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Full text of "Annales, de la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy"

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BEQUEST 
UNIVERSITY orMICHlGAN) 

4 GENERAL LIB RM V _i 



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ANNALES 



DE LA 



SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE 



DU PUY 



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ANNALES 



DE LA 



SOCIÉTÉ: D'AGRICULTURE 



SCIENCES, ARTS ET COMMERCE 



DU PUY 



TOME XXXI — 1870-1871 



LE PUY 

M. -p. MARCHESSOU, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ 
Boulevard Saint-Laurpul , -ÏA 



MDCCGLIXIV 



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La Société n*entend ni garantir les faits, ni adopter 
toutes les opinions consignées dans les Mémoires que ren- 
ferment les Annales, 



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PROCÈS-VERBAUX 

DFg 

SÉA\'CES DE 1;AÎ\\ÉE 1870 



SÉANCE MENSUELLE 

nr LUNDI 10 JANVIER 



SOMMAIRE 

ï^iarê do proeèt-verbal. — Munit : Dons par MM. La Ronvière, Ainu^ di- 
ron, César Fileon, Lasrombe et Marion. — Exposition d'an tableau par 
M. Emile Giraad. — Ouvrages reçus : Bulletin agricole dn pHy-éeDAnir: 
Procédé nouveau pour le darcissomciit des bois ; Annale* de la Sociale d'à- 
§rieulture d'Indre el'Loire : Emploi du vinaigre contre les liémorragies dis 
bestiaux; le Sud'Eat : Contagion du charbon ; le Journal de l'agriculture : 
Article entomologique sur le ruceron de la vigne; nepue det cours scient i- 
fiques : Services rendus aux géologues par la paléontologie pour la détermina- 
tiou des couches du globe ; âge de la formation de Ronzon ; Mémoires de la 
Société des ÀMtiqtêireâ detOuesi : Le mille romain et la lieue gauloise; la 
Boiènedans le Yelaj; colonne milliaire au village de Fontanes; mémoinà de 
M. Tournai sur les Tombeaux chrétiens des premiers siècles en Gaule ; frag- 
ment d'un sareophage du Musée du Puy. ~ Corrispohdanci : Lettres de 
M. le préfet de la Haute-loire sur une allocation du Miuistre de l'Agriculture; 
de M. Tabbé Frngère sur des fouilles h Vergonge ; de MM. de Billj, Gruner, 
Leeoq, des Devises du Dézert» L. Gras, Louis Lartet, Lory, Marion, Morière, 
Rames, de Saporta et Tournai : remerciements k la Société. — Pbrsoniibl : 
Nomination de M. Victor de Laprade, de l'Académie française, an titre de 
nembrebonoraire. •- AncHéoLooiB : Notice sur la Danse des morts de lu 
Ckaiv-Dieu, par M. f.angiois (du Pont-dc-P Arche}. 



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6 HKSUMR UBS SÉANCRS. 

Présidence de M. de Brivc. 

Leclure par M. le Vice-Secrélaire et adoption du pro- 
cès-verbal de la dernière séance. 

Dons au Musée. — M. Aimé Giron offre, de la part 
de M. La Rouviëre, sous-intendant militaire, un mo}en 
bronze d'Anlonin le Pieux, trouvé au Puy dans un 
jardin près du Pont-Neuf; et, en son nom personnel , 
un denier d'argent de Faustiue mère, trouvé égale- 
ment dans un jardin attenant à rétablissement des 
Sourds-Muets, non loin de Téglise Saint-Laurent. 

M. Aymard présente à la Société trois anciennes 
Mences données par M. César Falcon, l'un des conser- 
vateurs du musée des dentelles. 

M. Adrien Lascombe olfre un briquet breton qui a la 
forme singulière d'un pistolet. 

M. Marion, membre non résidant, préparateur h 
la Faculté des sciences de Marseille et Tun des secré- 
taires du Congrès géologique tenu au Puy en 4869, 
qui avait remarqué avec intérêt la collection déjfi 
nombreuse d'objets préhistoriques dans notre Musée, 
a envoyé à la Société, par l'entremise de M. Aymard , 
diverses pièces provenant d'une station préhistorique 
explorée par lui dans la grotte de Saint-Marc, en 
Provence. Ce sont plusieurs débris de lames de silex 
et deux morceaux d'os à demi-brûlés, dont l'un est un 
fragment de maxillaire inférieur d'homme. M. Marion, 



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JANVIER. i 

dans un savant mémoire, a émis l'hjpolhèse que celte 
caverne pouvait avoir été le refuge plus ou moins tem- 
poraire d'anthropopiiages ; les ossements humains qu'on 
y a trouvés offrant le même état d'uslion observé dans 
certains foyers , sur des restes osseux d'animaux dont 
rhomme faisait aussi sa nourriture (1). 

M. Marion a joint à cet intéressant envoi une ha- 
che en pierre polie trouvée aux environs de Marseille. 
Sa forme exceptionnelle , comparativement à la plupart 
des outils de mémo genre recueillis en France, rappelle 
assez bien quelques instruments analogues encore usi- 
tés chez des peuplades sauvages. La collection ethno- 
logique de notre Musée en possède un curieux spécimen 
artislement fixé à un manche en bois, comme aurait 
pu Tétre cette hache , au moyen d'une ligature de cor- 
delettes. 

M. le Président appelle l'attention de la Compagnie 
.sur un tableau que notre confrère, M. Emile Giraud, a 
exposé dans la salle des séances. Ce lableau représente 
un Lansquenet en sentinelle, de Tépoque de Fran- 
çois l". Celte œuvre est destinée h l'exposition de pein- 



(1^ Ces fatU d'anthropophagie que M. Marion a signalés {Première» obiêna- 
tioMM snr l'aHciennffé de l'homme iam les Bouches-du-Khône ^ 1867), ont été 
acceptés par d'autres observateurs, notamment par M. Emile Arnaud, qui les rap- 
pelle dans ses Etudes prikisUmques sur les premiers vestiges de l'industrie hU' 
maine dans le Sud-Est de Yauclme aux Annales de la Soc, litt, et seientif. 
d'Apt (Yauclusc), 1866-1867, publiées en 1869, p. 6. Ce dernier auteur nous ap- 
prend, en outre, que des grottes à silex préhistoriques sont nommées en Pro- 
vence baouftte dei peyrards (pierres à feu), dénomination qui, dans notre pays, 
pourra mettre sut la trace de nouvelles stations préhistoriques. 



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8 UKSUMK DES SKANGES. 

lure de Lyon , où elle ne peut manquer de figurer 
avec honneur. M. le Président remercie M. Giraud 
d'en avoir réservé la primeur à la Société. 

OuvuAGES ttEçus. — Lc Bulletin agricole du Puy- 
de-Dôme indique un procédé nouveau pour le durcisse- 
ment dos hois, cl en particulier des échalas. Jusqu'ici, 
on avait trempé le bois h froid dans une dissolution 
froide de sulfate de cuivre et d'eau ; ou bien, si le 
temps pressait, on faisait cbaulTer la dissolution pour 
obtenir un résultat plus rapide. On propose aujourd'hui 
de chauffer le bois, pour le rendre avide d*eau, et de le 
précipiter ainsi préparé dans la dissolution d*eau et de 
sulfate de cuivre. Là, est Tidéc qui différencie le pro- 
cédé nouveau de tous ceux tentés jusqu'à ce jour. 

Les Aimales de la Société d'agriculture d'hidre-et- 
Loire recommandent aux cultivateurs remploi du vi- 
naigre pour arrêter les hémorrhagies des bestiaux , 
survenues notamment en cas de fracture de cornes. Ce 
moyen , très-simple , réussit souvent mieux que les 
caustiques, tels qu'acides minéraux étendus d'eau, sels 
de fer, potasse, tannin, etc. On augmente l'énergie 
du vinaigre en le concentrant. Pour le concentrer, il 
suffit de le chauffer; Teau s'évaporant, il ne reste plus 
que l'acide acétique. Avec une éponge ou un morceau de 
linge trempé dans le liquide tout chaud, on lave la frac- 
ture; ensuite, l'éponge étant imbibée à nouveau, on 
la ri\Q à demeure sur la plaie par un bandage appliqué 
avec soin. — M. le docteur Martel fait observer que les 
propriétés hémostatiques du vinaigre sont bien con- 



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JANVIER. \i 

nues (les hommes de Tart et souvent utilisées dans la 
pratique médicale. 

Le Sud-Est cite un terrible exemple des cruelles 
conséquences qu'enti-atne l'inobservation de la loi 
sur Taballage et Tenfouissement des animaux in- 
fectés du charbon. Un marchand de bestiaux s'étant 
aperçu que Tun de ses bœufs se trouvait atteint de 
cette maladie, pour en sauver la valeur, fit abattre et 
dépouiller l'animal par deux garçons bouchers. Peu 
de jours après, ces derniers présentaient tous les 
symptômes de l'empoisonnement par le charbon et suc- 
combaient, malgré les secours do l'art. Des accidents 
analogues se sont quelquefois produits dans la Haute- 
Loire; ils étaient dus à l'usage de la viande de bétes 
atteintes du charbon. On ne saurait trop se conformer, 
comme on le voit, aux soges prescriptions de la loi 
sur l'abattage et l'enfouissement immédiats des bétes 
infectées ; c'est , pour les propriétaires et les maires dos 
communes, une obligation alricle, sanctionnée môme 
par une loi pénale; malheureusement, ainsi que le font 
observer plusieurs membres, la connaissance de celle 
loi n'est pas assez généralement répondue dans les cam- 
pagnes. 

Le Journal de C agriculture, de M. Barrai , contient 
un article enlomologique sur le phylloxéra vastatrix 
ou puceron de la vigne qui , depuis quelques années , 
ravage si cruellement les vignobles du Midi et du Bor- 
delais. Les caractères et les mœurs de cet insocio 
commencent h être plus sérieusement étudiés et connus. 



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10 RÉSUMÉ DES SÉANXES. 

Jusqu4ci on n*a retrouvé que des femelles aptères ou 
ailées; les mâles sont encore inconnus. Comme les vi- 
gnobles de la Haule-Loire ont été exempts du fléau 
jusqu'à ce jour, Tétude de sa cause comme de son re- 
mède se trouve sans inlérôt direct pour notre région. 

La Revue des cours scientifiques (numéro du 18 dé- 
cembre 4869) publie la leçon d'ouverture du cours 
de paléontologie professé h la Sorbonne par M. Albert 
Gaudry, membre non résidant de notre Société. Ce 
savant, après avoir rappelé que Ton commence à 
entrevoir parmi les êtres des âges passés quelques 
indices de Tiliation, recherche les services que la pa- 
léontologie rend aux géologues dans la détermination 
des couches du globe^ et quelle est la valeur de ces 
services. Autrefois, Tâge des terrains se déterminait par 
les caractères des roches, dont la nature varie extrême- 
ment pour des formations de môme époque. Actuelle- 
ment, la classiflcation des roches sédimentaires repose 
surtout sur les données paléontologiques. Jusqu'à pré- 
sent, la méthode paléontologique que Ton a suivie pour 
découvrir Tàge des terrains a été une méthode empi- 
rique. On a cru observer que les couches du même âge 
renfermaient les mêmes espèces, et il a été dressé des 
catalogues des espèces les plus communes de chaque 
étage. Lorsqu'on veut connaître Tâgc d'un terrain, on 
fuit la liste de ses fossiles et on la compare avec les di- 
verses listes d'espèces caractéristiques. Cette méthode, 
excellente en soi, est d'une pratique diflicile, car les es- 
pèces se comptent par milliers. De plus, on ne ren- 
contre souvent que des es[ièces nouvelles. Il faut donc 



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JANVIER. M 

alors chercher s*il n'exisle pas une môlhode i-ation-. 
nclle pour flxer TAge des fossiles, et ceci conduit 
forcémenl les paléontologues à examiner la doctrine de 
l'évolution. L'éminent professeur se demande si This- 
toire du monde organique n'est pas Thistoire d'une évo- 
lution où tout se lie, où l'être d'aujourd'hui descend de 
l'être d'hier et sera le propagateur de l'être de de- 
main, et il cite un remarquable exemple qui tendrait 
à prouver l'enchaînement des espèces et leur solida- 
rité : 

« Les stratigraphes, dit-il, qui ont étudié los terrains 
tertiaires lacustres du centre de la France, n*ont pu encore 
observer trèsnetten^ent les relations du calcaire de Ron- 
zon, auprès du Puy-en-Velay , et d'un terrain situé dans 
l'Allier, près de Saint-Gérand-le-Puy, où Ton rencontre 
des ruminants' appelés Dremotheriwn et Amphitragulus. Si 
l'on me demandait l'âge de la formation de Ronzon, je se* 
rais, au premier abord, embarrassé pour répondre, quoi- 
qu'un savant géologue du Puy, M. Aymard , ait découvert 
de nombreux fossiles dans cette localité; car ces fossiles 
sont presque tous d'espèces particulières. Mais, comme je 
crois à l'évolution des êtres , je procède de la manière qui 
sait : Je regarde à quel degré d'évolution paraissent axoir 
été les animaux de Ronzon ; M. Aymard m'a fait voir que 
les ruminants de ce gisement ont aux pattes de derrière 
(juatre métatarsiens : deux latéraux , qui sont rudimentai- 
ros, et deux médians, qui sont grands et portent des doigts ; 
ces os médians , libres dans la jeunesse, se soudaient lors- 
(jue les individus avançaient en ûge; toutefois cette sou- 
dure était assez incomplète pour qu'on puisse toujours hien 



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12 RKSl-MK DES- SÉANCES. 

(?onstater la présaccp dos doux os. Or, on cojinaît l'Age des 
animaux fossilisés dans la pierre à plâtre de Paris (éocène 
supérieur) ; on sait aussi que ceux de ces animaux que Ton 
a trouvés jusqu'à présent ont leurs métatarsiens séparés. 
D'autre part, dans l'époque actuelle , et déjà à l'époque du 
miocène moyen , représentée par la faune de Sansan , plu- 
sieurs des ruminants (I) ont leurs deux métatarsiens mé- 
dians intimement soudés. Puisque les ruminants de Ronzon 
présentent, pour la soudure de leurs os, un degré d'évolu- 
tion intermédiaire entre les animaux de l'éocène supérieur 
et les animaux du miocène moyen , je suppose qu'ils sont 
aussi d'un Age intermédiaire : ils seraient donc du miocène 
inférieur. 

« Si, maintenant, je regarde les run^inants des environs 
de Saint-Gérand , je vois que leurs deux grands métatar- 
siens sont complètement réunis ; ils révèlent donc un degré 
d'évolution de plus que les ruminants de Ronzon, et je suis 
porté à croire qu'ils sont d'une époque un peu plus rappro- 
chée de la nôtre. Mais je constate que leurs deux petits 
métatarsiens latéraux sont imparfaitement soudés ; comme 
ces os sont intimement soudés (dans leur partie supérieure) 
chez la plupart des ruminants actuels et même chez plu- 
sieurs du miocène moyen , je suis disposé à conclure que 
les fossiles du gisement de Saint-Gérand sont d'une date 
géologique plus ancienne. Ainsi il paraîtrait probable que 



(1) Certains rominants, tels que VHyamosckus, ont conservé jasqa'b Tcpo- 
i|ac actaclle des caractères du type pachyderme; dans toutes les i^poques gi'o- 
logiques, on rencontre de semblables exemples de genres dont la longévité a 
été très- grande. Pour juger l'âge d'une faune, il fout considérer son ensemble 
( t ne pas s'atudier seulement à quelques formes isolées. 



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JANVIER. 43 

ce gisement, tout en étant an peu supérieur à celui de 
Ronzon, appartient encore àrétage miocène inférieur. Après 
avoir regardé les pattes des ruminants, il me faudrait exa-* 
miner les autres parties de leur squelette ; je devrais faire 
de semblables recherches sur les différents animaux, et, si 
elles fournissaient plusieurs remarques analogues aux pré- 
cédentes, je parviendrais à fucer avec une certaine exactitude 
r&ge du gisement. § 

Comme on le voit, l'étade de révolution pourrait of- 
frir des secours précieux pour la détermination des 
couches de la terre. 

Les Mémoires de la Société des Antiquaires de 
l'Ouest contiennent une étude sur les voies romaines, 
par M. de Longuemar. Cet archéologue constate que 
leur mode de construction, loin d'être uniforme, 
variait d'après la nature du sol et dépendait des maté- 
riaux existant sur place. U est amené à parler de la 
longueur de l'unité itinéraire adoptée par les Romains 
pour mesurer les distances. Les colonnes milUaireSt 
dans les Gaules, indiquent les distances en milles ro- 
mains et en lieues gauloises. Le mille romain, mesuré 
entre deux colonnes encore en place sur la voie Ap* 
pienne, a été trouvé exactement égal à 1,481 mètres (la 
lieue romaine étant d'un mille et demi avait, par suite, 
2,221 mètres, 50 centimètres). La lieue gauloise était de 
2,415 mètres, d'après les recherches de M. PistoIIet 
de Saint-Ferjeux, confirmées par les investigations de 
plusieurs antiquaires distingués. Ces données peuvent 
être utilement appliquées à la Bolène qui traversait le 



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14 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Velay; les bornes milliaires retrouvées sur cette voie 
indiquent les distances en mille romains , tandis que 
la table de Peutinger les compte en lieues gauloi- 
ses. 

A ce propos, M. le Président appelle l'intérêt de la 
Société sur une colonne railliaire appartenant à cette 
voie et retrouvée au village de Fontanes. Peut-être se- 
rait-il opportun de Tacquérir pour le Musée. M. Tabbé 
Frugère, membre non résidant, présent à la séance, 
promet de tenter des ouvertures en ce sens auprès du 
propriétaire; s'il ne peut obtenir la cession de ce petit 
monument, il s'engage à en faire, du moins, assurer la 
conservation par rétablissement d'une croix. Une autre 
colonne milliaire existe aussi près de la même voie, à 
Beaune, canton de Craponne, où elle sert de piédestal à 
une statue de la sainte Vierge. Mais notre confrère, 
M. de Vinols, demande que, quoique n'occupant plus sa 
place primitive, elle ne soit pas enlevée à cette localité, 
^ où sa conservation est pleinement sauvegardée et dont 
elle constitue le seul débris antique digne de l'atten- 
tion des archéologues. 

M. Tournai, de Narbonne, membre non résidant, fait 
hommage à la Société d'un très-intéressant mémoire 
sur les Tombemix chrétiens des premiers siècles en 
Gaule, mémoire dans lequel il étudie les sujets de leurs 
sculptures et les emblèmes dont ils sont ornés. Notre 
savant confrère cite le fragment de sarcophage du Mu- 
sée du Puy qui, suivant lui, offrirait Tapparilion de 
l'Ange à saint Joseph et le mariage de la Vierge. 



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MNVIEH. lo 

CoaRESPONDAxcE. — M. le Préfet de la Haule-Loire 
annonce qae M. le Minisire de Tagriculture et du com- 
merce accorde une allocation de 1,000 francs à la So- 
ciété pour le Concours d'animaux de boucherie qui 
doit se tenir au Puy en 1870; les années précédentes, 
la subvention n'avait été qae de 500 francs. 

M. l'abbé Frugère écrit, une lettre relative aux 
fouilles qu'il a dirigées, au nom de la Société , dans le 
champ dit iVArmand, près du village de Vergonge, 
commune de Saint-Jean-de-Nay. Deux autres sépultu- 
res antiques ont été retrouvées ; elles n'ont rien fourni 
de remarquable; quelques fragments de briques, tuiles 
et poteries ont été recueillis, et, près de là, un anneau 
moderne en argent, paraissant être du XV1« siècle. 

MM. de Billy, Gruner et Lecoq; Desdevises du Dé- 
zert, L. Gras, Louis Larlet, Lory, Marion, Morière, 
Rames, de Saporta et Tournai, nommés, à la dernière 
séance, membres honoraires ou non résidants, adressent 
à la Compagnie des lettres de remerciements. 

Personnel. — M. Aimé Giron, vice-secrétaire, pro- 
pose la candidature de M. Victor de Laprade, de l'A- 
cadémie française , au titre de membre honoraire. 
L'illustre poète se rattache au Velay par l'origine de sa 
famille, sortie de Saint-Didier-la-Séauve, et par son nom 
qui lui vient d'un manoir possédé jadis par elle près de 
Pontempeyral. Cette candidature, appuyée par M. Char- 
les Calemard de la Fayette et le bureau entier ayant été 
mise aux voix, obtient l'unanimité des suiïrages. En 



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16 ni^StMÉ DKS SÉANCES. 

coiisêquoiicc, M, do Lapiade esl proclamé membre 
honoraire de la Société. 

Archéologie. — M. Chassaing lit , sur la Danse des 
Moris de la Cliaise-Dieu, la notice suivante exlrailc 
de l'ouvrage de M. E.-II. Langlois (du Pont-de-rArche), 
inlilulé : Essai historique sur les Danses des Morts 
(I. II, p. 45oii lo8) : 



Danse des Morts de la (luiise-Dieu. 

Cotte Danse des Morts, peinture murale de la lia du 
XV«» siècle, est maintenant la seule à peu près complète 
qui subsiste en France. Elle se trouve en Auvergne , dans 
l'église abbatiale de la Chaise-Dieu, fondée en 10 40. Ap- 
lïliquée sur la face extérieure d'un mur construit entre les 
piliers du chœur pour servir de clôture à ce dernier et 
permettre d'y adosser les stalles, elle longe le bas-côté sep- 
tentrional obscur et humide, ce qui a contribue aux dé- 
gradations qu'elle a subies. 

Toutefois, quoique assez détériorée pour que l'on dé- 
chiil're difiicilement aujoui-d'hui les détails et les accessoires 
des ligures, cette Danse parait avoir conservé intacts sa 
disposition primitive et son caractère ; elle se développe à 
deux mètres du sol, sur une très-grande longueur, mais 
ne contourne point les piliers , comme paraît l'indiquer 
M. Ach. Jubinal, dans sa description de cette peinture 
(Paris, 18il, p. 15, note 1) : ceux-ci étaient occupés ijar 
des tableaux diflérents , dont il ne reste que peu ou point 
do traces, et qui, du reste, n'étaient (juc des épisodes de la 



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J.VNYIER. 17 

Danse ordinaire. Ainsi, l*on voit sur l'un le sujet du pré- 
dicateur en chaire (comme à Baie, à 8trasl>ourg, etc.); 
sur l'autre, un squelette qui décoche des traits sur un 
groupe de personnages; enfin, sur un troisième, Adam 
et Eve., entre lesquels est le Serpent, qui porte une tcHe de 
mort. Ces sujets, non- seulement paraissent ne pas être de 
la même main , mais encore ne pas appartenir à la mémo 
époque; ils sont peints sur la pierre nue, tandis que 
toute la Danse placée sur le mur est peinte sur une cou- 
che d'enduit, de sorte qu'il est fort probable que la date 
dn leur exécution est postérieure à celle de la Danse en- 
tière. 

Quant à celle-ci, elle est restée à l'état d'ébauche. Ce- 
pendant toutes les premières figures furent primitivement 
peintes et terminées avec soin; mais on les recouvrit plus 
tard d'une nouvelle teinte, pour rendre toute la Danse 
uniforme. Peut-être l'artiste vonlut-ii faire , dans le qua- 
trième personnage, le portrait du Roi de France, car, en y 
regardant attentivement , on aperçoit encore des fleurs de 
lis sur son manteau. Les figures ont un mètre de hau- 
teur, la majeure partie ne fut jamais ombrée ; il n'est abso- 
lument resté qu'une silhouette, et les trois couleurs em- 
ployées furent l'ocre rouge pour le fond uni , l'ocre jaune 
pour le terrain , et une couleur de gris sale couvrant à la 
fois les squelettes, les chairs et les draperies. Le dessin 
au trait qui arrête maintenant les contours de cette pein- 
ture a été inconsidérément ajouté, il y a peu d'années, 
par un artiste contemporain , qui a pris à tâche de faire 
un tracé à la pierre noire sur cotte ébauche , et qui doit 
vivement se le reprocher , car ce trait nuit singulièrement 
à la facilité de l'interprétation de l'idée primitive. 

TOME XXXI. i? 



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18 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Cotte Danse serait cncorç complète, si Ton n'avait dé- 
truit , au commencement de ce siècle , pour faire l'entrée 
d'une chaire à prêcher, une petite partie de la muraille sur 
laquelle elle est peinte et qui portait un personnage et 
la Mort. Le cortège funèhre occupe l'espace de trois travées 
comprises entre quatre piliei^s , et , comme l'indique la 
partie moyenne de ma planche , c'est à Tune des extrémi- 
tés de la travée intermédiaire que le mur a été percé et 
que la lacune subsiste. La Danse devait, dans le principe , 
se composer de vingt-quatre personnages ,. et aujourd'hui 
elle n'en compte plus que vingt-trois, qui sont, autant 
qu'on peut les reconnaître : 

Le Pape, l'Empereur, le Cardinal, le Roi, le Patriarche, 
le Duc, l'Evéque, le Chevalier, l'Homme d*Eglise, le Bour- 
geois ou le Bailli, la Ghanoinesse, le Marchand avec son 
escarcelle, la Religieuse, le Sergent, la Vieille, l'Amoureux 
avec de longues manches et des fleurs à la main , comme 
dans la Danse Macabre, l'Avocat ou le Procureur avec 
son encrier à la ceinture, le Ménétrier, l'Avocat, le La- 
boureur, le Moine, l'Enfant et le Clerc. 

Il règne un certain ordre hiérarchique dans la première 
série de cette Danse, et par suite il est à croire que le per- 
sonnage qui manque est celui de TEcuver. 

Chaque personnage est accompagné de la Mort , et lous 
ici semblent se tenir et former une chaîne. De même 
que dans les Danses de ce genre, tantôt la Mort gambade , 
tantôt elle sourit à ses victimes. Elle se renverse à force 
de rire avec la Vieille . elle se cache la tête derrière son 
bras ou son linceul pour jouer avec la Religieuse et l'En- 
fant, et elle est assez obligeante pour porter le cercueil du 
Clerc, qui ne paraît guère disposé à la suivre. 



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JANVIER. lu 

Ce monument nu jamais porté de date ni d'inscriptions 
cummémoratives ou morales. Mais au costume des per- 
sonnages , il est facile de lui assigner la seconde moitié du 
XV« siècle comme Tépoque de son exécution. Elle a été 
plusieurs fois reproduite , mais sans description complète , 
d'abord sous forme d'un long rouleau colorié, par les soins 
de M. Jubinal, d'après les dessins de M. Planbol; {min 
elle a été lidèlement copiée dans VAncinmc Auvergne ei k. 
Velatj, par M. Tudot, un des collaborateurs de cet ouvrage, 
qui fait honneur aux presses de Moulins (1). 

A six heures et demie, la séance est levée. 

Le Secrétaire, 
AuGDSTm CHASSAING. 



(1) Etsù kiiiorique iur les DMêet des Morte, par E.-U. Langlois (do Pont 
de l'Ârclie), publié par Andté PoUier et Alfred Bandry (Rouen, 1869, % vol. 
avee planches), — t. II, p. 155 k 158, planche xlii. 

CeUe planche est la réduction de la gravure publiée dans VAncieHue Au- 
9frg»e ei le r^/oy. 

Le baron Taylor a inséré quelques fragments de la peinture de la Cbaise-Dien 
dans ses Voyagee aune Vaudenue France; le Moyen Age et ta Bennissonie 
offre, à l'artido Costumée, une planche coloriée composée de six personnages, 
nais sans les squelettes, tirés tons de cette Daose. 



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SEANCE iMENSUELLE 

DU LUNDI 7 FÉVRIER 

SOMMA1BB 

Lecture du pi-ucos-verbaU — Retraite de M. Denionts, iirêlet deU Manie-Loire ; 
Je nou>eau préfet, M. le comte Léo de Saint- Poney. — Misiv : Don* 
aux culleclioiis par M"* la baronne de Boxberg et M. Hector Palcon; à 
la bibiiotlibque, par M. le préfet de TArdèrlie, au nom dn conseil général; 
par M. Francisque Mandet ti M. Moriêre. — Ouvragbs reçus : Journal ie 
l' Agriculture : Expérimentation et avantages du blé hybride Galland; Journal 
ie la Société impériale et centrale d'horticulture de France : Pincement des 
liges de la pomme de terre ; Journal d* Agriculture progressive : Supériorité, 
au point de vue agricole, dn cbeval de race percheronne ; Bulletin de la so- 
ciété impériale et centrale d'agriculture de France : Nourriture des che- 
naux, à meilleur marché; Bulletin du comice agricole et de la Société de 
riticuiture, lior tient ture et agriculture de Brionde : Exposition il Brioudc, 
eu septembre 1800 ; Uéinoires de la Société littéraire de Lgon : Les jetons 
de plomb des archevêques de Lyon; jetons et monnaies de quelques évc- 
f|ucs du Puy. — GoinK5P0>D.ixcR : Lettres de M« Mac*Cjll sur rcn\oi 
des Uémoirei de paléontologie ûu docteur Falroner; de M. le curé Frugèrp, 
sur racquisilion de la borne milliaire du village de Fontanes; de M. Moi- 
tilletli M. Ayniard, au sujet d'une collection d'anciennes œillères de mulet:!:. 
— SciixcES uisTORiguBs : Communication par M. Lascombc : 1* d'une 
ordonnance de M. le duc de Roquelaun*, commandant en chef de la pro- 
>iHcedn Languedoc; 9« d'une lettre de M. de Châteauneuf, commandant du 
Vivaraiset dn Yelay; a« d'une lettre de M. Rerard, avocat, grand-maftre des 
chasseurs de St-Hubert du Puy. — SciBiices agricoles : Colisalion propqîée 
par M. Béliben sur les membres correspondants de la Société. — PeRsojixtL : 
.\uniinations de KLM. Charles Robert et Anatole de Uarthélemy au titre de 
membres honoraires, et de M. Auguste Bos\ieux au titre de membre non- 
réïidunt. 



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FKVniRR. 21 

Présitl<*nrp de M. de Brive. 

Le procùs-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 

M. le Président annonce que, depuis la dernière 
séance, un fait notable s'est accompli dans la Haute- 
Loire : M. Demonls, préfet, a élé remplacé par M. le 
comte de Saint-Poney. M. le Président, se rendant Tin- 
terprète des sentiments unanimes de la Compagnie, 
rappelle l'intérêt que M. Demonts a constamment té- 
moigné à notre institution, en assistant aux séances, 
en prenant part à nos discussions, en appuyant les 
demandes d'allocations de la Société auprès du 6ou- 
yeraement et du Conseil général. Les bons souvenirs 
de la longue et paternelle administration de M. De- 
monts seront durables; l'estime et l'affection l'accompa- 
gnent dans sa retraite. Suivant Fusage, il sera inscrit 
parmi les membres honoraires de la Compagnie. 

M. le Président exprime l'espoir que le nouveau 
Préfet, placé à la tête du département, continuera les 
traditions de bienveillance de ses prédécesseurs à l'é- 
gard de la Société académique. M. le comte de Saint- 
Poney n'est pas un étranger; il est notre compatriote et 
notre confrère. L'an dernier, la Société lui a ouvert ses 
rangs en l'admettant au nombre de ses membres 
non-résidants. M. de Saint-Poney a inséré , dans le 
XXIX' volume de nos Annales, une notice historique 
sur Blesle et l'abbaye de Saint-Pierre de Blesie, œuvre 
21 la fois de patriotisme éclairé et de rare érudition. 
C'est un favorable augure de ses dispositions sympa- 



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22 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

thiqiies pour la Société el la mission élevée h laquelle 
elle se voue en poursuivant le développement des amé- 
liomtions matérielles et Intel lecluelles du pays. 

Dons au Musée. — M. Aymard offre : <<> au nom de 
M«« la baronne de Boxbcrg, le moulage très-habile- 
ment exécuté d'un vase en terre rouge dont le système 
de décollation consiste en des chasses ou courses d'ani- 
maux. L'original a été trouvé dans les environs de 
Clermont et appartient au musée gallo-romain de Saint- 
Gormain-en-Laye. M. Aymard fait remarquer l'analogie 
des scènes figurées sur ce vase, avec celles des bas- 
reliefs antiques découverts au Puy, dans les fouilles de 
la cathédrale; 

Et ^ au nom de M. Hector Falcon, l'un des conser* 
valeurs du musée des dentelles, un cercle en fils de cui- 
vre, dont les paysannes des environs du Mont-d*Or, en 
Auvergne, se servent pour fixer sur leur tête la pièce 
d'étoffe noire dont elles la couvrent; notre confrère, 
M. Plantade, fait observer que cet objet de toilette vil- 
lageoise porte le nom facétieux de serre-maliees, 

DoNi A LA BIBLIOTHÈQUE. — M. Ic Préfet de l'Ar- 
dèclie adresse, au nom du Conseil généi*ol de ce départe- 
ment, par l'entremise de son collègue de la Haute-Loire, 
deux exemplaires de la carte géologique et minéralogi- 
que de l'Ardèche, avec mémoire explicatif, dont M. Le- 
doux, ingénieur des mines, est Tauleur. Cette carte chro- 
molilhographique est exécutée avec le plus grand soin, 
et sera d'un puissant secours pour l'étude de la région 
de la Hante-Loire avoisinant l'Ardèche. A l'occasion 



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FBVniER. 23 

de ce don, M. le Président exprime le vœu que la carte 
rainéralogiqne de la Haute-Loire, dont M. Tournaire, 
ingénieur en chef des mines, a été chargé et qu'il a 
présentée en minute au Conseil général & sa dernière 
session, soit livrée le plus promptement possible à la 
publicité. Les départements de la Loire, du Puy-de- 
Dôme et du Cantal possèdent déjà depuis longtemps 
lem^s cartes géologiques dues à MM. Gruner, Henri 
Lecoq et Baudin ; la Lozère va bientôt avoir la sienne, 
confiée aux soins de M. Fabre, membre de la Société 
géologique de Fi*ance. Le patriotisme de la Haute-Loire 
est intéressé à ne pas retarder davantage la publication 
d'un document si important et d'une utilité si géné- 
rale. 

M. Yinay, maire du Puy, demande que Tun des deux 
exemplaires de la carte de TArdèche soit donné à la bi- 
bliothèque publique de la ville du Puy. Cette proposition 
est adoptée par la Société. M. le Secrétaire fait remar- 
quer que la bibliothèque de la ville possède en double 
certains ouvrages, comme VArt de vérifier les dates, 
la Bibliothèque historique de la France, du P. Lelong, 
etc., et qg'il serait également profitable à la bibliothë* 
que de la ville et à celle de la Société de faire ainsi 
quelques échanges. M. le Maire répond qu'il est tout 
disposé à soumettre, en l'appuyant , cette proposition 
au Conseil municipal. 

M. Francisque Mandet, conseiller à la cour impériale 
de Riom, membre non résidant, offre le rapport annuel 
qu'il a récemment lu h la Société du musée de Riom, 



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3i nKSfîMK DES SKXNOKS. 

dont il est le Président. Gruce au 7^le actif et «éclairé de 
notre savant confrère, cet établissement reçoit de ra- 
pides accroissements, auxi]iiels la Société académique 
du Puy est heureuse d'applaudir. 

M. Moriëre, professeur à la Faculté des sciences de 
Caen, membre non-résidant, fait hommage de plusieurs 
notices agronomiques, géologiques et paléontologiqnes 
qu'il a publiées. 

La Société vote des remerciements aux divers dona- 
teurs. 

Ouvrages nEçus. — Le Journal de ïagriculinre , 
de M. Barrai, signale, dans la Sarlhe, un e.ssai d'expéri- 
mentation du blé hybride Galland. Ce froment, quoique 
semé dans des terres de moyenne qualité, sans aulre 
engrais que le fumier de ferme, et bien que sa floraison 
ertl été contrariée par les pluies, a donné un rende- 
ment presque double de celui des autres fromenls; la 
moyenne a été de quatorze à quinze pour un; en terre 
d'élite, il produirait de dix-huit à vingt pour un. Cette 
nouvelle variété est avantageuse, non-seulement au 
point de vue d'un rendement trè.s-abondant en grains, 
mais encore à celui de l'augmentation des engrais, à 
cause de sa végétation luxuriante et de l'énorme quan 
tité de paille qu'elle produit. Pour s'en rendre compte, 
il suffît de savoir que chaque pied donne naissance à nn 
bouquet de tiges variant de six à dix, et qui atteignent 
une hauteur de 1 met. 80 c. à h met. 90 c. 



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FRVUfKR. Ù'j 

Le Journal de la Sociêlé impériale et centrale 
d' horticulture de France rend compte d'exiiériences 
sur le pincemenl des tiges de la pomme de terre ; les 
résultats obtenus par ce procédé ne sont pas encore suf- 
fisamment établis pour qu*on juge en dernier ressort de 
son efficacité ; il serait désirable que quelques membres 
de la Société en fissent eux-mêmes Texpérimentation. 

Le Journal d'agriculture progressive constate la 
supériorité, au point de vue agricole, du cheval de race 
percheronne sur le cheval de race anglo-normande. Ce 
dernier, beaucoup trop prôné, se distingue par Télé- 
gance et la légèreté ; mais il reste trop délicat et demande, 
pour bien s'entretenir, une nourriture recherchée et 
abondante, en ne fournissant comparativement qu*iin 
travail minime ; c'est un cheval de luxe, de courses ; non 
point un cheval rustique. Le cheval percheron, au con- 
traire, se montre propre h tous les usages ; il est à la 
fois cheval de trait et cheval d'allures. N'eût-il sur le 
cheval anglo-normand, à imlion égale d'entretien (re 
qui n'existe pas, car il exige moins), que le simple 
avantage de conduire une charrue étant deuxième, la 
préférence devrait lui rester, puisque le premier, étant 
beaucoup moins fort, demande, pour conduire la même 
charrue, à être troisième. Au lieu de chercher dans le 
croisement avec les chevaux anglais le moyen d'obtenir 
de bons chevaux, il eftt mieux valu poursuivre l'amé- 
lioration de nos races de pays par la race percheronne 
qui reste le type véritable du cheval agricole, en appa- 
reillant des animaux de différentes familles mais de 
même rare, el en choîsissanl judicieusement les repro- 



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26 ftÉSUMK DES SÉANCES. 

(lucteurs doués, Tan et Tautre, de cerlains caractères; 
et de certaines qualités que Ton veut conserver. Les 
effets de la consanguinité ne sont pas à redouter, toutes 
les fois que la famille appartient à une race constante. 

Dans le Bulletin de la Société impériale et centrale 
cVagriculture de France, M. Magne s'occupe de la 
nourriture des chevaux et de la possibilité de remplacer 
le foin et l'avoine par d'autres aliments moins coûteux 
mais contenant les mêmes principes. En mélangeant les 
aliments qui donnent le carbone à bon marché, mais Ta- 
zote à un prix élevé, avec d'autres aliments qui donnent 
au contraire l'azote à bas prix et le carbone plus cher, 
on peut constituer des rations qui conviennent aux ani- 
maux et coûtent moins que si elles étaient composées 
d'un seul aliment. Ainsi, dit-il, un mélange de 3 kilo- 
grammes de mais et de 4 kilogramme de sarrasin, ou de 
\ kilogramme d'orge, ou de 1 kilogramme de seigle, re- 
présente par sa composition 5 kilogrammes d'avoine el 
coûterait, d'après les mercuriales de février dernier, 
de 60 à 65 centimes, tandis que les 5 kilogi*ammes 
d'avoine coûteraient un franc. De môme , 4 kilo- 
grammes de maïs , 500 grammes de féveroUes et I 
kilogramme de paille hachée représentent 6 kilo- 
grammes d'avoine et coûteraient à peine fr. 80 c; 
2 kilogrammes de foin de luzerne et 8 kilogrammes de 
maïs représentent t\ kilogrammes et demi d'avoine, 
et coûteraient 4 fr. 38 c; tandis que l'avoine coûterait 
2 fr. 40 c. On comprend toutefois qu'on ne saurait pro- 
céder qu'avec de grands ménagements dans le change- 
menl d'un régime alimenlaire consacré par une longue 



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FRVniEB. 27 

pratique. [I importe de distinguer entre le cas passager 
d'une disette ou d*ane récolte insuffisante et le cas où le 
changement apporté à la nourriture doit avoir une cer- 
taine durée. En pareille matière, le point essentiel est 
de maintenir les animaux en parfait état de.santé, et il 
n'y a rien à faire qui ne soit auparavant parfaitement 
expérimenté. 

