fait, le baron a présenté requête an Saint- 
Siège, en demandant la déclaration de nullité de son 
mariage pour deux raisons : 1 . parce qu'il avait con- 
tracté précédemment des fiançailles avec la femme 
allemande qui le suivit en France ; 2. parce qu'il 
n'épousa Julie que par ccmtrainte^ et pour se sous- 
traire aux menaces de sa tante Eulalie, qui l'aurait 
déshérité s'il n'eût fait ce mariage. 

L'évêehé a ouvert une enquête canonique, dans la- 
quelle il a entendu les témoins requis. Puis, sur la 
demande du baron, la cause a été évoquée à Rome, 
pour la première instance elle-même. 

Nous publions ci-après : 1. le/o//Mmde la Sacrée 
Congrégation[duConcile;2. la plaidoirie présentée au 
nom de M. le [baron; 3. la réplique de madame la 
baronne *, 4. enfin les animadversions du défenseur 
ex officia désigné par la S. Congrégation pour sou- 
tenir la validité du mariage. 



I 



FOUUH DE LA S. CONGRÉGATION. 

lUnwmn.— DieMjnlii4879. — Ex bavarica militia 
redox in patriam baro Petrus de Bosmelet, e pagohujas noniinis 
prope Auffey Rotbomagensk diœcesis secomduxit Teresiam N. 
qoacam marital! vixerat consuetudine, ut sîbi jungeret matri- 
monio. Fanûiiœ dedecus ex eo eonnubio devHare studentes 
ejus mater Blancs, patruus Abel et amita Ealalia nuptias eidem 
proposoerant cum virgine paris conditionîs ; sed bac a Petro 
rejecu, aliam proposuerunt pnellam Juliam de Chef-d'Hostel, 
Eolaliae beneaffectam, ex bonesta familia oppidi Cauvervillein 
eadem diœeesi^ et pingoisshna dote communitam. 

Nepotera ut in familia primogenitum Ealalia In sua 
safaslantia, prœsertim ex praedio conspicuo^ quod ad domos 
cl cafliri de Bosmelet decorem foisset necessarium, destina- 
verathamdem; nnde Petrus matrimoniam cum Juliadie 28 
novembris i86S celebravit in bisee rernm cireumstantiis^ 
nimiram: € En présence delà modicité de ma fortonCy de mes 
looides diarges, de quelques dettes que j*a?ais faites (cent 
douze nulle francs) et de la perspective que ma tante me 
fusait oaindie, je ne puis dire que la riehease de la femme 
qu'on me proposait ait été sans influence sur moi ; mais la 
considération a été de ne pas me voir privé de 
je de ma tante* 9 

Brevî ooncordia n^jfoavit in domesticis laribns, quandoqur- 
dcm, seu ex antipathia inter conjuges oborta, seu ex œraufa- 



tione inter socrum et nurum donûnandi in familia, Julia per- 
vagari incepit extra domum maritalem, ita ut in parentum babi- 
tatione enixa est filium, quem paullo exinde luce orbatum 
Petrus deflevit. Effervescentibus simultatibus post annom 1864 
baud amplius ad conjugales lares se restituit ; et augusto mense 
sequioris anni 4865 evolvente^ separationem ton, qnam judicio 
postulaverat, cum interventu praesidis tribunalis Deppensis, 
de consensu oblinuit a nuurito. 

Domesticam concordiam restaurare studuerunt Abel et 
Eulalia inter conjuges; unde Petrus^ exeunte pcaedicto anno 
1865^ epistolam ad uxorem conscripsit afiectionis et doloris 
attestationibus refertam. Id parum tamen profuîase videtur ; 
quandoquidem ad maritalem babitationem non aatea régressa 
adpartt mulier quam ineunte anno 1868 etc. 

Denuo dîssduta unione, atque eodem anno e vivis erepta 
Eulalia de Bosmelet nepote baerede înstituto^ separationis 
)udicium restauravii Petrus, et annuente uxore, praînominatum 
tribunal votis congruam edidit sententiam. Septennio exinde 
effluxo de rescindendo eonnubio cepit agere; et cum hoc 
gallicis legibus esset interdîctum suos lares transiuUt in Helve- 
tiam, ubi facile ope sententiœ tribunalis Winterlhur voti 
compos eifectus est. Supplex posthac adivit hune S. Ordinem 
niatrimonîum in faciem Ecclesiœ impetens ex duplici causa, 
nimirum ob sponsalia prsecedenter inita cum Teresia N. , et ob 
vim et metum ex minis amitié Eulali» eumdem privandi sua 
Sttccessione nisi Juliam duxisset. Quum ad preces Pétri de 
mandato SSmi fîiisset causa ad hune S. Ordinem avocate, 
expleto in curia Ebroicensi actorum prooessu, defensio exbi- 
bKa est ex parte Pétri, nec non animadversiones ex parte 
defensoris vinculi; et quum inhodiernis comitiis sit causa dis- 
cutienda, ratîones hiuc inde dednctasnunc breviter exponam. 
Qui pro matrimonii nullitate causam dicit ex bis quœ matri- 
moniam in themate praecesserant arguit primo liberi consensus 
in barons defectum; quandoquidem ipse Juvenem quamdam 
e Bavarica natione Teresiam N. nomine deperierat, quacom 
jam inierat sponsalia, prouti ipsa mulier nonc vidua ejusque 
levir, ac princeps Palagoni» tune Siculi régis in Bavaria 
legatus probe testantur. Huicautemmulieri honoris et affectus 
vîncnlis ita Petrum devinctum fuisse asseverat ocator, ut im- 
possibile ferme foret aliœ mulieri suum adjicere animum. At 
prseter hu)usmodi obstaculum pro libère nubendo Juliœ Chef- 
d'Hostel aliud adinveniri adurget in invincibili antipathia et 
natarali aversione haoc erga muUerem, cui nonnisî minis 
exbsBredatiouis ab amita Eulalia incussis despopondit. Omnes 
enim conveniunt ab ipsomet indudi testes una cum notarié 
Brennetnît ab adverse parte producto quibus plenam fidem 
prsestandam esse subdit propter bonum vit» testimonium, et 
conditionem socialem in qua constituti reperiuntur) in decla- 
randa tam prœcedent'i Bosmelet antipathia erga puellam Chef- 
d'Hostel, quam in statuenda amit» pressioue eiusque miuis 
exhœredationis, ut prœfatam duceret mulierem. 

Antipathiam autem magis magisque roborari affirmât tam 
ex confessione ipsius mulieris, quse in precibus pro separatione 
tribuuali civili exhibitis bssa est : c Qa'à toute époque H. de 
Bosmelet a montré la plus grande indifférence pour son épouse, 
et cela arrivait parfois jusqu'au mépris. > Quam ex ipsius ante 
matrimonium persuasione qua nos monet adeo erga mulierem 
baronem sese indifierentem fuisse, ul ipsa dignoseero potuerit 
finem illius baud ipsam, bene vero suam dotem esse. Cui 
concinit testimonium ipsius avunculi Ueurici Quesnel depo- 
nentis : « J'ai toujours remarqué que H. de Bosmelet est d*un 
caractère très froid et très réservé, i Minas vero exbsBredationis 
confirmari ex facto quo Petrus Bosmelet, onerosas eonditiones 
adjecit ut sibi prsetextum pararet ad nuptias avertendas, Quare 
augmentum dotis primum petere eoravit, et obtinuit, ita con- 
trarius testis Quesnel; mox inutiliter commendatitias literas, 



39 



MARIAGE. 



40 



et mutuam pecuni» summam vane a Joanne Box expetivit ut 
transfretando Americanas regiones aversationem et familial 
pressiones effugeret. Perduras quin imo in actu uupiîalis con- 
tractus conditiones apposuit, ut se a matrimonio contrahendo 
eximeret. Affirmât id in contrarium adductus testis notarius 
Brennetuit. 

Sed non minoris ponderis esse circumstantias quaema- 
trimonium comitatœ ac subsequatœ sunt. Baronis siquldem 
mater testata est : <c Cette répugnance s'est manifestée clai- 
rement avant, pendant et après le mariage. » Cui testimonio 
consonat alterum Henrici Quesnel, et De La Rousserie qui 
tamquam testes matrimonio adstiterunt. Ex quo patet quod in 
ipsius celebrationis matrimonii actu hanc frigiditatem in Petro 
notaverat, qui alioquin cum sit natura sua vividus^ promptus^ 
et afiabilis> ostendit malo animo has nuptias célébrasse. Et 
quod reapse res ita processerunt fidem facit Tidua Duforestel : 
€ J'ai entendu dire^ que pendant la célébration du mariage, 
M. de Bosmelet était triste et affligé. » Gamillus Boulen : 
€ J'ai entendu dire qu'au moment de la célébration du mariage 
il était si ému que la parole lui manquait. » 

Hinc : a Le soir du mariage^ après avoir vivement pressé 
Mme de Cbef-d'Hostel de conduire sa fille à la chambre nup- 
tiale, M. de Bosmelet alla trouver quelques amis qui fumaient 
dans une pièce du château; il demeura deux heures avec 
eux et n'alla revoir sa femme qu'à deux heures après mi- 
nuit. « Actor testatus est, et suo silentio confirmât sponsa. Imo 
vixacsponsi oppidum Bosmelet contenderunt : <x Une messe fut 
dite dans la chapelle du chftteau, et tout le monde remarqua 
avec surprise que H. de Bosmelet se rendit à la chapelle sans 
sa femme, qui vint seule un peu après. Les époux ne sortaient 
pas ensemble; Madame sortait seule. » Atqueinter domesticos 
parietes ipsorum animi ita erant abalienati ut sese minime uti 
conjuges reputarent. Testantur id conjuges Beaudoin, qui tune 
temporis in domesticorum qualitate familiœ Bosmelet addicti 
fuerant. 

Atque comes D'Onsembray fidem facit se amicum Bosmelet 
sive Lutetiaa Parisiorum sive in oppido Bosmelet commorantem 
vidisse, et numquam : a J'ai observé que Mme de Chef- 
d'Hostel vivait retirée et qu'on ne parlait jamais d^elle, comme 
si elle n'eût pas existé. » Unde omnem quœrebat occasionem 
deserendi conjugalem domum vel itineris vel venationis causa, 
neque impedimentum posuit, ut uxor noctu conjugalem do- 
mum desereret et ad propinquos confugeret. Adeo autem quin 
minueret, in dies antipathia odium atque horror increverat ut 
tandem aliquando institutum, atque ad exitum perductumfuit 
pênes civile tribuna è .jparationis judicium. Hisce omnibus fas- 
tigium imponit germanus frater Pétri Gratianus, qui commun! 
roatri scribens protestatur noUe invitum mulîeri conjungi in- 
visse, quemadmodum accidit Petro^ qui nupsit non ex volun- 
tate, sed < par devoir. » 

Quum ex concordi testium depositione manifeste evincatur 
coactio a Petro exantlata, per se patet quod nuUam meretur 
fidem depositio patrui Abelis ab adversa parte inducti dum 
asserit quod anie matrimonium nepos Petrus postquam Juliam 
inviserat perquisitus : ce Comment la trouves-tu ? retulit : 
« Elle a une figure sympathique. » Respondet enim, quod 
istesermo omnimoda probabilitatf; destitutus manet ; dumipsc 
causam suam tueri debebat^ qui uua cum sorore Eulalia, quam 
fatetur admodum studuisse ut illa fieret conjunctio, illius m 
trimonii ope minarum et pressurœ auctor fuit^ quiquepost ma- 
trimonium coegit nepotem ut sese cum uxore reconciliaret. 

Hultoque minus potest infringi ex literis baroiiissse Bosmelet 
datis die 3 augusti 1862 marchionisss de Mortemart in quibus 
enunciat suam filiique satisfactionem pro futuro matrimonio, 
dum îpsa inscio penitus filio has litteras dédisse nunciat, idque 
peregisse ut invitum filii animum occultaret sponsœ et pro- 



pinquis. Nec pariter minuitur ex brachialis, et suse photogia- 
phiae donis a Bosmelet sponsœ ante matrimonium factis, et ex 
fletu ejusdem ob filii obitum ut parochus testatur. Non ex donis 
quia volens vel renuens omnibus socialibus officiis satisfacere 
debebat; non ex fletu^ quem vi ipsiushumanœ naturœ tribuen- 
dum sustinet in viro bon» indolis atque sensibilitati obnoxii, 
qui alioquin tilium suum esse censebat. Neque demum opponi 
possent liter» a Petro sponsœ datœ triennio post initum con- 
nubium, in quibus benevolentise verbis uxorem hortatur ad 
reconciliationem : siquidem ex literis matri datis tam a leviro 
Abele de mense januario 4865^ quam a domina Reimbovill» 
de menise novembris ejusdem annl evinci propugnat coactio- 
nem et minas exhœredationis continuatas a patruo et amita 
acriter fuisse etiam per plures annos post matrimonium, ut 
eum cogeret ad susceptum separationis judicium deserendum, 
et ad sese uxori rursus conciliandum ; Petrum subinda has li- 
teras exarasse non benevolentiœ signis permotum, sed sub im- 
perio patrui et amits benevolentiam simulasse^ ut exhœreda- 
tionis malum averteret. 

Hac oratione perducta orator patrimonii Eulaliae vires ex-^ 
pendit, quod se portendit id quadringinta et viginti francorum 
millia^ quœ bona Petro débita quodammodo dicit quia erant 
de domo et familia^ dum ex deletione fideicommissorum in 
Gallia in avi morte Eulaliœ attributa fuere. Haec velutipartem 
integrantem ipsius oppidi efformantia Petro necessaria fuisse 
propugnat, ne sui oppidi valorem, libertatem, et securitatem 
aniitteret una cum ipsius familiae splendore. Quod adeo verum 
esse dicit, utavusnecessitatem bona illa uniendi recognoscens 
moriens Eulalise commendabat ut eadem bona relinqueret 
fuluro oppidi possessorio. Adnotat deinde quod timor hœc 
bona amittendi causa fuit qusB Petrum coegit ad nuptias cum 
Julia conciliandas, minime vero hujus divitisp et dos, quam 
ultro dimisit anie ipsam sépara tionbsententiam licet jure eadeni 
retinere posset. 

Quibus porro in facto animadversis sustinet in jure timorem 
exhseredationis et bonorum amissionis metui mortis acquipa- 
rari cum c res sive patrimonium sint quasi secundus hominis 
sanguis et vitse quodammodo œquiparentur. * Ceu totidem 
verbis docet Pignatelli tom. 7, cons. 77, n.6; quem plures 
sequuntur doctores inibi recitati. At non modo amissionis om- 
nium bonorum metus sed et rei magnœ et notabilis adeo 
gravis a canonistis reputatur ut dici optimo jure valeat eumdem 
cadere in virum constantem. Ad rem Sanchez in lib. A, dis- 
put. 5, anum. S0-26de matrim. « Metus amissionis bonorum 
cadit in virum constantem. Probatur, quia œquiparatur metui 

mortis ut benedocet Tiraquellns metus amissionis majoris 

partis bonorum cadit in virum constantem. Probatur ex cap. 4 
de restitutione spoliatoruni in 6 et L. Propter liiem in princip» 
ff. de excus. tutor. Ibi : « Nisi forte de omnibus bonis aut 
plurima parte eoruni controversia sit. d Item quia hsec amissio 
adeD grave reputatur ut morti sequiparetur, ut late probat 
Tiraquel. de nobilit. cap. 31^ num. 369.Ergo ejus metus est 
viri constantis. Universaliter credo esse verum, timorem amit- 
tendi majorem bonorum partem esse justum. Quia est gravis 
jaclura, atque ita virum constantem merito movere potest. 
Quod videntur tenere doctores. Immo idem credo quando 
est metus amissionis rei magnsd et notabilis, quia virum cons- 
tantem jure optime hoc terret : Sic Baldus. > 

Sed alise conditiones non nûnus necessariœ et essentiales 
intercedere debent in eoactione. Neminem autem latet 
matrimonium metu Initum si quœdam verificentur condi- 
tiones a jure requisitse propter liberi consensus defectum, suis 
minime consistere viribus ex dispositione cap. Sufficit, 27, 
quœst. 2; cap. Cum apud^ de sponsaL Trid. Synod. sess. 24, 
cap. 1 de reform. matr. Requiritse autem conditioDes ad hoc 
ut matrimonii nuUitas ex capite metus proclamari valeat sunt : 



41 



MARIAGE. 



42 



l** ni TDalinn quod timetur sit grave in se et non solum in yana 
aestimalione metoentis, ^^ quod cum rationabili fondamento 
timeilitf; 3* qood metum incutiens potens sit minas exeqau- 
tiao/ffiandare; ac (andeoi 4^ qood patiens ad easdem evaden- 
dis impar ait, ad tradita per Ferraris Biblioth. can. verb. 
Matrim. nam. iOO. Jamvero bas omnes conditiones adamus- 
sim in tbemate Terificari urget Proposito siquidem matrimonio 
rejectOj agebatur de pinguis hœreditatis amissione, super qua 
antea Eulalia constiiuerat nepotem instituere bieredem. Qaod 
exbœredatio rationabili fundamento pertimescenda erat^ aperte 
profluit ex boc quod minae perdurarunt usque ad triennium 
post matrimonii oelebratîonem^ et quîdem ab eadem inflicta 
qoa easdem exeqni potens erat. Neqne baro minas ipsas eva- 
dere valoii dam inntiliter omnia adhibuit tentamina ad propo- 
siias nuptias aYertendas* / 

Qua posita nollitate^ inutiliter praesidium captandum esse 
jiroseqaiturezsabsequenticohabitationoet copula ut matrimo- 
nii ratihabitlo et validiias statui posset. Quidquid enim bac de 
re sentiant antiqui canones, certum est hoJie jure Tridentini 
quod matrimoniam vi vel metu initum non convalidatur nisi 
adiiibitarursusconciliari forma^ ceu passim legitur in tbesauro 
Resolutionum, firmavitque S. G. prsesertim in HispaUn, 26 
junii 1609^ ConstanliTiop. S decembris 1 634 et 4 6 decembris ejus- 
dem anni; Ventimilien. matrimonii SO mart. et 24 april. 1700« 
Parisien, matrimonii i5 junii et 91 augusti 4864. Et licet 
principiam hoc limitationem patitur in casu occuUi impedi- 
menti : tamen pressenti causœ nihii officere colligit tam quia 
agitur de publico impedimento, quam quia vehementiores ad- 
sont circumstantiœ quœ ralihabitionem prorsus excludunt. 

Validitatem conjugii propugnans vinculi defensor duplicem 
causam a defensoribus Pétri pro dissensu ejusdem in nuptiis 
assignari animadvertit : sponsalia scilicet, quœ Petrus asserit 
iniisse cum Teresia, et antipathiam erga Juliam. Âbstinet a 
conftttatione prima causœ, quia per se est adeo inanis^ ut nec 
ipsi defeosores in eadem insistant^ utcumque ab initio nun* 
classent; qunm sit in jure exploratura quod sponsalia non ir-- 
ritani matrimonium* Aliam bine causam refutans contendit, non 
antipathiam sed sjmpathiam a Petro fuisse patefactam dum 
prima vice paellam invisit in Rothomagensi civitate cum pa« 
truo Abele. Mater autem Pétri faustum mox nuntium suo et 
filii nomîne dédit oonsobriuœ su» marchionissœ de Mortemart. 

Nec aliud ferme deducitur ex ratione et modo^ quo ante 
nuptias et in celebratione matrimonii sese Petrus gessit. Ut eam 
enim in balueis Salins inviseret iter arripuit 450 milliarioruni ; 
contulit donaria nuptialia, et bilarem ac satisfactum omnibus 
sese exhibuit. Prseter Juliam, quae asserit : c Aux yeux de 
tout le monde il paraissait très heureux de faire ce mariage^ » 
parochus et testes sacraroentales idipsum affirmant. Imo enar- 
rat sibi relaium^ quod alteri ex suis amicis scripserat Petrus : 
c Félicitez-moi : j'épouse une riche héritière. » Amedieus de la 
Konsserie testissacramenti^plurieaaflbinat : cH. deBosmelet 
me parut satisfait d'une union très avantageuse pour lui. » 
Henricus Qnesnel alter testis avunculus Juliœ : « Je suis con- 
vaincu que le mariage n'a pas été forcé, et que si H. de Bosmelct 
a contracté cette unioUi c'est que, toutes choses examinées, il 
a cm devoir la faire, a 

Hîsce accedit confessio Pétri ipsius, ex qua primo deduci- 
tur, quod contemplatio divitiarum fuit causa impellens ad ma- 
trimonium; haec alioquin causa, quum non adversetur alicui ex 
tribus bonis matrimonii, non potest ilhim inficere, Covarruvias, 
De tnafrim. 2 part. cap. 1>§. unie. n. 7; Sanchez.2)£ matrim, 
% disp. 29, num. 8; adeo ut quantumvis fuisset minus honesta, 
imo etiam illicita, dum tamen nec habitu, nec actu fines pro- 
prios matrimonii non respoebat, bine nec venialia culpœ reum 
reddit contrahentem* S. Thom. 4, dist. 30, q. i, art 3; Gaje* 
tan. in 2 to. q. 3 de matrim,; Pontius, De matrim. lib. 1 , cap. 21 , 



num. 13 : « Cum quis conlrahit ob pulchritudinem vel di- 
vitias, meo judicio neque est venîale peccatum... fînem enim 
totalem hsec habere non possent, nisi actu vel habitu esciude- 
rent fines matrimonii, sed tantum habent rationem causœ im- 
pulsivse^ in quam expresse fertur, implicite autem in ipsos fines 
operis et contractus. » 

Utcumque autem etiam timor amittendse hœreditatis amitae 
qui fuisset causa irritans nuptias, plus minusve ad ducendam 
Juliam impulisset Petrum, ambigi tamen nequit, quod divitis 
spons» fuerunt concausœ conjugii; sed exploratum injure 
est, quod si duœ vel plures causœ ad actum concurrunt, sem- 
per est interpretatio facienda pro causa bonesta et licita ut ac- 
tus sustineatur, quia semper prœsumitur, quod actus ipse fiât 
meliori, quo potest modo, Rot. Rom. decis. 306, num. 8; 
decis. 61 1, num. 33 part. 4, et decis. 271, num. 10, part. 6 
rec. c Dum plures causœ referunlur ad celebrationem actus, 
tune es una causa, quœ sit vera, sustinetur actiis^ quando illa 
est sufficiens perse ad actum sustinendum. » 

Quominus autem illas nuptias contraxisset Petrus sub coac- 
tione amitae Eulaliœ minitantis eumdem privare compendio 
successionis, primum opitulatur testimonium Abelis de Bos- 
melet de se deponentis : < de n'avoir exercé aucune espèce 
d'influence. » Et itade Eulalia : * Elle était très désireuse de voir 
marier son ne?eu ; mais il ne croit pas qu'elle .ait exercé la 
moindre influence pour le contraindre à faire ce ma- 
riage. » 

Sed admisse etiam, quod vere Eulalia sub miuis privation is 
successionis nepotem ad controYersas nuptias adegisset, non 
exinde tamen metus a Petro conceptus ejus valoris fuisset ut 
matrimonium irritaret. Sunt quippe omnibus exploratœ condi- 
tiones, quœ requiruntur ad constituendum metum incidentem 
in virum constantem. Est enim omnino necessariiim ut malum 
sit grave, timor mali sit fortis, metum incutiens sit potens, imo 
et solitus exequi minas; metum autem patiens impos sit eva- 
dere malum; Sabelliuscum communi doctorum in sum. tract, 
divers. | Metus ^ num. 3. Porro defuit in casu prima conditio, 
quia timor quem prœtexit Petrus, non fuisset de malo vitando, 
sed potius de non capiendo lucro; id quod non constituit jus- 
tum metum. Angebatur nempe ob timorem perdendi hœredi- 
tatem amitœ, quœ nulle jure neque in re neque ad rem perti- 
nebat ad eumdem; ipse incitabatur spe lucri ; sed si amittebat 
lucrum utut fuisset magnum, nihil perdebat in suis bonis ; 
unde ejusmodi timor neque est justus, neque incidens in virum 
constantem. Sanchez, Ik mairim. p. 4, disp. 5, num. 29; 
Pontius De matrim. 1. 4, c. 5, n. 10 : « Deinde dicendum exis- 
timo> metum amittendi lucrum, aut hœreditatem, aut benefi- 
cium, quod quis sperat ab aliquo, ad quod non habet jus ad 
rem, non cadere in virum constantem .. eu jus optima ratio est, 
quia id non tam est metu deterreri, vel obligari, quam invitari 
spe lucri; spes autem et concupiscentîa, ut inquit S. Thom., 
non minuit sed auget voluntarium. » 

Ex aliis autem conditionibus nuUam verificari contendit^ 
neque ex parte Eulaliœ, neque ex parte Pétri ; non ex 
parte Eulaliœ, quia violentia repugnabat illius religioni, 
charitati in nepotem, et studio conservandi decorem familiœ. 
Religio Eulaliœ perspicue ostenditur ex ejus testamento in 
quo conspicuam summam libell. 7000 reliquit pro cultus 
divini incremento, et pro piacularibus animœ suœ suffragiis; 
aliam longe magis conspicuam summam libell. 40 millium 
reliquit sorori moniali, cujus compendium monasterio cede- 
bat. Studium conservandi decorem familiœ obtestatur nota- 
rius Brennettuit : c La famille de Bosmelet est une amille 
noble et ancienne. Elle avait conservé ses anciennes traditions 
et désirait que la fortune de la famille restât autant que possible 
dans les mains de son chef et de son principal représentant, 
qui devait être alors H. Pierre de Bosmelet. Mme de Bosmelet 



13 



MARIAGE. 



44 



dé&irait doac laisser sa propriété à ce neveu, et elle aurait eu 
no grand regret de le déshériter. » 

Prœsumptus aulem metus repugnabat eliam indoli Pétri; 
quippe cujus testimonium apparet ex eo quod alias nuptias a 
eonjunctis prima vice proposîtas absque uUo timoré et h^ta- 
tione : c^n les rejeta absolument. » Et si quidem coactio aliqua 
eumdem premere debuiaset^ facilius quidem eamdem intuUs- 
aent coojuncti in ea prima vice, in qua agebatur de removen* 
dis nuptiis cum concubina^ quam nupUis cum Julia, in quibus 
agebatur tantummodo de lucro dotis. Sed hoc etiam in casu 
si hoc uno timoré amittendi haereditatem amitœ ad Juliam du* 
cendam fuisset Petrus impulsus, haud certo omisisset certam 
aliquam cautionem de successione sibi adstipulari, ne ob im- 
previdibiles eventus cogeretur uxorem exosam retînere, et 
concupitam hœreditatem amitœ non lucrari. Atqui nuUam re- 
tulit cautionem ejusmodi, ita ut Eulalia in suo testamenio ne- 
potem constituens tueredem, neque uUi vel minime obligationi 
satisfacere innuit^ ueque de nepotis calamitate cujus causa 
principalifi ipsa fuisset^ condolere ostendit; id quod démons- 
tratj quod de coactione nihil erat, quod sibi fuisset succen- 
aendum. 

HflBc de validitate conjugii disseiit defensor vincuU. Subjun- 
git prsBterea, quod data adbuc et non concessa hypothesi in- 
Talidiutis, matrimonium nihilominus jam revalidatum fuisset 
ex cohabitatione et copula exinde sequuta. Scitum enim est, et 
nonnullse ex reccntioribus causis in Thesauro relatse id aperte 
oslendunty quod adhuc po&t conc. Trid. matrimonium nullum 
ratificatur, si intercesserit habitatio diutina vel copula cum 
âfiectu maritali ceu ex cap. S de sponsalib. et cap. 4 qui ma- 
trim. accus, poss» etsi impedimentum fuerit parti reconvali- 
danti cognitum, aliis autem occultumj ceu docent prœ aliis 
GoDzalezj comment, in cap. 21 de sponsalib. n. S ; Sanchez de 
matrim. I. 4, disp. iS, num. i2. 

De hisce conditionibus nuUatenus dubitari possa suatinet 
vindex vinculi* Quod nempe habitatio diutina intercesserit, 
patet ex eo quod ultra annum commorati siniconjuges absque 
uUa interruptione in oppido de Bosmekt. Quodhsc cohabita- 
iio fuisset cum afiectu maritali, id ostendunt primo dolor quem 
persensit Petrus in morte iilii, obtestante parocho Home, prs- 
terea hoc demonstrat epistola, quam post separationem mensia 
juUi 1864 ipse scripsit uxoii ut ipsam ad concordiam revocaret. 

Quod deniquo bec nullitas hypothetica fuerit aliis occulta, 
ex. eo demonstratur, quod notabilis pars testium, quos Petrus 
iaduxit autumabat eumdem duxisse Juliam iatoitu conspicusa 
illius dotia; amici autem familias suam operam praestitêrunlj 
«t conjuges revocarent ad concordiam; id qnod manifeste 
ostendit, nuUam in publico suspicionem adfuisse de invalidi* 
tate matrimonii ab iisdem celebrati. 

£x parte mulieris quidam adstitit procurator^ qui usque in 
prssens suam allegationem non exhibait, quam forte distri* 
buendam perlegere EE. PP. enixe rogantur. 

Hisce omnibus perpensiSiCrit sapientisa et doctrinaa EE.W. 
iofrascriptum obsolvere dubium : 

An constet de nullitaie matrimonii in casu. 

S» Congregatio Goncilii rescribendum censuit : Nef^stine. 
IMe S6 julii 1879. 



II 



flAlDOlUB BU BARON. 

Que ne fait pas L'amour dea richesaea ? U perte à 
contracter unmana^e abhorré. C'est ainsi q«e leberoo 
fat forcé, par la crainte d'être déshérité^ d^épooser 
nne femme qu^il n'aimait pas. On loi imposa cette 



femme, et il la prit^ pour son malheur. Hais cette 
union funeste produisit aussitôt les pins tristes fruits: 
l'aversion irréconciliable, la séparation de corps et 
de biens, rafin le divorce prononcé par le trîbnnal 
civil. 

Pierre perdit son père à seise ans, et passa sons la 
tutelle de son ende Abel, imbu de traditions jansé- 
nistes, comme sa tante Enlalie. La mère, qui avait 
reçu des principes entièrement opposés , se résigna à 
la position effacée qui lui fut faite, dans l'espérance 
que Pierre hériterait de ses parents. 

Exempt du sort en quaUté de fils aîné de veuve, 
Pierre prit du service en Bavière, avec l'autorisation 
du gouvernement français. Il connnt à Munich une 
jeune fille, et Ini promit de Tépouser. Libéré au 
commencement de 1862, il rentra en France. Ce fut 
alors que sa famille, voulant le détourner du mariage 
avec rAlIemande, lui proposa une fiUe appartenant 
à une famille fort riche. Tout fut employé pour ga- 
gner le jeune homme : ccmseils, sollicitations, mena- 
ces. La tante Eulalie possédait la plus grande partie 
des biens qui entouraient le château. Elle menaça son 
neveu de le déshériter. En vain Pierre protesta que 
son mariage avec Julie serait radicalement nul, par 
défaut de libre cwsentement. Les parents s'en tinrent 
au terrible dilemme : épouse la femme que nous 
t'imposons, ou bien tu perdras notre héritage. 

Le jeune homme voulut se soustraire à cette pression 
en partant pour l'Amérique; n'ayant pas d'argent, 
il en demanda à un ami, Jean Box, qui refusa. 

La baronne douairière ne stimulait pas son fils 
et s'abstenait de toute menace ; cependant elle 
l'exhortait à se rendre aux volontés de sa tante^ à 
cause des grands préjudices que sa résistance Ini 
causerait* 

Dans l'espoir de rompre le mariage, Pierre de* 
manda Taccroissement de la dot, et refusa les cau- 
tions que l'on réclamait. Les parents de Julie cédèrent 
sur tous les points. Il se montra froid et fit de rares 
visites. [1 envoya il est vrai les cadeaux de noces, non 
assurément par affection, mais par pure bienséance, 
et d'après la volonté de ses parents. 

Toutes ces tentatives ayant échoué, le baron, con- 
traint par la violence et les menaces, finit par se déci- 
der à un mariage auquel il ne consentait pas. Voilà 
comment la cérémonie civile et religieuse eut lieu le 
25 novembre 1 862. La tristesse qu'il montra devant le 
maire et le curé dévoila à tous les assistants qu'il n'a- 
gissait que contraint et forcé I Le soir du mariage, il 
passa une grande partie de la nuit à fumer, avec des 
amis. 

L'avocat fait l'histoire des faits qui ont suivi le ma- 
riage : aversion et séparation des époux, divorce pro- 
noncé en Suisse, enfin requête présentée en 1877 à 
Rome en déclaration de nullité, quinze ans après le 
mariage. Tons ces faits sont relatés dans le foUum de 
la S. Congrégation que nous avoua rapporté plus 
haut. 

Le patrimoine de la tante Eulalie montait à quatre 
cent vingt mille francs. Devant la perte d'une somme 
aussi importante, l'homme le plus ferme se sent atteint 



45 



MARIAGE. 



46 



dans sa fiberté^ son erorit s*obfleorcit^ il n'a plus le 
plein et parfait nsage ae sa raison. Ces biens qa^il 
s'expose à perdre lui appartiennent en quelque sorte, 
car ce sont ceux de sa maison et de sa famille. 

A l'époque du partage entre le baron défunt et sa 
sceur £ulali6, ceUfi«ci reçut la plus graixle partie des 
terres et des bois ; le château et quelques-unes des ter- 
res qui l'entourent furent détolus à son frère. Les biens 
d'Eulalie font partie intégrante du jdomaine. Par con- 
séquent la perte de rhéritage eût causé à Pierre un 
double préjudice : d'une part il aurait perdu quatrecent 
iringt mille francs ; d'autre part, le domaine et le châ- 
teau auraient été irrévocablement morcelés. 

Quel est Thomme qui n'aurait pas été influencé par 
de si graves considérations ? Il est indubitable que le 
baron futentratné malgré lui. Rejeton d'une ancienne 
et noble famille, ayant reçu une éducation conforme à 
son rang, portant un nom distingué, 11 était attaché i 
sa noblesse et à son opulence. Rayé du testament de 
sa tante, il compromettait à tout jamais la Taleur, 
Tindépendance et la sécurité de son domaine* 

Que Ton n'objecte pas qu'une partie des biens pon- 
vait fort bien exister sans Vautre. Car le grand-père 
qui régla le partage dans son testament, vit ht néces- 
sité de réunir les deux portions ; il recommanda à sa 
fille Eulalie de laisser des biens à celui des enfants qui 
aurait le château. 

Ce fut donc uniquement la crainte de perdre les 
biens de la famille qui amena Pierre à iaire extérieu* 
rement le mariage imposé. La dot de Julie n'y fut pour 
rien ; la preuve en est qu'il restitua spontanément 
cette dot aussitôt après la séparation, quoiqu'il pût 
selon la loi en garder l'administration et Tusufruit. 

L'ancienne jurisprudence admettait seulement la 
contrainte physique comme annulant le mariage. Dans 
la législation moderne la contrainte morale est recon- 
nue comme pouvant exercer une plus grande violence 
que la force matérielle elle-même. 

En effets la violence physique provoque naturelle- 
ment la réaction^ la résistance, au lieu que la contrainte 
morale, provenant des menaces et delà crainte qu'elles 
causent^ obscurcit l'esprit, affaiblit, opprime, paralyse 
la volonté. C'est pourquoi l'homme dominé par 
la pression morale est réputé agir sans lii>erté, sans 
consentement et sans volonté. 

Peut-on nier que les menaces qui font craindre la 
perte d'une succession causent une violence morale 
au plus haut degré et propre à paralyser la volonté ? 

Les canonistes comparent l'argent au sang, qui en- 
tretient la vie. De là vient quele danger de perdre les 
biens équivaut à la perte et au péril de perdre la vie 
naturelû elle-même. Or le mariage fait par crainte de 
perdre la vie étant nul, il faut ap[M:écier de la même 
manière l'union contractée tous l'empire de fat erainte 
relative à la perte des biens. 

Pigoatelli a traité la question, tome 7, consult. 77. 
Voici sa doctrine : € La crainte est juste et légitime 
si elle est causée par la perte imminente des biens^ soit 
en totalité, soit en partie. Le patrimoine est un second 
sang pour Thomoie. Les biens sont mis au même 
rang que la vie. Les embûches contre les biens sont 



assimilées aux pièges qui sont dressés contre la vie 
naturelle. C'est pourquoi la crainte de perdre les biens 
est comparée à la crainte de la mort. Ainsi pensent 

Menochius traité de Arlitrariis^ Tiraquel traité de 
Nobilitate, et d'autres savants jurisconsultes. » 

Thomas Sanchez estime que la crainte de perdre les 
biens influence l'homme ferme et décidé. Voici ce qu'il 
dit, liv. 4 de MatrimoniOj disput. 5: « Cette crainte est 
assimilée à celle de la mort. Ilestdit dans le droit romain 
que les biens et les possessions sont, pour ainsi parler, la 
vie de l'homme, parce qu'ils entretiennent cette vie. Le 
poëte Hésiode chante que l'argent est une âme pour les 
infortunés mortels. La crainte de perdre la plus grande 
partie des biens^ ou une portion considérable^ produit 
le même effet, supposé que Thomme sur lequel la crainte 
s'exerce ne puisse se sustenter convenablement dans 
la portion qu'il est menacé de perdre. Ainsi pensent 
Rodelle, Sylvestre, Balde, Francus, Cpvaruvias, Heu- 
riquez^ Aragon, et d'autres jurisconsultes. » 

Le mariage contracté sous la pression de la crainte 
n'est jamais revalidé pour la cohabitation, quelque du- 
rée qu'on lui suppose. Les anciens jurisconsultes exi- 
geaient la ratification spontanée et fibre. Cela ne suffit 
pas, pour l'époque postérieure au concile de Trente, 
car il est nécessaire de renouveler le consentement en 
présence du curé et des témoins. Cette nouvelle juris- 
prudence a été clairement exprimée dans un arrêt que 
la S. Congrégation du Concile rendit pour Se ville, la 
20 juin 1609: « Aujourd'hui,depuisleconciledeTrente, 
le mariage fait par contrainte n'est pas re validé là crainte 
cessant, par la cohabitation ni le commerce conjugal 
et d'antres actes. Il est nécessaire de remplir les forma- 
lités que le concile de Trente a prescrites et qui consis- 
tent à exprimer le consentement en présence du curé 
et des témoins. » 

Voici de longs extraits de la plaidoirie qui a été pré» 
aeatéeàla S. Congrégation du Concie au nom de ML la 
baron. On remarquera ce qui est dit de l'enquête ims* 
truite par-devant Pordinaire diocésain. Les conaidé- 
ratons morales qui terminent la plaidoirie méritent 
aussi d'être prises en considération . 

Restrictds jvbis et pacti pro baaobb Pfiieo M BosiotUBr 
coNTEÀ Chef d'Hostel. 

i . Quid non mortalia pectora cogit auri sacm famés ? Gogit 
s»pe sepitts ad crimina, fratres contra fratres, filios contra 
parentes impellit, cogit etiam ad ipsa matrlmonia, a quibus 
coiyogum animus omnioo abhonet, ineunda. £xemplttm 
vobis priBbet noster cliens baro Bosmelet, qui invitus et alio 
amore jam devinctua^ puellffi JuUœ Ghef-d'Hostel, quia dives 
et hseres exasse, ab amita sub pcena exbâ^edationis nubere 
coactusfuit. Ipse eam non aœabat, imo avertebatur; attamen 
statuta ei fait uxor, et malo fato nupsit. Sed tam nefasla unio 
sues ^ne mora uristes effectua genuit, subitaneam nempe dis- 
junctionem, flagitia, separationem personœ et bonorum, et 
denique divortium. Et ni vos. Patres Eminentissimi, provi* 
4leati vestra sententia matrimonii nullitatem decematis, ces 
est de jure et nos firmiter confidimus, quis nobis cavat g»- 
vîora flagitia et damna Inde, tamquam ex iuexhauste fiante, 
<d)veDtura? 

£n brevis factorum historié. 

2. Baro Petrus Bosmelet noster cliens sextum supra deci- 
mum œtatis annum vix agens, pâtre orbatus fuit, et fami- 



47 



MARIAGE. 



48 



liœ caput remansit. Patruus Abel Bosinelet, tutor datas, ejus 
educationi vacavit, una cum amita Eulalia Bosmelet^ qui 
jansenistarum doctrinam 6x corde sectantes^ matrein quœ 
principia e diametro opposita profitebatur, omnino seposue- 
ruDt, et base facile acquievit^ quia ilios nepotem bœredem ex 
asse sibi scripturos suasa erat. 

3. Ezemptos in Gallia a militia, qaia viduœ matris primo 
natus erat, anno suœ œtatis vicesimo, relata a Gallico régi- 
mÎDe facultate, in Bavarîco exercitu stipendia fecit^ et brevi 
inter loricatos milites centurio renunciatus est. Honachii prad- 
sidio commoraos, Bavaricœ puellœ Theresia N. amore captus 
violeoter, illi matrimonium spopondit vix ab armis disces* 
sisset Ineunte anno 1862 literas dimissionis a militia obtinuit, 
et in Galliam remeavit, qu6 puellam Theresiam secum tulit. 
Yix ad pa trios lares regressus, mat ri et propinquis suum con- 
siliuro et sponsionem pandidit. li viriliter et absolute obsti- 
terunt» oblatis econtra divitis et nobiiis concivis puellae nup- 
tiis. Sed cliens honoris et amoris causa cum juvene Theresia 
devinctus, renuit. 

4. Sed propinqui prœ oculis familiœ, cujus cliens caput 
erat, decus et divitias instaurandas semper habentes, paulo 
post aliud ei matrimonium obtulerunt, forsan priori utilius» 
illud nernpe cum puella Juiia Cbef-d'Hostel Urbis Cauverville, 
qu8B prœter conspicuam dotem, unica haeres ingentes paren- 
tum opes erat assequutura, et quod majus est, ejus familia 
Abeli et Eulali» Bosmelet veteri consuetudine et concordibus 
tum religionis, tum politicœ principiis devinciebatur. 

5. Putabant nepotem prœhisGe compendiis puellœ Theresiœ 
terga daturum, et ad juvenem Ghef-d'Hostel se con- 
versurum. Attamen a proposito non destitit, et acriter obsis- 
tere perdur&vit. Cocsilia, blanditias primum propinqui adhi- 
buerunt, sed cum in irritum cessissent, aliam semitam 
aggressisunt asperas nempe adbibuere minas^ inter quas illas 
exbœredationis* 

Hœ, validiores profecto quam quœlibet materialis pressio, 
clientis animum flecteredebuissent, non solum propter Eula- 
liœ hœreditatis pondus ad quadringenta francorum miliia 
pertingens, sed quoque propter bonorum connexionem ciim 
familiœ oppido, quod sine ipsis parum valuisset. 

6. Non omisit obtestari cliens se ducendo Chef-d'Hostel^ 
matrimonium radicitus nullum, contracturum fore, quia 
nullus erat ejus liber consensus : sed incassum, quia propinqui 
propositi tenaces dilemma posuere : aut matrimonium con- 
trahe a nobis indictum^ aut nostram bœreditatem amittes* 

7. Ad incitas redactus Baro in Americam pergere proficisci 
deliberavit, sed pecunia deficiens, aniicum Joannem Box petiit 
ut illam sibi mutuam daret una cum commendationis litteris. 
Sed Box negavit (Summ. Pars IV, p. 6). 

8. Mater, utut filium non stimulasset^ nec minata esset^ eum- 
dem hortabatur întuitu gravissimi damni obventuri, ut Eula- 
lisB voluntati cederet. Cliens indirecte se liberare studuit adji- 
ciendo matrimonio onerosas et veluti impossibile^ conditiones, 
augmentum nempe dotis, et imminutionem onerum, sive 
cautionum: sed taœc etiam artiftcia evanuerunt, quoniam 
a sponsao parentibus conditiones omnes adprobatfe sunt. 

9. Alias cliens substituit artes : frigidam nempe, et ulla 
absque cura erga sponsam se prdebnit; perraro ad eam visen- 
dam se contulit: ita ejus propîtiquis displicere et matrimonium 
excludi putavit ; sed bœ etiam artes in levés auras abierunt. 

10. Utique munera sponsœ tradidit, non ex amore, sed ex 
consuetudine, imo propinquorum jussu, ad inopisa notam 
vitandam. 

1 1 . Gonatibus hisce omnibus in irritum cessis, si demum 
matrimonio sese accommodavit, id non ex consensu sed vi et 
metu coactus denîque prœstîtit. Et proinde die 25 novembris 
1862 in urbe Gauverville tam civili quam ecclesiastico ritu 



matrimonium celebratum fuit. Coram syndaco et parocho 
8&gro et tristi animo affectus adstitit, et in consensus verbo 
proferendo, ^.evîdenter patuit id non libenter sed invite protu- 
lisse, quod omnes, qui aderanf, apprime perspexerunt. 

12. Quid plura? Nocte illius diei, quo matrimonium cele- 
bratum fuerat, potiusquam in conjugale cubiculum se reci- 
pere ; usque ad binas post mediam noctem horas secus cum 
amicis commoratus est foliis nicotbianis fumandis unice inten- 
tus. Et postridie cum admîratione a propinquis animadver- 
sum est prius solom sponsum in aBdiculam sacram perrexisse, 
et paulo post sponsam solam eo pariter pervenisse. 

13. Tam nefasta unio suos tristes efiectus sine mora genuit. 
Etenim paucis vix elapsis diebus inter sponsos primum incuria^ 
mox dissidia, demum odium exorta sunt Yir nxorem, uxor 
virum spemebat. Vir ab oppido discedebat, quin de uxore 
sciscitaretur ; et uxor vicissim etiam noctu conjugalem 
domum deserebat, et se ferebat ad Eulaliam quaa in 
paternam domum Cauverville eam adduci curabat. Hor- 
tantibus dein propinquis et amicis, ac prsesertim ipsamet 
Eulalia, uxor in conjugalem domum reversa est, sed 
communio vitsdimpossibilisevaserat. Quamobrem ipsarursus 
discessit, amplius non reversura. Hinc coram tribunali Deppœ 
separationispersonalisjttdiclum instituit : quod vero progrès- 
sum non est, quia voluntaria separatio successit, per quam 
conjuges vicissim independentes facti sùnt, uxori alimen- 
torumprsestatiostatuta, administrationem vero et usumfruc- 
tum dotis vir sibi retinuit. 

14. Haud bac obstante separatione, et inconsulta atque 
imprudenti Ghef*d'Hostel vitae ratione, noster cliens instantiis 
patrui Abelis, et coniinuis amit» Eulalis exbaaredationis 
miniSf impulsus fuit die 31 decembris 1868 venisB, pacis, et 
conciliationis literas ad uxorem mittere. Hasce literas con- 
trarius patronna S. Gongregationi produxit, autumans iliis 
potius affectum et existimatiooem, quam odium et repugnan- 
tiam erga uxorem probari. (Summ. pars IV, pag. 26.) 

15. Sedres prospère non successit, nam impossîbilis con- 
jngum conjunclio evaserat. 

16. Anno 1868, sponsi domum improviso repetiit. Hœc 
insperata visitatio in suspicionem adduxit tam patruum Abe« 
lem, quam conjugem, qui proinde ab oppido discessit, ibidem 
relinquens uxorem. At hsec cum susceptum defecisse videret, 
etiam ipsa abiit. 

17. Bosmelet dotis administrationem et usumfructum uxori 

remisit. 

18. Sponsa disparuit, quin conjnx nec alius quUtpiam 
locum, ubi sedem fixerat, detegerent. 

19. Bosmelet judicium separationis corporis et bonorum 
instituit coram tribunali DeppflB, quod, sententia diei 13 
aprilis 1869, de piano separationem decrevit exculpa uxoris, 
et proinde ei nuptialia lucra omnia abstulit. 

20. Domina Eulalia ineunte anno 1869 ex bac vita migravit 
fide penilus servata universalem legatarium sibi scripsit baro« 
nem Petrum. Hic a quavis cura et pressione exemptus, necnon 
spectabilis fortunœ domious, ut tandem ab iila nefasta 
muliere se liberaret, et aliam duceret ad legitimam sibi com- 
parandam prolem, expertus est Americam petere, et ibi divor- 
tium, quod Gatlicis legibus impermissum erat, assequi. Sed de- 
ficientibus requisitis conditionibus voti compos facius non est. 

21 • In Galliam reversus, obtenta ab illius ditionis modéra- 
toribus venia in Helvetiam profectos est, ubi latifundio 
coempto, civitatem assequutus est in municipio Elsau Tigu- 
rini pagi. Qua civis Helveticus judicium divortii coram tribu- 
nali Winterthur promovit, et de&nitivam sententiam obtinuit 
die 26 septembris 4871. QusB sententia in rem judicatam abiit, 
nam res conventa nec illi sese opposuit, nec ab ea appellavit, 
ceu constat ex epistola avoc. Tlgurini Arlin. 



49 



MARIAGE. 



50 



M dienii qua integne fldei catholico ut alierum inire 

posset œttrimomum, baud satis erat civile vinculum dirortio 

disnipâs9t» erat opua illud etiam ecciesiasticum de cujus substan- 

tMouUUale non dubitabat, dissolvere. Eiinde 15 die februarii 

i877 obsequeates precesSaDcl»Sedi8abmittebat,quibus flagi- 

iabat inatrimoniam cum puella Chef-d'Hostel, ntpoie vi et 

metii initum naliam decerni, et prœmina processus iostruc- 

tîone. eaasam juxta constitutioneni Beuedictinaaii a Sacra 

Gongregatione tamquamio prima judicari. 

SI3. Hse preces a Sacra Coogregatione ad Ebroicensem epi- 
scopam sobsequentibos iiteris niissae suut. 

Periilustris ao rev. domine uti frater. 

Periectis în Sacra Gougregatione GoDcilii adjunctis pre- 
cibus baronis Pétri Atbanasii de Bosmelet insertisque ab eo 
exhibîlis documentis^ Emi Patres ad Amplitudioem tuam 
scnbî mandarunt, ut îpsa (prœmissa ab oratore formali cita- 
tîone} procédât ad formam juris. 

Haee Eminentissimorum Patrum mandata dum per prae* 
sentes eiequimur, AmpUtudini tuœ fausta omnia precamur a 
Domino. 

Roœœ» 34 feb* 4877. Ebroicensi episcopo. Card« Gaterini 
pnefectus, I. Yerga, a secretis. 

24. In ritn hoîusce mandati ab Ebroicensi episcopo die iH 
aognsti 1877 tribunal constitutum, vinculi defensor nomi- 
natos fuit. 

35. Eadeai die actoris Bosmelet advocatus coram dicto tri-i 
bunali institit pro partium interrogatorio, et pro audiendis a 
cliente allatia testibus. 

26. Et rêvera die 24 ejusdem mensis inlerrogatus fuit Bos- 
melet, qui pro se novem testes adduiit ; prostridie vero rea 
conventa Chef-d'Hostel. Ejusdem diei decreto statutum est 
ut diebas 18 et 19 septembris audirentur testes tum a Bos- 
melety tum a vincuii defensore adducti. 

Die 18 septembris pro Bosmelet auditi fuerunt : 

1. Optimas vidua Bosmelet mater clientis. 

2. Domina de Forestel. 

3. Doounus Pelletier. 

4. Doaùnus Thomas Rivière. 

5. Dominus Gamillus Bouler. 

27. Die 19 auditi sunt très testes a vinculi defensore pro 
muUere allati, nempe parochus Uome, coram quo matrimonii 
csremonia acta est, necnon ii, qui eidem adfuerunt Garolus 
Henricus Quesnel, et Amedeus de la Rousserie. Insequenti 
die 28 exquisitus est quartus teslis, nempe notarius, qui nup- 
tiales tabulas adstipulaverat. 

28. Quatuor alii testes ab actore superinducti, nonnisi per 
delegaiam magistratum auditi sunt nempe per arcbiepisco- 
pum Neapolis princeps Patagoniss, olim iegatus Siculi régis 
apud Bavariam, per episcopum Guriœ vidua Theresia^ et 
sororis vir» et per episcopum diœcesis S. Flori vicecomes Poli. 

29. Cornes d'Onsembray nonus, sive postremus actoris 
testis, detentus legitimo impedimento, suam declarationem 
scriptam et confirmatam, ad curiam Ebroicensem misit. 

30. Die 18 octobris advoc. Taillet spéciale dominœ Chef 
d'HosIel mandatum exhibuif^et in nullitatis judicio ejus patro- 
num se deciaravit, et a judice Hugoniu ei copia facta est. 

31. Sub die 19 octobris juxta instantiam advocati Liberati 
pro actore rogantis latum est decrelum processum claudi, 
acta pnblicari, et partibus communicariiinsimulstatuta est 
audîemia 5 novembris pro causœ propositione decernenda; et 
hoc decretum rite partibus nunciatum fuit. Eadem dieab adv. 
Taillel pro rea conventa petitum est examen duorum aliorum 
tesUiuDy quioti nempe et sexti, scilicet Abolis Bosmelet patrui 
clienUs, et domini Daossj judicis pênes tribunal DeppsB. Peti- 
tîone excepta delegati faeiiint pro examme archiepiscopus 
fiotomagensis, et episcopus Forojuliensis. 



32. Die 30 novembris ab adv. Agnetta baronis- Bosmelet 
patrono actuum avocatio expetita est,ut juxta primam instan- 
tiam causa a Sacra Gongregatione tamquam in prima judi- 
caretur; et hsec petitio a Sacra Gongregatione ad Ebroicen- 
sem episcopum die 19 januarii 1878 remissa est cum clausula 
sequenli: <c Episcopo pro informatione et veto référât de 
légitima petitionis causa. » 

33. Judex hic, hac petitîone recepta, causœ propo^itioncm 
suspendit, et litteris 2 februarii 1878 actus omnes ad S. Con- 
gregationem misit. 

34. Summus pontifex, cui relatas fuerunt instantiœ Bosme- 
let, die 29 aprilis 1878 dignatus est decretum emanare. 

35. c Ex audientia SSmi, die 29 aprilis 1878. 

c Sanctissimns bénigne annuit ut pnesens controversia avo- 
cetur ad Sacram Gongregationem Concilii, et ab eadem prœ- 
termisso medio adjudicetur^ eaque ponatur in folio citata 
parte ac defensore matrimonii ex ofScio. » 

86. Ebroicensis episcopus de hoc SSmo decreto partfceps 
factus partibus die 26 et 30 julii communicavit, et Iiteris 11 
augusti i878Sacr8BCongregaiionise idgessisse nunciavit. 

37. Domina Ghef-d'Hostel, quœ a processus instructione 
seniper abfuit, processu Romam pervento binas protulit epi- 
stolas, alteram baronis clientis ei missam diei 31 decembris 
18C5, alteram ab optimate illius |matre de Bosmelet conso- 
brin» marchionissœ de Mortemart diei 3 augusti 1862 direc* 
tam. 

38. Ad hasce epistolas oppugnandas, aliœ addoclœ fue. 
runt a sponsi patrono^ quarum ad repetitionem vitandam, suo 
loco agemus. 

Jam ad theseos probationem progrediamur. 

39. Quisquis animo etiam peregrinus in canonicis disci- 
plinis vil ac scrutantes oculos injiciat brevem desuper histo- 
riam a nobis prsemissam, nec non desuper acta fideliter relata, 
facile suadebitur noatrimonium, cui attendere vos rogamus^ 
insanabili nullitate laborare. Atque ut facilius munus ve8« 
trum adimplere possitis, nostram demonstrationem triparti^ 
mur. Primum nempe controversiam in facto expendemus: 
videbimus scilicet an matrimonium, de quo res est, contrac- 
tum fuerit plena animi libertate^ an potins sub timoris et vio- 
lentiœ pressura; et necne existant rêvera in actorum pro- 
cessu hujus pressuras positivas et specîficae probationes. 

40. Deinceps disseremus de juridico valore hujus pres- 
surée, an scilicet metus et vis adhibiti, talis gravitatis et mo« 
menti fuerint, ut consensum vitiaverint, et voluntatem passi* 
vam reddiderint : an nempe intrinseci et substantiales fuo- 
rint, an simpliciter extrinseci et accidentales, et an posterior 
cohabitatio et copula ratibabitionem secum ferant. 

41. Tertio vestramattentionem vocabimus supra hujus cau- 
i^as moralitatem, et supra funestas consequentias, quas ex 
contraria ejusdem causœ solutione, tam nostri clientis cons- 
cientis, quam publicaî moralitati proflaere possent. 

PARS I. 

Matrimonium, de quo in casu, ex metu gravi nullUer 

contractum fmU 

42. In precibus huic Sacrae Gongregationi a nobis exhi- 
bitis illud in primis narravimus, quod optimas cliens spon- 
salia jam inierat cum juvene quadam, nomine Theresia, 
natione Bavarica ; atque illud non ediximus quasi ex hujus- 
modi sponsalibus nuUitatem sequentis matrimonii arguere 
vellemus ; scit enim etiam qui nihil scit, quod sponsalia de 
futuro nonnisi ad primum consangainitatis gradum impedi^ 
mentum dirimens producere possint Factum illud idcirco ea 
mente narravimus, ut vel ab initio eminentissimi patres dignos- 
cere possent ciientem Bosmelet in contrahendo matrimonio 



19* scaiB, 



51 



MARUGE. 



de quo est coDtroversia, jam adeo alteri inulierî fuisse ex 
cordis affectioae deviDCtum, ut ulli fere impossibile foret 
honoris causa alteri liberum prœbere posse conseusum. Nos- 
trum igitur erit vobis primo loco existentiam pra^fatorum spon- 
salium demonstrare, et quanta cordis affectione clieus dictam 
Theresiam prosequeretur. 

43. Et in primis evincitur confessione ipsius Theresise nunc 
viduœ, quœ satis superque est ad plenissimam probationem^ 
praesumi enim nequit mulierem, quae actu distinctnm in 
sociali ordine locum tenet, quœque spe futuri matrimonii cum 
cliente copulam habuerat, propriam turpitudinem fassam 
fuisse^ sese nempe sontem criminis haud perpétrât! déclarasse, 
et publiée sese infamasse, ut alterius lubidini et voluntati 
morem gereret, imo illi adamussim, qni eam primum deho- 
nestaverat, et deiiiceps deseruerat» 

Secundo evincitur declaratione Leviri dictœ Theresiœ, 
qui hujusce dicta confirmât. 

44. Et demum binis declarationîbus domini Salvatoris Gri- 
feo principis Patagoniœ, quondam legati Siculi régis in Bava- 
ria, emissis nempe altéra coram notario Lionti Panormi sub 
die 28 decembris 4876, altéra coram archiepiscopo Neapolis 
speciatim delegato a tribunali Ebroicensi. 

45. In ils declarationîbus princeps inter alias baronis renuen- 
tise causas recenset ejus amorem erga Theresiam et promis- 
sionem matrimonii eidem prolatam. 

Hisce peractis^ ad defectuili liberi consensus demonstran- 
dum procedamus. 

46. Cliens noster longum testium agmen ad propriam the- 
sim fulciendam adducere poterat, quia nemo adest in oppido, 
nec Âu£fay^ nec Cauverville, nec in ea qua late patet provin- 
cia, qui nesciat taie matrimonium impositum fuisse : tamen is 
utilius consilium ratus est paucos producendi, sed omnes 
multœ auctoritatis et fide dignos, quorum socialis condition et 
morum integritas de testimonii veritate solidissima est caution 

47. Ântequam vero de bis loquamur, operœ pretium existi- 
mamus vestram attenlionem quoad interrogatoria vocare. 
Nostro clienti a vinculi defensore triginta sex quaesita directa 
fuere, quibusipsereapondere debuit, et reapse ad unguem 
respondit. 

48. Nos non immorabimur heic hujusce interrogatorii spe- 
cialia adjuncta animadvertere quia nimis longum et fastidio* 
sum foret. Ideo orationem restringimus ac limitamus ad ani- 
madvertendam promptam et spontaneam locutionem a cliente 
adhibitam in responsis erga quaesita proposita, necnon ordi- 
nem et harmoniam responsionum, a quibus enixe patet eum 
nempe nolle uxorem ducere Chef-d'Hostel duplici ratione : 
primum quia honoris et affectus vinculis alii mulieri ligatus ; 
secundo ob invincibilem antipathiam et naturalem aversio- 
nem mulieri, quae ceu totius vit» socia ei proponebatur* 
Eum in primis renuisse banc propositionem accepto 
habere : impulsum postea a vehementibus propinquorum ins- 
tantiis^ restitisse adhuc ; intimidatum postremo exhœredari ab 
amita Eulalia^ quse sunm hseredem univers! assis designa- 
verat, cedere debuisse duplici animadversione; scilicet ob 
dictœ hseredilatis valorem, et ob bonorum attinentiam cum 
sua proprietate et cum oppido familiae. Eum cessisse vi et 
minis, sed non consensisse, talemmoralem coactionem magis 
valuisse quam materialem^ en! ipse usque ad extremas conse- 
quentias restitisset. Ejus indifferentiam pro uxore ab ipso 
celebrationis matrimonii momento confirmare ejus repugnan- 
tiam, et violentiam ad eam superandama propinqnis licet 
frustra adhibitam. Czoris Vivendi rationem probare eam 
nupsisscBosmeletyhaudutvindicaret sibi socium et consor« 
tem, sed ut a parentum dependentia se subtraheret, libertate 
gauderet. Postremo causam impellentem illius nefasti vin- 
culi non tanlum fuisse nummi amorem, scilicet conspicuam 



sponsœ dotem, sed potius limorem familîss bona annttendi. 

49. Hisce posiUs perlegite, Eminentîssimi Patres, exhibitas 
nostro clienti interrogationes, et nec momento temporis faœre- 
bîtis convenire consensum a Bosmelet pnestitum haud fubse 
fiberum, nec spontaneum^ sed vi et metn extortum. 

Et nunc de interrogationibus sponsœ dominée Ghef-d'Hos^ 
tel 

50. Si opus vobis erat per extensum légère interrogationes 
actori baron! Bosmelet directas^ et ejus responsiones, ad eflor- 
mandam vestrum critérium^ quoad nK>ralem ejus statum; 
indeclinabile vero est interrogatorium Gbef^âllostel sedulo 
percurrere. 

51. Etsi prorsus renuerit respondere qaibusdam qusesitis 
gravioribus ei directis, ipsa tamen compos non fuit aliquas 
dissimnlare circumstantias, quœ directe in nostrse tbeseos solu- 
tionem influunt. 

52. Primum scilicet unicam causam illius motricem fuisse 
conspicuam ejus dotem, nempe nummi amorem : quod explicat 
nullum fuisse sponsi erga eam afiEectum, nec non Bosmelet 
familiae studium pro tali unione» 

53. Secundo. Principalem actricem hoc in negotio 
fuisse dominam Eulaliam, etiam post ortas inter spon- 
sam et virum discordias, et sequutam separationem ; instante 
ipsa pro desertione judicii separationis jam inchoati, et pro 
conjugum reconciliatione. 

Id clare erumpH ex responsione ejusdem sponsœ sub 
num. 25.... 

Vinculi defensor sub num. 2. sponsœ sequens aliud quœ- 
situm dirigebat. t Quelle a été Torigine et la cause de vos pre- 
miers dissentiments ? Avez-vous eu à souffrir de la négligence 
du baron^ ou du caractère et de la conduite de sa mère î 

55. Responsio buic qusesito nimium facilis erat, nec a 
domina Ghef-d'Uostel ignorari poterat: et quod majus est 
magni ponderis erat pro probatione. 

Attamen illa respondere negavit : 

c Je refuse de donner des explications à ce sujet, i 

En, Patres, mala ejus voluntas^ en tenax et deliberatum 
propositum adversandi solutionem matrimonii quod nunquam 
contrahere debuisset? 

SG.Nequedicatur dominam Ghef*d*Hostel sunm virum adhuc 
diligere, quoniam acriter obstat ne abeo dissolvatur. Em. 
Patres, illa non diligit, sicnti nunquam suum virum dilexit. E 
contra, agit contra ipsum ex odio et spiritu contradictionîs. 
Scit virum appetere vinculi dissolutionem, hoc satis est ut ei 
contradicat. 

57. Duœ aliœ negativœ responsiones quœsitis a vinculi 
defensore propositis, latœ sub num. XIII et XIV (pars II, 
pag. 17) nobis nitide veram animum et intentionem hujusce 
cerebrosœ et incomprehensibilis mulieris explicant. « Ayez- 
vous opposé personnellement quelque difficulté à ce mariage? 
Vos parents vous laissaient-ils une entière liberté, ou bien ont- 
3s exercé quelque pression sur vous? Aviez-vous alors quelque 
affection pour le baron de Bosmelet, et espériez-vous être heu- 
reuse avec lui? > 

58. Geu facile colligitur, haec duo quaesita tendebant ad decla- 
randum ejus moralem etmaterialem statum coram viro> familia 
et societate. Debuisset ergo ipsa properare analogam ipsis 
responsionem, declarando, imo ejiciendo aliquod dubium, et 
aliquam suspicionem, quœ contra ipsam oriri potuisset. 

Et tamen ipsa venta ne suœ responsiones viri condition! 
prodesse possent, respondere penitus respuH. 

59. Utile quoque. Patres Ampl., imo necessarium censemus 
vos rogare,ut testinm utrinque adductonim socialem eonditio- 
nem ac moralitatem sedulo perpencfatis. 

60. Ex octo testibus qui pro cliente nostro deposoernnt, nec 
unus adest, qui integram fidem hand meieatur, quum omnea 



53 



MARUGE. 



54 



plus aiDnsfe in speeiftUU ftociali conditione coDslituti smt, et 
«mpfissiouim moralitatîs vadimoniam pnebeant, quare eonim 
dicta ooili exception! obnoxia esse possunt sab jarisjurandi 
saiidîUle prolata. 

6i . Hac prsBjltcta observatione^ nunc ad cujusque depositionis 
examen iranseamus. 

In primis invenimus nobilem et perillustrem dominam œta- 
tis proYectaB : ipsa est Enrica, Bianca Yirieu, baionissa vidua 
Bosmelet, nostri clientis baronis Pétri mater. 

62. Videmos qaonam juridioo poUeat valore ejus testimonium. 
Inquit hoc matrimonium familiam Bosmelet voluisse et rêvera 
eonclusisse : prœcipuam iUius auctricem fuisse dominam Eula- 
liam^ qiue minitata fuit nepoU sese eum exbaeredataram, si 
Ghef-d'Hostel non nupsisset : affert rationes^ quibus Eulalia 
mota fuerat) propter nempe alterutrius famiiiœ reciprocam 
coDsoeindînemy principiorum consonantiam, dotis valorem, 
bonorum proximitatem, et animum in nepotis familiam prse- 
domim'um exercendi. 

Âsseverat filium invincibili a sponsa aversatione affici, et 
sese segre ejusdem repugnantiam et perditum animum vi- 
disse. 

63. Neque heic sistit domina Y irieu . Ipsa nobis ind icat vim mo- 
ralis pressors ab amita exercits, enuncians entitatem ejusdem 
patrimonîi, a quo filius exheredatus procul dubio fuisset, si 

lli matrimonio non annuisset. 

64. Ig^tur domina baronissa loquutaest breviter ulique, sed 
cathegorice filii agendi rationem» necnon plenarîam causa 
thesim delineavit, ita ut ejus dedarationem solummodo légère 
SDfficiaty ut quisque suasus esse possit de iUins matrimoni 
nuUitate. 

65* Carolus CamiUus Bonlen. Hic testis baronis Bosmelet 
amicns a teneris unguiculis, et comnûles, ait se tantum scire 
tam propria scientia, qaam ex declarationibus ei aliisque a 
baione prolatis, hune nempe a sponsa aversari et invincibiiiter 
aversarî : et sub violenta agnatornm pressura nupsisse, et pras- 
serthn amitœ EnlalisB, qn» eum exheredare minata est û eam 
poellam non nuberet : basée minas ex se gravissimam esse cau- 
sam et alla qualibet eflScacissîmam, nemo est qui non videat, 
tum ob dictas hsereditatia pondus, tum ob bonorum, ex quibus 
oonslabat, positiooem, utpote quse necessario ex oppido Bos- 
melet dependebant. 

66« Amit«e Sulaliœ iUius matrimonii conclusionem magnopere 
interesse sentiebat testis^ vel intuitu conspicu» dotis, quam 
fismiliae Bosmelet afferebat, vel quia ejusdem vêtus decus ita 
restitutum fuisset. 

67. Rogatus ex oflScio undenam in sponso tanta erga iUa» 
poeUam repugnantia, respoadit quia onwià in puelia^ et ejus 
familia sponso displicebant. 

68. Rosa Eulalia Leconte vidua Duforestel novit sponsumab 
infantia, quia semper degit in prsediis Bosmelet. 

69. Repetit fere eadem, quœ declaravit testis praecedena circa 
Bosmelet aversationem a puella Ghef-d'Hostel : Dominaa 
EolaliiB curas proillo matrimonio, harumce curarum rationemi 
et ejusdem minas in nepotem prolatas. Loquitur etiam de 
dicte Eolaliœ bœreditatis pondère née non de ejus bonorum 
eum oppido attinentia. Respondit verba baronissœ matris 
Bosmelet dicta, et ab hac sœpius relata^ scilicet ipsam in illo 
mairîm<Hûo suum filium immolasse^ 

70. Ait conjuges semper frigides et discordes inter se 
fuisse, et subdit in oppido postridie celebrationia matrimonii 
admirati(Hie et stupore adnotatum fuisse, baronem in sacram 
sdiculam solum se contulisse^ et post dlutinam moram venisse 
solam uxorem. 

71.Sugenius Pelletier undequaque prscedentibus concors 
estRepetit invincibilem baronis contra puellam Chef-d'Hostel 
aatipathiam ; causam impellentem pro amita sponsi fuisse 



sponsœ opulentiam ; ideoque curas ejusdem Eulalidd, et minas 
exhœredanti nepotem, si dicto matrimonio non annueret : 
ejusdem luereditatis pondus : dependentiam et connexionem 
^us bonorum eum oppido Boamelet. Asseverat baronem paulo 
post matrimonium valde tristem fuisse. 

7?« Thomas Rivière, eum barone valde familiariter utebatur, 
prœsertim post ejus reditum a Germania : bine baro ei iuli- 
mum suum animum aperiebat ; illum certiorem fecit de sua 
a&ectione erga Bavaricam Theresiam cui nubere promiserat, et 
si propinquorum oppositionem non invenisset, sese nuUam 
aliam mulierem in uxorem ducturum. 

Is quoque repetit cîrcumstantiam admirationis oppidanorum 
quando postridie post initum matrimonium vidèrent in saeram 
œdem seorsim, et longo temporia intervalle primum virum, 
deinceps uxorem pervenire. 

73. Salvator Grifeo princeps Palagonise juratam emiserat 
deelarationem per acta Lionti notarii Panomû sub die 38 de- 
cembris 1876, quœ extat in processu (Summ. pars I, pag. 37) 
etalteram per deleg ationem coram arcbiepiscopo Neapolis/iuœ 
legitur in Summ. pars III, pag. 13. Ibi testis loquitur de amore 
erga puellam Tberesiam Monachii, et matrimonii sponsione 
illi publiée prolata : et se id scire ait tum quia ipse Monachii 
moraba turque legatus Siculi régis apud Bavariœaulam; tum 
quia eo vel majus pro certo habiiit, quando invitatus in oppi- 
dum Bosmelet, ibi aliquandiu commorandi causa, se contulit. 

Is deponit de istius baronis perdito animo, propter coactio- 
nem ad uxorem ducendam mulierem, quam aversabatur : 
deponit exclusivam causam impellentem dicti matrimonii ex 
parte amitae sponsi fuisse conspicuam dôtem Chef-d'Hostel : 
et ex parte sponsi ejusdem amitse minas exhœredatioms quibus 
illam mulierem ducendam cogère valuit. 

Testimonium principis nec roagis explicititum, necmagis 
cathegoricum esse poterat. 

74. Oscar vicecomes Poli, 6a]lus,oeupraecedeos binas edidit 
declaratioDes, alkeram in scripUs, quam ad Ebroioensem eu- 
riam transmîsit, et legitur in Summ. part. I, pag. 40 : alteram 
prolatam, per delegatam personam, coram episcopo diœcesis 
S. Flori, et extat in Summ. part. lU, pag. 5. Ipse deponit 
sese jam a pueritia cnm Bosmelet familiariter usum fuisse, et 
asserit sibi constare dictum matrimonium alium non habuisse 
finem quam divitias sponsss, quibus a propriis propinquis baro 
Bosmelet immolatus fuit 

Deponit de violentiis et pressura ab amita Eulalia in nepotem 
exercita : de ejus minis hune exbœredandi,'de ejus haereditatis 
pondère, nec non de hujusce attinentia eum oppido Bosmelet. 
Ait malum dicti matrimonii exitum necessariam fuisse modi 
quo contractum fuit conséquent iam. 

Hujusce testis nobtlitas, honorificentiae, et erga Sanctam 
Sedem studium et obsequium magis magisque robur et vim 
. ejus dictis comparant» 

7S.Gomesd'0nsembrayobsuamabsentiam^tere non potuit 
coram Ebroicensi curia, misit ergo ad dictam curiam per lite- 
ras diei 13 septembris 1877 suam deelarationem, qu» decreto 
19 septembris in processu alligata fuit. 

Dictus testis de omnibus causœ prœcipuis circumstantiis fi- 
dem facit : nempe de baronis Bosmelet repugnantia, de pro- 
pinquorum, et prffîsertim amitsa, pressione et ejus minis 
exhs&redationis : de ejusdem hareditarii assis pondère, et de 
bonorum ab oppid6 dependentia. Tutus nos reddit se suum 
amicum Bosmelet,Parisiis,in oppido Bosmelet, et alibi semper 
solum vidisse, et nunquam ne verbum quidem obmussitare 
audivisse de uxore, quad ab eo utpote nunquam extitisset, ha- 
bebatur; et tantum ad eam animum intendisse, quando 
eadem iniques conatus implore studuit qui ei et famiiîœ infamiœ 
notam appinxissent* 

76. Joannes Box. Non minons quam prascedentes, auctoritatis 



55 



MARIAGE. 



S6 



et momenti censemus deposiiionem domini Joannis Box, 
equitis Legionis honoris, magistratus ad honorem et veferis 
principis Macbinarii. Ejus declarationem scriptam insimul cum 
aliis documentis nuper sacro cœlui prœbuimus. Ipsa eitra dubii 
aleam pooit in comperto Bosnoelet aversationem ab illo matri- 
monio, necnon ejus familiie pressiones, ita ut ad illud effu- 
gîenduni peregre ire veitet : ait sponsum hune in finem a se 
literas commendatitias et pecuniam mutuam poposcisse, quae 
omnia illi denegavit, exeo quod autumaret consiliuminituma 
sponso petendi Américain, inconsulium esse, et reprobandum ; 
malum animum inter eum ejusque propinquos fore ut exci- 
tasset. 

Verum testis ait, in sequelam contrarii dicti matrimonii 
exitus, sui pœnituisse ut in Bosmelet Toluntatem non cessent. 

77. EugeniusetÂlexandrinaBeaudoinconjuges. Hi duo testes, 
ambo famuli in domo Bosmelet, qui nescimus quanam de ra- 
tione haud f uerint vadati, scriptam ediderunt declarationem, a 
parocbo et sindaco d^Auffay authenticatam, quœ actibus alli- 
gâta extat. Ipsi confirmant aversationem Bosmelet ab illo ma- 
trimoniOf quia inter domesticos lares contentiones, et dominas 
Eulaliœ minas audiebant : inter virum et uxorem Jurgia con* 
firmant^ eorum separationem tam thori quam cubiculi ; ab- 
normem uxoris vivendi ratîonem, viri contemptum in uxorem 
quasi ejusdem uxor non esset. 

78. Eminentissimi Patres, depositiones hactenus enucleatœ, 
nobis videntur dubietatem quamcumque dirimere quoad exis- 
tentiam in facto vilii nuUitatis a nostro cliente adducti. Gradum 
nunc faciemus ad depositiones ex adverso allatas tam a sponsa, 
quam a vinculi defensore. * 

Nos censemus ipsos non solum non posse everlere nostras 
probationes, sed imo vim et robur illis adjicere, et magis ma- 
gisque nostrœ theseos triumpho inservîre 

98. Probavimusrationedirecta etanalytica, adductisa priori 
argumentisvim imperii atquemetûs, seu moralemcoactionem 
ad matrimonium contrahendum ; non abs re erit uti ratione 
etiam synthetica et argumentis a posteriori seu a moribus con- 
jugum post matrimonium initum desumptis. 

Quemadmodum, Patres Amplissimi, perperam ageret, qui 
vellet asserere matrimonium vi et metu fuisse contractum, 
quando conjuges illico post initum matrimonium mutua con- 
cordia et amore sese invicem prosequ^rentur; ita jure meri- 
toque dici débet minime matrimonium libère contractum 
fuisse, quando saltem alter ex conjugibus immédiate, ipso 
matrimonii die^ ita se haberet, quasi de matrimonio actum non 
esset, alterum f ugiendo conjugem imo et ipsam matrimoni i 
consumât ionem evitando : quando alter alterum despiciat^ 
vitse communionem detrectet, alterius in curis domesticis 
consilium adversetur; quando omnem arripiat occasionem 
deserendi conjugalem domum, vel itineris, vel venationis 
causa, quasi de domo ad ipsum non pertineret; quando spon- 
sus sciât ipsam uxorem absque licentia noctu domum conju- 
galem relinquere et ad propinquos confugere^ absque eo quod 
sponsam impediat, imo quin illi de bac agendi ratione causam 
inquirat. Numquid, Emi ac Revmi Patres, diei poterit sponte 
et libère illam duxisse uxorem, quam ipso die matrimonii, et 
sequentibus temporibus ita pertractat veluti de re sua non 
esset? Quid si sponsus iste judicia instituât ad separationem 
obtinendam? quid si peregre proficiscatur, atque ipsam civita- 
tem desererecupiat, et de facto deserat, alteri nation! se civem 
addicat, ut divortium etiam a vincuio a civilibus tribunalibus 
petat, et obtineatY Haec omnia, Patres Amplissimi, cliens post 
matrimonium praestitit, ut ita demonstraret nunquam libère 
consensisse. Et baec omnia licet seorsim inspecta nuUitatis con- 
sensus argumento esse non possunt : tamen positivis moralis 
coactionis probationibua juocta, consensus defectum mirifice 
confirmant. 



Quis ergo prœ hisce om nibus, conj ugii libertatem ao validi ta- 
tem substinere posset ? 

PARS IL 

* 

Vis et mettUy de quo in casu^ cadii in virum eonstantem. 

99. Hoc unum nobis. Patres Amplissimi, demonstrandum 
superest, vim et metum clienti illatum maximi gradus fuisse, 
atque talem, qui in virum constantem evidentissime cadat. 
Sed hoc apodictice prœstare difficile nobis non erit. 

Testimonia habemus complura ac perspicua multorum, 
quos baro adduxit, quique mira concordia nefarium déclarant 
impertiim Eulaliœ ejusdemque minas assiduas exhseredandi 
adolescentem, illumque amovendi a locupletissima suoces- 
sione, nisi prsefatam puellam duxisset. Jam ut hujusmodi mi- 
narum vis innotescat, quidque iode consequatur ad evincien* 
dam consentiendi, vel dissentiendi libertatem, opus est 
praBstantiam dict» successionis cognoscere; siquidem quo 
praestantius patrimonium invenietur, eo major vis imperii, 
minaromque existimabitur. 

100. Quadere non solum testes quotquot a baroneaddncun- 
tur, sed etiam notarius Brennetuit ab adversariis vocatus, osten- 
dunt patrimonium Eulaliae ad quadringenta et viginti franoorum 
millia pertingere, id etiam constat ab legatis relictis^ nec non 
ab aestimatione bonorum nuper Sacras Congregationi Concilii 
tradita. Hujusmodi bona quœ pluribus a sœculis Bosmelet 
familial fuerunt, ejusque nobilitatis [decoreni augel)ant, Petrus 
contemplabatur mox ob exhaeredationem, nisi impositum ma* 
trimonium contraheret, amittenda. 

Et vere, comparatis inter se et coUatis repugnantia in pro- 
positas nuptias^ et amissione pecuniae 430,000 francorum, vir 
etiam constantissimus libertate agendi destituitur; nam 'mens 
obnubilatur, plenus atque perfectus rationisusus deficiatopor- 
tet, ita ut nuptias potius amplectatur, quam ingentem illam 
bonorum summam, quodammodo sibi debitam, quia de domo 
et familia sunt, amittat. Diximus c quia de domo et familia 
sunt, V nec immérité. Etenim amita Eulalia soror erat Ambrosii 
sponsi patris. Uterque ortus fuerat ab Augustino barone Bos- 
melet. Def uncto genitore, fideicommissis in Galiia ex lege de- 
letis, bonorum peracta fuit divisio juxta parentis testamentum. 
Obtigit baroni Ambrosio oppidum, et plurima vicina prasdia : 
plura etiam prœdia, et nemora oppidum attingentia attributa 
fuere Eulaliae, quam pater uti natu primam pras caeteris filiis 
dilexerat. Ita bona EulaliaB partem integrantem ipsius oppidi 
constituebant. Hinc perspicuum omnino est, amissionem illius 
bsreditatis futuram fuisse baroni duplici dctrimento ; némpe 
amissionis francorum 430,000^ atque divisionis, et aBStimatio- 
nis oppidi sut. 

401 . Hisce rerum adjunctis nemo inficiabitur magnum inesse 
pondus, magnumque ex hisce consequi moralem effectum« 
Ex bis igitur baronis animus impulsus dici debebit; ipse sane 
ab vetusta, clarissimaque familia ortus erat^ educationem uti 
decebat, divitias, et gentis suse nomen receperat : nobiiitati 
opulentiœque studebat. Intelligebat igitur amissa baereditate 
Eulaliae, seu supradictis nemoribus ac praediis, se sui oppidi 
valorem, libertatem, et securitatem amissurum. 

402. Neque objiciatur quod una bonorum pars sine altéra 
recte consistere poterat. Nam ipse avus Augustinus testator 
necessiiatem bona illa uniendi recognovit, quando moriens 
Eulaliaecommendabat eadem bona relinquendi, cui oppidi pos- 
sessio obveniret. Unus itaqne hicmetus amissionis bonorum, 
invitum Petrum ad matrimonium adduxit, haud vero, ceu obji- 
ciunt, diyitiaB dotis Juliae Chef-d'Hostel. Quod verissimum esse 
nemo inflcias ibit, si paulisper sponsi agendi rationem post 
matrimonium inspicere velit; nam baro eo temporis, quo cum 
uxore vixit, nihili fecit uxoris dotem, quam insuper ultro di* 



57 



MÂRIAGB. 



58 



miât «Die ipsam separationis sententiam^ dum dotalia bona 
reliaere jure poterat, non solum adminisirationis, sed etiam 
fruilîomi causa. Id confirmatur tum declaratione ipsius Jaliad 
data die prima julîi 1868 (Samm. pars IV^ pag. 43) tum ejus- 
dem apistola ad notarium Brennetuit diei i octobris i868, de 
faealMe sibi a conjuge facta administrandi dotis susb bona. 
(Somm. pars 11^ pag. 34.) 

103. Reliqnum estut videamusutrum exbseredatio ita volun- 
tatcffl auferaty ut habita legum ratiooe, origo sit impedimecti 
dirimenlis matrimoDium. Qaa de re nemo, uti existîmamus, 
dubitabit. Juxta veterem jurisprudentiam physica tantum ad- 
mittebatar coactio : hflBC uoa putabatur vitiare consensum et 
matrimoDîum irritare. Récentes vero auctores et ipsemet Sacer 
hic Ordo contrarîum tenait; scilicet ex morali etiam coaclione^ 
imo a fortiorî consensum TÎtiari. 

El re quîdem vera contra physicam violentiam suapte na- 
tura oriiur reactio, et in forli viro tenax resisientia : ast mo- 
ralis vis et mînae^ ac metus iode dimanans, intellectum obnu- 
bilai, voluntatem débilitât, obtundit, hebetat. Ita ut qui sub 
bac pressione morali agit, sine libertate, sine consensu, et sine 
voluntate agere dicitur. 

Jam comminatîo et metus amittendi prœstantem hœreditatem 
et ingentissimam pecuniœ summam nonne satis erat ad roora- 
!em vîm in summo gradu constituendam validissimam ad 
auferendam voluntatem? 

Ita sane affirmandum censemus. Id adeo verum est^ ut 
praestantîssimi legum canonicarum periti pecuniam compara- 
rint sanguioi, qui vitam alit, proinde periculnm amissionenique 
bonorum, ipsius vitœ naturalis amissioni et periculo compara- 
rint. Quare metum etiam amittendœ vit» non pluris lestima- 
vere^ qoam metom amittendarum opum : unde conjugium 
initum ' metu [amittendœ hœreditatis, vel magnœ pecuniœ 
irritum esse^oluerunt, non secus ac si initum esset metu vitam 
amittendi. 

Ad rem doctrina clarissimi Pignatelli (Tom. VU Com. 77, 
n. 6ibi). cJustum autem metum incutiunt sola quandoque 
alicDjas potentia, cruciatus corporis, instans omnium vel partis 
boDoram amksio, cam res sive patrimonium sint quasi secun- 
dns hominis sanguis et vilœ quodammodo œquiparentur. Et 
propterea quasi paria censeantur insidiari vitœ et insidiari 
bonis; atque ita metus perditionis omnium bonorum œquipa- 
retur metui mortis. Menoch. de arb.9 lib. 2, cent. S, cap. 140, 
n.6,et i3b, num. ult. Tiraquel de Nobil. c^ap. i3, n. 364. » 

iOI. Nec ttllum sane dubium quod nedum metus amissionis 
omnium bonorum, nedum metus amissionis majoris partis 
bononim, sed et amissionis rei magnœ et notabilis, cadat in 
virum constantem. Idcirco matrimonium sub hujusmodi metu 
initum nullum et irritum omnino censetur ac extat. Satis est 
hac in re magistralem proferre doctrinam principis omnium 
canonîstarum ac theologorum Tbomœ Sanchez, qui in lib. IV, 
&p. 5, a n. 30 ad 26 de matrimonio, ita late ac docte disse- 
rii: 

«Sit tamen prima conclusio; metus amissionis bonorum 
cadit in virum constantem. Probatur quia œquiparatur metui 
mortîs, Qtbene docet Tiraquel de nobilit. cap. 34, num. 369, 
nam bona sunt qusddam hominis vita, ut probatur ex lege 
Âdvocatiïk Cod. de advoc. divers, jud* ibi : Vitam defendunt : 
obi G/os. verb. vitam explicat. ut non perdant quod habent. 
Idemque comprobat Hesiodi carmen : Pecmia est anima mi'- 
ieris mortaiibus. Sic Glosa, cap. unie. verb. coaetus, de bis quœ 
ri, in 6 : et ibi Joannes Monachus num. 5. Albertus Brunus 
inter ooosilia feudaliai cons. 82, n. 7, et doctores omnes 
n. sequenti allegandi. 

€ Secunda conclusio : metus amissionis majoris partis bo* 
Dorom cadit in virum constantem. Probatur ex cap. 4 de res- 
litutione spoliatorum in 6, in fine principii : c lllum autem 



spoliatum intelligi volomus qui tota sua substantia, vd majori 
parte ipsius se per violentiam destitutum affirmât. Et L. Prop* 
ter lUem, in princ. ff. de excus. tutor. ibi : nisi forte de 
omnibus bonis aut plurima pbrte eomm controversia sit. Item 
quia hœc amissio adeo grave damnum reputatur ut morti œqni- 
paretur, ut late probat Tiraquel de nobilit. cap. 31, n. 369. 
Ergo ejns metus est viri cont»tantis. 

Omittimus omnes innumeros auctores ibi citatos. 

€ Secundo limitatur eadem conclusio quando talis est major 
pars ea bonorum, ut metum passus absque illa vitam susten- 
tare minime possit. Sic Roselle verbo metus \ additqne Silvest. 
vel saltem requiri ut attentis facultatibus metum passi gravem 
patiatur jacturam, sublata majori bonorum parte, quia potest 
inquit tam dives esse ut eam jacturam non faciat ea ablatione 
majoris bonorum partis. Ceterum nec hœc limitatio placet : 
sed universaliter credo esse verum, timorem amittendi majo- 
rera bonorum partem esse justum. Quia est gravis jactura, at- 
que ita virum constantem mérite movere potest. Quod videntur 
tenere doctores. 

fl Immo idem credo quando non est metus amissionis om- 
nium facullatum vel majoris partis si sit metus amissionîs rei 
magnœ et notabilis, quia virum constantem jure optime hoc 
terret. Sic Baldus, cap. Verum statim in princip : de^ jurejur. 
et ibi Alex, de Neu et melius Francus cap. unie, de bis quœ 
vi, 6^ n. 8, ubi postquam dixerat metum amissionis omnium 
bonorum vel majoris partis cadere in virum constantem, sub- 
dit idem esse de metu magni damni in rébus. Et Govarrur. 
4 décret. 2 p. cap. 35 n. 48 in fine ; nam postquam dixerat 
metum amissionis tolius, vel majoris partis patrimonii esse 
viri constantis, subdidit esse hujusmodi timorem amissionis 
magnœ rei. Idem videntur tenere Enriquez. lib 41 de raatri- 
monio cap. 9 n. 4. et Aragon 22. quœst 88 art. 3 § proexplica- 
tione hujusdifficuliatis, ubidicunt amissionis magnœ bonorum 
partis timorem cadere in virum constantem. » 

406. Videndum est modo utrum adsit aliud extremum etiam 
essentiale scilicet perduratio et actualitas hujus vis et coactionis, 
num nempe usque ad matrimonii celebrationem perdurave- 
rit et actu incussus fuerit. Sed quando de morali coactione 
disputatur, superflua opéra est immorari in hoc extremo per- 
quirendo, quia hoc coactioni morali inditum est, atque insi- 
tum. Et sane qui metu Coactus Ecclesiam adit matrimonium 
contracturus, non ipse se ducit, sed duci dicendus est. Quin 
etiam firmiori et majori trepidatione premitur, atque agit, ne 
si domum redeat re infecta comminationes in executionem 
transeant. Consequitur ut si Bosmelet metu exheredationis 
conjugio ineundo consenserat, etiam in actu metus ille exti- 
tit, cum ipse cogitaret consequutura damna si se conjugio illo 
non devinciret. 

407. Sed ut in re nostra metus rêvera gravis existât, aliœ 
etiam requiruntur conditiones uti docet summusFerrarius, cu- 
jushœc sunt verba (de matr. V. 400). 

c Ad metum gravem quatuor conditiones requiruntur. Pri- 
mo quod malum, quod timetur sit grave in se, et non solum 
in vana œstimatione metuentis. Secundo quod cum rationa- 
bili fundamento et non leviter, et imprudenter timeatur. Ter- 
tio ut metum incutiens potens sit minas esçqui. Quarto quod 
is, qui timet) non possit utio modo minanti resistere, aut vi- 
tare malum, quod timet. Quod si alterutraharumconditionum 
deficiat, metus erit levis. » 

408. Sed in casu, de quo agimus, conditiones isfœ omnes 
apprime verificari jam in parte probavimus.et in reliquisprobar 
bimus. Et sane non putamus dici posse imaginarium, et exa* 
geratum metum illum ex quo consensus matrimonio prasstitus 
est, cum fuerit verus et effectivus metus, uti argumento sunt 
facta in processu relata. In primis quidem Eulalia etiam ante 
illius matrimonii cogitationem hœredem facere nepotem cons- 



m 



MARIAGE. 



60 



titaeraty quam fidem reapse prsestitit. Deinde ejusdem bona 
ffistimabantur pluris quam quadriDgenta viginti miUia &an- 
corum et opportuna erant oppido Bosmelet. Tandem ipsa Eu- 
lalia hœredi instituendo necessarium addidit conditionem 
de illo matrimonio, qua deficieate exberedatio coasequeos 
erat 

i09. Quae cum ita sint, sine dubitatione nedum verus ratio- 
nabilis et gravis, sed aciu mairimonii incussus fuit metus ille, 
ex quo baro ad mairimonium processif Sed dicet quis Eulalia 
vere non fecisset exhaeredem nepotem, si bic susa voluntaii 
resisteret ? 

In bisce disquisiiionibus opus est per inductiones et argu- 
menta a noto ad ignotum progredi. Vos efficaces minas inve- 
nietis quando il]a, quae minitata est, poterat reapse m'mitari ; 
quando inveni^Uis in minis perdurasse, usquedum matrimo- 
nium celebratum fuit, imo etiam usque ad triennium post 
ejus célébra tionem, scilicel quando causa dissension um inter 
conjuges exorta, actum est de formali separationis judicio 
promovendo tune enim^ Patres Amplissimi, invenietis illam 
ad hoc judicium avertendum easdem minas contra nepotem 
itérasse. Ita docet Pignattel. Cionsult. 44, tomo X n. 16, ibi : 
a Propterea metus tune pro nullilate actus et electioiiis ad-* 
duci potest quando talis probatur qui cadat in constantem 
virum per textum in cap, 3, ubi periculum, § cœterum de 
elect. in C. Sigismund a Bonon. de elect et potestate prielat. 
part. 2, dub. 52, n. 4, et fusius dub. 54. Ubi quod sola rêve- 
rentia non inducitper se sufficientem metum, sed necesse est^ 
quod minans sit potens minas exequi, imo et quod etiam sit 
aolitus vel saltem quod revocetur in dubium. » 

IJO. At aliquis objiciet sponsum Petrum potuisse amitœ 
pertinaciam vincere et ejus minas vilare/itautapropositorece- 
deret ipsum ad illas nuptias quas abhorrebat compellendi. Ita 
objicienti tuto négative respondere non dubitabimus. In pri- 
mis enim cliens noster repugnare conatus est, usus omnibus 
argumentis. Quae cum irrita omnia evasi essent^tentavit (frigi- 
dum et indifferentem animum prœbendo erga sponsam, im- 
modicas et inadmissibiles conditiones contractui adjiciendo) 
tractationes ex parte propînquorum sponssB disrumpi. Sed ha- 
jttsmodi tentamen in irritum quoque cessit, nam coujugis pa- 
rentes conditiones illas, quamvis durissimas, admiserunt. 

Quid amplius ut ad nuUitatem iilius matrimonii insanabilem 
concludatur ? 

ili. Posset etiam vinculi defensor cohabitationem objicere 
clientis cum sponsa. Sed ipsa cohabitatio matrimonium reva- 
lidare non potuit^ uti luculenter demonstrabimus. 

Quidam inter auctores juris canonici putaverunt cohabita- 
tionem conjugum post iaitum coacte matrimonium, satisesse 
ad vitium nuUitatis sanandum. Hultô vero plures atque etiam 
prsBstantiores secus arbitrati sunt, et ad horum sententiam 
accesserunt fere omnia tribunalia : atque haec rationabilior 
sententia est. Et merito,nam sanari nullo modo potest^ quod 
non existit. Atqui in casu matrimonium ex gravi metu initum 
nouexistit; ergo sanari non poterat, nisi iterum matrimo- 
monium rite ac légitime iniretur. Notissimum est forense ada- 
gium : « Quod ab initio nuUum est, tractu temporis convales- 
cere non potest. * Igitur quœcumque actio acquiescendi vel 
cohabitandi, utcumque diutuma nullo modo sanat matrimo- 
nium invalide initum. Hsec principia adeo perspicua sunt, ut 
sapientise vestrœ injuriam inferre censeamus, si ad ea confir- 
manda alias rationeSj et argumenta, nec non doctorum et 
lurisprudentiaa auctoritates addiderimus. Attamen illi ipsi» 
qui perperam autumant a conséquent! vitae communîone nul- 
Ûtatem sanari, eam intelligi volunl communionem, q\m cum 
amore et concordia progrediatur, quae conjugum adversatio- 
nem et repugnantiam demonstret eessavisse, haud vero oom- 
munionem quœsit brevissimi temporis, abrupta intervallis, et 



assidue infesta convention ibus, dissidiis, discessionibusque 
obreciprocam conjugum malevolentiam^ intolerantiam viri 
erga uxorem, et viceversa, 

il2.Atqui secundi hujus generisreapse cohabitatio, et corn- 
munis vita habita est a barone cliente cum domina Julia Chef 
d'Hostel, uti patet ex superius dicus, praesertim ex ipsius fœ- 
mina» conclusionibus in judicio sep^trationis prolatis, quas 
defensor matrimonii addi voluit declarationi notarii Br^ne- 
tuit. 

GonfirmandsB thesi adjumento erit si conditiones et ad juncta 
considerentur quae canonum periti necessaria existimaat 
ut a conoequenti cohabitatione vera ratihabitatio statui pos- 
sit. 

113. Schroalzgrueber(Jur. eccl. 419}: « Quaeritur an matrimo- 
nium gravi metu extortum, convalescat per diuturnam coha- 
biiationem utriusque conjugis, subsequentem ad matrimonia* 
lem contractum metu initum : si textus inspiciatur (cap. Ad 
id) videtur absolute tenenda afSrmativa ; nam ibi generaliter 
ex cohabitatione per annum et dimidium continuata consensus 
praesumitur esse renovatus. Sed repetenda est distinctio data, 
et dicendum cohabitationem per tantum tempus conUnuatam 
non aliter acceptandam pro ratificatione consensus, quam si 
spontanea et libéra fuit, et de ho3 intelllgendum estcap. ad 
id. citât, ut notât, idib. glossa et docet Sancbez 1 n. 4 de 
matrim. d. 18 n. 3. Perez. p. 17 sec. 13 n. 5. Ratio est quia 
ita etiam sine commercio carnali cohabitans affectu conjugal! 
cohabitasse ; ac proinde matrimonio légitime consensisseprae- 
sumitur. Estque praesumptio haecsecundumdoctores praesump- 
tio juris et de jure. » 

114. Quidquidvero sitdehujusmodi quaestione animadver- 
tendumsedulo est, eam iocum amplius habere non posse post 
concilium Tridentinum. 

. Nam Sacra Congregatio hase sœpe saepius declaravit matri- 
monium vi vel metu initum numquam revalidari posse per 
subsequentem cohabitationem et copulam habitam, nisi reno- 
vetur forma ab eodem concilie sub pœna nullitatisprasscripta. 
Idcirco vehementer aberrant, qui post concilium Tridentinum 
contrarium adhuc docere contendunt. Siquidem in puncto 
Sacra Congregatio hsec in Panormitana nullitatis matrimonii 
diei 3 septembris 1719, § Pro hoc, punctum juris declaravit 
et sanxit. « Pro nullitate vero primi matrimonii facit, quod 
post concilium Tridentinum, quod novam formam indixit in 
contrahendo matrimonio, pnesentiam videlicet parochi et 
duorum testium, non solum matrimonium est nullum, si fue- 
rit contractum per vim et metum, sed ulterius non convalida- 
tur, nisi iterum contrahatur, adhibita forma conciliî, licet in- 
tercesserit cohabitatio cum copula, juxta resolutiones bujui 
Sacré Gongregationis, et signanter in Hispalen 20 junii 1609, 
lib. 11 decretorum pag. 58 a tergo : Sacra Congregatio Gar- 
dinalium concilii Tridentini interpretum saspius respondit: 
Hodie post Tridentinum conciMum matrimonium metu con- 
tractum et purgato metu cum cohabitatione cum carnali co- 
pula aliisque actibus non convalidari, nisi iterum contrahatur 
adhibita rursus ejusdem concilii forma> et concordat alia re- 
solutio in Constantinopolitana ibidem deoembris 1634 L. 15 
decretorum fol. 140 a tergo. 

415. Item in Cœsenaien^ diei 10 apiilis 1723, § il : « Cum 
illud matrimoniumnullumsitquod contractum est propter me- 
tum a consanguineis stapratas incussum stupratori, Dec ex co- 
pula etaliis actibus subsequentibus revalidatumdici posset défi- 
ciente Tidelicet novi prasstatione consensus coram parocho et 
testibus, juxta resolutiones hujus Sacras Congregationis in 
Hispakn. 26 junii 1609 lib. 11 decretorum fol. 58 a tergo : et 
juxta aliam resolntionem in Cùnitantinopolùana 2 decem- 
bris 1634, et 46deeeœbri8 ejusdem anm lib* 15 decretorum 
pag. 130 et 140 a tergo. a 



6i 



MARIAGE. 



62 



416. làeo vSbW omnino obstat quod mulier pluries ad domum 

irln nccessisfiet, donec suum consensum non renovaverit coram 

parocho et lestibus, metns neqnaquam purificatur^ ut ad rem 

Sacra Congregatio in Vigilien. matrimonii diei 23 junii 1725, 

%ItmeOj ibi : c Loquendo demum de novo ad domum ac- 

eessopost contractum matrimoDrom concludit^ eumin puncto 

jam nuliaiB constîtuere releTantiam : supposito quippe metu, 

et quod matrimonium contractum fuerit dependenter a metu, 

cadente m constantem virum, subsequens cohabitatio illud 

▼alidam efficere non polest» nisi noTus accédât consensus ad- 

Ubita fonna a condlio Tridentino prœscripta, juxta resolutio- 

nem hujns Sacrée Gongregationis ia Bispalen. 20junn 1609, 

lîb. W âccretorum; et juxta aliam resolutionem in Constanti- 

nopoHtana^ decembris 1634, et i6 decembris ejusdem annî 

foL 130 et 140 tib. iS decretornm. 

ill.Eadem Sacra Congregatio in C^sn^ti; matrimonii diei 
17 decembris 1735, § Hœc, ibi : « Lîcel matrimonium vî et 
meCu inîtum olim censeretur per subsequentem copulam, vel 
dîuturnam eohabitationem adprobarî, ita ut ex subsecuta bac 
adprobatione convalidaretur juxta veterem sanctionem textus 
in cap. Is qui fidem^ et in cap. Ad id de sponsal. bodie tamen 
in dicta sess. 24 cap. i de vi et metu^ ut matrimonium vi me- 
tuque contractum validum fiat^ non sufBcit subsequens illius 
approbatio, sed necesse est ut coram parocho et testibus ite- 
rum celebretur, ut omissis aliis, rescripsit Sacra Congregatio in 
Bispahn. 20 junii 1609. » 

118. Punctum hoc juris ab anno 1609authentice declaratum 
adunguemperenniter servatumest: quando enim impedimen- 
tmn publîcum affertur, ac extat, nequaquam matrimonium 
reconyalidari potest nisi forma per Patres Tridentinos praes- 
cripta renovetur^ ac adamussim novus solemniter consensus 
prœstetur. Idcirco eo tantum in casu matrimoniam reconvali- 
dari potest per subsequentem cobabitationem et copulam posfr 
concillam Tridentinom^ quo scilicet impedimentum non sit 
publîcum sed occuUum. Hoc tamen dumtaxat casu qnoad oc- 
cultum impedimentum excepto^ nulia prorsus hodie post con- 
cilium Trid^tiDum dubitatio ineat, quod matrimonium nec 
per qnadriennalem cobabitationem^ nec diuturnam vitae con- 
saetudinem ratibaberi valet absque nova consensus prsesta- 
tione coram parocho et testibus ut in terminis pariter sanxit 
hic Sacer Ordo în nuperrima Parisien, matrimonii diei 25junii 
et diei 27 angusti 1864. 

119. Enimvero în prsefata Parwim.Frîdericus iEmîlius d'Er- 
langer Odittam Aloisiam Florentiam Laffitte in uxorem duxît 
coram parocbo et testibus, nec non cum ea per întegrum 
quadriennium cobabitavit. Post quadriennalem cobabitatio- 
nem sese invicem conjuges separarunt, ac inde judicium nul- 
litatis matrimonii ex capHe vis et metus pênes Sacram hanc 
Congregatîonem institutum fuit. Hoc in casu defensor matri- 
monii ex officio objiciebat in § Defensor, ibi : oEx universa 
factoram série puellam Odittam nuUa causa externa non 
phjsica vî, nec morali violentia, per minas et gravem metum 
ad conjuginm ineundum fuisse pertractam, bene vero elec- 
tione propria, et facti consideratione cum scilicet apprime 
intelligeret matrimonii celebrationem melius esse vel saltem 
minas mahm^ quo post lugendum Deppœ eventum per ephe- 
merides ubique pervulgatum proprio bonori consuleret. 

c Qood sedulo ostendere nititur^ sive ex testimonio ipsius 
Odittœ, sive ex altero patris vel parochi célébration! matri- 
monii adsistentis, sive tantum ex ipsa mulieris agendi ratione, 
cnm dissociationem connubii quoad thorum et cohabitatio- 
Bem non alio sub prœtextu petierit, quam propter impossibi- 
lem coneiliationem animorum et vitœ communionem. a 

120.1nid enixe praefatus defensor matrimonii ex ofBcio ins- 
Stit^ut ostenderet, quod licet metus in virum constantem ex- 
tîtisset, is puofeclo purificatus existeret ob quadriennalem co- 



babitationem ac diuturnam vit» consuetudinem, ceu in §Poi- 
«rmo, ibi : « Postremo proponit dootrinam canonistarum 
docentîum quadriennalem cobabitationem plus quam satis 
esse ad hoc matrimonium ratîhabendum quia tum diutuma 
vit» consuetudo inducît praesumplionem juris et de jure mu- 
lîerem libère consensisse. Immo cum taie matrimonium în 
forma concîliarî celebratum fuerit ipsis actibus conjugalibus 
sine forma exteriori revalidatum censet, praesertira cum toto 
quadriennio Odîtta contra matrimonii vinculum nuraquam re- 
clamavit. > 

121. Al contra recte distinguebatur inter impedimentua 
publîcum, et occultum : nam quoad impedimentum occuUum 
revalidatur quidem matrimonium ex actibus conjugalibus 
et diutuma cohabitatione, non vero quoad impedimentuoi 
publicum, nisi renovetur per conjuges consensus solemniter 
coram parocho et testibus, ut in puncto in | Quod^ ibi : « Quod 
si ..... ex solo capile vis et metus nec matrimonium nuUam 
diei velil, hoc etiam in casu ralihabitionem deficere contendit. 
Nam hujusmodî impedimentum tum tantum diutuma coha. 
bitatione deleri et matrimonium convalescere autumat cum 
occultum fuerit ; quod si publicum, revalidari matrimonium 
negat allata auctoritate Barbosœ de offic. episcop. alleg. 23 
n. 149;Fagnani in cap. de illis U de spons. imp. n. 13, 
Scbmalzg. Jus ecc. tom. 4 part. 1 lib. 1 g 420. Cosci aHorum-* 
que, Sacrae Congregationis in Panormitana nuUitalis matri- 
monii SOseplembris 1719, in Cenaten. 10 aprUis 1723. > 

122. Idcirco bis utrinque perpensi*, proposito dubio : an 
constat de nullitate matrimonii in casu î Sacra Congregatio die 
23 junii 1864 respondit affirmaiiw. Atque inde reproposilo 
dubio sub formula : An ait standum, vel recedendum a ded» 
sis in casu î Sacra Congregatio die 27 augusti 1864 respondit: 
in decisis, 

123. Eminentissimi Patres, eo vel magîsincasu de quo agi- 
tur, id pariter stotuendumest, cum agatur pariter de împedi- 
mento puUico ex capte vifiiet metus, ac vehementiores urgeant 
circumstantiaa quœratihabitionem prorsus exeludunt, et quia 
nunquam conjuges consensum coram parocho ac testibus re- 
novaverint. 

124. Hinc cohabitatio nullam convalidationis probatîonem ef- 
ficît, sed tantum est causa pnesumptionis. Sed qu^ecumque 
prœsumptio affectionis, vel consensus valere naquit, contra 
facta qu» de prœsentî re sunt exposita. Ipsa enim non afiec- 
tus conjugalis et amoris indîcio sunt, econ/ra révélant recî- 
proca animorum fastidia, atque odia, nec non utriusque repu- 
gnantiam et intol^rantiam : proinde non utî convalidationis 
argumenta adduci possent, cum potius nullitatis vîlîum, seu 
defectum liberi consensus confirment ; cumque ex iis îndubie 
inferre debeamus ex cohabitatione conditionem conjugum 
misse în pejus : îdeo nulla ratio est ex cohabitatione concilia- 
tionis, et convalidationis arguend». 

128. Oportetexperientia omnino esse expertes, oportet phyâ- 
cashomînîs conditiones necnon magneticam vîm, quœ in viriet 
mulieris contactu evolvitur, ignorare, ut copulse post coactivi 
matrimonii celebrationem, probationis efficacia tribuatur. Hic 
actus ex se nostra scientia, nullam prœbere probationem aut 
suasionem posset, sed solum evinceret virum juxta mulierem 
conslitutum, vel proprîi amoris et cupiditatis objectum, vel 
odio habitam et invisam, nil amplius cogitare aut velle, sed 
solum naturœ corruptae instinctui obsequi, nec prout bomi- 
nom decet sanas mentis operari. 

Nos quotidie videmus conjuges, qui sese invicem odio, et in- 
vincibili odîoprosequuntur, virumquibruti more uxorem per- 
cutit, attrectat, atque contemnit, et umen simul convivendo^ 
uxorem cognoscit, sed non maritali afiectu, inde ex eoruoi 
inviso et exoso convictu oriri filios : profecto baud dicendum 



63 



MARIAGE. 



64 



erit dictos filios esse amoris froctum, bene vero belluini et 
irratioDabilis însiinctus consequentiam. 

\ 26. Eia hœc facta^ quœ sœpe eveniunt, et qoœ ex quotidiana 
experientia résultant, vobis probant coitum band îndubiam 
probationem prœseferre benevolentise^ qua vir mulierem pro- 
sequitar et vice versa.Ex copula post coactivum matrimonium 
habita nullum logtcum et juridicum consequensj quod ad ra- 
tihabitlonem inferre possit, deducendum est. 

Hisce naturalis et pbilosophici ordinis adnotationibus prœ- 
jactis ad canonicam nostrœ thesis demonstrationem acceda- 
mus. Ceu auperius Jndicavimus opinîo quam canonistœ et 
nos plene amplectimur^ illa nempe quœ distinguit an copula 
spoDtanea et maritali afiectu habita, an potius coacta fuerit, 
et brutali instinctu provenions, prœ aliis omnibus logica et ra« 
tionabilis est. 

i27. Nibllominus nos censemus hoc modo quœstionem cum 
substantialibus quaestionis ejusdem extremis absolvi. 

Usque ad evidenttœ lucem probavîmus violentiam et me« 
tum non soium prœcessisse, et concomitasse, sed etiam sub- 
sequutum fuisse matrimonii celebratîonem, quoniam amita 
Eulalia non solum nepotem coegit sub exhœredationis minis 
ad iilud celebrandum, sed post ejus celebrationem in ipsum 
directam pressionem exercere insti tisse : quod adeo verum 
est ut anno 1865^ scilicet triennio post celebrationem, ipsa 
simui et frater Abel nepotem coegerint, ut non solum ab in- 
cfaoando, post uxoris scandala^ formali bonorum et person» 
separationis judicio desisteret, (quod judicium solum permi- 
serunt ut anno 1868 promoveretur, qoando comperùerunt et 
manu veluti tetigerunt sponsae Chef-d'Hostel agendi rationem, 
et suasi sunt conjugum reconciliationem impossibilem eva- 
sissOj et si evenisset^ gravi nepotis et familias dedecori futu- 
ram esse)^ sed imo eum coegerunt ad scribendam mulieri epis- 
tolam sub die 31 decembris 4865 (Suum, pars IV, pag. 26) 
de qua jam loeuti sumus}. 

128. Desideratisne etiam pressionis per multos post matrimo- 
nium annos protract» inconcussam probationem ? Yobis eadera 
presto erit in agendi ratione dominée Eulaliœ, qnie ets; 
molto ante matrimonium nepotem sibi hœredem scribere 
spopondisset et publiée patefecisset, et deinceps tremendîs 
veluti armis hoc usa fuerit ad eum ut assentiretur jugulan- 
du m : suum testamentum condere et reapse hœredem eum 
instituere haud deliberavit nisi kalendis sextilibus anni 1868, 
quum nempe omnem reconciliationis inter conjuges spem, 
non nepotis voluntate, sed ob inconsultum Ghef-d'Hostel 
agendi modum amiserat. 

En violentia usque ad postremas suas cooseqcentias sem- 
per et incessanter in nepotem perlata : en quomodo Isdc vio- 
lentia suum influxum et effectum in copulam exercuerit, et 
ideo hase nequit velut argumentum aut probatio ratibabitionis 
adduci. 

129. Infinitam heic doctrinarum seriem ad nostram thesim 
fuiciendam afiferre possemus, tamen unam tantum, quam 
maximi momenti prœ aliis putamus, adducere nos limitamns. 

130. Schmaizgrueber» Jur. eccles. tit. 1 desponsalibus et ma- 
trim sect. 3 § If , num. 414, ibi : « Quœritur an matrimonium, 
gravi metu extortum, et propterea nullum, firmetur per copu- 
lam, illius contractum subsecutam ? AflSrmant id absolute cap. 
consul tationi 28 de sponsalibus » Paludan in 4 disti n . 29 quaost . 1 , 
art. 3... Sed melius respondetur distinguendo : vel enim 
copula subsecuta etiam ipsa extorta metu est, vel isto jam 
cessantCi omnino libère et affèctu conjugali est habita. Si hoc 
posterius,per ita admissamcopulam matrimonium condrmatur... 
Quod si vero prius contingat, et etiam copula sit metu extorta, di- 
cendumcum DD. cit. matrimonium metu initum per itaadmis- 
sam copulam non confirmari .Ratio est : 1 . Quia Eccksia irritavit 
matrimonium, gravi metu extortum, ob defectum pleni et 



perfecte liberi consensus ; atqui isteper sequentem copulam 
carnalem, si etiam ipsa sit gravi metu extorta, non suppletur: 
ergo manebit invalidum matrimonium, sicut prius. 2. Fictio 
non potest operari plus, qaam veritas; § Minorem 4 instit. 
de adoption. L. filio 23 Dig. de liber, et posthum., sed con- 
sensus expressus per verba de prœsenti metu extortus non 
constituit matrimonium : ergo a fortiori necfictus, et prsesump- 
tus per copulam. 3. Matrimonium nunquam potest valide 
contrahi ex metu cadente in constantem virum ; quia jura ab- 
solute talem contractum matrimonialem irritant : ergo nec 
potest confirmari prius matrimonium invalidum per actura, 
sive copulam postea simili metu extortam. 4. Quamdiu persé- 
vérât metus quo contractum et matrimonium tamdiu istud ma- 
net invalidum ; atqui hic metus non tollitur per copulam si- 
mili metu extortam, sed potius augetur, dum metus additur 
metui : ei^ etc. 5. Si matrimonium convalesceret per copu- 
lam etiam metu extortam, ecclesia non adhibuisset sufficiens 
remedium coactionibus ; nam compellenti ad matrimonium, 
facillimum esset ad consummationem cogère. 6. Eadem in- 
commoda sequuntur ex matrimonio metu inito, et consum- 
mato, qusa ex eodem non consummato : ergo matrimonium 

utrumque fuit ab ecclesia irritatum 

Neque obstant contraria. Ad 1." textum solum procedunt de 
copula non metu, sed sponte admissa, ne quod una via est 
probibitum, altéra obtineatur; nam, ut dixi, facile esset ex- 
torquere metu, ut hoc modo obtineatur confirmalio matrimonii 
coacti metu. Ad 2 negatur suppositum, quod hoc casu me- 
tu admittens copulam, matrimonium consumet animo con- 
jugali ; quia tune habere non potest, nisi erronée, cum ecclesia 
matrimonium metu extortum irritet absolute. Ad 3 etsi 
ecclesia irritando matrimonium coactum metu intenderit 
etiam favorem metum passi, principaliter tamen irritationem 
fecit ad favorem publicum, cui pactis privatorum renuntiari 
*non potest. » 

PABS la. 

AfUmadv$rsiones morales extrimecœ. 

131. Magistratus quisquissit vel ecclesiastici vel civilis fori, a 
proprio ministerio vocatusad proferendum super contro- 
verso themate,cuju8 solutio non ascripto et antbentico titulo^ 
sed ab orali probatione etconjecturis dependet, opus est prius 
consistere in expendenio hujusce litis momento, ejus finali 
causa, testiuni qualitate, et in primis contendentium hones- 
tate et moralitâte, quœ disquisitiones et prsesertim postrema, 
magis influit ad efformandum causœ critérium et judicium 
reddendum» 

De litis momento^ de ejusque fine fuse pertractavimus; 
accuratum examen instituimus supra honestatem et fidem 
testium a nobis inductorum, et supra suspicionem et fidei 
defectum, cui adversi testes obnoxii sunt M une tantum su- 
perest ut de ultima parte, quœ majoris momenti est, dissera- 
mus, nempe de partium contendentium honestate et morali* 

tate: 

432. Em. Patres, sistnntcoram vobis bini coUitigantes, vur 
nempe et uxor : prier qui demonstrandum aggreditnr suum cou- 
sensum in illo matrimonio fuisse coactum, scilicet extortum 
violentia et metn. Altéra quœ omnia hœc inficiatur, quœque 
econtra adserit, matrimonium fuisse sponte initum : imo eo 
usque devenit, ut fateatur sponsum non ex animo matrimo- 
nium iniisse, sed ad dotem consequendam, et exbœredatioois 
periculo percuisum, sed ultro semper et sponte id fecisse. 

Inter sponsi afiirmationem, et absolutam negationem 
sponsœ, nonnisi quam una potest esse veritas ; hinc alter ex 
illis mentiatur, oporlet. Nunc sepositis etiam omnibus quœ 
maxinui evidentia demonstravimus, videamua cuinam ex 



65 



MARIAGE- 



66 



coQ^ui^biis ob ejusdem moralitatem, reciamque agendi ratio- 
nem, fides adhibenda erit« 

i33. Quid, Patres Em. nobis dicendum erit de illasponsœ 

joozalîtatejqaœcum utero jamgererett domum mariti inq[)inato 

Kpdtni, ut quodammodo marito prolem addiceret? Quid de 

^nsa îDa, quœ cum sciât ex sequuto civili divorlîo reconci- 

iiafîonem impossibQem esse, solo permota odio erga Tirum> in 

lioc dstit judicio, ut matrimonii Taliditatemcontendat ? 

Omnia baw nos eximant ut iil bac disquisitione immoremur, 
ipsa eoini per se loquiintur. Agemos potins de moralitate 
clîentis« 

iM. Noster cUeos^ceadeinoDsfaEaviiniiSy pênes civile tribonal 
in HelveiiadiTOitiiœi jamobiiiMiit, quo secontuUt ut ibi civi- 
talem con^equeietur. Ibi igitur^ si vellet^ libère bodiealiod ma- 
trimonioia cWiU forma inire posset. Ast cam christîanam ca- 
thoUcam religîonem profiteatur, id nec potest, nec vult. 
Foc unum în votis babet, ut cognita pênes ecdesiasticum tri- 
bunal rei veritate» ejus primum matrîmonium nullum fuisse 
declaretur, ut deinde, si velit^ libère et licite aliudj^ quemad. 
modnm catboHcum decet, inire possit valide matrimonium. 

Client!, qui ita agit, nonne, Patres Ampfissimi, omnis fides 
adhibenda ent ? Qaid enimipsi prodesset bujus sacri tribu- 
nal» sententîa favorabilis, si ilBos conscientia validitatem primi 
matrimonii exprobraret ? Noime melîiiB illoA esset, matiimo- 
ninm chriliter eontrabwe, abaque eo qaod ei curas bujus 
causae sostineat» et impensas non levés, et molealias omnes, 
quas hiqusmodi Gootrovcrsîa necessario secumfert ? 

Si igitur ipse cum posset, non vult matrinumium in Helvetia 
civiliter contrahere, ut bene conscientiœ et animsB suas 
consulat, nonne dicendum erit, quod ipse rêvera de nullitate 
primi matrimonii conscius sit, quodque proinde id unum ex- 
pectet, seotentiam nempe bujus SacrsB Congregationis? 
Nonne ipse scit, quod Deus non fallltur? 

Postto igitur, ceu m dubium non revocatur Cqnia eum ta- 
lem agendi ratio demonstrat) Bosmeiet bonestate et pietate 
nec non christiana fide catbolica poUere, nos ejus dictis, et 
asseveralionîbus iFestram fidem detieetare non velle eonfldi- 
mus et fidem banc ei adhibere, non solum quia rect» rationi 
congruit, sed etiam quia ita nos docent eximii canonistœ. 

135. Pignatelli, consulta 126, tom. IX, num. 7 : c Hisque addi 
potest auctoritasillorumlomnium'qui de matrimonio agentes, in 
termfnis parum differentibus controversiam banc pertractant. 
c Hî enim disputant quid agendum sit, si mulier post matri- 
monium coDtractum dicat se meta consensisse, meturoque 
probet. Quidve pariter agendum sit si vir post contractum 
matrimonium, dicat se id egisse non anîmo oontraheadi, sed 
decipiendi fœminam, idque probet Qu» dubitationes eodem 
recidunt, et unica solutiooe solventnr, et a pluribus auetori- 
bus tamquam eamdem diffieultatem eontinentes simul resol- 
vnntur. Si ergo fœmina dicat se meta consensisse credendom 
illi est, si sit probatœ vitâe> si metum pcobet. et aUeri nobat 
ex Sot. loco citât. Idque repetit Trullencb, ibi: « Nimirum as- 
tf serenti se non consensisse non esse fidem adhibendam, nisi 
c fecerit protestationem coram vins fide dignis. Ubi notan- 
€ dum est quod non dicit coram parocho et testîbus in actu 
c matrimonii, quia protestata sit se metu cootraxisse. Sotus 
c tandem aitpreëstandam esse fidem mulieri dicenti se propter 
9 metum contraxisse, tribus conditionibus intervenientibus ; 
€ probatione metus, probMate, et seovndjs nupliis. Constat 
c antem in etsu babeore locun bas 1res oonditiones : probus 
c vir est, coBdîticneaappasîtas approbavit, et par ipsum non 
« stetit quin secundo nupseriL » 

i36« £m. Patres» quodsapien&Sotu&aU dû Cajp, possumusnoa 
de Bosmeiet adserere. Ipse asseverat sematrimoniumillud couf- 
tra deliberatam et firmam suam voluniatem. atque violentia 
metuque coactum contraxisse^ quod ostendebat non solum 



sua consternatione actu et post celebrationem matrimonii , 
sed publiée etiam illo vix celebrato patefaciebat hominibus 
fide dignis : id ipsum testium perspicue probitatis depositio- 
lifbus, et inconcussis arguments probat. Ipse nobili génère 
natus, ipse bonoratus miles, bonestus civis, qui in patria insi*- 
gnem dignitatis locura tenuit et tenet, ipse demum impar est 
mentiendo, ceu fidem faciunt acta producta : ejus modesH 
moires et unis onœ depositioaes plurium testium, et prsesertim 
ex adverse allatorum, qui fere omnes sponsse Chef dllostel 
propinqui sunt. 

b tandem hujusce matrimonii nuUitatem petit, een nobis 
iterum iterumque declaravit, nuUi |Ntrc^do sumptui, incom- 
mode et labori, ut se jure matrimonio jungat cum alia ho- 
nesta atque virtutibus prœdita muliere, a qua ex corde amo- 
rem sibi comparet» quaeque familiœ et domui bonorem alla- 
tura, eum in senectute curet, soletur atque patrem effîciat. 

