(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Annales"


i 



m 



m 



TT 



m 



MilOlI 



u 



DU 



LUXEMBOURG. 



ANNALES 



N.B L'Institut n'est responsable d'aucune des idées et des opinions émises par ses metnbres: 
il se borne à les publier, lorsque les documents lui paraissent dignes de voir le jour. 



ANNÉE 1906 



Prix : 6.50. 




^4^^ 




Arlon. — Imprimerie & Lithographie F. Bruck. 

1906 






DU 



LUXEMBOURG. 



L'Institut nrclirolo(|i(|ne du Luxemhoun] 

publiera dans ses prochains volumes : 



H. Goffinet. 
Chanoine de Leuze. 
J.-B. Douret. 

Id. 
J. Vannerus. 

Id. 

Id. 

Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 

Schaudel. 
D"^ Lomry. 
Laloire. 

E. Liégeois. 
J.-B. Sibenaler. 

Id. 



E. Tandel. 



Jacob. 

Felseniiart. 

Loes. 

B"" Orban de Xivry, 

Abbé N. Tillière. 
Jules Fréson. 



Histoire de Glairefontaine (fin). 

Les Fiefs du Comté de Laroche (suite). 

8*^ supplément aux notices des écrivains luxembourgeois. 

Matériaux pour la bibliographie du Luxembourg. 

Le carlulaire Nothomb. 

Documents divers concernant le Luxembourg reposant aux 
archives de l'Etat à Mons (fin). 

Un officier Luxembourgeois du XVII'^ siècle, Jean de Romal, 
dit Machuré, de St-Mard. 

Notice sur Roumont. 

Notice sur les du Faing et les d'Huart. 

Note sur le bureau des postes de Marche au XVIIP siècle. 

Analyse des archives du château de St-Ode. 

Table systématique des Tomes I à XLII des Annales de 
l'Institut (1847 à 1906). 

La seigneurie de Breux (fin). 

La commune de Bovigny. 

Note sur les médailles Luxembourgeoises des Musées de 
Bruxelles. 

Compte de la recette de Ghiny pour l'année 1378-1379. 

Catalogue illustré des Taques du Musée archéologique 
d'Arlon. 

Manuscrit encore inédit « à propos de la querelle du 
Magistrat d'Arlon avec le R. F. Bertholet au sujet de 
l'étymologie d'Arlon. » 

Additions aux Cartulaires des Communes Luxembour- 
geoises, d'après le T. X de la Table chronologique 
des diplômes imprimés concernant l'Histoire de Bel- 
gique. Oeuvre posthume de Wauters. 

Documents historiques. 

Notes biographiques. 

L'église de St-Donat et le couvent des capucins à Arlon. 
Hier-aujourd'hui. 

sénateur. La chapelle de Saint-Hubert à la Gonvcrserie. 
2'^ partie. 

Notice sur N. D. do Bonlieu à Ethe. 

La suzeraineté de la terre ou des six Facultés de Saint- 
Hubert. 



1 



ni 



m 



irr 



\j J- 



1 
Jl 



L 



j 



A 



V 



V 
J 



'i 



i 



DU 



LUXEMBOURG. 



ANNALES. 



N.B L'InstUul n'eut responsable d'aucune des idées et des opinions émises par ses membres; 
il se borne à les publier, lorsque les documents lui paraissent dignes de voir le jour. 



ANNÉE 19 G 



Prix : 6.50 




Arlon. ~ Imprimerie & Lithographie F. Bruck. 

1906 




PlllLIlMM-:. ('(tMTK l)K Fl.ANDKK. l'RINCE DE BEI.UKJI-K 
MKMHKK l'KnTKCTECK DE EIXSTITrT ARCHÉi^EOI rlt.tUE DE ETXEMH()rK(i 

NÉ A LAEKEN EE :^4 MARS 1S37 
M(»RT A HRTXELEES LE 17 NOVEMHRE 1905 



Au mois d'août 1877, S. A. U. Mgr. le comte de Flandre avait 
daigné accepter le titre de protecteur de l'Institut archéologique 
du Luxembourg. 

Quelque temps après la mort de l'Auguste défunt, je sollicitai 
de S. A. R. Mgr. le Prince xMbert de Belgique la faveur de nous 
continuer la protection que son regretté Père avait bien voulu 
nous accorder. 

Je suis heureux de porter à la connaissance de nos membres 
que cette demande a été favorablement accueillie. 

Voici la lettre qui nous l'a appris : 
SERVICE DE s. A. R. BruxcUcs, le 19 février 190G. 

LE PRINCE ALBERT 

DE BELGIQUE. 

— 0— 

Monsieur le Président, 

Monseigneur le Prince Albert, à qui j'ai eu l'hon- 
neur de faire part de votre lettre du 21 janvier, est 
très-touché de votre attention délicate. 

Son Altesse Royale croit rendre hommage à la 
mémoire de son regretté Père en acceptant de Lui 
succéder comme protecteur de l'Institut archéologique 
du Luxembourg et en promettant de se dévouer à 
cette société savante. 

Veuillez agréer. Monsieur le Président, l'expression 
de ma considération la plus distinguée. 

Le Secrétaire, 
P. GODEFROID. 

A Monsieur le Président de rinstilut archéologique 
du Luxembourg, à Arlon. 

Le 20 février j'ai prié M. Godefroid d'être notre interprète 
auprès de Son Altesse Royale pour lui dire combien nous Lui 
sommes reconnaissants de l'Honneur qu'EUe nous fait en accep- 
tant de succéder à son auguste et regretté Père comme protec- 
teur de l'Institut archéologique du Luxembourg. E. T. 



Liste des Membres de la Société. 



1906. 



s. A. R. M^f le Prince Albert de Belgique, membre protecteur. 
M. le Comte de Briey, gouverneur, président d'honneur. 

Bureau. 

MM. Tandel, commissaire d'arrondissement, à Arlon, président, élu membre 
effectif le 25 août 1873. 
Sibenaler, conservateur du Musée. 
A. HoUenfeltz, avocat, secrétaire. 
Loes, curé, bibliothécaire. 

Comité permanent. 

MM. Tandel, Fabritius, HoUenfeltz, Sibenaler et Van de Wyngaert, père. 

Membres effectifs. 

Arlon (Administration communale). 

MM. Altenhoven, professeur à l'Athénée royal d'Arlon. 

Arend, juge de paix à Arlon. 

Barbanson Adrien, château du bois d'Arlon.' 

Bergh Albert, agent de la Banque Nationale à Neufchàteau. 

Bergh L., notaire à Neufchàteau. 

Bertrand, juge de paix à Virton. 

Birnbaum, professeur à l'Athénée royal d'Arlon. 

Bockholtz, ingénieur principal des mines à Namur, 

Braffort, directeur général au ministère de l'agriculture à Bruxelles. 

Bribosia, commissaire d'arrondissement à Bastogne. 

Bourguignon, notaire à Marche. 

Briick, éditeur à Arlon. 

du Bus de Warnaffe, juge au tribunal de Tournai. 

Gaprasse, greffier provincial à Arlon. 

Garly, juge de paix à Florenville. 



— VIII — 

MM, Casier J., artiste peintre-veri'ier, cons. communal, rue des Rémouleurs 

91, Gand. 
Charles, secrétaire de la Société agricole à Arlon. 
Clément, notaire à Neufchàteau, 
Colliez, père, docteur en médecine à Longwy-Bas. 
Cordier A., conseiller communal à Tintigny, 
Dauby, docteur en médecine à Tintigny, 
Delvaux H., membre de la Chambre des Représentants, Place St-Pierre, 

à Liège. 
Démal (R, P.), Recteur des Jésuites à Arlon. 
Déome J., avocat et bourgmestre à Neufchàteau. 
Devolder, sénateur, rue de Trêves 53, à Bruxelles. 
Dewez-Decat, ingénieur à Fontaine-l'Évéque. 
Didier, curé à Bleid. 
Dubois, curé pensionné à Barnich. 
Dordu (Madame), rentière à Ethe. 

Dordu Fabien, docteur en médecine à Genève, Petit Sacconex. 
Eischen, docteur en médecine à Arlon. 
Ensch-Tesch, avocat et bourgmestre à Arlon. 
Ensch Fritz, docteur en droit à Arlon, 
Ernould, instituteur communal à Jamoigne. 
Fabritius, professeur à l'Athénée royal d' Arlon. 
de Favereau, conseiller provincial à Grandhan, 
Finet, sénateur à Bruxelles, Avenue des Arts. 
Florenville (Administration communale). 
Forget J., professeur, rue Marie-Thérèse 110, à Louvain. 
François, inspecteur provincial des contributions à Arlon. 
Fréson J., conseiller honoraire à la cour d'appel, rue Sainte-Marie 24, 

à Liège. 
Fribourg Paul, négociant à Arlon. 
Gaspar Camille, rue des Coteaux 20, à Bruxelles. 
Gaupin Georges, rentier à St-Léger. 
de Gerlache Léon, juge de paix à Durbuy. 
Goffinet Jules, boulevard du Régent 28, à Bruxelles. 
Goffînet Auguste (baron), secrétaire des commandements de S. M. le Roi 

à Bruxelles, 
Goffinet Constant (baron), intendant de la liste civile à Bruxelles. 
Gourdet, conseiller à la cour d'appel de Liège. 
Gratia, docteur en médecine à Virton. 
Guerlot, instituteur communal à Virton. 
Guiot, secrétaire communal à Jamoigne. 
Habran Victor, curé à Erneuville. 
Hallet, curé à Villers-devant-Orval. 



— IX — 

MM. Hansez, père, négociant à Bastogne. 
Haverland, architecte à Virton. 

d'Herbemont (comte), rentier, Avenue Louise 89, à Bruxelles. 
Heren, fils, rentier à Villers-devant-Orval. 
Heynen, membre de la Chambre des Représentants à Bertrix. 
d'Hoffschmidt A., rentier au château de Recogne lez-Bastogne. 
Hollenfeltz A., avocat à Arlon. 
Houba, curé à Habay-la -Neuve. 

d'Huart Henri (baron), rentier au château de Villemont. 
Hubert Charles, notaire à Arlon. 
Hubert Lucien, rentier à Longwy-haut. 
Husson F., percepteur des postes à Liège (Amercœur). 
Jacmin-Staudt, industriel à Gérouville. 
Jamart E., docteur en médecine à Arlon. 
Jacques, chanoine, supérieur du séminaire à Bastogne. 
Jacques (Madame Veuve Eugène), à Florenville. 
Jacques G., vice-président de la Société agricole à Goronne. 
Jacques, ancien notaire â Vielsalm. 
Jaumin D., inspecteur de la voirie vicinale à Mons. 
Julien P., ancien chef de division au gouvernement provincial à Arlon. 
Kelner, professeur de religion à l'athénée d'Arlon. 
Kirsch, curé primaire à Arlon. 
Kuborn A., ingénieur et bourgmestre à Martelange. 
Knepper, curé-doyen de Saint-Donat à Arlon. 
Kupper, architecte provincial à Bastogne. 
Lambinet A., juge de paix à Etalle. 
Lambiotte L., industriel à Marbehan. 
Lanser René, 68, rue de Louvain à Bruxelles. 
Laroche (Administration communale). 
Larocheblin (de) Victor, au château de Ville, par Hamoir. 
Laurent C, avocat à Charleroi. 
Laurent, géomètre du cadastre à Arlon. 
Lecler, chanoine à Namur. 
Lecler, chanoine, inspecteur diocésain à Arlon. 
Lejeune J., juge au Tribunal d'Arlon. 
Lefèvre, notaire, président du Conseil provincial à Tintigny. 
Legrand, notaire à Nassogne. 
Lenoir, curé à Habay-la- Vieille. 
Leroux, commis des postes à Bastogne. 
de Leuze, chanoine titulaire à Namur. 
Liégeois E., instituteur communal à Hollogne-aux-Pierres. 
de Limburg-Stirum (comte), représentant d'Arlon, Bruxelles, rue du Com- 
merce, 15, au château St-Jean, par Manhay. 



— X — 

MM. Loes, curé à Hondelange. 

I.omry, docteur en médecine à Gourtil (Bovigny). 

Macédone (frère), directeur de l'établissement à Garlsbourg. 

Magnette I*aul, contrôleur des contributions à Namur. 

Mertesse J., contrôleur du cadastre à Mons. 

Michaëlis, archiviste de l'Etat à Arlon. 

Moflfarts (de) Baron, conseiller provincial à Botassart. 

Morant, prof' à l'Ecole moyenne de St-Gilles-Bruxelles, rue d'Albanie, 100. 

Mortehan Ad., notaire à Bastogne. 

Mortehan Ed., avoué-licencié et agent consulaire de France à Arlon. 

MuUer-Tesch (Madame), au Château de Messancy. 

MuUer, curé à Sugny (Bouillon). 

Namur, greffier en chef du tribunal de Neufchâteau. 

Netzer, procureur du Roi à Arlon. 

Nickers, curé à l'église Notre-Dame de Namur. 

Nicolas, curé à St-Remy (Bleid). 

Noël, bourgmestre à Villers-devant-Orval. 

Noël Albert (frère), prêtre, au château de Baronville. 

Orban de Xivry A. (baron), sénateur à Louvain. 

Orban de Xivry (Fernand), avenue de la Toison d'Or 51, Bruxelles. 

Orban de Xivry (Henri), conseiller prov., château de Ghession (Laroche). 

Origer, conseillei* provincial à Autelbas. 

Ozeray Camille, ancien membre de la Chambre des Représent, à Bouillon. 

Petit, capitaine au 10® de ligne à Louvain. 

Pierrard, ancien professeur à l'Ecole normale à Arlon. 

Poncelet J., avocat et conseiller provincial à Neufchâteau. 

Poncin J., imprimeur-éditeur à Arlon. 

de Premorel G., rentier au château de Bleid. 

Remisch, chef-garde à Arlon. 

Reuter P., avocat et échevin de la ville d'Arlon, 

Robert Eudore, notaire à Virton. 

Rodange, curé à Vecmont (Beausaint). 

St-Mard (Administration communale). 

Schaack, contrôF principal des accises, rue de la Comtesse 10, à Laeken. 

Schaudel, receveur principal des douanes, à Chambéry (Savoie). 

Scheuer V., docteur en médecine, rue Potagère 55, à Bruxelles. 

Schiltz, curé-doyen à Dinant. 

Schréder, curé à Vivy. 

Schwcisthal, bibliothécaire de S. A. R. M""" la Comtesse de Flandre, rue 

d'Fldimbourg 9, à Ixelles. 
Servais, colonel au l^"" chasseurs à pied à Charleroi. 
Sibenaler, conservateur du Musée à Arlon. 

Smet, lieutenant au 10^ de ligne, professeur à l'école des pupilles à Alost. 
Tandel, commissaire d'arrondissement à Arlon. 



— XI — 

MM. Tesch Albert, notaire à Arlon. 
Tesch Jules, notaire à Messancy. 
Theissen, curé à Limerlé. 
Tihon, docteur en médecine à Theux. 
Van de Wyngaert, père, architecte à Arlon. 
Van de Wyngaert, fils, architecte à Arlon. 
Vannérus Jules, archiviste, (Chaussée de Mons 9, à Gureghem. 
Van Overstraten René, industriel, membre du comité du Musée de Lille à 

Lambersart-Cauteleu près Lille. 
Vaucleroy (de), docteur en médecine, avenue Louise 306 à Bruxelles. 
Walin, commissaire voyer à Arlon. 
Wavreil, curé à St- Léger. 

Wilmart, conseiller provincial à Liège, rue St-Remy. 
Weyrich, curé à Thiaumont. 
Zoude Henri, industriel à St-Hubert. 

Membres correspondants en Belgique. 

MM. Baugnet, inspecteur principal de l'enseignement primaire à Hotton. 
Becquet, conservateur du Musée, Namur 

Boreux, ancien inspecteur cantonal de l'enseignement primaire, Bertrix. 
Chevalier de Borman, député, Hasselt. 
Bormans, administrateur de l'Université, Liège. 
Gharneux, commissaire voyer, Barvaux. 
Gumont, numismate, Bruxelles. 

Groulard (de) major pensionné, Ghaussée de Haecht i27, Bruxelles. 
Delvenne, inspecteur cantonal de l'enseignement primaire, Bastogne. 
Dendal, secrétaire du ministre des chemins de fer, postes et télégraphes, 

Bruxelles. 
Dierickx, archiviste, Ypres. 

Douret, fonctionnaire pensionné, rue Vonck, 101, Schaerbeek. 
Dubois J., chef du cabinet de M. le Ministre du Travail, Ghaussée de 

Vleurgat 94, Bruxelles. 
Dupont, professeur à l'Athénée royal de Bruxelles. 
Frédéricq, professeur à l'Université de Gand. 
Hagemans G., archéologue, Bruxelles. 
Henriquet, commissaire voyer, Izel. 
Massonnet, instituteur, Ghassepierre. 
Pavoux, ingénieur, Bruxelles. 
Pety de Thozée, avocat, Gharleroi. 
Roger, commissaire voyer, Virton. 
Roisin (baron de), archéologue, Bruxelles. 



— 5UÎ — 

MM. Schœpkens A., membre de l'Académie d'archéologie d'Anvers, Bruxelles. 
Van den Steen de Jehay (comte Xavier), Liège. 
Tillière, aumônier pensionné, Jamoigne. 
Tocq, professeur au Séminaire de Bastogne. 
Van der Straten-Ponthoz F., ancien président de la Société archéologique 

de Bruxelles. 
Warion, commissaire voyer, Vielsalm. 
Warker, professeur à l'Athénée royal d'Arlon. 
Warzée, chef de division honoraire à la division des mines au ministère 

de l'intérieur, Saint-Josse-ten-Noode. 

A l'étranger. 

MM. Blum, curé pensionné, Hollerich, rue d'Esch. 

Bossut (Louis), avocat général à la cour d'appel de Douai, rue de 
Foucques 2. 
M*""» Bourgeois, rentière, Montmédy. 
MM. Gaasch, curé pensionné à Luxembourg. 

Germain Léon, archéologue, Nancy, rue Heré. 

Grob, curé, Bivingen-Berchem. 

Comte d'Harnoncourt, chambellan de S. M. l'Empereur d'Autriche, à 
Baden près Vienne, Antonsgasse 19. 

Hoffmann, ethnologiste, Smithsonian Institution, Washington. 

I)"" José de Amaral B. de Toro, président de l'Institut de Vizen (Portugal). 

Kellen, propriétaire, Platen. 

Liénart Félix, secrétaire de la Société philomathique, Verdun. 

Pety de Thozée, consul de Belgique, Sofia. 

Reiners, curé, Oberwampach. 

Riggauor, Hans, attaché au cabinet royal des médailles, Munich. 

Rivière (baron de), secrétaire de la Société archéologique du Midi de la 
France, Toulouse. 

Ruppert, archiviste, Luxembourg. 

Schaack G., juge au tribunal de Diekirch, 

Schliep, ancien fonctionnaire de l'Etat néerlandais aux Indes, Luxembourg. 

Sève, consul général de Belgique, Liverpool. 

de Thiridez, chanoine, aumônier mihtaire général, Reims. 

Van Werveké, professeur à l'Athénée de Luxembourg. 




RESTES DE L'ANCIENNE CHAPELLE DE L'ABEAi'E DE CLAIR EFONTAI N E 
(D'APRÈS UN CLICHÉ CE M. SIBENALER) 



L'ancienne abbaye de Clairefonlaine 



par le R. P. GOFFINET S. J. 



MOTICS: Hl.^ TORIQUE. 



SECONDE PARTIE. 



Les abbesses de Clairefonlaine. 

(Suite) (1). 



Marie de Semelle 

Huitième abbesse de Clairefonlaine. 

A la mort du roi Wenceslas, second duc de Luxembourg (16 août 1419), Marie 
de Semelle avait succédé à l'abbesse Anne de Glémency ; on ignore depuis com- 
bien de temps. La prieure de l'abba^^e était alors Marguerite de Septfontaines. 

Semelle, aujourd'hui Semel, est un hameau belge de la commune de Longlier, 
et Septfontaines, un village du grand-duché. Chacune de ces localités était le 
siège d'une maison noble. Il y a grande apparence, mais non certitude, que ces 
deux religieuses en étaient issues. 

Quoi qu'il en soit de cette descendance, Jean de Septfontaines, fils de Waleran, 
était loin d'être favorable au couvent de Clairefonlaine. Son opposition provenait 
de ce que les religieuses refusaient de partager avec lui le fermage de leur 
métairie de Bous, près de Guirsch. Pour avoir la paix, les religieuses durent lui 
constituer une rente annuelle de dix maldres, moitié seigle, moitié avoine, 
mesure d'Arlon. Cet accommodement avait été ménagé par Jean d'Autel, le 
jeune, sire de Kœrich ; par Arnold de Solœuvre, curé de Dudelange ; par Didier 
d'Autel, sire de Bertrange et de Tiercelet, et par Jean de Strainchamps, échevin 



(i> Voir tuine XVI, l!SS4, p. 17, tome XXIX, l^y4, p. 13, et tunie XL, lyuj. p. 133. 



fet sous-prévôt d'Arlon. L'acte en fut rédigé par l'abbesse et la prieure. Outre le 
sceau de l'abbaye, il portait celui de Godefroid de Brandebourg, prévôt d'Arlon 
(26 juillet 1419). L'année suivante, cette rente fut rachetée par l'abbaye, au prix 
de cent quarante florins du Rhin (1). 

Parmi les chartes assez peu importantes de cette époque, notons celle du 22 
juillet 1424, qui nous apprend ce qui suit. L'abbesse Marie de Semelle avait 
permis à son vassal Henri Heynenson, maïeur de Nordange, d'aller s'établir à 
Arlon. Or, dans le duché de Luxembourg, à moins qu'il n'y ait entrecours 
(unterlauflf) entre deux localités, il n'était pas permis à un vassal de condition 
inférieure de quitter le lieu de sa subjection sans lettres de liberté ou de rachat (2). 

Pour prévenir donc les difficultés éventuelles, l'abbesse s'en vint à Arlon, où 
se trouvait le gouverneur du duché de Luxembourg et du comté de Ghiny. Elle 
lui exposa le fait et la crainte qu'elle avait que, plus tard, on en tirât des con- 
séquences préjudiciables à son monastère. Le gouverneur lui remit alors un 
arrêt portant en substance que le maïeur de Nordange avait l'autorisation de 
résider dans la ville d'Arlon, mais que ses descendants n'en pourraient jamais 
conclure qu'ils ont cessé d'être vassaux de l'abbaye. Les témoins furent Jean de 
Messancy, prévôt de Ghiny ; Pierre de Mourstorfï', sous-prévôt ; Jean de Strain- 
champs et Jean de Busleiden, échevins d'Arlon (3). 

Vers cette époque mourait l'administrateur des biens de l'abbaye, nommé 
Nicolas, ancien curé d'Elvange. Ses meubles restèrent au couvent, mais l'abbesse 
remit cinquante livres à ses héritiers (1425). 

Elle même mourut moins de quatre ans après. 



Jeanne de Clémency 

Neuvième abbesse de Claire fontaine. 

De cette abbesse nous ne connaissons que le nom, à côté duquel est inscrit le 
millésime 1429 {GalUa christiana). Peut-être était-elle nièce d'Anne de Glé- 
mency et, par conséquent, fille de Nicolas et sœur de Pierre, nommés ci-dessus. 



Elisabeth d'Autel 

Dixième abbesse de Claire fontaine. 

Encore une fois il faut avouer que cette abbesse pourrait bien ne pas être de 
la grande famille dont elle porte le nom. Le pr'emier acte qui fasse mention 



(1) Cartul.,pp. 199-200. 

(2) Coutume Ac Luxcmbouiv, 1. I.iut. 9. 

(;;) Caiau) , p. 202. 



— 8 — 

d'elle est un procès qu'elle soutient précisément contre le chef de cette illustre 
famille, et rien, dans leurs rapports, ne laisse entrevoir la moindre parenté. 

L'objet du litige est un petit bien-fonds situé à Barnich et provenant d'un 
ancien palefrenier du château d'Autel. Ce brave serviteur avait légué sa petite 
fortune à son maitre Huart d'Autel. Plus tard, elle avait été acquise par un liabi- 
lant de Barnich qui, après y avoir ajouté quelques champs, donna le tout à 
l'abbaye, comme prébende d'un frère lai, qui serait le marguiller de l'église ou 
du monastère (ley broder... custer des cloisters) (1). Cette donation remontait 
au temps de l'abbesse Anne de Glémoncy. Jusqu'en 1434, elle n'avait donné lieu 
à aucune difficulté. Mais alors le damoiseau Gœbel, sire d'Autel et de Sterpenich, 
se mit en tète qu'il avait conservé des droits sur ce petit domaine. L'affaire fut 
soigneusement débattue à Arlon, par devant le sous-prévôt, les échevins de la 
ville et plusieurs autres personnages. L'abbesse eut gain de cause (2). 

Il nous reste plusieurs actes faits à l'intervention d'Elisabeth d'Autel. On y 
apprend des choses d'un fort mince intérêt, par exemple : qu elle a acheté un 
immeuble, situé près de la porte d'Hondelange à Arlon. C'était une bergerie, 
construite par Conrad de Montabour, curé et doyen d'Arlon. On y voit qu'un 
habitant de Freylange doit à l'abbaye une petite rente sur une maison ; que 
Pierre de Clémency, déjà connu de nous, ratifie la vente faite par ses ancêtres 
à l'abbaye de huit journaux de terre, situés près de la Maladrerie d'Arlon ; que 
l'abbesse soutient un procès à Longwy contre un habitant de Beckerich, en un 
mot qu'elle semble se multiplier pour veiller aux intérêts temporels de son abbaye. 
Quant à un autre devoir de sa charge, de tous le plus important, à savoir le 
maintien de la discipline religieuse et de l'esprit de ferveur, comment l'a-t-elle 
rempli i Dieu seul en a le secret. 

Les auteurs de la Gaule chrétienne placent sa mort en l'année 1453. C'est pour 
le moins quatre ans trop tôt. En 1457, elle plaidait contre les habitants d'Eischen, 
à Luxembourg, au tribunal du seigneur de Charmalle, conseiller et chambellan 
du duc de Bourgogne, lieutenant du comte de Porcien, gouverneur du duché. 
Cette fois, les habitants prétendaient faire déclarer nuls et non avenus plusieurs 
articles du testament d'Ermesinde. Une sentence longuement motivée du l'^'^juin 
1457 leur donne tort (3). L'abbesse Elisabeth d'Autel n'est plus nommée dans 
les pièces suivantes. 

En vain chercherait-on dans celles qui précèdent les éléments nécessaires à 
l'appréciation du caractère et des vertus de cette abbesse. Pendant son abbatiat, 
tout s'agitait, autour du couvent, dans le trouble et la misère, parfois dans le 
sang. Nos princes ne revenaient au duché qu'à de rares intervalles et c'était pour 
en arracher des lambeaux et en vendre le domaine utile, d'abord pièce par pièce, 



(1) Barnich et Autel-Bas sont tellement rapprochés et leurs maisons tellement entiemèlées qu'ils ne 
font en réalité qu'un seul village. Barnich était une franchise. Les habitants d'Autel-Bas étaient vassaux 
du seigneur d'Autel. 

(2) Cartul.. i>. 205. 
(6) Cartul.. p. 2U. 



— 4 — 

seigneurie par seigneurie, et puis la souveraineté. Ils ne songeaient qu'à escala- 
der le trône impérial. Aussi en vit-on trois régner en même temps comme rois 
des Romains : Wenceslas, Sigismond, son frère, et leur cousin Josse de Moravie. 
Des étrangers alors pressuraient le pays de Luxembourg et des armées étran- 
gères vinrent souvent mettre le comble à la désolation. 



Eve de Falckenstein 

Onzième abbesse de Clair efontaine. 

Cette abbesse n'était connue que par son nom de baptême : Eve. Son nom de 
famille nous est révélé par deux chartes apocryphes dont l'auteur n'avait aucun 
motif de nous tromper sur ce point. Son but était tout autre. On peut donc 
croire que c'est là une de ces vérités anodines dont on enveloppe soigneusement 
les mensonges. 

Ajoutons que le nom d'Eve existait, au quinzième siècle, dans la famille de 
Falckenstein et dans celle des Bettstein, qui lui était intimement unie. D'après 
ces deux documents, elle était en charge en 1474 et en 1480 (1). 

Nous ignorons si le fait suivant s'est accompli sous l'administration de sa 
devancière ou sous la sienne. Il remonte au 2 octobre 1471. Marguerite de 
Distroff, parente sans doute de l'ancienne abbesse Anne de Glémency, était sur 
le point de faire sa profession religieuse. Sa tante Agnès de Distroff, veuve du 
seigneur Dodelan de Billich, fit donation à l'abbaye d'une métairie située à Meix- 
le-Tige, à la condition que le revenu annuel appartiendrait à sa nièce, sa vie 
durant. 

A l'époque où nous sommes arrivés, on dirait qu'un voile épais plane sur 
l'abbaye et la dérobe de plus en plus à nos regards. Encore deux faits, dont on 
peut conclure à son existence, puis nous la verrons momentanément s'efïondrer. 

En 1479, un personnage, nommé dom Nicole de Metz et qualifié de « pater 
de Glairefontaine « et de « procureur général de l'abbe (abréviation d'abbesse ?) », 
vint se présenter au tabeUionnage de Longwy, ayant en main la charte, dont 
nous avons parlé ci-dessus, par laquelle Renaud, frère du comte de Bar, fondait 
un aimiversaire à Glairefontaine. C'était pour en réclamer un vidimus authentique. 
11 n'eut pas de peine à l'obtenir du prévôt Richier de Mercy et des jurés, instru- 
mentant au nom du duc d'Anjou et de Bar, roi de Jérusalem. 

L'année suivante (7 octobre 1480), les religieuses profitèrent, selon l'usage, de 

"la présence à Luxembourg de l'arciiiduc Maximilien et de sa femme Marie de 

Bourgogne, pour demander la confirmation de leurs anciens privilèges. On leur 

remit alors une de ces froides formules approbatives et confirmatives, mais 



ll)C:aitul., 1-. \.\II. 



— 5 — 

remplies de restrictions calculées. Qu'il y a loin do là aux généreuses et humbles 
protestations du comte Henri II, de l'empereur Charles VII et du roi Jean 
l'Aveugle. Depuis ces princes au cœur luxembourgeois, le temps avait fui et 
s'était perdu ce langage simple et affectueux dont, seules, les familles tendrement 
unies ont le secret (1). 



Catherine de Wolerange 

Douzième abbesse de Claire fontaine. 

Il existe deux villages nommés Wolerange : l'un dans le voisinage de l'abbaye, 
commune de Hondelange ; l'autre non loin de Thionville, autrefois pays de 
Luxembourg. Ce dernier village était le siège d'une famille noble, dont il reste 
encore des descendants. Rien n'indique avec certitude duquel de ces deux villages 
provenait l'abbesse Catherine de Wolerange. Un acte fait par elle porte à croire 
qu'elle était de Wolerange prés d'Arlon. Cet acte est loin de lui faire honneur. 
C'est du reste le seul souvenir qui soit resté d'elle. 

Eu 1485, elle a vendu, à un prix infime, des terres de l'abbaye, situées près 

du village de Wolerange (Hondelange). Nous reviendrons sur ce marché, au 

chapitre suivant. 

* 
* * 

Telle est la première série des abbesses de Clairefontaine. Après Catherine de 
Wolerange, peut-être de son vivant, le monastère d'Ermesinde, si renommé et 
si vénérable dès son origine, était tombé peu à peu, non dans le relâchement, 
— on n'en voit nulle part aucune trace, — mais dans une espèce d'impuissance et 
d'anéantissement. La rapacité d'un grand nombre de hauts personnages et les 
longs malheurs du pays en furent les principales causes. Le temps était venu 
pour les supérieurs de l'ordre d'employer les grands moyens de régénération 
morale. Ils le firent de la manière inattendue que nous allons rapporter. 



Remplacement des religieuses par des moines. 

Retour des religieuses. 

Pendant les années néfastes que nous venons de parcourir, l'abbaye de Claire- 
fontaine était dans un état de dépérissement incurable. Un petit événement vint 
en précipiter la ruine. 

Le directeur de l'abbaye était un religieux d'Himmerode, nommé Jean Gillen- 
feld. Il fut accusé méchamment par le garde des sceaux de l'archevêque de 



(1) Cartul., p. 221-234. 



~ 6 — 

Trêves. Les annales d'Himmerode qui rapportent ce fait n'entrent dans aucun 
détail sur la nature de l'accusation (1). 

Cette affaire fut discutée par-devant Jean de Berwangen, que les mêmes 
annales qualifient de prœfectus aulœ et qui était lieutenant du gouverneur de 
Luxembourg, Christophe de Bade. La sentence, datée du mois de juillet 1496, 
donne gain de cause à l'accusé. 

En dépit des tribunaux, la calomnie souille ce qu'elle touche. Aussi, après 
avoir cité cette réparation judiciaire, le manuscrit de Trêves prévoit-il qu'elle 
sera impuissante à sauver l'abbaye. D'après lui le coup porté est mortel. 

Ce motif ne fut pas le seul qui détermina la suppression du couvent, mais il 
nous est impossible d'indiquer les autres d'une manière précise. Les guerres, les 
troubles des années précédentes y furent pour beaucoup sans doute, de même que 
les tracasseries suscitées aux religieuses par les ravisseurs de leurs biens fonciers 
et de leurs revenus ; de même encore les difllîcultés qu'elles eurent vraisembla- 
blement, dans ces pénibles circonstances, pour recruter des personnes qui ne 
fussent pas inférieures à leurs devancières par la piété, l'éducation, la noblesse 
des sentiments et de la famille ; voilà des causes qui se présentent d'elles-mêmes, 
et il y en eut bien d'autres peut-être. Toujours est-il que, selon l'expression du 
même manuscrit, l'an 1497, l'abbaye de Clairefontaine se mourait et déjà des- 
cendait dans sa tombe (2). 

C'est alors que les abbés d'Orval et d'Aulne furent chargés de transférer dans 
un autre monastère cistercien les religieuses de Clairefontaine et de les remplacer 
par des religieux du môme ordre, lesquels seraient gouvernés par un abbé. Les 
deux prélats chargés de cette mission se nommaient Nicolas de Villers et Jean 
Bonfils. Mais ce dernier mourut peu après et fut remplacé, dans cette négocia- 
tion, par un personnage nommé Barthélémy, 

Ils envoyèrent à Differdange les religieuses de Clairefontaine. Impossible de 
dire le nombre ; mais tout indique qu'il était fort restreint. Neuf ans plus tard, 
il n'en restait quatre. Cela fait, ils placèrent à Clairefontaine des religieux cister- 
ciens, qui eurent pour abbé dom André Thibolt. Quel était leur nombre et de 
quelle abbaye provenaient-ils? Nous n'avons sur ces deux points aucun rensei- 
gnement. Peu de temps après leur installation, l'abbé de Clairvaux, supérieur 
général de leur filiation, leur donnait pour supérieur médiat l'abbé du monastère 
d'Himmerode (19 septembre 1497). Ce dernier avait la même autorité sur les 
abbayes de Diflerdange, de Saint-Thomas et de Pont-Léon (3). 

La vie des moines de Clairefontaine doit avoir été, dès les commencements, 
fort humble et très retirée ; car, bien que leur séjour ait été de neuf à dix ans, 



(1) Séries abbatuni clauslri B. M. V. vulgo Himmerode. Manuscrit 'le la bibliothèque de Trèoes, 
n* 1438, ad ann. 1496, 1497. 

(2) Quo monasterio tandem ad interitum inclinante... (Ibidem), 

(3) Même manusci'it. 






— 7 — 

il n'est parlé qu'une seule fois d'eux dans les archives qui nous restent de cette 
époque. Disons à quelle occasion. 

Catherine de Wolcrange, douzième abbesse, avait vendu, mais en se réservant 
le droit de rachat, une dime et des terres situées à Messancy ou aux environs. Elle 
avait en outre emprunté quatre-vings florins, moyennant un intérêt annuel de 
six maldres de seigle (1). 

Jean de Kesselstatt et sa femme étaient à la fois les acheteurs et les prêteurs. 
Quand, après le départ des religieuses, ils se présentèrent à Glai refontaine, pour 
toucher les six maldres de seigle (12 hectolitres), ils ne reçurent des nouveaux 
habitants que refus formel et un avertissement d'avoir à restituer de bonne 
grâce des biens mal acquis, puisque l'abbesse n'avait aucun droit de les vendre. 

Il s'ensuivit un procès qui dura jusqu'au 28 février 1507. Ce jour-là, le marquis 
de Bade, gouverneur de Luxembourg, décrétait que l'abbaye devait rentrer immé- 
diatement en possession de ces biens, en payant la somme de cent cinquante 
florins. Mais, si elle préfère ne pas payer immédiatement, elle peut laisser aux 
détenteurs la jouissance plus ou moins longue de ces biens. En ce cas la somme 
à rembourser diminuera chaque année de dix florins (2). 

L'abbé Thibolt ne survécut que peu de jours à la promulgation de cette sen- 
tence. Quelques uns de ses religieux étaient morts avant lui. On ne sait ni leur 
nom ni leur nombre. Les autres se retirèrent bientôt après, pour retourner sans 
doute dans leur monastère. Leur séjour à Glairefontaine avait été de dix ans tout 
au plus. 

Nous avons vu, au chapitre IV de la première partie, qu'on a trouvé deux 
squelettes dans le tombeau ou tout près du tombeau de la bienheureuse Jeanne. 
L'un était certainement un squelette d'homme. Des ossements plus anciens et 
mêlés étaient à ses pieds ; c'étaient peut-être les restes des princesses de Luxem- 
bourg. Notre but, en rappelant ce fait, est d'empêcher qu'on accuse les moines 
de cette espèce de profanation. Elle est postérieure au seizième siècle, puisqu'il 
y avait, à côté du grand squelette, une pièce d'argent des archiducs Albert et 
Isabelle. 

* * 

Jacques d'HiUeseim,abbé d'Himmerode, avait été chargé par l'abbéde Glairvaux 
de rétablir dans leur monastère les religieuses exilées à Differdange. Il se con- 
certa, dans ce but, avec Christophe de Bade, gouverneur du duché de Luxem- 
bourg, et, dès l'année 1506, cette restauration était chose décidée en principe. 
La mort de l'abbé Thibolt et le départ des religieux qui lui survécurent hâtèrent 
l'exécution du projet. On y m.it une certaine solennité, comme nous allons voir. 



(1) CartuL.p. 227. 

(2) Cartul., p. 226. 



— 8 — 
Catherine de Berensheim 

Treizième abbesse de Clair efontaine. 

Le 11 juin 1507, l'abbé d'Himmerode arrivait à Glairefontaine avec quelques 
religieux de son monastère. Il y rencontra le damoiseau Jean, sire d'Autel et 
de Vogelsang ; Valérien de Busleiden, sire de Guirsch et d'Aspelt, receveur 
général et conseiller du duché de Luxembourg ; Hubert Fladen, échevin de 
Coblence, et plusieurs prêtres du voisinage. Depuis quelques jours, cinq reli- 
gieuses habitaient le couvent. C'étaient les quatre survivantes de l'ancienne 
communauté, lesquelles avaient séjourné près de dix ans à Diflferdange. Elles se 
nommaient Claire de Kelle, Hiltgine Burtscheidt, Catherine Blanckenburgh et 
Claire de Bredell. La cinquième, nommée Catherine Berensheim ou Benrentsheim, 
provenait d'un autre couvent du même ordre. Les auteurs de la Gaule chrétienne 
disent qu'elle était de l'abbaye de Bonnevoie. C'est possible, mais assez impro- 
bable. Notons d'abord que ces auteurs étaient fort mal renseignés sur l'incident 
qui nous occupe. La phrase qui précède immédiatement leur affirmation contient 
une grosse erreur : selon eux, les moines ont habité l'abbaye pendant un demi- 
siècle environ. C'est quarante ans de trop. D'autre part, les abbayes de Claire- 
fontaine et de Bonnevoie n'étaient pas de la même filiation : l'une dépendait de 
Clairvaux ; l'autre, de Citeaux. Enfin l'abbé d'Himmerode n'avait aucune autorité 
sur l'abbaye de Bonnevoie (1). 

Quoi qu'il en soit, Catherine de Berensheim avait été choisie pour abbesse de 
Clairefontaine, non par les quatre religieuses, mais par leur supérieur médiat, 
agissant au nom de l'abbé de Clairvaux. 

A l'heure fixée, l'abbé et les personnages que nous connaissons déjà se ren- 
dirent dans la salle du chapitre, où étaient les quatre religieuses. Là, après 
avoir rappelé la mort récente de plusieurs des religieux et le départ des autres, 
il déclara que, pour ne pas abandonner l'abbaye aux inconvénients d'une longue 
vacance, il venait, au nom de l'abbé de Clairvaux, y rétablir des religieuses, 
conformément à l'intention des fondateurs. Et, comme le droit de nomination de 
l'abbesse était dévolu au supérieur général (2), il avait fait choix d'une religieuse 
professe de son ordre, bien connue de lui, dame Catherine de Berensheim, d'une 
grande régularité de vie et d'une longue expérience, et, agissant au nom du 
général de leur filiation, il relevait à la dignité d'abbesse de Clairefontaine, 
lui conférant tous les pouvoirs inhérents à sa charge. Après quoi, il fit chercher 
cette dame et lui notifia sa nomination. Elle répondit qu'elle s'y soumettait et, 
selon l'usage de l'ordre, elle fit serment de n'aliéner jamais aucun bien du mo- 
nastère. Alors l'abbé la proclama abbesse. 



(1) Gallia chrisl., t. XIII, col. W7. 

(2) Sansdoute i)arce que les religieuses n'avaient pu le faire en temps utile. Ce qui supposerait que 
la précédente abbesse était moite depuis assez longtemps 



— 9 — 

Restait à faire la cérémonie de l'installation. Elle commença dans la salle 
même du chapitre. C'est là que l'abbé remit solennellement à l'abbesse, d'abord 
le livre des règles, ensuite les clefs du monastère. Aussitôt après, les prêtres 
entonnèrent le Te Deum et toute l'assemblée se rendit processionnellement à 
l'église. En y entrant l'abbé fit toucher à l'abbesse l'anneau de la porte principale, 
puis, l'accompagnant jusqu'au chœur, il lui fit monter les degrés du maître 
autel. Lorsqu'elle l'eut baisé au côté droit, il lui remit la crosse abbatiale et la 
conduisit dans sa stalle. 

Le Te Deum achevé, tous revinrent au chapitre pour procéder à la réparti- 
tion des divers offices du monastère. Dame Glaire Kelle fut élue prieure ; on ne 
dit pas si ce fut par les religieuses ou par l'abbé d'Himmerode. Les trois autres 
se partagèrent les charges de sacristine, de maîtresse du chœur et de cellerière ; 
puis, à la suite de la prieure, elles vinrent prometti-e obéissance à leur abbesse 
et renouveler entre ses mains leur profession religieuse, .selon l'usage de l'ordre. 

Avant de lever la séance, l'abbé fit une pieuse exhortation à la nouvelle 
communauté, et les principaux assistants attestèrent officiellement les faits que 
nous venons de rapporter d'après l'acte authentique. Cet acte, rédigé par un 
notaire, nommé Hubert, est attesté par Matthias d'itzich, maître ès-arts. archi- 
prétre de Luxembourg, notaire apostolique et impérial, qui fut présent, dit-il, 
à cette solennité ; ce qu'il atteste, comme l'abbé, en apposant son sceau et sa 
signature (1). 

Malgré son âge déjà bien mûr, puisque, au dire de l'abbé d'Himmerode, elle 
avait « une longue expérience », la nouvelle abbesse devait gouverner l'abbaye 
pendant au moins quarante ans. C'est ce chiflfre de quarante, avec l'identité du 
prénom Catherine et une certaine ressemblance des noms patronymiques 
Bert^ensîs et Berensheim qui nous a rendu on ne peut plus suspectes les asser- 
tions des auteurs de la grande histoire de Trêves et de son supplément intitulé 
Meù^opolis historiae Trevericae, touchant cette Catherine Berrensis qu'ils 
supposent être la toute première ou la seconde abbesse de Clai refontaine, laquelle 
était native d'Andernach et gouverna son abbaye pendant quarante-quatre ans. 
Ces détails sont probablement fort justes, un seul excepté. Elle fut la première 
abbesse, non de la première série, mais de la seconde. On aura mis ce renseigne- 
ment dans le casier des premières abbesses, au lieu de le placer dans le suivant, 
et de là sans doute cet anachronisme de presque trois siècles. Au seizième siècle, 
l'erreur aura passée inaperçue, parce que, dans la liste publiée par les mêmes 
auteurs, le nom est écrit d'une autre manière : Bûresheùn, au lieu de Berens- 
heim. D'après cette liste elle sortait de l'abbaye de Bonnevoie. Notons en passant 
que, dans le Cartulaire de Clairefontaine, le nom de cette abbesse est Berenshem, 
Berretzem, Berensheim, Berenlzheim, Berisheim, Berentzeim ; mais jamais 
BUresheim ou quelque autre nom semblable. Cette remarque nous dispense de 
citer les conjectures de M. Reichling sur la noblesse de cette religieuse. 



(l) Cartul., p. 228. 



— 10 — 

Il existe plusieurs actes originaux concernant l'administration temporelle de 
cette abbesse. Nous ne citerons que les principaux : en 1513, elle était en 
désaccord avec l'abbaye de Bonnevoie par rapport à certaines rentes percevables 
à Hollerich. Le chapitre général de l'ordre nomma, pour vider cette affaire, les 
abbés de Villers-Bethnach et de Freistroff. Les deux commissaires se réunirent 
deux fois à Gattenom, pour examiner les titres et les raisons, puis, l'année sui- 
vante, ils prononcèrent un jugement qui n'est plus connu (1). 

Un autre conflit existait entre l'abbaye et Henri Fabri, curé d'Arlon, touchant 
la dime de certaines novales. Cette affaire fut réglée au profit de l'abbaye, par les 
arbitres suivants, réunis à Glairefontaine, le jour de la fête de saint Bernard 
(20 août 1531) : par maitre Nicolas de Naves, élevé cette même année parCharles- 
Quint à la présidence du conseil provincial ; par Henri Sludder, seigneur de 
Schindels, et Didier de Metzenhausen, seigneur de Linster ; par le docteur Jean 
Enschringen et par Jean de Housse, greffier du conseil de Luxembourg ; par 
Henri Musset, sous-prévôt, Jean François, receveur, et Georges Schriber, éche- 
vin, tous trois d'Arlon ; enfin par Denis Peter, administrateur de l'abbaye. Henri 
Fabry, curé d'Arlon, était présent (2). 

Peu de mois après, Charles-Quint confirmait tous les privilèges accordés à 
l'abbaye par ses prédécesseurs, avec cette sage restriction : pourvu qu'elles en 
aient conservé la jouissance jusqu'aujourd'hui (3). 

Quelques autres actes datés des huit ou dix années suivantes sont d'une très 
mince importance et ne nous apprendraient rien. Nous n'en parlerons pas. 

Après la destruction de l'abbaye de Bonnevoie par les Français (1542), dit 
M. Reichling ('4), les religieuses de Glairefontaine rendirent à leurs sœurs sans 
asile l'hospitalité qu'elles en avaient reçue. C'est grand dommage qu'il n'indique 
pas la source de ce renseignement. Sans donc le nier, on fera bien de ne l'ad- 
mettre que sous toute réserve ; car, en premier lieu, ce n'est pas à Bonnevoie, 
mais à Differdange qu'avaient été transférées les religieuses de Glairefontaine. 
Celles-ci auraient donc pu leur offrir l'hospitalité, mais non la leur rendre. 

D'autre part, d'après les documents connus, une seule religieuse de Bonnevoie 
a été accueillie à Glairefontaine, nullement en 1542, mais quatre-vingt-deux ans 
plus tard. La différence est notable quant à la date ; elle n'est pas moindre quant 
aux personnes : il ne s'agit ici que d'une seule religieuse de Bonnevoie et l'auteur 
parle « d'un grand nombre «. 

Rien ne nous apprend quelle était la population de l'abbaye de Glairefontaine, 
vers les dernières années de l'abbesse Catherine de Berensheim ; mais tout 
indique qu'elle avait gouverné sagement et que sa maison avait reconquis, du 
moins en partie, la réputation et le lustre des anciens jours. 



(1) Caiinl.. 11.232. 

(2) Caiiul., p. 234. 

(3) Carlul., |i. 2;;5. 

(4) Hist. de Clairel'., p. 119. 



I 



— 11 — 

Le dernier des actes publics, qui fasse mention nominale de celte abbesse et 
la suppose encore en vie, est daté du 9 mai 1545. Mais comme les auteurs de 
l'histoire de Trêves disent qu'elle gouverna l'abbaye pendant quarante-quatre 
ans, on peut croire qu'elle ne mourut que six ans plus tard. 

C'est donc elle qui aurait reçu dans son couvent, le 4 avril 1547, Elisabelli de 
Bade, tille de Christophe de Bade et de Marguerite de Mamer. 

La noble famille des marquis de Bade s'était fixée dans le Luxembourg depuis 
environ soixante ans. Son chef, nommé aussi Christophe de Bade, avait pour 
mère l'archiduchessse Catherine, sœur de l'empereur Frédéric IIL En 1419, il 
avait repris aux Français la ville de Luxembourg et, quelque temps après, 
avait été nommé, par l'empereur Maximilien, gouverneur civil et militaire de 
tout le duché et du comté de Chiny. Il avait aussi reçu de ce prince plusieurs 
seigneuries luxembourgeoises, confisquées pour félonie ou autres causes, entre 
autres, la seigneurie d'Useldange. Or le père de la future religieuse se disait, 
dès 1538, amptman ou bailli d'Useldange. Elle était donc de cette grande 
famille ; mais nous renonçons à lui assigner son rang généalogique (1). 

A l'occasion de la prise d'habit de leur fille, Christophe et Marguerite lui 
constituèrent une dot sur les biens qu'ils possédaient au village de Tintange, 
non loin de Mersch. 

Ce seul fait suffirait, ce semble, pour prouver que, au milieu du seizième 
siècle, l'abbaye de Clairefontaine était relevée de sa profonde décadence. 



Elisabeth Rottart 

Quatorzième abbesse de Clairefontaine. 

Après Catherine de Berensheim, une profonde obscurité enveloppe de nouveau 
l'abbaye de Clairefontaine. De l'abbesse qui lui succéda, nous connaissons le nom 
et un acte d'administration auquel elle prit part comme abbesse ; l'ien de plus. 

Sa famille était honorable et distinguée, mais distincte de celle des anciens 
comtes de Wiltz. Les Rottart ou Rottert sont originaires de la petite ville de 
Wiltz. De là vient qu'on les nommait souvent Rottart de Wiltz. Les auteurs de 
la Gaule Chrétienne ont pris le lieu de sa naissance pour en faire son nom patro- 
nymique, au détriment de la vérité. M. Reichling ne s'est pas contenté de lui 
donner une généalogie qui n'est pas la sienne, il attribue à sa haute naissance la 
confirmation impériale de rabba3'e par Charles-Quint, en 1531. C'est vingt ans 
trop tôt. A cette date, sa devancière n'avait encore que vingt années d'abbaliat 
et elle devait en accomplir quarante. 



(1) On sait que le gouverneur Christophe de Bade a eu douze enfants. L'un de ses fils, Bernard de 
Bade, fut aussi gouverneur du duché. La seigneurie d'Useldange lui appartenait en 15.S4. \\ se mariait, 
cette même année, à Tàge de soixante ans. Sur la famille de Mamer, il y a quelques détails dans le Cai'tu- 
laire, pp. 237-238. 



— 12 — 

Bref, l'abbesse Elisabeth RoUart est fort peu connue. Elle fut élevée à la préla- 
ture de son couvent au plus tôt en I55i et, selon toute apparence, elle n'a pas 
survécu longtemps au seul acte qui reste d'elle. Nous dirons pourquoi au chapitre 
suivant. 

Cet acte est du 6 septembre 1559. Il a pour objet la collation de la chapelle 
Saint-Nicolas, à Bonnevoie, près des murs de Luxembourg. De concert avec 
Ernest Glutius, doyen de la chrétienté et curé de l'hospice Saint-Jean, elle nomme 
N. Legrand de Ghiny successeur immédiat de Guillaume DuUngen, dernier 
bénéficier (1). 

Il nous reste à dire un mot des embellissements que, selon M. Reichling, cette 
abbesse aurait faits au monastère et à l'église. Où a-t-il trouvé cela, il ne le dit 
pas. Or ce renseignement était indispensable, en présence de l'extrême misère 
qui régnait alors. Il est donc à craindre qu'une fausse perspective de grandeurs 
et de richesses ait fait entrevoir ces choses imaginaires comme des réalités. 

L'assertion suivante surtout a tous les caractères de la fausseté. Selon le 
même auteur, le corps de la comtesse Ermesinde aurait été transféré au bas de 
l'église par l'abbesse Elisabeth de Rottart (2). Encore une fois où est la preuve ? 

L'auteur savait qu'il y avait eu translation du corps d'Ermesinde dans l'église. 

C'était la vérité. Ne sachant rien de plus, il aurait dû s'en tenir à ce simple 
renseignement et émettre tout au plus une conjecture. Mais il a préféré travestir 
celte conjecture en vérité et il s'est ainsi rendu responsable de deux erreurs. La 
première constitue un anachronisme de deux siècles, puisque c'est en 1745 
que le corps de la comtesse a été extrait de son tombeau (3) ; la seconde erreur 
c'est une fausse indication de l'endroit où le corps fut transporté : ce fut dans la 
nef latérale du côté de l'épitre, entre la première et la seconde colonne, près du 
transept, et non pas au bas de l'église (4). 



Elisabeth de la Rochette 

Quinzième abbesse de Clairefontaine. 

La Rochette, en allemand Fels, est un village du canton de Mersch. Il compte 
aujourd'hui environ onze cents habitants. Les ruines de son château féodal sont 
grandioses. 

Le docteur Neyen a publié la généalogie et ce qu'il appelle les Regesta de la 
famille seigneuriale de la Rochette (5). Il y a dans cette notice beaucoup de 



(1) Archives de LuxeniLoui'g, dossier Hobsclieid. 

(2) Hisl. de Clairefontaine, p. 118. 
(.3) Ci-dessus, chap. V de la !■• partie. 

(4) Ibidem. 

(5) Publicat. hlst. deLuxenab., t. XXI, année 1865, p. 101. 



— 13 — 

documents authentiques et autres, formant un tout confus, rempli de beaucoup 
d'erreurs et do contradictions. Cet auteur a eu sous la main des fragments généa- 
logiques qui n'étaient parfois que des vanteries. Il les a publiés quand même, 
sans grand discernement. 

C'est ainsi qu'au lieu d'une abbesse, que cette noble maison a fournie à Claire- 
fontaine, il en compte trois, qui auraient gouverné à peu près en même temps 
l'abbaye, savoir : 

Marie, fille de Jean, morte en 1587 (1) ; 

Elisabeth, — c'est la vraie, — fille de Georges, morte en 1598 (2) ; 
Marie, dite en religion Marguerite, propre sœur de la précédente, morte en 
1587 (3). 

L'épi taphe de cette dernière fausse abbesse est conservée à Coblence. La 
voici: Anno i587 ist gestorben Margrett von der Fels, abiissin von 
Bardenhurg . 

Suivent ses quartiers nobiliaires. Il y eut à Clairefontaine plusieurs religieuses 
issues de cette famille. Pour flatter la vanité des survivants, les généalogistes 
auront conféré à trois d'entre elles la dignité d'abbesse. Une seule en fut pourvue 
et, malheureusement, c'était déjà trop. 

Cette abbesse était fille de Georges de la Rochette et de Marguerite de 
Schwartzenberg. 

Disons en passant que Marguerite de Schwartzenberg avait été mariée en 
premières noces à Godard de la Rochette, cousin de Georges, et en avait eu des 
filles, dont deux furent novices à Clairefontaine, mais ne persévérèrent pas. 
Cette dame eut donc quatre filles dans la communauté religieuse de Clairefon- 
taine. Deux seulement y moururent. Elles étaient toutes deux du second lit. 

On ignore à quelle date commença la prélature d'Elisabeth de la Rochette. 
Ce fut après 1559, puisque c'était alors une autre Elisabeth qui gouvernait 
l'abbaye, nous l'avons vu ci-dessus ; mais ce fut, vraisemblablement, peu de 
temps après cette date ou, du moins, avant 1570, puisque en 1583 elle était 
devenue vieille et avait besoin d'une coadjutrice. 

En cette année 1570, la communauté se composait de douze dames de chœur 
et de trois sœurs converses. Celles-ci allaient travailler dans les jardins exté- 
rieurs. Les douze gardaient la clôture, mais pouvaient sortir avec la permission 
de l'abbesse. C'est ce que nous apprend un registre de la cathédrale de Trêves. 
Il n'entre dans aucun détail. La raison en est que, sous le rapport des visites, le 
couvent n'était pas sous la juridiction de l'ordinaire. 

Treize ans plus tard, l'abbesse Elisabeth demandait une coadjutrice à l'arche- 
vêque de Trêves. Ses raisons étaient son grand âge et ses infirmités. Le choix 



(1) Ibidem, p. lOS. 

(2) Ibidem, p. 109. 

(3; Ibidem, pp. 109 et 145. 



^ 14 — 

se porta, non sur une religieuse bernardine, mais sur Madeleine de Feldbrûck, 
dominicaine du couvent de Marienthal. 

L'archevêque Jean de Schonenbourg, après informations, usant des pouvoirs 
ordinaires qu'il possédait en sa qualité de légat apostolique, autorisa cette reli- 
gieuse à changer d'ordre et de monastère (15 juin 1588). C'est ainsi qu'elle vint 
à Glairefontaine, partager l'autorité abbatiale, mais non avec droit de succes- 
sion ; car le prélat n'avait pas inscrit ce droit dans sa patente, ce qui équivalait 
à un refus (1). 

La nouvelle coadjutrice était d'une famille noble assez récente dans le duché 
de Luxembourg, du moins je n'en trouve aucune ancienne mention ni aucune 
alliance avec nos vieilles familles. Mais, au XVF siècle, apparaît un Bernard de 
Velbriick ou Feldbrïich, seigneur de Beaufort (1539), bailli de Vianden (1550), 
justicier des nobles (1556). II mourut avant l'année 1564. Sa femme était Eve 
de Bemelbourg (2). 

Nous manquerions à notre devoir si nous laissions dans l'ombre un acte ori- 
ginal, qui donne une bien triste idée de cette coadjutrice. 

II date de cinq à six semaines avant l'autorisation archiépiscopale dont nous 
venons de parler. C'est la preuve évidente que cette religieuse de Marienthal 
complotait alors pour devenir abbesse de Glairefontaine après EUsabeth de la 
Rochette. 

Tour conduire l'affaire à bonne fin, il fallait commencer par devenir coadju- 
trice, avec droit de succession. L'intervention de l'abbesse était donc nécessaire. 
C'est elle qui devait faire la première démarche auprès de l'archevêque. Elle la fit 
en réalité, d'après l'avis et les conseils de son propre frère, Paul de la Rochette, 
seigneur d'Heffingen, et de sa belle-sœur Apollonie de Kerpen, femme de Paul. 

On aime à croire que ce fut de bonne foi et qu'elle n'a pris formellement 
aucune part aux manœuvres simoniaques qu'il nous faut rapporter. 

Paul de la Rochette, sa femme et leur cousine Madeleine de Velbriick s'étaient 
mis d'accord pour disposer de l'abbatiat de Glairefontaine, aux conditions sui- 
vantes. Les deux premiers devaient conseiller à leur sœur de demander pour 
coadjutrice, avec droit de succession, Madeleine de Velbriick, leur cousine. 
Celle-ci s'obligeait, par reconnaissance, à faire don d'une chaîne en or à sa belle- 
sœur, ou de lui payer deux cents couronnes, dès qu'elle serait mise en posses- 
sion du couvent ; elle s'obligeait en outre à prendre au dit couvent une de leurs 
enfants. 

Tel est l'objet de ce honteux contrat. Il porte les signatures de Frédéric de 
Velbriick, seigneur de Befïort ; de Magdeleine de Velbriick et de Godefriedt, 
seigneur d'Eltz (3). 



(1) (^rtulaiie de Claii-cfoiitaine. |t. 242. 

(2) Chartes de la l'aiiiille de Heinach, Publications île la Soc. archéol. de Luxembourg. V. à la table. 

(3) Chartes de Heinach. Ibidem, page Ms. 



— 15 -^ 

L'ignorance excuse quelquefois devant Dieu. Puisse cette pauvre dévoyée avoir 
été tellement ignorante qu'elle n'ait jamais compris en quoi consiste la simonie 
ou, s'il en est autrement, puisse-t-elle avoir expié sa faute par le repentir et la 
pénitence ! 

Tout près de la chapelle construite sur l'emplacement de l'église, on voit, 
dans le mur de la première maison, deux pierres assez grosses, portant chacune 
un écusson. On sait que cette partie du monastère a été réparée au moyen de 
débris, pour y loger deux familles. Parmi ces débris se trouvaient les deux 
pierres armoriées. On les a enchâssées au hasard un peu au-dessus et sur le côté 
de l'ancienne petite porte du monastère, mais les maçons les ont placées à 
l'envers, c'est-à-dire le bas en haut, sans se douter que, peut-être, ils faisaient 
ainsi une cruelle épigramme, voire un acte de haute justice. 

Le premier de ces écussons est celui d'Elisabeth de la Rochette, mais sans 
ombre de crosse abbatiale. De qui est le second, avec cette ciosse i La pensée 
se porte sur Madeleine de Velbriick. Ce n'est là qu'une conjecture (1). 

Quoi qu'il en soit. Dieu ne permit pas que son rêve de grandeur se réalisât 
complètement. 

On ne sait rien de la manière dont elle s'est comportée pendant les huit années 
de son séjour à Glairefontaine. Sous ce rapport, les documents sont muets. Il 
existe à Luxembourg, dans les archives de Glervaux, un » dossier renfermant 
des inventaires de meubles délaissés par Madeleine de VelbrûcJi, coad- 
jutrice à Glairefontaine, faits en présence de Marguerite de Velbrûck, 
dame de Beffort, et de Godt/riedt, seigneur d'Eltz. Aussi énumération des 
dettes (2). » Ces quatre lignes suffisent pour nous enlever tout désir d'en savoir 
davantage sur le compte de cette étrange religieuse. Elle mourut le 5 décembre 
1592, six ans avant celle dont elle convoitait la place. 

* * 

Voici un fait qui s'est passé en 1586. C'est une requête adi-essée directement 
au roi Philippe II par les religieuses de Clairefontaine. La naïveté de leur lan- 
gage nous dédommagera des indignes roueries dont il nous a fallu parler. 

On se rappelle que sous le comte de Luxembourg Henri II, le monastère 
acquit trente aimes de vin, qui devaient être perçues en nature à Remich et à 
Grevenmacher ou, au besoin, dans les celliers du prince. Depuis lors, les reli- 



(1) Xi Bertholet, ni de Kessel, ni quelques généalogistes que j'ai consultés ne donnent les armoii'ies des 
Velbriick, et je ne crois pas les avoir rencontrées dans des tableaux généalogiques luxeniboui-geois un peu 
anciens. On trouve cette famille à BeaufurI au XVI° siècle. Nous ignorons si elle est étrangère ou nouvel- 
lement anoblie. 

Le prince-évêque de Liège nommé Velbriick portant d'or à la Jace d'azur: du moins les cinq 
autres écussons de son sceau n'étaient pas les siens, mais ceux des cinq p;iys qui formaient sa j)iinci- 
pauté. Aucune ressemblance de ces armoiries avec celles de la coadjutrice. Etaient-ils de la même famille 
ou de la même branche ".' Ce qui nous a fait penseï- à celle-ci, c'est que les deux sculptures semblent insé- 
parables et parce qu'elles rendent visibles et palpables les aspirations de cette femme ambitieuse. 

(2) Publications hist. de Luxembourg, année IS&J, t. XXXVI. [>. -157. 



- iè - 

gieuses avaient parfois consenti à toucher une somme équivalente, sans exiger 
des lettres de non-préjudice. C'était une grave imprudence. 

La cour des comptes de Bruxelles profita de cette omission et défendit à Jean 
de Strainchamps, receveur général du duché de Luxembourg, de payer désor- 
mais les religieuses autrement qu'en monnaie. 

Inutile de plaider : elles étaient dans leur tort. De là leur résolution d'avoir 
recours au roi. Elles ne veulent pas rappeler, lui disent-elles, dans leur supplique, 
les censures ecclésiastiques portées contre ceux qui altéreraient, dans cette 
affaire, les dispositions du comte Henri II, elles s'en rapportent entièrement à la 
volonté du roi et le conjurent de laisser les pauvres suppliantes « joyr desdits 
vins en espèce, comme elles ont fait depuis trois cents ans en çà ». Il y va de 
« l'entière ruine dudit cloistre », puisqu'elles n'ont aucun « autre revenu de vin, 
ny aucun moyen d'en acquérir ». Il leur est « impossible de vivre avec pureeaue 
ou cervoise (bière), en telle situation du lieu, dedans bois et vallées fort ruma- 
ticques ». Elles seront obligées d'abandonner leur monastère. Dès lors, ce serait, 
apparamment « ruine et désolation, au grand préjudice et empeschement du 
service divin, illec continué depuis tant de centaines d'années ». 

Cette supplique transmise au procureur général du conseil provincial et au 
trésorier général, puis au commis des domaines et des finances, reçut partout un 
accueil favorable. Peu après, parut une ordonnance royale qui chargeait le gou- 
verneur et les autres administrateurs du duché de faire en sorte que la demande 
des religieuses reçoive dans la suite son entier accomplissement (1). 

Voici deux autres faits peu importants de la même époque. 

En la même année 1586, les religieuses se plaignirent à l'évèque de Liège, 
Ernest de Bavière, du tort que leur faisait, croyaient-elles, le curé d'Erneuville, 
en exigeant les deux tiers de la dime au village de Hives, lequel avait été récem- 
ment érigé en paroisse. Cette affaire fut appelée à Liège, mais je n'en ai pas 
trouvé le résultat. Ce qui prouve qu'il fut favorable à Glairefontaine, c'est que 
les religieuses demandèrent au conseil de Luxembourg le placet nécessaire pour 
faire exécuter la sentence liégeoise (2). 

Cinq ans plus tard (1591), les mêmes religieuses reconnaissent devoir payer 
annuellement un franc au duc de Lorraine, pour l'usage des chemins et d'un 
pont aux abords de leur moulin de Gondal (3). 

En 1594, deux ans après la mort de sa coadjutrice, la vieille abbesse se démit 
volontairement. 

Or le roi Philippe, toujours désireux d'étendre son autorité, avait sollicité et 
finalement obtenu du Saint Siège le droit do nommer aux principales dignités 



(1) Carlul.de Clai réf., p. 243. 

(2) Ibiflein. |>. 245. 

('il Ibiilfiii, jiji. 241), 217. 



— 17 — 

ecclésiastiques de ses Etats, savoir aux prélatures, aux abbayes, aux prévôtés, 
prieurés et doyennés. Il est curieux de voir comment ce monarque absolu va 
s'y prendre pour inaugurer ce nouveau droit. Nous citons le diplôme par lequel 
il nomme une remplaçante à l'abbesse de Glairefonlaine. 

Après avoir affirmé son droit de nomination, il déclare que dame Elisabeth de 
la Rochette a volontairement résigné sa charge, et qu'il choisit pour nouvelle 
abbesse dame Marguerite de Gorcy, sur laquelle il a pris des informations et 
que la plupart des religieuses elles-mêmes de Glairefonlaine ont jugée « idoine ». 

Sur ce il permet et il ordonne à ces religieuses d'élire et d'accepter la nou- 
velle abbesse, " comme personne à ce capable et à nous agréable » (1). 

Voilà bien l'autocrate, confisquant toute liberté et imposant, comme par une 
amére dérision, la nécessité d'un vote en faveur de l'esclavage. N'oublions pas 
cependant que sous ces formes autocratiques ridicules se cachait d'ordinaire 
beaucoup de condescendance. 

Nous verrons que cette intervention séculière ne produisit pas le mal qu'on 
pouvait en attendre. La raison en est qu'il y avait alors parmi les hauts 
magistrats de Luxembourg des personnages du plus haut mérite et de la plus 
sincère piété, très versés dans les sciences ecclésiastiques et civiles. Ils furent 
pour beaucoup dans cet heureux résultat. 

La présence d'une nouvelle abbesse n'empêcha pas l'ancienne de conserver 
jusqu'à la mort son ancien titre ; ce qui semble indiquer que, si elle l'a résigné 
volontairement^ comme le dit la patente royale, ce ne fut pas sans regret. 

Quelques mois avant sa mort (1597), elle fit la déclaration suivante : 1° que 
feu son père, Georges de la Rochette, conseiller, prévôt et justicier à Greven- 
macher, avait constitué à sa sœur Marie et à elle même, une rente viagère qui 
les excluait de toute succession paternelle et maternelle ; 2° que, plus tard, elles 
ont cédé contre juste indemnité à leur frère Paul, seigneur de la Rochette et de 
Mersch et justicier de Grevenmacher, leur part de succession provenant de leur 
frère Oswald, seigneur d'Heffmgen, de Meisembourg et bailli de Remich, mort 
sans enfants (2). 

On voit que son frère Paul ne cessa jamais d'entretenir avec elle des rapports 
intéressés. 

Elle mourut le 5 janvier 1598. 

En entrant en religion, cette personne n'avait pas suffîsamment renoncé au 
monde. Elle eut le malheur de devenir abbesse. Alors, au heu de gouverner 
uniquement selon ses règles et selon l'avis de ses supérieurs, qui en sont les seuls 
interprètes légitimes, elle se laissa circonvenir par son frère et sa belle-sœur, 
qui ne songeaient qu'à l'exploiter, et qui, par leurs intrigues, associèrent à son 



(1) Cartul.de Clairet., p. 248. 

(2) Archives de Reinach, p. 625. 



• — 18 — 

gouvernement une intruse simoniaque. Mais, répétons-le, rien ne prouve qu'elle 
en eut jamais connaissance. On lui aura soigneusement caché cette intrigue. De 
bonne foi, elle aura fait la demande d'une coadjutrice, et, de bonne foi, elle l'aura 
bien accueillie et se sera déchargée sur elle d'une partie de son autorité. 

Admettons tout cela volontiers. Et, néanmoins, force est de se demander ce 
que peut être une communauté religieuse gouvernée par de pareilles supérieures. 
Semblable communauté n'est pas dans les conditions normales. Elle peut certes 
se sanctifier par l'observation de ses règles. Mais c'est plus difficilement, et au 
prix de sacrifices extraordinaires. Il lui manque quelque chose : une chaîne 
ininterrompue la rattachant au ciel et dont les supérieurs sont les anneaux les 
plus indispensables ; une atmosphère tout imprégnée du parfum de la sainteté, 
qui porte les âmes constamment vers Dieu. Or telle doit être l'atmosphère d'une 
maison religieuse. Tous ses membres y ont droit et tous, sans exception, mais 
surtout les supérieurs, sont obligés d'y contribuer par la sainteté de leur vie. 

* 
* * 

Aux Archives générales du Royaume à Bruxelles, il existe une liste fort mal 
écrite des revenus du monastère. Elle n'est pas datée, mais elle date de l'ab- 
batiat d'Elisabeth de la Rochette et est certifiée par elle. En voici le résumé : 

1. L'abbaye a part aux dîmes de douze villages : Anlier, Attert, Bleid, Frénois- 
la-Montagne, Guerlange, Guirsch, Hobscheid, Hollerich, Kœrich, Nohressart, Saint- 
Mard, Sélange. Ce qui lui vaut environ : froment, 10 maldres; seigle, 100 maldres; 
avoine, 10 maldres ; plus 8 florins ; 

2. La ferme de Burel : seigle, 10 maldres ; avoine, 10 ? maldres ; plus 4 francs à 28 
sous pièce ; 

3. La ferme de Bous : 4 muids ; celle de Sentzich, 10 muids, il n'est pas dit de 
quoi; 

4. Les terres de Pétange : 8 maldres, plus 13 florins; celles d'Autel : froment, 18 
mesures ; seigle, 5 maldi-es ; 

5. Le moulin de Beckerich : 6 maldres, 15 poules, 10 chapons et 25 florins et 10 
sous; celui de Gondal : 10 florins; 

6. Les prairies de Barnich, Messancy, Sélange et Sterpenich : 17 florins, un 
thaler ; 

7. Des six foudres de vin qu'elle perçoit à Remich et à Grevenmacher, elle doit 
donner cinq aimes au curé, même lorsque le raisin fait défaut; 

8. Les 60 journaux de terre qui entourent ral)baye sont répartis en trois soles de 
20 journaux chacun, et les prairies, qui rapportent 30 voitures de foin, exigent des 
dépenses égales au revenu. 



* 



— 19 — 
Marguerite de Gorcy 

Seizième àbbesse de Clair efontaine. 

Cette abbesse était de la noble famille de Gorcy, originaire du village de ce 
nom en Lorraine, et dont une branche, transplantée depuis longtemps en Belgi- 
que, y existe encore sous le nom de Gourcy. Elle gouverna l'abbaye de Glairefon- 
taine pendant tout un demi-siècle, à savoir : pendant les quatre dernières années 
de Philippe II, pendant tout le règne des archiducs Albert et Isabelle, et pen- 
dant les onze premières années de celui de Philippe III. Les archives qui la 
mentionnent nous la font voir comme l'une des plus dignes abbesses de Glaire- 
fontaine. 

Gomme nous l'avons dit un peu plus haut, sa nomination émane directement 
du roi. Il n'y eut qu'un simulacre d'élection. Le diplôme royal nous apprend 
que l'on prit d'abord l'avis des religieuses, et qu'ensuite il leur notifia la nomi- 
nation, avec ordre de s'y conformer et de faire les démarches nécessaires pour 
obtenir du pape, de l'archevêque et de tout autre supérieur les bulles et les 
provisions requises par le droit. 

Telle sera désormais la manière de nommer les abbesses. La forme seule sera 
quelque peu mitigée dans la suite. Avant la nomination on ne se contentera pas 
de prendre simplement l'avis des religieuses ; mais on les réunira au chapitre 
sous la présidence de deux commissaires royaux. Geux-ci étaient toujours l'abbé 
de l'ordre et le gouverneur du duché, ou leurs délégués. Après avoir fait serment 
de choisir les plus dignes, chaque religieuse donnait trois suffrages qui ne 
pouvaient se réunir 'sur la "même tète. D'ordinaire l'abbesse était choisie parmi 
celles qui réunissaient le plus de suffrages ; mais ce n'était pas une loi. 

L'original de cette nomination est scellé du grand sceau royal et daté de 1594, 
sans indication du jour. Seulement il est dit que c'est la 41^ année du règne de 
Philippe II à Naples, la 39« en Gastille et la 15^ en Portugal (1). 

Il serait fastidieux de rappeler ici quantité d'actes d'administration des biens 
de l'abbaye. Ce sont des baux, des achats ou d'autres contrats, qui n'ont pas 
grande importance, mais qui prouvent la vigilance et la sage activité de l'abbesse 
Marguerite de Gorcy. Signalons quelques-uns seulement des principaux. 

Tout au commencement du règne d'Albert et d'Isabelle, l'abbesse avait trans- 
mis à la nouvelle cour de Bruxelles une supplique rappelant les dévastations et 
les calamités des années précédentes, et avait réclamé non seulement la ratifi- 
cation de leurs anciens privilèges, mais la bienveillante et efficace protection de 
Leurs Altesses. Le 10 juin 1600 parut une ordonnance souveraine, approuvant 
les anciens privilèges et chargeant les autorités locales d'en empêcher la viola- 
tion (2). 



(1) Carlul.. p. 24S. 

(2) Cartiil , 11. 2:u. 



— 20 — 

Loin d'obéir à cet ordre, le receveur des princes ne livra, cette même année, 
que neuf aimes de vin, au lieu de trente, et, les deux années suivantes que vingt- 
quatre aimes, au lieu de deux fois trente ; de sorte qu'il était en retard de 57 
aimes. De nouveau les religieuses se plaignirent aux archiducs. Leur requête 
fut renvoyée à la direction des finances, qui les punit de n'avoir pas réclamé 
plus tôt, en donnant ordre de leur payer seulement la moitié des arrérages. 

C'est alors qu'il fut statué que les receveurs des princes pourront, à l'avenir, 
payer les religieuses en argent, lorsque la récolte de vin sera insuffisante. Pour 
cela, ils se régleront sur le prix courant de Remich. C'était équitable et néces- 
saire. Par là on coupait court à de graves difficultés. Depuis que nos princes 
n'habitaient plus la ville de Luxembourg, il n'existait plus de cellier qui piU, 
comme jadis, combler le déficit (1). 

Pour donner à la fois une idée de certains usages de cette époque et des mille 
petits soins qu'exigeait alors l'administi'ation d'une maison un peu considérable, 
nous allons analyser brièvement le bail de la belle ferme de Burel. 

» Pierre Arrendts reprend le bail pour neuf ans. 11 payera chaque année 
10 maldres de seigle, 10 maldres plus 2 bichets d'avoine ; 12 écus de 30 sous, 
10 livres de beurre ; un pain d'épice de 10 livres à la nouvelle année ; 2000 épin- 
gles ; un gâteau de froment d'un setier, au jour des Rois ; 200 œufs à Pâques et, 
au mois de mai, un honnête repas pour tout le couvent. Il transportera, de 
Remich ou de Grevenmacher à Clairefontaine, deux charrées de vin, et, du pays 
de France, trois charrées de grain. Il nourrira deux vaches ou bœufs de l'abbaye 
et, pour cela, il pourra mettre deux porcs avec ceux de l'abbaye (2). Les autres 
baux étaient, pour la plupart, moins compliqués, mais entraient dans des détails 
semblables. 

Quant à l'administration intérieure du couvent, il n'en reste aucune trace. Un 
fait nous montre combien l'abbesse y mit de prudence, dès les premières années 
de son entrée en charge. Les archives, on le sait, étaient surtout précieuses, 
parce qu'elles contenaient les titres de propriétés. Or, celles de l'abbaye avaient 
été cachées, on ignore à quelle époque et en quel lieu : peut-être dans une forme 
isolée, peut-être, comme cela s'est fait ailleurs, dans une cave inabordable, bien 
garantie de toute humidité. Quant à l'époque, elle remontait sans doute aux plus 
mauvais jours du règne de Philippe IL Or, en 1604, c'est-à-dire dix ans après 
son entrée en charge, la prudente abbesse n'avait pas encore osé les faire revenir 
au monastère. C'est ce que nous apprend une lettre écrite par elle au célèbre abbé 
Bertels, qui lui demandait des renseignements historiques sur sa maison (3). 
C'est que l'agitation restait encore bien grande alors dans toute la province de 
Luxembourg. Des officiers recruteurs la parcouraient de toutes parts et leurs 
cris de gueri-e ne pouvaient manquer de jeter la terreur dans une communauté 
isolée et sans défense. 



(1) Ordonnancft du 4 juillet 100.3; vidlinus du 5 décembre 1 608. Archioea de l'Etat à Luxembourg 

(2) Archioes de Luxemb., dossifr Berkerlrh. 
(oj Ilisinrin /.ii3 em/jurgensis. 



— 21 — 

Ces craintes cependant et ces dangers devenaient de jour en jour plus imagi- 
naires que réels. Ils n'étaient, pour la sage abbesse, qu'un excitant de plus au 
fidèle accomplissement du principal devoir de sa charge : la formation de sa 
communauté à l'exacte observance de la vie religieuse. Aussi l'abbaye de Glaire- 
fontaine fut-elle bientôt proposée comme modèle aux autres abbayes du même 
ordre. Les religieuses de Pont-Léon de Trêves, ayant perdu leur abbesse en 1608, 
s'empressèrent d'en demander une, formée à l'école de la vénérable Marguerite 
de Gorcy. Elle leur envoya une de ses religieuses nommée Anne Pfaltz. 

La prudente abbesse se montrait très réservée, voire même difficile, dans l'ad- 
mission des novices. Elle avait pour cela deux puissants motifs : l'insuffisance 
des ressources matérielles du monastère et la crainte d'admettre des personnes 
indignes. Aussi refusait-elle toute postulante, à qui le cloître offrait meilleure 
table, moins de travail matériel et plus de bien-être qu'elle n'en avait dans le 
monde. En outre, elle exigeait de chacune, soit une dot, soit une pension viagère. 

Il nous reste quatre petits contrats constituant ces sortes de dotations reli- 
gieuses. 

Le premier est de Jeanne de Susemont. Le lendemain de sa profession religieuse, 
laite le jour de la Purification 1598 (style de Trêves ?), elle renonce, avec la per- 
mission de l'abbesse, à toute succession paternelle et maternelle, en faveur de 
ses frères Jean et Nicolas Rinquetz, seigneurs de Susemont, moyennant une 
pension annuelle et viagère de vingt francs. Il avait déjà été fourni 1250 francs, 
et il restait quelques autres frais encore à payer. C'est Jean d'Arimont, seigneur 
de Vance, qui fait ce contrat au nom des deux frères. Les témoins sont Jean de 
Ville, religieux d'Orval, confesseur de Glairefontaine, et le sieur Pierre Turn- 
hoult, mambour et procureur de l'abbaye; le notaire, Gabriel von Saurfels (1). 

Une autre, Jeanne de Bettainvillers, entrait au noviciat en 1605. Sa mère, 
damoizelle Suzanne François, veuve de Jean, seigneur de Bettainvillers et de 
Saulny en partie, lui faisait une rente viagère de soixante francs barrois, pour 
pourvoir « aux nécessités que sadite fille pourroit avoir par accident de maladie 
ou aultrement ; mesme que, par fortune de guerre, elle seroit parfois constrainte 
se retirer, avec les aultres dames dudit monastère, es villes voisines, estant le 
dit monastère champestre et subject aux courses de gens de guerre ennemis (2)». 

Marie de Vaux, qui entrait en religion quatre ans plus tard, avait un frère, 
nommé Remacle, licencié en théologie et •' i)rofesseur en icelle au monastère de 
Florenne «. Celui-ci lui assure une rente annuelle de douze florins de vingt pata- 
gons pièce, à toucher au village de Jupille, près de Laroche (3). 

A son entrée en religion, Elisabeth de la Haye (von Ilagen) avait reçu de son 
père Gaspard-Martin, une pension annuelle desoixante francs. Ce seigneur, avant 



(1) Cartul., p. 249. 

(2) Cailul., p. 252. 

(3) Archives de Luxemb,, dossier Syr (Surej. 



22 _ 

de mourir, avait ordonné que ladite pension fût majorée de quarante francs. En 
conséquence, le 5 novembre 1627, comparaissaient devant les deux notaires 
jurés du tabellionnage de la prévôté de Longuion : 1° Nicole de la Vaulx, veuve 
du seigneur de la Haye, dame de Bellefontaine, etc. ; 2° Philippe-Elizée de la 
Haye, seigneur des mêmes lieux ; 3" François-Pierre de la Haye, coadjuteur de 
son oncle à la prévôté de Saint-Siméon de Trêves et chanoine de ce même cha- 
pitre et de celui de Saint-Léonard à Francfort (1); 4° Jean de la Faloise, 
seigneur de Trux, Luzy et Pouilly, mari de Louise de la Haye, ce dernier gendre 
et les deux précédents fils du défunt et de Nicole. Leur but n'était autre que de 
s'engager envers « dame leur fille, sœur et belle-sœur «, au payement de la 
majoration de sa dot, par amitié et en exécution de la volonté du seigneur 
défunt (2). 

Le chapitre des religieuses n'intervenait pas dans ces sortes d'actes. Ils ne 
peuvent donc rien nous apprendre du nombre total des religieuses dans le pre- 
mier quart du dix-septiême siècle. Nous n'avon.T trouvé qu'un petit contrat, fort 
insignifiant en lui-même, mais précieux sous ce rapport, puisque toutes les reli- 
gieuses, présentes au chapitre, y ont apposé leur signature. Voici leurs noms : 

Marguerite de Gorcy, abbesse ; Marguerite de )a Fontaine, 

Anne de Wassenberg, prieure ; Françoise de Mauléon, 

Sébastienne d'Arimont, Madeleine Saint Baussant (5), 

Marguerite de Cornet, Salomé de Beauchamps (6), 

Jeannette de Susemont, Claude du Faing, 

Jeannette de Bettainvillers (3), Anne de Villelongue (7), 

Catherine de Foui Ion, Gabrielle de Heulses, 

Françoise de Latour, Anne de Bettainvillers (8), 

Elisabeth de la Haye (4), Anne de Mousay. 

Or il manquait alors au moins une professe : Marguerite de Pouilly, qui, plus 
tard, devint abbesse. — L'abbaye comptait donc à cette date (13 septembre 1622), 
dix-neuf professes, peut-être même quelques unes de plus. Dans ce nombre ne sont 
pas comprises les sœurs converses, ordinairement peu nombreuses, ni les novices. 

Quant à l'objet de cet acte, c'est tout simplement la cession d'une place de jardin 
pour une rente annuelle de douze sous anciens ou de quatorze sous nouveaux (9). 

L'abbaye de Bonnevoie, située sous les murs de Luxembourg, traversait alors 



(1} Son oncle portait le même nom que lui : François-Pierre de la Haye. Il était déjà prévôt en 1600. 
n était aussi officiai du diocèse. Il mourut le 4 décembre 162'J. Son neveu, coadjuteur de|)uis JfilS, lui 
succéda/.comme prévôt, le 10 décembre 1629. 

Métropnl. ecci. Treoer., t. I, p. 213. 

(2) Cartul.. p. 255. 

(3) Née à Briey en 1590, professe depuis 1606. 
(4)_Née à La Grandville, en 1596, professe depuis 1612. 

(5) Née en 1598, à Sec-en- Wavre, professe dei>uis 1615. 

(6) Née en 1596, à Thonne-la-Long, professe depuis 1615 {?). 

(7) Née à Petit- F'ailly en 1595, professe depuis 1615 (?). 
(8)'Née à iMoyeuvre (Thionville), en 1601, professe depuis 1620. 
(9» Cartul., p. 254. 



I 



— 23 — 

une crise bien pénible, à cause de l'entêtement de son abbesse. Eve de Stein, 
c'était le nom de cette dame, refusait obstinément de recevoir une réforme jugée 
nécessaire par les supérieurs de l'ordre. Elle fut donc déposée et s'en vint résider 
à Arlon, avec une sœur converse. Les huit autres religieuses de son abbaye furent 
alors envoj^ées à Difïerdange et à Glaircfontaine, où les administrateurs de 
Bonnevoie payaient leur pension. On ignore si elles se partagèrent en nombre 
égal dans les deux abbayes. 

Cela lait, l'abbé de Glairvaux se chargea de reconstituer la maison de Bonne- 
voie. Il choisit, pour cette œuvre importante, la prieure de Glairefontaine, Anne 
de Wassenberg, et l'établit abbesse de Bonnevoie. Celle-ci n'eut d'abord à gou- 
verner que six novices. Lorsqu'elle mourut en 1640, ses premières novices et 
d'autres venues ensuite formaient une communauté de religieuses professes. Elles 
choisirent pour abbesse Agnès de Neuveforge. Aussitôt en charge, la jeune 
abbesse supplia celle de Glairefontaine de lui accorder, pour quelque temps au 
moins, une de ses religieuses, capable de suppléer à son inexpérience. C'est ainsi 
que Jeanne de Bettainvillers dut faire à Bonnevoie un séjour dont on ignore la 
durée. Pendant son absence, elle fut remplacée, dans sa charge de prieure, par 
Marguerite de Pouilly. 

La terrible année 1636, qui fit croire un moment à la dépopulation totale de 
nos contrées, sévit beaucoup moins cruellement sur les religieuses de Glairefon- 
taine que sur les autres habitants du pays. Des dix-neuf dames, en effet, qui sont 
nommées ci-dessus, d'après un acte de 1622, huit vivaient encore en 1644. Avec 
l'abbesse, c'est presque la moitié après vingt-deux ans écoulés et une épidémie 
qui, hors du monastère, emporta plus des deux tiers de la population. 

Il esta remarquer que depuis ces vingt-deux ans, l'abbesse n'avait reçu sans 
doute qu'un petit nombre de novices ; car, en 1644, les dames de chœur ne sont 
plus qu'au nombre de dix, savoir l'abbesse et huit autres déjà professes en 1622, 
plus Anne-Barbe de Hattstein, née à Luxembourg en 1612 et professe depuis 
l'année 1629. Que si plusieurs autres ont fait profession pendant ces vingt-deux 
ans, elles ont toutes été emportées par la mort. 

Voici les noms des huit survivantes : Jeanne de Bettainvillers, prieure depuis 
15 ans ; Elisabeth de la Haye ; Marguerite de F*ouilly, chantre et sous-prieure ; 
Madeleine de Saint-Baussant, qui fut présidente du cloitre pendant trois à quatre 
ans (c'est là un « office qui s'exerce seulement en cas d'absence ou de maladie 
des dames abbesse, prieure et sous-prieure ") ; Salomé de Beauchamps, cellerière ; 
Anne de Villelongue, sacristine, et Anne de Bettainvillers, maîtresse des pension- 
naires pendant quatorze ans et, depuis deux ans, maîtresse des novices. Cette 
charge de maîtresse des pensionnaires prouve qu'on entretenait au monastère 
déjeunes pensionnaires qui, arrivées à un âge convenable, se faisaient rehgieuses 
ou rentraient dans leurs familles. Leur nombre était toujours fort restreint. Il y 
avait en outre trois novices et trois sœurs converses. 

Depuis la funèbre année 1636, la guerre ne cessait d'exterminer le peu d'habi- 



— 24 — 

tants que la peste avait épargnés. Les troupes françaises, croates, lorraines, 
passaient sans cesse et se livraient à tous les genres de dévastations. Pas un 
moulin, pas une ferme de l'abbaye n'échappa soit au pillage, soit à l'incendie. Il 
n'y resta ni un meuble, ni un cheval, ni une pièce de bétail quelconque. Les dix 
corps de bâtiments qui touchaient aux cloîtres et contenaient les dépendances de 
l'abbaye, y compris les écuries et les granges, furent tous détruits de fond en 
comble. Les jardins étaient « abimés >•. Quant aux terres, elles restaient en 
friche, depuis la mort de ceux qui les cultivaient. Les bois de l'abbaye avaient 
été ravagés par la garnison d'Arlon : outre son chauffage, elle y avait pris les 
palissades dont la ville fut entourée. 

A trois reprises, jes religieuses contractèrent « de grandes dettes », pour 
arrêter l'effondrement des toits du monastère, pour acheter des chevaux et du 
grain afin d'ensemencer quelque coin de terre. Peines et argent perdus, trois fois 
les pillards revinrent, enlevant ou détruisant tout. On peut, au moyen de ces 
quelques faits, imaginer les terreurs et les souffrances qui épurèrent les huit 
dernières années de l'abbesse Marguerite de Gorcy (1636 à 1644). 

Du milieu des ruines de leur abbaye, voyant leur mère presque à l'agonie, les 
rehgieuses adressèrent au roi Philippe IV une humble supplique, dont voici en 
peu de mots la teneur : Après avoir rappelé brièvement leurs affreuses calamités, 
elles prient Sa Majesté de les autoriser à élire une coadjutrice. C'est le désir de 
leur vénérable abbesse, qui est réduite à la caducité et qui craint, avec elles, 
qu'il n'en résulte pour le monastère des dommages spirituels et temporels 
(3 juin 1644). 

Quinze jours après, Marguerite de Gorcy terminait sa longue carrièi'e par une 
sainte mort (17 juin) (1). 

Marguerite de Pouilly 

Dix-sepiième abbesse de Claire fontaine. 

Marguerite de Pouilly était née à Viviers en 1599 et avait fait profession en 
1615. Lorsqu'elle devint abbesse, elle avait donc de 44 à 45 ans. 

Un mois à peine après la mort de l'ancienne abbesse, le gouvernement de 
Bruxelles nomma commissaires royaux, pour présider l'élection d'une nouvelle 
abbesse : l'abbé d'Orval, dom Henri de Meugen, et Jean-Mathieu d'Arnoult, 
conseiller provincial. Celui-ci s'empressa de décliner cette mission : Mon grand 
âge, écrit-il au marquis don Francisco de Mello, ne me permet plus de voyager. 
D'autre part, Clairefontaine est un lieu désert, situé dans un bois. On y est à la 
merci des Français. Il faudrait n'y aller que sous bonne garde ; mais alors les 
frais seraient considérables. 



(1) Le même jour mourait Jean d'Allainont, gouver-iu'iir de Monlmédy, père du héros qui fut tué, le 4 
août 1654, en défendant cette ville contre Louis XIV, 



— 25 — 

Ces raisons firent décider que l'élection aurait lieu, non à Clairefontaino, 
mais au refuge de Luxembourg. Les huit dames de chœur y airivèrent le 2 
août. 

Nous allons entrer dans plusieurs détails, parce que, jusqu'à la révolution 
fi-ancaise, ils se reproduiront assez invariablement à chaque élection d'abbesse. 

Le lendemain de leur arrivée, les électrices assistèrent à la messe du Saint- 
Esprit, dite par l'abbé d'Orval, et communièrent. On se rendit ensuite dans la 
principale salle du refuge et l'on récita l'hymne « Veni Creator ». Après quoi, les 
religieuses passèrent dans une salle voisine, pour revenir, tour à tour, exprimer 
oralement leurs votes, en présence des deux commissaires et d'un greffier. 

Chaque l'eligieuse avait trois voix à répartir sur trois personnes. Elles devaient 
dire les motifs qui déterminaient leur choix. La prieure Jeanne de Bettainvillers 
parut la première. On lui présenta la formule de serment que voici et qu'elle lut 
à haute voix : 

» Je, sœur . . . [nom), promets à Dieu de choisir pour abbesse du monas- 
tère de Clairefontaine, celle que je croiray la jtlus utile pour le gouvernement 
tant du spirituel que du temporel, et non celle que je saurais avoir recherché 
pour soy-mesme ceste élection, soit par promesses ou par présens ou aultre 
façon quelconque, directement ou indirectement. Ainsi Dieu me soit en ayde et 
son sainct Evangile : In principio erat Verbum et Verbum erat apud 
Deum et Deus erat Verbum «. 

Toutes les religieuses qui vinrent ensuite lurent de même ce serment. 

Cela fait, elle choisit, dit-elle : 1" Anne de Bettainvillers, sa cousine germaine, 
non pour ce motif de parenté, mais parce que, outre sa grande aptitude à former 
et à instruire les pensionnaires, elle est très vertueuse, charitable, serviable et 
observatrice de la règle. Elle choisit : 2" Marguerite de Pouilly, parce qu'elle est 
sage, instruite dans les choses spirituelles et temporelles, paisible et très ver- 
tueuse ; 3° Elisabeth de la Haye, parce qu'elle est courageuse et dévouée à son 
devoir. 

Cette dernière répartit ainsi ses trois voix : 1" sur Anne de Bettainvillers, 
pour les mêmes motifs que la précédente ; 2° sur Jeanne de Bettainvillers, à 
cause de sa vertu, de sa charité envers les malades et de la sagesse avec laquelle 
elle remplit sa charge de prieure. Elle fait observer toutefois que cette dame 
devient caduque et que sa vue s'affaiblit ; 3° sur Salomé de Beauchamps, qui 
est soigneuse, vigilante, discrète et fort bonne religieuse. 

Marguerite de Pouilly nomme : l» Jeanne de Bettainvillers, à raison de sa 
bonne vie, de sa piété, de son zèle pour l'observance des règles, de son humilité 
qui la porte toujours à se considérer comme la moindre de la maison, et de sa 
fidélité au service divin, où elle arrive la première et sort la dernière ; 2° Salomé 
de Beauchamps, édifiante et soigneuse à bien remplir ses charges ; 3" Anne de 
Bettainvillers. 



— ?6 — 

Madeleine de Sainl-Baussant choisit : 1" Marguerite de Pouilly, laquelle sait 
l'allemand et le français, est fort vertueuse, prudente, paisible et bien instruite 
de tout ce qui concerne l'administration ; 2-^ Jeanne de Bettainvillers; 3" Salomé 
de Beauchamps. 

Salomé de Beauchamps met en première ligne Marguerite de Pouilly, à cause 
de son zèle pour la régularité, de son obéissance, de son expérience acquise par 
de longs rapports avec l'abbesse défunte ; 2° Jeanne de Bettainvillers ; 3» Anne 
de Bettainvillers. 

Anne de Villelongue opte également 1° pour Marguerite de Pouilly, dont elle 
loue la régularité, la piété, la modestie, l'humilité, la charité, la vigilance et 
l'afïabilité ; 2" pour Anne de Hattstein, qui connaît les deux langues et est fer- 
vente au service divin ; 3" pour Jeanne de Bettainvillers. 

Anne de Bettainvillers donne sa première voix à sa cousine Jeanne de Bet- 
tainvillers, charitable, exemplaire et zélée pour la règle ; 2° à Marguerite de 
Pouilly, qui est sage, d'un jugement droit et d'une grande discrétion. 

Enfin Anne de Hattstein vote : 1^' pour Marguerite de Pouilly, exacte, régu- 
lière, pacifique, modeste, soigneuse et connaissant mieux les affaires que toute 
autre ; 2° pour Jeanne de Bettainvillers ; 3" pour Anne de Villelongue. 

Aux votes des religieuses électrices, on crut utile d'ajouter ceux de quel- 
ques personnes qui connaissaient les besoins de l'abbaye. Les commissaires les 
convoquèrent donc pour le 6 août. Ils mirent à profit les deux jours d'intervalle, 
pour prendre connaissance des affaires du couvent. Ajournons le compte-rendu 
qui leur fut fait alors et voyons-les d'abord compléter leur œuvre principale : 
l'élection de l'abbesse. 

On avait écrit d'abord au confesseur de l'abbaye, dom Désiré Ghauffault, reli- 
gieux d'Orval. Il répondit de Glairefontaine que ses infirmités ne lui permettaient 
pas d'aller à Luxembourg ; mais " j'aflîrme, dit-il, sur ma parole de prêtre et de 
religieux, que Marguerite de Pouilly est celle qui me parait la plus digne d'être 
nommée abbesse, à cause de ses grandes vertus, de son zèle pour tout ce qui 
touche à la religion et à la discipline, de sa rare modestie, de sa prudence dans 
l'administration, de sa vie très exemplaire et de la haute estime qu'avait pour elle 
la défunte abbesse, de pieuse mémoire. Je crois aussi que Jeanne de Bettainvillers 
et Salomé de Beauchamps peuvent être promues à cette charge (5 août) ». 

Dom Samrée, autre religieux d'Orval et confesseur des religieuses de Dififer- 
dange, avait également été convoqué. Il arriva le 6 août. Interrogé sous la foi du 
serment, il répondit qu'il était âgé de 56 ans et profès de 36 ; que, depuis trente 
ans, il a visité plusieurs fois, par ordre de son abbé, le couvent de Glairefontaine, 
soit pour y entendre les confessions ou y faire des instructions, soit pour y 
transmettre des communications du supérieur de l'ordre. G'est ainsi qu'il a une 
certaine connaissance de cette maison religieuse. Il choisit 1» Marguerite de 
Pouilly, 2° Anne de Bettainvillers, 3'' Elisabeth de la Haye. 

Le rapport des commissaires dut être conforme au sentiment de la majorité ; 
car, par décret royal du 23 septembre, Marguerite de Pouilly fut nommée abbesse 



— 27 — 

et chargée de faire les démarches nécessaires à Roine, à Trêves et chez les supé- 
rieurs de l'ordre, pour obtenir les bulles, les provisions et les confirmations 
nécessaires (1). 

Revenons aux deux commissaires royaux, réunis au refuge et faisant l'enquête 
d'usage en pareilles circonstances sur l'administration intérieure de l'abbaj'e et 
sur ses revenus annuels. Nous citons sommairement les réponses écrites ou 
orales, faites par les religieuses à leurs nombreuses questions. 

Loi'squ'elles étaient au nombre de vingt ou plus, l'office était chanté lente- 
ment, les dimanches et les fêtes. Il durait alors depuis deux heures après 
minuit jusqu'à sept heures. A 9 heures il recommençait pour finir à 11. L'ofi^ice 
du soir était de deux heures (de 3 à 5). Mais depuis qu'elles ne sont plus assez 
nombreuses pour le chanter, elles se bornent à le psalmodier à deux heures du 
matin, les dimanches et les fêtes ; à 4 heures les autres jours. 

Les règles s'observent sans aucun relâchement ; même celle de la clôture a été 
gardée » autant et sy avant que la calamité du temps l'a permis ». 

On pourvoit aux divers offices de la manière suivante : l'abbesse, après avoir 
demandé l'avis des plus anciennes religieuses, nomme elle-même à toutes les 
charges, y compris celle de prieure. 

Autrefois les revenus du monastère étaient perçus par un facteur séculier. 
Aujourd'hui qu'elles sont ruinées complètement, la cellerière suffit pour tout 
recueillir. Elle rend compte, chaque année, à l'abbesse. 

L'état des biens est désastreux au possible : fermes incendiées, étangs rompus, 
bois détruits. Douze mille fiorins carolus suffiraient à peine aux réparations. 
Lorsque tout leur manquait, même le pain, elles ont emprunté 2700 florins ou 
plus, savoir : 900 au seigneur de Housse pour achat de chevaux ; puis la même 
somme aux messieurs de Pouilly de Fléville, pour achat d'autres chevaux et 
pour réparation du moulin du monastère, brûlé par les Croates, ainsi que de 
quelques autres bâtiments ; mais ces chevaux furent de nouveau volés et ces 
bâtiments démolis. Alors elles ont emprunté : à l'un cent patagons, pour acheter 
des moulons ; à l'autre cent carolus pour payer les subsides accordés au roi ; à 
plusieurs 600 carolus pour payer les gages des domestiques et les chariots qu'il 
a fallu fournir à l'armée française après la prise de Thionville, bien que cette 
armée ait complètement pillé la maison. 

Pendant quelques années, sous le règne réparateur des archiducs, les revenus 
de l'abbaye ont été de 100 florins, 150 muids, moitié seigle, moitié avoine, 15 
muids de froment et cinq foudres de vin ; c'étaient les 30 aimes achetées au comte 
Henri II. Aujourd'hui ces revenus se réduisent à 15 florins, 25 muids de seigle, 
4 bichets d'avoine et 7 de froment, plus les 5 foudres de vin. Mais, tandis 
qu'autrefois il ne fallait que 5 patagons pour payer le transport de ce vin de 



(l) On voit que lancieiine toi mule est conservée ; mais que, en réalité, il y a véritable élection, bien 
que sujette à quelques modifications. 



— 28 — 

Remich à Luxembourg, il en faut maintenant plus de quarante, à cause des 20 
soldats au moins qui sont indispensables pour escorter les voitures. Les autres 
minces revenus qui précèdent exigent eux-mêmes de grands frais pour arriver 
jusqu'à l'abbaye. 

Selon un usage ancien, il y a table ouverte pour tous ceux qui apportent ne 
lïit-ce qu'un quarteron de grain, il leur •' t'ault un plein disner comme pour un 
charroi. » En temps de paix, il y avait parfois une centaine de personnes. Il n'en 
est plus ainsi, mais les dépenses restent néanmoins considérables. 

Quelques uns des anciens revenus du monastère s'étaient amoindris de telle 
sorte que, loin de lui apporter de l'aisance, ils étaient devenus onéreux. Citons 
les plaintes que nous trouvons dans les archives de l'abbaye. C'est une espèce de 
confidence faite à une petite feuille de papier, sans doute par la sœur cellerière. 

En vain, dit-elle, les religieuses coulaient se débarrasser de ces petits biens, et 
otïraient-elles aux tenanciers de leur donner gratuitement la propriété de leur 
lupin de terre et de l'exempter à perpétuité de toutes redevances. Ceux-ci ne 
l'entendaient nullement ainsi, et chaque année les voyait revenir avec une mesure 
ou deux d'avoine ou de seigle et s'installer à table comme les principaux fermiers 
du monastère. Puis, à bref délai, ils reparaissaient, eux ou leurs femmes, pour 
réclamer une indemnité, à cause de la grêle, de la gelée, de la sécheresse ou de 
la pluie, de la perte d'un animal domestique ou de la maladie d'un enfant. 

Aux Archives générales du royaume à Bruxelles, on trouve une supplique 
sans date, mais qui ne peut avoir été faite que pendant la courte vacance du 
siège abbatial. Elle émane, en eflet, non •' de l'abbesse et du couvent de Clai- 
refontaine », — on sait que c'est là une formule presque sacramentelle, — mais 
des religieuses toutes seules. Les détails en sont navrants : jamais les revenus 
de l'abbaye ne sont tombés aussi bas. Ils ne suffisent pas même pour la nourri- 
lui'e des religieuses et des domestiques. Avant ces dernières années de malheur, 
les religieuses recevaient de leurs familles tout ce qui concerne le vêtement. Il 
avait bien fallu mettre cette condition à leur réception dans le monastère. Mais 
aujourd'hui leurs parents sont eux-mêmes complètement ruinés : ni habits, ni 
pension, ils ne peuvent rien fournir. La détresse est telle qu'on n'a pas une 
chandelle pour éclairer les corridors, les cellules et le dortoir. Si parfois l'on 
parvient à se procurer des vivres, bientôt arrivent des soldats ou d'autres étran- 
gers, et tout disparait. Ajoutez qu'il faut faire garder les champs où mûrit le 
grain et nourrir les gardes. Le but de cette supplique est exprimé en ces termes : 
Daigne Votre Excellence exempter le couvent de Clairefontaine « du contingent 
des subsides que l'on at coustume donner à Sa Majesté ». 

En entrant en charge, la nouvelle abbesse ne put donc songer à autre chose 
qu'à pourvoir jour par jour au strict nécessaire, ajournant à des temps meilleurs 
la réparation des désastres du passé. Malheureusement l'avenir s'entrevoyait 
lugubre, et il le fut presque constamment pendant un quart de siècle. Aussi se 
garda-t-elle d'accrojtre sa communauté. Elle vit mourir successivement toutes 



— 29 — 

les religieuses qui avaient pris part à son élection et, à chaque décès, elle se 
contentait de combler le vide fait par la mort, en penchant vers la diminution 
plutôt que vers l'augmentation du nombre des religieuses. Il en résulta que, 
vingt-sept ans après son élection, lorsqu'elle même mourut, six dames de chœur 
seulement formaient le chapitre du monastère. Mais cette petite et jeune com- 
munauté était fervente et parfaitement régulière. 

Il reste peu de documents dans lesquels il soit question de cette sage abbesse. 
Que pourrait-on mettre par écrit concernant quelques pauvres filles réduites à 
l'indigence et logeant dans des ruines ? Néanmoins des pièces, fort insignifiantes 
d'ailleurs, nous font voir que ni les malheurs passés, ni la crainte chaque jour 
renaissante de nouvelles catastrophes n'abattirent jamais le courage de la minime 
communauté. 

Le maréchal de Turenne assiégeait Arlon en 1647, mais aux approches du 
duc de Lorraine, il se désista. C'était partie remise. Pendant trois ans, les 
Français reparurent plusieurs fois dans les environs et, en 1651, ils s'emparèrent 
enfin de la ville et la saccagèrent, comme ils avaient fait moins d'un siècle aupa- 
ravant. C'est alors que l'abbesse Marguerite de Pouilly, voyant son monastère et 
le peu de bien qui lui restait à la merci des troupes françaises, prit la résolution 
d'écrire à Louis XIV, alors âgé de treize ans, et de lui demander pour son mo- 
nastère une protection toute spéciale. Le jeune roi la lui accorda de la manière 
la plus bienveillante, en lui faisant parvenir une sauvegarde signée de sa main. 
Défense y est faite de molester l'abbaye, aux soldats sous peine de mort, aux 
officiers sous peine de concussion (22 décembre 1651). Cette sauvegarde fut 
renouvelée à Metz en 1657 (1). 

Dom Calmet nous apprend qu'en 1652, le tableau représentant la vision 
, d'Ermesinde fut supprimé pour cause de vétusté (2). 11 en est parlé au conmien- 
cementde cette notice, chapitre V. 

Grâce à la protection du roi de France et à la prudente sollicitude de l'abbesse, 
l'indigence et la misère disparurent peu à peu, de toile sorte que, en 1661, il fut 
possible à l'abbaye de venir en aide aux carmes d'Arlon. Leur maison n'avait pas 
été détruite, comme au siècle précédent, mais gravement endommagée, et elle 
manquait complètement de ressources. Avec la permission de leur supérieur l'ési- 
dant à Wiltz, ils vendirent aux dames de Glairefontaine deux prairies rendant 
environ huit voitures de foin, au prix de 80 patagons à 48 sous, plus deux pata- 
gons de vin (3). Cet argent provenait vraisemblablement de l'une ou de plu- 
sieurs des quatre novices qui entrèrent, vers cette époque, à l'abbaye, savoir : 
Marie-Jeanne de Saintignon, née à Grand-Failly, fille d'Alexandre de Sain- 
tignon et de Jeanne de Pouilly, cousine germaine de l'abbesse ; Marguerite- 
Joseph de la Fontaine, née â Sorbay d'Adrien de la Fontaine et de Jeanne de 



(1) Arehiues d'Arlon, original de In première, cojiio ilc la seconde. 

(2) Notice de Lorraine. 

(3) Archives d'Arlon. Une .luIre copie porte 85 patagons. 



- 30 — 

feellefonlaiiie; Marguerite-Claire de Cugnon, née à Ethe de Nicolas de 
Gugnon et de Marie Hoschet, et Marie- Françoise de Longiieval, née à 
Vianden de feu le colonel de Longueval et de Louise Del val. 

Une petite note du 6 avril 1662 nous apprend que Marie-Glaire de Gugnon est 
entrée, ce jour même, au couvent, conduite par son père et sa mère. Elle avait 
alors dix-huit ans. Ses parents s'engagèrent à supporter les frais de son noviciat 
et, si elle persévérait dans sa vocation, à payer au monastère 200 écus de 48 
sous pièce, de pourvoir à son habillement et à son ameublement, comme il sied 
à une noble religieuse, et de lui remettre 48 patagons à 48 sous pièce. En garan- 
tie, ils hypothèquent leur domaine, nommé Lafolie, situé en Lorraine. Que si elle 
mourait novice, les frais de maladie et de funérailles seraient à la charge des pa- 
rents. Fait par devant le notaire Rumlingd'Arlon, en présence des témoins : dom 
Barbu, confesseur du couvent, et Nicolas de Guminelle. 

Avant d'admettre ces quatre novices à la profession, l'abbesse écrivit à l'ar- 
chevêque de Trêves, pour le prier de permettre à Augustin Rumling, doyen de 
Saint-Martin à Arlon, de leur faire subir l'examen préalable, prescrit par le 
concile de Trente. Cette permission fut accordée (l). 

A cette époque le courage renaissait dans toutes les classes de la faible popu- 
lation luxembourgeoise. Le culte de la Sainte Vierge avait toujours été cher au 
Luxembourgeois ; mais depuis quelques années, il prenait un essor extraordi- 
naire, dissipant la torpeur des mauvais jours et faisant partout éclore les plus 
belles espérances. Au mois de septembre 1654, avait eu lieu l'érection de Notre- 
Dame dite d'Arlon, depuis lors si honorée non seulement des habitants de la 
ville, mais des populations voisines. Douze ans plus tard (27 septembre 1666), 
par décret du gouverneur, du président et de tous les membres du conseil provin- 
cial, la Sainte- Vierge était proclamée la patronne de la ville de Luxembourg et, 
peu de temps après, elle recevait solennellement, des représentants des villes et de 
la population entière, le même titre de patronne de tout le duché. Gette dévotion 
était par excellence celle des religieuses de Clairefontaine. Elles s'y retrem- 
paient journellement, au moyen des écrits de Saint Bernard et par leurs fré- 
quentes visites au tombeau d'Ermesinde. Gomme aux siècles passés, le peuple 
venait, sans doute, s'associer à ces hommages rendus à Marie ; mais, sous ce 
rapport, les documents font défaut. 

Une autre dévotion existait à Glairefontaine : celle à saint Antoine, fondateur 
de la vie monastique. Son origine est inconnue. Elle donna lieu à une confrérie 
pieuse, pour laquelle l'abbesse Marguerite de Pouilly demanda deux fois au s'ni- 
verain pontife des faveurs spirituelles. En réponse à sa première demande elle 
reçut de Glément X un bref conforme à ses désirs (5 juin 1671). 



(1) Archices de la cathéd. de Trêves: ex libro lemporali ecclesiastico Rev. archiepiscopi Car. 
Cusjjuii. 



- 31 - 

Quand ce bref arriva, la pieuse abbesse touciiait au terme de sa carrière. Elle 
s'éteignit le 9 décembre 1671. 

Selon l'usage, le chapitre informa de cette mort le président et les membres 
du conseil provincial. Ceux-ci, après des condoléances assez banales, répondirent 
que, durant la vacance, l'autorité était aux mains de la prieure. Ils écrivirent 
ensuite au comte de Monterey, gouverneur des Pays-Bas, pour le prier de nom- 
mer des commissaires en vue de l'élection prochaine. 

(A suivre). 



Le ianteao de Cheminée du Château d'Autel, 



Sous le titre '• Manteau de Cheminée aux armoiries des familles 
d'Autel, de Reuland, de Pallant et d Orléans », Monsieur J.-B. Sibenaler 
a, l'année dernière, dans les Annales de V Institut archéologique du Luxem- 
bourg (t. XL, pp. 314 et 315), attiré l'attention sur une intéressante pierre 
armoriée, encastrée actuellement dans le mur extérieur de l'ancien château 
d'Autel. 

Gomme je ne suis pas d'accord avec Monsieur Sibenaler quant à l'identifica- 
tion de deux des quatre écus sculptés dans cette pierre, je me permettrai de 
revenir sur celle-ci de façon assez détaillée. 



* 
* * 



Et, tout d'abord, reprenons-en la description, en nous basant, aussi bien sur 
celle qu'en a donnée autrefois le P. Gofflnet (1) que sur ce que nous pouvons 
voir dans le cliché de M. Sibenaler, fort bien réussi. 

Large de l'"72 sur O*"??, elle présente les quatre armoiries suivantes, placées 
sur une ligne horizontale et sculptées avec beaucoup de relief : 

I. — Ecu à une croix, cantonnée de 20 billettes, cinq dans chaque 
canton, posées P, i et 2. Heaume. Lambrequins. Cimier : un buste. 

II. — Ecu à une fasce vivrée. Heaume. Lambrequins. Cimier: éciisson 
aux armes de reçu, entre un vol. 

III. — Ecu fascé de six pièces. Heaume. Lambrequins. Cimier : écusson 
aux a7^mes de l'écu, entre un vol. 

IV. — p]cu à trois fleurs de lis, 2 et 1, accompagnées en chef d'un 
lambel à S'peridants. Heaume. Lambrequins. Cimier : écusson aux armes 
de Vécu, « dans une espèce de gros plumet, peut-être flamme » (d'après 
Gofflnet). 

Le bas de la pierre, taillé en biseau dans toute sa largeur, forme un long 
rectangle, haut de 15 centimètres et qui porte, sur deux lignes, une inscription, 
« en larges lettres gothiques épatées « (Sibenaler). Voici ce qu'en a pu lire le 
P. Gofflnet : JOHAN - HER - ZO ELTER - ZO VOGELSANGi?) RICHTER- 
DER EDELER DES LANTZ LULZB. KATRIN-VAN PALANT...., la fin en 
étant restée indéchiffl-able pour lui. 



(\)\'a\T Annale» de l' Institut arcUéol. du Lux., l. XIX, 1887, pp. 288 et 289, et Tandel, Communei 
Luxemù., II, 1889, pp. 182 et 18;$. 



— 33 - 



Les premier et troisième écus, on le voit de suite, représentent les armoiries 
des Autel et des Pallant. 

Les Autel, en effet, portaient : de gueules à la croix d'or cantonnée de 
20 MUettes du même. Cimier : un buste de More., habillé aux armes de 
Vécu. 

Les Pallant, d'autre part, portaient : Ecu fascé de sable et d'or (Armoriai 
de Gelre, du XIV^ siècle, et Rietstap) ou, ce qui revient au même, fascé de 
sable et d'or de six pièces (Ungeschuck) (1); cimier : un écusson des armes 
entre un vol de sable. 

Ce point acquis, il est tout naturel de supposer que les quatre écus se rappor- 
tent aux quatre quartiers des enfants de Jean d'Autel et de Catherine de Pallant ; 
si cette hypothèse est la bonne, le deuxième écu devra représenter les armoiries 
de la mère de Jean d'Autel, tandis que nous trouverons dans le quatrième celles 
de la mère de Catherine. 

Comme nous le verrons plus loin, Jean d'Autel était fils d'un autre Jean et 
d'Eve de Kerpen : or, les Kerpen portant d'argent à la fasce vivrée de gueu- 
les (2), il se fait que le deuxième écu est bien celui de la famille de Kerpen, et 
non celui des de Reuland comme le pense M. Sibenaler (3). 

Reste le quatrième écu, c'est-à-dire, puisque mon hypothèse s'est vérifiée pour 
le deuxième, l'écu aux armoiries de la mère de Catherine de Pallant. 



I 



(1) Cf. Jlacco, Beitr. zicr Geschichte und Généalogie rheinisclier Adelsfamilien, 1>>S4. p. 23, 
qui décrit : • 3 schwarze goldene Balkeii s. La descripticn de de Kessel, fascé d'or et de sable de G 
pièces, doit être erronée. 

Les sceaux décrits par de Raadt (op. cit., III, 1900, pp. 95 et 9ii) montrent tous \e Jaaeé ou \ejasee 
de 6 pièces. 

(2) De Raadt (Sceaux armoriés, H, 1900, p. 203) renseigne un sceau de Thierri, sgr. de Kerpen, en 
1306, avec la fasce vivrée. Rietstap donne aux Kerpen comme cimier ancien un loup de gueules issant 
d'une cave d'argent ; cela concorde avec les indications de Gelre, qui assigne à Kerpen. vassal df l'évè- 
que de Trêves (dans son armoriai du XIV siècle) : d'argent à la fasce vivrée de gueules, surmontée 
d'un lambel à 4 pendants d'azur; casque d'or; cimier: une tête et col de loup d'or, lampassé 
de gueules, issant d'une cuve de l'écu, et à Karjien, homme du duc de Juliers, les mêmes armes, 
mais avec cette diflérence que le lambel ne se retrouve pas sur la cuve. (De Raadt, ibidem). Aucun des 
sceaux décrits par de Raadt ne piésente de cimier, si ce n'est celui de Jean. sgr. de Kei-pen, chevalier, en 
1330, qui a pour cimier un cygne (aigle?), essorant, les ailes chargées, chacune, d'une fasce 
vivrée. (De Raadt, op. cit., IV, 1901, p. 495). 

(3) Les Reuland portaient bien, suivant Rietstap, une fasce vivrée, mais de sable sur champ d'or ; 
cimier : un vol aux armes de l'écu. Cependant, c'est une erreur, car d'après Eltester (Miltelrh. Urkun- 
denbuch, il, 1^65, p. LXXXII), ils portaient d'or à une bande vivrée d'azur (a blauer SchrœgrechtS' 
zickzackbalken in Gold ») et nous savons f[ue le sceau échevinal de Reuland portait ces armoiries : 
einen goldenen schild, worin ein rechter schrœg/lusz (= bande ondée), dit Heydinger (Publ. Soc. 
arch. Lux.. liS77, p. 92). Il est à noter, en effet, que le sceau d'Arnold, sgr. de Râlant, portait en 1311, 
d'après de Raadt {op. cit. III, 1900, p. 217), une bande vivrée. 

Ces seigneurs n'habitaient pas, comme le dit M. Sibenaler, Reuland près de Larochette, mais bien 
Reuland près de St-Vith (Burg-Reuland). 

Notons encore que Rietstap donne aux de Reulant anoblis en 1652 d'or à la bande vivrée alésée 
d'azur ; ce sont là, en somme, les armes des anciens Reuland, mais pas du tout celles de Jean-Guili. de 
Reulant. de Bastogne, anobli le 18 octobre 1652, qui portait : d'argent à la fasce de gueules, accom- 
pagnée de 3 trèfles de sable (Cf. de Raadt. op, cit., ni, p. 21(;. qui tlécrit un cachet de 1682 avec ces 
meubles). 

3 



— 34 — 

D'après Bârsch {Eiffia illustrata, II, 2® p., 1844, p. 183) et d'après \ An- 
nuaire de la Noblesse de Belgique (1879, t. XXXIII) (l), Catherine était fille 
de Jean de Pallant et de Catherine de Bœtzelaer (2). Or, les Bœtzelaer portaient 
de gueules à 3 C7^ampons d'or. La mère de Catherine ne peut donc être une 
Bœtzelaer, car il faudrait alors supposer que Jean d'Autel avait erronément 
indiqué les armoiries de sa belle-mère au sculpteur, ce qui n'est évidemment pas 
possible. Il faut, par conséquent, chercher ailleurs. 

Voyons donc quelles étaient les familles, parmi celles dont les armoiries sont 
décrites dans X Armoriai général de Rietstap, (jui portaient les meubles figu- 
rant dans le quatrième écu de notre pierre : 

Le Dictionnaire des Figures Héraldiques., de Th. de Renesse, renseigne 
comme telles les Bourbon, ducs d'Orléans, les jy?Waj/e (Bretagne), Xe&Kotze- 
ler (Province Rhénane), les Roggemans (Brabant) et les Bourbon, comtes de 
Soissoiis (depuis 1505) ; d'autre part, les van den Berghe (Brabant), les van 
der Brugghen (Bruxelles), les Cassaert dits Plaetman (Bruxelles), les 
Rongeman dits Vêle (Bruxelles) et les van de Weyer (Brabant) ont pour 
armoiries 3 fleurs de lis au pied coupé, accompagnées d'un lambel (à 3 
pendants, chargés chacun d'un maillet, pour les Rongeman). 

De ces différents noms, il en est un qui retiendra immédiatement notre atten- 
tion, comme étant le seul qui se rapporte quelque peu à notre région : celui des 
Kotzeler. Bien que je manque absolument de renseignements sur cette famille, 
je n'hésite pas à lui rattacher la mère de Catherine de Pallant. 

En effet, d'une part, l'écu qui m'occupe présente les armoiries des Kotzeler : 
d'argent à 3 fleurs de lis de gueules, accompagnées en chef d'un lambel de 
sable (3) ; d'autre part, le nom Boetzelaer ressemble tellement à Kotzeler, 
qu'il est tout naturel de supposer que l'erreur de Barsch et de ï Annuaire de 
la Noblesse provient d'une mauvaise lecture. 

Le dernier écu de notre manteau de cheminée est, par conséquent, d'après 
moi, celui de la famille de Kotzeler, et non celui des Bourbon, ducs d'Orléans, 
comme le croit M. Sibenaler. 

Pour me résumer, donc, j'attribue les quatre écus en question aux familles 
d'Autel, de Kerpen, de Pallant et de Kotzeler. 

* * 
Reste à fixer l'époque où a été sculpté le manteau de cheminée ; cette date 
est intéressante à connaître pour l'histoire du château d'Autel, car elle peut 



(1) Je n'ai inalheurcuscnioiit pu consulter l'ouvrage du baron von dorVorst-Cludenau, GeschiclUe der 
Jlerren von l'allant, qui n'existe pas à la Biljliothèque royale de Bruxelles. 

(2) iîoIjciis (Der Ihlterhi'irtiiji: Lannutœndische Adel des Grossherzogthums Niederrhein, 

II, ISlS, j). l'J4) apiicllc cclli'-(i t Calhariiia \\\:t\',i von lîn'lzlar ». 

(."{) Comme cimier, Rietstap leur donne les meubles de l'écu, entre un vol-banneret d'argent. 
Le vol-lj.inneret, qui ne se voit i|ue dans les cimiers, a la forme de deux queues de paon non déployéiîs ; 
il a reçu son nom à cause de sa ressemblance avec la bamiièi'e cairee des chevaliers-bai inerels). C'est 
sans doute ce cimier qui est re|irésenté sur notie pii-rre et que le P. Ooffinet décrivait : « écusson aux 
armes de l'écu, dans une espèce de gros plumet, jM-ul-èlre (lamine. 



— 35 -- 

fournir un point de repère assez précis pour déterminer l'ancienneté du bâtiment 
dont elle provient (1). 

Jean d'Autel, le père, époux d'Eve de Kerpen, était fils de Gobel d'Autel, 
seigneur de ce lieu et de Sterpenich, cité comme justicier des nobles du duché 
de Luxembourg du 10 janvier 1461 au 4 avril 1474, mort sans doute au com- 
mencement de 1475, dans tous les cas avant le 21 avril, et de Jeanne de Bas- 
togne, sa première femme, qui s'étaient mariés par contrat du 15 octobre 
1436 (2). 

Il naquit donc vers 1437-1440 ; du 30 novembre 1461 au 5 novembre 1463, 
du vivant de son père, par conséquent, il est cité simplement avec le titre de 
seigneur de Vogelsang, terre située dans l'ancien comté do Looz, qu'il avait 
héritée du chef de sa mère. 

A partir du 19 octobre 1475, il est mentionné comme chevalier et seigneur 
d'Autel et de Vogelsang, son père étant mort dès lors. Il a dû. mourir avant 
1486, ayant épousé Eve de Kerpen, citée avec lui à partir de 1463 et qui lui 
donna : 

1° Guillaume, tué à la guerre dès 1482, 
2" Jean, qui suit. 

3" Elisabeth, citée le 21 juillet 1492 avec son mari Henri de Raville, seigneur 
de Septfontaines ; celui-ci s'intitulait mayeur héréditaire de Bastogne au 30 
novembre 1491. 

4° Jeanne, citée le 29 octobre 1494 avec son époux Conrad Beyer de Boppart, 
seigneur d'Alben. 

Jean II d'Autel, chevalier, seigneur d'Autel, Sterpenich, Vogelsang et Zon- 
hoven (Looz), acquit déplus en 1514 les seigneuries de Nieuwdorp et de Water- 
scheide;il est cité comme justicier des nobles du 31 octobre 1512 au 11 
novembre i517 et fut prévôt d'Arlon du 1*^' octobre 1512 au jour de sa mort, 
arrivée le 13 décembre 1517. 

Il épousa vers 1500 Catherine de Pallant, encore citée le 22 janvier 1525, 
morte en 1528, et en eut, outre un fils, ecclésiastique, et trois filles, Jean III 
d'Autel, seigneur de ce lieu, Vogelsang et Sterpenich, mort avant 1536, qui 
épousa avant 1527 Jeanne de Gotereau. 

11 résulte de ces données que notre manteau de cheminée doit dater des pre- 
mières années du XVP siècle, avant 1517 (3). 

Le 20 janvier 1906. J. Vannérus. 



(1) D'après le P.Goffinet, elle provii-nl il'un t qiiartiei- qui fut démnli • ; (raprés M. Sibenalor, elle a 
appartenu « à une cheminée de la tour existant encore au Sud du vieux manoir t. CMe tour était sans 
doute le « dongeon * dont parle lacté de partage du château du 14 août 1681 (voir ,1. Vannérus, 
Les Procès portés en appel.. . de Luxembourg au conseil de Hainaut, n« 78, IV). 

(2) Je donne les renseignements généalogiques qui suivent principalement d'après Neyen, Histoire 
de Bastogne (1868); les inventaires des Archioes de Reinaeh (1879) oi de Cleruaux (1883), de 
Wurth-Paquet et van Werveke; la généalogie publiée e.nl'èl'i AansV Annuaire de la Noblesse de 
Belgique ; N. van Werveke, Das Ritlergericht (1887); etc. 

(3) C'est là, en somme, également la conclusion de M. Sibenaler. qui rapporte la pierre à la fm du XV' 
ou au commencement du XVI' siècle. 



Les Familles Luxembourgeoises 

AU CHAPITRE NOBLE DE S" WAUDRU, A MONS, 



PAR 



Jules VANNÉRUS. 



Ayant été, d'octobre 1898 à mai 1900, attaché aux Archives de l'Etat à Mons, 
j'ai mis à profit mon passage par ce riche dépôt pour relever tous les renseigne- 
ments qui pouvaient intéresser les historiens et chercheurs luxembourgeois (1) : 
j'ai cru, ce faisant, rendre service à mes collègues du Luxembourg, car bien 
peu, probablement, auront jamais l'occasion de faire des recherches approfondies 
dans les Archives de Mons. 

Parmi les intéressantes collections conservées dans le dépôt hennuyer, une 
des plus importantes, après la Trésorerie des Chartes des comtes de Hainaut, 
est certes celle du Chapitre noble de S*^ Waudru, de Mons. 

Dans ce fonds, il se trouve une série de documents mentionnant un certain 
nombre de familles luxembourgeoises : je veux parler des intendits et des 
productions de preuves fournis au chapitre par les aspirantes à une prébende 
de chanoinesse. Les règles restreignant à des filles nobles l'admissibilité à ces 
prébendes étaient ti'ès-sévères et les plus grandes familles étaient obligées de 
fournir à l'appui de l'arbre généalogique des récipiendaires, des documents ori- 
ginaux ou authentiqués, faisant pleinement foi d'une noblesse sans mélange. 



(1) J'ai cr»nrtenst' ces renseignements dans les difTérentes noUces qui suivent : 

\) Notes biographiques sur des Jésuites nés dans l'ancien Luxembourg ou ayant fait 

partie des collèges de Luxembourg et de Marche (i021-il05), juiblit' dans h' i. v de Ons 

Llémecht {\sw),iVn\tvi'^(\iislitlerae circulares reposant au dit dépôt. 

2) Les Proccs portés en appel du Conseil Provincial de Luxembourg au Conseil Souverain 
de Ilainaut (IKH-ilOO). Inventaire des Dossiers conservés aux Archives de l Etat à Mons, 
pulili.- dan-, le l. VI de Ons Hémecht dUOOj. 

3) Les Chartes luxembourgeoises conservées dans la Trésorerie des Comtes de Hainaut, 
aux Archives de l'Etat à Mons, ]mh\\^ dans le t. XXXVH des .\nnales de l'Inslilut aichéologiqup 

0W2). 

J'ai de plus, au cours de mes rechei-c hes à Mons, recufilli des renseignements epars concernant le 
Lux'rnbourg-.jeles publierai ultéiieiirement dans les Annales, pour compléter la série des <. Itorumenls 
lu.\eniboui-geois à Mons ... 



— 37 - 

A ce point de vue, je crois bien faire en reproduisant ici ce que dit M. Léopold 
Devillers des conditions dans lesquelles se recrutaient les chanoinesses de Sainte- 
Waudru (1) : 

« Le chapitre de Sainte- Waudru jouissait de la plus haute réputation parmi 
la noblesse. Aussi toutes les grandes familles recherchaient-elles à l'envi les pré- 
bendes qui venaient à vaquer. On en obtint souvent pour des filles nobles, encore 
dans l'enfance : cet abus ne fut aboli que bien tard. Une demoiselle noble acqué- 
rait un nouveau lustre, par sa qualité de chanoinesse, qu'elle conservait si elle 
sortait du chapitre pour se marier. En même temps que ce titre était recherché 
comme une marque évidente de haute noblesse, il assurait un avantage précieux 
aux familles qui y avaient droit. Les chapitres de Mons, de Maubeuge, de Nivelles, 
d'Andenne étaient des refuges assurés pour des filles nobles sans fortune. Là, elles 
jouissaient de prébendes, et elles étaient entourées du respect dû à leur rang. 

« Les conditions d'admission au chapitre de Sainte- Waudru furent déterminées 
par un diplôme du comte Fernand et de la comtesse Jeanne, du l®"" février 1214. 
Aucune des trente prébendes de chanoinesses ne pouvait être accordée qu'à une 
fille de chevalier, née de mariage légitime, et les dix prébendes de chanoines 
pouvaient être conférées à tels ecclésiastiques, nobles ou non, qu'il plaisait à 
l'abbé. 

« Toute demoiselle qui avait obtenu des lettres patentes de collation d'une pré- 
bende, devait présenter au chapitre sa carte généalogique, avec pièces à l'appui, 
et faire attester par deux gentilshommes, ayant l'épée nue à la main, la validité 
de ses productions ; puis avait lieu sa réception. . . . 

« Marie-Thérèse donna, le 23 septembre 1769, un règlement sur les preuves 
de filiation et de noblesse requises pour entrer aux chapitres nobles des Pays- 
Bas. L'article premier de ce règlement porte : « Aucune demoiselle ne sera 
« dorénavant admise dans ces chapitres si, au préalable, elle n'a fait constater 
" quelle est légitimement issue de seize quartiers, dont huit du côté paternel et 
« huit du côté maternel, tous de noblesse ancienne et chevalereuse, laquelle 
« preuve Nous avons substitué et substituons à celle de quatre quartiers paternels 
« et quatre quartiers maternels, ainsi que des ascendans supérieurs, qui sera et 
« demeurera abolie «. Suivant l'article 5 de la même ordonnance, étaient réputés 
de noblesse ancienne et chevalereuse tous les quartiers que l'on ferait constater 
avoir été acceptés dans l'un ou dans l'autre des chapitres nobles des Pays-Bas, 
dans ceux de Maubeuge et de Denain, dans ceux de Prague et d'Inspriick, dans 
ceux de l'Empire, aux bailliages de l'ordre teutonique et aux chapitres provin- 
ciaux de l'ordre de Malte, ainsi que dans l'ordre de la noblesse des états de Bra- 
bant, de Limbourg, de Luxembourg, de Gueldre, de Hainaut ou de Namur... ». 

Les notes qui suivent sont le résultat du dépouillement de tous les dossiers 
d'admission : j'ai relevé dans les difiérents mémoires et tableaux généalogiques 



(1) L. Devillers, Chartes du chapitre de Sainte- Waudru de Mons, l. I, 1899, pp. XXXVII, 
XXXVIII et XLI. 



— 38 — 

tout ce qui se rapportait au Luxembourg ou aux contrées avoisinantes ; comme 
tous ces documents sont originaux ou bien authentiqués, ils fournissent de nom- 
breux renseignements permettant de vérifier ou de compléter la généalogie de nos 
anciennes familles luxembourgeoises et, par là-mème, l'histoire de nos seigneuries. 

Pour faciliter la consultation de ces notes, je les ai rangées dans l'ordre 
alphabétique des familles, en intercalant dans la liste des renvois pour tout ce 
qui concerne les noms luxembourgeois. 

* 

* * 

d'Allamont. — Agnès de Mérode de Waroux, fille de Jean et de Marguerite 
de Harchies, fut reçue comme chanoinesse le 3 octobre 1606, à l'âge de 8 ans 
7 mois 22 jours, en remplacement de Jeanne de Wiltz, avec les quartiers : 
Mérode, Warfusée, Thiant, Ghistelles. — Harchies, Wissocq, Lidequerque, 
Van der Gracht. Elle épousa Jean d'Allamont, sgr de Malandry, gouverneur de 
Montmédy. 

Leur fille Anne d'Allamont, épousa Alexandre, comte de Mérode, dont : 

a) Marie-Thérèse de Mérode, reçue comme chanoinesse le 8 (ou 14 ?) avril 
1670. 

b) Marie-Victoire de Mérode dite d'Allamont, reçue comme chanoinesse le 18 
décembre 1677. (Renseignement dû, comme plusieurs autres concernant l'admis- 
sion des chanoinesses, à l'obligeance de M. Gonz. Decamps, avocat à Mens). 

DES Armoises : v. Ligniville. 

d'Aspremont. — Quartier présenté en 1741 par deux comtesses de Salm 
(v. Salm ; dossier 40) ; l'intendit de ces dernières fournit la filiation suivante : 

L Jean d'Aspremont, époux d'Anne de Ville, dont : 

IL Charles P"" d'A., époux de Suzanne de Harange. Pour prouver ce degré, 
on produit une « procuration reposante au Trésor des Chartes de S. M. à Nancy, 
donnée le 28 mars 1579 par Charles, baron d'Aspremont, à Jean, c^^ d'Aspremont, 
son frère, pour prendre possession, en son nom, de la succession de feu André 
Deville, baron de Saint, duquel ils étaient héritiers à cause d'Anne Deville, leur 
mère ». Charles P' d'A. eut : 

IIL Absalon, baron d'A., époux de Claude de Dey, dont : 

IV. Charles II d'A., époux d'Elisabeth de Bouvent, dont il eut une fille unique, 
Marie-Louise, qu'il maria au duc de Lorraine et à laquelle il laissa la jouissance 
du comté d'Aspremont ; Marie-Louise se remaria avec Henri-François, comte 
de Mansfeld. 

Par arrêt du Parlement de Paris du 7 septembre 1655 la terre d'Aspremont 
fut adjugée à Charles d'A. 

Ce quartier figure dans l'ascendance de la chanoinesse de La Hamaide (doss. 
92 ; V. Wiltz, Cj avec les armoiries suivantes : de gueules à une croix d'argent. 



— 39 - 

V. Marches. 

d'Autel. — A) Malines, le 12 mai 1527. Lettre signée « Ricalt van Merode «, 
par laquelle ce seigneur fait savoir aux chanoincsses de S'« Waudru à Mons que 
comme « il est requis et nécessaire approuver l'orrigene et descente de la généa- 
logie et noblesse de damoiselle Marguerite de Elter », pour qu'elle puisse être 
reçue à leur chapitre, il certifie " qu'elle est fille procréé et engendrée en leal 
mariaige, de feu Mess® Jehan deAulté, chevalier, seigneur d'Elter, de Voghel- 
sanck, etc., en son vivant justicier des nobles du pays de Luxembourg, et de 
dame Katherine de Palant, sa compaigne, et que leurs prédécesseurs, parens et 
amys ont de tout temps esté tenus et reputez pour vrays et nobles gentilz 
hommes, descendus de barons et chevaliers, ayant tousjours esté au service de 
l'Empereur, où ilz se sont vertueusement conduictz et gouvernez ». Il envoie 
en même temps « les vrais armes procedans de huyt quartiers d'icelle damoiselle 
Marguerite, en certiffication et approbation de sa noblesse » ; cette pièce a 
malheureusement disparu. 

(Lettre originale, sur papier ; carton de certificats). 

Marguerite d'Elter, fille de Jean, s'" d'Elter, de Vogelsang, Zulre, etc., et de 
Marguer. de Palant, fut nommée par mandement daté de Malines le 24 mai 1527 
et reçue le 26 juin 1527, en remplacement de Marie de Gondelz, décédée. Elle 
est remplacée le 16 juin 1547 par Gather. d'Ongnies. (Renseign. G. Decamps). 

B) 22 juin 1639, au camp de Lillers. — Le comte d'Isenburgh et de Gren- 
sauw, « chevalier de l'ordre delà Toison d'Or, du Conseil de guerre de S. M., 
son coronel, gouverneur et capitaine général du Pais et comté d'Arthois et 
gouverneur général des armes qui sont en ycelluy, etc. », délivre aux chanoi- 
ncsses de S^*^ Waudru une attestation relative aux quartiers de Marie-Jacque- 
line-Thérèse de Licques, pourvue d'une prébende en ce chapitre, déclarant con- 
naître spécialement « ceulx des barons de Kniphausen et des barons d'Eltren », 
familles « qu'il a toujours tenues et réputées très nobles et illustres, lesquelles 
de temps immortel ont esté receues et admises sans contradiction es nobles 
collèges de Goloigne, Trêves et autres lieux ». Il atteste, de plus, « que dame 
Eva de Inhausen et Kniphausen, fille légitime de Messire /co, chevalier, baron 
d'Inhausen et Kniphausen, et de dame Oriana, baronne cCEUren, Vooghelsanck 
(alias Vogelsanck), prévoste (alias mayeresse) héréditaire de Bastoigne, fut espou- 
sée légitimement à Messire Maximilien de Gruninghen, chevalier, baron dudit 
lieu, viscomte de Zélande, sgr. de Heemfliet, etc., fils légitime de messire Jean de 
Gruninghem, baron dudit lieu, etc., et de dame Jacqueline de Bourgoigne, dame 
héritière et marquise de La Verre, baronne de Grevecœur, dame de Tournehem, 
quy sont conséquament les quattres aves de dame Loyse de Gruninghen, baronne 
desdicts lieux, viscomtesse de Zélande, etc., épouse de Messire Philippes, baron 
de Licques, chevalier, sgr. de Bovinghes, Audenthun, etc., père et mère de la 
dite damoiselle M. -Jacq. -Thérèse de Licques provante ». (Orig., sur parch., 
signé : Le conte d'Isenburg, avec sceau). 



— 40 - 

Attestations analogues délivrées : 1° le 16 février 1640, à St-Trond, parEmond, 
comte de Schwartzenbergh de Seintsheim, baron de Hoogenlansbergh, sgr. de 
Bersés, Herck St Lambert, Fischbach, la Vaulx, Champion, Marenne,Verdenne, 
sénéchal de Stockem, gentilhomme de la chambre de S. A. S. l'archevêque de 
Cologne, prince et évéque de Liège, etc. (signée : Emond, comte de Sclnoart- 
zenherg ; le sceau porte un écu écartelé aux 1 et 4, à un paie; aux 2 et 3 à 1 
sanglier dressé sur ses pattes de derrière ; couronne à 11 perles posées 8 et 3). 
— 2» le 15 février 1640, à St-Trond, par Henri, comte de Rivière-Arschot et 
comte de Heere, sgr. de Horpmael, etc. — 3° le 4 mars 1«40, à Bruxelles, par 
Albert-Henri, prince de Ligne, d'Amblize et du St Empire, marquis de Roubaix 
et de Ville, etc. — 4° (Non datée) par Hugues, comte de Noyelle et de Palais, 
chef des finances de S. M., etc. (Originaux, sur parch., signés et scellés). 
(Carton d'attestations.) 

V. Bost-Moulin. 

d'Awans : v. Stavelot, Waha. 

DE Baillet. — I. Pierre de BaUlet[i536), épousa Nicole deBoncoiirt,dont: 

II. Pierre de Baillet^ époux de Nicole Jacob, dont : 

III. Guillaume, ép. d'Elisab. de Gavroy {acte départage de sept. 1618 
et acte du 26 juillet 1624), dont : 

IV. Mathieu, ép. de Marguerite de Lanser ; le 8 nov. 1638, il a prêté 
le serment de lieutenant-prévôt de Virton, avec reconnaissance de ses 
auteurs nobles ; dont : 

V. Max.-Antoine,hapt.le22dcc. 1627 ,ép. Anne- Marie de Coenen, dont : 

VI. Messire Jean-Bapt. de B., conseiller de courte-robe, membre et député de 
l'état noble de Luxembourg, bapt. le 27 déc. 1655. (Son frère Erneste- 
Christophe obtint le diplôme de comte le 1^' oct. 1719). Il épousa, par 
contrat du 13 sept. 1682, Anne-Marie-Thérèse de Marchant, bapt. le 23 
avril 1661, /îlle de Guillaume Marchant, écwjer (1680), décédé maître 
des forges à la Trapperie (voir épit. à Habaye-la-Vieille), et d! Anne de 
Potestat, petite- fille de Servais Marchand, écuyer, et d'Anne Delatte (ou 
Detalle ?) (v. acte des mayeur et échevins de Couvain de 1670), arrière- 
petite-fille de Nicolas Marchand, écuyer, et de Sibille Mairelle (ou Mai- 
reau ?), dont : 

VII. Messire Gharles-Antoine-Maximilien de Baillet et de la Tour, membre 
de l'Etat noble, capitaine et prévôt de la ville de Luxembourg, capitaine au régi- 
ment du chevalier de Bournonville au service de S. M. C, bapt. en 1683, 
épousa, par contrat de mariage du 20 février 1709, Dame Marie-Josèphe- 
Isabelle Del Patrocinio de Escalante, fille de don Gregorio, maréchal des camps 
de S. M. C, et de Dame Cath.-Florencedela Madritz, &«J9^. /eP^oc^. iO'S-:/, dont: 

VIII. Messire J. -Bapt. -Alexandre-Antoine, comte de B. et de la Tour, sgr. 
d'Echenvis, de Gondecourt, de Ruette-la-Petite, de Chenil, de Griherer, d'Aigre- 



— 41 — 

mont et Mathon, sgr. foncier d'Ethe et Belmont, membre de l'Etat noble du 
duché de Luxembourg, bapt. le 1 1 juiltet 1711, admis à VElat noble de 
Luxembourg en 1737. Son frère Servals Baillet a été reçu en l'Etat noble 
de Lux. le 23 juin 1751 et fait preuve de 8 quartiers. 

Il épousa, par contrat du 5 janvier 1737, Dame Marie-Françoise, comtesse 
de Rosières, bapt. le 2 février 1713, fille de Charles-Gabriel, sgr. de Vesin, 
etc., et d'Anne de Vignoles, dont : 

IX. Messire Maximilien-Ant.-Gh. -Joseph, comte de B. et de la Tour, cham- 
bellan actuel de S. M. l'Empereur et Roi, chevalier de l'Ordre royal et militaire 
de Marie-Thérèse, lieutenant-général à son service, colonel propriétaire d'un 
régiment de dragons, membre et vice-maréchal des Etals de la province de 
Luxembourg, bapt. le 14 déc. 1737, épousa, par contrat de mariage du 29 
janvier 1712 et acte du 3 février 1772, Dame Gharlotte-Franç. -Sophie de 
Guerin de la Marche, dame de la Groix-Etoilée, née le 25 mars 1751, fille de 
Michel-Remi-Gharles Guerin, baron, comte de la Marche, sgr. deHatz, Nonsart, 
Benney, etc., et d'Henriette de Perin de GraSetel, dont : 

X. Henriette-Antoinette de Baillet de la Tour, aspirante, bapt. à La Tour 
le 22 déc. 17 72. Elle avait les 16 quartiers suivants : de Baillet, de Marchant, 
Del Fatrocinio de Escalante, de la Madritz, de Rosières, de Maillet, de Vignoles, 
de Marionelle, de Guerin de la Marche, de la Thaye, du Laurent, d'Hulicn, de 
Perin de Graffetel, de le Gomte, de Mussey, de Viard. 

Carte imprimée à Mons, avec notes manuscrites de l'époque; les renseignements 
tirés de ces dernières sont donnés ici en italiques (n° 104). — V. Brialmont. 

