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Full text of "Annales de la Société historique et archéologique de Tournai"

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Annales de la Société historique 
et archéologique de Tournai 



Société historique et arclié 



ournai 




^y Google 



S 1 



^^t ^i^ an . i .^ia.. 



I^arbarlr (fTollrge i,il)rar5 



FROM THE BEqUEST OF 

JOHN AMORY LOWELL 

(CUss of 1815) 
OF BOSTON 




oogle 



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ANNALES 



SOCIETE HISTORIQUE ET ARCHEOLOGIQUE 
DE TOURNAI 



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ANNALES 



DE LA 



SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE 



DE 



TOURNAI 



NOUVELLE SÉRIE, TOME 5. 



1900 
H. a L. CASTERMAN 

LtBRAIRBS-ÉDITBORS 

TOURNAI 

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Neth^jSierî'. i o 



V il 



Btorvard OoUegre Library 
May. 2 5, 1920 



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ANNALES 



DE LA 

SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE 

DE TOURNAI 



SUR LA POLITIQUE 

des Rois de France, à Tournai 

AU DÉBUT DU XV« SIÈCLE. 



M. Aug. Janvier, membre de la Société des Anti- 
quaires de la Picardie, publiait, il y a quelques années, 
le Livre d*Or de la Municipalité amiénoise. Cet im- 
portant ouvrage, qui mérita à son auteur le don d une 
médaille d or que la ville d'Amiens fit frapper en son 
honneur, n'est pas qu'une simple nomenclature des 
magistrats qui ont administré la ville depuis Tannée 
1140; on y rencontre également de nombreux com- 
mentaires dont Térudit auteur a enrichi ces listes. 

Relisant récemment cet ouvrage, qu'a bien voulu 
m'oifrir M. A. Janvier, je fus frappé de constater com- 
bien, au début du XV* siècle, la politique des Rois de 
France à Tournai différait de celle dont ils usaient dans 
le reste du royaume. J'ai pensé qu'il pourrait être 
intéressant, pour notre histoire locale, de signaler 
cette diflTérence et d'en rechercher les motifs. Mais tout 



▲NNALBS. Y. 



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— 6 — 

d'abord, il me faut indiquer les transformations que 
subit avant 1400, le mode d'élection de la Magistra- 
ture Amiénoise. Je copie donc ce qu'en dit M. Janvier. 

« Les chartes ne nous apprennent rien sur le genre 
de nomination et les conditions d'éligibilité du Maire 
et des Echevins dès l'origine de la commune, mais les 
anciens Usages cC Amiens, rédigés dans le cours du 
XI IP siècle et qui présentent dans tout leur dévelop- 
pement un code des lois municipales et des usages 
locaux qui régissaient la ville, nous édifieront complè- 
tement à ce sujet. Nous nous contenterons d'en extraire 
les passages suivants : 

y> Li Maires et li esquevin nomment par leur serment 
III personnes de leur esquevinage ou de dehors leur 
esquevinage, pour faire maïeur de la chité de l'un de 
ches 111 et portent as maïeurs de banières ches 
111 personnes, et li maïeur des banières en prendent 1 
par leurs sermens, le plus souffisant, et ne le poent li 
maïeur des banièrez refuser que li uns de ches III ne 
soit pris, et convient que chis qui pris est, faiche 
serment de le mairie, et se il ne le veult faire, on aba- 
tera se maison et demourra en le merchi du roy au 
jugement des esquevins. 

» Li maieur de banièrez font XII esquevins, et 
maieur nouviaus et chil douze esquevin en font XII 
autres (i). » 

A Amiens c'était donc l'élément démocratique qui, à 
l'origine, avait l'influence prépondérante dans la for- 
mation de la magistrature ; cette prépondérance se 
trouvait pourtant mitigée par l'obligation dans laquelle 
on se trouvait de ne choisir les élus que dans un cadre 
assez restreint de candidats. Cet état de choses ne 

(1) A. Janvier. -:r ^« ^^^^ d*or de la municipalité amiénoise, p. III. 



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— 7 — 

dura que jusqu'en 1382. Voici ce que dit M. Janvier 
au sujet de ce changement : 

« A partir de cette époque (1382) les maires des 
bannières ne figurent plus sur les listes délections. 
Cette mesure est le résultat de la part active qu'à 
Amiens comme à Rouen, les corporations des métiers 
et leurs chefs avaient prise aux événements politiques, 
à la suite de la révolte des Maillotins à Paris. 
L'histoire ne nous apprend pas quelle en fut l'impor- 
tance, mais la capitale désarmée et réduite au silence, 
la royauté ou plutôt les régents s'en prirent alors aux 
villes de province; à Rouen, qui avait eu sa révolte 
connue sous le nom de la Harelle, la répression fut 
terrible et le drapier Simon Le Gras, que les mutins 
avaient de force placé à leur tête, partagea vraisem- 
blablement le supplice qui leur fut infligé. 

» Pour Amiens, des lettres de Charles VI, du 
20 juillet 1385, rappellent que « les mayeurs de ban- 
» nière et plusieurs autres gens de la commune et de 
« petit estât menés de mauvaises volontés et contre le 
» consentement des maire et échevins avaient commis 
» et perpétré plusieurs rebellions, désobéissance, abus, 
»» assemblées, monopoles, séditions et autres excès et 
» déHts contre la majesté royale et le bien de la chose 
» publique. »» Des condamnations à mort furent pro- 
noncées, ainsi que le bannissement, la prison et des 
amendes considérables contre plusieurs maires de ban- 
nière par les commissaires réformateurs généraux 
députés en la province de Reims. Les mairies de ban- 
nière furent abolies par eux et les corporations indus- 
trielles, tout en censervant leur organisation ancienne 
mais sans chefs particuliers, désormais sous l'autorité 
immédiate des magistrats municipaux, cessèrent dès 
lors de jouer le rôle d'assemblées primaires et de con- 



1 



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— 8 — 

férer, par leurs suffrages, rélection des représentants 
officiels de la commune (i). » 

Un peu plus loin, après avoir rappelé qu'en 1407 le 
magistrat d'Amiens avait demandé le rétablissement 
des maires de bannière, M. Janvier ajoute : « En 
vain deux ans après, le 12 décembre 1409, adressa- 
t-il une nouvelle requête, la royauté cherchait déjà à 
museler les tendances démocratiques des grandes villes 
manufacturières, en restreignant le rôle électoral des 
corporations des métiers, et la part qu elles avaient 
prise aux mouvements de 1358 et de 1382 était 
encore trop présente à sa mémoire pour donner satis- 
faction à ce vœu (2). » 

Voyons maintenant comment les choses se passaient 
à Tournai. Le mode d'élection, tel que l'établissent les 
plus anciennes chartes, tendait à donner la prépondé- 
rance à l'élément bourgeois. Un collège, composé de 
trente membres choisis dans toutes les paroisses de la 
ville et nommés chaque année par les chefs d'hôtels, 
était appelé à élire les jurés et les échevins qui for- 
maient la magistrature communale avec les eswardeurs 
qui les avaient choisis. 11 y avait bien un palliatif dans 
le sens démocratique, c'était l'appel au peuple dans les 
cas, assez rares d'ailleurs, où l'accord des collèges de 
la magistrature ne pouvait se faire. 

Mais vers la fin du XIV® siècle, ce rouage démo- 
cratique de l'administration communale se trouva 
grandement modifié par la charte de Charles V, du 
13 mai 1373, qui approuvait le règlement formulé par 
les magistrats de Tournai pour l'établissement des 
300 élus. Je n'ai pas à étudier ici cette charte ; il me 

(1) A. Janvier. Op. cit. p. 336, note 146. 

(2) A. Janvier. Op. cit. p. 352, note 165. 



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— 9 — 

suffira d'analyser quelques dispositions, qui feront voir 
dans quel sens évoluait alors l'opinion. 

« Il sera, dit la charte de 1373, élu par la commu- 
nauté 300 hommes appartenant à toutes les paroisses, 
dans la proportion qui sera déterminée ; ils conseille- 
ront la ville lorsque les circonstances le nécessiteront, lis 
seront choisis parmi les personnes natives de Tournai; 
à défaut de celles-ci ou lorsque l'intérêt public l'exigera, 
on pourra avoir recours aux étrangers pour compléter 
le nombre de 300. Dans ce dernier cas il ne pourra 
être élu par paroisse plus de six étrangers, qui devront 
toujours avoir tenu une conduite irréprochable, être 
bourgeois, capables et domiciliés à Tournai depuis 
sept ans au moins, sans interruption. Il leur est inter- 
dit de s'occuper d'autres matières que de celles soumises 
à leur délibération par les trois consaux, à moins que 
les intérêts du roi et de la ville ne le réclament (i). ^ 

Telle était la composition de la magistrature tour- 
naisienne, lorsqu'en 1423 une émeute populaire, dont 
j'aurai lieu plus loin de rechercher les causes et le 
caractère, apporta à cette composition des modifica- 
tions essentiellement démocratiques : les métiers de la 
ville imposèrent aux consaux l'adjonction d'un qua- 
trième collège, celui des Doyens et Sousdoyens. 
Charles VII, informé de cette révolution, lui donna, 
par sa charte du 16 mars 1424, son approbation pro- 
visoire, et la ratifia enfin par une seconde charte du 
mois de juin suivant. Je donnerai en annexe le texte 
de ces deux documents, qui n'ont jamais été publiés 
intégralement. 

Résumons en quelques lignes ce que nous venons de 

(1) H. Vandenbroeck. — Extraits analytiques des anciens registres 
des consaux, T. I, p. 307. 



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— 10 — 

dire. A la suite de mouvements populaires dans plu- 
sieurs villes de France, le Roi restreignit le pouvoir 
de Télément démocratique dans l'administration de ces 
villes, à la fin du XIV*^ siècle. Quelques années après, 
des insurrections analogues eurent lieu à Tournai, et 
motivèrent, de la part du Roi, une conduite diamé- 
tralement opposée : la démocratie tournaisienne vit 
étendre son autorité. A quels motifs attribuer une po- 
litique aussi différente? Voilà ce qui m'a paru curieux 
de rechercher, et ce que je vais tenter de faire. 

Peut-être parmi les causes qui dictèrent la conduite 
de Charles VII en cette affaire, faut-il compter la 
situation géographique de Tournai. Placée à l'extrême 
frontière, environnée de toutes parts des vastes do- 
maines du duc de Bourgogne, alors allié aux Anglais, 
la ville de Tournai n'appartenait pour ainsi dire que 
nominalement à la France. Les habitants, pour le plus 
grand nombre, gardèrent certes leur fidélité au 
royaume et au souverain; mais il fallait toujours 
compter avec la volonté populaire, et le Roi, hors 
d'état d'imposer ses ordres, se trouvait dans la néces- 
sité d'accepter les faits accomplis, même s'ils n'avaient 
pas concordé avec ses désirs. 

Si cette situation géographique a pu peser d'un cer- 
tain poids dans la conduite de Charles Vil envers 
Tournai, je crois pourtant qu'il faut chercher ailleurs 
les vrais motifs des chartes si libérales qu'il concéda 
à notre ville en 1424. Les Registres des Consaux, qui 
devraient nous guider dans la recherche des véritables 
motifs de l'attitude du Roi, sont d'une discrétion et 
d'un laconisme tels qu'on ne saurait en tirer grande 
ressource ; ces magistrats semblent avoir voulu ména- 
ger tous les partis, en inclinant pourtant vers les 
Anglais et les Bourguignons. Heureusement les chro- 



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— 11 — 

niques sont là pour nous expliquer certains faits. C'est 
d'après ces sources que je vais raconter sommairement 
les événements et en tirer les conclusions que, selon 
moi, ils comportent. 

Charles VI ayant voulu, sous la pression de la reine 
et des Anglais, modifier Tordre d'hérédité à la cou- 
ronne, et substituer au Dauphin son gendre le roi 
d'Angleterre, convoqua à Paris, en 1422, les délégués 
des principales villes de France. Tournai y envoya 
sire Jehan Westin, sire Simon de Saint-Génois, Caron 
d'Estrayelles et Guillaume Catine. A leur retour, le 
bruit se répandit en ville qu'ils avaient accédé aux 
désirs du roi. Une vive émotion s'empara du peuple, 
dont la fidélité à la couronne de France n'avait jamais 
été ébranlée'malgré les circonstances malheureuses de 
cette période troublée. 

Je n'ai pas à entrer ici dans le détail des mouve- 
ments qui divisèrent Tournai à cette époque ; j'en ai 
consigné jadis le récit, d'après un ancien manuscrit, 
dans les Mémoires de notre Société (i). Retenons seule- 
ment cette mention du Registre des Consaux : « Le 
mardi, merquedy et jeudi ensuiant, viu*^, ix^ et x® 
jour du dit mois (de juin 1423), fu le peuple en ledite 
ville en armes assemblé sur le marchié, jour et nuyt.» 
Les métiers réclamaient leurs bannières respectives, 
créaient dans chacune un doyen et un sousdoyen, et 
imposaient aux Consaux l'adjonction d'un quatrième 
collège, celui des Métiers. 

Ce qui avait envenimé les choses, c'était l'attitude 
louche des consaux. Ceux-ci avaient en effet voulu 
exercer une pression sur les trois cents élus pour leur 
faire accepter la prétendue volonté de Charles VI, et 

(1) Cfr. Mémoires de la Société historique, T. XVII, p. 291 et suiv. 



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— 12 — 

avaient été jusqu'aux menaces. Sire Jehan Wettin, 
lun des prévôts, avait répondu, lorsqu'ils apportèrent 
le refus de reconnaître le roi d'Angleterre pour héri- 
tier de France : « Je vois bien que vous n'en ferez que 
à voz manières ; nous en escripverons par delà , et en 
excuserons, et vous en quierquerons. » Cette réponse 
mettait bien le peuple en droit de douter de la loyauté, 
ou mieux du loyalisme de ses magistrats. 

Aussi sous la pression des doyens, les consaux du- 
rent-ils accepter, le l^'' juillet suivant, d'envoyer au 
roi une députation pour le prier de confirmer les fran- 
chises des métiers et l'accord intervenu avec eux. On 
attendit pourtant jusqu'au 29 septembre pour rédiger 
cette supplique, et les délégués chargés de la porter ne 
furent élus que le 17 octobre suivant. On parvint même 
à retarder l'envoi de la requête jusqu'à la fin du mois 
de décembre 1433. 

Toutes ces lenteurs, sans doute voulues, firent que 
l'époque du renouvellement de la magistrature vint 
sans qu'on eut les lettres approbatives du roi. Il aurait 
été trop dangereux de s'en tenir aux anciennes chartes 
communales et de ne pas avoir égard aux événements 
récents. Les consaux s'adressèrent donc aux bannières 
afin de savoir quelle conduite tenir en cette occurrence. 

Le 6 février 1424 fut présenté un long rapport des 
doyens des métiers sur la matière ; on y disait : « Com- 
bien que ycelle nouvelle chartre se ainsy advenoit que, 
endedens ladite récréation, elle ne feust obtenue et 
rapportée par dechà, et aussy que ycelle récréation 
soit faite contre la teneur des chartes et usages de 
ladite ville, sy comme aucuns volroient dire, on pour- 
roit estre reprins du Roy nostre sire, lesdites gens et 
banières ont fianché que, au plaisir de Dieu, le Roy 
nostre dit Seigneur n'en sera ja mal content, veu leur 



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— 13 — 

constant et vraye obéischance, non pareille à ceulx de 
son royaume, tousiouFS par eulx persévérée. »» En 
conséquence les nouvelles élections devaient comporter 
les quatre collèges provisoirement convenus. 

Le compromis intervenu entre les anciens consaux 
et les métiers fut ratifié, pour un an, par la charte du 
16 mars 1424, et rendu définitive par celle du mois de 
juin suivant. 

Comme je le disais plus haut, des faits analogues, 
des insurrections populaires, amenèrent des résultats 
opposés : c'est que ces révoltes différaient dans leurs 
causes. A Paris et dans les principales villes de France, 
c'est contre la royauté que le peuple s'était soulevé ; 
aussi la royauté triomphante avait aussitôt restreint 
rinfluence des métiers, auteurs des troubles. 

A Tournai au contraire ces mêmes corps de métiers, 
en présence de l'attitude équivoque de la bourgeoisie, 
avaient pris les armes pour le maintien de l'autorité 
légitime du roi. Ce fut donc la reconnaissance, aussi 
bien que l'intérêt, qui, dans les deux chartes de 1424, 
dictèrent à Charles Vil sa conduite. « Si les liens 
d'une profonde reconnaissance, dit M. Jopken dans sa 
petite étude sur les chartes de ]424, attachaient déjà 
le roi Charles Vil aux habitants de Tournai, son 
intérêt, à peine est-il besoin d'insister sur ce point, 
le sollicitait également à fortifier, par de nouveaux 
témoignages de sympathie, l'affection du peuple des 
Bannières, lequel, sans s'être jamais engagé dans les 
compromissions suspectes qui avaient rencontré des 
partisans dans d'autres parties de la population, avait 
été, en toute occasion, le rempart le plus solide de la 
royauté, r 

A. DE LA Grange. 



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— 14 — 



ANNEXES. 

I. Charte portant un nouveau règlement pour le gouver- 
nement de la ville, ou plutôt approuvant pour une année le 
règlement fait par les Doyens des métiers. 

Chai'les par la grâce de Dieu Roj de France, à tous reulx 
qui ces présentes lettres verront, Salut. Noz bien améz les pré- 
vostz, jurez, eschevins, eswardeurs, doyens et soubzdoyens des 
raestiers, bourgois et habitans de nostre bonne ville et cité de 
Tournay nous ont fait exposer comme ou mois de juing derre- 
nièrement passé le peuple et communaulté de nostre ditte ville 
se feust assemblé en grant puissance et notable nombre de gens 
tous armez en et sur le marchié d'icelle nostre ville, et eussent 
requis et demandé instaument aux gouverneurs et conseilliers 
de la loy de laditte ville les bannières des mestiers ainsi comme 
anciennement Tavoient eu pour de bien en mieulx estre et 
demourer en la vraye et entière subjection qu'ilz nous doivent 
et entretendront jusques à la mort, et pour estre plus fors et 
mieulx povoir résister à rencontre de noz ennemis et adver- 
saires dont ilz sont environnez de toutes pars, lesquelles ban- 
nières leur furent incontinent baillées et délivrées par lesdiz 
gouverneurs et conseilliers, èsquelles esloient et sont pour- 
traittes les enseignes des mestiera de nostre ditte ville et cité ; 
et après ce nostre ditte communaulté en bonne et amiable 
ordonnance, sans aucun tumulte ou confusion, se transportèrent 
en leura hostelz, et ordonnèrent le landemain chacun comparoir 
en ladite place, armez comme devant, tous ensemble, pour et 
afin de ordonner à un chacun soubz quel régime, bannière et 
conduit ilz se devroient adrecier ; et eulx ledit jour ensuivant, 
assemblez ainsi que dit est, se divisèrent incontinent en grant 
union en trente six parties selon le nombre et quantité de leurs 
bannières, et en chacune d'icelles bannières et parties, par un 
commun assentement et accort, ilz eslm^ent ceulx de chacune 
bannière pour eulx régir, gouverner et conduire et savoir qu'ilz 
auroient à faire se besoing leur estoit, un doyen et soubzdojen 
pour estre leurs chiefz, gouverneurs et conducteurs en tous 
leurs affaires, et aussi poui* eulx assembler se mestier estoit, et 
résister à la mauvaise entencion de nozdiz ennemis et autres 
leurs adhérens et complices, et avoir regart à la police et gou- 



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— 15 — 

vernement avec les autres consaulx de nostre ditte ville. Et pour 
conduire les choses dessus dites, eussent fait certains statuz et 
ordonnances, dont ilz ont tousiours depuis usé et encores usent 
à présent, si comme ilz dient, desquels statuz et ordonnances 
ou dit la teneur estre tele. Premièrement, que doresenavant 
chacun an, le xxj®jour du mois de février, qui est lendemain 
du jour que la loy de laditte ville est faitte et recréé en la 
manière acousturaée, lesdiz doyens et soubzdoyens assembleront 
les chiefz d'ostel de laditte ville par bannières es places et pai* 
la manière qu'ilz ont acoustumé depuis leurditte création, les- 
quels chiefz d'ostel ainsi assemblez pai* bannières feront sére- 
ment solennel à la semonce du doyen qui aura esté Tannée 
précédent, ou son soubzdoyen, s'il n'y estoit, que bien et 
loyaument à leurs povoirs esliront en chacune bannière un 
doyen et un soubzdoyen qui seront pardessus eulx. Et lesdiz 
seremens faiz, lesdiz chielz d'ostel esliront en chacune bannière 
un doyen et un soubzdoyen les plus notables, saiges, cxpers et 
ydoines d'entre eulx, qui seront et feront les mestiers de la 
bannière dont ilz seront esleuz doyens et soubzdoyens; et se 
lesdiz doyens et soubzdoyens se sont bien portez en leuisdiz 
offices à l'onnem* et prouffit du Roy et de son Royaume et du 
prouffit commun et bien publique de laditte ville, lesdiz chiefe, 
ou cas dessusdit et si avant qu'il leur en apparra, les pourront 
remettre et restablir en leursdiz offices, excepté les souverains 
doyens et soubzdoyen qui ne pourront demeurer ne estre conti- 
nuez en leurs diz offices l'année ensuivant. Item, que tantost 
après ladite recréation, lesdiz doyens et soubzdoyens seront 
tenus de eslire, d'entre eulx doyens, lesdiz souverain doyen et 
soubzdoyen, et après ce venir incontinent en la halle de laditte 
ville; et là endroit, présens lesdiz prévostz, juré, eschevins, 
eswardem's et communaulté, ledit souverain doyen les fera jurer 
et faire serement solennel, lequel aura fait serement en la main 
du souverain soubzdoyen que bien et loyaument feront les 
offices à quoy ilz sont esleuz et establiz. Item, que en l'office 
desdiz doyens et soubzdoyens et des eswardeurs de laditte ville 
doresenavant pourront estre mis tous preudomes chiefz d'ostel 
de laditte ville, de bon nom, grâce, vie et renommée sans 
reproche, qui seront bourgois et héritiei'S d'icelle, et personnes 
ydoines à ce, et auront continuellement demeuré et tenu hostel 
et résidence sept ans ou plus en laditte ville. Et quant auxdiz 



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— 16 — 

prévostz, jurez et eschevins, il convendra qu'ilz soient, avec ce 
que dit est dessus, natifz de laditte ville, ainsi que la chartre 
donnée par feu le Roy Charles le Quint, que Dieu absoille, le 
contient. Item, lesdiz doyens et soubzdoyens seront tenuz de 
venir et a'ssembler en haie avec lesdiz prévostz, jurez, eschevins 
et eswardeurs tous les mardis au son de la cloche pour avoir 
ensemble advis et conseil des choses et besongnes touchans le 
corps de nostre ditte ville; et ce que par lesdiz prévostz, jurez, 
eschevins, eswardeurs, et aussi par lesdiz doyens et soubzdoyens 
sera ordonné pour le prouffit de la chose publique de laditte 
ville, vauldra et tendra. Et se lesdiz prévostz et jurez pour 
aucunes choses mandoient lesdiz doyens et soubzdoyens venir 
en leur haie plus souvent et en autres journées, ilz seront tenus 
de venir à leursdiz mandemens ; et que aucunes des choses con- 
tenues en cest article ne pourront passer ne estre valables, s'il 
n'y a par assens d'accort onze jurez, huit eschevins, seize es\vai»- 
deurs et vingt quatre doyens du moins ; et sera tenu un chacun 
soubzdoyen dire son assens à son doyen afin que pour briefté 
et expédition chacun doyen puist dire à une foiz Tassens de lui 
et de son soubzdoyen. Item, et se ainsi advenoit que d'aucunes 
grans choses touchans le corps et estât de laditte ville lesdiz 
prévostz, jurez, eschevins, eswardeurs, doyens et soubzdoyens, 
qui font quatre collèges et consistoires et par quatre assens, ne 
se peussent concorder ensemble, et que aucun ou plusieurs 
d'iceulx ne feussent point d'accort et d'assens avecques les autres 
combien que la chose leur auroit esté mise en termes pai* trois 
diverses foiz et assemblées sans ce qu'ilz en peussent avoir 
accord et assens, la chose ainsi débatue sera mise pardevant le 
peuple par bannières et leur sera ditte, exposée et mise en 
termes en chacune desdittes bannières par leur doyen, ou 
soubzdoyen ou lieu dudit doyen, ou par autre personne qui 
mieulx leur saura exprimer et déclarer, à ce ordonnée par 
assens desdiz doyens et soubzdoyens ; et ce qui en sera ordonné 
pai* assens desdittes bannières vauldra et tendra, nonobstant 
que lesdiz quatre collèges n'en auroient point esté d'accort, pour 
ce que quant on en parlera par bannières les personnes desdiz 
collèges y seront avec les autres de la communaulté et en diront 
leur advis et délibération avec eulx. Item, que ainçoiz que 
aucune chose puist estre passée et accordée par ladicte commu- 
naulté, convendi'a que il y ait vingt quatre bannières d'accord 



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— 17 — 

et d'assens ensemble, et qu'il en appere par les rappors que 
lesdiz doyens, ou soubzdojens en leurs lieux, feront ensemble 
en leur collège au retour des assemblées desdittes bannières. 
Et ou cas que il y auroit vingt quatre rappors ou plus desdittes 
bannières d'assens et concordans ensemble, la chose ainsi passée 
vauldra et tendra nonobstant que les autres bannières n'en 
feussent point d'accord; mais seront tenues icelles bannières 
discordans de entretenir lesdis assens, sans aler dire, faire ou 
pourchasser au contraire. Item et semblablement, toutes les 
choses mises en termes pardevant lesdiz doyens et soubzdoyens, 
dont ilz seront d'accord et d' assens d'entre eulx les xxiiij doyens, 
pourront valoir et tenir sans ce que, pour oppinion ou voulenté 
d'aucun ou plusieurs desdiz doyens et soubzdoyens, la chose 
ainsi passée puist en riens estre empeschée, destournée ou 
arriérée. Item, pourront et puist chacun soubzdoyen, se son 
doyen n'y estoit, dire l'assens de lui et de sondit doyen. Item, 
et afin que aucunes mises ne charges extraordinaires ne exces- 
sives ne soient faittes sur les biens de laditte ville, fors celles 
qui seront licittes et nécessaires, lesditz prévostz, jurez, esche- 
vins et eswardeurs ne pourront doresenavant mouvoir ne encom- 
mencer procès aucun contre quelconque personne ou collège 
que ce soit, en demandant, ne missions aucunes extraordinaires 
faire, ne allouer, se ce n'est par l'assens desdiz doyens et 
soubzdoyens ou de la plus saine partie d'iceulx, excepté tant 
seulement en cas d'appel ou d'opposition qu'il conviengne par 
nécessité la cause faire poursuir incontinent ou si hastivement 
que, sans préiudice d'icelle et de laditte ville ou des franchises 
et libertéz des bourgois ou habitans d'icelle, on ne puisse sitost 
qu'il convendroit faire ne avoir laditte délibération desdiz 
doyens et soubzdoyens. Item, et toutesfoiz que les comptes des 
receptes et des mises de laditte ville seront renduz par la manière 
accoustumée, lesdiz prévostz et jurez seront tenus de faire crier 
et publier sollennellement ledit jour, si notablement que lesdiz 
doyens et soubzdoyens ne le puissent ignorer. Et à icellui jour 
seront lesdiz doyens et soubzdoyens tenuz avecques ceulx desdiz 
chiefe d'ostel de ladicte ville qui il plaira de estre en haie à la 
reddition desdiz comptes, toutes excusations mises arière, tant 
qu'ilz seront renduz, se n'estoit par la grâce et licence du pré- 
vost, afin que tous puissent percevoir et savoir en quelx choses 
et comment Targent de laditte ville sera distribué et alloué. 



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— 18 — 

Item, que doresenavant seront esleuz par lesdiz doyens et 
soub'zdoyens, chacun an après leur création, six peraonnes 
d*entre eulx doyens et soubzdoyens pour estre et représenter 
les six esleuz pour et ou nom de la communaulté de laditte vil'e, 
lesquelx six seront tenuz de signer toutes les billes des mises de 
laditte ville, tant en pension et salaires comme en autre 
manière quelconque, et n'en soit riens paie par les receveurs 
d'icelle nostre ville se il ne leur en appert par billet de ce faisant 
mention, expédié par lesdiz six doyens ou soubzdoyens à ce 
esleuz et commis, et signé de deux de leui*s signes du noms avec 
le signe de Tun des prévostz de laditte ville. Item, et avec ce 
seront tenuz lesdiz six doyens et soubzdoyens estre aux comptes 
des ouvrages de laditte ville toutes foiz que on comptera d'iceulx 
ouvrages. Item, et pour plus grant confiance et seuii^ et que 
tous les habitans aient et puissent avoir pleine paix, les sept 
clefz qui sont à la garde du seel de la commune de laditte ville 
seront gardées par la manière qui s'ensuit : c'est assavoir que 
le prévost de la commune qui pour le temps sera, ou nom et 
pour lesdiz prévostz, jurez, esclievins et eswardeurs, gardera la 
première, et les autres six seront gardées par lesdiz vj doyens 
et soubzdoyens représentans lesdiz six esleuz ou nom de laditte 
communaulté. Et ne pourra estre dudit seel, comment que ce 
soit, scellé quelconque chose, que ce ne soit en la présence 
desdiz prévostz, jurez, eschevins, eswardeui's, doyens et soubz- 
doyens dessusdiz, ou de la plus saine partie d'icculx, et aussi en 
la présence de laditte communaulté pour ce appeliez au son de 
la bancloque en la manière accoustumée. Item, que pour quel- 
conque cause que ce soit, par lesdiz prévostz, jurez, eschevins, 
eswardeui's, doyens et soubzdoyens dessusdiz, ne par l'un 
d'iceulx ne autre quelconque personne en icelle ville ne soit, 
puist estre impétré ou contendu à impétrer chose aucune au 
contraire des franchises et privilèges d'icelle ville et des choses 
contenues en ces présentes lettres, ne mise en tenne pour eslever 
aucune nouvelleté ne ordonnance touchans le corps et le fait de 
laditte ville, se n'est par l'accort et assens desdiz prévostz, jurez, 
eschevins, eswardeura, doyens et soubzdoyens. Et que nonobstant 
les choses dessusdites lesdiz prévostz, jurez, eschevins, eswar- 
deurs, doyens et soubzdoyens ne puissent doresenavant vendre 
rentes à vie, à héritage, ne à rachat, ne laditte ville obliger, ne 
faire prest d'argent à quelconque personne que ce soit, ne eslever 



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— 19 — 

ne mettre sus nouvelle assise, ne faire tailles ne aides aucunes 
en la ditte ville, se en toutes les choses dessusdittes les chiefz 
d'ostel et bonnes gens de laditte ville ne sont assemblez et 
appeliez par bannières. Et que riens n'en soit fait ne passé se 
des trente six bannières dessusdites les vingt quatre n'en sont 
d'accort et d'assens. Et mojennant les choses dessusdittes, les 
lettres ou chartre des trois cens, des six esleuz pour et ou nom 
de la communaulté de laditte ville donnée et ottroyé à icelle 
par le feu Quint Roj Charles, que Dieu absoille, avec le povoir 
et création d'iceulx est et sera abolj et mis au néant pour ce 
que le povoir d'iceulx, par ceste présente ordonnance, est incor- 
poré èsdiz doyens et soubzdoyens et ceulx des bannières des- 
susdittes. Item, que lesdiz doyens et soubzdoyens pourront 
doresenavant estre mis es offices de la loy de laditte ville, des 
prévostz, jurez, eschevins et des eswardeurs d'icello, se à ce ilz 
sont habilles et ydoines et que ilz y soient esleuz par les eswar- 
dem'S à la recréation et rénovation de la loy d'icelle. Et ou lieu 
d'iceulx doyens et soubzdoyens ainsi mis en la loy ou du nombre 
des eswardeurs seront autres ordonnés à ce habilles et souffis- 
sants, ainsi et par la manière qu'il est contenu et déclaré en 
laditte chartre dudit Roy Charles, sans mettre par gyéz ausdiz 
chiefz d'ostel, ne que sur ce leur soit fait aucune remonstrance 
ou advertissement, mais leur sera laissée faire leurditte élection 
à leur voulenté et plaisir selon le sérement qu'ilz font et ont 
accoustumé à faire. Item, que la première chose que lesdiz 
eswardeurs seront tenus faire doresenavant après lem*ditte 
création pour la rénovation et recréation desdiz prévost, jurez, 
eschevins et de deux récepteurs et tréze commis et ordonnez sur 
le fait de la drapperie de laditte ville, et ainçoiz que riens 
entendent ou facent en laditte recréation et rénovation, soit de 
faire le siège d'entre eulx afin qu'ilz puissent dire leui*s oppi- 
nions et adviz par ordi*e ainsi qu'ilz seront assis, et que les 
e8wardem*s des paroisses soient entremellés l'un avecques l'autre 
sans estre ensemble, pour ester les fraudes qui à ce pourroient 
estre faittes et commises. Item, que doresenavant les tréze 
hommes commis et ordonnez au fait de la drapperie de laditte 
ville seront faiz, créez et ordonnez par lesdiz eswardeurs en la 
manière qui s'ensuit : c'est assavoir que iceulx eswardeurs 
feront les maïeur et soubzmaïeur desdiz xiij hommes et le pre- 
mier séant après iceulx maïeur et soubzmaïeur, de trois per- 



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— 20 — 

sonnes qui autresfoiz auront esté en la loj de laditte ville ou de 
autres notables personnes en ce expers et congnoissans ; et les 
autres dix seront prins deux es tisserans de draps, deux es 
foulons de draps, deux es tainteniers, deux es apparei Heurs de 
draps, un de un, détailleur de draps et un d'un drappier drapant. 
Et que lesdiz eswardeurs les créent et ordonnent oudit office 
au rappoii; et élection desdiz mestiers. Item, que chacun an, à 
la recréation de la loy de laditte ville, lesdiz eswardeurs soient 
tenuz de faire et créer, de Tun desdiz doyens et soubzdoyens des 
mestiera, Tun des deux récepteurs de laditte ville, et l'autre de 
telle personne qu'il semblera estre bon et expédient ausdiz 
esgardeurs, puis qu'il seroit habille et ydoine à ce; lesquelx 
récepteurs auront la congnoissance et seront chargez de tous les 
ouvrages d'icelle ville; et convendra que l'un d'iceulx récepteurs 
demeure l'année ensuivant, et l'autre soit changié s'il plaist 
ausdiz esgardeui's, et télement que audit office conviengne 
demourer l'un de ceulx qui l'aura esté l'année précédente afin 
que mieulx se congnoissent èsdiz ouvrages et facent lesdiz 
offices. Item, lesdiz eswardeurs seront tenus doresenavant 
vuidier poiir leurs parens et cousins en tiers ou plus près, toutes 
et quantes foiz que on parlera de leur avancement es offices 
dessusdiz. Item, que les prévostz et maïeui*s des eschevins de 
laditte ville, qui auront esté par un an en leursdiz offices, ne 
pourront demourer en iceulx par quelque manière que ce soit 
l'année ensuivant ; mais ou lieu d'iceulx seront esleuz autres à 
ce souffissans, ydoines et expers selon l'advis et délibération 
desdiz esgardeurs. Item, lesdiz doyens et soubzdoyens auront 
doresenavant la congnoissance, jugement et exécution chacun 
des subgiez et suppostz de sa bannière, de menuz délitz faiz et 
perpétrez par lesdiz subgiéz et suppoz sans mort, afiblure, muti- 
lation, deffiguration, sang espandu par playe ouverte, et autre 
cas de crime désirant réparation d'onneur, et aussi réservé les 
cas de contrevengement, d'ayai (?) et propos appenséz, item et 
autres cas de mener orde vie et dissolue, d'estre inutile, et telz 
semblables dont on a acoustume de bannir à un an ou autre ban 
criminel, de tous lesquelx cas la congnoissance demourra et 
appartendra aux prévostz et jurez à cause de la haulte justice, 
si avant qu'il appai'tendra. Et à iceulx doyens et soubzdoyens, 
pour aidier à soustenir les fraiz et despens desdittes bannières, 
demourront et appartendront toutes les amendes des délitz dont 



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— 21 — 

à eulx appartendra la congnoissance. Item, lesdiz doyens et 
soubzdoyens, pour eulx leurs jurez et autres de leur mestier, 
pourront doresenavanteslire les eswars d'iceulxmestiers chacun 
en sa bannière, habilles et expers et congnoissans es mestiers 
et marchandises sur lesquelx ilz seront conimis et esleuz eswars, 
et de iceulx amener et présenter aux eschevins de laditte ville 
lesquelx seront tenus de les recevoir, leur faire faire les sere- 
mens en tel cas acoustuméz, et les commettre à ce à quoy ilz 
seront esleuz. Et ausdiz doyens et soubzdoyens appartendront 
les petites amendes à cause de leursdiz mestiers, de dix solz 
tournois et audessoubz, et les autres audessus seront rapportées 
par lesdiz espars à ceulx desdiz prévostz, jurez et desdiz esche- 
vins à qui en devra appartenir la congnoissance, afin que toutes 
fraudes puissent estre et soient ostées en iceulx mestiers. Item, 
que lesdiz doyens et soubzdoyens des mestiers dessusdiz pom*- 
ront et leur appartendra muer, changer et rappeller, adiouster, 
diminuer et corriger les ordonnances des mestiers de laditte 
ville et chacunes d'icelles, toutes et quantes foiz qu'il leur 
aparra deuement estre nécessaire et prouffitable pour le bien 
commun de laditte ville. Et oultre plus, pour ce que à Tocca- 
sion desdittes bannières et choses dessusdittes, leurs circons- 
tances et deppendances pourroient avoir esté oultre et pardessus 
les fins et termes de raison, aucunes choses commises et perpé- 
trées, en bonne et vraye entention toutesvoies, pour le bien de 
nostre seigneurie garder et maintenir et le bien de nostreditte 
ville et icelle préserver des agays, cautelles et mauvaistiéz de 
nosdiz ennemis, et obvier à tous inconvéniens qui s'en feussent 
peu ensuir contre nous et nostreditte ville, nous ont lesdiz 
exposans fait requérir et supplier de leur quitter et abolir 
toutes icelles choses commises et perpétrées à laditte occasion, 
et que lesdittes bannières ainsi mises sus que dit est, la création 
et puissance desdiz doyens et soubzdoyens avec les statuz et 
ordonnances dessus déclarées nous leur voulsissions loer, gréer, 
consentir et approuver, et leur en accorder noz lettres souffis- 
sans et valables, savoir faisons que nous, attendu la grant et 
bonne loyaulté desdiz exposans et leur bonne et vraye enten- 
tion, et que ce qu'ilz ont fait en ceste partie a esté pour le bien 
de nous, de nostre seigneurie, le bien de nostreditte ville et 
d'eulx mesmes qui sont envers nous bons, vrays et loyaulx 
subgiéz et de tout temps ont ainsi esté envers noz prédécesseurs 

ANNALBS. V. 2 



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— 22 - 

et la couronne de France sans nul département et veulent estre 
et demourront telz toutes leurs vies, voulans iceulx favorable- 
ment traitter, et poui* certaines autres causes qui à ce nous ont 
meu et meuvent, voulons et nous plaist et ausdiz exposans avons 
ottrojé et ottrojons de nostre auctorité royal et grâce espécial 
que desdittes bannières mises sus, de la création desdiz doyens 
et soubzdoyens, et des statuz et ordonnances dessus déclarez ilz 
joyssent et usent, les avons agréables et en sommes contens, 
tout ainsi et par la manière que ilz ont fait depuis ledit mois de 
juing et font de présent, jusques à ung an de la date de ces pré- 
sentes ; et après leur pourverrons sm* tout convenablement au 
bien de nostre seigneurie, d'icelle nostre ville et desdiz expo- 
sans. Et de nostreditte auctorité, plaine puissance et de plus 
ample grâce, acertenéz de la bonne entention et voulenté 
d'iceulx exposans, toutes les offenses et chacunes d*icelles adve- 
nues à Toccasion desdittes bannières tant contre Tordonnance 
et règle de justice comme autrement indeuement, attendu que 
à laditte occasion ne 8*en est ensuit mort ne meshaing, avons 
abolies, abolissons et mettons du tout au néant par ces pré- 
sentes sans ce que aucune chose leur en puist, ne à aucun d'eulx, 
estre imputée ne demandée par nous, noz gens et offlciei's, ores 
ne pour le temps avenir. Si donnons en mandement au bailli de 
Tournay et de Tourncsis, et à tous noz autres justicier et offi- 
ciers, ou à leurs lieuxtenant présens et avenir, et à chacun d'euli 
si comme à lui appertient, que de nostre présent ottroy, con- 
sentement, grâce et abolition, et du contenu en ces présentes 
lettres facent, seufl&*ent et laissent lesdiz exposans joïr et user 
plainement et paisiblement sans faire ou souffrir estre fait au 
contraire. Et sur ce imposons silence à nostre procureur pré- 
sent et avenir, nonobstans quelconques loys, statuz, ordon- 
nances, deffenses et lettres à ce contraires. En tesmoing de ce 
nous avons fait mettre nostre seel à ces présentes. Donné à 
Selles le xvj* jour de mars Tan de grâce mil quatre cens vingt 
et trois, et de nostre règne le second. 

Par le Roy en son Conseil, ouquel monseigneur le Duc 
d'Alençon, vous TArcevesque de Reims, le conte Daulphin, le 
maréchal de La Fayette, le grand maistre d*ostel, le sire de 
Mirandol, messire Jehan Girard et plusieurs autres estoient. 

Mallière. 
A rchives de Tournai, — Chartrier, layette 
de 1 123. — Original sur parchemin, jadis 
scellé sur double queue de parchemin. 



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— 23 — 

II. Charte approuvant définitivement le nouveau règlement 
fait par les Doyens des métiers pour le gouvernement de la 
ville (i). 

Charles par la grâce de Dieu Roy de France, savoir faisons 
à tous présens et avenir. De la partie de noz chiers et bien améz 
les prévostz, jurez, eschevins, eswardeui's, doyens, soubdojens 
des mestiers, bourgoys, manans, habitans et communauté de 
Dostre ville et cité de Tournay nous avoir esté humblement 
exposé que, comme pour obvier aux dampnables propox, enten- 
tion et voulenté de noz ennemis et adversaires qui par cautelles, 
sédicions et autrement par diverses voyes et manières avoient 
contendu et contendoient cotidiennement de séduire nosdiz 
subgéz, et eulx et nosttedicte ville distraire de nostre seigneu- 
rie et les mettre du tout en leur obéissance, pour nostre dicte 
ville aussi tenir doresenavant en meilleurs police, concorde, 
transquilité et union soubz nostre seigneurie, et pour plus 
grande seurté et deâence d*icelle contre nosdiz ennemis et 
adversaires, plusieurs gens d*icelle nostre ville, de divers estaz, 
noz bons, vrays et loyaux subgéz se feussent, à certain jour du 
moys de juing derreniement passé il a maintenant ung an, 
assemblez en ladicte ville en grant nombre armez et habillez 
chacun en droit soy selon son estât et faculté, en entention de 
recouvrer et ravoir les bannières des mestiers de ladicte ville 
qu*ilz souloient avoir ou temps passé, lesquels jà longtemps a, 
avoient esté mises et séquestrées au lieu de Taiiiillerie d'icelle 
ville jusques à ce que besoing seroit de les reprendre comme il 
leur sembloit que le cas le requeroit et encore requiert présen- 
tement ; lesquelles bannières, armoyées chacune en droit soy 
du mestier dont elle est, ilz eussent tous à une voix concorda- 
ment requis à eulx estre rendues par les gouverneurs de nostre 
dicte ville qui amiablement et sans contredit ou difficulté les 
leur rendirent et baillièrent, et le lendemain nos diz subgéz 
assemblez comme devant eussent d'un commun accord fait entre 
eulx trente six bannières armoyées comme dit est, soubz 



(1) Cette charte est décorée ea lête d'une jolie miniature. Dans le C initial 
est une TÎlle, au centre de laquelle est un donjon circulaire ; la porte de la 
Tille est précédée d*un pont-levis abaissé. Entre les deux premières lettres 
est une tète barbue coifiëe d'un bonnet phrygien. Entre les hastes de TH so 
trcave un auge nimbé soutenant Técu de France à trois fleurs de lys. 



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— 24 — 

lesquelles estoient compris toutes gens de quelque estât qu'ilz 
feussent, résidens en ladicte ville ; avecques ce, pour eulx gou- 
verner en chacune bannière eussent fait et créé doyens, 
soubdoyens et autres officiers à ce convenables ; et depuis, pour 
nostre dicte ville gouverner en meilleurs police, justice et 
union, et icelle estre préservée de plusieurs inconvéniens et 
divisions, au bien de nous et à la conservation de nostre sei- 
gneurie eussent fait aussi les statuz et ordonnance qui ensuivent. 
Premièrement, que doresenavant chacun an le xxj® jour du 
moys de février, qui est landemain du jour que la loy de ladicte 
ville est faicte et créé en la manière acoustumée, lesdiz doyens 
et soubzdoyens assembleront les chiefz d'ostel de ladicte ville 
par bannières es places et par la manière qu'ilz ont acoustumé 
depuis leur ditte création, lesquelz chiefe d'ostel ainsi assemblez 
par bannières feront serment solennel, à la semonce du doyen 
qui aura esté Tannée précédent ou son soubzdoyen s'il n'y 
estoit, que bien et loyaulment à leurs povoirs esliront en 
chacune bannière ung doyen et ung soubzdoyen qui seront par- 
dessus eulx, et lesdiz sennens faiz lesdiz chiefz d'ostel esliront 
en chacune bannière ung doyen et ung soubzdoyen les plus 
notables, saiges, expers et ydoines d'entre eulx, qui seront et 
feront les mestiers de la bannière dont ilz seront esleuz doyens 
et soubdoyens ; et se lesdiz doyens et soubzdoyens se sont bien 
poi'téz en leursdiz offices à l'onneur et prouffit de nous et de 
nostre royaume et du prouffit commun et bien publique de 
laditte ville, lesdiz chiefz d'ostel, ou cas dessusdit et si avant 
qu'il leur en appara, les pourront remettre et restablir en 
leui'sdiz offices, excepté les souverain doyen et soubzdoyen qui 
ne pourront demeurer ne estre continuez en leursdiz offices 
Tannée ensuivant. Item, que tantost après laditte recréation, 
lesdiz doyens et soubzdoyens seront tenuz de eslire d'entreulx 
doyens lesdiz souverains doyen et soubzdoyens, et après ce 
venir incontinent en la halle de laditte ville et là endroit, pré- 
sens lesdiz prévostz, jui*éz, eschevins, eswardeurs et commu- 
naulté, ledit souverain doyen les fera jurer et faire serment 
solennel, lequel aura fait serment en la main du souverain 
soubzdoyen que bien et loyaument feront les offices à quoy ilz 
sont esleuz et establiz. Item^ que en Toffice desdiz doyens et 
soubzdoyens et des eswajxleurs de ladite ville doresenavant 
pourront estre miâ tous preudommes chiefz d'ostel de laditte 



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— 25 — 

ville, de bon nom, grâce, vie et renommée sans reprouche, qui 
seront bourgoys et héritiers d'icelle, et personnes ydoines à ce, 
et auront continuelment demoui*é et tenu hostel et résidence 
sept ans ou plus en laditte ville. Et quant auxdiz prévostz, 
jurez et eschevins, il convendra qu*ilz soient, avecques ce que 
dit est dessus, natife de laditte ville ainsi que la chartre donnée 
par feu le Roy Charles le Quint, que Dieu absoille, le contient. 
Item, lesdiz doyens et soubzdoyens seront tenuz de venir et 
assembler en halle avec lesdiz prévostz, jurés, eschevins et 
eswardeurs tous les mardis au son de la cloche pour avoir 
ensemble advis et conseil des choses et besongnes touchans le 
corps de nostredicte ville; et ce que par lesdiz prévostz, jurez, 
eschevins, eswardeui*s et aussi par lesdiz doyens et soubzdoyens 
sera ordonné poui* le prouffit de la chose publique de ladicte 
ville vaudi*a et tendra; et se lesdiz prévostz et jurez pour 
aucunes choses mandoient lesdiz doyens et soubzdoyens venir 
en leur halle plus souvent et en autres journées, ilz seront 
tenuz de venir à leursdiz mandemens, et que aucunes des choses 
contenues en cest article ne pourront passer ne estre valables 
s'il n'y a par assens d'accord onze jurez, huit eschevins, seize 
eswai'deui'S et vint quatre doyens du mains ; et sera tenu ung 
chacun soubzdoyens dire son assens à son doyen affin que pour 
briefté et expédicion chacun doyen puist dire à une foiz l'assens 
de lui et de son soubzdoyen. Item, et si ainsi avenoit que 
d'aucunes grans choses touchans le corps et estât de laditte 
ville lesdiz prévostz, jurez, eschevins, eswardeurs, doyens et 
soubzdoyens, qui font quatre collèges et consistoires, et par 
quatre assens ne se puissent concorder ensemble, et que aucuns 
ou plusieurs d'iceulx ne feussent point d'accord et d'assens 
avecques les autres, combien que la chose leur auroit esté mise 
en termes par troys diverses foiz et assemblées sans ce qu'ilz en 
peussent avoir accord et assens, la chose ainsi débatue sera 
mise pardevant le peuple par bannières, et leur sera ditte, 
exposée et mise en termes en chacune desdittes bannières par 
leur doyen, ou soubzdoyen ou lieu dudit doyen, ou par autre 
personne qui mieulx leur saura exprimer et déclarer, à ce 
ordonnée par assens desdiz doyens et soubzdoyens ; et ce qui 
en sera ordonné par assens desdittes bannières vaudra et ten- 
dra, non obstant que lesdiz quatre collèges n'en auroient point 
esté d'accord, pour ce que, quant on en paillera par bannières, 



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— 26 — 

les personnes desdiz collèges y seront avecques les autres de 
la communauté et en diront leur advis et délibération avec 
eulx. Item que, ançojs que aucune chose puisse estre passée et 
accordée par laditte communauté, convendra que il y ait vint 
quatre bannières d'accord et d'assens ensemble, et qu'il en 
appere par les rappors que lesdiz doyens, et soubzdojens en 
leurs lieux, en feront ensemble en leur collège au retour des 
assemblées desdittes bannières ; et ou cas que il y auroit vint 
quatre rappors ou plus desdites bannières d'assens et concordans 
ensemble, la chose ainsi passée vaudra et tendra non obstant 
que les autres bannières n'en feussent point d'accord, mais 
seront tenues icelles bannières discordans de entretenir lesdiz 
assens sans aler, dire, faire ou pourchasser au contraire. Item 
et semblablement toutes les choses mises en termes pardevant 
lesdiz doyens et soubzdoyens, dont ilz seront d'a<^cord et 
d'assens d'entreulx les vint quatre doyens, pourront valoir et 
tenir sans ce que pour oppinion ou voulenté d'aucun ou plu- 
sieurs desdiz doyens et soubzdoyens la chose ainsi passée puist 
en riens estre empeschée, destournée ou arriérée. Item, pour- 
ront et puist chacun soubzdoyen, se son doyen n'y est oit, dire 
l'assens de lui et de son dit doyen. Item, et afRn que aucunes 
mises ne cliarges extraordinaires ne excessives ne soient faittes 
sur les biens de laditte ville fors celles qui seront licites et 
nécessaires, lesdiz prévostz, jurez, eschevins et eswardeurs ne 
pourront doresenavant mouvoir ne encommancier procès aucun 
contre quelconque personne ou collège que ce soit en deman- 
dant, ne missions aucunes extraordinaires f^ire ne allouer, se 
ce n'est par l'assens desdiz doyens et soubzdoyens ou de la plus 
saine pai'tie d'iceulx, excepté tant seulement en cas d'appel ou 
d'opposition qu'il conviengne par nécessité la cause faire pour- 
suir incontinent ou si hastiveraent que, sans préjudice d'icelle 
et de laditte ville ou des franchises et libertéz des bourgoys ou 
habitans d'icelle, on ne puisse sitost qu'il convendroit faire ne 
avoir laditte délibération desdiz doyens et soubzdoyens. Item, ' 
et toutesfoiz que les comptes des receptes et des mises de 
laditte ville seront renduz pai* la manière acoustumée, lesdiz 
prévostz et jurez seront tenuz de faire crier et publier solen- 
nelment ledit jour, si notablement que lesdiz doyens et soubz- 
doyens ne le puissent ignorer; et à cellui jour seront lesdiz 
doyens et soubzdoyens tenuz, avecques ceulx desdiz chiefz 



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— 27 — 

d'ostel de laditte ville qui il plaira d'estre en halle à la reddicion 
desdiz comptes, toutes excusations mises arrière, tant qu'ilz 
seront renduz, se n'estoit par la grâce et licence du prévost, 
affin que tous puissent percevoir et savoir en quelz choses et 
comment l'argent de laditte ville sera distribué et alloué. Item 
que doresenavant seront esleuzparlesdiz doyens etsoubzdoyens, 
chacun an après leurditte création, six personnes d'entreulx 
doyens et soubzdoyens pour estre et représenter les six esleuz 
pour et ou nom de la communauté de laditte ville, lesquelz six 
seront tenuz de signer tous les billes des mises de laditte ville, 
tant en pension et salaires conmie en autre manière quelconque, 
et n'en soit riens paie par les receveurs d'icelle nostre ville se 
il ne leur en appert par billet de ce faisant mencion, expédié 
par lesdiz six doyens et soubzdoyens à ce esleuz et commis, et 
signé de deux de leurs signez du mains, avec le signe de l'un 
des prévostz de laditte ville. Item, et avecques ce seront tenuz 
lesdiz six doyens et soubzdoyens estre aux comptes des ouvraiges 
de laditte ville toutesfoiz que on comptera d'iceulx ouvraiges. 
Item, et pour plus grant confiance et seurté et que tous les 
habitans ayent et puissent avoir plaine paix, les sept clefz qui 
sont à la garde du seel de la commune de laditte ville seront 
gardées par la manière qui s'ensuit : c'est assavoir que le pré- 
vost de la conunune qui pour le temps sera, ou nom et pour 
lesdiz prévostz, juréz, eschevins et eswardeurs, gardera la pre- 
mière, et les autres six seront gardées par lesdiz six doyens et 
soubzdoyens représentans lesdiz six esleuz ou nom de laditte 
communauté, et ne pom'ra estre dudit seel, comment que ce 
soit, scellé quelconque chose que ce ne soit en la présence 
desdiz prévostz, jurez, eschevins, eswardeurs, doyens et soubz- 
doyens dessusdiz, ou de la plus saine partie d'iceulx, et aussi en 
la présence de laditte communauté pour ce appeliez au son de 
la bancloque en la manière acoustumée. Item, que pour quel- 
conque cause que ce soit, par lesdiz prévostz, jurez, eschevins, 
eswardeurs, doyens et soubzdoyens dessusdiz, ne par l'un 
d'iceulx ne autre quelconque personne en ycelle ville ne soit ou 
puist estre impettré ou contendu à impettrer aucune chose au 
contraire des franchises et privilèges d'icelle ville et des choses 
contenues en ces présentes lettres, ne mise en terme pour 
eslever aucune nouvelleté ne ordonnances touchans le corps et 
le fait de laditte ville, se n'est par l'accord et assens desdiz 



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— 28 — 

prévostz, jurez, eschevins, eswarcleurs, doyens et soubzdoyens ; 
et que non obstatit les choses dessus dit tes, lesdiz prévostz, 
jurez, eschevins, eswai*deurs, doyens et soubzdoyens dessusdiz 
ne puissent doresenavant vendre rentes à vie, à héritage, ne à 
rachat, ne laditte ville obliger, ne faire prest d'argent à quel- 
conque personne que ce soit, ne eslever ne mettre sus nouvelle 
assise, ne faire tailles ne aides aucunes en laditte ville, se en 
toutes les choses dessus dittes les chiefz d*ostel et bonnes gens 
de laditte ville ne sont assemblez et appeliez par bannières ; et 
que riens n'en soit fait ne passé se, des trente six bannières 
dessus dittes, les vint quatre n'en sont d'accord et d'assens. Et 
moyennant les choses dessus dites, les letti*es ou chartre des 
iii<î et des six esleuz pour et ou nom de la communauté de 
laditte ville, donnée et ottroyée à icelle par le feu Quint le Roy 
Charles, que Dieux absoille, avec le povoir et créacion d'iceulx 
sont et seront aboly et mis au néant, pour ce que le povoir 
d'iceulx par ceste présente ordonnance est incorporé esdiz 
doyens et soubzdoyens et ceulx des bannières dessus dittes. 
Item que lesdiz doyens et soubzdoyens pourront doresenavant 
estre mis es offices de la loy de laditte ville des prévostz, 
jui'éz, eschevins et des eswardeurs d'icelle, se à ce ilz sont 
habiles et ydoynes et que ilz soient esleuz par les eswardeurs à 
la recréation et rénovacion de la loy d'iceUe. Et ou lieu d'iceulx 
doyens et soubzdoyens ainsi mis en la loy ou du nombre des 
eswai'deurs, seront autres ordonnez à ce habilles et souffisans, 
ainsi et par la manière qu'il est contenu et déclaré en laditte 
chartre dudit Roy Charles, sans mettre par gyés auxdiz chieiz 
d'ostel ne que sur ce leur soit fait aucune remonstrance ne 
advertissemens ; mais leur sera laissée faire leurditte élection 
à leur voulenté et plaisir selon le serment qu'ilz font et ont 
acoustumé à faire. Item que la première chose que lesdiz 
eswardeurs seront tenuz faire doresenavant après leurditte 
création pom* la rénovacion et recréacion desdiz prévostz, jurez, 
eschevins et de deux récepteurs et treize commis et ordonnez 
sur le fait de la draperie de laditte ville, et ançoys que riens 
entendent ou facent en laditte recréacion et rénovacion, sera de 
faire le siège d'entre eulx alfln qu'ilz puissent dire leurs oppi- 
nions et advis par ordre ainsi qu'ilz seront assiz ; et que les 
eswardeurs des paroisses soient entremêliez l'un avecques 
l'autre sans estre ensemble, pour oster les fraudes qu'à ce 



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— 29 — 

pourroient estre faites et commises. Item que doresenavant les 
treize hommes commis et ordonnez au fait de la draperie de 
laditte ville seront faiz, créez et ordonnez par lesdiz eswardeurs 
en la manière qui s'ensuit, c*est assavoir que iceulx eswardeurs 
feront les majeur et soubzmayeur desdiz treize hommes et le 
premier séant après iceulx mayeur et soubzmayeur, de ti'oys 
pei'sonnes qui autresfoiz auront esté en la loy de laditte ville ou 
de autres notables personnes en ce expers et congnoissans ; et 
les autres dix seront pris deux es tisserans de draps, deux es 
foulons de draps, deux es tainturiers, deux es appareilleurs de 
draps, ung de ung tailleur de draps et ung de ung drapier 
drapant; et que lesdiz eswardeurs Içs créent et ordonnent 
oudit office au rapport et élection desdiz mestiers. Item, que 
chacun an à la recréation de la loy de laditte ville, lesdiz 
eswardeurs soient tenuz de faire et créer, de Tun desdiz doyens 
et soubzdoyens des mestiers, Tun des deux récepteurs de laditte 
ville, et Tautre de telle personne qu'il semblera estre bon et 
expédient ausdiz eswardeurs puis qu'il seroit habile et ydoine 
à ce, lesquieulx récepteurs auront la cougnoissance et seront 
chargez de tous les ouvraiges d'icelle ville ; et convendra que 
l'un d'icculx recepteura demeure l'année ensuivant, et l'autre 
soit changié s'il plaist ausdiz esgardeurs, et tellement que audit 
office conviengne demeurer l'un de ceulx qui l'aura esté l'année 
précédent, affin que mieulx se cougnoissent es diz ouvrages et 
facent lesdiz offices. Item, lesdiz eswardem's seront tenuz dore- 
senavant vuidier pom» leurs parens et cousins en tiers ou plus 
près, toutes et quantesfoiz que on parlera de leur avencement 
es offices dessusdiz. Item, que les prévostz et mayeurs des 
eschevins de laditte ville qui auront esté par ung an en leursdiz 
offices ne pourront demeurer en yceulz, par quelque manière 
que ce soit, l'année ensuivant; mais ou lieu d'iceulx seront 
esleuz autres à ce souffisans, ydoines et expers selon l'advis et 
délibéracion desdiz eswai-deurs. Item, lesdiz doyens et soubz- 
doyens auront doresenavant la cougnoissance, jugement et 
exécucion chacun des subgéz et suppostz de sa bannière, de 
menuz déliz faiz et perpétrez par lesdiz subgéz et suppostz sans 
mort, affolure, mutilacion, deffiguracion, sang espandu par 
playo ouverte, et autre cas de crime désirant réparacion 
donneur, et aussi réservé les cas de contrevengement, d'agait 
et propox appenséz, item et autres cas de mener orde vie et 



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— 30 — 

dissolue, d'estre inutile, et telz semblables dont on a acoustumé 
de bannir à ung an ou autre ban criminel. De tous lesquelz cas 
la cougnoissance demourra et appai'tendra aux prévostz et jui'éz 
à cause de la haulte justice, si avant qu'il appartendra. Et à 
yceulx doyens et soubzdojens, pour aidier à soustenir les fraiz 
et despens desdittes bannières, deraourront et appartendront 
toutes les amendes des déliz dont à eulx appartendra la cou- 
gnoissance. Item, lesdiz doyens et soubzdoyens, pour eulx, 
leurs jurez et autres de leur mestier, pouri^ont doresenavant 
eslire les eswars d'iceulx mestier chacun en sa bannière, 
habilles, expers et cougnoissans es mestiers et marchandises 
sur lesquieulx ilz seront commis et esleuz eswars, et de iceulx 
admener et présenter aux ezchevins de laditte ville lesquieulx 
seront tenuz de les recepvoir, leur faire faire les sermens en 
telz cas acoustuméz, et les commettre à ce à quoy ilz seront 
esleuz. Et ausdiz doyens et soubdoyens appartendront les 
petites amendes, à cause de leursdiz mestiers, de dix solz 
tournois et au dessoubz ; et les autres audessus seront rapportéez 
pai' lesdiz eswars à ceulx dcsdiz prévostz et jurez et desdiz 
cschevins à qui en devra appartenir la cougnoissance, affin que 
toutes fraudes puissent estre et soient ostées en yceulx mes- 
tiers. Item, que lesdiz doyens et soubzdoyens des mestiers 
dessusdiz pourront et leur appartendra muer, changier et 
rappeller, adiouster, diminuer et corrigier les ordonnances des 
mestiers de laditte ville et chacuncs d'icelles toutes et quantes- 
foiz qu'il leur appara deuement cstre nécessaire et prouffitable 
pour le bien commun de laditte ville. Et combien que, ou moys 
de mars darrain passé, lesdiz supplians eussent envoie par 
devers nous à Selles en Berry aucuns leurs messaigés et 
ambiixem'S, par lesquelz nous eussent fait requérir que, consi- 
dérées les choses dessus dittes ensemble le très grant loyauté 
desdiz supplians et mesmement que au recouvrement desdittes 
bannières n'avoit eu aucune effusion de sang ne autre inconvé- 
nient ou rumeur, mais leur avoient esté lesdittes bannières ren- 
dues amiablement comme dit est, il nous pleust lesdittes choses 
avoir aggréables et icelles et leursdiz statuz à tousiours confei^ 
mer; toutesvoyes par la délibéracion de nostre conseil qui 
adoncques faisoit doubte et difficulté, ainsi que fut respondu à 
yceulx supplians, que les choses dossusdittes ne procédassent 
pas du commun assentement de tous ceulx de nosti^e ditte ville 



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— 31 — 

et que à ceste cause ne se sourdist division entre eulx, de 
laquelle inconvénient se peust ensuir en nostro préjudice, Nous, 
pour celle heure et jusques autrement en feussions advertiz et 
acertenéz, ne obtempérasmes pas du tout à leur ditte requeste ; 
ains les choses devant dit tes leur ratiffiasmes jusques à ung an 
loi*s ensuivant seulement, et sur ce lem* ottroyasmes noz lettres, 
comme par icelles peut plus à plain apparoir. Pour laquelle 
cause yceulx supplians, veues par eulx tous en leur grande et 
notable assemblée pour ce faicte la teneur do nosdittes lettres 
oye la relation de leursdiz messaigés, ayent d'un commun 
accord renvoie de rechief et présentement pardevers nous 
aucuns des principaulx officiers tant de la loy comme du fait 
des mestiers d'icelle ville leurs espéciaulx messagers et ambaxeurs 
pour nous certifier toutes les choses devant dittes et mesmes la 
requeste ainsi à nous faite de par eulx oudit moys de mars pour 
la confirmation et auctorisation à tousiours d'icelles choses pro- 
céder de leur commun assentement, en nous pour ce humble- 
ment requérans et supplians de rechief que y vueillons bénigne- 
ment obtempérer et sur ce leur ottroier noz lettres de chartre 
en fonme deue pour leur valoir à perpétuité. Pourquoy nous 
plainement acertenéz de Tentencion desdiz exposans telle que 
dit est tant par leurs lettres closes, scellée du seel de la com- 
munauté de nostreditte ville, que sur ce nous ont présentement 
escrites, comme aussi par le rapport et exposition de leursdiz 
messages lesquelz nous ont affirmé et relaté, et semblablement 
aucuns de noz officiers que avions envoiéz pour certains noz 
grans affaiies audit lieu de Tournay et es autres marches de 
pai'delà, que le recouvrement desdittes bannières, la création 
desdiz doyens et soubzdoyens et autres officiers et desdis statuz 
et ordonnances estoient et sont aggréables à eulx tous et pro- 
cédant de leurdit assentement ; avecques ce que ces choses ainsi 
faites, créés et ordonnées sont pour le bien et utilité cvidens 
de nous et de nostre seigneurie, pour plus grant garde, seurté 
et defience de nostreditte ville, et pour mieulx et plus promp- 
tement contrester et résister à la puissance de noz ennemis et 
adversaires desquelz icelle ville est environnée de toutes pars, 
et ne sont aucunement desrogans ou préjudiciables à nostre 
justice, seigneurie et souveraineté, mais touchent seulment la 
police, concorde et union de laditte ville et des demourans en 
icelle, cougnoissans par vraye expérience la ti'^s fervent amour, 



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— 32 — 

loyauté et vraie subgeccion que, nonobstant Tadversité du 
temps et les guerres, pestilences, inconvéniens et dui'es oppres- 
sions pour ce par eulx souffertes par noz ennemis, rebelles et 
désobcissans; ilz ont tousiours eues et gardées envei*s nous en 
nous tousiours recougnoissans leur vray, naturel et souverain 
seigneur, gardans tousiours leur loyaulté envei's nous et la 
coionne de France à leur louenge et de leur postérité dont bien 
les vouldrions guerdonner, ayans bien en mémoire la première 
confiiTOation ainsi par nous faites sur les choses devant touchées 
ausdiz exposans et la cause pour quoy feusmes meuz de non le 
faire que jusques audit terme d'un an seulement, qui est véri- 
tablement celle que dessus est ditte et non autre, à iceulx 
exposans en leur ampliant nostre grâce et libéralité pour la 
confience singulière que nous avons de leurditte loyaulté que 
en icello doyent de bien en mieulx persévérer, et aussi que ou 
fait de leursdittes bannières et statuz se doyent si bien mainte- 
nir et gouvej'ner que ce ne soit à nostre préjudice et desplai- 
sancc, avons de nostre certaine science et grâce especial, après 
grant et meure délibération de conseil, tant pour les causes 
devant touchées que poui* certaines autres à ce nous mouvans, 
ottroyé et ottroyons que de leursdittes bannières ainsi mises 
sus, de la création aussi desdiz doyens et soubzdoyens, et des 
autres statuz et ordonnances cy devant spécifiées ilz puissent et 
leur loisc joir et user paisiblement doresenavant et à tousiours 
sans repréhencion aucune, ainsi et par la manière quMlz ont fait 
dcimis ledit moys de juing; et toutes icelles choses, en inclinant 
bénignement et favorablement à leurditte requeste, loons, 
agréons, approuvons et auctorisons par la teneur de ces pré- 
sentes, et donnons nostre assentement. Si donnons en mande- 
ment au bailli de Toui*nay et de Tournésis et à tous noz autres 
justices ou officiers ou à leur lieuxtenant présens et avenir et à 
chacun d'eulx si comme à lui appartendra, que de noz présens 
ottroy, consentement, grâce et confirmation facent, seuffrent et 
laissent lesdiz exposans et leurs successeurs joir et user plaine- 
ment et paisiblement ores et ou temps avenir sans leur faire ne 
souffrir estre fait ou donné quelconque destourbier en empes- 
chement au contraire, car ainsi nous plaist et le voulons estre 
fait. Et sur ce imposons silence perpétuel à nostre procureur 
présent et avenir, nonobstant quelconques loys, statuz, ordon- 
nances, deffence et lettres à ce contraire. Et affin que ce soit 



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— 33 — 

ferme chose et estable à tousioui^s, nous avons fait mettre nostre 
seel à ces présentes données à Bourges ou moys de juing 
Tan de grâce mil quatre cens vint et quatre, et de nostre 
règne le second. 

Pai» le Roy en son Conseil ouquel le conte de Tonnerre, le 
mareschal de la Fayette , les vicontes de Liboune et de Roche- 
chouart, les sires de Montagu, de Mirandol et de Moy, messire 
Jehan Girard, maistre Guillaume de Quiefdeville, et Jehan do 
Troissy, et autres plusieurs estoient. 

Le Picart. 
Archives de Tournai, — Chartrier, layette 
de 1424. — Original sur parchemin scellé 
du grand sceau royal en cire verte pendant 
à des lacs de soie rouge et verte. 



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— 34 



LES 

de la Hamaide 

LIÉGEOIS, NAMUROIS, ÀRDENNAIS ET LUXEMBOURGEOIS. 



INTRODUCTION. 

Nous possédons un Crayon généalogique de la Mai- 
son DE LA Hamaide où sont étalées toutes les branches 
tant légitimes que naturelles. Il date de la fin du 
XVIP siècle ou du commencement du XVIII^, car les 
derniers personnages y mentionnés sont les enfants de 
Jean de la Hamaide, procureur-général au Parlement 
de Flandre, et de Françoise Scorion. Dans ce travail, 
on s'est efforcé de rattacher légitimement les de la 
Hamaide dont les descendants sont actuellement belges 
et français à la branche dite de Luchin, issue en ligne 
directe du bâtard Thierri de la Hatnaide, noble écuyer, 
mort à la funeste journée d*Azincourt(25 octobre 1415). 

L'opération a été vaine. 

C'est sans peine que nous en prouvons la complète 
inanité. 

Nous avons à notre disposition pour faire cette 
preuve, trois actes péremptoires : 

P Le testament de Michel de le Hamaide, seigneur 
de Luchin, approuvé à Tournai par les maïeur et éche- 
vins, le 24 janvier 1486, 1487 n. st. (i); 

(1) Archives communales db Tournai. Fonds des testaments^ 
layette de 1486. 



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— 35 — 

2** Le bail de la location de la Brasserie du Masich 
à Chercq, contrat passé à Tournai le 29 mars 1511 
(1512 n. st.), par devant Maîtres Olivier de Galonné et 
Nicolas le Roy, tabellions royaux, et scellé par ^ Pierre 
» de le Mourre, maistre es ars, conseiller civil du 
» Roy es bailliages de Tournai et Tournaisis, et garde 
» du scel ordonné à Tournai. » Par cet acte, Damp 
Guillaume Lanssel, prieur des Chartreux du Mont- 
Saint-Andrieu-lès-Tournai, et Damp Jaques Warwel, 
procureur desdits Chartreux donnèrent à leuwter (loyer) 
la dite brasserie à Jehan de le Hàmaide, brasseur, et 
à Gillette de le Rois, sa femme, pour leur vie durant 
et pour la vie des enfants qu'ils avaient alors (i) ; 

3'' Le testament de Jehan de le Hamaide, censier 
et brasseur au Masich à Chercq, fait le 14 janvier 1525 
(1526 n. st ) et approuvé le 10 septembre 1533, après 
le décès du testateur, par Guillaume Befmard, lieute- 
nant de Anthoine Joseph, bailli « de vénérables et 
» discrets seigneurs les prieur et religieux chartreux 
j» de l'église et du monastère du mont de M. Saint 
» Andrieu lez la ville et cité de Tournay », et par les 
échevins dudit Chercq qui étaient Ghiselin le Monnier, 
Jehan de Helchouwez et Jehan Teste, ainsi que par le 
messager de Tournai, Jacques de Homoy (2). 

Ces trois documents sont des démentis formels pour 
tout ce qui a été écrit et publié jusqu'à ce jour sur le 
sujet que nous allons traiter. 

Dans le Crayon, on trouve au degré III, dans la des- 
cendance du bâtard Thierri, Lambert de la Hamaide, 
seigneur de Vauchelle, époux de Jeanne Bodard et 

(1) Archives db l*Etat a Mons. Fonds des couvents et abbayes; 
Archives des Chartreux de Chercq (jadis à Tournai). 

(2) Nos archives. Copie faite au XVIII» siècle. — Nous donnons ce 
document aux Archives communales de Tournai. 



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— 36 — 

père de Colson et de Jennb de la Hamaide, avec le 
mot incertaine (sic) placé sous les noms des enfants. 

Ce Lambert est donné comme étant le frère germain 
d'un Jean-Thiéry (i) et comme fils de Michel de la 
Hamaide, seigneur de Luchin, et de Jenne de Peli- 
come, sa seconde femme. Aussi le Crayon nous paraît-il 
être dû à la plume qui écrivit le Livre noir du pairiciat 
tow^aisien que nous avons annoté et publié. Quoi 
qu'il en soit, nous devons faire remarquer que l'auteur 
de cette filiation ne paraît pas fort instruit des choses 
qui concernent la famille dont il a eu la prétention de 
s'occuper. Ainsi, il donne pour fils à Michel de la Ha- 
maide^ seigneur de Luchin, et à Jeanne de Morcourt, 
sa première femme (2), Henri de la Hamaide, seigneur 
de Beaulieu, qui fut en réalité le frère germain dudit 
Michel. Le testament du seigneur de Beaulieu fut 
approuvé à Tournai, après le décès du testateur, le 
20 juin 1470 (3). Cet acte vient encore démentir le 
Crayon dont l'auteur a confondu Henri avec son neveu 
Thierri, fils de Michel et de Jeanne de Morcourt. 

Le deuxième Thierri de la Hamaide fut écuyer, 
seigneur de Nieuregies (4), bailli de Cysoing (5), maître 

(1) En 1533, un Jehan dbl Hamkudb portant pour armoiries, trois 
hamaides^ était échevin de Téglise de Saint- Jean l'Èvangôliste de Liège 
en sa cour de Merdorp. — J.-Th. db Raadt. Les Sceaux armoriés des 
Pays-Bas. T. If, p. 25. 

(2) En disant première femme, nous parlons dans le sens du Crajon, 
mais nous avons constaté que Michel de la Hamaide de Luchin n*eut 
qu'une épouse (unique union sans convoi) nommée Jehenne de Mor- 
court, fille de Jehan de Morcourt, seigneur de Nieuregies, grand prévOt 
de Tournai, etc., et de Jehenne de Haudion, dite de Ghiberchies. 

(3) Archives communales db Tournai, Fonds des Testaments^ 
Layette de 1470. 

(4) Nieuregies, fief tenu de Ghiberchies à Béclers. l\ était sur le ter- 
ritoire de Havinneâ (Hainaut). 

(5) Bibliothèque nati»)nalb de France. Collection Moreau, Reg. 
260, f. 173. 



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— 37 — 

d'hôtel du sénéchal de Hainaut, sire de Werchin, 
Cysoing, le Biez, etc. En 1506-7, il résidait au châ- 
teau du Biez, à Wiers (i). 11 eut pour épouse Barbe 
Cazier, mourut en 1524 et fut inhumé dans Téglise 
de la Chartreuse de Chercq (2) . 

A Chercq et à Ere-lès-Tournai, il y a eu et il y a 
des de la Hamaide roturiers dont le nom a bien varié 
dans son orthographe (3). Nous pensons qu'ils sont 
issus d'enfants naturels que des bâtards de la Maison 
chevaleresque eurent de filles roturières, car alors que 
les bâtards de nobles légitimes étaient nobles nés, les 
bâtards de bâtards nobles étaient roturiers nés. 

Nous croyons, sans en avoir la certitude, que les 
delà Hamaide namurois descendent d'un de ces bâtards 
de bâtards. 

I^eur origine est très, obscure. Eux-mêmes la con- 
naissaient si peu que, dans la seconde moitié du 
XV IP siècle, ils se laissèrent tromper facilement par 
un faussaire qui s'évertua d'en établir les jalons. 

La charte fausse, résultat de leur crédulité, a été 
enregistrée au folio 201, verso, du volume n'' 70 des 
Reliefs et transports des fiefs du souverain bailliage 
de Namur, conservé dans les Archives de l'Etat de la 
dite ville (4). 

Nous la reproduisons ici : 

« Sçachent tous ceux qui cette verront ou lire oyront, 
« que pardevant Nous comme mayeur et échevins 

(1) Arch. gomm. db Tournai. Carlulaire des rentes dues en 4508, 
page 384. 

(2) Aujourd'hui château de Madame la douairière Thom-le Febvre. 

(3) Au point de prendre la figure du nom des db Lambth, si célèbres 
en Picardie. 

(4) Stanislas Borhaks. Les fiefs du comté de Namur, XVIIl® siècle, 
p. 100. — Cet ouvrage a été imprimé à Namur chez Ad. Wesmael- 
Charlier, en cinq livraisons in-8<», non comprise T introduction. 

ANNALES, y. 3 



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— 38 — 

9» d'EUinsart, pays de Hainaut, comparurent person- 
y* nellement Nobles et généreuses personnes, Jean de 
9» la Hamaide, seigneur de Luchin, Henyi de la Ha- 
j» maide, seigneur de Beaulieu, Jacques de la Hamaide, 
» seigneur de Richer, Philippe de la Hamaide, sei- 
r gneur de Meurgy et Michel de la Hamaide, résidens 
« à Tournai et aux environs, frères, et enfans de 
« bonne recordation Michel de la Hamaide, écuyer, 
« seigneur de Luchin, et de Damoiselle Jeanne de Mor- 
y* court, et de Jeanne de Pellicome, première et 
» seconde femme dudit Michel, seigneur de Luchin, 
« Lesquels ont connu et déclaré pour warder paix et 
» amitié avec Lambert de la Hamaide, leur frère, 
» expatrié au Pajrs de Liège, à cause d'un malheur 
» arrivé fortuitement, que pour lui ayder à vivre hon- 
?» nêtement et selon son état et condition, et après luy 
r» pour ses hoirs et remanans, en jouir à toujours per- 
» pétuellement, qu*ils ont donné, cédé et transporté 
« comme ils donnent, cèdent et transportent par cette, 
>♦ le fief de Vauchelle, avec maison, grange, estaules, 
» brasinne, jardin, pachis, bois et terres immeubles 
»» (ahannàbles?), scituez en la couture de cette paroisse, 
» contenant en tout aux environs de vingt-neuf men- 
» caudées peu plus ou peu moins, à charge que si ledit 
» Lambert alloit de vie à trépas, sans laisser hoirs 
r> procréés de son corps et de Damoiselle Jeanne, sa 
»» fename, qu'il ne pourra vendre, ny aliéner, ni trans- 
9» porter ledit fief, maison, appendices ny partie 
y* d'icelles, ains que le tout devra sans contredit de 
» bonne foy, retourner à eux comparans ou leurs hoirs 
» et remanans. En témoin de vérité et de ce que dit 
r> est, avons-nous mayeur et échevins appendu à ces 
>» présentes lettres nos seels, en présence desdits com- 
V parans et de Gilles Z^auJreôis procureur du susnommé 



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— 39 — 

» Lambert de la Hamaide, par luy authorisé et comis, 
y> gamy de procure pour appointer et recevoir la dona- 
3t tion icy-dessus devisée, et par luy en après acceptée, 
» Tan de la Nativité de Nostre-Seigneur Jésus-Christ, 
r» mille cinq cent et un. « 

« Et plus bas estant {sic) apposés quatre seels en 
f» cire jaune attachés par quatre parchemins. Et suivoit 
» la copie conforme à son originel. Signé dessus et 
f» resté en mains du sieur Jean Théodorique de la 
» Hamaide, bourgmaître de Dinant. ^^ 

On voit donc là comparaître dans l'année 1501, en 
qualité de frères, Jean de la Hamaide, seigneur de 
Luchin, Henri de la Hamaide, seigneur de Beaulieu, 
Jacques de la Hamaide, seigneur de Richer, Philippe 
DE la Hamaide, seigneur de Meurgy et Michel de la 
Hamaide. Or, si en ladite année, les seigneurs de 
Luchin et de Richer étaient bien Jean et Jacques, le 
seigneur de Beaulieu ne pouvant être Henri, mort en 
1470, était prénommé Jean, était le neveu dudit feu 
Henri et possédait aussi le fief de Haudion. Ce vrai 
seigneur de Beaulieu en 1501, était le fils cadet de 
Jean de la Hamaide, fils aîné du bâtard Thierri. 
Et le seigneur de Meurgy (c est-à-dire de Nieuregies 
en Havinnes) était, non pas Philippe, mais bien Thierri , 
deuxième du nom, frère de Jean, seigneur de Luchin, 
et oncle dudit Philippe fils dudit Jean. Quant à 
Michel fils de Michel nous n'en avons pas trouvé trace 
parmi les documents que nous avons vus concernant 
les enfants de Michel de la Hamaide, seigneur de 
Luchin (i). 

(1) Voici quels furent les enfants de Michel de la Hamaide et de 
Jeanne de Morcourt : 

\^ JBHAN^éouyer, seigneur de Luchin (à Camphin-en-FÔTele), épousa 
Valentine deVelaines. Sa postérité a été confondue avec celle de Jehan 



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— 40 — 

Or pour que la charte de donation ne put être arguée 
de faux, il eut fallu y faire figurer les prétendus frères, 
chacun selon leurs rang et qualité. Alors le seigneur 
de Beaulieu eut été Jean, seigneur de Haudion et 
Beaulieu ; Henri mort depuis trente et un ans n'eut 
point été nommé, de même que Philippe qui ne naquit 
à la vie féodale qu'en 1517, et le Michel fils de Michel 
serait resté dans le néant d'où jamais il n'eut dû sortir. 

Cette charte anéantie, il ne reste plus rien pour 
prouver l'origine de Lambert de la Hamaide en dehors 
des relations que sa descendance eut au commencement 
du XVII® siècle avec la* famille tournaisienne issue de 
Jean de la Hamaide-de le Rois, le locataire des Char- 
treux de Chercq en leur censé et brasserie du Masich. 
Si ces relations avaient été dues à une parenté agnate, 
nous devrions conclure à l'origine réellement tournai- 
sienne des de la Hamaide namurois, mais le contraire 



de la Hamaide l'alné, seigneur de Lussignies à Frasnes-lès-Buissenal 
en Hainaut» fils naturel d^Arnould II, sire de la Hamaide. 

2° Jaques, écuyer, seigneur de Richier, épousa Jehenne le Feure, 
fille d' Al lard le Feure ou le Fivre, Dont postérité éteinte au 
XVII1« siècle. 

3° Thierri, écuyer, seigneur de Nieuregies, épousa Barbe Cazier. 

A° Màrion, morte avant 1486, épousa M^*' Jehan le Leu, avocat, fils 
de Zègre le Leu (Aroh. comh. de Tournai, Compte de Veocéculion du 
testament de Maistre Jehan le Leu, 18 mars 1487-88). 

5<> Florence, morte jeune (Testament de Jehanue de Moroourt, 
veuve de Simon du Gardin, approuvé à Tournai le S avHl 1455-56). 

ô** Cbonnbttb (Agnès\ mariée en premières noces à Guillaume le 
Bon, marchand (1504, 19 octobre, ravestissement), et en secondes noces 
à Jehan du Fresnoy, écuyer, maire héréditaire de Thun-St-Amand, 
seigneur de Fermont-lès-Rivière (Pas-de-Calais), veuf avec enfants de 
N N (Argh. de Tournai. Test, et dowatton^, layette de 1536). 

1^ Jeannette, mariée avant 1499, à Percheval du Jonquoit (Arch. 
de Tournai, Chirographes, layette de 1499). 

8° Noëlle, mariée à Gérard Regnault (Arch. de Tournai, Dona- 
tions, 1536). 



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— 41 — 

nous est prouvé par le Registre aux transports de la 
Cour Notre-Dame à Namur pour les années 1602 à 
1613 (i) où Ion voit que c'est par lentremise de la 
famille Fruictier que ces relations s'établirent. Nous 
y lisons que Jean de le Hamedde demeurant à Tour- 
nai, fils de feu Pierre et de Claude Fruictier; Pierre 
Gaillet, fils de feu Gabriel Gaillet et de Anne Fruictier, 
tant pour eux que pour Denis Fruictier, leur oncle; 
Jean de Wert (2), mari de Jeanne Gaillet, sœur dudit 
Pierre, et Claude Gaillet, autre sœur dudit Pierre, 
ont fait le relief de la succession de feu Michel Fruic- 
tier y leur oncle et frère dudit Denis, dont le testament 
avait été enregistré pardevant la Haute-Cour de 
Namur. Il résulte de ce fait que Jean de la Hamaide, 
le tournaisien, dut se rendre à Namur avec Pierre 
Gaillet, et qu'il y a pu rencontrer les descendants de 
Lambert de la Hamaide. 

Tout cela aboutit à faire dudit Lambert ou Lam- 
BiLLON, un personnage d'origine vague qu'on peut 
croire issu d'un bâtard quelconque de la puissante 
maison dont il porte le nom. 

C'est donc par lui que nous sommes forcément obligé 
de commencer la filiation de la famille de la Hamaide 
établie dans le Sud-Est de la Belgique et qui n'a que 
ses armoiries pour preuve de sa parenté avec ses 
homonymes hennuyers. 

Filiation directe. 

I. Lambert dit Lambillon de la Hamaide est dési- 
gné par des généalogistes comme un conseiller de la 

(1) Archives de l'Etat à Namur, 

(2) J*ai vu ce nom écrit db Wbrf dans quelques actes tournaisiens. 
Une famille de Werp existait à Kain dans le courant du XIX*' siècle . 



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— 42 — 

ville de Tournai que certaines querelle et disgrâce, 
dues à un cas fortuit, avaient obligé à l'exil et qui 
s'était retiré aux environs de Fumay sous la protection 
de l'archevêque de Trêves (i). Pour nous, c'est infruc- 
tueusement que nous avons recherché ce personnage 
parmi les magistrats et les conseillers pensionnaires 
de Tournai. De plus, les Registres de la loi de cette 
ville ne mentionnent pas Lambert de la Hamaide 
parmi les condamnés et les exilés. 

Dans les actes entérinés au Registre n® 70 des 
Reliefs et transports de fiefs (2), on trouve au folio 
202 verso, des lettres datées du 9 avril 1514 par les- 
quelles Guillaume de Croy, sire de Chiêvres, etc., 
chevalier de la Toison d'or, charge Baudhuin deLumay 
dit Pleting.ûh deHustin, etLambillon delà Hamaide, 
dit Luchin, de rembourser en son nom des rentes dues 
à Pierre Alart par les fiefs de Monceau, de Méhaigne 
et de Boussu (3). 11 existe aussi une attestation des 
hérauts d'armes J. Bouhelibr (Namur) et E. Flacchio 
(Luxembourg), délivrée le 19 septembre 1682 à Jean- 
Baptiste de la Hamaide, abbé de Lobbes, pour prou- 
ver sa descendance de Lambillon de la Hamaide. Une 
copie de cette pièce faite par François Lavache, notaire 
admis, fut enregistrée au souverain bailliage de Namur, 
le 13 mars 1732. C'est par elle que nous pouvons don- 
ner avec certitude, la filiation des de la Hamaide 
namurois des XV® et XVll® siècles (4). 

(1) P. DE LA Hamatdb. Le Hwâ noir du patrictat tournaisien, dans 
les Souvenirs de la Flandre wallonne, 2« série, t. III, pp. 75, 76. Douai, 
L. Crôpin, 1883, in-S^. 

(2) Archivrs db l'Etat a Namur. 

(3) Il s'agit de fiefs namurois : Monceau-en-Ardenne, Mehagne et 
Boussu-en-Fagne. 

(4) Arch. de l'État a Namur. Reliefs et transports, Reg. n© 70, 
fol. 225, verso. 



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— 43 — 

On a vu dans l'acte donné in-eœtenso, ci-devant, 
que Lambert est dit avoir été mis en possession de la 
censé de Vauchelle à Èllinsart (i) par ses cinq frères, 
tant consanguins que germains, lesquels étaient deux 
pouvant être frères, un oncle défunt trente et un ans 
avant la donation qu'on lui fait faire, un cousin encore 
en minorité et un inconnu. Si l'acte n'était pas d'une 
fausseté absolue, nous aurions pu comme tant d'autres 
en être dupe, mais grâce à notre critique nous avons 
évité cet écueil. Nous disons donc : 

Lambert de la Hamaidb, d'origine inconnue, épousa 
Jehenne Bon art (2), originaire de Franchimont, dans 
la principauté de Liège. De cette union naquirent trois 
enfants, savoir : 

PCoLSON ou Nicolas DE LA HAMAIDE, qui 
suit, II. 

2^ Jehennb de la Hamaide. 

3° Martine de la Hamaide, 

II. Colson ou Nicolas de la Hamaide. 

Le 3 avril 1567, par acte passé pardevant les maïeur 
et échevins de la Haute-Cour de Dinant, Noble homme 
Lambert de la Hamaide et Damoiselle Jeanne Bodart, 
sa femme, tous deux très avancés en âge, remettent 
la gestion de leurs affaires à Colson, leur fils (3). 

Colson était domicilié à Haybes, alors fief du Comté 
de Namur et aujourd'hui village du canton de Fumay 
en territoire belge annexé à la France. Il fut nommé 
maire de cette terre, le 27 octobre 1560, par Charles 



(1) Ellinsart est un hameau de la commune de Hergnies-lôs-Con dé 
sur l'Escaut. 

(2) Bodart : d^ argent à une aigle contournée de sable ^ chargée sur 
la poitrine cCun écusson d'argent à la croioo de gueules, 

(3) Arch. de l'État a Namur. Reg. 70, fol. 203, verso. 



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— 44 — 

de Rubempré qui en était le seigneur (i). C'est dans 
cette paroisse quil mourut le 1" octobre 1573, après 
y avoir fait ériger dans l'église, un autel en l'honneur 
de Saint- Jean et de Sainte- Anne (2). 11 avait épousé 
Anne DE SoY qui lui survécut jusqu'à la fin d'octobre 
1597, année où elle testa le 4 juillet. 

Dans son testament, Anne de Soy parle de feu sa 
belle-mère, Jenne Bodart. 

Par acte du 12 novembre 1594, elle acheta pour la 
somme de 3400 florins de Brabant, une maison sise 
à Dinant en face de l'église de Saint-Martin, que lui 
vendit Jacques de Haut (3). 

Colson de la Hamaide et Anne de Soy gisent dans 
l'église de Saint-Pierre à Haybes où on voyait encore 
en 1681, leur épitaphe déjà presque illisible et dont 
voici le libellé : 

Icy gist honorable Colson de la HAMAiDE^en son 
tems maire de Haibes, qui trespassa le premier 
jour du mois d'octobre M. V^ LXXlll; 

et 
Damoiselle Anne de Soy, sa femme, laquelle 

trespassa le jour du mois de 

Priez Dieu pour leurs âmes (4). 

De ce mariage, naquirent six enfants. Ils suivent : 

P Maistre Jean de la Hamaide, dit Jean de Haybes, 

prêtre, licencié en théologie de l'Université de Louvain, 

où il fut quatrième au Concours de la faculté des Arts 



(1) Id. ibid. Fol. 204. 

(2) Testament de Anne de Soy, ouvert le 5 novembre 1597. Arch. 
DK l'État a Namur, Reg. 70, folio 207, verso. 

(3) Arcb. db l'État a Namur. Reg. 70, fol. 205. 

(4) Id. ibid. id. — Nous croyons que Anne dk Soy fut de la famille 
liégeoise de ce nom qui porte pour armoiries ; de gueules à cinq fusées 
(fuseaux) d'arge^xt^ accolées en fasce et touchant les bords de Vécu, 



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— 45 — 

au collège du Faucon en 1556. Il fut admis au conseil 
de la môme faculté, le 30 septembre 1558. Dès Tannée 
suivante, il enseigna à la pédagogie du Faucon, et en 
1564, il professa la Philosophie dans la pédagogie 
du Lis (i). Il assista à l'ouverture du testament de sa 
mère, le 5 novembre 1597, et mourut avant 1615. 

2^ Marguerite de la Hamaide, épouse de Jean 
Petit, maire de Feppin (2). Elle était veuve et demeu- 
rait à Dinant avec sa mère en 1597. Ses enfants étaient : 
Jeanne Petit, femme de Hubert Joly ; Françoise Petit, 
mariée à Jacques Bernabé, et Marie Petit. 

3° Servais DE LA HAMAIDE, qui suivra, III. 

4^ François DE LA HAMAIDE, qui suivra IIP", 
comme auteur de la branche luxembourgeoise (3). 

5'' Gérard de la Hamaide, Dans le partage des 
biens de ses père et mère, il obtint la censé de Mazée, 
quelques petits biens et des rentes 

6*" Gilles de la Hamaide, En 1597, il demeurait à 
Givet dans une maison appartenant à sa famille. 

III. Servais de la Hamaide, mort avant 1597, avait 
épousé Marie Gérin qui contracta une seconde alliance 
et vivait encore en 1615. Des actes de cette époque, 
nous la montre belle-sœur de Pierre le Roy bourg- 
mestre de Dinant, et de Jean Philippeau dit Gillot, — 
Servais laissa les trois enfants qui suivent : 

V Jean DE LA HAMAIDE, qui suivra, IV. 

2° François de la Hamaide, Mentionné dans le 



(1) Analectes pour servir à l histoire ecclésiastique de la Belgique, 
t. XXI, p. 120, n*> 63. —Ce tome XXI est le V® de Ja seconde série. 

(2) Feppin ou Fepin, lès Rocroi, Ardennes. 

(3) C^est notre opinion personnelle, basée sur le testament d'Anne 
de ihy et le mariage que contracta À Givet ou aux environs, le premier 
Jean de la Hamaide établi à Mirwart comme maître de forges. 



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— 46 — 

testament et dans le partage de 1597, il vendit, 
d'accord avec son frère Gilles, à leur oncle François 
de la HamaidCy par acte du 7 septembre 1615, leur 
part dans les bois de la Feuillée et de Cugnet à Haybes. 
3** Gilles de la Hamaide, 11 mourut à Givet, le 
26 août 1664 (i). 

IV. Jean de la Hamaide était en 1597, le seul des 
enfants de feu Servais qui fut majeur. En 1601, il 
résidait à Namur dans une maison sise au pied du 
Pont de Sambre, mais en 1505, il alla se fixer à Dinant. 
Ce fut à Namur qu'il épousa, vers 1601, sa première 
femme, Marie Moniot (2), fille de Vincent Moniot, 
seigneur d'Hestroy, etc., échevin de Namur, commis- 
saire des vivres pour gens de guerre, et d'Adrienne de 
la Tour. Par acte passé le 13 janvier 1610, pardevant 
le notaire Périlleux et réalisé à la Cour de Bouvignes, 
le 3 février suivant, il vendit la moitié de la forge dite 
de Rupplémont, sise à Yvoir, à Guillaume Moniot, 
son beau-frère, avec lequel il la possédait indivisément. 
Mais, le 10 avril 1613, il racheta la totalité de cet 
établissement industriel qui prit dès lors le nom de 
Forge de la Hamaide (3). 

Devenu veuf, Jean de la Hamaide convola en 1611, 
avec Marie Souvet, laquelle, veuve à son tour, vivait 
encore en 1636. 



(1) Archives de Tétat-civil de Givet. 

(2) Moniot d'Hestrot ; d'aj^ur à trois fers de piques d'argent. 
Cimier : un fer de pique de Vécu, — Selon la généalogie de la famille 
Moniot (Annuaires de la Noblesse de Belgique pour 1875 et 1879), 
l'époux de. AfaWe Moniot se prénommait François, mais les documents 
que nous avons consultés le prénomment Jban. Quoi qu^il en soit, cet 
époux était Tun des fils de Servais de la Hamaide. 

(3j Arcu. ob l'Etat a Namur. Echevinage de Bouvignes. Fardes 
aux transports du XVII* siècle. 



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— 47 — 

Par acte du 2 août 1616, Jean de la Hamaide, oncle 
à cause de sa femme, des enfants de feu Michel le 
Saige et de Gertrude Souvet, émit un avis favorable 
à la vente d'un bien sis à la Plante et appartenant aux 
dits enfants (i). 

Il ne vivait plus en avril 1624, car le 27 dudit mois, 
Jeanne le Saige, jeune fille, transporte une rente de 
8 florins au profit de Marie Souvet, sa tante, veuve 
de Jean de la Hamaide, maître de forges (2). 

Par ses deux mariages, Jean de la Hamaide fut 
père de neuf enfants, dont quatre du premier et cinq 
du second. Ils suivent : 

Du premier lit : 

1^ Adrienne de la Hamaide, née à Namur dans 
l'année 1603, y mourut dans la paroisse de Saint- 
Jean-Baptiste (Saint-Loup), le 8 octobre 1673. A l'âge 
de vingt ans, elle épousa Alexandre Minez (3), docteur 
en médecine, mort dans la dite paroisse de Saint- Jean- 
Baptiste, le 21 juillet 1636, fils de Martin Minez et 
de Jeanne Michatcx, 

Adrienne figure comme veuve du docteur Minez dans 
un acte passé à Namur, chez le notaire Jénico, le 
18 décembre 1638, où sont aussi nommés sa sœur 
Catherine et ses frères Jean et Philibert, ce dernier 
déjà religieux à Géronsart. 

La même année, elle adressa une requête aux magis- 
trats de Bouvignes, afin de pouvoir vendre la forge 
Hamaide, sise sur le ruisseau d'Yvoir. Cette autori- 
sation lui fut accordée. 

En conséquence, le 22 décembre 1638, agissant 

(Ij Idem. Registre aux transpoi'ts de la Cour de Noire-Dame à 
Namur ^ folio 30. 

(2) Idem, ibid, folio 146, verso, 

(3) MiNBZ : de sinople à trois étoiles d'argent. 



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— 48 — 

tant pour elle-même que pour ses enfants mineurs et 
Jehan de la Hamaide, son frère, elle exposa au plus 
offrant, ladite forge. Ce fut alors que Jean de Seuret, 
demeurant à Givet, fit Tacquisition de cet établisse- 
ment industriel au nom de Jean de la Hamaide et 
consorts, moyennant la constitution d une rente de 
240 florins (i). 

Le 7 avril 1655, Adrienne donna à loyer à Georges 
Féru, docteur en médecine, sa maison de la rue du 
Président, pour un terme de deux ans et pour le prix 
de 250 florins par an (2). 

Adrienne fut mère de sept enfants tous nés à Namur ; 
ce sont : 

A. Jean Minez, né le 24 mai 1624; 

B. Vincent Minez, né le 21 avril 1625; 

G. Alexandre Minez, né le V octobre 1628; 

D. Jean-Baptiste Minez, né le 26 février 1631 (3); 

E. Lambert Minez, né le 6 décembre 1633; 

F. Alexis Minez, né le 1635 (4); 

G. Pierre Minez, né le 7 novembre 1636, posthume. 



(1) Les nouveaux propriétaires revendirent la forge par acte du 
14 janvier 1639, à Michel A «a? Brebis^ bourgmestre de Dinant. — La pre 
mière vente avait eu lieu du consentement des plus proches parents 
d'Adrienne : Jean de la Hamaide^ son frère; Pierre Moniot, prêtre, 
chanoine et prévôt de la collégiale de Notre-Dame de Namur, son 
oncle ; Vincent de Uarscamp^ son cousin germain ; et le second mari 
de Jeanne Michaux, sa belle-mère, nommé M*"* Dardenne, avocat 
(Arch. dk l'Etat a Namur, Echemyiage de Bouvignes^ transports.) 

(2) Arch. de l'Etat a Namur, Protocoles du notaire Darmont. 

(3) Un Jean Minez fut licenciô-en-médecine et pensionnaire de la 
ville de Namur après 1650; Jean-Baptiste Minez était licencié en 
médecine à Namur en 1686. 

(4) Alexis Minez mourut curé de la paroisse de Solre-Saint-Gérj, 
en 1710. Il est auteur d'une Théologie morale^ écrite en latin et 
publiée à Liège en trois volumes in-octavo, chez Guillaume-Henri 
Strbel. en 1690. 



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— 49 — 

De ces enfants, Taîné fut baptisé en Téglise de Saint- 
Jean TEvangéliste et tous les autres le furent dans 
l'église des Saints Jean, Loup et Nicolas (i). 

2^ Vincent de la Hamaide, né à Dinant, le 17 octo- 
bre 1605, fut prêtre et chanoine régulier à Malonne, 
où il vivait encore en 1659. 11 signa avec quelques 
autres religieux de son monastère, l'acte par lequel 
Jean de Wachtendonck, évêque de Namur, rendit 
régulière la cure de Flawinne (2). 

3^ Jean DE LA HAMAIDE, qui suivra, V. 

4^ Guillaume de la Hamaide , né à Dinant, le 
11 octobre 1609, prit Thabit religieux chez les Béné- 
dictins de Florenne. Il devint prieur de ce monastère, 
puis en fut élu abbé le 21 janvier 1679, et y mourut le 
1^ octobre 1681 (3). 

Du second lit : 

5° Anne de la Hamaide^ née àDinant, le4mai 1612. 

Elle épousa Oilles de le Haye (4). 

6** Marie de la Hamaide y née à Dinant, le 26 dé- 
cembre 1613. 

7** Marguerite de la Hamaide, née à Dinant, le 

26 septembre 1615. Elle épousa, dit-on, N 

Staplbau. 

8** Catherine de la Hamaide, née à Dinant, le 1 4 sep- 
tembre 1617. 

9** Philibert de la Hamaide, né à Dinant, le 14 mai 
1619, dans la paroisse de Notre-Dame, prit Thabit 
religieux au monastère de Géronsart, abbaye de cha- 
noines réguliers de l'ordre de Saint- Augustin. Il y 

(1) Archives de rEtat-Civil de Namur. 

(2) Victor Barbibr (l'abbô). Car tiilaire de Malonne^ pp. 101 à 103. 

(3) Dom Ursmer Berlière. Monasticon belge, t. I, p. 13. 

(4) Archives de l État a Namuh. Registre aux transports de la 
Cour Notre-Dame, de 1626 à 1636, fol. 189. 



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— 50 — 

devint procureur, puis succéda à Tabbé Jean Pielten 
par élection faite le 15 août 1646, dans le refuge de 
Namur à cause de l'état de guerre où se trouvait le 
pays. Le 15 juin 1655, il fut nommé vicaire-général 
de son ordre. Il mourut à Géronsart, le 20 août 
1698 (i). On trouve dans la Bibliothèque de Sainte- 
Geneviève à Paris, au folio 49 du manuscrit n^ 1151, 
les Lettres de Vabbé Philibert de la Hamaide. 

V. Jean de la Hamaide, né à Dinant, y baptisé à 
Notre-Dame, le 17 juillet 1607, fut d'abord marchand 
apothicaire à Namur. Mais en 1640, il se fit maître 
de forges après avoir racheté la forge Hamaide de 
Michel Atcœ Brebis. Il alla alors s'établir à Dinant où 
il devint bourgmestre à son tour. Il vivait encore en 
1689. Son épouse, Anne de Rouillon lui donna dix 
enfants, lesquels suivent : 

1*" Jean-Baptiste, en religion Dom Pierre de la 
Hamaide, baptisé à Namur dans l'église de Saint- 
Michel, le 23 novembre 1631 , entra comme novice à 
l'abbaye de Lobbes. Il y fit profession le 12 mai 1652, 
reçut les ordres mineurs le 25 dudit mois et célébra sa 
première messe le 26 mars 1656. Elu abbé après la 
mort de Lambert Ueris (ou Weris), il fut béni à Aix- 
la-Chapelle, en 1669, par Mgr Franciotti, nonce pon- 
tifical à Cologne. Le 22 octobre 1670, Dom Pierre 
de la Hamaide prit possession de la prévôté du véné- 
rable chapitre de la collégiale de Saint -Ursmer de 
Binche (2). Le 19 septembre 1682, ce fut à sa demande 
que les hérauts d'armes à titre de Namur et de Luxem- 
bourg, J. Bouhelier et E. Flacchio, délivrèrent une 



(1) Dom Ursmer Bbrlièrb. Monasticon belge, t. F, pp. 138 et 186. 

(2) Dom Ursmer Bbrlièrb. Monasticon belge, t. I, p. 224. 



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— 51 — 

attestation de noblesse pour la famille de la Hamaide 

établie à Dinant (i). Il mourut le 10 mai 1695 et fiit 

inhumé dans l'église de l'abbaye de Lobbes, près de 

son prédécesseur, mort âgé de 55 ans, le 13 février 

1658. Voici leur commune épitaphe : 

Hic Jacent 

RR. DoMiNi 

D. LAMBERTUS WERIS 

ET 

D. PETRUS DE LA HAMAIDE 

ABB. LOBB. 

Requiescant in page. 

2*" Marie de la Hamaide, baptisée à Namur, dans 
la paroisse Saint-Jean-Baptiste (St-Loup), le 4 mai 
1633. 

3*" Guillaume de la Hamaide, baptisé à Namur 
dans l'église de Saint-Michel, le 7 septembre 1634 (2). 

4** André de la Hamaide^ baptisé dans la même 
église, le 28 janvier 1636. 

5*" Pierre-Théodore de la Hamaide, baptisé dans 
la même église, le 9 juin 1637. 

6° Anne-Magdeleine , dite Marie- Anne de la 
Hamaide, née le 25 avril 1639, baptisée en ladite 
église de Saint-Michel, le 29 du même mois, fut reli- 
gieuse ursuline et mourut le 9 octobre 1689. 

7° Guillaume de la Hamaide, baptisé dans la même 
église, le 13 février 1641 , est mentionné comme vivant 
dans des actes de 1686 et 1690. 

(1) Archives db l'état a Namor. Registre auoo reliefs et transports 
du Souverain bailliage, t. 70, folio 225 x>erso. 

(2) Ce premier Quillaumb mourut nous semble-t-il, avant février 
1641 « date de la naissance du second Guillaume figurant ici sous le 
n^ 7, car au XVII® siècle, on commençait À ne plus donner aussi 
souvent, le même prénom à deux enfants issus des mêmes père et 
mère et vivant simultanément. 



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— 52 — 

8° Vincent de la Hamaide, baptisé à Dinant, dans 
l'église de Saint-Pierre, le 29 juin 1644, fut tenu sur 
les fonts par son oncle paternel, vénérable seigneur 
Vincent de la Hamaide, chanoine régulier de Malonne 
et par Mechtilde WerSy épouse de Jean de la Hamaide, 
maître de forges à Mirwart (i). 

Le deuxième Vincent de la Hamaide fut un juris- 
consulte distingué et avocat à la Cour de Liège. Il a 
laissé une œuvre très bien faite concernant les règles 
pratiques du notariat. Nous en connaissons cinq 
éditions (2). 

Vincent de la Hamaide épousa par contrat du 
22 novembre 1672, Marie de la Thour, fille de Jean 
de la Thour, jurisconsulte et conseiller de Son Altesse 
Sérénissime le Prince- Evêque en la Cour souveraine 
féodale de Liège, etc., et de Marguerite Rolans, Il 
mourut à Liège, le 30 juin 1703 et y fut inhumé dans 
l'église de Saint-Nicolas-aux-Mouches , aujourd'hui 
démolie. De son mariaere, vinrent quatre enfants, 



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— 53 — 

sans alliance, le 14 août 1747, après avoir testé le 
11 février 1745, pardevant M^ André de Rossius, 
notaire, rue du Pot d'Or. Par son testament, il dési- 
gna pour héritiers, ses neveux à la mode de Bretagne 
Théodore-Joseph (Jean-Théodortc-Joseph) et Marie- 
Thérèse de la Hamaide, mais par un codicile fait le 
3 janvier 1746, il déshérita Marie-Thérèse (i). 

B. Vincent de IsL Hamaide, mort à Liège dans la 
paroisse de Saint-Nicolas-aux-Mouches, le 10 janvier 
1715. 

C. Marie de la Hamaide, décédée dans la même 
paroisse, le V octobre 1717. 

D. Anne-Catherine de la Hamaide, vivante en 1745. 
Elle fut déshéritée par son frère. 

9** Jean-Théodoric dit Jean-Thierri DE LA HA- 
MAIDE, qui suivra, VI. 

lO"" Marie-Thérèse de la Hamaide, baptisée à 
Dinant, le 29 juillet 1655, y épousa le 13 décembre 
1672, Jean-Robert Henrart, écuyer (2), conseiller du 
Souverain Bailliage de Namur (3). 

VI. Jean-Théodoric dit Jean-Thierri DE LA HA- 
MAIDE, baptisé à Dinant le 13 avril 1651, fut à son 
tour, bourgmestre de cette ville. C'est lui qui, qualifié 
ancien bourgmestre de Dinant, fit enregistrer ses 
armoiries dans Y Armoriai général de France par les 



(1) Stanislas Bormans. Les fiefs du comté de Namur, V« livraison, 
XVIIl« siècle, p. 129. 

(2) Arch dbi.'État a Namur. Fonds de ^out^i^n^^, Liasses des actes 
de transports, 27 janvier 1700. 

(3) Lear fille. Mère Emfhrentiane Henrart, religieuse du Saint- 
Sépulchre à Boavignes, reçut pour dot une rente de 150 florins affectée 
sur la maison jadis possédée par son ateul, Jean de la Hamaide^ bourg- 
mestre de Dinant. Elle avait des sœurs et des frères. 

ANNALIS. V. 4 



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— 54 - 

commis fiscaux de d'Hozier (i). Il porta : d'or à trois 
hamaides de gueules, celle de la pointe chargée d^une 
molette d'argent (2) 

Il épousa avant 1682, Marie le Maire qui est dite 
veuve dans un acte passé le 13 avril 1709. 

De ce mariage, vinrent quatre enfants : 

P Jean-François DE LA HAMAIDE, qui suivra, 
VII. 

2° Marie-Charlotte de la Hamaide, baptisée à 
Dinant, le 5 mars 1684. 

3° Jban-Théodoric de la HamaidCy baptisé à Dinant, 
le 4 juillet 1685. 

4® Marie-Josèphe de la Hamaides baptisée à Dinant, 
le 19 avril 1691, y fut mariée le 5 septembre 1710, 
avec Charles-Antoine-Joseph Boron ou de Boron, 
écuyer, seigneur de Boisseilles, mort à Sommières, 
le 2 mars 1756, fils de Charles Boron (de Huy), aussi 
seigneur de Boisseilles. Ces époux vendirent leur fief 
de Boisseilles, le 17 février 1731 , au comte Théodore- 
François de Beau fort (3). 

VII. Jean-François de la Hamaidb est dit âgé de 
33 ans en 1716, ce qui indique Tune des années 1682 
ou 1683 comme étant celle de sa naissance. Il mourut 
à Sommières-lès-Dinant, le 23 octobre 1758, après 
avoir été marié trois fois. Il épousa, en premières 
noces, à Bou vignes, le 13 avril 1709, Marguerite- 
Sara-Bonne Charles (4), morte à Liège, dans la 

(1) D^HoziBR. Armoriai de Flandre, etc., publié par Borbl d'Hau- 
TERiVK, Paris, Dentuet Dumoulin, 1856, in-S», p. 314, n» 35. 

(2) Une hamaide est une barre de barrière qu'on figure en héraldi- 
que par une fasce alaisée, 

(3i Stanislas Bormans. Les fiefs du comté de Namur, \^ livraison, 
p. 97. 

(4) Idem, ibid, p. 52. 



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— 55 — 



paroisse de Sainte-Foi, le 28 août 1710; en secondes, 
à Sommières, le 30 août 1712, Isabelle-Antoinette de 
Harroy ou DE H AN (i) ; enfin, en troisièmes noces, à 
Sommières, le 8 février 1714, Jeanne-Catherine- Emé- 
rentiane PiBRS0N(2),fille de Jean- Adrien Pier son om 
Pirson, écuyer, et de Catherine Parent (3). 

Jean-François de la Hamaide fut, par sa troisième 
femme, père de trois enfants, lesquels suivent : 

1*" Jean-Théodoric-Joseph, dit Théodore DE LA 
HAMAIDE, qui suivra, Vlll. 

2"" Marie-Catherine de la Hamaide, née à Bouvi- 
gnes, le 27 juillet 1717, y décédée le 20 octobre de 
la môme année. 

S"" Marie-Thérèse de la Hamaide, née à Bouvi- 
gnes, le 4 mars 1719, morte à Sommières, le 5 février 
1773. 

VIII. Jean-ThéodoriC' Joseph dit Théodore de la 
Hamaide et aussi Thierri- Joseph, naquit à Bou vignes, 
le 14 décembre 1715. Il fut bailli des bois et forêts 
que Sa Majesté Impériale et Royale Marie-Thérèse, 
impératrice des Romains, reine d'Allemagne, et de 
Hongrie et souveraine des Pays-Bas, possédait au 
comté de Namur. 

C'est lui qui, sous le nom de Théodore de la Ha- 
maide, fut le principal héritier de Jean-Philippe de la 

(1) Noos avons vu dans des notes que nous a fournies W^^ Catherine- 
Marie Breybr, les noms de de Harroy et de de Han appliqués À la 
seconde femme de Jean- François de la Hamaide. Comme elle n*a pas 
laissé postérité, la chose est de peu d'importance. 

(2) PiBRSON : d^ argent à trois léopards lionnes de sable, armés et 
lampassés de gueules, 

(3) Stanislas Bormans. Les fiefs du comté de Namur, V* livraison, 
pp. 93-94. — Archives de l'Etat a Namur, Fonds de Bouvignes, 
Registre aux transports de biens des années 1700 à 1755. folio 107. 



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— 56 — 

Hamaide^ fils de Vincent, qu'on a vu, ci-devant, 
page 52. 

Le 27 octobre 1746, il épousa sa cousine germaine; 
Marie-Thérèse de Boron (i), fille de Charles-Antoine- 
Joseph de Boron, écuyer, et de Marie-Josèphe de la 
Hamaide, qu'on a vue, ci-devant, page 54, ligne 13. 

De ce mariage, vinrent au moins deux enfants, 
savoir : 

P Marie-Françoise-Josêphe de la Hamaide, née à 
Namur, le 8 février 1753, ondoyée le même jour et 
baptisée le 18 mars suivant dans ladite ville, en la 
paroisse de Saint- Jean l'Evangéliste, mourut à Givet. 

le 31 décembre 1790. Elle épousa à , le 

mars 1784, dans l'église de 

Pierre-Joseph-Bauduin de Gaiffier (2), écuyer, 
seigneur de Maharenne, Bouges, Houx, Marche-les- 
Dames, Boninne, etc., licencié-ès-lois de l'Université 
de Louvain (6 juillet 1781), né à Senenne, sous-Sovet, 
le 7 juillet 1756, fils de Pierre-Joseph-Bauduin de 
Gaiffier de Tamison, écuyer, seigneur de Boninne, 
Bouges, Boing, Houx, Marche-les-Damme, Maha- 
renne, Bolinne, etc., et de Marie-Françoise-Emestine 
de Maucour, dame héritière de Houx. — M, de 
Gofiffier de Maharenne mourut à Namur, le 13 juillet 
1823, après avoir été membre de l'Etat noble du comté 
de Namur, échevin, maire et bourgmestre de Namur 
pendant 36 ans, membre du conseil général et du 
collège électoral du département de Sambre et Meuse, 

(1) Boron : d*argent à une aigle de sable, selon V Armoriai général 
de France: 

(2) DE Gaiffier : de sable à une hallebarde d'argent à la hampe 
d-'or: posée en pal, accostée de deux étoiles à six rais d'or, — Le contrat 
de cette alliance fui passé le 5 mars 1784, [de Patoul (le colonel). La 
Noblesse belge, année 1892, 2® partie, p. 788]. 



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— 57 — 

reconnu noble aux Pays-Bas et membre du corps 
équestre de la province de Namur dès le 20 février 
1816, créé baron de Gaipfibr de Maharenne par 
diplôme du 24 juillet 1820. 

De ce mariage, vint une fille et unique héritière, 
Marie-Thérèse- Guillelmine de Gaiffier de Maharenne , 
baptisée à Namur, dans l'église de Saint-Jean FEvan- 
géliste, le 13 janvier 1786, morte au château de Houx, 
le 25 décembre 1865, après avoir épousé, en premières 
noces, le 28 février 1810, le comte Anatole- Louis- 
Joseph-Félix LaUemant de Lévignen, et, en secondes 

noces, à , le , Sébastien de Cotix, mort avant 

décembre 1865 (i). Elle n'eut d'enfants que du pre- 
mier lit. 

2** Théodoric-François-Adrien- Joseph (2) dit A drien 
DE LA HAMAIDE, qui suit, IX. 

IX. Théodoric-' François- A drie7i' Joseph, dit Adrien 
DE LA Hamaide Serait né (selon des notes que nous a 
fournies feu M"® C.-M. Breyer) soit à Namur, dans la 
paroisse do Saint- Jean l'Evangéliste, soit à Sommière- 
lès-Dinant, le 19 août 1760. Du reste, son origine et 
sa légitimité sont incontestables, car elles ont été 
prouvées judiciairement comme on le verra ci-après. 

Adrien de la Hamaide fut reçu chanoine régulier à 
l'abbaye noble du Neufmoûtier-lès-Huy où il prononça 
ses vœux, le 15 juin 1783, année où il reçut la prêtrise 
à Liège. Mais tout à coup arriva la révolution française 

(1) Annuaire de la Noblesse do Belgique, Bunée 1872, pages 164 
et 165. 

(2) Nous donnons ces quatre prénoms d'après diverses notes, mais 
nous n avons pas vu les actes do baptême et de confirmation de celui 
que M. le chanoine Doyen dans ra Bibliographie namuroise, t. II, p. 
235, prénomme François^Adrien-Joseph d'après un mémoire judiciaire 
•jgoé de l'avocat LoRois et de l'avoué Lbspérancb. 



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— 58 — 

dont les troupes et les idées envahirent la Belgique et 
de la Hamaide dut quitter son monastère. Alors pour 
subsister plus à Taise, il usa d'un moyen homéopathi- 
que : il se fit jacobin révolutionnaire et se maria civi- 
lement à Marie-Joseph Rippon, née à Huy, le 12 mai 
1776, morte veuve à Noville-les-Bois (Namur), le 
22 août 1853. Voici ce qu'on lit dans les Recherches 
hisloriqiœs et bibliographiqtces sur les journaux et les 
éants périodiques liégeois par Ulysse Capitaine (i), à 
la note 1 de la page 148. 

« L'éditeur de ce journal (te Télégraphe) avait 
« établi un crfé (faubourg Saint-Gilles, N** 530) sous 
» l'enseigne du Télégraphe ; le sieur A. la Hamaide, 
?» ex-chanoine, en faisait les honneurs. C'était le lieu 
» de réunion des Jacobins liégeois : tous les soirs, un 
» des habitués montait sur une table et donnait lecture, 
» à haute voix, des articles de fond du Journal de 
» Wendler. — Voir la 7''éponse au Mémoire du 
« citoyen Duperron, commissaire de police (par 
« J. Pestieaux) Liège. L. J. Bernimolin, 1797, in-8'* 
« de 15 pages. » 

Le 23 mai 1782, par acte passé en l'abbaye du 
Neufmoùtier, Adrien, pour favoriser le mariage de sa 
sœur, avait renoncé à la plus grande partie de son 
héritage en se faisant moine. Tout eut très bien marché 
sans doute, si des changements politiques, administra- 
tifs et religieux, n'avaient pas suivi la conquête de la 
Belgique par les Français. Cessant d'être moine, 
Adrien voulut aussi ne plus être prêtre et reprendre 
ses droits civils en même temps que ses biens tem- 
porels. Il dut plaider contre la famille de Gai ffîer dont 
il finit par triompher à Liège, le 27 mai 1820. 

(l) Liège, J. Desoer, 1850, vol. in-lS. 



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— 59 — 

Voici le titre d'un mémoire élaboré, à propos de sa 
revendication d'hoirie, par l'avocat E. L. Lorois et 
l'avoué Lbspêrancb : 

« Mémoire pou?^ François- Adrien- Joseph de la 
» Hamaide, laboureur à Noville-les-Bois, Appelant, 
» contre Pierre-Joseph'Baudhuin de Gaiffier de 
» Tamison, son beau- frère. Bourgmestre, Président 
» de Namur; demoiselle Guillemine de Gaiffier, dame 
» de Lévignen, et Anatole-Louis Joseph-Félix Lalle- 
» mand, comte de Lévignen, son époux, F autorisant, 
V intimés. » 

Sans lieu, ni date, mais pouvant être classé à l'année 
1819 (i). 

On voit que sa cause fut gagnée à la page 167 du 
tome VIP des Arrêts de la Cour de Liège {2). 

Adrien de la Hamaide mourut âgé de 92 ans à 
Noville-les-Bois, dans la province de Namur, le 
14 février 1853. 

Selon des renseignements particuliers, Adrien aurait 
été père de cinq enfants, mais nous n'avons pu parvenir 
à connaître que les prénoms de deux d'entre eux, un 
fils et une fille qui suivent : 

P Pierre-Adrien-Joseph DE LA HAMAIDE, qui 
suivra, X. 

2^ Marie- Josèphe-Olympe de la Hamaide, née à 
Herstal, morte à Noville-les-Bois, âgée de soixante- 
et-treize ans, le 24 mars 1872, après avoir épousé, en 



(1) DoTBN (le chanoine), caré-doïen (ieWellin. Bibliographie namu- 
roise, t. Il, pp. 235-236. n<> 1565. Il y a là une vraie biographie 
d'Adrien de la Hamaide. 

(2) ZouDB, Lbsack et Brixhe. Table alphabétique des sept premiers 
volumes des arrêts de la Cour de Liège. Liège, 1826. in- 8°. Lettres 
S. A. — B. R. Arrêt du 27 mai 1820, rendu sur plaidoirie de M*" 
LisLiftVRB, père. 



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— 60 — 

premières noces Jean-Lupsin Théry, et en secondes, 
Louis-Joseph Ronvaux. Son fils, le docteur Ronvaux 
a été membre de la Chambre des Représentants. 

X. Pierre- Adrien- Joseph de la Hamaide , cultiva- 
teur-propriétaire à Noville-les-Bois, naquit à Rotheux- 
Rimière dans le pays de Liège, le 22 ventôse an V 
(12 mars 1797), et mourut à Noville-les-Bois, le 5 juillet 
1867, après avoir été marié deux fois. Il épousa, en 
premières noces Marie-Antoinetle Lambot, née audit 
No ville, y décédée étant âgée de 53 ans, le 13 jan- 
vier 1848, et en secondes noces, aussi à Noville, le 
25 octobre 1849, Marie- Ange Motte, née audit lieu, 
y décédée le 14 septembre 1881, à Tâge de 68 ans. 

De la seconde union, naquirent trois enfants : 

P Adrien-Joseph de la Hamaide, né à Noville-les- 
Bois, le 18 juillet 1850. 

2"^ Gustave- Joseph de la Hamaide, né audit lieu, 
le 18 septembre 1853. 

3^ JuLiE-GoDEiJVE de la Hamaide, née audit No- 
ville, le 18 avril 1856, y décédée, le 17 avril 1858. 

Branche cadette luxembourgeoise et américaine. 

jljbis François de la Hamaide, quatrième enfant et 
troisième fils de Nicolas de la Hamaide, dit Colson, et 
de Anne de Soy, était domicilié à Dinant du vivant de 
sa mère et y faisait le commerce de bois de compte à 
demi avec elle. Plus tard il alla se fixer à Haybes. 

Le 7 septembre 1615, il acquit de ses neveux Fran- 
çois et Gilles de la Hamaide fils de feu Servais, leur 
part dans les bois d'aisance dits de la Feuillée et de 
Cugnet à Haybes, pour lesquels il fut en procès avec 
René de Renesse, comte de Warfusée, seigneur dudii 



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— 61 — 

Haybes. Le procès fat terminé le 12 mai 1618. Nous 
ignorons le nom de la femme de François de la 
Hamaidey mais le testament d'Anne de Soy, sa mère, 
nous donne les noms de ses enfants légitimes nés avant 
le 4 juillet 1597. Ces enfants suivent : 

P Jean DE LA HAMAIDE, qui suivra, IV (i). 

2^ Catherine de la Hamaide, 

3** Anne de la Hamaide. — Le 16 février 1650, 
Anne de la Hamaide, veuve de Jean Raskin, maître 
de forges à Givet, Jean et Henri Raskin, ses fils, et 
Marguerite Raskin, sa fille, femme de Bertrand Ber- 
trand, greffier d'Agimont, transportèrent la censé de 
Chestrevin à P. Stainier (2). 

IV. Jean de r.A Hamaide, domicilié d'abord à Givet, 
quitta cette ville vers 1630, pour aller à Soheit, 
rechercher des mines de fer. En 1639, il était maître 
de forges à Mirwart (3). Sa femme fut Mecthilde 
Weerths, dite Werts, nièce de Pierre Weerths, bailli 
d'Agimont (4). Le 29 juin 1644, elle fut marraine à 

(1) C*est DOtre opinion personnelle que nous exprimons ici sur Tori- 
gine de Jean db la Hamaidb. Ses descendants en ont une autre. Ils 
confondent leur ancêtre qui n'eut jamais de titre nobiliaire^ avec 
Jean db la Hamaidb, chevalier, seigneur de la Vichte, fils de Nicolas 
ôcuyer, seigneur de la Vichte, de Fauguissart, de Mauguissart, des 
Mottes, des Ponts d'Estaires et de la Gorgue, du Bois, de la Tan- 
nerie, etc. 

(2) Stanislas Bormans. Les fiefs du comté de Namur, IV« livraison, 
XVII« siècle, p. 122. 

(3) Archivks du Chatbau db Lavaux-Saintr-Annb. Liasse J, acte 
n<^ 3. Ventes de bois à Froidfontaine (Vonèche , à Doreux et à Pon- 
droroe, de 1626 à 1654, faites au profit de Jean del Hamaide. 