GONGLtrsro. 

137. Utique de vestra benevolentia» Emi ac Rmi Patres» ni- 
mis abusi f uimus, et veniam ab indulgent! aninu) vestro proinde 
efflagitamus ^ orationem aliquantisper protrahere coacti fui- 
mus, non cuipa nostra, sed rerum adjunclis, qu» in re tauti 
momenti omitti nequibant 

Nostrum erat vobis ostendere clientem Bosmeiet non sua 
volontate sed metu eompnisom exhœredationis matrimonium 
eontraxisse. Agebotur enîm de amittenda summat franeorum 
480(,000 circiter, q%m somma conficitor ex bonis ipskis patri- 
monii. 

Ostendimas propterea andocitale sive Sancbea, si¥e Tlra- 
quelli, sive bujus Sacrai CcuDgregalionis metum hujusmodi ca- 
dere in virum constantem. Demonstravimus deinde metum sive 
minas exhœredationis perdurasse^ nedum in actu matrimonii, 
sed etiam ad triennium post initum matrimonium. Vidimus in- 
super amitamsponsi clientis et potentem et valentem fuisse m 
nas exequi si matrimonium noncontraberetur. Vidimus tandem 
infelicem Bosmeiet prolapsum in tmratbrum, a quo surgere 
nnllimode poterit, nisi potens manus veslia illum eripiat; et 
quod p^us est neseimns quid poterit eveniie si controrersum 
matrimonium non dissolvatur. Omen avertat Deus!!! 

Sains anîmanim utriusque conjugis eflSciat, Patres amplk- 
simi, quo ad propositum dubium respondere velitis : Affirma'' 
(iva^prout bumili obseqoio fidentissime ^deprecamur. 

Quare etc. Aloisius Yeoditti, adv. — Franeieeus Agnetta, 
adv. 



III 



FLAmOlBIE PBÉ8BNTÉE AU NOK PS LA BIAOUNE. 

Les avocats de la baronne débutent en signalant la 
tendance de notre époque à vouloir briser les liens de ^ 
la famille. Cela oblige les tribunaux ecclésiastiques à 
se montrer plus rigides qu'à toute autre époque. 
L'Evangile a élevé le mariage à la dignité de sacre- 
ment. Les pseudo-pbilosophes prétendent le réduire 
à ne plus être qu'un contrat purement civil ; ils s'effor- 
cent de lui enlever Tindissolubilité et de préparer le 
rétablissement du divorce. 

La plaidoirie rappelle les faits, qui constatent que le 
mariage fut contracté avec toute la liberté nécessaire : 
La satisfaction témoignée par le baron dans les lettres 
qu'il adressa à ses amis^ son voyage à la station bal- 
néaire de Salins dans le seul but de revoir sa fiancée, 
les cadeaux de noces, etc. 



19* sÉaiE« 



67 



MARIAGE. 



68 



Le curé qui présida au mariage a déposé ce qui 
suit : « Le jeune homme dit oui sans hésiter^ saus 
ombre de répugnance, d^un ton très net et très haut. 
Toutes les personnes présentes purent parfaitement 
Tentendre. Son attitude me parut très cooTenable; il 
avait Tair calme et satisfait. Je déjeûnai le lendemain 
avec les nouveaux époux ; je ne remarquai rien qui 
pût me faire soupçonner que M* le baron fût mécon- 
tent. 

La promesse de mariage que le baron 6t à la jeune 
fille de Munich a été a ] éguée afin d'écarter toute pré- 
somption d'un consentement sérieux à d'autres noces. 
On a parlé de sa vive affection pour cette femme. Les 
avocats de la baronne nient les fiançailles au sens légal 
et canonique. 

Lorsque le mariage est fait devant l'Eglise avec 
tontes les conditions requises^ il y a une présompotin 
juris et de jure en faveur de la validité de cette union. 
Ce principe s'applique entièrement au mariage de 
Pierre et de Julie : le dossier renferme l'extrait du 
registre paroissial et l'expédition délivrée par la mairie. 
Les publications préliminaires furent faites. Les 
témoins exigés par la loi canonique et civile inter- 
vinrent à l'acte. Les contractants exprimèrent le con- 
sentement à haute et intelligible voix. La formule 
s lennelle de l'union conjugale fut prononcée. 

Comment nier maintenant que l'on ait sincèrement 
consenti ? La profonde tristesse que l'on prétend avoir 
ressentie et le silence qu'on assure avoir gardé, peu- 
vent-ils être qualifiés autrement que de mensonges 
vraiment intolérables devant le tribunal? 

Voet dit forlbien: <E Cette déclaration publique et solen- 
nelle de consentement présent au mariage, déclaration 
faite dans le temple ou la curie par-devant le magis- 
rat et d'autres personnes publiq ues, écarte toute oc- 
casion et présomption de crainte et de violence. (Com- 
mentaire des Pandectes, liv. 23, tit. 2, num. 6. ) 

Au reste, nul besoin des présomptions pour le cas 
dont il s'agit. Nous avons des faits très certains^ affirmés 
par des témoins irrécusables. Ils nous attestent que le 
baron consentit librement et spontanément au mariage. 

Indépendamment du curé, dont la déposition est 
rapportée plus haut, un des témoins officiels, Henri 
Quesnel, ateste ceci : ce Je suis bien convaincu que ce 
n'a pas été un mariage forcé, et que si M. le baron a 
contracté cette union, c'est que^ tout pesé^ il a cru devoir 
la faire. » 

M. Amédée de la Rousserie^ autre témoin officiel^ a 
déposé ce qui suit : « Son attitude et sa conduite dans 
la célébration du mariage furent correctes et conve- 
nables. Je ne remarquai aucune hésitation et je n'en- 
tendis faire aucune observation. ]> 

On oppose au mariage civil un vice de forme sur ce 
que le maire se rendit personnellement dans le salon de 
la famille, au lieu de recevoir les époux dans la salle de 
la mairie, comme veut la loi. — Mais y a-t-il dans le 
code civil français une disposition qui annulle le mariage 
que le magistrat reçoit dans la maisondes époux 7 Est-ce 
absolument nécessaire d'accomplir le mariage dans 
Vhôtel public de la municipalité? Pas le moins du 
monde. Le code français prescrit simplement ceci : 



f Le mariage sera célébré publiquement, en présence 
de l'officier civil. » Deux choses sont prescrites, par 
conséquent : la publicité et la présence de l'officier 
civil. Il n'est rien prescrit quant au lieu. Si le vice de 
forme a pu annuler le mariage, pourquoi le baron n'a* 
t41 pas intenté l'action de nullité devant les tribunaux 
français^ au lieu de demander le divorce aux tribunaux 
suisses ? N'eût-il pas été plus commode pour lui de 
conserver sa nationalité que d'être réduit à demander 
la naturalisation en pays étranger ? 

Quels sont les témoins qui ont comparu pour attester 
la contrainte ? La phalange est faible, toutes les classes 
y sont représentées. Les déclarations extrajudiciaires 
n'ont aucune valeur dans ce procès juridique. Un 
cocher de voiture publique et une pauvre paysanne qui 
travaille sur les terres du baron sont les principaux 
témoins. Ont-ils assisté à la cérémonie civile ou reli* 
gieuse? Jamais. Ils rapportent ce que le baron leur a 
dit fort longtemps après le mariage. 

Que serait-il arrivé si Pierre^ se mariant contre le 
gré de sa tante^ eût été déshérité ? Possédant le château 
paternel^ il n'aurait pas eu un bois commode pour cette 
maison. Voilà tout. Il s'agissait donc ^d'acquérir une 
nouvelle commodité, un ornement^ et non d'affaiblir 
le patrimoine, et encore moins de perdre des biens sans 
lesquels sa position eût été gravement changée. C'est 
dans ce dernier cas et seulement alors que la menace 
de priver de la succession est de nature à produire une 
crainte grave. 

Le baron hérita de son père dix-huit mille francs de 
rente. Assurément la succession de sa tante aurait 
doublé son revenu, mais la perte de cette succession 
ne lui eût pas enlevé un centime. La menace de priver 
de l'héritage envisageait par conséquent, non un préju- 
dice^ mais seulement un plus grand lucre. 

La réunion du château et de la forêt n'était pas aussi 
nécessaire qu'on veut bien le dire. Le père du baron 
habita le château pendant toute sa vie, sans jamais 
posséder la forêt. Son fils n'aurait-il pas pu suivre cet 
exemple ? De là vient que la crainte formée par les me- 
naces d'exbérédation ne dérivait pas d'un mal grave et 
pressant. La note de gravité, première condition essen- 
tielle^ fait défaut dans l'espèce. 

La seconde condition essentielle c'est la puissance 
de la personne qui profère les menaces et sa ferme 
volonté de les mettre à exécution. 

Fort âgée à l'époque du mariage, Eulalie montra tou- 
jours une parfaite douceur de caractère. Tout le monde 
l'aimait; ses plus grandes affections se portaient sur 
ses neveux. Quelle absurdité que de supposer qu'une 
femme de ce caractère ait pu effrayer et vaincre par des 
menaces un officier de vingt-quatre ans, de façon à le 
forcer de se marier malgré lui I 

Henri Quesnel^ témoin au mariage, a déposé : « Ce 
n'est que ces jours-ci que j'ai entendu dire que la dame 
EulaUe exerça une pression sur son nereu avant le 
mariage. Il me semble qu'elle n'était pas capable de 
dominer et d'mtimider son neveu, p«ur lequel elle 
sentait une vive affection. • 

Le caractère de la tante et du neveu nous oblige de 
reconnaître que la troisième condition essentielle de 



69 



MARIAGE. 



70 



rintimidation, à savoir, Timpossibilité de la résistance, 
fait complèiemeni défaut. Aucun témoin, aucun docu« 
ment ne coostatent cette condition essentielle. 

En réalité Eulalie ne menaça jamais son neveu de 
le déshériter. 

Abel> oncle de Pierre^ cet homme si religieux et si 
eonsidéré^ a déposé devant le juge : oc Je ne crois pas 
que ma sœur Eulalie ait employé la contrainte pour 
faire le mariage. » 

Le curé de la paroisse : € Je n'ai jamais eu la pensée 
ni personne du pays n'a soupçonné que le jeune homme 
subît une pression quelconque et fût sous le coup de 
menaces d'aucune sorte. Je n'en ai jamais eu l'idée, et 
n'ai jamais entendu un mot de tout cela de la part de 
qui que ce soit. » 

M. Amédée de la Rousserie, second témoin: « Je 
n'ai jamais eu la pensée que ce fût un mariage forcé. 
Je ne l'ai pas remarqué ni entendu dire à l'époque 
dont il s agit. On me l'a dit, pour la première fois, 
il ja seulement quelques jours. » 

Au surplus, la crainte, la pression^ supposé qu'elle 
ait existé, ne persista pas jusqu'au dernier moment. 
La cohabitation maritale et la naissance d'un enfant 
établissent le consentement subséquent* Sanchez dit à 
ce propos : t Le mariage est ratifié et devient valide 
lorsqu'il y a cohabitation accomplie spontanément avec 
affection conjugale» supposé que celui des époux qui 
a consenti librement persiste dans ce premier consen- 
tement. Il n'est pas nécessaire que le consentement 
des deux époux soit simultané. Gomme le consente- 
ment de celui qui s'est trouvé à l'abri de rintimidalion 
a été légitime, il ne manquait à la validité du mariage 
que le consentement spontané de l'époux intimidé. Or 
ce consentement est clairement exprimé par la cohabi- 
tation conjugale^ conformément à la décrétaient is 
qui fidem, titre de sponsalilms. Il suit de là que le com- 
merce conjugal ratifie le mariage. Ainsi pensent S. Tho- 
mas, S. BonaTenture, Richard de Saint- Victor, Turre- 
cremata, S. Antonin, Navarre^ Ledesma, Soto, Meno- 
chius (Sanchez^ demairimoniOj liv. A, tit. 18, num. 2). 
Le bamabite Bossius, Traité du mariage : m^'W arrive 
qu un mariage publiquement contracté dans la forme 
du concile de Trente soit nul pour cause d'intimidation, 
il est possible de le revalider par le fait du commerce 
accompli avec Taffection conjugale, parce que le coa- 
seotement présent qui constitue le mariage se traduit 
soit par des paroles soit par des signes. Le commerce 
affeclu maritaU est le signe du consentement présent 
(cap. 12, num. 381,382), 

Panimolle : c La crainte peut être purifiée soit 
expressément soit tacitement. La purification expresse 
a lieu lorsque le]mariage est ratifié par le consentement 
spontané et formel^ supposé que celui des époux qui 
consentit librement persiste encore dans ce consente- 
ment. Les actes subséquents font présumer le consen- 
tement et la ratification tacite. C'est ainsi que la con- 
sommation du mariage^ le commerce rempli affectu 
maritàli est censé réhabiliter le mariage, nul au début 
à raison de l'intimidation. (Deemones cifnles, morales 
et crimmalei^ deeis. lOS, annot. 5, num. 1 et sqq.) 
La plaidoirie met en lumière plusieurs autres consi- 



dérations^ que nos lecteurs remarqueront dans les 
extraits oui auivAnt. 



extraits qui suivent. 



RESTR1CTT78 PÀGTI BT JORIS PRO DOMIICA itTLIA DB CHEF d'hOSTBL. 

1 . Si qua unquam, Patres AmpHssimî^ setas, in matrimonio- 
ram causis dijudicandis perpendisque, judicii vestri acritatem 
severitatemque requisivit^ nostra hœc œtas akcriorem multo 
diiigentioremque exposcit. Quocnmque siquidem convertamus 
ocuios, irreparabilis ruinœ indicia ex effrœni lateque omoia 
pervastante licentia trepidi perhorrescimus. Quœ sub religiosœ 
libertatis specie sanctissima dogmata collabefactare molita, du- 
cibus potissimum decimi sexti saeculi, dein superiore letate sub 
politieœ libertatis fuco civiiem homanamque societatem foedis- 
sime commiscuit, nunc demum, cum omnia tentaverit, famili® 
ipsias existenttam ac vitam conatur subruere. Cujus cum pro* 
cal dubio fundamentam sit indissolubilis vitœ conjunctio io 
matrimonii sanctilate constitata; ac per divinum Ecclesia 
fundatorem ad sacramenti dignitatem evecta pseudosophis 
nihil fuit et est antiquîus quam divioam islam institutionem 
dignitate tanta spoliare et ad civiiem tantummodo contrac* 
tam redigere, hoc est, indissolubilitatem resolvere et divortiis 
viam aditumque aperire. Per hosce ipsos dies hac média in 
Urbe principe catbolic» religionis sede vidimus audivimus- 
que quantoet impotenti conatu christîani matrimonii dîgnitas 
fuerit tentata, novaque legis rogatione christianî matrimonii 
celebratio tamquam crimen proscripta ac pœnis muictata. 
Divortii jam cogitari leges videmus. Invocari bas in GaUia et 
bominom qui suie gentis opinionem fallacisstme prœseferunt 
sermonibus usurpari. Minores certe nostrates in hoc novo rao- 
limlne Gallicis hominibus haud erunt^ et qui connubium sa- 
cramenti décore ac dignitate spoliarunt, haud ita multo post 
in cerebrossB conjunctionis conditionem rédigent. 

2. Retinete» Patres Amplissimi, hominum nsalitlisac versu* 
tiis pessumdatam |dîgnitatem, fallaciis, prouti vestra fert ocu- 
latissima prudentia, ac libidini obsistîte ; et^ si quemadmodum 
in hac prœsenti causa usuvenit, artificiis et mendaciis sub 
pietatis colore aliquis violatam fidem spret&sque sanctissimi 
fœderis leges sancire suffragiis vestris tentaverit, sciât hic, 
machinationibus hujuscemodi impervium vobis animum esse, 
nec frustra vobIs inviolabilium jurlum tntelam fuisse commis- 
sam... 

40. En, PP. AA. y matrimonium cui actor prœtendit invitum 
seobstitisse non sponte ac libère îneontem, sed per vim veluti 
pertractum non secus ac victimam super ara immolandum. 
Scilicet felix conjugium lœtum felicemque habuisset exitum, 
nisi îmmoderati Pétri spiritus etiam illius vinculi quod ipse tam 
acer ac liber innexuerat impatientes, tranquillitatem turbas- 
sent... 

Ànimadver$Umes prœjudiciales. 

Î5. Antea quam ad thesimprobandam aggrediamur, prœmo- 
ncre, P. AA. vos opportunum censemus ne miremini causam 
unici snmmarii tabulis ab utraque parte muniri. Tabulas con- 
tecere adversarii. Verum ita confecerunt ut ex illis non solum 
necessaria, sed etiam pins quam necessaria tela nobis suppe- 
entur ad confidendam elidendamque actionem. Qua de re 
cogitantibus nobis visum est inutile novas diversasque ab ad- 
versariis summarii tabulas digerere. Accedebat temporis an- 
gustia qu» moliri opus minime sinebat. His de causis scriptu- 
ne nostra summarium deest et adversarium semper appellat. 
Sed aliud prœterea est quod novum summarium non requirit. 
Maxime enim illius pars^ si molem inspicias, prsscipua vero, 
imo sola si probationum robur spectes est Ebroicensis curiaî 
inquisitio. ûuam inquisitionem satis superque erat S. H. 0. 
ab alterulro vel actore vel reo ofiérri. Aecidit ut actor of- 
fcrret. 



71 



MARIAGE. 



72 



C6. IfaBc derammarii ratione. Id quoeam probationum qaas 
acior est adhibiturus copiam contineat^ in que inquam» kves* 
tigando et perscrutando plura sunt quœ animadverti possunt. 
Quatuor constat partibos. Occupant prinmm jura et documenta 
quœdam» quibus subtextœ sunt extrajudîciales quœdam attes- 
tationes in jure nostro et prasertim in causarum gravissimiSj 
ut matrimoniales sunt, prorsus prohibitœ. (Gard. De Luca> Di 
jvdicUs, lib. 45^ diseurs, m, n. 5. 6. Fagnan in cap. Yestra, de 
cohabitât, cleric* [ex num. 68, Dunozett. decis. 846). Âdde 
ex S. H. 0. decreto sub die 24 februarii 4877 episcodo Ebroi- 
ceosi dato, mandatum fuisse ut procède et ad formam Juris* 
Quapropter quidquid jaria formam non praseferl ex ipsius de- 
creti et mente et ratione et verbis, probationis vi omnino dé- 
bet destitui. Alqui juridica prorsus carent forma attestationes 
ilLe, ne dum quia extra judîcii solemnitates digestœ, sed et ed 
etiam nomine quod authenticœ ipsius nota deficiunt 

27. Alteram tabularum partem inquisitioEbroicensis occupât, 
in qua animadvertere est pluribus offundi mendis. Principio 
sistit se in jure advocatus Liberati c a nome del sig. barone 
di Bosmelet suo cUente, » ioquiens (Summ. part. 2, p. 3). Ve- 
rum unde hoc judici compertum erat ? Sine procuratîoiiis 
mandato in jus veniebat, legitimam igitur sustinere actoris 
pemonam ex notîssimo jure nequibat « ad constituendum pro- 
curatorem mandato opus est, eoque vel expresso per litteras 
vel per nunciuoi, aut apud acta prœsidis et magistratos inter- 
posito. 1 (Voet ad Pandect. lib. 3 tiL 3 n. 9, Paulus in receptis 
sententiis lib* I tit. 3. cap Qui ad agendum in 6" Vantius de 
nuUitate processoum in rubrica de nuUitate ex defectu in- 
habiiitatis seu mandat! comparentium n. 63 et alibi passim 
apud omnes doctores.) 

28. Adeàt quidem in jure vinculi defensor sed injuratus contra 
constitutionis Bénédictin» apertissimum prœscriptum § 7. 
Hic cœleroquin minus cautus in veritate indaganda^ minusque 
diligens fuit. Omisit quippe plures testium interrogare, quos 
ad causam quam maxime rogare intererat. Ita omissum est 
parentum Juli» testîmonium. Et pater ne vocatus quidem in 
jus est, mater vero appellata plane fuit^ sed quoniam « non 
comparuit in causa propter ejus infirmam Taletudinem « judex 
suum non esse ratus est illam adiré 3 neque defensor vinculi 
quidquam contra arguere. Âtque ita maximi ponderis* maximœ* 
que auctoritatis testîs 'fuit omnino neglectus (Summ. part. % 
pag. 45). Negligentia eadem adhibita est, quoad Alexandrum 
comitem Virieu, c oncle maternel de l'époux, ;p qui matrimoni 
civilis solemniis interfuerat; (Summ. part. I, pag. 15). Minora 
alia omittimus. 

29.Secund£e parti succedit terlia. Collecta in bac fuenint tes- 
tium aliquot dicta qui per delegationem utpote extra dioecesim 
Ebroicensem erant, interrogati fuerunt. Quocirca Ebroicensis 
inquisitionis complementum et coronis sunt habenda. In his 
unum si demas in Neapolitana cnria exceptum testimonium 
sub plenissimam juris formam, in cœteris ea o^Iecta est 
commemoratœ constitutionis Benedicdnœ cautela, q«a inqut- 
sitio priBseribitur parficienda vinculi deSensove présente 
(ûonst, Dei miieraii9ne, § 7). Jam vero in omnibus inquisi* 
tiooibus delegatis vinculi defensor desideratur. In ea vero 
qutt in Ilelvetia est peracta et in qua Theresia est inter- 
logata, omissum fuit examen leviri. 

30.InnttUohabendame66e pretio quarlam aummarij partem, 
afifamamus qum constat bx indigesta litterarum mole, tum 
quia legalitate owm desttt«anlur, tum ^ etiam de causa quod 
ab ipso actora vel siiggeste vel studiose «xquisîta omnimode 
apparent. Vitium boa indabie ostenditur inspecto solum etiam 
tempore quo fuerunt miss». NulU est prior annis 1877, 1678 
'1879,«o nîmjnwn lempoie sunt miss» que jafli apertaevat 
Ebroicensis inquiskio, et fors quoque perfecta. Manifesie adeo- 
que redolent suspicionem. Quia si illorum testimoniis Fatras 



de Bosmelet uti, si lucem a&Igere novara ex îllorum notitia 
su» caus» valuisset, ap^rta érat via, presto erat juridicus 
trames per qiiem id valaisset assequL Sid>jieere poterat om- 
nes inquiâtioni qu» peragebatur, sive in Ebroioenai curia,sive 
per delegationem ab hac obtinendam in ea, ubi quisque de- 
gebat. 

31.Enbreviter exceptiones contra processumqussunt caus» 
pr»judiciale& Intrinsecus tamen causa ipsa infecta, adversa 
actoris intentioni suffragia vestra PP. AA. oplimo fisi jura 
expectamus. 

CAPOT I. : 

Promissio a Petro Bosmelet Theresi» facta, ut in facto sponsalium 
naturam non refert, ita injure quolibet débet effectu carere. 

33.Etmerito. Sponsalium natura eaestutnmtua promissione 
consistant ex notissima Florentini.J. C.definitione : c Sponsalia 
sunt promissio et repromissio f uturarum nuptiarum. » (Leg. 1 
Pand. de Sponsalibus}. Facit id ut essentia ac sponsalium 
perfectio duplici elemento consteti nempe unius promissione 
alterius ex una parte, repromissione alterius ex altéra, quorum 
unum si deficiat sponsalia veta et vim obligatoriam gignentia 
minime habeantur. Egregie ad rem juridicœ doctrin» lumen 
cardinalis De Luca : c Ad essentiam ac perfectionem sponsa- 
lium requiritur repromissio alterius contrahentis, ita ut unius 
promissio non sufficiat, cnm sit contractns qui ad sui perfe- 
ctionem exigît quorum mutuum ac redprocum consensum in 
idem ex deductis cœteris rolatis per Sanchez boc tract, lib. 1, 
disput. 5, n. 1, et per omnes legistas, cammistas al morales 
pertranseuntes eum textu literali in lege 1 fi. de sponsalâws* » 
(Card* De Luca, de matrimonio, diseurs. 8, n. 4). 

34. Quo posito certissimo, nuUique obnoxio difficultati jure, 
scrutemur num in specie mentionem istam, islam repromis- 
sionem, vera videlicet sponsalia habeamus necne. Sponsalia 
actor collocarat in consuetudine vit» cum quadam puella 
contracta Honachii eo tempore, quo ibi stipendia inter lori- 
catos équités mereretur. Gui consuetudini viam aperuisse ait 
datam puell»tidem de contrabendo postea matrimonio. Verum 
enim vero aflSrmatio istius fioeci omnino habendam esse pru- 
dens quisque videt. Tantam aum valet quantum actoris nuda 
simplexque assertio. Quid itaque t adfuit rêvera ista mutua 
promissio quam ipse tam indubie ponit t Ifinime. In promptu 
ast demonstratio ex Tbaresiœ teatimonio. Qu» quidem verba 
etsi promissionem a Bosmelet factam fœminœ confirmant, 
repromissionem absolutissime excludunt a muliere Petro 
factam, Terrebat fœminam familiœ Pétri invidia, qu» igno- 
minia affid se putabat si conjugale fœdus a Petro esset ictum 
cum ea qu» longos ordines avorum numerare non posset. 

35. Stat igitur vera sponsalia reapse non întercessisse, quippe 
mutuns ille ac reciprocus in idem placitum consensus unde 
sponsalium perfectio atque essentia existit, in specie défait 
prorsos. Nequidquam actor repromissionem quam fœmina di- 
serte inficiatur quorumdam aliorum testium roborara conatur. 
Irritus anim nisos, cum nemo eorom quos protulit sponsali- 
bus istis adfuerit^ suoque sensu verba promisaionis ac repro- 
missîoms audierit. Quid si isti ipsi ob nimiam affectionem erga 
Petrum Bosmelet non levem suspicionem studii animique 
excitant I Yel quod a teneris unguiculis ut PoU vice-comes, 
et Gamillus Boulen^ cum Bosmelet amicitl» arctissimo vin- 
culo fuerint juncti (Summ. part. 3, pag. S } ; ut Palagoni» 
princeps qui legatione Honacbii fungens pro Neapolitano rege 
in Pétri familîaritatem venerat. (Summ. part. I, pag. 38). Yel 
quod ob Bodaiem conditionem Petro assent subjecti, ceu 
lolitts Bi«nmetuit, qui tabellionis offioium in vrbe, galliee, 
Auffray exercans sa soumqse minisleBnm Pairi in arbitrkim 
panaiaenit. Naqaa salis ; namqae isti ipsi ubi ad rem est 



* 1 



73 



MARIAGE. 



74 



tentain, «bi de sponsdîliQs rêvera probtndis est aetum, 
spoMalit msfiN» affirmant. 

36, la âge, €l desisUt «ctor tandem aUqnando eponsafia 

-wemome, qae mmqaaiii intereesserant. Sed fiegaonis tantis- 

par istoMMBse. Qaaoani eflScacia m jure pollere pcterant ? 

S fetnm «Bt, qaod nemo dubitat, spensalia soivi per matri- 

iimflîamqiiodeHeriitereontrabeatittmettnalioatia^ve cdebret, 

inspecte Bostre disaokilaûttiiikiiode spoDsalia aant dioenda^ 

eniB neque Petnis^ neque Thereûa promiasiaQM Banctitatem 

tîieriiit veritL Fetros emm matrinioDitim cum iuUa de Chef 

d'Hostel eontraxit^ Theceaia euidam N. nupaîL Neqoe dkas 

Petrom vi metnqae aMEtriaiomom contraxiaae, ai posterios 

ideûroo conjagii tincnhun soperiorem contracinm miaîme in- 

tnnare. I^B^UrqoaiDqiiod eaim, si id vemm essel^ qaod 

piane non eai, ex spcmsaiibns desumptam impedimentum in 

allenim nottUberi coe)iigîi refuadepetiir, osatrimoniam a 

Theresia perfeetem vdidam ae ftmiaaimam eraL Hinc si 

qnoad Peùvai atiqMd possent oloaumeiitufs imta sponsalia 

habere, qaoad Theraaiani post sacramonti mcohm irrita 

onmino ac iofirmala eram. Ambo fide sua recesaemnt, si 

Peirus coactBs reoeasii, Gbera lecessit Tbaresia, et quando 

Pétri spreta proflMsioiie ad alteriusthalamom libéra se coata- 

lit, BUDtian fado suo sponaatium contractai misit 

37. Que eum ita mt, Inoolenter constat iacassam a Petro ad 
lescîndendam sacramenli religienem eam appellari promis- 
fiioneoL, yel mdins illidtaan coosuetiidioem antea babttam 
cnm Tberesia, mmc vidaa, tamquam solemne juris vinculom; 
iacassam in iUa eonsiietudioe dirimens impedimentum contra 
laia sapentnMie* 

CAPUT II. 

GeiBeBsns ab aetore in matrimonii celèbratione juzUi ntrasque 
fiolemnitates civiles et canoaicas prœsUtus» 1^ liber ac sponta- 
nens omnino fuit, 2'' nullo neque ?i neque metu intenreaiente 
extortus. 

38. Non mnltnm sane insudandnm nobîsPP. AA. est in am- 
babas theseos partibas probandis firmandîsque. Praesamptio 
juTÎs et de jore esl^ œlebrato matrimonîo coram Ecclesia ea 
omnia intercessisse qme desiderabantor. Doctoram piaeitîs 
res probiâssîma» et In foro passim usarpata. (Sanches, de 
matrim. lib. i, disput. 18, n. 25. Rota decis. 713 et 893 per 
tôt. coram Buratto et in recentior. decis. 301, n. I, part 11, 
et decis. 490, n. 8, part. 18^ tom. 2. ) Celebratom In specie a 
TelTo Boamelet et a Jhilia de Chef d'Hostel matrimoniom 
canctis adUbitis solemniis fuisse exploratissimam est. Dooet 
emmki nos insigne in eansa documentum, paroofai atteslatio^ 
illias epsdem parochi qui nnptiis benedixerat. 

39. Consensam quocircaaeonjugîbus ulrisqoesolemnîler 
fuisse prœstitum coram parocho et iestibas dabitari nequit,nt 
prsstitnm pariter f bH eoram civiti magistrata dnm légitima 
sdemnia in nnptiaram ritn peifecta fueront. Par docnmea- 
tom y& qnod soparius attulimus hoc etiam deroonstcat, aa- 
thenilcom nempe actus exemplar a magistrata ciidli remissam 
et ex nnmicipali tabnlario depromptum. Et in ea celebratione 
faenmt ad jarb apioes senrita. Necessario pneoessecant 
pnblicationes^ testes idenei ad actas soteaanilaiem adbibifti, 
oonsensos contralientinm apertissimus, soleronis ceajonctionis 
formab adhibita,in somma, contractas coojagii perfeetiasime 
tbsolntos. tSomm. part.I, pag. U. 15. 4*.) 

M. Qnid ergot Aetor qainegatse coosensiase, qai inter loec 
sokmnia nriseraMEfter cassent fuisse suprema affeetam tristîtia, 
ac obmniQîsse, Ihs dnobos .lantom patîdissimi mendacH oon- 
Tincitnr, alqm a Jiifis omnino est repellendus. Aptissime ad 
rem nostram «t^gans jmris hiterpres adnotat Voet : c PubUoa 
et solemnis illa, in templo aat caria supersiite magîalratu 



aliisve personis poUicisfacta pressentis innuptîas eonsensm 
deciaratb post previas solemnes demmoiationes.... Omnem 
metus et violentiœ pellit occasionem pmsomptionemqiie. a 
<Voet, Gomment, ad Pand. Ub. S3, tit. % n. 6. BouTwr, 
de jure tormubH^ lib. I, cap. 17, a. 24). 

41 • Sed prasomptiooibasopus non est xàA eertissima adsoeft 
iacta, gravissîmîs a testibus afflrmata, qoae eonvelli {dane ne* 
qaennt nec cavillationibas offundi. Grevissimi enim testes tant 
qai consensam a Petro Bosmelet priestitam in matrimovS 
celebratione fuisse et libère et sponle prœsdtam aflSrmaÉL 
Affirmât pecalariter rogatus in inquisitioae Kbroiceasi paro^ 
chus ifû ecclesiastice cœremoni» prasiatt. Dioendnm ne erft 
Petro singulare id pbœnomenon accidisse nt corn animum 
torbatam, angustiisqae oppre8s<im haberel, bilans aspeetns 
et gandio micans esset, nt nemini nnqoam in dubium vene- 
rit simulari babitum illom a Petro et fletioae Teram animi 
statum celari t (Samm. parte S, pag. 42.) 

4S. Parocho snocedit Henricos Quesnd lestis in matrimonie 
rogatus et adfaibitns. Dicta unius testis^ alterius pariter matri- 
monîo prœsentis dedaratio confirmât. Amadni, inquam. De la 
Ronsserie. {Sunrai. part. 2, pag. 39.) 

43. Adversas tôt ettamplanastestiom onmi exceptione ma<- 
jorum declarationes, quomodo actor aiBimare possit se non 
oonsensisse^ nisi qaod vi consentire foerit coactas, nisi quod 
metu fuerit impulsas, quserere Yobismetipsis PP. AA. mihi 
videmini, qoibos auxiliis, qaibns testibus ille tandem alîqnando 
foerit asus ad ea comnmmenda qo» de «consensus liberi defeda 
exponit Miserioordiam movit faomo qni asserit omnia esse obK- 
tum, animo excidisse, qnidegerit, qnidfeoerit dam matrimonii 
solemnia in templo celebrarentur, quasi corpore tantummodo 
prasenS) animo ac mente aliénas. (Summ. part. 2, pag. 13.) 
Misero et infelici non nuptiarum ritns sed funerea pompa 
illa videbatur. Hitto quaerere quo probationis génère poaset 
judici caicumque suadere actor inteniam animi sensum qai 
illis omnibus quotquot adessent ignotua occultosqoe fuerit, 
imo aetom illum intemum animi^ qui ri rerrera foerit elieitns 
contraria prorsns specie adeo profonde eelabatnr, nt nemini de 
flio suspicio gignt potuerit. Et qaoniam illi probatio prœstonon 
est nec esse potest, qnanam ratione intendit hominibus qaibns 
penetralia animi snbire nature est denegatum probare ? Mitto 
hœc, et illuc me potins covverto^ an exbogitata illa meofia 
restrictio verum in jure fuudamentnm faabeat. Adest ne in 
Gallico codice lex aliqua vel legis arttouliis, phrases, Terbam, 
qao nnllum irritumque declaretar matrfmonium domi altem- 
trius conjugom a magistrata celebratum? Est ne in ea lege ' 
absoluta nécessitas matrhnooiîcelebrandiin publîcis municipii 
sedibus f Nihil minus. Gallica lex hoc «num habet : % Le bmi- 
riage sera célébré publiquement en présencede rofficier ciril. » 
Duo tantammodo uti patet in matrimonii celebratione lex re- 
quirit^ ritam pablicum, magistratusciviUspresentiam. De loco 
ne verbum quidem. Magistratui qaidem officium et onos est 
curare ntpoblicas rites sit, quin tamen cogatur in pnbiîcissBdi- 
bus ilinm perficwe. Uno verbo nt nias sil pnlAcns, non locos 
désignât, sed modus. Etiam in pri^atis sedtims pnblicus perSci 
actos potest, quando scilicet eo modo perllckur nt quiMbet 
qui velit facultés sit adstandi, inspîoiendi, videndi, atque ob - 
sffvandi. Obserrata enimTero in specie nostra fait 
dîligentisame oea "videre est in ipso acte matrimonii. (Sai 
part. I, pag. 14, 15.) Costerum actor ipse risum fix teneat 
credo, si serio ad tam fulHe figmeotnra advertat aninrani. 
Ipse qui syn^i munere est fnneCuê in urbe AuSay, «ai 
proinde notissima ac perspeeta lex esse débet multo melina 
quam nos, novitridicnlo et poerili niti fondamento adfirmafin- 
nem snam. Pmlerea si tali titio natrimoniam rêvera labooMS- 
set, car nam actor potîasqnam ad dirortii actionem confngere 
coram civibbns magistratibus nolfitatis matrimonii ob fotaus 



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MARIAGE. 



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defectum actionem non intendit? Qnod quidem illi commodius 
multo sucessisset^ propriam enim civitatem retinuisset, neque 
externam emendicari debuisset. 

45. Prœjaclis bis^ ad auxilia quœ ediximus ab actore adhibita 
8uœ sustentandœ intentioni. Testium pbalanx est pluaqaam 
mediocris, ex omni ordine, si vis, délecta ; omissis enim qui 
declarationcs suas extra juris formam quomodocumque edi- 
dere^ quosque pro nihilo habendos esse diximus. Viro enim 
Principi^ Torquato Equiti, vecturarum publicus iocator, humi- 
Usque sui agelii cuUrix fœmeiia adjungitur. Egregie. At bos 
dixnscrutamur prîmum in mentem subit isthaec dubitatio» unde 
ipsi quse de consensu extorto per vim ac metum, de minis in 
Petrum adhibitis, de summo illius mœrore in celebrationis so* 
lemniis scientiam bauserint^ cum certo certius constet eorum 
neminem neque civili neque ecclesiastico ritui [interfuisse, 
quin a loco ubi illa peragebantur quam longissime abfuisse. 
Quamobrem si recte inspiciatur, bos nonnisi de auditu testes 
sunt habendi. At a quo audierunt î Non dissimulât Camilius 
Boulen Petro contubemalis in militia, qui suo degens m 
oppido Fontelaje, matrimonium dum Etreville Cauverville 
celebraretur, centum et amplius chilometra aberat, neque 
proinde consensus verba, neque qualis esse ea die in Petro 
vultus» habitus noscere poterat. 

46. Non tam apertum in instruenda Rosa Eulalia Du Forestel 
artificium Pétri ex tabulis constat. Sufficit tamen innuisse 
fœminam suœ scientiae causam significasse bis verbis : a J'ai 
entendu dire^ » bis in testimonium repetitis, tum ad factum 
consensus, tum ad minarum^ idest ad prœcipua interrogationis 
actionisque capita. Sed insuper fœminœ conditio faciebat 
quominus suo marte rerum notitiam qua) in Bosmelet familia 
agerentur valeret comparare. Humili cultrici agrorum dynas- 
tarum aul» ac pariter consilia et domesticos inter parietes 
acta impervia erant. 

47. Qaae res suspecta in hoc teste est, certissima evadit in al- 
tero a Petro inductOy ThomaRivier. Hic in Pétri familiaritatem^ 
venisse dum adhuc iste in ephœbis esset. Dum matrimonium 

. ageretur ac celebraretur Parisiis erat, qua in urbe vecturarum 
locatoris exercitium agebat, namque nonnisi a secundo malri- 
monii mense in dynastarum Bosmelet arcem venit (Summ. 
part. % pag. 34 ). Ibi accidit ut Petrum denuo opperiret cum 
hic illucsese contulerat socia Theresia ut vidimus. Eo tempore 
Petrus testi ardentissimum iu fœminam amoremaperuerat, ut 
post contractis cum Julia nuptiis commenticia narratione se 
se vi pressurn, minisque adductum, déserta Theresia Juliam 
in uxorem duxisse declaravit, (Summ. part. 2, p. 33.) 

49.|Cum ad testimonia vice comitls Poli et viriprincipisPala- 
goniœ perscrutanda pervenimus, non ad ea plane quœ extra 
judicium sunt prodita, sed ad ea quœ juridica ac justa forma 
sunt recepta, quibus solummodo probationis pondus posset 
accommodari ; gravissima animum dubitatio subit, undenam, 
nobiscum ipsi cogitabamus, testibus istis absenlibus, proiiide 
gestorum omnium ignaris tanta in affirmationibus certitndo, 
tanta in matrimonii tractatione» celebratione, atque utriusque 
notitia fuit suppeditatat Vice-comes illi Poli, qui certe pro- 
pria scientia neque minas, neque vim cognoscere poterat, a 
quonam est edoctua ? Num matrimonii delit)erationi, consul- 
tationi aderat î Minime. Num alicui colloquio î Ne istud qui- 
dem. Num civili nuptiarum ritui ? non. Num religioso T nihil 
minus. Centam et amplius leucas a locis ubi hœc perage- 
bantur stabat. Quanam igitur in re fisus facta gravissima tes- 
tatur, quœ ipse propria cognitione non faausit, neminem 
eorum qui aderant appellat, qui ex sese nihil scit? Nonne 
discere hœc omnia a Bosmelet ipso debuit cujus narration! 
nimio amicitiœ afléctu raptus incautissime acquievit? 

SSO. Expunctîs his, quorum voces, si recte definire rem ve- 
limus» declarationis a Petro, idest ab actore in cansa propria 



factœ, nonnisi quœdam ecbo et unius quasi sonitus artificiosa 
repercussio, unica quœ intentionen sustinet, restât mater 
Bosmelet. libenter matronœ condonamus si in nurum nû- 
nime propensa, materno cœca amore, afEectioni plus œquo 
induisit, sœpe veritatis oblita amicnm filio testimonium prses- 
tat, Juliœ adversum. Attamen si matri id tribiiimus, testimo- 
nium acerrime oppugnamus. Atque ad oppugnandum non alia 
sumimus arma quam quœ ipsa subministrat. In sua epistola, 
quam summarii tabulis adjunctam vobis PP. AA. offerimua. 
Scripta epistola est sub diem tertiam augusti anni ^862, eo 
nimirum tempore quo Pétri cum Julia de Chef d*Hostel ma- 
trimonium fuerat in propinquorumconsilii8,tanto cum Pétri 
gaudio onmino statut um« Legite quœsumus, PP. AA. qui 
fuerit matri tune œtatis animus, qui fuerit Pétri, in quas 
uterque iœtitiœ significationes erumpat. Scribit mater amicaa 
suœ nobili fœminœ ducissœ Mortemart : € C'est fait, chère 
Gabrielle, ou du moins cela se fera. En quittant le lieu de 
l'entrevue, Pierre a dit à son oncle de Bosmelet : Mon oncle, 
elle m'est sympathique. Abel a couru le dire au père, qui ea 
retour Ta assuré que Pierre lui avait plu extrêmement, si 
bien qu'il lui donnait rendez- vous à Salins, où Ton va prendre 
les eaux. Quelle bonne et rapide conclusion ! je dis bonne, 
car ce mariage me plaît en tout point et je renonce de boa 
cœur à celui qui me plaisait autant, et non autant à Pierre. » 
54.Conferte ista, PP. AA.,cum declarationibus ab ipsa 
fœmina in testimonium relatis, et vobiscum parumper con- 
siderate quanta debeat declarationibus hisce fides haberi« 
Quid ais, matrona egregia ? repugnantem ne dicemus tuum 
Petrum, quem tu ipsa lœlitia elatum, contentum apprime, 
perfecta vix conclusione matrimonii tam graphice descripsi- 
sti ? Coactum ne illum dicemus qui duobus propositis conjugii% 
unum alteri quia géniale magis magisque conveniens liber- 
rime prseoptaverit ? Te ne ipsam parili ac filium vi et coac- 
tioni oppressam reputemus ut reluctari nec animus nec mens 
esse filioque subvenire, dum tute fateris egregiam eam esse 
conclusionem, optiman, decoram, atque hase tantopere animo 
prœcipiebas ut sinu continere tuo non valueris, sed in amicœ 
animum iibentissime effuderis, hanc in] gaudii et plenissimse 
saiisfactionis partem vocare properans ? Atqui ea erant animi 
sensus ingenua, erant sincera, praBsentibus vividisque faclîs 
excita ! Nondum gliscebant familiares illœ discordiœ, quœ dein- 
ceps tanto omnium vestrum malo intervenere, quibus adhuc 
deferventibus posterius tuum testimonium est proditum. Une 
inquam verbo, inter hœc duo pugnantia a te testimonia pro- 
lafa, prius illud rei veritati consonum retinemus, posterius al- 
terummaternœ affeclioni condonamus... 

54. Yim et metuiti actor constituit in propinquorum jussu et 
exhœredationis minis. Prœcipuam inter parentes minas adht- 
buisse amitam Eulaliam. Prœter bas m'mas nihil affert quod 
vim et metum constituât. 

55. Quare disquisiiio universahac in parte redigitur ad invc- 
stigandum num 1^ minœ istœ ab actore assertœ taies fuerint 
ut metus et vis induere naturam valeant ; if" num minœ illse 
reapse extiterint. 

56. Quoad primum scitis^mum est injure, solum illum timo- 
rem matrimonio dirimendo parem esse, qui ab extrinseco ad 
extorquendum consensum injuste fuerit incussus. (Gap. Cum la- 
cum, desponsal. et matrim.etcap. Yeniens^eod.) Scitissimum 
pariter est, timorem illum gravem esse oporlere, et cadentem 
in constantem virum. Ad quod tria conjuncUm requiruntur 
juxta doctrinam a Spiritu Sancto in tractatu de matrimonio 
tract. 3, disput. 5, sect. 4, num. 32S. : cprimo,utmalumquod 
timetur sit grave ; secundo, at incutiena potens sit, et prœsu- 
matur probabUiter executurus ; et tertio, ut palieas metum re- 
sistere facile non possik Ex defectu cajuscamque harum con- 
ditionum timor dicitur levia. a 



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MARIAGE. 



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57. Eja âge, et videamus num rêvera niinœ, quœ adversas 

conpi^ validitaiein ab actore asseruntur, gravi incuttendo 

metui faerint pares. Quai^nam minœ erant 7 a quo facto ? Mince 

exhsredationis eraot, ut ab actore audistis, factœ vero ab Eu* 

hlia de Bosmelet Pétri amila. Hanc enim dîcit, Petrum sua 

bsréditate^ grandi illa quidem et opima fuisse spoliaturum^ 

nia ipse matrimonium contraxisset com Julia de Chef d'Hostel. 

Metoebat porro Petrus ne hoc ab amita fieret, et quia metuere 

se dicebat, pueUam invisam sibi in nxorem duût. Quid hoc rei 

est qusso ? mioœ illœ exhseredationis constituunt ne eam me- 

tus graTitatem quœ dirimens iropedimentum in sanctissimum 

vinculum valeat gignere ? Quœstionem dirimere nemo hanc 

potest generaii juris praecepto» cum res facti omnimodo sit. 

Facit adjuncta diligenter perpeodenti, tantummodo usuvenit 

accommodum qntestioDi responsum dare. (De Luca, de ma- 

trim. diseurs. 8j n. il et 12.) Atque hsec adamussim adjuncta 

in specie pond^emus. 

58. Actor, eique qui favent testes toti suntindemonstranda 
necessitate hsereditarîi patrimonii quod ab amita Etilalia Petrus 
sperare poterat. Quid itaque futurum esset si contra amitœ 
vota alîam ac Jaliam de Chef d'Hostel Petrus in uxorem 
duxisset, et exhœredatus ab iila fuisset ? Hoc unum^ prseterea 
nihil. Ipse qai patomam arcem jure hsereditario possidebat, 
csduffî Sylvie arci commodœ proprietatem non babuisset. 
Adeoque agebator de nova commoditate adipîscenda, ageba- 
tor de arcis ornamento^ minime vero de patrimonii imminu- 
tione ; multoque minus agebatur de privatione bonorum quœ 
potis essent Pétri statum immutare, eumqueditem in miseram 
vilemque conditionum redigere. Quo solum in casu exhœre- 
datio ut grave malam est existimanda ; quo solum in casu exhœ- 
redaiicMiia minœ appositœ ad gravem gignendum metum ha- 
bends sunt. (Ctapud Cavall. decis. 447. Peniadecis. 405.Boss. 
de matrim. cap. 11^ n. 87. BuratU decis. 412, n. 6. CalagurU 
2ana cor. Heltio prsetensi matrimonii 41 februarii 1647. De- 
cis. 19, part. 10. récent, Tullen, matrimonii 15 januarii 4653 
cor. Albergato, decis. 194. cor. Priolo, n. 8.) 

59. Hâeressui Patria, amplo satis gaudebat Petrus patrimonio, 
tttpole qui annno redditu in decem et octo millia libellarum 
fruebatur. Proindeque amitsehaereditas, data, ditiorem hominem 
faciebat^ adempta^ ne unum quidem assem de tantis fortunis 
d t.^hebat. Hinœ itaque exhœredationis redigebantur ad eau- 
sam amplioris lucri, non vero ad causam damni. Non adeone- 
efôsariam conjnnctionem arcis et nemoris fuisse dicendum est, 
Qt illa absque hoc incoli amplius non posset. Ut enim pater 
actoris incoluerat^ dum sejuncta nemoris propriétés ab arcis 
pro-^rietate fuerat^ parimodo poterat iucôlere filius, si facta 
ill > ejnnctio per ezhœredationem esset duratura. Concludamus 
igitur metum ex exbseredationis minis promanantem minime 
suam causam habere a gravi, instant!, malo; bine gravilatis 
nota, idest^ suoessentiaU extremo destitui prorsus. 

60.Utîprimum,sic alterum déficit extremum, nempepersonss 
ffiinantis potentia et firma volun tas minas exequendi. Eulaiia 
de Boimelet grandis jam natu conjugU tempore, ingénie mitîs- 
sima, in Bosmelet domo bonœ matris familias gerebat per- 
sonam^ ab administratione cœterum alieno, quœ a Fetri ma- 
ire gerebatur tamquam domina (Summ. part. 3, pag. 41). 
Omnibus, nepotibus pnesertim carissima, veneranda anus 
pari omnes prosequebatur amore. Concipere in fœmina istius- 
modi minas adeo graves quœ Petrum viginti quatuor annos 
Datum, inter arma educatum, beUisqueadsuetum perterruerint 
et ad iûvisum conjugium adegerinttam absurdum atque abso« 
num est, ut procul dubio commentitiam fabellam sapiat. 

61. Inspecta minantis persona, inspecta etiam Pétri, in necea- 
iariam soasionem inducimur tertium extremum iliud^ nempe 
resistendi impotentiam, a causa prsBsenti omnino èxulari, eo 
Tel magis quod in inquisitione ne unum quidem vel testium 



dictum, ne unum quidem documcntorum prœsto est quod 
extremi istius existentiam statuât. Atqui statuere debuissent, 
imo absolutissime probare, quando metus gravitatem talem 
in tuto ponere intenderent, quae validitati sacramentalis vin- 
cn)i oppugnando esset, quando praesumptio juris et de jure 
invincibilis ex rato et consuromato matrimonio existens 
intentatam actionem certissime profligabat. Quod cum actor 
neglexerit^ ne puncto quidem temporis ambigere debemus, 
metus affirmationem utpote gratuitam repellecdam esse. 

62.Verum plus nimioindulsimusadversariisconcedentes re« 
vera sub minis exheredationis ex parte amît» Eulaliee matri- 
monium Pétri cum Julia de Chef d'H )stel fuisse initum. At enim 
id facta non sinunt^neque eornm sinunt testimonia quibus 
maxima in causa est fides adhibenda, seu quod soli vera co- 
gnitione poUeant, seu quod majorem habeant quam cseteri 
auctoritatem. Horum ductu negamus impetum in Petrum 
fuisse factum a propinquis per minas; negamus autem hune 
impetum ex parte Eulaliœ amitœ, quas res nos probatiuros 
jam supra promisimus 

75. Goncludere nobiê jam liceat cum clarissimi Taillet advocati 
verbis, cui defensoris ;munus ante ecciesiastlcum Ebroicensis 
diœceseos tribunal a Julia fuit commissum : « En vérité nous 
restons stupéfaits quand nous lisons^ c6té de ces faits incontes- 
tablement établis, que tout cela précède un mariage forcé per 
vim et metum. Sans doute on nous dira que l'envoi des bouquets 
est uneafTaire d'usage, que le bracelet apporté est aussi le cadeau 
d'usage. Eh ! oui certes, cela est d'usage, parce qu'il est d'u- 
sage que le futur témoigne son affection sous toutes les formes 
à celle à qui il veut lier sa vie entière ; mais cela est-il d'usage 
quand on veut témoigner sa haine, sa répulsion ? Et le don de 
sa photographie, oh ! c'est un bien mince cadeau, mais 
donné par le fiancé \ la fiancée, n'est-il pas l'emblème de Taf- 
fectionîNe veut-il pas dire: Pensez à moi pendant le temps, 
mais que tous deux nous trouverons trop long, où nous allons 
dire séparés ? » (Mémoire pour H. la baronne de Bosmelet, 
pag. 13.) 

76. Posita etiam reprobata omnino tôt argumentis hypotbesi 
metum et vim intercessisse per quae Petrus fueri't coactus ma- 
trimonio assentiri. Metus ille et illa vis minime perdurarunt ad 
ultimum usque momentum temporis, quo idem matrimonium 
fuit contractum. Quod merito a jure retinetur potissimum ex- 
tremum in dijudicanda matrimonii validitate per vim et metum 
contracti. In aliis speciebus quam nostra, in quibus de vera vi 
veroque metu^ et non de commentitîa ab anula sui nepotis 
amantissima illata agebatur, sanctum semper fuit hune S. Or- 
dinem pétition i pro nuliitate obsistere quotiescumque extre- 
mum illud defecisset 

77. In causa Homana matrimonii 1 julii 1726 cor. Ratto § 3 
ad 6, a animadversum fuit quod causa metus utcumque 
prsecedens rêvera tamen non perduravit ad ultimum usque 
momentum temporis quo idem matrimonium fuit contractum . 
Petrus enim ante actum celebrationis sufficientem habuit fa- 
cultatem et libertatem excutiendi praeexistentem causam me- 
tus. Et cur nam ? Quia, ut sapienter PP. ^dverlebant, ad irri* 
tandum matrimonium concludenter probari débet, quod eadem 
metus causa et coacta voluntas perduraverit usque ad ipsimi 
actum conclusivum matrimonii. > (Cod. § 7.) 

78. Nec secus lu Luçeorien. matrimonii 10 januarii 1827 cor. 
Calcagnino § Vel quatenus. « Non sufficit probare veritatem 
atque asperitatem violentiarum, gravitatemque metus ac ter- 
rorisincussi ad flnem extorquendi assensum requisitum ad per- 
ficiendum matrimonium, sed praecise requiritur coarctatio 
temporis lu ipso actu proximo ad ipsum assensum, adeo at 
idem assensus videatur expressus sive extortus ex praBsenti 
formidine actualium comminationum, et mali graviter perur* 
gentis. Potest enim dari casus quod longo ante tempore quia 



r, 



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MARIAGE. 



80 



mgBa vi et metu insultatus fuerit et deinde ex intervaUo li- 
bère afisentiatur ad text leg. etc. RoL etc. > 

19. Concordat S. CoDgregationis jorispradentia. In Jfebm-* 
tana nuUitatifl matrîmonii Simarlii 1824, § Eo velmagis. 
•Exceptionem ex metu ssBYitiammpeiitam inutilem dicit quod 
Dec probetur metum perduraâae ad actum usqne et in ipso 
aetu celebratioDÎs maUriaionii. Poterai enirn Yoluutas mnlie- 
ria quœ prius a propositis nupUis abhorrebal postea in ve?um 
consensum converti. Leg. etc. Coaoius etc. Roi. etc. > Et in 
eadem Melevitana, 2i decembris 1821^ ^Smnmt. Porroad îr- 
ritaodum matiûnoniiiin non valet metos qui illud praBcessit, 
nitt probetor metum ipsum usque ad matrimonii adum per- 
durasse. Ursaya etc. Rot. etc. Et In altéra MeUviiana nuUiiatis 
matrimonii 21 junli 1839^. § addit. idem sancitur ac confirmatur. 

80» Acta regererevideremursiextremumistudessentiaiein 
causia nullitatia matrimonii defecisse in specie aggrederemur 
demonstrare. Quum latissime hœc disquisitionis pars exposita 
superius a nobis fuit. Cœterum binis tantumodo documentis 
res satis superque evîncitur. Actus celebrationis matrimonii 
kgitimiy solemnes, omnique fide dignîssimi prostant libero, 
plenissimo, explicito consensui Pétri in utroque ritu prsestîto 
Inculentissime comprobando. (Summ. part, i^pag. U, 46.) 

CAPUT III. 

EUi nuliitas initio subsisteret, sequiori consensu purgata est. 

84. Res minime controversa est, matrimonium in specie suam 
babuîsse perfectionem ex subsequuta copula inter Petrum et 
Inliam. Minime solliciti, eadem id accident matrimonii die, 
ut mulier déclarât (Summ. part. 2, pag, 49, 20), vel sequiori 
quacumque, utPetrusaflirmat (Summ. part. 3, pag. 44), quod 
certissimum est tenemus ex amborum confessione exlstens. 
Tenemus ex ipsorom conjunctione infantem in lucem prodi- 
disse. (Summ. pag. 44, part. 2.) Testatur Petrus, cui consonat 
parochus (ibid. pag. 43). 

81 . Ergo in specie duo illa habemus, matrimonii consumma- 
tionem et soboÛs procréa tionem. Vanumadeoque est posthasc 
actionem de nuUîtate intendere. Inficiari se voluisse nequit ea 
qvii omnîa perfecit quœ prioris voluntatis consequentia sunt. 
Qui voluitconsequens, Telle debuitetiam antecedens a quo illud 
dependet (Leg. illud ff. 76 de adquîrendo rerum domînio). 
Qui aliquid vi promisit et postea promîssum recte solvit poste- 
riore actu priorem firmat, repetere hinc amplius non potest. 
(Leg. Cod. 2 de bis quœ vi, 4 Si ob turpem, ff. si ob turemp 
causam). Ubi consensus intervenit perficitur matrimonium (Cap, 
Su/ficiat, 27 quœstione, leg. Nuptiœ, ff. de'reguU juris.) NuIIa 
dubitatio est consensum advenisse quoties copula, cohabitatio, 
et subséquentes cognitiones habuerint Iocum.Hinc quando ma- 
trimonio haec omnia supervenermt purgatum metum et ttmorem 
doetorum omnium consensione legumque gentium omnium 
civilium prœscriptis, scimus. 

82. • S] post matrimonium metu extortum accédât copula 
sponte habita affectu conjugal!^ ratificatur prius matrimo* 
nium, et ex tune indpît valere, si alter qui absque metu 
consenseraf in pristino consensu perseveret. Et ratio est, quia 
cum non oporteat consensus esse simul et consensus illiusqui 
metum passus non est, fuerit legitimus, solum desiderabatur ad 
valorem matrimonii consensua spontaneus illius qui metu 
consenserat. Sed hic consensus sufficienter exprimitur per 
eopulam spontaneus afTectu marital! habitam cap. Is fidem^ 
de sponsalibus. Ergo ea sequuta ratificatur prius matrimonium» 
S. Thoma etc. D. Bonaventura etc. Richard, etc. Sotus etc. 
0. Antoninus etc. Ledeisma etc. Henriquez etc. Turrecre- 
mata etc. Navarr, etc. Henoch. etc. (Sanchez^ de matrimonio, 
fib. 4, tit. 48, n. 2, et seq.}. 



88. Ita BosMus, de matrimonio, cap. 12, n. 384 et 382 : 
c Matrimonium publiée et servata forma condlii contractum 
si propter metum nuUum fuit, potest validari copula marital! 
affecta inter conjuges habita, cum consensus de praesoiti 
efficiena marimonium verbis et signts explicari posât et co- 
pula affeeta maritali signum sit consensus de pnssenti. Lex etc. 
Laiman etc. Barbosa etc. » 

84. Ita miasia nSk, Paoimolle, Deciu cioiL morale H crim. 
decis. 102, annot. 5, n. 1 et seq. : c Metos vet tadte vel ex- 
presse pur^uî potest, et tune exprewe pu^atns, et roatrimo- 
ntmii oonvaiesdt si novo consenaa expresso qxnttaneo et li- 
bero ratificetur prior consensua coaclus, dommodo alter qui 
absque metu consenserat adhuc in pt imo consensu peraeverel. 
Tacite vero purgatur per ratiBcationem libère fàctam in subse- 
quentibtts actibus ex quibua juxta furis dispositionem indu- 
citur . seu prassumitur tacitus consensus matrimonialis. Htnc 
exduditur metus et ratificatur matrimonium meta a pria*» 
cipio contractum ex ejus consummatîone seu sequuta copula 
aflfecto maritali. » 

85. Quid ultra quserimus PP. AA. t Luculenter demonslra- 
vimus^ nulle prcesentem actionem fùlciri juris Esctique mo- 
mento, metum, qui asseritar, prorsus abfuisse ante matri- 
monii celebrationem, d)fuisse in eelebcatioii» ipsa ; purgatum 
vero quando etiam invitissimis testimoniis, invHissima mi* 
nena metus asseratur, purgatun, inquam, fuisse ex car- 
nali copula maritali affectu habita, ex conjngum cohabita- 
tione. 

86. Atque hic oratione, noadstere sinatis, aliéna siquidem a 
disceptationeprsesentiarbitrannirqnid abactore in malos con- 
jugis su» mores inconsulto temere eAititur. Egregie 8. Rota 
in decis. 304» num. 30, part. 44 recentior. « Non rrievant dis- 
sidia quœ consummato matrimonio inter hos conjugea dieun- 
tur intercessisse. .. Matrimonium non irritant quod prœtendi- 
tur meta contractum, neque ad hune effectom sunt in aliqua 
conaideratione habenda. » Glosa, in cap. etc. Bertazzoli etc. 
Non secus in citata Lueeorietu nudrimonii 40 januarii 4727, 
g Licet. ç Licet vero post bec oomia solenmiter expleta 
inter ipsum aponsum atque sponsam exeitata fuerint quaedam 
discordiarum semina... id certe tanti faciendum non est, ut 
oausare possit matrimonii invaliditatem. Nam cum semel ab 
initio per liberum assensum et cetera pontificii juris requisita, 
matrimonium valide contractum fuerit, nuUo inde prœtextu 
irritari potest et quarumcumque sopervenientium circums- 
tantiarum nuUa ratio habenda est. a Hssc aupremi tribunalis 
oracttlum sapientiœ vocem referena ac sandena. 

87. Quid nos! Cum conjugem, CQ)ns adoleacaitia in iliicita 
ccmauetudine absumpta, cujiia fidea in coojngîo dubîa, in con- 
jttgem invehi vîdeamua, divim Senratoris nostri verba, in 
mentem veniunt : cQui due peccato est vestrum, primus in 
illam lapidem mittat. » 

Quare etc. — Ulisses de Dominids» adv. 

Ferdinandus Morani, adv. 

Adv. Leonardna Garacdolot procuraftor. 

BEHARQUES DU DÉFRfSEUR 1) OFFICE. 

Le âéCanaeur d office, qui a Bootena la yalidité du 
mariage devant la S. GoBgrégation da Concile, a con- 
sacré la première partie de sa plaidoirie à exposer 
longuement les faits. Noua noua eontentona de repro- 
duire la discuBsion jnridiqne. 

Le mariage renferme trois biens : Le sacrement, 
les enfanta qui naissent, 1% fidélité que les époux ae 



\ 



81 



MARIAGE. 



82 



gardent. Tonte eondition essentiellement opposée à 
l'un de ces biens^ frappe de nullité le contrat matri- 
monial. Il en est autrement des fins secondaires que 
les contractants pourront avoir dans leur esprit et qui 
les déterminent à se marier. La femme épouse un 
homme pour sa fortune ; ou bien c'est la dot de la 
future qui détermine Thomme à épouser cette femme. 
Le mariage est-il nul ? Ce serait insensé de soutenir 
cette nallité. Quoique le but que les contractants se 
proposent soit mauvais et condamnable, le contrat est 
valide^ pourvu que la triple fin essentielle du mariage 
demeure. 

On lit dans le traité de Thomas Sanchez : « Il est 
tout à fait certain qu'une fin perverse^ quelle qu'elle 
fioit, n^annuUe pas le mariage, supposé que cette fin 
De s 'oppose pas essentiellement à la nature du mariage 
ni à ses trois biens. C'est règle générale que les contrats 
et les sacrements eux-mêmes ne sont pas annulés par 
une fin très coupable qui s'y mêle, supposé que les 
choses substantielles subsistent et demeurent. » (Thomas 
Sanchez, de matrimonio^ lib. 2, disp. 29, num. 8.) 

Est-il licite et permis en conscience de se marier 
afin de s'enrichir ? Les docteurs sont partagés, mais 
aucun d'eux ne met en doute la validité du mariage. 
Quelques auteurs très estimés pensent qu'il n'y a pas 
de faute, même vénielle, si l'on n'exclut pas les fins hon- 
nêtes du mariage dans la dispositition ou intention 
habituelle ni par un acte formel. C'est le sentiment de 
saint Thomas d'Aquin, quatrième livre des sentences, 
distinction 30, question première. Le cardinal Cajetan, 
tome 2 de matrimanio, question 3. 

On Ut dans le traité de Pontius : c Ce n'est, à mon 
avis, pas même un péché véniel d'épouser une femme 
pour sa beauté on sa dot. Soto est du même avis. En 
effet, il n'y a aucun mal à vouloir la beauté, ou la 
fortune, ou la noblesse d'une personne. Le moyen que 
l'on prend pour se les procurer, c'est-à-dire le mariage, 
n'est pas condamnable en soi, supposé qu'on se garde 
d'exclure ni habituellement ni aciuellement les autres 
fins du mariage. La noblesse, la fortune ou la beauté 
ne prennent pas dans l'esprit le caractère de cause 
unique et totale, elles n'excluent pas les fins essentielles 
du mariage. Cène sont par conséquent que des causes 
impulsives, qui déterminent expressément il est vrai le 
consentement^ mais n'empêchent pas de vouloir impli- 
citement les autres fios^ parce qu'on veut réellement 
la mise en possession conjugale, [les devoirs mutuels 
et la procréation des enfants. Il n'y a pas de désordre 
aviser implicitement ces fins et d'en envisager d'autres 
qui ne sont pas intrinsèquement mauvaises. (Basilius 
Pontius, de matrimonio^ liv. i*', chap. 21, num. 13.) 

Bans l'espèce, le baron éprouva d'abord des sym- 
pathies pour sa future • Etait-ce la sainte et sincère 
affection conjugale ? Dieu le sait. C'est le consentement, 
nonTaffection qui forme le mariage. Inutile de porter 
les investigations sur l'existence de l'affection. Toute 
l'enquête constate la satisfaction que le baron témoigna 
de faire ce mariage. S'il n'éprouvait pas d'affection, 
toujours est-il que le désir d*obtenJr une riche dot fut 
plus que suffisant pour déterminer sa volonté et son 
consentement au mariage. 

19* SÉRIE, 



On objecte que, indépendamment de la dot, le baron 
fut sous le coup d'une pression de la part de sa tante, 
qui menaça de le déshériter s'il n'épousait Julie. 

Le syllogisme est fautif, parce qu'il transporte la 
conclusion beaucoup plus loin que les prémisses ne le 
permettent. 

Admettons, si l'on veut, que la crainte de perdre 
l'héritage e&erça de l'influence sur l'esprit du baron ; 
mais peut-on nier Tintervention d'une autre cause 
finale, parfaitement licite et honnête, et peut-être 
prépondérante, je veux dire la nécessité d'acquitter 
des dettes énormes avec la dot de la jeune femme? 

En effet, le patrimoine du baron, qui pouvait être 
d'environ trois cent mille francs se trouvait grevé de 
cent douze mille francs, de dettes chirographaires, 
indépendamment de trois mille cinq cents francs de 
rentes viagères qui représentaient soixante-dix mille 
francs en capital. Au total, le baron devait cent quatre- 
vingt-deux mille francs sur trois cent mille. Il ne pos- 
sédait en réalité qu'une centaine de mille francs. Quoi 
d'étonnant que la dot de sa future (quatre cent mille 
francs) ait pesé sur sa décision, comme il l'a avoué 
dans l'enquête ? 

Il semble que la certitude de reconstituer sa fortune 
exerça sur lui une plus grande influence que la crainte 
de perdre l'héritage de sa tante. La dot était actuelle, 
imminente, présente, au lieu que l'héritage demeurait 
à l'état d'espérance et dans les futurs contingents. 
Comme la nécessité de solder l'énorme dette pressait 
vivement le baron, il y a lieu de croire qu'elle le décida 
plus efiScacement au mariage que la perte probable de 
l'héritage. 

Quoi qu'il en soit de la gravité plus ou moins grande 
des deux motifs, il résulte du propre aveu du baron 
qu'il eut en vue une double cause finale, à savoir, 
d'une part la certitude d'exonérer son patrimoine par 
la dot, d'autre part la crainte de perdre Théritage de 
sa tante. Cette crainte aura été, si l'on veut, une cause 
illicite qui aurait pu frapper de nullité le mariage. 
Faut-il conclure de là que ce mariage fut sans valeur ? 
En principe, lorsque deux ou dix causes finales con- 
courent à l'acte, il suffit qu'une de ces causes soit licite 
et honnête ; peu importe que les autres causes soient 
illicites et coupables ; car il faut nécessairement se 
prononcer pour la cause licite et maintenir la validité 
de l'acte. La Rote romaine se prononça constamment 
dans ce sens-là ; on peut voir dans les Recenliores de 
la Rote la décision 306, partie 2; décision 6il, 
partie 4 ; décision 611, partie 6. 

Cela suffit pour prononcer la validité du mariage. 
Soit, le baron n^a épousé Julie qu'à cause de la succes- 
sion dela^dame Eulalie. Le danger de perdre l'héritage 
a-t-il pu produire une intimidation assez grave pour 
dompter la volonté et annuler le mariage ? 

Des témoins irrécusables écartent absolument l'idée 
même de la contrainte de la part de la tante, ils nient 
complètement les menaces. Le curé qui reçut le ma- 
riage et les témoins officiels du contrat protestent lé- 
galement contre cette prétendue contrainte. 

Sabellius, dont la doctrine est communément reçue^ 
exige cinq conditions, i. Il faut que le mal qu'on 



83 



MARIAGE. 



64 



redoote soit gra?re. 2. L'efiUmation de ce mal doit 
être sérieuse, probable et ratioDoelle. 3. Il est né- 
cessaire que la personne qui inspire la craiote ait le 
pouvoir d'accomplir les meDaces. 4. il £aut qu'elle 
soit connue comme ayant Tusage d'ex^ater ce qu'elle 
fait craindre. L'homme irascible, dont la colère se dis- 
sipe aussitôt, n'inspire pas une crainte sérieuse. 5. Il 
faut que l'homme intioEddé ne puisse pas facilement 
éviter les malheurs qu'il redoute. 

Que craignait donc le baron ? Il n'avait pas d'autre 
crainte que celle d« perdre l'héritage de sa tante Eulalie. 

L'avocat de notre adversaire allègue mal à propos 
Sanchez et Pignateili, qui reconnaissent que la crainte 
de perdre les biens en totalité ou en partie cet de nature 
à frapper de nullité le mariage fait sous l'impression 
de cette intimidation. 

Franchement c'est abuser de la doctrine de ces 
savants jurisconsultes ; car ils envisagent les biens 
propres et personnels, et non la crainte de perdre les 
biens d'autrui. Le baron n'avait aucun droit à l'héri- 
tage de sa tante. Il s'agissait pour lui défaire une 
acquisition lucrative, et non de subir un préjudicedans 
son propre patrimoine. Est-ce que la perte d'un héri* 
tage auquel on n'a aucun droit in te ni ad rem deviendra 
une cause 8«iffîsante pour produire une crainte qui 
annulle le mariage ? 

Comme il n'est pas possible de prétendre un droit 
quelconque, soit in re, soit adrem^ à l'égard d'une suc- 
cession qui n'est pas ouverte^ il faut nier que la crainte 
de perdre un bien qu'on ne pourrait réclamer en justice, 
soit de nature à influencer et intimider Thomme qui 
est en possession de sa raison. N'étant pas possible de 
formuler une plainte légale ni d'intenter un procès 
pour réclamer un bien auquel on n'a pas droit, ainsi 
l'homme qui craint de perdre ce bien n'a pas une cause 
juste pour se sentir gêné dans sa liberté. 

L'invitation et l'entraînement pour faire le mariage 
par l'espoir d'une succession est une disposition entiè- 
rement diverse de Tintimidation que la crainte inspire / 
C'est au contraire un attrait causé par Tespérance ou 
la certitude du lucre. Cet attrait augmente le volon- 
taire au lieu de l'afTaiblir, comme dit fort bien saint 
Thomas. 

On lit dans Sanchez : t Quoique toute idée pénale 
doive être éloignée du mariage, toutefois le contrat est 
valide^ nonobstant la peine de perdre «a gain et un 
lucre» La crainte de perdre une succession n'altère 
nullement la validité de l'union conjugale. Par exemple^ 
Marie est instituée héritière à condition qu'elle épouse 
Titius. Est-ce là une vraie peine ? Non, c'est simple- 
ment une invitation inhérente à l'espérance du lucre. 
La crainte de perdre une augmentation de fortune n'est 
pas de nature à intimider l'homme doué d*un caractère 
ferme. La passion de l'espérance et de la concupiscence 
augmente le volontaire, au lieu que la passion de la 
crainte le paralyse. Les jurisconsiailesqui estiment que 
la crainte) de pwlrê un grand lucre annulle l'acte, par- 
lent de la crainte injuste qui affecte une chose laetatiTe 
à laquelle on a droit. (Sanchez, de malrimomo^ liv. 4, 
dispnt. 5,num.28.) 
Dans d'espèce^ les quatre autres conditions eaaen- 



tiellesde Tintimidation font complètement défaut. Les 
témoins appelés à prouver l'intimidation n'ont rien 
connu par eux-mêmes ; ils ne font que rapporter ce 
qu'on leur a dit longtemps après la célébration do 
mariage. 

Admettons l'absurde hypothèse que la contrainte 
ait frappé de nnllité le mariage. Reste encore la coha- 
bitation maritale, suivie d'un long silence de seize 
ans. 

B'après le droit commun^ que le concile de Trente 
n'a nullement modifié^ le mariage involontaire et 
forcé est revalidé par la ratification subséquente. Celui 
des époux qui n'a pas réclamé lorsqu'il le pouvait, est 
mis hors de cause. Cette maxime est consacrée dans 
la décrétale Insuper j 4, qui mairimonium accusare 
possinL Lorsque la crainte a été occulte, il n'est pas 
nécessaire de renouveler le mariage, par le consen- 
aentement exprimé devant le curé et les témoins^ con- 
formément au concile de Trente ; la cohabitation af/ectu 
maritali revalide le mariage. Parmi les canonistes qui 
embrassent ce sentiment, on cite Gonzalez (sur la 
décrétale 21 de iponsaiibm) et Sanehez. 

Sanchez explique son sentiment comme suit : « Si 
l'époux qui a subi l'intimidation et la crainte traite 
librement et spontanément affectu maritali avec l'autre 
époux, ou bien s'il accomplit d'autres actes qui 
expriment un nouveau consentement matrimonial^ 
le mariage précédemment contracté sous la pression 
de la crainte se trouve revalidé^ supposé que l'empê- 
chement de crainte soit demeuré occulte et que le curé 
et les témoins ne raient pas connu. (Sanchez, traité 
de matrimonio^ liv. 4, chap. 18, num. 12.) 

Il dit dans un autre endroit : « Le concile de Trente 
ne comprend pas le cas dont je parle ; il faut donc le 
décider conformément aux décrétales, qui statuent 
que ce mariage est ratifié par le commerce conjugal 
accompli librement affeelu maritali^ selon le canon 
Si isqm fidem. La loi du concile de Trente sur la pré- 
sence du curé et des témoins ne s'applique pas au cas 
dont il s'agit* » 

Deux autres conditions sont nécessaires^ d'après 
Sanchez : c Celui qui ratifie le mariage par la coha- 
bitation conjugale doit savoir que le mariage était nul. 
S*il agit par erreur et dans la fausse persuasion que ce 
mariage était valide, en ce sens le mariage n'est jamais 
ratifié tant que l'erreur subsiste. Une autre condition 
est que l'habitation volontaire soit de Icmgue durée. » 

Les troia conditions se rencontrent dans l'espèce. 
1 . Le baron a librement cohabité avec sa femme, lorsque 
l'intimidation était occulte, tout au moins les premiers 
temps qui ont suivi le mariage. Il est censé avoir rati- 
fié le mariage. 2. Ce n'est pas par erreur^ mais c'est en 
pleine connaissance de cause qu'il a cohabité marita^ 
lement ; car il prétend aujourd'hui qu'il savait par- 
faitement que son mariage était nul. 3. La cohabita- 
tion a duré plusieurs années. 

Ainsi, en raisonnant d'après l'hypothèse (d'ailleurs 
inadmissible) de l'intimidation, le mariage doit absolu- 
ment être maintenu. 

Voici des extraits textuels du mémoire que le dé- 
fenseur d'office a présenté à la S. Congrégation du 



85 



MARIAGE. 



86 



Coneila. Toutes ces raisons, ont déterminé la S. Gon* 
grégation à rejeter l'instance du baron. Le mariage 
est donc maintenu • 

A!<ll]IÀDYEESI01fES DEFBNSOBIS MÀTEOIOlin BX OmCIO. 

28. Namne dotis seu divitiarum causa adversabatar roatri- 
moniisubstanti», vel triplici ejasdem bono^ sacramenti nimi- 
rom, proUs, et fidei, ut exinde illud valuisset irritare t Insul- 
sum esset hoc prsetaudere. Quantumvis enim pertersus sit 
finis» qui a contrabente inteBditur, dum tamen triplici illi 
bono ncm répugna^ matriouMiium miaime irritatur; Ua ',Go- 
▼arruvias, de matrioi. i part. cap. i § unie nom. 7« Sancbez, 
de matrim. lib. 2, disp. 29, num. 8, ibi : a Certum est» matri- 
monîum imoime irritari ob quemcumque perversum finem, 
xjui ejus substantiao, el tribus bonis illius minime adversetor ; 
et ratio est, quia omnes alii contractus, et sacramenta ex pes- 
simo fine adjuncto^ servatis substantialibus» numquam annul- 
lantur. » 

29. Et si quîdem controversia est inter doctores quoad 
liceitatem hojasmodi intentionis acquirendi divitias mediante 
matrimooiOy nullus profecto ex illis de validitaie ambigit; 
îmo etiam non desunt gravissimaB notœ scriptores, qui dooent 
quod contrabens^ duromodo nec habitu nec actu alîoshonestos 
fines matrimonii excludat^adhuc etiam a levi culpa excnsatur; 
lia post O. Thooaam in 4 dist. 30 qu. i art. 3 ; Gajetanum in 
2 To. q. 3« de matrim., tradit Pontius de matrim. lib. \, 
cap. 21, num. 13 : «Ex bis quœ dicta sunt, coUigi pocest, 
quid sentieodnm sit, cum quis contrahit ob pulcbritudinem vel 
divitias. Ueo jûdicio neque est veniale peccatum, sic docet 
Soto etc., quia intendere pulcbritudinem vel divitias, vel 
generis nobililatem, ex se non est malum, ut constat; neque 
ex medio per quod intenditur, scilicet per contractum matri- 
monii. Quare in eo, qui sic contrabit nunquam hâec babent 
rationem totab's finis ; finem enim totalem babere non possent 
nisi acta vel habitu excluderent fines matrimoniV; sed tan* 
tnm habent rationem causae impulsivaB, in quam expresse fertur; 
implicite aatem in ipaos fines operis et contractua; quando* 
qaidem vult traditionem illam et communicationem obse- 
qniorum et prolem. Implicite autem tendere in eos fines, expli- 
cite in alios, qui ex se mali non sunt, nulla inordinatio est. 

30. Quidqoid igitur prae aliis Petrum illexerit in conjugali 
sûcietatecom Joliaineunda, quœstio de antipatbia vel slmpa« 
thia vix in postremo loco jam collocanda esset» utcumque cer- 
tissime de alteratra constaret. Ex quo enim liquide evincitur 
ex confessioiie illius, quod pretiosissima dotis corona per- 
sonara sponssa decorabat, facili negotio explicatur, optimam 
percopido javeni suppetiisse rationem exeïamandi : « Elle a 
une figure sympathique. » Exortane est sancta ac sincera con- 
ji^lis aSectio inejuâdem anime T Hoc Deux seit, qui solus est 
8<7utator renum et cordium. Ast matrimonium non affectio, 
sed coasoisus efficit. In facto autem constat, plenissime Petrum 
fuisse iliis nuptiis contentum. Inutilis igitur ac supervacanea 
estaSectionisdisquisitio; qu» etiamsi defuissety adhuc desi* 
derinm acquirendi uberem dotem satîs soperque fuisset ad 
voluntalem et consensum in matrimonb determinandum. 

3f . Sed prseter divitias spons», ita subsumunt, soberat 
etiam coactio ex parte Eukliae de Boamelet Pétri amitœ, qu» 
snam sntistaiitiam ad libellas circiter quatuorcentum œillenas 
pertingentem band nepoti reUquisset, nisi Jnitam duxisset in 
axorem. laepla ac ridicula eavillatâo, qiia coiueqoens longe 
tttenditnr ultra iUud, quod in praamissis continetur. Aiont 
enim; etian tknor amittendttsuccessionisamitflsimpolU Petram 
ad nuptias; eq;o vis ei metns matrimoDium effeeit. Ast, qunso 
nonne alia causa finalis ii^ercesstt, bonesta quidam et Ucila, et 



fortasse etiam majoris ponderis? Et quidem certissime. Est faîc 
mehercles reus confessas, c En présence de la modicité de 
ma fortune, de mes grandes charges et des quelques dettes que 
j 'avais contractées, et de la perspective que ma tavite me fat- 
sait craindre, je ne puis pas dire que la fortune de la femme 
qu^on me proposait ait été sans influence sur mol, mais ta prin- 
cipale considération a été de ne pas me voir privé de Théritage 
de ma tante. » (Sum. contr. part. % pag. i3, R. 21.) 

32. Siste hic, quseso, parnmper gradum. Patrimonium ba«- 
rouis vim prœsef erebat libellarum teroentum circiter mille ; 
idest « valeurs mobilières, denx créances montant ensemble à 
14,000 fr. et une petite rente de 238 fir. à 4 1/2 p. 100 sur 
TEtat firançais, soit en valeurs disponibles un peu moins de 

20,000 francs Parc, jardins, bosquets, avenue etc. et une 

ferme de 68 hectares, 66 ares de terres labourables ; c'est-à- 
dire une valeur d'au moins 250 à 300,000 francs. » (Snmm. in 
cale. n. nnic.)Hœc vis patrimonii. Quodnam œs alienumt 
Instrumentum nuptiale summam denunciat libellarum centum 
et duodedm mille in chtrografariis oblîgationibus. Ouaenam 
onera ? Ad annuam summam assurgebant paullo minus ter* 
raille et quingentum. c H. de Bosmelet devait sur ces apports : 
a 1. une somme de 112,000; 2. diverses rentes s'élevant en- 
<c semble à 1 ,419 francs ; 3. à sa mère une rente viagère de 
« 2,000 fr. Ces dettes sont déclarées dans le contrat de ma- 
« riage. » (Summ. in cale. cit. n. unie. A). Optima igitur ra- 
tione absque ulh vel minima ambîguitate confitetur Petrus. 

33. Et si quidem intima cordis ejus ex hac confessione per- 
scrutari liceat, datum quidem erit affirmare, plus valuisse in 
statera Pétri certitudinem reficiendi suum patrimonium ex 
dote uxoris, quam timorem amittend» hareditatis amitae. lUa 
erat in actu ; hœc erat in spe ; ista erat de futuris contingen- 
tibus; illasnbipso capiebatur nuptiarum momento. Etquum 
acriter eumdera urgeret nécessitas dimittendi gravissimum de- 
bitum libellarum circiter 112 mille, validiorem impuisum ex 
hac ipsa certa necessitate datum fuisse ad nnptias judicari 
débet, quam ex probabili jactura successionis amitœ. 

34. Quidquid Terumtamen sit de hac majori gravitate, istud 
certissime emergttex allata Pétri confessione, quod ad eumdem 
determinandum pro nuptiis cum Julla duplex causa finalis eu- 
currit; certitude nempe corroborandi suum patrimonium ex 
pinguissima uxoris dote , et timor privationis successionis 
amitœ. Este quidem quod hic timor fuisset illicita causa irri- 
tans coptractum, numne matrimonium infectum fuit perinde? 
Nil minus. Ubi enim duœ vel plures causœ finales concurrunt 
in actu, dummodo una sit licita et bonesta, etiamsi alia sit in- 
honesta, vel illicita, semper interpretatio fieri débet pro causa 
licita; atque exinde sustinetur actus, quia semper actus ipse 
prœsumitur meliori, quo fieri potesti modo celebratus. Rota 
Romana, in decis. 271, num. 10, part. 6, récent., ibi : « Dum 
plures causœ referuntur ad eelebrationem actus, tune ex una 
causa, quœ sit vera, sustinetur actus, quando illa est sufliciens 
de per se ad actum susCineodum. 3 Plenissime concordat. 
Decis. 611, num. 33, part. 4 rec, îbi : < Cum possint con- 
currere duœ causœ, interpretatio semper fieri débet pro causa 
licita, quoniam actus prœsumitur fieri eo modo, quo valide et 
licite fieri potest »; atque ita etiam dec. 306, num. 8, part. 2 
rec. c PrsBSumere debemus actum potius processisse a causa 
licita et bonesta, quam ab illicita et fraudulenta. d 

35. UsBC omnîa profecto satis superque essent, ut de validi- 
tate matrimonii, de quo controvertitur, justum ac promeritum 
ferretur judidum. Sed in causa optima, quid non potest con- 
cedi ? Bsto etiam quod qaœlibet alia causa honesta et licita 
prœter successionem in bonis amitœ defuisset ad Petrum Juliœ 
matrimonialiter conjungendum. Numne periculum amittendœ 
ejQsmodi successionis adeo vehementer illum urgebat, ut ex 
eo metos exurgeret, qnalis ad tnvalidandum matrimonium 



87 



MARIAGE. 



88 



omnino requiritur^ idestceu tradil Schmalzgrueber jur. can. 
pari. 5, lit. 40, nuro. S : < Hetus gravis, qui et jastus et proba- 
bilis dicitur, et qui in virum coastantem cadit ; seu qui talis 
ait, ut eum, qui îllum patitur, etsi alias fortis et constans ait, 
a proposîto dimovere valeat? Nil minus mehercles. 

36. Et primo quidem quamcumque penitus coactionem ob 
minas exhapredationis ex parte Eulaliœ excludunt testes omni 
exceptione majores... 

42. Hftctenus in génère de inexistentia coactionis. Sed ma- 
jora adhuc urgent in specie. Suo quisque sensu perfacile con* 
cipity non quemcnmque metum constituere coactionem. Sunt 
quippe conditiones, quae metum ipsum tum in gravitate, tum 
in sua efficacia déterminant, ut exinde dici possit gravisjustus 
et in virum constantem incidens, ceu desuper notavi ex 
Schmalzgrueber jur. can. part. 5, tit. 40, num. 2 : c Melus 
gravisy qui et justus et probabilis dicitur, et qui in virum con- 
stantem cadit» et qui ialis sit, ut eum, qui illum patitur, etsi 
alias fortis et constans sit, a proposîto dimovere valeat. Con* 

, ditiones hujusmodi fuse enucleant idem Schmalzgrueber loc. 
cit. num. 3. Sanchez, de matrim. lib. 4, disp. I, num. 19, Rota 
Romana, in dec. \ 140, num. 6 coram Penia; concise autem et 
perspicue Sabeliius, quem omnes sequuntur. Summ. divers, 
tract. § MetiLs,n\xm»3f ibi : aMetus justus cadens in constantem 
virum, ut talis dicatur, quinque conditiones copulative reqoi- 
runtur : prima, ut malum, quod timetur sit grave ; secunda, 
ut sestimatio mali, quod timetur, sit fortis; id est ut timens 
non vane, aut leviter credat malum illud sibi imminere, sed 
probabiliter et rationabiliter ; tertia, ut metum incutiens 
potens sit minas exequi ; cum non sit viri constantis, ac fortis 
quibuscumque minis terreri ac trepidare ubi non est timor ; 
quarta, ut sit solitus minas exequi; secus si sithomo jacta- 
bundus, et facile iram deponens; quinta, ut timens non possit 
facile occurrere malis quad sibi timet imminere ; quia si posset 
alia ratione malis mederi, non esset justus metus. » Optime 
autem Sabellius initio admonet, quod conditiones hujusmodi 
copulative requiruntur : quum, una tantummodo déficiente, 
non sit gravis metus dijudicandus ; Schmalzgrueber, loc. cit. 
n. 3: < Ex quo sequitur, quod omnis ille metus, qui his quin- 
que conditionibus instructus non est, non sit gravis metus res- 
pectu illum patientis. > 

43. Age nunc ; impendebatne Petro grave malum, prouti 
prima expostulat conditio ? Quid ipse f ormidabat ? Amissionem 
bœreditatis amitié Eulali». Hoc quidem unanimi voce concla- 
mant adversarii et eorum testes ; huic amissioni bonorum exi* 
mia facilitate peregregius patrocinator adversus aptat doctri- 
nam, alias gravissimam Pignatelli et Sanchez in 2 parte suae 
orationis. Sed bona cum veniaejusdem dicam; caveat ne ro* 
tunda quadratis confundat. Doctissimi enim scriptores per- 
tractant de amissione bonorum ; de metu perditioms omnium 
bonorum ; de metu amissionis majoris partis bonorum ; de 
metu amissionis rei magn» et notabilis (Contr. restr. § 103, 
104). H»c omnia veruntamen de bonis nostris inteliigenda 
sunt, non de alienis. Sed juxta leg. 52 ff. de acquir. rer. domin. 
— « Rem in bonis nostris habere intelligimur quotiens possi- 
dentés, exceptionem, aut amittentes, ad reciperandam eam, 
actionem habemus. » Quatnnam actionem, vel exceptionem 
habebat Petrus in bonis amitaa ? Nullam. Quid igitur hue in- 
trat timor amissionis bonorum? Qtiasstioerat de lucre coop- 
tando, non vero de damno vitando. Inhiabat EulaliaB succes- 
sionem, ad quam nullum jus neque in re, neque ad rem, nul- 
lamque exinde actionem, .neo exceptionem habebat. En lu- 
crum ; numne eamdem amittens, detrimentum capiebat in suis 
bonis; amissionem nempe bonorum, patiebaturî Neque hic 
quid magis aberrat a veritate. 

44. Amissio namque bœreditatis, seu beneficii, quod quis 
sperat ab alio, sed ad quod jus non habet ad rem, non est 



cau^a sufflciens ad gravem et justum metum constituendum, 
quominus matrimonium ex eo metu contractum rescindatur. 
Déficiente enim jure vel in re, vel ad rem, timor conceptus ex 
amissione rei, quœ reclamari exinde non potest, non est, ceu 
inquiunt doctores, in virum constantem cadens; seu etiam non 
est justus; quemadmodum non esset justa quereiavel actio, 
qua rem ipsam reclamaret ; amissionem idcirco ejusmodi ti- 
mens non habet justam causam, nt alibero voluntatis propo- 
sito dimoveatur. Quapropter invitari et pertrahi ad matrimo- 
nium contrahendum intuitu et spe bœreditatis, non est deter- 
reri metu, sed allici spe vel certitudine lucri; et qui sub bac 
spe contrahit, magis quœstum facere dicitur, quam damnuoi 
eviiare; id quod ex doctrinaS. Thomœ non minuit, sed auget 
voluntarium; Pontius, de matrim, lib. 4, cap. 5, num. 10. — 
« Delnde dicendnm existimo, metum amittendî lucrum aut 
hœreditatem, aut beneficinm, quod quis sperat ab aliquo, ad 
quod non habet jus ad rem, non cadere in virum constantem. 
Et jure probari potest, quia quamvis pœna repellatur a spon- 
salibus, ea tamen pendentis bœreditatis non censetur non ad* 
jecta, neque improbatsponsalia; eu jus optima ratio est quia 
id non tam est metu deterreri vel obligari, quam invitari spe 
lucri : spes autem et concupiscentia, ut inquit D. Thomas, 1,1 , 
qu. 6. art. 7, non minuit, sed auget voluntarium. Unde et 
professio facta ob spem lucri, aut, quod idem est, metu amit- 
tendi lucrum, valet. > 

45. Ita quoque nedum de lucro in génère, prout de hœredi- 
late vel beneficio, verum etiam de magno lucro, contrariam 
nonnuUoram sententiam ut minus veram improbans, tradit 
Sanchez, de matrim. part. 4, disp. S, num. 28 : c Rogrbis au- 
tem, quid dicendnm de amissione magni lucri? Ejus enim ti- 
morem cadere in virum constantem affirmant Cynus, Ancha. 
ranuset Franchus.... verum hœc sententia, universaliter inteU 
lecta, minus vera est. Primo quia (ut optime Metina c. de res- 
titutione qii. 3 caus. 2 vers, si fiât remissio) quoties donatio 
vel remissio fit ex metu non acquirendi bonum aut lucrum, 
quod remissione facta, remittens obtinere sperat, quamvis 
metus ad id sit incussus, non vitiatur remissio vel donatio ; 
quia talis remissio vel donatio non metui, sed cupidîtati lucri 
acquirendi et sperati est imputanda. Item quia quamvis omnis 
pœna excludatur a sponsalibus, tamquam impediens libertatem 
matrimonii, ast quaddo apponitur pœna lucri perdendi, valet : 
nec timor eam incurréndi vitiat matrimonium eo metu con- 
tractum ; ut si Maria instituatur hœres opulentissimœ bœredi- 
tatis, si Titio nupserit ; quia hœc non est vera pœna, sed invi« 
tari spe lucri ; ergo timor perdendi lucri non est vere timor 
cadens in virum constantem. Item quia passio spei et conçu pi- 
scentiœ non toUit voluntarium, ut passio timoris,sed illud auget. 
D. Thoma, etc.Unde inteliigenda est praedieta sententia quando 
metum passus perinjuriam arcetur a lucro, ad quod habeat 

jus. » 

46. Quid de aliis conditionibus ad gravem et justum metum 
constituendum, idest, ut SBstimatio mali sit fortis ; ut metum 
incutiens sit potens et solitus exequi minas; ut metum patiens 
non possit facile occurrere malo, quod timetur ? Nec ipsœ 
magis prœsumptœ coactioni opitulantur in casu. Unicuique 
easdem probe consideranti facile occurrit, quod duplici funda- 
mento innituntur ; disposition! nimirum animi illius personœ, 
quœ metum incutit ; necnon opinioni et conscientiœ illius, qui 
metum patitur. In eo nimirum qui metum incutit, oportet, ut 
firma appareat voluntas inferendi malum ; c potens sit et so« 
lilus minas exequi. » In eo autem qui metum patitur, certa 
débet esse conscientia, quod, ipso violentîœ resistente, metum 
incutiens irroget malum, quin illud valeat evitari : < Non 
vane aut leviter, sed probabiliter et rationabiliter credat 
malum sibi imminere, nec possit facile malo occurrere. » 

Laborem oppido fastidiosnm et superfluum EE. VV. af- 



89 



MARIAGE. 



90 



ferrem^si mîDutiosa rerum adjuncta^qiiae exciudendis hisce con- 
ditiombus abuDde suppeiunt in casu, propemodamcum circino 
uni atqoealteri ex conditioaîbus iîsdem discriminatiin aplare 
velleoi. Duplex fllud idcirco fundamentum, in quo ips» inni« 
tumur^ idest dispositionem animi ac volantatem ulriusquo 
partis ezplorabimus ; tum nempe Eulaliœ de Bosmelet» a qua 
metas prsatenditur incussiis ; tum qooque nepoiis Pétri» a quo 
praetenditur exanilatus. Ex hac stmplici disquisitîoûe pari 
gressu et meridîana clarius luce hsec duo demonstrantar , 
primo quod inteutio et dispositio animi Eulali» non illa erat> 
ut nepotemsua hœreditate privaret, nisi Juliam de Chef d'Hostei 
ddceret in uxorem; secundo, quod conscientia et opinio Pétri 
non iila erat, ut ipso renoente huic conjugio, privationem b»-' 
reditatis pertimescere debuisset. 

47. In domestico, ceu ioquiunt, dissidlo agebatur de exclu- 
dendo Pelro a soccessione amitae nisi in nuptias cum Julia 
consentirai. Quioam bas minas irrogabail Eulalia de Bosmelet 
cujus indoles et religio quammaxime cuilibet violentia^ repu- 
gnabat iofereod^; mulier nimirum piissima, amaotissima ne- 
potis, familiaris vetuslas dignilatis et splendons conservandi 
sludio^issima. Ecquis suadere sibi potest^quod, hisce omnibus 
affectibus et vinculis prcculcalis nepotem ad odiosum con- 
nubîum compellere voUiisset, ut ad sepulcrum descendens, 
non fortuna, et splendore, sed oJiis^ execrationibus et maie- 
dictionibiisprasgravem hsereditatem relLnqueret in familia? Ad 
hoc ut id mente concipi posset opus esset omuino, ut in nobili 
muliere non charitate in coiijunctos, non religione in Deuin, 
non aniore in stirpein, non veneratione in majores^ sed liTore, 
sed odio in Deuni et homines exundantem animum suppone- 
rel. Quisaudeat hoc affinnare ? 

48. Obstabat quidem ejus pietas ac religio» ex qua prsesumi 
non debet^quod odiosi connubii periculis prasgravare voiuissrt 
suam conscientiam. Testum appeilo supreiiiinn ejus elogiutn 
diei 1 augusli 1868, in quo conspicuam reliquit summam libei- 
larum septem mille pro divini cultus augmeuto, et pro piacu- 
liaribus suffragiis, altamque longe conspicuiorem libellarum 
quadragiota mille sorori moniali, quœ certe nec filiis, nec nepo- 
tibus, sed roonasterio, sed Ecclesiœ adquirit. 

49. Obstabat ejus charitas in Petrum^ex qua nec débet prsd* 
suuii, quod eumdem in miserrimam condilionem perpetui \in- 
culi, a quo ipse abhorrebat, conjicere voluisset. 

Adeo autem sincera, adeo. ordinata erat illius affectio, ut 
quantumvis ex aeparationo conjugum gravissimum dedecus 
extimesceret oriturum in familia, atque exinde omne studium 
impendisset, ut ejusmodi eliminaret discrimen, nihilominus 
aperte declaravit, nullatenus odiosam conjugaiis consortii ser- 
Tandi legem imponere nepoti. 

60. Otistahat ejusdem studium in dignitate Famiiiae pro- 
tuenda; et quum in ea esset Petrus « il principale rappresen- 
tante a, fortunam suam eidem relinquere constituerat, et ab 
immerita exhseredatione refugebat. 

51. Hsecindoles, hi sensus Eulaliœ de Bosmelet; quantum 
rehementer a consilio et proposito violentiœ nepoti inferend» 
iidem répugnent, per se facile inlelligit unusquisque. Sed nec 
minus metui et ooactioni supportandœ repugnabat indoles et 
ingenium Pétri, quo magis eidem resistere valuisset, ut exinde 
metas ipeebaadquaquam judieari posait in virum constantem 
incidens. 

62. Quod si ?alttU in prioribus iilia nuptiis voluntati propriae 
famili» resistere. nec dilectio porro, qua amita ferebatur in 
Juliam de Chef d'Hoatei, nec periculum amittendi bsaredilatem 
illios praepedire potuisset, quominus aliis nuptiis obsisteret. 
Non quidem dilectio amitœ erga Juliam, quia ipsa nuptias 
antea proposuit nepoti cum alia puella quin cogitaret de Julia ; 
non periculum amittendi bserediiatem iilius; quia hoc dtscri- 
meo, si aderat, vehementius institisset in primis nuptiis, quae 



exeo potissimum proponebantur, ut juvenem a pellice distra- 
herent. 

53« Hœc dura sunt. Sed valde magis incredibile est, quod 
ipse sub metu amissionis prtedictSB haareditatis odioso connubio 
sese obstrinxit, quin de compendio successionis quam anhe- 
labat, nullam vel minimam referret cautionem. Si jamvero 
constaret, quod Petrus in matrimonium, a quo valde repugna- 
bat, nonnisi praebuit consensum , quam ut successionem 
amitae Eulaliae adipiscerelur, prsBsumendum certe esset, quod 
per douatîonem irrevocabilem, vel inter vivos, vel nuptiarum 
intuitu successionem eamdem sibi fuisset adstipulatus. Quis 
enim tam hebes et mentecaptus fuisset, ut sacrificium suœ fe- 
licitatis subiret obspem hwreditaiisacquirendœ, quin ullam de 
ea cautionem et securiiatem haberet ï Et nullam rêvera Petrus 
habuit. Jam perlegimus enim testamentum Eulaliae, quod 
nonnisi de anno 1868 conditum est (Contr. sum. part. 4, p. 8}, 
Et si quidem in ipso est Petrus haeres institutus, non hoc pro- 
fecto ex ea ratione demonstratur, quod successiouem in suis 
bonis adpromiserit Eulalia. Nemo quidem dubitabit, quod si 
Eulalia ad infaustum connubium impulisset nepotem, religio- 
sissima ut erat^ ab exordio vel ipso tabularum nedum totem 
suam substantiam in satisfactionem assumptœ obligationis re- 
linquere eidem declarasset, verum etiam in reparationem 
scandali de violentia ipsi irrogata per publicam confessionem 
impetrasset veniam. Nihilominus defuit donatio in actu matri- 
monii, defuit etiam cujuscumque obligationis satisfaclio in tes- 
taraento ab Eulalia condito; manifestum per se igitur est, quod 
violentia, quae ab eadem nepoti praedicatur illata, in purum 
ac putidum figmentum nunc ad commodum excogitatum re- 
solvitur. 

54. Quam parvi post haec pendeoda sint testimonia in 
contrarium allata, jam videt unusquisque, quum de violentia 
edocere praesumant, quae tam incutieutis quam patientis in- 
genio et affectionibus quaquaversus répugnât. 

61. Testes futiles, testes inepti; qui dum in causa inipedi- 
menti metus deponunt, nec a persona, quœ metum incussit, 
minas proferri audiverunt, nec saltem ab alia persona audi« 
verunt, quae itsdem minis praesens fuit. Testes porro istius- 
modi nihil valent, non sufficiunt in judicio; quemadmodum ad 
probandum impedimentum cognationis non sufficiunt testes, 
qui persoDHS non viderint in uuo saltem cognationis gradu 
constitutas ; textus in cap. Licet 47> de testib. § fin. : « Sed nec 
taies sufficiunt, nisi jurati deponant se vidisse personas, vel 
saltem in uno praediciorum graduum constitutas pro consan- 
guineis habere. Tolerabiiius est enim, aliquos contra statuta 
hominum dimittere copulatos, quam conjunctos légitime con- 
tra statuta Domini separare. » 

6<2. Sed majora adhuc argent. Urgent enim diuturua coha- 
bitatio conjugum; validius urget consummatio matrimoniiin 
ejusmodi rerum adjunctis perfecta, unde oportet judicare, 
quod etiamsi per absurdam hypothe^im, ob vim et metum 
irrita) fuisset nuptiœ inter Petrum et Juliam contraclae, nihilo- 
minus ex eadem cobabitione et copula, subséquente silentio 
sexdecim annorum, pienam validitatem consequutaf) sunt. Est 
eoim uuieuique expioratum, quod diuturna cohabitatio, ac 
multo magis copula cum maritali affecta subsequuta, de jure 
commuai, atque etiam post concilium Tridentinum, sub qui- 
busdam conditionibus inferius exponendis, matrimonium, ut- 
cumque vi metuque contractum, convalidant; adeo ut, tametsi 
conjux metum passus ipsum probet, nihilominus si, cum po* 
tuerit, non reclamavit, audiri non débet ; est literalis textus in 
cap. 21 de sponsal. et cap. insuper 4 qui matrim« accus, pos. 
< Insuper adjecisti, quod aliquis cum quadam innubili puella 
contraxit, quae tandem aetatis metas attingens, ab illo pluries 
cognita, contra matrimonium proclamavit, asserens se semper 
ab initie disaensisse, qaod per testes probat fama et conversa- 



91 



MARIAGE. 



92 



tione praeelaros. Iq hoc itaqud casu sentimug, quod adversus 
matrimonium audiri non debet^ quae ante cognitionem sui 
legitîmum annum aUingens, cum potuit» miaioie reclamavit ; 
sicut enim aate legîtimum conseD8ain(qui in duodedmo anno 
spectatur) potuit dissentire, sic postquam, legitimo tempore 
accedente semel etiam copulae caroali consensit, ex ratihabi- 
tatione super hoc sibi silentium non ambigilur indixisse. » Op- 
tirae hos canones interpretantur Pirbingin lit, qui matrim. 
accus, poss. § 3; nuin. 14; Gk)nzales, comment, in cap. Si, de 
sponsal. et matrim. num. % Schmalzgrueber in eod. tit. num. 
414; Reiffenstuel in tit. de sponsal. § 9, num. 333 et seq. et 
prse omnibus perspicue Sanchez^ de matrim. lib. A, disp. 18» 
num. â et seq. 

63. Quaestionem autem pertractantes recitati auctores an 
bsec roatrimonii irriti ratificatio adhuc valeat aliquando podt 
Tridentinam sanctionem de praesentia parochi et testium^ 
etiamsi una copula vel cohabitatio concurrat, de sententia 
propemodum unanimi conchidunt, quod etiam post Tridenti- 
num hœc tenet convaiidatio ; Gonzales comment, ad cap. 21 
de sponsalib. num. 5; Sanchez de matrim. lib. 4, disp. 48 
Dum. 52» ibi : « Ultimum fundamentum sit, quod haec omnia 
habent verum etiam post Tridentinum sess. 24 de matrim. 
cap. 4. Si enim metum passus» altero persévérante in pristino 
consensu, accédât cum copula animo maritali habita, et spon- 
tanea, vel habitat eodem animo^ cessante omnino metu; vel 
alium actum sppntaneum faciat, per quem signiâcet novum 
consensum maritalem, ratificatur prius matrimonium metu 
contractum, quando impedimentum metus erat occultura^ et 
parocho et testibus ignotum, ut probavi lib. 1 disp. 37 n. 14. » 
Ita porro disseruerat in relata disput. 36» ibi : « Tandem di- 
cendum est matrimonium illud» quod propter impedimentum 
occultum nullum fuit» posse revalidari copula affectu maritali 
interconjuges habita, sicut revalidalurnovo consensu occulto. 
Probatur quia Tridentinum sess. 24 de matrim. cap. 1 mi- 
nime comprehendit hune casum;et itatamquamcasusomissus 
relinquitur disposiiioni juris communis; ergo cum secundum 
jus commune taie matrimonium convaiesceret copula maritali 
per cap. si is qui fidem de sponsal., hinc idem erit, attente 
Tridentini décrète. » 

64. Hisce juris principiis constitutis» duas alias conditiones 
prœcitatiis Sanchez exponit, quibus subditur convaiidatio ma- 
trimonii ex habitatione vel copula. Requirit enim praeprimis 
in cit. disp. i8»num. 4» ibi : « Ut ratificans matrimonium sciât, 
matrimonium prius contractum fuisse nullum ; si enim ex er- 
rore» quo putabat priua matrimonium validum fuisse, coha- 
bitet^ aut copula maritalis accédât, numquam prius matrimo- 
nium ratificatur. Alia condiiio est, utbabitatio sit diutina. Du- 
bitant autem doctores» quanti teokporîs debeat esse habitatio ; 
causamque dubitandi praebet, cap. Ad id., de sponsalib. quia 
postmodum per annum et dimidium sibi cohabitans consen- 
sisse videtur. Concludunt tamen non esse necessariam habita- 
tionem anni et dimidii, quam hic textua exigere videtur. » 
Narrât enim facti contingentiam» dum ejus temporis habitatio- 
nem pondérât ; unde dicunt prudeaiis arbitrio definiendum 
esse hoc tempus, qui considerabit fugiendi opportunitatem, 
habitationisque moram. » 

65. Hisce omnibus ex dispositione juris in propatulo posUis, 
admissa et non conceasa hypothesi nuUitatis hujusce matri- 
monii ex capite vis et metus, haec tria obviam occurrunt in 
facto demonstranda; primo, quod Petrus cohabitalioQeiA vel 
copulam cum Julia spontaneae, et conjugal! affectu habuerit» 
ita ut conjugium ratificasse censendus sit; secundo, quod 
nullitas matrimonii fuerit eidem Petro percogniia, îta ut non 
ex errore» sed ex plena cognitione causas cum uxore cohabita- 
verit, atque coiverit ; tertio denique quod praesumpta matri- 
monii nuUitaa Cuerit occulta; ita ut nullatenus renovari debulfr- 



set consensus coram parocho et testibus^ Hase omnia porro 
non dubito fore in facto facillime ostenaurum ; ita ut nulla 
superesse posait dubitationis umbm, quo magis, in absurda hy* 
potbesi invaliditatis controversi matrimonii, illnd piene et effl- 
caciter exinde fuisse convalidatum dijudicandum sit. 

66. Et quoad primam quidem conditionem, quod cohabi- 
tationem et copulam spontaneae et conjugal! affectu habuerit 
Petrus, hoc in facto prsBmittendum est, nullatenus impugnari 
id quod Julia refert in suo examine <k dal primo giorno egli mi 
ha trattalo coma sua sposa ed ha voluto da me tutti i diritti 
del matrimonio. » (Gontr. summ. part. 2, pag. 20» R. i8). 
Minus etiam impugnatur quod per annum et ultra absque ulla 
interruptîone sub eodem tecto cohabitassent conjuges, eadena 
mensa eodemque thalamo contentes*. 

67. Adeo alîoquin gravia opitulantur testimonia afBictionem 
Pétri ob dissensiones cum conjuge exinde exortas comprobantia 
ut si coacte cum eadem cohabitasse et coivisse quis affir- 
maret, monstrum confingeret, quod nec pîctorum, nec poe- 
tarum uiius unquam effingere cogitavit ; virum nimirum con- 
sortium uxoris abhorrentem, atque eodem ipso tempore de 
dissidiis, de simultatibus, et de separatione acerbissime con- 
dolentem. 

68. Jam praBprimis hue occurrit testimonium doloris, quod 
Petrus protulit cum filto ex Julia, conjugal! societate perdu- 
rante, adnato fuisset orbalus, hoc parocho Home obtestante. 
Quum autem sirouitates jam acriuseffervescerent, non quidem 
studiis et curis mulieris, tum propinquorum» tum amicorum, 
tum quoque tribunalium interpositum est officium» ut separa- 
tionis periculum devitaretur» sed Pétri, sed ejus matris, quae 
voluntatem filii optime noverat. 

69. Quodnam autem eloquentius testimonium deoptari po- 
tcst quam affectionis sensus, quos Petrus Julîae manifestavit 
in epistola quam exeunte anno 1865 ad eamdem conscripsit ut 
ad pacemet concordiam revocaret? 

70. Neque hic regerant contradictores, quod Petrus semper 
fuit sub incubo timoris amittendi succesaioneni amitffî quas 
infaustam deplorans dissociationem nepotem exstimulabat ad 
concordiam, ceu videtur ex epistola a nobili fœmina de Raim- 
bouille ad matrem illius transmissa (Contr. sum. part. 4, 
pag. 3i). Jam primo quidem, respondeo, quid postulabat Eu- 
lalia? Hoc unum postulabat, ut nepos omnestudium adhiberet 
in eo quod decenter et juste obtineri potuisset; nullam verun- 
tamen coactionem exercebat in eo« 

71. Quod denique bœc praetensa matrimonii nullitas non 
publica fuerit, sed occulta, persentio quidem ad eamdem condi- 
tionem evellendam opponi cognitionem testium ex adverse in- 
ductorum. Quid tamen quaeritur de opinione testium quoad 
valorem nupiiarum ? Sunt quidem qui impulsui amitœ Eulalias 
infaustum attribuunt connubium; sed nemo ex illis, minusque 
Petrus inficiatur, in sua deliberatione praepooderasse c la ri- 
chesse de la femme qu'on me proposait iHoc ipse Petrus, ceu 
desuper vidimus, obtestatur ; hoc confirmât conspicua pars 
testium quos ipse induxiU Quaanam igitur esse poterat eorum- 
dem opinio circa validitatem conjugU ? 1 û connubiia intuiUi 
dotis et divitiamm coniractia ex publica Cama nuâlitatis nota 
inurenda esset, quam fréquenter nuptiad honore décidèrent 
apud homines ! Sed in honore semper fuit matrimonium Pétri* 
nemo umquam de ejusdem validitate dubitavit, quia omiies 
examussim ex conjunctis et amicis nihil magis studuerautyquam 
conjugumaniaK)siupaceet ttmoneeomponare. Nil igitur ex 
opinione hominum obstahat» quo magis coanubtum ex cohabi- 
tatione et copula, si adiuic opus fuiaset, pleoam aeciperei 
ratihabitationeoL. 

Quare, etc», FLAvuina Saioi»cn, Ad9. éefem$or moM- 
numii ex offkio^ 



93 



DISPENSE. 



94 



SUMMÀtm m CALGE. 

Héffloire pour Mme la baronno de Bosmelet née Louise- 
MarieJulia de Chef d'Hostel dans le procès en nullité de ma- 
rnée porté devant la cour de Home par H. de Bosmelet son 
loarL 
Omissis, etc. 

Pag. 9. Du côté de M. Bosmelet la fortune était aussi immo- 
bilière, mais elle était grevée de dettes. H. de Bosmelet ne pos- 
sédait en valeurs mobilières que deux créances montant en- 
semble à 14,000 fr. et une petite rente de 235 fr. à 4 i/2 pour 
cent sur l'Etat français, soit en valeurs disponibles un peu 
moins de 20,000 fr. 

M. de Bosmelet devait sur ses apports ; 1 . une somme de 
11^,000 Cr. \ 2, diverses rentes s'élevant ensemble à i,419 fr.; 
3. à sa mère, une rente viagère de 2^000 fr. Ces dettes sont 

déclarées dans le contrat de mariage ainsi l'bypothèque 

est réservée sur le château et ses dépendances, parcs, jardins, 
bosquets, avenues, etc. et sur une ferme de 68 hectares 66 
ares de terres labourables, c'est-à-dire sur une valeur d^au 
moins 250 à 300,000 francs. 
Omissis, etc. 

Hais s'il en avait été ainsi, si M. de Bosmelet avait eu la haine 
au cœur lorsqu'il allait à plusieurs reprises à Salins, à 150 lieues 
de son domicile, rendre visite à sa future.... nous lui dirions : 
Vous ne pouvez alléguer pour prouver votre défaut de consen- 
tement les sentiments haineux que vous prétendez avoir éprou- 
vés, et que vous auriez dissimulés à votre future^ sous les 
formes habituelles de T affection. 
Omisris, etc. 
Rouen^ le 24 décembre 1877. 

A. P. Tauxbt, 

avocat près la cour de Rouen, ancien bâtonnier, 
conseil et mandataire, en cause, de madame la 

baronne de Bosmelet. 



DISPENSE 



Cause matrimoniale. Empêchement impotentiœ. Séparation après 
trois mois de cohabitation. Enquête caDouique entreprise par 
l'ordiuaire de Maltnes. Sentiment des médedos. Sentence 
rendue par le tribunal de l'ordinaire. Recours au Saint-Siège 
pour obtenir la dispense du mariage ralum. Causes canoniques 
de dispense. Anima dversions du défenseur d'office du ma- 
riage auprès de la S. Congrégation du Concile. Principes 
des professeurs modernes de médecine légale sur Vimpoientia, 
Personnes atnim^ ou imperforaiœ. Avis des professeurs de 
rUnjyersité catholique de Lou?ain. Signes physiques. — - La 
S. Congrégation juge qu'il y a lieu d'accorder la dispense el 
de rompre le mariage. Arrêt du 26 juillet 1879. 

MECBUHifiii. — DiBMiBATHNns MixiiHoini. — Die S6 julii 
1879. — De pareotom et fsmilianmi oonconfia matrimonium 
ceiebrarunt die 8 julii 4875 Ferdinandus et Adriana uterque 
MecfaHniensisdicœesis. Duo menses in nuptiali peregrlnatione 
transegerunt, eoque lempore difflcuHas apparuit maritalis of« 
fidi perfecte adimplendi, ita ut duodecies drciter coeuntes, 
semper expetfi sont, quod « Tatto non è stato mai eompito. » 

Ex hac tansa miÂer vehementem irritationem nervorum 
psssa est, qu» aiiq^attdo dementisa ipeciem ostendebat. Qua- 
tuor aiib mensibas infkmîlîa sponsss cmmnorantibus, utcunn 
q«e jam gravis Adriama valetodkns conditie» sese portendiseet, 
atqne ipsa in prsesens de conjuge confitaatur « tosle rinMurcat, 
ébe nel caiwttere vi erano alcniie qnalitk, le qnali m ripagoa- 



vano 1, nihiloroinns vix ulltim apparuit dissensionîsv 
Quum at vero ad maritales lares se transtulissent, mox dîssi- 
dium et bine molestia sponsœ ita percrebuit, ut in insaniœ 
excessus non raro prorumperet. 

Vix tribus exinde mensibus elapsts, sub exitn nempe mensis 
martii 1876 parentum studio ad eorumdem habitationem re- 
ducta est sponsa, non obsistente, sed protestante Ferdinando. 
Duplicem posthac actionem instauravit Adriana contra conju- 
gem ; alteram apud tribunal civile pro separatione tori ; alte- 
ram de mense maii 1877 apud archiepiscopalem curiam. 

Percensuit archiepiscopus processum instruere super non 
consummatione matrimonii; a tribus exinde peritis physicis 
judicio post inspectionem in corpore utriusque conjugîs (quae 
ab altero perito omissa est) requisito, testibusque septimœ 
manusex ntraque parte auditis, banc die il decembris '1878 
pronunciavit sententiam : a Censemus et edicimus matrimo- 
nium etc. numquam fuisse consummatum, et gravissimas 
adesse rationes ut Sanctitas Sua in hoc matrimonio rato et non 
consummato dispensationem concédât. » 

Quum banc sententiam et actorum processum ad H. S. Or- 
dinem transmisisset Emus prœsul, ultra instetit pro gratia 
dispensationis, tum quia jam divortium pronunciatum est a 
civili tribunali, tum quia spes abest reconciliandi conjuges, 
tum denique, quia mulier, alioquin pia in periculo versatur in 
medio sa^culi. Rituali mox ordine in S. Congregatione abso- 
luto, ad vestrum sapientissimum judicium déferre in bodicr- 
niscomitiis causam constitui; et nunc pro meo officie ratio* 
nés tum ab Oratore mulieris, tum a Vindice Sacramenti typis 
éditas in compendium exponam. 

Ad dispensationis gratia m in hisce causis obtinendam duo 
copulative requiri meminit mnlieris defensor, scilicet quod 
eonstet matrimonium non fuisse oonsummatum, legitimasque 
subesse dispensationis causai. Matrimonii inconsummationem 
totis viribus orator propugnat ex conjugum et septimœ manus 
juramento, nec non ex virginitatis expérimente ; quœ omnia 
simul juncta manifestam exhibent de inconsummatione proba- 
tionem ad prsescripta cap. Proposuisti^ 4, de probat. Jamvero 
mulier quam testes omnes mendacii insciam enunciant, sub 
jurisjurandi religione solemne de infecto conjugali opère red- 
dit testimonium dum fidem facit quod omnia ad hoc exercita 
tentamina in irritum cesserunt. Exinde enarrat quod banc ob 
causam vir in medica arte peritos percontatus est; tuta su- 
binde oonscientia in secundo interroge torio aflirmarevaluit: 
« Se l'esistenza délia verginità non potesse essere constatata 
pienamente è necessario attribuirlo non alla consumazione 
delPatto, ma alte visite dei medici, od ai toccamenti di mio 
marito. » 

Consona huic déposition! prostat viri depositio, quem testes 
pariter proclamant < incapace di mentire » quique sub juris- 
jurandi religione examussim rogatus reposuit : <c La niia opi- 
nione è cbe Tatto non è stato eompito ; i motivi délia mia opi- 
nione sono cbe nonostante i miei sforzi, non sono mai arrivato 
a penetrare, sono serapre restaio al primo îngresso ; essa non 
ba fatto maisangue, e qualche istante dopo Patto rendeva il 
semé. » 

Juratse conjugum confessioni accedunt septimœ manus testes 
ab utroque conjuge inducti. Et ex parte Adrian» novem au- 
diti sunt testes, quorum sex de Ferdinandi ineptitudine ad 
copulam exercendam deponunt ; quibus addi débet testimo* 
nium doctorîs. 

Concinunttestimonia septimœ manus ex parte viri, mater 
enim testata est. Haec igitur omnia si expendantnr testimonia 
nedum in aprico ponere colligit orator, matrimonium consum- 
matum haud fuisse, verum etiam inconsummationis causam 
a viri ineptitudine repetendam esse. 

Licet autem hœc, quœ bucusque deducta sunt, satis vide- 



95 



DISPENSE. 



96 



rentur ad matrimonii inconsummationem statuendam ex doc- 
trinaReiff. in lib. 4. Décret, tit. 15 num. 44, Sanohez. De ma- 
trim. lib. 7 disp. 107 n. 4 ; nîhîlo tamen mious ad omne super 
et dubium avertendum prona adstat in actis trina relatio in 
arte peritoruni, qui Âdrianam inspexeranl^ quîque do incon- 
summatione certum reddunt testimonium dum iliam virginem 
esae renuntiant. 

Gradura exinde faciens orator ad causas dispensationis va* 
rias enumerat^ primamque reponit in gravissimo dubiotl . im- 
po(entia viri saltem relativa antecedenti et perpétua, quœ ad- 
ducta pro motivo gratiosa dispensationis non exîgit certam et 
concludentem probationecn, sed satis est quod sit adeo proba- 
bilis ut Summus Pontifex illam veram existimare possit, ut} 
docet Coscius; De séparât, thori^ lib. \^ cap. 16, num. 497, 
ac lib. 3, cap. % num. 386, PignateU cons. 148, num. 44^ 
tom. 4. Gard, de Luca dise. 7, num. 7, de matrim. Ex testi- 
monio autcm duorum medicoruro, qui uno ore matrimonii 
vinculum quatenus existât, omnino solvandum esse procla- 
mant, Ferdinandum nunciata impotentia laborare dignes- 
citur. 

Alias dispensationis causas adinvenît tum ex civilis divortii 
proclamatione, tum ex discordiîs et animorum aversionibus 
quœ locum babuerunt et insanabilea videntur, atque ex physica 
impossibilitate una cohabitandi, ne ex inntilibus consumma- 
tîonis conatibus periculum Adrianœ immineat amittendi cor- 
poris sanitatem et ipsum rationîs usum ex bisterismo, prout 
in medica arte periti apertum bac de re perhibent testimo- 
nium. Quibus accedit incontinent!» periculum et petentis spi- 
ritualis utilitas, quœ ex se sola sufficiens rati matrimonii dis- 
pensationis causa reputatur ceu docet Ferez de matrim. 
dbp. 20,sect. 7, n. 11 ; et passim legitur in resolutionum ihe- 
sauro. Ad rem refert episcopus: « Adriana fœmina pia sed ju- 
nior et in medio sœculo versans, ejusmodi hodie est conditio- 
nis ut perquam optandum sit eam ad alias nuptias transire 
possit.» 