Le Bulletin du Comice agricole et de la Société de 
viticulture, horticulture et agriculture de Brioude 
rend compte de l'exposition tenue dans cette ville 
en septembre dernier et qui a été très-remarquable. La 
Société d'agriculture du Puy, en recevant de nos voi- 
sins de Brioude ce premier bulletin, est heureuse de 
souhaiter la bienvenue h une Société dont les efforis 
tendent, dans sa région, au but que nous poursuivons 
dans la nétre, et qui contribuera, par ses enseigne- 
ments, on n'en peut douter, à entretenir l'émulation 
agricole dans cette partie de la Haute-Loire. 

Les Mémoires de la Société littéraire de Lyon ren- 
ferment une notice sur les jetons de plomb des arche- 
vêques de cette ville, par M. le comte de Soultrait. 
Ces plombs portent presque tous au droit l'image de 
saint PolUin, premier évéque de Lyon et patron du 
diocèse ; et au revers, les armes et quelquefois le nom 
des prélats qui, depuis le milieu du Xfll® siècle jus- 
qu'au commencement du XV®, occupèrent le premier 
siège ecclésiastique des Gaules. Dans la série de ces 
plombs relatifs à quatorze archevêques qui siégèrent de 
!2i6 à H\'ù, on remarque ceux de Guy d'Auverprne, dil 



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iH UKSFMK DRR SKWCRS. 

(le Boulogne (1340-1344). — Lef; év^.queR du Pny ne 
paraisf^enl pas avoir frappé de semblables jetons. On no 
connaît jusqu'ici que les deux jetons d'Antoine de Se- 
nectère (156M592). En 1588, le chapitre de Notre- 
Dame du Puy fit graver à son nom et pour son usage un 
jeton par Pierre Mérigot, maître-graveur à Paris, dont 
M. Albert Barre a recueilli la mention dans les regis- 
tres de la Cour des Monnaies (Annuaire de la Sociélr 
française de numismatique et d^ archéologie, année 
1867, p. 176); ce jeton n'a pas été retrouvé. Ce 
n'est point d'ailleurs le seul desideratum qu'offre 
la série numismatique du Puy. Gaspard Chabron , 
dans sa précieuse Histoire de la maison de Poli' 
gnac, dont la Société possède aujourd'hui une co- 
pie, apprend que « par l'inventaire qui fut fait des 
biens meubles de Guillaume de Chalencon, évéquc 
du Puy , après son décez (k Monistrol-sur-Loire, 
le 25 novembre 1443), il est porté qu'il fut trouvé 
vingt-quatre petits coings qu'il avoit fait faire pour mar- 
quer monnoie au nom du chapitre de son Eglise, sui- 
vant la permission qu'il en avoit obtenue du roy » 
(livre IX, p. 185). Voilà une monnaie du Puy dont 
l'existence semble clairement attestée et qui est restée 
inconnue. C'est, pour les amateurs qui recueillent avec 
un soin louable les débris mis au jour par les fouilles 
exécutées au Puy, un motif de tout ramasser pour être 
.soumis à un examen attentif. 

CoRnRSPONDANCE. — M"»« Mac-Call, de Londres, nièce 
de l'illustre et regretté docteur Falconer, en réponse à 
une demande faite par M. le Secrétaire, annonce le 



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FÉVHIliK. 29 

prochain envoi, à la Société, des Mémoires de paléon- 
tologie, dont ce savant si éminent est l'auteur. 

M. Tabbé Frugère, membre nou-résidaut, écrit gu'ii 
a recherché remplacement précis où se trouvait, avaul 
ces dernières années, la colonne milliaire aujour- 
d'hui dans le village de Fonlanes ; cette pierre était 
primitivement debout dans le champ du sieur Va- 
liorgue, à l'intersection de la Bolène et du chemin de 
Sanssac; on y remarque encore des restes de maçonnerie 
paraissant lui avoir servi de piédestal. Notre confrère a 
proposé au propriétaire de cette borne milliaire de la 
céder au Musée; après en avoir demandé un prix exorbi- 
tant, ce dernier a fmi par consentir à l'échanger contre 
une pierre équivalente; avant peu, notre zélé confrère 
fera transporter au Musée la borne itinéraire de Fon- 
tanes. 

M. Aymard donne lecture de l'extrait suivant d'une 
lettre qu'il a reçue de M. Mortillel, conservateur-ad- 
joint au musée de Saint-Germain, au sujet de la col- 
lection d'anciennes œillères de mulets , que notre zélé 
collègue a créée : 

'Z5 janvier 18*0. 

MONSllîUR ET CHBR GuLLÈUUK, 



Je vous reiuorcie beaucoup des iiuéreî>i>imts dessins 
d'œiiières de mulets que vous nous avez adressés. Ce:» 



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30 nÉSDMÈ DES SÊANCt:S. • 

œillères ont des ancêtres qui remontent aux temps les 
plus reculés. Vous les avez, en véritable archéologue, 
reconnues dans le dessin que j'ai donné de l'Ubien Al- 
banus. La pierre tombale de G. Ronianius, cavalier dans 
Vala novicortim, offre aussi un cheval orné de diverscM 
plaques métalliques. A l'époque du bronze, on trouve 
aussi de grands disques on bronze qui, certainement, sont 
(les pièces de harnachement. Nous on possédons plu- 
sieurs au musée de Saint- Germain. C'est pour cela ([ue 
nous tenions beaucoup à avoir des disques en cuivre 
portés par les mulets du midi de la France. Heureuse- 
ment j'ai pu en recueillir plusieurs, cet automne, dans*un 
voyage d'exploration que j'ai fait dans TAvoyron. Gomme 
les vôtres, ils portent des devises ou légendes, mais 
l»tts de dates. Ils ont aussi des ornements d*un style 
fort ancien : * 

Contentement passe richesse : 
Vive l'amour sans tnstesse, 

Cliélivc est la maison où la povle chante et le cwj se tait. 

J'aime le lis, jaimc la 7vse, 
J'aime V honneur sur toute chose. 



Sciences historiques. — M. Lascombe communique 
à la Sociélé : i^ une ordonnance de M. le duc de llo- 
quelaure, lîeutenanl*gcnôral des armées du roi, com- 
mandant en chef de la province de Languedoc, qui 



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KKVlUEn. 31 

prescrit au commandant des compagnies du régiment 
des dragons de Beaucaire, en garnison au Puy, .de 
fournir au collecteur de ladite ville les dragons k 
pied qu'il lui demandera pour y aider le recou- 
vrement desiimpositions, et y agir contre les redevables 
qui leur seront indiqués {l®"^ février 1723) ; 2«une lettre 
de M. de Châteauneuf à M. Richiou, premier consul du 
Puy, par laquelle il remercie les consuls de leurs féli- 
citations à l'occasion de sa nomination comme com- 
mandant du Vivarais et du Veluy (46 septembre ^43) ; 
et a»' une lettre de M. Berard, avocat, au nom des 
chasseurs de Saint Hubert du Puy dont il était le 
grand-mattre, annonçant le prochain départ d'un déta- 
chement des tireurs les plus habiles pour donner 
la chasse à la fameuse béte du Gévaudan (sans adresse 
ni date, mais de 4764 environ). 

Sciences agricoles. — L'ordre du jour étant épuisé, 
M. Béliben obtient la parole pour une proposition. Il 
en profite pour remercier la Société d'avoir bien voulu 
lui conserver le titre de membre résidant pendant plus 
de cinq ans qu'il a passés dans la Lozère, où il a exercé 
les fonctions d'inspecteur d'académie. Pendant cette 
longue absence, il n*a pas oublié les bons procédés et 
les services réels qu'il a reçus de ses honorables collè- 
gues et qui lui ont rendu agréable et facile la tâche 
de secrétaire qu'il a remplie pendant huit années 
consécutives. Ce grade lui a valu, de la part de la 
Société d'agriculture de Monde, que des liens étroits 
unissent à la nôtre, un excellent accueil et même des 
honneurs académiques. 



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•J2 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

11 a leinaniuc que la Sociélé de la Lozère Irouvail 
lies ressources considérables dans la cotisation de tous 
SCS membres, dans celle môme des membres corres- 
pondants qui ont , par an , une minime somme de 
cinq francs à verser; ce qui n*empéche pasflue le litre 
(le membre correspondant ne soit très-recherché par 
les cultivateurs aisés de la Lozère. 

M. Béliben propose, en conséquence, à l'imitation 
de ce qui se fiiit à Mcnde, d'imposer une cotisation de 
cinq francs à tout membre correspondant de notre So- 
ciélé. Il pense que celle mesure ne fera qu'ajouter de 
rimportance au titre de membre correspondant; que ce 
litre sera demandé avec empressement par nos cultiva- 
teurs qui, en si grand nombre, doivent une grande partie 
de leur bien-ôli*e présent aux constants elTorfs de la 
Sociélé et à Timpulsion si féconde qu'elle a imprimée 
aux progrès de l'agriculture, progrès si marqués dans 
la Haute Loire. 

Après quelques observations judicieuses présentées 
par M. Cil. de la Fayette, la Société renvoie la pro- 
position de M. Béliben au Conseil d'administration. 

M. le Président remercie MM. Béliben et Lascombe 
des intéressantes communications qu'ils viennent de 
fture. 

Personnel. — M. le Secrétaire propose les candida- 
tures, au titre de membres honoraires, de M. Charles 
Hubert, intendant général inspecteur, correspondant de 
rinstitut (académie des inscriptions et belles-lettres). 



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FÉVRIER. 3;J 

et de M. Anatole de Barthélémy, de l'école des Char- 
tes, ancien président de la Société des Antiquaires de 
France et Tun des administrateurs du Musée gallo-ro- 
main de Saint-Germain ; cette proposition est appuyée 
par MM. Vinay, maire du Puy, et Aymard, vice-pré- 
sident. 

L'admission de MM. Robert et de Barthélémy, comme 
membres honoraires de la Société, est prononcée à 
Tunanimité. 

M. le Secrétaire propose également la candidature, 
au titre de membre non-résidant, de M. Auguste Bos- 
vieux, ancien élève de Técole des Chartes, juge au 
tribunal civil de Schelestadt, qui fait hommage à la 
Société de trois publications intitulées : 1o Wie de saint 
Geoffroy, né en Limousin au XP siècle (in-8o, Guéret, 
4858); 2^ le Château des Monneyroux à Guéret (in-8®, 
sans date, planche) ; o« Rapport sur les Archives dé- 
partementales de la Creuse {in-8*», Guéret, 48651). Celte 
candidature, appuyée par M. le Président et M. le Vice- 
Président, est mise aux voix et adoptée à Tunanimité. 
En conséquence, M. Bosvieux est admis dans la So- 
ciété au titre de membre non-résidant. 

A six heures, la séance est levée. 

Le Secrétaire, 
Augustin CHASSA ING. 



TOMK XXXI. 



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SÉANCE MENSUELLE 

DU LUNDI 7 MARS 



80MMA1HB 

Lecture da procbs verbal. — Mus^k : Dons par M"« de Boxberg, M. Fabre, 
de ClermoDt-Ferrand, MM. Gastive Richond et Laseombe. — Ac(|uisiiions 
d'une arbalète Louis XIV» par M. Yinay, maire du Pay; par M. de Bri\o, 
président, du tombeau de saint Sculaire, second évèqne du Pny. — De^ 
mande, par M. de Yinols, do classement déflnitir des antiquités lapidaires 
du Musée. — Outrages RftCv» t Manuel du petit éleveur de poulains dans 
le Perche, très-utile en ee que le cbev4l percheron est celui que la Société 
préconise dans le département de la Haute-Loire; le Bulletin de la Société 
d'émulation de l'Allier, fouilles de la Grotte des Fées de Châtelperron; — 
Lexique patois; T(rn émis par M. de Brive, qu'on lexique du même genre 
fdt exécuté dans la Hante-Loire; le Bulletin de la Société d'agriculture de 
la Lozère, les Billets de confiance en 179:^; fabrication de^ces billets au 
I^uy, pour la Haute-Loire et les départements voisins ; programme du Con- 
grès des Sociétés savantes , sous la présidence de M. Ch.'^Calemard de la 
Fayette. — Sgiincbs nisToaiQuis : Ex-voto à Notre-Dame du Pay , aux 
armes de la maison de Balzac d*Entragues et de la maison de Gravide. — 
RéoiME icoNOMiguB : Enquête parlementaire; commission nommée afin de 
recueillir les éléments des réponses pour la Hante-Loire. — Industru kt 
CoMMBRCB : Rapport de M. Chevallier-Balme sur le projet de loi relatif 
aux dessins et modèles de fabrique de dentelles; délibération, an sujet de 
cette loi, de la chambre syndicale des dentelles de Pari^, présidée par 
M. Charles Robert-Faure , du Pay. — Agriculturb : Eiude de M. le 
marquis do Châteaunenf sur Tutilité d'une exposition permanente de machi- 
nes et instruments agricoles. Commission nommée dans le but do mettre 
en pratique les théories de M. de Châteauneuf. — Personnel : Remercie- 
ments à la Société de M. Anatole de Barthélémy et de M. Victor de La ■ 
prade, de rAcadémie française. Lettre de M. Vicier de Lapradc. 



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MAHS. 3o 

Présidence de M. de Brive. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu el 
adopté. 

Dons kv Musée. — M. Félix Robert présente, au 
nom de M'^*" de Boxberg, une collection variée de 
concrétions calcaires provenant des terrains tertiaires 
du département de Loir-et-Cher et affectant la forme 
de figues, poires et autres fruits. Notre confrère saisit 
cette occasion de faire ressortir le nombre et l'im- 
portance toujours croissants des dons que le Musée du 
Puy reçoit de sa généreuse et zélée bienfaitrice. 

M. Aymai'd ofTre : <• encore au nom. de M'^ de Box- 
berg, plusieurs objets antiques provenant de fouilles opé- 
rées en Vendée par M. Tabbé Bandry, dans des puits 
funéraires ; %• de la part de M. Fabre, peintre-verrier 
el antiquaire k Clermont-Ferrand, une série de mou- 
lages des armes et instruments de Tépoque du bronze 
qu'il a principalement recueillis en Auvergne et qu'il 
possède dans sa riche collection ; et S« au nom de 
M. Gustave Richond, avocat, un vase et des fragments 
céramiques ayant fait partie d'une sépulture par inci- 
nération, découverte & Sanssac-l'Église, près le Puy ; 
au milieu de ces débris se trouvait un objet en fer 
ayant Tapparence d'un ciseau, el dont la forme se rap- 
proche beaucoup des ciseaux de l'époque du bronze. 

M. Lascombc fuit don d'un livre de prières imprimé 
à Mexico en 1820. 



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36 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

La Société vote des remerctments aux donateurs. 

M. le Président appelle l'atlention de la Compagnie 
sur une belle arbalète de Tépoque de Louis XIV, que 
M. Vinay, maire du Puy, a achetée pour le Musée, et 
qui enrichira notre collection d'armes anciennes. 

M. le Président annonce à la Société qu'il vient de 
conclure une acquisition dont la pensée remonte à la 
présidence de notre savant et très-rçgretté collègue 
M. Bertrand de Doue, et qui, depuis trente ans, avait 
été, à plusieurs reprises, toujours infructueusement 
tentée ; il s*agit du tombeau qui porte, inscrit snr Tune 
lie ses faces latérales, le nom de ^int Scutairc, second 
évêque du Puy, Ce monument funéraire de Tépoque 
romaine et primitivement affecté à la sépulture d*un 
païen, reçut plus tard les précieux restes des sept pre- 
miers évéques du Puy ; jusqu'à la Révolution, il avait 
servi de maltre-autel dans Véglise paroissiale et collé- 
giale de Saint- Vosi, au Puy; à la destruction de cette 
église, il fut transporté dans le clos Langlade qui, de- 
puis quelques années, appartient à M. Rogues-Markland, 
marchand de dentelles. Une circonstance fortuite, ayant 
mis M. le Président en rapport avec M. Rognes, lui a 
permis de reprendre les négociations maintes fois en- 
tamées, notamment sous l'administration de M. Vinay, 
et M. le Président a eu le^bonlieur de les mener à 
bonne fin. Les conditions du marché sont soumises à 
Tapprobation de M. le Maire et du Conseil municipal. 
M. Vinay et son administration ont donné assez sou- 
vent la preuve de l'intérêt éclairé qu'ils portent au 
MusOe pour que la Société soit assurée d'avance do 



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MAHS. M 

leur empressemenl à le doter d'un roonumeiit au- 
quel se lient nos plus anciennes, nos plus vénérables 
traditions historiques et religieuses. 

M. de VJnols remercie M. le Président, au nom de 
la Société entière, du signalé seiTice qu'il vient de 
rendre au Musée, en concluant une acquisition si pré* 
cieuse et depuis si longtemps désirée. « C'est, gr&ce à 
« son habileté à saisir l'occasion opportune et à sa 
« promptitude à aller droit au but, dit notre con- 
« frère, que M. de Brive a pu atteindre ce trës-heu- 
« reux résultat, qui marquera d'un nouveau fleuron sa 
« deuxième présidence. » M. de Vlnols profite de cette 
circonstance pour exprimer le souhait que les antiquités 
lapidaires du Musée soient promptement et scientifique- 
ment classées dans un ordre définitif. M. le Conserva- 
teur, qui a recueilli ces débris avec un zèle bien connu, 
au fur et à mesure de leur découverte , peut seul ac- 
complir cette tâche ; cette collection ne prendra réelle- 
ment toute sa valeur archéologique et tout son intérêt 
pour le public, que par ce classement. 

M. Âymard promet de s'en occuper très-incessam* 
ment. 

Ouvrages reçus. — M. Huzard, membre de la Société 
centrale d'agriculture de France, adresse un Manuel 
du petit éleveur de poulains dans le Percht, dont il 
est Tauteur. Ce petit traité (4}, sous une forme simple. 



(1) Un volamc in-l3, Pdrisj imprimerie et librairie d*agriculture de madame 
vcnve Bonchard-Hozarti, rue de l'^^pcron, 6. 



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38 RÉSUMÉ DRS SÉANCES. 

contient d'excellents conBeils pratiques sur le choix 
à faire des poulinières et des étalons, etsnr les soins 
à donner au\ jeunes poulains. îl se recommande d'au- 
tant plus k l'attention sympathique des agriculteurs de 
la Uaute-Loire, que le cheval percheron est, on le sait, 
celui que la Société a toujours préconisé comme con- 
venant le mieux à notre contrée par l'ensemble de 
ses qualités, ses aptitudes variées et la facilité de son 
entretien. 

Le Bulletin de la Société (Vémtdation de V Allier 
contient un compte-rendu très-intéressant des fouilles 
pratiquées par M. Bailleau , dans la Grotte des Fées 
de Châtelperron. C'est l'une des stations humaines le 
plus anciennement habitées : la présence de Thomme 
s'y trouve associée avec celle de YurstM spelmus 
et du mammoxUh, animaux les plus anciens de l'épo- 
que quaternaire. La caverne explorée a été pendant 
longtemps habitée, à en juger par les débris divers des 
faunes dont l'homme a fait sa nourriture ; on y ren^ 
contre trois époques successives marquées : 1*» par des 
animaux disparus du globe, uvsus spelœus, mammouth 
(elephas primigenius), etc. ; 2« par des animaux émi- 
grés, renne, chamois, etc. ; S'* par des animaux habi- 
tant encore la contrée, bœuf, cheval, etc. M. Bailleau 
n'a découvert, avec les ossements fossiles de ces diffé- 
rentes espèces, aucun ossement d'oiseaux ou de pois- 
sons, ni aucune espèce de coquillages; il n'a point 
louve non plus d'ossements humains entiers ou brises, 
d'où il conclut que l'habitant de la Grotte des Fées n'é- 
tait pas anthropophage. Les ossements d'animaux sont 



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MARS. 3§ 

les uns enliers, les autres brisés et rongés, d'autres 
sont brisés et roulés. Les ossements sont tous cassés de 
la même manière. M. Bailleau explique la présence 
des os roulés dans la caverne et celle d'un limon rou- 
geâtre qui les ensevelissait , par Taclion d'inondations 
répétées, et plus probablement par le voisinage d'un 
glacier contemporain. Parmi, ces divers débris ont été 
retirées des quantités considérables de silex, éclats, 
nuclei et instruments entiers, ainsi que plusieurs objets 
en os ou en ivoire travaillé, tels que pointes de flèches, 
deux dents, Tune de cerf, l'autre de renard, percées et 
ayant servi de grains de collier, etc. Le lieu d'où 
les habitants de la GroUe des Fées tiraient le silex qui 
leur servait à fabriquer leurs outils » couteaux, 
pointes et flèches, a été reti*ouvé par M. Bailleau, à 
Tilly, commune de Saligny, où existe un affleurement 
de silex d'eau douce en roches. 

Le même recueil contient un lexique patois du can* 
ton d'Escurolles, par M. Victor Texier. M. le Président 
rappelle que la Haute- Loire n'a été encore l'objet 
d'aucun travail de ce genre , moins heureuse que la 
Loire et le Puy-de-Dôme qui doivent & nos confrères 
MM. Pierre Gras et Francisque Mège, le Dictionnaire 
du patois forézien et les Souvenirs de la langue d* Au- 
vergne. 

Le Bulletin de la Société d'agriculture de la Lo-^ 
zh-e publie une notice sur les billets de confiance émis 
en 1792 par les communes de ce département. Les or^ 
cliives municipales du Puy possèdent un document of- 
ficiel ayant trait à la fabrication de ces billets ; c'est un 



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40 KKSUMK liES SÉANCES. 

procès-verbal dressé le 7 novembre 479^ par les ofli- 
ciers municipaux de la ville du Puy, pour constater une 
visite domiciliaire chez Lacombe, directeur de Timpri- 
merie dite de la Société typographique, dans le but de 
rechercher les planches servant à Timpression des 
billets de confiance et de les faire briser soils leurs 
yeux. Les communes, dont les billets s'imprimaient chez 
Lacombe, étaient : Rrioude, Grandrieu, Pradelles, le 
Monastier, Laivgogne, la Chaise-Dieu, Chdteauneiif, 
AurouT, Saint- Jean-Lafouilhouze, Pierre fiche, Arzenc, 
Saini-Geneys , Saint-Bonnet, Saint -Sauveur, Saint- 
Symphorien, Saint-Paulien, Saint-Flour-de-Mercoire, 
Fontaiines, Bannas (Bannassac?), le Sellier-de-Luc et 
Saint-Paul-le-Froid. Défense fut finie à Timprimeur 
d'imprimer à l'avenir aucun billet de confiance d'au- 
cuns départements sans, au préalable, être nanti d'une 
délibération des Conseils généraux des communes, visée 
par les directoires des administrations départementales. 

M. Charles de la Fayelte offre à la Société le pro- 
gramme des questions qui doivent être traitées par les 
diverses sections du Congrès des Sociétés savantes, 
dont la session doit s'ouvrir k Paris, sous la présidence 
de noire confrère, le o avril prochain. 

Sciences historiques. — M. Louis Balme, dans un 
n'^cent voyage à Paris, a visité le riche cabinet de 
M. Bancel où lui avait été signalée l'existence d'un an- 
cien tableau donné en ex-voto à Notre-Dame du Puy. 
Ce tableau est l'œuvi-e d'un des meilleurs peintres do 
l'école française primitive, Simon Marmier, de Valen- 



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MAHS. 41 

ciennes. Il représcnle la sainte Vierge, porlanl Tenfiml 
Jésus an bras; de chaque côté sont distribués vingt 
pei-sonnages agenouillés ou debout, dansTallitude de la 
prière, neuf à gauche, onze à droite. A gauche, sont fi- 
gurées les armes de la maison de Balzac d'Entragues : 
d'azur à trois sautoirs d'argent, au chef d'or à trois 
sautoirs d'azur; à droite, le blason de la maison de 
Graville : de gueules à trois fermoirs d'or. Cet ear- 
toto, probablement, a été une offrande collective de ces 
deux maisons alliées entre elles par le mariage d'un 
Graville, seigneur de Marcoussis, avec Marie de Balzac, 
soeur de Robert de Balzac, seigneur d*Entragues, au 
XV* siècle. M. Bancel a bien voulu promettre à 
M. Balme une photographie de ce précieux tableau. 

RÉGIME ÉCONOMIQUE. — M. lo Président douno lec- 
ture d'une circulaire adressée à la Société par la Com- 
mission de Tenquéte parlementaire sur le régime écono- 
mique. Un questionnaire très-élcndu suivra bientôt. La 
Société nomme une commission composée do MM. Al- 
bert de Brive, Chevallier-Balme, Chouvon, Lacombe- 
Tharin et Langlois pour entrer en rapport avec les 
chefs des diverses industries et recueillir les éléments 
des réponses qui devront être faites pour la Haule- 
F.oire. 

[rvDusTRiE ET COMMERCE. -— M. Clievallier-Balme, 
membre résidant, expose que, dans la séance du 6 dé- 
cembre dernier, il a fait hommage ii la Société d'une 
brochure qu'il a publiée sur le projet de loi relatif aux 
dessin.<( et modèles de fabrique, et que, dan.** sa solli- 



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H KÉSCMK DKS SEANCES. 

citude poor l'indoslrie denlellière de notre départe- 
menl, la Société l'avait chargé de lai fournir un rap- 
port analytique sur ladite brochure. 

M. Chevallier^Balme répond aujourd'hui au désir de 
la Société en donnant lecture de ce rapport qui, outre 
l'historique de la législation sur la propriété des dessins 
et modèles de fabrique, contient, au sujet du projet de 
loi, des considérations faisant ressortir la graye atteinte 
qu'apporterait à l'industrie dentellière l'application des 
art. 2, 3 (| 4«) et 6. 

En résumé, au nom des intérêts généraux de cette in- 
dustrie et de toutes celles qui se rattachent à la nou- 
veauté on général, broderie, passementerie, tulles, etc., 
M. Cheyallier-Balme demande : 

i'' Que la quotité des taxes à percevoir pour frais de 
garde et de conservation des dessins de dentelles, soit 
arbitrée par les tribunaux de commerce, conformément 
h l'esprit de la loi du 48 mars 4806; 

2» Que la durée du secret soit égale à celle du temps 
poi|r lequel le fabricant a voulu se réserver le droit 
d'exploitation exclusive ; 

3"" Enfin, que les fabricants de dentelles soient af- 
franchis des formalités indiquées dans Tart. 6 et de la 
déchéance prononcée par l'art. 4 4 . 

M. Chevallier expose qu'il est en conformité d'opinion 
avec un honorable fabricant de Mirecourl, M. Fourrier- 
Aubry, membre delà chambre de commerce des Vosges, 
qui, depuis lors, a publié aussi un mémoire sur cette 
importante question. 

Les idées émises par ces deux industriels ont, du 
reste, été l'objet d'une adhésion complète de la part de 



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MARS. 43 

la chambre syndicale des dentelles de Paris, présidée 
par notre honorable confrère, membre non-résidant 
de la Société, M. Ch. RobertFaure. 
Voici le texte même de celte délibération : 

GHAMBRR SYNDICALB DBS DBNTELLES , TULLES ET BRODERIES 
DE PAniS. 

Séance du 7 février 1870. 

M, Robert-Faure, président, donne lecture du rapport 
suivant, au nom de la Commission nommée par la Cham- 
bre : 



• Messieurs, 

« Dans la séance du 6 décembre 1869, vous avez nom- 
mé une Commission composée de six membres pour étu- 
dier un jyrojet de loi sur Us dessins et modèles de fabrique^ 
dont M. le Ministre de l'agriculture et du commerce a bien 
voulu donner connaissance à notre Cbam])re syndicale. 

< Cette Commission 8*est réunie et a fait l'honneur à 
votre président de le nommer son rapporteur. 

f Je viens donc , Messieurs , en celte qualité, vous sou- 
mettre le résultat du travail de votre Commission. 

<t Ce travail, nous devons le dire, nous a été d'autant 
plus facile , que deux de nos collègues des départements 
(MM. Fourrier- Aubry, de Mirecourt, et Chevallier-Ralme, 
du Puy) ont hlea voulu nous communiquer chacun leurs 
propres études fur ce projet de loi. 



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44 KKSUMK DKS SKANGËS. 

K Nous .sommes heureux, en les remerciant, île vous 
(lire, Messieurs, qu'il eût été difficile de mieux étudier ce 
projet et que nous avons adopté presque toutes leurs con- 
clusions, qu'il étaii impossible de mieux formuler. » 

Après l'exposé des vingt-trois articles du projet de loi , 
que le défaut d'espace nous empOche de reproduire, ainsi 
que les observations présentées pour chacun d'eux, au 
nom de la Commission, M. le Président termine son rap- 
port dans les termes suivants : 

Hésumé. 

« Gomme vous avez pu en juger par les diverses obser- 
vations qui ont été faites, au cours de cette étude, sur le 
projet de loi qui nous a été soumis , ce projet touche à de 
graves et nombreux intérêts, puisqu'il embrasse une foule 
d'industries, et notamment celles des dentelles, des tulles, 
de la broderie et de toutes les industries textiles, fil, laine, 
, coton, soie, purs ou mélangés, brochés, façonnés, etc., etc. 

« C'est donc avec la plus grande circonspection et une 
non moins grande réserve, que l'on doit se prononcer dans 
les avis et les observations à présenter. Toutefois, et pour 
notre part, après un sérieux examen, une étude conscien- 
cieuse et une complète abnégation, animés du seul désir 
d'être utiles aux industries que nous représentons, en ga- 
rantissant les droits et les intérêts de tous, nous nous 
sommes associés complètement aux idées si nobles et si dé- 
sintéressées de nos honorables confrères, MM. Fourrier- 
Aubry et Chevallier-Balme. 

« Ainsi que l'un d'eux l'a dit si judicieusement : 

« L'opinion publique et l'esprit de notre époque repous- 



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MARS. io 

« sent les obstacles qui paralysent le développement de no- 
a tre commerce, tels que les monopoles, les propriétés de 
a dessins ou de modèles indéfinies ou éternelles. » 

a Gomme lui, ot c'est notre pensée intime, nous sommes 
out disposés à entrer dans cette voie de louable progrès , 
afin d'impliquer à cette nouvelle loi son caractère le plus 
libéral, tout en la maintenant dans los limites d'une sage 
prudence. 

« En conséquence, nuu.s formons le vœu : 

1° Que la période de pro^ riété soit fixée à dix ans ; 

*2° Que la connaissance des infractions qu'impli([ue la 
nouvelle loi soit dévolue, uniquement, à la juridiction des 
tribunaux de commerce, laissant les faits délictueux de 
fraude à l'appréciation de la juridiction correctionnelle. 

« Toutefois, nous ne saurions trop nous élever contre les 
imprudentes modifications qu'indique le projet, c'est-à-dire 
l'exagération des taxes et l'obligation immédiate do la pu- 
blicité. 

« Nous avons suffisamment démontré tous les effets dé- 
plorables qu'elles amèneraient, eans présenter aucun avan- 
tage sérieux. 

« Nous e.spérons donc qu'il nous aura suffi de les signa- 
ler pour que nos observations et conclusions soient appré- 
ciées et prises en considération dans une nouvelle rédac- 
tion de ce projet de loi. » 

Ce rapport a été adopté à l'unanimité, et la Chambre a 
prié son Président de le faire parvenir à 8. Exe. le Ministre 
de l'agriculture et du commerce. 

M. le Président remercie, au nom de la Société, 
M. Chevallier- Balme de son intéressante communication. 



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46 KÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Agrigultuae. — m. de GhàlcauDenf donne lecture 
d'au travail snr Tatilité d'nne exposition permanente de 
machines et instruments agricoles pour la diiïusion, 
parmi les agriculteurs, des inventions et perfectionne- 
ments de Toulillage et du matériel spéciaux h Tagricul- 
tare. La Société nomme nne commission composée de 
MM. de Brive, de Châteauneuf, Chouvon, C. de la 
Fayette, Félix Robert et de Vinols, à l'efifet d'étudier 
les mesures à prendre pour la réalisation pratique des 
idées théoriques conçues par notre confrère. 

Persoivnel. — MM. Victor de Laprade, de l'Aca- 
démie française, et Anatole de Barthélémy, nommés 
récemment membres honoraires, adressent leurs le- 
mercîments à la Société. Nous nous faisons un devoir 
et un plaisir de reproduire la lettre de M. Victor de 
Laprade : 



Lyon, le 14 février 1870. 



Monsieur le Segrétâirb, 

Je m'adresse à vous pour faire parvenir à la Société 
d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy, l'ex- 
pression de ma reconnaissance pour l'honneur qu'elle a 
bien voulu me faire en m'attachant à elle. Ce sont de 
nouveaux liens d'aifection avec un pays qui m'était dojà 
cher par mes souvenirs do famille. Je serai heureux do 
les resserrer encore, toutes les fois que j'en trouverai 



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MARS. i7 

l'occasion. Je n'ai pu encore envoyer à la Société que 
deux de mes livres ; j'espère que tous les autres obtien- 
dront aussi une place dans sa bibliothèque et je ne tarde- 
rai pas à les lui offrir. / 

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire, l'expression 
de lous mes sentiments les plus distingués et de ma 
confraternité dévouée. 

Victor de LAPRADE. 

L*ordre da jour étant épuisé, la séance est levée à 
cinq heures el demie. 

Le Secrétaire,, 
Augustin CHASSAING. 



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SEANCE MENSUELLE 

DU LUNDI i AVBIL 

SOMMAIRE 

Lecture du procès-verbal. — M. de Saint-Poney, pn-fct de la H;iutc-Loire, 
membre de la Société d'agriculture. Communication des délibérations du 
Conseil municipal du Paj : 1« acquisition du tombeau de iaint Scuiairty 
deuxième évêque du Puy; 9* cession ii l'administration municipale des 
écoles industrielles de la ^ille du Puy. — Ouvmages rbços : Le Bulletin 
agricole dn Puy-de-Dôme : Concours d'animaux gras flxé k la fin du caiêroe; 
le Journal d'agriculture : La pomme de terre Marceau ; Annales de la So- 
ciété d'agriculture, scienceSf arts et commerce du Puy : Publication du 
XXX* volume. — Corrispondancb : Lettre de démission de M. de Morgues; 
kttre de remerciement de M. Cb. Robert, correspondant de l'Institut; lettre 
de M. Yinay, maire du Pny, otTrant trois médailles impériales au Musée et 
proposant, pour la bibliotbcque de la Société, l'acquisition de l'Histoire de 
France d'Henri Martin ; lettre du député M. le marquis de Latour-Mau- 
bourg, annonçant l'allocation annuelle accordée au concours de Fay*le-Froid; 
il cet efTet, comnfunication d'ui:e décision du Conseil d'administration, mobili- 
.'ant le concours promis, cette année, au Monastier; lettre de M. le Mi- 
nistre de l'Agriculture et du Commerce, annonçant une allocation de 1,000 (r. 
au concours d'animaux de boucberie au Puy; lettre de M. le Préfet, sollici- 
tant un rapport immédiat sur l'état des semailles de printemps; projet d'ar- 
quisiiion d'une nouvelle carte des Gaules ; prochain Concours régional et 
Congrès k Valence; lettre pastorale, pour le carême, de Mgr Le Breton^ 
ctèquo du Puy. — Oidrb du jour : Mesures discutées par le Conseil d'ad- 
ministration et présentées ii l'approbation de la Société. — Rapport de 
M. Joies de Vinols sur an projet de propagande d'instruments agricoles per- 
fectionnés. — Collation de la copie du manu6«rit de Cbabron. 



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AVRIL, 4^ 

Présidence de M. deBrive. 

M. le comle Léo de Saint- Poney, préfet du départe- 
ment de la Uaule-Loire et membre de la Société d'a- 
griculture, est invité à prendre place au bureau. 

Le Procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

M. le Président est Tinlerprète des sentiments de la 
Société en souhaitant, en quelques paroles chaleu- 
reuses, à M. le comte Léo de Sainl-Poncy la bienve- 
nue dans le département de la Haute- Loire. 

M. de Saint-Poney répond qu'il est touché des mar- 
ques de sympathie qui l'ont déjà accueilli et dans le 
département de la Haute-Loi le et dans le sein de la 
Société d'agriculture; qu'à double litre il vient prendre 
place au milieu de nous ; qu'il sera fier, comme mem- 
bre de la Société, de s'associer dans les limites de ses 
occupations et de ses éludes aux nombreux et sérieux 
travaux qui nous occupent, et heureux, comme admi- 
nistrateur du département, d'encourager nos eiïorts et 
de nous aider en toutes circonstances de son concours 
le plus dévoué. 

M. le Président communique à la Société deux déli- 
bérations récentes du Conseil municipal du Puy : 4« en 
échange de deux emplacements au cimetière du Nord, 
lui a été enfin cédé le sarcophage romain où le deu- 
xième évoque du Puy, SciUaire, fut enseveli, sarco- 
phage dont la Société, depuis si longtemps, avait désiré 
et tenté l'acquisilion. M. Aymard, conservateur des 

TOMK XXXI. i 



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50 RÉSUME DES SÉANCES. 

colleclioQS archéologiques da Musée est chargé de veil- 
ler à ce que le transport de ce précieux monument 
s'elîeclue proraptement et soigneusement. M. Louis 
Balme demande que la Société vote à M. le Président 
des remerciemcnls pour le résultat heureux de cette 
négociation h laquelle s'intéressaient vivement les fer- 
vents de notre histoire et de notre archéologie locales. 
2^ La Société d'agriculture avait créé les écoles in- 
dustrielles du Puy. Ce n'avait pas été une de ses moin- 
dres gloires et de ses moindres préoccupations des 
intérêts et de la prospérité de notre ville. Les écoles 
ont marché longtemps sûrement et brillamment. Mais 
de nouvelles et sérieuses améliorations sont comman- 
dées par le progi*ès des études, le legs Crowilier, le 
nombre des élèves et les exigences croissantes des arts 
professionnels. Malheureusement, les ressources modi- 
ques de la Société ne peuvent résoudre ces nécessités, 
et les ressources municipales sont seules capables de 
réaliser cette réorganisation dans l'enseignement gratuit 
de nos (Jcoles. Toutes ces raisons ont engagé le Conseil 
d'administration de la Société à s'entendre arec l'Ad- 
ministration municipale du Puy, afin qu'elle prît à sa 
charge les écoles industrielles. L'Administration muni- 
cipale pourra augmenter le nombre des professeurs et 
compléter, par exemple, renseignement de l'architec- 
ture, en instituant un cours pratique de troisième an- 
née. D'autres enseignements seront assurément adjointe 
à ceux déjà professés, et quant à la question d'améliora- 
tion matérielle, elle est d'urgence inévitable, et les 
écoles ne peuvent que gagner à cette cession comman- 
dée parleurs intérêts vrais. 



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AvniL. 51 

M. le Président a pris, vis-à-vis de rAdmiuistralion 
municipale, lonles les mesures nécessaires, afindecon- 
slaler le rôle de la Société jusqu'ici dans l'œuvre des 
l'i'ules. Mais, en principe, l'Âdministralion municipale 
n'a point voulu admettre que les directeurs fussent in- 
\iinahlemenl choisis dans le sein de la Société d'agri- 
cuUiuo, il cause des condils qui pourraient s'élever; en 
pratique cependant, il n'y a aura pas incompatibilité. 

xM. le Président fait remarquer qu'il en est ici pour 
l'œuvre des écoles comme il en a été jadis pour celle de 
la Caisse d'épargne du Puy. La Société d'agriculture 
Tavait fondée et soutenue dans ses débuts et son ac- 
croissement. Mais quand la Caisse d'épargne put fonc- 
tionner seule, la Société remit son œuvre en des mains 
spéciales qui devaient exclusivement s'occuper d'elle et 
la faire prospérer. 

Ouvrages reçus — Dans leBulleUn agricole du Puy- 
de-Dôme, M. le Président remarque que le concours 
d'animaux gras est, comme le nôtre, fixé à la fin du ca- 
rême, malgré les insistances du ministère qui l'eût désiré 
plus tôt, afin que les animaux primés dans nos concours 
départementaux pussent être ensuite présentés au con- 
cours de Paris. Mais il a été là-bas comme ici impossible 
d'obtempérer aux désirs du ministère, les engraisse- 
ments n'étant dans nos régions terminés qu'à la fin du 
carême. 

Le Journal d'agriculture, numéro du iO mars, con- 
litsul un article sur une nouvelle pomme de terre appe- 
lée -pomme» de terre Marceau et rapportée en France 



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52 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

en 1864. Cette pomme de terre, fort expérimentée de- 
puis son introduction, outre les qualités recherchées 
dans ce tubercule, est surtout remarquable par ses ren 
déments exceptionnels ; ellen, de plus, Tavantage de 
se conserver parfaitement en «ive où elle n'entre que 
fort tard en germination. 

M. le Président annonce que le XXX' volume 
des Annales , si impatiemment attendu , a enfin 
paru et est mis à la disposition des membres de la 
Sociélé. 

CoRUESPONDANGB. — Lettre de M. de Morgues à M. le 
Président contenant sa démission de membre de la 
Société d'agriculture. 