(4) Archivbs db l'Etat a Namur. Echevinage de Bouvignes, Liasses 
aux actes de transports de biens du XVII'' siècle. Acte du 28 juillet 
1639 prouvant que Pierre* Werts (ou Weerths , bailli de la Cour 
d'Agimont avait épousô Marie Deve, et que Mecthilde Werts itait 
femme de Jean de la Hamaide, maître do forges à Mirwart. 



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— 62 — 

Dinant, de Vincent de la Hamaide petit-fils du cousin 
germain de son mari, comme il a été dit ci-devant, 
page 52. 

L'historiette relative à la mésalliance commise par 
Jean de la Hainaide (de fort douteuse noblesse) avec 
Mecthilde Wertz ou Wirtz^ fille d'un riche banquier 
d'Anvers, nous a toujours paru d'un ridicule achevé. 
Ce Jean de la Hamaide, fils d'un marchand de bois, 
mit sur un pied presque princier par rapport au riche 
bourgeois d'Anvers, prouve que les gens du dix-huitième 
siècle qui ont imaginé cela n'avaient plus aucune idée 
des mœurs antiques sous le règne desquelles les plus 
hauts gentilshommes épousaient des bourgeoises sans 
y mettre la moindre mauvaise grâce : nous l'avons 
constaté cent fois (i). 

Jean de la Hamaide, mort très âgé vers 1676, avait 
eu pour fils, Jean DE LA HAMAIDE, qui suit, V. 

V. Jean de la Hamaide, dit del Hamaide, fut gref- 
fier ou clerc juré de la cour de Villance, d'Awenne, de 
Mirwart et de Redu. Nous avons vu la commission 
qu'il rédigea pour les bourgeois de Villance pouvoir 
faire vendre quantité de hêtres sis derrière Transinne. 
Cet acte est du 2 mai 1639. 

Jean de la Hamaide mourut à Chassepierre, le 6 dé- 
cembre 1669, après y avoir épousé Jeanne de Rossel 
native dudit lieu, y décédée le 13 décembre 1693, fille 
de Jean de Rossel, lieutenant-bailli de la terre allodiale 
de Chassepierre, domicilié aux Epioux-Bas (2). 



'Il II est vrai, faut-il ajouter, qu'au temps jadis, les bourgeois ne 
rougissaient pas de porter des armoiries, et que les armoiries, jointes 
aux noms, prouvent, saos généalogies, les parentés les plus lointaines. 

(2) Jean de Rossel tenait en fief, le moulin banal de Chassepierre que 
lui avait concédé par acte passé à Rochefort, le 27 juin 1648, le sou- 



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— 63 — 

De cette union, vinrent deux enfants, savoir : 
1^ Nkolas de la HAMAIDE, qui suivra, VI. 
2*" Marie-Jeanne de ia Hamaide, morte subitement 

à Chassepierre, le 7 mars 1685, après avoir épousé le 

19 avril 1684, Henri Chbnut. 

VI. Nicolas DE LA. Hamaidr, propriétaire à Cou- 
vreux-sous-Dampicourt (Luxembourg), naquit à Chasse- 
pierre et il épousa à Couvreux, Catheynne Gillot, fille 
de Quentin Gillot, lieutenant de cavalerie espagnole, 
mort avant 1679, et de Anne André, native de Meix- 
devant-Virton. 

Le 27 mars 1672, Nicolas del Hamaide avait 
demandé la réalisation de la reconnaissance d'une dette 
de 7366 patacons due par Marie-Cléophe de Rohen- 
zollern, dame de Mirwart, duchesse d'Arenberg et 
d'Aerschot, à Arnold Dhoffsmite (d'Hofschmidt), capi- 
taine et officier de la terre de Mirwart (i). 

Nicolas de la Hamaide, qui s'était marié étant déjà 
vieux avec une femme relativement très-jeune, mourut 
à Chassepierre, le 30 mars 1713, et sa veuve convola 
à Rossignol, le 10 février 1714, avec Jean Hàbaru, 
officier de la seigneurie de Rossignol, veuf de Jeanne 
Verton, puis, encore veuve, reconvola avec Nicolas 
Mathieu, du village de Sainte-Marie. 

Catherine Gillot avait donné cinq enfants à Nicolas 
de la Hamaide; ils suivent : 

P Jean-Ignace de la Hamaide, baptisé à Chasse- 
pierre, le 29 janvier 1695, y décédé le 2 février 1709. 

2^ Elisabeth de la Hamaide, baptisée audit lieu, le 
8 janvier 1699. 

Torain dudit lieu, C^ Ferdinand- Charles de Lôvcensiein. Jean de Rossel 
testa le 18 août 1669. 
(1) Archives du Château de Lavauoo-SainteAnne. 



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— 64 — 

3** Joseph de la Hamaide, baptisé audit lieu, le 
6 octobre 1702, y décédé le 20 novembre 1705. 

4"" Jean-Baptiste de la Hamaide, baptisé audit 
Chassepierre, le 23 janvier 1705, fut tenu sur les fonts 
par Jean Fisenne, et par Elisabeth Largent. Il épousa 
à Rossignol, le 15 août 1730, Oillette-Elisabeth Habaru, 
baptisée audit Rossignol, le 21 janvier 1698, veuve de 
Henri Rossignon, (du village d'Orsainfaing), et fille de 
Jean Habaru, homme de fief et officier de la seigneurie 
de Rossignol, et de Jeanne Verton, sa première femme. 
— Comme on a pu le voir plus haut, Jean Habaru fut 
doublement beau-père de Jean-Baptiste de la Hamaide. 
Ce dernier fut père de trois enfants, savoir : 

A) Pierre, né à Rossignol, y baptisé le 25 janvier 
1731, fit ses études aux Jésuites de Luxembourg, 
devint vicaire à Orsainfaing, Jamoigne et Juvigny, 
puis fut nommé chanoine du chapitre de Ciney. Il 
mourut en 1803, à Rossignol, chez son beau-neveu, le 
docteur Rogier-Rossignon . 

B) Marie- Joséphine , née à Rossignol, le .. mars 
1733, y fut mariée, le 21 janvier 1748, avec Philippe 
Rossignon, du village de Martinville. — Deux notes 
reçues du Luxembourg, étant contradictoires relative 
ment à son décès (que Tune fixe au 28 décembre 1785, 
l'autre au 28 septembre 1786) prouve que trop de 
richesses nuit. 

C) Marie-Françoise, baptisée à Rossignol, le 3 mars 
1736, y décédée le 1 ) juin 1740. 

5^ Joseph DE LA HAMAIDE, qui suivra, VII. 

VII. Joseph DE LA Hamaide, propriétaire à Hachy, 
fut baptisé à Chassepierre, le 27 mai 1708, et tenu 
sur les fonts par Thomas et Anne Bosquet. 

Il mourut à Hachy, le 14 mars 1793, après y avoir 



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— 65 — 

épousé, le 4 octobre 1735, MaHe-Françoise Pickar, 
native de Hertzig, fille de Louis Pickar, et de Marie 
Seyler. 

De cette union, vinrent dix enfants, tous nés et 
baptisés à Hachy. Ils suivent : 

P Marie-Catherine de la HamaidCy baptisée le 
16 novembre 1736. Elle épousa Mathieu Schung, du 
hameau de Sampsont-sous- Hachy. 

2^ Jban-Baptistb DE LA HAMAIDE, qui suivra. 

Vin. 

3^ Pierre- Joseph de la Hamaide, baptisé le 30 avril 
1741, mort à Hachy, le 26 janvier 1766. 

4** Jean de la Ilamaide, né le 3 mars 1743, baptisé 
le 20 dudit mois. Il alla se fixer en Amérique. 

5*" Marguerite de la Hamaide, baptisée le 17janvier 

1746, épousa N , Warlomont, de Behem-lès- 

Anlier. 

6** Jean-Louis de la Hamaide, baptisé le 22 août 
1748, mort à Hachy, le 25 septembre 1749. 

7'' Elisabeth rfe laHamaide, baptisée le l*' septembre 
1750, morte à Hachy, le 4 décembre de la même année. 

8^ Théodore-Marie-Louis DE LA HAMAIDE, qui 
suivra, VIIIW^, comme auteur du Rameau Cadet. 

9** Marie-Françoise de la Hamaide, baptisée le 
2 mars 1754. Elle fut mariée trois fois : En premières 
noces, à Luxembourg, le 16 janvier 1775, avec Georges 

Jonas; en secondes noces, avec N Abrassart, et 

en troisièmes noces, avec Jean- Adam Dbynert. —Elle 
mourut le 8 novembre 1835. 

10** Anne-Marie de la Hamaide, baptisée le 3 juin 
1756, morte à Hachy, le 21 janvier 1758, 

VIII. Jean-Baptiste delà Hamaide, propriétaire et 
cultivateur à Hachy, fut baptisé dans cette commune. 



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— 66 — 

le 13 décembre 1738. Il épousa Suzanne Mergen, de 
la commune d'Attert. De cette union, vinrent sept 
enfants, tous baptisés à Hachy. Us suivent : 

P Henri-Joseph de la Hamaide, baptisé le 1 1 sep- 
tembre 1761, mort à Hachy, le 26 janvier 1766. 

2*^ Jean-Baptiste- Toussaint de la Hamaide, baptisé 
le 12 juillet 1763. Arrivé à l'âge d'homme, il s'engagea 
soldat au régiment de Wirtemberg en garnison à 
Luxembourg. Plus tard, après plusieurs missions 
périlleuses entre Luxembourg et Anvers, toutes rem- 
plies avec intelligence et courage, durant la Révolu- 
tion brabançonne, il reçut le grade de sous-lieutenant 
dans le corps-franc de Loutz. Blessé plusieurs fois 
grièvement, surtout en 1794, il fut nommé capitaine 
au 60"* régiment d'infanterie au service d'Autriche en 
1800. Il était major autrichien en 1813, lorsqu'il fut 
fait prisonnier par les Français qui l'internèrent à 
Blois. Sa famille ignore ce qu'il devint depuis. 

3° Jean-François de la Hamaide, baptisé le l*"" avril 
1765, fut d'abord chanoine régulier de l'ordre de 
Saint-Augustin à l'abbaye de Rolduc (duché de Lim- 
bourg), puis commissaire administrateur des biens de 
cette maison en 1796. Il devint ensuite aumônier du 
58"* régiment d'infanterie au service autrichien et 
mourut le 29 janvier 1799, à Obermemming, près de 
Fels en Tyrol. 

4"" Marie-Josèphe de la Hamaide, baptisée le 7 sep- 
tembre 1767. Nous ignorons sa destinée. 

5^ Théodore DE LA HAMAIDE, qui suivra, IX. 

6** Théodore- Joseph, dit Joseph de la Hamaide, 
baptisé le 12 juillet 1771, mort à Hachy, le 13 jan- 
vier 1784. 

7** Jean-Pierre de la Hamaide, baptisé le 17 juin 
1773. 11 fut employé chez un fabricant à Reims en 



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— 67 — 

Champagne. Sa famille le croît mort dans cette ville 
sans alliance connue. 

IX. Théodore de la Hamaide, cultivateur-proprié- 
taire à Rodz ou Rood-sur-l'Eisch, fut baptisé à Hachy, 
le 17 août 1769. Il mourut à Septfontaines-lès-Ansem- 
bourg, le 23 mars 1815, après avoir épousé vers 1795 
(à Bissen ?), Suzanne Penning, morte à Hondelange, 
le l*' février 1819. — De cette union, vinrent sept 
enfants qui vinrent se fixer à Breuvanne (sous Tintigny 
en Luxembourg). Ils suivent : 

V Catherine de la Hamaide^ née à Koerig ou 
Koerich, le 83 février 1797, morte à Tintigny, le 
7 février 1850. 

2® Michel de la Hamaide, né à Rood-sur-rEisch, 
le 29 septembre 1799, épousa à Tintigny, le 7 mai 
1828, Catherine Hubert, née dans ladite commune, 
au hameau de Breuvanne, le 12 février 1804. De ce 
mariage, vinrent, au moins, deux fils : Auguste et 
Henri de la Hamaide. Michel parait avoir quitté 
Tintigny pour aller se fixer au hameau de Pin sous 
Izel. On nous a aflSrmé que c'est à Pin qu'il mourut et 
que ses deux fils avaient entrepris la fabrication des 
allumettes chimiques. Auguste près de Reims et 
Henri près des frontières d'Italie (i). 

3*" Charlotte de la Hamaide, mariée à Henri- 
Joseph Grévisse, de Habay-la- Ville. Elle vivait encore 
en 1861. 

4"* Joseph de la Hamaide, né à Rood-sur-l'Eisch, le 
12 novembre 1804, mort au hameau de Breuvanne à 
Tintigny, le 4 octobre 1889, avait épousé dans ladite 
commune, le 27 août 1833, Marie-Catherine Rion, 

(1) Communication de f«u M«^^<* CM. Breyer, 



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— 68 — 

née audit Tintigny, le £2 février 1810. Il fut père de 
dix enfants nés tous au hameau de Breuvanne-sous- 
Tintigny. Ils suivent : 

A) Anne-Marie de la Hamaide, née le 19 janvier 
1835, morte à Tintigny, le 26 juillet 1876, après avoir 
épousé C. Drouot, parisien. 

B) Joséphine de la Hamaide, née le 2 octobre 1836, 
morte à Paris, le 1888. 

C) Caroline de la Hamaide, née le 2 novembre 1838, 
morte à Tintigny, le 21 août 1853. 

D) Victoire de la Hamaide, née le 7 février 1841. 
Sans alliance. Elle demeure à Paris. 

£f) François-Joseph de la Hamaide, né à Tintigny, 
le 4 février 1843. Voici qu'elle était son adresse 
en 1890. 

« Frank de la Hamaide ; manufacturer of choice 
V cigars. Faclory, n^ .90, second district of Itlinois, 
y» Franklin grove, Illinois, « 

F) Hippolyte de la Hamaide, né à Tintigny, le 
16 juillet 1845, épousa à Paris, Luxne Lagneau. 

G) Fanie de la Hamaide, née le 14 décembre 1847, 
morte à Tintigny, le 17 mars 1860. 

H) Louis DE LA Hamaide, né à Tintigny, le 29 août 
1850, y demeurant, au hameau de Breuvanne, en 1897. 

/) Catherine de la Hamaide, née le 26 mars 1853, 
mariée à Tintigny, le 18..., avec J... Clainesse. 

J) Pauline de la Hamaide, née le 29 juillet 1857, 
demeurant à Tintigny, au hameau de Breuvanne, chez 
sa mère, en 1896. 

5** Marie de la Hamaide, femme de Henri Zimmer, 
de Mont-Saint-Etienne. Elle eut sa demeure à Ansart 
sous Tintigny. 

6** Elise de la Hamaide, mariée avec N,,. Tous- 
saint, demeura à Chiny. 



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— 69 — 

T Nicolas de la Hamaide^ dont la femme était 
native de Lintz, demeura à Beven-lès-Lintz. 



Rameau cadet. 

VIII bis. Théodore-Marie- Louis de la Hamaide, 
cultivateur à Hachy, fut baptisé dans l'église dudit 
lieu, le 14 janvier 1752 (i), et tenu sur les fonts par le 
Rév. Théodore Weber, curé de Hachy, et Mademoi- 
selle Marie-Louise, comtesse de Gensly d^Etain (2). Il 
mourut à Hachy, le 14 mars 1793, après avoir épousé 
à Tuntingen-sous-Hollenfeltz, le 15 février 1776, 
Marie-Catherine Beringer, native de HoUenfeltz, fille 
du notaire Nicolas Beringer et de Marie Millier. — 
De ce mariage, sont nés à Hachy, les sept enfants 
qui suivent : 

P Michel [de la) HAMAIDE, qui suivra, IX. 

2** Jean-Pierre de la Hamaide^ né le 9 novembre 
1779. mort à HoUenfeltz. En 1822, il faisait partie du 
synode de l'église de Tuntingen. 

3** Appolonia dite Marie-Françoise de la Hamaide, 
baptisée le 30 mars 1781, dans l'église de Hachy, fut 
tenue sur les fonts par Paul Burlon, de Hertzig, et 
par AppoUonia Thynes, de Heuschling-sous-Freuling. 
Elle mourut à Arlon, le 3 juin 1849, après avoir 
épousé dans ladite viUe, le 9 août 1799, Lambert 
Breybr, mort aussi à Arlon, le 26 juillet 1836, fils de 
Pierre Breyer, et de Marie-Catherine Spann. De ce 
mariage, vinrent neuf enfants, parmi lesquels nous 



(1) Emile Tandbl. Les communes luxembourgeoises^ t. Il, p. 258. 

(2) Jamais nous n'avons rencontré ce nom nobiliaire dans les livres 
spéciaux et dans les Archives que nous avons compulsés. Nous le 
croyons produit par une mauvaise lecture. 

ANNALBS. V. 5 



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— 70 — 

trouvons six filles et trois fils. Quatre des filles furent 
mariées dans les familles Gumbr (d'Arlon,) le Bouis 
(de Ronfleur), Carrez (de Martelange), et Mathot 
(de Liège). L'aîné des sept enfants était Michel Breyer. 
C'est le seul des trois fils qui se maria. 

Né à Arlon, y baptisé dans l'église de Saint-Martin, 
le 27 janvier 1801, Michel Breyer mourut dans la 
môme ville, le 14 octobre 1869, après avoir épousé à 
Kœrich, le 2 mars 1832, Marguerite Weyland, née 
dans ladite commune le 13 juin 1806, morte à Arlon, 
le 29 décembre 1884. 

Ces époux eurent sept enfants (i) parmi lesquels, 
nous devons une mention spéciale à feu M"® Catherine- 
Marie Breyer, qui nous a fourni la plus grande partie 
des notes qui nous ont permis de rédiger cette notice. 

4** Jacques de la Hamaide, né le l*' avril 1782, 
épousa à Arlon, le 23 juin 1807, Jtdienne Yserloo, 
née à Grevenmacher, le 27 janvier 1780. 



( l ) Voici ses sept enfants : 

a) Agathe Brbybr, née à Arlon, le 18 mai 1833, religieuse à Namur 
dans la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame, sous le nom de Sœur 
Julie des Anges, depuis le 28 août 1854; décédée à Liège, le .. février 
1897. 

b) François Breyer, né à Arlon, le 26 janvier 1835; 

c) Marie-Françoise Breyer, née â Arlon, le 19 mars 1837, y décédée 
le 16 juin 1880, laissant cinq enfants de son mariage avec Jacques 
Guelff, inspecteur de T Enseignement; 

d) Marie-Thérèse Breyer, née à Arlon, le 18 novembre 1839. y 
décédée le 31 mars 1884, ayant eu six enfants (deux nés à Arlon, 
trois nés à Fouches et un à Marbehan) de son union avec Henri Burton 
chef inspecteur des chemins de fer, natif de Habergy. 

e) Catherine- Marie Breyer, dite Mariette, institutrice diplômée, 
née à Arlon le 4 octobre 1842, morte en la même ville, le 13 octobre 
1899.. 

f) Joséphine Breyer, née à Arlon, le 18 avril 1845. 

g) Franz-Michel Brbybr, né à Arlon, le 10 mai 1849, ancien zouave 
pontifical, décoré de la médaille de Mentana. 



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— 71 — 

5*" Anna-Suzànnb de la Hamaide, née le 1 1 décem- 
bre 1783. 

6° Nicolas de la Hamaide, né le 15 février 1786. 

7® Catherine de la Hamaide, née le 2 novembre 
1782, morte à Berlin. 

IX. Michel (delà) Hamaide, né à Hachy, le 

1777, épousa à Arlon, le 2 avril 1810, Marie-Thérèse 
Breyer, née dans ladite ville, le 28 avril 1787, fille 
de Pierre Breyer et de Marie-Catherine Spann. C'était 
la sœur germaine de son beau-frère, Lambert Breyer. 

Michel de la Hamaide, dit Hamaide^ sans particule 
ni article, fut père de cinq enfants : 

P Marguerite [de la) Hamaide. 

2"" Catherine {de la) Hamaide, née à Arlon. le 
8 janvier 1813. Elle épousa N Fiévez. 

S"" Suzanne {de la) Hamaide, née à Arlon, le 23 juil- 
let 1814. Elle fut mariée. 

4° Marie-Barbe {de la) Hamaide , née à 

le 20 juillet 1816. 

5** Jean-Baptiste {de la) Hamaide, né à Arlon, le 
13 novembre 1818. Il partit pour l'Amérique. 

Le C^ p. -A. DU Chasteldela Howarderie. 



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— 72 — 



Jules Wacquez 

MEMBRE TITULAIRE (1858 A 1882), SECRÉTAIRE (1858 A 1876) 



Jules Wacquez naquit à Tournai le 17 Juillet 1830, 
et de bonne heure il se fît remarquer par une intelli- 
gence très vive; après d'excellentes études primaires, 
il suivit les cours du Collège Notre-Dame, à Tournai, 
où il obtint de grands succès et termina brillamment 
ses humanités en 1848. Il montra, dès son enfance, 
un goût des plus prononcé pour la littérature, et pro- 
duisit, étant encore au Collège, un grand nombre de 
pièces de vers d un mérite véritable, comme en témoi- 
gne une œuvre écrite tandis qu'il faisait sa rhétorique, 
Pépin d'Héristalj pièce en vers, qui ftit jouée à la 
distribution des prix du Collège Notre-Dame , et qui 
eut les honneurs de l'impression. (Tournai, 1848, chez 
Adolphe Delmée.) 

Etudiant en droit à l'Université de Louvain, il se 
distingua là, comme au collège et à Técole primaire, 
et conquit d'une manière rapide et brillante le diplôme 
de docteur en droit. 

Il revint ensuite à Tournai, avec l'intention de 
pratiquer le droit, mais son goût pour la littérature, 
autant que des convictions religieuses très ardentes, 
le poussèrent vers le journalisme, et il entra comme 
rédacteur au journal le Bien public de Gand, où il fit 
ses premières armes. 

Il aurait occupé au bout de peu de temps une place 



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JULES WACQUEZ 



1830-1899 



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— 73 — 

prépondérante dans la rédaction de ce journal, si 
l'amour du clocher n'avait exercé sur lui une attraction 
telle qu*il ne put se résoudra à demeurer plus long- 
temps éloigné de son cher Tournai. Il y revint bientôt 
se fit inscrire au tableau des avocats et eut la bonne 
fortune d'avoir pour patron un de nos premiers juris- 
consultes, M. François du Bus, dont il fut le stagiaire 
préféré. En même temps, il fut appelé à la rédaction 
des journaux le Courrier de t Escaut et le Belge, Sous 
sa plume alerte et vive, les articles se succèdent sur 
les sujets les plus divers, et maintes fois la prose vile 
céda dans le journal, la place à la poésie, au grand 
étonnement de ses lecteurs, peu habitués à être si bien 
traités. 

Le 4 février 1858, sous le patronage de M. du Bus, 
il entra à la Société historique et littéraire, en qualité 
de membre titulaire, et se vit confier, le même jour, 
les fonctions de secrétaire, que la mort de M. Frédéric 
Hennebert venait de laisser vacantes. Depuis cette 
date jusqu'au mois d'octobre 1876, il ne cessa de 
remplir, avec le soin et la ponctualité qu'il savait 
mettre à tout ce qu'il entreprenait, cette charge plus 
lourde qu'on ne croit généralement. 

En la quittant, il demeura pendant six ans encore, 
membre titulaire, mais en 1882, sollicité par des 
occupations très absorbantes, il démissionna en cette 
qualité, pour prendre place parmi les membres 
honoraires. 

Jules Wacquez épousa le 4 novembre 1863 à Binche, 
Félicité Mabille, qu'il eut le malheur de perdre le 
26 octobre 1872, âgée de 31 ans. Cette mort pré- 
maturée lui laissa toute la charge d'élever quatre jeunes 
enfants et elle le confina en quelque sorte au foyer 
domestique ; mais il avait un cœur trop avide de dévoû- 



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— 74 — 

ment, un sentiment trop vif des nécessités des temps 
présents pour ne pas sentir le besoin de se dépenser 
aussi au profit des malheureux et des pauvres. 

Doué d'une charité individuelle inépuisable, il com- 
prit la nécessité de l'association pour parvenir à sou- 
lager plus efficacement les misères morales et maté- 
rielles de la classe pauvre. 

Il entra dans les Conférences de Saint- Vincent- 
de-Paul, et fut appelé à la présidence (charge bien 
plus qu'honneur) de la Conférence Notre-Dame; il 
s'adonna à l'œuvre moralisatrice par excellence, de 
saint François Régis, qui a pour but de faciliter le 
mariage des indigents et de légitimer les unions irré- 
gulières en procurant aux intéressés les pièces néces- 
saires à cette fin, et il devint vite la cheville ouvrière 
de cette institution; enfin, lorsque plus récemment, 
une œuvre nouvelle, qui fait honneur à notre pays, le 
patronage des condamnés libérés et des enfants mora- 
lement abandonnés, fit appel à son dévouement, il fut 
un des premiers à prendre place dans ce groupe 
d'hommes dévoués. 

Le Conseil de fabrique de l'Eglise primaire de 
Saint-Brice l'appela dans son sein et lui confia les 
fonctions délicates de trésorier, qu'il exerça avec un 
zèle et une exactitude exemplaires pendant une période 
difficile où la Fabrique se vit privée d'une partie de 
ses ressources, et en butte à de pénibles contradictions, 
ce qui rendit particulièrement lourdes et délicates les 
fonctions qu'il avait assumées. Son zèle à servir les 
intérêts de la paroisse, sa piété douce autant qu'éclai- 
rée, et la haute intégrité de son caractère en faisaient 
le type de l'homme de bien, honoré et respecté de 
tous ceux qui l'approchaient. 

En 1876, un grand changement se fit dans son 



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— 75 — 

existence par sa Domination en qualité de greffier du 
tribunal de commerce, et dans ces fonctions nouvelles, 
Jules Wacquez se montra, tel qu'on l'avait vu partout, 
« the right man in the right place » . 

Actif, laborieux, d'une scrupuleuse impartialité, il 
acquit vite toutes les sympathies et l'entière con- 
fiance des membres du corps consulaire, qui dans le 
principe, avaient accueilli sa nomination avec une cer- 
taine répulsion qu'expliquait, bien que ne la justifiant 
certes pas, la passion politique. En efiet, la nomination 
d'un homme, journaliste la veille encore, et en contra- 
diction sur le terrain politique avec l'ensemble des 
membres de cette administration, pouvait leur paraître 
une sorte de défi, et il fallut toute l'aménité du nou- 
veau greffier, son tact et son habileté à traiter les 
affaires pour, dans le principe empêcher un conflit, 
et par la suite gagner les sympathies de ceux-là même 
qui avaient été les plus hostiles à sa nomination. 

C'est un grand éloge faire de lui que de proclamer, 
comme l'ont fait ceux môme qui ne partageaient pas sa 
manière de voir, qu'il avait laissé d'unanimes regrets. 
Un trait bien simple montrera la délicatesse scrupu- 
leuse qui l'animait dans toutes ses actions. Lorsqu'il 
sollicitait les fonctions de greffier, on mit comme 
condition à sa nomination, l'obligation bien naturelle 
de quitter le journalisme. Wacquez l'accepta sans 
hésiter, mais l'amour qu'il avait pour sa profession et 
son goût pour les lettres l'engagèrent à continuer jus- 
qu'au dernier jour à écrire des articles pour les jour- 
naux qu'il allait quitter. On rapporte qu'il était occupé 
à en composer un, lorsque l'avis de sa nomination lui 
arriva, et, fidèle observateur de sa promesse, il laissa 
inachevé sur son bureau l'article commencé. 

Ecrivain, poète, Jules Wacquez l'était jusqu'au 



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— 76 — 

fond de Tâme; nous avons rappelé ses débuts litté- 
raires au Collège Notre-Dame ; la politique avec ses 
articles de polémique prit ensuite le plus clair de son 
temps, mais jamais la divine flamme de la poésie ne 
s'éteignit en lui. Il se délassait de travaux absor- 
bants, en écrivant un grand nombre de pièces de vers 
dont, presque seuls, les intimes de son foyer ont eu 
connaissance. Quelques-unes cependant furent impri- 
mées dans les Bulletins de la Société historique et 
littéraire, de 1858 à 1872; seul de cette Société, 
Wacquez travailla à justifier le second de ses titres, 
car si elle publia beaucoup d'œuvres historiques, elle 
négligea absolument la littérature proprement dite. 

Nous relevons dans le recueil des Bulletins, les 
pièces suivantes dues à sa plume. 

Le jeune Oiseau et sa Mère, fable (1858), — l'Aigle 
et l'Aiglon, — la Petite Mère, — le Jour des morts, 

— le Juif errant (1862), ~ le Papillon et la Fleur, 

— Loin du pays, — Sur un berceau détruit par la 
tempête, — Près du berceau d'un enfant, — la Prière 
du matin, — la Nuit de Noël, — Noël, — Espoir, — 
Pauvre mousse, — Près d'un couvent, — la Saint- 
Nicolas (1867), — Après la bataille, — Dieu et Patrie, 

— Laissons voler les papillons, — le Lion et ses 
alliés, — l'Epouvantail (1872), etc. 

Il écrivit encore une Notice biographique sur 
Frédéric Hennebert (1858), Bulletins, tome vi, page 6 

— Une autre sur François du Bus (1875), Bulletins, 
tome XVI, et enfin, une liste des personnages distingués 
dont nos Annales ont gardé le souvenir (1860), Bulle- 
tins, tome vit, p. 100. 

Seule, on le voit, la littérature occupa chez Wacquez, 
ces heures délicieuses que tout homme doué d'intelli- 
gence et aimant à travailler, trouve le moyen d'ajouter 



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— 77 — 

au labeur quotidien pour charmer d'une manière encore 
studieuse et utile, les loisirs que lui laissent ses 
devoirs professionnels. Il s'intéressait certes à la poli- 
tique, à la philosophie et aux grandes questions qui 
passionnent l'humanité ; l'histoire, l'archéologie et les 
arts charmaient sa nature délicate et fine, mais seule, 
la poésie fit l'objet de ses travaux. Il y montra tout 
à la fois les vertus qui ornaient son âme et les qualités 
du cœur et de l'esprit dont il était largement doué et 
qui faisaient le charme de sa fréquentation. 

Très attaché à sa foi, très rempli de l'esprit de 
famille, afiectueusement bon, simple, modeste et amou- 
reux de la tranquillité, il se révèle tout entier dans ses 
écrits. Ses vers sont faciles, abondants, pleins d'esprit 
et de fraîcheur, avec parfois une pointe de bonhomie 
malicieuse, rappelant quelque peu, par Je tour de la 
pensée, le genre de Gresset. Sa prose toujours élo- 
quente et correcte, est claire et précise, comme il con- 
vient d'ailleurs à l'homme d'afiaires et au juriste. 

La vie de Wacquez fut calme et douce, si on en 
excepte la cruelle épreuve de la mort de sa femme, 
enlevée trop tôt à sa tendresse. Elle s'écoula toute 
entière au foyer domestique, partagée entre ses devoirs 
de père, ses obligations professionnelles et le culte 
des muses. 

La maladie, qui l'avait épargné longtemps, le frappa 
cependant à la fin de sa carrière, et pendant environ 
deux ans lui imposa une inaction qui devait peser à 
sa nature active, avide de se dépenser pour le bien et 
pour le devoir. 

Il expira le 29 décembre 1899, dans les sentiments 
de la foi la plus vive, de la piété la plus tendre et la 
plus édifiante. 

Wacquez était chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire- 



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— 78 — 

le-Grand depuis l'année 1874 et chevalier de l'ordre 
de Léopold depuis le 16 janvier 1885. Il avait été 
décoré de la croix pro Ecclesia et pontifice, le 
31 octobre 1888. 

E.-J. SoiL. 



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— 79 — 



Mathieu Grenet 

ET SON MANUSCRIT DE LA BIBLIOTHÈQUE DE LYON. 



M. A. d'Herbomez signalait naguères, dans ses 
Sources de V histoire du Touryiaisis (i), un manuscrit 
reposant à la bibliothèque de Lyon, dont il donnait, 
avec la précision qui caractérise ses travaux, une 
sommaire description. Notre savant confrère avouait 
pourtant que le temps dont il disposait l'avait forcé à 
une étude hâtive. Ce qu'il nous disait du manuscrit de 
Lyon présentait une étrange concordance avec la des- 
cription fournie autrefois à notre Société, par M. de 
Gaulle, du manuscrit n*" 24052 de la Bibliothèque 
Nationale à Paris (2). 

Tous deux, après une chronique fabuleuse de Tour- 
nai, relatent longuement le siège de cette ville en 
1340, puis le récit des luttes survenues vers 1476 entre 
flamands et tournaisiens, et connues sous le nom de 
Guerre de Tournai. Nous trouvions-nous, comme le 
pense M. d'Herbomez, en présence d'une œuvre ori- 
ginale de Mathieu Grenet, l'auteur du manuscrit de 
Lyon, ou bien en face d'une copie plus ou moins com- 
plète du manuscrit 24052 de la Bibliothèque Nationale? 
Voilà ce qu'il m'a paru intéressant d'examiner, et me 
fit résoudre à profiter de la première occasion pour 
faire la comparaison nécessaire. 

(1) Nos Annales, t. I, p. 202. 

(2) Bull, de la Soc, hist. de Tournai, t. II, p. 129. 



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— 80 — 

Précisément cette année, les hasards des déplace- 
ments d'été m'ayant conduit dans la direction de Lyon, 
je fis un petit crochet qui m'amena pour quelques 
jours dans l'ancienne métropole de la Gaule. Il me fut 
alors possible de transcrire une certaine portion du 
manuscrit de Mathieu Grenet, afin d'en comparer plus 
tard le texte avec celui de Paris : ce procédé me parut 
seul capable de trancher la question qui se posait à 
moi. 

Dans l'impossibilité de transcrire en entier le 
manuscrit 785 de la Bibliothèque de Lyon, j'ai laissé 
de côté ce qui concerne les origines fabuleuses de 
Tournai. Mon examen a tout spécialement porté sur 
le récit du siège de 1340, au sujet duquel je prépare 
depuis longtemps une notice spéciale, et aussi sur les 
événements racontés ailleurs par Jean Nicolaï, et que 
notre Société a publiés jadis (i) d'après le manuscrit 
24052 de la Bibliothèque Nationale. 

Mais avant de parler des matières contenues dans le 
manuscrit de Lyon, il faut dire quelques mots de son 
état matériel : tout en lui est de nature à nous inté- 
resser, car il est essentiellement tournaisien. Il l'est par 
son auteur, qui fut religieux de Saint -Martin, et par 
les matières qu'il renferme et qui, presque toutes, sont 
des chroniques de Tournai ; il l'est même par sa reliure 
qui fut assurément faite par nos artistes. 

Les ais de bois qui en forment les plats sont recouverts 
à l'extérieur en veau. On y voit disséminés sans ordre 
et sans régularité divers poinçons de forme rectangu- 
laire, dans lesquels sont représentés des quadrupèdes, 
des oiseaux, des grifibns. Or ces mêmes poinçons, je 
les avais déjà rencontrés, parsemés avec la même irré- 

(1) Mém. de la Soc. bist. de Touroai, t. II. 



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— 81 — 

gularité sur les plats d'un manuscrit de la bibliothèque 
Desmazières, traitant des droits de la Maison de 
Bourgogne sur la Flandre, l'Artois, etc., et que notre 
regretté confrère considérait comme de facture tournai- 
sienne. Ce qui pour moi confirme désormais cette 
origine tournaisienne, c'est que, sur les plats inté- 
rieurs du manuscrit de Lyon, on a collé deux 
fragments découpés dans une grande feuille de par- 
chemin, dont malheureusement l'écriture à souffert et 
qui ne présentent plus de lignes entières. Pourtant j'ai 
pu constater que ces fragments appartenaient au 
contrat de mariage d'une certaine Marie le Parée, fille 
de feu Jehan, avec un personnage du prénom de 
Gilles, et que les biens de la future gisaient à Ere et à 
Gruson. Ces communes sont voisines de Tournai, où 
l'on rencontre au XIV® siècle beaucoup de personnages 
du nom de Le Paré. 

Arrivons au point le plus intéressant, le contenu du 
manuscrit. Je ne reviendrai pas sur le contenu entier. 
M. A. d'Herbomez s'est chargé de le faire dans une 
savante étude qui a, je l'ai dit plus haut, paru dans 
nos Annales. Je ne m'occuperai donc que de ce qui, 
dans notre manuscrit, a trait directement à l'histoire 
de Tournai. 

De la chronique fabuleuse de notre ville, qui occupe 
les 28 premiers feuillets de notre manuscrit, je ne 
dirai rien, ayant jugé inutile d'en rien transcrire. 
La simple lecture de quelques passages permet de 
dire qu'elle ne diffère pas essentiellement des autres 
chroniques du même ordre que l'on rencontre fréquem- 
ment, et qu'elle n'en est même peut-être qu'une simple 
copie. De ce que Mathieu Grenet appelle son manus- 
crit recoZtecfzon, il ne s'ensuit pas nécessairement qu'il 
soit l'auteur de tout ce qu il contient : on recueille 



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— 82 — 

aussi bien des chroniques antérieures, que ses propres 
souvenirs. 

Ce que je viens de dire de la chronique fabuleuse 
de Tournai, pourrait, je pense, s'appliquer au récit du 
siège de 1340, qui commence au P 62. Bien que le 
texte du manuscrit de Lyon soit absolument diiférent 
de celui du manuscrit de Paris, et que ce dernier 
semble être l'œuvre d'un chroniqueur contemporain 
des événements, je crois que la paternité du premier 
ne doit pourtant pas être attribuée à Mathieu Grenet. 
Pour trancher cette question, il faudrait avoir des con- 
naissances en linguistique plus étendues que je n'en ai ; 
mais en dehors de ces connaissances, il j a une autre 
raison qui me semble avoir sa valeur. 

Si le style dont l'auteur, quel qu'il soit, s'est servi 
dans la narration du siège de 1340 est absolument 
autre que celui du surplus du manuscrit de Lyon, et 
paraît même plus archaïque, la manière de Grenet ne 
s'y retrouve pas non plus. Alors que, dans la portion 
de son œuvre qui semble lui être personnelle, il donne 
une analyse fort succincte des faits dont il fut le 
témoin, l'auteur du récit de 1340 entre au contraire 
dans des détails prolixes sur son sujet ; il va jusqu'à 
consigner les délibérations du conseil de guerre tenu 
entre les Anglais et les Flamands. Il me paraît 
difficile d'admettre que le même auteur se soit montré 
si discret en narrant ce qu'il a pu voir par lui-même 
ou apprendre de première main, et qu'il se soit au 
contraire étendu si longuement sur ce qu'il n'a pu 
connaître que par tradition. Mais ceci n'est qu'une 
opinion personnelle que je soumets humblement à la 
discussion des érudits. 

Ce qu'on peut sans conteste, je crois, consi- 
dérer comme l'œuvre personnelle de Grenet, dans 



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— 83 — 

son manuscrit de Lyon, c'est le récit des événe- 
ments postérieurs à 1470. A cette époque qui pourrait 
bien coïncider avec sa venue à Tournai et son entrée à 
l'abbaye de Saint-Martin, il avait 18 ans; à cet âge 
on voit par soi-même, et les faits importants peuvent 
se graver dans la mémoire. Pourtant ce ne fut que 
vers la fin de sa vie qu'il se résolut à consigner par 
écrit ses souvenirs, et ce fut sans doute vers 1495 
qu'il rédigea sa chronique, en tout cas à une époque 
où, si le souvenir des faits était resté présent à son 
esprit, celui des dates avait cessé d'être absolument 
précis. Un seul exemple suffira, je pense, à justifier 
mon appréciation. 

Au f" 117 de son manuscrit, Mathieu Grenet 
s'exprime en ces termes : « La sepmaine devant la 
S. Jehan Baptiste en juing audit an xxvij (1477), la 
garnison de Tournay courut envers le pont d'Espiere, 
où il y avoit pluiseurs Flamens, et ramenèrent deux 
gentik hommes prisonniers, dont l'un estoit appelle le 
seigneur de le Coichte, et en tuèrent beaucop ; et si 
s'en noya pluiseurs. Et estoient bien en nombre vij ou 
viij™ Flamens, lesquelz Flamens coururent, ardirent 
pluiseurs places comme Warcoing, Chin, Estrœlles, 
Constentain et pluiseurs aultres places envers le Mont 
Sainct Audebert. >» 

A en croire Mathieu Grenet, l'afiaire dont il parle 
eut une certaine importance, puisque sept à huit mille 
Flamands y furent engagés ; et pourtant il n'en est 
rien. Jean Nicolaï, qui nous a laissé le récit de la 
Giien^e de Tournai rédigé en forme de journal, qu'on 
trouve au manuscrit n** 24052 du fonds français de la 
Bibliothèque Nationale, nous apprend que le combat 
du Pont d'Espierres eut lieu le 27 juin 1477, c'est-à- 
dire durant la semaine qui suivit la Saint-Jean. Grenet 



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— 84 — 

nous parle aussi, dans le passage cité plus haut, du 
seigneur de le Coichte, qui aurait été fait prisonnier 
au combat d'Espierres. Je ne connais pas le nom de ce 
personnage, que ne cite d'ailleurs pas Jean Nicolaï. 
Mais ne s'agirait-il pas de Jean de la Vichte qui avait 
été pris le 28 mai précédent, lors d'une petite ren- 
conti'e pendant laquelle le feu fiit mis à Warcoing et 
à Chin? Il se serait donc établi une confusion de dates 
dans la mémoire de notre auteur, qui n'aurait gardé 
que le souvenir de l'ensemble des faits. Je crois que 
cela suffit à justifier l'opinion que j'ai émise sur 
l'époque où notre religieux rédigea sa chronique, qui 
ne nous apprend d'ailleurs rien qui ne fut connu. 

Là où son récit vaut mieux, c'est lorsque Mathieu 
Grenet parle de faits relatifs à l'abbaye de Saint- 
Martin, faits auxquels il prit une certaine part en 
qualité de prieur. 

En 1489 un conflit s'éleva à l'abbaye de Saint- 
Martin pour la possession de la dignité abbatiale 
entre Jehan le Flameng, nommé par le pape, et Jehan 
le Louçhier, l'élu des religieux. Cette affaire, qui dura 
cinq ans, nous a été contée d'une façon toute humou- 
ristique par M. E. Jopken dans une petite plaquette 
intitulée A t abbaye Saint-Martin de Toumay, et cela 
d'après les registres des Consaux. Le récit de Mathieu 
Grenet serait bon à rapprocher de ce que disent nos 
magistrats tournaisiens qui ne semblent pas avoir été 
d'une impartialité parfaite dans cette affaire, et dont 
les dires sont par là fort sujets à caution. 

Une particularité de ce conflit que nous apprend 
Grenet, c'est que les frais des procès, soulevés à Paris 
tant devant le Parlement qu'au Conseil du Roi, 
nécessitèrent la vente ou l'engagement de certains 
objets faisant partie du mobilier de l'église Sainl- 



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— 85 — 

Martin. Ne serait-ce même pas le fait de cet engage- 
ment par les religieux qui aurait donné lieu aux bruits 
de vol que l'on fit courir alors, et que les Consaux de 
Tournai relatèrent dans leur délibération du 16 sep- 
tembre 1491? 

Mathieu Grenet nous donne la liste des objets 
engagés dans cette circonstance. Comme les inven- 
taires, aussi courts qu'ils soient, présentent toujours 
un certain intérêt, je transcris celui qu'il a consigné 
au f* 129 de son manuscrit. 

Furent engagés pour subvenir aux frais des procès : 
« deux grans candelers d'argent dorez en partie et 
esmailliés, pesans xxxvij marcs; la relique saint 
Germain, xxij mars; une saincte Catherine d'argent, 
de xxxiij mars; une grande crois, bois, fer, et tout 
à grans dignitéz, richement aornée, pesant lij mars ; 
deux petits calices et louchettes; ung beau grand 
calice, platine et louchette, de vj mars; la croche 
toute d'argent doré, xxxvij mars; ung bachin qui 
pendoit devant sainct Martin, le patron de Téglise, de 
vj mars; ung encensoir, de iij mars deux onches ; ung 
bénitoir et esperge, de viij mars; une chappe riche 
vermeille, uneaultre bleue, une aultre verde perlisée, 
dicte de Sainct Martin . »» 

Mathieu Grenet nous apprend ensuite qu'il parvint 
plus tard, et dès avant 1500, à dégager une portion 
de ces objets, et ajoute qu'il est à désirer qu'on puisse 
dans l'avenir récupérer le surplus. 

J'ai voulu dans les pages précédentes, rendre compte 
des remarques que j'avais été amené à faire sur ce qui, 
dans le manuscrit de Lyon, concernait spécialement 
Tournai. Ce même manuscrit renferme d'autres travaux 
historiques dont on trouvera la liste dans la note citée 
de M. d'Herbomez. Doivent-ils être attribués à notre 

ANNALB8. V. 6 



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— 86 — 

moine de Saint-Martin? C'est fort possible ; mais je n'ai 
pas eu le loisir, pendant mon court séjour à Lyon, 
d'étudier la question. 



Mathieu Grenet, l'auteur du manuscrit dont je viens 
de parler, est un personnage en général peu connu, 
bien que plusieurs biographes aient signalé son nom; 
mais dans le peu qui en a été dit, bien des erreurs se 
sont glissées. Il ne paraîtra donc peut être pas inutile, 
à la suite de ma petite notice, de rectifier les erreurs 
commises et de combler certaines lacunes, en con- 
densant ce que diverses sources nous ont fait connaître 
sur son compte. 

L'auteur le plus ancien qui, à ma connaissance, ait 
cité le nom de Mathieu Grenet, est le chanoine Wauc- 
quier, qui s'exprime en ces termes : ^ Mathias Grenet, 
prior cœnobii Martiniani, ord. S. Benedicti in urbe 
Tornacensi.... migravit ex hic {sic) vitâ anno Domini 
1511, 14 kal. martii. « (i) C'est peu; et, comme on le 
verra plus loin, ce dernier renseignement est inexact. 

La Biographie nationale de Belgique le fait naître à 
Tournai, ce qui est faux, mais fixe exactement, à un 
jour près, la date de sa mort (2). 

SeulD. Berlière, dans la Revue bénédictine {3), le fait 
naître à Béthune sans pourtant fixer la date de cette 
naissance, et établit celle de sa mort par l'Obituaire de 
Saint-Martin. 

Rétablissons les choses. Mathieu Grenet, c'est lui- 
même qui nous l'apprend dans son manuscrit de Lyon, 
naquit à Béthune en 1452. Son père, sur lequel il ne 



(1) Bibliothèque de Tournai. — Mns. Wauoquier, au nom Grenet, 

(2) T. VIII, P»" fasc, col. 254. 

(3) X« année, n^ 5, mai 1893, p. 235. 



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— 87 — 

fournit d'ailleurs aucune autre indication, s'appelait 
Guillaume; il ne donne pas le nom de sa mère. Heureu- 
sement le manuscrit Créteau, de la Bibliothèque de 
Tournai, supplée à cette lacune et nous apprend qu'elle 
s'appelait Jacqueline d'Ofiay et était fille du seigneur 
d'Acquenbronne. Mathieu Grenet appartenait à une 
famille noble, ou tout au moins bien posée, qui portait 
pour armoiries : d'azur à trois gerbes d'or (i). 

Il était frère d'un autre Guillaume Grenet, qui fut 
argentier de Béthune en 1487-1490, puis receveur de 
la table des pauvres en 1510. A cette même famille 
appartenait également Jean Grenet, chanoine de Saint- 
Barthélémy de Béthune, administrateur de l'Hôpital 
Saint- Jean en 1524 (2). 

Quant à Mathieu, ayant pris l'habit religieux en 
l'abbaye Saint-Martin à Tournai, il devint prieur de 
Saint- Amand de Thorotte, suivant le manuscrit Créteau 
Pourtant l'abbé Gordière ne le cite pas dans son His- 
toire du prieuré de Machemont. En tout cas, il était 
tiers-prieur de Saint-Martin dès avant 1489, commenous 
l'avons vu plus haut à l'occasion du conflit entre Jehan 
le Flameng et Jehan le Louchier pour la dignité abba- 
tiale, puis procureur avant 1500, comme il nous 
l'apprend lui-môme. Il mourut le 16 février 1503 
(n. s.). L'Obituaire de Saint-Martin, publié par D. Ber- 
lière, porte cette simple mention : ^ Mathias Grenet, 
XIV kal. martii 1502. ^ 

Mathieu Grenet fut théologien, historien, littérateur 
et poète. Ses œuvres, sauf une exception, sont restées 



(1) Bibliothèque de Tournai — Mns. no 223, t. IF, f« 30. 

(2) C'est à M. le G*" Menche de Loisnes que je suis redevable des 
indications généalogiques de ce paragraphe. Je le prie d'agréer mes 
remerclments pour sa gracieuse communication. 



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— 88 — 

manuscrites. Je vais indiquer celles qui me sont 
connues. 

Déjà j'ai signalé plus haut, en parlant du manuscrit 
de Lyon, la portion qui en doit être considérée comme 
son travail personnel, c'est-à-dire le récit des événe 
ments tournaisiens postérieurs à 1470, et aussi peut- 
être quelques autres parties du même volume. Comme 
ce manuscrit se termine par un triple itinéraire de 
Tournai à Rome par terre et par mer, il est permis de 
supposer que Mathieu se rendit dans cette dernière 
ville, peut-être pour le jubilé de 1500. En effet ces 
trois itinéraires sont postposés à la narration qu'il 
avait l'intention de rédiger postérieurement à 1501, 
projet que la mort l'empêcha d'exécuter, et dont il ne 
fit qu'écrire le titre. 

Au point de vue historique, on lui doit encore une 
liste des abbés de Saint-Martin j usqu'au 24® , qui s'appelait 
Jean. Cette liste fut rédigée en 1497, et est contenue 
au manuscrit 18177 du fonds latin de la Bibliothèque 
nationale à Paris, d'où elle nous a été signalée par 
notre confrère M. A. d'Herbomez. Cette liste se termine 
ainsi : 

Johannes, vigenus quartus, 

qui nunc preest, ita regnet, 

morte functumque coronet 

hune Christus, ac celos donet 

scriptori Mathie Grenet, 
Anno 1497. 

Le manuscrit Waucquier, de la Bibliothèque de 
Tournai, attribue à Mathieu Grenet un petit traité 
portant ce titre : Epilogus super quibusdam punctis 
principalibus in régula S. Benedicti contentis. Il ne fut 
jamais imprimé, et le manuscrit, sans doute aujourd'hui 



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— 89 — 

perdu, fut longtemps conservé dans la bibliothèque 
de l'abbaye Saint-Martin. La Biographie nationale 
belge ajoute que ce traité était suivi de la Biblia tri- 
partila versificaia et de la Régula SancH Benedicli, 
le tout écrit sur velin. 

J'ai dit que Mathieu Grenet était aussi poète; il fut, 
à ce titre, membre du Puy cCescole de rhétorique de 
Tournai. Le P*" octobre 1482 il prenait part, avec deux 
autres religieux de Saint-Martin, Thomas le Roy et 
Amould de Solbrœcq, au concours de la 19® congré- 
gation tenue sous la présidence de Gérard Chergier. 
Grenet fut l'un des auteurs couronnés, et son œuvre 
est transcrite au registre de la corporation, actuel- 
lement encore conservé à la Bibliothèque de Tournai. 
C'est à cette circonstance qu'elle doit l'honneur d'avoir 
été deux fois imprimée, d'abord dans les Ritmes et 
refrains tournaisiens , publiés par Hennebert pour les 
Bibliophiles montois, puis dans la Revue bénédictine. 

Faut-il, comme le dit M. Albert Keyenbergh dans 
la Biographie nationale, voir en Grenet ^ un des plus 
estimables poètes de la vaillante école de rhétorique 
appelée le Puy de Tournai, école dont la fondation 
remonte au XlIP siècle. Les biographes parlent élo- 
gieusement de ses vers en langue vulgaire, et tout 
indique en Mathieu Grenet un de ces littérateurs 
obstinés qui, au moment où la bataille de Nancy 
consommait l'écroulement de la fortune du Téméraire, 
se disputaient courtoisement la couronne ou le capiel 
des luttes poétiques. « 

Cet éloge me semble fort surfait, et je suis de l'avis 
de D. Berlière qui estime *< que ces poésies ne peuvent 
aucunement prétendre à quelque mérite littéraire, r. 
Pour faire le lecteur juge de la question, je transcris 
ici un petit échantillon inédit de la verve de Grenet. 



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— 90 — 

Son manuscrit de Lyon débute précisément par un 
prologue en vers, dont voici la dernière strophe : 

Sy prions au Roy de Syon 
Jhésu-Crist que Tournay prospère 
France en biens soubz protection 
De sa très digne Vierge Mère 
Et de Pyat et de Eiuthère 
De ceste cité les patrons ; 
Et que passé la mort austère 
Ayons célicques mansions. 
Amen. 

Cette citation, jointe à ce qu'Hennebert et D. Ber- 
lière ont imprimé des œuvres de Grenet, suflSt à jus- 
tifier les doutes que j'ai émis sur son talent poétique. 
La rime y laisse à désirer : ainsi les mots patrons et 
mansions ne forment certes pas une rime riche. Grenet 
laisse aussi parfois échapper des hiatus, tels que celui 
du cinquième vers de la strophe que je viens de citer. 
Mais ici la faute est plus apparente que réelle, comme 
le montre la mesure du vers pour laquelle Télision se 
commande. 

Quelle que soit l'appréciation que Ton pourra faire 
de la valeur de Mathieu Grenet comme historien et 
littérateur, le personnage méritait de ne pas être 
oublié; et jusqu'à ce jour les biographes ne lui avaient 
peut-être pas accordé toute l'attention dont il est 
digne. 

A. DE LA Grange. 



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— 91 — 



Sépulture romaine 

renfermant des Poteries à inscriptions 

RUE SAINT-BRICE A TOURNAI 



Le 7 mars 1900, des terrassiers occupés à creuser 
dans le sol de la rue Saint-Brice à Tournai, un bout 
de tranchée pour rejoindre Tégoût, en face de la rue 
Clercamps, ont mis au jour une tombe à incinération 
de Tépoque romaine très importante par le. nombre 
de vases qu'elle renfermait et plus encore par cette 
circonstance que certains de ces vases sont ornés 
d'inscriptions votives. 

L'ensemble de ces poteries comprend cinq plateaux, 
deux têles, deux bols et un petit plateau en terre rouge 
fausse poterie samienne) une cruchette |en terre rouge, 
un plateau en terre noire contenant les cendres du 
défont (?), enfin cinq vases en terre noire lustrée, dont 
quatre sont pourvus d'inscriptions. 

Ces poteries étaient ainsi groupées : l'urne cinéraire 
au centre, déposée dans une têle, avec un des vases 
noirs, entourée des quatre vases à inscriptions, et sur- 
montée des autres, qui formaient toutes ensemble un 
tas étroit et élevé. 

Nous en donnons plus loin la liste. 

Les vases à inscriptions offrent un intérêt réel 
parce qu'ils sont toujours rares et qu'ils le sont, en 
particulier, dans cette région; ensuite parce que 



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— 92 — 

leur ensemble rappelle le festin funéraire offert aux 
mânes du défunt au moment -de Tinhumation par ses 
parents et ses amis. 

Ces vases sont en fine ten^e rouge foncée revêtue 
par immersion d'un beau vernis ncir à leflet légère- 



ment métallique. Leur forme est élégante et correcte, 
la panse sphérique avec légers renflements ou légères 
dépressions concaves, décorée de rinceaux et de pastil- 
lages faits au moyen de barbotine ou terre blanche 
liquide et d'inscriptions tracées au pinceau trempé 



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— 93 — 

dans cette même terre blanche. Ils mesurent de 14 à 
16 centimètres de hauteur et dîflFèrent par leurs détails, 
bien qu'ils soient tous quatre de même type. Aucun 
d'eux ne porte de marque de potier ni aucun sigle 
quelconque. 

Sur le premier de ces vases on lit : Avete Vos. 

Sur le second : Da vinom. 

Sur le troisième : Vitdla. 

Sur le quatrième : Lucrum fac. 

C'est-à-dire le salut aux convives, le vin, la viande et 
le souhait final* : Bien vous fasse. 

Ces quatre vases par leur forme, leur qualité et leur 
décor, sont assez caractéristiques et il est à remar- 
quer que c'est sur des récipients de cette sorte que 
se rencontrent presqu'exclusivement des inscriptions 
dans le genre de celles que nous venons d'indiquer. 

M. H. du Cleuzion a consacré à ce genre de vases 
tout un chapitre dans son curieux travail sur la Poterie 
gauloise, intitulé de la poterie parlante ; mais parmi les 
nombreuses inscriptions qu'il rapporte ne se trouvent pas 
les quatre textes tracés sur les vases de Tournai, ce qui 
leur donne un mérite nouveau. Ils présentent encore, 
nous l'avons dit un intérêt spécial par leur ensemble 
et l'idée du festin funéraire qu'ils concourent à exprimer. 

Les poteries à légendes sont certainement très 
rares. On n'en rencontre guère dans les descriptions 
de fouilles faites dans cette région. 

Le musée de Tournai en possède deux trouvées en 
cette ville, sans qu'on sache exactement en quel endroit 
ni dans quelles conditions. La première est une petite 
cruche en terre rouge d'un type assez particulier. On 
y a tracé au pinceau les lettres DAMl auxquelles on 
ne peut trouver de signification. La seconde est un 
vase du genre de ceux que nous avons décrits plus haut 



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— 94 — 

avec cinq lettres à demi-effacées parmi lesquelles on 
n'en peut reconnaître qu'une, la lettre E. 

Nous rapprocherons encore de ces vases une autre 
pièce qui a donné lieu à de vives controverses, un vase 
en poterie samienne à panse arrondie, ornée de rin- 
ceaux et de feuilles de lierre, et portant la légende 

G£A^(QTV/\;VAC£//V 

Ce vase qui est conservé au musée du Louvre, pro- 
vient de la collection du 
chevalier Durand ; il a été 
décrit par M. deLongperier 
qui, d'accord avec plusieurs 
savants auxquels il a été 
soumis, n'hésite pas à affir- 
mer son authenticité et à 
le rapporter à l'époque du 
haut empire. La découverte 
des nouveaux vases tournai- 
siens, qui paraissent dater 
du V^ ou du IV siècle, comme le vase du Louvre ne 
peut que confirmer l'authenticité de celui-ci. 

* 

Voici au surplus la nomenclature exacte des vases 
trouvés à la rue Saint-Brice. Ils se divisent en deux 
ou même trois groupes : le premier comprend des 
objets en terrejaunâtre, fine et luisante, recouverte d'un 
enduit rouge appliqué par immersion sur toute la pièce, 
ou bien au pinceau, sur sa face principale seulement, 
et qui lui donne l'aspect de la poterie samienne. 
Aucune de ces pièces ne porte de sigle ou de marque 
quelconque. 



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— 95 — 

1. Cinq plats ronds, de diamètre varié (32 à 
23 centimètres.) 

2. Un petit plateau semblable (diamètre : 16centim.). 

3. Tèle à bord droit avec tuyau d'épanchement, 
orné dun muffle de lion (hauteur 28 cent, diamètre : 

11 cent. 1/2). 

4. Autre tèle de même forme (haijteur 11 centim. 1/2 
diamètre : 26 centim. 1/2). 

5. Grand bol décoré d'une bande doves,et au-dessous 
de huit médaillons ronds (de 5 centim. de diamètre), 
représentant alternativement : Orphée assis, jouant de 
la lyre, et une femme nue, avec un enfant. Ces médail- 
lons sont séparés par une sorte de caducée de grandes 
dimensions ; diamètre du bol 22 centimètres, hauteur 

12 centimètres. 

6. Bol plus petit, décoré sur la panse de 8 médail- 
lons ronds, surmontés d une bande d'oves, ils renfer- 
ment alternativement : une panthère, et deux masques 
scéniques séparés par un thyrse (diamètre : I8cent. 1/2, 
hauteur : 10 centimètres). 

Le peu de netteté de ces médaillons et l'empâtement 
des reliefs permet de croire qu'ils ont été faits par sur- 
moulage, au moyen de moules pris sur des vases 
samiens authentiques. Ce procédé, l'absence de sigles, 
et la qualité de la pâte indiquent donc des poteries de 
fabrication locale. 

7. Petit vase à panse sphérique allongée, pied étroit, 
large ouverture. 

Le deuxième groupe se compose de vases en terre 
fine rouge, revêtus par immersion d'un vernis noir 
légèrement métallique. Ces vases sont légers, de forme 
artistique, bien travaillés, ils ne portent aucune 
marque. 

8. Vase à large ouverture, panse ovoïde avec sept 



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— 96 — 

fortes dépressions dans le sens de la hauteur, ornée de 
quatre lignes horizontales d'un pointillé fait à la 
roulette (hauteur : 15 centimètres). 

9. Vase de forme sphérique, la panse côtelée dans 
le sens de la hauteur, large ouverture, pied étroit. La 
panse est ornée de trois lignes de pointillé fait à la 
roulette, et sur-déçorée de dessins en barbotine blan- 
che sur les côtes, dessins variés figurant des arabesques, 
des pastilles, des lignes ondulées. 

Un peu au-dessus, sur Tépaulement du vase, on a 
tracé, également en terre blanche diluée et appliquée 
au pinceau, les mots A VETE VOS. Hauteur du vase, 
14 centim. diamètre de l'ouverture 7 centim. (Voir la 
première figure de la page 92.) 

10. Vase de forme analogue, la panse orné de sept 
dépressions concaves et circulaires, (pour en faciliter 
l'usage) décor blanc en barbotine un peu difièrent du 
premier et inscription : DA VINVM. Hauteur 16 cent, 
diam. de l'ouverture 7 centim. (Voir p. 92, figure 2.) 

1 1 . Vase analogue, le décor en blanc, varié, et l'ins- 
cription : VITVLA. Hauteur 14 cent. 1/2, diamètre : 
6 centim. 1/2. (Figure 3.) 

12. Vase analogue, panse sphérique unie, décorée 
d'arabesques plus riches et plus variées que les précé- 
dentes, et l'inscription : LVCRVM FAC. Hauteur 
14 centim. diam. 6 cent. 1/2. (Figure 4.) 

Le dépôt funéraire comprenait encore quelques autres 
poteries de genre divers. 

13. Cruchette en terre rouge revêtue d'une engobe 
blanche. 

14. Couvercle rond relevé au centre en forme conique 
et terminé par un bouton. 

15. Petit plateau en terre noire lustrée; fond plat, 
bord légèrement évasé puis rentrant. Diam. 18 cent. 



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— 97 — 

Il renfermait quelques fragments d'ossements et de 
petits cailloux (pierres roulées). 

Tous ces objets ont généralement été trouvés entiers 
et en bon état, grâce à la nature du sol (un sable jaune, 
bien sec) dans lequel ils ont été déposés. 

Us ont été, à l'exception des numéros 7, 10 et 11, 
acquis pour le Musée communal de Tournai. 

On n'a rencontré, auprès des vases, aucune pièce de 
monnaie. 

E.-J. SoiL. 



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98 



Limites de Tancien Cloître 

DE LA CATHÉDRALE. 



Mgr Voisin a autrefois publié, au tome vi de nos 
Mémoires, une intéressante notice sur le cloître de la 
Cathédrale de Tournai. Ce travail est accompagné 
d'un ancien plan et de notes explicatives. En tête de 
ces dernières, l'auteur parle d'un acte intervenu au 
mois d'octobre 1281, entre les délégués du Chapitre 
et ceux du Magistrat, pour régler les difficultés qui 
les divisaient, et fixer les limites des dépendances de 
la Cathédrale. Il donne une partie du texte de cet 
accord, en ayant soin d'ajouter qu'il la tire d'un cartu- 
laire du Chapitre, qu'il estime plus incorrect que celui 
de la ViUe. 

Ayant retrouvé, il y a quelque temps, dans les 
papiers non classés de nos archives communales, le 
texte complet de l'acte signalé par Mgr Voisin, et 
ayant constaté qu'il diffère sensiblement de celui inséré 
dans nos Mémoires, j'ai cru devoir en faire une copie 
qui, figurant dans nos Bulletins, servirait de complé- 
ment au travail de notre ancien vice-président. Voici 
donc le texte de notre parchemin, au dos duquel on lit : 
Dou cierkemanage del attre Nostre Dame. 

** Sacent tout ke comme entre le glise de Tournai 
d'une part, les prouvos, les jurés et le comun de le 
citet de Tournai d'autre part, fust meus débas des fins 



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— 99 — 

de Tattre de le glise Nostre Dame, et li partie des 
prouvos, des jurés et dou comun requesist que li tiere 
sainte fust deseurée de le tiere nient sainte, par le révè- 
rent père Phelippe, par la grasce de Dieu éveske de 
de Tournai, et par homme discret Gautier Bardin, 
balliu de Viermendois, ki pour che desoivre faire avœc 
le veske estoit envoies, si com il disoit, de par le court 
le Roi de Franche, fu faite, dou consentement des par- 
ties de che débat, pais et ordenance en tel manière ke 
toute le tiere ki est deviers le ostélerie Nostre Dame 
entre le moustier et le muret ki est sour le rue, et tout 
ensi ke li murs s'estent et jusques à le maison mestre 
Henri de Baldenghien ki fu, et tout selonc celle maison 
jusques au moustier, et quan ki est dedens ces tiermes 
doit demorer à attre et à saint liu ; le tiere ki est entre 
le moustier deviers le porte de la grange Nostre Dame 
et jusques à Tereste de chele porte ki est plus lontaine 
dou moustier, et de celi ereste jusques à une arkiere ki 
est ou mur de le maison le veske, liquel arkiere est 
plus proismaine au moustier et en lequel il a une pièce 
de fier dentée, et de cheli arkiere jusques à le tourniele 
le veske, et de celi tourniele tout selonc le mur le 
veske deviers le maison mestre Jehan Le Fèvre ki fu, 
jusques al ensengne ke li veskes et li ballius devant dit 
ont là faite là on doit mettre le bousne, et de cheli 
ensengne jusques à une autre ensengne ke li veskes et 
li ballius ont mis entre le chevet de le crois dou mous- 
tier à cheli lés et li maison Aurillette, à lequelle 
ensengne on doit mettre une autre bousne, et de cheli 
ensengne ki faite est ou mur là u est li porte par coi 
on va à cheli lès derrière le moustier, liquel porte est 
derrière le reviestaire, à lequele ensengne on doit 
mettre le tierce bousne; et quan ki est contenu dedens 
ces tiermes, par deviers le moustier, doit demorer à 



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— 100 — 

attre et à saint liu ; et en le tiere ki est desuers ches 
tiermes encontre le maison Jehan Le Fèvre jusques as 
degrés deviers le Monchiel, et tout ensi que li degret 
s'estendent, et de ches degrés au lés deviers le Lormerie 
jusques à Tensengne ki est faite ou mur derrière le 
reviestaire, doit demorer li drois sans à cheaus ki 
devant che desoivre i axoient droit; et si ne doit li 
partie de le glise estouper le porte desous le capiele 
le veske, ne faire mur, ne édefisse, ne autre cose par 
coi li usages d aler, de venir à piet u à keval u à car 
u à carette, ensi com il a estet jusques à ore, soit 
empeechiés; et li partie des prouvos, des jurés et dou 
coumun ne doit en cheli liere, ki estdehuers les tiermes 
del atre, de Tensengne ki est ou mur devant le maison 
mestre Jehan Le Fèvre et le ensengne ki est entre le 
maison Aurilleite et le kevec de le crois dou moustier 
jusques as maisons et jusques as degrés de deviers le 
Monchiel, et ensi que IL degret s'estendent, et de là 
jusques à le ensengne derrière le reviestiaire, faire 
édefisse u mur, u estaus u haions mettre, ne autre cose 
faire par coi les maisons de le glise, ki sont sour cheli 
tiere, soient grevées, u li usages d'aler, de venir à 
piet, à keval, à car u à carette, ensi com il a estet 
jusques à ore, soit empeechiés ; et se aucuns ki ait 
fourfait poine de sane, si loist à savoir mort u menbre 
pierdre, maint u vient à voarant es maisons ki sont 
faites en Tatre ki est deviers le grange Nostre Dame, 
et chil de le glise le sévent, il lo doivent faire issir des 
maisons dedens trois jours, et sil ne le sévent et il 
leur soit apriès fait à savoir par cheaus de le ville, 
chil de le glise le doivent faire issir des maisons dedens 
trois jours apriès chou k'il leur fait ensi à savoir. Et 
li terre ki est derrière le moustier, si que le porte 
deseure dite ki est derrière le reviestiaire et li porte 



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— 101 — 

ki est en costé le maison ki fu mestre Henri de Bal- 
denghien s'estendent, et par dedens ces portes jusques 
as ensengnes ke li veskes et li ballius ont faites, et tout 
chou ki est entre ces portes et ces ensengnes par 
deviers Je moustier, doit demorer à atre et à saint liu ; 
et doivent chil de le ville faire ceste ordenance et ceste 
pais gréer et confremer par les lettres le Roi; et 
parmi ceste pais et ceste ordenance, s'est consentie li 
partie de le glise ke li haie là on vent les dras soit 
rasôourcie par devant sour le Markiet, et en demeure 
à regiet à manière de ghieron (i) de le proismaine 
creste dou mur de le maison ki fu Wauton Galet 
jusques à le proismaine creste de le maison Henri 
Pourret, le jouene, deviers le Markiet, sauf chou que 
del restor des pourfis ke li glise avoit en celi partie ki 
demorra à regiet, doivent li parties deseure dittes 
croire le veske et le bailliu. »» 

Cette pièce, comme on le voit, n'est pas datée ; et il 
serait possible que ce soit là un simple projet d'accord. 
En tout cas, il fut réalisé dans les limites ci-dessus 
déterminées : la preuve en est donnée dans le travail 
de Mgr Voisin. Le seul point nouveau, qu'il n'avait 
pas relevé, c'est la diminution d'étendue de la Halle 
aux draps : sa façade fut recalée de façon à enlever à 
la construction sa forme rectangulaire, en la plaçant 
à l'alignement des maisons voisines. 

A. DR LA Grange. 

(1) Ghieron signifie pan coupé. 



ANNALB9. V. 



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— 102 — 



La fête du Saint-Sacrement 

A SAINTE-GATHERINE 



C'est en 1264 que le pape Urbain IV institua la 
célébration de la Fête-Dieu. Dès le XIV® siècle les 
différentes paroisses de Tournai célébraient avec plus 
ou moins de solennité l'office de l'octave du Saint 
Sacrement. Ce fut en 1373 qu'eut lieu, en la paroisse 
Saint- Jacques, la première sortie de la procession de 
la Fête-Dieu. Peu d'années après, un généreux ano- 
nyme fit à la paroisse de Sainte-Catherine un don con- 
sidérable à l'effet d'y instituer aussi la fête du Saint 
Sacrement. C'est l'Obituaire de cette paroisse, que j'ai 
publié jadis (i), qui nous apprend ce fait : voici com- 
ment il s'exprime. 

« C'est li ordenance del office dou Saint Sacrement, 
transescripte de latin en roumant, que Wuillaumez de 
Grantmés, lors parochyens de le perroche Saint Piat 
en Tournay, a faite et acquise en l'église Sainte Kathe- 
rine, scituée en ladite ville et cyté de Tournay, des 
biens de une bonne personne laquelle ne se vœlt point 
nommer, par la fourme et manière qui s'ensieut. 

« Premiers, a donné li personne devant dite, par le 
moyen de Wuillaume de Grantmés, à ladite église 
Sainte Katherine, deux tourniquiaux de drap de bau- 
dequin estoffés de soie et orfrisiés de drap d'or, fourés 

(l) Bulletins, tome XXV, p. 144. 



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— 103 — 

de pers toille, pour ycheulz draps viestir à faire le ser- 
vice divin en ladite église as soUennités et festez de 
Dieu, de le glorieuse Vierge Marie, de madame Sainte 
Katherine et as aultres festez quand bon samblera, et 
par spécial à le feste et solennité du Saint Sacrement. 

y» Item, a donné encore li personne dessusdite, par 
le main dudit Willème de Grantmés, à ledite église 
Sainte Katherine, Ix florins d'or frans de Franche, 
c'est à entendre viij florins appelles Couronnes de 
Franche pour ix frans, pour yceulx florins mettre et 
convertir al avancement de le verrière servans au 
pignon de le nef deseure le grant huis du portai de 
ledite église, et non ailleurs. 

» Et parmi les dons dessusdits recheus par lesdits 
gliseurs, eulx et leur successeur gliseur de ladite église 
Sainte Katherine seront tenu de faire canter, cascun 
an à tousiours, par le curé, les ij cappellains et le clerc 
de ladite église et parosches, les hœrez canoniaulx le 
jour de le solennité du Saint Sacrement et tous les 
jours des octaves de ladite solennité ; et ossi de canter, 
ledit jour et tous lesdis octaves, le grant messe à note, 
est assavoir : le jour de ledite solennité et le jour des- 
dites octaves, à dyaque et subsdyaque ; et seront tenu 
li doy cappellain, li uns après l'autre, de aidier le curé 
à canter les messes dessusdites, lesdits octaves durant. 

« Ens èsquelles messes li prestres, après le première 
collecte qui sera du Saint Sacrement, sera tenu de 
prier à Dieu pour l'âme de la personne qui ceste orde- 
nance devantdite a acquise et payé, et pour les âmes 
que elle y entendoit à accompaingnier, et en fera com- 
mémoration en disant : Omnipoiens sempitenie Deiis 
qui vivorum dominaris, etc. Et s'il advenoit que dedens 
le jour et octaves dessusdites, il y euist aucuns obis 
ou messes de corps présens, pour ce ne demoront mie 



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— 104 — 

que li messe du Saint Sacrement ne fuist célébrée en 
celui jour devant ou après ledite messe de Requiem. 

r> Et pour tout ce faire que dessus est dit, lidit gli- 
seur seront tenut de payer, des biens del église, cascun 
un à touiours as octaves du Saint Sacrement, au clerc 
de ladite paroche, comme recepveur, la somme de xlv 
s. tourn. pour les distribuer par le manière que s'en- 
sieut, est assavoir : au curé, as ij cappellains et audit 
"clerc qui feront ledit office, à cascun x. s. tourn.; et au 
fossier ou varlet de ledite église, v s, tourn. pour ses 
services chi après déclarés, par condition que li des- 
susdis curés, cappellains et clercs seront tenus de venir 
as matines avant que li première lichon d ycelles soit 
commenchié, sur à perdre sa distribution qui monte 
iiij d. t.; item, à le messe avant que li épitlez soit 
commenchié, sur à perdre iij d. t.; item, as vespres 
dedens le iij* salme, sur à perdre iij d. t.; item, as 
autres hœres est assavoir à prime, tierche, midi, nonne 
et complie, dedens le Gloyna de le première psalme, 
sur à perdre j d. t. pour cascune desdites v hœres ; et 
se aucunes faultes y avoit de venir as dites hœres ainsi 
et par le manière que devant est dit, li prouffis desdis 
défalans revenra et sera à ceulz qui seront présent au 
faire lesdis services. 

>» Item, sera tenus li variés de ledite église de sonner 
les hœres et servir en 1 église le jour et octaves des- 
susdiz, pour les dessusdits v. s. t. 

î» Item, seront tenut li gliseur de livrer lumière 
solennele, acoustumée as solennités en l'église, le jour 
et toutes les octaves de ledite solennité entrues que on 
cantera lesdites hœres. 

» Item, et s'il avenoit que li doy cappellains ne 
fuissent résident en ledite église pour venir as dites 
hœres deument, et que eulx fesissent desservir leurs 



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— 105 — 

cappelles, lidit gliseur, par concel dudit curet, devront 
querre et trouver ij signeurs presjres pour aidier à 
canter les hœres et messes dessusdites par la fourme 
et manière que chi dessus est deviset, Jiquel aroient 
autelles distributions que dessus est déclaré desdis 
cappellains. 

r» Et pour seureté de Tordenance devant dite ainsy 
faire et accomplir cascun an à touiours bien et 
deuwement sans faulte aucune, Jehans Colemers et 
Jehans Cappons, gliseurs de ladite église Sainte Kathe- 
rine, du gré, acort et consentement du signeur Henry 
Dare, prévost de Tournay et de ladite parosce, et 
aussi de toutes les bonnes gens paroschyens de ladite 
parodie ou de la plus saine partie d'ycelle pour ce 
assamblés à son de cloque et par semonse de sergent, 
en la manière deuwe et acoustumée, en ont obligiet 
et obligent tous les biens, rentes et revenues appar- 
tenans à ledite église partout où qu'ils soient et seront. 
Et pareillement du gré, acord et consentement des 
bonnes gens de ledite parosce. Jaques Cabis et Jehans 
Delecourt, pourveur et admenistreur des biens des 
poures de la parosce dite, ont obligiet et obligent tous 
les biens, rentes et revenues appertenans as dis pours 
pour accomplir et payer audit clerc cascun an à touiours 
lesdis xlv s. tourn. au jour dessusnommé, toutesfois 
que faulte aroit es gliseurs dessusdis, pour distribuer 
en la manière que dit est pardessus. 

« Et pour que ce soit ferme cose et mémore perpé- 
tuelle, est-il registre ou messel de ladite église Sainte 
Katherine ; et aussy passé et confermé par messieurs 
de capitle del église Nostre Dame de Tournay, et 
registre oudit capitle. Che fu fait Tan de grâce mil ccc 
quatre vingts et treze, le xxvij*" jour du moys de 
février, v 



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— 106 — 

Plusieurs paroisses de Tournai possèdent des con- 
fréries du Saint Sacrement. Cène fut en général, nous 
apprend notre confrère, monsieur L. Cloquet, qu'au 
cours du XV IP siècle qu'elles furent instituées. Le 
même auteur signale pourtant celle de la paroisse de 
Saint-Nicolas comme remontant au début du XV® siècle. 
L'église de Sainte-Catherine en possédait une plus 
ancienne encore : l'obituaire de la paroisse nous ren- 
seigne en effet le don de certains biens qu'il énumère, 
et ajoute : 

« Et a lidis Jehans de Bruielles ce don fait à le con- 
frarie des torses dou Saint Sacrement en l'avancement 
de une messe à note que li confrères feront dire le 
prochain dymence après le jour des âmes. Che fut fait, 
donné et werpi à loy l'an mil ccc iii" et v ens u moys 
d'avril. « 

A. DE LA Grange. 



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— 107 



NOTE SUR QUELQUES 

anciens droits seigneuriaux 



La législation féodale conférait autrefois aux sei- 
gneurs un grand nombre de droits qui ont disparu avec 
le régime qui leur avait donné naissance. Nous avons 
rencontré un certain nombre de ces droits mentionnés 
dans une proclamation ou criée de vente de la fin 
du XV IP siècle, qui fait partie de nos archives parti- 
culières. C'est cette criée que nous allons reproduire en 
plaçant en note l'interprétation de certaines expressions 
qui, se rencontrant fréquemment dans les actes anciens, 
ne sont plus employées de nos jours et restent souvent 
une énigme pour ceux qui ne sont pas familiers avec 
l'ancien régime féodal. 

On vous faict asscavoir que l'on veuld vendre par 
forme de mise à prix la terre et seigneurie de Bour- 
ghelles (i), qui est ung villaige à clochier se compren- 
dant en quatre fiefs. 

Le premier, nommé le fief de Bourghellesy tenu en 
toute justice haulte, moyenne et basse (2), de la baronie 
de Chisoing, à dix livres de relief à la mort de l'héri- 
tier et le dixiesme denier à la vente; auquel fief de 

( 1 ) Cette commune, aajoard'hui française, faisait partie du baiUiage 
du Tournésis. 

(2) A la haute justice appartenait le droit de « pendre, bouillir, 
ardoir, enfouir, couper membres, *• etc., sauf les cas royaux; à la 
moyenne justice^ de prononcer certaines amendes; A la basse justice^ 
de connaître des rentes et des redevances, de bailler la saisine ou mettre 
en possession, etc. 



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— 108 - 

Bourghelles appertient chacun an, aux termes de 
Sainct Remy et Noël, en argent la somme de vingt 
cincq livres deulx deniers trois parties; item aussy 
chacun an vingt deulx pains et demy , telz que de xxviij 
en la razière ; item aussy chacun an xxviij chapons et 
le sixiesme d'un chappon ; et au terme de my mars 
neuf razières deulx hotteaux et demy d'avoine, mesure 
de Tournay, laquelle razière tournizienne faict nœuf 
havotz largeur de Lille : et le tout deu en nature. Item 
appertient audict fief droict de terraige (i) qui se prend 
sur dix-huyct bonniers douze cens (2) de terres ahan- 
nables ou environ, et une razière de bled sur vingt- 
deulx cens de terres appartenantes à Loys de Lannoy, 
escuier, seigneur de Bersée, pour terraige racheté. 
Tous les héritaiges chargiés desdictes rentes doibvent 
double rente à la mort de l'héritier et le dixiesme pour 
le relief, et celles doibvans ledict droict de terraige à 
l'advenant de vingt solz du bonnier pour le relief à la 
mort de l'héritier et le dixiesme denier à la vente, don 
ou transport quand le cas y eschet, et service en 
court (3) et plais généraux (4) trois fois l'an sur péril de 
l'amende de deux solz parisis pour chacun plaict. 

Duquel fief et seigneurie de Bourghelles sont tenus 
et mou vans sept fiefz et hommaiges debvans divers 
reliefs à la mort de l'héritier et le x® denier à la vente, 
don ou transport. Item appertient encoires audict fief 

(1) Tei^raige^ redevance annuelle sur les fruits de la terre. 

(2) Le cent de terres y mesure de 100 verges, vaut k Bourghelles 
8 ares 86 centiares. Il faut 16 cents pour former un bonnier. 

(3) Service en courte obligation pour le vassal d'assister à certaines 
époques À la cour ou aux plaids de son seigneur. 

(4) Plais généraux^ audiences où se jugeaient les causes de la 
moyenne et de la basse justice, et où se payaient les droits seigneuriaux. 
(Ou, réunion de la Communauté, dans laquelle on discutait les affaires 
d'intérêt général.; 



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— 109 — 

les penoaiges des pourcheaulx (i) au jour de Sainct 
Remy, pour chacun pourchel ung denier ou l'amende 
de soixsante solz ou le pourchel; et avecq ce les ton- 
lieux (2) et maltotes (3), le sang, le larron (4), Testray (5) 
et l'avoir des bastards (e), et Tespave (7) et pareillement 
droict de senne (s) qui est ung droict spirituel et 
temporel. 

Le second fief gisant audict Bourghelles, au bail- 
liaige de Tournésis, lequel fief et seigneurie comprend 
en deulx ténemens par cy-devant réincorporéz et 
réuni tz tout en ung, le p.emier nommé le fief du 
Chasteau où y at maison mannable, grange, estables 
et pluiseurs aultres édifices environnez d'eauwes, avecq 
la motte et jardin, et Taultre fief nommé Hennehourt, 
auquel il y at pareillement fosséz et jardin pourplanté 
d'arbres, contenans tous lesdicts fiefs réincorporéz en 
ung, comme dict est, le nombre de soixsante seize 



(1) Pennaige des pourcheaulx ^ redevance payée par les habitants 
pour le pâturage des porcs dans les bois appartenant au seigneur. 

(2) Tonlieux, droit seigneurial qui se paye par le vendeur ou acheteur 
de denrées et de marchandises» pour les lieux et places qu'ils occupent 
daDs les foires et marchés. 

(3) Maltotes se dit spécialement des impôts sur la bière et les boissons. 

(4) Le satiffy le larron, droit d'exercer justice complète en cas de 
flagrant délit de meurtre ou de vol. 

(5) Estray se dit de tout bien attribué au fisc pour une cause quel- 
conque ; c*est une sorte de confiscation. 

(6) Avoir des bastards, fortune délaissée par un bâtard et faisant 
retour au seigneur. 

(7) Espave, Il y en avait de deux sortes : Tépave mobilière, consistant 
en tout ce qui était perdu, comme argent, vaisselle, bijoux, meubles, 
marchandises, etc. ; et l'épave immobilière, qui était un champ délaissé 
par son propriétaire et qui tombait dans 1 avoir du seigneur par droit 
d*épave, 

(8) ifenne, droit consistant dans la connaissance de certains délits de 
mœurs, et de quelques infractions aux lois de l'Eglise : comme Tadul- 
tère, Tusure, la transgression du repos dominical, etc. 



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— 110 — 

bonniers cincq cens d'héritaige ou environ, tant en 
terres labourables, jardinaiges, pretz et pastures, 
comme en eauwes, viviers et bois, déduction faicte du 
nombre de vingt-trois bonniers vingt-six cens d'héri- 
taige ou environ bailliez en arrentement perpétuel par 
les seigneurs précédens de Bourghelles; auquel fief il 
y at justice vicomptière (i) et singneurie reyère (2), et 
avecq ce haulte justice sur la justice et seigneurie que 
les doyen et chappitre de l'église Nostre-Dame de 
Tournay ont en aulcunes pai^ties dudict Bourghelles à 
cause de leurs six vicairies enclavées en ladicte 
seigneurie ; et sy appertient au seigneur dudict fief la 
cognoissance des délictz commis en ladicte seigneurie 
du Chappitre et les amendes adjugées pour blessure à 
sang de bataille, debvoyes (3) de larron, et pareillement, 
en tous lesdicts fief et seigneurie, telz droictz touchant 
lesdicts cas et aultres que à justice viscomptière peult 
et doibt appertenir; et avecq ce pluiseurs aultres 
droictz, aucthoritéz et prééminences et meillieur 
cathel (4), sur ladicte terre du Chappiltre.Tous lesquels 
soixante seize bonniers cincq cens d'héritaige ou 
environ du gros du fief se comprendent asscavoir en 
un beau lieu masnoir amasé de maison mannable, 
grange, esta blés et plusieurs aultres édifices, contenans 
parmy jardins, motte environnée d'eauwes, pretz et 
pastures, le nombre de seize bonniers sept cens ung 

(1) Justice vicomtière correspondait & la moyenne justice, et en 
partie à la haute. Le seigneur vicointier avait droit A une justice parti- 
culière de deux piliers. Le Haut-justicier avait droit & trois piliers, 

(2) Seigneurie reyère, droit de connaître des cas royaux. Rejère 
vient du latin rex, 

(3) Delvoyes signifie détour, ruse, fraude. (Dict. de Roquefort.) 

(4) Cat?iel (droit de meilleur), droit en vertu duquel le seigneur 
prenait, après le décès de ses vassaux, le meilleur meuble de la succes- 
sion, & son choix. 



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— 111 — 

quarteron d'héritaige ou environ, et en terres à labeur 
vingt-deulx bonniers unze cens trois quartrons, que 
tient en censé Josse Foutry, en rendant chacun an, wit 
et quercquiet (i), asscavoir pour les louaiges cent 
soixante livres pari sis, et pour les terres à labeur le 
nombre de quatre- vingt razières de bled goUonée et 
vingt razières de fourment,le tout mesure de Tournay ; 
item, en ung beau vivier contenant, parmy eauwes, 
motte et jardin de Hennehourt et crettes, sept bonniers 
d'héritaiges ou environ, que tient en ferme Nicaise 
Ladan, en rendant chacun an deulx cens cincquante 
livres parisis; item, en trente bonniers deulx cens de 
bois ou environ, pourveuz de grand nombre de fort 
beaux chesnes, dont se vend chacun an la raspe avecq 
les chesnes y estans, au prouffict du seigneur, déduction 
faicte de xviij à xx bonniers de bois, nommez le bois 
d'Antoing, quy est un aultre fief cy-apprès déclaré. 

Item, appertient encoires à ladicte seigneurie ung 
molin à vent, servant à meudre bled, que tient en 
ferme Martin Lolivier, en rendant chacun an, à quatre 
termes en Tan, trente vj rasières de bled, mesure dudict 
Tournay, que de mueulture. 

Item, appertient encoires à ladicte seigneurie, en 
rentes seigneuriales, chacun an, au terme de Sainct 
Remy , en deniers louiziens six solz dix deniers parisis ; 
item, en denier tournois au terme de Noël, Ixxij solz 
un denier quatre parties; item encoires, audict terme 
de Noël, xxiiij solz iiij deniers; item encoires, audict 
terme, iiij"v pains et demy, telz que de xxviij en la 
razière; item encoires, chacun an audict terme de 
Noël, cent dix chappons trois quarts et demy et le 
vj*' d'ung, comprins deulx chappons que la pauvreté 

(1) Wit et quiercquiétj c.-à-d. quitte et chargé. 



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— 112 — 

dudict Bourghelles doibt pour dix bonniers deux cens 
xvj verghes de terre par cy-devant donnez auxdicts 
pauvres par les seigneurs dudict Bourghelles; item 
encoires, audict terme de Noël, trois poulies, et au 
terme de my-mars, quatre razières quatre hotteaulx 
d'avaine, mesure dudict Tournay. Lesquelles rentes 
lèvent et cœuUent sur grand nombre d'héritaige et 
terres quy doibvent double rente de relief et le 
X® denier à la vente, don ou transport. Item, au terme 
de la S' Jehan, douze aigneaulx et demy quart d ung 
à xiiij solz flandres chacun aigniel, dont les héritaiges 
chargés desdictes rentes doibvent à la mort de l'héri- 
tier soixante solz louiziens et le x® denier à la vente, 
et service en court. Item, en Iviij bonniers et demy de 
terre tenus dudict fief du Chasteau, quy doibvent à 
cause d'icelles, chacun an au jour de S^ Jehan Baptiste, 
à Tadvenant de huict bonniers ung mouton, portant 
sept moutons et quart, sixiesme,cincquante-quatriesme 
et cent-huyctiesme d'ung, au pris de xxviij solz le 
mouton. Item appertient encoires à cause dudict fief 
du Chasteau, droict de prendre terraige, asscavoir de 
dix garbes Tune, sur dix bonniers terres lab urables, 
quy doibvent à la mort de l'héritier vingt solz tour- 
nois, à la vente xxxij solz tournois. Item, doibvent 
pareillement, audict terme de S^ Jehan Baptiste, 
vingt-quatre bonniers et demy de terres labourables, 
tenues de Hennehourt, asscavoir les xij bonniers ung 
mouton, font deulx moutons et le vj® d'un mouton à 
xxviij solz chacun mouton. Item, y at en ladicte 
seigneurie vingt-six à vingt-sept bonniers de terres 
tenus dudict fief de Hennehourt, qui doibvent terraige, 
asscavoir de dix garbes l'une, quy doibvent xx solz 
X deniers de relief à la mort de l'héritier et le 
dixiesme denier à la vente; tout lequel droict apper- 



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— 113 — 

tienc auxdicts fiefs que au fief de Bourghelles cy- 
dessus déclaré, avecq une grange tenant ladicte censé 
en laquelle ceux, doibvans ledict droict, sont tenus de 
mener les avétures en procédans, que tient en ferme 
ledict Josse Foutry en rendant chacun an la somme de 
cincq cens livres parisis. Item, appertiént à ladicte 
seigneurie plusieurs arrentemens portans, chacun an 
au terme de S* Jean, en argent j^'x livres xvj solz 
iiij deniers oboles parisis; item, enchappons,au terme 
de Noël, xxxix chappons demy et le tierch d ung en 
plumes, qui se lèvent sur lesdicts vingt-txois bonniers 
unze cens d'héritaige qui solloyent par cy-devant estre 
du gros de la seigneurie ei bailliez en arrentement 
perpétuel par les seigneurs précédens dudict Bour- 
ghelles. Desquels fiefz ainsy réincorporéz en ung sont 
tenus et mouvans quatorze beaulx fiefs et hommaiges 
debvans divers reliefs et le x® denier à la vente, don ou 
transport, et service en court ; avecq ce doibvent plu- 
sieurs re tiers courrouwées (i) en Tan et fenaiges (2) au 
Pret'à-la-plancque, en nombre de iiij'^^'ix courrouwées 
et demy et le tierch d'une à ij solz vj deniers; et se 
doibvent service en court, plais trois fois Tan, sur péril 
de lamende de cincq solz louiziens pour chacun plais ; 
tonlieux, sur péril de x solz d'amende; maltote, le 
sang, le larron, le meilleur cathel, les pennaiges au 
jour de S^ Remy entre deulx soleilz, pour chacun pour- 
chel deux deniers ou l'amende de soixsante solz ou le 
pourchel. Lesquels deulx fiefz réincorporéz, terre, 
justice et seigneurie de Bourghelles, tenus du Roy, 
nostre Sire, à cause de sa court de Maire en Tournésis 
en justice viscomptière desdicts bailliaiges à soixsante 



(1) Courrouwées^ c.-â-d. corvées, terme encore aujourd'hui employé. 

(2) Fenaiges, fenaison des prairies. 



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— 114 — 

solz louiziens de relief à la mort de Théritier et le 
dixiesme denier à la vente. 

Le troisiesme fief se consistant en une des paieries 
de Mortaingne, tenus du Roy nostre Sire, de sa terre 
et ville dudict Mortaingne pour estre icelle terre 
dudict Mortaingne réincorporée au gros du fief dudict 
Tournésiz, à quatre livres dix solz tournois de relief, 
comprins xx solz tournois de cambrelaige (i); se con- 
sistant icelle en certain droict qui se prend tant sur 
moUues, herreng, saulmon, sorretz, Fel et aultres 
marchandises arrivans audict Mortaingne. Laquelle 
pajerie de Mortaingne, Vincent Solbreucq, demeurant 
audict Mortaingne, tient en ferme en rendant chacun 
an cincquante livres parisis. Item, à cause de ladicte 
payerie est deu, chacun an au terme de Noël, sur 
vij bonniers de prêt tenant à Thospital dudict Mor- 
taingne, xlv solz parisis, et pareillement, audict 
terme, encoires xx solz par an sur iiij cens d'héritaige 
tenans aux murs de ladicte ville, lesquels ne se scavent 
recouvrir. 

Et le iiij® fief se consistant encoires en xviij à 
XX bonniers de bois, gisans audict Bourghelles, 
nommés le bois dAntoing, pourveuz de grand nombre 
de fort beaulx chesnes, tenus du Roy nostredict Sire à 
cause de sa court de Tournésis, à 1 solz louiziens de 
relief à la mort de l'héritier et le x*" denier à la vente. 

A quoy s'il y at quelcun qui désire en faire Tachapt 
ou en avoir plus particulier déclaration, se poldra 
addresser vers Jehan du Pont, recepveur de ladicte 
seigneurie, quy en at toute charge et communiquera 
les devises et conditions du marchié. 

A. DE LA Grange. 

(1) Cambrelaige, droit de fief dû au seigneur à chaque mutation. 



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— 115 — 



Les bannerets français 

A LA BATAILLE DE ROSEBECQ (i382). 



Le Registre de Cuir noir des archives de Tournai 
est une sorte de chronique, dont la première partie fut 
rédigée, presque au jour le jour, durant le cours des 
XIII* et XIV* siècles. Parmi les documents de cette 
dernière époque, j'en ai rencontré un ((^42) qui renferme 
la liste des Bannerets qui, en 1382, accompagnèrent 
le Roi de France dans son expédition de Flandre. 

Le récit de la bataille de Rosebecq a donné lieu à 
de grandes contestations historiques; il existe une 
relation française, et aussi une autre flamande. A 
laquelle faut-il donner la préférence? C'est une ques- 
tion que je ne tenterai pas d'examiner. D'ailleurs les 
quelques indications que fournit le registre que j'ai 
sous les yeux ne font qu'indiquer sommairement le but 
du voyage du roi et le résultat obtenu. Son plus grand 
intérêt réside dans la liste, rédigée par un contem- 
porain, des principaux personnages qui accompa- 
gnèrent le roi, et qui complète celle fournie par 
Froissart. Plusieurs de ces noms sont estropiés; la 
nomenclature n'en est peut-être que plus curieuse au 
point de vue linguistique, car elle nous initie au lan- 
gage tournaisien, le scribe ayant, dans son journal, 
consigné les noms tels que son oreille les avait enten- 
dus. C'est à titre de curiosité que je transcris le récit 
et la liste que nous a conservés l'annaliste contemporain. 



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— 116 — 

«* L'an de grâce mil ccc iiij** et ij, le joedi xviij® jour 
du mois de décembre, vint premiers à Tournay Charles, 
par la grâce de Dieu fil de jadis le roy Charles de 
bonne mémoire darrain trespassé, qui Dieux pardoinst; 
et estoit ledit roy Charles en Teage de xiiij ans ou 
environ, et venoit de le conté de Flandres pour mettre 
à obéyssance pardevers lui, comme sires souverains 
de le conté de Flandres, cheaux de le ville de Gand. 
Philippe d'Artevelde, kief et souveraine capitaine de 
ceulx de Gand, et leurs complices, consors et adhé- 
rens, lesquelx par leur forche, puissance et desraison- 
nable voulenté, comme gens séditieux, conspirateurs 
et conmovens de peuple contre raison et toutes bonnes 
meurs, animé de l'art de Tanemy , eulx rendans rebelles 
et désobéissans à Dieu premièrement, au roy nostre 
sire et monseigneur de Flandres leur seigneur naturel, 
avoyent icelui conte de Flandres, par leur forche et 
puissance, escachié hors de ledite conté, ars, démoly 
et abatu pluiseurs castiaux, maisons et forteraiches 
dudit conte et des chevaliers de son pays, ochis très 
grant nombre de ses gens et subgés tant nobles comme 
aultres. Et nonobstant les dis excès et délis ainsy fais, 
commis et perpétrés par les dis de Gand, Artevelde et 
leurs complices, le Roy nostre sire, par plusieurs fois 
pour iceulx mettre en accord et pour les maux eschieù- 
vèr, euist envoyé saiges et discrés seigneurs monsei- 
gneur Tévesque de Laon, monseigneur de Raineval, 
panetier de Franche, monseigneur Ernault de Corbie, 
souverain précédent {sic) en Faiblement, et monseigneur 
Ghy de Hocourt, lesquelx seigneurs, par le command 
du Roy nostre sire, avoient pluiseurs messaiges envoyés 
pardevers les dessus dis rebelles pour avoir saufconduit 
pour aler par les bonnes villes de Flandres pour eaux 
mettre en accord, lesquelx rebelles ne s'y volrent 



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— 117 — 

onques consentir se premiers Audenarde et toutes les 
aultres bonnes villes et forteraiches de le bonne dite 
conté ne leur estoient mises en leur obéyssance; et que 
pis fu le dit Philippe volt retenir les me«saigés qui 
par les dis seigneurs estoient envoyé pour cause de 
monstrer la bonne volenté que le Roy nostre sire avoit 
de eaux mettre en accord se à eulx ne tenoit. Et pour 
les très grans orreurs, rebellions et désobéyssances que 
avoient fait les dis de Gand et s eflorchoient de faire 
Philippe d'Artevelde et si compliches, le Roy nostre 
sire, accompaigniés de très grand nombre et cantité 
de seigneurs, princes, barons et aultres, montans à 
l'estimation et somme de Ix"" personnes, gens d'armes 
et aultres gens de cheval, firent sommer de rechief les 
dis malfaiteurs, liquel, obstiné en leur malvestre, n'y 
volrent entendre. Et sour ce le Roy nostre sire et les 
seigneurs estans en sa compagnie combatirent les dessus 
dis Flamens au lieu nommé Rosebiecq sur le Mont 
d'or, lesquelx Flamensestoient bien en sommelmhommes 
de piet ou environ ; et furent iceulx Philippe d'Arte- 
velde et chil de Gand desconfy sur mains d'espase que 
de deux heures, et y eubt en le piéche de terre mort 
et ochis jusques au nombre de xxv"" Flamens et plus, 
avec le dit Artevelde, qui tous furent laissiet sur les 
camps. Et furent à la dite desconfiture faire, avec le 
Roy nostre sire, les prinches et seigneurs dont les 
noms sont cy après escrips et contenus, sans les aultres 
seigneurs dont il y en avoit bien iij™ et iij*". 

CM apriès s'ensieuwent li noms des comptes, dux et 
chevaliers banerés qui ont esté avoecq le Roy nostre 
sire en le bataille de Rosebecq en Flandres, qui fu le 
joedi apriès le Sainte Katerine l'an mil ccc iiij''* et 
deux. 



ANNALES. V. 



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— 118 — 

Premiers, 
Le Roy Charles, nostre seigneur, 
le duckde Berry, 
le duc de Bourgongne, 
le duc de Bourbon, 
le conte d*Eu, 
le conte de la Marche, 
le conte de Mortaingne ; 

Dou pays de Franche, à bauière : 
le conte Daumartin, 
mesire Pierre de Villers, 
le sire de Garanchières, 
le sire vidasme de Chartres, 
PatrouUet de Trie, 
le sire de Bouville, 
mesire NicoUas Braque, 
Le Béghe de Villaines, 
le sire de la Roche, 
mesire Guy le Boveux ; 

Dou pays de Bretaigne, à banière : 
mesire Olivier de Clichon, connestable de Franche, 
le conte de Longheville, 
le sire de Rès, 
le sire de Lyon, 
le sire de Derval, 
le sire de Biaumanoir, 
le sire de Toregny ; 

Dou pays du Maine, à banière : 
le sire de Laval, 
le sire de Foellort ; 

Dou pays d'Ange, à banière : 
sire Jehan de Cran ; 



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— 119 — 

Dou pays de Touraine, à banière : 
le sire de Caumont, 
sire Pierre de Chevreuses ; 

Dou pays de Normendie, à banière 
le conte de Harcourt, 
le marissal de Blainville, 
]e sire d'Estouteville, 
le sire de Clerce. 
le sire de Torssy, 
le sire de Hanbée, 
le sire de Courchielles, 
le sire de Coursy, 
le sire de Biaucamp ; 

Le pays de Berry, à banière : 
le conte de Sanssoire, 
le marissal de Sanssoire, 
le conte d'Aufay ; 

Le pays de Bourgongne, à banière : 
le conte Doumaire, 
le sire de Chalons, 
le sire de Roy, 
le sire du Croix, 
monseigneur l'Amiral, 
mesire de Vergy, 
le sire de Sobrenon, 
le sire de Raint, 
mesire Jehan de Chalons ; 

Du pays de Campagne, à banière : 
le conte de Braine, 
le conte de Porsyen, 
le conte de Grampret, 
le conte de Saumes, 



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— 120 — 

le conte de Fiennes, 
le sire de Castillon ; 

Du pays de Vermendois, à banière 
le sire de Couchy, 
le sire d'Aufémont, 
le chastelain de Brambais, 
monseigneur Jehan de Roye, 
le sire de Cleny, 
le sire de Labée, 
le visconte d'Aunay, 
le sire de Hangier, 
le sire de Hegueville, 
le sire de Rainval, 
mesire Walerand de Raineval ; 

Du pays de Corbie, à banière : 
mesire de Mailly, 
Payen de Mailly, 
le sire de Saucourt, 
Courbert de Rebainpret ; 

Du pays d'Artois, à banière : 
le sire de Villers, 
le conte de Fauquembergue, 
le conte de Blers, 
mesire Enguerrand Duedin, 
le sire de Sempy; 

Du pays de Flandres : 
le conte de Flandres, 
le sire de Ghiestiell, 
le sire de Dixemue, 
le sire de Wervy, 
le sire de Haluin, 
le sire de Reningheflier, 



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— 121 — 

le Haze de Flandres, 
le sire de Grutus ; 

Du pays de Hénault, à banière 
le conte de Converssanh, 
le sire de Havrech, 
le sire d'Antoing, 
le sire de Chin, 
le sire de Berlaimont; 

Du pays de Rains, à banière : 
le conte de Saint Pol, 
le Chancelier de France. 



A. DE LA Grange. 



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122 — 



Discours sur les imperfections 

DU CHASTEAU DE TOURNAT 



Sous ce titre, un auteur anonyme a consigné dans un 
recueil manuscrit, qui fait partie de ma bibliothèque, 
une sorte de chronologie des gouverneurs de Tournai. 
La succession de ces personnages n'est pas chose nou- 
velle, et Poutrain, dans son Histoire de la ville et cité 
de Tournai, leur a consacré un chapitre spécial. Il ne 
sera pourtant pas sans intérêt, croyons-nous, de préci- 
ser d'une façon absolue la date de l'entrée en fonctions 
de chacun de ces gouverneurs. C'est ce que fait notre 
anonyme, et c'est ce qui nous engage à le reproduire. 

« Pour vrayement sonder le fondement de ceste 
matière, il faut demander à ceux quy tant présument 
de leur expérience et cognoissance des affaires de la 
guerre, Toppinion qu'ilz ont de la prudence de feu 
Charles 5® de ce nom et du Roy nostre sire, seigneurs 
et maistres naturels de ce pays et consécutivement du 
susdit chasteau et ville, assavoir en premier lieu sy le 
tenoient pour conservation dudit lieu et ville, ou pour 
place abandonnée et de nulle importance. 

Mais comme est force, confessent qu'elle méritoit 
d'en faire grand cas, pour estre tirées des mains et 
resort de la France Tan 1521, et de grand sang par 
les hérésies pululantes en laditte ville dois l'an 1530. 
Est à conclure nécessairement que lesdits princes 



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— 123 — 

auroîent porté soing nécessaire et remédié aux incon- 
véniens qui pouroient succéder pour la surprinse des- 
dits lieux ; et pour la conservation et garde d'iceux, ilz 
auroient commis seigneurs dignes de telle charge, et 
de quy leurs majestés se pouroient confier. 

Suivant ce, l'empereur Charles a commis le gouver- 
nement desdittes places à monseigneur Don Fernande 
de Lannoy, chevalier de l'ordre, seigneur tant accord 
quy, par ses mérites et prudence, a esté digne d'estre 
vice-roy de Naples. 

Auquel est succédé en la susdite charge du chasteau, 
monseigneur de Lannoy, aussi chevalier de Tordre et 
beau-père du jadys prince d'Orange; et son lieutenant 
ftit monsieur de Billemont. 

Lequel par résignation succéda audit gouvernement 

N (Adrien) d'Ognies, et après, par vocation 

rojalle, feuz les princes d'Espinoy et sénéchal de 
Haynault, et son lieutenant monsieur du Hautpont; 

Monseigneur de Montegnies, 

Monseigneur le comte de Rœux, tous chevaliers de 
l'ordre et chefs des bendes d'ordonnances ; 

Jacques de Blondel, chevalier, seigneur de Cuyncy, 
Manchecourt, Sausoy, etc., lequel créa son lieutenant 
gouverneur, le premier de septembre 1568, Juan 
Hannart de Toledo, escuyer, seigneur de Bisselinghe. 

Le prince d'Espinoy fut commis gouverneur de par 
les Estats. 

Le 22 de may 1583, après la réduction de la ville 
de Tournay, Philippe de Récourt, baron de Liques, fut 
commis gouverneur et grand bailly de Tournay et 
Toumésiz; et le seigneur de Bisselinghe, son lieute- 
nant gouverneur, fut mandé par le feu ducq de Parme 
et remis en son premier estât de lieutenant gouver- 
neur, après avoir esté saisy prisonnier de par les 



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— 124 — 

Estais et le prince d'Espinoy, et tous ses biens pillés, 
prins et emportez par le mandement desdits Estats et 
prince d'Espinoy pour avoir tousjours suivy la partie 
et vouloir estre fidel à feu Sa Majesté Catholicque ; et 
est mort en icelluy de lieutenant gouverneur le dernier 
jour de Tan 1589. 

Le 19 de janvier 1591, Philippe de Croy, chevalier, 
seigneur de Moulbais, capitaine de la garde des 
archiers de corps de Sa Majesté Catholicque, arriva en 
la ville de Mons, venant d'Espaigne, avec tiltre de 
comte de Solre-Chasteau et commission de gouverneur 
et grand bailly des ville et chasteau de Tournay et 
Tournésiz. — Le 24 ledit seigneur comte preste le ser- 
ment es mains de Son Altèze en la ville de Bruxelles. 
— Le 3 d'avril ledit comte se trouva aux Estats que 
Ton tint en Tournay. 

Le 29 d'avril 1591, le seigneur de Ber^acq, lieute- 
nant de monseigneur le comte de Solre, entra avec sa 
compaignie wallonne nouvellement levée au chasteau 
de Tournay. Ledit jour le seigneur Mathieu Corviny, 
capitaine d'une compaignie bourguenonne, ayant tenu 
garnison avec icelte compaignie et commandé au 
chasteau, sorte dudit chasteau avec sadittecompaignie 
après avoir délivré es mains propres de monseigneur 
le comte touttes les clefs tant dudit lieu que de la ville. 

Le premier jour de may ledit seigneur comte de 
Solre fait son entrée en la ville et chasteau de Tournay, 
accosté de monseigneur le prince de Chimay et accom- 
paignié de grand nombre de noblesse et principaux de 
ïaditte ville et bailliage du Tournésiz. 

Le 8 de mars 1612, le seigneur comte de Bruay, 
chevalier de l'ordre de Saint- Jacques, gentilhomme de 
la chambre, premier escuier de Leurs Altèzes Séré- 
nissimes, gouverneur et grand bailly des ville et chas- 



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— 125 — 

teau de Tournay et Tournésiz, etc. , fist son serment en 
Bruxelles; et le 4 de juillet, fit son entrée dedeans 
ladite ville et chasteau, et morut en Bruxelles le 
14* jour de décembre 1614. 

Le 31 janvier 1615, Charles de Lalaing, comte 
d'Hoostraten, faict gouverneur de Tournay. 

Le 7 de may 1624, entrée du comte de Mildebourg, 
gouverneur. 

Le 14 d'octobre 1625, le comte de Vertain est 
gouverneur au lieu du comte de Mildebourg terminé. 

Le 3 de juillet 1636, monseigneur le ducq d'Havre 
est admis gouverneur au lieu du comte de Vertain, 
créé gouverneur de Lille. 

Le 27 de novembre 1640, advertence de la mort 
dudit gouverneur le duc d'Havre. 

Et depuis pour gouverneur monseigneur le duc 
d'Havre, apparavant viscomte de Langle, comme 
ayant espousé la vesve de son frère prédécédé, laquelle 
est duchesse d'Havre, lequel at eu grandes difficultéz 
contre le magistrat de la ville ; lequel at succédé au 
mois de mars 1649 au gouvernement de Luxembourg 
à son excellence Becq (de Beck) lequel at esté blessé en 
bataille sur les rieux du lez vers Béthune, et est mort 
en aoust 1648. 

Au gouvernement de Tournay at succédé monsei- 
gneur Gillon-Otto marquis de Trazegnies, en caresme 
au mois de mars 1649, lequel at espousé la vesve à son 
excellence le comte de Mildebourg, tante paternelle à 
son excellence le comte d'Hoostrate. 

Le 6"^ de juing dudit an at faict son entrée à son 
gouvernement avec joie et du peuple. 

A. DE LA Grange. 



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— 126 — 



Le Baron Amaury de la Grange 

1842 A 1900 



Amaury Louys de la Grange, des Barons de 
la Grange et de Murouvaicœ, naquit à Tournai le 
26 avril 1842, de parents français, habitant cette ville 
depuis longtemps (i). 

Un de ses ancêtres, d'origine lorraine qui avait suivi 
en France la Reine Marie Leczinska, en qualité 
d'écuyer, s'établit dans le Nord, alors la Flandre fran- 
çaise où, depuis, sa famille s'allia aux premières 
familles de la région, les Stalens (d'Ypres), de Buissy, 
de Mortagne et Landas, Malet de Coupigny, etc. 

Ses arrière-grands-pères paternel et maternel le baron 
de la Grange et le comte de Chanteraine furent investis 
des fonctions de chevaliers d'honneur au Parlement 
de Flandre, à Douai, et les gardèrent dans leur famille, 
jusqu'à la suppression de ces charges. 

Son père, le baron Charles- Auguste de la Grange 
épousa à Tournai en 1836 Clémentine Cécile de Briois 
d'HuUuch, d'une famille d'émigrés (2); il eut trois 



(1) C'est à Touroai que naquirent aussi ses deux frères, le Baron 
de la Orange, chef de bataillon, chevalier de la Légion d'honneur, habi- 
tant le château familial du Fayt à Cobrieux et M. Gustave de la Orange, 
propriétaire, à Bourghelles (France). 

(2) Elle était fille de Gabriel de Briois d*HulIuch, officier au régi- 



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Le Baron Amaury de la Grange 

1842-1900. 



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— 127 — 

enfants, Fernand, Gustave et Amaury, et habitait au 
quai de l'Arsenal, où mourut sa femme, en 1854. 

Les armes de la famille de la Grange sont d'azur à 
la croix dor, accompagnée de 20 billeites de même^ 
qui est DE Choiseul-Meuse, portant en abîme de giceules 
semé de grains de sel d'argent, à l'ours en pied 
enchaîné, d'or, armé lampassé et colleté d'azur, qui 
est DE LA Grange. Supports, deux hommes sauvages 
au naturel; couronne de baron (tortil). 

L'existence d'Amaury de la Grange fut assez nomade, 
non seulement par ses fréquents changements de rési- 
dence mais encore par la liberté d allures que lui laissa 
son père, môme de son vivant, et qu'il conserva toujours 
dans la suite. Né à Tournai il fut conduit en 1850 à 
Caen où il fit ses études moyennes à la pension Sainte- 
Marie avec ses deux frères. Deux ans après, il allait 
habiter à Douai chez sa grand'mère, née Malet de 
Coupigny. 11 avait perdu sa mère très jeune et son 
père avait quitté Tournai pour aller résider en Nor- 
mandie, où il mourut en 1871. A Douai, il acheva ses 
cours moyens et fut reçu bachelier ès-lettres en même 
temps que bachelier ès-sciences. Il part ensuite pour 
Paris, y fait ses études de droit et, celles-ci terminées, 
vient se fixer à Tournai où il devait passer la plus 
grande partie de sa vie. Mais en même temps il avait 
conservé un pied à terre dans la banlieue de Paris où 
il se retira en 1894. C'est là que le 5 mars 1900 il ter- 
mina ses jours après une longue et pénible maladie 
supportée avec une rare énergie et soufierte avec une 
résignation toute chrétienne. 

Sa santé avait d'ailleurs toujours été délicate et 
c'est sans doute l'obstacle qui l'empêcha d'embrasser 

ment de Castries, chevalier de Saint-Loais, et d'Aimôe-Rose de la Croix 
d'OgimoDt. 



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une carrière (i) dont les obligations l'auraient astreint 
à des devoirs peu compatibles avec les soins qu'elle 
nécessitait ; mais il n'en eut pas moins une vie très 
remplie, utile à beaucoup, et embellie par l'étude et le 
travail. 

de la Grange fut longtemps fabricien de la paroisse 
Saint-Brice à Tournai, membre de la commission des 
archives et de la commission des musées de Tournai, 
enfin membre, puis président de la Société française 
de bienfaisance en cette ville. Ces diverses fonctions 
ne furent pas pour lui de vains titres, car il s'appliqua 
à les remplir très efiectivement prenant une part active 
à l'administration des commissions dans lesquelles il 
siégeait. La Société française de bienfaisance lui doit 
en grande partie sa prospérité, grâce au zèle avec 
lequel il la reconstitua après une crise qui avait menacé 
jusqu'à son existence. En dehors de ses qualités d'admi- 
nistrateur, il eut maintes occasions d'y montrer la 
générosité de son cœur et l'abondance de sa charité, 
qui, pour être discrète et cachée, n'en fut pas moins 
inépuisable. Il donnait largement, et avec discerne- 
ment, sans que jamais la crainte de faire un ingrat 
arrêtât l'élan de sa charité. Homme de foi et d'oeuvres, 
doué d'une grande pratique des hommes et des affaires, 
mûri par une expérience faite hélas, comme toujours, 
à ses dépens, il était devenu le guide et le conseiller 
de beaucoup et l'aumône d'un bon conseil, plus pré- 
cieuse souvent que l'aumône matérielle, il ne la refusa 
jamais à personne. C'était un ami fidèle, et dévoué, 
un guide sûr et éclairé. Son indépendance était 
grande. Sévère pour lui-même, il s'exprimait nette- 



(1) Il s*était un momeDt disposé à entrer dans Tadministration des 
eaux et forêts. 



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ment sur les hommes comme sur les choses, et sa 
parole un peu embarrassée parfois dans la conversation 
familière, devenait vibrante et chaude quand il soute- 
nait une opinion qu'il croyait juste, quand il flagellait 
une lâcheté ou un vice. 

Ayant opté à sa majorité, pour la nationalité fran- 
çaise, il remplit toujours avec scrupule ses devoirs de 
citoyen, et lors de la funeste guerre de 1870-71, n'in- 
voquant pas l'excuse qu'aurait motivée sa santé délicate, 
il partît bravement rejoindre les mobiles du Nord, à 
Douai, prêt à faire le coup de feu pour sa patrie! 

Toute la vie d'Amaury de la Grange fut consacrée 
à Tétude, et les diplômes de lettres, de sciences et de 
droit qu il avait acquis à Douai et à Paris le prépa- 
rèrent admirablement aux travaux historiques qu'il 
devait entreprendre par la suite et qui occupèrent tout 
son temps jusqu'à ses derniers jours. 

C'est en 1880, à l'occasion du Congrès tenu à Tournai 
par la Société française d'archéologie, qu'il fut pré- 
senté comme membre titulaire de notre Société, et élu 
en cette qualité le 9 juillet de cette année. Dès le 
14 octobre suivant, il lisait sa première communica- 
tion à la Société, ayant pris pour objet de son étude 
Yancien puits de la Grand'place de Tournai et à partir 
de cette époque il ne se passa pour ainsi dire plus une 
séance sans qu'il y assistât et y fit le plus souvent 
quelque communication. On verra plus loin la liste 
aussi complète que possible de ses publications ; nous 
ne pouvons cependant pas nous dispenser d'énumérer 
ici les principales. Une étude sur les troubles de 1422 
à Tournai, parue dans le tome xvii de nos Mémoires 
(1882) ; les Entrées de Souve^^ains à Tournai, tome xix 
des Mémoires (1885); Etudes sur Vart à Tournai 
publiées en collaboration avec M. L. Cloquet dans les 



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tomes XX et xxi de nos Mémoires, années 1887 et 
1888 et dans lesquelles il a consigné un nombre consi- 
dérable de notes relevées dans nos archives locales sur 
toutes les branches des arts et des industries artis- 
tiques ; œuvre longue et patiente à laquelle il a con- 
sacré plusieurs années et qui atteste la variété et la 
sûreté de ses connaissances. — Extraits analytiques 
des registres des Consaux (tome xxiii, année 1893), et 
enfin des Extraits de testaments toumaisiens qu'il a 
donnés en deux fois, dans la nouvelle série de nos 
publications (Annales, tomes ii et iv) recueil de docu- 
ments abondants et précieux sur les arts, les mœurs 
et les familles de Tournai. 

Tous ces travaux sont faits avec beaucoup deméthode, 
composés uniquement sur pièces d'archives; publiés 
avec le plus grand souci d'exactitude et étudiés avec 
les procédés d'une sévère critique. Aussi demeureront- 
ils eux-mêmes comme des documents de premier ordre, 
que l'historien, l'artiste, l'archéologue pourront tou- 
jours consulter avec une entière sécurité. 

de la Grange n'a pas peu contribué, par ses patientes 
recherches et la sûreté de son argumentation à resti- 
tuer à notre ville le grand peintre Roger de le Pasture, 
ou Van der Weyden, dont certains historiens voulaient 
faire un Bruxellois. Un de ses derniers travaux, adressé 
à TAcadémie royale d archéologie traite cette question 
de main de maître. Il prit part à la plupart des Congrès 
archéologiques belges depuis 1885, comme à ceux de 
la Société française d'archéologie et à chacun d'eux il 
se fit remarquer par l'abondance et l'exactitude de ses 
connaissances historiques et archéologiques. 

Il collabora à diverses publications archéologiques, 
Revue de l'art chrétien. Revue de la Flandre wallonne. 
Messager des sciences historiques, Annales de l'Aca- 



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— 131 — 

demie d'archéologie, Société d'archéologie de Bruxel- 
les, etc., et édita directement quelques ouvrages : 
Crayon généalogique des familles de Landas et de 
Moriagne. — Fragments généalogiques, — Généa- 
logie des familles Louys de la Grange et Quellerie de 
Chantraine (i). 

Enfin il laissa plusieurs notes manuscrites qui sont 
imprimées dans ce présent volume d'Annales. 

Nommé bibliothécaire de la Société le 10 février 
1887, il fut déchargé de ces fonctions, sur sa demande 
en 1896, après son départ de Tournai. 

Mais son éloignement de cette ville ne l'empêcha 
point de prendre part aux travaux de notre Société. 

11 avait emporté, dans son ermitage de Bois-Colombes 
beaucoup de notes qu'il utilisa par la suite pour les 
travaux destinés à nos Ânilales. Il fit mieux, et plu- 
sieurs fois l'an, faisant coïncider ses voyages dans 
notre pays avec les dates de nos réunions, il assista à 
nos séances. Sa dernière présence parmi nous date du 

12 octobre 1899. 

Lorsque la mort vint le frapper, le 5 mars 1900, 
sa famille fit suivre dans les lettres de faire part, son 
nom de cette seule mention : 
Membre de la Société historique et littéraire de Tournai. 

C'est qu'en effet ce titre résume en quelque sorte 
toute sa vie dans les vingt dernières années de son 
existence, et lui assure une place honorable parmi les 
écrivains de notre époque. 

Nous donnons ci-après la liste aussi complète que 

(1) Ces derniers travaux sont extraits en grande partie des riches 
archives conservées par son frère le Baron de la Grange, au château 
du Fayt, à Cobrieux, archives très importantes pour un grand nombre 
de familles de la région du nord, et classées dans vm ordre par&it par 
leur propriétaire. 



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possible, des travaux du baron Amaury de la Grange, 
liste dressée d'ailleurs par lui-même jusqu'en 1895. 

E..J. SOIL. 



LISTE DES PUBLICATIONS 

du Baron Amaury de la Grange. 

1 . Crayon généalogique des familles de Landas et de Mortagne. 

2. Fragments généalogiques. 

3. Généalogies des familles Loujs de la Grange et Quellerie 

de Chanteraine. 

BnUetins de la Société historique de Tournai. 

4. T. XX, p. 161. L'ancien puits de la GrandTlace. 

5. " p. 176. Les notes de Jacques Frajère. 

6. « p. 202. Rentes du clergé, au XIV® siècle. 

7. " p. 206. Note sur la corporation des tailleurs de 

pierres. 

8. « p. 216. Histoire du couvent des Clairisses. 

9. •» p. 239. Note sur d'anciennes fortifications à Saint- 

Génois. 

10. " p. 247. Un cartulaire toumaisien du XlIP siècle. 

11. » p. 251. Tentative de vol à l'église Saint-Brice, 

en 131L 

12. - p. 263. La famille Yolent (1317-1806). 

13. » p. 272. Une histoire manuscrite de Tournai. 

14. » p. 281. Une charte inédite de 1194. 

15. » p. 307. Les argenteries de la ville de Tournai. 

16. T. XXI, p. 9. Robert Campin. 

17. " p. 10. Tableaux pour les prestations de serment. 

18. " p. 21. Funérailles de Mai'ie-Thérèse d'Autriche 

(1683). 

19. " p. 40. Comptes de la recette générale du Hainaut. 

20. » p. 76. Extraits des registres du Parlement de Paris . 

21. « p. 89. Contrat pourlareprésentationd'unMystère, 

en 1505. 

22. *» p. 93. Le puits du Grand Marché. 

23. » p. 99. Travaux à la Halle de Saint-Brice. 



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24. T. XXI, p. 106. Une candidature officielle en 1486. 

25. '• p. 119. Mobilier de la chapelle Saint-Jacques, à 

Saint-Piat. 

26. » p. 124. Pierre tumulaire de Jehan Cambrj, à 

Saint-Quentin. 

27. » p. 13 1 . Description sommaire de quelques matrices 

de sceaux. 
,148. Encouragements aux Belles-Lettres. 

209. La capitulation de Tournai, en 1667. 

19. Un menu de banquet en 1570. 

36. Jean de la Forge, auteur tournaisien. 

55. Traitement de la rage. 

58. La librairie d'un Bourgeois de Tournai, en 
1477. 

171. Note complémentaire sur d'anciennes for- 
tifications à Saint-Génois (T. xx, p. 239). 
p.l73.Bertrand-Quinquet,imprimeuràCompiègne. 

188. Confrérie de Saint-Donat, à l'église Saint- 
Brice. 

250. Note sur le Temple de Saint-Léger. 

253. L'Ave Maria de la Paix. 

268. A propos de TEvéque des fous, à Tournai. 

283. Mobilier usuel de l'église Saint-Brice, 
en 1285. 

291. Une chapelle épiscopale, en 1335. 

303. A propos d'une tapisserie de la ville. 

308. De l'introduction et de la fabrication des 
orgues à Tournai. 

338. A propos des compagnons-pilotes. 

340. Hypothèse fantaisiste sur le lieu de nais- 
sance de Robert Campin. 

6. Quelques manuscrits de l'ancienne biblio- 
thèque du Chapitre. 

11. Obituaire de la paroisse de Saint-Piat. 

107. A propos des verges dans l'enseignement. 

110. Documents relatifs à quelques anciens 
monuments de Tournai. 

50. » p. 241. Compte-rendu d'une excursion au château 

de Le Loire. 

51. " p. 292. Relation d'une excursion à Saint-Ghislain 

et à Boussu. 

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52. T. xxm, p.355.Quelquesai'tistestournai8iensduXIV®sièclé. 

53. »» p. 368. A propos de la citadelle de Tournai. 

54. « p. 376. Note sur la chapelle Saint-Pancrace. 

55. » p. 385. Les Ladam, artistes toumaisiens. 

56. T. XXIV, p. 8. Jacques de la Porte et ses œuvres. 

57. » p. 94. Note généalogique sur les de la Barre de 

Mouscron. 

58. »♦ p. 135. Inventaire de Thôpital Saint-Lehire (1443). 

59. " p. 163. Le sphérographe A. P. van Langeren. 

60. n p. 177. Le manteau de Notre-Dame du BruiUe. 

61. » p. 181. Collège de Notre-Dame de Tournai, à 

Padoue. 

62. » p. 185. Deux anciennes sculptures en bois. 

63. » p. 215. Notes extraites des registres des consaulx 

(17« siècle). 

64. f p. 236. Chapelle castrale du Quesnoj, à Pottes. 

65. r, p. 384. Les Filles de Sainte-Agnès. — Les 

Capucines. 

66. n p. 466. Compte-rendu du congrès d'Orléans. 

67. T. XXV, p. 35. Confrérie de la Passion, puis de TAgonie. 

68. - p. 46. Note sur Jeanne de Bachy. 

69. n p. 62. Les voirs-jurés. 