Gontendit pro sua vice vinculi defensorconsummatum fuisse 
matrimonium ob duplicem rationem; primo quia conjugal! 
officie congrua data est opéra ad hune effectum consequen- 
dum ; secundo quia in illo actu, utut non perfecte expleto si- 
gnum certum commixtionis carnalis emersit in conséquent! 
delectatione quam persensisse mulier confitetur, 

Enarrat uterque conjux operam dédisse consnmmationî, 
tametsi aetum non complevissent, mulier quidem deponit 
c avevo la convinzione, ciascuna volta, che abbiamo tentato, 
che Tatto non era stato compito ; mio marito diceva lo stesso. » 
Vir autem ait: c La mia opinione, è cbe Tatto non è stato mai 
compito», ita utnumquam pervenit < a penetrare »; affirmât 
tamen quod mulier « quakhe istante dopo rendeva il semé. » 

Distinguit hic vindex copulœ complementum, aliud nempe 
ad fecundationem, per quod conjuges una caro efficiuntur ; 
aliud ad voluptatem, per quod pars sensibilis plenam recipit 
satisfactionem. lllud est necessarium ad consummationem ; 
non œque istud. Primum veruntamen verificatur etiam ex 
coitu imperfecto, ita ut juxta doctrinam cultorum medicinœ 
forensis et canonistarum satis sit liquorem prolificum in va- 
gina mulieris deponere, quin immédiate projiciatur in înter- 
nam uteri cavitatem, ita Teichmeyeras,/m<</ur.medtctn. Ugal. 
cap. 15, quœst. 5: c Quod seminis virilis ad orificium uteri- 
num internum projectio et effusio ideo non sit semper neces- 
saria^ facultas Lipsiensis apud.Zittmannum cens. 6, cas. 77 in- 
quit : Congressum incompletum et applicationem quomodo- 
cumque mentulœ ad vaginam semine virili aspersam sufBcere 
fréquenter, ut mulier gravida sit. Et Valentini in Novell, med. 
légal, cas. 3 p. 33 et cas. 60 quœstionem movet an mentala 
)usto brevior conceptionem et imprœgnationem impediat, iti- 
dem négative respondet quoniam ratione viri ad procreatio- 



nem sobolis sola seminis prolifici ejaculatio non in uteri cavi- 
tatem internam sed tantum in vaginam sufficiat. » 

Idipsum confirmant recentissimi ejusdem artis scriptores^ 
Hfthonius, Medicin. îegah vol. 4, tit. impotertza, pag. 51, et 
Gasperius, ManucU. prat,di medicin, légal, vol. 2, part. spec. 
sez. 1, c. 3, § 3 : c Da nessuno puô esser posto in dubbio, 
che la piccolissima quantité di semé virile necessaria a fecon- 
dare Tuovo staccato puè penetrare anche per una vagina ris* 
trettissima, e col mezzo di un coito anche imperfelto. » 

Inter canonistas eminent Schmalzgrueber, jur. eccl. tom. i, 
part. 3, tit. 5, n. 37, Guttierez, de matrim. cap. M% num. 9 ; 
Sanchez, de matrim. lib. % disp. 24 , n. 2: « Conveninnt omnes 
(matrimonium) consummari, quacumque arte semen reci- 
piatur intra vas naturale absque penetratione illius ; quia ca 
copula sufficiens est génération!, per eamque sponsi una caro 
efficiuntur;» et lib. 7, disp. 92,num. 10: c Seminis pars intra 
vas recepta sufficiens est ad consummandum matrimonium et 
efficiendum conjuges unam carnem. Si fœmina recipere pos- 
sct semen intra vas, quamvis semel susceptumretinere nequi- 
ret, tune vere consummatur matrimonium ac efficiuntur con- 
juges una caro. » 

Insigne exemplum coitus imperfecti exhibet Zacchias, 
Quœst, medic, légal. 1. 3, tit. 1, qu. 7, num. 24, in fœminis, 
quœ audiunt atrelce seu imperforatœ, in quibus orificium 
uteri quodam panniculo obstruitur, et nihilominus fecundan- 
tur. Id ipse explicat in vim validœ attractionis, ob quam semen 
quodammodo per meatus ejusdem panniculi transcolatur in 

uterum. 

Persimili modo rem explic4it Hahonius dum opinionem alio- 
rum insignium medicœ disciplinœ ecriptorum exponit, qui ad- 
mittunt, quod prolificus humor uteri superficiem perfundit ex 
eaque in internam cavilatem pénétrât, uli scribit cit. op. v. 1, 
tit. impolenza, pag.53: « A traverse il tessuto del collo e 
délie altre parti inferiori délia matrice, che sboccano nella 

vagina questa insinuazione è un'intima penetrazione con- 

simiie a quella délia nutrizione, i scilicet fœtus in utero exis- 
tentis. Atque banc sententiam apprime confirmât peritissimus 
in obstetricia antecessor Lovaniensis Dr Hubert in hoc judicio 
adhibitus, dum ait : «La ejaculazione fatta sopra gli organi 
genitali esterni, e senza intromissione del membre virile puô 
nonostante projetlare il liqnore séminale assai avanti a tra- 
verse la lacune naturaii deii'imene, perché la fecondazione 

abbia luogo. » 

Hœc lie coitu. Sed sensibilem consumoiationis effectum dé- 
signât Adriana, cum dicit, in concubitu c io non ho sperimen- 
tato altro piacere più o meno come quelle, che ho provalo 
nella visita dei medicî. » Alter at vero ex peritls, medicus Ca- 
rême enarrat audivisse a muliere, quamdam voluptatem eam 
persensisse tune cum orificium uteri digito medicus tetigit. 
Quoniam au^em Idem medicus affirmât, quod si mulier in 
congressu huic persimilem sensationem non fuit exporta, ma- 
trimonialis actus dlci non potest consummatus, hinc, argu- 
mente ex contrarils deducto, ex quo per confessionem Adria- 
nœ eidem niedico factam constituitur ejusmodi sensatione 
fnisse eamdem affeclam, eapropter conjugalis actus judicari 
débet consummatus. 

Hisce ita demonstratis ad tru tinam revoca t peritias medieor um 
in causa adhibitorum. Quoad medicam Hubert, qui etiam ex 
parte Adrianœ maximo in honore tenetur, relevât vindex sa- 
cramenti, quod in sua expositione, sub dnplici sensu consum-> 
matione accepta, alia pro physica conjunctione corporum 
normali et compléta, alia pro conjunctionis actu ad commixtio- 
nem idoneo, quoad hune Mccandum sensum, in quo consum- 
matio matrimonii in sensu canonioo coosistit, nihil in casu af- 
finnare posse confitetur. 

Quoad alias autem peritias, accuratœ investigationis profes- 



97 



DISPENSE. 



98 



soris Hoberi sabsidio, nec non ex incidenta libus affirmaiio- 

nibus aiiorom peritonim vel ipsorum facile de errore convia- 

cantor relaiiones eoramdem. In puncto enim disquisitionis, 

in qao somma caussa eonsistit, idest in penetratione seminis 

yirSis in uternm, Dr Yan-Dam hypothesimconirariam, scilicet 

qaod b»c penetratio in casu non fuisse! sequuta, non quidem 

ni oertam, sed tanlummodo ut probabilem enunciat. Sed si ex 

srtis medic» principiis etiam per transversales vias vel lacu- 

nas bymenis bnmor foecundans insinuatur in internam uteri 

cavitatem, jam per se patet, quod probabilitas bypothesis con* 

irarise est in casu qoalit>et ratione destituta. 

Relate anlem ad peritiam Carême, qui in eodem disquisi- 
tionis puncto existimat quod semen permansit in vestibulo 
vaginœ, ex alia ejusdem periti afârmatione minus probabi- 
lem banc assertionem edicit defensor vinculi* Refert namque 
Dr Carême quod non integrum^ sed ex parte, atque in supe- 
riori htere eversnm invenit hymenem « per il caso présente la 
membrana esiste ma in parte solamente; vi è stato un rove* 
sciamento délia parte soperiore délia membrana. > Quod si 
ex superios demonstratis adhuc per naturales lacuqas bymenis 
integri transfunditur in uterum liquor fœcundans, multo magis 
boc est in caso retinendum dum luec membrana per suam 
eversionem est^amplius dilatata. 

Demonstrata exbisce rationibus commixtione sexuali ad 
consommationem matrimonii sufficiente» perfaciie intelligitur 
in hoc sensu impotentia quam Dr Hubert relativam appéllat, 
et qua affectas est Ferdinandus. Non est nsmpe impotentia 
relativa ad nxorem, sed relativa ad certnm gradum, nempe 
perfecti coitus eom uzore. H»c non impedit commixtionem 
sexuum, iddrconec etiam impedit consummationem conjugii. 
Caterom^ retenta etiam peritia Hubert, quem expertissimum 
in ohstetricia ex parte mulieris affirmatur, ex quo ipse in 
essentiali quiestionis puncto profitetur^ nullam dari posse certi- 
tudinem ineonsummationis, sua sponte emergit, quod nec dis- 
pensalîo débet concedi, secus enim consummatio pro qua 
validas subsont prsesumptiones juris et facti, existimaretur 
determinale falsa ; id quod répugnât praesumptionibus iisdem. 
Ita inconsnmmationis fundamento refutato^ edicit insuper 
defensor^ etiam alias causas extrinsecas dispensationis ex 
hoc ipso evanescere. Ita namque ratiocinatur. Si ex notissima 
sacromm canonum prœscriptione in causa absolutœ impoten- 
tise alterntritts conjugis^ ad boc periculum eliminandum ne 
perperam separetur id quod Deus conjunxit, concedi solet 
triennalis cohabitationis experimentum^ validiori ratione hoc 
remedUum est adhibendum in causa ubi agitur de impotentia, 
non absolata, quoad omnes mulieres^ nec absolute relativa 
quoad certam mulierem, sed tantummodo relativa quoad 
certnm gradum, id est ad perfectam copulam. Non osten- 
ditor emm in casu, qnod Ferdinandos alicni medicinali cur» 
propri» imperfectionis sese subdiderit. Nihil qaidem affir- 
mari potest de exitu bujusce eurationis, quum ex tribus 
peritis in jodicio adhibitis unus Dr Yan-Dam curationem 
eidudît ; Dr econtra Hubert explicite profitetur « mi è im- 
possibUe di dare una risposta categorica su questo oggetto. » 
Et si qaidem ageretnr de rèparanda impotentia mulieris me- 
diaute aiiqua incisione absque perîculo vit», conveniunt doc* 
tores eam sese subjicere debere ejusmodi operationi. Sanchez 
de matrim. lib. 1, disp. 93, num. 82 ; multo magis erit expec- 
tandus exitus curationis viri, in qao nec certe nec manifeste 
incarabilis Impotentia demonstratur. Uuo quidem salutari ef- 
fectu, ut speratur, obtento, facillime restaurabilur concordia, 
ac in sancta ac prospéra unione individuam vit» consuetu- 
dinem oltro conjuges conservabunt. 

Post h»c omnia dignentur KE« YY. juxta exploratam sa- 
pieotiam ac doctrinam qua prœfnlgent infrascriptum enodare 
dubium : 



An sit conmlendum SSmopro dUpematione matrimonii rati 
et non eonsummati in casu. 

S. Coogregatio Goncilii respondendum censuit : Affirma* 
tive, vetito viro transitu ad alias nuptias inconsulta S, Con- 
gregatione. Die 26 julii 1879. 

àNIHàDYBESIONBS DEFBNSOaiS ITÀTRmONII EX OFFIGIO IN GAOSÀ 

HBGHLimBM. 

1. Cum magna parentum et familiarum concprdia nuptise 
celebratœ sunt die 8 julii 1875 inter juvenes belgas Ferdinan- 
dumN. et Adrianam N. Bini menses transacti in peregrinatione 
nuptiali, in qua una et altéra vice sponsorum aspectu conju- 
gales liBtati sunt lares. In hisce prooubis divagationibus paci- 
fico cursu consuetudo vvœ pertransiit ; nullus dissensus, nuUa 
querela domesticam pacem porturbare visa est. Ast ubi, prius- 
quam maritalem peterent habitationem, diuturna quatuor 
mensium mora in domo Adrianœ permanserunt, mox profun- 
dsB dissensionis germen ex ingeniorum discrepantia mani- 
festatum est ; quod, accedente quadam difficultate in officio 
thalami maritalis, adeo excrevit^ ut ad apertam discordiam 
perduxerit conjuges. 

St. A die namque 1 septembris ejusdem anni 1875 ad inte- 
grum prope mensem subsequentis decembris grato eosdem 
hospitio excepit habitatio genitorum sponsœ. Tune quidem 
oppositam in sponso indolem detegit Adriana ; ita ut quam- 
plurimum in contrarium sensum et placitu^m divergèrent. 

3. Non aliud verumtamen hœc erant nisi prodromi gravions 
dissidii, quo utriusque familiae haud longe erant contristan- 
dœ. Hulier erat arctissima; vir autem quantumvis ad matrimo- 
nium consummandum satis esset idoneus, nihilominus ad 
naturalia mulieris in fervescenti œtate desideria satisfacienda 
haud ita par erat, quin salutaris artis subsidio foret coadju- 
vandus. Yerbo duodecies circiter concubantes ita quidem 
commixti sunt conjuges, ut prolificum virile semen in mu- 
liebri claustro depositum aliquo temporis momento ibidem 
commoraretur,id quod prof ecto ad consummandum matrimo- 
nium est forte sufficiens < seminis pars intra vas recepta suffi- 
ciens est ad consummandum matrimonium, et ad efficiendum 
conjuges unam carnem. » Sanchez, de matrim. lib. 1, dis. 92, 
num. 10. Yerum ad naturalem explendum appetitum opina- 
bantur concorditer c che Fatto non era stato mai compito. > 

4. Dum itaque Adriana ad quatuor illos menses in domo pa- 
tema genitorum blanditiis circumdabatur quin absolutam ma- 
riti impotentiam iisdem patefaceret, vix de quadam imperfec- 
tione conquesta est cum matre inquiens. Ut primum verum- 
tamen, anno i876 exordiente^ad maritalem domum in oppido 
sponsi fuit perducta, tune prolinus in graves perturba tiones 
conjugalis vita adeo acriter offendit, ut uno et altero vix mense 
prœterlapso, deplorabilis consequuta sit conjugum separatio. 
lograto quippe animo cum nova familia conversari ostendebat 
Adriana; ex eoque adeo vehementer concitabaturejus animus, 
ut dementiœ impetu persœpe corripi videretur. 

5. Neque patientia, neque affectuosum studium Ferdinand! 
atque ejusdem parentum quidquam profuit, ut mulieris aber- 
rationes valerent moderari. Trimestri spatio hœc rerum con- 
ditioperduravit; de quo tempore acriter gravanturtum Adriana 
tum ejusdem parentes quod in conjugal! habitatione dnram 
atque acerbam ipsa vitam duxisset. SeJ domesticum illud 
sanctuarium nemo affirmât pénétrasse. 

6. Ita igitur, ceu mox notatum, Adriana aJ patrios lares re- 
ducta, vix aliquando Ferdinandus contra injuriosam separa- 
tionem protestatus est. Ultro tamen progressa est mulier, quae 
ad alias nuptias convolare deoptans, divortii actione apud 
civile tribunal instaurata, amicam sententiam obtinuit die 29 
novembris 1876. Interea tamen temporis, mense nempe maii 



19* siaiB« 



99 



DISPENSE. 



100 



4 877 Tolvente, emmentûsimum arohiepiscopum Mechlinien- 
sem suppiex adiit, prece ad matrimonium cum Ferdinando 
rescindendum obiata. 

7. Nuila mora in causa processit metropolitona curia, exa- 
men testium septimœ manus ex utroque latere perfici deman- 
dans et corporalem utriusque conjugisinspectionem. Deposi- 
iiones quidem testium rite exceptœ sunt; inspectio verum 
muUeris^ utut nonnisi post duos annos a separatione exercita, 
eanonicis praetermissis prsescriptionibus expleta est. Nihilo- 
minus banc Adrian» votisconsonam sententiam eminentissimus 
archiepiscopus die 41 decembris superioris anni 1878pronun- 
ciavit : Gensemus et edicimus matrimonium die 8 julii 1875 
coram parocho S. Bonifacii lxellis,diœcesis nostrse/initum inter 
Ferdinandum et Leoniam (alias Adrianam) numquam fuisse 
consummaCum, et gravissimas adesse rationes» ut Sanctitaa 
Sua in hoc matrimonio ralo et non consummato dispensatio- 
nem concédât. 

8. Cum ex appellatione vindicis matrimonii acta processus 
ad hune S. Ordinem detulisset archiepiscopus, alias et ipse pro 
dispensatione obtulit preces, ita subdens in suis literis diei 19 
decembris 1878 : < Enixe precor Sanctissimum, ut in prœfato 
matrimonio rato non consummato dignetur dispensare > (Sum. 
contr. num. 32). Rituali exinde ordine absoluto, qnsBstio 
hodie mane proponitur discutienda sub assueto dubio. •« An sit 
consuiendum SSmo pro dispensatione matrimonii rati et non 
consummati in casu. a Quoniam at yerum ex desuper enar- 
ratis^ atque ex iis, quœsum fusius enucleaturus, ad constituent 
dam inconsummationem carnalem nuUa in casu opitulatur 
moralis certitudo ; quin imo contraria urgent prœsumptiones j 
et prœter hoc nuUa demonstratur justa ac rationabilis dispen- 
sandi causa, hinc certa teneor fiducia, quod ad prœdictum 
dubium pro vestra sapi^otia et doctrina, Eminentissimi Pa- 
tres, justum ac promeritum reddetis responsum : Négative, 
quemadmodum pro religione officii mihi concrediti obsequen- 
tissime deprecor. 

9. Duo facta prostant in bac causa, certa, atque irrefraga- 
bilia, quœ tum ex receptis forensis medicinœ principiis, tum 
ex Peritorum in judicio adhibitorum plus minusve explicita 
sententîa consummationem matrimonii comprobant. Duo facta 
grayissima, certa, mquam, et irrefragabilia, quatenus ex 
utriusque conjugis confessione deprompta sunt; nimirum 
coitus, utut incomplettts, cum depositione virilis seminis in 
Tagina mulieris, pluries exercitus;et delectatio venerea^quam 
mulier persensit in eodem coitu ; duo facta denique, quœ, 
prouti conjuncta sunt in eorumdem existentia, ita etiam con- 
junctim expendenda sunt in discussione. 

10. De coitu quidem confitetur mulier, circiter duodecies in 
eodem incubuisse, Subjungit veruntamen, ad complementum 
copulse haud ipsos pervenisse c l'alto non era stato compito; 
cum enim instaret judex]» siete ben certa, che nessun tenta- 
tivo di compiere i'atto conjugale sia riuscito »? Ita subdit 
Adriana : « Per quanto io possa conoscere, avevo la convin- 
zione ciascuna volta, che abbiamo tentato, che Tatto non era 
stato compito; mio marito diceva lo stesso. > (Sum. cont. n. 2 

R.ll). 

1 1 . Quinam autem fuerint extremi limites conjugalis con- 
gressus; quinam fuerint sensibiies ejusdem effectus; quid de» 
fttisset ad ejusdem complementum, manifeste ostendunt con- 
jugum confessiones, super quibus periti vel ipsi pbysici suam 
sententiam pandiderunt. Enarrat etiam Ferdinandua defoisse 
complementum in concubitu ; refert tamen quod intra mu* 
liebre claustrum ejaculavit sperma, istudque per aliquod tem* 
j)oris momentum intra vaginam permansit. 

12. Quinam fàeruni sensibiies horumce actuum efiectus ? 
Soccessitne venerea delectatio? Nequehœc quidem fint plena; 
quœdam nibilominus adfuit in utroque voluptaa, quœ com- 



mixtionis seminum est prsBclaruni indiciam. Jam primo qui- 
dem non referunt con juges, nihll vel minimum actnm esset 
opinati sunt tantununodo. Quid hoc significat? Agitur de opt- 
DÎone quoad complementum actus ; sed complementum mul- 
tiplex esse potest; aliudad fœcundationem, aliudad volup* 
tatem. Per illud conjuges fiuni una caro, idcirco est neces- 
sarium ad consuaunationem ; per istud pars sensibilis suam 
reeipit satisfactionem, sed non seque est necessarium ad effi- 
dendum conjuges unam camem ; alias numquam dicet satis. 
Quid defuit in casu ? Defuit plena delectatio ; complementum 
nempe ad voluptatem. De hae tantum opinari possnnt. Quss- 
nam fuerit, id exprimit mulier dum refert, plus eminusve 
similem illam fuisse delectationi, quam persensit in physiea 
medicorum exploratione. Quinam vero fuerit hic sensus vide- 
bimus in progressu. Yideamus modo quid sentiendum sit de 
coitu. 

13. Coitus fuit incompletus; esto quidem ; sed aliquid ad- 
fuit; secus enim dicerent: c Nihil potuimus». Adfuit forma 
actus absque plena perfectione. Adfuit prsterea effusio virilis 
seminis in vagina muUeris, quœ illud detinuit per aliquod tem- 
poris momentum, quia non statim illud rejecit. Atqui coitus 
ad fecundationem sufficiens (per quem conjuges una caro effi- 
ciuntur) potest esse etiam incompletus. Deconcordi enimsen- 
tentia insignium medîcinœ forensis scriptorum tum veteris tum 
nostri œvi, nec non canonistarum primi nominis pars semi- 
nis virilis, quod etiam c ex coitu imperfeeto » non quidem in 
interna uteri cavitate, sed tantimimodo in vagina mulieris 
depopitur, satis est ad sexuum commixtionem^ idest a ad effi- 
c&endum conjuges unam carnem i. Procédant in arte medica 
magistri. 

14. Teichmeyerus, Institution, medidn. legaU cap. IB, 
quœst. 5 : a Quod seminis virilis ad orifiehim uterinum inter- 
num projectio et eflusio ideo non tàk semper necessaria, £a- 
culias lipsiensis apud Zittmannum Cous. 6, cas .77 inquit- 
c Congressum incomplelum etapplicationemquomodocumque 
mentulœ ad vaginam semine viriliaspersam sufficere fréquen- 
ter ut mulier gravida sit 9. Et Yalentini in Novell, med. lé- 
gal, cas. 3, p. 33, et cas. 60, quaestionem movet, an mentula 
justo brevior conceptionem et imprsegnationem impediat^ 
ibidem negalive respondet, quura ratione viri ad procreationem 
sobolis sola seminis prolifici ejaculatio non in uteri cavitatem 
intemam, sed tantum in vaginam sufficiat ». 

15. Gasperius, Manual. prat, di medic. Ugal. vol. 2, part. 
spec. sez. 1, c. 3, § 3 : c Da nessuno puô esser poste in dubbio,. 
che la piccolissima quantité di semé virile necessaria a fecon- 
dare Fuovo staci;ato, puo' penetrare anche per una vagina ris* 
trettissima, e col mezzo di un coito anche imperfetio >. Adeo 
facile autem hic seminis virilis cum ovulo in uterum labente 
concursus, atque eonode fecundatio verificari potest, ut nequi- 
dem pénis erectio sit ad hoc necessaria, cit. loc. § 5, ibi : a La 
rigidezza délia verga non è condizione indispensabile pel ver- 
samento dello sperma, e pel concepimento. Essa non fa che 
singolarmente agevolare il coito. » 

16. Hahonius, Medicin. légal, vol. A, tit. impotenza,pag. 51 : 
c Altri sostengono, che queste minute proporzioninon saranno 
di ostacolo alla rifMroduaione ; 1^ perché Tuovo che racchiude 
Pembrtone vien f eoondato daU'aura séminale del maschio senza 
che la mescoianza delFumore ^nso dalla femmina sia neces- 
saria, ciè cfae sembra confermato dal nomeroso esempio de 
alcune madri, quantunque fossero state puramente passive 
neiratto consacralo alla generaxione; 9? peechè Teffusione del 
liquore fécondante verso rorifisio deir utero non è sempre 
seconde essi indispensabile ; ma basta che venga depositato 
nella vagina i>* 

17. Ex canonistis Sanebei, dematrim^ lib. 2,disp. '2I> n. 2, 
ibi : «? Conveniunt omnes (matrimonium) condummari, qua- 






lOi 



DISPENSE. 



102 



comqae arte semen rocipiator intra vas naturale absque pen^ 
Iratione illius ; qina ea copala sutfidens est generalionî, per 
eunque sponsi nna caro efficiantur »; magis autem perepicue 
et ad rem aptissime in lib. 1, disp. 92, uum. 10 : < Non cen- 
seodam esset matrimomum nulium, si vir non totum semeû 
possit intra vas fundere, sed partem ; eo quod seminis pars 
iatra vas reoepta sufiiciens est ad eonsummandum matrimo- 
nium, ^ ad efficiendnm eonjuges nnam camem. Si tomina 
recîpere posset semen intra vas, quamvis semel susceptum re- 
tînere nequîret^ tune valeret matrimoniam ; qnîppe tane vere 
€onsummatur matrimonium, ac efficiuntiir eonjuges uns caro.» 
iS. GuttiereZyCfe matrim. eap. ii% nnm.9: cNon esse 
censendum matrimoniam nullum, si vir non totum semen 
possil intra vas fundere, sed partem, eo quod ea seminis pars 
intra vas recepta sufficiens est ad eonsummandum matrimo- 
nium, et efficiendum eonjuges unam camem ; addit (Sanebez) 
cum Ouaodo, si fœmina semen recipere posset intra vas, 
quamvis semen susceptum retinere nequiret, tum valet ma- 
trimonium^ namque vereconsummatur^ac efficiuntur eonjuges 
ima caro; tune ipsa solum sterilis est. t 

d9. Schmalzgrueber jur. eccl. tom. A, part. 3, tit. iS, n.37: 
c Sequitur sexto matrimonium ab eo contractum valere, qui 
non totum semen possit intra vas fundere^ sed partem dum- 
Caxat ; quia ea seminis pars intra vas recepta sufficiens est ad 
eonsummandum matrimonium, et efficiendum^ ut vir cum sua 
uxore fiât una caro >• 

20. Insigne testimonium coitus imperfecti, ex quo nihilo 
minus fecundatiosuccedit, exhibent iiîœ fœmiuds, qnie Atretœ^ 
seu imperforatœ appellantur. In iisdem enim orificium uteri 
per quemdam panniculum obstruitur, ita ut viriU membre im- 
pediatur ingressus; et nihilominus ex ejusdem pannicnli mea- 
tibus, vel^ ut aliis arridet, ex angustissimo foramine genitalis 
liqnor, quasi transcolatus ad uteri fundum pervenit, unde se- 
quWuT fecundatio ; ita scriptorum medicinœ forensis Nestor, 
Zacdiias noster QiiœsU medic. leg. lib. 3, tit. 1, qu. 7, n. 24 : 
c Remanet pro complenda quœstîone ut de arctis (fœminis) lo- 
goamur, quasatias Atretas^ et imperforatas vocari dixi, quibus 
ante uteri osculum interius membrana quœdam, modo gras- 
sîor, modo tenuior prœter naturam obtenditnr, et ingressum 
viriti membre impedit. Alias ex Hippocrate dixi, eas aliquando 
posse eoncipere, licet debinc in parte pereant. Yolunt nonnulli^ 
ob validam uteri attractionem iieri posse, ut semen per pan- 
niculum îllum quasi transcolatum ad uteri fundum perveniat, 

Uiique ex eo conceptus fiât Hihi magis arridet sententia 

Joannis Uncheri lib. 2 de steril. cap. propr. de claus« cervic. 
pud., qui conceptum in bis tantum fieri volait, in quibus an- 
gustras quoddam foramen in pannicùli medio apparet ingres- 
sum semini virili prœloens ; quod tamen ad foetum exclusio- 
nem non suffidt ». 

21. Hancce mirabilem naturœ operationem explicare alias 
pertentant seriptores récentes ex attractione quadam externœ 
ateri superfidei, per quam a liquore prolifico tota uteri ipsius 
membrana perfandKur, ita ut oriatur fecundatio^ quemadmo-' 
dum in fœtu succedit nutritio ex attractione humons nutritivi 
in superficie corporis: ita Hahonius observationes Bufion^ 
Ruîsdiii^ et Falloppii exponens in citato tractatu medic. légal, 
et voL i tit. impotenza pag. 53^ ibi : Sembra certissimo, che il 
liquore prolifico del masohio passi nelPutero^ sia cbe giunga 
in sostanxa per rinterno orifizio, che sembra essere la via 
naturale per dove deve passare ; sia cbe si faccia passaggio 
penetrando a traverse il tessuto del collo e délie altre parti 

inferiori délia matrice, che aboccano nelia vagins Si puô 

credere anche ^che questo liquore, o piuttosto la sostanza attiva 
e prolifica .dello stesso sperma, possa penetrare a traverse ii 
tessnto mèdesimo délie membrane délia matrice. Ci6 che 
prova, cbe la parte attiva di cotesto liquore puô non solamente 



passare per i pori delPutero, ma anche per la sua sostanza, è 
il cambiamento pronto, e per cod dire improwiso, che accada 

a questo viscère nei primordi délia gravîdanza Questa insi<> 

nuazione è un intima penetrazione eonsimile a quelia dalla nu- 
trizione e dello sviluppo ; è una penetrazione in tutte le parti 
interne dell'utero, operata da forze interne uguali a quelle, 
che determinano il nutrimento a penetrare nnteriore capacité 
del corpOj e cbe producono lo sviluppo senza cangiar forma.» 

22. Disquisitionem jam satis ingratam mibi ipsi sine fructa 
prœgavarem, si in aliéna provincia lubricum iter percurrens 
arcanam naturse operam detegere pertentarem, opiniones ho- 
rumce scriptorum ad trutinam revocando. Quaecumquesitvia^ 
quicumque modus, quo ad fecundationem ex coitu etiam im- 
perfecto, atque inter obstacula ingressum uteri intercludentia 
pervenitur, nulla in facto dubitatio de hoc exsurgit. Sed quo 
validius rei veritas comprobetur testem appello vlventem sa* 
luttffis artis cultorem, antecessorem eximium in Lovaniensi 
Athenœo^ atque ex adversariorum testimonio in obstetrieia 
peritissimum,qui prœclaram in hac causa reddidit elucubratio* 
nem. < lo ho veduto (ita Hubert) partorire donne^ che non 
avevano lacero l'imene. La ejaculazione fatta sopra gli organi 
genitali estemi e senza intromissione del membre virile pu6 
nonostante projettare il liquore séminale assai avanti a traverse 
le lacune naturali delPimene perché la fecondazione abfaia 
luogo. » (Summ. contr. num.9.) 

23. HsBC quidem de actu conjunctionis camalis, quse per se 
ipsam ad commiztionem seminum^ seu ad consummationem 
matrimonii sufficeret. Sed non ita satis. Testimonium quippe 
irrefragabile commixtionis ejusmodi adhue suppetit ex veoerea 
delectatione, quantumvis nonvividissima, quam Adriana per« 
sensit, ceu notavi paullo ante, in congressu cum marito. Gon- 
fitetur jamvero gratam aliquam percepisse sensationem plus 
minusve similem illi^ quam exporta est in exploratione per 
medicum absoluta. Sed probe scimus ex contrario summario 
quomodonam in actu inspectionis delectatio ejusmodi conti- 
gerit. Est roedicus Carême, qui ex ore Adrianae audivii, quod 
tune ipsa delectationem expertaest,quando uteri collum digito 
medicus tetigit. 

24. Jam satis lubrica est hsec pertractatio, ut pro vene- 
ratione S. Ordinl débita a disquisitione abstineam, utrum 
voluptas ab Adriana percepta ex una potius quam alia causa 
provenerit. Sinite tamen, Em. Patres, ut testimonium afieram 
medici Carême, qui rem conficit plenissime. Rogatus enim à 
judice quoad valorem probationis in sensationibus ejusmodi 
<c in questa mancanza di sensazioni potrebbe riconoscersi un 
segno^ che l'atto matrimoniale nonèstato consumato ? » Primo 
quidem respondit ce nella specie questa mancanza di sensazioni 
è una prova délia non consumazione dell'atto. *» (Suoun. 
contr. cit. num. 8, R. 3.) Postquam vero enunciavit impres- 
sionem, quam ipsi eidem Adriana persen»sse enarraverat, mox 
subjungit, quod si ejusmodi sensum ipsa mulier non est 
experta in congressu cum marito, matrimonium dici nequil 
consummatum. 

25. Quid, si Adriana ejusmodi voloptatem utut minus for- 
tasse vividam persensit in maritali officie obeundol Nemo aoh 
biget quod opposita cunclusio inferenda sit; nimirum, quod 
actus conjugalis consummatus est. Argomentum est a con** 
trariis, quo nullum aliud certius, nullum validius. Atqni 
Adriana voluptatem ejusmodi percepit; redit ergo conclusio. 
quod conjugalis actus fuit consummatus. 

26. Atque hic animadvertite, Bmi Patres, quod non semel 
vel iterum concubuerunt eonjuges; sed pluries; sed circiter 
duodecies , prouti mulier affirmât. Non contendo, quod ex 
repetitis congressibus majus robur Ferdinandus acquisiverit ; 
certe tamen vires acuit, ut in venereo ceitamine aliquando 
Victor evaderet. Et si quidem, non dicam semper, sed una vol 



103 



. DISPENSE. 



104 



altéra vice^ ia ano vel altero concubitu ejusmodi voluptatem 
•xperta est Adriana, satis superqoe fuit ut matrimonium con- 
summaret. Sed verius inquam ; semper hoc contigit ; seaiper 
quidem delectationem excitaverat coitus; quia c ciascuna 
volta » în qna sese cou juges commiscebant^ aliquid animad- 
vertebant defuisse ad implementum actus conjugalis. 

27. Jamvero, ai quidem non semper, sed raro sese voiup- 
tuose persensisset excitatam, et econtra frequentius nuUam 
persensisset delectationem^ quando a judice fuit percontata : 
€ Siete ben certa che nessun tentativo di compiere l'atto con- 
jugale sia riuscito ? » expressisset ferme^ quod ut plurimum 
nihil actum fuerat, aliquando autem actus non fuerat perfec- 
tus. Expressit econtra quod •< ciascuna volta l'atto non em 
stato compito » • Quid hoc significat T Hoc porro exprimit, quod 
toties quoties aliquid deerat plenas consummationi conjugalis 
congressus. Deerat nempe plena voluptas^ quse ex perfecta 
copula persentitur ; sed aliqua erat, quœ nonnisi ex seminum 
commixtione producitur ; unde matrimonii consummatio per- 
fidtur perinde. 

28. Audio veruntamen ad consummationem excludendam 
invocari judicium, quod periti physici de integritate mulieris 
et de impotentia ad minus relativa mariti reddiderunt. Quid- 
quid sit de hisce assertionibus, concludunfne periti matrimo- 
nium non fuisse consummatumî Yideamos. 

29. Très quidem periti aôhibiti sunt in causa, prof essores 
nimirum Hubert^ Carême et Van^Dam. Quœstionem consum- 
mationis fuoditus pertractavit doctor Hubert in duabus rela- 
tionibus et in judiciali examine. Quid tamen in facti specie 
concluait ? Hoc unum conclusit, nihil posse in causa consum- 
mationis affirmare ; ita ut si pro consummatione matrimoni 
sub hoc sensu inteliecta (sensu nimhrum canonico) quod corn- 
mixtionem seminum secumferat, reddendum sit judicium, 
adhuc constante de copula pluries^ utut absque suo comple- 
mento exercita, virginitatis indicia nullo in pretio haberl pos- 

sunt. 

30. Sed audire ex integro oportet ejusdem depositionem : 
c Hi si domanda : il matrimonio non è stato consumato ? Quali 
sono leprove délia non consumazione? Quale è il valore di 
queste proveT Se io definisco l'atto, un avvicinamento dei 
sessi, effettuato in modo a render possibilel'incontro degli dé- 
menti mascbio e femmina, e per conseguenza la fecondazione, 
non posso più afiermare niente ; ed i segni délia verginità non 
hanno più alcun valore. » (Sum. contr» num. 9). 

31. Idipsum repetit in alia relatione post inspectionem in 
corpore Ferdinandi elicita : «La questione délia non consuma- 
zione del matrimonio è chiara, ovvero inestricabile, secondo la 
definizione, che il Tribunale adotterà. Se questa definizione, 
tutta médicale, delPatto conjugale — un ravvicinamento dei 
sèssi effettuato in maniera da rendere possibile Tincontro degli 
elementi maschio e femmina, e per conseguenza la féconda- 
àone — , potesse prevulere, nel caso non vi sarebbe neppur 
modo di provare ciô che è awenuto. Il marito sembra aver 
fatto délie perdite seminali sopra la sua donna ; ma il liquore 
efiuso, supponendolo capace di fecondare^fin dove èarrivato T 
ha penetrato nel riservatojo, che gli è natnralmente destinato 
oppure è stato solamente deposto alla soglia degli organi ge- 
nitali? Niuno potrebbe dirlo, neppure le parti interessate ? o 
(Sum. contr. num. 10 R.2.) 

32. In inquisitione autem verbali nullum protestatur certum 
judicium in causa reddi posse, quod matrimonium non fuit 
consummatum. Audiantur quœstiones cum responsionibus ad 
ipso datis. 

D. 5. c lotendendosi per consumazione di matrimonio un 
awicinamento effettuato in modo a rendere possibile l'unione 
degli elementi maschio e femmina, e per conseguenza lafe- 
condazione, la scienza non ha alcun segno, che provi peren- 



toriamente, che la consumazione non ha avuto luogo? 
Risp. c No : noi non abbiamo alcun mezzo. » 

6. c 1 casi di consumazione in questo senso senza rompi- 
mento dell'imene sono assai frequenti i » 

Risp. c Si ; ciô è molto fréquente. » 

7. « La donna pu6 costatare con tutta certezza, quando l'in- 
contre degli elementi maschio e femmina ha luogo, o almeno 
quando lo sperma arriva molto lontano, affinchè Tincontro 
possa aver luogo, e come puô costatare î 

Risp. <c No; essa non puô costatarlo. » 

8. M La signera ha dichiarato qui, che essa non ha mai sen- 
tito nel coito le sensazioni avute nella visita dei medici. Se ne 
devo concludere, che Tincontro degli elementi maschio e fem- 
mina non ha avuto luogo i » 

Risp. c No; non si puô concludere. t (Sum. contr. num. il.) 

33. Ex hac accurata doctoris Hubert inquisitione manifeste 
erumpit, quantum fallaciter duo alii periti arbitrati sunt in- 
consummationem hoc nostro in casu ex prœsumptis indiciis 
virginitatis Adrian» desumere. Quas porro si adhuc extarent, 
nullum solidum argumentum suppe(Ûtare possent inconsum- 
mationis in camali commercio, quod utut ex parte incomple- 
tum fuisset, effusionem tamen prolifici humoris ita secumtulît, 
ut hic facile in uterum potuisset penetrare. Credo equidem 
quod in hoc qusestionis articule nulli vel minimas exceptioni 
subjacere valeat possibilitas penetratienis istiusmedi, quando- 
quidem nec a duebus illis peritis, utcumque integritatem ipsi 
asserant in Adriana, fecundatie per hanc viam effectuanda 
non impugnatur. 

34. Doctor quippe Van*Dam bypothesim in factispecie huic 
seminis penetrationi centrariam désignât tantummede ut pre- 
babilem ; non audet eamdem adsumere uti thesim, ex qua de- 
beret omnino excludi quilibet seminum concursus; ennnciat, 
ceu répète, ut probabilem hypothesim. Hitto, quod ex sen- 
tentia tum medicina forensis scriptorum, tum canenistarum 
quos supra retuli, tum etiam doctoris Hubert < la ejaculazione 
(ut ipse inquit) fatta sopra gli organi genitali esterni e senza 
intromissione del membre virile pu6 nenestate projettare il 
liquore séminale assai avanti a traverse le lacune naturali deir 
imene, perché la fècendazione abbia luogo ; n verum, nonne 
inauditam sapit audaciam ex una probabilitate defectus pene- 
tratienis ejusmodi inconsummationem inferre T Res clarius 
patet quam uUa indigeat demonstratione. 

35. Nec longe diversum est judicium a doctore Carême circa 
hanc disquisitienem prolatum. Opinatur et ipse^ quod lîquer 
effusus in vagina mulieris non penetravit hymenem < il semé 
non sarebbe stato iutrodetto, che aU'entrata del canale vagi- 
nale, che noi chiamiame vestibole, senza passera la membrana 
imene, e co&l si comprende il rigetto immédiate del semé. » 
(Sum. contr. num. 8 R. 4). Sed eadem hic etiam responsiene 
occurram, quam suppedidat doctor Hubert, quod sciiicet ad- 
huc e vestibule pudenderum muliebrium pénétrât in uterum 
« a traverse le lacune naturali deU'imene», absque eo quod 
hœc membrana proscindatur ex introductiene virilis membri. 
Quod si eb hanc ipsam repulsienem numquam centingeret, ut 
semen insinuaretur in hymenem, quonam, dicant, mode veri- 
ficari illud posset, quod omnesadmittunt, u t sciiicet cemmixtie 
seminum sequatur « quamvis mulier susceptum semen reti- 
nerenequeat? » 

36. Certe de hoc nuUatenus dubitavit professer Hubert, 
quippequi si impossibiiitatem penetratienis ejusmodi dignevis- 
set in arte receptam^ mex hoc une ac perenipterio argumente 
obtruncasset quœstionem. Atqui econtra eximius antecesser 
ultro centemplavit et admisit in persona Adrianœ possibili- 
tatem concursus sexualium humonim, utcumque fntegritatis 
speciem in eadem dignovisset. Quid intulit exinde?*Istud jure 
ac mérite de eadem muliere cendusit, quod ad excludendam 



10g 



DISPENSE. 



106 



coDsiimmationem mairimonii nuUum sibi sobsidiam afierunt 
inaibomica indicia vir^nitatis, « corne si vede, se quest'uUima 
definiooDe fosse la vera (quemadmodum examussim unica et 
Tera est in sensu sacrorum canonum)» malgrado i segni ana- 
Umà délia virginité, che essa possiede, la signora Adriana 
BOff potrebbe più provare la non consumazione del matri- 
jBOoio, che con la sua testimonianza, oprovando, cbOsilsuo 
mmio è impotente.» (Contsumm. 9). 

37. Sed prœter hoc extrinsecum argumentum alind longe 
gravius ocourrit intrinsecum, quod ipsiusmet doctoris Carême 
peritîa snppeditat. Si namque, ceu animadvertit doct. Hubert, 
prolificus liquor, hactenus intègre permanente bymene, ali- 
quando in uterum projicitur « a traverse le lacune naturali i 
ejusdem membranœ, nihil ferme facilius contingere potest^ 
quam quod ipse liquor ibidem projiciatur quando hymen jam 
fuiiperfractnm. Seddehocprœclarum suppetittestimonium ex 
ejusdem Carême depositione; quippequi in genitalibus mulieris 
banc membranam invenit, non integram, sed c in parte sola- 
mente j»; invenit nempe eversam in parte superiore t per il 
caso pfesente la merobrana esiste, ma in parte solamente ; vi è 
stato un rovesciamento délia parte superiore délia membrana 
(summ. contr. num. 8, R. 5). Perfacile concipit unusquisque, 
quod si liquor insinuatur aliquando « a traverse le lacune na- 
turaii »» faciiius pénétrât in uterum, dum ex effractione vel 
eversione membranœ latîus patet ingressus. 

38. Duorum ita peritorum Van-Dam et Carême confutata 
sententia, unam in honore permanet Judicium a doctore Hu- 
bert prolatumin bac causa; quod scilicet matrimonii incon- 
summatio in sensu canonico, idest ex commixtione seminum 
quocumque mode per vias naturales obveniente ex peritorum 
studiis non probatur. Istbac directa ac vera probatione défi- 
ciente, quid superestî Duplex juxta seutentiam ejusdem doc- 
toris bec superestadminiculum, alioquin futillimum ; testimo- 
nium ipsius mulieris, et probatieimpotentise mariti.(Summ. 
contr. num. 9.) 

39. Sed bona cum pace dicam professons eximii ; ludicre et 
perfuBderie hoc inquit. Jam enim mulier suum protulit testi- 
monium. Jam istud accuratissimo studio subdiderunt periti. 
Quid inde inferunt ad consummatlonem excludendam 1 Nihil , 
prorsus nihiK Doctor Van-Dam defectum penetrationis virilis 
seminis in uterum mulieris nonnisi quam probabilem existi- 
mat. Doctor Carême transitum spermatisper hymenem neque 
ex natoralibus lacunis, neque ex ejusdem orificio admittit, dum 
econtra hanc membranam non integram agnovit, sed « in parte 
solamente », atque in superiori latere eversam « vi è stato ro- 
Tesciamento délia parte superiore. » Quam sint hsc inter se 
repugoantia sno sensu concipit unusquisque. Doctor autem 
Hubert de controversa consummatione aperte confitetur c non 
posso più affermare niente, ed i segni délia verginità non banne 
più alcun valore. i 

40. Quid de impotentiamaritif Adhuc versamur in circule 
viUoso. Etiam Ferdinandus subjectus est inspection!, et ni- 
Inlonûnus incensummatio matrimonii baud potuit exinde 
adstroî. Quid igitur quœritur de impotentia ? Hsec et non alia 
esset causa inconsummationis ; sed si incensummatio non pro- 
batur, illogka est Impotentiœ iilatio. 

41. Hanc tamen aliqua tenus affirmant periti physici; doctor 
Van-Dam « confesse di non aver trovate, che poca attitudine 
per la copula » (contr. summ. num. 5). Doctor Carême Ferdi- 
nandum non inspexit, exinde nuUumprofert judicium. 

43. Agitur bic de impotentia relativa. At qualis base est! 
Numne illa, qu» virum relate ad aliquam mulierem reddit 
inideneum omnino et abselute? Hsacquippe est impotentia 
relativa quœ consummatlonem et matrimonium impedit quoad 
iilam mulie'rem. In casu verumtamen hoc nostro juxta seuten- 
tiam prsalaudati doctoris, est relativa tantummodo ad perfcc- 



tam sexualem unionem. Valde quippe in hoc sermone inter 
se dirferunt impotentia relativa quoad particularem fœminam 
relate ad alias mulieres, et impotentia relativa in eadem illa 
mulîere quoad perfectionem cepulœ. In primo sensu impotent* 
tia est per se absoluta, ita ut matrimonium omnino invalidet. 
in secundo sensu impotentia existit usque ad certum gradum. 
In quocoitus remanet imper fectus. Porre conspicit unusquis- 
quCy quod doctor Hubert loquitur tantummodo de bac se- 
cunda impotentia, quœ cenjunctienem sexualem permittit, 
quatenus incompletam. Nam si de prima loqueretur, in bec 
absurdum reseratis oculis incidisset, quod dum admitteret in 
Ferdinando certam impotentiam relativam quoad Adrianam^ 
in eo sensu quod cenjunctienem abselute et omnino impediis- 
set, adhuc tamen in ancipiti versaretur,utrum incensummatio, 
quœ ex eadem impotentia necessarie derivaret, esset necne 
admittenda. Quod porre cum sit omnino rectœ ratieni repu- 
gnans, impotentia idcirce de qua loquitur D' Hubert, non alia 
existimari débet ex ejusdem mente, quam relativa ad cepulam 
perfectam. 

43. Caeterum, in bac ipsa ambiguitate eximii doctoris Hu- 
bert, peteritne judicium proferri de inconsummatione in bac 
causât Sed jam vidimus econtra quod etiam ex coitu imper- 
fecte sequitur seminum cemmixtio, unde cenjuges fiunt una 
caro. c Seminis pars, repetam cum nestris canonistis, intra vas 
recepta sufficiens est ad consummandum matrimonium et ad 
efficiendum cenjuges unam camem i; Sancbez, de mavrimo" 
nio. Subjungam autem cum scriptoribus medicinœ forensis 
« da nessuno puô esser poste in dubbie, che la piccolissima 
quantité del semé virile necessaria a fecondare Puevo staccato, 
puô penetrare anche per una vagina ristrettissima, e col mezzo 
di un coite anche iroperfette », Gasper. manual. prat. di me- 
dicina légale. Urgente autem istbac prsBsumptione consum- 
mationis^ penitus dilabitur fundamentum dispensatienis^ quod 
in certitudine inconsummationis potissime consistit; atque 
idcirce petitio ejusdem débet omnino prepulsari. Quandoqui- 
dem si dispensatio bec in casu elargiretur, hoc sequeretur ab- 
surdum» quod censummatio retineretur ut determinate falsa 
dum econtra ex prœsumptione juris et facti sequuta fuisse 
demenstratur; non censummatio autem utpote fundamentum 
dispensationis constituons, retineretur determinate vera, dum 
econtra nulla de eadem certa ac solida suppeditatur probatie. 

44. Hœc quidem de prœtensa inconsummatione matrimonii. 
Nec validiori fundamente innituntur prsesumptœ causse dis- 
pensationis, quœ nunc in médium proferuntur. Prima enim 
quœ in imaginaria impotentia Ferdinand! consistit, jam penitus 
profligata est ex iis qusB hactenus fuerunt enucleata. Stultum 
quidem esset de impotentia centendere sive relativa in sensu 
abseluti jmpedimenti respectu singularis mulieris, sive abso- 
luta, respectu omnium mulierum, ubi constat, concubitum 
intercessisse; coitum scilicet, quem omnes disciplinas canonicœ 
non minus quam medicinœ forensis magistri, ime etiam alter 
ex allatis peritis, qui prœsentem quaestionem apprime discus- 
sit, de unanimi sensu conclamant ad generationem ideneum. 

45. Isthoc subverso prsssumptœ impotentiœ adminicule, sua 
mole cerruunt aliœ causse quse pre dispensatione producuntur 
quum uni huic fundamente innitantur; quatenus nimiru m ani- 
monim dissociatio ac divortium a laico tribunal! exinde de^ 
cretum ab una difficultate exerciti! officii cenjugalis procedit. 

46. In causis valde durieribus, in causis nimîrum împoten- 
tiee absolut® et manifestée, jamdudum ab ipsis canonicse juris- 
prudentiiB incunabulis ad hsec nestra tempera Summorum 
Pontiflcum sapientia censultum estj ut remédie triennalis ce- 
habitationîs cenjuges suam experiantur idoneitatem. Eccur 
tam diligens ac religiesa cura, nisi ut periculum arceatur, ne 
illi cenjuges, quos Deus conjunxît, cum discrimine animarum 
separentur illégitime: Ast in casu hoc nostro non agitur de 



107 



MÉLANGES. 



108 



impotentia sive absoluta, sive relativa; minusque [agitur de 
impolentia irreparabili. Agitur taniummodo de gravi difficul- 
tate perfecte ooeundi, quae forsan minus est repetenda ex 
debilitate viri, quam ex arctitudioe muiieris, de qua doctor 
Van -Dam declaraverat c che essa era strettisaima* a (Summ. 
contr. num. 4, R. 7.) 

47. Quantum late patet contrarium summarium» nuUibi os* 
tendit quod ullam vel minimam Ferdinandus adhibuerit dili- 
gentiam^ vel curam ut su» infirmîtati mederetur. Ex tribus 
alioquin peritis unus Van-Dam opinatur, defectura remédia 
pro curanda Ferdinandi valetudine. Doctor eoontra Hubert 
respondit a mi è impossibile dare una risposta categorica su 
questo oggetto. » (Summ. contr. n. li, R. 17). Siquidem con- 
troversia esset de matrimonii validitate contra viri impoten- 
tiam^et hoc vitium in eo tantummodo consisteret ut maritus arc- 
titudinem mulierîs superare non posset absque hujusce inci« 
sione, bœc ferme deberet, utut sine vit» periculo, ejusmodi 
remédie submitti. Sancbez de matrimon. lib. 1, disp. 93, n. 32, 
ibi : c Teneri pati incisionem cum molestia, et gravi dolore et 
cauterio faciendam, sed gravissimum morbi incommodum non 
teneriperpeti. » Quidmagisjustum, ac magis rationabile, ut 
in bac causa» in qua una existit difficultas perficiendi congre»* 
sum conjugalem, salutaris artis remediis vir studeat coadju* 
varîy et mulier patientiam in expectando prœbeat perindeT 
llactenus quidem conditio sacramenti prsesumptionem exhibet 
pro validitate ejusdem. Expérimenta conjugum magis ost^« 
dunt consummationem, quam impotentiam. Bonum igitur jus 
et religio sacramenti postulat, ut, servata ejusdem ineolumi- 
tate, ea adhibeantur remédia, quœ humana suppeditat pru- 
dentia, ac peritia; et quœ profecto si prosperum, ut certo spe- 
ratur, exerant effectum, quftiibetevanescet dissensionis causa^ 
et sacramentali coadjuvante virtute, fecillime inter conjuges 
restaurabitur concordia. 

Quare etc. Flaviauus Sdconbsghi, adv. defensor mairimmiH 
ex officio. 



MELANGES 

— V Encyclique du saint-père Léon XIII sur le sacre' 
ment de mariage et le divorce. 

Sanctissimi domiui [nostri Leonis divina providentia 
Papœ XIU epistola encyclica ad patriarchas, primates, archi- 
episcopos etepiscopos universos catbolici orbis 'gratiam et 
commuuionem cum apostolica sede babentes. 

Veoerabiles fratres, salutem et apostoiicam benedictionem 
Arcanuro divin» sapientiœ consilium, quod Salvator bominum 
lesns Christns in terris erat perfeeturus, eo spectavit, ut 
mundum, quasi vetustate senescentem, Ipse per se et in se 
diviDitus instauraret. Quod splendida et |grandi sententia 
complexus est Paulus apostolus, cum ad Ephesios ita 

acriboret : SaeramÊnfam voluntatis suof. instaurare 'omnia 

in ChristOf quœ in cœlis et quœ m terra sunt (1). Rêvera 
cum Gliristus Dominus mandatum facere instituit quod 
dederat[ilU Pater, continue novam quandam formam ac 
speciem rébus omnibus impertnt, vetustate depulsa. Qu» 
enim vulnera piaculum primi parentis human» naturœ impo- 
sneral, Ipse sanavit : bomines umversos, natura filios irœ, in 
gratiam cum Deo restitvh ; diotumis fatrgatos erroribus ad 
veritatia lumen tradoxH; omni impuritate confedos ad lomnem 
virtutem innovavH ; redonatisque haereditate beatitudinis 
sempitetn» spem certam fbcit, ipsum eonim corpus, mortale 

(i)AdEph. 1, 9 IC. 



et caducum, immortalitatis et glori» cœiestis particeps 
aliquando futurum. Quo vero tam singularia bénéficia, quamdia 
essent bominesi tamdiu in [terris permanerent, Ecclesiam 
ockDatituit vicariam muneris sni, [eamque f jussit, in futurum 
prospiciens, si quid esset in bominum societate perturbatum, 
ordinare ; si quid oollapsum, restituere. 

Quamquam vero divina b»c instauratio, quam 'diximus, 
prœcipue et directo bomines attigit in ordine gratiœ superna« 
turali constitutos, tamen pretiosi ac salutares ejusdem f ructus 
inordinem quoque naturalem largiter promanarunt; quamob* 
rem non mediocrem perfectionem in omnes partes acceperunt 
cum ainguli bomines, tum humani *generis societas universa. 
Eteuim, christiano rerum ordine semel condito, hominibua 
singulis féliciter contigit, ut ediscerent atque adsuescerent in 
patema Dei providentia conquiescere, et spem [alere, qu» 
non confundit, cœlestium auxiliorum ; quibus ex rébus forti* 
tudo, moderatio, eonstantia, ssquabilitas pacati animi, plures 
denique prœclarœ virtutes et egregia facta consequuntur. — * 
Societati vero domesticœet civili mirumest quantum dignitatis, 
quantum firmitudints etbonestatis accesserit. ^quior et sanctior 
effecta principum auctoritas ; propensior et faciiior populorum 
obtemperatio; arctiorcivium conjunctio; tutiora jura dominii. 
Omnino rébus omnibus, qu» in civitate habentnr utiles, 
religio cbristiana consuluit et providit; ita quidem, ut, auctore 
S. Augustino, plus ipsa afferre momentt ad bene beateque 
vivendum non potuisse videatur, si esset parandis vel augendis 
nK)rtalis vit» commodis et utilitatibus unice nata. 

Verum de boc génère toto non est Nobis propositum modo 
singula enumerare ; volumos autem de convictu domestico 
eloqui, cujus est in matrimonio principium et fundamentum* 

Constat inter omnes, Venerabibles Fratres* qu» vera sit 
matrimonii origo. — Quamvis enim fidei Christian» vitupera- 
tores perpetuam bac de re doctrinam Ecclesiœ fugiant 
agnoscere, et memoriam omnium gentium, omnium sœculorum 
delere jamdiu contondant, vim tamen lucemque veritatis nec 
extinguere nec debilitare potuerunt. Nota omnibus et nemini 
dubia commemoramus : posteaquam sexto creationis die 
formavit Deus bominem de limo terr», et inspiravit in faciem 
ejus spiraculum vit», sociam illi voluit adjungere, quam de 
latere viri ipsius dormientis mirabiliter eduxit. Qua in re hoc 
voluit providentissimus Deus, ut illud par conjugum esset 
cunctorum bominum naturaie principium, ex quo scilicet 
propagari humanum genus, et, numquam intermtssis procrea- 
tionibus, conservari in omne tempus oporterot Atque illa viri 
et mulieris conjunctio, quo sapientissimis Dei consiliis respon- 
deret aptius, vel ex eo tempore quas potissimum, casque in 
prirais nobiles quasi alte impressas et insculptas pr» se tulit 
proprietates, nimirum unitatem et Iperpetuitatem. — Idque 
declaratum aperteque confirmatum ex Evangelio perspicimus 
divina Jesu Christi auctoritate ; qui Jud»is et apostolis 
testatus est, matrimonium ex ipsa institutione lui dumtaxat 
inter duos esse debere, scilicet virum inter et .nralierem ; ex 
duobus unam veluti camem fieri ; et nuptiale vinculum sic 
esse Dei voluntate intime vehementerque nexum, ut a qnopiam 
inter bomines dissoivi, aut distrahi nequeat. Adhœrebit (homo) 
uxorisiUB^ et erunt duo in came una, Itaquejam non sunt duo, 
sed una caro. Quod ergo Deus confunxit, homo non se* 
pâret (i). 

Verum hfec conjugii forma, tam excellons atque pr»stans, 
sensim corrumpi et inter ire apud ethnieos populos cœpit ; et 
pênes ipsum HebrsBorum genus quasi obnubilari atque obscu- 
rarivisa. — Nam apud hos deuxoribus ausceperatconsuetudo 
communis, ut singulis vins habere plus una liceret; post 
autem, cum ad duritiam cordis (S) eoram indulgenter permi- 

(i)Matth. xtn, 5. 6. 
(2) Matth. XIX, 8. 



109 



MELANGES. 



110 



met Hoyses repadiorum potestatem, ad divortium factus 

esi aditiK. In societate veroethnicoriun vii credibile videatur, 

quantim corruptelam et demutationem nuptîœ contraxerini, 

qnippe quse objectse fluctibus essent errorum uniuscujasque 

popoB et cupiditatum tarpissimaruni. Cunct» plus minus 

g&tes dediscere notîonem germanamque originem matrimonii 

lise sont ; eamque ob causam de conjugiis passîm ferebantur 

leges, qu» esse et republica viderentur, non quas natura 

postularet. Solemnes ritus, arbttrio legumlatorum inventif 

efficiebant ut hooestum uxoris, aut turpe concubinse nomen 

muiîeres nanciscerentur ; quin eo ventum erat ut auctoritate 

piincipum reîpubiîciB caveretur, quibus esset pennissum 

inire nuptias^ et quibus non esset^ multum legibus contra 

squîtetem contendentîbus, multum pro injuria. Prœterea 

polygamîa, polyandria^ divortium causœ fuerunt^ quamobrem 

nuptiale ^inculum magnopere relaxaretur. Summa quoque in 

mutui5 coDjugum juribus et officiis perturbatio extitit, cum 

Tir dominium uxoris acquireret, eamque suas uti res habere» 

nulla saepe justa causa, juberet ; sibi vero ad efirenatam et 

îndoffîifam libidinem prœctpiti impune lîceret excurrere per 

lupanaria et andHas^ quoii culpam dignitas faciat^ non 

viduntas (i]. Exsuperante vin licentia, nihil erat uxoremi- 

serius, în tantam humilitatem dejecta, ut instrumentum pêne 

YiBbereiQT ad explendam libidinem, vel gignecdam sobolem 

comparatum. Nec pudorfuit, collocandas in matrimonium 

emi^vendî, in remm corporearum similitudinem (2), data 

interdum parentî maritoque facultate extremum suppiicium 

de uxore sumendi. Talibns familiam ortam connubiis necesse 

erat aut in bonis reipublicae esse, aut in nmncipio patrifa^ 

milias (3), cui leges hoc quoque posse dederant, non modo 

liberorum conficere et dirimere arbitratu suo nuptias, verum 

etiam in eosdem exercere [vikae necisque immanem potes* 

tatem. 

Sed lot ^tiis, tantisque ignominiis, quibus [erant inquinata 
conjugîa, sublevatio tandem et medicina divinitus qusesita 
est : quandoqoidem restitutor dignitatis humanœ legumque 
mosaicanim perfector Jésus Christus non exiguam^ neque 
postreaiam de matrimonio curam adhibait. Etenim nuptias 
i n Cana Galilœde Ipse prœsentia sua nobilitavit^ primoque ex 
prodigiis a se editis fecit memorabiles (4) ; quibus caussis vel 
ex eo die in hominum conjugia novee cujusdam sanctitudinis 
initia videntur esse profecta. Deinde matrimonium revocavit 
ad primsevse originis nobilitatem, cum Hebraeorum mores 
improbando, quod et multitudine uxorum et repudii facultate 
aboterentur ; tum maxime praecipiendo, ne quis dissolvere 
auderet quod perpetuo conjunctionis vinculo Deus ipse 
constfmxlsset. Quapropter cum difficultates diluisset ab 
institotis mosaicis in médium allatas, supremi legislatoris 
suscepta persona, ha3c de conjugibus sanxit : Dieo autem 
zobis, quia\ qvMumqut dimiserit uxorem suam nisi ob /bmi- 
catUmem, et aliam duxerit, fnœchatuTj et qui dimissam 
duxerit, mœehatur (5). 

Verum quae auctoritate Dei de conjugiis décréta et constituta 
sunt, ea nuncii divinarum legum apostoli plenius et enuclea- 
tius memoriœ litterisque prodiderunt, Jamvero apostolis 
m'igistris accepta referenda sunt, quas sancti Patres nostri, 
conaiia et universaliê EceUsiœ traditio sempêr doeuerunt (6), 
nimirum Cbristum Dominum ad sacramenti di^nitatem 
evexisse matrimonium; simulque effecisse ut conjuges, cœlesti 
gratia qnam mérita ejus pepererunt septi ac muniti, sanctitatem 

{\) Hieronym. Oper. tom. I> coL 45((« 

(2) Ârnob* adv. Gent. 4. 

(3) Dionys. Halicar. lib. if, c. 26, 27. 

(4) Joan. II. 

(5) Matlh. XIX, 9. 

i«, Trid. sess. xxiv,in pi. 



in ipso conjugio adipiscerentur ; atque in eo, ad exemplar 
mystici connubii sui cum Ecclesia mire conformato, et 
amorem qui est naturœ consentaneus perfecisse (i), et viri ac 
mulieris individuam suapte natura societatem divinsB caritatis 
vinculo validius conjunxisse. Yiriy Paulus inquit ad Ephesios» 
diligite uxores vestraSy sicut et Chrùtus dilexit Ecclesiam et 
seipsum tradidit pro ea, ut illam ^anctificarH. ^ Viri debent dili- 
gère uxores suas ut corpora sua....* nemo enimunquam camem 
suam odio habuit ; sed nutrit et fovet eam, sicut et Christus 
Ecclesiam; quia membra timus corporis ejus, de carne ejus et 
de ossibus ejus, Propter hoc relinquet hotno patrem et matrem 
siuim et adhœrebit uxori suœ, et eruni duo in came una. 
Sacramentum hoc magnum est; ego autem dico in Chris' o et in 
Ecclesia (2). — Similiter apostolis auctoribus didicimus 
unitatem, perpetuamque firmitatem, quœab ipsa requirebatar 
nuptiarum origine, sanctam esse et nullo tempore violabilem 
Cbristum jussisse« lis qui matrimonio juncti sunt, idem Paulus 
ait, prœcipio non ego^ sed Dominus, uxorem a viro non disce* 
dere;q%iodsi discesserit, manere innuptam^ autviro suo reconci» 
liari (3). Et rursuin : Mulier alligata est legi^ quanto tempors 
mr ejus vivit: quod si dormierit vir ejus, liberata est (4). Jlisce 
igitur caussis matrimonium extitit sacramentum magnum (5), 
honorabilé in omnibus (6), pium, castum, rerum altissimarum 
magine et significatione verendum. 

Neque iis dumtaxat quœ commemorata sunt, cbristiana 
ejus perfectio >bsolutioque continetur. Nam primo quidem 
nuptiali societati excelsius quiddam et nobilius propositum 
est, quam antea fuisset ; ea enim spectare jussa est non modo 
ad propagandum genus bumanum, sed ad ingenerandam 
Ecclesiae. sobolem, cives Sanctorum et domesticos Dei (7); ut 
nimirum populus ad veriDei et Salvatarisnostri Chris ti cultum 
et religùmem procrearetur atque educaretur (8). — Secundo 
loco sua utrique conjugum sunt officia definita, sua jura 
intègre descripta. Eos scilicet ipsos necesse est sic esse animo 
semper affectos, ut amorem maximum, constantem fidem, 
soliers assiduumque praesidium alteri alterum debere intel- 
ligent. — - Vir est familial princeps, et caput mulieris ; quas 
tamen, quia caro est de carne iUius et os de ossibus ejus, 
subjiciatur pareatque viro, in morem non ancillae sed sociœ ; 
ut scilicet obedientiaB praestitœ nec honestas, nec dignitas absit. 
In eo autem qui praeest, et in bac quae paret, cum imaginem 
uterque référant alter Christi, altéra EcclesiaB, divina oaritas 
esto perpétua moderatrix officii. Nam vir caput est mulieris^ 
sieut Christus caput est Ecctesiœ*... Sed sicut Ecclesiœ subjecta 
est Christo, ita et mulieres viris suis in omnibus (9). — Ad 
liberos quod pertinet, subesse et obtemperare parentibus, 
bisque honorem adhibere propter conscientiam debent; et 
vicissim in liberis tuendis atque ad virtutem potissimum 
informandis omnes parentum curas cogitationesque evigilare 
necesse est : Paires.... educate illos (filios) in disciplina et 
correptione />omint (10). Ex quo intelligitur, nec pauca esse 
conjugum officia, neque ievia ; ea tamen conjugibus bonis, 
ob virtutem quae sacramento percipitur, non modo tolerabiiia 
fiunt, verum etiam jucunda. 

Christus igitur, cum ad talem ac tantam excellentiam 
matrimonia renovavisset, tolam ipsorum disciplinam Ecclesiae 

(1) Trid. sess. xxiv, cap. i de reform. matr. 

(2) Ad Eph. V. 25 et seqq. 

(3) I. Cor. VIT, 10-11. 

(4) Ibid. V. 39. 

(5) Ad Eph. V. 32. 

(6) Afi Hebr. xui, 4. 

(7) Ad Eph. u, 19. 

(8) Gatech. Rom. cap. yiii. 

(9) Ad Eph. V, 23-24. 

(10) Ad Eph. VI, 4. 



t 



111 



MELANGES. 



112 



credidit et commendavit. Quœ potestatem in conjugia christia- 
norum omni cum terapore, tum loco exercuit^ atque ita 
exercuity utillam propriam ejus esse appareret^nec homînum 
concessu quœsUain, sed auctoris sui voluntate divtnitus adep- 
tam. Quot vero et quam vigiles curas in retinenda sanctitate 
nuptiaram collocarit, ut sua his incolumitas maneret, plus est 
oognitum quam ut demonstrari debeat. — Et sane improbatos 
novimus concilii Hierosolymitani sententia amores solutos et 
liberos (1) ; civem Gorintbium incesti damnatum beati Pauli 
auctoriiate (2) ; propulsatos ac rejectos eodem semper tenore 
fortitadinis conatus plurimorum, matrimonium christianum 
hostUiter petentium^ videlicet Gnosticorum^ Manichseorum^ 
Montanistarum subipsa rei christianœ primordia; nostra autem 
memoria Hormonum, Sansimonianorum^ Pbalansterianorum^ 
Communistarum. ^^ Simili modo jus matrimonii œquabile 
inter omnes atque unum omnibus est constitutum, vetere 
interservos et ingenuos sublato discrimine (3); exœquataviri 
et uxoris jura; etenim, ut aiebat Hieronymus (4), apud nos 
quod non licet fœmvmy œque non licet mris, et eadem servitus 
pari conditiane censetur; atque ilh eadem jura ob rémunéra- 
tionem benevolentiœ et vicissitudinem oflBciorum stabiliter 
firmata ; adserta et vindicata mulierum dignitas ; vetitum viro 
pœnam capitis de adultéra sumere (5), juratamque fidem 
libidinose atque impudice violare. — Atque illud etiam magnum 
est quod de potestate patrumfamilias Ecclesia^ quantum 
oportuit, limitaverit, ne filiis et filiabus conjugii cupidis 
quidquam de justa libertate minueretur (6) ; quod nuptias 
inter cognatos et aflSnes certis gradibus nullas esse posse 
decreverit (7), ut nimirum supernatnralis conjugum amor 
latiore se campe difTunderet ; quod errorem et vim et 
fraudem^ quantum potuit^ a nuptiis probibenda curaverft (8) ; 
quod sanctam pudicitiam thalami, quod securitatem per- 
sonarum (9), quod conjugiorum decus (iO), quod religio- 
nis incolumitatem (il) sarta tecta esse yoluerit. Denique 
tanta vi^ tanta providentia legum divinum istud institutum 
communiit, ut nemo sit rerum œquus existimator, quin 
intelligaty hoc etiam ex capite quod ad conjugia refertur 
optimam esse humani generis custodem ac vindicem Eccle- 
siam; cujus sapientîa et fugam temporum, et injurias bomi* 
num, et rerum publicarum vicissitudinesinnumerabiles victrix 
evasit. 

Sed, adnitente bumani generis boste^ non desunt qui^ sicu^ 
cetera redemptionis bénéficia ingrate répudiant^ sic restitu- 
tionem perfectionemque matrimonii aut spernunt, aut omnino 
non agnoscunt. — Flagitium nonnullorum veterum est, 
inîmicos fuisse nuptiis in aliqua ipsarum parte ; sed multo 
setate nostra peccant perniciosius qui earum naturam, per- 
fectam expletamque omnibus suis numeris et partibus, malunt 
funditus pervertere. Âtque bujus rei caussa in \eo prsecipue 
sita est, quod imbuti falsœ phtlosophiœ opinionibus corrup- 
taque consuetudine animi plurimorum^ nihil tam moleste 
ferunt, quam subesse et parère; acerrimeque laborant, 
ut non modo sioguli homines, sed etiam familiœ atque 
omnis humana societas imperium Dei superbe contemnant. 



(i) Act XV, 29. 

(2) I. Cor. V. B. 

(3) Cap. 1 de conjug. serv. 

(4) Oper. tom. I^ col. 455. 

(5) Can. Inter fectores^ et Can. Admonere^ qusBSt. 2. 

(6) Gap. 30, quœst. 3, cap. 3, de cognât, spirit. 

(7) Cap. 8 de consang. et affln.; cap. 1. de cognât, legali. 

(8) Cap. 26 de sponsal. capp. 13, 15, 29 de sponsal. et matrim., 

et alibi. 

(9) Cap. i de convers. infid.; cap. bei^de eoqiti duxit in malr, 

(10) Cap. 3, 5 et 8 ie spomal. et matr. — Trid. sess. xziv, cap. 3 
de réf. matr, 

(11) Cip. 7 de divort. 



— Gum vero et familiao et totius bumanae societatis in matri* 
monio fons et origo consistât, illud ipsum jurisdictioni Ecclesise 
subesse nuUo modo patiuntur ; imo dejicere ab omni sancti- 
tate contendunt, et in illarum rerum exiguum sane gyrum 
compellere^ quœ auctoribus hominibus institut» sunt, et jure 
civili populorum reguntur atque administrantur. Unde sequi 
necesse erat^ ut principibus reipublicœ jus in connubia omne 
tribuerent, nuUum Ecclesiae esse décernèrent; quœ si quando 
potestatem ejus generis exercuit, id ipsum esse aut indul- 
gentia priocipum aut injuria factnm. Sed jam tempus esse 
inquiunt, ut qui rempublicam gerunt idem sua jura fortiter 
vindicent, atque omnem conjugiorum rationem arbitrio suo 
moderari aggrediantur. — Hinc illa nata, quœ matrimonia, 
civilia vulgo appellantur ; hinc scitœ leges de causis, quœ 
conjugiis impedimento sint; hinc judiciales sententiœ de 
contractibus conjugalibus, jure ne initi fuerint^ an vitio. 
Postremo omnem facultatem in hoc génère Juris constituendi 
et dicundi videmus Ecclesiœcatbolicœ priereptam tanto studio, 
ut nul la jam ratio habeatur nec divinœ potestatis ejus, nec 
providarum legum, quibus tamdiu vixere gentes, ad quas 
urbanitatis lumen cum christiana sapientia pervenisset. 

Attamen Naturalistes iiqueomnes^ qui reipublicœ numen se 
maxime colère profitentes, malis hisce doctrinis totas civitates 
miscere nituntur, non possunt reprehensionem falsitatis 
effugere. Etenim cum matrimonium habeat Deum anctorenn, 
fueritque vel a principio qusddam incarnationis Verbi Dei 
adumbratio, idcirco inest in eo sacrum et religiosum quiddam, 
non adventitium, sed ingenitum, non ab hominibus acceptum, 
sed natura insitum. Quocirca Innocentius III (1) et Hono- 
rius III (2), decessores nostri non injuria nec temere affirmare 
potuerunt, apud fidèles et infidèles existere sacramentum 
conjugii. Testantur et monumenta antiquitatis, et mores atque 
instituta populorum, qui ad humanitatem magis accesserant 
et ezquisîtiore juris et ssquitatis cognitione prœstiterant : 
quorum omnium mentibus informatum anticipatumque fuisse 
constat^ ut cum de matrimouio cogitarent, forma occurreret 
rei cum religione et sanctitate conjunctœ. Hanc oh caussam 
Duptiœ apud illos non sine cœrimoniis religionum, auctoritate 
pontificum, ministerio sacerdotum fieri sœpe consueverunt. 

— Ita magnamin animis cœlesti doctrine carentibus vim 
habuit natura rerum, memoria originum, conscientia generis 
humani ! ^ Igitur cum matrimonium sit sua vi^ sua natura, 
sua sponte sacrum, coosentaneum est, ut regatur ac tempe- 
retur non principum imperio, sed divine auctoritate Ecclesiae, 
quœ rerum sacrarhm sola habet magisterium. — Deinde 
consideranda sacramenti dignitas est, cujus accessione ma- 
trimonia christianorom evasere longe nobilissima. De sacra- 
mentts autem statuere et prœcipere, ita, ex voluntate Ghristi^ 
sola potest et débet Ecclesia, ut absonum sit plane potestatis 
ejus vel minimam partem ad gubematores rei cîvilis velle 
esse translatam. — Postremo magnum pondus est, magna 
vis historiœ, qua luculenter docemur, potestatem legiferam et 
judicialem, de qua loquimur, libère constanterque ab Ecclesia 
usurpari consuevisse iis etiam temporibus, quando principes 
reipublicœ consentientes fuisse aut conniveotesin ea re, inepte et 
stuUe fingeretur. Illud enim;quam incredibilequam absurdum^ 
Christum Dominum damnasse polygamiœ repudiique invele- 
ratam consuetudinem delegata sibi a procuratore provinciœ 
vel a principe Judœorum potestate ; similiter Paulum apos- 
tolum divortia incestasque nuptias edixisse non iicere, ceden- 
tibus aut tacite mandantibusTiberio, Galigula, Nerone! Neque 
illud unquam homini sanœ mentis potest persuaderi, de 
sanctitate et firmitudine coi^ugii (3), de nuptiis serves inter 

(1) Cap. 8 de divort. 

(2) Cap. 2 de transact. 
(l)Can.Apost.l6, 17 et 18. 



Ii3 



MELANGES- 



114 



etîageDuas(i} tôt esse abEccIesia condttas leges^ impetrata 

facnltate ab imperatoribus romanis, inimicissimis nominî 

christîaQo, quibus nibil tam fuit propositum, quam vi et [caede 

reJkionem Chrxsii opprimere adolescentem : prœsertim cum 

jus illud ab Ecciesia profectum a civili jure interdum adeo 

dissideret, ut Ignatius martyr (3), JusUnus (3), AtheDagoras(4) 

et TertuUîanus (5) tamquam injustas vel adulterinas^ publiée 

tradMcerent nonnullorum nuptias^ quibus tamen imperatoriœ 

leges favebant. — Postea vero quam ad christianos imperatores 

potentat us omnis reciderat, pontifices maximi et episcopi in 

concilia congregati, eadem semper cum libertate conscien 

tiaque juris sui, de matrimoniis jubere vetare perseverarun 

quod utile esse, quod expedire temporibus censuissent 

utcumqoe discrepans ab institutis civilibus videretun Nemo 

ignorât quam multa de impedimentis ligaminis, voti, dispart- 

talis cuUus, consanguinitatis, criminis, publicœ honestatis 

in coDciUis IJJiberitano (6), Arelatensi (7), Chalcedonensi (8) 

Ifjieritano II (9) aliisque, fuerint ab Ecclesiae prœsulibus 

constituta, quœ a decretis jure imperatorio sancitis longe 

ssepe distarent. — Quin tantum abf uit, ut viri principes sib 

adsciscerent in matrimonia christiana potestatem, ut potins 

eam, quanta est, pênes Ecclesiam esse agnoscerent et decla- 

rareni. Rêvera Honorius, Theodosius junior, Justinianus (10) 

faten non dubitarunt, in iis rébus quse nuptias attingant, non 

amplius quam custodibus et defensoribus sacrorum canonum 

5îbi esse lioere. Et de connubiorum impedimentis si quid 

per edicta sanxerunt, caussam docuerunt non iuviti, nimirum 

id sibi sompsisse ex Ecclesiœ permissu, atque auctoritate (11); 

cujns ipaius judicium exquirere et reverenter accipere con- 

soeverunt in controversiis de bonestate natalium (12) de 

dÎTOrtiîs (13), denîque de rébus omnibus cum conjugal! 

rinciilo Decessitodinem quoquo modo habentibus (14). ^— 

Igitar jare optimo in concilio Tridentino definitum est in 

Ecclesiœ potestate esse impedimenta matrimonium dirimentia 

conslituere(15) et caussas matrimoniales ad judiees eccle- 

siasticofi spectare (16). 

Nec quemquam moveat illa tantopere a regalistis prœdicata 
distioctîo, vi cujus contractum nuptialem a sacramento dis- 
jungunt, eo sane consHio, ut Ecclesiaa reservatis sacramenti 
rationibas, contractum tradant in potestatem arbitriumque 
prîDcipuni civitatis. — Etenim non potest bujusmodi distinctio, 
seo verius distractio, probari ; cum explor&tum sit in matri- 
monio christiano contractum a sacramento non esse dissocia- 
bilem ; atque ideo non posse contractum verum et legitimum 
consistere, quin sit eo ipso sacramentum. Nam Cliriatus 
Dominus dignitate sacramenti aoxit matrimonium ; matri- 
momum autem est ipse contractus, si modo sit factus jure. 
— Hoc accedit, quod ob banc caussam matrimonium est 
sacramentum y quia est sacrum signum et eflSciens gratiam, 
et imagioeai referens mysticarum nuptianim Christi cmn 
Ecclesi&f Istarum autem forma ac figura iUo ipso exprimitur 



[\) Phîlosopbumena, Oxon. 1851. 
(%) Epist. ad Polycarp. cap. 5. 

(3) Apolog. major, n. 15. 

(4) Légat, pro Christian, nn. 32, 33. 

(5) De coron, milit. cap. 13. 

(6) De Aguirre, Gonc. Hispan. tom. L can. 13, 16, 16, 17. 
f7) Harduin, Âct. Concil. tom. 1, can. 11. 

(8) Ibid. can. 16. 

(9) ibid. can. 17. 

(10) NoTel. 137. 

(11) Fejer, Mairim. éx instit. Christ. Pest. 1835. 

(12) Cap. 3 de ordin. cognit. 

(13) Cap. SdediYort. 

(14) Cap. 13, Qui fiUi sint legit. 
(15; Trid. aess» xxiy, can. 4. 
(16) Ibid. can. 12. 



summse conjunctionis vinculo, quo vir et mulier inter se con» 
ligantur, quodque aliud nibil est, nisi ipsnm matrimonium. 
Itaque apparet, omne inter cbristianos justum conjugium in se 
et per se esse sacramentum :nihilque^magis abborrere a veri- 
tate, quam esse sacramentum decus quoddaui adjunctum, aut 
proprietatem allatam extrinsecus, quœ a contractu disjungi 
ac disparari hominum arbitratu queat. — Quapropter nec 
ratione efficitur, nec teste temporum historia comprobatur 
potestatem in matrimonia Christian orum ad principes reipublicsB 
esse jure traductam. Quod si bac in re alienum violatum jua 
est, nemo profecto dixerit esse ab Ecciesia violatum. 

Utinam vero Naturalistarum oracula, ut sunt plena falsitatia 
et injustitiœ, ita non etiam essent fecunda detrimentorum et 
calamitatum. Sed facile est pervidere quantum profanata 
conjugia perniciem attulerint ; quantam allatura sint uni versa 
hominum communitati. — Principio quidem lex est provisa 
divinitus, ut quse Deo et natura auctoribus instituta sunt, ea 
tanto plus utilia ac salutaria experiamur, quanto magis statu 
nativo manent intégra atque incommutabilia : quandoquidem 
procreator rerum omnium Deus probe novit quid singulamm 
institution! et conservationi expediret : cunctasque voluntate 
et mente sua sic ordinavit, ut suum unaquaeque exitum oon- 
venienter habitura sit. At si rerum ordinem providentissime 
constitutum immutare et perturbare hominum temeritas aut 
improbitas velit, tum vero etiam sapien&issime atque utilissime 
instituta aut obesse incipiunt, aut prodesse desinunt, vel quod 
vim juvandi mutatione amiserint, vel quod taies Deus ipse 
pœnas malit de mortalium superbia atque audacia sumere. 
Jamvero qui sacrum esse matrimonium negant, atque omni 
despoliatumsanctitate in rerum profanarum conjiciunt genus, 
ii pervertunt fundamenta naturae, et divins providentise tum 
consiliis répugnant, tum instituta, quantum potest, démo- 
liuntur; quapropter mirum esse non débet, ex bujusmodi 
conatibus insanis atque impiis eam generari malorum sege- 
tem, qua nibil est saluti animarum, incolumitatique reipu- 
blicœ pemieiosius. 

Si consideretur quorsnm matrimoniorum pertineatdivina 
institutio, id erit evidentissimum, includere in illis voluisse 
Deum utilitatis et salutis publicœ uberrimos fontes. Et sane, 
prœter quam quod propagationi generis liumani prospiciunt, 
iiluc quoque pertinent, ut meliorem vitam conjugum beatio-* 
remque efficiant; idque pluribus caussis, nempe mutuo ad 
nécessitâtes sublevandas adjumento,[amore constanti et fidelis 
communione omnium bonorum, gratia cœlesti, quse a sa- 
cramento proficiscitur. Eadem vero plurimum possunt ad 
familiarum salutem; nam matrimonia quandiu sint con- 
gruentia naturse, Deique consiliis apte conveniant, firmare 
profecto valebunt animorum concordiam inter parentes, tueri 
l)onam institutionem liberorum, temperare patriam potesta- 
tem proposito divinœ potestatis exemplo, filios parentibus 
famulos heris facere obedientes. Ab ejusmodi autem conjugiis 
expectare civitates jure posaunt genus et sobolem civium qui 
probe animati sint, Deique reverentia atque amore assueti, 
sui officii esse ducant juste et légitime imperantibus obtem- 
perare, cunctos diligere, lœdere neminem. 

Hos fructus tântos ac tam prœclaros tamdiu matrimonium 
rêvera genuit, quandiu munera sanctitatis, unitatis perpetui- 
tatisque retinuit, a quibus vim omnem accipit frugiferam et 
salutarem : neque est dubitandum similes paresque ingene- 
raturum fuisse, si semper et ubique in potestatem fidemque 
fuisset Ecciesia, quœ illorum munerum est fidissima conser- 
vatrix et vindex. — Sed quia modo passim libuit humanum 
jus in locum naturalis et divini snpponere, deleri non solum 
cœpit matrimoni species ac notio prœstantissima, quam in 
animis hominum impresserat et quasi consignaverat natura : 
sed in ipsis etiam Christianorum conjugiis, hominum vitio, 



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MELANGES. 



116 



mnttutn vis iU« debilitata est mftgDorum bonorum procréa <* 
trix. Qaid est enim booî quod nuptiales afferre possint socie- 
tates, «Dde abscedere christiana religio fabetur, quœ parem 
est omnium bonorum, maximasqne alit virtutes, excHans et 
iinpellens ad genus omne generosi animi atque exoeisi ? Ilia 
igitur semota ac rejecta, redigi nuptias oportet in servitutem 
fîtiosœ honrrinuit) naturs et pessimarum dominatum cupidi- 
tatnm^ honestatis naturaiis parum valido defensans patro- 
einîo. Hoc fonte multiplex derivata perntcies, non modo in 
privatas familias, sed etiam in civitates influxit. Etenira sala« 
tari depulso Dei metu, sublataqne cnraruni letatione, qa» 
Busquam alibi est quam in religione christiana major, per- 
ssBpe fecit, quod est factu proclive, ut vix ferenda matrimonii 
munera et officia videantur ; et liberari niniis multi vincutum 
velint, quod jure hamano et sponte nexum putant^ si dissi- 
militodo ingeniorum, aut discordia, aut fides ab aiterutro 
violata, aut utriusque consensus, aliseve caussœ liberari sua- 
deant oportere. Et si forte satis fieri procacitati voluntatum 
lege prohibeatur, tum iniquas clamant esse leges, inhumanas 
com jure civium liberornm pngnantes; quapropter omnino 
Tidendum ut iliis antîquatis abrogatisque, licere divortia hu- 
maniôre lege decematur. 

Nostrorum autem temporum Ipgumiatores, cutii eorumdem 
j«ris principiorum tenaces se ac studiosos profiteantur, ab 
ina hominum improbitale, quam diximus, se tueri non pos- 
snnt^ etiamsi maxime veltnt ; quare cedendum lemporibus 
ac divortiornm concedenda fucuitas, — Quod historia idem 
ipsa déclarât. Ut enim alia prsetereamus^ exeunte siecuto su- 
periore, in illa non tkm perturbatione quam deflagratione 
Galliarum, cum societas omnis, amoto Deo, profanaretnr» 
tum demum placuit ratas legifousesseconjugum discessiones. 
Eitsdem autem leges renovari hoc tempore mulli cupiunt, 
propterea quod Deum et Ecclesîam pelli e medio ac submo- 
veri volunt a socictate eonjunctionis humanae ; stulte putantes 
extremum grassanti morum corruptelœ remediuui ab ejns- 
modi legibus esse quaerendum. 

At vero quanti materiam mali in se divortia contineant^ 
vix attinet dicere. Eorum enim canssa fiunt maritalia fœdera 
mutaliilia ; extenuatur mutua bcnevolentia ; infidelitati per- 
nîciosa incitamenta suppvditantnr; tuitioni atque institutionî 
Ilberorum nocetur; dissucndis societatibus domesticis pr»- 
betur occasio ; discordiarum inter familias semina sparguntur ; 
minuitur ac deprimitur dignitas mulierum^ qu» in periculum 
Vf niunt, ne, cum Hbidini virorum inservierint, pro derelictis 
habeantur. — Et quoniam ad perdendas familias, frangen. 
dasque regnorum opes nihîl tam valet, quam corruptela mo- 
rum, facile perspicitur, prosperitaii familiarum ac civitatum 
maxime inimica esse divortia, qu» a depravatis populonim 
inoribus nascuntur, ac, teste rerum usu, ad vitiosiores vitae et 
prîv atœ et public» consuetudines aditura januamque patefa- 
cîunt. — Multoque esse graviora hœc mala constabit, si con- 
sîderetur frenos nulles futuros tantos, qui concessam semel 
divortiorum facultatem valeant intra certos, aut ante pr»- 
VÎ80S limites coercere. Magna prorsus est vis exeniplorum, 
major cupiditatum; hisce incitamentis fieri débet, ut divor- 
«orum libido latins quotidie serpens plurimorum anîraos iu- 
vadat, quasi morbus contagione vulgatus, aut agraen aquarum, 
auperatis aggeribus, exundans. 

Hrec certe sunt omnia per se clara ; sed renovanda rerum 
gestarum memorîa fiunt clariora. — Simul ac iter divortiis 
tutum lege prœstari cœpit, dissîdia, simultates, secessiones 
plurimum creyere ; et tanta e«t vivendl turpitudo conseeuta, 
ut eosipsos, qui fuerant talium dîscessionum drfensores, facti 
pœniiuerit ; qui nisi contraria lege remedium mature qo»- 
sîsserit. timcndum erat, ne prœceps in suam ipsapemiciem 
respublica dild)cretur. — Romani veteres prima divortiorum 



exempla dicuntur inhorruisse ; sed non longa mora sensas 
honestatis in antmisobstnpescere, moderatorcupiditatis pudor 
intenre, fldesque nuptialis tanta cum licentia violari cœpit, 
ut magnam veri similitadinem hebere videatur quod a non- 
nuilis scnptum legimu:*, mulieres non mutatione consulum, 
sed maittorum enumerare annos consuevisse. — Pari modo 
aptid protestantes principio quidem leges sanxerant, ut di- 
vortia fieri iiceret certis de causis, iisque non sane multis : 
ista taraen propter rerum simiiium affinitatem, compertum 
est in tantam mullîtudinem excrevisse apud Germanos, Ame- 
ricanos, aliosque, ut qui non stutte sapuissent, magnopere 
deflendam putarint infinitam morum d^pravationcm, atque 
intolerandam tegum tenientatem. — Neque aliter se res 
habuit in civitatibus catbolici nominis : in quibiis si quando 
datus est conjugiorum dissidiis locus, incommodorum, qua& 
consecuta sunt^ multiîudo opinionem legislaiorum longe vicit. 
Nam scelus plurimorum fuit, ad omnem malitiam fraudem* 
que versare mentem, ac per sœvitiam adhibitam, per injurias, 
per adufteria fingere caussas ad iliud impune dissolvendum, 
cujus pertsesum esset, eonjunctionis maritalis vinculumr 
idque cum tanto publicie honestatis detrimento, ut operam 
emendandis legibus quamprimum dari omnes judicaverint 
oportere* — Et quisquam dubitabit, quin exitus œque mi- 
seros et calamitosos habitursB sînt leges divortiorum fautrices, 
sicubi forte in usum letate nostra revocentur ? Non est pro- 
fecto in hominum commentis vel decratis facultas tanta, ut 
immutare rerum naturalem indol^m conformationemque 
possint: quapropter parum sapienter pufolicam felicitatea> 
interpretaotur, qui germanam matrimonii rationem impune 
perverti posse potant; et, qiiatibet sanctitate cum religiouia 
tum sacramenti posthabita, diffîngere ac deforraare conjugia 
turpius velle videntur, quam ipsa «^thriicorum instituta con- 
snevîssent. Ideoque nisî consilia mutentur, perpetuo sibi me* 
tuere familiœ et societaa humana debebnnt, ne miserrime 
conjiciantor în iilud rerum omnium certamen atque discri- 
men, quod est Socialistarum ac Commnnistarura flagitiosia 
gregibus jamdiu propositum. — Unde liquet qoam ab^sonum 
et absurdum sit publicam salutem a divortiis expeotare, quœ 
potittsin certam societaiis perniciem sunt evasara. 

igitur confiteadom est, de communi omnium populorum 
bono meruisse optimo Ecclasiam catholicam, sanctitati et 
perpetuitaii ccrajugiorum tuend» semper întentato ; nec 
exiguam ipsi gratiam deberi, quod legibus civicis centum jani 
annos in hoc gcDeremulta peccantibus palam reclaoïaverit (i) 
quod bttresim deterrimim protestantium de divortiis et re« 
pudiia anaihemate perculerit (2) ; quod usitatam grœcis di- 
remptionem matrimoniorum multis modis damoaverit (3) ; 
quod irritas esse nuptias decreverit ea conditione initas, ut 
idiqoando dissoivantur (4) ; quod Jemum vel a prima aetate 
leges imperatorias repudiarit, quœ divortiis et repudiis perni- 
ctose favissent (3). — Pontiflces vero uiaximi quotias resti- 
terunt principibus potentissimis, divortia a se facta ut rata 
EcclesiaB essent minaciter petentibus, toties exiotimandi sunt 
non modo pro incolumitate religionis, sed etiam pro huma- 
nitate gentium propugnavisse. Quam ad rem omnia aduiira- 
bitur posteritas invicti animi documentii a Nicolao I édita 

(1) Pitts VI, epist. ad Epise. Lucion. 28 mail 1793. — Pius Vil 
litter. Encyci. die i7 febr 1809 ; et Const. dat. die 1 9 jut. 1817. 
— Pius VUI, litter. Encyci. die 29 maii 1829. — Gregoriu» XVI, 
Gonst. dat. die 15 augusti 1832. — Pius IX, alloc. habit, die 
22 sept. 1852. 

(2) Trid. sess. xxiv, can. 5 et 7. 

(3) Concil. Floren., et instr. Eug. IV ad Armenos. — Bened. 
XIV, Gonst. Etsi pastoralis, 6 maii 1742. 

(4) Cap. 7 de condit, appos. 

(5) Hieron. , epist. 79 ad Océan. Ambros., lib. viif in cap. 16 Lu- 
cœ, n. 5. — August., de nuptiis:, cap. 10. 




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MELANGES. 



118 



adversus Lothariom ; ab Urbano II et Pascali adversus Philip* 
{mm I regtm Galiiarum ; a Coelesiino III et Innocentio III 
adfersus Âlphonsum a Leoœ et Philippum II principem 
GiJifaruin; a Clementa Vil et Paulo III adversus Henri- 
cm VllI ; deniqoe a Pio VU sanctissimo fortissimoque 
^otiSce adversus Napoleonem I, secundis rébus et magoi- 
ludioe imperii exultantem. 

Quae cum ita siot, orones gubernatores administratoresqne 
rerum publicarum, si rationem sequi» si sapieotiam, si ipsam 
populorum utilitalein voluissenl, malle debuerani sacras de 
matrinioiiioleges ioiactas inaaere^oblatumque Ecclesi» adju- 
mentum în tutelam morum prosperitatemque iamiliaruin 
adhibere, qiiam ipsam vocare Ecclesiam în snspicionem 
mmidliss, ei infalsam atque iniquam vioàati juris civtlis iusi- 
mulationem* 

Eoque cnagis, quod Ecclesia calbolica, ut in re nuUa potest 
ab religione officii etdefenstone juris sui decllnare, ita maxime 
5a/etessead benignitatem indulâientiamque proclivis iu rébus 
omnibus, quae cum incolumitate jurium et sanctitate offi- 
cioriim tuorum possunt una consistere. Quam ob rem nibii 
aoquam de matrimoniis statuit, quia respectum habuerit ad 
alatum communitatis, ad conditiones pupulorum ; nec semel 
suarum î(>8a legumprsescripta^quoad potuil, mitigavit.quando 
ut mitigaret causas jusise et graves impulerunt. — Item non 
ipsa ignorât neque diffitetur sacramentum matrimonii, cum 
ad cooserrationem quoque et incrementum societatis huma- 
use dirigatur, cognationem et necessitudinem babere cum 
rébus îpsishumanis, qiiee matrimoniumquidem eonsequuntur, 
aed ia geoere civili versanlur : de quibus rébus jure decernuot 
«t cognoscuot qui rei publier priesunL 

Ifemo autem dubitat, quin Ecclesiie conditor Jésus Christus 
polps'atem sacram voluerit esse a civili di»tiQctamy et ad suas 
utrauique res agendas liberam atque expeditam ; hoc tamen 
adjuiicto, quod utrique expedil, et quod înteresi ommu.u ho- 
m'iDuin, ut con|unctîo inter eas et concordia intercederet, iu 
fîsque rébus quae sint, diversa licet ratione, communis juris et 
judfci^ altéra cui sunt bumana tradita, opportune congruenter 
ab airera peoderet, cuisant cœlestia concredita. Hajusmod; 
aufem compositione, ac fere harmonia, non soluui utriusque 
pott statis optima ratio continetur, sed etiam opportunissimus 
atque efficacissimuamodus juvandi hominum genus in eoquod 
pertinet ad actiooem vitae et ad spemsaluiis sempiternae. Ëie- 
nimsicul hominum ioieUigentia, queiuadmodum in superio- 
ribus Eijcyclicis litteris oslendimus, • si cum fide cbristiana 
eonveniat, multum nobilitatur uiuUoque evadit ad vitaudos ac 
repelieodos errores munitior, vicissimque fides non parum 
praesidiiab inteIJigentia mutuatur; sic pariter, si cum sacra 
£cclt*siaB potestate civiiis auc^oritas. amice congruat, magna 
utrique necesse est Hat utilitatis accessio. Alterius enim am- 
pliCcatur dignitas, et, religione praeeunte, numquam erit non 
justumimperium : alteri vero adjumeuta tuteiae et defensionis 
in publicum fidelium bonum suppediiantur. 

Nos igitur, barum rerum consideratione permoti, cum 
studiose aliaa, tum vehementer in praesenti viros principes in 
concordtam atque amicitiam jungendam iterum hortamur ; 
îiadeuique paleroa cum benevulentia veluti dexteram primî 
porrigioius, «iblato supremae potestatis Nostrae auxilio, quod 
tanio magia est hoc tempore necessarium, quanto jus impe- 
tandi plus est in opinione hominum, quasi accepto vulnere, 
debilitatum* Ineensis jam procaci libertate animis, et omne 
îoipeni, Tel maxime Legitimi, jugum nefario ausu detrectan- 
tibtts, salos puUica postulat, ut vives utriusque potestatis oon- 
aocientur ad prohibanda damna quae non modo Ëcclesiae, sed 
ipei etiam civili soctetati impendeot. 

Sed cum amicam voluntatum eonjunctionem valde suade- 
jDtts, precamaïque Deum» principem pacii^ ut amorem con- 



cordiaein animos cunctorum hominum înjiciat^tum temperâre 
Nobis ipsi non possumus, quin vestram industriaro, Venera* 
biles Fratres, vestrum studium ac vigilantiam, qnae in vobîs 
summa esse intelligimus. nriagia acmagis hortando incilemua. 
Quantum contentione assequi, quantum auctoritate potestis, 
date operam, ui apud gi^ntes fidei vestrae oommendatas intégra, 
atque incorrupta doctrina retineatur, quam Christus Dominus 
et cœlestis voluntatis interprètes Apostoli tradiderunt^quamque 
Ecclesia catholica religiose ipsa servavit, et a Christifideiibos 
servari per omnes aetates jussit. 

Precipuas curas in id insumite» ut popuU abundent prae- 
ceptis sapientiae christianae, semperque memoria teneant ma- 
trimoninm non voluntate hominum, sed auctoritate nutuque 
Dei fuisse initioconstilutum, et hac lege prorsus ut sit unius 
ad unam ; Christum vero novi Foederis auctorem illud ipsum 
ex ofilcio naturae in sacramenta transtulisse, et quod ad vin- 
culum spectat, le^iferam judicialem Ecclesiae suae attri- 
buisse potestatem. Quo in génère cavendum magnopere est, 
ne in errorem mentes inducantur a faliacibus conclusion ibus 
adversariorum, qui ejusmodi potestatem ademptam Ecclesiae 
vellent. — Simiiiter oumtbus exploratum esse débet, si qua 
coojunctio viri et mulieris inter Christi fidèles citra sacra, 
mentum contrahatur, eam vi ac ratione justi matrimonii carere ; 
et quamvis convenienter legibus civicis facta sit, tamen 
pluris esse non posse» quam ritum aut morem, jure civili in- 
tioducium; j*ire autem civili res tantummodo ordiuari atque 
administrari posse, quas matrimonia effarant ex sese in gé- 
nère civili, et quas gigni non posse manifestum est, nisi vera 
et légitima iliarum causa, sciiicet nuptiale vinculum, exii^tat. 
Uaec quidem omoia prob« cognita habt^re maxime spocsorum 
refert quibus rtiain probata esse debent et notata animis, ut 
sibi liceat hac in re morem legibus gerere; ipsa non abnuente 
Ecclesia, quœ vult atque optât ut in omnes partes salva sint 
matrimoniorum effecta, et ne quid lib^ris detrimenti affera- 
tur. — In tanta autem confusione sententiarum, quas ser« 
punt quotidie longitis id quoque est coguitu necessariu n, sol- 
vere vmculum conjugii inter christianos rati et consumniati 
nullius in potestate e^îse ; ideoque manifesti criminis reos esse, 
si qui forte conjuges,quaecumque demum causa esse ilicatur, 
novose matrimonii nexu ante implicare velint,quam abrurupi 
primum morte contigerit. — Quod si res eo devenennt, ut 
convictus ferri diiitius non posse viieatur, tum vero Ecclesia 
sinit alterumab altéra seorsum a^ere, adhibendisque curis ac 
remediis ad conjugum conditionem accomodatis lenire studet 
secessionis incommoda ; nec uniquam committit, ut de re- 
coccilianda concordia aut non laboret aul desperet. — Verum 
haec extremasunt ; quo facile esset non descendere si sponsi 
non cupiditate acti sed praesumptis cogitatiorie tum otficiis 
conjugum, tum causis conjugiorum nobilissimis, ea qua 
aequum est mente ad m'ttrimonium accédèrent ; neque nuptias 
anteverterent contmuatione quadam serieque flagitiorum, 
irato Deo. Et ut omniapaucis compiectamur, tune luatrimonia 
placidam quietamque constanliam babitura sunt, si conjuges 
spirilum vitamque hauriant a virlute religionis, quae fort! 
invictoque animo esse tribuit ; quae efficit ut vitia, si qua sint 
in personis, ut distantia morum et ingeniorum, ut curarum 
maternarum pondus, ut educationis liberorum operosa solli- 
citudo, ut comités vitae labores, ut casus adversi non solum 
moderato, sed etiara libenter perferaniur. 

Illud etinm cavendum est, ne sciiicet coajugia facile appe- 
tantur cum alienis a catholico nomine ; animos enim de dis* 
ciplina religionis dissidentes m sperari potest futuros esse 
ceteris concordes. Quin imo ab ejusmodi conjugiis ex eo ma- 
xime perspicitur ease abhorrendum» quod occasianem praebent 
vetitae societati et comniunicationi rerum sacrarum, periculum 
religioni créant conjugis catholici, impedimento sunt honae 



H9 



MELANGES. 



120 



institutioni liberorum, et persœpe animos impellunt, ut cunc- 
tarum religionum œquam habere rationem assuescant, sublato 
veri falsique discrimiDe. — Postremo loco, cum probe intel- 
ligamus, alienura esse a cantate Nostra neminem oportere, 
auctoritati fidei et pietati vestrae, Venerabilea Fratres, illos 
commendamus, valde quidem miseros, qui œstu cupiditatum 
abrepti, et salutis suœ plane immemores contra fas vivunt, 
haud legitimi matrimonii vinculo conjuncti. In bis ad oflSciunoi 
revocandis hominibus vestra solers industria versetur ; et 
cum per vos ipsi, tum interposita virorum bonorum opéra, 
modis omnibus contendite, ut sentiant se flagitiose fecisse, 
agant nequitiœ pœnitentiam, et ad justas nuptias ritu catho- 
lico ineundas animum inducant. 

Haec de matrimonio christiano documenta ac prsecepta^ quœ 
per bas lltteras Nostras vobiscum, Venerabiles Fratres, com- 
municanda censuimus, facile videtis, non minus ad conser« 
vationem civilis communitatis, quam ad salutem bomtnum 
sempiternam magnopere pertinere. — Faxit igitur Deus ut 
quanto plus habent iila momenti et ponderis, tanto dociles 
promptosque magisadparendum animos ubique nanciscantur. 
Hujus rei gratia, supplici atque bumili prece omnes pariter 
opem imploremus beataB HarisB Virginis Immaculatae, quad, 
excitatis mentibusad obediendum fidei, matremse etadju- 
tricem hominibus impertiat. Neque minore studio Petrum et 
Paulum obsecremus principes apostolorum, domitores su- 
perstitionis, satores veritatis, ut ab eluvione renascentium 
errorum humanum genus firmissimo patrocinio tueantur. 

Interea cœiestium munerum auspicem et singularis bene- 
volentiœ Nostrse testem, vobis omnibus, Venerabiles Fratres, 
et populis vigilanti» vestrœ commissis, apostolicam benedic- 
tionem ex animo impertimus. 

Datum Romse apud S. Petrum, die 10 februarii an. i880^ 
pontificatus noslri anno secundo. 

LEO PP. XIIL 



— Examen et décision des affaires criminelles et 
disciplinaires des ecclésiastiqties. Instruction de la 
Propagande pour les diocèses des Etats-Unis d* Amérique. 

Quoique les prêtres qui desservent les églises soient 
amovibles^ la S. Congrégation de la Propagande a cru 
devoir ordonner la formation d'une commission com- 
posée de cinq ecclésiastiques^ ou tout au moins de trois, 
pour rinstruction et le jugement des causes criminelles 
et disciplinaires, et pour la révocation des mission- 
naires. Les membres de la commission seront élus 
dans le synode diocésain. Le droit d'appel au métropo- 
litain est reconnu^ nonobstant l'amovibilité des mission- 
naires, qui ne portent pas le nom de curés ; car les 
diocèses des Etats-Unis n'ont pas les paroisses 
érigées formellement et conformément aux prescrip- 
tions canoniques. 

Voici le texte de l'instruction, qui est une des plus 
importantes pièces émanées du Saint-Siège dans ces 
derniers temps. 

IhsTRUCTIO s. G0N6R. Bl PROPAGANDÀ PIDB AB EFISGOPIS PdDI- 
RÀTORUH SBPTElfTIUOKÀLIS AIISRICJE STATOOM DS MODO SEaVAlfDO 
m GOGHOSGBRDIS ET DXFUCIENDIS GAUSIS CRI|UNAUB(JS ET JDI8CIPLI*- 

NARiBus GLEBiGOEOM. —» Quamvis conciliom plenarium Balti- 
morense il ab Apostolica Sede recognitum, certam quamdam 
judicii formam, jam antea a concilio provincial! S. Ludovid 
sancitam, in criminalibus clericorum causis ab ecclesiasticis 



curiis diœcesium Fœderatorum septemirionalis Americ» Sta- 
tuum pertractandis servandum esse decreverit, experientia 
tamen compertum est, statutam judicii ordinem haud unde- 
quaque parem esse ad querelas eorum pra^^vendas, quos 
pœna aliqua muleta ri contigerit. Sœpe enim postremis bisce 
temporibus accidit, ut presb]fteri judiciis ea ratione initis la- 
tisque sententiis damnati, remoti prœsertim ab officie rectoris 
missionarii, bue iiluc de suis prœlatis conquesti fuertnt et fré- 
quenter etiam ad Apostolicam Sedem recursus detulerint. 
Dolendum autem est, non raro evenire, ut transmissis actis 
plura, eaque necessaria, desiderentur, atque perpensis omni- 
bus» gravia sœpe dubia oriantur circa fidem documentis hisce 
in causis allatis habendam vel denegandam. 

Qu» omnia S. Gongregatio Fidei propagande prseposita 
serio perpendens, aliquod remedium hisce incommodis pa- 
randum, ac ita justitiœ consulendum esse censuit ut neque 
insontes clerici per injuriam pœna afficiantur^ neque alicujus 
criminis rei ob minus rectam^ judiciorum formam a promerita 
pœna immunes évadant. Quod quidem facili pacto obtineret^ 
si omnes prsescriptiones a sacris canonibus sapienter éditas 
pro ecclesiasticis judiciis, praesertim criminalibus ineundis et 
absolvendis, servandas omnino esse prœciperet. Yerum animo 
reputans, in prœdictis Fœderatorum Statuum regionibus id 
facile servari non posse, ea ratione providendum esse duxit^ 
ut saltem iilœ de admisse crimine accurate peragantur inves- 
tigationes, quœ omnino necessariœ existimantur, antequam ad 
pœnam irrogandam deveniatur. 

Icaque SSmo Domino nostro divina Providentia papa 
Leone Xi II approbante, in generalibus comitiis habitis die 
25 junii 1878 S. G. decrevit, ac districte mandavit, ut singuli 
memoratœ regionis sacrorum antistites, in diœcesana synodo 
quamprimum convocanda, quinque, aut ubi ob peculiaria 
rerum adjuncta tôt haberi nequeant, très saltem presbyteros 
ex probatissimis et quantum poterit in jure canonico peritis 
seiigant, quibus consiiium quoddam judiciale, seu, ut appel- 
lant, commissio investigationis constituatur, eidemque unum 
ex electis prœficiat. Quod si ob aliquam gravem causam sy- 
nodus diœcesana statim haberi nequeat» quinque vel très 
prouti supra per episcopum intérim ecclesiastici viri admunus 
de quo agîtur deputentur. 

Commissionis ita constitutœ princeps erit officium crimi- 
nales atque disciplinares presbyterorum aliorumque clerico- 
rum causas, juxta normam mox proponendam, ad examen 
revocare, rite cognoscere, ita episcopo in ipsis definiendis 
auxilium prœbere. Satagant propterea oportet ad hoc munus 
electi, ut accuratœ fiant investigationes, ea proferantur testi- 
monia atque a prœsumpto reo omnia exquirantur, quœ ad 
veritatem eruendam necessaria censentur ac ad justam sen« 
tentiam tuto prudenterque ferendam certa vel satis firma ar- 
gumenta suppeditent. 

Quod si de alicujus rectoris missionis remotione agatur, 
nequeat ipse a crédite sibi munere dejici nisi tribus saltem 
prœdictœ commissionis membns per episcopum ad causam 
cognoscendam adhibitis, eorumque consilio audito. 

Electi consiliarii in suscepto munere pennanebunt ad proxi- 
mam usque diœcesanœ synodi celebrationem, in qua vel ipsi 
confirmentur in officie vel alii designentur. Quod si intérim 
morte aut renuntiatione, vel alia causa, praoscriptus consilia- 
riorum numerus minuatur, episcopus, extra synodum, aiios 
in deficientium locum, prout superius statutum est, sufficiat. 

In causis cognoscendis, iis prsBsertim in quibus de rectore 
missionario définitive a suo officie amovendo agatur^ judi- 
cialis commissio hanc sequetur agendi rationem. 

i. Âd commissionem investigatioms non recurratur, niai 
prius clare et prœcise exposita ab episoopo causa ad dejec* 
tionem finalem movente, ipse rector missionarius malit rem 



12! 



MELANGES. 



122 



sd coDsiliam deferri, quam se a miinere et officio sponte 
dimiUere. 

^. Re ad consilium delata, episcopus vicario suo generali 
Tel diiû sacerdoti ad hoc ab ipso deputato committat, ut rela- 
tiooeiD causse in scriptis conficiat, cum expositione iuvestiga- 
tiûSKs eo usque peractœ, et circumstantiarum, quœ causam 
rriejusdem demonstrationem speciaiiter afficiant. 

3. Locum, diem, et horam opportunam ad convenienduiii 
flKlîcety idqne per litteras ad singulos constliarios. 

4. Per litteras etiam rectorem missionarium, de quo agitur, 
ad locum et diem constitutum ad consilium babendum ad- 
rocety exponens, nisi prudentia vetat, uti in casu criminis 
occuUîy causam ad dejeclionera moventem, per extensum, 
monensque ipsum rectorem ut responsum suis rationibus suf- 
fultum ad ea prasparet in scriptis, quae in causas expositione 
vel jam antea ore tenus, vel lune in scriptis^ relata f uerint. 

5. CoDvenientibus consiliariis tempore et loco prsefinitis^ 
prœcipiat episcopus silentium servandum de iis, quse in con- 
silio audiantur; moneat investigationem non esse processum 
jadiciaiem, sed eo fine habitam, et eo modo faciendam^ ut ad 
cognitionem veritatis diligentiori qua poterit ratione pervenia- 
iur, adeo ut unusquisque coosiliarius, perpensis omnibus, 
opinionem de veritate factorum^ quibus causa innititur^ effor- 
mare quam accurate posait. Moneat etiam ne quid in investi- 
gatione fiât, quod aut ipsos, aut alios, pericuio damni vel 
gravaminis exponat, prœsertim ne locus detnr actioni libeili 
famosî, vel alii cuicumque processui coram tribunal! civili. 

6. Relatio causa legatur coram consilioab episcopi officiaii^ 
qui efiam ad interpellationes respondebit a praeside vel ab 
aliis consiliarîis per prœsidem faciendas ad uberiorem rei no- 
titiam assequendam. 

7. Deinde in consilium introducatur rector missionarius, qui 
responsum a se confeotum leget, et ad interpellationes simi- 
iiter respondebit, facta ipsi plena facultate ea omnia in mé- 
dium aflerendi, intra tempus tamen a consilio determinan- 
dum, qua» ad propriam defensionem conferre possunt. 

8. Si coQtingat, rectorem missionarium, de cujus causa agi- 
fur, nolle ad consilium accedere^ iterum datis litteris vocetur, 
eique congruum temporis spatium ad comparendum praefi- 
niatuFy et si ad constitutum diem non comparuerit, dummodo 
légitime prsepeditus non fuerit, uti contumax habeatur. 

9. Quibus omnibus rite expletis, consiliarii simul consilia 
conférant, et si major pars consiliariorium satis constare de 
factis arbitretur, sententiam suam unusquisque consiliarius in 
scriptis exponat, rationibus quibus nititur expressis ; confe - 
rantur sententiœ; acta in consilioab episcopi officiali redi- 
gantar, a prœside nomine consilii subscribantur, et simul cum 
senientiis singulorum in extenso ad episcopum deferantur. 

10. Qaod si ulterior investigatio necessaria vel congrua 
videatur, eo ipso die, vel alio, ad conveniendum, a consilio 
eonstitato, testes vocentur, quos opportunos consilium judica- 
verit, audito etiam rectore missionario de iis quos ipse advo- 
candos esse voluerit. 

il. Singuli testes pro causa seorsum et accurate examinen- 
tur a pneside et ab aliis per prsesidem, atisente primum rec- 
tore missionario. Non requiratur juramentnm, sed si testes 
ipsi non renuant, et se paratos esse déclarent, ad ea quœ de- 
tulerint jaramento, data occasione, confirmanda, fiât adno- 
tatio hujasmodi dispositionia seu declaralionis in actia* 

12. Coosentientibua testibus, et dirigente prudentia con- 
lUii, repetatur testimonium coram rectore missionario qui et 
ipae testes ai voluerit interroget per prœsidem. 

43. Eadem ratione qua testes pro causa, examinentur testea 
contra causam. 

14. Collatia tune conailiia fiât ut aupra n. 9. 

15. Qaod ai teatea noiint aut nequeant conailio asaiatere. 



vel eorum testimonium nondum satis luculentum negotium 
reddat, duo saltem ex consilio deputentur, qui testes adeuntes 
loca invisentes, vel alio quocumque modo poterunt, lumen ad 
dubia solvenda requirentes, relationem suae investigationis, 
ad consilium déférant, ut ita nuUa via intentata relinquatur 
ad verum moraliter certo cognoscendum, antequam ad sen- 
tentiae prolationem deveniatur. 

16. Omnia acta occasione judicii in médium allata accu- 
rate in curia episcopali custodiantur, ut in casu appellationis 
commode exhiberi vaieant. 

17. Si vero contingat, ut a sententia in curia episcopali 
prolata ad arcbiepiscopalem provocetur, metropolitanus ea- 
dem methodo in causse cognitione et decisione procédât. 

Datum Romse ex œdibus prsefatœ S. Congregationis, die 
20 junii anni 1878. Joannes Gaed. Smzom^ prœfectus. Joannes 
Baptista Agnozzi, secretarius. 



— Fête de saint Joachim et fêle de sainte Anne^ élevées 
au rite de seconde classe. Décret général. 

Sainte Anne est la seule femme, après la sainte 
Vierge sa fille, dont la fête soit de précepte dans 
r Eglise universelle. En efTet^ la bulle Universa per 
orbem du pape Urbain YIII désigne cette fête parmi 
celles qui sont d'obligation générale. Si aujourd'hui 
elle n'eat pas observée dans quelques pays^ c'est en 
vertu de la dispense contenue dans les induits du 
Saint-Siège qui ont réduit le nombre des fêtes. 

La fête de S. Joachim a été fixée au dimanche dans 
l'octave de l'Assomption, pour éviter une nouvelle 
fête de précepte, qui était vraiment due à la dignité 
du saint patriarche, père de la bienheureuse Vierge 
Marie. 

Désormais la fête de saint Joachim et celle de 
sainte Anne seront célébrées sous le rite de seconde 
classe, au lieu du rite double-majeur qu'elles ont eu 
jusqu'à ce jour. Voici le décret Urbis et Orbis qui a été 
rendu par l'organe de la S. Congrégation des Rites. 

Deghstum urbis bt orbis. — Docet Ecclesiasticus eos 
laudandos, qui in generatione sna gloriosi fuerint ; singular i 
igitur honoris ri tu colendi sancti Joachim et Anna, qui 
Immaculatam Virginem Deiparam quam genuerunt, glorio- 
sissimi equidem fuere : De fructu ventris vestri, ut ipsos allo - 
quitnr Damascenus, cognoscimini ; pie enim et sancte in 
humana natura tritam agentes fiXiam angelis superiorem et 
nunc angehrum dominam edidistis ( Or. 1 de Virg. Hariœ 
Nativ.). Quum itaque filiorum gloria parentes coronet, nil 
mirum si Ecclesia et a primœvis temporibus prœcipuo cultu 
ac religione prosequuta sit sanctum patriarcham Joachim 
ejusque beatam conjugem Annam : hos siquidem Ecclesiœ 
Patres insignibus exornarunt laudibus, ac pênes Qdeles eo 
crevit veneratio iis exhibita, ut in ipsorum bonorem templa 
extructa fuerint, et piœsodalitates erectœ. Immo et christiani 
principes non semelaupplicibns votisinstiteruntapud Roma- 
noa pontificea, ut solenmiori cultu sancti Deiparœ parentes 
bonorarentur. Piissimis votis libenti animo Romani ponliSc ea 
annuerunt, validiaaimum rati eorumdem fore patrocinium 
apud Deum et potiaaimum per eorum filiam cœli reginam, 
cultum a rchristifidelibua tributum non modo aua auctoritate 
firmaverunt, verum etiam peculiaribua privilegiis co ndeco- 

rarunt. 

Quoniam vero hiace lactuoaiaaimta temporibua divina mise* 
ricordia faetum est, ut quo magia cbriatianoa populua divino 



123 



MELANGES- 



124 



anxilio atqae cœlestî solamine indigerel^ eo ampUoribua 
clarificata sit hoDoribus beatissima Virgo Maria atque ipaius 
cultus nova incrementa acceperit : hînc novus spleodor ac 
recens «loria, qua beatissima filia rêfulsit, et in felicissimos 
parentes redundaret oportuit. Qiiare plurtbus in dioscesibus, 
Sede Apostolica ann;iente hortim sanctorum festa solemniori 
pompa ac ritu celebrata sunt, ad obUnendam prsecipue fami- 
iiarum coneordiam et tranquillitatem ; immo non defuere 
sacrorum antistitesy qui ejusdem ritus elevationem per uni- 
yersum orbem ab eadem Apostolica Sede haud serael effla- 
gitaverinL 

Haec autem omnia recolens Sanctissimus Dominus nosier 
Léo papa XIII, quo suœ prsBsertim devotionis erga sanctum 
Joachim, cujus nomioe ipse gloriatur, et quod Prœparaiio 
Domini ioterpr tatur» conspicuum exhibeat testimonium, • 
confisus fore ut illiusauctocultu, patrociniumquoque validius 
persentiat Ecclesia, motu proprio mandavit, ut per prœsens 
decretiim Sacrorum Rituum Congregationis, festum sancti 
Joachim^ dominica infra oclavam Deiparœ Assumptionis oc- 
currens, nec non festum sanctœ Annse, cum ipso in eodem 
honore sociatœ diei 26 julii affîxum, a ritu duplici majori ad 
ritum duplicis secundœ classis eleventur^ ac subtali ritu in 
kaiendario univers® Ecclesias deinceps inscribantur. Die \ 
augusli 1879. Loco f sigilli. jD. Card, Bartolinius, 5. R. C 
prœf. — Placidus RaHi, S, B, C. secretarius. 



— La, vénérable Marguerite BourgeoiSy fondatrice des 
religieuses de Notre-^Dame^ à Monréalj dans le Canada. 
Introduction de la cause. 

La vénérable Marguerite naquit à Troyes, en Cham- 
pagne, te 17 avril ^620. Elle partit pour le Canada en 
1653, et y fonda sa congrégation des religieuses de 
Notre-Dame^ que Louis XIV approuva par des lettres 
patentes de 1672. Elle mourut en 1700, laissant 
partout une merveilleuse réputation de sainteté^ qu 
s'est conservée jusqu'à nos jours. D'après l'enquête 
juridique qui a été faite par Tordinaire de Monréai, la 
S. Congrégation des Rites s'est prononcée favorable- 
ment pour Tintroduction de la cause. 

Le saint-père Léon XIII a signé de sa main la 
commission^ le 19 décembre 1878. 

Decretdm. Harionopolitana. Beatificationis et canonizatio- 
nis servœ Dot Margaritœ Bourgeois, fundatricis congrégation 
Ais Nostrsa Dominœ. — Quum quintodecimo kalendas de- 
oembris superioris anni a Sacra Rituum Congregatione vigore 
facultatum sibi specialiter a sa. me. Pio papa IX tributarum, 
induUuui jam bénigne fuisset^ ntde dubio signature comrois- 
sionis introdactionis causœ servœ Dei Margaritœ Bourgeois 
prasdictœ agi valeret in ipsins Sacr£ Rituum Gongregatiouis 
ordinario cœtuabsque interventu et voto consultorum^ etiamsi 
ejusdem scripta neque perquisita, oeque examinata adhuc 
essent. Emus et Rmus Dominus camlinalJs Aloysius Oreglia a 
Sanclo Stephano hu jnsce causœ lelaior ad instantiam B£v« 
domini Arthur Julii Captier, procuratoris gennalis congrega- 
tîonis Sancti Sulpttii, causas ipsius postulatoris constitaU» ai* 
tentis postuiatorii slitteris quamplurium Kmorom antistiiuin 
aliorumqM virorom tam ecdesiastica <pum eivili dignitate 
prsstantîssinorum, in ordinariis Sacroram Bituuai camîtiisi 
hodiema die ad Vaticanum coadum^s, aeqnens dubittmdiscu- 
tîendam proposait nimiraoi i An sitsignanda eommiêsiointnH 
ductionis causœ in ca$u et ad effectum de quo agitur ? Et Sacia 
eadem Googregatio, omnibus maturo examine perpensis^ au- 
dito^ie voce et sctifitû &. P. D. Laurentio Salvati, Fidei pn>- 



motore^ rescribendum censuit : Affirmatioe, seu signandam 
esse commissionem, siSanctissimoplacuerit. Die 7 decembris 

1878. 