M. Charles Robert, correspondant de l'Inslitut et 
membre de la Sociélé des Antiquaires de France, re- 
mercie la Société d'agriculture d'avoir bien voulu 
l'admettre au nombre de ses membres, et offre à notre 
bibliothèque un exemplaire du l*' fascicule deTEpi- 
graphie de la Moselle publiée par lui en 4869. 

Lettre de M. Vinay , maire de la ville du Puy , 
adressant à M. le Président, pour être placées dans 
les collections du Musée, trois médailles, Tune en 
argent, les deux autres en bronze, données par S. M, 
l'Empereur à l'occasion du baptême du prince impérial, 
en 4856. 

M. le Président, en accusant réception de l'envoi, 
remerciera M. Vinay de cette nouvelle marque d'intérêt 
à nos collections. 

Seconde lellre de M. Vinay, informant M. le Pré- 



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AVBIL. -ïi 

sident qu'il trouve Toccasion d'acquérir, au prix do 
405 francs, pour la bibliothèque de la Société, un 
exemplaire de V Histoire de France d'Henri Martin, 
\% volumes in-8« bien reliés; que si M. le Président 
le jugeait opportun, l'acquisition en sei*ait faite au 
moyen du crédit de 300 francs accordés par la ville 
au Musée et laissés h la disposition de M. le Maire 
pour acquisitions et dépenses diverses de cet établis- 
sement. La Société accepte avec gratitude. 

Lettre de M. le marquis de Latour-Maubourg, dé- 
puté de la Haute -Loire, qui répond à une demande 
à lui adressée par M. le Président, afin de solliciter 
du ministère de Tagriculture l'allocation annuelle ac- 
cordée au concours de Fay-le-Froid pour l'améliora- 
tion de la race bovine du Mezenc. Il a été au ministère 
pris bonne note de la demande de M. de Latour- 
Maubourg, demande qui sera représentée lors de la 
répartition générale des encouragements anx Comi- 
ces et Sociétés agricoles, c'est-à-dire dans le courant 
du présent mois. ' 

M. le Président rappelle que, pendant plusieurs 
années , la Société d'agriculture a tenu h Fay-le- 
Froid un concours spécial pour l'amélioration de 
la race bovine du Mezenc. Mais d'autres points im- 
portants de la région se plaignaient d'être complè- 
tement déshérités du bénéfice de ces concours. C'est 
pourquoi, sur leurs réclamations, le Conseil d'ad- 
ministration a décidé que le concours se mobiliserait 
et se tiendrait alternativement dans les chefs-lieux 
(le canton avoisinnnt Fay où se produit la race du 
Mezenc. La ville du Monasticr, désignée pour l'an- 



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51 RRSUMK DES SÉANCRS. 

née 4870, a été mise en demeure de faire connatlre 
les ressources dont elle se proposait de disposer en 
cette circonstance. La ville du Monaslier a répondu 
et acceplé avec reconnaissance. Les communes du 
canton ont, à leur tour, volé quelques sommes et, 
M. de Latour-Maubourg a promis qu'il mettrait, comme 
par le passé et comme pour Fay, une somme do 
300 francs h la disposition des prix de bandes. 

Lettre de M. le Ministre de l'agriculture et du com- 
merce annonçant une allocation de 4,000 francs au 
concours d'animaux de boucherie tenu au Puy-en- 
Velay. 

Lettre de M. le Préfet de la Haute-Loire sollici- 
tant de H. le Président de la Société d'agriculture 
du Puy, un rapport immédiat sur l'état des semail- 
les du printemps. Il a été répondu qu'à la suite des 
rigueurs climatériques exceptionnelles des premiers 
mois de l'année 1870, l'apparence des récoltes en 
t^.rre se montre peu favorable. 

M. le Président donne connaissance à la Société 
d'une publication d'une carte des Gaules depuis les 
temps les plus reculés jusqu'à la conquête romaine, 
établie par la commission spéciale instituée au mi- 
nistère de rinstruclion publique, d'après les ordres 
de S. M. l'Empereur. Comme les travaux historiques 
et archéologiques récents sur le Velay lui ont per- 
mis de revendiquer une place plus accentuée dans 
la géographie gallo-romaine, M. le Président pense 
que l'acquisition de cette carte serait pour nous du 
plus haut intérêt; mais il propose, en amendement, 
qu'il en sçit fait au ministère la demande gratuite. 



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AVRIL. ' 55 

M. le comte de Saint-Poney, s'associant à la pensée 
(le M. le Président, promet qu'il usera de (oa.le sou 
iuflaence pour nous obtenir ce document géogi aphique. 

M. le Président fait connaître à la Société que le 
concours régional agricole de celte année doit se tenir 
à Valence, dans les derniers jours du mois d'avril. 

M. le Président a reçu, pour la bibliothèque de la 
Société, la lettre pastorale du carême de Mgr. Le 
Breton évéque du Puy, actuellement & Rome. 

Ordre du jour. — Il est donné lecture par M. Jules 
de Vinols, secrétaire, des mesures discutées par le 
Conseil d'administration et présentées à l'approbation 
de la Société. 

Communicalion des comptes par recettes et dépen- 
ses de Texercice 1869. 

Délibération du Conseil pour remettre eux mains 
de l'Administration municipale du Puy, les écoles 
industrielles de la ville, fondées par la Société d'a- 
griculLure, afin que des ressources plus larges per- 
missent les améliorations nécessaires dans le maté* 
riel et dans l'enseignement des écoles. 

Proposilion de rappeler, par la voie des journaux, 
la médaille qu'à l'occasion du Congrès géologique, 
la Société d'agriculture du Puy a annoncé devoir 
décerner au mémoire le meilleur sur une question 
de géologie locale. 

Décision du Conseil au sujet de la publication du 
Carlulaire de Chamalières, que se propose de publier 
M. Augustin Chassaing, comme complément de la 
collection des chroniqueurs du Puy. 



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56 RÉSIJMK DES SRANCRS. 

Détermination du Conseil concernant la table tri- 
cennale des annales de la Société, confiée à l'intel- 
ligence et au zèle de M. TAgent-comptable. 

Approbation par le Conseil d'administration d'une 
proposition de M. le Président sur Tacquisition de 
trois instruments agricoles perfectionnés : une mois- 
sonneuse Morgan, une faneuse et un râteau à che- 
val, Instruments devant servir à des essais publics. 

Adoption par le Conseil de quelques mesures de 
police, d'économie et d'administration. 

Les* délibérations du Conseil d'administration sont 
approuvées par la Société. 

Communication de la commission chargée d'étudier 
un projet de Société de propagande d'instruments 
agricoles perfectionnés. Cette communication a été 
faite pjir M. Jules do Vinols, baron de Montlleury, 
rapporteur. 

Rapport fait au nom de la Commission chargée d* examiner 
la proposition de créer une Société de matériel agri- 
cole, 

Messirurr , 

Un de nos honorables collègues, dans deux rommu- 
nii'ations lues aux séances du 6 décembre 1869 et du 
7 mars 1870, vous a entretenus de l'avantage qu'il y 
aurait à établir parmi nous, sur le modèle qui a été 
fait dans le département de la Sarthe. une Sociéto do 
malériel agricole. 



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AVRIL. 0/ 

Cette proposition vous a paru mériter une attention 
sérieuse, et une commission a été nommée pour l'é- 
tudier. C'est le résultat de cette étude et les conclu- 
sions prises en conséquen ce, que je viens vous trans- 
mettre aujourd'hui. 

La commission, composée de cinq d'entre nous, y 
compris l'auteur de la proposition, s'est réunie, le 12 
de ce mois, sous la présidence de M. de Brive. Elle 
a d'abord invité M. de Châteauneuf à préciser d'une 
manière exacte les bases de l'organisation et le mode 
d'opérer de la Société proposée; il est établi par les 
explications fournies, que la Société de la Sarthe, fon- 
dée pour propager l'usage des machines agricoles, se 
compose d'un nombre illimité de souscripteurs, savants, 
fonctionnaires, agriculteurs^ praticiens ou tous autres 
amis de l'agriculture, assujettis à une cotisation an- 
nuelle de dix francs environ ; le nombre des associés 
est aujourd'hui de 230. 

La Société a un bureau composé d'un président, d'un 
secrétaire et d'un conservateur. Ce sont les Ingénieurs 
des ponts et chaussées qui remplissent ces fonctions. 
Elle obtient de l'Etat et du département des subven- 
tions annuelles qui s'élèvent à 1,200 francs, et dont le 
chiffre, ajouté à celui des cotisations, donne en caisse 
annuellement 4,600 francs, c'est le fonds de roulement 
des opérations. 

Bon but, nous l'avons dit, c'est la propagande des 
machines agricoles. 

Ses moyens d'action sont la mise en dépôt, dans ses 
magasins, par les constructeurs et fabricants de celles 
des machines jugées par elle les plus utiles à l'agri- 



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i)H HKSUMÉ DRS SÉANGBS. 

culture; par ses soins, la vente en est faite aux agri- 
culteurs et, sur le prix de vente qii*elle reçoit et trans- 
met aux fabricants , elle prélève un droit modéré de 
commission. 

Pour ceux de ces instruments ou machines réputés 
plus généralement utiles ou dont le dépôt lui est re- 
fusé par les constructeurs, elle en fait Tacquisition à 
ses frais et les loue aux agriculteurs, moyennant un 
prix de location qui, par semaine, est en général du 
dixième dur prix d'achat. 

Elle a, chaque année, (rois réunions publiques consa- 
crées à Texposition, Texpérimentation et la vente des 
machines et instruments. 

Telle est la nouvelle institution agricole qui nous est 
proposée. 

Notre commission, pour se prononcer sur son opportu- 
nité, a examiné sérieusement les avantages qu*on pour- 
rait en attendre et les inconvénients qu'elle pouvait 
présenter. 

Pour mesurer l'étendue de ces avantages, il fiàut me- 
surer retendue du champ que la nouvelle institution 
aurait la prétention d'exploiter; il est vaste, sans doute, 
Messieurs, immense en théorie, mais dans la pratique, les 
conditions locales de l'agriculture de notre pays en rédui- 
sent singulièrement l'étendue. Il faudrait, en elTet, fermer 
les yeux à la lumière pour ne pas voir que le morcelle- 
ment de la propriété qui, chez nous plus qu'ailleurs 
encore, va croissant d'une manière illimitée, et les 
irrégularités plus ou moins prononcées de notre sol sont 
des obstacles redoutables à la généralisation, dans notre 
département, de l'usage des principales machines agricoles» 



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AVRIL. 59 

Toutefois, pour prévenir en môme temps et les es* 
pérances trompeuses et un découragement stérile, la 
commission a cherché à se rendre un compte exact du 
degré d*appropriation individuelle en quelque sorte de 
chacune de ces machines aux besoins de Tagrioulture 
dans la Haute*Loire. 

Cet examen a porté sur les types suivants : 

Les moissonneuses 

Les faucheuses. 

Les faneuses. 

Les extirpateurs, scarificateurs. 

Ijes houes à cheval. 

Les herses. 

Les coupe-raoines, dépulpeurs» etc. 

En ce qui regarde les machines de premier ordre, 
comme les moissonneuses et les faucheuses, dont le 
prix est élevé, qui, pour bien fonctionner, exigent gé- 
néralement la force de deux chevaux, qui ne peuvent 
tHre employées que sur un sol horizontal ou d'une très- 
faible pente et en bon état d'épier rement, la commis- 
sion a été unanime à reconnaître qu'il n'y avait dans 
le département qu'un nombre très-limité d'exploitations 
agricoles placées dans les conditions exceptionnelle- 
ment favorables signalées plus haut, et permettant 
l'usage de la moissonneuse et de la faucheuse. La 
commission, il est vrai, s'est divisée dans l'appré- 
ciation qu'elle a faite du résultat utile, au point de 
vue général, de cet emploi fort limité des machines de 
te genre dans notre département : la minorité a pré- 



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60 HKSLTMÈ DKS SRAIHGES. 

tendu que, ([uelque limilé que fût l'usage de cos ma- 
chines, réconomie de main-d'œuvre réalisée serait ap- 
préciée par la masse des agriculteurs; tandis que la 
majorité a pensé, au contraire, que cette économie serait 
presque insignifiante eu égard à l'énorme disproportion 
qui existe et existera probablement toujours dans notre 
pays, entre le nombre des agriculteurs moyens et 
petits et celui des grands agriculteurs. 

Un relevé statistique séiieux du nombre des exploi- 
tations agricoles, susceptibles d'occuper utilement les 
grandes machines, peut seul résQudre la question. Ce 
relevé a été fait lors de l'enquête agricole, et il donne 
une majorité énorme aux petites et moyennes cultures 
comparées aux grandes. L'on doit ajouter que ce qui 
s'est passé jusqu'ici donne de fortes présomptions en fa- 
veur de l'opinion de la majorité. En effet, il semble 
à peu près .prouvé qu'il n'y a pas plus de trois ou 
quatre exploitations pourvues de moissonneuse et de 
faucheuse , et encore est-on porté à croire que ces 
machines sont souvent en chômage, aux époques où 
elles devraient fonctionner. Cependant on ne peut nier 
que l'agriculteur ne soit assez bon juge quand il s'agit 
de ses intérêts ; il y a aujourd'hui moins d'aveuglen 
volontaires qu'on ne le pense, et on doit sagement ad- 
mettre, jusqu'à preuve contraire, que s'il y avait, môme 
pour les exploitations agricoles d'une étendue au-dessus 
de la moyenne, une économie de main-d'œuvre suffi- 
sante pour couvrir les frais d'amortissement, d'entretien 
et de mise en train de ces machines, leur nombre 
ne .«serait pas en quelque sorte nul, comme il paraît 
l'être aujourd'hui ; car on ne saurait supposer que par- 



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AVRIL. 01 

mi les agriculteurs importants de notre [)ays pouvant 
acquérir et utiliser ces machines, il y en ait un seul 
qui isnore leur existence ou n'ait pas toutes les facili- 
tés pour se les procurer. 

L*accueil fait aux batteuses mécaniques vient à Tap- 
pui de cette appréciation ; bien que d'un prix assez 
élevé et exigeant un moteur puissant, ces machines se 
sont répandues parmi nous dans une proportion encou- 
i-ageante pour l'avenir; et le temps, en amenant pour 
elles des perfectionnements successifs, les popularisera 
chaque jour davantage. 

Pour les machines ou instruments d'un rang secon- 
daire comme les faneuses, le» râteaux à cheval, extirpa- 
teurs, coupe-racines, etc. etc.» les mêmes observations 
sont applicables à la proportionnalité étu!)lie entre leurs 
aptitudes agricoles, si Ton peut parler ainsi, et les 
conditions requises pour en faire une utile et géné- 
rale application à l'agriculteur dans la Hauto-Loire. 

Après avoir ainsi sommairement précisé avec une 
sage réserve, sans illusion comme sans méfiance, les con- 
ditions générales et locales que l'agriculteur impose à la 
vulgarisation des machines dans notre département, 
votre commission s'est demandé si cette propagande 
avait été méconnue ou négligée par vous jusqu'à ce 
jour, et si, pour suppléer votre indifférence ou votre 
tiédeur, il était utile, nécessaire môme de constituer 
une Société spécialement appliquée à cette œuvre sur 
dei bases, sinon contradictoires, du moins opposées, à 
celles .sur lesquelles est fondée notre Société d'agricul- 
ture. 

Votre commission ne le pense pas, Messieurs, car si 



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62 RÉSUMK DKS SKANCKS. 

elie a regardé vers l'avenir, et mesuré avec prudence 
la carrière à fournir par la Bociété nouvelle spéciale 
qui noas est proposée, elle a aussi regardé le passé, et 
reconnu toutes les réalités bienfaisantes pour l'agricul- 
ture accomplies par vous et vos devanciers ; elle re- 
garde aussi le présent et Toit que rien de ce qu'il était 
possible de faire n'a été omis, négligé, et que partout, 
dans l'agriculture comme ailleurs, notre Société a pris 
une vive et féconde initiative. 

Ainsi, le Conseil d'administration, dans sa séance du 
26 février 1869, a décidé l'acquisition d'une faucheuse, 
d'une ianeuse et d'un râteau à cheval. 

La sollicitude de la Société toute entière s'est plusieurs 
fois portée sur la question si intéressante du fauchagt^ 
des blés. Votre conservatoire d'agriculture, à peine créé, 
présente déjà une collection d'instruments fort intéres- 
sante. Les charrues perfectionnées, ce pain quotidien et 
universel de l'agriculture, qu'on me passe cette exprès* 
sion , sont demandées avec un empressement de plub* 
en plus vif, de tous leâ points du département ; tout té- 
moigne que vous avez fait jusqu'ici le possible et tout le 
possible. 

Toutefois, pour donner une impulsion nouvelle et plus 
vive encore à la propagande des machines et instruments 
agricoles , votre commission a pensé qu'il serait utile de 
prendre dans le sein de la commission i^ermanente des 
primes une sous-commistion composée de cinq membres , 
spécialement chargés des attributions suivantes : 

!• Etudier celles des machines agricoles le plus utile- 
ment et le plus généralement applicables à l'agriculture de 
la Haute-Loire ; 



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AVRIL. 63 

2o Soumettre au Conseil d'admiiiistratiou les projets 
d'acquisition de ces machines ; 

3° Faire, aux épo(|ues convenables, les démarches et 
dispositions nécessaires pour leur essai en public. 

Dans ces conditions, notre Société d'a^çriculture reste 
pour l'avenir, comme elle l'a été dans le passé , le centre 
de toutes les forces intellectuelles de notre [jays, réunies 
dans un effort commun pour Taccomplissenient du bien 
sous toutes ses formes, et les succès du passé sont pour 
elle un gage assuré de ceux que lui promet l'avenir. 
Le 4 avril 1870. 

Le Rapporteur de la Commùsion , 
Bon j. de VINOLS. 

La Sociélc, après une courte discussion, adopte 
les conclusions 'de ce rapport. 

M. le Président annonce à la Société que la copie du 
manuscrit de Chabron vient d'ôlre collalionnée par 
M. Lascombe, notre collègue. La Sociélé vole h M. Las- 
coinbe de sincères remerciements pour ce travail long 
et ingrat. 

A 6 heures, la «énnco e^l lovéo. 

Le Secrétaire- adjoint, 
Aimé GIRON. 



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SÉANCE MENSUELLE 

DU LUNDI i MAI 



SOMMAIHK 

Lecture du prucc^- verbal. — Muséi : Dons par MM. Coloiub, Emile Tuja, de 
GlioamonroDX, le P. Basilide Ra-Khidi, Emmanuel Grellet, Giiuhert, Pe~ 
louze, Lascombe, ChaniaL — Acquisitions : Basandale; plaque obituaire; 
monnaies d'arg«nt ; lampe et cuiller anciennes ; pierres sculptées ; transport 
du tombeau de saint Scutairc. — Oijvragks »bços : Journal d'agriculture 
pratique : Avantage des petits fermages; opinions pour et contre de M. Lan- 
glois et de M. de Montalet-Alais ; Journal ie l'agriculture : Spécifique 
contre la flètre apbtheuse; Bulletin de la Société d'agriculture de la Lo- 
zère : Etude sur les dolmens; Mémoires de la Société littéraire de Lyon : 
Notice historique (ùr le château, la chapelle et les seigneurs de CbâtiUon 
d'Aïergucs; Mémoires de la Société impériale d'agriculture, sciences et arts 
de Douai : Notice sur les établissements religieux de Douai, présentée comme 
modèle d'un travail local du mfmc genre ; Tablettes historiques de la Hante- 
Loire : Recueil mensuel historique, publié au Puy-on-Velay. — BiDLiOTsfcQUB : 
Dons de M. Joacbim Barrande; de M. le baron de Sartiges d'Angles; de 
M. Michel Cobendy. — Agricultcrb : Concours d'animtux de boucherie. — 
Lettre de M. le Président k la commission d'enquête parlementaire — Lettre 
de M. J. Ruolz contre remploi de la machine dite moissonneuse; sursis à 
son acquisition. — Pirsonnel : Mort de M. Anatole Dauvergne, membre 
non>résidant ; proposition de Tacquisition de ses dessins et de ses tableaux. 
— Nomination au litre do membre« con-résidants, de MM. le baron de Sar- 
tiges d'Angles, Michel Cohendy, des R. P. Garucci et Fll<i. 



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MAI. 65 

Présidence de M. de Brive. 

M. le Vice-Secrétaire donne lecture da procès-verbal 
de la séance d'avril dernier, lequel est adopté. 

Dons au Musée. — M. Aymard signale à l'attention 
de la Société un cippe romain en grès très-dur, offert 
au Musée par M. Colomb, maire de Beaulieu, sur la 
demande de nos confrères, MM. Chabanes et Lascombe. 
Ce cippe, évidé en coupe ou cratère à son sommet et 
offrant, à sa face anlérieure, l'image sculptée du dé- 
funt, servait de bénitier dans l'église de Beaulieu. 

M. Aymard met aussi sous les yejfx de la Compagnie 
les objets suivants recueillis pour le Musée : 

4<> Un busaudale en fer, déterré avec des tuiles ro- 
maines dans un champ^silué au chemin de Vais, sul: 
l'emplacement où notre confrère, M. Béliben, inspec- 
teur d'Académie, fait construire une maison. Donné au 
Musée par M. Reymond, entrepreneur , au nom de 
M. Béliben; 

2* Une petite plaque carrée en marbre blanc, pro- 
venant de la Chaise-Dieu, sur laquelle est gravé, en 
lettres onciales très-élégantes, Vobù d'un hôte de 
rabbayo : -f Xllll K(a)L(endas) AV(n)L(is) Oïi(iit) 
Il F(rate)R MXRTil^(us) DE MlSE(ris?) \\ BONUS 
HOSPES C(onvent)l]S S(an)C(ù)i J{(obert)L Cette 
inscription parait dater du treizième siècle ; elle faisait 
partie de la collection de feu l'abbé Grivel, d'Amberl. 
Acquise par la Société ; 

30 Un plat en faïence ancienne sur le fond duquel 
est peint un aigle ; un vase à fleurs de la fabrique de 



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66 RÉSUME DES SÉANCES. 

Clermont-Ferrand et un médaillon en marbre. Dons de 
M. Emile Tuja ; 

4^ Sept objets ethnologiques donnés par un jésoile 
nègre, le P. Basilide Ra-Khidi, de Madagascar, en ce 
moment à Vais ; 

50 Les blasons coloriés de trois anciennes familles 
de la Haute-Loire, offerts par M. Emmanuel Grellel, 
étudiant en droit. 

M. Aymard informe l'Assemblée qu'ayant eu l'occasion 
d'aller à Saint- Julien-Chapteuil, — pour y constater les 
soins exceptionnels que l'honorable M. Mathieu, maire 
de cette commune, donne à Torganisation du dépôt de 
ses archives, —il awçu, pour le Musée, deux pièces ar- 
chéologiques intéressantes. La première est un écusson 
sculpté sur pierre qui porte une croix chargée de cinq 
lions rampants. Il a été donifé par M. Gimbert, pro- 
priétaire à Saint-Julien. La deuxième est une matrice de 
sceau en cuivre aux armes et au nom des <f maîtres chirur- 
giens du Puy. » M. Pelouze, percepteur, qui Ta décou- 
verte à Chapteuil , s'est empressé de Toffrir au Musée. 

M. Ernest de Clioumouroux, maire d'Yssingeaux, a 
fait offrande au Musée d'un petit tableau en paille re- 
présentant en relief une Sainte Famille, d'après une 
peinture attribuée à Annibal Carrache. Cette œuvre 
d'art, qui porte au revers le nom de Roland, est due à 
un artiste du Puy, connu par d'autres productions du 
même genre. Ce tableau provient de l'abbaye de la 
Séauve, ainsi que divers outils qui avaient servi à 
la fabrication d'objets en paille et que M. de Chou- 
mouroux a donnés également & nos collections. 

Notre confrère, M. Aymard, a acquis huit monnaies 



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MAI. 67 

d'argent, partie d'un petit trésor trouvé près d'Ëspaly, 
par suite de la construction d'un pont sur la Borne, 
pour le seiTice du chemin de fer. Elles sont du roi 
Jean, du pape tnnocent VI, etc. 

Un vase en terre cuite de forme ancienne a été 
trouvé au Puy, dans la démolition d'une vieille mai- 
son emportée par Télargissement de la rue Panes- 
sac; M. Aymard Ta acquis pour le Musée, ainsi qu'une 
cuillère en cuivre provenant du château de Lavoûte- 
sur-Loire. 

« Notre confrère appelle ensuite Tatlention de TAssem- 
blée sur un certain nombre de petits moellons cubiques 
qu'il a recueillis, d'après les indications de M. Hector 
Falcon, dans les décombres d'une maison de la rue de 
Verdun, au quartier de Pouzzarot. Ils sont exactement 
de même pierre volcanique, de mêmes formes et di- 
mensions que ceux attribués à l'époque romaine et 
qu on avait rencontrés, en grande abondance, dans 
les murs de la primitive église Notre-Dame. Leur 
présence en cet endroit fait croire qu'ils provien- 
draient de quelque antique édifice dont les matériaux 
auraient été réemployés, peut-être sur place, à des 
constructions postérieures. C'est un indice qui doit en- 
gager à rechercher les substructions antiques pouvant 
exister encore dans le sol du môme quartier. 

De la même maison, on a extrait une pierre qui 
était placée au-dessus de la porte d'entrée et qui otTre 
un écusson armorié ainsi que des morceaux de co* 
lonnes à chapiteaux sculptés du moyen âge. 

Enfin, M. Aymard fait remarquer plusieurs belles 
pierres sculptées, avec mascarons et rosaces, dans le 



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68 RÉSUME DES SÉANCES. 

Style du dix-septième siècle et qui provienueut des 
démolitions de maisons dans la rue Panessac. 

Notre confrère, M. Lascombe, dépose diverees em- 
preintes de cachets, entr'autres de celui des dames 
religieuses de Sainte-Claire du Puy. 

M. Chanial, membre correspondant à Cayres, a trans- 
mis une amulette en pierre siliceuse rougeàtre, trouvée 
dans sa propriété et qui parait se rapporter à un âge des 
temps préhistoriques. 

M. le Président exprime les remerctments de la So- 
ciété pour ces dons intéressants. 

M. Âymard annonce que le tombeau de saint Scutaire 
a été, le mois dernier, transporté au Musée par lés 
soins de TAdministration municipale, et placé provisoi- 
rement dans le vestibule, où il peut être examiné et 
étudié sous toutes ses faces. L'isolement de ce tombeau 
a permis à notre zélé confrère d'étudier, sur Tun de 
ses côtés, au centre de la rosace sculptée qui l'orne, un 
oculus ou évidement ajouré. D'après ce qu'il suppose, 
— et diverses données archéologiques confirment cette 
conjecture, — cette ouverture, faite postérieurement à 
l'emploi primitif du sarcophage romain, avait pour 
but de mettre les dévots en communication directe avec 
les reliques des saints renfermées dans le tombeau et 
de recevoir les offrandes. La présence de ce beau 
monument dans notre Musée y attire, chaque diman- 
che, une affluence considérable de visiteurs, curieux 
d'admirer ce précieux débris de l'art romain et de l'an- 
liquité religieuse du Puy. 

Ouvrages reçus. — Le Journal d'agriculture pra^ 



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MAI. ; 69 

éiqtte contient an article sur les avantages des petits 
fermages. Préoccupés des difficultés toujours croissantes 
de la grande culture, en présence de la dépopulation 
des campagnes par la diminution des naissances et Té- 
migration dans les villes, de Taugmentalion des salaires 
disproportionnés avec les prix des gains, de la tendance 
des travailleurs à se mettre en grève aux moments les 
plus critiques pour Tagriculture, nombre de bons es- 
prits se demandent si la gi-ande propriété peut, dans un 
avenir prochain, avoir d'autres ressources que le fer- 
mage, non pas le grand fermage sujet aux mêmes em • 
.barras pour la culture, mais le fermage partiel, le pe- 
tit fermage limité à15 hectares au plus et mis ainsi à la 
portée d'une seule famille, sans avoir recours à des 
ouvriers étrangers. Ce système, préconisé par les uns, 
est déconseillé par les autres. 

M. Langlois rappelle que M. Ch. Calemard de la Fayette 
Ta appliqué à Senillac, en établissant de petites exploi- 
tations rurales autour de son domaine, et en a constaté 
les heureux effets. M. de Montalet-Âlais objecte que son 
expérience personnelle lui a fait supprimer, dans ses 
propriétés, le petit fermage, comme entraînant des frais 
de maisonnage et d'entretien beaucoup trop onéreux. 
M. le Président fait observer que les avantages ou les 
inconvénients de ce système de culture ne peuvent pas 
être absolus et dépendent de la différence des contrées 
et des circonstances particulières; il ajoute que la di- 
vision de la propriété en petites cultures s'oppose à 
remploi des instrume'nts agricoles économiques et ne 
facilite pas le développement et l'entretien des belles 
races de bestiaux. 



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70 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

LeJotcrnal de V agriculture, de M. Barrai, signale 
un spécifique pour combattre la fièvre aphtheuse. Cette 
affection épizootique el contagieuse a pour siège, comme 
on le sait, la langue et les gencives des animaux, soit les 
mamelles et trayons, soit les pieds dans l'espace inter- 
digité ou au point d'union de la peau avec la corne sur 
le bourrelet ; elle consiste en ampoules remplies d'ui) 
liquide laiteux et de mauvaise odeur. La maladie dure 
de quinze à vingt-cinq jours ; elle est rarement mortelle, 
mais elle n'en cause pas moins de grandes pertes au cul- 
tivateur en interrompant ses travaux et entravant la 
production de la graisse et du lait. Jusqu'ici, on n'avait 
indiqué aucun remède susceptible d'abréger sa durée et 
de la rendre bénigne: M. Adenot, agriculteur vétéri- 
naire à Montchanin (Loire), recommande comme spéci- 
fique l'emploi d'une eau phéniquée, composée d'un mé- 
lange de 70 grammes d'acide phénique dans un litre 
d'eau, dont on lolionne avec une éponge ou de Tétoupe, 
et deux fois par jour, les parties malades ou ulcères 
de la bouche de l'animal. Quand le mal réside aux on- 
glons, la dose d'acide phénique doit être portée à 420 
grammes par litre d'eau. Les étables infectées doivent 
en môme temps être purifiées au moyen de bens^ine ou 
d'huile de schiste placées dans des assiettes; ces pro- 
duits pyrogénés, en s'évaporant, détruisent les germes 
qui, entraînés dans l'air, pourraient frapper les éta- 
bles voisines. 

M. le docteur Martel fait observer que , depui.<i 
quelque temps, on est trop 'disposé à faire, en 
agriculture, de l'acide phénique une sorte de panacée 
universelle ; il exprime le désir que les vétérinaires du 



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MAI. 71 

Puy» et notamment notre confrère, M. Gire, soient in- 
vités k expérimenter le remède indiqué, afin d'en véri- 
fier l'efficacité. 

Le Bulletin de la Société académique de la Lo- 
zère contient une étude sur les dolmens de ce départe- 
ment, par M. de Malafosse, qui les envisage sous le 
rapport de leurs formes, de leurs dispositions inté- 
rieures et des objets qui y ont été trouvés. La conclusion 
de Tauteur, tirée des nombreuses feuilles qu'il a faites, 
est que les dolmens étaient des tombeaux des âges 
préhistoriques de la pierre et du bronze. 

Les Mémoires de la Société littéraire de Lyon pu- 
blient une notice historique sur le château, la chapelle 
et les seigneurs de Châtillon d'Azergues, par M. Va- 
chez. Cette monographie est très-complète et fort inté- 
ressante; des documents originaux y sont ajoutés 
comme preuves. Ce travail peut servir de modèle à ceux 
du même genre dont tant de nos vieux châteaux du 
Velay pourraient être l'objet. 

Les Mémoires de la Société impériale d'agriculture, 
sciences et arts de Douai renferment une notice sur les 
établissements religieux du clergé séculier et régulier 
qui ont existé à Douai avant la Révolution , par 
M. l'abbé Dancoisne. M. le Président, en signalant cette 
élude à l'attention delà Société, fait remarquer que la 
ville du Puy, qui compte tant d'institutions religieuses, 
ne possède pas encore un ti*avail de ce genre. £1 exprime 
le souhait qu'une pareille œuvre tente la patience et 



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72 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

le zèle d*un éradit; les matéri&ux qni en rendraient 
Texécution facile, existent en grand nombre dans nos 
dépôts d'archives, et principalement aux archives dé* 
partementales. 

M. le Président dépose sur le bureau le premier nu- 
méro des Tablettes historiques de la Haute-Loire; ce 
recueil mensuel, publié par M. Marchessou, imprimeur 
au Puy, est h la fois une œuvre de palriolisme et de 
science, qui a droit à toutes les sympathies de la So- 
ciété. Des membres de notre Compagnie sont inscrits 
sur la liste des collaborateurs. On peut en attendre 
sûrement une impulsion nouvelle aux travaux sérieux et 
aux recherches fécondes. M. le Président, au nom de la 
Compagnie, souhaite à cette revue succès et longue vie. 

Dons a la Bibliothèque. — Notre savant confrère 
et compatriote , M. Joachim Barrande, membre hono- 
raire, adresse deux nouveaux volumes de son grand et 
magnifique ouvrage sur les fossiles du terrain silurien 
de la Bohême. 

M. Chassaing offre : l** de la part de M. le baron de 
Sartiges d'Angles, membre de TAcadémie des sciences, 
belles-lettres et arts de Clermont- Ferrand, une bro- 
chure intitulée : Traite' iiiter venu entre les sires de 
Mercœur et le Chapitre noble de Brioude, en 4M4 ; 
et 2* au nom de M. Michel Cohendy, archiviste dépar- 
temental du Puy-de-Dôme, cinq notices sur la Valeur 
des manuscrits au moyen âge et la coutume d'en- 
chaîner les livres sur place; sur Vimportance histo- 
rique des anciennes minutes des notaires; sur les 



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MAI. 73 

Entreprises de dessèchements des lacs et marais dans 
la généralité d'Auvergne, et sur la Papeterie d'Au- 
r>ergne avant 4790 et les marques de fabrique des pa- 
peteries d'Ambert. 
Remerctmcnts aux donateurs. 

AcRiccLTunE. — M. le Vice-Secrétaire donne lec- 
ture de son rapport au nom du jury du dernier concours 
d'animaux de boucherie. 

M. le Président annonce qu'il a transmis à la Commis- 
sion d'enquête parlementaire les réponses délibérées 
par la Commission de la Société au questionnaire agri- 
cole; il a accompagné cet envoi de la lettre suivante : 



Ije Puy. le lî avril 1870. 



Monsieur le PnésiDENT. 

J*ai l'honneur de vous retourner le Questionnaire agri- 
cole que vous m'avez adressé, avec les réponses qui ont été 
données, à la suite d'une longue délibération, par la So- 
ciété départementale d'agriculture du Puy. 

Il me paraît en résulter que l'opinion très-précise de la 
Société est que l'introduction des céréales étrangères dans 
le Midi, favorisée par le régime économique inauguré en 
1860, maintient dans le Midi et le centre de la France le 
cours moyen des blés à un prix notablement inférieur. A C9 



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74 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

prix, les populations agricoles n*ont plus intérêt à la pro- 
duction des céréales. II est évident, dès lors, que cette pro- 
duction doit tendre à diminuer et unir par disparaître. 

L'économie que donnera l'emploi des machines écono- 
miques compensera peut-être la sur-élévation continue des 
prix de la main-d'œuvre, mais ne suffira jamais pour ren- 
dre rémunérateur le prix de vente actuel des céréales, prix 
qui tend toujours à diminuer, lorsque celui de tous les au- 
tres produits tend constamment à augmenter. 

En présence de ces faits incontestables, le Corps légis- 
latif me parait principalement appelé à examiner la ques- 
tion de savoir si la France a intprêt à conserver ou à aban- 
donner la culture des céréales. Dans le premier cas, il doit 
arrêter, par des mesures efficaces , l'importation immodé- 
rée des céréales étrangères, et, dans le second cas, main- 
tenir les tarifs de 1861. 

Je suis avec respect, Monsieur le Président, 

Votre très-humble serviteur. 

Le Président de la Société d'agriculture, 
sciences, arts et commerce du Puy^ 

De BRIVE. 



Noire confrère , M. de Vinols, coraraunique une let- 
tre de M. le marquis de Ruolz qui lui signale les incon- 
vénients nombreux de la machine dite moissonneuse, 
dont Tachai avait paru désirable pour la Société. Ces 
inconvénieDis sont : complication du mécanisme, imper- 
fection du sciage des tiges et dans la disposition de la 



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MAI. ' 7o 

javelle, et enfin extrême fragilité, vice d'autant plus 
redoutable qu'on est plus éloigné des points de fabrica- 
tion, ce qui, par suite de l'interruption du travail à une 
époque où la main-d'œuvre est rare, disséminée et exi- 
geante, peut entraîner, sous l'influence des chaleui*s et 
des orages, une notable diminution et même Fanéan- 
tissement de la récolte. Ces critiques, d'un agriculteur 
aussi autorisé que Test M. de Ruolz, sont trop graves 
pour n'être pas prises en sérieuse considération. 

M. le Président annonce qu'il sera donc sursis à l'ac- 
quisition d'une moissonneuse, dont le prix d'ailleurs 
est important, puisqu'il s'élèverait à 500 fr. au moins. 
Un râteau à cheval et une faneuse seront seuls achetés 
ftoui: servir aux expériences de la Société. 

Personnel. — M. Chassaing fait part à la Compagnie 
du décès de M. Anatole Dauvergne, peintre d'histoire, 
chevalier de la Légion -d'Honneur, membre du Comité 
des travaux historiques, qui était, depuis longues an- 
nées, affilié à notre Société comme membre non 
résidant. Artiste de talent et d'un rare savoir archéo- 
logique, M. Dauvergne a dirigé la décoration poly- 
chrome de l'église Saint -Paul d'Issoire et de la 
Sainte Chapelle de Riom. Il avait, à plusieurs reprises, 
séjourné au Puy, dont la disposition pittoresque l'avait 
séduit. C'est à lui que l'on doit la découverte des pein- 
tures murales de la chapelle Saint-Michel ; il en avait 
relevé les dessins et entrepris la restitution. Ce travail 
considérable, qui comprend vingt-six feuilles, méri- 
terait d'être Acquis pour le Musée, où il serait très-uti- 
lement exposé. M. Dauvergne avait peint, sur une toile 



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76 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

presque acheyée, la façade de la chapelle Saint-Michel 
et dessiné snr carton le tableau de la procession 
placé h la cathédrale à l'occasion de la peste de 1629. 
La famille Dauvergne consentirait très-probablement 
à céder à la Société ces œuvres de notre excellent con- 
frère. M. le Président se fait l'interprète des senti- 
ments unanimes de la Compagnie pour la perte préma- 
turée de M. Dauvergne, et charge M. le Secrétaire, 
en transmettant à sa famille l'expression de nos regrets, 
de proposer l'acquisition des dessins et du tableau qu'il 
a laissés. 

Mfd. Aymard, Chassaing et Aimé Giron présentent les 
candidatures, au titre de membres non résidants, de 
MM. le baron de Sarliges d'Angles et Michel Cohendy, 
qui ont offert à la Société divers travaux ci-dessus 
mentionnés; du Père Garrucci, de Rome, et du P. Fita, 
membre des académies royales de l'histoire et de la 
langue espagnole de Madrid. La Compagnie n'a pas 
oublié rintérôt avec lequel le P. Garrucci visita, il y a 
deux ans, nos antiquités lapidaires et l'opinion qu'il 
manifesta en faveur des origines très-reculées de la ville 
du Puy. Le P. Fita, auteur d'un recueil des inscriptions 
antiques de la province de Léon, en Espagne, s'est li- 
vré, depuis que les troubles politiques de sa patrie 
Tout amené au Puy, à l'étude de nos inscriptions gallo- 
romaines du Velay et, en particulier, de la ville du Puy, 
des portes romanes de la cathédrale, en bois sculpté, 
avec ornementation arabe, et du texte, au point de 
vue exégétique de la Bible de Théodulphe, qu'il con- 
sidère comme le manuscrit le plus ancien de la fa- 



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MAI. 77 

mille isidorienne; les savantes recherches du P. Fita 
profiteroDl certainement à nos études historiques, et la 
Société a tout intérêt à ouvrir ses rangs à un érudit 
aussi distingué. 

Ces quatre candidatures, mises séparément aux voix, 
sont adoptées à l'unanimité. 

£n conséquence, M. le Président proclame membres 
non résidants de la Société MM. de Sartiges d'Angles, 
Cohendy, Garrucci et Fita. 