70. » p. 128. Le centenaire de la procession de Tournai 

en 1692. 

71. » p. 144. Obituaire de la paroisse Sainte-Catherine. 

72. n p. 170. Sculptures en neige. 

73. n p. 173. Un feu de joie en 1696. 

74. n p. 183. Société de concerts, fondée en 1774. 

75. « p. 228. Le livre de raison des Marescault. 

76. » p. 250. AHistes tournaisiens à Douai. 

77. » p. 304. Nicolas Mido était-il anversois ou tour- 

naisien ? 

78. f* p. 317. La bibliothèque du baron de Montignj. 
70. n p. 338. Ancienne trésorerie de Téglise Saint-Piat. 

80. r* p. 373. Histoire de Téclairage public à Tournai 

(1275-1893). 

81. » p. 418. Le refuge de l'abbaye de Cambron, à 

Bruges. 

82. n p. 436. Congrès aixhéologique de Saintes et La 

Rochelle (en collaboration avec Mon- 
sieur E.-J. Soil). 



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— 135 — 

Mémoires de la Société historique de Tournai. 

83. T. xvn, p. 291. Troubles à Tournai (1422-1430). 

84. T. XIX, p. 5. Les Entrées de souverains à Tournai. 

85. T. XX et XXI. Etudes sur Tart à Tournai (en collaboration 

avec M. L. Cloquet)." 

86. T. xxm. Extraits analytiques des registres des consaulx 

(1436-1480). 

Revue de Fart chrétien. 

87. Les monuments funéraires tournaisiens au moyen-âge (en 

collaboration avec M. L. Cloquet). 

Revue de la Flandre "Wallonne. 

88. 2® série. T. vi. Note sur la commune de Cobrieux. 

89. »♦ T. vn. Généalogie de la famille Malet de Coupi- 

gny (en collaboration avec le C® P. du 
Chastel). 

Messager des sciences historiques. 

90. T. XLV. Note sur la corporation des tailleurs de pierres de 

Tournai. 

91. »» Le caiûllon d'Audenarde. 

Annales de TAcadémie d'archéologie de Belgique. 

92. 4® série. T. vi. Pierre de Hauteville et ses testaments. 

Société d'archéologie de Bruxelles. 

93. T. vn, p. 241. L'unifomie du régiment du Roi d'Espagne, 

en 1701. 

94. T. vm, p. 114. L'album de musique du XV® siècle, du musée 

de Tournai. 

Annales de la fédération archéologique belge 

(Congrès de Bruges). 

95. Note sur la comptabilité de la ville de Tournai. — Rapport 

de la section d'iiistoii'e. 



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Annales de la Société historique et archéologique de Tournai. 

96. T. I, p. 13. Recherches sur Torigine d'une ancienne 
coutume. 
27. Deux chartes de 1234. 
31. Un chirographe inédit du XIP siècle. 
38. Un musicien tournaisien du XVP siècle. 
47. Une boite de dépôt des archives de Tournai. 
97. L'ancienne chapelle Saint-Éloi. 
113. Le refuge des templiers à Tournai. 
122. Bouts nmésdu XIIP siècle. 
149. Un testament posthume en 1649. 
259. Un lithographe du XV® siècle. 
342. Note complétaire sur le Pont des trous. 
350. A propos d'un sceau en terre cuite. 

108. T. II, p. 1. Choix do testaments tournaisiens antérieurs 

au XVP siècle 1897, 366 pages. 

109. T. rv, p. 5. Extraits de testaments tournaisiens (1501- 

1791) 1899. 230 pages. 

110. T. m, p. 24. Rectification à un vieux procès-verbal. 

111. » p. 107. Les vraies aimes de Tournai et le sceau 

de la ville. 

112. » p. 137. Contribution à la biographie tournaisienne. 

113. » p. 175. Conflit à propos d'une robe. 

114. T. V, p. 5. Sur la politique des Rois de France à Tournai, 

au début du XV® siècle. 

115. » p. 79. Mathieu Grenet et son manuscrit de la Biblio- 

thèque de Lyon. 

116. " p. 98. Limites de l'ancien cloître de la cathédrale. 

1 17. » p. 102. La fête du Saint-Sacrement à Sainte- 

Catherine. 

118. n p. 107. Note sur quelques anciens droits seigneu- 

riaux. 

119. » p. 115. Les Bannerets français à la bataille de 

Rosebecq. 

120. » p. 122. Discours sur les imperfections du chasteau 

de Toumay. 



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— 137 — 

121. T. V. Anciens contrats d*apprentissage. 

122. n Cérémonial du renouvellement de la loi. 

123. » Une collection de tableaux et d'antiquités. 

Annales de l'Académie royale d'archéologie. 

124. Notice sur Roger de le Pasture, peintre tournaisien. 



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— 138 — 



Les Despars à Tournai 

DE 1380 A 1486. 



Une généalogie qui donne une origine erronée à la 
famille Despars a été imprimée trois fois au moins 
dans la seconde moitié du XIX® siècle. 

Due à l'imagination de l'historien brugeois Nicolas 
Despars, descendant au cinquième degré de Coppart 
Despars premier auteur connu de la filiation directe, 
elle fut acceptée sans contrôle. 

La première édition que nous en ayons vue, date 
de 1858. Elle est insérée dans la publication de 
J. Gailliard, titrée ** Bruges et le Franc « où elle se 
trouve dans le tome II, page 460 (i). 

La deuxième, un peu modifiée, nous apprend que 
le chevalier Rombaut Despars fut tué dans le combat 
de Blois, bien que Gailliard le fasse périr dans la 
bataille de Tours (2). Ce travail est l'œuvre de James 
Weale que recèle dans ses pages 353 à 407, le 
tome II de •« la Flandre ?>, paru en 1869. 

C'est la partie la plus inexacte de cette dernière 



(1) a la page 461 , se trouvent des détails aDti-cbronologiques et faux 
sur le mariage qu'aurait contracté Jein Despars avec une fille de 
Michel de Mérutoe dit de la Hamaide, seigneur de Condé, Renaix, etc , 
et de Jeanne de Lille. Pour écrire pareille chose, il faut ignorer tout 
de la noble et illustre maison db lb Hamaidb, éteinte quant à la lignée 
masculine légitime, dans la seconde moitié du XV** siècle. 

(2) Inutile de dire que Rombaut Despars est un personnage mythique. 



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— 139 — 

filiation que Mgr Voisin introduisit dans le tome XIV 
des BtUleiins de la Société historique et littéraire de 
Tournai, où elle figure à la page 48. 

Voilà pourquoi, nous venons anéantir toutes les 
assertions mensongères concernant les trois premiers 
degrés de la famille Despars^ au moyen des nombreux 
documents que nous avons découverts dans les Archives 
tournaisiennes. 

La généalogie que nous donnons ci-dessous est 
désormais irréfutable. 

I. iV.... Despars fut père de deux fils : 

1° CopPART (sans doute Jacques, dit) DESPARS, 
qui suivra, II. 

Z^'CoRNiLLE (Cornélis, Cornélius) Despars, marchand. 
Il fut reçu bourgeois de Tournai en payant 50 sols 
parisis, le 7 août 1381, en même temps que son frère 
CoppART (i). Le testament de ce dernier nous apprend 
que Cornille mourut avant le 27 septembre 1400, 
laissant veuve D®"** Jaque('linë) Fiévée. 

Dans un acte passé à Téchevinage de S*-Brice, 
le 4 mai 1408, on lit que D®"® Jaque Fiévée, veuve de 
Cornille Despars, possédait une rente « frarelle « en 
ayant pour co-ren tiers Pierre de le Motte et Jehan de 
Baissi (de Bachy). — Et un acte du même échevinage, 
daté du 15 mars 1419 (1420 n. st.), fait connaître 
que ladite veuve était cousine germaine de Jehan 
Fiévet (2), fils de feu Jaques. 



(1) Archives dk Tournai. 6^ Registre de la loi (N*> 136), folio 25, 
recto. 

(2) FiÉVRT. Un Jehan Fiévet, bailli de Cisoing en 1369, portait : 

d à la feuille de trèfle d , accompagnée en pointe de 2 petites 

feuilles de trèfle d ; Vécu brisé en chef d'un lambel à trois pen- 
dants d (G. Dbmay. Les Sceaux de la Flandre, t. 1, n« 4645). — 



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— 140 — 

Cornille Desp ars laissa une fille : 

A. AndrtVwtoe/te(Andrinette, Andriene ou Adrienne) 
Despars. Elle est nommée comme légataire dans le 
testament de sa tante d'alliance, D®"* Catherine 
de Holay, veuve de Coppart Despars (9 octobre 1400). 
Plus tard, on la trouve en compagnie de sa cousine, 
Marie Despars femme de Qrard Boinhome, dans le 
2""* Registre du Cartulaire des rentes dues par Tournai 
en 1428, au folio 22, verso. Elle épousa, en 1416, 
Philippe Tanart (i), marchand vinier, bourgeois de 
Tournai par relief fait le 12 février 1416 (ou 1417 
n. st.) (2), éwardeur pour la paroisse de Notre-Dame 
en 1420, échevin de la cité dès 1425, puisjuré à diverses 
reprises et second prévôt en 1428-29 et 1439-40, ce 
qui lui valut la qualification de Sire. Peut-être fut-il 
fils de Lotart Tanari, dit le Taintenier, fils feu Jehan, 
bourgeois de Tournai par achat fait le 29 octobre 1395 
(8* Registre delà loi, coté 138, folio 10), lequel était 
fromagier de son métier. Sire Philippe Tanart et 
Adrienne Despars étant sans postérité, se ravestirent 
le 21 décembre 1454 (3). 

C'est le 13 mai 1468, qu'étant veuf, Sire Philippe 
fit un testament dans lequel il déclara vouloir être 
enterré dans le Prayel (préau) du cloître de l'église de 
Notre-Dame de Tournai, près de sa défunte épouse. 11 

Ud Gilles Fiévety homme de fief de Hainaut à Viès-Condet en 1449, 

portail: d ^aucheioron d , accompagné de trou oiseaux d.,,,.. 

Cimier : un oiseau entre un vol. Supports : deux lions; celui de dextre, 
léopardé, (Archivbb db l'Etat a Mons, Fonds du Couvent des Char- 
treux de ChercÇy Pièces scellées). 

(1) En 1416, un autre Philippe Tanart était tabellion royal à 
Tournai. (Chirographes de fa Cité), 

(2) ÀRCHIVK8 DB Tournai. 40* Registre de la loi, (N^ 140), folio 12, 
recto, 

(3) Nous n'avons pu trouver la date du décès d' Adrienne Despars, 



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— 141 — 

mourut avant le 21 dudit mois, et eut pour héritier 
ses parents du nom de de Nyeules. 

Quant aux hoirs d'Adrienne Despars y ils nous sont 
connus pai* un acte passé à Téchevinage de la cité, le 
15 mars 1468 (1469. n. st.). Ce furent : « Vénérable 
et discret Monsieur Maistre Richart Bonhomme, cha- 
noine et escollatre de l'église de Tournai >» ; D*"® Marie 
Despars, veuve de Jehan de le Vincourt; Marcq 
Despars, frère de ladite D^"° Marie; Thiéry le Brun, 
époux de D^^® Marie Bonhomme ; Toussaint Bonhomme, 
et Jehan Maldeurée^ mari de D®"® Catherine Dbspars. 

II. Coppart (soit Jacqites) Dbspars, marchand dé- 
tailleur de draps, selon son testament, fut reçu bour- 
geois de Tournai, en payant 50 sols parisis, en même 
temps que son frère Cornille, le 7 août 1381. Son 
testament fait à Tournai, le 27 septembre 1400, y fut 
approuvé par les maïeur et échevins le 16 octobre de 
la même année et plus de sept jours après son trépas, 
comme le démontre la date du testament de sa veuve (i). 
Il avait épousé D®"® Catherine dk Holai (2), issue d'une 
famille noble du Hainaut qui prenait son nom du flef 
de Holai sis à Celles-Molembaix et relevant de la 
seigneurie du Chasteler (à Pottes-sur-l'Escaut). Ceite 
damoiselle paraît avoir été fille d'une D®"®Ghenoye(3), 
car elle avait pour cousin germain, Jehan Ghenoye, 
fils de la D*^* veuve de son oncle Jehan Ghenoye. 
Devenue veuve avant le 9 octobre 1400, elle testa ledit 
jour et mourut avant le 16 octobre, en la paroisse de 
Notre-Dame à Tournai. 

(1) Archives db Tournai. Testaments ^ \^ Paquet de Tan 1400, 
N^>*85et 103. 

(2) DB Holai : d'argent au chevron de gueules ^ accompagné de 
trois heurtes (tourteaux d^azar). 

(3) Ghbnotb : d ^ àla tête et col de licorne d,... 



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— 142 — 

Coppart Despars choisit pour exécuteurs testamen- 
taires, Sire Gervais, prêtre, curé de la paroisse de 
S^-Quentin; Jehan de Granraing, Jehan de le Haye 
et Jehan Ghenoye, mais sa femme, qui désigna les 
mêmes personnages, leur adjoignit sa fille, Marie 
Despars. 

Les époux DesparS'de Holai eurent neuf enfants 
dont nous avons pu retrouver trace ; ce furent : 

P N.... (peut-être Catherine) Despars, femme de 
Colart GossET, tanneur. Elle mourut avant le 27 sep- 
tembre 1400 et son époux reçut de son beau-père, un 
legs de vingt livres tournois. 

2^ Jehan DESPARS, qui suivra, III. 

3"* Dame Margherite Despars, religieuse à l'abbaye 
de Marquette près de Lille. Son père parle d'elle dans 
son testament, mais ce n'est que dans celui de sa mère 
qu'on rencontre son prénom. Elle mourut le 24 août 
1404, et c'est en 1405 que son décès fut enregistré 
dans les Comptes généraux de la ville de Tournai. 

4° Marie Despars, née vers 1377, est dite âgée de 
37 ans en 1414 (i). Elle est nommée dans les testa- 
ments de ses père et mère, et son époux est désigné 
par nom et prénom dans le compte d'exécution du tes- 
tament de Coppart Despars, rendu le 10 février 1406. 
Elle épousa Gvérart Bonhomme, marchand épicier, 
ainsi qualifié dans le testament de son beau-frère, le 
notaire Jaques Pilart, acte approuvé par les maïeur 
et échevins de Tournai, le 7 juin 14 13. — Veuve avant 
décembre 1415 (2), Marie Despars testa à Tournai, 
dans la paroisse de Notre-Dame, le 19 novembre 1441 , 



(1) Archives db Tournai. Registre des rentes de 4404 à 4444, folios 
29 et 30. 

(2) Idem. Compte de Veώcution du testament de Catherine db Cres- 



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— 143 — 

en présence de Piérart Bousin, Adam de Rebecque et 
Loys Crudenaire, notaires de la Cour spirituelle de 
l'Evêque de Tournai. Par cet acte, qui fut approuvé 
le 22 novembre, elle désigna pour exécuteurs de ses 
dernières volontés. Sire Philippe Tanart, son cousin 
par alliance; Thomas Greamme, son beau-frère, et 
Théri le Brun, son gendre. 

Elle légua à son frère, Théry Despars, une rente 
viagère de 14 francs qu'elle avait sur la ville de Douai 
aux vies de ses autres frères-. Jaques et Andrieu 
Despars. 

De son mariage, étaient venus quatre enfants dont 
trois lui survécurent. Ils suivent tous sous les lettres 
A, B, C, D; ce sont : 

A. Jehan Bonhomme, dit âgé de 28 ans en 1431 (i). 
Il mourut avant sa mère car il n'est pas rappelé dans 
son testament. 

B. Maistre Richart Bonhomme, prêtre, chanoine et 
écolâtre de la cathédrale de Tournai, se trouve nommé 
dans un grand nombre d'actes tant ecclésiastiques que 
civils (2). Mort après le 29 mai 1469 et avant le 
17 juillet 1470, il fut inhumé dans le cimetière de 
l'église de Notre-Dame à Tournai. 

C. Toussaint Bonhomme, marchand épicier, est dit 
âgé de 23 ans en 1431 (3), de 40 ans en 1449 et de 
55 ans en 1463 (4), ce qui met sa naissance à la fin 
de l'année 1408. Il acheta le droit de bourgeoisie à 



PBLLAINB8, dite ffanielle, veuve de Jaques Davbsnes, rendu le 
26 décembre 1415. 

(1) Idem. Registre des rentes de 4499 à i4S4, folio 54, recto. 

(2) Archives db Tournai. Chirographes de la Cité. Layettes des 
années 1455. 1460 et 1469. 

(3) Idem. Cartulaire des rentes de 4429-34, folio 54, recto. 

(4) Idem. Cartulaire des rentes de 1468, folios 217 et 407, verso. 



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— 144 — 

Tournai, en payant 50 sols parisis, le 12 mars 1442 
(1443 n. st.), après avoir épousé avant novembre 1441 , 
Clare de le Lis, qui est dite âgée de 24 ans en 1449 et 
de 38 ans en 1463, ce qui place sa naissance en 
Tannée 1425 (i). — Propriétaire de la terre seigneu- 
riale de le Plancque, sise à Herzeaux, Toussaint 
Bonhomme mourut en mai 1474 et sa veuve expira le 
14 août 1484 (2). Cette demoiselle était sœur de Marie 
de le Lis, femme de Colart de le Fosse dont nous avons 
parlé dans le tome III des Annales de la Société 
historique et archéologique de Tournai, page 228. 

Les époux Bonhomme-de le Lis n'ayant pas postérité, 
leur succession fut partagée entre leurs héritiers col- 
latéraux qui formaient quatre lignes ; c'étaient : Pour 
le mari : Philippine le Brun, veuve de Jehan de 
Grantraing, et les enfants de feue Isabiel le Brun ; 
les dites D*"*'^ le Brun étant nièces du déftint ; Et pour 
la femme, ses deux plus proches parents. Jaques 
DE LE Lis et Colart de le Fosse (3). 

D. Mariette, ou Ma7He Bonhomme, femme avant 
novembre 1441, de Théry ou Thierri le Brun, mar- 
chand épicier et apothicaire, mort à Tournai dans la 
paroisse de S*** Marguerite, avant le 11 janvier 1472 
ou 1473 n. st. (4). De ce mariage, vinrent deux filles, 
lesquelles suivent : 

A. Isabiel le Brun. Elle est mentionnée dans le 
testament de son père comme étant décédée après avoir 
été mariée à M''"® Jehan le Brun, licencié-ès-droits, 



(1) Idem, ibidem, idem. 

(2 et 3) Idem, ibid., idem. — Chirographet de la Cité, Acte da 
15 fôv. 1486 (87 n. st.). 

(4) Idem. Testaments. Paquet de Taonée 1472. Testament de 
Thôrj le Bruo, îbâx le 27 juillet 1470, approuvé après décès, le 1 1 janT. 
1472. 



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— 145 — 

conseiller du Roi de France en sa Cour de Maire- 
lès-Toumai. 

B. Phelippb ou Philippine le Brun, née vers 1447, 
mourut le 31 janvier 1505 ou 1506 n. st., (i,) après 
avoir épousé en 1461, Jehan de Grantraing, seigneur 
d'Aigremont (à Ennevelin), etc., bourgeois de Tournai 
par relief fait le 8 mars 1461 ou 1462 n. st., mort 
avant le 15 février 1485 ou 1486 n. st., lequel était 
fils de Jaques de Grantraing seigneur d'Aigrement (2), 
qui avait relevé sa bourgeoisie de Tournai, le 3 jan- 
vier 1436 ou 1437 n. st. (3). — Le premier juin 1475, 

(1) Archivbs db Tournai. Cartulaire des rentes de 1493, 1. 1, p. 48. 

(2) Th. Leuridan. Statistique féodale du Département du Nord. 
La PftvBLB, extrait in-S^ du Bulletin de la Commission historique du 
Nord, Lille, L. Danel, 1877. Page 48. 

(3) Jaques db Grantraing était fils de Jehan I de Grantraingy 
bourgeois de Tournai, sergent d'armes du Roi de France, propriétaire 
à Grandreng et à Leptines ^Estinne-au-Mont), et seigneur d'Aigremont 
(à Ennevelin), comme cela est dit dans son testament approuvé à 
Tournai, le 3 fév. 1426 (1427 n. st.). Ce Jehan ayant eu deux femmes, 
Tune inconnue pour nous, Tautre nommée Maigne (Marie-Magdeleine) 
Esquiequeline (fille du tanneur tournaisien Jehan Esquiequelin), nous 
n'avons pu connaître exactement qu'elle fut la mère de Jaques que 
nous croyons pourtant né du premier lit. Jaques eut pour frères, 
CoLART de Grantraing, seigneur de le Boche (â Ennevelin) et Thomas 
de Grantraing^ et pour sœur, Catherine de Grantraing, femme de 
Pierre de Willeries^ bourgeois de Tournai. — Thomas de Grantraing, 
né vers 1403, mourut le 10 octobre 1473, laissant veuve Catherine du 
Mares, dite aussi de Mouchin, veuve déjà en 1 453 (Archives de Tour- 
nai, Testament de Biétris Gahgatte femme de Loys Payen, dans le 
paquet de l'année 1453), de son premier mari, Anthoine de Willem, et 
qui mourut le 18 juillet 1495 à Tournai, dans la paroisse de Sainte- 
Marguerite. N'ayant pas de postérité légitime, Thomas eut pour héri- 
tiers : Jehan II de Grantraing, seigneur d'Aigremont; Catherine db 
Grantraing, femme de Jehan Blondel, et Sœur Jehenne de Grantraing, 
religieuse, tous trois enfants de feu Jaques ; — D«"« Jehenne de Gran- 
traing, héritière de le Boche, fille de feu Colart de Grantraing et 
femme de Sanse de Vendegies, écuyer, seigneur de Bersées-lès-Orchies ; 
et Agnès de Willeriks, femme de Jehan Bottin^ tournaisien habitant 



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— 146 — 

par acte passé à Téchevinage de S*-Brice , Jehan 
de Grantrain, seigneur d'Aigremont, vendit des rentes 
à Andrieu Daigremont et à Jehan de Wysmes, exé- 
cuteurs du testament de feu M^'*" Jehan Legris, jadis 
clerc des échevins de S*-Brice et du Bruille, époux de 
1)^"* Marie de Haluyn. 

Philippine le Brun laissa deux filles : 

aa. Marie de Grantrain, femme de Jehan TFtVfe, le 
Josne, avant le 15 février 1485 (1486 n. st.), devint 
veuve et convola avec Bastien Piccart^ qui mourut 
avant le 9 septembre 1506. Un acte passé à Téche- 
vinage de la Cité de Tournai, le 20 janvier 1508 ou 
1509 n. st., nous apprend qu'à cette date, Marie de 
Grantrain était mère de neuf enfants : 

Tassinot (Eustache), Haquinot (Jehan), Philippotte, 
(Philippine) et Calotte (Catherine) Wille; Domini- 
que, Andrieu (André), Pasquet (Pasquier), Jennette et 
Anthonin Picart ou Piccart. 

bb, Alison, ou ^lis de Grantrain, femme de 
Arnoul Davennes, broqueteur, ou fabricant de Tétofife 
nommée brocart (i). 

5" Jaquelotte, plus tard Monsieur Maistre Jaques 
Despa7's, maître-ès-arts, licencié en théologie et en 



à Douai (Arch. de Tournai. Chirographes de la Cité et de Saint- Brice^ 
Layette des années 1403, 4, 62, 73, 75 et 84. — Testaments, Paquets 
de 1400 (Testament N^ 34), 1426, 1453. 73 et 95). — Nous profitons 
de cette note pour détruire une erreur de la généalogie de la Maison 
de Montmorency. Ogier dr Montmorency, écuyer, seigneur des 
Wastines (à Cappelle-en-Pèvele), n*eut pas pour belle-mère, Jeanne de 
Beauforty car il épousa en 1486, Anne de Vkndbgies, héritière de 
Bersées (seigneurie-vicomtière tenue de le Forest et ressortissant du 
château de Lens*en-Artois), de Vendegies, de le Boche, etc., fille unique 
de Sanche de Vendegies et de Jehenne db Grântrainq de le Boche. 
(1) Archives de Tournai. Chirographes de la Cité, Layettes des 
années 1485, 1506 et 1508. 



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— 147 — 

droits, docteur en médecine, professeur en l'Université 
de Paris, médecin du Roi de France, Charles VII, et 
prêtre, chanoine et trésorier de Téglise Cathédrale de 
Notre-Dame de Tournai. C'est le fondateur des Bourses 
d'études qui portent son nom et le personnage le plus 
célèbre de sa famille. On trouve lacté de donation 
pour LA FONDATION DespoTS à la page 156 du tome I 
des Bulletins de la Société historique et littéraire de 
Tournai, et la biographie du donateur à la page 49 
du tome XIV de la même publication. Nous n'avons 
rien à reprendre ni à ajouter en ces deux articles. 

Jacques Despars, qui est dit âgé de 34 ans en 
1414 (i), mourut à Paris, en la paroisse Notre-Dame, 
le 3 janvier 1457 ou 1458 n. st. (2), âgé de 78 ans. 

Nous l'avons trouvé mentionné dans deux actes 
d'achat de terres, dont l'un, passé à Téchevinage de la 
Cité, est daté du 7 juin 1446, et l'autre passé à l'éche- 
vinage de Saint-Brice, est daté du 16 décembre 1447 (3). 

6*" Hanette, ou Jehanne Despars, mineure en octo- 
bre 1400, mourut le 5 janvier 1458 ou 1459 n. st. (4), 
après avoir été mariée deux fois. En premières noces, 
avant le 20 novembre 1402, elle épousa un veuf, père 
de trois filles et ayant nom Maître Jaques Pilart, 
notaire en la Cour spirituelle de Révérend Père en 
Dieu Monseigneur l'évêque de Tournai. Après dix ans 
de mariage, le notaire Pilart tomba malade et testa en 
sa maison de la rue du Casteler (des Choraux), à Tour- 
nai, paroisse Notre-Dame, le 20 janvier 1412 ou 1413 

(1) Archives DR Tournai. Cartulaire des rentes de 1404 à 4414, 
foUos 29 et 30. 

(2) Idem. Comptes généraux, 

(3) Idem. Chirographes de la Cité, Layette de 1446; Chirographes 
de Saint-Brice, Layette de 1447. 

(4) Idem. Comptes généraux . 



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— 148 — 

n. st., pardevant Maître Jehan Carlier^ notaire aposto- 
lique et impérial ; mais il ne mourut que cinq mois 
plus tard, car c'est le 7 juin 1413 que son testament 
fiit approuvé (i). — Devenue veuve et sans enfants, 
Jehenne Despars convola avec un autre notaire. Maître 
Thomas Grkanme, qui pourrait fort bien être issu 
d'une famille écossaise émigrée de ses montagnes et 
fixée dans le Tournaisis. 

Thomas Greanme [Greame ou Griamme) testa à 
Tournai, dans la paroisse de Notre-Dame, le 16 avril 
1445 et mourut le 25 dudit mois (2). Il avait pour 
neveux et nièces, Rogier de Oauley, Willemme de 
Gauley, Colin le Cotcsturier, Jehenne du Bos et Wil- 
lemine du Bos, femme du notaire Maître Jehan de le 
Capelle, dit Capella. 

Les legs de Maître Greanme contiennent plusieurs 
donations de livres; ce sont : 

« Je laisse à Maistre Richart, mon nepveu, mon 
5» Corps de lois, » 

« Item. Je laisse à Rogier de Gauley, mes Décré- 
r talles et men sizieme. •» 

« Et quant est des Clémentines, elles sont au Maistre 
« descole dorchies et vœil que on lui rende. ?» 

« Je laisse à sire Philippes Tanart, men Granl 
y» Boutillier. » 

« Je laisse à Mgr le Trésorier et à Mgr l'EscoUas- 
« tre, tel livre que ils voudront choisir. »» 

Les personnages nommés Maistre Richart, Mgr 
LE Trésorier et Mgr l'Escollastre sont Richard 
Bonhomme , Jacques Despars et peut-être A ndré Despars . 



(1) Idem. Compte de ^exécution du testament de Coppart Dbspars, 
1406; Testaments, Paquet de 1413. 

(2) Archives db Tournai. Testaments, Paquet de 1445. 



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— 149 — 

7*^ Tryon, ou Thiéri Despars. Il est nommé dans 
les. testaments de ses père et mère (1400), dans le 
compte d'exécution du testament paternel (1406) et 
dans le testament de sa sœur Marie, veuve Bonhomme 
(1441). 

8*" Colin, ou Nicolas Despars. 11 est nommé dans 
les testaments de ses père et mère, mais il ne reçut 
aucune part de leurs biens car il mourut à Bruxelles 
avant le 10 février 1406, jour où fut rendu le compte 
d'exécution du testament de son père, où son décès est 
indiqué. 

9*" Andrieuwet, Andrubt ou Maistre Andrieu Des- 
pars, maître-ès-arts. 11 se trouve nommé dans les tes- 
taments de ses père et mère et il est dit âgé de 24 ans 
en 1414 (i). 11 figure avec son frère Jaqubs au folio 38 
(verso) du Cartulaire des rentes dites par Tournai en 
Î422, Son existence en 1441 se trouve prouvée par le 
testament de sa sœur Marie, et nous croyons qu'il est 
Mgr l'Ecolâtre nommé dans le testament de son beau- 
frère Thomas Greamme, approuvé en avril 1445. 

III. Jehan Despars, marchand, paraît avoir commis 
quelques méfaits à l'égard de sa famille, car il fut dés- 
hérité partiellement par son père. 11 reçut pour toute 
hoirie : 

XV livres de gros en espèces ; XV livres tournois 
en une créance sur Jehan de Gand; et VII livres tour- 
nois dues par un personnage domicilié à Miexmes-le- 
Ghastiel. 

On le trouve mentionné dans un acte de l'échevinage 
de Saint-Brice passé en 1417, puis on perd sa trace à 

(1) Arohivbb db Tournai. Cartulaire des rentes de 4404-4444, folios 
29 et 30. 

ANNALBS. V. 10 



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— 150 — 

Tournai, jusqu'au 24 juin 1432 où un acte du même 
échevinage (i), nous apprend qu'elle était sa femme. 

Ce ne fut point une de la Hamaide comme le disent 
les anciennes généalogies, mais elle était issue d'une 
famille de bonne bourgeoisie nommée Aulet, qui, dès 
le milieu du XIV® siècle, était apparentée à la famille 
de Bary. Selon la coutume du temps qui féminisait 
les noms de famille, elle se nommait Marie Aulktte. 
En 1432, elle était veuve avec trois enfants dont les 
noms suivent sous les chiffres P, 2*" et 3**. 

P Marcq despars qui continua la famille par 
ses trois fils : Jacques, Jehan et Gautier. 

Il fut marchand à Bruges, ville dont il se fit rece- 
voir bourgeois. Nous l'avons trouvé mentionné avec 
ses sœurs, beaux-frères et cousins dans des actes de 
l'échevinage de la Cité de Tournai, passés dans l'année 
1460 et le 29 mai 1469, et dans un acte passé à l'éche- 
vinage de Saint-Brice, le 19 avril 1471. Tous ces 
actes sont relatifs à la succession de feue Adrienne 
Despars, femme de sire Philippe Tanart, qu'on a vue, 
ci-devant, page 140 (2). 

2** Marie Despars, née vers 1415 (3), mourut à 
Tournai dans la paroisse de Notre-Dame, le 15 octobre 
1476 (4), après avoir été mariée deux fois. Elle épousa, 
en premières noces, RoUa^it Raet (5), mort avant 1440 ; 



(1) Idem. Chirographes de Saint-Brice^ Layettes des années 1417 et 
1432. 

(2) Archives db Tournai. Chirographes de la Cité, Layettes de 
1460 et 1469; — Chirographes de Saint-Brice, Layette de 1471. 

(3) Idem. Cartulaire des rentes de 444B, suite au cartulaire de 1443, 
folio 39, verso, — Cartulaire des rentes de 4468, folios 131 et 368. 

(4) Idem. Testaments, Paquet de 1476. 

(5) Idem. Testament de Thomas Grbammb dans le paquet de 
Tannée 1445. — Le nom Raet qui en flamand sigpiiâe conseiller, 
devint pour les Tournaisiens, 22a ^ ou Rat te. 



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— 151 — 

et en secondes noces, vers 1441, Jehan dé lb Vincourt, 
fils de feu Pierre, natif de Mons-en-Pèvele et hôtelier 
de rhôtel de Saint-Christophe (i), dont elle fut la qua- 
trième femme. Ce second mari qui avait cinquante ans 
en 1445 (2), mourut avant le 15 niars 1468 ou 1469 
n. st. (3). 

Marie Despars testa à Tournai, dans la paroisse de 
Notre-Dame, le 13 octobre 1476, en présence de 
M''^ Jaques du Bos, curé de ladite paroisse, de Jacques 
de Gand, de Jaques Rat, de Nicolas Presin et de 
Jaquelotte le Flameng. Par cet acte, qui fut approuvé 
le 17 octobre, elle déclara vouloir que sa sépulture 
fut au cimetière de Notre-Dame le plus près possible 
de celle de M. Escolastre (4). 

Voici quelques-uns de ses legs : 

Elle donna à sa « niepce » ou petite fille, Marion 
DB Bruyellbs, ses meilleures patenôtres (chapelet) de 
coral (corail) ; à sa « niepce » Calotte Rat, fille de son 
fils de premières noces, Jaques Rat, un noir habit 
fourré de gris et ses Bonnes Heures (livre de prières) ; 
à sa « niepce, » Katherine Maldeurée, fille de sa 
sœur Katherine Despars ^ « une grande pièche dor 



(1) Ce fut le 16 mars 1425 (1426 n. st.) que Jehan de le Vincourt 
acheta le droit de bourgeoisie à Tournai en payant 10 livres tournois. 

(2) Archives db Tournai. Cartulaire des rentes de 4445, folio 39, 
▼erso. 

(3) Idem. Chirographes de la Cité^ Layette de Tannée 1468. Jehan 
DB i^ Vincourt fut marié quatre fois. Sa première femme fut Marguerite 
Prétest j dite de Parenti ; la seeonde dont il n*eut pas d*enfants, se nom- 
mait Jehenne Mahibu, était veuve de Baudart de Willem^ dont elle avait 
eu quatre enfants, testa à Tournai le 6 novembre 1433, et y mourut 
le 14 du même mois, en la paroisse de Sainte-Marguerite; la troisième 
fut Catherine Des fontaines ^ et la quatrième, fut Marie Despars, 

(4) Archives db Tournai. Testaments. Paquet de 1476. L'écolàtre 
est Richard Bon?iomme, qu*on a vu page 143. 



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— 152 — 

pour son estrîne, » et à la femme Jaques de Gand (i), 
un saphir encassé (enchâssé) en or. 
Ses enfants furent : 

Du premier lit : 

A. Jaquelotte ou Jaques Raet, Raedt ou Rat, qui 
fiit marié et fut père d'une fille légitime nommée dans 
le testament de son aïeule paternelle ; ce fut : 

A. Calotte ou Catherine Rat. 

Du second lit : 

B. Jaque ou Jacqueline de le Vincourt, dite âgée de 
troisans en juillet 1445, mourut le 15novembre 1533(2). 
Elle épousa Jehan de le Motte (3), écuyer, seigneur 
de Bruyelles-lès-Antoing, fils de Daniel de le Motte, 
écuyer, et de Clémence de Hainaut, dite de Bruy elles, 
héritière dudit lieu (4). De ce mariage, vint une posté- 
rité dont les derniers représentants les plus directs 
appartenaient à la Maison d*Enghien de Kestergate (5). 

C. Marion ou Marie de le Vincourt, dite âgée de 
deux ans en juillet 1445, morte le 23 avril 1505 (e), 



(1) La femme de Jacques de Gand fut Simone de le Vincourt, fille 
du premier mariage de Jbhan. 

(2) Archivbs de Tournai. Cartulaire des rentes de 1445 (suite à 
1443), folio 39; Cartulaire des rentes de 1468, folios 131 et 368; 
Cartulaire des rentes de 1493, t. Il, folio 197; Cartulaire des rentes de 
1S08, p. 270. 

(3j DR LE Motte ou van dbr Motbn : d'argent à trois hamaides de 
sable (trois barres de barrière alaisées). Cimier : deux oreilles 
d*dne, d'argent et de sable, 

(4) Archives db Tournai. Chirographes de la Cité, Layette de 1429; 
Chir, deS.'Brice, Layette de 1473. 

(5) J. Gailliard. Bruges et le Franc^ t. VI (supplément), p. 394. 
Revue « Jadis •, Braine-le-Comte, Zecb, 1897, t. I, pp. 50 et suiv. 

(6) Archives db Tournai. Cartulaire des rentes de 1445, folio 39, 
verso, Cartulaire des rentes de 1493, t. Il, fol. 197. 



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— 153 — 

fut femme d'abord de Nicolas Presin ou Persin (i), 
puis avant 1486, de Georges Aliémart (2). 

3*" Catherine Despars qui se trouve nommée dans 
des actes des années 1460, 68 et 69, parmi les héri- 
tiers de la cousine germaine de son père, sa tante à la 
mode de Bretagne, Adrienne Despars, épouse de sire 
Philippe Tanart, fut mariée avec le teinturier JeAan 
Maldeurée (3). Celui-ci, qui était doïen du métier des 
teinturiers lorsqu'il acheta le droit de bourgeoisie à 
Tournai, le 16 février 1458 ou 1459 n. st. (4), était 
veuf de Jehane Bounehenne dont il avait eu un fils 
nommé Jehan qui fut seigneur du Jaurieu (à Arcq- 
Ainières), et dont la dernière descendante du nom, 
Louise de Malderé, épousa le célèbre normand, Jacques 
Thézarty baron de Tournebu, et fut mère àe Margue- 
rite Thézart, Wild et Rheingrœfin de Daun et Ktrbu7^g, 
comtesse de Salm, par mariage (5). 

Quant aux enfants de Catherine Despars ^ ce furent : 

A. Haquinet, Jennet ou Jehan Maldeurée, le cadet, 
seigneur de Roissart (à Montreuil-au-Bois), etc. 

Le 9 juin 1475, un Haquinet Maldeuret fiit con- 
damné par la justice tournaisienne pour avoir fait 
emprisonner dans le Hainaut, un nommé Pasquier 
Bounehenne, dans le but de lui extorquer une lettre (e). 
— Haquinet Maldeurée mourut sans alliance. 

B. Catherine Maldeurée, damoiselle héritière de 



(1) Idem. Testaments. Paquet de 1476. Testament de Marie Dbspars. 

(2) Idem. Chirographes de la Cité, Layette de i486. 

(3) Archives db Tournai. Chirographes de la Cité. Layettes de 
1460, 68 et 69. 

(4) Idem. Registre de la loi, Bouroboisib, à la date indiquée. 

(5) Notices généalogiques toumaisiennes, t. Il, pp. 533 à 536. 

(6) Archives db Tournai. Registre de la loi, CoNDAMiNATiONS, à la 
date indiquée. 



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— 154 — 

Roissart, etc., mariée à Jacques de Clermès, bour- 
geois de Tournai par achat fait pour cent sols tour- 
nois, le 6 février 1495 ou 1496 n. st. (i), fils de Henri 
de Clermès, échevin et juré de Tournai, et de Marie 
de Saint' Génois. Leur descendance en ligne féminine, 
sous les noms de Bacheler, de Franeau et de de 
RoisiN, conserva la possession du fief de Roissart 
jusqu'en 1758 (2). 

Le C^ p. -A. DU Chastel de la Howarderib. 



(1) Idem. /5« Registre de la loi (N« 145), fol. 11, verso. 

{2} Annuaire delà Noblesse de Belgique, t. XXI (1867), p. 42; 
t. XXXI (1877), p. 161; t. XIII(1859), p. 2^, ^ Marie-Maximi- 
l enne-A lexis-Joseph DR RoisiN, comtesse douairière le Danois de 
Cemay, vivant à Valenciennes en juin 1758, était dame et marquise de 
Forest (en Hainaut), dame de Francmanteau, de Roissarf, etc. 



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— 155 — 



ORIGINE DE LA FAMILLE 

connue depuis 1660 jusqu'à son extinction en i83y 

sous LE NOM DB 

de Mortagne-Landas 



Lorsqu'en 1878, nous lûmes le Crayon généalogique 
des familles de Landas et de Mortagne, publié par 
noire parent, Amaury Louys de la Grange (i), nous y 
observâmes deux faits dont la fausseté avait échappé à 
la sagacité de l'auteur. 

Le premier de ces faits est Veadstence de trois Jeans 
deMortagne se succédant en la Baronme de Landas (2) ; 
le second est Talliance absolument controuvée du 
deuxième Jean avec Catherine Pittepan (3). 

Car s'il est facile de prouver par les chartes, que les 
trois Jeans se réduisent à deicœ (4), alliés par mariage 



(1) Tournai, Vasseur-Delmée, 1878, in-8<>. — Dans cet ouvrage, il 
est question d'une origine italienne. On l'attribuait aux anciens Landas, 
mais d*uû6 manière légendaire. 

(2) Crayon généalogique des familles de Landas et de Mortagne, 
pages 70 à 74. 

(3) Idem, p. 73. 

(4) Hàutcœur (fabbé E.). Gartulaire de Flines. Lille, Quarré, 
1873, in-80, tome I, pp. 547 et 600. — On y voit que JeJuin I db Mor- 
TAioNB, fils de Bauduin et de Béatrix de Landas, se qualifiait « Jehans 
de Mortaingne, chevaliers ^ sires de Landas^ de Bouvignies et bers de 
Flandres. » — G. Dbmay. Les Sceaux de la Flandre, tome 1, n® 1 183. 



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— 156 — 

aux de Landas-Sainghin et aux de Fiennes (i), il serait 
fort difficile de démontrer Tillustration de la famille 
Pittepan au XIV* siècle (2). 

Un autre fait, absolument étranger aux lois féodales, 
se rencontre à la page 74 du Crayon. C'est la vente de 
la Baronnie de Landas par Mahaut ou Margf^erite de 
Landas à son oncle Pierre, alors que selon la cou- 
tume, la Baronnie de Landas appartenait avant tout à 
la descendance masculine de Jehan I de Mortagne et 
de Marie de Landas^ son épouse. Or, si Pierre se 
trouvait être le dernier héritier mâle de la race de 
Mortagne à Landas, il succédait de plein droit à son 
frère Jehan deuxième du nom, car, par la raison qu'il 
n'y eut pas de Jehan III, il ne pouvait être l'onde de 
Marguerite. 

Mais Pierre n'était pas issu de la Maison de Mor- 
tagne : Voilà le motif pour lequel il dut racheter 
Landas par une sorte de retrait lignager. 



(1) Jehan I de Mortaigne épousa avant janvier 1313 (1314 n. st.), 
Marie de Landas^ héritière de Sainghin en Mélentois (F. Brassart, 
Histoire du Château de Douais Preuves y Douai, L. Crépin^ 1887, 
p. 475). Il vivait encore en 1348 (Cartulaire de Flines, p. 600 au 
tome 2) et son fils, Jehan II, était alors bail ou gouverneur du Comté 
de Sainl-Pol en Artois (Cart. de Flines, t. 2^ p. 607). C'est celui-ci 
qui fut tué en 1356, A la bataille de Maupertuis-lés-Poitiers, étant 
époux de Jehanne de Fiennes dont il ne laissa pas de postérité 
(Froissart. Chroniques. — Toutes les bonnes généalogies de la maison 

DE FIBNNB8). 

(2) Voici ce que nous avons trouvé sur la famille Pittbpan pour 
ses plus anciens degrés : archives de l'Etat a MoaNS. Cartulaire des 
fiefs tenus du Comte de Hainaut en 441 0^ où se lisent les mentions 
suivantes : Folio 155, n® 800. Dricque (Thiéri) Pittepancb, demeurant 
À Braine, relève un fief à Caudreville par la mort de Coile de le Ruëllb, 
sa femme, héritière de feu Colart (Nicolas) de le Ruelle. 

Folio 156, verso, no 809. Jehan db Putbpancue, chirugien sermenté 
de la ville de Mons, pour un fief à Braine-le-Château. — Son fils 
Jehan, demeurant À Bruxelles, 46 releva. 



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— 157 — 

C'était un vrai Landas appartenant à une branche 
cadette de la famille qui s'était détachée du tronc depuis 
le milieu du XIIP siècle. 

Aussi quand il nous a été donné de publier une 
généalogie de la Maison de Landas, avons-nous eu 
soin de ne pas y ajouter aux fautes de détails que nous 
y avons pu commettre, la grosse erreur d'une fausse 
origine (i). 

Nous devons également signaler dans le Crayon cité, 
la faute chronologique qui fait épouser à Marguerite 
DE Mortagne-Landas (page 73), Simon de Lalaing, 
grand-bailli de Hainaut en 1358, fils cCOthon et dlsa- 
beau^ fille du comte de Sarrebrilck. 

En effet, Simon de Lalaing, le bailli de Hainaut de 
1358 à 1362, et de 1372 à 1386, bien connu comme 
époux de Jeanne du Rœulx, dite d'Escaussines, était 
l'oncle du fameux centenaire Otto ou OthonDE Lalaing ; 
et le fils de celui-ci nommé Simon ne naquit qu'en 1405 (2) , 
fut sire de Montigny-Saint-Christophe, chevalier de la 
Toison d'Or, et eut pour femme, Jeanne de Gavre- 
Escomaix dès 1436 (3). Quant à la fameuse comtesse 
de Sarrebrûck, femme d'Othon de Lalaing, elle se 
nommait par nom et prénom Yolente de Barbençon, et 
fut la troisième fille de Jehan, sire de Barbençon, etc. , 
et d'Yolente d'Eoghien, dite de Rassenghien, et elle 
reçut parmi sa dot, la terre de Montigny-Saint-Chris- 



(1) Notices généalogiques tournaisiennes. Tournai « Vasseur-Delmée, 
3 vol. in-8<>, t. I (publié en 1881), p. 42. Dans cet ouvrage, Tauteur 
a eu soin de ne pas rééiiter la fameuse phrase de Poutrain sur les 
barons de Landas qui sont vraiment Mortagnb : Chose erronée. 

(2) Félix Brassart. Le blason de Lalaing , Douai. L. Crépin, 1879, 
in.8o, p. 105. 

(3) Idem, ibidem. 



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— 158 — 

tophe, dont son fils Simon devînt le seigneur comme 
nous venons de le dire (i). 

Après avoir constaté la fausseté de l'origine attri- 
buée à la dernière Maison de Mortagne-Landas, nous 
devons dire comment nous avons été mis sur la piste de 
sa véritable source. Voici les faits qui ont produit nos 
conclusions : 

Dans la première moitié du XIV* siècle, il y avait 
un procès entre Messire Guillaume de Baisse, cheYalieTy 
et Messire Mathieu de Saint- Venant, aussi chevalier. 

Ce procès fut jugé par les hommes de fief de la Cour 
de Bouvignies, au nom de Messire Jehan de (Mortagne, 
dit de) Landas, chevalier, seigneur dudit lieu, et leur 
sentence fut favorable à Mathieu de Saint- Venant. 

Mais Guillaume de Raisse en appela au Parlement 
de Paris et durant le procès d'appel, son adversaire et 
lui-même trépassèrent. 

Aussi lorsque les parties furent citées en 1348 pour 
comparaître à Paris, nous voyons Jeanne, veuve de 
Mathieu de Saint- Venant, comme tutrice de ses enfants, 
et Jean, son fils aîné, représentant ledit Mathieu, 
d'une part, et Pien^e, seigneur de Warlain, chevalier; 
Tristan de Balloes, chevalier, époux de Marie de War- 
lain, sœur dudit Pierre; Bauduin Lombard, époux de 
Perotain de Warlain, sœur aussi du chevalier de 
Warlain, et Jeanne de Warlain, autre sœur dudit 
seigneur de Warlain, d'autre part, représentant Guil- 
laume DE Raissb, leur oncle défunt (2). 

Puis, dans l'arrêt définitif qui fut le triomphe judi- 
diaire des héritiers dudit de Raisse, nous retrouvons 



(l)Id6in, p. 81. 

(2) Archivrs nationales db Francb. X, 12, folio 307, Air^t du 
7 janvier 1548, 



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— 159 — 

les mêmes personnages parmi lesquels Tristan de 
Balloes se trouve traduit en latin par Cristianum de 
BallohOy et Perotain transformée en Peironilla (i). 

M. Henri Frémaux (2), auteur des extraits des pièces 
de cette procédure, fait observer que c'est par une 
erreur de scribe que Cristianum y est venu remplacer 
Tristanum; mais nous, mieux informés, pouvons 
croire que le scribe en écrivant Crnslianum était sous 
l'obsession du nom de lun des beaux-frères de l'épouse 
du chevalier de Balloes (3), Bauduin le Lombard, qui se 
nommait en réalité, Bauduin Crestien dit le Lombard, 
comme nous le prouverons plus loin. 

Pierre db Landas, chevalier, sire de Warlaîn (4), 
était le contemporain de Jehan Wde Mortagne, dit de 
Landas y fils de Jehan I de Mortagne et de Marie de 
Landas-Sainghin, mais il n'en était pas le frère. Une 
preuve péremptoire de cela se voit dans le tome I des 
Sceaux de la Flandre, publiés par Germain Dbmay, 
sous les N^" 1184 à 1187. On y trouve qu'alors que 
Jehan de Landas, de la Maison de Mortagne, brisait 
ses armoiries d'un lambel à l'époque ou vivait son père 
(N^ 1184), ou portait sur son scel équestre, un écartelé 
de Mortagne et de Landas du moment qu'il lui eut 
succédé (N** 1185), Pierre de Landas, sire de War- 
laing, devenu le chef de nom et d'armes de sa race en 
portait les armes pleines (N^« 1 186 et 1 187). 



(l)Idein. X, 13; Lettres et arrêts, 1350 à 1352. Arrêt du 48 décem- 
bre 1350. 

(2) M^ H. Frémaux, propriétaire à Lille, rue Négrier, 23, est 
Tauteur des Généalogies des familles de Tenremonde et Ruffault qui 
ont paru dans les Souioenifs de la Flandre voallonne, 

(3) Balloes peut-âtre Boileuœ ou Bâillon. 

(4) Warlain ou Warlaing était une seigneurie avec château-fort 
sise sur le territoire d'A'nes près de Saint-Amand-Ies-Eaux, en Pèfele. 



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— 160 — 

Si ce Pierre eut été le frère germain de Jehan II 
mort à la bataille de Maupertuis-lès-Poiliers, le 
19 septembre 1356, il fut devenu dès ce jour, sire de 
Landas, de Bouvignies et ber de Flandre : ce qui ne 
fut pas. En effet, une charte de l'année 1362, nous 
montre l'héritier féodal de Jehan II; il est qualifié : 
« HauUe et noble Medemisielle Margheriie, demiselle de 
r* Landas^ de Boiwegnies et ber de Flandres (i). » Et 
le 8 février 1384, c'est le petit-neveu de cette baronne, 
Bétis d'Ollbheng, chevalier, qui est le seigneur de 
Bouvignies-en-Pévèle (2). 

Si ce dernier ne fut rien à Landas, c'est parce que 
sa grand'tante, peu avant sa mort, avait vendu [chose 
très douteuse) cette terre à son parent maternel, Pierre 
de Landas, sire de Warlaing, dont nous allons expli- 
quer l'extraction familiale. 

Amauri, sire de Landas et de Warlaing, avoué de 
Marchiennes, mort avant décembre 1271 (3), épousa 
l'héritière de Bouvignies, dont il eut entre autres 
enfants, deux fils. L'aîné, qui fut héritier de Landas et 
de Bouvignies, eut pour prénom Gilles; il fut le père 
de Béatrix de Zawcto^, mariée avant 1288, avec Bauduin 
de Mortagne. 



(1) Cartulaire de Flines, t. 2, pp. 628 et 629. 

(2) Idem, ibid., p. 674. — Jacques dit Bôtis d'Ollehain (Clhain-ea- 
Artois), chevalier, seigneur du Qrand-RuIIecourt, de Bouvignies, etc. , 
était fils de Jacques, chevalier, sire du Qran4-Rulleoourt, etc.. et 
d^Isabeau d'Auberchicourt. veuve de Gérard d'Antoing, chevalier, sire 
de Gondecourt, et fille de Bauduin IV d'Auberchicourt, chevalier, sire 
d* Estai mbourg, et de Marie de Mortagnc-Landas ^ fille cadette de 
Jehan I et de Marie de Landas-Sainghin. 

(3) «* Nous Margherite, comtesse de Flandres et de Hajnau, faisons 
- savoir à tous ke Marie de Landast, suer germaine nostre chier 
•* foiable Amourri de Landast, chevalier, hi fu, et femme jadis Henri 
» Trolêit, nostre bourgois de Lille, est venue par devant Noos, etc. » 



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— 161 — 

Mais le second fils, prénommé Jehan, fut seigneur 
de Warlaîng et marié après août 1268, à Madame 
Boussarde de Bourghelle, veuve du chevalier d'Aubi et 
et de Belleforière (i), et fille de Boussard ou Bou- 
chard de Bourghelle, chevalier, sire de Sainghin-en- 
Mélentois (2). 

Ce Jehan de Landas comparaît avec son père, Mes- 
sîre Amaurî, dans une charte datée de mars 1254 (3), 
et il mourut avant 1281, année où sa femme est dite 
veuve (4). Ces époux eurent deux fils, dont le cadet, 
Pierre, seigneur de Sainghin , vivant encore en 1 323 (5) , 
fut le père de Marie de Landas-Sainghin, femme avant 
1313, de Jehan de Mortagne (fils de Béatrix de 
Landas), dont elle était la cousine issue de germain (e). 

Quant au fils aîné, Amaurî, seigneur de Warlaing 
avant 1281, on le trouve dans certain acte qualifié 
neveu, c'est-à-dire petit-fils d*Amauri,sire de Landas (7). 
11 laissa un fils légitime du nom de Jehan, qui fut sire 

BiBLioTHftQUB NATIONALE DE FRANCE, Collection Moreau, Volume 196, 
folio 101. Copie d*un titre de Tabbaye de Marchiennes faite Dom 
Queiosert en 1770. 

(1) G. Dbmat. Les Sceaux de la Flandre, t. I, No 546. 

(2j F. Brassart. Histoire du Château de Douai, t. II, p. 805. 

(3) C^ DE Saint-Gbnoib. Monuments anciens, t. I, p. 581. 

(4) BiBL. NAT. DE France. Collection Moreau, vol. 204, fol. 239. 
Copie d*une charte de l'abbaye de MarchienDes. 

(5) PouTRAiN. Histoire de Tournai, t. H, pp. 459-460. Vente de 
ravouerie de Tournai faite le mercredi avant le jour de S. Jean-Baptiste 
(22 juin) 1323, par Ricart Pilate au roi de France, Charles IV. — 
E. Hautcœur. Cartulaire de Véglise S. Pierre de Lille, Lille, Quarré, 
1894, in-8«, t. 2, p. 703. 

(6) F. Brassart. Hstoire du Château de Douai, Preuves, Fasci- 
cule 2, p. 475. 

(7) BiBL. NAT. DE FRANCE. Collection Moreau, vol. 204. fol. 239. — 
Archives départementales du Nord, à Lille, Cartulaire de Mar- 
chiennes, — F. Brassart. Hist, du Château de Douai, t. II, p. 805. 



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— 162 — 

de Warlaing et qui figure dans des chartes des années 
1311 et 1332(1). 

Jehan de Landas, sire de Warlaing, épousa une 
D*"* DE Raisse ou de Rosse, sœur du chevalier 
Willaume de Raisse, mentionné ci-devant, page 158. 
Il fut père de quatre enfants que nous énumérons ici : 

1^ Pierre DE LANDAS, dit de Warlaing, qui 
suivra; 

2^ Marie de Landas, dite de Warlaing, femme de 
Tristan deBalloks, chevalier, avant 1346; 

3"* Pérotain, Perrote, Piernain, Piéronne ou 
Pétronille de Landas, dite de Warlaing, femme 
avant 1344, de Bauduin Crestien, dit le Lombard, 
dont nous donnons la descendance plus loin, car de 
cette union vint la famille qui depuis le milieu du 
XVII® siècle porta le nom de Mortagne-Landas; 

4*" Jehanne de Landas, dite de Warlaing, mariée 
après 1350 et avant 1356, à Jehan de Grimaumez (2). 

Voici les documents que nous avons recueillis sur 
Pierre, sire de Warlaing, connu dans l'Histoire sous 
le nom de Borgne de Warlaing. 

1332, 16 août. Sentence de la Cour féodale de 
Douai; hommes du Roi : Jehan de Goisancourt, 
Jehan de Landast (3), Jehan de Warleng (4) et Wil- 

(1) F. Brassart. Histoire du château de Douai, Preuves, iascicule 2, 
pp. 418, 419. Charte originale àyx fonds d^Ancbin aux Archives dépar- 
tementales du Nord. — Mêmes archives. Fonds de Marchiennes, Car- 
tulaire de Tabbaye de Marchiennes. Procès en 1332, entre cette abbaye 
et la ville d'Orchies. 

(2) Archives de Tournai. Chirographes de la Cité, Layette de 1356. 
— Grimaumez, c'est-à-dire la Maison de Grimoald, est situé À Hergnies 
(NorJ), entre ce village et Péruwelz (Hainaut). 

(3) Le sire de Goisaucourt était un Wavrin, et le sire de Landast 
était un Mortagne, 

(4) Le sire de Warleng (ou Warlaing) était le Landas, époux de la 
D^* de Raisse cité plus haut. 



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— 163 — 

laume de Rasce, chevaliers; Hellin et Hector, fils 
dudit seigneur de Goisaucourt; Borgne, fils dudit sei- 
gneur de Wat^leng (i), etc., etc. 

1348, 7 janvier 1349 n. st. Arrêt du Parlement de 
Paris, rapporté ci-devant, page 158. 

1349, 15 juin. Pierre, seigneur de Warlaing, che- 
valier, demande à son suzerain. Jehan de Moriagne, 
chevalier, sire de Landas, de Bouvignies et ber de 
Flandre, de vouloir approuver un traité conclu avec 
Tabbaye de Marchiennes. Jehan de Mortagne y con- 
sentit à la prière, dit-il <* de no chier et feable cousin 
le seigneur de Warlaing (2). » 

1350, 18 décembre. Autre arrêt du Parlement de 
Paris, cité, ci-devant, pages 158-159. 

1363, 12 décembre. Arrêt du Parlement de Paris 
concernant le duel entre Pierre de Landas, chevalier, 
seigneur de Warlaing, et Jehan, chevalier, seigneur 
de Wasquehal et de Vitri, châtelain de Douai (3). 

1369, 19 mai. Monseigneur Hellin, seigneur de 
Waziers, chevalier, et Monseigneur Pierre, seigneur 
de Wallain (Warlaing), chevalier, furent cautions 
envers le Comte de Flandres (Louis de Maie) pour 
le roi de France (Charles V) (4). 

1371, 2 mai. Pierre, seigneur de Warlaing, 
chevalier, est l'un des témoins requis par son parent 
ou allié, Robert de Montigny^ sire de Montigny en 

(1) Dans la sentence rédigée en latin, on lit : «< Boronbto, filio prœ- 
dicti domini de Warleng. »» 

(2) Archivbs DÉPARTBMENTALB8 DU NoRD, Fonds de l'abbat/B de 
Marchiennes. 

(3) Archives nationalbs de France, à Paris. Arrêts criminels du 
Parlement de Parts, 8« Registre, X. 2. A. N^ 7. 1363, 12 décembre. 

(4) €*• DE Saint-Qbnois. Monuments anciens, t. 2, p. 3. — Inven- 
taire des Archives départementales du Nord, t. 1, p. 167, col. 1 
(série B, 916). 



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— 164 — 

Ostrevant, pour sceller et valider une charte (i). 

1385, 6 octobre. « Jehans dit li Borgnes du Foriest, 
9» escuier, fils Monsieur de Warleng ad présent » et 
communément « li Borgnes (2). » 

Voici la description du sceau de Pierre de Landas- 
Warlainq, dit le Borgne : 

LANDAS (PIERRE LE BORGNE DE), 
sire de Warlaing, chevalier. — 1349. 

Sceau rond, de 26 mill. — Arch. du Nord ; abbaye 
de Marchiennes. 

Ecu portant un émanché de cinq pointes mouvant 
du flanc dextre, penché, timbré d'un heaume cou- 
ronné et cime, supporté par deux lions, sur champ 
d'arabesques. 

S. P. DE. LANDAS... . r. S. D. WARLAING 
(Seel Pierre de Landas, chevalier, sire de Warlaing.) 

Rachat d'un moulin à vent. — 15 juin (1349) (3). 

On voit plus haut sous la date de 1385, que Pierre de 
LandaS'Warlaing avait pour fils Jehan dit le Borgne 
du Foriest, écuyer. 

Jehan db Landas-Warlaing, dit du Foriest, prit ce 
surnom de sa seigneurie du Foriest sise à Bondues, 
fief qu il tenait déjà en 1373, du vivant de son père (4). 
Après la mort de ce dernier, arrivée entre les années 
1385 et 1388, il s'intitula « Jehan du Foriest y cheva- 
lier, sire de Warlaing. » On lui donnait ce titre comme 

(1) F. Brassart. Histoire du Château de Douais Preuves, &scicule 2, 
p. 363. 

(2) Idem. Fiefs et fieffés de la Motle d'Orchies. Lille, Danel, 1888, 
extrait in-S^ du tome XIX du Bulletin de la Commission historique 
du Nord, p. 18. 

(3) G. Demay. Les Sceaux de la Flandre, N« 1 186. 

(4) Archives départementales du Nord. Chambre des Comptes, 
Portefeuille Flandres 77. Registre Flandres. 81, folio LXXIX (79). 
verso. 



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— 165 — 

le prouve le dénombrement de son fief de Courtrisien- 
Pire (à Roncq) mouvant de la Salle de Lille, daté du 
10 janvier 1388 ou 1389 n. st. (i). 

Le 6 octobre 1385, il vendit à Noble homme Wil- 
laume dAiUerive, chevalier, command de Tabbaye de 
Flines, un fief sis à Beuvrj-en-Pèvele et tenu de 
labbaye de Marchiennes (2). 

Jehan le Borgne du Forest paraît être décédé avant 
le 15 mars 1392 (1393 n. st.), selon ce que semble 
dire une charte de Tabbaye de Flines relative au même 
fief (3). 

Jehan du Forest sire de Warlaing, ne laissa pas 
d'héritiers directs. Ce furent des parents collatéraux 
qui se partagèrent sa succession. Dès 1393, Warlaing 
appartenait à « Noble homme Monseigneur Lots, set- 
n gneur dod Kbnnoy, chevalier ^ ber de Flandres dit 
9 sir dattdenarde et seigneur de Toutencourt et de 
Warlaing ;4). » Puis, lorsque Louis du Qubsnoi (5) 
eut été tué à la bataille d'Azincourt,le 25 octobre 1415, 
il fut remplacé par sa sœur cadette « Noble Dame 
1» Madame Philippe du Qubsnoy, dame danechin et de 
Warlaing (e). » 

Nous avons, ci-devant, page 160, exprimé un doute sur 

(1) Idem. Fonds de Tabbaye de Flines, Carton 6, 1371 à 1400. 

(2) E. Haftcœur. Cartulaire de Flines, t. II, p. 682. 

(3) Idem, ibid., id., p. 708. 

(4) Abohivrs de Tournai. Chirographes de i'Ecfuvinaçe de S,-Bricef 
Layette 1393. 

(5, La seigneurie du Quesnoi n'est pas en France; elle se trouve dans 
la commune de Brafle-lès-Péruwelz dans le Hainaut belge, et y cons- 
titue un hameau important. Les sires du Quesnoi, cadets de la Maison 
de Péruwelz, en portaient les armes échiquetôes dans leur écusson. 

(6) Archives ds Tournai. Chirographes de VEchevinage de S.-Brice, 
Layette de 1420, acte du 24 jauvier 1420 (1421 n. st). La seigneurie 
à^Anechin est aujourd'hui l'importante commune de Néchin, sise sur 
la voie ferrée de Tournai à Mouscron. 

ANNALBs. y. 11 



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— 166 — 

l'achat de Landas par Pierre, sire de Warlaing, et ce 
doute nous le renouvelons ici. Nous avons la conviction 
que Landas fut acquis par l'héritier de la grosse for- 
tune de la Maison de prêts à la mode lombarde, 
Cristiani et C^\ dont le fils racheta Warlaing que pos- 
sédait Dame Philipperfw Quesnoif veuvede Fierred'Esne, 
dit Grignart, chevalier (i). 

Un hasard extraordinaire nous a fait savoir ce 
qu'étaient les Chrestiens dit le Lombard (2). 

Le samedi, 10 juin 1899, dans la dernière séance 
d'une vente de partie des Archives de sir Thomas Phil- 
lips, le célèbre bibliophile de Cheltenham, la ville de 
Tournai, représentée par M. Adolphe Hocquet^ son 
archiviste, acheta les actes précieux destinés par la 
Providence à nous faire connaître la vérité sur l'origine 
des derniers barons de Landas. 

Lorsque nous compulsâmes ces documents, nous 
remarquâmes un testament fait le 18 juillet 1360 par 
une Demoiselle Agnès, veuve d'un per^sonnage nommé 
Thumas Chrestien dit le Lombart. 



(1) Philippa du Quesnoi mourut à Tournai le 10 mai 1435 et fut 
enterrée dans l'église de S.-Brice. Elle désigna pour héritiers, ses 
neveux, Balthazart du Quesnoit et Oudart Blondiel^ qui furent »es 
exécuteurs testamentaires avec Anthoine de Wachœl (c^ la branche 
cadette des Sires de PérutoeU qui eut pour apanage le fief de WacTioel 
en Péruwelz). Archives de Tournai, Testaments, Paquet de Tannée 
1435. 

(2) Les Chrestiens, de même que les Diemenches, les Fortins, les 
Crissembiens, les Salembiens, etc , appartenaient à ces familles gibe- 
lines que le triomphe des Guelfes et du roi de Naples, Charles I 
d'Anjou, chassèrent de la Toscane, dans le dernier quart du XIll* siècle. 
Leurs alliés les Galigaï avaient pour parents ou amis politiques, les 
Tedaldini, Gaponsacchi, Elisei, Abati, Uberti, Fifanti, Infangati, Ame- 
dei, Malespini, Lamberti, Gipriani, Toschi, Migliorelli, Amieri, Pigli, 
etc., tous de race patricienne ou noble (Gantù. Bis oire des Italiens. 
Paris, Didot, 1860, in-S», t. V, p. 310). 



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— 167 — 

Dès l'abord nous n'attachâmes aucune importance à 
cet acte dont nous prîmes note pour mémoire ; mais en 
continuant nos recherches nous rencontrâmes un second 
testament daté du 21 novembre 1380, et dont Tauteui^ 
Willes (ou Willaumes) Crestybns (i), déclarait choisir 
pour principal exécuteur de ses dernières volontés, son 
neveu, Messire Mahieu de Warlaing, chevalier. Cela 
nous fit revenir sur nos pas ; nous conférâmes les deux 
actes, et c'est de cette conjonction parcheminière que 
naquit la généalogie qui suit : 

I. Thumas Chrestibn, dit le Lombari, épousa 

Angniès N qui testa à Toumaile 18 juillet 1360, 

et y mourut avant le 8 août de la même année, jour où 
son testament fut approuvé par les maïeur et échevins 
de ladite ville et empris par les exécuteurs testamen- 
taires, Jaquemes Fortin dit le Lombart, Nicolas 
Diemence^ Chrestien Fortin et Willaumes, fils de la 
testatrice. 

Des nombreux legs que fit Demoiselle Angniès, nous 
avons relevé les suivants : 

« Item, je donne à Amoury, fils de jadis Bauduin, 
y» men fil. xx fi. d'or à Tescu; 

» A Hanequin, Miquelet, Gillet et Mahiuety jadis 
y» fins doudit Bauduin, à cescun diaus. III I. Ixx escus; 

y> A Margherile et Hanette, leurs II suers, cascunes. 
« c. escus; 

» Je donne à Gilles, fils Maignon, me fille, que elle 
»» a de Alexandre son mari. 1. escus. Et k Jehan, fil à 
» me ditte fille quelle a de sendit mari. C. et 1. fl. d'or 
5» à l'escu ; 



(I) Dès l*aanée 1366, an autre Willaume Chrbstibn fat abbé de 
Marchiennes^sar- la-Scarpe. 



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— 168 — 

1» A Hanequin^ fil jadis Dierin, men fil. lix fl. d'or à 
» lescu. » 

Thumas ou Thomas Chrestibn exerça la profession 
de banquier ou de prêteur sur gages comme l'indique 
suffisamment le surnom le Lomhart qu'il ne devait pas 
seulement à son pays d'origine. Il mourut avant 1360 
ayant obtenu de son union avec D*"* Angniès les 
quatre enfants qui suivent sous les chiflFres P, 2"^, 3*", 
et 4"*, ce sont : 

I^Bauduin CHRESTIEN, dit le Lombart, qui 
suivra, II; 

2^ DiBRiN (Thieri) Ghrestien, dit le Lombart, mort 
avant le 18 juillet 1360, laissant un fils légitime : 

A. Hanequin. Il reçut de son aïeule paternelle, 
59 florins d'or à Técu; 

3^ WiLLES, WiLLAUMES (ou Guillaume) Chrestien, 
dit le Lomhart. Il lut l'un des exécuteurs du testament 
de sa mère et ne prit pas d'alliance. Il testa à Tournai, 
le 21 novembre 1380, sous le nom de « WiUes Cres- 
tyens fils de feu Thumas, » et désigna pour exécuter 
ses dernières volontés, Messire Mahieu de Warlain, 
son neveu; Bernard Lespessier, le fils; Jehan le Lom- 
bart dit Fortin, fils de feu Jaquemart, ses amis, et 
Ysabiel de Diebrouck, sa mesquine (ou servante). 

Parmi ses légataires, nous avons remarqué : 

Dame Jehenne de Warlain, nonne professe en 
l'abbaye des Prés, lès-Douai, nièce du testateur; 

Jehan de Galigay, neveu du testateur , fils d'Alexandre 
de Galigay; 

Gossuin le Douch, neveu du testateur (i) et mari de 
D^* Jehenne de Leuse; 



(1) Gossuin LB DoucH doit être un neveu à la mode de Bretagne de 
Willaume Chrestien car son nom ne figure pas dans le testament 



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— 169 — 

Et Dam Oilles de Warlain, neveu du testateur, 
moine en l'abbaye de Marchiennes. 

Willaumes Chrestien, dit le Lombart, qui demeurait 
dans une maison ayant appartenu jadis à Watier Mau- 
ghier, voulut être inhumé dans l'église de Saint-Quentin 
à Tournai, près de ses père et mère; 

4** Maignb, Marib-Magdelfinb ou simplement 
Marie Chrestien^ dit le Lombart, femme d* Alexandre 
DE Galigay ou de Galigai (Galigahi). Elle fut mère 
de deux fils : 

A) Gilles de Galigay. Il reçut de son aïeule mater- 
nelle, 50 écus, comme on l'a vu plus haut, page 167, 
ligne 27. 

B) Jehan de Galigay. Son aïeule maternelle lui 
légua cent-cinquante florins d'or à l'écu ; 

IL Bauduin Chrestien, dit le Lombart, mort avant 
le 18 juillet 1360, avait épousé avant 1344, Petiote 
ou Piéronne de Warlaing, de la Maison de Landas, 
comme on l'a déjà vu, ci-devant, page 158. C'était une 

fille de Jehan II, sire de Warlaing, et de N de 

Rosse. 

On trouve parmi les chirographes de la Cité de 
Tournai, un acte fait le 6 octobre 1350 et ayant pour 
suscription : «* Cest d'un accort fait entre Batcduin le 
î» Lombarty se femme et le mère doudil Bauduin. » 

En voici la teneur : 

Sacent tout chil qui cest escript veront ou oront, que comme 
Demisielle Perrote de Warlaing tant à cause de li que à cause 
de Baudart le Lombart, sen mari, comme pour leurs enfans que 



d*Agnès, mère dudit Willaame. Nous croyons qae Gossuin est on fils 
d'Ernonl le Douch et de Chrestienne Rahière (RAhier), cousine germaine 
matemeUe de Willaume Chrestten^ dit le Lombart, 



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— 170 — 

elle avoit et avoir pooit dou dit Battduin, souffîsamment estaulie 
selonc le loy et le coustume de Toumay pour faire les coses qui 
sensuient. Traisist en cause Demisielle AgniéSy vaive demorée 
de Thtimas le Lombart, Et li feist demande que elle acquisist ou 
meist au caijge tant de deniers que pour acquerre quarante 
livrées de rente à hiretage pour possesser ledit Bauduiri et 
leditte Demisielle Perrote, leurs viages durant, et apriès leurs 
dechiès, leui*s hoii»s hiretaulement, comme Thumas li Lombart, 
jadis maris à le dicte Demisielle Agniés, au traitiet dou mariage 
doudit Bauduin, scn fil, et de leditte Demisielle Perrote, le 
proumesist ensi à faire, si que liditte Demisielle Perrote disoit. 
A lequelle demande, li ditte vaive se opposoit par pluiseurs rai- 
sons contendans à fin que de aler délivre de celi demande et de 
tout che que liditte Demisielle Perrote li saroit à demander à 
cause des convenenclies et proumesses faittes doudit mariage. 
Or est assavoir que sour che les dittes parties par pluiseurs 
boines gens qui de che se sont entremis, se sont accordées pour 
bien de pais et de concorde en ceste manière que li ditte Demi- 
sielle Agniès a mis au cange Robert de Marvis, ou nom et pour 
lesdis enfans. douse. vins, florins dor à lescut, liquel denier sont 
as enfans dou dit Bauduin, que il a et ara de le dite Demisielle 
Perrote, En ceste manière que par le conseil de Noble homme 
Monsigneur de Warlaing et Willaume le Lo^nbart, oncles as 
dis enfans, on les doit tourner à pourfit d'an en an, et les pourfis 
acroistre avec le principal, tant et si longement que li enfant 
seront tenus a agiet par leurs communs prosimes et amis de par 
père et de par mère, en veuwe des Eskievins de Tournai (i). 
Sauf che que s'il avenoit que aucune perte fuist des deniers des- 
sus dis que on nen peuist en riens suiwir lesdis signeur de 
Warlaing ei milaume, ne auchun diaus. Et ne pooent li dit 
Bauduin, ni li ditte Demisielle Perrote riens avoir es deniei*s 
dessus dis, ne es pourfis qui en isteront. Réservé che que se li 
dis Bauduiyis aloit de vie à trespas devant le ditte Demisielle 
Perrote^ elle ghoyroit des poui^fis qui des deniers isteroient 
depuis le jour dou trespas doudit Bauduin^ se vie. Et aussi se 
rente ou hîretagcs en estoit acquis, elle ghoiroit des pourfis ensi 

(1) Il s'agit de douie fois vingt (ou 240) écus cTor, mis à intérêts 
composés, soQs la sarveillance des Echevins de Tournai, jusqu'à la 
majorité des en&nts de Bauduin le Lombart et de Perrote de Warlaing. 



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— 171 — 

que elle euist fait des pourfis des deniers. Et parmy tant li ditte 
Demisielle Perrote, tant pour li, pour sen dit mari, comme pour 
ses dis enfants souffisamment pour che faire estaulie pardevant 
les eskiévins de Tournay, a quittet et quitte clamet le ditte 
Demisielle Agniès, sen remanant et tous cheulz à qui quittance 
en poet et doit appartenir de toute le demande dessus ditte, de 
toutes les convenenches faittes à sen dit mariage et de toutes 
aultres coses que elle, ses maris et si enfant, ne aucuns diaus li 
poroient ou saroient à demander, par quelconques voie que che 
peuist estre, jusques au jour de le datte de cest escript. Et par 
si que se ou temps avenir liditte Demisielle Perrote, ou si 
enfant, ou aucun diaus voloient aler contre les choses dessus 
dittes ou contre aucune dicelles, que des deniers dessus dis ne 
despourfis qui en seroient issut ne euissent jamais à nul jour 
denier aucun, mes retournassent et demorassent tout li denier 
dessus dit et li pourfit qui en seroient issut à leditte Demisielle 
Agniès, à ses hoirs tenant les choses dessus dittes ou à celi ou à 
chiaus à qui elle les aroit ordenés. Et avoec pour chou ne 
demorroit mie que les choses et devises dessus dittes ne demo- 
rassent fermes et estaules et que les quittances et ordenanches 
dessus dittes ne fuissent tenues et observées de point en point en 
le manière que en cest escript est contenu. Et toutes lesqueles 
choses dessus dittes, li Eskievin de Tourna j par Taccort et con- 
seil de communs prosimes et amis as enfans doudit Bauduin et 
de le ditte Demisielle Perrote, ont gréées et accordées. Et pour 
chou que che soit ferme chose et estaule si en est chais escript 
fais et livrés en le main et le warde des eskiévins de Tournay 
dont li nom sont tel : Jakemes de Lannoyt, Jakemes Gargatte, 
Jehans de Lyauioe^ Jchans CastaignCy Willaumcs dou Pork, 
Jakemes // Louchiers et Jehans de Leuze. Che fut fait lan do 
grasco mil trois cens et chinquante, le vj® jour du mois de 
octembre. 

On lit dans le Cartulaire de Flirtes y à la page 461 : 

- Baudart le Loboart acheta les rentes des mai*ais do 
" Bonnanches : 

»» Et soit mémoire que les dittes rentes furent racatées par 
^ Baudart le Lombart, le somme de IX** moutons pour IX" livres, 
" en quoy les dittes rentes estoient oblegiées, liquel denier 



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— 172 — 

» furent mis en l'accat des Aunois-les-Moisnes. Et fu fait lan mil 
« CGC et L. « 

Le 21 avril 1354, Eustache, sire de Vertaing, che- 
valier (de la Maison de Bousies) obtint rémission pour 
certains actes commis en guerre privée contre Batcduin 
LE Lombard qui avait grièvement blessé l'un de ses 
serviteurs (i). 

C'est vers 1350-52 qu'eut lieu le partage des biens 
de feu le chevalier Willaume de Russe entre son neveu 
et ses nièces de Landas-Warlaing que nous avons 
nommés, ci-devant, page 158. Perrote de Warlaing 
était héritière pour un quart. Elle fut mère de sept 
enfants qui sont tous mentionnés dans le testament de 
leur aïeule paternelle, D®^*** Agniès, veuve de Thumas 
Chreslien dit le Lombart. Ils suivent sous les numéros 
P, 2\ 3^ 4^ 5% 6^ et 7^ ce sont : 

P Amoury ou Amaury Chrestien dit le Lombart, 

Il eut de son aïeule paternelle, un legs de vingt 
florins d'or à l'écu, et parait être mort avant 1380; 

2** Hannequin ou Jehan Chrestien, dit le Lombart. 
11 eut ainsi que chacun de ses trois frères cadets, de 
leur aïeule paternelle, un legs de « lœx escus ». 11 n'est 
pas mentionné, de même que ses frères Amaury et 
Michel , dans le testament de leur oncle Willaume , 
fait en 1380; 

3^ Miquelet ou Michel, Chrestien., dit le Lombart. 
11 fiit légataire de son aïeule paternelle pour 70 écus 
et dut mourir avant 1380; 

4*" GiLLET ou Gilles Chrestien, dit le Lombart. Il 
reçut 70 écus de son aïeule paternelle pour part 
d'hoirie, et fut moine à Marchiennes sous le nom de 

(1) Chroniques de Froissart. Edition du Baron Kbrvtn de Lbt- 
TBNHOVB, tome XXIII, page 244. 



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— 173 — 

Dam Gilles^ alors qu'un Guillaume Chrestien était 
Tabbé de ce monastère. Il vivait en 1380, et fut un des 
légataires de son oncle WiUaume Chrestien^ dit le 
Lonibari ; 

5^ Mahiubt, Mahibu ou Mathieu CHRESTIEN, 
dit de Warlaing, qui suivra, III ; 

6** Margot ou Marguerite Chrestien, dit le Lombart. 
Légataire de son aïeule paternelle pour cent écus, elle 
mourut avant 1380; 

7^ Hanbtte ou Jehannb Chrestien, dit le Lombart. 
Elle reçut aussi cent écus pour legs de sa grand'mère 
paternelle, D*"' Agniès, veuve de Thumas Chrestien, 
fut religieuse en l'Abbaye des Prés lès- Douai sous le 
nom de Dame Jehanne de Wariain, et vivait encore 
dans ce couvent en 1422 (i). 

III. Mahiuet, Mahieuon Mathieu Chrestien, dit de 
Warlaing, légataire de son aïeule paternelle pour 
70 écus en 1360, était chevalier et seigneur de la 
Gruerie (à Templeuve-en-Pèvele) en 1380 (2), lorsqu'il 
fut désigné par son oncle, Willaume Chrestien pour 
être l'un des exécuteurs du testament de celui-ci. 

Voici l'extrait d'une charte de rémission accordée en 
janvier 1387 (1388 n. st.) par le roi de France 
Charles VI à Hugues de Maulde à l'occasion d'un fait 
de guerre privée dans lequel fut tué traîtreusement 
Perceval du Chastel de la Howarderie, et où Mahieu 
de Warlaing joua l'un des principaux rôles : 

« A Nous avoir esté humblement exposé de la pai'tie de Hue 
f» DE Maude, fils de feu Huon de Mande, que comme certain 

(1) Archivrs de Tournai. Cartulaire des rénies dues par Tournai 
en UîS^ folio 53, recto, 

(2) Idem. Chirographes de la Cité, Layette de 1380. Acte où est 
nommé, « Messires Mahius de Warlaing, signeur de la Qruerie, » 



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— 174 — 

»• débat et guerre feust meuz entre Jaquemart Barart, d'une 
n pai*t, et Mallieu de Lannais, bastaH, cousin dudit exposant, 
»♦ d'autre part; pour occasion et cause de ce que le neveu dudit 
n Jaquemai't avoit séduitte et emmenée avec lui une jeune fille, 
n de laquelle avoir à mariage ledit Mahieu pour aucuns ses gens 
n ou amis, avoit encommencié à traicter. Et pour ce Perceval 
« DE LA HowARDERiE, soubz umbrc de ce qu'il disoit ledit 
n Jaquemart estre so7i censier ou serviteur y fust à la requeste 
f> dicellui Jaquanart ou autrement pour sa voulenté non raison- 
n nable accompaignié de plusieurs ses complices venuz à port 
n d'annes en une maison où estoit ledit Mahieu et la eust battu 
n et injurié icellui Mahieu tant d*uns gantelet de fer comme 
» autrement jusques a effusion de sanc. 

» Duquel fait lesdiz Perceval et Mahieu se soubmistrent au 
y» dit et ordenance de IIII chevaliers qui endevoient ordener 
y* dedans un certain jour dont aucune chose fut commencié et 
n non pas parfait. Et non obstant ce, iceluy Perceval accompai- 
» gnié de plusieurs ses complices tantost après le jour de la 
n dicte submission expirée, vint devant la maison où estoient 
y> lesdiz DE Lannais et exposant (Huai*t de Mande) ^ en eulx 
»» estant et faisant cscrier par ses gens à haulte voiz : Que s*ilz 
*> étaient filz de bonne mère qu'ils yssissent dehors ; et en eulz 
» disant plusieurs injures et villenies. 

» Pour occasion desquelles injurieuses paroles, Mahieu de 
» Warlaing, chevalier, cousin desdiz de Lannais et exposant 
»» (Huai*t de Mande) ^ icelui et aultres des parens et familiers des 
^ dessus nommez, remanbrans comment ledit Mahieu de Lannaiz 
n avoit par ledit Perceval autrefois esté injuriez et batuz. Con- 
» sidérans que ledit Perceval se efforçoit de jour en jour de per^ 
» sévérer de mal en pis, issyrent hors de ladicte maison et pour- 
» suyrent ledit Perceval et ses complices, et tantost qu'il 
« aperceut lesdit de Lannaiz et leurs complices, il et ceulx de sa 
" compaignie descendirent à pié et là se entremellèrent et com- 
r> bâtirent les uns contre les autres : auquel débat ledit Perceval 
»» abatià tei^re ledit Mahieu de Warlaing, chevalier; et quant 
- un qui estoit varlet dudit chevalier, vit que ledit Perceval 
« tenoit son maistre soubz lui et le vouloit occire , y cellui var- 
w let traist une flèche ou sqjette de laquelle ledit Perceval fht 
*y attaint et donc icellui Perceval, qui senti blécic dudit cop, 
y> laissa aler ledit chevalier, et se partirent l'un de Vautre. 



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— 175 — 

» Duquel cap huit jours après ou environ mort s'en ensuy en la 
» personne dudit Perce val. 

» Mahieu de Warlaing et ses complices, au nombre de cinq, 
»» furent condamnés aux pèlerinagfes de Chypre et de Jérusalem, 
» à revenir par Chypre et à fonder une chapelle pour Tàme dudit 
" PfiRCEVAL, et à plusieurs autres amendes honorables et profi- 
•» tables aux amis de leur victime (i). » 

Nous n'avons plus trouvé de chartes concernant 
Mathieu I de Werlaing après 1387, mais la date de 
sa mort nous est connue. Il périt dans le combat livré 
à Blangy-sur-Ternoise, le 24 octobre 1415, veille de 
la bataille d'Azincourt qui donna le Nord et la Capi- 
tale de la France au roi d'Angleterre, Henri V. Voici 
comment ce décès est rapporté : 

« Par le trespas de Mons. Mahieu Crestien dit de Warlaing, 
n chlr. , sont semblablement rescheues à la descharge de ladite 
« ville, X. Ib. tour^. Et x. florins royaulx que il avoit de rente 
f* du Royalme à sa vie sur ladite ville. Est assavoir icelles x. Ib. 
» ou mois de Septembre et lesdis Royaulx moitié à le Pasque et 
» lautre moit. à la Saint-Remy. Et il trespassa à le bataille à 
» Blangy contre les Anglois à lissue du mois doctobre oudit an 
» mil iiij*= et xv. Payé à Jehan Fremeneur côme premier repor- 
» tant son dit trespas v s. »» 

Cette annotation ne vient qu'après nombre de dénon- 
ciations de décès dont la plus moderne est celle de la 
mort de Catherine Wettin, veuve de Jacques dwJfor^i^r, 
décédée le 16 avril 1415, avant Pâques 1416 n. st. (2). 

Mathieu Crestien de Warlaing^ seigneur de la 
Gruerie et de Landas (par achat) épousa la petite-fille 
d'un adversaire de son père. Elle se nommait Isabeau 

(1) ÂRCHIVB8 NATIONALES DR Francb, à Paris. Trésor des Chartes ^ 
Registre J. J. 132 (Charles VI, 1387 et 1388), Carta Ixix, folio 39. 

(2) ÂRCBivBS DB Tournai. Comptes généraux , quatrième registre 
(1415 à 1422), folio 30, verso. 



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— 176 — 

de Vertaing et elle était fille d'Eustache, sire de 
Vertaing (de la chevaleresque maison de Botcsies) et 
d'Agniès de Bierne, dame de Félui (i). C'est son aïeul, 
un autre Eustache de Vertaing, qui reçut une rémission 
en 1354 pour avoir eu guerre privée contre Bauduin 
le Lombard comme nous l'avons dit, ci-devant, p. 172. 

A l'époque où vivaient Mathieu de Warlaing et 
Isabeau de Bousies^ dite de Vertaing, son épouse, un 
proche parentdecette dernière, PîercAet?a/DE Vertaing, 
écuyer, avait épousé Demoiselle Marie Fortine, sœur 
d'Annestaise Fortine, femme de Jacques deHellemmes, 
et de Jehan Fortin dit le Lombart, d'une famille amie, 
ou peut-être même alliée, des Chrestien dits le 
Lombart (2). 

Mathieu Chrestien dit de Warlaing laissa cinq 
enfants; savoir : 

P Mathieu, dit DE LANDAS, qui suivra, IV; 

2^ Gilles, dit DE LANDAS, qui suivra, IV^", 
comme chef de la lignée des derniers Barons ; 

3** Florenche, dite de Landas, qui fut mariée deux 
fois. Elle épousa, en premières noces, Balthazar 
DU QuESNOi, chevalier, seigneur de le Loire (à Sars et 
Rosières, Nord), etc., fils naturel de Loys du Quesnoi, 
chevalier, sire du Quesnoi, de Toutencourt, de War- 
laing, etc., ber de Flandres, dit sire d'Audenarde, tué 
à la journée d'Azincourt comme on l'a vu, ci-devant, 
p. 165; et, en secondes noces, Jehan de Humières, che- 
valier, seigneur d!Estrée-lès-Montreuil (Artois). Du 
premier lit, vint une belle postérité (3); 

(1) Généalogies de la Maison de Boustes, 

(2) Archives db Tournai. Chiroçraphes delà Cité, Layette de 1396. 

(3) Notices généalogiques tournaistennes, tome 3 (Tournai, Vasseur- 
Delmôe, 1889). page 202, où il faut remplacer Jean Hanncron par 
Jeluin de Humières. 



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— 1T7 — 

4** Jehànne, dite de Landas, mariée à Jehan de 
Bellbporière, chevalier, seigneur de Belleforière, 
Ittre, etc., gouverneur de Crèvecœur, conseiller et 
chambellan du duc de Bourgogne, etc., fils de Robert 
de Belleforière, chevalier, et de Marie de la Vièsmlle. 
De ce mariage, vint une belle descendance (i) ; 

5^ Pérottb ou Piéronnb, dite de Landas, chanoi- 
nesse du chapitre de Sainte-Aldegonde de Maubeuge 
avant 1435, mourut abbesse de ce monastère le 
17 septembre 1467, après vingt-trois ans de pré- 
lature (2). 

IV. Mathieu, dit de Landas, chevalier, sire de Lan- 
das, de Goizaucourt, de Warlaing, etc., fut marié 
deux fois. 11 épousa, en premières noces, MaHe de 
HiNGETTES, dame des Obeaux, Fournes, Baufremez, 
Bourcheul, Hautponlieu, etc., fille de Jehan de Hin- 
gettes, chevalier, seigneur des Obeaux, Aubers, etc., 
et d'Agnès de Baufremez, dame de Baufremez, Four- 
nes, Capinghem, etc. (3). C'était la veuve de Gérard de 
Cuinghien, chevalier, sire de Hem (4). Lorsqu'elle fut 
décédée, Mathieu de Landas convola avec Marguerite 
VAN DE PoELE, dame de Spineveld, etc. , veuve de Rasse 
de Rivieren, dit de Lm/er, chevalier, seigneur de Neer- 
Linter, etc., et fille de Daniel van de Poêle, bâtard de 
Hainaut-Hollande, chevalier, et de Jehanne d'Aspre- 
mont. Le 7 juin 1445, Marguerite van de Poêle fit avec 



(1) SouvBNiRS DE LA Flandrb WALLONNE, 1879, p. 48. Généalogie 
de la Maison de Belleforière par le chevalier db Ternas. 

(2) A. LE Glay. Cameracum chrtstianum. Lille, Lefort, 1849, in-S». 
Page 248, en note. 

(3i Th. Lburidan. Statistique féodale de l' arrondissement de Lille, 
LE Wbppes. Lille, Danel, 1897. Bages 30 et 70. 
. (4). Idem, ibidem, lb Fbrrain, p. 136. 



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— 178 — 

Mathieu de Landas, le relief de son droit d'usufruit 
sur la seigneurie de Neer-Linter (i). 

Du premier mariage, vinrent deux fils (2), savoir : 

P Wallbrand de LANDAS, qui suivra, V; 

2° Jehan de Landas, chevalier, seigneur de Haut- 
ponlieu et Bourcheul (à Dourges), etc., père d'une fille 
légitime qui suit : 

A. Marguerite de Landas, dame de Hautponlieu, 
Bourcheul, etc., morte le 14 septembre 1510 (3), après 
avoir été mariée deux fois. Elle épousa, en premières 
noces, Louis Y A^ Boonem, écuyer, seigneur de Boonems- 
hove, etc., et, en secondes noces, Jan van den Heckb, 
écuyer, enterré près de sa femme à Saint-Sauveur de 
Bruges {4). 

V. Wallerand de Landas, chevalier, sire de Landas, 
de Warlaing, de Fournes-en-Weppes, etc., servit le 
dénombrement de sa terre de Landas (comprenant la 
seigneurie de Goizaucourt) tenue du château de Douai, 
à son suzerain le duc de Bourgogne, comte de Flan- 
dres, le 26 octobre 1471 (5). 11 épousa Isabelle de 
Flandres, dite de Praet, fille de Jean de Flandres 
(issu d'un fils naturel du comte Louis II), chevalier, 
seigneur de Praet, Woestijne, etc., et de Johanna van 



(1) Wautbrs. Histoire des communes belges. Canton de Léau, 
p. 137. 

(2) Selon un très vieux crayon généalogique, Clémence db Landas, 
fille de Mathieu et de Marguerite van de Poêle, aurait épousé David 
de Brimeu, chevalier, sire de Humbercourt. 

(3) Archives dép. du Nord. Chambre des Comptes de Lille. Compte 
du domaine de Lens en Artois, 1471 à 1472. Carton coté : Carmes de 
Douai, l. — Bibliothèque db Douai. Manuscrit 950 (ancien D. 89), 
vol. 10, fol. 226. 

(4) J. Gailliard. Bruges et le Franc, t. I, p. 208. 

(5) F. Brabsart. Histoire du Château de Douais Preuves, p. 503. 



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— 179 — 

Reygaertsvliet (i). De ce mariage, vint une fille qui 
suit, VI. 

VI. Tsabeau de Landas, dame de Landas, de War- 
laing, de Fournes-en-Weppes, etc., fut mariée deux 
fois. Elle épousa, en premières noces, Josse van Cor- 
TEwijLB, chevalier, seigneur de Reninghelst, Rooden- 
huysen, la Tour, Steenbeke, etc., écuyer-tranchant du 
duc de Bourgogne et comte de Flandres, Charies-le- 
Hardi (dit depuis le Téméraire), grand-bailli de la 
ville et châtellenie d'Ypres, bourgmestre du Franc de 
Bruges en 1473 et 1482, fils de Gilles van Cortewijle, 
chevalier, et de Marie van Steelant; et en secondes 
noces, le 22 octobre 1484, Jehan de Longueval, 
chevalier, seigneur de Longueval, du Hem, etc., con- 
seiller et chambellan du duc de Bourgogne, comte de 
Flandres et d'Artois, puis du même prince devenu roi 
de Castille, etc. , fils d'Antoine de Longtcevaly chevalier, 
sire de Longueval, du Hem, etc., et d'Alix de 
Ranchicourt. 

Isabeau de Landas fut mère de quatre enfants; 
savoir : 

Du premier lit : 

P Anne van Coriewylej dame de Reninghelst, 
Warlaing, etc., marié le 2 octobre 1500, avec Adrien 
DE Longueval, chevalier, seigneur de Vaulx-Vrau- 
court, Héninel, ViUers-au-Flos, Cappy, etc., gouver- 
neur et capitaine de Bapaume, conseiller et chambellan 
de l'empereur Charles V (comte d'Artois). C'était le fils 
de Jehan de Longueval, chevalier, seigneur de Vaulx- 



(1) J. Gailliard. Bruges et le Franc, t. I, p. 258. — Selon la 
Noblesse belge (annuaire de), 1892, première partie et Errata, Walle- 
rand db Landas aurait eu pour seconde femme, Catherine de le Barre, 
?eu?ede Regnault d'Âilly, dit de Sains, chevalier, seigneur d'Irboval. 



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— 180 — 

Vraucourt, Villers-au-Flos, Cappy, etc., vicomte de 
Verneuil, capitaine et gouverneur de Bapaume, et de 
Marie de Miraumont, dame de Beaumont en Artois. 
— Anne mourut le 6 juin 1539, veuve depuis le 
13 juillet 1534 (i). De cette alliance, sont issus les 
comtes DE BucQUOY et les princes de Longueval; 

2^ Marie van Cortewijle^ femme de Hubert dit Artus 
DE Hàbarcq, chevalier, seigneur de Gournay (à 
Assonval-lès-Renty), etc., fils de Pierre cfe Habarcq^ 
chevalier, seigneur dudit Gournay, etc., et de Marie 
de Ranchicourt (2). De cette union, vinrent un fils et 
deux filles, dont Tune, Marie, épousa en premières 
noces, Antoine de Waziers-Wavrin, chevalier, sire 
de Heudicourt, Manicourt, Maisnières, Morcourt (en 
Vermandois), Hangest, etc., et, en secondes noces, 
Jehan d'Estourmel, chevalier, seigneur de Simencourt. 
Antoinette de Waziers-Wavrin, qui fut fille unique 
du premier mariage de Marie de Habarcq, épousa 
François de Barbançon, chevalier, sire de Canny, et 
ses deux filles s'allièrent dans les Maisons du Prat et 
de Thou. 

Du second lit : 

3^ Pierre DE LONGUEVAL, qui suivra, VII; 

4** Hugues de Longueval, chevalier, sire de Lan- 
das, etc., mort dans Tune des guerres de l'empereur 
Charles V contre les pirates d'Alger et de Tunis. Il 
eut son frère aîné pour héritier (3). 

VII. Pierre de Longueval, chevalier, sire de 
Longueval, puis de Landas après le décès de son 

(1; Dictionnaire historique et archéologique du Pas de Ckilais. 
Arrondissement d'Arras, t. 2. Commune de Vaulx-Vraucoan» p. 127. 

(2) F. V. GoBTHALS. Dictionnaire généalogique et héraldique^ t. IV, 
page 586, dans une note consacrée à la Maison de Habarcq. 

(3) Idem. Miroir des Notabilités nobiliaires, etc., t. 2, p. 799. 



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- 181 - 

frère, vendit cette terre par acte du 23 juillet 1540, à 
Marie de Rubempré, dame de Bourghelle, etc., 
veuve de Jehan de Sainte- Aldegonde^ chevalier, sire de 
Noircarmes. 

CTest donc contre cette acheteuse qu'un descendant 
au troisième degré (en ligne directe et masculine) de 
Mathieu Chrestien dit de Warlaing^ nommé Antoine 
DE Landas, écuyer, seigneur de Rupilly, etc., exerça 
le retrait lignager de la seigneurie de Landas (i). 



Branche cadette devenue rainée dès la fin 
du XV® siècle. 

lybis^ Qill^Sy dit Grignart de Landas, écuyer, sei- 
gneur de la Gruerie (à Templeuve-en-Pèvele), de 
Rupilly (à Mérignies-en-Pèvele), etc., était le fils cadet 
de Mathieu Chrestien, dit de Warlaing, et d'Isabelle 
de BousieS'Vertaing . Il portait pour armoiries, les 
pleines armes de Landas, c'est-à-dire un émanché de 
cinq pointes mouvant du flanc dextre de Vécu, et tim- 
brant celui-ci d'un casque couronné, il lui donnait pour 
supports, deux lions. Son scel est appendu à une charte 
datée du 12 novembre 1441 et relative à la translation 
des reliques de Saint Evrard(2). 

Grignart de Landas épousa Jehanne du Chaste l, dit 
de la Howarderie^ fille de Gérard du Chastel, dit 
Houart, chevalier, sire de la Howarderie, etc., et 
d'Isabeau de Hainaut, dite de Bruielle. Il en obtint 
deux fils qui suivent : 

(1) Archives de la Maison de Landas, appartenant au Baron Louys 
de la Qrange-auoc-Ormes (Château du Fay, à Cobrieux, Nord). 

(2j Archives départbmbbtales du Nord, A Lille. Fonds de Vabbaye 
de Cysoing, Pièce originale scellée. — I. de Coussem arbr. Cartulaire 
de Vabbaye de Cysoing, Lille, Imprimerie Saint-Augustin, 1885, in-S^*, 
p. 364. — G. Dbmay. Les Sceaux de la Flandre, t. I, n» 1182. 

ANNALSS. T. 12 



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— 182 — 

P Simon de Landas, chevalier, seigneur de la 
Gruerie, conseiller et chambellan du duc de Bourgogne. 
Il fut marié deux fois, et sa postérité masculine s'étei- 
gnit à la première génération, tandis que sa descen- 
dance féminine se continuait par les de Vlieghe et les 
de la Hamaide de Haudion, à la Gruerie; 

2^ Mathieu DE LANDAS, qui suivra, V. 

V. Mathieu de Landas, écuyer, seigneur de 
Rupilly, etc., épousa par contrat passé à Mons le 
26 janvier 1477, Catherine Mazelan, héritière de 
Raucourt, lès-le Quesnoi (Nord, jadis Hainaut), fille 
de Nicolas Mazelan, seigneur dudit Raucourt, etc., et 
de Catherine de Hoves (i). Le 24 mai 1582, à la 
requête de Mathieu de Landas, écuyer, et de demoi- 
Catherine Mazellan, sa femme, il fut procédé au par- 
tage des biens de la famille Mazellan, entre ladite 
Catherine et sa sœur Marguerite, femme d'Estienne 
Druëlin ou de Ruëlin, seigneur de Bry, d'Eth, etc. (2). 

Lorsque le 12 mars 1484 (1485 n. st.), les Etats de 
Hainaut furent convoqués par mandement du Roi des 
Romains et de Tarchiduc son fils, Mathieu de Landas, 
écuyer, seigneur de Rupilly et de Raucourt-lès4e- 
Quesnoi-le-Comte, fut l'un des députés de l'Ordre delà 
Noblesse (3). 

Le seigneur de Rupilly et de Raucourt laissa trois 
enfants dont les alliances se ressentirent du mariage 
montois qu'avait contracté leur père. 

(1) C^ DB Saint-Gbnois. Monuments anciens, t. 1, pp. 20 et 9J0- 
91 1. Catherine de Hoves était fille de Philippe et de Marie le Leu ou 
le Leup, 

(2) Archives db i/l Maison de Landas. La copie d^acte que nous y 
avons vue porte Druchy là où il faut Druëlin, 

(3) Bibliothèque nationale de France, à Paris. Trésor généalogique 
de DoM V1LLEVIBILLE, Manuscrit français, N^ 31884, t. I. 



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— 183 — 

Ces trois enfa*its suivent : 

P Antoine DE LANDAS, qui suivra, VI; 

2° Jehannb de Landas mariée à Jehan de Thysnes, 
dit DE Halloie, écuyer, seigneur de Corioules; 
• 3° Louise de Landas, femme de Jehan d'Eve, écuyer, 
seigneur de Villers, de Walzin, etc., fils de Jehan 
d*Eve, écuyer, seigneur de Villers, etc., et de Jehanne 
dEve, héritière de Walzin, sa parente. 

VI. Antoine de Landas, chevalier, seigneur de 
Rupilly, de Raucourt, etc. , servit dans les armées de 
L'empereur Charles V. Ayant épousé la fille d'un grand 
seigneur laquelle fut fortement dotée, il put opérer dès 
le 16 septembre 1540, le retrait lignager de la sei- 
gneurie de Landas, dont il servit un rapport et 
dénombrement le 2 octobre 1545, à son suzerain, le 
Comte de Flandres, châtelain de Douai, qui était alors 
l'empereur d'Allemagne, Charles V (i). 

Voici l'épitaphe d'Antoine de Landas et de son 
épouse qu'on voyait autrefois dans l'église du Val-des-' 
Ecoliers à Mons. Nous copions le manuscrit : 

« Tenant la tombe du prince de Chimay a ceur est 
» en marbre ung homme tailles a demy boce, sa feme 
f> lez luy. « 

Landas Houardry Boussy Bruelle 
Mazblan Hoves Escausine le Leu (2). 

(1) Archives db la Maison db Landas. 

(2) Landas : émanché de cinq pièces mouvant du flanc dextre de 
Vécu; Houardry (du Chastel) : un lion; Boussy (Bousies) : une croix; 
Brubllb (Haioaut dit de Bruyelle] : coupé àe Hainaut moderne et </.... 
à trois merlettes d....; Mazblan : trois roses quinte feuilles, S et 1 ; 
HovBS : d.. ,à la bande de qtmtre losanges rf...., accompagnée de six 
merlettes d,,., posées en orle; Escausinb (Hainaat-Kœuix dit d'Escaus- 
sinesj : trois lions, S et 1 ; lb Lbu (ou lb Lbup) : d*orà4rois loups de 
sable, Seti ; au chefd. . . . chargé de trois merlettes d.,., rangées. Tels 
étaient les hait quartiers d'An tome db Landas mort en 1551 (stc). 



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— 184 — 

ICY REPOSENT LES CORPS DE NOBLE HOME MESSIRE 
AnTHOINE de LaNDAS en SON VIVANT CHRS ET S"" DUDIT 
LaNDAS, de RuPILLY, RoUCOURT, ETC., CAPITAIGNE ET 
LIEUTENANT DE MoNS"^ LE DUC D*ArSCOTTE. 

Et de NOBLE Dame Madame Frachoise de Croy 

PILLE naturelle AU PRINCE DE ChIMAY SON ESPEUSE QUI 
TRESPASSÈRENT LED. S'^ LE 15® J. DE MAY LAN 1561 ET 

LAD. Dame le 26 doctobre 1555. 

Pries Dieu pour leurs âmes (i). 

Antoine de Landas épousa Françoise de Croy, fille 
bâtarde de Charles de Croï (Crohi), premier prince de 
Chimay. Cette dame fut légitimée par lettres de l'empe- 
reur Charles V données en 1524 (2). Dans Tépitaphe, la 
date du décès de l'épouse est bonne, mais c'est le 15 mai 
1551 que mourut Antoine de Landas, qui avait testé le 
12 mars précédent (1550 vieux style). 

Les descendants en ligne directe, masculine et légi- 
time de son fils Robert [issits de la famille Chrestien 
dit LE LoMBART subslituée au nom et aux armes des de 
Landas) possédèrent ladite seigneurie jusqu'à la Révo- 
lution française (1793). C'est le petit-fils de Robert t^y^ 
Landas, Antoine-Robert-Ignace qui, le premier, s'avisa 
de se nommer de Mortagne-Landas, quatrième chan- 
gement du nom de cette famille qui fut Chrestien, 
Warlaing, Landas, puis Mortagne, alors qu'en ligne 
masculine, elle n'était ni Mortagne, ni Landas. 

Le C^ P. -A. DU Chastel de la Howarderie. 



(1) Bibliothèque nationale de Fkance, à Parts. Manuscrit français, 
8236. Epitaphes des Pays-Bas, p. 47. 

(2) Archives départementales du Nord, à Lille. Inventaire sont- 
maif*e, tome 2, p. 212, col. 2. 



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— 185 — 



Anciens Contrats tournaisiens 

D'APPRENTISSAGE. 



Parmi les privilèges des anciens corps de métier, 
l'un des principaux consistait à n'admettre à la pra- 
tique, en dehors des fils de maîtres, que des ouviers 
experts ayant, à la suite d'un apprentissage dont la 
durée variait selon les métiers, fait accepter leur chef- 
d'œuvre par les esgards de la corporation. Comme con- 
séquence de ce privilège, les magistrats de la ville, 
auxquels incombait le soin|de dresser la réglementation 
des métiers, apportaient une attention particulière à 
fixer les conditions de l'apprentissage. 

L'apprenti devait être l'objet d'une surveillance 
constante, tant sous le rapport du travail que sous 
celui de la conduite. Aussi voyons-nous que, pour 
rendre cette surveillance effective, leur nombre était 
rigoureusement limité dans chaque atelier : deux ou 
quatre, tel en était généralement le nombre. Encore 
faut-il observer qu'ils ne pouvaient être admis tous en 
une seule fois : une moitié d'entre eux devait être 
arrivée au milieu de son apprentissage avant que 
l'autre moitié n'entreprit ses débuis. Exception pour- 
tant était faite en faveur des propres enfants du maître, 
pourvu qu'ils fussent légitimes ; à ceux-ci seulement le 
père pouvait donner l'enseignement technique, quel 
que fut leur nombre. 

En échange des leçons qu'il recevait, l'apprenti 



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— 186 — 

devait tout son temps au maître, dont il devenait le 
véritable serviteur, et qu'il ne pouvait quitter avant 
l'expiration de son terme d'apprentissage; mais il avait 
droit, pour lexistence matérielle, d'être traité comme 
le fils de la maison. Moyennant une modique pension, 
il recevait d'ordinaire, outre l'enseignement profes- 
sionnel, le logement, la nourriture et l'habillement. 
Parfois pourtant, au lieu de verser cette somme, il 
percevait un léger salaire pour le travail auquel il 
collaborait. D'ailleurs les conditions d'entrée chez un 
maître étaient toujours consignées d'une façon expresse 
dans des contrats d'apprentissage rédigés en présence 
de magistrats. 

J'ai eu lieu déjà, dans mes Etudes sur {art à Towmai, 
de publier plusieurs contrats de ce genre. Les actes 
de cette nature présentant de l'intérêt tant au point de 
vue des mœurs d'une époque qu'à celui de l'organi- 
sation des métiers, j'en ai réuni un certain nombre, 
récemment rencontrés dans nos archives communales, 
qui se rapportent à des métiers que je n'ai pas eu l'oc- 
casion d'aborder dans l'ouvrage que je viens de citer. 
Je vais simplement en transcrire les textes, laissant à 
d'autres d en tirer les conclusions sociales. 

A. DE LA Grange. 



Favarkerie (i) (1272). 

Sacent tôt cil ki cest escrit véront et oront ke Jehans 
li Fèvres doit aprendre loiaument comme preudom 
Jakemont le Conte sen mestier de favarkerie, de main- 



(1) On donnait le nom de favarkerie au travail du marteau, de la 
forge. 



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— 187 — 

tenant en avant jusques à trois ans priés appriès ensi- 
vans, pour vj lib. de torn. que cil Jakèmes l'en doit 
rendre et paiier à deux paiemens, s'est assavoir Ix s. 
de torn. à le Candeler or ki vient procainement ; s'en 
doit en rabatre xxvj d.; et les autres Ix s. de torn. de 
ceste procaine Candeler en j en. Et parmi cou doit 
ausi cil Jehans li Fèvres donner celui Jakemon tôt sen 
despens de boire et de megnier, de caufer et de gésir 
totes les iij anées, si coïnme on donne un mestre vallet ; 
et il li doit ausi faire loiaument sen siervice comme 
boins vallés. Et se cil Jehans Lifévres défaloit qu'il ne 
li fesist sen despens et apresit sen mestier loiaument, 
ensi que deviset est, amender le doit cil Jehans par 
dit de preudomes dou mestier, et s'en a assenet partot 
à lui et au sien. Et aussi est assavoir se cil Jakèmes 
ne voloit siervir et apprendre, u il ne pooit qu'il fiist 
neules par kai il se départist de sen mestier Jehan le 
Fèvre ki dist est, pour cou ne demorroit mie qu'il ne 
li convenist paiier les vj lib. devant dites tôt entirement 
à celui Jehan à teus paiemens que devant sont dit, et 
de ces vj lib. à paiier et à rendre ont faite leur dette 
propre Jehans li Begins de Gissegnies, Colars de Gisse- 
gnies et Jakèmes de Posnenges li foulons, et Sandrars 
de Lignietes, cil en doit couvent tenir à cescun 
paiement si comme boins pièges. Et se cil Jehans li 
Fèvres en faisoit, à nul dos paiemens, coust ne frait 
ne enprunt, rendre li doivent tout parmi sen voir dit ; 
et s'en ont assenet à aus et au leur partout et à quant 
qu'il ont et auront cascuns d aus por le tout ; et encore 
avoec tout cou poroit cil Jehans doner xx s. de torn. 
dessus dis les detteurs devant dis à quel signeur de 
tiere u à quel ballis qu'il onques vorroit pour le sien à 
requerre s'il mestier en avoit et sans le sien de nul 
point amenrir. Et Jakèmes li Quens devant nommés si 



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— 188 — 

en doit tous les autres ki dit sont délivrer et aquiter 
tous quites et de coust et de frait et de catel. Et là fu 
Jehans Flamens de Bavegnies comme voirs jurés, 
Jehans Moriaus del Mortier et Colars ses fius comme 
autre home. Et au livrer cest escrit furent les ij parties 
présentes, en Tan del Incarnation Jhésu-Christ mil et 
ce et Ixxij el mois de jenvier le diemenche apriès le 
Tiephanie. — Au dos est écrit : C'est Jehan Le Fèvre.. 

Tissage (1306). 

Sacent tout cil ki cest escrit véront et oront, ke 
Maroie li Carleresse a marcandet à Colart le Baubot 
de Jake le Carlier sen fil de siervir et aprendre à tistre 
ij ans tous continueus si vans l'un apriès l'autre; et doit 
li dis Jakemins coumenchier, au jour S. Piere entrant 
a ust ki vient prochainement, à siervir et aprendre son 
mestier, et ensi tous les iij aus apriès si vans; et doit 
li dis Colars li Baubos livrer toutes les ij anées au 
devant dit Jakemin tout sen vivre sans pain et sans 
viestir et cauchier ; et tous les vivres doit iestre autre- 
teuls ke li dis Colars ara pour lui, tous sans pain. Et 
s'il avenoit ke li dis Jakemins fuist malades dedens 
les ij anées xv jours, li dis Colars le doit warder u 
faire warder à sen coust et à sen frait, et nient plus, 
sans coust et au frait non de le ditte Maryen ; et pour 
chou ne demeure mie ke li ditte Maroie ne li doive 
faire restorer le tans ke li dis Jakemins seroit en 
défaute de siervir li dit Colart de siervice meismes; et 
])armi toutes ces convenences deseure dittes doit li dis 
Jakemins avoir à cascun drap ke il fera avoec le dit 
Colart vij d. , u avoec autrui dedens les ij anées, ouvrant 
ou non le dit Colart. Et se li dis Jakemins se defuist 
dedens les ij anées et ne vosist mie parsiervir se ter- 



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— 189 — 

mine, li ditte Maroie li Carleresse et Jakemins ses fiex, 
u li uns d'eaus, doivent amender par le dit dou mestier, 
juskes à le valeur de iiij Ib. de tournois. Et se li ditte 
Maroie et Jakemins ses fiex defausissent de riens de 
tout chou ke chi devant est dit et deviset, u d'aucunes 
d'elles, et pour plus grant seurtet à avoir, en ont 
assenet à aus et au leur à quankes ils ont et aront par- 
tout, et cascuns pour le tout; et si poroitli dis Colars 
donner sour le ditte Maryen xx s. de tournois à quel 
signeur de terre, à quel balliu u à quelle justice k'il 
voroit, pour les oonvenences devant dittes acomplir, 
se li ditte Maroie en defausist de riens; et che don 
seroit elle tenue de payer sans les convenences amen- 
rir. Et li dis Colars en assenne à lui et au sien à 
quankes il a et ara partout, pour les convenences 
devant dittes aemplir et iestre fermes, se il en defausist 
de riens, et amender par le dit dou mestier. A ceste 
convenence furent, comme eskievin dou Bruille de 
Toumay, Rogiers de Venduile et Jehans Truencavoir. 
Et si i furent les parties à cest escrit livrer. Ce fu fait 
Tan m. ccc et vj enmi le mois de ghieskerech par 
j samedi. — Au dos est écrit : C'est Colart li Baubot. 

Tissage de drap (1319). 

Sacent tout chil ki cest escrit véront et oront ke 
Oliviers des Euwis, tisserans de dras, a enconvent ke 
Mikelait, fil Jehan de Piesnes, aprendera sen mestier 
dou tistre dras par le tierme de iij ans continueus 
si vans et à venir l'un apriès l'autre, ki commencheront 
à Paskes ki seront l'an m. ccc et xx ; et ces iij ans 
apriès sivans doit li dis Mikelais siervir bien et loiau- 
ment, le dit tierme, à l'usage que au mestier apertient 
sans malengien; et li dis Oliviers li doit et a enconvent 



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— 190 — 

sen mestier à ensegnier et à aprendre paisiulement, 
bien et souffisaument, le cours dou dit tierme. Et est 
assavoir ke li dis Oliviers doit et a enconvent le dit 
Mikelait del nourir bien et souffisaument de boire et 
de mengier, de coukier et de lever, et de warder bien 
et loiaument et paisiulement tout le cours dou dit 
tierme, parmi ix Ib. de tourn. ke li dis Oliviers des 
Euwis en a receus à Jehennain, mère le dit Mikelait, 
et dont li dis Oliviers s'en tient bien asols et apayés 
des ix Ib. pour le nourechon dou dit Mikelait; et doit 
iestre tout chou ke li dis Mikelais wangnera au triste 
tout le dit tierme, avœc tous les nœf Ib. , li dit Olivier. 
Etli aenconventli disMikelaisà faire bien et loiaument 
sen sierviche paisiulement toutes les iij anées; et se 
il avenoit ke li dis Oliviers des Envois estoit en 
defaute de aucune de ces convenences à faire et à par- 
faire, ch'est assavoir del aprendre au dit Mikelait sen 
mestier dou tislre, si comme contenut est, et de lui 
livrer segouvierne de boire et de megnier souffisaument 
tout le cours dou dit tierme, si comme deviset est, et 
il avenist ke li dis Oliviers en fust en défaute dou faire, 
par coi li dis Mikelais en venist à damage, ne en fust 
ariérés en cou quelle manière que che fust, fust de 
tout ou em partie, rendre le doit Oliviers des Envois 
à le ditte Jehennain, inère au dit Mikelait, u à chelui 
ki cest escrit aporteroit, fust femme u hommez, se de 
le ditte Jehennain estoit défalit. Et de toutes ces con- 
venences ki en cest escrit sont contenues, maintenues 
et devisées, a li dis Oliviers assenet à lui et au sien à 
quant ke il a et ara partout, pour le faire et le parfaire 
bien et loiaument si ke enconvent l'a dou faire. A 
toutes ces convenences et devises faire et deviser fu 
Jehans Velainne comme voirs jurés, et Jehans de 
Haudion,li maiieniers, ki congnent les parties, comme 



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- 191 — 

autres hommes. Et si furent les parties à cest escrit 
livrer. Che fu fait l'an m. ccc et xix le jour S. Piere 
entrant fenerech. — Au dos est écrit : Jehanain jadis 
femme Jehan de Pienes, pour Mikelait sen fil. 

Coutellerie (1309). 

Sacent tout cil ki cest escrit vérout et oront, ke 
Jehans de Renghies, li couteliers, doit et aenconvent 
à warder et norir Pieret de Marchienes, le fil Maroie 
le Barbieresse, dou jour dui jusques au jour de le Can- 
deler ki vient prochainement, et de celi jour de le 
Candeler ki vient prochainement en trois ans continuens 
prochains apriès sieuwans ; et ensignier et aprendre li 
doit ausi li dis Jehans sen mestier de coutelerie bien 
et loialment sans malengien, ausi bien et ausi loialment 
ke ce fust ses propres enfens, tout le tierme desusdit ; 
et donner li doit ausi sen déspens de bouke, de boire 
et de mignier, et de lever et de koukier, tout le tierme 
desus dit bien et souflSssaument ensi kll affiert à Ten- 
fant d'un preudomme, sans fraude et sans malengien. 
- Et s'est à savoir ke de tous les deniers ke Jehans de 
Renghies devant nommés devoit avoir pour le dit Pieret 
de Marchienes à gouverner et de lui ensiegner et 
aprendre tout le mestier de coutelerie desus dit si 
comme dit est, li devant dis Jehans de Renghies s'en 
tient tout plainement asols et apayet, et quittet en a 
Pieret de Marchienes tout quitte. Et s'il avenoit ensi 
ke Jehans de Renghies n'ensingnast et apresist et ne 
gouvernastle dit Pieret de Marchienes si comme deviset 
est, tout le tierme devant dit, et il l'en fauniast de 
nient de quoi que cou fust en nulle manière, et li dis 
Pieres en enist coust u frais u despens, u avoit damage 
en quel manière que cou fust par nulle des defauttes 



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— 192 — 

de Jehan de Rengbies sen mestre, ne des convenenches 
desus dittes, rendre li doit Jehans de Renghies desus 
dis et amender parmy sen voir dit sans les convenenches 
devant dittes amenrir. De tout cou a il assenet à lui 
et au sien à quant k'il a et ara partout. Et s'il avenoit 
ke Jehans de Renghies devant nommés morust et alast 
de vie à mort devens che tierme desus dit, et se femme 
ne vosist plus le dit Pieret tenir avoec lui, ne s'ille 
n'avoit baron ki le dit Pieret seuist parensignier et 
aprendre, Pieres desus dis s'en doist partir, et traire 
se doit avoec Lotart le Mie; et Lotars li Mies li doit 
et a enconvent loialment à ensiegnier et à paraprendre 
le mestier devant dit, et gouverner le doit et faire sen 
despens tout le remanant dou tierme desus dit bien et 
loialment, si comme dit est, depuis le jour k'il se seroit 
trais avoec lui et ke li dis Pieres lui aroit monstrées 
ses defauttes; et se Lotars li Mies devant dis ne lui 
acomplisoit les convenenches desus dittes, si comme 
dit est, et Pieres en faisoit coust u frait u despens, u 
avoit damage, rendre li doit Lotars li Mies parmi sen 
voir dit sans les convenenches devant dittes amenrir. 
De tout cou a il assenet à lui et au sien à quant k'il a 
et ara partout. Et parmi cou ke deseure est dit et devi- 
set, Pieres de Marchienes doit et a enconvent loialment 
à aprendre et à faire sen siervice tout le cours des 
trois ans bien et entirement à Jehan de Renghies, sen 
mestre, ou à Lotart le Mie, se de sen mestre defaloit 
ensi ke deviset est. Et s'il avenoit que Pieres de Mar- 
chienes s'en alast, ne defuist, ne departisist de sen 
mestre u de Lotart sans le volentet de sen mestre, ains 
ke ses tiermes fust huers, et Jehans de Renghies, ses 
mestres, u Lotars li Mies, se de sen mestre defaloit, 
en faisoit coust u frait u despens, u avoit damage en 
quel manière ke cou fust par le defaute de sen siervice, 



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— 193 — 

rendre li doit Pieres de Marchienes parmi sen voir dit 
sans les convenenches devant dittes amenrir. De tout 
cou a il assenet à lui et au sien à quant k'û a et ara 
partout. A ceste connissance fu Libbiers Vilains comme 
voirs jurés, et Pieres de Flékières comme autres 
hommes ki connoist les parties ; et si furent les parties 
à cest escrit livrer. Et pour souvenanche des choses 
desus dittes, si en est chis escris fais en trois parties 
par le volentet des parties, douquel li voirs jurés desus 
dis voarde le moyenne partie ; et Jehans de Renghies, 
le première ; et Pieres de Marchienes, le tierche. Che 
fu fait l'an de grasse m. ccc et ix le demierkes apriès 
le jour S. Pol, xxviij jours ou mois de jenvier. — Au 
dos est écrit : C'est Jehans de Renghies, le couteliers, 
et Piéron de Marchienes. 

Coutellerie (1326). 

Sacent tout cil ki cest escrit véront et oront ke 
Lotars Li Mies, li couteliers, doit et a enconvent 
comme se propre dette à Willaume le Dorlotier de 
Bruges que il li aprendera Hanekin le Dorlotier, sen 
fil, le mestier de coutelerie bien et loiaument à sen 
loiai pooir, si que loiaus mestres et preudoms doit 
faire ; et li dis Hanekins doit le dit Lotart siervir bien 
et loiaument et faire sen pourfit, si que boins enfens et 
aprentis doit faire, le tierme de iiij ans ensivans ki 
coumenchièrent à che jour. Sainte Crois ki fu l'an 
mil ccc et xxyj. Et là endevens ces iiij ans doit Lotars 
donner et délivrer au dit Hanekin se gouvierne de 
boire et de megnier bien et souffisaument, si cha tel 
enfant apiertient. Et li dis Willaumes, pères au dit 
Hanekin, li doit livrer viesture et caucemente les iij ans 
durans. Et pour chou faire que devant est dit, li dessus 



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— 194 — 

noumés Lotars en a eut et receut dou dit WiUaume 
XX Ib. de paresis, et de coi Lotars s'en tient bien 
apayés et eu a quitet le dit Willaume dou paiement. 
Et sauf chou que au kief des iiij ans li dis Lotars a 
enconvent à rendre et à payer comme se propre dette 
au dit Willaume u au dit Hanekin sen fil c sols de 
paresis, mailles blankes le roi pour viij den. tournois 
u monnoit au vallant. Et sen si estoit cose, que ana- 
viegne, que li dis Hanekins se partesist dou dit Lotart 
ansçois que il euist siervit sen tierme deseure dit, 
quant que ce ftist là en devens, si a li dis Willaumes 
enconvent au dit Lotart que le dit Hanekin li ramenra 
pour parfaire sen siervice. Et se de par le couppe dou 
dit Lotart li enfens s'en par toit, amender le deveroit 
Lotars pardeviers le dit Willaume. Et se li dessus 
nommé Lotars et Willaume avoient cous, frais, despens, 
emprunt, u avoient damage li un enviers l'autre par le 
défaute de leurs convenences, prendre le doivent li un 
l'autre quant k'il en seroient arière par dit des ouvriers 
dou mestier. S'en ont li dessus nommé Lotars et Wil- 
laume, pour tout cou que devant est dit faire et enplir 
bien entièrement, li un l'autre assenet à aus et au leur 
à quant k'il ont et aront partout, et cescuns pour se 
partie. A toutes ces convenences fu Jakèmes li Cappui- 
sières comme voirs jurés, et Ernous de Ronais comme 
autres hom ki connoist les parties ; et si furent les par- 
ties à l'escrit livrer. Che fu fait l'an de grasse mil ccc 
et xxvj lendemain dou jour Sainte Crois. Et pour sou- 
venance en est cis escris fais en iij parties, de coi li 
dis Willaumes voarde le première partie; li voirs 
jurés, le seconde; et Lotars, le tierce. — Au dos est 
écril. C'est Lotart le Mie, coutelier, et Willaume le 
Uorlotier de Bruges. 



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— 195 — 

Coutellerie (1330). 