Facta postmodumde prœmissisper subscriptumsecretarium 
Sanctissimo Domino nostro Leoni papaB XIII fideli relatione» 
Sanctitas Sua sententiam sacrse congregationis ratain habuit, 
et conOrmavit; propriaque manu sîgnavit commissionom 
iotroductionis causœ ven. servœ Dei Hargaritœ Bourgeois 
prœfatœ, die 19 iisdem mense et anno. — D. Card. BartoHnius, 
S. R. C. prœfect. — Placidus Ralli, S. R. C. secretarius. 



— Propagation de la foi. V association n'est pas corn' 
prise dans le décret général qui défend d'inscrire les 
absents. 

On décret général en date du 13 avril 1878 défend 
d'inscrire dans les confréries les personnes absentes ; 
l'agrégation requiert par conséquent la présence per- 
sonnelle. 

La Propagation de la Foi n'étant pas une confrérie 
et jouissant d'ailleurs de privilèges spéciaux, le 
cardinal préfet de la S. Congrégation de la Propagande 
aécrit à M. Desgaretz, président du conseil central 
de Lyon^ que le dit décret ne s'applique pas à Tasse- 
ciation. Voici cette lettre. 

Illme Domine, cum a S. Congregatione Indulgentils sacris- 
que reliquiis prœposila decretum die 13 aprilis 1878 prodierit, 
quo renovatis jam alias editis resolutionibus, declaratum fuit 
in piis sodalitiis iuter sodales adscribi absentes non posse, non- 
nuili putarunt etiam pium opus, quod a Propagatione Fidei 
nomen babet, eo décrète comprehendi,acproindeeidem operi 
adscribi se renuebant. Id autem non modo inquibusdam ephe- 
meridibus legitur evulgatum, sed et in notitiam hujus sacrf 
Consilii ("hristiano Nomini Propagande expresse fuit deduc- 
tum. Quare ne ex tali illius .decreti interpretatiooe damnum 
obveniret sacris missionibus, quœ a memorato pio opère tum 
precibus, tum eleemosynis, adeo valida adjumenta percipiunt, 
Coogregatîonem ipsam supradictam bac super reconsnlendam 
curavi. Jamvero Em. Cardinalis iilius S. Congregationis 
prœfectus nuper mihi declaravit, eamdam nunquam in animo 
babuisse per decretum diei 13 aprilis 1878 opus pro Fidei 
Propagatione complectiy cum istud non modo sodalitium non 
sit^sed tantum pium opus» verum etiam privîlegiis sibi propriis 
fruatur. Hanc autem authenticam declarationem tibi, ceu 
prœsidi islius Consilii Centralis ejusdem pii operis notitiam 
deducOy ut ea opportune evulgata, falâis memorati décret! 
interpretationibus viam prscludere valeat. 

Intérim bona omnia tibi in Domino adprecor. 

Datum Romse ex œd. S. C. de Propagande Fide die 11 
augusti 1879. — Addictus Joannes card. Simeoni, prœfectus. 
— Joannes Baptista Agnozzi^ secrelarius. 



— Le vénérable Claude la Colon^ière. Introduction de 
la cause de béatifkadon et canonisation. 

Un décret de ta S. Congrégation des Rites, en date 
du 18 décembre 1879, a autorisé l'introduction de la 
cause du P. Claude la Colombière, qui favorisa si 
efficacement la propagation de la dévotion du Sacré- 
Cœur de Jésois. 

Notre saint-père le pape Léon XIII a signé de sa main 
lacûmmission relative à Tintroduction de cette cause* 



125 



MELANGES. 



126 



Voici le décret qui a été publié et af&ehé dans Rome 
par la S. Coogré^tion des Rites. 

Decretum. Augustoduneo. Beatificationis et caoonizatîonis 
Yen, servi Dei P. Claudti la Golombière, sacerdotis professi 
esocîetate Jesu super dubio : An sitsignandacommissio intrO' 
duetionis causœ in casu^ et ad effectum de quo agitur ? 

Illo divîni amoris igné, quem amantissîmus humanî generis 
Redemptore penetralibus cordis sui misit in terris, vehementer 
accensus P. Giaudius La Colonibière, adhuc vivens plaeclaram 
sanctitatis famam adeptus est. Quîppe a juvenili sBtate inter 
a]umno5 \nc\yt8e societatis Jesu adscitus, arduum pf'rfectionis 
iter alacri animo arripuit, ac semel exiniium praebuit exem- 
plum bonorum operum, in doctrina, in integritate, in prœ- 
dicatioue ^erbi Dei. NuIIi propterea parcens labori, ac plu- 
rimis objectus impiorum calumniis atque insectationlbus^ 
tum in Galiîa, tum in Ânglia, pêne innumeras Christo animas 
larrifecit. Dignus sane, quem Deus beatae Margaritas Alacoque 
non solum ducem in via perfeclionis dederit, sed pra^sertim 
in propagando caltu erga sanctissimum Cor Jesu hortatorem 
mirificum. 

Haec fama sanctitatis caelestium charismatum neque non 
prodigiorum, quae sui famuli intercessione a Deo patrata fe- 
rebancur^ eo demortuo, nedum non intercidit, sed etiam in 
dies magis excrevit, ac post duo circiter saecula adeo vivida 
atque Integra persévérât, ut reverendissimum episcopum Au- 
gustodunensem ad ordinariam inquisitionem super elsdem 
institaendam permoverit. Qua rite expteta atque ad sacram 
Rttuum Congregationem delata, Sanctissimus dominus noster 
Léo papa XllI bénigne induisit ut dubium signatures com- 
mÎNsiouis intn>ductionis causae prœdicti servi Dei P . Claudii 
La Colombière ageretur in (Jongregatione sacrorum Rituum 
ordinanaabsque interventuet voto consultorum,licet nondum 
élapso decennio adie praesentalionis processus in actis ejus'^em 
Cougregationis, neque ipsias servi Dei scriptis adhuc per- 
quisiiis et examinâtes. 

Qriapropter eminentissimus et reverendissimus cardinalis 
Xiecislaus Ledochowski hujus causae relator, instante Rev. P. 
Augasto Negroni sacerdote e societate Jesu ejusdem causae 
po*»tulatore, altentisque postulatorlis literis plurium eminen- 
tissimorum sanctae Romanae Ecclesiae cardinalium, reveren- 
dissiniorum sacrorum antistitum, alioruraque virorum tam 
ecclesiastica quam civili dignitate iilustrium, in ordinariis 
Sacrorvioi Rituum comitiis hodierna die ad Vaticanum coadu- 
Datis sequens dubium discutiendum proposuit, nimirum : 
tAnsit signanda commïssio tntroductionis causœ in casu et 
ad effectum de quo agitur f » 

Et Sacra eadem Congregatio, omnibus maturo examine per- 
peo^is, auditoque voce et scripto R. P. D. Laureutio Salvati 
sanctae Fidei promotore,rescribendum censuit : Affirmadive^ 
S9\i signandam esse commissionem, si Sanctissimo placuerit. 
Die 8 decembris 1879. 

Facta poslmodum de praemlssis per infrascriptum sécréta- 
rium Sanctissimo domiuo nostro Leoni papae XIII fidelirela« 
tione, Sanclitas Sua sententiam Sacrae Congregationis ratam 
habutt et confirmavit ; propriaque manu signavit commis- 
âonem introductionis causae ven. servi Dei P. Claudii La Co-- 
lonibière praedicti die 8 januariil880. — D. Card, Bartolirnus, 
S. R, C. prœfectus. — L. f S. Placidus Ralli, S, R,C. sécréta^ 
Tins. 



couleur de Toffice du jour pour administrerla commu- 
nion hors de la messe. Malgré cette disposition, c'est 
I usage dans quelques pays de prendre Tétole blanche 
pour donner la communion dans la quinzaine de Pâques 
aux Gdètes qui remplissent le précepte pascal. Peut- 
on tolérer cet usage? Un décret récent de la S. Con- 
grégation des Rites se prononce pour la tolérance; 
dans les autres cas il faut se conformer au rituel^ qui 
prescrit la couleur de l'office du jour. Le décret de 
la S. Congrégation est ainsi conçu : 

YeDetiarum. Sacerdos Joseph Frattin, congregationis Oratorii 
Venetiarum, modernus in ecclesia ejusdem congregationis 
cœremoniarum prœfectus» humillime pro opportuna déclara- 
tione, Sacrorum Rituum Congregationi insequentia proposuit 
dubia^ nimirum : 

In administrstione sacrae eucharistiœ extra missam, a ru- 
brica Ritualis romani prœscribitur stoia coloris ofBcio illius 
diei convenientis; quœritur an stola coloris ctfficii vel miss» 
adhibenda sit : i. In feria quinta majoris ht bdomadœ. 2. In vi- 
giiiis et feriis quatuor temporum, vel feria secunda Rogatio- 
num, (vei in feriis quadragesimœ, ubi octavœ coiices^œ sunt) 
quœ infra octavam non privilegiatam occurrunt, si, juxla ru- 
bricas Breviarii et Missklis romani, ofticium de octava et 
missa de vigilia vei feria celebrantur. 

Sacra porro eadem <:ongregatio ad relationem infrascripti 
sccretarii, audita sentf ntia in scriptis alterius exapostolicarum 
Câeremoniarum magistris, rescribendum censuit, ad uirum- 
que ; Servetur Ritualis romani rubriea, et ubi vigeat cornue- 
tudo administraïuii sacram eucharistiam cum stola atbi 
coloris fiaelibtAx Pascfuile prœceptum adimplentibus, toleranda. 
Âtque ita rescripsit. Die 11 augusti 1877. A. Ep. Sabinen, 
Card. Bilio, S. R. C. prcef. Loco f sigiiii. Plac. Ralli, S. R. C. 
secretarius. 



— Administration de la communion hors de la messe. 
Couleur de létale. 
Le rituel romain prescrit de prendre l'étoie de la 



— Baldaquin noir sur le corps d'un cardinal ou d'un 
évêque. Récitation du nom de Vévêque au canon^ d partir 
de la prise de possession. 

L'usage s'est établi dans certains pays de dresser 
un baldaquin noir sur le corps d'un cardinal, pa- 
triarche^ archevêque, évêque défunt. On a employé 
aussi le baldaquin noir aux obsèques du pape dé- 
funt, en Tabsence du corps. — I^ S. Congrégation 
condamne cet usage. 

Ce n'est pas à partir de la préconisation de Pévêque 
dans le consistoire qu'on doit réciter le nom de ce 
prélat, au canon de la messe. Il faut attendre qu'il 
prenne possession du siège épiscopal. 

Congregationis Oratorii. Modernus sacris caeremontis prse- 
fectos ecclesiae congregationis Oratorii in civitate Venetiarum 
Sacrœ Rituum Congregationi sequentia dubia dectaranda hu- 
millime subjecit, nimirum : 

Dubium 1. An in exequiis pro episcopo, vel archiepîscopo 
vel patriurcha, vel etiam cardinali, tam pressente quam ab- 
sente corpore, vel in exequiis pro sumroo Pontifice, absente 
corpore^ ponendum, seu deferendum sii baidH( hinum nigrum 
super defunctum, aut super castrum doloris? Et quatenus 
négative adnormam responsionis diei 5julii 1631 in una Flo^ 
rentina, quid de consuetudine contraria? 

Dubium II. An episcofû nomen dicendum sit in canone 
missse, et in aliis liturgicis orationibus a die notitiae, eti.unsi 
mm offieiaitier babitœ, electionis ejusdem iu consistorio^ vel 



127 



MELANGES. 



128 



a die captse possessionîs eccleslae, cui a summo pontifice prae- 
positus fuit? 

Sacra itaque Rituum CoDgregatio, audita sententia alterius 
ex apostolicarum cseremoniarum magistris, ad relationem 
infrascripti secretarii^ sic declarare rata est : 

Ad I. Exposita consuetndo uti abums est eliminanda. 

Ad II. A dii captœ possessionis vel per episcopum ipsum^ 
velper suum proeuratorem. Alque ita declaravit ac rescripsit 
Die 4 julii 1879. 



— Chemin de la croix. Autorisation de l'evêque pour 
chaque érection. Le consentement du curé estU néces-^ 
saire ? 

Pour ériger validement les stations du chemin de 
la croix, on doit obtenir pour chaque cas le consen- 
tement de Tévèquepar écrit. L'autorisation générale 
pour ériger les stations dans un (Certain nombre d'é- 
glises ou de chapelles n'est pas réputée suffisante. 

Quoique les hôpitaux et les chapelles ou mai- 
sons des sœurs professant les vœux simples ne soient 
pas exempts de la juridiction paroissiale, la S. Con- 
grégation admet la validité des érections pour les- 
quelles on n'a pas demandé Tautorisation du curé de 
la paroisse, parce que^ en fait, les aumôniers de ces 
maispns remplissent les attributions paroissiales. Voici 
le décret de la S. Congrégation des Indulgences : 

Engolismen. Quoad stationes vise crucis, decretum. Pro 
erectione stationum Yiœ Crucis peragenda dispositum fuit in 
brevi Exponi nobis a Clemenle XII, die 16 januarii i731 
edito, et a Benedicto XIY in brevi Cum tanta sU die 30 apri- 
1 is i84i confirmato et inserto, haud posse stationes Yiâe Crucis 
erigi in ecclesiis et locis mÎDistro generali ordiois S. Francise! 
minime subjectis^ nisi accederet licentia ordinarii loci ac con- 
sensus parochi et superiorum ecclesiœ^ monasterii, hospitaiis 
et loci pii ubi de eîs protempore erigendis agi contigerit. 

Cum vero plures exortae f uerint qusestiones circa erectionum 
Vise Crucis validitatem, ex eo quod in dubium sœpe reyoca- 
r etur, num prœdicta licentia^ ac conseusus datus fuerit, ad 
qu9slibet in posterum istiusmodi difficultates eliminandas^ 
S. I ndulgentiarum Congregatio in decreto diei 3 augusti 1748 
prœscribendum censuit, « quod in erigendis in posterum 
ejusmodi stationibus tam sacerdotis erigentis deputatio^ ac 
superioris localis consensus, quam respectivi ordinarii vel 
antistitis, et parochi nec non superiorum ecclesiœ, monasterii, 
hospitaiis et loci pii ubi ejusmodi erectio fieri contigerit dépu- 
tât io, consensus et licentia in scriptis et non aliter expediri, 
et quandocaroque opus fuerii, exhiber! debeant sub pœna 
nullitatis ipsiusmet erectionis ipso facto incurrendœ. » 

Jam vero episcopus Engolismensis istiusmodi decretorum 
teuorem perspectum habens, S. Indulgentiarum Congréga- 
tion! supplices libellos porrexit. Atque in horum primo expo- 
ni^ in sua dioecesi ac fere ubique in Gallia extare hospitalia, 
ecclesias, capellas^ oratoria, domus congregationum soro- 
riim vota simplicia emitteotium, et a S. Sede vel ab episcopo 
etiam tantum approbatarum^ quœ omnia quamvis de jure mi- 
nime a jurisdictione parochiali exempta dici queant^ taroen 



de facto a parocho independenter admlnistrantur per capel- 
lanos ab episcopo nominatos. Ac subdit : in hisce omnibus 
ecclesiis ac locis bona fide stationes Vise Crucis erectas fuisse, 
quin parocborum consensus faerit requisitus. Dubitans bine 
de istiusmodi erectionum validitate, postulat, ut declaretur 
utrum pro validis sint habendœ vel non^ et casu quo nulli- 
tatis laborare fuerit definitum^ instantissime postulat, ut a 
Sanctissimo sanatio indulgeatur^ ne nimia oriatur conf usio, et 
fidelium admiratio excitetur. • 

In altero autera supplici libelle exponit plures sacerdotes 
in Gallia, facultatem ohtinere a ministro generali ordiois Mi- 
norum, stationes Viae Crucis erîgendi in certo numéro eccle- 
siarum vel oratorioruin^ prœvia tamen ordinarii licentia : quam 
licentiam posteaordinario exhibent, qui subscribitverbis gene- 
ralibus v. g. Authenticas recognovimus et executioni mandari 
permisimus. Ac qusBrit num licentia, sic verbis generalibus 
data sufficiat, ut sacerdos ea donatus possH deinde cum solius 
parochi vel superioris loci consensu, in quocumque loco intra 
limites jurisdictionis praedicti ordinarii, valide stationes eri- 
gere, servatis servandisetrelictoperactœ erectionis testimonio 
propria manu subscripto; an vero prœter banc generalem 
licentiam requiratur^ sub pœna nullitatis, ante guamcumque 
erectionem, novus recursus ad ordinarium cum designatione 
loci vel ecclesiœ, ut érection! in tali loco consentiat. 

Quare in congregatione generali habita in palatin apostolico 
Vaticano die 20 junii 1879 proposita fuerunt dubia : 

I . Dtrum nullœ sint erectiones stationum Viœ Crucis, sine 
consensu in scriptis parochi, factœ in hospitaltbus, ecclesiis, 
capellis ac domibus congregationum sororum^ de jure haud 
exemptisa parochiali jurisdictione, sedde facto (juxta morem 
in Gallia vigentem) administratis independenter a parocho, 
per capellanum nominatum ab episcopo 7 

Et quatenus affirmative, 

II. An sit consulendum Sanctissimo pro sanatione hujus- 
modi erectionum ? 

III. An consensus ordinarii in scriptis requiratur, sub pœna 
nullitatis in singulis casibus pro unaquaque stationum erec- 
tione, vel sufBciat, ut sit generice praestitus pro erigendis 
stationibus in certo numéro ecclesiarum vel oratorioruro, sine 
specifica designatione loci ? Et quatenus affirmative ad pri- 
mam partem, et négative ad secundam, 

IV. An sit consulendum Sanctissimo pro sanatione erectio- 
num, cum dicto generico consensu jam factarum, vel sit sup- 
plendum defectum per novum consensum in scriptis ab epis- 
copo spécifiée prsestandum ? 

£m. Patres, auditis consultorum votis, rescripserant : 

Ad I. Négative. 

Ad II. Provisum in primo. 

Ad Ili. Affirmative ad primam partem j négative ad secun^ 

dam. 
Ad IV. Affirmative ad primam partem, négative ad secun-- 

dam. 

Et facta de bis omnibus relatione SSmo Bno Nro Leoni XIII 
in audientia habita ab infrascripto secretario die 21 ju- 
nii 1879, Sanctitas Sua in omnibus votum S. Congregationis 
adprobavit et sanavit prœfatas erectiones cum generico con- 
sensu peractas. 

Datum Romœ ex secretaria S. Congregationis Indulgentiis 
sacrisque Reliquiis prœposit» die 21 junii 1879. 



Uadminiitraieur^girant t 

PAtHÉ. 



Ptris. — JuuB La CuDU, Imprimeur de N. S* P. le Papa et de rAreher^ohé, rue GMiette, 17, 



MMTA JDBIS FinmFiGn. 



CENT SOIXANTE-SIXIÈME LIVRAISON 



PRINCIPES DE DROIT mmm. 



Idée dn Droit canonique considéré en lai-m6me, et comparé ayec les 
sciences ses connexes. Classification générale des lois canonique^ 
et des matières qni en font Tobjet. — Principes généraux qni 
serrent de base an Droit canonique. Institution dirine de TEglise. 
Ses propriétés. Son pouvoir et sa constitution. Vraie théorie. 
Fanases théories. 



CHAPITRE I^ 

IDÉE DU DROIT CANONIQUB. 

1. Le droit (aequum, justum, jm) dans Tacception 
la pins générale du mot, désigne tout ce qui est con- 
forme aux principes de l'équité et de la justice, comme 
la morale renferme tout ce qui est honnête, louable, 
digne de récompense. L'objet de ces deux sciences, 
le même quant au fond, diffère sous les rapports qui 
leur sont propres. 

Le droit s'applique à la loi, règle équitable de nos 
actions : aux obligations qui en naissent, lesquelles nous 
lient très équitablement, en nous imposant la néces- 
sUé morale d'agir ou de ne pas agir: à la liberté d'action 
que la loi nous accorde justement, aux attributions et 
prérogatives légitimes qu'elle consacre. 

De là les dénominations de droit divin, naturel et 
positif, de droit humain civil et ecclésiastique pour dé- 
signer les lois qui nous régissent, soit qu'elles nous 
soient connues immédiatement par la lumière de la 
raison, ou par la voie extraordinaire de la révélation; 
soit qu'elles se manifestent par l'organe des puissances 
établies pour gouverner la société. 

On distingue autant de droits qu'il y a de lois dif- 
férentes dans leur cause, leur objet et leur fin. 

n y a en conséquence un droit naturel privé qui 
détermine les obligations comme les facultés légitimes 
de l'homme considéré dans sa vie privée, soit inté- 
rieure, soit extérieure; un droit naturel social qui im- 
pose des lois et confère des droits à l'homme en so- 
ciété; un droit naturel public qui règle sa conduite 
comme citoyen et comme magistrat: un droit naturel 
des gens qui détermine les droits et les devoirs res- 
pectifs des nations. 

n y a un droit divin positif dont l'histoire de la 
révélation marque les divers développemens: il est ap- 
pelé primitif ou patriarcal, mosaïque et évangelique. 

D y a un droit civil et politique, un droit inter- 
national fondé sur les traités et les coutumes des peu- 
ples, et enfin un droit canonique ou ecclésiastique. 

19* SiRIB. 



Tous ces droits sont supposés conformes aux prin- 
cipes de l'équité et de la justice, et plusieurs d'en- 
tr'eux ne peuvent qu'en être la plus fidèle expression. 

2. Le droit canonique est le corps des statuts connus 
dans l'Eglise, dès avant le Concile de Nicée, sous le 
nom de canons. Canones, canonum statuta, canonum 
jura sont des expressions consacrées dans les actes et 
les écrits de l'antiquité. KoMiv signifie ordre, règle. 
Les canons de l'Eglise sont l'ordre, la règle et la forme 
de la discipline. Lorsqu'au 12'' siècle, cette forme discipli- 
naire fut plus développée que jamais, eut été plus par- 
ticulièrement étudiée , une nouvelle science fut créée. 
A l'instar des lois romaines, elle reçut le nom de Droit. 

Les auteurs modernes l'appellent tantôt la disci- 
pline, tantôt la jurisprudence ecclésiastiques ou cano- 
niques. Il y a pourtant cette différence que l'une a 
pour objet spécial les mœurs et les devoirs du clergé, 
et que l'autre est la science pratique de l'application 
des canons aux cas particuliers. 

3. Pour prouver que le droit canonique est une 
science, nous allons en faire connaître les caractères 
propres. 

La connaissance usuelle des canons n'en est pas 
la science. Cette connaissance a existé de tout temps 
dans l'Eglise et la science canonique ne remonte pas 
au delà du XIP siècle. La plupart des ecclésiastiques 
n'ignorent pas les principales dispositions de la disci- 
pline sans être néanmoins canonistes. 

Une science est un rapprochement intelligent des 
parties d'un tout, et suppose de profondes réflexions 
sur leur intime liaison. Il fallait donc, pour élever 
rédifice scientifique du droit canon, commencer par en 
réunir , dans un ordre convenable, les diverses dispo- 
sitions législatives actuellement obligatoires. Tel fut 
aussi le premier pas que Ton fit dans la science cano- 
nique. Telle en fut la première période, tel en est le pre- 
mier caractère: c'est la connaissance raisonnée et métho- 
dique des lois ecclésiastiques actuellement en vigueur. 

Mais cette science pratique a besoin de s'éclairer 
du flambeau de l'histoire, pour éviter les applications 
fausses, trop sévères ou trop bénignes. L'histoire ré- 
vèle les faits, les besoins, les circonstances particu- 
lières qui ont concouru à la formation et au dévelop- 
pement des canons et nous fait connaître ainsi le vé- 
ritable esprit du législateur. L'histoire nous apprend 
par quelles causes certaines lois sont tombées en dé- 
suétude, quelles circonstances y ont apporté des mo- 
difications, dans quelles limites ces modifications doivent 
être resserrées: connaissances précieuses qui nous font 



9 



1^31 



PKINGIPE6 Di^: DKOIT CANONIQUE. 



1:32 



suivre le (il des Iradilioiis de la discipline, qui ren- 
dent manifeste le sens des canons et qui servent ad- 
mipablement à en préparer la restauration lorsque le 
malheur des temps y a porté quelque atteinte. 

Les travaux historiques et archéologiques des deux 
derniers siècles permettent aux canonistes d'entourer 
la science pratique des saints canons de la force qu'elle 
emprunte nécessairement aux nécessités du temps. C'est 
en cherchant dans les faits l'explication des change- 
ments de la discipline, c'est eu interrogeant l'histoire 
des besoins successifs de la société chrétienne qu'on 
met à découvert les inconséquences et l'erreur pro- 
fonde du système protestant et janséniste qui voit dans 
la discipline qui s'est développée dans les trois ou les 
six premiers siècles, la règle imprescriptible à laquelle 
il faut tout ramener de gré ou de force. 

La méthode historique conduit à ce principe extrê- 
mement lumineux: la discipline variable de l'Eglise, 
modifiée par elle, selon les besoins du temps et des 
lieux est toujours digne de sa sagesse et de l'appro- 
bation de tous les siècles. Conséquemment 

Le second caractère scientifique du droit canonique, 
c'est sa propre justification par l'histoire de ses rap- 
ports avec les besoins spirituels de la société. 

Ce n'est pas tout encore. Afm que la forme de la 
discipline apparaisse dans toute sa beauté, il faut mon- 
trer comment les dispositions canoniques sont en har- 
monie avec la constitution et le but de l'institution 
de l'Eglise. Les lois ecclésiastiques sont-elles en rap- 
port avec les notions que nous donne de l'Eglise, le 
fait de son établissement par J.-C. ? Ces lois, loin de 
dénaturer l'institution primitive, servent-elles à en main- 
tenir l'intégrité, à en développer les principes et les 
conséquences? Y a-t-il harmonie entre la législation 
de l'Eglise et la natui'e de son institution? Dès lors 
la science canonique est rationnelle : il y a là une 
haute philosophie, la seule qui convienne à une science 
dont la base repose sur le fait de l'établissement chré- 
tien. Ce fait supposé vrai, etill'est, il est impossible que 
la philosophie du droit canon repose sur un autre principe 
que celui dont la théologie dogmatique, l'Herméneutique, 
l'exégèse, l'histoire et la tradition démontrent la vérité. 
Attaquer le droit canon par l'absence ou par l'opposition de 
ses rapports avec un prétendu droit naturel-religieux qu'on 
s'est fait à priori, c'est changer l'état de la question. 
Tel est le philosophe et sa méthode : toujours en de-- 
hors des faits historiques, les rationalistes croient avoir 
raison contre notre science toute positive parce qu'elle 
ne s'harmonise pas avec leurs systèmes arbitraires. 
Qu'importe. Nous conviendrons volontiers avec eux de 
cette opposition. Notre droit canon n'est point philo- 
sophique dans leur sens; il l'est dans le nôtre. La ré- 
vélation chrétienne supposée vraie, ils doivent nous ac- 
corder que les saints canons sont en parfaite harmonie 
avec elle; c*est tout ce que nous demandons. Or les 
travaux de nos savants tendent chaque jour à rendre 
plus évidente la liaison naturelle qui existe entre la 
législation et les caractères divins de notre Eglise ca- 
tholique : ce qui achève de donner le dernier trait à 
la définition de la discipline canonique. Expression sen- 
sible du gouvernement et de la vie extérieure de 



TEglise, de son histoire, oii .ses Jois trouvent le meil- 
leur commentaire; de l'harmonie de ses rapports avec 
la révélation, le droit ecclésiastique est la connais- 
sance méthodique, historique et rationnelle des lois 
disciplinaires actuellement en vigueur. 

4. Achevons de le faire connaître en le comparant 
aux sciences avec lesquelles il a quelque connexion. 

Il emprunte au droit naturel, les notions générales 
de devoir, de société, de pouvoir, de subordination; 
des axiomes et des lois. Le droit naturel doit, à son 
tour, à la jurisprudence canonique, des applications 
précises de ses principes, une sanction spéciale en fa- 
veur de ses lois, par les censures, et enfin la réali- 
sation de tout un droit naturel hypothétique fondé sur 
l'existence de la révélation chrétienne. 

La morale naturelle apprend au législateur ecclésia- 
stique à flétrir ce qui blesse l'honnêteté des mœurs et à 
maintenir l'ordre et la décence dans la société : par là 
même la morale a mi puissant auxiliaire dans la discipline; 
quant aux préceptes de la morale évangélique, le droit 
canon a pour but principal de les faire observer en 
en faisant des applications nettes et précises. Si le droit 
divin se tait, par exemple, sur les circonstances de 
temps, de lieu et de personne concernant le précepte 
de la confession et de la communion, le droit cano- 
nique détermine ces circonstances et assure ainsi l'ac- 
complissement du droit divin. 

La Théologie dogmatique a pour but d'exposer et 
de défendre les vérités de la foi, la doctrine des sa- 
cremens, l'institution, les divins caractères et aussi le 
pouvoir législatif de l'Eglise. Elle prête son appui au 
droit canonique dont toute la force dépend essentielle- 
ment de l'établissement, par le Fils de Dieu, de la 
puissance spirituelle dont il émane. Par un heureux 
concours, le droit canonique, par ses censures contre 
l'hérésie et le schisme, par les professions de foi, les 
déclarations et les abjurations qu'il prescrit; par la sur- 
veillance qu'il fait exercer sur l'enseignement, sur l'im- 
pression et la lecture des livres, conserve la pureté et 
l'unité de la foi, maintient la communion ecclésiastique. 
C'est le droit canonique qui, en déterminant les con- 
ditions de l'exercice du ministère sacré, et les formes 
liturgiques de l'administration des choses saintes, pom*- 
voit sûrement, dignement, et de la manière la plus 
édifiante, à la validité des sacremens. 

La jurisprudence canonique a fait quelques emprunts 
au droit civil et criminel; mais les formes protectrices 
(le la procédure, la douceur des lois modernes ne sont- 
elles pas dues en partie, au droit- canonique en vi- 
gueur dans l'Eglise au moyen-âge? C'est le résultat 
de l'influence de l'Eglise sur toutes les institutions. A 
cette époque de foi, l'Eglise et l'Etat se tenaient étroi- 
tement embrassés et il résultait de cette union un esprit 
général de christianisme, dirigeant presque tous les actes 
de la puissance temporelle, et les lois en particulier. Les 
doctrines et la discipline de la religion catholique ten- 
daient sans cessé à adoucir et à rectifier les coutumes 
dès peuples et les ordonnances des princes. Aussi les 
jurisconsultes versés dans la critique et l'histoire des 
législations modernes reconnaissent-ils que la part d'in- 
fluence du droit canon sur leur formation est immense 



133 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



134" 



Tels «ont donc en général les rapports qui existent 
entre le droit canonique et les sciences morales que 
nous venons d'énumérer : d'abord, la théologie, la mo- 
rale et le droit naturel sont les régulateurs de la di- 
scipline, et celle-ci consacre leurs principes, en fait 
des applications nombreuses, les sanctionne par de ter- 
ribles peines, et les fait passer dans la vie extérieure 
(les chrétiens. 

Ensuite, la discipline dans les états catholiques est, 
à sou tour, Toeil et le régulateur de la législation tem- 
porelle, tandis que celle-ci est le bras qui protège 
l'Eglise et qui maintient extérieurement le respect dû 
aux canons. 

C'est l'ensemble de ces rapports qui donne Tidée 
la plus complète de l'ordre qui doit régner ici-bas. 

5. Nous voici arrivés à la division du droit ca- 
nonique. 

On entend par division d une science, sa classifi- 
cation en autant de branches qu'elle contient de par- 
lies principales. Il y a des divisions arbitraires qui ne 
disent rien à la raison; il en est également de si na- 
turelles que leur énoncé est seul, un trait de lumière 
pour l'esprit. De ce nombre nous paraissent être les 
suivantes. 

Si je considère le droit canon dans ses sources, 
et sons le rapport spécial de l'éminence et de l'é- 
tendue de leur empire, je distingue tout d'abord une 
discipline générale émanant du pouvoir suprême, des 
souverains Pontifes et des Conciles Ecumeniques, im- 
posée par lui à toutes les églises. Je distingue aussi, 
au dessous de cette suprême autorité, des centres de 
juridictions plus ou moins étendues. La discipline qui en 
émane est une discipline particulière, propre seulement 
aux sujets et au territoire sur lesquels ces juridictions 
s'étendent. Telle est la discipline d'un patriarcat, d'une 
primatie, d'une province ecclésiastique, d'un diocèse, 
et en dehors du régime des ordinaires, la discipline 
propre à un vicariat et à une préfecture apostolique. 

Par rapport aux diverses situations de l'Eglise ca- 
tholique, vis-à-vis des sociétés et des puissances sé- 
culières, la discipline varie. Il y a des temps de per- 
sécution, de tyrannie, d'oppression et de gêne; des 
époques de tolérance, de liberté, de haute et publique 
protection. Il est impossible que la discipline ne s'en 
ressente pas, et que des situations si diverses, si op- 
posées n'amènent aucune disposition spéciale. Elle doit 
se développer selon le plus on moins d'essor qu'elle 
peut prendre, selon les rapports d'hostilité ou de liai- 
son qui s'établissent entre les deux pouvoirs. 

Ainsi, la discipline des trois premiers siècles, celle 
qui obligeait les catholiques d'Angleterre sous les lois 
lyranniques d'Henri VIII et d'Elisabeth, qui obligeait 
pendant la terreur, auront beaucoup de ressemblance, 
sauf la différence des temps. 

Considéré par rapport à ces modifications profondes 
que subissent les sociétés, qui en changent presque en- 
tièrement la physionomie et qui déterminent les grandes 
époques de l'histoire, le droit canon prend naturelle- 
ment le nom d'ancienne discipline, de discipline du mo- 
yen-âge, et de droit nouveau: Jus antiqmm, jus médium, 
jus «ottffl». Ce dernier date du Concile de Trente. 



Chacune de ces divisions offre un intérêt particu- 
lier, et pourrait devenir l'objet d'une élude spéciale 
où se révéleraient des vérités neuves et très pratiques. 

Mais obligés d'embrasser la discipline dans son en- 
semble, voyons à quels chefs se rapportent ses di- 
verses dispositions et quelles sont les différentes par- 
ties du corps du droit canonique. 

Les canonistes modernes ont adopté des divisions 
plus ou moins heureuses des lois canoniques, selon les 
vues qui leur sont propres et le but qu'ils se propo- 
sent. Ces divisions arbitraires ne manquent pas d'in- 
convéniens. Le plus grand de tous, à notre avis, est 
de trop faire perdre de vue le recueil du droit commun, 
et de n'offrir, en dédonunagement de ce désavantage, 
aucune idée rationnelle de la science. Walter, un des 
plus modernes, est celui à qui on fait plus volontiers 
grâ^e de s'être éloigné de la classification ordinaire. 
Ses divisions sont belles, philosophiques et donnent à 
son manuel, sauf quelques tâches, le charme d'un traité 
de science parfaitement coordonné. 11 fait connaître 
la constitution et le gouvernement de l'Eglise, le clergé 
et les bénéfices, les biens ecclésiastiques, la vie inté- 
rieure au sein de l'Eglise et les institutions spéciales. 

Le corps du droit commun est partagé en quatre 
livres qui traitent des personnes, des choses sacrées, 
des actions on jugemens, et des peines. Cette division 
est imitée du droit romain. Elle comprend tout, mais 
elle n'a pas l'avantage de répondre à l'idée que nous 
.nous formons aujourd'hui de la discipline. Un recueil 
de lois n'est pas un traité sur la science, et la sim- 
plicité de la division, jointe à la défense de s'en écarter 
dans les leçons publiques faite aux professeurs, par 
Grégoire IX, a droit de nous tracer la ligne que nous 
avons à suivre. 

CHAPITRE n. 

INSTITUTION DIVINE DE L*E6LISE. 

Il ne faut pas chercher l'origine, la constitution et 
les prérogatives de l'Eglise ni dans la nature , ni dans 
les conventions des peuples ni dans les lois des princes. 
L'Eglise est une institution positive uniquement due à 
la libre volonté de Dieu. La puissance dont elle est 
investie n'est pas de l'ordre naturel. Vainement vou- 
drait-on se l'arroger: elle échappera toujours à qui- 
conque ne l'aura pas reçue selon le mode que son 
divin auteur a établi. 

Or les fondements de cette Eglise étaient posés de 
tonte éternité. D'après le plan arrêté dans les conseils 
de la sagesse infinie, un Dieu incamé devait en être 
le chef, la former et l'étendre jusqu'aux extrémités les 
plus reculées : « Dominus dixit ad me: filius meus es 
« tu, ego hodie genui te. Postula a me et dabo tibi 
<( gentes haereditatem tuam et possessionem tuam ter- 
« minos terrae ». (Ps. 2). 

Les sujets de cet empire sont déterminés, les mem- 
bres de cette société privilégiée sont désignés avant 
tous les temps : ce sont autant de fils que Dieu se 
choisit, parmi les enfans des hommes, dans un élan 
de son ineffable et étemelle charité : « Elegit nos in 



^^36 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



136 



« ipso ante mundi constitutionem ; praedestinavit nos 
« in adoptionem filiorum (Ephes. I, l-S). 

A peine le monde est créé, et déjà les pensées de 
Dieu sur l'Eglise se révèlent. La promesse d'un rédem- 
pteur est faite à nos premiers parents. Les oracles se 
succèdent et manifestent toujours plus clairement la 
grandeur de celui qui doit venir. Il sera Dieu, régnera 
sur toutes les nations et amènera sur la terre la justice 
étemelle. Il ouvrira la source de tous les biens, de 
toutes les béatitudes. Sous son règne. Dieu sera honoré 
d'un culte digne de son infinie majesté, depuis l'Orient 
jusqu'au couchant. 

2. Les temps sont accomplis. Le monde va être 
visité et racheté par le fils de Dieu ; il recevra de lui 
et une nouvelle révélation et de plus puissants moyens 
de salut. 

Jésus attend l'âge ordinaire des docteurs et des 
prophètes dans l'obscurité mystérieuse et pleine de 
meneille d'une vie humble et obéissante ; au sein d'une 
famille dont la modeste condition couvre d'un voile 
presque impénétrable et sa céleste origine et ses droits 
au trône de David. Enfin il paraît sur les bords du 
Jourdain, parcourt les villes et les bourgs de la Galilée 
et de la Judée en annonçant comme prochains, la grande 
époque, l'établissement du royaume des cieux ou du 
Messie, selon l'expression consacrée en ce temps-là. Il 
prêche en même temps la pénitence et s'attache des 
disciples qu'il instruit par ses leçons, qu'il forme par ses 
exemples. Il en choisit douze pour être plus spécialement 
des apôtres, ^ses envoyés) dans tout l'univers. Il les 
envoie, avec soixante et dix autres pour prêcher, comme 
lui, la pénitence et annoncer le royaume de Dieu, de. 
son ambassadeur extraordinaire, du Messie avec le pou- 
voir d'autoriser leur mission en guérissant leé malades, 
en chassant les démons. Les disciples font toutes ces 
choses, ils annoncent les merveilles dont ils sont chaque 
jour les heureux témoins, ils racontent aux enfans 
d'Israël ce qu'ils ont vu et entendu, et baptisent au 
nom et par l'ordre de leur maitre ceux d'entre les 
Juifs qui veulent embrasser avec sa doctrine, la voie 
du salut. 

Dans ses entretiens familiers et dans ses discours 
publics, Jésus combat les erreurs des sectes de son 
temps et rétablit le vrai sens des écritures qu'il dé- 
veloppe et dont il fait voir l'accomplissement dans sa 
personne : le Christ sera rejeté par son peuple ; lui- 
même sera mis à mort à Jérusalem après une cruelle 
passion dont il prédit toutes les circonstances tragiques. 
Mais ces humiliations seront suivies de sa résurrection 
et de son ascension glorieuse. Il enseigne clairement 
le mystère sublime de l'Auguste Trinité; les fins der- 
nières, les préceptes et les conseils d'une loi nouvelle, 
la nécessité d'une renaissance par l'eau et par l'esprit, 
l'obligation de s'attacher à sa personne, à ses maximes 
et à son Eglise, hors de laquelle on est aussi étranger 
aux conditions du salut que le païen et le publicain. 
Il institue pour distinguer et sanctifier ceux qui lui 
appartiennent des signes ou des symboles d'une efiicar 
cité merveilleuse. Mais la vérité qu il insinue le plus 
souvent, qu'il confirme par les déclarations les plus 
authentiques et les plus éclatants miracles, qu'il pose 



comme le plus ferme fondement de son royaume spi- 
rituel, c'est sa qualité de Christ et de fils de Dieu. 

Jusque devant les tribunaux et en présence du sup- 
plice il a£5rme hautement qu'il est le vrai Christ fils 
de Dieu et qu'assis à la droite du Tout-puissant, il 
viendra sur les nuées des cieux pour juger tous les 
hommes (Math. 26]. 

La nouvelle société qu'il vient former sur la terre 
et dont les commencemens sont si faibles, est destinée 
à remplir tout l'univers. C'est son bercail ;s. Jean. c.lOy 
son épouse' (Apoc. 21) ; il ne s*en séparera jamais: 
il sera avec elle jusqu'à la consommation des temps 
(Math. 28) . 11 doit la vivifier de son esprit et lui faire 
produire des fruits abondans conune à une vigne dont 
il est le cep et dont ses disciples sont les branches : 
Ego sum vitis, vos palmites. 

Mais afin que cette société subsiste à jamais et 
qu'elle s'étende de toute part, il lui donne une con- 
stitution indestructible et une mission universelle. La 
base (ie cette constitution, c'est l'unité du gouverne- 
ment : il n'est confié qu'à S. Pierre cumme au chel, 
et le fondement de la puissance suprême de cet apôtre, 
c'est la confession de la divinité de son maitre. 11 
est la Pierre sur laquelle l'Eglise sera bâtie, il en 
aura les clés, symbole du pouvoir souverain, dans le 
style (le récriture. Il ouvrira et il fermera, il liera 
et il déliera avec une autorité tellement divine que ce 
qu'il décidera sur la terre sera ratifié dans le ciel 
(Math. 16). Pierre est chargé de paître les agneaux 
et les brebis, les fidèles et les pasteurs ; sa foi sera 
toujours celle de l'Eglise entière, car il lui appartient 
exclusivement de confirmer celle de ses frères (Joann.21 . 
Luc. 22). 

Toutefois il ne sera pas seul dans le gouvernement 
de la société chrétienne. Les autres apôtres reçoivent 
conune lui le Saint-Esprit, le pouvoir de -consacrer le 
corps et le sang du Sauveur et celui de remettre les 
péchés (Math. 26; Joan. 20). La mission que Jésus a 
reçue de son Père, il la leur conununique ,• elle est 
universelle ; ils doivent enseigner toutes les nations, 
les faire entrer dans le bercail par le baptême, leur 
apprendre à observer ses commandemens, av^c sa divine 
assistance laquelle ne leur manquera jamais, ni à eux 
ni à leurs successeurs, jusqu'à la consonunation des 
siècles (Math. 28). 

3. Jésus monte au ciel, et dix jours après ce glo- 
rieux triomphe sur la mort, le S*. Esprit se répand 
visiblement sur l'Eglise dans la personne des Apôtres 
d'abord, avec une telle abondance de grâces que ces 
timides disciples semblent avoir reçu de lui une nou- 
velle vie et une autre nature. A la voix de Pierre, des 
milliers de Juifs se convertissent à la foi. Le nombre 
des fidèles croît tous les jours ; une certaine discipline 
s'établit parmi eux. Ils forment une conununauté dont 
rien encore n'avait donné l'idée et dont les apôtres 
(ayant Pierre à leur tête) ont la haute direction (Act. 2 et 4) . 
Des diacres sont ordonnés par la prière et l'imposition 
des mains. Le soin des pauvres et l'administration des 
biens communs leur sont confiés; les diacres, vrais 
ministres des Apôtres, prêchent, et baptisent, mais ils 
ne confèrent pas le S. Esprit ; il faut appeler pour 



137 



PRINCIPES DE DBOIT CANONIQUE. 



138 



opérer cette aici veille , les chefs de la hiérarchie 
(Act. 6, 7, 8). 

Des dissensions s'élèvent ap sujet des observances 
légale. Les apôtres et les anciens décident que les 
gentils ne seront tenus qu'à l'abstinence du sang des 
animaux et des viandes suffoquées (Act. 15). 

Cependant le collège apostolique se disperse. Jacques 
le Mineur demeure seul chargé du gouvernement de 
l'église de Jérusalem, avec la coopération des anciens et 
des diacres (Act. 21, v. 18). L'apôtre est le chef, le 
supérieur; les anciens sont les conseillers et les coad- 
juteurs de l'Apôtre; les diacres, des ministres subor- 
donnés de l'Apôtre et de ses compagnons. 

C'est sur ce modèle que furent organisées les églises 
«le la Syrie et de l'Asie-mineure et de la Grèce. 
Nous voyons dans les Actes que les apôtres placent 
à la tête des nouveaux fidèles, plusieurs anciens (Act.l4, 
V. 22) parmi lesquels ils choisissent, pow les repré- 
senter, ceux qu' ils jugent plus propres à continuer leur 
ministère dans les villes et les provinces (Act. 20, v.28). 
quelques-uns reçoivent le pouvoir d'établir, à leur 
tour, des évêques dans les villes voisines dépendantes 
de leur province (Tit. 1, v. 5). 

Mais l'Apôtre fondateur conserve la haute direction 
des pasteurs et des fidèles. Il les visite, leur adresse 
des instructions, des avis et des exhortations, il règle 
le cuite et la discipline, corrige les abus, retranche 
même par lettre et de son propre mouvement, de la 
communion ecclésiastique, les scandaleux qu'on n'ose 
pas punir de leur inconduite (voyez les Epitres de 
S. Paul, passim). 

L'apôtre dépose les mauvais évêques, les mauvais 
prêtres, comme on le voit dans plusieurs monuments 
de Tantiquité. 

Les églises fondées par les apôtres ou par leurs 
disciples se multiplient et cependant elles ne forment 
pas plusieurs églises mais une seule. Elles ont la même 
foi, les mêmes sacrements, les mêmes supérieurs et le 
même ordre de ministère : des évêques , des prêtres 
et des diacres, sous la dépendance de l'apôtre fondateur 
el de ses collègues qui sont eux-mêmes soumis à S* Pierre 
leur chef, d'après l'ordre de J.-C. 

CHAPITRE m. 

PROFRltiTtiS DB L'BQLISB. 

En réunissant les faits qu'on vient d'exposer, rien n'est 
plus facile que de se former une idée exacte de l'Eglise. 

Elle est visible, une, sainte, catholique, apostolique; 
il est nécessaire de lui appartenir pour être sauvé. 

a) L' Eglise est une société visible. Y a-t-il sur la 
terre une société qui ne le soit pas? y a-t-il même de 
société possible sans signes extérieurs qui en manife- 
stent les rapports? ces manifestations ne sont-elles 
pas' nécessairement sensibles parmi les honunes réunis 
ici-bas en société? 

Or l'Eglise est visible par la profession de sa foi, 
par l'administration des sacremens, par son culte, sa 
discipline, sa hiérarchie, et par le centre de son au- 
torité dont l'activité est incessante. 



b) Elle est une ; car 1 . elle est établie pour per- 
pétuer la croyance du divin Sauveur qui ayant une 
origine, et une mission toutes célestes, n'a pu ensei- 
gner qu'une doctrine immuable, indivisible et par con- 
séquent une. 

2. L'Eglise est une dans son gouvernement. Ceux 
qui le composent et ceux qui lui sont soumis dépendent 
du même chef, du successeur du prince des apôtres, centre 
invariable d'ordre, de puissance et d'unité. C'est ensuite 
le même pouvoir divin qui s'exerce dans l'Eglise, quels 
que soient les titres et les fonctions auxquels il est 
attaché. 

3. Il y a dans l'Eglise unité et commmiauté de biens. 
La prédication de la parole divine, les sacremens, le 
sacrifice, la prière publique, les bonnes œuvres et l'exem- 
ple profitent également au corps et aux membres. JNul 
n'est exclu de ce patrimoine de la grande famille; chacim 
selon ses besoins, peut puiser dans ce fonds commun, 
des richesses immenses. La dispensation ne s'en fait 
que par l'Eglise et pour l'Eglise et la source intaris- 
sable de ces biens c'est J.-C. lui-même dont l'influence 
invisible sur tous ses membres est incessante et tend 
à ne faire de tous les membres de l'Eglise qu'un seul 
corps : Unum corpus efficimur. 

c) L'Eglise est sainte : Jésus-Christ l'a purifiée dans 
son sang, il a répandu sur elle son esprit de sainteté; 
les sacremens qu'elle administre, le sacrifice qui s'offre 
chaque jour sur ses autels, ses prières, le culte qu'elle 
pratique, la doctrine qu'elle enseigne, les vertus qu'elle 
prêche, les actes qu'elle commande, les œuvres qu'elle 
inspire sont autant de sources intarissables de grâces 
qui font une multitude de saints et qui peuplent la terre 
et le ciel de héros dans l'ordre moral et surnaturel. 

dj Elle est catholique, parce que sa mission em- 
brasse tous les peuples, tous les temps et tous les lieux 
du monde, et qu'il est impossible que l'empire que J.-C. 
a reçu de son Père et dont il a chargé l'Eglise de 
faire la conquête ne s'étende pas réellement à tout 
l'univers. 

e) L' Eglise est apostolique parce que la puissance 
conférée aux apôtres et communiquée par eux aux 
évêques qu'ils instituèrent se conserve et se perpétue 
dans la suite non interrompue de leurs successeurs 
légitimes, et que cette même puissance réside perpé- 
tuellement et en plénitude dans la chaire de Pierre, 
capable toute seule de réparer toutes les pertes de l'Eglise, 
de rétablir toutes les grandes et moyenne» juridictions 
instituées par les apôtres et perdues par le schisme et 
l'hérésie, de faire couler, en un mot avec des avantages 
plus grands encore la sève Apostolique dans toutes les 
branches mortes et desséchées du corps des évêques. 

f) 11 est nécessaire qu'on appartienne à l'Eglise. 
Les conditions du salut sont la foi à la doctrine de J.-C. 
la participation aux sacremens qu'il a institués, la 
soumission aux supérieurs dépositaires de son autorité et 
de la mission qu'il a reçue de son Père. Or cette doc- 
trine, ces sacrements, ces pouvoirs divins ne se con- 
servent dans toute leur pureté, dans toute leur intégrité 
que dans TEglise catholique. Par conséquent il est in- 
dispensable au salut non seulement de désirer d'entrer 
dans le sein de l'Eglise, quand on la connaît, mais 



139 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



140 



encore d'en être membre et d'y persévérer jusqu'à la 
Tm dans la foi qu'elle enseigne, dans la participation 
aux sacremens qu'elle administre et dans la soumission 
qui est due à ses légitimes pasteurs. 

Cependant ceux qui ne connaissant pas la nécessité 
de cette communion extérieure avec l'Eglise , aspirent 
vers la vérité, selon le mouvement de la grâce, dési- 
rent sincèrement leur salut, se repentent comme ils le 
doivent de leurs fautes et demeurent néanmoins dans 
Terreur dont ils ne connaissent pas le venin, ceux-là 
peuvent appartenir à cette partie invisible du corps my- 
stique de J.-C. dont l'Eglise est l'enveloppe, l'crgane 
et le signe extérieur qui la révèle aux yeux des vrais 
fidèles. Dieu seul connaît les âmes que l'erreur ne rend 
pas coupables, et que sa grâce met dans les dispositions 
intérieures ûécessaires pour la justification. L'Eglise qui 
ignore quelles sont les âmes que Dieu rejette de la 
société des saints qui triomphent dans le ciel, ne pro- 
nonce ni sur le salut ni sur la réprobation de celles 
qui ne sont point entrées extérieurement dans son sein. 

CHAPITRE IV. 

CONSTITUTION DB L'ÉGLISE. 

Chaque société a sa constitution par laquelle sont 
déterminés les pouvoirs destinés à la maintenir dans les 
conditions voulues. 

11 y a trois pouvoirs dans l'Eglise: celui d'ensei- 
gner, celui d'administrer les sacrements et le pouvoir 
de gouverner. Ce Magistère, poteslas magisterii, ce mi- 
nistère, potestas ordinis^ sacramentalis seu ministerii, 
cette puissance gouvernementale législative, judiciaire, 
coercilive, potestas jurisdiclionis, forment précisément 
la constitution de TEglise et la maintiennent dans les 
conditions d'unité, de sainteté, de catholicité et d'apo- 
slolicité qui en sont les propriétés essentielles. 

1. Le pouvoir d'enseigner, poteslas magislerii, ap- 
partient aux évoques qui ont été établis pour pei^pé- 
tuer en commun le ministère des apôtres, à qui seuls 
il a été dit d'enseigner toutes les nations avec la pro- 
messe de la divine assistance jusqu'à la fin des siècles. 

Ce pouvoir d'enseigner déposé dans le collège apo- 
stolique d'abord et ensuite, par voie de succession dans 
le corps épiscopal, est infaillible et universel. Cela ré- 
sulte évidemment de ces paroles de l'Evangile: Emtes 
docete omnes g entes . . . ecce ego vobiscum sum omnibus 
diebus nsque ad consummationem saeculi. 

Chaque évêque n'est pas pour cela infaillible. L'in- 
faillibilité personnelle fut le privilège des apôtres ap- 
pelés à exepcer dans tout l'univers le ministère de la 
parole et à établir solidement la foi dans les pays les 
plus éloignés sur les fondements les plus solides. L'in- 
faillibilité de renseignement est dans l'unité de l'Epi- 
scopat représentant le Collège Apostolique. Or comme 
cette unité ne peut subsister qu'autant que les mem- 
bres s'accordent avec leur chef, il est évident que hors 
de Tunion avec les légitimes successeurs de S. Pierre, 
il n'y a ni légitimité d'enseignement ni infaillibilité de 
doctrine. 11 appartient aux successeurs de Pierre de con- 
firmer leurs frères et de maintenir dans Iç corps épi- 



scopal et dans toute l'Eglise, l'unité et la pureté de la 
doctrine. Eux seuls peuvent donner aux enseignemens 
et "aux décisions dogmatiques et morales celte fermeté 
et cette certitude qui sont assurées à la foi du corps 
épiscopal. Là où manque le chef, le corps ne paraît 
pas encore C'est le chef qui donne la dernière forme 
aux décisions d'un corps enseignant constitué comme 
l'a été celui des premiers pasteurs, sous la dépendance 
du premier des apôtres. 

Le mode de transmission de ce divin enseignement, 
c'est l'enseignement vivant, actuel, et toujours subsi- 
stant des apôtres et des évéques qu'ils ont établis cl 
qui continuent leur ministère. En effet, renseignement 
évangélique a commencé par être oraL Jésus-ChrisI 
n'a rien fait écrire pendant sa vie mortelle. 11 a coufié 
au souvenir, à la foi de ses apôtres et à l'assistance 
du S. Esprit toute sa doctrine, toutes ses institutions. 
Les évangiles et les épîtres ne sont que l'enseignement 
oral de J.-C. et des apôtres. Bien plus, ce fut ce der- 
nier enseignement plus ample et plus circonstancié qui 
ayant été la source de ces écrits en devint aussi la rè- 
gle; c'est à la tradition vivante qu'ils doivent leur exis- 
tence, et c'est elle seule qui rend témoignage du ca- 
ractère certain de leur authenticité, de leur exactitude et 
de leur inspiration. Les livres du nouveau testament sont 
les échos de la tradition au témoignage et à l'inter- 
prétation de laquelle ils demeurent subordonnés lorsque 
le texte rend d'une manière obscure ou incomplète les 
vérités révélées. 

L'autorité des écritures ne saurait détruire l'ordre 
établi par J.-C. ni par conséquent le pouvoir d'ensei- 
gner dont il a doté son Eglise. Loin d'être en oppo- 
sition, ces deux, autorités se prêtent un mutuel secours. 
Elles se réunissent même en une même autorité; puisque 
l'écriture n'est qu'une partie de la tradition elle-même, 
consignée dans des écrits que celte même tradition as- 
sure avoir été composés par des auteurs inspirés. 

Ceci est tellement vrai qu'en rejetant la tradition 
avec les protestants, on ne peut prouver d'une manière 
absolument certaine, l'authenticité, la véracité, et sur- 
tout l'inspiration de tous les livres de l'Ecriture Sainte. 

11 ne doit pas paraître étonnant que des auteurs 
qui rejettent l'autorité divine de l'enseignement oral en 
soient venus jusqu'à ne voir dans les évangiles que des 
fictions, et dans les épi très, des systèmes arbitraires 
de théologie. On recueille ce qu'on a semé. 

On a méconnu la source à laquelle les auteurs sa- 
crés ont puisé, dans la majeure partie de leurs écrits; 
la règle à laquelle ces divins écrits ont été comparés 
et trouvés conformes; la voix qui en a proclamé la vé- 
rité et l'inspiration avec une certitude infaillible. Faut-il 
s'étonner que les divines écritures ne soient plus sous 
la plume de ces impies, que des ouvrages tronqués, in- 
complets et défigurés, qu'elles ne présentent, en un mot, 
qu'un texte sans autorité qu'on interprète comme on 
veut, et- qu'on rend inintelligible et même ridicule à 
force d'interprétations bizarres et aibitraires ? 

2. Le pouvoir d'ordre se réfère à l'administration 
des sacremens. 11 est exercé par des évéques, des prê- 
tres et des ministres (Concil. Trid. sess. 23. c. 2. 
de ord,). 



141 



PRINCIPES DE DïiOIT OA^fOîJKiUË . 



142 



Aux évoques seuis appartient le pouvoir de confé- 
rer tous les sacremens sans exception, en se confor- 
mant aux rites et à la discipline de l'Eglise. Ils ont 
donc reçu la plénitude du pouvoir ministériel (Episl. ad 
Tit. et ad Timoth.). 

Au dessous de ce haut degré de puissance qui donne 
le droit de communiquer tous les pouvoirs relatifs à l'ad- 
ministration des sacremens, apparaît en première ligne, 
le sacerdoce. Sola enim impositione manmm, dit S. Chry- 
sostôme (hom. 2. in ep. ad Timoth. 1. cap. 2.) «m- 
periores sml episcopi, et hoc uno videritur antecellere 
presbyteris. 

Le sacerdoce chrétien se rapporte directement et 
principalement à l'offrande du sacrifice eucharistique. 
Ici les prêtres et les évêques ont une égalité de pou- 
voir. Cum episcopo presbyleri sacerdotali honore con- 
jimcti. (S. Cypr. ep. 58j. C'est qu'en effet le- sacer- 
doce ne consiste précisément que dans le pouvoir d'of- 
frir le S. Sacrifice, pouvoir égal dans l'évoque et dans 
le prêtre, comme nous l'avons dit. On n'a méconnu 
la supériorité essentielle, originelle et toujours perma- 
oente de l'épiscopat sur la prêtrise, que* pour avoir 
ignoré cette relation principale et presque unique du 
sacerdoce avec le sacrifice. Le prêtre est donc appelé 
à offrir l'adorable Victime et à la rendre présente dans 
le sacrement de l'autel, et par une conséquence presque 
nécessaire il est également appelé à conférer tous les 
autres sacremens destinés à conférer, à augmenter, à 
(lerfectionner la grâce sanctifiante, nécessaire pour re- 
cevoir dignement le plus sublime de tous les sacremens. 
Mais le pouvoir de donner celui qui est institué pour 
perpétuer l'ordre hiérarchique n'est point compris dans 
la notion du sacerdoce ordinaire. C'est ici un pouvoir 
suprême qui ne peut appartenir à tous et qui est l'apa- 
nage propre des chefs ecclésiastiques, des évêques. 

Après la prêtrise, il y a dans l'Eglise latine six 
oitires de minisires destinés à aider l'évêque et le prêtre 
dans l'administration des sacremens et les autres fon- 
'lioiis ecclésiastiques. Ce sont, outre le diaconat et le 
--ous-diaconat, les ordres d'acolyte, d'exorciste, de le- 
cteur et de portier. Le diaconat est d'institution divine 
**t confère le S. Esprit, comme on le voit dans les actes 
lies Apôtres. 

3. Le troisième pouvoir, celui de juridiction, po- 
testas jurisdictionis, regiminis, appartient également à 
l'Eglise. 

Il est impossible que dans un bercail, le pasteur 
ne règle pas les mouvements du troupeau, qu'il ne 
choisisse pas les pâturages, qu'il ne détermine pas les 
'Qoments, les lieux, les précautions à prendre. Un roi, 
tians un royaume, doit pouvoir prescrire une infinité 
de choses propres à assurer à chacun la jouissance de 
es droits légitimes ; à la société toute entière, cette 
[)âi\, cette indépendance, cette jouissance paisible d'a- 
vantages temporels qui sont l'objet de l'institution du 
pouvoir. 

Or, l'Eglise est comparée dans les écritures à un 
tercail et à un royaume. Elle est donc un gouverne- 
m^nl (|ui comprend la puissance législative, judiciaire et 
administrative. 

Aussi vovons-nous, dans les Actes et ailleurs, un 



certain ordre obligatoire établi par les Apôtres dans les 
églises qu'ils fondent et qu'ils dirigent. Ils imposent 
aux nouvefirtix chrétiens, par un statut général, le de- 
voir de s'abstenir de sang et de viandes suffoquées. 
Ils ont des formules de prières pour l'élection et l'or- 
dination des ministres de l'Evangile, des heures et des 
jours réglés pour le S* Sacrifice. Ils établissent des 
repas de charité, retranchent les abus, règlent l'or- 
dre qu'on doit suivre dans l'usage des dons de langues 
et de ^prophétie. Us ne veulent pas que les femmes 
parlent dans les assemblées des fidèles. Relativement 
au choix des sujets pour le ministère ecclésiastique, 
ils donnent l'exclusion à ceux qui n'ont pas les qua- 
lités requises, et établissent des empêchements à la 
promotion d'autres dont certains défauts connus au- 
jourd'hui sous le nom d'irrégularités, les rendent peu 
dignes.' 

Les apôtres n'oublient pas même les intérêts tem- 
porels. Saint Paul déclare qu'il y a pour les fidèles 
une réelle obligation de subvenir aux besoins de ceux 
qui leur procurent les richesses spirituelles de la grâce. 
Il veut que celui qui a une plus grande part à l'œuvre 
de l'évangile soit distingué par une distribution plus 
• abondante des biens de la terre. S'il travaille de ses 
propres mains, pour n'être à charge à personne, il sou- 
tient que c'est de sa part, un acte de zèle qui ne peut 
nuire au droit des autres ouvriers évangéliques. Il y a 
aussi, pour la société chrétienne, une obligation de 
secourir ses membres souffrants ou pauvres. L'Apôtre 
fera et prescrira des quêtes à cette fin. On confie aux 
diacres et à des veuves d'un âge avancé (60 ans) des 
fonctions analogues pour le soulagement des femmes. 
La forme des jugemens contre les prêtres est réglée, 
et l'évêque ne peut les condanner, si deux ou trois 
témoins ne déposent contre eux. Le glaive de l'excom- 
munication est levé par S. Paul contre l'incestueux de 
Corinthe, et il donne ainsi aux évêques des siècles à 
venir l'exemple d'une sévérité salutaire. 

Les évêques établis par les apôtres dans les diverses 
églises, pour les gouverner dans l'unité de la foi, exer- 
cèrent ces mêmes pouvoirs, soit en commun, soit sé- 
parément. Leurs successeurs immédiats les imitèrent et 
transmirent eux-mêmes aux évêques des âges suivants 
le pouvoir disciplinaire, administratif, judiciaire, qu'ils 
avaient reçu pour maintenir les églises que Dieu leur 
avait confiées dans l'union catholique dont les carac- 
tères sont les quatre grandes notes de l'Eglise. 

Mais le pouvoir de gouverner réside principalement 
dans le chef suprême du troupeau, 11 est de son de- 
voir et de son droit de conserver par de sages rè- 
glements, par la mission qu'il confère aux pasteurs, 
par la punition des coupables, l'intégrité de la foi, des 
mœurs et de la discipline, en un mot tout ce qui fait 
de l'Eglise une ressource assurée pour le salut des 
peuples. 

Ponr faciliter les movens d'administration dans ce 
corps immense, il y a divers degrés intermédiaires en- 
tre le chef de l'Eglise et les évêques. Les évêques, à 
leur tour, avaient besoin de pouvoirs qui leur fussent , 
subordonnés au sein de leur clergé. Cette double chaine 
de pouvoirs qui descend du Pape aux évêques, et des 



143 



PMNCIPES DE DBOIT CANONIQUE. 



144 



évèques aux ministres inférieurs s'appelle la hiérarchie 
de juridiction. Elle comprend le Pape (de droit divin) 
les patriarches, les exarques, les primats, les métro- 
politains (de droit ecclésiastique) et les évoques qui 
ont à leur tour leurs vicaires ou délégués ordinaires soit 
amovibles, soit inamovibles. 

I. Pour achever de faire connaître la constitution 
de l'Eglise, il faut dire un mot des privilèges des simples 
fidèles. 

Malgré la distinction essentielle de Tordre clérical 
et de l'ordre des laïques, les ecclésiastiques et les sim- 
ples fidèles sont, au même titre, les enfants d'un même 
père, les membres du chef invisible, les héritiers du même 
royaume. Tous participent aux mêmes grâces et sont 
soumis à la même influence de grâces de la part du 
divin Sauveur. 11 n'y a, sous ce rapport, d'autre dif- 
férence que celle qui résulte de la libre dispensation de 
Dieu et de la fidélité que chacun y apporte. De là une 
dignité conunune à tous, à quelqu'ordre qu'ils appar- 
tiennent. 

Le sacerdoce est accessible à toutes les classes, à 
toutes les conditions. Il suffit d'y être appelé dé Dieu 
dont la voix se fait entendre à qui il lui plaît, et d'avoir 
le témoignage des supérieurs et des fidèles, juges ou té- 
moins des qualités nécessaires à une si sublime dignité. 

L'état laïque n'est point de soi incompatible avec 
le pouvoir spirituel appelé pouvoir de juridiction. L'E- 
glise pourrait le leur déléguer, si elle le jugeait à pro- 
pos. C'est d'après ce principe qu'un simple clerc est 
apte au gouvernement spirituel, et que des laïques ont 
une part plus ou moins grande, soit à la présentation 
des sujets destinés à occuper des dignités et des of- 
fices ecclésiastiques, soit à l'administration des biens 
temporels de la communauté, avec le consentement ex- 
près ou tacite du pouvoir ecclésiastique . 

Il y a un Sacerdoce commun à tous les fidèles. 
C'est le sacerdoce royal dont parle le prince des apô- 
tres, et qui leur donne le droit d'offrir à Dieu l'ado- 
rable victime, des prières et des actions de grâces com- 
munes, par les mains ou l'organe des prêtres et des 
Pontifes. 

Ce Sacerdoce commun à tous les membres de l'Eglise 
est conféré par le baptême, mais le Sacerdoce public, 
privilégié, ayant le pouvoir de consacrer la victime sans 
tâche, a son origine dans Tacte sacramentel qui confère 
le caractère sacerdotal. 

CHAPITRE V. 

CABACTÈRBS DE LA DISCIPLINE. 

L'Eglise est une société instituée par }.-C. pour 
qu'elle se répande dans tout l'univers, et qu'elle ne 
fasse de tous les hommes et de tous les peuples qu'un 
même cnrps et une même société spirituelle jouissant 
de tous les avantages de la rédemption et de toutes 
les facilités du salut. 

Sa mission sur la terre est de conserver immua. 
blement la doctrine, la morale, les institutions et les 
bienfaits d ® son divin chef, à travers les variations les 
plus extrêmes des choses humaines. 



Centre immobile et universel d'unité et d'harmonie, 
tout en respectant la liberté, les mœurs, et les opinions 
des peuples, elle lutte incessamment contre la violation 
du droit divin et contre l'altération des dogmes qui \u\ 
ont été révélés ; elle déploie toute son activité, toutes 
ses ressources pour faire participer toute créature à la 
lumière divine et aux grâces du Sauveur. 

De là ces combats incessants contre l'hérésie et le 
schisme, contre les relâchements et les scandales, et 
cette barrière insurmontable qu'elle présente à l'erreur 
sous quelque couleur qu'elle se présente. 

De là aussi les tempéraments dont elle use, selon 
l'exigence des temps, sans jamais intéresser le fonds du 
sacré dépôt, ni sa dignité, ni la pureté de son culte 
et de sa morale, ni la légitime succession de ses Pasteurs. 
Par cette action forte, soutenue et puissante qu'elle 
puise dans la conscience de sa mission et de son 
autorité et l'assistance de l'esprit qui l'anime, l'Eglise 
pénètre la société humaine de sa doctrine et de la vie 
divine dont elle est en quelque sorte l'organe en s'élevant 
constamment contre toute puissance qui contredit la 
science de Dieu. 

A son tour, elle s'accommode, dans ses formes 
variables, à l'esprit des sociétés humaines: ce qui 
explique les divers changemens de sa discipline. 

S'il n'en était pas ainsi, l'Eglise ne serait point 
catholique. Immuable dans toutes ses formes, elle ap 
paraîtrsdt aux nations diverses que les temps et les 
lieux modifient sans cesse comme une institution re- 
poussante et barbare. 

Telle serait l'Eglise si la discipline des trois pre- 
miers siècles du christianisme, par exemple, était une 
de ses formes essentielles, comme le prétendirent les 
premiers réformateurs. Erreur détestable qui en ferait 
un épouvantail aux yeux des peuples! Eh! que peut-il 
y avoir de plus sagement combiné, nous dirions presque, 
de plus engageant et de plus aimable que la disci- 
pline! Ne doit-elle pas sourire, en quelque sorte à 
l'humanité toute entière dans ses diverses phases ? Or 
l'humanité n'est jamais immobile. Tantôt elle lutte 
contre le bien, tantôt elle se met en harmonie avec la 
vérité et la vertu. Ici elle fait des progrès, là elle 
s'arrête, puis arrive le déclin suivi de nouvelles luttes 
et de nouveaux efforts. 

L'Eglise catholique qui assiste à ces diverses trans- 
formations s'accommode sagement aux situations qui lui 
sont faites, retenant les bonnes et les plus parfaites, 
autant de temps que le permet la providence; améliorant 
doucement celles qui en sont susceptibles , selon les 
forces que cette même providence lui permet de dé- 
velopper. 

La raison fondamentale de ce double caractère de 
mutabilité et d'immutabilité, c'est que l'Eglise a été 
faite à l'image du Verbe incarné. Elle est tout à la; 
fois divine et humaine, s'il est permis de s'exprimer 
de la sorte. Elle est conune lui, immuable dans som 
élément di\in, dans sa foi, sa constitution, ses sacremenii 
et sa morale; variable dans ce qu'elle a d'humain 
Toujours une, toujours sainte, toujours catholique, tou 
jours apostolique, l'expression de ces divins caractèrèti 
n'est presque jamais la même. Il est même des temp^ 



145 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



146 



où le poids (les infirmités humaines semble Taccabler; 
où le tumulte des passions, Tagitat'on des partis et le 
triomphe d' intérêts aussi vils que grossiers obscurcissent 
momentanément sa gloire, sans qu elle perde rien de 
ses imprescriptibles prérogatives ou des ses impérissables 
el divines propriétés; car son histoire est aussi celle 
(le la Passion de son Maître. Elle ne rougit pas de ses 
stygmat^s; ses humiliations et ses opprobres sont comme 
pour son divin modèle, une source de glorieux triomphes. 
L'esprit de l'Eglise, il faut bien le remarquer, n'est 
pas, comme celui du monde favorable aux variations 
et aux changemens. Elle a une mobilité qui lui est 
propre. Accessible aux changemens qui sont plus con- 
formes à l'esprit de l'évangile, à sa constitution et à 
ses divins caractères, elle ne cède que peu-a-peu et 
comme par nécessité dans les autres choses ; et encore 
retient-elle presque toujours quelque souvenir du passé 
dans les- nouvelles institutions, comme pour témoigner 
de son respect pour tout ce qui la rapproche de son 
origine. L'Eglise est donc sagement progressive quand 
il s'agit d'un plus grand bien, et extrêmement tardive 
à approuver même tacitement, ce qui est moins parfait. 

CHAPITRE VI. 

DITBBS ÉTATS DE LA SOCIÉTÉ. 

Après ces observations générales, nous venons au 
fait de l'application des ^Tais principes du gouverne- 
ment ecclésiastique aux divers états de la société. 

L'Eglise étant instituée pour faire participer tous les 
hommes à la grâce du salut, par le ministère de la 
parole, l'administration des sacremens et le bon gou- 
vernement de ses chefs, la société est obligée de lui 
laisser exercer librement cette divine mission. Nul ne 
peut avoir le droit de lui opposer des obstacles, encore 
moins de l'entraver, de l'enchatner, de lui faire vio- 
lence, de l'empêcher enfin de s'établir solidement dans 
les familles et les états et de pénétrer de son esprit les 
hommes et les choses. L'Eglise ne saurait reconnaître 
aux princes eux-mêmes ce prétendu droit, sans con- 
sentir, ce qu'à Dieu ne plaise, à l'anéantissement de 
l'œuvre divine et à sa propre ruine. 

Ceux qui ignorant ou qui feignant d'ignorer la 
légitime mission de l'Eglise ; qui par passion et par un 
intérêt mal-entendu repoussent, persécutent, entravent, 
el les organes de son autorité et ceux cpii veulent s'y 
soumettre, sont par conséquent en hostilité ouverte avec 
le Roi des Rois et le Maître du monde. 

Dans cette pénible situation le devoir des ministres 
de l'Eglise est de se confier à la bonté de sa cause 
aussi bien qu'à la protection toute-puissante de Celui 
«}ui a reçu en héritage toutes les nations de la terre 
et qui ayant seul la clef des cœurs a pu promettre à 
î5es disciples avec une certitude infaillible une complète 
victoire sur le monde. Le grand devoir dans ces cir- 
ronstances est d'accomplir sa mission au milieu des 
périls et de chercher à conquérir sa liberté; non par 
les armes et la sédition, mais par la force de la vérité, 
par l'ascendant des vertus, par le courage héroïque de 
SIS martyrs, par les écrits de ses apologistes et de ses 



docteurs et sa soumission respectueuse à l'égard de la 
puissance temporelle dans les limites de l'obéissance qui 
lui est due. 

Par tous ces moyens l'Eglise se fait des disciples 
dans toutes les classes de la société : les idées se mo- 
difient, la bienveillance succède à la haine, les persé- 
cutions cessent, la doctrine du salut gagne de proche 
en proche, la reconnaissance de son droit à une libre 
existence lui est enfin acquise dans l'Etat. 

Mais les destinées de la religion dans le monde ne 
se bornent pas à un état de tolérance. Il est de l'esprit, 
de la dignité et en quelque sorte de l'essence du chris- 
tianisme d'opérer au sein des empires, une transfor- 
mation telle qu'on y reconnaisse hautement, publique- 
ment et politiquement la majesté suprême de la religion, 
et la vérité de ses enseignements, et la sainteté de sa 
morale, et le caractère sacré de son culte, et l'autorité 
(le sa discipline, et son indépendance, et l'inviolabilité 
des biens temporels qu'elle a reçus et qu'elle doit con- 
tinuer à recevoir de la piété et de la générosité des 
fidèles. 

Alors seulement la société est parvenue à l'état 
chrétien. Nul n'y exerce le pouvoir, s'il ne fait pro- 
fession ouverte du vrai christianisme. Le prince veille 
à la défense du dépôt sacré en faisant observer, quand 
il en est requis, le décrets du pouvoir spirituel et ré- 
prime les atteintes portées extérieurement à la foi, au 
culte et à la puissance de l'Eglise. Un des plus glorieux 
privilèges du prince est celui de défenseur de la foi, 
de protecteur des canons et d'évêque du dehors. 

Tout se met en harmonie avec les hautes idées que 
l'on conçoit de l'importance et de la dignité de la religion. 
L'instruction et l'éducation sont mises sous son patro- 
nage, sa direction et son influence. Les intérêts des 
pauvres lui sont particulièrement confiés, parce que c'est 
elle qui en a l'intelligence et qui inspire pour toutes 
les infortunes morales et physiques les affections les 
plus tendres et les plus généreuses. 

La splendeur du culte divin, l'entretien du clergé, 
la science sacrée sont soutenus par de magnifiques et 
royales fondations. Les hommes éminents de Tordre 
ecclésiastique ont une part active dans les affaires pu- 
bliques; des honneurs et des privilèges politiques et 
civils leur sont conférés. C'est ainsi que l'Eglise re- 
cueille les bénédictions temporelles que les prophètes 
lui ont promis en échange de ses humiliations et de 
ses angoisses, de ses longues tribulations, de ses épreuves 
de tout genre. « Pro eo quod fuisti derelicta et odio 
« habita et non erat qui per te transiret, ponam in te 
« superbiam saeculorum gaudium in generalionem et 
ce generationem : et suges lac gentium et mamilla regum 
ce lactaberis ; et scies quia ego Dominus s^vans te et 
« redemptor tuus fortis Jacob. » (Isai. e. 61). 

Les avantages de cette union entre l'Eglise et l'Etat 
sont incontestables. Les âmes ne se perdent pas faute 
de movens coercitifs contre l'audace des ennemis de la 
vérité et de la vertu. La majesté de la puissance tem- 
porelle, l'autorité des lois, le respect des droits de 
cïïâcun sont^ dans cet ordre de choses puissamment 
protégés dans la conscienee publique, par les enseigne- 
ments de la religion, par les exhortations et les cen- 



19* SIÎRIE. 



10 



147 



PRINCIPES DE DBOIT CANONIQUE. 



148 



sures de rautorité spirituelle. Les privilèges et les hon- 
neurs religieux accordés au prince en le rendant plus 
respectable aux yeux de ses sujets lui font à lui-même 
un devoir plus grand de la piété envers Dieu, de la 
soumission à TËglise, de la modestie et de la mo- 
dération dans l'exercice du pouvoir. 

Quand la religion est à la base et au sommet de 
rédifice social, les crimes sont moins nombreux, les 
esprits plus calmes , les ambitions moins violentes et 
moins dangereuses. Les rouages de Tadminislration ne 
se compliquent pas de mille ressorts, les armées peuvent 
se réduire sans de graves inconvénients. Tous les cœurs 
étant ouverts à la compassion, l'indigence est moins 
générale et moins souffrante: de là la modération des 
impots et des sacrifices personnels exigés par la loi 
pour la défense de la patrie. De puissants empires sont 
plus solidement affermis et plus heureusement défendus 
contre les agitations du dedans et les ambitions du 
dehors, par la religion que la politique. Tel est le ma- 
gnifique spectacle offert par l'état chrétien. 

Si cet accord se généralise sur une partie du globe, 
un nouveau droit international en surgit. Les divers états 
de ces contrées ne forment plus qu'une famille dont 
les membres se lient d'une sainte et étroite amitié. 
Ces peuples chrétiens marchent comme un seul homme 
contre leurs ennemis communs. Us écoutent la voix du 
chef de l'Eglise comme celle d'un père ; ils le font juge 
et arbitre de leurs différends; ils invoquent sa protection, 
ses jugements et ses arrêts contre les injustes agressions, 
contre la tyrannie et l'oppression et aussi contre l'in- 
subordination des sujets, selon que les besoins l'exigent. 
Cet état de choses a subsisté pendant plusieurs siècles. 
Alors les Papes et les évêques regardaient comme un 
des devoirs les plus sacrés de leur ministère de main- 
tenir l'empire de la loi chrétienne ou du droit divin 
dans toutes les administrations et même dans le gou- 
vernement des Etats. 

On se représente la chrétienté comme la réalisation 
de l'état social le plus beau, le plus parfait et le mieux 
organisé. C'est le ciel uni à la terre, le spirituel au 
temporel. C'est l'éternelle justice rayonnant sur les af- 
faires du temps, c'est la terre aspirant vers son auteur, 
et lui demandant des inspirations, des lois, des grâces 
et des faveurs qui la mettent à même de marcher vers 
de plus glorieuses destinées et d'arriver enfin à cette 
transformation ineffable qui la repose de toutes ses 
peines et de ses labeurs. C'est une vaste administration, 
c'est un corps immense dirigés et sanctifiés par la re- 
ligion. Le sacerdoce et l'empire en sont l'âme, le mobile, 
le glaive et le bouclier. Plus élevé vers les régions célestes, 
le sacerdoce, comme un soleil bienfaisant communique 
la lumière divine à la puissance temporelle afin qu'elle 
gouverne selon la vérité et la justice. Le christianisme 
est alors le grand régulateur des droits de chacun. 

Mais cette position élevée de la religion ne peut 
se conserver longtemps et partout sans une disposition 
particulière de la Providence. Les Etats, encore plus 
que les individus, sont ennemis de la dépendance. L'af- 
faiblissement de la foi exagère les abus qui peuvent 
se produire et fait naître une infinité de prétextes pour 
attaquer les droits les plus certains de TEglise. Les héré- 



sies et les schismes, les scandales, les collisions entre 
les deux puissances sont possibles, faciles à prévoir 
à regard d'un corps puissant, honoré de privilèges et 
d'exemptions très anciennes et vraiment nécessaires. Il 
n'entre pas dans les vues de la Providence de mettre 
un obstacle insurmontable à l'apparition de ces fâcheux 
symptômes de décadence. Pour lors, par une conséquence 
de la nature humaine, les peuples qui en sont les témoins 
deviennent indifférents à l'égard de l'influence prépon- 
dérante du sacerdoce qu'on peut leur représenter comme 
contraire à leurs intérêts les plus sensibles. Le prince, 
impatient du joug, s'attache, par ses bienfaits, les mem- 
bres influens du clergé, les savants et les hommes de 
lettres, toutes les professions honorables et les classes 
inférieures. Dès lors la considération et l'influence sont 
de son côté. La royauté élève ses prétentions: elle 
écoute avec plus de hauteur ; elle prend des airs de 
dignité et d' indépendance qu'on ne lui connaissait pas, 
elle aspire à la suprématie absolue, au détriment des 
intérêts spirituels et temporels des peuples qu'elle at- 
tache à son char. A cette heure, il faut user de mé- 
nagement pour lui faire entendre la voix divine du 
christianisme. La voie des censures est presque usée, 
il n'est plus possible de donner des ordres respectés. 
Sur ces entrefaites des partis religieux suscités par le 
démon de l'orgueil et de la corruption du cœur pénè- 
trent peut-être dans l'Etat, affaiblissent de plus en plus 
le respect du à l'autorité spirituelle dans l'esprit des 
peuples et obtiennent des droits légaux à l'exercice de 
cultes réprouvés par la religion. Le droit public se 
modifie, et la chrétienté comme corps de nations, 
n'existe déjà plus. Il se passe des choses étranges: toutes 
les passions se soulèvent, les richesses du temple sont 
envahies, les privilèges du clergé abolis ou diminués. 
L'hérésie et le schisme vont s'asseoir sur le trône et 
se faire reconnaître comme religion de l'Etat à l'exclusion 
du vrai christianisme. Les fidèles sont persécutés dans 
la profession de leur foi, les prêtres mis à mort et 
leurs biens confisqués au profit de cupides réformateurs. 
Cependant l'indifférence pour les intérêts spirituels va 
croissant; l'incrédulité, l'impiété et l'altération de tous 
les principes sont à leur comble. La considération et 
la prépondérance s'attachent exclusivement à la science, 
à l'industrie, aux arts et aux richesses. Les enseigne- 
ments de la religion ne sont plus compris, ses lois 
sont méprisées, le culte lui-môme est presque aboli. 

Voilà donc l'Eglise ramenée vers ces époques de 
trouble et de persécution où elle était réduite à con- 
quérir des droits à une libre existence par l'ascendant 
de la vérité et de la vertu, par le zèle et la vie apos- 
tolique des ministres de l'évangile, par Tiuiluence morale 
des doctrines et des institutions catholiques, et même 
par des concessions sages, compatibles toutefois avec 
la rigueur du droit divin. 

Qui ne voit ici l'application des principes posés plus 
haut sur le double caractère de stabilité et de mobilité 
de l'Eglise chrétienne? quel changement dans les croyan- 
ces et dans la physionomie extérieure de la religion! 
Que s'est-il donc passé dans l'espace de quelques 
siècles! Des idées se sont modifiées, des influences se 
sont balancées, puis celles-ci se sont atfaiblies, celles-là 



149 



PBINCIPBS DE DROIT CANONIQUE. 



150 



ont prévalu. Le monde s'était passionné pour la supers- 
tition et l'idolâtrie. Plus tard il embrassa la vérité et 
le culte du christianisme. Le dogme chrétien devint la 
foi des peuples. Les peuples ne connurent d'autres 
principes, d'autres règles de conduite que les maximes 
de l'Evangile. L'Eglise fut à leurs yeux la première 
autorité et sa voix fiit entendue avec le plus grand 
respect et la plus filiale docilité. Mais voilà les rois 
et les peuples livrés au vertige de l'orgueil. A cette 
hauteur de pensées et de sentimens où la religion les 
avait élevés, la tête leur tourne, ils ont entendu le cri 
de la révolte contre le Seigneur et contre son Christ; 
ils aspirent déjà à l'indépendance spirituelle. D'abord 
ce n'est qu'en matière de gouvernement temporel, mais 
ensuite l'indépendance religieuse leur sourit. On devient 
schismatique, hérétique, incrédule, impie et indifférent. 
Le monde s'arme contre l'autorité spirituelle. Elle est 
entravée, persécutée, reléguée dans le sanctuaire des 
consciences individuelles. Après avoir rempli avec cou- 
rage et persévérance sa mission de transformation sur- 
naturelle à l'égard de la société, l'Eglise s'arrête. La 
voix de Dieu se fait entendre et l'appelle à de nou- 
veaux combats. Il faut qu'elle descende du sommet de 
la montagne dans la plaine où l'attendent des humi- 
liations plus profondes et des tribulations de tout genre. 

Au point où nous sommes par\'enus, la société n'a 
plus de régulateur avoué et les intérêts matériels do- 
minent tout. 

Dans ces conjonctures il faut se pénétrer du véri- 
table esprit du christianisme. Les droits dont l'Eglise est 
en possession doivent être défendus avec un zèle prudent. 
On doit activer le travail intérieur du ministère sacré 
sur les consciences en multipliant les instructions et en 
se rendant recommandable par le désintéressement, la 
charité, la piété et les bonnes œuvres. Il faut faire 
une profession ouverte de n'aspirer qu'à procurer aux 

fidèles les movens de se sauver et de contribuer au 

•i 

bien public par la propagation des bonnes doctrines 
et des bonnes mœurs. Si le droit divin et ecclésiastique 
est méconnu dans les actes des gouvernements, on aura 
recours à des réclamations fermes, mais modérées. On 
usera de tous les moyens que permettent d'employer 
pour la conservation et l'amélioration des droits de 
I Eglise, les constitutions, les lois et les mœurs politiques. 
En toute hypothèse, ou protestera par ses actes et par 
>es écrits, à quelques dangers qu'ils exposent, contre 
l'usurpation des droits imprescriptibles de la religion, 
et l'on dira avec les apôtres : Melius est obedire Deo 
(juam hominibus. 

Ici il faut prévenir une fausse induction contre 
l'empire de la religion et de l'Eglise. 

A aucune époque, l'Eglise ne cesse d'être ce qu'elle 
fat toujours, une, sainte, catholique, apostolique. La 
hiérarchie divine est toujours la même, sa foi toujours 
la même, sa catholicité toujours visible, son apostolicité 
toujours féconde. Sa gloire, aux yeux de la chair et du 
monde, peut être obscurcie mais sa gloire essentielle 
consiste à être l'épouse fidèle d'un Dieu crucifié, à 
ramasser sur le passage du temps à l'éternité tous les 
enfants que Dieu lui a donnés dans sa miséricorde, 
(tour en faire un peuple saint et parfait. 



L'Eglise combat et triomphe tout à la fois. Ses ca- 
ractères sont rendus visibles autant par la lutte que 
par la victoire. Au fond il est presque indifférent pour 
elle d'être humiliée ou d'être honorée. 

CHAPITRE Vn. 

FAUSSES THÉOBIBS. 

Peu de personnes comprennent aujourd'hui les vraies 
relations qui existent entre la religion et la société ci- 
vile. C'est que la haute mission de l'Eglise est mé- 
connue, au point qu'on veut la soumettre au pouvoir 
temporel. 

Nous devons faire connaître et réfuter les principes 
impies sur lesquels on appuie ces étranges prétentions 
aussi bien que les diverses formes sous lesquelles ils 
se produisent dans la spéculation et la pratique. 



I 



1. On dit d'abord qu'il ne peut pas y avoir deux 
pouvoirs souverains dans la société, celui de l'Etat et 
celui de l'Eglise. Si l'Eglise était indépendante, il fau- 
drait que l'Etat abdiquant la souveraineté qui lui est 
aussi nécessaire que naturelle, devînt sujet de l'Eglise. 

C'est ainsi qu'avec des mots mal compris, on par- 
vient à embrouiller le^ questions les plus claires. 

De quoi s'agit-il en effet ? de pouvoirs égaux et de 
même nature, ayant la même autorité, le même but, 
s' exerçant sur les mêmes rapports? Evidemment non. 
A qui fera-t-on comprendre que deux pouvoirs ayant 
une origine, un objet, une fin qui diffèrent essentiel- 
lement se repoussent néanmoins et ne peuvent aucu- 
nement s'exercer librement, l'un à côté de l'autre chacun 
dans la sphère qui lui est propre ? Q^^oi I Le pou- 
voir que J.-C. a donné à l'Eglise de procurer aux hom- 
mes les biens spirituels par l'enseignement de sa doc- 
trine, l'administration de ses sacremens, la pratique 
de son culte et l'exercice de sa mission, ce pouvoir-là 
ne sera pas souverain, il dépendra de la puissance tem- 
porelle, du magistrat civil, de l'Etat enfin, parce que 
celui-ci est à son tour souverain dans un ordre de choses 
qui n'a rien de commun avec le premier, et seulement 
parce qu'il ne doit pas y avoir deux souverains dans 
la société ! En vérité c'est être un peu exclusif. Qu'il 
n'y ait pas deux souverains dans TEtat, nous l'accor- 
dons volontiers. Mais l'Eglise n'est pas souveraine dans 
l'Etat. Elle en laisse l'administration à qui elle appar- 
tient; elle se borne à régler les choses spirituelles parmi 
les hommes qui lui sont soumis par la profession du 
christianisme. Est-il rien de plus inoffensif, de plus utile, 
de plus nécessaire et de plus juste ? Au reste s'il ne 
pouvait pas y avoir deux pouvoirs souverains dans le 
monde, nul doute que les intérêts de l'âme et de l'é- 
ternité ne dussent prévaloir sur ceux du corps et du 
temps: entre Dieu et le monde, entre l'Etat et l'Eglise, 
le choix ne doit pas être embarrassant. 

2. Mais l'Etat n'est pas dans l'Eglise; au contraire 
c'est l'Eglise qui est dans l'Etat. L'un est donc le sou- 
verain et l'autre, le sujet. 



151 



PBINCIPES DE DROrr CANONIQUE. 



152 



Vain raisonnement ! en effet, l'Eglise étant icalho- 
lique, ne peut pas être dans un Etat moindre qu'elle- 
même: montrez-nous une monarchie universelle comme 
l'Eglise catholique, avant de nous dire qu'elle est dans 
l'Etat, dans le plus petit, comme dans le plus étendu. 
Non, l'Eglise de J.-C. société indivisible et universelle 
ne sam-ait être contenue dans les Etats temporels aux- 
quels la divine Providence ne permet jamais de s'éten- 
dre au delà d'une partie déterminée et proportionnel- 
lement très limitée de l'univers. 

Il serait plus vrai de dire qu'une portion de l'Eglise 
est dans l'Etat, mais il ne s'ensuivrait pas que ce der- 
nier acquiert par là même un droit de souveraineté sur 
l'Eglise toute entière; ce serait trop absurde. 

Je vais plus loin et je conteste le fait sur lequel on 
s'appuie ici, et je dis que, historiquement parlant, il 
n'y a pas d'Etats qui ne soient dans. l'Eglise, l'aînée 
de* tous ceux qui existent aujourd'hui. 

Y en a-t-il un seul qui n'ait été formé on recons- 
titué, depuis l'établissement catholique dans les diver- 
ses parties du monde ? Des révolutions sont venues et 
ont changé soit les limites soit la condition des sociétés 
civiles dans ces mêmes lieux où la reUgion était orga- 
nisée. Où est cet empire romain dont la domination 
s'étendait presque partout, à l'origine du christianisme; 
et sur les débris duquel se sont formés les Etats mo- 
dernes? Pour n'en citer qu'un seul exemple, n'est-ce 
pas l'Eglise des Gaules qui a reçu dans son sein, au 
moment de la dissolution du grand empire, les Franks 
et tous ces barbares qui se partagèrent les provinces par 
la seule force brutale? N'est-ce pas le clergé, ne sont-ce 
pas les peuples chrétiens de l'époque qui en se sou- 
mettant à leur empire à la condition que leurs maîtres 
seraient chrétiens, fondèrent ce royaume? Nous n'in- 
sistons pas davantage sur un point qui au fond nous 
intéresse médiocrement: nous avons d'autres preuves en 
faveur de l'indépendance de l'Eglise. Qu'on nous dise 
si le prince auquel on la prétend soumise, comme in- 
stitution divine, est chrétien ou infidèle. S'il est chré- 
tien, il est lui-même entré dans l'Eglise et lui est sou- 
mis par l'ordre et la volonté de Dieu. Point de salut 
pour lui et pour ses sujets s*ils ne lui restent unis par 
l'obéissance à ses ordres : « Imperator bonus, dit S. Am- 
broise (de basilids non tradendis) intra Ecclesiam non 
supra Ecclesiam est. » 

Si le prince est infidèle, je soutiens et ceci s'ap- 
plique encore plus à l'Etat chrétien, je soutiens que 
sous lui l'Eglise est encore reine et souveraine maî- 
tresse de ses agîtes, parce que ses droits se confondent 
avec ceux de la religion révélée aux honmies au com- 
mencement du monde, avant tout établissement civil et 
politique, développée et constituée ensuite sur des ba- 
ses inébranlables et avec des intérêts plus grands par 
Jésus-Christ qui étant Dieu, a pu apparemment lui 
ouvrir, comme il l'a fait, la porte de tous les Et^ls pos- 
sibles, pour les sanctifier par elle, sans lui faire rien 
perdre de son indépendance. Comment pourrait-il en être 
autrement, ^puisqu'on supposerait par là que Dieu a pu 
soumettre à un pouvoir humain, faillible et souvent 
impie ou injuste les droits qu'il a lui-même établis dans 
l'ordre le plus élevé. Non, la religion et ses droits im- 



prescriptibles ne dépendent point des puissances de ce 
monde; ils échappent à leur compétence. L'Eglise ne 
dépend pas plus du prince que la science, la vérité, 
la vertu, les droits naturels de l'homme et de la fa- 
mille. Si, après cela, on veut soutenir que l'Eglise est 
dans l'Etat, nous répondrons qu'elle y est en effet 
comme l'âme est dans le corps, le soleil dans lé fir- 
marnent, comme Dieu est dans l'univers, pour le di- 
riger, l'éclairer et le vivifier. 

3. On dit encore: le fond de la religion est un hé- 
ritage de famille qui remonte à l'origine du monde. 
Or l'Etat, dans les sociétés civiles a succédé aux droits 
des familles et de cette puissance paternelle si absolue 
à laquelle le sacerdoce était attaché. Le prince est donc 
le premier chef de la religion; le souverain Pontificat 
est donc un droit régalien. 

D'ailleurs la religion ne saurait être indifférente à 
l'Etat ni pour le fond, ni pour la forme. Le fond est 
de la dernière importance; il touche à tous les inté- 
rêts de la société qui ne peut se dispenser, même 
sous le point de vue temporel, de le conserver. 

La forme doit être en harmonie avec les besoins, 
les mœurs, les habitudes et les instincts religieux de la 
nation, et il n'appartient qu'au prince représentantr-né 
et personnification vivante de la nation de déterminer 
ces divers aspects. 

Vains sophismes I prétentions impies et tyr^Aniques 
d'un pouvoir qui voudrait tout absorber dans son onmi- 
potence I L'Etat a sans aucun doute un grand intérêt 
à conserver le fond et la forme de la religion, mais 
ce fond et cette forme ne lui appartiennent pas, et sous 
aucun rapport, il ne peut à cet égard, se prévaloijc des 
droits de la puissance paternelle. Car de quels droits 
veut-on parler ? de ceux que les chefs de famille auraient 
eu dans l'hypothèse d'une religion purement naturelle 
ou bien de ceux qui leur auraient été dévolus dans 
celle d'une reUgion positive et divinement révélée? 

Dans la première hypothèse, le prince, plus inté- 
ressé que personne au maintien du fonds et des formes 
essentielles de la religion, n'aurait pu néanmoins sans 
injustice et sans impiété dépouiller la famille de ses 
droits sacerdotaux. Le Prince aurait pu être le Prêtre 
de l'Etat, le représentant de la nation et de ses de- 
voirs religieux envers Dieu, comme société publique; 
mais le Père de famille serait resté naturellement, im- 
muablement le prêtre obligé et nécessaire de la fa- 
mille, le représentant-né de ses devoirs envers celui 
qui l'aurait formée et auquel chacun de ses membres 
devait l'existence. Chaque particulier aurait été lui-même 
son propre prêtre puisqu'il aurait eu à conserver sa re- 
ligion et à exercer le culte que cette religion lui aurait 
imposé. On ne saurait le méconnaître: sous l'empire 
d'mie religion seulement naturelle, chacun serait le té- 
moin, l'interprète et le juge des dogmes et des pré- 
ceptes de cette religion. Dès qu'on la suppose natu- 
relle, le prince ne peut pas s'attribuer à lui seul un 
droit qui appartient à tous, pas plus qu'il ne pourrait 
se constituer le juge et l'interprète suprêtee de la loi 
morale. 

Dans l'hypothèse d'une religion révélée dont le dé- 
pôt aurait été confié à la piété des Pères de famille. 



153 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



154 



on ne voit pas comment le prince aurait pu changer 
cet ordre établi de Dieu, en s' attribuant à lui seul un 
droit commun aux principaux membres de la société. 

Si les droits essentiels de la paternité i;e peuvent 
être dévolus au Souverain, comment aurait-on fait pour 
transmettre au représentant politique de la nation des 
droits divins d'une aussi haute importance et qu'une 
disposition spéciale de la Providence aurait attachés à 
Tordre purement patriarcal? Dieu est libre dans le choix 
des organes de ses volontés et des instruments de ses 
bienfaits, et si Ton suppose qu'il confie la conservation 
de sa religion à la famille, l'Etat sera à jamais im- 
puissant pour changer légitimement cet ordre de choses. 
Si la religion s'altère en passant par tant de mains, 
Dieu y pourvoira lui-même. En attendant, l'idée de con- 
fier le sacerdoce à un certain nombre de pères de fa- 
mille dévoués à l'étude et aux pratiques du culte se 
présentera à l'esprit des peuples qui aimeront à voir 
dans ces chefs et ces membres de leurs familles des 
représentants naturels de leurs droits et intérêts reli- 
gieux. Aussi le sacerdoce a-t-il toujours été distingué 
de la royauté chez les anciens peuples. 

Mais quand bien même le sacerdoce serait l'apa- 
nage naturel du prince dans l'hypothèse d'un état re- 
ligieux dont les organes et les ministres n'auraient pas 
été déterminés d'une manière assez précise par la Pro- 
vidence, n'est-il pas plus clair que le jour dans l'hy- 
pothèse d'une religion révélée, la religion de Jésus-Christ, 
dont le dépôt et l'administration ont été confiés à un 
pouvoir spécial qui doit se perpétuer, non par la fa- 
mille ou par l'Etat, mais par la vocation divine mani- 
festée extérieurement par l'élection, l'ordination et la mis- 
sion d'un ordre hiérarchique institué par Dieu lui-même 
eo dehors des conditions de la société domestique et 
politique, n'est-il pas * évident que le prince n'a rien 
à y voir, si ce n'est pour protéger extérieurement ce 
qui vient si évidemment de Dieu? 

Ainsi, le prétendu droit souverain de l'Etat sur la 
religion en vertu d'une dévolution de celui de la fa- 
mille est inadmissible. 

Au point de \ne philosophique, il n'est nullement 
fondé. 

Au point de vue historique, il est en contradiction 
avec l'établissement du sacerdoce antique de tous les 
peuples civilisés, de celui d'Aaron, de celui de Jfésus-Christ 
et de l'Eglise catholique, qui est depuis plus de dix- 
huit cents ans en possession de régler souverainement 
les choses de la foi et du culte. 

Au point de vue chrétien et vraiment religieux, 
ce prétendu droit est la négation de l'Evangile, de l'in- 
stitution de l'Eglise; c'est une usurpation sacrilège et 
impie. 

Ainsi quand il serait aussi vrai qu'il est faux que 
le Prince est le prêtre de la nature on de quelqu' au- 
tre religion que ce soit, il n'aurait jamais le droit de 
réunir à sa couronne les prérogatives du sacerdoce ca- 
tholique que Dieu a placé en d'autres mains. 

4. Quatrième principe. 11 est contre la nature des 
choses que les sujets d'un Etat dépendent d'un prince 
étranger. C'est pourtant ce qui arrive dans l'Eglise ca- 
tholique. 



Nous avouons qu*il est contraire à la nature d'un 
bon gouvernement qu'un prince étranger exerce la sou- 
veraineté temporelle dans un Etat dont il n'est ni le 
chef ni le suzerain; mais il n'est pas contraire à la na- 
ture d'un bon gouvernement qu'un prince étranger, chef 
de la vraie religion exerce sur tous les sujets des Etats 
du monde, les droits et les prérogatives spirituelles de 
son souverain Pontificat: ceci n'est pas un désordre; 
c'est l'accomplissement d'un devoir sacré imposé par 
la loi divine. Sous Tempire d'une religion dont une des 
fins est de réunir tous les hommes dans la même cro- 
yance, le même culte, les mêmes sentiinens de paix, 
de charité et de fraternité, l'existence d'un pareil pou- 
voir est un bienfait immense pour l'humanité toute 
entière. 

C'est au moyen de cette dépendance du chef de 
l'Eglise cathoUque dans l'ordre spirituel que tous les 
peuples s'unissent pour ne former qu'une seule famille. 

Les partisans du système que nous combattons ici, 
en se montrant exclusivement attachés aux intérêts de 
localités se font les ennemis aveugles de cette frater- 
nité universelle, qui ne peut être vraie, intime, con- 
stante et inaltérable que par l'influence d'une religion 
universelle, de la religion catholique et de son chef. 
Egoïsme, vues étroites, assertions gratuites, haine aveu- 
gle, tel est le fond des systèmes antipathiques à la li- 
berté de l'Eglise et à son indépendance. 

Ces faux principes, la fausse science, cette éter- 
nelle ennemie de la science de Dieu, les a réduits en 
systèmes au profit de la multitude, selon les temps et 
le besoin. 



11 



Trois principaux systèmes ont été imaginés pour jus- 
tifier la suprématie que l'on attribue à l'Etat, ou à la 
société, sur l'Eglise, en matière de religion. Ce sont 
les trois formes sous lesquelles l'erreur que nous com- 
battons ici s'est produite dans les pays révoltés, par 
l'hérésie du 16*"** siècle, contre l'unité catholique. 

On sait que les premiers réformateurs en Allemagne 
et ailleurs, dans l'intérêt de leurs sectes attribuèrent à 
la puissance temporelle l'autorité rJigieuse. 11 fallait 
justifier cette concession: de là l'invention du système 
épiscopal, du système territorial et du système collégial. 
D'après le premier, l'autorité des évêques sur les 
adhérens à la confession d'Augsbourg ayant été sus- 
pendue par un décret de l'empire, en 1555, jusqu'à 
l'arrangement définitif des affaires en litige entre les 
catholiques et les protestants, celte même autorité aurait 
été par là même dévolue provisoirement du moins aux 
souverains respectifs des sectaires. Ces princes auraient 
exercé légitimement, par le fait de cette dévolution, 
l'autorité épiscopale. Ils l'exerceraient même encore, 
au même titre, les aifaires litigieuses ne s'étant jar- 
mais arrangées au gré des deux partis. Ce système 
est propre à l'Allemagne. Il fait partie du droit public 
des Etats protestans de ce pays. En ce moment il est 
menacé par un parti remuant qui ne veut plus recon- 
naître aux princes le droit de régler les choses reli- 
gieuses. 



155 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



156 



Le système épiscopai est insoutenable au fond; car 
1*». les Princes de l'empire n'avaient pas assez de pou- 
voir pour suspendre la juridiction épiscopale, à moins 
qu'on ne soutienne qu'ils ont reçu de Dieu le droit 
de porter des censures et de régler souverainement les 
droits de TEglise. 2"*. Cette suspension eût-elle été lé- 
gitime, n'aurait pas entraîné une dévolution contraire 
au droit canonique sans plusieurs rapports. Les cha- 
pitres, les métropolitains et le Pape auraient eu des 
droits légitimes k cette dévolution; les princes et surtout 
des princes hérétiques, fauteurs de schismes et d'hé- 
résies jamais ! La juridiction épiscopale dévolue héré- 
ditairement à des laïcs puissants qui dépouillaient l'Eglise 
de ses plus belles prérogatives ! C'était impossible. 
3V Enfin dans l'hypothèse d'une dévolution aussi ab- 
surde, les princes protestants n'auraient pas pu exercer 
la suprématie qu'ils se sont attribuée sur l'Eglise: on 
ne donne tout au plus que ce que l'on a, une auto- 
rité subordonnée ou souveraine selon que l'on jouit de 
Tune ou de l'autre; or les évéques n'avaient pas, ne 
pouvaient avoir sur leurs églises un droit de suprématie 
qui n'appartient qu'au Pape, lequel ne peut jamais s'en 
dépouiller en faveur de qui que ce soit, tant qu'il est Pape. 

Le système territorial est encore plus opposé à la 
constitution de l'Eglise: il n'admet point la légitimité 
originaire de l'autorité épiscopale; les Princes n'y sont 
pas substitués aux évêques et au Pape, mais il regarde 
comme un attribut essentiel de la souveraineté territo- 
riale, tous les droits attachés à la suprématie religieuse. 
Tel est le système défendu par Grotius dans son livre 
de imperio svmmamm Potestalum circa sacra. Là re- 
viennent les faux principes que nous avons déjà réfutés. 

Le système collégial n'admet pas que l'autorité spi- 
rituelle réside naturellement dans les princes; il n'en 
fait pas un des attributs essentiels de la puissance tem- 
porelle: il veut que l'Eglise soit née libre et indépen- 
dante et que l'autorité religieuse réside dans la société 
chrétienne, mais en même temps on y soutient que la 
hiérarchie ecclésiastique, le Pape et les évêques qui 
avait dépouillé la communauté de ses droits, ont été 
à leur tour justement dépouillés par elle, en faveur du 
prince réformé, qui, dans cette hypothèse, est le dé- 
légué de la commune. 

En définitive, c'est toujours le Prince qui, dans les 
trois systèmes, a raison des droits de l'Eglise et du 
Saint-Siège; c'est lui qui est le souverain spirituel; 
la hiérarchie divine lui est subordonnée. Cependant, 
les partisans du système collégial semblent vouloir re- 
prendre pour l'Eglise son indépendance originaire. La 
lutte qui s'engage en Allemagne entre eux et le gou- 
vernement, a pour but de retirer au souverain cette 
prétendue concession du pouvoir spirituel que les an- 
ciens réformateurs avaient imaginée. Quoiqu'il en soit, 
le système en lui-même est mauvais et en opposition 
formelle avec la parole de Dieu. Soutenir que l'auto- 
rité spirituelle réside dans la communauté qui peut la 
déléguer soit à l'ordre hiérarchique, soit à des laïcs, 
à des princes électifs ou héréditaires, c'est nier réta- 
blissement de l'Eglise, ses droits, ses propriétés essen- 
tielles; c'est contredire ouvertement l'évangile. Car si 
la société des fidèles est dépositaire du pouvoir spiri- 



tuel, celui-ci n*a donc pas été confié à S. Pierre et 
aux apôtres: ceux que les apôtres ont placé à la tète 
des Eglises ainsi que leurs successeurs n'ont donc été 
que des usurpateurs des droits de TEglise; la puissance 
spirituelle n'est donc plus une délégation faite directe- 
ment d'après l'Evangile, au chef des apôtres et non au 
corps des fidèles. 

Ensuite, s'il y a autant d'Eglises que de commu- 
nautés chrétiennes, où sera l'unité et la catholicité ? 
C'est là une erreur détestable souvent flétrie dans Mar- 
sile et Richer, formellement condannée conune hérétique 
par Pie VI, dans sa bulle Anctorem fidei de 1794. 

Il y a bien d'autres systèmes touchant les rapports 
de l'Etat avec l'Eglise; systèmes mixtes dont les ma- 
ximes se rapprochent plus on moins de celles des trois 
que nous avons exposés. Les plus dangereux sont les 
systèmes janséniste et parlementaire. Ils sont réfutés 
d'avance, mais ils le seront plus particulièrement dans 
ce que nous allons dire des prétendus droits de la su- 
prématie de l'Etat. 



HI 



Ces droits se réduisent aux suivants: droit de ré- 
forme, droit de protection, et de défense, droit de sur- 
veillance; d'où sont nés le placet et les appels comme 
d'abus, le haut domaine et la haute administration des 
biens de l'Eglise que l'Etat s'arroge en certains pays. 

1. Le droit de réforme, jus reformandi, consiste- 
rait dans le pouvoir d'admettre ou de ne pas admettre 
l'Eglise dans l'Etat et de lui imposer des conditions 
en l'y admettant. 

Le droit divin proteste contre ce prétendu droit 
puisque l'Eglise a reçu de J.-C. la mission d'établir 
la religion dans tout l'univers. Les apôtres demandè- 
rent-ils l'autorisation de prêcher l'Evangile? N'établi- 
rent-ils pas des églises dans toutes les provinces de l'em- 
pire contre le gré de la synagogue, des gouverneurs 
et des empereurs eux-mêmes? 

Quant aux conditions qu'on voudrait imposer à 
l'Eglise en l'admettant dans l'Etat, si elles sont admis- 
sibles, si elles ne blessent pas les intérêts spirituels dont 
elle est chargée, elle pourra s'y soumettre, mais on n'a 
aucun droit de les lui dicter directement et sans son 
concours. 

2. Le droit de protection et de défense, quand il 
est exercé franchement, sincèrement est fort respectable; 
mais quand il n'est qu'un prétexte pour empêcher l'Eglise 
de se gouverner elle-même, c'est un joug intolérable, 
une usurpation et souvent une persécution. Il se traduit 
par le droit de tutelle. Or l'Eglise n'a pas besoin d'être 
mise en tutelle par les souverains; elle y perdrait sa 
liberté. 

3. Le droit de surveillance et d'inspection, potestat 
inspectoria, tel que l'entendent certains légistes et tel 
qu'il est pratiqué ordinairement, n'est pas moins con- 
traire à la liberté qu'à l'honneur de l'Eglise. 

Que le prince surveille les écarts des membres de sa 
société, qu'il gouverne dans l'intérêt bien entendu de 
cette même société, qu'il sollicite, de la part des chefs 
de la religion, la répression de certains abus énormes 



157 



PBINCIPBS DE DROIT CANONIQUE. 



158 



qui pourraient nuire aux intérêts publics, on le conçoit; 
mais que sous prétexte de surveiller les abus, de pré- 
venir des écarts, le prince se place en sentinelle vis-à-vis 
de l'Eglise, qu'il ait constamment les yeux ouverts sur 
elle conune sur un ennemi dangereux, qu'il l'entoure 
de l'espionnage de ses agents, qu'il donne des gardiens 
au\ évèques dans leurs visites pastorales, comme cela 
se pratique dans un certain pays (le Wurtemberg) : qu'il 
envoie des commissaires aux synodes et assemblées ec- 
clésiastiques, en vérité, c'est exagérer, au delà de toute 
expression, les droits de la puissance temporelle. Cette 
surveiDance inquiète et soupçonneuse, la gêne qu'elle 
porte dans le gouvernement ecclésiastique ne sont autre 
chose qu'une vexation que rien ne' justifie. 

4. Du prétendu droit de surveillance est né le placet 
du Souverain pour la publication des actes de l'auto- 
rité ecclésiastique et l'exercice de certaines préroga- 
tives. On fonde la théorie on la nécessité du placet 
V. Sur l'obligation imposée au Souverain d'empêcher 
ce qui pourrait apporter quelque préjudice à l'Etat; 
2*. Sur la coutume des Etats chrétiens; a(*. Sur la na- 
ture mixte de plusieurs affaires religieuses et des actes 
qui s'y rapportent. 
Examinons la force de ces preuves. 
On dit d'abord que le prince est obligé de prévenir 
ce qui pourrait préjudicier au bien de l'Etat, et que 
par là même il a le droit d'examiner tout ce qui se 
publie et se fait d'important dans l'Eglise. 

A cela nous répondrons que si les lois ne doivent 
pas punir par avance ni persécuter par précaution, le 
gouvernement ne doit pas non plus, sous prétexte de 
prévenir les abus, entraver, sans une nécessité évidente, 
l'exercice d'un droit légitime. Que dirait-on si l'Eglise 
à laquelle est aussi imposée l'obligation d'empêcher que 
rien ne se fasse contre les intérêts de la religion, 
voulait soumettre à son examen préalable les lois de 
l'Etat et les actes de l'administration: si elle exigeait 
qu'aucun acte important ne fût publié sans qu'on eût 
obtenu son placet f On crierait à l'usurpation. Cepen- 
dant les droits sont les mêmes, pour ne pas dire qu'ils 
seraient plus évidents en faveur de l'Eglise qui a des 
promesses dont l' Etat ne peut se prévaloir, afin de ne 
rien publier qui soit contraire au droit divin et naturel 
et par conséquent aux seuls vrais intérêts des peuples. 
Voyez les conséquences de cette prétendue obligation 
de soumettre à un examen préalable les actes ecclé- 
siastiques. Il dépendrait donc d'un prince infidèle, 
hérétique, impie, ignorant ou passionné de mettre des 
obstacles à l'exercice du souverain Pontificat et de l'au- 
torité des évèques, d'empêcher la libre communication 
du clergé et des fidèles avec leurs chefs, de paralyser 
l'action de l'Eglise ! 

Avec la théorie du placet, les décisions dogmati- 
ques seront conune non avenues: on pourra persévérer 
dans l'hérésie et le schisme, admettre des opinions 
condamnées, se livrer à des pratiques superstitieuses où 
immorales réprouvées par le S' Siège ; les évèques ne 
pourront se réunir dans les plus pressants besoins sans 
l'aveu du prince; les fidèles n'obtiendront les faveurs 
spirituelles que le bien de leurs âmes réclame qu'autant 
qu'il plaira au souverain de leur permettre de faire 



usage des rescrits qui les accordent. L'institution des 
ministres de l'Eglise sera elle-même suspendue si cela 
plait au gouvernement. Non, un pareil droit n'existe 
pas, cette obligation n'existe pas pour le prince; car 
si la théorie du placet était vraie, l'autorité et l'indé- 
pendance de l'Eglise seraient illusoires, le prince serait 
érigé en juge de l'Eglise, la religion serait asservie à 
la politique et la liberté essentielle au christianisme 
anéantie. Non,, encore une fois, un droit qui comporte 
un tel danger, qui engendrerait de telles conséquences 
ne peut pas exister. 

Sera-t-il légitimé par la coutume des princes chré- 
tiens catholiques même, ainsi que le prétend le célèbre 
Van-Espen, Janséniste appelant , dans son traité de 
promulgatione legum ecclesiasticarum ? Mais la coutume 
prescrit-elle contre la parole de Dieu, contre la liberté 
nécessaire à l'Eglise, quelqu' autorisée qu'elle paraisse 
par l'exemple? Non, c'est un principe certain du droit 
canonique. Cette réponse devrait suflare. Cependant il 
ne sera pas inutile d'examiner jusqu'à quel point les 
exemples que l'on cite peuvent avoir de valeur. 

D'abord, le placet qui ne remonte pas au delà du 
grand schisme dans les étals chrétiens, ne fut mis en 
usage que pour éviter le danger que présentait la cir- 
culation des fausses bulles et des faux privilèges, con- 
cernant les particuliers. Introduit par le prince seul il 
n'était pas canonique; toutefois le motif en était bon, 
et il pouvait être toléré sans de graves inconvénients. 

Plus tard l'enregistrement des Bulles fut exigé par 
les ordonnances des Rois et les arrêts des cours sou- 
veraines. 

Cette jurisprudence dans le sens absolu de ses 
dispositions était encore moins en harmonie avec les 
principes canoniques que celle dont nous venons de 
parler: il était facile de prévoir à combien d'abus elle 
pourrait donner lieu dans la suite, si on venait à re- 
jeter les décisions et les lois de l'Eglise, sous prétexte 
de s'assurer de leur authenticité, et de les rendre 
obligatoires dans l'Etat par une publication plus solennelle. 

Pendant longtemps ce danger n'existait pas, à 
cause de la profession que les princes et les magistrats 
faisaient de la religion catholique. La foi a même été 
sauvegardée pendant long-temps par eux, et il n'est 
pas de décisions importantes qui n'aient été publiées so- 
lennellement, ou reconnues comme obligatoires. Toute- 
fois le danger était grand et la pente glissante. 

D'abord on se borna à enregistrer les bulles qui, 
disait-on, ne renfermaient rien de contraire à la dis- 
cipline particulière du royaume ; les autres n'étaient 
pas enregistrées, ou si elles l'étaient, c'était toujours 
avec la clause de non approbation de ce qu'elles pou- 
raient renfermer de contraire aux usages et aux ma- 
ximes des églises du royaume. 

Plus tard on voulut refuser d'enregistrer des déci- 
sions en matière de doctrine : il fallut recourir à des 
injonctions souveraines pour les faire passer dans le 
domaine des lois obligatoires dans l'Etat : ce n'est pas 
qu'on se crût autorisé à discuter des matières de foi 
dont on reconnaissait pour juge l'Eglise, mais on n'était 
plus assez respectueux pour son autorité, ni pour faire 
exécuter ses décisions. 



159 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



160 



Ainsi, le principe de 1$ jurisprudence n'était pas 
précisément celui du placet des princes anticatholiques, 
et cependant il était d'un extrême danger. L'enregis- 
trement était devenu une véritable servitude. Aussi les 
évêques réclamèrent-ils souvent la liberté de publier tous 
les décrets de l'Eglise qu'eux-mêmes n'étaient pas en 
droit de ne pas admettre, et notamment ceux du Concile 
de Trente. 

Il est donc faux que la Jurisprudence des anciens 
parlements, et la loi de l'enregistrement des bulles, dans 
l'ancien régime, soient des preuves valables en faveur 
du placet. 

La véritable théorie pour un Etat catholique eût 
été de donner force de loi à tous les décrets du S* Siège 
et des conciles sur la demande des pasteurs légitimes, 
comme cela se pratiquait dans les premiers temps. 

Enfin la nature des affaires mixtes n'autorise pas 
davanta2:e le placet. 

En effet, il est d'abord assez souvent très difficile 
de déterminer ce qui est mixte et ce qui ne l'est pas, en 
quoi et sous quel rapport une chose est temporelle ou 
snîrituelle. Quoiqu'il en soit, il appartiendrait plutôt à 
l'Eglise qu'à l'Etat, de prononcer en cette matière, si 
Ton consultait la vraie notion du spirituel et du tem- 
porel. Or, l'Eglise n'est pas consultée, on prononce sans 
l'entendre dans des affaires qui l'intéressent, où elle 
a des droits à défendre, des intérêts à ménager, et sous 
prétexte que la matière est mixte et intéresse le tem- 
porel, on se pose en législateur souverain, on se jette 
sur la partie snirituelle. comme sur une proie, en 
gênant l'action de l'autorité ecclésiastique, en l'entra- 
vant, en paralysant son action. Est-ce bien \h un droit 
qui léirftime la pratique du placef? Non. Si la matière 
est mixte, et qu'on ne veuille pas s'entendre avec l'Efirlise 
pour la réffler de concert, qu'on dénie, si on croit en 
avoir le droit, à la législation spirituelle la protection exté- 
rieure, mais qu'on ne s'arroge pas le pouvoir de la réformer, 
d'en empêcher la promulffation, d'en arrêter les effets dans 
le domaine de la conscience. Que chaoue puissance res- 
pecte les limites que Dieu lui a assisrnées : que l'Edise 
n'emploie pas la contrainte extérieure, matérielle et 
brutale, et que l'Etat laisse à l'Eglise le libre exercice 
du pouvoir ou' elle a reçu d'atteindre par ses décisions 
et sa discipline le côt^ spirituel, relîdeux et moral des 
actions humaines : car il faut qu'elle empêche de se 
produire celles oui nuisent au salut, et qu'elle commande 
avec toute l'autorité de sa divine mission, les actes 
qu'elle iusre propres à nous faire atteindre r^e but su- 
prême. Voilà comment la nature des objets mixtes justifie 
le placetl 

5. ïïn autre prétendu droit régalien est celui qui 
défère à l'Etat Yappel comme d^abm. 

Vabus est une usage illicite d'une faculté, d'un 
pouvoir quelconque. ÎTn acte repréhensible dans l'exercice 
d'une profession est donc un abus. Il y a toujours eu, 
il V aura toujours des abus parmi les hommes: ils sont 
faillibles, sujets à bien des erreurs : l'ambition, l'igno- 
rance, la hauteur et la dureté, la précipitation et Tin- 
justice ne sont pas rares en ce monde. 

Lorsque les abus blessent les intérêts d'autrui, et 
qu'ils sont de nature à pouvoir être réprimés par l'au- 



torité compétente, nul doute qu'on ne puisse réclamer 
le secom-s de cette autorité, en se conformant au droit. 
L'appel à l'autorité supérieure, dans ces sortes de cas, 
est dans la nature des choses. Mais il ne faut pas con- 
fondre les juridictions. Appeler à l'autorité temporelle 
d'un abus du pouvoir spirituel est le pire des abus; 
c'est confondre le sacré avec le profane. 

Le droit canonique indique les moyens répressifs 
des abus, dans l'administration volontaire etcontentieuse. 
Il n'est pas nécessaire que le prince se mêle d'apporter 
aux abus des moyens plus efficaces. Chaque pouvoir 
est suffisamment pourvu afin de réprimer et de punir ce 
qui blesse sa constitution, ses lois, l'honneur et les 
droits de ses membres. C'est à lui seul qu'il faut en 
appeler. 