A six heures, la séance est levée. 

Le Secrétaire, 
AuG. CHASSAING. 



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SÉANCE MENSUELLE 

DU LUNDI 6 JUIN 



SOMMAIRE 

Lecture da procès-verbal. — Mus^b : Dons par MM. Porral-Sabarot, Lan- 
glois et Benoît; acquisition d'œiilëres de mulei. — Ouvrages reçus : 
Origine des roekee et formation des filous, par M. J. Dorihac; ouvrage de 
paléontologie, par le docteur anglais Falconer; brochure sur Voppidum 
de Naves, par M. Ad. Flonest ; Monographie de fa baronie de Bouzots, par 
M. du Molin; le* Tabiettes historiques de la Haute- Loire : Désignation 
des articles contenus dans cette publication; Repue des Sociétés savantes : 
rapport de M. Lacroix, au comité archéologique du ministère de l'Instruc- 
tion publique , sur les Annales de la Société ; le Sud-Est : introduction 
en France d'une nouvelle race ovine; emploi du lil de fer en viticul- 
ture; Bulletin de la Société di* agriculture de la Lozère, guérison des 
germes maladifs de vers li soie. — Voies dk commua icai ions : Enquête 
ministérielle; demande d'améliorations des chemins ruraux par syndicats 
obligatoires ; projet du chemin de fer direct de Paris à Marseille par le 
Puy, M. Nicolas, nommé commissaire par la Société. — AncHéoLOOiB : 
Estrade du Puy au Fores; mention du mémoire de M. Aymard par la 
commission impériale de la carie de la Gaule ; demande de la carte de la 
botéue par cette commission ; rapport de M. Aymard sur des substructions 
et autres antiquités découvertes an Puy, rue Courrerie et place du Plot. — 
Pkrsom?(bl de la Société : Remercîmcnt de M de Sartiges d'Angles de sa 
nomination au titre de membre non résidant; nomination de M. le curé 
Frugère au titre de membre résidant. — Publications dr la Soci^t^ : 
Avis de la réception des Annales de la Société par le ministère de l'Ins- 
truction publique et par diverses Sociétés savantes. 



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jriN. 79 

Présidence de M. de Brive. 

M. le Vice-Secrétaire lit le procès-verbal de la pré- 
cédente séance, lequel est adopté 

Dons au Musée. - L'Assemblée accepte avec recon- 
naissance les offrandes suivantes : 

4<>Par M. Porral-Sabarot, ancien négociant, la dé- 
pouille d'un crocodile ; 

%^ Par M. le docteur Langlois, un vase en faïence en 
forme de slatoetle représentant la Vierge avec son en- 
fant. Cet objet a é(é apporté de Brioude; 

3*" Par M. Benoit, ancien notaire, une médaille en 
bronze au type de la Confédération des Français, 
avec exergue portant : à Paris, le 4i p.iillet 4790. 

M. Ayraard présente de nouveaux et curieux spéci- 
mens d'œillères de mulet, acquis aux environs du Puy 
et destinés à la collection déjà nombreuse de ces pièces 
de harnachement historiés qu'il a formée au Musée et 
qu'à son exemple, le Musée de St-Germain est en voie 
de recueillir pour comparaisons avec des plaques éga- 
lement en cuivre usitées aux temps des Romains et des 
Gaulois et môme à l'un des âges préhistoriques. 

Ouvrages reçus. — Il est fait hommage à la Société 
des publications suivantes qui sont l'objet d'un vote 
de remerctments : 

4« Par M. J. Dorlhac, notre confrère, directeur des 
mines dans la Mayenne et très-honorablement connu 
dans la science par ses travaux de géologie : deux 
exemplaires de son ouvrage intitulé : Origine des ro- 



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QyOO^Z 



Bû HÉSUMÉ DBS SfiÀNGKS. 

ches et formation des filons, L'auleur, dans une let- 
tre d'envoi, vent bien nous informer qa'il offre gratui- 
tement des exemplaires de cet ouvrage à tous ceux de 
nos confrères qui lui en feront la demande ; 

2* Par la famille du savant et regretté docteur 
anglais Falconer : un ouvrage de paléontologie en 
deux gros volumes avec portrait de l'auteur et de nom- 
breuses et belles planches, ayant pour titre : Palœon- 
tological memoirs and notes of the late Hugh Fal- 
CONEU A. M., M. D., etc., compiled and ediied by 
Charles iMurchison M. D. F.R.R., etc., London, 
Robert Ilardwicke, 1868, in•8^ L'étude des fossiles de 
notre pays dont M. Falconer s'était occupé, et les re- 
lations scientifiques que, dans un voyage au Puy, il 
avait contractées avec plusieurs de nos confrères, fai- 
saient désirer qu'il nous fût possible de posséder quel- 
qu'une de ses publications. A cet effet, M. Chassaing, 
secrétaire de la Société, ayant appris la mort de M. Fal- 
coner, eut la bonne pensée de s*adresser à sa veuve, 
dont l'obligeante entremise auprès de son frère, nous 
a valu cet ouvrage de l'un des hommes qui ont le plus 
honoré la science par un infatigable dévouement, au- 
tant que par ses beaux travaux de paléontologie ; 

3*> Par M. Edouard Flouesl, notre confrère et com- 
patriote : Deux brochures intitulées, l'une : L'Oppidum 
de Naves (Gard); l'autre : Cercueils mérovingiens. 
Toutes les études tendant à la connaissance trop igno- 
rée de la civilisation des Gaulois avant l'occupation 
romaine ont un tel attrait de curiosité, qu'elles mul- 
tiplient les recherches sur tous les points de la France. 
G*est ainsi que M. Flouest, après nous avoir adressé, il 



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JUiiv. 81 

y a pea de temps, son mémoire sur un camp gaulois, 
exploré par lui à Chassey, dans Saône-el-Loire, pour- 
suit maintenant de semblables investigations en Lan- 
guedoc, où ses travaux sont bien accueillis dans les 
Sociétés et Coogrès scientifiques. Les vestiges de l'op- 
pidum dont il donne aujourd'hui une intéressante 
description, offrent des particularités remarquables dans 
le plan et le mode de construction des remparts bâlis à 
pierres sèches : formés de deux murailles très-épaisses 
et juxtaposées; munis, à l'entrée des retranchements, 
d'avant-corps semi-circulaires en forme de tours plei- 
nes et massives; se- reliant, dans l'intérieur de l'en- 
ceinte, à d'autres murs qui divisent la surface du sol 
en très-grands compartiments , et montrant , à leur 
point central de rencontre, des restes « d'une sorte de 
citadelle, déforme elliptique, dont la puissante masse, 
où Ton est surpris de ne rencontrer aucun vide , 
est constituée par un étrange assemblage de murs 
juxtaposés dans toutes les directions, sans jamais se 
pénétrer les uns les autres. » 

M. Ayraard dit que Y oppidum de Naves est certaine- 
ment un type important de ce genre d*enceintes forti- 
fiées, au moin# chez les Volces Arécomiques. Le système 
de construction des murs qu'il nous révèle n'a pas 
encore été observé dans notre pays où, cependant, 
existe un beau type d'enceinte de remparts plus ou 
moins antérieure à l'époque romaine, bordant Tanti- 
que estrade du Puy à Lyon, aux Barries, entre Yssin- 
geaux et St-Maurice. Quant aux avant-corps massifs, la 
tradition gauloise paraît les avoir conservés chez nous 
plus ou moins longtemps, si Ton en juge parles tours 

TOME XXXI. 6 



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8i RÉSUMÉ DES SÉANGRS. 

pleines qui flanquent les angles du vieux donjon du 
chftteau de Bouzols. M. Flouest signale aussi, parmi les 
objels trouvés à Naves, une pendeloque, en métal coulé, 
vraisemblablement de baudrier pour épée de combat, 
dont M. Âymard a trouvé, dans la Haute-Loire, les pa- 
reilles données par lui au Musée; 

4^ Par M. du Molin, notre confrère et ancien con- 
seiller à la cour de cassation : La Monographie de la 
baronie de Bouzols en Velay. Espérons que notre com- 
patriote, dont cet ouvrage dénote la consciencieuse 
érudition, enrichira . aussi nos Annales p9LV la mise au 
jour de ses autres études sur nos baronies. 

La deuxième livraison des Tablettes historiques de 
la Haute-Loire, revue mensuelle à laquelle collaborent 
plusieurs de nos confrères, semble promettre, d'après 
la variété de ses articles, de justifier les souhaits de 
longue vie que M. le Président, au nom de la Société, 
a exprimés dans la précédente séance. Cette livraison 
est composée des articles suivants : 4* Le monastère 
de Vais près le Puy, étude historique, par le P. Fila ; 
^ édit de novembre 4696, relatif aux familles ayant 
pu acquérir droit d'armoirie, par M. 4e Lagrevol; 
3* les Chanoines pauvres du Puy, à Torigioe desquels 
Tauteur, M. l'abbé Payrard, se propose d'assigner une 
charte attribuée à Charlemagne par les uns, et con- 
testée par d'autres; 4o Bellecombe, abbaye en Velay, 
par M. du Molin; 5* Geoffroy de Pompadour, évêque 
du Puy, par M. Ch. Rocher. 

Dans un mpporl au Comité historique du ministère 



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JUIN. 83 

de rinstruction publique, inséré dans la Revue des 
Sociétés savantes, M. Paul Lacroix (bibliophile Jacob), 
donne le compte-rendu très-explicite des travaux 
d'archéologie et d'histoire qui sont consignés aux to- 
mes xxYii et XXVIII des Annales de notre Société. 
En vue du progrès des études scientiflques dans notre 
pays, on nous permettra de reproduire quelques-unes 
des appréciations de Téminent rapporteur. 

M. Lacroix, tout d'abord, loue la Compagnie d'avoir 
formé « un Musée archéologique très-important, que 
les 4ons et acquisitions augmentent sans cesse et qui 
promet de devenir un des plus considérables et des 
plus riches de la France centrale. » Après avoir si- 
gnalé les acquisitions les plus intéressantes en anti- 
quités gauloises, romaines et du moyen âge, et cer- 
tains documents qui parfois s'y réfèrent, il fait cette 
observation très-judicieuse que : « les Musées viennent 
ainsi en aide à Tinterprétation des anciens textes et 
qu'ils en donnent souvent le commentaire matériel. » 

Parmi nos diverses collections archéologiques se 
trouve une série assez nombreuse de caries à jouer 
dont plusieurs fabriquées au Puy môme, au moyen 
de planches xylographiques que nous possédons éga- 
lement. Quelques spécimens étrangers au pays et d'a- 
bord supposés anciens, que la Société avait acquis, 
ont été examinés par M. Lacroix, sur des calques 
qu'à cet effet M. Aymard lui avait envoyés. Le rapport 
satisfait à cette demande de renseignements : ces piè- 
ces sont des reproductions très- exactes, faites « par 
le procédé Pilinski, d'après des originaux du quin- 
zième siècle qui sont chez un habitant de Tlsère. » 



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84 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

A ce titre, et comme d'autres reproductioos admises 
aujourd'hui dans les Musées, elles méritent d'autant 
plus de figurer dans nos vitrines, que ces cartes sont 
inédites. Souhaitons cependant qu'elles soient bientôt 
publiées « par le savant M. Merlin qui, ajoute le 
rapport, vient d'achever sa monographie de ce jeu de 
cartes de la guerre ou de la pucelle, composé de 
quarante cartes ou figures. » De plus, félicitons- nous 
qu'un hasard heureux, en livrant au musée d'intéres- 
sants fac-similé, nous ait valu les instructives indica- 
tions de M. Lacroix. 

Le rapport signale ensuite les explorations de M. Ây- 
mard à la villa de la Droit; celles de la cathédrale 
qui lui ont fait découvrir les restes de la primitive 
église, construite à la fin du quatrième siècle, avec des 
matériaux provenant de monuments antérieurs ; les 
fouilles dans les rues de la ville du Puy, au sujet 
desquelles, dit encore M. le rapporteur, « nous pour- 
rions demander à M. A y mard des renseignements sur 
la manière de faire des fouilles, de les diriger, et sur- 
tout d'en tirer des inductions précises et utiles pour 
l'histoire ancienne de la localité.... Grâce à ce sys- 
tème d'examen minutieux, il a pu établir avec certi- 
tude la topographie primitive de la ville gauloise et 
romaine. » M. Lacroix mentionne également, entr'au- 
tres, la dénomination celtique de la cité, Adidon, que 
notre confrère a fait revivre d'après une antique 
inscription. Enfin, « nous en sommes à désirer, ajoute- 
t-il, que la ville actuelle soit remuée de fond en com- 
ble, pour que M. Aymard achève de nous rendre, 
dans ses savantes recherches, la ville antique et la 



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jum. 85 

yille du moyen Âge, » yœu qui sera exaucé : Tédi- 
lité pourvoit en ce moment à de grands travaux qui 
viennent encore de livrer à l'histoire de la cité des 
révélations curieuses. 

Le rapport rend aussi un hommage bien mérité à 
notre généreuse correspondante , M"^ la baronne de 
Boxberg, « peut-être la seule femme que Tarchéolo- 
gie compte parmi ses prosélytes, » qui ne cesse d'en- 
richir notre Musée par des offi*andes d*antiquités et 
par des moulages que ses délicates mains savent exé- 
cuter très-artistement, ainsi que le recueil de nos 
mémoires par des communications intéressantes, avec 
platis et dessins, sur des fouilles faites sous sa direc- 
tion en différentes localités. 

Le mémoire de notre confrère, M. le comte de Cau- 
sans, relatif à la découverte d*un cachet et de beaux 
et très-rares instruments d'un chirurgien oculiste, dans 
une sépulture romaine à St-Prival-d* Allier (Haute- 
Loire}, n'a pas moins provoqué l'attention de H. La- 
croix. Le cachet, avec ses curieuses inscriptions, avait 
été publié précédemment par M. Herbert et puis par 
M. Sichel^ dans son Recueil de pierres sigillaires 
d'oculistes romains, mais d'après des empreintes fau- 
tives. Le travail de M. de Gausans rectifie les leçons 
de ces textes épigraphiques que divers objets et des 
médailles trouvées dans la sépulture font dater du troi- 
sième siècle. La présence de haches en silex taillé 
qu'on y a aussi rencontrées, « aflirme une fois de plus, 
ajoute M. Lacroix, l'usage (devenu) exclusivement syra- 
bolinue de ces haches qui se rapportent peut-élre à 
la célèbre formule funéraire sub ascia. » 



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86 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

A propos de certains tissus mentionnés parfois dans 
de vieux inventaires des joyaux et reliques de la cathé- 
drale et, d*après les remarques de M. Aymard, pouvant 
à quelques égards donner l'idée d^une sorte de dentelle, 
M. Lacroix exprime aussi ses sympathies pour la den- 
telle, « une des plus notables productions de Tindustrie 
locale, » pour laquelle notre généreux et bien regretté 
compatriote, Théodore Falcon, comme on sait, a fondé, 
danâ une de nos galeries, un véritable Musée qui 
s'accroît incessamment par les soins de ses dignes frè - 
res, MM. César et Hector Falcon. Les plus anciens 
spécimens déjà recueillis ne sauraient guère remonter 
qu'au seizièmç siècle ; c'est l'époque où la plupart des 
recueils de patrons et de modèles pour fabriquer la 
dentelle, ont été publiés en Italie ; « mais, dit M. La- 
croix, il est certain que vers le quatorzième siècle et 
même auparavant, l'industrie dentellière florissait dans 
le Nord et le Midi de la France, où elle avait été pro- 
bablement apportée d'Orient, à la suite des Croisades. » 

« Quant au mot dentelle, il est provençal, dentelle 
et dentilh, dans le sens de créneau ou dentelure, et 
il est fort ancien, car on le trouve dans les poésies 
des troubadours. Originairement, la dentelle était une 
toile dentelée, dont la trame avait été divisée en une 
foule de compartiments, à l'aide de nouveaux fils 
passés et repassés dans le canevas, de manière à former 
des dessins à jour symétriques, souvent rehaussés 
en soie de couleur éclatante, en argent et en or. » 

Enfin, notre confrère, M. Chassaing, n'a pas une 
moindre part aux remarques approbatives et savantes 
de M. Lacroix concernant « une bonne dissertation 



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JUIN, 87 

sur un dénier carloTingien, > au type du roi Raoul, 
frappé au Puy; et, en outre, au sujet de deux do- 
cuments publiés aussi dans nos Annales, qui sont 
l'inyentaire des meubjes de Pierre Gogueil, éréque 
du Puy en 1327, et la quittance d'un trousseau cons- 
titué en dot à Delphine Bravard d*Eyssac, en 1377. 
Parmi les expressions fort curieuses de cette dernière 
pièce, ayant trait à la toilette des élégantes dames 
d'alors, le rapport cite celles relatives aux fourrures 
qui garnissaient le corset ou nircot et les manches 
d'un de ces vêtements : c le vair (vars) n'était autre 
que le petit-gris et la laitis$e (lay lissas) , une espèce 
d'hermine ; quant au booxirtz, nous sommes réduits 
à des conjectures qui nous porteraient à croire que 
ce serait la martre zibeline. » 

Remercions, en finissant, MM. Falcon, Aymard, 
Chassaing et Lacroix de leurs communs efforts pour 
mettre en lumière les gracieux souvenirs des belles 
dames du bon vieux temps. Les sentiments de nos 
confrères et de leur digne rapporteur contrastent, 
hélas ! avec Tesprit peu chevaleresque de notre époque. 

Après avoir entendu avec intérêt l'exposé sommaire 
du rapport de M. Lacroix, quelques membres expri- 
ment leur étonnement qu'il n*y ait pas été question 
d'autres communications et mémoires ayant une incon- 
testable valeur scientifique, lesquels sont insérés aux 
mêmes tomes xxvii et xxviii des Annales, entr'autres 
un travail historique et météorologique sur les inonda- 
tions de la Haute-Loire, par M. de Brive ; les Recherches 
sur l'ancienne bibliothèque de la cathédrale du Puy, 
par un autre de nos confrères, M. Léopold Delisle, mem- 



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88 RÉSUMÉ DES SEANCES. 

bre de Tlnstitut ; une étude non moins intéressante 
de M . Ernest Vissaguet, concernant une Lettre de ré- 
mmion, donnée aux habitants du Puy, en 1378, au 
sujet d'une sédition ; le Testament de Jean de Langeac 
(seizième siècle), et les Statuts de la confrérie de l^o- 
tre-Dame-dU'Puy, à Limoges, en 4425, par M. Las- 
combe ; la notice de M . le commandant Parron, sur 
l'aptitude militaire en France, suitiie d'un essai de 
statistique militaire de la Haute-Loire ; le mémoire 
de M. Vinay, relatif à une découverte de coquilles 
marines fossiles, dans un terrain géologique jusqu'a- 
lors inconnu dans la Haute-Loire; une importante com- 
munication de M. Cheyallier-Balme, sur des essais de 
reproduction, faits par ce fabricant, de dentelles an- 
ciennes, etc., etc. 

M. Aymard manifeste les mêmes regrets; mais, en sa 
qualité de correspondant des Comités historiques du 
ministère, il explique la situation qui est faite aux 
Sociétés s*occupant des sciences diverses, dont chacune 
doit ressortir à un Comité distinct. Dans la répartition 
des recueils de mémoires des Sociétés savantes, nos 
Annales ont été attribuées au Comité archéologique ; 
c'est pourquoi M. Lacroix a dû borner son rapport à la 
menlion des recherches concernant les aniit|uités. 

Néanmoins, il est juste de dire que, par une excep- 
tion honorable pour la Société, M. Ch. Jourdain, de 
son côté, a rendu compte, au Comité historique, du 
xxvii« volume des Annales et apprécié très-favorable- 
ment, entr'aiilres, les études historiques de M. de Rrive 
sur le maréchal de Vaux et de M. du Molin sur les 
d^Allègre au seizième siècle. 



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JUIN. 89 

L'Assemblée, reconnaissante de Tattention qne ces 
Comités veulent bien donner à nos publications, considé- 
rant combien il peut être profitable aux progrès des 
sciences, des lettres et des arts, que, d'après les rues 
très-judicieuses du ministère de Tinstruction publique, 
les travaux des associations de la province, générale - 
ment peu connus, surtout à Paris, soient contrôlés par 
les savants Comités de ce ministère, émet le vœu qu'il 
soit possible à MM. les rapporteurs de ces Comités de 
donner leurs appréciations indistinctement sur les prin- 
cipaux genres d'études compris dans les recueils des 
associations scientifiques. 

Le Sud-Est préconise l'introduction en France d'une 
nouvelle race ovine désignée sous le nom de race mal- 
taise. Son aptitude la plus haute est la production du 
lait. C'est à ce point de vue qu'il faudrait conseiller et 
suivre son acclimatation; son lait est doux, onctueux, 
agréable au goût et nourrissant. L'avantage de cette 
conquête animale serait de fournir le principal aliment 
de l'enfance, dont la mortalité déplorable tient beau- 
coup à la mauvaise qualité de l'alimentation, surtout 
dans les classes pauvres. Or, une brebis laitière, 
d'acquisition peu coûteuse et d'entretien peu dispen- 
dieux, donnerait sa petite récolte de laine chaque an- 
née, son lait tous les jours et, enfin, sa viande, lors- 
que le moment serait venu de la livrer elle-même à 
l'alimentation. C'est donc une question à étudier : 
car l'application facile peut donner des résultats très- 
avantageux , surtout au point de vue des classes popu- 
laires. 



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90 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Le même joamal renferme un article sur remploi du 
fil de fer dans les vignes, et d'nn nonveau fil de fer, 
appelé doux-fort, qui réunit une certaine souplesse à 
la plus grande ténacité. Rappelons à ce sujet que M. de 
Macheco fut, dans la Haute-Loire, l'introducteur du 
système du fil de fer pour palissader les vignes. 

M. Chou von assure qu'il y a économie à suivre ce 
mode, car le fil de fer est de facile acquisition, de fa- 
cile emploi et d'une très-grande commodité. 

M. Plantade, qui Ta expérimenté, appuie Topinion 
émise par M. Chou von. 

Cette manière de palissade est donc utile à'suivre, et 
elle réunit Tapprobalion des viticulteurs de la So- 
ciété. 

Le Bulletin de la Société académique de la Lozère 
communique, sous le nom de procédé Labarthe, un pro- 
cédé pour la guérison de la gattine ou pébrine et autres 
germes maladifs dans les graines de vers à soie du mû- 
rier. Ce procédé guérit, non-seulement de la maladie 
dès les premières années de son emploi , mais encore, 
par son usage constant, répété à chaque nouveau grai- 
nage, il modifie, au bout de quelques années, les races 
par la sélection et les régénère. Il consiste dans trois 
lavages que Ton fait subir aux graines au moyen de 
substances naturelles, correspondant avec les diverses 
phases ou métamorphoses vitales des corps ammonia- 
caux, en employant des réactifs dissolvants ou causti- 
ques, inoffensifs pour les jeunes embryons des vers à 
soie, mais frappant de mort les ferments maladifs eux- 
mêmes jusque dans Tintérieur des graines. Les sérici- 



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ium. 91 

cnUeurs pourront consulter avec profit cette liyraison 
(mars 4870) et mettre à l'essai ce nouveau procédé im- 
portant dans une question qui touche à des intérêts 
généraux et particuliers. 

Voies de communication. — Une commission d'en- 
quête administrative sur les voies de communication a 
été instituée par décision impériale du 2 mars 1870. 
Elle a arrêté, pour servir de base aux dépositions écri- 
tes et verbales des intéressés, deux questionnaires con- 
cernant les pouls et chaussées et les chemins de fer. 
C'est là ce qui résulte d'une lettre adressée par M. le 
Ministre des travaux publics h la chambre d'agriculture 
de l'arrondissement du Puy, qui, ne fonctionnant pas, 
est suppléée, en ce moment, par notre Société, à la- 
quelle ont été transmis la dépêche et les questionnaires 
ministériels. 

M. le Président fait observer que l'examen de toutes 
les questions énoncées dans ces documents prendrait 
trop de temps : une séance entière de la Société n'y 
suffirait pas. M. le Président se borne à dire qu'en ce 
qui a trait aux ponts et chaussées, treize articles com- 
prennent des demandes de renseignements sur toutes 
les améliorations (classements, lacunes, rectifications, 
entretiens, ponts à péage, police des routes, etc.) dont 
les routes nationales et départementales pourraient 
être susceptibles. Vingt-huit articles sont relatifs aux 
voies navigables ; quatorze se réfèrent aux ports mari- 
times, et sept au service hydraulique ou à certaines 
entreprises ressortissant aussi à l'administration des 
travaux publics, principalement celles réclamées dans 



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9â RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

riniérét de la salubrité publiqme et des amélioralions 
agricoles, au nombre desquelles se classe d'urgence, 
d'après les vues de notre Société, l'amélioration des 
chemins ruraux par syndicats obligatoires. 

Le questionnaire spécialement relatif aux chemins 
de fer se rattache à un système d'enquêtes périodiques 
qui, entreprises de 1833 à 4835, ont été renouvelées 
surtout en 4865 et se reproduisent en 4870 (4). Ce 
questionnaire contient soixante*deu\ articles répartis 
en quatre divisions , sous les rubriques : construction , 
exploitation (services des voyageure et des marchandi- 
ses), transports en dehors de la voie ferrée, objets 
divers. A cet exposé, M. le Président ajoute que les ré- 
ponses les plus urgentes de la Société portent sur deux 
points : 4M*achèvement, aussi promptement qu'il sera 
possible, de la ligne du Puy à Saint-Georges-d'Aurac; 
2"* la réalisation d'un vœu que rappelle l'article 3 du 
questionnaire, ainsi conçu: quelles sont, dans leur 
ensemble, les lignes d'intérêt général qu'il convien- 
drait de comprendre dans un prochain classement? 
Sous ce rapport, la Société, encore une fois, doit recom- 
mander, comme répondant le mieux à un besoin général 
et à celui du pays, la ligne la plus directe qu'il soit 
possible de concevoir de Paris à Marseille, par Saint- 
Germaindes-Fossés, Vichy, Thiers, Ambert, le Puy et 



(1) Au moment où le présent procès-verbal est livré ^ l'impression, nous de- 
vons dire que Tenquète de 1870 ;i été inlerrompae par la dernière révolation ; 
une antre, qui a été ordonnée par l'Assemblée lationale, doit y donner saite 
avec on programme pins étendu (voyez la Bévue des Deux-Mondei, n* dn 15 fé* 
vrier 1879, p. 860), Note de M. ÀvtMrd, Prèndent de la Société. 



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JUIN. 93 

la vallée de la Loire, soit que la voie dût être conti- 
nuée vers Aubenas, soit qu'elle vtnt se souder vers 
l'Allier, sur le chemin de fer d'Alais. 

La Société, tout au moins, désire, la réalisation très- 
prochaine de la partie de cette voie, par la Loire, entre 
le Puy et TAllier. 

Quant à toutes les autres questions, elles devront 
être mûrement examinées par ceux de nos confrères 
qui en ont fait l'objet spécial de leurs études et qui 
sont invités par M. le Président à prendre connaissance 
des documents au secrétariat de la Société. 

L'Assemblée, après diverses observations échangées 
entre quelques membres, est d'avis que préalablement 
les questionnaires soient remis à notre confière, M. Ni- 
colas, conducteur des ponts et chaussées, avec prière 
qu'il veuille bien soumettre à la Société un travail 
préparatoire? 

Archéologie. — Voies antiques. — Notre confrère 
et secrétaire, M. Chassaing, dans une lettre qu'il a re- 
çue de M. Anatole de Barthélémy, secrétaire de la 
commission topographique de la Gaule, lui accusant 
réception du tome xxix de no.s Annales, a été informé 
que cette commission a surtout pris connaissance avec 
intérêt du mémoire de notre vice-président, M. Ay- 
mard, sur VAncienne route ou estrade du Puy au 
Forez, d'après lequel la commission pourra faire le 
tracé de cette antique voie sur la. carte de la Gaule. 

M. de Barthélémy, en même temps, demande com- 
munication de la carte de la voie romaine ou bolène, 
dont il est aussi question dans ce travail; carte conser- 



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94 RÉSUMÉ DES SÉANGRS. 

vée au Masëe et qu'avec le coocours d'une commission 
de la Société, notre confrère, M. Bretagne, avait fait 
exécuter à grande échelle pour le Congrès scientifi- 
que duPuy, en 4855. 

L'Assemblée s'empresse d'adhérer à cette demande 
et M. Chassaing est prié d'envoyer la carte à M. de 
Barthélémy. 

Découverte d'antiquités au Puy. — L'ordre du jour 
appelle une communication de M. Âymard, relative à 
des fouilles qui ont été faites au Puy, en i869 et 1870, 
dans le sol de la rue Courrerie et de la place du Plot, 
à l'occasion des travaux de construction d'un grand ca- 
nal collecteur d'égout. Notre confrère avait eu le projet 
de décrire les exhumations qu'elles ont produites dans 
un travail d'ensemble, devant comprendre les décou- 
vertes effectuées dans d'autres rues, lequel aurait fait 
suite à son rapport sur des fouilles exécutées en 4864, 
pour la conduite des eaux de fontaines (4); mais cette 
nouvelle exploration ayant donné des résultats plus re- 
marquables, l'invitait à les publier au plus tôt, afin 
d'en fixer le souvenir dans la mémoire des nombreuses 
personnes, entr'autres de la plupart des membres de 
la Société, qui ont suivi avec intérêt toutes ces re- 
cherches. 

Avant de lire son rapport, M. Aymard expose aux 
regards de l'Assemblée plusieurs dessins et plans très dé- 
taillés des fouilles. On y voit la coupe de toutes les cou- 



(t) Voyez, aux AnnaU» de la Sociëlô : FonUle» au Puy et reekerchet hit- 
tvriques sur cette ftille, tome xxrii, p. 355. 



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JUIN. 9o 

ches de terrains ou de remblais successifs que la 
tranchée a dévoilés, dans la direction de Test à Touest ; 
ainsi que différentes substructions antiques et du moyen 
&ge, et des sépultures avec ou sans tombe. 

Les plans montrent, tout d*abord, à rentrée de la rue 
Courrerie, joignant la place du Martouret, et à la pro- 
fondeur de 4 « 50 sous le pavé actuel de la rue, un reste 
d'antique chaussée dont la ruderatio est revêtue, su- 
périeurement, d'une summa crusta, pavée à dalles ba- 
saltiques brutes et jointes à sec, à peu près comme aux 
rues de Pompéi. 

Ce dallage est surmonté de deux ou trois lits de gra- 
vats et de terre jeclisse, qui sont postérieurs à Tépo- 
que romaine. 

Il y a, ensuite, en allant toujours vers Touest, des 
caves de maisons qui pénètrent assez avant dans le sol 
de la rue et ne montrent aucuns vestiges antiques. 

A ces caves, succède un puissant et long remblai de 
terre argiloïde et de gravats, mélangés avec des frag- 
ments de tuiles épaisses à rebords (ùegulœ hamatm) et 
convexes (imbrices) et avec des tessons de vases romains 
variés par la matière et les formes. Au-dessus, on ob- 
serve les semblables lits du moyen âge, avec leur mémo 
épaisseur totale de 4°" 50,- que déjà nous avons vus à 
rentrée de la rue, superposés à la chaussée. 

Quant à la chaussée, on n'en tix)uve plus ici aucune 
trace. Evidemment elle avait été enlevée avant le dé- 
pôt des lits supérieurs et remplacée par le remblai, plus 
ou moins de temps après la disparition de la chaussée. 
Pour quelle nécessité, dans quelle circonstance extraor- 
dinaire? On verra, dans le rapport, la réponse, très-plau- 



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96 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

sible, que notre confrère a faile à ces intéressantes 
questions. 

En outre, la paroi sud de la tranchée montre la fon- 
dation d'une assez longue muraille, brusquement acci- 
dentée d'une très-large coupure, postérieure à la des- 
tination première du mur. L'épaisseur de cette muraille 
est de 0,45; son système de construction rappelle la 
meilleure et la plus ancienne époque de l'art archilec- 
tonique chez les Gallo-Romains : il comporte deux pa- 
rements liés par un blocage de pierres et de mortier; 
des assises bien réglées, alternant avec de minces lits 
de béton; des pierres volcaniques de petit appareil, à 
joints régulièrement coupés; enfin, une rangée de pier- 
res disposées en libages à une certaine hauteur au-des- 
sus de la dernière assise inférieure . 

On remarque, ensuite, sur les plans, une autre fonda- 
tion de muraille en continuation de la précédente, avec 
laquelle elle est intimement liée ; pareille quant à 
son mode de construction, mais dont elle se dislingue 
par son épaisseur presque double. La séparation s'ac- 
centue également, dans le haut, par une forte pierre 
de taille posée à 1" 30 au-dessous du niveau présumé 
de la chaussée antique; particularités qui, jointes à des 
indices d'un retour de mur au Sud, révèlent un angle 
d'un grand corps de bâtiment. 

Quant à l'antique destination de cet édifice , on 
verra, dans le rapport, qu'elle peut être déduite de 
l'emplacement de ces curieuses ruines à l'intersection 
de routes ou des rues, qui formaient là un carrefour 
ou quadrivium. 

Enfin, à 1» 25 de l'extrémité ouest de la môme fon- 



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JUIN. 97 

dation de muraille, s'ouvre, à sa paroi extérieure, une 
liaute galerie souterraine, voûtée et parbitement cons- 
truite; grand égout ou drain collecteur qui se prolonge 
sous la maison voisine et, plus loin, sous les bâtiments 
du tribunal de commerce. Un autre canal de moindre 
hauteur, et perpendiculaire à la galerie, se joint à elle 
et doit se relier, suivant Topinion de notre confrère, à 
un réseau d'égouts s*élendant, d'après différentes don- 
nées, sous le sol de presque toute la ville. 

Ce dernier canal, parallèle à la fondation de muraille 
dont il est séparé par un massif de maçonnerie de 
0,70», laisse voir, comme elle, des restes très-reconnais- 
sables sur une longueur d'environ H mètres; bien 
que la muraille et le canal soient coupés, en plusieurs 
endroits, par des murs de caves plus ou moins mo- 
dernes. 

Canal et muraille disparaissent, enfin, parmi de 
grandes caves qui pénètrent assez avant dans le sol de 
la place du Plot. 

Plus loin la tranchée, dans son parcours jusqu'aux 
entrées des rues Chaineboulerie et Panessac où, pro- 
visoirement, elle finit, dévoile encore des fondations 
de murs, fort anciens sans nul doute , car leur dernière 
assise supérieure est à la profondeur remarquable d'en- 
viron 3 mètres sous le pavé de la place ; et immédia- 
tement au-dessus d'elles, sont couchés, depuis long- 
temps aussi, à quelques distances les uns des autres, 
des squelettes humains, isolés ou enfermés dans des 
tombes. En optre, l'imparfaite construction des murs 
avec appareil irrégulier de pierres brutes et diverse- 
ment grosses (opus incerttim), avec emploi de mortier 

TOME XXXf. 7 



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98 UÉSUMK DKS SÉANCES. 

assez mal coadilionné, trahit un travail étranger à l'art 
romain, soit qu il faille le considérer comme lui étant 
antérieur ou gaulois, soit un peu postérieur ou méro- 
vingien. 

De plus, toutes ces fondations de mui*s — qui sonl 
de môme époque, d'après leur forme à deux paremenis 
identiques et leur commune épaisseur de 0,50 h 0,55 
— coupent en divei-s sens la partie inférieure du même 
remblai de terre argiloïde et de gravats à tuiles épaisses 
et à poteries romaines, déjà observé dans la rue Cou- 
rerie, particularité qui n'est pas sans importance. 

A quelle intention avait-on édiflé cet ensemble de 
murs? Dans quel but les avait-on, ensuite, presque 
complètement rasés? Comment expliquer ces change- 
ments successifs dans la topographie de ce quartier de 
la ville, suivis d*un dépôt de sépultures, temporaire, 
si l'on en juge par le petit nombre des inhumations? 

Ces questions éveillent d'autant plus la curiosité 
qu'elles se rattachent à des causes probablement his- 
toriques, sur lesquelles sonl absolument muets nos plus 
vieux documents qui, cependant, remontent, pour ce 
même quartier, jusqu'au dixième siècle. 

C'est à l'étude attentive du sol qu*il appartient de 
livrer le secret de ces ruines qui accusent diverses 
époques. Dans ce but, auquel le rapport de notre con- 
frère s'applique à donner satisfaction, M. Aymard prie 
l'Assemblée de remarquer, sur les plans, les dispositions 
des murs et des sépultures, la situation de celles-ci, 
sur une seule et môme ligne de niveau, les formes ca- 
ractéristiques des tombes, en un mot tout ce qui se 
rapporte à ces singulières inhumations. 



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JUIN. 99 

L'atteutioD de l'Assemblée est appelée ensuite sur les 
objets provenant des fouilles. Ils sont déposés dans trois 
yitrines. Deux pour la rue Courrerie et pour le Plot 
contiennent les débris d'antiquités romaines qu'on a 
extraits du remblai inférieur. Ces antiquités sont des 
moellons cubiques de petit appareil qui ont été déta- 
chés de la paroi des murailles ; des tuiles épaisses pla- 
tes (tegulm) et convexes (imbrices); plusieurs mor- 
ceaux de marbre pouvant indiquer des revêtements 
ou placages de murs; des restes de béton, de ciment 
et d'enduits de murs, nus ou peints ; des carreaux et 
ciavaux en brique ; des tessons de poterie de tons gen- 
res, parmi lesquels les uns donnent Tidée d'assez gran- 
des urnes {amphora et doliurn), les autres révèlent 
des vases diversifiés par leurs dimensions, leurs formes 
et décors, depuis ceux dits samiens en argile rouge et 
très-fine , lustrés , lisses ou ornés de rinceaux et de 
sujets en relief, depuis des poteries à couverte métalli- 
que, et d'autres vases en terre noire fine et lustrée, 
jusqu'à de plus communs noirs, gris, blanchâtres, rou- 
geâtres, etc. 

On y voit aussi des fragments de verre blanc et bleu, 
ainsi qne des clous, des chevilles et autres débris de 
ferrures très-oxidées, quelques menus objets de cuivre 
dont une fibule ou agraiïe, de^s os d'animaux domes- 
tiques, des parcelles de charbon de bois et deux mé- 
dailles romaines qui ont été découvertes, ensemble, 
vers l'entrée de la rue Panessac, en un point marqué 
sur les plans. 

Auprès de ces antiquités, est placé un tronçon de co- 
lonne en grès très-dur, dont la base trahit un profil an- 



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100 RÉSUMi DES SÉANCES. 

tique. Il a été retiré de la cave d*une maison contiguê 
à la tranchée, sur remplacement de l'antique édifice 
dont il a été parlé. Ce morceau a été offert au Musée 
par M. Henri Souteyran, propriétaire de la maison. 

La troisième vitrine renferme des objets moins an- 
ciens. Les uns ont été extraits de la couche inférieure 
du remblai superposé aux substructions et vestiges ro< 
mains. Tels sont des fragments de tuiles et de poteries, 
et une coquille percée (peeten) de pèlerin , trouvée 
dans une des sépultures, au contact des os de l'épaule 
d'un squelette. D'auti*es débris proviennent des cou- 
ches supérieures. On y voit quelques petites monnaies 
du moyen âge et plus ou moins modernes. 

Une des tombes en pierre volcanique a été apportée 
également au Musée. Elle est placée sous les yeux de 
la Société. 

Enfin, noire confrère signale à la gratitude de la So- 
ciété le concours intelligent et zélé qu'ont prêté à ses 
explorations, MM. les employés du bureau d'archi- 
tecture de la ville chargés alternativement de la sur- 
veillance des travaux, ainsi que MM. les entrepre- 
neurs, qui ont accepté, de bonne grâce, d'être parfois 
importunés par les recherches ayant pu gêner leurs 
travaux. Suivant les instructions qu'ils avaient re- 
çues de l'autorité municipale, ces Messieurs ont re- 
cueilli presque tous les objets qui viennent d'être 
mentionnés et dont beaucoup ont même été extraits par 
eux des couches de remblai, de manière à fournir 
d'exactes notions sur leur provenance. Quant aux plans 
des substructions et des couches du teri*ain, relevés 
avec un grand soin par M. Aymard, il a été, également, 



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jaifc. <0< 

assista dans cette pénible opération par ces excellents 
auxiliaires dont les noms inscrits dans les vitrines sont 
ceux de MM. Martin, architecte en chef, Alphonse Bes- 
son, Malhieu Mourgues, Gustave Blachëre et Joseph 
Rivet, et MM. André Bonhomme et Louis Séjalon, en- 
trepreneurs. 