Sacent tout cil ki cest escript véront et oront ke 
Willaumes li Dorlotiers a marcandet à Jakemon 
Kocbet en tele manière ke li dis Jakèmes doit et a 
enconvent à aprendre Hennekin (i), fil le dit Willaume, 
sen mestier de coutelerie bien et loiaument, et lui 
escoustenghier (2) de boire et de mignier, et lui livrer 
tous ses despens sauffissaument, le tierme de ij ans 
continuens à venir, qui commenchièrent le jour dou 
Noël qui fu Tan M. CGC et XXX. Pour lequele apre- 
sure et norelure li dis Willaumes doit payer au dit 
Jakemon, pour tous les ij ans dessus dis, x Ib. de 
tornois, de tele monnoie qui couroit à Toumay au 
jour de le date de cest escript, à payer ces x Ib. à ij 
paiemens, c'est assavoir le moityet au jour S. Jehan-i 
Baptiste qui vient prochainement, et l'autre moityet 
au jour dou Noël prochain apriès suiwant. Et se li dis 
HenneÉins s'enfuivit devens les ij ans dessus dis, et 
k'il ne vosist plus demorer avœc le dit Jakemon, sivir 
le poroit li dis Jakèmes partout comme sen aprendich ; 
et s'il ne le savoit sivir, u ne vosist, u li dis Hannekin 
morust devens les ij ans dessus dis, li dis Willaumes 
ses pères seroit tenus d'amender au dit Jakemon le 
faute à le quantité dou tans par dit d'ouvriers; et se li 
dis Willaumes estoit en defaute des x Ib. dessus dittes 



(1) C*est le même pour l'apprentissage duquel son père avait traité 
en 1326 avec Lotart le Mie (vid. supr.) Sans doute Hennekin, à l'expi- 
ration des quatre années passées avec son premier maître, ne s'était 
pas trouvé en état de passer chef-d'œuvre. Aussi, dans l'acte que je 
transcris, Guillaume le Dorlotier traite-t-il avec un nouveau patron 
pour un complément d'apprentissage d'une durée de deux ans seulement. 

(2) Escoustenghier veut dire supporter la dépense. 



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— 196 — 

payer, si que dit est, u des autres convenenches dessus 
dittes tenir et aemplir, et li dis Jakèmes, u chieus lais 
hom qui cest escript aporteroit, en faisoit coust, u 
frait, despens, emprunt, u avoit damage par le defaute 
dou paiement u des convenenches, le dit Willaume 
rendre li doit parmi sen voir dit sans les convenenches 
dessus dittes de nient amenrir. S'en a li dis Willaumes 
assenet à lui et au sien à quant qu'il a et ara partout. 
Et se li dis Jakèmes trespassoit devens les ij ans dessus 
dis, u k'il ne tenist plus sen mestier, il u ses remanans 
devroit amender au dit Willaume à le quantité dou 
tans par dit d'ouvriers ; et se li dis Jakèmes estoit en 
défaute dou dit Hennekin norir et aprendre, si que dit 
est, u des autres convenenches dessus dittes tenir et 
aemplir, et li dis Willaumes, u Hennekins ses fieus, u 
chieus lais hom qui cest escript aporteroit, en faisoit 
coust, u frait, despens, emprunt, u avoit damage par 
le defaute des convenenches le dit Jakemon u d'aucune 
d'elles, rendre li doit parmi sen voir dit sans les con- 
venenches dessus dittes de nient ameurir. S'en a li dis 
Jakèmes assenet à lui et au sien à quant qu'il a et ara 
partout. A ces convenenches fu Jakèmes li Capisières 
com voirs jurés, et Ernouls de Ronais, qui conneut les 
parties, y fu com autres hom. Et si furent les parties à 
cest escript livrer. Et pour chou que che soit ferme 
cose et estaule, si en est chieus escrips fais en iij par- 
ties, desquel li dis Willaumes warde le première 
partie, li voirs jurés deseure nommés warde le 
moyenne partie, et li dis Jakèmes Koches le tierche. 
Ce fu fait l'an de grasce M.CCC et XXX, le jour 
S. Jehan Evangéliste. — Aw dos est écrit : C'est 
Willaume le Dorlotier et Jakemon Kochet. 



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— 197 



Façon de fourrures (1311). 

Sacent tout cil ki cest escrit véront et oront ke 
Lotars de Bari, fius Jakemon de Bari, a marcandet à 
Phelipron, le plicbier de le porte, de Hannekin, fil 
Jakemon de Bari, à aprendre se mestier bien et loiau- 
ment et tel ke li dis Phelipres le set, et de lui adouner 
se despens de bouke bien et soufissaument tout ensi 
k'ii asiert à fil de preudoume, dou jour S. Jehan Bap- 
tiste ki vient proçainnement en iij ans sivans l'un 
apriès l'autre. Et doit li dis Hanekins estre et demorer 
par nuit et par jours à le maison Phelipron. Et se li 
doit Phelipres donner cescun an ij paire de sorlers, uns 
d'ivier et uns d'estet. Et se li dis Phelipres estoit en 
défaule de faire et remplir les convenences desus dites 
ensi ke deviset est, et li dis Lotars de Bari en faisoit 
coust, ne fret, ne despens, ne avoit damage par le 
défaute de se convenence, rendre li doit li dis Phelipres 
quan k'il en seroit arière, parmi sen voir dit, sans le 
sien ameurir. De tout cou a li dis Phelipres asenet à 
lui et au sien à quand k'il a et ai a partout. Et parmi 
tant ke devant est dit et deviset, doit li dis Lotars de 
Bari rendre et payer à Phelipron, cescun an le cours 
des iij ans devant dis, v rasières de blet tel ke des 
golexées S. Brisse; et doit comenchier à payer le pre- 
mier payement à le Candeler ki vient proçainnement, 
et tout poursivaument, à cescune Candeler, v rasières 
tant ke les iij anées seront acomplies. Et se li dis 
Hanekins aloit là en devant de vie à mort, li dis 
Lotars seroit quites de payer, à le cantitet dou tans, 
des V rasières de blet par en. Et est à savoir ke se li 
dis Lotars voloit roster Hannekin devens le tierme ki 
dis est, roster le puet en quel tans k'il veut, pour payer 

ANNALKS. V. 13 



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— 198 — 

à l'avenant. dou tans et pour payer une rasière de blet 
avœc, sauf chou ke Lotars, ne autres pour lui, ne le 
puet ne ne doit roster pour autrevart maitre ne conve- 
nencier de ce mestier. Et se Lotars de Bari ne paioit 
ceséun en le blet desus dit ensi ke dit est, et li dis 
Phelipres en faisoit coust ne fret ne despens ne enprunt 
puis le jour par le défaute de sen payement, rendre li 
doit Dotars de Bari quan k'il en seroit arière, parmi 
sen voir dit, sans le sien amenrir. De tout cou a 
Lotars de Bari asenet à lui et au sien à quan k'il a et 
ara partout. Là fu Henri Devans comme voirs jurés, et 
Jakèmes Jolis comme autres hom. Et si furent les 
parties à cest escrit livrer, l'an M. CGC et XJ, le 
demierkes proçain apriès le ducasse Nostre Dame ou 
mois de may. — Au dos est écrit : C'est Lotart de Bari 
et Phelipre l'Escohier. 

Corroyerle (1313). 

Sacent tout cil ki cest escrit véront et oront ke 
Jakèmes Velainne, li coryers, doit ei a enconvent, 
comme préudons, à aprendre et à ensignier Piéret de 
Saint Nicholai sen mestier de korierie cou que li dis 
Pieres en pora retenir et aprendre devens le terme de 
iiij ans, c'est asavoir dou jour dou grant quaresme ki 
fu l'an iM.CCC et xiij en iiij ans apriès, en tel manière 
ke asavoir est ke lidis Pieres doit bien et loiaument 
siervir tout le terme devant dit ledit Jakemon, sen 
mestre, et faire cou ke il li commandera et ensingnera 
pour sen pourfit ; et s'il avenoit ke là endevens lidis 
Pieres s'en alast et departist de sen mestre sans sen 
gret et sans sen congiet, et lidis Jakèmes i euist coust, 
ne frait, ne damage en quel manière ke cou fust par 
le défaute dou devant dit Pieret, ne de sen siervice. 



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— 199 — 

asavoir et ke Maroie Ballette, c'on dist de Saint 
Nicholai, mère audit Pieret, doit et a enconvent audit 
Jakemon à rendre tous les cous et les damages que 
lidis Jakèmes i aroit, parmi sen voir dit et parmi le 
dit de deus preudommes ou trois dou mestier, et si 
avant ke li us et li coustume et li drois dou mestier le 
porie ; et de cou a liditte Maroie Ballette assenet à lui 
et au sien à quant k'ille a et ara partout. A ceste con- 
nissance fii Jakèmes li Louciers com voirs jurés, et 
Dierins de Vilers comme autres homs ki connoist les 
parties ; et si furent les parties à cest escrit livrer. Ce 
fut fait Tan M. CGC et xiij, le deluns devant le jour 
Nostre Dame, el mois de march. 

Au dos est écrit: C'est Jakemon Velainne, le coryer, 
et Maroie Ballette. 

Teinturerie (1324). 

Sacent tout cil ki cest escrit véront et oront ke grar- 
dins fins robiert le potier doit et a couvent a siervir 
bien et loiaument Jehan Favarque taintenier alusage 
dou mestier de le tainture, le cours et le tierme de 
1 1 ans continueus et prochains à venir lun apries lau- 
tre. Et faire doit chus grardins le volentet de sen 
maistre et cou killi commandera par raison et lui sier- 
vir bien et souffissamment ensi ke boins enfens doit 
faire sen mestre. Et ses maistres lui doit ensegnier 
ensi ke boins mestres doit sen aprendit. Et pour chou 
à faire et à emplir, dame maroie li porkiere mère à 
grardin et cholars de le royere, doivent comme leur 
propre dette et cescuns pour le tout audit Jehan 
Favarke. C sols de tournois, à payer à 1 1 paiemens, le 
moitiet au jour de grandes paskes ki vient prochain- 
nement et lautre moitiet au jour dou noel apries sui- 



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— 200 — 

vant. Et se Jehans Favarke en faisoît coust fret des- 
pens emprunt ne avoit damage en quel manière ke che 
fust enloccoison de ces convenences u aucunne délies 
rendre li doivent li dit detteur parmi sen voir dit sans 
le dette amenrir. De tout cou ont li detteur devant 
noumet assenet allui et auleur a quan kil ont et aront 
partout, et cescuns pour le tout, la fu henris de vaus 
com voirs jurés et lotars de bourgiele li ciriers com 
autres hom et si furent les parties a lescrit livrer lan 
de grasse M. CGC et XX II II, le nuit Saint Rémi. 
Et au dos : C'est Jehan Favarke. 



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— 201 — 



CÉRÉMONIAL 

du renouvellement de la Loi. 



On donnait le nom de Loi à la magistrature élue 
que les chartes de commune concédaient aux villes qui 
en étaient pourvues. Il y aurait un curieux travail à 
faire sur les différents modes d'élection de cette magis- 
trature pour notre ville, depuis la charte de Philippe- 
Auguste jusqu'aux premières années de ce siècle. La 
charte primitive fut, à plusieurs reprises, enlevée et 
rendue à la ville par les souverains dont l'autorité se 
succéda à Tournai; mais le rôle des eswardeurs, que 
nous avons expliqué à propos d'une Candidature offi- 
cielle en 1488 (i), fut toujours maintenu jusqu'au règne 
de Charles-Quint. 

Ce prince « rendit un arrêt le 14 de février 1521, 
« qui abolit le droit de Commune, supprime les Evar- 
r. deurs, qui élisoient les Magistrats, ordonne qu'ils 
« seront doresnavant élus par le Gouverneur, qu'il 
« avoit établi à Tournai, et par le Grand Bailli du 
« Tournésis. Et comme les Doïens, pour augmenter les 
« troubles, qui naissoient du droit de Commune, 
» s'étoient fait donner part au gouvernement par un 
» règlement du roi Charles VI Tan 1424 durant les 
« horribles désordres, qui régnoient alors en cette ville, 
" l'Empereur, en réformant ce règlement, renferme 

(\)Bull. de la Soc, hist. T. XXI, p. 106. 



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— 202 — 

r. leur juridiction dans ce qui regarde la police des 
» Arts et Métiers (i). » 

A partir de cette époque, un cérémonial nouveau 
présida au renouvellement de la Magistrature. Nous 
avons rencontré dans les cartons des archives commu- 
nalesditsde la Salle de travail, n° 295 un petit cahier de 
papier qui contient Tindication de ce qui se faisait en 
cette circonstance. Le texte, écrit sans doute au siècle 
dernier, reproduit une réglementation plus ancienne, 
bien qu'elle ne soit pas datée; mais elle doit être anté- 
rieure à 1666, époque à laquelle fut supprimé Téche- 
vinage de Saint-Brice. Notre texte en effet, dans 
plusieurs de ses articles, distingue cet échevinage de 
celui de la Cité. Nous pouvons donc considérer ce 
cérémonial comme étant celui qui fut fixé dès l'insti- 
tution des Commissaires au renouvellement de la Loi, 

Cérémonial observé au renouvellement de la Loy de 
Tournay. 

1. Le seigneur commissaire donne communication 
au premier conseiller, de ses lettres de crédence en luy 
déclarant le jour dudit renouvellement, que celui-cy 
fait part aux Consaux. 

2. Lesquels Consaux, sur la représentation de leur 
premier conseiller, députent les ordinaires pour com- 
plimenter le seigneur commissaire et lui présenter 
les vins d'honneur consistant en vingt cinq bouteilles 
de vin. 

3. L'un des procureurs fiscaux, une heure avant 
l'arrivée du seigneur commissaire en l'hostel de ville 
pour le renouvellement, se transporte au palais épis- 
copal et délivre, au seigneur Evesque ou en son absence 
aux vicaires généraux, une copie authentique de la 

(1) Poutrain, Histoire de Tournai^ p. 322. 



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— 203 — 

liste des jurez. — Il est à observer que l'un des fiscaux, 
la veille dudit renouvellement, fait part au doyen du 
chapitre de l'heure fixée à cet eflect par le seigneur 
commissaire, et luy demande de faire assembler le 
chapitre pour le même temps afin de, par les échevins, 
prêter le serment accoutumé. 

4. L'ancien magistrat s'assemble en habit de céré- 
monie, une demie heure avant l'arrivée du seigneur 
commissaire, où iltrouveàl'hostel de ville un desjeuner. 

5. Les sieurs Grand Prévost et Majeur se transportent 
de l'hôtel de ville chez le seigneur commissaire, d'où 
ils l'accompagnent jusques aux halles. 

6. Les Consaux, advertis de l'arrivée dudit seigneur 
commissaire, le reçoivent au bas du péron de l'hôtel 
de ville et le conduisent en la chapelle où à l'instant 
il se célèbre la messe du Saint-Esprit. — On observera 
aussy que pendant qu'on célèbre ladite messe, les 
grejQBers des prévost et jurez, des échevins de la ville 
et de Saint Brixe envoient par des sergents baston- 
niers, des billets à ceux nommés à la magistrature, le 
premier aux prévost et jurez, et les autres aux échevins 
de leur respectif district. 

7. De cette chapelle le même commissaire est con- 
duit par les Consaux en la belle salle des prévost et 
jurez, où estant les Consaux se retirent et s'assemblent 
en leur chambre ordinaire, les seules premier con- 
seiller et procureur général restans. 

8. Les premier conseiller et procureur général, les 
Consaux étans assemblez, y entrent chargez desdites 
lettres de crédence du seigneur commissaire et de la 
liste du nouveau magistrat qu'ils remettent au greffier 
desdits Consâux, desquelles celui-cy fait lecture. 

9. Les sieurs conseiller et procureur général ayant 
pris leur séance, les Consaux délibèrent s'il n'y a rien 



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— 204 — 

à proposer contre les personnes nommées à la 
Magistrature. 

10. Lesdits sieurs conseiller et procureur général 
reprennent le décret et la liste, et se transportent en 
la salle des prévost et jurez où est le seigneur Commis- 
saire, etluy font raport de la résolution des Consaux. 

11. Le seigneur Commissaire est conduit de ladite 
salle des prévost et jurez par les sieurs conseiller et 
procureur général en l'assemblée des Consaux où, 
ayant pris scéance, il leur demande s'ils sont rem- 
boursez de leur engagère respective, et ensuitte il 
descbarge, tant les prévost et jurez que les mayeur et 
écbevins, du serment de leur respectif oflSce; et puis 
ils se retirent. 

12. Ceux nommez à la nouvelle Loy se transportent 
de la chambre des finances en celle des Consaux, où 
le sieur Grand Prévost avec les jurez prestent tant le 
serment de leur office que celuy de Catholicité, ainsy 
que les Mayeur et écbevins, la lecture desquels leur 
est faite par le greffier desdits Consaux. 

13. Le seigneur Commissaire ayant reçu le serment 
respectif des deux corps est conduit par ceux-là assem- 
blez en Consaux jusques au bas du péron de l'hôtel de 
ville ; et puis les deux corps se séparent et vont prendre 
dans leur respective chambre leurs séances et possession 
de leur office. 

14. Aïant ainsy pris leurs scéances, les deux corps 
se rejoignent et se transportent avec les officiers per- 
manans, revêtus de leurs habits de cérémonie, en 
l'église cathédralle de cette ville. 

15. Les Consaux arrivez en ladite église cathédralle, 
les corps se partagent de nouveau; les jurez accom- 
pagnez des officiers permanans de leur chambre se 
transportent en la chapelle de Saint- Vincent où ils 



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— 205 — 

prêtent serment, scavoir le sieur Grand Prévost seul 
et puis tous les jurez; et les Mayeur et échevins, aussy 
accompagnez des officiers permanans et du sieur second 
fiscal, au Chapitre où ils prêtent pareillement serment, 
observant cependant que ledit sieur second fiscal est 
chargé d'une copie de la liste des échevins qu'il dis- 
tribue en même temps au secrétaire du Chapitre. 

16. Les sermens étans prêtez, les deux chambres se 
rejoignent en la même place d'où elles s'étoient sépa- 
rées, et de là se transportent en l'hôtel de ville; et là 
assemblez en Consaux, ils prennent la résolution que 
la publication pour l'assemblée des Banières soit faite 
le même jour afin que chacune d'icelles choisisse son 
doyen. 

17. Le Consaux levé, chaque collège se transporte 
en sa chambre pour y donner les audiences ordinaires, 
et, icelles finies, les sieurs chefs et conseil assistent 
au banquet du renouvellement de la loyavec le seigneur 
Commissaire. 

18. Le lendemain du renouvellement de la Loy, les 
Consaux s'assent à l'heure que le sieur Grand Prévost 
indicque, et nomment, sur pied des privilèges et édits 
des princes souverains des années J484, 22 octobre 
1620, 20 décembre 1628, et des réglemens des Con- 
saux des années 1563 et 25 may 1621, six hommes 
du stil des hautelisseurs. 

19. Les Consaux estans levez, les sieurs Grand Pré- 
vost, greffier civil et procureur général font, en con- 
formité du décret du Roy Catholique du 20 octobre 
1628, mander par le valet dudit stil, accompagné d'un 
sergeant bastonnier, les six hommes nommés par les 
Consaux de se rendre prestement en l'hostel de ville à 
peine de douze livres flandres d'amende. 

20. Les six hommes étans arrivez font serment, pré- 



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— 206 — 

sens lesdits sieurs Grand Prévost, greflSer et procureur 
fiscal, d'être et dénommer lesdits dix huit électeurs 
d'hommes les plus capables et idoines et de meilleure 
conscience qu'ils puissent connoitre, et qui aient le 
bien du stil à cœur et recommandation, et que au fait 
de ladite élection ilz y procéderont de bonne foy, sans 
passion ni faveur quelconcque. 

21. Le greflSer lient notte des trois hommes que 
chacun des susdits six hommes, nommez ainsy qu'on a 
dit pour électeurs d'hommes, et puis délivre à un ser- 
geant bastonnier une liste des dix huit hommes ainsy 
élus pour les signifier de se rendre prestement en l'hostd 
de ville, à péril de douze livres flandres d'amende ; et 
s'il y en a des deflfaillans, les susdits six hommes en 
nomment d autres à leur place. 

22. Les dix huit hommes étans arrivez prêtent le 
serment cy-dessus mentionné en l'article 20. 

23. Le serment étant prêté, ils se retirent et on les 
fait entrer les uns après les autres, et les sieurs députez 
procèdent conformément audit décret du Roy Catho- 
lique du 20 octobre 1628 à l'élection d'un grand et 
d'un second doyen, d'un premier et d'un second juré. 

24. Les doyens et jurez ainsy éleus, ils procèdent 
ensuitte à l'élection des deux commis et de dix égards, 
selon leur usance ordinaire et règlement. 

25. Le lendemain dudit renouvellement de la loy, 
les nouveaux doyens de chaque bannière s'assemblent 
et font élection d'un Grand et d'un second Grand Doyen 
de la Chambre des arts et métiers, de deux boursiers 
et de leur procureur calengeant. 

26. Toutes ces élections étantes faites, le greflSer de 
ladite Chambre délivre une liste, au sieur procureur 
général et fiscal, des doyens choisis par les respectives 
bannières. 



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— 207 — 

27. Le surlendemain du renouvellement de la Loy, 
le sieur Grand Prévost fait assembler les Consaux, à 
la réquisition du nouveau Grand Doyen ; et tous les 
doyens s'y estans rendus à Theui^e indiquée sont reçus 
à Taudience et présentés aux Consaux par le conseiller 
de leur Chambre, et prestent le serment accoustumé, 
duquel lecture leur est faite par le greffier de ladite 
Chambre des arts et métiers, étans debout tête nue à 
costé du bureau. — On observera qu'il n'y a que le 
Grand Doyen qui prête son serment au bureau sur le 
tableau ordinaire, et qu'ensuitte le second aussy bien 
que les autres doyens prestent le même serment entre 
les mains du Grand Doyen, l'un après l'autre, appelles 
chacun selon leur scéance par ledit greffier de la 
Chambre des arts. — On observera aussy qu'à l'assem- 
blée des mêmes Consaux, il est par eux procédé à 
l'élection du commis aux finances et aux logements, et 
que, le Consaux étant levé, les deux corps se rendent 
chacun dans leur chambre où ils procèdent à la colla- 
tion de certaines commissions qu'ils sont en possession 
de conférer, scavoir à celles de boursier, de commis 
aux bastimens et commis aux waresquaix de la ban- 
lieue, dans chaque chambre respective. 

A. DE LA Grange. 



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— 208 — 
UNE COLLECTION 

de Tableaux et de Curiosités 

AU XVIP SIÈCLE. 



L'amour, je dirais presque la passion, des curiosités 
n'est pas chose nouvelle; ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il 
est né. «« La curiosité, dit La Bruyère dans son chapi- 
tre de la Mode, n'est pas un goût pour ce qui est bon 
ou ce qui est beau, mais pour ce qui est rare, unique, 
pour ce qu'on a et ce que les autres n'ont point. « Si 
dans les temps modernes le goût s'est épuré, si nos 
collectionneurs actuels (on disait autrefois les curieux) 
ont rejeté les encombrantes futilités que nos ancêtres 
gardaient si précieusement, on doit s'en applaudir : le 
bibelot a fait son temps. Les tournaisiens d'autrefois 
cédèrent souvent à la manie collectionneuse; la 
Bibliographie toumaisienne de notre ancien confrère 
Monsieur Desmazières nous en fournit plus d'une preuve, 
en citant des catalogues de ventes. 

Le 17 avril 1758, on vendait les collections du comte 
deCuvelier, qui renfermaient « plusieurs beaux tableaux 
de différents bons maîtres et de différentes grandeurs, 
comme aussi de très belles pièces de vieux lac. « 

Le 2 octobre 1771 , c'était le tour de la collection de 
tableaux italiens, flamands et hollandais d'un certain 
Le Riche qui, ajoute le catalogue imprimé par Varié, 
** jadis a formé le cabinet de Sa Majesté le Roi de 
Pologne, y» 



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— 209 — 

Le 12 juin de la même année, on avait mis en vente 
les « diverses curiosités du /cabinet de feu Son Excel- 
lence Monseigneur le Comte de Salm-Refferscheid, 
Evêque de Tournai, composé d'une nombreuse collec- 
tion d'Histoire naturelle; de porcelaines anciennes et 
autres raretés ; d'instruments de physique et de méca- 
nique; et d'autres effets curieux. » 

Et puisque je cite des collections tournaisiennes, il 
ne m'est pas permis d'oublier celles du chanoine 
d'Everlange de Witry et de Jean-Baptiste Fauquez, 
qui forment le premier fond de notre musée communal. 

En étudiant la collection des testaments tournai- 
siens, j'ai rencontré une curieuse liste de tableaux 
appartenant à un certain Jean-Baptiste Petit, qui se 
qualifie : ^ bachelier-ès-loix, notaire de Sa Majesté 
Catholique et translateur au Parlement de Tournai. « 
Le cabinet de cet amateur ne renfermait pas que des 
tableaux, dont il attribuait l'un au pinceau de Breu- 
ghel ; on y rencontrait aussi des curiosités auxquelles 
il devait attacher un certain prix puisqu'il en faisait 
l'objet de legs. J ai dit curiosités et non antiquités, car 
je n'ose appliquer ce mot qu'à un seul objet qui nous 
montre que l'ancien cimetière, retrouvé lors de la cons- 
truction de l'hospice des aliénés, avait déjà été décou- 
vert quand on éleva la citadelle en 1668. Quelques 
passages de ce testament nous montreront ce qui cons- 
tituait une collection au XVI P siècle (1694). 

Jean-Baptiste Petit s'exprime ainsi : « Je donne 
treize tableaux représentans Nostre Seigneur et les 
douze Apostres aux susdits RR PP. Carmes, pour 
estre mis en leur église. Aussy je donne le tableau où 
est représenté la Vierge et le Petit Jésus avec le 
Sainct Esprit, Sainct Joseph et une Vierge auprès du 
Petit Jésus, aux susdits RR. PP. Capucins, pièce sur 



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— 210 — 

du bois et antique. Item, je lègue et donne au fils aisné 
de mon frère Jaspard Petit un tableau où est représenté 
Nostre Seigneur au Jardin des Olives, où il y a un ange 
et Judas avecq des satellites, c'est une nuict; un autre 
tableau avec un vitre, où est représenté Nostre Sei- 
gneur sur la croix avec deux anges qui reçoivent son 
sang, le tout fait à la plume sur du velin, et mis en un 
quadre travaillé; flnallement, le tableau où est repré- 
senté une bataille d'impotens et mendians, avec trois 
autres, un à quadre de bois d'ébène représentant 
Neptune caressant sa maistresse et un favory la sienne, 
un à quadre doré représentant Sodome, Lot et ses 
filles, et le treizième représentant un chat qui prend 
un poulet ou oiseau en présence de ses petits ail armez; 
et une assiette d'argent presque toute dorée, à huict 
coings; et un vieu livre intitulé Propriétaires des 
choses {{). Item, je lègue et donne à Pierre-Erasme, 
mon nepveu, second fils de mon frère Jaspard, mon 
grand tapis de Turquy, fait à petit careau de toutes 
sortes de couleurs. Item, je lègue et donne à Marie 
Jenne Petit, femme à Michel-François Hugues, appo- 
tiquaire, ma niepce, tous les anticailles de mer, si 
comme la scie, Testoille, le rémora ou caméléon, l'œuf 
d'austreche et les noix d'Indes, avec le pied d'élant, une 
grosse corne de teste, et un petit tableau où il y a un 
homme tenant un ver de vin en main, riant estran- 
gement, où y est escript : Nous sommes à detcœ. Item, 
je lègue et donne à la femme de l'appotiquaire Prévost 
un grand tableau où est représenté Mercure avec 



(l) c'est Tœuvre de Bartbélemi l'Anglais, dit de GlanvUle, religieux 
franciscain du XIII* siècle, qui, sous le titre de De proprietatUms 
rerum, avait composé une sorte d*encjclopédie latine. La forme fi*an- 
çaise, donnée ici à Touvrage, permet pourtant de supposer qu'il s'agit 
de sa traduction faite un siècle plus tard par Jean Corbichon. 



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— 211 — 

diverses damoiselles garnyes de boucquets de fleurs. 
Item, je lègue et donne au boulanger vis-à-vis le pont 
du vieu chasteau un tableau où est représenté un bou- 
reau qui présente la teste de S. Jean dans un plat, et 
deux femmes. Item, je lègue et donne à monsieur de 
Guide, advocat, le tableau où est représenté Néron 
avec sa court, regardant mourir Senecq le pied en 
Teaue. Item, je lègue et donne au cœur de l'église 
de Tabbaye de Chisoing un tableau représentant 
le Bon Dieu au sépulcre, et audessus un ange bras 
ouvert et yeux au ciel, mis dans un beau quadre tra- 
vaillé et doré. Item, je prie monsieur de La Hamayde, 
Taisné, d'aggréer un tableau où est représenté Judich 
ayant coupé la teste à Holofernes, venant de la vendue 
de feu grand vicaire Fleurent, ou la pièce de Brugle, 
plus long que hault, ayant plusieurs figures, venant de 
la vendue du sieur Berthe, à son choix. Je luy donne 
encore un petit tableau à huict coings, venant de la 
vendue de madame de Libert, où il y a un moine ou 
hermite lisant devant un crucifix, avec une ville 
dérière luy; aussy un autre petit tableau représentant 
une teste seul, venant de la vendue du sieur Coppin ; 
item, une petite caisse en forme de livre avec des 
clouans d'argent, et dedans deux petits miniatures. Tune 
représentant une dame, et l'autre un ange, peints sur cui- 
vre rouge ou métail ; encore une urne antique trouvé 
dans les ouvrages de la citadelle, d'une matière brune. « 
Il est fâcheux que Jean-Baptiste Petit ne nous 
indique qu'une seule fois l'auteur auquel il attribue les 
toiles qui formaient sa collection. Mais le soin qu'il 
apporte à renseigner la provenance des peintures dont 
il dispose permet de supposer qu'il y avait, de son 
temps, plus d'un amateur à Tournai. 

A. DE LA Grange. 



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212 



Rome et Bysance. 



NOTES D ARCHÉOLOGIE LATINE & BYSANTINE. 



AVANT-PROPOS. 

Le Congrès d'archéologie chrétienne, tenu à Rome 
au mois d'avril 1900, et un voyage à Constantinople 
fait à l'automne précédent, nous ont permis d'étudier 
dans les monuments de ces deux antiques capitales du 
monde romain, les deux styles d'architecture les plus 
vénérables, par leur antiquité et le long espace de 
temps pendant lequel ils ont été pratiqués : Vart laiin, 
né à Rome avec l'émancipation du christianisme et 
qui y fut cultivé pendant neuf siècles ; tart Bysantin 
né à Constantinople au IV® siècle et qui se perpétua 
dans cette ville, jusqu'au XV®, c'est-à-dire pendant 
près de onze siècles. 

L'un et l'autre en se combinant dans une certaine 
mesure, ont plus tard été les inspirateurs des deux 
grands styles qui se sont répandus dans toute l'Europe, 
l'art roman et l'art gothique, et qui y ont enfanté 
tant de merveilles, mais dont la durée a été bien 
courte, cependant, si on la compare à celle des styles 
qui les ont précédés, puisqu'ils n'ont été en vigueur 
que pendant deux siècles et trois siècles respectivement! 

Rome et Bysance n'ont pas connu ces arts, propres 
aux cinq derniers siècles du moyen âge, et sans tran- 



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— 2\3 — 

sition, elles ont passé, la première du style latin au 
style de la Renaissance, la seconde du style bysantin 
au style turc, et ces arts nouveaux participant en quel- 
que sorte au caractère immuable du dogme dans ces 
deux grandes cités, se sont conservés, eux aussi, pour 
ainsi dire sans altération dans ces villes, pendant les 
trois siècles de l'époque moderne, ignorant ou dédai- 
gnant les divers styles qui se sont succédé dans le 
reste de l'Europe, depuis la fin du XV** siècle jusqu'au 
commencement du XIX®! 

Le Congrès d'archéologie chrétienne en bornant 
l'objet de ses travaux à la période qui s'étend du P'" au 
XIP siècle de Tère chrétienne, et en étendant ses 
études tant aux arts de l'Orient qu'à ceux de l'Occi- 
dent, a attiré l'attention du grand public sur les monu- 
ments de cette longue et si curieuse période, qu'il 
semblait ignorer, tandis que les travaux et les études 
du monde savant s'étaient fixés sur eux depuis bien 
longtemps, en même temps que des restaurations 
habiles, entreprises déjà sous le pontificat de Pie IX 
et continuées depuis avec un zèle et une science par- 
faite, leur rendaient leur physionomie primitive, ou 
du moins les dégageaient des ajoutes de mauvais goût 
qui les avaient dénaturés et les restauraient dans la 
mesure du possible. 

Tout a été dit — du moins au point de vue artis- 
tique — sur les monuments de la Rome païenne ; le 
Congrès pouvait ne pas s'en occuper. Les monuments 
de la Rome moderne, qui commencent avec Bramante 
et finissent avec le Bernin sont trop connus, ils sont 
trop nombreux et ils ont malheureusement trop envahi 
la ville éternelle, pour qu'on doive en faire mention; 
le Congrès les a soigneusement oubliés; mais la 

ANNALBS. V. 14 



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— 214 — 

Rome des premiers siècles du Christianisme et la 
Rome du moyen âge, cette dernière surtout, trop 
longtemps négligée, parce qu elle était oubliée et comme 
submergée sous le flot des œuvres de la Renaissance, 
mutilée et transformée par le zèle maladroit de ses 
architectes, est apparue vivante encore, radieuse de 
grâce et de beauté sereine, pleine de majesté et pro- 
fondément impressionnante, dans ses basiliques du 
style latin, aux solennelles colonnades, aux mosaïques 
brillantes, aux marbres multicolores, aux campaniles 
ornés d'arcatures ! 

Combien différents, tant des monuments païens que 
des monuments de la Renaissance, sont ces temples du 
haut moyen âge où tout parle à Tâme et qui dégagent 
un parfum si pénétrant d'art et de religion; quelle 
exquise jouissance pour l'archéologue que de les étudier 
dans le silence et la solitude, tandis que ia foule 
s'empresse de courir aux premiers, où l'appellent la 
réclame et l'habitude ! 

C'est le programme du Congrès qui a, dans une 
certaine mesure, tracé le cadre de cette étude sur l'art 
monumental, mais il nous a paru qu'il convenait, 
pour donner une idée plus complète de ces deux villes, 
Rome et Bysance, de jeter d'abord un coup d'œil sur 
les monuments de l'art romain qui a créé la Rome 
païenne, et d'autre part sur ceux de la Renaissance 
qui ont donné la Rome moderne, précédant et suivant 
la Rome du moyen âge ; comme aussi sur les monu- 
ments romains de Constantinople qui, dans cette ville, 
ont précédé l'art bysantin et sur ceux de l'art ottoman 
qui lui ont succédé. 



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— 215 — 

L'histoire de lart monumental, à Rome, comprend 
des périodes bien distinctes. 

— L'art romain antique sous les Rois et sous la 
République. 

— L'art de l'époque impériale qui, bien que corres- 
pondant au commencement de la période chrétienne 
est, jusqu'au IV® siècle, absolument païen. 

— L'art chrétien des catacombes, qui ne comporte 
pas de monuments proprement dits, ou constructions 
monumentales. 

— L'art latin ou le premier art chrétien, qui com- 
mence avec la reconnaissance publique du Christia- 
nisme (IV® siècle) et va jusqu'au VIII® siècle. 

— L'art latin de la 2^ période, contemporain de l'art 
roman dans les autres pays de l'Europe, du IX® au 
XIP siècle. 

— L'art de l'époque gothique qui n'a jamais été 
franchement pratiqué à Rome et n'y a presque rien 
produit. 

— L'art de la Renaissance, inauguré par Bra- 
mante et Michel- Ange, continué par le Bernin et ses 
émules. 

De ces arts si divers, trois ont laissé une eiùpreinte 
profonde sur la ville de Rome, où leurs créations sont 
encore nombreuses. 

C'est l'art de l'époque impériale, qui a fait la Rome 
antique connue de tous; puis, l'art de la Renaissance 
qui a fait la Rome qu'on appelle volontiers la Rome 
des Papes ou la Rome moderne, et entre ces deux 
périodes, Part latin, l'art chrétien par excellence, qui 
a renouvelé la Rome païenne, mais dont l^s œuvres 
ont été détruites pour la plupart, tandis que les 
autres étaient tellement dénaturées et rendues mécon- 
naissables sous les ornements parasites de la Renais- 



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— 216 — 

sance, que pendant longtemps on en avait pour ainsi 
dire perdu le souvenir. 

A Bysance, l'histoire de l'art comprend trois 
périodes : la première, est celle de l'art romain 
païen, contemporain des premiers monuments de 
l'époque impériale, puis de ceux de l'art latin, importé 
par les romains. 

La seconde période, qui est propre à Constantinople, 
vit naître et se développer ïart Bysantin qui, après 
avoir brillé pendant six siècles, végéta, tout en restant 
lui-même, jusqu'au XV® siècle. 

La troisième est celle de l'art turc, qui comme lart 
de la renaissance à Rome, a tout envahi à Constan- 
tinople, s'est substitué à l'art vénérable de la grande 
époque bysantine, et a dénaturé la plupart de ses 
monuments. 

Nous étudierons donc successivement ïart romain 
païen de l'époque impériale, Vart latin chrétien à 
Rome, et Vart bysantin à Constantinople, et ensuite 
les arts qui, dans ces deux villes, ont succédé presque 
sans transition à l'art des basiliques : la Renaissance 
et (art turc, tandis que dans les autres pays de 
l'Europe fleurissaient d'autres styles non moins admi- 
rables que ceux-ci, et que Rome et Bysance n'ont pas 
connus : ïart roman et ïart gothique (i). 

(l) Parmi les clichés qui accompagnent ce travail, un certain 
nombre nous ont été très obligeamment prêtés par M. le Chanoine 
Reusens, professeur à TUniversité de Louvain et par la Société Saint- 
Augustin de Bruges. Nous les prions d*agréer ici tous nos remer- 
ciments, et nous indiquons sous chacun de ces clichés, le nom de son 
propriétaire. 



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— 217 — 

CHAPITRE I. 
ROME. — MONUMENTS DE LÉPOQUE PAÏENNE. 

§ 1. 
Les Ruines et le Forum romain. 

Les fouilles entreprises au forum romain au cours 
de ce siècle, par les papes d abord, et par Napoléon III 
(dans les jardins Farnèse, qu'il avait acquis), continuées 
par le gouvernement italien avec un zèle peut-être 
excessif, n'ont mis au jour que des ruines, mais leur 
intérêt est tellement considérable pour l'étude de l'his- 
toire et des institutions romaines, qu'on peut accorder 
à ces ruines un intérêt même plus grand qu'à certains 
monuments entiers et bien conservés. Combinées avec 
celles du Palatin, poursuivies tant au nord qu'au sud 
du forum, ces fouilles ont établi l'exacte vérité de 
maints faits de l'histoire romaine et en particulier de 
l'époque reculée des rois et de la république. Leurs 
résultats ont fait l'objet de nombreuses publications et 
de communications dans toutes les revues d'art; ils 
ont été constatés par S. M. le Roi d'Italie, lors de la 
visite qu'il a faite aux travaux des fouilles, le 21 avril 
1900, et par les membres du Congrès, sous la con- 
duite du Comm. J. Boni, directeur des fouilles, quel- 
ques jours plus tard (le 25 du même mois). 

Nous ne nous y arrêterons point cependant, parce 
que leur valeur est moins grande au point de vue 
monumental^ et nous ne parlerons dans les pages qui 
suivent, que des monuments encore debout, ou du 
moins des ruines encore assez complètes pour pré- 



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— 218 - 

senter quelqu'intérêt au point de vue artistique ou 

architectural. 

* 
* * 

L'art romain, continuateur de l'art grec et large- 
ment inspiré par lui, emprunte aux ordres grecs la 
physionomie générale de son architecture et y ajoute 
Tare et la voûte. Il élève des édifices plus considéra- 
bles, mais ayant moins de grandeur que ceux de l'art 
grec. Il les multiplie avec une abondance qui implique 
des ressources énormes et les décore avec une profu- 
sion et une somptuosité bien faites pour émerveiller. 
Les ruines de l'antique Rome ont fourni en abondance 
des statues et des débris magnifiques de tous genres 
qui témoignent de la splendeur des constructions 
romaines. Les musées et les villas regorgent de sculp- 
tures provenant de fouilles relativement récentes et qui 
ne sont naturellement qu'une bien minime partie des 
trésors d'art qui décoraient ces monuments. C'est en 
restituant par la pensée, ces sculptures aux monuments 
encore debout, qu'on se fera une idée de l'aspect 
magnifique que présentait la Rome antique ; car il faut 
ne pas oublier que, même les monuments encore entiers 
ou presque complets, ont été dépouillés des statues et 
des ornements en marbre ou en métal qui les déco- 
raient à l'époque de leur construction, et qu'ils sont 
loin de produire aujourd'hui le même effet qu'alors! 

§2. 
Période républicaine. 

Les plus anciens monuments existants, de l'antiquité 
païenne à Rome, les seuls qui appartiennent encore 
à la période républicaine et qui soient par conséquent 



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— 219 — 

antérieurs à Tère chrétienne, sont des tombeaux et des 
égoûts, triste constatation dont les philosophes ne 
manqueraient pas de tirer de graves enseignements. 

Laissant de côté les ruines informes, très précieuses 
nous lavons dit pour la reconstitution de l'histoire 
antique mais dans lesquelles lart n a plus rien à reven- 
diquer, nous rencontrons au centre de l'ancienne ville 
un monument encore debout, encore utilisé, c'est 
le grand égoût, Cloca Maœima, qui recevait les immon- 
dices du Forum et les portait au Tibre. Il est de 
grandes dimensions, construit solidement en larges 
blocs de pierres et sa voûte est formée d'un triple 
rang de claveaux bien appareillés. C'est, dit-on, la 
première application qui ait été faite de Tare plein 
cintre à Rome et ce monument donne bien le caractère 
de la tournure d'esprit des Romains qui se sont par- 
ticulièrement appliqués aux grands travaux d'utilité 
publique. 

Viennent ensuite des tombeaux. Le plus célèbre et 
le plus beau est celui de Cecilia Metella . sur la voie 
appienne ; il a la forme d'une tour énorme, forme en 
quelque sorte consacré pour les monuments importants 
de ce genre et que nous retrouvons dans plusieurs 
autres tombes élevées le long des voies les plus 
anciennes, aux alentours de Rome et en particulier 
dans la célèbre tombe d'Adrien près du Tibre, trans- 
formée plus tard en citadelle et appelée château Saint- 
Ange. La tombe de Cecilia Metella se compose d'un 
soubassement de forme quadrangulaire construit en 
blocs de marbre, et surmonté d'une construction cylin- 
drique de 20 mètres de diamètre et de 25 mètres 
environ de hauteur. Ce monument n'a d'autre déco- 
ration extérieure qu'une frise décorée de guirlandes de 
feuillages et de bucranes. Au moyen âge, il a été uti- 



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- 220 — 

lise comme forteresse et surmonté des créneaux qu'on 
y voit encore aujourd'hui. 



Cliché de la Soc. S.-Ai>guitio. 



Tombeau de Cecilia Metella. 

Une autre tombe, bien différente de forme, est la 
pyramide de Cestius, près de la porte de Saint-Paul, 
élevée, comme son nom l'indique, sur le modèle des 
pyramides d'Egypte, en pierres revêtues de marbre; 
elle mesure 37 mètres de haut. Enfin citons des tom- 
beaux d'un tout autre type, beaucoup plus modestes 
et cachés dans le sein de la terre, mais qui ne sont 
pas les moins intéressants; ce sont les Colombaires, 
dont les plus connus se trouvent le long de la même 
Via appia, qui pourrait bien elle-même être citée 
comme un ^nonument de l'art romain le plus antique. 
Ces colombaires, dont les derniers appartiennent à 
l'époque de l'empire, sont une sorte de puits funéraire, 
de forme carrée, dont lequel on descend par un esca- 
lier étroit; un pilier central supporte la voûte. Les 
quatre faces des murs sont creusées en forme de 



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— 221 — 

petites niches; on en compte 12 ou 15 rangées super- 
posées ; chacune de ces niches a reçu les cendres d'un 
défunt (à 1 époque où on brûlait les morts au bûcher) 
enfermées soit dans un petit sarcophage en marbre ou 
en terre cuite, soit dans une urne, soit même dans 
une toute petite auge en pierre, couverte par une 
rondelle en marbre ou par un couvercle en terre cuite. 
Une petite tablette de marbre, appliquée au mur, près 
de chaque niche, donne Je nom du défunt. 

Deux temples, de dimensions modestes, qui pour- 
raient bien remonter à la période républicaine sont 
encore debout le long du Tibre, près de l'ouverture 
de la Cloaca maxima. L'un est de forme circulaire. 

Soc. S.-AugoBtin. 



Petit temple rond, dit de Vesta. 



très pittoresque, des plus connus, et des plus popula- 
risés par la gravure; simple sanctuaire, entouré de 
colonnes corinthiennes, on ne connaît pas l'époque 
de sa constructton ni son vocable primitif. 11 a été 



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— 222 — 

appelé successivement temple de Vesta, puis d'Hercule 
Victor, de la Mater Matuta... L'autre, voisin du pre- 
mier est le temple de la fortune virile (plus tard 
église de Sainte-Marie l'Egyptienne); il est petit, de 
forme rectangulaire et entouré de colonnes ioniques 
engagées, sauf celles du portique ; ses colonnes reposent 
sur un soubassement et sont surmontées, aux deux 
extrémités, d'un fronton. 

§3. 
Période impériale. 

Avec le régime impérial inauguré à Rome l'an 30 
avant Jésus-Christ par Auguste, commence la période 
des grands travaux exécutés à l'envie par les empe- 
reurs qui se sont succédé dans la ville éternelle, pour 
éblouir et séduire le peuple et pour exalter ses maîtres; 
travaux qui couvrirent la ville de somptueux monu- 
ments de tous genres, dont quelques-uns sont encore 
debout aujourd'hui, témoins séculaires de la grandeur 
de l'empire romain. 

C'est d'abord le Panthéon, l'admirable rotonde à 
coupole éclairée par une ouverture laissée au centre 
du dôme, et précédé du plus majestueux portique à 
colonnes qui ait jamais existé. Dépouillé des acces- 
soires qui faisaient la richesse de sa décoration, il 
impose l'admiration par sa masse imposante et la 
ligne sobre de sa construction. Le temple n'a qu'une 
seule porte, au fond de la triple colonuade du porti- 
que; pas une fenêtre ne s'ouvre dans les murs de la 
rotonde, qui reçoit tout le jour d'en haut, par l'ouver- 
ture ménagée au centre de la coupole, ouverture qui 
laisse passer avec le soleil, le vent et la pluie, le 
froid et le chaud. C'est d'un effet prodigieux qui n'a 



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— 224 — 

théâtre de Marcellus (près de la place Montanara) dont 
il subsiste des restes considérables , récemment déblayés , 
achevé seulement en Tan 13 après Jésus-Christ, com- 
plètent la série des monuments importants construiis 
sous le long règne de l'empereur Auguste. 

Néron, qui monta sur le trône quarante ans après 
Auguste trouva que la ville n'était point assez belle, 
et après l'avoir ruinée il la reconstruisit en même 
temps quil se fit bâtir des palais d'un luxe insensé, 
mais, juste retour des choses d'ici-bas, ses œuvres 
furent à leur tour anéanties par ses successeurs. Sous 
les Flaviens furent entreprises de nombreuses et impor- 
tantes constructions dont beaucoup sont encore debout. 

Soe. S.- Augustin. 



Le Colysée. Intérieur. 

Le Colysée, ou amphithéâtre Flavien fut le premier 
et le plus colossal de ces monuments. Commencé sous 
le règne de Vespasien (69-79) il fut achevé par Titus 
en l'an 80. Des descriptions nombreuses, des gravures 



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— 225 — 

abondantes ont trop fait connaître le Colysée pour 
qu'il soit nécessaire de le décrire de nouveau. 

De forme elleptique, il offre au dehors trois étages 
de portiques à arcs plein cintre, décorés de colonnes 
engagées, et surmontés par un haut entablement. 
A l'intérieur, s'étagent, de la base au faîte, un nombre 
prodigieux de gradins, qui entourent l'arène, de forme 
ovale. Le grand axe de l'édifice mesure 187 mètres, 
le petit axe 155 mètres. Sa fiauteur est de 48 m. 50, 
et il pouvait contenir 87 mille spectateurs ! 

Titus qui ne régna que deux ans, érigea les thermes 
qui portent son nom, aujourd'hui ruinés. 

Ses successeurs couvrirent de palais le mont Palatin, 
où avaient déjà résidé les Rois, et où s'étaient élevées 
de nombreuses villas, à l'époque de la République. 

Des fouilles régulières ont été entreprises sur toute 
l'étendue du Palatin, et bien qu'on n'y rencontre que 
des ruines, il en est cependant qui en dehors de leur 
immense intérêt historique offrent un véritable intérêt 
artistique ou archéologique, ce qui nous engage à en 
parler. 

La vue dont on jouit au Palatin est remarquable, 
et permet de se rendre compte des limites de l'ancienne 
Rome, comme de celles de la ville moderne. Là seu- 
lement on distingue bien les sept collines sur lesquelles 
est bâtie la ville éternelle et Ton voit la connexion qui 
existe entre le forum et le reste de la ville antique. 
Le Palatin en est en quelque sorte le centre. Toute 
la vieille Rome l'entourait, tandis que la ville moderne 
s'est prolongée du côté du Vatican et du Pincio. 

Nous négligeons les ruines des grands palais et en 
particulier ceux de Tibère et de Caligula, de Vespa- 
sien et de Domitien et celui de Septime Sévère, pour 
ne nous attacher qu'à quelques détails ; un pan des 



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— 226 — ^ 

murs de la Rome des Rois, bâtis en 535 avant Jésus- 
Corist en énormes blocs de pierre ; une élégante pis- 
cine ovale , pour les bains ; de longs vestibules 
souterrains dans lesquels subsistent des parties déco- 
rées de grotesques en stuc; la basilique impériale, 
c'est-à-dire le tribunal où l'empereur siégeait lui-même. 
L'abside du prétoire, deux fragments de colonnes et 
une partie de la bai^e c'est-à-dire de la balustrade qui 
sépare le juge des justiciables, existent encore, tandis 
que les bases des colonnes et des murs permettent de 
reconstituer le plan de l'édifice. Plus loin, est le stade, 
pour les jeux, qui ne s'élève plus qu'à un mètre 
environ au-dessus du sol. On y voit des parties bien 
appareillées en briques, qui ont conservé leur revête- 
ment en plaques de marbre suivant les contours des 
escaliers, des pavements, des lambris et des colonnes, 
et qui permettent de se rendre compte du système 
de construction et de décoration des grands monu- 
ments chez les Romains. Enfin la maison de Livie, 
perdue entre les ruines de plusieurs palais, en partie 
intacte et ornée de peintures murales, très remar- 
quables et très bien conservées, donne le type d'une 
habitation privée et modeste, au commencement de 
l'empire. 

Toutes ces ruines quelque grandioses qu'elles soient 
ne présentent d'intérêt que pour un petit nombre de 
personnes. Il y aurait moyen de les animer et de 
leur donner un attrait puissant en y replaçant, sinon 
les originaux, ce qui serait impossible, du moins les 
copies des merveilleuses statues et des principales 
œuvres d'art qui y ont été découvertes et qui se trou- 
vent actuellement conservées dans les musées. 

L'arc de triomphe de Titus, 70 ans après Jésus - 
Christ nous ramène au centre du forum romain ; il est 



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— 227 — 

très simple mais orné de deux superbes bas-reliefs 
qui rappellent la conquête de la Judée. 

Soc. S.-Auguitin. 



Arc de Titus et partie du forum. 

Trajan eut un long règne (98-117). On lui doit le 
forum qui porte son nom au milieu duquel se dresse 
la célèbre colonne trajane dont le fûi, haut de 43 m. 
est orné de sculptures en bas-relief représentant les 
guerres de cet empereur contre les Daces. Son 
diamètre est de 3 m. 50. 

L« double temple de Vénus et de Rome, dont il 
reste les absides, fut élevé par Adrien en 135. Lune 
des absides se voit en face du Colysée et lautre est 
enclavée dans des constructions particulières. Le même 
empereur se fît bâtir un superbe tombeau, aujourd'hui 
transformé en citadelle et appelé le château Saint- Ange. 
Sa forme circulaire rappelle les grands tombeaux de 
la fin de République et en particulier celui de Cécilia 
Metella. 



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228 — 



Les Antonnins ne demeurèrent pas au-dessous de 
leurs devanciers et mirent une noble émulation à 



Soc. S.-AuguiiiD. 



Abside du temple de Vénus, au lorum. 

enrichir leur capitale de monuments magnifiques. La 
statue équestre de Marc Aurèle, sur la place du Capi- 
tole (161-181), est une des œuvres les plus remarqua- 
bles de Tart antique. Elle est en bronze et a été dorée 
autrefois. La colonne de Marc Aurèle, dont le fût est 
orné de bas-reliefs comme celui de la colonne irajane, 
est haute de 29 mètres 60 cent. Les figures des apôtres 
saint Pierre et saint Paul, ont remplacé sur cette 
colonne et sur celle de Trajan les statues de cet empe- 
reur et de Marc Aurèle. 

Le temple de Neptune, dont il ne reste que la façade, 
ornée de superbes colonnes corinthiennes, dans les 
bâtiments de la Bourse (Piazza di pietra) est un peu 
plus ancien que les monuments de Marc Aurèle, ayant 
été construit sous Adrien (117). 



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— 229 — 

Arc de triomphe de Septime Sévère , au forum, près 
du Capitule, à trois ouvertures, décoré d'abondantes 
sculptures en bas-relief, encore bien complet, sauf qu'il 
a perdu son couronnement. Il a été érigé en 203 
après Jésus-Christ et mesure 23 m. de hauteur sur 
25 de largeur. 

Caracalla (en 212) et Dioclétien (en 302) construi- 
sirent des Thermes qui sont encore debout, mais à Tétat 
de ruines. Ils étonnent par leurs dimensions colossales 
et émerveillent par la splendeur de leur décoration 
dont on peut juger par les marbres, les statues superbes 
et les mosaïques (entr autres celle des lutteurs, con- 
servée au musée de Latran), qui en ont été retirés et 
transportés dans les musées de Rome. Le premier de 
ces thermes, appelé indifféremment thermes de Cara- 
calla ou d'Antonnin était d'une magnificence dépas- 
sant toute imagination. C'est le plus superbe exemple 
de l'art romain arrivé à son entier épanouissement et 
on y trouve en germe les éléments dont l'art bysantin 
tirera les plus grands effets dans ses constructions. 
— Ces thermes ont inspiré tous les grands monu- 
ments de leur époque et, douze siècles plus tard, les 
plus importantes constructions de la Renaissance. Les 
thermes de Dioclétien étaient les plus vastes de Rome, 
mais moins intéressants que ceux de Caracalla. Ce qui 
en reste a été incorporé dans une église. 

Aurélien, qui vivait au IIP siècle (270 à 275), réédifia 
les murs de Rome, et ces constructions qui sont en 
briques, sont aujourd'hui confondues avec les murs, 
refaits ou complétés au moyen âge, d'après un système 
de construction identique. 

Les derniers monuments de la Rome païenne sont 
ceux qui ont pour auteur Constantin le Grand (306- 
337). Cet empereur qui devait fonder une ville nou- 

ANNALIS. V. 15 



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— 230 — 

velle à Bysance, et en même temps l'empire d'Orient, 
avait d'abord doté Rome de monuments importants. L'un 
d'eux est la Basilique de Constantin, au forum romain, 

Soo. S.-Augiutin. 



La Basilique de Constantin (et Saint«-Françoise Romaine). 

monument colossal dont il reste trois voûtes énormes 
et d'une singulière beauté. La Basilique commencée 
par Maxence en 311 et continuée par Constantin, 
mesurait 100 mètres de longueur sur 76 de largeur. 

Sa façade latérale, du côté du forum, était précédée 
de colonnes en marbre rouge, dont plusieurs frag- 
ments ont pu être remis en place. 

Les thermes érigés par ce même empereur (près du 
palais du Quirinal) n'existent plus; seules, les statues 
des Dompteurs de chevaux qui précédaient l'entrée 
des thermes et qui sont demeurées en place, en rap- 
pellent le souvenir. 

Le monument le plus populaire et le plus connu de 
cet empereur est Varc de tHomphe de Constantin, érigé 



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— 231 — 

devant le Colysée en l'an 311. C'est aussi le monument 
le mieux conservé, peut-être, de l'antiquité. Mais il 
marque déjà une certaine décadence de l'art romain, 

Soc. S.-Auguitin. 



Ârc de triomphe de Constantin. 

car si ses proportions, comme sa forme générale, sont 
harmonieuses et nobles, certaines de ses sculptures 
sont très inférieures. Les autres, qui sont remarqua- 
bles, ont été enlevées à un arc construit par Trajan à 
l'entrée du forum qui porte son nom, aujourd'hui 
disparu, et ont été incorporées dans la nouvelle cons- 
truction. 

Deux autres arcs de triomphe sont encore existants ; 
l'un d'eux a été élevé en l'honneur de Constantin : 
c'est Carc de Janus quad9nfrons, près du palatin, à 
côté de l'église de Saint-Georges in Velabro. 11 ne 
mérite pas, à cause de son style barbare, d'attirer 
l'attention. Auprès de lui, on voit encore un modeste 
petit monument du même genre, l'arc des orfèvres 



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— 232 — 

(arcus argentarius), érigé au IIP siècle par cette cor- 
poration, à Septime Sévère. 

Les monuments civils élevés sous les empereurs 
romains, après Constantin, sont sans importance et 
n'ont d'ailleurs pas laissé de traces. 



CHAPITRE II. 
L ART CHRÉTIEN PRIMITIF. 

§ 1. 
Les catacombes. 

L'art chrétien prit naissance dans les catacombes, 
mais il y est aussi rudimentaire et insignifiant, au 
point de vue monumental, qu'abondant et important au 
point de vue iconographique et épigraphique ; c'est 
pourquoi son intérêt pour Thistoire et les institutions 
du christianisme est considérable, tout en l'étant peu 
pour l'architecture. 

Nous n'en dirons donc ici que peu de mots, en 
quelque sorte pour mémoire, bien qu'il ait fait l'objet 
principal des travaux du Congrès et qu'il soit tout 
particulièrement étudié par les savants romains et par 
les élèves des écoles française et allemande de Rome. 

Les Catacombes, nom général sous lequel on dési- 
gne communément les anciens cimetières chrétiens 
de Rome, bien qu'à proprement parler ce nom ne 
doive s'appliquer qu'à l'un d'eux, sont au nombre 
de quarante environ, occupant une superficie totale 
de 246 hectares, et dont toutes les galeries, si elles 
étaient mises bout à bout, formeraient une longueur 
de 876 kilomètres (?). 



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— 233 — 

Quatre catacombes sont particulièrement intéres- 
santes : celles de Saint Callixte et de Saint-Sébasiien, 
sur la voie appienne, très grandes, très importantes, 
et les plus connues parce qu'elles sont particulièrement 
visitées par les étrangers qui se rendent à Rome; 
celles de Priscille et de Domitille, les plus anciennes 
en date, les plus riches et les plus curieuses en fresques 
et en inscriptions. Ces dernières qui datent du I*"" siècle 
de l'ère chrétienne doivent leur origine à des familles 
patriciennes. Illuminées toutes deux à l'occasion du 
Congrès, et visitées par ses membres sous la conduite 
du Comm. Marucchi, elles ont produit l'impression la 
plus profonde sur les archéologues, qui ont pu les 
étudier dans les meilleures conditions. 

La catacombe de Domitille , dite aussi des SS. Nérée 
et Achillée, au cœur de laquelle a été construite au 
V® siècle, la basilique de Sainte-Pétronille, qui s'en- 
fonce dans le sol jusqu'au niveau de la 2® galerie, et 
qui dépasse en hauteur un peu le niveau du sol, a été 
déblayée et réparée en certains endroits, c*est une des 
plus intéressantes et des plus vénérables de Rome. Il 
fut célébré, à l'occasion du Congrès, une émouvante 
cérémonie, dans cette basilique, décorée de guir- 
landes de verdure et de branches de palmiers, comme 
aux temps de l'Eglise primitive, par S. E. le cardinal 
Satolli qui y chanta la messe selon le rite papal du 
IV® siècle, avec l'assistance des clergés grec et latin 
revêtus de leurs ornements si divers et si riches ; puis 
le Comm. Marucchi rendit un solennel hommage aux 
trois grands explorateurs des Catacombes, Bosio, 
le P. Marchi et de Rossi, en mémoire desquels une 
inscription commémorative fut placée dans l'une des 
galeries, à l'entrée de la catacombe. 

L'histoire des catacombes comprend cinq périodes : 



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— 234 — 

I. Ouvertes du I^ au IV^ siècle, elles servent de lieu 
de sépulture et exceptionnellement de lied de réunion, 
pendant les persécutions. 

II. Au IV® siècle, elles cessent d'être employées 
à la sépulture et sont visitées comme des lieux de 
pèlerinage. On les orne de peintures et on y élève de 
petites chapelles. Le pape Damase y place de nom- 
breuses inscriptions commémoratives. 

III. Les pèlerinages continuent jusqu'au IX** siècle. 
On dépouille alors ces cimetières des corps des mar- 
tyrs qui sont transportés dans les basiliques de Rome. 
On détruit les peintures et les inscriptions pour ouvrir 
les tombes et en retirer les ossements. 

IV. Vient ensuite une longue période d'oubli et 
d'abandon. 

V. Au XVP siècle, on explore scientifiquement les 
catacombes ; on étudie leurs ruines et les débris d'ins- 
criptions que la violation des sépultures a laissés épars 
parmi les décombres. Le zèle pour ces recherches se 
ralentit un peu pendant les temps qui suivirent ; mais 
au XIX® siècle le P. Marchi, puis le commandeur de 
Rossi et ses continuateurs reprennent, avec toute la 
rigueur des procédés scientifiques, l'exploration des 
cimetières déjà visités et de ceux qui ne l'avaient pas 
encore été et après les avoir fouillés dans tous leurs 
recoins, ils écrivent le premier chapitre de l'histoire 
de l'art chrétien. 

§ 2. 
L'art latin. 

Avec l'émancipation du Christianisme proclamée par 
Constantin dans l'édit de Milan en 313, naquit un art 
nouveau, créé sous l'inspiration de l'Eglise et pour 
servir aux nécessités de son culte. 



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— 235 — 

Il s'inspire forcément de l'art romain dont il garde 
les éléments principaux et auquel il emprunte les 
matériaux les plus riches et les plus travaillés, mais 
il a aussi ses caractères propres. 

Le nombre énorme de monuments chrétiens qui 
furent bâtis à cette époque, et les ressources abon- 
dantes qui y furent consacrées, permirent au nouveau 
style d'atteindre vite tout son développement. 

Rome serait couverte de monuments de cette épo- 
que si le mauvais goût qui a régné pendant plusieurs 
siècles, trop bien servi par d'abondantes richesses, n'en 
avait pas détruit ou dénaturé un très grand nombre 
pour élever à leur place des églises sans aucune 
valeur artistique. 

Aujourd'hui cependant, l'attention des archéologues 
s'est portée d'une manière toute particulière, sur les 
construction de cette époque; elles font l'objet des 
études de cette pléiade de savants qui illustrent la 
ville de Rome ; des publications nombreuses et très 
importantes leur ont été consacrées et le Congrès 
d'archéologie chrétienne de 1900 a été comme le cou- 
ronnement des études relatives à ces monuments véné- 
rables, si dignes d'intérêt, et trop longtemps ignorés 
ou dédaignés. 

Le style latin ou style chrétien proprement dit, se 
caractérise par la forme de ses temples appelés basi- 
liques parce qu'ils ont été élevés conformément au type 
générai des monuments civils de l'art païen portant ce 
nom et qui étaient affectés aux tribunaux. Le plan par 
terre est celui d'un rectangle allongé ayant sur une 
de ses faces, à l'extrémité, une saillie demi-circulaire; 
l'édifice se divise à l'intérieur en trois nefs, celle du 
centre beaucoup plus large que les deux autres et séparée 
d'elles par des colonnades. Ce plan, on le remarque, ne 



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— 236 — 

comporte pas de transept ou traverse précédant le 
chœur, qui caractérise les églises à partir de la période 
romane et qui dans le symbolisme chrétien figure 
les bras de la croix, dont le plan de toute église du 
moyen âge rappelle la forme. Un plafond plat, sous 
un toit à double versant, couvre la nef centrale, tandis 
que les nefs latérales sont couvertes par un simple toit 
en appentis. Des fenêtres, dans la partie supérieure 
des murs principaux éclairent tout l'édifice. Les murs 
latéraux sont parfois aussi percés de fenêtres lors- 
que les basses nefs sont à deux étages, ce qui se 
rencontre fréquemment à partir du V* siècle. Les tri- 
bunes composant le second étage étaient dans le prin- 
cipe réservées aux femmes. Les colonnes des bas côtés 
sont reliées entr'elles, tantôt par des frises, tantôt par 
des arcs plein cintre. Ces colonnades sont un des 
éléments les plus caractéristiques du style latin ; for- 
mées le plus souvent de colonnes en marbre précieux 
enlevées à des monuments antiques, elles ont conservé 
lordonnance et les dimensions des styles classiques 
et leurs chapiteaux restent franchement corinthiens ou 
ioniques. 

Le sanctuaire qui fait saillie en hémicycle sur le 
mur du fond, est recouvert par une voûte en cul de 
four ou quart de sphère, reposant sur un grand arc 
plein cintre. L'autel se dresse un peu au-devant de 
l'arc, il est précédé par un espace carré entouré de 
clôtures et réservé aux oflSciants, appelé la schola can- 
torum, tandis que derrière lui, dans l'abside, sont 
établis le siège de l'évêque et ceux du clergé. 

L'extérieur du temple présente la plus grande sim- 
plicité : sa façade percée généralement de trois fenê- 
tres, est surmontée d'un fronton bas et sans ornements, 
formé par les versants de la toiture. 11 est précédé 



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— 237 — 

d'un portique à colonnes avec toit en appentis et par- 
fois d*un atrium entouré de galeries. Les dimensions 
de ces premières basiliques sont modestes, elles ne 
dépassent généralement pas 50 à 60 mètres en lon- 
gueur et une vingtaine de mètres en largeur. 

Cette disposition est la plus générale, mais il y est 
parfois dérogé surtout dans les constructions de petites 
dimensions tels que les baptistères et les tombeaux, 
transformés plus tard en églises, qui sont de forme 
circulaire. 

* * 

Il ne peut être question de citer ici tous les monu- 
ments encore existants a Rome et qui datent, au moins 
en partie, du IV^ au VHP siècle. Aussi signalerons- 
nous seulement, à titre d'exemple, les plus caractéris- 
tiques de ces monuments. 

Quelques-uns remontent peut-être au temps de (Cons- 
tantin lui-même. Le Baptistère de Saint- Jean deLatran, 
avec les chapelles de Saint-Jean révangéli8te,de Saint- 
Jean-Baptiste et de Saint-Venance. 

La partie la plus ancienne est le Baptistère propre- 
ment dit, dont la construction rappelle encore Tart 
romain. C'est un octogone au centre duquel sont les 
fonts. Huit colonnes antiques supportent l'architrave 
sur laquelle s'élève un second étage de colonnes por- 
tant l'entablement et la lanterne. Cette partie est 
attribuée à Constantin, tandis que certains auteurs ne 
la font remonter qu'au V® siècle. Les chapelles voi- 
sines sont du V® siècle et ont conservé leurs mosaïques 
de cette époque, les unes représentent des oiseaux 
et des fleurs sur fond d'or, les autres des fleurs et des 
feuillages sur fond bleu. 



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— 238 — 

Dans rOratoire Saint- Venance, distinct de la cha- 
pelle du même nom, il y a une belle mosaïque avec 
personnages sur fond d'or, du VHP siècle. 

Eglise Sainte-Constance, construite par Constantin 
pour servir de mausolée à sa fille Constance. 

C'est encore un monument en rotonde dont la partie 
centrale est surmontée d'une coupole à tambour repo- 
sant sur d'élégantes colonnes accouplées, aux chapi- 
teaux composites. Des peintures malheureuses défi- 
gurent la noble simplicité de la coupole. La voûte des 
bas côtés est ornée de mosaïques sur fond blanc, du 
IV® siècle, admirablement conservées, représentant des 

GUoh« de M. le chanoine Reuieni. 



Plan de l'église Sainte-Constance. 

scènes de vendanges, figure de l'Eucharistie, dans le 
même goût que les sculptures qui ornent le sarco- 
phage de la princesse, actuellement conservé au musée 
du Vatican. Elles sont considérées par les auteurs 
comme appartenant à lart chrétien. 

Saint-Etienne le rond, de forme circulaire comme 
son nom l'indique, pourrait bien être une ancienne 



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— 239 — 

halle ou un marché couvert de Tépoque romaine; 
sinon, elle a été bâtie au V® siècle où son existence, 
comme église est déjà constatée. Elle se composait 
dans le principe de trois colonnades concentriques, 
mais il n'en reste plus que deux, la plus large ayant 
été remplie et convertie en un mur qui forme aujour- 
d'hui l'enceinte du temple. La toiture, circulaire et 
plate, est visible à l'intérieur. 

Sainte-Pétronille , basilique en ruine, dans la cata- 
combe de Domitille, date du V® siècle. Son plan est 
celui des basiliques profanes, divisé en trois nefs par 
deux rangs de colonnes, avec abside circulaire au 
fond (i). 

Citons encore, mais pour mémoire seulement, la 
basilique de Saint-Césaire, la première église chré- 
tienne qui fut érigée dans le palais même des empe- 
reurs, comme l'a établi Mgr Duchesne, président du 
Congrès, et dont on espère retrouver les restes dans 
les fouilles du Palatin. 

Les églises de Sainte-Praœède et de Sainte-Puden- 
tienne sont comptées parmi les plus antiques de 
Rome et paraissent remonter au IV® siècle. Toutefois 
leurs parties anciennes sont noyées dans des construc- 
tions plus récentes ou ont été défigurées sous prétexte 
d'embellissement. Elles possèdent d'importantes mo- 
saïques dont la plus précieuse et la plus ancienne est 
celle qui décore l'abside de Sainte-Pudentienne, remon- 
tant au IV* siècle. L'abside de Sainte-Praxède est 
également ornée d'une grande mosaïque du IX* siècle. 

Sainte- À gnèS'hoTB'le^-mMT^ est une des plus curieuses 
et des plus caractérisées parmi les basiliques latines 

(1) Il en a été parlé plus haut à propos des catacombes (page 233). 



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— 240 — 

de Rome. Fondée par Constantin, elle a été rebâtie 
par Honorius dans la première moitié du VIP siècle, 
et restaurée par Pie IX. Son plan est rectangulaire, 
avec abside semi-circulaire, et l'extérieur est d une 
simplicité qui confine à la nudité : toit à deux ver- 
sants; mur supérieur dans lequel sont ouvertes huit 
fenêtres plein cintre sur chaque façade latérale et bas 
côtés sans fenêtres, avec toitures en appentis. 

L'intérieur au contraire est plein de style et donne 
ridée complète de la basilique latine, par son plan, 
qui est rectangulaire et sa construction à trois nefs, 
longues de huit travées, la nef du centre beaucoup 
plus large que celles des côtés, dont elle est séparée 
par des colonnes antiques. Les bas côtés sont surmontés 
de galeries d'égale importance, à colonnes et arcs 
plein cintre comme au rez-de-chaussée. Elles n'ont 
pas de fenêtres, tout l'éclairage venant des fenêtres 
ouvertes dans la partie supérieure des murs princi- 
paux. Les galeries latérales font retour contre le mur 
du côté de l'entrée de l'église où elles forment un 
porche intérieur, disposition peu fréquente, qui exis- 
tait autrefois à la cathédrale de Tournai, avant le 
XVP siècle, époque où l'entrée de cette église a été 
modifiée et où ont été établis les arcs en marbre, de 
style renaissance, qui clôturent aujourd'hui le porche, 
sous les orgues (i). 

On trouve un autre exemple de cette manière de 
bâtir dans le chœur de la Basiliqtte de Saint-Laurent- 
Tiors-les-murs y qui remonte à peu près à la même 
époque et qui autrefois était la nef de l'église pri- 



(1) Sainte- Agnès est ornée, à l'abside, de mosaïques du YII^ sièole. 
Elle a conservé son plafond plat primitif. 



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— 241 — 

mitive (i). Là aussi la galerie des bas côtés fait 
retour contre le mur de la façade, de manière à former 
un porche intérieur. Il est à deux étages, et surmonté 
des trois fenêtres du pignon qui était autrefois la 
façade. Le bas côté est surmonté de galeries. Mais la 
ressemblance entre les deux basiliques se borne à leur 
plan ; les détails diffèrent. 

Le chœur de Saint-Laurent, c'est-à-dire la partie 
ancienne de l'édifice, remonte à Tan 578. Il compte 

Cliché de M. R«useDS 



Basilique de Saint-La urent-hors-les-murs. Colonnes et frise du chœur. 

cinq travées seulement. La nef est séparée des galeries 
latérales par de superbes colonnes cannelées aux cha- 
piteaux corinthiens supportant une architrave riche- 



( 1 ) La nef ancienne est devenue le chœur, et son sol a été consi- 
dérablement exhaussé, ce qui a enterré les colonnes à moitié de leur 
hauteur. La nef actuelle ne date que du XII® siècle. 



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— 242 — 

ment sculptée. Colonnes et architrave sont des épaves 
de monuments païens. Au-dessus des basses nefs 
s'élève un étage de galeries à colonnes corinthiennes 
comme celles du rez-de-chaussée, mais plus légères, 
et reliées par des arcs plein cintre dont la construc- 
tion n'a plus rien de romain. Les galeries des bas 
côtés sont éclairées par deux étages de fenêtres à 
plein cintre. L'arc de labside est orné d'une superbe 
mosaïque, de style bysantin, du VP siècle. Nous 
reparlerons plus loin de la nef de Saint-Laurent, qui 
date de la seconde période du style latin. 

La Basilique de Saint-Clément conserve des parties 
du IV* siècle mais elle appartient, dans son ensemble 
au XI® siècle. Nous en parlerons aussi à cette date. 

Avec Sainte-Marie-Majeure commence la série des 
grandes basiliques, plus importantes et plus somp- 
tueuses que les édifices de dimensions modestes dont 
nous avons parlé jusqu'ici, mais qui, à raison même 
de la vénération dont on les entourait, ont été l'objet 
de remaniements et de soi-disant embellissements qui 
leur ont fait perdre en grande partie leur caractère 
antique. 

La Basilique de Sainte-Marie-Majeure fut érigée en 
352 et reconstruite en 432. A cette époque appartient 
encore la nef centrale qu'il faut, pour la bien juger, 
dégager en esprit des ajoutes des siècles postérieurs 
dans lesquelles elle est enserrée. On y retrouve alors 
le plan carré des basiliques, à la large nef centrale, 
séparée des bas côtés étroits par une suite de colonnes 
qui portent le mur supérieur, éclairée par des fenêtres 
plein cintre, surmontée d'un plafond plat en bois, et 
terminée par une abside semi-circulaire dont l'arc 
est décoré de mosaïques. 



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— 243 — 

Les colonnes, de style ionique, supportent une archi- 
trave très simple et forment dix-huit travées aux- 
quelles correspondent les fenêtres plein cintre de 
l'étage, alternativement ouvertes et aveugles. Au-des- 
sous de chacune de ces fenêtres de grands panneaux 
en mosaïque du V® siècle, représentent des scènes de 
l'histoire de la Sainte Vierge. 

N'était l'autel moderne à baldaquin (d'ailleurs su- 
perbe) qui se trouve à l'entrée du chœur, Sainte-Marie 
produirait l'impression la plus majestueuse et la plus 
magnifique, de la basilique latine du V® siècle. Elle 
mesure dans sa partie ancienne 85 mètres de longueur 
sur 18 de largeur. 

Les grottes vaticanes, sous la Basilique de Saint- 
Pierre, qui ne sont autre chose que le sol ancien de 
la première basilique vaticane, reproduisent à peu 
près le même plan et les mêmes dimensions. 11 en est 
de même de Saint-Paul-hors-les-murs , entièrement 
rebâti, sur son plan ancien, après l'incendie de 1825. 

Sainte-Marie in Trastevere^ bien que bâtie sur un 
plan basilical parfait, appartient à la seconde période 
du style latin, dont nous parlerons plus loin. Il en 
sera de même pour l'église des Quatre-Couronnés dont 
l'abside cependant appartient aux premiers temps du 
style latin. 

L'église des 55. Cosme et I)amien date de 527 et ne 
conserve de sa construction primitive qu'une très belle 
mosaïque du VI® siècle. 

L'église Sainte-Sabine, construite en Tan 425 a con- 
servé à l'intérieur la forme basilicale, avec abside circu- 
laire et toiture apparente. Les colonnes qui la partagent 
en trois nefs sont corinthiennes et antiques. Elles sont 



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— 244 — 

reliées par des arcs plein cintre avec archivoltes, qui sup- 
portent les murs supérieurs dans lesquels sont ouvertes 
les fenêtres du clair étage. Outre une très belle 
mosaïque, on y voit une célèbre porte en bois avec des 
panneaux sculptés représentant des scènes de l'ancien 
et du nouveau testament, qui remontent au V® siècle. 
Cette église est de grandes dimensions et les quelques 
ajoutes qui y ont été faites postérieurement à l'époque 
de sa construction, n'en altèrent pas le caractère. 

L'église Sainte-Saba est de même époque que la pré- 
cédente, mais elle a été beaucoup plus défigurée 
qu'elle. 

Sainte-Croix-en-Jérusalem n'a plus qu'une chapelle 
qui date du V® siècle. 

Saint' Georges in Velabro, érigé en 682, a conservé la 
forme basilicale, avec quelques ajoutes du XI IP siècle. 

Rome renferme encore beaucoup d'autres basiliques 
aussi anciennes que celles que nous venons de citer, 
mais elles ont été transformées d'une manière radicale 
à l'époque de la Renaissance, et elles ont perdu ainsi 
leur caractère primitif; nous en parlerons s'il y a lieu, 
quand nous traiterons les monuments de cette époque. 



CHAPITRE III. 
GONSTANTINOPLE & L'ART BTSANTIN. 

En l'an 328, Constantin, après avoir doté Rome de 
nombreux monuments civils et de temples chrétiens, 
transporta le siège de son empire dans l'antique ville 
de Bysance, dont il changea le nom en celui de Cons- 
tantinople, et, dans ce milieu particulier, où les arts 



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— 245 — 

apportés par les Romains et les Grecs se trouvèrent 
en contact avec les arts de l'Orient, naquit un art 
nouveau auquel l'histoire a donné le nom d'art 
bysaniin, 

§ 1. 

Monuments de style romain. 

Les monuments de style bjsantin ne sont pas les 
seuls qu'ait gardé Constantinople. Il en est un certain 
nombre d'autres, plus anciens en date, qui appartien- 
nent encore à l'art romain païen. Ce sont : la colonne 
brûlée, ou de Constantin, la colonne de Théodose, 
les obélisques de l'hippodrome et les substructions de 
,ce monument ; les murs d'enceinte de la ville, le palais 
de rilebdomon, l'aqueduc de Valens et les citernes, 
dont la principale est celle des mille et une colonnes. 

Le palais de tHebdomon, (appelé aussi palais de 
Belisaire), fut élevé par Constantin, mais remanié par 
ses successeurs. C'est une belle construction en pierres 
bien appareillées, les fenêtres surmontées d'arcs plein 
cintre. Après la quatrième croisade, il a servi de palais 
aux empereurs latins de Constantinople. 

Les citernes ou réservoirs destinés à emmagasiner 
une ample provision d'eau, étaient autrefois très nom- 
breuses et très importantes à Constantinople. La plus 
remarquable est certainement la citerne des mille et une 
colonnes dont les voûtes sont supportées par des arcs 
reposant sur des colonnes à chapiteaux lisses, dispo- 
sées en quinconces. Elle a été construite dans la pre- 
mière moitié du IV siècle, et elle est, comme beaucoup 
d'autres, aujourd'hui desséchée, et comblée jusqu'à 
moitié de sa hauteur par les boues que les eaux y ont 
amenées. 

Le plus grandiose monument de l'antique Bysance, 

ANNALBS. V. 16 



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— 246 — 

celui qui donne la plus forte impression de l'importance 
et de la puissance de la cité impériale est la couronne 
de murailles, renforcées de tours, dont les ruines 
gigantesques s'étendent encore, sans interruption nota- 
ble, de la pointe du sérail au château des sept tours, 
et de là, jusqu'à la Corne d'or, défendant la cité du 
côté de la terre et de la mer. La partie la plus consi- 
dérable de l'enceinte est l'œuvre de l'empereur Théo- 
dose II (418-450); elle se compose de trois murs indé- 
pendants l'un de l'autre et disposés en gradins. Le plus 



Tour du mur d'enceinte (V« siècle). 

haut est renforcé par de grandes tours crénelées car- 
rées ou octogones; le second par des tours basses, 
rondes ou carrées ; le troisième n'est qu'un simple mur 
crénelé devant lequel s'étend le fossé. Ces murs sont 
construits en blocs de pierre blanche qui est plutôt 



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— 248 — 

nale, et qui par elle-même comme par ses dérivés, a 
créé la grande ligne de tout monument bysantin en 
même temps qu'elle a régi toute l'ordonnance de sa 
construction. 

La coupole n'était certes point une nouveauté quand 
les architectes de Sainte-Sophie en firent l'âme de leur 
édifice; Rome l'avait connue et appliquée à certains 
monuments, et en particulier à Tadmirable Panthéon; 
les architectes de Constantin et de ses successeurs 
immédiats l'avaient employée à Bysance, à la façon 
des architectes de Rome; mais ce n'était pas là ce 
qu'on appela, dans la suite, la coupole bysantine. Toute 
autre en effet est la coupole romaine telle qu on la 
trouve au Panthéon, lourde calotte reposant par tous 
les points de sa base sur un mur circulaire, et toute 
autre la coupole bysantine, élevée sur un plan carré 
ou polygonal et reliée à ses points d'appui par des 
pendentifs. Les murs qui la supportent ne restent 
pas massifs et lourds ; une vaste ouverture y est pra- 
tiquée en forme d'arc, et les points d'appui se trouvent 
réduits à quatre piliers reliés entre eux par ces arcs 
pleins de hardiesse et de légèreté qui donnent l'illusion 
d'une coupole planant dans les airs. Les pendentifs 
placés à l'intersection des piliers semblent eux-mêmes 
n'être qu'un prolongement de la coupole et contribuent 
encore ainsi à la faire paraître plus légère. 

La coupole est tout à la fois le point culminant, le 
centre de l'édifice et l'élément essentiel qui régit toute 
la construction ; parfois elle est isolée ; souvent, comme 
à Sainte-Sophie, elle est accompagnée de deux grandes 
demi-coupoles appuyées sur les arcs qui supportent 
la coupole centrale, dans la direction du chœur et 
dans celle de l'entrée, et qui donnent ainsi à la nef 
l'aspect allongé des églises latines. Ces demi-coupoles 



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— 249 — 

reposent à leur tour, très généralement, sur trois peti- 
tes demi-coupoles qui les rattachent aux murs exté- 
rieurs de l'édifice. Cette succession, cette cascade 
d'arcs et de coupoles, ou d'absides, donne au monu- 
ment sa forme caractéristique et permet de couvrir, 
sans points d'appui intermédiaires, des espaces con- 
sidérables. Plus tard elle se fera sentir à l'extérieur 
du monument quand l'architecte rejettera en dehors 
du plan carré toutes ces absidioles, comme déjà à 
Sainte-Sophie il le fit pour l'abside centrale qui cons- 
titue le sanctuaire. 

La coupole est le thème de l'architecture bysantine ; 
les architectes s'efforcent d'en varier la forme et les 
effets, et à cette fin, ils s'appliquent à la combiner 
avec des demi-coupoles et à la multiplier le plus pos- 
sible. On s'arrêta d'abord au nombre de cinq coupoles, 
occupant le centre et les bras d'une croix grecque ; 
puis on les multiplia sans mesure. 

La forme de la coupole fut aussi modifiée dans la 
suite, en ce sens qu'on la suréleva en la faisant reposer 
sur un tambour cylindrique ; mais cette modification 
ne fut pas heureuse : à l'intérieur elle brisa la ligne 
si noble et si gracieuse de la partie supérieure de la 
construction ; à l'extérieur elle donna à la plupart des 
coupoles, surtout aux petites, la forme déplaisante de 
cheminées d'aérage ; telle est l'impression ressentie en 
présence de la Kahrie Djami, par exemple. Ce défaut 
est moins apparent, il disparaît même, lorsqu'il s'agit 
d'une large coupole sur un tambour peu élevé et décoré 
de fenêtres ou d'arcatures. 

D'autres éléments caractérisent encore l'architecture 
bysantine : l'emploi des mosaïques aux voûtes, et celui 
des revêtements en marbre de couleur, aux murs. Il 
en résulte une polychromie naturelle d'une richesse et 



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— 250 — 

d'un éclat incomparables. Ce système laisse naturel- 
lement peu de place à la peinture, à laquelle on eut 
recours cependant quand les éléments d'une décoration 
plus riche faisaient défaut. Les sculptures furent abon- 
dantes dans le principe, comme dans tous les arts où 
l'influence grecque s'est fait sentir : statues, bas-reliefs, 
ornements empruntés au règne animal et au règne 
végétal. Mais il y eut de bonne heure une réaction qui 
donna naissance aux excès des iconoclastes, et alors 
même que le concile de Nicée en 788, eut autorisé de 
nouveau le culte et par conséquent l'usage des images, 
on ne les employa qu'avec une extrême circonspection, 
surtout en ce qui concerne la sculpture en ronde bosse. 

* 
* * 

La première basilique de Sainte-Sophie fut élevée 
par Constantin; il n'en reste plus rien : celle qu'on 
voit aujourd'hui a été construite sous Justinien (527 à 
565) et eut pour architectes Anthémius de Tralles et 
Isidore de Millet. L'extérieur est nul : le temple 
bysantin entouré et étouffé par les constructions que 
les Turcs ont élevées postérieurement, soutenu par des 
contreforts de proportions exagérées, nécessaires, il 
est vrai, pour résister aux tremblements de terre, 
n'offre qu'une masse informe blanchie à la chaux, et 
la coupole, émergeant seule de ces constructions hété- 
roclites a perdu toute élégance, toute beauté. L'atrium 
avec ses portiques, a disparu également, remplacé 
par quelques édifices turcs, tombeaux, fontaines, por- 
tes monumentales, qui ne présentent qu'un très mince 
intérêt. 

Le plan de l'église proprement dite est, à l'intérieur 
celui d'un carré dont les côtés sont presque égaux : 



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— 251 — 

77 mètres de longueur sur 76 mètres de largeur, y 
compris l'épaisseur des murs. Ce plan s'allonge ou 
plutôt s'allongeait du côté de la façade, où un atrium 
aujourd'hui disparu lui donnait la forme d'un carré 

Oliché d« M. R«utf&t. 




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Plan de Sainte-Sophie. 

long. A l'intérieur, l'aspect général du temple est 
encore celui d'un carré long, par suite de la dispo- 
sition de la nef centrale, prolongée à ses deux extré- 
mités, dans l'axe du chœur et de l'entrée, par des 
hémicycles. 

Un double porche ou vestibule, Tesonarthex et 
l'exonarthex, s'étend sur toute la largeur de la façade 
et donne accès au temple par neuf portes, de forme 



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— 252 — 

rectangulaire. Les murs de Tesonarthex sont revêtus 
de dalles de marbre de couleur, encadrées par des 
moulures de marbre blanc ; ses voûtes sont couvertes 
de mosaïques à fond d'or où, sous le badigeon, on 
aperçoit encore, en certains endroits, des figures de 
la Divinité et des empereurs. 

Lorsqu'on pénètre dans le temple par la porte du 
milieu, ou porte de l'empereur, on a devant soi la 
perspective merveilleuse de la nef centrale, longue et 
large, couverte par la grande coupole, d'un diamètre 
de 31 mètres, reposant sur quatre piliers dissimulés 
dans la construction, et qu'é['aulent deux immenses 
demi-coupoles soutenues elles-mêmes par les trois demi- 
coupoles qui terminent, en triple abside, les deux 
extrémités du vaisseau. Celles du fond correspondent 
au chœur ancien, et labside du milieu, qui fait une 
légère saillie sur le mur extérieur du chevet, était 
autrefois le sanctuaire. 

Toutes ces coupoles, de même que les galeries qui 
s'étendent entre les piliers de la grande coupole, sont 
supportées par de riches colonnes antiques en marbres 
de diverses couleurs, avec chapiteaux en marbre blanc, 
et ces chapiteaux comme les arcs qui les surmontent, 
leurs écoinçons et les corniches, sont couverts dune 
sculpture abondante d'arabesques et de feuillages aux 
formes grêles et multiples. 

Les quatre grands arcs sur lesquels repose la cou- 
pole centrale, leurs pendentifs et la coupole elle- 
même, sont couverts d'une riche mosaïque à fond d'or, 
fort détériorée et en partie cachée sous un badigeon 
qui ne laisse apparaître que la partie de la décoration 
composée d'éléments végétaux, le Coran défendant la 
représentation des figures d'hommes et d'animaux. 
Les quatre grandes figures d'anges ailés qui couvrent 



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— 253 — 

les pendentifs ont été mutilées, en ce sens que les têtes 
humaines ont été dissimulées sous des rosaces orne- 
mentales en relief. 

A la base de la coupole, quarante fenêtres inondent 
de lumière tout l'édifice et donnent à la coupole, qui 
semble planer dans les airs, un aspect d'extrême légè- 
reté. D'autres fenêtres, généralement au nombre de 
trois, sont ouvertes dans les demi-coupoles. Les murs 
qui surmontent les entre-colonnements séparant la 
nef principale des bas côtés, sont aussi percés de 
fenêtres, mais leur aspect plat et l'absence de tout 
décor leur donne l'air d'une maçonnerie de remplis- 
sage, comme quelque chose de provisoire, qui fait un 
fâcheux contraste avec la riche décoration du reste de 
l'édifice. 

L'abside en hémicycle du fond du chœur est étroite 
et peu profonde. Elle est éclairée par deux étages de 
trois fenêtres chacun. Tous les murs sont ornés d'un 
revêtement de plaques de marbre de diverses couleurs 
disposées de façon à former, par leurs veines, des 
dessins plus ou moins réguliers. Ces plaques sont 
encadrées par des moulures en marbre blanc, celles du 
chœur plus larges et plus ornées que les autres. 

Le long de la nef principale et parallèlement à 
celle-ci, s'étendent des bas côtés surmontés de galeries 
destinées aux femmes. Leur architecture solide et 
sévère leur donne un aspect extrêmement monumental, 
mais l'absence d'ornementation sculptée iait qu'elles 
ne paraissent être, en quelque sorte, d'aucun style 
bien tranché. De ces galeries on a, à travers les colon- 
nes, des perspectives superbes sur la nef centrale et 
sur les galeries d'en face. 

Le système de décoration de Sainte-Sophie est un 
type remarquable de polychromie naturelle, grâce aux 



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— 254 — 

marbres et aux mosaïques qui revêtent toutes les par- 
ties de Tédifice. 



* 



Sainte-Sophie est le chef-d'œuvre de l'art bysantin, 
le type de cet art arrivé à son apogée ; mais avant 
d'atteindre son complet épanouissement sous Justinien 
(VP siècle), il avait traversé toute une période de for- 
mation, commencée sous Constantin au IV® siècle et 
qui se prolongea jusqu'au VP siècle. 

Peu de monuments de cette période existent encore 
à Constantinople ; on peut en citer quelques-uns cepen- 
dant, parmi lesquels Saint-Jean-Stoudios, Saint-Théo- 
dore de Tyrone (Kilisse Djami) SS. Serge et Bacchus 
(petite Sainte-Sophie). 

Saint' Jean- Stoudios y bâti en 436, sur un plan à peu 
près carré de 25 mètres de côté, précédé d'un portique, 
est divisé en trois nefs, celles des côtés ayant une 
galerie à l'étage. C'est encore sensiblement le plan de 
la basilique romaine. 

Saint-Théodore (Kilisse Djami) date du V** siècle, et 
a été fort maltraité. Sa décoration polychrome natu- 
relle, obtenue par le mélange des marbres blancs et 
de couleurs, associés aux briques, ofire un intérêt 
particulier. 

SS. Serge et Bacchics (petite Sainte-Sophie). Ici 
encore le plan extérieur de l'édifice est un carré 
(34 mètres de longueur, 30 mètres de largeur) tandis 
qu'à l'intérieur il devint octogonal et rappelle beau- 
coup celui de Saint-Vital de Ravenne. Cet octo- 
gone a quatre côtés plats et quatre autres de forme 
semi-circulaire, ces derniers surmontés de voûtes en 
cul de four qui forment comme quatre absides, ou les 
quatre bras d'une croix grecque. A la hauteur de 



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— 255 — 

l'étage huit piliers, occupant les angles de l'octogone, 
et huit pendentifs, supportent le tambour surmonté 
de la coupole centrale, de forme surbaissée et à côtes 
saillantes comme celles d'un melon. 

Chaque travée entre les piliers du rez-de-chaussée 
et chaque travée de la galerie de l'étage est décorée de 
deux colonnes de marbre. Celles du rez-de-chaussée 
supportent un riche entablement qui comprend une 
architrave sculptée, surmontée d'un rang d'oves et 
d'une moulure ronde, puis une frise aux feuillages tra- 
vaillés à jours, au milieu desquels se détache une 
longue inscription en grands caractères grecs, sculptés 
dans la pierre, par laquelle Justinien annonce qu'il 
dédie l'église au Bienheureux Serge; enfin une cor- 
niche très ornée de sculptures, reposant sur des modil- 
lons de style classique. Les colonnes des galeries de 
l'étage sont surmontées d'arcs plein cintre. 

Une des quatre absides n'a pas d'étage , mais elle 
se prolonge (de 3 mètres 60) en dehors du plan carré, 
pour former le chœur de l'église, et elle est couverte par 
une voûte en berceau, terminée, comme celle des autres 
absides, en cul de four. Les chapiteaux des colonnes 
sont ornés de feuillage du même style que ceux de 
Sainte-Sophie. 

Après Saint-Serge, vient, dans l'ordre des temps, 
Sainte-Sophie et ensuite Sainte-Irène qui fut construite 
par Justinien et restaurée au VHP siècle. 

Cette église se distingue par la simplicité de sa 
construction ; de forme plutôt allongée et terminée par 
une abside, elle est surmontée d'une élégante coupole 
à tambour, percée de vingt fenêtres dont les cintres 
reposent sur des piliers massifs. Sa disposition géné- 
rale, à l'intérieur, est celle de la basilique latine. 

L'ancienne Eglise de la Mère de Dieu (Théotocos) 



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— 256 — 

fournit un type nouveau par la forme et la multiplicité 
des coupoles à tambour d'un diamètre réduit à raison 
même de leur nombre, et par l'appareil de la cons- 



Eglise Sainte- Irène, 

truction où les assises de briques et de pierres alter- 
nent, comme aussi les claveaux des arcs dans les portes 
et les fenêtres. Elle date du X^ siècle. 

La Kahrié Djami est particulièrement intéressante 
parce qu'elle a été restaurée, et parce qu'elle étale au 
grand jour les mosaïques de ses voûtes toutes couvertes 
de figures humaines sans que l'orthodoxie musulmane 
s'en émeuve, à ce qu'il paraît. 

L'église, précédée d'un double narthex, comme 
Sainte-Sophie, est bâtie sur un plan à peu près carré 
avec une grande coupole au centre ; elle a un chœur 
de forme circulaire qui fait saillie sur la façade orien- 
tale. Sur l'un des flancs, côté de l'épître, s'étend une 
chapelle très longue, terminée par un chœur également 



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- g57 — 

circulaire Outre la coupole centrale, trois autres cou- 
poles sont établies sur divers points de Tédifice ; toutes 
sont à tambour. L'intérieur est orné d'un revêtement 



Eglise du Christ (Kahrie Djami). 

de plaques de marbres de couleur, comme à Sainte- 
Sophie et à Saint-Serge, et de quelques panneaux de 
mosaïques. Toutes les voûtes sont couvertes de mosaï- 
ques sur fond d'or représentant des scènes du nouveau 
et de l'ancien testament, les figures du Christ et de 
la Sainte Vierge. Les voûtes des coupoles sont les 
plus intéressantes parties de cette décoration : elles 
sont à côtes, concaves, chacune d'elles renfermant un 
ou deux personnages superposés (les ancêtres de la 
Vierge et Saints divers) accompagnés parfois de légen- 



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— 258 — 

des. La décoration de l'édifice paraît dater, dans son 
état actuel du XIV^ siècle seulement. 

L'influence des Croisades sur Constantinople et Tart 
bysantin paraît avoir été nulle : rien n'y garde le sou- 
venir du passage des chevaliers venus de l'Occident. 

Mais au contraire lorsque la ville fut prise, ce fut 
un pillage où l'or et les pierreries, les plus admirables 
œuvres d'art, les trésors les plus fabuleux furent sac- 
cagés. La plupart de ces pièces merveilleuses furent 
perdues irrémédiablement. Quelques-unes, les moins 

Cliché de M. Reutens. 



Croix bysantine, à la Cathédrale de Tournai. 

belles sans doute, furent rapportées, tristes épaves, en 
Occident. Telle est probablement l'origine de la véné- 
rable croix reliquaire en or, garnie de pierreries, que 
possède la cathédrale de Tournai. 



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— 259 — 

La dernière période du moyen âge fut désastreuse 
pour Constantinople qui loin de continuer à créer de 
nouvelles œuvres, vit disparaître peu à peu la plus 
grande partie de celles qui avaient échappé aux dévas- 
tations des Latins. 

L*art bysantin avait donné tout ce qu'il pouvait pro- 
duire, il manquait désormais de vie pour continuer à 
être créateur, l'heure de la décadence avait sonné 
pour lui ! 

CHAPITRE IV. 
ROME. — L ART LATIN. 



2« Période (du IX« au XIII» siècle). 

L'art bysantin, après avoir fleuri en Orient se 
répandit dans la Grèce et dans l'Italie où il donna 
naissance à de nombreux monuments. Ravenne en 
particulier est célèbre par ses temples de style bysantin. 
Son influence fut beaucoup moindre à Rome où le 
style latin demeura à peu près seul en usage. 

De même, Rome ne connut pas, à proprement par- 
ler, le style roman, pas plus d'ailleurs que le style 
gothique qui n'y fut que très exceptionnellement em- 
ployé, et s'il y eut dans cette ville une première renais- 
sance des arts, elle se manifesta par une efflorescence 
nouvelle de Tart latin. 

Aux XP, XIP et XIIP siècles, à l'époque où lart 
roman et l'art gothique produisaient dans toute 
l'Europe leurs plus magnifiques chefs-d'œuvre, Rome 
se couvrit de monuments admirables de ce même style 
latin, qui semble lui être resté propre ; mais ces monu- 



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— 260 — 

ments, subirent au XVP et au XVI P siècle, le même 
sort que ceux des premiers siècles du christianisme, et 
ont été. comme eux, détruits ou totalemant défigurés 
pour faire place aux œuvres de la Renaissance qui 
ont donné à la Rome des temps modernes son cachet 
spécial, cachet que la restauration des chefs-d'œuvre 
anciens d'une part, et la transformation actuelle de la 
ville d'autre part, lui ont fait perdre un peu. 

Parmi les plus anciennes œuvres de la renaissance 
latine, figure la petite église de Saint-Marc, dépen- 
dance du palais de Venise, construite en 833, dans la 
forme basilicale, et possédant une mosaïque de la même 
époque et un pavement moins ancien en mosaïque où 

Olieb^ d« M. Rcusenii. 



Pavement en mosaïque dit optis alexandrinum. 

les plaques de marbre alternent avec les dessins géo- 
métriques formés par les petits cubes de pierres, tra- 
vail appelé par les anciens : opus Alexand^Hnum (i). 
On en rencontre de fréquents spécimens dans les églises 

(1) Le dessin que nous donnons de ce genre de mosaïque n'a pas été 
pris à 2Saint-Marc, mais dans la basilique de Saint-Clément. 



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— 261 — 

de Rome, nous les citerons avec les monuments où ils 
se trouvent. 

SS. Nérée et Achillée (i), sur la voie appienne, église 
très ancienne, rebâtie au IX^ siècle offre le même type 
que Saint-Marc. L'autel et Tambon, qui proviennent, 
dit-on, de Saint-Sylvestre in capite, paraissent dater du 
XP siècle. 

Sainte-Françoise Romaine, qui date du IX® siècle mais 
a été complètement modernisée, possède un très beau 
campanile, ou clocher de forme carrée (2), surmonté 

Soc. S.-Augustin. 



Sainte-Marie in Ara-Cœli. 

d'un toit bas à quatre pans ; entièrement construit en 
briques, il est orné de trois étages de petites fenêtres 
géminées à arcs plein cintre, et des plaques de marbre 
de couleur sont incrustées en divers endroits de ses 

(l) Ne pas confondre cette église avec la catacombe da même nom, 
on de Domitille, dont nous avons parl<^ plus haut. 
(2) Voir page 230. 

ANNALBS. V. 17 



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— 262 — 

quatre faces. On rencontre à Rome un grand nombre 
de ces campaniles qui donnaient à la ville du moyen 
âge son caractère particulier. Saint-Marc dont nous 



Campanile de l*Eglise des SS. Jean et Paul. 

venons de parler, Saint-Georges in Velabro, Saint- 
Alexis, Saint-Silvestre in capite, et d'autres, en pos- 
sèdent de semblables, mais moins importants et moins 



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— 263 — 

anciens car ils remontent au XP ou au XII® siècle 
seulement. 

Sainte-MaHe in Ara-Cœli, du IX® siècle, n'a conservé 
que partiellement la forme basilicale, c'est-à-dire en 
parallélogramme allongé , formant trois nefs séparées 
par des colonnes. L'abside ancienne a été remplacée 
par un chœur carré. Elle possède des ambons en 
marbre et un pavement en opus alexandrinum. 

L'église 5S. Jean et PaiU, sur le mont Celius, a été 
érigée a u 1 V® siècle au-dessus même de la maison des deux 
martyrs, dont plusieurs appartements ont été retrouvés 
et peuvent aujourd'hui être visités. Les parties du 
temple qui remontent au moyen âge sont le portail, 
l'abside, ornée d'élégantes arcatures à la base de la 
toiture, un pavement en opus alexandrinum et un 
remarquable campanile à cinq étages d'arcatures, 
datant du XI P siècle. 

Sainte- Croix en Jà^usalem bâtie en 1144 est telle- 
ment défigurée que rien n'y rappelle le style latin sauf 
la chapelle basse dont il a été parlé plus haut ; elle 
possède un autel en marbre qui a le mérite d'être 
daté : 1148. 

Basilique de Sainte-Marie in Cosmedin, une des plus 
intéressantes de Rome, depuis la belle restauration 
dont elle a été l'objet et qui Ta rétablie dans l'état où 
elle se trouvait au XI® siècle, date de ses parties prin- 
cipales, tout en respectant les détails du W et du 
VI II® siècles, restes d'une église plus ancienne qui 
subsistaient encore. L'extérieur est d'une noble sim- 
plicité ; c'est le type de la basilique latine, couverte 
par un toit à deux versants faisant fronton à la façade, 
qui est éclairée par trois fenêtres. Elle est précédée 
d'une galerie ouverte à sept arcades, surmontées de 
petites fenêtres à plein cintre, et couverte par une 



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— 264 — 

toiture en appentis. L'arcade du centre est décorée 
d'un porche à large baie et à fronton reposent sur deux 
colonnes, dans le genre du porche de Saint-Clément. 
Pour restituer à cette façade son caractère ancien 
l'architecte n'a eu, en quelque sorte, qu'à abattre les 



Basilique de Sainte-Marie in Cosmediu. 

superfétations dont elle avait été chargée, à l'époque 
de la Renaissance. Le campanile, qui n'est pas encore 
restauré, date du XI^ siècle. 11 comprend sept étages 
de fenêtres triples dont celles des trois étages supé- 
rieurs, seules, sont ouvertes. Il passe pour le plus 



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265 — 



élégant de Rome et a dû servir de modèle à la plupart 
de ceux qui y ont été élevés dans la suite. 

L'intérieur en forme de basilique se compose d'une 
nef centrale accompagnée de deux bas côtés séparés 



OHohé d« M. RcuMDS. 



Basilique de Saint-Clément. Le Porche. 

d'elle par des colonnes sur lesquelles sont établis les 
arcs qui supportent le mur supérieur avec les fenêtres 
du clair étage. On croit que les bas côtés étaient 
autrefois surmontés d'une galerie supprimée lors de la 



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— 266 — 

reconstitution du XP siècle. Au fond, l'abside avec 

lare triomphal; plafond plat en bois. 

L'église a été décorée au XIP siècle, époque à 

laquelle il faut reporter la Schola Cantorum et ses 

ambons,le pavement en mosaïque, opits àlexandrinum, 

le trône épiscopal en marbre, et le tombeau d'Alfanus, 

le donateur des objets qui précèdent, tombeau datant 

aussi du XIP siècle. 

L'autel et la clôture en marbre qui le précède 

d'un style beaucoup plus ancien, datent du VHP siècle. 

Cette basilique si heureuse- 
ment reconstituée dans sa forme 
ancienne est devenue une des 
plus remarquables et des plus 
impressionnantes de Rome, un 
des spécimens les plus brillants 
et les plus attrayants de l'art 
chrétien primitil ! 

La Basilique de Saint- Clément 
est réputée comme étant celle 
qui a Te mieux conservé sa forme 
primitive. C'est une église à trois 
nefs avec abside en hémicycle et 
plafond plat (ce dernier moder- 
nisé, malheureusement). Les bas 
côtés, à colonnes reliées par des 
arcs plein cintre, ne sont pas 
surmontés de galeries. Elle est 
précédée d'un atrium entouré de 
portiques ouverts et devant la 
porte extérieure se trouve un 

petit porche qui rappelle celui de Sainte-Marie in 

Cosmedin. 

L'autel surmonté d'un baldaquin, précédé de la 




Plan de la Basilique 
de Saint-Clément. 



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- 267 — 

Schola Cantorum , ou espace clôturé où se trouvaient 
les chantres et les acolytes, et qui renferme les ambons 
ou pupitres pour la lecture de Tépître et de l'évangile, 
est, comme ceux-ci, en marbre blanc, avec incrusta- 
tions de marbres de couleur. Us proviennent de la pre- 

Cliché d« M. ReuMM. 



Basilique de Saint-Clément. L'Autel. 

mière basilique de Saint-Clément et datent, Tautel du 
XP siècle, les clôtures et les ambons du IX® siècle. Les 
mosaïques de l'abside sont du XIP siècle. Saint-Clément 
possède un très beau pavement en optes alexandrinum. 



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— 268 — 

L'église inférieure date du IV® siècle. Elle est 
ornée de fresques de différentes époques et très remar- 
quables. Plus bas encore on a relevé des restes de 
constructions du temps de l'empire (IP siècle) et même 
du temps de la république. 

Dans le voisinage de Saint -Clément se trouve 
V Eglise des Quaire-Couronnés qui dans son état actuel 
date de 1111 mais qui n'est qu'un reste d'une église 
antérieure plus grande, et c'est une chose assez 

Cliché de M. ReoMM. 



Basilique de Saint-Clëment. Un des ambons. 

curieuse que de constater que plusieurs églises de 
Rome, entr'autres celle-ci et Saint-Clément, bâties sur 
un plan très vaste au IV® siècle, ont été diminuées 
dans leurs dimensions, au XP siècle. L'église est à trois 
nefs, avec abside circulaire ; la nef centrale couverte par 
un plafond et les nefs latérales voûtées (voûtes d'arête). 
Les bas côtés sont surmontés de tribunes avec plafond 
plat, et fenêtres (aujourd'hui bouchées). Les colonnes 



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— 269 — 

des basses nefs sont antiques, de style corinthien. 
Pavement en opus alexandrinum. Sous l'abside (qui 
semble être du IV® siècle) crypte circulaire avec les 
tombes des quatre martyrs. 

Sainte-Marie in Trastevere est un des derniers grands 
spécimens de la basilique latine dont elle n'a conservé 
d'ailleurs que la ligne générale, toutes ses parties ayant 
été décorés de peintures et de sculptures qui la moder- 
nisent absolument. Les colonnes, de style ionique, sont 
antiques ; l'abside est ornée de mosaïques de diverses 
époques dont les plus anciennes sont du XI F siècle. 
(On en voit de la même époque, représentant les vierges 
sages et les vierges folles, à la façade). Enfin le pave- 
ment, en mosaïque de marbres, dans le genre de l'an- 
cien opus alexandrinum, mais relevé et embelli par 
des combinaisons nouvelles, est magnifique. 

* 

* * 

Saint-Laurent-hors-les-murs et Saint-Jean de Latran , 
bien que fondés aux premiers temps du Christianisme 
ont été presque totalement reconstruits dans la suite, 
et datent, dans leur forme actuelle, la première du com- 
mencement du XIIP siècle, la seconde du XIV® siècle, 
avec des parties plus anciennes, restes des construc- 
tions antérieures ; sa forme a été altérée de nouveau à 
l'époque de la renaissance par les ajoutes et les embel- 
lissements auxquels nulle église de Rome n a échappé 
et auxquels les temples les plus vénérés ont été surtout 
exposés. Tous deux ont été l'objet de restaurations 
faites en vue de leur rendre leur physionomie pri- 
mitive ; mais tandis que ce résultat a été atteint pour 
Saint-Laurent, il semble qu'on ne pourra jamais l'obte- 
nir, d'une manière satisfaisante, pour Saint-Jean de 
Latran. 



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— 270 — 

Nous avons déjà signalé la partie la plus ancienne 
deSaint'Laure7it'horS'leS'mu7^SylsihHsi\iq\xed{xYVsiècle 

Cliché de M. R«uteot. 



Basilique de Saint-Laurent-hors-ies-murs. L'Ambon. 

dont la nef ancienne est devenue le chœur du temple 
tel qu'on le voit aujourd'hui. La nef nouvelle fut cons- 
truite de 1216 à 1227 sur les mêmes données géné- 



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— 271 — 

raies que Tancienne (le chœur actuel), et cette juxta- 
position de deux parties construites toutes deux dans 
le même style latin mais dans le goût propre aux deux 
époques qui les ont vu édifier, permet de saisir les 
différences de style qui caractérisent ces deux époques. 

La première église était orientée, la seconde ne 
Test plus; la première est de dimensions modestes, 
(5 ou 6 travées) ; elle a des galeries à deux étages, 
c'est-à-dire à tribunes; construite en matériaux romains 
dans Tétage inférieur, elle porte, dans la galerie supé- 
rieure, ornée d'arcs plein cintre, l'empreinte d'un style 
nouveau. La seconde au contraire est de grandes pro- 
portions (12 travées); elle n'a pas de tribunes, et son 
style témoigne d'un retour au style romain classique ; 
la disposition de ses colonnes ioniques, est comme à 
Sainte -Marie in Trastevere, absolument romaine, 
elles proviennent d'ailleurs de monuments antiques. 
Enfin la toiture est demeurée apparente. 

L'autel, les ambons, la chaire épiscopale sont en 
marbre blanc incrusté de mosaïques en marbres de 
couleur, et datent du commencement du XI II® siècle, 
comme le pavement, qui est en opus aleœandrinum. 

Le portique extérieur et le campanile appartien- 
nent à la même époque. Cest, comme ligne géné- 
rale, la même disposition qu'à Sainte-Marie in Cos- 
medin, mais ici, les colonnes du portique supportent 
un entablement et non des arcs et la partie supérieure 
de la façade au lieu de se terminer en fronton, est 
droite, surmontée de la toiture de la nef, en pan coupé. 

La Basilique de Saint- Jean de Latran, la première 
et la plus vénérée des églises de Rome, fondée sous 
Constantin, comprend aujourd'hui des constructions 
d'époques très diverses, mais dont les parties les plus 
importantes remontent au XIV® et au XV® siècle. Sa 



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— 272 — 

longueur, 130 mètres, donne une idée des proportions 
colossales de 1 édifice. 

Parmi les parties qui datent au moyen âge, on peut 
citer : la mosaïque de labside qui est du XIIP siècle, 
et qui est fort discutée tant au sujet de son mérite 
qu'au sujet desarestauration, et lecloltre du XII*" siècle, 
d un style propre à Tart latin de cette époque, où on 
rencontre à côté de détails inspirés par l'art gothique, 
des éléments qui rappellent l'art romain ou font pres- 
sentir l'art de la première renaissance. Les colonnettes 
incrustées de mosaïques en marbres de couleurs, sont 
célèbres. Le cloître renferme encore de superbes débris 
de même travail, notamment une chaire épiscopale et 
les colonnes qui l'entourent, un ancien tabernacle, etc. 

Soo. S.-AagutUn. 



Cloître de. Saint- Jean de Latran. 



D'autres parties de l'édifice s'inspirent plutôt de 
l'art gothique, ou bien, construites à l'époque ou ce 
style était en vigueur, rappellent l'art latin que Rome 



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— 273 — 

n'a jamais abaadonné. Le magnifique pavement en 
ojms alexandrinum de la nef date du XV® siècle ; le 
baldaquin de l'autel papal, est un peu plus ancien. 

Saint-Paul'horS'les-murs , rebâti de fond en comble 
après l'incendie de 1823, a conservé quelques parties 
anciennes : les mosaïques de l'abside qui sont du 
XIIP siècle, celles de l'arc triomphal, du V® siècle, le 
maître-autel du XIIP siècle, l'ancienne porte en bronze 
de la basilique (1070); enfin le cloître du XI P ou du 
XIIP siècle, comme celui de Saint-Jean de Latran et 
de même style que lui. 

§2. 
Les marmorarii romani. 

De tout temps les romains ont excellé dans la mise 
en œuvre du marbre et ont tiré de cette matière si 
attrayante, des effets décoratifs considérables. Sans 
parler de la mosaïque proprement dite qui relève 
plutôt de l'art du peintre, ils ont utilisé les marbres 
de couleurs variées, enchâssés dans des blocs de 
marbre blanc et ont produit des autels, des ambons, 
des clôtures et enfin des pavements d'un effet décoratif 
considérable. Au XIP siècle ils ont renouvelé cet art 
et lui ont donné une nouvelle vie par des combinaisons 
plus délicates et plus riches, en associant les fragments 
de marbres antiques, découpés en petites plaques, à 
des cubes de verre colorés, ou incolores, mais doublés 
de minces feuilles d'or, et formant des encadre- 
ments mosaïques. Ils ont décoré de la sorte, certains 
pavements tel celui de Sainte-Marie in Trastevere, 
mais surtout les autels, les tombeaux, les ambons, les 
clôtures, parfois les colonnes des autels et des taber- 
nacles et même les colonnes et les arcs de tout un 



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— 274 — 

cloître, comme on peut le voir au cloître de Saint- Jean 
de Lalran. Les artistes qui produisirent ces merveilles 
se perpétuèrent pendant plusieurs siècles, ils brillèrent 
surtout au XIP et au XIII® siècle. On les appelle les 
marmorarii romani; l'une des familles qui s'illus- 
trèrent le plus dans cet art furent les Cosmas. 

Les œuvres des marmorarii romani sont encore 
nombreuses dans les monuments de Rome. 

Nous avons cité l'autel de Sainte-Croix en Jéru- 
salem qui est daté (1148), les ambons, les clôtures et 
les sièges, les autels en marbre à baldaquin (ou cibo- 
rium) des Saints Nérée-Achillée, Saint-Clément, Saint- 
Laurent-hors-les-murs; les pavements mosaïques ou 
optes alexandrinum de Sainte-Marie in Cosmedin, 
Saint-Clément, Saint-Laurent-hors-les-murs, les Qua- 
tre-Couronnés, Saint-Marc, Sainte-Marie in Ara-Cœli; 
ce sont les types anciens ; nous venons de voir dans le 
goût nouveau, les mosaïques de marbre des cloîtres de 
Saint-Jean de Latran et de Sainl-Paul-hors-les-murs, 
le siège épiscopal et les colonnes conservés dans le 
cloître de Saint-Jean de Latran, le tabernacle en mur 
de l'église de Saint-Clément, l'ambon qui est dans la 
nef de Saint-Laurent; et combien n'en pourrait-on 
encore citer d'aussi magnifiques ! 

§3. 
Les murs de Rome. 

Rome fut entourée d'une enceinte fortifiée, dès les 
premiers temps de son existence; les fouilles récentes 
pratiquées au Palatin ont fait retrouver des fragments 
des murs du Roi Servius TuUius. Une enceinte beau- 
coup plus considérable, qui suivait à peu près le 
pourtour des murs actuels fut érigée sous Aurélien 



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— 275 — 

(IIP siècle de l'ère chrétienne) et il en reste des parties 
notables, confondues avec les murs du moyen âge. 
Bâties, comme celles-ci, en briques, les murail- 
les actuelles, que des travaux de défense d'un art 
plus moderne ne sont pas venu modifier ou renforcer, 
ont été élevées au moyen âge. Elles se composent d'un 
simple mur en brique, très élevé, renforcé de distance 
en distance par des tours le plus souvent carrées, et 
parfois rondes, surmontées de simples créneaux sans 
mâchicoulis. 



Les murs de Rome; tours près de la porte Saint-Sébastien. 

Ces murs qui sont loin d'avoir l'importance des 
murailles théodosiennes de Constantinople, ne man- 
quent pas de caractère, et sont demeurés à peu près 



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— 276 — 

intacts sur tout leur périmètre. Là où les nécessités 
de la circulation l'exigeaient, on s'est contenté de 
détourner un peu la route et de faire une brèche à côté 
des portes anciennes de telle façon que tout en respec- 
tant celles-ci on a donné satisfaction au mouvement 
créé par l'industrie et le commerce. 

L'édilité à Rome, comme celle de maintes autres villes 
pittoresques de l'Italie et de l'Allemagne, où l'activité 
est bien plus grande encore, au lieu de jeter à terre 
portes de villes et remparts a disposé les choses de 
façon à les faire contribuer à l'embellissement et au 
caractère pittoresque de la cité. Que de villes devraient 
prendre modèle sur elle, au lieu de s'adonner à ces 
démolitions systématiques, à ce nivellement stupide 
qui en même temps font disparaître de glorieux monu- 
ments ou de pittoresques ruines et créent partout la mo- 
notonie désespérante de certains boulevards modernes ! 



CHAPITRE V. 

L*ÉPOQUE GOTHIQUE & LA RENAISSANCE 
A HOME. 

Les temps qui suivirent, du XIIP au XV* siècle 
furent une époque de décadence pour l'art, à Rome. 

Le style gothique n'y fut presque pas connu et y fut 
en tous cas plus mal pratiqué encore que dans le reste 
de l'Italie, ce qui n'est pas peu dire. 

Saipte-Marie de la Minerve, l'œuvre la plus impor- 
tante de l'époque gothique à Rome est un lamentable 
spécimen de ce style. D'autre part Rome semble 
n'avoir pas connu, ou du moins, on n'en trouve plus 
tracts dans cette ville, l'art si délicat des premiers 



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— 277 — 

auteurs de la Rénaissance qu'on a appelé les quattro- 
centistes, et qui ont laissé dans maintes villes de 
ritalie, et en particulier à Florence des chefs-d'œuvre 
ravissants. C'est seulement à la fin du XV** siècle, que 
des artistes formés dans d'autres parties de l'Italie, lui 
apportèrent le style de la Renaissance, déjà dans sa 
seconde période, qui devait dans la ville éternelle 
donner naissance à tant d'œuvres d'art importantes. 

On vit alors les papes rivaliser de zèle pour enrichir 
leur capitale de monuments dans le style nouveau, 
bâtis avec une magnificence dont on ne trouve d'exemple 
que dans les constructions gigantesques de la Rome 
impériale. Les édifices les plus vénérables par leur 
antiquité et les souvenirs glorieux qui s'y rattachaient 
tombèrent sous la pioche des démolisseurs pour faire 
place aux constructions nouvelles. Tel fut le sort de 
l'antique basilique vaticane, où furent ensevelis Saint- 
Pierre et les plus illustres martyrs des premiers siècles, 
qui disparut pour faire place au temple de Bramante 
et de Michel Ange ! 

On peut diviser en deux groupes les monuments de 
la renaissance, à Rome, les uns appartiennent à la 
première renaissance romaine, qui va de la fin du 
XV* au XVP siècle ; les autres à la seconde renais- 
sance qui régna au XVI P siècle et mérita par ses 
excès et ses écarts contre le bon goût, le nom de style 
baroque. La Renaissance créa beaucoup d'œuvres nou- 
velles mais die s'acharna surtout, avec un zèle digne 
d'une meilleure cause, sur les antiques basiliques 
qu'elle transforma et défigura sous les ornements du 
style nouveau dont elle les affubla. 

A la toute première époque de la renaissance appar- 
tiennent des parties notables du Palais du Vatican 

ANNALB8. V. 18 



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— 278 — 

au centre desquelles est la chapelle sixtine; le palais 
de la Chancellerie, qui eut Bramante pour architecte ; 
et dont la cour centrale, à deux étages de colonnes est 
vraiment grandiose. Le palais de Venise, bâti dans le 
même temps, n'a rien de l'art romain, mais rappelle 
au contraire les grandes constructions de la Toscane. 
Quelques églises datent de la même époque : Saint- 
Augustin, bâtie en 1483, la première des églises 
modernes à coupole; Saint-Pierre in Montorio, dont 
la façade a été construite en 1500 et qui appartient 
déjà au style nouveau que nous appelons la première 
renaissance romaine. 

Saint-Jean de Latran a été reconstruit et modifié à 
diverses époques. Sa grande nef est un des beaux spé- 
cimens de la renaissance, plein de grandeur et de 
majesté. 

La façade de l'église des SS. Apôtres et le portique 
de l'église Saint-Pierre-aux-liens sont encore des types 
de l'art de la première renaissance à Rome, dans ce 
qu'elle a produit de bon. 

Enfin la basilique de Saint-Pierre fut sa manifes- 
tation la plus somptueuse, sinon la meilleure. Trois 
artistes immortels en ont successivement donné les 
plans et dirigé la construction, et malgré leur immense 
talent ils n'ont réussi à produire qu'une œuvre sans 
unité et dépourvue de cette beauté impressionnante 
que causent les chefs-d'œuvre indiscutés. 

La partie la plus remarquable de Saint-Pierre est 
sans contredit le dôme, œuvre de Bramante, qui avait 
dressé le plan de l'édifice, en forme de croix à bran- 
ches égales et commença la construction de la Basi- 
lique en 1506. Plusieurs architectes parmi lesquels 
Raphaël, le remplacèrent ensuite dans la direction 
des travaux ; on songea dès lors à modifier le plan de 



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Bramante et à prolonger un des bras de Tédifice, de 
façon à donner au plan la forme d'une croix latine, 
mais Michel Ange qui prit la direction de l'œuvre en 
1546, s'y opposa. A sa mort, arrivée en 1564, on revint 
sur ce malencontreux projet qui reçut alors son exécu- 
tion. La façade fut élevée par Madema en 1606 et le 
Bemin construisit les colonnades qui la précèdent. La 
basilique fut consacrée en 1626. 

Les dimensions de l'édifice sont, d'après certains 
auteurs : 187 mètres de longueur à l'intérieur (et 
194 mètres hors œuvre) ; d'après Fontana la longueur 
totale, y compris le portique, serait de 211 mètres 50; 
la hauteur de la grande nef 46 mètres 20 et la longueur 
du Transept 137 mètres. La hauteur totale du dôme 
est de 132 m. 50 et son diamètre mesure 42 mètres (i). 

De lavis unanime Saint-Pierre ne produit pas l'effet 
qu'on attendrait de ses proportions colossales, et au 
point de vue du sentiment religieux l'impression est 
absolument nulle. 

L'architecture de la renaissance est accompagnée 
partout à Rome, d'une somptueuse décoration peinte 
et sculptée. Les peintures à fresque couvrent des murs 
entiers; les sculptures en marbre, où abondent les 
statues, les figures allégoriques et les ornements, sont 
de la plus grande richesse ; mais cette étude ne con- 
cernant que l'art monumental, je ne m'arrêterai pas 

(1) Bramante voulait, en contruisant Saint-Pierre, ûiire an édifice 
dans lequel on aurait pu yoir deux des plus immenses monuments de 
Tantiquitô réunis, n'en former qu'un seul qui fut colossal, et dans ce 
but, il élevait dans les airs le Panthéon, qu'il plaçait sur les yoûtes de 
la basilique de Constantin. Et il réalisa cette conception ! Sainte-Sophie 
de Constantinople mesure 108 mètres de longueur (77 mètres seulement 
à l'intérieur du temple proprement dit). La cathédrale de Tournai 
131 mètres à l'intérieur et 134 à l'extérieur; les transepts ont une 
longueur de 63 mètres. 



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— 280 — 

aux chefs-d'œuvre de la sculpture et de la peinture 
dus aux artistes qui vécurent à cette grande époque. 
Us sont d ailleurs bien connus. 

La seconde période de la renaissance témoigne d'une 
déplorable décadence de cet art facile et capricieux 
auquel on a donné le nom trop expressif de style 
baroqtce ; le Bernin fut son prophète et couvrit Rome 
de monuments dus à son crayon ou inspirés par lui. 

La colonnade de Saint-Pierre fut assurément une 
xBuvre grandiose, et plus tard, la fontaine de Trevi, de 
Salvi (1762) et la façade de Saint- Jean de Latran, de 
Galilée (1734), sont des œuvres estimables. 

La façade de Sainte- Marie-Majeure qui date de 1734 
n'est pas dépourvue d'intérêt, mais ne produit aucun 
effet, enserrée qu'elle est dans des constructions qui 
enlèvent à l'auguste édifice tout aspect religieux. Elle 
est dominée par un élégant campanile de style latin 
du XIP siècle, et précédée d'une colonne corinthienne 
antique, provenant du temple de Constantin, au forum, 
surmontée de la Statue de la Sainte- Vierge. 

Rome est couverte de monuments de tous genres, 
palais, églises, fontaines, collèges, statues, portiques, 
élevés dans le style de la renaissance, les décrire serait 
impossible et les énumérer serait inutile. Il sufl5ra d'en 
avoir signalé quelques-uns parmi les plus caractéris- 
tiques, pour donner une idée de leur style et de leur 
valeur au point de vue architectural. 



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CHAPITRE VI. 

GONSTANTINOPLE SOUS LA DOMINATION 
TURQUE. 

Constantinople du I V®, ou plutôt du VP au XV siècle , 
n'a connu qu'un seul art, Tart bysantin, tandis que 
l'Europe occidentale connut successivement l'art latin 
et l'art bysantin, puis le style roman et plus tard le 
style gothique. 