Bastogne : V. Autel (B). 

DE Betteniioven : V. Marches. 

Beyer de Boppard : v. Willz. 

(de) Biever : V. Bost-Moulin. 

Boos DE Waldeck. — Ce quartier a été produit devant le chapitre de Ste- 
Waudru, en octobre 1784, par deux comtesses de Renesse. En rapport avec les 
renseignements donnés par leur intendit (dossier 38), il faut également signaler 
la copie d'une carte des seize quartiers de Casimir-Frédéric, baron de Boos de 
Waldeck, « chevalier du grand ordre (teutonique et grand commandeur du 
bailliage de Lorraine «, fils de Guill.-Loth.-Jos. et d'Amélie-Sophie, baronne de 
Hohenfeld ; cette carte, sur parchemin, avec armoiries coloriées, a été certifiée 
le 15 déc. 1785 à Mergentheim. Il est probable qu'elle a été produite parles 
mêmes comtesses de Renesse, dans une enquête supplémentaire ordonnée par le 
chapitre de Mons sur la famille Boos. Voici quels étaient, d'après cette carte, les 
huit quartiers des parents de Casimir-Frédéric : 



— 42 



.2-? ^ >' 

ï! « — «u 



œ 
•a 



S ^ ^ 
«Je § 



GO 



^è 



^ .H 



C3 



o <D (M 



— n 



CQ 


o 
a> 




S 


J3 
O 


S 


O 
> 


02 


'-S 


(5 




O) 
14 


Ci 






5 


*3 




1 


"o 


<V 


^ 




!(-• 


JS 


o 


• ^ 


f^ 


a 


iB 


œ 


KO 


> 






• 1— 1 




tri 


15 


S 






U 


Si 






1 


c 


^ 






'E 


ra 


^ 


S 




"cS 


5 


/-^ 




> 




O 
6C 


1 


iH 




<— « 






c: 


S 


»-4 


râ 


o 


,^« 


< 




> 


5 
6 






e 


i> 


1 


cb 




^ 


&> 


© 


^ 


^^ 




2 


rt 


^^ 


ce 




o 


X3 


o 


« 




~" 


O 

PQ 


^ 



o i- 

ce 3 

G rO 



n M 



C3 QJ 



rt 03 

> G 

2 c^ 
5 o 

o 



G, 03 
C1,0 



C3 

'03 

09 

03 

o 






o 
.2 



o 
> 

O 

o 

O 



/ 1 






O) 






o 

3 



V 



o 

> 

tn 
O 
O 

m 



O 
I 

03 

3 



o 

3 



ta 

X3 



(S 

c 

c 



« 






o ^ 

>-. O) 



-ÏO G^^ 



2 « S ^ 

c ;G J3 [v; 



H 



^ G 

-^ 3 G S 



m 



ce c3 



Magdal 
Cordul 


S 


Heydei 

(3) 


m 


^ 




r"« 








C 


•1— 1 


03 




• ^^ 


^ 


^ 


^ 


G __ 


2 




4— > 


O 


^ 
fe 


M 




rt 


1—" 






ra 


S'a 




C3 


> 


S 





^^ = G 

3 a> f* -G 



« ta 

G t: 

.- o 

bot» 
« -j 



C8 



Ci 



§&: 



en 

« 2 
O O 

:^ S 



fe 



X3 
o 



|| 

G 3 

G ;5 

<t, in 
^ ei-i 

>■< 
ÇL) 

"03 
03 



o 



G 



o 
> 






es 
bD 

I 



rt 



G 
Oi 

O 



o 



D3 

3 
43 



co 

3 

a 

a> 

43 



C 

o 



o 



a 






co 

03 



O 

I 

43 
O 

.2 
'« 

a 



(1) ^oos ooa Waldeck : de gueules à 3 fermaux en losange rlargeiit, aijoutés en banrle, tourhanl les 
roins de lecu ; eirnlei- : un vol, chaque aile chargée dun disque aux armes de I ecu. 

(2) Metternick: dargent à 3 coquilles de sable; heaume couronné. Cimier: léte et col de cvgne 
d argent, becque de sable. 

(3) Heyden : fascé d'azur et dargent de 6 pièces. Cimier : un vol dargent, chargé de 3 fasces d'azur. 



— 43 — 

D'une carte gcncalogi(iuc attestée à Coblence, le 15 mai 1783, et d'une carte 
imprimée à Mons en 1784 (intendit présenté le 14 oct. 1784 ; dossier 38), il ré- 
sulte que Louis-Joseph-Guillaume, baron de Boosde Waldeck,— filsdeGuillaume- 
Lothaire, sgr. de Monfort, conseiller intime de S. A. E. de Trêves, et frère de 
Casimir-Frédéric (1) —, sgr. de Waldeck, Montfort et Wasembach, sgr. héréditaire 
du château (= hurgherr) de Sayn, conseiller intime de S. M. I. et de S. A. E. de 
Trêves, grand-écuyer et grand-bailli de Zell et de Baldeneck, chevalier de l'ordre 
du Lion, de l'Electeur Palatin, conseiller de l'Etat noble d'Empire au cercle du 
Bas-Rhin, épousa, par contrat passé à Sayn le 22 déc. 1753, Sophie-Marie-Anne, 
baronne de Reifïenberg à Sayn, fille d'Anselme-Fréd.-Ant. et de M. -A. d'Eltz 
(v. Reiffenberg), dont : Sophie-Marie, baronne de Boos à Waldeck, baptisée en 
l'église collégiale de Coblence, le 5 mai 1756, ép. par contrat passé à Coblence 
le !'"'■ mai 1775 (le mariage fut béni en la chapelle du château d'Ehrenbreitstein 
par Clément- Wenceslas électeur de Trêves) Jean-Louis, comte de Renesse, sgr. 
d'Elderen et Oostmal, gouverneur de Stockhem, bapt. le 23 décembre 1740, à 
Elderen (v. Breidbach), dont : Marie-Sophie, bapt. le 28 mai 1777 à St-Adalbert 
à Liège, puis le 9 juin 1777 à Elderen, et Marie-Anne, bapt. le 3 mars 1779, puis le 
13 juillet 1779 à Elderen, aspirantes au chapitre de Ste-Waudru, en octobre 1784. 

BOPPARD : v. Wiltz. 

(de) Bosch : v. Bost-Moulin. 

DU BosT-MouLiN. — Ce quartier a été reçu en les personnes de Françoise- 
Thér.-Cath. du Bost (1774, v. n" 105), M.-Thér.-Ghisl. de Fourneau (1 81, 
n" 14) et M.-Ludvine de Roisin (1792, n" 39). 

\. Philippe-Alexis du Bost, baron d'Esch, épousa Jeanne-Elisabeth de Stein- 
Calenfels, dont : 

II. Charles-Bernard du Bost-Moulin, sgr. {alias baron) d'Esch, mort avant 
1735, épousa Marie-Marguerite-Charlotte de Stassin, fille de Sébastien et de 
Ludvine-Pétronille de Bosch, dont : 

1") Marie-Ludvine-Philippine, baronne du Bost {alias du Bost-Moulin, 
baronne d'Esch), bapt. le 27 février 1713, en l'éghse de SS. Nicolas et Thérèse 
à Luxembourg iparr. : Phil. -Jacques Mohr de Waldt, '<■ vice colonellus equituum 
legionis in servicio C. M. », et Ludvine Bosch, veuve de Stassin, dame de 
Brandenbourg, Mont-St-Jean, etc.), épouse par contrat passé au château de 
Dudlange le 19 janvier 1735, par devant le notaire J.-P. Arend et en présence 
de sa mère, M.-Marg. de Stassin, de son frère, Claude-François du Bost- 
Moulin, de Franc. -Edouard-Antoine de Heyden, sgr. de Stoltzenbourg, justicier 



(1) n avait rtoiic les mêmes quartiers que celui-ci : Boos, Kesselstatl, Hohenfeld et Bicken. Kemarquons, 
à ce propos, que sur cetti' carte l'écu des P.oos est représenté avec les fei-in;ui.\ aboutés en barre et ipie 
celui des Ivesselstiitt porte un dragon ailé de gueules, contourné, sur champ dargent. 



— 4-1 — 

des nobles, conseiller de courte-robe du conseil de S. M. à Luxembourg et député 
de l'état noble de la même province, et de Messire Albert-Eugène de Schauwen- 
bourg, sgr. de Messancy et autres lieux, Charles-Urbain de Rets-Brisuila, 
comte de Chanclos, chambellan actuel, général feld-marchal et gouverneur 
d'Ostende, commandant actuel des troupes aux Pays-Bas (en janvier 1740, il est 
intitulé lieutenant-feld-marchal, chambellan du duc de Toscane, commandant 
de la ville de Luxembourg et gouverneur d'Ostende). 

Membre de l'Etat noble de Namur, créé comte par lettres patentes du 18 juin 
1740, Charles-Uibain de Rets était fils de Denis-François-Urbain-Joseph de 
Chanclos de Rets-Brisuila, feld-marchal, lieutenant, gouverneur et grand bailli 
de la ville et bailliage d'Audenaerde, et d'Anne-Antoinette le Rat (Chanclos : 
d'azur à un chevron d'or, accompagné en chef de 2 étoiles à 6 rais d'or et en 
pointe d'une épée d'argent, posée en pal, la garde d'or, la pointe en bas). 

Voir pour leurs enfants plus bas. 

2") Christophe-Charles, qui suit. 

IIL Christophe-Charles du Bost-Moulin, marquis du Pont d'Oye, sgr. d'Esch- 
sur-la-Sûre, bapt. le 8 mars 1714 en l'église SS. Nicolas et Thérèse de Luxem- 
bourg (parr. : Christ, de Bever, sgr. à Brandenbourg etNeubourg, châtelain de 
Dasbourg, et Charlotte d'Autel, chanoinesse du chapitre Ste-Marie de Metz). 
Par contrat du 3 mai 1742, il épousa Louise-Thérèse, marquise de Lambertye, 
dame et chanoinesse de Remiremont, dont : 

1°) Marguerite-Charlotte-Thérèse, bapt. (à Anliers?)le l'^'^mai 1744 ; pourvue 
d'une chanoinie et prébende au chapitre noble d'Andenne par patentes du 6 déc. 
1756, elle fut reçue comme chanoinesse le 28 avril 1771. 

2") Françoise-Thérèse-Catherine, bapt, (en la chapelle de Habay-la-Neuve ?) 
le 29 novembre 1750, nommée chanoinesse de Ste-Waudru à Mons par lettres- 
patentes du 20 août 1773 ; son intendit généalogique est examiné le 28 mai 
1774. Le 22 juin 1776, elle fut reçue par le prince de Ligne, en remplacement 
de M'""'" de Gavre, mariée (Renseign. G. Decamps). Elle est morte en 1795 (1). 



(I) La r<jllfcli(jii iIl's Testaments ilii chapilrL' de Ste-Waudru comprpnd, entre autres (vol. de l(î2.ï- 
1S02), le testament de « Fraiicoise-Thérése-Catherine du Bost du l'i^ntdoye, chanoinesse de Tillustre 
f-hapitre de Ste-Vaudi'ue à Mous, née au château du l'outdoye dans le duché de Luxembourg «. 

Elle y notiune pour son héritiei' le Prince Camille de Kohan, bailli de l'ordie de Malte et ambassadeur 
en cour de Home, (|u"elle a prie, en laison de ramilié qu'il a pour elle, de vouloir accepter celle dernière 
volonté et disposition qu'elle fait ». « Quant à ma rente sur l'hôlel-de-ville de Paris », ajoule-t-elle, « je 
lui atjandonne également mes droits ; pour celle qui esl assise sur la lerre de Coupvray, comme elle est 
sur nos deux têtes, elle |jasse de di-oit sur la sienne ». Le priant ensuite d'acquiter diverses charges et 
dettes, elle ajoute encore : t il pourra faire face à toutes ces charges par la vente de ma voiture el de ma 
boëte qui esl à Naples f . Cet acte, passé à Rome, le 25 mars 1795, est signé : La marquise du Pont- 
doye, chfinoinesse de Mons, et est suivi d'un inventaire de ses argenteries, en date du 21 juin 1794. 

iJ'autre part, li! 21 iiivosean 111 (lOjanvier 17'Jô) avait été dressé, a en l'enclos du cbai)itre de Mons, 
en la maison de lémigri'e Uupondoy », l'inventaiie des meubles, des livres et des ellets de notre chanoi- 
nesse. En dehors d'un tableau, c représentant une femme décorée d'une croix de tiran, appréciée à B 1. », 
il faut mentionner la liste des livres de l'émigrée, liste qui nous montre quelle était la composition de la 
bibliothèque d'une chanoinesse duXVIIP siècle : « S bréviaires ;3 volumes des Contes Philosophiques ; 



— 45 — 

Le comte de Ghanclos et M.-Ludv.-Phil. du Bost eurent : 

1. Anne-Léopoldine, épousa, par contrat passé le 6 oct. 1759 devant le notaire 
A. Vangoethem de Bruxelles, Henri-Jos.-Phil.-Ghislain baron de Fourneau et du 
St-Empire, comte de Gruyckenbourg, bapt. à SS. Pierre et Paul de Malines le 9 
sept. 1717, fils de Phil.-Théod. -Franc, de F., comte de Gr., et de Marie-Thérèse 
de Brouchoven, comtesse de Bergeyck, dont : 

a) Marie-Thér. -Ghislaine baronne de F. et du St-Empire, baptisée à l'église 
St-Nicolas à Bruxelles le 9 octobre 1761, nommée chanoinesse de Ste-Waudru 
par patentes de S. M. du 7 février 1781 ; présente ses preuves en sept. 1781. 

2. Françoise-Gharlotte-Josèphe, bapt. le 22 janvier 1740 à l'église de SS. 
Nicolas et Thérèse à Luxembourg (parrains : M-" du Bost d'Esche, son oncle, et 
M'^ Franc. -Jos., baronne de Chambour, sa tante], épousa à St-Jacques-sur- 
Gaudenberg, à Bruxelles, le 8 juillet 1765, en présence de sa mère, Marie-Phil.- 
Albert-Baudry, baron de Roisin, chevalier d'honneur au parlement de Douay, né 
le 2 juin 1733 à Douay, dont : 

a) Marie-Ludv.-Phil.-Henri-Gharl.-Augustine de Roisin, bapt. le 28 août 1768 
à SS. Michel et Gudule, à Bruxelles, aspirante aune prébende à Ste-Waudru en 
1792. Elle produit pour ce la carte généalogique de M.-Thér.-GhisL, baronne de 
Fourneau, sa cousine germaine, reçue en 1785; elle est reçue le 8 juin 1793 
(renseign. G. Decamps). 

V. Marches. 

DE BouLAND : V. Houfïalize (II, B). 

BouRSCHEiD : V. Elvert. 

DE Brandenbourg. — A . Cq quartier a été d'abord reçu en la personne 
d'Emérentiane de Rivière d'Arschot et de Herre, nommée chanoinesse de Sainte- 
Waudru par patentes du 17 juillet 1663 (n° 102:. Elle descendait en efietde Jean 
Goutereau ou Gottereau, chevalier, baron de Jauche, sgr. d'Assche, Wydoe, 
Herck St-Lambert, etc., et de Gatherine de Brandenbourg. Ce Jean Gottereau 
fils de Jean, sgr. de Puisseux, chevalier, et de Marguerite de Guideux, avait 



2 vol. des Lettres de Clément XIV; 4 vol. des Liaisons dangereuses; l vol. dune Lettre d'une 
illustre morte ; Poésie et Pièces fugitives, en 1 vol.; Dissertation sur la poésie chinoise, 
en 1 vol.: Voyage de Chapelle et Bachaumont, en 1 vol.; Lettres du marquis de Roisseuil, 
en 2 vol.; Omet du philosophe Bienfaisant, 4 vol.: Mémoire de Beaumarché, 2 vol.; Lettres 
du chevalier D-, 2 vol.: Lettres de Sophie, 2 vol.; 15% ItJ- et IT» vol. du Mémoire Secret; 
2' et .•'>• vol. de V Histoire Chinoise; Joseph en un chant, en 1 vol.; Mémoires philosophiques, 
2 vol. : Mort d Abel, en 1 vol. : Mémoire de St-Simon, 1 vol. 

Dans un autre inventaire, dressé le 2 messidor an III (20 juin 1795), lors de la levée des scellés, on 
mentionne : « les bustes de d'Alamberg et Lalande, sur des pieds destaux de marbre garnis en cuivre 
doré ; six vases de porcelaine de Luxembourg, de différentes grandeurs, blancs ; 15 assiettes de poi-ce- 
laine de Tournay, fond blanc et fleurs bleues i. 

Le 25 novembre 1795, par devant Louis-Gavin-Bonavita Champion, notaire à la Ville Vallette, ile de 
Malte, le bailli Camille de Rohan. grand hospitalier de Tordre souverain de St-Jean de Jérusalem, constitue 
B.-M.'chasselet (de Monsl son procureur général, lui donnant plein pouvoir daccepter et recueilhrla 
succession de la chanoinesse et de passer tous actes y relatifs. 



— 46 — 

épousé en premières noces, en 1528, Marie d'Argenteau ; en 1558 il est nommé 
lieutenant de la cour féodale de Brabant et en 1561 il fait son testament avec sa 
seconde femme ; celle-ci a été ensevelie en l'église de la franchise d'Assche. 

La pièce qui nous donne ces renseignements est un tableau sur parchemin, 
avec armoiries coloriées ; celles des Gottereau sont représentées par un écu dCazur 
au chevy^on (ïargent accompagné de 3 coqs d'or, becqués, crêtes et pattes 
de gueules, 2 en chef et i en pointe ; celle des Brandenbourg, par un écu de 
gueules à Vécusson d'argent, (cf. Houflfalize II c). 

B. — De ces époux Coiiereau-Brandenbourg descendait également Marie- 
Florence-Jos. de Croix d'Heuchin, postulante à Ste-Waudru, fille d'Alexandre 
François de Croix, qui avait épousé par contrat du 7 octobre 1684, Mad.- 
Françoise de Fiennes, petite-fîlle de Pierre-Félix de Croix, époux (par contrat du 
13 déc. 1662) d'Anne-Eléonore de Ste-Aldegonde, arrière-petite-fille de Bauduin 
de Croix, sgr d'Heuchin, époux (par contrat du 22 oct. 1613) d'Anne de Locquen- 
ghien ; celle-ci était fille de Philippe de Locquenghien, qui avait épousé par con- 
trat passé à Bruxelles le 19 mai 1579, Valérie de Cottereau, fille des époux 
C- Brandenbourg (n" il). 

C. — Le quartier Brandenbourg fut, d'autre part, invoqué par les familles 
de Berlaimont, d'Argenteau et d'Oultremont : en effet, Jean-Hubert de Berlai- 
mont et Anne-Eugénie de Brandenbou7'g eurent, entre autres, Florent-FIenri- 
Louis-Alexandre, baron de Berlaymont, qui épousa Marie-Philippine de Cottreau- 
Puissieux [ex matre Cottreau), dont : 

1°) Charles-Nicolas-Joseph, qui suit IIL 

2°) Calh. -Dorothée, chanoinesse de S^e Waudru (1723), morte avant 1748. 

III. Charles-Nic.-Jos., comte de Berlaymont, Widoeet du S' Empire, épousa 
par contrat du l^"" mars 1723, Marie-Anne-Antoinette de Cottreau, marquise 
d'Asche, fille de Guill. de C , marquis d'Asche, baron de Jauche, etc., [ex quatre 
Cottreau), époux (par contrat du 14 déc. 1706) de Jeanne-Charlotte, comtesse 
de Nesselrode ; dont : 

1") Marie-Philipp. -Franc. -Adolphe, bapt. à Jauche (Brabant) le 8 juillet 1727, 
aspirante à S'"- Waudru vers 1736 (n° 8). 

Une sœur de Florent-Henri-L.-Alex. de B., Marguerite-Théod.-Ign., épousa 
Phil, -Adrien, comte de Dongelberge, grand bailli de Nivelles et du Brabant 
wallon, dont : Phil. -Florent, comte de D., ép. (par c. du 4 avril 1705) 
Marie-Angél., marquise de Trazegnies, dont: Béatrix-Phil.-Jos., comtesse de 
D., bapt. le 31 oct. 1712 à Dongelberge, épousa Phil. -Louis, comte d'Argenteau 
et de Dongelberge, dont : Marie-Ange-Jos., comtesse d'A. et de D., nommée 
chanoinesse de S'« Waudru, le 15 juin 1748 (n° 2). 

Une autre fille des époux Berlaimont- Brandenbourg figure dans l'ascendance 
d'une comtesse d'Oultremont, reçue chanoinesse de S'*^" Waudru vers 1723 
(v. Brialmont). 



— 47 — 

V. Wiltz, B et G. 

DE Brandsciieid : V. Mat'ches. 

DE Bkeidhacii de Burresiieim. — Quartier présente en 1754 et en 1784 par 
quatre comtesses de Renesse. Des tableaux annexés aux intendits de ces chanoi- 
nesses (dossiers 37 et 38) on peut déduire la filiation suivante : 

I. Adolphe, baron de Breidbach, sgr. de Burresheim (d'argent à un dragon 
ailé de gueules, avec une aigrette à 3 fleurons d'azur), épousa Catherine, 
baronne de Lalmstein, dont : 

II. Guillaume, baron deBr., sgr. de Burresheim, conseiller de S. A. E. de 
Cologne, bailli de Lintz, ép. à Kirchberg sur le HunsriJck le lundi après la fête 
de St^ Pierre-ès-Liens 1535 Anne Camerinne de Worms dite de Dalberg, dont : 

III. Jean-Jacques, baron et sgr. de Br. de Burr., ép. par contrat du 24 oct. 
1576 Gertrude, baronne de Schall de Bell, dont : 

IV. Wolfl-Henri, baron et sgr. de Br. et Burr., conseiller intime de S. A. E. 
de Mayence, vice-dom du Ringau, ép. par contrat passé à Flersheim le 9 juin 
1632 Anne-Madel., baronne de Metzenhausen, dont : 

V. Georges-Reinard, baron de B. de B., chambellan de S. A. E. de Cologne, 
conseiller intime de S. A. E. de Trêves, bailli de Zell et de Baldeneck, ép., par 
contrat passé à Coblence le 15 mars 1662, Marie-Marguerite, libre baronne de 
Leyen (v. Leyeni, dont : 

VI. Ferdinand-Damien, libre baron de Breidbach, sgr. de Burresheim, con- 
seiller des Electeurs de Trêves et de Cologne, bailli d'Ehrenbreitstein, Lintz, 
Altewindt, etc., ép. par contrat passé àSaarbourgle 15 juin 1699 Anne-Hélène- 
Sophie, baronne de Warsberg (v. Warsberg), dont : 

1°) Charles-Ernest, baron de Br. de Burr., chanoine et grand trésorier de 
l'église métropolitaine de Trêves, chanoine de la cathédrale de Liège et archi- 
diacre d'Ardenne. 

2°) Caroline-Louise, baronne de B, de B., baptisée à l'église de la S'« Vierge à 
Coblence, dont les huit quartiers étaient : Breidbach de Burresheim, Metzen- 
hausen, Leyen, Brombser de Rudersheim, Warsberg, Metternich, Hoheneck, 
Ellz. Elle ép. François-Lambert, comte de Renesse d'Elderen, baron d'Oostmal, 
gouverneur et haut-drossard des ville et dépendances de Stockhem, fils de 
François-Hyacinthe et d'Anne-Marie, comtesse de Hoensbroeck, frère d'Alexan- 
drine-Jeanne-Antoin. -Félicité, comtesse de Renesse, chanoinesse de S''' Waudru, 
dont : 

à) Jean-Louis, époux de Marie-Sophie, baronne de Boos à Waldeck (v. Boos) ; 

b) Françoise-Sophie, bapt. à Stockhem le 27 mai 1736 ; 

c) Louise-Caroline-Félicité, bapt. à Stockhem le 11 aoiH 1738; ces deux 
dernières reçues en 1754 :ou peut-être en 1757 i) chanoinesses de S'»-' Waudru. La 



— 48 — 

liste de M. G. Decamps renseigne la première comme ayant été reçue le 22 juin 
1754. 

DE Breiderbacii : V, Marches. 

DE Brialmont. — Quartier présenté (en 1723?) par Olympe-Car. -Jos., 
comtesse d'Oultremont, qui invoqua la filiation suivante (dossier 36) : 

I. Thiry de Brialmont, dit de Xhoce, épousa en premières noces Marguerite 
de Sparmont, dont : 

II. Jean de Br., haut voué de Xhoce, bourgmestre de Huy, ép., en secondes 
noces, de Marie du MoUin, dont : 

III. Ottard de Br., haut voué de Xhoce, mayeur et bourgmestre de Huy, sgr. 
de Fraiture, Attrin, grand bailli du Gondroz, ép. d'Aldegonde de Berlaimont, 
dont : 

IV. Jean de Br., haut voué de Xhoce, sgr. de Fraiture, gentilhomme de la 
chambre de Philippe II, roi d'Espagne, ép. de Louise Vandermeren, dont : 

V.Aldegonde de Brialmont épousa Emile, baron d'Oultremont et de Ham, 
sgr. de Lamine (1596), fils de Jean Hustin d'O., sgr. de Lamine, etc., et 
d'Anne Baillet, baronne de Ham, dont : 

VI. Jean-Bapt., baron d'Oultremont et de Ham, sgr. de Lamine, Ghevetogne, 
etc. (testa en 1680), époux de Marie-Jacqueline de Berlaimont, fille de Jean- 
Hubert, baron de Berlaimont, sgr. de la Chapelle, grand bailli du comté de 
Moha, et d'Anne-Eugène de Brandebourg (cf. Brandenbourg, C), dont : 

VII. François-Paul-Emile, comte d'O., baron de Ham, etc., ép. de M.-Isab. 
de Bavière et Schagen, comtesse de Warfusée, baronne de Schagen et de 
Godrian, dame de Druenen, etc., dont : 

VIII. Olimpie-CaroUne-Joséphine, née comtesse d'Oultremont et de Warfusée, 
bapt. le 26 février 1710, aspirante ayant obtenu de S. M. I. et C. la patente 
d'une prébende vacante par la démission d'Isabelle d'Immersel, comtesse de 
Bouckove. 

Elle renvoie aux quartiers présentés par la chanoinesse Claire-Scolastique 
de Moitrey. 

Pour le quartier de Brialmont, elle produit entre autres pièces : 1° « un relief 
qu'Ottard de Brialmont fit de la dime de Ponlo, par devant les mayeur, lieutenant- 
bailli et échevins de la cour féodale d'Ochain, par les mort, trépas et succession 
d'Ottard du MoUin, son grand-père « ; 2° un extrait d'une épitaphe « où sont 
dépeints 8 quartiers de Brialmont, lesquels étans réduits selon l'art héraldique 
font plaine foy que Jean de Brialmont, qui avoit épousé Marie de MoUin, étoit 
fils de N. Thiry de Brialmont, qui avoit épousé N. de Sparmont. Cette alliance 
et filiation se confirme par l'histoire de Gambray et du Cambrésis ». 



— 49 — 

Après une dissertnlion sur les ai'inoiriesdes Bi'i;ilinont (qui sont descendus deâ 
anciens sgrs. et barons de Hanrial), ainsi que sur les alliances de cette famille, 
on parle entre autres de « la famille de Sparmont, une des plus nobles familles 
de la province de Luxembourg, d'où les comtes de Sparmont ♦». 

Le quartier de Brialmont a été reçu à Maubeuge, (admission de INP"'' d'Oultrc- 
mont dite de Ham), à Andenne (admission de Mf'"'' d'Argenteaux dite de Paire), 
à Moustié (Fcrdinande d'Argenteaux, abbesse), à Nivelles (M.-Madel. de Gou- 
denhove) et à St-Lambert de Liège (Emile d'Oultremont). 

Les quatre quartiers de Jean-Hubert, baron de Berlaymont, et les quatre 
quartiers d'Anne-Eugène de Brandenbourg ont été prouvés lors de l'admission de 
^tiie (Je Berlaymont, actuellement chanoinesse à Ste-Waudru (1723). 

DE Brias : V. Marches. 

Gammerer de Worms : v. Breidbach, Reiffenberg. 

Garpentier : V. Waha. 

DE Celles : v. Moitrey, Waha. 

DE Ghanclos : v. Bost-Moulin. 

DE Gobreville : V. Marches. 

(de) Goenen : v. Baillet. 

DE GusTiNE. — Quartier reçu en la personne de Gath.-Antoin. de Lambertye, 
née en 1713, arrière-petite-fllle de Jean de L. et de Marg. de Gustine (v. Lam- 
bertye). « La famille de Gustine a été reçue dans tous les chapiti-es, notamment 
dans celui de Mons en la personne de Madame de Mérode, dans ceux d'Andenne 
et de Moustier «. 

I. GoUart ou Nicolas de Gustine, noble écuyer, ép. Marg. de Villy, dont : 

1" Thibaut, qui suit (II). 

2'* Jacques (frère aine ou puiné ?), sergent-général de bataille des armées 
du duc de Lorraine, auparavant colonel sous le nom de sgr. d'Offlance ou 
Auflance, mentionné dans l'histoire de Jean d'AUamont, gouverneur de 
Montmédy ; ce dernier était même capitaine dans le régiment dudit sgr. 
d'Offlance (?). 

IL Thibaut de G., .sgr. de Villy, Lombuz, Gons, Rutz, Pourru, etc. ; ép. par 
contrat du 18 nov. 1504 Glaude d'Espinal, dont : 

III. Martin de G., sgr. de Villy. Partage le 19 sept. 1550 avec ses frères et 
sœurs les biens de leurs parents ; i) obtient dans sa part, entre autres biens, 
« la maison-forte et château de Gons dite la baronnie de La Grandville ». Il 
épousa Françoise de Guermange, dont : 

IV. Jean de G., chevalier, sgr. de Bioncourt, baron de Gons La Grandville, 

4 



- 50 - 

etc. ; partage le il février 1583 avec ses frères Louis (chambellan du duc de 
Lorraine) et Adam leur succession pater- et maternelle. 

On produit, entre autres, pour justifier ses titres, les deux reliefs suivants : 
1" Relief fait par Claude de Laittres, sgr. d'Arondel, Malmaison, Rossignol, etc., 
capitaine et prévôt de Verton, par devant lui, qualifié de baron et sgr. de Gons, 
Ugny, Tallancourt, Bioncourt, Grand Failly, Francourt, etc. 2° Relief fait par 
Jean d'Orchainfaing, sgr. d'Aigremont, Dampicourt, etc. 

Il eut, de Dorothée de Ligniville : 

1" Marguerite, reçue chanoinesse au chapitre de Bouziers, dont elle devint 
abbesse ; elle épousa Jean, comte de Lambertie. 

2* Susanne de Gustine. 

(Dossier n° 24). V. Moitrey. 

DE Daun. — La preuve généalogique fournie par Marie-Thérèse, comtesse du 
St-Empire, de Wurmbrand et de Stuppach, aspirante à la prébende lui conférée 
le 18 juin 1772, donne la fihation suivante : 

L Philippe-Ernest, comte de D'Aun, ép. Marie-Ursule, baronne de Groschlag 
de Diepurg, dont : 

IL Guillaume-Jean-Antoine, comte de D'Aun, ép. Anne-Magdeleine, comtesse 
d'Althanu, fille d'Eustache, comte d'Althann, et d'Anne-Marie, baronne de 
TeufFenbach, dont : 

III. Marie-Françoise-Béatrice, comtesse de D'Aun, enterrée le 8 janvier 1701, 
épousa : 1° par contrat du 2 mai 1684, Gharles-Joseph, comte deGobb ; 2° en 1685, 
Jean-Franç.-Adam, comte de Lozinstein ; 3° en 1688, Gondacre-Thomas de 
Starhemberg, chevalier de la Toison d'or, dont : 

IV. Marie-Dominique, comtesse de Starhemberg, née le 20 déc. 1700, ép. par 
traité du 4 janvier 1735 Jean-GuiU., comte de Wurmbrand et Stuppach, etc., 
dont : 

V. Gondacre-Thomas, comte du St-Empire de "Wurmbrand, né le 30 déc. 
1735, épousa Marie-Antoine, comtesse de la maison des princes d'Aversperg, 
dont : 

VI. Ladite aspirante, née à Gralz le 23 janvier 1759 (dossier n" 64). 
V. La Marck. 

DuiiAN. — Famille figurant dans l'ascendance d'une comtesse d'Arberg 
(cf. Nassau, G.), qui prouva la filiation suivante : 

I. Messire François Duhan, ép. Louise de Wopersnoie, dont : 

IL Messire Gabriel Duhan, chevalier, sgr. de Martigny, Golinei, enseigne des 
gardes du corps de S. A. R. de Lorraine, ép. Philiberte de Rivers, fille de 
Dieudonné et d'Anne de Ghocquay, dont : 



- ^i ^ 

ill. Messire Louis- FMiil. Diihan, comte de Marligny, chambellan de S. A. t^., 
son envoyé extraordinaire vers la Reine Anne d'Angleterre, son conseiller d'état 
et grand-veneur de Loraine et Barois, ép. Catherine-Françoise, marquise de 
Rocquefeuille, fille de Jean-François et d'Antoinette-Thérèse de Bannerot 
d'Herbeviller, dont : 

IV. Henriette, comtesse Duhan de Martigny, chanoinesse de Ste-Gertrude à 
Nivelles, paroissienne de Lunéville (Lorraine), ép. le 4 nov. 1733 à Nivelles, en 
l'église paroissiale de la B^« Vierge Marie (en présence de, entre autres, Béatrice- 
Clémentine Duhan-Martignyj, Maximilien-Nic, comte d'Arberg, de Vallangin 
et du St-Empire, dont : 

V. Nicolas-Ant., comte d'Arberg, etc., bapt. le 20 juillet 1736 à St-Jean 
l'Evangéliste de Nivelles, (marraine : Antoinette, née comtesse Duhan de M.) ; 
(cf. Nassau G.). 

V. Manderscheid (B.), Marches. 

d'Eltz : V. Boos, Reififenberg, Warsberg. 

d'Elvert. — Famille qui figure dans l'ascendance de MarieJos. -Robert. - 
Hyacinthe-Albertine de Trazegnies, aspirante au chapitre de S^^ Waudru d'oct, 
1783 à mai 1704 (dossier 55). 

Des pièces produites résulte la généalogie suivante : 

I. Philippe Elvert, capitaine de cavalerie dans le régiment impérial de 
Wolshueff, fut anobli par Maximilien II, par diplôme daté de Vienne le 20 
septembre 1576. L'empereur l'y intitule <« magister equitum noster » et rappelle 
les services qu'il a rendus en paix et en guerre, spécialement en Hongrie, en 
Dalmatie, contre les Vénitiens, et en Flandre, contre les rebelles. 

Il eut de son épouse Marguerite Frœundsberg de Mandelsheim : 

II. Philippe-Jacques d'Elvert, sgr. de Grœnrod, lieutenant-colonel du régi- 
ment de cavalerie de l'archiduc Albert, né en 1580 (?), époux d'Ursule de 
Botzheim., dont : 

III. Jérôme d'Elvert, écuyer, sgr. de Grœnrod, époux de Wilhelmine d'Ahten- 
feldt, dont : 

IV. Jean-Phihppe d'Elvert, bapt. en la paroisse de S' Gall le 4 avril 1621, 
écuyer, puis chevalier, sgr. de Grœnrod, président de la régence du comté de 
Nassau-Idstein. Une ancienne note l'intitule « directeur du consistoire de Nas- 
seau-Idstein », tandis que son épitaphe, reposant en l'église de Grœnrod (prés 
Dusseldorf) l'appelle « conseiller intime du comte de Nassau, président et direc- 
teur de la chancellerie de Nassau-Idstein ". 

Il mourut le 19 janvier 1699, ayant épousé Marie-Ursule Clemelin de Wid- 
derhold, fille de Richard de Widderhold de Weiddenhoffen, colonel de Lassel, 
et d'Elisabeth baronne de Vollers (Villiers?) de Buckingham, qui décéda le 2 
mars 1699, lui ayant donné : 



— 52 — 

i") Jean, qui suit. 

2") Gléophe, qui épousa Juste Voira th, baron de Bode et du S' Empire, 
bapt. à Rinten, Reinteln ou Rinteln (ci''de Schwabenburg, cercle de West- 
phalie) le i6 août 1667, conseiller de l'électeur de Brandebourg et syndic 
du conseil de la ville de Magdebourg (1698), puis conseiller aulique à 
Vienne. Leur fille, M.-Eléonore-Agnès, baronne de Bode, bapt. à Magde- 
bourg le 20 uov. 1698, épousa en secondes noces Phil.-Ign.-Joachim, 
marquis de Trazegnies, prince du franc-fief de Rognon, comte de Villemont, 
sénéchal héréditaire de Liège, etc., né à Bomy le 17 décembre 1685 ; leur 
fils Eugène-Gillion-Othon-Alexis-Ghislain, marquis de Trazegnies et d'ittre, 
baron de Tongre S' Martin, sgr. de Marche, etc., bapt. à Trazegnies le 14 
juillet 1739, épousa à Ittre le 7 octobre 1769 M. -Vict.-Franç.-Xav. -Domi- 
nique de Rirtlart, marquise d'ittre, etc., bapt. à S' Jacques en Galice le 15 
mai 1753, et fut le père de l'aspirante au chapitre de Mons, M.-Jos.-Rob.- 
H.-Alb. de Trazegnies, bapt. à Ittre le 7 juin 1780. 

V. Jean-Baptiste d'Elvert, bapt. en l'église paroissiale de S* Galles (Gall) le 
6 janvier 1654, écuyer, puis chevalier, « archi-préfet du comte de Saarveden « 
(vers 1699?). Ailleurs il est intitulé « conseiller de la chambre des XV à Stras- 
bourg, premier acquéreur du fief noble mâle de Bourscheidt relevant du Roi » ; 
il épousa Anne de Stoock, qui lui donna : 

1°) Joseph-Phil., qui suit : 

2») Jean-Nicolas-Otto, écuyer, chancelier de l'évêché de Strasbourg, qui 
épousa la fille d'un conseiller Delcourt, dont une fille, Louise, qui épousa 
un s"" de Noblat, conseiller au conseil souverain d'Alsace. 

3") Michel, écuyer, conseiller au conseil souverain d'Alsace, qui épousa 
Barbe de Noblat, dont : 

a) Joseph-Louis, écuyer, sgr. de Bourscheidt, qui épousa sa cousine 
germaine Louise d'Elvert, dont un fils, Louis, né en 1771. 

b) Jean-Glaude-Michel, admis au collège des Quatre Nations, à Paris, 
où il mourut jeune, 

4"] Barbe, épouse du baron de Ruth, bailli des ville et bailliage de Montzig 
et Schirmeck. 

VI. Joseph-Philippe d'Elvert, écuyer, époux d'une baronne de Ruth, dont : 

1*») Antoine-Guillaume (1), écuyer, chevalier de l'ordre de St-Louis, ancien 
major d'infanterie, sgr. de Bourscheidt, 



(1) Le 28 dtceinbre 17S:{, le conseil lie la régence de repêché de Strasbourg, séant à Saveme, certifie, 
c ;i la ré(iiiisilii)n de messires Aiitoiiii'-riuill. Uelveit, chevalier de l'ordre royal de Sl-Louis, ancien major 
d'infanterie au service de France, .loseph-Arniand Del vert, ancien capitaine d'infanterie, et Josejih-Louis 
D'Elvert, s^r. de Bourscheid, Courtzerode, Waltenbourg et autres lieux, qu'en l'année 1744, lors du pas- 
sage du Rtiin parles trouppes commandées sous les ordres de feu S. A. U. Mgr. le duc Charles de Lorraine 
et de Bais, la ville de Saveme a été [liliée et ravagée pendant un espace de quinze jours; que la famille 
I)'ICIverl y faisoil sa n-sidenceet que leur maison a été lors pillée ainsi que quantité d'autres ; qu'au sur- 
plus lesdits MessieiH's Delvert oui j"ui et juiiissenl des privilèges d'anciens nobles en celte ville •. 



— 53 — 

2°) Joseph-Armand, écuyer, ancien capitaine d'infanlciie, épousa Anne 
Geltmesser, fille d'un conseiller aulique du princc-évèque de Strasbourg, 
dont : 

à) Louise, née en 1772. 
3^) Louise, épousa son cousin germain le S"" d'Elvert, sgr. de Bourscheidt. 
Armoiries : Le diplôme de 1576 les décrit comme suit: «> galea ex qua 
agnus exurgit erectus ; in inferiore parte, scutum in quo arbor viridis cum tribus 
cordibus et agno in fundo scuti posito videtur ", c'est-à-dire : écu à un arbre de 
sinople, accompagné de trois cœurs et d'un mouton posé dans le fond de l'écu ; 
cimier : un mouton issanl. 

Dans une attestation du 4 mars 1782, G. Bej^daels de Zitlaert, roi d'armes, 
déclare à Bruxelles que les Elvert portent « d'or à un arbre terrassé de sinople, 
le pied de l'arbre accosté de 4 épées nues, garnies d'or, les pointes basses, 2 à 
dextre et 2 à sénestre et chargées d'un mouton de sable, la tête de l'arbre chargée 
d'un petit écusson d'argent à 3 cœurs de gueules, l'écu couronné d'un cercle d'or 
rehaussé de 3 perles et surmonté d'un heaume et face (sic) d'or, grillé et liseré 
de même, doublé de gueules, aux lambrequins et bourlet d'or et de sinople, et 
pour cimier un mouton naissant de sable ». 

Les armoiries coloriées des d'Elvert qui accompagnent cette attestation sont 
conformes à la description, montrant le mouton de sable passant, sur la terrasse, 
devant l'arbre et devant les 4 épées fichées en terre. 

Remarquons enfin que dans un tableau généalogique dressé le 17 mai 1783, à 
Saverne, les armoiries sont représentées de la même façon, sauf que l'écusson 
aux 3 cœurs est ovale, avec une bordure de gueules, et qu'au dessus de l'écu 
il n'y a qu'un casque sans bourrelet ni lambrequins, avec le mouton issant. 

Si je donne ici et avec tant de détails la généalogie d'une famille alsacienne, 
c'est qu'elle a pu, par suite d'une coïncidence curieuse, être considérée comme 
luxembourgeoise. Voici, en effet, ce que nous lisons dans le Livre d'or de la 
noblesse luxe^nbourgeoise de P. de Kessel (p. 52) : 

« Elvert : Armes : d'or à un arbre de sinople, chargé d'un écusson d'argent, 
à 3 cœurs de gueules, posés 2 et 1, et un mouton de sable, passant au pied de 
l'arbre sur une terrasse de sinople Cette famille, originaire de Luxembourg (1), 
fut déclarée issue de noble race par lettres de l'empereur Maximilien II, données à 
Vienne le 20 sept. 1576. Michel Elvert, écuyer, sgr. de Bourscheit et de 
Zellinghen, conseiller au conseil supérieur d'Alsace, épousa, en 1720, Jeanne- 
Marie de Noblet, dont postérité », 

Bien que le Livre d'or soit un ouvrage superficiel et non sans erreurs, on 
aurait pu considérer comme exacte l'assertation que les d'Elvert étaient origi- 
naires du Luxembourg, car le contexte pourrait faire croire que ce sont les 
lettres-patentes de 1576 qui rappellent l'origine luxembourgeoise de la famille ; 



(1) Rietï-tap (Armoj'ial général) décrit, en somme, de la même façon les armoiries des d'Eloert 
[Luxembourg et AUace). 



— 54 — 

il n'en est rien, comme le montre la copie du diplôme produite au chapitre de 
Mons, et l'erreur provient — du moins je le suppose — d'une induction, plausible 
d'ailleurs, de P. de Kessel : il a été trompé, comme d'autres l'auraient été éga- 
lement, par la coïncidence suivante : les d'Elvert portaient dans leurs armoiries 
un écusson d'argent à 3 cœurs de gueules, posés 2 et 1, et ont possédé une sei- 
gneurie de Bourscheid : or, les Bourscheid luxembourgeois portaient précisément 
d'argent à 3 cœurs de gueules, posés 2 et 1 ; il semblait donc légitime d'inscrire 
les d'Elvert parmi les seigneurs de notre Bourscheid. Les pièces que j'ai résumées 
plus haut prouvent au contraire qu'ils avaient les 3 cœurs dans leurs armoiries 
dès 1576 et qu'ils n'ont acquis une seigneurie de Bourscheid (située sans doute 
dans le pays de Saverne) que vers la fin du XVIP siècle. 

FizENNE : V. Waha. 

DE Hautoy. — L'intendit d'une aspirante de la famille de Schlick (dossier n" 45) 
renseigne le baptême à Grosglogau, dans l'église paroissiale de St-Nicolas, le 2 
janvier 1728, d'Antoinette-Jacobine-Gharl.-Jos.-Franç. de Paula, fille d'Otto- 
Venant c**' de Franckenberg, conseiller delà régence de Rogau, et de Françoise- 
Gaudence c*^^^^ de Kiinbourg, en présence de la comtesse de Kottulinsky et de 
Jacobine, comtesse de Hautoy, née comtesse de Franckenberg, épouse du S"" 
général comte de Hautoy. (V. Mercy). 

VON DER Heyden : v. Bost-Moulin. 

HouFFALizE. — I. Famille de Mérode. 

^. — Au château de Ham-sur-Heure, le 29 octobre 1591, Jean de Mérode, 
chevalier, baron de Houfifalises et deMoriamez, sgr. de Montfort, d'Abbembrouck, 
de Ham-sur-Heure, Nalinnes, etc., délivre une attestation relative à la noblesse 
de la famille de Gruninghe. L'original, sur parch., est signé Jan de Mérode 
et scellé d'un sceau en cire rouge : l'écu est un écartelé, aux 1 et 4 : 4 pals, à la 
bordure engrêlée {Mérode) ; aux 2 et 3, un burelé à un lion brochant (Luxem- 
bourg) ; brochant sur le tout : écusson aux armes d'Enghien. Heaume. Cimier : 
un vol. Supports : deux hons. Légende : S : : lAN • DE . MERODE . BARON • 

ET • S-^ • DE . MOREAM FOVR • EVR . Gontrescel : un écu aux armes du 

sceau. (Garton d'attestations). 

5. — A la suite du mariage de Richard de Mérode, sire de Frentz, avec 
Marguerite, dame de Houffalise, en 1456, dont les quart-aïeux étaient Béatrice 
de Luxembourg, dame de Houffalise, et Gérard de Grandpré, les descendants de 
Richard portèrent dans leurs armoiries les armes de Luxembourg, modifiées ou 
non. (Gf. le sceau décrit sub A.). 

D'après Butkens (Trophées de Brabani, II, 224-227), le fils de Béatrice et 
de Gérard de Grandpré, Thierri, sire de Houffalise, Bouchi, etc., portait de 
Luxembourg à la leuevre du premier canton d'or ; la fille de Thierri, 
Philippote, dame de Houffalise, épousa Gérard d'Argenteau, dont le fils Renaud, 



I 



— 55 — 

sire de [loLiffalise, portait, d'api'ès B[i[kens,escarteléd'Ar[/enteau et Houfalise 
le burellé d'argent et asiir de dix pièces {Limbourg), sur tout à la leuevre 
du premier canton d'or, de par sa mère. Aillieurs Butkens dit que Renaud 
portait de Luxembourg à la leuevre du canton droicl d'or, de par sa 
mère (ibid., p. 223). 

Ces quelques détails expliquent les écartelés dont ont fait usage les membres 
de la famille de Mérode qui suivent : 

C. — Le tableau des 16 quartiers de Jeanne-Marie de Schwartzenberg, fille 
d'Edmond, comte de Schwartzenberg, et de Marie, comtesse de Rivière d'Aer- 
schot(v. plus loin, à ce nom), donne la filiation suivante : 

I. François, baron de Mérode-Houfalize, épousa lolande, comtesse de Hennin- 
Liétart, dont : 

II. Louis, baron de Mérode-Houfalise, ép. Louise, comtesse de Bloys, fille de 
Louis et de Catherine, marquise de Humières, dont : Antoinette de M., ép. de 
Richard, comte de Rivière et Heers, 

Les armoiries de François de Mérode (qui était, comme on le sait, fils de 
Richard et d'Hélène de Melun, et petit-fils de Richard et de Marguerite, dame de 
Houffalise) sont représentées comme suit : écartelé : aux 1 et 4, d'or à 4 pals de 
gueules à la bordure engrêlée d'azur ; aux 2 et 3, d'argent à 5 fasces d'azur et au 
franc-canton d'or, à un lion de gueules brochant sur les fasces et sur le canton ; 
en cœur, brochant sur l'écartelé, un écusson gironné d'argent et de sable, les 
pièces de sable chargées, chacune, d'une croisette recroisetée (dossier 73). 

Les armoiries des de Mérode sont représentées de la même façon sur un tableau 
donnant les armoiries des 4 quartiers de Richard de Rivière et d'Antoinette de 
Mérode (dossier 79). 

D. — II. Marguerite de Mérode, fille de François, baron de Moriamé, et d'Io- 
lande de Hennin dite de Bossu d'Alsace, épousa Messire Antoine, baron de Baillœul 
(d'argent à la bande de gueules), fils de François et d'Alix de Culembourg, dont : 

III. Maximilien, comte de Baillœul, baron de L'Esdain, ép. Christine de 
Lalaing, dont : 

IV. M.-Marg. de Baillœul, baronne de Lesdain, ép. Ambroise, comte de 
Hornes et de Bassiny, baron de Boxlel, dont : Claire-Albertine de Hornes, aspi- 
rante (dossier 101). 

Les armoiries de Marguerite sont représentées comme celles décrites sub C, 
sauf que nous n'avons plus, aux quartiers 2 et 3, 5 fasces, mais bien un burelé 
d'argent et d'azur de 8 pièces ; dans l'écusson brochant en cœur, les pièces de 
sable du gironné sont chargées, chacune, de 2 croisettes d'or. 

E. — Anne de Mérode, vicomtesse de Montfort, fille de Jean, baron de 
Moriamé (fils de François susdit), et de Philipotte, vicomtesse de Montfort, fut 
nommée chanoinesse de Ste-Waudru, par mandement du 13 mai 1572 ; elle fut 
reçue le 12 avril 1573, à l'âge de 9 ans (Rens. G. Decamps). Elle épousa Philippe, 



— 56 — 

baron de Mérode, Petersem, etc. ; sa descendance figure dans le dossier 69, où 
ses armoiries sont représentées comme celles de Marguerite de M. (cf. C), sauf 
qu'il n'y a pas de canton d'or aux quartiers 2 et 3. Sa petite-fille, M. -Nicole- 
Thérèse de Mérode, dite de Montfort de Rivière (fille de son fils Maximil. -Antoine), 
fut reçue chanoinesse de Ste-Waudru le 22 juin 1707, avec les quartiers : 
Mérode ; Garondelet ; Longueval ; Groy. — Rhingrave ; Tassart-Tournevin ; 
Lalaing ; Ligne (Rens. G. Decamps). 

F. — La branche de Richard de Mérode, époux de Marguerite d'Ongnies, 
porta également le quartier Luxembourg dans ses armoiries. 

Les armoiries de Richard lui-même sont représentées (dans le dossier 87) 
comme un écartelé : aux 1 et 4, de Mérode ; aux 2 et 3, un burelé d'argent et 
d'azur de 8 pièces, à un lion de gueules brochant, au franc-canton d'or, bro- 
chant sur les burelles et sur le lion. Une descendante de Richard, Alberte de 
Gand dit Vilain (fille de Guillaume et de Louise de Mérode, celle-ci fille de 
Philippe et de Jeanne de Montmorency, ce dernier, fils de Richard) a été aspi- 
rante au chapitre. 

Le dit Philippe, comte de Middelbourg, etc., eut encore de sa femme Jeanne 
de Montmorency, une fille, Marguerite-Isabeau, qui épousa Phil.-Lamoral de 
Gand, comte d'Isenghien; le fils de ces derniers, Phil.-Balthasar de Gand, prince 
de Masmines, eut de son épouse, Louise Sarmiento Luna y Henriquez, Léonore 
de Gand, qui présenta aussi ses preuves pour entrer au chapitre (v. dossier 95). 
Une carte jointe à ses preuves donne pour Philippe les armoiries suivantes : aux 
1 et 4, de Mérode; aux 2 et 3, burelé d'argent et d'azur de 10 pièces, à un lion 
de gueules, couronné, armé et lampassé d'or (pas de franc-canton). 

D'autre part, Philippe de Mérode, comte de Middelbourgh, etc., donne, à 
Bruxelles, le 13 avril 1622, une attestation relative aux quartiers d'A.-M. d'Es- 
tourmel, pourvue d'une prébende à S*''Waudru. Cet acte sur parchemin est 
signé et scellé ; l'écu du sceau et du contre-scel est écartelé : aux 1 et 4, de 
Mérode (toujours avec la bordure) ; aux 2 et 3, un lion couronné brochant sur 
8 burelles (Carton d'attestations). 

G. — Le quartier de Mérode figure deux fois dans l'ascendance prouvée par 
l'aspirante Marie-Madel.-Jos.-Henriette d'Oignies, fille de Henri, comte de 
Mastaing, etc., et de M.-Jos.-Joachime de Jauche, comtesse de Mastaing. Cette 
dernière, en effet, était fille de Charles- Jos. de Jauche et d'Eléonore de Gand 
d'Isenghien; petite-fille de J. -Franc, de Jauche et de M. -Franc, de Stourmel 
(Estourmel) ; arrière-petite-fille de Phil. de Jauche-Mastaing, chevalier, sgr. 
d'Herimetz, etc., et de Marie de Mérode (mariés en 1617). Eléonore de Gand, 
chanoinesse à Mons, est celle renseignée plus haut (sub F), donc petite-fille de 
Marg. -Isabelle de Mérode. Les armoiries de Marie et de Marg.-Isab. sont repré- 
sentées de la même façon : aux 1 et 4, de Mérode (à la bordure); aux 2 et 3 de 
Luxembourg, sans franc-canton (v. doss. 71). 



- 57 — 

H. — Le quartior do Mérode figure encore dans le tableau pi-ésenté par une 
chanoinesse de la famille de La Hamaide (doss. 92; v. Wiltz, G.), avec les armoi- 
ries suivantes : écartelé aux 1 et 4, de Mérode (à la bordure) : aux 2 et 3, d'ar- 
gent à 4 fasces d'azur, à un lion de gueules brochant. 

IL Famille de Rivière. 

A. — Anne de Rivière, fille de Richard, baron de Ileere et de Ilouflfalize, et 
d'Antoinette de Mérode (v. plus haut, Mérode, G.), fut nommée chanoinesse par 
mandement daté de Bruxelles le 5 février 1610, avec lettres de chevalerie de 
LL. MM. ; elle fut reçue le 24 juin suivant, alors qu'elle était âgée de 9 ans, par 
son oncle Henri de Rivière ; étant enti'ée en religion, elle fut remplacée le 27 
février 1625 par Anne-Isab. de Lalaing (rens. G. Decamps). 

Le 5 juin 1610, Adrian de Mailly, sgr. de Fochencourt, franc sgr. de Momal 
falias Momalle) déclare que Richard de la Rivière, chevalier, baron de Heere 
et Houflfalize, etc., lui a ftut savoir qu'Anne de la Rivière, sa fille légitime, a été 
pourvue d'une prébende au chapitre de S'^'Waudru; à la demande dudit 
Richard, comme il faut prouver " l'extraction et descente de 8 quartiers, tous 
de bonne et cogneue noblesse militaire, sans bastardise ", le déclarant atteste 
« connaître et tenir ladite maison de la Rivière être maison ancienne, de 
noblesse militaire, alliée avec les plus nobles maisons et signalées du pays de 
Liège et aux environs ». (Orig., sur parch., signé; sceau tombé). Le 8 juin 
1610, Philippe, comte de la Marck et Manderscheidt, baron de Lumay et Seraing, 
sgr. de Schleiden, Kerpen, Gronnenburg, Saffenburg, etc., délivre unaattestatiun 
analogue. (Orig. sur parch., signé •' Philippe, comte de la Mardi el Man- 
derscheidt " ; avec sceau). (Garton d'attestations). 

Il existe, dans le dossier 79, un tableau avec les armoiries des huit quailiers 
d'Anne de Rivière : Rivière (d'argent à 3 fleurs de lis de sable) ; Schoi/ïaert 
de Mérode (Mérode, sans bordure) ; Mérode (avec bordure engrêlée) ; Hrederode. 
— Mérode (l'écarlelé décrit sub Mérode, G) ; Boussu ; Blois ; Humières. 

B. — Ges mêmes huit quartiers furent présentés, comme quartiers maternels, 
par une nièce d'Anne de Rivière, Jeanne-Marie de Schwarzenberg, fille d'Edmond 
et de Marie, comtesse de Rivière, reçue chanoinesse le 12 juin 1650, morte vers 
1670. En effet, voici le tableau de ses seize quartiers, d'après une carte sur 
parchemin, avec armoiries coloriées, reposant dans le dossier 73 : 



58 



.~ 


<D 






"S 

"es 

.22 


c 
5 


^ 


S 

C3 


S 






X 


c 








o 
















CQ 




T3 




-Q 




^ 






<D 


,2 


^^ 


i. 


T3 


"3 


Cv» 


<V 




o 




Xi 




œ 




o 








rt 


oT 






s 


(U 


w 


co 




w 


a> 


a> 




"o 

e 


S 
o 


-es 
c 


QC 


î— 


s; 


C3 


« 


<; 


M 


Ci, 


S 


ce 

'a 




13 


r^ 




^ 




P 




c 








O 




« 




w 




^ 


Q) 


r^ 






"a 


S 








no 





.= "S a> 

T3 ?; 



os 



Ci a _ 

-a g ? • 

? § w S 9 

1^ ï: 5^ ^ c 

2 S 



•75 "C 



« 



.2 > o 

c O) i; 
o i» CS 
^ oo ^ 

2 ti i. 

< ce 
c 



^0, N o te 

5 "C i, ir s-; 

= O ff «^w 

^ w l_ C^ 



•73 

c 

« 

c 
o 





o 




03 




C 


r. 


a> 


C pQ 


-^^ 


^H 


3 


03 


'3 


CQ 


3 




re 


a> 


m 






(— ' 








o 












rt 




Xi 



a 

01 O 
S O 
C3 J 

^ (D 
M 73 

o 



«D 



O) 

"^ S 
O 

c (P 

c -a 

-<3J 



sa 

•C fcD 
e ^ 



o 



© 



Ci 

T3 



c 

P 
ce 

C 

-3 

3 






S 
"05 

-S 
S 

"c 

te 

s 






o 
y: 

'3 
Cl 



O 



O 

a 



S 

m 

c5 

-a 
o 

<D 

y ■ 

c 
<» 

<n 

o 

in 

<D 
^3 

O) 

a 

o 
o 

rs 
a 
o 

a 




.22 P-S C 
c 0^ o o 



U 







-O) 



PS 
ai 

a 

o 

o 



C3 

x: 
o 



03 

'2 

'> 

2 

ai 

'3 

<n 



o 

c 

G 
ai 



3 

8 

M 

<v 
X 
•*^ 
ai 

ai 

•a 

5 

Oi 
'O 

OJ 
03 



O 



(1) Schwartzeiiberg : iialé de 8 pièces d'azur et d'argent (o\i de sable ?). 

(2> Bouland : d'azur à une croix d'or, cantonnée de 20 croisetles recroisetées. 



— 59 — 

C. — Emérance de Rivière d'Arschot, ûlle de Henri-Balthasar et de Henriette 
de Gottereau, fut reçue comme chanoinesse le 6 août 1676 ; elle mourut le 20 
mars 1704 et fut inhumée dans l'église Ste-Waudru. Elle avait prouvé les quar- 
tiers suivants : Rivière ; Mérode-Trélon ; Ladouve ; Mérode-d'Assen. — Gotte- 
reau ; Brandenbourg ; Gottereau ; Ilonel dit Landris. 

Sa sœur, Jeanne-Dorothée, fut reçue le 13 juin 1678 (Rens. G. Decamps). 

V. Lannoy. 

D. — Marie-Louise-Glaudine d'Ideghem fut reçue le 14 janvier 1717, en rem- 
placement de M«"e d'Houfïalize (Mêmes rens.). 

III. — Famille de BaUloeul. 

^. _ D'un tableau avec attestation de R. Dandelot, officier d'armes ordinaire 
du roi, daté de Bruxelles le 12 février 1669 et produit en 1783 par Marie-Jos. de 
Trazegnies (v. Elvert), il résulte que Robert d'Ongnyes, sgr. de Philomez, Santés, 
Aliènes, etc., fils d'Adrien, sgr. de Willerval, Philomez, Beaurain, etc., gouver- 
neur de Tournay , et de Jeanne de Rosimbos, héritière dudit Rosimbos et d'AUènes 
en la châtellenie de Lille, épousa Léonore de Baillœul, dame d'un tiers de Houfa- 
lize (d'argent à la bande de gueules), dont deux enfants : 

1" Jean d'O., premier comte de Willerval, s'' de Philomez et d'AUennes, ép. de 
Marie de Sapata ; il mourut sans hoirs et la comté de Willerval succéda à 
Gharles d'Ongnies, son cousin. 

2" Léonore-Hippolite d'O., héritière de Philomez après son frère, ép. Gharles- 
Phil. d'Ongnyes, comte d'Estrées, dont Charles-Phil. d'O., comte d'Estrée, baron 
de Rolincourt, etc. (Dossier 55). 

B. — Voir plus haut (Mérode, D.), une alliance de la famille de Baillœul avec 
celle de Mérode. 

DE Housse : v. Mercy. 

Jaerens. — Le 10 mai 1728, à Bruxelles, le s^" André-François Jaerens, 
écuyer, roi et héraut d'armes de S. M. I. et G. à titre des pays, province et 
duché du Luxembourg et comté de Ghiny, délivre une attestation (dossier 3). 

DE Lambertye. 

I. Raymond de Lambertye, écuyer, sgr. dudit lieu (en Périgord ou en 
Guyenne), fils de François et de Marg. de Maulmont, ép. Jeanne-Elise de Gou- 
longe, dont : 

IL François de L., baron de Montbrun, sgr. dudit Lambertye, Mellet, St Pol, 
La Roche, etc., chevalier de l'ordre de St Michel par lettres de Gharles IX, roi 
de France, du 4 août 1571. Il ép., par contrat du 1*^' juillet 1571, Jeanne de 
Ladouze ou La Douze, dont : 

m. Gabriel de L., chevalier, sgr. dudit heu et autres; il était heutenant du 



— 60 — 

Roy au gouvorncmcntile Nancy, inestre de camp d'un régiment de 20 compagnies 
à drapeaux blancs, lorsque sa baronnie de Lambertye fut érigée en comté ; il 
avait reçu le 6 février 1632 commission du Roi de France pour la levée d'une 
compagnie de cent hommes à pied, et le 15 lévrier suivant, une commission de 
mestre de camp. Ilép. par contrat du 3 février 1605, Isabelle de Rochouart ou 
Rochecouart, dont : 

IV. Jean, comte de Lambertye, mestre de camp d'un régiment de gens de 
l)ied (pat. du 30 déc. 1645), lieutenant du roi pour S. M. T. G. au gouverne- 
ment de Nancy (commissions du 23 décembre 1636 et 3 janvier 1646), lieutenant 
commandant de la citadelle de Metz par commission du 8 avril 1657, maréchal 
(le camp es armées du R. T. G. par brevet du 23 juillet 1650, gouverneur de 
Longwy au 12 aofit 1646. Il épousa par contrat du l^"" janvier 1641 Marguerite 
de Gustine, dont : 

V. Georges, marquis de Lambertye, chevalier, baron de Gons la Grandville, 
sgr. de Rechicourt, capitaine d'une compagnie de chevau-légers au service de 
France par commission du 7 janvier 1673, maréchal de Lorraine et Barrois par 
pat. du 4 janvier 1700, grand bailhde Nancy par patentes du 14 juin 1698, à la 
suite de la mort du marquis de Gerbevillers, commandant des ville et château de 
Nancy par pat. du 12 nov. 1704. Il ép. par contrat du 5 avril 1672 Ghristine de 
Lenoncourt, fille de François, chevalier, marquis de Blainville, et d'Antoinette 
de Savigny, dont : 

VI. Nicolas-François, marquis de L., capitaine de cavalerie dans le régiment 
de Bcringhen par commission du 4 mai 1701, gentilhomme de la chambre de 
S. A. R. par patentes du 11 sept. 1711, envoyé extraordinaire de S. A. R. dans 
les cours d'Angleterre et de Cologne, par patentes et commission du 26 octobre 
1714. Il épousa par contrat du 23 novembre 1705 Elisabeth c'^'^^'^de Ligniville, 
lors fille d'honneur de la duchesse de Lorraine, dont : 

VIL Gatherine- Antoinette de Lambertye, née le 30 avril 1713 ; bapt. le même 
jour (Parr. : Gharles-Louis, marquis de Lenoncourt, Blainville, etc., et Antoi- 
nette de Nettancourt, épouse de Messire de Gustine), reçue au chapitre de Mons, 
en 1721 d'après de St-Genois. 

On rappelle, de plus, pour prouver l'ancienne noblesse de la famille, que Jean 
de Lambertye fut reçu chevalier de l'ordre de Malte en 1603, sur preuves. 

Les 8 quartiers de l'aspirante étaient Lambertye, Gustine, Lenoncourt, Savigny, 
Ligniville, Boyemer, Bouzey, Gondé (Gf. articles Gustine, Lenoncourt, Luxem- 
bourg (E) et Ligniville), 

V. Bost-Moulin, Gustine, Marches. 

DE Lannoy. — Gc quartier formait le troisième quartier matei'nel de Marie- 
Louise-Glaude d'Yedeghem, à laquelle fut conférée la prébende vacante par la 
mort de Marie-Thérèse de Rivière d'Arschot dite d'Aufalize, en juillet 1715. 
I»^pus lisons dans son intendit : «' Le quartier de Lannoy de La Motterje a été 



-- 61 -^ 

reçu dans les chapitres de Mons, Maubeuge et Nivelles : Susanne et Hélène 
de L., lilles de Jacques, sgr. de La Molterie, et de Sus. de Noyelles, furent clia- 
noinessesà Mons ; leur sœur Adrienne fut chanoinesse, puis abbesse de Nivelles ; 
Marie-Théodore de L., leur nièce, lille d'Albert, baron de Clervaux, fut chanoi- 
nesse à Maubeuge (Dossier n° 66). 

DE Lanser : V. Baillet. 

DE Lenoncourt. — I. Louis de Lenoncourt, chevalier, sgr. de Oondrecourt 
et Fauhy, conseiller et chambellan du roi de Jérusalem, de Sicile et d'Arragon, 
etc., fait un accomodement avec la bourgeoisie de Rechicourt en .... et épousa 
Catherine de Haraucourl. En 1550, Warin de Savigny, tuteur de leurs enfants 
mineurs, fait une présentation à l'évêque de Verdun. 

II. Bernardin de L., flls de Louis, chevalier de l'ordre du Roi, sgr. de Gendre- 
court, etc., fait le 15 février 1573 le relief de la terre et s'''" de Rechicourt lui 
échue par le trépas de son père ; le 22 août 1585, une sentence est rendue entre 
lui et le procureur général au bailliage de St-Michel. Il épousa Claude de 
Choiseul, dont : 

1.) Théodore, qui suit ; 
2.) Antoine ; 

3.) Jeanne, qui renonça en 1595 à différents biens au profit de ses deux 
frères susdits. 

III. Théodore de L., chevalier, sgr. souverain d'Oley, etc., conseiller d'état 
de S. A. R. de Lorraine, bailli de St-Michel, ép. Françoise de Haraucourt, 
dont : 

IV. Charles de L., comte de Blainville, nommé comte du St-Empire par 
patentes délivrées le l®"" octobre 1613 par l'empereur Mathias, ép. par contrat 
de 1609 Henriette de Joyeuse, dont : 

V. François de L., chevalier, marquis de Blainville ; il reçoit en 1626, ainsi 
que ses frères Antoine et Claude-Théodore, des lettres de naturalité du Roi de 
France Louis XIII ; nommé gouverneur de Pont-à-Mousson en 1641. Il ép., par 
contrat du 12 déc. 1636, Antoinette de Savigny, dont : 

VI. Christine de Lenoncourt, épouse de Georges de Lambertye (voir ce nom ; 
dossier 24). 

V. Orjo. 

DE Leyen. — Famille dont descendaient les comtesses de Renesse, reçues en 
1754 et 1784 (v. Boos de Waldeck et Breidbach). 

I. Barthélémy de Leyen (d'azur au pal d'argent), ép. par contrat du lundi 
après la St-Gilles 1508, Catherine, baronne de Pallant, dont : 

II. Georges de Leyen, sgr. de Saffig et grand-maitre de S. A. E. de Cologne, 
bailli d'Andernach. Le 25 juin 1554, Georges de Leyen, tant en son nom qu'en 



— 62 - 

celui de Michel et Jean, ses frères germains, et tous trois enfants légitimes de 
Barthélemi, fait hommage et relève de l'archevêque de Trêves, les terre et 
domaine de Fellence, tenus en fief de l'archevêché. Il épousa Anne de Waltpott 
de Bassenheim, dont : 

III. Georges, baron de Leyen, sgr. de iSaffig, Eltz, Leiningen, conseiller et 
grand-maitre à la cour de S. A. E. de Cologne, bailli d'Andernach, ép. par 
contrat du 3 juin 1604, passé à Embs, Catherine, baronne de Schilling de 
Lahnstein, dont : 

IV. Lothaire-Ferdinand, libre baron de Leyen, Nickenich, Leiningen, colonel 
au service de S. M. I., bailli de Ammerstein et Rhinbrohl, ép., par contrat 
passé à Cologne le 6 juillet 1638, Marie-Sophie, baronne de Brombser de Ruders- 
heim, dont : 

V. Marie-Marguerite, libre baronne de Leyen, ép. en 1662 Georges-Reinard, 
baron de Breidbach-Burresheim (dossier n° 37). 

DE LiGNiviLLE. — Quartier reçu en la personne de Marie-Charlotte-Justine de 
Messey, comtesse de Bielle, pourvue d'une prébende de chanoinesse de 
Ste-Waudru par patentes datées de Vienne le 18 mai 1757. Elle était fille de 
Gabriel de Messey, comte de Bielle, et de Louise-Pétronille de Ligni ville ; celle-ci, 
baptisée à Honécourt (Lorraine) le 2 mars 1710, était sœur d'EUsabeth, comtesse 
de Ligniville, qui épousa Nie. -Franc, de Lambertye et en eut Cath.-Ant., mar- 
quise de Lambertye, reçue au chapitre de Ste-Waudru. Les dossiers 24 et 27 
donnent la filiation suivante pour les Ligniville : 

I. Jean de Ligniville eut de Jeanne d'Oiselet : 

IL Jacques de L., ép. de Sigismonde de Maisonvaux, dont : 

III. Christophe, comte de L., eut de Cath. de Sandrecourt : 

IV. Gaspard, comte de L., épousa Philberte de Honécourt, dont : 

V. Gaspard-Henri, comte de L. ; il ép. Fétronille, baronne de Boeyemer, 
fille d'Arnould et de Cath. de Splinter, petite-fille de Pierre, baron de B., et 
d'Elisab. d'Harsolt, arriêre-petile-fille de Rodolphe de B. et de Béatrix de Worn, 
arrière-arriêre-petite fille de Henri de Boeymer et de Marg. de Cloëstern ; 
il en eut : 

VI. Melchior, comte de Ligniville-Tumejus, conseiller d'Etat, chambellan du 
duc de Lorraine, époux de Marguerite-Antoin. de Bouzey (fille de Joseph et de 
Marg. -Angélique de Condé), dont il eut les dites sœurs Louise-Pétronille et 
Elisabeth. Ledit Joseph de Bouzey, chevalier, était fils de Henri et d'Anne de 
Condé, petit-fils de Christophe et de Yolande de Jainville, arriére-petit-fils de 
François et de Catherine de Thuillières, arrière-arriêre-petit-fils de Jean de 
Bouzey et d'Antoinette de Monfleury (Monfleurs ?). Marg.-Angél. de Condé était 
fille de Jean-François et d'Angél. de Francquemont, petite-fille de Louis et de 
Phihppe de Rémicourt, arrière-petite-fille de Jacques et de Claude de Paradis, 
arrière-arrière-petite-fille de Bertrand de Condé et de Claude des Armoises. 



— 63 — 

DE Loewrnstein-Wertheim. -—A . Les dossiers 60, 62 et 68 montrent que ce 
quartier a été présenté par des comtesses de Waliistein (cf. Salm-Reifferscheid, 
B) et de Mérode (cf. Nassau, C, V). 

Ces dossiers fournissent la filiation suivante : 

I. Frédéric, comte de Lœwenstein, ép. Hélène, baronne de Kœnigseck, dont : 

II. Louis, comte de L., ép. Anne, comtesse de Stolberg, dont : 

III. Jean-Théodore, comte de L. (1), ép. par contrat du F"" octobre 1610 (^) 
Josine, comtesse de la Marck-Schleiden, dont : 

IV. Ferdinand-Charles, comte de L.-Wertheim-Rochefort (2), ép. par contrat 
du 11 mars 1651 Anne-Marie comtesse de Furstenberg, dont : 

a) Christine-Thérèse, bapt. le 12 octobre 1665, épouse, étant duchesse 
douairière de Saxe-Weissenfels, Phil. -Erasme, prince de Lichtenstein 
(V. Salm-Reifferscheid, B). 

6) Marie-Anne, ép. Guill., landgraf de Hesse (v. Nassau, C, Vj. 

B. Ce quartier a encore été présenté par une comtesse de Sternberg en oct. 
1784 (dossier 51), avec la filiation suivante : 

I. Maximilien-Charles, prince de L.-W., ép. Marie-Polixène, comtesse Khuen 
de Belasi de Liechtenberg (test, le 24 avril 1713), dont : 

II. Marie-Elisabeth-Renate-Ernest.-Léop. -Thérèse, princesse de L.-W., ép. 
Charles (ou Conrad ?)-Sigismond-Quentin-Ant., comte de Starenberg, dont : 

III. Marie-Léopoldine, comtesse de Starhemberg, bapt. à Vienne le 26 août 
1712, ép. Franc. -Phil., comte de Sternberg, chevalier delà Toison d'or, dont la 
petite fille fut reçue à Ste-Waudru (Cf. Manderscheid, A, VI, 2*'). 

V. Salm-Reifferscheid (A). 

DE LuTZERAT : V. Marches, Tœrnich. 

DE Luxembourg. — 

A . — Marie-Françoise de Noielles, reçue chanoinesse (à Ste-Waudru ?) le 
13 déc. 1559, avait comme aïeule paternelle Isabeau de Luxembourg, fille 
d'Etienne de L. et d'Isabelle de Croix, dame de Croix (n° 11). 

B. — Des papiers annexés à l'intendit de Marie-Maxim. -Thér. d'Ongnies, com- 
tesse de Coupignies, aspirante vers 1728, donnent les renseignements suivants : 

« Les quartiers de Messire Claude d'Ongnies, comte de Coupignies : Ongnies, 
(( Brandt, Cuinghem [Perlettes] Berlette alias Hoves, van der Maere, Plpembus, 
« Vivresem, Diest et Oyembreughe ». 



(l)Pour prouver la filiation de Jean-Théodore, on produit le relief du comté de Rochefort fait le 15 

mars 1611 (dossier 62). 

(2) Pour prouver la filiation de Ferdinand-'^harles, on exhibe « un acte de la comté de Rochefort fait 
à la cour féodale de S. A. S. évêque et prince de Liège par ledit Ferdinand le 30 mars de 1644, à cause de 
la mort de Jean-Théodore, son p^re s (dossier 62). 



— 64 — 

« ttem de sa première et seconde femme : de la première, Reubempré, Montenack, 
« etc. ; de la seconde : ("roy, L(ixemhour(j, Laniioy, Barbanson, Croy, Groy, 
Renesse, Nassau )). 

(( Ceux de Mons"" de Courières et de ses trois femmes : ceux dudit s"" sont : Ongnies, 
(( Brandt, Berlette, Cuinguem, Baudin dit Man ville. Creton alias Noyelles, Montmo- 
(( rency, Blois. De sa première femme : Rosimbos, etc. De sa seconde : Noyelles, 
« Luxembourg, Lille. Ligne, Gand dict Villain, Stavelles, Mastaing, Lannoy. De la 
(K troisième : De la Pierre alias Bousies, etc. 

« Les quartiers du comte de Beaurepaire et de sa femme : Ongnies, Rubempré, 
« Lannoy, Neuville, Renty, DIxmude, Bergues St-Vinocques, Haveskerke ; — Ligne, 
(( Luxembourg^ VVassenaere, Egmond, Lalaing, Luxembourg , Renneberg, Culem- 
u bourg (u" 33) )). 

C. — En faisant la preuve du quatrième quartier paternel de M^"^ d'Yedeghem, 
celui de La ViefviUe^ on dit : ce quartier a été reçu dans les principaux chapi- 
tres des Pays-Bas et est entré au chapitre de Mons, en la personne de M^"® Anne 
de Lalaing, fille de Charles P"", comte de Lalaing, et de Jacqueline de Luxem- 
bourg ; c'était son 3™® quartier paternel (n" 66j. 

Cette Anne de Lalaing épousa Evrard de Pallant, comte de Culembourg ; leur 
fille ainée, Marie de Pallant, ayant épousé Charles, baron de Trazegnies et de 
Silly, le quartier de Luxembourg fut encore présenté par M.-Jos. de Trazegnies 
en 1783 (v. Elvert, dossier 55. Cf. Pallant, D.) 

Anne de Lalaing, fille de Charles P^ (1525), baron d'Escornaix, etc., et de 
Jacqueline de Luxembourg, fille de Jacques et de Marie de Ville, a été reçue le 
14 juillet 1515, à l'âge de 6 ans 10 mois 14 jours. Elle épousa Evrard, baron de 
Palant, s'" de Culembourg, et mourut en 1602, âgée de 95 ans (Renseignements 
G. Decamps). 

D. — Le dossier de M.-Aloyse-Car., comtesse des Fours (2""^ intendit), donne 
la descendance suivante : Jean (comte) d'Egmond, épouse Françoise de Luxem- 
bourg, dont : Lamoral, c^^d'E., ép. Sabine de Bavière, dont : Léonore d'E., 
ép. Georges de Hornes, dont : Lamoral, c^'' de H., ép. Julienne de Mérode, dont : 
Philippe-Lamoral, c'" de H., ép. Dorothée, princesse d'Aremberg-d'Arschot, 
dont : M. -Marguerite de Hornes, chanoinesse à Mons, ép. le Prince de Longue- 
val (n° 13). 

La liste manuscrite de M. Gonz. Decamps donne sur cette alliance Egmond- 
Luxembourg les renseignements suivants : 

Marie-Chrétieime d'Egmond, fille de feu Lamoral, comte d'E., et de dame 
Sabine, palatine, duchesse de Bavière, nommée par mandement daté de Bru- 
xelles le 21 avril 1571, fut reçue avec les quartiers : Egmond, Bernenbourg, 
Luxembourg, Bruge. — Bavière, Nassau, Bade, Catzenillem. Elle épousa 
1") Oudard de Bournonville ; 2*> G'"" de Lalaing, c'« d'Hoogstraeten, et mourut 
en 1622. 

Alberte d'Egmond, fille de Charles, comte d'E., et de Marie de Lens, dite 



- éê - 

d'Aix, baronne des deux Subignies, nommée par mandement daté de Mariemont 
le 7 juin 1609, fut reçue le 21 juin 1609 à l'âge de 13 ans, avec les quartiers : 
Egmond, Bavière, Luxembourg, Bade. — Lens, Douvrain, Ilabart, Ghistelles. 
Elle épousa René ou René-Jean de Renesse, comte de Warfusée. 

E. — Marguerite de Luxembourg, fille de Jacques de Luxembourg, sgr. de 
Fiennes, et de Marie de Ville (= Marie de Berlaymont, fille de Gérard, s"" de 
Vielle), est reçue le 22 avril 1481 (n. st.) à l'âge de 2 1/2 ans, par mandem. de 
Gand, du r*" mars 1481 (n. st.), en remplacement d'Isab. de Boussut, mariée à 
M. de Wedegrade. Elle est morte écolière le 16 août 1492. (Renseign. 
G. Decamps). 

F. — Le dossier Lenoncourt-Lambertie (n» 24) fournit les renseignements 
suivants : 

L Jean de Savigny (le même probablement que le Jean de Savigny, chevalier, 
sgr. de Leymont, do Rosne et de Ghardogne, nommé grand écuyer de Lorraine 
le le'' juillet 1511 (0 et gouverneur de Bar le 20 avril 1526), épousa Claude 
de Luxembourg. Celle-ci fournit un dénombrement, le 12 avril 1548, comme 
veuve, à la chambre des comptes de Bar, pour les terres de Vavincourt et 
Samey (Saincy ?). Dont : 

IL Warin de Savigny, chevalier, sgr. de Leymont, bailly de Glermont, fils 
aîné, qui épousa Manne du Châtelet, qui fait son testament, comme veuve, le 
10 juillet 1573. Dont : 

m. Warin de Savigny, sgr. de Leymont, conseiller d'Etat de S. A. R., bailli 
et gouverneur de Bar par lettres pat. accordées par Charles III, duc de Lor- 
raine, le 14 juin 1596 ; fils unique. Il épousa Antoinette de Florainville, qui lait 
une fondation, pour elle et pour son mari, le 17 sept. 1619. Dont : 

IV. François de Savigny, baron de Leymont, conseiller d'Elat de S. A. R. le 
duc de Lorraine, bailli et gouverneur de Glermont en Argonne, par patentes 
déUvrées par Charles IV le 6 oct. 1632, lieutenant de maréchal de camp en ses 
armées, qui épousa Madeleine de Braubacq, dame de D'IUing, etc., dont : 

V. Antoinette de Savigny, bapt. en 1617 ; ép. par contrat du 12 déc. 1636 
François de Lenoncourt (cf. Lenoncourt et Lambertie). 

G. — Un de Luxembourg, sgr. d'Hollogne aux Pierres, signe avec 
d'autres nobles l'acte d'admission à l'Etat noble de Liège de Jean-Isidore de 
Moitrey le 29 juillet 1650. (Intendit Moitrey, n" 30). 

V. Houfîalize. 

DE Manderscheid. — yl . — En 1780 fut reçue au chapitre de Ste-Waudru 
Louise-Henriette-Françoise-Sophie-Marie, comtesse de Manderscheid, Blanken- 
heim et Gerolstein, avec les huit quartiers paternels : Manderscheid, Manderscheid, 
Erbach, Hohenlohe, Kœnigsegg, HohenzoUern, Scherâenberg, Harrach (dossier 
26). Avant elle, en 1729, en 1768 et en 1777, avaient été reçues, en présentant ce 
quartier, des dames des familles de Salm (v. Salm), de Sternberg et de Salm- 

5 



— 66 — 

Reifïerscheid (v. Salm-Reifferscheid). Les inlendits produits lors de ces admis- 
sions (v. dossiers 40, 41, 51 et 100) donnent les renseignements suivants sur les 
Manderscheid : 

I. Arnould, comle de Manderscheid-Blankenlieim, épousa Marguerite, com- 
tesse de Wied, dont : 

II. Ariiûuld, comte de M.-Bl., qui fait un relief de fief le 5 juin 1609 devant 
Ernest, archevêque de Cologne. Il épousa Jeanne-Marie-Ursule, comtesse de 
Leiningen-Westerburg, qui fait le 16 février 1615 un relief, comme bail et garde 
noble de son fils, qui suit : 

III. Jean -Arnould, comte de M.-BL, baron de Junckerath, sgr. de Daun et 
d'Erp, qui épousa Antoinette- Elisabeth, comtesse de Manderscheid-Blanckenheim 
[et Gerolstein], dont : 

IV. Salentin-Ernest, comte de M.-BL, baron de Junckerath, sgr. à Daun et 
Erp, maréchal héréditaire de l'archevêché de Cologne, qui fit rehef du comté de 
Manderscheid le 13 nov. 1665 par la mort de son père. Il se maria deux fois : 
une fois (la première) avec Ernestine, comtesse de Sayn, dont une fille, Anne- 
Louise. Son autre femme (la seconde) fut Christine-Elisabeth, comtesse 
d'Erbach, dame de Breuberg, fille de Georges- Albert et d'Elisabeth-Dorothée, 
comtesse de Hohenlohe, dont il eut François-Georges et Claire-Félicité (v. plus 
loin, sub E). 

1° Anne-Louise, épousa Maurice-Henri, prince de Nassau -Hadamar : ces 
époux étaient les grands-parents maternels de Dorothée -Françoise-Agnès, prin- 
cesse de Salm (v. Salm) (Dossier 40). 

2^ François-Georges, qui suit. 

3° Glaire-Félicité, épousa Albert, comte de Kœnigsegg et Rottenfels, baron de 
Cronenburg, sgr. d'Aulendorf et Stauflfen, fils de Léopold-Guillaume et de Maric- 
Polixène, comtesse et dame de ScharfFenberg et Spielberg, dont : Eléonore, 
épouse de François-Ernest Truchsess héréditaire du St-Empire, etc., dont une 
petile-fille, comtesse de Salm -Reifïerscheid, fut reçue au chapitre de Mons en 
1777 (v. Salm-Reifïérscheid, D ; dossiers 41 et 100). 

V. François-Georges, comte de M.-Bl. et Gerolstein (1), épousa Jeanne- 
Madeleine, comtesse de Kœnigsegg et Rottenfels, fille de Léopold-Guillaume (fils 
de Hugo, comle de K., et de Marie-Renée, comtesse de HohenzoUern) et de 
Marie-Polixène, comtesse et dame de ScherfTenberg (fille de Jean-Guill,, sgr. de 
Scherfïenberg, et de Maximilicnne, comtesse de Harrach), dont : 

VI. Jean-Guillaume, comte de M.-Bl. et G. (2), qui a dû se marier deux fois : 



il) En mars 1722, Franc-fH'orges. comte de M.-F!l. el (1., conseiller privé de S.-M.-I.-U., grand-gou- 
verneur de l'électeur du Palatinat, chevalier de l'ordre de .St-Hubert, donne, avec d'auti'es, une aU('slati(jii 
relative à la noblesse de Marie-Anne, comtes?e île Hohenlohe (dossier ]S). 

(2) Le 22 nov. 1709, à Colosçne, .1 -Ciuill., comte de .M.-I!l. et G., baron à.luiickeralh, JinlleiidoiiT, Alerl'eld, 
Kronenburg, Reltingen, Heistaw el Schiiller, etc., alleste avec d'autres la carte armoriée des Hi i|iiai tiei-s 
de .Marie-Ttérése, condtsse de Sahii-lieill'erscheid fdossie)'41 : v. Salm-R.). 



— 67 — 

la première, avec Jeanne-Françoise, comtesse de r.imbiirg, Bronckhorsl et 
Styrum, fille de Ghrétien-Ottion et de Garoline-Julienne-Sophie, princesse de 
Hohenlohe-Schillingsfurst, dont il eut une fille. En secondes noces, il épousa 
Louise-Françoise, princesse de Salm-Salm (v. Salm-Rheingraf, A), dont, entre 
autres, une fille. 

l** Du premier lit : Louise-IIenrielte-Françoise-Sophie-Marie, comtesse de 
M.-Bl. et G., présenta ses preuves au chapitre de Ste-Waudru en 1780 
(dossier 26). 

2" Du second lit : Auguste-Dorothée-Léopoldine-Félicité-Walburge, comtesse 
de M.-Bl., bapt. en l'église St-Géréon à Cologne le 28 janvier 1744 ; parrain : 
Léopold, prince de Salm, représenté par Joseph, comte de Manderscheid ; 
marraines : Augusta, Electrice palatine, et Dorothée, princesse de Salm, repré- 
sentées par Marie-Jeanne, comtesse de M.-Bl. Elle épousa François-Chrétien, 
comte de Sternberg, conseiller intime de S. M. I., etc., fils de François-Philippe 
et de Marie-Léopoldine, comtesse de Starhemberg (Cf. Loewenstein), dont : 
Marie-Auguste, comtesse de Sternberg, bapt. à Prague le 20 nov. 1768, aspirante 
à Ste-Waudru en octobre 1784 (dossier 51), reçue le i^'' févr. 1786 (rens. 
G. Decamps). 

B. — Le9 avril 1639, au château de Bellœil. — Albert-Henri, prince de Ligne, 
d'Ambhze et du St-Empire, marquis de Roubais et de Ville, etc., déclare con- 
naître les quartiers de Françoise-Conrardine de Gavre, fille de Pierre-Ernest, 
comte de Frezin, et d'Elisab.-Cath., comtesse de La Marck. 11 atteste spéciale- 
ment que les quartiers de Manderscheidt et Waldeck sont « très-nobles et très- 
illustres, et de temps immémorial ont esté receuz et admis sans contredit es 
nobles collèges de Cologne, Thoren, Essen et autres lieux d'Allemagne » ; il ajoute 
que « Dame Erica, comtesse de Waldeck, fille légitime de Messire Philippes, 
comte de Waldeck, et de dame Aldelheyda, comtesse de Oye (alias Hoye), fut 
espouse légitime de Messire Théodore, comte de Manderscheidt, père et mère de 
dame Catherine, née c^'sse de Manderscheidt, qui s'allia avec Messire Philippes, 
comte dé La Marck, père et mère de la dite Elis.-Cath., c^^sse ^q La Marck «. 
Des attestations analogues ont été délivrées à Bruxelles, le 8 avril 1639, par 
Claude de Lannoy, comte de Lamottry, etc., et à Marchiennes-au-Pont, le 11 avril 
1639, par Guillaume de Hamal, comte du St-Empire de RomeetdeGomminigny, 
etc. ; ce dernier ajoute savoir que « mesmes pour le jourd'huy y at encor deux 
comtes de Manderscheidt, Dom Heers (= Dom Herr) et chanoisne audit chapitre 
de Coulongne ». (Originaux, sur parch., avec sceaux ; carton d'attestations). 

De Théodore, comte de Manderscheid (Manderscheid-Virneburg), et d'Erica, 
comtesse de Waldeck, descendaient également trois demoiselles d'Arberg, qui 
furent reçues au chapitre de Mons et à celui de Ste-Gertrude à Nivelles, ainsi 
que le montre la filiation suivante (dossiers 4 et 97) : 

l. Théodore, comte de M., ép. Erica, comtesse de Waldeck, dont : 



— 68 — 

ÎI. Catherine de M., Bl., Vernembourg, ép. Philippe, comte de la Marck et 
de Schleyden, baron de Lumay, Kerpen et Seraing (1), dont : 

III. Elisabeth-Catherine de la Marck, épouse de Pierre-Ernest de Gavre, 
comte de Frezin, etc., dont : 

IV. Olympe-Thérèse-Marg.-Hipp. de Gavre, dame et baronne d'Elsloo, ép. Nico- 
las, comte d'Arberg, Vallangin et du St-Empire, sgr. de Mandeurre, etc., dont : 

1° Albert-Joseph qui suit ; 

2° Olympe-Thérèse, reçue au chapitre de Ste-Waudru le 13 avril 1677, 
avec les quartiers : Valenghien, Dordenet, Brion, Chasteler. — Gavre, 
Renty, La Marck, Manderschet (renseign, Gonz. Decamps). 

V. Albert-Joseph, comte d'Arberg, Vallangin et du St-Empire, ép. d'Elisabeth- 
Félicité, baronne de Corlenbach d'Helmont, dont : 

VI. Maximilien-Nicolas, comte d'A., de V. et du St-Empire, époux d'Henriette, 
comtesse Duhan de Martigny, dont : 

1° Marie-Honorine-Claudine-Henriette, bapt. à St-Jean l'Evangéliste de 
Nivelles le 16 mai 1742. 

2° Antoinelte-Françoise-Calh.-Iolende ; les deux sœurs furent reçues au 
chapitre de Ste-Gertrude à Nivelles. 

C. — Le quartier de Manderscheid fut encore invoqué dans l'intendit de 
Marie-Thérèse de Furslenberg, où nous voyons la filiation suivante : 

I. Floris, comte de Culenburg, épousa Elisabeth, comtesse de Manderscheidt 
(M.-Virneburg), dont : 

II. Elisabeth, comtesse de G., ép. de Charles, comte de Hohenzolleren-Sigma- 
ringen et Vohringen, fils de Charles et d'Anne-Marie, marquise de Bade, dont : 

III. Marie, comtesse de H., épousa un duc d'Arenberg et d'Arschot, dont : 

IV. Marie-Thérèse, duchesse d'Ar. et d'A., épouse de François-Christophe, 
comte de Furstenberg, Heihgenberg et Werdenberg, landgrave de Bahr et 
Slielingen, dont : Marie-Thérèse, comtesse de F., produisante (dossier 86). 

D. — Le même quartier figure également dans l'ascendance de deux chanoi- 
nesses de la famille de Kaunitz : 

I. Ferdinand-Maximilien, comte d'Ostfrise et de Rietberg, épouse Jeannette- 
Françoise de Manderscheid-Blankenheim, dont : 

II. Marie-Ernestine-Françoise, comtesse d'O. etdeR.,ép. Maximilien-Ulric, 
comte du St-Empire, de Kaunitz et Rietberg, dont : 



(l) Remarquons, à w. pro))()s, que par acte donné à Seraing, le 1.3 février 161.3, Ernest, comte de la 
Marcl<, Manderscheidt, Ijaron de I.innay et Seraing le C.hasteau, sgr. de Scheleyden, Kerpen, Cronembourg, 
SalTemljourgh, Houljeiiin, Oulingny, Grand-Lez et Nil-St-Martin, atteste, en laveur d'Alexandiine de Per- 
claes, que deux de ses quartiers, les maisons de Schii-sledl (,'t d(! GersdorfT, sont d'ancienne noblesse mili- 
taire. (Orig., sur parch., signé : Ernest, comte <lc la Marck et Manderscheidt ; sceau tombé. Carton 
d'attestations). 



— 69 — 

III. Wencoslas-Antoine-Marie-Blaise, prince du SL-Empirc, de Kaunitz et 
Rietberg, ép. Marie-Ernesl. -Franc., comtesse du St-Empire et de Slahremberg, 
fille de Franc. -WoKg.-Ant., comte du St-Empire et sgr. de Stahremberg (fils de 
Thomas-Gondacre et de Marie-Françoise-Béatrix, comtesse du St-Empire et de 
Daun) et de Marie-Ant. -Thérèse, comtesse du St-E]mpire et de Stahremberg, 
dont : 

IV. Dominique-Andrô-Jos. -Franc. -Xav., comte du St-Empire, de Kaunitz, 
Rietberg et Qucstemborg, né à Vienne le 30 mars 1740, ép. Bernardine, comtesse 
du St-Empire, de Plettomberg et Wittem, fille de Franc. -Jos. -Marie et de 
Aloysie-Rosine-Gécile-Louise- Franc., comtesse du St-Empire et de Lamberg, 
petilc-fiUe de Ferdinand, comte du St-Empire de Flettemberg et Wittem (fils de 
Jean-Adolphe, baron du St-Empire et de Plettcmbcrg, et de Marie-Françoise- 
Thérèse, baronne Wolf de Metternich-Gracht), et de Bernardine-Alexandrine, 
baronne de Weslerhold-Lombeck ; dont : 

1.) Marie-Thér.-Ant.-Aloysie-Bern.-Jos., née à Vienne le 8 février 1763 ; pré- 
senta ses preuves à Mons le 19 nov. 1778 ; chanoinesse de Ste-Waudru en sept. 
1781. 

2.) Marie-Ant. -Guillelm. -Sus., née à Vienne le il août 1765 ; présente ses 
preuves en sept. 1781 (dossiers 22 et 23). 

E. — Salentin-Ernest, comte de M.-BL, et Christine-Elisabeth, comtesse 
d'Erbach, son épouse, figurent comme quatrièmes tris-aïeux maternels dans la 
carte produite au chapitre impérial et royal Thérésien de dames, à Prague, par 
la comtesse Marie-Anne Palffy d'Erdôd (attestation délivrée le 1^"" avril 1783 par 
P. Hebenstreit de Streittcnfeld, archiviste juré de ce chapitre ; dossier 51). 

F. — Le 10 juillet 1780, une comtesse Henriette de M.-Bl. a été admise à la 
possession d'une prébende au chapitre d'Essen (dossier 51). 

Le dossier 51 renferme, comme preuves, les 9 actes suivants : 

NM. — A Blankenheim, le 9 avril 1687. Extraits du testament de Christine- 
Elisabeth, c*'^'^^'' de Manderscheid, née c^^sse d'Erbach. 

Elle laisse, entre autres, à son fils François-Georges, la paire de bracelets de 
diamants (ein paar diamanten b7^aceleten, jegliches von fûnfjzehen fasset 
diamanten) que feu le duc d'Eisenach lui a donnée au baptême dudit François- 
Georges. Par codicille daté de Blankenheim le 19 avril 1691, elle lui laisse de 
plus, « le grand miroir et le cantor d'écaillé de tourtue, que le pais et la vallée de 
Blankenheim m'a présenté à mon avènement, afin (ju'il le garde pour soi, ou 
qu'il en fasse présent à son épouse, s'il ?e marie » (den (j/rossen spîegell und das 
schildkraten cantor, loelches mir dass landt undtder Thall Blankenheim 
bey meiner heimfûhrung alhier verehrt hatt). 

Copie collationnée, d'après l'original reposant dans les archives comtales, 
signée C. Heintzen, landschulteis, et G. -P. Merkel, land-und gerichts- 
schreiber, et scellée du sceau de la justice, délivrée à Blankenheim le 4 oct. 
1783. 



— 70 — 

Ce sceau, plaqué, représente, dans un champ ovale un cavalier (S* Georges?) 
terrassant un dragon, avec la légende : LandachulUieisseti amhts sieget zu 
Blanhenhcim und Juncherath. 

N" 2, — Blankonheim, le 30 nov. 1694. Salentin-Ernest, comte de Mander- 
scheid et Blankenheim, baron de Junckeralh, sgr. de Dhaun et Erp, grand- 
niailre héréditaire de l'archevêché de Cologne, fait savoir qu'arrivé à la 64® 
année de son âge, il cède la régence de son comté de Blankenheim à- son fils 
aine François-Georges, comte, baron et sgr. des mêmes lieux, chambellan de 
S. M. I. et R., ne se réservant, pour le restant de sa vie, que le château et la 
sgr'^'de Junkerath, avec les villages de Gladt, Wiesbaum et Gunnerstorf et les 
censés de Sengerstorf et Leutheratli (en allemand ; extrait). 

N'' 3. — Junckerath le V février 1698. — Contrat de mariage (en allemand), 
entre François-Georges, c^*' de Mandei'scheidt, Blanckenheim et Gerholstein, 
baron de Jiinkerath, sgr. de Bettingen, Dhaun et Erpp, grand-maitre hérédi- 
taire de larchevêché de Cologne, chambellan de S. M. I. et R., etc., du con- 
sentement de Salentin-Ernest, c"^'^' de M. et BL, baron de Junkerath, sgr. de 
Dhaun et Erpp, grand-maitre héréditaire de l'archevôché de Cologne, et assisté 
d'Arnould-Maurice-Guill., comte de Benthem, Tecklenbourg, Steinfurt, etc., 
beau-frêre du fiancé, de Jean-Maurice-Gust. et Jean-Frédéric, comtes de M. et 
Bl., barons de Junkerath, sgrs. de Daun et Erp, chanoine et doyen respectifs 
des chapitres de Cologne et Strasbourg, ses frères. 

Et Jeanne, comtesse de Kœnigsegg et Rotenfels, demoiselle d'Aulendorff et 
Staufen, etc., assistée, entre autres, de Marie-Gath , c'''^^*' douairière de Mandor- 
scheidt, Ruttig et Gerolstein, dame de Cronenbourg, Bettingen et Dhaun, née 
ctess.' (jg Kœnigsegg et Rottenfels, dame d'Aulendorflf et Stauién, etc., sa tante, 
et d'Albert-Eusèbe, c*'' de Kœnigsegg, Rotenfels et Ruttig, sgr de Cronenboui'g, 
etc., son frère. 

Extrait coUationné d'après l'original, conservé dans les archives des comtes 
de Manderscheid, par Th. -H. Ileimsoeth, conseiller de régence et archiviste des 
comtes de Manderscheid-Sternberg, et J. Engel, secrétaire de la régence des 
mêmes comtes. 

Ils y apposent un cachet aux écus accolés de Sternberg et de Mandei'scheid, 
sous un manteau, avec la légende : Grafl. Sternberg Manderscheid Blanch 
Gerol Regierungs Insiegel. 

N" 4. — Le 15 février 1708, baptême en la collégiale de Dusseldorf de Jean- 
Guill. -François, fils de Franc. -Georges, comte du S' Empire de Manderscheidt, 
Blanckenheim et Gerrenstein, et de Jeanne, c^''^''^du S^ Empire de Kœnigs-Egg. 
Parrains : J. -Guillaume, Electeur, J. -Maurice-Gustave, c'''de Manderscheidt, 
et J. -Frédéric, comte de Manderscheidt ; marraines : M.-Calh., c'^'^^'' de Konigs- 
Egg, et Madeleine, c^c^'^^de Kerberg, née c^*^^^*^ de Manderscheidt. 

N° 5. — A Schwetzingen, le 7 octobre 1725. Extrait du testament de Georges- 



— 7t — 

François, c'*' do Maiidersclieid-Bl. ol Gor. — Son fils aino le conile J. -Guillaume 
« aura, possédei'a, jouira et administrera exclusivetnent et seul tous les comtés 
et s''''« du testateur, ainsi que les biens meubles et immeubles, joyaux et effets, 
tels qu'ils sont annotés et dénommés au § 17 de la Convention héréditaire. . .». 

Copie d'après l'original (reposant aux Archives comtales de ISlanderscheid), 
attestée et coUationnée par les justicier {Ober-Schulthess) et échevins de la 
justice supi'ème à Blanckenheim. Ils y font apposer, en conséquence, leur sceau 
ordinaire de justice et la signature du greffier, Blanckenheim, le 22 nov. 1784; 
signé : Clemens P. Mecliel. Ce sceau, plaqué, semblant dater du 15® siècle, 
représente une dame et un chevalier tenant un écu au lion, à un lambel à 5 
pendants brochant. Légende : S. Scabinor i Blanhenhem. 

N" 6. — Au château d'Anholt, le 13 nov. 1742. — Extrait du contrat de 
mariage de Jean-Guill., comte de M.-Bl. et Gerolstein, baron de Junckerath, 
Dollendorf et Cronenburg, sgr. de Merfeld, Bettingen, Dhaun et Erpp, etc., 
grand maître héréditaire de l'archevêché de Cologne, général-major au service 
de S. A. El. Palatine, colonel d'un régiment de dragons, chevalier de l'ordre de 
St-IIubert, avec S. A. la princesse Louise-Françoise de Salm, duchesse d'Hoog- 
straeten, Wildgrave de Dhaun et Kyrbourg, Rhingrave de Stein, dame de 
Vinstingen et Anholdt, du su et consentement de son père Nicolas-Léopold, 
prince de Salm, duc d'Hoogstraten, Wildgrave, Rhingrave et sgr. des dits lieux, 
chevalier de la Toison d'or, conseiller intime actuel de S. M. R. de Hongrie et 
de Bohème et son général feld-maréchal-iieutenant, général-major des troupes 
du Cercle du Haut Rhin, colonel et propriétaire d'un régiment d'infanterie au 
service de Sa susdite M. R., etc., et de sa mère, la princesse Dorothée-Françoise- 
Agnès, princesse, duchesse, Wildgrave, Rhingrave et dame des dits lieux ; ainsi 
que de la mère du fiancé, Jeanne, née c^'^^^^ de Kœnigsegg-Rothenfeldt, etc., 
douairière de Franc. -Georges, c*^ de M.-B). et Gér. 

Fait en présence des « nobles parents des deux côtés « et signé : Nicolas-Léo- 
pold, prince de Salm ; Dorothée, princesse de Salm ; Louise, princesse de Salm ; 
Christine, Landgrave de Hesse, née princesse de Salm ; Guillaume, prince de 
Salm. — J. G., c*® de Manderscheid ; Jeannette, c'es^e (je m., chanoinesse de 
Thorn ; M.-Josèphe, c^esse de Kœnigsegg-Rolhenfels, doyenne d'Elten et chanoi- 
nesse de Thorn ; Joseph, c'*^ de M.-Bl ; Clément, c^'' de M.-Bl. — J. -Franc. Mahler, 
J.-N. de Tiège, C.-M. Koch, testes. Extrait d'après l'original allemand. 

N" 7. — Le 4 février 1749, à Cologne. — Extrait du testament de Jeanne, 
comtesse douairière de Manderscheid-Blanckenheim et Gerolstein, née comtesse 
de Kœnigsegg-Rottenfels. Elle nomme pour son héritier universel son cher fils 
Jean-Guill., c*® deM.-Bl. et G. (Copie d'après l'orig., aux Arch. de Blanckenheim). 

N° 8. — Le 18 juin 1749, au château d'Anhold. — Extraits du testament de 
Dorothée-Françoise-Agnès, princesse de Salm-Salm, duchesse de Hoogstraten, 
Wildgrave de Dhaun et Kyrbourg, Rhingrave de Stein, dame de Vinstingen et 
Anhold, née princesse de Salm. Elle y cite les princes, ses fils : Maximilien- 



— 72 — 

Frédéric, Charles-Alexandre, Eiumanuel-Niculas-Léopold, François-Joseph et 
Guillaume-Florentin, et les princesses, ses filles, Gabrielle-Marie, Marie-Christine, 
Marie-Elisabeth, Françoise-Augusle-Sophie, Marie-Joséphine et Marie-Anne, 
ainsi que sa fille la princesse (sic; de Manderscheid (plus loin : sa fille Louise de 
Manderscheid-Blanckenheim). Copie, d'après l'original, reposant aux archives 
de Manderscheid. 

N° 9. — 22 septembre 1762, à Blanckenheim. — Contrat de mariage entre 
Chrétien-Philippe, c**" de Sternberg, chambellan actuel de LL. MM. II et RR., 
etc., et Auguste comtesse de Manderscheid-Blanckenheim et Gerolstein, etc., 
baronne de Jiinckerath, DoUendorfï, Cronenbourg, Merfeld, Salm et Luxem, 
dame de Kayll, Dhaun, Erpp, Neuenbourg et Bettingen, etc., du consentement 
de Jean-Guill. comte de Manderscheid-Blanckenheim et Gerolstein, baron et 
sgr. desdits lieux, grand-maitre héréditaire de l'archevêché de Cologne, grand 
commandeur de l'ordre de S^ Hubert et lieutenant général de cavalerie de 
S. A. E. Palatine, et de Louise-Françoise princesse de Salm-Salm, duchesse de 
Hoogstraten, Wildgrave de Daun et Kyrbourg, Rhingrave de Stein, dame de 
Vinstingen et Anholt, ses père et mère. (Copie d'après l'orig., aux Archives des 
comtes de Manderscheid.) 

V. Houffalize (II, a), Salm-Reifltérscheid (C). 

DE Mansfeld : V. Aspremont, Salm (Rheingraf, A). 

(de) Marchant : v. Baillct. 

DE Marches. — Le 13 novembre 1790 fut admise comme chanoinesse Agathe- 
Charlotte-Barbe-Françoise-Joséphine, baronne de la Barre, en remplacement de 
Marie-Cressence-Sabinede Salm-Reifïerscheid(Renseign. G, Decamps). Elleavait, 
pour ce, présenté, entre autres quartiers, ceux des familles de Marches, de Vaucle- 
roy, de Betlenhoven, de Cobréville, de Lutzerat. Née à Luxembourg le 3 octobre 
1776 à 11 h. du matin et bai)tisée le lendemain par J.-B. Hachez (« ord. praed., 
legionis Seren. Prin. de Ligne missionarius caslrensis «), elle était fille de Sébas- 
tien-Charles-Joseph, baron de la Barre et Dumaisnil, capitaine du régiment du 
Prince de I,igne (1), et de Barbe-Françoise, née baronne de Marches (2), et 
avait eu pour parrains: J. -Henri-Joseph, baron de Marches et de Girsch, 
demeurant à Girsch, et Agathe-Charlotte, baronne de Marches, née comtesse 
du Han de Martigny (3). 



(1) Sébaslien-Ch.-Jos., fils de Chark's-Joseph, baron ci'.' la Barre, agr. du Maisiiil, IJalin^he, etc., et de 
Polixène-August.-Jos. de Croix de Clerfayt, avait été baptisé à Mons le 7 janvier 1753 ; le 25 seiitembre 
1786, alors qu'il était « ancien capitaine d'infanterie au service de S. M. I.et R. et gentilhomme de la cham- 
bre de la noblesse des Etats du Luxcmbouig f, il fut leçu chevalier de l'ordre militaire de St-Etienne 
de Toscane. 

(2) Elle fut créée dame de l'Ordre impérial de la Croix Eloilée j)ar luitente du 14 septembre 17S4, après 
avoir exhibé les preuves des filiation et noblesse de ses seize qua^liei's. 

{'.i) L'admission de la har-nne de la l?arre. qui avait été nommée pai' les Etats de Hainniil. ne fut pas 
reconnue jiar l'empereur Joseph II, 



— 73 — 

Pour prouver sa descendance des familles luxembourgeoises citées plus haut 
elle produisit les actes suivants, en originaux ou en copies authentiques (dossier 
n° 25) : 

A. — Certificat donné le 9 mars 1738 en l'hôtel do ville de Nérac, par les 
consuls, gouverneurs, grands-voyers et juge de police de la ville et juridiction 
de Nérac. 

I. Bertrand de Marches, chevalier, ép. Susanne de Lestrade, dont un fils unique: 

II. Enguerand do Alaiches, chevalier, l'ait son testament en 1528 ; ép. Marie 
de Rostaing, noble, dont : 

III. Philippe de Marches, noble, ép. noble Marguerite de Gramond, dont : 

IV. George de Marches, noble, épousa noble Marie Débats de Lille, dont : 

V. Théodoze de Marches, sgr. dudit lieu, écuyer, colonel de cavalerie ; fait 
son testament le 11 juillet 1602 en la maison de la Saigne, paroisse de Vialer, 
par devant le notaire royal Delestrade, de Moncrabeau ; ép. noble d''"® Anne de 
Lissalde, dont : 

VI. Jacques de Marches, sgr. de la Saigne, capitaine d'une compagnie de cent 
hommes d'armes ou gens de pied, mort avant 1654, ép. par contrat passé le 28 
février 1602, à D'Acqs en Armagnac, diocèse d'Aux, pardevant Gérard Lestrade, 
notaire, à Moncrabeau, noble dame Jeanne-Marie Le Doulx de Maignan, dudit 
Dacqs, fille légitime et naturelle de Charles Le Doux de Maignan, sieur de Cail- 
laubers, et de d^""- Marguerite de la Barthe, morte avant 1654, dont : 

VII. Jean de Marches, écuyer, sieur de Celerié, capitaine de cavaler'ie au 
régiment de iMerinville (1654), ép. par contrat du 18 juin 1654 passé devant le 
notaire Noguès, dans la maison appelle a Superiory, paroisse de St-Ciricy, séné- 
chaussée de Nérac, — en présence de ses frères Louis de Marches, écuyer, sieur 
de Cousires, mestre de camp de cavalerie, et Charles de Marches, capitaine d'in- 
fanterie, habitants dans sa maison de la Saigne, juridiction de Moncrabeau, — 
Catherine de Superiory, fille de feu Etienne, sgr. dudit lieu, et de feu Susanne 
de Sarran, petite fille de Jean de Superiory, écuyer, aussi sgr. dudit lieu, et 
d'Anne de Ludès, et de Pierre de Sarran, écuyer, capitaine de cavalerie, et de 
Marie de Sortelle. 

B. — Armes et inscription se trouvant « sur une tombe de pierre grise repo- 
sante dans l'église des nobles dames du prieuré de Mariendal vers le côté 
gauche «. 

Armes : Ecu : d'argent à la fasce d'azur, chargée de deux étoiles de six rais 
d'or, accompagnée en chef de 2 épis tiges et feuilles, rangés en fasce et posés en 
barre, et en pointe d'un oiseau (merlette ?). Casque, avec bourrelet (d'azur et 
d'argent) et lambrequins (d'azur et d'argent). Cimier : l'oiseau (merlette?) de 
l'écu. 



— 74 — 

Inscription : 

Icy ?'eposeni les corps de 

noble cl honoré Hierosmc 

De Heltenlioven, en son viv 

mit chevalier, qui trépassa 

Le X 7^'-'-' 1602 

Et de noble et honorée Da 

moisielle Margueritte de Brand 

scheid, sa chiere espouse, qui 

ti-'cpassa le I2œ^''<' 1002 

Requiescant in pace. 

(Allestation des notaires J.-I\ Schmit cl J. Henry, 1786). 

C. — Le 15 mai 1604, à Virton. Contrat de mariage de Jean de Bettenhuven, 
écuyer, fils de feu Hiérome, chevalier, et de Marguerite de Bi'andscheid, et 
Marie De Meuler, fille do Jacques De Meuler et de Marie de Zanne, assistés de 
leurs proches parents et amis soussignés. Ont signé : Jean de Bettenhoven, 
Marie de Meuler, Altvieser, F. Bignau, J. Demeuler, M. De Zanne, avec apposi- 
tion de 2 sceaux armoyés sur cire verte. 

D. — Le 16. janvier 1634, à Arlon. Contrat de mariage passé entre François 
de Bettenhoven, écuyer, fils de Jean Debettenhoven, écuyer, et de Marie de 
Meuler, et Anne de Lutzerat, fille de Jean Zwirtz (Wirtz ?) de Lutzerat, 
écuyer, prévôt de la ville et prévôté d'Arlon, et de Marie de Warck, assistés de 
leurs plus proches parents et amis soussignés. Ont signé à l'original : François 
de Bettenhoven, Anne de Lutzerat, avec apposition de 2 cachets armoyés, 
J. de Meuler à Brontheim, J. de Lutzerat, Marie de Wark, tous avec apposition 
de leurs cachets. 

E. — Lois décembre 1661, au château de Bertrange. Contrat de mariage 
passé entre Hiérosm.e-Alexandre de Vaucleroy dit de Virmel, appelé plus loin 
dans le corps de l'acte Le S'' de Virmel, fils de feu Hierosme de Vaucleroy, sgr. 
de La Ville au Bois et gouverneur du Château-Portien, et de Marguerite de 
Gobreville, dame de Girsch, et Marie-Cécile de Bettenhoven, fille de François, 
écuyer, sgr. de Schockweillei*, demeurant audit château de Bertrange-lez- 
Luxembourg, et d'Anne de Lutzerat, assistés tous deux des parents et amis 
soussignés. Ont signé : « Hiérosme-Alexandre de Vaucleroys, Marie-Cécile de 
Bettenhoven, Vr. Bettenhoven, G. De Warck, Anne de Luxzerat, J.-P. Ivlain, 
Pierre Hachrpiart, J.-B. Somders, Dominicus Molitoris, pastor in Bertring ». 
Avec six cachets en cire vermeille. 

F. — Le 24 décembre 1697, à Ai'lon. Contrat de mariage de Jean Cellerier de 
Marches, chevalier, sgr. de Cellerier, capitaine de dragons au régiment de 
Wartigny, fils de feu Jean Démarches, chevalier, et de Catherine de Superiori, 
sgr. et dame de Cellerier, de la Saigne et autres lieux, avec Anne-Claire de 
Vaucleroy, fille de feu Hiérosme-Alexandre de Vaucleroy de Virmel, chevalier, 



— 75 — 

sgr. de Guiersch, Gobi'ovillc, Lavaux et autres lieux, cl de Marie-Cécile de 
Bellenhoven. Le futur est assisté de M. de Jeanquet, lieutenant de cavalerie au 
réginnent de Grignan, son cousin ; la future est assistée de sa mère, d'Anne de 
Lutzerat, veuve de François de Bettenhoven, écuyer, sgr. de Bertrange, sa 
mère-grande, de Gharles-Albei't de Betlenlioven, écuyer, sgr. de Bertrange, 
Scliockweiller et autres lieux, receveur des domaines du Boyau marquisat d'Ar- 
lon, et de Ma rie -Ceci le Veyder, son épouse, ses oncle et tante, de Marie- 
Jeanne de Bettenhoven, sa tante, et de Gertrude de Bettenhoven, sa cousine 

La future apportera en communauté la jouissance de sa part des terres et 
s''''s de Giersch, Cobrevillc, Atlhus, Lavaux et de tous les biens lui échus par 
le décès dudit feu sgr. de Vauclei'oy, son père, après que l'usufruit qui en appar- 
tient à ladite dame sa mère sera éteint. .... 

Ladite dame sa mère lui fournira une somme de 21000 livres pour dotte, qui 
lui tiendront nature de bien fond, scavuir 15000 1. en deniers et pour les 6000 
restant, lui abandonnera la part qui lui appartient en la s' ''de Gobréville, haute, 
moyenne et basse justice, droits, rentes et revenus y appartenants, pour en jouir 
et disposer dès à présent par les dits futurs conjoints ; auquel effet ladite dame 
sa mère a renoncé et renonce à l'usufruit qu'elle en avait, en conformité de la 
coutume du pays. 

Le futur apportera en communauté la jouissance de tous les biens lui échus 
par la succession desdits feuz s"" et dame, ses père et mère, particulièrement la 
ter-re de Gellerier, dont la moitié lui appartient, et l'autr-e moitié étant engagée 
le retrait en pourr'a ètr^e fait des deniei's de la dot de ladite demoiselle future. . . 

Signé : Gellerié de Marches, De Vaucleroys Vïrmel, Janquet, A. de Luxerat, 
M. G. Bettenhoven de Virmel, G. -A. Bettenhoven, M -G. Veider, M.-J. Betten- 
hoven, G. -M. Bettenhoven. 

Le il novembi'c 1G98 « Geller'ié de Marches » et « De "Vaucleroys Gellerié » 
r'econnaissent avoir r*eçu les 15000 1. portées dans le contrat pi'écédent. 

Copie, d'apr'ès l'original, faite au château de Guirsch le 2 mars 1778 par 
J.-B. Didier, notaire à Arlon. 

G. — Le 22 janvier 1753, pardevant M. Nie. Thieiy, tabellion et notair-e à 
St-Mihiel : Gontr'at de mariage d'André, baron de Marches et de Gir'sch, cheva- 
lier, sgr. dudit lieu, Eli, Hondelange, Paret, Beimling et autres lieux, député de 
l'Etat noble des pays duché de Luxembourg et comté de Ghiny, ci devant capi- 
taine au r^égiment de cavalerie de Gramond, demeurant à Gir'sch, fils de feu Jean 
de Marches, chevalier, sgr. de Celerier, capitaine au régiment de dr-agons de 
Vuartigny, et de feue Anne-Claire de Vaucleroy, veuf de Char'lotte-Mai'ie- 
Julienne-Josephe-Cath., baronne de Reifïenberg, son épouse en premières noces, 
assisté de Joseph, chevalier de Mai^ches, sgr. de Celerier, son frèr-e, de Jean- 
Henri-Joseph, bar'on de Reifïenberg, chevalier, sgr. de Mussot, Aix, Athus, 
Battincourt et autres lieux, son beau-père, de Joseph, comte de Reifïenber'g, son 



— 76 — 

beau-li'crc, du duc de Graiiimont, duc et pair de France, du duc de Boufflei'S, 
duc et pair de France, de inessire de Vaucieroy, chevalier, baron de Neuflize, 
du marquis de Livron, du comte Duhout, chevalier de Montastrue, lieutenant- 
colonel et capitaine au régiment de Languedoc Infanterie, du marquis de Gensac, 
capitaine au régiment des gardes lorraines, et de messire Le Doulx, chevalier, 
baron de Ste-Croix, ses parents du côté paternel et maternel, 

Avec Barbe-Catherine, née comtesse de Monbeliard de Franquemont, fille de 
Claude-Antoine, chevalier, sgr. de Courouvro, chambellan du duc Léopold P"", 
duc de Lorraine et de Bar, et de Barbe-Françoise, comtesse d'Aspremont, assis- 
tée, entre autres, du marquis de Lambertye et de Cons-la-Grand- Ville, du mar- 
quis du Bost et du Pont-d'Oye, du marquis de Raigecourt, chevalier, sgr. de 
Friaville, maréchal des camps et armées du Roi, ses parents (1). 

H. - Le 16 janvier 1754 est baptisée dans la chapelle du château de Guirche 
ou Girsch Barbe-Françoise, fille d'André, libre baron de Marches et de Guirche, 
et de Barbe-Calh., comtesse de Montbelliard et de Francquemont. Parrain: 
J. -Henri-Joseph, libre baron de Marches et de Guirches, et M.-Jos. de Marches, 
pour Barbe-Françoise, comtesse de Montbelliard et de Francquemont, née 
comtesse d'Aspremont, grand-mère. Témoin : le s"" Godefroid Eyschen, prêtre 
à Girsch. 

/. — liC 18 décembre 1775, pardevant J. Henry, notaire, admis par le conseil 
de Luxembourg et résident à la Hage (Haye ?). — Contrat de mariage de 
Sébastien-Charlcs-Joseph baron de la Barre et du Maisnil, capitaine au régiment 
de Ligne- Infanterie, fils de Charles- Joseph et de feu Polixaine-Augustine-Jos. 
de Croix, comtesse de Clerfayt et de Galonné, 

Avec Barbe-Françoise baronne de Marches, fille de feu André, baron de 
Marches et de Guirches, chevalier, sgr. dudit lieu, Reumling et autres, capitaine 
au régiment de cavalerie de Grammont pour le service de S. M. T. C. et mem- 
bre de l'Etat Noble de Luxembourg, et de feue Barbe-Cath. comtesse de 
Montbelliard de Francquemont. 

Fait au château de Guirches, en présence de Sire Gérard (sic) Eyschen, prêtre, 
chapellain, et du S"" Franc -Gasp. Laudy, tous les deux résidents audit château. 
Signé : Le Baron de la Barre du Mesnil, la Baronne de Marches, le Baron de 
Marches et de Guirches, Agathe, Baronne de Marches et de Guirches, née com- 
tesse Dechan (sic) de Martigny, G. Eyschen, Laudy, J. Henry not. ; le 19 ont 
encore signé: Depfortzheim, J.-G. le chevalier de Pfortzhciii), capitaine du 
régiment de Gemingen au service de LL. MM. I. R. et A. 

K. — Le 17 juin 1787, à Luxembourg. — De Pfortzheim, major de cavalerie, 



(!) La fnlui'f est pelitc lillc de Nic.-Jos., comlf do FninnjcKMnont, (^VicNalicr, sgr. de la chàtellenie de 
PierrefiUc et .-aili'es lieux, el de dame Gal)i-ielle-.leaniie di' Maillel. et de Ch.-irles, comte d'Aspremont. 
chevaliei-, sgr. de Thilloinbois et autres lieux, et de Marie-Gabrielle de L'Aubi-ussel. Dans son contrat de 
jnariage, il est, entre auties, stipulé qu'elle jouira pendant sa vie de l'habitation de la maison d'Arlon, 



- 7t - 

Breiderbach, le baron de Zv/Miz et le comte de Hrias, gentilshommes de l'état 
noble du pays duché de Luxembourg et comté de Chiny, certilient que « Messire 
Hiérome-Alexandre de Vaucleroy dit Virmcl, sgr. en partie de Guirsch, étoit 
gentilhomme dudit état noble en l'année 1003 et qu'en cette dite qualité il a 
signé les départs des Etats de la dite Province du 10 Janvier et 19 octobre de 
la même année »•. 

La Marck. — Madeleine de la Marck d'Arenberg, qui testa le 3 mars 1555, 
et Conrad de Horion, sgr. de Golonster, son mari, sont cités comme quint-aïoux 
de Charlotte-Isabelle, comtesse de Horion, aspirante au chapitre de Ste-Waudru 
en 1750 (dossier n° 19). 

Signalons également qu'Isabelle-Angélique de Zuilen fut reçue chanoinesse à 
Nivelles, vers le milieu du XVIP siècle, avec les huit quartiers : Zuilen, Mont- 
morency, Estourmel, La Viesville.— Gavre, La Marcq, Renty, Licq (dossier n" 1). 

D'autre part, la liste de M. Gonz. Decamps signale les chanoinesses suivantes : 

Yolande de le Marke, fille d'Evrard, reçue le 9 nov. 1370. Elisabeth de la 
Marke, sœur de la précédente, est nommée par mandement daté de Mons le 20 
mai 1375, en remplacement d'Yolande, qui a résigné en sa faveur ; elle est reçue 
le 26 mai 1375. Devenue coustre, elle mourut le 14 juin 1452 à 9 h. du soir ; sa 
tombe portait 1455 (1). Le 19 juin 1452 elle est remplacée par Marie de Gavre 
alias de Hérimés. 

Catherine de la Marke est reçue le 11 août 1399 à 8 ans 3 mois ; ayant épousé 
Biertrant de la Bouverie vers 1415, elle fut remplacée le 12 août 1415 par 
Mathilde d'Espagne. 

Jeanne de la Marche, fille d'Evrard de la Marcke, s"'' d'Aremberg, et d'Aliénor 
de Keerbecq [Karberghe], nommée par mandement daté de Bruxelles le l^"" jan- 
vier 1504 (n. st.), fut reçue le 30 mai 1504 à l'âge de 9 ans 6 mois 15 jours. 
S'étant mariée, elle fut remplacée le 5 juillet 1520 par M. de Rubempré alias Rêves. 

Marie, sœur de la précédente, est reçue le même jour à 8 ans 1 mois. 

Marie de la Marck, fille de Jean, comte de la Marck, baron de Limpmen, et 
de Marg. de Wassenaer, nommée par mandement daté de Bruxelles le 8 mars 
1560, est reçue à 16 ans le 23 juin 1561. A sa mort, elle fut remplacée, le 8 mai 
1580, par Antoinette de Mérode. 

Chrétienne de Croy (Christine alias Marie), flUe de Gharles-Phil., marquis 
d'Havre et Dompmartin, et de Diane de Dommartin, reçue le 12 juin 1607 à l'âge 
de 6 ans, se maria à Phil.-Othon Wild- et Rhein-graf de Daun et de Kirbourg, 
prince du St-Empire (le 8 janvier 1623), mort en 1634. Ses quartiers étaient : 
Croy, Chateaubriant, Lorraine, Bourbon. — Dommartin, Neufchastel, Lamarck, 
Croy. 



(1) Elisabeth où Isabelle de le Marke, chanoinesse de Ste-Waudru, fit deux testaments le 7 mars 14.'Î8 

et le 4 mai 1441 ; elle fut enterrée le 15 juin 14.. et est citée comme morte au .'iO juin 14.V2 iT.'-il; -nls de 

chanoinesses, vol. 1270-1469). 



— 78 — 

Marie de Gavre, fille d'Adrien (ou Charles?), comte de Frezin" et de Françoise 
de Renty, est reçue le 12 juin 1602 à l'âge de U ans, avec les quartiers : Gavre, 
Rubempré, La Marcq, Wassenaix. — Renty, Gronché, Recour, Fourqueselle. 

Franc. -Gonradine de Gavre, fille de Pierre-Ernest, c*'' de Frezin, et d'Isab.- 
Gath. de la Marche, est reçue le 15 mai 1639. 

M. -Madeleine de Melun dite d'Espinoy, fille de Guillaume et d'Ernestine 
d'Aremberg, est reçue en 1629 avec les quartiers : Melun, Werchin, Montmo- 
rency, Longjumeau dit Gaillart. — Ligne, La Marck, Groy, Hallewin. 

Glaire-Eugénie de Hornes, fille de Philippe, comte de Houtekercke et de Her- 
lies, et de Dorothée d'Aremberg, est reçue le 19 mai 1641 (?) avec les quartiers : 
Hornes, Egmond, Mérode, Palant. — Ligne, La Marck, Groy, Hallewin. Elle 
se maria dans la suite avec Guill.-Francois-Jean, baron de Montmorency. 

V. Hûufialize (II, A, B), Lœwenstein, Manderscheid (B), Mirwart. 

DE Mercy. — I. Golard de Mercy, chevalier, ép. Bernardine de Bullac, 
dont : 

II. Christophe de Mercy, chevalier, ép. Françoise de Housse, dont : 

III. Pierre-Ernest, baron de Mercy, ép. Anne de Hautoy, dont : 

IV. François, baron de M., général de S. M. I. et G., ép. Anne-Marg. de 
Schawenburg, dont : 

V. Claudine-Françoise, baronne de M., ép. Bonaventure, comte de Fugger, 
dont : 

VI. François-Guidobalde, comte de Fugger, ép. Anne-Rebech-Françoise, 
baronne de Dilherr d'Althen, dont : 

VII. Anne-Rebech-Franç.-Jos., comtesse de Fugger, ép. Maxim. -Nie. -Edmond- 
Jos., comte d'Arberg, de Vallangin et du St-Empire, fils d'Albert-Joseph et 
d'Isab.-Félic, baronne de Gortenbach d'Helmont, dont : 

VIII. Antoine-Glaire-Cécile-Marie, c''^«*'' d'Arberg, de Vallangin et du St-Em- 
pire, aspirante. (Dossier n" 4; cf. Manderscheid, n° 97.) 

La liste de M. G. Decamps renseigne une Marie-Gharlotle-Justine de Merscy, 
reçue chanoinesse le 23 juin 1758. 

DE MÉRODE : V. AUamont, Autel (A), Ilouflalize. 

DE Metternich. — a. — Gérard d'Altembruck nommé Velbriick et Anne de 
Metternich, son épouse, dont le fils Bernard d'A. dit Velbruck se maria en 1577, 
figurent comme sext-aïeux de Gharl.-Isab. de Horion, aspirante à Ste-Waudru 
en 1750 (dossier n" 19). 

B. — En 1622, Lothier-Frédéricq de Metternich a présenté ses preuves pour 
être reçu au grand chapitre métropolitain de Mayence (dossier 20). 

V. Boos, Warsberg. 



- t9 - 

DE Met/eniiausrn : V. Broidbacli. 

DE Meuler : V. Marches. 

MiRWART. — Bruxelles, le 24 avril 1G07. Charles, « prince comte » d'Arern- 
berghe, baron de Zevenberghe, Naeldwyck, sgr. de Mirwart, Neufchastel, 
Gomineren, etc., haut-voué de la ville et terre de St-Hubert-en-Ardenne et 
chevalier de l'ordre de la Toison d'or, des conseils d'état et de guerre, amiral 
et capitaine général de la mer, capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances 
de LL. AA. SS., atteste, à la demande du marquis d'Havre, pi-ince du St-Empire, 
comte de Fontenoy, baron de Fenestranges, vicomte d'Ully, Hannaches et 
Blicourt, sgr. do Dompmartin, Thiecourt, Bayen, Orgevillers, etc., que Chris- 
tienne de Croy, fille du dit marquis et de Diane de Dompmartin, pourvue d'une 
place de chanoinesse au chapitre de Ste-Waudru, a pour quartiers maternels 
Dompmartin, La Marche, Neufchastel et Croy, toutes « maisons fort principales 
et de très-ancienne noblesse ". (Orig., sur parch., signé « Le P. Conte d'Aren- 
berg «. Sceau en cire rouge, détérioré). (Carton d'attestations). 

de Modave : V. Waha. 

MoiiR de Waldt : v. Bost-Moulin. 

de MOITREY. 

/. — Gobert de Moitrey, dit le chevalier Boilaux, maréchal du pays de Bar 
(+ avant 1432), épousa Isabeau d'Orchimont (citée comme veuve en 1432, avec 
son neveu Messire Henri d'Orchimont, chevalier, sgr. de Vaux, Bevoes, etc.), 
dont : 

//. — Noble et vaillant chevalier Thomas de Moitrey dit Boileaux de Saint- 
Michel, maitre et chef de la cité impériale de Toulet jadis lieutenant pour le duc 
de Lorraine en son duché de Bar. Il fait le 20 juin 1441, par devant le duc de 
Lorraine, relief de tout ce qu'il pouvait tenir en flef de ce dernier ; il est qualifié 
à cet acte de " capitaine de Bar » ; en 1463 (1464 ?), il fait son testament par 
devant la cour de Toul. Il eut : 

///. — Jean Moitrey alias Boileau de St-Michel, époux de D*"'" Fauquette ; 
le 4 mai 1503, il teste au profit do son fils unique : 

IV. — Jean M. dit Boileau, sgr. de Maisy en partie, prévôt de Fou, etc., qui 
épousa par contrat du 10 nov. 1516 Hélène de Custinno, fille aînée de feu Fran- 
çois, S'" de Custine, dont : 

V. — Hubert, baron de M., premier pair de Rochefort aux Ardennes, sgr. de 
Custine, Maixe, Aflleville, Coutrisson ; fait le 1*"" janvier 1557 relief pour Custine 
comme héritier mâle aine de sas parents. Il épousa Marguerite de Boudet de 
Meligny, dont : 



— 80 — 

T7. — Christophe de M., sgr de Gustine, Ver, etc. ; fait le 31 avril 1612 son 
testament, dans lequel il demandée être enterré en l'église parroissiale de Sainte- 
Hélène à Gustine ; par contrat du 15 mars 1581, il avait épousé en premières 
noces Antoinette de Maillart, dont : 

VII. — Pierre de M., sgr. de Gustine (1), Ver, etc. ; bapt. en 1594 (?), ép. 
Marie d'Outremont (fille de Gharles et d'Anne de Warissoul), avec laquelle il 
teste le 15 juin 1629 ; il en eut : 

IX. Jean-Isidore, baron de M., sgr. des Loyers, d'Affleville, Fançon, Gerge- 
renne, Goutrison, Aivant, Hody et Jhoris; reçu à l'état noble de Liège le 29 
juillet 1650; sa sœur Marie-Françoise de M. fut reçue au chapitre d'Andenne. 

11 épousa Marie-Emérentiane d'Eve, fille de Godefroid et d'Ernestine de Witz- 
leben, dont : 

X. Godefroid-François, baron de M., sgr. de Loyers, Aflleville, etc., épousa, 
par contrat passé à Liège le 12 déc. 1674, Marie-Marg.de Warnaut, fllle de 
Jean de W., sgr. delà Nœufville, Filée, Goesne, Sadoneux-en-Gondroz, et de 
Dieudonnée de Waha [v. Wahd), petite-fille de Jean de Warnant, sgr. de la 
Nœuville, Goesne et Filée (fils de Jean, s'" de la Nœuville et de Goesne en Con- 
droz, et de Jossine d'Eynaten), et de Marie de Gelles. Gelle-ci, qui s'était mariée 
par contrat du 18 juillet 1617, était sœur de Gharles de Gelles, colonel de cava- 
lerie au service de Lorraine, et fille de Jean, s*" de Houdomont et de .Jalet, et 
d'Anne (ou Marie ?) d'Orjo (mariés par contrat du 24 janvier 1594 ; testament du 

12 déc. 1627), petite-fille de Jean, s'" de Houdomont, qui avait épousé par con- 
trat du 10 nov. 1553 Marie de Ramelot (fille de Henri), et arrière-petite-fille de 
Jean de Gelles, s"" d'Hodoumont, et de Marie Botton. 

God.-Fr. de M. et M.-Marg. de V^arnant eurent : 

1°) Emerentianne, reçue au chapitre de Mouslier. 

2°) Glaire-Scholastique-Isabelle, aspirante à Ste-Waudru, baptisée à Live 
(Line?j le U mai 1689, reçue au chapitre de Ste-Waudru le 3 juin 1719 
(rens. G. Decamps ; la même liste signale encore une Louise-Elisab. de 
Moittré, reçue le 18 mars 1729). 

3") Jean-François-Théodore, baron de M., chambellan de l'Electeur 
Palatin en 1714. (Dossier n° 30.) 

DU MoLLiN : v. Brialmont. 

DE Nassau. — A. Bruxelles, le 13 avril 1559. Guillaume, prince d'Oranges, 
comte de Nassau, de Gatzenellebogen, de Dietz, de Vianden, de Tonnerre, etc., 



(1) On s'excusa de ne produire plus de titres au chapitre de Ste-Waudru, en invoquant que le château 
de Gustine avait été pillé et brûlé avec tous les meubles et effets « et niéniH \o cod're de justice où ostoient 
renfermez les pi-incipaux esci'its, a))iés la mort dudit Pierre de M. ". Daiilro part, on )iroduisit un 
passepoil tli'livié le 2â Janviei' ]()48 à Gulll.-Oiiarles de Moitrey, h.iidn de Ciisline, capilaine au ser\ icx' du 
roi d"Espagne. 



- 8i - 

délivre une attestation relative aux 8 quartiers de Jeanne de Wy, pourvue d'une 
prébende à Ste-Waudru. 

Orig., sur parch., dans le carton des attestations. Il est signé : Guillaume 
de Nassau. Le sceau, brisé, en cire rouge, présente un écu écartelé : au 1, au 
lion dans un semé de billettes ; au 2, à un lion couronné ; au 3, à une fasce ; au 

4, à 2 léopards passants. Brochant sur le tout, en cœur : écu écartelé aux 1 et 4, à 
une bande ; aux 2 et 3, à un meuble indistinct ; brochant sur le brochant, en cœur, 
un écusson échiquetéde 9 pièces (?). 3 heaumes ; cimiers : à dextre, un vol ; au 
milieu, 2 bois de cerf ; à sénestre, un demi vol (ou un vol posé de profd). Légende : 
PRI. . ..A.NASSOV. CATZ YETZ. . . . BREDA.ARLA Y. CHA.... 

B. Bruxelles, le 15 avril 1630. — Jean, comte de Nassau, Catzenelenboghen, 
Vianden et Dietz, baron de Breda, etc., maître de camp général des armées de 

5. M. L, colonel de 2 régiments d'infanterie allemande, délivre une attestation 
relative aux quartiers d'Anne-Eug. de Bournonville. 

Orig., sur parch., dans le carton d'attestations, signé : Jean Conte de Nas- 
sau ; à cette pièce est appendu le grand sceau du comte avec contrescel. L'écu 
du sceau est écartelé : au l , à un lion dans un semé de billettes ; au 2, à un lion 
couronné ; au 3, à une fasce ; au 4, à 2 léopards passants. Au dessus de l'écu, 3 
heaumes, couronnés; cimiers: à dextre un demi (?) vol; au milieu, un vol, 
chaque aile chargée d'un besant portant un lion (celui du besant de dextre est 
contourné) ; à sénestre un demi (?) vol, chargé d'un besant portant lui même 2 
léopards passants. Autour de l'écu, le collier de la Toison d'or. Légende : 

S : OANNES COME NASSA W CA TZENELLENBOGEN 

VIANDEN DIETZ. Contrescel : mêmes écu et légende ; seulement l'écu, 
entouré du collier, est sommé d'une couronne. 

C. Les dossiers 62 et 68 montrent, par les renseignements suivants, que la 
comtesse M.-Jos. de Mérode a présenté 3 quartiers Nassau, en 1739 : 

L Guillaume, comte de Nassau, eut de Juliane de Stolberg : 
IL Jean, comte de N., épousa Jeanne, comtesse de Sayn, dont : 

III. Jean-Louis, prince de N., époux d'Ursule, comtesse de la Lippe, dont : 

IV. Maurice-Henri, prince de Nassau-Hadamar et du St-Empire, comte de 
Calzenelenbogen, Vianden et Diez, épousa Marie-Léopoldine, princesse de Nas- 
sau-Siegen, fille de Jean-François-Désiré, prince de Nassau, et de Jeanne-Claudine 
de Kœnigseg. Comme le dit J.-Fr. -Désiré se trouve dans les quartiers de la 
princesse Claire de Nassau, chanoinesse de Ste-Waudru (1), on y renvoie sans 
plus de justification. Ces époux eurent : 



(1) Claire-Gillione, princesse de Nassau et du St-Empire, fut reçue le 14 juin 10G6 et mourut comme 
première ainée le 9 oct. 1727. Elle fut remplacée le 18 mars 1729 par Louise-Elisab. de Moitiré. 

Jeanne-Baptiste, princesse de Nassau-Siegen, reçue en 1702, mourut conmie ainée le 19 avril 1745, 
(Rens. (1. Deoamps). 

6 



— 82 — 

V. François-Alexandre, prince de N.-Hadamar, etc., suprême directeur de la 
chambre impériale de Wetzelaer, qui épousa Elisabeth-Félicité, langraffine de 
Hesse, princesse de Rhinfels, fille de Guillaume, langraffe de Hesse, et de Marie- 
Anne, comtesse de Lœwenstein (v. Lœwenstein, A, IV), petite-fille d'Ernest, 
langraffe de Hesse (testament de mars 1676), et de M.-Eléonore, comtesse de 
Solms, arrière-petite-fille de Maurice, langraffe de Hesse, et de Julienne, com- 
tesse de Nassau, dont : 

VI. Gharlotte-Améhe-Guillelmine-Eléonore, princesse de Nassau-Hadamar, 
comtesse de Gatzenelenbogen, Vianden, Diez, dame de Bilstein, etc., qui épousa 
Jean-Phil. -Eugène, comte de Mérode, d'Olen, de Bronckorst, etc., fils de Maxi- 
milien et d'Isab.-Marg., comtesse de Mérode, dont : 

VH. Marie-Josèphe, comtesse de Mérode, née le 21 févr. 1732, bapt. le l*"" mai 
1733, reçue chanoinesse à Sle-Waudru le 23 juin 1739 (rens. G. Decamps). 

Sous le n» 68, se trouve un tableau sur parch., avec armoiries coloriées, qui 
donne comme suit l'écu de Maurice-Henri, Franc. -Alex, et Charlotte-Améhe : 
écartelé : au 1, d'azur à un lion couronné d'or dans un semé de billettes d'argent ; 
au 2, d'or, à un lion de gueules couronné (de sable ou de sinople ?) ; au 3, de 
gueules, à une fasce d'argent ; au 4, de gueules à 2 léopards passants d'or. 

D. Le dossier 60, produit par deux comtesses de Waldstein, en 1777 et en 
1783, donne la filiation suivante : 

Maurice-Henri, prince de Nassau. 
Ernestine, née prin cesse de Nas sau. _ 

Claudine-Françoise, princesse de Nassau-Hadamar. 
Ferdinand , duc de Sag an et prince de Lobko witz. 

Philippe-Guillaume, duc de Sagan, prince de Lobkowitz. 
Marie-Gui llaumin e, comt esse d'Al tharn. 

Marie- Elisabeth, princesse de Lobkowitz. 
Gorfi ce, comte d'Ulfeld^ 

Marie-Elisabeth, comtesse d'Ulfeld. 

George-Chrétie n, comte de W aldstein et de Wa rtemberg. 

François de Paule, comte de Waldstein et de Wartemberg, reçu chevalier de 
l'ordre militaire de St-Jean de Jérusalem, en vertu d'une bulle magistrale du 2 
janvier 1778. 

Cf. Salm-Reifferscheid, B, et Lœwenstein. 

E. Le quartier Nassau fut encore invoqué par A. -Désirée de Joux dite de 
Watteville, qui prouva l'ascendance suivante : 

I. Louise-Christinne, princesse de Nassau-Catzenelbogen, de Vianden, etc., 
ép. Messire Philippe-Franc, de Joux, dit de Watteville, c'* de Russolin, baron 
et sgr. de Ghasteau-Vilain, etc., dont : 

II. Jean de Joux dit de W., marquis de Conflans, c}^ de Bussolin, etc., cheva- 



83 — 



lier de la Toison d'or, vice-roy de Navarre, etc., qui épousa une de Boaufremont, 
fille de Messire Joachim de Vienne, dit de Beaufremont, chevalier, marquis de 
Listenois, etc., et de Marguerite de Rye, dont : 

m. Charles-Emmanuel de Joux dit de W., marquis de Gonllans, etc., qui 
épousa Isabelle-Thérèse de Mérode, dont : 

IV. Anne-Désirée de Joux dite de Watteville, aspirante. 

Cette ascendance est donnée par une carte sur parch., avec armoiries colo- 
riées, du dossier 76. Les armoiries de Louise-Christ, de Nassau y sont repré- 
sentées comme suit : écartelé au 1 , d'azur à un lion d'or (non couronné), dans 
un semé de billettes d'or (et non d'argent) ; au 2, d'or à un lion de gueules cou- 
ronné d'azur ; au 3, de gueules, à une fasce d'argent ; au 4, de gueules, à 2 
léopards passants d'or. 

F. Une comtesse de Hohenlohe, aspirante, produisit le tableau de quartiers 
suivant : 



Maurice, Landgrave Phil.-Reinhart, c'« 
de Hesse. de Solms. 

Julienne, c'^''* de Elisab., comtesse 
Nassau-Dillenburg. de Wied. 

Ernest, Landgrave Marie-Eléonore, 

de Hesse, coralesse de 

p" de Hirschfeld. Solms. 

Charles, Landgrave de Hesse, 
prince de Hirschfeld. 



Jean-Louis, c*» Christian, comte de 
de Leiningen. Waldeck. 

M.-Cath., comtesse Elisab., comtesse de 

de Stultz. Nassau-Dillenburg. 



Emich, 


Dorothée, 


comte de 


comtesse 


Leiningen. 


de Waldeck 



Alexand ri ne- J ulien ne , comtesse 
de Leiningen. 



Sophie-Léopoldine, Landgravin de Hesse et princesse de Hirschfeld, 
Phil. -Charles, comte de Hohenlohe, sgr. de Langenburg et Bartenstein 



"«Kssjtfasscïi 



Marie-Anne-Amalie, comtesse de Hohenlohe, dame de Langenburg, reçue 
chanoinesse de Thorn, le 24 mars 1724, suivant attestation délivrée le 4 octobre 
1788 par Gabrielle, princesse du St-Empire de Salm-Salm, duchesse de Hoos- 
traeten, doyenne de ce chapitre (Dossier n^ 18). 