Après des félicilations qui leur sont exprimées par 
M. le Président et desremerctments adressés à M. Henri 
Souteyran pour son offrande de la colonne trouvée 
dans la cave de sa maison, M. Aymard donne lecture 
de son rapport. Ce compte-rendu, très-complet dans 
toutes ses parties, a été écouté avec un vif intérêt et 
TAssemblée en demande l'impression immédiate dans 
les Annales. 

Personnel de la Société. — M. le baron de Sar- 
tiges d'Angles, membre de l'Académie de Clermont 
(Puy-de*-Déme], dans une lettre dont il est fait lecture, 
remercie cordialement la Société de lui avoir conféré, 
dans sa séance du ^ mai, le titre de membre non rési- 
dant. Il regrette vivement que son grand ftge ne lui 
permette pas de prendre une part aussi active qu'il le 
désirerait, aux travaux de la Compagnie. 

M. le curé Frugère, membre non résidant, écrit pour 
solliciter l'échange de son titre de membre non rési- 
dant en celui de membre résidant. Notre confrère dit 
que, depuis sa réception à la Société, il s'est rendu assi- 
dûment à nos réunions mensuelles qui, dit-il, ont pour 
lui d'autant plus d'intérêt et de charme qu'elles sont en 
harmonie avec ses goûts, et couformes à l'objet de ses 
éludes privées. M. Frugère s'en réfère, comme titre 



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ion RESUME DBS SEANCES. 

d'admission parmi les membres résidants, an livre qu'il 
a publié sur VAposiolicité de l'Eglise du Velay. 

M. le Président, en consultant l'Assemblée sur cette 
demande légitimée par le règlement, rappelle les tra- 
vaux de divers genres dont M. l'abbé Frugère a entre- 
tenu la Société ; les communications scientifiques qu*à 
difTérentes époques il lui a transmises; son livre sur 
Tapostolicité de notre Eglise qui a été accueilli par 
les félicitations de personnes initiées à cette question ; 
enfin, son zèle pour les explorations archéologiques 
qui l'a porté récemment h doter le Musée d'intéres- 
santes découvertes. 

Aussi, la demande de M. l'abbé Frugère est-elle ac- 
ceptée à l'unanimité des voix, et notre confrère est 
proclamé membre résidant. 

PuBUCATioifs DE LA SOCIÉTÉ. — 11 ost douué Commu- 
nication de plusieui^ lettres accusant réception du 
vingt-neuvième volume de nos Annales. Elles émanent 
du Ministère de l'Instruction publique, de l'Académie 
des sciences de Paris, des Sociétés académiques d'Alais, 
d'Apt, et de la Société des antiquaires de Picardie. 

A sept heures la séance est levée. 

Le Vice-Secréiaire, 
Aimé GIRON, 



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SEANCE MENSUELLE 

DU LUNDI 4 JUILLET 

âOMMAIHIS 

Leelare du proeès-vefbal. — Mustfi : don d'objets en silex prëhistoriqoes, par 
M"* et M. de Cardeoal. Danger de détérioration pour les tableaux. Répara- 
tions nécessaires à la toiture du Musée.— Ouveagis Rigus : brochure con- 
cernaot V Opinion de la province sur la question des arèms gnllo-romaines 
de Paris: vœu de la Société pour leur conservation. Tabl^lles historiques 
de la HatUe-'Loire : article de cette revue an sujet des divinités Ididon et 
Auguste, nommées sur une inscription romaine du Pny ; opinions de MM. Ay- 
mard et Sauzet. Lettres sur l'Assemblée législative (1791-9â), par Rabns.<on- 
Lamotbe, publiées par M. Mège. Annuaire de la Société des agriculteurs 
de France : article sur les moissonnenses ; emploi de la faux au lieu de la 
faucille; décision de la Société pour des essais de moissonnage ï la faux. 
Reçue agricole et horticole : procédé pour la conservation des pommes de 

. terre. -— Efisrionehiiit igricolb k l'école normale du Puy. — Etat dbs 
■ifcoLTis dans le département. — M^TionoLoo» : rapport de M. Isidore 
Uedde, proposant la ciéatlon d'un observatoire sur le Meteuc. Observations 
météorologiques à l'école normale du Pny. — Yoiis de communication : 
enquête sur. les routes et chemins de fer dans la Haute-Loire; rapport de 
M. Nicolas. — Nomismâtiqob du Put : deniers d'argent du dixième siècle 
frappés aux noms du roi Raoul et de la ville du Puy; communication de 
M. Gbassaing. 



Présidence de M. de Brive. 

Le procès- Yerbal est lu et adopté. 



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104 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Musée. Dons. — M. Aimé Giron, vice-secrétaire, ne 
pouvant se rendre à la séance, s'excuse par une lettre 
dont il est donné lecture, et. dans laquelle il offre au 
Musée, au nom de M'"^ et M. de Cardenal, président du 
comice agricole de Villeneuve-sur-Lot, et par Tinter- 
raédiaire de M. Braud, ancien président du tribunal de 
commerce du Puy, des objets en silex recueillis savam- 
ment par M»« de Cardenal dans le département de 
Lot-et-Garonne. 

Cette communication, très-intéressante, est accueillie 
par un vote de remerclments qui seront transmis aux 
donateurs, avec prière à M"« de Cardenal de vouloir bien 
nous faire un rapport succinct sur la provenance de cha- 
cune de ces curieuses pièces d'antiquité préhistorique. 

Conservation des tableaux. — Notre confrère ap- 
pelle en même temps l'attention de la Société sur le 
danger de détériorations auxquelles sont exposés, de 
la part des visiteurs, un certain nombre de tableaux 
qui ont été décrochés de leurs places, et exprime le 
désir qu'en attendant leur réinstallation, la salle où 
ils se trouvent soit interdite au public. 

M. le docteur Langlois, en l'absence de M. Viberl père, 
conservateur de la galerie de peinture, explique que 
rinfillration de l'humidité le long d'un mur, — due à 
l'obstruction par la gelée, durant l'hiver, d'un des 
chéneaux, -— a nécessité l'enlèvement des tableaux qui 
pouvaient souffrir de celte infiltration ; leur réintégra- 
tion en place n'est possible qu'après des réparations 
suffisantes à la toiture. 

M. le Président signalera cet état de choses à M. le 
Maire et le priera d^ ppi;^rvoir à s^ prpippte ej^safttipn. 



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JUILLET. i05 

Ouvrages reçus. — En présentant à la Compagnie 
une brochure intitulée : Opinion de la province sur la 
question des arènes gallo-romaines de Paris, M. le 
Président rappelle que, depuis la dernière séance, la 
Société académique du Puy a transmis h M. le Préfet de 
la Seine une pétition, signée de la presque unanimité 
de ses membres, pour demander le rachat et la conser- 
vation des arènes de Paris. Notre Société, au sein de 
laquelle les études archéologiques ont été toujours en 
honneur et qui a recueilli avec une sollicitude si jalouse 
nos antiquités locales, s'est fait un devoir d'unir sa voix 
à celle des autres Sociétés savantes de France, pour 
sauver un monument si intéressant au point de vue de 
la science et de notre histoire nationale. Elle regrette 
vivement que des considérations budgétaires n'aient 
pas permis k l'Etat et à la ville de Paris de répondre 
aux vœux du monde savant. 

A propos d'un article inséré dans les Tablettes histo- 
riques de la Haute-Loire, sur l'inscription antique 
trouvée au Puy, mentionnant la consécration d'un au- 
tel aux dieux Adidon et Auguste, par Sextus Talo- 
nius Musicus, et dans lequel est mise en avant l'opinion 
nouvelle que ce personnage serait un légionnaire et 
Adidon le génie de la légion, M. Aymard fait obser- 
ver que cette conjecture ne pourrait avoir de va- 
leur scientifique qu'autant qu'elle serait appuyée sur 
des exemples tirés de l'histoire ou de l'épigraphie. 
Selon notre confrère, la seule explication acceptable 
pour les épigraphistes, est celle qu'il a proposée et qui 
consiste à voir dans le nom d*Adidon la déification de 



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10B RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

la ville antique représentée au sixième siècle par Vurbs 
Vellava (la ville capitale des Vellaves), de Grégoire de 
Tours, dont Anicium, d'après cet historien, était le 
Castrum. Adidon offrirait deux radicaux gaulois : Adi- 
don, mont Adi (mont Dieu), traduit plus tard par Po- 
dium A nicii (mont Anis), nom vulgaire, très- ancien de 
la même ville. Cette interprétation est corroborée par 
Fassociation d'Adidon et d'Auguste : on sait que lors- 
que ce prince fut parvenu à l'empire, durant et après 
son règne, le culte des divinités topiques fut souvent 
réuni à celui de la divinité de Tempereur : numen 
Augusti, devenu le génie par excellence de l'empire 
entier. Le flamen augustalis fut le prêtre chargé de 
desservir ce culte qui se généralisa dans tout le monde 
romain. Dans les Gaules surtout, on a trouvé nombre 
d'inscriptions se rattachant à cette institution non moins 
politique que religieuse et ofTVant l'association du génie 
local (désigné souvent par le nom même du lieu divi- 
nisé) et de la personne sacrée d'Auguste. L'inscription 
du Puy rentre absolument dans cette classe (1). 

M. l'abbé Sauzet préférerait voir dans Adidon une 
divinité analogue à la Fortuna redux, ou divinité de 
l'heureux retour; selon lui, l'inscription serait l'accom 
plissement d'un vœu fait par Talonius en reconnais- 
sance d'un heureux voyage ; à quoi M. Aymard répond 
que ni l'histoire, ni l'épigraphie romaine ne fournis- 
sent des preuves à l'appui de cette conjecture. 



(1) Voyez, ^ ee sujet, la notiee de M. Aymard aux Annales de la Société, 
tom. XXI, p. 179. 



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JUILLET. 107 

M. Francisque Mëge, de Clermont, membre non 
résidant, fait hommage d'un volume qu*il vient de pu- 
blier sous ce titre : LeUres $ur l'Assemblée le'gislaiive 
(1794-1792), par Rabussoû-Lamothe, député du Puy-de- 
Dôme. Ces lettres, écrites à la municipalité de Clermonl- 
Ferrand, contiennent beaucoup de détails curieux sur 
les débats de TAssemblée législative et les questions 
qui s*y agitèrent. Leur auteur, Antoine Rabusson-La- 
mothe, né à Clermont, le 13 juillet 1756, fut élu, en 
septembre 1791, le douzième des députés du Puy-de- 
Dôme. Il vint s'asseoir sur les bancs de la droite, à côté 
des Ramond, des Vaublanc, des Beugnot, des Girardin 
et autres défenseurs de la Constitution de 1791. Quoi- 
que doué de capacités incontestables, Lamothe, neu- 
tralisé par son naturel timide et craintif, n'aborda 
jamais la tribune. Il ne fut pas réélu à la Convention 
nationale. Le 16 ventôse an VIII (7 mars 1800), il fut 
appelé aux fonctions de Préfet de la Haute-Loire, qu'il 
exerça jusqu'au commencement de 1810. La notice 
biographique dont M. Mège a fait précéder les Lettres, 
est le résumé de recherches d'autant plus difficiles que 
le personnage qui en était l'objet avait eu un rôle po- 
litique assez effacé. Elle intéressera ce département 
dont M. Lamothe fut le premier Préfet. 

VAnnuaire de la Société des agriculteurs de France 
contient un travail très-étendu de M. Albaret, sur les 
moissonneuses. 

M. le Président insiste sur l'avantage de l'emploi de 
la faux au lieu de la faucille. La faux permet de cou- 
per la moisson plus bas qu'avec la faucille et de réaliser 



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408 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

UDe précieuse économie dans la paille, si rare celle 
année. Pour délerminer les agriculteurs à recourir à 
la faux, il est indispensable de leur démontrer, par 
une expérience sérieuse et exécutée dans des condi- 
tions Yéritablement pratiques, la supériorité de ce pro- 
cédé. 

Un concours de fauchage opérant sur des moissons 
de rromeni et d'orge, dans un champ étendu et voisin 
de la ville, attirerait certainement beaucoup de cu- 
rieux et serait un très-utile enseignement. 

La Société adopte la proposition de M. le Président. 
M. Tagent-coniptable avisera au moyen de procéder à 
cette expérience le plus tôt possible. 

La Revue agricole et horticole préconise un procédé 
pour la conservation des pommes de terre. La plupart 
des cultivateurs rentrent leurs pommes de terre dans 
des caves ou des silos humides, et prennent au tas, au 
moment de la plantation, la quantité qui leur est néces- 
saire. C'est une double faute qu'ils doivent éviter, s'ils 
veulent préserver leur récolte de la maladie et obtenir 
un rendement plus considérable. La maladie qui sévit si 
cruellement, dans certaines années, sur la pomme de 
terre, doit être presque uniquement attribuée, suivant 
Tauteur, à la germination qui se produit toujours dans 
les caves ou silos. Une pomme de terre qui aura poussé 
plusieurs germes,. épuisée par cette germination préma- 
turée, donnera des résultats bien moins satisfaisants 
que celle dont les germes se développent naiurellement, 
après qu'elle aura été oonQée à la terre. Pour obvier à 
ces inconvénîenU, l'auteur, s'appuyant sur une expé- 



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JUILLET. 409 

rience personnelle de plusieurs années, recommande de 
choisir, après la récolte, parmi les bonnes moyennes, 
les pommes de terre que Ton destine à la plantation et 
de les conserver dans des bottes à claire-voie sur toutes 
les faces. Ces boites à claire-voie, remplies de tuber- 
cules réservés pour la plantation, seront placées Tune 
sur l'autre dans un endroit sec et à Tabri de la gelée, 
grenier ou grange; le lieu choisi doit être parfaitement 
aéré, et Tair circuler facilement à travers les bottes. 
Ainsi conservés, les tubercules possèdent au plus haut 
degré tous les éléments nécessaires à la reproduction, 
et toutes les qualités indispensables à Talimentation de 
la plante. Il est à remarquer aussi qu'ils poussent plus 
rapidement et mûrissent avant ceux qui sont plantés 
dans les conditions ordinaires. 

M. le Président, tout en constatant la simplicité du 
procédé, fait observer que cette pratique ne pourrait, 
à cause des soins qu'elle exige, être admise dans les 
grandes exploitations rurales; mais elle conviendrait 
aux petites. 

Le Journal d'agriculture progressine donne des dé- 
tails sur la baisse, dans la région du centre, du prix 
des animaux, amenée par la pénurie des fourrages. Les 
jeunes moutons d'élève valent de 2 fr. 50 c. à 3 fr. 
pièce ; un propriétaire a acheté cinq cents jeunes mou- 
tons pour 1,400 fr.; par contre, il a vendu deux mille 
quatre cents bottes de vieille paille 2,400 fr., soit \ fr. 
la botte. Dans l'Ouest, telle paire de bœufs, dont le 
propriétaire avait refusé 1,000 fr. dans les premiers 
jours de mai, s'est vendue 400 fr., il y a quelques jours. 



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410 RKSUMÉ DES SÉANCES. 

Enfin , dans les environs de Limoges, tel veau qui va- 
lait SOO fr. en mai, se vend aujourd'hui 80 fr. à peine. 
Au Puy, la môme baisse s*esl produite, et c'est ainsi que 
le veau est descendu du cours de 45 centimes le demi- 
kilogramme à 25 centimes. 

Pour combattre la disette fourragère que la prolon- 
gation de la sécheresse rend de plus en plus calami- 
teuse, M. Barrai, dans le Bulletin hebdomadaire de 
l'agriculture, recommande remploi de la paille hachée 
mise pendant vingt-quatre heures à macérer dans de 
l'eau où Ton fera préalablement dissoudre de 5 à 40/100 
de mélasse. L*eau mélassée donne à la paille des qua- 
lités qui la font manger avec plaisir par le bétail. Elle 
est donc d*une digestion plus facile et par suite plus 
assimilable. On pourra aussi faire mouiller la paille ha- 
chée avec des eaux salées où Ton aura mis en macéra- 
tion du tourteau en poudre. Enjoignant celte ressource 
aux feuilles que Ton pourra retirer des forêts, on ga- 
gnera du temps. M. Barrai termine en conseillant de se 
préparer à profiter des pluies pour faire des ensemence- 
ments de toutes les plantes susceptibles de devenir un 
aliment pour le bétail ; c*est le seul moyen de conjurer 
la disette de viande qui nous menace, en présence 
d'une moisson de céréales qui, tous les jours, est da- 
vantage compromise. 

Enseignement agricole. — Notre confrère, M. Ni- 
colas, présente la liste des élèves-maîtres qui se sont le 
plus distingués dans le cours d'agriculture, enseigné 
par lui à l'école normale du Puy, et qui lui paraissent 
dignes des récompenses que la Société a la coutume de 



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JUILLET. 414 

décerner lous les ans. Les noms de ces élèves sont ac- 
compagnés des proposions de récompenses, savoir : 
Une médaille d'argent, quatre médailles de bronze et 
deux mentions honorables. Il soumet aussi, suivant Tu- 
sage, les compositions d'agriculture des élèves. 

Notre confrère, en constatant le peu de progrès de 
renseignement agricole dans les campagnes, fait obser- 
ver que les professeurs de l'école Normale sont sans 
action sur les élèves après leur sortie de Técole ; ceux- 
ci ne sont plus ni sous leur direction, ni sous leur sur- 
veillance. C'est de M. l'Inspecteur d'Académie qu'ils 
relèvent; nul doute que notre honorable confrère, 
M. Béliben, ne s'empressera, sur le désir de la Société, 
de stimuler le zèle de MM. les instituteurs à vulgariser 
autour d'eux les notions d'agriculture pratique qui 
leur ont été enseignées à l'école Normale. 

L'assemblée, après avoir entendu la lecture de l'une 
des compositions relatives aux soins à xlonner aux 
prairies naturelles^ remercie notre zélé confrère et ap- 
prouve le classement des récompenses qui seront décer- 
nées au nom et aux frais de la Société. 

Etat des récoltes. — M. le Président appelle Tal- 
tenlion de la Société sur la situation exacte des récolles 
dans le département. Des renseignements fournis par 
ceux de nos confrères qui s'occupent plus spécialement 
d'agriculture, il résulte que les prairies naturelles, ai- 
sément arrosées par les cours d'eau, comme dans les 
vallées de la Loire à Coubon, de la Borne, etc., ont 
donné un magnifique produit; les prés de Chamalières 
n'ont fourni qu'un cinquième du rendement ordinaire; 



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H 2 RÉSUMÉ DBS SÉANGBS. 

dans rarrondissement de Brioude, un quart ; dans la 
montagne, la perte est en général de la moitié, quelque- 
fois des deux tiers. Quant aux foun-ages artificiels, la 
luzerne a donné une première coupe excellente ; la se- 
conde n*est pas vigoureuse. Les (rèfles ont manqué dans 
la proportion des deux tiers. Les sainfoins ont été beaux. 
En céréales, les froments et les seigles sont partout sa- 
tisfaisants. Les orges, belles dans les fonds, n*ont pas 
réussi dans la montagne. Les avoines sont partout très- 
laides. Les légumineuses, telles que lentilles, fèves, fé- 
veroUes et pois, laissent beaucoup à désirer. Les pom- 
mes de terre offrent une belle végétation; mais, sans 
pluie, les tubercules ne pourront grossir. L'aoustoune et 
la marjolin en donnent qui ne sont pas plus gros que 
des noix. £n somme, la situation est loin d'être satisfai- 
sante. 

MÉTÉOROLOGIE. — M. Isidoro Hedde, membre non 
résidant, adresse la communication suivante sur les 
avantages qu'il y aurait à établir, au sommet de la 
montagne du Mezenc, un observatoire météorologique 
comme celui qui va être placé sur le Puy-de-Dôme : 



Messieurs , 

Je dois à Tobligeance de notre honoré secrétaire , 
M. Ghassaing , communication d'une notice sur la rentrée 
solennelle des Facultés des sciences et des lettres de l'A- 
cadémie de Glermont-Ferrand. Parmi les sujets traités dans 
cette notice est une étude très-remarquable de M. Alluard, 



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JUILLET. M 3 

professeur de physique à ladite Faculté, et qui embrasse 
les questions les plus délicates de la météorologie télégra- 
phique, au point de vue spécial de l'agriculture, mais 
ayant pour but direct la création d'un observatoire météo- 
rologique au sommet da cône volcanique , le Puy-de- 
Dôme. 

Vous n'avez pas oublié, Messieurs, qu'en 1858 vous 
fûtes invités par la Société impériale et centrale d'agricul- 
ture à recueillir les renseignements nécessaires pour con- 
stater les dégâts causés par la grêle, et à rechercher et les 
causes de ces fléaux et les moyens propres à les conju- 
rer. Quelque temps après , vous reçûtes de notre confrère , 
si justement regretté, M. Bertrand de Doue, et de notre 
honorable confrère , M. Félix Robert , des observations 
très-précises et très-judicieuses sur les causes et les résul- 
tats de ces phénomènes atmosphériques. Le premier sur- 
tout , dans une série de mémoires publiés tant dans V An- 
nuaire météorologique de France pour 1851 et 1857, que 
dans les Annales de la Société académique du Puy-en-Velay, 
pour 1858, a été un des premiers à ouvrir la voie aux 
connaissances météorologiques dans nos contrées ; il a fait, 
pour cette partie des sciences naturelles, ce qu'il avait déjà 
opéré pour l'étude de la géologie. Par lui , nous avons 
été initiés , dès cette époque , aux lois qui régissent , dans 
la station du Puy-en-Velay, la direction des vents su- 
périeurs et inférieurs , aux connaissances des principales 
causes des variations atmosphériques de notre climat. 

Ce que M. Bertrand de Doue avait indiqué , à force 
d'observations multiples et comparées , tant au moyen des 
vigies placées à Corneille et à Doue, que par ses nombreu- 
ses et importantes relations à l'intérieur et à l'extérieur, 

TOME XXXI. s 



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1U RRSUMÉ DES SEANCES. 

M. Alloard, sans sortir de son cabinet de physiqae, a 
trouvé le moyen bien simple de parvenir à la découverte de 
ces phénomènes atmosphériques, à les signaler à Tavance 
et à prévenir les désastres qui frappent si soudainement et 
si cruellement l'agriculture. Il suit simplement le conseil de 
l'illustre Biot : c'est de prendre la météorologie par le haut, 
au lieu de la prendre par le bas, ou en surface. C'est 
dans les plus hautes régions de l'atmosphère, comme le fit 
jadis Gay-Lussac, quand il s'éleva à plus, de 8,000 mè- 
tres au-dessus de la surface de la mer, qu'il faut aller bur- 
prendre les secrets de la nature, qu'il faut aller interro- 
ger les causes de la formation de la grêle , dont la théorie 
est encore pleine de mystères ; de celle des nuages et de 
la pluie elle-même. 

M. Âlluard, dans le but de faciliter Tétude de ces graves 
questions qui intéressent tant l'agriculture, propose d'é- 
tablir un observatoire météorologique au sommet du Puy- 
de-Dôme, qui se relierait, tant à celui déjà établi à la 
Faculté même des sciences de Giermont-Ferrand qu'à celui 
de Mont-Souris , près de Paris , et que le Ministre de 
rinstruction publique a fait récemment établir, sous l'ha- 
bile direction de M. Ste-Glaire Deville. D'après M. Alluard, 
une somme de 100,000 francs serait nécessaire pour l'é- 
rection et les frais résultant de la mise en exécution de 
rétablissement utile qu'il réclame. Déjà le Corps législatif 
a été saisi de ce projet, qui sera probablement appuyé par 
de puissantes influences. Des fonds seront votés, qui se 
joindront naturellement aux souscriptions publiques , aux 
ressources de la ville et du département. 

Nous devons nous associer aux vœux formés par 
M. AUuard , mais surtout désirer que son projet trouve 



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JUILLET. H 5 

beaucoup d'imitateurs ; car, plus il y aura de stations mé- 
téorologiques en France, plus tôt on trouvera les moyens 
d'obvier aux fléaux qui désolent notre agriculture. Mais 
n'oublions pas que nous avons près du Puy-en-Velay , à 
27 kilomètres, en ligne droite, un point admirablement si- 
tué, plus propice encore que le Puy-de-Dôme, pour un 
observatoire spécial de météorologie. C'est le Mezenc, — 
altitude, 1,778 mètres, d'après M. Malègue, — ce géant 
des pbonolitbes, la sommité la plus visible et la plus acces- 
sible de la France centrale, et qui étend sa vue sur les val- 
lées du Rbône et de la Loire, sur toute la chaîne des 
Alpes, des hautes régions de la Savoie, des montdgnes 
du Jura, de la Gôte-d'Or, du Cantal, du Puy-de-Dôme, de 
la Lozère , de l' Aveyron , et n'est arrêtée que par les 
dépressions maritimes dos bords de la Méditerranée. 
Voici les principales hauteurs qui sont vues du Mezenc 
ou qui sont appelées à servir de points de repères pour des 
stations météorologiques : 

Mont Blanc, le plus haut point d'Europe. ... 4,810" 

Le Cylindre (Pyrénées) 3,369 

Ghamechaude, au-dessus de la Grande-Char- 
treuse 2,087 

Mont Ventoux, au-dessus d'Avignon 1,960 

Pic de Sancy , aux monts Dore 1,886 

Plomb du Cantal 1 ,858 

Lozère 1,690 et 1,702 

Pierre-sur-Haute, sur la limite des départe- 
ments de la Loire et du Puy-de-Dôme 1 ,630 

Mont Signon, d'où sort le Lignon (Haute- 
Loire) 1,568 



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H6 UÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Gerbier-de-Jonc, d'où sort la Loire (Ardèche). 1,562" 

Puy-de-Dôme 1,465 

Pilât 1,434 

De toutes ces sommités , le Mezenc , à l'altitude de 
1,778™, d'après M. Malègue, est encore celle qui présente 
la plus heureuse situation, tant à cause de son accessibilité 
que pour la facilité et la transmission des observations. Le 
Mezenc se trouve en face et à 1,027 mètres au-dessus du 
sommet de Corneille (ait. 761™), qui domine la ville du 
Puy-en-Velay (ait. 629™). Cinq cent quarante poteaux 
télégraphiques, espacés de 50 mètres, suffiraient pour le 
relier au sommet du Mezenc, à l'endroit où sa trouve la 
croix, point de triangulation marqué sur la carte de Tétat- 
major, limite des départements de la Hauto-Loire et de 
TArdèche. 

On pourrait môme se dispenser de s'installer au sommet 
de Corneille. Il existe, à la hauteur du seuil de la Cathé- 
drale (ait. 707™), dans une maison faisant partie de l'ancien 
couvent de Sainte-Catherine, au-dessus du réservoir infé- 
rieur des eaux de la ville, maison appartenant à M. le curé 
Péala, un pavillon inoccupé qui domine les jardins du Sé- 
minaire, et d'où la vue s'étend sur toute la chaîne du Mé- 
gal et du Mezenc : ce petit pavillon pourrait momentané- 
ment servir, sans frais, de station correspondante. 

Les frais d'installation au Mezenc ne seraient pas, non 
plus, bien considérables , par suite des matériaux propices 
qui existent sur les lieux et par la facilité des communi- 
cations, tant avec la maison des gardes forestiers, qui est à 
un quart-d'heure ou un kilomètre de distance, qu'avec le 
village même des Estables, qui est à demi-heure ou 2 ki- 



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JUILLET. 117 

lomètres au plus de distance da point culminant. Nul 
doute que l'on ne trouvât dans ce voisinage de nouvelles 
conditions de facilités pour l'établissement et le fonction- 
nement d'un observatoire. Il ne faut pas oublier aussi, qu'à 
l'aide d'une lunette ordinaire, on pourrait facilement cor- 
respondre du Mezenc à Corneille, en employant des si- 
gnaux télégraphiques et en attendant que les fonds néces- 
saires fussent recueillis et les travaux teraûiiés. Je suis 
convaincu qu'avec une somme de 10,000 fr., on pourrait 
parfaitement venir à bout d'installer ce service complet, et 
qu'avec une somme bien moindre encore, mais avec le 
concours habituel de personnes dotées du feu sacré de r*a- 
mour du pays, on parviendrait à suppléer momentanément 
au défaut de la somme nécessaire. Dans ce but, je souscri* 
rais pour une somme égale à la plus forte qui serait offerte. 
Puissent mes vœux trouver de l'écho, non- seulement 
pour la réussite d'un observatoire sur le Mezenc, un des 
sommets de l'Europe les* plus propres à favoriser l'étude des 
questions météorologiques ! 

M. le Président, eu exprimanl à M. Hedde les re- 
rnerciemenls de la Compagnie, conslale que le projet 
(lout notre confrère vient d'émettre le vœu repose sur 
une idée sérieuse et féconde; malheureusement l'ab- 
sence de ressources s*opposera longtemps à son exè- 
calion ; notre confrère n'en aura pas moins l'honneur 
d'y avoir songé le premier et de l'avoir signalé à 
rattention des hommes spéciaux. 

M. Nicolas présente les observations météorologiques 
failes sous sa direction, ù l'école normale du Puy. Noire 



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148 RÉSUMÉ DÉS SÉANCES. 

confrère signale les noms des élèyes-maltres de cette 
école qui, déjà bien expérimentés, Tont aidé assidûment 
dans ce genre d'études. 

L'Assemblée les en félicite et décide, suivant Tusage, 
la publication des tableaux météorologiques dans les 
Annales. 

Voies DE GOMMUFiiGATiON. RouUs et chemins de fer 
du département. — La Société ayant pris connais- 
sance, dans sa séance du 6 juin, du questionnaire re- 
latif à une onquéle administrative sur les travaux pu- 
blics, avait chargé M. Nicolas de lui soumettre un 
travail à ce sujet. Notre confrère s'est empressé de sa- 
tisfaire au désir de la compagnie. En conséquence, il 
donne lecture des questions et réponses suivantes , les 
seules qui se rapportent au département : 

PONTS ET CHAUSSÉES. 

ROUTES ET PONTS. 

1 . — QiteUes sont les lacunes que présentent les routes 
nationales actueUement classées? 

Réponse. Il n'existe pas de lacunes. 

2. — Quelles sont les rectifications que ces routes com- 
portent ? 

R. Ces rectificatioDs sont : 

Route n** 88, de Lyon à Toulouse. — Rectification par 
la vallée do la Loire, entre Vorey et la limite du départe - 
ment de la Loire, sur environ 57 kilomètres; 

La route actuelle, entre Brives et le pont de Lignon de- 



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iCILLET. 419 

vant être conservée, il y aura à rectifier la partie comprise 
entre Blavozy et St-Hostien en deçà d'Yssingeaux et la 
descente du pont de Lignon au delà de cette ville ; 

Route n* 102, de Viviers à Glermont. — Il y aurait à 
rectifier la partie comprise entre le Marcet et le pont de 
Yieille-Brioude, sur une longueur de plus de 1 1 kilomè- 
tres ; maiS) depuis l'ouverture du chemin de fer de Brioude 
à Alais, cette rectification n'a plus de raison d'être. La 
côte du Rayol, entre la Sauvetat et Pradelles a aussi be- 
soin d'amélioration ; 

Route n* 103, de Lavoulte (Rhône) à la vallée de la 
Loire, à Retoumac. — L'achèvement de la construction 
entre le col de la Batterie et Tence, sur 5 kilomètres de 
longueur. — La construction du pont sur le Lignon, à 
Tence, et de ses abords, sur un demi kilomètre de longueur ; 

Route no 105, du Puy à Annonay. — La rectification 
des côtes de Bessamorel et d'Yssingeaux, sur 7 kilomètres. 
— La rectification de la côte de la Gollange, entre Mont- 
faucon et le village de Franc, sur 7 kilomètres. 

3. — Les besoins de la circulation exigent-ils Vinscription 
de nouveUes routes au tableau des roiUes nationales ou le pro- 
longement desdites routes ? 

R. Affirmative. 

4. — QueUe dépense approximative entraîneraient ces di- 
oerses entreprises f 

R, Ces diverses entreprises sont évaluées à environ 
4,000,000 francs. 

5. — Quels avantages devrait-on en altendre? 

R. La réduction notable des prix de transports qui en 
résulterait, développerait le commerce, appellerait l'indus- 
trie et profiterait beaucoup à l'agriculture dont les riches- 



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1B0 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Res f6rd<}tières et les récoltes en foin et (céréales s'expor- 
tent an loin. Ces rectifications ont même un certain 
caractère d'urgence, attendu que les routes départementales 
et les chemins vicinaux ayant reçu, ces dernières années, 
des améliorations considérables, à la suite des emprunts 
successifs du département, les routes nationales sur les* 
quelles les voies départementales et communales viennent 
aboutir, ne peuvent rester avec un tracé inférieur à celui 
de ces voies locales. 

6. — Quel est l'ordre de priorité à assigner à chactme 
d'elles? 

R, Rectification de la route n'» 88 par la vallée de la 
Loire, entre Vorey et le département de la Loire. Rectifi- 
cation de la route actuelle entre Blavozy et St-Hostien , et 
entre Yssingeaux et le pont de Lignon. 

Achèvement de la route n° 103, entre le col de la Bat- 
terie et Tence, y compris la reconstruction du pont de 
Tence, sur le Lignon et ses abords. 

Rectification des côtes de Bessamorel et d'Yssin«eaux, 
route nationale n" 105. 

Rectification de la côte de la Col lange, même route 
nM05. 

Enfin rectification de la côte du Rayol, sur la route natio- 
nale n' 102, vers Pradelles; et rcMtification do la côte du 
Marcel à Vieille -Brioude. 

7. - L'entretien des routes nationales est-il suffisamment 
assuré au moyen des allocations budgétaires actuelles ? 

• /?. L'allocation actuelle est insuffisante. 

8. — S'il y a insuffisance, à quel chiffre s'étève-t elle ? 

B. Cette insuffisance est estimée à environ I ;4 du crédit 
actuel. 



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jriLLET. \2\ 

^. — Les chaussées empierrées des routes nationales ont- 
elles conservé une épaisseur suffisante? — Les chaussées pa- 
vées sont-elles toutes dans un état de viabilité satisfaisant ? — 
Dans le cas contraire, quelle somme faudrait-il dépenser pour 
les remettre en bon état ? 

B, Les chaussées d'empierrement des routes nationales 
n'ont pas conservé une épaisseur suffisante; en beaucoup 
d'endroits elles se rédui?ent à quatre et cinq cer.timètres 
d'épaisseur. Pour ramener les chaussées à une épaisseur suf- 
fisante, il faudrait les recharger sur une grande longueur. 

10. — L'influence de l'établissement des chemins de fer 
sur la circulation des routes nationales et sur les frais d'entre- 
tien queUes comportent est-elle de nature à motiver leur dé- 
classement total ou partiel ? 

y?. Aucune des routes n'est dans ce cas. 

11. — Les routes nationales présentent -elles des excé- 
dants de largeur ? — Dans Vafflrmative, quel serait le meil- 
leur moyen de tirer parti de ces excédants au profit du Trésor 
public, soit par des plantations, sbit par des aliénations, si elles 
étaient reconnues possibles? 

/?. Les excédants de largeur peuvent être utilisés à des 
plantations, qui, au bout d'un certain nombre d'années, pro- 
cureront un bon bénéfice à l'État et rendront des services 
à l'industrie. A cet égard, les essences qui ont le mieux 
réussi sont les sycomores, les platanes, etc. 

12. — Quels sont les ponts à péage faisant partie des rou- 
tes nationales qu'il conviendrait de racheter ? - A combien 
s'élèveraient ajjproximativement les dépenses de ces rachats et 
quelles mesures seraient à prendre pour y parvenir ? 

R. Il n'y a actuellement aucun pont suspendu à péage 
sur les routes nationales. 



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^n RÉSUMÉ DES SÉANGBS. 

13. — y a^t-U des amélioreUioru à apporter dans la légis- 
lation ou dans les règlements en vigueur touchant la construc- 
tion, la circulation et la police des routes nationales et 
départementales, notamment en ce qui concerne le droit d* ex- 
traction des matériaux sur les propriétés riveraines et la ser- 
vitude d'alignement sur les voies publiques du domaine de la 
grande voirie ? 

R, Non : on regarde la législation actuelle comme indis- 
pensable. 

Y0IE8 NAVIGABLES. 

14. — Quelle est la nature des principaux transports qui 
intéressent le déposant sur chaque réseau; quels sont les points 
principaux entre lesquels s'établissent ces transports ? 

R, Autrefois, on construisait au port de Lamothe, près 
Brioude, des bateaux de grandes dimensions pour les trans- 
ports des vins et des barytes ; les bois se transportaient 
sous forme de radeaux. Mais ce genre d'industrie a cessé 
dès le jour où le chemin de fer a été ouvert à Brioude. 



SERVICE HYDRAULIQUE. 

56. — QmIUs entreprises, ressortissant à l'administra- 
lion des travaux publics^ sont réclamées dans l'intérêt de la 
salubrité publique ou des améliorations agricoles f 

Destruction de foyers d'infection. — Dessèchement de ma- 
rais. — Établissement de routes agricoles. — Canaux d'ar- 
rosage. — Colmatages. — Réservoirs d'eau à établir en mon- 
tagne. 



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JUILLET. 423 

R, A ce numéro, il est fait mention de l'établissement 
de routes agricoles. — ^ Quoique l'administration des ponts 
et chaussées n*ait pas été saisie jusqu'à présent de projets 
de ce genre, il n*est pas moins vrai que les voies agricoles 
ou rurales sont appelées à rendre des services signalés dans 
notre pays. Il faudrait seulement les établir à peu de frais, 
comme la Société en a exprimé le vœu, par voie de 
syndicats rendus obligatoires. H serait bon d'admettre des 
largeurs minimum pour ces chemins : trois mètres par 
exemple, et d'éviter autant que possible les gros déblais 
et remblais. Le résultat pourrait être atteint en admet- 
tant des pentes et rampes de 8 à 10 centimètres sur les 
points les plus accidentés. Les courbes, réduites à iO et 
]5 mètres de rayon, permettraient aussi de diminuer les 
dépenses. Il y aurait peut-être à établir une réglementa- 
tion pour ces voies, tant sous le rapport des tracés que 
sons le rapport des terrains à acquérir. Déjà des chemins 
ruraux ont été établis dans quelques coïnmunes, notam- 
ment dans celle de Vais, par des intéressés associés en 
syndicats, sous la direction très-zélée de M. Aymard, alors 
maire de cette commune, et les résultats obtenus sont mar- 
quants : enlèvement d'amas de pierres déposés souvent sur 
certaines parties des champs et utilisés pour les chaussées 
de chemins; diminution de fpais de transports pour les en- 
grais et les récoltes et, par suite, augmentation de pro- 
duits et de valeur du terrain. 

n est, également, fait mention du dessèchement des ma- 
rais. — L'administration des ponts et chaussées a fait 
l'étude du dessèchement du marais de Marsilhac, dans la 
commune du Bouchet-Saint-Nicolas. Ce projet, qui était 
appelé à augmenter considérablement la valeur de ce ma- 



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124 nÉSUMÉ DES SKA^CES. 

rais d*une contenance de quatre-vingts hectares, a amené 
des réclamations de la part des habitants du Bouchet qui 
ont préféré alotir ce communal. Cette propriété, qu*on 
aurait pu évaluer à 30,000 francs, aurait atteint le chiffre 
de plus de 160,000 francs une fois assainie. La dépense 
n'aurait pas atteint le chiffre de 15,000 fr, 

57 . — Quelles sont les entreprises de ce genre qui ont été 
déjà exécutées ? Quel a été le montant de la dépense et quelle 
influence ont eu ces travaux sur la salubrité publique ou la 
production agricole ? 

R, Dans l'arrondissement de Brioude, des étangs ont été 
desséchés, en 1857, pour cause d'insalubrité, dans les can- 
tons de Lavoùte-Ghilhac et de Paulhaguet, en vertu d'une 
décision préfectorale. — La surface desséchée est d'environ 
77 hectares; elle donne, depuis lors, des produits abon- 
dants. La fièvre qui sévissait tous les ans dans ces contrées 
a disparu complètement. La gare de St-Georges d'Aurat ost 
aujourd'hui construite dans un de ces étangs. La ligne du 
chemin de fer d'Alais traverse les deux plus importants. 

Dans ce môme arrondissement, les marais de Bec et de 
Gétron. commune d'Ëspalem, d'une contenance d'environ 
9 hectares 50 ares, ont été desséchés par les intéressés 
formés en syndicat. Les travaux, exécutés par entreprise, 
se sont élevés à la somme de 2,595 francs. Depuis Lors, 
la récolte en fourrage a quadruplé. 