Rome sans les pratiquer, n'a pas ignoré ces deux 
derniers styles, mais au XV® siècle, tandis que sous 
l'influence des humanistes et des esprits séduits par l'art 
antique, elle retournait à l'art romain sous le nom de 
/?^amawce, Constantinople, qui venait d'être à la même 
époque conquise par les Turcs, vit s'implanter chez 
elle un art nouveau venu de l'Orient, avec les con- 
quérants ottomans, art peu déterminé il est vrai, mais 
qui, comme toutes les choses de l'Orient devait se 
perpétuer, immuable dans ses traditions, tandis que 
dans le reste de l'Europe, l'art prenait, suivant les 
régions et suivant les temps , des formes diverses 
appelées successivement style de la Renaissance, style 
Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI et 
style Empire. 

Mais avant de parler des monuments élevés par les 
Turcs à Constantinople, on peut se demander s'il existe 
à proprement parler un art turc, et il semble qu'il 
faille répondre négativement. Les plus intéressants 
monuments musulmans de Constantinople sont dus 
à des architectes arabes ou persans; quant à ceux 
qui ont été élevés par les Turcs, ils ont emprunté 
leurs' éléments aux styles usités en Asie Mineure, 



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— 282 — 

amalgamés avec ceux de l'art byzantin, et ce sont 
des constructions bâtardes sans caractère propre, 
dans lesquelles rien ne révèle un style particulier 
et original. Au XVIIP siècle, les Turcs ont cru 
devoir rajeunir leur vieille architecture en y introdui- 
sant des éléments qui semblent empruntés tout à la fois 
au style rocaille français et au style chinois des 
pagodes; c'était une grosse faute, et ils n'ont pas été 
plus heureux lorsqu'au XIX* siècle, délaissant le genre 
ancien, ils ont fait appel aux conseils des architectes 
français ou viennois pour la construction de leurs 
temples et de leurs palais. 

* 

Les plus importants monuments de Constantinople 
sont assurément les mosquées, qui toutes, sauf des 
variantes de détail, semblent élevées suivant une formule 
unique : forme pyramidale à gradins, dont le sommet 
est occupé par la grande coupole centrale, souvent con- 
tre-buttée par des demi-coupoles moins importantes et 
entourée d'une série de petites coupoles. Un portique 
à galeries entoure l'atrium ou cour qui précède la mos- 
quée et au milieu de laquelle s'élève la fontaine prin- 
cipale pour les ablutions. Un, deux, quatre et parfois 
même six minarets ou tourelles, dressent leur flèche 
aiguë sur les flancs de l'édifice. 

Toute la construction est blanche, généralement en 
marbre, avec certains détails des coupoles dorés; à 
l'entour croissent des arbres plantés sans symétrie, et, 
dans une enceinte parfois très vaste, sont établis tout 
auprès de la mosquée, des hôpitaux, des collèges, des 
écoles, des hospices, des logements pour les prêtres, 
les tombeaux (turbés) de quelques grands personnages, 
et enfin des cimetières. 



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— 283 — 

L'intérieur de ces monuments est, généralement 
aussi, conçu sur un plan assez uniforme, carré ou à 
peu près avec une vaste coupole reposant sur quatre 
massifs de maçonnerie qui, rejelés vers les quatre 
angles du plan, laissent entr'eux et les murs extérieurs 
un bas-côté le long duquel est assez généralement 
établi un portique à galerie basse et étroite. Des 
fenêtres nombreuses et petites, garnies parfois de 
curieux vitraux, éclairent la mosquée. Ses murs sont 
revêtus jusqu'à une certaine hauteur d un carrelage 
émaillé aux tons vifs, tandis que la partie supérieure 
est peinte, dans le même goût, de fleurs et de feuillages 
parfois mêlés à de longs textes tirés du Coran. Le 
sanctuaire ne se distingue du reste de l'édifice que par 
une niche ordinairement très simple, appliquée contre 
le mur, dans la direction de la Mecque, et accom- 
pagnée de deux énormes chandeliers a^ec cierges. 

Le style de toutes ces constructions s'inspire évidem- 
ment de Sainte-Sophie surtout pour le plan et la dispo- 
sition générale des masses; dans les détails on remarque 
surtout des éléments de style persan par la forme des 
arcs, spécialement des grands arcs de décharge, qui 
sont ogivaux, par les portes en forme de mître avec 
stalactites; par les chapiteaux des colonnes aussi 
à stalactites, par les revêtements en carreaux de style, 
sinon d'origine persane. 

La description de quelques-unes des principales 
mosquées donnera une idée de leur style. La Baja- 
zidiéy mosquée de Bajazet ou mosquée auw pigeons, 
commence la série des grandes constructions dont 
l'architecture présente quelqu'intérêt. Elle date de 
1498; son plan est carré. Au centre de ce carré 
quatre piliers massifs supportent, sur quatre arcs, une 



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— 284 — 

grande coupole à tambour ; contre deux de ces arcs, 
viennent s'appuyer deux demi-coupoles qui prolongent 
la nef principale et lui donnent la forme ovaJe déjà 
rencontrée à Sainte-Sophie. Le long des deux autres 
faces régnent des bas-côtés surmontés de plusieurs 
petites coupoles. Un atrium précède le temple. Il se 
compose de quatre galeries ouvertes, avec colonnes 
dont les chapiteaux sont à stalactites, et arcs ogivaux 
dont les claveaux sont en marbre rouge et blanc, alter- 
nant; la porte de la mosquée et celle de Tatrium, en 
marbre blanc, affectent la forme d'une niche en mître 
décorée de stalactites, de stjle persan. Les dépendances 
accolées au temple, et deux minarets placés tout à 
l'extrémité de ces dépendances, complètent la physio- 
nomie générale du monument. 

Shah Zadé Djami (i), élevée en 1543, par Soliman, 
est un gracieux édifice où on sent une note d'art, à 
coupole centrale, portée sur quatre demi-coupoles, 
soutenues elles-mêmes par trois demi-coupoles plus 
petites, le tout inscrit dans un plan carré; portiques 
à arcs ogivaux, minarets élégants, sculptures fines et 
délicates. 

La Suleïmanié, mosquée de Soliman le magnifique, 
bâtie de 1550 à 1566, par Sinan le plus célèbre des 
architectes turcs, est « la plus splendide, la plus somp- 
tueuse, et la mieux située de toutes les mosquées de 
Stamboul, dont elle est, au dire des poètes turcs, la 
splendeur et la joie; » et en réalité cette mosquée se 
dresse, superbe, précédée de quatre minarets, au som- 
met d'une colline, dominant toutes les constructions qui 
l'entourent et se faisant apercevoir de tous les points 

(1) Djami veut dire mosquée. 



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deux tons, rouge et blanc, et les lignes principales de 
la construction sont accusées en pierres de couleur 
foncée. Le ton général est jaunâtre; les coupoles sont 
peintes en tons clairs, vert et or sur fond blanc; l'en- 
semble du décor est sobre et a beaucoup de caractère. 
Les fenêtres du sanctuaire sont ornées de vitraux de 
style et de technique persans, en mosaïque formée par 
des cubes de verre de couleur, représentant des fleurs 
et des inscriptions; ils ont été exécutés au XVP siècle. 
Les autres fenêtres de l'étage sont pour la plupart fer- 
mées par des clôtures en marbre, percées de nom- 
breuses ouvertures rondes. 

L'Ahmédié ou mosquée d'Achmet, bâtie en 1610 est 
encore une des principales constructions de Stamboul. 

Une coupole centrale contre laquelle s'appuient 
quatre demi-coupoles, toutes à tambour, avec fenêtres 
à la base, un vaste atrium entouré de portiques avec 
fontaine centrale, une énorme enceinte clôturée par 
des murs percés de fenêtres à grillages en fer, et les six 
minarets qui font sa gloire, tel est l'aspect extérieur 
de TAhmédié. La mosquée mesure 72 mètres de long 
sur 64 de large. 

L'atrium (ou harem) qui précède le temple est de 
vastes proportions et entouré sur ses quatre faces d'un 
portique ouvert, à colonnes. Les arcs sont ogivaux, à 
claveaux alternativement rouges et blancs, et les voûtes 
sont en forme de coupoles, comme d'ailleurs dans 
toutes les constructions de ce genre; les colonnes en 
marbre blanc et en granit rose, avec chapiteaux en 
marbre blanc, à stalactites. L'atrium, est pavé de daUes 
en marbre blanc, avec fontaine pour les ablutions, au 
centre, sous un petit édicule. La porte du temple en 
marbre blanc, est en forme de niche à mître, décorée 
de stalactites en partie dorées et accompagnée de deux 



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niches semblables, mais plus petites, sur les côtés. 

D'autres mosquées, la Yeni Validé Djami (1655), 
Y Osmanié ou Nournosmanié Djami{n4S) etlaMeàmedié^ 
rebâtie en 1768, marquent des étapes peu importantes 
dans Tart de bâtir chez les Turcs. Au contraire la 
Mahmoudié Djami qui date de 1830, inaugure un 
genre tout nouveau, où les moellons remplacent les 
belles pierres appareillées et où le plâtre remplace les 
marbres. Sauf la coupole qui rappdle Constantinople, 
le monument n'appartient à aucun style. 

Enfin la Yeni Validi Djami, à Orta Keui, sur le 
Bosphore, plus récente encore, à rompu avec toute 
tradition ancienne et applique au temple musulman 
l'architecture des villas italiennes et des théâtres vien- 
nois. Tout autre est le type de YHamidié Djami, près 
de Ildiz Kiosk, où le Sultan va faire ses dévotions le 
vendredi. Aussi récente que la mosquée d'Orta Keuï, 
elle en diffère totalement comme style, et sous un 
semblant de coupole, étale une construction pseudo- 
arabe qu'on dirait construite en planches. 

Les turbés, ou tombeaux sont des monuments très 
impressionnants d'un type très particulier qui parti- 
cipent du caractère des mosquées près desquelles ils 
sont établis. 

Le turbé du Shah Zadé dans l'enceinte de la mos- 
quée de ce nom (1543), est un édifice octogone, à cou- 
pole, en marbre, aux murs ornés de sculptures. Il est 
précédé d'un péristyle à colonnes de marbre, décoré 
de carreaux de faïence. A Tintérieur, la coupole repose 
sur une sorte de corniche à stalactite ; deux étages de 
fenêtres l'éclairent, celles du rez-de-chaussée, de forme 
carrée, celles du haut de forme ogivale. Ces dernières 
sont garnies de superbes vitraux, œuvre probable d'un 



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— 288 — 

artiste persan du XVP siècle, en mosaïque formée de 
cubes de verre de couleur, travail très curieux et 'for't 
original, mais en très mauvais état. Les murs sont 
revêtus de riches carreaux de faïence polychrome simix- 
lant une décoration architecturale. Dans la plupart de 
ces carreaux les ornements sont sertis d'un filet offrant 
un léger relief et que certains auteurs appellent pouj* 
ce motif des faïences cloisonnées. Ce sont des spécimens 
très rares de ce genre de travail. Au centre de Tédi- 
fice, sur le sol, reposent quatre cercueils, couverts de 
shall ou cachemirs, dont deux sont surmontés d'un 
énorme turban blanc. (Le turban — ou le fez — indique 
une sépulture d'homme). 

Le Turhé de Selim II, l'un des plus remarquables 
parmi ceux qui entourent Sainte- Sophie est vraiment 
monumental (1574). 

Son plan est octogonal, et de chacune des faces se 
détache une arcade appuyé d'une part sur le mur exté- 
rieur, et d'autre part sur une colonne isolée. Ces 
colonnes, surmontées d'arcs, supportent la coupole. 
Toute Ja construction est en marbre de diverses cou- 
leurs formant des assises régulières et alternées. Le 
bas des murs est revêtu de carreaux en faïence, et a 
mi-hauteur court une frise décorée d'inscriptions ara- 
bes. Sur le sol reposent les cercueils au milieu des- 
quels se dresse, énorme, surmonté d'un turban, celui 
de Selim II. Six grands chandeliers en laiton, garnis 
de cierges, divers meubles et des escabeaux avec des 
manuscrits religieux entourent les cercueils. 

Enfin le turbé du Stdtan Mahmoud mort en 1839, 
qui renferme aussi les restes du Sultan Abd-ul-Aziz 
(mort en 1876), le dernier turbé qui ait été élevé à 
Stamboul, est particulièrement curieux à ce titre. 
Construit dans un jardin, à front d'une grande rue, 



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— 289 — 

son aspect est franchement moderne, c'est celui d'une 
construction civile de style occidental. 11 se compose 
d'un pavillon octogone, voûté en coupole, et de 
dépendances. 

On pénètre dans le pavillon par un portique suivi 
d'un large vestibule. A droite est un salon garni de 
divans à l'usage des prêtres, gardiens du monument; 
à gauche un autre salon, tendu d'étoffes, et dont le sol 
est couvert de cercueils de dimensions variées ; ce sont 
les femmes, les enfants et les parents du Sultan, qui 
semblent faire antichambre. Au fond du vestibule la 
salle principale, qui a l'aspect d'un salon européen de 
style français 1830, à larges fenêtres garnies de grands 
rideaux. Des pilastres à chapiteau corinthien soutien- 
nent la corniche du plafond ; ils sont, comme les murs,^ 
peints à l'huile; sur le sol un riche tapis, et sur ce 
tapis quatre ou cinq cercueils couverts d'étoffes de 
deuil, brodées. Deux sont surmontés d*un fez qui 
depuis la réforme turque a remplacé le turban ; ce sont 
les cercueils des deux Sultans; un léger grillage 
entoure chacun d'eux, et des chandeliers en laiton, 
garnis de cierges sont posés à leurs côtés. Un superbe 
lustre en cristal, don de la reine Victoria, pend au 
plafond, tandis que deux pendules en bronze doré, don 
de l'empereur Napoléon III, des cassettes en argent 
sur des consoles, et des tableaux garnissent les murs 
de l'appartement. 



Parmi les fontaines, la plus importante, qu'on con- 
sidère comme le chef-d'œuvre du genre, est la fontaine 
d'Ahmed, petit monument carré avec des tourelles aux 
angles, et un vaste toit à quatre pans, formant auvent, 
d'où émergent cinq petites coupoles. Toute la cons- 



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— 290 — 

truction est en marbre blanc, entièrement couverte de 
sculpture plate, arabesques et inscriptions, qui res- 
semble à de la ciselure, réservée en blanc ou dorée, 
sur un fond peint en rouge ou vert. Aucune partie 
saillante, aucune forte moulure, qui donne des ombres; 
pas une partie unie qui se détache des parties ornées 
et la fasse valoir. Au centre des quatre faces, sous un 
arc ogival, le tchesmé ou robinet, versant de Teau dans 
une auge carrée, entre deux niches en forme de mitre 
à stalactites. Aux angles, les Sebil ou pavillons à réser- 
voirs fermés par uu gracieux grillage doré, dans le bas 
duquel s'ouvrent les guichets où des jattes d'eau fraîche 
sont continuellement préparées pour les besoins des 
passants. Cette fontaine, don du sultan Ahmed ou 
Achmet, a été établie en 1728. 

La fontaine cHAzab Kapou à Galata, et celle de Top 
Hané sont de même style, tandis que la fontaine d'Aôrf- 
uhHamid semble être de pur style Louis XV. Une 
autre fontaine du type de la fontaine d'Ahmet, avec 
pavillons aux angles, ou sebil, se trouve dans les 
dépendances de la Suleimanié ou mosquée de Soliman. 

Les travaux d'art militaire, les palais du Sultan et 
quelques autres monuments élevés depuis la conquête 
ottomane, que possède encore Stamboul, sont moins 
intéressants. Le château des Sept Tours, Yedi Koulé, 
les châteaux d'Europe et d'Asie et les murs du Vieux 
Sérail sont construits sur un même type : c'est un 
simple mur en pierre, crénelé, renforcé de distance en 
distance par des tours carrées à cheval sur le mur , 
généralement dépourvues de toutes ouvertures telles 
que meurtrières, et crénelées, mais sans que ces cré- 
neaux fassent saillie sur le plat du mur. 



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CONSTANTINOPLE. — Fontaine près de la Suleïmanié. 

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— 291 — 

Les palais anciens sont peu nombreux et sont tous 
compris dans l'enceinte du Vieux Sérail. L'un d'eux, 
le Tchinli'Riosk ou pavillon des faïences, occupé par 
une des sections du musée, est un palais de style 
persan, construit en 1466, et dont la façade, comme 
l'intérieur, ont gardé leur disposition primitive, ce qui 
en fait un des plus intéressants monuments anciens de 
Stamboul. La façade principale est précédée d'une 
galerie ouverte dont les arcs ogivaux en accolade sont 
supportés par de frêles colonnes, entre lesquelles règne 
une élégante balustrade en marbre ; le mur du fond est 
revêtu de carreaux de faïence, les uns bleu foncé, les 
autres de tons variés; autrefois tout l'édifice, à la 
manière des monuments de Brousse, était décoré d'un 




Plan de Tchinli-Kiosk, ancien palais. 

revêtement de carreaux semblables. L'intérieur est 
construit sur un plan de forme carrée, dans lequel est 
inscrite une croix grecque, ce qui donne au centre une 



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— 292 — 

vaste salle composé de deux hall se coupant à angle 
droit, et surmontée d'une coupole aveugle sur penden- 
tifs, que portent les quatre piliers du centre reliés 
entre eux par des arcs en fer à cheval. Quatre salles 
remplissent les intervalles réservés entre les bras de 
la croix et les murs extérieurs ; elles sont aussi sur- 
montées de coupoles. Une des salles a gardé son revê- 
tement ancien en carreaux de faïence, bleu foncé et 
bleu pâle, et une fontaine dans un des angles. 

Le palais proprement dit, ou Vieux Sérail, se trouve 
au fond de la cour des Jannissaires et se compose de 
nombreux pavillons entourés de cours et de jardins. 
Ils sont généralement dépourvus de caractère ; trois ou 
quatre cependant doivent être mentionnés : le Trésor, 
paviUon sans forme ni style où sont entassées d'une 
façon déplorable des richesses innombrables ; la salle 
du trône avec un divan énorme ; le sultan y recevait 
les ambassadeurs. Cheminée en cuivre incrusté et 
émaillé en forme de mirhab, ou niche de sanctuaire. 
La bibliothèque, salle subdivisée par des arcs et des 
colonnes, aux murs revêtus de carreaux de faïence; 
fenêtres à vitraux de type turc, portes et volets en bois 
sculpté, incrusté de nacre. — On passe devant un 
ensemble de kiosks, de galeries, de portiques irrégu- 
liers et on pénètre dans le jardin des roses où s'élève 
un grand kiosk (ancien harem) auprès duquel s'étend 
une terrasse dallée de marbre blanc avec un bassin 
carré où se baignaient les sultanes. 

De l'autre côté de cette terrasse, la kiosk de Bagdad 
de forme octogone et à coupole, tout revêtu de faïences 
au dehors comme au dedans , les moulures même étant 
en terre cuite émaillée. Son style est persan, et l'épo- 
que de sa construction semble être le XVP siècle, 



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— 294 — 

se touchent presque. Les maisons modernes sont 
encore bâties sur le même modèle dans les quartiers 
turcs, mais à Galata et à Pera, quartiers occupés par 
les occidentaux, on construit des maisons qui ressem- 
blent beaucoup à celles de Paris et de Vienne. 



CONCLUSION. 

Rome et Constantinople sont des villes d'un carac- 
tère très particulier, qui diffèrent du tout au tout 
des autres grandes villes de l'Europe et qui ont entre 
elles, en même temps que des dissemblances radicales, 
beaucoup de points de contact. 

Toutes deux sont cités impériales ; celle-ci a vu la 
toute-puissance des empereurs romains et de leurs suc- 
cesseurs les empereurs d'occident; celle-là a vu le faste 
et la splendeur de l'empire d'orieni. 

Rome est devenue le centre du monde chrétien et le 
siège du Pasteur des peuples catholiques. A Constan- 
tinople réside le chef du Mahométisme, grand-prêtre 
en même temps que souverain temporel ; d'un côté la 
croix, de l'autre le croissant, qui a aspiré à la domi- 
nation universelle et qui vit dans la perpétuelle crainte 
d'être rejeté en Asie. 

D'une part, la civilisation chrétienne avec toutes ses 
gloires, de l'autre la barbarie musulmane avec toutes 
ses hontes. 

A Rome les arts de l'occident, à Bysance ceux de 
l'orient. 

A Rome, l'efflorescence superbe des arts de la pein- 
ture et de la sculpture, aussi bien à l'époque grecque 
ou romaine qu'à l'époque moderne. A Constantinople 



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— 295 — 

l'absence de ces arts, proscrits parle Coran, et, comme 
conséquence, la froideur et la sécheresse de ses 
monuments. 

A Rome les travaux en marbres de couleurs si riches 
de tons et si décoratifs, des mannorarii romani. A 
Constaniinople les mosaïques admirables, dans les- 
quelles*les artistes bysantins n'ont jamais été surpassés. 

Constantinople assise dans un site admirable et en- 
chanteur, mais aussi misérable dans ses détails qu'elle 
est brillante dans son aspect d'ensemble, à l'extérieur. 

Rome sans aspect extérieur, sans panorama, et qui 
semble se dérober aux yeux du voyageur qui approche 
d'elle, mais dont tous les détails sont superbes, et 
offrant en abondance les trésors inappréciables de ses 
musées, de ses monuments, de ses palais ! 

Rome comme Bysance créent un style qui leur est 
propre : c'est Yart latin pour Tune, Yari bysantin pour 
l'autre ; et jusqu'au XV® siècle, dédaignant ce qui se 
fait hors de chez elles, ignorant l'art roman et ses 
diverses écoles, Tart gothique et ses transforma- 
tions, elles persévèrent dans les traditions artisti- 
ques qu'elles ont créées et rendues illustres. Puis 
au XV® siècle, toutes deux changent brusquement 
d'art, la première séduite par la beauté que prêche 
l'art de la renaissance, la seconde conquise par les 
armes musulmanes ; et alors encore toutes deux s'en 
tiennent à leur style nouveau, tandis qu'autour d elles 
les nations voisines voient naître, se développer et 
disparaître des types artistiques sans cesse renouvelés. 
Au XIX® siècle enfin toutes deux sont envahies par 
l'art cosmopolite, par le modernisme niveleur qui du 
nord au sud, du levant au couchant tend à uniformiser 
toutes choses, la langue comme le costume, les arts 
comme les institutions. 



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— 296 — 

Mais du moins, cette uniformité est-elle un progrès, 
est-elle seulement un bien. Le monde aspire-t-il à 
l'unité artistique comme à une seconde fraternité uni- 
verselle chantée par certains poètes et poursuivie par 
certaine école? Et de qui la recevra- t-il ? 

Qu'a donné le XI X*" siècle, pour imposer sa 
mémoire et tenir sa place dans l'histoire de l'art 
monumental; pour justifier sa prétention à l'uniformité 
et à l'universalité qui devrait bien être, semble-t-il, 
l'apanage du seul style réalisant la beauté dans toute 
sa splendeur ? 

Il a rompu avec les traditions anciennes et après 
un dernier effort pour i etourner aux sources premières 
de l'art, après avoir une dernière fois évoqué l'archi- 
tecture de la Grèce et de Rome, dans le style empire, 
il s'est trouvé incapable de créer une formule artis- 
tisque quelconque et pendant une longue période les 
constructions nouvelles n'ont offert aux yeux attristés 
de deux ou trois générations, que la plus déplorable 
banalité, l'absence la plus absolue de toute valeur 
esthétique. 

Le XIX® siècle n'a pas été créateur d'art. Les essais 
tentés par ses architectes pour produire Vart nouveau 
n'ont pas abouti, et jamais l'histoire n'emploiera ces 
mots : le style du XIX^ siècle. Mais si les architectes 
ont en vain cherché la formule nouvelle, les archéo- 
logues ont fondé et poussé à ses dernières limites, 
la connaissance du passé; sous leur impulsion les 
monuments des siècles écoulés ont été réparés et par- 
fois achevés avec une science consommée ; des monu- 
ments nouveaux ont été construits suivant les formules 
anciennes et lorsque le temps y aura mis sa patine, on 
aura de la peine à les distinguer de ceux qu'ils ont 
voulu imiter. Mais quelque beaux que soient ces 



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— 297 — 

monuments ce ne sont que des copies où la science a 
plus de place que le génie, et dans lesquelles on ne 
sent ni la marque d'un maître ni celle d'une époque. 
L'archéologie a exploré tous les domaines de l'art 
monumental, elle les a étudiés et elle a publié les 
résultats de ces investigations. La science est faite : 
quel homme de génie allumera le flambeau de lari 
nouveau ? 

Nous sera-t-il donné d'en voir surgir les manifes- 
tations avec tous les caractères d'un art qui s'impose, 
d'une esthétique qui réponde au vrai caractère de notre 
époque et soit peut-être aussi cosmopolite que nos 
mœurs. Ou bien retournant aux traditions anciennes, 
les architectes après s'être imbus des principes des 
écoles nationales anciennes, leur feront-ils reprendre 
et continuer une évolution brusquement interrompue 
en créant de nouveaux chefs-d'œuvre où ces styles 
atteindront leur entier développement et avec la mar- 
que d'une beauté absolue, porteront lempreinte du 
maitre qui les aura conduits à leur perfection? C'est le 
secret du XX** siècle. 

EUGENE-J. SOIL. 



•-ï&aco* 



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— 298 — 



TABLE DES MATIÈRES. 



Avant-Propos 212 

CHAPITRE I. 
Rome. Monuments de Tèpoque païenne. 

§ 1. Les Ruines et le Foixim romain 217 

§2 Période républicaine 218 

Cloaca Maxinia. — Tombeau de Cecilia MeteUa. — Pyramide 
de Cestius. — Colombaires. — Temple rond. — Temple 
de la fortune virile. 

§ 3. Période impériale 222 

Panthéon. — Forum. — Arc de Drusus. — Colysëe. — 
Thermes de Titus. — Le Palatin. — Arc de Titus. — 
Colonne trajane. — Temple de Vénus. — Statue de Marc 
Aurèle. — Colonne de Marc Aurèle. — Temple de Neptune. 

— Arc de Septime Sévère. — Thermes de Caracalla. — 
Basilique de Constantin. — Arc de Constantin. — Arc de 
Janus. — Arc des orfèvres. 

CHAPITRE II. 
L*art chrétien primitif et l'art latin. 

§ 1. Les catacombes 232 

§ 2. L'art latin, les basiliques 234 

Caractères généraux de Tai't latin. 

Baptistère de Saint- Jean de Latran. — Eglise Saiate-Cons- 
tance. — Saint-Etienne le rond. — Sainte-Pétronille. — 
Saint-Césaire. — Sainte- Praiède. — Sainte-Pudeotienne. 

— Saiote-Agnès-hors-les-murs. — Saint- Laureot-hors- 
les-murs. — Sainte- Marie- Majeure. — Grottes vaticanes. 

— Sainte-Marie in Trastevere. — SS. Cosme et Damien. 

— Sainte-Sabine. — Sainte-Saba. — Sainte-Croix-en-Jéru- 
salem. — Saint-Georges in Velabro. 



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- 299 — 

CHAPITRE IIÏ. 
Ck>nstaiitinople et Fart bysantin. 

§ 1 . Monuments de stjle romain 245 

L'Hebdomon. — Les dteraes. — Les murs. 

§ 2. Monuments bjsantins 247 

L'art bysantin. — Sainte-Sophie. — Saint-Jean Stoudios. — 
Saint-Théodore. — SS. Serge et Bacchus. — Theotocos. 

— Sainte-Irène. — Kahrie Djami. — Les Croisades. — 
Décadence. 

CHAPITRE IV. 
Rome. — L*art latin. 

§ I. Monuments de l'art latin, 2® Période 259 

Saint-Marc. — ; SS. Nérée et Achillée. — Sainte-Françoise 
Romaine. — Sainte* Marie in Ara-Cœli. — SS. Jean et 
Paul. — Sainte-Croix en Jérusalem. — Sainte- Marie in 
Cosmedin. — Saint-Clément. — Les Qualre-Couronnés. — 
Sainte-Marie inTrastevere. — Saint-Laurent-hors-les-murs. 

— Saint- Jean de Latran. — Saint Paul-hors-les-murs. 

§ 2. Les marmorarii romani 273 

§ 3. Les murs de Rome 274 

CHAPITRE V. 
L'Époque gothique et la Renaissance à Rome. . 276 

CHAPITRE VI. 
Ck>nstantinople sous la domination turque . . .281 

L*art et les monuments turcs. — Mosquées. — Biyazîdié. — 
Shah Zadé. — Suleimanié. — Ahmédié. — Turbé du Shah 
Zadé. — de Selim. — de Mahmoud. — Fontaines d'Ahmed 
et de la Suleimanié. — Monuments militaires. — Palais. 

— Tchinli-Kiosk. — Kiosque de Bagdad. — Palais 
modernes. 

Conclusion 294 



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— 300 — 



TABLE DES PLANCHES 



ET DBS GRAVURES DANS LE TEXTE. 



Pages 

PL I. Le Foinim romanum. 

Tombeau de Cécilia Metella 220 

Temple rond, dit de Vesta, . . . . . . 221 

PI. II. Le Panthéon, coupo. 

PI. III. Le Panthéon, façade. 

PI. IV. Le Colysée. 

Le Colysée, intérieur 225 

Arc de Titus : .... 227 

Temple de Vénus 228 

Basilique de Constantin 230 

Are de Constantin 231 

PI. V. Eglise de Sainte-Constance. 

plan 238 

PI. VI. Basilique de Sainte-Agnès. 

PI. VIL Basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs. 

Colonnes et frise du chœur 241 

PI. VIIL Basilique de Sainte-Marie-Msgeure. 

PL IX. Mosaïque de SS. Corne et Damien. 

PL X. Eglise Sainte-Sabine. 

PL XI. Les murs do Constantinople. 

n n une tour . . . 246 

PL XII. Basilique de Sainte-Sophie. 

PL XI il. » » intérieur. 

n n plan 251 

Eglise Sainte-Irène 256 

Eglise du Christ. Kahrié Djami 257 

Croix bysantine 258 

Mosaïque : opus alexandrinum 260 

Eglise Sainte-Marie in Ara-Cœli 261 

Campanile de TEglise SS. Jean et Paul. . . 262 
Basilique de Sainte-Marie in Cosmedin . . . 264 



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PL XIV. 



PI. XV. 



PL XVI. 

PL xvn. 



PL XVIII 
PL XIX. 
PL XX. 
PL XXI. 

PL XXII. 
PL XXIII 
PL XXIV 

PL XXV. 
PL XXVL 



— 301 — 

Basilique de Saint- Clément. 

n n porche .... 265 

plan 266 

autel 267 

• ambon .... 268 

Basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs. 

• n arabon .... 270 

Cloître de Saint-Jean de Latran 272 

Cloître de Saint-Paul-hors-1 es-murs. 
Les murs de Rome. 

« »» toursprèsdela porte Saint- 
Sébastien 275 

Basilique de Saint-PieiTe, façade. 
Basilique de Saint^Marie-M^yeure, façade. 
Constantinople, mosquée Suleïmanié 
Ahmédié 
» " atrium 

n Fontaine d'Ahmed. 

» Fontaine de la Suleïmanié. 

Tehinli Kiosk, plan . . . .291 
»♦ »• façade principale. 

Pavillon de Bagdad. 



ANNALBS. V. 



20 



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— 302 — 



Tournai 



ET 



L'OCCUPATION ANGLAISE (i5i3-i5i9). 



Avant- Propos. 

L'Histoire de Tournai et du Tournai sis, cette inté- 
ressante petite province qui, jusqu'au premier quart 
du XV P siècle, eut de nombreux rapports avec l'His- 
toire générale de l'Europe, reste encore à écrire et ne 
sera vraisemblablement pas commencée d'ici longtemps. 

Certes, d'excellentes études sur des parties de l'His- 
toire de Tournai ont déjà été publiées. Quand toutes 
les époques auront été étudiées et fouillées l'une après 
l'autre, peut-être alors un laborieux écrivain se met- 
tra-t-il à la rédaction définitive de cette Histoire, avec 
toutes Jes garanties qu'exige de nos jours la science 
historique. 

Nous avons cru bien faire en apportant notre faible 
concours à cette oeuvre. Nous n'avons pas la prétention 
d'apprendre à nos lecteurs toujours du « neuf », mais 
nous pouvons les assurer, comme il leur sera facile, 
d'ailleurs, de le constater eux-mêmes en jetant un 
rapide coup d'œil sur les pièces justificatives de la 
fin de ce travail, que notre petite étude d'une période 
intéressante et peu connue de l'Histoire locale de 
Tournai, repose non pas sur des fables recueillies deci 



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2 



Sceaux et contre-sceaux de Henri VIII. 

N*' 1 fait spécialement pour la Chancellerie tournaisienne. 
N*^ 2, scel ordinaire de la Chancellerie anglaise. 



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— 303 — 

delà, mais sur des documents que chacun peut pour 
la plupart, consulter au dépôt ^Archives de la ville 
de Tournai. 

Adolphe Hocquet. 
Octobre 1900. 



CHAPITRE 1. 
La Conquête. 

Après la bataille de Ravenne, à l'instigation du pape 
Jules II, le roi d'Angleterre Henri VIII, l'empereur 
Maximilien d'Autriche, Ferdinand d'Aragon et les 
Suisses entrèrent le 17 mai 1512, dans une Ligue 
contre la France et son roi Louis XII. 

Si dans les desseins du pape , il s'agissait avant tout 
de chasser les « Barbares » et surtout les Français de 
leurs possessions italiennes, les autres confédérés et 
principalement Maximilien n'avaient d'autre but que 
l'abaissement ou l'amoindrissement de la puissance 
française. 

Après la mort du pape Jules II (21 février 1513), 
son successeur Léon X, loin de changer de politique à 
l'égard de la France, fit au contraire resserrer à 
Malioes la Sainte Ligue et décider l'invasion du terri- 
toire français de trois côtés différents : au nord, à 
l'est et au sud. 

Au sud, violant le traité d*Orthez (i) , Ferdinand 
d'Aragon menace la Navarre, tandis que les Suisses à 



(1) Par le traité d'Orthez du l*»" avril 1513, Louis XII, Maximilien, 
Ferdinand d'Aragon avaient fait une trêve pour les territoires situés hors 
de ritalie. C'est pourquoi Louis XII avait envoyé presque toutes ses 
forces en Italie pour y continuer la guerre. 



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— 304 — 

lest, se portent jusque sous les murs de Dijon. Mais 
au nord, l'attaque est plus sérieuse : le 30 juin 1513, 
Henri VI 11 fait débarquer son armée à Calais pour 
envahir la France par la Normandie (i). Bientôt le 
général anglais Georges Talbot, comte de Shrewsbury , 
se jette sur Térouanne où il est rejoint par Henri VIII 
qui était resté à Calais et par Maximilien d'Autriche 
qui se trouve à la tête de quatre mille chevaux (2). 

L'armée de Louis XII tente cependant de faire lever 
le siège de cette ville, mais elle se laisse battre à Gui- 
negate et la France reste ouverte aux armées envahis- 
santes. Aussi Térouanne n'espérant aucun secours, 
capitule-t-elle. On connaît son sort : elle fut rasée 
(22 août 1513) (3). 

Cet acte odieux avait été conseillé par Maximilien 
qui à ce moment-là, avait encore assez d'autorité sur 
le jeune roi Henri VIII. Et de même, désirant forte- 
ment la conquête de Tournai et du Tournaisis dans le 
secret espoir d'ajouter ces nouveaux territoires aux 
possessions des Pays-Bas de son petit-fils, l'archiduc 
Charles, Maximilien exhorta vivement Henri' VIII a 
faire le siège de Tournai. 11 escomptait que les diffi 
cultes que rencontrerait le roi d'Angleterre pour la 
conservation de sa future conquête, le feraient y 
renoncer à son avantage. La distance assez considé- 
rable de Calais à Tournai (4), les difficultés du ravi- 
taillement de cette dernière place, la facilité d'une 



(1) Rapin Thoyras. Histoire d" Angleien-e^ t. V, p. 68. 

(2) LiNGARD. Histoire d^Angleterre^ traduction de Roujoux, t. VI, 
p. 24. On sait que par le traité de Malines, Maximilien avait consenti 
à être simple lieutenant de Henri VIII, qui lui accordait une solde de 
cent écus par jour. 

(3) Rapin Thoyras. Op. cit., t. V, p. 69. 

(4) Calais à cette époque était ville anglaise. 



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— 305 — 

attaque subite de la part des Français, l'inutilité de la 
possession de cette ville pour l'Angleterre, tout portait 
Henri VIII vers l'hésitation (i). 

Assiégerait-il Montreuil, Boulogne ou Saint- 
Quentin (2), ou se jetterait-il à l'assaut de Tournai? 
Maximilien parvint à vaincre ses répugnances et la 
marche sur notre ville fut décidée. 

Néanmoins, le temps que Maximilien et Henri VIII 
avaient perdu à discuter un plan de campagne, les 
Tournaisiens prévenus, l'avaient utilement employé à 
fortifier leurs remparts et à prendre les mesures néces- 
saires en prévision d'un siège. Informé dès le 12 juillet, 
qu'un nombre considérable d'Anglais, ennemis du roi 
de France, assiègent la ville française de Térouanne et 
pourraient par la suite mettre le siège devant Tournai, 
le Magistrat tournaisien forcé par les gens des métiers 
qui désiraient avant tout le respect du serment de fidé- 
lité jurée à la France, fait sortir de sa ville les men- 
diants, vagabonds et autres inutiles (3). Si les Tour- 
naisiens veulent en toute loyauté, conserver leur 
cité au domaine de la couronne de France, le Magis- 
trat, lui, n'a garde d'oublier les moyens que dicte la 
prudence et il essaye les procédés dont il s'était servi 
au siècle précédent, avec les ducs de Bourgogne et 
Maximilien lui-même : l'achat de la neutralité. 
Louis XII informe les magistrats le l^*" septembre 
1513 que l'empereur et le roi d'Angleterre « ont l'inten- 
tion de faire le siège de Tournai et leur ordonne de 

(1) Cf. Verstraetk. Histoire militaire du territoire actuel de la 
Belgique, t. III, p. 96. — Cb. Mœllbr. Eléonore d'Autriche et de 
Bourgogne. Paris, 1895, p. 139. — Rapin Thotras. Op. cit,, t. V, 
p. 69. 

(2) Preuve V. 
(3i Preuve II. 



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— 306 — 

mettre ordre aux fortifications et aux provisions » (i) . 
Ils obéissent à Tordre royal, achètent vins et autres 
provisions nécessaires, font abattre les arbres des 
remparts qui auraient pu nuire au tir, mais ils avaient 
envoyé le 27 août précédent, à Lille, près de Margue- 
rite de Savoie (2), une députation (3), chargée appa- 
remment de lui demander le maintien de la liberté 
commerciale pour Tournai et le Tournaisis avec les 
Pays-Bas (4), et en réalité pour la prier de solliciter 
du roi d'Angleterre et de l'empereur Maximilien, son 
père, une déclaration de neutralité en bonne et due 
forme, moyennant le paiement d'une somme d'argent. 
Celte neutralité venait d'ailleurs d'être accordée par 
Maximilien à l'abbaye de Saint-Amand qui était dans 
le Tournaisis (5). 

Mais leur loyalisme ne permettait pas aux Tournai- 
siens de traiter définitivement cette affaire, sans en 
informer le roi Louis XII. Aussi, envoyèrent-ils à 
Amiens, le 8 septembre, Claude Dimenche et Jean 
d'Estable, second conseiller pensionnaire, pour obte- 

(1) Preuve IV. 

(2) Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas, fille de Maxi- 
milien d'Autriche et de Marie de Bourgogne, naquit à Gand en 1480 et 
mourut le l^' décembre 1530. Promise à Charles VIII, roi de France 
qui lui préféra Anne de Bretagne, elle épousa successivement Jean, 
prince d* Aragon, fils du roi Ferdinand (1497) et Philibert II duc de 
Savoie (1501) qui mourut trois ans après son mariage. Elle fut nommée 
régente et gouvernante des Pays-Bas et du comté de Bourgogne après 
la mort de Philippe-le-Beau, son frère. Preuve IV. 

(3) Cette députation était composée de Jean Haccart, conseiller du 
roi au bailliage: Claude Dimenche dit Le Lombard, juré et Michel 
Alegambe, premier conseiller pensionnaire de Tournai. 

(4) Preuve V. La liberté commerciale avait été accordée aux Tour- 
naisiens par traité du 22 octobre 1478, à condition qu'ils ne reçussent 
pas de garnison française dans leur ville. Pièce justificative I. 

(5) Correspondance de Maximilien et de Marguerite d* Autriche ^ 
publiée par Leglay, t. Il, p. 99. 



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— 307 — 

nir rautorisation de conclure un traité de paix ou 
d amitié avec les ennemis ou pour être mis à même de 
supporter le siège avec chance de succès, par n'importe 
quel moyen, sans cependant faire entrer dans Tournai 
une garnison française. Mais, hélas, cette fois il était 
trop tard! Les Tournaisiens apprirent le 10 septembre 
que l'armée anglaise se trouvait à Pont-à-Vendin, en 
marche sur leur ville (i). 

Sans hésitation, les portes de la ville sont ouvertes 
pour permettre aux campagnards de sy réfugier et 
d'y amener leur bétail, les maisons voisines des portes 
aussitôt sont démolies (2) , les faubourgs sont incendiés (3) 
et avec eux deux abbayes extra muros : l'abbaye des 
Prés et la léproserie de la Bonne Maison de le Val. 
Et dans la crainte d'une trahison, les doyens et sous- 
doyens des métiers firent prêter un nouveau serment 
de fidélité aux habitants de Tournai avant de les 
employer aux travaux des fortifications (4) et même, 
l'entrée de la ville fut refusée à ceux qui portaient •< la 
croix blanche et les estandars de France » , parce que 
les Anglais, disait-on, s'étaient vantés de s'introduire 
de cette manière dans Tournai (5). 

Mais tandis que Tournai se prépare à subir avec 
courage le siège qui le menace, les ennemis avancent 
à grandes journées de marche. Déjà le 10 septembre 
Ferry Carondelet, protonotaire apostolique, archi- 
diacre de Besançon et conseiller de l'empereur, s'était 
présenté aux portes de la ville pour s'informer au nom 
du roi d'Angleterre si Tournai •< estait ville impànale 
^ou au roy de France (e). « 



(1) Preuve V. (2) Preuve VIL 

(3) Preuve X. (4) Preuve VIII. 

(5) Preuve IX. (6) Preuve VI. 



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— 308 — 

C'était peut-être très adroit delà part deMaximilien, 
cette façon de faire poser la question. En effet, s'il se 
déclarait ville impériale, Tournai appartenait donc à 
l'empereur et était par le fait même incorporé aux Pays- 
Bas; s'il se déclarait ville royale, sans opposer de 
résistance, Henri VIII qui se prétendait roi de France 
en même temps que roi d'Angleterre, le faisait rentrer 
sous sa domination ou en faisait don à Maximilien 
d'Autriche. L'empereur des deux façons n'y perdait 
rien : ou bien il augmentait les états de l'archiduc 
Charles d'une région qu'il convoitait depuis longtemps, 
ou il enlevait aux rois de France un territoire sur 
lequel ils avaient toujours particulièrement veillé. 
Mais pour le peuple de Tournai, le résultat des deux 
manières restait le même : l'abandon de la France, et 
c'est ce qu'il ne voulait pas. C'est pourquoi la réponse 
à la question n'était point douteuse. Tournai et le 
Tournaisis, tel un îlot perdu au milieu d'une mer loin- 
taine, étaient placés loin de la France et enclavés dans 
des pays appartenant à des seigneurs ennemis des 
Français. Malgré cette situation éminemment désa- 
vantageuse, la ville de Tournai devenue française en 
1188, lorsque Philippe-Auguste lui octroya sa charte 
communale, n'avait encore eu d'autres rois que ceux 
de la France et connu d'autre nationalité que la natio- 
nalité française. Au beau milieu de la débâcle de la 
guerre de Cent Ans, alors que Charles Vil était acculé 
dans sa cité de Bourges, que la plupart des villes du 
royaume s'étaient rendues aux ennemis, le peuple de 
Tournai, au moyen de traités onéreux pour les finances 
communales (i), avait toujours gardé sa fidélité à la 



(1) Du mois de mai 1424 à la S' Jean 1440, les Coosaux ont payé 
au duc de Bourgogne 99.500 écus d'or soit plus de quatre millions de 



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— 309 — 

France et laissé flotter au haut de son beflroi la ban- 
nière aux fleurs de lis. Aussi les monarques français 
rangeaient-ils la cité tournaisienne parmi leurs villes 
les plus fidèles et ne se faisaient pas faute de lui 
prouver leur affection. Tandis qu'au XV® siècle, la 
politique des rois de France visait à la restriction com- 
plète des libertés communales pour les villes situées 
dans le domaine de la Couronne proprement dit, à 
Tournai, cette politique approuvait au contraire l'ins- 
tauration du régime démocratique le plus large (i). 
D'un côté donc, amoindrissement des franchises com- 
munales; à Tournai, ville française, octroi de libertés 
tellement grandes que le peuple des métiers administre 
presque de fait la Commune. La cause de cette poli- 
tique différente, nous ne croyons pas devoir l'étudier 
ici, mais son résultat tangible, palpable est l'octroi 
de la fameuse charte de 1424, qui entre autres, insti- 
tuait le suffrage universel pour les nominations aux 
fonctions publiques, accordait une représentation 
directe aux gens des métiers dans le Conseil de la 
Commune et donnait aux trente-six bannières le droit 
de décider en dernier ressort, des affaires sur lesquelles 
les quatre consistoires (2) n'avaient pu s'entendre. Une 

francs de notre monnaie, et 65.000 salus d'or qui vaudraient actuelle- 
ment environ deux millions six cent mille francs. Tournai aurait dooc 
payer en seUe ans pour conserver la nationalité française en même 
temps que la neutralité près de s^t millions de francs, (Voir Tour- 
nai, Archives communales, chartrier, layette de 1424). 

(1) Cf. A. DE LA Granob. Sur la politique des rois de France à 
Tournai au début du quinzième siècle. Tournai, 1900. 

(2) Le Magistrat à Tournai, à la suite de Toctroi de la charte de 1424, 
fut composé de quatre consistoires ou collèges : les prévois et jurés, 
qui étaient spécialement chargés de \d^ justice criminelle; les mayeurs 
et échevins^ qui s'occupaient des affaires purement civiles : approbation 
de testaments, nomination de tuteurs, vérification et contrôle des 
comptes de tutelle et de curatelle, etc.; les évoardeurs qui choisissaient 



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— 310 — 

telle politique avait dû sans aucun doute, concilier aux 
rois de France toute la sympathie et tout le respect 
des classes laborieuses tournaisiennes. C'est pourquoi, 
disions-nous tantôt, la réponse à la question de Ferry 
Carondelet ne pouvait ne pas être certaine. Le vendredi 
16 septembre, la députation du Magistrat (i) qui était 
allée à Lannoy la veille, parlementer avec Maximilien 
revient à Tournai, expose devant le peuple assemblé 
le résultat des négociations et fait entendre timide- 
ment qu'il faudra peut être finir par abandonner la 
cause du roi Louis XII et se rendre. Aussitôt le peuple 
escalade les degrés de la Halle et se livre à des violen- 
ces telles que Michel Alegambe (2), qui avait fait rap- 
port sur l'ambassade, s'écrie en s'adressant à la foule : 
« Mes enfants, faictes bonne chière, nous vivrons et 
mourons avec vous en la querelle du Roy (3) » . 

Du haut du vieux beffroi, bientôt retentit le sinis- 
tre son de la cloche d'alarme ; les deux prévôts, chefs 
suprêmes de la Magistrature communale, apparais- 
sent aussitôt portant en leurs mains, l'un la bannière 
aux armes de France, l'autre celle aux armes de Tour- 
nai et, dans un moment, elles flotteront au sommet du 
beffroi et apprendront aux ennemis que Tournai reste 
ville royale française et ne se rend pas. Les doyens des 

les membres des deux collèges précédents et vérifiaient les comptes de 
la ville, et enfin les doyens et sous-doyens des métiers, qui joints aux 
trois autres collèges s* occupaient de l'administration générale de la 
ville. 

(1) Cette députation était entrée en conférence avec Maximilien pour 
trouver le moyen de rester en paix, tout « en gardant tousiours nostre 
fidélité que avons au Roi, nostre sire ». Preuves XI, XIV et XV. 

(2) Michel Alegambe, licencié ès-lois, fils de Jacques et premier con- 
seiller pensionnaire de Tournai. (Notices généalog, tournais., T. III, 
p. 518, note 8j. 

(3) Pièce justificative V. — Le même texte se retrouve dans le regis- 
tre ofiiciel des Consaux, à cette date. 



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— 311 — 

métiers réclament les banDÎères de leurs corporations 
et chacun va courant à son poste de combat. 

Telle fut la réponse du peuple de Tournai à la 
demande du roi Henri VIII. Etait-elle sage? Comment 
pouvoir espérer sortir victorieusement des assauts des 
armées anglo-allemandes sans l'aide de troupes royales. 
Pouvaient-ils, les Tournaisiens, escompter cependant 
l'entrée d'une garnison? Peut-être, car les Français 
fêtaient sûrement tous leurs efforts pour en introduire 
une! Mais dans ce cas, Tournai transgressait le traité 
conclu avec Maximilien et Marguerite d'Autriche le 
22 octobre 1478 (i) et, pour une chance de succès très 
aléatoire, exposait les biens hors du Tournaisis de ses 
riches bourgeois et de ses quelques gros marchands 
déjà suffisamment éprouvés (2), à la confiscation pure et 
simple par Maximilien, et dès lors, son commerce et 
son industrie à une ruine totale et certaine. Quoi qu'il 
en soit, les quatre serments (3) dont les effectifs réunis 
ne s'élevaient pas au chiffre de cinq cents hommes, et 
les gens des métiers plus ou moins inhabiles dans l'art 
de la guerre, voilà les défenseurs de Tournai contre 
les troupes aguerries de Henri VIII et les réitres de 
Maximilien. 

Le siège commence pour les Tournaisiens (16 sep- 
tembre), mais en réalité, il continue pour les assié- 
geants qui, pendant les entrevues, n'ont cessé d'appro- 
cher de la ville et de rendre plus étroit le cercle 
d'investissement. Les femmes, les enfants apportent 
sur les remparts les matériaux nécessaires pour remé- 

(1) Pièce justificative I. 

(2) Voir plus loin. Chapitre IV. Situation économique. 

(3) Consaux. 3 Janvier 1514. Â cette date, le serment des canonniers 
qui était le serment au plus fort effectif, ne comprenait que cent vingt 
hommes. 



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— 312 — 

dier au mauvais état des fortifications, tandis que les 
hommes veillent à la défense ou travaillent aux répa- 
rations à faire aux murs : personne ne peut rester 
inactif (i). Le 17, les portes de Valenciennes et 
Cocquerel(2) sont canonnées, le 18, la haute tour 
Blandinoise menace ruine (s). Mais ce jour-là aussi, 
les gens des métiers apprennent que Jean d'Estable (4) 
et Nicolas d'Aubermont (5) sont à la tête de quinze ou 
seize cents cavaliers français et qu'ils essayeront d'entrer 
dans la place la nuit venue. Ce ne fut qu'un vain 
espoir, cette troupe ne put forcer la ligne des ennemis. 

Devant l'inanité de sa défense et de ses efforts, car 
les assiégeants après quelques jours de canonnade 
avaient ruiné les remparts, fait plusieurs brèches et 
étaient prêts à l'assaut, le peuple de Tournai autorisa 
ses magistrats à tenter à nouveau, le 21 septembre une 
démarche près des Alliés, pour leur demander de rechef 
la neutralité ou pour traiter de la reddition de la ville 
dans les conditions les moins onéreuses. 

Mais à qui se rendrait-on maintenant? A l'empereur 

(1) Preuve XII. 

(2) Autrement dite porte de Lille. 

(3) Preuve XIII. 

(4) Jean d'Estable, licencié-ès-Iois, deuxième conseiller pensionnaire 
de Tournai, fils de Willemet et de Laurence de Beringhes. Il mourut 
le 23 avril 1516 à Ljon. Archives de Tournai, Cartul. de rentes de 
1508, p. 216, et compte général, avril 1516 — septembre 1517. 

(5) Colart ou Nicolas d'Aubermont, fils de Michel ei de Jeanne Cottrel, 
seigneur del Planque, de la Defflière, du Laibray, etc., né vers 1487- 
88, était en 1521, grand maire de Saint-Amand-les-Eaux. On le trouve 
qualifié écuyer dès 1508, gentilhomme de l'empereur Charles V en 
1534 et messire Nicolas d Aubermoni chevalier, en 1535. Il épousa 
en premières noces Marie Haneron ou Henneron, puis en 1539, 
Jeanne de Gavre. (Société historique de Tournai. Bulletins^ t. 22, 
p. 373-74). Jean d'Estable et Claude Dimenche, juré, avaient été char- 
gés par les Consaux en septembre 1513 de demander du secours au Roi. 
(Voir Compte général, 1 octobre — 31 mars 1513). 



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— 313 — 

ou à Henri VIII? Pour les Toarnaisiens, puisque les 
circonstances les forçaient à changer de maître, il eut 
été sans aucun doute préférable de passer sous la 
domination de Maximilien, qui aurait pris possession 
de Tournai et du Tournaisis au nom de l'archiduc 
Charles encore mineur. Tandis qu'en devenant cité 
anglaise, la ville de Tournai demeurerait, ou peu s'en 
/aut, dans la même situation économique qu'antérieu- 
rement. Et dans ces conditions, si elle n'aurait plus 
été précisément entourée de peuples ennemis, elle n'en 
restait pas moins située au milieu de pays avec qui 
elle avait eu des rapports commerciaux souvent très 
difficiles et avec qui elle devrait comme par le passé, 
conclure à chers deniers, des traités de commerce. 
Unis au contraire par la conquête aux possessions des 
ducs de Bourgogne dans les Pays-Bas, Tournai et le 
Tournaisis n'avaient plus à traiter ni avec le Hainaut, 
ni avec la Flandre, ni avec l'Artois, qui, devenus pays 
amis et soumis au même gouvernement, laissaient 
librement passer les matières premières nécessaires à 
l'industrie tournaisienne. L'empereur et sa fille Mar- 
guerite d'Autriche^ en ménageant les Tournaisiens 
comme ils l'ont fait souvent, n'avaient eu d'autre espé- 
rance, car nous nous refusons à expliquer autrement le 
mandement du 3 septembre 1513 (i). En effet, alors 
que le siège de Tournai est résolu, que l'envahissement 
du Tournaisis est décidé, Marguerite de Savoie, au 
nom de l'empereur et de son neveu l'archiduc Charles, 
défend à ses sujets de l'Artois et aux gens de guerre 
de molester en leur personne, leurs biens et leur com- 
merce, les Tournaisiens qui cependant pour elle sont 
des Français et par conséquent des ennemis. Il est vrai 

(1) Preuve m. 



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— 314 — 

qu'à cette date, elle ne savait pas si les Tournaisiens 
ne se seraient pas livrés sans résistance. Donc à qui 
se rendre? A Maximilien? Les Anglais maintenant ne 
l'entendent plus ainsi. Thomas Wolsey, à cette époque 
simple chapelain de Henri VIII, qu'il a d'ailleurs 
accompagné dans sa descente en France, convoite 
maintenant les revenus de l'évêché de Tournai où le 
titulaire n a pas encore pris possession de son siège (i). 
Mais pour atteindre ce but, Tournai et le Tournaisis 
doivent devenir anglais. Aussi sans se préoccuper des 
difficultés qu'ils renconireroiit pour garder leur con- 
quête nouvelle, aux premières paroles prononcées par 
les députés tournaisiens dans l'entrevue qui eut lieu à 
Maire (2), à la villa desMottes(3), le21 septembre 1513, 
concernant la soumission de la ville et du bailliage à 
Maximilien d'Autriche, les Anglais stylés par Wolsey, 
ripostent « qu'il n'estoit de présent question sy la dicte 
ville se renderoit à l'Empereur ou non, mais au Roy, 
lequel comme Roy de France, la demandoit comme 
membre dudit royaulme, que Touniay estoit ville 
royalle et qu'avions toujours eu nostre ressort en la 
court de Parlement à Paris (4) »• . Tournai serait donc 
ville anglaise, car ainsi le voulait Wolsey. Cette déci- 

(1) Cf. Ràpin Thoyras Op, cii , t. V, p. 70. — Au commencement 
de l'année 1513 Tévêque Charles du Hautbois <• se voyant valétudinaire 
résigna l'Evesché [de Tournai] du consentement du Pape et du Roy de 
France à Loys Guillard, fils du second Président au Parlement de 
Paris. » Cousin, Histoire de Tournai, 1620, t. IV, p. 270. 

(2; Maire, fief relevant du roi de France, qui se trouvait à gauche de 
la route actuelle de Courtrai et au delà du rieu de Maire. En 1369, 
sur Tordre de Charles V, roi de France, le bailli de Tournai y transféra 
son tribunal et l'appela « Siège royal ». Il vint y tenir ses assises et 
en fit une importante cour royale. Cf. A. Allard. Le premier Bailliage 
de Tournai-Toumaisis, p. 3. 

(3) Propriété actuelle de la famille Sacqueleu, à Froyennes. 

(4) Preuve V. 



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— 315 — 

sion ne fut certainement pas du goût de Maximilien, 
quoiqu'il en dise, et dès cet instant, on voit poindre 
entre lui et Henri VIII, des symptômes de mésintelli- 
gence (i). A leur retour de Maire, le jeudi 22 septem- 
bre, les députés des Consaux et des Bannières font 
rapport au peuple assemblé et lui déclarent que pour 
vaincre les dernières hésitations du peuple de Tournai 
et ménager sa susceptibilité, Henri VIII gouvernerait 
la ville comme roi de France. En revanche, elle lui 
payerait Taide annuelle de six mille écus d or qu'elle 
octroyait antérieurement aux souverains français, et 
en outre pendant dix ans, une nouvelle aide annuelle 
extraordinaire de quatre mille écus. Elle était encore 
au surplus frappée d'une contribution de guerre de 
cinquante mille écus d'or au soleil qui furent totale- 
ment payés le 9 juin 1514 (g). 

Le traité de paix fut ratifié par le peuple le 23 sep- 
tembre (3), le même jour aussi défense fut faite à tout 
Tournaisien de sortir en armes, les quatre chefs de 
la ville (4) allèrent présenter les clefs de Tournai à 
Henri VIII qui les attendait sous une tente luxueuse- 
ment décorée, près du château de la Marlière(5) et 
quatre mille fantassins anglais vinrent prendre posi- 
tion sur les remparts pour veiller à la sûreté et à la 
défense de la ville, mission qui avait jusqu'alors tou- 



(1) MoRLLBR. Op, cit.^ p. 136 el Bull. Société hist. de Tournai, 
t. XXIV, p. 169. 

(2) Preuve XXXIV. 

(3) Preuve XVII.. 

(4) Les Chefs de la Loi étaient les deux prévôts, les deux majeurs des 
écbevins, le majeur et le sous-majeur des éwardeurs, le grand dojen 
et le grand sous-dojen des métiers, auxquels s'ajoutaient dans les cir- 
constances difficiles les conseillers pensionnaires et quelquefois des 
délégués du Chapitre et de la bourgeoisie, d'après une charte de 1453. 

(5) Actuellement propriété de M. V. Crombez, & Orcq. 



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— 316 — 

jours incombé aux Bannières et aux serments. Le 
samedi 24, tous les manans sont réunis sur la 
grand'place pour prêter serment de fidélité au nouveau 
maîire et le dimanche 25, vers 10 heures du matin, 
Henri VIII fait son entrée solennelle dans Tournai, qui 
depuis 1 1 88 , n'avait connu comme souverains que les rois 
de France. Tournai qui oncques n'avoit tourné, comme 
disaient alors les Tournaisiens, tourna cette fois. 

* 

Après la capitulation de Tournai, les Français 
crièrent à la trahison et accusèrent notamment le 
Magistrat et les riches bourgeois d'avoir livré la ville 
ou à tout le moins, d'avoir mis obstacle à sa défense (i). 
Y a-t-il eu trahison au sens propre du mot? Nous ne 
le croyons pas ou du moins nous n'avons connaissance 
d'aucun document confirmant cette opinion. Assuré- 
ment, la partie aristocratique et possédante du Magis- 
trat communal avec les riches marchands et bourgeois 
de Tournai, n'étaient pas partisans du siège. Et ils ne 
devaient l'être, parce qu'ils pouvaient craindre que ce 



(1) On trouve dans le manuscrit Du Fief, Bibliothèque de Tournai^ 
No 198 : Le Rosier Hislorial de France composé environ Tan 1515 
dit : ^ or ne fauMl point s esbahir si les Anglais descendirent si har- 
diment en France, principalement vers la Picardie, veu la grosse intel- 
ligence évidente qu*ilz avoient aux Flamens, lesquelz maintenant en 
lavent leurs mains et mesmement à ceux de Tournay qui oncques 
n'avoient tourné, disent-ilz, ce nonobstant quMlz avoient désia faict le 
chapitre de venditionibus devant que lesdits Anglais se boutassent sur 
mer; ce n'est point trop honestement faict à eux, veu qu'ilz avoient 
assez resséant sur que Louis 1 2 roi de France et ont bien dérogué con- 
tre leurs premiers tiltres. S'ilz s'en trouvent mal, ilz ne s'en prendront 
qu'à eux-mesmes; bref après que les Anglais eurent pris Térouanne, 
ils tirèrent vers Tournay, qui sans aucune résistance leur fut livrée 
par les mains des principaux de la ville, ainsi qu'ilz avoient conclu 
ensamble.... *• 



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— 317 — 

siège ne devînt le prétexte de l'entrée d'une garnison 
française dans Tournai et par conséquent, la cause de 
la violation du traité du 22 octobre 1478 (i). Or la 
violation de ce traité les exposait à la confiscation des 
biens et des rentes qu'ils possédaient en Artois, en 
Flandre, en Hainaut, ce qu'ils ne désiraient pas, natu- 
rellement (2). Ensuite le siège fermait pour ces gros 
marchands les débouchés absolument nécessaires à 
l'écoulement au dehors des produits manufacturés par 
le peuple et achetés par eux, empêchait l'arrivée des 
laines anglaises indispensables à la draperie, encore la 
principale industrie tournaisienne à cette époque, ce 
qui devait forcément amener la misère. Voilà ce que le 
peuple dans son âme simpliste ne comprit pas, voilà 
la cause initiale des tentatives réitérées du Magistrat 
en vue d'obtenir la neutralité contre une somme 
d'argent, d'autant plus que durant le siècle précédent, 
pendant les démêlés de la France et des ducs de Bour- 
gogne, cette politique de neutralité avait été conseillée 
et même approuvée par les rois français, notamment 
par Louis XL Point n'est besoin, à notre avis, de 
chercher ailleurs l'explication de l'accusation de trahi- 
son adressée au Magistrat, lequel, dès qu'il fut assuré 
de l'impossibilité de ne pouvoir contenter les Anglais 



(1) Preuve I. 

(2) Les riches bourgeois de Tournai possédaient beaucoup de fiefs en 
Artois, en Flandre et en Hainaut, qui auraient été confisqués par Mar- 
guerite de Savoie, au nom de Tarchiduc Charles, aussitôt Teotrée d*une 
garnison française dans Tournai. C'est pourquoi, après la prise de notre 
ville par les Anglais et Tintroduction par eux d*une garnison, les 
Magistrats communaux réclamèrent des lettres de non-préjudice de 
Maximilien d'Autriche et de Tarchiduc, (Voir Tournai, Bibliothèque 
publique^ Manuscrit 214, fol. 240 R® et Ordonnances des Pays-Bas y 
t. I, p. 276.) 

ANNALBS. Y. 21 



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— 318 — 

sans rendre Tournai, coopéra loyalement à la défense 
de la ville. 



Il ne rentre pas dans nos intentions de parler du 
luxe et de l'apparat de l'entrée de Henri VIII dans 
notre ville, ni des visites qu'il y reçut et de la façon 
dont il ordonna sa vie pendant les dix-huit jours qu'il 
séjourna à Tournai (i) ; nous préférons renvoyer le lec- 
teur que ces détails pourraient intéresser à la pièce 
justificative n° V, aux pages que la chose concerne. 



CHAPITRE II. 

Après la Conquête. Etat des esprits. Ses conséquences. 
Rétrocession de Tournai à la France. 

Le passage de Tournai et du Tournaisis de la domi- 
nation française à la domination anglaise n a pu natu- 
rellement se faire sans une certaine opposition, sans 
quelque résistance. Le peuple de Tournai habitué 
depuis toujours au gouvernement tout paternel des 
rois de France (2), vivant dans une sorte de petite 
république et comme dans une ville libre, craignait 
peut-être pour ses libertés et privilèges, malgré la 
clause significative du traité de capitulation qui les 
confirmait tous sans aucune exception. Et il faut bien 
lavouer, ce changement de maître violait les sentiments 
profondément français des Tournaisiens que la fatalité 
seule avait pu forcer à se rendre. Livrés à eux-mêmes 



(1) Preuve XXIV. 

(2) Voir A. d'Hkrbombz. Philippe-le-Bel et les Tournaisiens, p. 37. 



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— 319 — 

et privés de secours extérieurs, ils n'avaient pu résister 
à la puissante et nombreuse armée des assiégeants ; 
en outre la faim et la misère les avaient vite accablés. 
Malgré la capitulation, les corporations tournaisiennes 
n'avaient cependant point perdu tout espoir de voir 
revenir leurs anciens souverains, et dans l'attente d'un 
prochain soulèvement contre l'envahisseur, elles se rient 
des publications du Magistrat et ne se hâtent nulle- 
ment à déposer aux arsenaux de la Commune, les 
armes que les Consaux leur avaient prêtées pour la 
défense de la ville (i). De même, elles ne savent se 
décider à faire rentrer en Halle, les bannières qui 
leur avaient été données dès l'annonce du siège, et 
c'est à regret qu'elles obéissent à l'ordonnance du 
4 octobre 1513 (2). Privés d'armes offensives, les Tour- 
naisiens en trouvent d'autres sûrement moins meur- 
trières, mais peut-être plus blessantes : ils chanson- 
nent et ridiculisent Henri VIII et sa suite (3); d'autres 
même s'expatrient et quittent leurs foyers en masse (4). 
C'est pourquoi l'Anglais se défie; il sent que la 
sympathie du peuple est loin de lui être acquise, qu'il 
est l'étranger, l'ennemi ; que s'il ne peut douter de la 
sincérité des sentiments de la majorité des magistrats 
municipaux (5), le peuple n'a prêté le serment de fidé- 
lité que par obligation. Pendant toute la domination 
anglaise, d'ailleurs, trois ou quatre fois en la même 
année, on assemble les corporations pour leur faire 



(1) PreuYe XIX. (2) Preuve XX. 

(3) Preuve XXV. (4) Preuve XXVII. 

(5) Les Anglais ne poussaient cependant pas trop loin leur confiance 
dans les magistrats communaux, car contrairement à tous les usages 
établis, le gouverneur leur fit réclamer toutes les clefs des portes de la 
ville (1514). Le Magistrat prolesta violemment contre cette marque de 
suspicion. (V. Archives, Consaux). 



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— 320 — 

jurer une fidélité qu'elles viennent de jurer quelques 
mois auparavant. Les Anglais sentent cette antipathie 
haineuse qui les entoure et Spinelli finit par écrire 
à Henri VIII lui-même, le 25 avril 1514, « que le roi 
(Henri VIII), ne pourra conserver Tournai trois mois 
et qu'il a engagé le lieutenant royal de Tournai à être 
sur ses gardes (i). » 

Le gouverneur anglais, Edouard Ponyngnes, n'avait 
cependant pas attendu la recommandation de Spinelli, 
car dès le 21 décembre 1513, il avait réclamé des 
Consaux pour en prendre lui-même la garde, les ban- 
nières des métiers, sous le fallacieux prétexte « qu'elles 
portaient les armes de Louis XII «, mais plutôt par 
crainte qu'un jour le peuple ne s'en emparât et ne se 
révoltât (2). Sampson (3) ne cesse d'écrire au cardinal 
Wolsey pour l'informer de la situation. Tantôt il lui 
dit que « toute la contrée est fortement exaspérée con- 
tre les Anglais r^ un autre jour, il traite les Consaux 
de ** très bons Français et très mauvais Anglais r* , 
enfin presque toutes ses lettres dépeignent la situation 
sous des couleurs assez sombres et sous un jour peu 
favorable aux Anglais (4). C'est seulement le 21 novem- 
bre 1514, plus d'une année après la capitulation de 
Tournai que Ponyngnes ose se plaindre aux Consaux 
de ce que toics les Tournaisiens n'ont point prêté le 



(1) Calendar of letters and papers foreign an domestic of the reîgn 
of Henry VIII. London, 1862, passim, 

(2) Preuve XXVIII. Ce détail prouve que les bannières des métiers 
comme d'ailleurs le scel des doyens et sous-doyens, portaient les 
armoiries du souverain. 

(3) Thomas Wolsey, à sa nomination comme évêque de Tournai, 
avait chargé Richard Sampson, docteur in utroquejure^ de diriger les 
intérêts spirituels du diocèse de Tournai, en son lieu et place. 

(4J Calendar of letters... of ihe reign of Henry VUI, passim. 



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— 321 — 

serment de fidélité à l'Angleterre (i). Encore profite-t-il 
pour formuler ce reproche, de leur faire connaître que 
par la conclusion de la paix entre Louis XII et 
Henri VIII, Tournai et le bailliage étaient définitive- 
ment abandonnés à l'Angleterre (2). Et pour enlever 
tout doute aux Tournaisiens sur la fin de la domina- 
tion française dans le Tournaisis, une ambassade 
anglaise venue à Tournai pour s'occuper de la cons- 
truction d'une citadelle, prend soin de déclarer aux 
Consaux le 20 juillet 1515 « que le roi de France 
^ n'élève plus aucune prétention sur leur ville, et quand 
bien même ils voudraient la lui rendre, il refuse- 
rait (3) «. Toutes ces précautions ne semblent pas 
avoir produit de bien grands résultats, car en octobre 
1515, Henri VIII fut forcé de nommer une commis- 
sion de six personnes chargée de faire prêter devant 
elles aux magistrats ainsi qu'au peuple tout entier, un 
nouveau serment de fidélité (4). 

* 
* * 

Cependant le régime français n'a point laissé des 
regrets que dans les masses populaires seulement. Sem- 
blable à un chêne séculaire, il a poussé de profondes 
et vivaces racines dans la riche bourgeoisie tournai- 



(1) Preuve XXXVI. 

(2) La paix fut conclue le 7 août 1514 à Londres, par un traité qui 
stipulait le mariage de Louiâ XIl avec Marie, sœur de Henri VlII. Il 
n j est nullement fait une mention particulière et spéciale concemaot 
la possession de Tournai et du Tournaisis. (Cf. Rymbr, Op, cit.^ t. I, 
p. 64.) — La paix fut publiée à Tournai le 26 août. 

(3) Preuve XXXVIII. 

(4) Rymbr Op, cit.^ t. YI, pars prima, p. 106. Cette commission 
était composée de Charles, comte de Worcester, seigneur de Herbert et 
de Qowert; WiUiam^Blount; Richart Sampson; Richard Yermjngham ; 
Edouard Bensted et Richard Whetehill. 



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— 322 — 

sienne comme dans la noblesse de la ville et du bail- 
liage. Au renouvellement de la Loi le 20 février 1514, 
dix-neuf magistrats municipaux s'étaient expatriés et 
refusaient de venir reprendre leurs anciennes fonc- 
tions (i). Des Tournaisiens qui ont occupé la plus haute 
magistrature de leur ville, des fonctionnaires élevés 
dans la hiérarchie, des nobles ourdissent et trament 
des complots contre l'Angleterre. Mais leur trahison 
est découverte, et alors que Henri VIII pardonne aux 
petits bourgeois qui ont conspiré, les grands sont frap- 
pés de bannissement perpétuel et privés de leurs biens (2). 
Tel fut le cas de Nicolas de Saint-Genoix, ancien grand 
prévôt (3); Jean d'Estable, second conseiller (4) ; Jean 

(1 ) Le renouvellement de la Loi se faisait chaque année le 20 février. 
Par « Loi », on entendait le Magistrat communal. (Voir Archives 
communales de Tournai, Registre de la Loi, à cette date.) 

(2) Preuve XXXIX. 

(3) Sire Nicolas de Saint-Genoix, chevalier, seigneur de Clairieu, de 
Haudion, etc., bourgeois de Tournai par relief du 14 février 1475, fit 
partie de la Magistrature de cette ville, comme juré, éwardeur, second 
prévôt et souverain prévôt. Magistrat énergique, il jouit longtemps 
d'une grande popularité qu'il méritait par ses talents et son courage. 
En 1501, étant souverain prévôt, il assiégea et prit la ville de Saint- 
Amand que défendait une garnison bourguignonne, mais en 1502, 
lorsque son administration fut contrôlée, quarante mille florins man- 
quaient dans la caisse communale et les jurés le condamnèrent au 
bannissement per, étuel. Ses biens furent confisqués et il dut [quitter 
la ville précipitamment. Il se rendit d*abord au château épiscopal de 
Wez, puis À Mortagnedontilfut nommé gouverneur par le roi Louis XII, 
ce qui fait croire que son exil de Tournai était plutôt dû aux intrigues 
autro-bourguignonnes qu'au déficit signalé plus haut. Voir P. -A. 
DU Chastel. Notices généalogiques tournaisiennes y t. 3, p. 426-427. 
Comme on pourra le conclure par la preuve XXXIX, Nicolas de Saint- 
Genoix avait donc été relevé de son bannissement et était revenu habiter 
Tournai. 

(4) Voir plus haut, page 312. Des biens de Jean d'Estable et de Jean 
de Malines, Henri VIII, par lettres closes du 3 juin 1515, en fit don à 
Christophe, James et Antoine Knivet, écuyers anglais. Voir preuve 
XXXVII. 



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— 323 — 

de Malines (i) ; François delà Howardrie(2) et d'autres. 
Le mouvement d'hostilité contre l'Angleterre est géné- 
ral dans le Tournaisis : les habitants d'Helchin, de 
Saint-Genoix, de Bossuyt, etc., refusent de prêter 
serment à un autre qu'au roi de France (3). Le clergé 
lui-même nourrit de vives sympathies françaises et 
l'on voit l'évêque Louis Guillard refuser de venir 
prendre possession de son siège épiscopal pour ne 
point prêter le serment de fidélité à Henri VIII. 
Aussi le roi d'Angleterre, à l'instigation de Wolsey, 
saisit-il ce prétexte pour déclarer l'évêché vacant en 
régale et y nommer le même Thomas Wolsey, qui 
jouit de tous les revenus y afférents, sans jamais effec- 
tivement occuper le siège épiscopal de Tournai, pen- 
dant la domination anglaise. 

* - * 

Voici donc l'état des esprits tel qu'il existait en 
1515 dans Tournai et le Tournaisis : d'un côté le 
peuple presque totalement dévoué aux Français, et de 
l'autre une grande partie de la bourgeoisie, de la 
noblesse et même du clergé remplie de sentiments d'une 



(1) JeaD de Malines, fils de Simon et Jeanne Potier. Il épousa Jeanne 
Englebert. Voir Société historique de Tournai, Mémoires^ t. 23, p. 471. 

(2) François du Chastel dit de la Howardrie, prénommé aussi parfois 
Ferdinand, seigneur de Montgobert et du Fontenil, fils d'Antoine et de 
Claude de la Fleschière ou de la Fléchère. Ses biens situés au Tour« 
naisis furent confisqués vers 1514 par Henri VIII, roi d'Angleterre, 
dont il n'avait jamais été le vassal, pour cause de rébellion. Voir 
DU Chastbl, Op, cit,, t. I, p. 449. Les biens de François du Chastel 
avec ceux de François de Rasse, furent en réalité confisqués par 
Henri VIII au profit de William Sampson, le 12 août 1518. Cf. Rymbr, 
Op. cit., t. VI, p. 146, 1" col. 

(3) Bruxelles. Archives du Royaume. Chambre des comptes. Cartons 
32 et 33. 



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— 324 — 

égale animosité contre les Anglais ! Dans ces conditions , 
la situation delà garnison anglaise que le roi Henri VIII 
avait laissée à son départ de Tournai le 13 octobre 
1513, ne pouvait être que fort précaire (i). Tournai 
comme beaucoup de villes à cette époque, ne possédait 
pas de casernes : le soldat était logé chez l'habitant, 
homme de métier ou bourgeois, car souvent, si pas 
toujours, nobles et prêtres étaient exempts de cette 
servitude. Quoi donc empêchera-tril cet habitant qui 
loge chez lui des ennemis, de les attaquer à la moin- 
dre alerte, au moindre soupçon d'un mouvement de 
révolte. Le danger était vraiment réel pour la garnison 
anglaise. Aussi le gouverneur s'occupa-t-il bientôt de 
la construction d'une vaste citadelle sur la rive droite 
de l'Escaut, pour y mettre ses soldats à l'abri et aussi 
pour pouvoir en cas de besoin, du haut de ces rem- 
parts nouveaux, canonnés le peuple en révolte. Les 
gouverneurs de Philippe II en usèrent d'ailleurs de 
cette façon lors des troubles de religion en 1566. 

Le 6 mars 1515 donc (2), William Blount, baron de 
Montjoye, gouverneur de Tournai, fait connaître que 
Henri VIII « pour soulager le peuple de gendarmes, 
a intention de faire faire et édyffier en la dite ville un 
chastel ou deux »». Mais le pouvoir royal a soin de 
faire demander aux Consaux dans quelles proportions 
la Commune est décidée à intervenir dans la dépense 
de cette fortification nouvelle. Le roi ne devait cepen- 
dant ignorer — les députés de Tournai l'en avaient 
du reste informé à Londres — l'état lamentable des 
finances de Tournai et la pénible situation économique 



(1) Henri VIII avait laissé comme garnison mille cavaliers et quatre 
mille fantassins, V. Preuve XXI. 

(2) Preuve XXXVl»>««. 



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— 325 — 

de cette ville. Aussi le roi essuya-t-il de la part du 
Magistrat un énergique refus de contribuer à cette 
dépense nouvelle, refus qui dans la suite a été plusieurs 
fois renouvelé. Néanmoins, le 19 janvier 1517 (i), 
par mesure transactionnelle, Tournai fit proposer à 
Henri VIII de lui fournir quarante ou cinquante 
ouvriers qui travailleraient six mois durant, à Térection 
de la citadelle et seraient payés par la ville, à condi- 
tion de pouvoir cesser pendant ce laps de temps, tout 
travail de restauration aux remparts (?). Le roi, le 
3 avril de la même année accepta les propositions des 
Tournaisiens, en exigeant toutefois cent ouvriers (3). 
Bien évidemment les Anglais pendant toute la durée 
des négociations entre leur roi et la ville, avaient 
commencé et continué la construction de leur cita- 
delle, car le 29 septembre 1517, cinq mois après 
Tacceptation des ouvriers fournis par la commune, le 
gouverneur annonçait déjà son intention de se retirer 
avec son conseil dans le Château (4) et il s'y retira, en 
effet, au mois de janvier 1518 (5) avec toutes les trou- 
pes anglaises. 



(1) Cette proposition fut faite à Henri VIII par le gouverneur de 
Tournai qui s'était rendu à Londres. 

(2) Cf. Archives de Tournai, Consaux. Séance du 19 janvier 1516 

(a. s.). 

(3) Preuve XLVI. Ces cent ouvriers commencèrent à travaiUer le 
vendredi 24 avril 1517 et cessèrent le samedi 24 octobre de la même 
année. Ils coûtèrent à la ville de Tournai deux mille deux cent 
soixante-quatre livres, soit environ quarante-quatre mille trois cent- 
soixaDte-quinze francs de notre monnaie. 

(4) Preuve XLVI. 

(5) Voir Archives de Tournai, Consaux, séance du 4 janvier 1515 
(a. s.). Le gouverneur et la garnison anglaise occupèrent le Château le 
lundi 4 janvier 1518. On désigne encore À Tournai du nom de quartier 
du Château toute la portion du territoire communal qui fut englobée 
daus cette nouvelle fortification. 



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— 326 — 

La garnison anglaise est donc à Tabri ! Qui veillera 
maintenant à la sûreté de la ville? Sont-ce les ban- 
nières, comme elles l'ont toujours fait jusqu'à la capi- 
tulation, ou bien sont-ce les troupes anglaises qui 
continueront? Les gens de métiers que celte besogne 
distrait de leurs occupations journalières, veulent bien 
en prendre la charge, si le roi l'ordonne, mais ils n'y 
tiennent guère. Quant à Henri VIII, il ne le désire 
pas du tout, car sa suspicion n'est pas éteinte, son 
doute sur la fidélité du peuple le tenaille toujours (i). 
Aussi le voit-on le 12 janvier 1518, défendre que la 
garde de Tournai soit faite par ses habitants. Il n'attend 
pas beaucoup de leur loyalisme et craint que les Tour- 
naisiens, s'ils pourvoient seuls à la défense de leur 
ville, ne favorisent l'entrée des Français, « attendu 
que le roi de France lui a fait une offre magnifique en 
échange de Tournai et qu'il réunit chaque jour un 
nombre considérable de troupes (2) ». La ville sera 
gardée tous les jours par deux cents soldats anglais, 
à la solde des méiiej's et bourgeois de Tournai^ car 
ainsi le veut Tordre royal. Les Consaux purent remon- 
trer au roi que la pauvreté de leur ville les mettait 
dans l'impossibilité de satisfaire à cette nouvelle exi- 
gence, que les bannières se chargeraient elles-mêmes 
de la défense de Tournai, rien n'y fit, le roi n'en 
décida pas autrement. 



(1) La vérité nous oblige à dire qae vers la fia de 1515, Henri VIII 
paraissait avoir meilleure opinion de la fidélité des Tournaisiens à son 
égard, car il leur parla alors de diminuer le nombre des gens de guerre, 
d^abandonner à la ville le soin de se garder elle même, moyennant la 
reconnaissance d'une certaine obligation que le peuple refusa obstiné- 
ment d'accepter, n'admettant pas autre chose que le respect au serment 
de fidélité. Preuve. 

(2) Preuve. 



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— 327 — 

Cependant les années passaient et préparaient pour 
Tournai un changement dans la situation ; un retour 
au gouvernement des anciens seigneurs. 

Le premier janvier 1515, Louis XII mourut et le 
duc de Valois lui succéda au trône de France sous le 
nom de François P^ A peine eut-il pris en main les 
affaires de l'Etat, que le nouveau roi de France tout 
en renouvelant le traité de paix conclu le 7 août 1514 
entre Louis XII et Henri VIII, entama les négocia- 
tions au sujet de la récupération par la France, de 
Tournai et du Tournaisis. Ces négociations restèrent 
alors infructueuses parce que Henri VIII exigeait en 
échange de Tournai, quelques places dans les environs 
de Calais, que François I**^ n'était pas disposé à céder. 
Le plus grand obstacle, néanmoins, était le cardinal 
Thomas Wolsey. On sait, en effet, que le premier 
ministre de Henri VIII, de simple chapelain de la 
chapelle Saint-Etienne au palais de Westminster, 
s'était fait successivement et presque simultanément 
octroyé Tévêché de Lincoln, l'archevêché d'York et 
ensuite l'évêché de Tournai, dans le but évident de 
s'en procurer les revenus (i). Comme Louis Guillard, 
l'évêque de Tournai en titre, avait refusé de prêter le 
serment de fidélité à Henri VIII et négligé de se ren- 
dre à son évéché, le pape pour flatter le roi d'Angle- 
terre, voulut bien supposer qu'il Tavait abandonné, en 
fit Thomas Wolsey administrateur, tant pour le tem- 
porel que pour le spirituel, et lui attribua par le fait 



(1) Thomas Wolsey fut promu à Tôvêchô de Lincoln, le 8 février 
1514, à larchevéchô d'York, le 5 août 1514, et le 2 septembre de la 
même année les Consaux sont avertis que « notre saint père le pape a 
pourveu mondit seigneur de Lincons (^^ Lincoln) au régime de l'éves- 
chié de cesie ville (^ Tournai). Preuve XXXV. Cf. Rtmkr, Op. cit., 
t. VI, p. 54 et 66. 



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— 328 — 

même, la jouissance des revenus attachés à cet évêché, 
soit plus de quatre- vingt mille livres, dit-on. De peur 
de perdre ces quatre-vingt mille livres, Thomas Wdlsey 
n'eut garde de conseiller au roi d'Angleterre de se 
défaire de Tournai. Rendre Tournai à la France, 
c'était, en efiet pour Wolsey, perdre l'administration 
d'un évêché dont les revenus étaient considérables. 
C'est pourquoi, dès les premières négociations françai- 
ses, afin de jouir en paix de ses revenus tournaisiens, 
il avait, au contraire, sollicité fortement François I" 
de doter Louis Guillard de quelque bon bénéfice, en 
compensation de la dignité dont l'avait dépouillé le 
pape. Intimement persuadé que Wolsey était le seul 
obstacle à la rétrocession de Tournai à la France, 
François V' amusa l'archevêque d'York par des pro- 
messes qu'il ne songeait nullement à tenir, incita Louis 
Guillard à prêter serment à Henri VIII et appuya 
secrètement près de la Cour de Rome les instances 
réitérées de Guillard, pour être rétabli dans son 
évêché (i). Mais d'un autre côté, en bon politique, 
pendant qu'il essayait en cachette, d'enlever son siège 
êpiscopal au pseudo-évêque de Tournai, François V' 
sollicitait ouvertement en faveur de Wolsey le cha- 
peau de cardinal, afin de se concilier la bienveillance 
du ministre en même temps que celle du roi Henri VIII . 
Le pape Léon X ne prêta d'abord pas grande atten- 
tion aux sollicitations de l'évêque Guillard, mais après 
que François P"" eut traversé les Alpes et menacé le 
Milanais, il se crut en danger et s'empressa d'accorder 
à Guillard une bulle par laquelle il le rétablissait à la 

(1) Voir Strype's, Eccl. Memorials, t. I, p. 13 et sevj. — Thomson*» 
Memoirs of the Court of Henry the eigkth^ i. I, p. 200 et seq. — 
Rapin Thotkas, Op. ct<., t. Y, p. 98 et seq. — Rtmbr, Op. cit.^ 
t. X, p. 177. 



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— 329 — 

tête de son évêché, en lui permettant même d'employer 
le bras séculier, s'il trouvait opposition (i). Henri VIII 
se sentit offensé de voir replacer à la tête du diocèse 
de Tournai, un prêtre qui avait refusé de lui prêter 
serment de fidélité, en appela à la Cour romaine et 
prescrivit à son ambassadeur à Rome, Sylvestre, 
évêque de Winchester, de se plaindre vigoureusement 
près de Léon X. Cet ambassadeur devait remontrer au 
pape la profondeur de la blessure d'amour-propre res- 
sentie par Henri VIII par suite du rétablissement de 
Guillard, et surtout fait connaître que l'entrée à 
Tournai de ce dernier provoquerait une révolte désas- 
treuse du peuple contre le gouvernement anglais. 
Léon X hésitait et peut-être allait-il révoquer la bulle, 
quand il apprit que François I"*^, après avoir battu les 
Suisses à Marignan, s'était emparé de Milan et du 
Milanais. Ce n'était pas le moment d'irriter le vain- 
queur; toutefois, pour ménager Henri VIII qui avait 
été et était encore son allié, Léon X eut recours aux 
moyens dilatoires, alors fort en usage à Rome, et prit 
le parti de remettre la décision de l'affaire, avec 
l'ordre secret d'en différer la conclusion, à l'examen de 
François, évêque d'Albe et d'Achille, cardinal de 
Saint-Sixte (2). 

Wolsey qui avait parfaitement compris que la bulle 
obtenue par Guillard était un des effets des sollicitations 
de François P"", chercha dans un vil désir de vengeance, 
à brouiller de rechef, la France et l'Angleterre. Quoi- 
que François P"" lui eût procuré le chapeau de cardi- 
nal (1516), il ne désarma pas et persista dans sa 



(1) Rymer, Op. ctt.,t, VI, p. 132, col. I. 

(2) Rafin Thoyras, t. I, p. 100. — Rymkr, Op, cit., t. VI, p. 132, 
et t. X, p. 177, et preuve XLVIl. 



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- 330 — 

mesquine résolution. Sur ses instances, Henri VIII 
protesta à nouveau près du pape contre le rétablisse- 
ment à Tournai de Tévêque Guillard, lequel fut assigné 
à comparaître dans les quarante jours, devant les deux 
prélats examinateurs du litige, pour qu'il prêtât ser- 
ment de fidélité à Henri VIII et fît preuve de meil- 
leurs sentiments à Tégard des Anglais, tandis qu'en 
attendant, Wolsey était réintégré dans l'administra- 
tion pleine et entière du diocèse de Tournai (i). Ces 
choses se passaient le 17 avril 1517. François P^'fut 
vivement froissé des effets de cette bulle nouvelle. 
Un moment même, Tournai menaça la paix du monde 
et fut sur le point de rallumer la guerre en Europe (2). 
Ne voulant cependant pas montrer autant de ressenti- 
ment envers Wolsey que celui-ci ne témoignait de téna- 
cité à conserver les revenus de révêché de Tournai , 
François V se décida à envoyer une ambassade extraor- 
dinaire en Angleterre et par commission du 31 juillet 

(1) Rymbr, Op. cit., t. VI, p. 132, co). 2. BuUe du 17 avril 1517. 
Preuve XL VII. 

(2j Cf. Thomson, t. I. p. 199, et aussi Oachard. Collection des 
documents inédits. La Bibliothèque nationale^ t. II, p. 38 et seq. I^ 
futur Charles-Quint avait en avril 1518 posé cette question au seigneur 
de la Rocbe-Beaucourt, ambassadeur français à Madrid : « Monsieur 
l'ambassadeur, est-il vray que le Roy, vostre maistre, veuU faire la 
guerre au roj d'Angleterre ? S*il luy faisoit la guerre, ce seroit ung 
gros desplaisir à toute la chrestientô et au lieu de la faire au Turcq, 
— Charles d'Autriche avait alors dans la tête un projet d'alliance des 
puissances européennes contre les Turcs — que, pour si peu de chose 
qu*est Toumay, qu'il faille que tous les princes du monde soient 
maintenant empeschez. Je vous prye que l'on voye le moyen que cela 
ne tyre plus oultre, car j'en seroys plus courroucé que de chose qui 
m'advint jamais et aimeroye mieulx payer la valeur de Tournay que il 
y eust question. « ... Je vous prye, ujandez-moi la volonté du roy sur 
les choses susdictes, affin que je ne faille point. Hz sont en grande 
craincte que l'on esmeuve quelque guerre. Je seroye bien aise que 
Tournay louruast sans coup frapper. *» 



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— 331 — 

1518, donna ordre à Guillaume Gouffier, seigneur de 
Bonnivet, d aller à Londres même traiter l'affaire de 
la rétrocession à la France de Tournai et du Tournai- 
sis (i). Bonnivet partit pour l'Angleterre avec tout ce 
qu'il fallait pour réussir dans sa mission. « Vingt-ciaq 
mulets de coffres harnachez très superbement et les 
couvertes toutes de velours cramoisy, avecques ses 
armes toutes en broderie d'or et d'argent (2) « , voilà 
pour éblouir Henri VIII et sa cour; puis de l'or et 
des lettres de crédit, voilà pour gagner le premier 
ministre Wolsey à la cause française. 

Bonnivet plût au roi et après un entretien avec 
Wolsey, obtint tout ce qu'il voulut du ministre. Ce 
changement' d'attitude du cardinal n'aura rien de bien 
surprenant, quand on apprendra que Bonnivet avait 
ordre de lui remettre le titre d'une pension annuelle et 
viagère de douze mille écus d'or payables parla France, 
dans le cas où il renoncerait à l'administration de 
l'évêché de Tournai (3). Préférant ne pas courir le 
risque de tout perdre en voulant tout conserver, 
Wolsey acquiesça aux offres de François I^, dont il 
favorisa les vues de tout son pouvoir. Henri VIII, qui 
n'agissait que par son ministre, consentit à son tour 
à la rétrocession de Tournai à la France aussi facile- 
ment qu'il en avait décidé l'adjonction à la couronne 
d'Angleterre, d'autant plus que la possession de cette 
ville ne lui avait été d'aucun profit et qu'il était cha- 
leureusement sollicité par le futur empereur Charles- 
Quint de rendre à François P*", Tournai et son 
bailliage (4). Des négociations entreprises dans ce but 

(1) Rymkr. Op. cit., t. VI, p. 144. 

(2) Brantômb. Paris, 1822, t. Il, p. 163. 

(3) Rymkr. Op. cit., t. VI, p. 142. 

(4) Gachard. Op. cit., t. II, p. 39. Eu avril 1518, l'ambassadeur fraa- 



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— 332 — 

résultèrent deux traités qui furent signés à Londres le 
4 octobre 1518. Marie, fille unique de Henri VIII — 
elle avait à peine quatre ans — fut promise au jeune 
dauphin qui avait un an, et Tournai et le Tournaisis 
devaient être rendus à la France contre le paiement 
aux Anglais, en dix termes annuels, d'une somme de 
six cent mille couronnes d'or, de laquelle François V 
déclarait en avoir reçu trois cent trente-trois mille 
comme dot de Marie (i). 

Le traité ne fut cependant ratifié par Henri VIII 
que le 9 novembre et par François I^*" le 14 décem- 
bre (2), tandis que les Consaux furent officiellement 
informés de la rétrocession de Tournai à la France 
le 20 novembre 1518 (3). Mais comme ce traité stipu- 
lait en outre que la restitution de Tournai ne se ferait 
qu'après l'arrivée d'otages français à Calais, alors ville 
anglaise, François P**, aussitôt cette formalité remplie, 
donna ordre le 13 janvier 1519, à Gaspard de Col- 
ligny, seigneur de Chatillon, maréchal de France, de 
se rendre à Tournai pour y recevoir des mains des 
représentants du roi d'Angleterre, Tournai et son bail- 
liage (4). Arrivé le 8 février (5), CoUigny fit le lende- 
main la réception de la ville de Tournai, et le 10, 
Charles, comte de Worcester , releva les Tournaisiens de 



çais À Madrid, de la Roche-Beaucourt &it connaître à son gouvernement 
que Charles d^Âutriche « envoie [à Henri VIII] le prévost Carondelet, 
aussy pour remonstrer l'accident qui pourroit estre, si ceste guerre 
[entre la France et l'Angleterre] s'esmouvoit et pour le faire condes- 
cendre à rendre Tournai/... n — Cf. Hknnb. Histoire du règne de 
Charles-Quint, t. II, p. •2-28-29. 

(1) Rymer. Op. cit., t. VI, p. 151 et 155. Preuve XLIX. 

(2) Idem. Op. çit,, t. VI, p. 161-62. 

(3) Preuve L. 

(4) Rymbr. Op. cit., t. VI, p. 174. Voir preuve LI. 

(5) Preuve LIV. 



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— 333 — 

leur serment de fidélité à l'Angleterre (i). L'évêque 
Louis Guillard vint prendre possession de son siège 
épiscopal le 12 (2) et le 14, les Tournaisiens prêtèrent 
serment de fidélité à la France (3) . 

Quand il confia la garde de la ville à ses habitants, 
— la France ne mit en efiet d'autre garnison que 
quatre cents hommes dans le Château (4), — le maré- 
chal de Chatillon, faisant probablement allusion à 
l'attitude du Magistrat et des riches bourgeois lors du 
siège de 1513, déclara « que s'il en y avoit aucun qui 
euissent fait autre chose qu'ilz ne dévoient, le Roy n'en 
vouloit faire ne prendre aucune vengeance, mais leur 
pardonnoit, pourveu que doresenavant, ils se gouver- 
nassent prudentement et sagement, en entretenant leur 
dit serment, car en faisant autrement ilz porroient 
faire d'un péchié véniel ung mortel {5). « 

Tournai redevint donc ville française : il avait appar- 
tenu cinq ans et demi à l'Angleterre (e). Des lettres 

(1) Rymer. Op, cit.^ t. VI, p. 175. Voir preuve LII[. 

(2) Preuve LVI. 

(3) Cf. Archives de Tournai. Consaux du 14 février 1519. 

(4) Preuve LVII. 

•{5) Tournai. Archives Communales. Consaux. Séance du 14 février 
1519 (n. 8.). 

(6) Le 8 février 1519, Antoine, comte de Fauquemberghe, baron 
de Ligne et de Bailloeil (Belœil), seigneur de Montreuil, de Tbulin, 
donne plein pouvoir à Jean de Hesdin, écujer, conseiller et maître 
d'hôtel de Marguerite de Bourgogne, douairière de Savoie, pour faire 
la remise k Henri VIII de la ville, château, terre et seigneurie de 
Mortagne, qui lui avaient été donnés comme fiefs. — Le 10 février, 
Gaspard de CoUigny donna Tordre k Louis de Proisy, bailli de Tournai 
et Toumaisis, de se rendre à Mortagne pour prendre possession de 
cette place au nom de François l«^ Rtmbr. Op. ctt,, t. VI, pars prima, 
p. 175. 

On peut donc dire que dès le 10 février 1519, malgré Topposition 
que montra le comte de Fauquemberghe, Tournai et le Toumaisis 
avaient cessé d'appartenir à l'Angleterre. 

ANNALKS. V. 22 



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— 334 — 

patentes du 16 février 1519 confirmèrent tous les pri- 
vilèges des Toumaisiens, qui saluèrent avec enthou- 
siasme le retour des couleurs de la France ; ils étaient 
loin de prévoir alors qu'elles disparaîtraient prompte- 
ment et définitivement de leurs murs (i). 

* * 

Certains historiens pour justifier la conduite de 
Wolsey, disent qu'il ne faut juger la politique d'un 
homme d'état tel que le cardinal d'York d'après les 
boutades de quelques poètes satiriques qui l'accusent 
d'avoir, par la cession de Tournai, sacrifié l'Angleterre 
à de misérables intérêts personnels; que les douze 
mille livres de pension que lui octroya François T*" 
étaient loin de représenter les revenus annuels de 
l'évêché de cette ville; que sans doute c'est u^e tache 
à sa mémoire que la pension qu'il accepte de Fran- 
çois P'" pour la restitution de la forteresse, mais qu'il 
n'a point par ce fait, trahi son pays; que Tournai ne 
valait pas les sacrifices qu'il coûtait à l'Angleterre; 
que placé à plus de cinquante lieues de Calais, il n'au- 
rait pu résister à une attaque sérieuse de la France. 
D'autres encore écrivent que les habitants n'aspiraient 
qu'à secouer le joug anglais et refusaient dans l'ordre 
spirituel toute obéissance à Sampson que Wolsey 
avait chargé de la direction religieuse de la cité (2). 

Soit, mais n'est-ce pas le devoir d'un homme d'état 
de prévoir toutes les conséquences des actes qu'il 
pose ou qu'il fait poser? 11 est probable sinon certain, 
que Tournai jamais n aurait été anglais, si le cardinal 

(1) Hknne. Op, cit., t. II, p. 237. 

(2) Thomson. Op. ciU, t. 1, p. 199-200. 



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— 335 — 



Wolsey n'avait convoité les quatre-vingt mille livres 
de révenus de révéché, et qu'après ia conquête par 
Henri VIII, la cité tournaisienne aurait été définitive- 
ment rattachée aux possessions des ducs de Bourgogne 
dans les Pays-Bas. 



CHAPITRE III. 

Administration interne. — Juridiction commuDale 
et Juridiction royale. 

Avant la révolte du parti populaire en 1422, toute 
l'administration municipale se trouvait concentrée 
entre les mains de trois consistoires ou collèges qui 
formaient le Magistrat touroaisien : c'étaient les col- 
lèges des prévôts et jurés , des mayeurs et échevins 
et des éwardeurs. 

Les prévôts étaient à la tête de la magistrature 
communale ; ils étaient au nombre de deux et cons- 
tituaient en quelque sorte le pouvoir exécutif local. 
Réunis aux jurés, ils étaient spécialement chargés de 
l'exercice de la justice et jugeaient tous les crimes et 
délits, à l'exception de ceux qui relevaient de la juri- 
diction royale. Leur compétence était très étendue : 
ils avaient jusqu'au droit de vie et de mort sur tous les 
criminels. On appelait de leurs sentences devant le 
Parlement de Paris. 

Les mayeurs et échevins plus particulièrement inves- 
tis des fonctions qui incombent de nos jours aux notai- 
res, approuvaient les testaments, nommaient les tuteurs 
ou remplissaient eux-mêmes ces fonctions, quand les 
enfants étaient orphelins de père et mère, vérifiaient 
les comptes de tutelle ou de curatelle, et faisaient 



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— 336 — 

passer devant eux les actes de vente, de donation, de 
louage, de prêt. Ils avaient en outre dans leurs attri- 
butions le jugement des causes civiles. ^ 

Quant aux éwardeurs qui composaient le troi- 
sième collège, c'étaient eux qui, chaque année, le 
20 février, élisaient les prévôts et jurés et les éche- 
vins. Ils avaient eux-mêmes été choisis par le suffrage 
restreint de ce que Ton appelait à Tournai les chefs 
cChôtel, c'est-à-dire les bourgeois riches. Unis aux 
prévôts et jurés et aux échevins, ils s'occupaient de 
l'administration générale de la cité tournaisienne. 

La classe laborieuse n'avait donc alors à Tournai 
aucune part réelle dans la direction des affaires 
publiques. Toutes celles-ci au contraire, se trouvaient 
centralisées entre les mains d'une oligarchie de la 
fortune composée de la noblesse et de la grande 
bourgeoisie. 

Mais au temps de la reddition de Tournai aux 
Ai^glais, les choses étaient changées. Dans le cours 
du XIV® siècle, en effet, au moment où la prospérité 
commerciale et industrielle de leur cité s'était aflSrmée 
avec éclat et s'étalait dans toute sa splendeur, les 
métiers prirent conscience de leur force et conséquem- 
ment de leurs droits, et aspirèrent à l'honneur d'avoir 
une part dans le gouvernement de leur commune (i). 
Cette prétention qui, lentement mais sûrement, était 
devenue celle de tout le peuple, devait fatalement 
amener un conflit avec la partie aristocratique de la 



(1) Une charte du 13 mai 1373, prouve les évolutions démocrati- 
ques de la Constitution. En effet, sous la poussée des idées démocrati- 
ques, le Magistrat fut forcé de proposer au roi de France Charles V, 
l'institution des Trois cents élus, appartenant à toutes les paroisses et 
chargés de conseiller le Magistrat quand les circonstances Texigeaient. 
Cf. A. DE LA Grange, Op, cit,^ p. 8 et 9. 



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— 337 — 

population, si celle-ci mettait une trop vive opposition 
à lavènement du pouvoir populaire. C'est pourquoi, 
en juin 1422, les artisans tournaisiens profitant dune 
question de politique générale (i), se soulèvent, se divi- 
sent en trente-six bannières sous lesquelles sont répar- 
tis les différents corps de métiers de la ville, pro- 
cèdent à l'élection d'un doyen et d'un sous-doyen dans 
chacune de ces bannières, se font octroyer une charte 
nouvelle et forcent le Magistrat aristocratique et bour- 
guignon à admettre dans son sein ces nouveaux élus, 
destinés à représenter la démocratie et la population 
ouvrière de Tournai (2). 

Comme sous l'empire des chartes antérieures, le 
Magistrat sera encore composé des collèges des prévôts 
et jurés, des échevins, des éwardeurs, qui seront élus 
dans les mêmes conditions que précédemment, mais 
on leur adjoindra maintenant un nouveau collège, celui 
des doyens et sous-doyens des métiers. Et ces doyens et 
sous-doyens, les métiers se défiant de l'esprit trop peu 
démocratique de l'ancien corps électoral, ne seront 
point choisis par les éwardeurs, mais par les bannières 
qui, par compensation, sont ouvertes à tout chef d'hôtel 
n'exerçant même pas de métier ; le peuple permet en 
outre l'élection aux fonctions de doyen de tout chef 
d'hôtel ou de tout étranger ayant sept années de rési- 
dence à Tournai. 

Ces deux dernières dispositions qui semblent vou- 
loir donner un rôle pondérateur à l'élément bourgeois 

(1) Le Magistrat sur Tordre de Charles VI, voulut faire reconnaître 
par le peuple Timmoral traité de Troyes; le peuple refusa obéissance 
au gendre du roi et devant l'insistance du Magistrat qui voulait le faire 
revenir sur son refus, se souleva. 

(2) Cette charte nouvelle fut confirmée par Charles Vil en juin 1424, 
après un essai préalable d'application qui avait duré une année. 



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— 338 — 

de la cité, n'avaient dans la réalité, aucune portée 
véritable. Chaque bannière, en effet, était accessible 
à tout individu mâle âgé de dix-huit ans et exerçant 
un métier ; les artisans et ouvriers étaient conséquem- 
ment dans chacune d'elles, plus nombreux que les 
non-travailleurs ou bourgeois, et l'influence des votes 
de l'élément aristocratique, lors des élections des 
doyens et sous-doyens, devait être forcément annihilée 
par la prépondérance des suffrages populaires. D'ail- 
leurs, les documents que nous avons étudiés, nous ont 
toujours prouvé que jamais un chef d'hôtel n'appar- 
tenant point au monde du travail manuel, n'est arrivé 
à être élu doyen ou sous-doyen. 

Mais si les fonctions de doyen sont rendues consti- 
tutionnellement accessibles aux bourgeois chefs d'hôtel, 
les métiers font aussi accorder aux doyens le droit tout 
illusoire, il est vrai, de faire partie des trois consis- 
toires aristocratiques, pourvu que les trente éwardeurs 
les y élisent, ce qui était fort peu probable. 

Allant plus loin dans leurs revendications politiques 
et sachant que de la bonne administration des finances 
d'une cité, dépend souvent la prospéritéde la commune, 
les bannières veulent être au courant des moindres dé- 
penses de leur ville et exigent qu'un des deux receveurs 
communaux soit toujours un doyen ou un sous-doyen ; 
que les ordonnances de paiement ne soient plus paya- 
bles que si elles ont été au préalable, revêtues de la 
signature des six doyens qui seront à ce préposés ; que 
le scel à apposer aux actes de vente de rentes, soit 
conservé dans un coffre dont six des sept clefs seront 
en la possession de doyens ou de sous-doyens; que 
plus un acte ne soit scellé qu'en présence de tout le 
Magistrat communal et du peuple appelé en Halle au 
son de la cloche du beffroi; qu'aucun impôt ordinaire ou 



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— 339 — 

extraordinaire ne puisse être levé sur le peuple sans 
Tassentimeni préalable de vingt-quatre bannières au 
moins. Les corporations veulent être maîtresses de 
leur administration particulière et retirent aux prévôts 
et jurés pour l'attribuer aux doyen et sous-doyen de 
chaque bannière que la chose concerne, le jugement 
des affaires intéressant les métiers. Enfin, toute mesure 
d'intérêt général proposée aux Consaux ne peut être 
rendue exécutoire par la généralité de la commune, 
que pour autant qu'elle ait été votée à la majorité 
absolue pour les trois consistoires aristocratiques, 
mais par mesure de prudence que nous qualifierons 
de démocratique ou pour rendre difficile toute corrup- 
tion, la Charte exige que cette mesure soit votée par 
les deu^ tiers au moins des doyens (i). Toutes ces 
dispositions qui auraient dû, semble-t-il, donner aux 
métiers'toute garantie, ne leur suffisent point encore : 
les bannières veulent posséder en fait et exercer effica- 
cement l'administration générale de leur commune et 
orienter la politique extérieure de leur ville. C'est 
pourquoi, en efiet, si dans une question dont la gra- 
vité même a divisé les Consaux, les quatre consis- 
toires, après trois votes consécutifs, ne sont pas par- 
venus à se mettre d'accord, la Charte ordonne que 
l'affaire soit portée devant le peuple assemblé en ban- 
nières, lesquelles, à la majorité des deux tiers, pro- 
noncent en dernier ressort et sans appel sur la suiie à 
donner. Aussi peut-on dire que pendant le siècle qu'a 
duré cette constitution nouvelle, pas une seule affaire 



(1) Cet article de la charte de 1424 subit en 1453 quelques modifica- 
tions réactionnaires; mais dans la piatique, ces dispositions nouvelles 
furent tenues pour lettres mortes, sauf pour Télection des chefs et con^ 
seils. Voir page 315, note 3. 



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— 340 — 

tnportante nait été soumise au vote des comices 
populaires (i). 

Cette constitution démocratique sagement appliquée 
dès le principe, avait amené à Tournai des change- 
ments profonds ; le peuple comptant sur une meilleure 
administration des finances et une bonne direction 
des affaires publiques, s'était remis au travail avec 
une ardeur nouvelle, qui fit rapidement prospérer le 
commerce et l'industrie. Mais les tempéraments appor- 
tés par la Charte à l'exercice de la liberté, « la sagesse 
et la capacité des candidats » , furent peu à peu violés 
et, délivré du régime de la « ploutocratie », comme 
dit M. Pirenne (2), Tournai était à l'époque qui nous 
occupe bien près de tomber dans la démagogie. 

Quoi qu'il en soit, se conformant aux paroles qu'il 
avait prononcées à l'entrevue de Maire : « Puisque 
vous êtes à moi maintenant, faictes bonne cKière, je 
vous traicteraj bien et vous seray bon maistre », 
Henri VIII confirma le 30 septembre 1513, tous les 
privilèges qu'avaient antérieurement octroyés les rois 
de France et laissa subsister, sans en rien le modifier, 
le mode d'administration municipale instauré par la 
charte de 1424 (3). Il était même, à ce qu'il disait, 
plutôt disposé à augmenter encore leurs prérogatives 
et privilèges communaux, si tel était le désir des 
Tournaisiens (4). 



(1) Cf. JopKBN. La Commune de Tournai sous le régime démocra- 
tique, fasc. 2 et 4 des Miettes paléographiques, — A. de la Grangb. 
De la politique des rois de France^ Pièces justificatives, où cette charte 
est imprimée dans toute sa teneur. 

(2) Pirenne. Histoire de la Constitution de la ville de Dînant^ 
page 39. 

(3) Preuve XVIII. 

(4) Preuve XXI. 



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— 341 — 

A côté de la juridiction communale tournaisienne 
telle que nous venons de l'exposer , existait aussi 
pour Tournai et le Tournaisis, la justice royale, qui 
elle, s'exerçait au nom du pouvoir seigneurial du roi 
et avait dans ses attributions le jugement des cas 
royaux (i). C'était la justice bailli vale. Cette juridic- 
tion était représentée par un bailli, un procureur, un 
avocat et des sergents. Le bailli jugeait, le procureur 
représentait le roi, l'avocat portait la parole en son 
nom et six sergents étaient chargés de l'exécution des 
actes et mandements judiciaires (2). 

Après la conquête anglaise, le premier bailli de 
Tournai fut Edouard Ponyngnes que Henri VIII, à 
son départ, avait en même temps chargé du gouverne- 
ment général de la cité et du commandement en chef 
des mille cavaliers et des quatre mille fantassins qu'il 
laissa comme garnison dans la ville (3). Edouard 
Ponyngnes n'exerça pas longtemps ces fonctions, car 
au commencement du mois de décembre 1514, il par- 
tait pour Londres et n'en revenait au mois de janvier 
suivant que pour installer son successeur William 



(1) D'après Albbrt Ai.lard, Le premier Bailliage de Tournai- 
Toumaisis^ Mous, Janssens, 1895, page 2, note l, les principaux cas 
royaux étaient : les » ports d' armes » (agressions préméditées en 
bande et & main armée) ; les contestations en matière de conventions 
passées sous scel royal; les infractions commises par les bannis du 
royaume; les crimes de fausse monnaie et de lèse-majesté, etc. Les 
juges royaux ont aussi la connaisFance de tous « cas de prévention », 
c'est-À-dire qu*ils retien oeot les actions que Ton porte d* abord devant 
eux, même si, par leur nature, elles sont hors de leur compétence : 
dans cette hypothèse, la contestation passe au rang de cas royal. 

li reste bien entendu que tout crime ou tout délit commis dans 
Tournai ou dans la banlieue par des Tournaisiens était du ressort des 
prévMs et jurés et non du bailli. 

(2) Albbrt Allard, Op. ci/., p. 1 1-12. 
(3j Preuve XXI. 



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— 348 — 

Blount, baron de Montjoye. Par un mandement royal 
du 20 janvier 1515, Henri VllI l'avait choisi comme 
son lieutenant à Tournai, en lui accordant le droit 
d'élire le maître de la monnaie anglaise qui se frappe- 
rait dans cette ville, ainsi que celui déjuger les causes 
tant criminelles que civiles, qui intéresseraient les 
soldats de la garnison (i) ; par un autre mandement de 
la même date, il le nomme bailli et garde de justice 
de Tournai et du Tournaisis et laisse subsister l'orga- 
nisation judiciaire royale, telle que l'avaient établie 
les chartes et usages français (2). Le baron de Montjoye 
ne remplit cette charge que deux ans à peine et fut 
remplacé vers la fin de l'année 1516, par Richard 
Yeryningham et comme gouverneur et comme bailli de 
Tournai-Tournaisis. Henri VIII lui adjoignit bientôt 
en qualité de procureur, Richard Sampson, que le 
cardinal Wolsey, en sa qualité d'évêque de Tournai, 
avait précédemment chargé des intérêts spirituels de 
la cité tournaisienne et du diocèse (3). 

En 1368, les rois de France avaient établi à Tour- 
nai un scel royal (4). Malgré toutes les réclamations 
que, sous le gouvernement précédent, cette institution 
avait fait naître de la part du Magistrat dont cet office 
nouveau avait amoindri les revenus, Henri VIII se 
naodelant en tous points sur l'organisation de l'admi- 
nistration française, créa bientôt un scelleur royal, 
et deux tabellions royaux. Ceux-ci avaient pour mission 
de recevoir, moyennant la perception d'une certaine 
redevance au profit du roi, tout contrat ou toute con- 

( 1) Rymbr. Acta publica, t. VI, pars prima, page 54. Rjmer a porté 
par erreur à la date du 20 janvier 45U cet acte de 1515. 
(2) Rymkr. Acta publica, t. Vi, pars prima, p. 87. 
(3j Hymek. Acta publtca^ t. VI, pars prima, p. 130. 
(4j Albert Allard. Op. cit,^ page 6. 



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— 343 — 

ventioi) auxquels le scelleur apposait un scel spécial 
et leur donnait ainsi Tauthenticité (i). 

On appelait des décisions du bailli de Tournai- 
Tournaisis au Parlement de Paris. Aussi, au moment 
delà conquête de Tournai par les Anglais, des procès 
étaient en appel à Paris ou bien des sentences venaient 
d'être prononcées par le Parlement de cette ville. 
Fallait-il, sous prétexte que les arrêts étaient rendus 
au nom du roi de France Louis XII, suspendre le 
cours de la justice? Henri VIII, avec raison, ne le 
crut pas, et le 26 février 1514, il ordonna que tout 
jugement prononcé par le Parlement de Paris avant la 
soumission de Tournai à l'Angleterre, fût exécuté 
comme s'il avait été rendu par des juges anglais (2). 
Mais en même temps, ainsi qu'il l'avait d'ailleurs pro- 
mis aux ambassadeurs tournaisiens, lors de la réunion 
des Etats qui s'était faite à Londres dans la première 
quinzaine de janvier 1514 (3), il institua à Tournai 
même, en lieu et place du Parlement de Paris, « lequel, 
disait-il, lui était encore rebelle et désobéissant »», une 
Cour souveraine chargée en cas d'appel, de juger en 
dernier ressort, les cas royaux pour Tournai, le Tour- 
naisis et le territoire de Térouanne (4). A cette nou- 
velle cour, composée de cinq juges ,j^'un greffier et de 
deux huissiers, il donna également tous les pouvoirs 
qui compétaient auparavant à la Chancellerie de Paris 
et entre autres, le droit d'apposer aux documents d'ordre 

(1) Preuve XLI. Ce scel n'était apposé qu'à des documents d'ordre 
civil, comme des conventions entre particuliers, etc. Les deux premiers 
tabellions royaux pendant l'occupation anglaise furent Jean Clément 
et Guillaume Waubert. (Compte d entremise, 1514-15). 

(2) Preuve XXIX. 

(3) Cf. Archix>es Communales de Tournai, Consaux. Séance du 
Il avril 1513 (a. s.}. 

(4) Preuve XXX. 



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— 344 — 

public le grand scel royal. Tournai eut en effet sa 
chancellerie particulière, et le grand scel employé par 
celle-ci présente d'avec celui de la chancellerie anglaise 
des différences de détail assez sensibles, pour distin- 
guer très facilement si un document a été scellé ou à 
la chancellerie tournaisienne, ou à la chancellerie 
royale d'Angleterre. 

Cependant, soit que les juges royaux eussent été 
primitivement tournaisiens et par conséquent trop 
enclins à la clémence pour leurs concitoyens, soit que 
Henri VIII eût trouvé que cette nouvelle Cour ne lui 
rendait point. assez de services, il est certain qu'elle 
fut momentanément supprimée (i). Mais après l'avéne- 
ment de François P'*, alors que ce dernier venait de 
confirmer la paix signée précédemment entre Louis XII 
et l'Angleterre (2), Henri VIII se crut plus sûr de 
conserver parmi ses fiefs sur le continent. Tournai et 
le Tournaisis. Aussi, rétablit-il le premier octobre 
1515, la Cour souveraine de Tournai avec les mêmes 
attributions que la première. Ce petit parlement tour- 
naisien fut composé de quatre juges, d'un avocat royal, 
d'un procureur et deux huissiers, et pour que la Cou- 
ronne n'eut aucun doute sur leurs arrêts ultérieurs, 
Henri VIII plaça à leur tête, comme président, un 
Anglais, Richard Yermingham (3), qui, quelques mois 
plus tard, devint gouverneur et bailli de Tournai. 

Pour les affaires civiles qui étaient de la compétence 
des échevins, les appels se faisaient devant les prévôts 
et jurés qui, dans ce cas seulement, rendaient leurs 
arrêts sans pourvoi. Les caicses criminelles autres que 



(1) Cf. Rymkr. Acta publica, t. VI, pars prima, p. 106, col. 2, § 2. 
(2)RyMER. 7rf.,p. 88. 
(3) /rf., p. 106. 



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— 345 — 

les cas royaux, étaient au contraire jugées par les pré- 
vôts et jurés, des sentences desquels les Tournaisiens 
avaient toujours pu appeler devant le Parlement de 
Paris (i). Chose étrange, alors que Henri VIII crée à 
Tournai sous prétexte d'éviter aux Tournaisiens les 
dangers de la traversée et les dépenses (2), une Cour 
souveraine d'appel des décisions du bailli, destinée à 
remplacer le Parlement de Paris, le même Henri VIII 
ne veut pas que cette nouvelle Cour examine et juge 
les appels contre les décisions prises par les prévôts 
et jurés, attribution qui était cependant antérieure- 
ment du ressort du Parlement parisien, et oblige les 
Tournaisiens à défendre ou à faire défendre leurs cau- 
ses devant sa Chancellerie même, en Angleterre. Aussi 
les prévôts et jurés s'empressent-ils de charger maître 
Henri Lucas, licencié-ès-lois, de défendre leurs inté- 
rêts à Londres. 

En résumé, l'administration interne de la cité tour- 
naisienne sous la domination anglaise, était entre 
les mains : 

P des ConsavLX qui s'occupaient du gouvernement 
général de la cité ; 

2** des mayeurs et échevins devant qui se plaidaient 
les affaires civiles, avec appel devant les prévôts et 
jurés; 

3^ des prévôts et jurés qui jugeaient les causes cri- 
minelles autres que les cas royaux, et dont on pouvait 
appeler devant la Chancellerie anglaise. 

Enfin, Tournai et le Toumaisis étaient soumis à la 
juridiction du Bailliage à qui appartenait le jugement 



(1) Albert Ai.lakd. Op. et/., p. 2. 

(2) Cf. Rymbr. Acta publica, t. VI, pars prima, p. 106, col. 2, 
§ 2 et 3. 



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— 346 — 

des cas royaux, avec appel devant la Cour souveraine 
siégeant à Tournai même. 



CHAPITRE IV. 
Situation économique. 

Pendant tout le XIV® siècle et la plus grande partie 
du XV^, l'industrie et le commerce tournaisiens 
avaient pris un vigoureux essor. Une grande intensité 
de vie se montre dans le domaine économique ; « en 
dépit des charges énormes qui pèsent sur elle, la ville 
prospère et ses habitants connaissent l'abondance; 
c'est une ruche en plein travail (i) «. La hautelisse, la 
draperie, la tapisserie se trouvaient dans une situation 
des plus brillantes. La hautelisse occupait alors plus 
de cinq cents ouvriers, et la tapisserie historiée comp- 
tait plusieurs centaines de maîtres (2). Ces deux bran- 
ches de l'activité sociale tournaisienne avaient la 
France, la Bourgogne, les Pays-Bas au nombre de 
leurs clients ; en outre Tournai faisait un commerce très 
actif avec Lyon, Reims, Saint-Omer, Paris, Cambrai, 
Lille, Anvers, Bruges et bien d'autres villes encore. 

Hélas! cette éclatante prospérité de Tournai ne 
devait malheureusement pas persister bien longtemps. 
La fin du X V*" siècle amène avec elle le commencement 
de la décadence. Pendant les guerres entre la France 
et les ducs de Bourgogne, les Tournaisiens, dans le 



(1) E. JoPKKN. La culture de la Vigne à Tournai au XV^ siècle, 
p. 10. 

(2) EuG. i^OiL. Les Tapisseries de Tournai, passim. Tournai, Société 
historique. Mémoires , t. 22 . 



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— 347 — 

seul but de conserver leur fidélité aux rois français, 
avaient consenti à payer des sommes énormes sous 
forme de subsides annuels, lesquels avaient lourde- 
mont grevé les finances de la commune (i). 

Pour recouvrer cet argent, le Magistrat fut forcé 
d'augmenter les anciens impôts ou d'en établir de nou- 
veaux sur les objets de consommation et les matières 
premières nécessaires à l'industrie. On imposa les 
laines, les fils, la soie, la bière, le vin, les blés; tout 
ce qui rentre dans une ville, en sort ou s'y fabrique 
était taxé ; on fit des emprunts onéreux sous forme de 
ventes de rentes, et on jeta par toutes ces mesures une 
grande perturbation dans la situation économique de 
Tournai et du Toumaisis. Le commerce avec les con- 
trées voisines ne se fait plus que grâce à une neutralité 
chèrement acquise (2) ; la vente des objets fabriqués 
ainsi que l'achat des matières premières n'ont plus 
lieu que très difficilement avec des pays dont les habi- 
tants, somme toute, haïssent les Tournaisiens, à cause 
de leur fidélité à la France. Aussi, au commencement 
du XVP siècle, le déclin de l'activité industrielle, 
favorisé, à notre avis, par la trop grande intensité de 
vie politique qu'avait créée l'application abusive de la 
charte de 1424, peut-être même par le caractère de 
l'artisan tournaisien facilement entralnable et sûre- 
ment par des calamités de tout ordre qui surgirent à 
cette époque, se manifestait par des signes qui annon- 
çaient une prochaine et irrémédiable décadence. 



(1) Voir plus haut, page 308, note 1. 

(2) Four bien comprendre la difficulté qu*éprou valent alors les 
Tournaisiens dans leurs transactions commerciales, il faut se rappeler 
la situation géographique de Tournai et du Toumaisis, enclave fran- 
çaise entourée par la Flandre, le Haiuaut et TArtois, possessions des 
ducs de Bourgogne, ennemis des Français. 



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— 348 — 

La prise de Tournai par Henri VIII n'était pas de 
nature à entraver ou à arrêter cette marche vers les 
jours de malheur et de tristesse où sombrerait à tout 
jamais la prospérité de Tournai. Quelle était alors la 
situation des campagnes environnant la principale 
commune du Tournaisis? Les campagnes ravagées et 
rançonnées par des bandes de maraudeurs (i), se dépeu- 
plent et ne produisent plus assez de blé pour nourrir les 
habitants delà petite province du Tournaisis. Anvers et 
la Picardie deviennent alors les grands centres d'appro- 
visionnement. Et c'est pour mettre obstacle à cette 
situation déplorable que les Tournaisiens en février 
1514, réclament et obtiennent de Henri VIII le réta- 
blissement du droit d'étape ou de missics, droit dont 
ils avaient en temps de prospérité abandonné la jouis- 
sance, et en vertu duquel le sixième de toute cargaison 
de grain qui remontait ou descendait l'Escaut, devait 
être exposé en vente à Tournai (2). Dans la banlieue et 
même dans l'intérieur de Tournai, la culture de la 
vigne, grâce à la situation troublée des campagnes et 
aux mesures fiscales exorbitantes nécessitées par la 
pénurie des finances communales, devient peu produc- 
tive, et les Tournaisiens laissent dépérir les vignobles, 
leurprocurant un vin que les gens du terroir estimaient 
autant que les vins français et qui avait antérieurement 
rapporté au trésor de la commune plus d'un tiers de 
son revenu total (3).. Cet abandon de l'industrie vinicole 
oblige les Tournaisiens à s'adresser à la Bourgogne ou 
à l'Allemagne, pour leur consommation quotidienne ou 
les présents de vin qu'ils ont la coutume d'offrir aux 



(1) Preuve XLIV. 

(2) Preuve XXXI. 

(3j E. .loPKEN. Op. cit,, p. 30. 



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— 349 — 

ambassadeurs et personnages influents arrivant dans 
leur ville. D où diminution progressive des recettes et 
augmentation des dépenses. 

La situation financière de la ville elle-même est 
déplorable ! Certes, si on ne devait la juger que par les 
comptes communaux, la gestion des deniers publics, 
semblerait au premier aspect, se présenter dans d'excel- 
lentes conditions. Un examen superficiel des comptes 
donnerait, en efiet, pour les cinq années de domination 
anglaise (i), toute récapitulation faite, un excédent de 
recettes d'environ trois mille sept cents livres tournois, 
soit à peu près soixante-deux mille quatre cent vingt 
francs de notre monnaie (2). Mais ce n'est là qu'un 
résultat apparent et fictif : Tournai ne paye plus les 
intérêts de ses rentes, et en 1514, il est redevable à 
certains de ses rentiers de huit termes d'arrérages (3). 
Les Consaux un moment alarmés, écrivent au roi 
Henri VIII que « la ville est chargée d'une si grande 
quantité de rentes, que tout son revenu ne suffirait à 
payer les rentiers (4). « 

Cet état lamentable des finances communales n'est 
pas imputable aux Anglais, puisqu'avant l'arrivée à 
Tournai de ces derniers, les arriérés s'accumulaient 
déjà depuis 1505; il est né avec les premières années 
du XVI® siècle, au moment où commençait à s'affirmer 
le déclin de l'activité industrielle et conmierciale de 
Tournai. Mais à toute évidence, la guerre n'a point 



(1) Nous prenons cette période, parce que nous l'avons étudiée 
particulièrement . 