Le droit, comme le devoir d'un prince chrétien, 
zélé pour le bien de la religion et le bien de ses sujets 
eût été de provoquer dans les cas d'abus notoires et 
criants, la justice et l'activité des supérieurs légitimes 
des délinquants. 

Or, il y 'a abus, en matière spirituelle et canonique, 
si on prêche une mauvaise doctrine; si, au lieu d'édifier, 
on cause du scandale ; si on excite d'une manière 
coupable, les plaintes et l'indignation du public; si on 
étend, sans le consentement de qui de droit, sa juri- 
diction sur des sujets ou un territoire étrangers; si on 
usurpe une juridiction d'une nature différente de la 
sienne; si, au mépris de la juridiction ordinaire, on 
juge en première instance, ce qu'on ne peut juger qu'en 
cas d'appel; si on enlève arbitrairement et sans juste 
cause la juridiction à des ministres utiles ; si on ne 
respecte pas les formes prescrites. Dans tous ces cas 
et autres semblables, on peut avoir recours à l'autorité 
supérieure, et le prince a le droit d'appuyer ces appel- 
lations, si elles lui paraissent légitimes et importantes. 
Mais son pouvoir ne s'étend pas au-delà. S'il reçoit 
comme appelants k son tribunal ceux qui ont à se plaindre 
en matière spirituelle, il connaît de ce qui ne lui corn- 
pète pas, il se fait juge d'une administration qui ne 
relève que de l'Eglise, il usurpe des droits spirituels. 
6. Le dernier droit attribué au souverain sur les 
choses religieuses est celui de haut domaine et de haute 
administration des propriétés de l'Eglise. C'est en vertu 
de ce prétendu droit qu'on s'empare de ces biens, qu'on 
en empêche l'acquisition et qu'on s'attribue une part 
plus ou moins grande dans leur administration. C'est 
en vertu de ce même droit qu'on regarde comme pro- 
priétés nationales et communales des biens qui en réalité 
n'ont été donnés qu'à l'Eglise. 

C*est dans tous les pays où la religion catholique 
a été persécutée qu'on a le plus largement exercé ce 
prétendu droit souverain. 

Nous (lisons que c'est là un prétendu droit, parce 
qu'il est en opposition avec le droit divin, le droit na- 
turel, le droit canonique, et le droit des gens. Il suffira 
de rappeler 

1. Que toute société nécessaire ou utile, et à plus 
forte raison une société d'institution divine, a le droit 
incontestable d'acquérir et de posséder paisiblement, en 
son nom, les biens de quelque nature que ce soit, qui 
lui sont nécessaires ou utiles pour subsister et se dé- 



161 



PBINCIPBS DE DROIT CANONIQUE. 



162 



velopper; 2. qae TËtat n'est pas plus le propriétaire 
de ces biens que de ceux des familles et des particuliers; 
3. que les libéralités faites en faveur de l'Eglise sont 
sacrées et que personne ne peut se les attribuer, sans 
se rendre coupable d'une injustice et d'un sacrilège ma- 
nifestes; I. enfin que l'Eglise pouvant être et étant 
fN-opriétaire de ces biens, l'administration lui en appar- 
tient exclusivement. 

L'influence des fausses maximes se fait remarquer 
dans presque toutes les législations modernes. 



IMERSITËS CATHOLIQUI^. 



RÈGLEMENT DES ÉTUDES. 



Les règlements qui furent observés autrefois dans 
les universités, méritent d'être connus et sérieusement 
médités; ils nous apprennent par quels moyens furent 
formés les grands hommes qui firent l'ornement de 
l'Eglise et de la science et rendirent de si grands ser- 
vices à la religion. D autre part, l'abandon des ancien- 
nes méthodes explique la profonde décadence qui s'est 
malheureusement produite dans plusieurs pays. 

Ayant recueilli un a3sez grand nombre de docu- 
ments relatif aux études de théologie et de droit ca- 
nonique, nous voyons utile d'en faire le sujet d'un tra- 
vail spécial. 

I. SOLLIdTUDB DBS PaPBS. 

Les souverains pontifes ne se contentèrent pas de 
fonder les universités dans toutes les parties du monde 
chrétien et d'encourager les études par les innombra- 
bles privilèges dont ils enrichirent les professeurs et les 
élèves; ils comprirent aussi la nécessité de doter lar- 
gement les collèges destinés à recevoir les étudiants 
et à leur procurer le bienfait de l'éducation religieuse. 
Ces collèges étaient établis auprès de chaque université. 

Le bienheureux Urbain V, avant-dernier des papes 
d'Avignon, payait la pension d'un grand nombre de 
jeanes gens qui faisaient leurs études à l'université de 
Bologne. Une maison fut établie pour eux. 

Fantozzi a publié [Monumenti di Raverma, tom. 5, 
p. 421) une lettre adressée par le pape au cardinal-évè- 
qae de Tusculum et au cardinal Raynaldus, diacre du 
fitre de S. Adrien, commissaires pontificaux en Italie, 
pour leur ordonner de payer la pension de vingt étu- 
diants originaires de l'Etat pontifical, lesquels doivent 
être entretenus et nourris aux frais de l'Eglise ro- 
maine dans la ville de Bologne. Urbain Y écrivit en 
même temps aux directeurs du collège pontifical à Bo- 
logne de recevoir ces vingt nouveaux élèves. Voici la 
lettre du pape: 

Urbanns episcopus servus servorum Dei Venerabili 
fratri Nicolao episcopo Tusculano et dilecto filio Baynaldo 
Sancti Hadriani diacono Gardinali salutem et apostolicam 
benedictionem. De fide vestra preclara magnaque circnms- 
pectionis industria plenam in Domino fiduciam obtînentes, 



presentium tenore vobis committimus, quatenus vos per 
vos vel alium, seu alios^ viginti scolares pauperes de ter- 
ris Boman» Ecclesi» in partibus Italiae immédiate subjectia 
oriundos, teneDdos et nutriendos in domo, sea congrega- 
tione scholarium nostrorum, quos in civitate Bononiensi 
nostris et Ecclesise Bomanae expensis ordioavimus retineri, 
percepturos ezpensas, et alla commoda^ qu» alii scolares 
dictae domus seu congregationis percipiunt, sea erunt 
pro tempore percepturi, auctoritate nostra presentare pos- 

sitis. Nos enim dilectis filiis gabernatoribas dictae 

domus, seu congregatioDis per alias nostras damus litteras 
in mandatis, quod eosdem viginti scholares, quos vos, per 
vos, vel alium, seu alios seu vestras aut eorum litteras 
eisdem gabernatoribns directas duxerint presentandos pro 
tempore, de quo de aliis ejusdem congregationis scolaribus 
ordinavimus, recipiant in domo, seu congregatione prae- 
dicta, eisque de victualibus, libris et aliis opportunis sicut 
aliis ejusdem domus, seu congregationis scolaribus curent 
intègre providere. 

Datum Avinioni quartodecimo kalendas julii P. N. 
Anno 2^ (1364). 

On peut voir dans la seconde série des Analecta 
les bulles des papes qui accordèrent l'érection cano- 
nique aux diverses universités. 

II. Collège théologique de S. Bonaventurb. f 

Sixte-Quint institua dans le couvent des Saints-Apô- 
tres de Rome un collège théologique supérieur, sous 
le vocable de S. Bonaventure, pour les religieux de 
Tordre des Conventuels. Saint Bonaventure venait d'être 
mis au rang des docteurs de l'Eglise. L'institution du 
collège fut sanctionnée par la bulle Ineffabilis^ du 
1" janvier 1589. Le même jour, Sixte-Quint prescrivit 
à l'archevêque de Ghieti de prendre possession au nom 
du collège, de tous les biens du monastère de Sainte-Ma- 
rie d'Arabons^. D'autres rentes furent attribuées au col- 
lège par la bulle Apostolici muneris^ onzième jour des 
calendes de février de ladite année. Sixte-Quint voulut 
que la dotation du collège fut en état de maintenir tout 
au moins vingt étudiants. Afin de pourvoir à l'admi- 
nistration du collège, par l'ordre du Sixte-Quint, le 
cardinal de Montalto, protecteur de l'établissement, publia 
des statuts. Le pontife les confirma en vertu de la con- 
stitution Cum nuper des ides d'avril 1589. 

Les statuts du collège de S. Bonaventure ont été 
rapportés par le continuateur des Annales de Wading, 
tom. 22, pag. 190 et seqq. Nous nous contentons de 
signaler les principales dispositions. 

Les étudiants devaient avoir atteint l'âge de vingt ans, 
et avoir déjà étudié pendant cinq ans, la logique, la 
physique, la métaphysique et la théologie. Le cours 
durait trois ans. Sixte-Quint pensait que ce laps de 
temps suffisait pour acquérir la science qu'il désirait 
donner à ses élèves. 

Le régent expliquait constamment le commentaire 
de S. Bonaventure sur les quatre livres -des sentences 
de Pierre Lombard. Prévoyant que le terme de trois ans 
ne suffirait pas pour achever les quatre livres des sen- 
tences, le règlement prescrivit des disputes quotidiennes 
pour exercer les étudiants dans le questions que le ré- 
gent déterminerait. 

Tous les mois, chaque étudiant devait soutenir pu- 



19^ siRix. 



11 



163 



UNIVBBSITÉS CATHOLIQUES. 



164 



bliquement les thèses indiquées par le régent, sans pré- 
judice pour les autres exercices. Les élèves étaient di- 
spensés d'assister à l'office de matines les jours de leçons. 

Le chapitre général des Conventuels nommait le ba- 
chelier du couvent, lequel expliquait tous les jours un 
passage des commentaires sur l'Ecriture ou des opus- 
cules de S. Bonaventure. Tous les bacheliers du col- 
lège devaient assister k ce cours, sous peine d'expul- 
sion. En outre, le bachelier proposait les conclusions 
sur lesquelles les élèves du collège argumentaient et 
faisaient des objections, les jours fixés par Tusage. 

Toutes les provinces de l'ordre des Conventuels 
avaient le droit d'envoyer leurs sujets au collège de 
S. Bonaventure. Ceux qui avaient déjà pris le grade de 
bachelier obtenaient la préférence; ils jouissaient du 
privilège de subir seulenient quelque acte solennel de 
disputes publiques, pour être aptes au doctorat. Le gé- 
néral de l'institut, ou le président du chapitre général 
conférait le doctorat, mais Tautorisation du cardinal pro- 
tecteur du collège était nécessaire. 

Voici textuellement les principaux statuts du collège 
de S. Bonaventure. 

Qui eligendi sunt aetatis non minons viginti anno- 
rum ex legitimo matrimonio procreati et cum qualitatibas 
juxta formam litterarum SS. D. N. ita ut nollius dispensa- 
tionis, aut legitlmationis praete^rtus quoad eorum admis- 
sionem natalium suppléât defectum, nec alias uUus eligatur, 
niai qui logicae, physicae et metaphysicae cursum peregerit^ 
et sacrae theologiae, ut infra dicetur, saltem per annnm 
operam dederit^ ejusqne rei in disputationibus , aliisqne 
actionibus publicis spécimen aliqnod ediderit Tantum enim 
provectiores scbolares in hoc colleginm Sanctitas Saa ad- 
mitti Yoluit, quod demnm Ecclesiae Dei fiant magis utiles 
et ad honores magis idonei. 

Manebunt autem in coUegio triennio tantam, quod 
sane tempus satis esse videtar ad eam consequendam em- 
ditionem qna S. Sua eos erudiri, atque institui cupit, 
nisi ex aliqua rationabili causa aliud protectori videatur. 
Tum demum aliis, qui sibi succèdent^ loca dimittant; ita 
enim fiet, ut in hac religioûe ad communem omnium 
utilitatem eruditorum hominum numerus facile augeatur. 

Et quia pro divinarum litterarum disciplina sacrum 
hoc colleginm institutum est, supradictus regens S. P. 
Bonaventuram super quatuor libres magistri sententiarum, 
quasi ducem suis auditoribus semper interpretabitur. Unus 
enim ipse Sanctns qui nuper inter praedpuos ecclesiae 
sanctae Doctores a SS. D. N. Sixto Y relatns est, ob 
singolarem doctrinam, ac sententiarum dignitatem, quibus 
pleni sunt ejus libri, abunde sufficiet, ut ex ejus lectione 
liteomm in summnm quisque theologum possint evadere. 
Quoniam vero solo triennio vix fortasse poterit regens 
quatuor ipsos sententiarum libres absoWere, volumus, ut 
ipsi auditores, in eadem S. Bouaventurae doctrina juxta 
materias sibi a régente constitutas, in disputationibus quo- 
tidianis sese mutuo exerceant, et hac ratione libres absolvant. 

Teneantur quoque singuli de collegio singulis mensi- 
bus ex eadem doctrina assortiones publice in collegio dis- 
putandas proponere, prout unicuique eorum a régente 
fnerit constitutum, neque propterea solitas aliorum stu- 
diorum exercitationes ullo modo praetermittant ; et ut 
commodius studiis vacare possint, nec matutinis interesse 
tempera lectionum, neque mortuos associare, nisi defuncti 
nobÛitas, aut alia nécessitas coegerit, teneantur. 

Magister studentium de more coeterorum ordinis stu- 



diorum non praeficiatur, cum proveciorum sit hoc dumtft- 
xat coUegium. Baccalaureus autem conventus instituatur is, 
qui a generali et patribus in capitule judicatus fuerit ha- 
bilis aetate, moribus et doctrina. 

Is teneatur qualibet die a régente assignatam aliquam 
interpretari lectionem ejusdem S. Bouaventurae, sive in 
opusculis sive in S. Scriptura, ad quam coeteri baecalauroi 
accedere teneantur sub poena ejectionis a collegio, perse* 
verante contumacia, nisi fuerint legitimo detenti impe* 
dimento. 

Idem etiam consuetis diebus conclusiones disputandas 
proponere teneatur, ac duo saltem ex collegio arguant et 
opponant, ad majorem materiarum éxaminationem ; ipsd 
argumentis respondeat et regens cum opus fuerit, sup* 
pleat. 

Yolumus autem, quod scholares praedicti collegii nt 
ampliorem spem de se praebeant, jam antea in aliquo re- 
ligionis serapbicae studio per annos quinque logices, phy- 
sices et metaphysices studiis et etiam primordiis theologiae 
operam dederint, atque de tempore studiorum illorum, 
quinimo et de progressibus in eis factis plenam fidem 
faciant, antequam in dictum coUegium S. Bonaventurae 
recipi possint, ibique exercitia jam proposita fréquentent 
per triennium in eodem remansuri, viam B. Bonaventurae 
vigili cura terentesque, quousque magisterii lauream sus* 
cipiant. In qua assequenda priorem locum ante alios 
omnes religionis baccalaureos, uti par est, non solum 
obtineant, sed etiam peculiari privilégie gaudeant, ut sci- 
licet praevio tantum aliquo disputationum publicamm 
solemni actu, nulli àlii examini subjaceant, et a generali 
dicti ordinis, seu praesidente in generali capitule, solitis 
tantum muniis per eos adimpletis, magisterii gradu exor- 
nentur, eumque solenmiter recipiant de nostra tantom 
licentia, prout ejus Sanctitas nobis, et successoribus nos- 
tris protectoribus induisit non obstante aliqua religionis 
constitutione, aut Sanctae apostolicae Sedis prohibitione, 
nisi facta mentione de hoc induite, quae hoc alias fieii 
prohiberet. Taies enim futures confidimus, qui ex hao 
prodibunt collegio, ut mente gradus iste illis debeatur, 
que ornati, majore etiam auctoritate, tam in exponendis 
divinis scripturis, quam in oflBdo praedicandi verbi Dei, 
aliisqne religiosis ministeiiis secure versari et veluti nova, 
et feracia germiita uberrimos ad communem Ecclesiae uti- 
litatem ad Dei gloriam producere possint. 

On voit par là toute l'importance qui était attachée 
aux conférences, aux cercles et aux discussions aux* 
quelles les étudiants se livraient, en dehors des leçons 
qu'ils recevaient des professeurs. Ces exercices avaient 
lieu chaque jour. 

m. Univebsité db Louvain. 

Etablie sous le pontificat de Martin Y, et en verta 
de la bulle de ce pontife, l'université de Louvain vécut 
près de deux siècles sans être jamais visitée. Quelques 
désordres s'étant introduits à l'occasion des guerres ci- 
viles qui dévastèrent le Brabant, Paul Y autorisa l'ar- 
chiduc Albert et l'archiduchesse Ëlisabeth-Glaire-Eugé- 
nie à désigner des commissaires pour procéder à la vi- 
site. Ce furent Jean Drusius, abbé du Parc, et Ëtiemie 
Yan Craesbelke, docteur dans les deux droits et con- 
seiller de la cour de Brabant. Les commissaires dres- 
sèrent des statuts, qui obtinrent ensuite la confirmation 
du pape Paul Y, dans le Bref Cum sicut, du 21 octo- 
bre 1617. 



165 



UNIVERSITÉS CATHOLIQUES. 



161 



Nul ne peut enseigner en public ou en particulier 
dans Tuniversilé de Louvain s'il ne professe sous ser- 
ment la religion catholique apostolique romaine, sous 
peine de privation de son professorat, et d'expulsion 
de l'université. 

Le recteur de Tuniversité est élu, chaque seme- 
stre, et il est pris dans chaque faculté, à tour de rôle. 
Le prévôt de la collégiale de S. Pierre de Louvain a 
seul la dignité et le titre de chancelier, conformément 
m privilège obtenu du Saint-Siège. 

Théologie, droit canonique, droit civil, médecine, 
philosophie, mathématiques, langue grecque, hébraïque 
et latine, telles sont les facultés enseignées à Louvain. 

On a plusieurs chah-es d'Ecriture Sainte. Le pre- 
mier professeur explique le nouveau Testament; ce n'est 
qa'après l'avoir achevé qu'il peut expliquer les psau- 
mes de David, ou tout autre livre de l'ancien Testa- 
ment qui n'est pas interprété par les professeurs or- 
dmaires. 

£b théologie, la Somme de S. Thomas est adoptée 
comme texte ofiBciel. On a deux professeurs,- le pre- 
mier int^rète la première partie de la Somme, et la 
troisième. Il doit achever son cours en trois ans et demi. 
Le second professeur de théologie scolastique explique 
la première de la seconde partie et la seconde de la 
seconde. Son cours est pareillement de trois ans et demi; 
de là vient que le coui^ complet de S. Thomas dure 
sept ans. 

On recommande les disputes théologiques, si néces- 
saires, et utiles, de l'aveu de tout le monde. La sainte 
Ecriture, les conciles, les saints pères et les raisons 
théologiques qu'on y puise, voilà les principales sources 
des argumentations. 11 faut que les bacheliers argu- 
mentent publiquement. 

La faculté de droit canonique possède quatre pro- 
fesseurs, dont deux pour les décrets et deux pour les 
décré taies. Gomme un professeur suffit pour les décrets, 
il est prescrit que le professeur ordinaire enseigne les 
institutions de droit canonique; il doit les achever en 
on an. 

Les deux professeurs des décrétâtes et du Sexte, 
divisent le droit canonique en cinq parties; le premier 
explique les trois premiers livres, pendant que les deux 
derniers livres sont laissés au second professeur. Ils 
doivent ramener à leurs leçons toutes les constitutions 
de l'ancien droit et du nouveau qui s'y rapportent. Le 
cours doit durer deux ans et demi; cela fait, au total, 
cinq années employées à l'étude du droit canonique, 

Voici textuellement les ordonnances que nous venons 
de rapporter; nous citons à la suite le Bref de Paul V. 

Visitatio Almse Universitatis studii gênerai! oppidi Lo- 
ramensis. Pnblicata in Anla monasterii fratram Eremita- 
rnm Ordinis S. Augnstini oppidi praedicti, die quinio 
moDsis septembris anni cnrrentis millesimi sexcentesimi 
dedmi septimi, in plena Universitatis congregatione ibidem 
indicta et sei;yata. 

Albertas, et Elisabeth Clara Eugenia Hispaniarum 
Infans, Deî gratia archifluces Austrise, duces Bm^gundiae, 
Lotharingiae, Brabantiae, Limburgi, Lnxemburgi, et Gel- 
driae, etc. Omnibus et singulis praesentes litteras visuris 
Tel auditnris salntem. Cum omnium regnorum , subdito- 
mmqne félicitas a recta pendeat institutione, quae rudes 



animes ad Dei cultum, in principis obedientiam, ir^ paren- 
tes et patriam pietatem, erga magistratus bf^xiorem, et 
reverentiam incitât, atque in fructuosis BeiprJ{)||e3,e muniis < 
idoneos reddit, non sine summa considera^'ione oculos eon- 
vertimns in Universitatem nostram Loy aniensem, quae Del 
benignitate ita a sui exordîo cre^/it^ ut ante initium no- 
vissimorum bellomm civiliiim absolutam habuerit perfec- 
tionem, utpote quae in sacra theolçgîa, in jure canonîco, 
•et civili, medicina, philosophia, mathematîca , linguae 
Grecae, Hebraicae, et Latinae professione suos habuerit, 
et etiam num habeat praeceptores, viros omnium judicio 
doctissimos; sed quia nunquam ab exordio suo exacte et 
débite visitata fuerit, bellorumque civilîum morsu, ut in 
omni republica accidit, non nihil a recta institutione dé- 
viasse potuerît, commissarîos elegîmus juncta imprimis 
Summî Pontificis authoritate fidèles ac charos nostros 
Dominos Joannem Drusium sacrae theologiae licentiatum 
abbatem Parcensem, et Stephanum Van Craesbelke, juris 
utriusque doctorem et nostrum in Brabantia consiliarium, 
qui dictam Universitatem in omnibus suis membrîs visi- 
tent, et si quos defectus invenerint, observent, omniaque 
ad nos sincère référant, ut maturo et prudenti consilio in 
omnibus provîdeatur, quo dicta Universitas ad antiquam 
perveniat perfectionem et félicitatem; ad quem finem ha- 
bite dictorum commissariorum relatu, omnibusque pru- 
denter, et exacte consideratis, sequentes statuimus loges, 
quas strictissime rectori, aliisque dictae Universitatis pro- 
fessoribus et supposîtis observare praecipimus. 

Et inprimîs, nemo ad professionem publicam, nec pri- 
vatam in dicta universitate admîttatur, nîsi professus fuerît 
sub jnramento religionem catholicam apostolicam Boma- 
nani sub pœna privationis a sua professione, et expulsions 
a dicta universitate. 

Bector vero dictae universitatis Singulis tantum semes- 
trîbus consueto jam more ex singulis facnltatibus per 
tumum eligatur, praescriptumque juramentum in adventu 
suo praestet, et deinde advigilet, ut per se et promotorem 
sûum statuta dictae universitatis observentur. 

Porro praepositus Ecclesiae coUegiatae Dîvi Pétri Lo- 
vaniensis, juxta privilegium ab Apostolica Sede îpsi im- 
pertitum semper et soins Cancellarii obtineat dignitatem 
et nomen. 

Et quidem in docendo hic obsetvetur ordo. Primo Pro- 
fesser Sacrae Scripturae novum explicabit testamentum, 
quo absoluto explicare poterit Psalmos Davidîcos, vel alium 
quempiam, quem elegerit veteris testamenti librum, qui 
tamen ab ordinariis professoribus non praelegatur, vel ad 
praelegendum ex more non sit assignatus; idque ea lege, 
ut Novi Testamenti explicatione absoluta, non liceat nisi 
unius veteris testamenti lîbrî, vel duorum, magno aequi- 
valentium explicationem interponere, sed obstrictus sit ad 
Novum Testamentum ordinarie mox redire. Docebit vero 
hora octava antemeridiana. 

Senior scolastîcae theologiae professer explicabit primam 
Divi Thomae partem, quae de Sanctissima Trinitate et re- 
rum Creatione, de Angelis et homine primo, aliisque Dei 
Operibus, deque praedestinatione atque reprobatione agit; 
similiter et tertiam partem, quae de nostrae salutis ac 
reparationis Aiithore Christo, de Sacramentig, ac novissimis 
tractât, ac unaraquamque partem tribus cum medîo annis 
absolvet, habebitque horam decimam matutinam. 

At vero ne disputationum frequentîa nimis saepe hsBc 
lectio interrumpatur, statuimus, ut quando hora sua con- 
stituta fieri non potest, tune a medîo martii usque ad 
festum Bavonîs fiât hora sexta matutina; a festo vero Ba- 
vonis usque ad médium martii a septîma usque ad octa- 
vam; vel si conunodius videatur, fiât semper sestate hora 



167 



UNIVBBSITÉS CATHOLIQUES. 



168 



septima, hyeme qoadrante post septimam, semperque doret 
per horam. 

Junior antem scholasticad theologiae professor expli- 
cabii primam secundae et secundam secundae, in qnibos 
de actibns humanis, de hominis beatitadine, de virtutibns 
et vitiis in génère et in specie, de justitia et jure, aliisque 
eo pertinentibus, longe lateque tractatar, ac unamquamqne 
partem similiter tribus cum dimidio annis absolvet, ut 
septennii spatio totam scholasticam doctrinam S. Theolo- 
giae studîosi audire possint; docebitque hora éecunda 
pomeridiana. 

Septennii autem cursu (quo totam scholasticam theo- 
logiam ad studiosorum utilitatem tradent) absoluto, vices 
mutabunt professores, ut qui primam et tertiam partem 
D. Thomae docnerit, doceat primam secundae, secundam 
secundae et ita vice versa. 

Et ut disputationes theologicae, quae omnium judicio 
maxime sunt necessariae et utiles, in quibus argumenta 
potisslmum deduci yolumus ex sacris scripturis, sanctis 
concîliis, patribusque, et rationibus exinde deductis, ma- 
jori cnm solemnitate, et disputandaram materiarum di- 
scassione et examine fiant: volamus, ut quantum fieri 
potest, omnes doctores iis intersint, et praesertim octo, 
qui sunt de stricto facultatis theologicae collegio, ac in 
juribus statutis praesentes participant; ut cui scholae emo- 
lumentis gaudent, ejusdem etiam utilitatem atque splen- 
doreïn promoveant. 

Cum vero disputationis exercitatio, et ingenii acumen 
ostendat, et quid homini doctrinae insit patefaciat, diligens 
habeatur cura ut Baccalauri per se in publicis scholis 
argumententur, nec facile pecuniis hoc onus redimere, vel 
aliter sese excusare (nisi praegnans subsit ratio) permittan- 
tur, et si huic nostro statuto contravenerint, ab ulteriori 
promotione arceantur. 

Nemo ad studium juris admittatur, nisi prius de Ca- 
tholica, Apostolica, Bomana Beligione observanda jura- 
mentum praestiterit. 

Et quia jurisprudentiae in hac universitate duœ sunt 
&cultates, una juris canonici, altéra juris dvilis, volumus 
ut in jure canonico hoc ordine doceatur : nimirum, cum in 
jure canonico duo sint professores decretorum, quorum 
unus in decretis suflScit, yolumus, ut ordinarius decreto- 
rum professor, qui diebus jovis et feriatis, aliisque quibus 
alii vacant, docere solet, eisdem quoque diebus doceat 
juris canonici institutiones, illasque singulis annis absolvat, 
eritque illi statuta hora octava. 

Âlter vero decretorum professor extraordinarius décréta 
exacte praelegat, sitque illi ad hoc statuta hora décima 
matutina. 

Duo vero reliqui professores juris pontificii, decretalium 
videlicet, et sexti, partientur jus canonicum in quinque 
partes, pro numéro quinque librorum decretalium, ita ut 
primarius juris canonici professor très libres primes de- 
cretalium explicandos suscipiat a medio octavae usque ed 
horam nonam matutinam. 

Alter vero reliquos duos ; ita tamen, ut praedicti duo 
professores ad libres et titulos sues praedictos applicent 
constitutiones omnes tam antiqui, quam novi juris, quae 
in sexto et Clementinis continentur, idque pro numéro, et 
divisione librorum sexti, et Clementinarum, eritque pro 
secundo professore constituta hora secunda pomeridiana. 

Praedictos autem quinque libres decretalium, Sexti et 
Clementinarum, pro modo et ratione superius praescriptis 
absolvat duobus annis cum medio. 

Absoluto autem cursu professores mutabunt vices, ut 
qui très libres primes docuerit, doceat duos postremos; et 
contra, qui postremos explicaverit, explicet primes. 



Paulus PP. y. Dilectis ûliis rectori, ac aliis officialibus 
et ministris, ceterisque personis universitatis studii gène* 
ralis oppidi Lovaniensis Mechliniensis dioecesis. 

Dilecti filii, salutem et apostolicam benedictionem. Cum 
sicut ex litteris venerabilis fratris Lucii archiepiscopi 
Hidruntini, nostri et apostolicae sedis in Belgiis ditionibus 
nuncii accepimus, universitas ista de ordine et mandato 
nostris, per pèrsonas ecclesiasticas a dilecto filio nobili 
vire Alberto Archiduce Austriae principe Belgii deputatas 
auctoritate nostra apostolica visitata fiierit: nos ut visitatio 
praedicta suum quantocitius sortiatur effectum^ pro injun- 
cto nobis apostolicae servitutis officie, quantum cum Do- 
mino possumus, providere volontés, vobis per praesentes 
committimus, et sub censuris ecclesiasticis ac IndignationiB 
nostrae poenis mandamus, ut visitationem ac décréta et 
ordinationes in illa auctoritate apostolica ut praefertnr 
facta, dummodo licita sint, et honesta, ac sacris canonibus, 
concilie Tridentino, constitutionibus apostolicis, ac dictae 
universitatis erectioni, et privilegiis ab apostolica sede illi 
concessis non adversentur, et non alias, ea qua decet re- 
verentia recipiatis, illaque diligenter observetis, ac ab àliis 
ad quos spectat, et pro tempère spectabit, observari ca- 
retis, reàliter, et cum effectu. Nos enim irritum decemi- 
mus, et inane, quidquid secus super his a quoquam qua- 
vis authoritate scienter vel ignoranter contigerit attentari; 
in contrarium facientibus non obstantibus quibuscumque. 
Datum Bomae apud S. M. Majorem sub annulo piscatoris 
die vigesima prima octobris 1617, pontificatus n. anno 
13. Cardin. Sanctae Suzannae. 

Il importe de faire observer q[ue la Somme de S. 
Thomas formait à Lourain le texte des leçons. Le 
Maitre des sentences ni ancun autre théologien ou 
manuel n'était reçu, ou mis aux mains des élèves. 

De même, en droit canonique, les professeurs expli- 
quaient et les élèves étudiaient les textes, le décret de 
Gratien, les décrétâtes de Grégoire IX, le Sexte de 
Boniface YIII, les Clémentines, ainsi que les sommaires 
et les gloses. 

lY. Fbibourg bn Bbisoau. 

Le nonce, Barthélémy de Porzia, en 1576, visita 
l'université de Fribourg, d'où il écrivit au cardinal de 
Corne une intéressante relation sur l'état de cette uni- 
versité et les réformes dont elle avait besoin. 

Les cours de lettres commençaient à six heures du 
matin, et ne finissaient qu'à quatre heures après midi. 
Dix professeurs enseignaient successivement : I. L'Or- 
gane d'Aristote. 2. La grammaire grecque. 3. Autre 
cours de grammaire. 4. Physique d'Aristote. 5. Lan- 
gue hébraïque. 6. Explication d'un poëte, ou d'un histo- 
rien latin. 

7. La rhétorique ad Heremitm. 8. Grammaire la- 
tine. 9. Cours de mathématiques. 10. L'Ethique d'Aris- 
tote, à quatre heures. 

Les professeurs donnaient de fréquentes répétitions. 
Déclamations et discussions continuelles. Vacances rares 
et courtes. Après trois ans d'assiduité, les élèves re- 
cevaient le doctorat philosophique. 

Trois professeurs enseignaient la médecine, en cou- 
rant, et sans approfondir les questions. 

La faculté de droit comptait .cinq professeurs, dont 
deux pour le droit canonique et trois pour le droit 



169 



UNIVERSITÉS CATHOLIQUES. 



170 



civil. On s'en tenait à l'explication du texte^ Digeste, 
code de Justinien, Décret de Gratien, décré taies de 
Grégoire IX. £n vertu d'un statut particulier, les pro- 
fesseurs devaient lire d'abord le sommaire, la division 
du texte, le cas formulé par les glossateurs, avant d'a- 
border le texte même ; puis, lire ce texte, exactement, 
ponctuellement, formuler des questions, selon le besoin 
ou la capacité des élèves ; enfin passer aux gloses, 
surtout les gloses ordinaires, et les exposer clairement, 
doctrinalement et brièvement. Les professeurs n'osaient 
pas s'écarter des gloses, par crainte de s'éloigner du 
port et de s'aventurer en pleine mer. Les élèves, fort 
pauvres pour la plupart, voulaient terminer prompte- 
ment leur cours, pour aller gagner leur vie dans la 
procédure. 

Le droit féodal et le droit criminel n'étaient pas en- 
seignés à Fribourg. 

Fribourg renfermait quatre professeurs de théologie 
ou d'Ecriture sainte. Un d'eux expliquait l'ancien testa- 
ment, la Genèse et le Deutéronome, à neuf heures du 
matin. Une heure 2q[)rès midi, explication du nouveau 
testament. A trois heures, explication du maître des 
sentences,- le professeur se bornait à quelques défini- 
tions et divisions, laissait une foule de questions de 
côté, et parcourait un livre entier chaque année. A la 
même heure, on expliquait le catéchisme romain. 

Pour arriver au doctorat, il fallait être reçu bar- 
cheliér biblique; puis expliquer publiquement pendant 
six mois deux livres de la Bible; puis, être reçu bar 
chelier des sentences; et expliquer durant un an deux 
livres de Pierre Lombard ; prendre enfin le grade de 
bachelier formé. 

Neuf années d'étude étaient ordinairement exigées, 
pour parvenir au doctorat en théologie. 

Tous les professeurs faisaient la profession de foi 
le jour de leur installation ; ils promettaient avec ser- 
ment de ne rien enseigner qui ne fût conforme au 
concile de Trente, pour lequel ils avaient la plus grande 
vénération. 

La corporation universitaire se composait des trois 
médecins, des cinq légistes et des trois théologiens, 
outre un doyen, qui était élu chaque année. Le re- 
cteur était élu tous les six mois. Ils établissaient un ques- 
teur, qui recueillait les revenus, et payait les profe^ 
seurs, le chancelier, les notaires, et autres bfficiaux de 
l'oniversité. 

Le nonce ajoute : « Je crains que les étudiants n'ap- 
profondissent pas les questions et qu'ils ne partent avec 
une teinture superficielle. Il ne peut en être autrement, 
vu la précipitation avec laquelle on fait les cours. Si 
l'on enseignait Aristote, la philosophie naturelle, et 
la vraie théologie scolastique formelle, comme en ItaUe, 
ce serait un grand bien pour l'Université. Des hom- 
mes éminents n'ont pas cru perdre le temps dans les 
questions de la théologie scolastique. » 

«r L'université de Fribourg est de grande importance 
pour conserveur la religion catholique en Souabe et 
en Alsace. Si elle formait des sujets plus solidement 
instruits, cela serait d'un grand secours pour regagner 
les régions voisines. » 

La faculté de théologie désirait deux cours, les 



cas de conscience, et les controverses. Le premier ne 
peut qu'être bon, et il produira de meilleurs résultats 
si l'on établit la scolastique. Les controverses sem- 
blent dangereuses pour des gens dont l'instruction est 
superficielle. 

La relation du nonce a été publiée dans les Annales 
ecclésiastiques de Theiner (tom. 3, p. 533^. 

Informazione suiruniversità di Friburgo nella Brisgo- 
via, mandato dal Nmizio Bartolomeo di Porzia al Cardinale 
di Como. 

Nell'univeisità di Friburgo dalla prima institnzione sua 
sin a questo tempo ë stato sempre solito che s'insegnino 
congiantamente le lingue e le scienze, le quali di présente 
s'esercitano e si mostcano con quest* ordine. 

Alla prima ora del giorno» che è la sesta di Qennania 
si legge Torgano d^AristotelOf ma par compendio con certa 
via plana et cursivo si che in un anno e tre mes! s'assolve. 

Alla settima si espone la grammatica greca. 

All'ottava una simile lezione, che varia dalla prima per 
metodo, tenuto da grammatici, de*quali è molto copiosa e 
straordinariamente studiosa questa nazione. 

Alla nona si l^ge la tisica d*Aristotele, ne perè ab- 
bracciano i libri délia generazione e dell'anima, ma si fer- 
mano nelli otto libri délia fisica, e nei quattro dei Cielo: 
il metodo non è disputativo, ma facile e piutosto per strada 
compendiaria, che altrimenti, essende obligati a finira quel 
corso par la profondità sua taato scrupoloso in un anno a 
quattro masi o alla pid lunga (che di rado awiana) in 
due anni. 

Alla undecima si ha lezione di lingua abraica. 

Alla duodecima leggasi da un professera, a ci5 dasti- 
nato qualche o poeta o istoriografo latine. 

Alla una dopo mezzo giorno si spiaga la rettorica ad He- 
rannium. 

Alla due si mostra la grammatica latina. 

Alla tra 8*oda una lezione di matematica, ora ë geo« 
matria, ora aritmatiea, ora astronomia. 

Alla quattro si spiaga l'atica d'Aristotela pur piana- 
meAte a con poca diseussiona di questioni ch'occorrino. 

A quasto si aggiunga una lezione o di poati o di isto- 
riografi greci, la quale non ha sampra ora detanninata. 

S'hanno dalla mataria sopradatte moite ripetizioni dalli 
stassi profassori, ad è assai fréquente l'uso dalla declama- 
zioni, a disputa accomodata alla capacité a profassioni daî 
scolari* 

Chi par tre anni firaquanta Tantadatta scuole, e dà 
sagno d'avar bana speso 11 tempo, pub pratandere' e par 
Tordinario sud conseguire il grade del Dottorato, (o coma 
esai usano di dire), di magisterio filosofico. 

Di Madicina s' hanno tre professori, li quali hanno ore 
a luoghi particolari; le lezioni sono le medesime che si 
costumano ne' studii d* Italia, banchè il metodo sia corsîvo, 
ne esaminino le questioni profondamente. Quando v' è stato 
numéro di scolari, hanno avuto gli esercizi loro con la 
medasima diligenza, che usano le altre facoltà; di présente 
non vi sono tanti scolari di qnella professione, quanti letton. 

Qaanto aUa professione délie laggi si trova lo studio 
in questi termini, come ho potuto informarmi; Vi sono 
cinque professori, due di ragion canonîca, e tre di civile, 
il carico de* quali ë compartito in questa guisa. 

Alla settima ora della mattina leggono le décrétai! di 
Gregorio Nono e la sera alla terza si spiega dall'altro 
canonista il teste. Dopo il primo di questi leggono il corpo 
di ragion civile due Dottori per un tal ordine impostoli 
gîà da' Beformatori, che quelle deUa mattina alla, prima ora 
nel primo anno esponga la prima parte del Digesto vecchio, 



171 



UNIVBKSITÉS CATHOLIQUES. 



172 



ma, secondo la prima del Ciodice, nel terzo la seconda del 
V6Cchio,«nel quarto la seconda del Codice, e quelle a oui 
ë date il carico délia sera ispedisca ne'quattro anni la 
prima deir infortiato, e la seconda del nuovo: cosl in capo 
de'quattro anni finiscono (corne anco ne'studii dltalia Tho 
ben osservato) il corso ordinario. Il quinto Dottore ha ca- 
rico di leggere l'Istitazioni di Giustiniano,* quale ha ter- 
mine prefinito d*ispedire il corso in due anni. 

La forma délie loro lezioni non ë discrepante (per quanto 
posso comprendere) da quella che s'osserva in Italia nel 
modo deU'ordinarle, sopra che hanno un tal statuto -efae ba- 
sterà a &r conoscere, corne procedono in queste materie. 

« Declaramns quod doetores, et alii loco doctorum 
legentes fideliter légère teneaniur. Et primo summariam 
praemittant, et divisionem teztus, si occnrrat, ac etiam easum 
in terminis, antequam textnm legant, pro juvenibus clare 
exponant; deiode descendant ad textum quem distincte et 
ponctualiter legant, et casum réassumant, si oporteat; deinde 
notabilia eliciant, contraria et quaeationes ex propriis, vel 
aliorum Doctorum juribus forment secundum exigenMam 
materiae, auditorum capacitatem, et ipsorum discretionem; 
postremo descendant ad glossas praecipue ordinarias, quas 
nulle modo omittant, sed eas clare, doctrinaliter et eipe- 
dite pro omnibus tam juvenibus quam professis exponant, 
nisi hune ordinem, vel modum duxerint pro informatione 
{deniori et clariori, quandoquidem mutandum. » 

Gon quest'ordine dunque formano le loro lezioni, nelle 
quali non sogliono seguire akun dottore ; ma solo fermarsi 
nel teste, e nelle glosse dalle quali non ardiscono disco- 
starsi per dubio d'uscire da sicuro porto e porsi a solcare 
un vaste mare, onde avviene che non vanno esaminando 
le questioni, che potrebbono nascere da quella legge, se 
non in quanto par loro, che possi avvenire per corso or- 
dinario in prattica, a che molto attendono per il bénéficie 
de*scoIari li quali per il pih sono tali, che non hanno altro 
scopo che d'ispedirsi tosto di là per andarsi a procacciare 
il pane nel foro : parimenti poohi di loro si servono d'àltri 
libri che di soli testi, si per antico costume del loco, corne 
anco per la povertà cho se li vede impressa assai commu- 
nemente cosi nel volto come nei panni. 

Sono oltre di questo inatituite ogni mese alcune dispute 
sopra la materia corrente. 

Di Feudi e di Criminali non hanno lezione alcuna, ne 
de'secondi mi meraviglio molto; pretendono, che a pena 
sono in uso in Germania, ma si bene de'primi venendo 
ogni giorno forse pih che in altra parte del monde con- 
tioversie simili in prattica. In questa professiooe come credo 
anco nelle altre non vi ë alcuna lezione duplicata. 

De'Teologi airora nona délia mattina, legge il Suf- 
fraganeo di Basilea il testamento vecchio, versando perb 
sempre ne*termini del Genesi e del Deuteronomio. 

Alla prima dopo mezzo giorno si ha lezione del nuovo 
testamento, alla quale ë deputato per modum provisionis 
une ch'ë croate Canonico Basilense; in luogo di questo 
procurano già mezzi di trovare soggetto a proposito, ma 
per la tenuità dello stipendie non possono sin qui conseguire 
l'intento loro. 

Alla terza espone une de' libri delle sentenze une ch'essi 
chiamâno scolastico, ma veramente il metodo che tiene non 
ë taie, adducendo poco pih che qualche diffinizione o di- 
visions lascia le questioni e scorre in modo, ch*ogni anno 
spiega on libre inUero. 

Alla medesima ora v'ë chi legge il Catéchisme Bon^no. 
E di questa facoltà sono più tosto continui che frequenti 
gli esercizii. 

Chi vuol conseguire il dottorato ë necessitato a cammi- 
nare per gradi, farai prima Baceliere Biblico, e ha oblige 



d* interpretare publicamente in spazio di sei mesi due libri 
deila Bibbia, poi çreasi Baceliere delle sentenze cosi detta 
per carico impostoU di esplicare in termine d'un anno due 
libri di Pietro Lombarde, e di qua finalmente ottiene ti- 
tolo di Baceliere formate. Il tempo prefisso agralunni di 
quella Università d'esser dottori teologi ë di nove anni, se 
non ci ë qualche eccellenza d'ingegno. 

Dai professori di medicina, di leggi, e teologia si vaca 
per tre mesi dell'anno, dalle inferiori quasi mai; le lezioni 
perë passaDO di poco la mezz'ora, quando sono lunghis» 
sime, e la cagion ë che il dottore non parte di casa se 
non quando ë l'ora sua d'entrare, va poi aile scuole, e 
per un quarto d'ora appresso ë obbligato ad aspettare gli 
auditori. 

Faune tutti i professori quando sono ammessi la pro* 
fessione délia fede, e di pih giurano quelli delle suprême 
facoltà di non insegnare cosa, che non stia col sacre Con-^ 
cilio Tridentino, il che mi ë dette osservarsi con somma 
religione 

Faune il corpo dell'Università li tre medici, li cinque 
leggisti, e li tre teologi con un decano che s'elegge ogni 
anno; eleggesi in oltre ogni sei mesi un rettore; questi 
costituiscono un questore, che raccoglie le rendite, e paga 
cosi professori, come cancelliere, notari e simili offidali di 
essa Università. 

Dnbito io che a questa s'aggiunga Taltra, che per 
l'ordinario i scolari non si profondano nelle materie, siche 
partano piU tosto tint!, che informati delle cose, ne pub 
essore altrimenti leggendosi con tante predpizio. L'organo 
d'Aristotele, la filosofia çaturale, e la teologia scolastica, 
e massimamente che quelli li quali sogliono concorrere 
ordinariamente allé studio di Friburgo, sono per disposi- 
ziene d'ingegno tarde, e che fa qualche frutto pih per 
sforzo di fatica, che per acutezza d'ingegno. Perë chi in- 
troducesse la lezione d'Aristotele cosl dell' Organe, come 
della naturale filosofia, come s'usa pe'studii d'Iialia, e 
appresso questa la vera teologia soolastica formais, nelle 
questioni della quale gindicarono già non gettarsi il tempo 
tanti divini ingegni, come mostrano di credere i professori 
Friburgensi, sarebbe un singolarissimo bénéficie a quel- 
rUniversità, che cosi ë di grande importanza per conser- 
vare la religione cattolica in Svevia et Alsatia, cosi se 
profundasse pih i suoi soggetli (il che non veggo che 
possa mai essere stando il mancamento antedetto) sarebbe 
di grau giovamento a riacquistare (quando venghiilt^m- 
po di divina dispensazione) le regioni prossime. 

La facoltà teologica ha mostrato a Sua Altezza di de- 
siderare due lezioni, una de' casi di coscienia, e l'àltra di 
materie controverse: la prima non sarà se non buona e 
pih fruttuosa, quando fosse introdotta la scolastica for- 
mâle; la seconda a me non piacerebbe in tanta gioventh e 
superficialmente instrutta, parendomi cosa da generare in 
essa piuttosto opinioni che sdenza. 

Un disordine da non comportare invecchiato in essaë 
la libertà, che s'ha si puë dire ogn'uno presa di tenere 
libri proibiti, con tutto che sappiano essere pubblicato 
l'Indice nel sinodo di Costanza da Monsignore Illfio 
d'Altemps. La provisione sicura sarebbe, che il sufh-aga- 
neo del Signer Cardinale, une del regimento d'Ensisheim 
per il serenissimo Ardduca Ferdinando, e une per l'Uni- 
versità l'espurgassero, che proibissero quelli che fossero 
scorsi in iscomunica, che saranno quasi tutti. L'abuse ë 
senza dubio pernicioso, mischiandosi spesso il veleno col latte 
delle scienze alla gioventh, per l'eià e per la professione 
più curiosa di quelle che conviene. 

Friburgo 14 marzo 1576. 



173 



UNIVEBSITÉS CATHOLIQUES. 



174 



Gon questi pimcipali dell' Umyersità e massimamente 

dfii professori teologici ho tenuto spesso proposito sopra il 

rimettere la scolaslica, e dare indirizzo di maggior sodezza 

A quella facoltà, che déclina il tempo di maggior bisogno, 

creseendo le scuole prossime d'eretici Bernesi, Tigurini, 

Basileensi, e Argentinensi, e finalmente accorgendosi che 

la persuasione è fondata, hanno mandato a Lovanio per 

cavare qualche persoDa di nome ; troyano soggetti accomo- 

dflti al disegno, ma per ciascnn anoo dimaudano 600 tal- 

leri ; hanno £atta diligenza altrove, e da tutti comprendono 

ch'ë necessario useire dalla forma ordinaria di atipendii, 

se Togliono, e far fiorire questa, e conservare Taltra fa- 

coltà, onde postisi a discorrere sopra raccrescere le ron* 

dite di essa Università, ne trovando via, si sono risoluti 

di spiegarmi un pensiero loro, che sarà parimenti con 

qneste» per tentare se potesse ridursi in termine, che ba- 

stassero a condarre uomini di profonda dottrina, ayendosi 

che tardando per la qnalità di tempi s'anderà lo studio 

alla giomata annihilando, e forse yerrà a taie che il ri- 

medio sarà di poco, o ninno seryizio. lo ho lodato il fine, 

e commendato la cura, promettendo di non mancare al 

negozio, che necessariamente deve essore proposto a sua 

Beatitadine, dalla oui approbazione e mandato dipenderà 

fl resAo. 

La faculté de théologie ayant besoin d'être recons- 
tituée, Fribourg demanda des professeurs, à Louyain, 
el à d'autres uniyersités. Mais ces docteurs réclamè- 
rent six cents thalers, qu'on ne put leur assurer. Alors 
Fribourg présenta une supplique au Pape par l'inter- 
médiaire du nonce, yraisemblablement pour obtenir la 
cession et l'application de reyenus ecclésiastiques aux 
nouvelles chaires. 

V. UNiyERsrrÉ de Pabis. Facultï de DRorr. 

L'université de Paris, autrefois si célèbre par la 
faculté de théologie qui fut immortalisée par rensei- 
gnement de Pierre Lombard, du bienheureux Albert- 
ie-Grand, d'Alexandre de Aies, de S. Thomas d'Aquin 
et d'une foule d autres docteurs, cette université ne 
jeta pas un si vif éclat dans la faculté de droit. Or- 
lésms, dont l'université fut érigée par le pape Clément Y, 
garda longtemps Jle privilège, la prérogative, en quel- 
que sorte le monopole du droit civil. Cette faculté n'ap- 
parut dans l'université de Paris qu'à une époque rela- 
tivement récente, c'est-à-dire sous le règne de Louis 
XIV. 

C'est pourquoi un règlement pour le rétablissement 
des études du droit canonique et civil fut dressé en 
1S79. 

Ce règlement n'a pas besoin d'être commenté ou 
expliqué. Les observations que nous pourrions faire, 
n'offriraient qu'un médiocre intérêt. Lmssant de côté 
ce qui se rapporte au droit civil, nous signalons quel- 
ques dispositions relatives à l'étude des lois ecclésias- 
tiques. 

Le cours, qui durait trois ans, était fait par deux 
professeurs, dont un expliquait, pendant le premier se- 
mestre de chaque année, les Institutes et les autres 
généralités du droit canonique; dans le second semestre, 
il devait traiter quelque partie du c^rps du droit, en 
sorte qu'en trois ans les deux professeurs traitaient 
ensemble les principales matières contenues dans les 



Décrétales, auxquelles ils rapportaient le décret de 
Gratien, et les autres collections. Il parait résulter de 
là que les décrétales de Grégoire IX formaient le texte 
de l'enseignement. 

Les professeurs enseignaient tous les jours, excepté 
les fêtes et les jeudis. Leur leçon durait une heure 
entière; puis, ils exerçaient les étudiants par des ré- 
pétitions et des disputes, au moins pendant une demi- 
hure. £n outre, ils leur faisaient faire des exercices 
publics sur des thèses imprimées, le plus souvent qu'on 
pouvait. 

L'étudiant refusé, ou différé, ne pouvait obtenir ses 
grades que ^devant la faculté qui l'avait examiné ia 
première fois, sous peine de nullité. 

Pour obtenir le grade de docteur, on devait, un 
an après la licence, expliquer publiquement un sujet 
de droit civil ou canonique, ou soutenir une thèse sur 
l'un et l'autre droit. Les ecclésiastiques n'étaient obligés 
de répondre que sur le droit canonique, tant pour le 
baccalauréat que pour la licence et le doctorat. 

Les religieux des ordres et des maisons incorporées 
à l'université pouvaient prendre les grades dans la fa« 
culte de droit, sur l'attestation du temps de leur étude 
en droit canonique, signée des professeurs de leur 
ordre; ces professeurs, qui eux-mêms devaient être 
docteurs, ne pouvaient admettre à leurs leçons que les 
religieux de leur institut. 

Voici le texte du règlement du 13 août 1679. 

Extrait des Begistres de la faculté des droits de TUni- 
versité de Paris. 

Nouveaux Béglemens arrestez le 13 aoust 1679 pour le 
rétablissement des Etudes du droit canonique et ciyil, dans 
la faculté de Paris, en exécution des Lettres Patentes de 
sa Majesté du mois d'Avril et Arrest du quinzième Juillet 
de la dite année. 

Les six professeurs commenceront tous les ans leurs 
Leçons en droit canon et civil à la Saint-Martin précisé* 
ment et finiront à la mi-aoust. 

Ils enseigneront tous les jours, à la réserve des festes 
et des jeudis; ils dicteront et expliqueront pendant une 
heure entière et ensuite ils exerceront leurs écoliers par 
répétitions et disputes, et en leur faisant mettre les espèces 
des IaAi et des Canons, avec les raisons de douter et de 
décider au moins pendant une demie-heure. Et en ou- 
tre leur feront faire des exercices publics sur des Thè- 
ses imprimées, le plus souvent qu'il se pourra, mesme de 
la première année. 

Il y aura quatre Leçons chaque matinée, en deux salles 
différentes, deux dans chacune, depuis huit heures précises 
du matin jusqu'à onze. 

Il y en aura deux autres dans l'une desdites salles l'a- 
près-dinée, depuis une heure jusqu'à quatre, avant le pre- 
mier Mars, et depuis deux jusqu'à cinq après le premier: 
l'autre salle demeurant pour les exercices publics, et pour 
les actes. 

L'un desdits professeurs enseignera chaque année pen- 
dant trois ans de suite, les quatre livres des Institutes de 
Justinien, et expliquera les rubriques du Digeste, et des 
neuf premiers livres du Code, autant qu'il pourra. 

Trois autres professeurs feront pendant trois ans une 
espèce de cours d'étude de Droit Civil, et en cette manière. 
Le premier expliquera dans cet espace de temps les qua- 
tre premières parties du Digeste, contenues dans le Dige- 
ste vieux. Le second expliquera la cinquième partie, et le 



175 



UNIVERSITÉS CATHOLIQUES. 



176 



commencement de la sixième, contenues dans le reste oU 
sont traitées les matières des successions testamentaires et 
ab intestat etc. Et le troisième fera le reste de la sixième 
et la dernière partie, qui sont dans le Digeste nouveau. 
Ils d*attacheront aux matières, et loix principales, et mar- 
queront avec soin le progrès et le changement du Droit 
sur chaque matière, en rapportant aux textes qu'ils traite- 
rotit ce qui regardera les mesmes matières dans le Code 
et dans les Novell es. 

Deux desdits Professeurs enseigneront les matières ca- 
noniques pendant trois années en .sorte que l'un deux 
expliquera pendant les six premiers mois de chaque année 
les Institutes, Paralitles ou autres Generalitez du Droit 
canon, avec le concordat. Et le mesme expliquera dans le 
second semestre quelque partie du corps du droit canon: 
en sorte que dans les dites trois années les deux traitent 
ensemble les principales matières contenues dans les cinq 
livres des Décrétâtes^ y rapportant les textes du Décret, et 
des autres Collections. 

Les Ecoliers qui étudieront actuellement en philosophie, 
ne pourront prendre les leçons de Droit, ny en obtenir 
les attestations. 

Nul écolier ne pourra prétendre de Degrez en une 
faculté, qu'il n'y ait étudié au moins une année continue. 
Et quand un Ecolier aura été refusé ou remis à étudier, 
il ne pourra obtenir ses Degrez en une £Eu;uIté, qu'en celle 
oh il aura été refusé on différé à peine de nullité. 

Les Ecoliers ne pourront supplier pour le Degré de 
bachelier qu'après le quinzième Avril de leur seconde année 
d'étude; et alors ils pourront demander des examinateurs, 
un président et la matière de leurs thèses; en sorte qu'il y 
ait toujours six semaines au moins depuis le jour qu'ils 
auront supplié, jusques à celuy qu'ils soutiendront leurs 
thèses, lesquelles finiront au quinzième septembre de 
chaque année, et ne commenceront qu'après la Saint- 
Martin. 

La mesme chose sera pratiquée pour la Thèse de Licence 
dans la troisième année. 

Pour obtenir le Degré de Docteur, Ton sera tenu un an 
après la licence, d'expliquer publiquement une matière de 
droit civil ou canonique, ou de soutenir une thèse, sur 
Tun et l'autre droit, excepté les Ecclésiastiques qui ne 
seront obligés de répondre qu'en Droit canon, tant les 
Thèses de Bacalanreat, que celles de Licence et de Docto* 
rat, et ceux de la B. P. B. qui ne seront tenus ny de 
prendre des leçons ny soutenir des matières Canoniques. 
Les présidences des actes de Baccalauréat, de Licence 
et de Doctorat seront données par tour, le choix demeurant 
aux anciens suivant leur ordre ; en sorte qu'après le pre- 
mier, le second aura le choix, et ainsi consécutivement 
Jusques à ce que chacun soit rempli. Et les jours pour 
soutenir les thèses seront réglés par l'ancienneté desdits 
Professeurs. 

Les Bacheliers seront obligés de disputer aux Actes pen- 
dant l'année de Licence ; et les présidents nommeront les 
Disputans par tour. 

Les Docteurs, Bégens et aggregés, qui auront assisté 
aux Actes, donneront leur suffrage dans une boëte, qui 
sera placée à cet effet dans la salle de la dispute, et qui 
sera ouverte en l'assemblée du jeudi ensuivant, dans la quelle 
les pretendans seront receus ou rejettes, à la pluralité des 
voix desdits Docteurs, Bégens et Aggregés assistans. Et les 
avis et résultats pour l'admission ou renvoy de ceux qui 
auront soutenu les thèses seront inscrits soigneusement 
sur le Begistre de la &culté et signé de tous les assistans. 
Pour examiner les pretendans aux Degrez de Baccalau- 
réat, et de Licence, il sera nommé en l'assemblée des jeudis 



trois professeurs par tour, qui s ^iisembleront à cet effet dans 
la salle de l'examen, aux jours et heures que le plus ancien 
marquera: en sorte que les examens soient faits exacte- 
ment et sans différer par trop ceux qui se présenteront pour 
les subir. Après chaque examen, les examinateurs donne- 
ront leur avis par écrit à la pluralité, pour obtenir la per- 
mission de faire la thèse. 

Les religieux des Ordres et maisons incorporées à l'Uni- 
versité de Paris pourront prendre des degrés en la dite 
faculté, sur les attestations du temps de leur étude en 
Droit canonique, signées des lecteurs desdites maisons, pourvu 
que lesdits Lecteurs soient Docteurs, sans toutefois qu'ils puis* 
sent recevoir à leurs Leçons que les Beligieux de leur Ordre. 

Pour l'exécution de ce que dessus, il sera tenu tous les ans 
le jour de la Saint Jean Baptiste une assemblée de tous les 
professeurs et aggregés, dans la quelle on réglera aussi les 
matières et la distribution, et département des Leçons pour 
l'année suivante, eu conservant aux anciens le droit de 
choisir les matières et les heures, suivant l'ancien usage, 
et pour aviser à tout ce qui pourra avancer les études de 
Droit, le bien et la discipline de la faculté, et seront les 
résultats et règlements faits dans la dite assemblée rédigez 
et écrits sur le registre de la foculté et visés tant par le 
Doyen d'honneur que le Doyen en charge. 

Et par arrest du conseil d*état de sa Majesté du 26 no- 
vembre 1680, M. François de Launay Avocat en Parlement 
a esté nommé par le Boy à la Chaire de Professeur en 
Droit Français. 

Maîtres Jean Bocager, Baymon Paucy, Jean du Gons, 
Claude Barrière, Noël Piolin, Claude du Bu, Jean le Gendre, 
François Mongin, Gilles Bonamur, Vincent GoUesson, Jac* 
ques Girard, et Claude Amyot, ont été nommés aussi par 
le Boy Docteurs Aggregés de la faculté et receus en cette 
qualité, comme il est porté par l'acte de l'Assemblée du 
28 novembre 1680. 

L'extrait cy dessus a été tiré des Begistres de la faculté 
de Droit canonique et civil de l'Université de Paris, par 
moy soussigné, greffier de la dite faculté, en présence de 
M. Jean Doujat, premier Docteur-régent, et professeur du 
Boy, Doyen en charge. 

Signé: Doujat, premier Docteur-régent et professeur du 
roy. Doyen en charge. — Vachot, Greffier de la faculté. 



Droits attribués aux Professeurs de la faculté de Paris 
suivant le règlement confirmé par l'arrest du Conseil du 
9 août 1679. 

Les droits de la faculté serrent réglés a l'avenir suivant 
le tableau qui demeurera exposé dans les écoles, sans que 
l'on puisse exiger ny recevoir plus grande somme, ainsi 
qu'il ensuit. 

Pour l'attestation des deux années pour le 
d^ré de Bachelier » 6 livres 

Pour l'examen de Baccalauréat . . . > 16 liv. 

Pour les lettres de Bachelier . . . > 48 liv. 

Pour l'attestation de l'année de licence » 6 liy. 

Pour l'examen de licence > 16 liv. 

Pur les lettres de licence » 48 liv. 

Pour les lettres de doctorat .... » 150 liv. 

Droits attribués aux docteurs Aggregés par l'arrest du 
Conseil du 16 novembre 1680. 

Pour les deux Aggregés qui assisteront à 
chaque examen ...» 4 livres 

Pour l'assistance de docteurs Aggregés aux 
actes, et partage entre les presens seulement » 12 liv. 

Pour celuy qui présidera à l'acte de Bac- 
calauréat à son tour . » 6 liv. 



177 



UNIVERSITÉS CATHOLIQUES, 



178 



L'extrait cy dessus a été tiré des Registres de la fa- 
cilité de Droit canonique et dvil de l'Université de Paris 
par moy soussigné greffier de la dite faculté en présence 
de M« Jean Doujat premier Docteur-fiégent, et professeur 
du roy. Doyen en chaige. 

Signé : Doujat premier Docteur-régent et professeur du 
roy, doyen en charge. — • Yachot Greffier de la faculté. 

Au total, les écoliers devaient débourser trois cents 
li\Tes pour les examens et pour la collation des grades. 

YL Obdonnance de Bollin« 

En 1696, RoUin, recteur de l'université de Paris, 
rendit une ordonnance qui prescrivit aux professeurs 
de faire réciter chaque jour à leurs élèves quelques 
versets de la Sainte Ecriture. Cet usage existait déjà 
dans plusieurs collèges. L'ordonnance du recteur témoi- 
gne de sa profonde religion. L'université ne doit pas 
moins être la mère de la piété que de la science. C'était 
l'ancien usage de toutes les classes d'enseigner la doctrine 
chrétienne le samedi. Demandons aux écrivains profa- 
nes l'élégance du discours ; ce sont là des vases précieux 
que l'on peut voler aux Egyptiens. Mais gardons-nous 
de servir aux enfants le vin de l'erreur. Comment éviter 
ce danger, à moins que la voix divine ne se fasse en- 
tendre au milieu de tant de voix profanes d'hommes 
païens et que le Christ, unique maître des hommes, ne 
préside chaque jour aux écoles chrétiennes. 

Mandatum Bectoris. Nos Carolus Bollin, rector univers! 

studii Parisiensis, onmibus praesentes Literas inspecturis, 

saintem. Jampridem a Nobis viri boni efflagitant ut, qnam 

pluribus in coUegiis privatim aliquot professores piam con- 

suetudinem usurpant qnotidiana scripturae sacrae redta- 

tione suorum studia conseorandi, eam nos publica et corn- 

muni lege sanciamus. Id quidem ipsa Academia pietatis, 

non minus quam doctrinae parens, tacite quodammodo in- 

Duit, dum imprimis jubet, ut pueri a Magistris^ et lUercts 

simul discant et bonis moribus imbuarUibr. Hinc stati apud 

illam et crebro indicti dies, quibus intermissa studia uni 

relinqunnt pietati locum: hinc antiquuus ille mos singulis 

in scholis diebus sabbati pueros doctrinae Ohristinae prae- 

eeptis instituendi: hinc denique laudabUis consuetudo ini- 

tium, et finem praelectionum ducendi a Christianis preci- 

bus : quibus si addatur qnotidiana scripturae sacrae quan- 

talacumque mentio, hoc velut divine sale reliqua puerorum 

studia condientur. Petamus sane a profanis scriptoribus 

sennonis elegantiam, et ab iis verborum optimam supellec- 

tilem mutuemur. Sunt ista quasi pretiosa vasa, quae ab 

Âegyptis furari sine piaculo licet. Sed absit ut in iis (que- 

madmodum olim Ai^stinus de suis Magistris conquereba- 

tnr) ineautis adolescentibus vinum errons ab ebriis docto- 

ribus propinetur. Qui autem poterimus id vitare periculi, tôt 

profanis ethnicorum hominum vocibus inseratur nisi divina 

TOI, christianisque scholis, ut decet quotidie intersit imo 

praesideat unus hominum Mi^ster Chiistus ? Nec timendum 

De divinus ille prseceptor rejiciat a se pueros, qui ipse dum 

in terris degeret, parvulos ut ad se venirent tam amanter 

invitabai Scilicet aetas illa simples, docilis, innocens, plena 

^aodoris et modestiae, necdum imbuta prévis artibus, ac- 

«ipiendo Christ! Evangelio maxime idonea est. Sed proh 

^lor! brevi illam morum castitatem infîciet humanarum 

opioionum labes, seculi contagio, consuetudinisque impe- 

îiosa lex. Brevi omnia trahens ad se blandis cupiditatum 

bi:o<'iniis volnptas tenerum puerilis innocenti» florem per- 



vertet, nisi contra dulce illud venenum adolescentium men- 
tes severis Cbristi praeceptis tamquam caelesti antidote 
muniantur. Debent igitur Magistri puerorum animis, dum 
patientis culturae sunt, quotidie divin! verbi semina com- 
mittere: quae si in iis hac prima aetate radiées egerint, 
divina Christ! aspirante gratia fructum dabunt in tempore 
suo. Nam plantare, irrigare, Magistrorum id munus est; 
dare vero incrementum, unius Christi. Nos ergo ut opti- 
morum yirorum desiderio, et muneri nostro faciamus satis ; 
ex consilio integerrimo censorum prseclarae facultatis ar- 
tium, quorum opéra in lustrandis nuper coUegiis us! sumus, 
hanc legem indicimus singulis coUegiorum professoribus, 
ut in posterum selectas e sacra scriptura, praesertim ex 
Evangeliis, aliquot sententias quotidie discipulis memoriter 
ediscendas proponant, iisdemque divini illius libri qui verba 
vita aeternae continet, quam maximam fieri potest reveren- 
tiam inspirent. Datum in aedibus nostri Laudunensibus Y 
kalendas octobris anno Domini 1696. 

Vn. THÉOLoaiB DE S. Thomas. Réglembnt. 

Les doctrines de T école thomiste sont présentement 
plus appréciées qu'elles ne le furent à aucune autre 
époque. A l'ordre Dominicain il convient de demander 
les méthodes traditionnelles qui ont été suivies pour 
l'étude du grand maître, et les moyens propres à former 
des théologiens éminents. De l'étude et de la culture 
de la doctrine sacrée dépend l'accomplissement de la 
mission spéciale et de la vocation des Dominicains. Aussi 
les constitutions renferment-elles les dispositions les plus 
sages sur la longue préparation des étudiants. 

Trois ans de philosophie, un an de Melchior Cano, 
quatre ans de somme théologique, en un mot huit années 
d'études, étaient prescrites à tous les élèves de l'ordre, 
sans aucune exception. Ceux qui n'étaient pas jugés 
aptes au professorat et au magistère devaient néanmoins^ 
s'appliquer à la théologie morale, jusqu'à l'âge de 
trente ans. 

Voilà ce que prescrivit l'ordonnance que publia le 
général, dans la visite qu'il fit en Espagne en 1762. 
Nous donnons plus loin les principaux passages de cette 
ordonnance. 

Le traité de locis theologicisj d'après Melchior Cano, 
est pour ainsi dire le tableau général de toute la science. 
On y apprend la valeur des arguments et des preuves, 
et l'on y puise un grand fonds de science et d'érudi- 
tion qui prépare l'esprit à aborder la théologie. D'après 
l'ordonnance de 1762, le professeur de locis theologi- 
cis, doit faire deux cours, matin et soir ; expliquer suc- 
cessivement tous les livres de Cano; exiger que les 
élèves apprennent par cœur et récitent les principaux 
passages ; leur faire tenir des conférences et des cercles 
pour disputer sur les plus importantes questions. Si Cano 
s'écarte parfois de S. Thomas, le professeur doit re- 
dresser l'erreur, et montrer la supériorité du Maître pour 
la solidité de la doctrine et l'admirable liaison des ma- 
tières. Les plus savants écrivains ne sont que des disci- 
ples; il faut s'attacher inviolablement au Maître. 

Pendant les quatre années de théologie on n'a pas 
d'autre livre que la Somme de S. Thomas. Tous .les 
autres cours et traités sont interdits. 

Le premier professeur prend la première et la troisième 
partie de la Somme, ainsi que le supplément. L'autre 



19* SÉRIE. 



12 



179 



UNIVERSITÉS CATHOLIQUES. 



180 



professeur s'attache aux deux sections de la seconde 
partie. Les professeurs doivent passer rapidement sur 
les doctrines purement philosophiques que S. Thomas 
a exposées pour la suite et Tenchainement des matières; 
ils pourront alors s'arrêter à des choses plus impor- 
tantes, c'est à dire aux dogmes de foi, aux questions 
fondamentales de la morale et aux doctrines propres et 

caractéristiques de l'école. 

Les élèves apprennent par cœur les articles de 
S. Thomas que les professeurs expliquent chaque jour. 

Le cercle et la conférence ont lieu pareillement, 
tous les jours, et alteraativement, en sorte que l'article 
qu'un des professeurs a expliqué, forme le sujet de la 
conclusion, ou du cercle, dans lequel on le discute, au 
lieu que dans la conférence on explique de nouveau 
l'article exposé par l'autre professeur. Le troisième jour, 
les étudiants de Gano tenant à leur tour leur cercle, 
ou conclusion, on se borne à une simple conférence 
l)our les deux articles du cours de S. Thomas. 

Il faut avoir suivi le cours de S. Thomas pendant 
quatre ans, pour recevoir le grade de lecteur, ou l'au- 
torisation de confesser, sous peine de nullité du grade, 
et de Tapprobation, et sous d'autres peines qui sont 
réservées au général de l'ordre. 

Il n'est pas possible d'appeler au professorat tous 
les élèves qui ont suivi pendant huit ans le cours de 
philosophie, de Melchior Gano et de S. Thomas. Il en 
est qui n'en ont pas le goût, et préfèrent s'adonner à 
la théologie morale, pour pouvoir ensuite exercer le 
ministère de la prédication et de la confession. 

L'ordonnance de 1762 prohibe absolument les ma- 
nuels et sonunes de théologie morale qui sont en langue 
vulgaire ; on ne doit prendre pour texte que la Somme 
de S. Thomas, savoir, les deux sections de la se- 
conde partie, et les questions de la troisième partie et 
du supplément qui se rapportent aux sacrements. Ge- 
pendant, en ce qui concerne le droit positif, l'ordon- 
nance autorise la théologie dogmatico-morale de Noël 
Alexandre, laquelle est solidement écrite et entièrement 
composée de textes canoniques, et le tribunal des con- 
fesseurs, de Wigandt, en se tenant en garde contre 
certains conclusions laxistes. 

Voici les principaux statuts, qui sont exprimés dans 
l'ordonnance de 1762. 

Quum inter institnta, legesque Ordinis praecipuum te- 
neat locum doctrinae stndium, et cal tus, ex qno tota plane, 
quanta est, nativi muneris vocationisque Ordinis functio 
pendet; ex omnibus adeo rébus, quos perpétua magisterii 
nofltri susceptaeque sanctae hujus visitationis sollicitado 
oomplecti débet, nulla fere àlia est, cul slt a nobis dili- 
gentius prospiciendum..... 



1. 



Prindpio igitur a philosophicis disciplinis ordientes, 
quae sunt apud nos elementa scholarum, negotium nos 
quidem docto viro jampridem dedimus conscribendarum 
philosophicarum institutionum tali ratione ut earum usu 
adolescentes non solum ad excogitandi, disputandique sub- 
tilitatem, sed etîam ad judicandi gravitatem utiliter exercer! 
possint, notionibusque informari multarum rerum, qu» ad 
omnem humanitatis disciplinam, imprimisque ad solidam 



Theologi» tractationem necessario pertinent. Yerum dum id 
opus perficitur, toto late Ordine sine varietate tradendum; 
plaoet interea temporis, ut intermissis, sublatisque aliis 
quibusque institutionibus, una omnino adhibeatur Philoso- 
phia PcUris AnUmii Goudin Lemovicensis. Est enim id 
opus imprimis ad Sancti Thomae doctrinam accurate exac- 
tnm, et ad praescripta legmn Ordinis comparatum; deinde 
cum brevitate, ac perspicuitate conscriptum, atque onmiuo 
ad adolescentum ingénia aptum ; postremo doctrinas de mo- 
ribus elementa complectitur ; in physicis quoque nonnulla 
eruditionis semina continet, et tamquam lineamenta naturaî. 



2. 



Proxime a Philosophie Schola adolescentes mox in 
egregio Melchioris Cani nostri opère de Locis Theologicis, 
tamquam Theologiae prodrome, annum ipsum exerced ins- 
tituique volnmus. Fiet enim hoc modo non solum ut anni 
spatio totiusTheologisB veluti descriptionem animo informent, 
sed etiam ut discant, quod proprium est Scholae munus, 
argumentorum 7im et pondus recte aestimare ; praeterea 
magnam sibi doctrinae, et eruditionis copiam comparabunt: 
atque intelligent, quot quantarumque rerum scientiam Theo- 
logiae Schola requirat; hisce principtis ac praeceptionibus 
imbuti multo paratiores expeditioresque ad ipsam Theolo- 
giae tractationem accèdent... Quod si contra factum fuerit, 
poenam jam ab hoc tempore indicimus Lectoribus quidem 
theologiae nullitatis scholastici anni, quo anno juvenem 
Cani scholam non prius anni spatio sequutum in suam 
Scholam admiserint; ipsis autem studentibus, qui admissi 
fuerint, nullitatis totius cursus theologici, ita ut neque in- 
stitui Lectores, neque approbari ad confessiones audiendas 
possint, nisi annum plane in Schola Melchioris Cani fuerint, 
ac deinceps qnadriennium ex intègre Theologiam rursus 
audiorint, perinde ae si antea nunquam audissent. Ad eos 
vero adolescentes quod spectat, qui ante hoc tempus Theo- 
logiae Scholas ingressi sunt (nam ad hos quoque fructum 
instituti hujus volumns pertinere) ; permittimus quidem, ut 
quadriennium in eisdem Theologids Scholis pergere sine 
interruptione, si velint, possint; nihilominus eo absoluto, 
Cani Scholam toto anno deinceps sequantur, quod ni fecerint, 
institui Lectores, aut Confessarii nulle modo possint, eadem, 
quam proxime indiximus, tum ipsis, tum instituentibus. 
seu approbantibus poena constituta, 

Munus porro'erit eorum, qui Cani cathedras modéra - 
buntur, matatinam, vespertinamque quotidie tenere scholam, 
quam alicubi generalem Tocant, explicando ex ordine totos 
illius excellentis operis libres unius anni spatio; et a dis- 
dpulis quotidianas Lectiones ex eodem opère diligentissime 
exigendo, memoriter omnino ac de verbe ad yerbum red- 
dendas ; interdum etiam, ne memoria excidant, praesertim 
post decursos singulos Ubros, memoriter item ex integro, 
atque una série ab initie repetentes et conclusiones, actusque, 
seu ut alibi vocant, circules, et conclusiones habere sta* 
tutis temporibus, et intervallis, hoc est quaestiones a Cano 
explicatas defendere, eas imprimis, quae praedpusB sunt, et 
sihgulorum librorum vim, et summam, ac pondus maxime 
continent; quas etiam poterunt unas, easdemque semel, 
iterum, ac saepius ad defendendum proponere, prout unius* 
cujusque quaestionis gravitas et amplitude, atque adoles- 
centum utilitas postulare videbuntur.... 

In hac autem tractatione sequenda quotiescumque in 
opinionem dictumve Cani aliquod inciderint seu, prout inge- 
nium fuit hominis paullo vehementius, minus caute jactum, 
seu quod cum S. Thomae doctrina non usquequaque co- 
haerere videatur ; officium Lectorum erit contra agere, atque 
admonere discipulos, omnino Sancti Thomae doctrinam esse 



181 



UNIVERSITÉS CATHOLIQUES. 



182 



tenendam; quantopere excellât S. Doctoris magisteriani 
non Bolum sententianim soUditate, et admirabili rarum 
oolligatione, sed etiam perpétue, singulari, ac plane inoom- 
parabili modestiae exemple, nt mature assuescere incipiant 
tantum aHctoritatis pondus revereri, et ingenii, quod in 
adolesceotibus plerumque fervere, atque insolescere con- 
saevit, arrogantîam cohibere, qua nihil in religionis doctrina 
periculosius est, magisve cavendum. Denique juvenum ani- 
mis alte hoc, saepius inculcando, infigant ut plane baereat: 
Canum et ceteros quosqae Ordinis doctissimos viros, si 
cum S. Tfaoma comparentur, disoipulos esse. Communem 
autem omnium Magistrum ipsum esse, sclUcet Sanctum 
Thomam; cujus illi praeceptis institutisque tantum debue- 
rint, quantum in ThQoIogicis disciplinis gravîtate, et soli- 
ditate doctrinae valuerunL 



3. 



Exacte in Cani Schola anno, mox communem Theolo- 
giae scholam adibunt juvenes, hac mente, atque hoc conatu, 
ut Sancti Thomae Theologiae Summam addiscant, admira- 
bile opus, Eoclesiae judicio, omniumque sapientum usu, ac 
perpetuis laudibus celebratum, quaeque ceteris quibusllbet 
gcholasticis quommcumqne institutiouibus sine dubitatione 
praestantissimum 

Et quoniam singulari Dei bénéficie, magni SS. Fatriar- 
chae Dominici in Ecclesiam meritis, is Ordini talis ac 
tantus Magister obtint; isque in Scholarum usum, ut dixi- 
mus, tantum opus perfecit: ferendum non est, ut Magistri 
loce discipulos scholœ perpétue audiant, et quum fontem 
ipsum ad manus habeant, in rivulis conquiescant. Quame- 
brem edicimus, praecipimusque, ut alie quevis libre, seu 
eursu, ut yecant, abjecte, deinceps Theelegiœ Lectores, quaô 
pristina fuit tetius Ordinis, summorumque vireram consue- 
tudo, ipsam omnino Sancti Thomae Theelogicam Summam 
in Scholis explicent, alter quidem primam partem, et ter- 
tiam cum supplemento; alter vero secundam utramque; 
brevîter expediende eos articules, qui philosephicas tantum 
doctrinas continent, quiqué colligationis, ac sériai tenen- 
dae causa petissimum a S. Doctore ioserti sunt ; que tempus 
grayioribus suppetat, prsesertim ad fidei Dogmata et ad pre- 
cipua ethices christianae capita, atque ad caracteristicas 
prepriasque Thomisticae Sdbiolae sententias pertinentibus. 
Ipsos autem Summae articules ab*utroque Lectore expli- 
candos discipuli in dies singules memeriter antea discant, 
que explicatienem et premçtius percipere, et memoria 
compecti queant. Eesdem quoque articules quetidie alte- 
rum pro conclusiqne, hoc est pro circule, ut alii nominant, 
défendent; alterum cum lectore confèrent ; idque altematim, 
ni seilicet primum conclusio, sea circulus primarii lectoris 
sit, secundi conferentia; proxima die vicissim primi cenfe- 
rentia, circulus, seu conclusie secundi; tertia autem die 
propter Cani auditorum cîrculum, seu conclusionem, utrius- 
que articuli conferentia habebitur, atque ita rursus per 
easdera alternas vices. Ordientur vero die XIV septem- 
bris hujus anni, primarii quidem lectores omnes a prima 
Summae parte, secundi vero a prima secundae. 

Porro lecteribus ipsis in eam curam assidue studio 
incumbendum erit, ut primum quidem ipsi S. Doctoris 
mentem probe assequautur, deinde disdipulis apte explicent 
«luaestionum singu1arumstatum,propriamque sancti ejusdem 
Doctoris, ipsiusque Scholae sententiam, atque haec que- 
inadmodum tura ab haereticorum erroribus, tum ab alia- 
îuiu Catholicarum Scholarum placitis différât, et quibus 
t'oti^simum momentis nîtatur; deque iis rébus illustriora, 
liia^'sque ad propositnm controversiam pertinentia Scriptarae 
•V\-^'>-'p loca, et definitinnes Ecclesiae, ac sanctorum Patrum 



dicta proférant; atque estendant S. Thomae doctrinae hinc 
quidem firmissima fnndameuta, inde vero perpetuam celliga- 
tienem, seriemque plane admirabilem, prsetermissis omnino 
inutilibus, otiosisque disquisitionibus, quae que plus acuminis 
habere videntur, ee minus soliditatis, et doctrinae continent, 
quibusque tempus gravissimis, sanctissimisque rébus tra- 
dendis debitum nonnisi misère teritur. 

Theelogicum porro studentium cursum quadriennii spa- 
tie definimus, hac lege^ ut institui Lecter, aut Cenfessarius 
apprebari deinceps neme unus pessit, quin antea, praeter 
Cani disciplinam, tamquam prodremum, ea, qua praescrip- 
simus, ratiene acceptam, quatuor etiam annos S. Thomae 
Summam in Schela audierit; nuUaque, et irrita sit ipso 
facto institutio, et approbatie, siquam centra fieri contigerit; 
incurrantque qui instituerint, aut apprebarint, in peenam 
privationis activae et passivae vocis, Magistri Ordinis pote- 
stati ad remittendum reservatam. 



4. 



Cenclusienum, actuumque scholasticerum hune praescri- 
bimus ordinem, atque hanc rationem. Philosephicas con- 
clusiones, quae alicubi conferentiae communes, alibi circulî 
appellantur, quetidie haberi velumus, neque ab una solum, 
verum ab singulis plane Philosephise Scholis, ut una die 
habeant qui in tertio, altéra qui in secundo, tertia qui 
in prime annd versantur, atque ita porro deinceps perpétue 
ordine, ac vicissitudine. De Lecis aum Theologicis circulus, 
seu conclusie una cum Theolegerum circulis série centi- 
nebitur, nimirum quum Theologi duos Sancti Thomae arti- 
cules, Scholarum, seu lecterum alternatiene, defenderint, tum 
tertia die défendent Cani discipuli, idemque mox orde repe- 
tetur, perpétue tenendus. Âctuum vero, quos alicubi, ut dixi- 
mus, appellant cenclusienum nomine, quesque per singulas 
hebdemadas sine praetermissiene haberi jubemus, h%c erit 
séries: prima hebdemadaactus erit ex iis quaestienibus, quas 
primarius; secunda ex iis, quas alter Theologiae Lecter expli- 
carit, tertia hebdemada habebunt alumni Melchieris Cani; 
quarta, qui in tertio versentur Philesephiae anno; quinta qui 
in secundo ; sexta qui in prime. Qua série absoluta, rursus 
Theologi ordientur, ac reliqui porro eedem ordine, perpe- 
tnaque vicissitudine. 



5, 



Restât ut de meralis studio statuamus. Omnino enim 
diligentissime huic tantse rei respiciendum est, quae sem- 
piternam salutem hominum, Christi sanguinis administra- 
tienem, Sanctitatem Ecclesiae Beiquepublicae felicitatem 
spectat. Atque imprimis BB. admedum PP. Prioribus pro- 
vincialibus mandamus, ut cum gravieribus suorum quique 
provinciarum viris consiliis diligenter communicatis, aliquet 
ex singulis eisdem previnciis caenebia Nebis quamprimum 
indicent, cemmedis locerum intervallis coUocata, in quibus 
singulares Theologiae Meralis Scholae institui possint, que 
ex omnibus provinciarum partibus cenveniant juvenes, qui 
post Cani Theologiae elementa, postque S. Thomae Sum- 
mam quadriennio, uti ediximus, in Schola auditam, quam 
in eisdem Scholis diutius manere, maluerint se in unius 
doctrinae moralis studio accuratius exercere, praesertim ut 
ad confessiones audiendas , et ad conciones, missionesque 
obeundas aptiores fiant; maxime quod in une decendi of- 
ficio non omnes tamdiu studiis excoli, exercerique eporteat, 
dum doctrina imbuti, et aetate maturiores facti, queant, 
quae didicerint, preferre in lucem, et ad proximorum sa- 
lutem adhibere. Quamobrem statuimus, praecipimusque, ut» 
iis tantiimmodo exceptis, quibus docendi munus fuerint im- 



183 



UNIVERSITÉS CATHOLIQUES. 



184 



positum, reUqni omnes juvenes, utcumque apti studiis, inep- 
tiT6 censeantur, tamen sine exceptione nsqne ad trigesi- 
mam aetatis annnm maneant in studentum ordine Scho- 
lasqne sequantur. 

His vero, quas diximns, moralis Theologiae Scholis moi 
instituendis, certas qnoque leges opportono tempore prae- 
scribemus. At interea tempôris ut tractation! ejos disci- 
plinae sive a Fratribus privatim susceptae, sive in cœno- 
biis ante hoc tempus quomodocumqae etiam extraneorum 
gratia^ institutae provideamus : prohibemiis omnino, ne quis 
deinceps seu ad Scholas, sen ad examina summas adhi- 
beat Theologiae Moralis, quae circumferuntur, vulgari ser» 
mono éditas, qnantumlibet correctae, atque emendatae fe- 
rantur, contraqne ab omnibus Sancti Thomae summam 
adhiberi volamus, praecipue primam secundae et secun- 
dam secundae, easque tertiae partis, et supplementi quae- 
stiones, quae sunt de sacramentis; ad exercitationem autem, 
usumque positiyi praesertim juris, Theologiam Dogmatico- 
moralem Natalis ab Alexandre , aut Wigandti tribunal , 
qnod inscribitur, Gonfessariorum : quorum altéra solidissime 
scripta est, totaque ex Sacrorum Canonum decretis com- 
pacta, alterum ad Sancti Thomae doctrinam ^otissimum 
compositum: ea tamen cautione, ut in Natali Alexandri 
pauca nonnulla, quae municipalibus ex statutis, aut con- 
suetudinibus magis quam e communi jure petita sunt, a 
communibus secemantur; in Wigandto autem pauca item 
quaedam p^uUo benignius tradita, ad justae Theologiae 
régulas castigentmr. 

Casus quoque morales, qui in singulis coenobiis statis 
diebus explicari soient, sic explicent Lectores, atque sic 
tractent, ut praetermissis omnino otiosis inanibusque sub- 
tilitatibus, rem serio et graviter agant, explicando primum 
propositae qusestionis, seu casus statum illnmque ad certa 
principia reducendo; deinde eam eligendo, probandoque sen- 
tentiam quae scripturae locis, ut communiter a SS. Patri- 
bus explicantur, quae Ecclesiae legibus, Sacrisque Canoni- 
bus nitatur ; atque in his explicandis applicandisque ad rem 
propositam, ad Sancti Thomae ductum assidue adhaereant ; 
idque continenter cayeant, ne Dei et Ecclesiae legem pro 
ingénie , arbitratuve humano tractent ; neve aut licentia 
opinandi Ghristianam vitae severitatem ad libertatis indul- 
gentiam remittant, frangantque, aut arbitraria asperitate, 
acerbitateque doctrinae Christi jugo suavitatem detrahant, 
hominesque a virtutis cultu deterreant. Quod consequentur 
justum ac temperatum sentiendi genus si Sancti Thomae 
vestigia presserint; premere vero non poterunt, nisi assi- 
duam in ejus lectione operam posuerint et diligentiam. 

6. 

Haec habuimus hoc quidem tempore, quae de studio- 
rum ratione praeciperemus. Nam etsi divinarum Scriptu- 
rarum, Sanctorumque Canonum, quae fundamenta sunt Theo- 
logiae , intermissas jampridem magno reipublicae malo 
Scholas restituere; et linguarum, graecae imprimis, hebrai- 
caeque novas inducere cupimus, et vero debemus ; quae 
res comitiis totius Ordinis saepe décréta, nonnumquam 
etiam a Pontificibus Maximis mandata Ordini magnoque 
opère commendata est, non tamen omnia repente, neque 
une tempore perôci posse intelligimus : itaque his nunc 
orsi initiis, reliqua deinceps, vita comité, et favente Deo, 
vobisque adjuvantibus, ut maturum fuerit, persequemur. 
Intérim hortamur vos etiam atque etiam ut Sacrorum, et 
Bibliorum et Canonum studia, privata saltem opéra cola- 
tis; quod si feceritis, viam ad eas Scholas restituendas 
munietis. Sicubi vero Scholae sunt divinarum Scripturarum 
ante hoc tempus institutae (scimus autem esse nonnullas) : 



eas omnino retineri, et manere, ac frequentari jubemus : 
admonemusque Lectores, qui eis praesunt, ne longis prole- 
gomenis tempus extrahant, neque curiosioribus disquisitio- 
nibus terant ; sed notiUis praemissis, quae necessariae mé- 
rite habentur, textum ipsum sacrum , ejusque doctrinam 
ordine tradant, atque explicent, in Sanctorum semper Pa- 
trum vestigiis haerentes, atque onmino neque raptim, ne- 
que morose. 

Datum in Conventu nostro a Jesu et Maria de Yal- 
verde nonis Martii die festo S. Thomae Aquinatis anno 
1762. «— F. Joannes Thomas de Boxardors — • Magister 
Ordinis. 

L'importance des cercles, ou discussions entre les 
étudiants , sous la direction des professeurs , apparaît 
dans plusieurs endroits de rordonnance que nous ve- 
nons de rapporter. Les cercles se tenaient chaque jour, 
et dans tous les cours, tant pour les trois années de 
philosophie que pour les étudiants de Gano et de ia 
Somme. C'est là, en effet, le seul moyen de secouer 
les élèves et d'exciter leur intelligence. L'assistance 
passive aux leçons des professeurs laisse peu de traces 
dans les esprits. 

Nous avons sous le yeux un règlement que publia 
le général des Dominicains Ripoli, en 1740, pour l'Etude 
générale de Bologne. Le document se trouve dans les 
Misceltanea in-4'' de la bibliothèque Gasanate» à Rome 
(vol. 534). 

Trois heures entre prime et tierce sont réservées; 
à la première heure, le régent fait son cours; pendant 
la seconde, le père bachelier monte en chaire; ia troisième, 
on tient le cercle. Après-midi, deux heures entières, dont 
une pour les conférenes et l'autre pour le cercle phi- 
losophique. 

Le matin comme le soir, les cercles doivent durer 
une heure entière. 

Dans les cercles philosophiques, les étudiants doivent 
résumer et reprendre ^l'argument dit le moyen-terme. 
Mais il faut que dans les cercles théologiques tous les 
élèves soient si bien préparés à la discussion que le 
régent puisse appeler à Timproviste ceux qu'il croira 
pour soutenir la thèse. 

Le régent est docteur et juge, et non un simple 
spectateur de ce qui se dit dans les cercles. A lui d'ap- 
précier les objections et les réponses, d'aplanir les 
difficultés les plus graves, d'éclaircir les pointe obscurs, 
enfin de trancher en dernier ressort toutes les disputes 
avec la gravité et l'érudition qui conviennent au chef 
de l'école. 

Le chapitre général tenu à Rome l'an 1686 ordonna 
aux régente d'expliquer tous les jours, un article de 
S. Thomas, outre l'explication ordinaire des auteurs 
qu'ils suivraient; cet article de S. Thomas, les étudiants 
devaient le réciter dans les conférences quotidiennes. 
On a vu ci-dessus que le règlement de 1762 interdit 
tout au moins pour l'Espagne, tout autre auteur clas- 
sique que la Somme de S. Thomas. 

Le maître des étudiante est chargé de faire obser- 
ver leur règlement particulier et de veiller spécialement 
à ce qu'ils se retirent dans leurs cellules, aux heures 
prescrites. 

Un scrutin rigoureux sur la conduite et le progrès 
des étudiante est fait tous les ans, avant la fête du 



185 



UNIVERSITÉS CATHOLIQUES. 



186 



Rosaire. Personne n'en est dispensé, sous peine d'e\- 
pulsion. Les examinateurs doivent se montrer sévères 
envers les incapables el les paresseux, et les renvoyer 
du collège, sans autre forme de procès. 

Aussi bien les novices que les étudiants doivent prê- 
cher en réfectoire, sans d'exception pour personne, sous 
peine de retenue dans le couvent et d'autres peines 
discrétionnaires au gré du prieur, jusqu'à ce qu'ils aient 
fait leur service. 

Ceux qui, après avoir achevé les études, sollicitent 
l'approbation pour la prédication, doivent prêcher deux 
sermons en r^ectoire sur des sujets indiqués par le 
prieur et par le régent. En outre, ils font en présence 
des directeurs et en pleine école une prélection sur un 
article de S. Thomas, et subissent l'examen sur les 
sens de l'Ecriture Sainte, sur l'usage qu'on en fait dans 
les sermons, sur les vertus et les vices, sur les règles 
de l'éloquence sacrée, et sur les autres choses qui sont 
nécessaires pour dignement remplir les très-importantes 
fonctions des prédicateurs de la parole divine. 

Crommiitimus priori, ut divinum ofBcium in Choro per- 
solvendom ita disposât, ut semper mane très horae a 
prima nsgue ad 'tertiam integrae prorsus remaneant, in 
qoarum prima lectionem habeat P. M. Begens, in secunda 
P. Baccalaurens, in teriâa sit circnlus. Post meridiem vero 
doae plenae sint hor», una pro conferentiis, altéra pro phi- 
losophico circulo. 

Yolumns autem, ut in circnlis philosophicis fratres 
studentes, ut erat jam in more positom, argmnentum, 
quod médium terminum vocant , résumant , et prose- 
quantur. In theologicis vero ita omnes ad defendendum 
paiati ad scholam accédant, ut nemine praesignato, ac 
praemonito quicumque a P. M. Begente vocatus fuerit 
condusionem sustineat. 

In omnibus praefatis ciroulis meminerit P. M. Begens 
se non auditorem tantum agere aut testem, sed doctorem, 
ae judicem, hoc est pro re nata ad ipsum pertinere super 
objectis, responsisque disserere, difiBcuItates minus expeditas 
dissolrere, dubia explanare, obscuris lucem adferre, uni- 
yersas demum disputationes graviter, erndite, quemadmo- 
dum decet scholae praefectum ac supremum modeiatorem, 
decidere. Eidem in memoriam revocamus ordinationem 
quartam capituli generalis romani anni 1686, qua om- 
nibus ordinis nostri Begentibus mandatur, ut singulis die-' 
hus praeter ordinariam scriptorum explicationem etiam 
unwum D. Tkomae orHcvium esDpliceiU^ gt^m s^udenAei 
tenebufUur in confererUiis in dies studendo referre me- 
moriter uUra ordinariam scriptorum traditorum lectio- 
nem; idque onmino servari volumus, ac decemimus. 

Omnes (tam novitii quam studentes) certis diebus con- 
ciones in Befectorio habeant nemine -prorsus exempte sub 
pœna sequestrationis in conventu, alîisque arbitrio P. Prio- 
ris infligendis, donec munus suum impleverint. Qui vero 
post compléta studia sua praedicatores examinandi fnerint, 
praeter conciones duas 19 refectorio habendas super argu* 
mento une quidem a P. M. Priore, altero a P. M. Be- 
gente ipsis desigoando, volumus, et districte praecipimus 
ut in schola coram PP. Moderatoribus praelectione habita 
super uno S. Thomae articule examen subeant de Sacrae 
Scripturae sensibus, eorumque în concionibus usu, de vitiis, 
et virtutibus, de Bhetorices sacrae praeceptis aliisque ad 
giavissimum praedicatoris munus rite obeundum pertinen- 
tibus, et si minus hujusmodi experimentis fecerint satis, 
nnllimode approbentur. 



YIII. Exemption des universités. 

Les universités catholiques obtinrent jadis, pour la 
plupart, le privilège de l'exemption vis à vis des or- 
dinaires et la dépendance immédiate du Saint-Siège, 
parce qu'étant établies pour l'avantage de plusieurs dio- 
cèses et provinces, elles ne pouvaient entièrement dé- 
pendre de l'évèque diocésain. Cependant la dignité de 
chancelier fut le plus souvent conférée à l'évèque du lieu. 

La juridiction qu'a l'évèque dans son diocèse ne 
s'étend pas aux universités érigées par l'autorité du sou- 
verain pontife. D'où il suit que l'inhibition émanée du 
prélat diocésain, étant sans valeur et sans importance, 
peut-être impmiémeut négligée dans les fonctions de la- 
dite académie. Jurisdictio quam habet episcopus in sua 
diœcesi non extenditur ad aeademias poniificts vel régie 
auctoritate ereclas, et propterea inhibitio ab illo con- 
fecla, cum nullius sit roboris et momenti, potesl in fun- 
ctionibus ejusdem academiae impune spemi. Ainsi jugé par 
le tribunal de la Rote, dans une affau*e de Cracovie, 
par arrêt du 25 janvier 1651 [Recentiores, part. X^ 
decis. 109, pag. 222j. 

L'évèque de Cracovie annulla par arrêt la promo- 
tion, ou admission de Stanilas Jurkowski à Texamen* 
pour prendre rang parmi les docteurs en théologie, tia- 
briel Ochocki professeur de médecine, ayant passé outre 
à cette défense, fut frappé d'exconununication. 

L'appel ayant été interjeté contre les deux arrêts, 
le tribunal de la Rote les cassa, comme nuls et injustes. 

L'arrêt contre Stanislas est nul, par défaut de ci- 
tation. Stanislas demeurait à Rome; rien ne prouve que 
la citation lui ait été signifiée, soit à lui-même, soit à 
son légitime procureur. 

It est nul par défaut de juridiction. En effet, l'évèque 
iCst dépourvu de juridiction pour les fonctions académi- 
ques et sur les choses concernant une académie pu- 
blique, qui est érigée par l'autorité pontificale, ou royale, 
conmie l'est celle de Cracovie , sauf le privilège , la 
coutume, ou un autre litre établissant cette juridiction 
épiscopale. 

Le titre de chancelier ne confère pas la juridiction. 
Les statuts d'Albert, délégué pontifical, confirmés par 
le pape Urbain V, attribuent simplement à l'évèque le 
pouvoir de gratifier dans les causes bénéficiâtes, de con<* 
cert avec le recteur et les trois doyens, et celui d'exami- 
ner les étudiants et de les admettre au doctorat à Cra^ 
covie. Tel n'est pas le cas. Stanislas avait pris le doctorat 
à Rome; il demandait simplement l'inscription pour 
l'examen, afin de prendre rang parmi les docteurs de 
Cracovie. Ce cas n'est donc pas compris dans le pri- 
vilège de l'évèque. 

D'après les statuts et règlements, la direction et l'en- 
tière décision de toutes les affaires de l'université ^- 
partient au recteur et aux trois doyens des facultés de 
théologie, de droit canonique et des arts. Le mot omni^ 
moda écarte l'intervention de toute autre personne. 

La pratique observée depuis près de deux siècles 
a été d'admettre aux examens moyennant le simple 
agrément du recteur et des professeurs, au vu et su de 
révêque, qui ne s'est jamais opposé. Cet usage sert 
d'interprétation des statuts, autant que c'est nécessaire. 



187 



UNIVERSITÉS CATHOLIQUS. 



188 



Il constitue ud titre légal, et produit la prescriptioû. Le 
laps de quarante ans suffit pour prescrire contre la 
juridiction d'un évoque. 

En second lieu, l'arrêt est injuste. L'évêque ne pou- 
vait interdire la discussion publique à Stanislas, clerc, 
prêtre, chanoine de la collégiale de S. Florian, et pro- 
festeur de théologie dans cette même université quel-' 
ques années auparavant. Les prescriptions canoniques 
qui prohibent les discussions publiques ou particulières 
sur la foi catholique, ne s'appliquent pas aux discus- 
sions matérielles qui ont lieu parmi les fidèles afin 

d'exercer l'esprit. 

La sentence Rotale est appuyée d un grand nom- 
bre de citations empruntées aux saints canons et aux 
docteurs. 

Cracovieo. jaris respondendi. Jurisdictio quam habet 
episcopûs in sua dîœcesi non extenditar ad academias pon- 
tificis vel régis auctoritate erectas, et propterea inhibitio 
ab illo confecta, cum riullîus sit roboris et momenti, po- 
test in fanctionibus ejusdem academiae impune spemi. 

Duas protulit sententîas Rmus epîscopus Cracovîae per 
appellatîonem ad hoc sacrum tribunal devolutas, alteram 
contra Stanislaum JurkowsM , in qna ejns promotio , 
sen admissio ad respondendum quaestionibus propositis 
pto obtinendo loco inter sacrae Theologiae doctores nuUa 
declaratur, alteram excommunicationis contra Gabrielem 
Ochocki in accademia Oracovicen. Medicinae professorem ob 
contraventionem inhibitionis ab eodem episcopo emanatae, 
quarum hodie particulari cognitione assumpta utramque 
Infirmandam esse ex capite nuTlitatis, et injustitiae res- 
ponsum fuît. 

Nullitatis, ob defectum tum citationis, quae contra 
Stanislaum tune Romae commorantem sive ejus legitimum 
jArocuratorem exécuta non probatur, ut necesse est. Olem. 
Pastoralis, de re judic. Clem. Saepe ubi gloss. verb. ad 
id, de verb. signif. Cavaler. decis. 376 n. 1. Tum juris- 
dictionig, quia episcopus in functionibus academicis, ac 
rébus ad academiam publicam, hoc est Pontifioia seu Be- 
gia auctoritate erectam, Cassan. in Catal. glar. mund. 
p. 10, consîd. 32, Ferez, lib. 1 ordîn. P. «1 tit. 10. Bar- 
bos. de poteskUe episcopi^ alleg. 56 n. 22, qualis est in- 
signis academia Gracoviensis, spectantibus, ea prorsus caret, 
nisi ex privilégie, consuetudine , vel alio jure eam sibi 
competere probet, ut post Goffred. tit. de Magistris, n. 1, 
notât Gard. Zabarella in Clem. Oum sit^ n. 8, eodem tit. 
et în Cap. V&i^m, num. 3, de foro competen. Imol. in d. 
Clem, 2, num. 11. Vitalin. în Clem. 1, n. 59, eod. tit. 
Facit Barbosa, in collect. Conc. Trident, sess. 25 de re- 
format, cap. 2, num. 4. 

Neque competere potest episcopo tamquam academiae 
cancellario vigore statutorum, sive ordinationis Âlberti 
Sedis Apostolicae delegati, et confirmationis Urbani Y, 
quia ibi tribuitur solum potestas episcopo gratifîcandi in 
cansis beneficialibus cum parte majori, vel duabus rectoris 
ac trium decanorum, quando hi fuissent inter se discordes, 
aut examinandi scolares ad doctoratum in civitate Cracoviae 
promovendos, et quatenus idonei reperti fuerint, doctoratus 
honorem illis concedendi, în quo casu nos non versamur, 
quia Stanislaus longe ante doctoratus lauream in Aima 
Ûrbe Bomae assecutus fuerat, sed agitur de illins admis- 
sione ad respondendum pro loco inter Doctores Academiae; 
flic de re longe diversa, ad quam propterea privilegium 
hujusmodi episcopo concessum extendi non débet, 1. jus 
singulare, fif. de legib. Alex, in l. Scriniarios, num. 2; 
in fine. Cod. milit. testament. Calderin. in terminis nri- 



vilegii doctorandi cens. l,num. 2 vers. Praeterea^ de privileg. 
Decianus cens. 51, num. 23, lib. 3. Buratt. decis. 19, num. 5. 

£o minuB^ quia ex eisdem statutis et ordinationibus 
regimen, et omnimoda ordinatio universitatis in omnibus 
quae fuerint expedienda conceditur rectorî cum tribus de- 
canis facultatum theologicae, juris Canonici, et ardum; pon- 
derando verbum omnimoda, quod excludît alterius per- 
sonae concursum. Gloss. in Clem. 1. verb. Omnimodo, de 
foro compet. Socin. cons. 43, n. 12; lib. 4. Bota, Dec. 296. 
num. 1 par. I divers. Decis. 132, num. 6 cor. bon. mem. 
Buratti et in Moviis aUi beneficii 15 decembris 1645, 
§ Sed i;^ro, coram me. 

Prout etiam declaravit observantia ex admissionibus ad 
respondendum spatio bis centum fere annorum pluries, ac 
pluries secutis de consensu solius rectoris, ac professorum» 
ipso quoque episcopo sciente; quae observantia nedum in- 
servit pro interpretatione quatenus opas sit statutorum, ac 
ordinationis, sed ultra vim habet tituli légitime constituti 
et peperit praescriptionem, qnae in jurisdictionalibus solo 
quadragenario cursu completar in terminis praescriptionî» 
contra episcopum decis. 712 n. 2. 

Injustitiae pariter vitio laborant sententiae, quia actns 
respoDsionis, sive publicae disputationis ab episcopo pro- 
hiberi non potuit Stanislao, nedum clerico, sed sacerdoti, 
in collegiata ecclesia Sancti Floriani canonico, et per 
aliquos annos ante in eadem Academia Theologiae prof es- 
son, cum prohibitio publicas, vel privatas disputationes de 
fide catholica habendi relata in Cap. 2 etc. nec trahatur 
ad disputationes materiales, quae videlicet non fiant ad 
fidei veritatem persuadendam sed inter Christi fidèles exer - 
citii gratia, vel ingenii acùminis ostentandi. 

Non obstat inhibitio episcopi ne. qaispiam ad respon- 
dendum admitteretur, quia non probatur praesentata Sta- 
AÎslao ante actnm responsionis, ad qaem substinendum 
praesumitur posterior, quam vis eadem die praesentata fuisset. 
Cumque inhibitio sit evidenter nuUa ex defectu jurisdietionis 
qua sicuti Episcopus caret in admittendo doctores ad res- 
pondendum, caret consécutive in inhibendo ne admittantur . 

Ideoque neque contra Gabrielem Ochocki ex capite 
contraventionis ejusdem inhibitiom ferri debuit excommu- 
nicationis sententia, ut respondit Bota inter decis. 318, 
num. 1, p. 1.; decis. 625, num. 4^ p. 4; et in aliis re- 
laiis a modem. Perus, de manut. observ. 103, num. 28, 
ejt nuperrime in Barchitwnen, jnrisdiotionis 5 julii 1649, 
§ Tum etiam, coram me. 

Et ita dedsam informante solum Stanislao, parte ad* 
versa citata^per contradictas. 

IX. Priviléctes des docteurs. 

Les maîtres et docteurs en théologie, en droit ca- 
nonique ou civil et en médecine ont plusieurs privi- 
lèges qui leur sont communs. Quelquels-uns de ces pri- 
vilèges semblent sans application aujourd'hui. 

1. Les docteurs sont réputés constitués en dignité. 
Cela résulte de la décrétale Quanta^ au titre de ma- 
gistriSy et de la seconde Glémeatine, même titre. 

i. Les docteurs sont mis au rang des nobles, ils 
acquièrent une véritable noblesse. Gela est indiqué dans 
la décrétale De multa, 28, au titre de prœbendis. 

3. Certaines dignités et offices de la hiérarchie ec- 
clésiastique requièrent le doctorat. Nul ne peut être 
promu à l'épiscopat s'il n'a reçu les grades dans quel- 
que université publique et reconnue. C'est pour cela 
que les propositions consisloriales mentionnent con- 



189 



UNIVEESITÉS CATHOLIQUES. 



190 



stamment la qualité de docteur dans le sujets présentés 
à l'épiscopat. 

Le Concile de Trente exige les grades dans le vi- 
caire capitulaire qui administre le diocèse pendant la 
vacance du siège. ' 

En Italie, les vicaires généraux doivent être gra- 
dués ; cette discipline particulière a été conflrmée par 
un statut du concile romain de 1725. Il faut en dire au- 
tant du chanoine théologal et du pénitencier des cha- 
pitres. 

Beaucoup de dignités capitulaires el de canonicats, 
de paroisses et d'autres charges ecclésiastiques sont 
réservées aux gradués, en vertu de conditions spécia- 
les prescrites par les actes de fondation et autres ti- 
tres. Cependant aucune loi générale n'impose les 
grades aux curés, quelle que soit l'importance des pa- 
roisses. 

I. Les dignités et les bénéfices ecclésiastiques sont 
conférés aux gradués, par préférence sur ceux qui ne 
le sont pas, toutes choses d'ailleurs égales, parce que 
le grade fait supposer un mérite supérieur, soit pour 
la science soit pour l'intégrité et la vertu. Cette ma- 
xime est fondée sur la décretale De multa, déjà citée, 
sur celle Cum in cunctiSy au titre de electione, et sur 
le concile de Trente lui-même, sess. 24 àereformatione, 
chap. 12. 

5. Le droit romain exemptait les docteurs de tou- 
tes les charges réelles et personnelles, il leur concé- 
dait des prérogatives, dans les affaires criminelles ; 
ainsi, on ne les soumettait à la détention préventive 
ni à la torture que pour certains crimes spécifiés par 
la loi. On ne les condamnait pas aux galères, ou à 
d'autres peines ignominieuses. S'ils méritaient la mort, 
la déeipatation était le seul supplice qu'on leur fit stH 
bir. Voir la loi Medicos : le titre de professoribus et 
medicis dans le code de Justinien. Loi Custoâiam ff. 
de custod. reorum ; L. 4, Cod. ad leg. lui. majest. L. 9. 
S- 11, ff. de pœnis. 

6. Indépendamment de ces privilèges, commuas à 
tous les maîtres et docteurs, il y a des prérogatives 
particulières pour les professeurs qui occupent les chai- 
res des universités. Le principal privilège consiste en 
ce que, professant la théologie ou le droit canonique, 
ils perçoivent, quoique absents, les revenus de leurs 
canonicats et bénéfices, en vertu d'un induit pon- 
tifical. 

7. Les licenciés participent à ces privilèges, parce 
qu'ils sont compris parmi les docteurs pour les choses 
favorables. En effet, les prérogatives dont il s'agit ont 
été accordées à cause de la doctrine éminente qui 
intéresse le bien commun. Il ne faut pas considérer en 
cela la pompe et les cérémonies notées dans l'instal- 
lation des docteurs. C'est la science même qui fait 
tout. Le licencié possède cette science, car son grade 
le rend digne du doctorat et lui donne le pouvoir 
d'enseigner publi()[uement. D'ailleurs, le concile de 
Trente met les licenciés au même rang que les doc- 
teurs pour la nomination aux dignités et aux bénéfi- 
ces. (Sess. 22, cap. 2. Sess. 24, cap. 12, et dans d'au- 
tres endroits). 

L'usage, qui est le meilleur interprète des lois, fait 



que les licenciés sont reçus dans tous les collèges, les 
ordres et les dignités dont les statuts exigent le grade 
de docteur. 



miTË DES m^ AMOVIBLES 



( SuPPLâUNT ) 

Les Ana/^cto publièrent dans leur livraison de septem- 
bre-octobre 1855 un Traité complet des curés amovi- 
bles (p. 1609 de la seconde série.) 

Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis le jour de la 
publication du traité. Plus heureux que les directeurs de 
certaines publications périodiques de droit canonique, 
lesquels ont passé leur vie à rétracter leurs doctrines 
nous n'avons rien à retirer, rien à modifier dans l'expo- 
sition des principes. Au contraire, nous pouvons au- 
jourd'hui confirmer nos assertions à l'aide de Documents 
émanés du Saint-Siège longtemps après l'époque de la 
publication de notre traité. 

Nous avons sous les yeux: 1. Un intéressant mé- 
moire rédigé en 1864 par Mgr Franchi, ensuite car- 
dinal, et qui dès cette époque prenait une part im- 
portante à l'examen des all'aires ecclésiastiques. Ce mé- 
moire fait connaître ce qui fut fait à Rome au sujet de^ 
curés amovibles en 1844, 1845 et 1848. 2. La con- 
sultation rédigée dans la S. Congrégation des Evoqués 
et Réguliers pour une aflïtire qui fut traitée le 1*' septem- 
bre 1864. Les prescriptions canoniques sur Tamovibilité 
des curés sont exposées dans cette consultation dans 
Tordre d'idées que les Analecta avaient formulé neuf 
ans auparavant. On remarquera que le sommiste officiel 
de la S. Congrégation voulut bien nous faire l'honneur 
de citer expressément les Analectay à l'appui de ses 
assertions. 

Les Documents en question sont propres à montrer 
la profonde sagesse que le Saint-Siège apporte à l'exar 
men des affah-es religieuses. D'abord, nous empruntons 
an Mémoire de Mgr Franchi quelques indications in- 
téressantes et peu connues sur les consultations qui fu- 
rent faites en 1844 et les années suivantes. 



I 



Plusieurs pétitions furent présentées aux chambres 
françaises, en 1843, dans le but d'obtenir la révocation 
de la disposition des articles organiques d'après laquelle 
« les vicaires et deservants sont approuvés par l'évêque 
et révocables par lui ». t)e là vint que le ministre de la 
jusiice et des cultes, l'année suivante, écrivit une cir- 
culaire confidentielle aux évêques de France, pour de- 
mander leur avis sur la question. Le ministre pensait 
que « pour maintenir la paix intérieure de l'Eglise et 
la sainteté de mœurs qui fait si grand honneur au 
clergé français, il fallait ne rien changer, ni prendre 
en considération les demandes importunes de quelques 
esprits inquiets ou impatients de tout joug quelque léger 
qu'il soit. » En même temps le ministre invita l'épis- 



191 



TBAITÉ DES CDRÉS AMOVIBLES. 



192 



copat par une autre circulaire à lui indiquer le moyeu 
le plus convenable de distribuer l'augmentation qui se- 
rait peut-être accordée au traitement des desservants. 
L'archevêque de Bordeaux et l'évêque de la Ro- 
chelle crurent devoir consulter le Saint-Siège. Le pre- 
mier communiqua au Cardinal Secrétaire d'Etat de 
Grégoire XVI la réponse qu'il avait adressée au mi- 
nistre. Le second demanda au Cardinal préfet de la 
S. Congrégation du Concile une instruction sur ce qu'il 
devait répondre. Il envoya en même temps deux mé- 
moires de théologiens, dont un se prononça pour l'ina- 
movibilité des desservants et l'autre conclut à la con- 
servation du système établi. 

Les deux Mémoires s'accordaient à dire que l'état 
des desservants n'est pas conforme au droit commun et 
qu'il fut pourtant nécessaire, à l'époque du concordat 
d'établir l'amovibilité, parce que la pénurie de prêtres 
obligea les évêques à confier les cures à des hommes 
qui venaient de sortir du schisme, ou qui étaient trop 
jeunes et mal éprouvés. 

Ce principe posé, un des théologiens (qui probable- 
ment n'était autre que' l'évêque même) soutint qu'encore 
aujourd'hui le clergé étant peu nombreux, la nécessité 
de confier la cure des âmes à de jeunes prêtres et à 
des hommes médiocres subsiste. C'est pourquoi la bonne 
conduite des desservants serait exposée à de grands 
dangers s'ils n'étaient retenus par la crainte salutaire 
de perdre leur cure, pour peu que l'évêque ne soit pas 
satisfait. En second lieu, si l'évêque ne pouvait les 
révoquer ou transférer qu'à la suite d'un jugement 
canonique, on n'aurait plus de moyen expéditif de tran- 
cher les dissentiments qui surgissent assez souvent entre 
le pasteur et son troupeau au détriment de la religion, 
ou l'on verrait trop fréquemment se renouveler le scan- 
dale des appels au pouvoir séculier. 

L'autre théologien, qui était chanoine de la cathé- 
drale de la Rochelle, fit remarquer que les plaintes des 
paroissiens contre les desservants, ainsi que. les pré- 
tentions des préfets pour les faire changer surgissent 
d'autant plus facilement que l'on sait que l'évêque a 
le pouvoir de les révoquer. Et comme les évêques cèdent 
facilement, parce qu'ils ne peuvent alléguer la néces- 
sité d'un procès canonique, il s'ensuit assez souvent que 
les desservants tachent de conserver les sympathies des 
paroissiens et des préfets par des concessions fâcheuses 
pour les devoirs paroissiaux. En second lieu, le théo- 
logien fit observer que l'utilité de prévenir le scandale 
de l'appel comme d'abus était plus apparente que réelle, 
parce qu'il est très-rare que les curés appellent du juge- 
ment de l'évêque aux tribunaux séculiers et qu'au lieu 
de se déshonorer par cet appel, ils abandonnent paisible- 
ment leur paroisse. Enfin, le théologien reconnut que 
le clergé était encore trop peu nombreux pour qu'on 
dut restreindre l'inamovibilité aux prêtres pour lesquels 
elle n'offrirait aucun danger. C'est pourquoi le chan- 
gement des succursales en paroisses devait se faire peu 
à peu; mais ce n'était pas une raison de ne rien faire, en 
proportion de l'accroissement du clergé et des traitements. 

L'évêque assura qu'il n'y avait que les mauvais 
prêtres qui demandassent le changement de la condition 
des desservants. 



L'Archevêque de Bordeaux reconnut de son côté 
que les desservants qui désiraient un changement n'é- 
taient ni en petit nombre ni méprisables; mais U sou- 
tint que les cfroits des évêques n'en étaient pas la cause. 
« Ces droits ne sont pas assurément l'arbitraire et le 
« bon plaisir. Plus au contraire le pouvoir des évêques 
« est étendu, plus ils doivent en user avec discrétion 
« et prudence. Ainsi il importe que le ministère pas- 
« toral soit partout, autant que possible, accompa- 
« gné de stabilité et que le déplacement de ceux qui 
« l'exercent, même dans les localités les moins impor- 
« tantes, n'ait lieu que pour des motifs graves pris dans 
a les intérêts de la paroisse ou dans ceux du desser- 
c< vaut lui-même. îl importe surtout que la révocation 
« d'un pasteur et son exclusion du saint ministère ne 
« soient prononcées que lorsqu'on a perdu tout espoir 
c< de le ramener à de meilleurs sentiments. » Cette règle 
était vraisemblablement celle que l'archevêque de Bor- 
deaux observait dans son diocèse. Il affirma que l'épi- 
scopat en général, s'y était constamment conformé; il 
conclut qu'if n'y avait pas lieu de se plaindre, et qu'il 
ne fallait pas affaiblir l'autorité des évêques qu'il croyait 
nécessaire fpour les mêmes raisons que l'évêque de 
la Rochelle! de conserver dans la plénitnde des droite 
résultants de la discipline postérieure au concordat. Il 
dit que la pauvreté des desservants était la véritable 
cause de leur mécontentement. C'est pour cela qu'il avait 
répondu à la circulaire du ministre que l'augmentation 
des fonds pour les succursales était non seulement op- 
portune mais nécessaire. 

Ces raisons et ces aperçus furent soumis dans le 
plus grand détail aux éminentissimes cardinaux de la 
S. Congrégation, dans la séance du 21 mars 18li. 
Indépendamment de l'ambiguité qu'on y remarquait^ 
la S. Congrégation fut arrêtée par la considération de 
la condition de l'Eglise de France par rapport à TEtat ; 
car le changement des succursales en paroisses ne 
pouvait se faire qu'avec l'intervention du gouvernement, 
lequel aurait consenti à une nouvelle circonscription, ou 
renoncé à l'article organique 62 qui prescrit: « Aucune 
ff partie du territoire français ne pourra être érigé en 
cr cures ou en succursales sans rautorisation expresse 
or du gouvernement. » Or, si le gouvernement interve- 
nait, on ne pouvait assurer qu'il ne prétendît pas étendre 
aux nouvelles paroisses le droit d'agrément dont il était 
en possession pour les anciennes, en vertu d'un ar- 
ticle formel du concordat. Cela montre que le chan- 
gement n'aurait pu avoir lieu sans causer un grave pré- 
judice à l'indépendance de l'Eglise. 

Une autre grave raison de douter de l'opportunité 
de décider la question résultait de ce que les journaux 
venaient de la traiter publiquement et d'exciter les pas- 
sions à cet égard. Si la décision eût été favorable aux 
évêques, cela les aurait rendus plus odieux, et peut-être 
que cet odieux aurait rejailli en partie sur le Saint-Siège. 
Si au contraire la décision eût été favorable au clergé 
inférieur, il était à craindre de voir surgir de nou- 
velles prétentions contre l'autorité de évêques , et il 
n'aurait pas été facile de contenir ces réclamations dans 
les limites du droit canonique. 

Enfin, quoiqu'il parût certain que tout au moins dan- 



193 



TRAITÉ DES CURÉS AMOVIBLES. 



194 



plusieurs diocèses on changeait trop souvent les desser- 
vants d'un lieu à un autre sans un juste motif, cependant 
il n'était pas possible de perdre de vue ce qu'on disait 
pour justifier les évoques, savoir, que bien des fois ils 
transféraient sans motif afin de pré venir 'les jugements de 
lopinion à la charge des curés qui seraient transférés 
ivec raison. 

Pour tous ces motifs, la S. Congrégation, avec l'ap- 
[irobation du pape Grégoire XVI, fut d'avis que sans dé- 
rider la question, le cardinal préfet de la Congrégation 
«lu Concile répondrait àl'évêque de la Rochelle de façon 
H faire entendre que le Saint-Siège suspendait son juge- 
ment, mais qu'il désirait et espérait qu'en attendant, les 
t'^véques usassent demodéralion et de charité envers les 
<lesser\'ants, et ne les révocassent pas sans quelque cause 
\Taiment grave. Une lettre senblable aurait été ensuite 
adressée à Tarchevêque de Bordeaux, en rappelant avec 
éloge les sentiments qu'il avait exprimés sur la manière 
<lont les évoques devaient se conduire. 

Le cardinal préfet laissa passer plus d'un an sans rem- 
lilir la commission qu'il avait reçue pour l'évêque de la 
Rochelle. Cela fit qu'on ne répondit pas non plus à l'arche- 
\èque de Bordeaux. Sur ces entrefaites, l'évêque de Liège 
car la Belgique, comme la Savoie et le canton de Ge- 
nève, conserve la même distinction de curés et de des- 
>enfants qui fut établie à l'époque où ces pays apparte- 
naient à la France] se trouvant à Rome en 1845^ proposa 
iâ question sous forme de cas de conscience; il demanda 
^i les desservants sont obligés d'obéir lorsque leur évêque 
!es révoque, ou les transfère. 

On remania la demande de Mgr l'évêque de Liège 
le manière à exprimer clairement deux considérations 
•lont la décision devait dépendre, savoir : L'état de la 
législation civile, et la prudence et circonspection cons- 
lamment employées par les évèques dans la pratique. 
Cest pourquoi, par l'organe du cardinal préfet de la 
Congrégation du Concile, la supplique fut munie d'un 
rescrit qui confirma l'usage, jusqu'à nouvelle disposi- 
tion du Saint-Siège ; mais le rescrit fut tellement lié 
aux termes de la supplique qu'il était impossible de 
[HiWier l'un sans l'autre. 