G. — he quartier Nassau fut encore reçu en les personnes de trois princesses 
de Stolberg et d'une comtesse d'Arberg, qui prouvèrent la filiation suivante : 

/. — Louis-Gratou, comte de Nassau-Saarbriick, époux de Philippine-Hen- 
riette, comtesse de Hohenlohe, dont : 

//. — Louise, comtesse de Nassau-Saarbriick, qui épousa Frédéric-Charles, 
prince de Stolberg et du St-Empire Romain, etc., dont : 

///. — Gustave-Adolphe, prince de Stolberg et du St-Empire, comte de 
Koningslein,Rochefort, Wernigerode, chevalier de l'ordre de St-Hubert, général 



— 84 — 

major, époux d'Klisabeth-Fhilippino-Claude, princesse de Hornes et du St-Empire 
Romain, dame de la Croix Etoilée, dont : 

1° Louise-Maximilienne, reçue à Ste-Waudru. 

2° Caroline-Auguste, reçue à Ste-Waudru. 

3° Françoise-Claude, bapt. le 27 juin 1756, épousa le 8 nov. 1774 en l'église 
de St- Jacques sur Gaudenberg, à Bruxelles, Nic.-Ant., comte d'Arberg, de 
Vallangin et du St-Empire, etc., fils de Maxim. -Nie. et de Henriette, comtesse 
Duhan de Martigny, bapt. à St-Jean l'évangéliste de Nivelles le 20 juillet 1736 
(Cf. Duhan), dont : 

a) Louise-Carol.-Ferdin., c'^^^^^ d'Arberg, de Vallangin et du St-Empire, 
née le 23 janv. 1779 àRatisbonne, admise comme chanoinesse le 6 juin 1794. 

4° Thérèse-Gustavine, née le 27 août 1757, baptisée le 28 ; chanoinesse de 
Ste-Waudru (1794). 

(Dossier n° 4). 

H. Dans l'intendit de Jeanne-Bapt. -Louise de Ghistelles (dossier n° 15), est 
citée la princesse Claire-Marie de Nassau, qui épousa par contrat du 27 fév. 1642 
Claude-Lamoral, prince de Ligne, d'Amblise et du St-Empire, marquis de Rou- 
baix et de Ville, etc., chevalier de l'ordre de la Toison d'or et général de cavalerie 
au service de S. M. (flls de Florent et de Louise de Lorraine), avec lequel elle 
fit un testament conjonctif à Mons, le 12 août 1651, 

/. Les dossiers 78 et 15 donnent des Nassau-Corroy la filiation suivante : 
L René de Nassau, chevalier, sgr. de Caurroy, ép. Catherine de Namur, dont : 
IL Alexis de N., sgr. de Caurroy, ép. à Tournay, par contrat de mariage du 
9 février 1613, Adrienne de Savary, dame de Warcoin et Petit-Preux, fille de 
Georges, sgr. de Warcoin, Petit-Preux et Quesnois, et de Jeanne de Havret dite 
de Preelle (ou Preelx). Ils font leur testament conjonctif le 2 janvier 1646 
et eurent : 

III. Maximilien de N., baron de Warcoin, Petit-Preux, sgr. de Caurroys, 
Frasne, etc., mort avant novembre 1700; ép. par contrat du 11 juillet 1658 
Marie-Cath.-Flor. de Harchies de Ville, dite de Strépy {alias d'Estrépy), dame 
de Strées, veuve en 1700, fille de Jean, chevalier, sgr. de Milomez, Rod Calch- 
kem et Hallenes, et de Marie-Antoin.-Flor. de Griboval, dont : 

IV. Joseph-Ignace-Florent-Louis de N., comte de Caurrois {alias Conroy), 
baron de Warcoing, sgr. de Frasnes, Hallenes, etc. ; ép. par contrat du 2 nov. 
1700 Marie-Adrienne-Franç. de Ghistelles, chanoinesse de Maubeuge, fille de 
Phil. -Alexandre-Franc. -Ghisbert, marquis de St-Floris, et de Marie-Isab. -Claire 
de Créquy, dame de Bouvigny, Boyefties, etc., dont : 

1") Guill. -Adrien-Joseph, qui suit. 

2°) Marie-Isab. -Claire-Charl. de N. de Warcoing, aspirante au chapitre 
de Ste-Waudru ; elle renvoie, pour plus de preuves, aux quartiers présentés 
par Marie-Isabelle de Glyme de Brabant, sa cousine issue de germaine, 
également chanoinesse à Mons. 



— 85 — 

La liste de M'' G. Decamps renseigne : M.-Isab. de Nassau de Warcoing, 
reçue le 13 avril 1719 (1729 ?) seconde aince, morte le 13 sept. 1777 en son 
château de Franc-Douaire. Serait-ce la même que M.-Isab. de Warcoing dite 
Zueveghem, reçue le 29 mai 1727 ? 

V. Guillaume-Adrien-Joseph, comte de Nassau, Frasnes, baron de Warcoing, 
etc., chambellan de LL. MM. I., R. et Ap. ; ép. Marie-Franc, van der Linden, 
baronne d'Hoogvoorst, fille de Franc. -Jos., sgr. de Marnefif, Seraing, etc., et 
de Gonstance-Théod. -Franc, de Guernonval, chanoinesse de Moustier, dont : 

à) Marie-Anne- Josèphe, comtesse de Nassau et de Gonroy, reçue au cha- 
pitre de Mons le 22 juin 1763 (rens. G. Decamps). 

6) Marie-Isabelle-Josèphe, comtesse de Nassau-Corroy, dame de l'ordre 
de la Groix-Etoilée, épousa Jean-Albert-René-Isbrand, baron d'Overschie et 
de Neerissche, vicomte de Ruremonde, chambellan actuel, flls de Charles- 
Joseph, baron d'Overschie, vicomte de Heule, sgr. de Bierges, etc., et de 
M. -Barbe-Lucie-Amélie Bouwens van der Boyen, baronne de Neerissche 
(cf. Tœrnich), dont : 

Marie-Alexandrine-Louise, baronne d'Overschie de Neerissche, bapt. le 
11 nov. 1771, aspirante au chapitre de Ste-Waudru, dont la sœur germaine 
Marie-Françoise, bapt. le lOjanv. 1770, était chanoinesse de Nivelles. 

Ainsi que l'indique une carte, avec armoiries coloriées, du dossier 78, ces 
Nassau-Corroy portaient écartelé de Nassau et de Vianden. 

Le 23 juin 1779, le comte de Salm-Reifferscheid reçut comme chanoinesse de 
Ste-Waudru Thér. -Jos. -Bern. -Louise de Kaunitz, en remplacement de M'"^ de 
Nassau de Warcoing (Rens. G. Decamps). 

V. Luxembourg (B) (D), Manderscheid (A, IV), Salm (Rheingraf, A). 

DE Neufchateau. — A. — Marguerite de Nuefchasteau, fille de Jean, sgr. 
de Montagu, et de Marguerite de Castre, est reçue comme chanoinesse le 10 
déc. 1458, à l'âge de 7 1/2 ans. C'est probablement la même que Marguerite de 
Montaghut, qui est remplacée à sa mort par Jeanne de Praet, le 12 mars 1476 
(Renseign. G. Decamps). 

B. — Ce quartier figure dans l'ascendance de la chanoinesse de La Hamaide 
(doss. 92; V. Wiltz, C), OÙ se trouve renseignée une Neuechatel (écartelé : aux 
1 et 4, de gueules à 1 bande d'argent ; aux 2 et 3, de gueules à 1 aigle éployée, 
d'or ou d'argent), épouse d'un Eysenborg (écartelé : aux 1 et 4, d'argent à 2 
fasces de gueules ; aux 2 et 3, de sable à 2 fasces d'argent), 

V. La Marck, Mirwart. 

d'Ochain de Jemeppe : v. Senzeille. 



— 86 — 

d'Orchimont. — Jeanne d'O., reçue vers 1309, est citée comme chanoinesse 
de 1310 à 1332 (renseign. G. Decamps). 

V. Moitrey. 

d'Or.to. — I. François d'Orjaut, chevalier, vicomte de Versaine et d'Hartanne 
{alias Artanne), sgr. de Hautteville, Muyson, Jonvalle, Remoncourt, La Malle- 
maison, etc. (son écu est représenté comme portant une aigle de gueules, 
becquée et membrée d'ot-' (?), sur champ d'argent (?) ) ; il épousa Catherine 
d'Estourmelle, fille de Louis, chevalier, marquis du Frétois, gentilhomme de la 
chambre du Roy, et de Françoise de Rlanchefort, dont : 

IL Antoinette d'Orjaut, flUe ainée, ép. Philibert le Danois, chevalier, marquis 
de Joflreville, vicomte de Ronchert, sgr. de Forsy, Bertenay, Jery, Fussigny, 
Courtrisy, Givron, etc., fils de François, gouverneur de Raucroy, et de Catherine 
le Danois, celle-ci fille de Charles et de Marguerite de Lenoncourt, fille de Théo- 
dore de Lenoncourt, sgr. de Gondrecourt, et de Marie de Haraucourt, dont : 

IIL Catherine le Danois, épousa Jean-Philippe le Danois, chevalier, comte de 
Cernay, sgr. de La Forest de Ray mes, Novion, Provisy, Sery, Beau fort, 
Remonville, etc., dont : 

IV. Marie-Jos. -Monique le Danois, aspirante (Carte sur parch., avec armoi- 
ries coloriées ; dossier 72). V. Moitrey. 

DE Pallant. — a. — Marie-Phil. -Franc. -Ad., comtesse de Berlaymont, 
aspirante à Ste-Waudru vers 1736 (v. Brandenbourg, C), était petite-fille de 
Jeanne-Charlotte de Nesselrode, fille de Jean-Salentin-Guill , baron de Nesselrode 
et de Rade, époux (par contrat du 21 janvier 1666) de Françoise-Marg., baronne 
de Brempt et de Lantscroon ; celle-ci était arrière-petite-fille de Jean, baron de 
Brempt, bailli et sgr. des engagères de Freudenberg, Gueldres, Rhurort et 
Reymbach, colonel au service du roi d'Espagne, et de Marie de Pallant, son 
épouse (dossier 8). 

B. — Adam, comte de Schwartzenberg, et Marguerite, baronne de Pallant, 
son épouse, figurent parmi les ancêtres d'Ernestinc Liebsteinsky, comtesse de 
KoUowrat, dans un tableau de quartiers présenté par celle-ci pour entrer au 
chapitre impérial de Buchau (dossier 13 : premier intendit de la comtesse des 
Fours, pièce n" 24). 

C. — Adolphe-Alexandre, comte de Hatzfeldt, sgr. à Wiklenberg, Weiswciler 
et Schonstein, et Amélie-Rabe, baronne de l'allant, sa femme, formaient les 
troisième et quatrième quartiers paternels de Marie-Anne-Thérèse de Blanckart, 
reçue chanoinesse à Ste-Waudru (Preuves de Horion, dossier 19). 

D. — Marie-Jos. de Trazegnies, aspirante en 1783 (v. Elvert ; dossier 55), 
descendait de Charles, baron de Trazegnies et de Silly, et de Marie de Pallant, 
son épouse (cf. Luxembourg C). 

V. Autel (A.), Leyen, La Marck, Tœi'nich. 



— 87 — 

DE Pasqualim. — Un tableau généalogique produit on 1783 par M.-Jos. de 
Trazegnies (v. Elvert : dossier 55) donne sur un gouverneur de Luxembourg les 
renseignements suivants : 

Théodre-Arnould de Pasqualini, de la maison d'Eschede et de Gretier, épousa 
Anne d'Ingelhoven, de la maison de Baerlo ; il portait un écu coupé : a) d'or à 
l'aigle éployée de sable (ce pourrait être un chef, agrandi pour les besoins du 
dessin) ; b) d'azur à la croix de gueules, cantonnée de 4 étoiles d'or à 6 rais ; 
heaume : d'argent, grillé et liseré d'or, fourré de gueules ; cimier : un vol d'or et 
de sable ; bourrelet et lambrequins : d'or et d'azur. Son épouse portait : de gueu- 
les, à la barre d'argent, accompagnée de 2 lions contournés du même, un en 
chef, l'autre en pointe. 

Ils eurent : Maximilien de Pasquahni, de la maison d'Eschede et Gretier, 
général d'armée de S. M. I. et gouverneur de la ville de Luxembourg. (Même 
écu que son père, sans casque ni lambrequins, mais avec une couronne de mar- 
quis). Il épousa Anne-Frédérique de Goverden, de la maison de Rhan, fille de 
Goswin de G., de la m. de R., et de Judith de Rhemen, de la maison de Rhede, 
dont : 

Anne- Judith de Pasqualini, héritière de Grélier, épouse de Jean Herman de 
Hoevell, de la maison de Westerflier, sgr. de Weseveld et de Gretier, cham- 
bellan de l'Electeur de Gologne, dont : 

Anne-Mathilde de Hoevell, de la maison de Westerflier, dame de Weseveld, 
épouse de Henry-Guill. de Radzitzky, de la maison d'Ostrowiek, sgr de Hassent, 
né le 6 juin 1734 à Munster, dont : 

1) Marie-Louise de R., admise au chapitre de Bockolt. 

2) Jeannette-Guillaume de R., admise au chapitre de Bockolt, 

DE Pfortzheim : V. Marches. 
DE PoTESTAT : V. Baillet. 
DE Raigecourt : V. Marches. 

DE Reiffenherg. — A. — Quartier pi'ésenté par deux comtesses de Renesse 
en 1784. De leur intendit résulte la filiation suivante : 

I. Jean-Antoine, baron de Reifïenberg, ép. Anne-EUsab. de Stafïel, dont : 

II. Jean-Philippe, baron de Reifïenberg et Sayn, conseiller intime de S. A. E. 
de Trêves, grand-bailli des juridictions de Montabaur, Herschbach et Grensau, 
ép. par contrat passé à Worms le 6 juillet 1680, Marie-Marguerite, baronne de 
Hoheneck, fille de Philippe-François-Adolphe, baron de Hoheneck, sgr. de 
Wœrth, etc., conseiller intime de S. A. E. de Mayence, burggrave de Starcken- 
burg, et de feu Marie-Marg., chambellante de Worms, née b"'' de Dalberg, dont : 

III. Anselme-Frédéric-Antoine, baron de Reiflfenberg et de Sayn, sgr. de 



— 88 — 

Reififenberg, Baldinstein et Waldmanhausen, conseiller intime de S. A. E. de 
Trêves, grand-bailli des juridictions de Monlabaur, Herschbach, Grensau, Wal- 
lendar, Steinbach et Sayn, ép. par contrat du 24 avril 1715, à Coblence, Marie- 
Anne d'Eltz du Lion blanc, fille de Damien-Lothaire, baron d'Eltz du Lion blanc, 
conseiller intime de S. A. E. de Trêves, grand-bailli des juridictions de Munster, 
Goberen et Alcken, et de Marie-Antoinette-Ghristine, baronne de Wiltberg 
(ces derniers mariés le 15 déc. 1694). 

Le tableau donne les armoiries des familles suivantes : Reiffenberg -. d'argent 
à 3 bandes de gueules ; Hoheneck : de gueules, au pal d'argent, accompagné de 
5 billettes d'or de chaque côté, posées en 2 rangées verticales : 2 et 3 à dextre, 
3 et 2 à sénestre ; EUz : d'or, au chef de gueules chargé d'un lion d'argent 
issant du champ ; Wiltberg : de sable à la fasce d'or (Dossier 38 ; v. Boos de 
Waldeck). 

B. — Anna-Constantine-Philippine-Franç. d'Ingelheim, baptisée à Mayence le 
19 février 1704, aspirante à Ste-Waudru vers 1733, flUe de Franc. -Ad. -Théod. 
d'Ingelheim, et de Marie-Ursule, chambellante de Worms dite de Dalberg, 
descendait des Reififenberg par sa mère, flUe de Frédéric-Théod., chambellan de 
Worms dit de Dalberg, et de M. -Glaire, baronne de Schomborn, petite-fille de 
Phil.-Ervin de Schomborn et de Marie-Ursule de Greiffenqlau (mariés en 1635), 
cette dernière fille de Henri de Gr. et de Marie d'Eltz et petite-fille de Théodore 
de Greiflfenclau et d'Apoline de Reiffenberg (Dossier 20). 

V. Marches. 

DE Rivière ; v. Autel (B), Brandenbourg (A), Houfifalize. 

DE ROLLINGEN : V. Warsberg. 

DE RouGRAVE : V. SenzeiUe. 

Ruette-la-Petite : v. Baillet. 

DE Salm-Reifferscheid. — a. — Famille reçue à Ste-Waudru en 1770, en 
la personne de Marie-Thérèse de Salm. D'après une carte généalogique imprimée 
à Mons, en 1771, chez P.-J.-J. Pion,- et d'après une carte armoriée délivrée à 
Cologne le 22 novembre 1769, la filiation était la suivante : 

L Ernest-Frédéric, comte ancien de Salm, sgr. de ReifFerscheid (écartelé : au 1, 
d'argent à 2 saumons adossés de gueules ; au 2, d'argent à l'écusson de gueules, 
surmonté d'un lambel d'azur de 4 pendants ; au 3, d'argent à 3 losanges de 
gueules ; au 4, de gueules à 3 fasces d'or, à un hon d'argent brochant), épousa 
Marie-Ursule, comtesse de Leiningen-Dagsburg, dont : 

IL Eric- Adolphe, comte ancien de Salm, sgr. de R., (écartelé : au 1, parti : 
a et &, les quartiers 1 et 2 des armoiries précédentes ; au 2, de gueules au lion 
d'argent dans un semé de billettes du même ; au 3, de gueules à 3 fasces 



— 89 — 

d'or, à un lion d'argent, couronné d'or, contourné, brochant ; au 4, d'or à un lion 
d'argent, lampassé de gueules ; sur le tout, un écusson d'argent à 3 losanges de 
gueules), ép. Ernesline-Barbe-Dorothée, comtesse de Lœwenstein-Wertheim, 
fille de Ferd. -Charles et d'Anne-Marie, comtesse de Furstenberg, dont : 

III. Franc. -Guillaume, comte ancien de Salm, sgr. de R., ép. Caroline, prin- 
cesse de Liechtenstein, fille d'Antoine-Florian et d'Eléonore-Barbe, comtesse de 
Thun, et petite-fille de Hartman, prince de Liechtenstein, et de Sidonie, com- 
tesse de Salm-Reifferscheid, dont : 

IV. Antoine, comte ancien de Salm, sgr. de R., Betburg, Deck, Alfter, 
Hackenbroich, etc., grand-chambellan de l'Empereur et de l'Impératrice-Reine, 
ép. à Vienne le T"" sept. 1743 Raphaéle, comtesse de Roggendorff, baronne de 
MoUenbourg, dont : 

1. — François-Xavier, reçu au chapitre métropolitain de Cologne. 

2. — Marie-Thér.-Jos.-Joachime-Anne-Erasme-Walburge, née à Vienne, le 
21 août 1757, nommée par mandement daté de Vienne, le 1^'" décembre 1769, 
produisante en 1770 (dossier 40), fut reçue le 22 juin 1771 (rens. G. Decamps). 

B. — De Hartman prince de Lichtenstein-Nicolspurg, duc de Troppau,etc., et 
de son épouse Sidonie-Elisabeth, comtesse de Salm-Reiflferscheid, descendait en- 
core, parleur fille Anne-Marie, épouse de Rodolphe-Guill., comte de Trauttmans- 
dorff et deWeinsberg, Florence-Jos. -Agathe-Barbe- Walburge, comtesse de Trautt- 
mansdorff et deWeinsberg, née et bapt. le 6 février 1738, qui reçut une prébende 
à Sainte- Waudru par patentes du 19 janvier 1760 (dossier 56). 

C. — Bonaventure-Marie-Françoise-Barbe-Walburge-Quirine, comtesse de 
Harrach, bapt. à Ratisbonne le 20 mars 1731, aspirante à Sainle-Waudru, était 
fille de Frédéric-Aug.-Gervais-Protais comte de Harrach, gouverneur et capi- 
taine général ad intérim des Pays-Bas, et de Marie-Eléonore-Caroline de Liech- 
tenstein, celle-ci fille d'Antoine-Florian, prince de Liechtenstein-Nicolspurg, et 
d'Eléonore-Barbe, comtesse de Thun, et petite fille d'Hartman et de Sidonie- 
Elisab. de Salm déjà citée. 

L'intendit produit par la comtesse de Harrach nous donne les renseignements 
suivants (dossier 16) : 

I. — Werner, comte de Salm-Reifferscheid, sgr. de la Dick, Betbur, Alfter, 
etc., grand maréchal héréditaire de l'électorat et archevêché de Cologne (fils (?) 
de Jean et d'Elisabeth, princesse de Henneberg, et petit-fils (?) de Jean et 
d'Anne, comtesse de Hoya), épousa Marie, comtesse de Limburg-Stirum, dont : 

II. — Ernest-Frédéric, comte de S.-R., sgr. de la Dick, Betbur, Alfter et 
Hackenbroich, grand maréchal héréditaire de l'électorat et archevêché de Cologne, 
mort avant octobre 1640, épousa Marie-Ursule, comtesse de Leiningen-Dagsburg, 
dont : 

1. — Eric-Adolphe, sgr, de la Dick, etc , maréchal héréditaire de Cologne, 



— 90 — 

chanoine capilulaire des églises métropolitaines de Cologne et de Strasbourg, 
vivant en 1640. 

2. — Ernest-Salentin, reçu chanoine au chapitre de Cologne en 1626, quitta 
sa patente pour épouser une comtesse de Manderscheid-Blanckenheim, dont il 
eut : Reuleman, comte de S.-R., reçu chanoine (à Cologne ?) en 1694. 

3. — Anne-Catherine, épouse d'un comte d'Ostfrise ; leur fils Ferdin. -Maxim, 
est reçu au chapitre de Cologne le 17 sept. 1658 et à celui de Munster en 1671 ; 
de plus, Franc. -Adolphe-Guill., comte d'Ostfrise, est reçu au chapitre de Pader- 
born avec ledit quartier Salm-Reifïerscheid. 

4. — Sidonie-Elisabeth, épouse le 19 oct. 1640 Hartmann, prince de Liechten- 
stein, duc de Troppau et de JagerndorfF en Silésie, comte de Rittberg, etc., qui 
fait son testament le 24 déc. 1672 (1677, d'après le dossier 60) ; sa femme fait le 
sien le 6 août 1688 (le 12 août 1684, d'après le dossier 60). 

Ces derniers époux figurent encore dans l'ascendance de deux autres chanoi- 
nesses de Ste-Waudru, comme l'indique la filiation suivante, donnée par le 
dossier 60 : 

Leur fils Phil. -Erasme, prince de Lichten,stein, bapt. le 2 fév. 1700, épousa 
Christine-Thérèse, comtesse de Lœwenslein-Wertheim (cf. Lœwenstein), bapt. 
le 12 oct. 1665, duchesse douairière de Saxe-Weissenfels, dont : 

Emmanuel, prince de et à Lichtenstein, époux de M. -Antoinette de Dietrich- 
stein, bapt. le 10 sept. 1706, dont : 

Marie-Anne, princesse de et à Lichtenstein, bapt. le 15 oct. 1738, qui épousa 
par contrat du 21 mai 1754 Emmanuel-Philibert, comte de Waldstein et de 
Wartemberg, bapt. le 2 févr. 1731, dont : 

1°) Louise, comtesse de Waldstein et de Wartemberg, aspirante à Mau- 
beuge. 

2°) Thérèse-Barbe, comtesse de W. et de W., aspirante à Ste-Waudru en 
mars 1779. 

3") Marie-Jos. -Elisabeth, comtesse de W. et de W., aspirante au même 
chapitre le 23 oct. 1783. 

D'autre part, il est à noter qu'une Marie-Philippine de S.-R. fut reçue au 
chapitre noble d'Essen fdossier 16) et que François-Xavier, ancien comte de 
Salm, sgr. de Reifferscheid, a été reçu au chapitre métropolitain de Cologne, 
présentant, entre autres, les quartiers Palfy et Harrach (dossier Cobenzl,n" 10). 

D. —En 1777 fut reçue à Mons Marie-Crescence ccmtesse de Salm-Reiffer- 
scheid (dossier 100). Elle se rattachait de la façon suivante à Eric-Adolphe et à 
Ernestine-Barbe-Dorolhée de Lœwenstein, sa femme, cités plus haut : le fils de 
ceux-ci, François-Guillaume, eut de son épouse Marie-Agnès, comtesse de 
Slavata (fille de Jean-Joachim et de Marie-Marguerite, comtesse de Trautsch 
de Falkenstein) ; 



— 91 — 

III. Charles-Antoine, ancien comte de S. et de R. ; il épousa Marie-Françoise- 
Eléonore, comtesse d'Esterhasy de Galanta, dont : 

IV. Sigismond, ancien comte deS. etdeR., sgr. de Bedbur, Dick, Alfler, 
Hackenbroich, maréchal héréditaire de Cologne, qui épousa Eléonore Truchess 
héréditaire du St-Empire, comtesse de Zeil, dame de Walburg (v. plus bas), 
dont : 

1°) Frédéric-Maximilien, chanoine du chapitre noble et métropolitain de 
Cologne, chanoine domiciliaire de Strasbourg (mis en possession de ce 
canonicat le 7 oct. 1775). 

2°) Maximilienne, reçue chanoinesse à Thorn le 20 sept. 1774. 

3") Gabrielle, doyenne du chapitre de Thorn on 1774 (v. plus loin, sub 
Salm-Salm). 

4") Marie-Crescence-Sabine-Raphaële-Franç.-Antoin.-Walburge, nom- 
mée chanoinesse par patentes de l'Impératrice du 15 avril 1777. Elle fut 
reçue le 21 juin 1779, ayant produit comme preuves : a) Un tableau sur 
parchemin (abimé et auquel ne reste appendu qu'un seul sceau), avec attes- 
tation délivrée le 10 juin 1777 à Cologne, par Max. -Frédéric, Electeur de 
Cologne, François, prince de Hohenlohe, Franc. -Guill., comte d'Oetting- 
Soetem, et M., comte de Kœnigsegg-Aulendorff, et avec déclaration signée 
le 4 juillet 1777, à Bruxelles, par Guill. -Florentin, prince de Salm-Salm, 
évèque de Tournai, chanoine capitulaire de la Métropole de Cologne et de 
la cathédrale de Strasbourg. — &) Un tableau de ses 16 quartiers, imprimé 
à Mons, chez H. Hoyois, imprimeur-libraire, rue de la Clef. 

Les armoiries de Marie-Crescence (ainsi que celles des deux demoiselles de 
Salin que nous allons mentionner) sont représentées comme celles d'Eric- 
Adolphe (v. A), sauf qu'aux S""^ et 4"^ quartiers, il y a un champ de sinople, mais 
il se peut que ce sinople représente de l'or détérioré par l'humidité ; de plus le 
lion du 3^ quartier est couronné d'or. 

Eléonore Truchess héréditaire du St-Empire, épouse de Sigismond de S.-R., 
se rattachait à cette famille par deux de ses bisaïeules ; ses huit quartiers 
étaient en effet : Truchsess, Salm-Reifferscheid, Truchsess, Salm-Reiflferscheid, 
Kœnigsegg, Scharfïenberg-Spielberg, Manderscheid-Blanckenheim, Erbach. Son 
père, François-Ernest Truchsess héréditaire du St-Empire, comte de Zeil, sgr. 
de Walburg, époux d'Eléonore, comtesse de Kœnigsegg-Rottenfels (v. Mander- 
scheid), était fils d'Ernest-Jacques (fils de Sébastien-Wunibas, Truchsess héré- 
ditaire, etc., et de Marie-Catherine, comtesse de Salm-R.) et d'Anne-Louise 
Truchsess (fille de Maximilien-Franç -Jos. Truchsess héréditaire du S. E., 
comte de Wolfegg, et de Marie-Ernesline, comtesse de Salm-R.). 

DE Salm (Rheingraf et Wildgraf). —a.— En 1742 entrèrent au chapitre 
de Ste-Waudru deux comtesses de Salm, avec les quartiers : Salm (Rheingraf), 
Lalaing, Mansfeld, Aspremont, Salm (Rheingraf), Bavière, Nassau-Hadamar, 
Manderscheid-Blanckenheim. Elles prouvèrent les filiations suivantes (doSs"- 40) ; 



— 92 — 

I. Gliarles-Florenlin, Rheingraf, dont la filiation avait été prouvée lors de la 
réception au chapitre de Mons de M^'"^' de Monfort, épousa Marie-Gabrielle de 
Lalaing, fille d'Albert-François et d'Isabelle, princesse d'Arenberg, dont : 

II. Guill. -Florentin, comte sauvage de Dhaun et de Salrn, épousa Marie-Anne, 
comtesse de Mansfeld, lille de Henry-François (fils de Bruno et de M.-Madel., 
comtesse de Tœring de Secfeld) et de Marie-Louise d'Aspremont (v. Aspremont), 
dont : 

III. Nicolas- Léopold, comte de Salm et Rheingraf, plus tard prince de Salm- 
Salm, épousa par contrat du 7 mars 1719 Dorothée-Françoise-Agnès, princesse 
de Salm (voir plus bas et article Manderscheid), dont : 

1" Louise-Françoise-Anselme-Marie- Anne-Thérèse, née le 3 mars 1725, 
qui épousa plus tard Jean-Guill., comte de Manderscheid-Blanckenheim 
(v. Manderscheid). 

2° Marie-Elisabeth-Joseph, née le 3 mai 1729, qui épousa le comte de 
Schœnborn (1) ; ces deux sœurs présentèrent leurs quartiers au chapitre 
de Mons les 21 et 22 nov. 1741 et furent reçues le 21 juin 1742 (rens. G. 
Decamps). 

3" Auguste-Sophie-Alexandrine-Frédérique-Thérèse-Agnès, née à An- 
hold (dioc. de Munster) le 15 oct. 1735. A son acte de baptême, elle est 
renseignée comme fille de Nie. -Léopold, « S. R. Imperii Silvarum et Rheni 
comitis de Salm, de Dhaun et Kyrburg, nunc autem, per obitum Sereniss' 
princip-" Salmensis Ludovici-Oltonis, Serenis' principis Salmensis Regentis 
et ducis Hochsti'atani ac aurei velleris equitis, et Seren-'^' Dorotheai- 
Franciscae-Agnetis natae S. R. Imperii principis Salmensis comitissse 
Silveslris et Rheni, de Dhaun et Kyrburg, modo Seren-''^ principis Salmen- 
sis Regentis et ducis Hochstratanse, conjugum ». Elle entra au chapitre 
de Mons, remplaçant sa sœur Louise après son mariage avec le comte de 
Manderscheid en novembre 1742 (2). 



(1 ) Dans la « déducUoii géni'alogi'iue pour M"" Marie-.4 wc7fe-Louise-.)uanne-AVilhelminf- Walburge- 
Ft'licilé, comtesse du Sl-Enijjiic Hoiiiain de Schonborn, pour élre admise à la possession delà prébende 
lui conférée par leUres patentes de l'Impératrice du 2J juin 1777 » et à laquelle elle fut reçue le 13 août 
1778, il est dit qu'elle est fille d'Eugéne-Ervin-Franç.AVilhelm-Anselme, comte du St-Empire Romain 
régnant de Schonborn, Bouchum, WollTsthul, Ueichelsberg, etc., chandîcllan et conseiller d'Etat intime 
actuel de LL. MM. II. «d l\H., et de Mario-Elisab.-.Iûsè|)be, |>iincesse de Salni-Salm, etc., ci-devant chanoi- 
nesse de Ste-Waudru. On s'en l'éfére à l'admission de cette dernière |_iour les iireuves du côté maternel 
(dossier 46 ; cf. dossier 51). 

Notons que dans sa liste, M. G. Decamps signale encore, outre les trois sœurs mentionnées ici, une 
quatrième, Marie-Anne-Victoire-Louise-Guillelmine de Salm, reçue poui' remplacer sa sœur M. -l'Elisabeth, 
mariée au cijmte de Scbiinborn ; elle-inénie se maria a^ec le duc de Lernia et lut remplacée le 20 juin 17G7. 

(2) Par rescrit non daté, mais qui doit se rapporter à novembre 17i2, l'impératrice Marie-Thérèse 
déclare qu'à la requête du prince de Salm, duc de Hoogstraeten, elle a accordé à sa fille, la princesse 
Auguste de Salm, la prébende qui viendra à vaquer au chapitre de Ste-Waudru par le mariage de sa fille, 
la princesse Louise de S.ilm, qui en est poui'vue, avec le comte de .Manderscheid-Blanckenheim. Le 19 
décembi'e 1712, .Marie-'l'hérc.se en informe, de Vienne, les chanoinesses de Ste-^Vaudru et les prie de 
metli'e la princesse Augusta en possession de sa prébende. (Deux cojiies données à Auholt. le 24 nov. 17S4, 
par les conseillers intimes et auliques de la régence de la Sérénissime Maison de Salm-Salm : Signées J.-M. 
Carotiola, secrétaire ; avec grand sceau. — Dossier Sternberg, n" 51). Elle est reçue le 5 avril 1747 par le 
prince Ferdin. de Ligne, son oncle, et mourut le 30 janvier 1775 à Senonne (rens. G. Decamps). 



— 93 — 

La filiation prouvée do Dorothée-Françoise-Agnès, princesse do Salm, mère 
des récipiendaires, qui avait pour huit quartiers : Sahn, Bronchorst, Bavière, 
Gonzague-Mantoue, Nassau, la Lippe, Manderscheid-Blanckenheim, Sayn, était 
la suivante : 

L Philippe-François, comte de Salm (•' voir la preuve faite au chapitre de 
Mons par Madame de Hornes, sœur de la dame de Hornes, dame du chapitre de 
Maubeuge »), épousa Marie-Rgy[)lienne, comtesse d'Oettingen, dont : 

II. Frédéric, comte de S., épousa Françoise, comtesse de Salm, dont : 

III. Phil.-Otton, prince de S., épousa Christine (ou Catherine ?) de Croy, 
duchesse d'Arschot, dont : 

IV. Léopold-Phil. -Charles, prince de S., épousa Marie-Anne, comtesse de 
Brouskorst (voir plus loin sub B), dont : 

V. Charles-Théodore-Otton, prince de S., épousa Louise-Marie, princesse 
palatine du Rhin et de Bavière, fille du prince Edouard et d'Anne de Gonzague 
de Glèves, princesse de Mantoue, dont : 

VI. Louis-Otton, prince de Salm, qui épousa Albertine, princesse de Nassau- 
Hadamar, fille de Maurice-Henri (fils de Jean-Louis et d'Ursule, comtesse de la 
Lippe : v. la preuve faite à Mons par M^'ie de Westerloo) et d'Anne-Louise de 
Manderscheid-Blanckenheim (v. Manderscheid), dont la susdite Dorothée- 
Franc. -Agnès. 

B. — Mons, le 21 juin 1669. Philippe-François, duc d'Arenberg, duc d'Ar- 
schot et de Croy, etc., lieutenant-gouverneur, capitaine général, grand bailli et 
souverain-officier du pays et comté de Hainaut, atleste que « Madame Dorothée 
Rhingi-ave Sauvage, née princesse de Salm, est pour le présent abbesse du 
très-noble et illustre chapitre de Remiremont en Loraine (où pour pouvoir estre 
receue il faut prouver seize quartiers d'ancienne noblesse militaire), et est fille 
légitime de Léopold Rhingrave Sauvage, prince de Salm, et de Marie-Anne, née 
comtesse de Bronchorst, Battenbourg et d'Anholt, celle-ci fille légitime de Théo- 
dore et de Marie-Anne d'Immerseel ». Il donne ensuite la parenté de la dite 
Dorothée, par les Bronchorst, avec sa cousine issue de germaine M. -A. -Philippe 
de Croy, fille d'Eustache, comte du Rœux, et de Théod.-Gertr.-M.-Polixène, 
baronne de Kettler ; toutes deux portent dans leurs quartiers celui de Millen- 
donck, qui est reçu dans tous les chapitres d'Allemagne. (Orig., cacheté, sur 
parchemin ; carton d'attestations). 

DE Salm-Salm. — Gabrielle, princesse de S. -S., doyenne du chapitre de 
Thorn, délivre une attestation le 11 nov. 1777 (dossier 3 ; cf. plus haut, S. - 
Reifferscheid, D, IV). 

V. Nassau F. 

DE Saurfeld : V. Waha. 



— 94 - 
DE ScHALL DE Bell : V. Brcidbach. 
DE Schawenbourg : V. Bost-Moulin, Mercy. 

de Schwartzenberg : v. Autel (A.), Houflalize (I, G) (II, B), Pallant. 
DE ScHWARTZENBOURG : V. Warsberg. 

de Senzeille. — Famille reçue au chapitre en 1784 : auparavant, l'une des 
deux sœurs produisantes, Justine-Phil.-Eug. -Florence de Senzeille-Soumagne, 
avait été reçue au chapitre d'Andenne avec seize quartiers nobles. 

Leur intendit et une carte généalogique imprimée en 1784 donnent la filiation 
ci-contre (dossier 47). 

DE Sparmont : V. Brialmont. 

DE Stassin : V. Bost-Moulin. 

Stavelot. — Soye, le 22 octobre 1612. « François d'Awans, dit de Lonchin, 
chevalier, sgr. de Flemalle, Soye, gouverneur du principatéz de Staveloz et 
contez de Loingne '•, délivre une attestation concernant la noblesse de la famille 
de Bruelle dit Bossimel, en faveur d'Alexandrine de Tserclaes. (Orig., sur parch. ; 
sceau fruste ; carton d'attestations). 

DE Stein-Gallenfels : V. Boos, Bost-Moulin. 
DE Tellin : V. Waha. 

Tcernich. — La similitude du nom Turnich et la mention d'une Lutzenrode 
paraissent indiquer un rapport entre la famille de Gueldre, renseignée par la 
filiation suivante, et notre Tœrnich. 

I. Marsille, baron d'Arsen, eut de Jeanne-Marie de Lutzenrode : 

II. Jean-Godefroid, baron de Gueldre, sgr. de Velden, Brée, Turnich, Bachum, 
etc., qui épousa Anne-Cath.-Gonslantine de Pallant, fille de Messire de Pallant 
et d'EIisab. de Mérode de Scholsberg, dont : 

III. Marie-Amélie-Antoinette Rabe (0, baronne de Gueldre, qui épousa Jean- 
Albert Bouwens van der Boyen, baron de Neerissche, vicomte de Ruremonde, 
dont : 

IV. Marie-Barbe-Lucie-Amélie B. van der B., baronne de Neerissche, qui 
épousa Gh. -Joseph, baron d'Overschie, etc., dont la petite-fille fut reçue au cha- 
pitre de Mons (Dossier 35 : cf. Nassau-Gorroy). 

DE Trinar : V. Waha. 

de Vaucleroy : V. Marches. 

DE VELBRiicK : V. Metternich. 



— 95 — 



rt *j ce ^ 









«^ ^ <U • na 

'^ '-' es 



■^ ti '^ <^^ 

m C3 5 CJ it H 

2 te O -a '2 g 

i— 5 „\ 3 s s « 
.S'a g-ts M 



ai 



© 



3 ^'-H U 

;r O) O ra ^*j 
iS-S > t^ M eu 



O 2 H-^ 



te © 



TO 



■o 



^^rt .„• ^ O 

'72 



:i. 



® 5 i 

ai ^ — o i; c 

a^ <a o -3 -ai E 






r3 ^ QJ C3 



il 



ai 



OJ 



o 



ri m (D C3 „*j 

rt JS 2: îj rn fu 



11 

Ci 



3 



!» Ol 



S o 



■c^ 



M (-5 i^ 

a> 



bX3 

ta 



O 



O) 



eu rt » 



rt CJ 



!=fiS 



iï ^ O S 

"S ai-^ 

«S'a 









Ol ai ~— ' c 

ri—» .- r/1 - * -^ ■*— * 

c c oj ^^-3 y - 

S .£3 -^ re S3 






5 ^^ 'g fe 



O 



ai'oi: 

Sen 
heit 




-^ Ol 9 




^-a^ 




Ç CD c 


^ 


03 i- Ol 


•*-^ 


*-< •■-4 ^ 


<V 


feM-^ 




nas- 
des 
Naii 





.r Si 


S 


•£3 s-S 


« 




J 



■^ :ï ûi 


1 


S !^^ 


> 


G S © 


,iD 


cS^-a 


> 




0) 




c 

Ol 




ard 
ve, 
G., 

sée, 


0) 

s 


ai :- S 


ra 


re Ev 

e Kong 

de S. 

mps, F 


Q 


"3 "^ 2 




M ^ -^ 




5 --^ 




S ? s* c 




rt Ol « / 




,e ra tH ' 





M ^ 
M C 

S 5 
o 

o „ 

oT^ . 

—j c <u 

m ce -G 
^-^ î£ 

•S; S £ 
S. s 2 
■^ ^^ -G 

S Ol C3 
O) o 

^ g 

g. S 

03 r^ 
oT - 

t O 

bc ^ 

3 ce 
o Cl, 

ipc; a 






a> Qj ï- 







bD 



eu 



p 

es o 

œ • 

O • 

1-5 



O) 



■S ^ 

c 

■>5 01 

»=i -^ 

'S M 

og 

Ol -a 1-3 

'm O) 3 
M c ra 
«^ &c ' 

"^ ca c5 

as 



<u -a , 



a =? nr != 



o 

o 



« 



3 0) 

O 3 

-3 o 
_ -Q 

ga 

ï- Ol 

'S ^ 
S) -0) 

C ^ 

W. 3 

ta 
■^ _] 

nd 3 

.-a 

'. O 

^W 
^ V 



O " g 

a+j o 

a s'^ 

CJ o m 

.2« a 

« j; rt 
ai 3, 

o S 5 

"^ s"™ 

î=ii .-S 

02 "^ 



<5^ ri- -^ 

M 5 3 <^ 

«2 >■ C3 ra 

S *r^ ^ 

-3! s G 

iJ S 

-" ~' -'"3 

« ^ .2 0^ 



Ol 



o Ol 



_r ai 

s "^ 



■ a 



Ol 



^a 



^ -3 
^ ^O 
sis 

o 3 Ol 

'm - œ 
3 H o 

o ÔJ (D 
C3 c C 

3 "S S 
C3 il ÇÇ 
3:fe 3 
« „'^ 

a 3^3 



ejc oi ce 
^ G rt ^ 

^ as ^ 



o 



m" =.^ S 

3 J 52S 

O) ^^ O) 1 

.. b£bJD3 

S - P q 

'- s î: « 

-- 2-3 



I 



ce 



O) r- 

.3 «• 



" O M ^ -3 



ce 
3 
3*3 CL, CD 

^^ ce ^3 

- -^ Ol 



Ol ixi 

•& 3 

'S <^ 

%^ 

G 3 

'j; p 
a> '^ 



i*-> ce 
'^ G 

'•' 0) 

CD — ' 
»-^ 

ce -G 

5 'S 

(D s: 

S G 
G Ol 
Ol M 

O) -3 

-^ OJ 
m M 

O -O) 

C •"' 
i— ' .ri-^ 



<u 



03 I-" 
O O) 



■3 t«~<; 

.3 Oh 

-G G ■■ 
— ^ ce f^ 
ai .3 r^ 

-3 ^' -rH 



CD O) • 

^ 73 -^ 



. O •: - 

^ a> 3 o 

a-3 3.0 



CD 



. 03 

■3 3 

3 o 
■O) j 
fcJD . 

3 CD 

es 

•3 -S 

G ', — : 
*^ -ti 00 

II- 

b ô5 



— 96 -- 

Veyder : V. Marches. 
ViANDEN : V. Nassau. 

DE Waha. — Ce quartier fut présenté par Glaire-Scholastique-lsabelle de 
Moitrey, petite-fille de Dieudonnée de Waha (dossier n" 30; v. Moitrey). 

Voici quelles étaient, d'après le dossier, les lignes paternelles et maternelles 
de Dieudonnée de Waha : 

Gilliot de Waha. Jean de Waha. 

Catherine de Telin. Jeanne de Vildre. 

Gilliot de Waha. Jean de Waha. 

Marguerite de Sorvellez. Catherine Carpentier. 



Didier de Waha. 
Catherine Carpentier. 

Nicolas de Waha. 
Catherine Fizenne. 

Hubert de Waha, 



Henri de Waha. 
Josine d'Esmines. 

Georges de Waha. 
Isabelle d'Awans. 

ép. en 1613 Marguerite de Waha. 



« Pour confirmer l'ancienne noblesse du quartier de Waha », (lisons-nous 
dans l'intendit produit par M'^"'' de Moitrey), « on produit plusieurs épitaphes (1), 
par lesquels on remarquera que ceux dont il est parlé, y sont qualifiez et 
honorez du titre de messire et de chevalier et qu'ils ont fait des belles 
alliances •>■>. D'autre part, on rappelle « leurs réceptions aux Etats nobles de 
Liège, au très illustre chapitre de St-Lambert à Liège et à celui de Moustier. «. 

« Gilles et Hubert de Waha, père et fils, ont porté la qualité de chevaliers 
dans certains reliefs faits par devant la cour féodale de Liège ; on voit de ces 
deux rehefs que Hubert de W., chevalier, estoit fils légitime dudit Gilles, aussi 
chevalier, et de dame Marguerite de Berlo. 

« A la preuve qu'au commencement du XIV^ siècle Gilles et Hubert de W., 
père et fils, étaient qualifiés de chevaliers, on produit une lettre en parchemin 
contenant la déclaration et inscriptions de certaines tombes qui se sont trouvées 
dans l'église de Frondville, données par les mayeurs et les échevins dudit lieu 
en l'an 1585. 

« Dudit Hubert, qui estoit lors sgr. de Baillonville (v. donation produite) et 
de dame Aghnesse, sa femme, est venu Jean de W., s'' de Baillonville, comme 
se voit par le relief qu'il fait pardevant la dite cour de Liège par la reportation 
de sesdits père et mère. 

«« Ce même Jean eut pour épouse Df""*^ Maroie de Modave, comme il conste du 
relief suivant, de l'an 1383. 



(l) Ces épitaphes, ainsi que les pièces citées plus loin, ne sont, malheureusement, pas restées annexées 
au dossier. 



— 97 — 

« D'eux est descendu Julio de W., comme appert du relief suivant, et on voit 
d'un même endroit qu'il eut pour épouse dame Catherine de Trinar. 

« Et finalement de ce Gilio de W. et de ladite Trina est descendu Gilio de W., 
comme se voira d'un accord de l'an 1494, fait pardevant les échevins de Liège 
entre différentes personnes, d'une part, et Jean de W., s'' de Baillonville, avec 
luy Jean de W., voué de Frondville, Gilio et Jean, ses deux frères, enfans de 
feu Gilio de W., voué dudit Frondville «. 

De plus, pour prouver la ligne paternelle, on produisit les actes suivants : 

1452. — Relief fait par devant la cour de Liège par Gilio de Waha, comme 
mari et mambour de Catherine de Telin. 

15 juillet 1573. — Testament conjonctif de Didier de Waha dit Frondville, 
sgr. de Taviére (ouTavier), et de la D^i'e Catherine Carpentier, son épouse, au 
profit de Nicolas et de Pierre de W., frères, leurs enfants. 

18 mars 1577. — Protest fait de la part de Jean de Waha, « contre la per- 
sonne de Didier de Waha, fils de feu Gilliot de W. et de D^ne Marguerite de 

Sorvellez (ou Sorveldt), qui soUoit appartenir à Gillot de Waha, haut 

voué dudit ban de Frondville, père-grand dudit Jean de W., protestant, et 
audit Didier de W., requérant ». 

12 avril 1613. — Contrat de mariage de Hubert de Waha, fils aîné de feu 
Nicolas, propriétaire de la seigneurie hautaine de Haversin, et de feu Catherine 
de Fizenne, avec Marguerite de W., fille seconde de feu Georges de Waha. 

21 sept. 1653. — Contrat de mariage de Jean de Warnant, s"" de la Nœuville, 
Sept Fauves (ou Sept Fauwes), Bois-Falloise, Gœsne, Filée, Sadoneux-en- 
Condros, fils unique de feu Jean et de Marie de Celles, jadis conjoints et s"" et 
dame desdits heux, avec Dieudonnée-Marguerite de Waha, fille de Hubert, s'"de 
Haversin, Hayt et Buissonville (ou Boissonville), et de Marguerite de Waha. 

Pour la ligne maternelle, on invoque les actes suivants : 

1493. — Partage fait par les enfants de la famille de Wildre, où Jean de 
Waha est partagé à titre de Jeanne de Wildre, sa femme. 

Un extrait d'épitaphe de Jean de Waha et de dame Catherine Carpentiei 
reposant en l'église paroissiale de la ville de La Roche, bien et deument authen 
tiqué, par lequel on remarquera qu'iceluy avoit pour mère une nommée Vilder 
(ou Wildre). 

5 octobre 1560. — Acte d'appointement mentionnant Jean de Waha, capi- 
taine et châtelain de La Roche en Ardenne, étant en plein mariage avec dame 
Catherine Carpentier, sa femme ; Claude de Waha, s'" de Baillonville et Grand- 



- §8 - 

champ, capitaine et châtelain de Poillevache, son frère ; et « jadis noble cheva- 
lier Jean de Waha, s*" de Baillonville ", leur père. 

5 janvier 1605. — Acte par lequel « Georges, Théodore, Henry de Waha, 
écuyers, et Catherine de Waha, leur sœur, tous enfants et représentants de feu 
Henry de Waha dit de Baillonville, écuyer, et de Josinne Desmine, conjoints, 

requièrent le conseil de vouloir procéder à l'approbation du testament et 

ordonnances de volontés dernières desdits conjoints, leurs père et mère. Il y est 
parlé plus loin de « Georges de Waha dit de Baillonville, écuyer, fils aîné des 
testateurs », et de « Jean de Waha, écuyer, défunt, père du testateur, tant pour 
lui que pour D''"*' Garpentier, sa femme, et leurs enfants «. 

l" juillet 1620. — Avis conjonctif de Georges de Waha, dit Baillonville, che- 
valier, prévôt, capitaine, châtelain et haut-gruyer des château, ville et comté 
de La Roche en Ardenne, et d'Elisabeth d'Awans, conjoints, citant Marguerite 
de W., leur seconde fille, épouse de Hubert de Waha, écuyer, s'' de Haversin, 
Buissonville, etc. 

Waltpott de Bassenheim : v. Leyen. 

DE Warck : V. Marches. 

DE Warnant : V. Moitrey, Waha. 

DE Warsberg. — Quartier présenté en 1754 et en 1784 par les comtesses de 
Renesse. Les intendits qu'elles produisirent donnent la filiation suivante : 

I. Jean de Warsberg (de sable au lion d'argent, couronné, lampassé et armé 
d'or), épousa, par contrat passé à Waudrevange le vendredi après la Ste-Lucie 
1532, Marguerite de Helmstatt, dont : 

n. Jean de W., archi-châtelain de Reineck, sgr. de Freisdorflf, Winchringen, 
Wartenstein, Ruldig, etc., épousa Ursule de Schwartzenbourg (1), dont : 

IH. Samson de W., sgr, de Reineck et Freisdorfl, épousa Reine de Rol- 
lingen, dont : 

IV. Jean-Philippe, baron de W., sgr. de Winchringen, Warsberg, Warten- 
stein, conseiller de S. A. E. de Trêves, bailli de Sarburg, épousa le 1.3 février 
1640 Marie-Marguerite, libre baronne de Metternich, dont : 



(I) Pour prouver ce degré, on invoqua les documents suivants : 1° I.e 20 sept. 1 J92, Jean de Warsberg 
fait ri'liflau duc. palatin ilu Hhin et di' Deux l'onts du fief de Henwcilfr, au nom de ses enfants Samson, 
Jean-Pliilippe, Jeaii-Fr:tnçois, etc., à eux échus i)ar le décès d'Ursule, leur mère, fille unique de Louis de 
richwarzeidjourg. 2* tAi 1" avril 1079, Jean de Warsbei-g (est-ce peut-être le père?) rend hommage à l'ar- 
chevêque de Trêves, Jacques d'Kltz. pour le fief de Clusart, comme y ayant succédé par le trépas de « son 
péi'e et cousin f'hilippe et Jean ». '■'<' Extrait de la pieiic séjiulohi'ale de la famille de Warsberg, à l'église 
paroissiale de St-I^iurent à Saarbourg, où niessire Jean qui avait épousé la dame de .Schwartzenboui'g est 
représenté en liabit de chevalier. 



— 90 — 

V. Lothaire-Frédéric, baron de W., sgr. de Winchringen, Warsberg, War- 
tensteiii, conseiller de S. A. E. de Mayence, bailli de Niderohlm et Algesheim, 
ép. par contrat passé le 21 février 1678, à Mayence, Anne-Gath, -Marguerite, 
libre baronne de Hoheneck, sœur de Jean-Philippe, commandeur de l'ordre teu- 
tonique à Heilbronn, et fille de Jean-Reinhard, libre baron de H., conseiller de 
S. A. E. de Mayence, vice-dom à AschafFenbourg, et de Marthe-Hélène, baronne 
d'Eltz, petite-fille de Jean-Phil., baron de H., conseiller intime de S. A. E. de 
Mayence, vice-dom à Aschaflènbourg, et d'Anne Wolfï de Metternich de Gracht, 
arrière-petite-fille de Jean-Guillaume de H., époux de Marie de Weichs et fils de 
Philippe de Hoheneck et d'Oraniede Langenau. Ces époux eurent : 

VI. Anne-Hélène-Sophie, baronne de Warsberg, ép. de Ferdinand-Damien, 
libre baron de Breidbach (v. Breidbach) (dossiers 37 et 38). 

DE WiLDRE : v. Waha. 

DE WiLTZ. — A. — Claude d'Achey, archevêque de Besançon, prince du St- 
Empire, fait savoir aux chanoinesses de Ste-Waudrud, que Dame Barbe-Françoise 
d'Andelot, baronne de Wilz, femme de Messire Alexandre, baron de Wilz, 
Ghemilly (alias Chevilly), Buzy, etc., lui a fait connaître que S. M. a pourvu 
M^"** Isabelie-Clere-Eugène de Wilz, sa fille légitime, d'une prébende en ce cha- 
pitre, mais que les chanoinesses désirent, selon la coutume, avoir pleine connais- 
sance de l'extraction et descente de la récipiendaire « de huict costés ou quartiers 
tout de bonne cougneue noblesse militaire, sans bastardise ». Il atteste et certifie, 
en conséquence, que « la dite D*^"^ est issue légitimement de la dite maison de 
Wilz et de celles d'Andelot, Leblanc, L'Aubespin et Fetigny dit de Grandmont 
qu'elle allègue pour ses quattres quartiers maternelz ; lesquelles maisons nous 
avons (continue-t-il) cogneu et cognoissons pour très nobles, ses parens et alliés 
pour des principaux et signalés du pays et comté de Bourgougne, signamment 
la dite maison et famille d'Andelot, dont à présent est question ». 

Donné à Besançon en son palais archiépiscopal, le 2 mai 1642. 

Jacques-Nicolas Perrenot de Grandvelle dit de La Baume, comte de St-Amour, 
etc., « du conseil de guerre de S. M., maistre de camp du régiment de Bour- 
gougne qui est pour son service au Pays-Bas «, délivre une attestation semblable, 
à Besançon, le 3 mai 1642. — Mêmes attestations, délivrées à Besançon le 4 mai 
1642, l'une par dom Pierre deCleron, docteur en Ste Théologie, abbé de Gherlieu 
et de Teuley (alias Theuley), l'autre par Claude de Baufl'remont, baron de Scey, 
marquis de Meximieux, vicomte de Marigny, etc., du conseil secret de S. M. en 
son conseil de guerre, bailly d'Aval, colonel de cavalerie pour son service et 
gouverneur des armes de Sa dite M. en ses pays et comté de Bourgougne (signé 
«' Cl. de Bauffremont, le baron de Scey *>). (Originaux, cachetés ; carton d'attes- 
tations). 



lOÔ — 



È. — Tableau de quartiers 



Artus, b°" de Wiltz, Brandebourg Beaupart (3). Dommartin (4). 

s»*" du dit lieu, Glere- (2). 

vaux, Bredemus (1). 

Jean, baron de Wiltz, sgr. du dit lieu, Claude de Beaupart, 

Glerevaux, Pittange, Busy (?), dame baronne de Wiltz (6). 

gouverneur, capitaine et prévost de 
Thyonville (5). 



Messire Alexandre, baron de Wiltz, sgr. de Ghemilly, Busy, Breurey, 
Heurey, Montigny, etc., colonel d'infanterie réformé dans le service 
de S. M. I. et colonel d'infanterie dans le service de S. M. G. (7). 

Epousa Dame Barbe-Françoise d'Andelot, fille de Messire Claude- 
Ferdinand, sgr. d'Olans, etc. (8). 



Demoiselle Isabelle-Claire-Eugénie de Wiltz (9j. 

Ces quartiers sont accompagnés des différentes armoiries qui suivent : 

l** Wiltz : d'or au chef de gueules. — Heaume : surmonté d'un bonnet de 
gueules retroussé d'or. Cimier : un écusson aux émaux de l'écu, entre un vol 
d'or et de gueules. Lambrequins : d'or et de gueules. 

2'^ Brandebourg : écartelé aux 1 et 4 de gueules à l'écusson d'argent posé en 
cœur ; aux 2 et 3 d'or au chef de gueules chargé de 3 merlettes d'argent. 
Heaume. Cimier : un bonnet de gueules retroussé d'argent, sommé d'une plume 
de paon. Lambrequins : d'or et de gueules : 

3" Beaupart : écartelé aux 1 et 4 d'argent au lion de sable, couronné, lam- 
passé et armé d'or ; aux 2 et 3 de gueules au dextrochère armé d'argent, la 
main de carnation tenant un anneau d'or. Heaume avec une couronne d'or ; 
cimier : une aigle essorante de sable, couronnée et lampassée d'or. Lambrequins ; 
d'argent et de sable. (Beyer de Boppart). 

4° Doynmartin : de sable à la croix d'argent. Heaume avec bonnet de sable 
retroussé d'argent ; cimier : un vol de sable et d'argent. Lambrequins : d'ai'gent 
et de sable. 

7" L'écu comme au 1 ; couronne à 12 perles. 

8" Echiqueté d'argent et d'azur, au lion de gueules, couronné, armé et lam- 
passé d'or, brochant sur le tout. Couronne à 12 perles. 

9" L'écu comme au 1 ; couronn à 13 perles. 

Carte sur parchemin, avec armoiries en couleurs ; détruite en partie. Elle est 
certifiée à Besançon le 4 mai 1642 par Claude d'Achey, archevêque de Besançon, 
prince du St-Empire, Claude de Bauffremont, baron de Scey, marquis de Mexi- 
mieux, etc., Jacques-Nicolas Perrenot de Grandvelle, et Pierre de Cléron, doc- 
teur en théologie, abbé de 



— 101 — 

C. — Tableau de seize quartiers présenté par une chanoinesse de Ste-Waudru 
de la famille de La Hamaide (Dossier n" 92). 

Les quartiers sont donnés dans l'ordre suivant : 

Hamaide Namur Wiltz Merode 

Wingle Likerque Brandenborg Appremont 

Gulpen Hemptines Bayer Eysenborg 

Longchamps Héripont Dommartin Neuechatel 

La personne qui avait ces 16 quartiers devait donc avoir pour grand-père 
maternel soit le dit Alexandre de Wiltz, qui se serait remarié avec une de Merode, 
soit un frère du dit Alexandre. 

Chaque nom est accompagné d'armoiries ; celles des quatre familles qui nous 
occupent sont semblables à celles décrites sub B, sauf que l'écu de Wiltz semble 
être un coupé (le chef de gueules étant trop large) ; elles sont toutes sommées de 
couronnes à 15 perles. 

D. — Jeanne de Wiltz, fille de Jean, baron de Wiltz, et de Claude Bazée 
(Bayer), reçut une prébende par mandement daté du camp devant Audenarde le 
18 mai 1582 ; elle fut reçue le 21 juin 1584 à 8 ans 6 mois 3 semaines, pour 
remplacer Jeanne d'Ongnies décédée ; nommée abbesse en Lorraine, elle fut 
remplacée le 3 oct. 1606 par Agnès de Merode (Renseign. G. Decamps). 

M.-Eléonore de Wiltz dite de Chemilly, fille d'Alexandre, baron de W., che- 
valier, et de B. -Franc. d'Andelot, fut reçue le 23 juin 1646 à 7 ans, avec les 
quartiers : Wiltz, Brandenbourg, Beaupart, Dammartin. — Dandelot, Leblanc 

Laubespine, Elle entra en religion en 1668 et fut remplacée le 8 août 1668 

par Thér.-Eugénie de Hornes (Rens. G. Decamps). 

Isabelle-Cl. -Eugénie, sœur de la précédente, née le 23 avril 1631, fut reçue le 
17 mars 1643, à l'âge de H ans 11 mois 6 jours. Elle devint carmélite à Mons 
en 1658 et fut remplacée le 29 mars 1658 par Marie-Mad. de Boussu (Renseign. 
G. Decamps). 

DE Zanne : V. Marches. 

DE ZiTzwiTZ : V. Marches. 

ZwiRTZ : V. Marches, 



102 — 



La procession de la Fête-Dieu à Bleid, 

le 8 juin 1890. 

M. Jules de Prémorel, du château de Bleid, avait pris un instantané de la 
procession de la Fête-Dieu, le 8 juin 1890, à Bleid. Il a bien voulu m'en donner 




un exemplaire que j'ai fait reproduire en cliché, trouvant intéressant de fixer 
pour nos lecteurs les attitudes, les costumes, les manifestations qui caractérisent 
une époque dans nos campagnes. E, T. 



— 103 — 



Têtes de Pipes. 



L'usago de la pipe remonte aux temps les plus reculés. 

Déjà à l'époque romaine on en signale l'existence. Au musée d'Arlon figui'e une 
pipe trouvée dans un bloc de ciment romain ? 

On se demande ce que l'on fumait à cette époque ? Du chanvre, dit-on. Cet 
usage se retrouve dans un pays encore vierge et exploré par nos officiers belges, 
je veux dire au Congo. 

L'usage du tabac fut introduit en France au XVP siècle par les Espagnols. Le 
peintre Uamand Jordaens (1) représente dans des tableaux, notamment dans 
celui du Roi qui boit, des fumeurs de pipe (2). 

Plusieurs auteurs se sont occupés de la grave question des pipes ; on cite cet 
aphorisme d'un personnage de Molière : « Il n'est rien d'égal au tabac, c'est la 
passion des honnêtes gens et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre. . . » 

Cette opinion a été souvent combattue par les médecins et, malgré la guerre 
faite à la pipe, on la retrouve fréquemment dans les usages des peuples civilisés 
surtout depuis le XVP siècle. 

Cependant la façon de représenter les célébrités sur les têtes de pipe ne remonte 
pas bien haut, tout au plus au commencement du XIX* siècle. 

Celles dont je vais parler ne sont par conséquent pas très anciennes, elles ne 
sont même pas du domaine de l'archéologie et cependant leur grande variété, la 
composition de leurs sujets, les circonstances dans lesquelles elles ont été trou- 
vées, tout cela me parait digne d'être relaté et d'intéresser les lecteurs de nos 
annales. 

D'ailleurs, des revues très estimées ont entretenu leurs abonnés de cette grave 
question; « la Lecture pour tous » (3) a traité plusieurs fois ce sujet en don- 
nant des reproductions de personnages historiques : Henri IV, Charlotte Corday, 
Robespierre. 

Curieux assemblage de personnages choisis par l'imagination des marchands 
vers 1840 pour orner les modèles de pipes. Elle donne aussi des célébrités en 
têtes de pipes telles que des caricatures de Thiers et de Bismarck (4), des modèles 



(1) Né à Anvers le 19 mai 1593, f à Anvers le 18 octobre 1678. 

(2) Dans une des nombreuses répliqncs de ce sujet qui se trouvaient à l'Exposition .lordaens à Anvers 
en 1905, on voit un des personnages tenant une pipe entre les doigts. E. T. 

(3) Octobre 1901. p. 253. 

(4) Je me rappelle en avoir vu représentant Victor Hugo, Balzac, Frédéric Soulié, Ab del Kadw, 
etc., etc. E. T. 



— 104 

de pipes en terre cuite en usage au Mexique et dans une tribu de l'Alaska déposés 
au musée Carnavalet et ethnographique du Trocadéro. 

Le peintre Meissonnier, vers 1850, a produit un tableau représentant un fumeur 
attablé devant un pot de bière. Il tient une de ces longues pipes en terre cuite 
comme on en voit encore beaucoup de nos jours, mais celles qui se rapportent 
le plus de celles de notre trouvaille sont appelées tètes de Jacob encore beaucoup 
en usage. 

Cependant ces tètes dites « de Jacob » du patriarche hébreu, ne sont pas à 
comparer entièrement à celles qui nous occupent et qui ont des formes spéciales, 
parfois des doubles faces tirées de la mythologie ou qui représentent simplement 
des types de races, d'hommes célèbres, d'artisans et de bourgeois. 

Disons d'abord quelques mots à propos de leur trouvaille. 

En 1900, lors du creusement des fondations de la maison Breyer au fau- 
bourg (1), dite « Bazar Arlonais », les ouvriers m'apportèrent plusieurs 
objets entre autres un estoc du XVP siècle, dont je rendis compte dans le rapport 
des travaux de la société (2) et qui forme un des objets curieux du musée. Parmi 
ces débris, tessons de poteries et autres, se trouvaient dix tètes de pipes dont 
je n'ai pas voulu parler jusqu'à présent étant très perplexe au sujet de leur 
classement. C'est en vain que j'ai regardé ailleurs dans diverses collections, nulle 
part je n'ai trouvé d'exemples de ce genre. 

L'article cité plus haut de « la Lecture pour tous » me suggéra l'idée d'une 
étude plus approfondie ; je le fis sans beaucoup d'enthousiasme et chaque fois 
j'abandonnai mon sujet, le trouvant trop banal ; cependant je l'ai repris enfin, 
car en trouvant chez un modeleur de tètes de pipes des reproductions de faunes, 
d'hercule et d'une baccanthe entre des types d'Arabes, de Turcs, d'artisans, de 
Voltaire, je ne pus m'empècher de livrer mes recherches à la publicité. 




1234 5 6789 

Dans l'ordre du cliché la r^ tête qui se présente me semble être celle de 
Voltaire ; la 2'= à double face celle d'un Turc avec son turban ; en la retournant 
•ur le manche se trouve la tète de Hercule ; la 3* un Arabe ; la 4* Hercule coiffé 



(1) A l'angle de la rue des P'aubourgs et de la rue de Diekirch. E. T. 

(2j Annales de 1901, XIV. 



— 105 — 

de la peau du lion de Nemée duiiL les pâlies nouées lui servent de cravatte ; la 
5^ une baccanthe avec feuilles de vigne et raisins dans les cheveux ; la 6° un cor- 
donnier s'occupant de sa chaussure (que l'on me préserve du proverbe d'Apelle à 
son sujet : Ne sutor supra crepidam) ; la T^ un type militaire à moustache et 
barbiche ; la 8® un bourgeois coiffé à la mode du XV^ siècle ; la 9® un satyre ou 
un faune dont la tête est ornée de feuilles de vigne. 

Ce bizarre assemblage fait penser à la collection d'un culotteur de pipes étant 
toutes d'un modèle différend ; cependant la 10^ est en double et je ne pense pas 
que rien de semblable ait été découvert ou soit connu. 

Plusieurs tètes sont doubles : 

En retournant celle du Turc on trouve sur le manche du côté du tuyau celle 
de Hercule et vice versa. Il y a deux exemplaires dont l'un est mat et l'autre 
est verni. 

En retournant la tète du satyre vernissée de brun, ornée de feuilles de vigne 
où percent les oreilles pointues du faune, on obtient une gracieuse télé de 
femme turque portant un turban enroulé de feuilles et de perles, le front orné 
d'un diadème avec chaton au milieu. — On relève parfois l'estampille LK. 

Ces pipes n'ont sans doute pas été fabriquées à Arlon, ville qui n'avait pas 
encore à cette époque la légilime notoriété qu'elle a acquise pour la fabrication 
des pipes en racine qui portent son nom et dont l'industrie a été introduite dans 
la vieille cité par un Luxembourgeois, M. Heintzé-De Fer dont le fils, bien que 
très âgé, est encore de ce monde. 

Je me hâte de dire que l'estoc de ville du XVI® siècle n'a rien de commun 
avec les sujets décrits ci-dessus que je classe au commencement du XIX® siècle. 
D'ailleurs, l'estoc a été trouvé dans une couche beaucoup inférieure tandis que 
les pipes étaient légèrement enfouies dans la couche supérieure. Elles ne 
proviennent pas d'un marchand car elles étaient toutes culottées, leur séjour en 
terre ne leur en a pas fait perdre totalement les traces. 

Tout ce que l'on sait de la maison Breyer (bazar actuel) c'est qu'elle est 
l'ancienne maison Nickels à côté de laquelle se trouvait la maison Baclesse, 
aujourd'hui Belz et Menard. 

Selon les souvenirs d'enfance d'une personne connaissant Arlon d'il y a plus 
de soixante ans, il se trouvait dans une des parties de la maison Baclesse, un 
marchand de tabac et de pipes, nommé Thurm, lequel a habité ensuite la 
maison formant le coin gauche de la Breck donnant dans la Grand'rue. 

Un marchand aurait jeté des tètes cassées n'ayant pas servi ; la collection 
d'un grand fumeur aurait trouvé des amateurs ? 

Quoi qu'il en soit, on sera d'accord avec moi que la trouvaille dont il s'agit 
n'est pas banale et qu'elle méritait au moins d'être signalée. 

J.-B. SIBENALER. 



Catalogue illostré des pierres romaines du Isée. 



Le catalogue que nous avons publié dans nos annales de 1905 a obtenu un 
grand et légitime succès ; un succès d'autant plus grand que, pour beaucoup, il 
était une révélation des richesses rassemblées au Musée de l'Institut archéolo- 
gique d'Arlon. 

La revue de VArl Chrétien, une des plus importantes du monde savant, 
l'apprécie en ces termes flatteurs par la plume de M. J. Helbig, un critique des 
mieux autorisés. 

GUIDE ILLUSTRÉ DU MUSÉE LAPIDAIRE D'ARLON, par J.-B. Sibenaler, 
conservateur du musée, membre correspondant de la Commission royale des 
monuments etc. {Extrait des Annales de C Institut archéologique du 
Luxembourg. 

Le musée lai)idairc' d'Arlon est connu depuis longtemps des érudits et tout 
particulièrement des savants qui ont étudié les derniers siècles de la domination 
romaine sur les rives de la Moselle, de la Meuse et de ses affluents. Mais on n'a 
compris toute l'importance de ce musée au point de vue de l'art et de l'archéo- 
logie, que depuis quelques années; c'est-à-diie depuis que les monuments qui le 
composent ont été retirés de la cave oti ils étaient réunis et où à peine on pou- 
vait les voir, pour être placés dans le local convenable et bien éclairé où ils se 
trouvent maintenant. 

C'est par les soins de son conservateur, M. Sibenaler que ce transfert a été 
opéré, et c'est par ses soins encore, qu'un catalogue vient d'être publié. Après 
une bonne installation, un classement convenable; ce complément devenait 
nécessaire pour donner au musée toute sa valeur au point de vue de l'enseigne- 
ment, de l'utilité historique et de l'intérêt que le public doit y porter. 

Disons tout d'abord que ce guide se présente sous un aspect élégant de nature 
à satisfaire les plus difficiles. C'est une jolie brochure gi'and in-8" de 132 pages, 
ornées d'un grand nombre de clichés bien réussis ; après la visite du musée, ce 
guide illustré sera pour le touriste non seulement un souvenir agréable à em- 
porter, ce sera souvent un livre de notes très utile à consulter. 

Le musée lapidaire d'Arlon a quelque chose de mystérieux en ce sens qu'il 
contient de nombreu.x débris de monuments très considérables de la civilisation 
romaine sur lesquels il n'existe guère d'informations écrites. Les auteurs de 
l'époque où ces débris formaient des édifices sont muets. A vrai dire nous ne 
savons à peu près rien du temps où ils ont été bâtis, et nous sommes dans 
l'ignorance sur l'histoire de leur destruction. Four tout renseignement nous en 
sommes donc réduits à ces ruines, ou fragments de ruines, et comme le dit un 
historien, cité dans la préface de notre guide : « Il faut lire ces œuvres de 



— 107 — 

pierre, il faut les parcourir l'une après l'autre dans leur pittoresque multiplicité 
comme on feuilleterait les pages d'un volume illustré : mieux que des textes 
écrits, elles nous racontent la vie intime de la Belgique romaine. Ce sont les 
tombeaux seuls qui nous les ont fournies : car le tombeau, cette porte ouverte 
sur l'autre vie, n'est pour les Romains qu'un miroir qui reflète celle-ci en y 
ajoutant le charme douloureux de ce qui est à jamais perdu. Ces monuments 
funéraires nous offrent la vive et saisissante image d'un monde que leur réalisme 
rapproche de nous avec une puissance d'évocation étonnante (1). » Assurément 
on ne saurait mieux dire, et ces fragments de sculpture qui nous mettent ainsi 
en présence des réalités de la vie d'une civilisation disparue, prouvent par leur 
« puissance d'évocation étonnante » un plus haut degré d'avancement dans l'art 
que la plupart des débris de la civilisation romaine trouvés en Belgique. Fuis 
il n'y a pas seulement des tombeaux et des épitaphes, il existe encore au musée 
lapidaire d'Arlon des entablements, des colonnes, des fragments d'édifices très 
considérables, dénotant l'existence d'une cité opulente, disparue, sans laisser des 
traces dans l'histoire écrite. 

Quoi qu'il en soit, le Guide illustré que nous avons sous les yeux, rend 
facile et hautement instructive la lecture de ces débris, et son auteur s'est 
attaché avec un soin et une conscience bien méritoires à réunir tout ce que les 
savants qui les ont étudiés ont pu en tirer. Ses éclaircissements accompagnés de 
reproductions, généralement excellentes, offrent au visiteur studieux à peu près 
toutes les informations qu'il peut souhaiter. Nous avons la bonne fortune de 
mettre sous les yeux du lecteur quelques-unes de ces reproductions dont l'Institut 
archéologique du Luxembourg a bien voulu mettre les clichés à notre disposition. 
Le dernier chapitre du guide, sous le nom A' Addenda, est loin d'être le moins 
intéressant. M. le conservateur résume, sur les monuments énumérés dans le 
catalogue, toutes les informations, les inductions et les conclusions que l'on 
peut en tirer. Il a lu tout ce qui les concerne et recueilli l'opinion des savants du 
pays et de l'étranger qui ont visité le musée d'Arlon, guidés par lui : il s'arrête 
à ces conclusions « Si l'on tient compte des grandes dimensions de beaucoup de 
ces fragments, de la variété et de la richesse de leur décoration, on doit en 
déduire que l'agglomération urbaine qui formait la cité Arlonaise au temps des 
Romains, se distinguait par le chiflre notable de ses habitants, par leur culture 
intellectuelle peu ordinaire et par le degré élevé d'aisance matérielle. Ce que 
l'on peut affirmer aussi, sans crainte de se tromper, c'est que la population 
d'Arlon devait vivre depuis longtemps dans un état de paix profonde et de 
tranquillité parfaite. 

Enfin l'auteur passe aux informations que l'on possède sur la destruction ou 
plutôt la dispersion des ruines qui formaient autrefois VOrolaunum vicus. 

Ces informations sont malheureusement de date relativement récentes. Les 
derniers témoins oculaires qui contemplèrent ces épaves d'un passé opulent 
furent les deux frères Wiltheim, en 1671. C'est surtout après leur visite que la 
dispersion des pierres sculptées commença. On peut admettre qu'elle a commencé 
beaucoup plus tôt. L'auteur cite à cet égard un fait rapporté dans la chronique 
de Saint-Hubert, et que j'avais signalé moi-même (2). Celui de la demande 



(1) G. Kurth, professeur à lUniversité de Liège. 

(2) La sculpture et les arts plastique au pays de Liège et »ur les bords de la Meuse. 
BiUges, 18 0, p. 6 



— 108 — 

adressée au XII® siècle par Thierry, abbé du monastère de Saint-Hubert, à la 
comtesse de Luxembourg, de pouvoir enlever les belles pierres provenant des 
anciens édifices d'Arlon, pour les faire servir à la construction de la crypte et 
du cloitre de l'abbaye ; permission qui, selon notre chroniqueur, fut gracieuse- 
ment et largement accordée. Après, et probablement avant la visite des frères 
Wiltheim, l'abbé Thierry trouva de nombreux imitateurs qui, même pour satis- 
faire à de bien futiles caprices, enlevèrent les pierres sculptées les plus intéres- 
santes pour le simple plaisir des yeux qu'offrait leur décor. 

M. Sibenaler rappelle en terminant qu'heureusement le sol historique des 
environs d'Arlon, n'a pas dit son dernier mot. Bon nombre de pierres sculptées 
du musée sont le résultat de fouilles récentes. Il y a donc lieu de continuer les 
recherches avec les ressources que les dififérentes administrations ne peuvent 
refuser en présence des faits acquis, car il y a tout lieu d'espérer que de nou- 
velles trouvailles augmentent encore l'intérêt déjà bien considérable du musée 
lapidaire d'Arlon. J. H. . 

* * 

Après le brillant compte rendu de notre Guide illustré du Musée lapidaire 
romain par un homme distingué, artiste et érudit dont le jugement droit et cer- 
tain est à l'abri de toute critique, il nous reste à citer un témoignage entre 
beaucoup d'autres, c'est celui du conseil de perfectionnement de l'instruction 
moyenne qui a proposé à M. le Ministre de l'Instruction publique l'inscription de 
cet ouvrage au catalogue des livres à donner en prix dans les établissements 
soumis au régime des lois du 12 juin 1850 et 15 juin 1881. 

Par sa dépêche du 8 janvier 1906, 2° 8"° n" 642, M. de Trooz, chef du Dépar- 
tement de l'Intérieur et de l'Instruction publique a fait connaître sa décision 
conforme qui a été notifiée aux établissements intéressés. 



MMp@miii&m é@ I</£ée#. 



Bruxelles, janvier 1906. 
Monsieur, 

Lorsque, au nom du Comité de la classe 3, il a été fait appel à votre concours 
en vue de l'organisation de la section d'Enseignement supérieur et des Sciences 
à l'Exposition universelle et internationale de Liège, vous avez mis à y répondre 
un empressement patriotique auquel nous sommes heureux de rendre un hom- 
mage mérité et reconnaissant. 

Aujourd'hui que l'Exposition est close, il nous a paru nécessaire d'attester la 
part que vous avez prise à ce bel effort qui marquera dans le mouvement des 
idées en notre pays, par l'attribution d'une médaille commémorative spéciale et 
d'un diplôme de mérite. 

En vous les offrant, nous vous prions de recevoir. Monsieur, nos remerciements 
les plus sincères et d'agréer l'expression de notre considération la plus distinguée. 

AU NOM DU BUREAU : 

Le Secrétaire^ Le Président, 

G. LEGOINTE. G. VAN OVERBERQH. 

A Monsieur le Président de VInstitut archéologique du Luxembourg. 

* 

La même lettre a été adressée à M. Sibenaler, conservateur de notre Musée, 
auquel, pour son catalogue illustré des pierres romaines, il a été décerné une 
médaille en or et un diplôme personnel. 

Le Jury international des récompenses de l'Exposition universelle de Liège 
1905 a décerné un diplôme de Grand Prix à la collectivité des sciences anthro- 
pologiques et archéologiques dans la classe 3. 

Gette distinction est inscrite au Palmarès qui a été publié en annexe au 
Moniteur belge du 21 octobre dito. 

Notre Institut reçoit une ampliation du diplôme précité en sa qualité de par- 
ticipant à la dite collectivité. 

Le Président, 

E. TANDEL. 




Dédié 

à Monsieur le Comte Camille de Briey, Gouverneur 
de la Province de Luxembourg, Président d'hon- 
neur de l'Institut archéologique; à l'éminent et 
digne descendant de l'illustre maison de Briey, 
originairement en possession de la seigneurie 
de Breux. 



£a seigneurie de $rettg 



PAR 



Louis SQHAUDEL. 



INTRODUCTION. 



Breux est une commune française du département de la Meuse, canton et 
arrondissement de Montmédy, dont elle est éloignée de 10 kilomètros. Son 
territoire est actuellement limité, au nord et au nord-est, par la frontière franco- 
belge qui la sépare des communes de Gérouville et de Sommethonne (Belgique) ; 
à l'est, il confine au territoire de Thonne-la-long ; au sud, à ceux d'Aviolh et de 
Thonnelle ; enfin à l'ouest, il est limitrophe des communes de Thonne-le-Thil, 
d'Herbeuval et de Margny. Mais, plus anciennement, la seigneurie de Breux 
s'étendait davantage au sud, car elle comprenait la moitié à peu près du finage 
attribué plus tard au village d'Avioth. Nous savons en efïet que la splendide 
église de N.-D. d'Avioth était entièrement construite sur le territoire de la sei- 
gneurie de Breux, dont la limite à l'est et au sud suivait alors le haut chemin 
et le grand chemin de Thonne-le-Thil, englobant toute la partie septentrionale 
du territoire actuel d'Avioth. Aussi les seigneurs de Breux avaient-ils dans Tinté- 



- m - 

rieur du monument une chapelle sépulcrale ; en outre, ils partageaient le droit 
de patronage de l'église avec les abbés de St-Symphorien de Metz, propriétaires 
du ban de St-Brice dont une partie contribua également à former le territoire 
de la commune d'Avioth. 

Outre la Vieille- Ville, qui était le centre ou chef- lieu delà seigneurie, celle-ci 
comprenait anciennement le village é'Esclapi, connu par la charte d'affranchis- 
sement de 1238 et dont le nom a disparu ; peu éloignés l'un de l'autre, les deux 
groupes d'habitations en se rejoignant le long du vallon, finirent par ne plus 
former qu'une seule agglomération qui est le Breux actuel. 

Plusieurs centres d'exploitation étaient disséminés sur l'étendue de la seigneu- 
rie, tels que la censé de Fagny au nord, celle de Séchevaux et probablement 
aussi Hianquemine au sud-ouest. 

Au XIIF siècle, la seigneurie était commune entre le comte de Ghiny et le 
seigneur de Briey qui nommaient un prévôt jurant de sauvegarder leurs 
droits respectifs. Les habitants devaient le service militaire à pied et à cheval. 

D'abord feudataires des comtes de Bar, puis successivement des ducs de 
Luxembourg, des rois d'Espagne et des rois de France, les seigneurs de Breux 
avaient le droit de haute, moyenne et basse Justice. 

Le château seigneurial primitif était situé à l'est delà Vieille- Ville, à droite de 
l'entrée méridionale du village actuel. Il était flanqué de tours et environné de 
fossés pouvant facilement être remplis grâce aux eaux qui affluent vers ce point. 
Vers la fin du XVI* siècle, la plus grande partie des bâtiments étaient déjà en 
ruines ; en 1846, il ne restait plus que les caveaux et depuis longtemps il n'en 
subsiste plus aucune trace, les terrains ayant été livrés à la culture. 

Outre ce château, il existait, sur la hauteur non loin de l'ancienne église, une 
maison seigneuriale appelée la maison du chevalier, également disparue ; l'empla- 
cement, transformé en jardins, porte encore la dénomination le « Chevalier ». 

Au XVIIP siècle, les derniers seigneurs de Breux habitaient une maison dite 
le " nouveau château ", dont la commune fit l'acquisition, en 1829, pour servir 
de presbytère (1). 



(1) F. Houzelle : Breux, son histoire et sa seigneurie, p. (>4, Bar le-Duc, 1899. — Louis 
Schaudel : Les anciens seigneurs de Breux, Montmédy, 1890. — Histoire d'Avioth et de son 
église, Bar-le-Duc, 1891. — Avioth à travers l'histoire du comté de Chiny et du duché de 
Luxembourg, Arlon, 1903. 



%,m Bmîm^^uwim ûm M^mmm 



PAR 



L^ouxs seHT^UlDEL^ 



OKIGIil^ËN. 



Les premiers seigneurs connus de cette localité ne portaient pas le nom de 
Breuœ, mais celui de Briey, famille dont l'origine se confond avec celle des 
comtes de Bar, descendants des ducs de Haute-Lorraine du X* siècle. 

La première mention du nom de cette famille, que nous fournissent les docu- 
ments et chroniques du comté de Ghiny, est celle de l'arbre généalogique du prieur 
de Suxy (1) qui donne pour femme à Lous II, comte de Ghiny (1030-1068) 
" Sophie, fille de Frédéric, duc de Mosellane, comtesse de Brie, qui mourut l'an 
1078 ». 

l-es historiens du comté de Ghiny ont disserté longuement sur l'origine de la 
femme de Louis II sans arriver à se mettre d'accord. 

Bertels (2), comme l'auteur de l'arbre généalogique, la dit ttlle de Frédéric, 
duc de Haute-Lorraine et comte de Bar. 

Bertholet (3) donne pour père à Sophie de Brie, Frédéric comte de Verdun. 

Albéric de Trois-Fontaines (4) affirme que Sophie, comtesse de Brie est, non 
la fille de Frédéric, duc de Haute-Lorraine et comte de Bar, mais sa nièce. 
D'après lui, l'homonyme de Sophie, femme de Louis II, comte de Ghiny, serait 
la fille de Séfrid, frère du duc, et ce serait celle-ci qui, sous le nom de Sophie, 
comtesse de Bar, aurait épousé Louis, comte de Montbéliard, de Monçon et de 
Ferrette. 

Le P. Golïinet (5) explique ces divergences d'opinion par l'hypothèse que la 
femme de Louis II, comte de Ghiny, doit être fille de Séfrid, frère du duc de 
Haute-Lorraine et comte de Bar. 



(1) Brief recueil de la généalogie et succession des comtes de Cliiny. Manuscrit de 
Henri Russel, prieur de Suxy. 
(-2) Bertels, — Historia Luxemburgensis ; éd. Lu.xenib. 1850. 

(3) Bertholet. — Hist. ecclés. et civile du duché de Luxemb. et comté de Chiny, 1743. — 
T. III, p. 50. 

(4) Albéric de Trois-Fontaines. — Chronicon; éd. Leibnitz. 

(5) P. Hip. Gûffinet. — Les comtes de Chiny; Arlon 1880, p. 61. 

8 



— 114 — 

J'ai à mon tour étudié cette question puisqu'elle intéresse la maison de Briey. 

En ce qui touche l'opinion de Bertels, du prieur de Suxy et d'Albéric de 
Trois-Fontaines, elle ne saurait nous arrêter longtemps devant le fait bien 
établi que Frédéric II, dernier duc de Haute-Lorraine, de la maison de Bar, 
successeur du duc Thierry F"", ne laissa que deux filles qui conservèrent les 
domaines héréditaires de leur père. Ce sont : 1'^ Sophie^ comtesse de Bar après 
la mort de son père survenue le 7 août 1033, qui épousa Louis, comte de Mont- 
béliard, de Monçon et de Ferrette, tige de la seconde race des comtes de Bar ; 
2" Béatrice^ qui épousa en premières noces Boniface III, comte de Toscane, et 
en secondes noces Godefroi III le Barbu, duc de Haute-Lorraine. 

Ce n'est qu'en confondant Louis II, comte de Ghiny, avec son homonyme, 
comte de Montbéliard, que Bertels, et après lui Jeantin, ont été amenés à con- 
sidérer Sophie de Brie comme fille de Frédéric II, duc de Haute-Lorraine et 
comte de Bar. 

Enfin, la descendance indiquée par Bertholet ne repose sur aucune preuve. 
Frédéric, comte de Verdun, qu'il considère comme le père de Sophie de Brie, 
avait succédé à son père Godefroi P'", surnommé le Vieux et ensuite le Captif, 
qui, en 971, fit la guerre à Othon pï", comte de Ghiny. A son retour d'un pèle- 
rinage à Jérusalem, en 997, Frédéric renonça au monde et se retira à l'abbaye 
de St- Vanne où il finit ses jours en 1022. Rien ne permet donc de supposer qu'il 
fût le père de la femme de Louis II, comte de Ghiny. 

L'hypothèse du P. Gofïînet, d'après laquelle Sophie de Brie est la nièce de 
Frédéric II, duc de Haute-Lorraine et de Bar fl019-1033),me paraît au contraire 
reposer sur des bases sérieuses, 

Thierry P"", duc de Haute-Lorraine et comte de Bar (978-1027) avait eu de 
Richilde, outre Frédéric II, un fils nommé Sigefroi, comte de Briey (1). 
Laine (2) dit qu'Albéric de Trois-Fontaines {ante 1052), après Laurent de 
Liège, confond Sigefroi avec son frère Frédéric en disant qu'il fut père de la 
comtesse Sophie. Or, l'existence de Sophie de Brie, devenue la femme de 
Louis II, comte de Ghiny, démontre que Sigefroi, comte de Briey, avait bien 
comme son frère Frédéric II, une fille du nom de Sophie. 

L'épouse du comte de Ghiny, Louis II, était donc arrière-petile-fille de 
Frédéric I, duc de Haute-Lorraine, petite-fille du duc Thierry I, fille de Sigefroi, 
comte de Briey, et par conséquent nièce de Frédéric II, duc de Haute-Lorraine 
et comte de Bar. 

Ce point d'histoire peut donc être considéré comme acquis. 



(1) Dans la liste Rénéalogique des comtes de Bar, donnée par Bertholet d'après dom 
Calme (T. Ilf, p. XXVI), il ligure sous le nom de Simon, comte de Briey. 

(2j Laine. — Généalogie de la tnaison de Briey. Paris, 18W, in 8». — Appendice, p. 109, 
note A. — Ce livre, aujourd hui rarissime et que j'aurai souvent à citer m'a été obligeam- 
ment prêté par M. Léon Germain de Maidy. .le suis heureux de pouvoir lui en exprimer ici 
ma vive reconnaissance. 



— H5 — 

Ici une autre question se pose : Kxistait-il un comté de Rriey ? 

Laurent de Liège, religieux de l'abbaye de Saint- Vanne, qui a composé une 
chronique très détaillée des évoques de Verdun depuis l'année 1048 jusqu'en 
1114, ne l'appelle que Seigneurie [Briacensis potestas) (1). 

« Place forte dès le X® siècle, dit Laine, Briey devint une châtellenie du Bar- 
rois qui a, dans plusieurs chartes des X'^j-XP, XII® siècles le titre de comté, non 
pas qu'elle eût jamais formé un district ou territoire particulier sous cette déno- 
mination, mais parce qu'elle fut l'apanage de plusieurs cadets de la maison 
d'Ardennes et des ducs de Lorraine de la première race, issus, par les comtes 
de Ghaumontois, de Saint-Arnoul, prince du sang mérovingien. Ces cadets, 
d'origine royale, portaient les titres de duc et de comte par droit de naissance 
et les affectaient aux territoires ou localités qui formaient leur partage « (2), 

Briey, de même que Breux, appartenait primitivement au grand pagus de 
Woëvre qui, après le démembrement de l'empire de Gharlemagne, fut divisé en 
plusieurs pagi ou comtés relevant alternativement des rois francs et des empe- 
reurs d'Allemagne. A côté d'un comté de Woëvre ou Voivre, qui ne comprenait 
qu'une partie de l'ancien pagus de ce nom, on voit apparaître le comté de Verdun, 
le pagus Matensis (3) ou Methmgowe qui s'étendait sur les bords de la Ghiers, 
de la Grusne et de l'Alzette, le pagus Arrelensis (d'Arlon) et le pagus Ecodien- 
sis ou Ivodiensis (d'Ivoi). 

G'est ici le moment de rectifier une erreur commise par tous ceux qui se sont 
occupés de la question. S'appuyant sur un acte publié par Dom Galmet (4), ils 
avaient cru, et j'avais sur ce point partagé leur erreur, que Montmédy faisait 
partie d'un pagus Nongentensis. L'acte dont il s'agit, daté de Metz 16 décem- 
bre 933 et émanant d'Adalbéron, évêque de Metz, contient le passage suivant : 
« in pago Vongencinsî villam que vocatur Mons Médius ". 

Ge texte a été publié récemment dans le cartulaire de l'abbaye de Gorze (5). 
Les auteurs des Notes qui accompagnent cette précieuse publication due à la 
munificence de feu M. Aug. Prost, de Metz, font ressortir que le Mons Médius 
de l'acte de 933 paraît s'appliquer à Mesmont (Ardennes, arrond. de Rethel, 
canton de Novion-Porcien). 

Le pagus Vongensis ou Vongentensis a été l'objet d'un savant mémoire 



(1) Spicilèye de D. d'Achery, t. XII. 
("2) Laine. — Ibidem, p. 2. 

(3) C'est dans le pagus Matensis ou le Matois qu'il faut chercher le comté de Malfrid 
mentionné dans un titre authentique de '.>2Gt( Radimja in pago Metensi in cumitalu Matfridiy>. 
Radinga est Rédange situé en plein Matois, d'où il taut conclure que Metensi est une erreur 
de copie et doit être lu Matensi. Le fils de Matfrid, Adalbert, portait également le titre de 
comte ; il périt en 945 sous les coups d'un certain Idon. « Adelbertus cornes /ilius Mat/'ridi 
ab Idone occiditur ». (Reginon. cont. in Monurn. Genn I, G19 ad an. 945). Son héritier pro- 
bable, Albert, premier duc de Lorraine, est désigné sous le nom de comte de Longwy en 
1047 — nobilissimum Albertum de Longuicastro (Laurent de Liège. — flist episc Vird. — 
Calmet 1,210). Cf. le savant travail de M. l'abbé V. Châtelain. Le comté de Metz et la vouerie 
episc. du Vllb au XIII' siècle. Annuaire de la Soc. d'kist. et d'arch lorraine, t. X et XIII. 

(4) Dom Calmet. — Histoire de Lorraine. 

(5) Mettensia, 1900. — Cartulaire de l'abbaye de Gorze. 



— U6 — 

inséré par M. Longnon dans ses Etudes sur les pagi de la Gaule (i). Il en 
ressort clairement que ce pagus ne saurait avoir rien de commun avec celui où 
se trouve situé Montméd}', l'ancien xMaidy [Madùicum)^ dont le teri'itoire appar- 
tenait sans doute au pagus Ivodiensis, après le démembrement du pagus 
de Woëvre. 

En 950, Frédéric I, qualifié duc dès 945 et 948, possédait, selon le P. Picard, 
le comté de Voivre comprenant ce qu'on a appelé depuis les bailliages d'Etain, 
de Briey, de Longuyon et de Villers-la-Montagne (2). Il était également posses- 
seur de la terre de Stenay (3) et du château de Briey (4). 

Son fils Heselin ou Henri fut de même comte de Voivre, tandis qu'un autre de 
ses fils, Sigefroi, fut comte de Briey (5). 

« En 981, suivant la Chronique manuscrite de Metz^ les citoyens de cette 
ville ayant encouru l'indignation de l'empereur Othon II, par la volonté qu'ils 
manifestèrent de se maintenir dans leurs libertés contre les évêques de Metz qui 
jouissaient d'une manière absolue de tous les droits régaliens, formèrent une 
ligue avec Godefroi le Jeune, fils de Godefroi le Barbu, comte en Ardennes, 
Albert, comte de Namur, Sigefroi, comte de Briey, Henri (de Namur), comte 
de Durbuy, Arnoul, comte de Ghiny, N..., comte de Grandpré, Waleran, comte 
d'Arlon » (6). 

La charte d'Othon II, empereur d'Occident (967-983), datée de Gapoue le 26 
septembre 982, mentionne Rainard (Reginhardus), comte de la Woëvre ; 
Sigefroi {Sigifridus) comte du pays de la Moselle {^^ curtes quoque suas 
Morlingas et Lezhei nominaias, in pago Mosalgotre vocato et in comitatu 
Sigifridi comiiis sitas «) (7). 

Vient ensuite Sigefroi, comte de Briey, fils du duc Thierry, comte de Bar, 
(978-1027) et père de Sophie de Brie, femme de Louis II, comte de Ghiny 
(1030-1068). 

A la mort de Frédéric H, comte de Bar (1027-1033), la seigneurie de Briey 



iV) 2 partie, p 108. 

(•2) Laine, p.10« —Art de vérifier les dates, t. Xlll, p. '^ix■, - Itist. de Lorraine. 1. 1, p. «.îS. 
(3> Laine, p. lOS. — (Kécit manuscrit de l'inceiulie du laubuur^ de lleiuis ecnl \ers 
l'an iOitlJ par un moine). 

(4) Laine, p 108. — (Vie de Saint Cadrœ). 
(.")) Laine, p. lO'J. 




questi 

son lils, mort en 1U7(). Comme l'a fait remarquer M. l'abbe V. Cliàlelain, la chronique 
manuscrite de Metz dite Chronique de Praillon, du nom du maitre-écheviii qui la possédait 
du temps de .Vleurisse, est très ancienne, le commencenjent dénotant un rédacteur du 
XII* siècle Ce manuscrit, dont le premier volume a été retrouvé par M. Wolfram dans la 
bibliothèque du Hritish Muséum nous a conservé beaucoup de renseignements précieu.x, 
que l'on chercherait vainement ailleurs et dont la sûreté a pu être contrôlée. C'est pour ce 
motif que je n'ai pas cru devoir écarter ce passage de V Histoire des évêques de Metz qui 
contient le nom de Sigefroi, comte de IJriey. 

Ç) Mellensia. — Carlul. de l'abbaye de Gorze, n" 199. 



- 117 - 

avec celle de Glerinont (1) revinrent à Béatrice, sa seconde fille, mariée en 1036 
à Boniface, connte de Modène, marquis de Toscane mort le 7 mai 1052. Béatrice 
se remaria à Godefroi III le Barbu, duc de Basse-Lorraine, décédé le 25 septem- 
bre 1069. Elle survécut à son second mari jusqu'au 28 avril 1070 et ne laissa 
qu'une fille, issue de son premier mariage, bien connue sous le nom de Mathilde, 
la grande comtesse. 

Née en 1039, Mathilde fut comtesse de Modène, de Briey, etc., marquise de 
Toscane et s'unit, en 1063, à Godefroi IV le Bossu, duc de Basse-Lorraine, mort 
sans enfants en 1076. Elle se remaria en 1089 avec Welph II, duc de Bavière et 
mourut sans postérité le 24 juillet 1115 (2). La comtesse Mathilde, retenue 
dans ses états d'Italie, avait confié l'administration et la défense de ses domaines 
héréditaires à Albert de Briey, frère aine de Richer, évèque de Verdun, qu'elle 
institua son avoué. Ce personnage, très probablement descendant de Heselin ou 
de l'un des Sigefroi mentionnés plus haut, était par conséquent parent de la 
comtesse Mathilde. 

Laurent de Liège rapporte qu'après la mort de Godefroi de Bouillon (neveu 
de la comtesse Mathilde et adopté par Godefroi IV le Bossu avant sa mort en 
1076), ses dignités et fiefs ayant été donnés par l'empereur à plusieurs princes 
et seigneurs, Albert de Briey réclama la seigneurie [potes lateyn^Ae Briey, pour 
la tenir en foi et hommage de la comtesse Mathilde (3). 

Après la mort de la comtesse, survenue le 24 juillet 1115, sa succession fut 
une source de longues querelles entre le Saint-Siège, auquel elle fut toujours 
dévouée, et l'Empire (4). 

Le comté, ou la seigneurie de Briey passa à Renaud F'', héritier de la com- 
tesse Mathilde, qui le réunit au comté de Bar (5). On voit en effet qu'en 1147, 
ce comte, étant sur le point de partir avec le roi Louis le jeune pour la Terre- 
Sainle, confirma, comme Seigneur de Briey ^ les donations faites à l'abbaye de 
St-Pierremont par la comtesse Mathilde (6). 

Albert de Briey ne transmit à ses descendants que la portion du fief dont il 
avait joui héréditairement dans la châtellenie de Briey, et à raison de laquelle 
les barons d'Aspremont, aines de sa race, furent en guerre avec les comtes de 
Bar en 1184. 

Thibaud P"", petit-fils de Renaud P*", avant de succéder au comte de Bar se 



(1) Sur CleriTiont. voir les Charles dti ClermcDUois conservées au Musée de Condc, à 
Chantilly (t069-lH.52), de M A. Lesort, dans les Mémoires de la Société des Lettres, Sciences 
et Arts de Bar-le-Duc. liXlS. 

(2) Laine. — Ibidem, page 110. 

(3) Vie de Richer, évêque de Verdun ; Hist. de Lorraine, t. I. Preuves, col. 217 — Cf. 
Laine. — Ibid. p. 4 

(4) Art de vérifier les dates, t. XVIII, page 59. — Biographie universelle, f . XXVU, page 
447 — Cf. Laine, Ibid. page 4. 

(5) P. Benoit, page 31. 

(6) Drouin. — Affaires ecclésiastiques, page 649. 



— 118 — 

nomme et qualifie Thibaud, seigneur de Briey^ dans la charte d'une donation 
qu'il fit à l'évèque de Verdun en 1184. Les documents de l'abbaye d'Orval le 
montrent avec le même titre dans une charte de Louis III, comte de Ghiny, de 
l'an 1188, relative au domaine de Blanchampagne. Il s'agissait du fonds de 
terre et du bois, compris entre la crête de la principale hauteur et le trou de 
Vaux jusqu'à l'extrémité des emblavures des religieux d'Orval à Malandry, que 
Simon de Laferté leur avait donnés et que leur contestait son neveu Engon de 
Laferté. Le comte de Ghiny, de concert avec messire Thibaud de Briey, restitue 
ces biens et les confère à perpétuité au monastère d'Orval. Pour terminer, 
T\\\h2in\\ [Theohaldus, Dei gratia dominus de Briey) déclare qu'il a assisté 
à ces arrangements et à cette conciliation, et, de concert avec messire Louis 
comte de Ghiny, il atteste la réahté de la donation. Quant aux biens qui en font 
partie et qui relèvent de lui, il veut qu'ils appartiennent à l'abbaye et 11 les lui 
confirme à perpétuité par l'apposition de son sceau (1). 

Thibaud, alors chargé de l'administration du comté de Bar, en l'absence de 
son frère Henri P"" auquel il succéda lorsqu'arriva la nouvelle de sa mort surve- 
nue en combattant aux côtés de Richard-Cctur-de-Lion sur les bords du Jourdain 
le 19 octobre 1191, se qualifie encore seigneur de Briey, dans une charte de 
1189, scellée de son sceau aux armes de Bar, par laquelle il assigne la terre de 
Briey en douaire à Ermesinde (de Namur), sa 3*^ femme (2). Il était en effet 
veuf de Lauretle de Looz, qualifiée de comtesse de Briey dans une charte de 
l'abbaye de Saint-Pierremont de l'année 1186 (3). 

Plus tard, le 5 octobre 1225, Henri II, comte de Bar, fils de Thibaud P"", 
déclara avoir repris en fief et hommage de l'évèque de Metz, ayec le consente- 
ment d'Othon, duc de Méranie, comte palatin de Bourgogne, Briey ^ avec les 
autres fiefs qu'il tenait de l'évèché, et en avoir reçu en augmentation de fief 
Thicourt et Fribourg, avec dépendances, à la charge d'aider et servir l'évèque 
de Metz, envers et contre tous (4). 

Ge fut cette reprise de fief qui fut l'origine du droit dominant de l'église de 
Metz sur Briey. Le comte Henri II avait soumis cette terre à l'hommage envers 
l'évèché pour tirer de cette vassalité les moyens de faire la guerre à la maison 
de Chalon, guerre dans laquelle il fut fait prisonnier au mois de décembre 1225. 

Peu d'années après, les comtes de Bar sous-inféodèrent la presque totahté de 



(1) Cartulaire d'Orval, page 101. 

(2) Arc/iiue.s de iVancy. — Extrait du carlulaire de l'ancienne Cliambre des Comptes 
de Bar, intitulé Brieii domaine, n» 74, de ll(>i à liOB, fol. 1. 

(3)Tliiijaud I" fut marié trois fois: la première à Lorette, fille de Louis, comte de Loos 
et d"Ermeson de Reyneck; la deuxième à Isabelle de Bar-sur-Seine, fille de Guy, comte 
de Bar sur-Seine et veuve en premières noces d'Anseau de Trainel ; ce second mariage 
ayant été rompu, Thibaud, en 118!), fiança Ermesinde de Luxembourg. Voir abbé L. Jehet, 
Les comtes et les ducs de Bar. Mém. Soc. Lettres. Sciences et Arts de Dar-le-Duc, lOUO. 
p. 185-21 G. 

(4) Trésor des chartes. — Inventaire des titres de Lorraine, layette Briey. — Cf 
Laine, Généalogie, pages 16 et 17. 



— 119 — 

la chàtcllenie de Bricy aux barons d'Aspremont, issus d'Albert de Briey ; et des 
cadets de Briey, issus de Jean de Thionville, frère d'Albert, reçurent des sires 
d'Aspremont, leurs aines, des portions de cette même chàtellenie qu'ils tenaient 
d'eux à foi et hommage (1). 

C'est sans doute dans les mômes conditions que fut inféodé aux sires de Briey, 
le domaine de Breiix qui, d'après la charte d'affranchissement de 1238, appar- 
tenait à cette époque partie au comte de Ghiny et partie à Herbrant de 
Briey (2). 

Il est probable que l'origine de cette division remonte au mariage de Louis II 
avec Sophie de Briey qui lui aura apporté en dot cette partie du comté de 
Chiny dont nous voyons plus tard la comtesse Mathilde et après elle les comtes 
de Bar conserver la suzeraineté (3). 

MAISON DE BRIEY (4). 

Les branches de la maison de Bricy existantes au milieu du XI® siècle avaient 
pour chefs : 

1° Albert de Briey ; 

2° Bezelin, frère d'Albert de Briey ; 

3'^ Jean de Thionville, le plus jeune des frères d'Albert de Briey ; 

4° Richer de Briey, évoque de Verdun, mort en 1107 ; 

5° Constantin de Briey ; 

6" Rainald ou Renaud de Briey ; 

7^ Garnier de Briey. 

1° Albert de Briey. 

Laurent de Liège, en écrivant la vie de Richer, évèque de Verdun, mort en 
1 i 07 et qu'il a pu connaître personnellement, rappelle le crédit qu'Albert de Briey, 
Bezelin et Jean, frères de ce prélat, avaient à la cour de l'empereur Henri IV, 
et qualifie ces trois frères d'hommes très nobles : « Amio dominica incarna- 
tionis 1088.... electus est decanus Metensis ecclesiae Richerus.... fratres 
suos AWcrtum, Bezelinum et Johannem, viros noMlissimos Caesari 
dédit obsides, etc. » (5). 



(1) Laine. — Généalogie de Brieij, page 17. 

(2) P. Hip. Gofliiiet. — Les Comtes de Chiny, page 259. 

(3) Thibaut I" comte de Bar (1191-1214) reçut, dans la vassalité du comté de Oar, le 
comte Louis III de Ciiiny. avant que celui-ci partit, en 1189, pour la croisade de l'empereur 
Frédéric où il trouva la mort. Cet hommage de Louis III est prouvé par celui que 
Louis IV fit en 1204, au même comte Thibaut. Dans cet hommage. Louis IV reconnaît être, 
envers et contre tous, homme lige de Thibaut, comte de Bar, et avoir repris de lui son 
château de Gh' ny, ainsi que tous les autre s fiefs que son père tenait déjà dudit comte de 
Bar Sauer. — La Moselle administrative, 18.-)7, page 398. Clouet. — Histoire de Verdun, 
t. II, page 403. — .\bbé L .lehet, Les Comtes et les Ducs de Bar, page 191. 

(4) La maison de Briey portait : d'or, à trois pals alézéset fichés de gueules. Ces armoi' 
ries sont encore celles de la ville de Briey (Meurtheet-Mosell' ). 

(5) Spicilùge de D. d'Achery, t. Xlll^ p. 289. Cf. Laine, Ibid., p. 3. 



— 120 — 

L'épithète de nolnlissime^ dit Laine, est ici très remarquable. Selon du 
Gange et D. Mabillon, elle fut attribuée aux fils des empereurs romains, ensuite 
aux Césars, puis aux rois. Du Gange cite à l'appui de cette dernière application 
une charte de l'année 1157, de Samson, archevêque de Reims, terminée par ces 
mots : " Régnante Ludovico nobilissimo Francorum rege anno XXL » 
Si cette épithète était réservée aux têtes couronnées et aux ducs issus de sang 
royal, elle devait nécessairement exprimer la plus haute naissance appliquée à 
des seigneurs qui n'étaient pas en possession de dignités attachées à la puissance 
souveraine (1). 

Nous avons vu qu'Albert de Briey, frère aîné de l'évèque Richer, avait été 
institué avoué ou défenseur de Briey par la comtesse Mathilde. Par une charte 
datée de Pladena le 21 mai 1096, cette princesse accorda à Lubricus, religieux 
de l'église de Metz, le territoire de la montagne de Standalmont, dans sa châ- 
tellenie de Briey, pour y fonder une abbaye sous l'invocation de saint Pierre, et 
qui, dés lors, prit le nom de Saint-Pierremont (2). Les témoins présents à la 
remise de cette charte entre les mains de Lubricus étaient : Jean de Thionville^ 
frère d'Albert de Briey [Johannes de TheodonisvUla, frater Alberti de 
Briey) ; Pierre, frère de Rainard, comte de Toul, et Drogon, sénéchal de 
Thierry, duc de Lorraine (3). 

La comtesse Mathilde écrivit à Albert de Briey pour lui annoncer qu'elle lui 
confiait la garde et la défense du nouveau monastère. Elle le chargea de fixer 
lui-même les limites des biens cédés par elle pour cette fondation ; et pour éviter 
tous litiges à l'avenir, elle ordonna qu'il fit poser les bornes en présence de ses 
officiers, de ses vassaux nobles et non nobles de Briey, de recommander aux 
premiers de n'apporter aucun trouble à la jouissance du couvent dans les terres 
cédées, et de ne pas souffrir que les vilains troublassent non jilus cette jouis- 
sance; enfin, elle réclama d'Albert toute sa bienveillance pour cet établissement 
religieux, en sorte que son exemple entretint le respect et encourageât les 
libéralités des autres (4). 

Par une charte du 13 juillet 1096, Albert de Briey donna de son côté à l'ab- 
baye de Saint-Pierremont tous les droits {reciitudines) qui lui appartenaient 
comme avoué sur le territoire cédé à ce couvent par sa souveraine la comtesse 
Mathilde. Gette charte d'Albert fut donnée, avec le consentement de sa femme 
et de ses héritiers, en présence de Wigéric de Valcourt ; Jean de Thionville; 
Robert de Sancey et Wigéric, son frère ; Guecelon de Hatton-Ghâtel ; Guy de 
Gonflans ; Harvincens et Jocelin de Fontoy ; Leudon de Failly; Raimond de 



(1) Laine. Ibid. p. 4. 

(2) Laine. — Généal. de Briey, page i2. 

(3) Cartulaire de Saint-Pierremont, page 1 ; Histoire des évêijues de Metz, par Meurisse, 
page377 ; tiisloirede Lorraine, t. I, Preuves, col. nOi-.T)."). — Cf. Laine. Ibid., p 45-46. 

(4) Cartulaire de iSl-Pierremont, p. 1, verso; Histoire de Lorraine, t. I, coL 11(34; — 
Cf. Laine. Ibid ,p.\^}. 



— 121 — 

Golombey ; Dreux de Farey et Hugues, son frère (1). Ce fut peu après cette 
époque, selon l'auteur de Y Histoire de Verdun (2), qu'Albei-t de Briey, allié à 
la famille de Thierry, comte de Bar, aurait acheté de la comtesse Mathilde la 
terre de Briey (3). 

Nous savons, par Laurent de Liège, que l'évéque Richer engagea son frère 
Albert de Briey à venir résider à Verdun et qu'il lui donna en usufruit, pour en 
jouir pendant sa vie seulement, la terre de Rouvres que ses héritiers refusèrent 
de rendre après sa mort (4) et qui passa dans la branche d'Aspremont. 

Le nom d'Albert de Briey se voit immédiatement après celui de Thierry, duc 
de Lorraine, parmi les témoins d'tme bulle du pape Pascal II, en faveur de l'ab- 
baye de Ghaumousey, du 24 février 1106 (5). 

Albert de Briey {Albertus de Briaco) et ses deux fils figurent sur un acte 
daté de Metz en 1095, par lequel l'évéque Poppon de cette ville rétablit l'accord 
entre l'abbé de Gorze et son avoué d'Amel. Les signataires laïques sont mention- 
nés dans l'ordre suivant : le duc Thierry (de Lorraine) ; Gérard, comte (de Vau- 
démont ?) ; Gobert d'Aspremont ; Albert de Briey et ses deux fils, Thierry et 
Albert ; Wigéric d'Epinal ; Hugues d'Aspremont.... etc. (6). 

Albert de Briey parait pour la dernière fois comme témoin dans des lettres, 
datées du 19 mars 1114, portant confirmation par Thierry, duc de Lorraine, 
d'une donation faite à l'église de Saint-Diey par Hugues de Distrof (7). Il mourut 
peu après, dit Laine, âgé de 80 ans, et fut inhumé dans l'église de St-Pierremont. 
Ses restes, exhumés des ruines du maitre-autel de cette église, ont été solennel- 
lement transportés dans l'église d'Hatrize (canton de Briey) le 21 juin 1843 (8). 

Né vers l'an 1030, il avait épousé vers 1050, une dame appelée Ide, nommée 
avec lui dans la lettre que leur écrivit la comtesse Mathilde en 1096. Il avait 
eu de ce mariage quatre fils : 

1° Thierry^ fils aine d'Albert, de Briey épousa, vers l'an 1070, Hadvide, 
fille et héritière (peu après 1096), de Gobert III, seigneur du château 
d'Aspremont, chevalier avoué de Metz. Ce seigneur, l'un des plus puis- 
sants du voisinage, avait eu un fils unique, appelé Gobert, mort jeune et 
deux filles Hadvide et Zéolende. 

Thierry, déjà désigné sous le nom à' A spremont dans une charte de 
donation faite vers l'an 1110 à l'abbaye de Saint-Pierremont, par son père 



(1) Cartulaire de Saint- PierremunI, toi. Il, charte intitulée: Cyrografus Alberli, 
advocati deBriei; — voir aussi le recueil de l'abbé Drouin, ii.titulc: Affaires ecclésiastiques. 
Suppléments français I, 5. fol. 652. 

(2) Histoire de Verdun, p. 217. 

(3) Laine — Généal de Briey, p, 16. 
(4; Histoire de Verdun, p. 217. 

(5) Dom Calntiet. — Hist. de Lorraine, t 1. Dissertations, col. CVII. 

(6) Mettensia, II, 1899, p. 247-48. 

(7) Hist. de Lorraine, t. II. Preuves, col. CCXCII. 

(8)iîei;«e d'Austrasie, 1843, t. I, pa£e 356. — Cf. Lai né^ Généalogie de Briey, page i8. 



— 122 — 

Albert, avoué de Briey, devint ainsi la tige des sires d'Aspremont (1) de 
la seconde race. 

2° Aibert de Briey, vivant en 1095. Il paraît être décédé avant son 
père, laissant une fille, Offime, mariée à Thierry de Marcey. Cette dame, 
avec le consentement de son mari et de leur fils Hugues, vendit la part 
dont elle avait hérité dans l'alleu de Lubey, à Arnoul de Briey, son oncle, 
archidiacre et custode de l'église de Metz. 

3° Acelin ou Anselin de Briey. 

4" Odouin de Briey, mentionné avec son frère Acelin de Briey et 
Thierry d'Aspremont, dans une donation faite à l'abbaye de Saint-Pierre- 
mont par Albert de Briey, leur père, vers 1110 (2). 

2° Bezelin de Briey. 

Bezelin de Briey, mentionné par Laurent de Liège et Albéric de Trois-Fon- 
taines, comme l'un des frères de Richer, évèque de Verdun qui, par leur crédit 
à la cour de l'empereur Henri IV, obtinrent la confirmation de l'élection de ce 
prélat, parait, d'après le rapport des temps et des parentés collatérales expri- 
mées dans les chartes, avoir pour enfants : 

1" Repald, chevalier. Il se dit de la famille de Briey : Ego Repaldus 
miles, de familia Briacensi — dans une charte du commencement du 
XIP siècle par laquelle on voit que, n'ayant pas eu d'enfants de Richalde, 
son épouse, il avait, avec l'assentiment de cette dame et de concert avec elle, 
fait donation à l'abbaye de Saint-Pierremont d'une vigne située à Rombas... 
Richalde ayant survécu à son mari, confirma cette donation en présence de 
Vener, chevaUer, frère de Repald et de Thierry, chevalier, frère de Roger 
de Mance (3). 

Repald de Briey est témoin dans la charte de l'année 1097 par laquelle 
Arnould II, comte de Chiny, donne l'abbaye de Sainte- Walburge de Ghiny à 
l'abbaye de Saint-Arnulphe de Metz et y établit des religieux de ce monas- 
tère (4). 

2° Vener de Briey, chevalier. Sur la fin de ses jours, n'ayant point de 
postérité, il fit donation par charte de l'année 1157 à Hezon de Briey, son 
cousin germain, à cause de leur amitié mutuelle et pour augmenter son 
domaine de Rombas et ses dépendances, de tous les droits qu'il tenait de 
leur famille (nostrae familiae), droits qui leur étaient échus en commun 
de l'héritage de Richer, évoque de Verdun, leur oncle paternel (5). Vener 



(1) d'Aspremont portait : de gueules à la Croix d argent . 

(2) Laine. — Généalogie de Briey, p. 19-20. 

(3) Cartul. de St-Pierreinont ; fol. li, verso. — Cf. Laine. Généal., p. 8. 

(4) Cartul. d'Orval, p. 3-."). 

(5) Original en parch. aux arch. de la famille de i^riej/.— Laine. Ibid., Appendice n'IV- 



— 123 — 

de Briey apposa son sceau à cette charte à laquelle furent présents plusieurs 
chevaliers, entre autres Barthélemi de Sainte-Marie, Gérard d'Ottange et 
Thomas de Suzange (1). 

3" Walburge de Briey eut quatre fils : Rodolphe et Werrîc, qui con- 
testèrent la donation ci-dessus ; Vener et Robert ; et une fille appelée 
Gela, mariée à un seigneur nommé Robert dont elle avait eu un fils appelé 
Roger (2). 

3« Jean de Thionville, ci-dessous. 

4" Richer de Brîey, évêque de Verdun de 1089 à 1107. 

5' Constantin de Briey. 

Constantin de Briey ^ chevalier, naquit dans la première moitié du XF 
siècle. Dans la charte du 21 mai 1096, relative à l'abbaye de Saint-Pierremont, 
lui et Rainald sont énoncés de la famille de Briey {Constantinus et Rainaldus 
de familia de Briey). Ils sont chargés par la comtesse Mathilde de l'exécution 
de cette charte (3). 

Constantin de Briey eut entre autres enfants : 

1° Hugues de Briey, surnommé lo Vallès (le Wallon ou le Gallois), 
qu'Albert d'Aix cite parmi les chevaliers croisés présents à la Terre-Sainte 
en 1102 (4). Il épousa la fille Hezon dont il eut deux fils vivants, ainsi 
que lui, vers 1138. 

2'» Helvide de Briey y dame de Semecourt, femme de Pierre de Dumbras, 
chevalier (5). 

6° Rainald ou Renaud de Briey. 

Rainald ou Renaud de Briey, chevalier, fut des premiers seigneurs de la 
Lorraine qui, avec Louis de Bar (de Montbéliard\ comte de Moncon, témoin de 
la charte de 1096, prirent la croix pour la conquête de la Terre-Sainte en la 
même année 1096. Il fut tué à la bataille de Nicée en protégeant la retraite des 
chrétiens (6). Le nom et les armoiries de ce chevalier se voient dans les salles 
des Croisades du Musée de Versailles (7). 



(1) Cartul. de Sl-Pierremont, fol. li, verso. — Laine. Ibid , p. 8. 

(2) Ibidem, t° 14, verso. — Laine, Ibid., p. 9. 

(3) Laine. — Généalogie, page (5. — Cartidaire de Sl-Pierremont, pa.ç;e 1. — Histoire des 
évoques de Metz, par Meurisse, page 377. — Histoire de Lorraine, t. 1, Preuves, col. ."iOi-rjUô. 

(4) Recueil des historiens des Croisades (Gesta dei per Francos), publié par Bongars, 

(5) Berlin du Hocheret. — Cf. Laine, Ibidem, page 0. 

(6) Albert d'Aix. 

(7) Laine. — Ibidem, page 7. 



— 124 — 

7" Garnier de Briey. 

Garnie}' de Briey, vivant en llOô, était suivant l'ordre des temps, frère 
ou proche parent de Constantin et Rainaldde Briey ci-dessus (1). 



I. — Jean de Thionville. 

Jean de Thionville naquit vers le milieu du XP siècle. Avec ses frères 
Albert de Briey et Bezelin, Jean de Thionville s'était rendu garant, envers 
l'empereur Henri IV, de l'attachement de son frère Richer au parti de ce prince 
et, au moyen de cette promesse, il en avait obtenu la confirmation de l'élection 
de Richer faite par le clergé et le peuple de Verdun. Mais ce prélat ne put 
obtenir sa consécration du pape Urbain II, sans désavouer la démarche qu'il 
avait faite auprès de l'empereur, ainsi que l'investiture qu'il en avait reçue. Jean 
de Thionville se trouvait alors (1096) à la cour de l'empereur. Celui-ci s'assura 
de sa personne et le fit mettre en prison. Il faut croire qu'il obtint bientôt après 
sa liberté, soit par les explications données à l'empereur par Richer, soit par le 
crédit de ses frères, puisqu'en la même année 1096, il se trouvait en Italie auprès 
de la comtesse Mathilde lorsque, par charte datée du château de Pladena, le 21 
mai, cette princesse accorda à Lubricus le territoire de la montagne de Standal- 
mont, dans sa châtellenie de Briey pour y fonder une abbaye sous l'invocation 
do Saint-Pierre. Jean de Thionville, énoncé frère d'Albert de Briey (Johannes 
de Theodonisvilla frater Alberti de Briey) ^ fut témoin et fidéjusseur avec 
Pierre, frère de Rainard, comte de Toul et Drogon, sénéchal de Thierry duc 
de Lorraine, de la remise entre les mains de Lubricus de cette charte de dona- 
tion de la comtesse Mathilde. 

Il fut également présenta la donation faite, le 13. juillet de la même année 
1096, à l'abbaye de Standalmont (Saint-Pierremont), par Albert, avoué de Briey, 
son frère. 

En 1105, Jean et Albert assistèrent à Hoyense (Huyssen , en Brabant, aux 
noces de Thierry, duc de Metz (Thierry II, duc de Lorraine) avec Gertrude, 
fille de Robert-le-Frison, comte de Flandre. Durant ces fêtes, les religieux et 
religieuses d'Andenne arrivèrent processionnellement à Hoyense le jour de l'As- 
somption, portant avec eux le corps de sainte Begge, fondatrice de leur monas- 
tère, pour demander justice des usurpations de Gautier, avoué de Sascey (pré- 
vôté de Dun) qui s'était emparé de presque tous les droits de leur église. Il se 
tint un plaid où cette cause fut jugée et les droits de l'avoué y furent définitive- 
ment fixés. La sentence, datée du temps de Henri, empereur, inquiété par son 
fils et par Mathilde {Henrico inquietandibus filio et Mathilde), d'Otbert, 
évèque de Liège et de Godefroi, duc et marquis du royaume de Lorraine, fut 



(1) Laine. — Ibidem, page 



— 125 — 

signée après les ducs Thierry et Godefrui, Albert, comte de Namuret les comtes 
Gérard, Sigebert, Henri, Arnoul et Gonon, par Albert de Briey, et rendue en 
présence de Jean, fi'ère d: Albert de Briey, de Frédéric de Dun et de plusieurs 
autres témoins (1). 

Jean P'' de Thionville hérita en pai'tie de Richer de Bi-iey, son frère, évèque 
de Verdun, en 1107 (2). Il eut entre autres enfants : 

1" Jean de Thionville II" du nom, énoncé neveu d'Albert, avoué de 
Briey, dans une charte d'environ l'an 1110 (3 . 11 lut l'auteur d'une branche 
qui existait encore au cornmencement du XI 11'" siècle dans la personne de 
Thierry de Thionville (4). 

2" Ilezon /*"' qui suit ; 

H. — Hezon P' de Briey. 

Hezon P" du nom, chevalier, seigneur de Bombas, vivait encore, dans un 
âge avancé, en 1157. A cette époque Vener de Briey, chevalier, son cousin ger- 
main, qui n'avait point d'enfants, voulant disposer en sa faveur des biens qu'il 
tenait de leur lamille, lui Ht donation, en accroissement de son fief de Bombas, 
de tous les droits qui leur étaient échus en connnun de la succession de Richer, 
évèque de Verdun, leur oncle paternel (5). 

Hezon V^ de Briey eut, entre autres enfants Hezon II de Brie?/ qui suit : 

lll. — Hezon II de Briey. 

Hezon de Briey, IP du nom, chevalier, seigneur de Richemont, de Honibas, 
etc., succéda à son père, vers 1160. A cette époque il était marié en secondes 
noces avec une dame nommée Udaline. Tous deux vivaient encore en 14 81 . En 
cette année, Hezon de Bi-iey, avec le consentement de sa femme et celui de 
Ponsard et d'Herbrand, ses fils, et de tous ses héritiers, donna en libre aumône 
et possession perpétuelle à l'abbé et au couvent de Sainte-Marie-de-Justemonl. 
l'emplacement d'un moulin sui- l'Orne, dans la censé de Richemont, avec les di-oits 
qui lui appartenaient, soit sur la pèche, soit sur les deux rives. Cette aliénation 
fut faite sous la réserve, pour Hezon et ses héritiers, d'un cens annuel et [)erpé- 
tuel de 20 sous messins, payable le jour de la fête de St-Remy, et elle fut auto- 
risée du consentement de Godefroi de Rossey, ctievalier, de qui Hezon H tenait 
le moulin en fief, et d'Arnould de Montclair, chevalier, premier seigneur direct. 
Henri, comte de Namur, comme seigneur dominant approuva cette donation par 



(1) Dom Calmet — Histoire de Lorraine, tome I. Preuves, col. cl8, 519. — Cf I.ame 
Généalogie de Briey, page 45. 

(2) Berlin du Rocherel. 

(3) Carlulaire de St-Pierremont, folio G. 

(4) Laine — Généalo<jie de Briey. Appendice u» IV. 

(5) Laine — Généaloyie de Briey — Appendice n» I V. 



— 126 — 

charte donnée en présence de messire Werric de Houffalize et de messire Robert 
de Fontoy, chevaliers ; de Thierry, fils de la sœur de messire Werric ; de Gau- 
tier, avoué d'Arlon, et de ses fils Richard et Gautier, ceux-ci chevaliers (1). 

Hezon II avait deux fils : 

1° Ponsard de Briey, seigneur de Richemont, paraît s'être marié vers 
1160. Les enfants furent, entre autres : 1° Raymond de Brîey^ T"" du 
nom, chevalier qui épousa, vers 1185, Colette, dame de Naives; 2*' Huard 
de Briey, qui fut présent, avec Baudouin de Bar, Guillaume de Longuion, 
Gérard d'Ottange, Ulric de Florange, Werric de Walcourt, Philippe de 
Loupy et Hugues Bêlez de Trainel, à des lettres de Thibaud de Briey 
(depuis Thibaud P»", comte de Bar) de l'année 1189, par laquelle il assigna 
en dot à Ermesinde, son épouse, la terre de Briey avec ses dépendances (2) ; 
3" Jean de Briey, qui vivait en 1220. 

2" Herbrand I de Briey, qui suit : 

IV. — Herbrand de Briey. 

Herbrand de Briey ^ I" du nom, seigneur de Rombas, concourut avec son 
frère Ponsard, en 1181, à la donation faite par leur père à l'abbaye de Juste- 
mont. Herbrand avait à cette époque des enfants qui sont désignés dans la 
charte de 1181 sous le titre d'héritiers d'Hezon II (3). 

Il vivait encore en 1200. A cette époque, lui et Garcihus, son neveu ou petit- 
fils (nepos), chevalier, engagèrent leur alleu de Sancy aux chanoines de l'église 
de Verdun pour la somme de trois cents livres, avec l'assentiment de Jean de 
Mouzay, chevalier (4). 

Herbrand P^ eut, entre autres enfants : 

1° Jean IP du nom, qui suit ; 

2" Barthélémy de Briey ^ chevalier, qui fit donation à l'abbaye de Saint- 
Pierremont de la dime de Trieux, près Briey, par charte du 8 avril 1218, 
donation confirmée dans le même mois par Henri, comte de Bar. En 1235, 
monseigneur Barthélémy de Briey tenait en fief de Gobert VI, seigneur 
d'Aspremont, la 13® partie de tout ce que ce seigneur tenait lui-même de 
Henri, comte de Bar en la châtellenie de Briey. Il finit ses jours à l'abbaye 
de St-Pierremont sous l'habit de convers et fut inhumé dans le cloître, en 
un cercueil en pierre enclavé dans la muraille et sur lequel il était sculpté 
de toutes pièces (5). 



(1) Ibidem. — Appendice n» F. 

(2) Inventaire des litres de Lorraine, layette BniKV, reg. 74, intitulée Carluiaire de la 
cliàtellenie de Briey, fol. 1 — Laine, Généalogie de Briey, page 49, 

(3) Ibidem, Appendice n" V. 

(4) Preuves de cour ou dossier de Briey de Landres à la Bibl. nat.— Laine, Ibid. p. HO. 

(5) Drouin, p. 121, 122, WO. —Cf. Laine, Ibid., page 60. 



— 127 — 

V. — Jean II de Briey. 

Jean de Briey, IP du nom, chevalier, seigneur de Rombas, (rAlIléville, etc., 
succéda à Herbrand P"" son père, vers 1200. Il laissa trois fils : 

1" Herbrand //qui suit : 

2° Jean de Briey ^ seigneur d'AIIiéville. Au mois de juin 1242, il fut 
choisi pour arbitre, avec GeofFroi de Nonsart et Jean de Haraumont, d'un 
diflërend que Conrad de Risle avait avec Tliibaud, comte de Bar (l). Au 
mois de mai 1245, le même Jean de Briey, alors chevalier, se reconnut 
homme lige du seigneur d'Aspremont avant tous autres seigneurs (après le 
comte de Bar) ; il déclare tenir de lui en fief et hommage tout ce qu'il avait 
à Affléville et au Barochage, excepté le moulin de l'étang qu'il tenait du 
seigneur de Nonsart et que ce dernier tenait du seigneur d'Aspremont. Il 
excepta aussi de cet hommage ce qu'il tenait du seigneur de Noroy et du 
châtelain de Monçon, plus dix familles d'hommes qu'il tenait du comte de 
Bar, de l'église Saint-Paul de Verdun et du seigneur de la Ferté ; enfin il 
avoua tenir du seigneur d'Aspremont tout ce qu'il avait à Gondrecourt, 
excepté quatre familles d'hommes que le comte de Bar avait données au 
seigneur de Nonsart. Jean de Briey fît sceller ces lettres du sceau de l'abbé 
de St-Pierremont, du seigneur de Nonsart et du châtelain de Monçon (2). 

Jean de Briey, chevalier, mort en 1288, avait pour fils Richart de Boin- 
ville, écuyer, qui apparaît dans un acte du 23 août 1288. (Fonds de Lorr., 
80, n° 12.) ' 

3° A7isel de Briey. Par acte du mois d'avril 1265, Jean de Briey et 

Ansel *de Briey, chevaliers, se rendirent pièges de G , évéque de 

Metz, avec les cousins de ce prélat, Thibaud, comte de Bar, Henri, comte 
de Salm et Henri, comte de Vaudémont, envers Thibaud de Florange (3). 

VI. — Herbrand II de Briey. 

Herbrand de Briey, IP du nom,. chevalier, seigneur de Rombas, d'Aidanges 
et de Famech, échangea ces terres pour la place forte de Landres el la seigneurie 
du Mont que lui céda Thibaud II, comte de Bar, par charte scellée du sceau de 
ce comte, du mois de mars 1247, confirmée par lettre du jour de la mi-carême 
1248 et par autres lettres d'Erard de Bar, sire de Pierrepont, fils du comte Thi- 
baud, du 23 février 1304 (n. st.), lettres ouest textuellement rapportée la charte 
d'échange de mars 1247 (4). 

Herbrand de Briey avait épousé, vers 1236, Hawis de Florange (5), dame de 
la maison forte de Hayange, fille et héritière de Charles de Florange. 



(1) Recueil de du Fourny, layette Briey, 1% p. 228G. — Cf. Laine, Ibidem, page tJO 

(2) Inventaire de Lorraine, layette Briey ; layette Aspre.viont 2, n" 74, pièce 1 19. — Cf- 
Laine, Ibidetn, page 61. 

(3) Chambre des comptes de Nancy. Preuves de cour, Laine. — Généal. de Briey, p. GO. 

(4) Laine. — Généal. de Briey ; Appendice n» VI. 

(ô) Florange. avant 13)3, portait d'or à la bande chanjce de trois /leurs de lis d'aryent. 
Cette maison était une branche cadette de celle des ducs de Lorraine. — Cl. Laine. Ibtd.. p. (12. 



— 128 — 

En 1236, d'accord avec sa femme Hawis, Herbrand II fit un accord avec le 
princier, le doyen et le chapitre de Metz, accord dont l'exécution fut garantie 
par Henri, comte de Bar, sur l'obligation qu'il en a donnée par lettres particu- 
lières de la même année 1236 à Herbrand de Briey, chevalier (1). 

Le 9 décembre 1238 « monsignour Herbrans de Briey ♦» s'associe à Arnould, 
comte de Looz et de Ghiny et Jeanne, comtesse, sa femme, pour faire une neuve 
ville à Breux et à Esclapi, en y mettant tous leurs vassaux domiciliés dans ces 
deux localités et dans leurs territoires. Messire Habrans y mit entièrement tout 
ce qu'il y avait et devait y avoir, lui et ses vassaux de Breux et d'Esclapi, à l'ex- 
ception toutefois de ce qui est spécifié dans la « cart « (2) qu'il tient du comte 
de Ghiny. Les habitants de la nouvelle ville ont dans les forêts du comte de Ghiny 
les mêmes droits d'usage que ceux d'Avioth. Arnould, comte de Ghiny et Her- 
brans de Briey, ainsi que Jacques d'Etalle, jurèrent d'observer en tous points la 
loi de Beaumont suivant le contenu de la charte, qui fut scellée par le comte de 
Looz et Jeanne sa femme le 9 décembre 1238 (3). 

Le 28 février 1266 (n. st.) Gérard, abbé de St-Vincent de Metz, fait connaître 
que Haberans, fils d'Habrans de Briey, approuve l'accord intervenu entre son 
père et l'abbaye d'Orval (4). 

En mars 1266 (n. st.) Alard, doyen de la chrétienté de Juvigny, déclare que 
messire Herberans de Brie^ chevalier, a reconnu devant lui qu'il n'avait donné 
à monsignor Thielleman de Hetenges, son gendre, que le tiers de ses droits sur la 
dime de Girousart et du bois d'Achar (5). 

Le même mois de l'année 1266. Heberans de Brie et Hawis, sa femme, font 
savoir qu'un désaccord s'étant élevé entre eux et l'abbaye d'Orval, à cause de la 
dime de Gérusart et de la dime du bois Achart, grosse et menue, ils reconnais- 
sent qu'ils n'y ont aucun droit et dans le cas où ce droit existerait, ils le cèdent 
pour toujours à l'abbaye d'Orval, eux et leurs fils Heberans et Henri, hors de 
mainbournie. Gomme ils n'avaient pas de sceau, ils ont prié le doyen de la chré- 
tienté de Longuyou, qui est ofïicial de l'archidiaconé, et le doyen de la chrétienté 
de Juvigny d'y apposer les leurs (6). 

Dans une reconnaissance féodale qu'il fournit au mois de juillet 1269, Haberans 
de Bi'iey déclare que 1.4 maison forte de Hayange était mouvante du comte de 
Bar et que du fief qu'il lient de lui étaient mouvants sept fiefs. Celui de l'avouerie 
de Ste-Glossinde de Metz était mouvant du seigneur de Norroy-le-Sec, selon la 
même déclaration (7). 



(1) Original aux archives de la cathédrale de Metz. — Laine. Ibidem, page 130. 

(2) La copie publiée par le P. Piolfinet porte « la cnrt ». Est-ce carte, pour charte, ou 
serait-ce curt, curtis = cour ? 

(3) H. Goffinet. — Les comtex de Chmy, p 258-260. Jacques d'Etalle, marié à Emmeline, 
eut 3 fils : i" Hwjues, déjà mort en 123.') ; 2" Lambert d'Etalle, chevalier ; 3" Ponce, clerc ; 
et 2 lilles : Alix et Os... (Cart. ms. d'Orval, t. lll, p. 343). Les comtes de Cfnny p. 25(i. 

(i) H. Goffinet. — Cartul. d'Orval, p. 417-418. 

(.")) Ibidem, p. 418. 

(»j) Ibidem, p. 419. 

(7) Laiué, Généal, de Briey, p. 62. 



— 129 — 

Par une autre charte du même mois de juillet 1269, Abrans de Briey, cheva- 
lier, et Hawis, sa femme, reconnurent avoir repris en fief et hommage de Tlii- 
baud, comte de Bar, les vignes qu'ils tenaient soit au finago de Justemont, soit 
au ban de Glouage et de Vitry, le tonnage et la coutume de Vitry, de Beuvange, 
de Huppigny et d'Erlange, ce qu'ils avaient à Botange, Rouvres et Florange, ce 
qu'ils avaient eu par échange des chanoines de St-Etienne de Metz, au finage et 
en la ville de Havelange, le fief que les hoirs de Jean de Murville tenaient d'Her- 
brand de Briey au ban et en la ville de Florange et Vitiy, enfin tout ce que lui 
et sa femme avaient à Rouvres-l'Alleu et en la terre de Faigny, toutes ces choses 
échues par succession à Hawis de F'iorange. Cette charte fut scellée, à la prière 
d'Herbrand, par Guyon, abbé d'Orval (1). 

Ilerbrand de Briey mourut en i270. Il avait eu de son mariage avec Hawis 
de Florange, entre autres enfants : 

l" — Olric de Briey, surnommé Moine, chevalier, seigneur de Landres 
est énoncé fils de feu monseigneur Haberan de Briey dans les lettres du 
dimanche après la Saint-Barthélémy, apôtre, (25 août 1275), par lesquelles 
il se reconnaît homme lige de Thibaud comte de Bar (après l'abbaye de 
Saint-Sauveur de Priim), comme ayant repris de lui en fief dix livrées de 
terre de son alleu, sises au ban de Landres et de Mont (2). Olric de Briey 
est cité par Jacques Bretex parmi les chevaliers qui prirent part aux joutes 
du tournoi de Ghauvancy : 

Et vez là Henri de Briei 

Ourri son frère en costé lui (p. 32). 

« Dame Fille, femme à monseignour Oulri de Landres, chevalier, fils à 
monseigneur Habran de Briei, chevalier « fit son testament au mois de 
novembre 1301. Elle fonda un anniversaire pei-pétuel en l'abbaye de 
Ghâtillon, où elle voulut être inhumée (3). 

Olric de Briey eut entre autres enfants : 

a) Jean de Land7^es qui a continué la postérité de la branche de 
Landres (4) ; 

b) Henri de Landres, vivant en 1304 ; 

c) Olric de Landres, chevalier, porté comme panetier du comte de Bar 
dans un compte d'Oulrion, prévôt d'Etain, de l'année 1324 (5). G'est lui 
sans doute qui fut tué dans la rencontre de Florenville, en 1329, dont il 
sera question plus loin. 



(1) Inventaire de Lorraine, layette Briev. Notice de Lorraine, t. II, page 487. — Cf. 
Laine, Ibid., page 62. 

11 s'agit de Guidon do Ghiny, abbé d'Orval jusqu'en 1271. 

(2) Inventaire des titres de Lorraine, layette Briey, cf. Laine. Ibidem, page 67. 

(3) Laine. Ibidem, Appendice n» Vil, p. 131 132. 

(4) Ibidem. 

(5) Archives de Bar. Laine, Ibidem, p. 68. 



— iio — 

2°. — Herhrand de Briey, mort sans postérité ; 

3°. — Henri de Briep, qui suit. 

4°. — Jeaiî de Briey, abbé de Gorze en 1288 (1). 

5°. — N. . . de Briey, marié à Thielleman de Hétenges qui a reçu de 
son beau-père le tiers de ses droits sur la dîme de Gironsart et du bois 
d'Achar (acte du 28 février 1266 n. st.) (2). 

VII. — Henri de Briey. 

Par charte du lendemain de la Chandeleur (3 février 1271) (n. st.), Henri 
de Briey se reconnut vassal de Thibaut, comte de Bar, après l'abbé de Saint- 
Sauveur de Priim ; il déclare avoir repris de lui, à Erlange et à Vitry, 22 
familles de serfs et serves, de même que ce qu'il tenait à Vitry et à Rothelange ; 
ces possessions, tenues par Abraham de Briey, chevalier, son père et par sa 
mère leur vie durant, devaient l'être ensuite par lui. Henri de Briey n'ayant 
point de sceau pria l'abbé de Gorze d'apposer le sien à cette charte (3). 

En 1281, le chevalier Henri de Breux et son frère Ulrich, dit le Moine, 
reconnaissent que le droit de patronage de l'église de Breux appartenait à Saint- 
Maximin et non à Habran qui l'avait réclamé au nom de sa femme née de 
Florange. Ce renseignement est fourni, mais sans référence par M. Houzelle(4). 
Bertholet (5) le donne avec une légère variante: » L'an 1281, Henri de Breux, 
chevalier et son épouse, reconnurent que le droit de patronage de la paroisse de 
Breux appartenait à l'Hôpital de Saint-Maximin ». Jeantin, de son côté, dit en 
parlant de Henri P"" de Breux : «il était chevalier en 1281, quand il épousa 
A lix, dame de Malberg de Ste-Marie et d'Etalle « (6). 

Si ces différentes citations étaient rigoureusement exactes, ce serait pour 
la première fois qu'un membre de la famille de Briey aurait pris le nom de 
Breux Mais en l'absence de référence à un document original, il est impossible 
de vérifier l'exactitude de la transcription et il est à craindre que l'objet de 
l'acte se rapportant à Breux, le copiste n'ait cru devoir modifier Briey en 
Breux. Les documents postérieurs que nous allons citer portant tous le nom 
de Briey, il est permis de douter que Henri P% fils d'Herbrand de Briey, ait 
déjà porté le nom de Breux, adopté plus tard par ses successeurs 



(1) Notice de Lorraine, t. I, page 154 

(2) Carlul. d'Or val, page il8. 

(3) Invent des titres de Lorraine, layette Briey. Rec. de du Fourny, t. II, lay. Briey, 
fol 22%. Cf. Laine, page (J3. 

(4) F. Houzelle. — Breux, son histoire et sa seigneurie, 1899, page 72. 

(5) Bertholet. — Histoire ecclés. et civ. du duché de Luxembourg et du comté de Chiny. 
t. VI, page 278. 

(6) .Feantin. — Hist. de Montmédy et des localités meusiennes. — Nancy, 1801, page 255. 
Les renseignements, d'ailleurs sans références, de cet auteur ne doivent être admis 
qu'avec une extrême prudence et c'est ici le cas en ce qui concerne le nom de la femme de 
Henri l". 



- 151 — 

Henri de Briey est qualifié chevalier dans une charte du jour de la Chandeleur 
1282, par laquelle il reconnut être devenu vassal de GeofiVoi sire d'Aix, après 
Henri de Bar et Henri de Ghiny, à raison d'un charruage de terre situé au finage 
de Briey, appelé Savigny, qu'il avait repris en fief du sire d'Aix (1). 

En 1284, un tournoi fut célébré au château de Ghauvancy, près Montmédy, 
par environ 500 gentilshommes des principales familles de la Lorraine, de la 
Bourgogne, du Brabant et de la Flandre, du Hainaut et du pays de Luxembourg- 
Guillaume Bretex, qui a fait en 1285 le récit en vers de ces joutes auxquelles 
il avait assisté, les représente comme l'une des plus brillantes solennités de la 
chevalerie. Plusieurs princes y prirent part, entre autres Henri, comte de 
Luxembourg, Louis de Looz, comte de Ghiny, les comtes de I^imbourg, de Salm, 
de Blamont, de la Roche en Ardennes et de Sancerre. Henri de Briey y parut 
avec ses frères. Le chroniqueur fait précéder son entrée dans la lice des réflexions 
suivantes (2) : 

Après vient la cinquième jouste. 

De quoi couars faillis ne gouste, 

Gar trop est ruste (rude) et resoingnie (redoutée). 

Jà hons de mauvaise lignie 

Ne se metra à tel mestier ; 

Qui lui donrait d'or un sestier. 

Ne por Paris, ne vouroit estre, 

Mais cis qui est de bon ancestre 

Neis, et a trais de toz les tans 

Et a de volenté cent, tans 

En cuers que cors, ne puet soufrir 

S'il se vient à mestier offrir. 

Je leu vi là ; Diex le conduie ! 

Et hiraut braient tuic et huic 

Briei, Briei, à pleine guelle 

L'escu d'or à 3 pies (pieux, pals) de guelle (3). 

Porte sans nule autre ansaigne. 

Ghascune des dames l'ansaigne 

Et le commande au roi des rois. 

La suer au signor des Barrois (4) 

Qui tant est dame et de bon pris (jugement) 

A dist : « Li dous roi Jhesu-Gris, 



(1) Invent, des titres de Lorraine; layette Aspremont 2 n» 74, pièce 79. — Laine. 
Ibidem, page 63. 

Ci) Cinquième joute du lundi 2 octobre, pages 49. 50. — Tout ce passage et le vers qui 
suivent sont tirés de l'ouvrage de Laiié. — Généal. de Briey, pages bt 0/. 

(3) Plus loin, page 57, vers 1072, 1073, Bretex ajoute en parlant de Henri de Briey : 

« Cil qui porte l'escu paie 

» Dor et de gueulles, or gist là. » 

(4) Marguerite de Bar, sœur du comte Tliibaud 11. 



— 182 -^ 

» Cil qui haut siet, et qui l'on voit, 

» Henri de Briei te convoit ! 

» Car trop iès chevalier gentis. 

» Entre toute la gent te pris 

« Que chacun le prent a assez » (1). 