(2) La livre tournois à cette époque avait une valeur relative équiva- 
lente à seize francs soixante c~ de notre monnaie. V d'àvbnbl. La For- 
tune privée à travers sept siècles^ p. 37 et 70. 

(3) Tournai. Archives communales Consaux. Reg. n® 178, fol. 21 1 . 

(4) Preuve XLII. 

ANNALBS. y. 23 



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— 350 — 

apporté de remède à une situation aussi pénible ; elle 
n'a pu, au contraire, qu'accélérer la marche déjà com- 
mencée vers l'appauvrissement de la commune. Qu'ar- 
rive-t-il, d'ailleurs, après le siège? Tournai doit payer en 
une fois cinquante mille écus d'or (i), fournir annuelle- 
ment une aide royale ordinaire et extraordinaire d'un 
import total de dix mille livres, réparer ses remparts 
par ordre du roi, travaux auxquels on consacra en 
moins de trois ans près de seize mille livres tournois. 
Et chaque année, plus de sept mille huit cents livres 
tournois de rentes ne sont point payées! Du reste, com- 
ment pouvoir amortir les dettes dans de pareilles con- 
ditions ! Aussi, les résultats de cette aggravation des 
dépenses ne sont pas difficiles à prévoir. Les artisans 
tournaisiens s'expatrient en masse, les uns, parce 
qu'ils connaissent la mauvaise situation des finances 
de leur commune et qu'ils prévoient la création d'impôts 
nouveaux qu'ils seront presque seuls à supporter avec les 
petits bourgeois; les autres, parce qu'ils préfèrent ne 
point jurer à l'Angleterre un serment de fidélité qu'ils 
pourraient être un jour tentés de violer. D'un autre côté, 
les bourgeois possédant des rentes sur la ville, qui 
déjà ont dû faire abandon de plusieurs années d'inté- 
rêts de leur argent et qui pressentent devoir faire de 
nouveaux sacrifices, réalisent leur fortune, abandon- 
nent Tournai et émigrent dans les Pays-Bas et surtout 
en France (2). 

(1) De 1512 À 1540, la livre tournois eut une valeur relative moyenne 
de 16 fr. 60; Técu d'or au soleil valant lui-même 1 livre 16 sols, repré- 
senterait donc une somme de près de 30 francs. (V. Natalis de Waillt. 
Mémoires de l* Académie des Inscriptions , t. XXI, 2® partie, pages 
252 à 257 et 403 à 405. — d'Avenel. X. c). Les 50.000 écus d'or au 
soleil équivaudraient donc à une somme de près de un million cinq 
cent mille francs de notre monnaie. 

(2) Preuve XXVII. Cette conclusion peut être tirée de la preuve elle- 



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— 351 — 

Henri VIII vraisemblablement étonné des propor- 
tions considérables que prend Texode volontaire des 
habitants de Tournai, croit devoir s'en plaindre aux 
Consaux. Non seulement, il leur demande d'user de 
leur influence pour faire rentrer dans Tournai ceux 
qui en sont partis, mais il les prie encore d'engager 
ceux qui se trouvent sur le point de quitter leur ville, 
à y demeurer et à s'occuper de leur métier (i). Il pro- 
longe même de quarante jours le délai de prestation 
du serment de fidélité pour des marchands tournaisiens 
se trouvant momentanément à Lyon, à Rouen et à 
Paris, dans la crainte que ceux-ci ne reviennent plus 
habiter leur cité (2). 

Pour rentrer dans les vues du roi et pour empê- 
cher autant qu'ils le peuvent, cette dépopulation qui 
menace la richesse publique jusque dans ses sources, 
les Consaux reprennent le droit à!escarsaige (3) à celui 
à qui ils l'avaient afiermé et mettent obstacle à la sortie 
des habitants (4). Ensuite, pour favoriser et même pro- 
voquer le retour dans leur ville des expatriés volon- 
taires, ils se font octroyer par Henri VIII le 19 mars 
1514, une charte qui libère la ville de Tournai du 

môme, puisque Henii VIII recommande aux Tournaisiens qui tou- 
draient s'expatrier, les pays de Tarcbiduc Charles. 

(1) Preuve XXVII. Henri VIII avait cependant autorisé les Toumai- 
naisiens le 6 octobre 1513 (preuve XXIII), & quitter leur ville, pourvu 
qu'ils n'allassent pas habiter en pays ennemis. Il est permis de supposer 
que cette émigration avait pris de trop grandes proportions, d'où les 
plaintes de Henri VIII. 

(2) Preuve. 

(3) Le droit d'escarsat^e, d'escari ou d'issue se percevait sur tous les 
biens meubles ou immeubles donnés ou légatés à des étrangers par des 
bourgeois de Tournai ; sur les meubles des Tournaistens qui abandon- 
naient leur ville ou sur ceux des étrangers qui venaient y fixer leur 
résidence. Preuve XXIf . 

(4; Preuve XXVI. 



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— 352 — 

paiement des rentes et pensions dues à des Tournai - 
siens habitant des pays hostiles à l'Angleterre (i), et 
le 12 mai de la même année, ils obtiennent de 
Maximilien d'Autriche une autre charte qui leur per- 
met, en fait, de ne plus acquitter les arrérages et les 
rentes dont ils étaient redevables envers les Tournai- 
siens émigrés dans les Pays-Bas (2). 

Tournai, qui par l'application rigoureuse de ces 
deux chartes assez iniques, aurait pu remettre ses 
finances en état, n'avait malheureusemant pas encore 
épuisé la série des calamités. 

En juillet 1514, une terrible peste vint frapper 
à coups redoublés dans la population déjà plus 
qu'éprouvée, faire disparaître en moins de quinze mois 
de temps, de treize à qttatorze mille vies, favoriser 
encore l'émigration voulue des Tournaisiens vers des 
villes non contaminées et achever de réduire une popu- 
lation de près de cinquante mille âmes à trente mille 
personnes à peine (3). Ajoutez-y encore la disette de 
blé, la suspension de toute industrie, la cessation de 
toute transaction commerciale, et voilà le tableau 
qu'offrait Tournai vers la fin de l'année 1515. 

Henri VIII a pu autoriser les Tournaisiens à com- 

(1) Preuve XXXIII. C'était la France qui était visée par c^tte charte. 

(2) Preuve XLVIII. 

(3) Preuve XLII. La population de la ville de Tournai, au commen- 
cement du XVI^ siècle peut être estimée & plus de cinquante mille 
âmes. En effet, les Consaux évaluent le 8 août 1516, le nombre des 
morts par la peste entre treise et quatorze mille; sur Tordre du gou- 
verneur d*approvisionner la ville de trois rasières de blé par habitant 
M giand et petit ^, les Consaux font acheter en septembre de la même 
année à peu près 1 10.000 rasières de blé, ce qui nous donne k 3 rasières 
par habitant, plus de trente-six mille Tournaisiens, et si Ton porte à 
deux mille le chiffre des expatriés volontaires, ce qui est loin d*étrti 
exagéré en présence des plaintes de Henri VIII, le total moote entre 
cinquante-un et cinquante-deux mille habitants. 



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— 353 — 

mercer librement en Angleterre, ordonner l'entrée des 
laines anglaises en franchise dans Tournai, de peur 
« de causer la ruine totale du peuple qui s'occupe en 
grande majorité du travail des draps (i) », l'industrie, 
à cause de la mortalité et de l'émigration, manque de 
bras et de ressources; et à cause de la dépopula- 
tion ou de la pauvreté générale, les censés ne sont 
plus affermées ou le sont insuffisammen,t. Le com- 
merce avec la France est suspendu ou presque nul, 
car les Tournaisiens riches retirés dans ce pays, 
auxquels en vertu de la charte du 19 mars 1514, les 
rentes arriérées ne sont point payées, arrêtent les 
produits des marchands tournaisiens pour se couvrir 
de leurs pertes d'argent. A Abbeville, à Amiens, des 
draps appartenant à un marchand de Tournai, Nicolas 
Meurisse, sont capturés, saisis et vendus au profit de 
Jean Coulombe, à qui la ville de Tournai doit des 
rentes (2). A Lyon et dans les Pays-Bas même, à Lille, 
en dépit des chartes, des procédés semblables sont 
employés (3). Et les Tournaisiens dans leur détresse, 
ne sont plus en état de verser au Trésor royal l'aide 
extraordinaire de quatre mille livres tournois, ainsi que 
l'avait stipulé le traité de capitulation du 23 septembre 
1513 (4). 

On pourra facilement apprécier par ce rapide coup 
d'œil jeté sur les vingt premières années du XVP siècle, 
quelle était, en 1519, la situation économique de Tour- 

(1) Preuve XXXII. 

(2) Preave XLV. 

(3) Cf. Tournai. Archives communales. Comptes généraux de 1513 
À 1518. 

(4) Au moment de la restitution de Tournai & la France, les Tournai- 
siens deTaieot encore à HoDri VIII une somme de vingt-trois mille 
livres tournois sur les quarante mille qu'ils devaient acquitter en 
dix ans. 



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— 354 — 

nai. Aussi, n'avons-nous aucune hésitation à affirmer 
avec M. Jopken, que de cette époque date la décadence 
définitive de Tournai (i); décadence matérielle qui, 
par l'accumulation des misères et des ruines des 
années antérieures, amena une dépression morale si 
grande, qu'elle atteignit l'esprit public dans ses 
sources les plus profondes et brisa le ressort de la 
démocratie (2). 

Et de cette décadence, Tournai, malgré tous les 
efforts faits par le gouvernement et le pouvoir com- 
munal dans le cours du XV IP et surtout du XV III* 
siècle, Tournai, après trois siècles accomplis, n'a su 
encore s'en relever. 



CHAPITRE V. 
Pièces Justificatives. 

1. 
BraxeUes, 22 octobre 1478. 

Maœimilien d'Autriche et Marie de Bourgogne accordeyit 
aujc I'ou7*naisiens le droit de commercer avec leurs stg'ets, à 
coyidition de ne point recevoir de gaimison. 

Maximilien et Marie par la grâce de Dieu duc d'Austrice, de 

(1) Nous disons » décadence définitive -, car vers la fin du XI Y" 
siècle, à la création du bailliage de Tournai-Toumésis, de 1383-1393, 
Tournai à cause des exactions des officiers royaux et pour d*antres 
raisons qu'il serait trop Jong d'énumérer, était entré dans Tère de la 
décadence. Mais cette décadence ne fut que momentanée, et après la 
révolution démocratique de 1422-24, Tournai recouvra son activité in- 
dustrielle et reprit ses transactions commerciales un instant suspendues. 

(2) M. E. JoPKBN dans son étude sur La Culture de la vigne^ p. 34, 
et dans ses Miettes paléographiques, \^^ fasc., p. 13, arrive, en se 
plaçant à un autre point de vue, k une conclusion identique à la 
nôtre. 



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— 355 — 

Bourgongne, de Lothier, de Brabant, de Lembourg, de Luxem- 
bourg et de Gheldres, conte de Flandres, d'Artoys, de Bour- 
gongne, Palatin, de Hajnnau, de Hollande, de Zeellandc, de 
Namur et de Zuytphen, mai'cquis du Sainct Empire, seigneur et 
dame de Frise, de Salins et de Malines, à tous ceulx quj ces 
présentes lettres verront, salut. 

Comme pour certaines causes à ce nous mouvans ayons 
faict prendre et mectre en nostre main comme à nous acquis 
et confisquez toutes les rentes béritables fiefz terres censses 
revenues pentions à vie, et aultres héritaiges et biens quelz- 
conques que ceulx de la ville et cité de Tournay et du pays et 
bailliage de Tournesis, Sainct Amand et les appertenances, 
avoient en nos pays et seigneuries et certaine partie d'iceulx 
donné, faict lever et appréhender et aussy à cause de la 
guerre ne avons voulu soufirir ne permectre que on leur menast 
de nosdiz pays ne laissast passer, parmi iceulx aulcuns vivres 
denrées ou marchandises ne en nosdiz pays les laisser commu- 
nicquier marchandanmient ne aultrement, et il soit que les pre- 
vost jui'ez, eschevins, esgardeurs, doyens, bourgeois, manans et 
communaulté de ladicte ville et cité de Tournay, du povoir et 
banliewe dicelle pour eulx et ceulx dudit pays et bailliage de 
Tournesis, Sainct Amand et les appeiienances, quy au paravant 
avoient accoustumé hanter et converser en nosdiz pays dont 
sont environnez et en iceulx faict plusieurs acqucstz, nous ayent 
faict oifrir que se nostre plaisir est de lever nostre main et tous 
aultres empeschemens mis en leursdiz biens à cause de la guerre 
et leui* en ottroyer la joyssance et aussy permectre la hantize 
conversacion et communication de nosdiz pays et subjectz, ilz 
nous prometteront que durant le temps de ceste présente trêve 
ou aultre trêve que cy après poldroit venir ou estre faite, ne 
feront, souffriront, procuront ou feront faire directement ou 
indirectement par quelcque voye ou manière, que ce soit, par 
leurs manans ou subjectz ou aultres estans en ladicte ville et 
povoir de Tournesis, guerre à nous, noz pays et subjectz, ne 
aussy recepvront ou soustiendront en leurdicte ville ganiison de 
gens d'annes soubz umbre de la garde de la ville ne aultrement, 
et ne bailleroient passaiges à aulcuns gens d'armes, et bailleront 
doresenavant enthière joyssance à nos subjectz et aultres quy 
ont tenu nostre party de tous leurs héritaiges et bien quelcon- 
ques qu'ilz ont esdictes ville de Tournay, bailliage de Tournesis 



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— 356 — 

Sainct Amaiid et les appertenances, et les laisseront désormais 
hanter et converser en ladicte cité et bailliage et les y tiendi'ont 
et feront tenir sceurs comme en tamps de bonne et ferme paix, 
et à faire et accomplir les choses avant dictes et chascune 
dicelles sans aulcunement les enfraindre ou souffrir enfraindre 
se obligeront à paine de perdre perpétuellement tant les biens 
que le corps de ladicte ville comme les particuliers manans et 
habitans en icelle ont gisans en noz pays et seignouries, lesquelz 
biens ilz consentiront audit cas estre à nous commis et confisquez 
sans ce que ou cas dessusdit ilz y puissent jamais clamer aulcun 
droict, renonceront quant ad ce à tous relief mens et provisions 
qu'ilz poldroient cy après impetrer du Roy, et aultres choses 
quelzconcques quy aidier les poldroient au contraire, et sur tous 
nous bailleront leurs lettres patentes, en nous requérant hum- 
blement que nostre plaisir soit à ce les recepvoir et sur tout 
leur ottroyer noz lettres en forme deue, scavoir faisons que 
nous les choses dessusdictes considérées et eu sur icelles bon 
advis et meure délibération de conseil, ausdiz prevostz, jurez, 
eschevins, esgardeurs, doyens, soubdoyens, bourgeois, manans et 
communaulté de ladicte ville et cité de Tournay povoir et 
banlieue dicelle, inclinans favorablement à leurdicte supplication 
et requeste, et moyennant les promesses et sceuretez avant 
dictes et chascune dicelles, avons pour eulx et ceulx dudit pays 
et bailliage du Tournesis, Sainct Amand et les appertenances 
ottroyé, accordé et consenty et par ces présentes non obstant la 
guerre et ce quy en deppeiis ottroyons et accordons et consen- 
tons les poincts et articles cy après déclairez. 

Premièrement que losdiz bourgeois manans et habitans de 
ladicte ville et cité de Tournay du povoir et banliewe dicelle et 
desdiz bailliages de Tournesis iront et converseront doresenavant 
durant le temps de la présente guerre et des trêves que y sont 
et d'aultres se aulcunes en estoient accordées cy après en noz 
pays avecq noz subjectz et par tout ailleurs ou bon leur sam- 
blera, fréquenteront marchandamment et au It rement en nosdiz 
pays terres et seignouries et samblablement nosdiz subjectz 
auront esdictes ville, cité, povoir de Tournay et pays de Tour- 
nesis avecq les manans et habitans en icelle ville, povoir et 
bailliage communication, hantise et conversacion les ungs avecq 
les aultres comme ilz ont et avoient pardevant en temps de 
bonne et ferme paix, sans que aulcun destourbier leur puist 



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— 357 — 

estre faict par nosdiz subjectz ou aultres, aulcune guerre, et 
les y garderons de toutes prinses, courses, mis ou donné en 
corps ne en biens. 

Item, que durant le temps dessusdit nous tiendrons lesdiz de 
Tournay et pays de Tournesis en nosdiz pays et seignouries en 
toutte sceureté, sans leur faire ne souffrir estre faict par nosdis 
subjectz ou aultres aulcune guerre, et les y garderons de toutes 
prinses, courses et destrousses d'ennemys, et sy ne soustiendrons 
ne souffrirons estre soustenu en nosdiz pays ou ailleurs esdiz 
povoir personne aulcune quy en icelluy nostre pays ou ailleurs 
esdiz povoir de Tournay et bailliage de Tournesis sur eulx ou 
leurs biens f croient ou aueroient faict aulcun arrest, prinse 
destourbier ou dommage. Mais le feront punir par justice et 
constraindre par prinse de corps, vente, explectacion de leurs 
biens à plaine restitution, et sy garderons lesdiz de Tournay et 
de Tournesis de lettres de marcques, contremai^cques accordées ou 
à accorder pour raison d'aulcunnes entrefaictes avenues par 
aultres que par ceulx desdictes ville, cité et povoir de Tournay 
et desdiz bailliage. Et aussy les perscverens de toutes aultres 
emprinses et nouvellitez à eulx préjudiciables et qu'il leur 
polroient estre faictes cy après par aulçuns noz subjectz, moyen- 
nant et pai'my ce que lesdiz de Tournay et Tournesis feront et 
seront tenus de faire le semblable à nosdiz subjectz. 

Item, avons en oultre par ces présentes levé et osté, levons et 
ostons à pur et à plain nostredicte main quy mise et assise avoit 
esté à tous les biens desdiz de Tournay et Touiiiesis taut rentes hé- 
ritables et viagières, fiefzhéritaiges, censses, revenues, proufRctz, 
et emolumens diceulx comme debtes, marchandises et aultres 
quelz, ne ou quibî soient en nosdiz pays et seignouries en tel 
estât qu'ilz sont de présent, et voulons que tous lesdiz bien à 
eulx prins et saisis quy sont encoires en estre quy leur com- 
pétent et appertiennent ilz ayent la plainne et enthière joys- 
sance et main levée comme à eulx et leur droict appeHenant, 
non obstant quelconcques donnations ou quictances que par 
manière de récompense ou aultrement en avons faict parcy 
devant ou ferons cy après que ne voulons tenir ne sortir effect, 
ne que ceulx ausquelz ilz ont esté ou sei'oient donnez en prou- 
fictent pourveu toutes voyes que lesdiz ayans obtenu lettres de 
récompense de nous sur les biens desdiz de Tournay quy ayent 
faict mectre lesdictes lettres à exécution durant ces présentes 



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— 358 — 

divisions démoliront paisibles de tous les meubles qu'ilz auront 
prins et appréhendez par vertu dicellcs lettres de récompense 
ensemble aussy des fruictz et levées des rentes héritables apper- 
tenant ausdiz de Tournaj qu'ilz auront au moyen desdictes 
lettres de récompense receu et exploitez en accordant ausdiz de 
Tournay pays et bailliage de Tournesis et Sainct Amand que 
desdiz biens et de tous aultres qu'ih ont et aueront en nosdiz 
pays et seignouries ilz puissent doresenavant francement et pai- 
siblement durant le temps dessusdit joyr et user sans aulcun 
empeschement, ce entendu toutesfois que lesdiz de Tournay et 
pays de Tournesis quy tiengneut de nous fiefz serviront toutes 
et quantesfois qu'il appartiendra. Item, que pareillement noz 
subjectz quelz quilz soient ou aultres quy ont tenu nostre party 
joyront plainement et paisiblement des biens meubles héritaiges 
rentes, revenues, debtes, et marchandises qu'ilz ont esdictes cité 
et povoir de Tournay et pays de Tournesis, et sy n'est point 
nostre intention que ce présent traictié face au demourant pré- 
judice ausdiz de Tournay et pays de Tournesis touchant le 
traictié général de la paix se aulcun s'en faisoit cy après, mais 
en joyront et poldront proufiter comme les aultres. Toutes les- 
quelles choses et chascune dicelles nous avons promis et pro- 
mettons en bonne foy et en parolle de prince de entretenir et 
accomplir sans aulcunement enfraindre ne aller à rencontre par 
quelcque voye ou manière que ce soit, pourveu toutesvoyes que 
lesdiz de Tournay ne feront, pourchasseront, solliciteront ou 
procureront faire ne feront faire pourchasseï' ou solliciter ou 
procurer aulcune chose quy nous puist pointer préjudice ne à 
nosdiz pays terres et seignouries, et donnons en mandement à 
noz amez et feaulz les presidens et gens de noz chambres de 
conseil en Brabant et en Flandres, à nostre gouvei'neur de Lille 
et Douay, à nostre grand bailly de Haynnau, à nostre souverain 
bailly de Flandres et à tous noz aultres officiers et justiciers 
cuy ce regardera que le contenu en cesdictes présentes ilz 
publient et dénoncent ou fâchent publier et nonchier par tout ou 
il appertiendra et ledit contenu entretiengnent gardent et obser- 
vent ou facent entretenir garder ou observer inviolablement de 
point en point, sans aulcunement aller ne souffrir aller au con- 
traire, et pour ce que de ces meismes présentes l'on polra avoir 
à faire en plusieurs et divers lieux nous voulons et ottroyons 
que au vidimus faict soubz le seel autenticque ou copie colla- 



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— 359 — 

tionnée et signée de Tung de noz secrétaires foy soit adjoustée 
comme à ce présent original. 

En temoing de ce nous avons faict mectre nostres seel ad ces 
présentes. Donné en nostre ville de Bruxelles, le xxn® jour 
d'octobre Tan de grâce mil quattre cens soixante dix huyt. 
Ainsy signé sur le ploy. Par monseigneur le duc et Madame 
la duchesse, les Contes de Sainct Pol et Chimay premier cham- 
bellain de Sire de Wierre chief du grand conseil, le Sire de 
le Grutuise chevalier d'honneur, le Seigneur de Labregement 
et aultres presens, et de secrétaire Numan. 

Tournai. Bibliothèque communale. Ma- 
nuscrit n** 214. 



II. 
12 Juillet 1618. 

Les Consauw informent les Toumaisiens du siège de 
T&rouanne et 'prennent différentes mesures de défense. 

On vous fait assavoir que Mess, les quatre consaux de ceste 
ville et cité advei-tis de la descente de grans nombre d'Englois, 
anchiens ennemis du Royaulme de Franche et que plusieurs 
seigneurs des pays voisins et grans nombre de gens avec qu'eulx 
se sont mis et joints avec et en l'ayde desdicts Anglois, lesquelz 
ensemble ont mis le siège devaut la ville de Thérouenne, appai'- 
tenant au Roy nostre sire, voeillans mesdisseigneurs les œn- 
saulœ garder et entretenir la xraye fidélité y foy et loyauté 
qtiilz ont au Roy, nostre dict seigneur et obvier aux entre- 
prinses que on poroit ou volderois faire sur ceste, sa ville et 
cité, et pouiTcoir à la garde, deffence et tuition d'icelle, ont 
par manière de édit et statut fait et ordonné ce qu'y s'ensuit : 

C'est assavoir qu'il ne soit bourgois, chiefz d'ostel ne manans 
de ceste ville et cité de quelque estât ou condicion qu'il soit 
ayant demouré an et jour en icelle ville, quy d'huy en avant se 
porte, ne voist hoi*s de la dicte ville pour demourer et tenir 
résidence ailleurs que en icelle, se ce n'est par grâce et congié 
de mesdisseigneurs les consaux, sur estre tenu et réputé pour 
non bien vuellant au Roy nostre dict seigneur et à ceste, sa 
dicte ville et cité, et de confiscation de corps et de biens, excepté 
belistres, mendians, huiseulx et vacabondes auxquels nagaires 



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— 360 — 

par cry publicq a esté commandé de widier la dicte ville et 
ausquelz encores présentement mesdicts seigneur font comman- 
demens de partirs, et eulx absents de ladicte ville pouoir et 
banlieue dicelle, sur les peines y apposées par le dict cry. 

Tournai. Archives Communales. Publi- 
cations. Reg. n° 341 fol. 3, r«. 



m. 

Lille, 3 septembre 1613. 

Mandeynent de Vempcreur et de Varchiduc Charles défen- 
dant aux gens de guerre de ynolester les habitants de Tournai 
et du bailliage (i). 

De par TEmpereur et Archiduc. 

A nostre gouverneui' d'Arras ou son lieutenant, salut. 

Comme il soit venu à nostre cognoissance que pluiseurs com- 
paignons de guerre et autres tant de cheval que de piet se ingè- 
rent et avancent loger et faire courses et entreprinscs sur les ma- 
nans et subgetz de la ville de Tournaj bailliage de Tournesis, Mor- 
taigne, Sainct Amand et leurs appertenances, y prenant prison- 
niers les menant par noz pays et autrement les molestant contre 
nostre plaisir et intencion, et non obstant certaines deflfenses et 
mandemens puis nagaires publiez de par nous au contraire, au 
moyen de quoy la communication aimable et entrecours de 
marchandise de longtemps accoustumée et observée, entre noz 
pays et subgetz et lesdiz de Tournay, Tournesis, Mortaigne, 
Saint Amand, leui^ appertenances, pourroit cesser et pénr, et 
si pouroit la labeur estre habandonnée, au grant préjudice du 
povre peuple, se remédie ny estoit, entant que à Toccasion 
desdictes coursses et entreprinses les labouriers pour eulx pré- 
server d'icelles, sont constraints de habandonner et de fait 
habandonnent journellement leurs maisons et labeurs, pourquoy 
nous desirans obvier à telz dangiei*s et inconveniens, lesquelz 

(1) Quelques-unes de ces chartes ont été imprimées dans les Ordonnances 
des Pays-Bas, t, 1 et 2 ; mais elles ont été éditées d'après un manuscrit dit 
Varia reposant auparavant aux Archives de l'Etait à Tournai, alors que les 
Archives communales de cette ville possèdent les originaux, ce qui explique 
les erreurs de date et de transcription qu'on y rencontre parfois. C'est pour- 
quoi nous n'avons pas hésité à les rééditer ici dans nos preuves. 



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— 361 — 

pour le bien de paix communicacion et entrecours de marchan- 
dise ne se doivent tollerer ne pannectre, et ne voulons estre 
souifers ne permis, vous mandons et expressément commandons 
par ces présentes que vous vous acquitez tellement en l'execu- 
cion de nosdis mandemens et deffenses es mectes de vostre juris- 
diction, que les occasions des plaintes et doléances qui journel- 
lement nous viennent desdictes entreprinses cessent, et en 
confortans nosdictes deffenses, faictes incontinent et sans delay 
de rechicf cryer et publier de par nous par tout ou loy a accous- 
tumé faire criz et publicacions, que nul de quelque estât qualité 
ou condicion quil soit et soubz quelque cause couUeur ou occa- 
sion que ce puist estre ne s'avance ou ingère doresenavant faire 
aucunes coursses ne entreprinses, travaillent ou molestent 
aucunement en corps ne en biens, les manans et subgetz dudit 
Tournaj, Tournesis, Mortaigne, Saint Amand et leurs apperte- 
nances, par logiz composicion ou autrement, aussy que nulz de 
noz subgetz ne soustiengne recepte ou loge aucuns desdiz com- 
paignons quelz quilz soient, et ne leur baillent conseil faveur ou 
assistence en manière quelconque, ainchois les appréhendent 
incontinent et sans delay et les admainent à inferre pour les 
pugnir criminellement en corps et en biens, ainsi que par nos- 
dictes autres lettres l'avons ordonné, sans faveur delay ou dissi- 
mulacion quelconque, ordonnant en oultre à tous nosdiz subgetz 
que se ilz scevent aucuns ayans voulenté de faire telles entre- 
prinses ou molestacions ausdiz de Tournay, Tournesis, Mortai- 
gne. Saint Amand et leurs appertenances ou leurs biens, que 
incontinent ilz en avertissent la justice prochaine du lieu, pour 
par icelle y estre pourveu ainsi qu'il appartiendra, à payne qui 
fera le contraire ou sera deffaillant de obtempérer et obéir à 
nosdiz commandemens, d'estre pugniz criminellement à l'exemple 
d'autres, tant les logans conseillans fourcelans non apprehen- 
dans, ou non avertissans justice, comme les principaulx fac- 
teui's, contre lesquelz néantmoins en cas qu'ilz ne peussent estre 
appréhendez, voulons et vous mandons que procédez à bannisse- 
ment criminel de nosdiz pays et seignouries, et à la declaracion 
de confiscacion de leurs biens, ainsi qu'il appartiendi*a par rai- 
son. Car ainsi nous plaist-il, et de ce faire vous donnons povoir 
auctorité et mandement especial, mandons et commandons à 
nostre très chier et féal cousin, lieutenant gouverneur et capi- 
taine gênerai de Flandres et d'Artois, le seigneur de Fiennes, 



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— 362 — 

et à tous noz autres justiciei*s officiei*s et subgetz que à vous en 
ce faisant ilz obéissent et entendent dilligemment et se besoing 
est, et par vous requis en sont vous ajdent et assistent par la 
main forte, ainsi et par la manière que leur ordonnerez, telle- 
ment que soyons obejz, cessans tous contrediz et empeschement. 
Donné en nostre ville de Lille, le iij™® jour de septembre Tan 
xv<= et treize. 

Per Imperatorem : 
Margarita. 

Par Tempereur et Monseigneur TArchiduc 
en leur conseil. 

Haneton. 
Toui'nai. Archives Communales. Char- 
trier, layette de 1513. Original sur par- 
chemin, scellé sur double queue. — Im- 
primé dans les Ordonnances des Pays-Bas. 
T. P% p. 272. 



IV. 
4 septembre 1613. 

Les Consaux envoient tine députât ion à Lille près de Mar- 
guerite d'Autriche et reçoivent communicatio7i de lettres de 
Louis XII, 

Le dimence iiij® jour de septembre Tan mil cincq cens et 
treise par l'ordonnance de messeigneui*s les chiefz les quatre 
consaulx furent assemblez et leur fut remonstré comment le 
Roy nostre sire et monseigneur nous avoient rescnpt touchant 
la provision des vins, bledz et autres choses nécessaires, et aussi 
comment lesdiz chiefz lesdepputtez desdiz consaulx, aussi aucuns 
depputez des gens du Roy en ces bailliaiges et de chappitre 
avec pluisieurs bourgois et marchans de ceste ville, lesquebs par 
pluisieurs fois ont esté assamblez et d'un commun accord ont 
esté envoyez aucuns depputez devers Madame de Savoye et ceulx 
du conseil de Monseigneur l'Archiducq estans à Lille, pour entre- 
tenir nosti'e amiable communication desquelz n'avons encores heu 
response absolu te, Pareillement leur ont esté leues les lettres 
que depuis deux jours le Roy nostre dit Sire et Monseigneur 
nous depuis jours escriptes nous advertissant que l'emi^ereur et 



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— 363 — 

le Roy d'Angleterre ont intencion de venir devant ceste ville 
adfin de y mectre ordre tant en fortifficacion que en provision 
de vivres, Et semblableraent pour le sceurté de ceste ville leur 
a esté remonstré comment au tour de ceste ville y a pluisieurs 
fortes maisons et arbres que poroient nujre à icelle, Et sur 
lesdictes matières lesdiz consaulx se sont retirez chascun en 
leurs collèges et après avoir délibéré dicelles matières, à leur 
retour ont l'apporté ce qui s'ensuit, C'est assavoii' que tous d'un 
accord que on fâche à toute diligence par les depputtez à ce 
abattre les arbres nuysans, faire estanchonner les maisons prés 
de la ville, et faire faire commandement que ceulx du pooir 
amainent leurs biens en la ville, et pour assister Sire Jehan 
Liebart et Simon Bourgois jurez à besongner en ce que dit est 
y sont commis Jehan du Cliastillon eschevin, Geromme de Bouloy 
et Gilles Serrurier doyen. 

Tournai. Archives communales. Con- 
saux. Séance du 4 septembre 1513. 



V. 

Le siège des Anglais devant la ville et cité de Toumay, 
ensamble le traictié quy par ce sen ensievyt faict en septembre 
œvc œiy (i). 

Durant le temps que le siège estoit devant Therowane de par 
les Anglois ou estoit l'empereur et pluisieurs aultres seigneurs 
tant d'AUemaigne comme des pays de Monsieur l'Archiduc avec 
grand nombre de gens de guen*e en la compaignie du Roy 
d'Angleterre, si comme les seigneurs de Nassou (2), Ysslestain (:i) , 



(1) Cette relation contemporaine des démêlés diplomatiques qui accompa- 
gnèrent la soumission de la ville de Tournai aux Anglais est extraite du 
manuscrit 214 de la Bibliothèque de cette ville. C'est un récit tellement 
exact — nous avons pris soin de le comparer en plus d'un point avec les 
Registres officiels de nos Archives — que nous n'hésitons pas à dire qu'il 
doit être de la main d'un des députés que la ville de Tournai envoya à diflFé- 
rentes reprises vers l'empereur ou le roi Henri VIII. D'ailleurs l'emploi fré- 
quent du pronom personnel *♦ nous ♦» dans le discours indirect, corrobore notre 
manière de voir. 

(2) Henri, comte de Nassau. 

(3) Floris d'Egmont, seigneur d'Iselstein. 



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— 364 — 

Lingne (i), Wallain, Aymerie et le bastard dudit seigneur 
Dameries et plusieurs aultres en grand nombre et multitude 
jusques au nombre de quattre vingt ou cens mil combatans tant 
de cheval comme de pied y comprins lesdiz Anglois, lesquelz 
après que ladicte ville fut rendue la fisrent démolir et desempa- 
rer. Madame la douagière de Savoye vint en la ville de Lille ou 
elle se tenoit comme faict et présupposer pour estre plus près 
de TEmpereur son père et pour plustost et plus souvent avoir 
de ses nouvelles. Et pour ce que on ne scavoit quel train lesdiz 
seigneurs prendroient après ladicte démolition de Therowane et 
que les aucuns disoient quilz debvoient aller mectre le siège 
devant Monstreul, Boullongne, ou Sainct Quint in, et les aulcuns 
disoient quilz tireroient pardecha pour venir assiéger la ville de 
Tournay ou à tout le moins gaster et fouragier le bailliage et 
le plat pays de à Tenviron et durant l'hyver soy tenir oudit 
bailliage en attendant la saison ; Pour ce aussy que l'on commen- 
choit à faire plusieurs pilleries et roberies, et prendre prison- 
niei*s tant ou bailliage comme sur le povoir de la ville et que 
personne n'osoit aller dehors pour ses affaires et à ceste cause 
cessoit l'entrecours de mai'chandise et communications avecq les 
pays voisins et que on avoit arresté en Haynnault deux ou trois 
chariotz que on amenoit en Tournay chargiez de vin, lesquelz 
neantmoings par ordonnance de ladicte dame de Savoye avoient 
esté mis au délivré et restituez, laquelle par ses lettres closes 
doiniées pour ladicte délivrance se monstroit désirante et affec- 
tée nous tenir en paix et communicacion, nous requérant do 
nostre costé vouloir faire le samblable et à ce nous employer, 
Messeigneurs de la ville par Tadvis et délibération de plusieui*s 
notables gens députez de tous estatz tant de l'église que d'aultres 
commis et esleuz en grand nombre, pour avecq Messeigneui^s 
les chiefz et aultres gens de la Loy de ladicte ville vacquier aux 
affaires dicelle et y entendre et poui*veoir de leur povoir, selon 
que l'exigence du tamps et des matières quy journellement sur- 
viendroient, ordonnèrent envers la fin du moys d'aougst (2) 
envoyer à Lille vers ladicte Dame de Savoye pour le remerchier 



(1) Antoine de Ligne, comte de Fauquemberghe, baron de Ligne et de 
Baillœl (Belœil), seigneur de Montrœil, Tliulin, etc., surnommé le Grand 
Diable, 

{2) Le 21 août 1513. 



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— 365 — 

de son bon vouloir et affection démonstrée par sesdictes lettres, 
ensamble de la délivrance desdiz vins, aiissy affin de tachier de 
parvenir à quelcque bonne provision par son moyen vers l'Empe- 
reur son père et ledit Seigneur Roy d'Angleterre, en soi*te que 
la ville povoir et bailliage ensamble les habitans desdiz lieux 
avecq leurs biens, demourassent en toute sceureté, bonne amour 
et communication avec les pays voins, comme on avoit accous- 
tumé, en allant et venant, et conversant par tout marchandam- 
ment et aultrement; et y furent à ces fins députez Maistre^ 
Jehan Hacquart l'un des conseilliers du Roy au bailliage de 
Tournay et Tournesis, sire Claude Dimenche dit le Lombai-t 
lors juré, et Maistre Michiel Allegambe premier conseiller de 
ladicte ville, lesquelz partirent pour aller vers ladicte Dame Iç 
sabmedy xxvij du mois d'aougst. Après le pai^tement desquelz, 
le joeudy enssievant vers le soir, Messieurs de la ville receu- 
rent lettres de Monseigneur d'Angoulesmes dattées du dernier 
jour d'aougst, et le vendrody matin en receurent unes du Roy 
dattées du premier jour de septembre, assez de samblable subs- 
tance et teneur et contenans en effect, comment il estoit bruyt 
et renommée que l'Empereur et le Roy d'Angleterre avoiènt 
tenu parolles de soy venir trouver devant Tournay pour degas- 
ter ladicte ville et le pays de la environ et que à ceste cause 
fissons bonnes provisions et bonnes garde de ladicte ville, et que 
fuyssons sur nostre guet et que se on avoit à faire de secours ou 
ayde que on les voulsist advei-tir, ensemble de Testât de ladicte 
ville pour y donner ordre en ce quilz polroient et estoient déli- 
bérez et appareillez de ce faire (i). Surquoy par les meismes 
postes et chevaucheurs quy avoient apporté lesdictes lettres fut 
escript ausdiz Seigneurs de Testât auquel on estoit et que à ce 
propos on avoit envoyé vers Madame de Savoye certains députez 
pour scavoir et entendre ce que sambloit estre expédient en cest 
affaire, et aflSn se possible estoit, que on nous laissast paisibles 
et que en ce se volsist employer et nous addreschier et que leur 
responce oye, estoit conclud envoyer vers lesdiz Seigneurs pour 
les advertir de tout, ensamble des fortiffications et provisions de 
ladicte ville, ou on s'estoit employé aumoings mal que on avoit 
peu ; Ausquelz députez estans vers ladicte Dame fut envoyée la 
copie desdictes deux lettres pour le tout entendre, lesquelz 
neantmoings s'emploièrent accomplir leurdicte charge et la 
remercièrent de ce que dict est, luy parlant qu'elle se voulsist 

ANNALES. V. 24 



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— 366 — 

employer tenir ceulx de Tournaj et du bailliage en paix et les 
laissier coiTununicquier et convei»ser sans dangier es pays voi- 
sins, ce que. leur accorda et leur en fîst baillier mandement et 
lettres de justice quy furent publiées à Lille, Arras, Douay, 
Gand, Bruges, Mons et plusieurs aultres villes des pays (i) ; et 
se luy fut davantaige requis quelle se voulsist employer vers 
sondit père l'Empereur affin davoir sur ce lettres et mandemens 
à ce propos du sceu, gré et vouloir dudit Roy d'Angleterre à ces 
fins, nous recommandons à sa bonne grâce et que on estoit venu 
vers elle pour de ce humblement supplier, et requérir et en ce 
avoir son moyen par lequel on avoit grand espoir de bien, et de 
parvenir à ce que dict est Enquoy se promist employer à ce 
propos en escripre audit Empereur son père disant que on se 
povoit bien retourner et que en brief esperoit sur ce avoir 
bonnes nouvelles de sondit père et que prestement icelles 
venues, en advertiroit ladicte ville par homme propre et que on 
sen attendist à elle et que elle en prendoit la charge sans ce 
quil fut besoing attendre ou demourer à Lille à ce propos. Et 
sur ce point retournèrent lesdiz députez le dimenche iiij® de 
septembre lesquek fisrent leur rapport de ce que dict est. Sur- 
quoy neantmoings fut délibéré de rechief envoyer audit Lille 
pour solliciter ladicte dame et attendre la responce dudit Sei- 
gneur Empereur et sur icelle besoingnier avec luy en soiie que 
puyssons demourer en neutralité. Et pour ce que on doubtoit 
que le Roy se mal contenteroit, se euissions faict quelcquc 
traictié avecq ledit Empereur sans son congié ou à tout le 
moings l'en advenir, et aussy affin de l'advertir et adviser en 
enssievant ce que luy on avoit esciipt et à Monseigneur d'Angou- 
lesmes, tout nostre estât et des petites pourvisions et aultres 
nécessitez de ladicte ville et affin sur ce penser et pourveoir à 
nostre affaire selon que le cas requeroit, sans nous bouter en 
guerre se possible estoit, contre le pays ou contre lesdiz Roy 
d'Angleterre et Empereur, lesquelz avoient de grand faveur et 
adhérence desdiz pays, et tant et sy avant que vray samblable- 
ment ne nous euissent jamais administré ne souffert venir en la 
ville vivres au desplaisir desdiz seigneurs, parquoy de legier 
euissions estez affamez, furent envoyez vei*s le Roy quy loi*s 
estoit à Amiens ledit Sire Claude Dimenche et maistre Jehan 

(1; Voir preuve IV. 



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— 367 - 

d'Estables second conseillier de la dicte ville aux fins que dessus, 
pour luy obtenir grâce et congié de faire ledit traictié ou trouver 
quelcque bon expédient alSn de non entrer en guerre et aussy 
se mestiereuist esté, et que on nous euist approchié ou nous faict 
quelcque invasion ou que on nous euist voulu bouter en guerre, 
pour estre secourus et aidiés dudit Seigneur Roy selon que le 
cas le demanderoit et en faire selon son plaisir et voulonté (i), 
lesquelz se pai'tirent le viy® du moys de septembre et s'en allè- 
rent tout di*oict à Amiens sans quelcque fortune, auquel lieu 
arrivèrent le jour enssievant jx® dudit moys et y trouvèrent le 
Roy auquel ilz exposèrent leur charge en remonstrant comme 
faict à supposer le tout ce que dict est pour y besongnier et 
pourveoir selon que le cas le requieroit ; et ce pendant, lesdis 
Maistre Michiel Allegambe et Jehan Hacquart se prepai'oient 
pour retourner à Lille vera ladicte Dame affin de scavoir en quel 
estât on estoit sur la responce dudit Seigneur Empereur et pour 
parachever et poui^ievyr ladicte matière selon l'espoir que en 
avoit baillié ladicte Dame. Mais avant leur partement vint le 
bruyt en ceste ville que lesdiz seigneurs avecq tout leur oost 
estoient devers le Pont à Wendyn, approchant nostre quartier 
comme disoient plusieurs quy venoient de la envers, les aultres 
disoient quilz alloient vers Sainct Quintin. Toutesvoyes telle- 
ment en alla que sans nous semouré et non doubtans, ne cuydans 
leur venue, ledict Empereur et Roy vinrent avecq toutte la bri- 
gade ou estoient plusieurs gi*ans maistrcs et gens de pardecha 
vers ladicte ville assez en dilligence en arrestant ceulx que on 
rencontroit, atiin que on ne nous venist advertir de ce quilz fai- 



(1) A Sire Glaude Dimence juré et maistre Jehan Destables naguères con- 
seillier de ladicte ville pour avoir au mois de septembre l'an 1513 par 
l'ordonnance de M*^ les consaulx et d'aucuns par eulx depputez esté en 
Franche devers le Roy et monseigneur et leur remonstré Testât en quoy 
estoit ceste dicte ville tant en fortiflBcation que en petitte munition de vivres 
pouldres et aultres choses, aussy la provision par lesdiz consaulx obtenue 
de la douaigierre de Savoye adfln de estre entretenus en la communication 
admiable que ceste dicte ville a heu de longtemps avecq les pays voisins, de 
laquelle provision leur fut baillé le double autenticque, et pareillement pour- 
sieuvir et solliciter à toute dilligence ayde et secours estre fait et envoyé à 
ceste dicte ville se ses anemys approchoient dont de ce qu'ilz ont besongné 
ont fait rapport à leur retour. 

Tournai. Archives Communales, compte général, octobre 1513 — 31 mars 
1513 (a. s.)." 



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— 368 — 

soient et de leur venue. Neantmoings le sabmedj x* de septem- 
bre vindrent nouvelles par nuyt à messeigneui^s de la ville par 
ung curé de village envoyé par le Soigneur de Wanehain, lequel 
appella après le guet en disant qu'il estoit envoyé par ledict 
Wanehain pour nous advei'tir que lesdiz Empereur et Roy 
d'Angleterre avecfj toutte leur compaignie retournans de 
Therowane venoient bouter le siège devant Tournay. Au moyen 
desquelles nouvelles chascun se mist en armes et se commencha 
on à disposer à nostre faict au mieulx que on povoit tant sur le 
fait du guet que aultrement, et le sabmedy matin à la poiie 
ouverte au moyen dudict bruiet tous ceulx des fauxbourgs et 
des villages dcntour la ville se retiroient en la ville amenans 
leur bestos et sauvans leui^s biens à grand diligence (i), Et pres- 
tement on alla ledit jour parachever de brusler les fauxbourgs (?) 
et parabattre les arbres et murailles des maisons et plaches 
brûlées lestpielles on avoit commenchié à brûler passé viij ou 
jx jours et abattre lesdiz arbres par importunité et clameur 
populaire, soubz umbre du bruyt qiiy estoit que les Anglois 
deb voient venir mectre le siège devant ladicte ville, et furent 
brûlées avecq lesdiz fauxboui'gs Tabbeye des prez à nonnains, 
la bonne maison de le val, et plusieurs aultres plaches. Ledit 
jour en ladicte ville vers le disner vint de par TEmpereur, ung 
nommé Maistre Ferry Carondelet prothonotaire du Sainct Siège 
apostolicque portant lettres de crédence par ledit Empereur 
addreschantes à Messeigneui»s de la ville, lequel pour sa cré- 
dence exposa que ledit Empereur estoit pressé du Roy d'Angle- 
teri'e, scavoir se la ville de Tournay estoit impeiialle ou nom et 
que sy elle n'estoit imperialle, il entendoit la poursievyr et 
réduire à son obéyssance comme menbre de la couronne, mais 
s'elle estoit imperialle qu'il n'y vouloit touchier (3) et s'atten- 
dant audit Empereur faisant son bon plaisir disant oultre que 
ledit Empereur demandoit le traictier quy se fist en l'an Ixxviij 
par ceulx de ladicte ville avecq le Roy Loys ; à quoy après avoir 
mis la matière en délibération de conseil et des consaulx fut 
rcspondu que on prioit audit Empereur et Roy d'Angleterre 
vouloir envoyer un saulfconduit pour aulcuns députez que on 



(1) Voir Preuve VII. 

(2) Voir Preuve X. 

(3) Voir Preuve VI. 



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— 369 — 

envoyeroit vers eulx ou leur plairoit communicquier sur lesdiz 
pointz et leur faire telle et sy gracieuse responce quilz auroient 
cause par raison estre contens de ladicte ville; surquoy ledit 
Carondelet respondit qu'il doubtoit que ceste responce ne fut 
mal prinse et que on se volsiste declairer affin que il peust faire 
le rapport de tout; à quoy ne baillasmes aultre responce que 
celle que dict est, luy priant soy vouloir employer obtenir ledit 
saufconduit et avoir la ville poui* recommendée vers lesdiz Sei- 
gneurs et à tant ledit Cai*ondelet se partist le dimenche de 
Taprès disné retournant vers ledit Empereur disant tousjours 
qu'il craindroit que ladicte responce ne fut prinse pour refus et 
sans baillier grand espoir dudit saulf conduit. Et prestement 
Messeigneui*s de la ville scachans que Monsieur le Visconte de 
Gand quy tousjours s'estoit démonstré bon amy de la ville 
estoit à Anthoing envoyèrent vers ledit Seigneur Adam le Grut, 
procureur en court laye, garnie de lettres tant de par ladicte 
ville comme par aulcuns particuliers ses bons amys pour luy 
prier de se vouloir trouver vers ledict Empereur et Roy d'Angle- 
terre affin se possible estoit trouver quelcque somme annuelle 
ou bon moyen pour demourer en neutralité et non se mesler de 
la guerre, ne d'ung costé ne d'aultre, en donnant pour à ce par- 
venir quelcque somme annuelle audit Seigneur Empereur ou 
quelcque somme pour une fois. Surquoy les dessusdiz ne pou- 
drent riens besoingnier que preallablement on ne fîst quelcque 
responce sur ladicte déclaracion et que ledit Empei'eur et Roy 
estoient délibérez venir bouter le siège devant la ville et la 
boutter au feu et à l'espée, son attendoit quelle fut pnnse 
d'assault dont aussy nous avoit adverty Jehan de Billemont par 
ses lettres qti'il envoya à la ville le dimenche au soir et pareil- 
lement ledict Seigneur de Wanehain et aultres bien veuillans à 
la ville quy journellement estoient avec lesdiz seigneurs. Et au 
surplus rapporta ledict Adam qu'il trouvoit la chose du tout en 
désespoir nestoit que ladicte ville se rendist audit p]mpereur ou 
Roy d'Angleterre et chambgier de maisti'e. Et ce pendant com- 
raenchoient à faire leur approches, asseoir leur artillerie et 
tirer contre les tours et murailles et dedens la ville, en sorte que 
on fut constrainct commenchier à soy de/fendre en tirant d'artil- 
leries et enterrer aulcunes jiortes et au surplus besoingner à 
tout ce que on povoit en mectant sur aulcuns chief de guerre 
pour conduire les compaignons et pourveoir au faict de la garde 



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— 370 ~ 

de la ville tant de jour comme de nujt. Et y fut commis pour 
souverain Sire Jehan Joseph avecq aultres soubz luy si comme 
Morelet des Tailleurs, Jehan du Pire, Jehan Carnoye et aultres 
ayans chascun soubz luy compaignons sans aultres menues com- 
paignies de guet ordinaire de seiTnent et d'eiFroy, selon que on 
voyoit estre expédient et nécessaire. 

* 
* * 

Le mercredy ensievant jour de la procession de la ville, 
vingt ung herault de par ledit Empereur nommé Thirolt lequel 
demanda parler à Messeigneurs de la ville vers lesquelz il fut 
amené ayant sa coste d'armes lesquelz estoient assemblez en 
halle tenans consaulz, ausquelz il iist la révérence de par ledit 
Empereur, leur disant que ledit Carondelet estoit à la porte 
désirant entrer en la ville, ayant charge de par ledit Empereur 
exposer quelcque chose à Messieui's de la ville pour leui* bien 
prouffîct et advantaige. Vers lequel Carondelet arrivé à son 
logis au Cherf furent envoyé cei-tains députez pour oyr sa 
charge, lequel declaii'a qu'il avoit faict son rapport de son 
voyage précédent qu'il n'avoit point esté prins de trop bonne 
part par ce que ne luy avions baillié responce par laquelle 
lesdiz Seigneurs Empereur et Rx)y pouvissent entendre sy nous 
entendions Tournay estre ville imperialle ou non, et que ce 
nonobstant il s'estoit tellement employé vers lesdiz seigneui*s 
qu'il avoit obtenu ung saulf conduit durant deux jours pour 
envoyer certains députez vers eulx ou leurs commis en la ville 
de Lannoy, declairant neantmoings que sy lesdis Seigneurs 
pensoient que on ne deuist procéder à la déclaration, que jamais 
ledit saulfconduyt ne se fut obtenu ; Surquoy pour soy trouver 
en la ville de Lannoy, le joeudy au matin furent députez Mon- 
seigneur l'abbé de Sainct Nicolas, Messeigneurs Charles de Crequy 
doyen et chanoine de Tournay, Maistro Pierre Cotrel vicaire 
général de l'eveschié, lesdiz Maistre Jehan Hacquart et Michiel 
Allegambe, Jehan Haize grand doyen maistre Jacques Bachelier 
advocat du Roy et ledit Adam le Grut. Durant lequel temps les 
ennemis faisoient tousjoure leui's approches et se continuoit la 
batterie de plus en plus. Item aussy durant ce temps et aupai'a- 
vant dès le vendredy jx® de septembre, sur le bruyt quy estoit 
ceulx de la ville envoyèrent secrètement plusieurs messaigiei's 
tant religieux que aultres vers le Roy et vers lesdiz Sire 



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— 371 — 

Claude, d'Estables estaiis à Amiens pour les advertir de nostre 
estât et nécessité et avoir quelcque secours; desquelz niessagiers 
ne eurent quelcque responce et nen votèrent quelcques nouvel- 
les, ains au contraire par lettres et aultres messaiges que jour- 
nellement on avoit et meismement par le rappoi-t d'aulcuns de 
ceulx que on avoit envoyé, nj avoit quelcque espoir ne appa- 
rence d*avoir secours de par le Roy en quelcque faclion que ce 
soit, tant au moyen de ce que tous les passaiges estoient clos 
par les ennemis, comme aulti'cment que de plus en plus croissoit 
la craincte et désolation de ceulx de la ville quy nestoient 
guaires proveuz de pouldres ne d'artilleries, ne de gens pour en 
tirer et aussy que les affus de Tartillerie de la ville estoient 
tant vieulx que à chascune fois qu'on tiroit ung baston, les 
affus et bendes de fer se rompoient; lesquelz députez dessus 
déclairez se pai-tii'ent le joeudy au matin pour aller audit 
Lannoy avecq ledit Carondelet lequel souppa le soir, jour de la 
procession, en la maison de Monseigneur de Tofficial de Cordes, 
quy estoit de sa congnoissance scolastique et l'acompaignèi'ent 
aulcuns desdiz députez à intention et fin de gaignier sa grâce 
pour tousjours estre nostre moyen vers lesdiz Seigneurs en 
nostre aflaire. Et prestement qu'on fut arrivé audit Lannoy, on 
trouva les députez desdiz Seigneui^s Empereur et Roy, ascavoir 
Sire EdouaH de Ponyneges, chevalier de la gertièrc et contre- 
rolleur d'Angleterre, maistre Robert de Winnevelt orateur 
dudit Seigneur Roy d'Angleterre vers l'Empereur et le maistre 
des Rolles d'Angleterre, homme de robbe longue, tous députez 
avecq ledit Carondelet pour communicquier avecq ceulx de la 
ville, lesquelz tindrent leur communicacion en la chappelle 
dudit Chasteau, par laquelle communication fut tachié et con- 
tendu par ceulx de la ville de povoir demourer en neutralité 
sans soy mesler d'une pai*tie ne d'aultre, en donnant quelcque 
somme annuelle ou comptant audit Empereur, affin que on 
demoura en paix en communicant avecq les paix voisines et par 
tout ailleurs, comme on avoit accoustumé sans venir à ceste 
extrémité que de soy plus avant declairer et que par ce moyen 
on se volsist contenter de nous et que il pleust audit Empereur 
et Roy d'Angleterre à ce nous recepvoir. A laquelle ouverture 
ny eust quelcque responce ne espoir de besongnier sans soy 
declairer plus avant en changeant de Maistre et habandonnant 
la querelle du Roy de France, en soy mettant en l'obeyssance 



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— 372 — 

dudit Empereur et Roy d'Angleterre ou de Tung diceulx. En 
quoy faisant fut promis ausdiz députez que la ville demoureroit 
en son enthier et les manans en toutte sceureté ayans leurs 
biens saulfs, et sans procéder à ladicte déclaration et ce que 
dict est, n'estoit raestier tenir longue communication. Surquoy 
lesdiz députez non ayant charge ne povoir procédci* à ladicte 
déclaration prindrent congié disans quilz feroient leur rapport à 
Messeigneurs de la ville et que le lendemain se possible leur 
estoit et que on ne pcust avoir le consentement du peuple pour 
faire ladicte déclaration, ils retourneroient vers eulx audit lieu 
ou aultre tel qu'il leur plairoit pour faire leur responce et 
rapporter la charge quilz auroient en advisant de trouver 
quelcque bonne conclusion en la matière. Lesquelz députez de 
la ville retournèrent le joeudy au soir et prestement furent ras- 
semblez les consaulx et aultres députez pour scavoir ce qu'il 
seroit de faire sur le rapport desdiz députez, tellement que 
attendu que on perchevoit et congnoissoit évidamment que 
impossible estoit longuement soustenir ne résister à la puis- 
sance desdiz Seigneurs, attendu ladicte impétueuse basterie et 
que estions sans gens de guerre et conduicte aulcune et sans 
quelcque espoir d'ayde ny de secours ne apparans de povoir ou 
scavoir résister à l'assault que on attendoit de jour en jour, et 
que n'avions aulcune manière de remparer les romptures et 
démolitions procedans desdictes basteiies dont la tour Blange- 
noise et porte Cocquerel et les murailles en aulcuns lieux com- 
menchoient à estre traveillez, il fut concludt unanimement par 
lesdiz consaulx et députez d'assembler le peuple pour avoir leur 
consentement et l'induire à ces fins que de bouter la ville en la 
main de l'Empereur plus tost que attendre l'assault, et par ce 
moyen éviter l'extrémité de l'issue du siège quy estoit telle et 
par voix commune et d'ung chascun des amys particuliers de la 
ville demourans es pays circum voisins, que sy on nous pi*enoit 
de force ou par assault, que tout estoit mis au feu et à l'espée. 
A ceste cause on commencha à rassembler ledit peuple le 
vendredy au matin pour gracieusement remonstrer le tout et 
avoir leur consentement à ces fins, lequel prestement qu'il oyt 
parler de hanbandonner le Roy commencha à soy eslever et 
esmouvoir contre la justice, en sorte que pour éviter effusion de 
sang, commotion impétueuse et dangier inextimable fut forcé 
retourner le propos par lesdiz de la justice et députez, disant 



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— 373 — 

par les juges et aultres estans sur la montée de la halle et 
cryant à haulte voix : « mes enffans faictes bonne chière, nous 
vivrons et mourons avecq vous en la querelle du Roy » et y 
avoit fort à faire à les contenter et empeschier de monter on 
ladicte halle où ilz s'efforcoient de venir pour faire oultraige et 
violence, sy Dieu par sa gi*ace ny euist pourveu. Et prestement 
pour les mieulx contenter, on alla sonner Teffroy et sy allèrent 
les chiefz attaindre les deux bannières que portèrent les deux 
prevostz devant la halle du guet chascun en sa main Tune 
annoyée des armes de P'rance et l'autre du chasteau de Tour- 
nay; et prestement eulx estant devant ladicte halle avecq le 
conseil et députez, ledit peuple, par la bouche des doyens, vint 
demander avoir les bannières des mestiers quy leur furent accor- 
dées pour éviter inconvénient et mieulx faire que laissier, et in- 
continent se tirent chascun en son elfi'oy avec lesdictes banières. 
Et comme ledit Adam le Grut s'en alloit par les rues venant 
devers la rue des Engiens fut poursievys d'aulcuns dudit peuple, 
par telle sorte qu'il fut en doubte d'avoir dangier et entra en la 
maison des grises sœurs par la poi*te de derrière et de la se 
saulva en la religion des haultes [vies]^ bien en haste où il fut 
impétueusement poursievys et la maison fustée en plusieui'S 
lieux pour le trouver, tellement que ai)rès qu'il fut trouvé, se 
mist en l'église dudit lieu où ledit peuple le vouloit prendi*e et 
villonner (i). Mais par le moyens d'aulcuns cordcliers qui sur- 
vindrent et que par belles parolles adoucissoient la matière, ne 
touchèrent audit Adam juscques à ce que Jehan du Pire, lors 
l'ung des capitaines de la ville, fut arnvé, auquel après que se 
fut rendu comme en main de justice, le constituèrent prisonnier 
et l'amenèrent en la prison des quattre ventz et sy le firent 
interroghuer par plusieurs fois par les doyens des mestiers. 
sans le mectre en main de la justice, disant qu'il estoit prison- 
nier du peuple et non de la haulte justice et parlèrent de le 
torturer publicquement et fut en grant dangier détenu prison- 
nier par ledit peuple tant que ledit siège dura ; mais lesdiz do la 
justice no trouvèrent cause faire audit Adam quelcque traveil, 
ne vaillablement chargié ne accoulpé de chose, par quoy on le 
deuist mectre à torture. Néantmoings fut tousjours détenu pri- 
sonnier durant ledit siège, et estoient aulcuns mal parlans de 

(1) Le même fait est raconté dans les registres des Consaux de l'époque. 



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— 374 — 

luy par ce qu'il avoit esté audit Lannoy avec lesdiz députez et 
auparavant à Anthoing, comme dict est, et quil estoit homme 
subtil et de grand esprit, combien toutesvoyes que ne fut trouvé 
ne sceu quj se euist conduit esdiz voiaiges aultreraent que en 
toute honnesteté. Et durant ledit jour de vendredy depuis que 
ledit peuple fut allé en son effroy commencha la basterie des 
ennemys accroistre de plus en plus et se faisoient les approches 
et aussy dui-ant le sabmedy ensuyvant ledit peuple demourant 
toujours en son efFroy, et se commenchoient lesdictes tour 
Blangenoise, porte Cocquerel et Valencenoise à deschirer et fort 
entasmer de ladicte basterie. Et à ce propos on s'estoit délibéré 
enterrer lesdictes portes avecq la porte Moriel et les vignes des 
arcques par embas. Et ledit jour ensuyvant arriva en la ville le 
serviteur dudit maistre Jehan d'Estables apportant nouvelles 
que son maistre amenoit aulcuns capitaine de France, lesquelz 
avecq sondit maistre et Nicolas Daubermont juscques au nombre 
de XV ou xvj<î chevaucheurs il avoit laissié à Harlebecque et que 
on fust au guet pour les laissier entrer et quilz debvoient arri- 
ver, se possible leur estoit, le lendemain pour entrer par la 
porte du Bruisle ou Marvis, dont les aucuns se rejouyssoient 
par ce meismement que l'on disoit estre en ladicte compaignie 
le lieutenant de Sire Robert de la Marche, homme fort expert 
en la gueiTe et quy eust avecq ses compaigiions pour aidier à 
conduire le peuple et ordonner les reparemens esté moult duy- 
sable. Mais la plus part ne s'en' esjoyssoient guaires, congnois- 
sans assez quilz ne pouroient entrer en la ville comme ilz ne 
firent, ne passer, pour y aborder sans dangier et aussy que, 
quant ilz euissent esté en la ville, que impossible eust esté par 
leur moyens expulser et empescher la force des ennemys, 
attendu qu'il n'y avoit compaignie de gens de guerre ne nom- 
bre, et aussy attendu Testât, povre conduicte et les nécessitez 
de ladicte ville et que à la longue on nous eust coppé les vivres 
et affamez. Et pendant ledit temps, pour ce que en la ville y 
avoit multitude et grand nombre d'estrangiers et païsans quy 
estoient retirez en ladicte ville et aussy que les mestiers ces- 
soient, plusieurs de dedens ladicte ville par faulte de gaignage 
commenchoit avoir nécessité et les aulcuns vacquabundes et de 
legier estât voyans le peuple assez esmeu contre la justice et 
gens d'estat commenchoient à munnurer, disant quilz moroient 
de fain et que on trouva manière de les nournr ou que l'on les 



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— 375 - 

laissas! wider et sortir de ladicte ville et cherchier leur adven- 
ture, ou aultrement ilz en prendroient ou ilz poldroient et trou- 
veroient faction d'en avoir, usans de biens estranges et dangereux 
tennes et menaches sur lesdiz gens de justice et d'estat, délibé- 
rez assez sy on ny euist poui'veu, faire violence et entrer par 
forche en la maison des gens pour les pillier et oultragier, telle- 
ment que pour éviter plus grand inconvénient fut adjugié que 
plusieurs desdiz gens de bien et d'estat prendroient chascun xx 
ou XXX desdiz compaignons à leur charge en leur payant chas- 
cun quattre gros pour jour pour ung temps durant ledit siège 
comme faisoit la ville à aulcuns qu'elle avoit pi-ins à ses gaiges 
dès le commenchement dicelluy ; au moyen de quoy lesdiz com- 
paignons commenchèrent à soy contenter et appaiser, entant 
que par ce moyen la plus part eust retenue de diverses gens. 
Item ledit jour vei's le soir que ladicte basterie s'entretenoit et 
augmentoit tousjours, vingt ung herault dudit Seigneur Roy 
d'Angleterre nommé Clarence demander audience, à la porte 
vers lequel se trouvèrent aulcuns des chiefz et députez avecq le 
conseil, qui de prime fâche blasma ausdiz de la ville quilz 
n'avoient renvoyé leur députez vers lesdiz Seigneurs Empereur 
et Roy pour donner responce sur le faict de ladicte communi- 
cation de Lannoy, ainsi que promis avoient et que lesdiz sei- 
gneurs sen malcontentoient très fort, leur samblans que ne 
faisions (pielcque extime d'eulx, et que attendu ladicte promesse 
de retour estions en grande faulte, de ce quik n'avoient sur ce 
eu quelcque responce de la ville. A quoy on respondit le plus 
gracieusement que on i)eult en s'excusans que on n'avoit eu 
oportunité de ce faire et que les besoingnes ne s'estoient trou- 
vées à ce disposées et que pour Dieu lesdiz Seigneui*s ne s'en 
volsissent mal contenter desdiz de la ville, ains les traictier en 
miséricorde, considerans que n'CvStions gens de guerre et no 
demandons riens à personne; lequel hérault après ce propos 
dist qu'il avoit une aultre chose à nous dire de par ledit Seigneur 
Roy son maistre, à scavoir qu'il y avoit un gentilhomme d'An- 
gleterre que ledit Seigneur Roy entendoit estre prisonnier par 
ceulx de ladicte ville et que ledit Seigneur Roy prioit que on ne 
luy fist quelcque desplaisir ny à son corps et que on le traictist 
comme ung gentilhomme et prisonnier de guerre (i). A quoy fut 

(1) On vous fait assavoir que messeigneurs les Consaulx sont advertis par 



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— 376 — 

prestement respondu que on n entendoit avoir aulcun pnsonnier 
du costé des ennemjs et ne scavoient aulcun prisonnier de par- 
tie contraire estre en icelle ville, néantmoings que on s'en infor- 
meroit et que le lendemain volsist retourner et que on luy en 
feroit la responce au vraj ; lequel hérault le lendemain jour de 
lundy retourna pour avoir sadicte responce, auquel fut dict que 
ceulx de la ville n*avoient quelcque prisonnier dudit Seigneur 
Roj ne d'aultre prince et que s'il y estoit, voluntiers seroit déli- 
vré et rendu sans payer quelcque ranchon ne finance, et derechief 
qu'il nous recommanda à la bonne grâce desdiz Seigneurs 
Empereur et Roy d'Angleterre, supplians humblement quilz 
nous volsissent laissier paisibles et tirer leur armée et oost 
arrière de nous ; lequel hérault prenant de bonne part nostre 
responce dist par deux ou trois fois. « MesseigneurSy ne pensez 
Ja7nais que lesdiz Seigyieurs se doibvcnt départir sa)f^ voî4S 
avoir gaig^iiez et ay grand pitié de vous et de rostre ville quy 
est tant belle ^ par ce que je vous voys en un g merveilleux daji- 
giei' et que estes gens sans deffences et sa7is gens d'armes. Si 
vous scaviez estre sy saiges que de cherchier ung bon appoinc- 
te7?ie7it, il me semble que vous seriez bie^i conseilliez Je n'ay 
charge de vous en parler y mais Vaffection que fay à vostre 
salut et la pitié que fay de vous me le font dire; peyisez à 
vostre faict et au dayigier ou vous estes et se désirez vous 
aydieryje m'offre à vou^ addreschier en ce que je poldray . ♦» 
Sur quoy afBn luy faire quelcque responce en le remerchiant 
luy fut requis qu'il volsist retourner le lendemain à la porte 
vers huyt heures du matin ce qu'il fut faict à*l'adventure, soubz 
espoir que on polroit trouver en conseil de tachier à nouvelle 
communication meismement que on voyoit de plus en plus la 
désolation et povre conduicte augmenter et les ennemys de plus 
en plus approchieretgaignier sur nous, et que le mercredy devoit 
l'artillerie du capitaine Tallebotquy n'avoit encoiretiré, commen- 
chier à abattre du quai'tier de la haulte tour et porte de Mams. 

.ung hérault du Roy d'Angleterre que en Tost dudit Roy ilz ont |)erdu ung 
gentil homme parent audit Roy nommé Jehan Marbery par quoy niesdis- 
seigneurs font commandement à tous leurs manans et subgets que s'il est 
personne aucune qui sache ou est ledit gentil homme, viengne prestement 
dire et nunchier à messeigneurs les prevostz ou l'un d'eulx. 

(En marge) A dénunchier ou est ung parent du Roy d'Angleterre. 

Tournai Archives communales. Publication du 20 septembre 1513. 



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— 377 — 

A ceste cause fut trouvé eu conseil par Tadvis et délibemtion 
de tous les consaulx et députez de ladicte ville de tacliier et 
requérir audit hérault, mais que il retournast d'avoir ung nou- 
veau saulfconduyt par lesdiz Seigneurs pour entrer en nouvelle 
communication, lequel hérault retourna ledit mardj vers hujt 
heures comme avoit esté dict; auquel fut requis se possible 
estoit avoir ung nouveau saulfconduit pour aulcuns députez de 
ladicte ville quj de rechief se trouveroient vers lesdiz Seigneurs 
ou leui*s députez de ladicte ville, pour avoir communication et 
que on se mectroit en sj bon debvoir que moyennant l'ayde de 
Dieu, les choses prendroient bon train et bonne fin; Surquoy 
ledit hérault promist s'employer et retourner pour faire sa res- 
ponce de Tung ou de Taultre dudit jour de Tapres disné; auquel 
jour il y vint sur le soir et assez taH garny d'un saulfconduyt 
de par ledit Seigneur Roy d'Angleterre et déclaira que le lende- 
main lesdiz députez fussent prez de partir à dix heures qu'il 
retourneroit les quérir avecq le hérault de l'Empereur quy 
appoi^teroit ung pareil saulfconduyt de par ledit Seigneur Empe- 
reur, et seroient menez lesdiz députez, au lieu prétorial de Mayre 
où les députez desdiz Seigneurs Empereur et Roy se trouve- 
roient. Pendant lequel temps les ennemys faisoient tousjours 
leurs appj»oches de plus en plus et se bastrient de force la 
muraille la tour Blandinoise, les portes Cocquerel et Valenche- 
noise et aultres tours, sy fort que sy ladicte basterie eut encoire 
duré ung jour, ladicte tour Blandinoise f ust tombée es fossés ; 
pour à quoy obvier aulcuns estoient d'advis la miner par bas 
pour la faire tumber dedens la ville. Mais la plus part dudit 
peuple ne se vouloit à ce consentir, disans que c'estoit une trop 
belle pièche, non considérans le meschief quy advenir en pob»oit 
sy elle fut tumbée esdiz fossez, et sy eut ladicte porte Cocquerel 
bien tost esté toute démolie et sy estoient les garites desdictes 
portes commenchées à brusler et les bolvaires dérompus et 
fouldriez. Durant lequel temps, chascun s'estoit confessé et se 
confessoit, en soy disposant et recepvant son Créateur, en 
attendant la mort, en faisant processions, prières et oraisons, 
avecq ce faisans plusieui*s et innumérables robbes, habitz, 
joyaulx et accoustremens à la bonne Dame avec chires et 
chandeilles, par ruaiges et quartiers, affln d'estre nostre advo- 
cate vers Dieu nostre Créateur, et au surplus chascun se prépa- 
roit et faisoit on son compte comme pour attendi*e la fin de ses 



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— 378 — 

jours, non ayans aiiltre espoir qu*en Dieu le Créateur; néant- 
moins espérans et affin d'avoir le consentement du peuple quy 
au moyen de ladicte basterie impétueuse, passé deux ou trois 
jours commen choient particulièrement à exhoi*ter la justice et 
les gens d*estat de cherchier et trouver appoinctement, s'il estoit 
possible et par tous moyens et fort lassez et traveilliez du guet 
et labeurs quilz avoient soustenu passez trois ou quattre joui's 
routiers et loing temps auparavant, et aussy estant en nécessité 
par faulte d'ouvraige et gaignaige, nonobstant les provisions et 
remèdes dessus touchiez, à cause desquelles choses se commen- 
choit ledit peui)le à foi-t refroidier, humilier et entrer en crainte; 
ledit peuple fut rassemblé le lendemain matin vers six heures 
quy fut le mercredy, auquel fut remonstré par bannières, la 
nécessité et estât ou nous estions, en sy bonne soi*te que par la 
grâce de Dieu ledit peuple en chascune banière bailla consente- 
ment et adveu de traictier avec lesdiz Seigneurs, et en rechai'- 
gèrent du tout Messeigneurs les consaulx et aultres députez par 
eulx commis de plusieurs estatz, pour wydier la matière et en 
faire au moindre mal que on poldroit sy avant et en soi*te et à 
sy bonne dilligence qu'on peuyst éviter le dangier où on estoit 
par quelle manière que ce fut, attendu que on n'avoit espoir de 
quelcque secours du Roy et que on ne povoit plus soustenir et 
que n'y avoit gens en la ville pou s résister à ung assault ou le 
déffendre, lequel néantmoings on attendoit de heiu^e en heure. 
Lesquelz consaulx avecq lesdiz députez des bannières et aultres 
rechargés de ladicte matière comme dict est, députèi*ent preste- 
ment pour aller vers lesdiz Seigneure ceux quy s'ensuyvent, à 
scavoir : Monseigneur l'Abbé de Saint Nicolas, lesdiz seigneure 
et doyen et vicaire. Sire Jehan le Sellier prevost de la commune, 
maistre Baltazai*t de Cordes officiai, maistres Jehan Hacquart et 
Jehan Villain conseilliers du Roy, maistre Michiel Allegambe 
premier conseillier, maistre Jacques Bachelier advocat du Roy 
et Jehan à Haize grand doyen de la ville, ausquelz fut donné 
plain povoir et auctorité de traictier avec lesdiz Seigneurs par la 
meilleure voye que faire pouroient et wydier du dangier et 
péril éminent qu'y estoit et que à tout le moings on puisse 
saulver les vyes des habitans de ladicte ville avecq une partie 
des biens par quelle manière que ce fut. 

* * 



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— 379 - 

Lesquelz députez, durant tousjours la basterie, avecq laquelle 
fut lora faict un petit commenchement d'assault vers la porte 
Cocquerel, où le feu avoit esté bouté la nujt précédente, sur le 
bruyt duquel, se commenchoient à retirer es églises et crier 
miséricorde, plusieurs de la ville monstèrent prestement à 
cheval et se trouvèrent devers T heure de dix heures à la porte 
Saincte Fontaine où trouvèrent les deux heraulx dessusdiz quy 
les attendoient Tung de par TEmpereur, nommé Thiroult, 
Taultre de par le Roy d'Angleterre nommé Clarence, quy le 
jour précédent avoit apporté le saulfconduyt dudit Roy, lequel 
hérault Thiroult délivra lors à Messeigneurs de la ville ung 
pareil saulfconduyt de par l'Empereur durant le temps et pspace 
de deux joui*s et sy exhiba et fist lecture de certaines lettres en 
placquaH venant dudit Empereur, par lesquelles luy estoit 
mandé dire et déclairer ausdiz députez de la ville que tous ceulx 
quy f croient, traicteroient et accorderoient avecq les députez du 
Roy de France et d'Angleterre, quy le tiendroit et tenoit comme 
faict avecq sa personne et l'auroit et avoit pour bon, vaillable 
et aggréable, le ratiffioit et approuvoit et s'en tenoit du tout 
content. Et pi*estement lesdis héraulx nous menèrent au lieu 
prétoiial de Maire où incontinent amvèrent les députez dudit 
Seigneur Roy, telz quy s'ensuyvent, ascavoir en chief Monsei- 
gneur l'Evescque de Vincestre, Millourt de Lille (i), Marissal de 
l'oost quy estoit le principal conducteur de la basterie vei*s 
ladicte tour Blandinoise et porte Cocquerel, Sire Thomas de 
Wulcy (f) grand aulmosnier dudit Seigneur Roy et les dessusdis 
Sire Edouart de Poningues, maistre Robert de Winnevelt et le 
maistres des Rolles d'Angleterre, lequel maistre des Rolles 
comme on disoit avoit par plusieui*s fois esté en abbassades 
vers le Roy de Flandres de par le Roy d'Angleterre pour 
l'admonester et semouré qu'il se désista et déporta de la guerre 
qu'il faisoit au pappe Julie, aultrement que le Roy d'Angleterre 
estoit délibéré l'assister et s'employer que le siège appostolicque 
ne fut fouUé. Lesquelz députez arrivez et ceulx de la ville 
assemblez avecq eulx en la chambre haulte, ilz estoient venus, 



(1) Millourt de Lille est ici Charles Brandon, vicomte de Lille, plus tard 
ducdeSuffolk. 

(2) Thomas de Wulcy est Thomas Wolsey, aumônier de Henri VIII et 
plus tard évoque de Lincoln, archevêque d'York et évêque de Tournai. 



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- 380 — 

surquoy prestement par la bouche diidit Maistre Michiel 
AUegambe fui*ent dictes et ramenées à faict les ouvertures et 
demandes faictes par le dessus nommé Carondelet, ensemble la 
communication faicte à Lannoy et comment depuis icelle 
Messeigneui»s de la loj et aultres bons et manans de la ville 
s*estoient employer à ce que le peuple voulsist consentii* et 
acquiescher aux ouvertures de ladicte communication et meis- 
mement que ladicte ville se peult bouter en la bonne grâce de 
TErapereur et le prendre à Seigneur et Maistre ou nom et au 
prouffict de Monseigneur rAi'chiduc sou filz, en demourans 
ladicte ville et manans au surplus en leur enthier et biens; à 
quoy^ en facbon quelconcque on n'avoit sceu amener ledit peu- 
ple, ains s*estoit dresché contre lesdiz de la lov ; au moyen de 
quoy, pour éviter plus grand inconvénient avoit esté expédient 
avoir patience et attendre la fortune de Dieu avecq ledit peuple, 
jucques à ce présent jour matin et que on Tavoit de rechief i*as- 
semblé, lequel s'estoit condescendre à ordonner et commectre 
lesdiz députez de venir vers lesdiz Seigneurs pour adjugier de 
trouver quelcque bon moyen et appoinctement avecq lesdiz 
Seigneur Empereur en ensievant lesdictes premières ouvertures 
et qu'ilz se trouvoient délibérez plustost soy rendre, sy ne 
povoient parvenir à demeurer en neutralité, que attendre la 
fortune que ladicte ville deuyst estre mise au feu et à Tespée, 
comme lesdiz Seigneurs délibéroient, efforchoient et déclairoient 
vouloir faire; surquoy par lesdiz députez fut respondu qu'il 
nous convenoit tenir tous aultres termes et qu'il n'estoit de 
présent question sy ladicte ville se renderoit à l'Empereur ou 
nom, mais au Roy, lequel comme Roy de France la demandoit 
comme membre dudit Royaulme. A quoy fut respondu que ledit 
Empereur insistoit et avoit insisté l'avoir pour luy et comme 
sienne et par ses lettres escripvoit à nos seigneurs de nostre 
ville et cité de Tournay parquoy eu regard à ce que ledit 
Carondelet nous avoit mandé, nous sembloit de prime fâche que 
c'estoit celuy à quy debvions besoingner et que tousjours 
l'avions ainsy entendu ; lesquelz députez quelle remonstrance 
qu'on sceut faire respondirent quilz estoient venus pour wyddier 
la cliose à l'intention, honneur et prouflict du Roy lequel enten- 
doit et eulx aussy que Tournay estoit ville Royale et que ne 
debvions ce ignorer, meisraement qu'avions tousjoui's eu nostre 
ressort en la court de parlement à Paris et aussy que on avoit 



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— 381 — 

tousjoui*s usé en Tournay de la prag^aticque sanction comme 
ville subjecte à la couronne de France, et quant à l'Empereur 
quy u'estoit mestier insister pour luy en ceste affaire, cai' il ny 
avoit quelcque apparence de besoingnier, se ne voulions en ce 
persister. Et aussy debvions avoir assez entendu par le placquart, 
que son hérault nous avoit monstre le matin au partir de la ville 
que il s'attendoit du tout à ce que les députez du Roy feroient 
en ceste matière. 

Parquoy sy estions désirans de besoingnier à faire quelcque 
bien pour la ville, laquelle estoit perdue sy à ceste fois on ne 
s'accordoit que voulsissions passer oultre et bouter la ville en 
la main du Roy et qu'il n'estoit point heure de perdre temps et 
que de leur costé n'estoient délibérez le perdre, mais continuer 
leur basterie et approches, se ne vouUions aultre chose dire; à 
quoy entre aultres ledit mareschal de Loost se monstroit fort 
affecté lequel comme peut sambler avoit fort le cœur à ladicte 
basterie; lesquelles choses oyes, nous retirasmcs à paH bien 
perplex et estonnés quant entendismes qu'il n'y avoit quelcque 
apparence besoingner à l'Empereur, lequel comme povoit sambler 
estoit celuy à qui nous debvions addreschier, attendu les deman- 
des et messaiges à nous faiet de par luy. Toutesvoyes considé- 
rans l'extrémité, désolation et estât où nous estions, prinsmes 
solution de plus tost besoingnier avecq celluy Seigneur Roy que 
de retourner sans riens faire et attendre l'assault quy estoit 
conclud, requis, requismes que on volsist cesser toute basterie 
et toute acte de guerre de leur costé durant nostre communi- 
cation et que de nostre part, ferions le samblable et que à ce 
propos on volsist envoyer héraulx par tout loost et que envoye- 
rons nostre messagier en la ville, ce quy fut accordé et faict de 
sy bonne soi'te que toutte la basterie cessa et pareillement les 
approches d'ung costé et d'aultre; à quoy ledit mareschal ne 
voulu jamais condescendre fors par protestation que ne ferions 
nulz rempai*s, et à ceste cause désirans faire quelcque bien et 
éviter le meschief apparant et non rompre nostre faict, et après 
ladicte abstinence de guerre accordée et samblablement que ne 
ferions lesdis rempars, fut ouvert et demandé s'il advenoit que 
du gré et consentement de l'empereur on se mist en la main du 
Roy, quel party ou tpaictement nous seroit faict. Et après sur ce 
leur responce oye, nous ad viserons quelcque bon moyen en fai- 
sant néantmoings le tout soubz le bon plaisir et voulunté dudit 

ANNALKS. V. 25 



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— 382 — 

Empereur, auquel pour nostre descharge désirons parler et 
scavoir son bon plaisir avant que riens conclure. Surquoy res- 
[XJndirent que demandions ce que vouldrions avoir. A quoy fut 
respondu que premièrement ledit Seigneur Roy laisseroit la 
ville en son entliier et pareillement les manans sans les traveil- 
lier en corps n*en biens. De quoy ne firent guaires de difficulté, 
pourveu que la ville se mist en la main du Roy et le retien- 
droient comme leur vray et naturel Seigneurs. Item que pour 
supporter une partie de la despence que le Roy avoit eu à venir 
mectre le siège devant la ville, que ladicte ville payeroit comp- 
tant au Roy quelcque grosse somme de deniers avecq ce que 
oultre et pai'dessus les vj™ livres qu'elle payoit au Roy annuel- 
lement, qu'elle payeroit quelcque somme annuelle. Item aussy 
que le Roy polroit se bon luy sambloit, delaissier en ladicte 
ville quelcque nombre de gens de guerre par forme de garnison 
pour la garde, tuition et sceureté de la ville. Sur lesquelz [>ointz 
après nous estre retirer, communiquasmes ensemble, concluans 
avant baillier quelcque responce ne solution sur Jesdiz points, 
que desirions communiquier et parler à la pei*sonne de l'Empe- 
reur pour après widier de tout et prendre une bonne fin et réso- 
lution en la matière. Surquoy nous fut respondu qu'il n'estoit 
besoing en parler audit Empereur et que tout ce quy seroit 
f aict pai' eulx seroit et estoit pour luy gréé et ratiffié ; dont ne 
fusmes contens, persistans tousjours et prians de parler à luy; 
surquoy respondirent que à l'adventure n'estoit il point en Toost 
et qu'il debvoit estre au disner à Anthoing, mais que on nous 
envoyeroit aulcuns députez de par luy ; à quoy fismes responce 
(jue quant olives il seroit à Anthoing ou ailleure plus loingz que 
avant conclure nostre matière désirions parler à luy pour scavoir 
son bon plaisir sur le tout et avoir son consentement ce quy se 
se faisoit affin de non encourir de la malegrace dudit Seigneur 
Empereur eu regard aux choses dessusdictes et à la scituacion 
de ladicte ville, affin de non luy donner matière d'estre aulcune- 
ment mal content de nous; surquoy quant nous visrent à ce sy 
résolus, nous disrent qu'il estoit heure de disi^r et quilz s'en 
retourneroient vers le Roy faire leur rapport, et que voulsis- 
sions demourer audit lieu de Maire juscques après disné que 
nous aurions de leur nouvelles. Et après avoir disné audit lieu 
de Mayre avecq plusieurs bons gentilzhommes d'Angleterre 
estans logiez audit lieu, lesquelz nous firent bonne chière en 



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— 383 — 

nous donnant à disner, retournèrent vei'S nous les heraulx desdiz 
Seigneurs disans que nous venission à la maison des Mottes 
appeHenant à Tabbeye de Saint Mai*tin ou trouverons TEmpe- 
reur et le Roy avec lesdiz députez ou prestement nous en 
allasmes et trouvasmes dedens le gardin et au millieu dicelluy 
lesdiz Seigneurs Tung auprès de Taultre pai^devers lesquelz nous 
mectasmes à genoulx ou par Tevescque de Vincestre fut dict et 
ramené a faict en langaige latin ce que avions le matin commu- 
nicquié ensemble et les points et tenues surquoy estions 
demourez. 

Et après par la bouche dudit Maistre Micliiel Allegambe fut 
dict aux personnes dudit Empereur et Roy que la chose estoit 
telle et demourée en tel estât que on avoit recité jusques à ce 
que aurions parlé à la Majesté Imperialle pour faire le tout pai» 
son bon plaisir et adveu, et qu'il nous voulsist prendre en sa 
garde et protection et que estions délibérez sur le tout faire par 
sa voulunté, et que le noble plaisir desdiz Seigneurs fust nous 
recepvoir à tel accord et traictier que la ville et manans demou- 
rassent en leur enthier, et que fuyssons traictiez en toute doul- 
ceur et bonne sorte. Surquoy ledit Seigneur Empereur respondit 
en latin que le Roy son frère illecque présent, estoit celluy à 
quy nous convenoit rendre, et que c*estoit bien de son gré vou- 
lunté et plaisir et qu'il luy prioit qu'il nous receut à miséricorde 
et que au demeurant seroit vers luy nostre moyen et interces- 
seur et que c'estoit celuy, comme Roy de France, que debvions 
recongnoistre pour Seigneur et Souverain. Après quoj, ledit 
Seigneur Roy dict que de sa part, il nous recevoit trésvoluntiers 
en sa bonne grâce et que il nous seroit bon Seigneur et nous 
feront ce que de la part de ses députez avoit esté dict : ascavoir 
que la ville demoureroit en son enthier et les manans en tous 
leurs biens avecq tous leurs prévilèges et franchises, et quant 
aux deux aultres pointz on adviseroit en widier le mieux qu*on 
pouldroit et sur ce nous fist lever ; et loi*s ledit Seigneur Empe- 
reur commencha à parler du second point disant que par cy 
devant nous avions payé au duc Charles et aultres, grandes 
sommes de deniei*s et que nous estions puissans et riches et 
qu'il y avoit en la ville beaucop de grosses boui^ses et riches 
personnaiges ayans grandes et grosses revenues, et que sans 
nous traveillier polrions bien payer la somme de cent mil escus 
d'or pour une fois et dix mil escus chascun an, oultre et par- 



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— 384 — 

dessus ce quon avoit accoustumé payer; surquoy respondismes 
le plus gracieusement que nous peuvasmes, nous excusans de 
ladicte richesse, remonstrans les grans affaires et indigences et 
povreté de ladicte ville ; après quoy lesdiz Seigneurs se reti- 
rèrent en hault es galleries de ladicte maison nous délaissant 
avecq lesdiz députez pour parconclure et wydier lesdiz deux 
derniers pointz ; et quant aulx deniers après avoir loing temps 
debastu la matière et doubtans que aulcuns desdiz députez et 
meismement ledit Marissal demandoient plus tost la rupture 
dudit accord que Tadresche, désirant parachever la basterye de 
laquelle neantmoings à toutesfoys ny eust dedens la ville que 
deux ou trois personnes tuez et trois ou quattre bleschez com- 
bien qu'elle fut grande et que beaucoup de bouUetz furent 
trouvez par dedens la ville et en grand nombre tant en plain 
marchié que ailleurs, qu'on extimoit chose miraculeose attendu 
la multitude des coups et grandeui^ dudit traict et desdiz bouletz, 
doubtans aussy et congnoissans assez que la plus grande partie 
dudit oost estoit fort affecté à donner Tassault pour avoir le 
pillaige et tous les biens de ladicte ville que on extimoit en 
beaucoup plus gi^and nombre que à la vérité n'estoient, et par ce 
moyen csperoient tant trouver de biens que à tousjours ilz en 
seroient riches et dont le bruyt estoit tout commun par lesdiz 
oost et n'attendoit que leure dudit assault, nous pour mieux 
faire que laissier et après plusieurs altercations, pourparlées et 
debatz quy tant durèrent que le jour nous commenchoit à faillir, 
accordasmes voyans que ne poyons mieulx faire, payer pour 
une fois la somme de cincquante mil escus d'or et quattre mil 
livres tournois de xl grox la livre chascun an, le terme et 
espace de dix ans routiers seullement, et quant au dernier se le 
bon plaisir du Roy estoit nous laissier garnison, que il nous 
laissast gens quy nous traictassent gracieusement et en gracieulx 
nombre affin que les manans ne fussent fouliez, et aussy que par 
la réception de ladicte garnison ne poliions aulcunement encou- 
rir la paine de confiscation ne aultre contenus au traictié de l'an 
Ixxviij faict parcydevant entre ledit Empereur lors duc d'Autri- 
che ou nom des pays de Monseigneur l'Archiduc et ladicte ville, 
ce qu'il nous fut accordez par les députez. Et sur ce prestement 
allèrent faire leur rapport au Roy et tost après lesdiz seigneurs 
Empereur et Roy descendirent en nostre présence ; par ledit 
Evescque fut en brief recité comment estions d'accord et que 



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— 385 — . 

avant pai*tir estions desirians prendre le congié lequel seigneur 
Roy nous présenta à chascun, Tung après Taultre sa main que 
nous baisasmes et nous dict.cesmotz : « Puisque vous estes à moy 
maintenant faictes bonne dhière, je vous traicteray bien et vous 
seray bon maistre pourveu que soyez bons subjectz ♦». Et à tant 
en le reraerchiant humblement, partismes dudit lieu après avoir 
conclud avec lesdiz députez de retourner le lendemain audit 
Jieu garnis des points et articles de nostre traictié et que nous 
apportissons le tout par escript et que ensemble tout se mectroit 
au net à Tappaisement des parties et se paracheveroit le tout en 
widant de tous autres menus pointz quy en pouvoient dépendre. 
Et sur ce retournasmes en ladicte ville avecq lesdiz heraulx quy 
nous ramenèrent et estoit le jour failly, lesquelz le lendemain 
matin promisrent nous venir requérir. Le lendemain matin jour 
de-joeudy furent les consaulx et tous les députez assemblez 
avecq les députez quy le jour précédent avoient esté députez 
par les bannières, presens tous lesquelz, nostre rapport fut faict 
tout au loing dont ilz se demonstrorent très joyoulx et contens, 
supposans et congnoissans qu*on en avoit faict au mieulx que 
on avoit peu, louvans Dieu de ce que estions eschappez de sy 
grande misère et extrémité, passèrent procuration sellée du 
seel de la commune pour passer ledit traictié en ratiffiant, 
gréant et approuvant tout ce que avoit esté traictié, promis et 
accordé par lesdiz députez, ausquelz donnèrent charge de retour- 
ner de l'après disné avecq Eloy do le Rue procureur général de 
ladicte ville pour le tout recongnoistre, passer et achever. 
Lesquelz de l'après disné retournèrent comme dict est, avecq 
lesdiz héraulx, arrestèrent, conclurent et passèrent ledict traic- 
tié, et fut conclusion prinse en ensuyvant le bon plaisia du Roy 
de retourner le lendemain de l'après disné vers luy en bonne et 
honneste compaignie et apporter les clefz de ladicte ville en 
signe d'obeyssance et les mectre et délivrer es mains dudit 
Seigneur Roy, lequel nous diroit lors le jour de son entrée et 
au surplus ordonneroit ce qu'il seroit do faire. Et ce faict après 
ledit traictié passé, retournasmes avec lesdiz heraulx en ladicte 
ville duquel traictié la teneur s'ensuyt mot après aultre, ot 
samblablement d'aucunes provisions dependans dicelluy. 

(Suit le traité du 23 septembre loi 3). 

Le lendemain quy fut le vendredy de l'après disné les quattre 
chiefz de ladicte ville avecq les députez dessusdis et pluisieurs 



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. — 386 — 

notables personnaiges de la ville en bon nombre tant de messei- 
gneurs de l'église comme aultres, se trouvèrent vers ledit Roy 
en son camp au dehors d'Orque, du costé de la ville où il avoit 
faict tendre et dreschier une tente toute de drap d'or à fomie de 
pavillon à ung lion d'or pardessus, laquelle estoit grande et foit 
riche et y avoit escript au dessus des bordures et rabastiaulx de 
alentour dicelle en lettre Romaine « Dieu et mon droict » et 
venant de son logis quy estoit la censé et maison de la Marlière^ 
appertenant à Jacques de Coi'des, se vint bouter soubz ceste 
tente accompaignie de grand nombre de ses princes en moult 
beaulx et riches accoustremens, et en nous approchant vers luy, 
fismes par ti'ois fois l'honneur et révérence au mieulx que 
scavyons et puis, par la bouche dudit Maistre Michiel Allegambc 
luy fut dict et remonstré comment les (juattre chiefz de la ville 
et plusieurs aultres notables pei-sonnaiges de tous les estatz- de 
ladicte ^ille estoient venus vers luy en signe d'obejssance et en 
toute humilité, luy présentoient les clefz de ladicte ville quy 
estoient pendues à ung double pendant de taphetas vert et blancq 
lesquelles clefz ledit Seigneur Roy print et receut liberallement 
et benignement et prestement les bailla et mist en la main du 
dessusdit nommé Milloui-t de Lille, son marissal de l'oost, disant 
que ledit marissal avecq certain nombre de capitaines et gens de 
guerre i*etourneroient avecq nous en ladicte ville pour donner 
ordre aux logis et aflaires quy convenoit disposer tant pour son 
entrée que pour la garde et sceureté de ladicte ville, laquelle 
entrée il estoit délibéré de faire le dimenche ensuyvant; surquoy 
après nous avoir dict qu^ nous seroit bon maisti'e et seigneur et 
quy nous tiendroit et feroit garder ce qu'il avoit promis, prim- 
mes son congié et a tant partismes de luy, et avecq ce nous 
vindrent ledit marissal et plusieurs aultres notables et gros 
personnaiges d'Angleterre avecq quattre mil piétons tant archiers. 
piquenaires, cullevruiniers, que hallebardiei*s quy en bel ordre, 
chascun capitaine ayant sa compaignie den'enier luy avecq son 
enseigne devant, entrèrent en ladicte ville et s'en vindrent sur le 
marchié ou ilz se misrent en ordonnance, et là se tindrent 
juscques à ce qu'il fut heure d'aller sur la muraille faire le guet 
ou les aulcuns d'iceulx furent envoyez et les aultres demou- 
rèrent au marchié et pai* les carfours pour la nuyctée et les 
principaux desdiz capitaines quy venoient derrière avecq ledit 
marissal prindreut logis, en laquelle compaignie tant devant que 



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— 387 — 

en plusieurs lieux comme aussy derrière et devant ledit marissal, 
y avoit plusieurs heraulx, trompettes et clairons. 

Le lendemain jour de sabmedj, les fouriers disposoient du 
logis et du surplus quy restoit affaire pour ladicte entrée, et se 
retoui'nèrent les députez de la ville au camp vers le Roy tant 
pour aulcuns articles de nostre traictié quy gisoient en esclair- 
cissement et quy n'estoient du tout à l'apaisement de chascune 
partye, comme pour scavoir <à quelle heure ledit Seigneur Roy 
feroit sou entrée, lequel print Theure de dix heures du matm, 
auquel jour vingt cincquiesme de septembre environ entre dix 
et unze fit sadicte entrée bien ti'iumphant par la porte Saincte 
Fontaine en robbe de drap d'or avecq un grand large collier d'or 
fort riche, garny de grosses pierreries et perles et estoit sur 
unghaubin grison, soubz ung ciel bordé de veloui*s rouge armoyé 
de ses armes et portoient les quattre chiefz de la ville et se 
estoient chascun des consaulx, chascun portant ung torche 
avecq les annes dudit Seigneur. Et pardevant ledit Seigneur et 
Roy y avoit gi'and nombre de princes, seigneurs, chevaliers, 
escuyei*s et aultres tant de Testât de l'église que séculiers et 
fort riches et- beaux accousti*emens. Et après ledit Seigneur 
chevauchoient les paiges d'honneur juscques au nombre de 
treize, à teste nue fort richement accoustrez, avecq leurs che- 
vaulx bardés de drap d'or et avoient lesdiz paiges robbes 
moictié de drap d'or frisé et moietié de velours bleu, semé de 
fleui^s de lys et de petites couronnes d'or closes pardessus, et le 
grand dextrier et cheval barde dudit Roy et ung gentilhomme 
menoit derrière lesdiz paiges, estoit bardé de bardes de velours 
bleu, semé de fleurs de lys d'or tant seuUement assez grandes, 
en sorte que aulcunes pièces desdictes bardes n'en y avoit que 
trois en fouiine des ai*mes de France. 

Et après chevauchoient grand nombre d' aultres grans person- 
naiges, escuyers et gentilzhommes, portans haches d'armes et 
becq de faulcon. Et à deux costez et alentour dudit Seigneur 
Roy les archiers de la garde juscques au nombre de viijc riclie- 
raent accoustrés de haultquetons d'orfaverie à rose au millieu 
devant et deriûère sur drap blancq et vert et bordez de drap d'or 
par embas et ailleurs et par le bout des manches allans juscques 
aux costez. Audevant duquel Seigneur Roy venoient plusieurs 
fourbannis du Royaulme et registres de la ville à teste nue la 
verge blanche au point, ausquelz ledit Seigneur Roy avoit rendu 



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— 388 — 

la ville à sadicte entrée. Et au devant de luj allèrent les men- 
dians et religieux de Saincte Croix et le colliège de Nostre Dame 
en chappes, avecq les jojaulx et la vraye croix juscques vei*s 
ladicte poi'te Saincte Fontaine par ou il entra venant tout du 
loing de la grand rue Sainct Jacques et montant par la chaingle 
à la porte Ferrain et de là en la me de Couloingne par le mar- 
chié et par la rue Nostre Dame, vint entré en ladicte église ou 
prestement fut célébré une basse messe pour ce que Theure 
estoit tardive. Et après ladicte messe en sortant le cueur en la 
croisée pai»devant le cinicefix, fit de sa main plusieurs cheval- 
liers. Et à tant se partist de Teglise allant disné en son logis 
quy estoit la maison de Maistre Symon Hulland, chanoine dudit 
Tournay, et après le disné ledit Seigneur Roy avecq la plus part 
de ses nobles se disposa à retourner couchier en son oost qu'il 
avoit delaissié hors de ladicte ville, mais avant partir la ville 
s*en alla au marchié et monta à la bretescque de ladicte ville 
présent tout le pouple, duquel il print le serment ainsy qu'il 
avoit esté conclud en la présence de plusieurs de sesdiz nobles 
quy estoient montez avecq luy ; après quoy osta son bonnet 
faisant de la teste signe de bénignité vers ledit peuple, disant 
qu'ilz seroient gardez et entretenus comme il avoit esté traictié 
et accordé et à tant se partist de ladicte ville retournant eu 
sondit oost. 

Le lundy ensuyvant Madame de Savoye vint en ladicte ville 
sur le soir et se logea en la court l'esvescque, avec laquelle 
entra ledit Seigneur Roy avecq tous sesdiz paiges richement 
accoustrez ayans leurs chevaulx bardés et tous ses nobles en 
belle compaignie avecq laquelle Dame estoient plusieurs grans 
maistres et seigneurs de pardecha et plusieurs damoiselles sur 
haghuenées et souppa ledit Seigneur Roy avecq elle ledit jour 
en ladicte court episcopale, audevant de laquelle Messeigneui's 
de la ville allèrent avecq quelcque nombre de torses, lesquelz 
de la ville luy firent présent de une tapisserie nommé la cité des 
Dames quy cousta de quattre à cincq cens escus d'or. 

Le mardy ensuyvant environ trois heures de Taprès disné 
l'Empereur vint en ladicte ville sans quelcque bruyt ne trium- 
phe et entra par la porte de Marvis avecq certain nombre de che- 
vaucheurs et hommes d'armes d' Allemaigne bien en point et la plus 
part en armes Ledict Empereur anné à la couverte vestu d'une 
robbe noire à forme de sayon ayant une barette de velours de 



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— 389 — 

la venue duquel on nVstoit guaires advei*ty. Et s'en vint avecq 
toute sa compaignie par desoubz la chapelle Sainct Vincent au 
logis de ladicte dame, sa fille et \\iy descendu délaissant tous ses 
gens à cheval s'en alla parler à elle et arresta environ Tespace 
d'une demye heure, puis remonta à cheval et s'en retourna avecq 
sadicte compaignie à Antoing dont il estoit pai'ty. 

Le mercredj ensuivant ledit Empereur retourna en ladicte 
ville par ladicte poKe de Mai-vis vers lequel à l'entrée en icelle 
se trouva ledit Seigneur Roy et chevauchèrent ensemble par- 
dedens ladicte ville juscques à la poKe du Bruisle par laquelle 
ilz soHirent sans ce que ledit Seigneur Empereur descendit, et 
au dehors dicelle environ d'ung quart de lieuwe, prindrent con- 
gié l'ung de Taultre, lequel Seigneur Empereur s'en alla couchié 
à deux lieuwes de Tournay à ung villaige nommé Mesle ou 
quelcques aultres à l'environ, et depuis s'en alla par le quartier 
de Naraur en Allemagne, et ledit Seigneur Roy retourna en 
ladicte ville ou il se tint les jours ensuyvans juscques à son 
partement, allant aulctmes foys pamiy la ville la veoir et visiter 
dedens et dehors, aucunes foys jouant à la paulme au petit jeii 
de le rocque Sainct Nicaise qu'il fit accoustré à sa plaisance de 
galleries et aultrement. Et sy ordonna faire unes joustes sur le 
raarchié pourquoy ledit marchié fut despavé et accousti-é de 
lisses et de ce quy estoit nécessaire pour lesdictes joutes. 

Pendant lequel temps juscques au lundy x® d'octobre ledit 
Seigneur Roy se tint en ladicte ville aulcunes foys soy esbattant 
avecq les dames en ladicte court episcoppale à dansser et passer 
le temps, aulcunes foys courrir la lanche sur le marchié et fai- 
sant assay des chevaulx avecq ses nobles en attendant la venue 
de Monsieur l'Archiduc d'Austrice, et le dimenche jx® dudit moys 
en grand triumphe vestu d'une robbe de drap d'or fourée d'ermi- 
gnes, fut oy la messe à Nostre Dame ayant avant luy quattre 
vingt douze coulpes ou environ de ducs, contes, marcquis et 
grands seigneurs et maistres fort richement accoustrez de 
chaînes et baghes et vestus la plus part de drap d'or et velours 
et le reste de soye sans la scieulte de derrière quy estoit grande 
et riche, des gentilzhommes de la maison portans haches d'armes 
et becs de faulcquon avecq ses archiers de la garde ; et après la 
messe s'en alla disné avecq ladicte Dame de Savoye, auquel 
jour de lundy sur le soir Monseigneur l'Archiduc d'Austriche 
venant de Binixelles accompaignié du Seigneur de Ohiervres et 



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— 390 — 

aultres ses nobles, lequel avoit eouchié à Anthoing la luiyt pré- 
cédente, arriva en la ville par ladiete porte de Marvis vei^s 
lequel ledit Seigneur Roy alla juscques ung quart de lieuwe ou 
environ hors de la ville bien richement accoustré d'une robbe 
de drap d'or, et ses paiges vestus de robbes courtes de drap d'or 
faictes de la mode d'Allemaigne à ploix sur le cul, ayant chascun 
son cheval bardé de diverses sortes ou entre autres estoient les 
bardes dessus déclairées armoyées des armes de France, 
audevant du(iuel Seigneur Archiduc allèrent Messeigneurs de 
la ville avecq certain nombre de torsses lequel se vint logier à 
l'abbeye Sainct Maitin, et le lendemain jour de mardy se firent 
lesdictes joustes que ledit Seigneur Roy avecq le marissal de 
son oost soutonoient contre tous venans, ou ledit Seigneur se 
porta triumphamment en la présence de ladiete Dame de Savoye, 
ledit Seigneur Archiduc et les dames et damoiselles quy estoient 
à fenestres de la maison joingnant la halle du guet; le mercredy 
ensuyvant lesdiz Seigneurs se tiiidrent en ladiete ville et le 
joeudy api^ès xiij^ dudit moys d'octobre, environ l'heure du 
disné, se partirent et s'en allèrent à Lille avecq ladiete Dame de 
Savoye ou ledit Soigneur fut juscques au hmdy adont il partist 
ledit jour s'en allant à Ypre et de là à Calaix, retournant en 
Angleterre ou trou voit par conseil debvoir faire ung voiage 
pour donner ordre au faict du Royauhiie d'Escoche, duquel le 
Roy depuis trois sepmaines ou environ avoit esté tué avecq la 
plus part de ses nobles par les gens dudit Seigneur Roy d'Angle- 
teri'e son beau frère, à cause de quoy luy estoit force retourner 
pour mectrc ledit Royaulme d'Escoche en son obeyssance, y 
donnei' ordre et le garder au prouffict de son nepveu tilz dudit 
Roy d'Escoche et de sa sœur, lequel Seigneur Roy laissa à son 
partement en Tournay pour son lieutenant général et souverain 
capitaine le dessusdit Seigneur Syre Edouart de Ponningues, 
chevalier de la gei*tière et controUeur de sa maison auquel il 
donna l'office du bailliage de Tournesis que paravant occupoit 
Monseigneur de Proisy demourant en France et se délaissa 
quattre ou six mil piétons avecq cei'tain nombre de chevau- 
bheurs, ung trésorier, et pluiseurs notables Seigneui*s et Capi- 
taines d'Angleterre, avecq la compaignie de trois cens chevaulx 
dont avoit charge Monseigneur le bastard d'Aymeries. 

Lequel Seigneur Roy luy estant en ladiete ville liberallement 
accorda delay de payer la somme de cincquante escus (sic) d'or 



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— 391 — 

dessus touchiez juscques au premier jour de décembre, lesquclz 
par le traictié l'on estoit tenu furnir avant son partement dudit 
Toumay,et pour les recouvrer à la moindre fou lie des habitans 
d'icelle donna grâce de vendre rente héritière au denier seize, 
et viagère au denier dix sur le corps de ladicte ville et avecq ce, 
grâce de imposer pour furnir aux moyens et coui's desdictes 
rentes et au rachapt dicelles, et sy fut faicte une assiete pour 
furnir à ladicte somme et praticquier ladicte vente par ceiiains 
députez ou chascun des gens que on réputoit aisiés fut tauxé 
selon sa qualité en employant la somme de leurdit taux en 
acquisition desdictes rentes, et sj fut faict ung impos d'ung 
gros sur chascun hottin de grain mollu tant converty en pain 
que en bruvaiges, lequel gros se leveroit avant mieuldre et 
avant porter le grain au molin, lequel impôt doibt durer juscques 
au rachapt desdictes rentes vendues, et se doibt recepvoir par 
certains députez à ce, sans le joindre avec la générale recepte, 
lesquelz députez furent aussy commis à recepvoir les deniers 
desdiz cincquante mil escus et faire ladicte vente et payer les 
montes desdictes rentes vendues et faire le rachapt dicelles des 
deniers venans dudit impos, à scavoir du surplus que ledit impos 
monteroit' plus que l'anniiel desdictes rentes en les rachetant 
faict à faict et petit à petit selon les que on avoit, lesquelz 
députez furent Sire Quintin de le Chappelle chanoine de Tour- 
nay. Sire Michiel Joseph lors second prevost, Sire Jheronne 
d'Enthier, Jehan de la Rue filletier, Gillard Saurier espissier et 
Jehan Gombanlt laisné. Je prye le Créateur donner au demou- 
rant bonne pourvision telle que puissons vivre en paix le surplus 
de noz jours et en lin participer à sa gloire. Aynen, 

Tournai. Bibliotlièque Communale. Ma- 
nuscrit n** 214. 



VI. 
10 septembre 1613. 

Ferry Carondelet arrive à Tom^nai et demande si la ville 
est ^ impériale ou royale, » 

Le samedy af jour de septembre l'an mil v^ et œi{j 

les quatre consaulx furent assamblez tant pour les lettres de 
crédence que apportées Mess*"*^ Fori'y Carondelet, prothonotaire 



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— 392 — 

du saint siège apostolique, conseillier de Tempereur et en décla- 
rant sa crédence a dit que la sacrée majesté impérialle a esté 
beaucop requis par le Roy d*Engleteri»e son frère, dé savoir si 
ceste ville et cité esfrc impériale ou au Roy de France, disant 
oultre que l'empereui* fist aucun traictié avec ceste ville, en l'an 
iiij^* et deux, aussy y eubt ti^aictié fait entre le Roy de France 
et nous dont il a requis avoir le coppie et sur tout avoir response. 
Tournai. Archives communales. Consaux. 



VIT. 
11 septembre 1613. 

Lès Consaux ordonnent la démolition des maisons voisines 
des portes de la trille. 

Que le jour de demain au matin chacun s'emploje à démolir 
et abatre les maisons prochaines des pointes et huicqués de ceste 
ville et dos murailles d'icolle et font les dictes maisons hahan- 
donnez à chacun pour faire les dicts démolissements. 

Tournai. Archives Communales. Publi- 
cations. Reg. n« 3416, fol. 38 i-^. 

VIII. 
11 septembre 1613. 

Prestation de serment exigée des pet^sonnes à employer aux 
travaux de dé/hise. 

Que toutes personnes retrais en ceste ville et autres qui n'ont 
fait semient au Roy nostre sire et à ceste ville se tii'ent à une 
heure après disner par devers certains deppuctez en la Halle des 
doyens et soubz doyens des mestiers de la ville et fâchent ser- 
mons au Roy nostre dict seigneur et à ladicte ville pour les 
employer à la deff'once de la dicte ville, sur peine de ceulx quy 
en seroycnt deffaillans ou délayant d'estre tenus et repputez 
rebelles et désobéissant à justice, ennemis à la dicte ville et 
comme tel pugnis criminellement en corps et biens. 

Tournai. Archives Communales Publi- 
cations. Reg. n« 3416, fol. 37 v*^. 



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— 393 — 

IX. 

12 septembre 1613. 

Publications du Magistrat défendant Ventrée de Toui*nai à 
ceux 'portant « la croix blancJie et estandat^s de Franche, »» 

Que tous coulx qui ont le ghait aux portes de ceste ville ne 
laissent personne de piet ne de cheval entrer en icelle ville, 
soubz umbre de pointer la croix blanche et les estandars de 
Franche et doubte d'estre abusez et décheuz, tant que meâsei- 
gneui's les chiefs de la loy de la dicte ville seront deuement 
advertis que les gens seront, pour ce que le brujt cuei-t que 
nos ennemis se soient vantez de ainsy trouver manière de entrer 
en la ville. 

Tournai. Archives Communales. Publi- 
cations. Reg. n« 341«, fol. 38 v«. 

X. 

13 septembre 1613. 

Le Magistrat fait mettre le feu aux faubourgs. 

On vous fait assavoir que pour le bien sceurté et garde 
d'icelle messeigneurs ont ordonné de bouter le feu es faulxbours 
de la ville et commenchier premièrement aux faulxbours de la 
poHe Valencenoise. Sy commandent mesdisseigneurs que cha- 
cun soit sur son ghait pour la garde de leui*s maisons en mectant 
de Teauwe al hujs, en eulx pourveant desquelles et autrement. 
Et que nulz ne savanche de bouter lesdicts feux, sj non ceulx 
qui a ce seront commis de par mesdisseigneurs. 

Tournai. Archives Communales. Publi- 
cations. Reg. n« 3116, fol. 39 r". 

XL 

14 septembre 1613. 

Les Consaux envoient des députés vers Maximilieyi pour 
rester en paix et conservei* leur fidélité à la France, 

Le merquedj xiiij® jour de septembre l'an mil \^ et xiij 



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- 394 — 

les quatre consaulx ont esté assamblez et leur a esté remonstré 
les diligences faictes par Mons** le vicomte à la requeste des 
chiefz et des depputtez deviei's l'empereur, adfin que nous puis- 
sions demerer en paix. Et tant a esté procédé que l'empereur a 
déclaré qu'il depputtera aucuns pour communiquier de ladite 
matière. Et lesdits chiefz et deppuctez y ont aussi deppucté, de 
par la ville Mons^ l'abbé de saint Nicolay, le grant doyen des 
mestiers de ceste ville (c'était Pierre d'Escamain, doyen des 
annuriers), sire Jehan Havron, maistre Michiel Alegambe et 
Adam Le Grut, lesquelz consaulx se sont tenus à l'advis desdits 
chiefs et depputtez et ont commis les dessus nommez à ladite 
communicacion en rapportant audit consaulx. Et ou meisrne 
instant avant que les consaulx fuissent partis, vintung hérault 
de l'empereur disant qu'il y a au plus près de ceste ville ung 
gentil homme dudit empereur requerrant avoir saulfconduit 
pour lui entrer en la ville, ce que fut accoi'dé. Et prestement 
fut envoyé devers ledit commissaire impeiial Mons*" Maistre 
Ferry Carrondelet, lequel exposa comme il avoit fait samedy 
darrain passé contenu au fœillet précédent et pour conmiunic- 
quer de la matière, a envoyé saulfconduit pour les depputtez de 
ceste ville l'espace de deux jours. — Lesquelz consaulx ont sur 
ladite matère délibéré et esté d'oppinion de envoyer lesdits dep- 
puttez pour communicquer de ladite matère avec les depputtez 
de l'impériale majesté, à leur baillié tout pooir à ce appartenant 
et trouver moyen que puissions cstre en paix par quelque moyen 
que ce soit en gardant tousiours notre fidélité que avons au Roy 
nostre sire et en rapportant le tout ausdits consaulx. 

Tournai. Archives Communales. Consaux. 



XIL 
15 septembre 1513. 

Le Magistrat ordonne que femmes et enfayits portent sur les 
retnparts les 7natêriaux iiècessaires aux ho^nmes pour réparer 
les 7^empa7'ts. 

Que toutes i)ersonnes estans en bannière en ceste ville portent 
et facent poi-ter par leurs femmes et enffans incontinent et sans 
délay sur la muraille de ladicte ville, chacun au lieu de son 



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— 395 — 

effroy, cailleaux, baulx et autres choses et les hommes fortiffyer 
comme il est encommencbié poui* la garde et déffence de la dicte 
ville, sur peine de ceulx qui en seroyent deffaillans estre déclaré 
ennemys à la dicte ville et comme telz pugnis à l'exemple 
d'aultres. 

Tournai. Archives Communales. Publi- 
cations. Reg. n" 3416, fol. 40 v^. 



XIII. 
18 septembre 1513. 

Les Consauœ fcnit prendre des mesures pour abattre la tour 
blandinoise. 

Le. dimence xviij® jour de septembre Tan mil v° et treize par 
l'ordonnance des chiefz, les quatre consaulx furent assamblez 
et leur a esté remonstré 

Pareillement de mcctre provision à la haulte tour, blandi- 
gnoise qui à présent est fort batue des gros engicns desdiz 
Englois, adfin que s'elle estoit abatue qu'elle j)eust cheoir par- 
dedens la ville. 

Tournai. Archives Communales. Consaux. 



XIV. 
15 septembre 1513. 

Les Consauœ font porter devant le peuple la question de 
savoir si Tournai est ville « impériale ou royale, ^ 

Le joedy xv® jour dudit mois de septembre lesdits consaulx 
furent rassemblez pardevant lesquelz le depputtez le jour d'hier 
firent leur rapport de la communication quilz avoient heue à 
Lannoy avec les depputez de l'empereur sur la demande faitte 
par ledit empereur comme cy dessus est déclaré, se ceste ville 
estoit impériale ou au Roy de France, et quelque remonstrance 
que on leur ait sceu faire de la part de ceste dite ville, ilz 
vuellent avoir responce absolute se ceste dite ville est impériale 



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— 396 — 

OU au Roy nostre sire. Sur quoy lesdits consaulx se sont retirez 
en leurs collèges et à leur retour ont i*app6rté que ladite raatcre 
soit mise devant le peuple par collèges de banières pour en avoir 
leur délibération. Et a ce propos ont baillié charge de former le 
billet pour le mectre devant le peuple. 

Tournai. Archives Communales. Con- 
saux. 

XV. 
16 septembre 1513. 

La question de savoir si Tournai est ville impériale ou royale 
est portée devayit le peuple. 

Le vendredy xvi*^ jour d'icelui mois de septembre lesdits con- 
saulx furent rassamblez pour oyr le contenu du billet le jour- 
d'hier ordonné estre mis devant le peuple par collèges de 
banières touchant la demande faicte par Tempereur si ceste 
ville et cité est imperialle ou au Roy de France, le contenu 
duquel billet a esté lu pardevant lesdits consaulx, qui leur 
samble en bonne forme et presteniçnt ledit peuple commencha 
à assambler par collèges de banières en la Halle du Conseil. Et 
prestement pour certaines causes lors surnommés, le tout fut 
mis en surséance. 

Tournai. Archives Communales. Con- 
saux. 



XVI. 
21 septembre 1513. 

Le peuple charge ses députés de traiter avec Henri VIII. 

Le merquedy xxi® jour de septembre l'an mil v° et xiij les 
quatre consaulx furent assamblez et oyront le rapport du peuple 
ledit jourd'huy assamblé par collèges de bannières pour widier 
du grave et extrême dangier ou est à présent ceste ville et les 
manans d'icelle par le siège que le Roy d'Angleterre et ses alyez 
ont mis au tour de ceste ville et y fait grant dommaige. Lesquelz 
trente six collèges tous d'un accord, ont rechargié totalement 
les dits consaulx et leurs dépputtez avec pluiseurs depputtez par 



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^ 397 — 

lesdits collèges, d*en faire pour le bien prouffit et salvacion 
deladifte ville comme ils verront appartenir et leur baillié tout 
pooir à ce appartenant. Et prestement lesdits consaulx et lesdits 
dépputez tant d'iceulx consaulx que desdits collèges ont dep- 
putté pour aller devei*s l'empereur et le Roy d'Angletiere ou 
leure depputtez, pour communicquier delaclite matère, c'est 
assavoir Mons"" Tabbé de saint Nicolas des J^rez, Mons*" le 
doyen de Téglise Notre-Dame, Mons' le vicaire de Teveschié, 
Mons*" le prevost de la commune, Mons*" le grant doyen des 
mestiers, Mons*" Tofficial et maistre Jehan Havron, maistre 
Jehan Vilain, maistre Jaques Baceler et maistre Michiel 
Alegambe, conseiller de ladite ville et leur ont baillié tout 
pooir à ce appartenant. 

Tournai. Archives Communales. Consaux. 



XVII. 
Du camp près de Tournai, le 23 septembre 1518. 

Traité de capitulation de la ville de Tournai. 

[Signé] Henry (i). 

Henry par la grâce de Dieu Roy de France et d'Angleterre 
et Seigneui' dlrlande, à tous ceulx qui ces présentes lettres 
verj'ont salut. 

Comme depuis nostre descente et entrée en cestuy nostre 
Royaulme de France et intencion de réduire nostre royaulme 
en nostre obéissance et après avoir subjugué et réduit nostre 
cité de Therouenne, soyons venuz avec nostre armée devant 
nostre ville et cité de Tournay pour les réduire semblable- 
ment, et avant que nostre camp y ait esté assis, ayons fait 
sommer et requérir les bonnes gens de ladicte ville afin qu'ilz 
se voulzissent rendre et mectre en noz mains et obéissance leur 
ofirant les prendre et recevoir en grâce et les traictier comme 
bon prince doit faire ses loyaulx subgectz, lesquelz de Tournay 



(1) Beaucoup d'actes émanant de Henri VIII portent la signature du 
roi en tête du document. 