Beatîssime Pater. Infrascriptns epîscopus Leodiensîs 

'^mni qua docet veneratione petit, ut examînetur sequens 

dnbium, sibîque pro conservanda in sua dioecesi unitate 

ÏDt^r clericos et Ecclesîae pace communicetur solutio : An 

attentis praesentium rerum drcumstantlis, in regionibus, 

in quibus ut in Belgîo, sufficiens legum cîvilium fieri non 

potuit immatatio, valeat et in conscientia obliget, usque 

ad aliam S. Sedis dispositionem, disciplina inducta post 

coacordatum anni 1802, ei qua episcopi jurisdictionem pro 

cura animarum conferre soient ad nutum revocabilem, et 

illi si revocentur, et alio mittantur, teneantur obedire. Ce- 

t^rum episcopi hac rectores revocandi vel transferendi au- 

••toritate haud fréquenter et nonnisi prudenter uti soient, 

vdeo ut sacri ministerii stabilîtati, quantum fieri potest, 

*-î hisce rerum adjunctis, satis consultum videatur etc. 

Ex audientia Sanctissimi, diei 1 mail 1845. SSmus D. 
y universa rei, de qua in precibus, ratione mature per- 
pensa, gravibusque ew causis animum «tmm moveruàms, 
refererUe in fraser ipto Cardinali S. Congregationis Conc. 
Praefeck), bénigne annuit, ut in regimine eeclesiarum 
*^*€cwrsalium, de quibus agitur, nulla immutdtio fiât 

19* SÉRIE, 



donec aliter a S. Apostolica Sede statutum fuerit. Lib. 
decr. 188, pag. 190. 

Lorsque le document eut été remis à l'évêque de 
Liège, on en adressa copie à l'évêque de la Rochelle, 
au lieu d'une réponse directe. L'un et l'autre furent 
publiés dans les journaux, et cela contribua peut-être 
à maintenir la paix intérieure pendant les luttes que 
l'Eglise eut alors à soutenir avec les Universitaires. 

II. 

Après la révolution de février 1848, les réclama- 
tions des desser>^ants reparurent dans les journaux, et 
trouvèrent un écho dans l'Assemblée nationale elle- 
même. 

Mgr le nonce de Paris écrivit, le 17 juin 1848, 
que cette controverse pouvait faire craindre des suites 
très funestes pour la liberté de l'Eglise et pour l'exer- 
cice de sa juridiction. 

Mgr Parisis, évêque de Langres, adressa une de- 
mande au pape; il y disait: w Si l'Eglise ne s'empare 
pas de cette grave question, l'autorité politique et ci- 
vile ne manquera pas d'en être saisie, au grand pré- 
judice du gouvernement des diocèses, et de tout l'or- 
dre ecclésiastique, au point qu'il serait à craindre qu'un 
schisme ne se formât à cette occasion. » Le prélat en 
vint à exprimer sous certaines conditions « la pensée 
bien réfléchie et le désir très-formel que le privilège 
de l'inamovibilité soit canoniquement accordé aux égli- 
ses désignées vous le nom de succursales. » Les con- 
ditions étaient : I. Que le privilège canonique de l'ina- 
movibilité n'élèverait pas civilement les succursales au 
grade de paroisses ; c'est pourquoi le droit du gou- 
vernement sur la nomination du clergé paroissial de- 
meurerait circonscrit dans les limites actuelles. 2. Que 
malgré l'inamovibilité accordée aux succursales, les prê- 
tres qu'on y enverrait sans être parfaitement éprouvés, 
devraient les régir en qualité de simples administra- 
teurs révocables ad nutum y sans jamais se prévaloir 
de l'égalité civile dans laquelle ils se trouveraient par 
rapport à leurs confrères. 3. Un règlement spécial dé- 
terminerait conformément au droit canonique les preu- 
ves de science, d'expérience et de conduite morale 
nécessaires pour passer du grade d'administrateur à la 
jouissance de l'inamovibilité. 

La demande fut examinée par la S. Congrégation 
dans la séance du 7 juillet 1848. On crut prématuré 
de prendre une décision/ avant de connaître l'avis des 
autres évêques de France. Le nonce fut chargé de les 
consulter par une circulaire spéciale. 

Au mois d'août suivant, le nonce fit savoir que 
l'Assemblée nationale devait être consultée et qu'il 
pourrait alors connaître et rapporter les divers senti- 
ments. 

Il ne paraît pas que l'Assemblée ait émis une opi- 
nion à ce sujet. En effet, le nonce ne parla plus de 
cette grave et délicate question. 

lU. 

En 1864, l'attention du Saint-Siège fut appelée de 
nouveau sur l'amovibilité des curés par la supplique 



18 



195 



TRAITÉ DES CUBÉS AMOVIBLES. 



I9G 



d'uu évèque qui avait condamné une brochure publiée 
sous le titre : Réhabilitation du desservant. Le pape 
Pie ]X ayant remis Taffaire à la S. Congrégation des 
Evoques et Réguliers, le secrétaire fit rédiger une docte 
et intéressante consultation dans laquelle le sujet fut traité 
à fond. Voici le résumé de ce document. 

Certains écrivains ont soutenu que Tinstitution des 
curés et leur droit au gouvernement des âmes dérive 
pour eux et lem' appartient de droit divin. Ce sentiment 
est réprouvé par la partie saine des canonistes et des théo- 
logiens, lesquels montrent, au contraire que l'office parois- 
sial est de droit purement ecclésiastique, attendu que la 
constitution divine de l'Eglise ne connaît pas d'intermé- 
diaire entre les évêques et les simples prêtres. De là vient 
que s'il est communément reconnu que les curés ont 
un office propre et ordinaire, cela doit s'entendre au 
sens large et impropre, parce que, comme l'enseigne 
S. Thomas (2, 2, q. 181, art. 6, ad 3) « plebani 
« non habent principahter curam sed administrationem 
a quandam, secundum quod eis ab episcopo commitr- 
« titur. » Ces principes ont été mis en pleine lumière 
contre les parochistes jansénistes par des théologiens et 
des canonistes de talent et de saine doctrine. On peut 
consulter le Bref de Pie VI à l'archevêque d'Embrun, 
lequel a été inséré dans les œuvres de Gerdil, à la fin du 

tome XYI. 

Ces principes sont pleinement en harmonie avec les 
faits. Si l'institution des curés dérivait du droit divin, 
elle aurait existé dès l'origine, dans l'Eglise. Mais nous 
trouvons, au contraire que les curés ne remontent guère 
plus haut que le troisième siècle; dans les cités épis- 
copales, on ne les rencontre pas avant le dixième, 
comme le montre Marianus Lupus, dans l'ouvrage in- 
titulé : De parochis ante annum Christi millesimum. Sup- 
posé donc que l'établissement des curés inamovibles ne 
commença qu'après l'an mille, il est naturel de penser 
que le nouveau système ne se généralisa qu'avec le 
temps, parce que de pareils changements ne peuvent 
s'implanter en un moment et dans tous les lieux. Il 
serait facile de montrer par l'histoire qu'un très grand 
nombre de paroisses continuèrent d'être administrées 
par des recteurs amovibles et révocables. 

Il semble toutefois que le système de conférer le 
gouvernement des âmes d'une façon temporaire fut re- 
connu nuisible à l'Eglise; sans cela, l'on n'aurait pas 
opéré de changement, et le Saint-Siège n'en aurait pas 
permis. Mais ce furent les Papes eux-mêmes qui insis- 
tèrent pour faire attribuer la perpétuité aux curés. Au 
concile de Plaisance, Urbain II, qui siégea de 1088 
à 1099, promulgua le canon suivant: « Sanctorum ca- 
cr nonum statutis consona sanctione decernimus, ut, in 
« qua ecclesia quilibet institutus est, in ea perpetuo per- 
« severet ». (Gratian. distinct. 70, cap. 2). Au qua- 
trième concile général de Latran, Innocent III ordonna 
l'établissement de vicaires perpétuels et canoniquement 
institués dans les paroisses unies aux dignités et aux 
prébendes des chapitres. (Décrétale Extirpandœ, 30, 
de pr«b. et dignit. g Qui vero), Boniface YIII, qui 
occupa le siège pontifical de 1294 à 1303, statua que 
les prêtres présentés par les moines pour avoir dans 
leurs églises la cure des fidèles, et qui sont insti- 



tués par les évêques, devant être perpétuels, ne peuvent 
nonobstant l'usage et tout statut opposé, être retirés 
de ces mêmes églises que par les évêques et pour cause 
raisonnable: « Presbyteri, qui ad curam populi per mo- 
« nachos in eorum ecclesiis praesentantur episcopis, et 
« iustituuntur ab ipsis (cum debeant esse perpetui) con- 
« suetudine vel statuto quovis contrario non obslante, 
« ab eisdem nequeunt ecclesiis (nisi per episcopos el 
« ex causa rationabili) amoveri ». (Cap. unico de ca- 
pellis.monachorum, in sexto). 

Telles sont les dispositions renfermées dans le Corps 
du droit canonique. Il ne semble pas qu'on en puisse 
conclure que le système de la perpétuité ait été pres- 
crit comme une loi stable et commune à toutes les pa- 
roisses. En efi'el, le canon de Gratien est trop général; 
on peut le rapporter à tous les bénéfices, qui, surtout 
à l'époque dont il s'agit, étaient compris sous le nom 
d'églises; en outre, il n'est pas aussi explicite qu'il le 
faudrait. Les canons d'Innocent 111 et de Boniface VIII 
regardent seulement les paroisses annexées aux dignités 
et prébendes, ou bien aux monastères. Cependant ces 
pontifes devant ordonner l'établissement d'un vicaire, el 
pouvant prescrire qu'il fût amovible ou perpétuel, don- 
nèrent la préférence à l'inamovibilité, sans faire d'ex- 
ception ni de restriction ; ils montrèrent par le fait que 
l'inamovibilité leur paraissait plus utile et plus avan- 
tageuse. 

Vint la mémorable époque du concile de Trente. Les 
pèires eurent plusieurs raisons de traiter de l'organisa- 
tion paroissiale. Chap. 7 de la septième session , ik 
prescrivirent que les cures unies aux cathédrales el col- 
légiales, ou à d'autres églises et monastères, seraient 
visitées chaque année par les ordinaires des lieux, qui 
auraient soin que la cure fût exercée par des vicaires, 
même perpétuels, à moins qu'il ne leur parut plus avan- 
tageux de faire autrement : « Bénéficia ecclesiastica eu- 
(( rata, quaB cathedralibus, collegiatis, seu aliis ecclesiis 
« vel monasteriis, beneficiis, seu coUegiis aut locis piis 
« quibuscumque perpetuo unitA et annexa reperiuntur, 
c< ab ordinariis locorum annis singulis visitentur , qui 
« sollicite providere procurent, ut per idoneos vica- 
c( rios, etiam perpetuos, nisi ipsis ordinariis pro bono 
« ecclesiarum regimine aliter expedire videbitur, ibidem 
« deputandos, laudabiliter exerceatur ». On ne peut nier 
que ce décret donna une nouvelle impulsion pour éta- 
blir plus efficacement la perpétuité des curés: cepen-| 
dant on ne peut en conclure la suppression complète 
de l'amovibilité ; car le décret regarde uniquement lea 
paroisses unies ; en outre, l'établissement des curés ina- 
movibles est remis à la prudence des évêques. 

Au chap. 13 de la session 24, il est dit que da 
les villes et lieux où les paroisses n'ont pas des limi 
certaines, les évêques doivent établir la circonscriptio 
et assigner à chaque paroisse un recteur perpétuel e 
spécial : « Ubi parochiales certes non habent fines ned 
« earum redores proprium populum, quem regant, sej 
a promiscue petentibus sacramenta administrant, mandai 
« S. Synodus episcopis pro tutiori animarum eis com^ 
c< missarum sainte, ut distincte populo in certas proi 
(c priasque parœcias unicuique suum perpetuum peculiaJ 
« remque parochum assignent; qui eas cognoscere valea) 



197 



TRAITÉ DES CURÉS AMOVIBLES. 



198 



« et a quo licite sacramenta suscipiant, aut alio utiliori 
« modo, prout loci qualitas exegerit, provideant ». Ce 
décret prescrit formellement la délimitation des paroisses; 
on y trouve une préférence marquée pour la perpétuité 
(la recteur. Cependant le concile réserve aux évèques 
le pouvoir de prendre d'autres mesures que peuvent 
réclamer les circonstances particulières. 

Dans le décret de la session 24 qui prescrit le con- 
cours, il est dit que la cure d'une paroisse peut ap- 
partenir à révèque lui-même : « Etiamsi cura ecclesiœ 
« vel episcopo incumbere dicatur, et per unum vel plures 
« administretur etc. ». Gela suppose l'existence du cas 
où la cure des âmes réside dans l'évêque, comme un 
vestige de l'ancienne discipline dont il a été parlé plus 
haut. U y en a eu d'autres exemples dans les temps 
modernes, surtout euEspagne; car l'archevêque deSé\111e 
avait la cure de toutes les paroisses du diocèse, et il 
la confiait à des recteurs amovibles. Les recteurs ayant 
porté plainte, la question fut solennellement débattue 
(levant la Rote, ainsi qu'on le voit dans les décisions 
rotales 20 avril 1640, 21 juin 1641, 23 juin 1642, 
coram Peutingero. Après avoir examiné la question 
sous tous les aspects, la Rote, par trois arrêts confor- 
mes, canonisa la possession où était l'archevêque de 
nommer des curés amovibles ad nutum dans toutes les 
paroisses du diocèse. 

En 1841 la S. Congrégation du Concile traita la 
cause Gallipolitana parœciarum. On y voit que l'évêque 
avait conservé la cure dans presque toutes les églises 
ilu diocèse. Cet évêque, qui avait été franciscain, éco- 
{lomisa sur ses revenus la somme nécessaire pour consti- 
laer la dotation des curés et de leurs vicaires. Il demanda 
au Saint-Siège l'autorisation d'ériger canoniquement deux 
paroisses qui seraient pourvues au concours. La S. Con- 
j^régation du Concile exauça la demande, et, par induit 
spécial , accorda à Tévèque la nomination des vicaires 
paroissiaux, laquelle, d'après le droit conunun, appar- 
tient au curé. 

Revenons au concile de Trente. Le chapitre XI de 
la 2o* session de regularihus, autorise les évêques à 
visiter en ce qui concerne la cure et l'administration 
lies sacrements les curés soit réguliers soit séculiers des 
paroisses unies aux monastères, et le concile statue que 
'ies prêtres, même amovibles ad nutum ne doivent être 
établis dans ces paroisses qu'avec le consentement de 
l'évêque, après examen. Ainsi, l'amovibilité des curés 
e5t respectée et maintenue dans le cas dont il s'agit. 
l)e là vient que Renoît XIV dit que les chapitres et 
les monastères ont coutume de nommer des vicaires 
lemporaires et amovibles ad nutum pour exercer la cure 
des âmes dans les paroisses unies à ces mêmes cha- 
pitres et monastères. (Lib. 12. <fe synodo diœcesana, 
rhap. 1', num. 2). 

Puisque les Papes, avant le concile de Trente et 
les pères de Trente eux-mêmes donnaient la préférence 
il la perpétuité, les papes successeurs suivirent la même 
règle de conduite. Saint Pie V, dans la bulle Etsi ornai- 
Im du S novembre 1571, statua que les vicairies pa- 
roissiales des basiliques et collégiales de Rome seraient 
conférées à vie. Léon XII conserva la disposition dans 
U bulle de réorganisation des paroisses. 



Quoique le concile de Trente et les papes aient 
entouré d'une faveur marquée la délimitation des pa- 
roisses et leur collation perpétuelle, ils n'ont pas en- 
tendu supprimer entièrement l'amovibilité des recteurs. 
En effet, l'histoire moderne nous" apprend qu'un assez 
grand nombre de paroisses ont conservé le système de 
l'amovibilité. D'après les circonstances et les exigences 
des ca^ particuliers, les souverains pontifes n'ont pas 
refusé de ratifier le système en question. Renoît XIV, dans 
la constitution: Cum semper oblatas, du 19 août 1744, 
décide que les curés amovibles, révocables ad nutum, 
doivent, comme les curés perpétuels, appUquer la messe 
pour leurs paroissiens (§ 4) . La bulle Ad honorandum, 
du 27 mars 1751, accorde au chapitre de Saint-Pierre 
le pouvoir de placer des curés amovibles dans plusieurs 
paroisses unies à ce chapitre (§ 41, 42, 52, 61). La 
bulle Régis pacifia , du 17 mars 1756, reconnaît l'amo- 
vibilité pour les paroisses du monastère de Sainte Marie 
in Organis % 36). La bulle Suprema dispositione, du 10 
janvier 1752, accorda le même privilège au chapitre 
de la collégiale de Sainte Marie Majeure à Udine (§14;. 
Renoît XIV accorda aux Rénédictins de Gengebac, le 15 
avril 1741, l'annexion de sept églises paroissiales au mo- 
nastère, avec pouvoir pour l'abbé d'y tenir un curé sé- 
culier ou régulier amovible ad nutum. Nous pouvons 
ajouter un Rref de Pie VI du 2 ottobre 1778, qui nous 
apprend que le Gomtat Venaissin avait un grand nombre 
de paroisses desservies par des curés amovibles ; et le 
pontife pourvoit à ce qu'ils ne soient pas révoqués sine 
speclata causa, sans rien innover au sujet de l'amovi- 
bilité. £n transforment l'église abbatiale de S. Gemini, 
au diocèse de Nami, en collégiale, Pie VII confirma 
l'amovibilité du curé. (S. Congregatio Concilii, Narnien, 
curœ animarum, 5 septembre 1846). 

De l'exposé historique que nous venons de faire il 
résulte clairement que la discipline ecclésiastique pré- 
fère la perpétuité des paroisses, s^ns condamner toute- 
fois et prohiber l'amovibilité, si les circonstances spéciales 
la conseillent. 

En théorie, la perpétuité est-elle préférable à l'amo- 
vibilité? Les docteurs se divisent en deux camps. 

Les uns penchent pour l'amovibilité. Ainsi Pignatelli, 
qui traite la question ex professa (tom. 9, Gonsult. 143). 
Le cardinal de Luca (dise. 80, de benef.), Giraldi, de 
officio et potestate parochi, append. 2, c. 114 et 115. 

Pour l'inamovibilité, on peut citer Fagnan, qui 
s'étend longuement sur les avantages du système et les 
inconvénients du système opposé (chap. Ex parte, de of- 
ficio vicarii, num. 9 seqq.) Rarbosa, [de officio et potestate 
parochi, part. I, c. I) . Ferraris, Verbo Parochia, num.l4. 

La S. Gongrégation du Goncile a souvent eu l'oc- 
casion de traiter la question, tant autrefois que de nos 
jours. Je me contente de citer l'affaire de Nami, du 5 
septembre 1846, et une autre Narnien, du 9 septem- 
bre 1848. On remarque plus de précision dans le /b- 
lium relatif à une cause de Rari, du 29 août 1857. 
Les résolutions montrent que la S. Gongrégation a opiné 
différemment, suivant les circonstances. En effet, le salut 
du peuple est la suprême loi. Selon que le bien des 
âmes l'a exigé la S. Gongrégation a décidé dans un 
sens ou dans l'autre. 



199 



TRAITÉ DES CUBÉS AMOVIBLES. 



200 



S'il y a confusion, ou incertitude sur la délimitation 
des paroisses ou sur la personne, lorsque plusieurs curés 
exercent simultanément la cure, ou à tour de rôle, de 
sorte que les ouailles ne connaissent pas bien leur pas- 
teur, ni celui-ci ne connaît distinctement ses ouailles, 
en pareil cas la S. Congrégation, ne pouvant tolérer cet 
usage, prescrit la délimitation de la paroisse et Tinsti- 
tution d'un recteur perpétuel, conformément au chap. 13 
de la session 24 du Concile de Trente. Dans la cathédrale 
de Sarno, la cure appartenait à tous les chanoines de la 
cathédrale; la S. Congrégation du Concile ordonna d'an- 
nexer la paroisse à un canonicat, ou d'établir un vicaire 
perpétuel, afin que la population reconnut un recteur 
certain [Sameji. 7 juillet 1731]. 

Dans les paroisses de collation libre, et qui ne sont 
pas annexées à des chapitres ni à des monastères, le 
concours doit être tenu pour la nomination du curé , 
conformément au chap. 18 de la session 24. Le con- 
cours donnant droit à l'institution canonique, il s'ensuit 
que le curé institué acquiert un litre perpétuel sur la 
paroisse qui lui est conférée. 

Si la cure habituelle réside dans un chapitre , ou 
dans un canonicat et tout autre lieu pie, il faut distin- 
guer. Ou bien la cure réside dans ces personnes mo- 
rales ou naturelles, secondairement, et à raison de l'an- 
nexion et de l'union ; en ce cas' l'évêque a le pouvoir 
de changer le système établi, en rendant perpétuel le 
vicaire, qui était amovible, conformément au chap. 7 de 
la session 7 du 'concile de Trente. 

Si la cure appartient principaliter, en vertu de la 
fondation primitive au chapitre, ou canonicat, l'évêque 
n'a pas le pouvoir de supprimer raniovibilité. 

En examinant les relations ad Hmina^ la S. Con- 
grégation du Concile, rencontre des paroisses unies aux 
chapitres, canonicats et autres lieux pies ; elle a coutume 
de répondre dans le sens que je viens de dire. Si elle 
craint que l'amovibilité ne nuise au bien spirituel des 
âmes, elle exhorte les évêques à suggérer aux chapi- 
tres par la voie de la persuasion de dresser et présenter 
un plan pour que le ' vicariat soit conféré en titre per- 
pétuel. 

Il est faux par conséquent que la discipline ecclé- 
siastique condamne le système d'amovibilité; car elle 
le reconnaît ou l'écarté suivant la diversité des circon- 
stances, pour le plus grand bien spirituel des âmes. 

Avant et après le concile de Trente, il existait en 
France, comme dans toute l'Eglise, un certain nombre 
de paroisses amovibles. Une main aussi puissante qu'elle 
était incompétente, fit presque disparaître cette orga- 
nisation, en 1686. On connaît la manie de Louis XIV 
de se mêler de choses ecclésiastiques. Le 29 janvier 
de Tannée susdite, il rendit un édit prescrivant: « Que 
« les cures qui sont unies à des chapitres, ou autres 
c( communautés ecclésiastiques, et celles où il y a des 
« curés primitifs^ soient desserties par des curés ou 
« des vicaires perpétuels qui seront pourvus en titre, 
« sans que l'on y puisse mettre des prêtres amovibles, 
« sous quelque prétexte que ce soit » . Cet édit eut tout 
son effet, car, si l'on excepte les paroisses unies aux 
couvents et dans lesquelles on continua d'avoir des curés 
amovibles, dans toutes les autres, vers la fin du siècle 



dernier, lorsqu'éclala la révolution si funeste à l'Eglise , 
les curés amovibles étaint abolis et inconnus dans toute 
la France. 

J'emprunte ces renseignements aux Analecta juris 
;?(ma^m^ dixième livraison, septembre 18S5, col. 1619 
et suivantes. 

Lors du concordat de 1802, tous les diocèses et 
les chapitres furent supprimés, et anéantis, et en mémo 
temps rétablis dans les formes convenues. La même chose 
arriva pour les paroisses. L'article 10 du concordat 
portait: lidem episcopi ad parœcias nominabunt, nec 
personas seligent ntsi gubemio acceptas. La bulle Ec- 
clesia Christi confirmative du concordat s'exprima do 
la façon suivante: Jus nominandi parochos ad episcopos 
pertinehil, qui tamen personas non seligent nisi iis do- 
libtis instructas, quas Ècclesiœ canones requirunt, aique 
(ut tranquillitas magis in tuto sit) gubemio acceptas. 
Conformément à cette bulle et à l'autre qui commence: 
Qui Christi Domini, le cardinal Caprara supprima tous 
les diocèses, chapitres, et paroisses; et dans le § Quo- 
niant, il défendit de ne reconnaître comme curés dans 
les paroisses nouvellement érigées que ceux qui seraient 
députés par les évêques respectifs. 

Dans l'exécution de cet article du concordat, les 
évêques ne purent établir qu'un petit nombre de curés 
avec un titre canonique, et perpétuel. Les autres fui-ent 
établis sans titre canonique et administrèrent les cures 
en vertu de la commission épiscopale, qui leur donna 
le pouvoir d'exercer librement toutes les attributions pa- 
roissiales. Le nouveau système prit pied sous le gouver- 
nement de Napoléon. A Tépoque de la restauration des 
Bourbons, et de la paix générale, le Saint-Siège n'eut 
pas d'abord l'occasion de porter son attention. La bulle 
de Sixte-Quint sur la i elalion de l'état des diocèses ne 
fut remise à exécution qu'à partir de 1830. 

En 1844, les frères Allignol, prêtres de Viviers, 
publièrent un ouvrage, intitulé: Etat actuel de l'Eglise 
en France, en faveur de l'inamovibilité des curés. Deux 
ans après, Migne, publiant le Droit canon de son En- 
cyclopédie théologique, soutint la même thèse (tom. 1", 
p. 1281 et suivantes). Le livre des frères Allignol 
renfermait diverses maximes fausses et inexactes; ICvS 
auteurs se rétractèrent d'une manière édifiante. L'un 
d'eux ayant été reçu à l'audience de Grégoire XVI, le 
Saint-Père lui dit que « son but ne paraissait pas étran- 
ger au presbytérianisme. » 

En 1845, Grégoire XVI fit rendre par l'organe de 
la S. Congrégation du Concile la décision rapportée 
ci-dessus, et qui permet de garder provisoirement dans 
les paroisses dont il s'agit le système d'amovibilité en 
usage depuis l'époque du concordat de 1802; on peut 
conserver cette organisation jusqu'à ce que le Saint- 
Siège décide autrement. 

D'après cette résolution, la S. Congrégation du Con- 
cile, examinant les relations ad lîmina présentées par 
les évêques, prit pour maxime de laisser passer sans 
observation ce qui était dit de l'amovibilité des suc- 
cursalistes. Elle agit de la même façon au sujet des con- 
ciles provinciaux qui furent célébrés à partir de 1849. 
Presque tous parlèrent de l'amovibilité des curés; or, 
la S. Congrégation, en revisant les actes et les décrets 



201 



TRAITÉ DES CURÉS AMOVIBLES. 



202 



des conciles, ne prescrivit aucune correction, et laissa 
les choses en l'étal. Le concile provincial d'Auch, cé- 
lébré en 1852, fit un décret ainsi conçu: « Improbat 
« synodus eos qui succursalistarum amovibilitatem tan- 
« quam illegitimam vitupérant ; déclarai que eam ordi- 
« nationi divinâe non advei*sari, nec a S. Ecclesia re- 
« probari ; imo banc disciplinam esse senandam , e\ 
(( declaratione Summi Pontilicis Gregorii XVI , donec 
« Apostolica Sedes aliter statuerit. » La congrégation 
particulière qui élait cbargée de la révision des conciles 
provinciaux, ne crut pas devoir s'arrêter sur ce point. 

En 1863, un évoque de Savoie, dans la relation 
de l'état de sou diocèse, fit connaître que sur 170 pa- 
roisses, seulement 18 étaient inamovibles, et que l'évéque 
avait la libre collation de toutes. La S. Congrégation 
du Concile ne fit pas d'observation à ce sujet. 

On remarquera d'autres détails dans la consultation 
elle-même, dont nous croyons devoir publier le texte. 

Monsignor Vescovo di N. neU'anno scorso (1863) pubbli- 
cava la lettera coayocatoria del Sinodo diocesano, e nel dési- 
gnai le persone, che dovevano intervenirvi , annoverava 
eziandio: Inter parochos amovibiles cujusque decanatus 
eum qui scrutinio probabitar electus. Quell'espressione di 
parrochi amovibili diede occasiooe al Sacerdote D. Des- 
servant carato amobivile di V. di dare alla luce un opu- 
scolo intitolato : Béh^bilitation du Desservant, in cul prende 
a condannare il sistema comunissimo in Francia di conferir 
le parrocchie amovibili ad nutum de' Yescovi , siccome 
contrario alla disciplina ecclesiastica ; ed in pari tempo 
tacda 1 Yescovi Francesi, corne che abusino del diritto 
di peter far passare da una cura all*altra questi cosl detti 
Desservants. 

Egli dava aile stampe cotesto libercolo senza previa 
antorizzazione del suo vescovo contre a ci5, che prescri- 
vono le sanzioni del concilie provinciale, e gli statuti dio- 
cesani. Di piti ne diramava una copia a ciascuno di tatti 
i Yescovi délia Francia. Monsignor Vescovo, appena ebbelo 
nelle mani, credette suo dovere sottoporlo a disamina nel 
consiglio composte di ecclesiastici, di oui esso ë solito 
serviisi. Oltre adunque Testrinseco dell'essere Topuscolo 
stampato con aperta violazione de' décret! del Sinodo pro- 
vinciale, e dello statuto diocesano, fu esso trovato ingiusto 
perché si accusa corne scandaloso l'use di un' espressione 
aniorizzala dalla S. Sede, e vi si traggono consegaenze 
aliène dallo scopo dell'atto episcopale, e si afferma come 
riprovata dalla Ghiesa la disciplina di tutte le diocesi délia 
Franda; erronée, perche vi si condanna come riprovato 
daUa Ghiesa il sistema di potere amaovere i detti Curati; 
isgiurioso ai vescovi travisando le saggie loro intenzioni 
neiroso che fanno dell'amovibilità; calunnioso, perche ver- 
gati da un prête contre i superiori legittimi ; scandaloso 
in fine perché porta a favorire false dottrine. Laonde Mon- 
signor vescovo con sua ordinanza del 22 décembre pros- 
simo passato formalmente proscriveva queiropuscolo. Inoltre 
condannava il curato a ritirarlo dalla circolazione, a do- 
mandare scusa a Lui, ed in case di renitenza le sospen- 
deva ipso facto dal suo ministère fine a che persévérasse 
nella sua colpa. 

NeU'atto medesimo aggiungeva di voler deferir l'affiare 
al giudizio délia S. Sede, e di pih commendava al suo Vi- 
cario générale di recarsi personalmente presse il curato 
per notificargli la condanna, ed interpellarlo, se quella 
produzione era veramente sua: e qualora riconoscesse quel- 
Topera come suo parto, e confessasse di averla &tta stam- 
pare, gl'ingiungesse di aderire alla data condanna, di do- 



mandare scusa al vescovo medesimo, di sospendere la 
diramazione délie copie, e di ritirar quelle che potesse. 
La diramazione peraltro era già un fatto compiuto; e soto 
pèche copie gli eran rimaste; Il curato intanto émette va 
atto di adesione alla ordinanza del vescovo del 22 décem- 
bre rimettendosi in tutto a quelle che decretato avrebbe 
il Somme Pontefice, e soddisfaceva purauche aile altre in* 
giunzioni. Monsig. Vescovo ben teste diramé cotesto atto 
a tutti i vescovi deila Francia, accompaguandolo coji una 
sua lettera. Di più umilié alla Santità di Nostro Signore 
una copia dell' Opuscolo, deli' Ordinanza de* 22 décembre 
e la ritrattazione, ed in fine la relazione del vicario gé- 
nérale circa il suo accesso alla casa del parroco e del- 
Tavutene risultanze. Aggiungeva egualmente Monsignor 
vescovo un suo foglio, ove racconta Taccaduto, sottopone 
il proprio operato al giudizio del Somme Pontefice, e lo 
supplica de' suoi consigli 

La Santità di Nostro Signore si degnava rimettere 
tutta la posizione alla Sagra Congregazione de TV. e iUft., 
e quindi presceglieva una Gongregazione spéciale composta 
delPEmze Vostre Bevme, perché si compiacciano esaminar 
l'affare, e suggerire la provvidenza da prendersi. 

L'Opuscolo non é moite lungo; e non si stende oltre 
le 15 pagini. L'affare ha acquistato importanza per la ese- 
guitasi diramazione a tutti i vescovi délia Francia; del 
reste non sombra esser produzione di gran vaglia, siccomo 
potrà raccogliersi dai ceuni, che qui imprendiamo a dare. 

L'Autore non s'introduce con verun apparato di eru- 
dizione ecclesiastica per sostenere e comprovare l'assunto. 
Non usa neppure argomenti per la dimostrazione del suo 
tema sia tratti dalle font! comuni del diritto canonico, sia 
dalla ragione e daU'esperienza. Esso si riduce ad uua 
mera continuata a&serzione o declamazione di tutto quelle 
che viene esponendo. Mostra peraltro moltissimo rispetto 
e devozione verso a S. Ghiesa, non che verso l' Autorità 
del Somme Pontefice. Tante pare potersi dire in génère. 

In ispecie poi esordisce l'opéra con un tratto singolare 
anzichené. Definisce il Desservant un essere, cui da mezzo 
secolo in qua i vescovi &n servire alla loro alterigia epi- 
scopale, faconde su d'esso use d'un potere tutto laico, 
per nulla proprio délia Ghiesa, anzi da essa riprovato, 
colle sbalzarlo da questa a quella parrocchia senz' altro 
giudizio airinfuori del loro capriccio. Questo (ei prosegue) 
é une scandale, tante piu detestevole, quanto che domina 
nel Santuario, e propriamente neU'episcopato. L'amovibi- 
lità nella Ghiesa non é un principio di disciplina, ma una 
mera toUeranza di essa. L'amovibilità nasce dalle leggi 
Organiche emanate da Napoleone (*). Il Governo peraltro 
non obbliga i Vescovi a rispettar queste disposizioni lai- 
cali. Se i Vescovi bramano mantener sul popolo il loro 
ascendente, debbono porre il suo appoggio sul basse Glero, 
che si trova a contatto col popolo. Si sdegna, che il Glero 
inferiore sia chiamato basse Glero: basse, ei continua, ed 
inferiore per ricchezza, ma non per numéro, intelligenza, 
e dottrina. Sono 40,000 i Desservants nella Francia ('). 

('; I notissimi ArticoU Organicû contro i qoaU la S. Sede non 
mancè di protestare energicamente appena fnrono da Napoleone dopo 
il Concordato promulgati, air Art. 31 cosi dicono: Les vicaires, et 
desservants exerceront leur ministère, sons la surveiUance et la di- 
rection des Curés. Us seront approuvés par T Évoque et révocables 
par lui. Quale articolo sebbene restrittivo a quel, che noi chiamiamo 
sotto-curati, nolladimeno in Francia si appUca ancora ai rettori di 
quelle chiese parrocchiaU, le quaU non si danno con titolo perpetuo 
ma sono indipendenti da qualsivoglia altro parroco titolare. 

(^] Questo numéro è esagerato. In un certo opuscolo stampato 
col titolo: Bapporto di Monsignor CorboU sopra alcuni affari religiosi 
di Francia, U lodato prelato diceva, che seconde notizie autentiche 
in allora (l851) si conta vano 28,822 snccursaUe 3,315 parrocchie titolari. 



203 



TRAITÉ DES CURÉS AMOVIBLES. 



204 



Ora 40,000 intelligenze quaoto bene e quanto maie non 
son capaci di fare! Egli non intende fare nna minaccia; 
il Clero di Francia è troppo cattolico par eccedere in 
esorbitanze. 

Si scaglia contro la condotta de' vescovi, i quali non 
pongono tutto lo studio, onde in ogni parte délia Francia 
fiorisca corne dovrebbe la Religione Gattolica. Dice clie 
dessi amano far da grandi, ed essere adulati. Anzi Tadu- 
lazione sola è il mezzo per entrare loro in grazia. Rac* 
conta il fatto accaduto ad un curato dl campagna (senza 
nomînar ne il nome ne il luogo) il quale per aver rispo- 
sto al suo yescovo, il qiiale T interrogava, che Ini predicava 
non nna rolta la settimana ma sei e sette yolte, quasichè 

10 dicesse per vanto e con spirito di snperbia, ne fu pu- 
nito coU'essere mandate a fare gli esercizî, piii tardi col- 
Tessere trasferito ad una parrocchia nei più remoti e duri 
confini délia diocesi. 

Fa il paragone de' cnrati di campagna cogli stessi ve- 
scovî, e prétende essere molto maggiore il bene che fanno 
qnelli, che questi. Critica il modo che tengono i vescovi 
nel far la visita délie diocesi, qnale fan consistere in pas- 
seggiate di diporto, in isfoggiare la loro grandezza, in 
prendersi divertimenti massime con tanti pranzî. 

I parroci non potranno mai produrre i vantaggi propri 
del loro ministère, se non sono stabili e fissi nella loro 
parrocchia; giacche temendo sempre di essemo trasferiti o 
non fanno verun bene, o se lo fanno questo rendesi fni- 
straneo, percha nel bel mezzo ne viene troncato e distmtto. 
I vescovi sono troppo aspri coi curati, e sovente per faisi 
sospetti si puniscono e si castigano. Appella ad un canone 
del concilie Tridentino, che riporta in francese senza ci- 
tarlo, ove ai Yescovi raccomanda di esercitare il loro po- 
tere con carità, non per dominare e in destructions (Que- 
sto canone ë il principio dal cap. 1. sess. 23, de Re.). 
Poggiato su questo avviso indirettto a vescovi, crede di- 
mostrare, non essere loro permesso di cambiar i parrochi 
da una parrocchia all'altra. Egli non si perita cMamare i 
vescovi crudeli, barbari, ingiusti verso i loro curati. Con- 
danna in essi una certa tendenza ad introdnrre nella Chiesa 
un modo di governo che sa del laicale, ed ha origlae dalle 
usurpazioni de* laici contro la Chiesa. In fine egli conclude 
domandando la stabilità dei desservants. 

 q aattro principalmente pare ridursi i capi di accusa 
contro il curato; primo all'aver stampato Topuscolo senza 
licenza del suo vescovo con violazione del sinodo provinciale, 
e dello statuto diocesano: seconde all'aver condannato il 
sistema dell' amovibilità • corne riprovato dalla disciplina 
ecclesiastica, e proveniente da un fonte puramente laico; 
terzo air aver tacciato i vescovi di abusar del potere di 
amovere i parroci; quarto al dire, che si mostra dai ve- 
scovi una tendenza ad introdnrre nella Chiesa un sistema 
di governo proprio piuttosto de' laici, che délia Chiesa. 
In quanto al primo capo, avvi il fatto patente, e la con- 
fessione del curato, che confessa la sua mancanza. Ri- 
gaardo al terzo e quarto trattasi di fatti, i quali sono 
asseriti meramente, ne si adduce, ancorchë esistessero, 
verun appoggio con cui confermarli. Quiudi ë rimesso alla 
superiore prudenza delI'E&ze Vostre Rev&e, famé quel 
conto, che crederanno: solamente in quanto al punto del- 
l'amozione in astratto toccheremo, se possa esegoirsi senza 
grave cagione dopochë avremo favellato del seconde cape. 

11 quale concemendo un punto di disciplina Ecclesiastica, 
mérita une sviluppo pih esteso. 

Ma prima di entrare in materia crediamo pregio del- 
l'opera premettere non esser mancati alcuni scrittori, i 
quali hanno preteso sostenere, che l'istituzione de 'parrochi, 
ed il dîritto di essi al governo délie anime proviene ed 



a' medesimi compote per diritto dlHno. Questa sentenza ë 
riprovata dalla sana parte de' canonisti e teologi; impe- 
rochë al contrario da questi si dimostra, che l'ofScio par- 
rochiale nei Parrochi ë ordinario non per diritto divino 
ma per diritto puramente umano, perche, corne av verte 
S- Damaso Papa ( Ep. 9. ad Prosp. ) tra i vescovi ed i 
semplici Preti la costituzione divina délia Chiesa non co- 
nosce verun grade intermedio; onde l' Abulense, parlando 
de' Parrochi disse (Math. XVL quae. 87.) « Curati omnes 
« sunt commissarii; et sic tota jurisdictio est Episcopi 
« immédiate; et si nollet ponere curatos, sed ipse admi- 
se nistraret, licite faceret, si sufficeret ad hoc. » Che se 
comunemente si dice avère i parrochi un officie proprio 
ed ordinario cië deve inteudersi in un senso lato ed im- 
proprio, perche, corne insegna S. Tommaso (2. 2. q. 184. 
art. 6. ad 3): « Plebani (ossia Presbyteri curati corne se- 
« pra li chiama) non habent principaliter curam sed ad- 

< ministrationem quamdam, secundum quod eis ab Epi- 

< scopo committitur ». Questi priacipî cui noi accenniamo. 
sono messi in piena luce contro i Parrochisti Qianseniani 
da teologi e canonisti di vaglia e di sana dottrina, e si 
puë consultare il Brève Apostolico di Pie VI ad Archie- 
piscopum Ebredunensem, che si trova inserito nelle opère 
di Gerdil in fine tom. XYI, ed altresf la pregiata opéra 
del Nardi intitolata dei Parrochi. 

Cotesti principî sono in pieu* armonia col fatto. Se 
l'istituzione de' parrochi partisse dal diritto divino, avrebbe 
dovuto subito esser posta in atto nella Chiesa, siccome, 
ad esempio, awenne dei vescovi. Ma al contrario si rileva, 
che l'origine de' parrochi rimonta al secolo terzo, ed anzi 
nelle cittk non invalsero i parrochi se non se nel secolo 
décime come dimostra Mario Lupo di Bergamo nell'opera 
De Parochis ante annam Christi millesimum. 

Poste portante, che l'istituzione de' Parrochi inamovi- 
bili non avesse principio che solamente dope il mille del- 
l'era cristiana , non deve far maraviglia, se, prima che 
s'introducesse questo nuovo sistema nella disciplina ec- 
clesiastica fosse dovuto passare lungo tratte di tempo: 
poichë cosiffatte innovazioni per la loro natura non pos- 
SOQO impiantarsi in un punto in tutti i luoghi. Di fatti 
agevole sarebbe colla storia alla mano far vedere il gran- 
dissimo numéro di parrocchie, che continuarono ad essere 
amministrate da reggitori precari, e revocabili anche dopo 

quell' epoca. 

Conviene peraltro dire, che il sistema di conferire il 
reggime délie anime in modo temporaneo fosse ricono- 
sciuto dannoso nella Chiesa; altrimenki fatta si sarebbe 
veruna alterazione, e la S. Sede non lo avrebbe permesso. 
Ma anzi i Pontefici insistettero, perche i Parrochi fossero 
perpelui. Di fktti tiel concilie di Piacenza il pontefice 
Urbano II, che sedette nella cattedra Apostolica dal 1088 
al 1099, si legge: Sanctorum canonum statutis consona 
sanctione decemimus, ut ..... in qua Ecclesia qui- 
libek institutus est, in ea perpétue perseveret. Yed. Gratian . 
Decr. Distinc. 70. cap. 2. 

Un poco piii tardi Innocenzo III, che fiori dal 1198 
al 1216, nel concilie générale di Laterano ( Yed. cap. 
Extirpandae, 30, De praeb. et dign. §. Qui vero), nel mon- 
tre, che ordinava ai parrochi la residenza personale nella 
propria parrochia, permetteva, che quoi dignitarî e pre- 
bendati, a cui la parrochia era annessa, ( dovendo d'aï- 
tronde servire airofficio proprio délia Dignità o Prebenda) 
potessero amministrar la parrochia mediante un Yicario: 
In ipsa ecclesia parrochiaÛ idoneum et porpetuum habeant 
vicarium canonice institutum. E Bonifacio YIII, che oc- 
cupe la cattedra pontificia dal 1294 al 1303 (Yed. cap. 
UD. del cap. monac. 6), stabiliva che Presbyteri, qui ad 



205 



TRAITÉ DES CURÉS AMOVIBLES. 



206 



enram popoli per monachos in eoram ecclesiis, praesentan- 
tnr episcopis, et instituuntur ab ipsis (cum debeant esse 
perpetai) consuetudine vel statuto quovis contrario non 
obstante, ab eisdem nequennt ecclesils (nisi per episcopos 
et ex causa rationabili) amoyeri. 

Qneste sono in ispecie le disposizioni contenute nel 
corpo del Diritto canonico concementi Targomento che 
trattiamo. Dalle quali non sembra potersi dedurre, che il 
sistema délia perpetuità fosse ordinato corne legge co- 
stante e comune a tutte le parrocchie. Di fatti il canone 
presse Graziano ë troppo generico, potendosi riferire a tutti 
i benefici che, massime in quoi bassi tempi venivano sotto 
il nome di Ghiesa, e di pih non ë cosi esplicito, corne 
richiederebbesi per lo scopo. I Ganoni di Innocenzo III e 
Bonifacio YIII parlano solamente di parrocchie annesse a 
dignità e prébende, owero monasteri. Ma in ogni modo 
questi Sommi Pontefici posti nel caso di dorer ordinare 
ristituzione di un vicario, e potendo prescrivere che fosse 
amoyibUe o inamovibile preferirono che fosse inamovibile 
senza far veruna eccezione o limitazione: col fatto adunque 
dimostrarono che l'inamovibilità sembrava loro più utile e 
vantaggiosa. 

SopraTYonne Tepoca memorabile del concilie di Trente. 
Piii Tolte i Padri • tridentini ebbero motivo di trattare del 
reggime parrocchiale. Al cap. 7 sess. 7 de Bef. décréta- 
rono che : Bénéficia ecclesiastica curata, quae cathedralibus. 
collegiatis, seu aliis ecclesils vel monasteriis, beneficiis, 
seu collegiis aut lods piis quibuscumque perpétue unita 
et annexa reperîuntur, ab ordinaiiis locorum annis singu- 
lis yisitentur, qui sollicite providere procurent, ut per ido- 
neos vicarios, etiam perpétues, nisi ipsis ordinariis pro 
bono ecclesiarum regimine aliter expedire yidebitur ibidem 
deputandos, animarum cura laudabiliter exerceatur. Sembra 
non potersi negare, che con questo décrète si desse un 
nuoYo impulse per fermare più efficacemente la perpetuità 
de' parrochi : ma nulladimeno non sembra egualmente, 
che si possa concludere che fosse eliminata afiatto Tamo- 
Tibilità; giacchë il caso versa restrittivamente suUe par- 
rocchie annesse, e di pih la costituzione de 'parrochi perpetui 
ë rimessa al prudente arbitrio de^ vescovi. 

Nel cap. IX sess. 14 de Bef. si applaude alla disci- 
plina sulla distinta e stabile demarcazione délie parrocchie 
e si proibisce che le parrocchie per qualunque titolo si 
nnificano e confondano con parrocchie diverse e di altra 
diocdsi. Ma peraltro sebbene da questa disposizione chiara 
sempre pih apparisca la mira di ordinare in modo fisse e 
certo la cura délie anime, nuUa si dice délia persona, alla 
qoale debbano affidarsi le parrocchie, cioë se debba essere 
stabile o precaria. 

Più esplicitamente nel cap. 16 sess. 23 de Bef. si 
proibisce, che i beneficî, aventi cura di anime si conver- 
tano in beneficî semplid, etiam assignata vicario perpetuo 
congrua portione. Se perë contre la fondazione délie par- 
roechie medesime, la cura délie anime sia stata trasferita 
su di un vicario perpetuo, anche da tempo immemorabile, 
si fltatuisce, che qualora non gli ë stata assegnata la con- 
groa, al pih presto si assegni. Quando cië non possa farsi 
eommodamente, si rimettano le cose nello stato primitive. 
In questo décrète si enuncia meramente il parroco perpe- 
tuo; ma nnlla di espresso si stabilisée sul punto délia 
dmata neiroflScio parrocchiale. 

Nel cap. Xni, sess. 24 de Bef. si décréta che in quelle 
città e luoghi « ubi parochiales certes non habent fines 
« nec earum rectoree proprium populum, quem regant, 
« sed promiscue petentibus sacramenta administrant, man- 
« dat S. Synodus episcopis pro tutiori animarum eis com- 
« ndssarum sainte, ut distincte populo in certas propria- 



« sque paroecias unicuique suum perpetuum peculiaremque 
< parochum assignent, qui eas cognoscere valeat et a que 
« licite sacramenta suscipiant, aut alio utiliori modo, prout 
« loci qualitas exegerit, provideant. » Pih spiccatamente 
in questo décrète ë prescritta la stabile dilimitazione délie 
parrocchie: nell* esecuzione délia quai misura si scorge la 
prelazione che dassi ad un rettore perpetuo: abbenchë qui 
altresi avvi ona limitazione in favore dei Vescovi per 
prowedervi anco in altro modo qualora giusta l'esigenza 
de' luoghi speciali sembri pih utile e salutevole. 

Nel priacipio del cap. 18, sess. 24. de Bef. nel dirai 
« etiamsi cura ecclesiae vel episcopo incumbere dicatur, et 
per unum vel plures administretur etiam in ecclesiis pa- 
trimonialibus vel receptivis nuncupatis, in animarum cura » 
si suppone Tesistenza del caso, in cui la cura délie anime 
risiede nel vescovo, nel che si rafiBgura un superstite mo- 
numento dell'antica disciplina avanti il mille dell'era cri- 
stiana. Non rari simili esempi trovansi anche ne' tempi pih 
recenti massime in Ispagna. Nella diocesi di Siviglia 
(Hispalen.) al vescovo incombeva la cura di tutte le par- 
rocchie délia diocesi, le quali per costume si afBdavano a 
tanti rettori amovibili ad nutum dello stesso vescovo. 
Questi rettori mossôro quistione contre siffatto sistema, e 
la causa non senza gran calore e strepito fu discussa tre 
volte in S. Bota coram Peutingero corne dall' Hispalen. 
Juris amov. curâtes 20 apr. 1640, 21 junii 1641, 23 
junii 1642. Ma il Sacre Tiîbunale, esaminata la contre- 
versia in tutti gli aspetti, con tre sentenze cenformi ca- 
nonizzë il possesso del vescovo nel diritto di nominare 
parrochi amovibili ad nutum in tutte le parrocchie délia 
diocesi. 

Anche nel 1841 presse la S. G. del Gonc. si trattb 
la Gallipotana Parrochiarum, dalla quale risulta, che an- 
che in quella diocesi la cura dalle anime risiedeva presse 
il vescovo in quanto a tutta la diocesi, la quale restriu- 
gevasi alla sola città con due parrocchie. Il vescovo di 
allora, religioso Francescano. ce' risparmi che fece rite- 
nendo la parca vita deirOrdine, dal quale era uscito, potë 
raggranellare taie somma da procurare una congrua dote 
di tutti i Gurati non che de' coadjutori. Bichiese portante 
di peter devenire all'atto délia canonica erezione délie 
dette due parrocchie, da doversi conferire mediante con- 
corso : vi annul pienamente la S. G., e voile di pih che la 
scelta de' coadiutori appartenesse al Vescovo. 

Nel cap. XI, sess. 25, de Begular. si dà facoltà ai 
vescovi di visitare in quanto alla cura ed amministrazione 
de' sacramenti i parrochi sia regolari che secolari délie 
parrocchie annesse ai monasteri, e si dispone che «nec ibi 
aliqui etiam ad nutum amovibiles deputentur nisi de 
ejusdem consensu ac praevio examine per eum aut ejus 
vicario faciendo. » In questo capitolo ognun vede da per 
se, che l'amovibilità de' parrochi nel caso, di cui si trat- 
ta, ë rispettata e lasci^ta intégra. Quindi Ben. XIV. de 
Sjn. Dioec. lib. 12, cap. 1, n. 2, scriveva che in oggi 
« a capitulis et monasteriis deputari soient Yicarii tem- 
poranei, et ad nutum amovibiles, qui animarum curam 
exerceant in parochiis iisdem capitulis seu monasteriis 
unitis. » 

Ghe se già i Sommi Pontefici prima del concilie di 
Trente, ed i Padri tridentini diedero a dividere dar essi 
la prevalenza alla perpetuità, lo stesso si pub dire de'Pon- 
tefici susseguenti. Ci contentiamo di portar l'esempio di 
S. Pie V, il quale colla sua cost. Etsi omnibus 5 Nov. 
1571, stabilU che le vicarie curate di Boma fossero di- 
chiarate e ritenute perpétue : quale disposizione tenue ferma 
Leone XII nella nuova riordinazione délie parrocchie di 
detta città. 



207 



TRAITÉ DES CURÉS AMOVIBLES. 



208 



Dal fin qui esposto risulta che sebbeoe il coucilio di 
Trento ed i Fontefici influissero molto piU efficacemente, 
che le parrocchie fossero ben demarcate, e date in per- 
pétue, nuUadimeno non intesero di tôrre affatto la tem- 
poraneità délie medesime in quanto ai rettori. Di fattila 
storia posteriore ci ammaestra, che non poco è il numéro 
délie parrocchie, le quali rimasero sottoposte al sistema 
deiramovibilità. Che anzi giusta la diversità delle circo- 
stanze, e la esigenza de' casi speciali, anche i sommi Fon- 
tefici talvolta non furono alieni dal confermarlo. Basti 
riportare alcune di cotali disposizioni dal BoUario di Ben. 
XIV. Nella cost. Cum semper oblatas 19 aug. 1744, §. 4, 
si dichiara essere obbligati alla messa pro populo anche i 
parrochi amovibili ad nutum. Nella const. Àd honorandum 
del di 27 marzo 1751, si concède al capitolo Vatican o di 
deputare in varie parrocchie il vicario amovibile ad nutum, 
come ai §§. 41, e 42, 52, 61. Nella cost. Régis pacifici, 
§. 36, 17 marzo 1756, si ammette Tamovibilità rapporte 
aile parrocchie del monastère di S. Maria in Organis, 
Nella cost. Suprema dispositione 10 januarii 1752, §. 14, 
lo stesso concedesi al capitolo della Collegiata di S. Ma- 
ria Maggiore in TJdine. Il medesimo Fontefice compart\ 
ancora nel d\ 15 aprile 1741 ai BeneBettini di Gengebac, 
che sette chiese parrocchiali fossero unité al dette mo- 
nastère, e Tabbate vi tenesse un parroco secolare o rego- 
lare amovibile ad nutum. 

Fossîamo aggîungere un Brève di Pie VI de' 2 ottobre 
1778, da cui si apprende che neU'Avignonese e nel Con- 
tado Venaisino eranvi moite parrocchie solite conferirsi a 
Bettori amovibili ad nutum; e quel Fontefice mentre 
provede, che i medesimi non siano toiti sine spectata 
causa, nuUa innova circa il sistema dell'amovibilità. Anche 
Pie VII nel convertir la chiesa abbaziale di S. Gemini in 
collegiata nella diocesi di Narni, riconobbe e confermb 
r amovibili ta délia parrocchia qui eretta. S. C. Gon. in 
Namien. cur. anim. 5 Sept. 1846, §. 1. 

Dalla storica esposizione fine a qui tracciata parmi 
potersi dedurre chiaramente, che la disciplina ecclesiastica 
preferisce la perpetuità delle parrocchie, ma non in guisa 
che riprovi ed interdica la temporaneità seconde Tesigenza 
de* casi speciali. Si disputa in génère, se sia migliore la 
prima piuttosto che la seconda. I Dottori come awiene 
di ordinario si dividono in due schiere; per la tempora- 
neità (a nominare alcuni) stanno Pignatelli Gonsult. 143, 
Tom. 9, ove tratta cotesta materia ex professe. De Luca 
Disc. 80, de Benef. e Giraldi ad Barb. de 0S« et pot. 
Par. app. 2, c. 114, e 115. Fer la perpetuilà combatte 
Fagnan. cap. Ex parte n. 9 et seq. de Off. Vie. il quale 
molto si stende per far rilevare i danni della tempora- 
neiià, e ad un tempo i vantaggi del sistema contrario. 
Ad esso aderisce Ferraris V. Farrocbia n. 14, e Barbosa 
De Offic. et Pot. Part. F. 1, C. 1, n. 43, et 44. 

La S. C. del Concilie tante in tempo alquanto antico, 
ehe in questi ultimi anni, ha avuto motive di porre in 
discussione cotesta controversia. Mi basta citare la Nar- 
nien. Cur. Anim. 1846, non che altra diversa Namien. 
cor. Anim. 9 sept. 1848. Ma con precisione maggiore se 
ne tratta nel foglio- della Baren. curae Anim. 29^aug. 
1857. Se non che, in quanto aile solnzioni adottateMalIa 
medesima S. G. del Concilio sembra potersi inferire sola- 
mente, che dessa ha diversamente risoluto seconde la di- 
versità de' casi. Salus populi suprema lex esto; seconde 
che il meglio delle anime esigeva, gli Emi Fadri risolsero 
in un modo, o nell' altro nei casi particolarL Quindi ? si 
adducono in pro dell' un sistema che dell'altro varie ri* 
soluzioiii tante antiche che moderne, come possono da se 
verificare TËâze Vostre Rme nelle citate cause, giacchë 



d'altronde la brevità, che ci prescriFe il nostro officio, non 
ci permette di stenderci di soverchio. 

Solamente ci sembra potersi distinguere i diversi casi, 
nei quali ha adottato le diverse misure. Fu6 avvenire in 
primo luogo, che trovisi confusione ed incertezza sia rap- 
porte alla parrocchia, quando i limiti di una si confondono 
co'limiti di un'altra, sia rapporte alla persona, quando 
molti esercitano la cura o simultaneamente o per turno di 
modo che le pécore non ben conoscano il pastor loro, nb 
il pastore conosca le sue pécore. In tal case non si pub 
tolerare questa consuetudine o piuttosto corruttela e deve 
provvedersi colla delimitazione della parrocchia e coiristi- 
tuzione di un Bettore perpétue a norma del cap. 13, sess. 
2 de Réf. e della Sarnen. 7 Jul. 1731 presse la S. C. 
del Gonc. nella quale vage cura animarun capitularibus 
imminebat: e quindi gli Emi Fadri € mandarunt alicui 
« certae praebendae de Capituli consilio adjungi, vel Vi- 
« cariam inibi erigi perpetuam, ut subjectus populuscer- 
« tum pastorem agnoscat ». Il simile fu deciso in altri 
eguali casi. 

si tratta di parrocchie semplici, doë non congiunte 
a' monasteri, capitoli, ed altre comunità, ed allora la par- 
rocchia sia di libéra collazione o di giuspatronato eccle- 
siastico o laicale, deesi conferire mediante Goncorso giusta 
la prescrizione del cap. 18 sess 24 de Bef. quai concor- 
se dando il diritto alla Instituzione canonica, ne segue, 
che ristituito acquista un titolo perpétue alla parrocchia 
che viengli conferita. 

la cura ë unita ad un monastère, e il parroco ë un 
regolare (sempre che non vi sia promiscuità di parrocchia 
tante per riguardo de' confini parrocchiali quanto per ri- 
guardo di pih perâone esercenti la cura), ed allora ordi- 
nariamente il Parroco di natura sua ë amovibile ad nutum: 
e per le particolari circostanze della persona, non potreb- 
besi indurre veruna mutazione; poichë il medesimo per 
veto solenne di obbedienza, pria di esser parroco era ed ë 
seggetto al sue Superiore Begolare, il quale pub trasfe- 
rirlo da un luogo aU'altro. Che i vescovi poi non abbian 
diritto di mutare il rettore amovibile in perpetuo ncU'ad- 
dette case, lo dimostra Ferraris V. Vicarius Guratus, in 
fin. Add. ex alien. man. Che anzi per rapporte aile par- 
rocchie unité alla Grance soppresse in Italia dalla cost. 
Instaurandae cotai proibizione ë espressa per la dichiara- 
zione dell' 8 ottobre 1670 emanata dalla S. G. sup. Stat. 
essendone secretario Fagnano: quai dichiarazione ë ripor- 
tata per intiero nell' Analecta Juris Pont. fasc. settemb. 
1855, col. 1654. 

Mi si permetta di aggiungere che la S. G. del Gonc. 
nell'esaminare le relazioni de' vescovi, quando s' imbatte 
in parrochie amministrate da Begolari non fa veruna av- 
vertenza sull' amovibilité dei medesimi, e si contenta di 
richiamar l'osservanza della cost. di Ben. XIV che comin- 
cia Firmandis de' 6 nov. 1744. 

la cura risiede presse un capitolo, una Frebenda, o 
luogo pie qualunque, ed in questo caso conviene distin- 
guere; la cura risiede presse le dette persone morali o 
fisiche secundario, atque ob adnexionem et unionem, ed 
allora al vescovo ë permesso mutare il vicario da tempo- 
raneo in perpetuo, justa et rationabili causa accedente, a 
norma del cap. 7, sess. 7, de Bef. al contrario vi ri- 
siede principaliter et ex primaeva institutione ac funda- 
tione, ed allora non pub il vescovo da per se cambiare 
un vicario amovibile in perpetuo poichë altrimenti contre 
il disposto del cap. 16 sess. 25 de Bef. un bénéficie eu- 
rate ( posseduto in solidum dal capitolo o altro qualunque 
luogo pie) si convertirebbe in semplice col passar cieë 
nella persona del parroco perpetuo. Questa massima ë 



1 

\ 



209 



TRAITÉ DBS CURÉS AMOVIBLES. 



210 



âtabilita e dimostrata negli ultimi paragrafi della preci' 
tata Baron., ed inoltre dalla risoluzione di essa confermata 
ma^ormente. Ed anche qui siaci permesso annotare, che 
nelFesame délie relazioni de' yescovi alPincontrarsi in par- 
rocchie spettanti a* capitoli, prébende, ed altri luoghi pii, 
si rispoude poco più poco meno ne' termini da noi teste 
adoperati, corne potrebbesi con vari esempi comprovare. 

Se non che la medesima^S. G. in qnesto ultime caso, 
qaalora veda o sospetti, che P amovibilità importi detri- 
mento al bene spirituale délie anime, per via di persua- 
sione esorta i yescovi ad insinnare ai capitoli, prebendati, 
luoghi pii perché vedati gli sconcerti, s'inducano a re- 
digère e presentare nn piano, col quale la vicaria 8ia con- 
ferita con titolo perpétue, e venga cosl provveduto al bene 
stabile délie anime. E ci5 sia dette, perche maggiormente 
apparisca, che la S. Sede, nel determinarsi per la perpe- 
tuità temporaoeità de' Parrochi, prende norma unica- 
mente dalle maggiori o minori esigenze de^ luoghi e dai 
bisogni del popolo. 

Se dnnque ë falso che il metodo di amovibiliià è ri- 
provato dalla disciplina ecclesiastica, la quale piuttosto 
lo ammette od esclude seconde la varietà délie circostanze 
ed i bisogni spirituali délie anime, apresi Tadito alla qui- 
stione, se nello stato présente délie cose in Francia sia 
più spediente la perpetuità dei cosl detti DesservantH. Taie 
indagine tocca al vivo l'odierna controversia ; eppercib 
l'Emze Yostre Revme siano bénigne di seguirci nel cam- 
mino, che ci rimane a percorrere. La cosa è ben delicata 
e grave. 

Come nella Ghiesa in générale prima e dopo il con- 
cilie di Trente, cosi esistevano in Francia le parrocchie, i 
eni rettori potevansi amuovere ad nutum. Una mano 
quanto illégale ed incompétente, al trottante forte ed effi- 
cace nel 1686 fè quasi disparire cotesto sistema. Gonosce 
ognuno la potenza di Luigi XIV, e la sua tendenza a mi- 
scbiarsi délie materie ecclesiastiche. Egli adunque nel dl 
29 gennaro di dette anno emanb un ordinanza, in cui 
eomandava « que les cures qui sont unies à des chapitres, 
« ou autres communautés ecclésiastiques, et celles oh il y 
< des curés primitifs, soient desservies par des curés ou 
« des vicaires perpétuels qui seront pourvus en titre, sans 
« que l'on y puisse mettre des prêtres amovibles, sous 
« quelque prétexte que ce puisse être ». Questa ordinan- 
za, abbenchè di radice viziosa, difesa- e corroborata dalla 
penna de* canonisii Francesi, che fiorivano in quel tempo, 
produsse un effetto incredibile; imperocchë, se si eccettua- 
DO le parrocchie annesse ai monasteri, nelle quali non s'in- 
tndascid di nominare parrochi temporanei, nelle altre alla 
fine del passato secolo, quando scoppib la Rivoluzione 
Francese tante funesta alla Ghiesa, i parrochi amovibili 
erano da pertutto in Francia abolit!, e dispersi. (Estraggo 
ooteste notizie daU'Analecta jur. pont. fasc. dixième, Sept. 
1855 col. 1629 e seq. ) 

Nella celebrazione del Goncordato del 1802 come tutte 
le diocesi, e capitoli furono soppressi ed estinti, ed in pari 
tempo riordinati seconde le forme quivi convenute, cosi 
aeeadde délie parrocchie. AU'art. 10 fil dette: lidem epi- 
seopi ad paroecias nominabunt, nec personas seligent nisi 
Gubemio acceptas. E nella Bolla Ecclesia Ghristi confer- 
matrice diceva: Jas nominandi parochos ad episcopos per- 
tîneliit, qui tamen personas non seligent nisi iis dotibus 
instructas, quas Ecclesiae canones requirunt, atqne ( ut 
iranquillitas magis in tuto sit ) Oubernio acceptas. A for- 
ma della prefata Bolla, e dell' altra che comincia, qui 
Cbristi Domini vices la G. M. card. Gaprara soppresse 
tatte le diocesi, capitoli, e parrocchie, e proibi §. Et quo- 
niam in fine, che non si riconoscessero per parrochi nelle 



parrochie nuovamente erette se non quelli, che quivi de- 
stinât! venissero da! respettivi Yescovi. 

Nella esecuzione di questo articolo del concordato, i 
vescovi non poterono istituire se non se pocbissimi parro- 
chi con titolo canonico, e quindi perpetuo; e gli altri sta- 
biUti vennero tutti senza titolo canonico. La cagione di 
cib pub derivare dall' Art. 60 e 61 degli Articoli Orga- 
nici succitati, dove si esige che i Vescovi eriggano una 
parrocchia in ogni dîstretto civile, e nelle altre chiese, ove 
faccia bisogno, istituiscano tante succursali. Il Governo 
garantiva la dotazione per le parrocchie titolari, ma non 
per le succursali. Abbenchë in appresso discese ad asse- 
gnar loro un assegno, che, giusta quelle si legge nel suc- 
citato Opuscolo di Mens. Gorboli, ascendeva a Franchi 700 
800 circa. Intanto il nuovon sistema prendeva piede per 
la sopravenienza del Governo Napoleonico. Alla ripristina- 
ziône del Governo Borbonico in Francia, e della pace in 
Eni;opa, la S. Sede non ebbe in suUe prime cagione di 
volgere la sua attenzione su questo punto. Di cib sareb- 
besi potuta interessare sul rapporte de' vescovi nel riferire 
ad ogni quadriennio lo stato deile loro diocesi. Ma sanno 
l'Efiize Yostre Bme, che in Francia non si era voluta 
giammai riconoscere la célèbre cosi Bomanus Fontifex 25 
décembre 1585 di Sisto Y. Soltanto nel 1880 comincib 
qualche vescovo a spedire H sua relazione, quai* esempio 
seguirono in progresse ancora altri ed oggi pub dirsi co- 
munemente che la seguono tutti mercb le cure sapiente- 
mente adoperate da N. S. Pie Papa IX. 

Yerso quella prima epoca, in cui cominciossi ad avère 
le relazioni délie diocesi seconde le norme della Benedit- 
tina (ove particolarmente dee rendersi conte anche dei 
parrochi e délie parrocchie ) ebbe luogo un atto della S- 
Sede, a cagion del quale sull' amovibilità non si dovette 
fer verun rimarco o prescrizioni. Sanno l'Emze Yostre 
Bfie, che alla Gostituzione di Pie YII andaron soggetti 
ancora il Belgio e la Savoja, assieme incorporât! ail' Im- 
pero Francese. Nel Belgio altresi, come in Francia, poche 
parrocchie erano state istituite con Bettori perpetui, ri- 
manendo le altre con pastori precari. Girca il 1845 insorse 
in quel regno tra gli ecclesiastici la quistione, se per le 
parrocchie migliore fosse il sistema della temporaneità, o 
della perpetuità, nb cib fu senza qualche calore. Laonde i 
vescovi moite saggiamente volière consultare in proposito 
la S. Sede, e nominatamente il vescovo d! Liegi cÛresse 
alla S. G. del Goncilio una supplica concepita ne' seguenti 
termini : 

« Beatissime Pater. Infrascriptus episcopus Leodiensis 
« onmi qua decet veneratione petit, ut examinetur sequens 
« dubiom, sibique pro conservanda in sua dioecesi unitate 
« inter clericos et Ecclesiae pace coromunicetur solutio: An 
« attentis praesentium rerum circumstantiis, in regionibus, 
« in quibus ut in Belgio, sufSciens legum civilium fieri 
« non potuit immutatio, valeat et in conscientia obliget, 
« usque ad aliam S. Sedis dispositionem, disciplina iuducta 
« post concordatum anni 1802, ex qua Episcopi jurisdic- 
« tionem pro cura animarum conferre soient ad nutum 
« revocabilem, et illi si revocentur, et alio mittantur, te- 

< neantur obedire. Geterum episcopi hàc rectores revocandi 
« vel transferendi auctoritate haud fréquenter et nonnisi 
« prudenter uti soient, adeo ut sacri ministorii stabilitati, 
^ quantum fieri potest, ex hisce rerum adjunctis, satis 

< consultum videatur etc. » 

Dopo matura ponderazione di affare si grave e gélose 
la G. M. Gard. Polidori, prefetto in alloi-a della S. G. del 
Goncilio, ne fece accurata relazîone alla Sa. Me. Grego- 
rie XYI nell'Udienza del 1 Maggio 1843, ed il resciitto 
che|n' uscl era del tenore seguente : « SS&as D. N. mii- 



19* SÉRIE. 



14 



211 



TRAITÉ DBS CURÉS AMOVIBLES. 



212 



versa rei, de qua ia precibus, ratione mature perpensa, 
gravibusque ex causis animum suam moventibus, referente 
infrascripto Gardinali S. Coi^regationis Godc. Praefecto, 
bénigne annuit nt in regimine ecclesiarum succursalium, de 
quibus agitur, nulla immutatio fiât donec aliter a S. 
Apostolica Sede statutum Mt. Lib. decr. 188, pag. 190. (^). 

In seguito di cotesta disposizioue quando nelle Rela- 
zioni délie Diocesi *de* Vescovi Francesi presse la mede- 
sima S. G. si trova fatta menzione di cosiffatte parrocchie 
succursali amovibili , per costante prattica si trascorre 
avanti senza farvi veruna avvertenza. Di piii dal 1850 in 
poi in varie provincie ecclesiastiche di Francia per impulse 
prowidentissimo di N. S. sonosi tenuti sinodi previnciali, 
rimessi per la revisione alla medesima S. G. del Goncilio. 
Ora anche nell'esame di cojipsti Goncilî nel punto deiramo- 
vibilità dei Desservants, del che ordinariamente nelle si- 
nodali sanzioni non ci omette farne qualche cenno, la S. 
G. non ha fatto giammai verun annotamento, ed ha lasciato 
le cose nello stato che si trovano. 

Anzi nel Sinodo provinciale di Auch ( Auxitan ) celé • 
brato nel 1852, tit. 2, cap. 6, n. 52 si statuisce: « Im- 
« probat Synodus eos, qui, succursalistarum amovibilitatem 
« tanquam illegitimam vitupérant; declaratque eam ordi- 
« nationi divinae non adversari, nec a S. Ecclesia repro- 
< bari; imo hanc disciplinam^ esse sejvandam, ex declara- 
« tione Summi Ponti&cis Oregorii XYI, donec Apostolica 
« Sedes aliter statuerit ». Su quai décrète la Gongrega- 
zione particolare deputata a rivedere 1 sinodi previnciali, 
non credette neppure intrattenersi. 

Due principalmente sono i motivi, pei quali oggidl in 
Francia si preferiscono i Farrochi amovibili. Si è di sopra 
notato che in conformità del concordato e deUa oostituzione 
Fiana i Vescovi nel dare Tistituzione canonica ai curati 
titelari debbono scegliere persone accette e gradite al 
Govemo: questo è un vincolo, che non pub talvolte non 
imbarazzare i Vescovi; mentre pub benissimo accadere, 
che la persona al vescovo sembrata idonea ed acconcia 
ad una parrocchia, non incontri il gradimento del Ooverno. 
Da questo vincolo i vescovi non sono frastomati pei cu- 
rati amovibili; poichè sënza veruna dipendenza dal Go- 
vemo, possono prescegliere chi pih a loro sembra mérite- 
vole e ben atto al govemo délia parrocchia di cui si tratta. 
Inoltre non di rado accade, che un parroco per i suoi 
demeriti e colpe debba essere tolto da una parrocchia. Se 
il curato è titolare, non pub privarlo dalla parrocchia se 
non se mediante un canonico processo: ma se si attenta 
procedere, trova un impedimento insormontabile nelle leggi 



(1) La qoistione dell* amovibilità, od inamoyibilità si agitava 
ancora in Francia, e i fratelli Allignol in on libro intdtolato : Etat 
actuel de TEglise, en France combattevano per Tinamovibilità. Ânche 
Migne,Encic. Theol. Tom. neuvième^ Droit Canon. Tom. 1, Col, 1278, 
e segg. Paris 1846, sta per F inamoyibilità : anzi alla parola Inamo- 
Tîbilità la sostiene ex professa, Nnlladimeno al eîL luogo colon, 1281 
racconta un aneddoto arrennio ad un yescovo Francese di scienza, 
zelo, e pietà, il qnale lo scriTevA al medesimo Migne. Questo vescovo 
trovandosi in un Udienza particolare avuta dalla S. M. Gregorio XVI, 
fu interrogato da Sua Santîtà sopra la detta controversia. Il vescovo 
gli rispose, che nel présente stato di cose in Francia gU sembrara 
molto più preferibile F amovibilità, atteso che Tepiscopato trovavasi 
a dover £are col poter civile. H buon clero non darebbe motivo d'im- 
barazzo, ne d*altronde si dava carico se fosse amovibile o no. I Preti 
sediziosi erano quelli che ne facevano e ne avrebbero fatto rumore. 
Intanto € Tout ce qu^û y a de plus hostile à l'Eglise^ libéraux^ phi- 
losophes^ jansénistes, protestants^ francs-maçons s'unit aux frères AUi- 
gnol^ dans l'espérance de harceler les Évéques, et rendre leurs fonctions 
accablantes. Le Saint-Père fM dit qu'il avait entrevu cela, et qu'il avait 
dit à Mons» AUignol (in occaâone che erasi a lui presentato} cfie son 
but ne paraissait pas étranger au presbytérianisme, » H libro dei 
fratelli Allignol contenera varie sentenze false ed inesatte: ma gU 
autori non aenxa loro Iode si ritrattarono. Migne k dt. col, 1284. 



civili, che gli tolgono quella gi^riadixione che gli danno i 
SS. Canoni. Ma quando il curato è amovibile, il vescovo 
pu6 senza strepito e senza incontrar difficoltà o cambiarlo 
da ima in altra parrocchia, o sibbene allontanarlo da qual- 
siasi amministrazione di cure parrocchiali. 

Ecco perche la S. Sede nel présente stato di cose 
niuna mutazione ha creduto doversi fare nell' indotta di- 
sciplina di régime parrocchiale. Quai misura dessa ha 
adottata pure in altri casi consimili per le ragioni mede- 
sime; come dal seguente fatto, che ci sembra atto a re- 
carne una conforma. Un vescovo délia Savoja aveva riferito 
alla S. C. del Goncilio, che délie 170 esistenti nella sua 
Diocesi, 18 sole erano titelari, le altre tutte amovibili, 
di pih si le une che le altre si solevano conferir libéra- 
mente dal Vescovo. La S. C. adunque gli rispondeva, che 
procurasse, affinchè almeno per le parrocchiali sMnduces- 
sero il concorso. Suiramovibilità giusta il dette di sopra, 
non gli fu fatto neppur motte. Nella susseguente relazione 
( quando già la Savoja era stata dal Piemonte ceduta alla 
Francia ) il vescovo teneva parola delfamovibilità ed ina- 
mo vibilità de' Curati e nel tempo stesso accampava le due 
sopradette difficoltà; mentre ei cosi diceva, il sistema del- 
Tamovibilità porta il vantaggio, che un parroco imméri- 
té vole cou tutt* agevolezza si pu6 al bisogno amuovere; 
soggiungea peraltro, che ci5 non accade se non ben di 
rado e per gravissime ragioni. Di piU introducendo il con- 
corso, che seco porta la perpetuità del titolo sarebbe for- 
zato a scegliere persone con dipendenza dal governo. In 
taie stato di cose, essendosi rilevato dai concili previnciali 
riasBunti ed esaminati in proposito, che generalmente in 
Francia non è in use il concorso, e riferite al S. Fadre 
le ragioni suesposte, del vescovo referente, la Santità Sua 
nel di 13 luglio 1863, derogando alla legge del Triden- 
tino prescrittiva del concorso, abilitoUo a poter proseguire 
nell'uso invalso fine a che la S. Sede non statuisse diver- 
samente, awertendolo solamente di nominare aile parroc- 
chie persone abili e degne a forma de' SS. GC. e del 
Concilie Tridentino. E con cib anche Tamo vibilità del 
gran numéro di parrocchie pass6 per la seconda volta 
senza verun osservazione. 

Âbbiamo veduto di sopra che TOpuscolo accusa i Ve- 
scovi Francesi di abusar délie facoltà di amuovere i Des- 
servants, ciocchè costituisce il seconde cape di accusa, e 
noi abbiamo avvertito, che avremmo tatta qualche parola 
in linea di diritto su questo argomento. Svolgerlo pieoa- 
mente, sarebbe cosa troppo lunga, e già questa Consulta- 
zione ha varcato i limiti délia brevità consueta. I Gano- 
nisti giusta il loro costume si scindono in varie sentenze. 
Si possono ancora produrre le diverse Dedsioni Botali^ e 
Bisoluzioni délie SS. Congregazioni a mettere in armonia 
le quali converrebbe distinguere la diversità de* casi par- 
ticolari e la varient degli aggiunti. Fagnano al Cap. Cum 
ad monasterium, de stat. Mon. tratta questa materià con 
somma precisione seconde sue stile. Ci contenteremo ri- 
copiare la di lui dottrina. Egli adunque al n. 23, ricerca 
« an prières amoveri possint ad nutum abbatis sine ulla 
causa ». Ë dope aver distinto i priori canonicamente eletti 
dai Priori minori scelti daU'Âbbate, e amovibili ad nutum, 
ed aver stabilité, pei primi la risposta negativa, e pe* 
secondi Tafiermativa cioë che possono essere amossi sine 
causa, al n. 38,, cosi prosegue: 

« Ampliatnr secundo ( ossia che possono rimuoversi 
« senza causa) etiam vicariis temporalibus in ecclesia 
« curata et seculari qui possunt sine causa removeri^ ut 
« tenent in cap. Cum non ignorent et latissime firmavit 
« Bota die 20 apr. 1640 et rursus die 23 jun. 1642 in 
« Hispaien. Jur. amov. Gnr. coram Peutingero quae po- 



213 



TRAITÉ DES CURÉS AMOVIBLES. 



214 



« stea fait confinnata coram Goccin. Decis. 18 num. 13. 
€ St est ex mente S. Congregatioms Concilii ut in decla* 

< latione relata in praedicta decis. 23 jnn. tenons infra- 
c scripti: An ricarii amovibiles deputati ad nutum capituli 
« pro exercitio curae praevia approbatione episcopi possint 

< ab episcopo sine causa amoveri? S. G. Concilii censuit 

< Vicarios praedictos posse a Capitule amoveri ad nutum 

< Capituli: ab Ordinario vero nonnisi ex légitima et pro- 
« bâta causa, propter quam etiamsi perpetui essent, amo- 
« veri posseni Limita nunc propositam conclusionem, nîsi 
« amotio a Prioratu, vel OfiBcio manuali fieret ex malitia, 
« quia tune amotus posset superioris of9cium implorare, 
€ et in hoc casu loquitur Innocentius dicens: «Ego puto 
« quod etsi nulla subsit causa, dum tamen non ex ma- 
« litia »... et fuit resolutum in causa Brugen. Amot. 
« Mag. Cap. n Dec. 1851 coram Blanchetto. Censetur 
^ autem revocatio facta ex malitia, si subsit praesumptio 
« alicDJus odii, ut post Butr. notât. In dubio tamen odium 
« sea malevolentia non praesumitur ». 

Si pub vedere ancora Pragna de Jur. patr. P. 11. 
Can. 21 Cas. 3, e nuovaraente Cas. 10. Quanto Pagnano 
dice di sopra che a colore, che sono rimossi, è libero in- 
terporre ricorso al Superiore, che nel caso présente sarebbe 
il Metropolitano o il Somme Pontefice, viene confermato 
da Fargna loc. cit. cas. 10 n. 12 colle autorité quivi al- 
legate. 

Âyyi chi fa la quistione, se prescindendo dalla validi- 
tà. sia lecito ad un vescovo senza cagione amuovere un 
parroco. Certamente la carita. la prudenza, e la ragione- 
volezza deve regolare Tarbitrio date ai vescovi in taie 
affare. Ma se in fatto abbia Inogo piuttosto il capriccio, 
sarà questo un peccato dinanzi a Dio, del quale perb il 
foro esterno délia Chiesa non potrebbe proferire la sen- 
tenza; poichè d^altronde giusta quelle che stabilisée Fa- 
gnano esteriormente la presunzione sta in favore del Ve- 
scovo, che agisca cîoè seconde il dovere. Non pub negarsi, 
ehe sovente sono stati fatti de* reclami contro i vescovi 
Francesi quasi usassero di questo diritto esorbitantemente: 
si è dette ancora non essere rari i casi, in cni il vescovo 
^ecessore tende a cambiare a poco a poco tutti i Des- 
serrants istallati daU'antecessore. Checchë ne sia de* casi 
particolari, trattandosi in génère del rispettabilissimo epi- 
scopito Francese non vogliamo dubitare, che délia facol ta 
di amuovere non usine se non di rade e per ginstissime 
cagionî, come diceva il Vescovo Savojardo sopralodato ed 
il vescovo di Liegi nella sua sopraddetta supplica alla S. M. 
dî Gregorio XVI. 

Dopo le discorse cose col pih umile ossequio alla som- 
ma sayiezza dell* Emze Vostre Bevme si sottopone il se- 
gaente dubbio: 

Se e come rispondere a Monsignor vescovo di N. nel 
caso ?.('). 

In congregatione particulari diei I septembris 1864 
Emi Patres rescrîpserunt: « AffirrruUive et ad mentem. 

< Mens est: che si disapprova la redazione deirOpuscolo 
« intitolato Réhabilitation du DesservarU^ si perché non 

< ha l'autore osservato neppure le leggî dîocesane e del con- 
^ cilio Provinciale; A perche non ha dubitato di accu- 



(I) Dopo stesa la présente consnltazione si è Tennto in cogni- 
2i<me, che TaTgomento deU^amovibilità délie Parocchîe Saccnrsali di 
F<mBcia era stato discosso dae volie cioè nel 1844 e nel 1848 presso 
U S. C. defl^li AfTaxi Ecclesiastici Str. Qnindi Monsig. Pro-Segretario 
<'i questa S. C. non ha omesso interpellame M.gr Segretario 
'i41a detfa S. C, il qaale ai ë compiadato di trasmettere la Mémo- 
ria ove si trovano totte le notizie aU*|aopo necessarie, snlle quali ci 
vennettiamo richiamare in pecnliar modo Tattenzione dell* Emze 
Vffstre Bevrhe. 



< sare i vescovi quasi che senza ragionevole motivo pro- 
« cedevano incautamente alla traslazione àe' Desservants; 
« si ancora perché si ë eretto in giudice in una quistione 
« riservata alla Santa Sede, a oui altra vol ta e spécial- 
« mente nel Belgio fn portata sotto il Pontificato délia 
« S. M. di Gregorio XVI, il quale per mezzo délia S. 0. 
« del Concilie sotto il di 1 maggio 1845, ordinb che si 
« rispondesse, come ail' annesso rescfitto che unitamente 
« aile relative preci si trasmetta a Mgr. vescovo. Si lodî 
« la sottomissione del curato al giudizio del sue Ve- 
« scovo ». 



IV 



On voit par cette décision que la S. Congrégation 
des Evêques et Réguliers se rallia entièrement et en pleine 
connaissance de cause à la règle que Grégoire XVI 
avait prescrite vingt ans auparavant. Elle désapprouva 
la brochure en question, soit parce que l'auteur trans- 
gressa en la publiant les statuts diocésains et les décrets 
du concile provincial ; soit parce qu'il ne craignait pas 
d'accuser les évêques de procéder témérairement et 
sans motif raisonnable au changement des desservants ; 
soit parce qu'il s'établissait juge dune question réservée 
au Saint-Siège, auquel cette question fut jadis déférée, 
spécialement de la part de la Belgique, sous le pon- 
tificat de Grégoire XVI, qui, par l'entremise de la 
S. Congrégation du Concile, en date du 1^' mai 1845, 
ordonna de répondre comme il est dit dans le rescrit 
ci-joint, qui devra être communiqué, ainsi que la de- 
mande à M^ l'évèque qui a maintenant consulté. On 
loue la soumission du curé au jugement de son évéque. 
Rome, 1"^ septembre 1864. 



DISTRIBUTIONS 



Ciué de la cathédrale. A-t-il droit aux distribatiouB ordinaires et ex- 
traordinaires lorsqn^il 8*absente du chœur pour Taqner anx fonc- 
tions paroissiales? Produit des amendes et pointes. La contri- 
' bntion destinée à former la masse des distributions comprend-elle 
uniquement le canonicat,oa bien doit-elle s^appUqner an revenu 
particulier de la cure ? Décision de la S. Congrégation du Concile 
du 23 août 1879. 

Le curé de la cathédrale, absent du chœur pour 
remplir ses obligations paroissiales, doit-il recevoir non 
seulement les distributions ordinaires mais aussi les 
extraordinaires qui sont réservées aux chanoines réelle- 
ment présents à l'office? Peut-il réclamer une part pro- 
portionnelle sur lé produit des amendes qui sont infligées 
aux chanoines absents? 

Ces questions ont été discutées à propos d'une affaire 
portée à la S. Congrégation du Concile le 23 août 1879. 

Il s'agit d'une cathédrale qui eut longtemps la cure 
habituelle et actuelle de la ville entière. L'usage constant 
fut que les chanoines occupés aux affaires paroissiales 
n'étaient pas pointés, et jouissaient de toutes les distri- 
butions tant ordinaires qu'extraordinaires. 

En 1857, un Bref pontifical supprima six canonicats 
et fonda six paroisses, qui reçurent en dotation le revenu 
des canonicats supprimés. Une de ces paroisses fut instt- 



215 



DISTRIBUTIONS. 



216 



tuée dans la cathédrale même» et perpétuellement unie 
à rarchiprètre, seconde dignité du chapitre. De là vint 
que rarchiprètre unit au revenu de sa prébende le sixiè- 
me du revenu des canonicats supprimés; le total dépassa 
trois mille livres. C'est pourquoi les chanoines ont dé- 
féré à la S. Congrégation du Concile les questions 
suivantes . 

1. Faut-il considérer Tàrchiprètre comme présent au 
chœur lorsqu'il est occupé aux fonctions paroissiales? 
Gagne-t-il par conséquent les pointes et les autres distri- 
butions quotidiennes comme autrefois, à l'époque où 
les chanoines qui exerçaient la cure n'avaient pas de 
rétribution spéciale pour les fonctions paroissiales? 

2. Supposé qu'on doive réputer présent au chœur 
rarchiprètre, si largement rétribué d'ailleurs, lorsqu'il 
est occupé à la cure, peut-il participer, indépendamment 
des pointes, aux émoluments casuels, aux obsèques et 
processions funéraires, et aux autres distributions inter 
praesentes, quoiqu'il n'assiste pas personnellement à ces 
fonctions? 

3. Un statut synodal en date du 10 février 1858 
affecte aux pointes le tiers de la masse commune appar- 
tenant au chœur: Terliam massae choralis fructuum 
partem deductis prius oneribus légitime impositis quitus- 
cumque, chori punctaturae esse perpétua addicendum. 
Cette masse commune est tout à fait distincte et indé- 
pendante des prébendes affectées à chaque canonicat. 
Elle est réservée aux distributions quotidiennes. Or c'est 
le tiers du revenu de cette masse que le statut synodal 
de 1858. a prescrit d'affecter au service de l'amende 
qui est infligée aux chanoines qui n'assistent pas au 
chœur, indépendamment de la perte qu'ils subissent par 
rapport aux distributions auxquelles ils ne participent 
pas en pareil cas. Cela posé, on demande si l'archi- 
prètre doit assujettir à la pointe son tiers de la masse 
capitulaire, lorsqu'il n'assiste pas personnellement à 
l'office, comme tous les autres chanoines, attendu que 
la cure est k présent étrangère au chapitre et que, 
d'ailleurs, elle est largement rétribuée sur les biens-fonds 
des canonicats supprimés? 

La S. Congrégation, suivant la procédure établie, a 
écrit à Mgr l'évèque pour obtenir les renseignements, 
et l'avis par écrit tant du chapitre que de l'archiprêtre: 
Episcopo pro informatione et voto^ audito capitula, ac 
seorsim archipresbytero in scriptis. Les parties en litige 
ont présenté leurs allégations, et l'affaire a été inscrite 
au rôle de la S. Congrégation pour le 23 août 1879. 

La décision a été entièrement favorable au curé de 
la cathédrale. En effet, la S. Congrégation a résolu de 
la manière qui suit: 

1 . Le curé absent du chœeur à cause des fonctions 
paroissiales a droit aux distributions quotidiennes et à 
tous les émoluments extraordinaires et casuels, excepté 
le cas spécial où la présence effective est prescrite par 
le testateur ou le bienfaiteur, pour ce qui concerne ces 
distributions extraordinaires et éventuelles. 

2. Quoique absent comme ci-dessus, le curé parti- 
cipe aux pointes et amendes des autres chanoines qui 
sabsentent sans une cause légitime. 

3. La contribution du curé à la masse des distri- 
butions et des amendes doit être exclusivement établie 



sur sa prébende» de sorte que le revenu affecté à la 
cure est à couvert de toute contribution. 

Cet arrêt se fonde sur les prescriptions canoniques, 
qui considèrent comme présent au chœur et assistant à 
l'office le curé occupé aux fonctions paroissiales. Le 
Concile de Trente a rendu à cet égard le chapitre 3 de 
la session 22. Les canonistes appliquent ce principe 
aux distributions extraordinaires. Bonacîna, qui a sou- 
tenu le sentiment opposé, est combattu communément, 
par Trullenk, entre autres, et par Scarfantonius. Au 
surplus, il existe des arrêts explicites de la S. Con- 
grégation. 

Il est admis que le chanoine retraité a droit aux 
distributions extraordinaires et à tous les autres émo- 
luments. Peut-on refuser celle prérogative au chanoine 
qui est pareillement réputé présent au chœur et assislant 
à l'office lorsqu'il vaque à la cure qui est annexée à 
sa dignité. Arrêt de la S. Congrégation du Concile pour 
Aquapendenle, 27 septembre 1659; pour Pérouse, 7 juil- 
let 1668; Rome, 29 janvier et 5 mars 1678. 

Si la S. Congrégation a parfois excepté les anniversai- 
res, c'est que les testateurs avaient réservé le casuel aux 
chanoines qui assisteraient personnellement à l'office. 
C'est ce qu'on remarque notamment dans deux arrêts 
rendus pour Novare le 2 octobre 1677 et le 29 janvier 
1681. La première fois, la S. Congrégation décida en 
général que les chanoines . retraités doivent participer 
aux émoluments des aimiversaires qui se font pendant 
l'année, quoiqu'ils n'assistent pas à ces offices. Mais le 
second arrêt, en maintenant le jugement pour les anni- 
versaires fixes, fit exception pour le cas où le testateur 
exige expressément l'intervention effective et personnelle. 

Le produit des amendes encourues par les chanoines 
absents est soumis aux mêmes règles que les distribu- 
tions extraordinaires. Le curé que les fonctions parois- 
siales obligent de s'absenter du chœur est réputé présent, 
tout comme les chanoines retraités ou comme ceux qui 
obtiennent l'autorisation de s'absenter pour cause de 
maladie. Or, ceux-ci ont certainement le droit de par- 
ticiper proportionnellement aux amendes encourues par 
leurs collègues. 11 en est de même du revenu des cano- 
nicats vacante, lequel est reparti entre les chanoines 
survivants. Dans mi arrêt rendu pour Rome le 5 mai 
1703, la S. Congrégation du Concile décida que le cha^ 
noine absent du chœur et des autres offices en vertu de 
l'induit accordé pour cause de maladie a le droit pro- 
portionnel à l'augmentation de distributions qui est pro- 
duite par l'absence ou la vacance pour les chanoines 
qui assistent à l'office, et cela, à partir du jour de la 
présentation de l'induit permettant l'absence pour cause 
de maladie. L'arrêt rendu pour Aquapendenle le 2 mars 
1697, accorde la même prérogative aux chanoines re- 
Irailés, à moins que les statuts particuliers ou les usages 
des chapitres ne disposent autrement. 

Benoît XIV rapporte dans les Institutiones (num. 107 ; 
un arrêt de la S. Congrégation en date du 18 avril 1611 , 
d'après lequel les chanoines absents du chœur pour ma- 
ladie ou autre cause, doivent recevoir non seulement les 
distributions quotidiennes de leur canonicat comme s'ils 
assistaient à l'office mais aussi l'accroissement provenant 
des distributions que perdent les absents. 



217 



DISTRIBUTIONS. 



218 



Au surplus, l'usage est d'uu grand poids en matière 
de distributions. Il est constaté qu'antérieurement à 
rérectiou des paroisses et à l'année 1857, les chanoines 
de la cathédrale occupés à la cure étaient réputés pré- 
sents au chœur et recevaient les distributions ordinaires 
ainsi que tous les autres revetius. De quel droit veut-on 
en priver aujourd'hui, l'archiprêtre actuel, qui a rem- 
placé les curés autrefois chargés de la paroisse, vu 
surtout qu'il est en paisible possession de ces émoluments 
depuis plus de >ingt ans qu'il gère la cure de la ca- 
thédrale. 

Peu importe que l'archiprêtre ait un revenu presque 
double de celui que les autres chanoines reçoivent. En 
effet, la paroisse, qui est grand;* et étendue, renferme un 
inQnité de pauvres gens, qui à chaque instant se pré- 
sentent à la sacristie. Les malades imposent de fortes 
charges; l'hôpital est limité à quinze lits. Autrefois les 
couvents de religieux et les bénéficiers faisaient l'aumône 
aux malheureux; ils sont supprimés à présent; on ne 
s'adresse plus qu'à l'évoque et au curé. En outre, l'ar- 
chiprêtre prend à sa charge les ornements qu'il faut 
acheter pour l'administration des sacrements, l'Ifuile de 
la lampe du Saint-Sacrement, l'encens, les hosties, et 
autres dépenses qui devraient incomber au chapitre, 
puisque la cure est dans la cathédrale même. L'archi- 
prêtre a mille moyens d'employer le superflu qui lui 
reste, après avoir pourvu à son modeste entrelien. 

Voici le folium de la S. Congrégation, et la déci- 
sion textuelle. 

ÂndrieD. Distributionum et proventaum. Die 23 
augusti 1879* Capitolam cathedralis ecclesie Ândriensis 
usqne a primis temporibas cura habituali atque actuali 
saper universa civitate potiebatar, subindeque capitulares 
animanim curam exerçantes nedum a punctaturis extorres 
erant, verum etiam distributionibus tam ordinariis, quam 
extraordinariis fruebantur. 

Yolvente atvero anno 1857 atque Andriensem sedem 
episcopo LoDgobardi régente, per Apostolicum Bescriptum, 
cui nomen Brevis indictum est cautum fuit, ut, sex prae- 
bendis canonicalibus suppressis pro congrua parochorum 
alimonia, sex pariter in tota civitate novae et distinctae 
creaientur paroeciae» quas inter et una in cathedrali exis* 
teret ab archipresbytero, secunda dignitate, regenda. Ex 
hoc factum fuit ut haec secunda dignitas uberes fructus 
perciperet. Quandoquidem nedam ipsa, ut caeteri canonici, 
potiebatur praebenda, sed et sexta parte praebendarum, 
qnae ex BuUae dispositione suppressae fuerant; adeo ut 
fractus praebendae archipresbyteralis summam libellarum 
3301, 52 in praesentiarum confient. Id aegre ferons ca- 
pitnlum, per suum praesidem sub die 16 septembris 1878 
supplicem augustissimo vestro Ordini libellum porrexit lit 
baec dubia ^dirimere dignaretur 

Distributionibus ab absente lucrandis obicem parare 
videtur prae primis caput unie, de cler. non resid. in 6. 
Siquidem in hoc, ceieberrimo Bonifacii YIII décrète haec 
leguntur: Statuimus ut distributiones ipsae qv^idianae^ 
in quUmsoumqibe rebtis cansistarU, canonicis ac aliis 
benefidcUis et cleris ecclesiarum ipsarimh, qui eisdeh% 
adftterint Pribuantur. Quod Bonifacii YIII decretum in 
nsnm revocatum a concilio Tridentino in notissimo capi- 
te 12 sess. 24 de Beform. non obstantibus quibuscumque 
statatis, et consuetudinibus indubiam atque indeclinabilem 
legem firmavit in distributionibus percipiendis : Distribua 
tûmes vero, ita Tridentini Patres, qui sMuUs horis in- 



terfuerint, recipiatU; reliqui quavis coUttsione, aut re^ 
missione exclusa, his carearU. Et jure optimo. Distribu- 
tiones, enim clericis debentur ratione serritii personalis, 
non autem respectu tituli, nec dantur tamquam canonico 
sed tamquam inservienti divinis. 

Quod si haec S. G. quotidianas distributiones iis ali- 
quando attribuit, qui a choro abessent propter animarum 
curae exercitium, perpeodendum sedulo est de illis tan- 
tum loqui, quorum canonicatui curae animarum onus esset 
adnexum utL docent Barbosa de Gan. et Dignit cap. 24, 
n. 11., Moneta, de distrib. qiwt. part. 2 quaesfc. 11. n. 69. 
tenuitque S. Gongregati'o in Montis Regalis^ Distributio- 
num 6 dec. 1732. Perusina 25 junii 1765. In themate 
autem id dici non posse videtur. Meminisse siquidem fas 
est literas ab Episcopo S. Y. 0. datas sub die 6 junii 
1874. « Gredo poi cosa utilissima far sparire le gare se i 
parrochi.... fossero ancora canonici senza annuUare la en- 
tità distinta del bénéficie parrocchiale col proprio titolo. » 
Quae porro verba plane ostendere videntur etiam archi- 
presbytère adjudicatam fuisse portionem extinctarum prae- 
bendarum, quae pro erigendis paroeciis suppressae fueraot, 
eamque distinctam esse ab archipresbyterali praebenda; 
subindeque neque jus, neque recta ratio pateretur, ut ipse 
aliis laboribus distentus pro quibus morcedem et non le* 
vem percipit, etiam omnibus potin debeat privilegiis, qui- 
bus il fruuntur parochi, quorum dignitati, vel canonicatui 
adnexum est onus curae animatum. 

Idem consectarium potion ratione tenendum videtur 
etiam in distributionibus quae audiunt inter praesentes. 
Maxime quia ad hasce lucrandas satis non est ficta, sed 
realis et physica praesentia beneficiati requiritur, quemad- 
modum passim docet S. G. praecipue vero Praenestina 
fallentiarum 29 julii 1837, §. In tertio dubio. In Terra- 
cinen. Privernên. Emolumentorum 23 dec. 1826, §. Dein 
Savonen. Distributîonis, 15 decemb. 1746. Calaritarta 
Onerum 17 sept. 1731, §. Quoad reliquum. Reatirui ju- 
bilationis 28 aprilis 1770 §• Contra, ubi traditur quod 
tribui debent « Emolumenta anniversariorum, procesjsionum 
aliorumque similium quae ex praesumpta testatorum vo- 
luntate relinquuntur capitularibus actu interessentibus, qui 
pro animabus benefactorum preces fuderint. » 

Quod vero spectat ad failentias animadvertendum oc- 
currit ex juris dispositione accrescere debere tantummodo 
interessentibus, qui ob aliorum absentiam majorem subennt 
in choro laborem. Ipsae enim tamquam premium inte- 
ressentibus dantur, et in poenam absentibus auferuntur. 
Hinc docet Barbosa, de Canonicis et dignitatibv^ cap. 23, 
n. 18 : « Utrum autem distributiones absentium debeantur 
actu interessentibus, verum etiam aliis, qui juris fictione 
censetur interessentes, ut quia absunt ex causa infirmi- 
tatis vel in Ecclesiae suae utilitatem... solum deberi actu 
interessentibus constat ex cap. unie. vers. Statuimus de 
cleric. non resid. » Goncinunt Bonacina de distrib. quaest. 
ult. punct. 1, n. 6., Oarc. de Benef. p. 3, cap. 2, n. 465. 
Hi enim DD. moventur ad hanc tuendam sententiam ex eo 
quod absens ob legitimam causani reputatur praesens in 
choro ad lucrandas suas distributiones ex Gonc. Trid. sess. 
24 cap. 12; non vero a negligentibus amissas; quia çon- 
gruum est ut hae illis accrescant, qui stante aliorum ab- 
sentia majori labore gravant nr. Hisce igitur omnibus at- 
tentis prono veluti alveo finit Archipresbyterum ad lu- 
crandas distributiones inter praesentes nec non failentias a 
negligentibus amissas bono jure destitutum fore. 

Altéra sed vero ex parte scitissimi juris est parochum 
animarum curae incumbentem ita praesentem in choro 
reputari ac si divinis intersit. Trident. Synodus, sess. 22, 
cap. 3. Quare non modo de distributionibus ordinariis par- 



219 



DISTRIBUTIONS. 



220 



ticipem fieri debere, verum etiam de extraordinariis docet 
Scarfant. lib. 2 tit. 10. n. 9, et seq. - ibi - « Et eo ma- 
gis certa capituli persona, cai dumlaxat immineat cura 
animarum camulanda est distributionibus, si divinonim 
tempore parochialia munia exerceat.... Âccipe de quibus- 
cnmqne distributionibus tam ordinariis, quam extraordi- 
nariis. Ita contra Bonac. de distrib. d. 2, quaest. 5. § 7, 
in fine absolute tenet jFniUen. in Decal. lib. cap. 8 dec. 2, 
num. 7., et declaravit Sacra Congregatio teste Nicolio in 
Plos. V. Distributio7ies, nnm. 13.* Et merito; si en! m 
indultum jubilationis snffragatur pro participatione omnium 
fructuum et distributionum etiam extraordinariarum, ut 
declaravit H. S. C. in Burgi 5. Domnini 19 aprilis 1704; 
imo si snffragatur ad percipienda praeter distributiones 
ordinarias quaecumque alia emolumenta, nt in Aquipen- 
dién. 27 sept. 1659 ad dub. II, Pei^usina 17 jùlii 1668, 
Romana 29 januariî et 5 martiî 1678, nulla pretiosa 
ratio suppetere videtur ad id denegandum archipresbytero 
parocho, qui dum animarum curae incumbit inhaerenti suae 
dignitati, non minus quam canonicus jubilât us pro praesente 
et intéressante habendus est. Garcias, de benef. p. 3, cap. 334. 

Neque ad denegandos extraordinarios proventus facessit 
Bitunlina Anniversarîorum 1 julii 1679 canonicos jubilatos 
respiciens. Ipsa enim intelligenda videtur non de anniver- 
gariis fixis, sed de illis, in quibus cautum a testatoribus 
fiiit ut interessentes tantum participare debeant, ceu vi- 
dere est in Novarien. jubilât. 2 octob 1677, in qua pro- 
posito dubio : « An duo canonici jnbilati S. Gaudentii frui 
deberent emolumentis anniversarîorum quae fiunt intra an- 
num, licet non assistèrent, . responsum fuit affirmative. 
Causa tamen itemm proposita die 29 jan. 1681 rescriptum 
fuit: M decisis quoad anniversaria fixa, et quïbus non 
cautum est a testatoribus ut interessentes tantum parti- 
cipare debeant, ut habetur in lib. 42 décret, fol. 44. 

Nec minus parochnm çfficii causa et propter exerci- 
tinm curae animarum absentem a choro negligentium fal- 
jentias constat lucrari. Neminem enim latet praesenti in 
choro juris fîctione haec emolumenta tribui. Ipsa enim 
dantnr et canonicis induite donatis infîrmitatis causa uti 
Tîdere est in Romana 5 maii 1703 ad II dubium, in quo 
qnaerebatur: « An eidem canonico (absenti a choro et 
aliis divinis. oflSciis ex induite propter infirmitatem) com- 
petat pro sua rata parte «tiam jus accrescendi earum dis- 
tribntionum et communium quae ob absentiam vel va- 
cationem canonicorum interessentibns accrescunt, et a qua 
die supradicta omnia debeanturin casu ? Responsum prodiit: 
Affirmative a die praesentationis induUi. Item dantur et 
jubilatis uti videre est in Aquipendii 2 martii 1697 ad 
m dub., dummodo non obstent constitution es particulares, 
et consuetudo Ecclesiae. Unde Scarfantonius loquens de 
canonicis absentibus a publica psalmodia ob rationabilem 
causam, facto sibi dubio, utrum istis debeantur distribu- 
tiones, quas alii canonici absque rationabili causa absen- 
tes a choro tune temporis amittunt, profitetur se pro af- 
firmativa stare sententia contra Bonadnam aliosque - ibi - 
« Si est verum quod refert Barbosa in Collectanea Y. 
Canonici, videlicet Sacram Gongregationem ConcHii sub 
die 20 novembris 1600 déclarasse canonicos ob legitimum 
impedimentum choro non interessentes, non solum lucrari suas 
distributiones sed reputari praesentes quoad acqujrendam 
portionem earum qnae ab aliis absque justa cauta a choro 
absentibus fnerunt amissae. » Atque hanc opinionem etiam 
probabilem dicunt Castr. Pal. tom. 2 et Trullen. in decis. 
cap. 8 num. 7; et Benedictus XIV, Instit. 107 refert S. 
H. C. sub die 18 aprilis 1611 relatam in L. XI Décret, p. 
.98 eensuisse eos qui absunt a servitio chori ob infirmi- 
tatem, vel aliam causam non modo percipere debere dis- 



tributiones quotidianas su! canonicatus perinde acsistatisho- 
ris intéressent, sed etiam percipere augmentum distributionnm 
quas amittunt illi, qui divinis non interfuerint.Ex quibus col- 
ligitur fallentias absentium a parocho actu, quo abest a choro 
ob exercitium curae animarum percipiendas fore, cum enin 
abesse ex legittima causa in dubium revocari non posait. 

Omnem praeterea amaritudinem hac super re tollit 
observantia. Observantia est enim fida interpres disposi- 
tionum humanarum et maximum valorem habet in distri- 
butionnm materia. Porro compertnm est duce observantia 
capitulares munere parochiali fungentes pro praesentibus 
in choro habites fuisse, consequenter distributiones ordi- 
narias et alios proventus nactos esse. Ergo eodem jure 
pollere archipresbyterum actualem praedicandum est, cum 
sit subrogatus capitularibus animarum curam gerentibus; 
atque hoc eo vel maxime quia ab anne 1857 in que cu- 
ram obtinuit, in pacifica adest possessione. 

Nunc ad altenim dubium in quo quaeritur an archi- 
presbytero onus sit conferendi tertiam partem fructuum 
Praebendae distributionum quotidianarum gratia. Sent en- 
tiae aflSrmativae subscribendum videtur. Scitissimum enim 
in jure est, quod qui commodum persentit, onus subire 
teneatui:. Reg. 55 de Reg. iuris in 6.* Ratio autem hujus 
principii fundatur in aequitate naturali, quam adeo agno- 
vit etiam Imperator, ut illum nec ferendum, nec toleran- 
dum exîstimaret, qui lucrum et commoda araplectitur, et 
annexa incommoda sufferre non vuU, L. un. §. 4 ad fin. 
C. de Caducis toUend. ibi: Nequs enim ferendus est is, 
qui lucrum quidem amplectitur, onus autem ei anne- 
œum contevnnit. Cum itaque archipresbyter absens a choro 
ratîone • muneris parOchialis distributionum utilitatem coa- 
sequatur, sustinendum ab ipsomet fore onus contributionîs 
in sua praebenda in aprico est. 

Affaire quidem cardinalis de Luca Lib. 14 part. 5 adn. 
ad Sac. Conc. Trîd. dise. 15 docet; « In istis decretis pro 
ecclesiarum cathedralium... meliori servitio ac cultu pruden- 
ter dîsponitur, quod ubi distributiones quotidianae tenues 
essent, adeo ut canonicos ac bénéficiâtes, aliosque ministroa 
ad servitium non allicerent, quia nempe ob tenuitatem de 
facili negligentur, tune tertia pars fructuum singularum 
praebendarum, cum débita proportione, ut aequalîs, non 
autem înaequalis contrîbutio sit, quotidianis distributio- 
nibus assignari debeat ». 

Nihilo tamen secîus non in tertia parte fructuum to- 
tius praebendae ipse obstringendus videtur, sed in centri- 
butîone qua quilibet canonicus infandis nostris temporibns 
juxta redîtus ecclesiae devîctus manet. Alias enim cano- 
nici lucrum captarent cum damne Archipresbyteri ; quod 
quantum nefas sit, nemo est, qui non videat. 

His itaque expositis videant EB. VV. quonam responso 
dimittenda sint dubîa 

T. An Archipresbytero ob curae animarum exercitium ab- 
senti achore debeatur participatio in distributionibus quotidia- 
nis nec non in emolumentis extraordinarîis et adventiis in casn. 

II. An eidem Archipresbytero absenti ut supra debean- 
tur fallentiae canonicorum absentium in casu. Et qua- 
tenus aflBrmatîve ad utrumque. 

III. An et in qua qnantitate fructuum suae praebendae 
Archipresbytet cencurrere debeat pro distributionibus quo- 
tidianis in casu. 

S. Congregatio Concilii rescripsit: 

Ad I. Affirmative, dummodo non obstet voluntas Tes- 
tatoris vel Dantis. — Ad IL Affirmative. — Ad III. Affirma- 
tive pro tertia parte praebendae oanonicalis tantum. Die 23 
augusti 1879. 



221 



gra.de de licencié. 



222 



Wm DE LIGENCIÉ 



Canonicats requérant le grade de docteur. Peut-on les donner aux 
licenciés? Sixte lY. Lëon X. Bulle de S. Pie Y. En Espagne, 
les canonicats d*office sont conférés au concours. Sentiment des 
canonistes sur les privilèges des licenciés. Décision de la S. Con- 
grégation du Concile du 23 août 1879. 

Vers la fin de noire article sur les Universités [\o\r 
plus haut, col. 190) nous avons dit, en parlant des 
privilèges s accordés aux docteurs que les licenciés par- 
ticipent à ces privilèges, et qu'on ne fait pas de ditl'é- 
rence entre les deux grades, sans le cas où le docto- 
rat serait particulièrement et formellement exigé. 

La question a été soumise à la S. Congrégation du 
CoDoile pour un diocèse d'Espagne. 

Dans la bulle d'érection de la cathédrale dont il 
s'agit, S. Pie V prescrivit le grade de docteur tant pour 
le canonicat magistral que pour le doctoral. C'est un 
ancien usage des cathédrales d'Espagne de scinder en 
plusieurs canonicats celui qui partout ailleurs porte le 
nom de ihéologcU. Cet usage a été consacré par le Con- 
cordat de 1851. Saint Pie V prescrivit donc le grade 
de docteur en théologie pour la prébende magistrale, à 
laquelle il unit l'office de pénitencier et celui de lecteur, 
ou professeur de théologie pour les ecclésiastiques atta- 
chés à la cathédrale. Le chanoine doctoral devait être 
gradué en droit canon. 

Malgré cette disposition formelle, les statuts capi- 
tulaires dressés en 1853 et revêtus de l'approbation 
épiscopale, se contentent du grade de licencié pour les 
deux canonicats dont il s'agit. On lit, en effet, dans 
ces statuts : « Le chanoine magistral doit être doc- 
tair, ou licencié en théologie. Le chanoine doctoral 
sera licencié, ou docteur en droit canonique, ou en droit 
ci^ll. n 

Celte déviation de la bulle de S. Pie V a causé des 
anxiétés parmi les chanoines, et les a décidés à con- 
sulter la S. Congrégation du Concile. On lit dans leur 
requête : « Le chapitre désire savoir si, conformément 
aux statuts de 1853, il peut recevoir au concours pour 
le canonicat magistral et 4e cwonicat doctoral les sim- 
ples licenciés, ou s'il doit exiger le grade de docteur 
de ceux qui se présentent au concours. » 

Les renseignements que la S. Congrégation a fait 
prendre en Espagne établissent que, malgré le droit 
écrit, qui requiert le doctorat, les évêques ont toujours 
admis les simples licenciés et les admettent encore au- 
jourd'hui. Cet usage a existé antérieurement au concor- 
Uat de 1851, et lorsque le grade de licencié ne différait 
de celui de docteur que pour la pompe extérieure, les 
études étant les mêmes de part et d'autre. Le nouveau 
système d'études établi après le concordat exige un plus 
long cours pour le doctorat que pour la licence ; mal- 
gré cela, tes prélats espagnols ont coq^inué d'admettre 
uMlistiiictement aux dignités ecclésiastiques les licen- 
ciés ou les docteurs. 

Voici ce qu'on peut dire, en droit, pour et contre 
l'admission des licenciés. 

Les canonistes enseignent communément que les 
licenciés jouissent des mêmes privilèges que les docteurs, 



C'est ce que disent, entre autres, le savant Alciati, 
commentant la loi Cuipraecipua, titre deverborum sxgnifi'' 
catione, du droit romain ; Leander, qui a composé un 
traité spécial De privilegiis doctorum, part. I, num. 11, 
En effet', les licenciés possèdent la science éminente 
qu'on a voulu récompenser par la concession des pri- 
vilèges ; ils sont reconnus dignes du doctorat, et peuvent 
le prendre quand ils veulent. C'est donc la solennité exté- 
rieure qui fait toute la différence entre les deux grades. 

De là vient que le concile de Trente exige, indi- 
stinctement pour certaines fonctions et dignités soit le 
doctorat, soit la licence. (Sess. 22, c. 2; sess. 24, c. 12). 
Le chap. 8 de la session 24 ordonne d'établir dans les 
cathédrales un chanoine pénitencier qui soit docteui', 
ou licencié : Qui magister vel doctor aut licenciatus, in 
iheologia vel jure canonico. Le concile ne fait pas de 
différence. 

La bulle Creditam nobis de Sixte IV qui institua 
les canonicats magistral et doctoral dans les royaumes 
de Caslille et de Léon, recommande indistinctement les 
deux grades, soit le doctorat, soit la licence, en théo- 
logie pour le chanoine magistral, en droit canon ou civil 
pour le doctoral. 

Le pape Léon X confirma la disposition de son pré- 
décesseur. 

Dans une décision de la Rote, en date du 18 mai 
1584, coram Aldobrandino, il est dit que la bulle de 
Sixte IV et le motu-proprio de Léon X érigèrent et insti- 
tuèrent dans toutes les cathédrales des royaumes de Ca- 
slille el de Léon un canonicat et prébende pour un 
docteur, ou licencié dans les deux droits ou dans l'un, 
lequel chanoine est appelé doctoral, et un autre cano- 
nicat pour un maître ou docteur ou licencié en théo- 
logie, lequel porte le nom de magistral. Cette décision 
de la Rote se lit dans le traité de Gardas, de beneficiis, 
part, 5, c. 4, num. 69. 

En Italie et autres pays la licence sert de prépar 
ration au doctorat. En Espagne, au contraire, la licence 
étant conférée avec la plus grande solennité, équivalait 
au doctorat. Cette assimilation des deuxgrades, en ce qui 
concerne l'Espagne, était reconnue par les canonistes. 
Lotlerius [de bene/iciis, part. 5, c. 7, num. 35 seqq.). 
Le cardinal de Luca [De canonicis, dise. 33, num. 4. 
De praeeminent. dise. 35, num. 7.) 

Enfin, les statuts capilulaires de 1853 méritent assu- 
rément d'être pris en considération. Quoique le Saint- 
Siège ne les ait pas confirmés, on est obligé de les 
garder en ce qui ne contrecarre pas le droit commun. 
Or ces statuts admettent indistinctement les licenciés et 
les docteurs au concours pour le canonicat magistral 
et doctoral. 11 suit de là que les rédacteurs des sta- 
tuts capilulaires et le prélat qui les a revêtus de son ap- 
probation ont cru devoir interpréter la bulle de S. Pie V 
dans le sens le plus conforme au droit commun et aux 
usages reçus dans toute l'Espagne. 

L'église dont il s'agit n'a plus que deux canonicats 
d'office. Elle est maintenant considérée comme collé- 
giale, parce que le concordai de 1851 ne lui a pas 
conservé la dignité de cathédrale. Ce changement indi- 
que qu'il n'y a pas lieu d'élever des difficultés sur le 
litre de licencié. 



223 



GRADE DE LICENCIÉ. 



224 



D'autre part, lusage d admettre les licenciés dans 
la cathédrale en question ne paraît pas bien établi. Il sem- 
ble, au contraire, que la bulle de S. Pie Y a été ob- 
servée littéralement. En effet, les chanoines rapportent 
divers faits défavorables aux licenciés. Ainsi, en 1805, 
redit de concours pour le canouicat doctoral requit 
expressément le ^ade de docteur; un concurrent qui 
était simplement' licencié ne fut admis qu'à titre d'exer- 
cice, ad meritam. De même en 1814, le canonicat ma- 
^'stral devant être pourvu au concours, l'édit prescrivit 
de nouveau le grade de docteur; un licencié, d'abord 
écarté, ne fut admis que sur sa promesse de renoncer 
à toute prétention sur le canonicat. Les autres candidats 
consentirent à le laisser concourir pour le simple exercice. 

En Espagne, le droit écrit prescrit le concours, cela 
est parfaitement reconnu. Alciati et Leander sont réfutés 
par un grand nombre de canonistes qui contestent la 
complète assimilation que l'on prétend faire entre les 
licenciés et les docteurs pour la jouissance de tous les 
privilèges. D'après l'usage universellement établi, le 
doctorat requiert un cours d'études prolongé, une science 
plus élevée, et des épreuves plus diflBciles, soit verbales, 
soit écrites. Puisque l'on écartait les licienciés du con- 
cours pour les canonicats en question, à l'époque où 
il y avait fort peu de différence entre les deux grades, 
il y a lieu de montrer plus de sévérité maintenant; 
car le nouveau règlement d'études exige un cours plus 
long pour le doctorat que pour la licence. 

Peu importe que le concile de Trente permette de 
conférer certaines dignités et certains oflSces, soit à des 
docteurs, soit à des licenciés. Cela ne prouve pas que 
le concile ait entendu les placer au même rang et 
consacrer la complète assimilation. 

Les dispositions de Sixte IV et de Léon X ont été 
abrogées par la bulle de S. Pie V, qui est postérieure, 
et qui est le titre même de l'érection des canonicats 
dont il s'agit. 

Malgré les raisons que nous venons d'exposer, la 
S. Congrégation du Concile 's'est prononcée pour les 
licenciés. On pourra les recevoir désormais au concours 
pour le canonicat magistral et doctoral. 

Voici la décision officielle, précédée du folium qui 
a été rédigé pour cette intéressante affaire. 

Barbastren. Super concursu ad praebendas magistralem 
et doctoralem. Die 23 augusti 1879. In bulla erectionîs 
caihedralis ecclesiae Barbastrensis a S. Pio V édita aperte 
praescribitur ut assumendus ad magistralem praebendam, 
cui ex ipsius buUae dispositione, duo adneza sunt officia 
poenitentiarii et lectoris, in theologîa magister foret, atque 
ad aliam doctoralem doctor esset in decretis. Hac tamen 
minime praescriptione obstante necnon exemplis de anno 
1805 ac 1814, in qoibus licentiati, exercitationis tantum 
gratia ad concursum pro alterntra vacante praebenda ad- 
missi faerunt, statnta specialia pro hisce canonicatîbus 
édita sunt de anno 1858 atque episcopi autoritate confir- 
mate. In hisce porro perlegere datnm est: « Il canonico 
magistrale deve essere dottore o licenziato o dottore in di- 
ritto canonico o civile. « Ex hac discrepaotia ancipites su- 
binde haeserunt capitalares. qui ut certam regulam obtinere 
possent ad S. V. Ordinem confngerunt enixe declarari expo- 
stalantes num licentiati ad concursum admitti possint pro 
assequendis in futurom vacantibus memoratis praebendis. 



Acceptas hasce preces perillustri meo praedecessori 
apostolico nuntio remisi pro informatione et voto, qui S. 
H. Ordinis jussa protinus exequens sub die 13 augusti 
1877 retulit : € In seguito ad informazîoni che ho attinte 
specialmente dall'Enu) Sig. card. arcivescovo di Saragozza 
sono in grado diriferire a vostra Eminenza che sebbene 
il diritto scrîtto di Spagna prescriva per le riferite pré- 
bende il grado di dottore, pure i vescovi hanno sempre 
ammesso ed aramettono al concorso indistintamente dottori 
e licenziati. Ed è da notarsi che siffatta pratica ha avnto 
luogo non solo neirepoca précédente al Concordato del 1851, 
in cui il grado di licenza differenziava da quelle di Dot- 
tore in quanto alla solennità estrinseca e non agli stndt 
fatti ; ma ancora nel • tempo successivo, in che il nnovo 
sistema de' studî richiede un corso pih lungo pel dottorato 
che per il licenziato. 

« Tuttavia l'anzidetta osservanza non essendo difforme 
dal diritte comune, mio subordinato parère sarebbe, che il 
capitolo ricorrente uniformandosi a questa non debba esclu- 
dere i licenziati. » 

Hisco in facto adnotatis, in jure animadvertere* nunc 
praestat ex una parte quod licentiatns gradus satis ad 
memoratas praebendas per concursum optandas sufficiens 
esse videtur. Quandoquidem licentiatos venire nomine ma- 
gistrorum et doctorum docet Perraris verb. Magister num. 
22, qui ulterius cum Alciato et Leandro tenet licentiatos 
iisdem, quibus doctores, fruî privilegiis. Audiatur sane: 
« Nomine raagîstrorum et doctorum veniunt etiam licen- 
tiati, unde et isti gaudent dictis privilegiis. Alciatus in 
L. Cui fyraecipua de V. S. Leander, de privil. Doctorum, 
part. 4, n. 11, et aliî. Et ratio est quia licentiati habent 
etiam illam excellentem et légitime approbatam scientiatn 
et doctrînam, bono communi servientem, propter qnam 
principàliter concessa sunt dicta et alia privilégia magistris 
et doctoribus; ipsi enim licentiati quamvis lauream magi- 
sterii et doctoratus non sint solemniter assecuti, habent 
tamen licentiam et facultatem proximam illam solenmiter 
consequendi quoties velint, cum illa digni jam sint rite 
et solemniter declarati. Unde pro eis stat illud juris: 
Proœime accingendus habetidr pro accincto. L. penult. It 
de testam. milit. 