Le chevalier opposé à Henri de Briey, Gonradin Warnier (2), fils d'un preux 
renommé dans les guerres du roi de Germanie contre le roi de Bohême fut 
exhorté par son père à bien combattre et à soutenir l'honneur de son nom (3) ; 
et en effet le premier choc fut si terrible que les deux champions renversés sur 
l'arène avec leurs chevaux furent crus morts. Pendant qu'on s'occupait à les 
secourir, la dame d'Aspremont dit au roi d'armes Maigniens : 

« Roi, qui sont cils qui ont jousté, 
« A cui la jouste a tant coûté, 
» Qui menez sont jusqu'à trespas, 
» Se Diex n'i met prochain respas ! » 
— Dame, ce est Henri de Briei. — 
Et la dame li respondi : 
» Maigniens, je cognois bien celui. 
« Et de l'autre qui joste à lui, 
» Me dites, car je ne le sai. 



» Qui est li pères, dont li nome ? » 
— Dame, Gonrat Warnier l'apèlent 
Gil qui son nom à droit apèlent ; 
Et Gonrardin a nom ses fis. 



Dans la joute du jeudi, 5 octobre, Henri eut pour champion le Blond de 
Montigny (p. 151). 

Qui veist Henri de Briei 
Gontre Leblont de Montignei, 
L'un assaillir, l'autre deflfendre, 
Ghacun vieut son cheval chièr vendre. 



(1) C'est-à-dire : que chacun de ceux qui lutteront contre lui soit vaincu. 

(2) Il portait sur son écu une molette d'éperon d'or (page 51). 

(3) Le discours que Conrad Warnier, père, tint à son (ils, est curieu.x pour les mœurs 
de la chevalerie (pay^ ~y\) : 

« Va devant biaus fi.\ ; ves-le-ci 
« Le chevalier qui jouste à toi 
« Far le cors monsignor Donroi 
« Ne par Saint-Pierre de Coloigne, 
« Si tu ne fais bien la besoigne 
« Ne vindre vos mie en maison 
rt Te chascier fors à grant tison 
« Que vos n'entres dedens le mois. » 



— 133 — 

Après avoir décrit le retour au château de Chauvancy des dames, des chevaliers 
et des blessés, et rappelé les plaisirs qui terminèrent cette dernière journée du 
tournoi, Jacques Bretex en achève ainsi le récit (pages 164, 165) : 

Dames et chevaliers s'assissent. 
Parmi les chambres lors lieus prisent. 
Et Hanris de Briei m'apelle 
Qui fut delez (auprès) une pucelle : 
« Jaquest, fait-il, foi que devez, 
« Au vin d'Erbois que vos bevez, 
•' Car nos contez un sermons d'armes 
« Mellé d'amors et de tex charmes 
« De force et de sa vertu. 
" Cil chevalier qui sont balu 
« Pour deservir son guerredon 
« Sont digne d'avoir le pardon 
« Quant vos avérez sermoné. « 
A tel point m'a Hanris mené 
Que je commençai à conter. . . . 

Laine, dans son remarquable et consciencieux travail sur la maison de Briey, 
ajoute que « Henri de Briey parait être mort sans postérité, ou du moins on 
n'a plus aucune notion sur sa destinée ultérieure " (1). 

Or les recherches auxquelles je me livre depuis quinze ans m'amènent à affir- 
mer que c'est le fils d'Herbrancl de Briey et d'Hawis de Florange qui est la 
tige des seigneurs de Breux du XIV« et du XV*' siècles. Ce rameau s'est détaché 
de la branche aînée continuée par Olric, Ouric ou Ulrich dont les descendants 
n'ont conservé que le nom seigneurial de Landres avec les armes de la maison 
de Briey. 

Les armes de la ligne collatérale de Briey ont été longtemps ignorées. 
Bertholet qui décrit les armoiries de la plupart des maisons nobles de l'ancien 
Luxembourg dit en parlant de celles de Breux : » Je n'ai pu déterrer les armes 
de ces seigneurs « (2). 

Ce n'est que depuis la publication de l'ouvrage de M. J.-Th. de Raadt (3) que 
• l'on connaît ces armes, d'après un sceau de Henri de B7^eux, écuyer, vassal de 
Wenceslas, duc de Luxembourg ; ce sceau figure : une croix, au franc-quar- 
tier chargé de trois pals. 

Le franc-quartier représente donc les armes de Briey : d'or à trois pals 
alésés et fichés de gueules ; mais d'où vient la croix de l'écu? Elle est en tout 



(1) Laine— Généalêg de Briey, page 67. 

(2) Bertholt. — Histoire de Luxembourg, t. VI, page 278. 

(3) J.-Th. de Raadt. — Sceaux et armoiries des Pays-Bas et des pays avoismant^- 



— 134 — 

cas postérieure à 1285, car Jacques Bretcx en deux passages différents de son 
récit, nous fournit des données certaines sur les armoiries de Henri de Briey : 

«' Et hiraut braient tuic et huic 

« Briei, Briei, à pleine guelle 

" L'escu d'or à 3 pies de guelle » (1). 

Et plus loin, Brelex ajoute, en parlant de Henri de Briey, renversé comme 
son adversaire sous le premier choc : 

« Cil qui porte l'escu paie 

«« D'or et de guelles, or gist là » (1). 

La modification apportée aux armes de Briey est donc postérieure à l'année 
1285. A mon avis, deux hypothèses sont à envisager pour expliquer le change- 
ment des meubles de l'écu : 

1** Henri de Briey ou son fils, en échangeant le titre de Briey contre celui de 
Breux^ aurait pu, en héritant de cette dernière seigneurie, adopter en partie 
les armes du titulaire précédent ; 

V 2° Ou bien, par suite d'un mariage, il aura adopté les armes de la famille de 
sa femme, tout en conservant les siennes au franc-quartier. 

Dans cette dernière hypothèse, on ne peut s'empêcher de songer à la famille 
d'Aspremont [de gueules à la croix (Vargent), issue de la même souche que 
celle de Briey. 

Henri de Briey, le brillant jouteur du tournoi de Chauvancy ou son filSî 
aurait-il épousé la fille d'un seigneur d'Aspremont? L'absence complète de 
documents de la fin du XHI® et du commencement du XIV*^ siècle, ne permet 
pas de résoudre actuellement cette question. 

Henri de Briey a dû laisser plusieurs fils : 

1° Henri II de Breux, qui suit ; 

2° Herbrand de Breux, fait prisonnier en 1329, dans une rencontre 
entre les gens de Luxembourg et ceux de Bar devant Florenville. Les annales 
de Mouzon (2) qui rapportent ce fait nous apprennent que la bataille fut très 
meurtrière. Plusieurs nobles personnages du parti du comte de Bar y per- 
dirent la vie ou la liberté ; entre autres, Alexandre de Baseilles et Ourillies 
de Landres, chevaliers, furent tués ; messires Habrand de Breux et Richer 



(1) Manuscrit de Jacques Bretex à la bibliothèque de Mons. 

(2; Dons les Annales Mosomagenses, apuii l'erz Mon. Genn. V, lOG, ce fait est rapporté 
comme suit: « Factutn est bellum inter qentes régis Boimie et qentes comitis Barensis ante 
Floranville, et mulii fuerunl morlui et capli ; et ex parte comitis Barrensis fuerunt rnortui 
domniis Alexander de BaiseUes et domnus Ourillies de Landres, milites, et fuerunt capti, 
domnus Habrehanus de Breux et dornnus Richerus de AUlaniia ; et ibi fuerunt multi nobiles 
occisi et capti. » Uurie de Landres était fils d'OIric de Briey, dit le Moine, seigneur de 
Landres et, par conséquent, cousin germain de Herbrand de Breux, fait prisonnier, 



— 135 — 

d'AuUlance furent faits prisonniers. Fin 1326, la veille de la Saint-Mathieu, 
Louis VI, comte de Looz et de Ghiny, gratifie Habrant de tout ce qui peut 
lui appartenir à Breux, mais avec clause de retour (1). 

Habrant de Breue intervient dans un accord du 14 août 1329 entre Jean de 
Bolenges, châtelain de Longwy, et Thomas de Louvigny, fils et héritiers de 
Jacques de Louvigny, chevalier qui, par testament du 19 novembre 1328, avait 
légué : « 10 solz à l'ouvrage de Notre-Dame d'Avioth, 40 solz, à frère Jean, 
moine de St-Fierremont, neit de Briey ". Le testateur mentionne encore, outre 
frère Jehan, moine de St-Pierremont, maistre Jacques de Briey, son clerc. Dans 
l'accord du 14 août 1329, relatif à cette succession, Jean de Bolenges et Thomas 
de Louvigny appellent - monseigneur Habrant de Breue, nostre chior seigneur 
et cousin »» (2). 

3° Colard de Dreux. Le 20 septembre 1328, le comte Edouard pi^de Bar 
donne Brouennes à Jean, dit Sarrazin du Ghàtelet en récompense de services 
à requête de Colard de Breux (3). 

Vin. — Henri II de Breux. 

En septembre 1328, Edouard de Bar engage la terre de Brouennes à Henri 
de Dreux, chevalier, pour 300 livres et il confirme, en 1330, la mise de 
Brouennes à la loi de Beaumont (4). 

Henri II de Breux était marié à dame Catarine dont le sarcophage, primi- 
tivement dans la chapelle des seigneurs de Breux, dans l'église d'Avioth, a été 
transféré dans l'abside de ce monument où il existe encore. Cette dame est re- 
présentée sur le couvercle les mains jointes, la tête appuyée sur un coussin orné 
de houppes aux quatre coins, à ses pieds sont couchées deux levrettes. L'efiîgie, 
sculptée en haut-relief, est vêtue d'une robe à longs plis et d'un ample manteau ; 
sa tête est couverte d'un voile retombant sur les épaules et le cou enveloppé 
d'une guimpe, indice de veuvage. Deux petits écussons sont appliqués sur sa 
poitrine, mais le temps a effacé les armes qui s'y trouvaient sans doute peintes. 
Au-dessus de son chevet, deux anges élèvent sur une nappe blanche, ornée de 
son écusson également fruste, l'âme de la défunte représentée par une figurine 
dans l'attitude de la prière. 

Sur les deux côtés, seuls visibles, du rebord en biseau du couvercle, on lit en 
lettres gothiques : 



(1) Arch.deMontmécly,l"vol.,carlon Ardennes-Chiny.— Cf. Houzelle. B»-eua;,e/c.,p.72. 

(2) Mattensia, IV, 1905. p. 523. Carlul- de l'évèché de Metz, f» 277. Cet acte est important 
en ce qu'il démontre, une fois de plus, qu'en 1328 (commencement du XIV« siècle) 1 église 
monumentale d'Avioth était en cours de coDStruction. ce qui concorde bien avec mes 
conclusions au sujet de l'âge de ce beau monument. 

(3) Cbambre des Comptes de Bar, vol. 72. 

(4) Ibidem, reg. 39, f» 916. 



— 136 — 

ba iavine . bame be . hivicë . que . bteu . éatcfet . mevct) 

a ^ avme qui . iv paë^axt .. 

La date du décès figure sans doute dans la suite de l'inscription qui, se conti- 
nuant sur le côté du sarcophage encastré dans le contrefort intérieur et le mur 
de clôture du chevet, n'est donc plus visible. 

Henri II de Brcux et Catherine ont laissé : 

1° Henri III de Breux, qui suit ; 

2° Alix, mariée à Richard des Armoises. Guy de Neuville, en donnant le 
2 février 1373 au duc de Bar, son aveu pour la garde du château de Brouen- 
nes et dépendances, qu'il jure de rendre en bon état et quand elle lui sera 
redemandée, excepte ce qu'il y tient de Richard des Armoises^ à cause 
de sa femme. De son côté, Richard des Armoises, chevalier, donne le 20 
mai 1388 un aveu pour la tour, terre et seigneurie de Brouennes, « sept- 
vingt-dix arpents de bois appelés Donquenay et le Ghenois sur son ban «. 
Cependant, Richard des Armoises et Alix, sa femme, venaient, le 29 avril 
précédent, de recevoir de Robert, duc de Bar, 100 petits vieux florins pour le 
rachat de la tour Lameix et ses dépendances, assise, est-il dit, sur la rivière 
de Cher auprès de Brouenne, C'est que la tour Lameix ou Lamy formait 
une partie séparée, quoique située près du château. En marge de ce dernier 
acte d'aveu, on lit : Des Armoises les tenait de Henri de Breux qui les avait 
à grâce de rachat pour les 100 petits florins ci-contre (1). Du mariage de 
Richard des Armoises et d'Alix de Breux est issue une fille : Lise des Ar- 
moises, mariée à Henri d'Orne, tué le 25 octobre 1415 à la bataille d'Azin- 
court ; laissèrent un fils : François d'Orne, prévôt de Stenay, qui donna 
son dénombrement de la terre de Brouennes le 27 février 1464 (n. st.) (2). 

X. — Henri III de Breux. 

En 1355 ou 1356, le samedi après la Toussaint, Jacques de Hugnez, écuyer, 
vendit, par devant Jean, comte de Salm et de Chiny, et Philippe de Fauque- 
mont, comtesse des mêmes lieux, à Henri de Breux, les rentes et revenus qui 
lui appartenaient à Breux, pour la somme de cent petits florins de bon or (3). 

Le 13 décembre 1359, 'Wenceslas de Luxembourg donna à Henri, seigneur de 
Breux, écuyer, devenu vassal du château d'Ivoix, une rente de quinze vieux 
petits florins de bon or et de poids (4), 



(1) Chambre des comptes de Bar, vol. 72. 

(2) Manuscrit deDeriain, de Stenay. 

(3) Bertholet, t. VI, pa^e 2fi5, assigne à cet acte la date del35i; mais If P. Goffinet, Les 
Comtes de Chiny, page2ryj. ayant établi que le premier mari de Pliilippiiie (Godefroi I", 
15' comte de Chiny) vivait encore le 28 août 135i, il convient de reporter la date à l'année 
suivante ou même à l'année 135G. 

(4) Bertholet, t. VI, page 278. C'est sans doute par l'acquisition de la terre de Brouennes 
ou dépendances, que Henri III de Breux devint vassal de la châtellenie d'Ivoi.x. 



— 137 — 

Par un accord, daté du T'' juin 1361, Ilcnri do Breux, écuyer, assigne à 
l'abbaye d'Orval, un niuid de blé sur son gagnage de Fagny qu'il dit tenir de son 
franc-alleu (1). 

Le 18 avril 1362 (n. st.), il fait reprise de la terre de Brouennes (2). 

Parmi les « hommes de fiez de Chiney, Montmaidey et Estahles », qui 
apposent leur sceau sur l'acte dressé au château de Montincdy, le 4 août 1366, 
par lequel Wenceslas de Bohême, duc de Luxembourg, de Brabant, etc., déclare 
que « Jeanne son épouse s'est déshéritée à son profit de tous ses droits au comté 
de Ghiny qu'ils ont acheté en plain mariaigc », figure « Henri de Breuz^ 
escuier ». Ce sceau porte, comme il a été dit : une croix au franc-quartier 
chargé de trois pals (3). 

Henri III de Breux était marié à Alix d'Etalles, décodée le 8 juin 1411, 
dont l'inscription funéraire est gravée, en caractères minuscules gothiques sur 
la face antérieure du sarcophage de dame Catarine dans l'abside de l'église 
d'Avioth. On ne leur connaît qu'un fils. 

Henri IV de Breux, qui suit : 

XL - Henri IV de Breux 

Henri IV de Bf^eux ùgnve dans des lettres de sûreté données, le mardi 5 
avril 1418 (après Pâques), par Gilles de Rodemach, au nom de la duchesse de 
Luxembourg et de Brabant, d'une part; et par Winchelin de la Tour, bailli de 
St-Mihiel, pour le cardinal, duc de Bar, de l'autre. Ils ordonnent une trêve 
commençant le dimanche 10 juin et durant jusqu'au 20 du même mois et déci- 
dent qu'une journée sera tenue le 12 juin à Marville. Gilles de Rodemach 
déclare agir avec le conseil et l'avis de mess. Jean de Solœuvre, seigneur de 
Lagrange, Jean de Boulay, seigneur de Soleuvre, Jean de Brouche, prévôt 
d'Ivoix, Jean de Glémancy, prévôt de Montmédy, Wary de Laval, Henri de 
B?'eux (4). 

Henri IV de Breux épousa Jeanne de Soleuvre, (ille de Jean de Soleuvre, 
seigneur de La Grange (1387-1-1448) et d'Anne d'Atzinrode. Il mourut jeune 
encore, le 8 septembre 1420. L'épitaphe en lettres gothiques gravée sur la face 
antérieure du sarcophage actuellement dans l'abside de l'église d'Avioth fait 
connaître qu'il fut inhumé à côté de sa mère, Alix d'Etalles, dans la chapelle 
des seigneurs de Breux (5). Il ne laissa qu'un fils, Henri V de Breux en bas 
âge. 



(1) Cartul. d'Orval, page 692 

(2) Manuscrit de Denain. 

(3) Chartes de Luxembourg, ii" 1(107, aux archives du royaumeà Hn.xelies, Rec. Wiutli- 
l'aquet. —.1 -Th. de Raadt. Sceaux armoriés. Annales de l'Institut arch. de Luxemhourq, 
t. XXX.IX, 1904, page275. 

(4) Bibliothèque nationale. Fonds de Lorr.' '"18. 

(5) L. Schaudel. — Aviolh, etc., page 227. 



— 138 — 

Jeanne de Soleiivre conti'acta, avec Ferri de Chinery, une nouvelle alliance 
qui eut pour eflfet de faire entrer la seigneurie de Breux dans la maison de 
Ghinery. Elle mourut vers 1460 (1). 

XII. — Henri V de Breux. 

Henri V de Breux, mineur à la mort de son père en 1420 fut élevé sous la 
tutelle de son beau-père Ferri de Chinery. Il fut marié à Blanche de 
Sorhey (2). 

Par un acte du 3 août 1448, Henri, seigneur de Bruef, Louis et Jean 
frères, de Ghinery, et Didier le Gournay, dit Vogenay, pour sa femme Jeannette 
de Ghinery, reconnaissent devoir à Glais de Roeser et à Grete, fille de feu Ysen- 
bart de Schiffeldingen, sa femme, une somme de 300 florins du Rhin (3). 

Le 17 avril 1461, Louis et Jean de Ghinery, frères, enfants de Ferri de 
Ghinery et de feue Jeanne de Soleuvre, procèdent au partage de la succession 
de Jean de Soleuvre, leur grand -père et de celle de leur père. Les droits de 
Henri, seigneur de Breul, leur frère utérin et ceux de Jeanne de Ghinery, 
leur sœur germaine, sont réservés. Les témoins qui ont apposé leurs sceaux à 
l'acte sont : Jean de BouUay, seigneur de Solleuvre, leur oncle, Henri, seigneur 
de Breul, leur frère et Henri de Lus, dit Moral, écuyer, demeurant à 
Virton (4). 

Le 8 juillet 1463, Henri, seigneur de Breu &i Blanche de Scliorby, re- 
connaissent devoir à Giltz de Busleiden, échevin à Arlon et à Ysabelle f5), sa 
femme, une rente de 25 fl. du Rhin affectée sur leurs cens et rentes à Biififingen 
(Buvange), pour avoir emprunté d'eux la somme de 400 fl. (6). Gette créance fut 
rachetée de Gilze de Busleiden, par Louis de Ghinery, seigneur de Lagrange, le 
4 octobre 1467 (7). 

Le 17 avril 1464, Henri de Breux dénombre pour sa part dans Brouenne, 
Ginvry, Nevant, pour Bronel, Baalon et autres biens rachetables (8). Il était 
vassal de Stenay, pour Baalon (9). 

Le 28 juin 1463, Henri de Breu, Louis et Jean de Ghinery, frères, figurent, 



(1) Dans l'acte de partage du 17 avril 1461, elle figure sous la désignation : feue Jeanne 
de Soleuvre- 

(2) Sorbexj ou Horbey, d'où la prononciation Schorbey ou Schorby ; elle appartenait à la 
famille de ce nom qui portait : d'azur à un croissant surmonté d'une étoile de même- 

(3)0ri£;. parch. — Six sceaux. « Bezirksarchiv « à Metz. — Archives de Clervaux, 
no 9i9. ^^publ, de l'Inst- R. G. D. de Luxemb. t. XXKVI- 

(4)0rig- parch. — Quatre sceaux. — Ibidem, n» 1110- 

(.5) Sa tombe se trouve dans la chapelle de St-Hilaire, près Marville- V. L. Germain- — 
Notice sur la tombe d' Isabelle de Musset— Mém- de la Soc- arch- lorr-, t-XlV, I88G, p- .5<M08- 

(6) Orig- parch- six sceaux- — Arch- de Clervaux, n" 11G3. 

(7) Public- de la Sect- hist. de llnst- R. G. D- de Luxemb., t- XXX VI, p. 242. 

(8) Manuscrit de Denain, à Stenay. 

(9) Ibidem. 



— 139 — 

comme demandeurs, dans une sentence du Conseil de Luxembourg loucliant la 
seigneurie du Chêne (1). 

Parmi les représentants de la noblesse réunis, le 25 octobre 1451, après la 
mort d'Elisabeth de Gœrlitz, pour reconnaître Philippe duc de Bourgogne, comme 
duc de Luxembourg et comte de Chiny, figure Henri de Breuœ, avec son beau- 
père Frédéric de Ghinery et Louis de Chinery, son frère (2). 

Henri de Breux et ses frères Louis et Jean de Ghinery, ainsi que Jean de Bou- 
lay sont cités parmi ceux qui s'étaient déclarés pour Philippe de Bourgogne (3). 

La charte d'affranchissement de Montquintin et Couvreux, datée du 8 août 1475 
et donnée par Jean de Ville, chevalier, est signée et scellée de leurs sceaux par 
Henry, seigneur de Breux et Jean de Ghinery, seigneur d'Rcouviez, écuyer (4). 

La place de Breux, dont Guillaume de Mandre était alors capitaine, ayant été, 
par ordonnance de l'archiduc d'Autriche, duc de Luxembourg, du 4 avril 1478, 
mise à la disposition de Louis de Ghinery, seigneur de la Grange (5), on peut en 
conclure que Henri V de Breux était décédé à cette date. Il ne paraît pas avoir 
laissé d'enfant de son mariage avec Blanche de Sorbey. Avec lui s'éteignit donc 
la maison de Breux. 



FAMILLE DE CHINERY (6). 

L — Ferry ou Frédéric de Chinery. 

Jeanne de Soleuvre, fille de Jean de Soleuvre, seigneur de La Grange (7), 
et justicier des nobles de 1412 à 1443, mariée d'abord à Hen7'i IV de Breux, 
décédé le 8 sept. 1420, convola en secondes noces avec Femj ou Frédéric de 
Chinery. Ce dernier mariage dut avoir lieu peu d'années après 1420, car le 
25 octobre 1451, le fils aîné de Ferry, Louis de Ghinery, figure, avec son père 



(1) E. Tandel- Les Communes luxemb., t VI, A, p. 183. Archives de la Cour à Luxem- 
bourg. Reg. du conseil, vol- '2, f» 188-194. — J- Ch. Kohn, Hist. des seigneurs de La Grange, 
tome I, page 301-307- 

(2) J. Ch- Kohn- Ibidem, 1. 1, p- 52- — Marcellin Lagarde. Hist. du duché de Luxemb., 
toiïe II, page 123- 

(3) Kohn. Ibidem, p. 5i. Public, de Vlnst. G.-D. de Luxemb-, t- XXVIII, p. 187 190. 

(4) Annales de l'Inst. arch. du LiLtemb-, t V, 1887, p- 319-322. 

(5) Registre du Conseil, à Lu.xembourg, vol- 4, f» 113- — Kohn- Ibidem, t. I, p. 308-309. 

(6) Chinery portait ; d'hermine au lion de gueules. M. Léon Germain est d'avis que ce 
nom est une altération de Chivery, ou, eu égard à la prononciation de l'X en Lorraine, 
Xivery, Xivrtj ; la famille devait descendre des anciens seigneurs de Petit-Xivry ou plutôt 
de Xivry-le-Franc, canton d'Auilun-le-Romai ■ — (/ournai de la Soc. d'arch. lorr-, 1887, 
p. IGG). — M. van Werveke admet que Chinery n'est emj loyé que pour Xivry-le-Franc. 
(Public, de la Sect- hist. de Luxembourg, 1879)- 

(7) La grange, château et ferme, sur la route de Metz à Lu.xembourg, au N-0. de Ma- 
nom, annexe de cette commune, arrondissement dé Thionville, canton de Cattennm. Les 
armes de la famille de Soleuvre étaient : d'or au lion de sable, armé et lampassé de gueules, 
queue fourchée, nouée et passée en sautoir. 



— 140 — 

et son frère utérin Henri V de Breiix, comme représentant de la noblesse aux 
Etats du Luxembourg (1). 

Par ce mariage, Ferry de Chinery devint seigneur de Breux et nous le 
voyons intervenir, en cette qualité, dans un accord du 4 juin 1432 avec l'abbaye 
de Saint-Symphorien de Metz, au sujet du droit de nomination du curé d'Avioth. 
Cet acte, connu par une attestation du curé d'Avioth, Jean Delhotel, écrite le 
21 septembre 1665 et qui existe aux archives de cette cure, fait connaître que le 
droit de collation serait exercé alternativement par les seigneurs de Breux et 
l'abbé de Sainl-Symphorien. Rappelons que le droit des premiers résultait de ce 
fait que l'église d'Avioth était construite sur le territoire de la seigneurie de 
Breux ; quant à l'abbaye de Saint-Symphorien de Metz, elle revendiquait ce 
même droit en sa qualité de propriétaire et coUatrice de la chapelle de St-Brice, 
église-mère d'Avioth (2). 

Ferry de Chinery porte encore le titre de seigneur de Breux dans un acte du 
7 juillet 1442 (3), d'où il résulterait qu'à cette date son beau-fils, Henri V de 
Breux, n'avait pas encore atteint l'âge de la majorité ou du moins qu'il n'était 
pas encore investi de cette seigneurie du domaine patrimonial. 

Au milieu des dissensions qui déchiraient alors le Luxembourg et le comté de 
Chiny, Ferry de Chinery, imitant sans doute l'exemple de son beau-père, Jean 
de Soleuvre, seigneur de Lagrange, paraît être resté neutre. Ils ne figurent, ni 
l'un ni l'autre, sur la Uste des nobles luxembourgeois qui, en 1442, s'étaient 
rangés sous les drapeaux du duc de Bourgogne. 

Le château de Soleuvre appartenait à cette époque à Jean de Boulay, allié à 
la famille de Soleuvre. Joffroy, prieur d'Aspremont, frère de Hue, seigneur 
d'Aspremont, s'étant emparé de ce château par trahison en 1441, l'avait remis 
entre les mains de Robert, damoiseau de Commercy ; mais il fut repris le 5 
juillet 1442 par le comte de Gleichen, qui vint assiéger la forteresse avec les 
chevaliers et écuyers de tout le Luxembourg (4). 

Le château de La Grange, résidence de Jean de Soleuvre, beau-père de Ferry 
de Chinery, était également entre les mains du parti saxon. 

Le 7 juillet 1442, une trêve fut conclue entre Gérard, seigneur de Rodemach, 
Erard de Gymnich, gouverneur de Damvillers, Jean de Boulay, le jeune, 
soigneur de Dudelange, George et Jean, sires de Pouilly, seigneurs de Septfon- 
taines, d'une part, et messire Robert de Sarrebrùck, seigneur de Giversy, comte 
de Ross et de Bramie de l'autre. Si l'un des signataires voulait reprendre sa 
liberté, il devait le signifier audit Robert de Sarrebrùck, six jours à l'avance, au 
lieu de Chauvancy. De même le seigneur de Giversy devait prévenir Gérard au 



(1) Public de la Sect- hist- de Liixemb., t- XXXVl, 1883. 

(2) L. Schaudel- Avioth. etc., p. 149-151. 

(3) Bibliolh. nationale. Fonds de Lorrraine, n» 91, f» 9S. 

(4; J.-Ch, Kohn- — Ilisl. des seigneurs et de la seigneurie de La Grange, p. 44 et 45. 



- 141 — 

lieu de Rodemach, Erard à Damvillers, Jean de Boulay là od il se trouverait, 
Jean et George à Septfontaines. Pour terminer, Gérard de Rodemach se porte 
fort de Ferry de Chinery^ seigneur de Brue et les siens (1). 

Ferry de Ghinery, selon toutes probabilités, résidait donc au château de 
Breux, ou du moins y entretenait une garnison sur laquelle une pièce des 
archives d'Avioth nous fournit quelques renseignements intéressants. Il s'agit 
du testament de Ghartigo, seigneur d'Espagne, daté du 9 août 1442, fait en pré- 
sence de sire Nicol le Régner, chapelain de Breux. Le testateur se dit homme 
d'arme de la compagnie de Monseigneur du Pont; il choisit pour exécuter ses 
dernières volontés Jean Dom Doullet son frère germain, Guillaume de Voille 
(Walle?)et Pétricque Guasson, ses compagnons de guerre. Par une des dernières 
clauses de son testament, il donne « aux pauvres personnes qui sont à la prison 
« dudict Breux certaines vaches et chevalx pour eulx aidier à leur rançon ». 
L'acte fut dressé en présence de Louppe Davesnes, Valentin Thorran, seigneurs 
nobles hommes et « plusieurs aultres ad ce huchies » et appelés (2). 

Le château de La Grange fut repris aux Saxons en 1443, par un partisan du 
duc de Bourgogne (3) et fut rendu ensuite à Jean de Soleuvre, seigneur de La 
Grange. 

De son côté, Jean de Boulay, seigneur de Soleuvre, rentra en possession du 
château de Soleuvre, grâce à l'intervention de Philippe-le-Bon. Ge prince, dit 
M. Em. d'Huart, se préparait alors à la conquête du Luxembourg et cherchait 
par des largesses à s'en préparer les voies. Jean de Soleuvre (c'est Jean de 
Boulay, seigneur de Soleuvre, qu'il faut lire), dans sa reconnaissance, se rangea 
sous les drapeaux de Bourgogne, tandis que Frédéric de Chinerp, sire de La 
Grange, reste fidèle au sang de ses maîtres (4). 

Elisabeth de Goerlitz étant morte le 30 août i451 à Trêves, où elle s'était 
retirée, Philippe-le-Bon convoqua les Etats le 25 octobre suivant, pour se faire 
reconnaître comme duc de Luxembourg et comte de Ghiny. Parmi les représen- 
tants de la noblesse à cette assemblée, on voit figurer : Frédéric de Chinery, 
ainsi que Henri de Breux et Louis de Ghinery, frères (5). 

Ajoutons que Jean de Soleuvre, beau-père de Ferry, paraît être mort avant 
l'année 1450 (6). Quant à Jeanne de Soleuvre, elle doit être décédée avant le 17 
avril 1461, date du partage de la succession de Jean de Soleuvre, son père et 
Ferry de Ghinery son deuxième mari. Il résulte de cet acte de partage que Ferry 
de Ghinery s'est dépouillé avant sa mort de ses droits sur la seigneurie du Ghêne, 



(1) Orig. FeniHe de papier, — cinq sceau.x en cire rouge plaqués, le 1" de Rodemach 
{trois fasces, tei ant : un lion surmonté d'un vol double). Bibl- nat. Rodemach, n" 91, f* 98. 

(2) Archives de la cure d'Avioth. 

(3) Mém. d'Olivier de la Marche, 1843, liv. I, chap- X. 

(4) Revue d'Austrasie, 18i3, p- 80. Cf. Kohn. Hist. des seign- de La Grange, t. I, p. 4.'j- 

(5) Marcellin Lagarde- — hist. du duché de Luxemb-, t. Il, p. 123- — Cl- Kohn 
Ibidem,, p. 52. 

(tj) Kohn. Ibidem, p. 48- 



— 142 — 

tandis qu'il s'est réservé ses droits sur Ecoaviez avec ses dépendances deTtionne 
et de Grand-Verneuii, Ghinery et Landreville, que reçoit Jean de Ghinery pour 
en jouir après la mort de son père. 

Ferry vivait encore en 1467, mais il était mort en 1476 (I). 

Du mariage de Ferry de Ghinery et de Jeanne de Soleuvre sont issus : 
A. Louis de Chinery. — B. Jean de Chiner y. — G. Jeanne de Chinery. 

II. 
A. — Louis de Chinery. 

Louis de Ghinery, seigneur de la Grange, épousa Catherine de Raville, fille 
de Jean, seigneur de Raville Si la date (17 octobre 1440) d'une donation faite 
par Jeanne de Wesemaele, dame de Rivière, à Gatherine de Raville, femme de 
Louis de Ghinery, est exacte, ce dernier devait être fort jeune au moment de son 
mariage. L'objet de cette donation fut la moitié de la seigneurie de Fontoy et de 
Berwart, dont Gatherine de Raville reçut l'autre moitié le 2 mai 1469 (2). 

Gatherine de Raville avait reçu de son père Jean de Raville, seigneur de Sept- 
fontaines et de Dagstul, une dot de 1000 florins du Rhin sur les parts de celui-ci 
au château de Bologne et à la franchise de Kœnigsmachern (3). A la suite d'un 
accord conclu le 8 novembre 1498, entre Henri de Raville, seigneur de Septfon- 
taines et de Dagstul, d'une part, et Louis de Chinery^ seigneur de La Grange 
et sa femme Gatherine de Raville, tante de Henri, d'autre part, ces derniers 
consentent à la réduction de celte dot à 700 florins que Henri paiera sur sa part 
de la seigneurie de Milbourg (4). 

Nous avons vu que Louis de Ghinery figure parmi les représentants de la 
noblesse convoqués le 25 octobre 1451 par Philippe le Bon pour se faire recon- 
naître duc de Luxembourg et comte de Ghiny (5). 

A partir de 1460, Louis de Chinery, seigneur de La Grange, fait partie du 
siège des nobles du duché de Luxembourg 

Lors du partage de la succession de Jean de Soleuvre, son grand-père et de 
Ferry de Ghinery, son père, le 17 avril 1461 , Louis de Ghinery fut mis en pos- 
session de tout ce qui avait appartenu à Jean de Soleuvre, sauf 20 florins du 
Rhin qui étaient dus à celui-ci sur les villes, terres et seigneuries de Tzelange et 
Escouvaulx (Ecouviez ?) en la partie de M. de Rodemaeh, qui déjà avaient été 
données à Jean de Ghinery son frère. Les biens hérités par Louis de Chinery 
étaient : la forte maison, basse-cour, terre et seigneurie de La Grange devant 



(1) Ibidem, p. .">5. 

(2) Ibidem, p. 59. 

(3) Ibidem, pW — Public- de la Sect- hist- de l'Inst. G D- de Luxemb-, t. XXXVI, p. 313. 

(4) Ibidem. 

Çj) Marcellin l.,agard-!. — fiist- du duché de Luxembourg, t. II, p. 123. 



— 143 — 

thionville, Moyneur (Manom ?) près de La Grange, Gars de Gnutliesanne, urlé 
maison à Thionville avec certaines rentes et un pré situé hors el près de la 
porte de la dite ville ; la forteresse, terre et seigneurie de Soleuvre avec Buvange, 
Loveldange et Mestorff; la seigneurie et forte maison de Keille et Télenges, 
tous les droits que Jean son frère et lui pouvaient avoir, à cause de leur grand- 
père, dans toute la terre et seigneurie du Chesrte au sujet desquels il y avait 
alors procès (1). 

Le 6 juin 1464, Louis de Chinery, avec Jean d'Autel, seigneur de Tiercelet, 
Philippe des Armoises et Jacques d'Aspremont prononcent en arbitres dans un 
différend entre Didier de Landres, Oulry de Landres, son frère, Henr-i de la 
Haye comme tuteur de Jean, Thielman et Gaspard, ses enfants, Jean de Lenon- 
court, au nom d'Elise de Ghambley, sa femme, demandeurs, d'une part; Huet 
et Rogier de Mercy, frères, défendeurs, d'autre part, au sujet de deux tiei's de 
la succession de Golart de Mercy (2). 

Le 11 décembre 1467, Louis de Chinery^ seigneur de La Grange, relève on 
fief de Charles, duc de Bourgogne et de Brabant, comme soigneur héréditaire 
du duché de Luxembourg et comté de Ghiny, les seigneuries de La Grange, 
Fontoy, Berwart, Soleuvre et celle du Ghène, située dans la prévôté d'Arlon, 
avec une partie des biens appartenant à cette seigneurie dans la prévôté de 
Bastogne (3). 

Louis de Ghinery, contrairement à la conduite de plusieurs seigneurs du 
pays, tels que les sires de Rodemach et de Wirnembourg qui s'étaient rangés du 
côté de Louis XI, était resté fidèle à Marie de Bourgogne lorsque, par suite de 
son mariage avec l'archiduc Maximilien, le duché de Luxembourg passa sous la 
domination de la maison d'Autriche. Aussi le 4 avril 1478, sans doute après la 
mort de Henri V de Breux décédé sans postérité, l'archiduc d'Autriche, duc de 
Luxembourg ordonna à Guillaume de Mandre, capitaine de la place de Breu, de 
remettre cette forteresse entre les mains de Louis de Ghinery (4). Par lettres 
patentes du 15 mars 1492, Louis de Ghinery fut nommé à la charge de conseiller 
ordinaire à Luxembourg ; il prêta serment en cette qualité le 31 du même mois 
(5) et resta en fonctions jusqu'en 1497. 

Le 22 juillet 1501, Louis de Ghinery, seigneur de La Grange, fait son testa- 
ment. Après avoir demandé à être enterré à côté de sa femme devant l'autel qu'il 
avait commencé à édifier en l'église paroissiale de Thionville, il institue, pour 
exécuteur testamentaire son gendre, Godart de Brandenbourg, seigneur de Glerff" 
et de Meisenbourg et pour héritiers les enfants dudit Godart et de Gatherine de 
Ghinery, sa fille (6). 



(1) Kohn, Ibid., t. I, Pièces justif-, p. 296-2!)!). 

(2) Ibidem, p. fu. — Publicat- Sect- hist. de l'Ittfit. G- D- de Luxemb. t. XXXVI, p. 245- 

(3) Kohn. — Ibid., t. I, Pièces justif-, p. 308. 

(4) Kohn. Ibid. Pièces justifie, t- I, p. 308-309. 
(.j) Ibidem, p. 311-312. 

(G) Ibidem, p. 312 à 317- 



— 144 — 

Louis de Ghinery, qui à ce moinont devait être âgé d'environ 80 ans, est sans 
doute mort peu de temps après laissant de sa femme, qui l'avait précédé dans la 
tombe, une fille unique, Catherine de Chinery. 

B. — Jean de Chinery. 

Dans l'acte de partage du 17 avril 1461, Jean de Chinery reçoit Escouvie, 
avec les dépendances de Thoyine et de Grand- Verneuil, Ghinery et Landreville, 
etc. pour en jouir après le décès de son père Frédéric (Ferry) (1). 

En 1474, il est prévôt de Montmédy. Le 18 janvier de cette année, son frère 
Louis de Ghinery établit comme procureurs pour le représenter en justice : Jean 
d'Autel, seigneur de Tiercelet, Jean de Chinery^ prévôt de Montmédy, son frère 
et Hue de Mercy, tous écuyers (2). 

La charte d'affranchissement de Montquintin et Gouvreux, datée du 8 août 
• 1475, est scellée des sceaux de Henri, seigneur de Rreux et de Jean de Ghinery, 
seigneur d'Escouvie, écuyer (3). 

Jean de Ghinery avait épousé Ydron de Boulay, fille de Jean de Boulay, le 
vieux, seigneur du Ghêneen partie et d'Irmengarde de Soleuvre. Il mourut'avant 
le 31 octobre 1512, date du partage de la succession. De son mariage avec 
Ydron de Boulay il laissa : 

1° Mariette de Chinery, qui épousa Louis de Noirefontaine ; 

2° Françoise de Chinery^ épousa Frantzen de la Testa, dit Montferrand; 

3° Ydron de Chinery, qui épousa Nicolas de Naves. 

G. — Jeanne de Chinery. 

Jeanne de Chinery épousa Didier le Gournaix dit Vogenay. Elle était 
déjà veuve en 1459. Le 3 avril de cette année, Jeanne, veuve de Didier le Gour- 
naix, en son vivant chevalier, demeurant à Metz, céda à son frère Louis de 
Ghinery, du consentement de son fils Jean le Gournaix, sa part dans les châteaux 
de La Grange et de Soleuvre, héritée de Jean de Soleuvre, leur grand-père, 
contre une rente annuelle de 60 florins du Rhin ou un capital de 1000 florins. 
Elle réserve cependant une rente de 24 florins au village de Manom que les 
époux Jeanne de Ghinery et Didier le Gournaix avaient rachetée de leur grand- 
père et qui devra continuer à être payée à la veuve ou à son fils (4). 

Dans l'acte de partage du 17 avril 1461 de la succession de Jean de Soleuvre 
et de celle de Ferry de Ghinery (encore vivant), les droits de Jeanne de Ghinery 
sont réservés, ainsi que ceux de son frère utérin Henri, seigneur de Breux (5). 



(1) Ibidem, p. .55. Archives de l'Inst. g. d. 

(2) Ibidem, p. m. 

(3) Annales de l'Inst. arch.du Luxembourg, t. V, p. 319, 

(4) Archives de Clervaux- — Kohn. Ibidem, p. G<J (il. 

(5) Kohn, Ibidem. Pièces justificatives, p- 21i6-29'J.— Fonds Clervaux à Metz. 



— 145 — 



Du mariage de Jeanne de Ghinery et Didier le Gournaix naquit un fils, Jean 
le Oournaijc; mais il paraît être décédé sans laisser de postérité, car il n'est 
pas mentionné dans l'accord du 31 octobre 1512 relatif à la succession de Louis 
et Jean de Ghinery, de celle de Jeanne de Ghinery et de Henri de Breux (1). 



FAMILLE DE BRANDENBOURG. 



Godart de Brandenbourg (2). 

Le mariage de Gatherine de Ghinery, fille unique de Louis de Ghinery, fit 
passer la succession de ce dernier dans la tàmille de Brandenbourg. Le contrat 
de mariage entre Catherine de Ghinery et Godart de Brandenbourg est daté du 
l"" avril 1476. Gatherine reçut en dot de ses parents, leur maison ou château de 
Soleuvre avec une rente de 100 florins et un don de 1000 fl. du Rhin. De l'as- 
sentiment de sa mère, Godart de Brandenbourg assigna en douaire à Gatherine 
de Ghinery, la moitié de la seigneurie de Glervaux (3). 

Le 10 janvier 1482, Godart de Brandenbourg et Gatherine de Ghinery, sa 
femme, engagent la seigneurie d'Useldange à Vincent de Moerse et de Saare- 
werden et promettent de tenir quittes de tous dommages pouvant résulter de 
cette engagère, Françoise d'Argenteau, leur mère, Marguerite de Brandenbourg 
et Jean de Schôneck, sœur et beau-frère de Godart, envers Louis de la Marck, 
seigneur de Rochelort (4). 

Catherine de Ghinery mourut en 1499, précédant ainsi son père dans la tombe, 
Godart est qualifié de veuf dans un acte du 15 janvier 1500. 

Par un testament du 22 juillet 1501, Louis de Ghinery nomme son gendre 
son exécuteur testamentaire (5). 

Godart de Brandenbourg, de son côté, fit son testament le l^'' septembre 
1503. 11 demande à être enterré dans la chapelle que feu son père a fait restaurer 
dans l'église paroissiale de Munshausen, près de Glervaux 6). Godart de Bran- 
denbourg mourut peu après, laissant de son mariage avec Gatherine de Ghinery : 



(l)Ibide7n, p. 324-326. 

(2> Godart était le second fils de Frédéric II de Brandenbourg, seigneur de Glervaux, 
et de Françoise d'Argenteau. 

Les armes de Brandenbourg étaient : de gueules à un écusaon d'argent en abîme, 
casque couronné- 

(3) Orig. parchemin. —9 sceaux bien conservés. CoU- de la Sect- hist- de Luxembourg. 
Kohn. I6id., p. 72. 

(4) Orig. parch. — Arch. Gouv. Luxerab- Kohn, Ibid., Pièces justificat-, t. I, p- 309etdlO. 
(.5) Bezirksarch. à Metz. Fonds Glervaux. Ibidem, p- 312-317. 

(6) Ibidem, texte allemand, p. ol7-320- 

10 



— 146 — 

1° Georges de Branderibourg^ qui suit ; 

2° Frédéric de Drandenbourg , qui suit également ; 

3" Jeanne de Brandenhourg ^ morte sans alliance, avant 1503 ;. 

4" Marguerite de Brandenbourg , dame de Clervaux qui épousa, le 6 
août 1492, Nicolas III de Heu (l), seigneur d'Ennery. Par son testament 
du 22 juillet 1501, son grand-père Louis de Ghinery, lui laisse ses droits et 
la part qu'il possède au château et à la seigneurie de Fontaine. Nicolas III 
de Heu mourut le 10 juin 1535. Le 17 de ce mois, sa veuve fit avec ses fils 
un traité d'après lequel elle reçut en douaire la moitié de toutes les seigneu- 
ries. La succession de Nicolas de Heu donna lieu à de nombreuses difficultés. 
Le 3 avril 1558, Marguerite de Brandenbourg fit son testament et demanda 
à être enterrée en la chapelle des seigneurs de Clervaux dans l'église parois- 
siale de Munshausen ou en l'église de St-Martin à Metz. Elle mourut avant 
le 10 mars 1565 (2), laissant de son mariage les enfants qui suivent : 
a) Nicolas IV de Heu, né le 14 novembre 1494, mort le 25 août 1547 ; 
maitre échevin à Metz, il épousa Anne de Failly, veuve ; — b) Robert de 
Heu, seigneur de Montoy, épousa : 1° Philippine de Gheverson, 2° Glaude 
du Ghâtelet, veuve de Glaude de Yierme, 3° Jeanne de Boulay ; — c) Cathe- 
rine de Heu, née le 14 juillet 1501, épousa Jean de Haussonville, sénéchal 
de Lorraine ; — d) Jean de Heu, seigneur de Blettange, gouverneur de 
Thionville, épousa Marguerite de Roussel, fille unique de Nicolas de Roussel, 
seigneur de Mercy ; — e) Gertrude de Heu épousa Richard de Mérode- 
Houffalize ; ~ f) Martin de Heu, seigneur de Grépy, chanoine de l'église 
cathédrale de Metz, épousa Elisabeth de Raigecourt ; — g) Anne de Heu 
religieuse aux Prècheresses de Metz ; — h) Madeleine de Heu, religieuse 
au couvent du St-Esprit à Luxembourg ; — i) Richarde de Heu née le 26 
janvier 1515; — j) Gaspard de Heu, seigneur de Huy, co-seigneur de 
Glervaux, maitre échevin de Metz, épousa Jeanne de Louvain ; il est mort 
en 1558 (3). 

5° Catherine de Brandenbourg , religieuse à Marienthal. 

6° Françoise de Bra^idenbourg épousa Jean de Schauwenbourg (4), 
seigneur de Preisch, chevalier, conseiller ordinaire à partir de 1505, prévôt 
à Luxembourg en 1518 et lieutenant du gouverneur de 1512 3 1518. Par 
le contrat de mariage, daté du 19 mai 1504, il assigne à Françoise de 
Brandenbourg, sa femme, une dot de 3,000 fl. ou une rente de 150 fl. en sus 
de la terre de Berwart. Jean de Schauwenbourg mourut le 3 juillet 1523. 
Sa veuve lui survécut. Du mariage de Françoise de Brandenbourg et de Jean 
de Schauwenbourg, il y eut sept enfants : a) Christophe de Schauwenbourg, 
seigneur de Preisch, justicier des nobles, épousa Anne Bayer de Boppart. 
Christophe étant mort sans postérité, Preisch passe à son frère Bernard et, 
de celui-ci, à sa sœur Anne, femme de François de Mérode. — b) Bernard 
de Schauwenbourg, seigneur de Schuttbourg et de Preisch, gouverneur 
de Thionville qui épousa Marie ou Marguerite de Brandscheif; il 
mourut le 9 mars 1576 sans laisser de postérité.— c) Maximin de Schau- 
wenbourg qui faisait, comme son frère Bernard, partie du siège des 
nobles. Il épousa Anne de La Rochette, fille de Ge)rgos et de Marguerite 



(1) Nicolas III de Heu, fils de Jean de Heu et de Jeanne Chevaliat, avait épousé en pre- 
mières noces, le'.) novembre 1489 Catherine de Gournaix. daine de Blettange, morte le 18 
novembre 1490, Heu portait : de gueules à la bande d'argent chargée de trois coquilles de 
sable. Ils avaient pour devise : Heu, endurer pour durer- 

(2)Kohn. Ibid; t I, p. 84. 

(3) Ibidem, t. I. Tableau généalogique, p- 74. 

(4) Fils de Frédéric de Scliauwenboiirg et de Catherine de Sulzbach. Schauwenbourg 
portait : d'argent à un miroir antique, au sautoir de gueules brochant sur le 
tout. 



— 147 — 

de Schwarzembourg. — d) Hartard de Schauivenbourç, seigneur de 
Berwart et de Glervaux, colonel au service d'Espagne, gouverneur de 
Thionville, qui épousa en 1540, Agnès fille de Sébastien de Mittelhausen 
et de Gléophée de Rathsamhausen. Il mourut le 5 mai 1585, laissant cinq 
fils. — e) Anne de Schauivenbourg qui épousa François de Mérode.— 
/) Madeleine de Schamcenbourg ^ dame de Preisch, de Bertrange et de 
Messancy, co-dame de Fontoy, mariée à Jean H de Naves, prévôt de 
Marville, d'où Dorothée de Naves, épouse de Gérard de Schauwenbourg 
(1602). Madeleine de Schauwenbourg mourut le 23 septembre 1584. — 
g) Gertrude de Schauwenbourg , religieuse. 

7" Anne de Brandenbourg , religieuse au couvent du Saint-Esprit, à 
Luxembourg, où elle fit profession en 1501 (1). 

II. 
1° Georges de Brandenbourg. 

Par son testament du 22 juillet 1501, Louis de Ghinery lègue à son petit-fils 
Georges de Brandenbourg la seigneurie de la Grange-lez-Thion ville (2). 
Godart de Brandenbourg, de son côté, laissa à son fils aîné Georges le château 
et la seigneurie de Glervaux avec toutes ses dépendances ; il devait partager avec 
son frère Frédéric les quatre places de Soleuvre, Berward, Fontoy et le Chêne (3). 

Le 16 mai 1506, les deux frères conclurent un accord au sujet des biens qui 
leur étaient échus par le décès de leur père et de leur mère. Georges eut la sei- 
gneurie de Glervaux, et il fut stipulé que les parts des deux frères aînés aux sei- 
gneuries de Berwart, Fontoy, Soleuvre et tous les autres cens et rentes seraient 
partagés par des arbitres (4). Un nouvel arrangement, daté du 13 mars 1507, 
confirma Georges de Brandenbourg dans sa qualité de seigneur de Glervaux et 
dans la possession entière de cette part d'héritage. Comme les revenus de la sei- 
gneurie de Glervaux surpassaient de beaucoup ceux de la seigneurie de Meisen- 
bourg attribuée à Frédéric de Brandenbourg, Georges, comme compensation, 
céda à son frère sa part dans la seigneurie de Fontoy. Tout le mobilier, les 
ustensiles de ménage et l'argenterie, délaissés par Godart de Brandenbourg au 
château de Glervaux, restaient à Georges (5). 

Un dernier accord eut lieu le 31 octobre 1512 entre tous les héritiers des deux 
frères Louis et Jean de Ghinery, de Henri de Breux et de Jeanne de Ghinery. Il 
fut décidé que les frères de Brandenbourg conserveraient La Grange, Soleuvre, 
Kayl et dépendances ; quant à la maison de Breux, elle resta indivise (6). 

En 1504, Georges de Brandenbourg se maria avec Anne de Pallant (7), fille 



(1) J Ch. Kohn — Riat- des seigneurs de La Grange, t I, p- 82-85. 
(•2) Ibidem, texte aux pièces justificatives p- 312-317- 

(3) Ibidem, p. 317-320. 

(4) » p. 320-321. 

(5) ,, p. 321-324. 

(6) » p. 324-326. 

(7) Pallant portait : Fascé de sable el d'or. Cimier : un écusson des armes entre un vol 
double. 



— 148 — 

de défunt Didier (Thierry) de Pallant, chevalier, seigneur de Wildenberg, et 
d'Appolonie de la Marck. Georges assigna à sa femme, comme douaire, la moitié 
du château de Glervaux avec dépendances. 

Le 15 juin 1532, Georges de Brandenbourg reprend en fief de l'empereur 
Charles-Quint, seigneur héréditaire du duché de Luxembourg et comté de Ghiny : 
1" le château et la forteresse de Clervauœ ; 2" sa part de la maison d'Esch-sur- 
Sure ; 3** les cours de Wiesenbach et de Breidweiler (1). Le même jour, Georges 
fait encore reprise de sa maison de La Grange, de sa part à Berwart et de celle 
du château de Soleuvre (2). 

Georges de Brandenbourg mourut en 1538 et sa veuve Anne de Pallant, peu 
de mois après, avant le 8 février 1539. Ils ne laissèrent pas de postérité. 

2° Frédéric ou Ferry de Brandenbourg. 

Second fils de Godart de Brandenbourg et de Catherine de Chinery, Frédéric 
de Brandenbourg fut compris dans le testament de son grand-père, Louis de 
Chinery, du 22 juillet 1501 et reçut pour sa part la maison que celui-ci possédait 
à Luxembourg. A la mort de son père, Frédéric, encore mineur, fut placé sous 
la tutelle de Hartard de Wiltz, seigneur de Schuttbourg et de Catherine de 
Brandenbourg, fille de Clervaux, conjoints, tutelle qui ne fut levée qu'en 1510. 
Par son testament du l®"" septembre 1503, son père laissa à Frédéric la seigneurie 
entière de Meisenbourg ; il eut de plus la maison de la Grange avec toutes ses 
dépendances ainsi que les villages de Manom et de Garsch. Soleuvre, Berwart, 
Fontoy et le Chêne restaient par indivis à Frédéric et à son frère aine Georges. 

Par l'accord provisoire du 16 mai 1506, Frédéric de Brandenbourg conservait 
la seigneurie de Meisenbourg, dont la possession lui fut assignée définitivement 
par l'arrangement du 13 mars 1507. 

Rappelons que, par l'accord du 31 octobre 1512, les seigneuries de Soleuvre et 
de La Grange furent attribuées à Georges et Frédéric de Brandenbourg et que 
la maison de Breux resta indivise entre tous les héritiers de la famille de 
Chinery. 

Frédéric de Brandenbourg, seigneur de La Grange et de Meisenbourg épousa 
Catherine d'Asp?'emont, fille de Gobert, seigneur de Busancy, et de Jeanne 
de Kiéwrain. 

Le 4 juillet 1532, Frédéric fit dresser un dénombrement des biens dépendant 
de la seigneurie de Meisenbourg dont il fait hommage au duc de Luxembourg. 
Ce sont : 1° une partie du château de Meisenbourg et dépendances ; 2° une 
partie dans la justice des seigneuries de Soleuvre, Berivart et La Grange; 
3° une partie dans la seigneurie de Fontoy ; 4"» le château de Schœndorf dans 
l'électorat de Trêves; 5" le château de Cattenom avec ses dépendances (3). 



(1) J. Ch- Kohn. — Ibidem, t h p. ÎH- 

(2) Arch. gouv-, à Metz. — J-Ch. Kohn. Ibidem, p. 01. 

(3) Aug- Neyen. — La Seigneurie-barcnnie de Meisenbourg. — J-Cli. Kohn- Ibidem, I. 
page 95. 



— 14» — 

Frédéric de Brandenbourg était capitaine et prévôt de Thionville. Il mourut 
au commencement de l'année 1536. Sa veuve, Catherine d'Aspremont, ne lui 
survécut pas longtemps, étant déjà décédée avant 1539. 

De leur mariage sont issus : 

1° Georges de Brandenbourg, cité pour la première fois le 31 janvier 
1539. Il faisait alors déjà partie de l'Etat des nobles, et il portait le titre de 
seigneur de Meisenbourg avant l'année 1563. 

2° Frédéric II qui suit. 

3° Samson de Brandenbourg , qui devint commandeur de l'Ordre 
teutonique à Damme. 

4*> Jean de Brandenbourg , qui suit. 

5" Anne de Brandenbourg, sous-prieure de Marie nthal. 

6» Catherine de Brandenbourg, qu'épousa Claude, baron de Malberg 
et seigneur d'Audun. Elle était déjà veuve en 1562 oii elle est citée comme 
tutrice de ses enfants mineurs. Elle est encore mentionnée dans un docu- 
ment du 25 mars 1575. 

7° Jeanne de Brandenbourg , mariée à Hartard de Wiltz lequel figure 
jusqu'en 1555. De ce mariage naquit Jean IV, seigneur de Wiltz. 

8" Guillaume de Brandenbourg, qui embrassa la carrière militaire. 
Comme son frère Jean, il occupait le rang de capitaine. Il fut tué par acci- 
dent le 30 mai 1560 dans un village appelé Schœndack, au-delà d'Arlon, 
sur le chemin de Bastogne (1). 

III. 
1<> Frédéric II de Brandenbourg. 

Ce second fils de Frédéric P'" de Brandenbourg porte, comme son frère Jean 
dont il sera question plus loin, le titre de seigneur de Meisenbourg et de La 
Grange. Il est présent le 17 avril 1550 à un acte par lequel Christophe de 
Schauwenbourg, seigneur de Preisch et justicier des nobles, constate qu'Antoine, 
seigneur de Mercy et de Limpach, et Bernard de Larochette, seigneur de Moers- 
dorf, en leur qualité de fondés de pouvoirs d'Isabelle de Sampigny, dame de 
Montquentin et Fontoy ont fait le transport aux héritiers de Bernard, seigneur 
d'Eltz, et à Marguerite de Bemelberg, sa veuve, des droits de ladite dame de 
Sampigny dans la seigneurie de Wolmerange. 

En sa qualité de tuteur des enfants de Bernard, seigneur d'Eltz et d'Ottange, 
Frédéric II de Brandenbourg déclare le 13 novembre 1550, avec la mère desdits 
enfants, que Frédéric d'Epstein, doyen de Mersch, et Didier de Wanner, rece- 
veur à Dasbourg, en leur qualité de tuteurs de Marie von der Heiden, fille de 
feu Henri, ont prêté aux premiers 500 florins de Luxembourg. 

Frédéric II de Brandenbourg, seigneur de Meisenbourg et de La Grange, 
append son sceau à un acte du l®"^ juin 1551 par lequel sa belle-sœur Marguerite 



(l)J-Cli. \iohn. — Ibidem, I,p.97 et 98. 



— 150 — 

de Bemelberg, déclare que Brigitte de Walferdingen, veuve, lui a prêté 200 
écus, avec engagère de ses cens et rentes de la seigneurie de Schengen (1), 

Frédéric II de Brandenbourg, conseiller de Sa Majesté, nommé en 1551, doit 
être mort jeune et en tout cas avant le 12 mai 1555. A cette date on voit ses 
frères Georges, Jean et Guillaume de Brandenbourg, seigneurs de Meisenbourg, 
déclarant qu'ils se sont accordés avec Elisabeth de Bemelberg, veuve de leur 
frère Frédéric, au sujet de son douaire. En vertu de cet accord, les trois frères 
payeront à leur belle-sœur une rente annuelle de 200 florins Carolus ; pour 
garantie de cette somme, ils lui donnent en engagère leurs revenus au château 
de Cattenom, à Sentzich, Hucherange, Berg, Schœndorf et Holzerat. Claude, 
baron de Malberg, appose son sceau à l'acte intervenu. 

Frédéric II de Brandenbourg et Elisabeth de Bemelberg ne laissèrent pas de 
postérité (2). 

2° Jean de Brandenbourg. 

Jean de Brandenbourg est cité pour la première fois dans un accord fait en 
1529 avec Marguerite de Brandenbourg , fille de Godart et femme de Nicolas 
de Heu. Dès l'année 1557, Jean de Brandenbourg se qualifie seigneur de Meisen- 
bourg et de La Grange. 

Le 22 février 1564, il assiste au traité de mariage entre Godefroi d'Eltz, fils 
de feu Bernard d'Eltz, et Elisabeth de Heu., fille unique de feu Nicolas de Heu, 
seigneur d'Ennery. 

Le 17 juillet 1566, il est rendu une sentence préparatoire par le siège des 
nobles dans une afiaire entre Jean de Brandenbourg, demandeur, et Martin de 
Heu, seigneur de Clervaux, défendeur. Le premier réclame de son adversaire 
tout ce qu'il tient à Meisenbourg, avec offre de lui céder ce qu'il peut avoir de la 
seigneurie de Clervaux. Les difficultés relatives aux successions entre les de 
Brandenbourg et les de Heu se prolongèrent pendant des années. 

Jean de Brandenbourg, seigneur de Meisenbourg, La Grange, Fontoy, Cler- 
vaux et Berbourg, avait épousé Antoinette de Castel-Saint-Nazaire (3) 
(Nazar), fille de Barthélémy de Castel-Saint-Nazaire et de Jéromine de Viefre, 
alias Vierve. 

Jean de Brandenbourg parait être décédé en 1580 et aurait été enterré à 
l'église du St-Esprit, à Luxembourg (4). 

Du mariage de Jean, baron de Brandenbourg, de son vivant seigneur de Mei- 



(1) .I.-Ch. Kohn. Ibidem, I, pages 102 etlUS- 

(2) /^irfem, p. 103- 

(3) La famille de Castel-Saint-Nazaire, d'origine normande, portait : d'or à un château 
de sable, surmonté d'un aigle de même. 

(4) Viri illustres, d'après l'exemplaire du manuscrit déposé à Trêves. 



— 151 — 

^enbourg, de La Grange, de Fontoy, de Soleuvre, de Masholder, de Hussigny, 
Dalaimont, etc., avec Antoinette de Gastel-Saint-Nazaire sont issus cinq enfants : 

1° Bernard de Brandenbourg ^ mort jeune sans alliance. 

2° Jean de Brandenhourg , qui, d'après l'acte de partage du 20 octobre 
1592, eut pour sa part : a) la maison franche dans la ville de Luxembourg ; 
— l)) la seigneurie de Meisenbourg ; — c) la seigneurie de Schœndorf et 
Holzerat près de Trêves; — d) la justice aux villages de Waltracht, Garzem, 
Kern-sur-Moselle, Mœrsdorf et Machtum. Jean de Brandenbourg fit partie 
du siège des nobles à partir de 1590. Il entra dans les ordres et mourut à 
Luxembourg le 3 mars 1630. Il fut inhumé dans 1 église des Jésuites à Luxem- 
bourg, aujourd'hui église cathédrale, sous une grande dalle de marbre noir. 

30 Pierre- Ernest de Brandenbourg qui suit. 

40 Catherine de Brandenbourg qui, d'après Blanchart, épousa Joachim 
de Chastenay, seigneur de Villers. 

5° Esther ou Estelle de Brandenbourg qui épousa Jean de Bouzy, 
gouverneur de Toul. En vertu d'une transaction passée le 19 avril 1581 sur 
un procès pendant au conseil de Luxembourg, Antoinette de Castel-Saint- 
Nazaire, douairière de la Grange, s'engagea à payer à sa fille Esther la 
somme de 20,000 florins pour désistement aux successions paternelle et 
maternelle (1). 

IV. 
Pierre-Ernest de Brandenbourg. 

Par un acte du 20 octobre 1592 dressé peu après la mort de leur mère, 
Antoinette de Gastel-Saint-Nazaire, Jean et Pierre-Ernest, seigneurs de Mei- 
senbourg et de La Grange, firent le partage des successions de leurs père et 
mère. Pierre-Ernest reçut pour sa part : alla maison forte de !,« 6=ran^e ; 
b) 1000 florins d'or sur la maison et seigneurie de Clervauœ, ou une rente 
annuelle jusqu'au paiement de la dite somme; c) les biens et tous les droits qui 
dépendaient de la maison de La Grange ; d] une part dans les seigneuries de 
Soleuvre, Kayl et Schifflange. ainsi que la justice dans les cours de Manom, 
Cattenom, Garsch et Buvange, près d'Arlon (2). 

Le 21 octobre 1593, on rencontre pour la première fois Pierre-Ernest, 
seigneur de Brandenbourg, de Meisenbourg et de La Grange, comme étant 
marié à Christine-Claire, née bar^onne de Mercy (3). 

Le 29 janvier 1618, Pierre-Ernest assista en quahté de témoin aux traités 
de mariage passés entre Godefroi, seigneur d'Eltz, Glervaux, etc., et Elisabeth 
de Huy — et entre Dorothée de Raville, fille de Pierre-Ernest, seigneur de 
Raville, etc. et Anne de Pallant. 

Il mourut en 1624 et avec lui s'éteignit la descendance mâle de la branche 
cadette de la maison de Brandenbourg (4). 



(1) J-Ch. Kohn- Ibidem, I, p. 104-118. 

(2) Ibidem, texte aux pièces justificatives, I, p. 326-320. 

(3) Archives de La Gransïe- Ibidem, p. 120. — Cliristine Clnire était fille de Jean, baron 
de Mercy, gouverneur de Thîonville et d'Anne, darae de Landres- Mercy portait : d'or, à 
la croix d'azur, casque couronné- 

(4) J.-Ch- Kohn. Ibidem, l, p- 122- 



— 152 — 

Du mariage de Pierre-Ernest, baron de Brandenbourg et seigneur de La 
Grange, avec Christine-Marie-Claire de Mercy sont issues trois filles : 

1° Anne de Brandenbourg, unie vers 1616, à Florent d'Argenteau, 
vicomte de Looz, seigneur de Pologne, Braives, Ciplet, Sterpenich, Momalle 
etc. (1) — Les deux époux testèrent conjointement le 9 avril 1636, et le 9 
août suivant, Anne de Brandenbourg se dit veuve (2). De leur mariage sor- 
tirent : a) Jean-Frmiçois d'Argenteau, comte de Noville, vicomte de 
Looz, seigneur de Pologne, etc. ; — h) Pierre-Ernest d'Argenteau, mort 
sans alliance ; — c) Florent-Gérôme d'Argenteau, mort célibataire ; — 

d) Christophe- A We?^ d'Argenteau qui épousa Odile-Dorothée d'Huart; — 

e) Christine-Marie d'Argenteau, unie à Gaspard, baron de Mercy, colonel 
de cavalerie, mort sans hoirs ; — f) Madeleine- H en^^iette d'Argenteau, 
chanoinesse de Poussay ; — g) Anne-Marguerite d'Argenteau, chanoi- 
nesse du même chapitre, qui épousa Florimond d'Allamont et que nous 
retrouverons au chapitre consacré à cette famille. 

2" Claudine de Brandenbourg , qui épousa Henri, baron de Mercy et 
mourut sans laisser d'hoirs. Elle vivait encore en 1667. 

3" Renée ou Reyne de Brandenbourg , dame de Landres et de Meisen- 
bourg, épousa Prédéric-Guillaume de Lutzelbourg, seigneur de Saarecke et 
Vilphtzein qui vivait encore en 1644. Prédéric-Guillaume était le fils aîné 
de Walter de Lutzelbourg, seigneur de Saarecke et gouverneur de Sarre- 
bourg, et d'Anne, comtesse de Wiltz. 

Le 24 juillet 1624, ces trois filles de Pierre-Ernest, baron de Brandenbourg 
et de Christine-Glaire, née baronne de Mercy, se partagèrent les biens de 
leurs parents décédés. Le troisième lot comprenait les seigneuries de Cléma- 
rais, Landres, Cutry et fut attribué à la baronne de Lutzelbourg (3). 

HÉRITIERS DE JEAN DE CHINERY. 

L'accord du 31 octobre 1512 nous fait connaître les héritiers appelés à 
recueillir la succession des enfants de Perry de Chineryet de Jeanne de Soleuvre, 
sa femme. Nous avons vu que la branche aînée, qui a pour auteur Louis de 
Chinery, était représentée par Georges et Prédéric de Brandenbourg. La 
branche cadette, qui bifurque avec Jean de Chinery, est représentée par trois 
filles de ce dernier : Mariette, Françoise et Ydron de Chinery. La pre- 
mière, Mariette de Chinery, déjà veuve de Louis de Noirefontaine, y inter- 
vient directement, alors que Françoise est représentée par Frantzen de la 
Testa, dit Montferrant, son mari, et Ydron, également par son mari, maître^ 
Nicolas de Naves. (4) 

• 

Les enfants de Jean de Chinery réclamaient la moitié des m.aisons de Soleuvre 
et du Chêne, ainsi qu'une partie des rentes du moulin d'Ivoy, des cens et rentes 
ayant appartenu à Henri de Breux. Ils basaient leurs prétentions à la succes- 




ngi croiseltes recroisettées au pied fiché 
d'or "cinq à chaque quartier- 

(2) J -Ch. Kohn. Ibidejn, l, p. 127. 

(3; Ibidem, I, p. 123. 

(4) Original. Papier. Wiirlh-Paquet el N. van Wei-velie. — Arc h- de Clervaiix, n» 1593. 



— 153 — 

sion de ce dernier sur le fait qu'à la mort de Henri de Breux, ses frères utérins 
Louis et Jean de Ghinery, étaient ses héritiers légitimes, ainsi que sa sœur 
utérine Jeanne de Ghinery, et qu'après le décès de cette dernière le quart de la 
dite succession devait revenir aux enfants de Jean de Ghinery qui réclament 
également la moitié de tous les biens délaissés par la dite Jeanne, leur tante. 
Par contre, Georges et Frédéric de Brandenbourg, firent valoir que tous les 
biens, cens et rentes en question leur revenaient de plein droit de la part de 
leur père, Godart de Brandenbourg, mari de Gatherine de Ghinery, qui les avait 
possédés intégralement et qu'en ce qui concerne la succession de Henri de Breux, 
les héritiers de Jean de Ghinery n'en auraient rien à réclamer, vu que le grand- 
père desdits frères de Brandenbourg, Louis de Ghinery, avait racheté tous les 
droits dudit Henri pour la somme de 1500 florins du Rhin. 

Finalement, par l'intervention de Jean d'Autel, chevalier, justicier des nobles, 
Jean de Schauwenbourg, lieutenant-gouverneur du pays de Luxembourg, Har- 
tard, seigneur de Wiltz et Henri de Hœcklin, greffier à Luxembourg, l'arrange- 
ment suivant est arrêté : les enfants de Jean de Ghinery obtiennent Ja seigneurie 
du Chêne, dans la prévôté d'Arlon, avec toutes ses dépendances, ainsi que la 
prévôté wallonne de Bastogne et les rentes d'Ivoy ; les frères de Brandenbourg 
conservent La Grange, Soleuvre. Kayl et dépendances. La maison de Breux 
reste indivise (1). 

La famille de Brandenbourg issue de Louis de Chinery n'apparaissant plus 
parmi les seigneurs postérieurs de Breux, il est permis d'en conclure que cette 
seigneurie est échue aux descendants de son frère Jean de Ghinery. 

A suivre. 



(1) Le texte allemand a été publié parJ-Ch- Kohn- Rist. des seigneurs et de la seigneurie 
de La Grange, pièces justif , t. 1, p. 324-3'26. 



Le Musée de l'Institut archéologique 

DU LUXEMBOURG A ARLON 



Ses divisions : Section des pierres romaines. 
Section archéologique. 
Section de peinture. 
Section des taques. 



Au moment où notre Musée a, peut-on espérer, trouvé son 
installation définitive, au moins une installation de durée, il 
importe de retracer brièvement les phases diverses par lesquelles 
il a passé ; de faire l'histoire de son développement ; de fixer les 
noms de ses créateurs et la part réelle et légitime qui revient à 
chacun d'eux. 

La Députation permanente du conseil provincial, déférant à 
l'invitation du Gouvernement, prit, le 2 septembre 1846, un arrêté 
qui fondait, dans la province de Luxembourg, une Société pour 
la conservation des monuments historiques et des œuvres d'art, 
et adoptait les statuts de cette société.. 

Le 12 avril 1847, un arrêté royal approuvait l'arrêté de la 
Députation du 2 septembre 1846 et, le 16 août 1847, la société 
était installée à Arlon par M. Smits, le Gouverneur de la province. 

Telle est l'origine de notre Institut qui, à cette date, voyait son 
budget se composer de : 

Subside de la ville d'Arlon ... 200 fr. 
Id. province . . 300 

Id. l'Etat. . . . 1000 

Force m'est de dire que ce subside communal n'a pas été 
continué et que l'administration de la ville d'Arlon jusqu'en ces 
dernières années, s'est constamment désintéressée d'une œuvre 
dont les commencements difficiles n'ont reçu que les encoura- 
gements de l'Etat et de la province, bien moins intéressés qu'elle 
pourtant à la voir réussir. 

C'est en réalité M. Prat, depuis son Président, qui fut le 
fondateur de la société dont, jusqu'à sa mort en 1875, il est 
resté l'inspirateur, l'àme dirigeante. C'est à lui, avant tout, qu'est 
due la création du Musée de l'Institut archéologique, à lui qu'on 



— 156 — 

doit la conservation des plus importantes des pierres romaines 
qui constituent notre riche collection actuelle. 

Ces collections, sans cesse accrues, lurent soumises à d'assez 
nombreuses migrations: d'abord placées dans les caves d'une 
annexe du gouvernement provincial ; puis dans celles du Palais 
de Justice ; enfin dans un souterrain du bâtiment d'école de la 
Place Didier. Elles étaient, arrivées là, ensuite d'un accord entre 
le Gouvernement qtii, à la demande de M. le Gouverneur Va« 
Damme, avait accordé à la ville d'Arlon un subside important à 
la condition expresse de loger, dans le bâtiment d'école en 
construction, les collections du Musée scolaire créé par le Gou- 
verneur lui-même et la Députation permanente, ainsi que les 
collections de l'Institut archéologique. 

Les choses en étaient là lorsque, il y a quelques années, l'ad- 
ministration communale d'Arlon se voyant acculée à l'alternative, 
ou de construire à grands frais de nouveaux bâtiments d'école 
ou de demander la mise en possession de tout le rez-de-chaussée 
occupé par le Musée scolaire, ouvrit avec la province et l'Institut 
archéologique des négociations qui aboutirent aux conventions 
que j'ai reproduites dans nos annales de 1905, p. 223 à 225. 

Par suite de ces conventions toutes les salles du - rez-de- 
chaussée du bâtiment central étaient mises à la disposition de la 
ville qui, en revanche, devait laisser à l'Institut archéologique 
les locaux qu'il occupe à l'étage et lui abandonner, après instal- 
lations faites, la moitié des locaux situés au second étage dudit 
bâtiment pour y exposer les collections de tableaux, gravures, 
photographies et œuvres d'art d'abord installées dans une salle 
de l'étage et qui restent la propriété dudit Institut. 

La police, la surveillance et la direction générale du Musée 
appartiennent tout entières à la Commission de l'Institut archéo- 
logique. 

Les frais d'entretien et de chauffage de ces locaux sont à la 
charge de la ville. 

Ces conventions ont été des plus avantageuses pour la ville; 
elles l'ont été beaucoup moins pour l'Institut archéologique qui, 
sauf pour ce qui est de la section des pierres romaines très-con- 
venablement installée, a vu transporter ses tableaux et ses œuvres 
d'art sous les combles, dans des locaux où le chauffage est 
insuffisamment assuré et où tout n'est pas encore achevé. 

Je reprends l'historique de l'institution. Après la mort de 
M. Prat, l'œuvre fut continuée par M. Hourt, son successeur, par 
M. Sibenaler et par moi. 

C'est principalement à M. le conservateur Sibenaler que sont 
dues les excellentes dispositions prises pour l'arrangement de 



— 157 — 

nos collections archéologiques; c'est M. Sibenaler qui a tout 
ordonnancé pour l'aménagement des pierres romaines et le pla- 
cement des Taques (1). 

Si j'insiste sur ces points de même que sur ceux qui suivent, 
c'est parce qu'il importe de ne pas laisser prendre corps davan- 
tage à une^légende fantaisiste au sujet de notre institution et des 
phases diverses qu'elle a traversées. 

'Nos lecteurs ont pu apprécier par le remarquable catalogue de 
la section des pierres romaines dressé par M. Sibenaler et que 
nous avons publié dans le précédent volume de nos annales, la 
valeur d'une collection réunie par les seuls efforts persévérants 
de quelques hommes dévoués et désintéressés. 

Aujourd'hui, après cette introduction, nous publierons le cata- 
logue, également dressé par M. Sibenaler, de la section d'art et 
de peinture. 

Mais là aussi, je tiens à dire comment et par qui cet important 
noyau du Musée de peinture a été rassemblé. 

Ne disposant, en fait de ressources, que de fort minces subsides 
de l'Etat et de la province (500 frs. par an pour chacun), du mon- 
tant de nos cotisations et de la vente de nos publications, je 
m'adressai à tous les artistes Luxembourgeois de ma connais- 
sance pour leur faire voir l'intérêt très-grand que présenterait, 
dans une province où presque tout était à faire sous ce rapport, 
la réunion de leurs œuvres pour montrer au public le degré 
d'avancement réel de l'éducation artistique dans le Luxembourg. 

A une exception près, mes demandes furent accueillies et c'est 
ainsi que, outre tous les portraits de Luxembourgeois marquants 
du Musée, je pus recevoir, à titre purement gracieux, 34 tableaux 
et morceaux de sculptures dont l'énumération détaillée se voit 
dans le catalogue ci-après. 

Grâce à M. le Gouverneur de Gerlache, l'Etat nous donna 
quatre toiles; puis, l'an dernier, par suite des efTorts et de la 
généreuse contribution personnelle de M. le Bourgmestre d'Arlon, 
M. Numa Ensch-Tesch, nos collections s'accrurent des tableaux 
de Lambert, le Christ et Barabas, et le Sac de Liège, ainsi que, tout 
récemment, des œuvres reprises au catalogue sous les n»* 101 à 107. 

A part ces deux tableaux de Lambert et ceux repris sous les 
susdits nos 101 à 107 qui, tout en étant exposés avec les autres 
collections du Musée, sont la propriété de la ville, toutes les 
autres pièces, sans exception, sont la propriété exclusive du 
Musée archéologique. 



(1) C'est M. Van de Wyngaert, père, architecte provincial, qui s'était surtout occupé des 
installations du Musée scolaire aujourd'hui à peu près détruit- 



— 158 — 

Tout nous permet donc d'espérer que cet heureux accord avec 
l'administration communale se continuera et donnera des résul- 
tats de jour en jour plus féconds et avantageux. 

Section des Taqiies. L'historique de cette section, qui a pris un 
si grand développement, se confond avec celui du Musée de 
peinture. Au cours de mes nombreuses visites dans mon arron- 
dissement, j'ai eu maintes occasions de me procurer des taques, 
soit à titre gracieux, soit à des prix acceptables. Tel a*été le point 
de départ de la réunion de ces documents, aujourd'hui au nombre 
de quatre-vingts. Ce noyau formé, j'ai été vaillamment secondé 
par notre conservateur, M. Sibenaler qui, de son côté, a réussi à 
sensiblement enrichir notre collection. 

Il en a préparé le catalogue illustré qui, de même que celui-ci 
et celui des pierres romaines, paraîtra dans nos annales dès 
que nos ressources le permettront. 

Emile TANDEL. 

Arlon, février 1906. 




3e de Peinture & des Beaax-Urts 

de l'Institut Archéologique du Luxembourg à Arlon. 



La création d'un musée de peinture à Arlon est due à l'initiative de 
M. E. Tandel, Président de la Société d'archéologie d'Arlon. 

Les débuts furent très modestes comme en général tout commencement. L'idée 
rencontra même, si pas de l'opposition, tout au moins de l'incrédulité. 

Un musée de peinture à Arlon paraissait une chose irréalisable, on prévoyait 
des difficultés sans nombre, on accueillait la proposition avec méfiance et on 
souriait ; « la Chronique » dans un article ironique proposait même d'envoyer 
dans la capitale luxembourgeoise des reporters et des critiques d'art pour rendre 
compte de ce fait extraordinaire ; néanmoins les premiers jalons furent posés et 
le proverbe si vrai de Virgile trouva, une fois de plus son application : 

Labor improbus omnia vincit. 

M. de Gerlache, Gouverneur de la Province, demanda alors le concours de 
l'Etat qui envoya un petit dépôt de quatre toiles pour s'ajouter au fond créé par 
M. Tandel. Peu à peu donc le Musée se forma. 

C'est, comme je viens de le dire, en suite des démarches de notre président, et 
grâce à ses relations personnelles, que les œuvres d'art ci-après lui ont été 
données à titre purement gracieux pour le Musée qu'il fondait comme annexe 
du Musée Archéologique. 

Bustes du Roi Léopold II et de la Reine Marie-Henriette, par Thomas 
Tinçotte, sculpteur. 

Buste de M. l'Inspecteur général Vinçotte, par son flls. 

Buste de M. Victor Tesch, Ministre d'Etat, de Van den Bosch, don de la famille 
Tesch. 

Buste de M. W. Heyuen, par Vermeylen, don de l'auteur. 

Portrait du Prince et de la Princesse Albert de Belgique. 

Un coin des bruyères d'Arlon, Eugène Smits. 

Portrait de Lambert Jacquelart, id. 

Portrait du Curé Doyen d'Arlon Thill, id. ï Dons 

Jeune mendiante d'Arlon, id. ? de M. Eugène 

Portrait d'Eugène Smits, à 16 ans, par W^^^ Sneyers. \ Smits. 

Un chemin ardennais, par Goethals. 

Sous-bois, par Van Camp. 

Portrait de Mathieu, d'après l'original, par Jules j Dons 

Déome. de M. Jules 

Portrait de Nestor Martin, par Déome. ' eome. 



— 160 — 

Portrait de l'abbé d'Orval B. de Montgaillard, don de M. Tillière. 
Vierge du Frère Abraham, don de M. le curé Nickers. 
Paysage de la Campine, par L. Siville, don de l'auteur. 
Cimetière Musulman, par Ou ter, don de l'auteur. 
La chasse à la bécasse, id. id. 

Ecolière, par Lambé. Esclave gauloise, par le même, dons de l'auteur. 
Venise, par Charles Houry, don de l'auteur. 

Fresques de l'église d'Avioth, par Jacques, don de M. Clément Maus. 
Portrait du baron C. de Gerlache, président du Congrès national, don de 
M. Auguste de Gerlache, de Differdange. 

Portrait du baron J.-B. Nothomb, don de son fils le baron Eug. Nothomb. 

Id. de François Laurent, fusain de Brœrmans, don de la famille. 

Id. de M. Paul de Gerlache, gouverneur, don de M™^ P. de Gerlache. 

Id. du lieutenant-général A. Orban de Xivry, don de la famille. 

Id. du baron Grégoire Orban de Xivry, don de son fils. 
Les eaux fortes de Jacquelart, don de l'auteur. 
Croquis des Balkans, par le comte d'Harnoncourt, don de l'auteur. 



Enfin, tous les portraits de la Salle VII, comprenant, depuis 1830, ceux de tous 
les Luxembourgeois ministres, de tous les gouverneurs du Luxembourg, de tous 
les présidents du Conseil provincial, de tous les présidents de l'Institut archéo- 
logique, de tous les bourgmestres d'Arlon depuis 1825. 

On peut se demander si collection aussi précieuse et complète existe dans une 
autre province du royaume, réunie dans les conditions que je viens de dire ! 

Ce ne fut cependant que dans ces derniers temps que le nom spécial de Musée 
de peinture put lui être donné. 

En suite de négociations qui firent l'objet de conventions spéciales (voir annales 
de l'Institut arch., t. 40, 1905) entre la province de Luxembourg, la ville d'x\rlon 
et l'Institut archéologique, celui-ci fut amené à abandonner une partie des locaux 
qu'il occupait au rez-de-chaussée du bâtiment des écoles ; mais, en échange, la 
ville d'Arlon dut faire aménager pour le Musée de peintures de l'Institut des 
locaux spéciaux, avec l'éclairage indispensable, tombant du haut, permettant le 
placement avantageux et la bonne lumière des tableaux. 

Ce n'est aussi qu'à partir de ce moment que la rédaction d'un catalogue métho- 
dique et parfois raisonné fût possible. C'est la tâche que j'ai entreprise, toujours 
avec l'espoir qu'un autre fera mieux tout en tenant compte du premier travail 
établi (1). J'ose aussi espérer que les visiteurs me sauront gré de les guider dans 
la visite de ce Musée par les lignes qui vont suivre. 



(1) M Birnbaum « Les musées d'Arlon » Anna'es de 1899, imp. Poncin, mentionne ce 
qui existait à celte époque dans une salle de l'ancien musée. 



- l6l - 

Beaux-arts. 



Des bustes en plâtre sont disséminés autour des salles. 

On remarque surtout les bustes de Leurs Majestés le Roi et la Reine des Belges, 
par Thomas Vinçotte. 

Celui de M. Victor Tesch, ministre d'Etat et ancien représentant, par 
Van den Bosch, statuaire à Gand ; celui de M. Vinçotte, célèbre mathématicien 
et ancien inspecteur de l'enseignement moyen, par Vinçotte, son fils. 

Un lion en plâtre, par Jean Gaspar, d'Arlon. 

De nombreux types en plâtre des modèles classiques connus. 



Peintures et Gravures. 



Salle I (partie centrale). 

N° 1. S. A. R. le prince Albert de Belgique — (portrait photogr. de M. Hiihn). 
N" 2. S. A. R. la princesse Elisabeth en Bavière, épouse du prince Albert de 
Belgique — (portrait photogravure de M. Huhn). 

* * 

N» 10. Le monument national de Laeken (Léopold P""), par Robbe. — (Pro- 
priété de l'Etat). 

N» n. Portrait de l'abbé d'Orval de Montgaillard-Percin, né en Gascogne en 
1563, t le 8 juin 1628. — Dans le fond du tableau se trouve repré- 
senté en perspective, un plan de l'abbaye, comprenant les bâtiments, 
les jardins et dépendances de cette époque. Ce plan est le seul vestige 
authentique qui existe encore des parties anciennes de la célèbre 
abbaye. — Sur le côté gauche apparaît la Ste- Vierge et son divin 
fils, sceptre en main et la tète rayonnante sous la céleste auréole. 
Don de M. l'abbé Tillière. 

N» 45. Paysage signé Eugénie d'Hoflschmidt, 186], don de M. Francq. 

N° 52. Etude (œuvre de jeunesse), par Lambé, don de l'auteur. 

N" 53. Cimetière arabe, par Nestor Outer, don de l'auteur. 

N° 54. Paysage de la Campine, par Léon Siville, don de l'auteur. 

N<» 55. Affût à la bécasse, aquarelle, par Nestor Outer, don de l'auteur repré- 
senté dans la personne du chasseur. 

11 



— 162 — 

N» 56. Portrait au fusain de M. Laurent François, par Brœrmans, don de la 
famille.— Laurent, François, est né à Luxembourg, le 10 juillet 1810, 
mort à Gand en février 1887. C'était un célèbre jurisconsulte et his- 
torien, professeur de droit à l'Université de Gand, 

N" 57. Effet de lune, legs de M. Francq. 

SALLE II (réservée en partie aux œuvres de M. E. Smits). 

N*" 3. Un coin des bruyères d'Arlon, par E. Smits. 
N" 4. Portrait de Lambert Jacquelard, de Gérimont, par E. Smits. 
N" 5. Portrait de M. le curé doyen d'Arlon (M. Thill), par E. Smits. 
N" 6. Jeune mendiante d'Arlon, nommée Goëtz, peinte en 1853, par E. Smits. 
N° 7. Portrait d'Eugène Smits à l'âge de 16 ans (né en 1826) fait par sa tante 
M^i'e Sneyers, d'Anvers, descendante du grand peintre de ce nom. 
N^ 8. Un chemin ardennais, par Gœthals ; don de M. Smits. 
N° 9. Sous bois, par Van Camp; don de M. E. Smits. 
N« 12. Paysage, par M'"'' d'Hoffschmidt, legs de M. Francq. 



{Notice biographique). — Madame d'Hoffschmidt était la fille du 
Gouverneur du Luxembourg, M. de Steenhault. Elle épousa M. 
d'Hoffschmidt, qui devint ministre des affaires étrangères. Elle 
mourut à Bruxelles, il y a quelques années. Elle fut une élève du 
peintre Verboeckhoven. Ses œuvres se ressentent complètement de 
l'influence du maitre. 

SALLE m. 

N** 13. Le Lansquenet espagnol, d'après Velasquez, propriété de l'Etat. 
4 N" 14. L'écolière, étude, par Lambé. 
N" 15. Vision de St-Hubert (à droite Ste-Agathe tenant ses seins sur un 

plateau) par X. . . ; don de M. de Somzée. 
N" 16. La Ste-Vierge, par le frère Abraham Gilson d'Orval ; don de M. le curé 

Nickers. 

Abraham Gilson, de l'abbaye d'Orval. Ce peintre, né à Habay-la-Vieille, 
on 1741, entra en religion à l'âge de 24 ans. Il fit des études à Rome, 
Bruxelles, Anvers, Diisseldorf et Paris. Il obtint un premier prix de 
pointure, en 1777, à Diisseldorf et fut classé premier dans un concours 
de composition à Paris, en 1791. A cette occasion, Louis XVI lui 
commanda les portraits de la famille royale. En 1769, il avait com- 
mencé la décoration des salles du monastère d'Orval, qui fut son 
œuvre principale. Malheureusement une grande partie de ces pein- 
tures fut détruite, lors du sac de l'abbaye parles Français en 1793. 

Le frère Abraham se rendit alors au monastère de Munster, à Luxem- 
bourg, où il fit un travail important : il décora cet établissement de 
tableaux religieux. Il retourna ensuite au refuge de Conque, puis 
rentra dans la vie civile en 1796. Après la dispersion des frères, il 
s'était fixé à Florenville, où il finit ses jours en 1807, après avoir 
encore produit beaucoup. Il fit surtout de la peinture religieuse. 
^<r Ses œuvres — environ 370 — sont de valeur diverse. 



— 163 — 

N° 17. Le Sac de Liège, par Gam. Lambert ; don de l'auteur. 
N« 18. Une vue de Venise, par Gh. Houry ; don de M. Houry. 
N"» 19. Esclave gauloise, par Lambo ; don de l'auteur. 
N» 20. Intérieur de cour, par Marcette, de Spa ; legs de M. Francq. 
N'' 21. Vue du vallon de Barissart (Spa) ; legs de M. Francq. 

SALLE IV. 

N° 22. Portrait d'un prêtre inconnu, par X... ; don de la famille Michon. 

N° 23. Portrait ancien (on dit d'un duc de Lorraine), poi-tant le bijou de la 
Toison d'or, par X... ; don de la famille Michon. 

N« 24. Portrait d'un inconnu (costume Louis XV), par X... ; don de la famille 
Michon. 

N° 25. Portrait du Marquis de Raggi et du Pont d'Oye, peint en 1742, par 
X... ; don de M. Eugène de Gerlache ; tableau provenant du château 
de Rossignol. 

N° 26. Nestor Martin, industriel et philanthrope luxembourgeois habitant 
St-Hubert, par Déome ; don de l'auteur. 

N° 27. Portrait du baron de Steenhault, ancien Gouverneur du Luxembourg, 
copie de M. Lambé, d'après l'original qui se trouve au Gouverne- 
ment provincial ; don de feu M. le baron Edouard Orban de Xivry. 
Ledit baron de Steenhault est représenté par un buste en marbre 
à l'hôtel du Gouvernement provincial et par un buste en marbre blanc 
de Geefs au cimetière de la ville. 

N" 28. Portrait de feu M. Paul de Gerlache, Gouverneur de la province 
de Luxembourg, par X... ; don de M"'^ de Gerlache, née de Lalieux, 
(1884 à 1891). 

N" 29. Baron Nothomb, Jean-Baptiste, né à Messancy, arrondissement d'Arlon, 
le 3 juillet 1805, mort le 16 septembre 1881. Membre du Congrès 
national, ministre des travaux publics et de l'intérieur de 1837 à 1840 
et de 1841 à 1845, ministre plénipotentiaire de Belgique à Berlin ; un 
des fondateurs de la monarchie belge, copie d'après Kaulbach, peintre 
allemand, 1808 + 1874. 

N° 30. Baron Constantin de Gerlache, né à Biourge (commune d'Orgeo), 
arrondissement deNeufchâteau, le 25 décembre 1785, mort à Ixelles, 
le 10 février 1871. Président du Congrès national, ministre, président 
de la cour de cassation de Belgique, copie de M. Bossmans d'après 
le tableau de Van Camp qui se trouve à la cour de cassation ; don de 
M, de Gerlache, de Differdange. 

N" 31. Portrait du lieutenant-général Augustin Orban de Xivry, né à La- 
roche, le 26 octobre 1812, mort le 17 avril 1893, aide de camp de 
Son Altesse Royale M^^ le comte de Flandre. 

N° 32. Le baron Grégoire Orban de Xivry, sénateur de Marche et de Bas- 



— 164 — 

togne, né à Laroche, le 6 mars 1837, mort le 4 juillet 1898 ; don de 

son fils le sénateur baron Alfred Orban de Xivry. 
N° 33. Portrait de Don Arsène Freymuth, de Hondelange, dernier abbé d'Orval 

(1757-1837), tableau provenant d'Orval, restauré par M. Déome, don 

de M. le curé Loes. 
N° 34. Mathieu Lambert de Champion, 1804+1861, peint par lui-même. 

Copie faite par M. Jules Déome, son élève. 

Notice bîOffraphique. — Mathieu. Cet artiste est originaire de Cham- 
pion, près de St-Hubert. A l'âge de 16 ans, il fut élève de Ducorron, 
peintre paysagiste d'Ath. En 1823, à l'Académie des Beaux-Arts 
d'Anvers, il obtint la deuxième place au concours de Rome ; Wiertz y 
fut proclamé lauréat. Mathieu se rendit alors à Paris, ofi il se per- 
fectionna dans les musées. Il prit part à la révolution belge de 1830, 
retourna à Paris, puis revint définitivement en Belgique, en 1833. Il 
composa alors son premier grand tableau, " Scène du Déluge, " 
qui se trouve à l'hôtel-de-ville de Louvain. Il devint directeur de 
l'Académie des Beaux-Arts de Louvain et occupa avec honneur cette 
place pendant 25 ans. En 1843, Mathieu fit un voyage d'études d'un 
an, en France, en Italie et en Allemagne, pendant lequel il écrivit 
des lettres remarquables par l'élévation de la pensée. A son retour, 
il produisit encore beaucoup d'œuvres : en 1846, il composa la 
« Conversion de St-Hubert ». Son chef d'œuvre « fEnsevelisse- 
77ient du Christ », se trouve au Musée de Bruxelles. Mathieu mou- 
rut en 1861. 

N° 35. Portrait d'une dame inconnue ; don de la famille Michon. 

N. 36. Portrait d'une dame en grande toilette. On suppose qu'il s'agit d'une 
duchesse de Lorraine. Son manteau est orné de fleurs de Lys, le tout 
parsemé de la double croix de Lorraine, par X... 

SALLE V. 

N° 37. Vue du lieu dit Prefayhai, près de Spa, par Marcette ; legs Francq. 

N° 38. Le sacrifice de Jephté ; legs Francq. 

N° 39. Le Christ et Barrabas, par Cam. Lambert, 2^ prix de Rome. 

Ce tableau a été acheté pour le Musée avec le concours financier de la 
province, de la ville et de M. le bourgmestre Ensch-Tesch, pour le 
prix de 5000 francs. 
Répartition de la dépense : 

Etat 2500 

Province 750 

Ville 750 

M. Numa Ensch-Tesch .... 1000 
N" 40. Effet de neige aux environs de Spa, par Marcette ; legs Francq. 
N** 41. Sous-bois attribué à Diaz, portant même sa signature mais on le croit 
apocryphe ; legs Francq, 

(1) Bulletin des séances du conseil provincial. Session de 1904. Rapport de 
M. ériger, pages 249 et suivantes. 



— 165 — 

N° 42. Paysage Congolais, peint à Lutétc en 1888, par Franz liens. Dépôt 

de l'Etat. 
N° 43. Petit tableau de genre sans indication d'auteur ; legs Francq. 
No 45. Le mendiant, d'après Velasquez. Dépôt de l'Etat. 

(Pour le n° 45 voir salle I). 

SALLE VI. 

N** 46. Plusieurs eaux-fortes, par Jacquelart. 

N° 47. Divers croquis faits par le comte Hubert d'Harnoncourt, descendant 

des seigneurs de Harnoncourt et de Rouvroy. 
N° 48. Eaux-fortes, par Jacquelart. 
N*^ 49. Vue lithographique de l'hôtel-de-ville d'Arlon en 1830 ; don de M. le 

curé Rostert, 
N" 50. 6 planches de fleurs, par J.-P. Redouté. 

'Notice biographique. Redouté Jean-Pierre, est né en 1759 à Saint- 
Hubert. Son père, peintre de portraits et de tableaux d'église, lui 
apprit le dessin. Redouté fut l'élève du frère Abraham et fit d'abord 
des tableaux religieux. A Paris, il se fit remarquer par son grand 
talent à reproduire les fleurs, par le dessin et la peinture. 

Redouté fut nommé dessinateur à l'Académie des Sciences et 
devint professeur de la reine Marie-Antoinette, de l'impératrice Marie- 
Louise, de la reine Amélie. Il illustra un grand nombre d'ouvrages 
de botanique : « Les Roses — Les Liliacées — Flore de Navarre » — 
etc. Son talent frais et délicat se prêtait admirablement bien à la 
peinture des fleurs. 

Gréé chevalier de la Légion d'honneur en 1825 et de l'Ordre de 
Léopold en 1834, Redouté mourut en 1840. 

Son frère était un habile peintre de décors. 

N° 51. Eaux-fortes, par Jacquelart. 

N'' 52. La buveuse de café, gravure par M*-''*^ E. Weiler ; don de l'auteur. 

SALLE VII (spécialement réservée aux Luxembourgeois illustres). 

Sur un piédestal se trouve le buste de M. le D"" Heynen de Bertrix, membre 
de la Chambre des Représentants et vice-président de cette Chambre. 

N° 57'^'s. Willmar, Jean-Pierre- Christine, né à Luxembourg, le 29 novembre 
1790, mort à La Haye, le 28 janvier 1858. Directeur-général du 
génie, ministre de la guerre, représentant de Bruxelles, ministre 
plénipotentiaire à Berhn et à La Haye. 

N" 58. Baron Edouard d'Huart, né au château de Boflerdange (Luxembourg), 
le 15 août 1800, mort le 5 novembre 1884. Ministre des finances de 
1834 à 1839. Sénateur. 

N« 59. Comte Camille de Briey, né à Ruette, le 20 juin 1799, mort à Laclai- 
reau, le 7 juin 1877. Sénateur, ministre des finances et des affaires 
étrangères 1841-1843, ministre plénipotentiaire près la Confédération 
germanique, puis à St-Pétersbourg. 



— 166 — 

N" 60. Baron J.-.T. d'Anethan, né à Bruxelles, le 23 avril 1803, mort le 8 
octobre 1888. Ministre de la justice 1843-1847 et de 1870-1871, 
président du Sénat. 

N° 61. G. d'Hoffschmidt, né à Recogne (Noville), le 7 mars 1804, mort le 14 
février 1873. Membre et vice-président de la Chambre des représen- 
tants, ministre des travaux publics et ensuite des affaires étrangères 
de 1841-1846 et 1847 à 1852, sénateur et ministre d'Etat. 

N» 62. Victor Tesch, né à Messancy, le 12 mars 1812, mort le 16 juin 1892. 
Membre de la Chambre des Représentants du 13 juin 1848 jusqu'au 
16 juin 1892, ministre de la justice, ministre d'Etat, gouvernew de 
la Société Générale de Belgique. 

N" 63. Alphonse Nothomb, né à Pétange, alors arrondissement d'Arlon, le 
13 juillet 1817, mort à Pétange, le 14 mai 1898. Membre de la 
Chambre des représentants et sénateur, ministre de la justice 1855- 
1857, ministre d'Etat. 

N" 64. Jules Lejeune, né à Luxembourg, le 5 mai 1828, d'un père belge. 
Ministre de la justice de 1887 à 1894 (26 mars). 

N" 65. Le baron de Favereau de Jenneret (1836), ministre des affiaires étran- 



gères. 



Gouverneurs du Luxembourg. 



N° 66. Thorn, Jean-Baptiste, (1830-1834), Gouverneur du Luxembourg, puis 

du Hainaut, sénateur. 
N° 67. Le baron de Steenhault, Victorin, de 1834 à 1841. 
N° 68. Le prince de Chimay, Joseph, de 1841 à 1842. 
N° 69. Deschamps, Adolphe, de 1842 à 1843. 

N" 70. Smits, Jean-Baptiste, de 1843 à 1857, ancien ministre des Finances, 
N" 71. Dubois-Thorn, François, de 1857 à 1862, Gouverneur du Luxembourg, 

puis du Brabant. 
N" 72. Van Damme, Charles, de 1862 à 1884. 
N" 73. de Gerlache, Paul, de 1884 à 1891. 
N° 74. Orban de Xivry, Edouard, de 1891 à 1901. 
N'' 75. Deleau, de Martilly, Député permanent, Gouverneur intérimaire, de 

1901 à 1902. 
N° 76. Comte Camille de Briey, Gouverneur actuel, depuis 1903. 

Présidents du Conseil provincial. 

N" 77. Paquet-Dutreux, de 1836 à 1841, président de chambre à la Cour de 

cassation de Belgique, décédé en 1871. 
N° 78. Julien, Dieudonné, de 1841 à 1847, conseiller à la Cour d'appel de Liège. 
N« 79. Castilhon, Adolphe, de 1848 à 1863. 

N" 80. Lenger, Jean-Nicolas, de 1864 à 1867, docf en médecine et sénateur. 
N" 81 Tesch, Emmanuel, de 1868 à 1871 et de 1884 à 1885, avocat. 



— 167 ' — 

N" 82. Orban de Xivry (Henri), de 1884 à 1886. 

N" 83. Tedesco, Victor, de 1886 à 1887, avocat. 

N° 84. Heynen-rierlot, \V., de 1888 à 1889, docteur eu médecine. 

N" 85. de Favereau, de Jenneret, de 1890 à 1895. 

N° 86. Lefèvre, Mathias, de 1895 à ce jour, notaire à Tintigny. 

Hommes marquants. 

N° 87. ÎMaxiinilien, comte de Baillet-Latour, né à Latour (Luxembourg), en 
1737, mort à Vienne, en 1806. Il lut le dernier seigneur de Latour, 
président du conseil aulique de la guerre, ministre de la guerre en 
Autriche. 

N° 88. Théodore, comte de Baillet-Latour, général au service de l'Auti-îche, 
ministre de la guerre, né en 1780, à Linz, assassiné à Vienne, le 6 
octobre 1848, flls du précédent. — Don de leur petit-fils et fils, 
M. le comte de Latour à Gratz. 

N° 89. M. de la Fontaine, comte d'Harnoncourt, général de cavalerie, com- 
mandant général de la Pologne autrichienne, vice-gouverneur de 
Varsovie, dernier seigneur de Rouvroy-Harnoncourt, né le 25 février 
1736, mort le P'" juillet 1816, à Harnoncourt, où il a été enterré. — 
Don de son petit-fils, M. le comte d'Harnoncourt, chambellan de Sa 
Majesté l'empereur d'Autriche. 

N" 90. Berger Nicolas, né à Roodt (Grand-Duché), le 2 janvier 1800, mort à 
Arlon, le 8 avril 1883. Président du tribunal, membre du Congrès 
national et de la Chambre des représentants. 

N° 91. Baron Grégoire Orban de Xivry, sénateur de Marche et de Bastogne, 
né à Laroche, le 6 mars 1838, mort le 4 juillet 1898. 

N° 92. Quoilin J.-H., secrétaire-général au ministère des finances, 1795-1872. 

Présidents de l'Institut archéologique. 

N° 95. Watlet, Nicolas, de 1847 à 1861, ancien membre du Congrès national 
et de la Chambre des Représentants, procureur du Roi à Arlon, né 
à Diekirch, le 13 aoilt 1789, mort à Arlon, le 19 mai 1868. 

N" 94. Tinant, Auguste, de 1868 à 1873, ancien membre de la députation 
permanente, né à Worms, en 1812, le 13 septembre et mort à Arlon, 
le 16 mai 1873. 

N° 95. Prat, Georges-François, de 1873 à 1875, chef de division au gouverne- 
ment provincial, né à Commercy, le 23 mars 1802, mort aux Qualre- 
Vents lez-Arlon, lieu dit : A la Belle Vue, le V décembre 1875. 

N" 96. Hourt, Nicolas, de 1886 à 1891, directeur au gouvernement provincial, 
né à Luxembourg, le 21 janvier 1830, mort le 3 mai 1891. 



— 168 — 

Bourgmestres d'Arlon. 

N° 97. 1825 Résibois. 

Rossignon, de 1829 à 1837. 
N° 98. 1838 Printz. 
N° 99. 1843 Hollenfeltz. 
N° 100. 1880 Netzer. 
N° 100bi^ Ensch-Tesch, depuis le 2 août 1901. 

Tout récemment sont venus s'ajouter à nos collections les œuvres suivantes : 

N" 101. Le songe d'Ermesinde (légende de Glairefontaine), par G. Lambert. 

N° 102. Paysage. — Aquarelle, par Nestor Outer, 1905. 

N° 103. Sous-bois et chevaux à l'abreuvoir, par Loncin. 

N" 104. (]hien de chasse au repos, sculpture de M. E. Straus. 

N° 105. La hiercheuse, bronze de M. Maurice de Mathelin. 

N° 106. Têtes d'ânes, par M^i'e Dumont. 

N" 107. Roses coupées, par M^'ie Augustine Drumaux, 

C'est grâce aux démarches de M. le Bourgmestre Ensch-Tesch auquel, au nom 
de l'Institut, nous tenons à adresser ici le public témoignage de notre reconnais- 
sance que, de même que pour les tableaux de M. Lambert (N^* 17 et 39), nous 
avons pu voir nos collections s'enrichir des œuvres ci-dessus. 

Les N''^ 101 à 105 et 107 ont été achetés avec le concours de l'Etat, de la pro- 
vince et de la ville. 

Le N** 106 a été donné par son auteur à M. Ensch-Tesch, pour le Musée. 

Le Musée possède aussi, dans la grande salle du P"" étage, trois copies de 
fresques anciennes de l'église d'Avioth, par M. Félicien Jacques-, professeur de 
dessin à l'Athénée royal d'Arlon : 

La fresque la plus intéressante représente la Vierge d'Avioth nimbée, tenant 
l'Enfant Jésus sur le bras droit, au dessus, deux anges. 

Au pied de la Vierge, Saint-Jean l'Evangéliste, nimbé, tenant le calice de la 
main gauche. 

Saint Jean-Baptiste tenant le livre sur lequel l'Agneau divin est étendu. 

Un prêtre, en surplis, figure au bas du tableau. C'est sans doute le donateur 
du tableau. 

La deuxième fresque représente la scène de la Flagellation : Le Christ est 
attaché à une colonne ; trois soldats frappent à coups de fouets et de verges. 

A droite se trouve le chemin du Calvaire ; à gauche un soldat. La partie 
supérieure forme galerie, avec fond de paysages sur lesquels se détachent les 
justiciers regardant la scène. 

Le Christ au tombeau se trouve au-dessous de cette fresque. Tombeau gothi- 
que ; les figures complètement effacées sont du même style. Au-dessous du 
caveau, on remarque un bénitier; au-dessus apparaissent trois tablettes avec 
inscription. 

A gauche de ces deux derniers tableaux sur une colonnette du pilier, se trouve 



— 169 — 

la figure du donateur (prêtre agenouillé, les mains jointes et revêtu d'un surplis 
à larges manches), le même que celui de la première fresque. 

Ces fresques très intéressantes furent trouvées sous le plâtras de la célèbre 
église d'Avioth, située sur la frontière française ; elles furent dégagées avec beau- 
coup de soins. 

Les copies sont très fidèles et font honneur à M. Jacques dont le musée n"a pas 
d'autre toile. 

Avant de terminer ce catalogue, je crois devoir publier trois notices sur des 
artistes luxembourgeois décédés, dont le musée ne possède pas d'œuvres mais dont 
il est utile de conserver le souvenir, attendu qu'il s'agit d'hommes de talent qui 
ont honoré la province. Je ne désespère, d'ailleurs pas, devoir entrer de leurs 
productions au musée d'Arlon. 

C'est à l'occasion dusalonnet luxembourgeois organisé, en septembre 1905, par 
la société Arlon-Attractions, sous les auspices de l'administration communale et 
la présidence d'honneur de M. le bourgmestre Numa Ensch-Tesch, que ces bio- 
graphies ont été connues ; il convient de ne pas les laisser tomber dans l'oubli : 

BiLOQUE, Poncin, né à Ghantemelle, en 1848, était le 5® fils d'un maréchal-fer- 
rant. Tout jeune, il montra du goût pour le dessin. Grâce à des protections, il 
put faire certaines études et développer son talent naissant. A l'Académie de pein- 
ture à Namur, il obtint le P"" prix et la médaille d'or. Il prit part au concours de 
Rome et on lui offrit une bourse d'études pour visiter la France, l'Italie. Il fit une 
grande quantité de portraits. Le « Chemin de Croix » de l'église de Chantemelle 
est dû à son pinceau. Il mouruten 1898. 

DE Mathelin, Maurice, est né le 31 juillet 1854 au château de Villemont, dans 
le Luxembourg, et est décédé à Liège, le 2 avril 1905. Il n'a commencé sa carrière 
artistique que vers l'âge de 35 ans et a pris alors des leçons de M. Prosper Drion, 
directeur de l'Académie des Beaux-Arts de Liège. Il a débuté en faisant les bustes 
de plusieurs personnalités hégeoises. Sur commande du Gouvernement, cet artiste 
exécuta un certain nombre de statues destinées à orner l'Université de Liège, le 
palais provincial de Liège, le Jardin botanique de Bruxelles, le nouvel hôtel des 
postes de Liège. En dehors de ces grandes œuvres, il fit aussi des portraits, des 
bustes, des bas-reliefs, des médailles, etc. de Mathelin préparait pour l'Exposition 
de Liège, une fort belle œuvre, quand la maladie le terrassa en pleine force. 

Franquinet, Edgard, né à Stockem en 1837, fit ses études artistiques à 
Anvers, où il remporta deux premiers prix de peinture. 

Franquinet habita avec son père, à Arlon, la maison qui est devenue depuis 
l'hôpital St-Joseph. Il n'eût pas le temps de réaliser les espérances qu'on fondait 
sur lui, car il mourut fort jeune, à l'âge de 29 ans seulement. L'église St-Donat 
d'Arlon possède un chemin de la croix, peint par Franquinet. 

Noms des Exposants. 

Section rétrospective : Abraham, G, — Biloque, P. — Birong. — Franqui- 
net, E. — Madame d'Hoffschmidt. — Houry. — de Mathelin, M. — Mathieu. — 
Redouté. 

Section contemporaine : Bastogne, J. — Collin, A. — Déome, J. — Made- 
moiselle Drumaux.— Mesdemoiselles Dumont.— M. Gaudy-Castilhon,G.— Gillard, 
M. — Gillet, F. — Jacquelart. — Jacques, F. — Lambé, J.-B. — Lambert, C. — 
Lang, D. — Loncin, L. — de Mathelin, A. — Outer, N. — Mademoiselle de Pit- 



— 170 — 

leurs, A. — Scholtus, P. — Seimetz, F. — Madame Salkin-Lambiotte. — Made- 
moiselle Servais, M. - SiviUe. - Smits, E. - Straus, E. - Vinçotte. - Made- 
moiselle Waxweiler, M. — Mesdemoiselles Lorand, B. et Poskin, J. 

Constatons, en passant, que ce salonnet eut un succès inespéré et que ce fut 
une véritable révélation pour le passé artistique de la province, de même qu'une 
sérieuse promesse pour l'avenir. J--B- SIBENALER. 



Trouvaille d'objets 



DE 



l''Êpo^-ii# ©alto-il®^ata@ 



Dans le courant du mois d'avril 1906, on a trouvé fortuitement en creusant 
un chemin au lieu dit Hochgericht (haute justice) lez-Arlon, plusieurs objets 
de l'époque gallo-romaine. 

Ce lieu dit est situé derrière la gare d'Ai-lon, près de la ferme Arend, dans 
les champs appartenant à la famille Seyler et plus spécialement dans un terrain 
que possède l'auteur de la présente notice. Le chemin dont il s'agit a été établi 
pour facihter l'accès d'une sablière que l'on vient d'ouvrir et c'est dans la tran- 
chée, à l'entrée, que les objets ont été trouvés, sans ordre comme s'ils avaient 
été amenés là dans du terrain de remblai. 

On remarque, en effet, que le monticule qui forme à cet endroit comme un 
énorme tumulus a été réduit à une époque que l'on ne saurait déterminer, mais 
il est à supposer que c'était pour rendre tout le petit plateau facilement arable. 

Il reste encore deux petits remblais au même endroit et selon la coupe géolo- 
gique du terrain, il en existait un troisième vers le haut qui a été comblé pro- 
bablement avec les terres de la partie supérieure formant le point culminant, 
lequel aura été égalisé pour la facihté de l'exploitation agricole. 

Il s'agit, à l'exception de débris nombreux d'une amphore, de mobilier de 
tombes et je me demande si on ne serait pas enfin en présence de tout un cime- 
tière gallo-romain de l'ancien Orolaunum Vicus? 

Les fouilles qui seront pratiquées ultérieurement nous fixeront sur ce point 
important, car, jusqu'à présent, on s'est toujours demandé où pouvait bien se 
trouver le cimetière romain d'Arlon. 

On a bien pensé à l'ancien cimetière de la ville, mais on n'y a jamais trouvé 
de vrais vestiges de la dite époque et il se serait trouvé dans le centre des habi- 
tations de l'Arlon romain primitif. 

En effet, lors de la construction des maisons Schmit dans le chemin de l'an- 
cien cimetière, on a trouvé des substructions de villas romaines, des restants 
de colonnes, des pierres calcinées, des poteries de ménage, des boules de fronde 



-- 172 — 

en terre cuite, des monnaies de Faustine et de Hadrien, enfin les débris du 
fameux vase dédié à Mercure avec l'inscription de deo mercvrio. 

Dans la même direction, au-delà du pont du chemin de fer dit de Sesselich, 
on a trouvé des substructions de villa ou de temple ; des socles de colonnes 
doriques étaient encore à place. On a aussi découvert un tronçon de voie 
romaine à 50 centimètres sous terre. 

Je pense donc, et je ne suis pas seul de cet avis, que le long de la Semois, 
autrefois plus salubre et peut-être plus importante, captée à certains endroits 
dont on trouve encore des digues pour former de vastes étangs et viviers, les 
romains, arrivés lors des conquêtes de la Gaule, s'étaient établis et vivaient 
assez paisiblement jusqu'à l'époque des invasions; ils se sont alors repliés pour 
se fortifier vers les hauteurs. 

Dans cette hypothèse, que je cite de nouveau, pour mémoire, l'ayant déjà 
émise dans des travaux précédents, on pourrait aussi supposer que le monticule 
dit Hochgericht (probablement parce qu'on y rendait les hautes sentences et y 
élevait le signe patibulaire au moyen âge) se trouvant en face des demeures des 
romains leur a servi de lieu de sépultures. 

Je le répète, des fouilles pratiquées en cet endroit donneraient peut-être des 
résultats plus positifs. 

Quoi qu'il en soit, les objets dont la description va suivre, prouvent qu'il y 
avait là non seulement plusieurs tombes de la belle époque, mais encore d'autres 
élnblissements, ce qui semble attesté par les nombreux débris d'amphores et de 

tegulae découverts en cet endroit. 

* 
* * 

On a découvert : i° Un bracelet en bronze plein. 

2" Des débris de tuiles {tegulae) à rebords pour toitures romaines. 

3° Un petit vase en terre dite de Samos avec le nom du fabricant imprinié 
dans la pâte. Cette marque devenue illisible pour moi ne le sera pas pour un 
épigraphiste. 

4° Une quantité de débris d'énormes amphores se terminant en pointe, en 
terre blanche dans le genre des gisements des terres blanches du Hirtzenberg 
qui se trouve à un point beaucoup plus élevé du lieu de la trouvaille. 

De nos jours on a retrouvé et on exploite au dit Hirtzenberg un filon assez 
important de belle terre blanche contenant du kaolin naturel. Elle est expédiée 
à Longwy pour les usages industriels de la céramique. Malheureusement les frais 
d'exploitation sont très élevés. Un établissement créé à Arlon à grands frais n'a 
pu continuer la fabrication commencée.— Sans doute, les romains connaissaient 
déjà ces gisements et en ont profité puisqu'on retrouve des objets fabriqués avec 
cette matière. 

5° Un vase en terre cuite à deux anses, également en argile presque blanche 
genre kaolin, mais plus fine encore que la composition des amphores susdites, 



— 17S — 

Il y a lieu de remarquer qu'au Hirizenherg, il y a divers filons d'argile 
dont la qualité varie dans des proportions considérables. 

Le vase dont il s'agit a une forme spéciale se rapprochant du genre étrusque. 
Il avait été brisé en mille morceaux par les ouvriers.— Je suis parvenu à le re- 
constituer à peu près. 

6" Un fragment de poterie en terre grise avec des dessins guillochés à la rou- 
lette. 

1^ Des débris d'une grande bouteille en verre vert avec anse. L'objet entier 
constituerait un des plus beaux spécimens de ce genre pour musée. 

8° Une flole en verre à parfums qui était généralement en usage pour embau- 
mer les morts. Des spécimens de ce genre se trouvent reproduits sur nos bas- 
reliefs des tombeaux romains du musée d'Arlon. 

9" Une petite fiole en verre à parfums au long col évasé (dite lacrymatoire 
par certains archéologues). 

10° Petite fiole en terre blanche à double rainure, genre des vases à parfums. 
Cette terre provient aussi du Hirtzenberg ^ elle est d'un gris blanc et n'est que 
très légèrement cuite. 

Sur l'un des côtés il y a un ornement très discret, en forme de cercle ouvert 
sur le devant que l'on pourrait prendre pour le dessin d'une boucle d'oreille ? 

A part un petit accroc (peut-être voulu) vers le milieu, cette fiole est intacte 
et forme un modèle assez curieux que l'on ne rencontre pas dans les trouvailles 
ordinaires de l'époque gallo-romaine, Je présume que cette flole a servi de 
biberon ? 

11** Des tessons d'assiettes, d'urnes, de vases de natures diverses et de tous 
genres de poteries. 

12" Enfin, un très beau vase en terre fine, noire et fumée, avec la marque du 
potier L VCCI. — On trouve cette marque chez des potiers Napolitains mais 
sous la forme de LFC/. — Voir « la poterie parlante »» par M. Marcel Habert. 
On la classe à 123 après Jésus-Christ (1). 

13" Une assiette en terre fumée portant le sigle du fabricant. 

14" Une urne a été cassée et son contenu répandu par les ouvriers terras- 
siers, au moment de mon arrivée. — Elle contenait une grande quantité de 
cendres mélangées de petits ossements calcinés, produits d'incinération. 

Une nouvelle visite sur les lieux a fait découvrir des fragments importants 
d'un miroir romain en forme de carré long (Spéculum). 

Ce miroir était fait au moyen de métal blanc formé d'un alliage de cuivre et 
d'étain (2). On remarque dans la cassure l'alliage de ces deux métaux et au dos 
des pièces, de l'oxyde de cuivre (vert de gris). 



(1) Recueil des inscriptions par Descemet (Paris 1880). 

(2) Plin. H. N. XXXIII, 45. 



— ■ 174 — 

Le séjour dans la terre a fait perdre à certaines parties le brillant du miroir 
qui est remplacé par une teinte d'un noir très poli, mais d'autres fragments per- 
mettent encore de s'y mirer ; on y remarque aussi les lignes du polissage. 

Selon Anthony Rich, on conservait à la surface métallique son poli et son bril- 
lant au moyen de poudre de pierre ponce que l'on étendait avec une éponge 
ordinairement attachée au cadre du miroir par un petit cordon. Le verre servait 
aussi pour miroirs à une époque plus rapprochée de nous. L'auteur donne deux 
gravures représentant deux miroirs antiques en argent trouvés à Pompéi, l'un 
de forme circulaire et c'était là le plus souvent employé, avec un manche court 
pour le tenir quand on s'en servait comme le montre la figure de femme d'après 
une peinture conservée dans la même ville ; l'autre, en forme de carré long 
(comme notre miroir) était destiné à être tenu par une esclave devant sa maî- 
tresse, tandis que d'autres esclaves faisaient sa toilette, scène qui est souvent 
représentée sur les vases grecs et diverses autres œuvres d'art ; mais les miroirs 
des anciens n'étaient jamais fixés sur une toilette comme le sont souvent ceux 
des modernes. 

Gomme on le voit, cette découverte est des plus intéressantes, car j'ai rarement 
entendu parler dans notre pays de trouvailles analogues, surtout de miroirs dont 
on peut faire des rapprochements avec ceux dont deux spécimens ont été trouvés 
à Pompéi : ceux-ci sont en argent mais on les indique comme moins anciens 
que celui du Hochgericht qui est composé de cuivre et d'étain, donc d'une fabri- 
cation antérieure. 

11 me reste à rendre hommage à M. René Van Overstraeten, industriel à Lille, 
en ce moment en villégiature à Arlon, qui a bien voulu me prêter son concours 
intelligent et dévoué pour recueillir tous les objets dont il s'agit. 

J'espère que d'autres trouvailles au dit endroit en diront plus long. 

Tous ces objets ont été soigneusement recueillis et déposés dans une vitrine 
du musée archéologique d'Arlon dans un groupe d'autres découvertes faites dans 
le sol de la ville. J.-B. SIBENALER. 



— i75 — 



Recouverte de pierres armoriées du XY" siècle. 



On vient de trouver en démolissant la maison Fach, frères, près de l'église 
St-Martin, une pierre portant le monogramme d'un marchand (1). 

Le dessin du cartouche est dft à l'architecture ogivale de la fin du XV^ siècle. 

L'écusson à échancrure est allemand. 

Au milieu figure la croix de Lorraine à traits doubles. 

Les premières lettres sont encore gothiques i et signifient souvent I 
pour Johamies (le nom du fabricant). Les secondes S. M. {sancta Mat'ici)^ 
forment l'invocation à la Vierge. 

Il s'agit du signe spécial d'un fabricant ou d'un commerçant comme il s'en 
trouve sur une taque de cheminée du musée au millésime de 1692 et aux initiales 
L. H. avec la croix de Lorraine dans la barre du chiffre 4 renversé. 

Cette pierre a été donnée au musée par MM. Fach frères, par l'intermédiaire 
de M. Jacob, secrétaire communal, auxquels nous adressons tous nos remercî- 
ments. 



* 
* 



Au moment de mettre sous presse on me signale dans la maison Fach une 
deuxième pierre sous forme d'écusson donnant la croix de Saint-André, meuble 
principal des armoiries de la maison d« Bourgogne avec le fusil de la Toison 
d'or. Ces deux meubles sont entrelacés. 

Cette pierre est également promise au musée archéologique dans lequel elle 
prendra bientôt place. J.-B. SIBENALER. 



(1) Cette maison, propriété des frères Fach depuis quelques années, a un passé qui 
se lie à l'histoire du vieil Arlon. 

Elle a été, en effet, successivement THôtel de ville de la cité, puis le Collège commu- 
nal d'Arlon et, enfin, le Palais de Justice jusqu'au moment de la construction du Palais 
actuel qui se trouve sur la Place Léopold. 

Avec elle disparaît une de nos plus anciennes constructions, du reste sans aucune 
valeur architecturale. E. T. 



ém^^Mwim ûm Tlll© 



PAR 



Am. DE LEUZE, 



CHANOINE DE LA CATHEDRALE DE NAMUR. 



En 1882, j'ai publié dans nos Annales une courte notice sur la seigneurie de 
Ville, commune de My, canton de Durbuy. Je donne dans cette notice la suite 
des seigneurs de Ville, mais d'une manière bien incomplète, les renseignements 
nécessaires sur leurs familles me faisant défaut. Aujourd'hui il m'est permis de 
combler cette lacune. 

Il existe en Belgique plusieurs localités qui s'appellent Ville ; nous citerons, 
entre autres. Ville en Hesbaye, arrondissement de Waremme, Vyle et Tharoul, 
arrondissement de Huy, Ville (My), arrondissement de Marche. 

C'est pour avoir confondu ces différentes localités que Le Fort a commis plu- 
sieurs erreurs dans l'attestation de noblesse qu'il donne à une famille de Ville qui 
habitait Huy au XV® siècle et dont les membres occupèrent les premières char- 
ges dans cette ville, les siècles suivants. Voici ce qu'il dit (1). 

« 1685, 20 juillet. Dessente de l'ancienne et noble famille des de Ville, laquelle 
depuis l'an 1400 a possédé la terre et seigneurie de Ville en Ardenne, plusieurs 
fiefs et grands biens de père en fils, a occupé les premières charges du pays, 
traité des mêmes tiltres que les gens de qualité et a porté depuis le dit siècle 
1400 les armes qu'ils ont encore aujourd'hui scavoir d'argent au lion rampant 
de gueule, chargé d'une fasce d'azur accompaigné de trois étoilles d'or, deux en 
chef et une en pointe. 

«' Lambert de Ville, chevalier, seigneur de Ville en Ardenne releva la terre et 
seigneurie de l'abbaye de Stavelot l'an 1411 (vide reg. abbé de Mérode n° 202). 



(1) Abbé Sylvain Balau. Histoire de la seigneurie de Modave. Archives du château de 
Modave, n" 16 de l'Inventaire général 

12 



— 178 — 

" Stassart de Ville, fils de Lambert de Ville, seigneur de Ville, releva la dite 
terre de Ville et puis la vendit à Willeaume de Ville comme se voit au relief de 
l'an 1445, du 20 avril, (vide registre abbé de Mérode n°^ 282, 308 et 625), il fut 
marié à damoiselle Clémence, fille légitime Pirar Stienne de la maison de Marchin 
(vide les convenances de l'an 1431, enregistrée à la Grande Grefie des Echevins 
de Liège, reg. 1435, 36 et 37, fol. 105)..,. ». 

1. Ainsi, suivant Le Fort, la famille de Ville (Huy) portait d'argent au lion 
rampant de gueules, chargé d'une fasce d'azur, accompagné de trois étoiles d'or, 
deux en chef et une en pointe ; mais l'ancienne famille de Ville (My) portait, dit 
Bertholet (1), de gueules au lion d'or armé et lampassé d'azur. 

2. Lambert de Ville, chevalier, seigneur de Ville en Ardenne, releva, dit 
Le Fort, la terre et seigneurie de Ville l'an 1411 ; or, ce relief ne se trouve nulle 
part dans les registres de la cour féodale de Stavelot.— Le Fort confond Lambert 
de Ville avec Lambert de Hotteneck qui épousa Marie de Ville et qui, après avoir 
relevé, en 1403, du chef de sa mainplevie, son fief de Warde, estimé à 6 muids 
de blé, le rapporta en faveur de Wilheme de Ville, son beau-frère. Huit ans plus 
tard, en 1411, Wilheme de Ville releva ce fief de Warde de l'abbé de Stavelot 
pour le rétrocéder au dit Lambert qui en fit le relief voulu. 

3. Au dire de Le Fort, Stassart de Ville, fils de Lambert de Ville, releva, le 
20 avril 1445, la terre de Ville, puis la vendit à Wilheame de Ville. Evidemment 
Le Fort n'a pas lu le relief dont il parle ; ce relief nous apprend en efïet que ce 
ne fut pas Slassar de Ville qui vendit la terre de Ville, mais Wérot de la Vaulx, 
gendre de Wilheame de Ville, et la vente fut faite non pas à Wilheame de 
Ville, mais à Guillaume de My. 

4. Stassar de Ville, fils Lambert, fut marié, en 1431, à demoiselle Clémence, 
fille légitime de Pirar Stienne de la maison de Marchin. Le Fort renvoit au 
Grefie des echevins de Liège, registre 1435, 1436, 1437, page 105. 

J'ouvre le registre indiqué. Le contrat de mariage est du 5 janvier 1431. 
Stassar de Ville est dit, dans le contrat, fils de Lambert Collar Jadis, seigneur 
de Vilhe. Jadis, donc à la date du 5 janvier 1431, le père de Stassar était mort ; 
mais les reliefs de la seigneurie de Ville (My) nous apprennent que le père de 
Stassart de Ville (My) vivait encore le 29 septembre 1431 et le 4 octobre 1439 ; 
il était mort le 14 mars 1444. 

Stassar de Ville apporte en subside de mariage la moitié de vingt un « boniers 
de terre gisant en terreur de Vilhe de Hesbengne et de Bredinez ». 

Les héritages des de Ville (Huy) étaient donc situés à Ville en Hesbaye et 
non à Ville (My), en Condroz. 

* * 



(1) Berlholel. Histoire du Luxembourg et du Comté de Cliiny. VI, 2C2. 



— 179 - 




■é 



^B- 



L'ancienne famille de Ville (My), comme il a été dit plus haut, portait de 
gueules au lion d'or, armé et lampassé d'azur. Ces armoiries sont précisément 
les armoiries des de Waroux, comme on peut le voir dans d'tlemricourt, pages 
74, 194, 247, 254, 302 (l). Or, comme les armoiries servent à distinguer les 
familles qui ont le droit de les porter, j'en conclus que les anciens seigneurs 
de Ville appartenaient à la descendance de la grande famille de Waroux. 

Le 17 mai 1352, vivait Stassart, fils de feu Gollin de Ville qui intervient 
avec Henri de Ville et GofTmet, fils de feu Warnier de Ville, tous hommes de 
fief, dans un jugement rendu à cette date, par Hugues, abbé de Slavelot et 
ses hommes de fief, confirmant au monastère de Bernardfagne les droits d'usao-e 
dans le bois de My (2). 

Stassar de Ville ne peut être autre que Stassar de Hodrichamps qui, en 1343, 
releva la dîme de Ville, grosse et menue, et, en 1352, vendit cette dime et celle 
de Ferot à Macaire de Pousseur. Stassar avait pour sœur Oude qui épousa, 
comme on peut le voir par un relief de 1401, Gérard Gilon d'Aywaille et 
rapporta, en 1379, 6 muids de blé sur la dîme de Ville en faveur de Wilheaume 
et Jehannet, enfents de Gérard d'Aywaille. Stassar a dû avoir une seconde 
sœur qui épousa Gérard d'Aywaille. 

Warnier de Ville qui était mort le 17 mai 1352, me paraît devoir être le 
frère de Gollin, le père de Stassart. Il laissa plusieurs enfants: 1° Henri, dit 
Henri Warnier, qui vivait le 17 mai 1352 et dont il est question dans un relief 
du 8 février 1394. Ce relief nous apprend que Henri eut deux enfants, Wathelet 



(1) Hemricourt. Miroir des Nobles de Hesbaue, Ed. de Salbray, Bruxelles, E. Henry 
Frie.x. M. DG. LXXdl. 

(2) Bulletin de la Société d'Art et d'Histoire du diocèse de Liège, t. XIIE, "2'' partie. 



— 180 — 

et Warnier. Warnier était mort à l'époque du relief. — 2° Anseau d'Ocquier 
(ou Drohir) qui relève son fief de Ville, 24 muids de blé, spelte et avoine, le 
22 janvier 1345. Anseau Drohir doit avoir eu pour fils Henri qui releva un 
fief, gisant à Verlaine en 1393, et en laveur duquel Wilheme de Ville, fils de 
feu Gérard d'Aywaille vendit en 1395, le lendemain de Pâques, 7 muids de 
blé, « mouvables messir de Vilhe. » Dans l'acte de vente, Wilheme est dit cou- 
sin de Henri Drohir ; ce qui s'explique dès que l'on admet que Warnir de Ville 
était frère de Gollin de Ville et que Gérard d'Aywaille épousa une fille du 
dit Gollin. — Warnir eut un troisième fils, Gofiinet dont il est question dans 
le jugement ci-dessus rappelé. 

de Ville 

Gollin (le Ville Warnir de Ville 



Stassar Oude épouse N. épouse Henri Warnir Anseau Drohir Goffinet 

Gérard Gilon d'Aywaille Gérard d'Aywaille ou Docquir 

iiui vivait en liOl qui était mort 

en 1395. 

Wilheme Jehannet Marie qui Wathelet Warnir Henri Drohir 

de Ville de Ville épouse Lambert 
de Hotteneck. 

* 
* * 

Gérard d'Aywaille descendait de Sougné et portait d'or à la fasce de gueules 
accompagné de trois rustres d'azur, deux et une. Il vivait en 1379, 1380, était 
mort en 1395, laissant de la sœur de Stassart de Ville, Wilheme, Jehannet et 
Marie. 

Wilheme vivait en 1379, époque à laquelle il acquiert, avec son frère Jehan- 
net, de demoiselle Oude, sœur de Stassar de Ville, six muids de blé sur la dîme 
de Ville. Il est dit de Ville dans un acte de 1395 par lequel il vend 7 muids de 
blé au profit de son cousin Henri Drohir et de son épouse Agnès ; de même, 
dans un acte consenti en sa faveur en 1403 par Lambert de Hotteneck, son 
beau-frère, et encore dans d'autres actes de 1411, 1431, 1444, 1446. 

En 1411, Wilheme de Ville reporte en faveur de Lambert de Hotteneck ce 
que celui-ci lui avait vendu en 1403 ; en 1431, il vend en faveur du même 2 
muids de blé sur tous ses héritages; en 1440, il relève sa maison et assise 
gisant en Ville et une semonce qui avait autrefois appartenu à Stassar de Ville ; 
en 1444, il était mort, laissant entr'autres enfants une fille qui suit. 

M. fille de Wilheme de Ville avait épousé Wérar de la Vaulx, dessous 
Ballan, fils de Wathieu de Vaulx. Wérar releva, à titre de son épouse, le 2 
janvier 1444, la maison et assise, prés, bois et sa part d'une semonce qui fut 
Stassar de Ville et, le 20 avril 1445, vendit ces héritages à Guillaume de My. 

Jehannet de Ville, second fils de Gérard d'Aywaille, vivait comme nous 
l'avons vu en 1379 ; l'an 1393, il relève la semonce des tenables qu'il possédait 
à Ghefsonfosse et il se trouva présent à un relief fait le jeudi après St-Denis 1393, 
de môme le 8 février 1394. 



— 181 — 

Marie de Ville, sœur de Wilheme et de Jehannet avait épouse Lambert de 
Hottenech (Hoetgné, Houtgné, commune de Dolembreux) Stavelot. Cour féo- 
dale. Ville 1403. 

En 1403, Lambert relève, « de par son épouse », son fief de Warde estimé à 
6 muids de blé et rapporte en faveur de son beau-frère, Wilheme de Ville, tout 
ce qu'il tenait de l'abbé de Stavelot en fief, parmi 4 muids d'avoine et 2 muids 
spelte. Le 25 mars 1425, il est dénommé Lambert le Bergyer de Ville du grand 
nombre de moulons qu'il possédait; il vivait encore le 29 septembre 1431, le 4 oc- 
tobre 1439; il était mort le 14 mars 1444, laissant de Marie de Ville Wilheme, 
Stassar, Goflînet. 

1. Wilheme vivait en 1402, comme en fait foi un acte que l'on trouve dans les 
registres de la cour féodale de Stavelot, par lequel « Gérard Gilon d'Aywaillo 
vend 3 muids avoine et 3 muids spelte sur la dime de Ville à Wilheme, fils 
Maroye de Ville, qui les revend à Jehan de Soheit, à condition de les pouvoir 
racheter dans les 10 ans. 

2. Stassar est dit Stassar de Hoitgnies dans un acte du 14 mars 1444 par 
lequel il relève 4 muids spelte et 3 muids et demi avoine que feu son père avait 
sur les fiefs Wilheme de Ville, de même dans un acte du 28 décembre 1456 par 
lequel il vend les muids spelte et avoine qu'il a relevés en 1444 à Thomas 
Lardenois. 

Goffinet, fils de « Lambert le Bergyer de Ville » vivait le 25 mars 1425. A 
cette époque Henri de Bastogne « rapporte en sa faveur à savoir maison, cour, 
prés, terres gisans en terroir de Ville, proche la maison Guillaume de Ville 
parmi lui rendant 6 muids de blé par an », 



Guillaume de My releva la seigneurie de Ville qu'il avait acquise de Wérar de 
Vau.K le 20 avril 1445 ; il conserva cette seigneurie jusqu'en 1460, époque à 
laquelle il la vendit à Thomas de Lardenois. 

Guillaume de My, seigneur de My et de Bierloz, était fils de Gilles de My et 
de Marie de Goir ; il fut prévôt de Durbuy et mayeur héréditaire de Xhignesse. 
Il portait d'or à quatre pals alésés de gueules mouvant de la pointe, surmontés 
d'une fasce haussée de gueules. 



Thomas de Lardenois, successeur de Guillaume de My dans la seigneurie de 
Ville, était fils de Lambert de Lardenois et d'Agnès. 

La souche des Lardenois est Georges de Lardenois, sire de Clerhez (Erézée), 
chevalier banneret, qui vivait sur la fin du XIV® siècle. Cette famille ijortait, 
suivant Le Fort, d'azur à la fasce d'or chargée de cinq sautoirs de sable, autre- 
ment dit cablaye. 



— 182 — 

Il est question de Thomas de Lardenois pour une première fois à Ville le 28 
décembre 1456 ; à cette date Stassar de Hottenech lui cède 4 muids spelte et 3 
muids et demi d'avoine que Wilheme de Ville lui avait engagés sur tous ses 
héritages. 

Thomas de Lardenois était mort en 1466 ; il avait épousé Ide de My, sœur de 
Guillaume et fille de Gilles de My et de Marie de Goir dont il laissa : Lambert 
qui suit, Béatrix qui épousa Evrard Geutkin, seigneur de Neufchâteau, sur 
Amblève, Jeanne qui épousa Hubin de Fanchon, écuyer. 

Lambert de Lardenois relève en 1473 et le 23 novembre 1502 sa part au plein 
fief de Ville; il mourut en 1521 après avoir épousé 1° Marguerite d'Autel, fille 
de Balthazar d'Autel et de Jeanne de Montjardin, 2° Marguerite de Velroux. Du 
1°, Lambert eut : Marguerite qui épousa Wauthier de Maillen,et Anne-Marie qui 
épousa 1° Jean Jacqmin de Hodister, 2° Jacques de Grisgnée ; ces deux filles 
obtinrent en partage par moitié la seigneurie de Ville. — Du 2° Lambert de 
Lardenois eut : Thomas, receveur et prévôt des Rivières, Agnès, épouse de Jean 
de Blehen, écuyer, et Catherine, épouse Léonard de Bande, fils de Pierre 

de Bande. 

* * 

Evrard Geutkin, l'époux de Béatrix de Lardenois, était fils de Godefroid I, 
bâtard de la Marck, seigneur de Neufchàteau-sur-Amblève et de Marie, fille 
naturelle de Bauduin II de Mondersdorps, seigneur de Montjardin. En 1473, il 
releva de Stavelot, du chef de son épouse, sa part du plein fief de Chefsonfosse 
avec « toutes ses appartenances et appendices », et de même « un plein fief, à 
scavoir cour, semonce d'eschevins, maison, prés, etc., qui jà furent Guillaume 
de Ville. ...» 

Evrard Geutkin eut de Béatrix Godefroid II, qui suit. 

Godefroid II de la Marck ou d'Aremberg fut châtelain de Sprimont et seigneur 
de Neufchâteau-sur-Ambléve; il en est question, en 1508, le 10 novembre, dans 
un dénombrement de fiefs donné, à cette date, par Lambert de Lardenois. 

« Ghi s'ensuivent les hommes de fiz et les fiz appartenant à Lambier Lardy- 
noy, seigneur de Vilhe fait et composé en l'an mille V"^ et owit le X™*" de may 
de novembre. » 

« Premier hommes est Godefroy d'Aremberch, seigneur de Neufchâteau et 

tient en fiz dedict Lambier le prez appartenant de Fero et cncor la 

maison, cour et azise, courti devant le mostir de Vilhe » 

Godefroid avait épousé Ide, veuve en premières noces et héritière de Arnould 
Sandron, dont il laissa Evrard II de la Marck, qui suit. 

Evrard II de la Marck, seigneur de Neufchâteau-sur-Amblève, relève en 1522 
de l'abbé de Stavelot sa part de Chefsonfosse, ce qui nous fait supposer qu'à 
cette époque, son père était mort; il épousa Catherine de Hamal, dame de 
Hamal par décès de sa sœur Marguerite en 1545. Il doit être mort avant le 13 
mars 1545 laissant Godefroid III, Evrard et Laurent. 



— 183 — 

Godefroid III fut seigneur de Neufchâleau-sur-Amblèvo ; il épousa Marguerite 
de Horion par contrat passé le 14 novembre 1549 à St-Trond et mourut le 2 
octobre 1552 laissant un enfant qui mourut jeune en 1561. 

En 1554 vivaient Evrard et Laurent de la Marck; ils relèvent de Stavelot à 
cette date « la mayerie et semonce « de Ferot qu'ils avaient héritées de leur 
père. En 1546, le lendemain de St-Michel, Evrard comparait devant la cour de 
Grimonster pour déposer dans un procès que soutenaient Jehan de Meeffz (de 

Maillen) et Gérard de Bombay contre Bodchon de Ferot. « bien deute- 

ment examiné sur longz loy (selon loy) et sur son feaulté et Gentilles, WaiUiant 
et honoré damoiseaux Everard b. d'Arembrechs, en le aige de XLVIII ans ou 
environ, at bien cognisance qu'il at eu à vraie espouse damoiselle Helwy espouse 
par cidevant à Gérard de Souhey, seigneur de Pousseur, que ledit damoiseal a 
esté en subside de mariagge ladite damoisel Helwy XVII an en mariage. » 

De ce qui précède, il résulte que le dit Evrard est né vers 1498 et qu'il avait 
épousé en premières noces Hellewy de Neuveforge, dite de Leuze. A l'époque 
où il comparaît devant la cour de Grimonster, il ne portait pas encore le titre 
de Seigneur de Neufchàteau-sur-Amblève ; ce titre ne lui fut décerné qu'après la 
mort de son frère Godefroid III et dans un acte passé à la maison de Neufchâ- 
teau le 26 juin 1554, par lequel son frère Laurent lui cède sa part dans les biens 
de leurs parents, moyennant une pension annuelle de 350 florins de Brabant. Le 
31 octobre 1.555, il terminait à l'amiable un procès qu'il avait avec les seigneurs 
de Ville Jehan de Maillen et Gilles de Leuze « à raison du herdaige et du 
vynaige»; le 20 novembre 1555, il acquérait de Jehan du Moulin « certaine 
disme, appelée la disme de Ville, à scavoir la grosse et menue tant seulement de 
la cour, maison, cheriaige et appendice que tient à présent Gilles de Leuze, 

beau-frère audit Jehan du Moulin, situé à Ville » et le 20 novembre 1556, 

il reportait cette dîme au profit du dit Gilles de Leuze, « reconnaissant le dit 
mayeur d'Esneux, dit Gille de Leuze à proësme et proche lynagier. » En 1561, 
Evrard relevait Ghefsonfosse, la « mayerie et semonce de Ferot » et tout ce qui 
lui était dévolu par la mort d'Evrard, son neveu. Il mourut du 17 juin au 4 
novembre 1566, sans laisser d'enfant ni du premier ni du second mariage; il 
avait épousé en secondes noces Madelaine de Hatzfeld qui mourut avant la 
St-André 1587. 

Laurent de la Marck succéda à son frère Evrard dans la seigneurie de Neuf- 
château-sur-Amblève et aussi dans tous les biens que les de la Marck possé- 
daient à Ville. En 1567, il donna à son cousin Jean de Maillen sa censé de Ville 
qui n'était autre que « la maison, cour et azise, courti devant le mostir de 
Ville » dont il est question dans le dénombrement ci-dessus du 10 novembre 
1508, « en considération aussi que le bien prescrit procédait, estoit procédé et 
sorty d'ancienneté et par sy devant de la maison de Vil à ceulx de Neuffchasteau 
par alliance, dont il doit à ceste cause ledit de Vil estre encore son bon 
parent » 

Ceci est la confirmation de tout ce qui vient d'être dit touchant les de la 
Marck; le tableau généalogique ci-contre en sera le résumé : 



i84 — 



CD 



<rt 






(D 





o 


a 




o 


;h 


^ 


03 


H 


H-3 




<D 




ta 






«H 




o; 




^ 






=1 o 



a> 

'-' '^' -^ 3 

'5 «u c3 t^ 

m P tn T3 

O <! w O) 



t» ra Ci 
T; O > 

-< '-A 



=3 



C5 





Ui 




3 


1— T 


tn 


t— 1 






:3 


Td 


es 


^ 


<X) 


rt 


<4-J 


^ 


<rt 


>^ 


W 


^ 




:3 




CÙ 




z 




<D 




t3 



O 

a 

cS * 

t3 -«h 



Ç o ® .5p! 









m 

03 

a 



® _ 

3 aj - 

ai oQ 



es 

es 

<ri . 

'"= c 

m <* 

Orrt 






H 

2 
'3 










t-, :3 =« C 






lathé 

épo 

Léon 

8 Ba 




> 




<w> ^ 




03 








-O 








uérite 
dont 


.gnès, 
pousa 
ean de 
ilehen. 




bD 




<; •« i-î ra 




;-i 








os 








S 













épousa Thoma 

odister, 

une flIle qui épousa 

Jean de Royer. 








^-J 






t^ 


'ô3 




•3M^-^ 




•4-» 

t3 




arie q 
lin de 
es de 
lée 


a 


•S 




O) ---1 


^ 


■ai 





/ C « =« r^ 





:=! 


T3 


\ 2'^'^^ 


pQ 


bD 




_2 

''J -rt IM 


^ 


rt 






'bb 







^ (O 




^-4 




•g .2^ . 