61. — Y a-t'il des modifications à apporter aux lois des 
11-19 septembre 1792, sur la destruction des étangs insalu- 
bres; du 14 floréal an xi, sur le curage des cours d'eau non 
navigables ni flottables : du [6 septembre 1807, sur le dessè- 
chement des marais et l'exécution des travaux de salubrité: 



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JUILLKT. <25 

29 avril 1845 fMl juiUei 1847, sur les irrigations pfHvées. 
Enfin, en ce qui touche la loi du 21 juin 1865, sur les asso- 
ciations syndicales, y aurait-il lieu de faciliter la formation 
desdites associations , en étendant Vaction soit de Vadminis- 
tration, soit de la majorité des intéressés? 

R. Pour arriver au dessèchement des marais ou des tour- 
bières, il y aurait lieu, peut-être, de faciliter la formation 
des associations syndicales en leur facilitant les moyens 
d'employer l'administration compétente. 



CHEMINS DE FER. 

La SociéU*, dans sa séance de juin, a satisfait au ques- 
tionnaire, relativement aux voies ferrées; sauf qu'il y au- 
rait lieu d'étudier la question des chennns de fer vicinaux, 
au moins pour les communes dont le sol est peu accidenté. 

L'Assomliléo, après un déb«at dans lequel plusieurs 
membres son! enicndns, opine qu'il convient d'insérer 
an procès-verbnl le rop|)orl do M. Nicolas, à l'eiïet qnc 
tous nos confrères résidanîs el correspondants, en 
ayant connaissance , poissent sonmelire leurs observa- 
lions il la Société, qui en délibérera définilivemenl 
dans une autre séance (1). • 



(1} Les èvéueiueîits de la giiem- ont interrompu l'enquèlc et motivé rajoiir- 
ncment, par la Sociétf , de ses li^pouses aax «[ucslioniiaircs. Voyez ia iiutf 
il la page 9'2 des Annalex. 

Nous fjiifons des vœux pour qnfl relie enquête, si utile, soit bientôt re- 
prise, el nos confrères sont invités à Tournir tous les rnisei^nements qu ils 
jugeront propri-s 'a édaircr la Société, ^ote du Prèxideuf. 



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126 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Numismatique du Pu y. — M. Chassaing présente à ia 
Société deux deniers en argent du dixième siècle, frap- 
pés au Puy et provenant du trésor découvert en Espa- 
gne en 4866, qui a fourni le denier de notre ville mar- 
qué du nom du roi Raoul. L'acquisition, pour le Musée 
du Puy, des deux nouveaux deniers, a été proposée par 
MM. RoUin et Feuardent à M. le Maire ; ils sont iné- 
dits et d'une véritable importance pour l'histoire nu- 
mismatique du Puy. Ils forment la transition entre les 
deniers au type du roi Raoul et ceux qui offrent la 
légende : Moneta Sce Mariœ. M. le Président invite, 
au nom de la Compagnie, M. Chassaing à publier 
ces deux intéressantes monnaies dans les Annales, 



toutefois, après eu avoir demandé Tautorisation aux 
possesseurs, et exprime le désir que M. le Maire du 
Puy réussisse à en réaliser l'acquisition pour notre 



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JUILLET. 427 

collection numismatique du Velay ; le prix qui en est 
demandé dépasse malheureusement les faibles ressour- 
ces dont la Sociét'é peut disposer ; mais il est à espé- 
rer que MM. Rollin et Feuardent, qui ont déjà donné 
au Musée des marques de leur généreuse sympathie, 
faciliteront encore gracieusement la nouvelle négo- 
ciation. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée 
à six heures. 

Le Secrétaire, 
Augustin CHASSAING. 



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SÉANCE MENSUELLE 

DU LUNDI !•' AOUT 



SOMMAIRE 

Lecture da procès-verbal. — Misée : Don par M. Ed. Flouest d'un moulage 
de petit autel romain trouvé ii Nîmes ; observations de M. Aymard sur le 
dieu gaulois Dis pater , etc. Projet d'acquisition d'un grand psautier trouvé 
2i Langeac. — Ouvraobs reçus : Bulletin du Comice agricole de Brionde : 
De la valeur comparative des races bovines, races d Aubrac et du Mezenc. 
Essai de culture de la lentille li Bournoncle. Annales de la Société d'agri- 
culture de la Loire : Essai de culture du blé Galand. Le Sud-Est : Pro- 
cédé d'épuration de Peau trouble. — Moissonnagk a la fai:x : Expé- 
rience faite au Puy. — Concours ub bbstiaux : Son transfert, en 1«70, de 
Fay au Monastier. — Caisse d'épargne du Piy : Raj»port de M. Balme. 
— Histoire : Articles de M. Aimé Giron, donnés au Dictionnaire universel 
de M. Larousse. Mémoire sur les i>euples slaves, traduit de l'allemand par 
Mlle de Boxberg. — Beaux- arts : Exposition, par M. Em. Gir.iud, d'une 
copie de la Descente de Croix du Caravage. — Personnel de li SociiÎTiî : 
Remerciements du P. Fita, pour sa nomination au tilre de membre non ré- 
sidant. 



Présidence de M. de Brive. 

M. le comte de Saiul-Poncy, préfet de la Haute- 
Loire, assi.sle à la séance. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 



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AOUT* 429 

Dons au Musée. — H. le Président offre, de la part 
de H. Edouard Flouest, procureur impérial à Ntmes, 
membre non résidant de la Société, le moulage d*an 
petit autel de laraire gallo-romain, conservé au Musée 
de Ntmes, sur la face antérieure duquel est sculpté en 
bas-relief un personnage à longue chevelure et barbe 
touffue, vêtu d'une tunique courte ou sagum serrée à 
la ceinture; d'une sorte de petit manteau attaché sur 
l'épaule droite et rejeté en arrière ; de braies collantes 
et de brodequins ; tenant de la main droite un vase 
et s'appuyant, de la gauche, sur une masse pourvue 
d'un long manche. Il est accompagné d'un chien. 

M. Ed. Flouest voit dans ce personnage la représen- 
tation du Dis Pater, le Dieu national des Gaulois, que 
les Romains, comme on sait, avaient assimilé h Pluton. 

C'est la même divinité, sauf quelques différences dans 
le costume, que représente une statuette trouvée à Pré- 
meaux (Côte-d'Or), et récemment publiée par M. Ana 
lole de Barthélémy dans le n» 1 (mai 1870) de la Revue 
celtique, dirigée par M. Gaidoz. 

L'attribution proposée par M. de Barthélémy, est fon- 
dée sur la comparaison de ce bronze avec d'autres sta- 
tuettes analogues, qui ont été trouvées à Besançon, à 
Vienne, en Suisse, dans la Bresse, à Mâcon, à Metz, etc., 
etc., ainsi qu*avec une semblable image de divinité que 
lui ont offerte plusieurs autels de pierre au musée de 
Strasbourg, à Sulzbach, dans le grand duché de Bade et 
à Lyon. 

L'autel du musée de Strasbourg est, surtout, très-ca- 
ractéristique ! on y voit le dieu appuyé sur son long 
marteau, à côté d'une femme qui est iËrecura ou Pro 
TOME xxxr. y 



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430 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

serpine; à ses pieds se trouve Cerbère reconnaissable à 
ses trois têtes. 

Outre ces monuments qui sont de l'époque romaine, 
deux statères gaulois de très-bon style, par conséquent 
d'une date reculée, qu'on a retrouvés sur le territoire 
jadis occupé par les Baiocasses, montreraient aussi, d'a- 
près l'opinion de H. de Barthélémy, la représentation 
vraiment gauloise du dieu au marteau. 

M. Aymard fait ressortir l'intérêt du monument jugé 
assez précieux, pour qu'une reproduction en ait été pla- 
cée au musée gaulois de Saint-6ermain-en-Laye. Il 
ajoute que la savante dissertation de M. de Barthélémy 
lui paraît avoir bien fixé l'attribution de ces sortes d'au- 
tels au dieu dont les gaulois se disaient issus. Très-pro- 
bablement cette attribution sera sanctionnée, un jour, 
par le nom de la divinité inscrit sur un semblable monu- 
ment, h l'exemple de bien d'autres qui mentionnent des 
dieux gaulois honorés, môme sous la domination romaine, 
d'un culte plus ou moins public, comme il faut surtout 
le croire, d'après l'autel consacré à Jupiter par les nau- 
tes parisiens , sous l'empereur Tibère, et qui offre des 
images sculptées en bas-relief et des noms de déliés 
gauloises aussi bien qae de dieux romains. 

Le moulage du môme autel ne sera pas moins curieux 
î\ consulter dans nos collections, pour l'étude comparée 
d'une tôte de statue en pierre, découverte à la Roche de 
Coubon et donnée au Musée par notre confrère, M. Louis 
Balme. La ressemblance est surtout remarquable entre 
la tôte de la statuette de Prémeaux et le grand masque 
dit i' Apollon qu'on voit à Polignac et que M. Aymard 
est porté à attribuer au Dis Pater, 



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AOUT. 13< 

L'absence d'inscription sur les monaments connus de 
Dis Pater, laissant le champ libre aux coi]gectureS| au 
sqjet du nom gaulois de cette divinité, on peut croire 
que César — qui en a fait la première mention (4), re- 
produite par Tertullien (2), vers le commencement du 
troisième siècle, — aurait traduit par des équivalents 
latins, des vocables gaulois répondant à Dis Pater. 

Si cette induction avait quelque chance de probabili- 
té, nous aurions au Puy deux inscriptions romaines qui, 
peut-être, faciliteraient la restitution des formes gauloi- 
ses de ces noms. L'une concerne le dieu topique Adidon 
qui, de Tavis de notre confrère, n'est autre que le lieu 
divinisé : Adi don, Mont-Dieu. L'autre épigraphe, rela- 
tive au préfet de la colonie, offre la qualification, égale- 
ment gauloise, ^u^va^er, bon pire, assignée à ce même 
personnage (3). D'où l'on pourrait admettre que Dis Pa- 
ter aurait été l'équivalent latin du gaulois Adi Vater ou 
Di Vater. 

Toutefois notre confrère ne propose cette explication 
qu'avec réserve, désirant qu'elle soit, un jour, absolu- 
ment établie par la découverte de quelque épigraphe 
ayant trait à un culte qui, d'après le nombre des sta- 
tuettes et des autels déjà com[ius, parait avoir été répan- 
du dans toute la Gaule. 

Enfin le costume, dans les diverses images du dieu 
gaulois, prêtera aussi à des rapprochements, en parlicu- 



(1) Cœs. Bell, GalL, vi, 17 et 18. 

(d) TertallieD, ai KaiioneSj i, 10. Ces citations sont daes à M. de Barihé- 
lemy. 

(3) Hoticei ttar le dieu Adidon et sur l'inscription du préfet de la Colonie. 
Annales de la Société, lom. xii, p. 179 et 19:?. 



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432 aÉsuMÉ DES séances. 

lier entre l'autel de Ntmes et des bas*reliefs romaios 
troaTés aa Pay, où des personnages de distinction ont 
ie $agum sans manches et percé latéralement d*échan- 
crares pour le passage des bras; la poitrine drapée 
d'une sorte de pallium ou petit manteau, et les pieds 
chaussés de brodequins (4), le tout à peu prés comme 
à Tautel de Ntmes et différent de ce qu*on obserye à la 
statuette de Prémeaux, dont le vêtement est caractérisé 
par une tunique à longues manches et la privation du 
pallium. 

Sous ce nouvel et intéressant point de vue, M. Ay- 
mard signale les restes des monuments antiques du 
Puy au savant examen de M. de Barthélémy, qui s'oc- 
cupe d'une étude sur le costume des Gaulois. 

Les explications qui précèdent ajoutent un nouvel 
inté. et au moulage du monument dont notre compa- 
triote a bien voulu doter le Musée et pour lequel TAs- 
semblée vote des remerciements à M. Edouard Flouest. 

M. Aimé Giron annonce que, tout récemment, au 
clocher de l'église de Langeac, il a été découvert, dans 
un réduit muré , un ancien pseautier imprimé grand 
in-folio, d'ane exécution remarquable, que la fabrique 
consentirait, croit-il, à céder au Musée, moyennant 
une légère indemnité. 

M. Charles de la Fayette rappelle que l'autorité épis- 
copale a interdit ces sortes d'aliénations, qui ont fait dis- 
paraître, surtout depuis le commencement de ce siècle, 



(1) Bas-reliefs de monameats tamalaires. Les Origines de la tille du puy. 
Congrès scientifique de France de 1855, tome ii, p. 430. 



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AOUT. 133 

tant d'objets précieax de nos églises, et qa*afin de con- 
server ceux qui ont échappé, il a été fondé à TéTéché 
un musée religieux pour lequel il est à craindre que 
Mgr Tévéque ne donne la priorité, si le pseautier de 
Langeac offre un yéritable intérêt. 

M. Aymard fait remarquer que le Musée du Puy offre 
rimmense avantage d*étre toujours ouvert et accessible 
au public, et, qu'à ce titre, ses collections doivent, 
le plus possible , l'emporter sur toutes autres. 

M. le Préfet, se rangeant à l'opinion de M. Aymard, 
offre à la Société ses bons offices auprès de Mgr TEvé- 
que pour obtenir son assentiment à des négociations 
avec la fabrique de Langeac, dès que M. Aimé Giron 
aura obtenu communication du pseaulier et sera ren- 
seigné sur les prétentions pécuniaires dont ce livre 
peut être l'objet. 

Ouvrages reçus. — Le Bulletin du Comice agricole 
de Brioude contient un article concernant la valeur 
comparative des races bovines. L'auteur de cette étude, 
M. de Noyant, recherche quelle serait la race qu'il 
serait le plus avantageux pour les agriculteurs d'adop- 
ter dans l'arrondissement de Brioude , et donne un 
tableau du classement probable des races françaises, 
d'après leur triple aptitude au travail , pour le lait et 
pour l'engraissement. D'après ce tableau, sur 32 races 
comparées entre elles, la race du Mezenc occuperait le 
cinquième rang comme aptitude au travail , le vingt- 
huitième comme aptitude pour le lait, et le seizième 
comme aptitude pour l'engraissement. Quant à la com- 
binaison de ses aptitudes respectives, elle serait au 



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134 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

treizième rang. La race d'Âubrac serait la plus avanta- 
geusement classée, relativement aux aptitudes diverses; 
elle l'emporterait sur la race de Salers , qui domine 
généralement dans le bassin de Brioudc et qui occupe- 
rait le quatrième rang. 

M. Chouvon combat la préférence accordée par M. de 
Noyant h la race d*Aubrac ; il insiste sur son défaut de 
n*étre pas laitière , et fait remarquer que Taptitude 
pour Tengraissement ne peut entrer en considération 
auprès de l'aptitude au travail et pour le lait. Notre 
confrère maintient énergiquement ses préférences pour 
la race du Mezenc , dont les qualités supérieures sont 
de plus en plus appréciées. 

Le même recueil contient une note émanant de 
M. l'Instituteur de Bournoncle, sur des essais de cul- 
ture de la lentille , auxquels il s'est livré depuis huit 
ans dans cette localité. Cette légumineuse, qui est 
Tune des cultures les plus importantes des environs dn 
Puy , ne trouve point la même faveur chez nos voi- 
sins de Brioude, quoiqu'elle soit largement rémunéra- 
trice. En Auvergne, les agriculteurs sont prévenus 
contre elle par l'opinion qu'elle ne réussit guère. 

M. l'Instituteur de Bournoncle en a semé chaque 
année, depuis 4862, dans des terres fortes, des terres 
légères ou de varenne, et dans tous ces terrains la len- 
tille a réussi. Son rendement en moyenne a été de dix 
pour un. Outre ce produit, qui est très-beau, elle donne 
un fourrage que mangent avec avidité les vaches et les 
bœufs , et que les chevaux même ne dédaignent pas. 
Nous ne saurions trop engager les agriculteurs de l'ar- 



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AOUT. 135 

rondissement de Brioude à pratiquer cette culture ; le 
succès récompenserait certainement leui*s essais, sur- 
tout s*ils en obtenaient des lentilles de qualité très-su- 
périeure, comme aux environs du Puy. 

Les Annales de la Société d'agriculture de la Loire 
rendent compte d'un essai de semis de blé Galand. 
Deux hectogrammes semés an ligne à 40 centimètres 
dans un terrain chaulé et fumé de colombine ont rendu 
neuf gerbes, équivalant à un double-décalitre. Les 
conditions de culture étaient exceptionnelles ; aussi le 
rendement a-t-il été des plus avantageux. 

M. le Président, en appelant l'attention de la So- 
ciété snr ce résultat, annonce qu'il mettra, à l'automne 
prochaine, des échantillons de ce blé à la disposition de 
nos confrères qui voudraient en faire l'expérimentation. 

Le Sud-Est indique un procédé très-simple d'épu- 
ration de reau*trouble , qui peut être utile à connaître 
à la campagne, lorsque, dans les temps de sécheresse 
excessive ou de grosses pluies , l'on n'a souvent à sa 
disposition que de l'eau trouble qui est impropre à être 
bue. Il consiste à ajouter 4 ou 5 centigrammes d'alun 
potassique en poudre fine pour chaque litre d'eau, 
qu'on remue fortement. Les parties terreuses se coa- 
gulent et se déposent en quelques instants. En Egypte, 
pour clarifier instantanément l'eau du Nil, si limo- 
neuse du temps des crues, les indigènes agitent pen- 
dant quelques secondes, dans le vase rempli d'eau, un 
bâtonnet fendu au bout et dans la fente duquel est 
saisi un morceau d'alun. 



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136 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Moissonnage a la faux. — M. le Président rend 
compte du moissonnage à la faux qui avait été annoncé 
à la dernière séance; il a eu lieu le 43 juillet, jour de 
la foire de la Dédicace, en présence d'un concours 
considérable de spectateurs, composé de membres de 
la Société, d'habitants de la campagne, d'élèves de 
l'Ecole normale et de curieux. Le champ de M. Vigou- 
reux, situé près de l'avenue de Vais, avait été choisi 
pour théâtre de cette expérience; il oiTi'ait une étendue 
d'un hectare et demi semé en froment et en orge. 
Quatre élèves de la ferme-école, gracieusement mis à 
la disposition de la Société par M. Chouvon, ont opéré 
sur l'orge et en ont moissonné environ 20 ares. Des 
moissonneurs auraient mis à la faucille trois fois 
plus de temps. L'expérience a parfaitement réussi et 
démontré aux spectateurs la supériorité de la 'faux 
sur la faucille, comme économie de temps et aussi de 
paille, car avec la faux le sciage se fait plus bas. M. le 
Président confirme par sa propre pratique ce résultat : 
cette année, dans son domaine de la Darne, il a fait 
faucher toute sa récolte d'orge, qui, en une semaine, a 
été coupée, liée et rentrée. Avec la faucille, ce travail 
aurait pris trois semaines. Après l'essai de l'avenue de 
Vais, plusieurs cultivateurs, qui en avaient été témoins, 
ont demanrié à faire l'acquisition de faux. C'est la 
meilleure preuve du succès de l'expérience et de l'avan- 
tage du procédé qu'elle consacre. M. Langlois constate 
qu'elle a produit ses fruits; dans les environs du Puy, 
sur des points différents, il a vu, depuis lors, trois fau- 
cheurs moissonnant de l'orge. M. le Président en con- 
clut qu'en renouvelant pendant plusieurs années consé- 



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AOUT. 137 

cutives cette expérience, la Sociélé, sans nul doute, fini- 
ra par implanter le moissonnage à la faux et à le 
convertir en usage agricole. 

Concours de bestiaux. — M. le Président annonce 
que le Concours annuel pour l'amélioration de la race 
bovine du Mezenc qui, jusqu'ici, avait eu lieu à Fay-le- 
Froid, se tiendra cette année au Monastier, le lundi 
5 septembre prochain. 

Caisse d'épargne du Puy. — M. Balme, président du 
Conseil des directeurs de la Caisse d'épargne da Puy, 
fait un rapport verbal sur la situation et les opérations 
de cet établissement pendant Texercice 4869. Il en ré- 
sulte que la situation de la Caisse est toujours en voie 
de prospérité. 

« Le solde dû aux déposants s'est accru pendant l'année 
dé 116,870 fr. 83 cent., et le nombre des livrets de 278. 
D'un calcul auquel les opérations de la Caisse ont donné 
lieu, il ressort qu'il y a en ville environ l livret par 7 habi- 
tants 3/4, et que, dans l'année 1869 , le capital de chaque 
livret s'est augmenté en moyenne de 135 fr. 63 cent. — Il 
faut remarquer que le fond de dotation va aussi toujours 
s'augmentant. Ainsi, au 31 décembre 1868, il était de 
27,987 fr. 82 cent; au 31 décembre 1869, il s'élève à 
29,813 fr. 99 cent. Les bénéfices de la Caisse sont donc de 
1,826 fr. 17 cent, qui ont été capitalisés. » 

En terminant, M. Balme soumet à la Société une 
question qui préoccupe actuellement les Comités d'un 
grand nombre de Caisses d'épargne. 



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138 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

€ Il 8*agit de savoir : !<> 8*il n^est pas nécessaire, dans 
l*intér6t des déposants, de leur permettre de porter le capi< 
tal de leur livret de mille à deux mille francs; ^^ s*il n*y 
aurait pas lieu de supprimer le fractionnement dans les 
versements. Après avoir pesé les raisons qu'on fait valoir 
pour et contre, on est amené à penser qu'il y a lieu 
d'autoriser le versement d'une somme supérieure à mille 
francs, mais à la condition que l'intérêt alloué aux dépo- 
sants pour les sommes qui dépasseraient mille francs fût 
si modique que le dépôt ne pût être considéré comme un 
placement, mais bien qu'il devint un entrepôt tout-à-fait 
transitoire. • 

M. le Président adresse à M. Balme les félicitations 
de la Société. 

Science historique. — M. Aimé Giron fait con- 
oattre à la Compagnie qa'il a communiqué à M. Pierre 
Larousse plusieurs articles biograpliiques, historiques 
ou littéraires ayant trait au Velay, que ce dernier lui 
avait demandés pour être insérés dans son Diction- 
naire universel. Notre confrère signale notamment les 
articles intitulés : Crozatier, Daurier (baron), Davi- 
gnon (Hugues), Denise, Desges, dentelles, Dolezon, 
qui ont paru dans les dernières livraisons. Il se pro- 
pose de continuer sa collaboration à cette œuvre qui 
reçoit une immense publicité, et il fait appel au concours 
de tous les membres de la Société pour atteindre le 
seul but qu'il se propose : l'intérêt du pays à être connu. 

M. Aymard communique à la Société un mémoire 
intéressant sur les peuples slaves. Ce travail, traduit de 



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AOUT. 139 

rallemand par notre savante correspondanle, M"« la 
baronne de Boxberg, pourra foamir un sujet de com- 
paraisons pour les origines préhistoriques des peuples 
du nord de l'Europe, de rAllemagne et de la Gaule. 



LES SLAVES. 
Extrait du journal V Etranger (Dos Ausland). 



Augsbourg, lo U juillet 1870. 

Là où l'histoire écrite finit., ou plutôt pour ainsi 
dire avant qu'elle commence , Tarchéologue doit appliquer 
son savoir. U existe même un terrain préhistorique , où 
les deux extrémités se touchent, et c'est sur ce terrain que 
nous appelle le travail d'un savant Fschech, le professeur 
Johann-Erasmus Vocel, dans son écrit sur les Slaves et 
leur ancienne patrie. 

Les haches ou eeUes et les pallstaches, les glaives, les 
faucilles et les bouts de lances en bronze, sont regardés 
par Tauteur comme un signe apparent de la période la plus 
ancienne du bronze. L'auteur, appelle paUstaehe, un outil 
en forme de ciseau , évidé en douille par le haut pour re- 
cevoir un manche , et il nomme celtes un objet semblable 
au précédent, dont le dos est plat et les côtés sont garnis 
de larges rebords en saillie, servant à onmancher la pièce. 



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140 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Dans la contrée entre i*Oder, la Yistule et le Dniepr, 
occupée à Toccident par les Slaves de notre époque. Ton 
ne trouve point d*arn)e8 en bronze. Déjà M. Kraszewski 
nous avait fait l'observation que le bronze, en Pologne, 
ne parait pas seul, sans le fer, comme cela se voit en Dane- 
mark ; mais le bronze et le fer de la môme époque se ren- 
contrent Tun avec l'autre. 

Du temps où les Grecs vivaient en contact avec les 
Slaves, le fer y était introduit chez eux. Les monuments 
grecs, fréquemment rencontrés sur les côtes de la mer 
Noire, deviennent de plus en plus rares vers le centre 
du Nord ; quelques traces éparses se voient encore à Viez, 
— mais plus loin, dans les plaines qui se déployent en' 
tre la Vistule et le Pripet, les marques de l'influence de 
la civilisation grecque disparaissent, tandis que le nombre 
des sépultures augmente, dans lesquelles les armes et ou- 
tils en pierre sont recueillis, ainsi que les urnes cinéraires, 
des bijoux en verroteries et en ambre, accompagnés d'ob- 
jets en bronze, mais d'un alliage récent. Les sépultures 
sont, à en juger par leur apparence, indubitablement des 
inhumations slaves. 

En Bohême, au contraire, les innombrables tombeaux 
païens qui couvrent le pays appartiennent tous aux qua- 
tre époques de l'Allemagne du Nord , c'est-à-dire à l'âge 
de la pierre, à l'époque du bronze antique, au passage du 
bronze au fer, et à la fin du paganisme, dont les débris se 
relient au christianisme alors qu'il commençait à poindre. 

Les inhumations païennes de la Bohême se divisent en 
deux ordres de constructions, selon que le corps fut brûlé 
ou enterré. Ces deux actions d'ensevelir appartiennent ce- 
pendant à la même époque et à la même race ; elles sont 



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AOUT. Ui 

employées altei^nativement diaprés le rit de rinhumation 
en usage chez l'une ou Tautre partie du peuple. 

Les produits industriels, comme la poterie, les usten- 
siles et armes, recueillis dans les deux ordres d* obsèques, 
ont la môme forme, la même technique du travail, indé- 
pendamment de la construction intérieure, ou extérieure 
du tombeau, qu*il soit marqué par un tertre, ou bien 
haussé par des pierres. En Germanie, le fer et Targent sont 
des introductions de la même époque ; — en Danemark, 
Targent subsistait avec le bronze. 

Voici les points les plus essentiels de Tétude archéolo- 
gique que l'auteur nous développe dans son écrit. 

Dans le centre de la Russie et de la Pologne, regardé 
par rhistoire comme le siège principal de la race slave, 
— la trace de Tâge de la pierre n'est indiquée que par 
des vestiges bien problématiques et n'est représentée encore 
simultanément qu'avec des outils en fer et de bronze ; mais 
le bronze est d'un alliage plus récent : les armes étant en 
bronze antique. Or, les vrais indices du temps du bronze y 
font défaut, tandis qu'on les constate à Siibenbuergen 
(en Hongrie), dans l'Ural, au Kaukasas et dans TAltri. 

CSe fait, pleinement établi, nous engage à croire que la 
partie de l'Europe de l'Est, du temps du brpnze, ne fut 
point peuplée, ou ne fut habitée passagèrement que par des 
chasseurs Finnois qui parfois se servaient des usten- 
siles en silex. Ces plaines, jadis probablement couvertes 
d'une forêt vierge , n'étaient entrecoupées que par des 
lacs et des marais. Quant aux Slaves, ils ne s'y fixèrent 
que plus tard, 

La description ethnographique la plus ancienne de la 
Russie se trouve dans Hérodote, ei c'est par un nombreux 



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142 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

concours de recherches et d'observations que le savant au- 
teur a cru devoir mentionner les peuplades de ces contrées, 
qui ne descendaient point des Scythes, ainsi que les 
Nenrers et les Budisurs, comme les pères de l'histoire 
slave. 

Le mot Buda, dont la race tirait son nom, est une ex- 
pression primitive de la langue slave. La Volhynie et la 
Russie blanche sont regardées de cette manière par le pro- 
fesseur Yocel, d'après Hérodote, comme le foyer principal 
des Budisurs. Leur possession s'étendait, par conséquent, 
du haut du Don jusqu'au Dniepr. 

Les antiquités trouvées dans les tombeaux du centiH3 de 
ce pays indiquent que le mouvement de la civilisation 
slave du Sud aurait pris naissance dans le voisinage de la 
colonie grecque du Pontus; elle se répandit ensuite vers 
la Yistule et le Dniepr par les tribus qui n'y ont pénétré 
successivement qu'après des siècles. 

Les recherches et les études des tombeaux Scythes dans 
la Russie du Sud ont prouvé que l'usage du fer, du temps 
d'Hérodote, aurait été transplanté dans les steppes par les co- 
lonies grecques, tandis que de l'autre côté des Karpathes, 
ainsi qu'en Bohême, l'époque du bronze antique continuait 
encore. 

Si les établissements primitifs des Slaves furent dans la 
Russie blanche et dans la Volhynie, l'auteur admet, con- 
formément à la tradition, que l'opération slave antéhislorl- 
que en Russie, fut une migration en foule qui, venant de 
l'Asie, s'étendait avec les troupeaux sur le territoire entrd 
le Don et le Dniepr. Les forêts dans lesquelles alors ces 
hordes pénétrèrent, abreuvées d'eau dormante, furent ou 
incultes et désertes, ou ne furent visitées qu'alternativement 



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AOUT. U3 

par des chassoars vagabonds, ainsi que nous l'avons indi- 
qué plus haut. L'auteur combat ensuite énergiquement dans 
sa conclusion régulatrice, la supposition, — et tel est le but 
de son écrit, — que les objets de bronze , trouvés dans 
l'Est sur la Yiâtule, dans les Karpathes et en Bohème, 
sont des antiquités slaves, — mais il prouve efficacement 
que la race teutonique était établie alors en ces lieux. 

Cette assertion est appuyée d'une manière fort ingé- 
nieuse par la comparaison de la racine des mots des deux 
langues. 

Dd temps où les Slaves eurent connaisance du fer, ils 
ne formaient qu'un seul peuple, ayant la même langue, et 
devaient se contenter d'abord d'un territoire restreint. 

Dans toutes les langues slaves, les mots primitifs, dési- 
gnant certains objets et ustensiles en fer, sont communé- 
ment les mômes : ainsi la pioche , lu ciseau, la pince, le 
couteau, la scie, la hache, le glaive, l'étrier, l'éperon, 
l'ancre. Ont été introduites dans la langue panslave les dési- 
gnations pour l'or, l'argent, le cuivre, lo plomb et l'étain. 
L'union primitive de la race existait ainsi au temps de l'in- 
troduction du fer. Les Slaves jadis ne formaient donc qu'un 
seul et formidable peuple. Aujourd'hui , les Slaves ne 
sont plus que des Russes, ou des Polonais, desFschechs, 
des Ruthènes, des Serbes ou des Slovènes. Les Slaves, 
qui présentement font partie de l'empire d'Autriche , 
se divisent en : Fscheches 3 ^ millions. Magyares 5 -; mil- 
lions, Slovènes 1 million. Croates 1 ^ million , serbes 1 f 
million, Polonais 2 ^ millions, Ruthènes 3 millions. 

Tiré d'une statistique, le calcul est exact. 

L'auteur nous dit ensuite : avant que les Slaves se fussent 
divisés en tribus apparentées, ils avaient eu connaissance 



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444 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

de l'agriculture, car les désignations de la charrue, de la 
pioche, et du socle de charrue sont panslaves. De ce que 
les dénominations du blé, du froment, de Torge, de Ta- 
voine se répètent de môme, dans différents idiomes, mal- 
gré l'art ancien, il ne résulte pas suffisamment la preuve 
de leur origine , car l'espèce du grain aurait pu être 
introduite d'une tribu à l'autre, et avec elle par sa pro- 
venance la désignation du blé adoptée. 

Un autre fait, établissant avec plus de persuasion l'allé- 
gation que les Panslaves cultivèrent les champs, c'est 
que le mot gerbe est une expression de souche slave. 
Les Panslaves ainsi nouaient leur blé en gerbes, bien 
avant qu'ils descendissent vers le Nord, l'Ouest et le Sud- 
Ouest. 

Les objets que les Panslaves se sont appropriés d'une 
époque plus civilisée, ont dû être nommés différemment 
d'après les pays, et d'après l'usage de chaque tribu, dont 
les branches s'étendirent alors vers diverses régions. 

Pour appuyer cette allégation, l'auteur cite la varia- 
bilité des mots : papier, paver, acier, dindon, les mûres, le 
coton, etc. 

Il est singulier que la langue panslave ne possède point 
d'expression qui rende l'idée de la propriété et de l'héri- 
tage. Les deux mots qui s'y rapportent ne se sont ainsi for- 
mées qu'après la division de la souche slave. 

Cette belle et érudite recherche se termine par l'afGrma- 
tion appuyée de preuves évidentes, d'un point essentiel, tant 
de fois attaqué, à savoir : que, du temps de Facitus, le pays 
entre la Saale, l'Elbe et l'Oder, avait été occupé primitive- 
ment par les tribus de la race teutontque. 



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AOUT. 145 

Un foyer slave en Saxe. 

En établissant la ligne di^ chemin de fer qui mène de 
Dresde à Ghemnitz (Saxe), et en pratiquant une tranchée 
dans le Schaenksberg, près de Risa, sur TElbe, on re- 
cueillit, il y a quelques années, diverses urnes cinéraires. 
Le Schaenksberg fut vendu dernièrement. Pour exploi- 
ter la belle carrière de gravier qu*il contenait, des ouvriers 
eurent l'ordre d'enlever le monticule et de niveler le ter- 
rain. Des centaines d'urnes cinéraires ruisselaient de ce 
terrassement; des armes et bijoux en bronze furent ex- 
traits. 

Cette sépulture, qui a dû appartenir à l'occupation ter- 
ritoriale slave, ou môme à une domination postérieure, 
nous dévoile le trésor le plus considérable, peut-être, en 
fait d'objets céramiques, qui ait été jamais trouvé eo Saxe. 

Le nivellement, qui est manié avec activité, nous porte 
à croire que la collection de vases ainsi recueillie s'enri- 
chira de jour en jour, quoiqu'il se trouve dans le nombre 
des urnes bien détériorées par la fragilité de la matière 
mai cuite. 

Parmi la quantité d'urnes réunies par M. de Jhemen, 
et déposées à son château de Stanchitz, se voient des 
exemplaires de grandes dimensions d'un travail et d'une 
ornementation tels que, môme le musée de Berlin, malgré 
le riche dépôt d'antiquités de tout genre provenant des 
fuyers slaves, essentiellement distincts, n'en possède point 
de pareils. 

Il nous reste à remarquer que les urnes extraites au- 
près du village sont d'un travail grossier, tandis que le 

TOME XXXI. lu 



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146 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

mode de fabrication devient de plus en plus satisfaisant, à 
mesure que les vases sont retirés de la partie la plus élevée. 

Il s'agit ici d'un vaste ctnerariumy et nous pouvons 
considérer que les objets enfouis dans le Schaenks- 
berg dénotent une longue période, qui nous démontre que 
la contrée a été occupée par une peuplade établie en ces 
lieux, et qu*elle exerçait la manipulation de Targile avec 
habileté. 

Cette découverte nous fut rapportée avec satisfaction, 
par l'organe de la presse le Journal de Dresde, du 12 
juin 1870. 

Beaux-Arts. —M. le Président appelle Tattention de 
la Société sur une copie, par notre confrère, M. Emile 
Giraud, d'une Descente de croix, du Caravage. Le 
tableau de M. Giraud est remarquable par la lldélilé 
de la reproduction, la fermeté du dessin et la vigueur 
du coloris ; elle fait honneur à son talent. 

Personnel. — Le R. P. Fila, récemment élu mem- 
bre non résidant, écrit une lettre de remerciements. 

L*ordre du jour étant épuisé , la séance est levée à 
six heures. 

Le Secrétaire, 

AuG. CHASSAING. 



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SEANCE MENSUELLE 

DU 7 NOVEMBRE 

SOMMAIRE 

Procbs-vbrbal DR LU pR^c£oBNri séiiNCB .' Adoption. —MUSÉE, dons : 
Urne en silex, préhisroriqoe, trouvée aux Car«.^ coDimune de Taulbae; mou- 
lages de flgurines romaines eu terre cuite, provenant du département de 
l'Allier; grand psautier imprimé il l'usage des capucius, trouvé h Langcac; 
vieux mouvement d'horloge; boutons en cuivre de la légion du Velay; mé- 
daille commémoralive du concile de 1869; pastille du sérail du grand sultan. — 
Ot'VR«oE:i RBçus : Brochure sur le cardinal 4e Polignac par M. Lascombe 
Vœu de la Société pour qu'on recherche, au Musée de Berliu, le r;italogue 
de la collecliou archéologique du cardinal. Annonce, par M. le Ministre de 
l'Agriculture, de l'envoi de l'ouvrage relatif aux prix décernés en 1867 dans 
lc>s concours régionaux. Bulletin de la Société d'Agriculture de la Lozère : 
Article relatif au concours d'auimauxgras du Puy. Journaux d'Agriculture pro- 
gressive et d'Agriculture pratique : Valeur nutritive des feuilles des végétaux 
ligneux. Emploi du maïs carragua pour fourrages; observations de M. de 
Rrive. Moutarde blanche, colza et sarrazin: observations de MM. de Brive et 
de MonUilet. Le Sud- Ext : Dc>truction de la cuscute. Bulletin de la Société 
des antiquaires de France : Notice, par M. Edouard Floucst, sur des lombes 
mérovingiennes; observations de M. Aymard. Mémoires de l'Académie de 
Cteruiottt-Ferrand : Traité entre les sires deMercœur et le chapitre noble 
de Brioude en 1391 ; texte du document et notice par M. de SartigA d'An- 
gles. La question des paropblets politiques en 1631, mémoire par M. Tal- 
ion. Mémoire sur les dessèchements de lacs et marais en Auvergne par 
M. Cohendy. — Episooties : Rapport de M. de Brive sur la fièvre aphtbense. 
— Narigation aérienne : Communication de M. Aymard relative au physicien 
Joseph Galien. — Météorologie : Communication de M. Nicolas concernant 
une aurore boréale. — Pbrsonnbl : Décès et nécrologies de MM. Prosper 
Mériméi», membre honoraire, et Uippolytc Limozin, membre résidant. -> 
OfijBTS d'admixi tratio.1 : Subvention de 400 fr. accordée à la Société 
par M. le Ministre de Pinstruction publique. 



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U8 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Présidence de M. de Brive. 

A trois heures, la séance est ouverte. — M. le Secré- 
taire lit le procès-verbal de la précédente séance , dont 
la rédaction est adoptée. 

Musée. — Dons : H. Aymard présente une belle 
lame en silex, outil préhistorique trouvé par M. Arnan- 
don, garde champêtre à Tauihac, dans le bois dit des 
Caves, propriété de M. Puissant. 

M. Lascombe fait les offrandes suivantes : 

1*> Au nom de M. Bertrand, membre non résidant, k 
Moulins, deux moulages de statuettes romaines en terre 
caite; 

2® De la part de M. Esmonot, architecte à Moulins, 
vingt moulages de semblables (Igurines trouvées, comme 
les précédentes , dans le département de l'Allier. Dix 
photographies, jointes à cet envoi, représentent des piè- 
ces du même genre. 

Le nombre et la diversité de ces petits et curieux mo- 
numents de la céramique gallo-romaine recommandent 
particulièrement ce don à Tatlention de la Société. 

M. Aimé Giron, au nom de la fabrique de l'église pa- 
roissiale de Langeac, fait hommage d*un très-grand et 
beau Psautier imprimé, dont notre confrère avait an- 
noncé la découverte à la séance précédente. Cet ouvrage a 
pour titre : Psalterium romanurnjuxia breviarium ex 
decrelo sacrosancti concilii tridentini restitutum, hi 
duos tomos distrihutwn. Carcasonnœ, apud capucines, 
M.DC.LXXVI. Un des deux volumes a conservé son 
frontispice qui est orné d'une belle gravure. On y voit 



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nOVEMBRE. 149 

aussi les insignes des capucins, attestant que ce livre 
était à Tusage des religieux de c«t ordre. Le texte est 
rehaussé, en outre, de lettres capitales à vignettes noi- 
res et rouges. 

Enfin, MM. Hector Falcon, Âymard, Tabbé Frugère 
et Emile Tuja, donnent : 1» un vieux mouvement d'hor- 
loge établi d'après un système peu connu; 2<» deux gros 
boutons en cuivre doré : l'un de la Légion du Velay, 
aux armes de la ville du Puy surmontées d'une cou- 
ronne royale; l'autre, aux mêmes armes, sans couronne, 
et portant en légende : Légion du Puy-en-Velay; 3° une 
grande médaille, en cuivre doré , commémorative du 
concile œcuménique tenu à Rome en 1869; i® une cu- 
rieuse pastille, en forme de croissant surmonté d'une 
étoile. Elle provient du sérail du grand sultan et a été ap- 
portée de Constantinople par notre compatriote M. Brun, 
capitaine de frégate. 