ANNALBii. V. 26 



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— 398 — 

ayans envoyé aucuns de par eulx vers nous pour traicter après 
aucunes ouvertures justes et raisonnables à eulx faictes de 
nostre part, se feussent retirez en ladicte ville où ilz demeu- 
rèrent quati'e ou cinq jours sans nous faire aucune responce 
parquoy et qu'ils n'estoient retournez au jour que leur avoit 
esté ordonné et assigné, ains s'estoient préparez et disposez de 
résister et tenir ladicte ville contre nous, et deffendre nostre 
entrée en icelle, eussions fait asseoir nostre artillerie et dresser 
toutes autres choses nécessaires pour par la force réduire icelle 
ville en nostredicte obéissance, voiant les manans et habitans 
de ladicte ville congnoissans leur tort et le dangier éminant et 
apparant en quoy ilz estoient, nous aient depuis fait très hum- 
blement et très instantement supplier et requérir les prendre à 
mercy, et les recevoir en nostre grâce subgection et obéissance 
moiennant certaines offres condicions et présentacions de par 
eulx à nous faictes, desquelles la teneur s'ensuit. Premièreniait 
que ceulx de la ville et cité de Toumay, tant de Tespirituallité 
comme de la tempoi*allité, respectivement feront, bailleront et 
délivreront promptement à très hault, très excellent et très 
puissant prince le Roy très chrestien Henry, par la gi*ace de 
Dieu Roy de France et d'Angleterre huitiesme de ce nom, leurs 
lettres faictes et passées en bonne et ample forme, et scellées 
des seaulx tant des prélatz et gens d'église comme du grant 
seel de ladicte ville dont ilz ont acoustumé user en telz et sem- 
blables traictez et contractz, par lesquelles ilz abandonneront, 
délaisseront et renonceront totallement, entièrement et absolu- 
• tement à tousjoursmais tant pour eulx que pour ceulx de leur 
povoir banlieue et jurisdiction et leurs suctesseui*s, Loys soy 
disant Roy de France, ses hoirs et suctesseura et toute la sub- 
gection obéissance et ressort qu'ilz ont porté à luy pu à ses 
prédécesseurs Roys, ensemble à toute autre paction, obligacion 
et devoir que eulx et leurs predecesseui's ont eue et portée 
jusques à ores audit Loys de France ou à sesdiz prédécesseui's à 
quelque tiltre action, couleur ou condicion que ce ait esté ou 
puist estre, et doresenavant ne se diront, nommeront, porteront 
ou réclameront directement ou indirectement en fait ne en 
parolles par lettres ou escriptures ne autrement subgectz ou 
serviteurs dudit Loys de France ne de sesdiz hoii*s et suctes- 
seurs, ains receveront, actepteront et recongnoistront doresen- 
avant et à jamais ledit Seigneur Roy Henry, ensemble ses \\o\v^ 



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— 399 — 

et suctessenrs pour leur vray Roy naturel et souverain Sei- 
gneur, et comme tel luy presteront et porteront toute vraye 
obéissance et luy feront serment de fidélité et subgection 
comme vraiz et obéissans subgectz doivent et sont tenuz de 
faire à leur naturel et souverain Seigneur, lequel sennent de 
fidélité lesdiz de Tournay seront tenuz de faire toutes et quantes 
foiz qu'il plaira audit Seigneur Henry Roy de France et d'An- 
gleterre, et sesdiz hoirs ou suctesseurs et à leurs commis, en 
ceste partie leur ordonner et commander, sans quelque reffuz 
delay ou contredict. — Item que lesdiz de Tournay fourniront 
respondront et paieront à icelluy Seigneur sesdiz hoirs et suc- 
tesseura tous telz deniers, cens, rentes, demaine subsides et autres 
droictures prouffitz et esmolumens comme ilz ont fait le temps 
passé audict Loys de France, ou à aucuns autres ses prédéces- 
seurs Roys depuis cent ans enca et semblablement ledit Sei- 
gneur Roy, ses diz hoirs et suctesseurs auront, joyront et possi- 
deront dedens ladicte ville et ou povoir et banlieue dicelle tous 
et quelconques droitz et souveraineté, dignitez, prérogatives, 
preheminences regalles et jurisdiction aussi amplement et en 
telle et semblable forme et manière que ledit Loys de France 
ou aucuns sesdiz prédécesseurs ont joy, usé et possédé tout le 
temps passé depuis lesdiz cent ans ença. — Item quant il plaira 
audit Seigneur Roy oràoiMMr et ec — m ider aux pnndpaulx 
goaveiBaars et <^lciers dudit lieu de Tournay tant de Tespiri- 
tuallité conrnie de la temporallité eulx trouver en quelque lieu 
qu'il leur voudra pour ce ordonner et assigner, ilz seront tenuz 
y venir et comparoir, luy apporter et délivrer toutes les elefz 
des portes et autres fors de ladicte ville en signe et recongnois- 
sance de souveraineté, et affin que avant son entrée en icelle 
pour la recevoir, il puist envoyer de ses gens iK)ur faire son 
logis et préparer toutes pi'ovisions et autfes choses qu'il leur 
plaira ordonner et commander. — Iteni que toutes et quantesfoiz 
qu'il plaira audit Seigneur Roy, sesdiz hoirs ou suctesseurs eulx 
trouver en ladicte ville pour y faire leur entrée ou autrement, 
les bonnes gens de ladicte ville, tant espirituelz que séculière 
seront tenus les recevoir en tout honneur et en la pusgrant 
solempnité que faire pourront et que bons et loyaulx subgectz 
sont tenuz de faire à leur naturel et souvei*ain Seigneur. — 
Item que tous ceulx de ladicte ville et cité de Tournay qui 
seront reffusans de prendre, tenir et recongnoistre ledit Seigneur 



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- 40Ô - 

Roj pour leur souverain seigneur et luy faii'e le sennent de 
fidélité et autre devoir et obéissance deue, seront tenuz de partir 
et se retirer hore dicelle ville endedens vingt jours après que 
ledit Seigneur Roj aura fait son entrée en ieelle, à paine de ban 
et confiscacion de leurs biens, et pourront lesdiz reffusans ledict 
teime durant, transpoiiier ou faire transporter avecques eulx 
tous et quelconques leura biens meubles, et eulx retirer pour 
faire leui' résidence où bon leur semblera, sans aucun destour- 
bier ou empeschement, et de leurs terres, rentes heritaiges et 
autres biens immeubles quelque paH qu'ilz soient situez et assis, 
demourront maistres et seigneui*s et en pourront jojr et posséder, 
moiennant qu*ilz ne se retireront en pais à présent ennemy et 
tenant partj contraire audit Seigneur Henry Roy de France et 
d'Angleterre. — Item et se cy après aucuns estrangiera voul- 
loient venir résider et demourer en ladicte ville, faire le pour- 
ront en faisant audit Seigneur Roy, ses hoirs et suctesseurs ou 
à leurs commis sennent de fidélité et subgection en tel cas 
acoustumé. — Item que ladicte ville de Tournay povoii' et ban- 
lieue dicelle demourra en son entier ayant corps et commune 
jouyssant de ses droitz, franchises, libei-tez, previlleiges et préro- 
gatives anciennes et dont elle a acoustumé user et joyr jusques 
à présent tant à la recreacion de la loy comme des officiers et 
pollice de ladicte ville que autrement, en quelque manière que 
ce soit lesquelz privilleiges, franchises et usaiges seront confer- 
mez par le Roy. — Iie7h que tous les manans et habitans dudit 
Tournay, povoir et banlieue dicelle de quelque estât nature ou 
condicion, qu'ilz soient ecclésiastiques ou séculiers seront et 
demourront semblablement en leur entier et en leur estât, biens 
et offices qu'ilz auront par donnacion, achapt ou provision à eulx 
faicte par ladicte ville sans aucunement estre vexez, traveillez 
privez ne molestez en corps, estatz ne offices dessusdiz ne biens 
quelconques meubles ne immeubles, aincois en pourront jouyr 
les lever et percevoir quelque part qu'ilz soient scituez et assis 
franchement et sans contredict. — Ite}7i que les manans dudit 
Touniay estans en France ou ailleura pour quelque affaire que 
ce soit pourront endedens quarente joui's, à compter de la date 
de ce présent tmctié sceurement retowner eulx leurs biens et 
mai'chandises quelconques en ladicte ville, en faisant apparoir 
par certifficacion scellée du seel aux causes de ladicte ville de 
Tournay^ qu'ilz sont manans et habitans dicelle, et à leur retour 



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— 401 — 

feront serment de fidélité audit Seigneur Henry Roy dé France 
et d'Angleterre ou à son commis, poui^veu que en cas de refluz 
ilz seront tenuz eulx et leurs biens partir et desdomiciller de 
ladicte ville endedens vingt jours après leurdict retour comme 
dessus, et sur pareille peine. — Item, que lesdiz manans et 
habitans porront aller conversser et communiquer marchande- 
ment et sceurement en toute sceureté es pais terres et seigneu- 
ries imperialles et es terres et paix de Tobéissance de Monsei- 
gneur TArcheduc d'Austriche prince d*Espaigne et de leurs 
alliez de quelque ressort nature ou condicion quMlz soient. — 
Item que en ladicte ville povoir et banlieue de Tournay ne 
seront doresenavant receptez ne soustenuz les ennemys banniz 
et f ugitifaf des pais et seigneuries de mondit Seigneur TArcheduc 
l)our crime de lèze majesté, conspiracion et autres cas sentans 
rébellion et commocion, ains se aucuns de telle condicion se y 
retiroient les gouverneurs et officiers de ladicte ville qui seront 
pour le temps seront tenus les rendre et délivrer promptement 
^ à mondit Seigneur ou à ses officiers, toutes et quantesfoiz que 
de par eulx requis en seront, pour en faire ce qu'il appartiendra 
sans contre dict ou difficulté. — Item que le Roy nostredict 
Seigneur et ses suctesseurs pourront quant bon leur semblera 
mectre en ladicte ville gens de honneste estât, vie et converssa- 
cion et en tel nombre qu'il leur plaira pour la garde sceureté et 
tuicion dicelle desquelz les manans ne soient aucunement fouliez 
ne traveillez, et ne facent aucunes courses ou invasions es pais 
circonvoisins non subgectz ne tenans le party dudit Loys de 
France, au moyen de quoy indignacion ou haynes se puissent 
engendrer. — Item et que par la réception des gens d'armes ou 
garnison qui se mectra ou cy après se pourra mectre par ledit 
Seigneur Henry Roy ou ses hoirs et suctesseurs ou par son 
ordonnance en ladicte ville, les bourgeois et manans dicelle ne 
encourront en aucune peine admende, confiscacion ou perte de 
leurs biens estans es pais terres et seigneuries de Monseigneur 
l'Archeduc d'Austriche, quelque chose que contienne au con- 
traire certain traictié fait en l'an soixante dix huit avec l'empe- 
reur lors archeduc, non obstant et pour sceureté de ce seront 
baillées lettres de par l'Empereur comme mambourne de mondit 
Seigneur l'Archeduc. — Item^ que par ce présent traictié les 
subgectz et manans des bailliaiges de Tournay, Tournesiz, Mor- 
taigne, Sainct Amand et des appartenances seront tenuz en toute 



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- 402 - 

sceureté ^t pourront retourner en leurs domicilies pour labourer 
et cultiver leurs terres, et au surplus joyront de telles franchi- 
ses et libertez qu'ilz ont acoustumez soubz ledict Seigneur 
Henrj Roy de France et d'Angleterre. — IteW' que se aucuns 
mesuz ou forfaitz ont parcidevant esté commis par ladicte ville 
ou aucuns particuliers dicelle de fait ou de parolles vers et à 
rencontre de Timperialle Majesté, ledit Seigneur Henry Roy de 
France et d'Angleterre ou leurs alliez, lesdiz mesuz seront et 
sont par ce présent traictié et accord du tout remis pardonnez 
et aboliz. — Item et par ce meisme traictié lesdiz manans et 
habitans dudit Tournay feront présent audit Seigneur Roy à 
son joyeuli advènement et pour une foiz de la somme de 
cinquante mil escuz d'or au soleil, ou trente six patars et demy 
pour chascun escu en or et monnoie présentement coui'ant es 
pais dudit Seigneur Archeduc, dont se pourront acquiter lesdiz 
manans et habitans en vaisselle d'argent portant les poinchons 
de Tournay ou des villes dudit Seigneur Archeduc pour dix gros 
monnoie d'Angleterre vallables trente patars monnoie dudit 
Seigneur Archeduc chascune once d'argent. — Jlem, que oultre 
et pardessus l'aide ordinaire de six mil livres tournois que 
ladicte ville a acoustumé de paier chascun an, sera paieé audit 
Seigneur Roy l'espace de dix ans durant et continuelz seulle- 
ment la somme de quatre mil libres tournois par an aux mesmes 
termes que se paient lesdiz six mil livres. Savoir faisons que 
nous inclinans à l'umble supplicacion et requeste à nous faicte 
de la pai*t desdiz de Tournay, meu de pitié et compassion, voul- 
lans user de grâce et bénignité envers eulx, et pour evicter 
l'effusion du sang humain, avons de nostre cei'taine science auc- 
torité royal et par bonne et meure déliberacion de conseil, 
actepté et acteptons les offres dessusdictes et icelles ensemble 
tout le contenu es articles dessus inserez, avons gréé, loué, 
ratiffié et approuvé, louons, gréons, ratiffions et approuvons de 
grâce especiale par ces présentes, promectans de bonne foy et 
en paroUe de Roy, garder observer et entretenir inviolablement 
les pointz et articles dessusdiz et tout le contenu en iceulx, sans 
jamais faire ou aller ne souffrir faire ou aller au contraire en 
manière quelconque. En tesmoing de ce nous avons signé ces 
présentes de nostre nom et à icelles fait apprendre nostre 
seel. 

Donné en nostre camp lez nostre dicte ville et cité de Tournay, 



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— 403 — 

le vingt troisiesme jour de septembre Tan de grâce mil cinq cens 
et treize, et de nostre règne le cinquiesme. 

(Et au repli) : Méautis. 
Tournai. Archives Communales. Char- 
trier, lajette de 1513. Original sur par- 
chemin. Grand scel royal en cire blanche, 
sur double queue. 



XVIII. 
Tournai, 30 septembre 1513. 

Lettres de Henri VIII y roi de France et d' Angleterre , con- 
firmant les privilèges et libertés dont les bourgeois de Tournai 
Jouissaient antérieurement. 

Henry par la grâce de Dieu Roy de France et d'Angleterre, 
et Seigneur d'Irlande. — Savoir faisons à tous présens et 
advenir, nous avoir receu l'umble supplicacion desprevost, jurez, 
eschevins, esgardeurs, doyens, subzdoyens des mestiers, bourgois, 
manans et habitans de nostre ville et cité de Tournay, contenant 
que parcidevant noz prédécesseurs Roys de France ont donné et 
octroyé aux prédécesseui*s desdiz supplians et à leurs succes- 
seurs, plusieurs beaulx prévillèges, droitz, usaiges, franchises et 
libertez qui leur ont été ratifiiez et conservez et dont ilz ont joy 
et usé jusques à présent, or est il ainsi que depuis que lesdis 
supplians se sont mis en nostre obéissance, et fait le serment de 
fidélité en tel cas appartenant, ilz nous ont supplié et requis, 
leur vouloir ratiffler, confermer et approuver leursdiz prévil- 
lèges, droictz, franchises, noblesses, libertez, coustumes et 
usaiges, dont ilz ont de tout temps paisiblement joy et possédé, 
et sur ce leur impartir nostre gi'ace et libérallité ; pour ce est 
il que nous considérans la grande et bonne loyaulté desdiz sup- 
plians, et actendu ledit serment de fidélité qu*ilz nous ont fait, 
nous pour ces causes et affin qu'ilz soient toujours plus enclins 
à nostre service et loyaulté, et aultres considéracion ad ce nous 
mouvans, tous et chascuns les prévillèges, droictz, coustumes, 
usaiges, franchises, libertez, noblesses, prérogatives, dons, 
grâces et octroys qui parcidevant ont esté octroyez ausdiz sup- 
plians, avons louez, ratiffiez, confermez et approuvez, et par ces 
présentes de nostre grâce especial, plaine puissance et auctorité 



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— 404 — 

Royal, louons, ratiffions, confiiinons et approuvons en tant et si 
avant qu'ilz en aient deuement joy et usé. Si donnons enman- 
deyneyit ^diV ces présentes, à nostre bailly de Tournay et Toui*- 
nesiz, et à tous noz aultres justiciers et officiers, ou à leui*s 
lieutenans, et à chascun d'eulx si comme à luy appartiendra, 
que de noz présens grâce, ratifficacion, approbation et confir- 
macion, ilz facent seuffrent et laissent lesdiz supplians joyr et 
user plainement et paisiblement, sans leur faire mectre ou don- 
ner ne souffrir estre fait, mis ou donné ores ne pour le temps 
advenir, aucun aiTest, destourbier ou empeschement, aincois se 
fait mis ou donné leur estoit au contraire, le leur mectent ou 
facent mectre incontinent et sans delay à plaine et entière déli- 
vrance, et au premier estât et deu, et poiu* ce que de ces pré- 
sentes, Ton pourra avoir à besoigner en plusieurs et divei's 
lieux, nous voulions que au vidimus dicelles, fait soubz seel 
autenticque, foy soit adjoustée comme à ce présent original. Et 
afin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous avons 
fait mectre nostre seel à ces présentes. 

Donné en nostre dicte ville et cité de Tournay, le dermn 
jour de septembre Tan de grâce mil cinq cens et treize, et de 
nostre règne le cinqiesme. 
(Et au repli) : 

Meautis. 
Tournai, Archives Communales. Char- 
trier, layette de 1513. Original sur pai'- 
chemin, grand seel royal en cire jaune 
sur d. q. Imprimé dans les Ordonnances 
des Pays-Bas, t. I, p. 273, comme pro- 
venant d'un vidimus. 



XIX. 
30 septembre 1613. 

Le Magistrat fait rendre les annes prêtées au peuple pour 
la défense de Tournai. 

Que toutes personnes de quelque estât ou condicion qu'ilz 
soyent qui ont hacquebutes à crochets, arbalestres, picques, 
mackes de plomb, louchetz, hauweaulx, fourques de fer appe- 
lle es sacqucboutes, flèches, virotons et autres instruments de 



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— 405 — 

gueiTe appartenant à ceste ville et qui depuis quinze Jours 
encha leur ont esté bailliez pour le garde et deffenca de ceste 
ville les apportent ou fâchent apporter incontinent et sans 
délay en la Halle du Conseil de la dite ville, sur le hart et con- 
fiscacion de biens qui en seroyent deffaillans. 

Archives Communales de Tournai. Re- 
gistre n*> 3416, fol. 49 R°. 



XX. 

4 octobre 1513. 

Les Consaux font enfermer en HaHe les ba nnê éres ete 
corporations. 

Et aussi ont entendu que nagaires aux mestiers de ceste ville 
ont esté bailliez leure banières qui doivent estro enfermez en la 
halle de ladicte ville, parquoy a esté déclai'é aux doyens que 
endedens le jourd'huy ilz rapportent leursdictes banières. 

Tournai. Archives Communales. Consaux, 

XXL 

5 oetobre 1513. 

Hefiri VIII laisse à Tournai 1 ,000 cavaliers et 4,000 fan- 
tassins comme garnison, et comme gouverneur Edouard 
Ponyngnes. Il fait savoir aux Consaux 

Le merquedy v* jour d'octobre Tan mil v* et treist,... les 
quatre consaulx furent assamblez en la Halle du Conseil où 
vim*ent pluiseura piûnces et autres du Conseil du Roy, notre 
sire, et firent remonstrer que le Roy notre dit seigneur avoit 
grant désir et affection de enti'etenir la ville et les manans et 
habitans dMcelle en leiu^ drois, franchises, et prévilèges et que 
chacun lui soit subget et obéissant comme ilz ont fait le ser- 
ment, disans que pour la gai*de de ceste dicte ville et cité il a 
commis son lieutenant général Mons*" de Ponnighe, avec mil 
chevaulx et quatre mil piétons et que on obéisse à son lieute- 
nant comme à soy meismes Et ce fait, ont déclaré que 

pour Taugmentacion des franchises de la ville, on advise de 



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— 406 — 

demander au Roy ce que on voldra avoii» et ilz se y employeront 
de bon cuer pour le bien et avancement de la ville. 

Tournai. Archives Conmiunales. Consaux* 



XXII. 
octobre 1613— mars 1514 (o. s.). 

Le Magistrat reprend le droit « d'esçarsaige, » 
A Michiel Joseph à cause que en traictant avec luy et 
Jheromme de Boulir poui* le droit de le censé de Tescarsaige 
qu'ilz tenoient de ladicte ville laquelle censé pour éviter à la 
deppopulacion dicelle ville a esté par traictié et accord fait avec 
eulx reprinses es mains de ladicte ville par lequel accord entre 

aultres choses a esté devisé 

Tournai. Archives Communales. Comp- 
tes généraux. 

XXIII. 
Tournai, 6 octobre 1513. 

Mandeynent de Henri VIII autorisant les Tourtiaisiens lui 
ayant prêté le serment de fidélité à quitter Toumm, pourvu 
qu'ils n'aillent pas habiter en pays ennemis qu'il est prêt d 
augmenter les privilèges du peuple. 

Henry par la gi^ace de Dieu Roy de France et d'Angleterre, 
et Seigneur d'Irlande, à tous ceulx qui ces présentes lectres 
verront ou orront salut. 

Les manans et habitans de nostre bonne ville et cité de 
Tournay, nous ont fait remonstrer, comment par certain article 
contenu ou traicté, puis naguaires par nous fait, avec eulx, 
en la réduction d'icelle ville en nostre obéissance, soit expres- 
sément dit et déclairé, que ceulx dudit Tournay, qui seront 
reffusans de nous faii»e et prester serment de fidélité, se pour- 
ront pai*tir, endedens vingt jours, après que aurons fait nostre 
entrée en ladicte ville, et transporter leui's biens meubles, et 
eulx retirer ou bon leur semblera, et de leurs heritaiges 
demourront maistres et seigneurs, et en joyront pourveu quilz 
ne se retireront en pays à présent à nous contraire, par laquelle 



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— 407 — 

clause pourroit sembler, que la faculté liberté et puissance, 
seroit ostée ausdiz manans et habitans ou à aucuns diceulx, 
après le serment de fidélité à nous fait de povoir partir après 
lesdiz vingt jours, et eulx transporter où bon leur sembleroit, 
comme parcidevant et de tout temps, il leur estoit permis 
toutes et quantesfoiz que bon leur sembleroit, requerans sur 
ce nostre provision. Savoif* faisons que nostre intencion n*a 
esté et sy n'est aucunement tollir, ne oster ausdiz supplians 
leurs anciennes franchises et libertez, ne les en priver en 
quelque manière que ce soit, et partant avons penuis et per- 
mectons, et par ces présentes declairons, que lesdiz manans et 
habitans ores ou en temps advenir, après ledit serment de fidé- 
lité à nous fait, pouiTont paHii' et eulx desdomiciller de ladicte 
ville, et transporter leurs biens toutes et quantesfoiz, et ou bon 
leur semblera franchement, et demourans en leure biens quelz- 
conques, ainsi et par la manière que de tout temps leur a esté 
permis et souffert, pourveu que ce ne soit en party à nous con- 
traire. En tesmoing desquelles choses nous avons signé ces 
présentes de nostre nom, fait mectre et apposer notre seel. 
Donné en nostre ville et cité de Toiu'nay, le six™« joui' 
d'octobre l'an de grâce mil cinq et treize, et de nostre règne 
le cinqiesme. 



Et au repli. 



Meautis. 
Tournai, Archives Communales, Char- 
trier, layette de 1513. Original sur par- 
chemin scellé sur double queue, grand 
scel royal en cire jaune. 



XXIV. 
13 octobre 1513. 

Henri VIII quitte Tournai. 

Le joedy xiij® jour d'octobre l'an mil cincq cens et treist... 
les quatre consaulx furent assamblez et leur fut remonstré que 
on est adverty que le Roy notre sire se doit le jourd'huy partir 
de ceste ville, adfin de adviser de le convoyer. . . 

Tournai. Archives Commun. Consaux. 



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— 408 — 

XXV. 
14 octobre 1513. 

Défense de faire *• chanchons, ballades ou libelles diffaina- 
toires » contre le Roi et les princes. 

Et sy font mesdisseigneurs commandement à tous les manans 
et subgés de ladicte ville de quelque estât, eaige ou condicion 
qu'il soit, qui face, chante ou dye aucuns libelles diffamatoii'cs 
pai' chanchons, ballades ne autrement, touchant le fait des 
princes ne autrement. Et pai'eillement que personne aulcune ne 
parle du fait des princes, gens de guen*e ne autrement, sur 
peine d'estre bannis ou pugnis creminellement ou autrement en 
corps et en biens, à Tassens de Messeigneurs prevostz et jurez 
selon l'exigence du cas. 

(En marge) . De non proférer paroUes desbonnestes ne diffa- 
matoires touchant les Rojs et princes. 

Archives Communales de Toui^nai. Reg. 
n« 34P, fol. 50. 

XXVI. 
GaUis, ZO octobre 1613. 

Mandement de Henri VIII prolongeant de quarante jours 
le délai accordé pour la prestation de serment, en faveur de 
murchands de Tournai. 

Henry par la gi^ace de Dieu Roy de France et d'Angleten*e et 
Seigneur d'Irlande, à tous ceulx qui ces présentes noz lettres 
verront ou on'ont, salut et dilection. 

Receue avons l'umble supplicacion des femmes, pai'ens et 
amys de Guillaume Espanault, Guillaume de Bruges, Jehan Huart 
Tainsné, Michiel le Crich, Jehan Bloqueau, Grart Houai't, Jehan 
Olivier, Nicolas Willoquiel, mai*chans et habitans de nostre viUe 
et cité de Tournay, contenant que lesdiz dénommez passé long 
temps et avant que eussion sreduict en nostre obéissance nostre- 
dicte ville et cité de Tournay, ilze stoient exercans le fait de mar- 
chandise en plusieurs et divers lieux, si comme à Paris, Rouen, 
Lyon et autres pais ou ilz ont acoustumé fréquentez, lesquelz 



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— 40Ô — 

convenablement ne se pouiToient retraire en nostre dicte ville 
endedens le terme de quarente join*s par nous accordez pai» noz 
lettres et traictié fait avec les bourgeois et manans de nostre- 
dicte ville pour ceulx qui en estoient absens, obstantla distance 
des lieux esquelz ilz sont ou pèvent estre, ainsi que bonnement 
ilz ne pèvent estre advertiz à la vérité du traictié par nous fait 
avec noz subgectz manans de ladicte ville, et si ne pourroient 
en si brief temps expédier ne vendre la marchandise qu*ilz y 
pèvent avoir ne aussi recevoir les deniers qu*ilz leur pèvent 
estre deubz qui leur toui*neroit à grant perte, préjudice et dom- 
maige, requerans lesdictes femmes, parens et amys adce propos 
nostre provision sur ce, savoir faisons que nous obtemperans à 
ladicte requeste en faveui» desdiz supplians noz bons et loyaulx 
subgectz, aussi pour autres consideracions ce à nous mouvans, 
avons ledit terme et espace de quarente jours prolongé et 
ralongé, et par ces présentes prolongeons etralongeons jusques 
à la feste Nostre Dame Chandeleur prouchainement venant, 
endedens lequel temps lesdiz dessusnommez poun»ont franche- 
ment et sans quelque destourbier eulx leurs biens, denrées et 
marchandises retirer en nostredicte ville en nous prestant le 
sennent de fidélité ainsi et par la manière qu'il leui* estoit loi- 
sible, endedens lesdiz quai'ente jours, selon et en ensuyvant 
ledit traictié et accord pai» nous fait avec lesdiz de Tournay. Si 
donnons en majidement k tous noz justiciers officiers et subgectz 
cappitaines, gens de gueire et autres que de nostre présente 
grâce, permission et octroy, ilz seuffrent et laissent les dessus- 
nommez joyr" et user plainement sans leur faire ne souffrir 
estre fait, mis ou donné quelque destourbier ou emposchement, 
car tel est nostre plaisir et voulions estre fait. 

Donné en nostre ville de Calais, le vingtiesme jour d'octobre 
Tan de gmce mil chiq cens et treize, et de nostre règne le 
cinqiesme. 

(Et au repli) : 

Meautis. 

Tournai. Archives Communales. Char- 
trier, layette de 1513. Original sur pai*- 
chemin scellé sm' double «pieue, grand 
scel royal en cire jaune. 



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— 410 — 

XXVII. 
Windsor, 18 novembre 1513. 

Heyiri VIU se plnhit de Vahayidon de Tournai 'par ses 
habita)} ts. 

Très chiere et bien aymez, puis naguaires est venu à nosti'e 
congnoissance qu'il y a eeii:ains de noz subjectz citoyens de 
nostre ville et cité de Tournay quy se sont departy hoi's de 
nostre dicte ville et cité et ont emporté avecq eulx tous et ung 
chascun leui*s biens meubles pai'quoy semble quy ne sont point 
en voulonté ne délibérez y retoui*ner, et qu'il en y a d'aultres 
d'entre vous qui sont de la meisme volunté, quy nous faict à 
penser et imaginer quy ne sont pas envers nous de bonne et 
droicte obéyssance. Ou que nostre lieutenant que nous avons 
commis d'avoir le régime et gouvernement dicelle nostre ville 
et cité et ne les a pas traictié en ensuy\'ant nostre vouloir et 
plaisir et intencion que leui* fismes dii'e et déclairer avant nostre 
département, lequel estoit et est de vous traictier bien et favo- 
rablement en toute amour, faveur et benevolence et non moings 
que tous les meilleure de tous noz subgectz en quelcque part 
que ce soit et que vous en monstrant et continuant noz bons 
vi'ays et loyaulx subjectz, vous nous trouverez vostre bon, vray, 
naturel et cordial Seigneur et vous entretiendrons en voz 
anchiennes libertez, prévilèges et franchises aultant et plus que 
on faict aulcuns aulti»es princes pai'cy devant. Et ne nous 
povons assez esmerveilUer, veu et considéré ce que dessus, quelle 
chose les ayt meu de ainsy depai-tii* hors de nostre ville et cité. 
Et comme nous sommes advertis plusieure en y a quMlz ont le 
pensement et font counûr le bruyt que nous volsissions dépai'tir 
en temps advenir de nostre ville et cité, et les mectre entre les 
mains d'aulcun aultre prince dont nous vous en avons assez 
amplement et suffissamment avant nostre département faict dire 
et déclairer nostre intention sur ce, encoires faisons pai* cestes 
que en continuant vostre fidélité, vraye et bonne obéyssance 
envers nous, ne sommes nullement délibérez en pai*tir comme 
entendiez cy après nostredit vouloir et intention pai* voz commis 
et députez que debvez envoyer pom* voz affaires de nostre pro- 
chain parlement quy commenchTera après le Noël, et pourtant 



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— 411 — 

nous voulons très chiers et bien aymez, que incitez, conseilliez, 
confortez et advei*tissiez non pas seullement ceulx quy sont 
départis d*eulx retourner, mais tous et ung chascun les aultres 
noz subjectz dicelle nostre ville et cité de Toui*naj de demoui'er, 
résider et continuer en icelle faii*e et exercher les fais de leurs 
mestiei»s et occupations ainsy qu'ilz faisoient pardevant qu'elle 
fut subjecte et reduicte à nostre obéissance, sans faille leur 
partement en quelcque aultre lieu et quilz ne facent aulcune 
doubte que nous trouverons envei*s eulx bon et naturel souve- 
rain Seigneur, ayants eulx et leurs affaires à cuer autant que 
ceulx quy sont natif en quelcque aultre place de nostre obeys- 
sance. Et ne facent pai'eillemsnt aulcune doubte que ne 'soyez 
bien et favoi»ablement traictiez es pays et obeyssance de nostre 
cousin et beaufrère le Prince de Castille mieulx que furent 
jamais, et vous advertissant oultre que sy vous ou aulcuns de 
ladicte ville et cité se sentent et trouvent gi»evez, se tirent 
pardevei»s nostre lieutenant et il leur feroit droict et justice en 
manière que pai* l'aison ilz n'aui'ont cause de leur vouloii», et ce 
faire luy avons très expressément mandé et enjoing. Auquel 
voulons que adjoustez foy et credence en tout ce qu'il vous 
exposera de nostre pai*t. Et à tant vous disons à Dieu que très 
chiers et bien aymez vous ayt en sa saincte et bonne garde, 
Escript en nostre chasteau de Vindrezore le xviij® de novembre 
mil cincq cens et treize. 

Tournai. Archives Communales. Consaux, 
Reg. n" 178, fol, 118. 

XXVIII. 
21 décembre 1513. 

Le gouverneur de Tounuii ordomie la remise entre ses 
mains des bannières des corporations. 

Le mei'quedy xxj® jour de décembre Tan mil v" et treise par 
Tordonnance de Mess"^ les chiefz de loy. de ceste ville, les 
quatre consaulx furent assamblez, pour ce que le jourdhier il 
n'y eubt point d'assens de depputter aucuns notables, pei*son- 
naiges pour envoyer devera le Roy, nostre sire à son pai'lement 
et assamblée qui se fem après le Noël prochain venant à 
Londres en Engletiere, adfin de y depputer. Et avant que oi^ 



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- 412 — 

-éuist pai*lé de ladite matera sont venus devant les Consaulx 
aucuns dépputtez de Mons"* de Ponnichs, lieutenant et gouver» 
neur général du Roy notre sire en ceste ville et ont reraonstré 
que le Roj avant son paiement de ceste ville avait ordonné en 
son C07iseil que les hanièi^es des mestiers (Ticelle ville fmsent 
mises es irmins dudit gouverneur , pmtr ce qu'elles portaient les 
annes du Roy Loys et pour éviter à pluiseurs grans dangiei^s 
et inconvéniens qui en pon'oient ensieuvre et le tout sans 
préjudice des prévilèges, drois, fmnchises, usaiges et coustu- 
mes de la dite ville. 

Tournai. Ai*chives Communales. Consaux, 



XXIX. 
Westmiiister» 26 février 1514. 

Ordminance de Henri VIII concernant les lettres de provi- 
sion accordées par Louis XII, t*oi de France, et les arrêts 
rendtis par le Parlement de Patns, aimnt la réduction de la 
ville de Tournai, 

Henry pai* la grâce de Dieu Roy de France et d'Angleteire 
et Seigneur d'Irlande. 

A tous ceulx qui ces piȎsentes noz lettres veiTont ou on'ont 
salut. Les depputez pai' les consaulx et coilimunaulté dé 
nostre ville et cité de Tournay pour eulx trouver à nostre 
parlement tenu en nostre palais de Westmoustier nous ont 
remonstré, comment pai'devant nostre bailly de Tom^nay, 
Tournesiz, prevostz, jurez, esebevins de Tournay, et autres 
juges y a pluisieui*s procès introduictz et pendans indécis, 
esquelz plusieurs relief z et i)rovtsions sont produictes pai*ci- 
devant, et avant la réduction de nostredicte ville et cité de 
Tournay en nostre obéissance, obtenues du Roy Loys de 
France, et qu*il y a aussy aucuns arrestz renduz par nostredicte 
court de parlement avant la réduction de nostre dicte ville, sans 
ausquelles provisions avoir regard, impossible est aux juges 
procéder à la décision desdiz procès en gaixlant le droit' des 
pai*ties, et si ne se vouldroient ingérer de procéder à leur inté- 
rinement se interinées doivent estre, ne aussi souffrii» ne per- 
permectre lesdiz arrestz estre excécutez sans préallablement 
avoir pom* ce faille nostre exprès congé, licence, octroy et man- 



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- 413 - 

dément especial. Pourquoy nous qui désirons très singullière- 
ment justice estre administrée à nosdiz loyaulx subgectz et non 
estre retardée pour ne à cause de Tintitulacion desdiz mande- 
mens et provisions, avons iceulx gi*éé, auctorisé et approuvé, 
et par ces présentes gréons, auctorisons et approuvons. Si don- 
nons en mandement à nostredit baillj de Tournaj, Tournésis, 
prevosts, jurez, eschevins et autres juges ajans soubz eulx 
aucuns procès, esquelz sont produictz telles provisions que 
dessus qu'ilz procèdent à la décision diceulx, ainsi et par la 
manière que se nous mesmes les eussions données et feussent 
intitulées de noslre nom, et qu'ilz permectent et seuffrent lesdiz 
ajTestz ainsi renduz avant ladicte réduction estre mis à oxcécu- 
cion selon leur fonne et teneur, ainsi que s'ilz estoient à présent 
renduz par aucuns de noz juges, en prenant toutesfoiz placet 
commission et atache pour ce faire de nostredit bailly de Tour- 
nay ou son lieutenant, car ainsi nous plaist-il et voulions 
estre fait. 

Donné en nostre palais de Westmoustier le xxvj® jom* de 
février l'an de grâce mil cinq cens et treize, et de nostre règne 
le cinqiesme. 

Per ipsum regem et de data predicta auctoritate pai-liamenti. 

YONG. 

(Et au repli) : Par le Roy, 

Meautis. 

Tournai. Archives Conmmnales. Char- 
trior, layette de 1513. Original sur pai»- 
chemin scellé sur double queue grand 
scel royal en cire jaune. Imprimé dans les 
Ordonnances, T. P^ p. 287. 



XXX. 
Westminster, 26 février 1614. 

Heyiri VII J htstitue à Tournai uyi tribunal de cinq notables 
pour coyntaître des causes qui avant la réduction de cette ville 
ressortissaient au Parlement de Paris, 

ANNALES, y. ^ 



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— 414 — 

Henrj par la grâce de Dieu Roj de France et d'Angleterre 
et Seignem* d'Irlande. 

Savoir faisons à tous présens et advenir, comme nous desi- 
rans recouvrer et remectre en nostre obéissance nostre 
Royaume de France qui est nostre vraj patrimoyne et héritaige, 
de long temps par force et violence occupé par noz ennemys, 
ayons fait grandes preparacions et mis sus grosses années 
tant par mer que pai* terre, en telle soiiie que desàprésent 
grâces à Dieu nostre createm% nous avons reduict à nostre 
obéissance, noz villes et citez de Therouenne et de Tom*nay, 
lesquelles pai'avant icelle réducion sortissoient à nostre court 
de pai'lement à Paris en souveraineté, laquelle court nous est 
encores à présent rebelle et désobéissante, parquoy ne pèvent 
noz subgectz de nosdictes villes et citez sortii* en icelle ainsi 
qu'ilz souloient faire, à ceste cause comme prince qui très sin- 
gulièrement désire justice estre faicte et administrée à ung 
rhascun sur leurs complainctes et doUéances, à nous ordonné et 
appoincté, cinq notables personnaiges, clercs et licenciez, les- 
quelz voulions qu'ilz facent et tiennent leur résidence en nostre- 
dicte ville et cité de Tournay, et à iceulx avons donné et don- 
nons i)lain povoir, auctorité et mandement exprès, de congnois- 
tre et déterminer de toutes causes et matières procédantes et 
qui procéderont de nosdiz subgectz, tant dudit Tournay, Tour- 
nesis, Therouenne et autres pais dès à présent reduictz en nosti*e 
obéissance et que cy après y réduirons, tout ainsi et par la 
manière que par avant la réduction de nosdictes villes, nostre- 
dicte court de pai'lemont à Paris faisoit et povoit faire, avec 
ung greffier et deux huissiers aians tout povoir ausdiz offices 
appai^tenans, lesquelz personnaiges tiendront leui*s assises à 
certain jour de chascun mois seuUement le plus convenable- 
ment que faille se pouiTa, et qu'il sera advisé, et par ces mésmes 
présentes leur avons donné et donnons plain povoir et auctorité, 
de pourveou* à nosdiz subgectz de toutes lettres et provisions 
de justice, ainsi que paravant ladicte réduction ilz po voient 
avoir en la chancellerie de Paris, et paieront telz et semblables 
droitz, qu'ilz faisoient et avoient acoustumé faire audit lieu de 
Pai*is, et leur avons à ce propos ordonné seel et contreseel 
armoyé de noz armes ; en tesmoing desquelles choses nous avons 
fait mectre et apposer nostre grant seau ad ces présentes. 
Donné en nostre palais de Westmoustier le xxvj® jour de 



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— 415 — 

Tan de grâce mil cinq cens et treize, et de nostre règne le 
cinqiesme. 

YONG. 

(Et au repli) : Par le Roy, 

Meautis. 
Tom*nai. Archives Communales. Char- 
trier, layette de 1513. Original sur pai'- 
chemin scellé sur double queue, grand 
scel royal en cire blanche. Imprimé dans 
les Ordonnances, T. I. p. 288. 



XXXI. 
Westminster, 26 février 161,4. 

Henri VIII autorise la ville de Tournai à lever un droit 
sur les grains qui passent en cette ville par l'Escaut, 

Henry par la grâce de Dieu Roy de France et d'Angleterre 
et Seigneur d'Irlande. 

A tous ceulx qui ces présentes noz lettresven*ont ou orront, 
salut. Les prevostz, jm*ez, consaulx et communaulté de nostre 
ville et cité de Tournay, nous ont remonstré et exposé comment 
de long temps et ancienneté ilz ont acoustumé quant bon et 
expédient leur a semblé prendre et lever la sixiesme partie 
des grains passans en nostre dicte ville par la rivière d'Escault 
poui* y tenir estaple certaine espace de temps pour estre 
venduz au peuple de nostredicte ville, et le pris en procédant 
estre délivrez aux marchans à qui lesdiz grains appartiennent, 
laquelle manière de faire qui s'appelloit le mis sus comme 
encores s'appelle en aucunes villes circonvoisines, izl ont 
puis aucun temps enca délaissé à cause quilz n'en avoient 
nectessité, et craignent se à présent ilz en voulloient user que 
empeschement ne lem* feust en ce baillé, obstant mesmement 
quilz ont difiéré par certain temps le lever comme dit est et 
qu'ilz n'avoient grâce ne pennission de nous de ce faire, reque- 
rans à ce propos nostre provision . Pourquoy nous quy desirons 
pourveoir à nosdiz subgectz de toutes choses que povons con- 
gnoistre estre propices et utilles à nostredicte ville au bien et 
augmentacion dicelle et de nosdiz loyaulx subgectz, avons permis 
et accordé, et par ces présentes pei^mectons et accordons, povoir 



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— 416 — 

faculté et puissance ausdiz supplians de toutes et quantesfoiz 
qu'ilz verront estre propice et convenable prendre et lever ledit 
mis sus, ainsi et par la manière que pardevant ilz ont fait, non 
obstant qu'ilz aient en ce cessé par certaine espace de temps 
comme dit est, et sans ce quelque dilacion, surcéance ou cées 
qu'ilz pourroient cy après commectre, leur puist porter préju- 
dice ne aucunement prejudicier à ce que dessus. Si donnons en 
mandement à nostre bailly de Tournay et Toumesis que s'il 
luy appert que parcidevant lesdiz supplians aient levé lesdiz 
grains et mis sus par la manière dicte, ilz les face et seuffi'e 
joyr et user de nosdictes grâce, octroy et permission et lever 
ledit mis sus par la manière que parcidevant ilz ont fait sans 
contredict ou empesehement. car tel est nostre plaisir et voul- 
ions estre fait. 

Donné en nostre palais de Westmoustier le xxvj® jour de 
février l'an de grâce mil cinq cens et treize, et de nostre règne 
le cinqiesme. 

(Et au repli) : Pai* le Roy, 

MKAuns. 
Tournai. Archives Communales. Char- 
trier, layette de 1513. Original sur par- 
chemin scellé sur double queue, grand 
sccl royal en cire blanche. Imprimé dans 
les Ordonnances T. I. p. 286. 

XXXII. 
Greenwich, 16 mars 1614. 

Henri VIII autorise ses sujets de Tournai et Toumuisis à 
commercer libre^yient en Angleterre et à y acquérir des biens, 

Henry par la grâce de Dieu Roy de France et d'Anglet<)iTe 
et Seigneur d'Irlande. 

A tous ceulx qui ces présentes lettres verront salut. Les 
prevostz, jurez, eschevins, esgardeurs, doyenset soubzdoiens 
de mestiers et toute la communaulté de nostre bonne ville 
et cité de Tournay, nous ont fait remonstrer comment à 
cause quilz sont noz subgectz de bonne raison et équité, il leur 
est pv'rmise t pèvent fi*anchement venir hant9r et convei^sser 
mai'chandamment et autrement en nostre Royaulme d'Angle- 



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— 417 — 

terre comme bon leur semblera, acquérir, avoir et tenir 
terres, rentes, maisons et possessions, les vendre chargier et 
alienner, transposer marchandises de nostre Royaulme ainsi que 
bon leur semblera, comme pèvent faire et en paiant semblables 
coustunies et deu que noz subgectz natifz et residens en nostre 
dict Royaulme, sans que en ce ilz soient ou puissent estre 
empeschiez ou destourbiez, ne aussi aulcunement molestez se 
quelque fortune leur advenoit par nauffrage ou autrement, 
ainsi et par la manière que nosdiz subgectz natifz et residens en 
nostredict Royaulme pèvent et leur est loisible faire audict 
Tournay et Tournesis, aussi que en la réduction faite de nostre 
dicte ville en nostre obéissance leur avons confermé tous leurs 
previllèges, franchises, libei*tez, statuz et ordonnances parcide- 
vant obtenuz, statuez et ordonnez pour le bien proufRt, honnem\ 
exaltacion et entretenement de nostredicte ville, mais ilz crai- 
gnent destourbier ou empeschement leur estre fait ou donné en 
ce que dit est dessus par aucuns vueillans pour leui' singulier 
prouffit prétendre ignorance de nosdictes confirmacions, s'effor- 
cans vexer et traveiller nosdiz subgectz en leui'sdiz privilleiges, 
franchises, statuz et ordonnances mesmement entant qu'il pour- 
roit touchier le fait de la drapperie qui causeroit la totalle des- 
truction du vivre, substentacion et entretenement de grant 
multitude et quasi la pluspart du peuple de nostredicte ville se 
vivant et entretenement soubz le fait et excersité Ju stille de la 
drapperie, et sur ce n'avoient de nous lettres certifticatoires et 
enseignement suffisant qui leur tourneroit à grant interest, pré- 
judice et dommaige, humblement requerans icelles. Savoir 
faisons que nous congnoissans leurdicte remonstrance estre 
véritable et du tout fondée en raison et équité, et que de l'effect 
dicelle ne les voulons priver ne forclourre, ne souffrh* estre 
privez ne forcloz aucunement, avons de nostre certaine science, 
affin que personne n'en puist prétendre ignorance actordé ces 
présentes par lesquelles nous avons dit et déclairé, disons et 
declairons que nosdiz subgectz dudit Tournay, Touniesis, Mor- 
taigne, Sainct Amand et leui*s appartenances pèvent et leur est 
loisible toutes et quantesf oiz que bon leur semblera venir hanter, 
conversser, marchander rentes, terres, possessions et heritaiges 
en nostredit Royaulme d'Angleten»e, et en icelluy prendre, 
cueillb et lever toutes sortes de denrées et marchandises et les 
mener hors dicelluy ainsi que bon leur semblera comme sont et 



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— 418 — 

pévent faire et en paiant seullement telles coustumes et deu 
que noz autres subgectz natifz et actuellement residens en 
nostrcdict Rojaulme d'Angleterre. Et d'avantaigc ne voulions 
en manière quelconque lesdiz de Tournay, Tournesis astre 
vexés, molestez ne inquiétez pour ne à cause de leursdiz privil- 
lèges, franchises, libertez, statuz ne ordonnances que leur avons 
confennez comme dit est, aincois voulions et est nostre plaisir 
quilz en usent et jojssent entièrement et paisiblement, mesme- 
ment en tant quil touche Teffect de la drapperie, et aussi en 
tous autres se règlent ainsi qu'ilz faisoient, povoient et dévoient 
faire avant la réduction de nostredicte ville, sans que soubz 
umbre de quelconque cause, raison ou couleur qui soit ou puist 
estre leur soit fait, baillé, mis ou donné quelque destourbier ou 
empeschement au contraire, en tesmoing de ce nous avons à 
cesdictes présentes fait mectre et apposer nostre grant seau. 

Donné en nostre manoir de Grentwiche le xvj™® jour de 
mars l'an de grâce mil cinq cens et treize, et de nostre règne 
le cinqiesme. 

YONG. 

(Et au repli) : Pai^ le Roj, 

Meautis. 
Tournai. Ai'chives Communales. Char- 
trier, layette de 1513. Original sur par- 
chemin scellé sur double queue, grand 
scel royal en cire blanche. Imprimé dans 
les Ordonnances sous la date du 26 mars 
1513, T. P% p. 289. 



XXXIII. 
Oreeni^ich, 19 mars 1614. 

Henri VIII libère la ville de Toui'nai du 'paiement des rentes 
et pensions dues à des personnes résidafit dans des pays hos- 
tiles à l'Angleterre, 

Henrv par la grâce de Dieu Roy de France et d'Angleterre 
et Seigneur d'Irlande. 

A tous ceulx qui ces présentes lettres ven'ont ou orront, 
salut. Les prevostz, jurez, eschevins, esgar- dem*s, doyens 
et soubzdoiens des mestiers de nostre ville et cité de Tour- 



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— 419 — 

nay nos bons et loyaulx subgectz nous ont fait remonstrer, 
comment entre plusieurs grans debtes et chai*ges intoUe- 
rables dont le corps et communaulté de nostredicte ville est 
chargée, elle est tenue reddevable et obligée envers aucuns 
particulière faisans et ayans leurs résidences en pais à présent 
à nous contraire, en certaines rentes et pencions portans par 
chascun an à la somme de six cens frans ou environ, si nous 
ont supplié que pour subvenir aux grans affaires de nostredicte 
ville leur voulsissions remectre, quicter et donner par conlisca- 
cion ou autrement, lesdictes rentes et pencions ainsi deues à 
nosdiz adverssaires comme dit est dessus, avec les arreraiges 
dicelles à présent escheuz. Savoir faisons que nous inclinans 
favorablement à leursdictes requestes leur avons liberallement 
remis, quicté et donné, et par ces présentes remectons, quictons 
et donnons par confiscacion ou autrement le plus convenable- 
ment que faire se peult, toutes et chascunes les rentes, debtes 
et pencions annuelles esquelles le corps et communaulté de 
nostredicte ville est et peult estre tenue et obligée, en quelque 
manière que ce soit ou puist estre, devers aucuns ayans et 
tenans leurs résidences en pais à présent à nous contraire, avec 
les arreraiges qui en pèvent estre escheuz, et espérons au plaisir 
de Dieu leur faire mieulx en Tadvenir. Si donnons en mandement 
à nostre bailly de Tournay et Tournesis, et à tous noz autres 
Justiciers, officiers et subgectz ou à leurs lieuxtenans que de 
nostre présente quictance donnacion et confiscation ilz seuf- 
frent, laissent et facent lesdiz supplians Joyr et user plainement 
et paisiblement, sans lem* faire mectre ou donner ne souffrir 
estre fait, mis ou donné, ores ne pour le temps advenir quelque 
destourbier ou empeschement au contraii'e, car tel est nostre 
plaisir et voulions estre fait. 

Donné en nostre manoir de Grenewiche le xjx"® jour de mai' 
Tan de grâce mil cinq cens et treize, et de nostre règne le 
cinqiesme. 

YONG. 

(Et au repli) : Par le Roy, 

Meautis. 
Tournai. Archives Communales. Char- 
trier, layette de 1513. Original sur par- 
chemin scellé sur double queue, grand 
scel royal en cire blanche. Imprimé dans 
les Ordonnances, T. P% p. 288. 



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- 420 — 

XXXIV. - 
9 Jnia 1514. 

Quittance des 50.000 éous cVor au soleil payés par le 
Magistrat de Tournai, en suite du traité de reddition du 
23 septembre 1513. 

Nous Robert Dymok, chevalier, trésorier du très noble, très 
excellent et très puissant prince Henry Roy de France et 
d'Angleterre, huitiesme de ce nom, en sa ville et cité de Tour- 
na j congnoissons avoir heu et receu des prevostz, jurez, 
eschevins, esgardeurs, doyens, soubzdoyens des mestiere et 
comniunaulté de ladicte ville et cité de Touriiay par les mains 
de Sire Michiel Joseph et Maistre Michiel Cambry leurs com- 
mis et depputez, la somme de cincquante mil escus d'or au 
soUeil du pris de trente six patars et demy chascun escu tant 
en vasselle d'argent au pris de trente patai's chascun onche 
comme en deniers comptans, et ce pour furnir au traictié et 
accord fait le vingttroisiesme joui* du mois de septembre l'an 
mil cincq cens et treize entre le Roy nostredit Seigneui* et 
lesdis de Tournay. Par lequel traictié iceulx de Tournay 
estoyent tenus et avoyent prommis de payer audit Seigneur 
Roy ladicte somme de cincquante mil. escus d'or au solleil telz 
que dessus, de laquelle somme je quicte et pronmiets acquiter 
lesdis de Tournay envers le Roy nostredit Seigneui» et tous 
autres. En tesmoing de ce nous avons ces présentes signées de 
nostre main, et scellées de nostre seel armoyé de noz armes, 
qui furent faictes et données le nœfiesme joui* du mois de juing 
l'an mil cincq cens et quatorze. 

(Signé) : R. Dymok. 

Tournai. Archives Communales. Char- 
trier, layette de 1514. Original sur pai*- 
chemin scellé sur double queue d'une 
boulette en cire rouge, dans laquelle a été 
imprimée un camée. 



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— 421 — 

XXXV. 
2 septembre 1614. 

Les Consauœ scnit infbi^niés de la yiomiruUion de Thomas 
Wolsey à révcché de Touruay. 

Le samedj second jour de septembre l'an mil vo et xiiij 

les consaulx furent assamblez pour ce qu'il y avoit en ceste ville 
ung notable docteur en théologie envoyé de par le Roy nostre 
sire, en ceste ville ayans lettres adi^eschans à Mess^ les con- 
saulx, lesquelz consaulx assamblez est venu en ladite halle 
ledit docteur qui a exhibé ausdits consaulx lettres closes du 
Roy notre dit sire et de Mons"^ de I^incons (i) qui ont esté leues 
ausdits consaulx, faisans mencion que notre saint père le pape 
a pourveu mondit seigneur de Lincons au régime de l'eveschié 
de ceste ville tant en Tespiritualité que en la temporalité, pour 
en joyr et possesser tant qu'il plaira à Monseign. l'evesque de 
ceste ville venir en personne résider et possesser dudit éveschié 
et faire serment do fidélité comme tenus est de faire. Et autant 
en a dit et déclai'é en latin le dit docteur. Et sur ce lesdits con- 
saux se sont retirez en leure collèges et au retour ont rapporté 
ce qui s'ensient, c'est assavoir : tous d'un assens qu'ilz vuellent 
obéyr aux mandatz de notre saint père le pape et aux bons 
plaisii*s et mandemens du Roy nostre sire et en requera audit 
docteur le double autenticque dudit mandement par lui exhibé 
et lui monstra le mandat autreffois envoyé à mes disseigneurs 
par Mons** Loys Gaillai*t et requerit audit docteur avoir sur 
tout son ad vis et conseil. 

Tournai. Archives Communales. Consaux. 



XXXVI. 
21 novembre 1514. 

Le gouverneur se plaint de ce qve tous les Touniaisiens 
n'ont point prêté le serynent de fidélité à V Angleterre. 



(1) On sait que Thomas Wolsey avant d'être choisi comme évêque de 
Tournai, avait été nommé à Tévêché de Lincoln, 



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— 422 — 

De la remonstrance faicte par pluiseurs depputtez et conseil- 
liers du Roy notre sire envoyez devers les consaulx par 
Mons"^ Ponmich, lieutenant général du Roy notre dit seigneur 
en ceste dite ville, qui ont déclaré que savons que dès que le 
Roy vint en ceste ville toute la communaulté firent serment 
de fidélité, combien que aucuns ont fait le contraire. Et nagaires 
la paix est survenue par laquelle est déclaré que les villes, citez 
chasteaulx et aultres places demorent en Tobéyssance de celui 
en quel main ilz ont esté trouvez au jour de ladite paix, par quoy 
ceste ville et cité demora es mainset en Tobeissance du Roy 
notre dit sire et pai*tant est besoing de renouveller lesdits ser- 
mens de fidélité... (Suit le serment à faille). 

En marge : 

On leur a remonstré que Mess" les consaulx ont tousiours 
entretenu et vuellent entretenii* le serment qu*ilz ont fait au 
Roy notre dit sire et se ils savoient aucuns aians fait le con- 
traire ilz en feroient pugnicion et sont encores prestz de renou- 
veller et entretenir le serment qu'ilz ont fait et feront. 

Tournai. Archives Communales. Consaux. 



XXXVI to. 
6 mars 1516. 

Le gouverneur de Moyiijoye demande l'intervention pécu- 
niaire de la ville de Tournai pour la construction du Château, 

De le remonstrance faite à Mess®*" les chiefz par hault et noble 
Mons'^ de la Montjoye lieutenant et gouvernem* général pour le 
Roy notre sire en ceste ville, que le Roy notre dit Seigneur a 
intencion de faille faire et édiffyer en ladite ville xmg chastel ou 
deux ad fin de soula^ier le peuple de gens d'armes y pour savoir 
quel avancement ladite ville fera pour lesdits ouvraiges. 

En marge : 

On recharge les chiefz de remonstrer à Mons^ le povreté de 
la ville adfin qu'il lui plaise excuser icelle vers le Roy notre 
sire de la dite ayde. 

Tournai. Archives Communales. Consaux. 



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— 483 — 

XXXVII. 
Greenwich, 3 Juin 1615. 

Hetiri VIII fait don à Christofe, James et Antoùie Knivet 
des biens py'overi an t delà confiscation "prononcée contre Jean 
de Matines et Jean d'Estables. 

De par le Roy. 

Treschers et feaulx conseilliers, comme il soit ainsi que par 
noz aultres lettres nous avons de nostre especialle et habon- 
dante grâce donné et octroyé et par ces présentes donnons et 
octroions de rechief à nos bons et loyaulx serviteurs Christofle 
Knevet, James Knevet et Anthoine Knevet, escuiers, toutes et 
telles terres possessions, rentes, meubles, debtes et biens 
quelzconquez qui naguères appartenoient tant à Jehan de Malines 
que à Jehan d'Estaples et à ung chascun d'eulx tant conjoinc- 
tement que divisement, lesquelles terres, possessions, rentes et 
aultres leurs biens sont escheuz en noz mains et forfaitz par 
leur maulvais et meschant gouvernement, sj vous mandons et 
commandons et à ung chascun de vous si come à luj appertien- 
dra que incontinent et sans delay après la reçepte de cestes, 
faictes bonne et briefve expédiction de justice pour nosdiz ser- 
viteurs en ce que dit est comme vouldriez faire pour nous, en 
soi*te qu*ilz puissent joir de nostre don et octroy come dit est, 
en telle manière comme lesdiz malfaicteurs faisoient ou temps 
de nostre entrée en noz ville et cité de Tournay, sans aucune 
fraude, barrât ou mal engin, ne souffrir nulluy demander ou 
requérir aulcunes faulces debtes desdiz malfaicteui's pour sal- 
vacion de leursdiz biens quelle chose ce faicte estoit, seroit 
contrevenir à nostre droit, et ce faictes ou faictes faire sans 
delay en tant que craingnez nostre desplaisir. 

Donné en nostre manoir de Grenewiche le troisiesme jour de 
juing Tan xv® xv. 

Tournai. Archives Communales. Char- 
trieï*, layette de 1515. Lettre close 
originale. 



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— 424 — 

XXXVIII. 
20 Jaillet 1516. 

Les Co7isauœ sont infoi^nés de la décision du 7*oi Henri VIII 
concernant la ccnst7*îccticn d\m « Château »-, de V iyistitutioji 
de la Cotir souveraine et de la conclusion d'une paix avec la 
France, 

Le vendredy xx^ jour dudit mois de jullet oudit an mil 
cincq cens et quinze... les dits quatre consaulx fuirent assamblez 
pour déclarer la crédence que lesdits s^ chambellan et vichan- 
cclier leur déclarèrent le jom'd'hier que est telle en effect que 
le Roy notre souverain seigneur pour la bonne relacion qu il a 
tousiours oye de nous de Tentretenement de notre fidélité, 
désire de nous entretenir en nos anchiens usaiges, prévilèges et 
coustumes qu'il nous a confinnez. Et que pour le bien, sceurté, 
gai*de et déffence de ceste, sa ville et cité de Tom*nai et de tous 
les manans et habitans d'icelle, scsbons et loyaulx subgés, il a 
inteneion de faire édiflyer en ceste dite ville deux chasteaulx 
ou chitadelles là où il sera advisé requierans à Mess" les con- 
saulx en ce les assister, conseillier et favorisier à recouvrer 
le bos, pierres, ouveriers et tout ce qu'il convenra avoir pour 
lesdits ouvraiges, et que le ayde chacun en particulier vouldroit 
faire pour l'avancement d'iceulx ouvraiges et ce pour le premier 
point. 

Secondement que le Roy notre dit Sire désirant supporter 
ses manàns subgés de déppence et que es matières d'appella- 
cions et ressort de souveraineté convenoit passer la mer, par 
quoy avoit grant désir de mectre et ordonner en ceste dite ville 
une court souveraine en laquelle on porroit avoir toutes provi- 
sions comme on feroit en sa court souveraine et de adviser 
premièrement gens notables pour excerser ladite souveraineté, 
adviser de leurs gaiges et autrement, recpierrans avoir responce 
de ce [que dit est pour en faire rapport au Roy notre dit sei- 
gneur, disayis finablemens que entre le Roy notre sire et le 
Roy Franchois y avoit bonne paix, union et concorde et gran- 
des promesses faictes entre eulx , tellement que le dit Roy 
Franchois ne demandoit aucun droit à ceste dite ville, et quand 



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— 425 — 

on se renderoit à lui, sy ne nous vouldroit il recevoir, mais y 
avoit totalement renunehié. 

Les eonsaux chargent aloi*s une commission de rechercher 
les meilleures réponses à faire à ces demandes. 

Tournai. Archives Communales. Consaux. 



XXXIX. 
'Westminster, V octobre 1515. 

Pardon accordé par Henri VIII auœ bourgeois de Tournai 
accitsés d'avoir tramé contre lui, excepté d Nicofas de Saiyit- 
GenoiXy Jean de Matines et Jean d'Estables. 

Rex Universis prsesentibus et futuris scire fecimus. Cum, 
Nicholaum de Sainct Genoix, Equitem, Johannem de Malines 
et Magistrum Johannem d'p]stables, post nostrae civitatis Tor- 
naci Ballivatusque ejusdem MoHaniîe et territorii Sancti Amandi 
cum suis peii/inentiis in nostram Potestatem, Reductionem in 
praefata nostra civitate resedisse et habitasse, Fidelitatisque 
Juramentum quemadmodum alii nostii Incolae et subjècti praes- 
titisse, seque nobis et nostris Successoribus Anglise et Francise 
Regibus fore Fidelis jurasse, nuper ad notitiam nostram 
pen-enerit. 

Nichilominus Ipsi, praedicto suo Juramento contravenientes, 
plures cum Inimicis et Advei*sariis nostris Communicationes 
sécrétas et conciliabula habuerunt, quibus in Majestatem nos- 
tram aliquid moliebantiu» et attentabant. 

Tum quo secretius prsedictam attentationem peragere pos- 
sent, a prœdicta nostra civitate discesserunt et se absentarunt 
et ad diversa loca transmigrarunt, quo nonnuUos Incolarum 
nostrorum a se subornandos et in suam sententiam praefatamque 
attentationem inducendos accersiverunt et venire mandaverunt. 

Quœ quidem Attentatio de Creatoris nostri Auxibo scita et 
relata patuit. 

Quamobrem, Inquisitione et Informatione débite et de jure 
factis, ad Procuratoris nostri Prosecutionem et Instantiam, 
ipsorum aliqui sentontia in Exilium missi et sub mortis incur- 
rendi Pœna a nostris Rognis, civitatibus, Terris et Dominiis, 
Bonis eorum Fisco addictis et confiscatis, ciiminaliter baniti 
sunt et nonnulli alii prasdictorum nostrorum Incolarum, sic per 



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— 426 — 

eos subornatorum, a Ballivo nostri prœfati Ballivatus apprehendi 
et in carcerem detrudi, Diesque suos misère, nisi gratia et mise- 
ricordia nostra eis impertiatur, fînire possent. 

Quare, 

Hiis omnibus consideratis et illi, sic accersiti et vocati, 
motores aut taliimi Principes Molitionum et attentationum 
minime fuerint, verum a praenominàtis Nicholao de Sainct 
Génois, Johanne de Malines et Magistro Johanne d*Estables 
decepti, inducti et subordinati existant, etiam quod in reliquis 
omnibus absque uUius criminis nota bene Famati dixerunt et 
habentur. 

Nos, Misericordiam Justitise et Juris rigoris prœfenn volen- 
tes, sperantes eos bonos nobis fore fidèles subjectos, auctoritate 
nostra et potestate regia, praefatum crimen omnibus postulan- 
tibus et supplicantibus (exceptis prœdictis de Sainct Génois, 
Malines etEstables), Remisimus et Quietavimus, remittimus et 
quietamus, simul pœnas et muletas quascumque corporales et 
pecuniarias, quas occasione praedicti criminis incurrisse possunt, 
super hiis perpetuum Procm^atori nostro praesenti et futuro 
omnibus et aliis silentium imponentes : 

Et, per praesentes Literas, Ballivo nostro Tornacensi et Tor- 
nacesii mandamus quatinus lUos praesenti nostra gi*atia et 
remissione gaudere et frui pacifiée permittat, nec uUum Eis, 
praedicti occasione criminis, impedimentum in corpore aut bonis 
suis detm* aut fiât ; et si quid datum aut factum fuerit, subito 
et sine dilatione libertati et statui pristinis restituât aut restitui 
faciat. 

Et, ut haec firma et stabilia sint et permaneant, sigillum 
nostrum hiis literis apponi fecimus et jussimus ; salvis tamen 
in omnibus nostro et aliorum juribus. 

Teste Rege apud Westmonasterium, primo die octobris. 
Per ipsum Regem. 

D'après Rjmer, Acta publica. T. VI, 
col. 2, p. 105 (i). 



(1) Quoique quelques-unes de nos preuves soient déjà imprimées dans 
Rymer, nous avons cru qu'il pouvait être utile de les rééditer ici. Ce sys- 
tème aura au moins l'avantage de ne point faire perdre de temps au tra- 
vailleur qui devrait utiliser ces documents. 



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— 427 — 

XL. 
'Westminster, 20 Janvier 1515. 

Nomination du lieutenant royal pour Tournai, 

Rex omnibus et singulis ad quorum notitiam praesentes literaB 
pervenerit, salutem. Cum, superioribus diebus, civitatem Torna- 
censem,perLodowicum nuper Gallorum rogem possessam, etper 
nos obsessam, Dei adjutorio in deditionem receperimus, incolu- 
mitatem, prosperum statum et eivium quietem uti tenemur plu- 
rimum affectantes, praedileeto nobis Willielmo Blount, equiti 
aurato, Domino de Mountjoj, consiliario nostro ac primo came- 
raino praecarissimae consortis nostrse Katerinœ reginae Angli» 
et Francise et Dominae Hiberniïe custodiam, gubernationem, 
tuitionem, et defensionem dictae civitatis, territorii et ballivatus 
ejusdem commisimus et per présentes committimus, quem pro 
numéro virtutum, quibus illum prieditum agnovimus, singula- 
rem ejus prudentiam, probitatem, industriam, Melitatem, inte- 
gritatem, dexteritatem et rerum gerendai'um experientiam, 
summe probantes, locumtenentem nostrum in dicta civitate 
ejusque temtorio et ballivatu Tornacensi ordinavimus et cons- 
tituimus, ac tenore praesentiura ordinamus, facimus, deputamus 
et constituimus. ac vices nostras eidem committimus. 

Dan tes et concedentes eidem, vigore praesentium, merum et 
mixtum imperium ac jurisdictionem omnimodam in cives, inco- 
las et pro tempore inhabitantes quoscumque dictorum civitatis 
territorii et ballivatus, sive ad eosdem confluentes ad nos rega- 
liam et coronam nostras Francise ratione quacumque pertinen- 
tem et spectantem seu pertinere et spectare consuetam et 
solitam. 

Et expressam auctoritatem, juramentum fidelitatis a civibus, 
incolis et habitantibus quibuscumque dictorum civitatis terntorii 
ballivatus et quibuscumque illuc confluentibus, nomine nostro 
pro nobis, haeredibus et successoribus nostris, tactis per eos et 
eorum quemlibet sacrosanctis evangeliis, recipiendi et jurai'c 
Vivendi, quotiens et quando praedicto locumtenenti nostro exi- 
gendum et praestandum videbitui*. 

Et, de uboriori gratia nostra, danms et concedimus dicto 
nosti'O locumtenenti facultatem et potestatem faciendi et cons- 



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— 428 — 

titiiendi magistruni nionetae fabrieandîe, ac omnes alios officia- 
rios, quocumque nomine censoantur, in dicta civitate, torritorio 
et ballivatu, qui auctoritate regia constitui et ordinain soient, 
et eosdem ac eorum quemlibet, ex justa rationabili et evidenti 
causa, in dictis officiis removendi et expellendi, ac alios in locis 
et officiis eorum ponëndi et subrogandi quotiens et quando dicto 
locumtenenti nostro pro salva et tuta custodia et bona guber- 
natione dictorum civitatis et temtorii et ballivatus commodum 
et utile videbitur. 

Prseterca concedimus et damus eidem locumtenenti nostro 
facultatem et potestatem ex quacumque causa nomine nostro 
par litoras suas sigillo vel anulo signatorio suo signatas, salvos 
eonductus seu securitates quibuscumque etiam alienigenis ini- 
micis nostris, in dictam civitatem, temtorium et ballivatum 
veniendo, morando et recipiendo, seu per dictos civitatem, ter- 
ritorium et ballivatum transeundo quotienscumque et quando- 
cumque dicto nostro locumtenenti visum fuerit expedire. 

Et, pro securiore custodia et tuitiore defensione dictorum 
civitatis, teiTitorii et ballivatus, assignavimus eidem locumte- 
nenti nostro praesidium certorum virorum armis instructorum, 
quos pro tuta et secura custodia civitatis et \illae nostrae pr»- 
dictse ordina\4mus in eisdem moraturos, cum plena et omnimoda 
potestate eos et eorum quemlibet regendi et gubernandi, ac in 
aciem quotienscumque ei videbitur contra hostes ducendi, et 
cum eisdem quoscumque, contra dictam civitatem, territorium 
vel ballivatum aliquid molientes, si ei expedire videbitur, inva- 
dendi et debellandi. 

Causasque dictorum militum seu annigerorum qualescumque, 
tam civiles quam criminales, quascumque audiendi, examinandi 
et decidendi. 

Et etiam dictos milites et armigeros seu eorum aliqnem, 
cujuscumquo gradus, conditionis, status seu eminentiœ fuerint 
seu fuerit, delicta quœcumque publica vel pnvata committentes 
seu committentem, etiam si sit crimen Iwsae-majestatis, corri- 
gendi et puniendi, ac in eosdem seu eorum quemlibet animad- 
vertendi, qualitate criminis exigente, et ultimo supplicio plec- 
tendi etafficiendi. 

Ac quibuscumque reis dictorum civitatis, territorii et balli- 
vatus seu dictorum militum seu armigerorum, etiam de publicis 
seu privatis criminibus, confessis et convictis, seu convictis 



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— 429 — 

antuni, seu etiam ad capitale suppliciuiii condempnatis vel 
banuitis, dicta? capitalis pœnœ seu alterius ac etiam banni 
veniam, indulgentiam, remissiouem, plenam absolutionem dandi 
et concedendii praeterquam in criminibus laesae-majestatis, mur- 
dri, incendii doniorum, raptus mulieruni, conspirationis, mono- 
polii, infractionis quarentenae dictae civitatis, pacis, treuganun, 
et assecurantiai'iim, illicitse conventiculse, riotae et routae. 

Ac etiam unum vel plures deputatum vel deputatos capita- 
neum vel capitaneos, quotiens et quando ei expedire videbitur, 
pro regimine, gubernatione et condnctione dictorum civitatis, 
territorii, seu ballivatus et armigeroinim militum pnedictorum, 
sub se deputandi, substituendi et subrogandi. 

Necnon qmnia alia et singula faciendi, excercendi, exponendi 
qu» in premissia vel circa ea necessaria fuerint seu quoraodoli- 
bet oportuna, etiam si majora fuerint exprcssis. 

Mandantes et prœcipientes omnibus et singulis civibus, incolis 
et inhabitantibus dictorum civitatis, teiTitorii et ballivatus ac 
militibus et ai^migeris nostris praîdictis, quod in omnibus et 
per omnia obediant et pareant ac consilium, auxilium et opem 
prœstent dicto nostro locumtencnti quotienscumque opus fuerit, 
et ad hoc ab eodem mandatum acceperint, sicuti nobis ipsis, si 
in persona nostra praesentes essemus, prsestare et facero tene- 
rentur et deberont. Promittentes nos ratum et gratum habituros 
quicquid in premissis seu circa ea vel eoinmi aliquod dictus 
noster locumtenens fecerit, gesserit, seu fieri et geri qualiter- 
cumque mandaverit. 

In cujus, etc.... 

Teste Rege apud Westmonasterium, xx die januarii. 

D'après Rymor. Acta publica. T. VI. 



XLI. 
'Westminster, 4 mars 1516. 

Henri VIII étaàlit â Tournai deu<c tabellioyis royaux et un 
scelleur royal pour recevoir les contrats, 

Henricus Dei gi^atia Rex Anglie et Francic et dominus 
Hibernie, omnibus et singulis Archiepiscopis, Episcopis, Abba- 
tibus, prioribus, ducibus, comitibus, baronibus, justiciariis, presi- 

ANNALK8. V. 528 



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— 430 — 

dibus, prepositis et omnibus aliis ministris quibuscumque bas 
présentes licteras lecturis, visuins vel legi audituris, salutem. 

Inspeximus quendam actuni sive ordinaeionem auctoritate 
pai*lamenti nostri editi et celebrati xxiiij die januarii anno regni 
nostri quinto, in palacio nostro Westmonasterii conclusum, et 
de assensu dominorum spiritualium et nobilium virorum tem- 
poralium, cum expresso consensu communitatis ejusdem regni 
nostri in eodem parlamento existencium et congregatorum con- 
cessum, tam civibus ineolis et habitantibus intra civitatem nos- 
tram Tornacensem, territorium destrictum et bailli vatum ejus- 
dem in nostram dicionem et potes tatem, divina providencia jam 
imprime redactam, que subditus vere nostris in regno nostro 
Anglie, domicilia foventibus et mercium intercur^jim invicem 
exeercentibus et comunicantibus sub verborum tenore qui 
sequitur. 

Pour ce que le Roy nostre Souverain Seigneur qui désire 
grandement recouvrer le Rojaulme de France, qui est son 
vray et loyal patrimoigne et héritaige, et le réduii^e en son 
obéissance, à cest intencion et pourpos puis naguaires fait pre- 
pai'acions de grandes armées Royalles, tant par mer que pai» 
terre, à ses très grans coustz, cbai^ges et despens, et depuis par 
sa grande sagesse, prudence et singulière police, a réduit les 
villes et citez de Therouenne et de Tournay à sa vraye obéis- 
sance, à raison de quoy peult ensuyvir maintenant et cy en 
après grande amitié familiarité et entrecours, en faisant fait de 
mai'chandise ou autrement, entre les manans et habitans des- 
dictes villes, citez, banlieues et bailliages diceulx, et les subgectz 
naturelz du Roy manans et habitans en cestuy son Royaulme 
d'Angleterre, parquoy le Roy nostredit souverain Seigneur 
vouUant et entendant que vraie et indiiférente justice leur soit 
faicte et administrée en toutes causes et matières, tant aux 
manans et habitans desdictes villes et citez, banlieue et bailliage 
dicelles, que à ses propres et naturelz subgectz, demourans 
dedens sondit Royaulme d'Angleterre, et à cest intencion le Roy 
nostredit Souverain Seigneur a ordonné et depputé en ladicte 
ville et cité de Tournay, banlieue et bailliage dicelle, plusieurs 
officiers, et entre autres, deux diceulx appeliez tabellions 
Roïaulx, affin de actepter, prendre, passer et recorder tous con- 
traulx, marchez, convencions, pactions et appoinctemens faitz 
et à faire dedens ladicte ville et cité de Tournay, banlieue et 



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— 431 — 

bailliage dicelle, pour toutes manières de personnes qui voul- 
dront venir et se présenter devant iceulx tabellions, faire et 
passer aucuns contraulx, lesquelz tabellions présenteront et 
délivreront par escript, tous telz contractz qu'ilz auront passez 
soubz leurs seings manuelz, à ung aultre officier de ladicte ville 
et cité, lequel le Roy nostredit Souverain Seigneur a fait 
ordonné et depputé, à prendre et recevoir d'eulx, iceulx con- 
traulx, lequel officier pour plus grande seureté et affirmacion de 
ce, mectra et apposera le seau de nostredit Souverain Seigneur, 
fait et laissé en la garde dudit officier à ceste fin et intencion, 
le Roy nostredit Souverain Seigneur par l'advis et consente- 
ment de ses Seigneurs, tant espirituelz que temporelz, et aussi 
de la communaulté assemblez en ce présent parlement, et par 
Tauctorité dicellui parlement, a fait ordonné et en acte par 
arrest que sui* chascune obligacion, contract, marché, conven- 
cion, paction et appoinctement, fait signez et seellez en la 
fourme et manière dessus déclairée par aucuns des subgectz du 
Roy habitans en ce Royaulme d'Angleterre, à aucuns citoiens 
habitans de ladicte ville et cité de Tournay, banlieue et bailliage 
dicelle, ou par aucuns habitans de ladicte ville, banlieue et 
bailliage dicelle, à ung autre dudit lieu, ou par aucuns des 
manans et habitans dicelle ville et cité de Tournay, banlieue et 
bailliage dicelle, à aucun des subgectz du Roy habitans dedens 
le Royaulme d'Angleterre, ou par aucuns des subgectz du Roy 
habitans dedens le Royaulme d'Angleterre, à ung autre habitant 
dudit lieu, monstre et exhibe au chancelier d'Angleterre qui 
pour lors sera, icellui chancelier aura plain povoir, auctorité et 
puissance, après qu'il aura veu lesdictes obligacions et contractz, 
d'envoyer ung sergent d'armes, ou quelque aultre officier, à la 
personne obligée, de le requérir et aussi luy commander de 
fournir et acomplir l'effect et contenu de toutes telles lettres 
obligatoires et contractz venuz à congnoissance, et se la per- 
sonne ainsi obligée soit de ce faire reffusant ou denyant, ou 
allègue quelqu*^ cause ou raison, parquoy il ne le doit faire, 
aloi's icellui sergent ou officier incontinent et sans delay admè- 
nera ladicte personne ainsi oblig;é<îj pardevant ledit chancelier 
d'Angleterre pour y respondre, et se la personne ainsi obligée 
et admenée devant ledit chancelier d'Angleten^e allègue aucunes 
causes ou raisons par lesquelles il ne doit parfournir le contenu 
esdictés obligacions, contractz ot marchez, que adont il soit 



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— 432 — 

constrainct de nantir et garnir la main de justice, jusques à la 
vraye valeur du contenu esdictes obligacions, contractz et mai*- 
chez, en la court de la chancellerie du Roy, ou autrement son 
corps détenir prison, et puis après ledit chancelier selon sa 
discrection luy donnera et assignera certain jour et compectant, 
de prouver son objection et allegacion qu'il fait à rencontre, et 
se la paiiiie ainsi obligée ne peult prouver à la vérité sadicte 
objection et allegacion ainsi par luy alléguée au contraire par- 
devant ledit chancelier dedens ledit jour à luy ainsi assigné, 
que alors la paii:ie ainsi obligée, incontinent et sans delay, par- 
fourniera et fournira du contenu en ladicte obligacion, contract 
ou marché, ou autrement perdi*a et confisquera ce qu'il aura 
baillé et nanty en gai^nissant la main de justice, à la partie à 
qui il sera obligé, et semblablement de toutes les recongnois- 
sances qui seront faictes devant le Roy en sadicte chancellerie 
ou en son bank vulgairement appelle la banque du Roy ou en 
quelques autres com-ts et jurisdictions Royaulx dedens le 
Royaulme d'Angleterre, et aussi de toutes obligacions à faire 
pardevant le maire de l'estaple de Calais, de toutes debtes, 
contractz et marchez par aucuns des manans et habitans do 
ladicte ville et cité de Tournay, banlieue et bailliage dicelle, à 
aucuns des subgectz du Roy, et ladicte obligacion soit lors cer- 
tiffiée au bailly de ladicte ville et cité de Tournay par le chan- 
celier d'Angleterre, dessoubz le grant seau du Roy d'Angleterre 
que lors le bailly de ladicte ville et cité estant poui* lors, ou son 
lieutenant commis et depputé aui*a plaine auctorité et povoir 
d'envoyer ung sergent ou autre officier de ladicte ville et cité à 
la pei*sonne ainsi obligée, à le requérir et aussi luy commander 
de fournir le contenu de ladicte obligacion, et se la partie ainsi 
obligée soit reffusant de ce faire, et allègue causes et raisons au 
contraire, que alors ledit sergent ou officier incontinent et sans 
delay admènera la personne ainsi obligée pardevant ledit bailly 
de ladicte ville et cité estans pour lors, pour respondre à la 
demande de l'aultre partie, et se la personne ainsi obligée et 
admenée devant ledit bailly, allègue cause ou raison parquoy il 
ne doit fournir au contenu en Jadicte obligacion et mai*ché, que 
incontinent luy soit commandé, nantir, bailler et garnir la main 
de justice jusques à la valleur du contenu en ladicte obligacion 
et marché en la court devant le bailly ou son lieutenant, ou 
autrement tenir prison, et luy donnera ou assignera ledit bailly 



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— 433 — 

OU son lieutenant, selon sa discrection, jour certain et compec- 
tant à prouver ce qu*il a allt^gué au contraire, et se la partie 
ainsi obligée ne prouve ce qu'il a allégué estre vray pardevant 
ledit bailly ou son lieutenant dedens ledit jour, que incontinent 
et sans delay, la partie ainsi obligée soit constrainct de fournir 
le contenu en ladicte obligacion, contract ou marché, ou autre- 
ment confisquer ce qu*ilz auroient nanty et mis en main de 
justice, à la partie à qui il sera obligé auquel Tobligacion a esté 
faicte. Geste acte à durer durant le bon plaisir du Roy. 

Nos firmitor credentes et constanter sperantes cives et inco- 
las dicte civitatis nostre Turnacensis, et alios quoscunque intra 
districtum territorium ac ballivatum ejusdem domicilia habentes 
legalitatem et fidelitatem nobis alias prestitam velle infuturum 
nobis heredibus et successoribus nostris integemme observare 
dictum actum sine ordinacionem, omniaque et singula in eodeni 
contenta insert a et specificata, justa et racioni et juri con- 
sona reputantes, ac tam prefatis Turnacensibus, quam regni 
nostri Anglie subdit, utilia fore censentes, ea omnia et singula 
ad humilem peticionem et instantem requisicionem civium et 
incolarum dicte civitatis Turnacensis prout suprascribuntur et 
recitanter exemplificandum duximus, et ea omnia laudamus, 
probamus, ratificamus, et auctoritate presencium confirmamus, 
in quorum omnium et singulorum fidem et testimonium bas 
présentes litteras magno sigillo nostro muniri fecimus. 

Datum apud palatium nostrum Westmonasterii in parliamento 
nostro quarto die marcii, anno regni nostri quinto. 

Per ipsum regom et de data predicta auctoritate parliamenti. 

YONG. 

(Et au repli) : Par le Roy 

Meautis. 

Toiu'nai. Archives Communales. Chai*- 
trier, layette de 1515. Original sur par- 
chemin scellé sur double queue, grand 
Rcel royal en cire blanche. Imprimé dans 
les Ordonnances. T. P*", p. 327. 



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— 434 — 

XLII. 
8 août 1516. 

Les Con^an^ s'excusent près du Roi Henri VIII de ne pou- 
voir coyitribiœr précuyiiairement à V édification du « Château »» 
et donnent comme raisons : la pauvreté de la ville, la peste, etc. 

Le vendi'edj viij jour d'aoust Tan mil \^ et xvj les quatre 

consaulx de ceste ville furent avssamblez et leur fut déclaré.... 
sur l'ayde requise pai' Mons^ de Montjoy et autres s*^ du conseil 
du Roy notre sire, tant poui* Touvraige du chastel comme pour 
le démolicion de pluiseurs maisons, gardins et héritaiges, siu» 
quoy ont advisé de faire responce ausdits seigneurs et le bail- 
lèrent pai* escript dont la teneur s*ensuit : 

(Suit le préambule expliquant la demande du Roi) . Voici les 
différents articles de la réponce : 

Et premiers la grande et extrême povreté de ceste dite ville 
procédant tant à l'occasion des guerres et divisions qui parcy 
devant et avant la réduction d'icelle ont rengné en ces quartiers 
comme des grans frais et despens supportez par la dite ville 
dm*ant le siège d'icelle dont â. ceste cause elle est chargié de 
grant nombre de rentes annuelles viagères et héritières et tel- 
lement que tout le revenu de la dicte ville n'est souffissant pour 
furnir et payer ausdits rentiers, ausquelz sont deuz de grans 
ai'riéraiges de l'annuel de leurs dites rentes. 

Secondement aussi tant les dons et présens des cinquante mil 
escus d'or au soleil fait par ladite ville au Roy notre dit seigneur 
à sa première entrée et joyeuse venue en ceste sa ville pour les- 
quelz recouvrer convint lors vendre semblables rentes sur le corps 
et communauté d'icelle ville et emprunter pai*tie des deniers 
que ladite ville n'a faculté ne puissance de rendre, satisfaire et 
furnir. Comme le don d'autres quarante mil frans lors donnez 
et présentez au Roy notre dit Seigneur à terminer à payer en 
dix ans, de toutes lesquelles charges ledit Seigneur Roy tenant 
son parlement en l'an mil eincq cens et treise fut par les ambas- 
sadeurs et depputtez deladite ville bien et au long adverty. 

Tierchement comme pluiseurs bourgois et manans de la dicte 
ville tant parafant ledit siège comme à cause de la maladie de 
jyeste qui jmis detcc ans encha y a rengyié, se sont desdommicil- 



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— 435 — 

lyez et de œiy à xiiy mil personnes terminez de vie par mort y 
par quoy le peuple et les mestiers de la dicte ville, ensemble 
Ventrecours de marchandise a esté et est grandement admenr j ; 
pluiseurs fermes demorées à censir, grant nombre d'arrente- 
mens de tours et autres lieux, en quoy ladicte ville avoir du 
bon prouffit, abolis, et le revenu d'icelle ville pour les causes 
dessusdites diminué. 

Et sy a la dite ville depuis sa réduction jusques à Theure 
présente fait faire par l'ordonnance des gens du Roy notre dit 
Seigneur pluiseurs et grandes réparations, ouvraiges et réfec- 
tions tant des tours et murailles deladite ville comme autrement 
montant à la somme de seize mil livres tournois qui samhle 
bien estre tenu pour contribucion. 

Par les raisons et moyens dessus dits requièrent et supplient 
lesdits consaulx et cytoyens en toute humilité à vous mondit 
Seigneur le gouverneur et lieutenant du Roy notre dit Seigneur, 
que votre noble plaisir soit des choses dessusdites dont Ton 
baillera bon appaisement, en advertir le Roy notre dit Seigneur 
et son très noble conseil, adtin que par la bonté, clémence et 
bénignité d'iceluy Roy, son très noble plaisir soit prendre et 
accepter les choses dessusdites pour toute contribucion, tenir 
sa dite ville, les dits consaux et toute la communaulté d'icelle 
pour deschargiez deladite ayde et contribucion, lesquelz consaulx 
et communaulté comme ses très loyaulx, très humbles et très 
obeyssans subgectz ont tousiours esté et sont délibérez entre- 
tenir leur dit serment de fidélité et à la tuicion et deflfence de 
ladite ville pour icelle garder en Tobeissance du Roy notre dit 
souverain naturel et droiturier seigneur et de ses successeurs 
eulx employer et à ce faire tous leurs biens, corps et vies expo- 
ser et habandonner. 

Tournai. Archives Communales. Consaux. 



XLm. 

30 septembre 1516. 

Achats de blé faits par les Consaïur sur l'ordre du 
gouverneur. 

Comme hault et noble Monseigneur de Montjoye lieutenant 



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— 436 — 

et gouvenieur général poui* le Roy nostre sire en ceste sa ville 
et cité euist commandé et enjoint à Messeigneurs les consaulx 
de ladicte ville de faire acheter des bleds pour la provision des 
manans et habitans dicelle pour les nourir et entretenir se 
aucun dangier advenoit, lesdiz consaulx en obéissant audict 
commandement et eulx mectre en tous debVoirs ont fait acheter 
à pluisieurs marchans de bledz et en divers lieux le nombre et 
quantité de bled pour les pris et aux personnes qui s'ensuivent. 
Et premiers à Adam Vangermez pour Tachât à lui fait le xxjx® 
jour de septembre Tan mil v*= et xvj, xiiij"* iiij rasières et vij 
hoteaulx de' blancq bled mesure de cestedicte ville pour le pris de 
Ivj gros le rasière qui monte xl livres vj solz jx deniers de gros. 
Item à Chrestien Harmai't pour Tachât à lui fait le xxiiij® jour 
dudit mois de septembre de xiiij°* rasières de blancq bled mesure 
dessusdicte mon tans audit pris de Ivj gros le rasière xxxjx livres 
jv solz de gros. Item à Jaque de Lattre marchant de Douay pour 
l'achat à lui fait le xxvij® jour dudit mois de septembre de 
xxiiij" viij rasières iij hoteaulx de blancq bled livrez en la 
rivière en cestedicte ville et à la mesure dicelle au pns de 
Ivij gros le rasière, a esté payé Ixviij livres vij solz jx deniei»s 
de gros. 

Item poui* Tachât fait par Jehan de le Cappelle à la Saint 
Remy ensuivant en la ville de Douay de iiij** vj»" de bled 
parmy iij°^ de soille mesure dudit lieu de Douay au pris de 
xxxviij gros et demy le rasière a esté payé clxv livres xj solz 
de gros 

lesquelz iiij** vj"* dudit bled mesui*e de ladicte ville de Douay 
amenées en Tournay et à la mesure dicelle ville ont monté 
lyjijm yj rasières iij hoteaulx 

l'achat de tous lesquelz bledz fait tant en Tournay come en 
Douay monte cxj°* vij rasières v hoteaulx de bled mesure dudit 
Tournay 

Tournai. Archives Communales. Compte 
général. Avril à septembre 1516. 



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— 437 — 

XLIV. 
29 septembre 1517. 

Le gouverneur annonce son intention de se retirer dayis le 
Château. 

Le mardy xxjx^ jour de septembre Tan mil v*^ et dix sept par 
rordonnanee de Messeigneurs les chiefz de la loy de ceste ville, 
Messeigneiirs les quatre consaulx de ladicte ville furent assam- 
blez et leur fut remonstré comment le jourd'hier Monseigneur 
le gouverneur de ceste ville manda lesdiz chiefz et leur déclara 
présent Messeigneiu*s de son conseil que brief ilz avoient inten- 
tion de eulx retirer dedens le chastel, et quant ilz j seroient, 
rintencion du Roy, nostre Sire, estoit de non plus faille garder 
cestedicte ville à ses despens, et à ceste cause que on lui bail- 
last par escript la manière comment on avoit parcidevant 
acoustumé de faire le ghait et garde de cestedicte ville et com- 
ment et par quele manière mesdisseigneurs vouloient emprendre 
ladicte garde dicelle ville ; et sur ce lesdiz consaulx se sont 
retirez en leurs collèges et au retour ont rapporté après en avoir 
délibéré ce qui s'ensuit, c'est assavoir qu'ilz sont tous d'avis et 
oppinion de baillier à mondit Seigneur le gouverneur par escript 
la forme et manière comment parcidevant on faisoit ledit ghait 
en cestedicte ville, mais de emprendre la garde de cestedicte 
ville ilz n'en porroient bonnement délibérer sans préalablement 
le mectre devant le peuple de ladicte ville par collèges de 
banières, et rechargent les chiefz de rendre ladicte responce à 
monditseigneur le gouverneur et à Messeigneurs de son conseil. 
Tournai. Archives Communales. Consaux. 

XLV. 
29 décembre 1517. 

Arrêt des dra])s de Nicolas Metfrisse. 

De le requeste Nicolas Meurisse pour estre acquitté de ses 
draps qui ont esté arrestez à Abbeville pour rente que prétend 
avoir sur ceste ville s'' Jehan Coulorabe, ou autrement il sera 
constraint de poursuir ceste ville de tous despens, dommaiges 
et interest. 



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— 438 — 

En marge 

On est d*assens de garder le droit de la ville et lui faire 
toute adresche. 

Tournai. Archives Communales. Consaux. 



XLVI. 
8 avril 1517. 

Le roi Henri VIII ordonne que les appel des prévôts et 
jurés se feront devant , sa Chancellerie , exige cent ouvriers 
pendant six mois, aux frais de la ville pour la construction du 
Château, Les Con^auœ chargent Henry Lucas de défeyidre 
leurs intérêts en Angleterre, 

Les Consaux sont réunis poui* entendre la réponse des ambas- 
sadeurs de retour de Londres qui font rappoii» : 

Premièrement en ce qui touche et fait mencion de la court 
souveraine et du ressort des appeaulx, intejectez des prevostz 
et jurez deladite ville et cité pour congnoisti*e et savoir ou 
doresenavant lesdits appellans porront et devront relever leur 
appel : 

Le Roy notre dit souverain Seigneur pour tousiours demons- 
trer la bonne voulonté et très grande affection qu'il porte à ses 
bons, \Tajs et lojaulx subgectz de sa dite ville et cité de Tour- 
nay non moins qu'il fait à ses probres subgectz natifz dedens 
cestuy son rojaulme d'Angletiei*e et par l'advis et meure déli- 
bération de mesdits Seigneurs de son conseil ordonne et appoin- 
tre pour le bien de justice, que ladite court et ressort se tiendra 
par devant son chancelier d'Angletiere en sa chancellerie et que 
lesdits appellans doresenavant poiu* leurs rechiefz deument 
obtenu se retiront devers ledit chancelier en ladite chancellerie 
où là où il sera. 

Le Roi demande ensuite de lui faire parvenir sous le scel de 
la ville, la forme de la procédure employée par les Tournai- 
siens devant le pai*lement de Pai*is pour modeler sa souveraine 
sur celle-là. 

Touchant le second article de la contribucion de la cytadelle, 
que le Roy notre dit souverain Seigneui* fait bastir et édiffyer 
en sa dite ville et cité de Tournai. 



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— 439 — 

Et combien qu'il samble au Roj notre dit Seigneur et à 
mesditsseigneurs de son conseil veu et considéré que c'est pour 
le bien commun et universel de toute ladite ville et cité et pour 
la sceureté, garde et préservacion et deffence d'icelle et de ses 
dits bons, vrays et loyaulx subgectz pour le temps advenir, 
qu*ilz ne devroient faire aucun reflfus, difficulté ou contradicion 
d'estre contributaires à ce. Toutefois en considéracion des 
retnonstrances et offres de cinqtcanie hommes manouvriers, 
que lesdits commis et depputtez ont offert au Roy notre dit 
Seigneur, sa Haulterie pour tousioui^s monstrer sa benjvou- 
lenté, affection envers eulx, considérant les grans chai'ges qu'ilz 
ont heu et ont journelement, est content que ladite ville et cité 
'pay croit dert\y an durant seulement cent manouvrierSy oultre 
les charges et despens du Roj notre dit Seigneur, ouvi'ans en 
ladite citadelle comme manouvriers. 

Les consaux nomment ensuite pour défendre leurs intérêts 

en Angleterre en cas de procès Henry Lucas, licencié-es-lois. 

Tournai. Archives Communales. Consaux. 



XL VU. 
17 avril 1517. 

Réintégration du cardinal Wolsey dans la possessioii des 
reventes de Vévêché de Tournai. 

Léo episcopus, ser\us servorum Dei, dilecto filio Thom«e 
Tituli Sanctaî Cecilio Presbytero Cardinali, salutem et aposto- 
licam bénédiction em. 

Ex supern» providentia majestatis universi gregis dominici 
et singulariun ecclesiaimm (pra^sertim Cathed. insignium) curam 
gerentcs, ad ea libenter intendimus, pcr qu» nostrse provisionis 
ministerio seditionum et scandalorum, inter fidèles quoslibet 
imminentium, amoveatiu* occasio, et dietarum ecclesiaiaim occu- 
ratur dispendiis, necnon catholicorum Rogum (in quorum tem- 
poral! dominis ecclesiae ipsa» consistunt) justis querelis oportunis 
remediis valeat obviari. 

Dudum sicjuidcm, 

Cum acc(»pissennis quod dilectus filius Ludovicus electus 
Tornacensis. 



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— 440 — 

Quem nos pridem ecclesi» Tornacensi, tune ex eo quod, 
bonœ mémorise, Carolus episcopus Tornacensis, tune in huma- 
nis agens, regimini et administrationi ilUus Ecclesiae Tornacen- 
sis, oui tune prseerat, in manibus nostris sponte et libère eesse- 
rat, nosque cessionem ipsam duxeramus admittendam, usque ad 
eei*tum tune expressum tempus, administratorem in spirituali- 
bus et temporalibus de fratrum nostroinim consilio deputavera- 
mus, et de eu jus deinde persona eidem ecclesise provideramus, 
praefieiendo eum illi in episeopum et pastorem, euramque et 
administrationem illius sibi spiritualibus et temporalibus plenarie 
eommittendo. 

Ecelesiam praedietam populo insignem pro déserta et dere- 
lieta habebat, 

Ne ipsa ecclesia, pastoris intérim regimine destituta, in spi- 
ritualibus et temporalibus gravia dispendia pateretur, te, tune 
electum Lineolniensem, ecclesise predictae in spii'itualibus et 
temporalibus administratorem, quod viveres, per quasdam 
primo de fratrum nostrorum consilio, apostolica auctoritate 
constituimus et deputavimus : 

Et mox, cum ab aliquibus revocaretur in dubium, an poste- 
riores constitutio et deputatio hujusmodi per translationem tui 
de ecclesia Lincolniensi ad ecelesiam Eboracensem per nos 
factam cessarent, per alias nostras in forma brevis eonfectas 
declai'avimus constitutionem et deputationes, per translationem 
predictam, vel etiam regiminis et administrationis i)refatœ 
ecclesise Eboracensis possessionis vel quasi assceutionem non 
expirasse : 

Successive vero per nos aeeepto, quod praefatus Ludo viens, 
deputationis et provisionis de persona sua, ut praemittitur, fae- 
tarum vigore regiminis et administrationis, ae bononmi diet» 
ecclesise Tornacensis, seu majoris partis eorum possessionem 
vel quasi assecutus fuerat, et ipsam possessionem pacifiée con- 
tinuaverat, donec eivitas Tornacensis ad carissimi in Cbristo 
filii nostri Henrici Anglorum Régis illustris manus devenerat, 
quo tempore, bello inter eundem Henricimi, et, elai'e mémorise, 
Ludovicum Francorum Reges vigente, dictus Ludovicus eleetus 
jm'e, quod sibi in dicta ecclesia Tornacensi competebat, frusta- 
retur, et ex aliis causis tune expressis, constitutionem et depu- 
tationem de pereona tua in ipsius ecclesise Tornacensis admi- 
nistratorem per nos sic factas, auctoritate apostolica per 



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— 441 — 

reliquas nostras litteras revocavimus, et eidem Ludovico electo, 
quod possessioiie ecclesiœ Tornacensis, et bonorum illius paci- 
lice frui et gaudere deberet, indulsimus, monuimusque dilectos 
filios, capitulum ecclesi© Tornacensis prœdictag clerumque et 
populuni dictae eivitatis et Tornacensis diœcesis et eorum sin- 
gulai'es, ac alias pei*sonas etiam religiosas exemptas et non 
exemptas, dictaeque ecclesiœ Tornacensis vasallos et laborato- 
res, feudatarios et emphiteotas, ac fructuum, reddituum, et 
proventuum mensœ episeopalis Tornacensis arrendatarios, cujus- 
cumque dignitatis, status, gi'adus, ordinis, nobilitatis, et prsee- 
minentise ecclesiasticse vel mundanse forent, etiamsi patriai*- 
chali, ai*chiepiscopali, episcopali, seu quavis alia ecclesiastica 
vel mundana dignitato f ulgerent, in virtute sanctse obedienti», 
et sub gravissimis censuris et pœnis tune expressis, districtie 
eis praîcipiraus, ut dicto Ludovico electo, tanquam eorum ani- 
mai'uni patri et pastori obedirent, eique de dict» mensae fructi- 
bus, redditibus et proventibus integi*e responderent et alia 
facerent, ceHis de super executoribus, qui ad censurarum et 
pœnarum hujusraodi incui*sus declarationem procédèrent, et 
alia eis per nos tune commissa exequerentur, desuper deputatis, 
prout in singulis littens praedictis plenius continetur : 

Et deinde cum prœfatus Henricus Rex et tu, a revocatione 
monitorio et mandato prspdictis, quamprimum illoiaim habuistis 
notitiam, ad nos et sedom apostolicam coram certis honestis 
pei*sonis appellavissetis ; nos appellationis hujusmodi ac nulli- 
tatis dictarum posteriorum litterarum et illai'um prœtextu, vel 
etiam alias post et contra appellationem hujusmodi gestoinun 
causas, ad vestri instantiam, venerabili fratri Francisco episcopo 
Albanensi et dilecto lilio nostris Achili Tituli Sancti Sixti 
Presbytero Cai*dinali, audiendas commisimus et fine debito 
teiToainandas : 

Nuper autem dictus Henricus Rex nobis per suas litteras et 
ejus nomine venerabilis f rater noster Silvester episcopus 
Wigoraiensis pro eodem Hennco rege ad nos et sedem praedic- 
tam destinatus orator, significarunt dicti Henrici Rogis pro suo 
et ejusdem eivitatis tranquillo statu (cum civitas ipsa in confi- 
nibus consistit) maximopere interesse, ut prœfato Ludovico 
electo, qui sui ergo ipsum Henricum regem infesti animi cons- 
cius homagium dominis temporalibus dict» eivitatis per illius 
ecclesiae antistites praestari solitum praefato Hennco Rege nun- 



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— 442 — 

quam praestitit, et quem idem Henricus Rex sibi et rébus suis 
vehemeiiter habet suspoctum, regimen et administratio dictas 
ecclesiae Tornacensis (ne sub illorum clipeo contra eum sinistri 
aliquid machinetur) interdicantur, illaque alteri personae idone», 
dicto Henrico régi non suspectée, committantur, et nisi haec fiant 
formidandum esse ne brevi temporis spatio aliqua suscitetur in 
dicta civitate seditio quae perniciosos et inevitabiles tune pro- 
ducat effectus : 

Nos, considérantes pra^fato Ludovico electo non expedire in 
ea civitate degere, cujus domino tomporali adeo est suspectus, 
nec prœfatœ ecclesise Tornacensi utiliter consuli, si ejus regi- 
men et administratio per illius exerceantur vicarios, qui ad 
ecclesiam ipsam se conferre, et clerum ac populum suae curas 
creditos personaliter visitare secure non possit, volentesque ad 
seditiones et populorum scandala evitandum, et ne ecclesia ipsa 
aliqua intérim in spiritualibus et temporalibus detrimenta sus- 
tineat. oportunum adhibere remedium, ac sperantes quod tu, 
qui alias ecclesiae Tornacensis regimen et administrationera 
hujusmodi laudabiliter gessisti, scies, velis et poteris, auctore 
Domino, illam rursus féliciter regere et provide gubernare, 
motu proprio, non ad tui, vel dicti Henrici régis aut cujus vis 
alterius pro te nobis oblatsB petitionis instantiam, sed de nostra 
mera et matura deliberatione certa scientia et potestatis pleni- 
tudine omnes et singulos contra quos executores prœfati, vel 
eorum aliquis, aut subdeputati ab eis, prsemissorum occasione 
censuras forsan fulminarunt, a censuins eisdem harum ferie 
absolvimus, et si dictus Ludovicus electus infra quadraginta 
dies, quorum decem ei pro primo et decem pro secundo, et 
decem pro tertio et peremptorio termino ac canonica monitione, 
necnon reliquas decem dies hujusmodi, ad ipsius Ludovici 
electi, si in hoc defecerit, contumaciam magis convincendam, 
ex superabundanti cautela assignamus, prœsentium, seu earum 
autentici transumpti publici notarii subscriptione, et alicujus 
curiae ecclesiasticae vel personae in dignitate ecclesiastica consti- 
tutae sigilli impressione muniti, in dictœ Tornacensis et Came- 
racensis ecclesiarum valvis affixionem faciendam (quam vira 
validse et efficacis cautionis, perinde ac si ipse Ludovicus electus 
ad hoc personaliter vocatus, et apprehensus foret, obtinere 
decernimus) comm dictis Francisco episcopo, et Achili presby- 
tero, cardinalibus se homagiura prœdictum, et juramentum 



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— 443 — 

fidelitatis, secundum consuetudinem a praedecessonbus suis 
inviolabiliter observatam, dicto Henrico Régi prœstitisse, seque 
eidem Henrico Régi fidum, et omni contra eum, et ejus statum 
infidelitatis suspitione carentem légitime non docuerit exnunc 
prout ex tune, et e contra, quavis appcUatione omnino remota, 
auctoritate apostolica te dictœ ecclesisa Tornacensis adminis- 
tratorem in spiritualibus et temporalibus, usque ad finem hujus- 
modi litis deputamus, teque quoad administrationem eandeni, et 
nostras super illa confectas litteras, cum omnibus et singulis in 
eis contentis clausulis, in eum quo ante revocationem prsedic- 
tam quomodolibet existebas et existere poteras, statum resti- 
tuimus, reponimus, et plenarie reintegramus ; 

Decernentes ex nunc irritum et inane quicquid secus super 
hiis a quoquam quavis etiam nostra auctoritate scienter vel 
ignoranter contigerit attemptari : 

Et nichilominus tibi singulares capituli, cleri, et populi 
praedictorum, et alias personas etiam religiosas, exemptas et 
non exemptas, dictœque ecclesisa Tornacensi f eudatarios, emphi- 
teotas, colonos, vasallos, et alios supi*adictos, etiamsi qualifî- 
cati, ut prœfertm*, existant, ad tibi, dicta tua administratione 
dm'ante, obedientiam et reverentiam devotas exhibendum, et 
tibi de fructibus, redditibus, et proventibus, et aliis juribus 
dictœ mensse a se debitis respective, integi*e respondendum, per 
censuram ecclesiasticam, et pecuniaras pœnas, et alia quœvis 
oportuna remédia, etiam dicta appellatione postposita compes- 
cendi, invocato etiam ad hoc, si opus fuerit, auxilio brachii 
secularis, f acultatem concedimus per prœsentes ; 

Non obstantibus praemissis, ac felicis rocordationis Bonifacii 
Papœ viij prsedecessoris nostri, de personis extra earum civita- 
tes, vel diocèses, nisi in casibus ibi exceptis, et in illis ultra 

unam, et concilii generalis ultra duas dies ad judicium 

non vocandis, et aliis constitutionibua et ordinationibus aposto- 
licis, necnon omnibus illis, quœ in aliis nostris, per quas te 
olim dict» ecclesiaD Tornacensis administratorem constitui- 
mus, litteris voluimus non obstare, caeterisque contrariis 
quibuscumque. 

Nulli ergo omnino hominum liceat hanc paginam nostrae 
absolutionis, assignationis, decreti, restitutionis, repositionis, 
reintegrationis, et concessionis infringere, etc.. 

Datum Romœ apud Sanctum Petrum, anno incarnationis 



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— 444 — 

Dominicse millesimo quingentesimo decimo septimo, quinto 
decimo kalcndas mail pontiiicatus nostri anno quinto. 

Ja. Sadoustus. 
Super plicam, 

F. Db Dboa. 
Sub plumbeo sigillo pendente a filis cericia i*ubei croceique 
colorum. 

D'après Rymer, Acta publica. T. VI, 
pai's prima, p. 132, col. i, 

xLvm. 

ICalines, 24 mars 1618. 

Charles-Quint confirme une charte du 12 mm 1514 éma- 
nant de Maxbnilien d'Autriche et autorisant les Toumaisiens 
à ne payer les rentes au^ Toumaisiens retirés dans les Pays- 
Bas que sur le mérne pied qu'à ceux habitant Tournai, 

Charles pai' la grâce de Dieu Roj de Castille, de Léon, de 
Grenade, d'Aragon, de Navarre, des Deux-Sicilles, de Jheru- 
salem, de Valence, de Majorque, de Sardayne, de Corsice, etc. 
Archiduc d'Austrice, Duc de Bourgoingne, de Lothier, de Bra- 
bant, de Stier, de Karinte, de Carniole, de Lemboui^, de 
Luxembourg et de Gheldres, conte de Flandre, de Halsbourg, 
de Tirol, d'Artois, de Boui*goingne, palatin et de Hajnnaut, 
Lantgrave d'Elsate, Prince de Zwaue, Marquis de Burgauw et 
du Saint Empire, de Hollande, de Zeelande, de Ferrette, de 
Fribourg, de Namur et de Zuytphen, Conte Seigneur de Fiise, 
des marches d'Esclavonie, de Portenauw, de Salins et de 
Malines, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. 

De la part des prevostz, jui*ez et conseil de la ville et cité de 
Toumay, nous a esté exposé et remonstré conmie l'Empereur 
Monseigneur et grant père et nous, par noz lettres patentes 
données en nostre ville de Malines le xij® jour de may Tan 
mil cincq cens et quatorze, et pour les causes contenues en 
icelles, leur avons octroyé et accordé, que en payant et conten- 
tant les bourgeois de ladicte ville de Tournay, absentez et 
retirez en noz pays et seigneuines et ceulx qui se retireroient 
cy après, dos rentes par eulx acquises sur ladicte ville et des 
arriéraiges dicelles, à i-ate de leur deu aux termes et en la 



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— 445 — 

manière qu'ilz pajeroient et contenteroiont les bourgois niaiums 
et residens en icelle ville à cause de semblables rentes, ilz 
seroient et demeuroient quictes et deschai*gez envers lesdiz 
absentez, sans qu'ilz seroient tenuz leur faire autre solucion ou 
payement que ausdiz residens, comme nosdictes lettres le con- 
tiennent plus aplain, desquelles lettres lateneur s'ensuit de mot 
à autre. 

Maximilien pai' la grâce de Dieu esleu Emperem* tousjours 
auguste, Roy de Geraianie, de Hongrie, de Dalmacie, de 
Croatie, etc. Et Charles par la mesme grâce Ai»chiducz d'Aus- 
trice, ])rince d'Espaigne, desDeux-Sicilles, de Jlieinisalem, etc., 
ducz de Bourgoingne, de Lothier, de Brabant, de Stiere, de 
Karinte, de Carniole, de Lembourg, de Luxembourg et de 
Gheldres, Contes de Flandres, de Halsbourg, de Tirol, d'Ai*tois, 
de Bourgoingne, Palatins et de Haynnau, Lantgrâves d'Elsate, 
Princes de Zwaue, Marquis de Burgauw et du Saint Empire, de 
Hollande, de Zeellande, de Ferrette, de Fribourg, de Namur et 
de Zuytphen, Contes Seigneurs de Frise, des marches d'Escla- 
vonie, de Portenau, de Salins et de Malines, A noz amez et 
feaulx les président et gens de nostre grant conseil Cliancellier 
et gens de nostre conseil en Brabant, président et gens de 
nostre chambre de conseil en Flandres, gmnt bailli de Haynnau, 
gouverneur de Lille, Douay et Orchies, et à tous noz aut]*es 
justiciers et officiei's cui ce regarde, ou à leure lieutenans, salut 
et dilection. De la pai't des prevostz, jurez et conseil de la ville 
et cité de Tom'nay, nous a esté exposé et remonstré comme 
pour subvenir aux grans et urgens affair(»s de ladicte ville, ont 
convenu vendre plusieurs rentes tant héritières que viagières, 
esquelles le corps et communaulté dicelle ont esté obligez et 
promis les payer, ainsi et par la manière qu'il est contenu es 
lettres obligatoires sur ce faictes, et il soit ainsi que plusieurs 
subgectz manans et residens en ladicte ville au tamps desdictes 
venditions et obligacions ont acquis plusem'S parties desdictes 
rentes, lesquelz depuis se sont desdomicilez et absentez mesme- 
ment depuis que ladicte ville et cité a esté réduicte en la sub- 
jection et obéissance de nostre trèschier et trèsamé frère et 
cousin le Roy d'Angleterre et tiennent présentement lem's 
résidences en noz terres, pays et seigneuries, et combien que 
ladicte ville ait à présent plus d'affaires et soit plus chai^gée de 
debtes, rentes et pensions que jamais, ausquelles impossible est 

ANNALES. V. 29 



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— 446 — 

de furnir promptement, et à ce propos les manans dicelle pour 
suppoiiier lesdictes grandes et intoUerables charges, laissent en 
arriéraiges deux, trois ou quatre années de leui*sdictes rentes 
comme faisoient lesdiz absentez quant ilz tenoient leurs rési- 
dences en icelle, et se laissoient contenter gi^acieusement comme 
les autres, mais depuis leurdit partement ne se veuUent con- 
tenter comme ilz faisoient auparavant ne ainsi que font les 
boui*geois manans et residens actuellement en icelle ville, ains 
se vantent de faire aiTestez lesdiz bourgeois et manans de 
ladicte ville quant ilz les trouveront en nosdiz pays et seigneu- 
ries pour avoir entier payement et solucion de ce que leur est 
et pourra estre deu par ladicte ville, sans avoir regard que au 
tamps desdictes obligacions ilz estaient manans et residens en 
icelle, et partant aussi avant obligez comme les autres n^ aussi 
que actendu les grans charges et affaires de ladicte ville 
comme dit est, à leur très grant grief, interest et dommaige, en 
nous requérant les vouloir sur ce pouneoii* de nostre grâce, 
Pourquoy nous ces choses considérées, ausdiz prevostz, jurez, 
conseil de ladicte ville de Tournay suplians, inclinans à leuixiicte 
requeste, et mesmement en faveur etcontemplacion de nostredict 
frère et cousin qui en a escript et instamment requis en leui' 
faveur, avons octroyé et accordé, octroyons et accordons de 
grâce especial par ces présentes, que en payant et contentant 
lesdiz bourgeois de Tournay absentez et retirez en nosdiz pays 
et seigneuries et ceulx qui se retireront cy après, de ce qui leur 
puet et pourra estre deu des rentes héritières et viagières par 
eulx acquises et achetées sur le corps de ladicte ville et des 
arriéraiges dicolles à rate de leui* deu en la forme et manière et 
à telz termes qu'ilz payeront et contenteront les bourgeois 
manans et residens en ladicte ville, à cause de semblables 
debtes, ilz soient et demeurent quictes et deschai^gez envers 
lesdiz absentez, sans qu'ilz soieut tenus de leur faire autre solu- 
cion ou payement ne pom* le surplus de lem*dit deu ou des 
transpors qu'ilz en auroient faiz estre arrestez, molestez, empes- 
chez ou constrains en corps ne en biens en aucune manière, 
pourveu toutesfoiz qu'ilz f acent ausdiz absentez tel et semblable 
payement et traictement de leursdictes debtes comme ausdiz 
bourgeois residens, sans fraulde. Si vous mandons et commec- 
tons expressément et à chascun de vous endroit soy, et si 
conmie à lui appartiendra, que de noz présente grâce octroy et 



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— 447 — 

accord selon que dit est, vous faictes, souffrez et laissez lesdiz 
suplians plainement et paisiblement joyr et user, sans leur faire, 
niectre ou donner ne souffrir estre fait, mis ou donné aucun 
destourbier ou empeschement au contraire, en corps ne en biens 
en ancune manière, et si lesdiz suplians ou aucuns deulx ou de 
lem's biens estoient prins, arrestez ou empeschez, poui* raison 
desdictes debtes par eulx deues à leui*sdiz bourgeois absentez 
comme dit est, et pour en avoir autre solucion ou payement 
que dessus est exprimé, lesmectez ou faictes mectre incontinent 
et sans delay à plaine et entière délivrance, car ainsi nous 
plaist-il estre fait, et pour ce que de cesdictes présentes Ton 
pourra avoir à faire en divers lieux, nous voulons que au vidi- 
mus dicelles faict soubz seel autenticque, ou à la copie colla- 
cionnée et signée de l'un de noz secrétaires, foy soit adjoustée 
comme à ce présent original. 

Donné en nostre ville de Malines le xij® jour de may l'an de 
grâce mil cincq cens et quatorze, de noz règnes de Germanie le 
xxjx™® et de Hongrie le xxv™®. Ainsi signé 
Per Imp. : Margarita. 

Par l'Empereui' et Monseigneur T Archiduc en leur conseil, 

Haneton. 

Et combien que lesdiz exposans depuis la concession desdictes 
lettres d'octroi/ aient joy du contenu et effect dicelles, néant- 
moins obstant que depuis nostre émancipation et 7*eception à la 
seigneurie de nosdiz pays ilz n'en ont obtenu de nous lettres 
de conservacion et ratifficacion, ilz doubtent que l'on leur 
veulle en ce faire et donner quelque empeschement, qui leur 
tom'neroit à regret et interest, si comme ilz dient, en nous 
requérant les vouloir sur ce pourveoir, et que pour leur plus 
grant seurté, il nous plaise confeimor et approuver ledit octroy, 
et sur co leur faire expédier noz lettres patentes à ce pertinens, 
savoir faisons que nous les choses dessusdites considérées, 
inclinans à la requeste desdiz supplians, mesmement en faveur 
et contemplacion de nostre très cher frère et oncle le Roy 
d'Angleterre, qui nous en a escript et instamment requis, avons 
les lestres d'octroy dessus mencionnées et tout le contenu ^n 
icelles, par l'advis et déliberacion des chief et gens de nostre 
l)rivé conseil, loué, gréé, confermé, ratiffié et approuvé, louons, 
gréons, conformons, ratiffions et approuvons parées présentes. 



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— 448 — 

Si donnons en mandement ausdiz chief et gens de nostredit 
privé conseil, président et gons de nostre grant conseil, chan- 
cellier et gens de nostre conseil en Brabant, président et gens 
de nostre chambre de conseil en Flandre, grant bailli de Hayn- 
nau, gouverneui* de Lille, Douay et Orchies, Bailliz de Gand, 
de Bruges et du Franc, et à tous noz autres justiciera et 
officiers, cui se puet et pourra toucher et regai*der leurs lieux- 
tenans et à chascun d*eulx endroit soj et si comme à lui appar- 
tiendra, que de noz présente grâce, confermacion, ratiflScacion 
et approbacion, et de tout le contenu en cesdictes présentes et 
es lettres dessus insérées, ilz facent seuflrent et laissent lesdiz 
suplians plainement et paisiblement joyr et user, sans leur 
faire, mectre ou donner ne souffrir estre fait mis ou donné 
aucun destourbier ou empeschement au contraire. Et pour ce 
que cesdictes présentes Ton pourra avoir à faire en pluseurs et 
divers lieux, nous voulons que au vidimus dicelle fait soubz seel 
autenticque, ou à la copie collacionnée et signé par Tun de nos 
secrétaii'es foy soit adjoustée comme à ce présent original, car 
ainsi nous plaist-il. En tesmoing de ce nous avons fait mectre 
notre seel à ces présentes. 

Donné en nostre ville de Malines, le xxiiij® jour de mars Tan 
de gi*ace mil cincq cens et dix sept avant pasques, et de nostre 
règne le iij™**. 

(Et au repli) : Par le Roy en son conseil 

Haneton. 
Tournai. Archives Communales. Char- 
trier, layette de 1518. Original sur par- 
chemin scellé du grand seel royal, en 
cire rouge. 



XLIX. 
Londres, 4 octobre 1618. 

Traité pour la restitution, de Tournai et du Toumaisis à la 
France. 

Universis et singulis, ad quorum notitias praesentes litterae 
pervenerint, nos, Guillermus Gouffîer, Dominus de Boniveto, 
miles ordinis necnon cambellamus ordinaiius potentissimi et 



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— 449 — 

invictissimi Domini nostri Francisci, Dei gratia Francorum 
régis christianissimi ac admiraldus Franci», Stephanus de 
Poncher episcopus Parisiensis, Franciscus de Rupccavai'di, 
miles, dominas de Campodenario senescallus Tholosae et giiber- 
nator Rupellœ, cambellamus ejusdem Christianissimi Francorum, 
Régis, et Nicholaus de Neufville etiam miles, dominus de 
Villeroy secretarius financiai'um praedieti Christianissimi Régis 
ac audientiarius Francise, consiliari, oratores, commissarii, 
procumtores et ambassiatores dicti Christianissimi Régis ad 
infrascnpta sufficienter deputati et legittime constituti, salutem. 

Cum inter, potentissimos et invictissimos principes, Fran- 
ciscum, Dei gratia Francorum et Henricum, eadem gratia 
Angliœ Reges, indissolubilis amicitiaB et pacis perpétuée fœdera 
contracta et conclusa fuerint, atque, ad firmiorem eorumdem 
fœderum corroborationem, affinitatis vincula, per sponsalia et 
matrimonium, inter serenissimum principem Dominum Francis- 
cum Delphinum Vionnensem dicti Christianissimi Francorum 
Régis filium primo genitum, et illustrissimam pnncipissam 
Mariam dicti Régis Angliae filiam unicam, habendum et con- 
trahendum, superaddita fuerint, quod quidem matrimonium, 
Deo favente, felicem et faustum in totius reipublicae christianae 
tranquillitatem sortietur eiFectum. 

Ob gratiam igitur et favorem dicti matrimonii conclusi, et ut 
omnia hincinde toUantur quae possent inter prsefatos principes 
sinisti*am aliquam generare suspitionem, nos, praefati christia- 
nissimi Francorum Régis principis nostri consiliari, oratores, 
commissarii, procuratores et ambassiatores prœdicti [)ro tradi- 
tione civitatis Tornacensis, una cum territorio et aliis ejusdem 
appendentiis, cum egregiis et magnificis viri, Thoma Duce 
Norfolchiœ magno thesauraria et marescallo Angliae, Thomas 
episcopo Dunolmensi custode privati sigilli dicti potentissimi 
Régis Angliae, Carolo comité Wigornise, Domino de Herbert et 
de Gower camei'ario dicti Régis Angliae, Nicolao episcopo Eliensi, 
oratoribus, commissariis, procuratoribus, et ambassiatoribus 
ejusdem Régis Angliae ad infrascripta sufRcientem auctoritatem 
habentibus, convenimus, concordavimus, et conclusimus atque 
auctoritate commissionum nostrarum (inferius insertarum) per 
praesentes convenimus, concordamus et concludimus articulatim 
prout sequitur. 

In pnmis conventum, concordatum et conclusum est quod 



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— 450 — 

dictus Rex Angliae, ejusve deputatus sive deputati sufficientem 
auctoritatoni ab eodem habens vel habentes, tradet seu tradi 
faciet libère, intra quadraginta dies coiifirmationem prsescntis 
tractatus proximo sequcntes, prsefato Francoriim Régi ejusve 
deputato seu deputatis ad hoc sufficientem auctoritatem habenti 
vel habentibus, dictam civitatem Tornacensem, cum adjacente 
suo territorio, Mortaingne et Sanctum Admandum, et jurisdic- 
tione superioritate resorto et pertinentiis aliis universis, ad 
summam sexcentorum milium coronarum auri, boni auri et 
justi pondoris îestimatam unaquaque corona valente in pecunia 
gallica triginta quinque solidos Turonenses ; 

Et pro eadem summa idem Rex Francorum se debitorem 
praefato Régi AngliîB ac hseredibus et successoribus suis per prae- 
scntes constituit ; 

Quam quidem summam sexcentorum millium coronarum aui*i 
pro eadem civitate et territorio cum suis pertinentiis quibus- 
cumque, dicto Régi Angliae, vel ejus haeredibus et successori- 
bus, seu eorum deputatis, bene et fideliter solvet seu solvi 
faciet locis, terminis, modisque, et forma sequentibus ; videlicet. 
In die traditionis dictai civitatis quinquaginta millia Franco- 
rum in coroniis auri de sole pro exoneratione militum tune in 
praesidio existentium, 

Et in primo de maii ex tune proxime et immédiate sequente 
in oppido Calisiao vigenti quinque millia Francorum in coronis 
auri de sole. 

Et in primo die novembris ex tune proxime et inmiediate 
sequente in dicto oppido Calisiae viginti quinque millia Franco- 
rum in coronis auri de sole. 

Et in primo die maii ex tune proxime secpiente in dicto oppido 
Calisiae alia viginti quinque millia francorum in coronis auri 
de sole. 

Et in primo die novembris ex tune proxime sequente in dicto 
oppido Calisiae alia viginti quinque millia francorum in coronir; 
auri de sole 

Et in primo die maii ex tune proxime et inmiediate sequente 
in dicto oppido Calisiae alia viginti quinque millia francorum in 
coronis auri de sole 

Et sic de sex mensibus in sex menses, in dicto opi)ido CalisiaB, 
in tenninis praedictis, viginti quinque millia francorum in coronis 
auri de sole donec et quo usque dicta intégra sunmia sexcento- 



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— 451 — 

rum millium coronarum boni auri et justi ponderis fuerit pleue 
et integraliter soluta : 

Pro qua quidem solutione, sic ut prœfortur bene et fideliter, 
absque omni dolo, fraude, aut dilatione quacunque facienda, 
dictus Franeorum Rex, per literas suas patentes, manu sua 
subscriptas ac magno suo aigiUo sigillatas, bona fide ac in verbo 
Regio, obligabit se h»redes et successores suos, regnum, terras, 
patrias et dominia ac bona sua quœcunque mobilia et immobilia 
prœsentia et futui*a ubicumque, subditosque suos et eorum bona 
ubicumque fuerint reperta : renuntiando in hac pai^te et expresse 
ac in vim pacti omni privilegio cautelae juris benelîcio, ac omni- 
bus et singulis exception ibus et defensionibus tam juris quam 
facti quibuscumque, quibus prœsentium effectus quomodolibet 
impediri possit; et quod insuper ad omnium et singulorum 
prœmissorum firmiorem observantiam , prsefatus Franeorum 
Rex obligabit se sub pœnis camerae apostolicae et per obligatio- 
nem de nisi. 

Item conventum, concordatum et conclusum est quod prsefa- 
tus Rex Franeorum eoram aliquo judice ordinario pro tribunali 
sedente, ac duobus notariis publicis in actorum scribas per 
eundem judicem assumptis, ac aliis testibus ad hoc specialiter 
vocatis et rogatis, ac in prsesentia commissarii seu conmiissa- 
riorum praefati Jlegis Angliae ad hoc sufficienter depputati seu 
depputatorum, intra quatuor menses datam praesentis tractatus 
proxime sequentes, personaliter comparebit, seque libère, 
sponte, et voluntarie submittet eidem judici et ejus jm*isdictioni 
et cohertioni, jurisdictionem ejusdem judicis prorogando : et 
coram eodem judice sic pro tribunali sedente in prœsentia com- 
missarii seu commissariorum notariorum et testium praedictorum 
libère sponte et ex certa sua scientia, tune et ibidem recogno- 
scet et confitebitm* palam publiée et expresse, se ex contractu 
valido efficaci et a jure permisso debere prsefato Régi Angliae 
ejusque hœredibus et successoribus sunmiam sexcentonim mil- 
lium coronarum boni auri et justi ponderis (unaquaque corona 
valente in pecunia gallica triginta quinque solidos Turonenses) 
solvendam locis, terminis, modis, et formis in praesenti Tractatu 
superius si)eciricatis : efFectualiterque requiret dictus Rex Fran- 
eorum praefatum judicem tune pro tribunali ut in personam suam 
sententiam excommunicationis in scriptis ferat et fulminât, ex 
nunc prout ex tune, et ex tune prout ex nunc, nisi ut prœdicitur 



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— 452 — 

pi*aîfatain summam sexccntorum millium coronarum boni auri 
et justi ponderis valons prœdicti et quamlibet ejus partem locis, 
terminis, modis et forma praedictis solvat aut solvi faciet : et 
quod, in eventu non solutionis hujusmodi aut alieujus ejusdem 
partis, idem judex eum sit excommunicatum fuisse et esse 
denunciet et denunciari faciat et mandet : rogabit insuper idem 
Rex notaiùos praedictos ut super prœmissis omnibus et singulis 
unum vel plura conficiant instrumentum vel instrumenta auten- 
tiquum vel autentiqua, signis et subscriptionibus eorum nota- 
riorum signatum seu signata, atque eundem judicem similiter 
rogabit ut idem instrumentum sigillo autontico ad suam specia- 
lem roquisitionem communiri faciat et procuret ; quorum quidem 
instrumentorum unum, in publicam foraiam sic ut prsefertur 
redactum et sigillatum commissario vel commissainis praefati 
Régis Anglise tune praesenti wl prsesentibus idem Rex Franco- 
rum tune et ibidem tradet seu tradi faciet cum eiFectu. 

Item, conventum, concordatum et conclusum est, quod omnes 
et singulae injuria3, molestationes, gravamina, dampna et offensa 
quaecumque, Régi Francorum ejusve regno, patriis, teiTis, 
castris, villis, oppidis, civitatibus, territoriis, et dominiis, 
incholis et habitatoribus eorumdem aut subditis quibuscunque 
ejusdem Régis P'rancorum, per cives, incholas, habitatores, aut 
subditos dictîe civitatis Tornacensis et temtorii ejusdem armi- 
geros gentes armorum quoscunque sive pedites sive équités, 
praefato Régi Angliae aut dictîc civitati tempore quo dicta civitas 
fuit subditione Régis AngliîB servientes, cujuscunque nationis 
aut patrise extiterint, quovis modo et occasione quacunque, per 
teiTam mare et aquas dulces qualitercunque quandocunque aut 
ubicunque, ante datam praesentium factae et illatse, penitus per 
dictum Francorum Regem aboliantur et remittantur, et per 
praesentes abolentur et remittuntm*, et ab ejusdem memona 
prorsus deleantur; quod dictus Francorum Rex ejusve subditus 
aut confœderatus quiscunque, cujuscunque status gradus aut 
conditionis existât, eisdem civibus, incolis, habitatoribus aut 
subditis dictae civitatis Tornacensis et territorii ejusdem, aut 
armigeris gentibus armorum sive peditibus sive equitibus qui- 
buscunque praefato Régi Angliae aut dictae civitati tempore quo 
dicta civitas fuit sub ditione ejusdem régis Angliae senientibus, 
ejus rei gi^atia quicquam vultu verbo facto aut nutu impropreret 
exprobret aut impingat, vel quovis modo seu quaesito colore id 



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— 453 — 

vindicare vel ulcisci contendat aut prœsumat, vel per alios 
directe vel indirecte seu quovis alio qusesito colore vindicare 
vel ulcisci procui'et aut sinat. 

Item, conventum, concordatum et conclusum est quod cives, 
incholœ, et habitatores dictas civitatis Tornacensis et tenntorii 
ejusdem erunt in eadem et consimili ac tanta libertate in omni- 
bus et per omnia qua f uerunt antequam dicta civitas et territo- 
rium ejusdem in ditionem Régis Angliae devenit : et dictus Rex 
Anglise eosdem omnes et singulos ab omni obedientia et jura- 
mento lidelitatis sibi prsestitis penitus exonerabit, liberabit et 
absolvet, prout per prsesentes exonérât, libérât et absolvit ; ita 
quod omnes et singuli cives inchol» et liabitatores dictse civitatis 
et terri torii adeo quiète et pacifiée vivant, et civitatem cum 
territorio de dicto Rege Francorum eisdem modo et forma adeo 
libère teneant, sicut prius tenuerunt et vixerunt antequam in 
manus et potestatem Régis Angliae perv^enerunt. 