0^5 0- 

a> ^ art 








-kJ ra G -^ 


G 






•r;> © 


O» 






•^ ?^ p-5 -4-^ 
















G 0) a) 






^ .©tj 








-S bD'^:'-' 























es 

Wî2 



f-c G a 

2 bc 03 

<3^ — . rG 

£_, "^ "^^ 






O 



GZ 
a> 



gZ JS -3 

^ co ^ r— I .rH 

> ^ R> N tî 
-2 '03 aTK a 
<1 o o'^ 



<o3 a> 

-eu ^ > 
G ,2 "^ 
'S ?.l 

-^ a 
£^-: 

T3 bp , 

O M rH 

G 



!-i O 

bc;* 

03 <D 

s. 2 



«4 



G 

t^ • 
G <>* 
O »« 









saïï 



O 

O 

o 



o3 




G 


> 


G 


H 




•r— 




•t-J 




ÏH 









a 



185 — 



Ce fut le 20 juillet 1501 que Marguerite, fille du premier mariage de Lambert 
de Lardenois, épousa Wathieu de Maillen ; sa sœur puinée Anne épousa, comme 
nous l'avons dit, r Jacqmin de Hodister, 2° Jacqmin de Grisgnée, voué de Huy, 
seigneur de Vierset et de Lizin. Du 2" Anne eut une fille qui épousa Jean de 
Royer, seigneur de la Neuville sous Huy. Le 30 septembre 1529, Jean de Royer 
releva, à titre de sa femme, la moitié de la seigneurie et des biens de Ville par 
devant la cour féodale de Rahier et vendit cette moitié à Wathieu de Maillen, 
oncle de sa femme. 

Les de Maillen portaient d'or à trois peignes de chevaux de gueules. 

Wathieu I de Maillen eut de Marguerite de Lardenois quatre enfants : Jehan, 
qui suit, Jehenne, Englebert et Lambert. 

Jehan, comme aîné obtint la terre et seigneurie de Ville avec ses dépen- 
dances ; il épousa Anne de Verleumont, fille de Verleumont,potestat de Stavelot 
et de Marie de Sohey et eut six enfants : 

Wathieu II, qui suit, Jean, Paul, Gérard, Marguerite et Catherine. 

Wathieu de Maillen eut comme droit de primogéniture, la terre, la seigneurie, 
le château et le bien de Ville qu'il apporta le 27 juin 1569 en dot de mariage à 
demoiselle Marie de Hodister, héritière de Hamoir. Il laissa en mourant dix 
enfants qui se partagèrent la seigneurie de Ville. 

Jean, Evrard, Nicolas qui mourut à la guerre, laissant son frère Evrard pour 
héritier. Antoine, capucin, Paul qui épousa Jeanne de Maillen-de Rys, Wathieu 
mort à la guerre, Marie qui épousa Jean de Crisgnée, Jeanne qui épousa 
Philippe de Wal, baron de Woest, Gille qui épousa Jean de Gourcy, seigneur 
de Porcheresse, Marguerite, religieuse bénédictine. 

Jean l'aîné, outre sa part de Ville, eut par accord fait avec ses frères et sœurs 
le 28 juin 1606, pour son droit de progéniture, Hamoir avec sa mairie hérédi- 
taire. Il mourut sans enfant constituant son frère Nicolas, son héritier 
universel. 

Evrard épousa, le 26 juin 1629, Jeanne de Coppin dont il eut Marie-Margue- 
rite, qui suit, et Anne-EUzabelh, religieuse à Hocht. Jeanne de Coppin acquit 
les parts de Paul, Marie et Gilles à la seigneurie de Ville après la mort 
d'Evrard. 



A l'époque où vivaient Wathieu I de Maillen et son fils Jean, vivait aussi 
Gilles de Leuze, seigneur de Ville en partie, fils de Corbeau de Leuze et de 
Gertrude de Presseux. 

Gilles de Leuze figure comme seigneur de Ville dans un relief fait à Esneux le 
2 janvier 1530 par Wilheme, fils de Corbeau de Ville ; aussi dans un accord 



— 186 — 

intervenu le 31 octobre 1555 entre les seigneurs de Ville, d'une part, et Evrard, 
seigneur de Neufctiâteau, d'autre part, concernant " le herdaige et le vinaige. » 
" Gomme controverse, procès, question, débat et altercation fuissent estes esmeus 
et suscités par et entre honoré Jehan de Maillen, avecque Gilles de Leuze, 
chacun en son endroit, regard et qualité respectivement seigneur de Ville (joins 
avec leurs mannans) d'une, et noble homme damoyseau Evrard de la Marck, 
seigneur de Neufchâteau, d'autre part. ...» 

Un plaid du 3 octobre 1562 détermine la quote-part de Gilles dans la seigneu- 
rie de Ville. « Gilles de Leuze soit conjoint avec le dit seigneur de Ville pour 
austant qu'il pouldroit toucher à la seigneurie de sa IIIP part. » 

Gilles, le 11 décembre 1573, céda les droits qu'il avait à la seigneurie de Ville 
à Wauthier de Maillen, et Wauthier de Maillen, en retour, reconnut les fran- 
chises et les prérogatives de la « cour et maison de Gilles situées à Ville avecque 
toutes leurs appartenances et dépendances. » 

La maison avec toutes ses dépendances que possédait à Ville, près de l'église, 
Gilles de Leuze, formait un fief se relevant d'un seigneur de Rahier ; cette 
maison échut en partage à Wauthier de Leuze, fils de Gilles, et, le 18 novembre 
1669, Jeanne de Gheneux, veuve de Jean de Leuze, fils de Wauthier et ses 
enfants la donnèrent comme titre clérical à Henri de Leuze, son fils, leur frère. 
Au XVIP siècle, elle passa aux seigneurs de la Fontaine d'Harnoncourt et aux 
d'Ancion de Ville ; aujourd'hui elle est démolie, et son emplacement fait partie 
du parc du château. 

Quant aux dépendances de la maison, elles furent partagées entre les quatre 
enfants de Gilles, Wathier, Evrard, Jeanne et Marguerite; toutefois la partie 
principale de ces dépendances échut à l'ainé, et plus tard à ses enfants Jean et 
Sibille, épouse de Gilles le Jeaclie. G'est ce qui ressort d'un acte du 2 mars 1677 
et d'un second du 26 février 1678. 

Par ces actes, les enfants de Jean et de Sébille vendent à Messire Jean de la 
Fontaine d'Harnoncourt, maître de camp de cavalerie différents héritages « et 
généralement tous droits, prérogatives, clains, clauses et actions, qui leurs 
peuvent competter, specter et appartenir à l'ancien fief qui at été tenu et pos- 
sédé par ledit de Leuze et tous autres droits, seigneuriaux et féodaulx, qu'ils 
pouvoient avoir et prétendre sur autres pièces, s'il y en at, sans rien retenir 
excepter ou réserver » 



Marie-Marguerite, fille de Evrard de Maillen et de Jeanne de Goppin, dame 
de Ville, épousa, le 28 octobre 1665, Jean-Evrard, vicomte de la Fontaine 
d'Harnoncourt, maître de camp de cavalerie pour le service de sa majesté. — 
La Fontaine d'Harnoncourt portait d'or à deux bourdons de pèlerin d'azur, 
accompagné au point du chef d'une coquille de gueules. — Marie-Marguerite eut 
de son mariage : Philippe-François, qui suit, Philippe-Jean-Sidoine, né à Ville 



— 187 — 

le 6 janvier 1669, devint jésuite et missionnaire général dans les Indes et 
mourut le 16 novembre 1718 à Pondicliéry, Waulhier-Gaspard,nélo 10 janvier 
1670, mort le 25 décembre suivant, Louis-Antoine, né le 18 décembre 1670, 
mort le 18 décembre 1691, capitaine au service de France (1). 

Le 19 juillet 1681, Jean-Evrard fît avec sa femme un testament qui fut modifié 
en 1681 et en 1692 ; il mourut le 9 mai 1700 et son épouse le 25 novembre 1713. 

De leur vivant, le 21 avril 1682, ces époux avaient acquis de Arnould de 
Wal, fils unique de Jeanne de Maillen et du baron Philippe de Wal, sa part à la 
seigneurie de Ville ; par leur testament de 1681, ratifié en partie en 1692, ils 
laissèrent cette seigneurie à Philippe-Jean-Sidoine, mais Philippe-Jean-Sidoine 
étant entré dans la Compagnie de Jésus, la seigneurie de Ville revint à Philippe- 
François, son frère, 

Philippe-François, vicomte de la Fontaine d'Harnoncourt, né le 5 décembre 
1666, chevalier, seigneur d'Harnoncourt, Sorbey et Ville, chambellan du duc de 
Lorraine et grand écuyer du prince François de Lorraine, épousa, par contrat 
passé à Gons-la-Granville le 7 février 1693, Jeanne-Marguerite, marquise de 
Lambertye, chanoinesse de Bouxières, née le 25 avril 1673, fille de Georges, 
marquis de Lambertye, et de Christine, marquise de Lenoncourt. Il mourut 
subitement à Lunéville le 15 février 1713, laissant Marie-Gabrielle-Antoinette, 
née au château de Ville le 8 mai 1694, Jean-Evrard, qui suit, Wauthier-François 
né au château de Ville le 28 octobre 1698. 

Jean-Evrard, vicomte de la Fontaine et d'Harnoncourt, né au château de Ville 
le 11 mai 1695, chevalier, seigneur d'Harnoncourt, de Ville, etc., vendit la sei- 
gneurie de Ville le 20 novembre 1726 à demoiselle Marie-Catherine de Betton ville, 
veuve de Goswin d'Ancion, agissant au nom de son fils le seigneur Damien 
d'Ancion, chanoine de l'éghse collégiale de Saint- Jean l'Evangéliste à Liège, 
pour prix de 25,000 écus. 

* * 

La famille d'Ancion, dite de Prayon, habita d'abord Visé, puis vint s'établir à 
Liège; le 3 avril 1727, elle fut annoblie par un diplôme déUvré à Vienne, en 
Autriche, par Charles VI. Elle portait d'argent à une branche de rosier de sinople 
posée en fasce poussant deux tiges courbées vers le chef, passées en sautoir, 
feuillées de sinople, fleuries de trois roses mal ordonnées de gueules. 

Damien d'Ancion, chanoine de l'éghse de St-Jean l'Evangéliste, releva de Sta- 
velot la seigneurie de Ville, le 22 septembre 1729 et, le 29 décembre suivant, il la 
releva de Rahier ; il était mort le 2 août 1730. Pierre-Damien d'Ancion, son frère, 
lui succéda dans la seigneurie de Ville qu'il releva le 2 août 1730 ; il était mort le 
6 mai 1750. Il avait épousé madame Catherine Van Oyghem avec lequel il fit un 



(1) .Iules Vannerus. Généalogie de la famille de la Fontaine d'Harnoncourt. Annales 
de l'Institut archéologique du Luxembourg 189X. 



— 188 — 

testament conjonctif le 2 août 1749. Ce testament portait 1° que Goswin, leur 
fils aine ne pouvait se prévaloir de son droit d'ainesse ; Z° que la terre de Ville 
avec toutes ses annexes appartiendrait à leurs trois fils, sous condition qu'ils 
donneraient à chacune de leurs deux filles 15,000 florins Brabant ; 3° que si 
Goswin venait à mourir sans enfant ou ses enfants sans hoirs, sa part retourne- 
rait à Damien leur second fils ou à ses enfants, à ce défaut, à leur cadet, Pierre 
d'Ancion ; 4° au cas que leurs susdits fils viendraient à mourir sans héritier, la 
clause de retour susdite devait avor lieu en faveur des enfants de Bosse. 

Pierre-Damien d'Ancion laissa de Catherine Van Oyghem : 

1. Goswin-Casimir d'Ancion, qui suit. 

2. Damien d'Ancion, chevalier du St-Empire, conseiller perpétuel aux Etats 
du pays de Liège, qui releva, le 24 mai 1764, la moitié de la seigneurie de Ville 
et mourut sans hoirs. 

3. Pierre-Damien d'Ancion décéda ab intestat avant ses frères qui jouirent 
■par indivis, à l'exclusion des deux filles, de la seigneurie de Ville et de tous ses 
dépendances. 

4. N. . . qui épousa de Bosse dont les enfants devinrent héritiers de Ville avec 
Nicolas-François par la mort de Damien. Dans la suite leur part de Ville revint 
à François d'Ancion, fils de Nicolas, 

5. Catherine-Françoise morte dans le céhbat. 

Goswin- Casimir- Joseph d'Ancion, baptisé le 1^' mars 1713, épousa demoiselle 
de Canto de Liège et mourut le 5 mars 1776, laissant Nicolas-François, qui suit. 

Nicolas-François d'Ancion, né le 6 mai 1739, épousa en 1768 demoiselle Marie- 
Charlotte d'Andriesens, fille de Gilles-François d'Andriesens ; il releva le 22 juin 
1778 la seigneurie de Ville et les biens provenant de Wathy de Leuze. 

Nicolas-François eut de Marie-Charlotte Andriesens François et Lambertine- 
Carohne-Dorothée, qui suit. 



Lambertine-Caroline-Dorolhée, seule héritière de Ville, épousa René-Martin- 
Isaac Pignonneau de la Rocheblin, général de brigade et inspecteur général aux 
services de l'armée de St-Domingue, né à Tours le 12 novembre 1763, fils de 
Marie-Isaac Pignonneau de la Roche-Belin, écuyer, et de demoiselle Marie- 
Gabrielle Petitjean du Vernay. Lambertine-Caroline-Dorothée mourut le 28 sep- 
tembre 1810 ; Pignonneau de la Rocheblin était mort huit ans auparavant à 
St-Domingue où il était avec sa famille. Ces époux laissèrent quatre enfants : 
Charles-François-Antoine-Silvain, Caroline, Félicité et Victor, qui suit. 

La famille de la Rocheblin, dite Pignonneau de la Roche Belin, est originaire 
de Touraine et porte d'argent à deux demies et trois fusées de gueules accolées 
en fasce, à un larabel de gueules de trois pendants. Cimier. Casque surmonté 
d'une couronne à neuf perles qui est la couronne comtale. 



— 189 — 

Celte famille est alliée aux grandes familles françaises do Barrand, de la Bus- 
sière, de Pidoux, de Gouée de Lusignan, de Brossin, d'Orillard de Grangis, 
Petitjean du Vernay ; elle posséda les seigneuries de Bois-Gignon, de Minetières, 
du Puy, de Beaumarchais, de Brières, de Mérancelles, de Moindin, de la Villan- 
dière, de Gomflin. 

M. Victor de la Roclieblin fut le seul survivant des enfants de René-Marlin- 
Isaac Pignonneau de la Rocheblin ; il épousa Mad'-'"'' Florence-Gatherine-Joseph 
Thonus, fille de Lambert Thonus, membre des Etats provinciaux de l'ordre des 
campagnes pour le district de Marche, de 1826 à 1830, membre du Congrès en 
1830, et de Florence-Amand de Bou vignes. Il eut de son mariage 4 enfants : 
Victor, Alfred, Oscar et Léonie, épouse de M. Jules Orban de Xivry. 

M. Victor de la Rocheblin est le propriétaire actuel de l'ancienne seigneurie 
de Ville; puisse-t-il en jouir longtemps et y couler des jours heureux. Plura 
natalitia teliciter^ c'est le souhait que l'on trouve adressé au grand Constantin 
au revers d'une monnaie de cet empereur. 



CORRESPONDANCE. 



Monsiew le Président, 

En parcourant dernièrement les registres de l'état-civil de Tintigny, j'y ai 
trouvé la pièce dont j'ai l'honneur de vous adresser ci-joint une copie. 

Cette pièce me paraît assez intéressante au point de vue des formalités accom- 
plies à l'époque et au sujet du fait qu'elle relate. La description qui y est donnée 
de l'habillement d'un homme du peuple à cette même époque, mérite aussi, je 
crois, l'attention. 

Vous en jugerez, Monsieur le Président. 

Je joins également à la présente copie de deux actes qui ne figurent pas au 
cartulaire du Pont d'Oye des « Communes luxembourgeoises ». Il semble résulter 
de la première de ces pièces que, contrairement à l'opinion admise, la marquise, 
quelques mois seulement avant sa mort, habitait encore le château et y usait 
légalement de ses anciens titres et pouvoirs. Car qui eût voulu, en l'y convo- 
quant à cette occasion, lui infliger la plus cruelle des humiliations ? 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance démon profond respect. 

E. LIÉGEOIS. 

Hollogne a/Pierres, le 13 novembre 1905. 



Formalités accomplies en 1799 pour la levée du cadavre d'un inconnu trouvé 
mort dans le bois de Tintigny. — Titre adapté. 

Aujourd'hui quatre pluviôse an sept de la république française à huit heures 
du soir par devant moi Joseph Hubert agent municipal de la commune de Tin- 
tigny, est comparu en la maison commune Henri Philippe Henry juge de paix 
du canton d'Etalle, lequel assisté de Alexandre Hubert, jeune homme manœuvre 
âgé de 26 ans et de Jean Joseph Pireaux, cultivateur âgé de 60 ans, tous les 
deux résidant à Tintigny, lesquels ont déclaré à moi agent susdit qu'ayant été 
instruits qu'un homme inconnu était mort dans les bois communaux de Tintigny, 



— 191 — 

au lieu dit au dessus des Prôlets, il s'était transporté sur les lieux et y avait 
rédigé (!) le procès verbal dont la teneur suit : 

PROCÈS VERBALLE 

L'an sept de la république française le trois pluviôse à 3 1/2 heures après-midi 
sur l'avis qui a été donné à nous Henri Philippe Henry, juge de paix du canton 
d'Etalle, département des Forêts, par Jean Nicolas Flamion manœuvre résidant 
à Poncelle qu'il avait trouvé aujourd'hui un homme mort dans le bois de Tin- 
tigny étant accompagné du citoyen François Joachim Renauld odlcier de santé 
demeurant au dit Tintigny dont nous avons requis l'assistance à l'effet d'être 
procédé aux opérations dont nous lui avons fait connaitre l'objet et y visiterre (*) 
le cadavre du dit homme nous nous sommes transportés dans les bois susdits, 
conduits par le dit citoyen jean nicolas llamiun et étant arrivé au lieu dit au 
dessus des Prôlets sur le grand chemin qui conduit dans les coupes des années 
précédentes, nous avons trouvé gisant le cadavre d'un homme à nous inconnu 
ayant la face vers le ciel couvert de givre étant étendu de son long, ayant les 
membres et tout le corps inflexible à raison qu'il était fortement gellé l'obscurité 
de la nuit nous ayant empêché de faire en ce moment les observations en pa- 
reilles cas requis, nous l'avons fait conduire au dit Tintigny et déposer dans le 
localle du four commun dont nous avons fermé la porte exactement. 

Gejourd'hui quatre pluviôse à huitte heures du matin nous somme transporté 
au localle que dessus et requis le dit officier de santé d'en faire la visite à l'ins- 
tant; à quoi procédant après lui avoir fait autant que possible tirerre ses vête- 
ments collés sur son corps par la gellée il n'a pu découvrir aucune playe ni 
contussion desquelles on puisse présumer qu'il est décédé de mort violente ; 
mais au contraire qu'il faut croire qu'il est mort de mort naturelle, soit par 
faiblesse soit par la grande rigueur du temps; ce qui nous a paru d'autant plus 
vraisemblable qu'allant le jour d'hier là vers le cadavre, le dit jean nicolas 
llamion qui nous conduisait nous fit observer que cet homme allait du côté de 
Virton et s'était assis deux fois sur le bord du chemin à environ deux cents 
pas de l'endroit où il est mort. Tout quoi nous avons très bien remarqué par les 
pas et les autres traces qui se trouvent encore dans la neige. 

Désirant cependant prendre tous les renseignements possibles pour parvenir 
à connaître cet individu nous avons fait fouiller toutes ses poches et tater dans 
tous les autres endroits où il pouvait mettre ses papiers et pasport, nous n'avons 
rien trouvé que vingt-cinq sous en espèces métalliques qui étaient dans la poche 
droite de sa veste. De suite nous avons pris son signalement comme suit : 
il avait la taille de cinq pieds deux pouces, le front découvert, les cheveux lice 
et fort noirres et crépus, les paupierres noirres, les yeux petits et enfoncés, les 



(*) J'ai encore entendu des vieillards parlant ordinairement le français prononcer ainsi 
les infinitifs de la lf« conjugaison. 



— 192 — 

OS de la joux élevées et gros, le nez pointu, la barbe noirre, figure oblongue, 
bouche assez grande, menton rond, le tint un peu bassané. 

Son habillement était un vieux chapeau détroussé, un col de soy noirre, un 
abit court de drap bleux céleste, veste rouge dessous les quelles il y avait un 
autre de mauvais piqué blanc, un pantallons de dridaine à reyes bleux et 
blanges, des bas de laine rempiettés, d'assez bons souUiers sur lesquelles il y 
avait des boucles de cuivre jaunne. Enfains sa chemise fort salle et si pourri 
quelles se chirroit pour le peut qu'on la touche. 

Comme il n'a pas été possible d'avoir aucun de ses vêtements entierre, nous 
n'avons conservé que ses boucles pour servir aux renseignements à prendre dans 
la suite. 

Et comme il conste de nos observations ainsi que de la déclaration de l'offi- 
cier de santé que le dit individu est mort de mort naturelle, que la cause de cette 
mort est connu et que touttes recherches à cet égard serrait inutile, nous avons 
déclaré que rien ne s'opposait à ce que le dit cadavre fut inhumé suivant les 
formes et teneures ordinaires. 

De quoi nous avons dressé le présent procès verballe pour servirre à ce que 
de raison. Signé à Tintigny le dit jour quatre pluviôse an sept, avec le dit 
officier de santé. Etait signé : 

H. -P. Henry avec pphe ; f = j. Renauld Médecin. 

D'après la lecture de ce procès verballe que jean Joseph pirreaux et Alexandre 
Hubert ont certifié conforme à la vérité je me suis transporté au lieu du décès de 
cet individu, je me suis assuré de son dit décès et j'ai rédigé le présent acte que 
Henri Philippe Henry juge de paix, jean Joseph pirreaux et Alexandre Hubert 
ont signé avec moi. 

Fait en la maison commune le dit jour quatre pluviôse an sept. 

Signé : H. -P. Henry A. Hubert 

lienri Joseph pireaux. J. Hubert. 



Addition au Cartulaire du Pont d'Oye des « Communes Luxembourgeoises », 

31 mars 1773. 

Gejourd'hui 31^ Mars 1773 par devant le notaire royal résident à habay la neuve 
soussigné, furent présents Dame Louise Thérèse née Marquise de Lambertye 
fesant aux présentes tant pour elle, que pour Monsieur le Marquis du Bost et du 
Pont d'oye son Marit qui néanmoins les ratifiera sous signature et cachet d'une 
parte, Messieurs Gamont et De Vaux locataires des forges et fourneaux de mes 
dits sieur Marquis et Dame Marquise par contrat passé le 25^ mars 1771 par 
devant le même notaire soussigné d'autre parte lesquelles parties nous ont déclaré 
avoir fait au par dessus dudit contrat, le concordat dont la teneur s'ensuit, 



— 193 — 

Primo que lesdits Messieurs locataires distribueront de la manière suivante le 
paiement de deux mille écus stipulés dans l'article 2^^ dudit contrat pour la loca- 
tion des diltes forges et fourneaux, savoir à Monsieur le Duc de Gorswarem-Looz 
la somme de mille écus par an en acquit des deux renies annuelles lui duos par 
lesdits sieur marquis et Dame marquise, dont l'une de cent ecus echoïant le 14® 
aoust, et l'autre de neuf cent ecus au 12® Novembre, ainsi que Messieurs de foret 
et de Ghisels de Liège l'ont fait pendant le temps de leur location desd*^*^^ forges 
et fourneaux. 

Secondo lesdits sieurs locataires consentent de retenir quatre cent ecus par an 
au lieu des huit cent stipulés au dit contrat, en diminution des sommes leur dues 
par lesdits sieur Marquis et Dame Marquise, qui sont énoncées et désignées ci 
après, en sorte que le dit sieur Marquis ou celui fondé de sa parte recevra chez 
le Directeur desdits sieurs locataires six cent ecus par an payables à raison de 
cinquante ecus par mois, au lieu de deux cent ecus par an lui accordés dans 
ledit contrat. 

Tertio les Parties contractantes, par des arrangements particuliers entre elles 
convenus ont déclarés qu'au heu de la somme de dix sept mille ecus stipulée 
dans le même contrat lesdits sieur Marquis et Dame Marquise ne sont redevables 
de ce jour aux dits sieurs locataires que de celle de quinze mille ecus fesant qua- 
rante deux mille florins au cours actuel de Luxembourg qu'ils ont paies à la 
décharge desdits sieur Marquis et Dame Marquise tant pour les avances faites 
pai' les ci devant locataires Liégeois, que réparation des usines et plusieurs autres 
Remboursements que lesdits sieur Marquis et Dame Marquise reconnaissent leur 
devoir par le présent acte, après en avoir vu et examiné l'état et pièces justifica- 
tives pour laquelle dite somme de quinze mille ecus, lesdits sieurMarquisetDame 
Marquise engagent et hypothèquent par cette généralement tous leurs biens 
meubles et immeubles présents et avenir et notamment la jouissance de laditte 
location sur le pied qu'elle est établie jusqu'au remboursement entier desdjls 
quinze mille ecus, lesdittes parties se référant d'ailleurs à tout ce qui est prescrit 
dans ledit contrat du 25® mars 1771, par les articles 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 
12, 13 et 14, consentant les mêmes parties à la réalisation des présentes par 
devant toute cour et justice competante, authorisant pour la faire opérer tous 
porteurs d'icelles. En foi de quoi ont lesdittes parties signés en présence de Lam- 
bert Welter résident à la forge du Prince et de Marc Deny charpentier résident 
au moulin du Pont d'oye pris pour témoins et comme tels ont aussi signés, quant 
et moi notaire, au château du Pont (Toye, les jour, mois et an que dessus, 
après lecture faite. 

Sont à la minute signés La Marquise du Pont d'oye ; P. Gamont ; L. Devaux 
avec pphes ; L. Welter avec pphe Testis ; Marc Deny témoin, et in fldem G. F. 
Thiery notaire avec paraphe. 

A la marge est écrit ce que j'accepte ratifie au château de /Ischbach le pre- 

13 



— 194 — 

mier avril 1773. Signé Le Marquis du Bost du Pont d'oye avec pphe, plus haut 
encore est le cachet de ses armes imprimé sur cire d'Espagne rouge. 

Pour copie collationée et rendue conforme à son original par moy notaire 
soussigné. 

14 mars 1790. 

Messire Stanislas Marquis du Bost du Pont D'oye et Madame Louise Thérèse 
Victoire Marquise des mêmes lieux avec M"" françois Thomas de Rodriguez 
Gentil homme son mari demeurants tous à Habai, déclarent de commettre et 
constituer Messire Maurice chevalier dud. Pont D'oye leur frère et beau-frère 
respectivement aux fins et à l'effet d'intenter et de poursuivre toutes actions 
qu'ils ont et qu'ils pourront avoir, en quels lieux et en quelles provinces et Domi- 
nations que ce puisse être du chef de la succession de feu les seigneur et Dame 
leurs père et mère, conjoinctement leurs cohéritiers en cette succession. 

Fait par devant M"'^ Brasseur à Habai la neuve le 14*^ mars 1790. 

Signé : Stanislas m'^ Du Bost Du Pont D'oye, de Rodriguez née mq^^ du Bost 
du pont d'oye, f. T. De Rodriguez. 



Fiels (lu Comté de Laroche 

PAR 

Am. de LELTZE 

Chanoine de la Cathédrale de Namur. 



Suite. 



DEUXIÈME PARTIE 

SEIGNEURIES HAUTAINES. 



BEAOeAIJNIT. 

1324, le tir jour de feneaul. — Jehan, roi de Boliême, érige Beausaint en sei- 
gneurie hautaine en laveur de Rennais JHfadreis, écuyer, sire de Beausaint (l). 

1540, 7 janvier. — Confirmation de la charte précédente par Charles-Quint. 

Les seigneurs de Beausaint portaient de gueules à la bande ondée d'argent (2) ; 
ils jouissaient de toute seignorie, haulte, moyenne et basse.... et mesrnement.... 
des mouches et aultres choses trouvées, des amendes de stus et de burrines sur- 
venant de bastures sang et playe ; item de prendre et lever le treisyeme 

dcnniers des héritages vendus en la seignorie, de prendre et avoir le droit de la 
haulte fleure et paisson en ses bois, avec le droict de pannaiges et aussy de ter- 
raige par tout le funaige de la dite seignorie » (3). 

Beausaint avait son château féodal ; il fut brûlé, en même temps que le village, 
dans la guerre qui désola le Pays-Bas, dans la première moitié du XVIF siècle. 

1556, 5 septembre. — Record par lequel le mayeur et les échevins de Laroche 
déclarent que les habitants de Beausaint sont d'ancienneté « francqs bourgeois 
de la Roche, joyssans des franchieses et libertez de la dite bourgeoisie, payant 
drois de la borgésie à sa majesté et fermette à la ville comme aultres bourgeois 
de la dite Roche. Et ne sont les dis manans. . .tenus ne reputez seifl d'aulcuns 
services, exécutions criminelles que jamais fust fait à la dite Roche, synon y 

estrc présent en armes et à bastons, à commandement de l'officier » Cour 

féodale. Reg. 1425-1629. 



(1) Cour féodale de Laroche. Reg. 1.5G3-1590. 

(2) Bertholet. — Hist de Lux. et du comté de Chiny. IV, 43. 

(3) Cour féodale. 153G, IG mai. Requête de .lehati de Laroche, sg^ de Beausaint, à 
l'Empereur. 



— 196 — 
COUR FÉODALE. 

Reg. 1563-1590. — 1580, 28 novembre. P. 133. R°. — Louis de Gousoulx, 
mari de d*^"'' Gatlierine de Laroche, dite Beausaint, relève Beausaint, Sabeau 
d'Amas, mère de Catherine ayant renoncé à ses humières. 

1583, 7 juin. P. 146 R°. — Michiel Groulart, jadis époux à d^'"*^ Sibille, fille 
de feu Henri Brisbois, jadis greffier de Laroche, et de d'''^'^ Marguerite d'Autel, 
transporte à titre d'engagère à Louis de Gousoulx, sg'' de Beausaint, son cousin, 
sa part de 7 1/2 muids d'avoine qu'il possédait en la seigneurie de Beausaint, 
Louis de Gousoulx rélève. 

Reg. 1591-1626. — 1594, 11 janvier. P. 58. R". — Voir Herlenval. 

1605, 6 février. P. 58. R". — Louis de Gonnisoulx, sg^ de Beausaint, relève 
le plein fief par succession de son père noble Louis de Gonnisoulx. 

1627, 20 mai. P. 15. R". — Noble Jean de Gonnisoulx, sg'" de Beausaint, relève. 

Reg. 1663-1696. — 1665, 26 juillet. P. 48. R». — Voir Granchamps. 

1673. 22 septembre. P. 178. R. — Noble seigneur Pierre-Louis de Gonizoul 
relève le plein fief de Beausaint, lui dévolu par la mort de Jean de Gonizoul et 
dame Marguerite d'Orjo, ses père et mère. 

Reg. 1696-1721. — 1700, 9 décembre. P. 59. R°. — Dame Marie-Marguerite 
de la Mock, veuve de Pierre-Louis de Goppin, seigneur de Beausaint et du fief 
de Waillimont, relève par Jean-Georges Nolloment, échevin de Laroche, Beau- 
saint et la moitié du fief de WaiUimont. 

1717, 11 mai. P. 257. V^ — Noble seigneur Louis- Joseph de Goppin, sg"" de 
Montaigu, Falën, etc. relève la seigneurie de Beausaint par succession de son 
père noble Pierre-Louis de Goppin dont il est le fils aîné. 

Reg. 1721-1750. — 1730, 19 janvier. P. 194. — Madame la douairière de 
Beausaint relève la seigneurie de Beausaint. 

Reg. 1750-1768. — 1752, 30 octobre. P. 44. V". — Voir Vecmont. 

Reg. 1767-1790. — 1768, 6 juin. P. 353. R°. — Bernard de Goppin relève la 
seigneurie lui dévolue par le décès de noble sg"" Louis-Joseph de Goppin, vivant 
sg"' de Beausaint, etc. et de dame Gatherine-Gécile de Gassal, son épouse, ses 
père et mère. 

1786, 18 juillet. P. 160. V°. — Le sieur chevalier Joseph-Feullien de Goppin, 
au nom de d^"'- Marguerite de Goppin de Beausaint, sa cousine, résidant à 
Namur, relève Beausaint et les biens en dépendants par décès de Monsieur Jean- 
Bernard-Florant-Marc de Goppin, sg'" de Beausaint, Falén, etc., frère de la dite 
demoiselle. 

1786, 16 septembre. P. 166. V". — Réalisation d'un acte du l*"" juillet, même 
année, par lequelle noble d''"^' Marguerite-Gatherine de Goppin de Beausaint, 
donne à noble Joseph-Augustin de Goppin, de Vecmont, prêtre, chanoine à 
Giney, son cousin germain, ses biens meubles et immeubles, soit féodaux, cen- 
saux, allodiaux, ou autrement, partout où ils sont situés. 



— 197 — 

1787, 18 août. P. 181. R°. — M. Joseph-Feullien de Goppin, de Grinchamps, 
au nom de Messire Joseph-Auguste de Goppin, son oncle, chanoine de Giney, 
sg"" de Vecmont, Beausaint, etc., relève Beausaint en suite de la donation ci- 
dessus du 1" juillet 1786. 

BEIGQMO^T. 

Reg. 1591-1626. — 1618,22 octobre. P. 177. V". — Wauthier Martial, oflicier 
de la terre et seigneurie de Bricmont relève Bricinont au nom de Johan-Théodore, 
comte de Leveisten, de Rochefort, etc., dévolu à ce dernier par la mort de 
son père. 

1655, 21 juillet. P. 277. R". — Maximilien de Marcourt, mayeur de Marcourt 
et receveur du comté de Montagu, appartenant à M^"" le comte de Leuvenstein, 
Weesthein, Rochefort relève au nom du dit seigneur la seigneurie de Bricmont, 
lui dévolue par la mort de M"'' Jean-Théodore, comte de Leuvenstein, Weesthein, 
Rochefort, Montagu, son père. 

Reg. 1663-1696. — 1684, 18 septembre. P. 279. V". — Maximilien-Gharles, 
comte de Leuvestein, Werthein, Rochefort, etc., relève, par Maximilien de Mar- 
court, mayeur de Marche, receveur du comté de Montaigu, la seigneurie et plein 
fief de Bricqmont. 

Reg. 1696-1721. — 1703, 3 mai. P. 89. R". — Le comte Jean-Ernest de Leu- 
vestein, Rochefort, Montagu, etc., grand chanoine de Gologne et Strasbourg, 
relève par Maximilien de Marcourt, officier et mayeur de Marcourt, la seigneurie 
de Bricqmont. 

Reg. 1731-1750. — 1733, 8 janvier. P. 291. — Dominique, prince du St-Em- 
pire, de Lowenstein, Werthein, comte de Rochefort, de Montaigu, sg"" de Neuf- 
château, de Bricqmont, relève Bricqmont, par Barthelemis-Philippe de Hodister, 
sg*" de Hodister. 

1735, 7 juillet. P. 369. R". — Le prince de Lowenstein, Wcrtheim, sg'" de 
Bricqmont relève la seigneurie. 

Reg. 1750-1768. — 1757, 3 mai. P. 132. R^. — Le sieur de Martin, mayeur 
de Rochefort, muni de la procuration du seigneur de Rossius de Humin, en qua- 
lité de conseiller, prévôt et intendant des comtés de Rochefort et Montagu, au 
nom des seigneurs princes et comtes de Stolberg, nommément le seigneur Fré- 
derick-Gharles, prince régnant de Stolberg et du St-Empire et des seigneurs 
Christophe-Louis et Frederic-Otto, comtes de Stolberg, etc., relève Bricqmont. 

Reg. 1767-1794. — 1793, l^'' juin. P. 263. V°. — M. Wackeu, bailli de la terre 
de St-Hubert, conseiller intendant de son Altesse Sérénissime le prince Charles- 
Henri de Stolberg Guedern, au nom de ce seigneur et aussi de leurs Excellences 
les comtes Charles-Louis de Stolberg et Stolberg Rosela, relève la seigneurie et 
plein fief leur obvenue, savoir la moitié à la dite Altesse Sérénissime par décès 



— 198 — 

de son Allesse Sérénissinio le prince Frédéric-Charles de Slolberg Guedern et 
l'autre moitié à leurs dites excellences par le décès des comtes Christophe-Louis 
de Stolberg et Fréderich-Otto de Stolberg. I^e même purge le relief de main à 
bouche qui incombe à madame la douairière de Stolberg Guedern. 

DA¥EED'IESE (1). 

Reg. 1591-1526. — 1606, 7 septembre. P. 76, V«. — Guillaume de Vervoz, 
fils de Gilles, relève, son père ayant renoncé à ses humières. 

1610, 20 juin. P. 110. V°. — Voir Vervoz. 

1616, 22 mars. P. 156. V". — Henry de Berlaymont, sg"" d'Odeur, tant en 
son nom qu'au nom de Guillaume, son frère aine, et du consentement de Mar- 
guerite de Celles, son épouse, vend à Madame Juliane Scheifïardt de Mérode, 
veuve de Monsieur de "Viron, cent florins Bt de rente annuelle, gagère qui lui 
appartient sur la seigneurie de Daverdisse suivant acte passé à son profit le 
21 juin 1610, par Jehan de Vervoz, sg"" de Daverdisse. 

1618, 10 mars. P. 168. V". — Accord entre Guillaume de Vervoz, sg"" de 
Daverdisse, et de Vervoz et les bourgeois de Daverdisse au sujet des bois — 
Bourgeois de Daverdisse : Jehan de Mohimont, Didier le Mareschal, Jehan 
Henry, Jehan le Mayeur, Jehan Macquay, Jehan Honaye, Jehan du Sart, Gilles 
Vonches, Jehan Saulin, Adam Anthoine, Adam Andrien, CoUin Gros Jehan, 
Jehan Bodart, Nicolas du Sart, Jacques de Somme, Jehan Anthoine, Jehan 
d'Eprave, Henri Melchior, Baltazar, GoUin de Page, Collin Adam Adrienne, 
Jehan Casovet, Nicolas Cocqueraymont, Jehan Poncelet, Christophe Honnaye. 

Reg. 1626-1662. — 1627, 4 mars. P. 10. V°. — Voir Vervoz. 

1630, 18 octobre. P. 67. R°. — Réalisation d'un acte du 30 août même 
année, par lequel les seigneurs Jean François, Jean Lambert Nicolas et Mengin 
Severin, comme mari d'Alizon, sœur aux susdits, enfants de feu Nicolas Guil- 
laume et de d«"e Lize le Bombardier, femme présentement à Thirion Domonge 
vendent au sieur Perpète Jacqmin, marchand bourgeois de Dinant, trois parts 
de la moitié de mille fi. de rente gagère, assignée sur la seigneurie de Daver- 
disse. 

1632, 15 juin. P. 118. R°. — Voir Vervoz. 

1633, 28 février. P. 125. R'\ — Id. 

Reg. 1663-1696. — 1664, 17 avril. P. 28. R°. — Réalisation d'un acte du 9 
mars 1662, par lequel Perpète Jacquemin, bourgmestre et échevin de Dinant, 
transporte 1° une rente de 20 fï., 15 patars, due par Léonard de Ghiny, bour- 
geois de Marche, 2° une seconde rente de 22 fl. 19 patars, dues sur les maisons 
qui furent à François de Manhay à Marche, 3" une somme de 112 fl. lui due sur 



(1) Sources : Le Fort. Manuscrits. — Communes Luxembourgeoises. 



— 199 — 

la maison de Mathieu de Mareschal à Marche, 4" une étable derrière la maison 
Jean Grevesse, etc., au profit de Marie d'Or, veuve de Nicolas Boufleu, en 
échange d'un cens annuel de 74 fl. 3 patars, monnaie du roi, au capital de 1186 
fl. et 8 sols lui dû sur la seigneurie de Daverdisse et généralement sur tous les 
biens de Guillaume Vervo, sg^ de Daverdisse, acquis par Marie Laines, reliete 
de Jean Bouffeux, par acte du 29 septembre 1618, que ladite Marie d'Or et ses 
enfants représentent. 

1666, 27 octobre. P. 73. R". — Perpète Jacquemain, bourgmestre de Dinant, 
relève la seigneurie de Daverdisse lui dévolue par sentence du Conseil de Luxem- 
bourg et en donne dénombrement. 

1667, 8 février. P. 86. V°. — Réalisation d'un acte du 18 juin 1644, conte- 
nant un accord entre Guillaume de Vervoz, sg"" de Daverdisse et Anne de Mouzet, 
son épouse, d'une part, et les bourgeois, mannans, laboureurs et habitans de 
la seigneurie de Daverdisse, d'autre part. Ces derniers sont, en vertu de cet 
accord, exonérés, quittes, libres et déchargés de toutes les redevabilités an- 
nuelles, charges, corvées et droits qu'ils doivent annuellement faire, payer et 
prêter à un seigneur de Daverdisse tant en rentes, argent, prestations de corvées 
qu'autrement. . . excepté toutefois les droits de banalité du moulin et fournaîge ; 
en échange de ces faveurs, ils cèdent à leur sg"" se réservant cependant le droit 
de pâturage, le bois derrière la cour, les bois depuis la hauteur de Porcheresse, 
tant le long de Berwimplatte jusqu'à la virée d'aisance du côté du vieux four- 
neau ; la virée dite d'Halmaiche, etc. Le seigneur pourra aussi faire ériger une 
franche brassinne au dit Daverdisse qui jouisse des mêmes franchisses que celle 
de Longpré. Suivent ensuite une longue série de droits et de privilèges accordés 
aux bourgeois de Daverdisse. 

1681, 30 octobre. P. 263. R». — Servais de Genrée, fondé de pouvoir de 
Dame Marie Ghisen, dame de Daverdisse et Vervoz en partie, relève la seigneu- 
rie de Daverdisse et un quart et demi de la seigneurie et plein fief de Vervoz. 

1687, 21 mars. P. 311. V°. — Perpète Jacquemin, sg^'de Daverdisse, échevin 
de Dinant, relève la seigneurie de Daverdisse à lui dévolue par le trépas de 
Perpète Jacqmin, son père, et suivant le partage et l'assignation intervenus 
entre lui et Herman-François de Malte, conseiller à la cour féodale de Liège, 
son beau-frère. 

1687, 7 novembre. P. 318. V°. — Herman-François de Malte, sg"" de Vervoz 
et en partie de Daverdisse, relève la moitié de la seigneurie de Daverdisse, lui 
dévolue à titre de Marguerite, fille de Perpète Jacqmin, son épouse, 

Reg. 1696-1721. — 1716, 5 mai. P. 246. V". — Réalisation d'un acte du 8 
mars 1710 par lequel Perpète Jacqmin, échevin de Dinant, hypothèque Daver- 
disse en faveur du baron de Masbourg, en assurance de ce qu'il lui doit. 

Reg. 1721-1750. — 1725, 28 février. P. 64. — Perpète Jacqmin, sgvde 
Daverdisse et son épouse d^'i-î Catherine Godin, vendent la seigneurie et terre de 



— 200 — 

Daverdisse à Ignace d'Argent, marchand-bourgeois de Dinant pour 16615 fl. 
7 1/2 s. Bb — Ignace fait relief le 21 juin suivant. P. 78. 

1730, 21 avril. P. 194. — Réalisation d'un acte du 27 mars par lequel Ignace 
d'Argent, marchand de Dinant et d^'"^ Marguerite, son épouse, vendent la 
seigneurie de Daverdisse au sg'' Adolphe de Gerardin de Sterpigny qui relève. 

Reg. 1767-1794. — 1787, 30 avril. P. 177. R°. — Monsieur Antoine-Joseph 
de Mouin, sg"" de Rondeux-Ste-Marie, aux noms de Jean-Thomas de Gerardin, 
des d'"'^^ Marie-Gonslance-Ernestine, Louise-Thérèse, Henriette-Constance, 
frère et sœurs et au nom de feu la dame Henriette-Gharlotte-Thérèse, son 
épouse, relève de la seigneurie de Daverdisse. 

1793, 9 juillet. P. 268. R'». — Messire Pierre-Louis de Monin-Rendeux, sg^ 
et baron des terres hautaines de Rosignies, d'Oteppe, Vissoul, etc., tuteur des 
enfants mineurs de feu son frère aîné M. Jacques- Antoine-Joseph, baron de 
Monin, sg'" de Rendeux-Ste-Marie, lieutenant colonel de S. M., relève 1/4 dans 
2/3 de la seigneurie de Daverdisse. 

Reg. 1563-1590. — 1585, 25 septembre. P. 148. R°. — Jehan de Mosseits, 
bailli de Fancon, sg^ de Grune, exhibe quittance faite par Thiry Helmans, son 
beau-père, et d^ne Antoinette, sa mère, des usufruits de la seigneurie de Grune 
appartenant à cette dernière, à titre de feu Gilles de Mosseits, son père, et relève. 

1585, 10 octobre. P. 157. R°. — Jehan de Mosseyts, sg*" de Grune, reconnaît 
avoir reçu de Jehan Thiry, échevin de Marche, la somme de 480 fl. monnaie 
cursable et lui assigne sur la seigneurie de Grune, la somme de 30 fl. denier seize. 

R. 1591-1626. — 1592, 28 mars. P. 8. R°. — Jehan d'Argenteau, sg' de Grune, 
comme mari de Anne de Thon, veuve de Jehan de Mossetz, en son temps sg"" de 
Grune, relève la terre, hauteur et seigneurie de Grune. 

1605, 20 octobre. P. 68. V". — Jehan d'Argenteau, sg"" de Grune, relève la 
seigneurie de Grune. 

1609, 29 septembre. P. 194. R°. — Gilles de Mozet, sg'' de Grune, relève la 
seigneurie de Grune par la mort de Jehan de Mozet, son père. 

Reg. 1663-1696. — 1676, 14 avril. P. 201. V. — Noble Georges de Mozet, 
écuyer, sg"" de Grune, relève par noble Pierre-Louis de Goppin, écuyer, sg'' de 
Beausaint, la seigneurie de Grune lui dévolue par la mort de son grand père 
noble Gille de Mozet, sg"" de Grune. 

Reg. 1721-1750. — 1721, 21 août. P. 8. — La Dame douairière de Mozet 
relève Grune. 

Reg. 1750-1768. — 1751, 2 janvier. P. 9. R". — M'" Nicolas-Joseph de Mozet, 
de Grune, comte du St-Empire, etc., relève la seigneurie de Grune, lui dévolue 
par la mort de noble et illustre seigneur messire Georges de Mozet, sg"" de Grune, 



— 201 — 

son père, et en vertu du partage fait entre lui et ses frères et sœurs, comtes et 
comtesses de Mozet de Grune, des biens de feu leur dit père et de illustre dame 
madame Ghristophorine, née marquise de Lamberti, leur mère. 

1752, 23 novembre. P. 60. R". — Réalisation d'un acte du 17 novembre, même 
année, par lequel noble et illustre sg'' Charles-Antoine, comte de Mozet de Grune, 
colonel au service de S.M.I.R. la reine de Hongrie et de Bohème, vend à noble 
et illustre sg"" Philippe-Antoine, comte de Mozet de Grune, son frère, général 
major des armées de Sa dite Majesté, ses droits à la succession de feu noble et 
illustre sg'" Nicolas, comte de Mozet de Grune, lieutenant général, leur frère, 
etc., pour 1000 patacons. 

1753, 8 février. P. 62. — Réalisation d'un acte de partage fait le 7 janv. 1753, 
entre les héritiers de feus messire Georges-Louis de Mozet de Grune et de dame 
Françoise-Christopliorine-Eléonore, née marquise de Lamberty, leur père et leur 
mère, et de messire Nicolas-François-Joseph de Mozet de Grune, comte du St- 
Empire, chambellan de Leurs M. L, lieutenant-général etc., leur frère aîné, 
savoir : messire Charles-Antoine, comte de Mozet de Grune ; Dame Anne-Mar- 
guerite-Ignace, comtesse de Mozet de Grune, chanoinesse du noble chapitre de 
Remiremont en Lorraine, dame Louise-Françoise-Dieudonnée, comtesse de Mozet 
de Grune, douairière de messire Philippe-Joseph de Pinchart, écuyer, sg*" de 
Warter, tant pour elle que pour son fils unique, mineur d'Ans ; messire Jean- 
Gharles-Françoi s- Joseph Dauvin, sg»" de Burdinnes comme mari de dame 
Françoise-Louise-Eléonore-Joseph de Hamal, et aussi par commission de son 
beau père messire Denis Charles-Joseph de Hamal, sg'" de Petite Somme, usufrui- 
tier des biens délaissés par dame Anne-Françoise-Georgette, comtesse de Mozet 
de Grune, et tuteur des trois filles laissées de son mariage, d'une part ; messire 
Philippe-Antoine, comte de Mozet de Grune, général-major de cavalerie, devenu 
l'aîné par la mort de Nicolas, d'autre part. Celui-ci obtient Grune, Harsin et 
leurs dépendances, le moulin de Bande, les deux censés de Jallet en Gondroz, la 
censé de Robermont, près de Virton etc., sans les charges et conditions spécifiées 
dans l'acte. Messire Philippe-Antoine relève de Grune le 16 mai suivant. 

1754, 7 octobre. P. 93. R°. — Réahsation d'un acte du 27 juillet 1751, par 
lequel messire Charles-Antoine, comte de Mozet de Grune, chambellan de L. M. L 
et R. reconnaît avoir reçu du sg"" baron de Dethikem, capitaine de cavalerie au 
service de S. M. L, résidant à Laroche, 1000 écus argent vieux à deux florins 
d'Allemagne l'écu, en avourance desquels il hypothèque sa seigneurie de Grune. 

1754, 5 décembre. P. 99. R°. — Messire Ferdinand comte de Mozet de Grune, 
lieutenant colonel au régiment de Puebla relève la seigneurie de Grune par la 
mort de messire Philippe-Antoine comte de Mozet de Grune, son père. 

Reg. 1767-1794. — 1781, 20 septembre. P. 104. V°. — Messire Philippe de 
Mozet de Pinchar, comte de Grune, colonel et brigadier pour le service de 
S. M. L et R. relève la seigneurie de Grune par Messire Ferdinand de Mozet, 
comte de Grune, général au même service, son frère. 



— 202 — 

JEMEPPE k OHAYAMMie. 

« Seigneuries consistant chacune en haulte, moyenne et basse justice avec 
les droits y appartenants, en maison, cours, jardins, fossés, pourprises, bois, 
hayes, prés, terres, viviers et rivières, cens, rentes, pouilles, chappons, droits de 
corwées et servitudes et généralement toutes les appartenances desdites seigneu- 
ries. » Déclaration du 31 mars 1622. Cour féodale (1). 

COUR FÉODALE. 

Reg. 1563-1590. — 1565, 24 novembre. P. 17. V^ — Nobles hommes Guil- 
laume de Spontin, écuyer, sg' de Freitter et de Sorynne, mari et bail de 
d^^'i^ Jehanne d'Oxhain, fille de feu noble et vaillant homme Jehan d'Oxhain, 
écuyer, sg''de Jemeppe et de Chavanne,et de d*^"*-' Gatherinned'Halloy, et Jehan, 
sg"" de Fisinne et de Tamynne, écuyer, mari et bail de d^''^^' Anne d'Oxhain, sœur 
•germaine à la dite d^"" Jehanne, renoncent en faveur de Nicolas d'Oxhain, leur 
beau-fi'ère, écuyer, sg'' de Jemeppe et de Giavanne, aux droits qu'ils peuvent 
avoir, à titre de leurs épouses, sur les seigneuries de Jemeppe et de Ghavanne, 
moyennant certaines conditions énumérées dans l'acte. — Là même Nicolas 
d'Oxhain renonce aux droits qu'il peut avoir sur les héritages qui ont été donnés 
en dot à ses deux sœurs, et relève sa maison forte, terre, hauteur et seigneurie 
de Jemeppe, ses appendices et appartenances, qu'il tient en plein fieff, haute, 
moyenne et basse justice d'ung comte de Laroche. 

1567, 2 septembre. P. 42. R». — Evrard de Waweraille, écuyer, sg' de Bor- 
don et délie Cathérinne de Jemeppe, son épouse, donnent à Nicolas d'Oxhain, 
sg*" de Jemeppe et Ghavanne, seize sachées, moitié épautre moitié avoine, qu'ils 
avaient sur la maison et seigneurie de Jemeppe et ces appendices. — De même 
Gille Briamont de Warice du consentement de Martin Gerra de Bomalle, son 
beau-fils, vend au dit seigneur de Jemeppe, différents cens et rentes qu'il avait 
sur la maison et seigneurie de Jemeppe. Nicolas d'Oxhain relève. 

Reg. 1591-1626. — 1605, 20 octobre. — P. 68. R°. — Nicolas d'Oxhain 
relève les seigneuries de Jemeppe et de Ghavanne. 

1605, 20 octobre. P. 09. V^ — Jehan de Herlenval, sg^ de Journal vend à 
Nicolas d'Ochain, sg"" de Jemeppe et de Ghavanne, à titre de gagère, 10 stiers 
d'épautre et 10 stiers d'avoine qu'il tient de sa mère et qui sont affectés sur la 
seigneurie de Jemeppe.— En marche 1625, 20 novembre, Jehan, fils de Henri de 
Herlenval, rachette la dite rente. 

1609, 7 juillet. P. 91. R". — Ferry Favaige, greffier de Laroche, au nom de 
Valentin de Gugnon, vend à Nicolas d'Ochain, écuyer, sg»" de Jemeppe, deux 
sachées d'épautre, de rente foncière et héritable qu'il avait habottées sur la 
seigneurie de Jemeppe. 



(1) Sources à consulter. Le Fort. Manuscrits. Ochain. 



— 203 — 

1609, 7 juillet. P. 91. V". — Gilles de Jemeppe, souverain mayeur de Marche 
et Jehan de Jemeppe, son fils, vendent en gagère à leur cousin Nicolas d'Ochain, 
seigneur de Jemeppe, deux sachées d'épautre de rente héritable pour prix de 
100 florins monnaie de Brabant. 

1616, 12 février. P. 153. R°. — Raes d'Ans, sg'' de Velroux et de Lechy, 
relève les usufruits des seigneuries de Jemeppe et de Ghavanne, lui appartenant 
à titre de feu d''"*^' Catherine d'Ochain, sa femme, fille de feu Nicolas d'Ochain, il 
relève en propriété ces seigneuries au nom de ses enfants. 

1620, 12 novembre. P. 207. R°. — Jean Gollart, échevin de Marche, au nom 
de Evrard d'Ochain, dit de Jemeppe, résidant à HoUogne, vend 12 stiers d'épautre 
assignés sur la seigneurie de Jemeppe, à noble homme Henri de Waha et à 
Mademois"'' Marie d'Ans, fîUe aînée du sg'' de Velroux, pour 160 flor. tienri relève. 

1622, 30 mars. P. 223. R°. — Henri de Waha, dit Baillonville, écuyer, sg^ 
de Jemeppe et de Ghavanne, etc., mari et bail de Dame Anne-Gatherine d'Ans, 
fille de nobles Raes d'Ans, sg"" de Velreux et de feue Dame Gatherine d'Ochain, 
relève la moitié des terres et seigneuries de Jemeppe et de Ghavanne. 

1622, 31 mars. P. 224. R». — Eustache de Hosden, baron de Hosden, mari 
et bail de Dame Marie d'Ans, fille ainée de nobles Raes d'Ans et de feue Dame 
Gatherine d'Ochain, relèvent la moitié des terres et seigneuries de Jemeppe et de 
Ghavanne. 

Reg. 1626-1662. — 1626, 16 avril. P. 8. V». — Réalisation d'un acte du 7 
mai 1625, par lequel Messire Eustache de Hosden, chevalier, baron de Hosden, 
sg"" de Jemeppe, Ghavagne, etc. et Madame Marie d'Ans, son épouse, vendent 
pour prix de 16,800 fl. leur part à la seigneurie de Jemeppe au profit de noble 
Henri de Waha, sg^ de Jemeppe, capitaine et prévôt de Laroche. Henri relève 
cette part qui consiste en la moitié de la seigneurie. 

1629, 11 janvier. P. 44. V». — Noble Henri de Waha, sg'' de Jemeppe et de 
Ghavanne, capitaine et prévôt de Laroche, r<^lève, à titre de son épouse Anne- 
Gatherine d'Ans, la seconde moitié de la seigneurie de Ghavanne, leur dévolue 
par la mort de Marie d'Ans, sœur de Anne-Gatherine. 

1644, 19 août. P. 192. V. — Henri de Waha, sg-^ de Jemeppe, Ghavanne, 
etc., prévôt de Laroche, et Anne-Gatherine d'Ans, son épouse, vendent pour 
prix de 2400 fl., une rente de 150 fl. Bb. à Jean Mathelin, officier de la 
seigneurie de RoUé et à Anne de Breuenne, son épouse. En garantie, ils hypo- 
thèquent leur seigneurie de Jemeppe. 

1645, 22 avril. P. 196. R°. — Henri de Waha, écuyer, sg^^ de Jemeppe, etc., 
capitaine et prévôt de Laroche, du consentement de Dame-Gatherine d'Ans, son 
épouse, vend à d^'ie Jenne Floriet, veuve de Lambert de la Ruelle, ses biens 
meubles et immeubles, féodaux et autres, situés tant au pays de Namur que de 
Luxembourg et du pays de Liège, etc., et ce en habout, hypothèque et contre- 
pan de 179 fl. 17 sols de rente, etc. 

1652, 23 novembre. P. 242. V°. — Réalisation d'un acte du premier d'octobre 



— 204 — 

même année, par lequel Henri de Waha, sg"" de Jemeppe, etc., Georges Adrien 
de Waha, Henri Charles de Waha et Jean Théodore de Waha, fils de Henri de 
Waha, cèdent à François de Cassai, écuyer, sg^" de Rendeux, capitaine et prévôt 
de Durbuy, leurs biens, terres et seigneuries, spécialement leurs seigneuries de 
Jemeppe et de Chavanne, avec haute, moyenne et basse justice, etc., en habout, 
hypothèque et contrepant de 300 fl. de rente qu'ils lui ont vendus à l'advenant 
du denier 16 pour 4800 fl. en or et argent. 

1653, 2 octobre. P. 260. R°. — Georges et Charles de Waha, relèvent les 
seigneuries de Jemeppe et de Chavanne, par succession de leur père Noble 
Henri de Waha, capitaine et prévôt de Laroche, et de dame Anne-Catherine 
d'Ans, leur mère. 

1656. 18 août. P. 286. V'^. — Réalisation d'un acte du 18 juillet précédent, 
par lequel Henri-Nicolas de Jamblines, écuyer, au nom de Georges-Andrien de 
Waha, sg' de Jemeppe, son cousin, cède à Jean Chavée, bourgeois marchand 
de Namur, sa terre et seigneurie de Jemeppe, en assurance d'une somme de 
1336 fl. lui due et pour laquelle il crée une rente de 90 fl. en sa faveur. 

Reg. 1663-1696. — 1663, 17 avril. P. 12. R^ — Création d'une rente de 
187 fl. pour la somme de 3000 fl. affectée sur tous ses biens et spécialement sur 
la seigneurie de Jemeppe, faite par Georges-Adrien de Waha, sg"" de Jemeppe, 
Chavanne, Harsin, etc., en faveur du capitaine François de Cassai. 

1667, 6 juin, P. 95. V°. — Réalisation d'un acte du 24 septembre 1666, par 
lequel Nicolas Remond, lieutenant-prévôt de St-Mard vend 150 fl. de rente, 
affectés sur la seigneurie de Jemeppe et ses dépendances par obligation du sieur 
Henri de Waha, vivant sg'' de Jemeppe, datée du 29 août 1644, au profit de Dame 
Charlotte de Gosée, dame de Rendeux, etc., pour la somme de 1400 fl. 

1669, 30 avril. P. 117. V". — Noble seigneur Georges -Adrien de Waha, 
seigneur haut justicier de Jemeppe, Chavanne, etc., cède à son frère Henri- 
Charles de Waha, capitaine-prévôt et haut gruyer de la ville et comté de 
Laroche, son droit d'ainesse, comme aussi tous ses droits sur les seigneuries de 
Jemeppe, Chavanne, Hargimout, Harsin. — 1669, 19 octobre. P. V»,— Henri- 
Charles de Waha relève les seigneuries de Jem,eppe et de Chavanne. 

1669, 6 mai. P. 120. V". — Réalisation d'un acte du 12 avril, même année, 
par lequel Dame Mai'ie-Gertrude Wiltheim, révérende mère de la congrégation 
de N. D. à Luxembourg, munie de la procuration de la mère supérieure et 
religieuse de la congrégation de N. D. à Trêves, et le seigneur Jacques Funck, 
échevin de Thionville, et Gangolf Gigaye, chirurgien demeurant à Fameck, 
vendent au profit du seigneur Jacques Ignace de Cas.sal, écuyer, sg^'de Rendeux, 
etc., pour 2000 fl. Bb., une rente de 125 fl. avec les canons échus, affectée sur 
la seigneui'ie de Jemeppe, suivant acte passé à la cour de Jemeppe et réalisé à 
la cour féodale de Laroche le 9 août 1627, et leur dévolue par le trépas de Ber- 
nard Funck, capitaine et officier de Mirwart, en vertu d'un partage fait entre 
leurs cohéritiers, le 12 août 1631, par devant le notaire M. Feltz. 



— 205 — 

1670, 1 avril. P. 130. R". — Réalisation d'un acte du 10 octobre 1699, par 
lequel noble sg^ Henri-Charles de Waha, capitaine et prévôt de la ville et comté 
de Laroche, transporte à perpétuité au prolit tant de M. Etienne Rossius, con- 
seiller de Son Altesse de Liège, que de sire Louis de Rossius, chanoine de Liège, 
les droits qui lui appartiennent aux hautes justices et seigneuries, châteaux et 
biens de Jemeppe, Ghavanne, Hargimont, Uarsin, de même aux censés de Wey, 
Tresoigne, Scy, tant par succession de ses père et mère que par cession lui faite, 
le 30 avril 1669, par son frère Georges de Waha, et ce moyennant une rente 
annuelle de 200 florins, outre l'acquit des charges qui pèsent sur ces biens, etc. 

1679, 28 février. P. 231. R^. — Réalisation d'un acte du 20 février 1672 par 
lequel Jean de Herlenval, au nom de son père Henri do Herlenval, sg'" de Flou- 
mont et de Journal, et de Henri de Herlenval, son frère, vend pour 45 patonons 
une rente de deux sachées d'épautre et avoine due sur la seigneurie de Jemeppe 
à Noble Louis de Rossius, seigneur de Liboy, Jemeppe, etc. 

1685 3 février. P. 288, V^ — Réalisation d'un acte du 9 septembre 1671, par 
lequel noble et généreux seigneur Louis de Rossius, sg"" de Liboy et chanoine de 
Liège, et noble et généreux sg»" Etienne de Rossius, bourgmestre de Liège, son 
cousin, se partagent les biens qu'ils ont acquis eu commun. Le seigneur de 
Liboy obtient les seigneuries de Jemeppe, Ghavanne, Hargimont et Harsin, avec 
les deux censés en Gondroz, provenant des seigneurs de Waha, comme aussi la 
censé de Scy ; le bourgmestre de Liège, les seigneuries, terres et biens de Hu- 
main, Ghamplon, Marenne et Verdenne, provenant des seigneurs comtes de 
Schwartzemberg, de même le bois situé près du village d'Ambly, la maison et 
basse cour d'Amaz, etc. 

1685, 19 septembre. P. 297. R°. — Réalisation d'un acte du 27 mars 1675 par 
lequel noble et généreux seigneur Louis Rossius de Liboy, chevalier, sg"" de 
Liboy, de la terre de RouSeux, Tahier, Jemeppe, etc., donne par préciput à son 
fils aîné Pierre-François les terres et seigneuries de Liboy et Tahier, et à Etienne, 
son second fils, la seigneurie de Jemeppe et dépendances, savoir Ghavanne, 
Hargimont et Roy avec toutes leurs dépendances. 

1686, 19 juillet. P. 304. R°. — Messire Etienne de Liboy, chevalier, sg"" de 
Liboy, Jemeppe, Ghavanne, etc. relève par Jacques Dodeigne, voué des Halleux, 
les seigneuries de Jemeppe et de Ghavanne, à lui dévolues par la cession que lui 
en a faite le sg'' de Liboy, son père, le 19 septembre 1685. 

1690, 15 juin. P. 331. R°. — Réalisation d'un acte du 20 mai 1690 par lequel 
noble messire Louis de Rossius de Liboy, chevalier, sg'' de Liboy, de Rossul, etc., 
se portant fort pour son fils messire Etienne de Liboy, chevalier, gentilhomme 
ordinaire du roi très-chrétien, vend à noble dame Madame Anne-Marguerite de 
Nisramont, autorisée par son mari noble sg'' Jean-Bernard de Vervy, écuyer, 
sgr de Gomry, les seigneuries de Jemeppe, Berwart, Hargimont, Ghavanne et 
Roy avec toutes leurs juridictions, leurs prérogatives, etc. etc. — Suit, daté du 
19 juin, un acte de protestation contre la dite vente, par le fils du sg"" de Liboy. 



— 206 — 

1696-1721. — 1701, 6 août. P.G4. V°. — Réalisation d'un acte du 14 juin 1701, 
par lequel Maitre Jean Jamar, concierge du château de Jemeppe, au nom de 
Messire Etienne Rossius de Liboy, chevalier, sg'' de Jemeppe etc., cède les terres 
et seigneuries de Jemeppe, Ghavanne, Hargimont, Beaurewart et Roy et leurs 
dépendances, à Messire Charles-François Rossius de Liboy, chevalier, très-foncier 
de Liège, moyennant une rente de 500 écus. — Messire Charles-François relève 
par sire Jean de Malmedie, curé de Marcourt. 

1 704, 20 septembre. P. 117. R". — Jean-Bernard de Vervy, par Pierre de 
Camp, curé de Marenne, relève les seigneuries de Jemeppe et Chavanne, tant par 
acte de transport lui fait par Louis Rossius de Liboy, au nom d'Etienne de Liboy, 
son fils, en date du 20 mai 1690, que par acte de transaction faite avec Etienne 
de Liboy, fils, l'an 1695, le 23 décembre. 

1718,21 janvier. P. 280. R». — Transaction entre Jean-Bernard de Vervy, 
écuyer, sg" de Jemeppe, Chavanne etc., et Messire Charles-François Rossius de 
Liboy. Le premier comparant consent en faveur du second au retrait lignager 
des terres de Jemeppe, Chavanne, Hargimont, Berwart et Roy, leurs apparte- 
nances et dépendances, droits, engagères mentionnées dans les contrats et tran- 
sactions du 20 mai 1690 et du 23 décembre 1695, sous les conditions insérées 
dans l'acte. 

Reg. 1750-1768. — 1758, l'^'" février. P. 134 V. — Réahsation d'un acte du 
24 Janvier 1758 par lequel André de Rossius représentant feu M. Jean-Lambert 
de Rossius, M, Jean-Joseph Damry, conseiller de la souveraine Cour allodiale de 
Liège, comme donataire et représentant de feu la demoiselle Barbe-Françoise de 
Rossius pour ce qui lui appartenait tant à titre personnel que comme héritière 
de feu M. Pierre de Rossius et de Dame Marie-Marguerite de Rossius, son frère 
et sa sœur ; M. Arnoud le Ducq, époux de demoiselle Catherine de Miche, vendent 
au révérend sg"" Laurent-Louis-Joseph-François de Rossius, chanoine de l'insigne 
collégiale de St-Paul à Liège, sg"" de Biron, leurs parts dans les château, vol du 
chappon, seigneuries et biens de Jemeppe, avec les seigneuries y annexées et en 
dépendantes, etc., sous les conditions énumérées dans l'acte. 

1760, 23 février. P. 163, R". — Réalisation d'un acte du 9 août 1759, par 
lequel Charles Massart, mayeur de Hotton, et son épouse subrogent, aux condi- 
tions spécifiées dans l'acte, Messire Jean-François-Joseph de Moraiken, chevalier 
du St-Empire, dans leurs droits aux seigneuries de Jemeppe, Roy, Chavanne et 
Hargimont, droits qui leur ont été dévolus par dispositions testamentaires de 
Messire Charles-François Kossius de Liboy, datée du 16 février 1736. 



TIAJ 

Reg. 1563-1596. — 1573, 28 janvier. P. 76. V". — Partage entre messire 



(1) Source: Le chevalier Joseph de Theux de Montjardin. Histoire de la seigneurie de 
Montjardin et de la Porallée miraculeuse. 



— 207 — 

Florent, sgr d'Argenteau de Rarges, chevalier, gouverneur et capitaine du 
château et du duché de Bouillon, Ilenr'i de Barbançon, sgr de Villemont, Aymond, 
sgr de Schwartzeniberg, du consentement de Bauduin de Barbançon, chevalier, 
sgr de Villemont, leur père et beau-père, des biens leur échus par la mort de 
madame Jeanne de Boulant, leur mère. — Le seigneur de Villemont obtient 
Montjardin ; monseigneur d'Argenteau, Rennes; le sgr de Schwartzemberg 
Marenne et Verdenne, la censé et les terres de Mocquerie, le bois de Hespinte 
et le pré de Marche en Famenne. Chacun relève. 

Reg. 1591-1626. — 1597, 28 juillet. — P. 31. R". — Jehan de Hodister, sgr 
de Hodister, Froidecour, Iloumar, etc., fondé de pouvoir de Madame Bonne 
d'Ongnies, vicomtesse de Dave, dame de Villemont, Soy, Ryanwé, etc. relève la 
terre et seigneurie de Montjardin. Le même relève en propriété la dite seigneurie 
au nom de Evrard de Barbançon, vicomte, propriétaire de Dave, sgr. de 
Villemont, etc. 

1613, 28 février. — P. 120. V°^ — Henri de Waha, aux noms de Marie et 
Bonne de Barbançon, vicomtesses de Dave, relève la seigneurie de Montjardin. 

Reg. 1626-1662. — 1631, 10 juillet. P. 102. R". — Evrard de Herlenval de 
Lignier, au nom de sa belle-mère la d^ne veuve du sgr de Montplainchamps 
relève Montplainchamps. 

1640, 20 Avril. P. 166. R°. — Jean du Mesnil, échevin de Laroche et mayeur 
de la haute cour d'Ortho, et m*"*^ Jean Rigaux, châtelain et commis à la recette 
de Laroche, exhibent un contrat passé à Anvers, par lequel Excellente, haute et 
illustre Dame, Madame Marie de Barbançon, princesse de Barbançon et d'Arem- 
berg, comtesse d'Aigremont et de Laroche, du consentement de son mari le 
prince de Barbançon vend pour 20,370 patacons la terre et seigneurie de Mont- 
jardin, ensemble la vouerie d'Aywaille et de Remonchamps, avec cens, rentes, 
terres, prés, etc. au profit du seigneur Sébastien Daems, écuyer, sgr de 
Noirmont. 

1642, 11 avril. P. 181. R*^. — Sébastien Daems, écuyer, sgr de Noirmont et 
de Montjardin, relève Montjardin par Jean de Gehault, secrétaire de son excel- 
lence, Mgr le prince de Barbançon, comte d'Aigremont et de Laroche. 

1653 4 septembre. P. 258. V°. — Jean de Playe, ofllcier de Montjardin, au 
nom de Don Louis Gallo de Salamanca, sgr de Montjardin, etc., voué d'Aywaille 
et de Remouchamps, relève Montjardin (1). 



(1) Sébastien Daems mourut célibataire en 1654, laissant ses biens aux enfants de sa 
sœur Marie qui avait épousé François Gallo de Salamanca, échevin et bourgmestre 
d'Anvers. — Louis, l'aîné, hérita de Montjardin ; il mourut le 30 juin 1657, laissant Louis- 
Jacques qui lui succéda dans la seigneurie de Montjardin et Marie-Claire-Joseph qui épousa 
le lu février 1680, Paul-llerman de Boileau. Louis Jacques mourut en 1711, laissant d'Isa- 
helle-Lucie de Villegas un fils unique Antoine-Joseph Ferdinand qui lui succéda et mourut 
célibataire en 1726, après avoir institué son cousin Léon-Ferdinand Gallo de Salamanca 
son héritier. 



— 208 — 

Reg. 1665-1696. — 1663, 11 septembre. P. 18 R°. — Don. Louis Gallo de 
Salamanca, sgr. de Montjardin, par Bartholemé Gohelier, officier de Montjardin, 
relève la terre et seigneurie de M. lui dévolue par la mort de Louis de Gallo 
Salamanca, son père. 

1681, 18 janvier. P. 255. R°. — Réalisation d'un acte du 28 décembre 1680, 
par lequel noble et illustre dame Marie-Glaire Gallo de Salamanca, fille de feu 
Dom Louis, sg"" de Montjardin, épouse de noble et illustre seigneur Paul Her- 
man de Boileau, sg*" de Vilhain, Pouhon, etc., hypothèque sa part de la seigneu- 
rie de Montjardin et Héneumont, en assurance de 150 fl. que la dite dame doit 
payer par an à ses pauvres parents, en vertu du testament de Pierre Daems, 
son aïeul, fait le 6 décembre 1635, et de son codicil daté du 17 décembre 1639. 

Reg. 1721-1750. — 1726, 9 mai. P. 105. — La Dame douairière de Montjardin 
relève la seigneurie. 

1733, 5 janvier. P. 290. — Le seigneur de Borsbeke relève Montjardin par 
Barthélémy Neuforge, mayeur de Montjardin (1). 

. 1734, 24 novembre. P. 360. — Messire Jacques de Theux, chevalier, sg"" de 
Montjardin, relève la seigneurie. 

Reg. 1767-1794. — 1784, 18 mars. P. 127. V°. — Messire Ferdinand-Joseph- 
Henri, baron de Rahier et de Fraipont, sg"" du ban de Sprimont, Villers-aux- 
Tours, etc., relève la terre et seigneurie d'Aywaille et Remouchamps. 

1784,9 septembre. P. 129. V°. — Monsieur Barthélémy-Théodore de Theux 
de Montjardin, chanoine de St-Jean à Liège, relève la terre et seigneurie de 
Montjardin lui dévolue par la mort de sa mère Madame Isabelle de Mewen, 
douairière de noble seigneur Messire Jacques de Theux, 

1793, 16 mai. P. 257. V". — Messire Louis-Glaude-Joseph, baron de Rahier 
et de Fraipont, comte d'Esneux, sg^' du ban de Sprimont, Aywaille, etc., relève 
la terre d'Aywaille et de Remouchamps dont feu Messire Ferdinand-Joseph- 
Henri, baron de Rahier de Fraipont, son flls, avait fait acquisition de Sa Majesté. 
Suit une constitution de rente sur Aywaille par le dit baron de Rahier en faveur 
de M. François- Jacques Vanowerstraten de Welden. 



RÛLLJ 



(2) 



1585, 10 mars. P. 139. R°. — Jehan de Buyssette, en quaUté de mari de 
Charlotte de Bollant et Jehenne de Bollant, tant pour eux que comme fondés de 
pouvoir de Guyon, baron de Gonllan, mari de Catherine de Bollant, aussi de 



(1) Léonel-Ferdinand Gallo de Salamanca mourut sans laisser d'enfants mâles; c'est 
pourqi oi, en vertu du testament de Antoine-Joseph-Ferdinand Gallo de Salamanca, 
Louis de Villeges, seigneur de Borsbeke, cousin maternel du testateur devint héritier de 
Montjardin; en ITM, la seigneurie de Montjardin fut vendue à Messire Jacques de Theux. 

(-2) A consulter Le Fort : Manuscrits.— de fSoulant.— Le chev. Joseph deïheux de Mont- 
jardin. Histoire de la seigneurie de Montjardin 



— 209 — 

Antoine de Giresme, sgr du Preit, etc., mari de Magdelaine de BoUant, relèvent 
la part de RoUé leur échue par le trépas de Robert de Bollant, chevalier, 
de Lamoral de Bollant, leur père et frère respectivement et de Dame Anne de 
Luxembourg, leur mère. 

Reg. 1563-1590. — 1585, 16 mars. P. 138. R». — Jehan de Ganrodelles, sgr 
de Solre, etc. assisté de messire Guillaume de Ganrodelles, chevalier, son oncle, 

sgr de Grupet etc., relève la maison forte de RoUé, en partie. — Messire 

Robert de Bollant, chevalier, sgr de RoUé, son grand père maternel ; Marguerite 
de Bollant, sa mère ; Lamoral de Bollant, son oncle. 

1587, 3 septembre. P. 162. R°. — Voir Humain. 

Reg. 1591-1626. — 1600, 28 juillet. P. 41. R°. — Voir Humain. 

1601, 12 novembre. P. 45. V^ — Voir Humain. 

1606, 10 avril. P. 75. V". — Josias de Gabanco, capitaine et officier de RoUé 
au nom de noble Jehan Richard de Schonenburg, sgr de Rollé, relève RoUé. 

1610, 30 septembre. P. 111. V°. — Eucharius Bock, docteur en droit et 
avocat au conseil provincial de Luxembourg, au nom de honorée Dame Gathe- 
rine de BouUant, veuve de feu honoré seigneur Gyon de Lucy, relève la terre, 
seigneurie et haulteur de Rollé, etc., qui lui est échue par la mort de honorée 
dame Jehenne de BouUant, épouse du seigneur Jean Richard de Schonenburg, 
sa sœur. 

1613, 4 mars. P. 121. V°. — Donation de la seigneurie de Rollé faite par 
noble seigneur Hans Richard de Schonenburg, sgr de Rollé, Geysberg etc. à 
son neveu Philippe Diederich de Schonenburg, fils aîné de feu Jean Maynard de 
Schonenburg qui relève. 

1613, 13 juin. P. 126. R". — Donation par dame Gatherine de BouUant, veuve 
de Guyon de Lucy, seigneur dudit lieu, à Gharles de Harrancourt, baron de 
Ghamblen, seigneur de Germiny, etc. de la moitié de la seigneurie de Rollé. 
Gharles relève. 

Reg. 1626-1662. — 1629, 3 novembre. P. 57. R°. — Donation faite par noble 
Philippe Thiry de Schonenburg, sgr de Rollé, etc. à son épouse Madame Anne- 
Elizabeth de Schonenburg, née de Gratz, comtesse de Scharphenstein, de cent 
mille reichs dalers sur la seigneurie de Rollé. 

1630, 15 novembre. P. 71. R°. — Réalisation d'un acte passé le 4 novembre à 
Mayence, par lequel noble Dame Anne-Elizabeth de Schonenburg de la famille 
de Gratz, comtesse de Scharphenstein, fait cession au profit de M. le révérend 
et illustre sgr Hugo Eberhardt Gratz de Scharphenstein, chantre et évoque du 
chœur des églises métropolitaines de Mayence et de Trêves, prévôt de la cathé- 
drale de Wormbs, et à illustre sgr Adam-Dieterich Gratz, comte de Scharphen- 
stein et colonel, ses deux frères, de la somme de cent mille reichs dalers, lui 

U 



— 210 — 

donnée par M. Dieterich de Schonenburg, son mari, et hypothéquée sur la 
seigneurie de RoUé, en échange d'une pension de 800 reichs dalers qu'elle lèvera 
sa vie durante. 

1631, 20 mars. P. 89. R*^. — Acte de révocation par Messire Philippe Thiry 
de Schonenbourg, sg^ du dit lieu, de Bour, de Rollé, etc, de la donation ci- 
dessus. — Donation faite par le même de la seigneurie de Rollé, etc., en faveur 
de Messire Otto-Fréderick, baron de Schombourg, sg'" de Montigny, Messancy, 
etc., son cousin; en reconnaissance d'une somme de 40,000 fl. de Francfort qu'il 
a reçus de ce dernier. Messire Otto Frédéric relève. 

1644,9 octobre. P. 187, V°. — Marguerite-Catherine, comtesse de Schom- 
bourg, veuve de Messire Jean-Charles, comte de Schombourg, tant en son nom 
qu'au nom de ses enfants, relève Rollé par Henri de Nisramont, échevin de 
Laroche, et gendre de Jean Mathelin, officier de Rollé. 

Reg. 1663-1696. — 1676, 15 mai. P. 203. R". — Emmanuel-Maximilien- 
Guillaume, comte de Schonbourg, seigneur de Montigny, Saulcy, etc., et son 
épouse, Madelaine-Isabelle, comtesse de Schonbourg, née comtesse de Crom- 
berg, en assurance de diâérentes sommes reçues, hypothèquent Rollé et d'autres 
seigneuries en faveur de Jean Mathelin, officier de Rollé et sg'' de Mabompré. 

1692, 18 octobre. P. 367. R". — Herman le Jeune, officier de la terre et 
seigneurie de Rollé, aux noms de demoiselle Marie-Diane et Elizabeth-Maximi- 
lienne, nées comtesse de Zœtren, relève 1/2 de la terre et seigneurie de Rollé, 
leur dévolue par disposition testamentaire de Madame Madelaine-Isabelle, née 
comtesse de Cronenbergh, veuve de M. le comte de Schomborgh, sg"" de Rollé, 
leur oncle. 

1698, 1 1 mars. P. 15. V°. — Le seigneur comte Frédéric de Schomberg et de 
Mertolo, fils aine de feu le sg"" comte de Schomberg, vivant généralissime des 
armées de S. M. bi-itanique, relève par le s"" Martini, licencié en droit, officier 
de la seigneurie de Rollé, la moitié de la seigneurie de Rollé. 

1717, 19 aoûi. P. 269. V°. — Milord, duc de Schombourg et de Linstor, etc., 
sgi'de Rollé, relève Rollé par succession de son père feu Milord, duc Frédéric 
de Schombourg. 

1719, 9 mai. P. 321. V". — Demoiselles Marie Diane et Emmanuelle-Maxi- 
milienne, comtesse de Soetern, sœurs, dames de Messancy, Fleurange, Rollé, etc. 
vendent avec faculté de rachat à Jean-Baptiste Henron, sg"" de Sterpenich, leur 
part au château et seigneurie de Rollé et lieux en dépendants, consistante en la 
ju.ste moitié, dont elles ont hérité par testament de leur tante Madame Madelaine- 
Isabelle, comtesse douairière de Schomberg, née comtesse de Cromberg, etc. — 
Jean-Baptiste Henron relève. 

Reg. 1721-1750.— 1721, 10 juillet. P.I.— Messire Christophe-Martin, comte 
de Degenfeld, Schonbourg, etc. relève Rollé par succession de feu Milord, duc de 
Schonbourg. 



— 211 — 

1735, 22 décembre. P. 373. V°. — Jean-Baptiste Henron, sg'' de Sterpigny, 
Gorcy, Autel, etc. relève 1/2 Rollé lui adjugée par sentence de décret au grand 
conseil de Malines le l*-''' octobre 1735. 

1740, 5 septembre. P. 451. V». — Albert-Eugène-François de la Haye, en 

qualité de curateur de Messire Joseph-Antoine, comte d'Oetinguen, Soetèren, 
RoUy, etc. relève 1/2 de la seigneurie et plein fief de Rollé. 

Reg. 1750-1768. — 1752, 10 novembre. P. 51. V". — Réalisation d'un acte 
du 26 novembre 1743, par lequel Messire Joseph-Antoine, comte d'Oetingen et 
Zoetern, constitué de pouvoir de son père Grost-Guillaume, comte d'Ottingen et 
Soetcren, vend au sieur Léopold de Mathelin, sg"" de Mabompré et à la dame 
Isabelle-Béatrix de Blavière son épouse, la 1/2 de la seigneurie de Rollé que son 
père avait retiré des mains de Jean-Bapt. Henron, pour 12 mille écus de 56 sols. 

1752, 10 novembre. P. 55. R". — Réalisation d'un acte du 8 mai 1752, par 
lequel Christophe-Martin, comte de Degenfeld, comte du St-Empire, etc. vend à 
d''"'' Constance de Mathelin sa 1/2 delà seigneurie de Rollé pour 13000 patacons 
ou écus Bb. D*^"*? de Mathelin relève par Monsieur de Moustier, sg'" de Cens. 

1759, 17 février. P. 151. R». — La veuve de feu le sieur Léopold-Joseph de 
Mathelin relève 1/2 de Rollé. 

Reg. 1767-1794. — 1778, 16 mars. P. 58. R». — Réalisation d'un acte du 30 
octobre 1775 par lequel le sg'" Pierre-Joseph de Mathelin-Monti, chevalier de 
l'ordre militaire de St-Louis, sg'' de Rollé, de Mabompré et autres lieux, donne 
au sg'" François-Joseph de Colnet-Botey, sg' de My, son cousin, ses terres et sei- 
gneuries de Rollé et Mabompré, de même que sa part et pi'étention en la terre 
et seigneurie de Bourscheidt, avec juridiction, droits honorifiques, etc., à la 
condition toutefois d'acquitter les charges affectées sur les dits biens. 

1793, 21 juin. P. 266. R". — M. François-Joseph de Golnet de Botey, sg»" de 
My, Rollé, etc. relève l'entièreté de la seigneurie de Rollé, par donation de 
M. Pierre-Joseph de Mathelin de Monty et purge le relief de la 1/2 de la dite sei- 
gneurie obvenue à la d'"'- Constance de Mathelin à titre de Léopold de Mathelin, 
son frère, également le relief de l'entièreté delà seigneurie que M. Pierre-Joseph 
de Mathelin de Monty n'avait pas fait. 



SÛHIER 



(i> 



Reg. 1563-1590. — 1568, 25 octobre. P. 67. V. — Noble Jehan Ghenart, 
sg'' de Sohior, produit son contrat de mariage avec noble d''"'" Marie d'Awenne, 
fait en l'an 1547, le 25 octobre, duquel il résulte que feu Evrard Ghenart, son 
père, du consentement de Messire Gilles et Antoine, ses fils, et de ses filles, lui 
avait donné la seigneurie de Sohier. Eu égard à ce contrat, noble Jehan de 



(l)Source.s: Communes Luxembourgeoises. — Chanoine Doyen. Notices généalogiques 
sur la famille Ghenart. Voir les Annales de l'Institut archéologique du Luxembourg. 



Ronval, le vieux, mayeur de Giergnon, époux et bail de d«"e Evrarde Ghenart, 
renonce, moyennant récompense, à tous les droits qui auraient pu lui appartenir 
à la seigneurie de Sohier, 

Reg. 1591-1626. — 1591, 5 mars. P. 5. V». — Evrard Ghenart, sg"" de Sohier, 
relève la seigneurie de Sohier à lui dévolue par la mort de Jehan Ghenart, son 
père. 

1606, 31 janvier. P. 72, R". — Jehan Willemot, chapelain de Evrard Ghe- 
nart, sg"" de Sohier, relève au nom de ce seigneur, la seigneurie de Sohier. 

1618, 29 octobre. P. 180. R°. — Antoine Ghenart, sg^ de Sohier, relève la 
seigneurie de Sohier. 

1626, 19 février. P. 270. V". — Réalisation d'un acte passé par devant la 
cour de Sohier, le 14 avril 1615, par lequel noble et vertueux Hubert Ghenart, 
sg"" de Vanlin, reconnaît avoir reçu de honorable Bernard Funck, capitaine de 
Mirwart, à différentes reprises, la somme de 4800 flor. Bb., pour laquelle il 
s'oblige de payer une rente annuelle de 300 flor., dont le premier paiement se 
fera le 14 avril 1616. En assurance de cette somme, noble et généreux Evrard 
Ghenart, sg'' de Sohier et d«"*' Gelle de Hodister, sa femme, hypothèquent leur 
seigneurie de Sohier au profit dudit capitaine. 

1625, 5 mars. — P. 275. R°. — Réalisation d'un acte du 6 mai 1623, passé 
par devant la cour de Sohier. Noble Antoine de Ghenart, seigneur de Sohier, et 
dame Catherine de Poitiers, son épouse, déclarent qu'à la requête de noble et 
généreux Messire Denis de Pottiers, gouverneur du Duché de Bouillon et de 
Dame Elizabeth de Salle, son épouse, leur frère et sœur, ils ont obtenu, de leur 
privé nom, d'honorable seigneur Bernard Funck, écuyer, capitaine de Mirwart, 
la somme de 2400 écus, pistoles d'Espagne, de 72 patars 1/2 chacun. Au moyen 
de cette somme, ils créent en faveur dudit capitaine, une rente de 150 écus 
pistoles d'Espagne dont le premier payement se fera le 7 mai 1624, affectée sur 
la seigneurie de Sohier. 

1625, 6 octobre. P. 279. — Réalisation d'un acte du 5 septembre 1625, par 
lequel le seigneur de Sohier, Antoine Ghenart et son épouse, Catherine de 
Potiers, se reconnaissent débiteurs de diverses sommes au seigneur Bernard 
Funck, écuyer et capitaine. En conséquence, ils lui vendent une rente annuelle 
de 115 écus affectée sur la seigneurie de Sohier et d'autres héritages. 

Reg. 1626-1662. — 1633, 30 décembre. P. 123 R°.- Réalisation d'un acte du 7 
février 1633, par lequel nobles Antoine de Ghenart, sg"" de Sohier, et Evrard de 
Ghenart, sg"" de Wanlin, frères, vendent une rente annuelle et gaigière de 
400 fl. au profit de noble sg"" Jacques Renauld de Rouveroy. 

1649, 18 juin. P. 227. R". — Jacques Forget, capitaine et receveur général 
de Son Altesse de Lorraine, en son nom et aux noms de ses cousins et cousines 
Gengolphus Gigot et Marie Schmit, conjoints, Elizabeth Funck et Jacques 
Funck, échevin de Tionville, relève la seigneurie et plein fief de Sohier. 



— 213 — 

Reg. 1663-1696. — 1664, 8 octobre. P. 35. V°. — Réalisation d'un acte du 
13 août, môme année, qui porte transaction entre les héritiers paternels et 
maternels de Bernard Funck et Jean Ghenart, assisté de Messire Arnould 
Chauldron et de Jean Mathias de Ghenart. Les héritiers paternels cèdent au dit 
Ghenart leurs droits sur la seigneurie de Sohier pour 8700 fl. Bb. etc. 

1665, 28 mai. P. 47'^'^ R°. — Noble Jean Ghenart, sgr. haut justicier des 
seigneuries de Sohier, Wanlin, etc., relève les 6/10 de la seigneurie. 

1685, l^"" septembre. P. 297. R°. — Jean François de Govion, au nom de 
(leiie Anne-Elizabeth de Nothen, veuve de feu N. Govion, sa mère, relève les 
4/10 de Sohier. 

1686, 8 novembre. P. 308. R". — Jean-Philippe de Ghenart, par Henri Soroge, 
mayeur de Sohier, relève 1/5 de la seigneurie de Sohier lui dévolue par le trépas 
et le testament de son père. 

1693, 4 décembre. P. 373. R^ — Réalisation d'un acte du 30 octobre 1692, 
par lequel messire François Melchior, baron de Rouveroy et de Pamelle, etc. 
transporte au profit de Jean-Paul de Halloy, marchand de Dinant, une rente de 
60 fl. d'Espagne affectée sur les biens de feu le sieur Jean de Ghenart, vivant 
sgr de Sohier et de Wanlin, pour 400 patacons. 

Reg. 1696-1721. — 1693, 29 octobre. P. 3. V». — Jean-Philippe de Ghenart, 
écuyer et sgr de Sohier, oblige sa maison forte, cour, etc. , et seigneurie de 
Sohier en faveur de noble seigneur Charles de Huyet de Taviet, chevalier, 
chanoine de l'église collégiale de N. D. à Huy, pour une somme de 400 écus, de 
63 sols pièce, monnaie de France. 

1697, 19 avril. P. 4. V°. — Jean-Philippe de Ghenart, écuyer, sgr. de Sohier, 
oblige tous ses biens en faveur de Henri Ronval, demeurant à Taviet, pour une 
somme de 250 écus blancs de 72 sols de France pièce, destinée à la rédemption 
de la parte que les représentants feu Bernard Fiinck, vivant capitaine et officier 
de Mirwart ont eu la seigneurie de Sohier. 

1697, 2 août. P. 5. R°. — Réalisation de deux actes dont l'un est du 9 mars 
1696, l'autre du 15 mars 1697. Le premier contient un partage entre Jean-Phi- 
lippe de Ghenart, sg"" de Sohier, et Claude-Charles de Ghenart son frère ; Jean- 
Philippe obtient les édifices, biens, cens et rentes de la seigneurie de Sohier et 
seigneurie de Cherière, avec leurs appendices etc. ; aussi la maison de Givet avec 
toutes ses appartenances, leur dévolue par la mort de Monsieur de Ghenart, leur 
cousin ; aussi par la mort de Charles de Ghenart et d'"»^ Josine de Ghenart, leur 
oncle et tante, du marquis d'Yve, leur oncle, de Madame Anne-Marguerite d'Yve, 
leur mère. — Le second acte contient une transaction concernant Sohier entre 
certains héritiers de Bernard Funck, capitaine de Mirwart et Jean-Philippe de 
Ghenart, écuyer, sg'' de Sohier. Les premiers renoncent au profit du second à la 
part et action qui leur appartiennent en la terre et seigneurie de Sohier qui leur 
a été cédée par accord fait entre eux et d^''!*^ Anne-Elizabeth Nothen, veuve de 
feu Nicolas Govion en date du 20 août 1690. 



— i\4 — 

1698, 28 janvier. P. 15. R°.— Jean-Philippe de Ghenart, seigneur de Sohier, 
relève par Jean-Georges de Groulart, 4/10 de la seigneurie. 

1705, 17 avril. P. 119. R". — Charles de Ghenart, écuyer, seigneur de Sohier 
en partie, et demoiselle Valéria-Josinne de Ghenart, donnent à leur neveu Jean- 
Philippe de Ghenart, tous leurs héritages, à charge d'entretien, etc. Jean-Philippe 
relève Sohier par Jean-Ernest de Hamal, son beau-frère. 

1715, 27 janvier. P. 224. R°. — Madame de Hamal, veuve de feu Jean-Phihppe 
de Ghenart, sg'' de Sohier, relève de main à bouche la seigneurie de Sohier. 

Reg. 1721-1750. — 1749, 13 juin. P. 529. R». — Messire Louis-Joseph-Féhx 
de La Mock au nom de son père Gérard-Joseph de la Mock, sg^ de Sohier, de 
Botassart, etc., relève Sohier. Ce dernier et son épouse, la dame de Ghenart, 
donnent à leur dit fils, qui fait le relief voulu, la seigneurie de Sohier et tous les 
revenus et droits en dépendants qui pouvaient leur appartenir après la mort de 
noble Dame Dorothée de Hamal, leur honorée mère. 

Reg. 1750-1768. — 1753, 23 juillet. P. 74. R°. — Réalisation d'un acte du 19 
juin 1753, par lequel Monsieur Joseph-Félix de la Mock, gentilhomme, sg'' de 
Sohier et du ban de Sclassin, déclare accepter la donation de Sohier et de 
Sclassin lui faite par Messire Gérard-Joseph de la Mock-Botassart, et madame 
de Ghenart, ses père et mère. 

{A continuer). 



La Charte de Fondation de Gcrouville 



(Juillet 1258). 



GérouvJ,lle (1), on le sait (2), fut créé de toutes pièces en juillet 1258, par 
Arnould et Jeanne, comte et comtesse de Looz et de Ghiny, et par l'abbaye 
d'Orval. On connaît la charte de cette fondation, par le texte qu'en a publié le 
P. Goffînet en 1879, dans son Cartulaire de VAbhaye dCOrval (3). 

Il est cependant à remarquer que cette publication a été faite d'après un 
manuscrit du P. Wiltheim (XVIP siècle) et d'après une copie de 1727. Or, il se 
fait que la charte originale existe encore aux archives communales de Gérouville. 
W Tandel, président de l'Institut archéologique du Luxembourg, m'ayant pro- 
posé d'en publier le texte, accompagné d'un cliché photographique du document, 
je me suis empressé d'accepter cette proposition : en effet, l'original présente 
avec le texte du Cartulaire d'Orval de nombreuses variantes, dont la plupart, 
sans grande importance il est vrai, proviennent surtout de ce rajeunissement 
d'orthographe qui se remarque dans presque toutes les copies faites autrefois. 

D'autre part, malgré tout le soin avec lequel la commune de Gérouville con- 
serve sa charte, celle-ci n'est pas à l'abri d'une destruction, toujours possible, 
désormais, si ce malheur arrivait — quod absit ! —, au moins possédera-t-on 
toujours la reproduction et le texte exact de ce document, capital pour l'histoire 
de la localité. 

Sans plus de commentaires (4), je passe au texte même de la charte. Je ferai 
simplement observer que je n'ai indiqué toutes les variantes d'avec le Cartulaire 
d'Orval que pour le premier alinéa seulement : cela suffit à montrer la différence 
qui existe d'une façon générale entre les deux textes. J. VannÉrus. 



(1) Commune du canton de Virton, située à la frontière française, à 8 kilomètres envi- 
ron à l'est d'Orval, dont elle est séparée par la vieille forêt de Merlanvaux. 

(2) Voir les travaux de M. l'abbé Nic.-,Ios. Lenoir : sa notice sur Gérouville dans les 
Communes luxembourgeoises, t. III, 1890, pp. 141 à 182; et, surtout, sa bonne Histoire de la 
Com7nune de Gérouville, publiée en 1897 et en 1898 dans le Bulletin de la Société belge de 
Géographie (t. XXII, pp. 345 à 375 et 433 à 406, et XXIII, pp. 3i à (il) et republiée en volume 
séparé en 1905, chez X. Delvaux, à Namur ; cette dernière édition, si elle est augmentée 
d'intéressants clichés phototypiques, ne donne plus, malheureusement, l'excellente carte 
qui illustrait l'édition de 1897-1898. 

(3) Aux pages 344 à 346. 

(4) Rendus, en somme, inutiles par ceux de l'abbé Lenoir. 



— 216 - 

Sachent tuit cil qui ces letres (1) verront et orront que Arnous (2), cuens de 
Los et de Cliinei (3), et Johanne, sa femme, contesse de ces meimes lius (4), et 
Henris, abés d'Orval, et tout li convens sont concordeit de faire une ville franche 
à la loi (5) de Biaumont, on (6) ban de Girousart (7) et de Soncoweit (8) et des 
Morss Hommess (9) et de Nesonsart, en telle (10) manière que li cuens et la 
contesse et li abés et li convent devant dit i metent tout se (11) que il ont 
on (12) ban de Lus, ensi que il en sont tenant et prenant, et si i (13) metent 
tout se entièrement que il ont très le grant (14) bois et le rut de Limes, ensi 
con (15) il est esbonnés, sauve (16) la droiture (17) mon signour Johan (18) 
l'Ardenois. 

Et s'est à savoir que de tous ces bans devant dis, li abés et li convens doient 
avoir l'église et l'autel et la dîme entièrement ; et li cuens et la contesse doient 
avoir les chevauchies et les proières, sens rien partir à l'abei ne au convent. 

Et se il avenoit que aucunne amende avenist pour la défaute des chevauchies 
ou des proières, li cuens et la contesse i aroient la moitiet et li abés et li con- 
vens l'autre. 

Et si doient avoir li cuens et la contesse la haute justice en ces bans devant 
dis, si comme de larron et de champ de bataile, en telle manière que cil qui 
seroient au lui pour l'oquoison dou larron ou dou champ de la bataille et on liu 
dou conte et de la contesse, il doient panre rennaules (19) despens à lour commun 
bien des prous de la ville. 

Et de tout les prous qui (20) avenroient de ces choses devant dites, si comme 
en amendes et en toutes autres choses après les despens de ciax qui seroient de 



(3) 


Id. 


(4) 


Id. 


(5) 


Id. 


(f') 


Id. 


(7) 


Id. 


(«) 


Id. 



(1) Goffinet donne : lettres. 

(2) Goffinet : Arnouls. 
Chineij. 
lieus. 
loy. 
ou. 

Girnnsart. 
de Sen Coweit. La charte porte desoncoweit. Partout ailleurs dans la charte^ 

la conjonction de est bien séparée du mot suivant; on pourrait donc lire aussi bien 
d'Esoricovueit que de Soticoioeit (cf. vers la lin de la charte deschevins, écrit en un mot 
pour d'eschevins). 

(9) Goffinet : Morshommes. 
(10) Id. teille. 

ce. 

ou. 

omet i. 

grand. 

coin. 

sans . 

droicture. 

Jean. 

(19) Goffinet donne rennoulles et ajoute : « Wiltheim a lu rémiaiUes. Ne faut-il pas 
reuvoulles ? Hevouage ou revouiau, de reuver ou rouver, rower, roger, est un ancien droit 
seigneurial ». Il s'agit ici simplement de renable : dépens raisonnables. 

(20) Goffinet : « prous ki? avenroient ». 



(11) 


Id. 


(12) 


Id. 


(13) 


Id. 


(14) 


Id. 


(15) 


Id. 


(10) 


Id. 


(H) 


Id. 


(18) 


Id. 



— 217 — 

par le conte et la contesse, 11 abés et 11 convens 1 aroient la moitiet et 11 cuens 
et la contesse l'autre. 

Et s'est à savoir que en tous prouages qui puent estre en bans devant dis, li 
cuens et la contesse i ont la moitiet et li abés et li convens l'autre. 

Et se il avenoit que li cuens et la contesse et li abés et li convens feissent 
coustenges pour les acresseniens de la ville et dou ban devant dit, si comme en 
moulin, et en fours, et en estans et autres aquex apartenans à la ville et au ban, 
li cuens et la contesse i meteroient (1) la moitiet, et li abés et li convens l'autre. 

Et celle ville doit avoir asainse ens pasturages, ensi que les nueves villes 
visignes le conte et la contesse ont (2) lez unes aus autres. 

Et c'est à savoir que on ne puet retenir (3) en celle ville hommes que li cuens 
ne la contesse aient en nulles de lour villes, nueves ne vies, ne hommes à lour 
hommes, se par eax non. 

Et se li bourjos de celle ville vuelent avoir asaince en bois le conte et la con- 
tesse, il doient paier les gélines au conte, en telle manière comme li bourjos des 
autres nueves villes de la conteit de Chinés paient au conte et à la contesse. Et 
li abés et li convens d'Orval ne puent noant panre ne demander à ces gélines 
devant dites. 

Après il est à savoir que li bourjos de celle ville doient user de la loi de Biau- 
mont et doient panre lour loi à Mont Maidei, ensi comme les autres franches 
villes de la conteit de Ghinei. 

Et li maires et li eschevins de celle ville doient sauver la droiture (4) l'abeit 
et le convent, par lour sairement, ausi loaument comme la droiture le conte et 
la contesse. Et de tous les vendages des usines de la ville devant dite, li cuens 
et li abés ou li convens doient mètre vendours ensamble par commun acort. 

Et doit panre cil qui est de par le conte son créant de la moitiet dou vendage, 
et cil qui est (5) de par l'abeit ou le convent doit panre son créant de l'autre 
moitiet dou vendage. 

Et est à savoir que la dime de celle ville et li vendages de la dîme demourent 
à l'abeit et au convent tout quitement, et li cuens et la contesse n'i (6) puent 
rien clamer. 



(1) On avait d'abord écrit ynetoroient, puis on a changé l'o en e. 

(2) Le parchemin est déchiré en cet endroit ; spécialement le mot ont a été lu grâce au 
te.xte du Cart. d'Orval. 

(3) Les trois dernières lettres du mot retenir ont disparu, par suite d'une déchirure du 
parchemin. 

(4") La droiture a été ajouté au dessus de la ligne, par celui qui a écrit toute la charte. 

(5) Cil qui est est devenu illisible, par suite d'une déchirure, du pâlissemeat de l'encre 
et du « brunissement » du parchemin. 

(6) Goffinet : ne puent. 



— 218 — 

Et se la ville devant dite voloit rustiier (1) ne faire force à l'abeit et au con- 
vent des droitures de l'esglise, li cuens et la contesse lour doient oster la force 
si comme souverains signour, et se on (2) voloit oster à la maison d'Orval (3) le 
dimage de celle ville, li cuens en defleroit la force terrienne. 

Et c'est à savoir (4) que li cuens et la contesse et li abés et li convens ne 
puent rien retenir en ces devant dis bans (5) que tout (6) ne vingne à main de 
maour et d'eschevins pour livrer (7) à bourjos, fors le sige (8) de l'église et dou 
cimitère et de la maison le prestre. 

Et pour se que ces choses soient fermes et estaules, nos, Arnous, cuens, et 
Johanne, sa femme, contesse, et Henris, abés d'Orval devant dis, avons mis nos 
seax à ces présentes letres, lesquelles furent faites en l'an de l'incarnacion 
Nostre Signour mil et GG et cinquante et eut ans, on mois de Juleit. 



NOTE. — La légende inscrite sous la reproduction de la charte ne cite que le comte 
de Chiny comme tondateur de Gérouville, pour être tout-à-fait exacte cette légende devrait 
dire : .... par le comte et la comtesse de Chiny et par l'abbé d'Orval. 



»— C3TJ 



(1) La terminaison ....tier est d'une lecture certaine; le commencement du mot, fort 
pâli, est douteux. Goffinet et la copie de \"i'^) (à Gérouville) donnent rustuer ; Bonvalot 
(Le Tiers Etat..., p. 274) admet la même lecture, car il cite cette clause comme suit: « Si 
la ville de Gérouville veut se rustuer, faire opposition ou faire force... ». Cependant, on 
pourrait aussi bien lire en pour les deux premières lettres ; l'initiale ressemble bien à des 
r apparaissant ailleurs dans la charte, mais seulement dans le corps des mots, car les r 
initiaux sont différents et ressemblent à des r majuscules. Quoi qu'il en soit, je ne connais 
pas rustuer et je pense qu'il faudrait plutôt lire resistiier, ou une autre forme analogue 
de ce mot. 

(2) Goffinet : en. 

(3) ... d'Orval est mis d'après le texte de Goffinet, car ce mot est devenu tout-à-fait 
illisible. 

(4) ... à savoir que : on ne sait plus en lire que à sa... 

(5) ... devant dis bans, est mis d'après le texte de Goffinet, ces mots étant illisibles 
dans l'original. 

(6) ... tout : même observation. 

(7) livrer : même observation. 

(8) Peut-être siège, comme l'imprime Goffinet? 



t 11 ^- 



~^ >"• >-= y i- 









-^ l'^ î^'ï/H 









^ ^ o f 1 1 1 , t 

' ; -- e -^ . 7 S ^ - B ^ * ^1 ., -* :- '"• ^ -^ ^ - ,r 



9 I i : 

C 3 .-* . •». .^* 



? 






A 









It 



— 3 ■ - •« £ y ■» I 

••■ r "^ 4 -_ « /ï --- -^ 'S J, -= 

-" ^ I ! J - ^ I I . 'i * j- 

^ " S' ï = ^ ï i è i 

i. |. - 'ï _? f ;^ g g .F 

'A I 'Ji es. . /l ' t. t -5 fc =5 * ï 

J , V 1^ ïf ? ? ? I ly 

' s- t^ I ''^ ^ '^ "^ I ^ = Wt 



b^ 









-, •'-. e. >J ï _ ï « r . » ■ f 






? 

^ t 






^ 1 f 1* 











~7. '<<< 



2 
O 



— ^ 



— ;< 



* 




V3 


— ^ 




22 


^^-. 




— 








"• 




z 


, 




o 


"■ 




ci 






^ 










--r; 


-< 


.— ' 


^ 




c 






r^ 


'^ 


r^ 








3 


C:; 


2] 


J-K 


O 


^^ 


^—^ 




r* 


K 


z 


5 








^i» 


«î= 


ci 




-ni 


a 


^ 


~ 


a 










*v 




-^^ 


*rt 


5 


*^ 




SI 















;< 



y: 

C -< 

EL. Û 






O 



Le fortin du Kasselknap. 



Ce fortin a fait sous le titre : « Examen d'un ouvrage en terre », l'objet 
d'un rapport de la Commission des fouilles de la Société archéologifiue de 
Bruxelles, que nos Annales ont reproduit en 1905, p. 294 et ss. C'est là seule- 
ment où je viens de le remarquer pour la première fois. 

On y a reproduit quelques lignes relatives à cet ouvrage de M. Reisch, insti- 
tuteur, et du P. Goffinet tirées des «« Communes luxembourgeoises », ainsi 
que la description que j'en ai donnée au congrès d'Arlon. 

Ces citations sont accompagnées de plans et profils dont les mesures ne con- 
cordent pas avec celles des articles en question et, de plus, ils sont précédés et 
suivis d'observations que je ne crois pas entièrement justifiées. 

Des explications sont donc nécessaires pour faire disparaître des contradic- 
tions apparentes et des doutes peu fondés. 

Cependant, hâtons nous de le dire, la conclusion du rapport ne semble pas si 
éloignée de la nôtre qu'on pourrait se l'imaginer au premier abord. Il conclut 
pas ces mots : « En résumé, le Kasselhnap nous parait présenter bien 
plus le caractère d'mi de ces petits postes d'observation et de refuge 
temporaire que ceux d'un camp roynain au sens propre du mot ». Or, je 
l'avais qualifié de fortin et rangé parmi les castella. Si à leur sujet j'ai employé 
le mot camp, j'avais expliqué précédemment que par ce mot il ne fallait nulle- 
ment entendre un de ces camps classiques, tels que les auteurs latins nous les 
décrivent. 



L'usage adopté par la Commission des fouilles d'illustrer ses descriptions par 
des extraits de la carte militaire, par des plans et profils des lieux explorés et le 
dessin des objets trouvés, est excellent. Pour moi je n'ai pas eu l'avantage de 
pouvoir recourir à ces moyens graphiques : j'ai dû le plus souvent prendre les 
mesures au pas ou à vue. Les miennes ne sont donc qu'approximatives ; mais 



— 220 - 

pour la description d'un ouvrage en terre tel que les fortins, dont les dimensions 
changent d'un lieu à l'autre, en conservant toujours le même caractère à ces 
travaux de défense, une exactitude rigoureuse dans les mesures n'est pas aussi 
nécessairement indispensable. J'irai plus loin même et je dirai qu'elle n'est pas 
possible, les formes du terrain étant en bien des endroits si effacées que deux 
arpenteurs opérant isolément et sans point de repère fixé d'avance, tomberaient 
diflkilement d'accord dans leur travail. Ainsi pour une côte sablonneuse comme 
le Kasselknap les limites de certains talus sont si peu précises, qu'on peut avec 
une même apparence de raison les avancer ou reculer même de plusieurs mètres, 
soit en haut, soit en bas, sans en modifier l'ensemble. 

Ensuite quand il s'agit, comme c'est le cas ici, de travaux détruits en partie, 
la façon de délimiter ou de concevoir le plan de cet ensemble peut encore varier ; 
d'autant plus qu'il est fort possible que, au cours des différents mesurages, des 
changements modifient les formes et les dimensions des ouvrages, ce qui est 
encore le cas ici. 

Précisons. 

Le trou au chats ne semble d'ailleurs pas pouvoir donner lieu à une méprise 
quelconque sur sa forme et sur ses dimensions réelles. Cependant les quatre 
appréciations mises en présence diffèrent. 

Je ne m'arrêterai pas à celle de l'instituteur Meisch (non Reisch) qui, comme 
d'autres qui se sont adressés à moi pour avoir une réponse à donner au ques- 
tionnaire qui leur était soumis, ne tenait pas à une exactitude aussi rigoureuse, 
ni à celle du P. Goflînet qui semble n'y pas avoir attaché non plus grande impor- 
tance. Du reste aucun d'eux n'avait fait une étude spéciale et comparative des 
antiquités romaines de nos contrées. Ils sont donc tous deux tombés dans quel- 
ques erreurs qui s'expliquent en partie par les faits suivants. 

Au dessus du trou se trouve un entonnoir à pente très raide, ce qui en rend 
l'accès difficile ; d'autre part le vent chasse souvent au fond de la cavité une 
épaisse couche de feuilles, ce qui peut donner illusion sur sa profondeur véri- 
table ; alors que, dans d'autres moments, ainsi que je l'ai vu de mes yeux, des 
tourbillons de vent s'y engouffrent et font disparaître ces feuilles amoncelées. 

Plus d'une fois aussi, j'ai pu constater de la façon la plus formelle, qu'on était 
descendu dans la cavité, soit pour y reprendre et tirer profit des animaux morts 
que des cultivateurs y avaient fait jeter, soit pour y chercher le trésor de la 
légende. 

Mais le changement le plus important s'est opéré vers 1902. On avait entaillé 
dans la paroi des marches, pour descendre au fond du trou sans le secours d'une 
échelle. A plusieurs places on avait attaqué à coups de pioche la paroi verticale 
et mis à nu les stratifications du terrain. Enfin on avait miné la paroi sous la 
dernière couche pierrreuse tout autour du puits. 

Naturellement par suite de ces travaux, la forme du trou a changé et le fond 



— 221 — 

fut exhaussé. Un coup de pioche, une marche dans ce terrain sablonneux sont 
vite effacés et c'est pour cela qu'on n'aura pu remarquer ces changements. 

Cependant cela ne suffit pas pour expliquer la profondeur de dix mètres que 
j'ai cru devoir donner au trou en 1877. 

En admettant l'existence de margelles qui devaient dépasser si peu que ce 
soit le niveau de l'enceinte, je devais ajouter à la hauteur du puits celle de l'en- 
tonnoir qui est de trois mètres d'après les profils de la commission des fouilles. 
En tenant donc compte de l'exhaussement du fond qui est peut-être d'un mètre, 
de l'entonnoir, 3 m., de la hauteur des parois, 4.60 et de la couche de feuilles 
que yy voyais alors et que je jugeais très épaisse par le mouvement produit 
quand on y jetait une pierre, nous ne sommes plus loin de dix mètres. 

Quant à la superficie du plateau dont ces mesures paraissent si différentes, il 
faut remarquer qu'il y a au centre une partie plus élevée et que la manière de 
procéder au mesurage est différente. 

La partie élevée, quoiqu'elle ne soit pas marquée au plan, se voit cependant 
aux profils A-B et G-D; elle est de quelques mètres plus élevée que le reste de 
l'enceinte et, limitée à un ovale de 52 sur 58 m. de diamètre, elle donne une 
circonférence d'environ 160 mètres. 

La partie y correspondante du croissant, pour autant qu'elle la touche et la 
domine, peut être évaluée à trente mètres. 

Le P. Gofllnet en prenant ses mesures, n'a pris pour largeur du plateau que 
cette partie plus élevée qui, sans tenir compte d'un parapet pouvant exister au 
haut du talu, peut être estimée à 60 mètres. Mais comme sur la ligne trans- 
versale donnant la longueur du plateau, le talus s'efface ou a été détruit, il a dû 
trouver, en marchant du point P au sinus le plus éloigné du croissant, 160 
mètres. 

Quant au contour extérieur dont j'ai donné la description, j'avais trouvé 360 
mètres, mesure prise au pas en suivant le pied du croissant à l'intérieur et la 
crête des talus extérieurs. Or cette mesure concorde avec le plan, en arrondis- 
sant toutefois la pointe P qui du reste est trop accusée: car sur cette côte sablon- 
neuse, il n'y a pas d'arête aussi vive. Mais en rédigeant ma note, j'ai confondu 
les mesures de la partie la plus élevée du plateau avec celles du contour exté- 
rieur. C'est une erreur que j'aurais pu rectifier plus tôt, si j'avais vu les épreuves 
ou relu mon travail, rédigé un peu à la hâte à l'approche du Congrès d'Arlon, 
soit avant, soit après l'impression. 

Je ferai encore remarquer que le fond de la tranche qui isole le Kasselknap, 
ne comprend pas seulement la partie désignée au plan par les mots - passage 
creusé « mais aussi le chemin qui y est marqué et qui sur les lieux ne se dis- 
tingue en rien de l'autre partie. 

Enfin, à mon point de vue et pour mieux faire ressortir la forme de l'enceinte 
et la place du trou dans l'embrasure du croissant, j'aurais réuni sur le plan les 



— 222 — 

deux cornes par une ligne et coupé perpendiculairement celle-ci par une autre 
passant au Sud et tout contre le trou. 



Après ces explications nécessaires pour éviter le reproche de contradiction 
que j'ai entendu faire au sujet des mesures données, venons-en aux autres 
points. 

Sur l'extrait de la carte militaire, le Kasselknap est renseigné comme camp de 
la période lugdunienne de l'âge de fer d'après la classification de Mortillet. C'est 
la belle époque de la civilisation romaine. Or, la classification de Mortillet a 
précisément pour base des produits de l'industrie humaine. Pourquoi alors jeter 
le doute sur les trouvailles de cette époque qu'on y a faites ? Est-ce parce qu'on 
ne les retrouve plus? Mais alors moi-même je devrais nier l'existence de plus 
d'une substruction romaine de nos environs dont j'ai constaté l'existence, il y a 
•vingt-cinq ans et dont je n'ai plus retrouvé la moindre trace en y repassant il y 
a quelques années, tant et si bien la pioche, la charrue, le râteau et le soin 
d'enlever du champ pour le nettoyer toute brique et toute pierre, avaient ac- 
compli leur œuvre. Il est vrai que c'était dans un champ cultivé. 

Mais au Kasselknap j'ai encore retrouvé à la surface du sol en y passant 
dernièrement des briques, entr'autres une dont un côté était lissé et un des 
bords biseauté (travail intentionnel). 

Mais là même où des fouilles ont été faites, on ne retrouvera plus bien souvent 
de vestiges des trouvailles faites. Est-ce une raison de jeter plus tard le doute 
sur ce qui en a été dit ou écrit ? Un fait bien constaté reste toujours ; c'est un 
document acquis à la science. Le doute le détruit en lui ôtant sa valeur pro- 
bante. 

Les fragments de briques, tuiles, poterie fine el grossière, le ciment que j'y 
ai vu mettre au jour, surtout quand on a élargi le chemin d'accès, sont exacte- 
ment les mômes que ceux des nombreuses substructions romaines dont j'ai fait 
le relevé dans l'arrondissement d'Arlon. J'y ai vu aussi des pierres calcinées 
mêlées aux tessons et aux briques et j'ai tenu à consigner ce fait qui se répète 
aussi aux substructions des villas, parce qu'il a son importance et aussi parce 
qu'il vient en confirmation de la tradition d'après laquelle tous ces châteaux, 
comme le peuple appelle les castella, furent détruits par le feu. 

Ce sont ces débris ajoutés à la forme et à la position des castels comparés 
entre eux qui m'ont servi à les reconnaître. Car le fait seul d'un fossé isolant la 
pointe d'une colline élevée, ne prouve nullement qu'il y ait eu un fortin romain. 
Ainsi, à un quart de lieu au sud du Kasselknap, à l'Est du village de Frassem, 
ce fait se présente; mais le fossé creusé dans le sable fut comblé par éboulement et 
par la main de l'homme pour établir un chemin de vidange. On peut en conclure, 
non à la présence d'un castellum, puisque toutes les autres conditions manquent, 



— 223 — 

mais simplement à celle d'un lieu de refuge d'une période à déterminer par 
d'autres preuves. 

L'emplacement des castels romains a servi en plus d'un cas, comme la preuve 
en a été faite, de lieu de refuge à une population préhistorique. Mais au Kassel- 
knap même, on n'a pas trouvé de vestige d'une occupation antérieure aux romains. 

Enfin le lieu-dit même vient souvent, comme ici, en confirmation des faits. 
Car Kasselknap (la butte du castel) est le vrai nom de la butte qui nous occupe. 
Le composant castel, n'ayant pas de sens dans notre patois allemand, on lui fait 
souvent subir, selon les lieux, des transformations en différents mots allemands 
donnant une explication plus ou moins plausible du lieu-dit. A Bonnert, on l'ex- 
plique par la légende des chats et de là la prononciation Katzenknap qui y pré- 
domine maintenant. A Guirsch, on le retrouve avec une autre explication dans 
le lieu-dit Gassenhehl que les gens de Bonnert prononcent Katzenhehl. Cepen- 
dant cette dernière explication qui s'appuie sur la configuration des lieux (au pied 
du fortin se trouve une gorge dans laquelle passe un chemin, la route de Diekirch), 
n'est pas très heureuse, gassen, génitif de gass signifiant en premier lieu, rue 
ou chemin passant entre les maisons et au figuré dans quelques expressions, 
ouverture et le mot Jiehl (non kehl qui est une faute d'impression) signifiant 
gorge ou chemin creux. 

C'est sans doute aussi la légende des chats noirs du Kasselknap, qui a fait 
dénommer Schwartzenberg, la montagne dont cette butte se détache. Car elle 
ne mérite ce qualificatif ni par la couleur de son terrain, ni par l'ombre de ses 
bois ou de ses vallons, ni par un événement tragique quelconque qui s'y serait 
passé, ni pour avoir appartenu à un propriétaire du nom de Schwartz. 

Mais cette légende des chats noirs, où figurent les esprits malins et le diable, 
auquel le peuple attribua si souvent des ouvrages romains, et qui nous représente 
les maîtres de ce lieu soumettant les environs à une surveillance rigoureuse de 
nuit comme de jour et à une domination cruelle et détestée, comme celle des che- 
vaux ferrés à rebours décrit les gardes des castels romains, nous ramène à 
ceux-ci et prouve que Katzen n'est qu'une transformation du mot kastel. 

D'ailleurs à Bonnert même, je l'ai entendu il y a plus de quarante ans, bien 
des gens disaient Kasselknap. Je citerai encore à preuve notre distingué président 
Prat qui avait sa résidence dans la paroisse de Bonnert, dont il était trésorier 
d'église. Annonçant dans nos Annales une notice sur le Kasselknap qui malheu- 
reusement n'a pas paru, il écrit Kasselknap et non Katzenknap, lui qui tenait 
pourtant à l'exactitude sur ce point, comme le prouve son travail sur les lieux 
dits du Luxembourg . Dans d'anciens actes, cette butte est dénommée expressé- 
ment ^ûfteltp^e, la butte du castel. Je tiens ce dernier renseignement de M"" le 
curé de Bonnert. 

Or, si le Castelknap est un castellum, comme le nom le dit, il devait avoir 
comme tous les castella une tour d'observation. Ce fait a été constaté trop de fois 



— 224 — 

pour devoir y insister. J'ai encore vu de mes yeux les fondations de la tour et la 
citerne du Karlsberg, près de Glairefontaine, ainsi qu'une partie de la tour du 
Montjeai, près de Honville, qui existe peut-être encore, car je n'ai plus vu cette 
ruine depuis 30 ans. Le curé Sulbout a constaté également la présence de la tour 
et de la citerne dans les castella des Ardennes. 

Mais ce n'est pas sur une simple déduction, c'est sur des témoignages nom- 
breux et certains que je me suis appuyé pour affirmer la présence de la tour et 
des margelles du puits ainsi que l'existence de clous trouvés dans l'enceinte et du 
Hunselter au pied du Kasselknap. Il y a plus de quarante ans, alors que j'habitais 
comme étudiant à Frassem, que j'ai entendu parler des choses du Kasselknap qui 
ne se trouve qu'à 2 kilomètres de ce village. Et pendant les cinq ans (1876-1881) 
que je desservis ce village comme vicaire, j'ai tant de fois entendu de braves 
vieillards de Bonnert et de Frassem parler des antiquités du Kasselknap sur les- 
quels je les questionnais, et jamais je n'ai remarqué dans leurs dires la moindre 
hésitation ni la moindre contradiction. Je citerai entre autres l'ancien bourg- 
mestre Meyer de Bonnert et Wagner qui m'a raconté si souvent avec force 
détails ce qu'il avait vu de la tour, des margelles du trou aux chats et du Huns- 
elter. C'est lui aussi qui m'a décrit la forme des clous (longs d'un doigt et à tête 
arrondie) qu'il a vu déterrer au haut du talus méridional. Toutes ses descriptions 
étaient confirmées par toutes les personnes indistinctement auxquelles je m'a- 
dressai pour étendre mes recherches sur ces lieux. Or, pour des faits aussi sim- 
ples, on peut avoir pleine confiance au témoignage de nos cultivateurs et tra- 
vailleurs des champs. Je ne dirai pas la même chose des savants de village, dont 
plus d'un, voulant faire preuve de science en rapportant tout aux lectures faites, 
croit de bonne foi devoir nier ce qu'il ne s'explique pas, ou ne voit dans les faits 
observés que ce qui est conforme à ses lectures. 

Le P. Goffînet dont on pourrait m'opposer l'autorité, était certes un savant 
historien connaissant bien le Luxembourg, mais la recherche des antiquités 
romaines de nos environs sortait du cadre ordinaire de ses études ; il ne compre- 
nait pas la langue du pays et quant au Kasselknap, on le voit à la manière dont 
sa note est rédigée, qu'il n'a fait que donner ses impressions sur l'état actuel des 
lieux tels qu'ils lui apparaissaient, sans pousser plus avant ses recherches. Or, 
la tour n'existait plus. 

Quant au puits, qu'à la rigueur on peut prendre à première vue pour un trou 
naturel, il est certain qu'en l'examinant de plus près et en le comparant aux 
autres trous des terrains triasiques des environs d'Arlon, causés par effondrement 
du sous-sol, qu'il a dû être fait de main d'homme. Il est plus profond, sa profon- 
deur se maintient, les parois sont verticales, le terrain est entrecoupé de couches 
pierreuses et solides, il est sur une butte isolée, il ne peut y avoir immédiatement 
eu dessous une nappe aqueuse dissolvant ou entraînant les matériaux, il n'y a 
pas de poches vides comme dans certains terrains et il n'existe pas un seul trou 
comme celui-ci dans toute la région. Il s'y forme encore actuellement des trous 
par effondrement localisé, mais jamais dans les mêmes conditions que celui-ci. 



— 225 — 

On cite un cas, mais il n'existe pas. Il y a 45 ans qu'en passant au Beierchen, 
on me montrait à côté de la route, à la lisière du bois, l'emplacement où cet 
efifondrement devait avoir eu lieu, dont les effets se seraient feit sentir auWelbour 
qui est à une demi heure plus loin. Mais cette histoire, on me la racontait déjà 
alors comme ancienne, et curieux comme un enfant j'approchai de la carrière 
où l'événement s'était produit pour voir au moins de loin ce trou mystérieux. 
Mais il n'y avait rien. J'ai parcouru toute la carrière jusqu'au midi, où l'on tra- 
vaillait alors, sans rien trouver. L'exploitation de cette carrière fut arrêtée à la 
lisière du bois ; elle est abandonnée depuis longtemps et ne ressemble en rien au 
trou du Kasselknap. Quant à celui-ci, il faudrait pouvoir le vider et explorer 
jusqu'au fond, c'est-à-dire, jusqu'à la terre vierge. Mais c'est là une opération 
difficile et coûteuse. 

La surface du Kasselknap a été boulversée en maint endroit depuis quelques 
années, soit par des chercheurs, soit par des ouvriers tirant les souches des 
arbres coupés. Je l'ai encore constaté dernièrement à ce fait qu'il n'y avait plus 
la moindre trace d'un fossé que j'ai cru reconnaître en 1877 entre les cornes du 
croissant. 

Je ferai encore remarquer au sujet du Hunselter qui se trouvait au bas de la 
tranchée du fortin, qu'on ne trouve nulle part aux effleurements ou dans les 
carrières du Schwartzenberg, dans lequel est tranché le fossé du fortin, des 
pierres approchant même de loin des dimensions de 60X140 ctm. et que par 
conséquent cette pierre, si elle a eu ces dimensions, n'a pu provenir de la 
tranchée. 

Ce monument dont on ne peut nier l'existence et dont Prat a parlé dans ses 
notes, n'existe plus. Il y a plus de 25 ans que j'ai été trouver M. le docteur 
Molitor, d'Arlon, pour me renseigner à ce sujet. Tout en regrettant qu'on 
l'ait détruit à son insu pour lui procurer des pierres à bâtir, il m'a assuré qu'il 
n'en était resté que des débris informes et méconnaissables. Nous avons par- 
couru ensemble le jardin où ils étaient déposés sans trouver une seule pierre 
qui par ses dimensions ou ses formes ait pu être reconnue comme reste d'un 

monument quelconque. 

LOES. 



i5 



Iiivcnlaire des Documents Vannérus 

APPARTENANT 

à l'Institut archéologique du luxembour^. 



1ère SERIE. 



N° 1. — Liasse contenant 41 documents, sur parchemin et sur papier, de 
1417 à 1778, relatifs à la seigneurie de Houffalize (Une notice détaillée a été 
publiée à ce sujet dans le t. XL des Annales). 

N" 2. — Registre in-folio, recouvert de cuir brun, intitulé ; Registre des 
envoies du bureau de la poste, à Marche, comtnençant au mois doctobi^e 
de Vannée 1782. 

N° 3. — Registre, in-f", relié en cuir brun, intitulé au dos : Censé de Musson 
et sur la première page : Titres, contrats et papiers concernans la Ferme 
de Musson, dont ii7ie partie provient de sire l'abbé Guillaume et l'autre 
acquise par le conseiller Reuter, de Luxembourg. 

Ce registre, resté presque complètement en blanc, comprend : 1°) Fol. 2-9. — La 
copie (en 6 feuillets) du testament de Jean Guillaume, prêtre, né à Ghantemelle, 
paroisse de Vance, et y résidant, écrit à Ghantemelle le 1'"' décembre 1789, 

Il ratilie les donations faites à ses nièces, M. -Barbe Guillaume (par son contrat de 
mariage avec J.-Bapt. Thiery le 9 juin 1782) etM.-Jeanne Guillaume (par son contrat 
de mariage avec Nicolas Reuter le 10 avril 1784), filles de premier lit de son frère 
Pierre ; lègue à son neveu J.-Pierj-e Guillaume, flls de premier lit de son frère Pierre, 
trois de ses fermes de Musson, etc.; à ses nièces M. -Agnès et M. -Victoire Guillaume, 
nées du second lit de son frère Pierre et de sa femme, née Guillaume. . . ; il cite feu 
son frère François Guillaume, prêtre. Il laisse aux dites épouses Thiery et Reuter, 
une de ses fermes de Musson, telle qu'elle a été partagée le 26 noveud)re 1784 avec 
Henri Baslin de Musson ; aux enfants de feu sa sœur Françoise Guillaume et de Jean 
Boudart, de Meix-le-Tiche : Jean ; Louis ; M. -Jeanne, épouse de Henri Balieux ; M.- 
Barbe Boudart, épouse de Pierre Berquin ; Jeanne-Marie, ép. de Henri Liffrange; ... 

Il désigne comme exécuteur testamentaire Henri Mortehan, curé de Vance. Le tes- 
tament est endossé par le notaire F. -A. Pierson, à Arlon, le 29 décembre 1789 ; il est 
ouvert i)ar le dit notaire, le 19 avril 1791, à la requête de Pierre Guillaume, de 



— 227 — 

Chantemelle, .T.-R. Thiery de Musson, IT. I.iffrange d'Udange et sire Boudart, prêtre, 
résident à Udange, et ce en la maison curiale de Vance (où le testateur est décédé le 
17 avril précédent), en présence de Wilhrod-Louis de Neunheuser, curé d'Etalle, et 
de Pierre Jeanty, officier de la s"* de Vance. 

2°) Fol. 10-13. — Pied terrier d'une ferme sise à Musson, « provenante de de Breux», 
appartenant pour 2 tiers à l'abbé J. Guillaume, prêtre, résident à Arlon, et pour le 
troisième à H. Bastin, de Musson ; dressé le 3 sept. 1785, en présence de L. Jacques, 
mayeur, J.-P. Hizette et J.-F. Henrion, échevins de la justice du ban de Musson. Par 
tirage au sort du 11 sept. 1791, ces biens écheoieiit au conseiller Router, contre son 
beau frère J.-B. Thiery, en présence de l'avocat Guillaume, beau-frère également 
(Original). 

3°) Fol. 14-17. — Actes divers relatifs à la ferme. 

4°) Fol. 18-19. — Acte du 9 juillet 1791, par lequel Théodore de Laitres, sg-" de St- 
Mard et en partie de Signeul St-Remy, résidant à Virton, vend au conseiller N. Reuter 
un (( franc courty » sis à Musson, lieu dit la Chichette. Signé De Laittres, avec un 
cachet en cire rouge : écu d'azur à une fasce, accompagnée de 4 annelets, 3 en chef 
et 1 en pointe. 

Le 23 juillet 1791, réalisation de cet acte pardevant les juges assesseurs des pré- 
vôtés de Virton et St-Mard : J.-F. Le Clerc ; Louis, comte de Maigret ; et M. Michel, 
et le greffier des mêmes prévôtés, J.-B. Pierre. 

N" 4. — Liasse contenant 53 pièces relatives à la « ferme de Musson « et 
« inventoriées sous la côte seize, pièces 1 et 3 à 54 » ; la pièce n" 2 manque donc. 

Ces pièces, comprenant principalement des pieds- terriers et des actes de ventes 
et de partages, s'étendent du 13 avril 1667 au 29 décembre 1798 et fournissent 
d'intéressants renseignements au point de vue toponymique. 

Elles concernent pour ainsi dire exclusivement la famille de Breux, de Musson, 
dont elles permettent de dresser la tiliation suivante : 

L François de Breux, cité comme bourgeois à Musson le 13 avril 1667, fait à cette 
date, avec Jean le Gœure, de Musson, un partage de biens provenus de leurs anté- 
cesseurs au ban de Musson. 

Il eut de Catherine Romain les quatre enfants suivants : 

a) IMerre, qui suit (II). 

b) Henri, prêtre, était en 1712 chapelain castrai de Courriéres, demeurant 
au château de ce lieu (près Carnin-Epinoy, dans l'Artois ; ce château apparte- 
nait à un d'Ongnies, baron de Courriéres) ; il mourut entre le 29 décembre 
1712 (1) et le 16 avril 1720. 

c) Marie, citée du 8 mars 1695 au 3 janvier 1724 comme épouse de Nicolas 
Jacquet, bourgeois de Musson. 

d) Jeanne, citée du 8 mars 1695 au 22 mars 1726 comme épouse de Henri 
Jacquet, demeurant à Fresnois-la-Montagne. 



(1) Le 2'.) décembre 1712, pour éviter les difficultés qui pourraient surgir entre ses frère 
et sœurs après sa mort, il cède à son frère sa part d'immeubles à Musson. Cet acte est 
passé devant deux notaires royaux d'Artois résidant à Carnin-Epinoy, Duquesne et M. de 
Robespierre, qui ont signé. 



— Ô28 — 

II. Pierre de Breux, épousa par contrat du 14 mai 1685, Françoise Remy, fille de 
Guillaume Remy, bourgeois de Musson, et d'Anne le Cordonnier. Le 8 mars 1695, il 
partagea avec ses sœurs les biens laissés par leurs parents au ban de Musson. Il 
habita d'abord Musson, où il fut maire, puis alla se fixer à la Folie, sous Mont-Saint- 
Martin, où il est cité le 3 janvier 1724 et le 22 mars 1726, et enfin alla demeurer à 
Longwy, où il est encore mentionné, comme bourgeois, le 14 août 1747, avec sa 
femme. Il mourut avant le 16 déc. 1749, ayant eu : 

a) Pierre, entra dans les ordres sacrés en novembre 1712, devint vicaire de 
Chantemelle (juillet 1745 — 19 janvier 1767) et mourut avant le 7 février 1767. 

b) Charles, habitant à Longwy en février 1767. 

c) Henri, mort entre août 1747 et février 1767, laissant : Catherine, Louis 
(ces deux, majeurs en 1767) et Antoine (mineur en 1767). 

d) Antoine, cité à Longwy d'août 1747 à février 1767. 

N° 5. — Liasse contenant 209 documents, répartis comme suit : 

A. — Dix pièces (comptes, quittances, lettres, etc.) — numérotées : côte i4, 
pièces 3 à 5, 10, il, 13, 17, 24, 29 et 30 —, datées du 18 juillet 1813 au 
4 déc. 1826 et concernant le « moulin dit de Musson et Dèzemont, situé à Dèze- 
mont », acquis par Nie. Reuter et J.-B. Thierry le 12 juillet 1813. 

B. — Compte, numéroté côte 17, pièce 73, daté du 14 juin 1813 et relatif à 
des biens de Nie. Reuter de Luxembourg, sis à Udange, Waldbredimus et Musson, 

G. — 190 pièces diverses, numérotées côte 27, pièces 1 à 25 et 77 à 241, 
commençant au 10 janvier 1643 et comprenant 29 pièces du XIX® siècle (1807- 
1834). Elles concernent, pour ainsi dire exclusivement, la famille Goquillart et 
les biens qu'elle possédait à St-Mard et aux environs (Rouveroy, Latour, etc.) ; 
en dehors des familles dont il va être question, elles mentionnent aussi les 
familles Baillet, Jacques, Foncin, Tournay, Outer, de Romal dit Macliuré, etc., 
et fournissent de nombreux renseignements pour la toponymie de la région. 

D. — 3 actes numérotés : côte 30, pièces 1 à 3 : acte du 1*^'" juillet 1823 et 
compte du 23 nov. 1824, concernant la vente de biens sis à Baranzy et aux envi- 
rons, dépendant de la communauté d'Elisab. Feder et du s"" Nie. Toussaint, son 
premier mari ; reconnaissance du s"" Reuter, datée du 6 janvier 1824, à Luxem- 
bourg, envers son beau-frère, J.-B. Thiery, pour une somme de 2000 fr. 

E. — 2 pièces numérotées : côte 57, pièces î et 2, la première un acte du 
25 août 1785, par laquelle le s"" Nie. Reuter et son épouse M.-J. Guilleaume 
cèdent à sire Jean Guillaume, prêtre, natif de Ghantemel, oncle de la compa- 
rante, le tiers que celle-ci possède dans la ferme de Mortinsart, la seconde, une 
lettre de l'abbé J. Guillaume, écrite de Vance, le 3 avril 1790, à son neveu le 
conseiller Reuter. 

F. — 3 actes, non côtés : A. Deux baux, du 24 juin 1838, d'un petit corps de 
ferme sis à Musson et d'un moulin à Baranzy, dont l'usufruit appartient à M""* 
Marie-Jeanne Bracht, veuve de M. Nie. Reuter, rentière à Luxembourg ; B. 
Pied-terrier et estimation d'un corps de ferme situé sur le territoire de St-Mard 
et de Chenois, appartenant à M""" Reuter, rentière à Luxembourg (vers 1850). 



— 229 — 

La plus grande partie des documents de celte liasse concernant la famille 
Coquillard, je crois devoir en donner ici la fdiation, dressée d'après ces actes 
mêmes : 

I. — Jacquemin Coquillart, demeurant à Mouza au 24 novembree 1674, eut : 

1») Jean qui suit : 

2») Guiot, bourgeois de St-Mard au 21 janvier 1693, encore cité le 24 avril 
1697, épousa Marguerite Baillet, citée de 1693 à 1697, fille, semble-t-il, de 
Jean Baillet, mayeur de St-Mard en octobre 1678, et d'Anne Godefroy. 

3°) Une fille, épouse d'Alexandre Ghoisy (1674). 

4°) Une fille, épouse de François Marjoly (1674). 

II. — Jean Cocquillart ou, plutôt, Coquillard, épousa par contrat anténuptiel 
passé le 24 nov. 1674, Anne Brunatte, jeune fille assistée de Hugo Louys, son oncle, 
de Jacques Maurice, son cousin et tuteur, de Nicolas et François Louys, ses cousins, 
tous demeurant à Villers et à Mangienne. 

Cité comme marchand à St-Mard à partir du 22 mars 1694, comme ancien maire 
le 21 mars 1710, il mourut entre le 16 septembre 1724 et le 30 août 1729. Anne Bru- 
natte, qui avait « passant les 80 ans » en septembre 1730, mourut chez sa fille 
Anne le 13 mai 1736. Ils eurent les enfants suivants, dont je ne connais pas 
l'ordre : 

1«) Henri qui suit. 

2") Françoise, citée du 26 juin 1725 au 2 janvier 1737, comme épouse de 
Jean Baillet, maire de St-Mard au 26 décembre 1730 et au 28 déc. 1736. 

3°) Marie, mentionnée du 30 août 1729 au 21 mai 1732 comme épouse de 
Martin Robin, marchand à Longwy, et le 2 janvier 1737 comme épouse de 
Henri Renaud. 

4°) Anne, épouse de N. Rogier, de Marville, dont elle était veuve du 30 
août 1729 au 2 janvier 1737. 

5") Marguerite, épouse de Claude Dumas, marchand à St-Mard (30 août 1729- 
24 nov. 1730), maire de St-Mard au 26 déc. 1730, citée commeveuve le 28 déc. 
1736 et le 2 janvier 1737. 

6°) Barbe, morte avant le 5 juillet 1729, épousa Jean le Dent, de Mouzay 
(France), mort également avant cette date, laissant : a) Henri les Dents, mi- 
neur en juillet 1729, maréchal des logis (16 juillet 1733-14 août 1736), puis 
officier au régiment de Beaucaire-Cavalerie, en France (2 janvier 1737) ; 
b) Marguerite (I), épouse (1729-1733), puis veuve de François Jacques, de 
Marcy ou Mairie, en Lorraine (14 août 1736-2 janvier 1737) ; c) Marguerite (II), 
épouse de Rolin Nanin, de Mouzay (^1729-1737) ; d) Marguerite (III), mineure 
en juillet 1729, épouse de Michel Joset, de Mouzay (23 déc. 1730-4 janvier 1737), 
puis, semble-t-il, d'Ant. Marinte (29 juin 1737). 

in. — Jean-Henri Coquillard, lieutenant au régiment Deletrange (8 sept. 1710), 
résidant à Arlon (13 nov. 1711); ci-devant officier dans le régiment de Morton, à 
présent résidant à St-Mard (5 juillet 1715, résidant à Arlon (25 mars 1718); ci-devant 
capitaine au service de S. M. T. C, résidant à St-Mard (12 déc. 1719-4 janv. 1737) ; 
gruyer des prévôtés de Virton et de St-Mard et receveur des domaines de S. M. au 



— 230 — 

même département (10 déc. 1744-26 sept. 1746) (1), moi't avant le 18 sept. 1766, 
épousa le 8 sept. 1710, — par contrat du même jour passé par devant le notaire 
Théod. D'hol ou Dholle, d'Arlon, en présence du 6'' Dominique Notomb, justicier et 
échevin d'Arlon, du S'' J. -Henri Emering, maître des postes à Stenfort, et de Phil. 
D'hol, jeune homme à Arlon — Jeanne Souroux, fille du S"" Henri Souroux (2), éche- 
vin des villes, prévôté et marquisat d'Arlon, et de d«-"e Marie-Barbo Feller, résidant 
à Arlon. 

Après la mort de son mari, elle continua d'abord à habiter St-Mard (18 sept. 1766- 
24 août 1770), puis alla se fixer à Luxembourg. 

C'est à Luxembourg qu'elle fit son testament le 1'"' décembre 1773 ; après y avoir 
institué des legs au profit des sœui'S de l'hôpital de cette ville; de ses domesliques ; 
des enfants de feu Rogiers de Marville; de Pierre-Isaïe Gâteau, notaire royal en cette 
province (auquel elle laisse, ou à son frère en cas de mort, entre aut-'es, la portion 
qui lui appartient dans la dîme de Tornick), elle lègue tous ses immeubles à l'excep- 
tion de la dite dîme, aux enfants de sa cousine Labeye, épouse du s'' GoUart, avocat 
et substitut du procureur-général, pour une moitié, et aux deux fils du second lit de 
feu son cousin Labbeye, conseiller au conseil de Luxembourg, pour l'autre moitié. 
De plus, elle laisse à sa cousine et à son cousin Emering, de Steinfort, un muid de 
froment par an, mesure de St-Mard, leur vie durant, sur ses fermes de St-Mard, et 
à Henri Bodart et à Jeanne-Catherine, sa sœur, 50 écus à chacun. 

Ce testament, endossé le 15 décembre 1773, par le notaire H. Brosius, est ouvert 
le 3 décembre 1782 en la maison du subtitut procureur-général Collart, à la requête 
de celui-ci et de la deiie M.-Madel. Emering (3), de Steinfort, et lecture en est donnée 
audit substitut et à la veuve du conseiller Labbeye. 

Madame Goquillart (citée encore le l*'' mai 1780) a donc dû mourir sans enfants, vers 
la fin de l'année 1783. Sa succession resta longtemps indivise entre les Labbeye et les 
GoUart; en effet, par acte passé le 22 mai 1807 par devant le notaire J.-P. Huberty, 
de Luxembourg, Dame Marie-Catherine Benus, veuve du procureur-général Labbeye, 
et le S'' Michel-Joseph Labbeye, son fils (4), tous deux rentiers à Luxembourg, ven- 
dent à Nicolas Reuter (5) membre du corps législatif et de la Légion d'Honneur, 



(1) On conserve parmi les Archives de la Chambre des Comptes de Brabant (reg. GGll- 
GG35),aux Archives générales du Royaume à Bruxelles, 24 comptes, rendus par Jean-Henri 
Coquillart, du 1«|" janvier 1742 au 31 décembre 1765, et un compte rendu par sa veuve, pour 
l'année ITfîO, pour la recette des domaines de Virton et St-Mard. 

(2) Henri Souroux (c'est ainsi qu'il signait), encore appelé dans les actes Sorux, 
Sourrou, Sourau, Soureaux, Sourroux, Souraux et Souroix, est mentionné comme échevin 
d'Arlon du 13 avril 1601 au 22 février 1720. 

Il était probablement originaire de Hervé, car un Pierre Souroux, von Herf, Limburger 
landls, est témoin à un acte passé à Mersch le 27 novembre 1722 (Protocole du notaire 
D. Welther, de Diekirch). 

(3) M.-Mad. Emerin vivait encore, très âgée, à Steinfort, le 3 déc. 1782. 

(4) L'autre fils Labbeye devait donc être mort à cette époque. 

Encore vivante au 4 juin 1810, M.-C. Benus semble être morte avant le 3 juin 1811 et, 
dans tous les cas, ne vivait plus au i" juillet 1816. Son fils Michel Joseph, rentier à Luxem- 
bourg, vivait encore au 15 novembre 183i. 