M. le Président exprime les remercîments de la So- 
ciété pour ces dons qui, malgré les pénibles préoccupa- 
tions du moment, continuent d'attester des sympathies 
précieuses pour le Musée. 

Ouvrages reçus. — Le Cardinal de Polignac. — 
M. Lascombe fait don, à la Bibliothèque historique, 
d*une brochure ayant pour titre : le Cardinal de Po- 
lignac, 4664- 47 ii (extrait des Tablettes historié 
ques de la Haute-Loire). Celte monographie, relative 
à l'un de nos plus illustres compatriotes, contient des 
renseignements peu connus sur ce personnage. On y 
trouve surtout un document inédit qui concerne les ob- 
sèques célébrées en son honneur au Puy, et qui présente 



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450 ' RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

quelques détails curieux sur la vie municipale et admi- 
nistrative de cette ville au dix-huitième siècle. 

L'auteur rappelle, dans une note, un fait qui intéres- 
sera nos archéologues; le cardinal possédait une collec- 
tion de médailles et d'objets d'antiquité qui, après 
sa mort, ayant été acquise par le roi de Prusse, doit 
être, aujourd'hui, au musée de Berlin. Il serait possi- 
ble, comme le présume notre confrère, que le Velay 
eût fourni des pièces d'archéologie à cette remarquable 
collection. 

Conformément au vœu que M. Lascombe a émis à 
propos de ces antiquités, l'Assemblée décide que des re- 
cherches seront faites pour retrouver, s'il est possible, 
au musée de Berlin, au moins un catalogue de la col- 
lection archéologique du cardinal de Polignac. 

Concours agricoles régionaux, — M. le Ministre de 
l'agriculture écrit que la Société recevra prochainement 
un exemplaire du volume sur les primes d'honneur et 
les médailles de spécialité décernées, en 4867, dans les 
concoui's agricoles régionaux. 

Concours d'animaux gras du Puy. — Au nombre 
des ouvrages périodiques, le Bulletin de la Société aca- 
démique de la Lozère contient un article qui a pour li- 
tre : Les Auhracs au concours d'animaux gras du 
Puy. Les notions instructives qu'il fournit sur les bœufs 
de cette race, ainsi que sur l'espèce porcine, ont été ex- 
traites du Journal d'agriculture qui, lui-même, les avait 
empruntées à l'un des comptes-rendus de nos concours, 
présentés par M. Aimé Giron à notre Société. 



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NOVEMBRE. 451 

La domestication des perdrix est, dans la même pu- 
blication, l'objet d'an antre article relatif aux résultats 
d'heureux essais faits par M. Yves, dans le Bourbonnais. 

Valeur nutritive des feuilles de végétaux ligneux, 
— Le Journal d'agriculture progressive donne d'uti- 
les renseignements « pour l'exploitation de cette pré- 
cieuse ressource fourragère qui , connue depuis longue 
date des cultivateurs, était restée toute routinière. La 
science est intervenue. Elle a fait connaître que les 
feuilles varient de richesse alimentaire avec leur âge, 
et que, par conséquent, il n'est pas indifférent de les 
cueillir à toutes les époques. 

« Non-seulement les feuilles des végétaux ligneux 
n'ont pas toutes la même valeur nutritive ; mais cette 
valeur varie elle-même selon le climat, la température 
et surtout selon l'époque de la cueillette. > 

Parmi les plus précieuses, l'article mentionne, avec 
détails explicatifs, analyses, etc., les feuilles de vigne, 
d'orme, de charme, de frêne, de mûrier, de peuplier du 
Canada, de chêne, de bouleau, de noisetier et de saule. 

Les bons conseils de l'auteur pourront être mis à pro- 
fit dans notre pays, où des cultivateurs donnent déjà 
au bétail plusieurs sortes de feuilles. 

Maïs géant carraguapour fourrages. — Les essais 
de culture qui ont été faits aux environs du Pay, en 
particulier par M. le Président de notre Société, M. de 
Brive, ont été, de tous points, aussi remarquables que 
ceux signalés par M. de CaiTière-Brimont dans le Jour- 
nal d'agriculture pratique. A cette occasion, M. de 



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452 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

Brive présente à l'assemblée des spécimens de ce pro- 
digieux végétal dont la hauteur a alteint jusqu'à 3"" 50, 
dans sa propriété de la Darne, commune de Coubon. 

Il est certain que le carragua produit deux fois plus 
de fourrage que le maïs ordinaire ; seulement, lorsque 
sa circonférence dépasse 7 à 8 centimètres, il ne peut 
être avantageusement utilisé par les animaux de tra- 
vail sans être concassé ou divisé. Du reste, il résiste 
très-bien aux fortes chaleurs du mois de juillet et peut 
ainsi, pendant tout le mois d'août, fournir aux proprié- 
taires le moyen de nourrir leurs animaux d'une ma- 
nière salutaire et économique ; la seule précaution h 
prendre étant : 4*^ de le semer fort épais dans une 
bonne terre argilo-siliceuse ; et î» de le couper avant 
qu'il ait complètement sorti toutes les panicules. 

Moutarde blanche, colza et sarrazin. — Ces plantes 
sont indiquées, dans le Journal d* agriculture progres- 
sive, comme étant profitables en récolte dérobée pour 
fourrages ou pour enfouir en vert comme engrais. La plus 
précieuse, sous ce double rapport, est la moutarde, qu'il 
faut couper, condition de rigueur, ou enfouir en pleine 
fleur. Toutefois, il ne convient pas de nourrir exclusi- 
vement les bestiaux avec ce fourrage ; car, donné en 
trop grande quantité, il devient très-échauffant. On a 
remarqué surtout l'influence do cette nourriture sur 
l'augmentation de production du lait chez les vaches. 

A la rigueur et à défaut de moutarde, on peut culti- 
ver, dans le même but, le colza et le sarrazin mélangés, 
ou même isolément. 

M. de Brive dit qu'il a semé de la moutarde blanche. 



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NOVEMBRE. 453 

Celle plaDle ne s'esl pas élevée an delà de 40 à 42 cenli- 
mèlres ; mais il ne voudrait pas absolument conclure 
de cet essai fait dans des con litions peut-être défec- 
tueuses. Il se propose de renouveler l'expérience. 

M. de Montalet a été satisfait de cette culture, sauf 
que, pour en assurer la réussite, il Ta pratiquée en mé- 
lange de ta moutarde avec le pois quarantin. Il sème 
deux fois, en avril sur une terre libre et en septembre 
sur une céréale. 

Destruction de la cuscute par les moutons. — M. Fla- 
manville a donné Tarticle suivant dans le Stul-Est : 

« Ayant un champ de luzerne plein de cuscute, je le 
fis pâturer par des moutons à la seconde coupe. Ces der- 
niers ayant mangé les tiges et les fleurs de cette para- 
site, le cbamp fut nettoyé de cuscute, et il n*en pousse 
plus depuis. Pareille chose est arrivée aussi à un autre 
cultivateur de notre arrondissement, qui s'est très-bien 
trouvé du pacage des moutons dans les luzernes infes- 
tées de cuscute. » 

M. Chouvon fait part d'un moyen qui lui a réussi éga- 
lement, pour la destruction de la même plante parasite, 
dans une luzerne occupant une surface du sol de S hec- 
tares, et dont la graine était fortement mélangée de celle 
de cuscute. Il a eu soin de faire extraire très-minutieu- 
sement cette plante à la main et, cette année, elle n'a 
pas reparu. C'est le procédé le plus sûr; en opérant de 
bonne heure, il est facile de venir à bout du nettoyage. 

Tombes mérovingiennes. — Notre compatriote, 
M. Ed. Flouest, correspondant de la Société des anti- 
quaires de France, est l'auteur d'une notice intéressante, 



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154 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

insérée au Bulletin de celte Société, sur une marque de 
fabrique de cercueils mérotingiens. Ces tombes se ren- 
contrent dans la partie nord de l'ancien duché de Bour- 
gogne et les régions adjacentes de la Champagne. Elles 
sont en pieiTO oolithique blanche, monolithes, larges à 
la tôle et rétrécies vers les pieds. Leur couvercle, au lieu 
de former deux plans inclinés , comme en Normandie , 
affecte la flgure arrondie d'un demi-cylindre, se rappro- 
chant, en cela, de la plupart des sarcophages gallo-ro- 
mains du nord de la France. La taille de la pierre , aux 
parois latérales et du côté des pieds, offre des petits sil- 
lons ornementaux parallèles, dont les séries se trouvent 
limitées, près des bords, par une sorte de ciselure. Du 
côté de la tête, il y a même une combinaison ingénieuse 
de lignes obliques d'un assez heureux effet. Une mar- 
que de fabrique semble se révéler au demi-cintre, un peu 
surbaissé , formé par la face antérieure du couvercle 
qui, parfois, a reçu des signes et des lettres. M. Flouest 
mentionne, en particulier, sur un de ces cercueils, un 
niveau et une sorte de marteau pointu à long manche , 
outil principal du creusement des auges. Ces signes sont 
accompagnés de deux lettres adossées qui pourraient 
être les initiales du fabricant. 

On peut se demander si ce marteau pointu ne répon- 
drait pas à la même pensée de symbolisme que Yascia 
exprime sur des monuments funéraires de l'époque ro- 
maine, à l'exemple d'un instrument plus ou moins 
analogue, également en forme de marteau pointu qui, 
d'après ce qu'en a dit notre confrère, M. Aymard, rem- 
place Vascia sur un cippe romain trouvé à Polignac et, 
aujourd'hui, déposé au Musée. 

Quant aux cercueils mérovingiens observés dans le 



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NOVEMBRE. 155 

Velay, ils sont également rétrécis de la léle aux pieds. 
Leor couTercle paraît être plus ou moins plat. De plus, 
on n'y a pas encore observé^ c«lte taille à raies symé- 
triques qui se voit sur les tombes de la Boargogne. 

Traité intervemi entre les sires de Mercœiir et le 
chapitre noble de Briotide, au mois de mars é29L — • 
Tel est le titre d'une notice suivie du texte de ce docu- 
ment, que M. de Sartiges d'Angles a publiée aux Mémoi- 
res de r Académie de Clermont-Ferrand (tome xi. 4869). 
L'auteur a soin d'ajouter en note que la traduction de 
cette pièce historique, qui est en latin, doit inspirer toute 
confiance, étant due à notre confrère, M. Chassaing. 

L'auteur a donné un grand intérêt h ce document en 
le Taisant précéder d'un « parallèle qui explique le rôle 
que durent jouer, vis-à-vis l'une de l'autre, deux puis- 
sances féodales, l'une ecclésiastique, l'autre laïque, pen- 
dant une existence de huit à neuf siècles qu'elles vécu- 
rent côte à côte, avec des richesses et des prérogatives 
qui devaient les rendre rivales. » 

M. de Sartiges fait ensuite un historique de la maison 
de Mercœur dont les possessions s'étendaient, sur un es- 
pace de près de vingt lieues, depuis Saint-Germain- 
Lembron et Ardes, en Basse-Auvergne, jusques au delà 
de Saugues, en Gévaudan. Parmi les prélats qu'elle a 
fournis, on remarque saint Odilon, abbé de Cluny, mort 
en 4048, qui aurait sufli pour illustrer cette puissante 
race, alliée, en outre, aux maisons de France, de Bour- 
gogne et d'Auvergne. 

Ajoutons, pour rappeler les liens qui rattachent la 
même maison de Mercœur à notre pays, qu'elle a donné 



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156 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

deux évêques au siège du Puy , Etienne II el Pierre II, 
inhumés à Layoûte-Chilhac, dans le monastère fondé, 
en 1025, par saint Odilon (1), el que, dans une charle 
de 1434 relative & l'institution consulaire de la ville de 
Saugues , la suzeraineté de cette ville est attribuée aux 
barons de Mercœur (2). Le traité de 1291 , dont il est ici 
question, démontre que « plusieurs parties des possessions 
de cette maison, notamment le territoire de Mercœur, 
berceau de la famille, étaient assujetties à la foi et hom- 
mage envers le chapitre de Brioude. Il semble même 
que cet acte eut pour principal objet la reconnaissance 
du droit de suzeraineté du chapitre sur la terre du ba- 
ron. » 

L'historique du Chapitre de Brioude n*est pas moins 
intéressant. L'auteur a su condenser, dans quelques pa- 
ges, avec une parfaite précision, les traits principaux do 
l'organisation et de l'histoire de cette célèbre institution 
religieuse. 

Quant au document, il sera certainement une annexe 
importante du Cartulaire du même Chapitre, publié par 
les soins de notre confrère et compatriote, M. H. Doniol. 

Mathieu de Morgues, sieur de Saint-Germain. ~ 
Dans le môme Recueil de mémoires, M. Eugène Talion, 
abordant historiquement la question des pamphlets po- 
litiques, sous le titre : la Presse en 4634, rappelle le . 



(1) Eglise du quinzième iiécle et porte sculptée du onzième à Lavoûte-Ckillmc, 
par If. Aymardy Annales de la Société, tome xiv, p. 199. 

(^) Notes historiques sur la ville de Saugues et son chapitre, par M. Labrc- 
toigne» ihid., p. 165. 



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NOVEMBRE. 157 

dramatique conflit qui, à cette époque, était engagé en- 
tre Richelieu, le ministre omnipotent, et ses ennemis 
qui tentaient de rabattre. 

Nous savions, par une remarquable monographie de 
l'un de nos confrères, M. Perroud (1), le rôle batailleur 
de notre compatriote, Mathieu de Morgues, sieur de 
Saint-Germain, dans ce conflit si bien nommé, par Henri 
Martin, la guerre des pamphlets; mais M. Talion, dans 
son écrit, nous le montre en lutte avec un antagoniste 
non moins ardent, Jean Sirmond, savant jurisconsulte 
de Riom, lutte dans laquelle était aussi mêlé le Père 
de Chantelouve, né à Brioude. A leurs divers points de 
vue, ces deux études sont également instructives, en 
nous permettant de remonter jusqnes aux causes plus 
ou moins éloignées, plus ou moins apparentes, desquel- 
les, d'après les vues judicieuses de M. Talion, a pu dé- 
couler rinstitution de la presse périodique actuelle. 

Dessèchemenis de lacs et marais en Auvergne. — 
M. Michel Cohendy, archiviste du département du Puy- 
de-Dôme, a publié aussi, dans les Mémoires de V Aca- 
démie de Clermont, une Notice sur les entreprises de 
dessèchements de lacs et marais dans la généralité 
d* Auvergne. 

Les documents que Tauteur a mis en œuvre dans cet 
important travail embrassent une période de temps 
comprise entre les années 1599 et 1769. Ils ont un vé- 
ritable intérêt historique, en ce qu'ils concernent di's 



(l) Eftti sur la vie et les œuvres de Mathieu de Morgues {\5IS^-\CnO) y Annu- 
les de U Société, tome xxvi, p. 905. 



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458 RRSUMÉ DRS SEANCES. 

entreprises dont les etfets furent considérables en Au- 
vergne pour Tamélioration et Taccroîssement de Tagri- 
cullure, malgré les difficultés nombreuses qu'elles sus- 
citèrent, à l'exemple de toutes les grandes et fécondes 
mesures d'utilité publique qui, tout d'abord, froissent 
des Iftbitudes et préjugés invétérés on quelques intérêts 
privés, mais sont sanctionnées plus lard par l'approbation 
générale. 

Toutefois, les entreprises les plus considérables, li- 
mitées à des régions où certaines circonstances pu- 
rent mieux en faciliter l'exécution, ne s'étendirent pas, 
au moins d'après les textes cités au Mémoire de M. Co- 
hendy, dans celte partie orientale de l'Auvergne qui 
est devenue, pour notre déparlement, l'arrondissement 
de Brioude. Ce fait devait éveiller la curiosité de notre 
Société toujours attentive à recueillir toutes les données 
concernant l'histoire du pays, el, en parliculier, celle 
encore peu connue de notre agriculture. En consé- 
quence, de plus amples renseignements ont été demandés 
par noire vice-président, archiviste du département, 
à son savant collègue, M. Cohendy, qui a bien voulu lui 
transmettre un complément de ses recherches, récc^m- 
ment pubhé par le môme auteur. Il s'agit d'un tableau 
de l'extension de la culture par les défrichements çt 
les dessèchements de marais opérés, chaque année, de- 
puis les déclarations du roi, de 4764 et 4766 jusqu'en 
4790, dans chacune des élections de la généralité de 
Riom. Les éléments de ce tableau, qui est autographié, 
ont été relevés dans les documents officiels de l'inten- 
dance, lesquels sont mentionnés à l'inventaire des ar- 
chives départementales du Puy-de-Dôme, dans les ar- 



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NOVEMBRE. 459 

liclesC. 424 àC. 436.0Dy voitquerélecliondeBrioude. 
de 4764 à 4789, est comprise pour le chiffre lolai de 879 
arpenls, soil 374 hectares, 4 are, sur 4 0,94 5 arpents que 
donne le total de ia généralité pendant la même période 
de temps. 

En outre, M. Tarchiviste du Puy-de-Dôme s*est em- 
pressé de joindre à cet envoi le sommaire suivant de 
la liasse C. 432 — 33 pièces, papier, de 4784 à 4782. — 
« M. Gueyffier, subdélégué de Brioude, déclare que les 
formalités préalables à accomplir, la difficulté d'obtenir, 
sans procès, l'exemption des dîmes sur les terrains dé- 
frichés, rebutent les agriculteurs de la subdélégation. » 
« Les exemptions de (aille, ajoule M. Gueyffier, sont 
illusoires, attendu que, si on ne cotise pas le propriétaire 
à raison du produit des terres défrichées, on augmente 
sa cote personnelle. Ainsi les encouragements ont-ils été 
sans influence sur le petit nombre de défrichements ef- 
fectués. Une seule communauté, celle de Lorlanges, a 
exécuté un travail utile et lucratif, le dessèchement 
d*un marais ; mais elle s'est dispensée, parce que, le ma- 
rais devant être mis en prairie, elle ne redoutait rien 
au sujet des impositions, à cette occasion, de Taccomplis- 
sement des formalités requises. » (Correspondance de 
M. Gueyffier à M. de Chaxerat; Brioude, 40 jan- 
tier478^) (4). 



(l) Les documents cités par M. Cohendy évoquent le souvenir d*un fonc- 
tionnaire des plus estimables : Jean Gocyffler do Talairat, conseiller do roi en 
l'élection de Brioude, bailli de celte ville et subdélégué de l'intendance d'Au- 
vergne, né b Briorde en 1739, décédé au Puy, le i octobre 1793. 

Ilétait lepjre de notre honorable et regretté confrère, le baron deTaluiiat 



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160 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

L'assemblée, intéressée par celte commanicalioD, ex- 
prime des remerclmenls à M. Cohendy, en le priant 
de nous transmettre toutes les nolions historiques con- 
cernant les lieux deFarrondissement de Brioude, à l'oc- 
casion des découvertes que pourront lui fournir ses ac- 
tives investigations dans les archives du Puy-de-Dôme. 

Kpizooties. — Fièvre aphlheuse, — M. de Brive fait 
la communication suivante : 



(Jean-François), ancien maire de Brioude et membre Lonoraire de la Société, 
décédé i tirioude en 1851. 

Jean Gueyfller de Talairat exerçait la charge de sobdélégué, au moins eu 1780, 
pour Brioude, Langeac et la Chaise-Dieu (note de M. Paul Le Blanc aux 7a- 
blettet hisioriguet du Yelay, 1879, p. 339. 

Le cé!^brc voyageur anglai.«, Arthur Young, l'a mentionné dans son Voyage 
en France, 1789-1793. Aux qualités d''Dn administrateur écUirc, il joignait des 
connaissances aussi étendues que variées. Il avait fourni aux Ephéitiérides plu- 
sieurs articles justement estimés. Un sentiment élevé en faveur du progrès 
agricole inspira une clause générease de son testament, en date du 4 mars 1785, 
pour le cnliivatcurle plus méritant en Télection dcBrioide. Jean Gucyflierde 
Talairat y dispose « d'une somme de 150 livres que son héritier paiera, chaque 
année, pendant vingt ans, ès-mains de telle personne que commettra M. l'fn- 
tendant d'Auvergne, peur être appliquée k gratifier un taillable laboorour de 
réicction do Brioude, dans l'état de médiocrité pour la fortune, qui aura mérite 
l'éloge de citoyen vertueux, attaché aux devoirs et aux principes de la religion, 
d'une probité intacte, bon flis, bon mari et bon père, laborienx, sage, vigilant, 
charitable suivant ses moyens, attentif ii l'éducation de ses enfants, soit pour le 
travail, soit pour les mœurs, et qui, à ces qualités malheureusement trop rares, 
aura réuni l'industrie et l'activité pour la culture et l'entretien de la terre. > 

< Mon projet, dit le testateur, est de donner on faible encouragement h une 
classe de citoyens dont l'utilité est trop peu connue, et j'ose espérer que mes 
dispositions n'éprouveront point d'obstacle de la part de l'autorité supérieure. » 

{Exiraii de l'acte testamentaire communiqué à ta Société par M. Louis 
Gueylper, ancien notaire, petit-neveu du suhdélégué Jean Gueyffler.) 

Note du Président de la Sociét(\ 



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NOVRMRRR. 161 



Messieurs, 



Une épîzootie, connue dans nos campagnes sous le nom 
de mal des pieds, qu'ailleurs on nomme cocote et que les 
médecins vétérinaires appellent yfèvre aphtheuse, a sévi, dans 
le cours de cette année, sur les hétes bovines de presque 
tous les cimtons de notre département. L'Afrique, l'Angle- 
terre et plusieurs contrées de notre territoire en ont égale- 
ment été atteintes. Sa marche, dans notre département, 
paraît avoir été concentrique, s'étant montrée d'abord sur 
les montagnes qui ceignent notre pays, vers le mois de juin, 
et s'étant successivement rapprochée de nous, jusque dans 
le courant de septembre et octobre où elle frappait nos éta- 
blés des environs du Puy. Cette maladie épidémique et dont 
on n'explique pas encore les causes , est éminemment con- 
tagieuse et se communique d'un individu à l'autre avec 
une extrême facilité. Les animaux qui boivent dans le 
même réservoir, qui passent par les mêmes chemins, qui 
paissent ensemble et habitent sous le même toit, sont pres- 
que toujours contaminés. Cette affection, rarement mor- 
telle, n'en occasionne pas moins de graves dommages à nos 
agriculteurs par le repos forcé qu'elle impose à leurs ani- 
maux da travail, la diminution ou même quelquefois la 
suppression de la sécrétion lactée qu'en éprouvent les fe- 
ujelles et l'amaigrissement qui frappe toutes les bêtes attein- 

TOME XXXI. 11 



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162 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

tes. Elle est malheureusement très-fréquente dans nos con- 
trées et il se passe rarement plusieurs années sans qu'elle 
fasse son apparition sur quelques-uns de ses points. 

L'invasion de la maladie est signalée par la tristesse des 
animaux , un piétinement constant lorsque le mal se porte 
au pied, et l'écoulement d'une bave visqueuse lorsque le mal 
est dans la bouche. Une fièvre ardente ne tarde pas à se 
déclarer; ils cessent de manger et leur poil se hérisse. L'af- 
fection frappe les pieds, la bouche et les mamelles, quelque- 
fois simultanément, le plus souvent successivement et quel- 
quefois partiellement seulement. Les pieds sont atteints 
d'ampoules interdigitées et sous les onglons; la langue, les 
j<encives et les mamelles présentent les mêmes symptômes. 
Après trois ou quatre jours, les ampoules s'ouvrent, don- 
nent issue à un liquide blanc et visqueux et les ulcères qui 
en résultent tendent assez vite à la cicatrisation qui a lieu, 
en quelques jours, si rien ne vient contrarier ce travail do 
la nature. La durée de la maladie, livrée à elle-même, est 
de quinze à vingt jours et souvent beaucoup plus, s'il se 
présente des accidents consécutifs, comme la chute des sa- 
bots, la dénudation de la langue, etc. Le défaut de litière, 
un travail forcé, une nourriture mal appropriée sont les cau- 
ses ordinaires de ces accidents. 

Dans le cas oii la maladie a marché régulièrement, les 
animaux rentrent promptement dans leur situation normale 
et tous les symptômes du retour à la santé ne tardent pas à 
se montrer. 

Nos agriculteurs, connaissant, par l'expérience, le peu de 
gravité du mal, se contentent, en général, de laisser en re- 
pos leurs animaux et attendent tout de la nature. 

La science vétérinaire s'est occupée de cette maladie, 



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NOVEMBRR. 163 

elle eu a caractérisé les symptômes, étudié les ellets et lui 
a opposé des médicaments. Ceux-ci consistent , en général, 
dans l'emploi de lotions locales et émollientes, lors de la pé- 
riode inflammatoire : décoctions de sureau, de graines de 
lin, de mauves, etc., et dans celui des astringents légers, 
lorsque le travail de réparation se fait : dissolutions d*a- 
lun (1), eau de Gowterrf, décoctions d'écorce de chêne ou de 
feuilles de noyer. Tels sont les moyens indiqués contre la 
fièvre aphtheuse dans divers articles publiés par le Journal 
d*agricuUure pratique et le Journal de l'agriculture. Ces re- 
mèdes conviennent également pour les pieds, la bouche ou 
les mamelles, en ayant, toutefois, le soin de diminuer la 
dose des astringents pour les parties les plus délicates, tel- 
les que les gencives et les mamelles. 

On conseille plus particulièrement, pour le mal de la bou- 
che, Teau miellée, plus ou moins acidulée avec du vinaigre, 
suivant l'état du mal. 

Pendant toute la durée de la maladie , il est recommando 
do substituer les aliments liquides ou tendres aux aliments 
secs et durs, afin d'arrêter ou diminuer l'amaigrissement 
des sujets par une alimentation plus ap|)étissanto ot plus fa- 
cile à absorber. 

Un agriculteur vétérinaire, M. Adenot, du département 
de la Loire, a cru trouver un remède spécifique qui abrége- 
rait la durée de cette affection et la rendrait toujours béni- 
gne. C'est Vacide phénique, substance dans laquelle on a cru 
découvrir tant de propriétés diverses. Quoiqu'il en soit, 
M. Adenot , dès que les symptômes du mal sont déclarés , 



( l) 30 grammes dissous dans un liire d'eau. 



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164 RÉSUMÉ DES SÉANCRS. 

lotionne , deux fois par jour , les parties atteintes avec une 
eau phéniquée ainsi composée : 

Pour la bouche et les mamelles : 

Acide phénique 70 grammes. 

Eau 1 litre. 

Pour les pieds, la dose d'acide phénique est portée à 
120 grammes. 

Le résultat de ce traitement est, d*après M. Adenot, que 
dans les vingt-quatre heures les ampoules éclatent. Au 
deuxième jour, les ulcères se montrent, et, dès le troisième, 
le travail de la cicatrisation commence; les animaux repren- 
nent leur gaieté, commencent à goûter leur nourriture ; la 
sécrétion lactée reprend progressivement et, du septième au 
neuvième jour, la guérison est complète. 

Mon étable de la Darne, quoiqu*étabUe dans les meilleu- 
res conditions d*hygiène, a subi le sort commun et, dans les 
premiers jours de septembre dernier, deux de mes meilleu- 
res vaches laitières ont été prises du mal de la bouche d'a- 
i)ord, et des pieds ensuite. Mes bœufs et le reste de mon 
étable ont été atteints, successivement, c'est-à-dire à plu- 
sieurs jours d'intervalle et de proche en proche, mais à des 
degrés d'intensité différents. Presque tous mes animaux ont 
eu le mal des pieds et de la bouche en même temps ; ma 
meilleure laitière, seule, a eu mal à la mamelle et à la bou- 
che sans le mal des pieds. 

Le mal des pieds, sur mes bœufs, a été très-intense; de 
grandes ampoules existaient sous les onglons et entre les 
doigts des pieds. A leur ouverture, les vers s'étaient mis sur 
les ulcères ; le bas des jambes était fortement tuméOé. Les 
animaux s'étaient couchés sur leur litière. 

J'ai voulu essayer, sur mes malades, l'emploi de l'acide 



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NOVEMBRE. 165 

phénique. Malheureusement et à raison des circonstances 
si malheureuses de la guerre, n'ayant pu me procurer que 
500 grammes de ce produit, je n*ai fait qu'une expérience 
incomplète. Huit vaches of!t cependant été soumises , deux 
fois par jour, à des lotions d'eau phéniquée à la dose de 
100 grammes d'acide par litre d'eau, à la bouche et aux 
pieds, suivant le besoin. Je dois dire que l'effet en a paru 
immédiat, dans la bouche surtout. Les ulcères des gencives 
se sont promptement cicatrisées et , dans les quarante-huit 
heures, les animaux ont repris leur bonne humeur et ont re- 
commencé à manger. Le mal des pieds , tout en paraissant 
céder au remède, a été plus long à guérir et les animaux 
ont encore boité quatre à cinq jours. 

De ces faits, je crois pouvoir conclure que l'acide phéni- 
que aurait la propriété de résoudre la maladie plus promp- 
tement que les autres remèdes, puisque les animaux sou- 
mis à ce traitement ont pu, en moins de huit jours, revenir 
à une santé parfaite. 

Par suite de l'impossibilité où je me suis trouvé de me 
procurer une plus grande quantité de ce médicament, après 
avoir livré à la nature mes autres animaux, pendant la pre- 
mière période du mal, j'ai eu recours aux décoctions de 
feuilles de noyer que j'ai employées en lotions, particulière- 
ment sur les pieds. Il m'a paru que, sous leur influence, la 
cicatrisation des ulcères se faisait assez bien. Mais il n'a 
pas fallu moins de quinze jours pour atteindre la guérison. 
Ce traitement serait, dès lors, bien moins efficace que celui 
par l'acide phénique. 

Tels sont, Messieurs, les renseignements que j'ai pu me 
procurer sur l'épizootie de fièvre aphtheuse, qui est venue s'a- 
jouter à tant d'autres désastres dont a souffert, cette année, 



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166 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

notre agriculture. Je serais heureux que la communication 
que je viens de vous faire déterminât MM. les Vétérinaires 
de notre département, dont la compétence et le mérite ne 
sauraient être contestés, à éclairer, par des instructions pré- 
cises, les habitants de nos campagnes sur un mal très-fré- 
quent , qui leur cause des pertes considérables et qu'il se- 
rait , sans doute , possible d'atténuer par des soins et un 
traitement intelligent. 

Navigation aérienne. — Le service des aérostats, 
en ce moment organisé à Paris pour mettre en commu- 
nication la capitale avec les départements, donne oc- 
casion à M. Aymard d'entretenir l'assemblée de la ques- 
tion des voyages aériens. Notre confrère présente un 
exposé historique de cet intéressant problème dont la 
solution ne lui semble pas absolument impossible, sur- 
tout depuis les tentatives de M. Giffard pour élever dans 
les aii*s un ballon muni d'une petite machine à vapeur, 
d'une hélice et d'un gouvernail. Il s'étonne qu'au lieu 
d'égarer les recherches dans des systèmes nouveaux, on 
ne mette pas à proflt cet heureux essai, au moyen de 
plus puissantes machines à vapeur qui, maîtrisant la 
violence des vents, permettraient probablement de diri- 
ger les aérostats. Quoiqu'il advienne de cetle importante 
question, l'emploi des ballons, dans les circonstances ac- 
tuelles, est un fait qui, provoquant vivement l'attention 
[)ublique, invite à rappeler qu'un de nos compatriotes, 
physicien distingué, de l'aveu de ses contemporains ei 
biographes, le P. Joseph Galien, de l'ordre de Saint- 
Dominique, plusieurs années avant MontgolRer, aurait 
conçu la pensée d'un ballon pouvant s'élever dans les 



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NOVEMBRE. 167 

airs au moyen d'un air plus léger que celui de Tatmos- 
phère et recevoir, peut-être, certaines directions. Cette 
conception théorique serait venue h Tesprit de Galien, 
par voie de déduction, à la suite d'une étude qu'il avait 
faile de l'air atmosphérique au point de vue de la na- 
ture et de la formation de la grêle. Cela résulte d'un 
petit livre publié d'abord en 1755, qu'il réédita avec des 
corrections en 1757, et dans lequel il paraît que Galien 
sut voiler la hardiesse de ses idées par l'enjouement du 
style, en les présentant comme un simple amusement 
de physique. Les biographes qui ont consacré quelques 
lignes élogieuses à la mémoire de Galien, et les physi- 
ciens, surtout ceux qui ont écrit sur les aérostats, ont 
souvent cité ce curieux opuscule, mentionné également 
par nos écrivains du Velay, l'abbé Laurent (1787) (1), 
Arnaud (2), Deribier (3), Mandet (4) et le chanoine Sau- 
zet (1849] (5). Les tentatives de voyages aériens, plus 
réitérées depuis quelques années, ont, de nouveau, sol- 
licité l'attention au sujet de notre compatriote et, ré- 
cemment encore, sa théorie a été signalée dans des 
articles et traités aérostatiques, entre autres, de 1866 
à 1870, par MM. Pierre Larousse (6), Marion (7) et Louis 
Figuier (8). 



(1) Àlmanach hùt, de la pilU et diocéte du Pu^ pour 1787, p. 13). 
(â) Hitt. du Yelan, 1816, tome ii, p. 333. 

(3) Detcript.itaiistique du déparlement de la Haate-Loire, etc., 18^4, p. HT. 

(4) Hitl, poétique et littéraire de l'ancien Velay, 1849, p. 439. 

(.S) Biblio§rophie de la Htc-Loire, Annales de la Société, tome xiv, 1869, p. 500. 

(6) Grand dictionnaire universel du dix-neuvième siècle, au mot aérostat. 

(7) Les ballons et les voyages aériens. 

(8) Les merveilles de ta science. 



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168 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Toutefois, les appréciations divergentes, généralement 
trop succinctes, et par conséquent insufBsanles, que ces- 
auteurs en ont faites, permettent de dire que l'ouvrage 
de Galien ne parait être impartialement connu que par 
son titre ainsi conçu : 

Vart de naviguer dans les airs, amusement physique 
et géométrique f précédé d*un mémoire sur la nature 
et la formation de la grêle, etc. Avignon 1757, in-16. 

Malheureusement cet ouvrage est à peu près introu- 
vable. Cependant, il y aurait opportunité à Tétudier, ne 
serait-ce qu'au point de vue historique. M. Aymard 
ajoute qu'en faisant un appel à tous les bibliophiles de 
notre pays, on parviendrait à retrouver un exemplaire. 
A cet égard, notre confrère prie M. l'abbé Sauzet de 
vouloir bien dire à quelle source il avait puisé l'énoncé 
de ce livre donné par lui, en 1849, dans sa Bibliogra- 
phie de la Haute 'Loire* 

M. Sauzet répond qu'il avait eu en main un exemplaire 
que lui avait communiqué une personne de la famille 
même de Galien qui, depuis lors, aurait égaré ce livre. 

M. le Président exprime l'espoir que les recherches 
si souvent fructueuses de M. Aymard lui fourniront le 
moyen de découvrir cet ouvrage qu'il serait, en effet, in- 
téressant de consulter en ce moment. 

• 

MÉTÉOROLOGIE. — M. Nicolas, à l'occasion de l'aurore 
boréale qui a été vue au Puy, les 24 et 25 octobre, 
lit le rapport suivant : 

Lundi 24 octobre, vers huit heures, il nous a été donné 
d'assister à un des plus rareâ spectacles de la nature. 



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NOVEMBRE. 1 69 

Une magnifique aurore boréale, Tune des plus éclatantes 
parmi celles apparues dans nos contrées, s'est élevée tout 
d'un coup vers le nord. 

Ge n'était d'abord qu'une lueur confuse, puis des rayons 
lumineux de couleur rouge se dirigeant vers le zénith. 

Bientôt deux grandes colonnes de feu, s'appuyant l'une à 
l'orient sur l'horizon, l'autre à l'occident, grandissent en 
rapprochant leur sonmiet l'une de l'autre et se réunissent 
en formant un arc de lumière d'un pourpre étincelant. C'é- 
tait comme une voûte de feu dont les proportions gigantes- 
ques projetaient an loin des rayons brillants au milieu d'un 
ciel noir. 

Des stries noirâtres séparent régulièrement les deux par- 
ties lumineuses de l'arc. L'espace sombre, entouré par cet 
arc immense, est traversé de temps à autre par des rayons 
qui forment des raies blanchâtres analogues aux dents d'un 
peigne et qui, lancées au dehors, dépassent le zénith. Le 
phénomène arrive bientôt à son dernier degré de splendeur ; 
il ne tarde point à décroître, il s'affaiblit, et des lueurs in- 
certaines sont les derniers vestiges de ce céleste incen- 
die. 

On a fait de nombreuses hypothèses sur la cause des au- 
rores boréales. Aujourd'hui on l'attribue à l'électricité ; ce 
qui vient à l'appui de cette idée, c'est qu'on peut, à l'aide 
de ta machine électrique, obtenir une belle imitation dos 
rayons de l'aurore, et que, dans les contrées où ce météore 
est le plus brillant, il exerce plus d'influence sur l'aiguille 
aimantée. 

Selon. M. de la Rive, l'aurore boréale serait due à des dé- 
charges électriques s'opérant entre l'électricité jiositive de 
fatmosphère et l'électricité négative du globe terrestre. 



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170 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Les aurores boréales ne paraissent avoir aucune influence 
sur la température, sur l'humidité, sur la pression de Tair, 
sur la fréquence des vents. Elles se produisent, pour la plu- 
part, à une si grande élévation qu'elles ne peuvent affecter 
ni nos instruments météorologiques, ni nos sens, excepté ce- 
lui de notre vue. 

Oe phénomène s'est reproduit le lendemain 25, mais avec 
un peu moins d'intensité. 

Il va sans dire qu'en raison des circonstances présentes, 
l'aurore dont nous avons eu le récent spectacle, a donné 
lieu aux commentaires les plus variés. Ceux qui dominaient 
étaient en faveur d'une paix prochaine. 

Personnel des membres de la Société. — La mort 
a fait, dans les rangs de la Compagnie, deux vides pro- 
fondément regrettables, en nous privant de la collabora- 
tion irès-méritante de MM. Prosper Mérimée, membre 
honoraire, et Hippolyte Limozin, membre résidant. M. le 
Président exprime à leur sujet les sentiments d'affec- 
tueuse condoléance de la Compagnie. 

Prosper Mérimée, né à Paris, en 1803. était membre de 
l'Académie française, membre de l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres, inspecteur général des monuments 
historiques, sénateur et grand officier de la Légion d'hon- 
neur. 

Ses œuvres littéraires, ses travaux d'histoire et d'archéo- 
logie sont trop connus pour qu'il soit nécessaire de les rap- 
peler. Ils avaient acquis déjà à son nom une juste célébrité, 
lorsque, en 1838, notre pays dut à une heureuse circons- 
tance la visite de cet éminent écrivain, d'oi!i naquirent, 



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NOVEMBRE. 171 

ensuite, les liens de savante confraternité qui» en 1852. 
l'attachèrent à notre Compagnie. 

Mérimée avait reçu, du ministère de l'Intérieur, la mis- 
sion de visiter les régions du centre, afin de donner au gou- 
vernement et de répandre, par une savante publicité, la con- 
naissance de leurs antiquités et monuments. Cette mission 
l'amena dans la Haute-Loire et, peu après, il consignait, dans 
un livre, ses notes sur quelques-unes des principales œuvres 
d*art et d'antiquités du département, sans omettre le Musée 
du Puy, assez important déjà pour mériter d*étre cité comme 
« un des plus remarquables » qu'il eût vu en province (1). 

Ses explorations se trouvèrent facilitées par de précédents 
écrits dus à plusieurs de nos compatriotes et, à l'occasion 
de son voyage, il noua des relations surtout avec l'un de nos 
confrères, M. Aymard, inspecteur des monuments histori- 
ques. Toutefois, les appréciations critiques de Mérimée sur 
des points qu'il croyait insuffisamment élucidés, ayant trait 
notamment aux curieuses antiquités romaines de Polignac 
et à réglise de la Chaise-Dieu, suscitèrent des controverses 
qui, à défaut de solutions définitives, eurent au moins le ré- 
sultat heureux de consacrer chez nous le libre examen en 
matière de science et de contribuer ainsi au progrès de l'ar- 
chéologie. 

Polignac, surtout, souleva des discussions dans lesquelles 
se choquaient des opinions qui, toutes, avaient du vrai et 
laissaient espérer une lumineuse conciliation. Ce fut comme 
un brillant tournoi, où furent déployées toutes les armes que 
rérudition et la critique pouvaient fournir alors aux com- 



(1) yotes é'un voyage en Auvergne et dant le lipnouiin. Paris, 1838, p. 197 
a J83. 