Item conventum, concordatum et conclusum est quod, cum 
cives Tornacenses et ejusdem inchol» et habitatores in tradic- 
tione dictae civitatis et teiTitorii, in manus praefatus Régis 
Angliae facta, promiserunt eidem summam quinquaginta mil- 
lium coronarum auri solvendam eidem hœredibus aut successo- 
ribus suis certis modis locis et terminis tune conventis, cujus 
quidem summse cei*ta poi'tio et pars residua est et restât inso- 
luta ; dictus Francorum Rex de residuo dictae summœ nondum 
solut» se dobitorem dicto Régi Angliae ejusque haeredibus et 
successoribus constituit, et eandem summam pro dicta civitate 
et nomine ejusdem praefato Régi Angliae, ejusque haeredibus et 
successoribus, in oppido Calisii, tenninis et modis tune conven- 
tis, solvet seu solvi faciet absque omni dolo fraude aut dilatione 
quacunque. 

Item, conventum, concordatum et conclusum est quod, an te 
traditionem dict» civitatis in manus praefati Régis Gallorum, 
dictus Rex Angliae, ejusve depputatus sive depputati, possit et 
debeat ac possint et debeant omnes bombardas, tormenta bel- 
lica, pulveres, lapides, pila ferrea et plumbea, ac alia instru- 
mentorum bellicorum sive armorum invasivorum aut defensivo- 
rum gênera quaecunque, quocunque nomine censeantur, necnon 
victualia, omniaque et singula alia per praefatum Regem Angliae 
et ejus deputatos, pro tuitione, defensione et salva custodia 
dictae civitatis et territorii vel alia quacunque causa empta 



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— 454 — 

parata sive ordinata et inibi reposita, absque impedimento, 
molestatione, gravamine, aut contradictione juris vel facti 
prœfati Régis Francorum sive civium aut inhabitantium dictœ 
civitatis et temtorii aut alicujus alterius ejusdem Régis subditi, 
cujuscunque status gradus aut conditionis existât, libère et 
quiète abducere, aspoi'tai'e, et transvehere per terram mare et 
aquas dulces dicti regni Francise et regnum Angliœ sive ad 
oppidum CalisisB aut locum alium quemcunque quotiens quando 
et quocunque modo voluerit aut maluerit : et quod prspfatus Rex 
Fi*ancorum quemcunque sive quoscunque molestantes, gravan- 
tes, et contradicentes, sive impedire, molestare, gravare et 
contradicere volentes sive conantes, realiter et cum effectu 
impediet, et eisdem absque omni quœsito colore resistet : et 
quod praedictus Gallorum Rex, pro ante dicta ti*ansvectione 
instrumentorum bellicorum et caeterorum prcmissoiiun, per 
subditos suos provisionem iieri faciet, tam hominum equoiami 
cuiTuum, quam cimbarum plaustrorum navium et aliorum quo- 
rumcunque ad transvectionem eorumdem necessariorum, ad 
expensas tamen dicti Régis Angli». 

Item, conventum, concordatum et conclusum est quod, si per 
prœfatum Regem Francorum, aut per alium su» partis quem- 
cunque, vel per aliquem alium modum quam per mortem illus- 
trissimorum principum Francisci Delphini dicti Francorum 
Régis primogeniti et Dominae Mariœ dicti Régis Angliae fili» 
stetorit quominus matrimonium, inter cosdem vel alios eorum- 
dem Regum liberos, in alio tractatu matrimoniali de data prte- 
sentium per dictos Francorum et Angliw Roges inito et concor- 
dato, débite sortiatur effectum, tune praefatus Francorum Rex 
ejusve haeredes aut successores dictam civitatem Tornacensem 
cum adjacente suo territorio, superioritate, resorto, jurisdic- 
tione, aliisque suis juribus et pertinentiis universis, una cum 
fructibus medio tempore porcoptis, nulla habita ratione repara- 
tionum per dictum Francorum Regem intérim factarum, eidem 
Rogi AnglisB seu haeredibus et succossoribus suis, ejusve seu 
eorum deputato seu deputatis, absque omni dilatione, dolo, 
fraude, malo ingenio, aut contradictione quacunque, realiter et 
cum effectu, immédiate restituet et tradet, vel restitui et ti'adi 
faciet, in eodem statu et libeHate quo fuit tempore quo de 
manibus Régis Angliœ eandem recepit, eruntque cives dictae 
civitatis et teiritorii ejusdem ab omni superioritate, resorto, 



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— 455 — 

obedientia, juramento et lidelitate Régi Francorum prjestitis 
penitus absolut! et exonérât! ; quo casu Rex Angliae ej usque 
haeredes et successores omnes pecuniainum summas, de d!ct!s 
soxcentis millibus coronarum auri tune per Regem Francorum 
eidem solutas, dicto Francorum Régi eisdem terminis modo et 
forma quibus easdem recepit reddere, resolvere et restituere 
tenebitur.* 

Item, conventum, concordatum et conclusum est quod, si per 
prsefatum Regem Angliflp, aut per alium su» partis quemcunque, 
aut per aliquem alium modum quam per mortem dictorum prin- 
cipum Delphini et Mariae, aut aliorum dictorum Rogum libero- 
rum, ut prœfertui^ steterit quominus dictiim matrimonium 
debitum sortiatur effectum, tune prâpfatus PYancorum Rex 
cjusve hœredes aut successores dictam civitatem Tornacensem, 
cum adjacente suo territorio, sibi retinebit vel retinebunt : quo 
casu nichilominus dictus Francorum Rex ejusve hœredes aut 
successores summam sexcentorum millium coronai'um amn valo- 
ns prœdicti boni et justi ponderis, vel residuum ejusdem tune 
non solutum, sub modo forma et terminis solutionis in praesenti 
tractatu superius specificatis, dicto Régi Angliœ ejusve haeredi- 
bus aut successoribus solvere tenebitur et obligabitm*, et per 
prœsentes tenetur et obligatur. 

Item, conventum, concordatum et conclusum est quod dictus 
Rex Francorum, post traditionem dictas civitatis Tornacensis et 
territorii ejusdem, sibi per praefatum Regem Anglise ut praefer- 
tur faciendam, nichil omnino aget, faciet, tractabit, vel attemp- 
tabit, aut a dictis civitatis et territorii civibus, incolis, et babi- 
tatoribus agi, lieri, tractari, vel attemptari finet, et quovis modo 
clam vel aperte permittet, quod in praejuditium, dampnum, jac- 
turam sive dispendium subditorum Caroli Régis Hispaniarum 
catholici quovismodo directe vel indirecte cedere possit; sed 
quod dicta civitas Tornacensis et territorium, civosque, incolœ 
et habitatores eorumdem in onmibus et per omnia vei^sus dictum 
Hispaniarum Regem catholicum se gèrent et liabebunt, sicut 
ante traditionem dictas civitatis et territorii in manus praefati 
Régis Angliœ factam gerere et babore consueverunt et se obli- 
gaverunt : et quod dicta civitas et territorium ejusdem in omni- 
bus et per omnia in eodem statu vei*sus subditos dicti Hispania- 
rum Régis reponatui', quo fuit ante traditionem dictae civitatis 
et territorii in manus dicti Régis Angli» : et pai'i modo dictus 



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— 456 — 

Rex catholicus et subditi ejusdem Régis in omnibus et per 
omnia erga dictam civitateni Tornacensem et territorium cives 
incolas et habitatores eorumdem se gèrent et habebunt. 

Item, conventum, concordatum et conclusum est quod, pro 
firmiori et fideliori observantia tam prspsentis tractatus, quam 
tractatus matrimonii de data praesentium habiti et conclusi, per 
Regem Francoiiun antedictum ejusve deputatum sivec députâtes 
ad hoc sufficientem auctoritatem habentes, eodem die quo civi- 
tas Tornacensis cum ejus appenditiis in manus Régis Franco- 
rum, ut supradictum est, tradetur, praedicto Régi Angliœ ejusve 
deputato vel doputatis ad hoc sufficientem auctoritatem habenti 
vel habentibus et in manus ejus seu deputati aut deputatoruni 
suorum antodictorum in civitate Londoniaiiim dabuntur et rea- 
liter tr^dentur tôt obsides nobiles regni Franci», boni conve- 
nientis et sufficientis patrimonii et valoris, sumptibus suis pro- 
priis alendi et intertenendi, cum quibus Rex Angliae bene 
contentabitur, qui loco pignoris servabuntur, et pênes dictum 
Anglise Regem ejusve deputatum sive depputatos in salva cus- 
tudia remanebunt, donec et quousque omnia et singula in dictis 
tractatibus sub modis et formis in eisdem contentis fuerint per 
dictum Regem Francorum, ejusve haeredes aut successores 
fideliter et cum eifectu observât^ et perimpleta : quo casu idem 
Rex Angliae, ejusve deputatus seu deputati, tune prsefatos 
obsides, absque onmi dilatione aut contradictione quacunque, 
praefato Francorum Régi ejusve deputatis sive assignatis red- 
dere et in manus suas restituere tenebitur : et, si dicti obsides 
vel eorum aliquis intérim moriatur, tune in locum eorum vel 
ejus morientium seu morientis dictus Francorum Rex, intra 
mensem postquam per dicti Régis Angliœ literas super hoc 
certior factus fuerit, alios sive alium obsides sive obsidem con- 
similis qualitatis valoris et patrimonii, cum quibus dictus Rex 
Angli» contentabitur, similiter in civitate Londoniai'um dicto 
Régi Angliae seu ejus deputato seu deputatis tradet et delibei*a- 
bit seu tradi et deliberari faciet, realiter et cum effectu, totiens 
quotiens dictus casus mortis alicujus eorumdem evenerit; et 
casu quo dictus Rex Francorum aliquem dictorum obsidum 
propter segiûtudinem matrimonium celebrandum aut aliam cau- 
sam quamcunque domum et in patriam repetere et revocare 
voluerit, tune dictus Francorum Rex, an te traditionem dicti 
obsidis, ut praefertur revocandi, alium consimilis qualitatis et 



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- 457 — 

œstimationis, cum quo dictus Rex Angliae contentabitur, in 
dicta civitate London. dicto Régi Angliae ejusve deputato vel 
deputatis dabit et tradet, seu dari et tradi faciet, quo facto 
licebit sic revocato in regnum Franciae et in patriam redire. 

Item, cum in quodam articulo tractatus matrimonialis, de 
data praesentium, inter prœdictos Francorum et Angliae Reges, 
de matrimonio, inter dominos serenissimos principes Dominum 
Delphinum dicti Régis Francorum primogenitum et dominam 
Mainam praefati Régis Angliae filiam habendo et celebmndo, sit 
conventum, quod dictus Rex Angliae, pro dicto matrimonio, 
nomine dotis et pro dote, dabit et solvet darive et solvi faciet 
dicto Delpbino, ejusve deputato seu deputatis, summam trecen- 
torum triginta trium millium coronarimi auri boni et justi pon- 
deris, teioninis modis et forma sequentibus (videlicet) primam 
medietatem in die solempnisationis dicti matrimonii seu intra 
octo dies extunc proxime sequentes et aliam medietatem intra 
annum proxime sequentem, 

Conventum, concordatum et conclusum est quod dictus Fran- 
corum Rex ejusve haeredes et successores, ex residuo summae 
dictorum sexcentoinim milium coronai^um aui*i, pro civitate 
Tornacensi ut praefertur solvendae, et in die solempnisationis 
matrimonii prapdicti remanentis non solutae, summam centum 
sexaginta sex millium et quingentarum coronarum auri praedicto 
die solempnisationis matrimonii nomine medietatis dotis dictae 
dominae Mainae et in plenam perfectam et integram solutionem 
ejusdem medietatis, nomine dicti Domini Delphini filii sui et ad 
ejus usum, retinebit, ac de eadem suimna, sic per eum nomine 
dicti lilii.sui et ad ejus usum retenta, se pro Rege Angliae dicto 
filio suo debitorem constituet, et eundem Regem Angliae ab 
ulteriori solutione dictae summae nomine medietatis dotis dicto 
domino Delphino facienda per litems suas patentes, magno suo 
sigillo sigillatas et manu sua subscriptas, totaliter eo casu 
liberabit : 

Pro reliqua vero medietate dictae dotis, intra annum, ut prae- 
dictum est, solvenda, supranominatus Francorum Rex, ejusque 
haeredes et successores ex dictis sexcentis millibus coronarum 
auri summam sexaginta sex millium et quingentai*um coronai'uin 
auri sibi retinebit in plenam integram et perfectam solutionem 
ejusdem, si tanta summa de dictis sexcentis millibus in manibus 
suis tune remanebit insoluta. Kt casu quo dicta summa centum 



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— 458 — 

sexaginta sex millium et quingentai'um coronarum auri tune 
non intègre remanserit insoluta, sed solum aliqua ejus pars, eo 
casu idem Rex Francorum ejusque hsBredes et successores suni- 
mani remanentem pro solutione pai-tis secund» medietatis pro 
rata ejusdem noniine dicti lilii sui retinebit; ac de eadem 
summa, sic per eum nomine dicti filii sui et ad ejus usum 
retenta se pro Rege Angliœ dicto filio suo debitorem constituât, 
ac eundem regem ab ulteriori solutione dictae ratse pai*tis medie- 
tatis dotis dicto domino Delphino f acienda ' per literas suas 
patentes, magno suo sigillo sigillatas et manu sua subscriptas, 
totaliter eo casu liberabit ; reliquam vero partem dictae summœ 
centum sexaginta sex millium et quingentarum coronarum auri 
praefatus Rex Angli», ejusve hsercdes aut successores, eidem 
Francorum Régi aut ejus deputato nomine Delphini filii sui 
solvet et supplebit, aut solvi et suppleri faciet, in plenam per- 
fectam et integram solutionem totius dotis dictsB Dominae 
Mainse; de qua quidem reliqua parte, sic per eiun nomine dicti 
filii sui et ad ejus usum in plenam solutionem totius dotis 
recepta, dictus Francorum Rex ejusque hœredes et successores 
se pro Rege Anglise dicto filio suo debitorem constituet, et 
eundem regem Angliœ ab ulteriori solutione dictœ reliquae 
partis prsefato Domino Delphino facienda per literas suas 
patentes, magno suo sigillo sigillatas et manu sua scriptas, 
intogram dotem solutam esse déclarantes, totaliter eo casu 
liberabit : quas quidem literas, sic ut praeiertur confectas, 
eidem Régi Anglim ejusve deputato seu deputatis dabit et tradet 
seu dari et tradi faciet : et, si contingat dictam Dominam Mariam 
dicto Régi Angliae ob defcctum liberorum masculorum (quod 
Deus avertat) in regno succedere, tune et in eo casu de praedicta 
summa trecentorum et triginta trium millium coronarum auri 
nichil omnino nomine dotis solvetur, nec aliquid de dicta sunmia 
sexcentorum millium coronarum auri per dictum Francorum 
Regem seu ejus haeredes aut successores nomine dotis retinebi- 
tur : et, si quid nomine dotis solutum aut retentum fuerit, id 
totum executoribus dicti Régis Angliae per dictum Regem 
Francorum ejusque haeredes et successores resolvetur et resti- 
tuetur : et quamquam hoc casu nuUa dos fuerit per Regem 
Angliae data, in repetitione tamen dotis, si dicta filia Delphinum 
supervixerit, tantum solvetur ei per Francorum Regem ejusque 
haeredes et successores, quantum solveretur nomine dotis ex 



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— 459 — 

parte Régis Angliœ si sua filia non successerit in Regno. 
Item conventum, concordatum et conclusum est quod, prœ- 
dictus christianissimus Francorum Rex, coram oratore vel ora- 
toribus, commissario vel commissariis, procuratore seu procu- 
ratoribus prœfati Régis Angliae, quamprimum ad hoc per eosdem 
oratorem vel oratores, commissarium vel commissarios légitime 
requisitus fuerit, absque omni dilatione, tactis sacrosanctis Dei 
evangeliis, juramentum in scriptis prifcstabit quod praesentem 
tractatum, ac omnia et singula capitula in eodem contenta, bona 
fide observabit, et ab aliis quantum in eo erit realiter et cum 
effectu observari faciet, idemque juramentum, sic, ut prœfertui', 
in scriptis redactum et praestitum , ac manu sua propria tune et 
ibidem signatum, oratori vel oratoribus praefati Régis Angliœ 
ibidem praesenti vel prsesentibus realiter tradet : 

Et similiter Rex Angliae, coram oratore vel oratoribus, pro- 
curatore vel procuratoribus, commissario vel commissariis prœ- 
fati Francorum Régis, quamprimum ad hoc légitime fuerit 
requisitus, absque omni dilatione, tactis sacrosanctis evangeliis, 
juramentum in scriptis prœstabit quod praesentem tractatum, 
ac omnia et singula capitula in eodem contenta, bona fide obser- 
vabit, et ab aHis quantum in eo erit realiter et cum effectu 
observari faciet ; idemque suum jui»amentum, sic ut praef ertur 
in scriptis praestitum, et manu sua propria tune et ibidem sub- 
signatum, dictis oratoribus praef ati Régis Francorimi ibidem 
praesentibus realiter tradet. 

Item, conventum, concordatum et conclusum est quod uter- 
que Regum praedictorum, i)er literas suas patentes, magno suo 
sigillo sigillatas et manibus suis subscriptas, praesentem tracta- 
tum ac omnia et singula in eodem contenta acceptabit, ratiiica- 
bit et infra quatuor menses datam praesentium proximo sequen- 
tes confirmabit ; easdemque literas, sic ut praef ertur signatas, 
intra dictos quatuor menses, vicissim et mutuo, tradet tradive 
faciet cum effectu. 

In cujus rei Testimonium praesentibus hiis, manu nostra 
signatis, sigillum nostrum duximus apponendum. 

Dat. London. primo die octobris anno Domini millésime 
quingentesimo decimo octavo, regni nostri decimo. In quorum 
omnium et singulorum praemissorum fidem et testimonium nos, 
oratores commissarii et procui^atores antedicti Domiiii nostri 



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^ _ 460 — 

Christianissimi Régis Francoinim, prœsentibus literis, manibus 
nostris subscriptis, sigilla nostra apposuinius. 

Data in urbe London. die quarto mensis octobris anno Domiiii 
niillesimo quingentesimo decirno octavo. 

D'après Rymer, Fœdem, conventiones, 
literae; édition en 10 vol. de 1741, t. VI, 
V^ partie, pages 154-157. 



L. 
20 novembre 1618. 

Les Consmix sojit wfbrwés de la co7fclusion de la paix entre 
la Fraiice et V Angletei^re , 

Le samedy xx*^ jour de novembre Tan mil v^ et dix-huit par 
l'ordonnance de Mess*^ les chiefz de la loy, Mess^ les quatre 
consaulx de ceste ville et cité furent assamblez et leur fut 
remonstré que jœdy darrain passé Mons*" le Gouverneur de ceste 
ville les manda aller devers, ce qu'ils firent et leur dist qu*il 
avoit reçu lettres du Roy notre sire contenant Taliance et con- 
corde quil avoit faite avec le Roy de France et le mariaige de 
Mons** le daulfin à la fille du Roy notre sire, par lequel traittié 
ceste ville seroit en briefz joui*s remist es mains dudit Roy de 
France. 

Tournai. Archives Communales. Consaux. 

LI. 
13 Janvier 1619. 

François F^' donne l'ordre à Gaspard de Colligni, seigneur 
de Chatillon, lyiaréchal de France, de prendre possession de 
Tcvryiai et du Tournaisis au nom de la France. 

Rymer, T. VI, pars prima, p. 174, col. 2. 

LU. 
8 févHer 1619. 

Antoine y comte de Fauqueinherghe, harpon de Ligne et de 
Baillœl, seigneur de Monstrenl, de Thulin, etc., donne jylein 



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— 461 — 

pouvoir à Jecoi de Hesdin^ éciiyer^ conseiller et )iuulre d'hôtel 
de Marguerite^ duchesse de Bourgogne , douairière de Savoie, 
pour faire la retnise à Henri VIII de la ville, château, terre et 
seigneurie de Mortagne, qui lui avaient été donnés en fief à lui, 
Antoine de Faugue^nberghe, 

Rjmer. T, VI, pars prima, p. 175, col. 1. 



LUI. 
10 février 1519. 

Charles, comte de Worcestre, seigyieur de Herbe^*t, etc., et 
d'autres font remise de Toumui de son Château et du Tour- 
naisis au seigneur de Châtilloyi (Gaspard de Colligny), Ils font 
oi oidre connait7*e quils écriront â Henri VIII pour savoir 
s'ils peuvent dégager les Tournais iois du serment de fidélité 
fait au Roi d'Angleterre, 

Rymer. T. VI, pars prima, p. 175, col. 1-2. 

LIV. 
Tournai, 10 février 1519. 

Gaspard de Colligny, lieutenant géiéral du Roi efi Tour- 
nesis, donne l'ord7'e â Louis de Proisy, bailli de Tour7iai et 
Tournesis, de se rendre à Moi'tagne pour recevoir cette place 
en l'obéissance de François I^\ 

Rjmer. T. VI, pars prima, p. 175. col. 2. 

LV. 
8 février 1519. 

Entrée â Tournai du maixchal de Châtillon. 

De l'entrée de Monseigneur le mares- 
chat de France comme lieutenant général 
du très ch7'estyen Roy 7iost7*e sire. 
Le mardy viij® jour du mois de février l'an mil cincq cens et 
dix huit, très hault très noble et très puissant seigneur Monsei- 
gneur de Chastillon, chevalier de Tordre, conseillier et cham- 

ANNALES. V. 30 



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— 462 — 

bellaîi ordinaire du très chrostjen Roy nostre souverain et 
naturel Seigneur, mareschal de France, et lieutenant généi'al 
pour le Roy nostre dit Seigneur en ceste dicte ville et pays de 
Tournesiz vint pi'emièrement en ceste dicte ville et cité de 
Tournay y envoyé et depputté par le Roy nostre dit Seigneur, 
auquel seigneur mareschal pour et ou nom du Roy nostre dit 
seigneur. Monseigneur le chambellan d'Angleterre et autres 
ambassadeurs du Roy d'Angleterre au moyen de Taliance et 
conféderacion faicte entre lesdiz deux Roys rendy ceste dicte 
ville et cité, le bailliaige de Tom'nesiz, Moilaigne, Saint Amand 
et les appartenances es mains et en l'obéissance dudit ti»ès 
chrestyen Roy nostredit Seigneur et estoit ledit Seigneur 
mareschal accompaignié de Monseigneur de Loges et autres 
seigneurs et cappitaines jusque au nombre de trois cens lancher 
ayant tout pooir comme se le Roy nostredit Seigneur y euist 
esté en personne, et incontinent icelui Seigneur amvé en ceste- 
dicte ville s'en alla logier au grant marchié dicelle à l'ostel de 
Sire Jehan Grenier, ou prestement messeigneui*s les chiefz de la 
loy de ladicte ville accompaignié de ceulx du conseil dicelle 
ville le furent saluer et bien vengnier, et lui firent présent de 
par ladicte ville d'un poinchon de viii de Rin et d'un poinchon 
de vin de Beaune du meilleur que on avoit sceu trouver, lui 
recommandant hiunblement ladicte ville et les habitans dicelle, 
lequel présent icelui Seigneur mareschal rechut aggréablement 
et en merchia ceulx de ladicte ville, et quant aux grâces que 
mondit Seigneur le mai'eschal fist pour et ou nom du Roy 
nostredit Seigneur à sadicte première venue et entrée en ceste 
dicte ville et réduction dicelle, il rendy ladicte ville à tous 
bannis qui le jour de sadicte première entrée vinrent avec lui 
en ladicte ville et cité et qui dedens tierch jour ensivant se 
présonteroient et bailleroient leur requeste tant aux registrez 
pour honunicides que aux bannis sans rappel, à tousjoui'S, à 
ung an, à trois ans, sons de clocque, bans d'argent et de voyages 
quelz quilz fussent et tous delictz non pugnis sans riens excepter, 
et depuis confirma les previlèges, libertez, franchises, usaiges 
et coustumes de ladicte ville telles quelle avoit heu, joy et pos- 
sossé avant qu'elle fuist mise en l'obéissance dudit Roy d'An- 
gleterre, et accorda qu'elle exccusast tousjours sa justice et 
jurisdiction comme elle avoit fait pai'cydevant, et se pai*ty ledit 
Seigneur mareschal de ceste dicto ville accompaignié desdiz 



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— 463 — 

cappitaines et gens de guerre délaissant seulement au chastel 
ledit Seigneur de Loges, gouverneur de ladicte ville et environ 
deux cens aventuriers, et sy délaissa aussj en icelle ville 
Monseigneur de Proisy bailli de Tournai et Tournesiz, comman- 
dant à ceulx de ceste dicte ville que on obeyst ausdiz seigneurs 
de Loges et de Proisy comme à lui mesnies et que tel estoit le 
bon plaisir du Roy nostredit Seigneur et retoui*na icelui Seigneur 
en Testât que dessus en France, et fut sondit partément le xviij® 
jour dudit mois de février oudit an. 

Tournai. Archives Communales. Régis* 
tre n° 39 dit de Cuir noir, fol. 222-23. 



LVL 
12 février 1519. 

Efitrée à Toio*nai de Vévêqtie Louis Guillard. 

De rentrée de Monseigneur Loys Ghillarty evesque de 
Toumay, 

Le samedy xij** jour de février l'an mil cincq cens et dix huit, 
révérend père en Dieu Monseigneur Loys Ghillart, evesque de 
ceste ville et cité de Tournay à petite compaignie vint en son 
hostel épiscopal en ladicte ville, et le lendemain dimence xiij® 
jour dudit mois de février ledit Seigneur evesque fist sa pre- 
mière entrée en Téglise cathédralle dicelle ville et cité accom- 
paignié du collège de ladicte église revestus de chappres et 
aournemens notables, estans icelui Seigneur evesque mittré à 
destre de hault noble et puissant Seignem' Monseigneur de 
Chastillon mareschal de France, Monseigneur de Loges, Mon- 
seigneur de Proisy, bailly de Tournay et Tournesiz et autres 
seigneurs et cappitaines estans loi's en cestedicte ville et aussi 
de Messeigneurs les quatre consaulx de ladicte ville, et alla en 
cest estât jusqu(»s au grant autel de ladicte église ou après 
aucuns sennens fais par mondit Seigneur Tevesque, il chanta la 
grant messe, et icelle chantée il retourna en sondit hostel épis- 
copal ou il fist ung disner soUempnel, et y furent invitez et 
disnans les chiefz desdiz consaulx, les conseilliers, greffiers et 
procureurs de ladicte ville, etsy fist donner aux autres desdiz con- 
saulx à chascun collège certaine porcion de deniers pour eulx 
disner et recréer ensemble, auquel disner fut présenté de par 



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— 464 — 

ladicte ville à mondit Seigneur Tevesque deux poinchons de vin 
de Beaune le meilleur que on avoit sceu trouver, lequel présent 
il rechut en gré et en merchya ladicte ville, durant lequel disner 
Nicolas de Merles, justice de Teschevinage de cestedicte ville 
prist comme à ladicte ville appaii-enoit ung gobelet d'ai'gent 
auquel ledit Seigneur evesque beut à sondit disner, et fut ledit 
gobelet depuis mis en le tresorie de ladicte ville. 

Tournai. Ai^chives Communales. Regis- 
tre no 39 dit de Cuir noir, fol. 224. 



LVII. 
1619. 

La France met 400 hommes de garnison à Tournai, 
A Jehan de Roye, cuisenier pour avoir ou mois de février 
Tan 1518 que lors ledit Seigneur de Chastillon, mareschal de 
l'î'rance estoit envoyé accompagnié de iiij*^ hommes d'armes pai' 
le très chrestien Roy nostre souverain Seigneur en ceste sa 
ville à la joyeuse et très désirée réduction que firent lors les 
depputez du Roy d'Angleterre de ceste dicte ville et cité pooir 
dicelle et bailliage de Tournesiz es mains et en l'obéissance du 
Roy nostre dit Seigneur. 

Tournai. Archives Communales. Compte 
général. Avril-Septembre 1519. 



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TABLE DES MATIÈRES. 



Avant-Propos 302 

Chapitre I. — La conquête 303 

Chapitre II. — Après la conquête. Etat des esprits. Ses consé- 
quences. Rétrocession de Tournai à la France . . . . .318 

Chapitre III. — Administration interne. Juridiction communale 

et juridiction royale 335 

Chapitre IV. — Situation économique 346 

Chapitre V. — Pièces justificatives 354 

Table des matières 465 



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— 466 



Monnaies frappées 

PENDANT L'OCCUPATION DE TOURNAI 

par Henri VIII, roi cT Angleterre (i5i3 à i5ig) 



Tournai qui, depuis un temps immémorial, faisait par- 
tie de la France, était comme Ton sait, une seigneurie 
jouissant de privilèges et de franchises exceptionnels; 
son autonomie et ses coutumes reconnues et homo- 
loguées lui permettaient pour ainsi dire de se gou- 
verner elle-même. En temps de guerre sa milice avait 
la garde du souverain, ce qui donnait à ceux qui la 
composaient des titres de noblesse, et le Roi de France 
de son côté la protégeait contre tous ceux qui auraient 
voulu s'en rendre maître ou attenter à sa liberté ; telle 
était sa situation lorsque Henri VIII s'en emparant, 
vint lui enlever tous ses avantages. 

Le monarque anglais, en 1513, profitant des démêlés 
que la France avait avec d'autres puissances, avait fait 
une descente sur le continent à la tête d'une nombreuse 
armée; après s'être emparé de Térouanne, fier de ses 
succès et aidé d'un détachement des troupes de l'em- 
pereur Maximilien, il se disposa à venir attaquer 
Tournai; son armée était forte de plus de 40,000 
hommes ; il dirigea dix mille fantassins et douze cents 
cavaliers sur la ville. Tournai n'avait pour se défendre 
que sa milice urbaine; elle leva en hâte des volontaires 



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Soc.hislor.et archèol.de Tournai. 




MONNAIES D'HENRI VIII ROI D'ANGLETERRE, 
FRAPPÉES POUR TOURNAI. 

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— 467 — 

qui vinrent se joindre aux défenseurs de la cité, chargés 
de la garde des remparts. 

Les généraux qui commandaient les troupes royales 
sur les frontières de la Picardie apprenant la marche 
des Anglais, avaient offert de venir secourir les Tour- 
naisiens, mais les chefs qui dirigeaient la défense de la 
ville et les gens du pouvoir et du bailliage confiants 
dans les mesures prises et le bon état des remparts 
refusèrent ce secours en assurant aux émissaires qui 
leur avaient été envoyés, qu'ils avaient des forces 
bien suffisantes pour se défendre. 

Cependant les hérauts d'armes anglais firent som- 
mation à la ville de se rendre, avec menace de donner 
l'assaut et sur le refus de se soumettre, la ville fut 
attaquée par quatre côtés à la fois; le 21 septembre, 
malgré la bravoure de ses défenseurs, un envoyé du 
magistrat offrit de capituler ; il y eut une suspension 
d'hostilités et quel que fût le courage déployé par les 
Toumaisiens dans une si formidable attaque, la capi- 
tulation fut réglée et signée le 23 septembre 1513. 

Henri VIII entra en triomphateur dans la ville de 
Tournai le 25 et la prise de possession de cette nou- 
velle conquête se fît beaucoup plus soleonellement 
que pour les autres villes de Calais, Térouanne, etc. 
témoignant par là la grande importance qu'il attachait 
à la possession de notre ville où il se présentait d'ailleurs 
comme roi de France. Néanmoins fier de cette posses- 
sion sur le continent il s'installa avec son entourage 
pour quelque temps â Tournai, et pressé d exercer ses 
prérogatives de souverain dans sa nouvelle conquête, 
il y fit aussitôt battre monnaie à son nom. L'ordon- 
nance royale qui fit fonctionner l'atelier tournaisien 
aux coins du conquérant anglais, ne se trouve pas 
dans nos archives, elle n'a peut-être été sanctionnée 



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— 468 — 

qu'après le retour d'Henri dans la Grande Bretagne, 
mais quelques pièces de monnaie d'argent ont été 
retrouvées et sont conservées dans les collections 
numismates; trois portent, avec le nom du souverain, 
celui de Tournai comme du temps des premiers rois 
de France qui résidaient à Tournai : Childéric, Clovis, 
etc. et comme les mailles frappées par nos premiers 
évêques, du temps crû ils jouissaient de ce droit réga- 
lien. La marque monétaire en usage dans notre ville 
depuis saint Louis comme dans les autres ateliers de 
France, disparut et le nom ou au moins la lettre 
initiale continua à distinguer les localités où les pièces 
étaient frappées dans notre pays. 

Voici la description des quelques pièces frappées à 
Tournai sous Henri VIII qui se trouvent au musée de 
la ville. Ce sont des écus, des testons et des petits 
testons. Le général Cocheteux, membre de la Société 
numismatique, dans un article de la Revue, émet l'opi- 
nion que notre atelier a dû frapper aussi des souve- 
rains, des angelots, et d'autres monnaies d'or, mais 
jusqu'à présent aucune de ces pièces n'a été retrouvée. 

N"" I. Ecu. Les armes d'Angleterre de cette époque, 
couronnées et surmontées d'une croix, accostées à 
gauche d'un lys et d'un léopard passant, adroite; 
l'écusson est écartelé, 1 et 4 des armes de France et 
2 et B de celles d'Angleterre aux 3 léopards. 

Lég. : Un petit léopard: HENRICVSxDIxGRAx 
FRANCTE— ANGLIE : REX. 

Rev : Une croix à deux filets traversant la pièce, 
chargée au centre d'un H dans une rosace et cantonnée 
1 et 4 d'un léopard, 2 et 3 d'une fleur de lys. 

Lég : Un petit T gothique couronné, x 1 x5x 1 x3 
ClVITASx I TORNA | CENSIS. 



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— 469 — 

N"* II. Teston. Le buste du roi tourné à gauche 
ayant la tête couronnée. 

Lég : Un petit léopard passant à gauche. HENRI 
X I CVSxD.-.G I REX.-.FRA- | AGLlEx 

N° III. Petit Teston. Même disposition que le 
Teston sur Tavers et le revers, mais de plus petite 
dimension, et quelques légères variétés dans les lé- 
gendes; il n'a pas la double bordure du numéro II. 

C^® G. DE Nédonchel. 



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— 470 - 



Cimetière romain 

DÉCOUVERT EN 182I 

SOUS LA GRAND'PLACE DE TOURNAI. 



Feu Bruno Renard, dans la séance du 3 avril 1846 
de la Société historique et littéraire, rapportée aux Bul- 
letins, tome I,page 29, lut une dissertation sur la plus 
ancienne enceinte de Tournai, remontant à l'époque 
romaine, ou gallo-romaine, dans laquelle il rappelle 
les antiquités romaines trouvées en 1821, dans le sol 
de la GrandTlace, en creusant un aqueduc partant du 
Beffroi et se dirigeant vers la rue des Meaux, et d'où il 
tire des indications relativement à la forme et aux 
dimensions de la première enceinte de la ville à cette 
époque; mais il ne donne malheureusement pas, dans 
cette dissertation, la description et la liste des objets 
trouvés dans ces fouilles. La cause de cette omission 
paraîtrait inexplicable si on ne savait qu'à la même 
époque il publia une plaquette où il donne le détail de 
cette découverte, plaquette qui a bien vite disparu de 
la circulation et dont un exemplaire nous est tombé 
tout récemment entre les mains. 

Il nous a paru qu'une mention plus complète de cette 
trouvaille devait avoir sa place dans les publications 
de notre Société historique qui forment comme le ré- 
pertoire de toutes les sources où puiseront plus tard 
les historiens de notre ville. 



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— 471 — 

C'est pourquoi nous avons résumé et nous vous pré- 
sentons le travail de Renard, avec d'autant plus de 
raison, nous semble-t-il, que les poteries qu'il décrit 
se trouvent actuellement exposées et classées au musée, 
avec les autres trouvailles du même genre faites en 
cette ville, et que parmi ces poteries et les autres 
objets découverts en 1821, se trouvent la seule ins- 
cription lapidaire romaine rencontrée dans le sol de 
Tournai (qui depuis a été égarée,) ainsi que deux 
inscriptions. Tune sur verre, l'autre sur un vase en 
terre, celle-ci actuellement au musée communal. 

Le mémoire a pour titre : Notice explicative des anti- 
quités gauloises et romaines trouvées dans les fouilles 
de taqueduc de la Grand Place de Toumay au mois de 
juin 1821, par B. Renard, architecte de la ville. — Se 
distribue au bureau de la bibliothèque et chez Dosson- 
Varlé, imprimeur-libraire, Grand'Place. (Sans lieu ni 
date). 

Bozière en a fait mention dans son Tournai ancien 
et moderne (page 12), et B. Renard lui-même a donné 
un extrait de sa notice dans le Messager des sciences 
historiques, année 1829, page 17. Mais ces deux com- 
munications sont moins étendues et moins complètes 
que la Notice explicative dont nous voulons parler. 

La plaquette compte huit pages et la nomenclature 
des antiquités quatre-vingt dix numéros, mais disons 
de suite que leur description est des plus sommaire, 
exemple : « n*^^ 3 à 6, vases cinéraires et lacryma- 
toires; » « n^^ 30 à 74, urnes, vases, lacrymatoires, 
plats et jattes consacrés au culte des morts, » etc. 

11 ressort de l'ensemble des fouilles, qu'elles com- 
prennent des lombes à inhumation simple et d'autres 
à incinération, puisqu'on a retrouvé tantôt des cendres 
humaines ayant passé au bûcher, tantôt de grands 



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— 472 — 

ossements entiers, une tête, un squelette d'enfant, etc. 

Nous sommes donc en présence d'un cimetière de 
transition, comme celui qui a été trouvé en 1853 à la 
rue Perdue, avec lequel il se confondait sans doute, 
ainsi qu'il semble résulter des autres sépultures relevées 
en 1898 sur la GrandTlace, en face, de Téglise Saint- 
Quentin (i), c'est-à-dire entre le terrain des fouilles de 
1821 et celui des fouilles de 1853 (2). 

On y rencontre de nombreuses pièces de monnaie, 
parmi lesquelles on en a reconnu comme appartenant 
à César (?), Posthume (?), Domitien (81), Adrien (117), 
Faustine, Gordien (237), Philippe (père et fils), Gallien 
(253), 7 pièces d'Aurélien (270), Probus (276), et enfin 
18 pièces de Constantin (306), etc. ; ces monnaies per- 
mettent d'établir que le cimetière a été utilisé vraisem- 
blablement depuis le milieu du IIP siècle jusqu'au V® 
ou au VP siècle après Jésus-Christ. 

Les poteries sont peu intéressantes. A signaler ce- 
pendant les suivantes : Vase en terre ordinaire, enduit 
d'une couleur rouge, sur lequel on a tracé en blanc, les 
lettres D. A. M. I. — Petite urne, en terre rouge, 
avec des ornements blancs. — Vase de style étrusque, 
très bien conservé. Certains vases portaient des sigles 
qui n'ont pas été relevés, malheureusement. 

Les urnes renfermant des cendres étaient générale- 
ment entourées de tuiles. 

Un vase en verre dont la forme n'est pas décrite, 
portait l'inscription : Frontin M. M. (il a été perdu), — 
dix-neuf pastilles en pâte de verre, onze bleues et huit 
blanches, — deux perles, l'une bleue, l'autre jaune 
d'or. 

(1) Voir Annales de la Société historique et arobéologique, tome III, 
page 258. 

(2) Bulletins de la Société historique et littéraire, tome XXI, p. 281. 



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— 473 — 

Objets en métal : un bracelet en bronze, un autre en 
fil de laiton (peut-être un armilla dit Renard) ; éperon 
ou aiguillon en bronze; fer de lance; petit seau en 
cuivre ; un poids et plusieurs lames de cuivre ; des an- 
neaux en bronze; des fibules; quatre fers de cheval, etc. 

On signale aussi la présence de deux bracelets en 
bois (?). 

B. Renard dit avoir retrouvé les restes d'un bûcher, 
et fournit à ce sujet quelques détails (dans l'article 
du tome I des Bulletins, page 35). Il se trouvait, dit-il, 
à quelques mètres de l'angle de la rue des M eaux et 
mesurait deux mètres de largeur sur trois de longueur, 
on en retira des bûches à demi brûlées, des os calcinés 
et des cendres parmi lesquelles 25 médailles romaines, 
dont beaucoup étaient indéchifirables. 

L'objet le plus important des fouilles est ** une pierre 
» tumulaire de 93 centimètres de largeur sur 55 centi- 
» mètres 5 millimètres de hauteur « on y lit l'inscrip- 
tion suivante : 

D. M. 

MONIMBNTVM 

INSTITVIT SI 

BI V1VU8 ULP 

IVSIVS AR 

chigalltcs 

Cette pierre tumulaire avait été déposée dans une 
des remises de l'Hôtel-de- Ville; elle a disparu depuis. 

L'auteur conclut que cette inscription, dont la 
dernière ligne semble avoir été restituée par lui, est 
celle d'un prêtre de Cybèle et il la met en relation 
avec une figure d'Atis et une main en bronze trouvées 
vers 1764 à Tournai et qui auraient trait, paraît-il, au 
culte de cette déesse. 



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— 474 — 

Ces derniers objets ont été décrits par de Bast : 
Recueil des antiquités romaines et gauloises trouvées 
dans la Flandre proprement dite. (Gand, 1808) p. 177 et 
suivantes, mais l'auteur s'y livre à de simples conjec- 
tures sur deux ou trois statuettes et objets en bronze, 
trouvés dans les environs de Tournai qui ont fait partie 
des collections du chanoine de Villers, et dans lesquels 
il croit voir des statues avec les emblèmes d'Isis, de 
Cjbèle, d'Atys, etc. 

En somme, rien n'est venu jusqu'ici confirmer cette 
supposition d'un culte rendu en notre ville à l'une ou 
l'autre de ces divinités, et l'inscription funéraire trou- 
vée lors des fouilles de la Grand'Place ne permet pas 
d'inférer quoi que ce soit à ce sujet. La plupart des 
poteries provenant de ces fouilles et en particulier celle 
qui porte l'inscription : D. A. M. L sont conservées au 
musée communal. Les autres objets, et notamment la 
pierre tumulaire, ont été égarés. 

E.-J. SOIL. 



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— 475 — 



Procès-Verbaux des Séances 

1899 ET 1900 

Séance du 12 Janvier 1899. 

M. LE Comte de Nédonchel, Président. 
M. Eugène Soil, Secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance de décembre 1898 
est lu et adopté. 

M. le Secrétaire dépose les publications qu'il a reçues 
pour la Société depuis la dernière réunion. 

1. Académie royale de Belgique. Annuah'e 1899. 

2. Id. Tables générales du recueil des Bulletins, 3® série, 
tome 1 à 30. 

3. Id. Bulletin, 08« année, 1898. N**« 9, 10, 11. 

4. Académie royale de médecine, 4® série, tome 12, n*'^ 9, 
10 et 11. 

5. Biogi*aphie nationale, tome 15, P^ fascicule. 

6. La Gazette numismatique. N*^^ de novembre et décembre 
1898, janvier 1899. 

7. Bulletin des commissions royales d*ai*t et d'ai'chéologie, 
37« année, n*^ 3 et 4. 

8. Annales de la Société ai'chéologique de Nivelles, tome VI, 
3® livraison. 

9. Annale^ du Cercle ai'chéologique d'Enghien, tome V, 3** et 
4® livr. 

10. Annales de la Société d'Emulation de la Flandre, 

G® série, t. I, livr. 1 à 4. 



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— 476 — 

1 1 . Documênis et rapports de la Société paléontologique de 
Charleroi, tome 22. 

12. Cercle hutois des Sciences et beaux ai'ts. Annales, 
tome XI, 3^ livr. 

13. Annales de la Société archéologique de Naraui*, tome 29, 
4« livr. 

14. Rapport sui* la situation de la même Société en 1897. 

15. XIP Congrès archéologique et historique, Malines, 1897. 
l^^ et 2« volume. 

16. Annales de TAcadémie royale d'archéologie, 5^ série, 
tome I, 2® livr. 

On y remarque, p. 230. Roger de le Pasture, peintre tour- 
naisien, par M. A. de la Grange. 

Il est donné lecture de la correspondance. 

L'ordre du jour appelle le vote sur la nomination 
des membres du bureau. Sont élus en cette qualité : 
Président : M. le comte de Nédonchel. 
Vice-président : M, le général de Formanoir. 
Secrétaire : M. Eugène Soil. 
Trésorier : M. René Desclée. 

Bibliothécaire : M. Adolphe Hocquet. 

M. le trésorier expose que le compte de 1898 pré- 
sentera une différence assez notable avec les comptes 
précédents par suite du retard apporté cette année, à 
l'impression du volume d'Annales. On décide de ren- 
voyer l'examen de ce compte à une séance ultérieure. 

M. le secrétaire signale à l'attention de l'assemblée 
le dernier bulletin de la Gilde Saint-Thomas et Saint- 
Luc, 30® réunion, P^ fascicule, qui renferme une série 
d'articles sur des monuments de Tournai, par le baron 
Béthune. 

M. de la Grange donne lecture d'une étude sur la 
politique des rois de France à Tou7mai au début du 
XV siècle. On en vote l'impression. 



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477 — 



Séance du 9 Février 1899. 

M. LE Comte de Nédonchel, président 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès- verbal de la séance de janvier est lu et 
adopté. 

M. le secrétaire dépose les ouvrages reçus pour la 
société depuis la dernière réunion. 

1. Revue belge de numismatique, 1899, P® livr. 

2. Analecta boUandiana, tome XVII, fasc. ni, iv. 

3. Institut archéologique du Luxembourg. Annales, 52® année, 
tome 33. 

4. Société royale belge de géogi^aphie. Bulletin, 1898, n°* 5, 6. 

5. Ons Hemecht (Luxembourg), 4® année, n"^ 8-12. 

6. Bulletin de la Société Vemétoise d'archéologie, 1898, 
n° 5. 

7. Revue bénédictine, 1898, n^« 11 et 12. 1899, n« 1. 

8. Bulletin de la Société d'histoii'e et d'archéologie de Gand. 
6« année, n**» 7, 8. 

9. Inventaire archéologique de Gand, fascicule 9. 

10. Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, tomes 26 
et 27. 

11. Archives Liégeoises, V^ année, n*** 11, 12. 

12. Neue Heidelberger Jahrbûcher. 8® année, n** 1. 

13. Exposé de la situation administrative de la province de 
Hainaut. Session de 1898. 

14. Le Livre des Fiefs de l'Eglise de Liège, sous Adolphe 
de la Mai^ck, par Edouard Poncelet. 

15. Académie d'Histoire et d'Antiquités de Stockholm. Anti- 
quarisk tidschriff f or Sverige, xiv-4. 

16. Id. Manadsblad. 1894. 

17. Congrès international d'anthropologie et d'archéologie 
préhistoriques. Compte-rendu de la Session de Stockholm. 
1874, 2 vol. 

ANNALES. V. 31 



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— 478 — 
Il est donné lecture de la correspondance. 

M. le comte du Chastel communique un travail sur 
les de la Hamaide^ liégeois, namurois, ardennais et 
luxembourgeois, dont il lit l'introduction. Ce travail 
sera inséré dans les Annales. 

M. le secrétaire communique une circulaire du 
bureau du Congrès d'Enghien relative à la proposition 
déposée par M. Demeuldre, de créer, à la tête de la 
Fédération archéologique, un comité permanent. Après 
une discussion dans laquelle interviennent la plupart 
des membres, l'assemblée adopte cette proposition 
dans les termes suivants : La société admet le principe 
d'un bureau permanent, élu par les délégués des socié- 
tés et dont les pouvoirs seraient nettement délimités, 
en respectant l'autonomie des sociétés locales. 



Séance du 9 Mars 1899. 

M. LB Comte de Nédoncheï , président. 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance de février est lu et 
adopté. 

M. le secrétaire dépose les ouvrages qu'il a reçus 
pour la société depuis la dernière réunion. 

1. Bulletin de la Commission historique du département du 
Nord, tomes XIX, XX, XXI. 

2. Mémoires de la Société dunkerquoise pour Tencourage- 
ment des Sciences. 1897-98, 30® volume. 

3. Société d'agricultui'e, etc. do Valenciennes. Revue, année 
1897. 



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— 479 — 

4. Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France, 
série in-8**, n° 22. 

5. Bulletin de la Société d(^s Antiquaires de Picardie. 1897, 
n«4. 

6. Mémoires de TAcadémie de Stanislas. 1897. 

7. Mémoires de la Société des Antiquaires de la Morinie, 
tome XXVI. 

8. Même société. Bulletin, 186® livr., tome 10. 

9. Id. Les chartes de Saint-Bertin, tome 4, 2^ fasc. 

Après la lecture de la correspondance, M. le comte 
de Nédonchel offre pour la bibliothèque de la société, 
un exemplaire de la généalogie de la maison de 
Nédonchel, par M. Laisné, édition nouvelle, corrigée 
et augmentée. (Tournai, 1895 à 1897.) 

M. le président donne ensuite lecture d'une note sur 
un écrivain tournaisien du XVPsiècle, JeanMainvault, 
dont il a déjà entretenu la société. (Voir Bulletins, 
tome IX, page 6.) 

Jean Mainvault, écrivain tournaisien, 
né au XV® siècle. 

Parmi les anciens écrivains natifs de notre ville, 
disparus et oubliés avec les siècles qui les avaient 
vu naître et travailler , il en est cependant dont les noms 
méritent d'être conservés dans les annales littéraires de 
Tournai et c'est à ce point de vue que nous croyons utile 
de les mentionner dans nos Bulletins; le nom de Jean 
Mainvault y a sa place incontestée. 

Ce continuateur de la Chronique de l'historien Eusèbe 
de Césarée, et de la partie qu'y avaient déjà avant lui 
ajoutée les trois Palmer, Prosper, Mathieu et Mathias, 
poursuivit jusqu'à l'an 1512, leur narration, laquelle 
s'arrêtait à l'an 1450; ce travail a dû demander 



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— 480 — 

à Mainvault beaucoup de recherches car l'ouvrage ren- 
ferme la nomenclature des empereurs et des souverains 
pontifes. L'édition fort rare de cette chronique corrigée 
et augmentée par ces savants commentateurs a été 
imprimée à Paris par le célèbre Henri Etienne aux 
ides de juin 1512. 

Ce grand ouvrage, comme nous l'apprend la préface, 
écrit dans le dialecte grec, fut mis en latin par le 
prêtre Jérôme (saint Jérôme) qui ne se fait connaître 
que sous cette modeste désignation. 

Nous avons vainement cherché quelques renseigne- 
ments sur Jean Mainvault, mais notre obligeant collè- 
gue M. le comte P. -A. du Chastel de la Howarderie, 
versé dans les connaissances généalogiques, a bien 
voulu nous communiquer ce qu'il a pu rencontrer sur le 
continuateur l'évêque de Césarée, et voici le résultat de 
ses recherches : Dans les Archives de l'Etat au carton 
n° 1 1 , fond des Chartreux de Chercq, se trouve un acte 
très beau, très bien conservé, scellé par le châtelain 
de Leuze, alors Gossuin de Lannoy, écuyer seigneur 
de Cespasse en 1429 et, parmi les hommes de fief qui 
scellent avec le châtelain, on lit le nom de Jehan 
Mainvault dont le sceau héraldique contient un écusson 
avec une étoile à six rais, que nous croyons devoir être 
une étoile d'or sur champ d'azur. 

Dans l'ouvrage sur lequel nous nous appuyons ici , 
l'orthographe du nom varie; ainsi nous le voyons 
traduit en latin tantôt par Muvallis tantôt par Multi- 
vallis; dans la dédicace de la Chronique aussi en 
latin comme le reste de l'ouvrage, Mainvault se 
qualifie de Directeur et Correcteur^ ce que nous pou- 
vons interpréter par éditeur : ^ Johannes Multivallis 
Tornacensis director hujus operis et in officina reco- 
gnitor, lectoribus salutem, etc. ^ 



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— 481 — 

Notre auteur dans l'exposé de son travail dit qu'il a 
joint à celui de l'historien grec, l'index des faits, ce qui 
facilitera au lecteur la' recherche de ce qu'il désire 
connaître et le lui fera plus promptement trouver. Le 
travail de notre compatriote a donc consisté non seule- 
ment dans la continuation de l'œuvre d'Eusèbe depuis 
l'an 1407 jusqu'à 1512, mais encore à l'enrichir de ce 
qui lui manquait, c'est-à-dire d'une volumineuse table 
très complète et détaillée. 

Nous conviendrons que les ouvrages d'Eusèbe ne 
sont plus lus de nos jours, mais la chronique dont 
nous nous sommes ici occupé peut encore être con- 
sultée utilement; elle esta l'abri par sa nature même, 
des reproches qui ont atteint cet auteur pour ses ten- 
dances à l'arianisme qu'on lui reproche et dont 
nous n'avons pas à nous occuper, et l'on ne peut lui 
refuser la place qu'il a toujours occupée parmi les 
grands écrivains et historiens de son époque, quoiqu'on 
regarde généralement Eusèbe plutôt comme un compi- 
lateur que comme un érudit, éclairant les esprits de sa 
propre science ; il a beaucoup écrit puisque son histoire 
ecclésiastique et ses ouvrages remplissent cinq volumes 
in-folio. La Chronique ecclésiastique à laquelle le 
tournaisien Mainvault a donné une continuation, com- 
mence avec l'origine du monde et avec ses appendices 
se termine à Tan 1512. 

Si quelqu'un voulait donner suite à l'œuvre littéraire 
et aux recherches sur la vie et les travaux des écri- 
vains de l'ancienne province de Tournai et Tournaisis 
de M, Lecouvet, le chroniqueur Jean Mainvault men- 
tionné aujourd'hui dans nos Annales y trouverait une 
place bien méritée. 

C G. DE Nédonchel. 



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482 — 



Séance du 13 Avril 1899. 

M. lE Comte de Nédonchbl, président. 
M. Eugène Sojl, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance de mars est lu et 
adopté. 

M. le secrétaire dépose les ouvrages qu'il a reçus 
pour la société depuis la dernière réunion. 

1. Bulletin de l'Académie royale de Belgique. 1898, n"* 12. 
1899, n^ 1, 2 et 3. 

2. Bulletin de rAcadémie de médecine, tome 15, n**^ 1 et 2. 

3. Compte-rendu des séances de la Commission royale d'his- 
toire, tome 8, 6« ot 7« livr. 

4. Recueil des Ordonnances des Pays-Bas. 2^ série, tome 2. 

5. Actes et documents anciens intéressant la Belgique, pai' 
Charles Du vivier. 

— On y trouve une liste des évêques de Tournai- 
Noyon et plusieurs chai'tes concernant cet évêché. Voir 
le mot Tournai à la table alphabétique. 
G. Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie. 
37*" année, n'"'* 5 à 8. 

7. Annales de l'Académie royale d'archéologie. 5® série, 
tome 1 , 4® livr. 
, 8. Bulletin, id. 5« série, IV. 

9. Revue bénédictine. 1899, n«» 2 à 4. 

10. Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de 
Gand. 7« année, n^^ 1, 2, 3. 

M. Clément Lyon envoie quelques brochures et 
extraits de journaux dont il est lautenr : Notice sur 
Alexandre Robert; Léon de Lahaye; utilité des petites 
fermes-écoles; humbles début des plus glorieuses 
monarchies, etc. 



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— 483 — 

Il est donné lecture de la correspondance. 

On décide de commencer immédiatement l'impres- 
sion du tome iv des Annales, et d'en faire figurer en 
tête, la deuxième série des Testaments toumaisiens de 
M. de la Grange. 

On délègue MM. Soil et de la Grange pour repré- 
senter la société au Congrès français d'archéologie 
à Mâcon. 

M. Hocquet soumet de la part de M. Desmons, un 
projet de table méthodique et analytique des publica- 
tions, (Bulletins et Mémoires) de la société. Plusieurs 
membres ayant pris la parole à ce sujet et fait observer 
qu'il existe un autre projet de table des matières, basé 
uniquement sur l'ordre alphabétique, et déposé autre- 
fois par M. Alexis Dumortier, on décide de renvoyer la 
discussion de cet objet à la prochaine séance. 

M. Houtart entretient l'assemblée du Droit de Bour- 
geoisie à Tournai. Il signale que nos Archives pos- 
sèdent les plus anciennes listes de bourgeois connues, 
parmi les villes de la Belgique actuelle. Celte commu- 
nication donue lieu à un intéressant échange de vue. 

M. le secrétaire communique de la part de 
M. E. Matthieu, membre correspondant, une note sur 
un projet d'almanach tournaisien. 

Projet d^Almanach tournaisien. 

Dans sa Bibliographie tournaisienne, feu Emile 
Desmazières signale le plus ancien calendrier imprimé 
à Tournai en 1634 chez Henri Martin. 

Quelques années auparavant un André de la Fosse 
avait sollicité du gouvernement des Archiducs Tauto- 



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— 484 — 

risation de faire imprimer chaque année un almanach 
avec des « prognostications. « Le conseil privé avant 
de statuer sur cette demande prit lavis du magistrat 
de Tournai. Cet avis transmis le 7 janvier 1623 con- 
cluait en ces termes : Comme le requérant « n'est 
d'esprit rassiz et qu'il n'a la science et expérience re- 
quise à telle art et profession, que ce ne sera le bien du 
publicq de luy octroyer ce qu'il prétend. « 

En présence de semblable avis, l'autorisation de faire 
imprimer l'almanach fut refusée. Cet André de la Fosse, 
au témoignage du magistrat de Tournai, parait avoir 
été un type original et jouissant d'une médiocre consi- 
dération. Nous ne connaissons aucune particularité sur 
ce personnage, peut-être que la publication de cette 
note amènera l'un ou l'autre de nos collègues à signaler 
ce qu'il était. 

M. Soil ayant de nouveau obtenu la parole fournit 
quelques renseignements sur les négociations en cours 
entre la ville et le gouvernement pour la restauration 
du pont des Trous et de la tour Henri VIII, la conser- 
vation des restes des remparts (les tours Marvis), la 
construction de la nouvelle poste aux lettres, etc. 

M. Sonneville engage nos confrères à aller voir cer- 
tains détails d'architecture romane, que la restauration 
de la façade de l'évêché a mis au jour. Ils promettent 
de s'y rendre à l'issue de la séance. 

La prochaine réunion est fixée au 18 mai. 



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— 485 - 



Séance du i8 Mai 1899. 

M. LE Comte de Nêdonchel, président, 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance d'avril est lu et adopté. 

M. le secrétaire dépose les ouvrages qu'il a reçus 
pour la société depuis la dernière séarïce. 

1. Bulletin d'histoire ecclésiastique du diocèse de Valence. 
Année 1898. 

2. Les traductions du Psautier en vers latins, par Hugues 
Vagenay. 

3. L'abbaye de Silos, pai* Ulysse Chevalier. 

4. Bulletin de l'Université de Toulouse. Fascicules 5 à 8. 
(1898-99). 

5. Bulletin de la Société dunkerquoise pour l'encouragement 
des Sciences. 1898, 2« fasc. 

6. Mémoires de la Société académique du département de 
l'Oise. Tome 17, P« partie. 

7. Comité archéologique de Senlis. 4® série, tome II, 1897-98. 

8. Société d'Agriculture de Valenciennes. Revue 1898. 

M. Hocquet offre, pour la bibliothèque de la société, 
le volume qu il vient de publier sur les rues, places 
publiques et boulevards de Tournai, 

M. Clément Lyon offre de même une brochure inti- 
tulée : Une crise houillère en Belgique, dans laquelle 
il est particulièrement question des démêlés entre les 
bateliers de Tournai, et de leurs démêlés avec ceux de 
Gand, de Valenciennes et de Condé en 1790. 

Des remerciements leur sont adressés. 



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— 486 — 

M. le secrétaire donne lecture d'une lettre de 
M. Van den Gheyn, conservateur des manuscrits à la 
bibliothèque royale de Bruxelles, informant la société 
de la vente prochaine d'un certain nombre de manus- 
crits conservés au château de Cheltenham, parmi 
lesquels il est une importante série de pièces provenant 
des archives de Tournai, et aliénées par l'administra- 
tion communale entre 1818 et 1823. 

On décide l'envoi d'une pétition à M. le Bourgmes- 
tre pour engager la Ville à acquérir ces documents si 
précieux pour notre histoire. 

Le même membre dépose sur le bureau le tome m 
des Annales, qui vient de paraître. 

La discussion relative à la confection d'une table de 
nos publications est renvoyée à la prochaine séance. 

M. Sonneville rend compte des travaux exécutés à 
la façade de l'évéché, à l'endroit où des détails d'archi- 
tecture romane ont été retrouvés. Il n'est pas question 
de restaurer actuellement cette façade si intéressante, 
et qu'il serait facile de rétablir dans son état ancien, 
tant les détails de la construction primitive sont encore 
nettement indiqués; mais les travaux de consolidation 
qui ont été exécutés ont respecté les restes de l'ancienne 
construction, de telle façon qu'il sera toujours facile d'en 
faire une restauration fidèle. 

M. Soil fournit quelques renseignements sur l'âge 
de ce bâtiment d'après les travaux publiés antérieure- 
ment sur les monuments de Tournai et en particulier 
d'après leplan relief de 1701. Ilajouteque lacommission 
royale des monuments, informée de la découverte de 
cette importante construction, est intervenue auprès du 
gouvernement pour réclamer sa restauration. 



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— 487 — 

M. le trésorier rend compte de sa gestion pour 
Tannée 1898. Elle est approuvée. 

M Houtart entretient l'assemblée du manuscrit 
n** 216 de la bibliothèque publique dans lequel on 
trouve un registre de la loi de Tannée 1279-1280. 

On admettra difficilement, dit-il, que les manuscrits 
de notre bibliothèque communale réservent encore des 
surprises. Cependant, ni Hennebertdans son Catalogue, 
ni MM. le comte de Nédonchel et d'Herbomez (i), 
dans leurs notes relatives à la série des Registres de 
la Loi, n'ont signalé un document qui se rattache à 
cette série et que contient le manuscrit ccxvr, de la 
bibliothèque publique. 

C'est le registre de la loi de Tannée 1279-1280. Nous 
n'avons pas à insister sur les marques irrécusables 
d'authenticité que présente ce document. Son format 
est le même que celui des registres de 1275-1276 et de 
1280-1281 naguère retrouvés aux Archives. Il débute 
par ce titre caractéristique : ** Cest H registres de la 
Sainte Liesse MCCLXXVlllL " On y trouve la liste des 
magistrats, celle des réceptions de bourgeois (au 
nombre d'environ deux cents), les bans, les ordonnances 
et quelques trêves et parjurements. 

M. le comte du Chastel lit un travail sur les Despars 
à Tournai de 1380 à 1486. 
On en vote l'impression. 

M. Soil signale, dans deux publications, des détails 
intéressant Tournai : 

I. Missions belges de la Compagnie de Jésus, n*^ du 



(1) Mémoires de noire Société, t. IX, p. 21, et Balletias, t. XKV, 
p. 295. 



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— 488 — 

5 mai 1899, un article sur le P. Edouard Liagve né à 
Tournai, décédé au Congo, le 30 mars 1899, recteur 
de la mission de Ki Mwenza. 

II. Voyage dans les Pays-Bas en 1695 publié par 
M. Quarré-Reybourbon (dans les Annales du comité 
flamand de France, 1898-1899) une description de 
Tournai à cette époque. 

Il donne lecture de ces deux articles. 



Séance du 8 Juin 1899. 

M. LE Comte de Nédonchel, président. 
M. Eugène Son , sea^étaire. 

Le procès -verbal de la précédente séance, est 
approuvé après lecture. 

M. le secrétaire dépose les publications adressées à 
la société. 

1 . Compte-rendu des séances de la Commission royale d'his- 
toire. Tome 68, (5« série, tome IX,) P^ 2«, 3« et 4« bulletin. 

2. Bulletin de l'Académie royale de médecine. 4® série, 
tome 13, n«« 3, 4, 5, 6. 

3. Académie royale de Belgique. Bulletin de la classe des 
lettres. 1899, n°« 4, 5, 6. 

4. Académie royale d'archéologie. Annales, 5*" série, tome 2, 
1»^ et 2« livr. 

5. Id. Bulletin, 5« série, V, VI. 

6. Annuaire, — bulletin de la Société de l'histoire de Finance. 
Année 1898. 

7. Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles. Tome 13, 
livr. 1, 2. 

8. Même société. Annuaire pour 1899. 



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— 489 — 

9. Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de Gand. 
7« année, n*'» 4, 5, 6. 

10. Armoriai des écuyers du Bailliage de Saint-Mihiel, par 
Léon Germain, hommage de Tauteur. 

M. le ministre de Tlntérieur réclame les exemplaires 
du volume d'Annales parus en 1898. Ils viennent de 
lui être envoyés. 

L'Académie d'histoire et d'antiquités de Stockholm 
demande le tome i de nos Annales. On décide de le lui 
envoyer. 

Sur la proposition de M. Soil, on décide d'adresser 
les publications de la société à la Bibliothèque commu- 
nale d'Ath, qui vient d'être réorganisée. 

M. le secrétaire communique un mémoire de 
M. Duriez sur V ancien calvaire ^Arras. On décide son 
dépôt aux Archives. 

M. Desclée de la part de M. Hocquet, empêché, 
entretient l'assemblée de la table des Bulletins et Mé- 
moires dressée par M. le docteur Desmons et pré- 
sente un spécimen de cette table. 

M. Soil préconise un autre système de table, pair 
ordre alphabétique et très détaillé; mais l'exécution de 
semblable table demanderait un travail considérable 
que personne ne semble disposé à entreprendre, et 
entraînerait une forte dépense ; on décide de s'en tenir 
au projet de M. Desmons et il est décidé que la table 
sera imprimée en brochure distincte du volume d'Anna- 
les en cours de publication. 



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— 490 — 



Séance du 13 Juillet 1899. 

M. LE Comte de Nédonchel, président. 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Après lecture du procès-verbal de la séance de juin 
et son adoption, M. le secrétaire dépose les publica- 
tions qu'il a reçues pour la société. 

1. Revue belge de Numismatique. 1899, livr. 2, 3, 4. 

2. Cercle hutois des Sciences et Beaux -Arts. Tome 12, 
r% 2% 3« livr. 

3. Revue bénédictine. 1899, n«« 5, 6, 7. 

4. Bulletin de la Société scientifique et littéraire du Limbourg. 
Tome 17, 2® fascicule. 

5. Cercle archéologique de Malines. Bulletin, t. 8. 

6. Mémoires de la Société des Antiquaires de la Morinie, 
tome 25. 

7. Bulletin. 1898, 3«et 4«fasc. 1899, P^ fasc. 

8. Antiquerisk tidskrift for Suerige. XIV, 1. 

9. Annales de la Société d'émulation de Bruges. Vol. 49, 
livr. 1 et 2. 

M. Houtart s'excuse de ne pouvoir assister à la 
séance. 

M. le ministre de l'Intérieur demande un certain 
nombre de volumes des Bulletins et des Mémoires 
manquant à la collection du ministère et en retourne 
d'autres qu'il possède en double. 

On décide de lui fournir, parmi les volumes récla- 
més, tous ceux que la société possède en nombre. 

Plusieurs sociétés accusent réception du tome m des 
Annales. 



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- 491 — 

On désigne M. Eugène Soil comme délégué au 
Congrès archéologique d'Arlon. 

Le même membre fait rapport sur le Congrès archéo- 
logique français tenu à Mâcon, le 14 juin dernier. 

M. Hocquet entretient l'assemblée des achats qu'il 
a faits pour le compte de la Ville, à la vente des Archi- 
ves de Sir Thomas-Philips de Cheltenham,à Londres. 
Il n'a pu obtenir que 275 pièces seulement, une partie* 
des actes annoncés n'ayant pas été exposée en vente, 
mais ayant été réservée pour une prochaine adjudication . 

Le môme membre signale encore, d'après des docu- 
ment du XVIIP siècle, un fonctionnaire assez extra- 
ordinaire, aux gages de la ville : c'est un maître de 
danse qui touchait une pension de 200 florins. 

M. Soil rend compte de l'exposition dart ancien 
organisée à Douai par la société d'agriculture, des 
sciences et des arts, pour fêter le centenaire de sa 
fondation. Il entretient aussi l'assemblée des recherches 
qu'il a faites à Paris, sur le plan relief de 1701 con- 
servé à l'Hôtel des Invalides, en vue de la restauration 
de la partie romane du palais épiscopal. 

Enfin il expose le plan d'un travail qu'il prépare sur 
V Habitation à Tournai, et les maisons privées de cette 
ville. Il soumet les dessins de quelques-unes d'entr'elles 
dont il a fait relever les façades anciennes, et demande 
qu'il lui soit alloué une somme de 150 francs pour 
payer le coût de ces dessins. Ce crédit lui est accordé 
et lorsque le travail sera plus avancé on statuera sur 
le meilleur mode de confection des planches qui devront 
accompagner son étude. 

A l'occasion de cette communication, M. Hocquet 
propose que la société demande à l'administration com- 



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— 492 — 

munale de porter au budget un crédit annuel, fdt-il 
minime, pour être distribué à titre de primes aux pro- 
priétaires d'anciennes maisons qui les restaureront dans 
leur style primitif. 

Cette proposition, favorablement accueillie par l'as- 
semblée est renvoyée à là prochaine séance pour être 
discutée. 



Séance du 12 Octobre 1899. 

M. LE Comte de Nédonchel, président. 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance de juillet est lu et 
adopté. 

M. le secrétaire dépose les ouvrages qu'il a reçus 
pour la société depuis la dernière réunion. 

1. Académie royale de Belgique. Bulletin de la classe des 
lettres. 1899, n«« 1, 7, 8, 9, 10, 11. 

2. Bulletin de l'Académie royale de médecine. 4® série, 
tome 13, no« 7, 8, 9, 10. 

3. Mémoires couronnés de l'Académie de médecine, tome 15, 
4® fasc. 

4. Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie. 
37« année, u^^d, 10, 11 et 12. 38*^ année, n*»^ 1, 2, 3, 4. 

5. Analecta boUandiana. Tome 18, fasc. 1, 2, 3. 

6. Société royale belge de géogi^aphie. Bulletin, 1899, n**^ 1, 
2,3,4,5,6. 

7. Annales de la Société ai*chéologique de l'arrondissement de 
Nivelles. Tome VU, r« livr. 

M. le secrétaire communique les manuscrits de 
quatre notices envoyées par M. F. Duriez intitulées : 
Le châteaude le Loir, — La famille dupHnœ d'Epinoy. 



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— 493 — 

— Les Bonnettes de Sailly en Osirevent. — Le castel 
féodal de Bours-Maretz, — On décide le dépôt de ces 
manuscrits dans les Archives. 

M. de la Grange donne lecture d'une notice sur 
Mathieu Grenet et Un manuscrit de la bibliothèque de 
Lyon. On en vote l'impression. 

M. Soil ayant donné quelques détails sur un voyage 
à Constantinople, qu'il vient de faire, accepte, à la 
demande des membres présents, de faire un récit 
détaillé de ce voyage qui sera inséré dans nos 
publications. 

M. Hocquet signale un détail de la vie de Louis 
Gallait, que n'ont pas connu ses biographes. 

Louis Gallait, maître de dessin. 

Le Gouvernement hollandais, par arrêté royal du 
3 juin 1817, avait créé dans quinze villes des provin- 
ces méridionales des Pays-Bas, une école pour les 
enfants d'habitants et de fonctionnaires militaires. 
Tournai fut une des villes qui jouit de cette faveur et 
établit cette nouvelle institution dans l'ancienne école 
dominicale du quartier Saint-Pierre (i). Le 18 mars 
1826, le Gouvernement changea le nom de cette école 
en celui d'Ecole primaire royale, et il s'occupait de sa 
réorganisation, quand la Révolution belge vint le 
gfurprendre. « Ce fut un terrible coup pour l'école, dit 
le registre aux procès-verbaux de la Commission admi- 
nistrative ; l'instituteur en chef et les deux premiers 
sous-maîtres, nés hollandais, retournèrent chez eux. 



(1) En 1828, cette école fui transférée rue des Carmes, no 12. 

ANMAL». V. 32 



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— 494 — 

et la dispersion qui commença dans les élèves par les 
fils de militaires, devint bientôt générale; elle se com- 
muniqua même au personnel de l'Administration... « 

Le Gouvernement provisoire, sur les sollicitations 
de M. Charles Lecocq, reconnut l'Ecole, lui accorda 
la continuation du subside annuel des 600 florins, 
consenti par le Gouvernement hollandais et y ajouta 
même un nouveau subside de 800 florins, à titre 
extraordinaire, sauf renouvellement au besoin. 

Un arrêté ministériel du 14 août 1831, désigna, 
dès lors, cet établissement d'instruction, sous le nom 
de : Ecole primaire modèle de Tourna y, et en confia 
la direction à M. Duhamel. 

Voici comment était composé en 1831-32, le per- 
sonnel enseignant : 

bistituteur en chef : M. Duhamel ; 
Premier sous-maître : M. Braquenié, Alexandre; 
Second sous-maître ; M. Du vivier, François; 
Troisième sous-maître : M. Braquenié, Henry; 
Maître de dessin : M. G allait, Louis. 

Est-ce l'illustre peintre Gallait? Le doute n'est pas 
possible, car la circulaire que nous avons eue sous les 
yeux a soin de nous faire connaître que «* c'est le même 
M. Gallait qui a eu l'honneur d'être couronné tout 
récemment au concours de Gand. » Chacun sait que 
notre grand peintre prit part à Gand, en 1832, au 
concours institué par la Société des Beaux-Arts et de 
la Littérature, et qu'il y remporta une médaille d'or. 

Gallait, il est vrai, n'occupa point longtemps ces 
modestes fonctions, car le 16 février 1833, il donna 
sa démission pour « aller continuer 1 étude de la pein- 
ture à l'Académie royale d'Anvers. » 

Nous avons tenu à mettre au jour ce petit détail, 



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— 495 — 

d'autant plus volontiers qu'aucun de ses biographes 
officiels ou intimes, n*a parlé de ces débuts d'un homme 
qui devait parcourir une si brillante carrière. 

Octobre 1899. 

Adolphe Hocquet. 



Séance du 9 Novembre 1899. 

M . LE Comte de Nédonchel, président, 
M. Eugène SorL, secrétaire. 

Après lecture et adoption du procès -verbal de la 
séance d'octobre, M. le secrétaire dépose les publica- 
tions qui lui sont parvenues pour la société. 

1. Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles. Tome 13, 
livr. 3 et 4. 

2. Analectes pour sei*vir à l'histoire ecclésiastique de la Bel- 
gique. 2® série, tome 11, livr. 2, 3 et 4. 

3. Mémoires de la Société des sciences, des arts et des lettres 
du Hainaut. 5® série, tome 10; G^ série, 1. 1. 

4. Revue bénédictine. 1899, n^« 8, 9, 10. 

5. Chartes du chapitre de Sainte-Waudru de Mons, pai* 
M. Léop. Devillers. Tome I. 

6. La Gazette numismatique. 3® année, n<* 5 à 10. 4® année, 
ïi^ 1, 2, 3.. 

7. Neue Heidelberger Jahrbûcher. 8*^ année, id. 9*^ année. 

8. Bulletin de la Société d'art et d'histoire du diocèse de 
Liège. Tome XI, tome XII, P« partie. 

9. Biographie nationale. Tome 15, 2« fasc. 

M. le secrétaire communique trois mémoires envoyés 
par M . Duriez : Souvenirs de trois familles towmai- 
siennes, du Riez, de Kovbay et Baudour, — Les 



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— 496 — 

de Lalaing, — La famille des princes dEspinoy — 
On décide leur dépôt dans les Archives de la Société. 

Il est donné lecture de la circulaire adressée le 
31 octobre 1899 par le comité du Congrès archéolo- 
gique d'Arlon, priant les sociétés fédérées de désigner, 
en vue d'une réunion qui aura lieu à Bruxelles le 
17 décembre prochain, un délégué et un délégué sup- 
pléant. MM. Soil et Hocquet sont désignés en ces 
qualités respectives. 

M. le président annonce que les membres du Congrès 
catholique du Nord , qui se réunit à Lille la semaine 
prochaine, se proposent de venir visiter Tournai le 
15 courant et demande que quelques membres de la 
société veuillent se joindre à lui pour les accompagner 
dans leur visite de la ville. 

Plusieurs membres acceptent, tout en faisant remar- 
quer que la société lilloise qui arrive à Tournai à 
10 h. 37 du matin et en repart à 3 h. 50 du soir ne 
dispose que d'un temps absolument trop restreint pour 
voir convenablement les monuments. On trace un iti- 
néraire à travers la ville en inscrivant pour le matin 
la visite de la cathédrale et pour l'après-midi celle du 
musée ou des églises Si-Quentin, St- Jacques et la 
Madeleine, au choix des excursionnistes. 

M. Soil rappelle l'état d'abandon dans lequel se trou- 
vent les derniers vestiges des remparts du XVI P siècle, 
près de la caserne Saint -Jean (les tours Marvis). Il est 
à craindre que ces restes disparaissent bientôt si on 
ne s'occupe sans retard de leur conservation. Il engage 
les membres à faire de nouvelles et pressantes démar- 
chesdansce but, auprès de l'administration communale. 



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— 497 — 

M. Sonne ville signale comme prochaine la restau- 
ration de l'ancienne grange des dîmes de l'Abbaye 
Saint- Martin (aujourd'hui le Café des Brasseurs), rue 
des Meaux. 

Il ajoute que le Chapitre de la cathédrale a décidé 
d'installer, dans de bonnes conditions pour être visité, 
le Trésor de la cathédrale. Ces heureuses nouvelles 
sont accueillies avec joie par l'assemblée. 

M. Hocquet développe la proposition par lui faite à 
une précédente réunion, de demander à l'administration 
communale d'allouer des primes aux propriétaires 
d'anciennes maisons qui s'engageraient à les restaurer 
dans leur style primitif. M. Desclée parlant des règle- 
ments communaux sur les constructions, dit que rien 
dans les règlements existants ne s'opposerait à ce que 
la ville donne satisfaction au vœu de la société. 
L'assemblée adoptant les conclusions du rapport de 
M. Hocquet, le prie de présenter à la prochaine 
réunion un projet de pétition dans ce sens, ce à quoi 
celui-ci s'engage. 



Séance du 14 Décembre 1899. 

M. LE Comte de Nédonchel, président. 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance de novembre est lu et 
approuvé. 

M. le secrétaire dépose les ouvrages adressés à la 
société. 



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— 498 — 

1. Académie royale d'archéologie. Bulletin, 5® série des 
Annales, n® vn. 

2. Congi'ès archéologique d'Enghi en. P^ fasc. 

3. Annales de la Société ai'chéologique de Naniur. Torae 23, 
r« livr. 

4. Bulletin de la Société dliistoire et d'archéologie de Gand. 
7® année, n^ 7, 8, 9. 

5. Inventaire archéologique de Gand. Fasc. 10 à 14. 

6. 0ns Hémecht. 5*^ année. 

7. Td. 6® année, n° 1. 

8. Kon. Vitterhets Histoirie och antiquitets akademiens 
Manadsblad. 1895. 

M. le général de Formanoir s'excuse de ne pouvoir 
assister à la réunion. 

M. le secrétaire dépose un manuscrit lui adressé par 
M. Duriez : Anciennes pierres tombales de f église de 
Villerval en Artois. Dépôt dans les Archives de la 
société. 

Il est donné lecture d une circulaire du 7 décembre 
envoyée par le Bureau du Congrès archéologique 
d'Arlon. 

M. Hocquet dépose le texte d'une pétition à l'admi- 
nistration communale relativement à la restauration 
des maisons anciennes. Ce texte est adopté et son envoi 
à l'administration communale est décidé. 

MM. le comte de Nédonchel, Desclée et Hocquet 
présentent M. le docteur Fernand Desmons en qualité 
de membre titulaire. Il sera statué sur son admission 
à la prochaine séance. 

M. Hocquet ayant annoncé qu'il prépare une étude sur 
l'histoire politique et sociale de Tournai au XVP siècle, 
un membre fait remarquer l'utilité qu'il y aurait à re- 
faire une histoire complète de Tournai. Il se demande si 



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— 499 — 

cette tâche ne pourrait être entreprise par les soins de 
la société : M. d'Herbomez a réuni de nombreux maté- 
riaux sur la période du moyen âge; M. Houtart étudie 
le XV* siècle et l'époque de la révolution française; 
M. Desmons réunit les matériaux de l'histoire de 
l'occupation française au XVIP siècle (1668-1709); 
M. Soil a étudié Tépoque romaine; il pourrait se 
charger encore du XVII® siècle, depuis le gouverne- 
ment des Archiducs jusqu'à la conquête française; on 
demanderait à d'autres membres de se partager les 
autres époques et on arriverait ainsi à une histoire 
complète de la ville, qui serait l'œuvre collective des 
membres de la société. Cette proposition reçoit le 
meilleur accueil, et on se promet de tenter de la réaliser. 



Séance du ii Janvier 1900. 

M. LE CcMTB DE NÈDOiiCHEL, président, 
M. EuoÈNE Soil, secrétaire. 

Après lecture et adoption du procès-verbal de la 
séance de décembre 1899, M. le secrétaire dépose les 
ouvrages qui lui sont parvenus pour la Société. 

1. Annuaire de TAcadémie royale de Belgique. HXX). 

2. Revue belge de numismatique. 190(), F*' livr. 

3. Revue bénédictine. 1899, n«« 11 et 12. IIKK), n« 1. 

4. Analecta bollandiana, tome 18, fasc. 4. 

5. Publications de la Section historique de l'Institut grand 
ducal du Luxembourg, vol. 46. 

6. Id. vol. 47. Id. vol. 49, l^*" fasc. 

7. Institut archéologique du Luxembourg, tome 34. 

M. le secrétaire signale, parmi les publications 



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— 500 ~ 

reçues, les suivantes, qui traitent de choses relatives à 
Tournai. 

DdLïïsY Inventaire des obituaires belges parD. Ursmar 
Berlière (publié par la Commission royale d'histoire). 

1. Chapitre de Notre-Dame (aux Archives du royaume, car- 
tulaires et manuscrits 732a). 

2. Idem, (aux Archives de la cathédmle de Tournai). 

3. Abbsye de Saint-Martin (de Tordre de Saint-Benoit) (aux 
Archives du royaume, cartulaires et manuscrits, u, 35). 

4. Idem, (ibidem 753a). 

5. Idem, (ibidem 753). 

6. Abbaye Saint-Nicolas-des-Prés (Mémoire de notre Société, 
tome XI. 

7. Couvent dos Récollets (Bibliothèque de Toumai, n*^ 229). 

8. Jésuites. Notices nécrologiques (Archives de l'Etat à Mons). 

Dans le compte-rendu des séances de la Commission 
royale d'histoire (5® série, tome IX, S** Bulletin, 1899), 
M. Arnold Fayen publie la liste des cartulaires con- 
cernant la Belgique, conservés à la Bibliothèque du 
musée historique à Londres ; on y remarque : 

Ms. addit. 17321. Registre du Bailliage de Tournai, 
1551-1570. 

MM. de la Grange, Houtart et d'Espierres s'excu- 
sent de ne pouvoir assister à la réunion. 

La Société héraldique et généalogique « de Neder- 
landsche Leuw, ^ de la Haye, demande l'échange de 
ses publications avec les nôtres, ce qui est accepté. 

M . Soil rend compte de laccueil fait à la pétition 
de la Société par l'administration communale pour 
obtenir que des primes soient allouées aux personnes 
qui restaureront leurs anciennes maisons dans le style 
primitif. Toute la presse locale s'est montrée favorable 
à cette mesure et l'administration communale examine 
les moyens de la mettre en pratique. 



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— 501 — 

Le môme membre fait part du décès de M. Jules 
Wacquez, ancien membre titulaire, et secrétaire pen- 
dant 18 ans, de 1858 à 1876. En 1881, il demanda à 
passer au nombre des membres honoraires, mais il 
témoigna à plusieurs reprises de l'intérêt qu'il ne 
cessait de prendre aux travaux de la Société. A la 
prière de la compagnie, M. Soil accepte d'écrire pour 
nos Annales une notice nécrologique du défunt. 

M. le trésorier rend compte de la gestion pour 
l'année 1899. Elle est approuvée. 

11 est procédé au vote sur la présentation de M. le 
docteur Fernand Desmons, comme membre titulaire. 
11 est élu en cette qualité. 

M. Soil entretient l'assemblée du voyage qu'il a fait 
à Constantinople en septembre dernier, et en particu- 
lier des monuments bysantins et des principaux monu- 
ments élevés par les Turcs dans cette ville depuis la 
conquête de 1453, tels que mosquées, turbés, fontaines 
et palais. 11 fait circuler sous les yeux de la Compa- 
gnie l'importante série de photographies qu'il a faites 
et achetées au cours de ce voyage, et dépose le manus- 
crit de la communication qu'il vient de faire. 



Séance du 8 Février 1900. 

M. LE CoMTu DE Nédonchel, président. 
M. Eugène Soil, seo^élaire . 

Le procès-verbal de la séance de janvier est lu et 
adopté. 



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— 502 — 

Le même membre dépose les ouvrages reçus pour la 
Société depuis la dernière réunion. 

1. Académie rovalc de Belgique. Bulletin de la classe des 
lettres. 1899, n" 12. 

2. Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 4® série, 
tome 13, n« 11. 

M. le secrétaire donne lecture d'une circulaire rela- 
tive À une Exposition des ancienues Gildes et colora- 
tions, organisée à Liège pour le mois de mai prochain. 
Plusieurs membres signalent des drapeaux, colliers ei 
objets divers ayant appartenu à d'anciennes sociétés 
de tir à i arc. 

M. Desmons remercie la Société qui Ta admis au 
nombre de ses membres titulaires. 11 signale deux 
monuments situés dans des communes voisines, et 
dont l'existence est menacée : l'église d'Ère et l'ancienne 
Halle (hôtel de ville) d'Antoing. 

M . Soil rappelle les démarches faites par la Société 
pour la conservation des Tours Marvis. L'administra- 
tion communale a demandé au Domaine la cession du 
terrain où elles le trouvent, mais l'afiaire entamée 
depuis longtemps, n'a pas encore reçu de solution. Une 
nouvelle demande à laquelle il n'a pas encore été 
répondu a été adressé à M. le Ministre des finances, 
le 25 janvier dernier. 

Le même membre donne lecture de la Notice bio- 
graphique sur Jules Wacquez. On en vote l'impression 
avec un portrait du défunt. 



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— 503 — 



Séance du 8 Mars 1900. 

M. LE CoMTB DE NÉDONCHEL, président. 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance de février est lu et 
adopté. 

M. le secrétaire signale les ouvrages reçus pour la 
Société depuis la dernière réunion. 

1. Société d'émulation d'Abbeville. Bulletin, 1898. et 1899, 
n*>s 1 et 2. 

2. Id. Mémoires, 4*^ série, tome IV, P® partie. 

3. Id. id. in-4**, tome I (tables), tome III. 

4. Mémoires de la Société académique de Saint-Quentin, 
4® série, tome 2. 

5. Mémoires de la Société d'émulation de Roubaix, 3® série, 
tome 5. 

6. Société des Antiquaires de Picardie. Album archéologique, 
13® fascicule. 

7. Fouilles archéologiques de l'abbaye de Saint-Maur de 
Glanfeuil, par le P. C. de la Croix. Hommage de l'auteur, à qui 
des remerciements sont votés. 

M. le secrétaire dépose un article paru dans le 
n** de février dernier des Archives belges, d'où il 
résulte que les Archives de TEvêché de Tournai con- 
servées jusqu'ici aux Archives du Royaume à Bruxelles, 
viennent d'être transférées au dépôt de Mons. Cette 
collection très importante par le nombre et la valeur 
des pièces qui la composent, compte 1.950 numéros 
répartis en 57 divisions, et embrasse cinq siècles, à 
partir du 13® siècle. 



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— 504 — 

MM. Houtart et du Chastel s'excusent de ne pouvoir 
assister à la séance. 

M. le secrétaire dépose le tome IV des Annales, 
qui vient de paraître. 

M. le président fait part à la compagnie de la mort 
d'un de nos membres titulaires les plus actifs, le Baron 
A maury de la Grange qui depuis 20 ans a pris une si 
large part aux travaux de la Société et dont la dispa- 
rition causera d'unanimes regrets. On prie M. Soil 
d'écrire sa notice biographique, qui sera insérée dans 
nos Annales, avec un portrait. 

M. Hocquet entretient l'assemblée des renseigne- 
ments qu il a recueillis au sujet de la conservation des 
tours Marvis et d'où il résulte que ces restes intéres- 
sants de nos remparts sont fortement menacés de des- 
truction parle génie militaire. MM. de Formanoir et 
Soil exposent les démarches qu'ils ont faites pour 
obtenir leur conservation. L'affaire n'ayant point encore 
reçu de solution, on décide de continuer et de renou- 
veler ces démarches. 

M. Soil fait circuler sous les yeux de ses collègues 
les dessins qui ont été exécutés en vertu d'une décision 
antérieure pour servir à illustrer son Histoire de 
V Habitation à Towmai. M. le trésorier est autorisé à 
en payer le coût, soit 210 francs, au dessinateur. 

Le même membre ayant conservé la parole, rapporte 
une découverte de poteries romaines, provenant de 
sépultures à incinération, faite le 7 mars, à la rue 
Saint-Brice, en face de la maison n"* 18 et dans l'axe 
de la rue Clercamps. 11 décrit les vases qui y ont été 
trouvés et dont plusieurs présentent un intérêt parti- 
culier à raison des inscriptions qu'on y a tracées. Ces 



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— 505 — 

objets ont été acquis (du moins la plupart) pour le 
musée d'antiquités. 

On décide l'impression de cette communication avec 
une planche. 



Séance du lo Mai 1900. 

M. LE Comte de Nédonchbl, président. 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès- verbal de la séance de mars est lu et 
adopté. 

M. le secrétaire dépose les ouvrages qu'il a reçus 
pour la Société depuis la dernière séance. 

1. Compte-rendu des séances de la Commission royale d'his- 
toire, tome 69, P*' bulletin. 

2. Annales de la Société archéologique de Namur, tome 24, 
\^ livr. 

3. Bulletin du Cercle archéologique de Malines, tome 9. 

4. Annales de T Académie royale d'archéologie, 5^ série, 
tome 2, 3« livr. 

5. Bulletin, id., 5** série, n** viu. 

6. Cercle hutois des sciences et beaux-ai*ts. Annales, tome 12, 
4« livr. 

Il est donné lecture de la correspondance. 

M. Sonneville annonce qu'il est chargé de restaurer 
la façade du Café des Brasseurs, ancienne grange 
des dîmes de l'abbaye Saint-Martin, propriété de 
M. Bourgois, brasseur, qui veut bien faire la dépense 
d'une restauration complète et rigoureusement archéo- 
logique. 



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— 506 — 

M . le Comte du Chastel lit un travail sur Vofngine 
de la famille connue depuis 1660 jusqu'à son extinction 
en 1837, sous le nom de Mortagne-Landas. On en vote 
l'impression. 

M. Soil rend compte du Congrès international 
d'archéologie chrétienne, tenu à Rome, au mois d'avril 
dernier, où il a représenté la Société. Sur la demande 
qui lui est faite de rédiger pour nos Annales une 
étude sur les antiquités chrétiennes de cette ville, il 
accepte de la faire et oflGre de fondre ce travail avec 
celui qu'il a déjà présenté sur Constantinople, l'étude 
simultanée de Rome et de Bysance et des styles d'archi- 
tecture en vigueur dans ces deux capitales du monde 
romain pouvant donner lieu à des rapprochements fort 
intéressants. 

On accepte sa proposition, et le rapport sur le Con- 
grès, ainsi que cette nouvelle étude, seront imprimés 
dans nos Annales. 



Séance du 14 Juin 1900. 

M. LE Comte du Chastel occupe le fauteuil. 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance de mai estlu et adopté. 
Après quoi il est donné lecture de la liste des publica- 
tions adressées à la Société depuis la dernière réunion. 

1. Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de Gand, 
8« année, n°« 1 à 3. 

2. Annales de la même Société, tome 3, fasc. 2. 

3. Inventaire archéologique de Gand, fasc. 15, 16, 17. 



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— 507 — 

4. Bulletin de la Société verviétoise d'ai^chéologie. Tome I, 
p. 161— la fin. Tome II, p. 1-128. 

5. Bibliographie Verviétoise, p. 1 à 144. 

G. Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, tome 28. 

7. Documents et rapports de la Société de Charleroi, tome 24. 

8. Mémoires archéologiques, par D. A. Van Bastelaer, tome 7. 
(Envoi du gouvernement) . 

M. le secrétaire signale dans plusieurs publications 
étrangères, des articles intéressant Tournai : 

I. Dans les tomes 28 et 29 des Annales du Cercle 
archéologique de Mons, les articles suivants relatifs à 
des localités faisant partie de notre arrondissement 
judiciaire. 

Tome 28. P. 1 et 109. Monographie des communes 
d'Ogy et de Ghoy, par M. Théod. Lesneucq. 

P. 73. Contribution à la carte archéologique du 
Hainaut (Quevau camps , Stambruges , Grandglise , 
Harchies), par E. Haubourdin et E. Hublard. 

P. 257 et 372. Aperçu des collections du dépôt des 
Archives de l'Etat à Mons, par M. Devillers. (On sait 
qu'une notable partie des Archives tournaisiennes y a 
été transférée). 

Tome 29. P. 249. Le Pottelberg du village de 
Flobecq, par J. Pourcelet-Liénard. 

P. 421. Transaction pour homicide par imprudence 
à Quevau camps au 17® siècle, par A. Gosselin. 

II. Dans le dernier ouvrage publié par M. Quarré- 
Reybourbon, intitulé : Trois recueils de portraits aux 
crayons ou à la plume (Lille, Danel, 1900), conservés 
à la Bibliothèque d'Arras, à celles de Binixelles et de 
Lille, on trouve reproduits les portraits de quelques 
personnages appartenant au Tournaisis : Gilbert de 
Lannoy et Catherine de Molembaix, sa femme ; Guil- 
laume Fillastre, évéque de Tournai ; Gilbert d'Oignies, 



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— 508 — 

aussi évêque de Tournai; Roger Van der Weyden, 
ou de le Pasture; de plus, cet ouvrage mentionne 
d'autres tournaisiens dont les portraits figurent dans 
les trois recueils décrits, mais ne sont pas reproduits 
dans la notice de M. Quarré, savoir : Pierre Warbeck 
(le faux duc d'York), de nombreux membres des familles 
de Lannoy, de Ville, de Ligne, de Croy; le cardinal 
Wolsey, qui fiit évêque de Tournai, etc. 

III. Dans le tome 69, 2** Bulletin du compte-rendu 
des séances de la Commission royale d'histoire, sous 
le titre : La chronique des Pays-Bas, de France, 
d'Angleterre et de Tournai, M. Fris donne 1° Une 
chronique de Tournai, 2*" Une chronique de la lutte de 
Tournai contre les Anglais. 

Correspondance. M. le Directeur de la Société fran- 
çaise d'archéologie invite nos membres à assister au 
Congrès archéologique de Chartres qui aura lieu le 
27 courant. M. Soil est délégué pour y représenter la 
Société. 

Le Bureau de la même Société fait part de la mort 
inopinée de son directeur le Comte Arthur de Marsy, 
survenue à Compiègne le 29 mai. 

M. Soil ajoute qu'informé du décès, il a assisté aux 
funérailles du Comte de Marsy, où il a représenté plu- 
sieurs Sociétés belges, en même temps que la nôtre, 
et il ajoute qu'il a eu l'honneur de tenir un des cordons 
du poêle. Il communique plusieurs articles nécrologi- 
ques publiés sur le regretté défunt, très connu et très 
apprécié en Belgique, où il assistait à tous nos congrès 
archéologiques et aux réunions solennelles de la plu- 
part de nos Sociétés. 

On décide de commencer l'impression du tome V 



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— 509 — 

des Annales qui comprendra les procès-verbaux des 
séances depuis le 12 janvier 1899 jusqu'à la fin de 
cette année 1900, et les travaux qui y ont été lus. 

M. le secrétaire annonce qu'il a reçu du Baron 
de la Grange les manuscrits délaissés par notre ancien 
confrère, M. Amaury de la Grange. Il fait un premier 
triage, éliminant ceux qui ont déjà été publiés, et la 
liste des autres sera donnée à la prochaine réunion. 
11 communique trois de ces manuscrits dont il donne 
lecture et dont on vote l'impression, savoir : La fête du 
SaintrSacrement à Sainte-Catherine. — Discours sur 
les imperfections du château de Tournai. — Les Ban- 
nerets français à la bataille de Roosebecq, 1382. 



Séance du i2 Juillet 1900. 

M. LE CoMTB DE Nédonchel, président. 
M. Eugène Soil, secrétaù^e. 

Après adoption du procès-verbal de juin, M. le 
secrétaire dépose les ouvrages qu'il a reçus pour la 
Société. 

1. Académie royale de Belgique. Bulletin de la classe des 
lettres. 1900, n<>« 1 à 5. 

2. Bulletin de TAcadémie royale de médecine, iv® série, 
tome XIV, n«8 1 à 5. 

3. Revue belge de numismatique. 1900, livr. 2 et 3. 

4. Société royale belge de géographie. Bulletin, 1900, 
n«« 1 à 2. 

5. Annales du Cercle archéologique de Mons. Tomes 28 (1898) 
et 29 (1900). 

6. Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles, tome 14, 
livr. 1 et 2. — Annuaire pour 1900. 

ANNALES. V. 33 



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— 510 — 

7. Analecta BoUandiana, tome 18, fasc. 2. 

8. Algemeen nederlands en familieblad. 13® année, n*^ 1,2, 
3, 4, 5, 6 et 7. 

9. Revue bénédictine, juillet 1900. 

M. d'Aumerie fait hommage du volume ci-après : 
Notes historiques et généalogiques sur la commune 
d'Aymeries et la famille dCAymeries dite dCAumerie, 
publiées par le Comte du Chastel de la Howardrie- 
Neuvireuil. 

Au début de la séance, M. le président félicite 
M. Eugène Soil qui vient d'être nommé chevalier de 
Tordre de Léopold, en qualité d'archéologue. 

M. Soil remercie et fait remarquer que sa carrière 
d'archéologue comprend une période d'à peu près 
25 ans, passée dans la Société qui a édité ses princi- 
paux travaux, et comme secrétaire de celle-ci. 

M. Hocquet communique une étude sur un manus- 
crit du 16® siècle relatant la capitulation de Tournai 
en 1513 et la domination anglaise en cette ville de 
1513 à 1518. On en vote l'impression. 

Le même membre annonce qu'il procède à un nou- 
veau classement de la bibliothèque de Ja Société. Il 
est autorisé à payer une gratification de 20 francs au 
concierge des Archives, par qui il s'est fait aider 
dans cette besogne. 

11 est donné lecture de plusieurs manuscrits délais- 
sés par notre ancien confrère, le Baron Amaury 
de la Grange, et dont l'impression est ordonnée. Ce 
sont : Anciens contrats d'apprentissage tournaisiens : 
Favarkerie, tissage, tissage de drap, coutellerie, façon 
de fourrure, corroierie, teinturerie; — Cérémonial 
du renouvellement de la loi; — une collection de 
tableaux et de curiosités au W siècle. 



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— 511 — 



Séance extraordinaire du 13 Août 1900. 

M. LE Comte de Nédonchel, président. 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance de juillet est lu et 
adopté. 

M. Soil expose l'objet de la réunion : protestation 
contre le projet de construire la nouvelle poste aux 
lettres contre la cathédrale et pétition pour obtenir le 
dégagement et la restauration de ce monument. 

Il donne lecture d'un projet de pétition qui est 
adopté à l'unanimité. 

On décide de l'adresser à MM. les ministres de la 
Justice, des Beaux-Arts, des Chemins de fer, postes et 
télégraphes ; à l'Administration communale de Tour- 
nai; à Monseigneur l'Evêque; au Chapitre de la 
cathédrale; à la Commission royale des monuments. 

Elle sera encore communiquée à Messieurs les 
sénateurs, représentants, conseillers provinciaux et 
communaux, — aux journaux, — aux sociétés savan- 
tes avec lesquelles notre Société est en relation ; aux 
sociétés d'architecture et de beaux arts, avec prière 
d'appuyer notre requête auprès des diverses autorités 
compétentes. 

Tournai, le 14 août 1900. 

Monsieur le Ministre, 

La Cathédrale de Tournai vénérable par son anti- 
quité, les souvenirs historiques quelle évoque et sa 
haute valeur artistique, est à coup sûr le plus consi- 



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— 512 — 

dérable et le plus curieux monument religieux de 
notre pays, et l'un des plus importants et des plus 
remarquables monuments antiques, de l'Europe. 

Sa valeur intrinsèque, l'intérêt qu'elle inspire à 
l'archéologue, à l'artiste, à l'historien, et l'impression 
profonde qu'elle produit sur tous ceux dont le cœur 
est ouvert au sentiment du beau, sont assez connus, 
assez universellement appréciés, pour qu'il ne soit pas 
nécessaire de les rappeler et de les détailler ici. 

Une première restauration entreprise en 1840, a 
restitué à l'intérieur de l'édifice une partie de sa beauté 
primitive; une nouvelle restauration commencée il y 
a cinq ans, aura bientôt rendu à l'extérieur du monu- 
ment et en particulier aux cinq clochers, la pureté de 
leurs lignes et la richesse de leur ornementation. 

La population tournaisienne professe pour ce glo- 
rieux monument qui caractérise la vieille cité, un 
culte enthousiaste, et suit avec émotion les phases de 
sa restauration ; l'intérêt que lui porte le monde des 
arts, sans distinction d'écoles ni de nationalités, n'est 
pas moins vif et s'est manifesté en maintes occasions. 

Mais à mesure que la vieille basilique réapparaît 
plus brillante et plus radieuse dans son austère beauté, 
on se prend à regretter de la voir entourée presque de 
toutes parts, défigurée et masquée sur plusieurs points, 
par des constructions parasites qui se sont attachées 
à ses flancs. 

On souhaite de voir dégager son admirable chevet 
gothique et la nef romane, du côté nord, que borde 
aujourd'hui la chapelle-paroisse de Notre-Dame; 
depuis longtemps ce vœu est celui de tous les amis 
des arts, de tous les hommes de goût qui sentent et 
admirent la beauté de la basilique tournaisienne. 

On se dit qu'en ce moment, les circonstances permet- 



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— 513 — 

traient de réaliser assez facilement cette merveille que 
présenterait l'admirable monument, si on le voyait 
tout entier, sur Tune de ses faces latérales : nef 
romane pleine d'élégance et de caractère, portail laté- 
ral tout couvert de sculptures du 12® siècle, admirable 
transept en hémicycle, chef-d'œuvre de Tarchitecture 
romane, chœur et chevet du plus pur style gothique, 
le tout dominé par le splendide faisceau des cinq 
clochers, uniques au monde, et qui se dressent vers le 
ciel dans un superbe élan de foi et d'art! 

La démolition des maisons qui formaient l'angle de 
la rue du Curé-Notre-Dame et de la place des Acacias 
ayant fait apparaître la façade de la nef, a permis 
d'apprécier l'aspect magnifique qu'offrirait la Cathé- 
drale si elle était entièrement dégagée depuis l'extré- 
mité de la nef jusqu'au chevet du chœur, du côté de 
la place des Acacias, le seul où ce travail pourrait 
raisonnablement se faire et sans entraîner une dépense 
trop considérable. 

Notre Société historique et archéologique a toujours 
témoigné trop d'intérêt à nos monuments et surtout à 
notre insigne basilique, pour qu'elle ne s'empresse pas 
d'attirer votre attention. Monsieur le Ministre, sur la 
nécessité d'entreprendre le dégagement et la restaura- 
tion complète de ce merveilleux monument, ainsi que 
sur l'opportunité qu'il y aurait de s'en occuper 
actuellement. 

Elle proteste, avant tout, contre le projet qui a été 
présenté, d'élever sur le terrain aujourd'hui déblayé, 
en face de la basse nef du côté nord, les constructions 
nouvelles de la future Poste aux lettres. Quelle que 
puisse être, en effet, la valeur intrinsèque de ce bâti- 
ment, il aura toujours le défaut absolu de masquer en 
tout ou en partie la dite nef, et de créer un obstacle 



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— 514 — 

insurmontable au dégagement actuel ou futur de cette 
partie de la Cathédrale. 

Les terrains ne manquent pas pour l'établir ailleurs 
dans d'excellentes conditions, mais l'ériger en face de 
la Cathédrale qu'elle masquera, dresser sa tour aux 
fils téléphoniques en opposition, en quelque sorte, 
avec les cinq clochers, serait un véritable crime, un 
défi au sens artistique, d'autant plus blâmable que 
partout ailleurs, en ce moment, les pouvoirs publics, 
telle la ville de Gand, font les sacrifices les plus con- 
sidérables pour isoler et restaurer leurs monuments. 

Nous savons que notre population par l'organe de 
ses magistrats, des diverses administrations intéres- 
sées, des comités qui se forment pour la défense de 
notre Cathédrale menacée, de la presse locale toute 
entière, proteste contre le projet de construire la Poste 
contre la Cathédrale, et réclame au contraire le déga- 
gement du monument. Nous sommes convaincus que 
tous les corps savants du pays, les académies d'archéo- 
logie, les sociétés d'architectes, les comités artistiques, 
joindront leur voix à la nôtre dans le môme but. 

C'est pourquoi nous osons espérier que, prenant notre 
requête en considération, vous voudrez bien accueillir 
notre protestation contre la construction de la nouvelle 
Poste aux lettres sur l'emplacement projeté, en face 
ou contre la Cathédrale, et, au contraire, vous voudrez 
contribuer par votre haute intervention à réaliser le 
vœu que nous vous adressons pour le dégagement et 
la restauration de notre admirable Cathédrale. 

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression 
de notre haute considération. 

Le Secrétaire, Le Président, 

E. J. SOIL. C^ DE NÉDONCHEL. 



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— 515 



Séance du 1 1 Octobre 1900. 

M. LE Comte de Nédonchel, président. 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès- verbal de la séance extraordinaire d'août 
est lu et adopté 

M. le secrétaire dépose les ouvrages qu'il a reçus 
pour la Société depuis la dernière réunion. 

I. Hommages d'auteurs. 

1. Comte Albéric d'Auxy de Launois : A propos d'une prome- 
nade à Havay et à Givry, et du Mercure de la Sablonnière. 

2. R. Serrure : Quelques mots sur les moutons et double 
moutons de Jeanne et Wenceslas. 

3. Clément Lyon : Une crise houillère en Belgique. 

4. — Le célèbre maître de Chapelle du 10® siècle Philippe 
de Monte était-il Malinois ou Montois. 

5. — Origine des Gilles de Binche. 

6. — Simon Philippart [àdiïïsV Educatioyi populaire à\i 15mai*s 
1900). 

7. J. Hubert : Comité provincial de la Commission rojale 
des monuments. Rapports annuels 1898, 1899, 1900. 

8. (Broerman) : Œuvre de l'art pubhc, premier Congrès 
international. Bruxelles 1898. 

II. Echanges. 

1. Société des Antiquaires de Picardie, album archéologique, 
lO fasc. 

2. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie. 1898 et 
1899, V^ trim. 

3. Société des Antiquaires de la Morinie. Bulletin, 190 à 
192Mivr. (1899). 

4. Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France. 
Série in-8°, n« 23 et 24. 



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— 516 — 

5. Mémoires de l'Académie de Stanislas, à Nancy. 5® série, 
tome XVI. 

6. Mémoires de TAcadémie d'Arras. IP série, tome 22. 

7. Les chartes de Saint-Bertin, par Tabbé Bled, tome IV. 

8. Mémoires de la Société académique du département de 
rOise, tome XVII, 2® partie. 

9. Bulletin d'histoire ecclésiastique du diocèse de Valence. 
Année 1899. 

10. La renaissance des études liturgiques, par le chanoine 
U. Chevalier.. 

11. Bulletin de l'Université de Toulouse, fasc. 9 à II. 

12. Université de Toulouse. Annuaire pour 1899-1900. 

13. Id. Thèses pour le doctorat, de MM. Magnol et Boyer. 

M. le secrétaire signale, dans la table des chartes 
de Saint-Bertin, publiées par Ja Société des Antiquai- 
res de la Morinie, Tarticle relatif à Tournai : 3722, 
3724, 4003, 4203. — Abbaye de Saint-Martin, 4315. 
— Bailli, 3473. — Chanoines, chapitre et doyens, 
3342, 4278. — Collège, 4421. — Evêque, 3446. 
3688. — Officiai, 3455, 3456, 3458, 3467, 3467. - 
Parlement, 4574, 4582, 4589, 4596. 

MM. de Formanoir, du Chastel et Sonneville s'excu- 
sent de ne pouvoir assister à la séance. 

M. le secrétaire rend compte de l'exécution qui a 
été donnée à la décision prise à la dernière assemblée, 
de protester contre le projet de construction de la 
nouvelle Poste aux lettres contre la Cathédrale et de 
pétitionner pour obtenir le dégagement et la restaura- 
tion du monument. 

La pétition a été envoyée aux autorités ; elle a été 
communiquée aux Académies et Sociétés savantes du 
royaume ainsi qu'aux principaux jouinaux. La Presse 
s'est montrée unanime pour appuyer les demandes de 
notre Société ; d'abord la presse locale : Courrier de 



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— 517 — 

t Escaut, Economie, Avenir du Tournaisis (ce dernier 
avec certaines réserves) ; puis les principaux journaux 
de Bruxelles et des grandes villes : Indépendance belge, 
Petit bleu y Vingtième Siècle, Courrier de Bruxelles, 
Gazette, Patriote, Petit belge. Fédération artistique, 
Archives belges, Métropole, Bien public, etc. 

Bien que la saison fut peu favorable, à cause des 
vacances, la plupart des sociétés savantes ont appuyé 
notre pétition auprès du gouvernement et de l'admi- 
nistration communale. On peut citer : le Cercle artis- 
tique de Tournai, l'Académie royale de Belgique, 
TAcadémie royale d'archéologie, les Sociétés archéo- 
logiques de Mons, Malines, Verviers, Termonde, etc. 

Notre pétition a été communiquée à la séance du 
Conseil communal du V octobre et renvoyée à l'exa- 
men du Collège échevinal qui fera ultérieurement des 
propositions au Conseil. 

Dans l'entretemps, la librairie Vasseur-Delmée a 
mis en vente des cartes postales illustrées, représen- 
tant notre Cathédrale telle qu'elle sera lorsque le 
dégagement aura été opéré. Ces cartes de propagande 
ont eu beaucoup de succès ; il en a été vendu près de 
sept mille en quelques semaines. 

M. le président rappelle qu'une autre pétition de la 
Société relative à l'allocation de subsides aux proprié- 
taires de façades anciennes qui les répareraient dans le 
style primitif, a fait l'objet d une délibération du Con- 
seil communal du 21 septembre dernier, à l'occasion 
d'une médaille d'or décernée par la ville à M. Bourgois, 
propriétaire du Café des Brasseurs, qui vient de res- 
taurer magnifiquement ce superbe édifice, par les 
soins de notre confrère M. Sonneville. Le vœu de la 
Société n'a pas été exaucé, en ce sens que le Conseil 



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— 518 — 

n'a pas voté le principe de Tallocation de subsides, 
mais on peut croire que la question reviendra en dis- 
cussion et pourra recevoir alors une solution favorable. 

M. Hocquet rappelle à l'assemblée la question des 
Chartes tournaisiennes achetées à Cheltenham par le 
gouvernement, et annonce qu'il fera de nouveaux 
efforts pour qu elles soient attribuées à nos Archives 
communales où leur place est toute indiquée. 

M. Desmons entretient l'assemblée d'un ancien obi- 
tuaire de Saint-Nicaise, et promet d'en faire l'objet 
d'une communication. 



Séance du 8 Novembre 1900. 

M. LE Comte de Nédonchel, président, 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès- verbal de la séance d'octobre est lu et 
adopté. 

M. le secrétaire dépose les ouvrages reçus pour la 
Société depuis la dernière réunion. 

1. Commission royale d'histoire. Relations politiques des 
Pajs-Bays. Tomo XI, F^ pai-tie, par M. Gillodts-Van Severen. 

2. Id. Nouvelles chartes inédites de l'abbaye d'Orval, par 
A. Delescluse et K. Hanquet. 

3. Mémoires de l'Académie de Stanislas, de Nancy. 5*^ série, 
tome 17. 

4. Annuaire-bulletin de la Société de l'Histoire de France. 
Année 1899. 

5. Congrès archéologique de France. — Clenuent-Ferrand, 
1895. 

6. Id. Morlaix et Brest. 1896. 



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— 519 — 

7. Id. Nimes. 1897. 

8. Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts, 
centrale du Département du Nord, à Douai. 3** série, tomes VI 
et VIL 

9. Même Société. Fêtes du centenaire. Catalogue de l'expo- 
sition. 

M. le président fait part de la mort de M. Théodore 
Leuridan, de Roubaix, membre correspondant. Il a 
collaboré à nos publications par une notice sur le 
château de la Roy ère à Néchin (Bulletins, t. XX, 
p. 343); Néchin, son histoire féodale (Bulletins, 
t. XXV, p. 69); Yavouerie de Tournai (Annales, 
t. IV, p 231), et il y a peu de temps, il nous adres- 
sait le manuscrit d'un nouveau travail : Templeuve- 
leZ'Dossemery son histoire féodale. 

Sur la demande des éditeurs de la Revue Wallonia, 
on décide de faire un échange de publications avec elle. 

M. Soil fait part de la création d'une association 
nouvelle, en vue de poursuivre le dégagement de la 
Cathédrale, et dont l'action sera parallèle à celle de 
la Société. Il est heureux de pouvoir annoncer un 
premier résultat, que les eflforts précédents de la 
Société ont l)ien certainement contribué à atteindre, 
et qui a été notifié à l'association : c'est que M . le 
Ministre des chemins de fer renonce à élever les 
bâtiments de la nouvelle Poste aux lettres contre la 
Cathédrale. Dès ce moment, le dégagement du monu- 
ment est devenu possible et la nouvelle association 
s'efforcera d'obtenir qu'il soit effectivement et prochai- 
nement exécuté. 

M. Hocquet est autorisé à faire exécuter deux plan- 
ches pour son travail sur la domination anglaise à 
Towmai. 



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— 520 — 

M. Soil est aussi autorisé à faire graver huit plan- 
ches pour son étude Kome et Bysance; il annonce 
qu'il a obtenu en prêt un certain nombre de clichés et 
qu'il pourra en procurer d'autres à prix réduit, ce qui 
permettra de donner à ce travail une copieuse illustra- 
tion saus trop grever les finances de la Société. 



Séance du 13 Décembre 1900. 

M. LE Comte ub Nédonchel, p7*ésident. 
M. Eugène Soil, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance de novembre est lu et 
adopté. 

M. le secrétaire dépose les publications reçues pour 
la Société. 

1. Académie royale de Belgique. Bulletin de la classe des 
Lettres. 1900, n«» 6 à 12. 

2. Bulletin de l'Académie royale de médecine. IV® série, 
tome 14, n«s 8-12. 

3. Mémoires couronnés. In-8^, tome XV, 6® fasc. 

4. Compte-rendu des séances de la Commission royale d'his- 
toire. 5® série, tome X, 2-4. Bulletin. 

5. Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie. 
39® année, n^ 1 à 12. 

6. Wallonia. Année 1900, et table des 5 premiers volumes. 

7. Biographie nationale, tome 16, l®*" fasc. 

8. Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, tome XIX, 
r® et 2® livr. 

9. Cercle archéologique de Malines. Bulletin, tome X. 

10. Institut archéologique du Luxembourg. Annales, tome 35. 

11. 0ns Hémecht (Luxembourg). 1900. 



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— 521 — 

M. Soîl fait hommage d'un travail intitulé Constan- 
tinopley notes archéologiqtteSy qu'il vient de publier 
dans les Annales de TAcadémie royale d'archéologie 
de Belgique. 

Il est donné lecture de la correspondance. 

M. le Ministre des chemins de fer informe la Société 
que, comme suite à la circulaire qu'elle lui a adressé 
le 14 août, il renonce à construire le nouvel hôtel des 
postes et télégraphes, à l'angle de la rue du Curé- 
Notre-Damê et de la place des Acacias, contre la 
Cathédrale. C'est un premier succès obtenu par notre 
Société, qui pourra poursuivre avec chance de succès 
le deuxième objet de sa pétition, le dégagement de la 
basilique. 

Le Bureau du Congrès archéologique d'Arlon prie 
la Société de nommer des délégués à une réunion qui 
aura lieu le 16 courant, en vue de délibérer sur la 
décision prise au congrès d'Arlon, de créer un bureau 
et un comité permanent à la tête de la fédération, et 
de fixer le lieu du prochain Congrès. M. Soil est 
désigné en qualité de délégué. 

M. F. Duriez ofire à la Société un manuscrit inti- 
tulé Marceline et Albertine. On décide son dépôt dans 
les Archives. 

Le journal La Verveine y littéraire et artistique, 
publié à Mons, demande l'échange avec nos publica- 
tions. Accepté. 

M. le Comte de Nédonchel fait une communication 
sur les monnaies frappées par Henri VIII ^ roi (ï Angle- 
terre à Tournai, de 1513 à 1519; et M. Soil lit une 



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— 522 — 

notice sur le cimetière romain découvert en 1821, sous 
la graruïpUice à Tournai. 

On vote l'impression de ces deux communications, 
la première avec une planche. 



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— 523 — 



Table Méthodique. 



Sur la politique des rois de France à Tournai au 
début du XV^ siècle, par M. A. de la Grange. 5 

Les de la Hamaide liégeois, namurois, ardennais 
et luxembourgeois, par le comte P. du Chastel 
de la Howarderie 34 

Jules Wacquez, noticebiographique,par M. E.-J. 
Soil 72 

Mathieu Grenet et son manuscrit de la bibliothè- 
que de Lyon, par M. A. de la Grange ... 79 

Sépulture romaine renfermant des Poteries à 
inscriptions, rue Saint-Brice à Tournai, par 
M. E.-J. Soil 91 

Limites de l'ancien cloître de la cathédrale . 98 

La fête du Saint-Sacrement, à Sainte-Catherine . 102 

Notes sur quelques anciens droits seigneuriaux . 107 

Les Bannerets français à la bataille de Rosebecq 
(1382) • 115 

Discours sur les imperfections du chasteau de 
Tournay, par M. A. de la Grange . . . .122 

Le baron Amaury de la Grange, par M. E.-J. Soil. 126 

Les Despars à Tournai de 1380 à 1486 ... 138 



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— 524 — 

Origine de la famille connue depuis 1660, 
jusqu'à son extinction en 1837, sous le nom de 
Mortagne-Landas, par le comte P. du Chastel 
de la Howarderie 155 

Anciens contrats tournaisiens d'apprentissage — 
favarkerie — tissage — tissage de drap — 
coutellerie — façon de fourrure — corroyerie 
— teinturerie 185 

Cérémonial du renouvellement de la loi . . .201 

Une collection de tableaux et de curiosités au 
XVIP siècle, par M. A. de la Grange . . . 208 

Rome et Bysance, notes d'archéologie latine et 
Bysantine, par M. E.-J. Soil 212 

Tournai et l'occupation anglaise (1513-1519), par 
M. Adolphe Hocquet 302 

Monnaies frappées pendant l'occupation de Tour- 
nai par Henri VIII roi d'Angleterre (1513- 
1519), par le comte G. de Nédonchel . . . 466 

Cimetière romain découvert en 1821 sous la 
Grand'Place de Tournai, par M. E.-J. Soil . 470 

Procès-verbaux des séances de 1899 et 1900. . 475 



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— 525 



Table Alphabétique. 



A 

Almanach tournaisien 483 

Anciennes maisons 497 

Anglais à Tournai 302, 508 

Anglaise (occupation) 302 

Antiquités romaines 91, 470, 504 

Apprentissage (contrats d') 185 

Arabe (aii;) * . . . . 212 

Archéologie monimientale latine et bysantine . . . .212 

Archives tournaisien nés à Mons 507 

Archives de Tévêché de Tournai 503 

Archives 485, 492, 503, 507 

Arlon (Congrès archéologique) 491 

Art arabe 212 

Art bysantin 212 

Art latin 212 

Art turc 212 

Association pour le dégagement de la cathédi*ale . . . 519 
Ath. Bibliothèque communale 489 

B 

Bailliage de Tournai 500 

Bannerets finançais à Roosebecq 115 

Bataille de Roosebecq 115 

Bateliers de Toiirnai 485 

Bibliothèque de la Société 510 

Bourgeoisie (Droit de) 483 

Bureau de la Société . . . _ 470 

ANNALKs. y. 34 



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— 526 — 

Bysance 212 

Bysantin (art) 212 



Café des Brasseui^s 505 

Carte archéologique du Hainaut 507 

Cathédrale de Tournai 98, 510, 516, 519, 521 

Catherine (Eglise Sainte) 102 

Chartes de saint Bertin relatives à Tournai 516 

Chartes (voir Cheltenham) . 

Château de Tournai 122 

Cheltenham (archives de) 486, 491, 518 

Chroniques de Tournai 508 

Cimetières romains 91, 470 

Cloître de la cathédrale 98 

Collection de tableaux et de curiosités . 208 

Collectionneurs tournaisiens 208 

Comptes du trésorier 476, 487 

Congrès archéologique de Màcon 483 

n >» de Chartres 508 

d'Arlon 491, 496, 521 

n n des catholiques du Noi'd, à Lille . 496 

*» »» de Rome 506 

Constantinople 212, 493, 501 

Contrats d'apprentissage 185 

Corroyerie (contrat d'apprentissage) 198 

Coutellerie . id. 191, 193, 195 

Couvents tournaisiens 500 

Crise houillère en Belgique 485 



Dégagement de la cathédrale 511, 516, 519, 521 

de la Grange A., membre titulah'e, 5, 79, 98, 102, 107, 

115,122, 185,201,208, 509 
" son décès, notice biographique . . 126, 504 

de la Fosse André 483 

de la Hamaide 34 

de Marey (le comte), son décès 508 



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— 527 — 

de Mortagne-Landas 155 

de Nédonchel (le comte), président . . . . 466,479,521 
Desmons F., membre titulaire . , 483, 489, 498, 501, 502 

Despars 138 

Discours sur les imperfections du chasteau de Tournai. . 122 

Domination anglaise à Tournai 302 

Droits seigneuriaux 107 

du Chastel de la Howarderie (le comte), membre titulaire, 

34, 138, 155 
Duriez F. Communications . . . 489, 492, 495, 493, 521 



E 

Eglise Sainte-Catherine 102 

Evéché (façade) 484, 486 

»» (archives) 503 

Evêques de Tournai 482 



P 

Façades de maisons anciennes 491 

Favarkerie (contrat d'apprentissage) 186 

Fédération archéologique 478 

Fête du Saint-Sacrement 102 

Flobecq . 507 

Fourrure (contrat d'apprentissage) 197 



Gallait Louis, peintre 493 

Ghoy 507 

Gildes et corporations 502 

Gilde Saint-Luc 476 

Gouverneurs de Tournai 122 

Grange des dîmes de Saint-Martin 505 

Grenet Mathieu 79 



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— 528 — 



H 



Habitations anciennes (restauration) . . . 497, 500, 517 

Habitation (ï) à Tournai 491, 504 

Haniaide (de la) 34 

Henry VIII d'Angleterre à Tournai 302 

Histoire de Tournai 498 

Histoire de l'habitation privée à Toui'nai .... 491 , 504 
Hocquet Ad., membre titulaire . 302, 485, 491, 493, 497, 510 
Houtart M., membre titulaire 483, 487 

I 

Inscriptions sm* des poteries romaines 91 

Inscription funéraire romaine 505 

L. 

Landas (Mortagne-Landas) . 155 

Latin (ai^t) 212 

Liagre Edouard (le P.) 488 

Loi (registres de la) 487 

Loi (renouvellement de la) 201 

Lyon (manuscrit de la bibliothèque de) 79 

Lyon Clément. Communications 482, 485 

M 

Màcon. Congi'ès ai*chéologique 483 

Magistrats tournaisiens 201 

Main vâult J., écrivain tournaisien 479 

Maisons anciennes à Tournai 491, 497, 500, 517 

Manuscrit tournaisien à la bibliothèque de Lyon. ... 79 

Manuscrits de Cheltenham 486, 518 

Marvis (Tours) 504 

Matthieu Ernest, communication 483 

Métiers (contrats d'apprentissage) 185 

Monnaies anglaises frappées à Tournai 466 



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— 529 — 

Monuments de Tournai 476 

Mortagne-Landas (de) 155 

N 

Numismatique tournaisienne 466, 521 



Obituaires tournaisiens .... 500 

Occupation anglaise à Tournai 302 

Ogy 507 



Pasture (de le) Roger, peintre 476 

Pétition pour le dégagement de la Cathédrale . . 511, 516 

Philippart Simon, financier 515 

Politique des rois de France à Tournai 5 

Pont des Trous 484 

Portraits de tournaisiens 507 

Poste aux lettres (nouvelle) 510 

Poteries romaines à inscriptions 91 , 505 

Procès- Verbaux des Séances 475 

Protestation contre remplacement choisi pom* la nouvelle 

poste aux lettres 511, 516 

Q 

Quevaucamps 507 



Remparts anciens 496, 504 

Renouvellement de la loi . . . 201 

Restauration des maisons anciennes . . 492, 497, 498, 500 

Roger de le Pasture, peintre 476 

Rome et Bysance 212, 506, 520 

Romaine (époque) 91, 470, 504 

Roosebecq (Bataille de) 115 



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— 530 — 

S 

Sacrement (Saint) fête, à Sainte-Catherine 102 

Séances. Procès-Verbaux 475 

Sépultures romaines rue Saint-Brice 91 

GrandTlace 470 

Soil Eugène, membre titulaire . 72, 91, 120, 212, 470, 

483, 484, 487, 490, 493, .501, 508, 510, 519 

Sonneville C, membre titulaire 484, 486, 505 

Styles latin et bysantin 212 

T 

Table générale des Bulletins et Mémoires. . . . 483, 489 

Teinturerie. Contrat d'apprentissage 199 

Tissage. - - 188, 189 

Tout Henri VHI 484 

TourMarvis 496,502,504 

Turc (art) 212 

V 

Van der Weyden (voir de le Pasture) 

Wacquez Jules (notice biographique) 501 



Tournai, typ. Cattennan. 901 



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