(.5) Nicolas Reuter, notaire et procureur à Arlon (3 déc. 1784) ; licencié es lois et avocat 
au conseil de Luxembourg (25 août 178.5), conseiller au dit conseil (5 juin 1789 — 11 sept. 
1791), membre du corps législatif et de la légion d'honneur (22 mai 1807 — 4 juin 1810), 
conseiller de la préfecture (3 juin 181 1 — 10 déc. 1813), procureur d'état (17 janvier 1815 — 
17 juin 1817), procureur du roi prés le tribunal de première instance de Luxembourg 



— 231 — 

résidant en cette ville, « la moitié leur appartenante dans deux fermes, indivises 
(( encore avec les hériiiers de feu le S'' Collard de Florenville, situées sur le ter- 
ce ritoire de la commune de St-Mard et bans voisins, composées de jardins, terres 
(( et prairies, y compris la moitié d'un grand jardin entourré do mur, ainsi que la 
« moitié d'une place, sur une partie de laquelle se trouve une petite chapelle, aussi 
« situés au dit St-Mard », et ce pour 8295 francs, « au cours décimal de la France. » 
Le partage des deux censés n'eut lieu que ileux ans après, à la suite d'un jugement 
de la cour d'appel de Metz du 16 février 1809 : en effet, par acte passé le 12 octobre 
1809, pardevant le notaire J.-B. François de Virton, Nie. Reuter, membre du corps 
législatif, résidant à Luxembourg, d'une part, la dame M.-Thér. Collart, veuve do 
Jean Collard, propriétaire, résidant à Florenville, et son beau-frère, le s"" J.-Nic. Col- 
lard, greffier de la justice de paix de Florenville, et la dame Angélique Collart, son 
épouse, d'autre part (1), font le partage, en deux lots égaux, de deux corps de métai- 
ries sises sur le territoire de la commune de St-Mard et territoires voisins, cultivées, 
l'une par J.-B. Landroy, l'autre par Henri Ridremont. 

* 
* * 

Lors de son mariage avec Henri Coquillard, Jeanne Souroux reçoit do ses parents 
« la moitié de la censé de St-Mard, comme ils l'ont héritée de feux leur père et mère, 
beau-père et belle-mère, et toute la censé, s'ils s'accomoderont avec le s"^ Grosjean 
pour l'autre moitié ». 

Cette censé provenait des époux de Simonin-de Rodelle, comme le montrent les 
13 actes suivants. 

/ ; i5 février i650 — i2 mai i652. — Cinq actes passés devant la justice de 
St-Mard, par lesquels le s"" Claude de Simonin, capitaine pour le service de S. M., et 



(1" juillet 1816 — 20 nov. 1828), appelé dans un acte k M' le chevalier Reuter » (du chef de 
son entrée dans la Légion d'Honneur), mourut entre le 20 nov. 1828 et le 18 mai 1829. 

Son épouse Marie-Jeanne Guillaume lui survivait encore au 1.5 nov. 1834 et, semble-t-il, 
au 24 juin 1838. Une sœur de celle-ci épousa J.-Bapt. Thiery^ rentier à Musson (26 juillet 
1813 — 3 août 1822) ; un frère, Jean Pierre, demeurait à Longwy le 4 août 1822 (Cf. les ren- 
seignements donnés par le registre n» 3). 

Par l'acte du 25 août 1785 (renseigné plus haut, sub E) passé devant le notaire F. Fran- 
çois de Luxembourg, N. Reuter et son épouse, encore mineure, déclarent que Sire Jean 
Guillaume, prêtre, natif de Chantemel, demeurant présentement à Luxembourg, oncle de 
la comparante, leur a, suivant acte sous seing privé du 11 précédent, avancé 800 écus à 
56 s. pièce, cours de la province, pour parfaire le prix d'achat de la maison sise en cette 
ville, rue de Chimay, qu'ils ont nouvellement acquise de N. Fuhr, père et fils, par acte passé 
par devant le dit notaire. Au lieu de rembourser cette somme, ils cèdent à leur dit oncle 
le tiers que la comparante possède du chef de sa mère, dans la ferme de Mortinsart (ou 
Montinsart) et dépendances, tiers dont l'usufruit appartient encore à leur père et 
beau-père. 

Le 21 avril 1787, M'^-J. Guillaume (devenue majeure) approuve l'acte. 

Le 5 juin 1789, Sire J. Guillaume, prêtre, demeurant à Chantemel, donne à sa dite nièce 
le dit tiers dans la ferme de Montinsart et dépendances. Le 8 juin 1789 il déclare que le 
tiers des acquisitions qu'il a faites à Mortisart (et non Montisart) est compris dans la 
donation susdite. 

Le 28 juillet 1789 ces actes sont réalisés par devant les prévôt et juges assesseurs du 
siège prévôtal d'Etalle, à l'adjonction du clerc -juré, et enregistrés au registre des trans- 
ports de la mairie de Mortinsart. Signé : T. D'Arlon; Jacques Wathie. Granijean 
(greffier). 

(1) Le substitut procureur général Collard vivait encore le 4 mai 1787 ; au 18 février 
1788, sa veuve et ses enfants résidaient à Florenville. 



— 232 — 

d*""' Anne de Rodel ou de Rodelle, sa femme, acquièrent des biens à St-Mard, au 
lieu communément et anciennement appelé à la Vielle Ville. Au 20 mars 1650, la 
compagnie du s"" de Simonnin était en garnison à Virton ; au 12 mai 1652 le dit Cl. 
Simonin était « commandant ù Vei'ton ». 

// ; t4 mai 1658 — 3 avril 1667. — Sept pièces, intitulées : « Titres et documents 
concernants la censé située à St-Mard, appartenant à M™* Goquillart... provenant des 
ancêtres maternels de ma dite dame ». 

Le 24 mai 1658, pardevant le notaire J. Mangin, « contreroUeur du domaine de 
S. M. et clercq juré d'Arlon »,le s'' Claude Simonin de Grandval, capitaine d'une com- 
pagnie libre pour le service de S. M., et dameiii' Anne-Elisabeth de Rudel, sa femme, 
déclarent que « par descompte faict avec le s' Michel Haus, eschevin de ceste ville, 
pour de la marchandise prinse chez luy ilz luy seroient demeurez redebvables de 
200 patagons », pour le paiement desquels Haus les avait fait actionner p^r devant 
l'auditeur des gens de guerre de la province. Ne pouvant actuellement payer cette 
somme, les dits époux s'engagent, sous l'obligation de tous leurs biens, à en payer 
les intérêts au denier 16, jusqu'au paiement de cette dette. Témoins : le sieur Jean 
Schockweiller, contreroUeur des fortifications d'Arlon, et Jean Pratz, bourgeois de 
cette ville. 

Le 30 mai 1659, les mêmes débiteurs reconnaissent avoir encore reçu de l'échevin 
Haus 50 patagons, dont ils paieront aussi les intérêts au denier seize. 

Fait en présence des mêmes témoins. Signé : C. Siynonin de Grandval. Anne de 
Rodelle. J. Schochioeyller. J. Pratz. Mangin. 

Le 29 novembre 1666, est dressé le « Pied de terre appartenant au s' Cl. Simonin 

de Grandval et à D^'He a. de Rodel, sa compaigne, consistant en masures au lieu 

de St-Mard, ban, flnage et confinaige d'iceluy, avec les terres et preix )>, d'après la 
déclaration des anciens laboureurs de ce lieu. 

Ces biens comprennent o la chassine de la maison en son ancienne habitation » au 
lieu appelle « à la Vieux Ville, avec autres masures joindantes, qu'ils ont acquis 
de George George et l'autre de Alix Jacquemin », des terres, divisées en trois saisons 
{la saison de Beaux, celle de Solimont et celle de Maseroux), et des prés. 

Le 14 mars 1667, par devant la justice de St-Mard, les dits s'' de Simonin de Grand- 
val, « capitaine entretenu dans le service du Roy Gatholicque », et A. de Rodelle ven- 
dent au s' Michel Haus, éclievin de la ville d'Arlon, pour 663 patacons et 6 sols, 
(( sans y comprendi-e le vin et une demy pistolle pour une bac à la deiie vandei'esse », 
des biens sis au ban de St-Mard (« une chaisinne, assis dans le dit St-Mard, lieu 
communément et encienncment appelez à la vielle ville », etc. . .). 

Le 3 avril 1667, à Verton, les vendeurs reconnaissent avoir reçu de Haus les 673 
patacons, (( oultre la Kirmes et la Vinkaiiff d'un demy pistolle », dûs pour le trans- 
port d'une censé sise à St-Mard. 

/// ; Ojidn 1674, pardevant la justice de St-Mard. — Le s'' Cl. Simonin dit Grand- 
Val, capitaine entretenu au service du roi, et D^iie a. de Rodelle, son épouse, vendent 
à Délie Jeanne Haus, veuve du s'' Jean Feller, marchande à Arlon, représentée par 
Jean-Georges Feller, — et ce pour 35 patagons et une coiffe de taffetas de la valeur 
d'environ 2 patagons, — leurs droits et actions au vieux bâtiment de leur censé et à 
d'autres vieilles masures, sis à St-Mard, au lieu dit La Vieille Ville. 



— 233 - 

Ce Michel llaus, mentionné ici du 24 mai 1658 au 3 avril 1667, comme échcvin 
d'Ai'lon, est renseigné par les registres paroissiaux de celte ville comme échevin du 
22 sept. 1659 au l""" oct. 1671, et comme justicier le 8 août 1663. Au 3 nov. 1663, il 
était l'époux de Barbe Olig ; vers le 26 janvier 1667, il se remaria avec Sus. Simoni, 
mentionnée au 31 mars 1669 comme « Sus. Haus » et au 1"'' oct. 1671 comme (i Sus. 
Brunchart » ; il s'agit, sans aucun doute, de Sus. Bronquart, veuve d'Ant.-Oger 
Simony, de Luxembourg (1). 

Jeanne Haus, veuve de Jean Feller, d'Arlon, au 9 juin 1674, devait être sa flUe ; 
elle est, dans tous les cas, mentionnée, en 1715 et en 1720 comme grand-mère de 
Jeanne Souroux. 

Dans les registres paroissiaux d'Arlon, elle est citée d'abord comme épouse de Jean 
Feller (8 avril 1662), lieutenant (1664-1667), puis lieutenant réformé (31 mars 1669); 
le 26 janvier 1676, devenue veuve, elle épousa Jean-Henri Grosjean, qui devient 
échevin d'Arlon (12 déc. 1680-25 déc. 1683) et elle mourut après le 20 juillet 1678, 
ayant eu de son premier mari : Pierre (bapt. le 18 juillet 1664), Marie (b. le 16 
juillet 1665) et Susanne (b. le 31 mars 1669). 

Le 10 février 1675, une Marie-Salomé Feller, épousa à Arlon Jean-Nicolas Gros- 
jean, militaire, dont elle eut : Jeanne, bapt. le 28 mai 1676 (marr. Jeanne Haus). Ce 
Jean-Nic. Grosjean semble être le même que le s'' Grosjean, landmeyer ù Arlon en 
juin 1714, et être le père de J.-Henri Grosjean, renseigné en février 1720 comme 
neveu des époux Souroux-Feller. 



Parmi les documents de la liasse n° 5, signalons, pour finir, les suivants : 

9 avril 1693.— Acte relatif à une engagère faite par feu le s' Alexandre de Cognon, 
demeurante St-Mard, pour environ 100 patacons, le 14 août 1679. Il est scellé le 24 
juin 1693, par le s"" Etienne Cheureaux, conseiller du roi, lieutenant civil et criminel 
et garde-scel en la prévôté de Virton et St-Mard ; le sceau, plaqué, représente l'écu 
de France, à 3 fleurs de lis, sous la couronne royale, avec la légende : SGEL DE LA 
PRE . . . MARD. (Au 26 juillet 1686, Jean de Maidy était sergent royal de Virton 
et St-Mard). 

Le 30 juillet i726, au château de Signeux, Anne-Monique et Made-Catherine 
de Caber, dames en partie de Signeux et de St-Remy, vendent au s'' Henri Coquil- 
liart, (( ensciens offlscier de Sa Majesté Très Crétine et résident audit St-Mart », un 
champ. 

(Ecrit par A. M, de Caber). 

Le 29 août 1127, par devant le notaire P.Wolters, de Hinsbeek (duché de Gueldre), 
noble seigneur Gomar de Brun, sgr. de Langeveldt, se déclare unique et seul héri- 
tier de feu noble Sgr. François-Eusèbe de Brun, son père, et ajoute que son dit 



(1) Le 31 décembre 1657, le S' Antoine-Oger Simoiiy, marchand, et la D""" Susanne 
Bronquart de Luxembourg, n'ayant pas d'enfants, léguèrent une somme de deu.x mille 
dahlers, à 30 sols pièce, au séminaire de cette ville, à charge d'employer les revenus à 
l'entretien de deux étudiants. — Le 22 novembre 166,5, Sus Bronckart, devenue veuve, 
stipula qu'il n'y aurait qu'un seul boursier pour cette fondation (.A.ug. Bruck, Fondations 
de Bourses d'Etudes, Luxembourg, 1874-1882, p. 321. Cet ouvrage, ne renseigne pas le 
second mariage de Sus. Bronquart). 



— 234 — 

père avait vendu une censé située à St-Mard au R*' S"" Pierre Louis, curé de Virton, 
mais sans l'ol^servation des solemnités requises et statuées de droit. 

Cette vente étant nulle, il commet le s"" J. Mercenier, procureur postulant par 
devant la justice de Virton, pour vendre cette censé au s'' Henri Goquilliard, capi- 
taine au service de S. M. T. G., résidant :i St-Mard, avec un quart d'une rente affectée 
sur une censé dont les demoiselles de Laitre jouissent audit St-Mard, ainsi que tout 
ce qu'il peut encore posséder en ce lieu. 

Le 1" mars 1726, pardevant les mayeur et gens de justice de St-Mard, les époux 
H. Coquillard, de St-Mard, achètent une fauchée de pré, sise c au ban flnage de 
St-Mard, lieu dit an Ruau ». 

Le iO décembre J744, Marc Saucy, maître charpentier à St-Mard, fort de la procura- 
tion de son frère Jean-Bapt. Saucy, «hermitte àFulien en Italie», suivant la lettre de 
ce dernier'datée de Monpellier, la 15 oct. 1739, vend aux dits époux Goquillart-Sour- 
roux, une prairie sise « au Ruaux, aboutissante au pont, royer le ruisseaux d'embas, 
compartant par indivis contre le s"" Descanvel de Vieu- Virton, »... pour 70 écus à 56 
sols. Cette vente est réalisée par devant la justice de St-Mard le 23 déc. 1744. 

Le i5 mars 1758, au château de Sorbeye, M"' le comte de Harnoncour, sgr. du dit 
lieu, Sorbeye et autres lieux, et le s"" Goquillart font un échange de prés : le premier 
donne un pré sis au Ruaux, contrepartant tous les ans avec Meiie Descanvelle ; le 
second cède un pré sis à Watiprez. Signé : L. Dliarnoncour . H. Coquillart. 

Le 13 avril 1758 à Viel Virton, Mademoiselle Descanvelle, dame de Berlise et autres 
lieux, et le s' H. Goquillart font un échange de prés sis aux lieux-dits au Rueau et 
à Wati2)rés. Signé : Descannevelle. E. Coquillart. 

Le 29 mai 1771, J.-C. Migeot, curé à St-Mard, reconnaît avoir reçu de M°>e Goquil- 
lart, 3 fl. pour 5 années de 2 rentes dues à la cure de St-Mard sur un pré au Rueau, 
appartenant à cette dame et touchant au ruisseau. 



--■^SHifùSàCia,' 



La justice seigneuriale de Villemonl 

A LA FIN 

du XYI^ et à la fin du XYI11« s'ècles. 



Hâtons-nous de dire que ce titre ne doit faire inférer autre chose qu'un simple 
aperçu des formes de procédure usitées, à deux siècles d'intervalle et dans deux 
causes de gravité très différente, par la haute justice de l'une des seigneuries les 
plus importantes et les plus anciennes du comté de Ghiny. 

Dans la première de ces causes, la plus grave, on remarquera la rapidité de 
l'instruction, l'absence complète de moyens de défense pour l'accusée, soit par 
avocats ou par témoins; enfin le jugement sommaire qui clôture cette instruc- 
tion précipitée, suivi aussitôt de l'exécution de la sentence, rendue souveraine- 
ment et sans appel. 

A moins cependant que l'on ne considère l'avis des « gens lettrés de Luxem- 
bourg », consultés à deux reprises pendant la durée du procès, comme donnant 
tous apaisements au sujet de la régularité de la procédure, de la culpabilité de 
l'accusée et de la légalité de la sentence. 

Mais un point noir, la torture, qui vient à la rescousse de l'accusation, laisse 
planer le doute dans les esprits. 

Cette odieuse institution, qui provoque aujourd'ui notre juste indignation en 
même temps que notre pitié pour ses victimes, même coupables, fut condamnée 
avec beaucoup de bon sens par La Bruyère, lorsqu'il disait : « La torture est 
une invention sûre pour perdre un innocent qui a la complexion faible, et pour 
sauver un coupable qui est né robuste (1). 



(1) Il ttiiit de léglc que si l'accufé n'avorail rien après la torture, il ne pouvait être 
condamné à mort, mais seulement à toute autre peine. 



— 236 — 

Quoiqu'il en soit, admettons que cette inique institution, qui entache le fron- 
tispice de toutes les législations d'alors, s'autorisait des mœurs, des usages et 
des coutumes des temps barbares où elle y fut introduite ; mais que d'innocentes 
victimes à « complexion faible « n'envoya-t-elle pas au trépas pendant une longue 
série de siècles, par les milliers de tribunaux possédant haute-justice qu'avait 
créés la féodalité ! 

La seconde cause est plutôt puérile. Elle n'en donne pas moins lieu à un éta- 
lage judiciaire qui paraîtra sans doute quelque peu exagéré dans une affaire de 
si minime importance. Il y a excès d'enquête, semble-t-il, d'investigations qui 
aboutissent à une condamnation qui n'est guère justifiée. 

Ajoutons cependant que dans les deux cas la justice paraît se faire un scrupule 
d'agir selon les formes établies par la coutume générale du pays et de se confor- 
mer aux prescriptions réglant la marche de la procédure en pareilles circon- 
stances. C'était pour elle, au reste, une obligation que lui imposait le maintien 
d'un prestige alors déjà bien peu considérable. 

Ne terminons pas les quelques réflexions que suggère l'examen de ces deux 
affaires sans dire un mot de l'exagération manifeste et de la multiplicité des 
frais de justice, comparativement à ce qu'ils sont aujourd'hui, en tenant compte, 
bien entendu, de l'énorme différence de la valeur de l'argent d'une époque à 
l'autre. 

Gela résultait sans doute toujours des abus de ce temps, les gens de justice 
cherchant inévitablement à rendre celle-ci le plus onéreuse possible à leur 
profit (1). 

Mais à qui incombait le paiement de ces frais judiciaires ? Au condamné, jus- 
qu'à concurrence de ce qu'il possédait, disent les coutumes luxembourgeoises. 
Mais après, si les moyens du condamné étaient totalement ou partiellement in- 
suffisants ? Etait-ce le seigneur justicier ou bien l'administration supérieure de 
la justice, c'est-à-dire l'Etat, le Souverain, ou l'un et l'autre à la fois qui sup- 



(I) Les abus qui s'étaient glissés dans l'administration des justices seigneuriales étaient 
devenus si criants, au XVIir siècle que Marie Thérèse se vit dans la nécessité de décré- 
ter, le 20 mai 1752, un « nouveau stile pour l'instruction des procédures et l'administra- 
tion de la justice dans le duché de Luxembourg et le comté de Chiny ». 

L'art. 'J7 de ce nouveau règlement débutait ainsi : « Et pour remédier à l'exorbitance (!) 
et diversité qui se sont introduites dans la taxe tant des droits que des salaires des offi- 
ciers de justice, nous ordonnons, etc. » 

Et l'art. 133 ajoutait : 

t Défendons en conséquence toute autre exaction des dits procureurs, à quelque titre et 
sous quelque nom que ce puisse être, etc. 

Le 2* de juin 17.5G, l'Impératrice -Reine publiait une nouvelle ordonnance apportant cer- 
taines modifications au décret de t7.o2 et dont elle annonçait l'urgence en ces termes : 

« Différentes représentations nous aïant été faites, tant contre la forme que contre plu- 
sieurs dispositions du nouveau stile pour l'instruction des procédures et l'administration 
delà justice, que nous avions fait émaner le '20 mai 17.52, pour faire cesser les abus qui se 
sont introduits dans les cours de notre province de Luxembourg et comté de Chiny, nous 
avons bien voulu, etc. » 



— 237 — 

portaient ces frais? Sans doute, puisque ensemble ils percevaient la plus grosse 
part de toutes les amendes résultant des condamnations prononcées dans leurs 
domaines. 

En cas d'insolvabilité complète, l'accusé avait peut être, dans ces conditions, 
(juclque chance de voir son ailaire prestement expédiée et le chemin du gibet 
s'ouvrir devant lui sans grandes formes de procès. . . . 

Gela dit, abordons l'examen des deux causes qui font l'objet de cette notice, 

La première, une affaire d'infanticide, est de la plus haute gravité. 

En voici la relation telle qu'elle est consignée au registre n" 13278 de la 
Chambre des comptes, Arch. gén. du royaume, à Bruxelles. 



Le 12^ de may 1593 est trouvé par certain herdier un enfant mort au canal du 
vivier aux Joyaulx, ban de Bellefonlaine. 

La justice assemblée se transporte avec l'ofRcier de Villemont au dit lieu et 
trouvent le dit enfant ainsy mort au canal et bourbier dudit vivier et par advis 
commun l'enterrer (1). 

Le lendemain 13® du dit mois se trouvent led officier aud bellefontaine avec la 
justice ; a tenu enqueste préparatoire et a esté à cet effet ouï six tesmoings et 
par jugement de la dite justice constitue hauwiette de Ixey servante a nicolas le 
bon collas a Bellefonlaine prisonnière, et a esté despendus par lad justice et 
sergeant vij frs iiij s. 

Journées et vacations des tesmoings a este tauxee a chasc iiij s faict 

j fr iiij s. 
Pour les adjournements xij s. 

Le xiiij ayant l'officier de Villemont mandé quelques ungs des feodaulx de la 
prevoste de chiny pour ultérieurement s'assurer du faict et ouïr verballement 
lad prisonnière et au même eflet mandé deux sages femmes pour cognaistre de 
son estât le tout a finablement este a l'advis aux gens lettrés a Luxembourg, 

Pour la desp de la dite justice. vj frs 

Pour chune desd sage femmes a este taxé x s. faict j fr 

Pour les adjournements iiij s. 

Et donné a ung messagier pour porter le tout a Luxembourg et y attendre la 
response ij frs j s. 

Aux advocats pour l'avis donné a chun trois frs xv s faict xj frs v s. 

Item estoit la prisonnière jugée par l'advis et approuve par la justice a la tor- 
ture estre soumise, envoyer quérir les maitre des haulte œuvres a Luxembourg 



(i) Sans trop rechercher les causes de la mort, apparemment. 



— 238 — 

a este paye pour les desp dicelluj' en sortant de la ville et en chemin pour le 
venant deux jours et le retournant aultant avec les desp et vacaons du messagier 

xj frs xiiij s. 

Pour les desp dud maitre des haultes œuvres au lieu de Tintigny paye a l'hoste 
Jean Lambert y comprises celles du sergeant du prevost de Luxembourg quy 
estoit avecq luy vj frs iiij s. 

Four les vacaons dud maitre selon la tauxe du prevost et hommes de Luxem- 
bourg chun jour en chemin et pour chune torture desquelz en avoit deux, ayant 
mis tant en allant qu'en retournât cinq jours, faict en tout xij frs iij s. 

Et pour les journées du sergeant du prevost de Luxembourg tant en allant que 
en retournât sept jours (!), chun x s. faict iij frs x s. 

Et arrivant au XVII en lad mre de Tintigny furent le lendemain mandez par 
lofFicier de Villemont le lieut prevost de Ghiny avecq aulcuns feodaulx, a este 
paye pour les desp du juge avec les serg ix frs x s. 

Et le mesme jour recollez les tesmoings ouys et confrontés iceulx avecq la pri- 
sonnière et avoir ouï sept aultres que faict en tout xvij frs 

a chacun ete tauxe pour ses vacations et journées cinq sols excepte les deux 
sages femmes desq chacune a eu ix sols, faict en tout iiij frs xiij s. 

Pour les adjournements desd tesmoings j fr x s. 

Le xix a encore este ouyz quatre tesm. et ce par l'ofTicier et aulcuns feodaulx 
de la terre de Villemont et ne sat fait pour cela aulcune despence. 

Pour les vacaons desd tem chacun a este tauxe vj sols faict i fr iiij s. 

Pour les adjournements viij s. 

Le XX, par ordonnance du juge le tout a de rechief este envoyé a l'advis de 
Luxembourg dautant que nonobstant que les indices et témoignages la prison- 
nière n'avait voulu confesser en la première ni seconde torture, a este donne au 
messagier pour desp et journées j fr. xij s. 

Aux avocats ayant donné lavis vj frs vj s. 

Le xxii arrivant a Villemont le maitre des haultes œuvres, furent incontinent 
mandez par l'ofïîcier de Villemont le lieutenant prevost de Ghiny et aulcuns feo- 
daulx et le lendemain procédé oultre tellement qu'après la torture renouvelée la 
prisonnière confesse son forfait et après plusieurs réitérations de lad prisonnière 
fut au même instant achevé a la confection du procès et declaire estre estranglee 

sur un eschaffault et y attachée a une attache a este paye pour les desp 

de lad justice tant du jour de la torture que de l'exécution xiij frs xix s. 

Il a été paye aud mre selon le taux des prevost et hommes de Luxembourg 
pour l'exécution oultre ses despens et journées dix thalers qui font xv frs 

Et pour les siens sesjours et retour en cinq jours vij frs x s. 

Et pour ses desp en venant, tant a Arlon qu'a estalle avec son varlet et ung 



— 239 — 

sergeant du prevost de Luxembourg sept frans et demy et en retournant autant 
fait ensemble xv frs. 

Et luy a este donne pour la torture selon la tauxe ij frs v s. 

Et a este paye pour les journ. du sergeant du pvost de Luxembourg qui estoit 
avecq lui chacun jour x s. faict ij frs x s. 

Et a este paye pour les desp du mre, son varlet et le sergeant et deux aides a 
Tintigny chez Jean Lambert vii frs iiij s. 

Et a esté paie pour deux chevettes, un marteau couffe (?) et chaene et quel- 
ques angons xvij s. 

Et a este paie a deux femes quy nuict et jour ont garde la d"" prisonnière 

dautant quelle estoit et en continuel estât de se défaire ij frs xiiij s. 

qui faict v frs viij s. 



Hauwiette est coupable, sans doute, et bien criminelle ; dix-sept témoins, y 
compris deux sages femmes l'affirment. 

Mais ce que l'on est en droit de regretter dans cette malheureuse aflaire, c'est, 
nous l'avons dit, le défaut absolu de tout moyen de défense ou de justification 
pour l'accusée. Hauwiette fût-elle innocente qu'elle devait fatalement succomber 
sous l'épreuve. Tout conspire pour la perdre, les témoins, les matrones, la 
géhenne et sa faible complexion de jeune femme. Elle supporte deux tortures 
cependant et clame encore son innocence. Les « gens lettrés » de Luxembourg 
estiment qu'il faut continuer le martyre, et une troisième épreuve, beaucoup 
plus cruelle, certainement, que les précédentes, lui arrache un aveu de culpabi- 
lité, que la présence du terrible bourreau et la vue des instruments de douleur 
lui font plusieurs fois réitérer. 

C'en est assez pour asseoir le jugement ; Hauwiette est criminelle et l'on dirait 
que les juges ont hâte de s'emparer de ses aveux pour en finir. «« La prisonnière 
confesse son forfait et après plusieurs réitérations fut au même instant achevé 
à la confection du procès et declaire estre estranglee sur un cschaflfault et atta- 
chée a une attache » 

L'exécution ne tarde pas à suivre, aussi douloureuse pour la condamnée que 
les tortures qui ont déjà disloqué les membres de son pauvre corps. 

On frémit involontairement à la pensée de tous ces hommes, mayeurs, juges, 
féodaux, prévôts, sergents se repaissant froidement, des jours durant, du spec- 
tacle des souffrances atroces et des spasmes de la lente agonie d'une criminelle, 
peut-être, mais aussi d'une créature digne encore de quelque pitié. 

Ce qui semble étrange encore en cette aflaire, c'est qu'il faut la lugubre trou- 
vaille faite par « certain herdier » dans le canal du Vivier aux Joyaux pour don- 
ner l'éveil à la justice. Avant cela rien ne transpire, aucun bruit ne circule, les 



— 240 — 

juges no savent rien, car sur le moindre indice leur devoir leur commanderait 
de se livrer aussitôt à une enquête rapide et minutieuse ; de nombreux accusa- 
teurs qui, la veille encore gardaient un silence inexplicable devant une situation 
que nul à Bellefontaine ne devait ignorer, viennent offrir leur témoignage, et 
l'on en entend jusque dix-sept ! Et dans tout ce cahos de dires souvent contra- 
dictoires, sans doute, nulle voix ne s'élève en faveur de la malheureuse, pas 
même celle de son maître, Nicolas le bon Collas — ô dérision ! — ; seule elle 
reste exposée à tous les coups, et les autres coupables — il devait y en avoir, 
car comment expliquer la présence du petit cadavre dans le Vivier aux Joyaux 
situé à plus d'un kilomètre de Bellefontaine ? — les autres coupables bénéficiant 
de l'inconséquence des lois, échappent aux poursuites et le voile de l'oubli ne 
tarde pas à s'étendre sur cette triste affaire. 

Quittons les sombres cachots de Villemont et détournons nos regards des hori- 
zons sanglants du Haut des Râpes où Hauwiette vient de subir le dernier 
supplice, pour les ramener sur la seconde cause moins tragique et moins lugubre 
que la première. 

Nous franchissons l'espace de deux siècles, exactement, et nous faisons tout de 
suite la constatation qne les mœurs se sont adoucies et les formes de procédure 
améliorées, quant aux garanties assurées aux parties en cause. 

La justice examine les faits avec un soin méticuleux et recueille impartiale- 
ment, semble-t-il, les déclarations du «plaignant» de « l'ajourné « et des témoins. 

On en jugera par la relation qui suit sur cette seconde affaire. 



Le 22 novembre 1793, est comparu au greffe de la seigneurie de Villemont le 
s»" Jacques henoumont, juge à ce siège, résidant à Saint- Vincent, lequel a fait 
plainte que Mathieu Guische marchai à Tintigny (l) a dit à plusieurs personnes, 
il y a quelques jours, que le plaignant l'ayant rencontré sur le chemin de Saint- 
Vincent à Tintigny, lui aurait mis un fusil à l'estomach et l'ayant voulu lâcher, 
ce fusil aurait manqué, de quoi il a fait la présente plainte pour être communi- 
quée a l'acteur d'office et agir soit conjoinctement avec le d* plaignant ou sépa- 
rément ce dernier seul contre le dit Guische et le faire condamner à telle amende 
et réparation qu'il avisera convenir et signé J. Henoumont (2). 

Du 22 novembre 1793. 

Comparant au d^ jour le s'' henoumont déclare vouloir agir en son nom parti- 
culier ensuite delà plainte ci-devant, demandant à cet effet dénomination de 
commissaii-e pour recevoir l'instruction sommaire de cette cause et a signé : 

J. Henoumont. 



(1) L'état-civii de Tintigny renseigne à la date du .... 1791 : Mathieu Gisch et Marie- 
Harbe Théâtre, conjoint?, résiliant à Tintigny. 

(2) Le 11 juin \TM), Mathieu Guische avait emprunté au sieur Henoumont une somme 
de treize louis d'or neufs. D'où le conilit, apparemment. 



— 241 — 

Sur ce avons dénommés commissaires les sieurs Goiïînet et Deprouvy juges 
en ce siège, pour à l'adjonction du clercq-juré recevoir l'instruction de la cause 
sommaire dont s'agit. 

Fait à Tintigny le 22 novembre 1793. 

A. GoFFiNET (avec paraphe) 
J. B. DE Prouvy J. Magnette 

RossiGNON H. p. Henry 

(sergent d'office) (greffier) 

Comparant le plaignant remploie les motifs et raisons portées en sa 
plainte précédente et nous supplie d'ordonner à Math. Guirche qu'il a fait 
ajourner de s'y déclarer à telle peine que de droit et a signé 

J. Henoumont 

Comparant l'ajourné qui ayant eu lecture de la plainte ci-devant a 
déclaré denier n'avoir aucunement taxé le plaignant de ces prétendues raisons de 
plainte, défiant ce dernier d'en faire preuve et a signé 

Math. GisxHE 

Comparant le plaignant offre la preuve de ses allégations, demandant 
rapport en justice assemblée et a signé 

J. Henoumont 

Vaqué 1 heure Sur ce nous déclarons que nous 

aux commissaires, ferons notre rapport en justice 

ci 16 s. assemblée, 

greffier 10 s. Fait à Tintigny le 22 novembre 1793, 

A. GOFFINET 

J. B. DE Prouvy H. P. Henry 

Entre Jacques Henoumont, juge en ce siège résidant à St- Vincent, plaignant 

Math. Guirsche (*) maréchal ferrant résidant à Tintigny, ajourné 

Vu le plaidoyer sommaire ci-devant et ouï le rapport des commissaires, 

L'officier et juges ordinaires de la seigneurie de Viliemont, avant de faire 
droit ordonnent au plaignant de faire preuve que l'ajourné aurait dit à diffé- 
rentes personnes que le plaignant l'ayant rencontré sur le chemin de St- Vin- 
cent à Tintigny, il lui aurait mis un fusil à l'estomach et l'ayant voulu lâcher ce 
fusil aurait manqué, et ce par devant les commissaires dénommés en cause, 
sauf à l'ajourné ses preuves au contraire ; pour ces devoirs faits et le besogné 



O Ce nom est orthographié de différentes manière». 

16 



— 242 — 

des commissaires à nous produit y être ultérieurement disposé comme en justice 
appartiendra. 

Fait à Tintigny, le 22 novembre 1793. 

A. GOFFINET 

J. B. DE Frouvy J. Magnette 

ROSSIGNON 

Vaqué 1 heure, 

aux juges, chef N. Les vacations faites 

compris, 1 f. 16 s jusqu'ici ont été payées 

greffier, 10 s par le sergent Hubert 

sergent 2 s 

Du 22 novembre 1793 

Comparant au dit jour le plaignant nous supplie pour assignation de jour, 
lieu et heure à l'efifet d'entrer dans les devoirs de la preuve lui ordonnée par 
recès de cejourd'hui et a signé 

J. Henoumont 

Assignent jour à demain 2 heures de relevée au domicile du greffe de céans. 

Fait à Tintigny, le 22 novembre 1793. 

A, GOFFINET 

Du 23 novembre 1793. 

Comparant le plaignant dit qu'il a fait ajourner à cejourd'hui à deux heures 
de relevée, la femme à Jean-Baptiste Robert de Tintigny, pour rendre témoi- 
gnage de vérité, nous supplie de la mettre à serment, l'interroger et examiner 
sur le contenu de la plainte et rédiger sa déposition par écrit pour servir à ce 

que de raison et a signé 

J. Henoumont 

Sur ce, nous juges commissaires de la cause, avons à l'adjonction du clerc 
juré mis le témoin produit à serment, après lui avoir représenté l'importance 
de cet acte, l'horreur du parjure et les peines statuées par les ordonnances 
contre les faussaires et notamment par celle du 17 janvier 1744, l'avons ouï, 
examiné et rédigé sa déposition par écrit comme s'ensuit. 

Fait à Tintigny, le 23 novembre 1793. 

A. Goffinet 
J. B. DE Prou v Y H. P. Henry 

Premier témoin. 

Marie Jeanne Gardien épouse à J. B. Robert menuisier résidant à Tintigny, 
âgée d'environ trente-huit ans, ajournée, mise à serment, interrogée et exami- 



— 243 — 

née sur les motifs de la plainte dont s'agit, ayant déclaré n'être parente, alliée 
ni servante aux parties; 

Dépose après avoir eu lecture de la plainte, que dimanche dernier, 17 du 
courant, Jean-Nicolas Gardien de poncel et Mathieu de Guirche de Tintigny 
étaient au domicile de la déposante, le dit Guirche aurait dit qu'on lui avait 
mis un fusil à l'estomach et que ce fusil avait fait chac (*), sans que la dépo- 
sante ayt entendu nommer par qui ce fusil lui avait été mis à l'estomach, ny 
que c'eut été sur le chemin de St-Vincent à Tintigny. Bien est-il vrai que la 
déposante a entendu que le dit Gardien sollicitait le dit Guirche à lui dire la 
vérité et s'il l'avait battu ou non; sur quoi le même Guirche ayant longtemps 
dénié qu'il l'ait battu, mais sans que la déposante ayt entendu de ce qu'il voulait 
parler ; ce qui est tout son seu, lecture lui faite de sa présente déposition, a dit 
icelle contenir vérité, y a persisté, requis taxe et fait sa marque pour ne savoir 
écrire de ce requise. 

marque + de Marie-Jeanne Gardien, 
taxé 7 sous 

Ainsi fait et besogné par nous commissaires et clerc juré, à Tintigny le 23 

novembre 1793. 

Mêmes signatures. 

Vaqué, retard compris, 1 1/2 heure. 

aux commissaires, 24 s. 

greffe, 15 s. 

sergent et ajournements, 9 s. 

Du 23 novembre 1793. 

Comparant le plaignant que désirant de continuer sa preuve nous demande 

fixation d'autre jour, lieu et heure à cet effet, parmy notification à partie adverse 

et a signé 

J. Henoumont 

Fixent jour au mardi prochain 26 du courant une heure de relevée, domicile 
du greffe de céans parmi insinuation à partie adverse. 

Fait à Tintigny, le 23 novembre 1793. 

A. GOFFINET. 

Du 2G novembre 1793. 

Comparant le plaignant nous produit pour témoins Jean-Nicolas Gardien de 
Poncel, Jean-Antoine Defrène, Jean Jacob et Claude Grisard, ces trois témoins 
de Tintigny, l'ajournement desquels à cejourd'hui, une heure de relevée, à 
domicile de ce greffe, il a fait notifier à l'ajourné, nous î»riant de les mettre à 



(*) C'est-à-dire que l'amorce s'était enflammée sans que le coup partît. 



— 244 — 

serment, les examiner et interroger sur les motifs de plainte et rédiger leurs 
dépositions par écrit selon l'ordonnance et a signé 

J. Henoumont. 

Sur ce, nous juges commissaires de la cause à l'adjonction du clerc juré 
avons mis les témoins produits à serment, après leur avoir représenté l'impor- 
tance de cet acte, etc. — comme précédemment. 

Fait à Tintigny, le 26'^ novembre 1793. 

A. GOFFINET 

J. B. DE Prouvy h. p. Henry 

Deuxième témoin. 

Jean-Nicolas Gardien résident à Poncel, âgé d'environ trente-un ans, témoin 
ajourné mis à serment, interrogé et examiné sur les motifs de la plainte dont 
s'agit dont lecture lui a été faite, ayant déclaré n'être parent, allié ny serviteur 
aux parties plaignantes. 

Dépose qu'il y a eu dimanche huit jours, c'est-à-dire le 17^ du courant, étant 

au domicile de J.-B. Robert de Tintigny, avec Mathieu Guirche du môme lieu 

et le père à ce dernier, le déposant aurait dit qu'il avait fait venir Henoumont 

pour intervenir à un décret sur une requête qu'il avait présentée à charge de la 

v^'" Gilles Lallemand, sur quoi le dit Math. Guirche aurait répondu qu'il avait 

rencontré le dit Henoumont dans le Ghènoy, qui venait vers Tintigny et qu'il 

lui aurait mis son fusil contre lui et qu'il avait fait chac sans que le déposant 

ait autrement entendu le dit Guirche se plaindre que Henoumont lui aurait mis 

son fusil à l'estomach ny qu'il ayt voulu lâcher son fusil. Ce qui est tout son seu, 

lecture lui faite, a dit icelle contenir vérité, y a persisté, requis taxe et signé 

— et avant de ce faire le déposant déclare que le dit Guirche en faisant cette 

rencontre lui aurait dit qu'il allait à St- Vincent pour poser une cliché chez 

Nicolas Peny. Lecture lui faite de cette ajoute, y a persisté, requis taxe et 

signé 

J.-N. Gardien. 
Taxé 9 sous. 

5® témoin. 

Claude Grisard, cabaretier à Tintigny, âgé d'environ quarante-cinq ans, 
témoin ajourné mis au serment, interrogé et examiné comme les précédents sur 
les motifs de plainte dont s'agit dont lecture, etc. 

Dépose qu'il n'a pas entendu dire que ledit Math. Guirche se soit plaint que 
Henoumont lui ayt mis son fusil à l'estomach et enfin qu'il n'a aucune connais- 
sance du contenu de la plainte ni même qui y soit relatif. l'army quoi il a fini 

sa déposition et signé 

Claude Grisard 
Taxé 9 sous. 



— 245 — 

4^ témoin. 

Jean-Antoine Defrène, boucher résident à Tintigny , âgé d'environ 39 ans, 
témoin ajourné, mis à serment, etc. 

Dépose que pendant la semaine dernière, sans pouvoir spécifier le jour, ni 
même si ce n'était pas la semaine d'auparavant, la femme de Math. Guirche de 
Tintigny étant venue au domicile du déposant, elle lui aurait dit que son mari 
avait rencontré dans le Ghênoy le gros cochon Henoumont et que celui-ci aurait 
d'abord dit au dit Guirche, hé bien, te voici donc, ensuite lui aurait donné un 
coup, et comme le dit Guirche a voulu s'échapper, le plaignant l'aurait retiré 
par une capote dont il était couvert et qu'ensuite le même plaignant ayant 
tombé dans le chemin le d' Guirche l'aurait battu avec un bâton qu'il avait 
ramassé et qu'il lui en avait donné comme il faut. Sur ce propos Math. Guirche 
étant entré aussi au domicile du même déposant il lui aurait répété ce que sa 
femme venait de lui dire, en ajoutant qu'heureusement il était bon pour se dé- 
fendre mais qu'il en avait donné comme il faut au dit Henoumont sans qu'il ayt 
cependant déclaré au déposant que le plaignant lui ayt voulu mettre un fusil à 
l'estomach, du moins il n'en a pas de mémoire. Ce qui est tout son seu de la 
déposition dont lecture lui a été faite, a dit icelle contenir vérité, y a persisté, 
requis taxe et signé. 

Jean antoin defren (belle écriture). 
Taxé 9 sous. 

5® témoin. 

Jacques Jacob, bourgeois de Tintigny y demeurant, âgé d'environ 52 ans, 
témoin ajourné, mis au serment, etc. 

Dépose qu'il n'a jamais entendu dire par Math. Guirche que Henoumont l'ayt 
rencontré dans le Ghùnoy ny que celui-ci lui ayt mis un fusil à l'estomach, ny 
enfin se plaindre de la moindre injure de la part du dit Henoumont. Bien est-il 
vrai que la femme au d"^ et le père du d^ Math. Guirche aurait dit au déposant 
sans pouvoir spécifier le jour, que le dit Math. Guirche se serait rencontré avec 
son adverse dans le Chennoy et se seraient escarmouches, ce qui était cause 
que le dit Math. Guirche était incommodé ; ce qui est tout son seu, etc. 

Jacques Jacob. 
Taxé 9 sous. 

Ainsi fait et besogné par nous soussignés commissaires et clerc juré à Tintigny 
le 26 novembre 1793. 

A. GOFFINET. J.-B. DE PROUVY. H. -P. HENRY. 

Vaqué 3 12 heures ; aux commissaires ci 2 frs 16 s 

greffe 1 fr 15 s 

sergent vac. 7 s 

ajournements 19 s 



— 246 — 

Du même jour : 

Le plaignant en continuation de sa preuve nous reproduit encore pour témoin 
Jean Henri Aubrion, nous priant de le mettre à serment et examiner sur les 
motifs de plainte et rédiger sa déposition par écrit et a signé 

J. Henoumont. 

Sixième témoin. 

Jean Henri Aubrion, voiturier résidant à Tintigny, âgé d'environ 33 ans, 
ajourné, mis à serment, etc. 

Dépose que Math. Guirche ne lui a pas dit qu'il avait rencontré Henoumont 
sur le chemin de Tintigny à St-Vincent, ny que celui-ci lui ayt mis son fusil à 
l'estomach. Explique que le déposant était au domicile de Math. Guirche certain 
jour, sans pouvoir le spécifier, lorsque ce dernier arrivant de St-Vincent, le dit 
déposant aurait remarqué qu'il avait un genou couvert de boue, sur quoi il fit la 
demande au dit Math. Guirche s'il n'avait pas bu à St-Vincent; à quoi celui-ci 
répondit que non, que c'était une rencontre qu'il avait faite dans le Ghenoy en 
disant : va le sacré mâtin, il m'a donné un bon coup, mais je lui en ai rendu 
pour la peine ; ensuite le déposant lui répliquât, je gage que c'est Henoumont 
que vous avez rencontré, et le dit Math. Guirche avoua que c'était lui Henoumont. 

Ce qui est tout le seu de sa déposition. . . 

Jean hanrie au brion. 
Taxé 9 sous. 

Ainsi ouï, besogné et rédigé par nous commissaires et clerc juré à Tintigny le 
26 novembre 1793, après avoir mis le dernier témoin Aubrion à serment, lui 
avoir représenté, etc. 

A. GOFFINET. J. B. DE PrOUVY. H. P. HENRY. 

Vaqué 1/2 heure, aux commissaires ci 8 sous 

greffe 5 s. 

sergent 1 s. 

Du 26 novembre 17 98. 

Comparant le plaignant déclare renoncer à ultérieure preuve, demandant 

ordonnance à l'ajourné d'entrer dans ses devoirs de contrepreuve lui réservée 

dans le délai de 24 heures, à peine de déboutement. 

J. Henoumont. 
Soit dépêchée l'ordonnance requise. 

Fait à Tintigny le 26 novembre 1793. 

A. Goffinet. 
Du 26 novembre dito. 

Comparant l'ajourné nous supplie pour assignation de jour, lieu et heure à 
l'eflét d'entrer dans les devoirs de la contrepreuve et a signé 

Mathieu Girche. 



— 247 — 

Assignent jour à demain 27 du c', une heure de relevée, domicile de la veuve 
Renauld à Tintigny, parmi insinuation au plaignant. 

Fait à Tintigny le 26 novembre 1793, 

A. GOFFINET. 

Bu même jour. 

L'ajourné nous produit pour témoins la femme à J.-B. Robert, Jean-Henri 

Aubrion et Jean-Antoine Defrêne, l'ajournement desquels il a fait notifier au 

plaignant, nous suppliant de les examiner et interroger sur les points suivants, 

c'est-à-dire s'il a nommé seulement Henoumont ou bien s'il a dit Jacques Henou- 

mont de St-Vincent, que ce dernier lui avait mis le fusil à l'estomach, les mettre 

à serment et rédiger leurs dépositions par écrit et a signé 

Math. Girche. 

Sur ce nous juges commissaires de la cause, à l'adjonction du clerc juré, avons 
mis les témoins produits à serment après leur avoir représenté, etc., 

A. GOFFINET. J.-B. DE PrOUVY. H. -P. HENRY. 

i«'' témoin. 

Marie-Jeanne Gardien, épouse à J.-B. Robert de Tintigny, âgée d'environ 40 
ans, témoin ajourné, mis à serment, interrogé et examiné, etc. 

Dépose que le 17 du c* Math. Guirche étant chez elle il aurait dit qu'on lui 
avait mis un fusil à l'estomach et que ce fusil aurait fait chac sans que la dépo- 
sante ayt entendu nommé par qui ce fusil lui eut été mis à l'estomach, ny en 
quel endroit. Ce qui est tout son seu, lecture faite, etc. 

Taxé 7 sous. Marque t de Marie-Jeanne Gardien. 

2^ téjnoin. 

Jean-Henri Aubrion. — Confirme la déposition précédente et ajoute que lorsque 
Math. Guirche lui a déclaré qu'il avait été rencontré dans le Chènoy, il lui 
aurait dit que c'était par Henoumont, sans se servir des mots Jacques Henou- 
mont non plus que de celui de St-Vincent ; ce qui est tout son seu, etc. 

Jean hanrie aubrion. 
5* témoin. 

Jean-Antoine Defrêne, boucher résidant à Tintigny, âgé d'environ 39 ans, 
ajourné, mis à serment, etc. 

Dépose absolument comme le précédent. 

Ainsi fait et besogné par nous soussignés commissaires et clerc juré, à Tinti- 
gny, le 27 novembre 1793. 

A. Goffinet. J.-B. DE Prouvy. h. -P. Henry. 



— 248 — 
Vaqué 4 heures, retard compris ; aux commissaires, 



ci 


3 frs 4 s. 


greffe 


2 frs 


sergent 


8 s. 


ajournés 


14 s. 



Du même jour, 2T novembre 1793. 

L'ajourné désirant continuer sa contrepreuve nous supplie pour assignation de 
nouveaux jour, lieu et heure à cet eflet, parmi notification à partie et a signé 

Math. Guirche. 

Assignent jour à samedi prochain 30 du courant, une heure de relevée, domi- 
cile du greffe de céans, parmi notification à partie adverse. 

Fait à Tintigny le 27 novembre 1793. 

Comparant audit jour l'ajourné nous produit pour témoin Nicolas Gardien de 
Poncel et Jacques Jacob de Tintigny, nous suppliant de les mettre à serment, 
de les interroger sur la proposition du 26 du courant et au surplus le dit Gar- 
dien, si lorsque le comparant l'a rencontré au domicile de J.-B. Robert de Tin- 
tigny, il lui a déclaré par quel Henoumont il avait été rencontré dans le Ghênoy, 
si le comparant a nommé Jacques Henoumont de St-Vincent ou un autre Henou. 

mont et rédiger leurs dépositions par écrit et a signé 

Math. Guirche. 

Le comparant consent que Nicolas Gardien soit interrogé s'il a nommé Henou- 
mont de St-Vincent et s'il en a nommé d'autre et que l'autre soit entendu sur 

tout ce qu'il sait à ce sujet. 

J. Henoumont. 

Sur ce, nous juges commissaires de la cause à l'adjonction du clerc juré avons 
mis les deux témoins produits à serment, après leur avoir représenté, etc. 

Fait à Tintigny le 30 novembre 1793. 

A. GOFFINET J.-B. DE PROUVY H. -P. HeNRY. 

4^ témoin. 

Jacques Jacob de Tintigny, âgé d'environ 52 ans, témoin ajourné, mis à 
serment. . . . 

Dépose qu'il ne sait rien concernant la plainte dont s'agit sauf ce qu'il a 
déclaré par la déposition du 26 courant et qu'il n'en a pas ouï dire un mot par 
Math. Guirche, lequel ne lui a pas dit qu'il aurait été rencontré dans le Ghenoy 
par Henoumont de St-Vincent ni par d'autre personne, sauf que la femme et le 
père au dit Math. Guirche ont déclaré au dit déposant que c'était par son ad- 
verse qu'il avait été rencontré dans le Ghenoy et qu'ils se seraient escarmouches. 

Ce qui est tout son seu. . . . J. Jacob. 



— 249 — 

5* témoin. 

Jean-Nicolas Gardien résidant à Poncel, âgé d'environ 31 ans, témoin ajourné 
mis à serment, etc. 

Dépose que lorsqu'il s'est trouvé avec Math. Guirche de Tintigny au domicile 
de Jean- Baptiste Robert, de Tintigny, le déposant ayant dit qu'il avait fait venir 
Henoumont de St- Vincent pour assister à un décret qu'il voulait demander au 
siège, le dit Math. Guirche aurait déclaré au déposant qu'il avait rencontré 
Henoumont dans le Ghenoy, sans que ledit Guirche ait déclaré si c'était Jacques 
Henoumont de St- Vincent ou un autre Henoumont. 

Ce qui est tout son seu . . . 

J.-N. Gardien. 

Ainsi fait et besoigné par nous soussignés commissaires et adjoint à Tintigny 
le 30 novembre 1793. 

Vaqué 2 1/2 heures ; aux commissaires, 



ci 


2 frs. 


greffe 


1 fr. 5 s. 


sergent-service 


5 s, 


ajournements 


14 s 



Comparant l'ajourné déclare renoncer à contrepreuve et demande notre rap- 
port en justice assemblée et qu'il soit statué sur la présente cause et a signé 

M. Guirche. 

Comparant le plaignant demande rapport avec condamnation de l'ajourné avec 

amende de cinquante florins d'or envers le plaignant pour réparation civil et 

autre pour la vindicte publique et aux dépens. 

J. Henoumont. 

Sur ce nous avons déclaré que nous ferons notre rapport en justice assemblée. 
Fait à Tintigny le 30 novembre 1793. 

A. GOFFINET. 

Vu le plaidoyer sommaire ci-dessus et des autres parts et ouï les commissaires 
en leur rapport. 

Les officiers et juges ordinaires en la seigneurie de Villemont faisant droit 
déclarent n'avoir été permis ny loisible à l'ajourné de tenir les propos dont 
plainte sur le compte du plaignant, savoir que celui-ci l'ayant rencontré sur le 
chemin de Tintigny à St- Vincent l'aurait assailli en lui présentant un fusil à 
l'estomach ; et pour ce le condamnent aux dépens de l'instance au taux de ce 
siège, avec défense à icellui ajourné de récidiver, à peine qu'il sera autrement 
disposé à ses charges. Si, ordonnent que lo tout soit remis au procureur d'office 



— 250 - 

de ce siège pour faire les devoirs de sa charge. Si mandent au premier sergent 
d'office de ce siège requis de mettre la présente à exécution. 

Fait à Tintignj', le 10 décembre 1793, 

A. GOFFINET J. B. PROUVY J. MAGNETTE 

RossiGNON H. p. Henry 

Vaqué 3 heures; aux juges, chef compris : 

ci 5 frs 8 s 

greffe 1 fr 10 s 

sergent et service 6 s (1). (Arch. prov. d'Arlon.) 



Si l'ordonnance du 20 mai 1752 avait pour but de refréner les abus qui s'é- 
taient introduits dans les cours de notre province, il semble que quarante ans 
plus tard les justices seigneuriales avaient trouvé le moyen de se créer une large 
compensation en prolongeant outre mesure la durée des affaires sur lesquelles 
elles étaient appelées à statuer et en ne rendant leur jugement qu'après nombre 
....dUnierlocutoires, de fatras et de grimoires. 

On peut en juger par les éléments de la seconde cause. Dans cette affaire 
qu'un de nos tribunaux de simple police expédierait peut-être en moins d'une 
demi-heure et dont l'examen et le prononcé du jugement nécessitèrent plusieurs 
audiences, les dépositions des témoins ne sont guère concluantes et la teneur de 
la sentence rendue ne semble pas marquée, comme on le désirerait, d'une in- 
tangible impartialité. Car il ne faut pas oublier que le S'' Henoumont est qualifié 
dès l'abord de juge au siège de la seigneurie de Villemont ; il est vrai d'ajouter 
que cette qualité du plaignant aggravait, dans une certaine mesure, le cas de 
« l'ajourné »>. 

E. Liégeois. 

Tintigny, le 14 Juillet 1903. 



(1) Taxation conforme à l'ordonnance du 20 mars 1752. « Art. 102. Le chef de chaque 
justice, quand il assistera à l'assemblée d'icelle, aura par heure une moitié de plus qu un 
des autres juges. » 

Le chef des juges était sans doute le seigneur justicier. 

Dernière audience ; 

Aux juges, chef compris, 5 frs 8 s pour 3 heures. Coût, par heure, 108: 3 = 30 sous. 
Le chef recevant 8 + 8/2 ou 12 s., il reste pour les juges, 3(j s. — 12 s. =24 s. ; chacun de 
ceux-ci ayant droit à 8 s. par heure, il y avait donc à la dernière assemblée, 24 : 8 = 3 
juges, ce qui concorde bien avec les signatures apposées ci-dessus, 11. P. Henry étant 

greffier et Rossignon sergent d'office. 



Un bulletin d'élection à Arlon en 1827, 

Un bulletin datant de près de quatre vingts ans, retrouvé au fond d'un vieux 
carton, curieux à reproduire à cause de sa forme et, surtout, à cause des noms 
des anciens bourgeois d'Arlon qu'il rappelle et dont les familles, sauf deux, 
existent encore dans notre ville. E. T. 



BULLETIN D'ELECTION, 

Conformément à l'article 12 du Règlement du 23 janvier 1824. 



Le soussigné Weyland Jean demeurant à Arlon choisit par la présente, 
pour composer le collège électoral de la ville d'Arlon, les vingt personnes 
ci-après désignées : 



No. 


NOMS 


LEURS 


DOMICILE. 


OBSERVATIONS. 


d'ordre. 


DES Électeurs. 


PRÉNOMS. 






1. 


André 


Lambert 


Arlon 


Chaque votant ins- 


2. 


Bocksruth 


Henri 


id. 


crira dans le présent 
Bulletin vingt noms 


3. 


Breyer 


Michel 


id. 


pris parmi les person- 


4. 


Hausmann 


God froid 


id. 


nes portées dans la liste 
jointe ; il signera ce 


5. 


Kihl 


Henri 


id. 


bulletin, le fermera et 


6. 


Mathieux 


Jean-Baptiste 




le cachetera ; celui qui 
ne peut signer fera rem- 


7. 


Mathieux 


Nicolas 




plir le Bulletin par une 


8. 


Lampach 


Mathias 




autre personne et fera 
déclarer au bas par 


9. 


Karlshausen 


Jean 




l'agent de rolice que 


10. 


Michaely 


Théodore 




l'insertion faite est con- 
forme à son vote. 


11. 


Reding 


Jean-Louis 




Ce billet sera recueilli 


12. 


Rimbeaux 


Frédéric 




à domicile le quatrièyne 


13. 


Wagener 


Nicolas 




jour après sa distribu- 
tion par l'appariteur 


14. 


Weyland 


Martin 




dans une boîte fermée. 


15. 


Seyler 


Jean-François 






16. 


Reuter 


Augustin 






17. 


Hollenfeltz 


Jean- Baptiste 






18. 


Résibois 


Félix 






19. 


Nickels 


Henri 






20. 


Delrez 


Antoine 







Fait à Arlon, le 31 mai 1827. 



Jeajn Weyland. 



Addition aux Communes Luxembourgeoises 



Le prieuré de Longlier. 

Dans le courant de l'année 1906, il fut question de reconstruire la tour du 
vieux prieuré de Longlier dont l'histoire de la fondation se trouve exposée dans 
les Communes Luxembourgeoises, T. VIa, canton de Neufchâteau, page 159 
et suivantes. A ce propos, la Commission royale des Monuments fit procéder, le 
3 juillet 1906, par quelques-uns de ses membres ainsi que par des délégués de 
son Comité provincial, à une visite du bâtiment, visite dont je vais résumer les 
constatations d'après le rapport officiel de ces messieurs. 

La tour de l'église de Longlier est très-ancienne. Sans pouvoir préciser 

l'époque de sa construction, il est cependant permis de la faire remonter au moins à 
l'époque où l'église fut donnée à l'abbaye de Florennes en 1064. C'est une construc- 
tion massive, de peu d'élévation, assise sur une roche schisteuse et surmontée d'une 
petite toiture pyramidale. Si l'on excepte une fenêtre moderne percée au côté nord du 
rez-de-chaussée et qui d'ailleurs a disparu lors de l'écroulement récent d'une partie 
du mur, elle n'a d'autre ouverture que la petite baie de porte romane, très-caracté- 
rislique, qui la met en communication avec la nef moderne. 

« Cette tour a été édifiée en moellons de grès soigneusement appareillés ; à plu- 
sieui's reprises on l'a renforcée par des éperons bâtis au moyen de tranches de 
schiste. L'édiflce est en piteux état : son entretien parait avoir été très-négligé dans 
la suite des temps. 

On voit même deux saules de belles dimensions qui ont pris racine dans le pare- 
ment ouest qu'ils contribuent ù disloquer. 11 est urgent de les faire disparaître. 
Malgré cette situation précaire, la tour ne semble cependant pas compromise au 
point que sa démolition soit jugée indispensable. Cette destruction serait regrettable 
étant donné qu'il s'agit d'un édifice ayant un caractère historique, un cachet véné- 
rable et qui contribue, par son aspect antique, à l'attrait qu'offre le site qu'il occupe. 

Un travail de restauration conçu et exécuté avec intelligence, permettra de re- 
mettre l'édifice en état convenable et de le conserver encore pendant de longues 
années. 

La restam*ation devra surtout porter sur les maçonneries intérieures qui sont les 



— 253 — 

plus délabrées, lo bouchage des trous des parements extérieurs et la consolidation 
des parements en général. Le rejointage sera effectué de façon que le mortier ne 
soit pas trop vu afin que les maçonneries gardent le cachet spécial produit par les 
parements du schiste. 

La misérable flèche qui surmonte la tour est à l'état de ruine. Elle devra être 
démolie et remplacée par un amortissement très-simple dans le type de la construc- 
tion et conçu dételle façon qu'il ne porte pas atteinte à l'aspect robuste qui distingue 
le monument. 

En vue d'éviter tout ébranlement à la maçonnerie restaurée, il sera prudent de ne 
pas y attacher le beffroi des cloches. Vu le peu d'élévation de la tour, il sera facile de 
faire reposer directement le beffroi sur le sol ; il y en a de nombreux exemples. 

Le projet de restauration devra prévoir l'installation de la sonnerie dans ces con- 
ditions 

En attendant qu'un projet de restauration soit étudié et soumis aux autorités com- 
pétentes, il est de toute urgence que l'on fasse étançonner la partie du mur de la tour 
où s'est produit un écroulement récent. 

Il est donc aujourd'hui certain que ce malencontreux projet de démolition et 
de reconstruction de l'antique tour qu'admirent tous les voyageurs qui suivent 
la ligne ferrée du Luxembourg, ne recevra aucune exécution. 

Emile TANDEL. 
Août 1906. 



-->«*J2*^«tC^Èft=ici>î- 



£a maison castrale du fief 

de Florenville. 



M. Jacob-Duchesne, secrétaire communal à Arlon, l'auteur du 
curieux livre Le Vieil Arlon (1), publie de temps à autre dans 
VEcho du Luxembourg, sous le litre trop modeste de Miettes his- 
ioriques, de fort intéressants extraits d'archives qu'il possède sur 
d'assez nombreuses localités de l'arrondissement d'Arlon-Virton, 
datant surtout de la fin du XVIIP siècle. 

La dernière de ces publications concerne la vente à M. Charles 
Collard par M"" P.-J. de Nonancourt de la maison castrale du fief 
de Florenville et de ses dépendances. 

Cette propriété, si je ne me trompe, appartient aujourd'hui à 
la commune de Florenville et est occupée simultanément par le 
bureau communal, la justice de paix et la gendarmerie. 

Il m'a paru intéressant de reproduire l'acte de cette vente qui 
permet de reconstituer l'état de ce domaine en 1706. E. T. 



MIETTES HISTORIQUES 



A FLORENVILLE. 

Acte du 13 octobre 1766, avenu devant M^ J.-B. François, notaire royal et 
huissier d' en la ville de Virton. 

Vente par Monsieur Philippe-Joseph de Nonancourt, Ecuyer membre de l'Etat 
noble de cette province. Seigneur en partie de Mathon, résidant à St-Remy, en 
vertu d'un décret d'autorisation de M^^ les Juges en la prévôté de Ghiny, 

à Monsieur Gharles-Maximilien Collard, licentié es Loix, avocat et substitut- 
Procureur-Général de S. M. au Conseil à Luxembourg, 

du fond, tréfond et propriété des parties fiefs ci-après déclarées, situées à Flo- 



(1) « Quelques Notes sur le Vieil Arlon », par Jacob-Duchesne, 2« édition, (1903) Arlon 
Imprimerie F. Briick. 



— 255 — 

renville et sur le ban dud. lieu, provenant au sieur premier comparant par le 
testament de feues les sieur et demoiselle Jean-François et Anne-Elizabeth de 
Nonancourt, vivants dem*' aud. Florenvillc, ses Oncle et Tante, passe devant le 
notaire Delaporte dud. lieu, le 23 septembre 1736, savoir : 

La maison Gastrale du fief de Florenville avec tous les droits y attachés et 
meubles y laissés à l'entrée dud' et cour, basse-cour, grange, écurie pour tout 
bétail, avec leurs bacs, râteliers et autres meubles servants aux d*^^ écuries, remise, 
bucherie, colombier et un pressoir de vinaigre, un jardin potager situé derrière 
lad'^ remise, un second jardin potager entouré de murs, situé sur la place devant 
lad^ maison, y aboutissant et au chemin qui la sépare de la basse-cour (1), un 
troisième potager et une houblonnière à côté du verger, le même grand verger 
garnit d'arbres à fruits avec ses appartenances et dépendances quelconques, 
comme le tout se contient, aboutissant du haut à lad^ maison, des côtés au che- 
min et aisances communales et du bas tant aux mêmes aisances que moulin 
banal appartenant à S. M., dans lequel verger il y a une fontaine muraillée et 
un réservoir (2) ; 

un quatrième petit potager au dessus dud. verger derrière la grange. 

Vend aussi tous les droits et prérogatifs attachés à lad^ maison et en dépen- 
dans, du nombre desquels sont spécialement vendus ici les droits de chasse et de 
pêche sur l'étendue des bans et juridiction de Florenville et Martué, celui de tenir 
colombier ou pigeons de champs ou fuyards, celui d'un banc de préséance fermé 
et placé en tète de la nef de l'église paroissiale devant l'autel de Notre-Dame. 

Il vend, cède et transporte de même un grand enclos à herbes entouré de 
murs de trois côtés et de hayes vives de l'autre, situé à l'entrée du village du côté 
d'Izel, aboutissant des deux côtés aux chemins communaux, du troisième aux 
terres arrables et du quatrième à l'Enclos de madame de Gérimont (3). 

Il vend aussi une chanvière fermée de muraille d'un côté, aboutissant au chemin 
communal d'autre — joignant d'ailleurs à dififérentes autres chanvières, elle 
étant située à lieud. Eperières ; 

Et enfin l'emplacement d'un étang à lieud*. l'Etang de Lahaye, aboutissant des 
trois côtés aux terres labourables et du bas aux prés de Florenville. 

Il a été conditionné que le s'" acquéreur sera tenu d'entretenir le bail du s"" 
Carton qui luy sera remis et qui doit encore durer deux ans ou de le disputer à 
ses frais parmy néanmoins que led' s"" acquéreur jouira du prix de la location 
stipulé aud. bail à compter d'aujourd'hui. 

Pour et moyennans les prix et somme de 1,475 écus, de 56 sols chaque, argent 
au cours de cette province. (J.-D.) 



(1) Ancien jardin delà Gendarmerie, au-devant des bâtiments. A été démoli et incor- 
poré à la place devant l'église actuelle. 

(2) Verger aujourd'hui loué par portions aux habitants de la commune. 

(3) Actuellement Clinique Famenne, §n arrivant de la gare. (J.-D.) 



£a frzssz ^luxembourgeoise 



RECTIFICATIONS ET ADDITIONS (1). 



> — « « 



LUXEMBOURG. 



9. — Newe Zeitung Ausz Hispanien / von der grossen Krieges Bestallung/ 
Macht vn Gewalt / damit KOnigliche Mayestat / die abgefallene Niderlanden / 
inn eigener Personen heimzusuchen / vnd wider vnder billichen gehorsam 
zubringe / vorgenommen haben. Jetzt newlich ausz Hispanien / an etliche 
Herren vnd hohe Personen Teutscher Nation geschreiben. Den 20. tag Martij 
in Truch verfertiget / zu Lutzeïburg / disz 1582. 

Petit in-4'', de 4 feuillets non chiffrés. — Armoiries sur le titre. 

Nous avons cru devoir mentionner ici cette feuille volante extrêmement rare. 
La Bibliothèque Royale de Bruxelles en possède un exemplaire très bien con- 
servé. 

10. — L'Echo des Forêts. — Luxembourg ., Cercelet, 1799. 

Ce journal n'est connu, croyons-nous, que par le passage suivant d'un article 
de M. Fr.-X. Wiirth-Paquet, sur la Typographie luxembourgeoise : 

« Ponce Gercelet, imprimeur, rue de la Constitution (c'est ainsi que la Répu- 
bhque baptisa la rue Monterey ou du Curé), fut éditeur d'un journal intitulé : 
Echo des Forêts. Nous n'avons jamais vu un numéro de cette feuille. 

«' Au mois de brumaire an VIII, Pierre-François Delattre, commissaire du 
directoire exécutif près l'administration centrale du département des Forêts, fit 
citer P. Gercelet devant le tribunal civil de Luxembourg pour l'avoir calomnié 
dans un écrit in-40 intitulé : Au Ministre de Vintérieur., imprimé, publié et 
signé par Gercelet, imprimeur à Luxembourg, et dans la gazette : l'Echo des 
Forêts, de l'imprimerie du même Gercelet, propriétaire-éditeur. Gelui-ci avait 
reproché à Delattre, ci-devant moine, de se laisser corrompre, de déshonorer le 
Gouvernement qui l'employait et autres faits de ce genre. Gercelet imprima un 
mémoire pour se défendre devant le tribunal civil du département des Forêts. 
Ce mémoire de 6 pages in-40 et daté du 28 himaire an VIII, est intitulé: 
Mémoire pour P. Cercelet, imprimeur-libraire à Luxembourg ., défendeur 



(Voy. les Annales de l'Institut archéologique du Luxembourg, t. XX.I (1889), pp. 593- 
609 ; t. XXVIII (1893), pp. 1439-1442; t. XXXIX (1904), pp. 289-304. 

17 



— 258 — 

contre le citoyen Belattre^ commissaire central du département des 
Forêts, demandeur. De rtmptHmerie du citoyen Cercelet(i). » 

Les lignes que nous venons de transcrire, ont été reproduites dans un volume 
in-8", de 186 pages, ayant pour titre : Geschichtlicher Rûckblich auf die im 
Grossherzogthum Luxemburg bisher erschîenenen Zeitungen und Zeit- 
scliritten. Fin Deitrag zur Cuiturgescliichte des Luxemburger Landes. 
Von Martin Blwn, Pfarrer. — I. Heft : Vom Frscheinen der « Clef du 
Cabinet» bis zum Fingehen des <^ Fchternacher Orenzbote » (1704-1848). 
Luxemburg. P. Worré-Mertens. 1899. 

L'auteur de cet ouvrage n'ajoute rien aux renseignements fournis par M. 
Wiirth-Paquet. 

VFcho des Forêts, qui paraît avoir échappé aux recherches des bibliographes, 
ne figurait ni dans la collection de Deschiens (2), ni dans celle du comte de La 
Bédoyère (3). André Warzée n'en a pas non plus fait mention au chapitre X de 
son Essai historique et critique sur les journaux belges. (Gand, 1845, in-8). 
Nous n'avons, du reste, trouvé nulle part aucune description de cette feuille. 

BOUILLON. 



10. — La Petite Lanterne des chevreuils de la Semois et des sangliers des 
Ardennes. Numéro 10. 2^°=® année.— Rédigée, illustrée, imprimée et vendue par 
le sieur Thibodinus, Premier loqueteux de Bemont. — Maissin, Transinne, 
Hautfays, Wellin, Anloy, etc., etc. — Louis Thibault, Fditeur, à Bouillon. 

(Août 1897). 

Petit in-4°, de 8 pp., avec une caricature hors texte. 
Ce journal fut fondé à Gorbion, en 1896. 

1 1 . — Le Rucher Ardennais. Bulletin semi-mensuel de la Fédération Apicole 
Luxembourgeoise. — Bouillon. Imprimerie N. Pirotte. — Janvier 1899 — 
15 décembre 1901. 

In-8°. — N"^ de 16 pages, avec figures. 

Directeurs : A. Bertrand, à Bouillon (1899) ; A. Gillet, à Bertrix (1901). 

Abonnements : 
Belgique. — Fr. 2.50 pour les membres de la Fédération. 

Fr. 3.00 pour les simples abonnés. 
Etranger. — Fr. 3.50 pour les membres de la Fédération. 

Fr. 4.00 pour les simples abonnés. 
Le n" du 15 décembre 1901 renferme les lignes suivantes : 
« Los Membres de la Fédération apicole luxembourgeoise sont informés, qu'en 
séance du 8 décembre courant, le Comité fédéral a ratifié la suppression du Rucher 
Ardennais dont la publication, trop coûteuse, absorbait tous nos revenus. 



(1) Publications de la Sociélé pour la recherche et la conservation des monuments histo- 
riques dans le Grand-Duché de Luxembourg, — Luxembourg, 1H.jH, t. VIH, 2* partie, p. IH. 

(2) Collection de matériaux pour l histoire de la révolution de France, depuis 1187 jus- 
qu'à ce jour. — Bibliorjraphie des journaux — Par M. I) s (Deschiens;, avocat à la Cour 

royale de Pans. — Pans, Barrois l'aîné, 1H29. ln-8", de X\IV — M5 pp. 

{.i) Description historique et bibliographique de la collection de feu M le comte IL de La 
Bédoyère, ... sur la Révolution française, l'Empire et la Restauration, rédigée par France. 
— A l'ans, chez France, 1862. In-8», de XVI — ()87 pp. 



— 259 — 

« Il sera remplacé, à dater du 1^'' janvier prochain, par V Abeille et sa 
Culture, organe de la Fédération d' apicultare de Condroz et Heshaye. » 

En 1898 (If*" année), Le Rucher Ardennais se publiait au bas des 3^ et 4® 
pages de la Petite Feuille d'Annonces, de Bertrix. 

— L'Abeille et sa culture. Bulletin mensuel de la Fédération d'Apiculture de 
Condroz et Hesbaye et de la Fédération Apicole Luxembourgeoise. — Plus être 
que paraître. — Huy, Charpentier k Emond, éditeurs, rue Sous-le-Châ- 
teau, 19 21. — Janvier 1902. 10'"« année. N-^ 1. 

In-8°, avec un portrait. 

ARLON. 

3. — Mémorial administratif du Grand-Duché de Luxembourg. — Verwal- 
tungs-Memorial des Gross-Herzogthums Liitzemburg. = Mémorial administratij^ 
de la province de Luxembourg. — 22 octobre 1830 — 1905. 

In-8°. 

1830-1831 : Arlon, chez P.-A. Briick, imprimeur du Oouverneme^it. 
1839-1864 : Arlon, C.-A. Bourgeois, impriyneur du Gouvernement. 
1873-1876 : Arlon, M. Poncin, imprimeur-éditeur, Marché-aux-Pom- 
mes-de- terre. 

1877-1881 : Arlon^ V. Poncin, imprimeur-éditeur. 
1882-1892 : Arlon, imprimerie et lithographie J. Bourger. 
1893-1897 : Arlon, imprimerie et lithographie V. Poncin. 
1898-1901 : Arlon, imprimeur-éditeur F. Gœtz. 

— Table générale et analytique des matières contenues au Mémorial admi- 
nistratif de la province de Luxembourg , du 22 octobre 1830 au 31 décembre 
1849. — Arlon, C.-A. Bourgeois, imprimeur du Gouvernement. — 
1850-1851. 

2 vol. in-8°. 

5. — Journal d'Arlon. — Arlon. — Imprimerie de C.-A. Bourgeois (puis 
P.-A. Brûck). — 18 août 1832 — 31 décembre 1837. 

Petit in-folio à 3 colonnes. 

On lit au-dessous du titre : « Le prix d'abonnement à cette feuille, qui parait 
les mercredis et samedis, est de 12 francs par semestre et de 13 francs pour la 
recevoir par la poste, franche de port. Les insertions coûtent 20 centimes par 
ligne d'impression. » 

— Journal d'Arlon et de la province de Luxembourg. Ordre & Liberté. Modé- 
ration & Progrès. — Arlon, imprimerie de P.-A. Briick.— 17 juin 1848 — 
28 décembre 1850. 

In-fol. à 3 col. — Format agrandi le 5 juillet 1848, et le l^"" janvier 1849. 
Ce journal paraissait le mercredi et le samedi de chaque semaine. 
Le n° 104, du 28 décembre 1850, renferme les lignes suivantes : 



— 260 — 

ARLON. 

« Nous publions aujourd'hui le dernier numéro du Journal cC Arlon ; cette 
feuille cesse de paraître. Les sympathies du public ne lui ont pas manqué ; nous 
le prions d'en accepter nos remerciments. Des motifs personnels et de pure con- 
venance mettent seuls fin à une publication que nous avions reprise il y a deux 
ans et demi. » 

6. — L'Echo du Luxembourg, journal d'Arlon &de la province. — Editeur- 
propriétaire : M. J. Poncin, Place Didier {Marché-aux-Pommes-de- 
Terre), 8-9, Arlon. — 13-14 juin 1904. 68«^ année. N^' 140. 

In-fol. — N° imprimé en bleu, à l'occasion de la victoire libérale du 12 juin 
1904. 



9. — Le Guide des écoles primaires ; journal des instituteurs pour la propaga- 
tion des meilleures méthodes d'enseignement. —Arlon, P.- A. Brûçk, 1843- 
1848.... 
In 80. 

13. — Journal des fabricants de papier, publié par Louis Piette. — Château 
du Pont-d'Oie, près d'Arlon, Belgique (puis Paris et Arlon) — 1854-1862. 
ln-8°, avec des figures, des planches et des échantillons de papiers. 

Septembre 1854, n» 1 : Arlon. — Imprimerie de P.-A. Brûch. 

Octobre 1854. — Août 1855, n°^ 2-12 : Arlon. — Imprimerie de M. Poncin. 

Septembre 1855 — l^"" juillet 1862: Arlon. —Imp. & Lith. de P.-A. Brûch. 

Louis Piette mourut à Paris, le 27 juin 1862. II était né à Gommanster (Beho), en 
1803. 

— Table des matières des cinq premières années du Journal des fabricants 
de papier. — Arlon. — Imp. et Lith. de P.-A. Brûch. 

In-8°. de XX pp. 

— Journal des fabricants de papier, fondé par Louis Piette. — Paris & 
Arlon. — Arlon. — Imp. &. Lith. de P.-A. Brûch. — 15 juillet 1862 (n° 14). 
— 15 décembre 1873. 

In-8", puis grand in-8", avec des planches et des échantillons de papiers. 
Les n^'* de 1866-1867 et du P''' au 15 mars 1868, sont signés à la fin : Les 
propriétaires du Journal : Les Enfants Piette. 

— Journal des fabricants de papier, fondé par Louis Piette, publié sous la 
direction de L. Vigreux, Ingénieur civil, Professeur à l'Ecole centrale des Arts 
et Manufactures de Paris. — Paris, 16, rue de Biraffue. — Arlon, imp. de 
Brûch. — 1881-1894... 

In-4° à 2 col. 

Mensuel de 1854 à décembre 1861 ; Li-mensuel depuis janvier 1862. 



— 261 — 

15. — Bulletin de la Société Agricole du Luxembourg, Paraissant une fois par 
mois. —Arlon. — Imprmierie ei lithographie de J. Boiirger. — Août 1857 
— Avril 1858.... 

In 8». 

On lit au-dessous du titre : « Les personnes étrangères à la province recevront 
le Bulletin, moyennant un abonnement de deux francs par an, à partir de la 
publication du !*■■ numéro. Cet abonnement devra être payé d'avance, par un 
mandat sur la poste et par lettre affranchie, à l'adresse de M. Montlibert, secré- 
taire de la Société agricole du Luxembourg, à Neufchateau. « 

Ce /?M//e/m a probablement paru jusqu'en 1860, époque à laquelle fut créé 
Le Luxembourgeois^ Journal de la Société Agricole de la province de 
Luxembourg . 



17. — La Pratique simplifiée, ou Répertoire de tout ce qui est utile en agri- 
culture, horticulture, floriculture, arboriculture, en pomologie et botanique ; 
tout ce qui concerne les instruments aratoires, les animaux domestiques, les 
animaux et insectes nuisibles ; les recettes diverses concernant l'hygiène, les 
accidents, l'économie domestique, la cuisine, le lait, le beurre, les œufs, les fro- 
mages, les arts utiles et d'agrément. Ouvrage à la portée de toutes les intelli- 
gences et de toutes les classes de la société. — Arlon. —Janvier 1858 — 1860...- 

In-8°, avec planches. 

Ce journal mensuel était rédigé par François-Joseph Gérard!, receveur pen- 
sionné, né à Habay-la-Neuve, le 31 août 1789, décédé à Saint-Léger, le 25 
février 1867. 

18. — Le Luxembourgeois. — Neufchateau et Arlon. — 1860 — 1905. 
IG-S» à 2 col. 

1901 — 1904 : Le Luxembourgeois. Journal de la Société agricole de la pro- 
vince de Luxembourg. — Président d'honneur : S. A. R. Monseigneur le Prince 
Albert de Belgique. — Paraissant tous les samedis. — Tirage : 7,000 exem- 
plaires. — Arlon. — Imp. et Lith. F. Gœtz. 

Rédaction et Administration : M. le Secrétaire de la Société, 26, rue de Neuf- 
château, à Arlon. 

Prix d'abonnement : 

Belgique : 4 francs par an. — G.-D. de Luxembourg : 5 francs par an. — 
Union postale : 6.50 fr. par an. 
Le journal est distribué gratuitement aux sociétaires. 



39. — Le Meunier. — l®"" novembre 1878 — 1897. 

1884 : Le Meunier. Journal de la Minoterie, de la Boulangerie et des Indus- 
tries qui s'y rattachent. —Propriétaire-gérant et Rédacteur en chef : L.Vigreux, 
Ingénieur civil, Professeur à l'Ecole centrale des Arts et Manufactures. — 
Directeur commercial : Henry Théry, Ancien Elève de l'Ecole Supérieure du 



— 262 — 

Commerce. — Bureaux: 16, rue de Birague, à Paris. — Arlon. — Tijp. & 

LWi. de P.- A . Briich. 

In 4° à 2 col. — Mensuel. 

Abonnement: France Un an, 10 fr. 

— Etranger — 12 » 

1896-1897: Le Meunier. Journal mensuel de la Minoterie, Boulangerie, Fécu- 

lerie, etc. et des Industries qui s'y rattachent, fondé en 1878, par M. L. Vigreux, 

ingénieur civil. — Administration : rue Auguste Orts, 4, à Bruxelles. — Arlon^ 

împrù7ie?ne F. Brilck. 

Gr. in-4» 

En 1898, ce journal s'imprimait à Namur, chez L. Roman. 



57. — Bulletin des séances du Conseil provincial du Luxembourg. — 1836- 
1904. 
In 8». 

1836-1839 : Arlon, tmprùnerie de C.-A. Bourgeois. 
1840-1864 : Arlon, Imprimerie de P. -A. Brûch. 
1865-1877 : Arlon, Typographie de M. Poncin. 
1878-1882 : Arlon, V. Poncin, imprimeur-éditeur. 
1883-1892 : Arlon, imprimerie et lithographie J. Bourger. 
1893-1897 : Arlon, Imprimerie et Lithographie V. Poncin. 
1898-1900 : Arlon, F. Gœtz, imprimeur-éditeur. 



62. — L'Ardenne. Journal de la Société agricole du canton de Stavelot, 
paraissant tous les dimanches. — Administration : Au secrétariat de la Société, 
à Arlon. — Arlon, impr. Ponci7i. — 2 janvier 1887 — 1895.... 

Abonnement annuel : 4 fr. 

{Répertoire général de la Presse Belge. Bruxelles, 1895, p. 183.) 



76. — Exposé de la situation administrative de la province de Luxembourg. 
— 1836-1904. 
In-8°. 

1836-1864 : Arlon, imprimerie de C.-A. Bourgeois. 
1865-1876 : Arlon, imprimerie de M. Poncin. 
1877-1881 : Arlon, V. Poncin. 

1882-1891 : Arlon, imprimerie et lithographie J . Bourger. 
1892-1896 : Arlon, V. Poncin, Imprimeur-Editeur. 
1897-1900 : Arlon, F. Gœtz, impri^neur-éditeur . 

11. — Zu Arel op der Knipgen. En l'an de grâce 1895. Arlon. Imp. E. 
Goffinet. — (11 novembre 1895.) N° 1. 



- 263 — 

78. — Adonnais, garde à vous ! 17 novembre 1805. Patrie, liberté, indépen- 
dance. — A non. — Imp. E. Go/fînei. 

No unique, publié le i5 novembre i895. 

79. — L'Union. — 31 janvier 1897-1904. 

1897-1902 : L'Union. Organe des Associations Chrétiennes du Luxembourg. 
— Paraissant tous les dimanches. — Arlon. — Impriynerie E. Goffxnet^ (puis 
Arlon. — Presse Luxembourgeoise {Société Coopérative). 

In-8". N'^s de 16 pp. 

Administration, Rédaction et Annonces : D. Mailet, secrétaire de la Ligue 
Luxembourgeoise, à Garlsbourg, (et ensuite : D. Hallet, à Arlon ) 

1903 : L'Union. Organe de la Ligue Luxembourgeoise, Union professionnelle 
agricole reconnue, Fédération des (Euvres sociales du Luxembourg, paraissant 
tous les dimanches. — ^r^on. —Presse Luxembourgeoise {Société Coopé- 
rative.) 

In-folio. N°^ de 4 pages à 4 colonnes. 

Administration, Rédaction et Annonces : M. D. Hallet, Rue de Virton, 54, 
à Arlon. 

Prix de l'abonnement : Belgique : 2 francs 60 par an. — 5 centimes le numéro. 
Le n° 1, du 31 janvier 1897, commence ainsi : 

« Cultivateurs Luxembourgeois ! 

« Voulez-vous améliorer votre situation matérielle et travailler pour Dieu et 
la Patrie ? 

« Entrez dans les associations chrétiennes : syndicats, laiteries coopératives, 
mutualités, sociétés d'assurances et de crédit, etc. 

« Déjà par votre intelligence vous avez réalisé un immense progrès ; mais il 
vous reste beaucoup à faire encore. 

« En avant ! ! 

«' Le pays entier a les yeux sur vous. » 

Viennent ensuite deux articles {A nos Lecteurs, et L Union) dans lesquels 
est développé le but du journal. 

Ce numéro renferme aussi (pages 7-8) les Statuts de la Ligue Luxembour- 
geoise, Fédération des œuvres sociales chrétiennes de la pj^ovince de 
Luxembourg . 

On lit dans le n" 9, du 2 Mars 1902 (page 95) : 

«' Depuis le mois de Juin dernier, notre journal agricole l'Union., s'est adjoint 
un supplément en allemand, pour la fédération allemande. Le tirage de ce sup- 
plément est de 392 exemplaires. Quant au nombre d'abonnés deTUnion, il reste 
stationnaire : 1500 environ. C'est trop peu, car nous constatons que la vie cor- 
porative est d'autant plus active dans une contrée, que le journal y est plus pro- 
pagé. Sans le journal qui entretient le zèle et renseigne sur les progrès accomplis, 
l'indifférence naît bientôt, et les œuvres deviennent somnolentes ou périclitent. 

« Les fondateurs de la Ligue ont-ils agi sagement, en ne rendant pas l'Union 
obligatoire pour tous les membres des associations? Nous n'oserions pas les 
juger. Il est certain que si l'abonnement à la revue était imposé, comme cela a 
lieu dans les autres provinces ou au sein des comices, notre tirage serait plus 
élevé et l'activité sociale y gagnerait. Seulement, il faut tenir compte de la soif 
de hberté qui existe particulièrement dans notre province. Peut-être l'obligation 
aurait-elle écarté de nos œuvres bien des gens, qui en retirent quelques profits. 

» Seulement, nous croyons devoir le déclarer, afln que l'on puisse se rendre 



— 261 — 

compte exactement de la situation, quelques efforts que l'on déploie, quelque 
intéressant qu'on rende le journal, le nombre des lecteurs restera assez faible, 
tant que l'on admettra le principe de la liberté. » {Ligue Luxembourgeoise. — 
Rapport de M. D. Hallet^ di7^ecteur, sur l'exercice 1901, à Cassemblée 
générale ordinaire du 17 Février 1902, tenue à Libramont, hôtel Duroy.) 

80.— L'Abeille Luxembourgeoise. Organe delà Fédération des Groupes apicoles 
formés dans les Syndicats affiliés à la Ligue Luxembourgeoise et des Apiculteurs 
delà province. — Directeur : M. Désiré Hallet, à Arlon. — Arlon. — Impri- 
merie de la Presse luxembourgeoise {Société Coopérative).— 1898-1904... 

In-8° à 2 col. 

N" 1 (spécimen). Décembre 1898. — 8 pp. 
1'^ année. N°^ 1-12. Janvier — Décembre 1899. — 101 pp. 
2' année. N"^ 1-12. Janvier — Décembre 1900. — 98 pp. 
3^ année. N*^^ 1-12. Janvier — Décembre 1901. — 96 pp. 
Ce journal mensuel renferme des articles en allemand. 

81. — Deutsch-Belgien. — Organ des Deutschen Vereins zur Hebung und 
Pflege der Muttersprache im deutschredenden Belgien im Auftrage des Vereins 
herausgegeben von Gottfried Kurth. — l — Arel, Buchdruckerei von Alphons 
Willems, Buttermarhtstrasse. — Brûssel, Société belge de librairie, 
Treurenbergstrasse. 1899. 

In-S", de IV — 116 pp., sans indication de périodicité. 

Prix : 2 francs. 

On peut joindre à ce l^"" n» une brochure in-16, de 48 pp. et 1 f., intitulée : 
Bas Deutsche Belgien und der Arloner Deutsche Verein. — Arlon & 
Aubel, Buchdruckerei von Alphons Willems, — 1896. 

82. — Les Petites Affiches du Luxembourg. Journal spécialement consacré 
aux annonces, paraissant tous les dimanches. Distribué gratuitement à tous les 
établissements publics, hôtels et cafés de la ville et de la province. — Editeur : 
G. Everling, Marché-aux-Légwiies, à Arlon. — 1899-1905. 

In-folio. ^"^ de 4 pp. 

Le n° 1, daté du 2 avril 1899, renferme l'Avis suivant : 

« En publiant les Petites A /fiches du Luxembourg nous croyons répondre à 
une nécessité qui se fait vivement sentir dans notre province. Aussi ferons-nous 
tous les efforts pour mériter la confiance du pubhc. La publication la plus large 
du journal sera garantie. Rien ne sera négligé afin de rendre les annonces aussi 
efficaces que fructueuses pour nos honorables clients. 

« Pour toute annonce il sera envoyé un numéro justificatif. 

« Sur demande nous expédierons un numéro qui renfermerait une annonce 
intéressant plus spécialement un certain public aux adresses que nous désigne- 
ront les correspondants. 

» Les annonces doivent nous parvenir le samedi avant midi. 

» L'Editeur. » 

83. — Extrablatt fur die Wahler. — Buchdruch. : Alfons Willems, Qrosz- 
strasse, 56, Arlon. — 25 mai 1904. 

N° unique, orné de portraits. 



— 265 — 

84. — Le 75® Anniversaire de l'Indépendance de la Belgique. — Le Gérant: 
Alfred Ar end. Presse Luocembourgeoise, à Arlon. — (l^' juin 1905.) 

N» unique, édité par l'Œuvre des tracts catholiques, 39, rue Antoine Dansaert, 
à Bruxelles. 

NEUl CHATEAU. 



5. — L'Ardennais. — 1865-1905. 

1897-1905 : L'Ardennais. Journal hebdomadaire pour les arrondissements de 

Bastogne et de Neufchàteau. — ImiûHmerie de TArdennais {M. -T. Louis), 

Neu/chàieau, (et ensuite : Imprimerie L. et A. Louis sœurs, W, rue de 

la Barquette, Neufchàteau, à proximité de la rue de Long lier). 

In-folio à 4 colonnes. 

Abonnement Postal : 3 francs par an ; 2 francs pour six mois. 

5 centimes le numéro. 

Voici l'article de tète dun° 1 de 1897 (3 janvier, Nouvelle série, 31™^ année) ; 

A NOS LECTEURS ! 

« La renaissance de YArdennais, devenu un grand et beau journal, l'organe 
des deux arrondissements de Bastogne et de Neufchàteau, partant en guerre 
avec tout un état major nouveau de rédacteurs et de correspondants, cette re- 
naissance vient à son heure. 

« Elle est un signe des temps — tout comme la dernière élection sénatoriale 
de Tournai où les libéraux battus à plus de 1000 voix en 1894, l'emportaient à 
1500 voix il y a quelques mois — tout comme la constitution de cette Fédéra- 
tion hbérale et démocratique de l'arrondissement de Neufchàteau qui vient d'être 
fondée à Libramont. 

« Le pays sent plus lourdement peser ses chaînes ; il se remue, se révolte et 
s'indigne des injustices toujours croissantes commises par un parti qui se moque 
des aspirations populaires et escamote, avec la plus cynique désinvolture, les 
réformes les plus formellement promises, comme, par exemple, celle de l'aboli- 
tion du remplacement militaire que le gouvernement catholique ne veut plus 
réaliser aujourd'hui — parce que les élections sont passées ! 

« Mais à côté de la politique générale du parti clérical, qu'il faut combattre 
parce qu'elle nous conduit tout droit à la ruine matérielle et à la déchéance mo- 
rale, il y a, spécialement en Ardenne, une politique sournoise et redoutable et 
dont il importe de dévoiler au grand jour les honteuses machinations, dont il 
faut signaler courageusement, et au fur et à mesure qu'ils se produisent, tous les 
actes, quels qu'ils soient. 

• Suppressions d'écoles, renvois d'instituteurs et de fonctionnaires simplement 
suspects de libéralisme, mesures douanières vexatoires, abus de pouvoir de 
toute espèce, tout cela désormais ne se passera plus dans le silence et dans 
l'ombre : ÏArdennais sera là et ses colonnes seront comme un pilori où tous 
les actes de ceux qui se disent et se croient « nos maitres », petits et grands, 
seront exposés, cloués ! 

« Cela seul justifierait la création de l'organe nouveau. 

" Quant à notre programme, est-il bien nécessaire de l'exposer encore ? 

» Lors des élections législatives récentes, il n'est presque pas de communes 



— 266 — 

dans les deux arrondissements où les vaillants protagonistes de la cause libérale 
MM. Emile François et Gustave Rahlenbeck n'aient exposé, dans tous leurs 
détails leurs aspirations politiques. Et celles-ci sont les nôtres. 

« Nos lecteurs les connaissent donc ; qu'il nous suffise de répéter encore cette 
déclaration formelle de nos deux candidats de 1896 — qui seront aussi nos can- 
didats de 1900 et peut-être de plus tôt — à savoir que jamais nous n'attaquerons 
les convictions religieuses de n'importe qui. 

- Nous avons pour la religion et pour ceux qui la professent sincè7'emeni un 
respect profond. 

• La liberté de conscience, c'est-à-dire le droit pour chacun de croire ce qu'il 
entend croire ? Mais c'est là l'article fondamental du libéralisme et ce par quoi 
il se distingue le plus nettement du cléricalisme, qui lui, prétend imposer à nos 
consciences de croire telle chose et aucune autre et poursuit sans pitié ceux qui 
prétendent vouloir être libres de leur conscience, comme ils sont libres de leur 
corps. 

» Les questions de religion nous n'y toucherons donc pas, elles n'ont 
rien à voir ici ; les questions politiques seules sont de notre domaine ; en d'au- 
tres termes, et pour être plus clair encore, ce que VArdennais combattra, c'est 
non la religion catholique, mais bien la politique cléricale ! Et cela il le fera 
avec toute l'énergie et toute la chaleur que donne la conviction ardente, inébran- 
lable, que l'on combat pour une cause grande et juste dont l'échec ne signifierait 
rien d'autre que la mort de la liberté et la perte de notre chère Patrie ! 

« L'Ardennais. » 

A la 4*' page du même numéro, l'imprimeur M. T. Louis adresse en ces termes 
ses souhaits et ses adieux aux lecteurs de VArdennais : 

« Au seuil de l'an 1897, suivant l'usage, nous adressons à nos chers lecteurs 
nos souhaits de prospérité, de santé et de bonheur. 

« Ces vœux sincères que nous avons formulés chaque année ont pour nous, 
aujourd'hui, un caractère spécial de gratitude et de reconnaissance, car ils sont 
en même temps nos adieux et nos remerciments. 

« Pendant trente ans, nous nous en souvenons avec plaisir et fierté, nous 
avons défendu dans les colonnes de VArdennais, les idées de progrès et de 
liberté qui font l'honneur de notre vaillant parti libéral. Toujours nous avons 
rencontré chez nos amis l'appui le plus sympathique, les encouragements les 
plus bienveillants. 

« Cet appui, nous le trouverions encore, nous en sommes assurés, si pour des 
raisons de convenance personnelle nous ne jugions que nous avons le droit de 
laisser à de plus jeunes le soin de continuer la tâche de propagande et de prosé- 
lytisme que nous avons remplie. 

« Grâce à eux, nous ne désespérons pas de l'avenir de notre parti. Nous avons 
l'intime conviction que bientôt l'idée libérale revivra plus forte et plus puissante, 
vivifiée par le souffle généreux et large de la démocratie. 

« Tel est notre meilleur souhait, celui que nous associons de tout cœur en 
quittant la direction de L'Ardennais, aux adieux chaleureux et sincères que 
nous adressons à ceux qui nous ont apporté leur utile concours et leur bienveil- 
lant appui. » 



9. — L'Opposition. — Neufchâteau. — Typ. & Lith. Albert Petit. — 
17 novembre 1895. N° 1. 

10. — La Publicité Luxembourgeoise. — Annonces & informations. — Parais- 
sant le dimanche. — Affiliée à l'Association des journaux périodiques belges. — 



— 267 — 

Librairie, Typographie et Lithographie Albert Petit. — Neufchàtean. 
24 juillet i904 (N" 1) — 1905. 

In-folio à 4 col. 

Abonnements : Un an (pour tout le pays) 2.00. 
Six mois id. 1.50. 

MARCHE. 



9. — Journal du Peuple. Paraissant les Dimanche et Jeudi de chaque semaine. 
— Ph. Berger et C", imprim. à Vervie?'s, rue du Collège, 17-416. — 1^50. 

Petit in-fol. à 3 col. 

On lit au-dessous du titre : 

» On s'abonne à Liège, chez M. Henri Dauchapt, Hors-Château, 444 ; à 
Marche, chez M. Mathieu (puis au Café du Midi) ; et à Verviers, chez l'im- 
primeur, rue du Collège, 17-416. — Prix de l'abonnement, par trimestre, pris 
au bureau, fr. 1.50 ; à domicile, franc de port, fr. 1.80. » 

10. — Le Marchois. Organe des réformes communales. — Premier et dernier 
numéro. — Marche. Imp. A. Breulet. (Novembre 1895.) 

11.— L'Union Catholique. — Editeur-propriétaire-imprimeiir : J. Del- 
haye-Mathieu, rue des Savoyards, il/arc/ie.— 5 juillet 1903 (N" 1)— 1904. . . 

Hebdomadaire. — 3 fr. 10 par an. 

Ce journal remplace V Agriculteur, qui a cessé de paraître le 29 juin 1903. 

VIELSALM. 



6. — L'Amblève. Journal du canton de Stavelot, paraissant le Dimanche. — 
Bureaux du journal : A Verviers, chez l'Editeur. — A Vielsalm, chez 
M. Crahay-Derite, café de la Boide-d'Or. — On s'abonne chez M. Hubert 
Piteau, à Stavelot. — Verviers. — Imp. Ch. Vinche. — 1860-1904. 

In-folio. N°^de 4 pp. à 5 col. 
Abonnements : Un an, fr. 5.00. 
Six mois, 3.00. 

VIRTON. 



5. — Saint-Léger — Revue. — Voir Saint-Léger, n» 1. 

6. — Le Gaumais. Journal Littéraire. — Editeur : R. Pletinchx, Orand'- 
Place, FzWon. — 11 juin 1903-1904. 

Hebdomadaire, 



— 268 — 
FLORENVILLE. 



9. — L'Etendard du Luxembourg. Journal hebdomadaire, paraissant le 
samedi. — Florenville. — Imp. E. Sauté. — 1895 — .... 

In-fol. à 5 col. ; armes de la province de Luxembourg au titre. 
Les lignes suivantes se trouvent en tête du l'"" n° (28 juillet i895) ; 

« Notre but. 

« Maintes fois et surtout depuis les élections de 1894, des amis, des hommes 
politiques nous ont sollicité d'élargir notre cercle d'action et d'étendre aux autres 
parties de la province la lutte qui nous a valu de modestes mais nombreux 
succès et particulièrement la conquête définitive de notre canton. 

« Si nous avons hésité jusqu'aujourd'hui, ce n'est pas que le courage et le 
dévouement nous faisaient défaut. Mais le regret d'abandonner, après l'avoir 
alimenté dix-huit ans, notre petit Courrier de la Semois nous faisait retarder 
l'heure de sa transformation. 

« Elle nous paraît venue. En vue du renouvellement intégral des conseils com- 
munaux, au mois d'octobre, et des élections provinciales et législatives de 1896, 
des appels plus pressants nous ont été renouvelés. 

« Mettant de côté toutes les considérations personnelles, n'envisageant que le 
bien à faire, nous avons accepté la mission difficile et dangereuse de fonder un 
organe provincial. 

« h' Etendard du Luxembourg auquel le concours généreux et constant de 
plusieurs correspondants et collaborateurs, polémistes ardents, écrivains de 
mérite, est déjà assuré, sera une sorte de tribune libre où les chefs de file de 
notre parti pourront défendre, outre la religion et la patrie menacées, les inté- 
rêts et les droits méconnus de notre chère province. 

» Notre but, c'est, en préparant les populations luxembourgeoises aux pro- 
chains combats, de maintenir nos positions et d'enlever celles où les catholiques 
gémissent encore épuisés sous les tentacules de la pieuvre libérale. 

« Notre but, c'est de conserver à la direction des affaires provinciales des 
administrateurs sages, prévoyants, économes, aimant la justice et pratiquant 
l'équité. 

« Notre but, c'est d'éliminer de notre députation législative les faux progres- 
sistes, les « libres penseurs convaincus » et d'envoyer au parlement une repré- 
sentation homogène et forte, des mandataires dévoués, se sacrifiant pour la 
chose publique, ayant nos mœurs, connaissant nos besoins, vivant au milieu 
de nous, respectant nos croyances et nos convictions, se distinguant plus par 
l'action que par la parole, plus par les services que par les bravades. 

« Notre but, c'est de préserver notre terre vierge de l'hérésie collectiviste et 
révolutionnaire. 

« Notre but, dans l'ordre des intérêts matériels, c'est d'employer davantage 
encore le zèle qu'on nous connaît, de consacrer tous nos efforts au bien-être 
des classes laborieuses. L'agriculture, mère nourricière de tous, est presque 
l'unique industrie de notre province. Avec tous ceux qui ont à cœur de la tirer 
du marasme et de lui rendre sa prospérité, nous réclamerons en toutes cir- 
constances, pour cette branche de l'activité nationale, la protection des pouvoirs 
publics. 

«« Pour atteindre là, pour réaliser ce programme, nous ferons, avec le secours 
de Dieu et l'espoir de sa récompense, tout notre devoir, nous dépenserons toute 
notre énergie, toutes nos forces. 

« Mais nous comptons aussi sur l'aide efficace de tous les catholiques luxem- 
bourgeois. Nous jetons les fondements d'une œuvre nouvelle de préservation 
religieuse et sociale. Que chacun apporte sa pierre à l'édifice. 



— 269 — 

« Hebdomadaire, notre journal ne sera pas un concurrent de V Avenir du 
Luxembourg . Notre confrère, avec lequel nous tenons à rester en excellents 
rapports, pourra continuer à s'introduire, par les bonnes lectures, dans les habi- 
tations rurales et les demeures bourgeoises. En levant V Etendard du Luxem- 
bourg, nous ne voulons pas le supplanter, mais le suppléer. Ainsi nous n'em- 
piétons pas sur son terrain, nous ne faisons pas d'incursion sur son domaine. Il 
y a place sous le soleil pour lui et pour nous. La Providence nous a réservé 
le poste le plus périlleux et le plus ingrat. 

« Haut les cœurs et en avant ! 

10. — L'Organe Commercial du Luxembourg, paraissant le dimanche. — 
Florenville. — Imprimerie F"* Sauté. — 20 Novembre 1904 (n" l) — 1905. 

In-foL, de 4 pp. 

Abonnements : 

Un an pour toute la Belgique, 1.50, 

Pour l'étranger le port en plus. 

5 centimes le numéro. 

WELLIN. 

1. — Les Echos de Rochefort, de Beauraing, de Nassogne et de Wellin. — 
Rochefort, Henckes-Giliet, imprimeur-éditeur. — 1884-1895. 

Abonnement annuel : 5 francs. 

En 1884, ce journal hebdomadaire paraissait sous le titre suivant : Les Echos 
de Rochefort et de Wellin. 

PALISEUL. 



2. — La Revue Paliseuloise. Publication paraissant tous les dimanches. 
Rédaction & Annonces : D. Bodson, Paliseul, Grand-Place. — Imprimerie D. 
Bodson, Orand-Place, à Paliseul. — 1905. 

Petit in-fol. à 3 col. N'^de 4 pages avec un Supplément contenant des annonces. 
Le 1«'" n» est daté du 7 Mai 1905. 
Abonnements : Six mois, 2 francs. 

Un an, 3 francs. 

5 centimes le numéro. 
Ce journal n'a pas de programme. 

NASSOGNE. 

1. — Les Echos de Rochefort, de Beauraing, de Nassogne et de Wellin. — 
Voir Wellin, n" l. 

COHBION. 

1 . — La Petite Lanterne des Chevreuils de la Semois. — Editée, Rédigée, 
Imprimée, Vendue par L. Thibault, à Corbion. — N" 10. (1896.) 

Petit in-4», de 8 pp. 

— La Petite Lanterne des chevreuils de la Semois. — N° il. Rédacteur- 



— 270 — 

administrateur : Louis Thibault, à Gorbion. La roche Tarpéienne est proche le 
Panthéon. — (1896.) 

In-4", de 8 pp. 

Au bas de la 6^ page : Louis Thibault^ éditeur^ à CorMon. 

— La Petite Lanterne des chevreuils de la Semois. — N° 12. Rédacteur- 
administrateur : Louis Thibault, à Gorbion. — 

Gelui qui mets (sic) un frein à la fureur des flots 
Sait aussi des méchants arrêter les complots. 

Editée, imprimée, vendue par Thibault, à Corbion {Luxembourg). —(1896.) 

Petit in-4°, de 8 pages. 

Les n°® 10 et 11 sont en partie rédigés en patois. 

En 1897, ce journal s'imprimait à Bouillon. 

CARLSBOURG. 

1. — L'Union. — Voir Arlon, n° 79. 

BERTRIX. 

1. — Petite Feuille d'Annonces. — Imprimeur- Editeur, J. Piret-Dewez, 
Libraire, rue de la Stati07i, Bertrix. — 9 mai 1897-1905. 
In -fol. — Format doublé à partir du 16 mai 1897 (n» 2). 

9 mai — 27 juin 1897 : Petite Feuille d'Annonces pour l'arrondissement de 
Neufchàteau, paraissant tous les dimanches. 

5-19 décembre 1897 : Petite Feuille d'Annonces pour l'arrondissement de 
Neufchàteau, paraisst<nt tous les dimanches dans toutes les localités de l'arron- 
dissement & à l'extérieur. 

2 janvier 1898 — 8 janvier 1899 : Petite Feuille d'Annonces. Organe de la 

Fédération Apicole Luxembourgeoise, paraissant chaque dimanche, et distribuée 

dans toutes les locahtés de la province. 

Au bas des 3® et 4^ pages des n°^ de 1898, se trouve Le Rucher Ardennaîs, 
Organe de la Fédération Apicole Luxe^yibourgeoise. A partir de janvier 
1899, ce périodique a été imprimé à Bouillon. 

15 janvier 1899 (n° 3) — 9 juillet 1905 : Petite Feuille d'Annonces, parais- 
sant chaque dimanche, et distribuée dans toutes les localités de la province. 

Quelques n"* de 1898 et de 1899 ont été tirés sur papier vert. 

Abonnement : 

Un an . . . . frs. 2.00 

Six mois ... » 1.25 

On lit en tête des 2 premiers n°^ de 1897 : 

« En créant à Bertrix notre « Petite Feuille d'Annonces » nous avons la 
conviction de répondre à un besoin réel de notre arrondissement. 

« Les transactions y sont de plus en plus nombreuses : or, en cette matière, 
le vendeur et l'acheteur sont également intéressés à ce que la plus large publi- 
cité soit donnée aux ofifres et aux demandes. 

« Gentraliser les renseignements, les présenter périodiquement et méthodique- 
ment, et les répandre dans toute l'étendue de l'arrondissement de Neufchàteau, 
tel est le but de notre publication. 



— 271 — 

« Nous la recommandons à toute la bienveillance du public, persuadé qu'il en 
appréciera les avantages, et nous ferons d'ailleui-s tout le nécessaire pour que 
notre « Petite Feuille d'Annonces », honorée d'une faveur croissante, soit 
constamment en mesure do remplir la tâche qu'elle s'est assignée. » 

«« L'éditeur-propriétaire, 
« J. Piret-Dewez. " 

IIAUT-FAYS. 

1. — Le Réveil du Luxembourg. Organe de la Démocratie socialiste de la 
province, paraissant le dimanche. Pour le Suffrage Universel. Pour l'Emancipa- 
tion des Travailleurs. —Editeur-gérant: L. Co II eaux {à Haut-Fays). — 
1900-1905. 

In-fol. à 4 col. 

Abonnements : 

Un an fr. 2.50 

Six mois » i.50 

Trois mois »» 0.75 

Etranger : 5 fr. par an. 
Le numéro : 10 centimes. 
En 1908, on a distribué dans le Luxembourg une affiche sur papier rose, ainsi 
conçue : 

« Elections communales. Le Réveil rfw Lw^emôowr^, paraissant le dimanche, 
organe de la démocratie socialiste de la province. Le plus répandu des journaux 
hebdomadaires de la région. Afin de mettre notre journal dans les mains de tous, 
l'administration s'est imposée de lourds sacrifices en créant des abonnements 
électoraux. Prix : 1 franc, pour le reste de l'année. Ouvriers ! Abonnez-vous au 
« Réveil » le seul journal luxembourgeois, délendant les pauvres. S'adresser à 
l'administrateur, le citoyen Edmond Jacques, à S*-Mard (Virton). Rédacteurs : 
Léon Troclet, député ; Léon GoUeaux, secrétaire fédéral. — Gedinne. — Im- 
primerie & Librairie Beghon-Lemye. 

SAINT-LÉGER. 

1. Saint-Léger — Revue. — Virton. — Imp. L. Poncin. — 1900. 

Petit in-folio à 3 colonnes. 

En tète du i^'' n» (12 août 1900) se trouve ce programme : 

« Depuis une vingtaine d'années, l'instruction a fait, dans nos campagnes, des 
progrès énormes et correspondant bien aux vues larges des réorganisateurs 
libéraux de l'enseignement primaire. 

« Cette heureuse transformation do la culture intellectuelle a porté ses fruits 
jusque dans les plus petits hameaux ; partout s'est répandu le besoin de lire, de 
s'instruire, de s'éclairer. Les livres et revues deviennent chaque jour plus nom- 
breux et les journaux se répandent dans des proportions inouïes. 

« Mais ce qui manque le plus souvent à ces journaux, c'est de pouvoir s'oc- 
cuper spécialement des faits, des événements ou des intérêts de la localité que 
nous habitons. Partant de cette observation, nous avons décidé de fonder une 
Revue ouverte à toutes les bonnes volontés et à la portée de toutes les bourses. 

« Cette modeste Revue publiera, chaque samedi soir, un article concernant 
Saint-Léger et s'occupera de tout ce qui peut éveiller l'attention de ses nombreux 
habitants. 

« A famedi prochain ! D. » 



— 272 — 

SAINT-MARD. 

1. — Le Réveil du Luxembourg. — Voir Haut-Fa ys, n" 1. 

SAINT-HUBERT. 

1. — La Réclame des Ardennes. — Saint-Hubert, J. Hemmer^ éditeur. — 
1903. 

Hebdomadaire. — Abonnement : 2 fr. par an. 
Ce journal a cessé de paraître. 

MARLOIE. 

1. — Ardennes et Gondroz. Journal du Syndicat agricole des Ardennes et du 
Gondroz, paraissant chaque semaine. — Administration et Rédaction : Direction 
du Syndicat agricole, à Marloie. — Imprimerie P. Van Malleghem, rue de 
la Montagne, 52, Bruxelles. — 1904.... 

Grand in-4° à 4 col. 

Prix de l'abonnement : 2 fr. 50 l'an pour toute la Belgique. 

Le 1" n» de ce journal porte la date du 10 janvier 1904. 

TINTIGNY. 

1. — La Gazette de Tintigny. Journal hebdomadaire paraissant le dimanche. 

Rédaction et annonces : M. Letilleul, du Haut des Rappes (Tintigny). 

Abonnement : 3 francs par an. 

Un numéro 10 centimes. 

l""® année. N° 1 le 18 juin 1905. 

Journaux relatifs au Luxembourg. 

1 . — Courrier de la Sambre. Journal des provinces de Namur et de Luxem- 
bourg. — Namur. — 28 juin 1829-10 janvier 1833. 

In-folio. — 6 fois par semaine. 

2. — Les Annonces. Revue hebdomadaire et organe de publicité pour les pro- 
vinces de Liège, Namur, Luxembourg et Hainaut, paraissant le dimanche. — 
Editeur: H. Van H eems- Millier, à Huy. — 1871-1873. 

Petit in-foho. N°^ de 8 pp. à 4 col. 

3. — L'Ardenne. Journal des touristes, paraissant le l^'et le 16 de chaque 
mois. Directeur : M. Gh. Parmentier. — Braine-le-Comte {Belgique). — 
Imprimerie Lelong. Successeurs Zech et Cornet. — r»" mai 1884. 

In-4° à 3 col. 



— 273 — 

« L' A rdenne est VorgSine autorisé du Club ardennais, fonlé à Roihefort 
dans le but de développer le goiU des voyages en A.rdeane et de faciliter aux 
touristes les excursions en cette contrée. 

« VArdenne publie une chronique où se trouvent relatés tous les faits qui 
intéressent la contrée ; elle donne des monographies sur différentes localités, 
ainsi que des relations de voyage, des variétés littéraires et scientifiques, etc. « 

— L'Ardenne. Journal des touristes, paraissant du l^"" mai au l®"" octobre. — 
Liège. — hnp. Demarteau. — Août 1886. 3'"'' année. N° 4. 

In-40 à 3 col. 

J.-B. DOURET. 
7 octobre 1905. 



18 



GUIRSGH. 



Le village de Guirsch est situé sur un plateau très élevé, à 5 
kilom. d'Arlon. C'est la résidence d'été de M. le baron de Wy- 
kerslooth de Rooyesteyn, lieutenant-général, aide de camp du 
Roi qui a épousé, le 16 avril 1866, la baronne de Marches, pro- 
priétaire du château moderne qu'il habite actuellement. 

Des hauteurs de Guirsch on jouit d'un point de vue admirable 
sur la Belgique en partie et sur le Grand-Duché de Luxembourg. 
Par une éclaircie pratiquée dans le parc de M. de Wykerslooth, 
le panorama s'étend à perte de vue sur la fertile vallée de l'Attert. 

Au-dessus de l'entrée du château on remarque les armoiries de 
la famille de Marches : D'argent à deux lions affrontés de sable, 
armés et lampassés de gueules soutenant un croissant d'azur. 

D'après une note extraite d'un rapport de la commission des 
monuments, l'éghse de Guirsch serait de l'architecture du XlIJe 
et du XVe siècles avec une partie plus récente. 

Elle est dédiée à S^-Willibrord et dessert plusieurs hameaux : 
Heckbous, Grubermuhlen, Geichelmûhlen. 

La date de consécration est inconnue mais on suppose qu'elle 
le fut avec celles des villages environnants. Celles de Pallen et 
de Beckerich le furent en 1712 par le sufîragant de Trêves : 
Johannes Mathias ab. Eyck (note du presbytère). 

On remarque trois époques de construction ; la plus ancienne, 
au centre, marque la fin de l'époque gothique ainsi qu'une cus- 
tode encastrée dans le mur du chœur avec porte en fer forgé. 

La clef de voûte du chœur donne les armoiries des familles de 
Buschleiden et de Vaucleroy (1) : 

Parti, au 1 d'argent à la fasce de gueules accompagnée 

en pointe d'une rose de même (Buschleyden) 
au 2 d'argent au fer de moulin (anillej de sable 

(de Vaucleroy). 



(1) Un descendant de cette famille, le docteur de Vaucleroy, habite Bruxelles, avenue 
Louise, et fait partie de notre Société. 




> 

y. 



/■. 



X 



-/. 



Y, 




.•v>'-^^'^ 



FONTS BAPTISMAUX DE LiaiLISE DE ruiRSCU 



ATX ARMOIRIES i)ES FAMILLES 
DE VAUCLEROY ET DE RrscIILEYDKX 



— 275 — 



Cependant Gilles de Baschleyden était seigneur de Guirsch en 
1525 alors que les Vaucleroy ne sont cités qu'en 1G92 (Cahiers de 
rentes d'Arlon signés Vaucleroy). 

En 1697 A. C. de Vaucleroy est indiquée comme dame de 
Guirsch alors que le château appartenait au seigneur de Cobre- 
ville, époux de la précédente. 

Comment expliquer l'alliance deBuschleyden avec les Vaucleroy? 

Les fonts baptism.aux relégués dans une niche obscure portent 
séparées les mêmes armoiries. Malgré leur cachet architectural 
plus ancien, la présence des blasons des Buschleiden et des 
Vaucleroy indique des rapports entre ces familles d'époques 
diverses, à moins que ces derniers aient voulu perpétuer le sou- 
venir des premiers fondateurs et seigneurs de Guirsch en réunis- 
sant les deux écus. 

Cette particularité des fonts baptismaux n'a pas été remarquée 
jusqu'à ce jour attendu que les blasons étaient tournés du côté 
du mur, chose que j'ai fait rectifier. 

Du côté droit se trouve un monument funéraire encastré dans 
le mur : Le cartouche fort joli, mais dont la plaque centrale a 
disparu est orné par 4 écussons de chaque côté destinés à rece- 
voir des sculptures ; les deux premiers ont été taillés aux armoi- 
ries des familles de Marches et de Reifïenberg comme l'indiquent 
celles qui sont placées en tête et soutenues par deux griffons : 

A droite de Marches comme il est indiqué plus haut; à gauche 
de Reiffenberg : d'argent à trois bandes de gueules. 

Le monument (converti en chapelle de St-Antoine), est ter- 
miné par les attributs de la mort : Tête de serpent, faux, 
ancre, etc. 

Plusieurs pierres tombales à inscriptions sont dressées contre 
les murs : Baronne de Marches née comtesse de Han de Mar- 
tigny et chanoinesse du chapitre de Nivelles. 

Dans le chœur : Auguste, baron de Marches et de Guirsch + 
1822. 

Dans le chœur se trouvent également des restes très curieux 
d'une piéta qui a été saccagée pendant la révolution ; c'était un 
de ces petits monuments comme il en existe un à l'église romane 
de V^aha, plus moderne, dont le modèle a été employé récemment 
pour une piéta érigée à l'église de Laroche en mémoire du regretté 
Gouverneur de la province M. Orban de Xivry. 

Les sujets ont disparu mais les consoles sont formées de têtes 
diaboliques avec fortes cornes et corps ailés. 

La pierre tombale en schiste noir, aux armoiries des de Marches, 
qui est placée en-dessous, n'a aucun rapport avec la précédente. 



— 276 — 

A gauche de l'autel principal se trouve St-Willibrord le patron 
de l'église. — A droite St-Hubert. 

L'autel latéral de droite est garni de statues de St-Antoine, de 
St-Valentin, celui de gauche de Ste-Gatherine et de Ste-Barbe. On 
y trouve des statues modernes du Sacré-Cœur, de Ste-Marie et 
de St-Antoine. 

A l'extérieur, du côté droit de l'église se trouve une pierre avec 
des armoiries en relief et l'inscription suivante : QVAND DIEV 
VOVDRA. Ces armoiries sont accolées 1° d'or à la fasce d'azur 
chargée de 3 coquilles d'or accompagnée en chef de trois merlettes 
de sable et en pointe de deux couleuvres de même posées en sautoir 
et adossées de même, ce sont celles des seigneurs de Cobreville et 
de Guirsch. S** d'azur au lion rampant d'argent qui sont celles de 
Girsch d'où est venu Guirsch par corruption. 

J.-B. SiBENALER. 



. — -— Sû£%()sS2Ap=^'~ — 



iz cimetière romain d'yirlon 

(ilieu dit )<ochêericht) 



(Suite) (Voir page 171) 

Aux découvertes déjà signalées du cimetière romain d'Arlon, il faut ajouter 
celle d'une tombe récemment trouvée au même endroit. Elle contenait une petite 
fiole à parfums, dite lacrymatoire, d'une finesse extraordinaire et d'un coloris 
brun-clair. — Des cendres remplies d'ossements calcinés, produits de crémation. 

On a aussi trouvé une patère (paterae) en fine poterie rouge, portant le sigle 
du fabricant. Le commencement est seul lisible I I ... I , le milieu de 
l'inscription est resté dans le cachet au moment de l'impression. Dans le fond se 
trouve une double rainure dont le dessin est guilloché au moyen de petits traits 
cursifs faits avant la dessication de la pâte céramique. 

La patère ressemble à une soucoupe et servait à contenir des liquides ; elle 
était employée plus spécialement pour faire des libations. On versait le vin 
dans la pateradi'où. on le répandait sur la tète de la victime, soit sur l'autel. 

Sur un groupe figurant sur la colonne de Trajan on voit à droite Trajan tenant 
de la main droite une paiera. 

Sur l'ara de Virton du musée d'Arlon se trouve un personnage versant d'une 
paiera le sang de la victime sur un petit autel placé à sa droite. 

On voit que la trouvaille est assez importante et que j'avais raison de dire que 
d'autres découvertes ne tarderaient pas à se produire. D'autre part, mon hypo- 
thèse concernant l'existence du véritable cimetière romain d'Arlon au Hochge- 
richt se confirme de plus en plus et l'avenir nous réserve, sans doute, d'autres 
surprises. 



Au moment de clôturer cette liste déjà longue dont on trouvera le commence- 
ment à la page 171 des présentes annales, de nouveaux objets ont été décou- 
verts. J'ai pu ouvrir une tombe presque intacte d'un enfant. 



278 — 



Voici rénumération du mobilier de cette tombe 
Trois grands plats avec les sigles suivants : 



BOLLl 



VOATI 



VOCAR 



OIIANIA 



Un de ces plats est noir les autres, sont rouges. 

i bol en poterie rouge vernissée. 

1 bol id. rempli de clous. 

Ces clous ont servi d'amulettes ou de préservatifs contre le haut mal ou la 
fièvre (selon Pline). 

1 grande sous-coupe en poterie rouge . 

1 fiole (petite amphore). 

Un fragment de lampe. 

Des fragments d'une boule en verre ayant servi de miroir. — On constate une 
trace d'étain permettant encore de se mirer. 

1 fiole à parfums en verre filé. 

1 monnaie très fruste (l'obole à Caron pour payer le passage du Styx). 

1 petit biberon (celui de l'enfant). 

Ce bagage de tombe est complet et la tombe elle-même est reconstituée dans 
une case du musée archéologique. 

Un des objets les plus importants de la trouvaille du Hochgericht est certai- 
nement un grand vase en belle poterie rouge vernissée ayant la forme d'un 
grand calice. 

On peut en faire un rapprochement, en ce qui a trait aux sujets qui y sont 
représentés, du gobelet en argent trouvé, en 1895, à Bosco Reale au pied du 
Vésuve : ce gobelet est aussi orné de squelettes comme celui d'Arlon et dans 
l'idée payenne, il signifie « bois aujourd'hui car la mort t'attend peut être 
demain ». 

Le nôtre, au contraire, a dû servir de mobilier de tombe, car il y a non seu- 
lement des squelettes mais encore des joueurs de cornemuse, au type grec, qui 
jouent la danse macabre de la mort et font penser aux danses macabres de 
Holbein ! 

Le haut du vase est parsemé d'oiseaux qui volent dans toutes les directions. 

Ils reproduisent les memnonides, oiseaux qui naquirent du bûcher de Mem- 
non, fils de Tithon et d'Eos. — On en connaît la légende : La mère du héros 
avait supplié Zeus de le rendre immortel. Quand le bûcher fut consumé, on vit 
sortir des cendres une foule d'oiseaux qui firent trois fois le tour du bûcher en 
poussant le ir.écne cri ]-]ciiiil)f ; luis ils s'attaquèrent et s'entreluèrent jusqu'au 




M. Sibenalcr. 



VASE AXTTQUE 

AVEC JOUEURS DE CORNEMUSE, SQUE[,ETTES, OISEAUX, TORTUES ET GÉNIES 
TROUVÉ AT" CIMETIÈRE RO^L^lIN DARLON (LIEU DIT HOCHGERICHT) 



— 279 — 

dernier faisant de leur sang une libation en l'honneur du héros. Ces oiseaux 
étaient, dit-on, les compagnons de Memnon. Tous les ans, au jour anniversaire, 
ils reparaissaient autour du tombeau pour se lamenter et se battre. 

Vers le bas du vase se trouvent des génies (représentation de l'âme ou du 
principe vital), au-dessus desquels s'étendent des voiles. Les Romains croyaient 
aux génies et aux fantômes (Histoire du fantôme de Brutus.) 

Chaque action était dictée à l'homme par son génie particulier. Il y avait des 
bons et des mauvais génies; c'est ainsi que Brutus et Gassius au moment de leur 
suprême défaite, virent leur mauvais génie. 

A Rome on rendait un culte aux génies individuels et aux génies locaux. 

Dans l'iconographie, les génies, les enfants ailés, légers, gracieux, jouent dans 
les compositions allégoriques ou mythologiques, le même rôle que les anges dans 
les sujets religieux. 

Au musée lapidaire d'Arlon, on voit des génies traînant des bandelettes et des 
guirlandes de fleurs. — Sur une pierre ayant servi de couronnement à un mau- 
solée, figurent deux génies qui caractérisent l'automne et l'hiver. 

Le dessin du bord du vase est constitué par une quantité de tortues. 

La tortue (testudo), figure sur une monnaie d'Egine et sur le drachme, mon- 
naie d'argent des Grecs. Sa présence sur un vase funéraire doit être attribuée à 
la légende de la mort d'Eschyle. D'après une anecdote que rapportent Pline, l'an- 
cien, Valêre Maxime et Suidas, Eschyle aurait péri par la chute d'une tortue 
qu'un aigle avait enlevée et fait tomber du haut des airs sur le crâne du poète 
pour la briser. 

D'autre part, on prétend que la légende de la tortue d'Eschyle, n'est qu'une 
fable ridicule, mais on se demande pourquoi cet ornement composé d'une série 
de tortues plutôt que d'autres sujets. 

Dans tous les cas, leur présence sur les drachmes grecs et sur une monnaie 
d'Egine est bien constatée. On la trouve aussi sur une monnaie du Péloponèse(l). 

Sur un grand plat portant la double marque d' SSI N .V se trouvaient 
deux grands couteaux de sacrifice dans le genre de ceux dont le dessin est repro- 
duit sur un cippe funéraire d'un cultrarius provenant de Gapoue. 

La moitié du plat avec deux inscriptions existe .encore, plus un bout de chaîne 
de la gaîne et un anneau de bronze qui réunissait les deux bouts à la ceinture de 
celui qui portait les couteaux. 

On conserve des couteaux de ce genre aux musées de Rennes et de Melun. 

Chez les Romains on se servait aussi de différents couteaux pour égorger les 
victimes et pour les dépecer. On peut remarquer parmi les instruments de sacri- 



(1) Manuel de numismatique ancienne par A. de Bartliélemy — Atlas pi. 1", n» 10. 



- 260 — 

fices, gravés quelques fois sur les monnaies par allusion à des fonctions sacerdo- 
tales, un couteau qui s'éloigne peu par sa forme de celui des Grecs. On le retrouve 
généralement aux mains des sacrificateurs. 

Les couteaux trouvés au hochgericht sont bien ceux du cultrarius qui assis- 
tait le prêtre pendant le sacrifice. Gomme l'indique son nom il enfonçait le cou- 
teau dans la gorge de la victime ; on a voulu le distinguer du popa qui abattait 
l'animal d'un coup de hache ou de maillet. 

On a trouvé précédemment deux pièces de monnaies au hochgericht^ mais 
elles sont absolument frustes et indéchifir'ables, cependant on vient d'en trouver 
une troisième portant la tête laurée d'Auguste (Gaius Julius Csesar Octavius), 
premier empereur romain, connu d'abord sous le nom d'Octave, Il naquit à Rome, 
63 ans avant Jésus-Christ et mourut en l'an 14 de notre ère. 

L'avers de cette monnaie est assez fruste également, sauf le type du fondateur 
de l'empire qui est bien conservé. L'inscription est difficile à lire et on hésiterait 
peut-être à l'attribuer à Auguste, si le revers n'était pas là pour éviter tout 
doute. En effet, on y lit distinctement ROM. ET. AVQ. et on remarque l'au- 
tel de Lyon entre deux victoires qui décernent des couronnes. 

Or, ce revers est décrit par Mionnet (page 113), qui l'attribue à Auguste et 
l'indique comme suit : ROM. ET. A VG. autel de Lyon entre deux victoires. 

On sait qu'à Lyon, près de l'autel de V empereur, Auguste, Claude et 
Caracalla, célébrèrent les grandes assemblées provinciales de la Gaule, le conci- 
lium Galliarum. 

Il n'y a donc pas de doute possible et l'on se trouve bien en présence d'une 
pièce d'Auguste qui donne une date approximative au cimetière du hochgericht 
d'Arlon et le fait remonter au l^'' siècle de notre ère. 

Dans la nouvelle édition Larousse, l'auteur du grand dictionnaire publié sous 
la direction de Claude Auge, donne en gravure, la même monnaie que celle 
trouvée au hochgericht, mais l'avers est complet et porte CAESAR A VOVS- 
TVS ' DIVI ■ P ' PATER ■ PATRIAE, le revers est exactement le même 
que celui de notre pièce : ROM. ET. AVO.^ l'autel de Lyon entre deux vic- 
toires décernant des couronnes. 

Cette monnaie précieuse pour nous et le classement de nos collections se trou- 
vait en compagnie d'une grande patère noire au sigle de | BINIO \ , d'une fibule 
à ressort en bronze, de deux grosses perles en verre (1 et 1/2 cm. de diamètre) 
et de la moitié d'un disque de miroir (spéculum) en cuivre mélangé d'étain. 

A peu de distance de cette trouvaille, j'ai recueilli une coupe en poterie rouge 
dont le bord est orné de feuilles de liseron. Pline, l'ancien, décrit cette plante et 
lui attribue des vertus curatives. Ces feuilles figurent aussi dans les inscriptions 
épigraphiques comme points séparatifs. Il y en a plusieurs sur les pierres tom- 
bales du musée d'Ailon (voyez les n'^ 9 et 28 de mon Guide du musée lapidaire 



— 281 - 

romain cVArlon). Sur les poteries on les trouve aussi comme points scparatifs 
V <:^ 0<C> F (valeat qui fecit). 

On les distingue facilement par le pédoncule qui est vivement replié à l'extré- 
mité dont il forme un crochet. 

Au verso de cette coupe il existe une inscription cursive faite à la pointe 
d'une aiguille. 

Les découvertes continuent, les objets sont épars, car ainsi que je l'ai dit pré- 
cédemment, le terrain a été nivelé pour le mettre en culture à une époque que je 
ne puis préciser. 

J.-B. SiBENALER. 



Union de la Presse périodique belge. 



Le deuxième Congrès de la Presse périodique belge a tenu ses assises à Ostende 
du 14 au 17 juillet 1906, sous la présidence d'honneur de M. Jules Lejeune, 
Ministre d'Etat, et la présidence effective de M. Octave Maus. 

Le Congrès, ayant pris connaissance des rapports spéciaux de MM, Charles 
Didier, Lhoest, Louis Stainier, Joseph Klodt et Jean Dumont, adopte les résolu- 
tions suivantes : 

A. Au point de vue matériel : 

1 . — Il y a lieu d'apporter les soins les plus attentifs à la présentation matérielle 

des périodiques, aspect extérieur et toilette. Une publication agréable aux 
yeux et au toucher prédispose favorablement l'esprit à apprécier les idées 
qui y sont exposées. Il y a lieu tout généralement de porter l'attention sur 
le choix des caractères qui doivent être très lisibles et répondre aux desi- 
derata exprimés par les hygiénistes de la vue, sur la bonne ordonnance de 
la composition, sur le fini de l'impression, la bonne qualité du papier et la 
beauté des illustrations. 

2. — Eu égard à la facile altération et à la destruction rapide de beaucoup d'es- 

pèces de papier en usage aujourd'hui, il y a lieu d'engager les fabricants de 
papier à produire un papier réunissant les avantages du papier couché sans 
en avoir les inconvénients, tant au point de vue de la résistance que de la 
teinte, un papier trop blanc étant reconnu nuisible à la vue. 

3. — En vue de faciliter la conservation des périodiques dans les bibliothèques, 

de mieux les utiliser par voie de découpage pour former des répertoires et 
dossiers de documentation, de rendre possible l'échange et la vente de cli- 
chés (gravures et textes), il est désirable de voir unifier autant que possible 
le format des périodiques. Cette unification, tout particulièrement désirable 
pour les Bulletins de sociétés scientifiques, devrait se faire par groupes de 
revues traitant de matières similaires : Revues littéraires, revues artis- 
tiques et scientifiques, revues industrielles, revues illustrées, revues spor- 
tives, revues de modes, etc. 



— 283 — 

B. Au point de vue Mbliologîque : 

1. — Il est désirable de faciliter l'utilisation des périodiques pour la formation 

de répertoires et de dossiers de documentation, en isolant les différents 
articles d'un même fascicule, de manière à pouvoir les détacher et les clas- 
ser séparément sans détruire ni texte, ni illustration. 

2. — Il y a lieu d'apporter le plus grand soin à la désignation claire des fascicules 

successifs des publications périodiques. La numérotation doit être attenti- 
vement observée et la pagination des fascicules destinés à former un même 
volume après reliure, doit être continue. 

3. — Il est désirable de voir donner aux articles des périodiques des titres suffi- 

samment explicites pour que les lecteurs soient avertis, à leur seul examen, 
de l'objet dont ils traitent. 

4. — Il y a lieu de tenir compte des desiderata et des règles formulés par les 

Congrès bibliographiques dans la préparation des tables et des sommaires. 
Il est désirable notamment de voir publier annuellement, pour chaque 
périodique, une table alphabétique par noms d'auteurs et une table systé- 
matique des matières, complétées, s'il y a lieu, par une table des illustra- 
tions. Il est désirable aussi de voir les diverses tables annuelles refondues 
en table générale tous les cinq ou dix ans. 

5. — Il est désirable de voir imprimer sur la première page de la couverture du 

périodique, ou en tête s'il n'a pas de couverture, le sommaire des articles 
contenus dans le fascicule, suivi éventuellement d'une brève analyse du 
contenu. Toute impression de la suite du texte sur la couverture elle-même, 
quand la place fait défaut sur la dernière page du fascicule, doit être soi- 
gneusement évitée. 

Ces conclusions sont adoptées à l'unanimité, au milieu des applaudissements 
de l'assemblée. 



VARIA. 



Histoire de la commune de Gérouville par l'abbé N.-J. Lenoir^ curé de 
Habay-la- Vieille, Membre de V Institut archéologique du Luxembourg. 
Namur. Delvaux, rue de la Croix, 23-25, 1905. 120 pages. 

L'auteur de cet opuscule a publié, en 1890, dans les Annales de l'Institut 
ARCHÉOLOGIQUE DU LUXEMBOURG, Communcs Luxcmbourg eoiscs , arron- 
dissement de Virton, p. 141-182 une notice sur Gérouville, faite surtout en 
vue de grouper les documents historiques fidèlement extraits des archives 
locales ou des dépôts publics. Les sources y sont toujours indiquées. 

Aujourd'hui il a voulu faire œuvre d'historien en même temps d'écrivain et, 
d'un style suivi, il a fait parler ces documents et reconstitué l'histoire de cet 
important village et de ses alentours. 

Et il y a réussi. 

Le 19 juin 1899, le R. P. GofRnet de la Compagnie de Jésus, un de nos plus 
anciens et regrettés collaborateurs, l'historien des Comtes de Chiny, écrivait à 
l'auteur : 

« Votre notice sur Gérouville doit avoir un très-grand mérite. Car, après 
« l'avoir déjà lue en manuscrit, je l'ai cependant relue tout entière, sans rien 
« passer, avec plaisir, avec attrait. Je vous en félicite et vous remercie bien 
« sincèrement. N'en restez pas là, Habay est aussi entouré d'anciens débris. 

C'est une appréciation que nous n'hésitons pas à faire nôtre, ainsi que le con- 
seil qui en est la conclusion. 

Nous sommes heureux en outre de voir que l'espoir que nous émettions en 
commençant la publication des Communes Luxembourgeoises se réalise 
pleinement et que de ce vaste réservoir de documents sauvés de l'oubli, sortira 
une véritable efïlorescence de monographies qui achèveront de faire renaître 
le passé lointain de toutes les parties de la province. 

Le 31 mars 1906 M. le Docteur Jacques de Florenville nous écrivait : « dest 
de la publication de ce grand ouvrage que date la résurrection des 
études archéologiques dans notre pays. » 

Notre but est atteint et nous n'en demandons pas davantage, répétant une fois 
encore ce que nous disions en 1888 dans la préface des Communes Luûcem- 



— 285 — 

bourgeoises : Cette œuvre, je le sais d'avance^ sera incomplète et présen- 
tera des inexactitudes, parfois des opinions naïves ; elle aura le mérite 
de conserver tous les documents que f aurai pu me procurer sur Vétat 
ancien de nos villages, sur les souvenirs, les traditions, la manière de 
voir populaires, et elle permettra à chacun d'apporter sa pierre à l'édi- 
fice et de le faire ainsi avancer vers son couronnement ; je suis persuadé, 
en effet, que cette publication fera revenir au jour bien des documents 
qui dortnent dans la poussière des vieilles bibliothèques privées. 

— Pendant la même année 1905 et chez le même éditeur, M. l'abbé Lenoir a 
publié un très utile Liber Memorialis des paroisses du Diocèse de Namur, 
Méthode simple et pratique où ses confrères trouveront un guide sûr pour la 
tenue du registre où, en vertu des « Décréta el Monita » pubhé le 9 février 
1904 par Mê'' Heylen, Evêque de Namur, ils doivent noter jour par jour, tous 
les faits paroissiaux dignes de passer à la postérité, comme aussi tous les ren- 
seignements qui pourront être nécessaires ou utiles à leur successeur. 

Gomme on le voit, les souhaits que nous formions en 1888 se réalisent petit-à- 
petit : J'ai préparé quelques matériaux; qu'une main plus habile con- 
struise l'édifice. 

Emile TANDEL. 



Nécrologe. 1905-1906. 

Plusieurs morts ont marqué tristement l'exercice 1905-1906 : 

M. Léon Michel, secrétaire-trésorier du bureau administratif de l'Athénée de 
Bruxelles, né à Bellefontaine le 21 fév. 1857, mort à Tintigny le 13 janv. 1906. 

M. Joseph Laurent, directeur à l'administration provinciale du Luxembourg, 
né à Arlon le 25 août 1841, y décédé le 10 février 1906. 

M.Jules de Durand de Prémorel, rentier, né à Longwy le 23 septembre 1833, 
morl à Rochefort le 27 mars 1906. 

M. Gustave Jottrand, avocat, ancien membre de la Chambre des Représen- 
tants, moil à Bruxelles en juin 1906. 




M. Eugène Jacques 

M. Fugène Jacques, Docteur en médecine, Bourgmestre et Conseiller provin- 
cial de Ploren ville, un de nos collaborateurs les plus érudits, de nos membres 
les plus dévoués ; né à Latour le 13 novembre 1848, décédé à Florenville le 
11 juillet 1906. 

M. Jacques, qui a toujoui'S prêté à l'Institut archéologique son concours le 
plus précieux et l'appui de son influence au Conseil provincial, avait écrit, 
notamment, dans les Communes Luxembourgeoises les notices sur Floren- 
ville et sur Latour. 

Nos regrets et nos souvenirs le suivront toujours. 

M. Louis Hubert, Secrétaire communal à Ste-Marie, décédé le 27 septembre 
1906, âgé de 53 ans. 

M. Hubert avait été un de nos collaborateurs pour la rédaction des Commu- 
nes Luxembourgeoises et c'est à lui que nous devions une grande partie de la 
notice sur la commune de Ste-Marie. E. T. 



Dons en 1905-1906. 



M. Ed. Liégeois, à Hollogne-aux-Pierres. — Histoire du Comté de Namur, 
par le Père de Marne S. J, Liège-Bruxelles 1754. 

Id. Exposition des Anciennes Gildes à Liège. 1900. — Catalogue-Office. 

Id. des Dinanderies à Dinant. 1903. Id. 

Id. Documents pour servir à l'Histoire des Prix de 1380 à 1794 par 

H. Van Houtte. 

Madame Clément-Tînant. — Dictionnaire du Jardinier, ouvrage traduit de 
l'anglais, sur la 8^ édition de Philippe MuUer, T. I à VHI — à Paris 
chez Guillot, libraire de Monsieur, rue St-Jacques, vis-à-vis celle des 
Mathurins — 1795. 

M. Deruette, géomètre du cadastre, à Habay-la-Neuve. — Sceau en cuivre 
portant : Gouvernement général des Bas et Moyen Rhin. — Mairie de 
Habay-la-Neuve. 

M. J,-B. SiBENALER. — Vascs, potcries, armes, provenant du cimetière 
romain du Hochgericht lez Arlon. 

M. Fr. Loes. — Die rœmischen Ansiedlungen in der Umgegend von Arel, von 
Pfarrer Loes aus HondeUngen. 

Blum Martin, — Das Collegium Germanikum zu Rom und dessen Zœglinge aus 
dem Luxemburger Lande. — Luxemburg, Worré-Mertens, in-S", 164 
Seiten. Ext. de 0ns Hemecht, 1879. 

^ Beitrsege zur Litteraturgeschichte des Luxemburger Dialektes, oder : 
die hauptssechlichsten schriftstellerichen Erzeugnisse in diesem Dia- 
lecte. It. 1899, I Heft, 152 S. 

— Geschichtlicher Riickblick auf die im Groszherzogthum Luxemburg 

bisher erschienenen Zeitungen und Zeitschriften. It. 1899, I Heft, 
1865, 1001, H Heft 186-370 S. 

— Miscellanea, oder : Kleinere Aufsaetze vermischten Inhaltes. It. I Heft 

1899, 80 S. 

— Compte-rendu du XIV^ Congrès de la Fédération archéologique et his- 

torique de Belgique. Session d'Arlon 1899. It. 1899, 42 pages. 

— Edmund de la Fontaine (genannt Dicks) unser Nationaldichter. Bio- 

graphische u. Litterar-historische Studie. It. 1897 II Theil 50 S. 



— 288 — 

— Notice biographique sur feu Monsieur Claude-Auguste Neyen, avec 

portrait. It. 1902, 64 pages. 

— Und Kuborn Heiiirich-Osperen in réitérer und neuerer Zeit. Ein kurzer 

Beitrag zur kirchlichen u. biirgerlichen Geschichte dieser Ortschaft. 
It. 1903. 170 S. 

— Nachruf an den hochw. P. Mich. Eigrang. G. SS. R. Luxemburg, 

Paulus Gesellschaft, 1900, in-18, 8 S. 

— Dem Andenken an den hochw. P. Joh. Wilh. Bœver, G. SS. R. Lux. 

Paulus Gesellschaft, 1900, in-18, 16 S. 

— Nekrologische Skizze iiber den hochw. P. Petrus Zimmer, G. SS. R. 

Luxemburg, Paulus Gesellschaft, 1901, in-18, 12 S. 

— Verzeichnis in chronologischer Reihenfolge, der uber das Gnadenbild 

derTrœsterin der Betriibten von Luxemburg verœffentlichten Druck- 
schriften, Luxemburg, Paulus Gesellschaft, 1902, in-18, 75 S. 

— Ein Besuch des Kirchweihfestes von Hostert, mit etlichen geschicht- 

lichen Excursen iiber dièse Ortschaft, Luxemburg, Paulus Gesellsch., 
1904, in-18, 30 S. 

— Bibliographie Luxembourgeoise ou Catalogue raisonné de tous les ou- 

vrages ou travaux littéraires publiés par des Luxembourgeois ou 
dans le Grand-Duché actuel de Luxembourg. Luxembourg, Bourg- 
Bourger 1902, in-8°, Première partie, les 4 prem. livraisons, A.-J. 
496 pages. 

MuNCHEN, DoMiNiK CONSTANTIN. — Versuch einer kurzgefassten Statistisch- 
Biirgerlichen Geschichte des Herzogthums Liitzelburg zum Ge- 
brauche der in Liitzelburg studierenden Jugend. Un ter Mitwirkung 
mehrerer Geschichtsforscher, mit zahlreichen Verbesserungen und 
Zussetzen versehen, zum ersten Mal herausgegeben von Martin Blum. 
Luxemburg, Peter Worré-Mertens, 1903, in-S", 463 S. 

M. Noël, Bourgmestre de la commune de Ville rs-devant-Orval. — Une monnaie 
en cuivre de Henri de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon au millé- 
sime de 1613. Au revers : SVP • PRINGEPS • SEDANENSIS • et 
les armoiries de la Tour d'Auvergne. 

Joëlle Mathelin (Emma) de Bastogne, nous a fait don pour le Musée delà pierre 
tumulaire de Jean-Bernard de Rochefort de Bastogne (1684) jusqu'à 
présent déposée dans le jardin de la Maison Forte. 