Magis magisque roboratur argumentum ex dispositione 
Tridentinae Synodi, quae, ut notât Perraris loc. cit, in 
assequendis dignitatibus et beneficiis licentiatos aequîparat 
doctoribus prouti statutum legitur in sess. 22, cap. 2 ; 
sess. 24 cap. 12 de reform. et pressius pro casu nostro in 
sess. 24, cap. 8 de reform. ubi praecipitur, in cathedra- 
libus poenitentiarium esse instituendum « qui magister 
sit vel doctor aut licentiatns in theologia vel jure cano- 
nico. » Nec minoris momenti' fierî débet dispositio Bullae 
Sixti IV Creditam nobiSy ex qua praefati canonicatus ori- 
ginem repetunt in regnis coronae Castellae et Legionis; 
necnon motus proprius Leonis X ejusdem Bullae confir-* 
matorius. In hisce enim pontificiis dispositionibus ita pro 
memoratarnm praébendarum assecutione doctoris et licen- 
tiati gradus comparantur, ut alteruter disertissimis verbis 
satis esse dicatur. Praestat hac de re audire Botam in 
Toletana canonicatus 18 maii 1584 coram Aldobrandino 
rel. a Gare, de benef. part. 5, cap. 4, sub. n. 69 -ibi - 
« Breviter dicendum est per BuUam Sixti IV et motnm 
pioprium Leonis X in siugulis cathedralibus ecclesiis re- 
gnomm coronae Castellae et Legionis erectum fuisse et 
institutum unum canonicatum et praebendam pro doctore 
vel licentiato in utroque vel altero jure, qui dicitur doc- 
tondis et alterum pro magistro seu doctore vel licentiato 
in Theologia, qui dicitur m'agistralis. » 

Exposita argumenta maximam acquirnnt vim ex eo 



225 



GRADE DE LICENCIÉ, 



226 



quod tune temporis, quando Piana Bulla édita fait, Pro- 
Ijtae gradua nonnisi quam in solemnitate extrinseca a 
doctoiali laurea differei^ erat, ita referente Âpostolico 
Nontio. 

Sed ea ipsa solemnitas, qua gradua iste conferri con* 
saeverat in Hiapaniia tanta erat, ut De-Luca licentiatum 
ea in regione doctoratui aequiparari {De Praeem dise. 35) 
nom. 7 docere non dubitet « licentiatus est solum qui- 
tlam actus praeparationis doctoratus, ut est in Italia, secus 
âutem in !ffispania ubi fit solemniter, ideoque doctoratui 
aequipollet. )► Concinit idem Auctor De Canonic. dise. 
33, num. 4., Lotter. De benef. part. 3, cap. 7. num. 
35 seqq. 

Hisce omnibus fastigium imponunt constitutiones ca- 
pitolares, quae, lieet non sint confirmatae a Sede Aposto- 
lica, vim tamen legis habent, et sunt exequendae in ea 
parte, qua minime adversantur juri communi. S. Congr. 
in PUawren. Gan. 21 novembris 1861, §. 2. Jamyero in 
themate adsunt constitutiones capitulares rite peraetae et 
ipsius episeopi aceedente auctoritate obfirmatae, quae man- 
dant ad concursum pro vacante magistrali Yel doctorali 
praebenda assumendos esse indiscriminatim sive doctores, 
sive licentiatos. Cum ergo per easdem super Piana cons- 
lâtutione interpretatio data fderit magis juri et consue- 
tudini conformis, ceu ex dietîs clarescit, ipsae omnimodo 
servandae essent. Fortius quia non major certe idoneitas 
requiri dici débet pro obtinendis memoratis praebendis in 
cathedrali, quam in collegiata ecclesia, quemadmodum 
qualis in praesena habetur Barbaatrenais, teste capitule. 

Altéra sed vero ex parte animadvertendum oecurrit 
Pianam constitutionem adeo in honore habendam esse, ut 
ad concursum pro vacante praebenda magistrali vel docto- 
rali Barbastrensis eeclesiae nonnisi quam doctores debeant 
admitti. Cum enim Bulla banc et non aliam interpréta- 
tionem récépissé videatur, ab ea non est recedendum ex 
L. Minime ff. de legib., AfiBict. decis. 383 num. 8, Gra- 
tian. discept. foreuses, cap. 460 num. 22. Quod autem 
res ita se habuerit ipsimet testantur capitulare, qui ita 
référant. 

Et jure meritoque, quandoquidem et jus scriptum His- 
paniarum banc qualitatem exigit, ceu coUigi faa est ex 
informatione Apostoliei Nuntii; et de jure eat, neque ma- 
gistri neque doctoris Domine licentiatos venire. Quidquid 
enim hac in re sentit Ferraris una cum Alciato et Le^n- 
dro» certum est quod ipsorum opiniones ab aliis non mi- 
noris netae reprobantur doctoribus. Imo auctor addit. ex 
aliéna manu pênes Ferraris loc. cit. sub num. 35 habet: 
« Absolute verum haud eat quod asserit auctor num. 22, 
licentiatos venire nomine magiatrorum aeu doctorum tum 
frid privilegiis omnibua iia concessis ». Quod et ex uni- 
versali usu comprobatur, dum longius studiorum curricu- 
lum et eminentior doetrioa tum verbe tum seripto per 
nova pericula experiunda requiritur ad conaequendum ma- 
gisterii, aeu doctoratua gradum; atque non in licentiarum 
diplomate, bene vero doctorum tantum conceptia verbis 
legimos Magistrum seu doctorem declai'avimus. 

Si igitur anteriori aetate ad aaaequendaa per concur- 
sum praebendas, de quibua fit mentio, admiasi non fuerunt 
prolitae, quamvia vix aut ne vix quidem ipaorum gradua 
ab illo doctorum differena esaet, potiori ratione hodie id 
dieendum esae videtur dum « il nuovo sistema di atudii 
tiebiede un corso pib lungo pel dottorato che per il li- 
eenziato » veluti refert Apostolicua Nuntiua. Quamobrem 
si hac aetate in vita egiaaent, ipse de Luca et Lotteriua, 
baud certe affirmaaaent illue hoace gradua aequipoUen- 
tea esse. 

Incaasum autem fit recursus ad Tridentinam aynodum ; 



ex eo quod enim ipaa mandat expreaae ad dignitates, et 
quaedam bénéficia assequeuda doctoratum vel saltem li- 
centiam requiri, haud descendit Tridentinos Patres prolytas 
doctoribus aequiparare voluisse, sed tantum quod assu- 
mendi, sin in doctorali laurea, proximo saltem gradu in« 
signiti forent. DispositioDea autem Bullae Sixti IV et Léo- 
nia X quae pro hisce praebendis legem veluti edieunt, in 
Hispaniarum regione minime ad rem facere videntur. Ex 
posteriori nempe dispositione Piana doctoratum requirente 
origo praebendae doctoralis, et magistralis Barbastrensis 
eeclesiae repetenda est; sed scitum injure est quod generi 
semper per speciem derogatur sive genus praecedat spe- 
ciem, sive species praecedat genus, et quod magis quis 
débet adstringi legibus propriis quam generalibus. Castr. 
œnsil. 79, lib. 4. Gratian. Disceptat. forena. cap. 973, 
num. 12. 

Minusque invocari possunt sive generalis consuetudo 
in aliia ecclesiis Hispaniarum vigens, sive statuta capitu- 
laria, sive mutatio status eeclesiae. Non consuetudo; ipsa 
enim strieti juris est. Bart. in L. 1 ff. §. Si quis hoc 
interdieto de itiner. actuq. privât, subindeque de loco ad 
locum extendi non débet L. 3 in fip. ff. de testam., 01- 
drad. cens. 237 col.- 1, Surd. con. 323 num. 13 lib. 3, 
Gratian. loc. cit. cap. 973 n. 39 seqq. Non capitularia 
statuta episeopi auctoritate confirmata, cum ipsa Pontificiae 
Bullae dispositionem reformare non valeant. Aperte enim 
jura clamant quod ille qui non potest aliquid tollere, ne- 
que valet reformare L. jurisgeruium, §. Adeo, ff. de Pa- 
etis, Bebuff. in L. Malum, 242, §. Structuram, ad fin. 
vers. Interdum ff. de verb. signif., Gratian. loc. cit cap. 
558 num. 47. Sed neque capitulum in suis condendis 
statutis de anno 1853, neque episcopum in eorumdem ap- 
probatione tollere valuisse apostolicas constitutiones in 
comperto est; ergo neque ab ipsis Piana constitutio po- 
terat reformari. Non demum mutatio status eeclesiae, haec 
enim fortassis sufBciens ratio videretur ad obtinendam 
a suprema apostolica auctoritate moderationem Pianae dis- 
positionis, minime vero ad ipsam marte proprio mode- 
randam. 

Hisce igitur utrinque breviter animadveirsis rogantur 
EE. PP. aequena dirimere dubium: 

An licentiati admitti valeant ad assequendaa per con- 
euraum magistralem*et doctoralem praebendam in casu. 

S. Congregatio Concili respondendum censuit: Qtboad 
futurum, affirmative, facto verbo cum SSmo. Die 23 au- 
gusti 1879. 



CODlFRÉRIfiS 



Préséance entre deux confréries. Antériorité d'érection. Gonveroement 
napolitain. Suppression civile des confréries. La préséance est 
accordée à la confrérie du Saint-Sacrement. Décision de la S. Con- 
grégation du Concile du 23 août 1879. 

La préséance dans les processions et autres réu- 
nions religieuses appartient aux plus dignes. En ce qui 
concerne les confréries, la bulle Exposcit de Grégoire 
XIII décerne la préséance à celles qui en sont en quasi- 
possession, soit en vertu de rantériorité de fondation 
dans chaque pays, soit par d'autres titres légitimes. Là 
où la quasi-possession ne peut être péremptoirement 
constatée, Grégoire XIII se prononce poiur la confrérie 
qui a été la première à prendre le sac dans les fonc- 
tions publiques. 

Une petite ville du royaume de Naples possède deux 



19' siBii. 



15 



227 



CONFRÉRIES. 



228 



confréries, dont une est sous le vocable du Saint-Sacre- 
ment, la seconde est dédiée à Notre-Dame des Sept- 

Douleurs. 

La préséance dans les enterrements et les proces- 
sions ayant occasionné une controverse, larchevèque 
délégua le curé du pays pour préparer l'examen de 
l'affaire. 

En contumace de la confrérie du Saint-Sacrement, 
le curé opina pour Notre-Dame des Sept-Douleurs. 

Bientôt, le Saint-Sacrement exhiba l'acte 'authenti- 
que de son érection, en date du 8 août 1777; la con- 
frérie adverse n'avait été érigée que cinq mois plus tard, 
c'est à dire le 7 jan\ier 1778. 

Sur ces données, le curé changea d'avis, et se pro- 
nonça pour la confrérie du Saint-Sacrement. 

Alors la question fut portée au jugement de larche- 
vèché. Induit en erreur par le diplôme d'érection de 
Notre-Dame des Sept-Douleurs, lequel présentait diver- 
ses ratures dans les chiffres arabes de la date, le vi- 
caire-général, le 27 février 1878, rendit un arrêt défi- 
nitif qui accorda la préséance à Notre-Dame des Sept- 
Douleurs dans les processions funéraires et dans les 
autres fonctions, excepté la procession du Saint-Sa- 
crement. 

La confrérie du Saint-Sacrement a fait appel à la 
S. Congrégation du Concile. Mgr l'archevêque, consulté 
selon Tusage, n'a fait dans se réponse que combattre 
comme injuste, l'arrêt du vicaire-général. 

Si Ton consulte le diplôme en parchemin de Notre- 
Dame des Sept-Douleurs, on y trouve en toutes lettres: 
Datum Neapoli die septima januarii millesimo septin- 
centesimo septuagesimo septimo. Les chiflfires numériques 
qui viennent ensuite, sont viciés. 

C'est d'après ce titre que la confrérie a prétendu 
avoir la préséance sur celle du Saint-Sacrement dont le 
diplôme d'érection est daté du 8 août 1777. 

La confrérie du Saint-Sacrement a demandé aux 
grandes archives de Naples la copie authentique du titre 
de fondation de la confrérie adverse. Celle-ci a du par 
conséquent exhiber le parchemin original. 

Ce parchemin est vicié, et altéré de diverses ma- 
nières. En le confrontant avec la copie que les grandes 
archives de Naples viennent de délivrer, ;on a constaté : 

1. Les deux titres s'accordent à dire que le chapelain 
majeur fit son rapport le 4 janvier 1778; le rapport était 
alors nécessaire, pour que la] chambre royale de Sainte- 
Claire statuât sur la demande en autorisation delà confrérie . 

2. Les deux titres donnent de concert la date du 7 jan- 
vier 1778, pour exprimer l'agrément du roi pour l'éta- 
blissement de la confrérie. 3. Le désaccord se produit 
sur la date de la fin, qui précède la signature du roi. 
En effet, la copie extraite des grandes archives porte: 
Die septima mensis januarii 1778; au contraire, le 
parchemin contient en tontes lellres: Datum Neapoli 
die septima mensis januarii millesimo septincentesimo 
septuagesimo septimo. Le môme millésime est immédia- 
tement répété en chiffres arabes, mais ils sont altérés. 

En 1868, la confrérie de Notre-Dame des Sept-Dou- 
leurs ayant été rétablie, l'archevêché demanda la copie 
du titre de fondation; les confrères actuels communiquè- 
rent aussitôt celte copie, avec la date 1778, en chiffres. 



Cela montre que le parchemin n'avait pas été falsifié , 
à l'époque dont il s'agit. 

La copie extraite des grandes archives établit que 
la Chambre royale de Sainte-Claire, le 18 novembre 
1777, adressa les statuts de la confrérie au Chapelain 
majeur, pour les examiner et faire son rapport. 

Il n'est donc pas possible que la confrérie ait été 
autorisée dix mois auparavant, le 7 janvier 1777. 

Peut-être l'employé de la chancellerie royale qui 
transcrivit le Diplôme voulut-il suivre dans la date finale 
le style pontifical qui commence la nouvelle année au 
25 mars ! 

En toute hypothèse, la confrérie du Saint-Sacrement 
existait dès le seizième siècle, environ cinquante ans 
avant Notre-Dame des Sept-Douleurs. En effet, Paul III 
accorda des grâces et des indulgences par Bref de 1539; 
le plus ancien titre de l'adversaire est seulement de 1586. 
Les deux confréries furent supprimées par le gouverne- 
ment napolitain, en 1770; mais cette mesure injuste, 
émanant d'un pouvoir incompétent, ne put atteindre les 
droits que l'autorité ecclésiastique avait accordés. Sept 
ans après, le gouvernement autorisa le rétablissement 
des deux confréries, mais ici la priorité appartient encore 
au Saint-Sacrement; car la confrérie obtint le décret 
royal le 8 août 1777, au lieu que Notre-Dame des 
Sept-Douleurs n'obtint pas l'autorisation du gouverne- 
ment avant le 7 janvier 1778, comme il a été dé- 
montré ci-dessus. 

En matière de préséance, l'usage acquiert une gran- 
de valeur. Les innovations suscitent des scandales et des 
périls. Saint Augustin dit avec beaucoup de sens: « L'uti- 
lité d'une innovation est paralysée par le trouble que le 
changement produit.» Or, Mgr l'archevêque atteste que le 
Saint-Sacrement, tout au moins depuis un siècle a le pas 
sur son adversaire. 

La possession centenaire est inébrandable; elle four- 
nitMe meilleur titre légal qui existe au monde, et tran- 
che toute controverse. 

Malgré les raisons que la confrérie des Sept-Douleurs 
a fait valoir, raisons exprimées dans le folium rapporté 
plus loin, la S. Congrégation, cassant le jugement du 
vicaire-général, a reconnu le droit de la confrérie du 
Saint-Sacrement. 

AohernntiDa praecedentiae. Die 23 augustt 1879. In 
terra Àntii N. archidioecesis dnae extant canonioe ereçtae 
Gonfraternitates laicales, quamm altara a S3. Sacramento, 
altéra vero a S. Maria Dolorosa nnncupatur. Gontroversîa 
de praecedentia in funeribus et processionibus inter easdem 
paucis abhic annis exorta, ad paraodam cansae discussioneiii 
arcMepiscopalis curia delegavit archipresbyterum illius loci. 
In contumacia sodalitîi SSfii Sacramenti archipresbyter 
8ub die 5 septembris 1876 pro confraternitate SSmae Do- 
loTosae instante pronunciavit. Mox tamen ad recursum so- 
dalitii succumbentis, atque hoc exhibante in originali de* 
cretum suae erectionis antiqaius datum praeseferens diei 
8 augusti 1777, (dam ipsum docnmentum in copia ab 
adversariis exhibitum datum ferebat 7 januarii 1778) re- 
vocato primo décrète, sub die 11 junii 1877 pronunciavit 
pro sodalitio reclamante. Be iternm ad eamdem curiam a 
oonfratribus SSfiae Addoloratae deducta, exhibito ab illis 
eormndem erectionis originali anteriori décrète ( in quo 
tamen nonnuUae apparent in datis arabicis abrasiones ), 



229 



CONFRÉRIES, 



230 



ficariutf generalis sub die 27 februarii 1878 definitivam 
âententiam confrateroitati SS. Sacramenti inimicam pro- 
nuodavit tenons sequentis : « Fronunciainus confratemitati 
< S. Mariae Addoloratae deberi praecedentiam in procès- 
« sionibiis quae fiunt sive causa funerum, sive aliarum 
* solemmtatum super confratemitate SS. Sacramenti» 
^ salvo jure isti débite ex Regio Décrète sive rescripto 
« diei vigesimi tertii augusti anni 1843 in processioni- 
« bus Corporis Chrîsti ». 

Ab hac sententia sodales hujus confraternitatis ad S. 
V. Ordinem appellarunt. Quapropter die 11 maii 1878 de 
more rescripsi: Archiepiscopo pro informatione et voto, 
Rmus Praesul ea qua par erat soUicitudine acta processus 
ac informationem tramsmisit, in qua totus in eo est, ut sen- 
tentiam vicarii generalis utpote injustam refutet. 

Hisce in facto constitutis pro sententiae infirmatione 
perpendi débet in jure, quemadmodum in themate veri- 
ficator, quod in materia de praecedentia dignitas in pri- 
mis attendenda est, ita ut semper illa dignioribus prae 
minus dignis danda sit: Barboôa in Summ. AposioL dec. 
verb. praecedeniia, n. 2 cum communi canonistarum. S. 
Ritnum Cong. in S. Severini 1 septem. 1607. Hoc in gé- 
nère ; in specie autem quoad confraternitates laicorum re- 
specta processionum tam publicarum quam privatarum per 
specialem constit. Gregorii XIII, quae incipit Exposcit, 
sancitum est, ut praecedentia tribui debeat iis qui in quasi 
possessione praecedentiae ac juris praecedendi reperiuntur 
jaxta Tulgatam regulam: Qik prioi* est in tempore potior 
erf in jv/re. Consonat resolutio S, Rit. Congr. in Nepe- 
sina 10 maii 1608, et in Telesina 19 martii 1611. Quod 
si constare non possit cuinam quasi possessio assistât, 
tonc ii praecedere debeant, qui prius saccis usi sunt. Cit. 
constit. et S. Rit. Congr. in Sorana 7 augusti 1628, et 
in S. Severini praecedentiae 24 sept. 1802. Rota decis. 
779, nnm. 1 coram Merl. et PanimoII. decis. 1, num. 2. 
Concordant constit. 139 Urbani YIII et Instit. Ecoles. 
105 Benedîcti XIV. 

Neque subsidium captare valent confratres S. Mariae 
ex eo quod in diplomate papiraceo reperiatur adscripta 
dies 7 januarii 1777 quo eorum sodalitas erecta praeten- 
ditur; datnm enim hujusmodi, sicuti et coetera data in 
ecdem diplomate contenta in cifris arabis, corrupta, abrasa 
omnino inyeniuntur, ut notât autistes; quin imo eamet 
longe diverse alramento confecta sunt, quemadmodum 
euique conspicienti primo apparet obtutu. Quin imo si 
quis attente in date arabico in caice posito oculos defigat. 
difficile haud erit vestigia cifrae 8 abrasae reperire, cui 
ci&a 7 posteriori tempore et diverse atramento substituta 
est. Quae omnia de falsitate et corruptione arguunt docu- 
mentum ipsum, quod proinde nullam prorsus fidem pro- 
mereii videtur, cum fraudis vehemeutem praesumptionem 
luducat contra interesse habentes; et solemne in jure est, 
quod nemini sua fraus patrocinari débet, Rota dec. 12, 
Bunu 4 de censib. coram Falconerio per text. in 1. Si itaque^ 
12, ff. de furtis et in 1. 13 ff. de dolo. 

In perdita tamen hypothesi, quae allatum documentum 
antbenticum esse demonstraret, adhuc sodalitatis SS. Sacra- 
menti jus imperturbatum remaneret circa jus praecedendi. 
Ex nuperrimo enim documente ad acta exhibito constat 
eadem jam ab anno 1539 extitisse, dum eo tempore Fau- 
lus PP. III suo Brevi gratias et indulgentias memoratae 
sodalitatis confratribus largitus est. Ac per hoc cum ipsa 
ab auctoritate civili forte fuerit suppressa, quemadmodum 
et adversarii de ipsismet contendunt^ dicendum haud est 
propria jura amisisse, sed eadem pptius récupérasse jure 
postliminii ex L. 19, ff., De captiv. et. PùsUim. rêver. So- 
dalitas enim, quae Ecclesiae auctoritate, personam et jura 



accepit, quidquid saecularis potestas aut extema vis quae- 
libet moliatur, numquam juribus aut persona privari po- 
test abque légitima Ecclesiae definitione, ceu de collegiis 
agens docet Piton. Discept. Eccles. 8, n. 17. 

Omnis autem arcetur difflcultas, si observantiam at- 
tendas, quae totum facit in praecedeâtiae materia, ceu 
notât Rota in récent, part. 18, decis. 781, num. 5, et de- 
cis. 232, num. 2, coram Olivatio, quaeque proinde non de 
facili est alteranda, cam novitates nonnisi cum scandale 
inducantur ob elegantem rationem D. Augustini in epi- 
stola 118 cap. 5 ad luquisit. Januar., nimirum quod « ipsa 
mutatîo consuetudinis quae adjuvat utilitate, novitate per- 
turbât ». Rota in Hispalen, processionis super 2 dubio 28 
junii 1700, §. Et sane, et seqq. coram Ansaldo. Cum ita- 
que in themate, teste episcopo in informatione ad S. V. 
Ordinem data observantia stet favore coufratrum SS. Sa- 
cramenti, ambigendum non videtur, quod ipsi in hujus 
juris quasi possessione sint manutenendi. Maxime quia ob- 
servantia in casu est centenaria. Jamvero centenaria pos- 
sessio imperturbabilis est, titulum enim legitimum suppe- 
ditat, ac, ut aiunt, meliorem de mundo et omnem penitus 
dubitandi causam removet. Rota in récent, decis. 678, § 42, 
coram Odescalchi; decis. 715 coram Martinez. 

Ex altéra vero parte qui jura tuetur confraternitatis 
S, Mariae a DoloribuS*, ex triplici ratione contenait huic 
confratemitati adjudicandam esse praecedentiam, nimirum : 
1* ex anterioritate canonicae erectionis ; 2° ex anterioritate 
repristinationis ; 3** ex eo quod obtinuerit et juridice pos- 
sèdent privilegium tituli archiconfraternitatis. Ad primum 
quod attinet, patronus affirmât confraternitatem S. Mariae 
jam ab anno 1586 canonice erectam fuisse, et vitam ju- 
ridicam habuisse usque ad annum 1770, per centum nempe 
et octoginta quatuor annos, quo tempore a gubernio sup- 
pressa fuit. Ex quo infert bis centenariam possedisse ca- 
nonicam erectionem, quae melior titulus de mundo dici 
débet, aequalem habens auctoritatem ac ipsa lex vel apos- 
tolicum privilegium. Rota in decis. 1352, num. 6 coram 
Lancetta; Card. De Luca, de benef. tom. 12, dise. 32, num. 
2 et 4; Schmalzgrueber tom.^1 part. 1, tit. 4, num. 31; 
S. H. Gongregatio in sexcentis resolutionibus ac praesertim 
in Nullius Suïlacen. jurium parochialium 22 januarii 1825, 
§ Rationabilis. 

Quin relevet per legem ammortizzationis a gubernio 
latam anno 1770 suppressam fuisse; suppressio enim hu- 
jusmodi nihili facienda est, utpote quae a non habente 
competentem auctoritatem processit, ideoque juridica exis- 
tentia confraternitatis S. Mariae nullimode interrupta di- 
cenda videtur, quamvis per praefatam laicam legem coa- 
cta fuerit regium assensum exposcere, et illum non obti- 
nuerit nisi die 7 januarii 1777. 

Ast date et nunquam concesso, quod rite et recte sup- 
pressa fuerit, causa et conditio confraternitatis SS. Sacra- 
menti nuUum persentiret levamen, cum ejusdem erectio. 
obvenerit tantum die 8 augusti anni 1777, scilicet post 
varies menses a repristinatione illius Beatae Yirginis 
Addoloratae, quae iterum excitata fuit Reali décrète die 
17 novembris 1776 édite, etsi pubUcato die 7 januarii 
1777, cum in décrète fuerit provisum ut ipsa juridicam 
existentiam habere deberet a die emanationis realis assen- 
sus. Jamvero canonistae omnes unanimi ferme consensione 
tenent praecedentiam deberi cui major praeeminentia di* 
gnitatis vel gradus competit ; deberi ei cui favet prioritas 
temporis inter aequali dignitate vel gradu condecoratos. 
Cum igitur confraternitas S. Mariae habeat anterioritatem 
temporis sive quoad erectionem sive quoad repristinationem, 
eidem omnino competit praecedentia super confratemitate 
SS. Sacramenti. Eo vel magis quia eamet suppressa mansit 



231 



CONFRÉRIES. 



232 



de anno 1846 et non per legem generalem, sed per debi- 
tam pecuniae appropriationem, fuitque solnmmodo repris- 
tinata anno 1854. 

Quidquid autem bac de re sit, quidquid de rasuris, quae 
in diplomate repristinatiopis confratemitatis S. Mariae in- 
7eniuntar: illud unum certum esse dicit, quod bae rasu- 
rae minime in parte dispositiva diplomatis, sed in acci^ 
dentali inveninntur ; ex quo fit ut ipsum diploma falsitatis 
nota argui nequeat. Pars autem substantialis est postre- 
mum datum diplomatis, quod quidem prae coeteris attenden- 
dum est ; ibi enim extensis et nitidis litteris legitur: « Da- 
tum Neapoli in Regio Palatio die supradicta septima 
mensis jannarii millésime septincentesimo septuagesimo 
septimo )►. Ex quo concludit orator nihili faciendum esse 
datam diei septimae januarii anni millesimi septingente- 
simi septuagesimi octavi quod in alia parte diplomatis 
babetur, ac spernendas esse rasuras omnes quae inibi pas- 
sim inveniuntur. 

Postremo loco contendit orator praecedentiam deberi 
digniori prae minus dignis; in themate autem digniorem 
babendam esse confraternitatem S. Mariae utpote archicon- 
fraternitatis titulo decoratam. Hoc autem ut probet, in 
defectu rescripti originalis quo privilegium hujusmodi a 
rege concessum fuit in vim concordati, copiam aifert ejus- 
dem, quae apud publicum notarium asservatur, quaeque 
datum babet diei 7 julii 1777, ac insuper auctoritatem 
invocat archiepiscopi Zunica qui in rescripto confirmationis 
privilegii sodalitium appellat archiconfraternitatem. 

Quaquayersus igitur, concludit orator, res spectetur, 
luce meridiana clarius apparet, sive prioritate temporis, 
sive praeeminentia gradus et dignitatis inspecta, praece* 
dentiam in funeribus et processionibus spectare ad con- 
fraternitatem S. Mariae a Doloribus prae .confraternitate 
SS. Sacramenti. 

Hisce ulrinque perpensis, videant EE. YV. quonam res- 
ponso dimittendum sit dubium: 

Ad sententia curiae N. diei 27 februarii 1878 sit con- 
firmanda vel infirmanda in casu. 

S. Congregatio Concilii rescripsit: Négative ad pri- 
mam partem, affirmative ad secundam, et amplius. Die 
23 augusti 1879. 



DISPENSE 



Gaase matrimoniale. Empêchement impolentiae. Personnes atretae^oix 
imperforatae. Professeurs modernes de médecine lë^rale. Instm- 
tion de la S. Congrégation. Bain. Septima manus. Arrôt du âO 
septembre 1879 confirmant le jugement dn 26 juillet. 

Nous avons rendu compte de l'affaire dans la pré- 
cédente livraison, col. 93 et seqq. 11 s'agit d'un ma- 
riage dont la dissolution est demandée pour cause m- 
potentiae. Les époux se sont séparés après trois mois 
de cohabitation. Après une enquête canonique, l'ordi- 
naire a jugé qu'il y avait lieu de s'adresser au Saint- 
Siège pour obtenir la dispense du mariage non con- 
sommé. 

Les professeurs de l'université de Louvain ont été 
consultés. Enfin, le 2fi juillet 1879, la S. Congréga- 
tion du Concile a rendu l'arrêt portant qu'il y a lieu 
de demander au Saint-Père la dispense du mariage en 
question. 

Comme la constitution de Benoît XIV Dei misera- 
tione exige deux arrêts conformes pour que les époux 



rentrent dans toute leur liberté, le défenseur d'office 
du mariage près la S. Congrégation du Concile a de- 
mandé la révision du procès dans une nouvelle au- 
dience. 

Cette audience a eu lieu le 20 septembre 1879. Le 
défenseur d'office a présenté de nouvelles objections, 
qui ne font guère que renouveler celles de son pre- 
mier mémoire. 

La S. Congrégation par arrêt dudit jour (20 sep- 
tembre 1879) a confirmé le jugement qui casse le ma- 
riage, en défendant à Ferdinand de convoler à d'autres 
noces avant de consulter la S. Congrégation elle-même. 

Mechlinien dispensationis matrimonii. Die 20 septem- 
bris 1879. Jam prima vice de hac causa disceptatum est 
in plenario conventu diei 26 julii proxime elapsi; atque 
hoc dubio proposito: An sit consnlendum SSmo pro dis- 
pensatione matrimonii rati et non consummati in casu, 
placuit EE. V7. rescribere: Affirmative vetito viro tran- 
situ ad aliasi nuptias inconsiMa S. Congrégations. Ad 
petitionem defensoris matrimonii beneficium novae audien- 
tiae indulsi ; unde in praesentibus comitiis^ iterum exami- 
nanda controversia defertur; quod ut planum reddatur, 
noyas animadversiones ab eodem vinculi vindice typis édi- 
tas in compendium expono. 

Déplorât prae primis Defansor, quod ut plurimnm pe- 
riti, qui in causis matrimonialibus ad corporalem explo- 
rationem conjugum adhibentur, inconsiderate a normis et 
ordinationibus Sununorura Pontificum praesertim Bene- 
dicti XIY et H. S. Ordinis desciscant ; hoc ipse attribuons 
ambitioso illi humanae superbiae aestui a sapientissimis 
Ecclesiae legibus sese emancipandi. Ex hoc sequi innuit^ 
ut cum agendum sit de matrimonio rato et non consum- 
mato, primum illud ac potissimum inconsummationis thema 
quasi ad inferiorem locum repellitur, et super incertis prae- 
sumptionibus et conjecturis constituitur. 

In praesenti porro causa proposita est peritis physicis 
quaestio inconsummationis inter conjuges Ferdinandum et 
Adrianam qui ad quinque circiter mensium spatium insi- 
mul pacifiée cohabitantes atque in eodem cubiculo et in 
eodem lecto condormientes conjugali officie operam navare 
pertentarunt « forse una dozzina di volte ». Expérimenta 
hujusmodi, obtestantibus conjugibus iisdem, haud ad ple- 
nam atque perfectam copulam pervenerunt; Ferdinandus 
quippe ait: « La mia opinione è che Tatto non è stato com- 
pito. » Adriana autem repetit : « Per quanto io possa co- 
noscere, avevo la convinzione ciascuna volta, che abbiamo 
tentato, che l'atto non era mai compito ». Quoniam at- 
vero, ceu in progressu demonstrat, ex hac una experi- 
menti descriplione, per se ostendi nequit inconsummalio, 
hinc primum quoad sua sponte se proferebat examen ins- 
tituendum, illud erat in exploratione corporali mulieris, 
ut inde relevaretur an post congressus maritales intégra 
ipsa permanserit vel deflorata. 

Ad hoc autem ineundum experimentum certae et con- 
sultissimae praestitutae sunt normae ab H. S. Ordine 
praesertim de balnei tepentis aquae usu, ne per fraudem 
integritas ibi unquam simulari possit ubi adest corruptio, 
ita Jnstntctio diei 22 augusti 1840 § Prooedendum, ibi : 
« Mulier traducenda erit ad domum bonestae matronae 
« pro infrascripta praestanda personali adsistentia, atque 
« adstantibus semper tribus obstetricibus et matrona, im- 
« mergenda erit in balneo aquae tepentis a peritis prius 
« recognoscendo, quod sit aquae purae, quo in balneo 
« per spatium saltem trium quadrantium horae unius per- 
« manere debebit ». 



233 



DISPENSE. 



234 



Hanc yerumtameQ praescriptionem nullo in pretio ha- 
baenint cognitores in hac causa, tametsi probe scirent 
per facile arctam reddi posse mulierem ntcumque pluries 
a viro cognitam. Roga^it enim prae primis judei peritom 
Doci. y an-Dam : « La donna non pub rendersi piîi stretta 
« con mezzi artificiali? e ùete voi certo, che la Signera 
« Â^driana non ha fatto ricorso a qnesti mezzi? » Haec 
nulla prorsns haesitaiione detentas respondit medicus; 
« Son convinto, che i mezzi artificiali possano riuscire, 
« ma questa signera ë incapace di usarne. » Condnit eidem 
D. Carême, qui, persimili quaestioni propositae: « La 
« donna pu5 rendersi stretta con mezzi artificiali; e siete 
« certo che la Signera Adriana non abbia fatto ricorso a 
« questi mezzi ? » ita et ipso reposuit « Si ; ma son cer- 
^ tissimo, che la Signera non ha ricorso a questi mezzi »; 
atque Professer Hubert: « La donna pu6 rendersi più stretta ; 
« ma non pub ricostituire la membrana imene ». Ex que ita- 
que praetermissa est cautela balnei ab Instructione S. Or- 
dinis praescripta, nedum offensio est legi irrogata, imo etiam 
Dec praedusus est aditu9 fraudi insimulandae integritatis 
apertns, ideoqne et ordo judicii reslaurandus est, et opportu- 
nxunremediumadfraudemeliminandam adhiberi débet. 

Neque attendeuda est excusatio praeteritionis balnei a 
peritis adducta, quod Adrianam existimassent simulandae 
integritatis incapacem; quandoquidem haec eorum opinio 
moralitatem et conscientiam illius pertingendo ezcedebat 
ofBcium iisdem conmdssum. Liberum quidem est peritis 
excipere vel respuere mandatum inspectionis corporalis ; ast 
semel ac illud excipiunt, haudquaquam sese subducere 
valent praescriptionibus et cautelis ab legibus Ecclesiae 
et praesertim ab Instructione S. Ordinis 22 augusti 1840. 
Porro in eo quod Ecclesia studet certior reddi quoad facta 
matrimonium respicientia, nec non quoad honestatem partis 
examinandae, opportunura praescribitur remedium testium 
septimae manus ex utroque latere adhibendae; disponit 
enim praecitata Instructio in §. Omnes: « Omnes vero 
testes, congrua congruis referendo, rogandi erunt quando 
initum fuit matrimonium, etc. etc. » ; et nihilominus prae- 
ter hoc testimonium si querela versetur super nuUitate 
matrimonii ex capite impotentiae adhuc injungitur inspectio 
<;orporali8, §. cit. Omnes: « Si querela super impotentia 
« versetur, mterrogandi erunt periti physici, quos conjuges 
« consuluerunt. Praeterea, quatenus querela super nulli- 
« tate ex lis sit, ut solvi possit matrimonium si conjuges 
« illud non consummaverint, tune procedendum erit ad 
« inspectionem corporis conjugum seorsim, sequenti me- 
« thodo perficiendam )►. 

Quemadmodum autem praeceptiva est auditio septi- 
mae manus, ita etiam praeceptivum est remedium inspec- 
tionis corporalis conjugum, quin unum alterum impediat 
vel excludat. Prorsns diversnm est officium tam testium, 
quain peritorum ; quoniam testes edocere debent de factis 
tum in occasione conjugii, tum post nuptias obventis; 
periti autem edocere debent de corporali statu conjugis 
vel conjugum inspiciendorum, ac praesertim de indiciis ab 
eorumdem inspectione resultantibus sive pro virginitate, 
sive pro corruptione affirmanda; atque ita etiam referre 
debent, an aliqua fraus committi potuit ad virginitatem 
simulandam. Ita sequitur Instructio in §. Judex: « Pe- 
« racta hinc recognitione, seorsim singulae obstetrices re- 
« ferunt de virginitatis aut corruptionis indiciis ab inspec- 
te tione resultantibus; an certa, et qualia supersint signa 
€ et argumenta intemerati aut corrnpti claustri virginalis, 
« et an uUa fraus ad virginitatem simulandam adhiberi 
« potuerit Deinde formali examini erunt subjiciendi pe- 
« riti, quorum judicium erit exquirendum super relatis et 
4c depositis ab obstetricibus >. 



Eo aùtem vel magis inspectio erat rite et cum om- 
nibus cautelis in corpore Adrianae perfidenda, quia ex 
depositionibus peritissimi professoris Hubert magnam in- 
volvebat difficultatem ob incertam et aequivocam conjugum 
confessionem ; adeo ut ipsemet professer ad judicium suum 
super oonsummatiane eliciendum opus habuerit duplicem 
hypothesim confingere; alteram nempe de consummatione 
in sensu medico et ad naturalem copulam explendam; 
aliam in sensu commixtionis sanguinis vel seminum ad 
procreationem sobolis idoneae, qui sensus est vere cano- 
nicus juxta can. 18, caus. 27. qu. 2 ; et Sanchez de ma- 
Urim, lib. 2, disp. 21, num. 3: « Gopula camalis per 
« quam consummatur matrimonium, ea est, per quam con- 

« juges efficiuntur una caro, ut constat etc et coUigitur 

« ex c. lex c. 27 q. 2 - ibi - « propinquitas enim sangninis- 
« junctis verbis praecedentibus ; dixerat enim non aliter 
« fieri unam camem, quam, si carnali copula sibi cohae- 
« reant; et subdit haec-neque osculum parit propinquita- 
« tem, quod nuUam facit sanguinis commixtionem ; et 
« ita quod prius vocaverat carnalem commixtionem, modo 
« vocat sanguinis, idest semiuis commixtionem ». 

Isthac ardua, ac propatula inconsummationis in casu 
ex nudis salutaris artis principiis verificandae, difficultate 
explorata, nihil magis obvium erat, quam ut omnes illae 
ac singulae praescriptiones et cautelae adhiberentur, quae 
majorem certitudinem quantum fieri potuisset, inducerent. 
Prima ferme ac pêne princeps fuisset inspectio in corpore 
mulieris, quemadmodum examussim a cognitoribus facto 
vel ipso inspectionis exercitae admissum est. Sed quum 
modus ab Ecclesia praescriptus haudquaquam servatus 
fuerit, hinc ipsamet inspectio perinde propemodum ha- 
benda erit ac si fuisset onmino praetermissa atque hoc 
tum quia neque per ipsam obtemperatum est legi rem et 
modum praeceptive praescribenti ; tum quoque quia om- 
nimoda iUa possibilis certitude inconsummationis, etiam 
ex remotione cujuscumque fraudîs insimulandae integrita- 
tis obtinenda, quae basim et fundamentum dispensationis 
constituere débet, ex omissione praedictaè cautelae balnei 
exulat omnino. 

Hisce ita exposltis et enucleatis quoad extrinsecum ve- 
rificandae inconsummationis camalis processum, ultra de- 
fensor progreditur ad consummationem in casu ostenden- 
dam ex proximioribus inspectionum exercitarum et deposi- 
tionum judicialium indiciis.' In his verumtamem profitetur 
ea omnia recolere ac lucidiori in luce restituere quae jam 
in antecedentibus animadversionibus enucleavit. Quae id- 
circo quum in iisdem rei et facti fundamentis, nec non 
scriptorum tum medicinae forensis tum disciplinae cano- 
nicae testimoniis consistant, quae in anteacta discussione 
exposui, hinc relativum folium tune distributum EE. YY. 
prouti obsecro, dignentur resumere. atque ita, omnibus 
exploratis et perpensis pro assueta sapientia et doctrina 
infrascriptum dirimere dubium: 

An sit standum vel recedendum a decisis in casu. 
S. Congregatio Concilii censuit rescribendum : In de- 
cisis. Die 20 septembris 1879. 

La défense de convoler à d'autres noces qui a été 
intimée à Ferdinand, n'est pas un empêchement diri- 
mant auquel il soit personnellement soumis; c'est une 
simple prohibition de se remarier sans l'autorisation de la 
S. Congrégation. Supposé que Yimpotenlia ait été non 
absolue, mais relative à Adrienne, le second mariage 
pourra être valide, quoique gravement illicite, à cause 
de la défense. 



285 



MÉLANGES. 



236 



lÊLANGES. 



Fête de S. Joseph. — Erreurs de Grabon sur la panvreté. — Jubilé 
de S. Thomas de Cantorbéry. — Lettre de S. Charies Borromée. — 
Discours de Benoît XIY pour la consécration de Téglise de 
S. Apollinaire. — Lettre du Saint-Père à TarcheTÔque de Co- 
logne. — Beprésentants des écoles Thomistes. Discours du Saint- 
Père. — Le Ténérable Morelli, théatin, archevêque d'Otrante. — 
Le Ténérable François do Lagonero, capucin. — Office du Saint- 
Cœur de Marie. — Martyrs de rKztréme*(Ment. — Le vénérable 
Cottolengo. — Cantique Magnificat etc. 

— Fête de S. Joseph. Ordonnance du cardinal Al- 
lemand^ nonce avec pouvoir de légat dans les provin- 
ces de Reims, de Sens et de Rouen. 

Le culte de S. Joseph a été peu répandu dans les 
premiers siècles, surtout en Occident. Les Orientaux 
célébraient deux, fêtes du Saint patriarche; la première 
avait lieu pendant l'octave de l'Assomption, et la se- 
conde, par lacpielle ils honoraient les fiançailles de 
ST^Joseph etjde la Sainte-Vierge était fixée au jeudi des 
quatre-temps de décembre. 

Le chancelier Gerson se montra zélé propagatem- 
du culte de S. Joseph. Vers la même époque, le car- 
dinal Allemand, plus tard béatifié par le Saint-Siège, 
étant nonce du pape Jean XXIII avec pouvoirs de lé- 
gat a latere dans les provinces de Reims, de Sens et 
de Rouen, prescrivit la messe et l'office de S. Joseph 
à toutes les personnes ecclésiastiques de sa légation, 
et fixa pour cela les jours observés parles Orientaux, 
c'est-à-dire l'octave de l'Assomption pour la fête du 
passage ou de la mort du Saint patriarche, et le jeudi 
des quatre-temps de décembre pour la Desponsatio, 
Le cardinal laissa à la dévotion de chacun la compo- 
sition de l'office ; il se contenta d'indiquer en général 
certains écrits pleins de dévotion et de vérité que l'on 
pourrait lire et chanter solennellement, sans inconvé- 
nient aucun, mais au contraire, avec beaucoup d'édi- 
fication. Vraisemblablement cela fait allusion aux écrits 
et aux cantiques que Gerson avait composés en hon- 
neur de S. Joseph. 

Voici l'ordonnance du cardinal Allemand, rapportée 
dans les Miscellanea de Baluze, tome 3 de l'édition de 
Mansi, pag. 111. 

Alamanni Cardinalis litterae de celebrando festo 5. 
JosephL Alamannus miseratione divina tituli sancti Eusebii 
presbyter cardinalis Pisanns, in Bemensi, Senonensi, et 
Bothomagensi provînciis, civitatibus, et diocesibns aposto- 
licae Sedis cum plena potestate legati de latere Nuncius, 
universis Chrîsti fidelibus praesentes litteras inspecturis 
salutem, et sinceram in Domino caritatem. Libenter in- 
tendimus ex injuncto nobis officie ad ea quae religionis 
Christianae cultum augmentandnm respicinnt; propterea sane 
cmn nobis iDsinnatum fuerit fide digna relatione de juste 
Joseph vire Mariae et filio David, sic enim eom evange- 
licus sermo denominat» quod apud partes ultramarinas et 
alias quasdam nationes sit celebris solemnitas de eodem 
JQsto Joseph et virginali conjugio suo cum Maria matre 
Jesu ( Nec obsistit si ante Ghristi passionem et resunec- 
tionem et in caelis ascensionem existimetnr idem Joseph 
decessisse veluti de sancto Johanne Baptista nuUa est am- 
bignitas, cujus ortum et obitum nihilominus Ecclesiam 
4;elebriter recolere nemo nescit, simile hujusmodi de beata 



Anna matre genitrids Dei et socru Joseph; item de sep- 
tem fratribus Machabeis legimus esse factam) digna nobis 
prorsus res visa est, prehabito sapientum devotorumqua 
eonsilio, ut licentiam anctoritatemque praestaremus, quam 
et praestamus per praesentes, omnibus et singulis infira ter- 
mines legationis nostre constitutis, quod memoriam sanctis- 
simam praenominati justi Joseph viri Mariae et filii David 
ac nutricii custodisque fidelissimi Domini nostri Jesu 
Ghristi sub officie soïemni tam in missa quam in matu- 
tinis et vesperis ac caeteris horis canonicis excolant diebus 
et horis et canticis ad hoc ipsum idoneis; quemadmodum 
super bac re sacratissima nos ipsî jam scripta perlegimus 
sanctitate plena atque veritate, quae in publicum possunt 
nedam edi absque reprehensione, sed cum moUa aedifi- 
catione dednci, legi solemniterque cantari. Forro dies op- 
portunus pro celebri commemoratione transitus sancti Jo- 
seph est ille quem ultramarini dicuntur observare, vide- 
licet dies octabarum beatae Mariae. Gaeterum dies, actio, 
modus pro solemni commemoratione virginalis matrimonii 
beatae Mariae cum juste Joseph* per decantationem hujus 
evangelii: surgens aiUem Joseph a somno etc. Matthaei 
primo in fine, in matutinis et in Missa, est ferla quinta 
jejuniï quatuor temporum in Decembri, quando feria quarta 
decantatur hoc evangelium Exurgens autem Maria abitt irv 
morUana^ prout ex probabilibus argumentis invenitur haec 
congruentia seu consonantia deducta fuisse scriptisque 
mandata. Datum Farisius lY Ealendas augusti P. D. 
Joannis Fapae XXIII aune quinte. 



— Pauvreté évangèlique. Frères de la vie commune. 
Erreurs de Grabon. 

Un théologien de Saxe, nommé Grabon, écrivit une 
brochure contre une congrégation de religieux, qui s'ap- 
pelaient les frères de la vie commune, et dont l'institut 
n'avait pas obtenu l'approbation du Saint-Siège. Cet 
écrit ayant été présenté au concile de Constance, Pierre 
d'Ailly, Gerson et d'autres théologiens y découvrirent 
plusieurs assertions erronées, et même hérétiques, et 
tendant à soutenir que les conseils évangéliques ne peu- 
vent être observés hors des grands ordres approuvés. 

Ainsi, d'après Grabon, c'est un péché mortel de 
distribuer ses biens aux pauvres si l'on veut rester dans le 
monde, parce que la propriété particulière est obligatoire; 
le commandement du Décalogue: Non occides, s'oppose a 
ce renoncement volontaire. C'est un péché mortel de pré- 
tendre embrasser le conseil évangèlique de la pauvreté ,. 
en demeurant dans le monde. Nul ne peut (rfiserver, 
méritoirement et selon Dieu les conseils de l'obéissance 
de la pau\Teté, et de la chasteté hors des communautés 
approuvées. Les Béguines, ou bigottes qui vivent en 
commun sont en état de damnation, quoiqu'elles ne 
professent aucune erreur contre la foi. — Les prêtres 
et clercs ne peuvent observer la vie commune que dans 
les ordres approuvés, sous peine de péché mortel. — 
Sont excommuniés tous ceux qui leur font l'aumône, ou 
les favorisent. Ce sont les faux prophètes que l'Evan- 
gile dénonce. Ils volent les aumônes des fidèles. 

Voici les vingt-cinq propositions de Grabon qui furent 
déférées au concile de Constance. 

I. Proprietas temporalium rerum statui saeculari essen- 
tialiter est annexa 2. NuUus sine peccato potest illud ab- 
jicere, quo retento, potest convenienter vivere secundum 



237 



MÉLANGES. 



288 



statum saum. 3. Omnes peccant, qui bona sua simpliciter 
io eleemosynam largiantur propter Christum. 4. Abdicationem 
omnium propter Christum nuUas £acere potest extra veras 
Beligiones manendo sine peccato mortali, et dico veras 
Beligiones per Sedem Apostolicam approbatas. 5. Papa non 
potest dispensare cum saecularibus, ut omnibus in singu- 
iari careant. 6. Si Papa posset alicui concedere hoc, tune 
posset ei concedere propriae yitae substractionem qnod 
est contra praeoeptum Decalogi : Non occides. 7. Beligiosus 
non potest sine peccato mortali abdicare voluntatem ha- 
bendi communia quod actu talia non habet. 8. Quod 
aliquis sit Toluntarie pauper propter Christum, in saeculo 
manens, omnino nihil habendo in singulari, nec etiam 
ipsam voluntatem habendi propria, includit omni tempore 
contradictionem. 9. NuUus potest paupertatis cousilium 
meritorie observare, nisi fuerit in statu spiritualis perfec- 
tionis sive verae Eeligionis. 10. Beputantes se bene facere 
assumendo paupertatem, quae est Salvatoris cousilium re- 
manendo in statu saeculari, peccant mortaliter. 11. Ab- 
dicare omnia etiam propter Christum, nisi veram et ap- 
probatam Beligionem ingrediatur, est sibi et suis, quorum 
cura sibi iacumbit, vitam subtrahere. Quod est homicidium 
committere tôt hominum, quot ejus curae subdantur. 12. 
Credentes se mereri vitam aeternam abdicatione, credunt 
se posse ipereri vitam aeternam mortaliter peccando. 13. 
EflPÛndi omnes opes simul ab hîs, qui volunt in saeculo 
manere, reducitur quasi immédiate ad illud praeceptum, 
Non occides. 14. Dicens omnia meritorie esse abjicienda 
propter Christum, remaiienti in saeculo, est hereticus ju- 
dicandus. 15. Nullus potest meritorie, et secundum Deum 
obedientiae, paupertatis et castitatis consilia extra veras 
et approbatas Beligiones manendo adimplere. 16. Tria Sal- 
Tatoris consilia sic sunt concatenata, ut ubi paupertas ma- 
ritoria, in quantum est Salvatoris cousilium, invenitur, 
oportet, ut necessario alia duo, scilicet castitas, et obedien- 
tia inveniantur, quae a paupertate separari non possunt. 
1 7. Matronae seu mulieres communem vitam ducentes, in- 
simul commorantes, Beguttae vulgariter nuncupatae quos- 
cumque errores non tenentes, aut praedicantes, seu alias 
de erroribus vel haeretica pravitate non suspectae, aetemae 
damnationis sunt filiae et earum status est prohibitus, et 
damnatus. 18. Peccant qui propria sua resignant, nonin- 
trantes Beligionem approbatam. 19. Non licet presbyteris 
et clericis communem vitam ducere nisi in religione ap- 
probata, sub poena peccati mortalis. 20. Peccant omnes 
qui fovent consilio et auxilio communem vitam ducentes 
extra religionem approbatam. 21. Excommunicati sunt 
omnee communem vitam ducentes extra religionem appro- 
batam. 22. Similiter excommunicati sunt illi, qui vitam 
communem extra religionem approbatam ducentibus prae- 
bent eleemosynas. Et qui taies fovent consilio et auxilio, 
vel defensione, similiter stant, et sunt in statu perpetuae 
danmationis: et nisi de hujusmodi excessibus eorum ma- 
gna eontritione poenituerint, ad vitam aeternam non possunt 
pervenire, neque salvi permanere. 23. Omnes vitam com- 
munem ducentes extra Beligionem approbatam,* sunt illi, a 
quibus Salvator noster praecipit esse abstinendum et tam- 
quam a falsis Prophetis attendenduin. 24. Quilîbet faciens 
contra jura canonica peccat mortaliter. 25. Nullus corpore 
Talidus, absque communi utilitate et necessitate potest 
extra veras Beligiones sine peccato eleemosynas Christi 
fidelium tollere. 

Le pape Martin V obligea Grabon de rétracter ses 
fausses maximes. Le théologien saxon se soumit avec 
la plus louable édification. « Compulsus ea revocare, 
revocavitstatim» paruitque Martini Y pontificis sic jubeii- 



tis imperio obedientiae filius, in devium tramitem errore 
humano abreptus, sed redux ac pedem revocans ad 
rectum veritatis iter, catholico famulatu, statim ac jussus. 
(Joan. Casai. Candor lilii, $ 6). 



— Jubilé de Saint Thomas de Cantorbéry. Suppli- 
que du roi d'Angleterre au pape Léon X pour obtenir 
rindulgence plénière. 

Le jubilé de Saint Thomas était célébré en Angle- 
terre la cinquantième année de son martyre. Le pape 
accordait chaque fois une indulgence plénière aux fidèles 
qui visitaient l'église métropolitaine de Cantorbéry. 

En 1519, Henri VIII écrivit à Léon X afin d'obtenir 
le renouvellement de l'indulgence plénière pour le jubilé 
qui commençait le 5 juillet. L'archevêque de Cantorbéry 
envoya des procureurs pour le même objet. Le cardinal 
Wolsey, archevêque d'York, fit partir pour Rome quel- 
ques agents afin de solliciter plus instamment la grâce 
à laquelle le roi mettait le plus grand prix. U adressa 
à un cardinal de la cour pontificale la lettre suivante: 

De obtinendis a summo pontifies plenariis indiUgen- 
tiis. Beverende in Christo pater amantissime, salutem. Obe- 
dientissima haec regia maj estas suis in praesentia litteris 
instanter a sanctissimo domino nostro petit, ut quasdam 
plenarias indulgentias ab ejus praedecessoribus quinqua- 
gesimo quolibet anno post sacratissimum divi Thomao 
martyrium Cantuariensi ecclesiae indultas, sua nunc auc* 
toritate confirmare atque alias ex piissima sua liberali- 
tate bénigne concedere dignetur. Quo hune annum proxi* 
mis nonis julii incohandum summa veneratione, et ex tam 
pretiosi valons honore queat solemniter celebrare sicuti 
cum antea jubilei et remissionis annus fuit habitus, con« 
sueverunt hujus regni incolae ingenti frequentia ad istam 
ecclesiam, devotionis ac religionis ardore confluere. Qua- 
propter super hoc regia maj estas, ut voti sui facilius com- 
pos efSciatur, vestram reverendam dominationem impense 
rogat ac requirit quod simul cum reverendissimo domino 
Campegîo reverendissimum istud desiderium sanctissimo 
domino nostro accurate exponi velitis, sicque apud ejus 
sanctitatem suo nomine agere, ut devotae suae petitioni 

gratificetur. Quod summe gratum in futurum: 

quae operam, quam in hoc negotio obtinendo praestabitis 
inter cetera vestra erga se officia adnumerabit. Statum 
vero omnino hujus petitionis ex quibusdam révérend. D. 
archiepiscopi Cantuariensis et ex bis procuratoribus intel- 
ligetis et bene valeatis. Londini die 24 martii 1519. — 
Vest. tanquam frôler T. Cardinalis Eboracensis. 



— Lettre inédite de S, Charles Borromée concernant 
le premier concile provincial de Milan. 

L'original de la lettre est conservé dans les archi- 
ves du prince Gaetani, à Rome. Elle fut adressée au 
cardinal Sermoneta, qui était de la famille. 

« J'envoie à votre seigneurie illustrissime notre 
concile provincial, imprimé depuis peu, afin de lui 
faire part de nos travaux. Comme nous les avons en- 
trepris afin que Dieu notre Maître soit honoré et servi 
dans cette province, ainsi votre seigneurie illustrissime 
voudra bien, dans sa bonté prier la divine Majesté de 
les bénir. Je finis en l)aisant humblement les mains de 
votre seigneurie illustrissime. Milan 12 septembre 15 66. » 



239 



MÉLANGES. 



240 



Faori <— AU'IUmo et Bmo Sig. mio oss&o H Sig. 
Cardinale Sermoneta etc. 

Sotro — Illmo et Bmo Sig. mio ossmo. 

Mando a Y. S. lUâia il Sinodo nostro Proràciale, 
stampato poco fa per farle parte de le fatiche nostre, le 
quali si corne havemo fatte con intentione che nostro Si- 
gnore Dio n'habbia a rostare honorato et servito in questa 
Provincia, cosi Y. S. lUma si degnerà, per bontà sua 
di pregare sua divina Maestà che ne faccia segnir glî ef- 
fetti conformi. Et facendo qui fine a Y. S. Illma bacio 
humilmente la mano. 

Di Milano a 12 di settembre 1566. 

Di Y. S. Illma et Bma Humilissimo Servitore — C. 
Carlo Borromeo. 



— Discours prononcé par le pape Benoît XIV dans 
Vèglise de S, Apollinaire de Rome, en consacrant cette 
église. 

Les archives romaines renferment un grand nom- 
bre d'écrits de Benoît XIV qui n'ont jamais été pu- 
bliés. Indépendamment des mémoires composés pour 
les affaires traitées dans les Congrégations, encore 
inédits pour la plupart, nous possédons plusieurs in- 
structions et ordonnances qu'il rendit pour le diocèse 
d'Ancône, dont il conserva le siège quelques années, 
avant de passer à l'archevêché de Bologne. La biblio- 
thèque Corsini conserve tout un registre de lettres 
crites par le savant pontife. 

Nous publions aujourd'hui un discours qu'il pro- 
nonça dans l'église de S. Apollinaire, en consacrant 
cette église, en 1748. Benoît XIV montre que le rite 
de la consécration des églises dériva de l'Ancien tes- 
tament et de la tradition apostolique. La décrétale 
attribuée au pape S. Evariste est apocryphe, par con- 
séquent; ce pontife ne peut être considéré comme l'in- 
stituteur de la cérémonie. 

Bome avait jadis deux églises sous le vocable de 
S. Apollinaire. Celle qui existait près la basilique de 
S. Pierre et d'où partait la procession que l'on faisait 
le samedi, est entièrement détruite. 

Benoît XIV vénérait S. Apollinaire comme prédi- 
cateur de l'Evangile à Bologne, sa patrie. Ayant obtenu 
une relique insigne du saint martyr, il lui érigea un 
autel dans l'église métropolitaine. 

Voici l'allocution du savant et pieux pontife : 

AUocutio SSmi D. N. Benedieti XIY habita die 21 
aprilis an. 1748, Dominica in Albis, dum Ecclesiam a 
fundamentis reaedificatam in honorem S. Apollinaris prope 
forum Agonale solemni ritu consecrabat. Bomae 1748. Ex 
Typographia Falladis. 

Inter sacres ritns qui in Ecclesia exercentur, nuUus 
àlins in veteri testamento magis aperte describitur, quam 
Ecclesiae Dedicatio, seu Consecratio; nullus quoque alius 
a veteri Lege, susceptus a nobis, nuigis constanti disci- 
plina retinetur. 

Salomon, qui sanguinem humanum non efiuderat nec 
bella bellaverat, electus a Domino (Lib. 2 Beg. cap. 7. 
lib. 3 Beg. cap. 5; lib. 1 Faralip. cap. 22) ut splendidis- 
simum Templum construeret in quo sacra Arca qi^ae in 
medio pellium conservabatur, coUocaretur, magnificum 
Hierosolymitanam ex omni parte Templum confecit, illud- 
que tam solenmi pompa dedicavit, ut viginti duo millia 



bovum, et centum viginti miUia pecudum immolaverit: 
fecit ergo Salomon in tempore illo fe^ivitatem celebrem; 
(Lib. 3. Beg. cap. 8, vers. 65) legitur libre tertio Begum. 
Et en Tobis ante oculos propositus Templi consecrandi ri- 
tus, qui in veteri Testamento continetur. 

Templum a Salomone conditum et consecratum spatio 
quatuor saeculorum stetît, post quae Deus illud e cens- 
pectu suo projedt, et Nabuchodonosor Bex Chaldaeornm, 
Divinae justitiae vindei, solo aequavit, (lib. 4 Beg. cap- 
24 et 25) sacra vasa abstulit : nec nisi tempore Cyri Per- 
sarum Begis (lib. 1 Esdrae cap. 3. Aggaei cap. 1) Zoro- 
babel filius Salathiel ducis Judaeorum, una cum Jesu fiUo 
Josedech magno Sacerdote potuit illud in pristinum statnm 
restituere et ad optatum finem praeclarum aedificium per- 
ducere, quod et solemni pompa dedicavit: fecerunt autem 
fUii Israël, sacerdotes et reliqui filiorum transmigration 
nis, dedicalionem. Domus Dei in gaudio. ( lîb. 1 Esdrae, 
cap. 6, ver. 16 ) uti legitur libre primo Esdrae. Quo sane 
exemple ritus innotescit consecrandi Templi, quod loco 
alterius Templi jam diruti rorsum construitur: Zorobabel 
enim sacras Aedes condidit eodem loco, quo Salomon antea 
magnificentissimum Deo Templum excitaverat. 

Secundum hoc Templum ab Antiocho Epiphane ( lib. 1 
Machab cap. 1 ). Bege nefario ac scelesto, maxima labe 
atque injuria contaminatum est, et simniacrum Jovis Olympii 
in Sacro Altari constitutum. At invictissimus Judas Ma> 
chabaeus, Nicanore, Gorgia, ac Lysîa jadversis ducibus 
superatis, victor Hierosolymam ingressus (lib. 1 Machab. 
cap. 4 vers. 45 et seqq. ) Aram poUutam renovavît, quae 
magno etiam plausu et celebritate dedicata fuit, unani- 
mique consensu sancitura, ut ejus memoria quotannis so- 
lemnis ageretur: Et statuit Judas et fratres ejus, et uni- 
ver sa Ecclesia Israël, ut agatur dies dedicationis altaris : 
sic legitur libre primo Machabaeorum ( lib. 1. Machab. 
cap. 4 vers. 59 ) Et en yobis expositum veteris legis tes- 
timonium quo poUutas scelere Ecclesias uti dioitur, re- 
conciliamus, novaque Benedictione sanctificamus. 

Nullum aliud in sacris litteris aut historiis monumen- 
tum extat, quod ad Hierosolymitanum Templum referatur, 
reique nostrae possit accommodari. Quod enim Herodes 
magnus consilium susceperit Templi amplificandi quod a 
Zorobabele conditum fuerat, novisque muneribus exornandi» 
quae omnia spatio quadraginta sex annorum absolvit, quod 
Templum hoc Herodis régis munifîcentia ampliatum, post 
annos septuaginta septem incendie penitus absumptum 
fuerity dum Titus Hierosolymam expugnavit, ad praesens 
nostrum non pertinet institutum. 

Inutile quoque esse censemus exempla perquirere Ec- 
clesiarum Deo nuncupatarum et aolemni ritu consecrata- 
rum primis Ecclesiae saeculis, dum immanitas saevientium 
tyrannorum recentem fidelium societatem ac religioucui 
prorsus convellere conabatùr. At illud certum est, quod, 
restituta Ecclesiae pace ac libertate, solemuis consecratio- 
nis Ecclesiarum ritus, quem primi nostri parentes execu- 
tioni mandare voluissent, sed impediti exequi non potue- 
runt, solemni pompa, nedum in bac nostrâ Urbe, et in* 
Occidentali Ecclesia, sed etiam in Orientali, oculis omnium 
apparuit. Post haec, inquit Eusebius in sua (lib. 10 cap. 3). 
Ecclesiastica Historia, votivum ncAis ac desideratum spe- 
ctaculum praebebatur, dedica^ionum scilicet festivUas p^r 
singulas urbes et oratoriorum recens structorum conse- 
crationes. Exponit quoque Eusebius solemnem templi con- 
secrationem, quod Tyri erectum fuerat, quodque ceteris 
omnibus Phoeniciae templis venustate longe praeeellebat 
Et in vita Gonstantini (lib. 4, cap. 43) magnum Episco- 
porum numerum commémorât, qui Hierosolymam simuf 
convenerant, ut augusti templi, quod Imperator maxima 



241 



MÉLANGES. 



24Z 



snmptii ac splendore excitaverat, consecrationem magna 
freqaentia celebrarent. 

Extat adhuc ejusdem Eusebii Oratio ab ipso habita in 
memorata Templi Tyrensis consecratione. Aliae ab aliis 
habîtae in aliaram Ecclesiarum consecratione adhuc con- 
tinentur in sanctoram patrnm monumentis. Dum enim 
Templnm aliquod sacrum fiebat, in more positum erat, 
ui non unus sed plures oratores magno apparatu orationes 
haberent 

Nonnulli de sacri ritus institutione et vetustate fase 
disserebant. Nos autem negotium hoc paucis expediemus. 
Uti enim paulo aute commemoraYimus, saçer hic ritus a 
veteri Lege ad nos, ab Apostolis in sues successores pro- 
manavit ; cumque in Ecclesiis tum Occidentali tum Orien- 
tal! semper floruerit, nil aliud praedecessori nostro Eva- 
risto adscribi potest, etiamsi monumentum, quod ejus no- 
mine circumfertur, firmam certamque haberet auctoritatem 
(Card. Bona Ber. liturgie, lib. 1, cap. 20, n 8) nisi quod 
manu sua id exaratum tradiderit, quod a pontificibus suis 
praedecessoribus acceperat. 

Alii oratores ingenium et operam conferebant, ut de- 
dicationis Ecclesiae celebritatem pro viribus extollerent et 
oommendarent. At cum hodiema die tôt dilectos in Ghristo 
filios, tôt yenerabiles fratres, tôt insignes ecclesiasticos, tôt 
praestantes saeculi yiros, tam constanti studio et devoto 
anime, in hune locum convenisse yideamus, ut sacra hujus 
templi intersint Dedicationi, solemnis illa Nobis rénova^ 
Tidetor Ecclesiae Sanctae Mariae Transtyberium consecra- 
tio, quam praedecessor noster Innocenlius tertius peregit 
quo tempore Lateranense Goncilium qaartum convocaverat ; 
ita ut jure ac merito dicere possimus, quod, Nobis ta- 
centibus conventus hic vester ostendit, (S. Léo. serm. 82 
Tom. 1. ejusdem Operum edit. Lugdun. 1700 pag. 167). 
quanta sit hujus diei solemnitas, et quod festiyitatis ma- 
gnificentiam etsi sermo noster non indicet, yestra tamen 
ipsa congregatio testetur. 

Ceteri aut historiam texebaut aedificationis Ecclesiae 
quae sacra fiebat, aut reaedificationis, si diruta antiquiore, 
noya extruebatur in eodem loco, in quo prima fuerat ae- 
difîcata. Nos yero, ne tempore abuti yideamur, paucis in- 
nuemus, duas in hac urbe constructas fuisse Ecclesias in 
memoriam S. Apollinaris, alteram ab Honorio primo nostro 
Praedecessore prope templum Yaticanum ex qua supplicatio 
popali, seu litania, singulis diebas Sabbathi ad S. Pétri 
templum accedebat; alteram subinde ab Hadriano primo, 
nofitro quoque praedecessore, in hoc ipso loco, in quo 
nunc yersamur. Illius nuUum superest yestigium. Haec 
autem yetustate labefactata, et a fundamentis reaedificata, 
ea est, quam nunc solemni ritu sacramus. 

Seliqui demum oratores qui yerba faci^bant dum Ec- 
clesiae dedicarentur, Dei Optimi Maximi, Bmae Yirginis 
Mariae et Sanctorum, iu quorum honorem Ecclesiae fue- 
rant aedificatae, praesidium opemque implorarunt. Mos 
hic hodiemae disciplinae magis cohaeret, eumque amplecti 
modo constituimus. 

Templum eiigo hoc, summe Deus, tibi sacrum est; cum 
UBÎce tibi cultus Latriae praestetur. Exaudi itaque de ex- 
eelso solio gloriae tuae, quemadmodnm yehementer totoque 
animo obtestamur, yota omnium qui in hoc ritu pers^endo 
operam impendimus, quiye praesentes sumus, ut nominis 
tui gloria magis amplificetur; eamdemque yoluntatem 
ostende reliquis omnibus qui impostemm tuum nomen 
hoc in loco supplices inyocabunt: (lib. 2 Paralip. cap. 6, 
yers. 21 ). Quicumque orayerit in loco isto, exaudi de ha- 
bitaeulo iao. 

Tibi, Deus Optime Maxime, hodierna die Altaria haec 
dedicantnr, et consecrantur, in quibus, non sanguis hlrco- 



rum aut yitulorum, scd Divinum in Missa Sacrifîcium 
offerendum est, in quo Ghristus ipse continetur, et in- 
cruente immolatur, qui se ipsum in Cruce effuso sanguine 
immolayit. Jure itaque meritoque Te humilime precamur, 
ut supra hanc (S. Ambrosius Exhort. Virginit. cap. 4) 
Domum tuam, supra hac Altaria quae hodie dedicantur, 
quotidianas preces intendas, et servorum tuorum orationes 
quae io hoc loco fundùntur atque fundentui^ Divina tua 
misericordia suscipias, tibique fiât in odorem sanctifica- 
tionis omne sacrificium, quod in hoc Templo, in hisce Al- 
taribus, fide intégra, piaque sedulitate oiferetur. 

Tibi, Bma Dei Parons Maria, hyperduUae cultus de- 
bitus est, tibique in hac ipsa dedicatione exbibetur ; reae- 
dificatam enim eam hujus templi partem intuemur, quae 
Deo in tui memoriam atque honorem fuerat sacrata. Tu, 
augustissima coelorum Begina, semita illa es, qua Salyator 
humani generis yenit in hune orbem terrarum. Tu Domina 
nostra es, tu mediatrix nostra, tu advocata nostra. Per te 
itaque tum nos qui praesentes sumus tum reliquus fide- 
lium coetus qui imposterum in hoc loco nomen tuum ye- 
nerabitur, ad illius gratiam peryeniamus, qui per te ad 
calamitates usque naturae nostrae devanit (S. Bemardus 
serm. 2 in adventu Domini ). Nos omnes tuo filio com- 
menda, tuo filio repraesenta : et fac, o benedicta, per gra- 
tiam quam inyenisti, per praerogatiyam quam meruisti, 
per misericordiam quam percepisti ut qui te mediante» 
dignatus est fieri particeps infirmitatis et miseriae no- 
strae, te quoqae intercedente participes nos omnes officiât 
gloriae et beatitudinis suae. 

Tibi demum, S. Apollinaris^ daliae cultus debetur,. 
tuaeque memoriae templum hoc sacratur, ut Deo solvantur 
gratiae pro immortali gloria quam tibi elargitus est, et 
in hoc Templo orantibus, Deumque Optimum Maximum 
deprecantibus, iutercessor assistas. 

Maxime iddrco quo possumus studio salutis nostrae 
causam tibi commendamus, tuum que patrocinium yehe- 
menter exposcimus, ut nos praesentes, caeterique qui ad 
hoc templum accèdent, votis suis te adjutorem atque inter- 
cedentem apud Deum consequantur. 

Clerici ac sacerdotes huic Templo addicti in eoque 
ministraturi, et in ipso Divina Officia persoluturi, yirtutum 
tuarum exempla pro suis viribus sibi ad imitandum pro- 
ponunt. Tu enim Antiochia profectus. et Bomae a principe 
Apostolorum S. Petro episcopus Bavennatum factus, eoque 
missus ad annuntiandam Evangelii yeritatem, Apostolico 
munere per totam Aemiliam egregie perfunctus es: illi 
autem ex remotis partibus acciti et in proximis CoUegii 
aedibus ad virtutem ac doctrinam a praeclaris magistris 
instituti praeparantur, ut bellum indicent haeresibus quae 
in disjuntis regionibus grassantur, et Catholicam religio- 
nem late tueantur atque amplificent. Eos itaque in tuam 
clientelam, ac veluti sinum, excipere ne dedigneris. 

Nos ipsi alias invisimus ac yenerali sumns in templo 
Glassensis Monasterii augustum tamulum, ad quem, teste 
(Bpist. b. 1. lib. 6; indict. 14 tom. 2 edit. Paris. 1705,. 
p. 837) Magno Qregorio Praedecessore nostro, integritas 
fidei solemni jurejurando confîrmari solebat, et in quo re- 
liquiae corporis tui perhonorifice conduntur 

Insignem eorum partem dono accepimus, Bononiam 
patriam n^ostram detulimus, in Ecclesia Metropolitana re- 
posuimus, et in ea Aram tibi condidimas: nedum enim 
Bononiensem Ecclesiam olim scimus Bayennatensi fuisse 
sufEraganeam, sed nec dubitamus a te Bononiae fidem ca-- 
tholicam primo enuntiatam, cum Jesu Ghristi Evangelium 
per totam Aemiliam disseminares. Post haec, licet imme- 
rentes, soloque Divine judicio ad Sunmium Pontificatum 
evecti, animo statim constituimus aram, quae in conspecta 



19« siR». 



16 



243 



MELANGES. 



244 



est, in hoc Templo construere : et Deus Optimus Maximus 
ob suam bonitatem, nobis ea quae necessaria fuerunt ad 
hoc negotiam suppeditavit. Nobisque vitae spatium elargitus 
est ut Aram ipsam pcrfectanl absolutamque intucamur. 

Recordare qaaeso Béate ApoUinaris Protector noster 
quod Salvatori nostro Gapharnaum ingresso seniores Ju- 
daeorum obyiam venerunt rogantes, ut in pristinamsanita- 
tem restitueret Centurionis servum, qui nou sine magno 
domini sui moerore graviter aegrotabat, et de ipso Cen- 
turione sic testati sunt : ( Lucae cap. 7. vers 4 et 4. ) 
Dignus est, iU hoc illi proêstes: diligit enim gentem no- 
stram, ei Synagogam ipse aedificavit nobis. 

Nos synagogam non aedificavimus. Beligioni domicilium 
praeparavimus, Aram condidimus, eamque Deo in tui me- 
moriam dedicamus. Si rem tibi gratam jucundamque fe- 
cimus, uti sperare fas est, non longam non prosperam se- 
nectutem, non opes, non gloriam, non labonim et tribu- 
lationum imminutionem pro Nobis a Deo petas. Quaerimus 
quœ sursum sunt, non quae super terram. Qualecumque 
quod superest vitae spatium a suprême Numine impetra, 
ut pro Catholica fide, pro Ecclesiae atque hujus Sanctae 
Sedis utilitate, utiliter impendanus, utque demum, cum 
dies mortis advenerit, nos gravium nostrorum peccatorum 
poenitentes inveniat, et fac, ut, cum Divinus Judex rerum 
a nobis gestarum rationem exposcet, illud nobis non ex- 
probet: Fuisti fabricator murorum, sed non aedifica- 
toi" animarum. 



— Lettre du Saint-Père à Mgr Varchevêgue de 
Cologne. Ravages que le socialisme fait dans les esprits. 
L'Eglise seule a le pouvoir de rétablir l'ordre. Con- 
cessions auxquelles le Saint-Siège est disposé, afin de 
rétablir la paix religieuse en Allemagne. 

Léo PP. XIIL Venerabilis Frater,. salutem et Aposto- 
licam Benedictionem. Libenti prorsus animo perlegimus 
commentarium a te nuper editum in nostras encyclicas 
litteras, quibus socialismi mala deploravimus. Opportunam 
sane ac utilem te operam impendisse putamus venerabilis 
frater, in declarandis salutaribus documentis et patemis 
monitis, quae, catholicae Ecclesiae doctrinam explicantes, 
hac super re superiore anno tradidimus. Gravis enim et 
pemiciosa socialismi pestis quae in dies magis serpit, et 
rectum populorum sensum aîte corrumpit, cum inde vim 
suam nanciscatur, quod lux aeternarum veritatum in men- 
tibus plurimoram hominum velut errorum tenebris obscu- 
ratur, et immutabiles morum regulae quas christiana di- 
sciplina tradit rejiciuntur, nunquam profecto compesci et 
sisti poterit, nisi in eorum qui decepti sunt animes su- 
premae justi bonestique rationes revocentur. Hae quidem 
caelesti gratia adjuvante vim habent, ut corruptas mala 
libidine volnntates ad saniora consilia convertant, et tum 
singulos homines, tum populos ipsos ad officium colendum 
et ad virtotis semitam terendam adducant. — Cum autem 
praeclarum hoc munus Ecclesiae suae. Christus demanda- 
verit, eidem vim etiam attribuit virtutemque infudit tanto 
muneri explendo omnino parem. — Quod quidem et om- 
nes orbis terrarum nationes testantur, quas Christi Eccle- 
sia ex errorum tenebris erutas, ad evangelicae veritatis 
lucem traduxit. — Hoc ipsum salutare munus assidue 
colère et perficere Nostri potissimum ofiScii est, Venera- 
bilis Frater. Nam licet aetate hac nostra in artibus quae 
ad vitae cultum pertinent, et in naturalibus scientiis tam 
admirabilis incredîbilisque progressio nemine diffitente, 
facta sit, tamen morum depravatio triste in dies incremen- 
tum capit. Et cum probe noscamus, historia etiam supe* 
riorum saeculorum edocti, non artium et scientiarum na- 



turalium progressum, sed stadium quod ad cognoscendam 
et implendam Christi legem confertur, deviis gentibus sa- 
luti esse, easque ab exitio prohibere, vehementer desidera- 
mus Christi Ecclesiam sua libertate ubique frui, ut sa- 
lutarem hujus legis doctrinam tradere gentibus possint, 
earum corda ad illius amorem excitare, ejusque vim sa- 
cerdotal! ministerio ita fovere, ut in animis hominum 
uberrimos fructns operetur. 

Atque hoc majorem in modum optamus, Yenerabilit 
Frater, ad illustris tuae Patriae prosperitatem et bonum, 
quam potissimum sancti Bonifacii labores olim Ghristo 
adjunxerunt, ac plurimorum martyrum sangds et prae- 
clarae .sanctorum virorum vîrtutes fecundarunt, qui nunc 
caelestis regni gloria fruuntur. -^ Alter jam vertitur an- 
nus cum tuas tuorumque fidelium preces nostri conjungi 
postulavimus, ut dives in misericordia Deus, nostris an- 
nuens votis, optatissimae libertati in Germanorum imperio 
Ecclesiam féliciter redonaret. Nondum contigit nobis at 
voti compotes essemus; at firma spe nitimur, divina ope 
suifragante, curas nostras optatum exitum habituras. Sen- 
sim ac pauUatim vanae suspiciones et quae inde oriri solet 
injusta contra Ecclesiam aemulatio, labentur et corruent: 
atque ii qui publicis, ibi praesunt rébus, aequo bonoque 
animo factorum rationem intuentes, facile intelligent non 
eos nos esse, qui in aliéna jura involemus, et inter sa- 
cram et politicam potestatem stabilem constare posse con* 
cordiam, dummodo utrimque seu pacis conservandae seu 
reconciliandae, ubi opus fuerit, voluntas arnica non desit. 
Hoc nos animo, hac voluntate esse, tibi venerabilis frater, 
et omnibus Germaniae fidelibus compertum plane et explo- 
ratum est; imo hanc voluntatem ita firmam fovemus, ut 
bona prospicientes in salutem animarum et in publicum 
ordinem inde oritura, tibi declarare non dubitemus, nos 
hujus concordiae maturandae causa passuros, ut Borassico 
Gubemio ante canonicam institutionem nomina exhibeantur 
sacerdotum illorum, quos Ordinarii Dioecesium ad geren- 
dam animarum curam in partem suae sollicitudinis vocant. 

Fervidis interea precibus instemus, venerabilis frater, 
ut Dominus noster Jésus Christus corda omnium moTere 
dignetur, ac propitius perficere, ut sua quisque studia pro 
sui muneris ratione conférât ad Begnum Ejus, non in 
animis singulorum solum, sed in universa hominum so- 
cietate instaurandum. 

Sit demum auspex omnium gratiarum et pignusprae- 
cipuae dilectioois nostrae Apostolica benedictio, quam tibi, 
venerabilis frater, et universo cui praesides gregi pera- 
manter in Domino impertimus. , 

Datum Bomae apud S. Petrum die 24 februarii 1880. 

Pontifîcatus Nostri Anno Tertio. 



— Doctrine de S. Thomas. Représentants des uni- 
versités et des séminaires. Discours adressé au Saint- 
Père. Réponse de sa Sainteté. Restauration de la phi- 
losophie. 

Le 7 mars 1880, fête de S. Thomas d'Aquin, les 
représenlauts des universités et des séminaires du 
monde catholique ont été reçus à l'audience pontificale. 
Le chef de la députalion a adressé au Saint-Père le 
discours qui suit: 

AUocutio coram SSmo habita, nomine scientiarum cul- 
torum die 7 martii 1880. — Beatissime Pater. Qui Deo 
auctore ad Pétri sedem evectus, Ecclesiam civilis huma- 
nitatis parentem et magistram in primis ostenderas, eamque 
unam deinde communis rerum publicarum salutis fontem 
ac praesidium esse reges populosque docueras : nuper extre- 



245 



MÉLANGES. 



24G 



mo, quod iDstat, periculo commotus, christiaDae sapientiae 
instaarationem ad Angelici Doctoris normas exigendam gra* 
Titer commecdasti. - Ta enim, Pater sanctissime, vaticano 
6 solio, tanquam Domini speculator, temporum nostrorum 
acerbitatem eo prospicis devenisse, ut homines fallaci su- 
perbientes doctrina non modo religionem per summum nefas 
iacessere novisque in dies laedeire vulneribus, sed ipsa quoque 
immani consortii fondamenta convellere lumenque ration! 
inditmn vel debilitare vel potius extinguere videantur. - 
Qnamobrem probe noscens nullum dîutinis malis esse mo* 
dmn, nisi recta sciendi principia pristinae restituantur di- 
gnitaii, Philosophiae patrocinium cum Beligionis causa^ 
amico foedere conjunctum, divinitus suscepisti. Atque in- 
credibili catholici nominis planso, certamini pro Toritate 
ineundo Aquinatem praeponis, qui Soli haud immérité eom- 
paratus, principem in erroribus conterendis locum sibi vin- 
dicant. - Qua potitus Victoria, ut Apostoli usurpemus verba, 
Ta, Maxime Léo, librum aperis illum, quem Ecclesiae osores 
perpétue obsignatnm aetemaeque traditum oblivioni exis- 
tîmabant; Tu sapientiam, quam dictitabant emortuam, ad 
vitam revocas, et societatem vanis philosophorum placitis 
senescentem reddis juventuti; Tu sacres ignés adhinc tribus 
saeculis delitescentes sublevas , eximiasque TTrbani Y et 
Benedicti XIII bac in re laudes supergressus, illud aère 
perennius exigis monumentum, quod vel unum nomini tuo 
immortalitatem valeat comparare. - Initum a Te consilium 
maximo amore prosecuti, quotquot heic scientiarum culto- 
mm gerimus ricem, ne nobis iugrati animi nota inureretur, 
facere non poteramus, quin peregrinatione suscepta, ac auspi- 
catissima die Tnis advolveremur pedibus, quosque pectore 
fovemus sensus, coram profiteremur. - Haud tamen nostrum 
dncimus Angelici Doctoris sapientiam, Tuaque, Beatissime 
Pater, egregia in humanam societatem mérita laudibus ef- 
ferre. Impares siquidem tanto evaderemus oflScio ac super- 
vacaneam in illis celebrandis operam poneremus , quae 
ubique gentium clarissima eo cogitationum verborumque 
assensu extoUuntur, qui adversariorum quoque animis admi- 
lationem sui vel cieie vel e^rtorquere potuerit. -Illud po- 
tius nos deceat, toti rei christianae gratulari, Tibique, 
Pater sanctissime, pro collato in hominum genus bénéficie 
immortales agere grates; illa nobis accédât laus, Petro per 
Te falli nescium loquenti indivulse adhaerere; una nobis, mo- 
nente Hieronymo sententia, eum, qui Tecum non coUigit, 
dispergere; haec fidei vox ac rationis, a Tuis monitis vel 
minimum recedentes, a Dec scientiarum Domino recedere. 
Iter a Te signatum ingressi, Thomae doctrinam ambs^ibus, 
nebulis, deliramentis expertem sectabimur; magistros alios 
qui scholas scindunt non noYÎmus; alia systemata, ad re- 
ligionem sartam tectamqne servandam erroresque hac no- 
stra aetate gliscentes acriter perstringendos vel iuepta vel 
perniciosa, rejicimus. Si adversariorum prae se vexillum 
talit: Toile Thomam quod pandimus, signum inscribit: 
Thomae et Leoni ingénia dedicavimus His instructi armis 
duce Aquinate, veluti militum acies, majore nisu confer- 
iissimos hostes strenue impetere, nnllamque conabimur in- 
clamare societati in supremum jam discrimen adductae esse 
salatem, nisi doctrina a Bomano Pontifîce adserta scholis 
redonetur. Quod ut satins assequamur nihil nobis magis 
optandum, Beatissime Pater, quam exemplis insistere a Te 
exhibitis, qunm adolescens abhinc annos quinquaginta ita 
in Atbenaeo Gregoriano publica es perfunctus disputatione, 
ut vins doctrina spectatissimis ad altiora praeludere visus, 
eam excitaveris spem, quam vicariam Christi potestatem 
adeptus nuperrime complevisti. » Interea suprême reritatis 
magisterio donatus, Tuae nos sapientiae documentis pergas 
instruere. Loquere, Pater Sanctissimae; Tibi verba vitae 
aetemae concredita; Tibique ex omnibus terrae plagia 



digressi, cupidisque auribns Tuas exeepturi voce filii fa- 
mulique se sistunt. Tuum est quid velis innuere; partium 
nostrarum officium, inerrantis magistri vota pro viribus 
explore. Tu lumen e coelo praefulgens ostende ; nobis 
fixum destinât umque est in anime, in Tuum sidus men- 
tem oculosque indesinenter convertere. Difficultatum, quac 
nos manent, seges, bellumque, quod asperius in dies com- 
movetur, non eos déterrent quî Te cedere nescium agere 
et pati fortia suspiciunt; Te auspice, auxilium supremi 
numinis certum, baud dubia Victoria. - Tibi igitur ter- 
tium Pontificatus annum auspicanti, Tuisque ad rem chris- 
tianam susceptis laboribus Deus praesens adspiret, Teque 
sospitem vel diutissime servet, qui, hostium o^s ablegatis, 
Tuae sapientiae fructus copiosius congerere, populos re- 
rumque publicarum moderatores Tuis allectos monitis adspi- 
cere, scientias dira tempestate jactatas adduc'ere in portum 
sùmmosque adgressus honores, veri justiquo principia in 
laudem veterem possis excitare. — - Haec autem omnia cu- 
mulabis, si magnum Aquinatem , quem ducem et magis- 
trum nos sequi jubés, et studiorum universitatibus scho- 
lisque catholicis coelestem patronum, in cujus fidem sese 
scientiarum cultores recipiant, suprema qua polies aucto- 
ritate féliciter adsignaveris. — Nostra postremo vota, ut 
prospère cédant, Ta, Pater Beatissime, Apostolica Bene- 
dictione munire ne dedigaeris, quae nobis contra veritatis 
osorem in aciem prodituris animum temporibus parem adji- 
ciat, nostris conatibus in auspicium melioris aevi opitu- 
letur, novasque a Deo suflBciat vires, quibns alacriores, pro 
catholicae sapientiae dignitate et juribus, decertemus. 

Le Saint-Père a répondu au discours de la dépu- 
tatioii par T allocution suivante: 

Pergratus Nobis perque jucundus est conspectus vester, 
dilecti filii, in omni scientiarum génère praeclaii ac no- 
biles, qui hodiemo die, sacro ob memoriam Thomae Aqui- 
natis Doctoris Angelici, laudabili sane consilio hue con- 
fluxistis, ut haie Apostolicae Sedi et communi christia- 
norum parenti ac magistro obsequium et observantiam prae- 
sentes significaretis. — Quae autem vestro omnium no- 
mine sunt ab eximio vire, qui vobis praeest, tam amanter 
sapienterque dicta, ea anime Nostro non mediocrem con- 
solationem afferunt. Laetandum est enim, et Deo gratiae 
singulares agendae, quod tanta sit praestantissimorum homi- 
num multitude, quibns suprema lex est doctrinae laudem 
cum religionis amore conjungere, atque humanitatis artes 
ita excolere, ut divinam Jesu Christi Ecclesiaeque aucto- 
ritatem pari studio venerentur. — Itaque gratulamur sa- 
pientiae, gratulamur virtuti vestrae, dilecti filii, qui re ipsa 
profitemini obedientiam fidei christianae praestitam rationis 
humanae dignitati nihil obesse, prodesse autem plurimum; 
quoniam homines tune veritatem melius intuentur et se- 
curius assequuntur, si mentibus discendi cupidis divina 
fides, quasi face, praeluxerit. 

Quod quidem qui aut inficiantur aut omnino non in- 
telligunt, eos dolendum est in re maxima errare. Multos 
equidem esse videmus, qui veritates divinitus traditas par- 
vipendunt, vel prorsus rejiciunt, propterea quod cum ef- 
fatis humanaram scientiarum ac recenfcioribùs 'placitis eas 
componi non posse existimant; atque ipsam Ecclesiae di- 
vinam potestatem acriter adoriuntur, quod eam juribus ci- 
vili societati recens adsei*tis, principum majestati et popu- 
lorum prosperitati inimicam arbitrantur. 

Quorum causam errorum si quis pauUo diligentius in- 
yestigaverit, in eo potissimum sitam esse intelliget, quod 
nostris hisce temporibus, quanto rerum naturalium studia 
vehementius fervent, tanto magis severiores altioresque dU 



247 



MÉLANGES. 



248 



sciplinae defloruerint : quaedam enim fere in oblivione 
homiDum coQticescnnt ; quaedam remisse leviterque trac- 
tantur, et quod indignius est, splendore pristinae digni- 
tatis deleto, pravitate sententiamm et immanibus opinionnm 
portentis iaficiantur. — Hinc in plurimorum menÛbus ma- 
ximarum yeritatum lumen quasi restinctum: hinc in pri- 
vâtes homines non solum, sed in ipsas tes publicas com- 
munia derivata pernîcies. Ipsa juris novi, ut vocant, prin- 
cipia , quae sibi plurimum infesta passim experiuntur 
civitates , splendidis quibusdam inanis philosophiae men- 
daciis nituntur. Exemple sit principatus exiex humanae in- 
telligentiae tributus; aequata veri falsique jura; cunctarum 
religionum par habita ratio; efiOrenata libertas seu verius 
quidlibet audendi potestas, cujus vel in cogitando vel in 
agendo expertem esse neminem prorsas volunt. 

Igitur in tanta perturbationo animorum et confusione 
rerum, opportunissimum sane remedium homini suppetit in 
sana solidaque pbilosophia, si sapienter studiosequo exco- 
latur. Hanc enim niaxime natam aptamque esse apparet 
tum dejiciendis erroribus insanienti nostrorum temporum 
sapientia partis, tum contra stabiliendis firmiter ordinis, 
aequitatis, justitiae fundamentis, quibus tranquillitas rei- 
publicae, salus populorum, germana gentium humanitas 
continentur. 

De hujus philosophiae instaurandae necessitate, plura, 
ut nostis, elocuti sumus superiore anno in litteris nostris 
encyclicis, ad imiversos orbis episcopos datis. — Quibus 
etiam ediximus planeque demonstravimus, optimam philo- 
sophandi formam eam esse, quae ingénie studioque sancti 
Thomae Aquinatis, totius sapientiae veteris opibus conqui- 
sitis, ad immortalitatem est elaborata; quaeque per omnes 
insequentes aetates summam cultoribus suis laudem de- 
cusque comparant, et magoorum per Europam lyceorum glo- 
riam, omniumque scientiarum incrementa provexit. 

At enim, sancti Thomae et Scolasticorum doctrinam 
in honorem revocantes, retrahere homines velle dicimur ad 
superiorum saeculorum parum adultam urbanitatem, tam- 
quam nos maturitatis et perfectionis aevi nostri pige- 
ret. — Quid tamen? Bxemplar proponimus in quo quid 
virtus, quid sapientia possit splendidissime elucet; virum 
nempe humanis divinisque disciplinis ad plénum imbutum, 
tôt saeculis insigni memoria cultum, Ecclesiae praeconiis 
Bomanorumque Pontificum celebratum oraculis, Angelids 
ipsis mentibus exaequatum. — Nonne simili omnino ra- 
tione litterarum atque ingenuarum artium studiosis non 
invidetur, sed inservitur, cum magistri artificesque per- 
veteres, în aliquo génère excellentes, ad imitandum pro- 
ponuntur ? 

Quapropter cum vos, solemni hoc die, quaedam a no- 
bis documenta expostuletis, accipite haec breviter, dilecti 
filii, haud equidem nova, magni tamen momenti maximeque 

opportuna. 

Scilicet, fidei christianao ut plurimum débet philoso- 
phia, ita opem ferre, quantum potest, maxime studeat. — 
Huic illa infensa nec fuit unquam, nec esse potest; fidei 
«nim et rationis parens atque auctor Deus sic utramque 
teraperavit, ut societate et quadam cognatione, inter se 
continerentur. — Ex quo factura est, ut in alendis exci- 
tandisque scientiarum studiis Ecclesia catholica primas 
sibi partes semper vindicaverit. 

Hujusmodi autem perfecta fidei intelligentîaeque con- 
cordîa facile nusquam melius apparet, quam in libris a 
principe philosophorum Thoma Aqtiinate exaratis. -r- Date 
igitur operam, ut ad plures quotidie pertineat tanti ma- 
gistri disciplina; atque in ejus pervestigatione doctrinae 
hanc vobis ipsi legem dicite, ut talem amplectamini sen- 
tentiam, qualis ex illius admirabili proprietate et perspi- 



cuitate sermonis sponte emineat, non qualem praejudicata 
aliqua opinio, a communibus et probatioribus aliéna, forte 
suaserit. 

Tandem sancti Thomae Aquinatis et in hoc exemplum 
secuti, in rerum naturalium consideratione strenue adla- 
boretis; quo in génère nostrorum temporum ingeniose in- 
venta et utiliter ausa, sicut jure admirantur aequales, sic 
posteri perpétua commendatione et laude celebrabunt. -» 
In quibus tamen excolendis scientiarum artibus, iUorom 
morem defugite, qui recens reporta ad oppugnandas tum 
revelatas tum philosophicas veritates prave detorquent ; sed 
divinae potius providentiae gratiam habete, quod hanc glo- 
riam et quasi palmam nostrae aetatis hominibus reservarit, 
ut rerum utilium patrimonium a majoribus acceptum, 
multis in partibus industria sua locupletarent. 

Pauca haec quae pro rei opportunitate leviter placuit attin- 
gère, alte in animes vestros inserite, et religiose servate. — 
Nostis, dilecti filU, episcopos catholici orbis omnes, una 
pêne voce, testâtes esse se consiliis nostris, sicut in ce- 
teris rébus soient, ita in hac de qua loquimur, nec vo- 
luntate nec opéra defutnros. Quod si illorum curis ac vi- 
giliis vestra industria studiumque respondeat, in spom 
certam ingredimur, brevi futunmi, ut ab hac restitutione 
studiorum, quae nobis est proposita, magna vis influât in 
conmiunem populorum salutem et in Ecclesiae tranquil- 
litatem. 

Ad coepta féliciter perficienda vobis adjumento sit cae* 
leste praesidium ipsius Doctoris Angelici, quem catholicis 
scientiarum et bonarum artium domiciliis patronum, uti 
vobis est in optatis, rite dari quam primum curabimus. — 
Animum denique vobis viresque addat Apostolica bene- 
dictio, quam vobis, viri praestantissimi, et magnis Lyceis, 
Academiis, sacris Seminariis, iisque omnibus, quorum man- 
date et nomine ad nostrum pontificale solium adivistis, li- 
benter et peramanter impertimus. 



— Le vénérable Vincent- Marie Morelli, Ihéatin, ar- 
chevêque d'Otrante. Décret relatif au non-culte. 

Après rintroduction et la signature d une cause de 
béatification et canonisation, le premier acte de la pro- 
cédure consiste à constater juridiquement que les fidè- 
les s'abstiennent de rendre le culte religieux et public 
au vénérable personnage dont il s'agit. L'ancienne pro- 
cédure prescrivait que le jugemeut du non-culte fût rendu 
avant l'introduction de la cause ; mais la pratique actuelle 
est que la S. Congrégation des Rites ne statue à cet 
égard qu'après que le souverain pontife a signé de sa 
propre main la commission en vertu de laquelle cette 
cause est juridiquement introduite près la S. Congré- 
gation, qui reçoit du Saint-Père la délégation néces- 
saire pour les actes subséquents. Cependant les ordinaires 
des lieux ont le pouvoir d'ouvrir renquêlê sur le non- 
culte, et de rendre leur sentence, aussitôt que le procès 
ordinaire sur la réputation de sainteté est terminé ; ils 
n'ont pas besoin de la délégation pontificale à ce sujet. 
C'est pourquoi la S. Congrégation des Rites se borne 
à confirmer le jugement de l'ordinaire portant que l'on 
observe ponctuellement le décret du pape Urbain VUI 
qui interdit tout acte de cultef religieux et public envers 
les serviteurs de Dieu qui n'ont pas encore obtenu du 
Saint-Siège la formelle béatification. 

Le vénérable serviteur de Dieu Vincent-Marie Mo« 
relli, de l'ordre des Théatins, a été archevêque d'Otrante, 



249 



MÉLANGES 



250 



en Calabre. La cause de béatification et de canonisa- 
tion a été signée par le Saint-Père et introduite près la 
S. Congrégation des Rites il y a déjà plusieurs années. 
Les Théatins sont éminemment clercs réguliers^ parce 
qu'ils furent les premiers de cette famille, qui comprend 
plusieurs autres membres institués après eux, par exem- 
ple les Somasques, Bamabites, religieux de S. Camille 
et de S. Jean de Dieu, clercs réguliers mineurs de 
S. François Caracciolo, clercs réguliers du bienheureux 
Jean Léonardi, clercs réguliers de la Mère de Dieu des 
écoles pies fondés par S. Joseph Calasanz, et autres. 
Lorsqu'un acte pontifical parle de clercs réguliers sine 
addito, cela doit s'entendre des Théatins. 

Un décret de la S. Congrégation des Rites, du 7 dé- 
cembre 1878, a confirmé Te jugement que l'archevê- 
que d'Otrante a rendu pour constater que le culte pu- 
blic n'est pas décerné au vénérable Vincent-Marie Mo- 
relli, et que par conséquent le décret du pape Urbain VIII 
est religeusement observé. Le décret de la S. Congré- 
gation a été pleinement ratifié par le Saint-Père, dans 
l'audience du 19 décembre de la même année. 

Decrdum, HydrurUina BecUificationis et canonizatio- 
nis ven. servi Dei Vincentii Mariae Mœ^elli e congrega- 
tione clericorum regularium Theatinorum et a/rchiepiS' 
copi HydrurUinù Instante Bev. P. Carolo Pellicani sa- 
cerdote e congregatione clericorum regularium Theatinorum, 
postolatore causae beatificationis et canonizationia praefati 
Ten. servi Dei Vincentii Mariae Morelli, émus et rmus 
dnus cardinalis Aloisius Bilio ejusdem causae ponens, in 
ordinariis Sacrornm Bituum comitiis hodierna die ad Va- 
tieanum habitis sequens proposuit dubium: An sententia 
Rmi cbrchiepiscopi Hydruntmi judicis ab Apostolica Sede 
delegcUi super cultu dicto ven. servo Dei non eœhibito 
seu super pa/i-Uione decretis sa: me: Vrbani Papae VIII 
sU confirmanda in casu et ad effectum de quo agiturf 
Emi porro ac rmi patres sacris tuendis ritibus praepositi, 
omnibus rite perpensis auditoque voce et scripto B. F. D. 
Laxurentio Salvati sanotae fidei promotore, rescribere cen- 
sneront: Sententiam esse confirmandam expuncto teste 
primo, qui habealv/r tamquam adminiculus. Die 7 de- 
cembris 1878. 

Faeta postmodum de praemissis Sanctissimo domino 
uostro Leoni Papae XIII per subscriptum secretariam 
fideli relatione, Sanctitas Sua rescriptum Sacrae Gongre- 
gationis in omnibus ratum habere et confirmare dignata 
est die 19 ejusdem mensis et anni. 



— Le vénérable François de Lagonero, capucin. 
Approbation de l'enquête ouverte par délégation ponti- 
ficale à V archevêché de Naples sur la réputation de 
sainteté, les vertus et les miracles en général. 

Lorsque la cause du serviteur de Dieu a été signée 
par le Saint-Père, la S. Congrégation des Rites expé- 
die des lettres rémissoriales et compulsoriales pour en- 
treprendre le procès apostolique sur la renommée de 
la sainteté de vie, des vertus et des miracles, en gé- 
néral, ou en particulier. Cette contre-enquête vise à 
constater si la réputation, de sainteté, établie par le 
procès et le jugement de l'ordinaire, dont la confirma- 
tion par la S. Congrégation a donné lieu à Tintroduc- 
tion de la cause, à constater, dis-je, si cette réputa- 
tion de sainte vie, de vertus et de miracles dure encore 



et subsiste, d'après lopinion commune, après le laps 
de plusieurs années. L'enquête générale est suivie de 
l'enquête spéciale sur la sainteté, les vertus et les mi- 
racles en particulier. Cette enquête spéciale ayant ob- 
tenu la ratification d^ la S. Congrégation, on passe 
à l'examen des vertus héroïques dans les trois réunions» 
anté-préparatoire, préparatoire, et générale, qui for- 
ment la partie essentielle des causes de canonisation. 

Nous avons publié dans une précédente livraison 
des Analecta le décret qui introduit la cause de béa- 
tification et de canonisation du vénérable François de 
Lagonero, capucin. 

Le 7 décembre 1878, sur la requête du P. Amé- 
dée d'Orvieto, postulateur général des causes de l'ordre, 
le cardinal relator a soumis à la congrégation ordinaire des 
Rites la question suivante : « Conste-t-il de la validité et 
de la force probante du procès instruit par autorité 
apostolique dans la cour archiépiscopale de Naples sur 
la renommée de la sainteté de vie, des vertus et des 
miracles en général dudit serviteur de Dieu, dans l'es- 
pèce, et pour Teffel dont il s'agit? » Les cardinaux, 
tout considéré, le promoteur de la foi entendu verba- 
lement et par écrit, ont répondu affirmativement à la 
question. 

Le Saint-Père a confirmé la décision le 19 dudit 
mois et an. 

Decretum. Neapolitana. Beatificationis et canonizationis 
Ven. Sei'vi Fr. Francisai a Laculibero sacerdotis professi 
ordinis minorum sancti Francisci capuccinorum. Quum 
duodecimo kalendas decembris superioris anni a Sacra Bi* 
tuum Congregatione, vigoré facultatum sibi specialiter a 
sa. me. Pio papa IX tributarum, indultum jam fuisset, ut 
de fama sanctitatis vitae, virtatum et mîracnlorum in gé- 
nère ven. servi Dei Fr. Francisci a Laculibero praefati agi 
valeret in eadem sacra Bituum Congregatione ordinaria, 
absque interventu et veto consultoram, ad instantiam re- 
verendissimi patris fr. Amedei ab Urbeveteri sacerdotis pro- 
fessi ac postulatoris generalis causarum beatificationis et 
canonizationis servorum Dei ordinis minorum sancti Fran- 
cisci capuccinorum, eminentissimus et reverendissimus do- 
minus cardinalis Baphael Monaco La Valletta ejasdem 
causae ponens, sequens dubium discutiendum proposuit in 
ordinariis Sacrorum Bituum comitiis hodierna die ad Ya- 
ticanum babitis, nimirum: An constet de validitate et re- 
levantia processus apostolica auctoritate in curia Neapoli- 
tana constructi super fama sanctitatis vitae, virtutum et 
miraculorum in génère dicti ven. servi Dei, in casu et ad 
effectum de quo agitur? Eminentîssimi et re verendissimi 
patres sacris tuendis ritibus praepositi, omnibus mature 
perpensis, auditoque voce et scripto B. P. D. Laurentio Sal- 
vati sanctae fidei promotore, respondendum censuerunt : Af- 
firmative. Die 7 decembris 1878. 

Quibus per infrascriptum secretarium fideliter relatis 
sanctissimo domino nostro Leoni Papae XIII, 0anctitas sua 
rescriptum sacrae Gongregationis ratum habuit, et confir- 
mavit die 19 iisdem mense et anno. 



— Office et messe du Saint-Cœur de Marie. Induit 
accordant cet office au clergé de Rome et du diocèse, 

Rome possède depuis longtemps larchiconfrérie du 
Saint-Cœur de Marie. En outre, plussieurs églises et 
divers instituts religieux ont obtenu l'autorisation de ré- 



251 



MÉLANGES. 



252 



citer l'office et de célébrer la messe, soit le troisième 
dimanche après la Pentecôte» soit le dimanche après 
l'octave de Tassomption. 

En 1855, la S. Congrégation des Rites approuva 
l'office et la messe du Saint-Cœur de Marie, sans in- 
scrire toutefois cette fête dans le calendrier universel. 
Le décret concernant l'approbation se trouve dans la 
seconde série des Analecta, ainsi que Toffice approuvé 
de préférence à plussieurs autres qui furent présentés 
et examinés en même temps. 

D'après les instances des fidèles et de plusieurs 
ecclésiastiques, le cardinal-vicaire a demandé an Saint- 
Père le privilège de célébrer la fête du Saint-Cœur 
de Marie dans toutes les églises de Rome et de son dis- 
trict. En conséquence, la S. Congrégation des Rites, 
le 30 janvier 187 à, a rendu un décret qui accorde ledit 
office, sous le rite double-majeur, pour le dimanclie 
après l'octave de l'Assomption. Le dimanche dans l'octave 
est réservé à la fête de S. Joachim. Voici le décret de 
la S. Congrégation. 

Vrbis ejusque dùtrictus, Decretum quo conceditur, 
ut festum purissimi Cor dis Deiparae sub ritu duplici ma- 
jori amodo recoldtur. Eï quo Apostolica Sedes cultum Pu- 
rissimî Cordis Immaculatae Mariae Virginis probavit, ne- 
dmn in pluribus christiani orbis ecclesiis, verum et non- 
nullis quoque hujus almae Urbis indultum fuit ut in illios 
honorem festum, fervidis fidelium votis expetitum, ageretur. 
Jam vero cum haec ipsa Aima Urbs singulari pietate erga 
Deiparam Virginem semper inclaruerit ejusque patrocinium 
yalidissimum continuo perseuserit, expostnlationes quam- 
plurimae praesertim ab ecclesiastico coetu porrectae sunt 
emo et rfio domino cardinali Raphaeli Monaco La Val- 
letta Sanctissimi domini nostri Leonis Papae XIII, in TJrbe 
vicario, ut, suo interposito suffragio, facultatem ab eodem 
Sanctissimo domino nostro obtineret praefatum Purissimi 
Cordis Deiparae festum in omnibus Almae Urbis ejusque 
districtus ecclesiis celebrandi. Hisce porro votis sibi accep- 
tissimis obsecundans idem Emus dominus cardinalis Ur- 
bis vicarius ad confovendam magis atque magis Roma- 
norum avitam devotionem erga Dei Genitrîcem, eundem 
sanctissimum dominum nostrum enixis precibus rogavit, 
ut amodo festum Purissimi Cordis Deiparae sub ritu du- 
plici majori dominica post octavam Assumptionis cum of- 
ficio et missa a Sacra Rituum Congregatione décrète diei 2 1 ju- 
lii 1855 approbatis, ab universo clero Urbis ejusque dis- 
trictus recoli concederet. Sanctitas Sua, referente subscripto 
sacrorum Bituum Congregationis secretario , in omnibus 
annuere dignata est juxta preces : addito etiam privilegio 
idem festum amandandi ad primam Insequentem diem li- 
beram iis annis in quibus assignata dominica impedita oc- 
currerit; servatis rubricis. Gontrariis non obstantibus qui- 
buscumqne. Die 30 januarii 1879. 



— Martyrs de Cochinchine, du Tonkin, et de Chine, 
Introduction de la cause de trente-quatre serviteurs de 
Dieu mis à mort pour la foi. 

Depuis plusieurs années, le séminaire des missions- 
étrangères de Paris a demandé au Saint-Siège d'in- 
troduire la cause de béatification et canonisation de 
plusieurs missionnaires et chrétiens indigènes qui ont 
souffert pour la foi dans la Cochinchine, le Tonkin, et 
la Chine. Mgr. Etienne-Théodore Cuénot, évêque de Mé- 
tellopolis, et les trois missionnaires Jean-Pierre Néel, 



Pierre-François Néron, et Théophane Venard sont euro- 
péens ; 1ous les autres confesseurs de la foi appartiennent 
aux provinces désignées ci-dessus. 

Les circonstances particulières de la cause firent 
que le pape Pie IX, en 1869, établit une congrégation 
particulière de cardinaux et de prélats. D'après l'avis 
dé cette Congrégation, le promoteur de la foi dressa une 
instruction sur l'examen des pièces qui n'avaient pas été 
adressées à la Propagande, ni au séminaire des missions 
étrangères. 

Huit années s'étant écoidées, les vicaires apostoli- 
ques oçt transmis de nouveaux documents à Rome. A la 
demande de M. Jean-Joseph Rousseille, prêtre des mis- 
sions-étrangères et postulatgur de la cause, le Saint-Père 
a reconstitué la congrégation particulière par l'adjonction 
de six cardinaux et de trois prélats,' qui sont : Mgr Nussi, 
protonotaire apostolique, le promoteur de la foi, et 
Mgr Caprara, sous-promoteur, et assesseur de la S. Con- 
grégation des Rites. Le 1*' février 1879, la congréga- 
tion particulière, s'étant réunie dans le palais du Vatican^ 
s'est prononcée à l'unanimité pour l'introduction de la 
cause de trente-quatre desdils serviteurs de Dieu, La 
décision a été différée pour quatre autres, à l'égard des- 
quels on a cru devoir exiger des renseignements plus 
explicites. 

Le Saint-Père, confirmant la décision de la Con- 
grégation particulière, a signé de sa main, le 13 février 
de l'année susdite la commission relative à rintroduction 
de la cause. 

Decretum. Conchinchinen. Tunquinen et Sinarum. 
BeaCificationis seu declarationis martyrii venerabilium 
servorum Dei Stephani Theodori Cuénot episcopi Metel-- 
lopolitani, Joannis Pétri Neel, Francisai Néron, Théo- 
phanis Venard missionariorum apostolicorum et sociorum, 

Martyrii testimonium, quo tam luculenter, tam splen- 
dide catholicae Ecclesiae institutio divina esse comproba- 
tur, cuilibet aetati deficere minime poterat. Impleri enim 
oportebat quod Christus Dominus discipulis suis futurum 
praedixerat: Si me perseqiiuti sunt, et vos persequsrUur. 
(Jo. XV, 20). Hinc ab aevo apostolico ad nostra usque 
tempera eititere sane plurimi qui inaestimabile fidei do- 
num ne abjicerent, vel pro nihilo bonorum jacturam fe- 
cerunt, vincula et carceres experti suut, vel omni tormen- 
torum génère probati proprio demum sanguine catholicam 
fidem confirmarunt. Inter fere innumeros qui in Sinis, yel 
finitimis Tunquini et Conchinchinae regionibus sanguinem 
fuderunt pro Chrîsto, vel quorum fides variis cruciatibus, 
vinculis, carceribus tentata fuit, triginta octo martyres 
selecti sunt, de quibus authentica documenta, sive a vicariis 
apostolicis sive ab aliis penés eas gentes ecclesiastica ju- 
risdictione fungentibus, ad Sacram Congregationem Chris- 
tiano nomini propagande praepositam, nec non ad Pari- 
siense collegium seu seminarium Missionum ad exteras 
gentes delata fuerunt. Perpensa itaque horum documen- 
torum auctoritate et gravitate, praedictum Parisiense col- 
legium sive seminarium Missionum causam beatificationis 
seu declarationis martyrii eorumdem omnium servorum Dei 
promovere cupiens a sa. me. Pio Papa IX effusis precibus 
efflagitavit, ut, attentis singularibas illarum regionum ad- 
junctis, particulari Sacrorum Rituum congregationis con- 
ventui committere dignaretur discutiendum dubium; An 
procedi possit ad signandam commissionem introductionis 
causae ? exhibitis tamen praefatb documentis, loco informa- 
tivi processus, nec non audito in scriptis B. P. D. sanctaa 



253 



MÉLANGES. 



354 



fidei promotore. Snpplicibns hisce votis bénigne annuens 
sommus idem pontifex, elegit ac deputavit particalarem 
sacrorum rituum congregatîonem eminentissimoriim et re- 
verendissimorum cardinalium una cum RR. PP. DD. prae- 
latis officialibus, nempe protonotario apostolico, secretario, 
promotore sanctae fidei atque assessore. Hic autem S. R. 
C. coetus die 1 jnnii 1869 pênes cl. mem. cardinalem 
Constantinum Patrizi eidem congregationi praefectum coac- 
tas fiûty qui dabio, uti super proposito, rescribendom 
censuit : « Dilata et coadjuventur probationes, tam in ge* 
« nere qoam in specie juxta instractionem dandam a R. 
« P. D. fidei promotore, facto verbo cum Sanctissimo circa 
« revisionem scriptorum et admissionem documentorum, 
« quae non sunt directa ad congregationem de Propaganda 
« Fide, aut ad collegium Missionum ad exteras gentes. » 
Porro bidno post facta de praedictis sa. me. Pio Papa IX 
a praesnle ab ejnsdem sacri ordinis actis relatione, Sanc- 
tissimus idem dominas bénigne annuit quoad admissio- 
nem praefatorum documentorum, indulsitque dispensationem 
pro proponendo dubîo introductionis causae ipsius ante 
revisionem scriptorum. Hinc fidei videx instractionem jnxta 
ejasmodi decretum edidit, atque exinde post octo annos 
nova documenta a vicariis apostolicis Romam missa sunt. 
Die autem 9 maii 1878 ad instantiam Joannis Joseph 
Bousseille sacerdotis Parisiensis societatis Missionum ad 
exteras gentes, hujusce causae postulatoris constituti, Sanc- 
tissimus domînus noster Léo papae XIII novos eminen- 
tissimos patres designavit loco defiinctorum pro peculiari 
conventu, scilicet: Emos et rmos dominos cardinales Do« 
minicum Bartolini praefectum et relatorem, Antonium Ma- 
riam Panebianco, Joannem Baptistam Pitra, Aloisium Ore- 
glia a Sancto Stéphane, Thomam Mariam Martinelli, et 
Miecislanm Ledocowski qni cum RR. PP. DD. praelatis of- 
ficialibus Yincentio Nussi protonotario apostolico, Laurentio 
Salvati sanctae fidei promotore, Augustino Caprara asses- 
sore, meqne subscripto secretatio dubium expenderent: 
« An signanda sit commissio introductionis causae prae- 
« dictorum servorum Dei in casu, et ad effectum, de quo 
< agitar? » Goadunata dein fuit haec peculiaris congre- 
gatio kalendis febrnarii vertentis anni ad Yaticanas aedes, 
atque in ea ab emo et Rmo dfio cardinali praefecto ac 
relatore proposito dubio, uti supra enuntiato, omnes suf- 
fragatores unanimiter in hanc devenere sententiam : < Si- 
« gnandam esse, si Sanctissimo placuerit, commissionem 
« qnoad prières trigintaquatuor in série comprehensos, 
« nimirum: Stephanum Theodorum Guénot episcopnm Me- 
« teUopolitanum, Petrum Ehanh, Paulum Tinh, Agnetem 
« Ba-de, Petrum Dieu, Joannem Hoan, Mattheum Nguien- 
« Yan-dai nuncapatum Phuong, Andream Nam-Tuong, 
« Laarentium Hungo, Petrum Yan-Yan, Michaelem Ho- 
« Dinh-Hu, Franciscum Trung, Joseph Ledang-thi, Joseph 

< Tchang, Hieronymum Lou-Tin-Mey, Laurentinm Ouang, 

< Agatham Lin, alterum Joseph Thcang, Panlum Then, 
« Joannem Baptistam Lo, Martham Ouang, Joannem Pe- 

< trum Néel, Joannem Tchen, Martinum Ou, Joannem 

< Tchang, Luciam T, Petrum Franciscum Néron, Theo- 

< phanem Yenard, Joseph Luu, Paulum Loc, Paulum 

< Hanh, Antonium Thien, Petrum Qui, Emmanuelem Phung: 
« quoad postremos vero quatuor dilata et coadjuventur 

< probationes ». 

Super qnibns omnibus facta postmodum per me sub- 
scriptum secretarium Sanctissimo domino nostro Leoni pa- 
pae XIII relatlone, Sanctitas sua ipsius particularis con- 
gregationis sententiam rata habens, praedictam commissio- 
nem introductionis causae propria manu signare dignata 
est die 13 iisdem mense et anno. 



— Le vénérable Benoît Cottolengo^ fondateur de 
la maison de la Providence, à Turin, Décret sur le 
non-culte. 

Les lecteurs des Analecta connaissent le vénérable 
Benoît Gottolengo, et la réputation de haute sainteté 
qu'il a méritée par ses vertus et ses œuvres. Une notice 
détaillée se lit dans notre dix-septième série. 

Mgr l'archevêque de Turin ayant fait entreprendre 
l'enquête nécessaire pour constater l'exécution des dé* 
crets du pape Urbain YUI qui prohibent toute mani- 
festation publique du culte religieux, la S. Congrégar- 
tion des Rites, par arrêt du 5 juillet 1879, a confirmé 
la sentence des juges délégués par le prélat susnommé. 

Instante Bev. pâtre fr. Amadeo ab Urbeveterl sacerdote 
professe ordinis minorum s. Frandsci capuccinornm pos- 
tulatore constituto causae praefati ven. servi Dei Jose- 
phi Benedicti Gottolengo, E&us cardinalis Aloisins Oreglia 
a sancto Stéphane ipsius causae ponens, sequeni» proposait 
dubium in ordinariis sacrorum rituum comitiis hodierna 
die ad Yaticanum habitis: An sententia la ta a judicibus 
a rmo archiepiscopo Taurinensi delegatis super ûultu prae- 
dicto ven. serve Dei non exhibito, sive super paritione de- 
cretis sa. me. TJrbani papae YIII sit confirmanda in casa 
et ad effectum de quo agitur? Emi porro ac rmi patres 
sacris tuendis ritibus praepositi, omnibus mature perpensis, 
auditoque voce et scripto B. P. D. Laurentio Salvati sanctae 
fidei proniotore, rescribendum censuerunt: Affirmative, seu 
sententiam esse confirmandam. Die 5 julii 1879. 

Facta postmodum de praemissis sanctissimo domino 
nostro Leoni Papae XIII per infrascriptum secretarium re- 
latlone, Sanctitas Sua rescriptum Sacrae Gongregationis ra- 
tûm habuit et confîrmavit die 11 iisdem mense et anno. 
D. Gard. Bartolinius S. G. B. Praefectus. — Placidus Balli, 
S. R. C. secretarius. 



— Cantique Magnificat. Indulgence de cent jours 
accordée aux fidèles qui récitent le cantique. 

Par rescrit de la S. Congrégation des Indulgences, 
avec dispense de l'expédition d'un Bref spécial, le Saint- 
Père a concédé l'indulgence de cent jours aux fidèles 
des deux sexes qui réciteront pieusement le cantique 
Magnificat anima mea Dominas etc. La contrition du 
ceur est la seule condition essentiellement exigée pour 
acquérir l'indulgence, qui, d'ailleurs, ne peut être ga- 
gnée qu'une seule fois chaque jour. 

En permettant de publier la concession dans un simple 
rescrit de la S. Congrégation, le Saint-Père a dérogé 
au bref de Pie IX Fidelis domus, du 2 janvier 1855, 
qui réserva les concessions d'indidgences au secrétariat 
des Brefs. 

Sanctîssimus dominus noster Léo Papa XIII in au- 
dientia habita die 20 septembris 1879 ab infrascripto se- 
cretario sacrae Gongregationis Indulgentiis sacrisque Beli- 
quis praepositae, universis utriusque sexus Ghristîfidelibus, 
qui corde saltem contrite ac dévote canticum B. Mariao 
Virginis, cujus initium Magnificat anima mea Dominum, 
dévote recitaverint, indulgentiam centum dierum, semel 
tantum in die lucrandam, clementer concessit. Praesenti 
in perpetuum valituro, absque ulla brevis eipeditione, con- 
trariis quibuscumque non obstantibus. 

Datum Bomae ex secretaria eisdem Sac. Gongregationis 
die 20 septembris 1879. — L. card. Bandi. -^ A. Panici 
secretarius. 



«■««M 



255 



MÉLANGES. 



256 



— Office de t' Immaculée-Conception élevé au rite 
de première classe dans l'Eglise entière avec institu- 
tion de la vigile liturgique. 

Un décret Urbis et Orbis de la S. Congrégation des 
Rites, du 30 novembre 1879, fait savoir que le Saint-Père 
a cru devoir élever la fête et TofiBce dé l'Immaculée- 
Gonception au rite de première classe. 

La messe de la vigile était déjà célébrée dans quel- 
ques églises particulières, conformément au Bref de Pie IX 
Quod jampridem, du 25 septembre 1863. Le nouveau 
décret étend la vigile au calendrier général. 