Cette pierre, qui pèse 1800 kilos, représente un personnage couché, vu 
de face, la tête vers le haut de la pierre, les mains jointes pour la 
prière, son épée passant obliquement sous lui ; sous ses pieds, sont 
figurés : à dextre, ses gants, posés en sautoir ; à senestre, son cas- 
que. Il est cantonné de quatre écus ; sous le tout, l'épitaphe. 



— 289 — 

La disposition générale delà pierre peut être représentée schématiquement 
comme suit : 

ECU I. ECU III. 

Personnage. 

Ecu II. Gants. Casque. Ecu IV. 

Épitaphe. 

L'épitaphe est conçue comme suit : 

GY GIST NOBLE PERSONNE LE S"" lEAN-BERNARD DE ROGHEFORT 
DÉGÉDÈ LE 27 APVRIL 1684. REQVIESGAT IN PAGE AMEN. 

Les armoiries figurées dans les quatre écus sont les suivantes : 

I. — Ecartelé : aux 1 et 4, à un lion ; aux 2 et 3, à une fasce, accompagnée 
de 3 merlettes en chef et d'un croissant en pointe. 

II. — A quatre lions, au franc-quartier à un arbre sur une terrasse. 

m. — A une fasce, accompagnée de 3 merlettes en chef et d'un croissant 
en pointe. 

IV. — A une fasce, accompagnée de 3 roses ou quintefeuilles, 2 en chef, 
1 en pointe (1). 

G'est par l'intermédiaire de notre si dévoué collaborateur, M. Jules Vannérus, 
que ce présent important nous a été fait. 



M. Probst, horticulteur à Arlon, une taque de cheminée aux armoiries de 
Philippe II d'Espagne et à sa devise : Dominus mihi auditor. 

Ge don a été fait au Musée par l'intermédiaire de M. le Bourgmestre Ensch- 
Tesch. 

A lui comme à tous les généreux donateurs nous adressons encore une fois 
nos meilleurs remerciements. E. T. 

P. S. Au moment de mettre notre dernière feuille sous presse, nous recevons 
l'avis que l'administration communale de Musson nous envoie pour le Musée 
une pierre tombale et un petit édicule fort curieux provenant de la démolition 
de l'ancienne église. 

Nous ne pourrons en donner la description que dans le volume de l'an pro- 
chain et devons, pour le moment, nous borner à adresser au conseil communal 
de Musson tous nos remerciements. 



(1) Voir notice de Jules Vannérus sur Jean Bernard de Rochefort, Annales Inst. arch. 
du Luxembourg^ T. XXXVII, 1902, p. 285. 



Table des matières 1906. 



s. A. R. Monseigneur le Prince Albert de Belgique, membre protecteur de 
l'Institut. 

Liste des Membres de la Société 1906 vu à xii 

R. P. Ooffinet. L'ancienne abbaye de Glairefontaine, suite . . 1-31 

Jules Vannérus. Le manteau de cheminée du château d'Autel . 32-35 
Id. Les familles Luxembourgeoises au chapitre no- 
ble de Ste-Waudru à Mons 36-101 

E. T. La procession de la fête-Dieu à Bleid, le 8 juin 

1890 102 

J.-B. Sibenaler. Têtes de pipes 103-105 

J. Helbig. Le catalogue illustré des pierres romaines du 

Musée 106-108 

Emile Tandel. Exposition de Liège. Diplôme de grand prix en 

collectivité 109 

Schaudel. La seigneurie de Breux, 1*^^ partie 111-153 

Emile Tandel et J.-B. Sibenaler. Le Musée de l'Institut archéologique 

à Arlon. Historique. Musée de peinture et 
des Beaux-Arts de l'Institut 155-170 

J.-B. Sibenaler. Trouvaille d'objets de l'époque Gallo-romaine 

à Arlon 171-174 

Id. Découverte de pierres armoriées du XV® siècle. 175 

Chanoine Am. de Leuze. Seigneurie de Ville 177-189 

E. Liégeois. Formalités en 1799 pour la levée du cadavre 

d'un inconnu à Tintigny 190-192 

Id. Addition au Gartulaire du Pont d'Oye des Com- 
munes Luxembourgeoises 192-194 

Chanoine Am. de Leuze. Fiefs du comté de Laroche (suite) . . . 195-214 

Jules Vannérus. La charte de fondation de Gérouville, juill' 1258. 215-218 

F. Loes. Le fortin du Kasselknap 219-225 

»» Inventaire des Documents Vannérus apparte- 
nant à l'Institut archéologique du Luxem- 
bourg, r« série 226-234 

E. Liégeois. La Justice seigneuriale de Villemont .... 235-250 

E. T. Un bulletin d'élection à Arlon en 1827 ... 251 



Emile Tandel. 

Id. 
J.-B. Donret. 

J.-B. Sibenaler. 
Id. 

M 

Emile Tandel. 
Id. 
Id. 



— â92 — 

Addition aux Communes Luxembourgeoises. 

Le prieuré de Longlier 252-253 

La maison castrale du Fief de Florenville . . 254-255 
La Presse Luxembourgeoise, rectifications et 

additions 257-273 

Guirsch 274-276 

Le cimetière d'Arlon. Lieu dit Hochgericht. . 277-281 

Union de la presse périodique belge .... 282-283 

Varia. La commune de Gérouville .... 284-285 

Nécrologe 1905-1906 286 

Dons id. 287-289 



PLANCHES. 



\ 



Portrait de S. A. R. M^'' le Comte de Flandre. 

Ruines de Clairefontaine. 

La procession de la Fête-Dieu à Bleid. 

Têtes de pipes. 

Armoiries des Briey et Breux. 

Château de Ville. 

Charte de fondation de Gérouville. 

Eghse de Guirsch. 

Fonts baptismaux de l'église de Guirsch . 

Vase antique trouvé au cimetière romain d'Arlon 

Portrait du D' Eugène Jacques, de Florenville. 



/ 





IIST 



m 



m 




j 




E 



DU 



LUXEMBOURG. 



ANNALES. 



N.B. L'Institut n'est responsable d'aucune des idées et des opinions émises par ses membres : 
il se borne à les publier, lorsque les documents lui paraissent dignes de voir le jour. 



nmj 



ANNÉE 1907. 



Prix : 8.50. 




Arlon. — Imprimerie & LiTHOGRAPfflE F. Bruck. 

1907 





ETdKiXE JACQUES 

DOCTEUR EN MÉDECINE 

HOURGMESTRE ET CONSEILLER PROVINCL\L DE FLORENYILLE 

MEMBRE Sl'I'PLÉANT DE LA CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS 

NÉ A LATOIR LE 13 NOVEMBRE 1848 
DÉCÉDÉ A KLORENVILLE LE U JUILLET 1906 




T 




DU 



LUXEMBOURG. 



->— r=n5=r"=^ 



L'Institut arcliéoio(fiqiie du Luxembourg 

publiera dans ses prochains volumes : 



Chanoine de Leuze. 
J.-B. Douret. 

Id 
J. Vannérus. 

Id. 

Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 

Id. 

Id 

Id 
D"^ Lomry. 
Laloire. 

E. Liégeois. 
Id. 
Id. 

J -B. Sibenaler. 

Id. 



Jacob. 
Felsenhart. 
J. Fréson. 

Loes. 

Id. 

id. 



B°' Orban de Xivry, 

sénateur. 

AbbéN. Tillière. 
Don Ursmer Berlière. 



Les Fiefs du Comté de Laroche (suite;. 

8^ supplément aux noticesdes écrivains luxembourgeois. 

Matériaux pour la bibliographie du Luxembourg. 

Le cartulaire Nothomb. 

Documents luxembourgeois des archives de l'Etat à 

Mons (fin) 1426-1789. 
Notice sur Roumont. 

Note sur une pierre tombale de la famille du Faing. 
Note sur le bureau des postes de Marche au XVIIF siècle. 
Analyse des archives du château de Ste-Ode. 
Table systématique des Tomes I à XLI des annales de 

l'Institut (1847 à 1906). 
Les d'Argenteau, à propos d'un livre récent. 
Le Doyenné de Bastogne, en 1602. 
Relevé des Lîeux-Dits toresiiers du Luxembourg belge. 
La commune de Bovigny. 
Note sur les médailles Luxembourgeoises des Musées de 

Bruxelles. 
Compte de la recette de Chiny pour l'année 1378-1379. 
Notice historique sur la seigneurie de Villemont. 
Tintigny pendant la période révolutionnaire et sous la 

domination française. 
Catalogue illustré des Taques du Musée archéologique 

d'Arlon. 
Manuscrit encore inédit ., à propos de la querelle du 

Magistrat d'Arlon avec le R. P. Bertholet au sujet 

de 1 elymologie d'Arlon ". 
Documents historiques. 
Notes biographiques. 
Dom Nicolas Spirlet, dernier abbé du monastère de St- 

Hubert. 
L'église de St-Donat'et le couvent des capucins à Arlon. 

Hier-Aujourd'hui. 
Etablissements romains de l'arrondissement d'Arlon avec 

la carte archéologique de la circonscription. 
Catalogue de la bibliothèque de l'Institut archéologique 

du Luxembourg, supplément. 
La chapelle de St-Hubert à la Gonverserie. — 2* partie. 

Histoire de Jamoigne, l""^ partie. 

Frédéric de Laroche, évèque d'Acre et archevêque de Tyr. 



i 



m 



m 



rr 



lllJ 

DU 



i 



OUI 



LUXEMBOURG, 



ANNALES. 



IN.B. L'Institut n'est responsable d'aucune des idées et des opinions émises par ses membres ; 
il se borne à les publier, lorsque les documents lui paraissent dignes de voir le jour. 



ANNEE 1907 



Prix : 8.50. 



..-H- 




4+- 



Arlon. — Imprimerie & Lithographie F. Bruck. 

1907 



Liste des Membres de la Société. 



1907. 



s. A. R. Mer \q Prince Albert de Belgique, membre protecteur. 
S. A. R. Madame la Comtesse de Flandre, membre effectif. 
M. le Comte de Briey, gouverneur, président d'honneur. 

Bureau. 

MM. Tandel, commissaire d'arrondissement, à Arlon, président, élu membre 
effectif le 25 août 1873. 
Sibenaler, conservateur du Musée. 
A. HoUenfeltz, avocat, secrétaire. 
Loes, curé, bibliothécaire. 

Comité permanent. 

MM. Tandel, Fabritius, HoUenfeltz, Sibenaler et J. Vannérus. 

Membres effectifs. 

Arlon (Administration communale). 

Arlon (Bibliothèque de l'Athénée). 

MM. Altenhoven, professeur à l'Athénée royal d' Arlon. 

Arend, juge de paix à Arlon. 

Barbanson Adrien, château du bois d'Arlon. 

Bergh Albert, agent de la Banque Nationale à Neufchâteau. 

Bergh L., notaire à Neufchâteau. 

Bernays, avocat. Avenue Van Eyck, 33 à Anvers. 

Bertrand, juge de paix à Vîrton. 

Birnbaum, professeur à l'Athénée royal d'Arlon. 

Bockholtz, ingénieur principal des mines à Namur. 

Braffort, directeur général au ministère de l'agriculture à Bruxelles. 

Bribosia, commissaire d'arrondissement à Bastogne. 

Bourguignon, notaire à Marche. 

Brlick, éditeur à Arlon. 



— II — 

MM. du Bus de Warnaffe, juge au tribunal de Tournai. 

Gahay 0., agréé à l'Université de Liège, rue de Berghes 7, Liège. 

Gaprasse, greffier provincial à Arlon. 

Garly, juge de paix à Florenville. 

Casier J., artiste peintre-verrier, cons. c^', rue des Deux Ponts 3, Gand. 

Charles, secrétaire de la Société agricole à Arlon. 

Clément, notaire à Neufchâteau. 

Colliez, père, docteur en médecine à Longwy-Bas. 

Gordier A., conseiller communal à Tintigny. 

Cupper, architecte provincial à Bastogne. 

Dauby, docteur en médecine à Tintigny. 

Delvaux H., membre de la Chambre des Représ., Place St-Pierre, Liège. 

Démal (R. P.), Recteur des Jésuites à Arlon. 

Déome J., avocat et bourgmestre à Neufchâteau. 

Déome Gh., 1®'' commis au Min. des finances, rue d'Irlande 98, à Bruxelles. 

Déome Jules, lieut. au 9° de Ligne, rue St-Bernard 169, St-Gilles-Bruxelles. 

Devolder, sénateur, rue de Trêves 53, Bruxelles. 

Dewez-Decat, ingénieur à Fontaine-l'Èvêque. 

Didier, curé à Bleid. 

Dubois, curé pensionné à Barnich. 

Dordu (Madame), rentière à Ethe. 

Dordu Fabien, docf en médecine à Genève, Petit Sacconex. La Fauvette. 

Eischen, docteur en médecine à Arlon. 

Ensch-Tesch, avocat et bourgmestre à Arlon. 

Ensch Fritz, docteur en droit à Arlon. 

Ernould, instituteur communal à Jamoigne. 

Fabritius, professeur à l'Athénée royal d'Arlon. 

Famenne, docteur à Florenville. 

de Favereau, conseiller provincial à Grandhan. 

Finet, sénateur. Avenue des Arts, Bruxelles. 

Florenville (Administration communale). 

Forget J., professeur, rue Marie-Thérèse, 110, Louvain. 

François, inspecteur provincial des contributions à Arlon. 

Fréson J., conseiller honor. à la Cour d'appel, rue Ste-Marie 24, Liège. 

Fribourg Paul, négociant à Arlon, 

Gaspar Camille, rue des Coteaux 20, Bruxelles. 

Gaupin Georges, rentier à St-Léger. 

de Gerlache (abbé), Grand'Place, St-Nicolas-Waes. 

de Gerlache Léon, juge de paix à Durbuy. 

Godin, curé à Baranzy (Musson). 

Goffinet Jules, boulevard du Régent 28, Bruxelles. 



— III — 

MM. Goffinet Aug. (baron), secret, des coinmandem. de S. M. le Roi à Bruxelles. 
GofTmet Constant (baron), intendant do la liste civile à Bruxelles. 
Gourdet, conseiller à la cour d'appel de Liège. 
Gratia, docteur en médecine à Virton. 
Guerlot, instituteur communal à Virton. 
Guillaume René, prêtre, de Laroche. 
Guiot, secrétaire communal à Jamoigne. 
Habran Victor, curé à Erneuville. 
Hallet, curé à Villers-devant-Orval. 
Hansez, père, négociant à Bastogne. 
Haverland, architecte à Virton. 

d'Herbémont (comte), rentier, Avenue Louise 89, Bruxelles. 
Heren, fils, rentier à Villers-devant-Orval. 
Heynen, membre de la Chambre des Représentants à Bertrix. 
d'Hoffschmidt A., rentier au château de Recogne lez-Bastogne. 
HoUenfeltz A., avocat à Arlon. 
Houba, curé à Habay-la-Neuve. 
d'Huart Henri (baron), rentier au château de Villemont. 
Hubert Charles, notaire à Arlon. 
Hubert Lucien, rentier à Longwy-haut. 
Husson F., percepteur des postes à Liège (Amercœur). 
Jacmin-Staudt, industriel à Gérouville. 
Jacob, secrétaire communal à Arlon. 
Jacques, chanoine, supérieur du séminaire à Bastogne. 
Jacques (Madame Veuve Eugène), à Florenville. 
Jacques G., vice -président de la Société agricole â Goronne. 
Jacques, ancien notaire à Vielsalm. 
Jaumin D., inspecteur de la voirie vicinale à Mons. 
Julien F., ancien chef de division au gouvernement provincial à Arlon. 
Kaisin, pharmacien à Virton. 
Kirsch, curé primaire à Arlon. 
Kuborn A., ingénieur et bourgmestre à Martelange. 
Kuborn A., docteur en médecine à Arlon, 
Knepper, curé-doyen de St-Donat à Arlon. 
Lambinet A., juge de paix à Etalle. 
Lambiotte L., industriel à Marbehan. 
Lanser René, 68, rue de Louvain à Bruxelles. 
Laroche (Administration communale). 
Larocheblin (de) Victor, Avenue des Germains 36, Bruxelles. 
Laurent C, avocat à Charleroi. 



— IV — 

MM. Laurent, géomètre du cadastre à Arlon. 
Lecler, chanoine à Namur. 
Lecler, chanoine, inspecteur diocésain à Arlon. 
Lejeune J., juge au tribunal d'Arlon. 
Lefèvre, notaire, président du conseil provincial à Tintigny. 
Lenoir, curé à Habay-la- Vieille. 
Leroux, commis des postes à Bastogne. 
Leroy, géomètre du cadastre à Arlon. 
de Leuze, chanoine titulaire à Namur. 
Liégeois E., instituteur communal à HoUogne-aux-Pierres. 
de Limburg-Stirum (comte), représentant d'Arlon, rue du Commerce 15, 

Bruxelles ; au château St-Jean, par Manhay. 
Loes, curé à Hondelange. 

Lomry, docteur en médecine à Gourtil (Bovigny). 
Macédone (frère), directeur de l'établissement à Garlsbourg. 
Magnette Eugène, sous-chef de bureau au Ministère des Finances, 

rue Vonck 65, Bruxelles. 
Magnette Paul, contrôleur des contributions à Namur. 
Masson, directeur des contributions à Arlon. 
Mathelin (de) A., château de Messancy. 
Mertesse J., contrôleur du cadastre à Namur. 
Michaëlis, archiviste de l'Etat à Arlon. 
Michel, curé à Pin (Izel). 

Moffarts (de) Baron, conseiller provincial à Botassart. 
Morant, prof^ à l'Ecole moyenne de St-Gilles-Bruxelles, rue d'Albanie, 100. 
Mortehan Ad., notaire à Bastogne. 

Mortehan Ed., avoué-licencié et agent consulaire de France à Arlon. 
Mouzon, curé à St- Vincent. 
Muller-Tesch (Madame), au Château de Messancy. 
MuUer, curé à Sugny (Bouillon). 
Namur, greffier en chef du tribunal de Neufchâteau. 
Netzer, procureur du Roi à Arlon. 
Nickers, curé à l'église Notre-Dame de Namur. 
Nicolas, curé à St-Remy (Bleid). 
Noël, bourgmestre à Villers-devant-Orval. 
Noël Albert (frère), prêtre au château de Baronville. 
Noël, curé à Marbehan. 

Orban de Xivry A. (baron), sénateur. Château des Agelires (Laroche). 
Orban de Xivry (Fernand), avenue de la Toison d'Or 51, Bruxelles. 
Orban de Xivry (Henri), conseiller prov., château de Chession (Laroche). 






MM. Origer, conseiller provincial à Autelbas. 

Ozeray Camille, ancien membre de la Chambre des Représent, à Arlon. 

Petit, capitaine au 10* de ligne à Louvain. 

Pierrard, ancien professeur à l'Ecole normale à Arlon. 

Poncelet J., avocat et conseiller provincial à Neufchàteau. 

Poncin J., imprimeur-éditeur à Arlon, 

de Premorel G., rentier au château de Bleid. 

Ramaix (de) Comte, château de Grune. 

Remisch, chef-garde à Arlon. 

Reuter Paul, avocat et échevin de la ville d'Arlon. 

Robert Eudore, notaire à Virton. 

Rodange, curé à Vecmont (Beausaint). 

St-Mard (Administration communale). 

Schaack. contrôleur principal des accises, rue Claessens 43, Laeken. 

Schaudel, receveur principal des douanes à Ghambéry (Savoie). 

Scheuer V., docteur en médecine, rue Potagère 55, Bruxelles. 

Schiltz, curé-doyen à Dinant. 

Schréder, curé à Vivy. 

Schweisthal, bibliothécaire de S. A. R. M°>« la Comtesse de Flandre, rue 

d'Edimbourg 9, Ixelles. 
Sibenaler, conservateur du Musée à Arlon. 

Smet, lieutenant au 10« de ligne, professeur à l'école des pupilles à Alost. 
Tandel, commissaire d'arrondissement à Arlon. 
Tesch Albert, notaire à Arlon. 
Tesch Jules, notaire à Messancy. 
Theissen, curé à Limerlé. 
Themelin, instituteur à Lamorteau. 
Tihon, docteur en médecine à Theux. 
Vannérus Jules, archiviste, Chaussée de Mons 9, Cureghem. 
Van Overstraten René, industriel, membre du comité du Musée de Lille à 
Lambersart-Canteleu près Lille. 
. Vaucleroy (de), docteur en médecine, Avenue Louise 306, Bruxelles. 
Walin, commissaire voyer à Arlon. 
Warker, professeur à l'Athénée Royal d'Arlon. 
Wavreil, curé à St-Léger. 
Weyrich, curé à Thiaumont. 

Wilmart, conseiller provincial à Liège, rue St-Remy. 
Wykerslooth (de) baron. Général aide de camp du Roi, château de 

Guirsch. 
Zoude Henri, industriel à St-Hubert. 



— VI — 

Membres correspondants en Belgique. 

MM. Baugnet, inspecteur principal de l'enseignement primaire à Hotton. 
Becquet, conservateur du Musée, Namur. 

Boreux, ancien inspecteur cantonal de l'enseignement primaire, Bertrix. 
Chevalier de Borman, député, Hasselt. 
Bormans, administrateur de l'Université, Liège. 
Gharneux, commissaire voyer, Barvaux. 
Gumont, numismate, Bruxelles. 

Groulard (de), major pensionné. Chaussée de Haecht 127, Bruxelles. 
Delvenne, inspecteur cantonal de l'enseignement primaire, Bastogne. 
Dendal, chef de cabinet du ministre des chemins de fer, postes et télé- 
graphes, Bruxelles. 
Dierickx, archiviste, Ypres. 

Douret, fonctionnaire pensionné, rue Vonck, 101, Schaerbeek. 
Dubois J., Directeur général au Ministère du Travail, Chaussée de Vleurgat 

94, Bruxelles. 
Dupont, professeur à l'Athénée royal de Bruxelles. 
Frédéricq, professeur à l'Université de Gand. 
Henriquet, commissaire voyer, Izel. 
Massonnet, instituteur, Chassepierre. 
Pavoux, ingénieur, Bruxelles. 
Pety de Thozée, avocat, Charleroi. 

Schœpkens A., membre de l'Académie d'archéologie d'Anvers, Bruxelles. 
Van den Steen de Jehay (comte Xavier), Liège. 
Tillière, aumônier pensionné, Jamoigne. 
Tocq, professeur au Séminaire de Bastogne. 

Van der Straten-Ponthoz F., ancien présid. de la Soc. arch. de Bruxelles. 
Warion, commissaire voyer, Vielsalm. 

Warzée, chef de division honoraire à la division des mines au ministère de 
l'intérieur, Saint- Josse-ten-Noode. 

A l'étranfjer. 

MM. Blum, curé pensionné, HoUerich, rue d'Esch. 

Bossu Louis, avocat général à la cour d'appel de Douai, rue de Foucques 2. 
Me'ie Bourgeois, rentière, Montmèdy. 
MM. Diedrich Emile, Grand Hôtel de l'Europe, Mondorf-les-Bains. 

Gaasch, cur-é pensionné à Luxembourg. 

Germain Léon, archéologue, Nancy, rue Héré. 



— VII — 

Grob, curé, Bivingen-Berchem. 

Comte d'Harnoncourt, chambellan de S. M. l'Empereur d'Autriche, à Baden 

près Vienne, Antonsgasse 19. 
Hoffmann, ethnologiste, Smithsonian Institution, Washington. 
D"" José de Amaral B. de Toro, président de l'Institut de Vizen (Portugal). 
Liénart Félix, secrétaire de la Société philomathique, Verdun. 
Pety de Thozée, ancien consul de Belgique, Sofia. 
Reiners, curé, Oberwampach. 
Rivière (baron de), secrétaire de la Société archéologique du Midi de la 

France, Toulouse. 
Ruppert, archiviste, Luxembourg. 
Schaack G., juge au tribunal de Diekirch. 

Schliep, ancien fonctionnaire de l'Etat néerlandais aux Indes, Luxembourg. 
Sève, consul général de Belgique, Liverpool. 
de Thiridez, chanoine, aumônier mihtaire général, Reims. 
Van Werveké, professeur à l'Athénée de Luxembourg. 
Welter, étudiant à Gourcelles (Lorraine). 

NÊCROLOGE 1907. 

MM. Adolphe Legrand, notaire à Nassogne, mort le 8 mars 1907 à Nassogne 
dans sa 79® année. 

Jean-Louis Van de Wyngaert, ancien architecte provincial, directeur de 
l'Académie des Beaux-Arts et de l'Ecole Industrielle d'Arlon, Membre 
correspondant de la Commission royale des monuments. Chevalier 
de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix civique de V^ classe et de 
la Médaille Commémorative du règne de S. M. le Roi Léopold II, né 
le r»" juillet 1828 à Lierre, mort à Arlon le 7 avril 1907. 

L'abbé Joseph-Auguste Kelner, professeur de religion à l'Athénée royal 
d'Arlon, né à St-Aubin (Florennes) le i"' avril 1865, mort à Arlon 
le 6 juin 1907. 

Louis Van de Wyngaert, architecte provincial de l*"® classe honoraire, 
architecte de la ville d'Arlon, Membre correspondant de la Commis- 
sion royale des monuments, Chevalier de l'Ordre de Léopold, décoré 
de la Médaille Commémorative du règne de S. M. Léopold II, décédé 
à Arlon le 4 juillet 1907, à l'âge de 55 ans. 

le Général-Major Servais, ancien colonel du 1®'" Régiment de Chasseurs à 
pied, mort en août 1907 à Salzinnes (Namur), âgé de 58 ans. 

Riggawer Hans, attaché au Cabinet royal des Médailles, Munich. 

Emile Jamart, docteur en médecine, né à Virton, décédé à Arlon, le 6 
octobre 1907, à l'âge de 42 ans. 



La Commission royale d'iiistoire a fait paraître en 189G des 
instructions pour la publication des textes historiques. Dans 
l'intérêt de nos collaborateurs nous reproduisons ci-après cet 
important document; il est vivement à souhaiter qu'ils en suivent 
le plus possible les [)rescriptions. 

INSTRUCTIONS 

POUR LA 

PUBLICATION DES TEXTES HISTOUIQUES" 



La tâche de l'éditeur de documents historiques peut se définir en peu de mots. 
Il doit fournir aux travailleurs des textes qui, tout en étant établis suivant les 
principes d'une critique rigoureuse, restent cependant d'une lecture facile. 



(I) Le but des présentes instructions est purement pratique. Elles ne s'occupent pas 
des principes scientifiques qui doivent guider l'auteur de toute édition critique. Elles 
visent seulement ['impression des textes mis au jour par la Commission royale d'histoire. 
Il eût été périlleux de vouloir innover en cette matière. Nous nous sommes donc inspirés, 
d'un bout à l'autre de cette note, des régies généralement adoptées aujourd'hui pour la 
publication des documents historiques, en tenant compte autant que possible des parti- 
cularités propres aux documents relatifs à l'histoire de Belgique. Nous avons évité d'ail- 
leurs de formuler des règles absolues et d'entrer dans le détail, laissant ainsi aux éditeurs 
une liberté qu'il serait dangereux de restreindre outre mesure. 

On consultera utilement les ouvrages suivants : 

L. Delisle, Instructions aux correspondants [du Comité des travaux historiques] pour 
les communications qui leur sont demandées sur la littérature latine et l'histoire du 
moyen-âge. Paris, 1S9(). 

G. Waitz, Wie soll man Urkunden edieren ? {Historische Zeitschrift, ISW, t. IV 
pp. 438-448). 

RoTH VON ScHRECKENSTEiN, Wie soll man Urkunden edieren ? (Deuxième édition), 
Freiburg, 188G. 

Th. von Sickel, Progratnm tmd Instruktion der Diplomata Abtheilung der Monumenta 
Germaniae hislorica (Neues Archiv, 187(j^ t. I, pp. 427-498). 

Le même, Monumenta Germ. Hist. Diplomata, t. I (Préface). 

.1. Weizsacker, Deutsche Reichstagsakten, t. I (Préface). 

KOPPMANN, Hanserecesse, t. I (Préface). 

Stieve, Grundsœtze ivelche beider Herausgabe von Aktenstïtcken zur neueren Geschichte 
zu befolgen sind (Bericht ïiber die dritte Versaynmhmg deutscher Historiker). Leipzig, 1895. 

Brill et Grote, Bepalingen nver de uitgave vaii handschriften (Hist. Genootschap 
d'Vtrecht. Beric/jten, 1884). 

Th. Lindner, Bestimmungen iiber die Herausgabe der Geschichtsquellen der Provinz 
Sachsen. Halle, 1891. 



— 6 — 

I.orsque l'on jugera nécessaire de donner une image fidèle du manuscrit 
employé, on aura recours à l'une ou l'autre des nombreuses applications méca- 
niques de la photographie (héliogravure, zincogravure, etc.). Agir autrement, 
prétendre, avec les ressources très défectueuses d'un matériel d'imprimerie, 
mettre sous les yeux du lecteur les textes tels qu'ils sont consignés dans les 
manuscrits, c'est sacrifier inutilement la clarté à la préoccupation toujours vaine 
d'une exactitude servile (1). Car, si perfectionnée qu'on la suppose, la typogra- 
phie ne nous fournira jamais qu'une reproduction grossière. En voulant la con- 
traindre à conserver les caractères externes d'un texte écrit, on lui fait violence : 
on méconnaît son but et sa nature propre. 

Ajoutons d'ailleurs, qu'au point de vue scientifique, la fidélité exagérée de 
certains éditeurs ne sert de rien. Quelle utilité y a-t-il à reproduire dans tous les 
cas les graphies i et / {JM, ibj), u et v [dominum^ dominvm), s et / ; à 
écrire uu ou vv au lieu de w, ou réciproquement iv au lieu vu {wlgariler, 
wlnus) ; à conserver la ponctuation des manuscrits; à mettre des majuscules où 
ils en mettent et à s'en priver là oti ils s'en passent '( Aucune évidemment. Car 
les scribes du moyen âge et des premiers temps de l'époque moderne n'ont pas 
suivi de règles fixes dans l'emploi de telle forme de lettre de préférence à telle 
autre; et quant à leur système de ponctuation, il diffère tellement du nôtre, 
qu'il ne serait possible de le conserver qu'au détriment de la clarté (2). 

Sans aller jusqu'au servilisme contre lequel nous protestons, certains éditeurs 
croient qu'il est du moins indispensable de mettre les lecteurs en garde contre 
eux-mêmes, et de ne résoudre les abréviations des manuscrits qu'en imprimant 
en italiques les lettres suppléées par eux. C'est là un système qui a joui autrefois 
d'une grande vogue, mais que l'on tend de plus en plus, et avec raison, à aban- 
donner. A quoi bon, en effet, imprimer : templum, persona;?2, mhûominws.^ 
publicum, Yidelicel '. A rien, si ce n'est à fournir un texte hideux à la vue, 
d'une correction extrêmement difficile en épreuves, et d'une lecture insup- 
portable. En effet, quelque variables qu'elles soient, les abréviations sont sou- 
mises à des règles, elles font i)artie d'un système d'éci-iture dont nous possé- 
dons les principes et que l'éditeur digne de ce nom ne peut ignorer. Pousser 
le scrupule jusqu'à n'oser les déchiffrer que sous bénéfice d'inventaire, c'est 
faire preuve d'une pusillanimité excessive. 



(1) Sur ceci, voir les excellentes remarques de Bernheim, Lehrb\ich der historischen 
Méthode, p. 302, et l'article cité de Waitz. 

(2) Voyez Sickel, Dipl., pp. vu et xiv. Toutefois, il va sans dire que lorsqu'un manus- 
crit présente une ponctuation satisfaisante pour le lecteur moderne (comme, par exem- 
ple, le manuscrit autographe de la chronique de Sigebert de Gembloux), l'éditeur n'aura 
aucun motif de ne pas conserver cette ponctuation. 



— 7 — 

Ce n'est pas à dire d'ailleurs, qu'en matière d'abréviations, il faille tomber 
dans la témérité en voulant éviter d'être timide. Il arrive souvent qu'on ren- 
contre des abréviations irrégulières ou douteuses, ou propres à un scribe déter- 
miné. Dans ces cas, il sera indispensable de renseigner le lecteur au moyen 
d'une note. 

Ainsi, rejetant tout vain pédantisme et toute timidité exagérée, l'éditeur se 
persuadera tout d'abord que son devoir est de constituer un texte lisible. Il 
résoudra les abréviations d'après l'analogie des passages où les mots se trouvent 
écrits en toutes lettres dans les manuscrits {presentibus ou proesentibiis, 
ecclesia ou aecclesia, le dit ou le dict, etc.), et dans la mesure ofi cela sera 
compatible avec les exigences de la critique, il adoptera la ponctuation moderne, 
se servira des majuscules suivant l'usage inodomn (au commencement d'un 
alinéa, pour les noms propres, etc.), imprimera suivant l'usage moderne, m et î?, 
i et /, IV au lieu de uu ou de vv^ oe et ae, pour œ et œ,ne distinguera pas entre 
s et f (1), se servira des apostrophes, des accents, des tr-aits d'union et des 

e e 

guillemets Mais, en revanche, il conservera les lettres suscrites {a, u, etc.), 
les graphies caractéristiques de certaines époques {h pour c; ae, e, e) ou celles 

qu'un scribe emploie réguhèrement de préférence à d'autres (c*o/?, cum, quiim). 
Et de même, autant que faire se pourra sans sacrifier la clarté, il devra dispo- 
ser son texte de manière à rendre visibles les particularités caractéristiques 
du manuscrit qui lui a servi à le constituer. 

Ce devoir s'impose spécialement pour la publication des documents diploma- 
tiques, lorsqu'ils sont publiés d'après les originaux (2). Les parties du texte 
écrites en caractères allongés seront précédées et suivies de signes typographi- 
ques spéciaux. Les mots écrits en lettres capitales seront imprimés en majus- 
cules. On indiquera aux endroits convenables la présence d'un chrisme, d'nn 
monogramme, d'un sceau, etc. (3). La division en alinéas sera autant que pos- 
sible conforme à celle de l'original. Cependant pour faciliter les citations et les 
recherches, on pourra couper en paragraphes numérotés le texte des documents 
très longs, pour autant que leur nature se prête sans difficulté à cette réparti- 
tion (chartes communales, règlements de métiers, etc.). Pour la même raison il 



(1) Pour les nom.s propres, il sera toutefois utile de conserver telles quelles les gra- 
phies des manuscrits. (Voyez SiCKEL, op. cit., p. vi ) 

(2) « Soweit es thunlich war ohne in Kiinsteleien zu verfaîlen, soU der Abdruck aus 
Original-diplornen deren reussere Gliederung, Schriftarten nnd Scliriflzeichen wiederge- 
ben )) (SiCKEL, Inc cit., p. v). 

(3) Soit par un sigle entre parenthèses (C), (M), (S R), (S i), etc., soit en toutes lettres, 
également entre parenthèses et en italiques (locus sigiUi), {chrismon), monogramrna), etc. 



— 8 — 

sera utile, dans les vidimus, d'aller à la ligne au commencement et à la fin de 
l'acte inséré. 

Il est évident d'ailleurs que l'on ne peut songer à formuler des règles valables 
pour tous les cas. Suivant l'âge (1), la nature, la langue des documents, l'éditeur 
adoptera tel ou tel procédé qui lui paraîtra répondre plus spécialement à son but. 
Tout ce que l'on est en droit de lui demander, c'est de justifier dans une préface 
la méthode adoptée par lui. Quoi qu'il en soit, du reste, les méthodes employées 
ne seront jamais tellement différentes que l'on ne puisse recommander, pour 
l'impression des textes à publier par la Commission, un certain nombre de 
règles, ou si l'on veut, d'habitudes scientifiques, que rien ne peut empêcher de 
suivre d'une manière constante. 

1. Les caractères italiques seront réservés pour toutes les annotations intro- 
duites par l'éditeur dans le corps du texte : indication du monogramme, du 
chrisme, etc., et pour l'impression des lettres servant à résoudre une abrévia- 
tion dont la lecture est douteuse. 

2. On mettra entre crochets [ ] les mots ou parties de mots ajoutés par l'édi- 
teur au texte des documents (lettres disparues, déchi3"rement de noms propres 
représentés dans le manuscrit par leurs initiales, etc.). 

3. Les parenthèses brisées <^ > seront employées pour les interpolations. 

4. Les parenthèses rondes ( ) seront employées conformément à l'usage 
moderne, c'est-à-dire comme signes de ponctuation, 

5. Les lacunes du texte seront indiquées par trois points ... ou par autant 
de points qu'il y a de lettres passées, quand la lacune se trouve dans l'intérieur 
d'un mot. Une note donnera les renseignements nécessaires sur l'importance de 
la lacune et sa nature (tache, trou, grattage, etc.). 

6. Les passages omis par l'éditeur seront marqués par une série de tirets 

7. Au lieu d'employer un point d'interrogation [?] pour les lectures incertaines, 
et un point d'exclamation [! J pour les expressions ou les tournures étranges, mais 
dont la lecture est pourtant sûre, il vaudra mieux éviter ces signes qui attirent 
désagréablement l'œil, et les remplacer par une note au bas de la page. 

8. On pourra se dispenser de reproduire chaque fois en toutes lettres les for- 



(I) Pour les textes de la fin du moyen âge et pour ceux de l'époque moderne, on pourra 
se contenter d'un apparalus critique beaucoup plus sommaire que pour les textes anciens. 
Sur l'impossibilité de formuler des régies absolues pour l'édition non seulement des 
sources iustoriques en j^énéral, mais encore de tous les textes de même espèce (par 
exemple les diplômes), voyez Uernheim, op. cit., p. 3H. 



— 9 — 

mules qui, dans une même publication, reparaissent très souvent sous une forme 
identique. On les remplacera soit par les initiales des mois dont elles se com- 
posent (N. s. t. p. q. f. • notum sit tam presenlibus quam futuris) ; soit 
par les premiers mots suivis de etc. {Notum sii, etc.) 

9. Les termes tectiniques employés plusieurs fois par page (par exemple dans 
les comptes) seront abrégés mr. pour marca, s. ou sol. pour solMus, cl. ou 
den. pour denat^ius, l. ou II. ou Ib. ou lib. pour lîbra., etc. Dans les documents 
de l'époque moderne, des abréviations seront également employées pour les 
titres : Altesse, Majesté, Sainteté, etc. 

10. Les dates seront reproduites textuellement telles que les donnent les 
manuscrits. Dans les textes antérieurs à l'époque moderne, on s'abstiendra de 
résoudre les abréviations kal., id., non.., vu l'irrégulai'ité de l'emploi des cas de 
ces mots au moyen âge. 

1 1 . Dans les éditions de comptes et de pièces comptables, les chiffres romains 
sei'ont convertis en chiflFres arabes, 

12. Les fautes d'orthographe manifestes, dues à l'inattention du scribe, seront 
corrigées ; on s'abstiendra de même d'imprimer deux fois un mot répété par 
inadvertance dans le manuscrit. Dans un cas comme dans l'autre, une note 
fournira au lecteur la leçon originale. 

13. Les mots réunis dans le manuscrit seront séparés conformément à l'usage 
moderne. Ainsi : cet escrit pour cetescrit., pais Deii pour paisdeu, s'il 
avenoil pour silavenoit., van den pour vanden., vort me pour vortme., 
men't pour ment., etc. Au contraire, les mots séparés seront réunis là où l'usage 
moderne l'exige. Ainsi : opstehen pour op steken, supradictus pour supra, 
dictus. 

14. Les passages empruntés par le texte publié à un autre texte seront impri- 
més en petits caractères. 

15. Si la publication de plusieurs rédactions différentes d'un même texte est 
jugée nécessaire, ces rédactions seront, s'il est possible, imprimées en colonnes, 
en regard les unes des autres. 

16. Des manchettes imprimées en marge indiqueront le commencement du 
recto et du verso de chacun des feuillets du manuscrit d'après lequel le texte 
est publié. 

17. Dans les cartulaires, recueils d'actes, correspondances, etc., chaque pièce 
sera précédée d'une analyse sommaire portant en vedette la date réduite en style 
moderne. 

18. Puis seront indiqués les manuscrits qui ont servi à établir le texte et les 
ouvrages imprimés où il se rencontre. Dans la nomenclature des uns et des autres, 



— 10 — 

on suivra un ordre systématique, reproduisant pour les manuscrits, le classement, 
et pour les éditions, faisant connaître les rapports qui existent entre elles. 

10. Au bas de l'acte seront imprimées, précédées de mentions : dans le pli, 
ou : au dos, les diverses notations intéressantes au point de vue diplomatique 
ou au point de vue historique qui peuvent se trouver en ces endroits. 

20. Les mentions relatives aux sceaux devront comprendre au moins l'indica- 
tion de la nature des attaches, de la forme et de la couleur. Les descriptions 
détaillées des divers types seront réservées pour la préface et il suffira chaque 
fois d'y renvoyer en note. 

21. Il y aura deux espèces de notes : l" les notes relatives à la constitution 
du texte, et 2" les notes relatives à son interprétation. Les premières, marquées 
par des lettrines, comprendront les variantes, les indications relatives aux diver- 
ses mains, aux lacunes, aux ratures, aux intercalations, etc., et, le cas échéant, 
les observations critiques de l'éditeur. Il faudra, tout en n'omettant rien d'essen- 
tiel, éviter de s'encombrer de détails superflus. C'est ainsi, par exemple, qu'il 
sera inutile d'indiquer comme variantes de simples fautes de lecture d'éditions 
antérieures, quand on aura pu utiliser soi-même le manuscrit d'après lequel ces 
éditions ont été faites. Les notes explicatives seront annoncées par des chiffres 
et séparées matériellement des notes variantes. 

22. Les grandes collections de textes et les ouvrages d'érudition dont l'usage 
est courant seront cités suivant un système fixe d'abréviations. Par exem.ple : 
MGH. = Monumenta Gei^maniae historica ; RHF. = Recueil des histo- 
riens des Gaules et de la France ; GRH, 3, IX ==^ Bulletin de la Commis- 
sion royale d'histoire, S"" série, t. IX. 

23. Lorsque la reproduction in-extenso d'un document sera jugée inutile, on 
se bornera à donner une analyse détaillée du texte, en ayant soin d'y reprendre 
textuellement la date et les parties intéressantes (au point de vue du but visé 
par l'éditeui'). I>ans ce cas, on employera des caractères différents pour le texte 
de l'analyse {italiques) et pour celui de l'acte (1). 

24. Chaque page d'un recueil de textes portera en tète la date ou les dates 
extrêmes des documents contenus sur cette page. 

25. Pour faciliter les recherches, on imprimera en marge une numérotation 
de 5 en 5, des lignes de chaque page. 



(1) Comme exemple de 1 emploi de celte mélhode, voir Hœhlbaum, Hansiaches Urkun- 
denlmch. De bonnes analyses se recommandent surtout, dans l'intérêt de la brièveté, pour 
les documents, en général si verbeux, de l'époque moderne. Voyez à cet égard l'ouvrage 
de M. Stieve, mentionné p. 1. 



— 11 — 



26. Toute publication de textes sei'a poui'vue de tables Les noms de personnes 
et les noms de lieux sei'ont de [)fofcfenc(; ideutiliés dans ces tables et non en note 
au bas des pages (1). 

27. Tous les noms propres de personnes et de lieux seront l'angés dans une 
table unique. Il sera utile de dresser aussi la table des [)rincipaux termes tech- 
niques renfermés dans le texte, et des mots en langue vulgaire intei'calés dans 
les documents latins. Dans les tables de noms i)ropres, on indiquera pour chaque 
nom les diverses orthogr-aplies sous lesquelles il ligure dans le texte. Ainsi : 
Evarm'dus, Evrardiis, Ebrardas ; Leudicus vicus, Leodium, Legia. 



(1) Cette méthode, qui épargne en note des répétitions coiitiiiiielles, ne sera toutefois 
possible qne là où les identifications ne présenteront anciine difficulté. Il va sans dire 
que si l'éditeur doit justifier ses identifications par un commentaire, celui-ci ne pourra 
être piacé qu'en note. 



%m S@£Eni#iir£@ û@ Mwmmm 



PAR 



(suite) 



FAMILLE DE NOIREFONTAINE. 

Nous avons vu que l'ainée des filles de Jean do Ghinei'y, mariée à Louis de 
Noirefontaine, était déjà veuve le 31 octobre 1512, date du partage de la suc- 
cession de la famille de Ghinery et de Henri V de Breux. Aucun document ne 
nous permet d'affirmer que Mariette de Chinerij et Louis de Noirefontainc 
aient laissé des enfants, mais nous retr-ouvons plus tard ce nom de Noirefontaine 
parmi les alliances de plusieurs familles de la région. 

Rappelons d'abord qu'un monument funéraire, encastré dans le mur à côté de 
la chapelle dite de Malandry, dans l'église paroissiale de Montmédy, doit, d'après 
l'inscription, être attribué à un seigneur de Noirefontaine. J'en donne la descrip- 
tion d'après M. Léon Germain, qui a publié en 1886 une étude remarquable sur 
\es Monuments funéraires de Véglise paroissiale de Montmédy. « En pierre 
« noire comme les autres tombes et mesurant 0'"855 de haut sur 1™1 1 de large, 
«< le monument représente en demi relief, un seigneur et une dame agenouillés 
<« de chaque côté d'un crucifix et accompagnés de saints protecteurs. A gauche 
« se tient le chevalier, les mains jointes, en costume militaire de la fin du XVF 
« siècle. A droite est agenouillée, joignant les mains, la femme du chevalier ; sa 
" tète est couverte d'une coifïe Médicis ; autour de son cou est une fraise ; sur 
" sa robe aux épaulières surlevées, elle porte un second vêtement, sans ceinture 
« ni ornement et dont les manches paraissent ne s'arrêter qu'à l'avant-bras. « 

«« De chaque côté, en dehors du cadre entourant le sujet, sont quatre écussons, 
« au-dessus l'un de l'autre, séparés deux à deux par un assez large intervalle. En 
" voici la description avec les noms qui les accompagnent, inscrits en caractères 
« minuscules (à l'exception de G. de Gorcy). 

« Côté du chevalier (dextre) : 1*^ Noirefontaine, trois étriers 2 et 1 ; 
« 2" luoiRY, lion ; 3" Laittres, fasce accompagnée de cinq annelets, 3 en chef 



— 14 — 

« 2 en pointe; 4° d'Alamont, un croissant ut un chef cliargé d'un lainbel. — 
« Côté de la dame (sénestro) : 1° GoRCi, neuf hermines posées, 4, 3 et 2, au 
" cher chargé de trois annelets ; 2" Nkuil-au-Uerdunoi, trois 1ers à cheval ; 
« 3" Waha, aigle ; 4° Sorual, une branche de chêne posée en fasce, ornée de 
«« deux feuilles et de deux glands arrangés en sautoir, et accompagnée de trois 
« roses, 2 en chef, i en pointe. « 

Ces quartiers paternels indiquent la filiation suivante : N. de Noirel'ontaine, 
le délunt représenté sur le monument, était fils de N. de Noirefontaine et de N. 
de Laitlres dont les parents étaient N. de Noirefontaine et N. d'Ivory d'une part, 
et N. de Laittres et N. d'Allamont d'autre part. Les prénoms de ces deux derniers 
seuls sont parfaitement connus : Ce sont Jacques de Laitb'es^ chevalier, sei- 
gneur de Bazeilles-devant-Laval et de Messaincourt, conseiller et receveur- 
général du Luxembourg, qui épousa Louise cCAllamont, fille de Jean II dCAl- 
lamont, seigneur de Malandry, Ghaufour, Quincy, Champy, etc., et de Marie 
de Pavant, dame de Masseige. Jacques mourut en 1551, laissant deux enfants : 
1° Nicolas, épousa le 3 septembre 1573 Nicole de Naves et 2° Anne, épouse 
de Philippe de Wal, seigneur de Rossignol (l). D'après la disposition des 
quartiers sur le monument funéraire, Jacques de Laittres aurait eu une autre 
fille mariée àN. de Noirefontaine, mais, comme le fait observer M. Léon Germain, 
il est plus probable qu'il s'agit d'un second mariage d'Anne de Laittres. Nous 
savons en eflfet d'une manièi'e certaine que celle-ci fut mariée à Philippe de Wal, 
seigneur de Rossignol, Neufménil, Wilbreck, Villers-le-Rond, capitaine et prévôt 
de Ghauvancy, mort le 6 mars 1575. Gomme Anne de Laittres lui survécut jus- 
qu'au 30 avril 1607, elle aura contracté une seconde union avec N. de Noirefon- 
taine, père du chevalier représenté sur le monument funéraire de l'église de 
Montmédy. 

lies 32 quartiers généalogiques de la famille de Laittres sculptés sur les 
arceaux des voûtes de l'ancienne église de St-Mard (2) reproduits par la gravure 
dans les Communes luxembourgeoises de M. E. Tandel, nous fournissent 
encore une autre indication sur la famille de Noirefontaine, alliée à la famille 
maternelle des de Laittres. G'est Idelette (?) de Noirefontaine mariée à N. de 
Lamock de Lamorteau, dont la fille, Jacqueline de Lamorteau épousa Jean 
de Wal, fils lui-même de Didier de Wal et de Marguerite d'Ivory. 

J'ai trouvé encore les Noirefontaine sous la forme Noiregoule gravée sur un 
monument funéraire découvert en 1897 dans l'église de Marville et publié par 
M. l'abbé Viansson-Ponté (3). Il s'agit cette fois d'une dame de Breux, 



(1) E. Tandel. — Les comtnunes luxemb., H(, p. ii3.5. 

(2) Ibidem, p 'A'Sl . 

(3) BaU. soc. des naturalisles et archéol. du Nord de la Meuse, ix. i8'J8, p. 143 et 144. 



— 15 — 

Catlierine de Housse dont il sera question dans le chapitre spécial consacré 
à cette fomille. Les quartiers paternels sculptés sur la i)iei're tombale du côté 
dextre sont : Housse- Epinai-Montjoic-Noiregoulc. Il s'ensuit que Catherine 
de Housse était fille de Gaspard de Housse et de N. de Montjoie et que ses 
grands-parents étaient : Robert de Housse et Marguerite d'Epinal, du côté pa- 
ternel, N. de Montjoie et N. do Noiregoule (Noirefontaine), du côté maternel. 

Malgré de longues recherches, il ne m'a pas été possible de découvrir si les 
différents personnages du nom de Noirefontaine que je viens de citer sont issus 
du mariage de Louis de Noirefontaine ci de Mariette de Ghinery. 

J'ai été amené à me demander si, devenue veuve de bonne heure, puisqu'elle 
l'était déjà en 1512, Mariette de Ghinery n'aurait pas convolé en secondes noces. 
J'en trouve l'indice dans les quartiers maternels gravés sur la tombe d'Anne de 
Laittres, dont il a été déjà question, morte le L^O avril 1607 et inhumée dans 
l'église de Béhogne, près de Rochefort. Ges quartiers sont ainsi disposés : 

Gôté paternel : Laittres-Ste-Marie-Lutz-Maisnil. 
Côté maternel : Alamont-Ghampy-Pavant-C/«mer?/. 

Il en ressort qu'Anne de Laittres était fille de Jacques do Laittres et de Louise 
d'AUamont, petite-fille d'Arnould de Laittres et de Françoise de Lutz, côté 
paternel, de Jean II d'AUamont et de Marie de Pavant, côté maternel ; et 
arriére-petite-flUe de Henri de Laittres et d'Alix de Sainte-Marie, d'une part, 
de Erard de Lutz et Jeanne de Maisnil, d'autre part, côté paternel, de Jean I^"" 
d'AUamont et Gatheriue de Ghampy, d'une part, N... de Pavant et N... de 
Ghinery, d'autre part, côté maternel. 

Gette dernière dame pourrait être Mariette de Ghinery qui, veuve en 1512 de 
Louis de Noirefontaine, aurait contracté une seconde union avecN... de Pavant. 

Nous ne savons également plus rien de Gatherine de Ghinery, sa sœur, 
mariée à Frantzen de Testa, dit Montferrant; ni l'une, ni l'autre ne sont plus 
mentionnées dans les nombreux documents luxembourgeois que j'ai pu consulter. 



FAMILLE DE NAVES (1). 
L — Nicolas de Naves. 

NicoUis de Naves, né à Marville en 1472 ou 1473, était fils iV Etienne de 



(1) Ses armes étaient : de sable à la fasce dor, de trois pièces, au pal de sable, bordé à 
chaijue côté d'un filet d'or, brochant sur le tout.— Cf.Neyen Bwg.lux. t.ll,p.7.— Voir au sujet 
de ces armes l'intéressante étude de Léon Germam, « La taque des Trois-Saintes » dans 
les Méoi. de la Soc. darch. lorr , l.S'.Kj. p 3l5à32() — Le sceau signalé dans les Pub de la 
sect fiist. de l'Inst. G. D. de Luxemb. t. X.XXIX. p. 202, et qui était appendu à un acte du o 
février l.ViS, est ainsi décrit : •!>< inillim., écu à la fasce de trois pièces, ù un pal sur le tout, 
(3t à une étoile au franc-quartier, timbré et cime d'une tête ddne. S. NICOLAS DE NAÏVES. 



— 16 — 

Naïves, conseiller et secrétaire du roi René, anobli en 1424 ou 1425, et d'Agnès 
Mussette (1). Il avait un frère, Jean I^^de Naves, qui ligure, en 1492, au traité 
de Donchery, comme député du duc de Lorraine (2) et qui, dans un acte de 
1498 (3), est qualifié de maitre-ès-arts, licencié en lois, gardien du scel du tabel- 
lion de Marville. 

Jean P'' de Naves, frère de Nicolas, avait épousé Hélène de Waha 
de Fronville, fille de Gilliot de Waha de Fronville, seigneur de Bleid et 
de Jeannette de Sorfelt, d'où une fille : 

Nicole de Naves, qui épousa le 3 septembre 1573, Nicolas de Laittres, 
seigneur de Bazeilles-devant-Laval, Ecouviez, St-Pancré, etc., gouver- 
neur de St-Mard et de Virton, fils de Jacques de Laittres et de Louise 
d'Allamont. Ils moururent sans postérité et furent inhumés dans l'église 
de Sainte-Goberge, à Virton (4). 

Devenue veuve vers 1547 (5), Hélène de Waha de Fronville s'unit en 
secondes noces, en 1549, à Henri de Sterpigny, seigneur de Bleid, co- 
seigneur de Gorcy, né en 1521, capitaine et receveur de Latour-devant- 
Virton, d'où trois fils et deux filles : 

a) Jean ; b) Arnould ; c) Guillaume, morts sans enfants. 

d) Anne de Waha de Fronville, première épouse de Mathieu de 
Wal, gouverneur et prévôt de Ghauvency-le-Ghâteau. 

e) Françoise de Waha de Fronville, dame de Bleid, mariée en 
1603 à Isaie de Garpentier de Villecholles (6) que nous retrouverons à 
l'article consacré à la famille de Villecholles. 

Revenons à Nicolas de Naves. Gomme son frère Jean P'", il fut licencié en lois 
et exerça successivement, à Marville, les fonctions d'échevin en 1496, de rece- 
veur avant 1498 et de lieutenant-prévôt, de 1498 à 1528. Il fut nommé conseil- 
ler à Luxembourg en 1501, receveur général en 1515, puis trésorier des chartes 
en 1517. En cette]dernière qualité, il fut chargé, au mois d'octobre 1521, de faire 
dans les archives des recherches dont il rendit compte dans une notice sur 
l' histoire de Luxembourg et les princes qui ont régyié dans ce pays, rédigée 
et signée par N. de Naves sous les dates des 3 et 4 novembre 1521. Gette notice, 
qui constitue le plus ancien travail d'ensemble sur l'histoire de Luxembourg, est 
contenue dans un manuscrit en papier de 105 feuillets qui a pour titre : Ouvrage 
sur la généalogie de la maison de Luxembourg. Elle figure aux folios 68 à 86 et 
a été publiée par M. le D^" N. van Werveke dans son Catalogue descriptif des 



(1) Agnès Mussette avait coiitraclé, avec Jean du|Hattoy, un second mariage. E. Tandel. 
Les Communes luxemb., t. III, p. 15G. — .\rch. gouv. Luxemljourg. 

(2) Ordonnances du pays de Liège, t. I, page 771. — Cf. Communes lux. t. III, page 802. 

(3) W.-P., n" 213. 

(4) E. Tandel. Ibidem, L III, page 33.">. 

(5) A la date du ô septembre I.")i7, requête de la dame HélainedeWaha, dite Fronville, 
veuve et relicte de feu .lean de Naves (arcli. Clervau.x). 

((3) E. Tandel. — Les Comm. lux , III, p 798. 



— 17 — 

manuscrits conservés à lit bibliothèque de la Section historique de l'Ins- 
titut Grand-Ducal. {Public, vol. XLIX p. 314 à 322, année 1901). 

Lors de la réorganisation du Conseil provincial par Charles-Quint, en 1531, 
N. de Naves lut nommé président et il conserva cette dignité jusqu'à sa mort 
survenue le 4 août 1546. Il fut enterré au St-Esprit, à Luxembourg (1). 

Le 5 juin 1507, Nicolas de Naves, licencié es lois, conseiller à Luxembourg, 
acquit, conjointement avec Guillaume de Malberg, seigneur de Ste-Marie, la 
part de Henry de Clabay, écuyer, en la seigneurie de Vance, pour la somme de 
200 francs à douze gros le franc (2). 

Nicolas de Naves fut marié deux fois. Sa première épouse est Ydron de Chi- 
nerij, la troisième des filles de Jean de Ghinery ; la seconde serait Ydron de 
Villers. De ces deux mariages sont issus : 

l" Claude de Naves, écheviu de Marville en 1515. 

2° Jean II de Naves, qui suit. 

3" Jean III de Naves, qui suit. 

4° Mariette de Naves, première épouse de Henri de Lulz dont il est 
question au chapitre consacré à sa famille. 

5° Françoise de Naves qui épousa Jean-Jacques Hœklin de Bertrange 
et décéda le 3 juin 1532 (3). 

n. — Jean II de Naves. 

Jean II de Naves, fils de Nicolas, naquit en 1500. Il fut greffier du Conseil 
provincial de Luxembourg de 1525 à 1539, conseiller et prévôt de Marville en 
1539. Le 5 avril 1541, il assista, comme conseiller de Charles-Quint, à la diète 
de Ratisbonne et le 20 février 1544, comme vice-chancelier de l'Empire, il pro- 
nonce un discours à la diète de Spire. Il mourut à Ulm en 1547 et fut inhumé 
au St-Esprit à Luxembourg (4). 

Jean II de Naves avait épousé Madeleine de Schauwenbourg, fille de Jean, 
seigneur de Preisch et de Françoise de Brandenbourg, et par conséquent petite- 
fille de Godart de Brandenbourg et de Catherine de Chinery. Ils ne laissèrent 
pas de postérité. 



(1) Ibidem, p. 802. Merjai nous a conservé son épitaphe dans Luxemburger Land du l.'i 
août 1886, p. (J30. 

(-2) Reg. Wûrlh-Paquet. — Ibidem, III, p. 830. Cette vente fut confirmée le 2 août 1507 
par René, roi de Jérusalem et de Sicile, duc de Lorraine, de Rar, etc. 

(;;) E. Tandel. Ibidem, 111, p. 803. 

(4) Rlanchart donne une partie de son épitaphe en langue allemande, le reste, dit-il, 
étant invisible. M^rj^ii a pnb'ié une inscription en latin, qui sans doute remplaça la précé- 
dente, .laiis Luxemburger Laml <\n l."» août 18SG — Cl. E. Tandel. Ibidem, t. III, p. i20. 



- 18 — 

La vice-chancelière fit son teslainonl le 8 février 1578. Parmi les nombreux 
légataires figurent Jean !1I de Naves et Salotrié de Schauwenbourg " son beau- 
frère et sa belle-sœur ••, seigneur et dame de Ghinery ; elle leur lègue 300 flo- 
rins (1). Par un dernier codicille, daté du 12 mars 1583, elle lègue 3000 florins 
à Marguerite de Mérode, femme de Conrad de Sœteren, plus 8000 écus à 30 sols 
pièce, à prendre sur sa maison de Luxembourg (2). 

Restée veuve pendant vingt-sept ans, Madeleine de Schauwenbourg, dame de 
Bertrange et de Messancy, co-dame de Fontois, mourut le 23 septembi'e 1584, 
comme l'apprend une inscription qui se trouve au château de Preisch (3). 

Jean III de Naves. 

Jean III de Naves, frère du précédent, naquit en 1524 II fut prévôt de Mar- 
vilie, commissaire général de guerre, conseiller de courte-robe à Luxembourg 
(1563), membre du Conseil d'Etat (4) en 1577. Il mourut, âgé de 55 ans, le 20 
avril 1579. Du temps de Merjai, son épitaphe était placée au-dessus de la porte 
de la sacristie de l'église du St- Esprit à Luxembourg (5). Il était seigneur de 
Ghinery, Montigny, Vance, etc. et avait épousé Salomé de Schauioenhourg . 
De cette union naquirent : 

1" Nicolas de Naves, seigneur en partie de Pouilly, qui aurait été 
lieutenant-prévôt de Marville et vivant en 1575. 

2" Dot'otliée de Naves, dame de Ghinery, Ghesne,Saulcy, Fischbach ; 
elle épousa Gérard, baron de Schwarzenberg, justicier des nobles (1623- 
1636). Ils moururent sans hoirs, elle en juillet 1629, lui en 1636. 

3" Madeleine de Naves qui, d'après Blanchart, épousa en 1584 
Simon-Rodolphe de Schoenberg (6) appartenant à la branche de Wesel, 
oi-iginaire du Palatinat. Il fut seigneur de Ghinery, Saulcy, Montigny, 
Montquintin et Vance. 

Simon-Rodolphe de Schœnberg figura au siège des nobles de 1595 à 
1597, releva ses fiefs en 1597 et mourut en janvier 1608, âgé de 56 ans 
(7). De son mariage avec Madeleine de Naves sont issus : 



(1) E. Tandel. Ihid., II, p. 372— \\.-P.etN. van Werweke. — i4j'c/i. de Clervaux, n»2229. 

(2) W.-P. et N. van Werweke. — Arch. de Clervaux, n» 2309. 

(3) E. Tandel. — Ibidem, t. II, p. i'2i. 

Cl) Riitkens. — Trophées, t. III, p. UM . Cf. E. Tandel. Ibidem, II, p. 421. 
(T>) Luxemburger Land du 1.") août 1886. — Ibidem. 

((■)) Sclioenberg portait : d'argent à l'écusson de sable, à V escarhoucle pommelée et fleur- 
delisée d'or, brochant sur le tout. 

(7) E. Tandel. — Ibidem, II, p. 421 et III, p. 803. 



— 19 — 

n) Jean- Charles de Schoenherg , d'abord seigneur de Messanry, 
puis, à la mort do son ri'ètv, seigneur de Monl([uinlin, SmuIcv, Mon- 
ligny, Malatour, Borli'ange, Rollé, Yance en pai'tic. Il remplit les 
fonctions (U? i)révot à Arlon et de conseiller de courte-robe à Luxem- 
bourg. L'empei-eur Ferdinand II le créa comte du Saint-Kmpire et 
l'envoya comme ambassadeur à Mailrid où il mourut en 1639. — 
Jean-Charles de Sclioenberg avait épousé Marguerite-Catherine, 
comtesse douairière de Mansfeld née Poi)pline de Lobkowitz. De ce 
mariage naquit Emmanuel-Maximilien-Ouillaume, comte de 
Schœnberg , qui her-ita de toutes les seigneur-ies de son père. Il 
épousa, le 29 novembre 1664 à Mayence, Madeleine-Isabelle, née 
comtesse de Gronenbourg et Hohengerolseck. 11 était gentilhomme 
de la Chambre de S. M. I., chevalier de l'oi'dre de Saint-Jacques et 
commandeur de Valentia del Ventoso (1). Il mourut en 1682 (2) ; 
sa lemme décéda en septembre 1691 (3). Ils ne laissèrent pas de 
descendants. 

b) Othon- Frédéric de Schoenberg, seigneur de Montquintin, 
Saulcy, Montigny, Malatour, Bertrange, RoUé, Vance en partie. 11 
devint général d'artillerie, fut créé comte de Schoenberg par l'empe- 
reur' Ferdinand II et périt sur le champ de bataille de Leipzig, en 
1631, sans laisser de postérité (4). 

FAMILLE DE LUTZ. 

Vers le milieu du XV' siècle, la famille de Lutz était représentée par les deux 
frères Erard de Lutz, dit Moral et Henri de Lutz, dit Moral, seigneurs de 
Gomery. 

I. — 1" Erard de Lutz. 

Erard de Lutz, dit Moral, seigneur de Gomery, achète, le 23 octobre 1435, 
ce que Thirion de Mussy-la- Ville possédait dans la seigneurie de Saint-Mard ; 
il était alors prévôt de Marville et marié à Jeanne du Mcsnil qui, après son 
décès, s'unit en secondes noces à Jean de Grépy, seigneur de Serainchamps. Ce 
dernier avec sa femme Jeanne du Mesnil et Françoise de Lutz, fdle d'Erard, 
fournissent un dénombrement, le 15 décembre 1459 (5), au sire de Rodemacheren 
pour la châtellenie de Saint-Mard. 

Du mariage d'Erard de Lutz et de Jeanne du Mesnil sont issus : 



(1) D"" N. van Werveke — Inv. anal, des arch. d' Ansembourg , tome II, page 38. 

(2) Son monument funéraire est signalé par notre excellent confrère, M. L. Germain, à 
Monligny-sur-Ghiers, Mém. de la Soc. arch. Inrr. IXiKi, p 3'21.— L. Germain. La taquedes 
Trois-Saintes, 18ÇKJ, p. 3-21. 

(3) Chronique de Blanchurl, fol. 131. Publ. sect. hist grand-ducale, vol. XLVI, p. 163 

(4) E. Tandel. Ibidem, t. II, p. 422. 

(5) Ibidem. III. page 333. 



— 20 - 

1" Henri de Lutz, mort sans postérité avant 1468 (l). 

2° Marguerite de Lutz, épouse de Jean d'Avioth. 

3° Marie de Lutz, femme de Jean Gordier (2). 

4° Françoise de Lut:-, qui épousa, en 1468, Arnou de Laittres (3), 
lils de Henri et d'Alix de Sainte-Marie, d'où : a) Henri de Laittres, 
seigneur de Saint-Mard, qui épousa, le 16 juin 1503, Agnès de Failly, 
fille de Georges et d'Ydron d'Allamont — ; b) Jean de Laittres, mort en 
1559 — ; cj Jacques de Laittres, seigneur de Bazeilles-devant-Laval etc., 
qui épousa Louise d'Allamont et mourut en 1551 laissant: Nicolas de 
Laittres et Anne de Laittres (4). 

5° Isabelle de Lutz^ décédée sans laisser de postérité (5). 

2° Henri I de Lutz. 

Henri I de Lutz, dit Moral, seigneur de Gomery, et frère d'Erard, est pré- 
sent à l'acte de partage de la succession de Louis et de Jean de Ghinery, le 17 
avril 1461. 

Le 28 juin 1468, il est déchargé de la tutelle de sa nièce Françoise de Lutz, 
devenue l'épouse d'Arnoude Laittres (6). Il figure, en qualité de prévôt de Mont- 
médy et de Saint-Mard, dans un acte de vente du 6 janvier 1498 (7) et, comme 
premier témoin, au contrat du mariage de son petit-neveu Henri de Laittres, 
écuyer, avec Agnès de Failly. H avait épousé Claude de Kieze, fille de Jean de 
Rieze, prévôt de Marville, et de Marie de Manteville (8). 

Du mariage de Henri de Lutz et de Glaude de Rieze, laquelle vivait encore en 
1533 (9), est issu un fils, Henri, qui suit. 

H. — Henri II de Lutz. 

Henri H de Lutz, dit Moral, seigneur de Gomery, prévôt de Saint-Mard et 
de Monlmédy, fait une déclaration de biens le 23 décembre 1512 (10). Il est pos- 
sible cependant, qu'il s'agisse encore de son père, dont la date de décès est 
inconnue. 

Le 8 avril 1524, Henri II de Lutz appose son sceau à l'acte de partage des 



(1) Ibidem III, page 348. 

(2) Orig. pareil. W.-P. et \. van Werveke. — Arch. de Clervanx n» 73. 

(3) E. Tandel. Ibidem, III, page 348. 

(4) Ibidem, page 35U. 
(.'») Ibidem, page 334. 
(U) Ibidem, page 3-48. 

(7) Ibidem, page 349. 

(8) Ibidem, page 334. 
i'.i) Ibidem, IV, p. 14!»4. 

(10; Ibidem, 111, page 8'J. — Chartes de Reinach. 



— 21 — 

biens d'Arnou de Laittres et de François3 de Lutz entre leurs enfants (1). En 
1536 et 1541, il est prévôt de Luxembourg (2). 

Le 30 août 1546, Henri de Lutz, seigneur de Gomery, acquiert La Malmaison 
de Jean et Nicolas de Nonancourt. Erard de Laittres, qui en était seigneur, 
ratifie la vente (3). 

Le 15 janvier 1461, Henri de Lus, dit Moral, intervient dans la charte d'af- 
franchissement de Sainte-Marie (4). 

M. Houzelle (5) dit qu'il épousa en premières noces, Mariette de Vance, de 
laquelle il eut Claudie de Lutz et que d'une seconde union, avec Nicole de Gus- 
tine, naquit Jeanne de Lutz. Je n'ai trouvé, malheureusement, aucune autre 
mention de Mariette de Vance; mais, si ce premier mariage de Henri résultait 
de données absolument certaines, je me demande s'il ne s'agirait pas plutôt d'une 
fille du président Nicolas de Naves, seigneur de Vance, portant le prénom de 
Mariette. Je pose la question, sans pouvoir faute de documents la résoudre 
actuellement. 

Ce qui paraît bien établi, c'est que Henri II de Lutz, prévôt de Luxembourg 
encore le 3 janvier 1550 (6), avait épousé Nicole de Custine (7), fille de Thié- 
bault de Custine et de Claude d'Espinal. Devenue veuve, Nicole contracta 
une seconde union avec/ean de Carpentier de Villecholles, seigneur de Bleid. 
Elle vivait encore en 1585 (8). Du mariage de Nicole de Custine et de Henri H 
de Lutz est née : 

Claude de Lutz, qui épousa, en premières noces, Alexandre Le 
Gruyer, chevalier de l'Ordre du roi de France, seigneur de Fontaine (9) 
dont elle n'eut point d'enfants; et, en secondes noces, Gaspard de 
Housse, seigneur de Fermont. 

Quant aux enfants du second mariage de Nicole de Custine et de Jean 
de Villecholles nous les trouverons dans l'article consacré à la famille de 
Villecholles. 



(1) Archives de Ponthoz. — Laittres, p. 42,28,107. — E. Tandel. Ibidem, III, page 153. 

(2) 0ns Hémecht, année 1898. — N» 1, page 12. 

(3) Archives de Ponthoz. — Laittres, page 52. E. Tandel, Comm. lux. III, page 353. 

(4) E. Tandel. Ibidem, III, pages 654-(359. 

(5) Houzelle — Breux, son histoire et sa seigneurie, page 81 . 

(G) D' N. van Werweke.— Inventaire analytique des archives du château d' Ansembourg , 
1. 1, page 84. 

(7) E. Tandel. Ibidem, VI, page 1494. 
{S) Ibidem, VI, page l'+94. 
(9) Ibidem, VI, page 1494. 



— 22 — 
FAMILLE DE HOUSSE 

I. — Gaspard de Housse. 

Oaspard de Housse, seigneur de Fermont, était le fils de Robert de Housse^ 
seigneur de Fermont et de Mayguerite d'Espinai; celle-ci était sœur de Claude 
d'Espinal (1), femme de Thibaut de Gustine dont la fllle, Nicole de Gustine, avait 
épousé Henri II de Lutz. 

Gaspard de Housse épousa en premières noces N. de Montjoie, probablement 
sœur d'Hélène de Montjoie, femme, en 1539, de François de Malberg, seigneur 
de Vance et Gliantemelle et co-seigneur de Ste-Marie et de Hollange. Un arran- 
gement du 20 novembre 1552 démontre que Gaspard de Housse et François de 
Malberg étaient co-seigneurs d'une part de Vance (2), peut-être en leur qualité 
de beaux-frères. 

Cette alliance entre Gaspard de Housse et N. de Montjoie ressort indubitable- 
ment des quartiers de noblesse gravés sur la pierre tombale de Catherine de 
Housse (fllle de Gaspard) découverte en 1897 dans l'église de Marville et décrite 
par M. Viansson-Ponté (3). Les quartiers paternels bien conservés sont disposés 
dans l'ordre suivant : Housse- Epinal-Montj oie- Noweg ouïe. En ce qui concerne 
les quartiers maternels disposés à séneslre, le premier, gravé sous l'écusson 
accolé de Housse et Gustine, est seul resté bien visible : c'est celui des de Lutz ; 
les deux suivants sont presque complètement frustes et sous le dernier on croit 
déchiffrer Estalle. \:a défunte, fllle de Gaspard de Housse, aurait donc pour mère 
N. de Montjoie. Le premier écusson des quartiers maternels indiquerait une 
autre alliance de Gaspard de Housse avec une de Lutz. Nous sommes donc forcé 
d'admettre que Gaspard a contracté deux alliances dont l'une avec une fille de la 
famille de Montjoie et l'autre avec une de Lutz. Or, nous savons que Gaspard 
de Housse se maria avec Claude de Lutz., fllle de Henri H et de Nicole de Gustine. 

Gaspard de Housse laissa un fils et deux filles : a) Nicolas; — b) Catherine; 
— c) Claudine. 

IL 

a) Nicolas de Housse, co-seigneur de Gons, Fermont et Breux, qui épousa 
Antoinette de Pouilly. 

b) Catherine de Housse, dame de Breux, Sanci, Dampicourt, etc., qui épousa, 
en premières noces, Thibault de Custine, seigneur de Piedmont, Epiez, La 



(1) Marguerite et Claude d'Epinal étaient filles de Gérard d'Espinal et d'Ermengarde 
de Malberg. 

(2) K Tandel. Ibidem, ill, page 779. 

(3) Bull de la iSociété des naturalistes et archéol. du Nord de la Meuse, X, p. 143 et 144. 



— 23 — 

Follye, etc. et, en secondes noces, Nicolas de ManievUle, seigneur dudit lieu, 
de Pouilly, Villers-le-Rond, etc., veuf d'Alix de Thonne-le-Thil. 

Devenue veuve une seconde fois, Catherine de Housse, dame de Breux, 
Dampicourt et Vance relève, sous la date du 10 avril 1604 : 1" le douzième de 
la seigneurie de Vance ; 2° à Chantemelle, seigneurie mouvante de Vance, le 
vingt-quatrième ; 3° à Ghâtillon, des rentes, de même qu'à Baranzy (1). Elle 
figure dans la déclaration des biens du 27 novembre 1604 pour une part de la 
seigneurie de Breux (2). 

Catherine de Housse mourut le 24 octobre 1608 et fut inhumée dans l'église 
de Marville où sa pierre tombale a été découverte en 1897 sous le plancher des 
bancs enlevés à cette époque. Le monument mesure 2™25 de hauteur sur 1™ de 
largeur ; il porte l'effigie, en bas-relief très prononcé, d'une femme couchée, la 
tète appuyée sur un coussin, les mains jointes sur la poitrine ; à la ceinture est 
attaché un chapelet. Cette dame porte le costume de la fin du XV® siècle : robe 
large et à plis droits, les épaules couvertes d'un collet long ; comme coiffure, le 
hennin (3). De chaque côté sont gravés les écussons décrits plus haut. 

De son premier mariage avec Thibault de Custine, Catherine de Housse eut 
une fille, Catherine de Custine, qui épousa en 1604 Jean d' Orsainfaing , sei- 
gneur d'Aigremont, co-seigneur de Vance pour un douzième de la part 
de Naves (4). 

Les enfants de Catherine de Housse et de Nicolas de Manteville figureront à 
l'article consacré à la famille de ce dernier. 

c) Claudine de Housse, qui épousa François d'Allamont dont la descen- 
dance fera également l'objet d'un article spécial, sous le titre : Allamont. 



FAMILLE DE MANTEVILLE (5). 

Cette famille tire son nom du château de Manteville, situé entre Torgny 
(Belgique) et le village français d'Epiez-sur-Ghiers, canton de Longuyon, à 
moins (lu'elle n'ait donné elle-même son nom au château. J'ai esquissé, dans mes 



(1) Orig. sur parchemin — .\rch. de l'Etat, à .\rlon. — E. Tandel, Ibidem, III, p. 832. 

(2) Houzelle — Breux, etc., page 8.5. 

(.3) l\ Viaiisson-Ponté — Une e.xcursion à Marville. — Bulletin de la Soc. des natur. et 
archéologues du Nord de la Meuse, tome X, page 143. 

(4) E. Tandel — Ibidem. Tableau de répartition de la dîme de Vance, page 778. 

(5) Elle portait : d'or, à la tour de gueules, maçonnée de sable. — Dom Pelletier. Nobi- 
liaire de Lorraine, pasje lt)3 D'argent, à la tour de gueules, d'après le Héraut d'Armes, 
tome 11, page 4U8. — Voir aussi E. Tandel. Les Comm. lux., t. II, p. 503. 



— 24 — 

«« Anciens seigneurs de Breux », édition de 1890, la généalogie des seigneurs 
de Manteville, d'après le manuscrit du curé Welter. Je me bornerai donc à 
suivre la descendance de ceux qui devinrent co-seigneurs de Breux. 

I. — Nicolas de Manteville. 

Nicolas de Manteville était le troisième des cinq fils d'Alexandre II de Man- 
teville (1) et de Louise de Wal, dont le mariage remonte au 17 avril 1526. Il 
devint co-seigneur de Breux, par son second mariage avec Catherine de Housse 
dont il est question ci-dessus. Nicolas, seigneur de Villers-le-Rond, enseigne 
de la bande du comte de Berlaimont, figure, parmi les seigneurs de Vance, 
dans un acte du 26 janvier 1599. Il possédait à Vance et à Ghantemelle, du chef 
de sa femme, un douzième sur le quart de ces deux seigneuries, acquis le 15 
juin 1507 par le président Nicolas de Naves. Les autres détenteurs de ce quart 
sont, également chacun pour un douzième, François d' A llamont et Simon- 
Rodolphe de Schoenberg (2), époux de Madeleine de Naves, fille de Jean III 
et petite-fille de Nicolas. 

Nicolas de Manteville mourut avant le 10 avril 1604, date à laquelle sa veuve, 
Catherine de Housse fait le dénombrement de ses biens dans les seigneuries de 
Vance et de Ghantemelle (3). 

De son premier mariage, le P"" décembre 1560, avec Alix de Thonne-le-Thil, 
Nicolas de Manteville eut deux enfants : 

1*^ Claude de Manteville, marié le 16 novembre 1601 à Elisabeth de 
Pouilly ; d'où Catherine de Manteville qui épouse, le 15 janvier 1629, 
Nicolas de Manteville, fils de Ferry et par conséquent son cousin issu 
de germain (4). 

2" Salomée de Manteville, dame de Villers-le-Rond, qui épousa en 
1593 Baudouin du Faing, lieutenant-prévôt de Chiny en 1602 et décédé 
en 1630. D'après le manuscrit de M. Welter, ils auraient eu 12 enfants, 
notamment : a) Gilles du Faing, capitaine de cavalerie, tué à la ba- 
taille de Prague; b) Andres du Faing, capitaine de cavalerie, mort, 
comme son frère Gilles, sans être marié; c) Alexandre du Faing, 
seigneur de la Crouée, Villers-le-Rond, etc , né au château du Faing le 
23 septembre 1605, gouverneur, capitaine et prévôt de Ghauvency et 
d'Elalle par patentes du 20 décembre 1629. Il épousa Yolande d"Orchin- 
faing, damed'Aigremont, Malton, Dampicourt, Mesnil, Vance et Ghante- 
melle, dont Mathieu du Faing (5). 



(1 ) Alexandre II de Manteville était fils de Jean de Manteville et de Françoise de Pouilly, 
et petit-fils d'Alexandre I de Manteville, prévôt de Marville en 1'k)0 et de Jeanne de 
Chamissot. 

(2) E. Tandel. Ibidem 111, p. 778. 

Ci) Ibidem III. page K32. 

(4) Manuscrit Welter. 

(5) E. Tandel — Ibidem, III, page 1019. 



— 25 — 

De son second mar-iage, avec Catherine de Housse, dame de Breux, Dampi- 
coiirt et Vance en partie, Nicolas de Manleville laissa un fils : Albert^ qui suit, 
et trois filles (1). 

II. — Albert de Manteville. 

Albert de Manteville devint seigneur de Breux dès l'année 1608 et, en cette 
qualité, il signe à Marville, le 23 octobre 1608, veille de la mort de sa mère, 
Catherine de Housse, une lettre de présentation à la cure d'Avioth de M* Jean 
Pierre (2). 

Le 2 mai 1624, Albert de Manteville, ccuyer, seigneur en partie de Breux, 
prête hommage au roi d'Espagne, entre les mains du gouverneur du duché de 
Luxembourg et comté de Chiny. Il reconnaît tenir en fief les trois quarts du 
château de Breux et ses dépendances, fossés, basse-cour, jardin, chenevières, 
etc., et un quart et demi dans les dimes et autres revenus (3). 

Albert de Manteville épousa Marie de Verlaine, fille d'Oger d'Ochain de 
Verlaine et de Marie Fronleau de Housse, dont le mariage eut lieu le 27 janvier 
1593 (4). Il vivait encore en 1636 et, en cette année, il présenta Jean Delhotel 
à la cure d'Avioth, de concert avec Jean de Circourt, Isaïe de VillechoUes, Phi- 
libert de Villelongue et le seigneur de Fontaine (5). 

De son mariage avec Marie de Verlaine, il eut un fils, Oger de Manteville, 
qui suit. 

III. — Oger de Manteville. 

Oger de Manteville figure dans le dénombrement fourni le 2 juin 1681 par 
Anne-Marguerite d'Argenteau, veuve du comte d'AUamont, et qui détermine la 
part de chaque comparsonnier de Breux de la manière suivante : 

1) Oger de Manteville . . . 

2) Anne -Marguerite d'Argenteau 

3) Théodore Jacquesse . . . 

4) Jean Decoris Cordalle. . . 

5) Louis Bonneau 



1/4 e 


t 1/8 


« 


1/8 


1/4 


» 


»j 


1/8 


n 


1/8 



Total. . . 1 



(1) Manuscrit Welter. D'après le tableau de répartition de la dîme de Vance (Comm. 
lux. III, page 778) une fille se serait mariée à Jean d'Orsinfaing, seigneur d'Aigremont, 
qui hérita du 1/I2« appartenant à Catherine de Housse. 

(2) Au.x archives de la cure d'Avioth. — Voir L. Schaudel. Avioth, etc. page l.ô2. 

(3) Archives de Breux. Cf. Houzelle. Breux, son histoire et sa seigneurie, page 86. 

(4) Archives de Ponthoz. — Communication de M. le comte F. van der Straten Ponthoz. 

(5) Archives de la cure d'Avioth. — Voir Schaudel, Avioth, etc., page 152. 



— 26 — 



Oger de Manteville possédait donc à cette époque la plus forte part de la sei- 
gnenrie de Breux. Par testament du 22 octobre 1662, il avait légué ses biens à 
Marie de Criffstoée, sa cousine germaine, et à Charles-Fortuné van der 
Strafen, son mari. Il mourut le 12 avril 1682 (1). 



FAMILLE VAN DER STRATEN. 

Charles- Fortuné Van der Straten^ né en 1625, était seigneur de Gorbeck- 
sur-Dyle, lieutenant-colonel d'infanterie wallonne et gouverneur de St-Ghisiain. 
Il épousa, le 24 avril 1657, Marie de Crigswée, fille de Jean de Grigswée et de 
Marguerite de Verlaine. Marguerite était fille d'Oger d'Ochain de Verlaine et 
de Marie de Fronteau de Housse, dont l'autre fille, Marie avait épousé Albert 
de Manteville. Marie de Grigswée et Oger de Manteville étaient donc cousins 
germains. Des liens étroits de parenté unissaient ces dififérentes familles à celle 
de la Marck. 

Robert de la Marck avait réuni, le 7 avril 1551, tout le fief de Ponthoz, éclissé 
de la seigneurie d'Ochain et vendu, en 1452, par Gille Xhosse à Wautier de 
Gorswaren. De son mariage avec Gatherine Lardenois de Ville, Robert avait 
laissé trois filles : Jeanne de la Marché l'aînée, qui épousa Thierry de Hœn de 
Hœmbrœck; Philippine de la Marché la seconde, qui s'unit à Alexandre III 
de Manteville^ gouverneur de Ctiarlemont, oncle paternel d'Albert de Mante- 
ville, seigneur de Breux ; enfin Dorothée de la Marché la troisième, qui épousa 
Charles-François d'Ochain de Verlaine, dont le fils Oger épousa, le 27 jan- 
vier 1593, Marie de Fronteau de Housse, père et mère de Marie et de Mar- 
guerite de Verlaine, épouses respectives d'Albert de Manteville et de Jean de 
Grigswée et mères d'Oger de Manteville et de Marie de Grigswée. 

Oger de Manteville étant mort, comme nous l'avons vu, ie 12 avril 1682, avait 
légué ses biens à sa cousine germaine, Marie de Grigswée et à Gharles-Fortuné 
van der Straten, son mari. 



(1) Communication de M. le comte F. van der Straten-Ponthoz. Une fraction au moins 
de la part de Manteville dut revenir à Théodore de Roussel, ainsi qu'en témoigne l'analyse 
suivante d'un acte de vente : 23 mars 1697, à Metz, par devant les notaires royaux Cham- 
pion et Thirion — Messire Théodore de Roussel, chevalier, sgr. de Verneville (auj. Ver- 
neuil) et Breux, demeurant à Metz derrière la Grande Maison, paroisse Saint-Martin, vend 
à Délie M. Thér. de Custine d'Auflance, fille majeure d'ans, demeurant ordinairement à 
Busy, tout ce qui lui appartient en qualité d'héritier du s"" de Manteville, de Breux au lieu, 
ban, finage et confinage de Fresnoy-la-Montagne situé en la prévôté de Longwy, cont. de 
St-Mihiel et ce pour 36 livres tournois. Iules Vannerus. — Cart. Tesch de Fresnoy-la-Mon- 
tagne. Ann. de l'Inst. arch. du Lux. 1905, p. 203. 



— 27 — 

Dès le 3 mai 1682, Charles- Fortuné van der Straten relève à la Chambre 
l'oyale do Metz, avec dame Marguerite d'Argenteau, veuve du comte d'Allamont, 
ce qui leur appartenait à Breux, c'est-à-dire la moitié de la seigneurie " en tous 
droits de haute, moyenne et basse justice. . . un château actuellement ruiné. . . 
deux censés contenant deux cent dix-huit jours de terres, prés, etc. . . le fief de 
Fagny «. 

Gharles-Foi'tuné van der Straten, ou son fils, vendit sa part de la seigneurie 
de Breux, probablement en 1698 (1). 



FAMILLE D'ALLAMONT (2). 

La famille d'Allamont a, de temps immémorial, été illustre et d'ancienne che- 
valerie (3) ; elle tint pendant quatre générations (de 1559 à 1657) le gouverne- 
ment de la ville de Montmédy. Dans mes Anciens seigneurs de Breux, j'ai 
établi la généalogie de cette famille d'api'ès l'ouvrage de Ch.-.I. Delahaut, 
Annales civiles et religieuses d' Vvois-Carignan et de Mouzon (Pai-is 1822) ; 
d'ai)rès l'intéressante notice de M. Léon Germain, Monuments funéraires de 
l'église paroissiale de Montmédy (1886) ; et d'après les notes généalogiques 
manuscrites de M. Welter, ancien curé d'Ethe. Je ne m'occuperai donc ici que 
des membres de cette famille devenus seigneurs de Breux. 

L — François 1'^ d'Allamont. 

François F'' d'Allamont était le second fils d'Antoine d'Allamont, seigneur 
de Malandry, Quincy, le Ghaufour, gouverneur de Montmédy de 1559 à 1577, et 
d'Ide de Gustine, fille de Jean-Jacques de Custine, seigneur d'Auflance et de 
Villers-le-Roiid, prévôt d'Ivoy, et de Jacqueline de Fiquelmont. Il devint co-sei- 
gneur de Breux, Dampicourt et Vance par son mariage, avant 1587, avec 
Claude de Housse, seconde fille de Gaspard et de Claude de Lutz. 

Le 30 avril 1587, les deux conjoints font un échange de biens avec Claude de 
Verrier, seigneur d'Amanty, Epiez, Taillancourt et Louise de Salles son épouse. 
François P*" d'Allamont, seigneur de Chauffour, Louppy, gouverneur de Dam- 



(1) Communication de M. le comte van der Straten-Ponthoz. 

(2) Allamont, village du diocèse de Verdun, office et comté d'Apremont, recelte et 
bailliage d'Etain, cour souveraine de Lorraine. La maison d'Allamont portait : de gueules 
au croissant d'argent, au chef de môme chargé d'u>i lambel d'azur. (V. Dom Calmet. Notice 
de Lorraine, éd. 1835, tome I, page 8) — Cimier : deux lévriers d'argent issants d'une cou- 
ronne d'or, accolés de gueules, bouclés et cloués d'or. (Héraut d'armes. H, page 372). 

(3) Patente d'érection de la terre de Brandeville en comté, par Philippe IV, en 1652, en 
faveur de Théodore d'Allamont. 



— 28 — 

villers, et Claude de Housse, son épouse cèdent aux précédents la seigneurie de 
Louppy avec dépendances contre la maison forte et baronnie de Mercy-le-Ghastel 
et dépendances (1). 

Le 2 juin 1597, François d'Allamont, seigneur de Ghauffour, Breux, Dampi- 
court et Mercy, gouverneur, capitaine et prévôt de Damvillers, relève du roi 
d'Espagne, duc de Luxembourg et comte de Ghiny « ce qui procède de son 
ancerie qui est ung huictiesme es seigneuries de Breux et Dampicourt, avec un 
douziesme de la seigneurie de Vance, et par acquest, la seigneurie et chasteau 
de Mercy et dépendances, les villages de Joppécourt, Mercy-le-Bas, Mercy-le- 
Haut, Boudrezy, Loigny, Sivry-le-Franc, Villier et Gircourt, etc., provenant 
par échange de Glaude de Verriers, seigneur d'Amanty, Tailloncourt, Louppy, 
etc., plus ce qu'il a acquis en la seigneurie de Ghamps et Neuville du maréchal 
de Gréange et de Gharles von Daun, seigneur de Sassenheim (2). 

Les 15 juillet 1598 et 11 mai 1599, François d'Allamont, seigneur de Malandry, 
Chaufifour et Louppy, gouverneur de Damvillers, assiste comme témoin à des 
actes de transport devant le siège des nobles de Luxembourg (3). La déclaration 
des biens nobles, fiefs, etc. de la seigneurie de Breux, du 27 novembre 1604, 
mentionne François d'Allamont, seigneur de Mercy, GhauflFour « à cause de 
Madame de Housse (Glaude), sa femme », et Gatherine de Housse, veuve de 
Nicolas de Manteville (4). 

Le 13 décembre 1604, François d'Allamont et R. de Schoenberg, seigneur en 
partie de Vance et collateurs de la cure par alternative, donnent, au sujet de la 
dime, des lettres de maintenue au curé Jean Thirion, contre les seigneurs de 
Jodainville, d'Arville et consorts (5). 

Le 21 octobre 1608, François d'Allamont, en qualité de seigneur de Breux, 
signe, à Damvillers, la lettre de présentation de M® Jean Pierre à la cure 
d'Avioth (6). 

Le vendredi 27 mars 1609, François d'Allamont, gouverneur de Damvillers, 
présente à la chambre des comptes de Bar son dénombrement pour la seigneurie 
qu'il a « es cinq villes et au village de Mercy-le-Ghasteau » (7). 



(1) Orig. parchemin. Cahier de 24 pages in-folio dont 16 écrites. Un sceau au crois- 
sant, chef au lambel à 3 pendants. — Cimier: deu.x lévriers. — Archives Etat, à Arlon. 
(Cf. E. Tandel. Comm. lux., III, p. 108-109). 

(2) Archives de Marches de Guirsch. — Reg. aux transports du siège des nobles de 
Luxembourg, recueil déposé aux archives du gouv. du Grand-Duché. (Cf. Annales de 
l'Inst. arch. du Luxembourg, t X, année 1878, page 191). 

(3) Ibidem, p. 202 et 205. 

<,4) Houzelle. Breux, etc., page 85. 

(5) E- Tandel. Les Comm. lux., p. 803, 804. 

(6) Archives de la cure d'Avioth. Cf. L. Schaudel, Avioth, etc. 

(7) Journal de Gabriel Marlorat. Mém. de la Société des lettres, sciences et arts de Bar- 
U'Duc, 3* série, t. I, 2" partie, page 24. 



— 29 — 

En 1616, il assiste à l'Assemblée générale des Etats nobles du duché de 
Luxembourg et comté de Ghiny (1). 

Du mariage de François d'AUamont et de Claude de Housse sont issus : 

10 François II (X Allamont, qui suit. 
2° Nicole cCAllamont, sous-prieure à Marienthal (2). 
3" Claudine d'AUamont, épouse de Philippe des Armoises, sire 
d'Hannoncelles. 

II. — François II d'AUamont. 

François II d'AUamont était seigneur de Ghauffour, Champneuville-sur 
Meuse, Breuxen partie, conseiller de guerre, prévôt et capitaine à Luxembourg. 

D'après Jeantin (3), il aurait épousé une Nettancourt. M. J.-Ch. Kohn 
nomme la femme de François II, Madeleine de Nettayicourt, tout en faisant 
observer que La Chesnaye-Desbois et Badier, lui donnent pour épouse Madeleine 
de Flachsland (4). 

Deux actes originaux des archives de Glervaux (5) indiquent cependant une 
alliance avec la maison d'Eltz. 

Godefroi, baron d'Eltz et de Glervaux, par son testament daté du 16 sep- 
tembre 1631, institue ses sœurs comme héritières et lègue la seigneurie de 
Blettange à sa femme, Dorothée de Raville. Les sœurs alors vivantes du testa- 
teur étaient : 1" Madeleine d'Eltz, abbesse de Munsterbilsen ; 2° Claude d'Eltz, 
mariée à Glaude de Lannoy, comte de Lamothry, gouverneur et surintendant 
de la ville de Maestricht ; 3° Marie d'Eltz, chanoinesse de Munsterbilsen ; 
4° Marguerite d'Eltz, mariée en premières noces, le 25 septembre 1591 à 
Simon Zandt de Merl et en secondes noces, le 9 septembre 1615, à Walter de 
Lutzelbourg (6). 

Or, Godefroi, baron d'Eltz et de Glervaux, étant décédé le 17 septembre 1631 
(7), le partage de sa succession eut lieu de la manière suivante : 

« Le 6 février 1634 — Partage de la maison et château de Blettingen, délaissé 
par feu le baron d'Eltz, Glervaux, etc., entre sa veuve et ses sœurs, représentées 
par François de Dallamont, seigneur de Ghaufiburs, prévôt et capitaine à 



(1) E. Tandel. Ibidem, l, page 110. 

(2) Public, de la sect. hist. de l'Institut G. D. de Luxembourg, t. XXXIX, page 2il. 
(E) Jeantin — Manuel de la Meuse, 18(V1, page 338. 

(4) J.-Ch. Kohn. — Histoire des seigneurs et de la seigneurie de la Grange, I, p. 120. — 
D'après Bertholet, t. Wï, page 281, ce serait François de Mercy, général des armées de 
l'empereur, qui aurait épousé « Madeleine de Flaësenland, dame allemande. >■> 

(5) Archives de Glervaux, n»' 2957 et 2958. 

(6) W.-P. et N. van Werveke. Archives de Glervaux, nos 2400 et 2676. 

(7) Ibidem, n" 2907. 



— 30 — 

Luxembourg et Fi'édéiMc Raacht, bailli à Clervaux pour Claude de Lannoy, 
comte de Lamotliry, chevalier de la Toison d'or, conseiller de guerre et maré- 
clial en chef, pour sa femme Claudine d'Eltz et les deux sœurs de celle-ci, Made- 
leine d'Eltz, abbesse à Munslerbilsen et Marie d'Eltz, chanoinesse en ce lieu. 
Signatures et cachets de François Dallamont, Frédéric-Guillaume de Lutzelbourg, 
seigneur de Sareck, et Christophe de Wangen, seigneur de Oérolseck (ces deux 
derniers sont l'un le beau-frère et l'autre le gendre de Marguerite d'Eltz, veuve 
de Lutzelbourg, dame de Blettange) dont la procuration est jointe » (d). 

«' Le 6 février 1634. — Partage du château et des biens de la seigneurie de 
Clervaux, délaissés par le feu seigneur d'Eltz et de Clervaux, entre François 
Dallamont, seigneur de Chaufïour, Champneuville-sur-Meuse, conseiller de 
guerre, prévôt et capitaine à Luxembourg, Claude de Lannoy, comte de Lamo- 
thry, etc., du chef de Claude d'Eltz, sa femme, de Madeleine d'Eltz, chanoinesse 
•de Munsterbilsen, de Marie d'Eltz, chanoinesse, etc., sœurs, Jacques-Christophe 
de Wangen, seigneur de Gérolseck, chambellan de feu l'ai-chiduc Léopold d'Au- 
triche, de Marguerite d'Eltz, assisté de Frédéric-Guillaume de Lutzelbourg, sei- 
gneur de Sareck et xMeysembourg, baron de Fontois et Clémarais (son beau-frère), 
La seigneurie a été partagée en quatre parts » (2), 

François II (XAllamont aurait donc eu dans le partage, l'une des quatre 
parts de la succession. L'hypothèse d'un mariage avec la veuve Dorothée de 
Raville (3), ou avec une fille de Godefroi, baron d'Eltz et de Clervaux (4), devant 
être écartée, son intervention dans le par-tage ne s'expliquerait que par son 
mariage avec une des sœurs du défunt, c'est-à-dire avec l'une des neuf filles de 
Godefroi d'EItz-le-Vieux et d'Elisabeth de Heu (5). 

Nous ne lui connaissons qu'un flls : Florimond, qui suit. 

III. — Florimond d'Allamont. 

Florimond cIAllamont était seigneur de Chauflfour, Champy, Neuville, 
Breux, Juvigny, colonel de cavalerie au service du duc de Lorraine, gouverneur 
de Pont-à-Mousson. il épousa Anne- Marguerite d'Argenteau (6), chanoinesse 



(1) Ibidem, n« 2957. 

(2) Ibidem, n» 29.58. 

(3) Dorothée de Rauille, fille de Pierre-Ernest de Raville el d'Anne de Pallant, se maria, 
en premières noces, à (io<lefroi, spignenr d'Eltz, Clervaux, Wolmerange, etc., le 22 janvier 
1618, et, en secondes noces, avec François de Croy, capitaine de cavaiei-ie, le 17 déc. 1639. 

(4) Le testament de Godefroi, baron d'Eltz, du 16 septembre 1631, prouve qu'il n'avait 
pas eu d'enfants. 

{')) Archives de Clervaux, n» 2123. 

(6) d'Argenteau (en flamand Erkentael) portait : d'azur à la croix d'or, chargée de cinq 
coquilles de gueules, cantonnée de vingt croisettes recroisettées au pied fiché d'or, cinq à 
chaque quartier. 



— 31 — 

de Poussay, fille de Florent d'Argonteau, vicomte de Looz, seigneur de Pologne, 
Braines,Giplet, Sterpenich, etc. et d'Anne de Brandenbourg, dame de La Grange, 
Meisenbourg, Fonfoy etc., celle-ci fille ainée de Fierre-Ei-nest de Brandenbourg, 
qui figure sous le titre W, dans la généalogie de la famille de Brandenbourg 
donnée plus haut. 

Le 2 juin 1681, Anne-Marguerite d'Argenteau, dame de Ghampneuvillo, 
Rosselange, Glaimarais, Breux, des cinq villes (1), de Cultry, Marville et autres 
lieux, est veuve et, en cette qualité, fait l'aveu et le dénombrement de la sei- 
gneurie de Breux pour un huitième. 

En 1683, Anne, comtesse d'Argenteau, veuve du comte d'Allamont, vendit la 
seigneurie de Glaimarais à Toussaint de Papigny qui en prit possession le 5 
lévrier 1685. Gest probablement vers la même époque qu'elle céda sa part de la 
seigneurie de Breux. 

Du mariage de Florimond d'Allamont et d'Anne-Marguerile d'Argenteau, 
naquit une fille unique : Maine- Christine dAUamoni^ qui épousa Pieri^e- 
Ernest^ baron de Mercy, feld-maréchal, lieutenant au service impérial, qui 
périt au siège de Bude en 1686. Leur fils Florimond-Claude, comte de Mercy, 
né en 1666, qui entra au service militaire en 1682 et fut élevé au grade de feld- 
maréchal, fut lieutenant de la cavalerie impériale en 1708, commandant général 
en Sicile en 1719 et feld-maréchal le l""" octobre 1723. Il fut tué d'un coup de 
mousquet à la tête dans l'attaque du village de Groisetta, près de Parme, le 29 
juin 1734. Son corps, transporté à Reggio, fut enterré dans l'église des chanoines. 
Le 29 avril 1720, l'empereur avait érigé en sa faveur la terre de Mercy en comté. 
Sans enfant, il avait adopté, en 1727, son cousin Antoine-Ignace-Gliarles-Auguste 
d'Argenteau, fils de Charles-Ernest d'Argenteau et d'Anne-Marie d'Arschot (2). 
Il vendit sa part de la seigneurie de Breux, à Jean-Louis Bonneau, par contrat 
du 7 mars 1698 (3). 



FAMILLE DE VILLECHOLLES. 

I. — Jean de Garpentier de Villecholles. 

Cette famille, qui antérieurement se nommait de Carpentier, est originaire 



(1) Les « cinq villes », formant le comté de Mercy, étaient : Boudrezy, Hagny, Mercy- 
le-llaut, Mercy-ie-Bas et Xivry-le-Franc (ou Xivry-Circourt). 
C2)J.-Ch. Kohn. Ibidem, I, page 149. 
(3) Archives de Breux. — Houzelle. Breux, etc., page 98. 



— 32 — 

du Cambrésis (1). Elle paraît s'être établie dans la région an XVP siècle. Le 
premier membre de cette famille que nous rencontrons est Jean II, fils de 
Jean I*^ de VillechoUes et de Jeanne de Fontaine-Villerguilin. A la même 
époque, Catherine de Garpentier de VillechoUes, veuve de Jean Hugue, seigneur 
•de Dauge, se marie à Didier de Waha de Fronville, fils de Gilliot de Waha de 
Fronville, seigneur de Bleid et de Jeannette de Sorfelt ; elle en eut trois fils et 
une fille (2). 

Jean II de Garpentier de VillechoUes s'unit à Nicole de Custine, veuve en 
premières noces de Henri II de Lutz (3), prévôt de Luxembourg, comme il a été 
dit à l'article consacré à la famille de Lutz. De ce mariage sont issus : 

1° François de Garpentier de VillechoUes qui épousa Ursule de 
Heulles, fille d'Albert de Heulles, chevalier, seigneur de Vilosnes, marié, 
vers 1600, à Marguerite de Pouilly, fille de Nicolas de Pouilly, baron 
d'Esnes, comte de Louppy, chambellan du duc de Lorraine Gharles III, 
gouverneur de Stenay et d'Anne de Monthureux-Ferrette(4). 

2" Jean III de Garpentier de VillechoUes, dont la femme ne m'est 
pas connue, et qui eut cinq garçons et cinq filles, notamment : a) Fran- 
çois, dont la fille Françoise-Jeanne épousa Philippe de Tige, chevalier, 
seigneur de Petit-Failly, etc., baron d'Attily ; b) Pierre ; c) PhiHppe ; 
d) Gharles (4). 

3° Isàie de Garpentier de VillechoUes, seigneur de Lutz, Gomery, 
co-seigneur de Dampicourt et Fontaine, qui épousa, en 1603, Françoise 
de Sterpigny (5), fille de Jean de Sterpigny, seigneur de Bleid, Gomery 
en partie, Villers-la-Ghèvre, commandant le régiment de Mansfeld, gou- 
verneur de Luxembourg, et d'Anne de Wolkrange. Il acquit, le 31 mai 
1611, de Louis de Villelongue, une part en la seigneurie et biens de Wa- 
chonru, et, le 4 janvier 1612, une autre part de la même seigneurie, de 
Ferri de Gustine (6). 

Par procuration de son frère " le seigneur de Fontaine Thicque " (7) 
il signe, le 14 octobre 1608 à Bleid, la lettre de présentation de M'' Jean 
Pierre à la cure d'Avioth. De son mariage avec Françoise de Sterpigny, 



(1) Manu-scrit Welter, d'après la généalogie tirée de l'histoire du Cambrésis. 

(2) E. Tandel. Ibidem, III, p 797. 

(3) M. Houzelle(Sreur, etc , p. 83) donne à Jean II pour femme, non pas Nicole de 
Custine, veuve de Henri de I.utz, mais Jeanne de Lutz leur lille. Il s'appuie sur la généalo- 
v;ie des de Custine par de Kessel et Moreri, d'après laquelle Nicole de Custine épousa : 
1* Henri de Lutz, dit Moral, et l" Jean de Monligny. Or le texte du manuscrit Welter fait 
ressortir que Jean de Montigny et Jean de Carpentier de VillechoUes ne forment qu'une 
seule et même personne. 

(4) Archives du château de Charmois- Marguerite de Pouilly était la sœur de Simon de 
Pouilly, marquis d'Esnes, comte de Louppy, etc., maréchal du Barrois et gouverneur de 
Stenay. — Communication due à l'obligeance de M. le comte d'Herbemont. Je lui en ex- 
prime ma vive reconnaissance. 

(■')) Sternigny portait au XIII« siècle : de gueules, à la croix ancrée d'argent au lambel 
de cinq pièces d'azur. 

(là) E: Tandel Ibidem, VI B, page 1493. 

(7) Il s'agit, soit de François Carpentier de VillechoUes, soit de Jean II Carpentier de 
VillechoUes, car à celte date, ses frères Josias et Etienne étaient décédés. 



— 33 — 

Isaïe de VillechoUes eut : i° Jean, qui fut capitaine et mourut sans en- 
fants ; 2° Charles-Philippe, seigneur de Bleid, marié en 1634 à Anne de 
Gorcy; 3° Madeleine, mariée à Jean de Pouilly, seigneur de Rutz et 
Fléville ; 4° Françoise, qui épousa Claude de Heauchamp, seigneur en 
partie de Dampicourt, Molainville et Thonne-la-Long, décédé avant le 
20 janvier 1680. 

4° Josias de VillechoUes, qui épousa Marguerite de Lamecourt. 
Il était mort avant 1605, car le 16 décembre de cette année, Marguerite 
de Lamecourt, « femme séparée de biens de Charles de Carre, escuyer, 
sieur de Neuville, son mary - et veuve de Josias de VillechoUes, écuyer, 
sieur de Fontaine, Dampicourt et Pourru-aux-Bois en partie, dénombre 
en son nom comme douairière et au nom de ses enfants mineurs dont 
elle est tutrice : un quart et demi de la seigneurie de Dampicourt (1). 

5° Etienne de VillechoUes, qui suit. 

II. — Etienne Carpentier de VillechoUes. 

Etienne Carpentier de VillechoUes, co-seigneur de Fontaine et de Breux, 
décédé avant 1604, était marié à Nicole de Tige qui s'unit, en secondes noces, 
à Philibert de Villelongue. Etienne de VillechoUes qui possédait un quart de la 
seigneurie de Rreux, laissa deux fils : 1° Jacques ; 2° Claude. 

III. — l-^ Jacques Carpentier de VillechoUes. 

Jacques Carpentier de VillechoUes épousa Antoinette de Chamisso et mourut 
avant 1624, laissant une fille portant le prénom de Nicole. 

Le 25 avril 1624, African de Chamisso, chevalier, seigneur de Vilosne et 
Andevanne, tuteur de Nicole de VillechoUes, dame de Breux, fille mineure de 
Jacques de VillechoUes et d'Antoinette de Chamisso, tous deux décédés, déclare 
avoir fait relief, par l'entremise de Claude de VillechoUes, écuyer, seigneur de 
Fontaine, etc., oncle de ladite Nicole, des biens qui suivent: Le quart d'une 
place à bâtir près du château démoli de Breux, le 1/8 de la seigneurie en haute, 
moyenne et basse justice, droits seigneuriaux, etc. ; le 1/8 de 5/9 de la dime, le 
quart d'une censé (2). 

2" Claude Carpentier de VillechoUes. 

Claude Carpentier de VillechoUes, second fils d'Etienne, était seigneur de 
Fontaine et co-seigneur de Breux pour un huitième. C'est lui qui, en 1636, pré- 
sente Jean Delhotel à la cure d'Avioth (3). 



(1) E. Tandel. Ibidem, III, p. 109. 

(2) Orig. en parchemin. Sceau : à 2 mains, les doigts en pointe, siirraontés de 
5 trèfles en sautoir. Cimier : une main. — Arch. de l'Etat, à Ai'lon. Cf. Tandel. 
Comm. lux., III, p. 83. Les armes de Chamisso étaient : d'argent à 5 trèfles mis en 
sautoir de sable, accomjyagnés à dextre et à sénestre de deux mains affrontées 
et reni^ersées du même. (Héraut d'Armes, II, p. 514). 

(3) Archives de la cure d'Avioth. 



— 34 — 

IV. — N... de Corda de Villecholles. 

Le curé Jean Delhotel mentionne un M. de Corda parmi les seigneurs qui 
l'ont présenté à la cure d'Avioth en 1636. Gomme M. de Villecholles (Claude) 
figure également parmi les cinq collateurs de la cure (l), il est permis d'en con- 
clure que M. de Corda est devenu seigneur de Breux par son mariage, probable- 
ment avec Nicole de Villecholles, dame de Breux, fille de Jacques et d'Antoinette 
de Chamisso. 

Dans un acte du 29 juillet 1677 (2), le nouveau co-seigneur de Breux est 
dénommé : « sieur Decorda Villecholles », ce qui rend certaine une alliance avec 
la famille de Villecholles. 

Dans l'acte d'aveu et de dénombrement du 2 juin 1681, lui ou plus probable- 
ment son fils, figure sous le nom de Jean Deco7ns Cor dalle (3). Je n'ai pu 
découvrir d'autres renseignements sur cette famille qui se sera éteinte ou bien 
aura vendu sa part de la seigneurie de Breux, vers la fin du XVIP siècle. 



FAMILLE D'URRE DE THESSIERES. 

Charles d'Urre. 

Un dénombrement, daté du 17 décembre 1593 à Luxembourg, nous apprend 
que Charles d'Urre, seigneur de Thessières, Commercy à la part de Sarrebriick, 
Vinot et Gommery, etc., avait acquis « depuis peu par échange « les biens sui- 
vants : Le château et la maison forte de Gommery, la collation de la cure de 
Bleid, des rentes à Bleid et à Latour, l'afifouage à Merlanvaux, le droit de colla- 
tion de la chapelle des seigneurs de Breux en l'église d'Avioth et de la cure 
d'Avioth, « une place d'environ quatre fauchées à Breux pour y faire bâtir une 
maison forte et seigneuriale en remplacement du vieux château que les seigneurs 
comparsonniers y possédaient, des rentes ou dîmes à Petit- Verneuil, Charbaulx, 
Chauvancy » (4). 



ii) Ce sont : 1° M. le comte de Fontaine ; 2° M. de Manteville ; 3° M. d'Allamont; 
4° M. de Corda ; 5° M. de Villechol. — (Archives de la cure d'Avioth. Cf. L. Schau- 
del. Avioth, etc., p. 152). 

(2) Ilouzelle. Breux, etc., p. 87. 

(3; Les co-seigneurs à cette époque sont : 1° Oger de Manteville, pour un quart 
1/2; 2." Anne-Marguerite d'Arçjenteaii, veuve du comte d'Allamont, pour un 1/2 
quart ; 3° Jean Decoris Cordalle, pour \\2 quart ; 4° Louis Bonneau, pour li2 quart ; 
5° Théodore Jacquesse, pour un quart. (Arch. de la comm. de Breux. — Houzelle. 
Ibidem, p. 87). 

(4) Oi"ig. parchemin. Un sceau à la bande chargée de trois étoiles à cinq raies. 
Hemnne (iriUiK — Ciniii-r : Oiseau aux ailes éployées. — Arch. Etat, Arlon. — Cf. 
E. Tandei. Comm. lux., t. 111, p. 89. 



— 35 — 

Charles d'Urre était fils de Jean d'Urre, seigneur de Tessières en Dauphiné, 
châtelain et seigneur de Goniinercy pour la part de Sarrebnick par sa femme 
Antoinette de Larban, dite de Villeneuve (l). D'après Pithon Court (2), Jean 
d'Urre fut tué le 5 septembre 1587 à la bataille de Pont-Saint-Vincent, à l'âge 
de 80 ans. Dumont (3) affirme, de son côté, qu'il mourut le 14 décembre 1587, à 
l'âge de 9U ans. Un tableau, dans la chapelle Sainte-Lucie à Sampigny, sur 
lequel Jean d'Urre et sa femme étaient représentés à genoux, porte l'inscription 
suivante : " Gi-gist Messire Jean d'Urre, chevalier, seigneur do Thessière et de 
Gommercy pour la part de Sarrebrucke, lequel trespassa le 1 1 décembre 1587. 
Kt dame Antoinette de Larban, dite de Villeneuve, laquelle trespassa le 29 octo- 
bre 1570. — Priez Dieu pour eux. — Marie, épouse de Bertrand de Mauléon» 
seigneur de la Bastide, morte en 1579 « (4). 

Leur fils Gharles d'Urre, acquéreur par voie d'échange d'une partie de la sei- 
gneurie de Breux, succéda à sou père dans la seigneurie de Gommercy. Sa sœur 
Suzanne d'Urre fut mariée à François de Fontaine et mourut le 17 décembre 
1578 laissant un orphelin, Paul-Bernard de Fontaine. Gharles d'Urre épousa 
Marie de Marcossey fille d'Etienne de Marcossey, seigneur de Domjulien, et de 
Claude de Beauveau (5). 

Le 9 janvier 1584, son père lui remit « la garde-noble de la personne et des 
biens de Paul-Bernard de Fontaines, enfant mineur de feus François de Fontaines 
et de Suzanne d'Urre. « L'acte de tutelle, publié par MM. Gh. Guyot et L. Ger- 
main, nous apprend ainsi que c'est son grand- père maternel et son oncle Gharles 
d'Urre qui s'étaient successivement chargés de l'éducation du futur héros de 
Rocroi. 

Charles d'Urre était un personnage important de la cour de Lorraine. 11 pos- 
sédait le château de Gommercy. Chambellan et conseiller' du duc Gharles III, il 
se démit de ses fonctions vers 1605, s'enferma dans ce manoir dont il se réserva 
l'aile gauche et, pendant vingt-quatre années, il y vécut avec deux chartreux 
suivant la règle de saint Bruno. Sa femme occupait le reste de la maison, rece- 
vait ses voisins, menait une vie très régulière, mais mondaine. Une fois seule- 
ment par semaine, Gharles d'Urre quittait sa clôture, se rendait dans la grande 
salle du château de Gommercy, en faisait les honneurs pour plaii-e à sa femme. 



(1) Alf. Weil. — Le comte Paul-Bernard de Fontaine. 

(2) Hist. de la noblesse du comtat Venaissin. 

(3) Hist. de Commercy, I, p. 371-383. — Cf. Ch. Guyot et L. Germain. — Paul- 
Bernard comte de Fontaine, dans Mém. de la Soc. arch. lorr., 1886, p. 307. 

(4) A. Benoit. — Inscriptions relatives au dé'p. de la Meuse. — Mém. Soc. let- 
tres, sciences et arts de Bar-lc-Duc. 1S97, p. 151. 

(5) L. Germain. — Mon. faner, de Vcglise de St-Mihiel, Bar-le-Duc, 1886, p 86. 
L^ famille de Marcossey, originaire de Savoie, s'était établie en Lorraine vers le milieu 
du XVIe siècle. Ibidem. 



— 36 — 

puis retournait à sa cellule et à ses austérités. Il mourut le 15 août 1629, âgé 
de 70 ans, et fut enterré à l'abbaye de St-Mihiel où sa femme lui fit élever un 
mausolée. Marie de Marcossey ne survécut que quatre ans à son mari et fut 
enterrée auprès de lui. 

De leur mariage sont nées six filles, dont trois furent alliées aux familles de 
Beauveau, des Armoises et de Raigecourt ; les trois autres entrèrent en 
religion (1). 

Ancêtres de Paul-Bernard de Fontaine. 

Grâce aux travaux très documentés publiés en 1886 par MM. Gli. Guyot et 
L. Germain, et en 1888 par M. Alfred Weil, j'ai pu établir dès 1890, dans la 
première édition de mon étude sur les Anciens seigneurs de Breuœ, que le 
seigneur de Fontaine, signataire de l'une des lettres de présentation de M^ Jean 
Pierre à la cure d'Avioth, n'était autre que Paul-Bernard comte de Fontaine, 
l'illustre adversaire du duc d'Enghien à Rocroi. 

Ce point étant aujourd'hui hors de conteste, je vais essayer d'étabUr la généa- 
logie de ce nouveau co-seigneur de Breux. 

MM. Gh. Guyot et Léon Germain, comme M. Weil, admettent, avec les généa- 
logistes lorrains, que les de Fontaine étaient originaires du pays basque. Leur 
installation en Lorraine se serait effectuée au XV* siècle, et le premier de cette 
famille aurait été l'un de ces hardis aventuriers qui se rendirent à l'appel du 
duc René. 

Froissart, dans ses Chroniques, cite Pérot de Fontaines^ dit le Béarnais (2). 
C'est sans doute au même homme de guerre que se rapportent les deux pas- 
sages suivants des mêmes chroniques : « Perrot le Bernois (Béarnais) et ses 
" routes ou levés avoit 400 lances et autant de pillards sur les champs, et passa 
« parmi le Limosin et vindrent en Berry » (3). Et plus loin : « Ainsi se main- 
« tindrent Perrot le Bernois, le Boug de Gopane, Aymerigot, Marcel, Olimbarbe 

« et les autres pillèrent le pays » (4). Froissart les quahfie de « capitaines 

de compagnies les plus avantureux et les plus redoutés »». 

D'autre part, Olivier de la Marche, fait prisonnier à la bataille de Nancy 
(5 janvier 1477) et conduit à Foug en Barrois raconte : « et avoye à faire à gentilz 
« compaignons de guerre qui me tindrent ce qu'ils m'avoient promis; c'est qu'ilz 
«' ne me revendirent point et n'euz à faire que à ung homme nommé Jehannot 



(1) Ibidem, p. 83-86. 

(2) Kervyn de Leitenhowe. — Bruxelles, 1863, t. XIII, p. 349-355. 
(3; Ibidem, t. XIII, p. 158. 

(4) Ibidem, p. 159. 



— 37 — 

" le Basque duquel je me loue et de sa bonne coinpaignie. Et nnon argent 
« trouvé (ma rançon) mes maîtres me menèrent jusquesà une ville qu'on appelle 
« Yguis et là me délivrèrent et quictèrent de toutes choses; et en cette ville 
« d'Yguis (Ivois ?) j'avoye bien cent chevaulx de la garde dont j'estoye cappitaine 
« et qui attendoient mon retour de prison ; et après avoir demeuré trois jours à 
« Yguis je me partiz et m'en retournay en Flandres devers madame Marie de 
«' Bourgoigne, ma princesse qui me receut de sa grâce humainement » (1). 

Dans une pièce originale manuscrite, insérée au vol. II, p. 48 du Nobiliaire 
de Lorraine (D. Pelletier annoté)— n° 176 de la bibliothèque publique de Nancy 
— à la date du 8 décembre 1643, et intitulée Briefz description de la généa- 
logie de la Maison de Fontayne, on lit : « Deux centz ans sont et plus que 
« les seigneurs Gratien Daguerre et François de Fontayne vinrent en Lor- 
«« rayne estans natifz du pays Basque. Où estans en la suite du ducq de Lor- 
« rayne, eurent belles grandes et éminentes charges en la court, et furent 
« choisis par ledict seigneur ducq pour defïendre sa ville de Nancy assiéggée 
« par très haut et redoutable prince Charles, duc de Bourgogne, dict le Hardy. 
» Lesquels sieurs Daguerre et de Fontayne pour leur mérite et grande valleure 
« furent honorés des plus éminentes charges de Lorrayne, ledict sieur Fontayne 
« étant gouverneur de Sathenay (Stenay) se marya avec une dame nommée 
« Claude de Sainctignon, dame de Failly, de laquelle ledict sieur Nicolas [sic) de 
« Fontayne eust sept enfians, trois fils et quattres filles, lesnel desquelz estoit 
« François de Fontayne vivant chambellan de Son Altesse, m''^ d'hostel ordi- 
» nayre de sa maison et gouverneur de Sathenay, père de deflfunct Monseigneur 
« le comte de Fontayne " (2). 

Plusieurs pièces des archives de la Meurthe, reproduites par MM. Gh. Guyot 
et L. Germain, mentionnent Jehan de Fontaines^ secrétaire du duc René de 
1476 à 1480 et Tassin de Fontaines^ conseiller et maître d'hôtel du duc en 
1477. 

Le 28 septembre 1480, Jean de Fontaine, seigneur de Cierges (3), traite avec 
le chapitre de Montfaucon d'Argonne, et dans les lettres du doyen et du cha- 
pitre de l'église collégiale de Montlaucon, datées du 26 mars 1491, ce seigneur 
est nommé Jean de Fontaines, dit le Basque. Il s'agit donc bien ici de l'an- 
cêtre de Paul-Bernard. 

D'après une indication relevée dans l'ouvrage de mon regretté cousin, feu 



(1) Olivier de la Marche, t. III, p. 241. 

(2) Texte publié par MM. Gh. Guyot et L. Germain. Paul-Bernard, etc., pièces 
justificatives n° 13, p. 346. 

(3) Cierges, commune du canton de Montfaucon, arrond' de Montmédy, départ' 
de la Meuse. 

3 



— 38 - 

l'abbé Pognon, sur Montfaucon-en-A.rgonne, ce Jean de Fontaine était marié 
à damoiselle Poincette de Gheppy. Son fils, d'après la disposition des seize 
quartiers de noblesse sculptés sur le mausolée de Paul-Bernard dans l'église des 
P. Mineurs à Bruges, aurait été allié à N ..de Piercey (Paiscel d'après MM. Gh. 
Guyot et L. Germain). Le descendant de ces derniers se serait marié à N... de 
Saint-Estevan (Estefife). Nous arrivons ainsi à Nicolas de Fontaine^ écuyer, 
seigneur de Cierges, écuyer d'écurie du duc de Lorraine en 1543 et 1544. Le 3 
juin 1549, il fait ses foi et hommage pour la terre et seigneurie de Montblain- 
ville, mouvant en fief du duc de Lorraine à cause de sa chàtellenie de Gler- 
mont (1). En 1575 et 1576, il est encore qualifié » écuyer d'écurie « et en 1577 
et 1578 maitre d'hôtel. Il épousa Claudine de Saintignon, fille de Ancherin 
de Saintignon et de GoUette de Failly. 

D'après la disposition des 8 écussons de son ascendance paternelle, qui déco- 
raient le mausolée de Paul-Bernard, voici quels seraient ses ancêtres : 

L — N... de Fontaine, marié à TV... de Saint- Esteffe^ laissa : 

II. — Jean de Fontaine, écuyer, seigneur de Gierges, surnommé le 
Basque^ qui figure dans l'acte de la collégiale de Montfaucon sous la 
date du 26 mars 1491, marié à Poincette de Cheppy. 

III. — Nicolas de Fontaine, seigneur de Gierges, fils du précédent, 
écuyer d'écurie du duc de Lorraine de 1541 à 1576, puis maitre d'hôtel en 
1577 et 1578, et gouverneur de Stenay. Marié à Glaudine de Saintignon 
avant 1541, il en eut sept enfants : trois fils et quatre filles (2). 

IV. — François de Fontaine, l'aîné des trois fils, né vers 1540, gouver- 
neur de Stenay, père de Paul-Bernard. 

François de Fontaine épousa en mars 1576 Suzanne d'Urre, l'une des cinq 
filles de Jean d'Urre de Tessières en Dauphiné et châtelaine de Gommercy pour 
la part de Sarrebruck, par sa femme Antoinette de Larban, dite de Villeneuve. 
Il mourut en 1578, probablement au mois de février. 

Son épitaphe à l'église des Gordeliers, à Nancy, nous apprend que François 
de Fontaine consacra sa jeunesse à l'étude des langues ; il visita l'Ecosse, l'An- 
gleterre, la Norwège, la Suède, le Danemark, la Pologne, la Bohême, la Tran- 
sylvanie, la Hongrie, l'Allemagne, les Pays-Bas, les Flandres, le Portugal, 
l'Espagne, l'Italie, la Gorse, la Sicile et les pays barbaresques. Mais, dit M. Alf. 



(1) Ch. Guyot et L. Germain. Pavl-Bernard, etc , pièces justificatives, n° V, 
p. 326. — Moiitblainville. commune du canton de Varennes-en-Argonne, arrond' de 
Verdun (Meuse). 

(2) L'un des cadets, Claude de Fontaine de Bouzey, vivait en 1624 et avait alors 
72 ans. L'une des filles, Claudine, épousa Jean le Danois, seigneur de Begni. 
(Cf. Ibidem, p 3 19). 



— 39 — 

Weil (1), » François de Fontaine ne fut pas seulement voyageur et diplonaate, 
il fut également soldat. C'est sans doute de lui que parle Cabrera en nommant 
el senor de Fontaynes comme l'un des cinq gentilshommes qui se distinguèrent 
le plus à la bataille de Gravelines (2), si glorieuse pour l'armée d'Espagne, si 
malheureuse pour la nôtre. Nous savons en outre par son épitaphe que « contre 
le Turc à Malte a combattu « et qu'il fut par conséquent de cette poignée de 
braves qui, sous Jean Parisot de la Valette, défendirent, de mai à septembre 1565 
contre Draguit et Piali, le dernier boulevard de l'Ordre des chevaliers Hospita- 
liers, ou tout au moins qu'il fit partie de l'armée de secours que don Garcia de 
Toledo amena au nom de l'Espagne. 

Son mariage fixa définitivement François de Fontaine en Lorraine avec le 
titre de maître d'hôtel du duc et gouverneur de Slenay ; mais il mourut après 
19 mois d'union et fut enterré à l'église des Cordeliers à Nancy. Lionnois (3) a 
donné la description de sa pierre tombale et relaté tout au long son épitaphe 
publiée depuis par l'abbé Guillaume, par MM. Gh. Guyot et L. Germain (4), et 
par M. A. Benoit (5). 

Suzanne d'Urre, sa veuve, ne lui survécut que de onze mois et mourut à 
Réméréville le 17 décembre 1578 (6). 

Paul-Bernard, comte de Fontaine. 

François de Fontaine et Suzanne d'Urre laissèrent un fils unique, Paul- 
Bernard, qui devait jeter un dernier lustre sur le nom de cette famille dont la 
branche aînée s'éteignit en lui. 

On a ignoré jusqu'ici le lieu et la date de la naissance de Paul-Bernard. 
S'appuyant sur les données résultant de l'âge du vaillant général au moment de 
sa mort et sur les indications fournies par l'épitaphe de l'église des Cordeliers, 
M. A. Weil a fait un calcul d'où il ressort que François de Fontaine et Suzanne 
d'Urre se seraient mariés en mars 1576 et que Paul-Bernard aurait vu le jour 
en décembi^e de la même année (7). Mais, M. A. Weil n'attribuant à Suzanne 



(1) Alf. Weil. — Le comte Paul-Bernard de Fontaine. Mém. Société lettres, 
sciences et arts de Bar-le-Duc, a. 1888, p. 154. 

(2) La bataille de Gravelines fut livrée le 13 juillet 1558. Cabrera : Historia de 
Felipe H, t. I, p. 224. 

(3) Lionnois. — Histoire de Nancy, T, p. 132. 

(4) Mém. de la Soc. d'arch. lorr., a. 1851, p. 122 ; a. 1886, p. 327. 

(5) Mém. de la Soc. des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 1894, p. 101-102. 

(6) Dom Calmet. Eist. de Lorr. ; 2« éd. V. Dissert. col. GXGVIL 

(7) A. Weil. — Le Comte Paul-Bernard de Fontaine, dans Mém., lett., se. et 
arts de Bar-le-Duc, p. 155. 



— 40 — 

d'Urre qu'un veuvage de neuf mois, alors que la pierre tombale dit explicitement 
que c'est le onzième mois qu'elle vint rejoindre son époux dans la tombe, le 
calcul que j'ai effectué sur cette nouvelle base a produit les dates suivantes : 

Le mariage des parents de Paul-Bernard dut avoir lieu en juin 1576. François 
de Fontaine mourant, selon l'épitaphe, après dix-neuf mois d'alliance, dut donc 
décéder en janvier 1578. Or sa veuve, d'après Dom Galmet, étant morte le 




rAVL T>ER-KARD (^omtâ dcJ^ontoim Souiwaùi (hyouBis 
voles Gouverneur del^landres etGmcral desMirues de 
de Sa M. Cathûlimu avjKjpayj baS' 



ii-MtVfr^/T çj^ttiic 



17 décembre 1578, c'est bien le onzième mois qu'elle l'aurait rejoint dans la 
tombe. D'autre part, Paul- Berna id se trouvant dans sa 67® année lorsqu'il suc- 
comba le 19 mai 1643, sa naissance se place vers la fin de l'année 1576 ou le 
commencement de 1577. 

Kn résumé, le mariage des parents de Paul-Bernard ayant eu lieu en juin 
1576, il convient de reculer la date de sa naissance jusqu'en mars ou avril 1577. 



— 41 — 

Il se trouvait bien ainsi, on mai 1643, dans sa 67^ année depuis un ou deux mois. 
L'acte de baptême, s'il était reti'ouvé, pour-rait seul nous donner une date rigou- 
reusement exacte ; mais on ignore s'il vit le jour, à Gommercy, dans le château 
seigneurial de Jean d'Urre de Thessières, son grand-père ; à Réméréville, dans 
la prc>priélé où sa mèi'e allait se retirer pour mourir ; à Stenay, dont son père 
avait le gouvernement ; ou enfin à Nancy que François de Fontaine devait habi- 
ter et où il fut enterré. 

Quelle que soit la solution de cette question encore indécise, l'origine lorraine 
de Paul-Bernard ne saurait être mise en doute. Mais ce n'est pas le hasard de la 
naissance qui dut décider de la nationalité du futur- comte de Fontaine. Orphelin 
à l'âge de vingt mois envir-on, il fut élevé par' son gr-and-pér-e mater-nel Jean 
d'Urre, puisa partir de 1584 par son oncle Charles d'Urre, châtelain de Gom- 
mercy, dans la pratique du plus r'igoureux catholicisme. 11 est donc permis de 
supposer, avec M. A. Weil, que les luttes ardentes de la Ligue en Fr-ance, met- 
tant aux prises catholiques et protestants, durent exercer sur le jeune E^aul- 
Bernar-d une influence qui le poussa ver's le service de l'Espagne. Il n'avait 
guère plus de 15 ans lorsqu'il embrassa la carrièr-e militaire, probablement 
en 1592. 

G'est ver-s cette époque que son oncle et tuteur acquit pour lui le château et la 
maison forte de Gomery, ainsi qu'une partie de la seigneurie de Breux. En 
relevant ces biens du roi d'Espagne, le 17 décembre 1593, Charles d'Urre, sei- 
gneur de Thessières, Commer'cy, etc., déclare qu'ils avaient été acquis depuis 
peu par échange. Gomme, par la suite, Paul-Ber'nar^d ne porte jamais les titres 
de seigneur de Cierges et de Montbiainville, dont il avait hérité de son père, il 
est permis de supposer que ce sont ces domaines qui fur^ent échangés contre le 
château de Gomer-y et une part de la seigneurie de Breux. Il fut ainsi délié de 
tout lien de vassalité avec la France et put s'attacher définitivement à l'Espagne. 

Le 18 octobr-e 1606, Paul-Bernard de Fontaine acquit des terres et les sei- 
gneuries de Gomery et de Saint-Rémy (1). 

Le premier document où il parait en qualité de seigneur de Breux est daté de 
Bruxelles le 17 octobre 1608 : c'est la lettr-e de présentation de M^ Jean Pierre à 
la cui'e d'Avioth (2). 

En 1610, pendant la campagne de Glèves et de Julier's, il commandait en qua- 
lité de colonel un régiment de -2000 hommes de pied et reçut une très grave 
blessure (3). 



(1) E. Tandel. Les Comm. lux., VJb, p. 1493. 

(2) Archives de la cure d'Avioth. 

(3) A. Weil. Ihid., p. 158. 



— 42 — 

Pendant les années de paix qui suivirent la conclusion de la Trêve de douze 
ans et l'assassinat de Henri IV, Paul-Bernard, chevalier, se marie à Anne de 
Raigecourt, fille de Philippe de Raigecourt, seigneur d'Ancerville, maître 
d'hôtel du duc de Lorraine et bailli d'Allemagne, et de Philippe de Gournay. Son 
contrat de mariage est du 6 juin 1612 (1). 

Anne de Raigecourt était, par sa grand-mère maternelle, Anne du Ghàtelet, 
alliée à l'un des plus fameux capitaines espagnols qui se soit distingué pendant 
les guerres de Flandres, Don Cristohal de Mondragon^ lequel avait épousé 
Guillaumette du Ghàtelet, veuve de Gérard d'Aspremont. Le souvenir de cet 
illustre soldat, dit M. A. Weil (2), dut faciliter sans doute l'élévation de Paul- 
Bernard de Fontaine au commandement d'un des sept Tercios d'infanterie wal- 
lonne qui existaient en Flandres en 1616. C'est en cette année que Paul-Bernard 
fut promu mestre de camp du Tercio qu'avait coinmandé Octave de Mansfeld 
jusqu'en 1591 ; Claude de la Bourlotte de 1591 à 1600; Nicolas Catrix, de 1600 
à 1604 ; René de Châlon (de la famille des princes d'Orange), de 1604 à 1606 ; 
Claude de Lannoy, seigneur de la Motherie, de 1606 à 1616 et Philippe Charles 
de Ligne, d'abord prince d'Arenberg, puis duc d'Arschot, pendant quelques 
mois de l'année 1616. 

Paul-Bernard de Fontaine garda, pendant 22 ans, le commandement de ce 
corps qui, suivant la coutume de l'époque, porta, à partir de 1616, le nom de 
« Tercio de Fontaine «. 

En 1621, le Tercio de Fontaine, stationné en Flandres, fut augmenté de dix 
compagnies et il prit part, dans la guerre déclarée entre les Provinces-Unies et 
l'Espagne, aux attaques infructueuses tentées par Spinola contre Sluys et contre 
Berg-op-Zoom (3). 

Surintendant des gens d'armes de Flandres, dès 1624, Paul-Bernard de Fon- 
taine recrute et organise, en cette qualité, les milices nationales qui devaient 
puissamment aider Spinola à assurer la conquête de Bréda (4). 

A l'occasion de ce fait d'armes mémorable que Vélasquez a immortalisé, 
Fontaine joue un rôle que M. Alf. Weil s'est plu à mettre en lumière. «' Il fit 
preuve alors, non pas de ce courage qui consiste à risquer sa vie sur un champ 
de bataille, mais de ce courage plus rare qui consiste à s'opposer respectueuse- 



(1) Archives du notariat de Nanoy, liasse n° 244. Le texte a été [jublio par MM. 
Gh. Guyot et L. Gei-main, Paul Bernard, etc., p. justif. n° IX, p. 321-333. 

(2) A. Weil. Ihid. La plupart des renseignements sur la carrière militaire de 
Paul-Bernard sont tirés du travail richement documenté du regretté Alf. Weil. 

(3) Baron Guillaume. Eist. de Vinfanterie wallonne sous la maison d'Espagne, 
p. 161. 

(4) Ibidem. 



— 43 - 

ment aux conceptions d'un chef tel que Spinola. Lorsque le Grand Génois décida 
l'entreprise contre Bréda, emporté par le désii' ilc la mener promptement à 
bonne fin, il eut la pensée de tenter une diversion sur Gadsand. A cet effet, il 
envoya des instructions à Charles de Boui'gogne, baron de Wacken et à 
Fontaine. L'<»ntreprise plaisait à Wacken. Persuadé au contraire du danger d'un 
mouvement opéré avec un contingent trop faible contre une place de fort difficile 
accès, Fontaine exposa virilement les conséquences qu'un échec pouvait entraîner 
pour l'objectif principal de la campagne. Toutefois, il se déclara prêt à mener 
lui-même l'attaque, pourvu que l'ordre lui en fût transmis par écrit. Cet ordre 
lui fut envoyé ; aussitôt il quitta Bruges avec ses troupes en direction de 
Gadsand ; mais en cours de marche, Spinola le rappela en arriére. Les fermes 
conseils de Fontaine avaient agi lentement sur l'esprit du général en chef qui, 
après réflexion, se désistait de l'entreprise projetée. Ces faits peu connus sont 
également à l'honneur de Spinola et de Paul-Bernard « (1). 

Aussitôt après son mariage, Paul-Bernard de Fontaine fait l'acquisition d'une 
part en la seigneurie et biens de Wachonru vendue par Isaïe de Villecholles (2). 

Le 5 novembre 1626, messire Paul-Bernard de Fontaine, seigneur de Gomery, 
Breuil (Breux), etc., conseiller de guerre, maistre de camp de vingt compagnies 
d'infanterie wallonne, surintendant de la gendarmerie de la province de Flandres 
pour S. M. Catholique des Pays-Bas, et dame Anne de Raigecourt, sa femme, 
achètent à messire Henri-Marc Goufïîer, chevalier, marquis de Bonnivet, sei- 
gneur de Crèvecœur, bailliage de Beauvais, et à dame Anne de Mouchy, sa 
femme, la terre et seigneurie de FougeroUe avec tous ses droits de souveraineté, 
comme aussi les droits, rentes et revenus dus par tous les habitants du Valdajot, 
Gournimont et Soulxe. Le contrat de vente fut passé à Mirecourt le 5 novembre 
1626, en l'absence des acquéreurs représentés par leurs hoirs et ayant cause, 
mess. Bernard de Raigecourt, seigneur d'Ancerville, Bayonville, ban de Bussy, 
baron des Estangs, etc., conseiller d'Etat, bailli et gouverneur de Jametz, 
sénéchal héréditaire de l'évèché de Metz, leur fondé de pouvoirs. Le prix d'achat 
s'élevait au total à 30,500 écus, à 3 livres chaque, que les vendeurs déclarent 
avoir reçus (3). 

L'année suivante, par diplôme donné à Vienne le 29 avril 1627, Ferdinand II 
accorde à son cher et féal Paul-Bernard de Fontaine, à ses enfants nés et à 



(1) Herman Hugo. Ohsidio Bredena at^mi's Philix)pi TV, auspiciis Isabella, 
ductu Amb. Spinola perfecta. Plantin, iG29, editio secunda, p. li. Cf. A, Weil. — 
Le Comte Paicl-Bertiat^d de Fontaine, p. 161. 

(2) E. Tandel. Ibid., VI^ , p. 193. 

(3) Gh. Guyot et L. Germain. Paul-Bernard, comte de Fontaine, pièces jusitfic. 
X, p. 333-335. 



— 44 — 

naitre en loyal mariage et à leur défaut ses héritiers et descendants, le titre de 
comte du Saint-Empire romain (1). 

En 1636, le comte de Fontaine est désigné le premier parmi les cinq seigneurs 
de Breux qui présentent M** Jean Delhotel à la cure d'Avioth (2). 

11 devient grand bailli de Bruges le 7 septembre 1637, succédant à Philippe 
de Mérode, comte de Middelbourg (3). Il n'abandonne plus ce poste avancé 
contre les Hollandais et, pendant près de 15 ans, le défendit avec succès contre 
Frédéric-Henri. Désormeaux à pu dire avec raison que, depuis le commence- 
ment de la guerre, Fontaine avait arrêté la fortune du prince d'Orange (4). 

C'est le comte de Fontaine qui commanda véritablement l'armée pendant 
cette nuit terrible de juin 1638 qui porte le nom de victoire de Galoo. Il inflige 
un nouvel et sanglant échec aux Hollandais le 2 juin 1640 près de Hulst (5). 
Pendant cette même campagne de 1640, il traverse la Gampine à marches for- 
cées, avec de l'eau jusqu'aux genoux et, par la rapidité de son mouvement, 
oblige Frédéric- H en ri à lever le siège de Gueldres. 

Quoique moins heureux en 1641, sous Gennep, il est désigné en novembre, 
par le cardinal Infant pour faire partie du Gonseil de Régence institué par le 
testament de ce prince (6). 

Philippe V ayant, peu après, investi don Francisco de Mello (7) du gouverne- 
ment de Flandres, celui-ci s'empressa de nommer le comte de Fontaine chef 
d'état-major général de l'armée. En cette qualité, il assiste à la première partie 
de la campagne de 1642 sur les frontières de France, puis retourne commander 
l'armée d'opérations contre la Hollande et tient tête au prince d'Orange jusqu'à 
la fin de l'année 1642 où il revient à Bruxelles. Il prit une part active à la réu- 
nion des forces que Mello, dès le mois de mars 1643, tenait prêtes à fondre sur 
la Champagne. Mais des pluies torrentielles consignèrent les troupes espagnoles 
dans leurs garnisons et laissèrent au duc d'Enghien le temps de rassembler les 
compagnies et les escadrons qui accouraient au secours de Rocroi. 

L'ordre de bataille, réglé par le comte de Fontaine, lui assignait le comman- 



(1) Ibidem, p. justif., XI, p. 335-336. 

(2) Archives de la cure d'Avioth. 

(3) Sander. Flandria illustrata, II, p. 18-21, éd. de 1735. 

(4) Désormeaux. — Hist. de Louis de Boicrbon, I, p, 86. Cf. Alf. Weil, p. 163. 

(5) Mémorial Eistorico Espanol, t. XV, p. 22. Ibidem, p. 163. 

(6) Ce conseil était composé de six membres : Don Francisco de Mello; le mar- 
quis de Vellada ; le [)résident de Roose ; le comte de Fontaine ; l'archevêque de Ma- 
lines; André Canielmo. 

(7) Il s'appelait véritablement : D07i Francisco de Bragance-Portugal, de la 
branche de Mello. Il était vice- roi de Sicile le 17 novembre 1738 et quitta cette île 
le 20 août 1640. En 1641, 11 assume le commandement de l'armée en Flandres. 



— 45 — 

dément du centre de l'armée espagnole ; l'aile droite était sous la direction de 
Francisco de Mello et l'aile gauche sous les ordres du duc d'Albuquerquo. On sait 
comment la cavalerie de l'aile gauche, prise tout à la fois en flanc et en tète par 
une habile manœuvre du duc d'Enghien, fut rompue à la première charge, ce 
qui permit au jeune prince de passer derrière l'infanterie espagnole pour tomber 
sur la cavalerie de l'aile droite qui, d'abord victorieuse, poursuivait le corps 
formant l'aile gauche de l'armée française sous les ordres du maréchal de 
l'Hôpital. Le centre de l'armée espagnole, voyant les deux ailes battues, se forma 
en un carré bientôt assailli de toutes parts et qui, après une résistance acharnée, 
finit par être taillé en pièces. 

Quel fut au juste le rôle que joua le vaillant comte de Fontaine dans ce drame 
mémorable de six heures ? Doit-il en toute justice et toute équité porter la 
responsabilité de la défaite? Sans doute, dit M. Alf. Weil, Paul-Bernard régla 
l'ordre de la bataille dans lequel fut rangée l'armée espagnole ; mais est-il éton- 
nant qu'il ait adopté la formation tactique appliquée jusque-là par tous les 
hommes de guerre de son temps, et ne faut-il pas reconnaître que la défaite 
provint, non de la disposition des troupes espagnoles, mais exclusivement de la 
manœuvre hardie jusqu'à la témérité que le génie des grands capitaines inspira 
au duc d'Enghien dans le feu de l'action ? 

M. A. Weil, qui a consciencieusement étudié la question, doute, malgré la 
suprême autorité historique et militaire du duc d'Aumale, que le comte de Fon- 
taine ait assisté impuissant et déconcerté au rapide développement de la bataille 
et qu'il commanda le fameux cairé, dernier boulevard de l'héroïque armée d'Es- 
pagne. Il rappelle que Don Francisco Davila Orejon Gaston (1), qui faisait partie 
de ce carré, ne parle point de Paul-Bernard à ce moment suprême. Aussi est-il 
])ermis de penser que le comte de Fontaine trouva la mort vers les six heures et 
demie du matin, le 19 mai 1643, au moment où, découvrant la manœuvre de 
flanc du duc d'Enghien, il se portait de sa personne, — ou, à vrai dire, était 
porté dans sa chaise de malade, — de la première à la seconde ligne, pour faire 
opérer à ses troupes un changement de front et en hâter l'exécution. 

Quelle que soit, du reste, la part de responsabilité qui incombe au comte de 
Fontaine, l'héroïsme de sa mort l'atténue jusqu'à l'effacer. Il montra, suivant la 
sublime expression de Bossuet, « qu'une âme guerrière est toujours maitresse du 
corps qu'elle anime ». 

Ses dépouilles mortelles, rendues aux Espagnols sur la demande de Francisco 



(1) Politica mecanica y militar. Voir auFsi le« pages que M. Canovas del Castillo 
a consacrées à Rocroi, dans E. solitario y su tiempo, t. III, page 174 et suiv. — A. 
Weil. Ibidem, p. 165. 



— 46 — 

de Mello, furent d'abord transportées au quartier général de Marienbourg, puis 
à Bruges où rinhuination eut lieu dans l'église des P. Récollets, sous un monu- 
ment funéraire en forme de portique qui s'y élevait à côté du maitre-autel. Il ne 
reste plus ti-ace aujourd'hui ni de l'église, ni du mausolée ; le vent des révolu- 
tions, qui a passé sur la vieille cité flamande, a jeté bas et emporté jusqu'aux 
moindres débris ces témoins de la grandeur et du génie des siècles passés. Heu- 
reusement un homme intelligent, de Hooghe, qui a peut-être prévu le sort de ces 
œuvres d'art, a laissé, en six volumes manuscrits déposés à la Bibliothèque de 
Bruges (l), la description et le dessin des monuments funéraii'es et pierres tom- 
bales des églises, chapelles et oratoires de la cité. Aux folios 146 et 147 du 6« 
volume se trouve reproduit le mausolée du comte F'aul-Bernard de Fontaine. Ce 
monument en marbre était flanqué de deux colonnes au chapiteau d'ordre com- 
posite, dont l'une supportait saint Paul et l'autre un groupe de sainte Anne avec 
la Vierge et le divin Enfant; la statue du Sauveur se dressait au-dessus du 
cintre de l'entablement décoré au milieu de l'écusson aux armes de Fontaine : 
d'azur à trois bandes d'or, au chef d'azur à trois besantsd'or, surmonté 
d'une couronne comtale et soutenu de chaque côté par un ange. Ce grand 
motif héraldique se détachait en force sur le revêtement en marbre noir de la 
paroi, dont la partie centrale était occupée par une large plaque d'albâtre où se 
déroulaient les lignes d'inégale dimension d'une longue inscription (2). Les 32 
quartiers de noblesse des familles de Fontaine et de Raigecourt se trouvaient 
disposés en quatre rangées verticales, deux à droite et deux à gauche de chaque 
colonne. Les blasons de gauche, placés sous l'égide de Saint Paul, rapportaient 
l'ascendance paternelle et maternelle de Paul-Bernard, et ceux qui ornaient la 
droite du monument et que protégeait le groupe de Sainte Anne, référaient 
l'ascendance paternelle et maternelle d'Anne de Baigecourt. 

Je transcrirai ci-après, en respectant, comme M. A. Weil, l'orthographe du 
croquis de de Hooghe, les noms qui, sur un ruban de marbre, se lisaient au- 
dessous de chacun des écussons : 



1) de Fontaine 


d'Urre 


du Raigecourt 


de Gournay 


2) des Ignons 


de Larban 

(lict de Villeneuve 


du Wisse 


du Ghastelet 


3) des Estevan 


de Seytre (3) 


Esche 


de Rhemiot 


4) de Piercey 


d'Anneville 


de Mailly 


de Beauvay 



(1) En rendant hommage à l'auteur de ces manuscrits, je m'associe aux sentiments 
exprimés par M. A. Weil à M. Louis Gilliot van Severen auquel revient le mérite et 
riioiineui' rl'avoir signalé le tombeau du glorieux vaincu de Rocroi. 

(2) Voir la belle reproduction du tombeau et de l'inscription dans la notice de 
M. A. Weil : Le comte Paul- Bernard de Fontaine, dans les Mém. de la Soc. des 
letù^es, se. et arts de Bar-le-Duc, t. VIL 

(3) Les Cam'nont-Seytres avaient l'honneur de compter au nombre de leurs 
proches, le brave Grillon. 



— 47 — 

5) de Chepy (1) de Segealls (2) de Ville de Lowe 

6) de Faylly (3) d'Aspfemont des Armoises Les Alleinans 

7) de Dampierre (4) des Brutins de Gronay d'Aspremont 

8) du Haultoy (5) de Savigny (6) de Devlly de Monbei'on 

Ce tableau, en ce qui concerne les ancêtres de Paul-Bernard, no diffère que 
par l'ortliugraphe des noms de celui donné par MM. Gh. Guyot et L. Germain 
dans leur essai d'une généalogie de la maison de Fontaine qui forme la 2® partie 
de leur intéressante étude. 

Le comte de Fontaine mourut sans postérité ; sa femme l'avait précédé dans la 
tombe avant le 13 mai 1638, date de son testament oCi il demanda à être enterré 
auprès d'elle. 11 désigne pour ses exécuteurs testamentaires le baron de Maie, 
Jean de Parmentier, bourgmestre de Bruxelles et F'rançois de Go, capitaine de 
son tercio, et pour héritier universel Paul-Bernard de Raigecourt, son filleul 
et neveu, qu'il adopte pour son âls, à condition qu'il prenne le nom et les 
armes de Fontaine, lui et ses descendants ; il lui fait aussi présent de son titre 
de comte. « Quant aux donations qu'il a faites de son vivant, son intention est 
qu'elles se payent sur le bien qu'il a au pays de Luxembourg et comté de Ghiny, 
et demeureront ainsi à la charge de ses héritiers qui auront ces biens en par- 
tage... ". — Et plus loin, il ordonne que « sur les biens qu'il a au duché de 
Luxembourg et comté de Ghiny, la huitième partie doit retourner à ses héritiers 
du côté maternel et le surplus à ceux du côté paternel, aux charges ci-dessus 
mentionnées «. 11 n'oublie pas les pauvres et les malheureux et l'une des pre- 
mières clauses de son testament est de leur distribuer mille florins le jour de sa 
mort ; puis, par un codicille, il élève cette somme à deux mille florins à répar-tir 
entre les pauvres des villes de Bruxelles, Bruges et celle où il trépasserait. Il 
avait institué en outre, de concert avec sa femme, un hôpital destiné à recevoir 
et entretenir quelques pauvres vieux soldats (7). G'est XHôtel des Invalides, 
qui subsiste aujourd'hui encore à Bruges, connu de tous les habitants de la cité 
flamande sous le nom de •<■ Fondation du comte de Fontaine » (8). 



(t) Cheppy, commune du canton deVarennes-en-Argonne, arr. de Verdun (Meuse), 
à proximité de Montblainville. 

(2) Un Sainte-Jalle avait été investi, au commencement du XVI» siècle, de la 
Grand Maîtrise de l'ordre de St-Jean-de-Jérusalem. 

(3j Les de Failli/ sont cités parmi les plus anciens conducteurs de bandes 
d'ordonnance. 

(4) Dampierre évoque le souvenir des comtes de Flandres. 

(5) Du Haultoy se rattache à la fainille impériale de Luxembourg. 

(6) Les Savigny venaient de donner à la Ligue et à l'Espagne un des plus illuslres 
généraux de ce temps en la pei'sonnedu Maréchal de Rosnes : Christian de Saviyny, 
seigneur de Rosnes (dép. de la Meuse, arr. de Bar, canton de Vavincourt). 

(7) Gh. Guyot et L. Germain. — Paul-Bernard de Fontaine, pièces justif. XII, 
p. 336-346. 

(8) A. ^\'eil. — Le comte Paul-Bernai^d de Fontaine, p. 147. 



— 48 — 

Ainsi, tandis que son nom, dépouillé de sa nationalité, confondu avec celui 
d'un autre général espagnol d'origine, le comte de Fuentés (1), dont la gloire 
absoi'ba la sienne, était oublié et méconnu [tar l'histoire, il demeurait vivant par 
ses œuvres charitables, dans le souvenir reconnaissant de toute une cité. " La 
gratitude, dit M. A. Weil, l'arrachait à l'oubli dont la gloire n'avait pu le sau- 
ver » (2). N'est-ce pas là, en vérité, la plus douce récompense qu'un homme 
puisse souhaiter ? 

Un autre passage de son testament témoigne d'ailleurs d'un esprit plus préoc- 
cupé du redoutable problème de l'au-delà que des vanités de ce monde. C'est celui 
où il recommande d'observer plutôt la dévotion que la magnificence lorsqu'on 
fera le service accoutumé pour le repos de son âme (3). 

Ce trait de caractère est éloquemment rendu par l'auteur de l'épitaphe du 
monument de Bruges où il déclara que le défunt » voulait cacher ses bienfaits 
dans le cœur du pauvre : et ut absconderet elemusinam, in sinu pau- 
perwn » (4). 

Et c'est ce grand caractère, doublé d'un héros, dont l'histoire avait pour ainsi 
dire rayé le nom de ses annales. En eflet, l'ignorance où l'on était de sa person- 
nalité fut telle qu'il existe des éditions de Bossuet avec une note expliquant que 
le grand orateur s'était permis de franciser le nom de Fuentès. Il est curieux 
de noter à ce propos, dit A. Weil, que l'article de la Biographie universelle 
de Michaud, qui a accrédité et vulgarisé la confusion de Fontaine et Fuentès, 
confusion dont les historiens espagnols ont fait peser la responsabilité sur nos 
historiens, est dû à un écrivain qui n'était pas français et qui même, suivant 
Larousse, serait espagnol (5). 

Si je me suis étendu un peu longuement sur la biographie de Paul-Bernard, 
comte de Fontaine, c'est qu'il m'a paru utile de mettre bien en relief la person- 
nalité de cet illustre co-seigneur de Breux, personnalité qui, malgré mes affir- 
mations formelles dans la première édition de 1890, a encore été contestée, tant 
il est difficile de rétablir un point d'histoire erroné lorsqu'il a pour lui l'autorité 
d'ouvrages tels que la Biographie universelle de Michaud et un grand nombre 
de livres classiques d'histoire encore en usage dans toutes les écoles. Aussi ne 
serait-ce pas une des moindres satisfactions que m'auront procuré mes études 



(1) Don Pedro Enriquez de Acevedo, comte de Fuentes de Valdepero, le vain- 
queur de Doullensetde Cambrai, le grand einiemi de Henri IV. 

(2) A. Weil. — Ibidem, p. 147. 

(3) Gh. Guyot et L. Germain. Ibidem, p. 337. 

(4) A. Weil. Ibidem, p. 145 et 149. 

(5j Ibidem. L'article est en effet signé B— s, abréviation, suivant la liste des 
auteurs de la Biographie Universelle, du nom de Bocous. 



— 49 — 

sur les anciens seigneurs de Breux, si j'avais pu parvenir à contribuer, après 
MM. Cil. Guyot, L. Germain et Alf. Weil à restituer à Paul-Bernard, comte de 
Fontaine et à sa famille, la place qui leur revient dans l'histoire des anciens 
duchés de Lorraine et du [,uxembourg. 

La part de la seigneurie de Breux, qui revint aux héritiers du comte de 
Fontaine, fut vendue à Jean Matlielin. Celui-ci acquit, le 17 février 1648, 
les 7/8 attribués aux héritiers paternels (1) et, le 17 mars 1648, le 1/8 échu aux 
héritiers maternels. Cette part passa ensuite aux familles Bonneau, Jacquesse 
et de Bombelles^ dont il sera question plus loin. 



FAMILLE DE CIRCOURT. 

Jean de Circourt fut l'un des six co-seigneurs de Breux qui présentèrent en 
1608 M^ Jean Pierre à la cure d'Avioth. Sa lettre de présentation est datée de 
Villers-la-Chêvre, lieu de sa résidence, le 14 octobre 1608 (2). 

Il avait épousé Béatrix d'Anly, fille de Henri d'Anly (3) et de Béatrix de 
Montplainchamps. 

Jean de Circourt était sans doute fils de Nicolas de Circourt, seigneur de 
Villers-la-Chèvre qui épousa, en 1570, P^ançoise de Sterpigny (4), fille de 
Henri de Sterpigny et de Hélène de Waha de Fronville. La femme de Jean de 
Circourt serait par suite la tante de Françoise de Sterpigny, épouse, en 1603, 
d'Isaïe de VillechoUes, autre co-seigneur de Breux. 

Le 13 décembre 1014, Jean de Circourt, seigneur de Viller-la-Chieure, 
capitaine officier et receveur de la Tour, et Béatrix d'Anly, conjoints, achè- 
tent à Jacques de Pouilly, seigneur de Fléville et de Cussigny en partie, et 
Madeleine de Wal, une pai't en la censé et le l)ois de Verly, entre Meix et Ro- 
belmont, pour 140 francs de 12 patars le franc (5). 

Une fille de Nicolas de Circourt, A nne, épousa en 1623 Valentin de Cugnon, 



(1) E. Tandel. Comm. luxemh. Gartulaire de Gomery, t. VI", p. 1493. 

(2) Archives de la cure d'Avioth. 

(3) Henri d'Anly, mort en 1572, était le frère de Nicolas d'Anly, chanoine d'Ivois, 
mort curé d'Avioth en 1570. Une épitaphe sur une tablette d'ardoise encastrée dans 
le mur de la chapelle située à gauche du rond point de l'abside dans l'église d'Avioth, 
indique que Henri d'Anly et ses frères y reçurent la sépulture. Voir L. Schaudel, 
Avioth, etc. 

(4) E. Tandel. Ibidem, t. II, p. 194. 

(5) Arch. du château de Rerbourg n°63. Publ. de lasect. hist. G. D. de Luxe7n., 
t. XVIII, a. 1SG2 p. XLV. 



— 50 — 

seigneur de Villersla-Ghôvre ; ils sont ié^édés tous deus en 1636 au château de 
Gomery (1). 

Une autre fille, Françoise de Circowt^ de Villers-la-Ghèvre, épousa Robert 
de Jodenville, fils de Jean de Jodenville, échevin de Bastogne, co-seigneur de 
Vance et de Barbe de Waha de Fronville (2). 

Une branche de la famille de Circourt était établie du côté de Stenay. A cette 
branche appartenait i/e'rfar/ cfe Circourt, écuyer qui, le 20 novembre 1573, 
donne son dénombrement pour ce qu'il avait à Marti ncourt, Pouilly, Inor, 
Balon, Aufflance, Stenai, Mousai et Gharmois (3). 

Son fils, Henri de Circourt, donna son dénombrement, le 31 octobre 1589, 
pour Pouilly, Inor et Martincourt (4). 

Jean de Gircourt, seigneur de Villers-la-Ghèvre, Breux, etc., et Béatrix d'Anly 
ne paraissent avoir laissé qu'une fille : Catherine de Circourt, qui épousa N... 
de Bernard, seigneur de Sossé, Sossez ou Soussaye, près de Longwy, Gleris, 
etc., mort de la peste en 1636. Ges derniers eurent trois filles : 1° Marguerite, 
morte jeune. — 2° Elisabeth de Bernard qui épousa Gille de Tige, seigneur 
de Villers-la-Ghèvre ; le 8 août 1651 à Virton, ils vendirent tous leurs biens 
meubles au lieu de Verly, pour le prix de 950 francs de 12 sous pièce (5). — 
3" Hélène de Bernard, alliée à N... de la Haye (6). 

J'ajoute qu'en 1636, la famille de Gircourt ne figure plus parmi les co-seigneurs 
de Breux. 

FAMILLE DE VILLELONGUE. 

Il nous reste à parler du sixième co-seigneur de Breux, qui présente en 1608 
M^ Jean Pierre à la cure d'Avioth. G'est le s"" de Voisigny, Breux, etc. Sa lettre 
de présentation, datée du 14 octobre 1608, est signée : Philbert de Villclongue 
de Voizigny (7). Il devint sans doute co-seigneur de Breux par son mariage 
avec Nicole de Tige, veuve en premières noces à' Etienne Carpentier de Ville- 
cholles, co-seigneur de Fontaine et de Breux, décédé en 1604. 

Le 31 mai 1611, Louis de Villelongue, frère ou fils du précédent, vend à 
Isaïe de Villecholles une part dans la seigneurie de Wachonru (8). 



(1) E. Tandel. Ibidem, t. UI, tabl. généal. p. 135. 

(2) Ibidem, p. 198. 

(3) Manuscrit Denain, de Stenay. 

(4) Ibidem. 

(5) Arch. du chat, de Berbom'g n° 60. Public, de la sect. historique G.-D. de 
Luxembourg, t. XVIII, p. L. 

(6) Manuscrit Welter, i"' vol., p. 481 et 851. 

(7) Archives de la cure d'Avioth. 

(8) E. Taiidel. Ibidem, t. VIb, p. 1493. 



— 51 — 

Nous trouvons plus tard : 

1° Jean de Villelongue, écuyer, seigneur de Remilly, Wasigny et 
autres lieux. 

2° Marie de Villelongue, fenune de Nicolas-Louis de Hezecques, che- 
valier seigneur de Juzancourt. Leurs armes étaient : d'argent à un loup 
passant de sable écartelé d'azur à une gerbe d'or liée de même (1). 

M. Tandel signale, d'autre part, les suivants comme appartenant probable- 
ment à la même famille : 

1" Nicolas de Villelongue qui avait épousé Marie-Madeleine de 
Lécuyer. 

2" Pierre-Jean de Villelongue, chevalier, seigneur de Morhet, ancien 
capitaine au régiment de Poitou. Il épousa Marie-Marguerite-Joseph de 
Lardenois, fille d'Albert-Louis, baron de Bolandre et de Marie-Marguerite 
de Niverlée (2). 

3° Marie-Hélène de Villel07igue, qui mourut veuve de Mathias de 
Sailly, chevalier et seigneur d'Epiez. 

4" Gabrielle- Philibe7'te de Villelongue, décédée veuve d'Adrien de 
Harbonnier, chevalier, seigneur de Nantimont (3). 

Dès 1636, la famille de Villelongue ne figure plus parmi les co-seigneurs de 
Breux . 



FAMILLE DE MATHELIN. 
L — Martin Mathelin. 

Martin M athelin, échevin et lieutenant-mayeur de Bastogne, laissa trois flls : 

1** Henri Mathelin, l'ainé, qui épousa N. . . de Moer et ne laissa que 
deux filles. 

2° Jean Maifielin, qui suit : 

3° May^tin Mathelin, échevin de Bastogne en 1627. En 1629, il devint 
receveur des cens, rentes et revenus de la mayerie héréditaire de cette 
ville, pour la dame douairière de Vogelsang. Il acquit ensuite la seigneurie 
d'Isle-la-Hesse. Il épousa d'abord Elisabeth de Moer, sœur de la femme 
de son frère aine Henri, et ensuite Jeanne-Marie de Pierpont. De son 
premier mariage, il eut deux fils : a) Jean-Charles Mathelin, l'ainé, 



(1) Etat des armoiries des personnes et communautés envoyées aux bureaux éta- 
blis par M Adrien Vanier, chargé de l'exécution de l'Edit du mois de novembre 
dernier pour être présentées à nos seigneurs les Commissaires généraux du Conseil, 
députés pour Sa Majesté par arrêtés des 4 décembre 1696 et 23 janvier 1697. 

(2) Albei't-Louis, baron de Bolandre était lils de Guillaume, clievalier, seigneur de 
Dohan et de Louise de Orcy, celle-ci flUe de Ghai-les de Orcy, seigneur de la Ni-ufville, 
gouverneur de Dun et de Françoise d'AUamont, — E. Tandel. Ihid., t. VI, p. 623. 

(3) E. Tande-1. Ibidem, t. Ill, p. 262. 



— 52 — 

seigneur d'Isle-la-Hesse où il alla résider, fut anobli le 8 janvier 1677 (1). 
Il eut de son mariage avec Jeanne do Mormont six enfants, deux fils et 
quatre filles. - b) Claude MatheUn, le cadet, eut pour sa part Isle- 
St-Martin et le château de Bricqueinont, à Bastogne, oCi il s'établit. Il 
épousa en premières noces Anne de Simon et ensuite Anne Wirotins. De 
son premier mariage il eut huit enfants (2). 

II. — Jean Mathelin. 

Jean Mathelin, ofl!icier de la seigneurie de Rollé, épouse Anne de 5rew- 
vanne. Le 29 août 1644, Jean Mathelin et sa femme achètent à Henri de Waha, 
seigneur de Jemeppe, etc., prévôt de La Roche et Anne-Catherine d'Ans, son 
épouse, une rente de 150 fl. 36, pour prix de 2400 fl. (3). 

Le 17 février 1648, Jean Mathelin acquit les parts des seigneuries de Gomery 
et de Breux vendues par les héritiers paternels de Paul-Bernard, comte de 
Fontaine, et le 17 mars suivant, il achète les parts des mêmes seigneuries cédées 
par les héritiers maternels (4). 

Le 2 mai 1651, Jean Mathelin achète à Charles de VillechoUes ce qui lui 
appartenait en la censé et seigneurie de Wachonru (5). 

Jean Mathelin, mort en 1653, et Anne de Breuvanne, décédée en 1662, ont 
laissé trois fils et une fille : 

1° Jean II ; 2" Charles, qui suivent ; 

3" Nicolas Mathelin, officier au service de l'Autriche, mort céliba- 
taire ; 

4" Emerentiane Mathelin, qui partagea le château de Gomery avec 
son Irère Charles. Elle épousa Henri de Nisramont, lieutenant-prévôt de 
la Roche dont elle eut : Anne, Elisabeth, Charles, Emerentiane (6). 

III. - 1° Jean II Mathelin. 

Jean II Mathelin hérita de son père Jean P"" la charge d'oflficier de la seigneu- 
rie de Rollé; il était seigneur de Mabompré. Le T"" Janvier 1681, il fut anobli 
et eut pour armoiries : Ecu de gueules à un double nœud d'amour au las 
entrelassé d'argent, sommé d'un casque d'argent, grillé et liseré d'or (7). 
11 eut un fils et une fille : 



(1) E. Tandel, t. IV, p. 52 et t. V, p. 227. 

(2) Ibidem, t. IV, p. 54. 

(3) Ibidem, t. V, p. 117. 

(4) Ibidem, t. VIb, p. 1493. 

(5) Ibidem,. 

(6) Ibidem, t. V, p. 427. 

(7) Dict. héraldique de Goethals. — E. Tandel, Ibidem, t. IV, p. 539. 



— 53 - 

1° Emmanuel- Maximîlien Mathelin, qui épousa Jeanne-Ernestine 
Bayot, dont il eut onze enfants parmi lesquels : Gaspard-Joseph, né le 
20 juin 1694, marié le 19 octobre 1753 avec A.-P.-X. de Ballonfaux ; et 
Gonstance-Françoise-Ernestine, née le 3 novembre 1711, dame de Rollé, 
propriétaire de la seigneurie de Bourscheid (1). 

2° Isabelle de Mathelin, mariée en 1695 à Jean-Louis Bonneau, maître 
des forges de la Soye, qualifié seigneur de Breux en 1699. Cette branche 
s'éteignit faute de postérité mâle (2). 

2° Charles Mathelin. 

Charles Mathelin, frère puîné de Jean II, était échevin et homme de_fief de la 
haute cour et terre de Durbuy. Il était seigneur de Gommery, et le château, de 
cette localité, formé de deux ailes réunies à l'Ouest par la chapelle et à l'Est par 
le donjon, fut partagé entre lui et sa sœur Emerentiane. Celle-ci eut la partie 
qui formait l'aile gauche, et Charles de Mathelin eut la partie droite. Dans le 
partage, il s'était réservé le droit de justice moyenne et basse sur la part de sa 
sœur comme sur la sienne. 

Charles Mathelin avait épousé, en 1655, Marie de Chos, fille de Herman de 
Chos, écuyer et commissaire de guerre. Il mourut en 1670 ou 1671. 

Par lettres patentes du 19 février 1672, Marie de Chos, veuve de Charles 
MatheUn, obtint la concession de la haute justice de Gommery. 

Par lettres du 13 juin 1672 « la Reine décréta l'anoblissement de Charles Ma- 
thelin, s'il était encore en vie, pour lui, ses enfants et toute leur postérité « (3). 

Charles Mathelin et Marie de Chos ne laissèrent qu'une fille unique : 
Charlotte de Mathelin, qui épousa, en 1682, Jean de Groulard de Jalhay, 
mort en 1703 et, en secondes noces, André de Soyer. L'inscription sui- 
vante du registre paroissial de Gérouville ne laisse aucun doute sur la 
réalité de ce second mariage : 

« Année 1706 ; Baptême du fils de M»"® Jean-Louis Bonneau, écuyer, 
seigneur de Breux et maître des forges de la Soye. Parrains : M"""* André 
de Soyer, écuyer, seigneur de Gommery et maître des forges de Herse- 
range, Berchiwez et sa femme Charlotte de Mathelin » (4). 

Rappelons que l'épouse de Jean-Louis Bonneau était Isabelle de 
Mathelin, fille de Jean II de Mathelin et que, par conséquent, la mère et 
la marraine étaient cousines germaines. 

Charlotte de Mathelin décéda en 1729. Elle laissa, de son premier 
mariage avec Jean de Groulard de Jalhay, écuyer, seigneur de Sosne, 
Rodange, Mont-St-Martin, etc., un fils et une fille, l'un et l'autre mariés 
dans la famille de Gerlache (5). 



(1) E. Tandel. — Ibidem, t. TV, p. 52. 

(2) Ibidem. 

(3) Ibidem. 

(4) E. Tandel. Les Comw. lux., t. III, p. 158 et t. V, p. 684. 

(5) Ibidem, t. V, p. 52 et t. III, p, 90 en note. 



— 54 — 

FAMILLE BONNEAU. 

I. — Louis Bonneau. 

La famille Bonneau apparaît pour la première fois en possession de la sei- 
gneurie de Breux dans le dénombrement du 2 juin 1681. 

Louis Bonneau y figure pour un demi-quart. Il épousa, en 1656 à Gérouville, 
Anne Bienaise (1). 

A la même famille, sans doute, appartenait Anne de Bonneau, mariée à 
Paul de Briel d'Arimont, capitaine au service de France, demeurant à la Ferté, 
fils de Gabriel de Briel et de Catherine d'Arimont (2). 

Louis Bonneau et Anne Bienaise laissèrent : 

1° Jean-Louis Bonneau, qui suit. 

2° Louise Bonneau épousa en 1681 Antoine de Bombelles, qui devint 
ainsi co-seigneur de Breux et que nous retrouverons à l'article consacré 
plus loin à la famille de Bombelles. 

3" Mathieu Bonneau, seigneur de la Ferté, qui laissa Jeanne-Pétro- 
nille-Thérèse Bonneau mariée, le 30 mars 1703, à Florent de Lamock, 
écuyer de la prévôté de Ghiny. Le 20 février 1711, Jeanne-Pétronille- 
Thérèse Bonneau, femme de Messire Florent de Lamock, écuyer demeu- 
rant à La Ferté, fait son testament ; elle prie « messire Louis-François 
de Bombel et Antoine Bonneau, écuyers et seigneurs de Breux, ses très 
chers cousins « de tenir la main à l'exécution de ses dernières volontés. De 
son mariage avec Florent de la Mock, écuyer, seigneur foncier de la 
Ferté, est issu : Louis- François de la Mock écuyer, né vers 1707, qui 
épousa, le 13 avril 1739 à Avioth, Catherine de la Pierre, âgée d'environ 
22 ans, fille de défunt Henry Gille Henry de la Pierre et de damoiselle 
Marie- Catherine de Wincle (3). 

IL — Jean-Louis Bonneau. 

Jean- Louis Bonneau, maître des forges de la Soye en 1695, épousa 
Isabelle de Mathelin. Déjà possesseur d'un quart de la seigneurie de Breux, il 



(1) Elle était sans doute la sœur de Dom Bernard Bienaise, religieux de Munster, 
à Luxembourg, qui figure en même temps que Di'e Anne Bienaise au Gartulaire de 
la Confrérie de la Trinité à Gérouville, — E. Tandel. Ibidem, t. III, p. 160. 

(2) Ibidem, t. III, p. 788. D'Arimont portait : d'azur, au fer de moulin d'ar- 
gent, cantonné de 4 étoiles d'or. 

(3) Archives de la cure d'Avioth. Les témoins du marié étaient : messire Jean- 
Jacques delà Mock, écuyer, ancien capitaine d'infanterie dans les troupes bavaroises, 
son oncle paternel ; messire Jean de Neufmesnil, écuyer demeurant à Malandry, son 
cousin germain à cause de dame Catherine de Rize son épouse ; messire Louis-Fran- 
çois de Boml)elles. . . Ceux delà mariée furent : messire Jacques-Henry de la Pierre, 
prêtre, docteur en théologie, doyen-curé du doyenné « cure de l'église N.-D. d'Ivoy, 
à Garignan, son oncle paternel. . . 



— 55 — 

se rend acquéreur, par contrat du 7 mars 1698, d'une nouvelle partie de cette 
seigneurie mise en vente par Théodore de Roussel, soigneur de Verneuil et par 
Florimond Claude, comte de Mercy, fils de Pierre-Ernest, baron de Mercy et 
de Marie-Christine d'Allamont. 

Le 29 juin 1701, Jean-Louis Bonneau est anobli (1). 

Le !'''■ avril 1702, il fit, de concert avec Louis-François de Bombeiles, son 
dénombrement pour les deux quarts et demi do la seigneurie de Breux (2). 

En 1706, le registre paroissial de Gérou ville mentionne le baptême du fils de 
M""® Jean-Louis Bonneau, écuyer, seigneur de Breux et maître des forges de 
la Soye. L'enfant eut pour parrain M'"'' André de Soyer, écuyer, seigneur de 
Gomery et maitre des forges de Herserange-Berchiwez, et pour marraine dame 
Charlotte de Mathelin, sa femme. 

Un arrêt du Parlement de Metz, du 2 juin 1708, nous apprend que Jean-Louis 
Bonneau payait à l'église d'Avioth une rente annuelle de 67 livres 10 sols, portée 
sur le contrat de vente de la seigneurie de Breux du 7 mars 1698 (3). 

M" Jean-Louis Bonneau mourut en 1738 et fut inhumé dans l'église de Gérou- 
ville (4). L'usine de la Soye étant venue à décliner, le défunt laissa une succes- 
sion fort précaire à ses enlants dont plusieurs vinrent habiter la maison seigneu- 
riale devenue plus tard le presbytère actuel. Ces enfants, au nombre de huit, 
sont : a) Henri -Innocent de Bonneau, de Fagny, écuy(;r, décéda le 13 octobre 
1777, à Juvigny-sur-Loison chez M''*' de Franque. Il fut enterré dans une 
tombe contiguëe à la chapelle de Saint-Benoît, en l'église de Juvigny ; — 
b) Jean-Baptiste de Bonneau qui, en 1728, est clerc du diocèse de Trêves, 
administrateur de la chapelle du Saint-Esprit dans l'église N.-D. d'Avioth, 
maître des forges de la Soye et seigneur de Breux. Il signe : abbé Bonneau, un 
accord daté du 17 août 1747 au sujet de la collation de la cure d'Avioth. La part 
de la famille Bonneau, c'est-à-dire le château en ruine, la moitié de la maison 
seigneuriale et les neuf seizièmes dans la totalité de la seigneurie de Breux, fut 
vendue le 18 décembre 1749 devant le Parlement de Metz et acquise par Charles 
de Chardon. — c) Marie-Louise. — d) Nicolas- Théodore. — e) Joseph. — 
f) Marie- Isabelle, décédée à Breux le 7 août 1752, inhumée dans le chœur de 
l'église du côté de la chapelle St-Roch. — g) Marie-Madeleine. — 
h) Charlotte. 



(1) Reg. paroissial de Gêrouvllle. E. Tandel. Les Conun. lux., t. lit, p. 158. 

(2) Arch. de Breux. — Houzelle. Breux, etc., p. 99. 

(3) Comptes de la Fal)nque d'Avioth, 1709-1710 et 1720-1727, aux arch, delà cure. 

(4) E. Tandel. Ibidem, III, p. 158. — Reg. paroissial de Gérouville, 



— 56 — 

FAMILLE JACQUESSE (1). 

La famille Jacquesse, originaire du duché de Lorraine, y jouissait des privi- 
lèges et exemptions des nobles, comme l'attestent les lettres patentes de noblesse 
accordées à Charles de Jacquesse le 5 mai 1687. Le premier de cette famille, 
qui nous est connu, porte le prénom de Guillaume. 

L — Guillaume Jacquesse. 

Guillaume Jacquesse, homme d'armes de la compagnie d'ordonnance du comte 
de Mansfeld, vivait en 1560. Il mourut laissant un fils en bas âge, né à Mussy- 
la- Ville, portant le nom de Jacques. Un autre fils Jean, qui suit, est l'ancêtre 
de nos co-seigneurs de Breux. 

IL ~ Jean Jacquesse (2). 

Jean Jacquesse, fils de Guillaume, résidait à Virton. Il obtint, le 10 février 
1614, un diplôme de docteur en droit et devint professeur à l'Université de 
Pont-à-Mousson. Le 10 avril 1619, il fut nommé conseiller privé du duc de 
Lorraine alors à Nancy. Il épousa Marguerite Mathuri. Parmi les descen- 
dants de Jean Jacquesse, nous ne retiendrons que Charles Jacquesse qui suit. 

III. — Charles Jacquesse. 

Charles Jacquesse résidait à Virton en 1659 et y occupait le poste de lieu- 
tenant-prévôt. Par lettres patentes du 7 mai 1689, il obtint la continuation du 
port des mêmes armoiries dont ses ancêtres et lui-même avaient usé jusqu'alors. 
Il avait épousé Marie- Anne Magoteau de Buzenol, dont la sœur, veuve en 
1659 de Henri Le Comte, écuyer, maître de forges à Berchiwez, résidant à 
Buzenol, laissa un fils qui s'unit, le 16 février 1659, à Catherine Mathelin. 

Charles Jacquesse et Marie-Anne Magoteau laissèrent sept enfants : 

1° Marie-Elisabeth Jacquesse^ mariée en 1680 à Mathieu du Faing^ 
seigneur d'Aigremont, avec lequel elle résidait dans cette localité de 1681 
à 1712. 



(1) Ses armes sont : D'argent à l'orle de huit mouches à miel au naturel ; au 
lionceau de gueules dans un filet de sable figuré en écusson. Cimier : au lionceau 
de Vécu. — E. Tandel. Les Comm. luxemb., t. VI, p. 1496; D'après le Nobiliaire 
des Pays-Bas et du comté de Bourgogne, t. II, p. 548, les Jacquesse portaient : 
ëcarlelé, aux 1^'' et 4 de gueules au bouc d'or ; aux 2 et 3 d'or au cygne d'argent, 
portant une clef de sable. Mais il s'agit sans doute d'une autre famille de ce nom. 

(2) Pour la généalogie de la famille Jac(|uesse, j'ai emprunté la plupart des ren- 
seignements qui suivent au précieux ouvrage de notre distingué président, M. E. 
Tandel, Les Communes luxembourgeoises. 



— 57 — 

2° Jean Jacquesse, qui épousa le 3 janvier 1685 Anne-Marie du 
Mesnil, fille de Robert, gentillioinine siégeant à la salle de Bastogne et 
de Jeanne de Warck. Jean Jacquesse, mort en 1700, laissa : a) Catherine- 
Françoise, née le 30 décembre 1685; — b) Anne-Marie, née le 9 
novembre 1687 ; — c) Jean-Baptiste-Gainille, né le 27 juin 1689; — 
d) Marie-Charlotte, née le 16 août 1691 ; — e) Marie-Françoise, née le 
29 septembre 1694, mariée à Amberloup le 5 septembre 1734 à Georges- 
Servais de Xivry, écuyer, seigneur foncier dos pleins fiefs de Couvreux 
et Villers. 

3'' Marie-Anne Jacquesse, qui épousa Philippe de Nothumb, capi- 
taine au service du roi d'Espagne dans le régiment du comte de Bréda. 

4° Marie-Agnès Jacquesse, qui épousa, le 22 décembre 1685 à Dam- 
picourt, François-Robert de Nonancourt. 

5" Louis-Joseph Jacquesse, seigneur* d'IIoudrigny. 

6° Mathieu Jacquesse, qui suit. 

7° Théodore Jacquesse, qui suit. 

IV. — 1" Mathieu Jacquesse. 

Mathieu Jacquesse est qualifié de seigneur de Breux dès l'année 1670. Les 
registres paroissiaux de Gérouville le mentionnent comme suit : « 1670. Ma- 
riage solennel entre le seigneur Mathieu Jacquesse, paroissien et seigneur de 
Breux et de La Grange Philippe, d'une part, et damoiselle Magdelon Suant, 
de Gérouville, d'autre part » (1). Il paraît être mort sans postérité avant 1681, 
laissant sa part de la seigneurie de Breux à son frère Théodore. 

2" Théodore Jacquesse. 

Théodore Jacquesse, frère du précédent, figure au dénombrement du 2 juin 
1681 comme possesseur d'un quart de la seigneurie de Breux. Il épousa Marie 
Suant, veuve en premières noces de Jean du Mont, lieutenant-général de 
Ghauvency-le-château (2). 

Théodore Jacquesse mourut à Breux le 24 mars 1700, âgé de 60 ans. Il fut 
enterré dans l'église d'Avioth, entre l'autel du Saint-Esprit et le pilier le plus 
proche (3). Sa veuve, damoiselle Marie Suant, décéda en 1702 et fut inhumée 
dans l'église de Gérouville (4). Ils laissèrent trois filles : 

1° Marie-Catherine Jacquesse, qui épousa : 1** Pierre Duval ; 2° 
Georges-Florent d'Assenoy. De son premier mari, mort en 1720, elle 
eut deux enfants: a) Anne-Marie-Thérèse, née le 5 septembre 1715 et 
décédée la même année'; — &) Alexandre-François Duval, né à Breux le 



(1) E. Tandel. Les CommJluxemb., t, El, p. 157. 

(2) Ibidem. 

(3) L. Schaudel. — Avioth, etc., p. 234. 

(4) E. Tandel. — Ibidem, t. m, p. 158. 



— 58 — 

28 janvier 1717. De son second mariage, célébré à Breux le 9 novembre 
1722, avec Georges-Florent d'Assenoy, écuyer, de Jamoigne, naquit : 
Georges-François d'Assenoy, né à Breux le 15 mai 1724, décédé le 4 jan- 
vier 1725 et inhumé dans la nef de l'église. 

2" Marie- Madeleine Jacquesse, qui épousa avant 1706 Antoine 
Duval. Ils eurent cinq enfants nés à Breux : a^ Marie- Catherine ; — &) 
Marie-Madeleine, qui épousa Jean Mottelet de Gérouville ; — c) Pierre, 
né le 18 décembre 1713 ; — rf) Gille- Joseph, né le 31 mai 1717 et décédé 
le 22 février 1719 ; — e) Antoine-Louis, né le 12 juillet 1719. — Marie- 
Madeleine Jacquesse décéda à Breux le 23 mars 1734 et fut inhumée dans 
l'église paroissiale. Son mari, Antoine Duval, convola en secondes noces 
avec Scholastique Picard et mourut le 13 novembre 1743, à l'âge de 66 
ans. Il fut également inhumé dans l'église de Breux. 

'i'' Marie-Thérèse Jacquesse, qm é'^onssi Pierre-Joseph Le Jeune, 
seigneur de Nannireux, devenu par son mariage co-seigneur de Breux 
comme ses deux beaux-frères. On leurconhaît deux enfants : à) Nicolas- 
Théodore Le Jeune, né le 18 novembre 1716 et vivant encore en 1789. 
En 1747, il était chapelain de l'abbaye de Juvigny, puis curé de Remoi- 
ville et doyen de Juvigny ; — ô) Jacques Le Jeune, né le 28 mars 1720. 
Il fut lieutenant dans les volontaires royaux et épousa Marie-Françoise 
de Mauljean. Il habitait le château de Nannireux et, en 1763, il devint 
juge féodal des ville et prévôté de Ghiny, seigneur de Nannireux et Breux 
en partie. Il mourut en 1782 laissant une fille, Marie-Josèphe Le Jeune, 
qui épousa, le 15 octobre 1769 à Breux, Louis-Richard de Rouvres, âgé 
de 27 ans, chevalier, heutenant au régiment impérial de Toscane, 
seigneur de Nannireux, Pin, Izel, Breux en partie, etc.. M. Houzelle, 
dans son travail sur Breux, a raconté les tristes péripéties de cette union 
malheureuse (1). 



FAMILLE DE BOMBELLES (2). 

D'après une généalogie imprimée de cette famille noble, gr. in-4" de 18 p., 
en la possession de notre aimable et savant confrère, M. Léon Germain de Maidy 
« la maison de Bombelles répandue successivement en Italie et en France aux 
XII et XIIP siècles est, suivant une antique tradition, originaire du Portugal, 
où se voient encore, près de Sétuval, les ruines d'un château de son nom qui 
fut, dit-on, la demeure de ses premiers auteurs ». 

Mais la filiation, ajoute M. Léon Germain, n'est dressée régulièrement que 
pour la branche française. Elle aurait pour tige Siméon de Bombelles, compa- 
gnon du roi Saint-Louis à la dernière croisade, donataire de la baronnie de la 
Motte-Saint-Lié, située dans la forêt d'Orléans. Jusqu'à la fin du XV*" siècle, 



(1) Houzelle. — Breux, son hist. et sa seigneurie, p. 93-98. 

(2) Les armes de la famille de Bombelles sont : Ecartelé, aux i et 4 cVor plein; 
aux 2 et 3 de gueules, à la molette d'argent. Couronne de comte. Supports : deux 
licornes. 



— 59 — 

cette terre resta dans la famille, dont les possessions ne tardèrent pas à s'étendre 
du pays chartrain jusque dans la Champagne. 

D'après la généalogie, les plus anciens membres de la famille venus en Lorraine 
seraient Pierre de Bombelles, vivant vers le milieu du XVI® siècle, et son frère 
Philippe, premier écuyer de la duchesse Nicole. Mais une autre branche, celle 
des seigneurs de Montgirault avait eu antérieurement des relations avec la 
Lorraine (1). 

L — Pierre de Bombelles. 

Pierre de Bombelles^ auteur de la branche fixée en Lorraine est qualifié 
« d'écuyer, seigneur de Lavau, capitaine commandant d'un bataillon du régiment 
de Champagne, et gentilhomme de la chambre du roi. » Il était fils de Jacques 
de Bombelles, écuyer, seigneur de Lavau, de Loinville, du Portail, etc., gouver- 
neur du château royal de Chambord, et de Louise Aubert dont le mariage eut 
lieu après l'an 1574 (2). 

Pierre de Bombelles épousa, vers 1640, Eléonore Pitoyset, dont il eut huit 
enfants, parmi lesquels François et A ntoine de Bombelles, qui suivent. 

IL — 1" François de Bombelles. 

L'aîné des fils de Pierre est l'auteur de la branche encore existante en 
Autriche (3). 

François de Bombelles, chevalier, seigneur de Lavau, capitaine au régiment 
de Champagne, etc., épousa, par contrat du 22 avril 1673, Françoise Burin 
de Riquehourg . De cette union naquit : 

Henri-François de Bombelles, chevalier, seigneur d'Orangis, de Lavau, 
lieutenant-général des armées du roi, ambassadeur, etc., né à Huningue et bap- 
tisé le 27 février 1681. Nommé pour commander à Bitche et sur la frontière de 
la Lorraine allemande et de la Sarre, le 11 janvier 1740, il conserva ce comman- 
dement jusqu'à sa mort. Le roi lui conféra le titre héréditaire de comte par let- 
tres patentes du mois de mars 1753. Il mourut le 29 juillet 1760. Il avait épousé : 
1° Marie-Françoise-Suzanne de Subirey et de Saint Rémy ; 2° en 1740, Getie- 
viève-Charloiie de Badains. De son premier mariage, il eut six enfants parmi 
lesquels : 



(1) L. Germain. La famille de Bombelles en Lorraine. Nancy, 1890, p. 3. 

(2) Ibidem; p. 8. 

(3) Ibidem, p. 9. 



- 60 — 

à) L'ainé, Joseph-Henri, comte de Bombelles, maréchal de. camp, né en 
1721, mort le 9 mai 1783, épousa Jeanne le Gouton d'fîarnoncourt, dont 
il n'eut que deux filles, h) Le second fils a continué la postérité. C'est 
Marc-Marie, marquis de Bombelles, seigneur des fiels de Worck et 
d'Achenheim, en Alsace, à une lieue de Strasbourg, naquit à Bitche le 8 
octobre 1744. Il épousa, en 1778, Angélique-Charlotte de Mackau, fille 
du baron de Mackau, ministre du roi près la Diète générale de l'Empire, 
poste dans lequel il succède à son beau-père. La marquise de Bombelles 
était dame pour accompagner Madame Elisabeth de France, sœur de 
Louis XVI, dont elle avait toute la confiance. Elle échappa miraculeuse- 
ment aux égorgeurs de septembre, grâce au dévouement de M. de 
Chazet, beau-père de M. de Mackau, son fi-ère à elle. Déguisé en ramo- 
neur, il se mêla aux assassins et parvint à la sauver. La marquise de 
Bombelles mourut en couches en Moravie en 1800. Son mari, désespéré, 
voua le reste de ses jours à la religion et devint évèque d'Amiens. Il 
était père de Madame de Castéju, dame de madame la Dauphine et de 
trois fils, élevés à Vienne et devenus Autrichiens. Deux ont été ambassa- 
deurs et l'un d'entre eux a épousé S. M. Marie-Louise, de l'aveu de la cour 
d'Autriche. C'est le second de ces fils, Charles-René, comte de Bom- 
belles, né à Versailles le 6 novembre 1785, lieutenant-colonel au^service 
de l'empereur d'Autriche, qui continua la postérité. Il épousa en 1816 
Caroline de Poulhariez (1). 

IL — 2° Antoine de Bombelles. 

Antoine de Bombelles, troisième fils de Pierre de Bombelles, est le chef de 
la famille fixée à Breux. Chevalier de Saint-Louis, lieutenant du roi à Féquay, 
il épousa : 1» Louise Bonneau ; 2° Marie-Madeleine Noyclle ou Noël (2). 
Son premier mariage est mentionné comme suit aux registres paroissiaux de 
Gérouville : « 1681. Mariage du sieur Antoine de Bombelles, capitaine com- 
mandant d'un bataillon de Champagne, avec damoiselle Louise Bonneau. Té- 
moin : M"" de Beuvillers, major de la ville de Montmédy (3) ». 

Nous avons vu que Louise Bonneau était fille de Louis Bonneau, co-seigneur 
de Breux et d'Anne Bienaise. C'est donc par son premier mariage qu'Antoine de 
Bombelles devint à son tour co-seigneur de Breux. Il figure en cette qualité dans 
la requête des habitants de cette seigneurie au Parlement de Metz, à la date du 
27 mai 1699 (4). De ses deux mariages il eut : 

1» Louis- François de B07nbelles, qui suit. 

2° Antoine-Louis de Bombelles, chevalier, qui figure au dénombre- 
ment du 5 juin 1706 pour un demi-quart dans la seigneurie de Breux. Le 



(1) Ibidem, p. 8-11. 

(2) Ibidem Dans les actes, aux archives de Breux, elle est nommée Marie- 
Madeleine Noël. Cf. Houzelle, Breux, etc., p. 90. 

(3) E. Tandel. Ibidem., t. IH, p. 157. 

(4) Houzelle, Breux, etc., p. 90. 



_ 61 _ 

5 octobre 1741, Antoine de Bombelles, lieutenant de dragons, mestre de 
camp en garnison à Melz, vend à Jean Rossignon, prêtre de Brcux, une 
maison et une petite ferme de 2100 livres en principal. Il est désigné 
dans l'acte comme fils de Marie-Madeleine Noël, veuve d'Antoine de 
Bombelles (1). 

III. — Louis-François de Bombelles. 

Louis-François de Bombelles et Jean-Louis de Bonneau, son oncle maternel, 
figurent au dénombrement du 1°' avril 1702 pour les deux quarts et demi de la 
seigneurie de Breux. 

Louis-François épousa le 31 juillet 1715 à Longwy, Catherine de Glémery (2). 
Le 28 mai 1717, Jean-Louis-François de Bombelles, écuyer, fait foi et hommage 
pour un quart de la seigneurie de Breux. Il eut avec les habitants de la commu- 
nauté de Breux de longs démêlés, se traduisant par une série de procédures 
conservées aux archives de la commune (3). 

Le 13 avril 1739, Louis-François de Bombelles, écuyer, et dame de Glémery, 
son épouse, sont témoins au mariage de messire Louis-François de la Mock, 
leur filleul et parent issu de germain (4). 

Louis-François de Bombelles et Catherine de Clémery laissèrent quatre fils : 

1" Loii^- Georges, baptisé le 14 août 1717 à Jamoigne. Les parrain 
et marraine furent : Georges de Glémery et D. Marie-Madeleine Noël (5). 
Il mourut le 21 octobre 1723 et fut inhumé dans le cbœur de l'église de 
Breux (6). 

2° Louis- Etienne- Joseph, né à Breux le 19 mars 1719. Il eut pour 
parrain et marraine : Louis Etienne de Glémery, capitaine d'une com- 
pagnie de cuirassiers de S. M. I. et dame Marguerite Boursy, demeurant 
à Villers-la-Chêvre (7). Il fut d'après la généalogie de la famille de Bom- 
belles, écuyer, lieutenant du régiment de Hainaut, et mourut en 1773. 

3" Florent-Louis de Bombelles, né le 2 février 1732. Ses parrain et 
marraine furent : Florent-Louis de la Mock, seigneur foncier de la Ferté 
et Anne Bonneau d'Arimont aussi dame foncière de la Ferté Florent- 
Louis de Bombelles fut lieutenant au régiment de Hainaut, capitaine, 
puis lieutenant-colonel au régiment de Dôle, chevalier de l'Ordre royal 
militaire de Saint-Louis. Il mourut au château d'Ancy-le-Franc, près de 
Tonnerre, le 24 octobre 1802. 



(i) Ibidem, p. 91. 

(2) Ibidem, p. 90. 

(3) Ibidem p. 91. 

(4) Archives de la cure d'Avioth. Voir ci-devant notre chapitre consacré à la 
famille Bonneau. 

(5) E. Tandel. Les Comm. lux., t. El, p. 1032. 

(6) Houzelle. Ibidem, p. 91. 

(7) Ibidem. La marraine signe : « Bourcier de Storonge d. 



— 62 — 

4" Béatrix de Bombelles, née le 9 février 1740. Elle parait avoir 
épousé Gabriel de La Morre dont la famille avait une part dans la seigneu- 
rie de Villers-la-Ghèvre et tous deux durent abandonner la particule 
génitive dite nobiliaire. En effet, les registres paroissiaux de Villers-la- 
Ghévre mentionnent ce qui suit : '• An 5. Mariage d'Etienne Clément 
avec Gabrielle Lamorre, âgée de 42 ans, femme séparée par divorce. . . . 
et fille de Gabriel Lamorre, ci-devant président de la Chambre des 
Comptes de Bar-sur-Orne et de Béatrix Bobelle » (1). 



FAMILLE DE CHARDON. 

L — Georges-Charles de Chardon. 

Le 18 décembre 1749, Georges Charles de Chardon acquit devant le 
Parlement de Metz pour la somme de 34,100 livres, « le fond, tréfond et pro- 
priété de la totalité du château de Breux, actuellement en ruine, la moitié de la 
maison seigneuriale de ce même lieu et les neuf seizièmes dans la totalité de 
ladite terre » (2). 

Georges-Charles de Chardon était conseiller du Roi, trésorier de France au 
bureau des Finances et Généralités de Metz et Alsace, bailU des ville et duché 
d'Ivois-Carignan, seigneur de Bièvres, Lamouilly et autres lieux. Le 18 décem- 
bre 1749 et le 23 avril 1751, il prête pour son acquisition foi et hommage au 
roi Louis XV (3). 

Il appartenait sans doute à la même famille que Jean Chardon, portier héré- 
ditaire de la haute porte de Montmédy en 1628 dont la fille Jeanne Chardon 
s'unit à François Denizet, médecin de l'Electeur de Trêves, et portier hérédi- 
taire de la haute porte à cause de sa femme (4). 

D'autre part, Guillaume Chardon, de Montmédy et Jeanne sa femme sont 
parrain et marraine à Grand- Verneuil le 17 janvier 1630. Enfin le 20 octobre 
1669, Marguerite Chardon, de Chauvency-le-Château, est marraine dans la 
même paroisse (5). 

Georges-Charles de Chardon avait épousé Marie- Elisabeth Grayidjcan de 
Miino qui, après le décès de son mari, survenu avant 1776, devint dame douai- 
rière de la terre de Breux en partie. 

De cette union naquirent plusieurs enfants, entre autres : Simon Charles de 



(1) L. Germain. Ibidem, p. 14 et 15. 

(2) Houzelle. Ibidem, p. 101. 

(3) Ibidem. 

(4) Comptes de Mathieu d'Awans. Bihl. nationale. Fonds de Lorraine, n" 633bis. 

(5) Registre paroissial de Grand- Verneuil. 



— 63 — 

Chardon de Breux et Jean-François de Chardon de Watronville, seigneurs 
de Breux, Belveau et autres lieux, qui furent ulliciers dans les régiments de 
Bouillon et de Champagne. 

II. — Jean-François de Chardon de Watronville. 

Jean-François de Chardon, derniei' seigneur de Breux épousa, en 1788, 
Marie- Joseph- Elisabeth de Chardon, fille de Simon-Charles de Chardon et 
de dame Catherine de Séroux. De ce mariage sont issus : 

1» François- Jacques-Pierre de Chardon, officier de l'empire, tué à 
Dantzig. 

2° Marie-Catherine- Joséphine- Olympe de Chardon de Watron- 
ville, mariée au comte Louis-Casimir de Chamisso, d'où deux enfants : 
a) Louis-Aimé de Chamisso ; b) Marie-Camille de Chamisso, mariée au 
général Mayran, mort glorieusement devant Sébastopol (1). 



(1) L.-N. Deny. — Monpeiit Livre ou un peu de tout, Metz, 1861, p. 20 et 21. 



TABLE. 









TOMK XLI 










PAGES. 


Introduction . 


• 


• **••••• 


m 


Origines . 


• • 


, 


• •••••••« 


113 


Famille de 


Briey. — 




Albert de Briey 


119 


— 






Bezelln de Briey 


122 


— 






Rlcher. — Constantin. — Renaud . 


. 123 


— 






Garnier de Briey 


124 


— 




I. 


Jean de Tliionville 


. 124 


— 




n. 


Hezon P' de Briey 


. 125 


— 




m. 


Hezon II de Briey ... 


. 125 


— 




IV. 


Herbrand I de Briey 


. 126 


— 




V. 


Jean II de Briey 


127 


— 




VI. 


Herbrand H de Briey .... 


127 


— 




vn. 


Henri I de Briey 


130 


— 




vm. 


Henri n de Breux 


135 


— 




IX. 


Henri Lll de Breux 


. 136 


— 




X. 


Henri IV de Breux .... 


137 


— 




XI. 


Henri V de Breux 


138 


Famille de 


Chinery. 


— I. 


Ferry ou Frédéric de Chinery, 


139 


— 




II. 


A. Louis de Ctiinery 


142 


— 




— 


B. Jean de Cliinery 


144 


— 




— 


G. Jeanne de Cliinery 


144 


Famlle de 


Brandenbourg 


— I. Godard de Brandenbourg . 


145 


— 






n. Georges de Brandenbourg. 


147 


— 






— Frédéric ou Ferry I de Brandenbourg 


\ 148 


— 






III. Frédéric U de Brandenbourg 


149 


— 






— Jean de Brandenbourg 


150 


— 






IV. Pierre-Ernest de Brandenbourg . 


151 


Héritiers de Jean de Chinery. — Mariette. Françoise et Ydron de Chinerj 


' 152 



Tome XLII 

Famille de NoiREFONTArNE.— Louis de Noirefontaine et Mariette de Chinery 13 

Famille de Naves. — I. Nicolas de Naves. — Jean I"" de Naves . . 15 

— II. Jean H de Naves 17 

— — Jean UI de Naves 18 



66 — 



Famille 
Famille 

Famille 



Famille 
Famille 



Famille 



Famille 
Famille 



Famille 
Famille 
Famille 



Famille 
Famille 



Pages, 

de Lutz. — I. Evrard de Lutz. — Henri I»"" de Lutz ... 19 

— n. Henri II de Lutz . . ... 20 
de Housse. — I. Gaspard de Housse 22 

— II. Nicolas de Housse 22 

— — Catherine de Housse. — Claudine de Housse . 23 
DE Manteville. — I. Nicolas de Manteville .... 23 

— II. Albert de Manteville .... 25 

— m. Oger de Manteville 25 

VAN DER Straten. — I. Charlcs-Fortuné van der Straten . . 26 

d'Allamont. — I. François I»"" d'Allamont .... 27 

— IL François II d'Allamont 29 

— III. Florimond d'Allamont 30 

DE ViLLECHOLLES. — I. Jean de Carpentier de Villecholles . . 31 

— IL Etienne Carpentier de Villecholles . 33 

— III. Jacques Carpentier de Villecholles . 33 

— — Claude Carpentier de Villecholles . . 33 

— IV. N. de Corda de Villecholles ... 34 
d'Urre DE Thessières. — Charles d'Urre, flls de Jean d'Urre de 

Thessières . .... 34 

DE Fontaine. — I. N. de Fontaine 36 

— IL Jean. — III. Nicolas de Fontaine ... 38 

— IV. François de Fontaine ..... 38 

— V. Paul-Bernard, comte de Fontaine ... 39 

DE CiRcouRT. — I. Jean de Gircourt 49 

DE ViLLELONGUE. — 1. Philibert de Villelongue de Voisigny . . 50 

DE Mathelin. — 1. Martin Mathelin 51 

— IL Jean I Mathelin 52 

— m. Jean II Mathelin 52 

— — Charles Mathelin 53 

DE Bonneau. — I. Louis Bonneau 54 

— IL Jean-Louis Bonneau 54 

Jacquesse. — I. Guillaume Jacquesse 56 

— IL Jean Jacquesse 56 

— m. Charles Jacquesse 56 

— IV. Mathieu Jacquesse 57 

— — Théodore Jacquesse 57 

- 1. Pierre de Bombelles 58 

II. François de Bombelles .... 59 

— Antoine de Bombelles .... 60 

m. Louis-François de Bombelles ... 61 

1. Georges-Charles de Chardon. ... 62 

IL Jean-François de Chardon de Watronville . 63 



Famille de Bombelles. 



Famille de Chardon. 



MIETTES HISTORIQUES. 



OUmimmm ûm ^mwwmmm. 



L'histoire du fief et château de Termes parait assez peu 
connue ; à peine un vague souvenir en est-il resté au village 
même. Aussi la notice parue dans les Communes luxembourgeoises 
est-elle des plus succintes. 

C'est ce qui nous a engagé à publier les quelques notes sui- 
vantes, avec le regret de n'avoir pu remonter plus haut dans 
les dates. 



Par contrat du 2 mars 1712, Georges-Florent du Faing, « Escuier, seigneur 
« de Termes, Frenoy et du Ménil, prévôt des ville et prévosté d'Estalle, demeu- 
" rant à Fratin et sa dame Jeanne- Ursule Dwnont, vendent au Très-noble et 
« très-Illustre seigneur Jean-Charles Gabriel, baron de Waha et à sa dame 
" Marie- Anne de Pouilly » 

leurs biens et droits féodaux de Termes, ainsi décrits au contrat : 

— Les Propriétés parcellaires. — 

«' Premièrement, une maison au bout haut du village, qui estait cy-devant la 
« maison seigneuriale, avec le grand jardin derrière et à costé, comme il s'étend 
" et comporte, et les jardins de Rone et de Bléchard. 

5 



- to - 

« Item, le jardin le Boiteux, au devant de ladite mazure, comme il se contient, 
•* royer le gi'and chemin du dessus et la bys du moulin du dessous. 

« Item, le jardin Solevaqne, au milieu du village. 

«« Item, le jardin Piéron que ledit s"" vendeur a vendu au nommé Jean Sansterre 
•« dudit Terme pour le prix de 40 escus argent fort, uiis en rente au denier seize, 
«• sous la condition qu'il y construirait une maison, grange et establerye dans 
« l'ail, comme il est faict pour assurance de la dite rente qui est foncière, laquelle 
« porte 2 escus et demie pour chacun an, même monneiage. 

— Les droits féodaux. — 

« Item, la dite seigneurie se partagent par moitié avec le Souverain 
« comme de toute ancienneté, consistant en amende, haute et basse pouille 
« et rentes payables à (a St Jean-Baptiste et à Noël de chacune année, 
« four, moulin, terrages de Terme et Frenois, cens de preid, le dixième 
« dans les bois d'aisances lorsqu'on vient à les vendre, une pouille de 
« rente due par les héritiers de Thomas Laurent affecté sur deux jours 
« de terre en delà du preid Bernard, les droits de chasse et de pêche dans 
« retendue de ladite seigneurie, de confiscations, épaves-attractions oii 
« ils sont, avec les droits de passage de Tenne et Frénois. « 



Ces biens avaient été précédemment acquis par les vendeurs tant du sieur 
François Gauthier, seigneur de Ste-Marie, que de messire de Villelongue, 
seigneur d'Epiez. 

* * 

Antérieurement à la cession, le 9 juin 1693, les vendeurs avaient engagé la 
propriété « à Madame Anne-Marie Coenen, vefve de feu Monsieur de Baillet, 
« en son vivant seig"" de la Toure, Bubingen et conseillier du Roy en son Conseil 
« Provincial de Luxembourg, 

« en garantie d'un prêt de mille escus blans, de huit Esqualins pièce. » 

II. 

Pour une cause ou l'autre, la propriété semble avoir souvent changé de mains. 

Par acte du 26 août 1721, passé par devant la haute-Cour et Justice 
d'Haversin : 

Mayeur, du Jardin, 

Eschevins, Lanalle, Dustine et Petithan, 



— 71 - 

Le Très-Noble et très-Illustre seigneur Jean Charles-Gabriel, Baron de Waha, 
seigneur de Termes, 

donne procuration à sa dame, Marie-Anne de Pouilly, de vendre ledit bien de 
Termes. 

* * 

Et le 29 dudit mois, par acte passé devant le notaire de S. M. I. et G., résidant 
au Faing,baronniede Jamoigne, acte où de nouveau les articles vendus sont net- 
tement définis, la dame prénommée vend à très-noble et illustre seigneur 
Christophes de Pouilly, baron de Ghaufour, résidant audit Pouilly, « les terres 
« et seigneuries dudit Terme et Frenoy, consistant en la moitié des moulin et 
« four banaux, amendes, hautes et basses pouilles et rentes, terrages, cens de 
«' preid, droit de dixième dans les bois communaux lorsqu'il y a vente, tout ce 
» que dessus se partagent par moitié entre laditte M. I et G. 

« Ensemble la maison seigneurialle audit Terme avec sa basse-court, bergerie 
« et écuries, jardins, enclos, pourpris, chennvières, terres et preid, tant sur le 
« dit ban de Terme et Frenoy que circonvoisin. » 

La vente est acceptée par sire Jean Rogier, prestre-vicaire audit Terme, 
fondé de procuration, moyennant la somme de vingt deux mils livres argent de 
france et trois cent livres de vin et couver-chef (1). 



Accessoirement à ces ventes et achats, nous trouvons (8 août 1729) un acte 
de reconnaissance d'un prêt de 500 écus remboursés au monastère de St-Hubert 
le l^'' février 1718, à la décharge de M. F. Dumont, par messire Jean-Gabriel 
de Waha-Fronville, seigneur de Termes et Frenois, époux de dame Marianne 
baronne de Pouilly. 

En passant, notons qu'à un moment donné, les de Waha-Fronville occupèrent 
un haut rang dans la noblesse du Sud de la province. 

Deux de ses membres furent successivement Prévôts d'Arlon : 

En 1510, Pierre de Waha, seigneur d'Arsdorff, voué de Fronville. 

En 1546, George de Waha de Fronville, seigneur de Vance. {Il fut tué en sa 
maison de Vance et ses meubles pillés, lanuit du 26 mars 1567 (Archi- 
ves de Guirsch), 

Sa sœur Hélène épouse Henry de Sterpigny, seigneur de Bleid, également 
Prévôt d'Arlon en 1542. 



(1) Les frais de vin et de couvre-chef (pourboire ou droit de commission), n'étaient omis 
dans aucun marché de l'époque. 



— 72 — 

III. 

Ensuite, la propriété castrale de Termes passe, par mariage, dans la famille 
d'Harnoncourt, pour y rester jusqu'au siècle suivant. 

Le 11 décembre 1729, Marie-Louise, fille du baron Jean-Alphonse de Waha- 
Fronville et de son épouse la baronne de Pouilly, passe contrat de son mariage 
avec Messire Jean-Evrard de la Fontaine et d'Harnoncourt, seigneur d'Harnon- 
court, Domay, Villy, de Waha, Malmaison, AUondrelle et Rommery, Cham- 
bellan de Son Altesse Royale de Lorraine, fils du très-noble et très-Illustre 
Seigneur Messire Philippe-François, vicomte de la Fontaine et d'Harnoncourt, 
et de très-noble et illustre dame Jenne-Marguerite, marquise de Lamberty, 

« La future apporte la seigneurie de Termes et Frénois, biens, édifices, chô- 
« mages et tout ce qui en dépend. » 

En présence des témoins suivants : 

« 1. — Très-Noble et Illustre Seigneur Messire François-Wathy, vicomte de 
« la Fontaine, seigneur de Sorbée, capitaine de cavalerie au service de S. M. 
« Très-Chrétienne, frère unique du futur. 

« 2. — Noble et illustre seigneur Messire Gilles de Jennvelle, seigneur de 
« Berlisle, Ethe et Belmont, parent. 

« 3. — Très-noble et très-illustre seigneur Hubert-Joseph Baron de Waha- 
«« Fronville, frère germain de la future. 

« 4. — Très-Noble et Très-Illustre Dame Marie-Catherine Baronne de Waha- 
» Fronville, née Baronne de Fienersdorfï, veuve de feu très-noble et très- 
« illustre seigneur Englebert-Hubert Baron de Waha-Fron ville, en son temps 
« seigneur de Haversin, tante maternelle (?). 

«' 5. — Très-noble et illustre seigneur Messire Claude Baron de Pouilly, 
« Lieutenant-Colonel de régiment du Roy Très-Chrestien, seigneur de Gaufour 
« et Gneinri et autres lieux, oncle maternel. 

« 6. — Très-Noble et Très-Illustre Seigneur Messire Louis- Joseph Baron de 
" Pouilly, Seigneur de Pouilly, Vilone, Andercane et autres lieux, cousin 
" germain. » 

(Passé au château d'Achène, par le notaire C.-F. Dejardin). 



Les époux d"Harnoncourt-de Waha paraissent ne pas avoir habité l'endroit. 
Gomme habitants contemporains, nous voyons : 
a) Une famille de Nonancourt. — « Françoise de Nonancourt, demeurant à 



— 73 — 

« Termes avec ses deux sœurs, fait son testament sous la date du 13 janvier 
1738. 

b) Le 7 septembre 1761, François-Eugène de Gerimoiit, Rcuyer, seigneur en 
partie du Menil, demeurant à Termes et sa Dame Marguerite-Teresse du Faing, 
reprennent une part de biens de Henry-Gilles Dorsinfaing, de l'Etat noble de la 
Province de Luxembourg, résidant à L'Eglise. 

c) Le 26 janvier 1749, Englebert de Walrand, Escuyer, seigneur de Bihain en 
partie, épouse D"*^ Pétronille de Nonancourt. 

Le ménage se fixe à Termes et acquiert successivement un certain nombre de 
parcelles de biens situées à divers endroits du territoire. 

La dame, décédée à Termes le 18 avril 1771, y fut enterrée par grâce 
spéciale (l). 

IV. 

Au siècle suivant, le 4 avril 1824, « M. Hubert, comte d'Harnoncourt, cham- 
« bellan actuel de S. M. l'Empereur d'Autriche 

« et Madame la douairière Victoire de Gaisen, née comtesse d'Harnoncourt, 
" résidant à Luxembourg, 

« Vendent à Pierre-Théodore Thommann-Remiens, instituteur, demeurant à 
» Termes, 

" une partie du château de Termes, consistant en une cuisine et une chambre 
" conliguë vulgairement nommée poêle, deux chambres au premier étage et les 
« greniers au-dessus, 

» une tourelle placée devant la porte d'entrée, l'allée qui se trouve dans cette 
« tourelle et qui conduit au jardin, 
« une cave qui a son entrée dans cette allée et qui se trouve au nord du château, 
« finalement une partie de jardin potager située derrière les bâtiments vendus, 

« le droit de tirer de l'eau au puits et la jouissance de la cour conjointement 
« avec les autres propriétaires du château. » 

A partir de ce moment, la propriété est restée dans la famille de l'acquéreur, 
dont les descendants l'habitent encore aujourd'hui. 

Modifiée ou reconstruite dans sa façade, la maison n'a plus rien qui la distingue 
extérieurement des autres maisons environnantes. 



(1) Les morts de Termes étaient enterrés à Jamoigne, siège de la paroisse. 



— 74 — 
V. 

On croit que le château a été bâti sur l'emplacement d'une villa romaine. 

En creusant la fosse à fumier de l'une des parties de maison vendues par les 
héritiers d'Harnoncourt, les ouvriers ont mis à découvert de grandes dalles en 
terre cuite placées sur bain de ciment. 

Peu après, le propriétaire d'une prairie voisine a trouvé une médaille en or à 
effigie romaine, qui fut achetée par un marchand, de passage dans la localité. 



A Termes, il existe sur la Semois un très-ancien pont dit le pont Charrau , 
dont la construction semble se rapporter à l'existence de la maison féodale. Ce 
pont, l'un des plus anciens de la contrée, se trouve entre le village et l'ancienne 
forêt de Chiny. On a vu plus haut que le châtelain de Termes avait droit à une 
certaine partie du produit des coupes locales. Etait-ce en raison de la construc- 
tion du pont qui en facilitait l'accès aux habitants du village ? 

N. B. Le château de Termes se trouvait au centre de l'endroit, à l'emplace- 
ment occupé en partie par la maison de M. Glaisse, secrétaire de la commune. 

L'autre partie était autrefois occupée par la famille de M. le major Salpétier, 
retraité à Jamoigne. 

JAGOB-DUGHESNE, 
Secrétaire communal à Arlon. 



Deux objets de parère en or, de l'époque du bronze, 

trouvés à Fauvillers et à Arlon. 



-s^N^ 



W^ 



Le Bulletin des Muse'es royaux des arts décoratifs et indiistriels du 
Cinquantenaire à Bruxelles a publié dans son numéro de janvier 
1907, sous la signature de son savant Conservateur, M. le Baron 
de Loë, deux articles qui intéressent au plus haut point notre 
province. Ils sont, en effet, consacrés à des objets d'une haute 
antiquité, spécimens presque uniques au monde et qui ont été 
trouvés à Fauvillers et à Arlon, deux localités du Luxembourg, 
peu distantes l'une de l'autre. 

Comme nos trop modestes ressources ne nous permettent pas 
de semblables dépenses, notre Conservateur, M. Sibenaler, avait 
négocié pour le Musée du Cinquantenaire l'acquisition du Diadème 
en or trouvé à Arlon par M. Biren, jardinier. 

Ne voulant pas complètement priver nos lecteurs du fruit de 
ces découvertes, j'ai demandé et obtenu de M. le Conservateur 
en chef Van Overloop, d'accord avec M. le B»" de Loë, d'abord 
un fac-similé de ces deux parures qui sont exposées dans nos 
collections, ensuite l'autorisation de reproduire, avec les clichés 
qui les illustrent, les deux articles dont je viens de parler. 

Certes nous regrettons que ces trouvailles si remarquables, que 
l'extrême modicité des subsides que nous accorde l'Etat ne nous 
a pas permis de conserver dans la province, aient quitté le sol 
où elles reposaient depuis tant et tant de siècles ; mais néanmoins 
nous sommes heureux de les voir rester dans notre pays, dans les 



— 76 — 

vitrines si riches, si intelligemment et artistement disposées du 
Musée du Cinquantenaire à Bruxelles. 

Que MM. Van Overloop et de Loë veuillent bien recevoir nos 
meilleurs remercîments pour leur gracieuse communication. 

E. T. 



Un objet de parure en or de l'époque du bronze trouvé à Fauvillers 

(Province de Luxembourg). 

Nous présentons aux lecteurs du Bulletin une des pièces les plus remarquables 
de nos vitrines, demeurée jusqu'ici inédite, malgré qu'elle soit entrée depuis 
bientôt trente ans dans les collections de l'État. C'est un objet de parure en 
forme de croissant, terminé aux extrémités par des palettes un peu tordues 
pour leur permettre de s'agrafer. (Fig 1). 

Découpé dans une mince feuille d'or battu d'un demi-millimètre à peine 
d'épaisseur, son poids est de 38 grammes 7 décigrammes. Le champ qui mesure 
0.043 dans sa plus grande largeur, porte une ornementation fort simple de 
lignes tracées à la pointe. L'or est de couleur iaune pâle. 

L'objet a été trouvé isolément à i mètre de profondeur, à Fauvillers (pro- 
vince de Luxembourg), en 1878. 

De semblables ornements en or ont été déterrés également dans le nord-ouest 
de la France (1) et surtout dans l'Irlande (2), d'où le nom de croissants d'or 
irlandais qu'on leur donne communément. Ils datent de l'âge de bronze (3). 

Les archéologues anglais, de même que les antiquaires du Nord (4), en font 



(1) Deux aux environs de Montebourg, deux autres à Tourlaville et un cinquième à 
Saint-Potan. Ce dernier est le seul qui ait échappé au creuset. Il appartient à la collection 
Paul du Chatelier. 

(2) Ces bijoux sont appelés Mind ou Minn, en irlandais. Il yen a quinze à Dublin, trois 
au British Muséum et cinq dans divers musées particuliers. Au total, vingt-trois, sans 
compter ceux qui ont pu être fondus. Tous sont de provenance irlandaise. 

(3) L'or que l'on rencontre toujours à l'état natif dans les alluvions, sous forme de 
paillettes ou de pépites, l'or qui attire et séduit par son éclat et qui est, en outre, extrê- 
mement malléable, a été employé de fort bonne heure à la confection des objets de parure. 
C'est le plus ancien métal connu. 

C4) Les quelques rares spécimens trouvés en Scandinavie sont en bronze. Le Musée de 
Copenhague en possède un en or uni. 



77 — 



des diadèmes qui se portaient droit sur la tête, semblables à des nimbes, les 
extrémités derrière les oreilles. M. du Ghatelier admet, lui aussi, cette destina- 
tion, mais il pense que les extrémités s'agrafaient plutôt sous le chignon (1). 




Fig. 1. — Objet de parure en or de l'époque du bronze touvé à Fauvillers. 

Notre spécimen, ainsi qu'on l'a remarqué, est entièrement et assez régulièrement 
plissé. On en aurait trouvé plusieurs dans cet état, en Irlande, sans toutefois 
pouvoir dire si ces plis sont voulus ou purement accidentels. 

B'J" Alfred de Loë. 



(1) Paul du Ghatelier, Ornement de tête en or, diadème découvert à Saint-Potan 
(Côtes du Nord), dans Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de 
la Seine-Inférieure, année 1892. 



— 78 — 

Torque ou diadème en or trouvé à Arlon. 

Au mois de décembre 1905, le sieur Biren, jardinier à Arlon, occupé à défon- 
cer un terrain, rencontra, isolé, et à très peu de profondeur dans le sol, le 
remarquable objet d'or que représente la figure 2 (1). 

S'il faut en croire l'inventeur, la trouvaille aurait été faite sur le territoire 
même de la ville d'Arlon, à l'est, à une centaine de mètres de la source la plus 




Fig. 2. — Torque ou diadème en oi' trouvé à Arlon. 

éloignée de la Semois, en un jardin lui appartenant et finissant contre le 
chemin dit des Espagnols (2). 



(1) Le jardinier et son beau-frère, le sieur Betz, ont continué à fouiller au même 
endroit pendant toiite une journée, mais ils n'y ont plus rien trouvé. 

(2) M. Sibenaler considère ce chemin comme étant un diverticuhim donnant accès à la 
ville romaine par Seymerich, du côté de la caserne, là où, dans ses dernières fouilles, il a 
découvert des pierres ér ormes, corniches d'entablement, frises, architraves, etc. (Voir 
son Guide illustré du Musée d'Arlon.) 



— 79 — 

Immédiatement avisé par notre excellent confrère Sibcnaler, nous pûmes, 
grâce à son obligeant concours, nous assurer aussitôt la possession de cette 
pièce peut-être unique. 

C'est une sorte de torque ou de diadème formé d'un simple fil terminé aux 
deux bouts par des palettes très minces et tout unies, façonnées au marteau. 
L'or est de couleur jaune pâle. L'objet mesure 0^385 de tour et son poids est de 
19 grammes. 

Nous ne connaissons d'analogue qu'un torque en bronze appartenant proba- 
blement à la fin de l'âge du bronze, sinon à la période néo-celtique ou au com- 
mencement de l'âge du fer, déterré aux environs de Yarton, comté d'Oxford, et 
qu'a bien voulu nous signaler Montelius (1). 

La trouvaille qui nous occupe est à rapprocher de celle que l'on a faite en 1878, 
à Fauvillers, localité peu éloignée, de l'objet de parure en or, de l'âge du bronze 
que nous avons décrit plus haut, et il n'est pas sans intérêt de rappeler ici l'ex- 
plication du nom d'Arlon, {Aut^o-launos " qui est rendu joyeux par l'or ", 
« qui trouve plaisir à l'or »), donnée par M. Tourneur (2). 

D'autre part, comme il existe certainement encore un peu d'or à ciliq ou six 
lieues de l'endroit de ces trouvailles (3) et qu'on ignore, en somme, quels étaient 
les foyers de production de l'or employé aux temps préhistoriques et protohisto- 
riques dans nos régions, on peut se demander si la matière précieuse dont sont 
faits les deux objets de parure déterrés à Fauvillers et à Arlon ne serait pas de 
provenance locale. B"" Alfred de Loë. 



(1) Cet objet, trouvé auprès de la tête d'un squelette replié sur lui-même, est, du reste, 
reproduit dans le bel ouvrage de John Evans, The ancient bronze implements of Great 
Britain ; London, 1881, fig. 470. L'auteur dit à ce propos que deu.x torques du même type, 
trouvés dans le comté d'Aberdeen, sont au Musée d Edimbourg. 

On sait d'une façon positive que l'or était déjà connu et employé à làge du bronze et 
qu'il y était même moins rare qu'aux époques Hallstattienne et de La Téne. 

(2) Recherches sur la Belgique celtique, dans Le Muiée belge, 9" année, n" 1, 15 janvier 
1905, p. 44. 

(3) Voir Ed. Laloire, Recherches de mines dans les Ardennes pour le compte de Charles 
de Lorraine en 1754, dans Bulletin de la Société d'art et d histoire du diocèse de Liège, 
tome X, ISCK]. 

On se souvient qu'il y a dix ans les journaux répandirent le bruit de la découverte de 
mines d'or à la frontière belge, aux confins des provinces de Liège et de Luxembourg et 
de la Prusse. 

Un ingénieur allemand, M. Jung, rapporte La Semaine de Malmédy (l"' et 29 fév. 1896), 
aurait remarqué à Saint-Vith, à Born, à Odinval et à Amel de nombreux petits tertres, 
d'environ un mètre de hauteur, qu'il n'hésita pas à considérer comme étant des vestiges 
de travaux de mines, d'autant plus que, non loin de là, en Belgique, on avait trouvé d'au- 
tres traces de travaux pratiqués dans un ruisseau et dans des marais, en vue de la 
recherche du métal précieux et cela dans des temps très anciens. 

D'après Le Petit Belge (janvier 1896), les tertres observés par l'ingénieur allemand 
auraient été des restes d'anciens lavages d'alluvions aurifères pratiqués probablement par 
les Romains (sic). 

Enfin, on nous a cité le'nom d'une personne habitant Nothomb et d'une autre demeu- 
rant à Vielsalm, qui seraient en possession de quelques poussières et grains d'or prove- 
nant de la région. (Nothomb, section de la commune d'Attert prés Arlon.) 




aux Goinmoees Luxemboorgeoises 



l'-e PARTIE. 



Avant de commencer en 1889 la publication des Communes 
Luxembourgeoises, je dus, pour constituer le Gartulaire placé à la 
suite de chacune des communes de la Province, dépouiller les 
ouvrages ci-après : 

Recueils Wûrth-Paquet. 
Archives de Marches de Guirsch. 

Id. de Clervaux. 

Id. de Reinach. 
Van Werveke. Gartulaire de Marienthal. 
Wauters. Tables chronologiques. 
GoFFiNET. Gartulaire d'Orval. 

Id. id. Glairefontaine. 

Manuscrits Welter. 

Id. Pierret. 

Le Dictionnaire héraldique de Goethals. 
Les Recueils héraldiques de Jagoby et de Munchen. 
Heydinger. Visite canonique de l'archidiaconat de Lon- 

guyon en 1570. 
Et, enfin, analyser les manuscrits Wurth-Paquet, donnés 
par la famille à la ville de Luxembourg. 

Le dépouillement fait par moi, en vue de retirer de cette 
quantité si considérable de chartes tout ce qui intéressait nos 
communes, il fallut faire faire la copie de ces documents. On 
comprend que cette préparation prit plusieurs années, 



— 82 — 

Aujourd'hui vient de paraître le T. X de la Table chronologique 
des diplômes imprimés concernant V histoire de Belgique, œuvre 
posthume de Wauters. L'impression en était commencée et il 
était arrivé à sa neuvième feuille lorsque Alphonse Wauters 
mourut. Mais, comme le dit l'avis de l'académie royale de 
Belgique, la copie était prête jusqu'à l'année 1350 et se trouvait 
en bonne partie entre les mains des compositeurs. Il ne restait, 
pour l'achever, qu'à en surveiller l'impression. 

Dans sa séance du 4 juillet 1898, la commission royale d'histoire 
chargea son Président de ce soin. En raison d'obstacles de 
diverse nature, le travail ne put se terminer que maintenant ; 
mais, dans sa séance du 19 avril 1904, la commission décida 
qu'un supplément ferait l'objet d'un volume séparé. 

J'ai fait pour ce volume ce que j'ai fait pour les précédents, 

c'est-à-dire que j'en ai retiré toutes les analyses intéressant les 

communes de la Province ; je les donne ci-après comme addition 

aux cartulaires déjà publiés. 

Emile TANDEL. 
Arlon, 1905. 



AULON. 

Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, fait savoir qu'il a reçu 
l'hommage de son cousin, messire Jacques d'Agimont, qui doit tenir à perpétuité, 
lui et ses héritiers, Château-Thierry en fief des comtes de Luxembourg. 

Données à Erlon, l'an de grâce Nôtre-Seigneur mill CCCXL, le lundy de devant rAscen- 
sioD de Notre-Seigneur. 

Bertholet, Histoire ecclésiastique et civile du duché de Luxembourg, t. VII, preuves, 
p. V. 

Jean, roi de Bohême et comte de Luxem.bourg, nomme le chevalier messire 
Werri, seigneur de Harzée, sénéchal de son pays wallon ou roman^ et le 
commet pour garder les forteresses, châteaux et villes fermées, etc. de ce pays, 
et les remettre, après la mort du roi Jean, à son fils Wenceslas... 

Donné à Erlon en Tan M.CCCXXXX le dimengne après la division des apostres, au 
mois de jullet. 

Bertholet, Histoire ecclésiastique et civile du duché de Luxembourg, t. VI, preuves» 
p. XXXVIII. 



— 83 — 

Baudouin, archevêque de Trêves, cite Jean, duc de Brabant, à comparaître 
devant ses tiommes de fief pour relever de son église le marquisat d'Arlon. 

Datum Treviris. . , die XXIIII niensis decembris, anno Domini MoCCC^XL!». 

HoNTHEiM. Historia Trevirensis diplomatica, t. II, p. 147. — Fragment dans les Bulletins 
du la Commission royale d'histoire, l'" série, t. III, p. 248. 

Henri, comte de Bar, atteste qu'il a donné en fief à Arnoul Darbon (d'Arlon ?), 
vingt livrées de terres hypothéquées sur ses revenus d'Etalle et de Martinsart. 

Faites l'an de grâce mil trois cents quarante et doux, le jeudy devant la Magdalaine. 
GOFFINET, Cartulaire de l'abbaye d'Orval, p. 676. 

Jean, roi de Bohème, comte de Luxembourg, reconnaît devoir cinq mille 
florins d'or à son conseiller, Arnoul d'Arlon. 

L'an de grâce mille trois cent quarante et deux, le seizième jour de mar.". 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, \'^ série, t. III, p. 249. 

Jean, roi de Bohème et comte de Luxembourg, fait savoir que les porcs de 
l'abbaye de Saint-Hubert, qui se sont échappés des bois de l'abbaye et sont pris 
dans les forêts du roi, seront rendus aux religieux de Saint-Hubert qui payeront 
une amende de soixante sols. 

Donné à Arlon, le V« jour de juin, l'an de grâce mil CGC quarante trois. 
Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. lll, preuves, p. LV. 

Arnoul d'Arlon, lieutenant du roi de Bohême en son comté de Luxembourg, 
et Jean, fils de Gonon Fabri, d'Arlon, présenté pour desservir la cure de 
Bertrange, promettent de défendre les droits du couvent de Marienthal au sujet 
du droit de patronage de cette église. 

Datum anno Domini MoCCCoXLIIl", die XXVIIo mensis julii. 
Publications de l'Institut R. G.-D. de Luxembourg, t. XXXIX, p. 67. 

L'oflîcial de Gérard de Virnembourg, archidiacre de Trêves, à Longwy, 
ordonne au doyen de la chrétienté d'Arlon et au vicaire perpétuel de l'église de 
cette ville, de mander à tous ceux qui voudraient contester les droits du prieuré 
de Marienthal à la collation de l'église de Sterpenich, à comparaître à Trêves, le 
lendemain de la Saint-Denis. 

Datum anno Domini millesimo trecenlesimo quadragesimo lercio, crastino beati 
Remigii, in capite octobris. 

Publications de l'Institut R. G.-D. de Luxembourg, t. XXXIX, p. 68. 



— 84 — 

Jean, roi de Bohême, comte de Luxembourg, mande à Adolphe, évêque, au 
prévôt, à l'archidiacre et au chapitre de Liège, qu'il est prêt à racheter la moitié 
des terres vendues par lui à l 'évêque, et les prie de lui assigner un lieu pour le 
paiement. 

Donné à Erlon, dessous nostre grant saiel, l'an MCCCXLIV, le vint nuefième jours dou 
mois d'Awost. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. IX. 

Jean, roi de Bohême, comte de Luxembourg, reconnaît avoir reçu d'Arnoul 
d'Erlon ou Arlon, la somme de sept mille sept cents florins, qu'il promet de lui 
rembourser à Arlon, le jour de Pâques. 

L'an mille trois cens quarante et cinq, dimange vint jours en Novembre 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire. Ire série, t. III, p. 258. 
Avec plusieurs autres actes de la même date et à peu près de la même teneur. 

Jean, roi de Bohème et comte de Luxembourg, accorde aux quatre jurés du 
métier des draperies d'Arlon, les droits qui étaient attribués aux six jurés du 
même métier à Luxembourg. 

Donné à Arlon, en l'an de grâce mil trois cent et cinq, le trentiesme jour de décembre. 
Prat, Histoire d'Arlon, t. il, pp. 468 et 472. 

Jean, roi de Bohême, comte de Luxembourg, donne aux bourgeois de Luxem- 
bourg son droit ù'onguelt^ ou de lever deux deniers sur chaque livre de mar- 
chandise, moyennant le paiement d'une rente annuelle de trois cent livres de 
petits tournois, et son droit de levée dit de l'aime. 

Données à Erlon, le jour de l'Annunciation Nostre-Dame, en l'an de grâce mil trois cens 
quarante et six. 

Wïirth-Paquet et Van Werweke, Gartulaire ou recueil des documents politiques et 
administratifs de la ville de Luxembourg, p. 2.5 (avec une traduction allemande). — 
Bektholet, Histoire du duché de Luxembourg, i. VI, preuves, p. LXVII. 

Jean, roi de Bohême, comte de Luxembourg, donne engagea Arnoul d'Arlon, 
à qui il doit plusieurs sommes d'argent, tous ses revenus dans le comté de la 
Roche, jusqu'à l'entier paiement de sa dette. 

Mil trois cens quarante et six, le jour de faste de (Saint?) .Tacques, XXIIIl (XXV?) jours 
au mois de juliet. 

Fragment dans les Bulletins de la Comtnission royale d'histoire, i" série, t. III, p 259. 

Le pape Clément charge l'évêque de Metz et l'abbé de Saint-Héribert, de 
Cologne, de lancer une sentence d'excommunication contre Arnoul d'Arlon, 



— 85 — 

Nicolas d'Arlon, Gobelin de Reineck et leurs complices, qui sont accusés d'avoir 
arrêté l'évèque Verdensis, Daniel, et ses serviteurs. 

Dat. Avin., U idus Augusti, anno V. 

Vatikanische Akten zur deutschen Geschichte in der Zeit Kaiser Ludivigs des Bayern, 
p. 836 

Charles, roi des Romains, déclare avoir donné en gage à Arnoul d'Arlon le 
comté de Durbuy, pour sûreté du remboursement d'une somme de deux mille 
cinquante florins. 

L'an de la Nativiteit de Nostre Seigneur mil trois cens quarante et six, le mardi après 
Saint Rémi, trois jours au mois d'octobre. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire. 

Charles, roi des Romains, reconnaît devoir à Arnoul d'Arlon, six cent 
sûixante-dix-sept florins pour le paiement de ses frais de séjour à Luxembourg 
et les frais des funérailles de son père. 

L'an de grâce mil trois tient quarante et six, le mardi devant dit. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, !■• série, t. III, p. 263. 

Charles, roi des Romains, reconnaît avoir repris en flef de l'archevêque de 
Trêves, les biens que ses prédécesseurs tenaient de l'église de Trêves, à savoir 
le marquisat d'Arlon, la charge de maréchal de l'église, soixante-douze églises 
mères avec le droit de patronat, les dîmes, etc. ; l'avouerie de l'abbaye de Saint- 
Maximin, la forteresse de Bedburg, etc. 

Datum Treviris, die III mensis decembris, anno Domini M» CCC" LXVI", regnorum 
nostrorum anno primo. 

HoNTHEiM, Historia Trevirensis diplomatica, t. Il, p. 172. — Fragment dans les Bulle- 
tins de la Commission royale d'histoire, V' série, t. III, p. 265. 

Charles, roi des Romains, etc., ordonne à tous les nobles, justiciers et habi- 
tants des villes et seigneuries d'Ivoix et de Virton, d'obéir à Arnoul d'Arlon, 
qu'il a constitué gouverneur de ces localités, et déclare que, s'il hérite de toute 
la possession de ces deux villes, il ne les engagera pas avant d'avoir payé les 
sommes qu'il doit à Arnoul. 

Donné à Thionville, l'an de grâce mil trois cens quarante six, le quatorzième jour du 
mois de décembre. 

Fragment dans les Bulletins de la Comynission royale d'histoire. Ire série, t. III, p. 268. 
Publications de la Société du Grand-Duché de Luxembourg, t. XXIII, p. 17. 

Charles, roi des Romains, déclare que le comté de Luxembourg étant grevé 
par des lettres que feu son père et lui, pendant les premiers temps de son avêne- 



— sè- 
ment à l'Empire, avaient concédées à diverses personnes, charge Baudouin, 
archevêque de Trêves, de les examiner, de concert avec Arnoul d'Arlon et 
d'autres de ses conseillers. 



Datiitn Prage, anno Domini M. CGC- XXXXVH, iadictione XV, II Kalendas octobris, 
;norum nostrorum anno secundo. 

Winkehnann. Acta imperii saeculi XIII et XI V, t. Il, p. 428. 



Arnoul d'Arlon reconnaît que Arnoul le Lombard, d'Arlon, son varlet, a reçu 
d'Aelis, dame de Beaufort, et de Ordolf Houwas, échevin de Trêves, sept livres 
et dix sous de la rente qu'ils lui doivent pour cette année. 

Fait et donneit l'an et le jours desurdis (Noël, l'an quarante et huict). 
Léon Korth, Das grœfïich von Mirbach'sche Archiv zu Harff, t. I, p. 68. 

Baudouin, archevêque de Trêves, déclare que le roi des Romains, Charles, lui 
a engagé le comté de Luxembourg et le marquisat d'Arlon pour la somme de 
cinquante mille marcs d'argent, en indemnité des dépenses qu'il avait faites pour 
dégager le comté de la Roche, l'avouerie de Stavelot et Malmédy, les villes de 
Marche, Bastogne, Durbuy, etc. 

Datum Coloniae, anno Domini MCCCXL octavo, die XVII mensis februarii. 

Bœhmer, Acta imperii selecta, t. II, p. 751 (avec la date 1347). — Miraeus et Foppens, 
Opéra diplomatica, t. III, p. 162. — Ludewig, Reliqidae diplomatum, t. \', p. .'366. — Voyez 
Georgisch, Regesta chronologico-diplomatica, t. II, col. 509, et Publicationa du Grand- 
Duché de Luxembourg, t. XXIÎI, p. 32. 

Les héritiers d'Arnoul d'Arlon concluent avec Baudouin, archevêque de Trêves, 
une convention par laquelle ils renoncent à toute réclamation dans le comté de 
Luxembourg, et d'autre part, ils rachètent les biens provenant d'Arnoul moyen- 
nant vingt mille réaux d'or, qui seront employés à désengager les comtés de 
Vels (la Roche et de Durbuy). 

Uatum Treviris, in die Goenae Domini, anno éjusdem M.GGCXLVIII. 

Fragment dans les Bulletins de la Comminsion royale d'histoire. Ire série, t. III, p. 270. 

Charles, roi des Romains, etc., reconnaît devoir à Baudouin, archevêque de 
Trêves, la somme de cinquante mille marcs, pour lesquels il lui engage ses com- 
tés de Luxembourg et de La Roche, l'avouerie des abbayes de Stavelot et de 
Malmédy, les villes de Marche et de Bastogne, le marquisat d'Arlon, sauf le 
douaire de la reine Béalrix, les seigneuries de Durbuy et de Reulant, etc. 

Datum colonie, anno Domini millesimo trecentesimo quadragesimo nono, indictione 
secunda, IIII idus februarii. 

Fragment dans les Bulletins de la Cotnmission royale d'histoire, Ire série, t. III, p. 272. 



— 87 — 

Charles, roi des Romains, reconnaît que son oncle, Baudouin, archevêque de 
Trêves, ayant racheté pour son église, comme en étant le plus proche héritier, 
le comté de Laroche, avec l'avouerie des monastères de Stavelot et de Malmédy, 
les villes de Marche et de Bastogne, et les seigneuries de Durbuy et de Reulant, 
et ayant acheté de lui les villes d'Echternach et de Bedburg, avec les villages de 
Remich et de Macheren, il lui engage, en garantie des soixante mille marcs (far- 
gent ainsi dépensés, le comté de Luxembourg et le marquisat d'Arlon, sauf le 
droit de douaire qu'y possède la veuve du roi Jean de Bohême, Béatrix, il promet 
que si ses frères n'approuvaient pas ces arrangements, il se constituerait lui-même 
otage de l'archevêque, à Wittich. 

Iiatum Coloniae, anno Domini M.CGC.XXXXVIIll, indictione secunda, llll idus februarii, 
regnorum nostrorum anno 111. 

WiNKELMANN, Acta imperii suecuU, Xlli et XIV, t. 11, p. 447. 

Jean de Guignycourt, écuyer, sire de Monhoing, fait savoir qu'il tient en fief 
et hommage du roi des Romains les terres de Monon et Francheville dans la 
mouvance du château d'Arlon. 

Qui furent faites l'an de grâce nostre Seigneur MCCCXXXXIX, au mois de Septembre. 
Eertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. LXXXUl. 

Lettre close de l'archevêque de Trêves au chapitre de l'église Saint-Lambert, à 
Liège, relative au payement du prix de vente de la ville de Durbuy. 

Escript à Èrlon, tout de nut, le X» jour de may. 

BoRMANS et SCHOOLMEESTERS, Cartulaire de l'église St-Lambert de Liège, t. IV, p. 129. 

Charles, roi des Romains, ordonne à ses chevaliers et valets du Luxembourg 
d'exécuter les ordres de son oncle, Baudouin, archevêque de Trêves, au sujet 
du château que Conrad de Schleyden a élevé à Neuendorf. 



Même ordre envoyé par le roi Charles aux bourgeois de Luxembourg, d'Ech- 
ternach, de Thionville, de Bedburg et d'Arlon. 

Geben ze Prag, an saud Vitus tag, in dem vierden Jar unser riche. 
WiNKELMANN, Acta imperii saeculi, XIU et XIV, t. 11, p. 475. 

Jean, curé à Arlon, Simon et Nicolas, frères de Schils, Gérard, fils de 
Magschald, Nicolas, juge à Arlon, et Else, veuve de Henri, abandonnent à l'ar- 
chevêque Baudouin, représentant le roi Charles, comte de Luxembourg, leurs 
biens et revenus à Marche et dans d'autres localités. 

Gegeben in dem Jar unsers Herren da man zalte na Gots Geburte dusent drie hundert 
und darna fiinfzicties Jair, des naichsten Mondages na der liilligen Drivadicheit. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, Ire série, t. IV, p. 234. 



— 88 — 

BASTOGNE 

Thierri, comte de Looz et de Chiny, etc., ordonne aux habitants des prévôtés 
et châtellenies d'Yvoix, de Virton et de La Ferté de reconnaître le comte de 
Luxembourg pour leur seigneur légitime. 

Faictes et données à Bastoigne, l'an de grâce mil trois cent et quarante, le onziesme 
jour dou mois de novembre, qui fust le jour de la feste Saint-Martin. 

VVoLTERS, Codex diplomaticus Lnssensis, p. 297. — Annales de l Institut archéologique 
du Luxembourg, t. XII, p. 19. 

^'woie A'Astenoy (Assenois), lieutenant de Jean de Schonau, chevalier et 
seigneur de Vaux, dans la prévôté de Laroche (Larochette), fait savoir que 
Jean de Beaufort, écuyer, a engagé à Jean Machon, de Bastogne, onze 
schellings sur ses revenus de la ferme 'de Bury, pour le garantir d'un prêt de 
cinquante et un petits florins de Florence. 

Le premier samed y dejuing. 

Extrait dans Léon Korth. Das grœflich von Mirbach'sche Archiv zu Harff, t. I, p. 67. 

Baudouin, archevêque de Trêves, déclare que le roi des Romains, Charles, lui 
a engagé le comté de Luxembourg et le marquisat d'Arlon, pour la somme de 
cinquante mille marcs d'argent, en indemnité des dépenses qu'il avait faites, 
pour dégager le comté de la Roche, l'avouerie de Stavelot et Malmédy, les 
villes de Marche, Bastogne, Durbuy, etc. 

Datum Coloniae, anuo Domini M CGC XL octavo, die XVU, mensis februarii. 

BoHMER, Acta ityiperii selecta, t. H, p. 751 (avec la date 1347). — Miraeus et Foppens, 
Opéra diplomatica, t. 111, p.lfi2. — Ludewig, Reliquiae diplomatum, t. V, p 566 — Voyez 
Georgisch, Regesta chronologico- diplomatica, t. 11, col. 509 et Publications du Grand- 
Duché de Luxembourg, t. XXUl, p. 32. 

Charles, roi des Romains, reconnaît que son oncle Baudouin, archevêque de 
Trêves, ayant racheté pour son église, comme en étant le plus proche héritier, 
le comté de La Roche avec l'avouerie des monastères de Stavelot et de Mal- 
médy, les villes de Marche et de Bastogne et les seigneuries de Durbuy et de 
Reniant, et ayant acheté de lui les villes d'Echternach et de Bedburg, avec les 
villages de Remich et Macheren, il lui engage, en garantie des soixante mille 
marcs d'argent ainsi dépensés, le comté de Luxembourg et le marquisat d'Arlon, 
sauf le droit de douaire qu'y possède la veuve du roi Jean de Bohême, Béatrix ; 
il promet que si ses frères n'approuvaient pas ces arrangements, il se constitue- 
rait lui-même otage de l'archevêque, à Wittich. 

Datum Coloniae,anno Domini M. GGC XXXXVIU, indictione secunda, 1111 idus februarii 
regiiorum nostrorum anno 111. 

WiNCKELMANN, Acta imperii saeculi Xlll et XIV, t. Il, p. 447. 



— 89 — 

Charles, roi des Romains, etc., reconnaît devoir à Baudouin, archevêque de 
Trêves, la somme de cinquante mille marcs, pour lesquels il lui engage ses 
comtés do Luxembourg et de La Roche, l'avouerie des abbayes de Stavelot et 
Malmédy, les villes de Marche et de Bastogne, le marquisat d'Arlon, sauf le 
douaire de la reine Béatrix, les seigneuries de Durbuy et de Reulant, etc. 

Datum Colonie, anno Domini millesimo trecentesirno quadragesirao noao, indictione 
eecunJa, 1111 iiiusfebruarii. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, Ire série, t. 111, p. 272. 

L'archevêque Baudouin, de Trêves, atteste avoir réacheté de Charles, roi des 
Romains, le comté de La Roche avec le patronage des monastères de Stavelot 
et de Malmédy, les villes de Marche, Bastogne, etc., pour neuf mille marcs 
d'argent, et avoir déboursé pour lui jusqu'à cinquante mille marcs, pour laquelle 
somme, le roi lui avait vendu les comtés de Luxembourg, etc. 

Datum Coloniae, anno Domini M. CGC XLVlll, d. XVll mensis februarii. 

LUDEWiG, Reliquiae diplomatum, t. V, p. 566. 

Le roi Charles ordonne au châtelain et aux habitants de Durbuy de rendre 
hommage à l'église de Liège, ce qu'ils n'ont pas fait encore, sous peine d'en- 
courir son indignation. 

Donné à Bastoi^ne, le vint quatrième jour du mois d'Aoust, en l'an de noz royaumez 
des Romains le quart et de Boeme le tier. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, Ire série, t- V, p. 76. 

LA FERME DE BURY. 

Wirote d'/l5^eno?/(A.ssenois), lieutenant de Vaux dans la prévôté de Laroche 
(Larochette), fait savoir que Jean de Beaufort, écuyer, a engagé à Jean Machon, 
de Bastogne, onze schellings sur S3S revenus de la ferme de Bury, pour le 
garantir d'un prêt de cinquante et un petits florins de Florence. 

Le premier samedy de juing. 

Extrait dans Léon Korth. Das grœflich von Mirbach'sche Archiv zu Harff, t. I, p. 67. 

CHAMPS. 

Le maire, les échevins et les habitants du village de Champs se mettent sous 
la protection du roi de Bohême, comte de Luxembourg, et s'obligent à lui payer 
tous les ans, le jour de Sîiut-A.ndré, un? certaine quantité d'avoine et une 
poule par feu. 

Faites et donnez l'an de la Nativité Nostre Seigneur mil Illc XL deux, lundy huict 
jours du mois d'avril. 

Bulletins de la Commissioa royale d'hi<itoire, 4" série, t. X, p. 139. 



— 90 — 

CHINY 

Thierri, comte de Looz et de Ghini, reconnaît avoir reçu de Pierre, receveur 
du comté de Luxembourg, la somme de mille florins de Florence, à compte de 
la somme due par le roi de Bohême, comte de Luxembourg. 

Faites en Tan mil trois cens quarante et unz, le merkedy devant Saint Pierre et Saint 
Paul. 

WoLTERS, Codex diplomaticus Lossenxis, p. 301. 

Thierri, comte de Looz et de Ghiny, donne quittance à Jean, roi de Bohême, 
etc., d'une somme de mille huit cent quarante et un petits florins de Florence, 
qu'il avait reçue de Pierre de Wahen, receveur du comte de Luxembourg. 

Données l'an de l'Incarnacion nostre Seigneur mil CGC quarante une, semedy quat- 
trième jour du mois d'Awoust. 

WoLTERS, Codex diplomaticus Lossensis, p. 302. 

Accord conclu entre Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, et Henri, 
comte de Bar, au sujet de la garde de la ville de Verdun et de la suzeraineté du 
comté de Ghiny. 

Faictes l'an de grâce mil 111* XLll, le X" jour du mois de Mars. 
Annales de l'Institut archéologique du Luxembourg, t. XII, p. 26. 

Jean, roi de Bohème et comte de Luxembourg, et Henri, comte de Bar, font 
savoir qu'ils se sont promis l'un à l'autre d'oublier leurs diflérends et de se 
désister respectivement de leurs prétentions, sauf l'accord relatif à Verdun et au 
fief de Ghiny, etc. 

Faictes et données à Verdun, le dixième jour de Mars, l'an de grâce M CGC XLII. 
Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p- XLVlll. 

Henri, comte de Bar, fait savoir qu'il a associé Jean, roi de Bohême, comte 
de Luxembourg, à sa suzeraineté sur les fiefs et arrière-fiefs de Ghiny, de Mont- 
médy et d'Etalle, et qu'il lui communiquera les titres de ces possessions chaque 
fois qu'il le demandera. 

Ce fut fait le vendredy, le X' jour de Mars, l'an de grâce mil Ulc et XLll. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. XLIX. — Annales de 
V Institut archéologique du Luxembourg, t. XU, p. 29. — (Lisez Ce fut fait à Verdun? En 
1343, le 10 mars était un lundi). 

Henri, comte de Bar, notifie l'accord qu'il a conclu avec le roi Jean au sujet 
des fiefs de Ghiny, de Montmédy et d'Etalle, et enjoint au comte Thierri de 



— 91 — 

Heinsberg de partager entre le roi et lui les devoirs et les services incombant à 
■ces flefs. 

Données et faites l'an de grâce mil trois cent quarante deux, le dixime jour du mois 
de Marche. 

WOLTERS, Codex diplomaticus Lossensis, p. 303. — Annales de l'Institut archéologique 
du Luxembourg, t. XII, p. 29. 

Henri, comte de Bar, fait savoir à Thierri de Heinsberg, comte de Ghiny, 
qu'ayant associé son cousin, le roi de Bohême, comte de Luxembourg, à sa 
suzeraineté sur les flefs des châteaux de Ghiny, Montmédy et Etalle, il doit foi 
et hommage audit roi de Bohême pour la moitié de ces flefs. 

Faictes l'an M. CGC XLlll, le vendredy après les Bulles. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. LVIU. — Annales de 
l'Inbtitut archéologique du Luxembourg, t. Xli, p. 30. 

Henri, comte de Bar, en faisant connaître l'accord ci-dessus, promet de 
remettre aux Lombards de Stenay et d'Arrancy la somme de quinze cents livres 
petits tournois, qui leur était due par le comte de Ghiny. 

Faictes l'an de grâce Nostre Seigneur mil IIlc XLlll, le vendredy après les Bures. 
Annales de l'Institut archéologique du Luxembourg, t Xll, p. 31. 

Thierri de Heinsberg, comte de Looz et de Ghiny, informe ses hommes de 
fief, bourgeois, etc., des châtellenies de Ghiny, Montmédy et Etalle, que par 
ordre du comte de Bar, il a relevé du roi Jean, comte de Luxembourg, la moitié 
de ces châtellenies. 

Faittes en l'an de grâce mil trois cent quarante quatre, le mardi quatorze jours au 
mois de juing. 

Annales de l'Institut archéologique du Luxembourg, t. Xll, p. 32. — Wolters, Codex 
diplotnaticus Lossensis, p. 312. (Le 14 juin tombait un lundi en 1314). 

Le roi de Bohème, Jean, déclare que Thierri, comte de Looz et de Ghiny, a 
relevé de lui la moitié du flef qu'il tenait du comte de Bar, et qu'en cas de guerre 
entre les deux suzerains du comte Thierri, les sujets de celui-ci ne seront pas 
obligés d'y prendre part. 

Faittes et données à Herke, le quinzième jour du mois de .luing, l'an de grâce mil 
CGC quarante et quatre. 

Wolters, Codex diployna ticus Lossensis, p. 313. — Annales de l'Institut archéologique 
du Luxembourg, t. Xll, p. 33. 

Le roi Jean s'engage formellement à transmettre aux héritiers du comte de 



— 92 — 

Looz et de Ghiny, hommes ou femmes, la moitié des fiefs de Chiny, Montmédy 
et Etalle, qui auparavant relevait du comte de Bar seulement. 

Faittes et données à Herke, le seizièsme jour du mois de Juing, l'an de grâce mil CGC 
quarante quatre. 

WoLTERS, Codex diplomaticus Lossensis, p. 314. — Annales de l'Institut archéologique 
du Luxembourg, t. XU, p. 34. 

Thierry^ comte de Looz et de Ghiny. 

Engelbert, évêque de Liège, relève Thierry, comte de Looz, ses vassaux, 
conseillers et adhérents, de l'excommunication qu'ils avaient encourue pour les 
excès commis lors de leurs dernières contestations. 

Datum . . . anno a Nativitate Domini M» CGC» XL» sexto, mensis junii die décima 
octava, hora noue. 

BoRMANS et SCHOOLMEESTERS, Cartulaire de l'église St-Lambert de Liège, i. IV, p. 47. 

Thierri, comte de Looz et de Ghiny. 

L'empereur Louis charge Thierri, comte de Looz, de donner en son nom à 
Jean, comte de Glèves, l'investiture de son comté. 

Datum in oppido nostroMonaei. prima die mensis septembris, anno domini millesimo 
trecentesimo quadragesimo septimo, regni nostri anno tricesimo lercio, imperii vero 
vicesimo. 

WoLTERS, Codex diplomaticus Lessensis, p. 321. 

Charles, roi des Romains, etc., donne pouvoir à son oncle Baudouin, arche- 
vêque de Trêves, de prendre en mains l'administration du comté de Ghiny, en 
cas de décès de la comtesse, qui était dangereusement malade, 

A Prague, le XVI« jour de avril, l'an de grâce mil trois cens quarante huit, en l'an 
second de nos royaumes. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, lie série, t. 111, p. 207. 

CLAIREFONTAINE. 

Testament de Jean, roi de Bohême, comte de Luxembourg, par lequel il 
déclare choisir pour lieu de sépulture l'abbaye de Glaire-Fontaine, près d'Arlon. 
Il règle le paiement de ses dettes et partage ses Etats entre ses fils : Gharles, 
qui sera roi de Bohème et de Pologne, Jean, marquis de Moravie, et Wenceslas, 
comte de Luxembourg et héritier des biens situés dans le royaume de France. 

Anno ejusdera (Domini) millesimo trecentesimo quadragesimo, indictione septima, 
mensis septembris die nona, pontificatus sanctissimi in Christo patris ae domini nostri. 
D. Benedicti Dei gratia papae duodecimi anno sexto. Datum et actum in tentorio nostro 
apud Pontera de Rovinis, Tornacensis diocesis. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. XXXIX. — Goffinet, 
Cartulaire de l'abbaye de Claire fontaine, p. 168. — Acte fait en présence de maître Jean 
Rufin, notaire. 



— 93 - 

Jean, roi de Bohême, comte de Luxembourg, ordonne de remettre à l'abbesse 
de Glairefontaine, une femme nommée Catherine, coupable d'infanticide, afin de 
la faire juger et condamner. 

Mil trois cens et quart dous. 

Fragment dans Goffinet, Cartulaire de l'abbaye de Claire fontaine, p. XIX, (acte faux). 

Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, à la suite d'une enquête, ter- 
mine en faveur des religieuses de Glairefontaine un débat relatif à des biens 
situés à Hyerves ou Hives. 

Donées l'an de grâce M.CCC.XLll, vint jours on mois de décembre. 
Goffinet, Cartulaire de l'abbaye de Clairefontaine, p. 170. 

Le chevalier Geoôroy de Kœrich, justicier des gentilshommes du comté de 
Luxembourg, et Ermengarde, sa femme, assignent sur leur terrage de Kœrich 
et leur dîme de Hobscheid, les six mulders que leurs ancêtres avaient donnés à 
l'abbaye de Glairefontaine pour la fondation d'un anniversaire. 

Faites et données l'an de grâce mil CGC quarante el trois, le Vlll« our de Mars. 
GoeFiNET, Cartulaire de l'abbaye de Clairefontaine, p. 171. 

Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, cède à l'abbaye de Glaire- 
Fontaine le droit qu'il avait sur le neuvième du produit de douze journaux de 
vignobles et de douze journaux de terres arables, situés à Cathenom et Sencey. 

Donné l'an de grâce mil CGC quarante six. 

Goffinet, Cartulaire de V abbaye de Clairefontaine, p. 172. 

Charles, roi des Romains et de Bohême, comte de Luxembourg, confirme à 
l'abbaye de Clairefontaine ses biens et ses privilèges. 

Faites en l'an de grâce mil trois cens quarante wyt, le dix wytime jour en mois de mars. 
Goffinet, Cartulaire de l'abbaye de Clairefontaine, p. 174. 

Goblemans et Petremans, fils de Gœtho, échevins de Luxembourg, attestent 
qu'Else, femme de Jean Kuyte le Feivre, a cédé à l'abbaye de Clairefontaine un 
terrain situé à Luxembourg, en échange d'un autre. 

Fait en lan de grâce mi4 trois cens quarante wit, le premier jour dou mois de julet. 

Fragment dans Goffinet, Cartulaire de l'abbaye de Clairefontaine, p. 173. 

6bis 



— 94 — 

DURBLY. 

Jean, roi de Bohème et comte de Luxembourg, reconnaît devoir treize mille 
florins à Waleran, archevêque de Cologne, et à son frère Guillaume, comte de 
Juliers, et leur donne, en garantie du paiement de cette somme, le château et la 
ville de Durbuy. 

Dusei)t drie hundert zwei iinde .... geboren .... want .... 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, l" série, t. III, p. 2.10. 

Charles, roi des Romains, déclare avoir donné en gage à Arnoul d'Arlon le 
comté de Durbuy, pour sûreté du remboursement d'une somme de deux mille 
cinquante florins. 

L'an de la Nativileit de Nostre Seigneur mil trois cent quarante et si.K, le mardi après 
Saint Rémi, trois jours au mois d'octobre. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, \" série, t. III, p. 253. 

Baudouin, archevêque de Trêves, déclare que le roi des Romains, Charles, 
lui a engagé le comté de Luxembourg et le marquisat d'Arlon, pour la somme 
de cinquante mille marcs d'argent, en indemnité des dépenses qu'il avait faites 
pour dégager le comté de la Roche, l'avouerie de Stavelot et Malmédy, les villes 
de Marche, Bastogne, Durbuy, etc. 

Datum Colonise, anno Domini MCCCXL octavo, die XVII, mensis febniarii. 

Bœhmer, Acta imperii selecta, t. II, p. 751 (avec la date 1347). 

MiRAEUSel FOPPENS. Opéra diplomatica, t. III, p. 162. — Ludewig. Beliquiœ diplomatum, 
t. V, p. 566. — Voyez Georgisch, Regesla chronologico-diplomatica, t. II, col. 509, et Publi- 
cations du Grand-Duché de Luxembourg, t. XXIII, p. 32. 

Les héritiers d'Arnoul d'Arlon concluent avec Baudouin, archevêque de 
Trêves, une convention par laquelle ils renoncent à toute réclamation dans le 
comté de Luxembourg, et d'autre part, ils rachètent les biens provenant 
d'Arnoul moyennant vingt mille réaux d'or, qui seront employés à désengager 
les comtés de Vels (la Roche) et de Durbuy. 

Datum Treviris, in die Coenae Domini, anno ejusdem M.CCC.XLVIII. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, Ire série, t. III, p. 270. 

Charles, roi des Romains, reconnaît que son oncle Baudouin, archevêque de 
Trêves, ayant racheté pour son église, comme en étant le plus proche héritier, 
le comté de La Roche avec l'avouerie des monastères de Stavelot et de Malmédy, 
les villes de Marche et de Bastogne, et les seigneuries de Durbuy et de Rulant, 
et ayant acheté de lui les villes d'Echternach et de Bedburg, avec les villages de 



— 95 — 

Remich et de Macheren, il lui engage, en garantie des soixante mille marcs 
ainsi dépensés, le comté de Luxembourg et le marquisat d'Arlon, sauf le droit de 
douaire qu'y possède la veuve du roi Jean de Bohème, Béatrix ; il promet que 
si ses frères n'approuvaient pas ces arrangements, il se constituerait lui-même 
ottage de l'archevêque, à Wittich. 

Datum Colonie, aniio Dornini M.CCG.XXXX.VIIII, indictione secunda, IV idus februarii, 
regnoriim nostroruin aiino III. 

WiNGKELMANN, Actu iinperii naeculi XI II et XI V, t. II, p. 447. 



Charles, roi des Romains, etc., reconnaît devoir à Baudouin, archevêque de 
Trêves, la somme de cinquante mille marcs, pour lesquels il lui engage ses 
comtés de Luxembourg et de La Roche, l'avouerie des abbayes de Stavelot et de 
Malmédy, les villes de Marche et de Bastogne, le marquisat d'Arlon, sauf le 
douaire de la reine Béatrix, les seigneuries de Durbuy et de Reulant, etc. 

Datum Colonie, anno Dornini millesimo trecentesimo quadragesimo nono, indictione 
secunda, IIII idns februarii. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, Ire série, t III, p. 272. 

L'archevêque Baudouin, de Trêves, atteste avoir réacheté de Charles, roi des 
Romains, le comté de La Roche, avec le patronage des monastères de Stavelot 
et de Malmédy, les villes de Marche, Bastogne, etc., pour neuf mille marcs 
d'argent, et avoir déboursé pour lui jusqu'à cinquante mille marcs, pour laquelle 
somme le roi lui avait vendu les comtés de Luxembourg, etc. 

Datum Coloniae, anno Dornini MCCCXLVIII, d. XVII mensis februarii. 
LuDEWiG, Reliquiae diplomatum, t. V, p. 566. 

Baudouin, archevêque de Trêves, envoie à l'évêque de Liège, Engelbert, et au 
chapitre de l'église Saint-Lambert, Pierre Sarrazin, pour toucher six mille 
florins qu'ils lui doivent pour le château de Durbuy. 

Datum Kaldenherburgen, anno Domini M. CGC. XL nono, die XXVII mensis julii. 
BORMANS et ScHOOLMEESTERS, Cartulaire de l'église St-Lambert de Liège, t. IV, p. 117. 

Charles, roi des Romains et de Bohème, comte de Luxembourg, et Baudouin, 
archevêque de Trêves, promettent de faire approuver par Wenceslas, frère du 
roi, la vente du château de Durbuy à Engelbert, évêque de Liège. 

Datum, etc. 

Bormans et Schoolmftfisters, Cartulaire de l'église Saint- Lambert de Liège, t. IV, p. 115. 
Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire. Ire série, t. IV, p. 236, 
(avec la date 1350) 



— 96 — 

Le roi Charles ordonne au châtelain et aux habitants de Durbuy de rendre 
hommage à l'église de Liège, ce qu'ils n'ont pas fait encore, sous peine d'encourir 
son indignation. 

Donné à Bastoigne, le vint quatrième jour du mois d'Aoust, en l'an de noz royaumez 
des Romains le quart, et de Boeme le tier. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, ire série, t. V, p. 76. 

Charles, roi des Romains, invite l'évêque Engelbert, de Liège, et son chapitre 
à payer à Baudouin, archevêque de Trêves, le prix d'achat du château de Durbuy, 
sous peine de poursuites. 

Dafum Spire, die XVI septembris, regnorum nostrum anno quarto. 

Bormans et Schoolmeesters, Cartulaire de l'église St-Lambert de Liège, t. IV, p. 118. 

Baudouin, archevêque de Trêves, déclare avoir reçu de l'évêque de Liège, 
Engelbert, et de son chapitre, un accompte de sept mille florins d'or sur le prix 
de vente de la ville de Durbuy. 

Datum anno Domini MoGGG" quadragesimo nono, .... die décima septinia novembris. 
Bormans et Schoolmeesters, Cartulaire de l'église Saint-Lambert de Liège, t. IV, p. 119. 

Engelbert, évêque de Liège, promet de rendre au chapitre de l'église Saint- 
Lambert les sommes qu'il lui a prêtées en vue de l'achat du château de Durbuy. 

Actum et datum anno dominice Nativitatis MoCCC» quinquagesimo, mensis januarii 
die secunda. 

Bormans et Schoolmeesters, Cartulaire de l'église Saint- Lambert de Liegie,t.IV, p. 122. 

Lettre close de l'archevêque de Trêves au chapitre de l'église Saint-Lambert, 
à Liège, relative au payement du prix de vente de la ville de Durbuy. 

Escript à Erlon, tout de nut, le X' jour de may. 

Bormans et Schoolmeesters, Cartulaire de l'église Saint-Lambert de Liège, t. IV, p. 129. 

Baudouin, archevêque de Trêves, donne à Engelbert, évêque de Liège, et à 
son chapitre, une dernière quittance de mille florins pour l'achat de Durbuy. 

Datum Treviris anno Domini M'CGG» quinquagesimo, die II mensis junii. 

Bormans et Schoolmeesters, Cartulaire de l'église Saint-Lambert de Liège, t. IV, p. 129. 



— 97 — 

ÉTALLE. 

Henri comte de Bar, atteste qu'il a donné en fief à Arnoul Darbon (d'Arlon?), 
vingt livrées de terres hypothéquées sur ses revenus d'Etalle et de Martinsart. 

Faites l'an de grâce mil trois cents quarante et doux, le jeudy devant la Magdalaine. 
GoFFiNET, Cartidaire de l'abbaye d'Orval, p. 676. 

Henri, comte de Bar, fait savoir qu'il a associé Jean, roi de Bohême, comte 
de Luxembourg, à sa suzeraineté sur les fiefs et arrière-fiefs de Ghiny, de Mont- 
médy et d'Etalle, et qu'il lui communiquera les titres de ces possessions chaque 
fois qu'il le demandera. 

Ce fut fait le vendredy, le X' jour de Mars, l'an de grâce mil IIIc et XLII. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. XLIX. — Annales de 
l'Institut archéologique du Luxembourg, l. XII, p. 29. — (Lisez Ce fut fait à Verdun ? En 
1343, le 10 mars était un lundi). 

Henri, comte de Bar, notifie l'accord qu'il a conclu avec le roi Jean au sujet 
des fiefs de Ghiny, de Montmédy et d'Etalle, et enjoint au comte Thierri de 
Heinsberg de partager entre le roi et lui les devoirs et les services incombant à 
ces fiefs. 

Données et faites l'an de grâce rail trois cent quarante deux, le dixime jour de mois de 
Marche. 

WoLTERS, Codex diplomaticus Lossensis, p. 303. — Annales de V Institut archéologique 
du Luxembourg, t. XI], p. 29. 

Henri, comte de Bar, fait savoir à Thierri de Heinsberg, comte de Ghiny, 
qu'ayant associé son cousin, le roi de Bohême, comte de Luxembourg, à sa 
suzeraineté sur les fiefs des châteaux de Ghiny, Montmédy et Etalle, il doit foi 
^t hommage audit roi de Bohême pour la moitié de ces fiefs. 

Faictes l'an M.CCC.XLIII, le vendredy après les Bulles. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. LVIII. — Annales de 
l'Institut archéologique du Luxembourg, t. XII, p. 30. 

Thierri de Heinsberg, comte de Looz et de Ghiny, informe ses hommes de 
fief, bourgeois, etc., des chàtellenies de Ghiny, Montmédy et Etalle, que par 
ordre du comte de Bar, il a relevé du roi Jean, comte de Luxembourg, la moitié 
de ces chàtellenies. 

Faittes en l'an de grâce mil trois cent quarante quatre, le mardi quatorze jours au mois 
de Juing. 

Annales de l'Institut archéologique du Luxembourg, t. XII, p. 32. — WOLTERS, Codex 
■diplomaticus Lossensis, p. 312. (Le 14 juin tombait un lundi en 1344). 



— 98 — 

Le roi Jean s'engage formellement à transmettre aux héritiers du comte de 
Looz et de Ghiny, hommes ou femmes, la moitié des fiefs de Ghiny, Montmédy 
et Etalle, qui auparavant relevait du comte de Bar seulement. 

Faites et données à Herke, le seiziestne jour du mois de Juing, l'an de grâce mil CGC 
quarante quatre. 

WoLTERS, Codex diplomnticus Lossensis, p. 314. — Annales de l'Institut archéologique 
du Luxembourg, t. XII, p. 34. 

FLORENVILLE. 

Les gardes du sceau de Florenville font savoir que Gérard de Florenville et 
Clairette, sa femme, ont pris à bail de l'abbaye d'Orval ses biens aux Hayons. 

Ce fut fait en l'an de grâce Nostre Signour mil trois cens et quarrante et deux, le jour 
de la feste Saint Barnabe apostle. 

Delescluse, Chartes inédites de l'abbaye d'Orval, p. 20. 

Réponse du pape Clément aux questions que Guillaume, comte de Hainaut, 
lui avait fait soumettre par ses envoyés, messire Gérard de Florenville et messire 
Gilles de Hellemes. 

Dat. apud Villamnovam, Avenionensis diocesis, non. Augusti, anno secundo. 

GiSBERT Brom. Bullarium Trajectense, t I, p. 444. — Vatikanische Akten zur Deutschen 
Geschichte in der Zeit Kaiser Ludwigs des Bayern, p. 778. 

GUERLANGE. 

Nicolas, prévôt d'Arlon, atteste que les communautés de Guerlange et de 
Longeau ont renoncé aux réclamations qu'elles pourraient exercer à charge des 
habitants de la maison de l'abbaye de Differdange, située dans le bois près de 
Guerlange. 

Ce fut fait l'an mil trois cents quarante et un an, le lendemain de feste Sain Maximin, 
ou mois de May. 

GoFFiNET, Cartulaire de l'abbaye de Claire fontaine, p. 169. 

HAYONS (les). 

Les gardes du sceau de Florenville font savoir que Gérard de Florenville et 
Clairette, sa femme, ont pris à bail de l'abbaye d'Orval ses biens aux Hayons. 

Ce fut fait en l'an de grâce Nostre Signour mil trois cens et quarrante et deux, le jour 
de la feste Saint Barnabe apostle. 

Delescluse, Chartes inédites de l'abbaye d'Orval, p. 20. 



— 99 — 
HIVES. 

Jean roi de Bohême et comte de Luxembourg, à la suite d'une enquête, ter- 
mine en faveur des religieuses de Clairefontaine un débat relatif à des biens 
à Hyerves ou Hives. 

Donées l'an de grâce M.CCC.XLII, vint jours ou mois de décembre. 
GOFFiNET, Cartulaire de l'abbaye de Clairefontaine, p. 170. 

HOBSCHEID. 

Le chevalier Godefroid de Koerich, justicier des gentilshommes du comté de 
Luxembourg, et Ermengarde, sa femme, assignent sur leur terrage de Koerich 
et leur dîme de Hobscheid, les six midders que leurs ancêtres avaient donnés à 
l'abbaye de Clairefontaine pour la fondation d'un anniversaire. 

Faites et données l'an de grâce mil CGC quarante et trois, le Vlll» jour de Mars. 
GoFFiNET, Cartulaire de Vabbaxje de Clairefontaine, p. 171. 

HOMSCHEIT. 

Confirmation par Charles, roi des Romains, etc., à l'abbaye de Himmerode, 
des privilèges qui lui avaient été conférés, et, en particulier, de ses droits à 
Homscheit et Litteke, et sur la forêt de Gamirforst que cette abbaye avait 
achetée de Guillaume, seigneur de Manderscheidt. 

Datum in Lutzemburg, anno Domini millesimo trecentesimo quadragesimo nono, 
indictione secunda, XV kal. aprilis, regnorum nostrorum anno tertio. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, Ire série, t. III, p. 272. 

KOERICH. 

Le chevalier Geoffroy de Koerich, justicier des gentilhommes du comté de 
Luxembourg, et Ermengarde, sa femme, assignent sur leur terrage de Koerich 
-et leur dime de Hobscheid, les six muldet^s que leurs ancêtres avaient donnés 
à l'abbaye de Clairefontaine, pour la fondation d'un anniversaire. 

Faites et données l'an de grâce mil CGC quarante et trois, le VI1I« jour de Mars. 
GOFFiNET, Cartulaire de l'abbaye de Clairefontaine, p. 171. 

LA. ROCHE. 

Adolphe, évêque de Liège, déclare que, de l'avis de son chapitre, des nobles, 
de la cité et des autres bonnes villes, il s'accorde avec Jean, roi de Bohême et de 
Pologne, comte de Luxembourg, au sujet de différentes causes de débats, et 



— 100 — 

notamment de l'exemption des bourgeois de La Roclie de In juridiction du tribu- 
nal de la paix. 

Ce fut faict et donné à Liège l'an délie nativité Nostre Seigneur mille IIIc XIJII, le pre- 
mier jour de juillet. 

Stanislas Dormans, Recueil des ordonnances de la principauté de Liège, Ire série, 1. 1, 
p. 250. — Annales de l'Institut archéologique du Luxembourg, t. XI, p. 119. — Voyez Liste 
chronologique des édits et ordonnances de la principauté de Liège, de 974 à iôOb, p. 45. 

Jean, roi de Bohême, comte de Luxembourg, donne en gage à Arnoul d'Arlon, 
à qui il doit plusieurs sommes d'argent, tous ses revenus dans le comté de la 
Roche, jusqu'à l'entier paiement de sa dette. 

Mil trois cens quarante et six, le jours de feste de Saint (?) Jacques, XXUII (XXV?) jours 
au mois de Juliet. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, Ire série, t. lll, p. 259 

Baudouin, archevêque de Trêves, déclare que )e roi des Romains, Charles, lui 
a engagé le comté de Luxembourg et le marquisat d'Arlon, pour la somme de 
cinquante mille marcs d'argent, en indemnité des dépenses qu'il avait faites pour 
dégager le comté de La Roche, l'avouerie de Stavelot et Malmédy, les villes de 
Marche, Bastogne, Durbuy, etc. 

Datum Coloniae, anno Domini MCCCXL octavo, die XVIl mensis februarii. 

Bœhmer, Acla imperii selecta, t. Il, p. 751 (avec la date 1347). — Miraeus et Foppens, 
Opéra diplomatica, t. III, p 162. — Ludewig, Reliquiae diplomatum, t. V, p. 566. — Voyez 
Georgisch, Regesta chronologico-diplomatica, t. Il, col. 509, et Publications du Grand- 
Duché de Luxembourg, t. XXlll, p. 32. 

Les héritiers d' Arnoul d'Arlon concluent avec Baudouin, archevêque de Trêves, 
une convention par laquelle ils renoncent à toute réclamation dans le comté de 
Luxembourg, et, d'autre part, ils rachètent les biens provenant d'Arnoul, 
moyennant vingt mille réaux d'or, qui seront employés à désengager les comtés 
de Vels (la Roche) et de Durbuy. 

Datum Treviris, in die Coenae Domini, anno ejusdem M.CCC.XLVIII. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, Ire série, t. lll, p. 270. 

Charles, roi des Romains, reconnaît que son oncle Baudouin, archevêque de 
Trêves, ayant racheté pour son église, comme en étant le plus proche héritier, 
le comté de La Roche avec l'avouerie des monastères de Stavelot et de Malmédy, 
les villes de Marche et de Bastogne, et les seigneuries de Durbuy et de Reniant, 
et ayant acheté de lui les villes d'Echternach et de Bedburg, avec les villages de 
Renich et de Macheren, il lui engage, en garantie des soixante mille marcs 
d'argent ainsi dépensés, le comté de Luxembourg et le marquisat d'Arlon, sauf 



— 101 — 

le droit de douaire qu'y possède la veuve du roi Jean de Bohême, Béatrix ; il 
promet que si ses frères n'approuvaient pas ces arrangements, il se constituerait 
lui-même otage de l'archevêque, à Witlich. 

Datii n Colonie, anno Domini, M CGC XXXX Vllll, indictione secunda, 111 idus februarii, 
regnorum nostrorum amio 111 

Winkelmann, Acta imperii saeculi XIII et XIV, t. 11, p. ii7. 

Charles, roi des Romains, etc., reconnaît devoir à Baudouin, archevêque de 
Trêves, la somme de cinquante mille marcs, .pour lesquels il lui engage ses 
comtés de Luxembourg et de La Roche, l'avouerie des abbayes de Stavelot et de 
Malmédy, les villes de Marche et de Bastogne, le marquisat d'Arlon, sauf le 
douaire de la reine Béatrix, les seigneuries de Durbuy et de Reulant, etc. 

Datum Colonie, anno Domini millesimo trecente.sinio quadragesimo nono, indictione 
secunda, 1111 idus februarii. 

Fragment dans les Bulletins de la Commisnion royale d'histoire, ire série, 1. 111, p. 272. 

L'archevêque Baudouin, de Trêves, atteste avoir reacheté de Charles, roi des 
Romains, le comté de La Roche avec le patronage des monastères de Stavelot et 
de Malmédy, les villes de Marche, Bastogne, etc., pour neuf mille marcs d'ar- 
gent, et avoir déboursé pour lui jusqu'à cinquante mille marcs, pour laquelle 
somme le roi lui avait vendu les comtés de Luxembourg, etc. 

Datum Coloniaie, anno Domini M CGC XLVIII, d. XVll mensis februarii. 
Ludewig, Reliquiae diplomatum, t. V, p. 566. 

LISGHERT. 

Nicolas, Aleyde et Marie, enfants de Werner de Schoppach, renoncent, en 
faveur du couvent de Marienthal, à leurs droits sur les dîmes novales de Hirzberg 
et de Lischert. 

Actum et datum anno Domini millesimo CGC» XL» quarto, ferla tercia ante festum 
beati Georgii martiris. 

Publications de l'Institut R. G.-D. de Luxembourg, t. XXXIX, p. 69. 

LOMPREZ. 

Marie d'Artois, comtesse de Namur, déclare qne le roi de Bohême, comte de 
Luxembourg, lui a vendu la ville, le château et la prévôté de Poilvache pour 
trente-trois mille florins d'or.... 

Fait et donné à Lompré l'an de grâce Nostre Seigneur Jesu-Creist M CGC XLll. le 
dixième jour du mois d'avril. . . 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. L. — Voyez Annales de 
la Société archéologique de Namur, t. Xi, p. 12. 



— 102 — 

Béatrix, reine de Bohême, comtesse de Luxembourg, de la Roche et marquise 
d'Arlon, confirme la vente que son seigneur Jean, roi de Bohême, etc., avait 
faite à Adolphe, évêque de Liège, des châteaux, forteresses, villes, maisons, 
terres, etc., de Mirwart, Orchimont, Longpré, Villance, Vireux, Nassogne, 
Seny, Terwagne, Graides, Maussin, Kaumes^ Fouhan, JSœville et Martin- 
voisin. 

Donne l'an de la nativiteit Nostre Seigneur M. CGC XLllI, le vingt et unième jour clou 
mois de julé. 

Bertholet. Histoire du duché de Luxembourg, preuves, p. L VU. 

Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, vend à Marie d'Artois, 
comtesse de Namur, les châteaux, forteresses, villes, maisons, seigneuries, 
justices, etc., de Nassogne, Seny, Terrewenne (Terwagne), Lompré, Villance, 
Vireux, Graide, Maissin, Havrenne, Focan, Neuville et Martousin, avec toutes 
leurs dépendances, moyennant vingt-cinq mille réaux en or. 

Faites et données l'an de grâce M. CGC XLIV, le second jour du mois d'octobre. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. 'l.XJ. — Voyez Annales 
de la Société archéologique de Namur, t. XI, p. 13. 

Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, relate le rachat des châteaux, 
forteresses, maisons, villes et terres de Lompré, Nassogne, Seny, Terwagne, 
Villance, Graide, Maissin, Havrenne, Focan, Neuville et de Martousin, vendus à 
l'évêque de Liège, et la revente de ces biens faite à Marie d'Artois, comtesse de 
Namur. 

Données le tier jour dou mois d'octobre, l'an de grâce M. CGG. XLIV. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. LXllJ. — Voyez Annales 
de la Société archéologique de Namur, t. Xi, p. 12. 

LONGEAU 

Nicolas, prévôt d'Arlon, atteste que les communautés de Guerlange et de Lon- 
geau ont renoncé aux réclamations qu'elles pourraient exercer à charge des 
habitants de la maison de l'abbaye de Differdange, située dans le bois près de 
Guerlange. 

Ce fut fait l'an de mil trois cents quarante et un an, le lendemain de feste Sain Maxi- 
min, au mois de Mai. 

Goffinet, Cartulaire de l'abbaye de Clair efonlaine, p. 169. 

MAISSIN (Meaussin). 

Béatrix, reine de Bohême, comtesse de Luxembourg, de la Roche et marquise 



— 103 — 

d'Arlon, confirme la vente que son seigneur Jean, roi de Bohème, etc., avait 
faite à Adolphe, évèque de Liège, des châteaux, forteresses, villes, maisons, 
terres, etc., de Mirwart, Orchimont, Longpré, Villance, Vireux, Nassogne, 
Seny, Terwagne, Graides, Meaussin, Kaunes, Foukan, Noeville et Martin- 
voisin. 

Donné l'an de la nativiteit Nostre Seigneur M CGC XLlll, le vingt et unième jour dou 
mois de juié 

Bertiiolet, Histoire du duché de Luxembourg, i. V'I, preuves, p. LVll. 

Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, vend à Marie d'Artois, com- 
tesse de Namur, les châteaux, forteresses, villes, maisons, seigneuries, justices, 
etc., de Nassogne, Seny, Ten^eivenne (Terwagne), Lompré, Villance, Vireux, 
Graide, Maissin, Havrenne, Focan, Neuville et Martousin, avec toutes leurs 
dépendances, moyennant vingt-cinq mille réaux en or. 

Faites et données en l'an de grâce M CGC XLIV, le second jour du mois d'Octobre. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves p. LXJ. Voyez Annales de 
la Société archéologique de Namur, t. XI, p. 13 

Jean, roi de Bohème et comte de Luxembourg, relate le rachat des châteaux, 
forteresses, maisons, villes et terres de Lompré, Nassogne, Seny, Terwagne, 
Villance, Graide, Maissin, Havrenne, Focan, Neuville et de Martousin, vendus 
à l'èvèque de Liège, et la revente de ces biens faite à Marie d'Artois, comtesse 
de Namur. 

Données le lier jour dou mois d'Octobre, l'an de grâce M. CGG. XLIV. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves p. LXllJ. — Voyez Annales 
de la Société archéologique de Namur, t. XI. p. 12. 

MARGHE-EN-FAMENNE. 

Baudouin, archevêque de Trêves, déclare que le roi des Romains, Charles, lui 
a engagé le comté de Luxembourg et le marquisat d'Arlon pour la somme de 
cinquante mille marcs d'argent, en indemnité des dépenses qu'il a faites pour 
dégager le comté de la Roche, l'avouerie de Stavelot et Malmédy, les villes de 
Marche, Bastogne, Durbuy, etc. 

Datum Goloniae, annn Donnini M CCC XL octavo. die XVU mensis februarii. 

Bôhmer, Acta imverii selecta, t. Il, p. 75 (avec la date 1347). Miraeus et Foppens, 
Opéra diplomatica t lil, p. 162. — Ludewig, Reliquiae diplomatum, t. V, p. 5G'i. — Voyez 
Georgisch Regesta chronologico-diplomitica, t. Il, col. 509 et Publications du Grand-Duché 
de Luxembourg, t. XXlll, p. 32. 

Charles, roi des Romains, reconnaît que son oncle, Baudouin, archevêque de 
Trêves, ayant racheté pour son église, comme en étant le plus proche héritier. 



— 104 ~ 

Je comté de La Roche avec l'avouerie des monastères de Stavelot et de Malmédy, 
les villes de Marche et de Bastogne et les seigneuries de Durbiiy et de Rulant, et 
ayant acheté de lui les villes d'Echternach et de Bedburg, avec les villages de 
Renich et de Macheren, il lui engage, en garantie des soixante mille marcs 
d'argent ainsi dépensés, le comté de Luxembourg et le marquisat d'Arlon, sauf 
le droit de douaire qu'y possède la veuve du roi Jean de Bohême, Béatrix ; 
il promet que si ses frères n'approuvaient pas ces arrangements, il se constitue- 
rait lui même otage de l'archevêque à Wittich. 

Datum Colonie, anno Domini M. CGC XXXXVIU indictione seconda, 1111 indus februa- 
rii, regnorum nostrorum anno 111. 

Winkelmann, Acta imperii saeculi XIII et XIV, t. 11, p. 447. 

Charles, roi des Romains, etc., reconnaît devoir à Baudouin, archevêque de 
Trêves, la somme de cinquante mille marcs, pour lesquels il lui engage ses 
comtés de Luxembourg et de La Roche, l'avouerie des abbayes de Stavelot et de 
Malmédy, les villes de Marche et de Bastogne, le marquisat d'Arlon, sauf le 
douaire de la reine Béatrix, les seigneuries de Durbuy et de Rulant, etc. 

Datum Colonie, anno Domini millesimo trecentesimo quadragesimo nono, indictione 
secunda illl indus februarii. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, Ire série, 1. 111, p. 27'2. 

Jean, curé à Arlon, Simon et Nicolas, frères de Schils, Gérard, fils de 
Magschald, Nicolas, juge à Arlon, et Else, veuve de Henri, abandonnent à 
l'archevêque Baudouin, représentant le roi Charles, comte de Luxembourg, leurs 
biens et revenus à Marche et dans d'autres localités. 

Gegeben indem Jar unsers Herren da man zalte na Gots Geburte dusentdrie hundert 
uni dama funfziges Jair, des neichsten Mondages na der hilligen Drivadicheit. 

Fragment dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, Ire série, t. IV, p. 234. 

L'archevêque Baudouin, de Trêves, atteste avoir reacheté de Charles, roi des 
Romains, le comté de La Roche avec le patronage des monastères de Stavelot 
et de Malmédy, les villes de Marche, Bastogne, etc., pour neuf mille marcs 
d'argent, et avoir dépensé pour lui jusqu'à cinquante mille marcs, pour laquelle 
somme le roi lui avait vendu les comtés de Luxembourg, etc. 

Datum Coloniae, anno Domini M CGC XLVIU, d. XVII mensis februarii. 
Ludewig, Reliquiae diplomatum, t. V, p. 566. 

MARTINSART. 

Henri, comte de Bar, atteste qu'il a donné en fief à Arnoul Darbon (d'Arlon ?) 
vingt hvrées de terres hypothéquées sur ses revenus d'Etalle et de Martinsart. 

Faites l'an de grâce mil trois cents quarante et doux, le jeudi devant la Magdalaine. 
Goffinet, Cartulaire de l'abbaye d'Orval, p. 676. 



— 105 — 

MIRWART. 

Béatrix, reine de Bohême, comtesse de Luxembourg, de la Roche et mar- 
<3uise d'Arlon, confirme la vente que son seigneur Jean, roi de Bohême, etc., a 
faite à Adolphe, évêque de Liège, des châteaux, forteresses, villes, maisons, 
terres, etc., de Mirwart, Orchimont, Longpré, Villance, Vireux:, Nassogne, 
Seny, Terwagne, Graides, Meaussin, Kaumes, Fouhan, Noeville et Mar- 
tinvoisin. 

Donné l'an de la nativiteit Nostre Seigneur m CGC XLIII, le vingt et unième jour dou 
mois de julé. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg , t. VI, preuves, p. LVIJ. 

Marie d'Artois, comtesse de Namur, consent à ce que Jean, roi de Bohême et 
Luxembourg, rachète, durant sa vie, les châteaux et les terres de Mirwart et 
d'Orchimont, qu'il lui avait vendus à réméré, et accorde la même faculté de 
rachat aux héritiers du roi, pendant une année après la mort de celui-ci. 

Ce fuct fait l'an de grâce mil trois quarante quatre, le XX" jour du mois d'Octobre. 
Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. LXIV. 

Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, promet de rembourser à 
Marie d'Artois, comtesse de Namur, ce qu'elle avait payé à l'évêque de Liège 
pour le rachat fait par celui-ci des rentes et redevances qui grevaient les châ- 
teaux et terres de Mirwart et d'Orchimont. 

Faites et données à Liège, le joedy vingt et un jour ou mois d'Octobre l'an de grâce 
M CGC XLIV. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. LXIV (avec l'année 
M CGC XIV). — Voyez Annales de la Société archéologique de Namur, t. XI, p. 13. 

MONON (Monhoing). 

Jean de Guignycourt, écuyer, sire de Monhoing, fait savoir qu'il tient en fief 
■et hommage du roi des Romains les terres de Monon et Francheville dans la 
mouvance du château d'Arlon. 

Qui furent faites l'an de grâce nostre Seigneur M CGC XXXXIX. au mois de Septembre. 
Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. LXXXIII. 

NASSOGNE. 

Béatrix, reine de Bohème, comtesse de Luxembourg, de la Roche et marquise 
d'Arlon, confirme la vente que son seigneur Jean, roi de Bohême, etc., avait 
faite à Adolphe, évêque de Liège, des châteaux, forteresses, villes, maisons, 



— 106 — 

terres, etc., de Mirwart, Orchimont, Longpré, Villance, Vireux, Nassugne, Seny, 
Terwagne, Graides, Meaussin, Kaiones, Fouhan, Noeville et Martinvoisin. 

Donné l'an de la nativiteitNostre Seigneur M CCC XLIII, le vingt unième jour du mois 
de julé. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg , t. VI, preuves, p. LVIJ. 

Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, vend à Marie d'Artois, com- 
tesse de Namur, les châteaux, forteresses, villes, maisons, seigneuries, justices, 
etc., de Nassogne, Seny, Terreioenne (Terwagne), Lompré, Villance, Vireux, 
Graides, Maissin, Havrenne, Focan, Neuville et Martousin, avec toutes leurs 
dépendances, moyennant vingt-cinq mille réaux en or. 

Faites et données l'an de grâce M CCC XLIV, le second jour dou mois d'Octobre. 

Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p- LXS. — Voyez Annales^ 
de la Société archéologique de Namur, t. XI, p. 13. 

Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, relate le rachat des châteaux, 
forteresses, maisons, villes et terres de Lompré, Nassogne, Seny, Terwagne, 
Villance, Graide, Maissin, Havrenne, Focan, Neuville et de Martousin, vendus à 
l'évêque de Liège, et la revente de ces biens faite à Marie d'Artois, comtesse 
de Namur. 

Données le tier jour dou mois d'Octobre, l'an de grâce M. CCC. XLIV. 

Bertholet. Hi-stoire du duché de Luxembourg, t. VI, preuves, p. LXllJ. — Voyez Annales 
de la Société archéologique de Namur, t. XI, p. 12 

ORVAL. 

Les gardes du sceau de Florenville font savoir que Gérard de Florenville et 
Clairette, sa femme, ont pris à bail de l'abbaye d'Orval ses biens aux Hayons. 

Ce fut fait en l'an de grâce Nostre Seignour mil trois cens et quarante et deux, le jour 
de la feste Saint Barnarbé apostle. 

Delescluse, Chartes inédites de l'abbaye d'Orval, p. 20. 

Le chevalier Jean de Marlier et sa femme Hedwige, nomment Jaquemin de