Decretum Urbis et Orbis. Quod catholica Ecclesia di- 
vinis scripturarum eloquiis, et apostolica traditione edocta, 
perpetao ac unanimi episcoporum et fidelium consensu in 
votis habuerat, ut Deiparae Yirginis in sua conceptione 
adversus teterrimum bumani generis bostem Victoria de 
fide credenda a Pétri Sede declararetur, boc praestitit Sum- 
mus PoDtifex Fins IX sa. me. sexto idus decembris anni mil- 
lesimi octingentesimi quinquagesimi quarti. Siquidem, in- 
genti adstante coetu sanctae Bomanae ecclesiae patrum car- 
dinalimn, et sacrorum antistitum ex dissitis etiam regio- 
nibus, universoque plaudente orbe , solemniter definivit : 
doctrinam, quae tenet Beatissimam Yirginem Mariam in 
primo instanti suae conceptionis fuisse, singulari Dei pri- 
vilegio, ab omni originalis culpae labe praeservatam im- 
muDem, esse a Deo revelatam, ac proinde ab omnibus fi- 
delibus firmiter constanterque credendam. A qua auspica- 
tissima die fidelium pietas ac devotio erga Sanctissimam 
Dei Matrem, potissimum sub boc singulari titulo excrevit, 
et latius propagata est, plures erectae Ecclesiae; pia îns- 
tituta sodalitia; bonarum artium, atque scientiarum aca- 
demiae nuncupatae. Quibus religionis incrementis plures 
permoti sacrorum antistites bumiUimas Sanctissimo do- 
mino nostro Leoni Papae XIII exbibuere preces ut hoc ré- 
currente quinto supra vigesimum anno ab ejus dogmatis 
definitione, cujus solemniori undique pompa memoria re- 
colitur, ad augendum magis magisque cultum erga Dei- 
param semper Yirginem, festum ac officium immaculati 
illius conceptus pro universo orbe ad ritum duplicis primae 
classis elevare dignaretur. Quapropter Sanctissimus do- 
minus noster pro sua erga eamdem Yirginem Immaculatam 
veneratione ac pietatis affectu, spam fovens faturum ut, 
Ipsa apud Ghristum Filium suum et Dominum Nostrum 
interveniente pax detur Ecclesiae, civili sodetati ordo et 
concordia redeant, fidèles virtutum incrementa suscipiant, 
devii in viam salutis revertantur, bis precibus indulgendum 
esse censuit. Idcirco mandavit ut per decreitam sacrorum 
Bituum Congregationis hujusmodi festum ac officium im- 
maculatae conceptionis in posterum sub ritu duplici primae 
classis una cum missa yigiliae, jam nonnullis dioecesibus 
concessa, in universa Ecclesia celebretur : servatis rubricis, 
aliisque de more servandis. Yoluit autem Sanctitas Sua 
ut super bis expediantiir litterae apostolicae in forma Brevis. 
Contrariis non obstantibus quibuscumque. Die 30 novem- 
bris 1879. 

L. -^ S. D. Gard. Bartolinius S. B. C. Praefectus. — 
Flacidus Balli, S. B. C. seoretariw. 



— Statue en bronze représentant Saint-Pierre. In- 
dulgence de cinquante jours accordée aux fidèles qui 
baisent les pieds de cette statue. 

Tout le monde connaît la statue en bronze de Tapô- 
tre S. Pierre qui est vénérée dans la Basilique du Yatican. 
Cette statue est de la plus haute antiquité ; car le pape 



S. Grégoire II la mentionne dans une lettre à Léon 
risaurien, lequel menaçait de la briser. 

Des copies de cette statue se trouvent aujourd'hui 
dans un grand nombre d'églises, de communautés et de 
maisons particulières, sur tous les points du monde 
chrétien. 

Le Saint-Père a cru devoir décider que l'indul- 
gence de cinquante jours accordée aux fidèles qui 
baisent pieusement les pieds de la statue, ne pourra dé* 
sormais être gagnée qu'une seule fois par jour. Il a 
fait connaître sa volonté à cet égard au cardinal secré- 
taire des Brefs, dans l'audience du 27 avril 1880. Le 
Substitut des Brefs en a donné avis au secrétaire de la 
S. Congrégation des Indulgences par le billet, qui suit: 

Die 30 aprilis 1880. Sanctitas D. N. Leonis XIII in 
audientia, quam die 27 mensis labentis concedebat Emo 
Cardinali Brevium Secretario, disposait, ut iodulgentia quin- 
quaginta dierum, illis elargita ôdelibus, qui dévote pedes 
osculati fuerint aeneae statuae, Principem Apostolorum, 
S. Petrum repraesentantis, illique persimilis» quae in Ya- 
ticana colitur Basilica, amodo lucrifieri tantum possit semel 
in die; jussitque ut dispositio baec communicaretur S. In- 
dulgentiarum Congregationi. 

Itaque veneranda implens SSmi Patris jussa, satagit 
infrascriptus, te de hoc sacram Congregationem, opéra 
tua, certiorem reddere oblataque utitur occasione ut pecu- 
liarem tibi existimationem confirmât. 

Ad B. P. D. Pium Delicati S. Congr. Indulgentiarum 
secretarium. — Addictissîmus servus A. Trinchieri subs- 
titutus. 

— Théologie morale d'Ernest Muller supérieur du 
séminaire de Vienne, en Autriche. Lettre du Sainl-Père. 

Dilecte Fili, salutem et apostolicam benedictionem. 
Quamvis omnibus delectemur doctorum viroram studiisv 
qui optimis disciplinis illustrandis explicandisve operam 
navant, potiori tamen jure se nobis probat eorum indus- 
tria, qui sacras scientias excolentes, in via justitiae ho- 
ndnes dirigere adnituntur. Hinc facile intelligis, te8tim(f- 
nium obsequii tuis literis exhibitum, et voluudna de theo- 
logia moralî, quae misisti, nobis pergrata extitisse, ac pa- 
terne aflfectu fuisse a nobis accepta. Non licuit nobis ob 
curas, quibus distringimur, nisi pauca quaedam ex tuo 
opère cursim delibare, at libenter ex iis agnovimus, te id 
praestitisse, quod in literis significas, ut post sanctos Ec- 
clesiae patres duos praestantissimos doctores S. Thomam 
Aquinatem et S. Alphonsum de Liguori duces praecipaos* 
sequereris. Id te constanter servasse non dubitamus, idque 
lectoribus tuis, iisque qui consiliis ipsormn utentur, fru- 
giferum fore censemus. Nam prseter egregiam rei moralis 
peritiam et prudentiam uterque hoc sibi vindicat, quod 
doctrinae, quas probant, médium inter extrema tenentes 
iter, absint aeque a remissa indulgentia, quae laxat ha- 
benas peccantibus, et ab importune rigore, qui suave ju- 
gum Christi in onui intolerabile convertit. Optantes itaque; 
ut labores tui uberem pariant salutis fructum ad anima- 
rum salutem, et pro oblato munere méritas Tibi gratias 
agentes, apostolicam benedictionem, paternae dilectionis 
testem, tibi et seminarii, cui praees, alunmis, veluti postu- 
las, peramantèr impertimus. - 

Datum Bomae apud S. Petrum die 13 martii an. 1880 
pontificatus nostri anno tertio. Léo PP. XIII. 

radministrateuT'-gérafU : 
PALirt. 



MUEGTA JDBIS FOITIIICIL 



CENT SOIXANTE-SEPTIÈME LIVRAISON. 



PRINCIPES B E DROIT CAMIOUE. 

(Suite) 
CHAPITRE VIII. {') 

SOOBCES PU DSOIT CANOmQUB. 

Sources considérées en général — dans leurs collections anthentiqnes 
on sdentîfiqnes — dans lenr application à la discipline obligatoire. 

Les sources de la constitution de l'Eglise sont la 
parole de Dieu, soit écrite, soit orale. A^ous l'avons vu 
dans la dissertation précédente. Cette constitution est 
diirine. Tout ce qui est établi sur la parole de Dieu est 
divin. 11 n'en est pas ainsi de la discipline. Elle émane 
seulement du pouvoir constitué. Elle n'est pas divine , 
immuable; elle est ecclésiastique, humaine, susceptible 
de changement. 

Or la discipline est l'ensemble des lois et des coutu- 
mes par lesquelles l'Eglise maintient la religion chré- 
tienne dont elle est la gardienne , dans les conditions 
voulues par son auteur. 

C'est donc dans les actes législatifs des pasteurs et 
dans les usages approuvés par eux que nous trouvons 
les sources de la discipline et du droit canonique. 

De là deux espèces de sources : les sources écrites, 
émanant directement de la puissance ecclésiastique, et les 
sources non écrites résultant des traditions approuvées. 

Les sources écrites sont générales ou particulières. 
Les premières peuvent s'étendre à toute l'Eglise comme 
le pouvoir d'où elles émanent. Ce sont les décrets des 
conciles généraux et des souverains Pontifes. 

Les secondes ne s'étendent qu'à une partie de l'Eglise. 
Tels sont les décrets des conciles nationaux et provin- 
ciaux, les statuts synodaux, les ordonnances des évoques, 
les concordats. 

CHAPITRE IX. 

COMCILBS ÉCUMÉNI4OBS. 

I. Le corps de l'Eglise, comme nous l'avons vu, en 
parlant de sa constitution, se subdivise en plusieurs commu- 
nautés dont chacune a son chef particulier, son apôtre et 
son évèque, pour être maintenue et gouvernée dans l'esprit 
pt selon les règles de la communauté universelle: en sorte 
tine chaque église particulière soit comme une image et 
une représentation de l'Eglise catholique: Unum corpus 
permullamembra divisum, comme parle Saint Cyprien. 



(«] Yoir la précédente Ufndsoo, col. 129. 
19' SiUB. 



Il est non de l'essence, msûs de l'esprit de cette 
grande communauté que les chefs se réunissent pour 
conférer ensemble sur les besoins communs, et pour se 
tracer à eux-mêmes aussi bien qu'à leurs inférieurs, des 
règles de foi et de conduite. Les apôtres en ont donné 
l'exemple: les siècles suivants les ont imités. La con- 
vocation et la présidence de ces vénérables assemblées 
appartiennent à celui qui est placé à la tête de tous, 
par l'universalité et la suprématie de sa juridiction. 

Un concile écuménique est donc une assemblée où 
l'Eglise universelle se produit dans la personne de ses 
pasteurs, d'une manière plus ou moins complète. Si tous 
les juges de la foi et des mœurs, si tous les législateurs 
de l'Eglise étaient réunis sous la présidence de leur 
chef, le concile général serait complet. L'Eglise ensei- 
gnante, dirigeante et législative serait là toute entière, 
et si ses décisions et ses règlements étaient confirmés 
et approuvés par celui qui ayant reçu la puissance de 
paitre les brebis et les agneaux est le chef suprême, le 
docteur et Pasteur universel, on aurait entendu la voix 
infaillible de toute l'Eglise. 

Mais une réunion aussi complète n'a été possible 
qu'au commencement du christianisme, avant la disper- 
sion des apôtres, et les conciles les plus nombreux ne 
peuvent être que des assemblées représentatives du corps 
des pasteurs. Il y aura toujourê des obstacles et des 
impossibilités physiques et morales à réunir sur un point 
tous les évêques de la chrétienté. La chose fùt-elle pos- 
sible, qu'elle ne serait pas expédiente. Les Pasteurs du 
premier ordre ne peuvent pas s'éloigner tous de leurs 
églises simultanément. Leur absence, surtout dans les 
pays infidèles et hérétiques, ne pourrait que compro- 
mettre leurs plus chers intérêts. A défaut d'une repré- 
sentation intégrale, on peut avoir une représentation 
partielle et convenable de l'Eglise universelle, selon les 
temps et les circonstances. Le caractère représentatif 
des conciles généraux, tel qu'on le conçoit ordinaire- 
ment, est loin d'avoir l'importance qu'on y attache, 
puisque l'Eglise donne le nom de conciles écuméniques 
à des assemblées peu nombreuses et dans lesquels de 
grandes églises n'étaient pas représentées. 

Quelles sont donc les conditions de l'écumenicité ? 
Avant de les énumérer, il faut poser le principe d'où 
elles dérivent comme de leur source. 

Le corps des pasteurs, le collège apostolique qu'il 
représente, l'Eglise enseignante et dirigeante en un mot, 
est un être moral, un tout où l'on distingue deux par- 
ties, le chef et les membres, Pierre et ses collègues dans 
l'apostolat , le Pape et les Evêques. Le chef est la partie 
essentielle; c'est de lui que les membres empruntent 



17 



259 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



260 



la vie, c'est par lui et avec lui qu'ils se maintiennent 
dans l'unité. Séparés de la tète, ils ne seraient plus que 
des membres morts. Mais aussi la tète ^eule ne consti- 
tue pas tout le corps. D'après la constitution divine de 
l'Eglise, il y aura toujours des évoques avec le Pape, 
les évèques unis à ce chef formeront constamment le 
corps des pasteurs légitimes ; ainsi les évèques catholi* 
ques unis au Souverain Pontife, vivant de la foi du siège 
apostolique et en communion avec le vicaire de Dieu 
sont la partie moins essentielle et pourtant intégrale de 
l'Eglise. Or, comme la partie essentielle répond du tout, 
comme la tète est inséparable du corps, il s'ensuit qu'un 
certain nombre d'évèques définissant des points de foi 
ou décrétant des lois de discipline comme juges et 
comme coUégislateurs, de concert et avec l'approbation 
du Pape pour régler la croyance et les mœurs des fi- 
dèles, fait partie intégrante de l'Eglise universelle. L'as- 
sentiment des autres évèques catholiques lui est assuré 
à cause de son union avec le centre de l'unité. 

Si les autres évèques définissaient autrement, s'ils 
prétendaient réformer les décrets des premiers, ils se 
sépareraient de la chaire de Pierre et de l'épiscopat qui 
lui serait uni. Ils n'appartiendraient plus à l'intégrité 
du corps enseignant et dirigeant. 

Il est donc certain qu'une assemblée d'évèques con- 
voqués des différentes parties de l'univers et autorisée 
par le Pape représente virtuellement l'Eglise univer- 
selle à laquelle elle pourra imposer des lois, quelque 
peu nombreux qu'ils soient, ces évèques, comparés à 
leurs collègues absens. Pendant la vacance du SaiDt- 
Siége, on donnera le nom de concile général à une as- 
semblée d'évèques convoquée par les représentants de 
l'Eglise romaine, et reconnus par toutes les églises ca- 
tholiques en communion avec le siège de Rome, dont 
les décrets et la foi continuent d'être la règle du gou- 
vernement de l'Eglise et le symbole de sa croyance. 
Mais dans ce cas aucune définition nouvelle ne peut être 
ferme et irréformable avant la confirmation du Pape 
légitimement élu : il est nécessaire que le jugement du 
chef vienne confirmer celui des membres inférieurs. Il 
n'y a pas de loi dans un état qui n'ait besoin de l'ap- 
probation du chef ou de celui qui tient sa place. Or 
il n'appartient qu'au Vicaire de J.-C. de gouverner, de 
régir et de paître l'Eglise universelle, avec une pleine 
puissance, selon la définition du concile de Ftorence et 
les oracles de l'Evangile. 

Les conditions d'écuménicité ne sont en général qu'une 
conséquence de ces principes. 

1. Membres du concile général. Tous les évèques 
exerçant la juridiction ordinaire y sont convoqués. Les 
simples titulaires peuvent n'être pas convoqués. Mais 
quand ils y sont admis, ils ont, avec les autres, voix 
délibérative , car ils sont juges de la foi. 

D'après la discipline actuelle, les cardinaux prêtres, 
les cardinaux diacres, les abbés et supérieurs généraux 
d'ordres religieux sont admis avec voix délibérative dans 
ces sentes assemblées, quoiqu'ils ne soient pas ex jure 
divino, juges de la foi : comme membres de la hiérar- 
chie; d'ordre ils ont le pouvoir radical de le devenir, 
et comme membres éminents de la hiérarchie de jwi- 
diction, ils méritent de l'être. 



On y appelle des théologiens et des canonistes poui' 
dire leur avis et éclairer les discussions. Les ambassa- 
deurs des princes catholiques y sont entendus sur tout 
ce qui intéresse les rapports de l'Eglise et de l'Etat. 

Dans les anciens conciles, on admettait avec voix 
délibérative les procureurs des prélats absents, quoi- 
qu'ils ne fussent que prêtres ou diacres. En Orient ils 
occupaient même le rang de ceux qui les avaient députés. 
Mais dans l'Eglise latine, les procureurs des évèques ont 
siégé et souscrit séparément après les évèques. Dans 
le concile de Trente, les prélats absents ne furent point 
représentés. Ces différences dans la discipline sont pu- 
rement accidentelles. L'ordre suivi à Trente est peut-être 
le plus rationnel. Il n'y eut que les juges naturels de 
la foi et les hauts dignitaires de l'Eglise romaine qui 
y siégèrent avec voix délibérative. 

2. Nombre requis. Le nombre n'a qu'une importance 
secondaire, d'après les théologiens et les canonistes. Un 
Concile peut très bien représenter l'Eglise universelle , 
sans que la majeure partie des évèques catholiques soit 
présente. Dès qu'ils sont tous convoqués par l'autorité 
légitime, les absens sont présumés présents et ils con- 
sentent tacitement à tout ce qui se fera par l'assemblée 
dans les limites de ses pouvoirs, en union avec le chef 
de l'Eglise. Ils le peuvent et ils le doivent , dans l'étal 
de choses qui a succédé aux premiers temps apostoli- 
ques. D'ailleurs, et ceci me semble trancher toutes les 
difficultés qu'on a soulevées à cet égard, il n'est guère 
possible dans les principes catholiques, de ne pas voir 
la représentation de l'Eglise dans l'adhérence d'un nom- 
bre assez notable de membres éminens du corps des 
Pasteurs unis à son chef suprême. L'union du chef, de la 
partie essentielle, et de membres auxquels tous les autres 
sont plus qu'invités à ne pas demeurer étrangers ; cette 
union, disons-nous, est un caractère de la présence et 
de l'autorité de l'Eglise universelle, qui hors de là esl 
tout à fait incomplète et introuvable. 

Ainsi, quand même de grandes églises ne se pour- 
raient pas représenter au Concile, il ne laisserait pas 
pour cela d'être écuméniqne. Le concile de Constanti- 
nople en 381, composé de 150 évèques; celui de La- 
tran en 1512, où il n'y avait que 95 évèques ou car- 
dinaux ne sont pas moins écuméniques que le grand 
concile de Latran en 1139 où on en compta mille. 

3. Convocation. La convocation du concile général 
appartient au Pape seul. Tout ce qui tient au gouver- 
nement général lui est réservé, et c'est un des droits 
les plus évidens de sa suprématie. Qui peut régulière- 
ment faire aux princes de l'Eglise une obligation de se 
réunir pour délibérer sur les nécessités spirituelles de 
la chrétienté, si ce n'est le supérieur de tous les évèques? 

Comment ensuite aurez-vous un concile écuménique 
si le Pape ne consent pas à le présider ? Quelle est la 
puissance qui peut lui faire une obligation de confirmer 
les canons d'une assemblée à laquelle il ne voudrait 
pas s'unir? 

Quelle juridiction peuvent exercer sur les églises par- 
ticulières des évêquçs qui n'en sont pas les Pasteurs? 
Quel sera leur pouvoir sur l'Eglise universelle, si celui 
au gouvernement duquel elle a été confiée, ne juge pas 
à propos de les y faire concourir par des définitions 



261 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



262 



de foi qiû règlent les croyances publiques et par des 
canons de discipline générale? Ainsi, il est évident que 
Sans le concours du Pape, les droits des Conciles géné- 
rauy seraient nuls et inexplicables. 

Conséquemment la convocation du concile par le 
Pape, ou du moins son adhésion à sa convocation est 
nécessaire à son écumenicité primordiale et intégrale. 
Il ne commence à être général et à représenter TEçlise 
universelle qu'au moment où le Pape consent à con- 
courir par lui-même ou par ses légats, à ses opérations. 
Tout ce qui s'y fait avant ce concours, à moins qu'il 
ne soit approuvé, est sans force comme loi universelle. 

La pratique des premiers siècles semble d'abord con- 
traire à ce droit, puisque les conciles de l'Orient furent 
convoqués non par les Papes, mais par les empereurs. 
Il est possible que ces princes n'aient pas assez respecté 
les droits de l'Eglise en ce point. Cependant nous croyons 
qu'ils ont été trop exaltés par les uns et trop blâmés 
par les autres. Cette convocation par les empereurs me 
parait une affaire de forme puisqu'ils n'agirent qu'à 
l'instigation ou du moins avec l'assentiment des Papes. On 
en a la preuve dans plusieurs monuments ecclésiastiques. 

Dans le troisième concile de Constant inople (Mansi, 
Conc. tom. XI. col. 903) il est dit de celui deNicée: 
a Conslanlinus semper augustus et Sylvester laudabilis 
« magnam atque insignem in Nicea synodum congre- 
ft gabant. » 

Par rapport au second concile général, on lit dans 
l'epistola synodica ad Damasum : « Conveneramus enim 
« Conslantinopolim secundum lilteras a reverentia vestra 
« anno superiori ad piissimum imperatorem Theodosium 
4 missas. » 

Au sujet du 3% celui d'Ephèse, la sentence de dé- 
position de Nestorius porte : « Coacti per epistolam sanc- 
« lissimi Patris nostri et comministri Cœlestini roman» 
« ecclesiaB episcopi. » 

On peut en dire autant du second de Constantinople 
sous le Pape Vigile, du 3*"% sous S. Agathon, du î*"'^ 
de Nicée et du 4*°"® de Constantinople auxquels assistè- 
rent les légats du Pape. 

La convocation des conciles d'Orient par les empe- 
reurs est une particularité qui s'explique d'une manière 
fort naturelle. D'une part les empereurs devaient comme 
princes chrétiens et comme souverains , s'intéresser à 
la répression des troubles et des violences occasionnées 
par les nouvelles erreurs et les tentatives schismatiques 
qui avaient lieu dans leurs étals. D'autre part, les évo- 
ques n'auraient jamais pu s'assembler en si grand nombre 
de pays éloignés et se promettre la liberté nécessaire 
pour terminer les différends si les empereurs n'avaient 
aatorisé la réunion et fourni aux frais qu'un si grand 
mouvement entraînait. Les lettres de convocation étaient 
donc jugées nécessaires, non comme actes de supré- 
matie, mais comme garanties de protection et de secours. 
D'^rès les nécessités de l'époque elles n'avaient et ne 
pouvaient avoir d'autre sens. Par cette convocation les 
ennemis de la paix et de l'orthodoxie se voyaient obligés 
par une autorité qu'ils étaient obligés de respecter, de 
se rendre aux conciles pour y répondre de leur foi ou 
de leur conduite. 

À une époque où la foi et l'unité de l'Eglise seraient 



en péril, pendant une longue vacance du Saint-Siège, 
ou si le Saint-Siège était en litige, et encore ^ le Pape 
était notoirement hérétique, ce qui n'est jamais arrivé, le 
concile général peut être convoqué par le Sacré-Col- 
lége ou par quelque prince chrétien avec l'assentiment 
exprès au tacite des prélats qui se réuniraient alors 
d'après l'ordre de Dieu devenu manifeste. Tout le monde, 
dans ce cas exceptionnel, peut user de son influence 
sur les inférieurs pour les faire concourir au bien gé- 
néral, et cette conduite est non seulement légitime mais 
encore obligatoire. 

Toutefois un tel concile est incomplet. Privé de son 
légitime chef, il ne peut rien statuer de nouveau qui n'ait 
besoin de confirmation , quand même il représen- 
terait répiscopat de toutes les grandes églises catho- 
liques. Il ne peut terminer que les affaires pour la 
solution desquelles il est directement et légitimement 
assemblé: L'extinction du schisme ou l'élection d'un 
chef certain dont l'autorité légitime sur l'Eglise en- 
tière ne puisse être révoquée en doute par per- 
sonne. 

Dans ces circonstances par bonheur extrêmement 
rares ou tout-à-fail hypothétiques, les collisions entre 
les pouvoirs, la témérité et la hardiesse des opinions, 
les tendances à l'usurpation des droits du Saint-Siège, 
les prétentions les plus exhorbitantes, les récriminations 
les plus déplorables de la part des prélats, des docteurs 
et des princes, peuvent affliger les regards des fidèles; 
le côté faible de l'humanité peut se montrer k décou- 
vert, le vaisseau de l'Eglise agité per la tempête des 
passions et des intérêts contraires paraîtra sur le point 
de faire naufrage ; mais tous ces scandales, toutes ces 
divisions intestines respecteront constamment le fond 
divin et les qualités surnaturelles de l'Eglise. Sa foi , 
ses sacrements, sa morale, sa hiérarchie, sa constitu- 
tion demeureront les mêmes. 

4. Présidence du concile. Le Concile écuménique 
ne peut être présidé que par le Pape ou ses légats. 11 
n'appartient qu'au chef de l'Eglise universelle d'exercer 
sur les évêques les droits attachés à la présidence. C'est 
à lui à proposer les affaires qui doivent être l'objet des 
délibérations de l'assemblée. C'est à lui à conclure et 
à régler définitivement ce qui y est résolu. Tout ce qui 
intéresse le bien général est de sa compétence, il en 
est le juge. Aucun prélat de l'Eglise ne saurait sans 
crime s'attribuer le droit de présider sur le Pape, mem- 
bre essentiel du concile général en sa qualité de chef 
du corps des Pasteurs. Cela ressort évidemment de la 
constitution donnée à l'Eglise par J.-C. Aussi les con- 
ciles généraux de l'Orient ont-ils été eux-mêmes pré- 
sidés par les légats des évêques de Rome. La prési- 
dence d'honneur déférée à Constantin et à ses successeurs 
dans les conciles de leur empire, ne porte aucune at- 
teinte à la présidence de droit du Pontife romain et de 
ses légats. Ces princes ne donnaient pas leurs sufirages. 
Us faisaient, au contraire, profession de respecter comme 
des oracles les définitions des évêques. Il était conve- 
nable que le premier rang leur fut dévolu. La présence 
de ces princes au sein des Conciles commandait le respect 
aux ennemis de la foi et de la paix. La haute protection 
accordée par eux à ces saintes assemblées, la liberté 



263 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



264 



qu'elle assnralt aux orthodoxes, les en rendait dignes. 
De plus la liaison des rapports ecclésiastiques et poli- 
tiques exigeait en quelque sorte que la majesté impé- 
riale ne parût pas sans éclat dans ces circonstances 
solennelles où de grands intérêts sociaux se débattaient 
souvent avec beaucoup de vivacité. 

5. Liberté des délibércUions et des suffrages. Il n'est 
pas moins essentiel à Técuménicité des conciles que les 
délibérations et les suffrages soient libres. Des actes aussi 
importans que les définitions de foi et les lois de disci- 
pline doivent être le résultat des lumières, des con- 
victions et de la volonté libre des Pères. Ils ne peuvent 
lier les consciences que par des actes spontanés. Ce qui 
vient de la peur, ce qui peut être attribué à la violence 
et à la précipitation n'impose aucune obligation; c'est 
l'autorité et non la fraude ou la violence qui fait les 
canons. Elle seule a le droit de se faire entendre et 
d'imposer des lois. Sans cette condition le concile le 
plus écuménique, sous le rapport de la convocation, de 
la présidence et du nombre peut dégénérer en conci- 
liabule. C'est ce qu'on vit dans le faux concile d'Ephèse 
appelé par toute l'antiquité Latrocinium Ephesinum. On 
ne souscrivit à la définition proposée dans ce concile 
que sous l'impression des violences atroces exercées en 
pleine assemblée pur Dioscore. 

6. Mode des délibérations et des suffrages. Le mode 
extérieur des délibérations n'a pas toujours ^té le même. 
Dans les anciens conciles, les délibérations et les suf- 
frages étaient publies. Tout se fesait dans les sessions 
où le concile décide, définit, statue sur les points de 
doctrine, sur la discipline, ou sur les affaires majeures 
qui lui sont déférées. Les notaires ou greffiers écrivaient 
mot pour mot ce que chacun y disait avant de rien dé- 
cider. C'est tout cet ensemble de discours, de lois et 
de canons qu'on appelle les actes des conciles. Dans 
les derniers conciles généraux, on a délibéré et donné 
les suffrages dans des assemblées préparatoires appelées 
conférences. Dans les sessions solennelles on a seule- 
ment publié et sanctionné d'un vote convenu ce qui 
avait été déjà arrêté dans les conférences. Ce mode est 
plus digne et plus édifiant. 

Régulièrement on doit opiner et voter par tête. Chaque 
Père ayant voixdélibérative, a droit de suffrage. Quoique 
la vérité et la sagesse ne soient pas nécessairement du 
côté de la majorité, les présomptions sont néanmoins en 
sa faveur; ces présomptions se changent en certitude dès 
que le Saint-Siège confirme ce qu'elle a résolu. Mais 
si le Pape refusait, la minorité aurait constitué la plus 
saine partie du concile. C'est ce qui paraît s'être vé- 
rifié en plusieurs circonstances où le bon droit, l'ortho- 
doxie la plus exacte et la sagesse des mesures ont eu 
le suffrage du moindre nombre. 

Dans les conciles de Constance et de Baie on s'écarta 
du mode usité jusque-là. À Constance, on opinait non 
par, tête, mais par nation. À Baie on divisa le concile 
en clauses ou congrégations composées de membres pris 
à peu près en nombre égal dans chaque nation. Il y 
avait en outre une assemblée composée des députés de 
chaque classe. Si cette assemblée approuvait à la ma- 
jorité des voix ce qui avait été résolu dans les congré- 
gations spéciales, on dressait l'acte qui devenait par là 



définitif. Ainsi c'était la députation des nations qui for- 
mait et arrêtait les décrets, ce qui était fort dangereux. 
On prit ces mesures extraordinaires à cause de la mul- 
titude des membres auxquels on voulut donner voie dé- 
libérative. Il en résultait qu'à Constance comme à Bâle, 
la prépondérance et l'autorité étaient données aux na* 
tions et diminuées du côté des juges naturels de la foi . 
Ce qui exposait l'Eglise à ne pas entendre la voix des vrais 
pasteurs. Elle pouvait facilement être étouffée par celle 
des intérêts nationaux et de cette multitude de docteurs 
auxquels on donnait peut-être imprudemment droit de 
suffrage. Les faits viennent à l'appui de cette observa- 
tion. Le concile de Baie, quoique général dans les pre- 
mières sessions, n'a pas été confirmé par le Saint-Siège. 
Eugène IV a même condamné et réprouvé, avec l'as- 
sentiment du concile de Florence, comme contraires à 
l'Ecriture , aux SS. Pères et au concile de Constance 
lui-même, certaines propositions sur la supériorité abso- 
lue des Conciles généraux au dessus des Papes, que 
les pères de Baie avaient adoptées. 

Je suis persuadé que si à Bâle, on avait procédé 
d'après l'usage ordinaire et qu'on n'eût consulté que le 
Sacré-CoUége et les évêques, le Saint-Siège aurait tout 
approuvé, parce que tout aurait été conforme à sa doc- 
trine et à celle de l'Eglise. Tant il est dangereux de 
s'écarter des règles canoniques en pareille matière, el 
dans des temps aussi fâcheux. 

7. Confirmation du concile. Les décisions doctrina- 
les et les décrets de discipline n'ont de force dans l'E- 
glise que par l'adhésion du Pape. Jusque-là les réso- 
lutions des conciles ne sont pas encore celles de l'autorité 
suprême en matière spirituelle, le corps des Pasteurs n'est 
complet qu'autant qu'il est uni à son chef, et l'autorité 
suprême ne réside jamais hors de cette unité. 

Il n'y a de lois obligatoires daps une société que 
celles qui sont au moins confirmées et acceptées par le 
chef suprême. La pratique de l'Eglise confirme ce prin- 
cipe incontestable. Les conciles d'Orient ont tous été con- 
firmés par le Saint-Siège et cette confirmation a toujours 
été demandée aux successeurs de S. Pierre comme né- 
cessaire. On doit ajouter que la confirmation des con- 
ciles généraux par les Papes a une force telle que seule 
elle peut suppléer, au besoin, à plusieurs autres con- 
ditions. La confirmation pontificale régularise et rend 
valide ce qui ne l'était pas dès le principe. Elle cor- 
rige les défauts dont la convocation et la présidence 
sont entachés. 

Le mode de confirmation par les Papes est indif- 
férent. Si le Pape présidait en personne, les décrets du 
concile pourraient être rendus en son nom, avec la clause 
ordinaire, Sacro approbante Concilio. S'il ne préside 
pas, la confirmation se fait par un acte séparé. 

8. Le soin de faire exécuter les décrets des con- 
ciles généraux appartient au Pape, qui peut, d'après le 
droit de son siège, user des ménagements exigés par les 
circonstances, les modifiant où y ajoutant, selon le besoin. 
Le concile de Trente reconnut formellement le 
droit suprême du Saint-Siège, en lui soumettant ses 
décrets, et en déclarant réserver en toutes choses 
raulorité apostolique pour l'application et rexéculion 
des réformes. 



265 



PRINCIPES DE DEOIT CANONIQUE. 



2ê6 



CHAPITRE X. 

AUTORITE DES CONCILES GÉNÉRAUX. 

I. £d matière de foi, les décisions dogmatiques et 
morales des Conciles écuméniques obligent tous les chré- 
lieos. Elles sont le témoignage infaillible du corps des 
Pasteurs avec qui J.-C. sera jusqu'à la fin des siècles. 
Une fois intimées à tout le troupeau, elles sont à jamais 
fixes et irréformables. Il suffit de les connaître pour 
être tenu, sous les peines du droit, d'y adhérer de cœur 
et de bouche. Si la politique ou les intrigues d'un parti 
puissant mettaient obstacle à la publication de ces dé- 
cisions, elles ne mériteraient pas moins pour cela le 
respect et la soumission les plus absolues. Sur ce point, 
il ne saurait y avoir de controverse entre les catholi- 
ques. JVous supposons ici que l'écuménicilé des conciles 
est certaine. Car tant que le doute est permis, on n'est 
pas obligé de se soumettre immédiatement. Cette re- 
marque est importante pour bien apprécier certains actes 
concernant quelques conciles généraux de l'Orient, dont 
les monuments ecclésiastiques font foi, et qui ne parais- 
sent ni réguliers ni en harmonie avec le principe d'obéis- 
sance dont on vient de parler. 

En effet, il y a eu des conciles qui n'ont revêtu que 
peu a peu et comme par degrés les caractères évidents de 
représentation de l'Eglise universelle. Célébrés en Orient, 
composés presque exclusivement d'évêques grecs, con- 
voqués d'une seule partie du monde catholique, quoique 
destinés à devenir écuméniques, à raison de l'impor- 
tance de leurs opérations, ils ne pouvaient être tels 
qu'avec le concours de la majorité des autres églises 
non représentées. L'acceptation, la confirmation et par 
conséquent l'examen des actes et des définitions de ces 
conciles devenaient nécessaires. La confirmation par le 
Saint-Siège était d'abord une preuve d'orthodoxie et une 
garantie de l'acceptation successive de tout l'épiscopat 
catholique. Mais enfin cette acceptation, pour avoir lieu, 
exigeait un examen, et cet examen, pour être sage, digne 
des pasteurs, devait être assez sérieux pour justifier leur 
jugement. Or, des difficultés de plus d'un genre pou- 
vaient se présenter. Le doute pouvait porter sur l'or- 
thodoxie des définitions et sur l'autorité de l'assemblée 
dentelles étaient l'ouvrage. II fallait s'assurer que ses 
canons exprimaient la foi de l'Eglise, que l'assemblée 
avait été légitimement convoquée et canoniquement pré- 
sidée; il fallait s'assurer que les délibérations avaient 
été libres, sérieuses, et que le chef de l'Eglise en ap- 
prouvant les définitions n'avait été trompé ni sur l'exis- 
tence ni sur le sens de ces mêmes définitions. Ainsi 
l'adhésion de l'Eglise d'Occident était exigée comme un 
complément, sans lequel les conciles d'Orient n'auraient 
pas suffisamment représenté TEglise universelle. 

C'est à cette fin que le 14' concile de Tolède exa- 
mina et reçut les actes du sixième concile général, 
auquel les évêques de l'Espagne n'avaient pas été con- 
voqués. Le cinquième avait déjà éprouvé de l'opposition 
dans l'Eglise Latine, et il n'y fut reçu comme écumé- 
nique que lorsqu'on se fut convaincu que la condam- 
nation des trois chapitres ne portait aucune atteinte au 
Concile de Chalcédoine. 



Le septième concile général;, second de Nicée, m 
fut reçu en France et en Allemagne qu'à la fin du 
IX* siècle; car le concile de Francfort l'avait rejeté 
expressément. Trompés par un exemplaire latin oii le 
traducteur fesait dire aux pères de Nicée le contraire 
de ce qu'ils avaient défini, les évêques ne purent qijie 
repousser une doctrine impie. Mieux instruit, on n'hésita 
plus à admettre ce même concile au nombre des cour 
ciles généraux. 

Ces sortes de manifestations de la part d'églises 
d'ailleurs catholiques, ces examens, ces confirmations, 
ou rejets d'actes aussi solennels que ceux des conciles 
pour lesquels l'Eglise a un si profond respect, ne peut 
étonner ceux qui connaissent Torganisation de l'Eglise, 
la nature des conciles généraux, la marche du goover- 
nement du premier siège, et l'usage où les églises d'Oc- 
cident et d'Orient ont été de confirmer leurs canons 
respectifs. Un mot sur chacun de ces points va achever 
de lever la difficulté. 

L'organisation de l'Eglise veut que les évêques, 
juges de la foi, adhèrent aux décisions dogmatiques, 
les confirment en connaissance de cause, et les fassent 
respecter ensuite par leurs inférieurs. La nature des 
conciles généraux exige que des églises qui n'y ont 
pas été convoquées, si elles sont nombreuses et consi- 
dérables, les acceptent et les approuvent. 

Cette acceptation ne peut pas leur manquer lorsque 
le premier siège a reconnu dans les définitions la 
doctrine apostolique et la foi de l'Eglise romaine. Elte 
doit nécessairement amener celle de tous- les évêques 
catholiques; car nous Tavons déjà dit, un concile com- 
posé d'un certain nombre de provinces, dont aucun 
évêque catholique n'a été exclu et auquel le S. Sîège 
adhère, représente l'Eglise universelle et le corps en- * 
soignant, lesquels se trouvent toujours du côté ou est 
le successeur de S. Pierre. 

La marche du S. Siège, dans ces circonstances, est 
calme, sage et modérée. Les Papes laissent paisiblement 
exercer aux évêques des églises non représentées leur 
droit d'acceptation. Tant que le doute relatif aux faits est 
permis, ils tolèrent, mais ils instruisent, ils pressent, puis 
lorsque les faits sont devenus patens, l'adhésion a lieu, 
l'autorité du concile est reconnue. Si on persistait à le 
rejeter, nul doute qu'on ne fût retranché de la com- 
munion du S. Siège et du corps de l'Eglise catholique, 
par celui qui est le juge en dernier ressort de l'écu- 
ménicité des conciles et de l'orthodoxie de leurs dé- 
cisions. Il faut néanmoins remarquer que si le doute 
et les disputes avaient pour objet non la doctrine mais 
l'ècumènicité d'un concile, le S. Siège pourrait être 
dans certains temps, beaucoup plus tolérant. On peut 
sacrifier à la paix et à l'unité, quand la foi ne court 
aucun danger et que les décisions dogmatiques ou la 
discipline générale sont sauvées. C'est une observation 
qui s'applique aux conciles de Florence et cinquième de 
Latran, sur récuménicité desquels on n'est pas abso- 
lument d'accord. 

Par cette sage conduite, la voix de l'Eglise uni- 
verselle se fait librement entendre, et des définitions 
qui ne paraissaient pas d'abord emironnées de celte 
majesté que l'autorité des conciles écuméniques leur com* 



267 



PRINCIPES DE DBOIT CANONIQUE. 



268 



mimique, viennent s'ajouter aux symboles, et il faut 
y croire désormais comme aux vérités les plus éviden- 
tes de l'Evangile. 

Enfin il a été d'usage pour établir et manifester au 
grand jour Tunité catholique, que l'Orient confirmât 
et reçût solennellement les conciles d'Occident, et 
l'Eglise d'Occident confirmât les conciles des Orien- 
taux, pratique qui, loin de nuire à l'autorité de ces 
conciles, ne fait que la constater et la confirmer da- 
vantage. 

n. Les décrets de discipline des conciles écumé- 
niques obligent par eux-mêmes. C'est une conséquence 
immédiate de l'autorité de ces saintes assemblées. Néan- 
moins leur exécution n'est pas nécessairement géné- 
rale, et c'est ce qui les dislingue des décrets dogma- 
tiques. Les mœurs, le caractère, les coutumes, les 
législations particulières des peuples peuvent opposer 
des obstacles tellement forts que la nouvelle discipline 
ne puisse pas en triompher sans de graves inconvé- 
niens. Les papes et les évêques doivent presser l'exé- 
cution de cette discipline, mais si la résistance des 
mœurs et des habitudes est trop violente ou trop forte ; 
si la paix de l'Eglise doit souffrir notablement de 
l'introduction des nouveaux décrets, on doit tolérer 
et attendre des temps plus favorables. C'est le cas d'ap- 
pliquer l'axiome qui dit que souvent le mieux est l'en- 
nemi du bien. 

Il faudrait raisonner autrement si la discipline se 
rattachait à la foi et qu'elle fût destinée à prévenir 
l'altération du dogme ou du culte. La violer serait cri- 
minel et intolérable. Aussi le S. Siège a-t-il tenu ri- 
goureusement à la discipline qui fixe la fête de Pâque 
au dimanche qui suit le 14^ jour de la lune de mars, 
pour ne pas favoriser l'erreur des judaïsans. C'est 
également l'intérêt de la foi qui a engagé l'Eglise à 
maintenir partout l'usage de la communion sous une 
seule espèce, afin qu'on ne crût pas avec les héré- 
tiques du 15® siècle que J.-C. n'est reçu tout entier 
que sous les deux espèces eucharistiques. Violer les 
canons en pareille matière, c'est se rendre suspect 
d'hérésie et encourir les anathèmes lancés contre les 
hérétiques. En général on peut dire que les lois ecclé- 
siastiques ne doivent pas être mises à exécution avec 
trop de rigueur. Le gouvernement spirituel doit être 
doux et plein de condescendance pour les usages qui 
peuvent se tolérer mais il ne faut pas conclure de là 
qu'une église particulière a le droit de rejeter en masse 
la discipline d'un concile écuménique; cette conduite 
serait une tentative pleine d'orgueil, une injure faite à 
l'esprit de Dieu qui conduit l'Eglise et les pastem^s, une 
révolte déplorable dont l'efl'et immédiat serait de séparer 
ce qui doit demeurer uni; l'harmonie serait rompue, 
l'uniformité détruite, et l'on tirerait de là celte consé- 
quence que les lois ecclésiastiques ont besoin de l'ac- 
ceptation des inférieurs poiu* obliger. Ainsi, à moins de 
circonstances qui rendent les décrets d'un concile écu- 
ménique d'une exécution moralement impossible, ils 
obligent en tous points, lorsqu'ils sont suffisamment 
connus et qu'il n'y a pas été dérogé légitimement par la 
coutume ou par des dispenses canoniquement obtenues. 

III. Les assemblées générales du corps des pasteurs 



sont si vénérables, leur autorité dans l'Eglise est si haute, 
leurs décrets sont présumés être et sont en effet si bien 
adaptés aux besoins généraux et particuliers, soit à raison 
des connaissances locales, de la science, de la vertu et 
du nombre des Pères, soit à raison de rassistance 
divine, que le Pape ne peut ni les supprimer, ni y dé- 
roger, ni en dispenser sans de graves motifs dont lui- 
même est juge légitime et compétent. 

Ainsi, le Pape se doit à lui-même et à l'Eglise de 
gouverner selon les canons des conciles. II leur est 
supérieur sans aucun doute. Lorsque la nécessité ou 
l'utilité des fidèles le réclame, il s'écarte à bon droit 
de ces règles, d'ailleurs si saintes et si obligatoires. 
Le devoir de sa charge apostolique, les droits de sa 
suprématie universelle l'obligent en effet à pourvoir, 
de la meilleure manière aux besoins ordinaires et 
extraordinaires prévus ou imprévus par les canons. Ces 
pouvoirs, il les tient immédiatement de Dieu, et l'Eglise 
ne peut jamais les suspendre. Le Pape est certainement 
soumis aux canons, en ce sens qu'il ne doit pas y 
déroger capricieusement, et cela en vertu d'une loi 
supérieure aux conciles généraux, loi qui veut que 
l'autorité la plus haute soit aussi la plus sage, la plus 
édifiante. 

Les Papes sont donc obligés de gouverner d'après 
les canons des conciles qu'eux-mêmes ont faits ou sanc- 
tionnés. Ils peuvent dispenser, mais non dissiper. 

CHAPITRE XI 

CONSTITUTIONS DES tAPES. 

1. Les conciles généraux ne se tiennent que pour 
les besoins urgents el impérieux. On n'a jamais pu réussir 
à les assembler régulièrement comme il en a été question 
à l'époque des conciles de Baie et de Constance. Ce 
dernier concile statua qu'ils se tiendraient tous les dix 
ans. Il faut, pour qu'un concile général ait lieu un 
tel concours de circonstances que si les affaires reli- 
gieuses n'étaient réglées souverainement que par lui, 
la foi, les mœurs et la discipline courraient les plus 
grands dangers. Aussi, le divin fondateur du christia- 
nisme a-t-il pourvu au gouvernement régulier de son 
Eglise en établissant un pouvoir permanent, suprême, 
général, dans la personne de S. Pierre et de ses succes- 
seurs. Le S. Siège représente par lui-même l'Eglise 
universelle, comme le dit si souvent saint Augustin. Il 
est le chef, le centre, la partie essentielle, principale 
et par conséquent l'organe naturel, l'interprète ordinaire, 
le représentant-né de toute l'Eglise. Un prince représente 
l'Etat qu'il gouverne ; un général, l'armée qu'il com- 
mande. 

Tout ce que décerne, pour le bien commun de la 
chrétienté, le Pontife romain, c'est par l'autorité de 
S. Pierre à qui tout le troupeau a été confié, qu'il le 
décerne. Le prince des apôtres vit et préside dans la 
chaire où sont assis maintenant et toujours ses légiti- 
mes successeurs. Le Saintr-Siége est un centre commun 
auquel se rapportent les grandes affaires et d'où part la 
direction, le mouvement et la vie du coi*ps. Ses cons- 
titutions sont aussi nombreuses que remarquables. Elles 



269 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



270 



sont par conséquent une source très importante du droit 
canon. 

2. Objets des constitutions pontificales. Les unes 
sont relatives à la foi, à la morale, au culte, à la 
canonisation des saints, à la discipline générale ; les 
autres concernent* les afTaires spirituelles des diocèses, 
des ordres religieux, des communautés, des établisse- 
ments de charité, de piété ou d'étude, et même des 
familles, et des particuliers. Ainsi les constitutions 
pontificales n ont ni la même importance, ni la même 
étendue. 

3. Indépendance de ces actes de la part du Pape. 
Les unes et les autres, le pape peut les rendre spon- 
tanément, de son propre mouvement, sous Tinspiralion 
du devoir de sa charge, motu proprio, ou bien à la 
prière et à la sollicitation de quelqu'un. Dans l'un 
comme dans l'autre cas, les constitutions pontificales 
méritent le môme respect. Il est absurde de soutenir 
que le souverain pontificat ne peut et ne doit s'exercer 
qu'à la prière de ceux qui lui sont soumis et qui ont 
besoin de ses faveurs. Cette dignité est active par 
elle-même. 

4. Dénominations des constitutions Pontificales jus- 
que (mx temps modernes. Les constitutions rendues par 
les Papes dans leurs propres conciles à Rome, portent 
le nom de décrets. Les anciens Papes avaient coutume 
de ne rien faire d'important sans le concours des 
évèques plus immédiatement soumis à leur juridiction. 
L'affluence des prélats d'Italie dans la capitale du monde 
chrétien et de l'empire rendait facile leur réunion. Les 
affaires de leurs églises d'une part, leur dévotion à 
visiter le tombeau des Apôtres; de l'autre, l'obliga- 
tion qui leur était imposée de venfr rendre compte 
de leur administration, le retour des gran les solennités 
pontificales et surtout la convocation régulière des 
conciles romains composés des prélats de presque toute 
rilalie, les ramenaient en grand nombre auprès du 
Père commun des fidèles, lequel profitait de leurs lu- 
mières et de leur zèle dans les affaires particulières et 
générales de l'Eglise. On appelle lettres décrétales des 
Papes, leurs réponses à des consultations particulières, 
soit en matière de foi, soit en matière d'administration 
et de discipline. Ordinairement les évêques à qui ces 
lettres décrétales sont adressées directement; sont char- 
gés de les communiquer à ceux des provinces voisines 
pour leur servir de règles dans des cas semblables. 

Litterae encyclicœ^ catholicœ, tractaloriœ ; c'étaient 
des lettres circulaires adressées à toutes les églises ou 
aux églises d'une province ecclésiastique. 

Litterœ episcopales, diaconales, cléricales, ainsi ap- 
pellées du nom des personnes axquelles elles étaient 
adressées. 

Litterœ intronisticœ ; c'étaient celles qui annonçaient 
aux églises et aux évêques l'élection et l'intronisation du 
nouveau pape, qui y insérait toujours une formule de 
profession de foi catholique, y condamnant surtout les 
hérésies nouvelles. 

Litterœ aparibus, ainsi appelées parce qu'on devait 
en faire des copies exactes pour être envoyées à qui de 
droit. 

Litterœ denunciativœ ; elles dénonçaient à l'Eglise 



un ennemi commun de la foi qu'on devait repousser. S. 
Flavien sollicita de S. Léon, des lettres de ce genre contre 
Nestorius. 

Epistolœ declarativœ. Elles proscrivaient directement 
l'erreur et l'hérésie. 

Litterœ indicativœ. Elles faisaient connaître les per- 
sonnages célèbres par leurs vertus qu'on mettait au 
nombre des saints que l'Eglise honore. 

Litterœ paschales. C'étaient celles par lesquelles le 
Pape indiquait chaque année le jour où l'on devait 
célébrer la fête de Pâque dans toutes les églises. La 
savante église d'Alexandrie était préalablement con- 
sultée. 

Litterœ synodales, ou de convocation à un concile. 

5 . Dénomination et forme des constitutions modernes. 
Aujourd'hui les constitutions pontificales s'expédient sous 
le nom et la forme de Bulles et de Brefs, de rescrits, 
d'encycliques et de simples signatures. 

Les bulles sont plus ordinairement employées dans 
les affaires les plus importantes. On en distingue de 
deux sortes : les bulles consistoriales et les bulles non 
consistoriales. Les premières sont dressées dans le 
consistoire des cardinaux, qui les souscrivent, et sont 
envoyées à la chancellerie romaine. Les bulles non 
consistoriales ne sont point souscrites par les cardi- 
naux et sont pourtant expédiées par la chancellerie. 

Les brefs sont en général des constitutions d'un 
moindre intérêt. Je dis en général, car il y a surtout 
depuis les derniers règnes, des brefs d'une très haute 
importance ; tels sont ceux de Pie VI touchant la cons- 
titution civile du clergé de France et les affaires d'Alle- 
magne. 

Tel est encor le Bref de Grégoire XVI sur l'her- 
mésianisme. 

Les brefs sont écrits en beaux caractères latins sur 
du parchemin blanc et fin. Ils portent l'empreinte en 
rouge d'un sceau à l'image de S. Pierre jetant ses 
filets à la mer. C'est l'anneau du pêcheur: Annulus 
piscaloris. Ils sont expédiés au secrétariat des brefs, 
et signés par le cardinal qui préside à cette adminis- 
tration, quelquefois par le pape lui-même. 

On appelle rescrits les induits concernant les con- 
cessions faites à des particuliers sur leur demande. 
Les rescrits sont soumis à des règles de subreption 
et d'obreption dont la connaissance est nécessaire pour 
juger de la validité de ces actes. 

Les encycliques sont des lettres circulaires qui 
contiennent des avis, des exhortations, des instructions 
relatives aux circonstances. 

Il y a aussi des actes appelés simples signatures 
que le Pape expédie par lui-même en les souscrivant. 

6. Précautions prises par le Saint-Siège dans la 
confection des Bulles les plus importantes. Avant de 
publier les constitutions concernant la foi, la canoni- 
sation des saints, les Papes ont coutume d'ordonner 
des prières publiques. 

L'objet de la constitution est longtemps débattu et 
discuté dans des congrégations particulières par les 
cardinaux, prélats, théologiens, canonistes, qui sont 
appelés à donner leurs avis, avec autant et plus de 
soin peut-être qu'on ne le ferait dans un concile général. 



271 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



272 



Les traditions tlerEglise romaine et des Pères, les 
tmvrages des théologiens et des canonistes sont con- 
sultés, examinés et appliqués à la matière présente ; les 
avis des consulteurs sont rapprochés et discutés en 
commun. De nouvelles prières publiques sont souvent 
ordonnées; le Pape ^orme son jugement, et lorsqu'il 
croit pouvoir prononcer, la bulle est publiée. 

7. Etendue et sanction de ces bulles. Si la bulle 
est adressée à toute l'Eglise avec injontion à tous 
pasteurs et fidèles de s'y conformer sous peine d'ex- 
comunication majeure encourue par le seul fait, nul 
doute que dans ce cas le Pape n'ait voulu exercer 
un acte de suprématie universelle, et remplir comme 
successeur de S. Pierre a l'égard de ses frères les 
devoirs de sa charge, peut-être même le plus sublime 
de tous, celui de les confirmer dans la foi et de régler 
les croyances publiques. 

CHAPITRE XII. 

▲ UTOBITÉ D£S BULLES. 

Lorsque les anciens papes envoyaient aux conciles 
écuméûigues de l'Orient les instructions et décrets 
dogmatiques ou disciplinaires qu'ils avaient dressés 
dans leurs conciles de Rome avec injonction à leurs 
légats de .ne point permettre qu'on s'en écartât, ils n'é- 
taient pas^plus sûrs de la vérité que les papes des der- 
niers temps après les épreuves que leurs bulles subissent 
et les savantes discussions auxquelles elles sont sou- 
mises. Quand ils se sont éclairés par de tels moyens 
âls peuvent prudemment compter sur l'assistance divine 
€t déployer toute la puissance de la majesté apostoli- 
(|ue; car ils ont incontestablement le droit de définir en 
matière de fol, de déterminer l'objet du culte public 
et universel, de régler la discipline générale. Or qui 
oserait dire qu'avec de telles précautions, l'exercice 
de ce droit n'est pas à l'abri de toute erreur essen- 
tielle, même sous l'aspect purement humain, en faisant 
abstraction de l'assistance divine? 

Si le Pape m'imposait légèrement sans examen un 
nouveau symbole de définitions ,• s'il mettait au nombre 
des saints, des personnages de la vertu et des miracles 
desquels il n'aurait pas de preuves certaines ; s'il sta- 
tuait eu matière de discipline générale sans conUaissance 
de cause, par câçrice, il n'agirait pas avec cette matu- 
rité et cette sagesse que lui impose sa charge, il ne par- 
lerait pas ex cathedra ; mais un tel désordre en pareille 
matière de la part de celui que tous les chrétiens sont 
tenus de respecter comme leur pasteur suprême, ne se 
présume pas, et il faudrait qu'il fut notoire pour qu'on 
fât autorisé à dénier à ses actes le caractère d'auto- 
rité qui leur est inhérent. Ainsi la soumission à l'égard 
des bulles pontificales, surtout en matières qui intéres- 
sent la fol, les mœurs, la sainteté du culte est un devoir 
pour tous. Si ce que l'autorité confirme demeure ferme, 
ce qu'elle décide elle-même ne le sera t-il pas? Peut-on 
se tromper en écoutant le vicaire de J.-C. le docteur 
et le pastenr universel ? Pierre a t-il cessé de vivre dans 
ses successeurs, instruisant l'Eglise universelle? Dans 
ce cas voilà l'alternative où vous vous placez : si vous 



vous soumettez à cette bulle dogmatique, à cette bulle 
de canonisation, à ce décret général de discipline, vous 
pouvez tomber dans l'erreur, dans la superstition, dans 
le désordre. C'est votre hypothèse. Si au contraire vous 
osez les contredire, vous êtes frappés d'excommunica- 
tion majeure par le seul fait, par celui qui a reçu la 
plénitude du pouvoir de lier et de délier, c'est l'hypo- 
thèse de la bulle sanctionnée par cette terrible peine . 

Chose étrange ! Ceux-là seuls appartiennent à l'E- 
glise, qni en obéissant admettent peut-être une erreur 
en matière de foi, qui tombent dans le faux en matière 
de culte, qui se souillent d'une faute en se soumettant 
à cette discipline! 

C'est ainsi que l'erreur, la superstition et Timmo- 
ralilé des lois s'introduiraient dans l'Eglise elle-même, 
malgré les promesses de l'Evangile et en vertu de l'o- 
béissance qu'il prescrit à l'égard du pasteur suprême. 
Mais alors la pierre sur laquelle l'Eglise a été bâtie serait 
ébranlée, la base de ce grand édifice serait changée? 
et le centre de l'unité déplacé. On sortirait de la bonne 
voie en écoutant le pasteur parlant à toute l'Eglise au 
nom de Pierre après avoir consulté la foi et la tradi- 
tion de son siège, après avoir prié, examiné, discuté 
avec tout le soin possible. Cela se conçoit-il? non. Il 
n'y a que des impies, des hérétiques, des schismati- 
ques, des hommes aveuglés par l'orgueil, Tignorance 
et l'esprit de révolte qui soient capables de suivre leur 
propre sens au mépris d'une définition de foi ou d'une 
autre loi émanée du vicaire de J.-C. s'adressant dans 
les circonstances et aux conditions dont on vient de 
parier, à l'Eglise universelle. 

CHAPITRE XIII. 

MANIÈRE DONT LES BULLES PONTIFICALES SONT SBÇUBS 
DANS L'EGLISB ET DEENIEB CARACTÈRE DE LEUR AUTORITÉ^. 

C'est un principe catholique que les constitutions 
pontificales en matière spirituelle obligent en conscience, 
indépendamment de l'acceptation des inférieurs. Sans cela, 
la suprématie n'existerait pas et le gouvernement gé- 
néral de l'Eglise ne serait pas même un gouvernement 
républicain, puisqu'il est de l'essence de tout gouver- 
nement de pouvoir lier la liberté des inférieurs même 
contre leur gré. Néanmoins comme les évêques répan- 
dus sur toute la terre sont établis pour gouverner l'E- 
glise sous la dépendance de leur chef suprême, le con- 
cours de ces évêques est indiqué par cette divine orga- 
nisation, comme le moyen ordinaire de faire observer 
les lois générales : soit qiï'elles émanent du Saint-Siège, 
soit qu'elles soient faites avec son consentement par un 
Concile écuménique. Ce concours des évêques est jdigne, 
intelligent, en rapport tout à la fois soit avec leur ca- 
ractère sacré de juges de la foi et de l'opportunité des 
lois disciplinaires, soit avec leur dépendance nécessaire 
à l'égard de l'autorité première. Par rapport à la foi» 
ils publient, ils font observer les lois et les décrets des 
conciles écuméniques. Ils ne souffrent pas qu'on y donne 
la moindre atteinte. Ils jugent, ils enseignent conformé- 
ment aux symboles, aux définitions de ces saintes, 
assemblées, et par là même ils y adhèrent, les confir- 



273 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



274 



ment. C'est ainsi que le décrets des conciles qui ne 
sont que des assemblées représentatives de l'Eglise , 
deviennent l'objet de la foi, des jugements et de l'ensei- 
gnement de cette même Eglise. Cette conduite des évè- 
ques est obligatoire : car ils cesseraient d'être catholi- 
ques, s'ils se séparaient du centre de l'unité, de la chaire 
apostolique qui a confirmé les Conciles, lesquels par 
cela même représentent virtuellement mais essentielle- 
ment et indivisiblement l'Eglise entière. 

Si les enseignements de la foi et de la morale 
arrivent directement du S. Siège, l'organisation que 
J.-C. a donnée à la société chrétienne, exige que la 
voix de Pierre, qui vit et qui préside dans la personne 
de son légitime successeur, elle exige que, pour se 
£adre entendre à tous les fidèles, cette voix emprunte 
celle des évèques, des juges mêmes de la foi : c'est 
par leur organe qu'elle doit éclater au milieu des 
peuples: les évèques sont appelés à répéter ses accens, 
à en être les fidèles échos. Ils adhèrent à l'esprit de 
foi qui a dicté les bulles dogmatiques et à la doctrine 
dont elles sont l'expression. 

Ils les acceptent et les publient avec une soumission 
respectueuse, et alors les constitutions dogmatiques 
des Papes ont revêtu ce haut degré d'authenticité et 
ce caractère de catholicité qui ^parliennent à la foi de 
l'Eglise universelle. Ils y conforment leur jugement et 
leur croyance, et ne permettent jamais qu'on s'en 
écarte parmi ceux qui sont soumis à leur juridiction. 

Cette conduite est obligatoire. Il est de la foi 
catholique que les enseignements du Pape regardent 
tous les chrétiens [Concile de Florence) . Chaque évêque 
promet dans son sacre de recevoir avec respect, d'en- 
seigner et de garder les constitutions du S. Siège Apos- 
tolique. D'ailleurs, il n'est assurément aucun évêque 
au monde qui puisse avoir la prétention de mieux 
penser et de mieux juger en matière de foi que le 
successeur de S. Pierre, et de mieux connaître la 
doctrine catholique sur un point dogmatique que l'Eglise 
romaine et son chef. 

Mais c'est encore trop peu dire pour faire sentir 
cette obligation. N'oublions pas que J.-C. a prié pour 
que la foi de S. Pierre ne manquât pas, et que c'est 
en vertu de cette puissante supplication que la foi de 
S. Pierre est devenue le fondement de l'Eglise, la 
cause de sa puissance et de son autorité pour confir- 
mer ses frères. 

En outre , voici un raisonnement qui me parait 
d une grande force. Il est certain que la foi de TËglise 
romaine est la foi de l'Eglise catholique. L'Eglise ro- 
maine est la mère et la maîtresse de toutes les églises. 
La foi de l'xme est nécessairement la foi des autres, 
puisqu'il est nécessaire d'après S. Irénée que chaque 
E^ise particulière soit en communion avec cette Eglise 
à cause de sa principale autorité ; « Ad banc (romanam) 
Ecclesiam propter potentiorem (cette leçon des ancien- 
nes éditions est préférable à celle des Bénédictins de 
S. Maur qui l'ont remplacée assez légèrement par po- 
tiorem]. principalitatem necesse est omnem convenire 
ecclesiam, hoc est, omnes, qui sunt undique fidèles 
in qoa semper conservata est qu» est ab ^ostolis 
traditio » (S. Iren. liber 3. cap. 3 de haeres.). L'Eglise 



romaine est toujours catholique, elle est toujours le 
centre invariable de l'unité. 

Or, l'Eglise romaine sui\Ta toujours les enseigne- 
ments de son légitime pasteur; elle n'aura d'autre doc- 
trine que la sienne. Elle ne se séparera jamais de son 
chef. Elle ne le peut pas. Il faut que les pasteurs des 
églises inférieures, s'ils ne veulent pas les séparer de 
l'église-mère, leur enseignent la doctrine de l'évêque de 
Rome, du Saint-Siège. C'est par ce moyen que ces églises 
particulières se conserveront dans l'unité catholique. 

C'est par cette communication merveilleuse d'ensei- 
gnement et de foi que la même doctrine vivifie tout le 
corps de l'Eglise. Admirable mission de l'épiscopat ! Par 
cette acceptation intelligente et divinement autorisée, la 
foi du chef de l'Eglise se manifeste et se professe par- 
tout. Et c'est alors qu'a lieu sa transformation la plus 
glorieuse. Elle ne s'appelle plus seulement la doctrine 
du Saint-Siège, la foi de l'Eglise romaine : c'est là foi 
catholique, c'est la doctrine de l'Eglise universelle, doc- 
trine irréformable, invariable et absolument infaillible. 

Mais cette doctrine, cet enseignement du Saint-Siège 
devenus la doctrine et l'enseignement de tous les évè- 
ques catholiques, n'étaient-ils pas infaillibles à leur ori- 
gine et dans leur source , avant même d'arriver jus- 
qu'aux églises particulières? L'Eglise romaine, avant de 
croire aux enseignements de son pasteur immédiat et 
suprême, a-t-elle besoin d'attendre l'assentiment des au- 
tres églises qui sont ses filles, et des autres pasteurs 
qui, eux-mêmes sont des brebis à l'égard de Pierre? 
La voix infaillible de l'autorité vient-elle d'en haut ou 
d'en bas? En d'autres termes l'infaillibilité est-elle at- 
tachée, non à l'enseignement du pape et à l'acte que 
son devoir l'oblige de publier, mais à l'assentiment ex- 
près ou tacite des évèques qui s'y soumettent et qui 
l'acceptent? Lequel de l'acte ou de l'acceptation jouit 
du privilège de l'assistance divine? 

CHAPITRE ÏIV. 

SUITB DU MÊME SUJET. 

Pour répondre à la question proposée au chapitre 
précédent, nous n'entrerons pas dans l'examen des opi- 
nions des théologiens et des canonistes à cet égard. 
Nous nous bornerons à exposer les principes catholiques 
et ceux qui, ayant une plus étroite liaison avec la consti- 
tution de l'Eglise sont aussi plus conformes à la tradi- 
tion, aux saints canons et aux faits qui dominent l'histoire 
du gouvernement suprême de la religion chrétienne. 

1 . Une Providence surnaturelle veille à la conser- 
vation du sacré dépôt: Ecce ego vobiscum sum, etc. Des 
grâces spéciales sont donc accordées aux successeurs 
des apôtres afin qu'ils n'enseignent, n'approuvent et ne 
prescrivent rien qui puisse porter atteinte à l'intégrité 
de ce dépôt. 

2. Ces grâces sont très efficaces: elles rendent im- 
possible de la part de l'Eglise tout acte de l'autorité 
suprême, toute décision doctrinale, tout enseignement 
dogmatique et moral, toute disposition législative tendant 
à substituer positivement l'erreur et le péché à la vé- 
rité et au bien. Sans cela comment l'Eglise serait-elle 



19* sim. 



18 



275 



PRINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



276 



la colonne et le fondement de la vérité ? Et que devien- 
drait le commandement qui nous oblige à écouter les 
enseignements des pasteurs comme ceux de J.-C. ? Sans 
cette préservation providentielle l'Eglise ne serait-elle pas 
à raison de la faiblesse inhérente à la faiblesse de ses 
organes, dans un continuel et inévitable danger de 
détruire de ses propres mains l'œuvre divine qu'elle 
est destinée à maintenir parmi les hommes? 

3. Ni les sciences naturelles et humaines, ni les faits 
historiques et personnels qui sont sans importance par 
rapport à la conservation du dépôt de la révélation, à 
l'existence et à la perpétuité des propriétés de l'Eglise 
ne sont l'objet de l'assistance promise dans l'Evangile. 

4. Les décisions, les définitions, les déclarations, 
les lois, les approbations solennelles, concernant la foi, 
la morale, les sacrements, le culte, la vie intérieure et 
extérieure du clergé et des fidèles, à moins qu'elles ne 
soient intimées par l'Eglise en termes clairs et précis, 
sans hésitation aucune, comme devant servir de règles 

. à nos jugements et à nos actes, ne sont pas certaine- 
ment protégés par cette assistance divine. Rien n'est 
infailliblement conforme ou opposé à la révélation, à la 
vérité, à l'unité, à la piété, à l'édification, au devoir 
ou à la perfection que ce que TEglise définit, commande, 
enseigne, pratique, prescrit ou réprouve positivement 
et directement comme tel. Les assertions et les preuves 
à l'appui, les explications et les motifs qui les ac- 
compagnent, lorsqu'ils se rencontrent incidemment dans 
les actes ecclésiastiques, sans intention manifeste d'im- 
poser le devoir de croire, n'ont pas une autorité infail- 
lible, parce que ce qui n'équivaut pas à un comman- 
dement de la part de l'Eglise ne saurait intéresser 
gravement et assez prochainement le sacré dépôt qui 
lui a été confié. 

5. L'assistance de Dieu s'attache anx actes du pouvoir 
constitutif: elle est faite pour les protéger contre Ter- 
reur et leur communiquer cette autorité suprême qui les 
égale presque à la parole de Dieu. L'infaillibilité doit 
donc naturellement se proportionner à l'étendue et à 
réminence du pouvoir. Il y un pouvoir universel, plein 
et suprême, un pouvoir subordonné : l'un et l'autre par- 
ticiperont au privilège de l'assistance selon retendue de 
leur institution. L'inerrance résidera dans le chef comme 
celui qui a reçu la pleine puissance de gouverner tout le 
troupeau; dans les évèques qui lui sont unis comme 
dans la partie intégrante du corps des pasteurs ; dans le 
chef et dans les membres comme dans le tout; elle sera 
si je puis m'exprimer de la sorte, capitalement dans 
le chef, par voie d'association dans les év(^ques qui ensei- 
gnent avec lui, plénièrement dans le premier ordre hié- 
rarchique. 

6. Il n'y a pas deux sortes d'infaillibilité active, l'une 
dévolue au Pape et l'autre aux évoques. Le privilège 
du chef profite aux membres, et celui des membres 
n'est qu'une participation et une extension du privilège 
du chef. Les grâces de la divine assistance toujours plus 
abondantes et toujours plus efficaces dans celui qui a 
la principale autorité, se répandent sur les autres juges 
(le la foi afin qu'ils enseignent partout la même doc- 
Irine. L'infaillibilité se met aussi en harmonie avec la 
destination des pouvoirs ; elle s'attache à la plus haute 



autorité afin que ne perdant jamais rien de la plénitude 
de sa puissance, il ne manque à ses actes aucune 
des conditions nécessaires pour rendre complète et cer- 
taine l'obligation de se soumettre à ses décisions el 
d'adhérer de cœur et de bouche à ses jugements so- 
lennels. Elle s'attache aux enseignements de l'épiscopat 
afin que, s'associant à son chef, il rende manifeste dans 
tout l'univers l'unité de la foi orthodoxe. 

7. Le partage n'est pas égal parce que l'autorité n'est 
pas égale. La dignité n'étant pas la même, il nest pas 
étonnant que la prérogative de l'inerrance ne soit pas 
la même. La source et le ruisseau, le foyer el les rayons 
sont-ils tout-à-fait la même chose? Si fes évêqutes avec 
leur pouvoir dépendant avaient une infaillibilité distincte 
de celle du Pape, ou bien encore une infaillibilité égale 
ou d'un ordre supérieur à la sienne ce privilège ne pour- 
rait que jeter la perturbation dans l'économie des pou- 
voirs et du gouvernement. Il égalerait les évèques au 
Pape, s'il ne les élevait pas au-dessus de lui. Car il 
est évident que plus un pouvoir sera protégé par l'as- 
sistance divine, plus il acquerra de dignité et de puis- 
sance. Une égalité d'assistance donnera une égalité de 
pouvoir. De là, deux centres d'unité de foi, dans l'ordre 
hiérarchique. La supériorité dans l'assistance serait la 
substitution de la suprématie des évèques et du concile 
général en matière de doctrine à la suprématie du Pape 
en ce qu'elle a de plus éminent. Le Pape ne pourrait 
ni rejeter, ni modifier les décisions des évèques. On 
ne réforme pas des jugements absolument infaillibles. 
Son adhésion serait acquise de droit au concile sur 
lequel il perdrait sa suprématie de juridiction dans les 
enseignements doctrinaux pour ne conserver qu'une 
simple suprématie d'honneur. 

Dans l'un comme dans l'autre cas, dnns le partage 
supérieur ou égal de la divine assistance, it y aurait 
donc extinction totale, suppression radicale de fait et 
de droit du suprême pouvoir du vicaire de J.-C. en ce 
qui touche la foi. 

Si vous dites que la part des évèques à l'inerrance 
est moindre que celle du Pape, vous avouez, par là 
même qu'elle ne peut jamais prévaloir. Le moins est 
contenu dans le plus, la partie dans le tout. L'infail- 
libilé du Pape renfermera éminemment celle des évè- 
ques, et celle-ci n'ajoutera rien d'essentiel à celle-là. 
Si vous ajoutez que sans entrer dans la question de 
l'économie intérieure de l'infaillibilité de l'Eglise, vous 
vous en tenez au sentiment qui veut que l'inerrance 
absolue n'est attachée qu'au concours du chef el (fes 
membres du corps des pasteurs, je réponds que celte 
manière de trancher le difficulté n'est pas heureuse. Elle 
laisse à découvert sans solution de graves et importantes 
questions étroitement liées à la constitution et à l'autorité 
de l'Eglise. 

Je demande comment l'Eglise est infaillible, com- 
ment les jugements des Papes consentis par les. évèques 
sont irréformables. 

Le sont-ils à cause principalement de l'autorité du 
Pape et parce qu'il est le centre visible de l'unité ? Son 
autorité doit-elle prévaloir sur celle des évèques ses in- 
férieurs ? Pourrait-on opposer à cette autorité centrale, 
universelle, l'autorité subordonnée des évèques ? Ceux- 



277 



PKINCIPES DE DROIT CANONIQUE. 



278 



ci pourront-ils réformer les jugements du Pape? La su- 
prématie de celui-ci est--elle donc suspendue et son 
autorité est-elle douteuse avant le consentement des 
évéques? £t puis, qui décidera la question du fait de 
leur accei'tatioA? La doctrine publique du chef de TEglise 
ne doit-elle pas toujours être considérée comme la doc- 
trine de tous les évoques? Les jugements du Pape ne 
sont-ils pas les jugements anticipés de TEglise? 

Si on donne à ces questions une solution contraire à 
rinerrance du Pape, on fait aussitôt revenir Tégalité et 
même la supériorité de Tautorilé épiscopale. On affaiblit 
le privilège du Pape dont on diminue l'autorité suprême, 
conséquence dont nous avons fait voir la fausseté et le 
danger. 

11 est par conséquent démontré que le signe extérieur 
le plus éminent, le plus caractéristique des infaillibles 
enseignements de l'Église, c'est Tunité qui a sa base, 
son fondement,. son centre visible dans le S. Siège, cette 
pierre ferme sur laquelle l'Eglise a été bâtie. 

JSul enseignement ne sera donc infaillible de la part 
des juges de la foi qu'à la condition : 1. qu'ils seront dans 
la communion du S. Siège : 2. qu'ils rejetèrent les doc- 
trines que le S. Siège réprouve: 3., qu'ils n'admettront 
comme catholiques que celles qu'il admet: I. qu'ils adhé- 
reront à toutes celles qu'il déQnit, lorsque surtout il les 
intime à toute l'Eglise et qu'on ne saurait contredire 
sans encourir Texcomunication, sans être privé de la 
communion du Vicaire de J.-C. malheur effroyable que 
les intérêts de la vérité ne pourraient jamais rendre né- 
cessaire sans entraîner la ruine de l'Eglise telle que Dieu 
l'a constituée. 

Le privilège de l'inerrance regarde donc principale- 
ment le pape et secondairement les évêques. 11 s'attache 
tout à la fois aux actes de la suprématie pontiûcale 
concernant le sacré dépôt et à leur acceptation par le 
grand nombre d'évêques voulue par la Providence afin 
que l'unité catholique soit manifeste. 

8. C'est l'enseignement public du corps des pasteurs 
catholiques qui est le motif extérieur de la foi catho- 
lique. Ecce vobiscim sum. . . docentes servare quœcumque 
mandavi vobis... qui vos audit y me audit,., si quis 
Ecclesiam non audierit, sit tibi sicut elhnicus et pu- 
bticanus. 

Mais, comme nous l'avons dit, l'enseignement du 
pasteur universel des chrétiens répond de celui des autres 
pasteurs ; il en est la fidèle interprétation et la mani- 
festation anticipée dans les bulles dogmatiques. A son 
tour l'enseignement des derniers est à l'égard de ces 
actes solennels, le témoin irrécusable de leur orthodoxie. 
Ces deux enseignements n'en sont qu'un. Ils se garan- 
tissent l'un l'autre et forment ensemble cette grande voix 
de l'Eglise qui ne parle jamais qu'en faveur de ce qui 
est saint, juste, vrai, moral et évangélique dans les cir- 
constances où nous avons dit quelle était infaillible. 

Depuis plus de dix-huit siècles, les Papes et les 
évèques ne cessent de répéter les mêmes accents. Les 
voix discordantes sontcondamnées au silence ; on les force 
de rendre hommage à la vérité, ou elles sont signalées 
comme des échos infidèles que l'esprit de mensonge 
fait souvent entendre pour tromper les simples et les 
orgueilleux. Mais c'est la voix de Pierre qui domine 



dans cet admirable concert ou tant de voix s'unissent 
si constamment pour redire à tous les siècles les paroles 
de vie sorties de la bouche du Fils de Dieu. 

C'est même à ce signe, je veux dire, à l'éclat de 
cette voix apostolique qu'on reconnaît celle des évêques 
orthodoxes. Hœc palrum fides: hœc apostolorum fides : 
omnes ita credimus; anathema ei qui non %ta crédit: 
Petrus per Lecnem ita locutus est: Apostoli ita docuerunt, 
ut vere Léo docuit: hœc ver a fides. Ces acclamations 
des pères de Calcédoine sont à toutes les époques rela- 
tivement aux autres points docWnaux l'objet de l'in- 
faillibilité de l'Eglise : dans le coeur, sur les lèvres, 
dans les actes et les écrits des évêques qui ne les ré- 
pètent pas avec moins de force et de \ivacité que leurs 
prédécesseurs, lorsque les besoins de la religion l'exigent. 

9. Les Papes ont constamment exigé ce concert 
unanime des suffrages. Us n'ont jamais permis qu'on 
jugeât et qu'on prononçât autrement que ne l'avait fait 
la chaire apostolique. Ce sont des prétentions exagérées 
et une espèce de domination tyrannique, si les Papes 
ne jouissent pas de l'inerrance. Cependant ce ne sont 
pas quelques Papes isolés qui exigent une si exacte 
obéissance à leurs décrets dogmatiques. Ce sont les 
Léon, les Grégoire. C'est le S. Siège lui-même. 

10. La divine assistance est donc assurée au corps 
èpiscopal et a celui qui jouit dans toute l'Eglise de la 
primauté d'honneur et de juridiction. 

L'Eglise serait perdue si elle pouvait se trouver 
dans raltemative d'opter entre la vérité et l'obéissance. 
Otez la divine assistance au corps des pasteurs, vous 
ne pouvez plus concilier d'une manière certaine les 
intérêts essentiels de la vérité et de l'unité. Ces pa- 
roles de J.-C.: Ecce ego vobiscum sum etc docenteSr 
cessent d'être vraies. Otez l'inerrance aux enseignements 
de la Chaire de Pierre, déniez au Pape la part princi- 
pale, l'infaillibilité initiale, première, capitale ; le secours 
privilégié, accordé à l'Eglise enseignante n'est plus en 
rapport avec les fonctions et les devoirs, avec la fin 
et l'importance des institutions. Il est départi en sens 
inverse des pouvoirs. Vous changez la constitution. Vous 
partagez également la direction suprême de la foi ca- 
tholique entre le Pape et les évêques; vous interver- 
tissez les pouvoirs; vous faites passer la plus haute 
autorité dans les inférieurs. Enfin vous tarissez la source, 
vous anéantissez la garantie essentielle, vous faites dis- 
paraître le caractère le plus éminent de l'unité de la foi. 

Faut-il s'étonner après cela du langage des Pères et 
des conciles? « Neque nos novam sententiam ferimus, sed 
jam olim a PP. Nicolao pronuntiatam quam nequaquam 
possumus immutare, seqiientes in omnibus apostolicam 
Sedem in qua est intégra et vera religionis christistianae 
soliditas. (Conc. Const. III.) 

« In verbis apostolic^e Sedis tam certa est catholica 
fides ut nefas sit de illa dubitare. (S. August.] Quod 
ille docet, totus orbis christianus nihil hdBsitans cré- 
dit. (S. Fulgentius.) 

Les décisions dogmatiques n'expriment que la foi 
déjà connue de l'Eglise. Elles ont quelque chose de si 
naturel et de si commun qu'on est étonné qu'elles aient 
été nécessahres. Elles sont surtout fort simples pour 
l'Eglise romaine qui ne connaît aucune hérésie. 



279 



INDULTS LITURGIQUES. 



280 



Il u y a que le point défini en termes précis qui 
soit l'objet de l'enseignement. Les raisonnements et les 
preuves ne sont point infaillibles à moins qu'on ne dé- 
finisse le sens d'un texte sacré. 

L'infaillibilité n'est point une qualité habituelle, in- 
hérente à la personne privée, c'est l'assistance actuelle 
promise à la personne individuelle du pontife romain. 



INDUITS LITURGIOllES. 



Office da Sacré-Cœur. -^ Offices et fôtes de la Saînte-Vîerge. — 
Hymne de S. Paul. — Personnages érangéliques. — Office de 
S. BasUe. — Office de S. Augustin composé par S. Thomas d^Aqom. — 
Préfaces. — S. Jean de Dieu. — Office de S. Alphonse de Liquori. — 
Offices particuliers du clergé romain. — Pie IX et les uouTeaux 
offices. — Induits émanés de sa Sainteté Léon XIII. 

Les offices inscrits dans le calendrier général et 
prescrits pour l'Eglise universelle manifestent hautement 
la foi et la piété catholiques. 11 est utile de connaître 
aussi les offices particuliers que le Saint-Siège accorde, 
.parce qu'ils donnent lieu à des remarques édifiantes 
et instructives. Nous croyons devoir réunir dans le 
présent article quelques induits concernant les fêtes de 
Notre-Seigneur et de la très^-sainte Vierge Marie, les 
saints de l'histoire évangélique dont on fait l'office dans 
quelques églises, les concessions particulières etc. 

I. Opficb du Sacké-Cobur de Jésus. 

L'esprit de l'Eglise est peu favorable aux innova- 
tions. Un exemple frappant de cela se voit dans la fête 
du Sacré-Cœur, qui a été mise au calendrier et pres- 
crite dans l'Eglise entière cent soixante ans après l'in- 
troduction de la' cause devant le Saint-Siège. En effet, 
la reine d'Angleterre, en 1696, demanda l'office et la 
messe du Sacré-Cœur pour les religieuses de la Visi- 
tation. La S. Congrégation des Rites n'accorda alors 
que la messe votive des Cinq-Plaies, pour le vendredi 
après l'octave du Corpus Dmini. En 1729, toutes les 
instances faites pour obtenir un office spécial échouè- 
rent complètement, pour les raisons que Benoît XIV 
expose longuement dans le traité de beatificatione et 
canoni^atione sanclùrum. Cet insuccès n'arrêta pas l'érec- 
tion de milliers de confréries sous le voqp-ble du Sacré- 
Cœur. Ce fut cette prodigieuse extension du culte dans 
toutes les parties de l'Eglise qui détermina le pape 
Clément XIII à autoriser, sur la demande des évêques 
de Pologne et de l'archiconfrérie romaine, l'office et 
la messe du Sacré-Cœur, en 1765. Trente ans après, 
la bulle Auctorem fiiei affirma doctrinalement le culte 
contre le synode de Pistoie. Cependant l'office demeura 
comme induit spécial. Enfin, à la demande des évêques 
de France, en 1856, l'office devint obligatoire dans 
l'Eglise entière. 

La bienheureuse Marguerite-Marie fut béatifiée huit 
ans après. Lorsque Clément XIII autorisa l'office, le 
Saint-Siège ne connaissait pas officiellement les révé- 
lations particulières de la pieuse Visitandine ; le procès 



d'introduction de la cause fut présenté à la S. Congré- 
gation des Rites en 1818, cinquante-trois ans après le 
décret de Clément XIII. C'est pour cela que la conces- 
sion de 1765 fut uniquement basée sur le fait des milliers 
de confréries qui avaient établi le culte. Voici ce décret: 

Decretuni. Pùlona. iDdt^mtibus pro concessione officii et 
missae SSmi Gordis Jesa plerisque Bmis episcopis regni 
PoloDiae, nec non archiconfraternitate Urbis noc sab titulo 
erecta, Oongregatio Sacrorum Bitnum habita die 26 ja- 
nuarii hujus anni probe noscens, cultum Ôordis Jesa jam 
hodie esse per omnes fere catholici orbis partes foventibas 
earum episcopis, props^atam, saepe etiam a Sede Aposto- 
lica decoratum millenis indulgentianim Brevibus datis ad 
innumeras prope modum confratemitates sub titulo Cor- 
dis Jesu canonice erectas; simulqué intelligens hujus of- 
ficii et missae celebratione non aliud agi, quam ampliari 
Cultum jam institutam; et symboliee renovari memoriam 
illius divini amoris, quo Unigenitus Dei Filius hamanam 
suscepit naturam, et factas obediens usqne ad mortem, prae- 
bere se dixit exemplum hominibus, quod esset mitis et 
humilis corde : bis de causis, referente Emo et Bmo Dno 
cardinali episcopo Sabinensi, audito B P. D. Cajetano Forti 
promotore fidei, praevio recessu a decisis sub die 30 ju- 
lii 1729, annuendum precibus censiiit episcoporum regni 
Poloniae, et dictae archicon&atemitatis Urbis, deliberatura 
deioceps de ofScio et missa rite approbandis. Quod quidam 
congregationis votum per me secretarium relatum SSmo 
Dno Nostro Glementi papae XIII, Sanctitas Sua, hujus 
etiam Decreti tenore perlecto, in omnibus approbavit. Hac 
die 6 februarii 1765. — J. M. Gard, Feroni praef. — 
S. Burghesius, S. B. G. secret. 

L'office et la messe du Sacré-Cœur furent approu- 
vés en vertu d'un décret d^ la S. Congrégation des 
Rites en date du 11 mai 1765. 

Dès ce moment les évêques et les instituts religieux 
sollicitèrent à Tenvi Tautorisalion de réciter l'office et de 
célébrer la messe du Sacré-Cœur. Nous nous contentoi^ 
de rapporter l'induit accordé aux Bamabites, en date 
du 12 mai 1767. 

Ad satisfaciendum summae devotioni, quae apud clericos 
regulares congregationis 8. Pauli, vnlgo Bamabitarum, ma- 
xime viget erga Sacratissimum Gor Jesu, ex parte hodierm 
P. Procuratoris generalis dictae congregationis SSmo Do- 
mino Nostro Glementi Papae XIII humillime supplicatum 
fuit, quatenus indulgere dignaretur facultatem praedictis cle- 
ricis regularibus praefatae congregationis recitandi feria sexta 
post octavam SSmi Gorporis Christi officium proprium cum 
missa ejusdem SSmi Gordis Jesu jam sub die XI maîî 
anni 1765 adprobatis, et Sancdtas Sua, ad relationem 
per me infrascriptum secretarium factam, gratîam juxta pe- 
tita sub ritu duplicis majoris oratoribus bénigne concessit. 
Die 12 maii 1767. — Joseph Maria Gard. Peroni, prae- 
fectus — V. Macedonius, S. B. G. secretarîus. 

L'office est du rite double-majeur. Cependant le 
Sainir-Siége a fréquemment concédé la seconde classe. 
En 1816, Ip vicaire-général de la Compagnie de Jésus, 
que Pie Vil avait rétablie deux ans auparavant, de- 
manda le rite de première classe avec octave, sur le 
motif que les religieux de l'institut ont propagé le culte 
du Sacré-Cœur dans toutes les parties du monde dans 
lesquelles ils ont semé la foi catholique, — Pie Vil 
accorda le rite de seconde classe, sans octave. 



281 



INDUITS LITUBGIQUES. 



282 



Decretum. Sodetatis Jesiu Vicarius generalis Societatis 
Jean, SSmo Dno Nostro Pio VU pontifie! maximo humil- 
limas porrexit pièces, quibus petiit, ut quoniam antedictae 
Societatis presbyteri praedicatione et scriptis per universas 
terrarom orbis plagas in quibus catholicam fidem dissemi- 
nanmt, propagandum quoque Sacratissimi Cordis Jesu cul • 
tum curarunt, impertiri dignetur singulis illius Societatis 
alunmis facultatem agendi festum ejusdem Sacratissimi 
Cordis cum officio et mi^^sa ritu duplici primae classis cum 
octava. Et Sanctitas Sua, ad mei in&àscripti Sacrorum Bi- 
taom Congregationis secretarii relationem, bénigne annuit 
pro elevatione ad duplex secundae classis absque octava. 
Die 30 julii 1816. — C. Card. Mattbaeus. — J. A. Sala 
S. B. C. secretarius coadjutor. 

En 1816, le général de la Compagnie résidait dans 
l'empire russe, où l'institut avait été canoniquemenl 
rétabli en vertu du Bref de Pie VII Catholicœ fidei, 
du 7 mars 1801. Conmie les circonstances empê- 
cbarient le général de venir à Bome, Pie VU, rétablissant 
les Jésuites dans l'Etat pontifical et dans tous les autres 
par la bulle Sollicitudo, du 7 août 1811, nonima un 
^caire-général. Gela explique la demande relative à 
roffice du Sacré-Cœur au nom de ce vicaire-général, 
^ résidait à Bome. Cette situation se prolongea jusqu'à 
1820; le général de Bussie étant décédé, l'assemblée 
convoquée à Borne élut un nouveau chef de l'institut. 

n. OmcE DU Saint-Cosub de Mabie - Litanies des Cabmes 

Notre-Dame du Secoues — Exercice des douze samedis 

Messe de Notre-Dame de la Merci. 

En 1855, la S. Congrégation des Bites munit de 
son approbation l'office et la messe du Saint-Cœur de 
Marie, sans le prescrire toutefois à l'Eglise entière. On 
ne peut donc le réciter qu'en vertu d'un induit spécial. 
Nous avons rapporté dans la précédente livraison des 
Analecta (col 250) l'induit de la S. Congrégation qui 
accorde cet office au clergé romain, pour le dimanche 
après l'octave de l'Assomption. On le fera pour la pre- 
mière fois celte année-ci (1880). Mais comme l'office 
de S. Joachim, récemment élevé à la seconde classe 
sera récité le 22 août, octave de l'Assomption, l'office 
du Saint-Cœur de Marie est renvoyé au dimanche suivant, 
29 août. 

La dévotion au Saint-Cœur de Marie est ancienne 
à Bome ; car une confrérie sous ce vocable fut établie 
dans l'église paroissiale de S. Eustache. Pie Yll, par 
bref en date du 30 décembre 1808, autorisa celte as- 
sociation à agréger les confréries de même institut, 
quoiqu'on ne pût constater qu'elle eût été érigée en 
archiconfrérie. Le Bref est dans le BuUaire romain, 
tome 13 de la continuation (p. 305). 

Exponi nobis nnper fecerunt dilecti filii modem! offi- 
dales, et confratres confraternitatis, seu piae unionis sub 
titulo S. Cordis Mariae in ecclesia collegiata et parochiali 
Sancti Eustachii hujus almae urbis Nostrae, prima sub 
hujus titulo canonice, ut asseritur, erectae, quod etiamsi 
confratemitas praedicta in archiconfraternitatem erecta non 
reperiatar, alias tamen confratemitates erectas, vel eri- 
gendas sibi adgregari posse pinrimum desiderant. 

Supplicationibus hujusmodi inclinati, ipsius con- 
fraternitatis officialibus, et congregatis praesentibus et fu- 
tniis, ut ipsi ad majorem Dei, et beatae Virginis Mariae 



gloriam, et spiritualem Ghristifidelium utilitatem, alias 
quascumque confratemitates ejusdem institut! extra urbem 
ubique locorum erectas eidem suae confraternitati, servata 
tamen forma recolendae memoriae démentis pp. YIII prae- 
decessoris nostri édita adgregare, illisque omnes, et sin- 
gulas indulgentias, et peccatoram remissiones, ac poeni- 
tentiarum relaxationes ipsi confraternitati concessas com- 
municare libère, et licite possint, et valeant, auctoritate 
apostolica, tenore praesentium concedimus et indnlgemus. 

En 1807, les Augustins déchaussés obtinrent le pri- 
vilège de réciter l'office du Saint-Cœur de Marie le 
dimanche après l'octave de l' Assomption. A défaut de 
l'office spécial, qui n'existait pas à l'époque dont il 
s'agit, la S. Congrégation prescrivit l'office de la dé- 
dicace de jNotre-Dame des Neiges, avec les leçons du 
second nocturne: Dei filius, pendant l'octave de la 
Nativité, 12 septembre. Ces leçons sont prises dans une 
homélie attribuée à S. Jean-Chrysostôme. 

Decretum Ordinis Eremitarum Excalceatorum S. Âugu- 
stini. SSmus Dominus noster Pius YII pontifex maximus 
ad humillimas preces p. fr. Eustachii a S. Aloysio Gton- 
zaga procuratoris generalis ordinis eremitaram S. Augus- 
tini, me infrascripto secretario referente, bénigne indui- 
sit, ut in universo praedicto Ordine quotannis in dominica 
post Octavam Assumptionis B. M. Virginis cum facultate 
religiosis utriusque sexus memorati Ordinis in dicto festo 
recitandi ritu duplici majori officium cum missa ut die 
Dedicationis S. Mariae ad Nives cum lectionibus tamen 
secundi nocturni ut in quinta die infra octavam Nativitatis 
ejusdem B. M. Y. scilicet: Dei Filius ec. Die 2 septem- 
bris 1807, J. M. Card. De Somalia praef. S.B. G. — J.De Gar- 
pineo, secretarius. 



Les décrets du Saint-Siège défendent toute addition 
dans les litanies de la Sainte-Vierge. Les Carmes d*Es- 
pagne ont l'usage immémorial de réciter l'invocation: 
Mater décor Carmeli; ou bien celle-ci Mater carme- 
litarum, et autre semblable, selon les pays. Ayant 
conçu des doutes sur la légitimité de cet usage, ils 
s'adressèrent au Saint-Siège. Le pape répondit que cette 
ancienne coutume pouvait être tolérée. 

Ordinis Garxnelitarum. Supplicantibns humillime pa- 
tribus Magistro fratre Josepho All^erto Ximenes procuratore 
generali totius ordinis Garmelitarum antiquae regularis ob- 
servantiae, et pâtre Jeanne Evangelista a Jesu Maria pro- 
curatore carmelitarum excalceatorum congrej^ationis Hispa- 
niae SSmo D. N. Clementi pp. XIII, ut piam et lauda- 
bilem consuetudinem, quae ab antiquissimo tempore, cujus 
initii memoria non exstat, in universo ordine Garmelitarum 
tam Calceatorum quam excalceatorum Congregationis Hîs- 
panae viget recitandi, et canendi in litaniis B. Mariae Y. 
versiculum: Mater décor Carmeli, sive Mater carmelitarum, 
aut quid simile pro regionum more, quae invocationes, etsi 
in litaniis praefatis typis mandatis, et in pluribus antiquis 
breviariis impressae reperiantur, tamen oratoribus num ex 
sola inveterata consuetudine aut ex privilégie aliquo apos- 
tolico Invaluerit, adhuc ignotum, apostolica approbatione, 
et privilégie confirmare dignaretur; et Sanctitas Sua, ad 
relationem per me infrascriptum secretarium factam, prae- 
fatam consuetudinem in casu tolerari posse rescripsit. Die 16^ 
augusti 1766. — Joseph Maria C. Peroni P. 

L. ••I*' S. Y. Macedonius, S. B. C. secret. 



28S 



INDULTS LITURGIQUES. 



284 



L'oflBce de Noire-Dame du Secours se fait dans 
j^usieurs diocèses et instituts le dimanche après la fête 
de S. Augustin. Par décret du 4 février 1805, l'office 
propre fut approuvé pour les Augustins de la province 
de Sicile, et étendu ensuite à Tordre entier. L'année 
suivante. Pie VII étendit l'office et la messe au clergé 
séculier du royaume d'Etrurie, et aux religieux et re- 
figieuses qui suivent le calendrier diocésain. Marie- 
Louise de Bourbon, reine d'Etrurie, et le cardinal Zon- 
dadari, archevêque de Sienne, sollicitèrent l'induit. 

.Decretum. Regni Mruriae. Piis serenîssimaeMariaeAloy- 
siae Borboniae reginae Etruriae instantiis, nec non precibus 
emi et rmi D. cardinalis Zondadari archiepiscopi Seuarum, 
aliorumque Bmoram episcoporum regni Etruriae, SSmus 
dominas iioster Plus YII inclinatus, referente Emo et Bmo 
D« Gard, de Somalia Sanctitatis Suae in urbe vicario, Sa- 
crorumque Bituum congregationi praefecto, bénigne indui- 
sit, nt quotannis ab universo clero saeculari, nec non a re- 
ligiosîs et monialibus ipsias regni Etruriae utentibas ca- 
lendario dioecesano, in Dominica immédiate sequente festum 
S. AugQstini episcopi recitari possit ritu dupl. majori offi- 
cium proprium cum missa B. M. Y. de Succursu jam die 
4 febraarii superioris anni 1804 pro dicto Ordine provinciae 
Siciliae approbatum, et deinde ad universum ipsum Or- 
dinem extensum. Hac die 14 novembris 1805. — J. M. 
Gard. De Somalia S. K. G. praef. — J. de Garpineo secretarius- 



L'exercice des douze samedis qui précèdent la fête 
de rinmiacTilée-Coneeption est usité dans quelques ré- 
gions de la Sicile, notamment dans l'église des Fran- 
ciscains de l'observance d'Augusta, diocèse de Syracuse. 
En 1766, Clément XIII permit de chanter une messe 
votive avec Gloria et Credo, chacun des samedis susdits 
excepté les fêtes doubles de première et de seconde 
classe, et sans omettre la messe chantée de la fête 
courante. 

Decretum St/racusana. Porreetîs SS. Dno N. Glementi 
P. XIII bumillimis precibus fratrum Ordinis Minomm 
S. Francisci de observantia oppidi Augustae dioecesis Sy- 
racusanae, quibns supplicabant, ut ad augendum, promo- 
vendumque cultum, et devotionem erga Immaculatani Gon- 
ceptionem B. M. Y. in eorum ecclesia in duodecim sab- 
bâtis idem festum immédiate antecedentibus, ubi magno 
populi concurBU ejusdem B. M. Y. memoria recolitur, missa 
Yotiva solemnis cum Gloria et Credo de eadem Immacu- 
lata Gonceptione in quolibet ex dictis duodecim sabbatis 
festo duplid licet impeditis possit celebrari; Sanctitas Sua» 
ad relationem mei infrascripti secretarii, gratiam petitam, 
exceptis duplicibus 1 et 2 classis, et non omissa missa con- 
ventuali cum cantu de festo occnrrente, bénigne concessit. 
Die 2 aprilis 1766. L. ^ 8. Joseph Maria G. Feroni praef. 
— S. Arohiep. Theodos. S. B. G. secr. 



Pie VI étendit à l'ordre entier des religieux de 
Notre-Dame de la Merci la messe propre que l'on célébrait 
dans le couvent de Barcellone et dans quelques autres 
de la province d'Aragon. L'introït Gaudeamus contient 
le passage qui suit: De cujus Descensione gaudentan" 
geli. Dans la préface, on dit: El te in Descensione, 
Cette descente se rapporte à la célèbre apparition qui 
notifia à S. Raymond de Pennafort, à S. Pierre No- 
Jasque et au roi d'Aragon l'établissement de l'ordre 



de la Rédemption des captifs, comme il est dit dans 
les leçons de l'ofiSce, au 24 septembre. 

Decreium. Gum P. Pr. Salvator Moya ordinis B. Ma- 
riae Yirginis de Mercede Eedemptionis Gaptivorum dum 
procuratoris generalis fungeretur munere SSmo Dno N. 
Pio P. YI supplicasset, ut universo suo ordini potestatem 
faceret recitandi mîssam propriam de B. M. de Mercede» 
ut recitatur in coenobio Barcinonensi , atque in pluribus 
coenobiis provinciae Aragoniae, nempe ut in întroitu Gau- 
deamus inseri possint infrascrîpta verba: De cujus Des-- 
^censione gaudent angeli . et in praefatione, infrascripta 
verba: Et te in Descensione: SSmus, referente E. P. D. Hie- 
ronymo Napulionîo fidei promotore, peculiaribus inspectis 
circumstantiis, hodierna die bénigne annuit pro gratia, qui- 
buscumque in contrarium disponentibus minime obstantibus. 
Die 2 augusti 1794. — J. Gard. Archintus praef. — 
L. 4jf S. — D. Goppola, S. E. G. secret. 

III. Htmnb de Saint Paul. 

Jérôme Napoléon, promoteur de la foi près la S. 
Congrégation dès Rites, en 1795, ayant revu et ap- 
prouvé, de concert avec le cardinal Archinto, préfet 
de ladite S. Congrégation, un hymne, ou répons en 
honneur de Tapôtre S. Paul, Pie VI permit de le chanter, 
ou réciter, hors de TofiBce et de la messe. L'association 
de prêtres établie dans l'hôpital de Sainte Marie de la 
Consolation, à Rome, obtint l'approbation de Thyume. 

Pressi malorum pondère 

Adite Paullum supplices 

Qui certa largus desuper 

Dabit salutis pignora. 
grata Goelo victima 

Doctorque Amorque gentium 

PauÛe nos Te vindicem 

Nos Te Patronum poscimus. 
Nam tu beato çoncitus 

Divini Amoris impetu 

Quos insecutor oderas 

Defensor inde amplectens. 
grata etc. 
Non Te proceUae et vêrbera 

Non vincula, et ardor hostium 

Non dira mors déterrait 

Ne saocto adosses cœtui. 
grata etc. 
Amoris eia pristini 

Ne sis, precamur, inmiemor 

Et nos supernae languidoa 

In spem reducas gratiae. 
grata etc. 
Te destruautur auspice 

Saevae inferorum machinae 

Et nostra templa publicis 

Petita votis insonent. 
grata etc. 
Te deprecante fioreat 

Ignara damni charitas, 

Quam nulla turbent jurgia 

Nec ulltts horror sauciet, 
grata etc. 
Que terra coelumque divinitua 

Jungatur uno foedere 

Tuisque semper effluat 

Salubre nectar litteris. 
grata etc. 



285 



INDULTS LITimaïQUES. 



28^' 



Dot velle nos, quod imperat 
Det posse summus Arbiter 
Ne fiactnantes horridae 
Caligo noctis obraat. . 
grata etc. 
Gloria Patri, et Filio, et Spiritai Sancto. 
grata etc. 

ArUiphona. Vas electionis est mihi iste, ut portet 
Nomen menm coram gontibus, et regibns, et filiis IsraeL 

Ora pro nobis Sancte PauUe, Ut digni efficiamur pro- 
missionibus Christl. 

OrcUio. Omnipotens sempiterue Deus, qui Beato Apostolo 
tao PaullOf quid faceret, ut impleretur Spiritu Sancto, dî- 
vina miseratiome praecepisti; ejus dirigentibus monitis et 
suïïragantibus mentis concède, ut servientes tibi in timoré 
et tremore, caelestium donorum consolatîone repleamur. 
Per Dominum nostrum etc. Amen. 

Drbis, SodalUatis presbytei^orum in Nosocomio S. Mariae 
de Consolatîone. Suprascriptum hymnum, seu responsorium 
in honorem S. Pauli apostoli ab Emo, et Bmo D. card. 
Archinto Sac. B. Congregationi Prefecto et B. P. D. Hie- 
ronymo Napulionio revisum et approhatum, SSmus Dominus 
Noster Pius YI P. M. ad bumillimas peces Sodalitatis 
presbyterorum institutae in nosocomio S. Mariae de Con- 
solatione Urbis, me infrascripto secretario referente, extra 
ofBcium, et missam caui, aut recitari posse concessit. Die 
14 januaiii 1795. — J. Card. Archintus, praef. — D. Cop- 
pola S. B. G. secret. 

IV. Saints personnages de l'Evangile. 

Plusieurs diocèses honorent d*un culte particulier les 
saints personnages qui sont mentionnés dans l'Evangile. 

S. Joseph d'Arimathie est honoré dans la basilique 
du Vatican. Les chanoines récitent l'office le 17 mars. 

Sainte Marie Cléophas reçoit le culte à Venise; 
l'office se fait le 9 avril. 

S. Siméon prophète est titulaire de l'Eglise jadis 
paroissiale de Rome ; on fait l'office le 8 octobre. 

Sainte Marie Salomé est honorée à Vcroli, le 22 
octobre. 

En 1809, Pie Vil^ accorda ces mômes offices aux 
religieux Servîtes, ainsi que les offices de la Passion; 
l'oraison sur le Mont des Olives et le Saint-Suaire 
ne furent pas compris dans la concession. 

Decretum. Ordinis Servorum B, Mariae Virginis, SSmus 
Dominus Noster Pius VII Pont. Max. humillime suppli- 
cante Pâtre fr. Aloysio Beutivegni praeside generali ordinis 
servorum B. M. V. me infrascripto socretario referente, 
bénigne induisit, ut in posterum in unîverso praedicto 
ordine a religiosis utriusque sexus recitari possint sequeu- 
tia jam approbata oflScia cum missis, videlicet: 

In ferla VI post Domînicam primam Qnadragesimae 
officinm cum missa Commemorationis Passionis D. N. J. C. 
jam pro congregatione clericorum Excalceatorum SSmae 
Crncis et Passionis, dupl. maj. 

In feria VI post Dominicam secundam Qnadragesimae, 
Sacratissimae Spineae Goronae D. N. J. C. Dupl. maj. 

In feria VI post Dominicam tertiam Qnadragesimae, 
noYum offîcium de Lancea et Clavis D. N. J. C. a sa. me. 
Pîo VI die 5 septembris 1792, approbatum, dupl. maj. 

In feria IV post Dominicam qiiartam Qnadragesimae, 
Sacrorum quinque Vulnerum D. N. J. C. Dupl. maj. 

In feria IV post Dominicam Passionis, Pretiosissimi 
Sanguinis D. N. J. 0. Dupl. maj. 

Dummodo tamen in dictis feriis non occurrat officium 



supetioris aut potîorîs rîtus, quo casu ipsa officia myste- 
riorum Passionis D. N. J. C. omittantur. 

Praeterea induisit, ut in eodem ordine, ut supra,., re- 
citari possint haec alia sequentia officia cum missîs nempe:: 

In die 17 martii S. Josephi ab Arimathia Conf.. ut 
recitatur in Basilica Vaticana, dupl. min. 

In die 9 aprilis, S. Mariae Cleophae ut recitatur in 
civitate Venetiarum, dupl. min. 

In die 8 octobris S. Simeonis prophetae, ut recitatur 
in ecclesia parochiali ejus titulo in Urbe, dupl. min» 

In die .22 octobris S. Mariae Salome, ut recitatur in. 
civitate Verulana, Dupl. min. 

In Dominica 11 post Pascha officium cum missa dfe- 
dicationîs ecclesiae Montis Senarii ad praedîctum ofdinem 
pertinents, dup. maj. 

Die 11 januarii 1809. A. Card. Mathaejus. Sg J; de 
Carpineo S. B. C. secretarius. 

V. Office de S. Basile 

POUR LA veille DE l'EpIPHANIK^ 

Le * 5 janvier étant réservé à la vigile de l'Epipha- 
nie, les rubriques générales interdisent tout oflBce des 
saints. Cependant Clément XIV permit aux religieux et 
aux religieuses de Tordre de S. Basile du rite latin, 
de célébrer ledit jour l'office et la messe propre ap- 
prouvés pour le 14 juin. Ce privilège fut sollicité par les 
Basiliennes du monastère du Saint Sauveur, de Païenne. 

Decretum. Ordinis S, Basilii. SSmus IX N. Clemens 
P. XIV ad humillimas preces Domnae Angelae Mariae Mar* 
ziani abbatissae, et monialium monasterii SSmi Salvatoris 
civitatis Panormi ordinis S. Basilii, attentis peculiaribua^ 
circumstantiis, et dummodo non transeat in exemplum, 
auditq etiam B. P. Dominico de Sancto Petro fidei pro- 
motore, meque infrascripto secretario referente, bénigne in- 
duisit monialibus ac monachis ritus latini dicti ordinis^ 
ut die 5 januarii cujuslibet anni sub ritu dupliois majoris 
recîtare valeant oflScium S. Basilii Magni cum lectionibus 
2 et 3 nocturni, oratione, et missa propriis alias adpro^ 
bâtis et concessîs praefato ordini S. Basilii pro dSo de- 
cimaquarta junii, quibuscumque in contrarium non ebstan- 
tibus. Die 18 augustî 1770. — Flavius Card. Chisiufi, praef. 
— V. Macedonius, S. B. C. secret, 

VI. Office de S. Augusti 
COMPOSÉ PAR S. Thomas d'Aquin. 

Inspiré par la profonde dévotion qu'il éprouva pour 
S. Augustin, dont il suivit constamment la sainte doc- 
trine, S. Thomas d'Aquin composa un office, avec des 
hymnes et des leçons propres. Les chanoines réguliers 
du Latran récitaient cet office. Ils auraient dû laban- 
donner, lorsque S. Pie V publia le bréviaire réformé 
et corrigé. Le bref Licet ecclesiœ, du 18 décembre 
1570, permit aux chanoines réguliers du Latran de 
conserver leur ancien office de S. Augustin, tel que 
S. Thomas le composa. 

Le bref de S. Pie V se trouve dans Bullarium ma- 
gnum (tom. 2, pag. 344) el ddLm Bultariumromanum, 
de Cocquelines (tom 4, part. 3, pag. 239). 

Voici Tabrégé qu'en a faitGuerra, Epitome BuUarii 
romani (tom. I, pag. 53). 

Pius V ad perpetua"m rei memoriam. Licet ecclesiae etc, 
Jusserat Pius publicari Breviarium jam correctum; omnes 
proinde, qui ad horas canonicas tenebantur, debebant illud 
recitare secundum factam correctionem. 



287 



INDULTS LITUBGIQUBS. 



288 



In obseqtiiam tamen S^ Thomae Âqninatis Ordims 
Praedicatorom e quo ordine erat Pius, qui quidem D. 
Thomas summo culta proseqnebatur D. Augustinum , 
ejusque doctrinam sanissimam mordicus tenuit, defendit- 
que, canonicis Lateranensibus dat facultatem Pius reci- 
tancU officium de dicto Sancto cum hymnis, et responsoriis 
propriis ordinatis a S. Thoma, et celebrandi missam, etiamsi 
dies S. Augustini, ejusque octava inciderit in Dominicam. 

Permittit etiam iisdem canonicis dicere ofScia sancto* 
rum ordinis sui juxta antiquum ejusdem ordinis ritum, 
Tetans a quocumque eos super hoc molestari N. 0. D. 
Bomae apud S. Petrum die XYIII decembris 1570. 

VII. Prépacbs. 

Le missel romain admet dix préfaces, indépendam- 
ment de la préface commune qui sert aussi pour la 
messe des fidèles défunts. Le Sainl-Siége approuve les 
préfaces propres, surtout pour les fondateurs des ordres 
religieux. 

Sous Clément XIII, les Trinitaires obtinrent le pri- 
vilège de dire la préface de la Trinité à la messe de 
S. Jean de Matha et de S. Félix de Valois, fondateurs 
de Tordre. Voici l'induit de la S. Congl-égation des 
Rites : 

Decrehmh. (h^dinis Disoalceak)rtbm SSmae Trinit<Ui$ 
RedempHonis CapHvorum. Belatis per me infrum secre- 
tarium in Sacrorum Bituum Congregatione humillimis 
precibus P. Fratris Valantini a sancto Hermenegildo pro- 
cnratoris generalis ordinis discalceatorum SSmae Triuitetis 
Bedemptionis captiTorum eidem S. G. porrectis, quibus 
supplicabat, ut praefato suo ordini bénigne indulgere di- 
gnaretur facultatem recitandi in missis tam privatis, quam 
solemnibus praefationem de SSma Trinitate in festis SS. 
Joannis de Matha, et Felicis de Valois ejusdem ordinis 
fundatorum. Et S. CTongregatio gratiam petitam oratori 
bénigne concessit. Die 11 febrnarii 1764. F. M. Card. 
Feroni, praef. S. Burghesius secret. 



En 1787, Mgr Erskine étant promoteur de la foi, 
le procureur général des minimes obtint Tapprobation 
de la préface spéciale de S. François de Paule, fon- 
dateur de l'ordre. Cette préface est fort belle, et d'un 
grand style. Elle fut concédée aux religieux et aux 
religieuses qui professent la règle. 

Pro missa S. Francisci De Paula Ptaefatio. Vere dignum, 
et justnm est, aequum et salutare, nos tibi semper et ubi- 
que gratias i^ere, Domine Sancte, Pater Omnipotens aeterne 
Deus. Qui in aetemitate gloriae tuae Filium intelligentia 
tua gignis, et cum eo Spiritum Sanctum mutua charitate 
producis. Quique bonitatem tuam in filios adoptionis ef- 
fandens, cum eodem Filio tuo, et Spiritu Sancto apud di- 
ligentes Te mansionem tuam facere non dedignaris. lUa 
dum firmiter révélante Te credimus, haec in Beato Fran- 
cisco confessore tuo, Te manifestante perspeximus. Ipse 
«nim de tua vita. in Filio tuo per inhabitantem spiritum 
vivons; dum flammis divinae charitatis exarsit, digito ae- 
ternae tuae dexterae Omnipotentiam tuam monstrante, om- 
nium virtute prodigiorum inclaruit. Et dum in humilitate 
Filii tui vere minimus abscondebatur, maxima caelestium 
arcana parvulis revdata cognovit: Per eamdem Ghristum 
Dominum Nostrum. Per quem majestatem tuam etc. 

Deoretum. Ordinis iHnimorum S. Francisei de Paula. 
Suprascriptam praefationem ab S&o et Bmo D. Card. Ar- 



chinto Sac. Bit. congregationid pr^efecto, et B. P. Carolo 
Erskine fidei promotore revisam et correctam, SSmus Do- 
minus Noster Pius VI Pont. Max. supplicante Pâtre Fra- 
tre Vincentio La Malfa procuratore generali ordinis Mi- 
nimorum S. Francisci de Paula, et me infrascripto secretario 
referente, adprobavit atque ab universa religione utriasque 
sexus Ordinis Minimorum in missa S. Francisci de Paula 
recitari posse bénigne concessit, servata rubricarum dispo- 
sitione. Die 28 martii 1787. J. Gard. Archintus praefectus. 
D. Coppola S. it. C, secretariiés. 



Les oratoriens ont une préface propre de S. Philippe 
de Neri. Nous ne retrouvons pas dans les archives des 
Analecta l'induit pontifical qui accorda la préface, mais 
nous avons un exemplaire de la préface même imprimé 
à l'imprimerie de la Chambre apostolique en 1803 ; cela 
garantit suffisamment l'authenticité de la pièce. 

In missa Sancti PhiUppi Neri, Praefatio propria. Ve«- 
re dignum, et justum est, aequum et salutare, nos tibi 
semper et ubique gratias agere, Domine Sancte Pater om- 
nipotens aeterne Deus, qui beatum Philippum gratiae tùae- 
muneribus amoris igné aestuare fecisti, qua inefbbili cha^ 
ritate inflammatus, novam ad animarum lucrum congre- 
gationem instituit, et quae aliis dédit salutis monita, ope- 
rum exhibitione complevit. Quaesumus ergo clementianir 
tuam, ut illius nos festivitate laetifices, eiemplo piae con- 
versationis exerceas, verbo praedicationis erudias, grataque^ 
tibi supplicatione tnearis. Et ideo cum Angelis, et Ar- 
changelis. etc. Romae apud Lazarinum R. Camerae Apo- 
stolicae typographum 1805. 

VIII. Offices du clergé AiioLiis. 

le cardinal d'York oblint de Benoit XIV Tautori* 
sation, pour tous les prêtres anglais, en quel lieu qu'ils 
résident, de réciter les offices propres des saints d'An- 
gleterre. Gomme le collège anglais de Rome avait pré- 
cédemment obtenu le privilège, Bénott XIV, peu incliné 
d'ailleurs aux nouveaux offices, consentit à l'extension 
de l'induit en faveur de tous les Anglais. 

Saint Georges martyr (23 avril) patron de l'Angle- 
terre, a le rite de première classe avec octave. 

Le même rang et l'octave sont accordés à S. Au- 
gustin de Gantorbéry, apôtre de l'Angleterre dont la 
fête se fait le 26 mai. 

Quoique S. Edouard, roi, dont la fête a lieu le 13 
octobre, ait seulement la seconde classe, on fait l'octave. 

L'office de S. Edmond, roi et martyr, est double- 
majeur, sans octave, le 20 novembre. 

S. Thomas de Gantorbéry a le rite de seconde 
classe avec octave. Gomme la fête se fait le 29 dé- 
cembre, l'octave arrive jusqu'à la veille de l'Epiphanie. 

La bulle de 1850 qui a rétabli la hiérarchie épi- 
scopale en Angleterre, a supprimé tous les privilèges. 
Il a donc été nécessaire de faire renouveler les induits 
liturgiques. 

DeorePum. Cum regia celsitudo Emi cardinalis dncis* 
Eboracensis pro sua pietate ac zelo promovendi cultum 
Sanctomm Angliae, enixas SSmo Dno N. Bénédicte P». 
XIV preces porrexit pro facultate recitandi infrascripta 
Sanctorum officia quae a commorantibns in coUegio angli- 
cane Urbis et* a religiosis societatis Jesu provinciae An- 



289 



INDUITS LITURGIQUES. 



290 



gliae respective recitantur, nec non pro extensione eorum- 
dem ad omnes Anglicanae nationis ecclesiasticos nbique 
locorum degentes, Sanctitas Sua ipsius pietatem, ac zelum 
fovere studens, attentisque peculiaribus facti circumatantiis, 
petitam facultatem, ac respective extensionem bénigne 
ooncessii, atque induisit sub ritu in dictis officiis infra de- 
signato, ita tamen, nt in sanctorum suffiragiis fiât tantum 
commemoratio de S. Georgio. Die 8 januarii 1749. 

Officium de S. Giorgio martyre, Angliae patrono sub rita 
duplici primae classis cum octava recitandum die 23 aprilis. 

Officium de S. Augustino Ângliae Apostolo, sub ritu 
duplici primae classis cum octava recitandum die 26 maii. 

Officium de S. Eduardo rege, sub ritu duplici secundae 
classis cum octava, recitandum die 13 octobris. 

Officium de SS. Ursula, et sociis martyribus sub ritu 
duplici majori recitandum die 21 octobris. 

Officium de S. Edmundo rege et martyre sub ritu du- 
plici majori recitandum die 20 novembris, 

Officium de S. Thoma episcopo Oantuariensi et mar- 
tyre, sub ritu duplici secundae classis cum octava reci- 
tandum die 29 decembris. 

D. J. Gard. Tamburinus, praef. — J. Patriar. Hierosoly. 
secret. 

IX. Obdre de s. Jean de Dieu. 
Saint Alphonse de Liguobi. 

Le roi Louis XIV intervint après du pape pour obtenir 
que l'office de S. Jean de Dieu fut d'obligation dans 
toute TEgiise. II écrivit dans ce but au cardinal de la 
Trémouille une lettre contresignée de Colbert. 

Foris. A mon cousin de la Trémoille, commandeur de 
mes ordres, chargé de mes affaires à Bome. 

IfUus. Mon cousin. Les Religieux de la Charité m'ayant 
fait supplier d'appuyer de ma recommandation auprez 
du Pape les instances qu'ils doivent faire à Sa Sainteté 
pour obtenir la permission de faire reciter dans toute l'E- 
glise l'oflSce de saint Jean de Dieu leur fondateur, je leur 
ay accordé cette grâce avec d'autant plus de plaisir, que 
les Beligieux de cet ordre establis dans mon Boyaume res- 
pondent parfaitement aux pieuses intentions de leur Lis- 
tituteur, que mes sujets en reçoivent des secours consi- 
dérables, et que les fidèles seront édifiez, en voyant rendre 
à sa mémoire dans l'Eglise ce qui est deu à la sainteté 
de sa vie. Mon intention est aussi que en même temps 
que vous rendrez au Pape la lettre, que je lui écris sur 
ee sujet, vous fassiez connaitre à Sa Sainteté les raisons 
qui me portent à appuyer cette demande, et vous ferez 
aussi les autres démarches que vous jugerez . convenables 
pour parvenir a la même fin. Sur ce, je prie Dieu qu'il 
TOUS ajt, mon cousin, en sa sainte et digne garde. 

Ecrit à Versailles le 20 octobre 1673. — Louis — ColberL 



ordine officium proprium cum missa ejusdem B. Y. M. 
titulo Boni Consilii^ ritu dupl. maj. die 26 aprilis, jam 
pro ordine Eremitarum S. Augustini adprobatum. Sanc- 
titas Sua, me infrascripto secretario referente, gratiam 
petitam servatis rubricis, oratori bénigne elargitus est. 
Die 9 juhii 1787. J. Gard. Archintus Praef. — D. Coppola, 
S. R. C. secret. 



La fête de Sainte Marie du Bon-Conseil, qui se 
fait le 26 avril, fut primitivement accordée aux Au- 
gustins. En 1787, le prieur général de S. Jean de 
Dieu obtint de Pie VI le privilège de célébrer cette 
fête dans tout Tordre, sous le rite double majeur. 
Voici l'induit de la S. Congrégation des Rites: 

DecrePum. Ordinis S. Joannis de Deo. Ad fovendam 
piam devotionem quae apud fratres S. Joannis de Deo 
viget erga B. Y. M. frater hodiemus generalis dicti ordinis 
Sanctissimo Domino Nostro Pio sexto pont. mai. humil- 
lime supplicavit pro facultate recitandi in praefato suo 



Plusieurs ordres religieux ont Iç privilège d'ajouler 
le nom de leui' fondateur au Confileor, après les saints 
apôtres Pierre et Paul, à T office, à la messe, et dans 
toutes les autres prières publiques et particulières. En 
1833, les frères de S. Jean de Dieu obtinrent le pri- 
vilège, seulement pour Toffice. L'amiée suivante, le 
général de l'institut sollicita un induit illimité pour la 
messe et dans toutes les autres circonstances, La S. 
Congrégation des Rites, réunie en assemblée ordinaire 
an Vatican le 22 août 1834, accueillit favorablement 
la demande. 

Ordinis S. Joannis de Deo. Decimoseptimo kalendas 
aprilis superioris anni 1833, datum est ab hac sanctaapos- 
tolica sede alumnis ordinis Sancti Joannis de Deo addere 
nomen ipsius S. Joannis fundatoris ad confiteor^ attamen 
in officie tantum, quod quidem privilegium extendere exop- 
tans ad missam etiam , adeo ut sit illimitatum , uti et 
alii ordines regulares habent, Rmus hodiemus prier ge- 
neralis Sacrorum Rituum Congregationi humillimas por- 
rexît preces pro opportuna facultate. Et Sacra eadem Con- 
gregatio, ad Vaticanum sub infrascripta die in ordinario 
cœtu coadunala, me infrascripto secretario referente, om- 
nibus mature consideratis rationum momentis iu supplici 
libelle expositis , pro gratia extensionis bénigne annuit 
juxta petita. C. M. épis. Praenest. card. PedicinusS. R. G. 
praefectus. J. Q. Fatati S. R. G. secret. 



La fête de S. Jean de Dieu, qui se fait le 8 mars, 
est souvent empêchée par le premier dimanche de ca- 
rême ou par celui de la Passion, qui ont rang de 
première classe et sont particulièrement privilégiés. En 
1834, le pape Grégoire XH permit aux frères de S. 
Jean de Dieu de faire la fête de leur fondateur le 10 
mars, en renvoyant les quarante martyrs au premier 
jour libre, conformément aux rubriques. 

Ordinis S. Joannis de Deo. SSmo domino nostri Gre- 
gorio XVI pontifici maxime supplicavit humillime R. P. 
fir. Aloysius Maria Carmignani prier generalis ordinis fira- 
trum Hospitalitatis înfirmorum, ut quoniam festum S. Jo-