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Mî RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

battants; intéressant épisode de ce moavement scientifique 
([ui, quinze ans auparavant, avait commencé par la double 
création de notre Société et du Musée. Plusieurs de nos 
confrères, MM. de Becdelièvre (1), Félix Grellet (2) et 
Mandet, y prirent part, et MM. le duc et le prince de 
Polignac s*y associèrent, plus tard, par des fouilles que, à 
la demande de la Société, ils firent généreusement exécuter 
dans les profondeurs de l'abîme et dans le sol du haut pla- 
teau de Polignac. 

Malgré toutes ces recherches, la discussion n'était pas 
encore épuisée ; outre que le moyen âge n'a pas été le com- 
mencement de toutes choses , il manquait à la question un 
élément , à savoir : le point de vue préhistorique qui , d'a- 
près les dernières notions de la science, doit ouvrir, ici 
comme partout, un horizon plus lointain à l'origine du lieu 
et à ses antiques et successives destinations. Â cet égard, 
un autre de nos confrères, resté spectateur de la joute, au- 
rait-il dit, récemment, le dernier mot de la question (3) ? 
Mais, dans ce cas, on regretterait que le débat très-curieux 
soulevé par Mérimée fût définitivement clos. 

Si la critique un peu outrée de Mérimée à l'égard des an- 
tiquités de Polignac puisait une sorte d'excuse dans les 
exagérations contraires auxquelles ces antiquités avaient 
donné lieu, on est porté à moins d'indulgence pour la sévé- 
rité de son jugement à l'égard de l'église de la Ghaise-Dieu, 
que recommandent son style d'architecture grandiose dans 



(1) Koiet en réponu à celles publiées par Jf. Mérimée *ur Polignac j la ait' 
tiquités et le Musée du Puy, À Hautes de la Société, tome fx, p. S18. 

(2) Exposé de diverses opinions émises sur Polignac et ses antiquités, l»l(». 

(3) Ancienne rouie un extrade du Puy au Forez, Annales de la Sociclê, 
tome XXIX, p. 666 



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NOVEMBRR. 473 

sa simplicité et les souvenirs historiques qui s'y rattachent. 
Sachons lui gré, cependant, de certains détails intéressants 
et sérieux qu*ii a donnés sur cet édifice et surtout d'avoir 
aiguillonné de nouvelles et nombreuses investigations, en 
particulier celles qui sont dues à des membres de la So- 
ciété : MM. Branche, Mandet, Aymard, Malègue, etc. 

Du reste, les hésitations de l'archéologue, rassurées, sans 
doute , par les observations de nos confrères et par Tinsis- 
tance de l'inspecteur départemental, n'influencèrent point 
l'inspecteur général qui fut, au ministère, l'un des membres 
de la commission supérieure favorables au classement de 
l'église de la Chaise- Dieu comme monument historique. 

L'illustre écrivain devait nous donner d'autres preuves 
de l'intérêt que notre pays lui avait inspiré. Quelques an- 
nées après, il demanda et obtint du ministre de revenir au 
Puy, à l'occasion des travaux de restauration de la cathé- 
drale et de l'église Saint-Michel d'Aiguilhe, et, de concert 
avec notre confrère, inspecteur départemental des monu- 
ments historiques, ses conseils tendirent à la conservation 
de toutes les parties de ces édifices ayant un véritable ca- 
chet d'art et d'archéologie. Consulté, en bien d'autres occa- 
sions, par le même membre de la Société, il lui donnait 
d'utiles avis pour les constructions du nouveau musée et le 
classement des collections d'antiquités; relativement à la 
fontaine monumentale du Breuil ; à la statue de Notre-Dame 
de France, etc. Il obtenait, en outre, de la commission su- 
périeure des monuments, le classement, par le ministre, de 
plusieurs de nos monuments historiques. 

Enfin son appui, qui jamais ne nous fit défaut, put con- 
tribuer, dans une certaine mesure, à la réalisation du che- 
min de fer grand central par la ville du Puy « destinée, si 



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171 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

ce vœu n'eût pas été exaucé, à retourner à l'état druidi- 
que, » comme il le disait, en archéologue convaincu, au 
plus haut personnage de l'empire. 

Tels sont les titres qu'a Mérimée à nos regrets reconnais- 
sants et qui justifient si bien le rang éminent que la Société 
lui avait conféré au nombre de ses membres honoraires. 

LiMoziN (Jean-François-Hippolyte- Achille), né à Saugues 
(Haute- Loire), le 28 février 1822, et décédé au Puy, le 
' 15 octobre 1870, était ûls de notre ancien et regretté con- 
frère, Yves Limozin, membre correspondant de la Société, 
maire de la ville de Saugues et longtemps conseiller géné- 
ral. 

Hippolyte Limozin avait fait ses classes, au lycée du 
Puy , avec beaucoup de succès, et s'était ensuite distingué 
à l'école forestière de Nancy. A sa sortie de cette école, il 
fut nommé garde-général stagiaire à Haguenau, le 29 dé- 
cembre 1844. Quelques années plus tard, appelé dans les 
bureaux de l'administration générale, à Paris, oh il a laissé 
les meilleurs souvenirs, il les quitta pour remplacer, commo 
sous- inspecteur, dans la Haute-Loire/ un autre de nos zé- 
lés et intelligents confrères, M. de l'EguilIe, avant lequel 
le département n'avait jamais eu qu'un garde-général. Pro- 
mu, en 1861, au rang d'inspecteur, dont il fut le premier ti- 
tulaire au Puy, il imprima une impulsion d'autant plus 
active aux améliorations forestières, qu'une nouvelle réor- 
ganisation vint bientôt réunir, sous son inspection, le ser- 
vice ordinaire à celui du reboisement. C'est ainsi que notre 
confrère peut revendiquer une grande part dans les œuvres 
les plus notables de l'administration laborieuse qui l'avait 
élevé, jeune encore , au plus haut degré hiérarchique de 



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NOVEMBRE. 175 

son service dans le département. Il faut ajouter qu^, tout 
en méritant l'estime et raifection de ses supérieurs par an 
rare dévouement à ses fonctions, il avait su également, par 
Taménité de son caractère accessible à de sages tempéra- 
ments, applanir bien des difficultés que soulevait l'exten^ 
sion du régime forestier, en apportant des cbangements 
dans les babitudes invétérées des populations de nos cam - 
pagnes. 

Les entreprises auxquelles son concours fut principale- 
ment utile, sont : le reboisement des montagnes ; les sou- 
missions de communaux au régime forestier; gazonnemeni 
de terrains en pente; création, par l'état, d'une vaste pépi- 
nière au terroir de Pologne, commune de Taulhac ; trans- 
formation du lac du Boucbet en établissement départemen- 
tal de pisciculture et plantations étendues autour de ce lac ; 
construction d'une maison forestière au Mezcnc, à une al- 
titude de 1,550 mètres, destinée aux gardes, dans ce péri- 
mètre de reboisement, ainsi qu'aux employés, comme lieu 
de station, dans leurs tournées administratives, et dans les* 
quelles, en outre, les touristes reçoivent, au besoin, une 
cordiale hospitalité. 

Ces travaux importants, auxquels Limoz'm avait voué 
toutes les forces de son intelligence, doublée d'un ardent 
amour du pays, entraient trop bien dans les vues de la 80- 
ciété, pour que notre excellent compatriote ne s'empress.U 
de lui offrir sa collaboration. Aussi faisait-il partie de la 
Compagnie depuis 1858. 

Admis, au mois de mars, en qualité de membre résidant, 
il avait été appelé , avant l'expiration de l'année, à la sup- 
pléance du secrétariat et, en 1864, il était nommé secié- 
•taire, fonctions que l'état de sa santé ébranlée par un travail 



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176 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

excessif et par les premières atteintes de la cruelle maladie 
qai nous Ta enlevé, l'obligea de résilier au mois de fé- 
vrier 1867. 

Notre confrère avait apporté dans Texercice du secréta- 
riat une persévérante ponctualité, des connaissances va- 
riées et toutes les ressources de Tart d* écrire dans un style 
clair, simple et concis, conditions essentielles pour la rédac- 
tion des procès-verbaux de nos réunions mensuelles , dans 
lesquelles la compagnie manifeste sa vitalité par des études 
très-diverses, que le mouvement intellectuel de chaque jour 
impose au zèle des associations scientifiques. 

Il collaborait, lui-même, à l'examen d'utiles questions, 
surtout lorsqu'elles portaient sur des points se rattachant 
aux diverses branches de son administration. C'est ainsi 
qu'entre autres études, animé d'un sentiment de rare abné- 
gation, il s'associait vivement à l'initiative de la Société et, 
en particulier, aux démarches de notre honorable prési- 
dent, M. de Brive, auprès du Conseil général et de l'admi- 
nistration départementale, pour l'établissement piscicole du 
lac du Bouchot , et nous faisait part des phases successives 
de cette affaire, souvent entravée par divers obstacles. Il vou- 
lut aussi que son administration eût une honorable part aux 
expositions comprises dans le programme du dernier et bril- 
lant concours régional d'agriculture qui eut lieu au Puy 
en 1868. Ce fut une occasion pour le public de prendre con- 
naissance, dans une partie spéciale du jardin public, des 
plants d'arbres forestiers les mieux appropriés au sol et au 
climat de nos pays. 

Limozin ne portait pas un moindre intérêt à d'autres in- 
vestigations scientifiques. Ses premiers travaux de reboise- 
ment autour du lac du Bouchet avaient mis au jour quelques 



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NOVKMBftK. 177 

vestiges d'antiquité. La communication de cette découverte 
à la Société provoqua une fouille que, de concert avec un 
autre de nos confrères, il fit exécuter et qui révéla, à ce der- 
nier, le souvenir d'établissements créés par d'antiques ci- 
vilisations en ce lieu, de tous temps, très-remarquable (1). 

Aussi Limozin s'était-il fait des amis de tous nos con- 
frères qui appréciaient ses rares qualités d'esprit et de cœur, 
rétendue de son savoir, sa franche aflabilité, sa modestie et 
les sentiments de profonde affection qu'il avait voués à son 
excellente famille. 

■ Si la Compagnie ne pouvait récompenser son zèle excep- 
tionnel que par un échange de vives sympathies, ses méri- 
tes, non moins connus au dehors, lui avaient valu, non-seu- 
lement un rapide avancement dans son administration, mais 
encore diverses distinctions, en particulier, une médaille de 
la Société française d'acclimatation. 

Bien jeune, il avait quitté la ville de Saugues, berceau de 
sa famille. Mais il avait désiré qu'on y portât sa dépouille 
mortelle, et l'on ne peut lire sans émotion les paroles tou- 
chantes , qu'au nom de ses concitoyens , M. Labretoigne , 
juge de paix, prononça, le 18 octobre, sur la tombe de l'un 
de nos plus dévoués et plus regrettés confrères (2). 

Objets d'administration. — Il est donné leclure d'une 
lettre, en date du 9 août, par laquelle M. le Ministre des 
lettres, sciences et beaux-arls, avait altribué à la Socié- 
té une allocation de 400 fr., à litre d'encouragement 
pour ses travaux scientifiques. 



(1) Rap|>ort sur cette rouille, Annales de h Société, tome xxiv, p. 90. 
(9} Voyez le joarnal la Haute-Lnre, n* du 95 octobre 1870. 

TOME XXXI. 12 



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1 



178 RESUME DES SEANCES. 

M. le Président aanonce que celle somme a élé or- 
donnancée suivant l'usage, et il exprime les remerct- 
ments de la Société. 

A huit heures, la séance est levée. 

Le Vice-Secrétaire, 
Aimé GIRON. 



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SEANCE MENSUELLE 

DU LUNDI 5 DÉCEMBRE 

SOMMAIRE 

AjourneaieiU de la lecture du procès- verbal de U précédente séance. — 
M. Cillet-Paris est chargé de suppléer les secrétaires absente. — Aliocu- 
tiori de M. le Président au sujet d'un membre de la Société et de coiupa- 
triotes morts sur les champs de bataille, le commandant Parron, Jast de 
I^ Tour-Mauboorg et Joseph Philip; va'u de la Société qu'on recueille 
tous les renseignements relatifs ii la belle conduite des militaires de la 
Maute-Loire. — Musis , dons et acquisitions : Calcaire k induses du 
Bourbonnais; silex taillés préhistoriques recueillis dans la commune de 
Taulbac; vase et débris de poteries funéraires romains trouvés k Azaniërcs; 
notice aur cette découverte par M. Lascombe; objets anciens provenant de 
lloisset, près Tcstrade du Pnf à Rosières; bague en cuivre du moyen âge; 
cachet aux armes du Puy. — Ouvrages reçus : Ils sont en petit nombre. 
Malgré la gravité des événements, la Société est résolue à poursuivre ses 
travaux. Repue agricole de Provence : moyen proposé pour produire la 
pluie. Le Suii-Bsi : amodiation des communaux. liuUclin de la Société aca- 
démique de ta Lozère : Hivernage des bestiaax dans le bas Languedoc. 
Bulletin de la Société centrale d'Agriculture : Taille de la vigne. — Publi. 
GATIONS DE LA SuciéTJ : Récoptiou des i4iifi<i/e« par diverses Sociétés scien- 
tifiques. •• Carte DéPARTEMENTALe en relief par M. Malègue : En voie 
d'achèvement j vote de fonds pour la conservation, au Musée, du moule et 
d'un exemplaire avec zones en gradins de nivean, ainsi qne d'un exem- 
plaire définitif avee configuration réelle du sol. — HYCièNB publiooi : Epi- 
démie variolique au Pay. Militaires installés au Mosée, sans l'avis de la 
Société; graves inconvénients qui en résultent; protestations de MM. Ay- 
mard, Ghassaing et Gillet-Paris, auprès du Préfet; rapport de M. le docteur 
Martel. — Navigation aérienne : Communication d'un portrait peint du 
P. Galien. — Histoire : Communication, par M. Lascombe, d'nn acte de 
confirmation de foires et marchés k Roche-€n-Reynier. — Objets d'abhi» 



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\H0 RRSUMK DES SEANCES. 

NisTRATioN : Rapport de M. Nicolas sar les machiues 2i rabriqucr Ie3 drains, 
apparleoant k la Société. — Pbrsomivbl : Renvoi il la prochaine séance de 
rélectiOQ du Président, do Vice-Président et du Trésorier. Acceptation, 
par M. de Sartiges, da titre de membre non résidant. Nomination de 
M. l'abbé Pmgère ao titre de membre résidant. 



Présidence de M. de Brive. 

M. le Président ouvre la séance en annonçant quMI 
no sera pas donné lecture du procès-verbal de la préci^- 
dénie réunion : M. Aimé Giron, vice-secrétaire, s'excuse 
en effet, dans une lettre, de ce que sa nouvelle condi- 
tion de mobilisé ne lui permet pas, en ce moment, de 
remplir les devoirs du secrétariat, mais qu'il s'empres- 
sera de remettre au bureau le procès-verbal en relard, 
aussitôt qu'il lui en sera laissé le loisir. 

M. Chassaing, secrétaire, siégeant à la Cour d'assises, 
n'a pu, de son côté, assister h la séance. 

COMP.ATRIOTES MORTS SUR LES CHAMPS DE BATAILLE. — 

M. le Président rappelle la perte très-regrettable que 
noire Société et le pays viennent de faire en la personne 
de notre éminent confrère, M. le commandant Victor 
Parron, officier de la Lép:ion d'honneur, tué glorieuse- 
ment h Gravelolle. 

Victor Parron, né le '2 février 1823 au Puy, où il avait 
fait, au lycée, de fortes études, était membre de la Société 
depuis Tannée 186'i. et il avait enrichi nos Annales de I8GG 



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DÉCKMliRK. 181 

d'une intéresftante monographie sous ce titre : Notice sur 
VapUtude militaire en France, suivie d*un essai de statistique 
militaire ds la Haute-Loiret etc. La première partie de ce 
mémoire emprunte aux circonstances actuelles un puissant 
. intérêt qui justifie, au plus haut point, les prévisions judi- 
cieuses de l'auteur. 8' attachant à réfuter les attaques diri- 
gées contre les armées permanentes, il se prononçait en fa- 
veur de ce système. « Au lieu de déclamer contre l'esprit 
militaire, il faut, > disait-il, « l'entretenir comme un des 
principaux éléments de la puissance et de la gloire nationa- 
les, comme le paUadium de Tindépendance et de l'avenir du 
pays. » Après avoir exposé les conditions de l'aptitude mi- 
litaire en France, Parron abordait l'examen de la popula- 
tion de la Haute-Loire sous le même rapport, et en dressait 
une statistique aussi complète qu'il était possiole (1). 

Notre confrère avait publié également un Manuel d'infan- 
terie, travail estimé, à la suite duquel, ayant concouru, en 
1862, pour le majorat, il obtenait un des premiers numéros 
sur un assez grand nombre de candidats. 

Sorti de l'école de 6aiat-Gyr en 1844, Parron avait con- 
quis tous ses grades et mérité la croix d'officier de la Lé- 
gion d'honneur, à l'occasion d'expéditions périlleuses en 
Afrique, en Grimée et en Italie. 

Chef de bataillon au 1 5* de ligne, il était à l'armée du 
Rhin et tomba mortellement frappé, au mois d*aoùt, sous 
les murs de Metz, où son régiment, qui faisait partie du 
corps Ladmirâult, placé en ligne pour les batailles de Gra- 



(1) Aujourd'hai que le sooverneiiient se préoccope de la réorgaoïsation de 
rarmée, on ne «aurait trop recommandiT à son attention l'excellent ménoirc 
de Parron. fKoU du Président de lu Smété,) 



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1 



182 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

velotte et Saint-Privat, eut à sontenir le plus grand choc de 
Tennemi. 

Parron était doué de qualités éminentes : il ne négligeait 
aucune occasion de se perfectionner dans Tart militaire, sans 
négliger d'autres travaux intellectuels. Sa famille qu'il laisse 
dans une désolation si bien justifiée, tous ceux qui Font con- 
nu, se plaisent à rappeler combien son pays lui était cher, 
combien il était affectueux pour ses amis, dévoué à ses ca- 
marades et joignant, à un respect inflexible de la discipline 
militaire, une parfaite bienveillance pour ses subordon- 
nés (1). 

C'est aussi avec un sentiment de pénible amertame 
que la Société associe ses regrets aux larmes de nos ho- 
norables confrères, MM. le marquis de La Tour-Mau- 
bourg et Philip. Leurs flls, Jnst de La Tour-Maubourg 
et Joseph Philip, nobles enfants pleins d'espérance, sont 
tombés héroïquement pour la défense de la Patrie, Tun, 
le 24 noyembre, à Bellegarde, à la tête des mobiles de 
la Haute-Loire, l'autre, le 2 septembre, en guidant ses 
hommes au fea, dans une sortie de ta garnison de Stras- 
bourg. 

A cette occasion, plusieurs membres citent des faits 
établissant que les militaires de la Haute-Loire, fidèles 
aux traditions de leurs pères, font bravement leur de- 
voir sur tous les points du théâtre de la guerre. Il y au- 
rait là un intéressant sujet d'études militaires dans leur 



(l) Depuis la sétnee de décembre, notre confrère, M. Cb. Calcmard de La 
Fajette, a pubtir dans ia Uau/e Loire, OjaoTier 187), tmc notice aécrologiqtie 
é\of\nen{e cl d(*tailli*e sur le cotimandanl Parron. 



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DÉCEMBRE. 183 

appIicdtioQ à noire pays, no nouvel et glorieun élément 
susceptible d'être ajouté an remarquable travail du com- 
mandant Parron. 

Ces vues reçoivent l'approbation de l'Assemblée et 
motivent le vœu que des renseignements soient recueil- 
lis pour un récit aussi complet que possible, lequel serait 
inséré aux Annales de la Société. 

Musée. — Dons et acquisitions. — M. le Président 
appelle Tattenlion de l'Assemblée sur divers objets re- 
cueillis pour le Musée et au sujet desquels il exprime 
les remerctments de la Société : 

M. Lascombe a offert des échantillons de calcaire à 
induses, provenant des terrains tertiaires d'eau douce 
du Bourbonnais. 

M. Aymard a fait hommage, de la part de M. Arnau- 
don, garde champêtre à Taulhac, de deux silex taillés, 
instruments préhistoriques, dont un est une simple la- 
melle, et l'autre un petit taraud ayant pu servir à perforer 
des instruments en os , ainsi qu'on l'a supposé pour de 
semblables outils trouvés dans des cavernes. Ces objets 
ont été découverts,«comme une belle lame de silex don 
née à la précédente séance, au terrain dit des Caves, 
sur la propriété de M. Puissant, commune de Tau- 
Ihac. 

H. Lascombe a donné aussi un petit vase en terre 
cuite et quelques autres fragments dépareilles poteries, 
exhumés d'une sépulture romaine, près d'Azanières. 
commune de Blanzac, dans un lieu voisin â*nne estrade 
ou voie antique. Notre confrère fait lecture de la notice 
suivante, relative à cette découverte : 



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184 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Une trouvaille assez intéressante a eu lieu au terroir 
d'Âzanières, commune de Bianzac (Haute-Loire). Le 5 mai 
dernier, des ouvriers défrichant un bois de pin appartenant 
à M. Jules Eymère, de Saint-Paulien, mirent au jour huit 
petits \a8es enfouis à la profondeur d'environ 18 centime < 
très, rangés, quatre par quatre, sur deux lignes parallèles, 
et brisés , à l'exception d'un seul que je dois à l'obligeante 
de M. Savinien de Romizowski, receveur des domaines. Ce 
vase, en terre grisâtre, comme seç semblables, mesure 
10 centimètres de hauteur et 31 centimètres de circonfé- 
rence. Sa surface extérieure présente des cercles creux, al- 
ternant avec des bourrelets et des rangées de raies obliques 
imprimées au moyen d'une molette. Ces vases , la plupart 
sans ornementations et identiques de formes et do dimen- 
sions, si Ton en juge par leurs débris, devaient avoir con- 
tenu des offrandes ou des parfums. Ils étaient dépourvus 
d'anses, sans vernis, et leur orifice n'était protégé ni par des 
couvercles ni par des tuiles ou briques. L*urne funéraire, 
accompagnement ordinaire de ces poteries, faisait ici défaut. 
Peut être avait elle disparu dans un défrichement antérieur 
ou avait-elle été brisée par la pioche des ouvriers. Malgré 
son absence et malgré le manque absolu de monnaies ou 
médailles, ces débris céramiques n'en constituent pas moins 
une sépulture de la plus hiute ancienneté. L'abbé Cochet, 
que l'exploration des vieux cimetières normands et les ma- 
gnifiques découvertes faites dans ces champs de la mort, 
ont rendu célèbre, a signalé des vases analogues. Il attribue 
leur origine au deuxième siècle de notre ère et nous -pen- 
sons que ceux d'Âzanières appartiennent à cette époque. 

On sait que la coutume de brûler les morts, de déposer 
leurs cendres dans une urne , en y joignant parfois des va- 



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DÉCKMBKË. 185 

ses à parfums et à offraades, de les enfouir dans des cime- 
tières publics ou des propriétés privées et notamment à 
proximité des grands chemins, était à peu près universelle, 
au temps des premiers empereurs. Or, la sépulture d*Aza- 
nières parait avoir bordé une estrade, comme semblent l'at- 
tester des pierres disposées symétriquement sur un certain 
espace, et cette voie romaine n*est autre que celle mention- 
née par M. Aymard (1), .et qui conduisait de Revession à 
la route de Lyon, en passant par le plateau de Viaye, La- 
voûte-sur-IiOire, la Boutaresse, etc. 

M. Aimé Giron a donné deux objets trouvés parmi 
des squelettes, près de Boisset, entre ce village et la 6i- 
Kaude, à peu de distance da ruisseau de Beaulieu et 
d'une antique estrade allant jadis duPuy à Rosières. 
Ces objets sont une noix d'arbalète en ivoire et une sorte 
d'instrument, ou peut-être d'arme en fer, ayant la forme 
d'une petite faucille ou d'une grande serpe. Des pote- 
ries ont été trouvées dans le môme sol et pourront aider 
à déterminer l'époque de l'enfouissement de ces objets. 

Le frère Ozias, des Ecoles chrétiennes des Carmes, au 
Pny, a fait don d'une bague en cuivre ayant, au chaton, 
le monogramme IHS. Elle a été trouvée au doigt d'un 
squelette, probablement d'un moine, dans le sol de l'an- 
cien couvent des Carmes. 

M. Aymard a acquis un cachet en cire rouge enfermé 
dans une boite en fer-blanc II est au type et aux ai*mes 
lie la ville du Puy. 



1) AtiMfes ie U Société, tomf un, p. 679. 



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f86 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Ouvrages reçus. — M. le Président passe ensuite au 
dépottillemenldes ouyrages reçns. Il fait observer qu*en 
raison de la gravité des événements, l'intérêt des séan- 
ces de la Société pourrait être amoindri par des ajour- 
nements ou suppressions de publications périodiques ou 
autres concernant Tagriculture et les sciences. M. le 
Président a le regret de dire que, pour la présente réu- 
nion, les ouvrages reçus sont en petit nombre. « La 
Compagnie, ajoute-t-il, n*en poursuivra pas moins fer- 
mement tous ses travaux ; » paroles qui reçoivent Tas- 
sentiment unanime de rassemblée. 

Pourrait-on produire la pluie ? — Tel est le titre 
d'un article du Messager agricole reproduit par la Re- 
vue agricole et forestière de Provence, Cet article pi- 
quant d'originalité a peut-^tre son côté pratique. L'au- 
teur se propose de produire, au sein d'une atmosphère 
chargée de nuages, des détonations d'une force sufD- 
' santé pour amener une perturbation dans les globules 
dont ils sont composés, vaincre ainsi l'état d'inertie des 
nuées et produire alors l'effet résultant de l'étincelle 
électrique; à cet effet, l'auteur enverrait, à travers des 
nuages, des ballons de quelques mètres cubes de capaci- 
té, gonQés au mélange détonant : deux hydrogènes pour 
un oxygène, et munis d'une mèche enflammée d'une 
longueur jugée approximativement suffisante pour que 
le feu se communique au mélange à son arrivée dans 
les nuées. 

Amodiation des communaux. — Le Sud^Est, de Gre- 
noble, traite de la question de l'amodiation des com- 



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nÉCRMBRK. f87 

munaux et des pâturages et n*en est point partisan. 
Dans le Doubs et le Jura on est <l*nn avis contraire. 

Hivernage des bestiaux dans le bas Langxudoc. — 
M. Ayrnard a la parole sur une communication insérée 
au Bulletin de la Société académif/ue de la Lozère, au 
sujet de Topporlunilé et de la facilité de l'hivernage des 
bestiaux de nos régions dans le bas Languedoc, et par- 
ticulièrement dans Tarrondissement d'Arles, dans le 
Gard et l'Hérault. La sécheresse de Tannée s'est éten- 
due malheureusement sur toute l^urope; l'abaAtage 
de bestiaux a eu lieu un peu partout ; une disette d'a- 
nimaux pour garnir les étables et pour Talimentation ne 
manquera pas de se produire à partir du printemps pro- 
chain. L'administration préfectorale de la Lozère s'est 
préoccupée de procurer aux propriétaires de ce dépar- 
tement, et partant à ceux du plateau central, les moyens 
de conserver, cet hiver, leurs bôles ovine et bovine. Il 
lui a paru, d'après les études faites par notre confrère 
M. Doniol, inspecteur de l'agriculture, envoyé expressé- 
ment pour l'étude de cette question par la délégation de 
Tours, qu'un des moyens les plus praticables consistait 
dans l'émigration. 

Les renseignements qui ont été pris font connaître 
que Tarrondissement d'Arles et une partie de celui de 
Nîmes peuvent fournir la nourriture de 450,000 tètes 
ovines et d'au moins 2,000 tètes bovines, de novembre 
en avril ; il y a, en outre, place pour 25,000 brebis por- 
tières dans de bons pâturages propres à leur permettre 
d'allaiter avec avantage. 

Voici les prix de pension demandés : 



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188 lŒSUMÉ DES SÉANCES. 

Brebis portières, de 1 3 à U fr. pour la saison, pai* télo 
de bétail, garde comprise ; 

Montons, 5 fr. par tête ; 

Bœufs, vaches, veaux, 15 à 25 fr., suivant la force et 
suivant le pâturage. 

Ces prix n'ont pas élé débattus, ils sont plus élevés 
qu'on ne les paie habituellement ; la sécheresse les a fait 
monter comme elle a fait monter les fourrages. Du reste, 
dans beaucoup de parties du Gard et de l'Hérault, où la 
transhumance n'est pas recherchée, comme aux envi- 
roni d'Arles, parle bétail des Alpes, on trouverait des 
prix inférieurs. 

Voici deux marchés conclus dans l'Hérault : 

Soixante. têtes bovines nourries pendant six mois d'hi- 
ver, moyennant le prélèvement, à celte époque, de dix 
têtes de bétail ; 

Soixante vaches nourries de foin grossier de marais 
et de marc de raisin (4 kil. foin et 7 kil. tourteaux de 
marc], à raison de 43 fr. 50 c. par tête et par mois pour 
les vaches, nourriture du vacher comprise. 

Si les propriétaires pensaient pouvoir faire consom- 
mer chez eux, il est utile de leur indiquer le prix de 
10 fr. les 100 kilos, foin de luzerne, en très-belle qua- 
lité, à Arles ; 

Foin de marais, dit triangle, 4 à 6 fr. les 100 kilos, 
gare de Raphile, après Arles. 

Les tourteaux de sésame valent, ù Marseille, de 12 
à 14 fr. ; ils sont d'une grande ressource, délayés, tH)uil- 
lis et mêlés aux pailles, aux feuilles, aux herbes gros- 
sières. 

Si M. Doniol pense que le système qui consisterait à 



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DRGEMRRE. 189 

consommer les matières alimentaires importées ne peut 
être appliqué, à cause du prix des transports, on doit 
faire exception toutefois pour les tourteaux, qui consti- 
tuent un aliment précieux pour le bétail et, partant, un 
appoint d'engrais. 

Un membre propose l'insertion de cet article dans la 
Haute-Loire, ce qui est accepté. 
• 

Taille de la vigne, — Le Bulletin de la Société cen- 
trale d'agriculture de l'Hérault contient une notice 
siw l'opportunité, rendue évidente par l'expérience, de 
(ailler la vigne après la grêle. Certains vignobles de 
l'Hérault, taillés en tert fln juin et même 9 juillet, ont 
donné, la même année, un produit d'une certaine im- 
porlance, et la récolte suivante a été notoirement supé- 
rieure h celle des vignes qui n'avaient pas subi la taille. 

PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ. — Il cst donué Commu- 
nication de plusieurs lettres accusant réception du 
vingt-neuvième volume de nos Annales, Elles éraancnl 
du Ministère de rtnstruction publique, de F Académie 
des sciences, de la Société scientifique et littéraire d'A- 
lais, de la Société littéraire et scientifique d'Apt, et de 
la Société des antiquaires de Picardie. 

Carte départementalb en relief. — M. Aymard an- 
nonce que cette belle carte, due au travail assidu et 
consciencieux de M. Malègue, est sur le point d'être ter- 
minée. La carte entière aura coulé environ < 2,000 fr., 
dont notre confrère a fait le généreux sacrifice, surtout 
en utilisant, pendant les loisirs que lui laisse la guerre, 



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190 UKSrMK ORS SÉANf.RS. 

le personnel de ses employés d'entreprise (suspendue) 
de chemin de fer, qu*à cet effet, il n'a pas voulu ren- 
voyer. M. le Président, en exprimant à Fauteur sa vive 
satisfaction, le remercie au nom de la Société. 

M. Malègue manifeste, de nouveau, la satisfaction qu'il 
éprouve de répondre aux désirs de la Société et du Con- 
seil général. Bientôt la carte sera complètement achevée; 
et, de plus, par une combinai^n facile, chaque com- 
mune pourra avoir le relief de son canton pour ^5 à 30 fr. 
r/auteur fait ensuite remarquer que, d'après Topinion 
de MM. Aymard et Gillet-Paris, opinion qu'il partage 
entièrement, il conservera la carte en relief avec les zo- 
nes en gradins de niveau. Cette forme, prélude de lu 
carte définitive qui sera ensuite modelée suivant la con- 
figuration réelle du sol, est la mieux appropriée aux étu- 
des scientifiques, industrielles et d'économie rurale. 

L'assemblée, pénétrée de l'importance de la carte 
scientifique, décide qu'elle fera les frais d'une repro- 
duction en plâtre, dont le moule deviendra la propriété 
de la Société ; en outre, elle souscrira pour un exem- 
|)laire définitif en carton-plâtre ou en staff. Ce dernier 
procédé est, paraît-il, exclusivement employé à l'écolo 
des Beaux-Arts de Paris ; il joint à une grande légèreté 
une exactitude admirable des plus légers reliefs. 

Hygiène publique. — M. le docteur Martel a la parole 
sur l'étal hygiénique de la ville du Puy, dans le courant 
du mois de novembre, éti\l qui persiste encore aujour- 
d'hui. M. Martel dit que l'épidémie variolique a été, à 
peu de choses près, spéciale aux casernes, qu'elle a fait 
peu de victimes en ville, où elle a rencontré les nom- 



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DKXEMliRK. 191 

breuses vaccinations opérées les années précédentes et 
notanament l*année dernière. La mortalité a été grande 
parmi les soldats : on a compté, pendant un temps as- 
sez long, jusqu'à six décès par jour. L'entassement des 
soldats a été, parait-il, la seule cause du développement 
notable de la contagion et de son intensité. On s'est oc- 
cupé, une fois la cause connue, d'augmenter le nombre 
des points de casernement, et une des salles du nouveau 
Musée a été d*abord proposée à Tadministration préfec- 
torale et occupée par des mobiles, sans qu'on ait préala- 
blement consulté la Société, k qui est dévolue l'adminis- 
tration du Musée. Pour les salles postérieures, ou de 
Tancien Musée, on n*a pas tenu compte de cette forma- 
lité, ces salles étant vides de tableaux et d'œuvres d'art 
ou de collections. Plusieurs militaires y ont contracté 
des maladies, par suite de la trop nombreuse garnison 
qu*on y avait mise. En outre, ou n'aurait pas dû en ins- 
taller dans les galeries du nouveau Musée, qui n'étaient 
pas vacantes. 

M. Aymard, à ce sujet, dit qu'en qualité de vice-pré- 
sident de la Société, accompagné de MM. Chassalng, se- 
crétaire, et Gillet-Paris, il a fait part à M. Lefort, préfet, 
de ce qui s'était passé. M. le Préfet a promis de venir 
au Musée. 11 y est vegiu et il a été convenu que la salle 
des dentelles serait respectée, et que, dans tous les cas, 
on n'irait pas plus loin, dans cette occupation des salles 
du Musée, sans que la Société soit consultée. M. Aymard 
a fait ressortir, en outre, au point de vue sanitaire, Tin- 
cûnvénient d'occuper les galeries du nouveau Musée : 
la ventilation y est impossible et la température est à 
peu près celle de l'extérieur, par suite des combles cons- 



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192 IIKSUMK hRS SK\Nr>:s. 

traits en châssis vitrés; il a fait observer également h 
M. le Préfet combien il est pénible de penser que la col- 
lection des tableaax amassés à grands frais peut, dans 
tous ces déplacements inconsidérés, subir des avaries : 
Tune des salles, elle-même, n'a pas été à l'abri des dé- 
gradations que ne peat manquer de produire le caser-* 
nement de 250 hommes. 

M. le docteur Martel est prié de donner lecture du 
rapport qu'il a fait à M. le Préfet sur sa demande , au 
sujet du casernement du Musée au point de vue sa- 
nitaire. L'assemblée en décide l'insertion au procès- 
verbal. 

L'ancien Musée, qui n'a qu'un rez-de-chaussée, se com- 
[)0se de trois pièces ; deux sont latérales et parfaitement sy- 
métriques; la troisième se trouve au milieu. 

La salle qui sert actuellement d'entrée est située à l'ouest; 
la feimilaire est à l'est. 

L'une et l'autre ont les dimensions suivantes : 

Longueur 1 2"' 3U^' 

Largeur G 85 

Hauteur 8 70 

Ce qui donne, pour chacune, un cube de 733 mètres Oie. 

D'après les calculs de Tenon, chaque homme a besoin, 
au moins, de 1 3 mètres cubes d'air à respirer ; je tiendrai 
compte de ce principe en déterminant le nombre d'hommes 
(lue peut contenir chaque salle. 

La salle de l'ouest est dans de bonnes conditions d'aéra-r 
lion ; elle peut contenir des lits pour trente personnes. 

La salle de l'est, telle qu'eUe est, ne peut pas être aérée, 



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DECEMBRE. 493 

maïs il y a possibilité de faire une ouverture au-dessus du 
piédestal du monument Macheco ; cette baie devrait avoir 
en largeur 0" 70 centimètres et çn hauteur 0" 50 centi* 
mètres. 

Le courant d'air s'établirait de la porte de la salle d*ouest 
à l'ouverture que je viens d'indiquer en traversant la salle 
du milieu. 

Cette salle, en raison de son volume d'air, pourrait con-* 
tenir , comme sa similaire, des lits pour plus de trente per- 
sonnes, si son sol le permettait. 

La grande salle du milieu mesure : 

i longueur. 24» 10« 
largeur 12» » 
hauteur • 7» 70 

EUe cube 2,226« 84* 

Par deux grandes portes, elle communique avec les deux 
salles latérales et avec le nouveau Musée, qui lui est con- 
tigu au nord, par une porte semblable aux deux autres. 
Elle est plafonnée ; elle reçoit la lumière, au midi, par trois 
grandes fenêtres qui touchent au plafond et sont élevées au- 
dessus du plancher de plus de 5 mètres. 

Cette salle ne présente point d'humidité, mais le renouvel- 
lement de l'air y est incomplet et insuffisant, surtout pour 
dortoir. 

Les vapeurs qui s'exhalent des corps humains vicient 
l'air, ce qui justifie, dans certains cas, l'expression énergi- 
que de Rousseau lorsqu'il s'écrie que • Tbaleine de l'homme 
est mortelle pour l'homme, au physique comme au moral. » 
En effet, la respiration de l'homme, comme celle des ani- 
maux, altère l'air autant en lui enlevant l'oxygène qu'en lui 

TOME XXXI. 13 



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104 RÉSUMÉ. A8S gBAIIGES. 

4ommnt UOB trpp forte praportion d'aciof» carbonique a|; en 
le chj^r^Q^Qt (l'émaq^tiona animales prodaita» p}ir 1^6 per- 
spin^tioni pulu^ouaire, cutanée 9t même intestinale. 

L'air ainsi altéré est plus lourd et occupe les couii^hes 
qui jie rapprQcUeut le plne d4 i^ol; d'oi^ 1^ nécessité, pour 
^s^ainir les appartements, 4e pratiquer des ouverture? U 
plus près possible des planchers. Les cheminées remplis* 
sent parfaitement c^ttQ in4îcatiQn, 

D'après ce principe, je proposa de pratiquer, 4&ns la 
grande salle vis-à-vis la portp 4^ CQpvnifnicaUon av9C U 
nouveau Musée, une ouverture mesurant , eomme celle de 
la salle de l'est, en largeur 0°^ 70 c. et en hauteur 0™ 50 c. ; 
deux autres ouvertures pareilles seraient fiiîtes à droite et à 
gauche de la première, à égale distance et à un mètre au- 
dessus du plancher, afin d'éviter l'assise des pierres de taille 
du mur. 

Ces cinq baies provisoires, peu dispendieuses et qui peu- 
vent être pratiquées eu quelques heures , seraient ouvertes 
et fermées à volonté par de simples vplets intérieurs. 

Cent quarautç hommes peuveut coucher dans cette fuiUe. 

La salle du dôme du nouveau Mu^é^ présente ; 

i longueur 10"» ■* 

largeur 9 60 

hauteur 12 40 

EUecube 1,190 40 

L'aération de cette salle es( trè^-facile e^, en raison de sa 
grande élévation, elle ppurrait permettre d'y entasser ç^u 
moiQs quarante perspunes, mais son aspect au nord et SQU 
immense croisée dépourvue 4e volets la f cudrqnt inhabita- 
ble si l'hivçr sç mPUtrç ri?oureu^. On peut TttltUiWf pravi- 



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DÉCEMBRE. 495 

soîrement et diminnêr sa froidure en plaçant aa-deseua de 
la croisée une tringle à laquelle l'on suspendrait des tapis 
qui s'appliqueraient, pendant la nuit, comme des rideaux, 
aux vitrages. 

La salle des tableaux, à gauche, ne pourrait être aérée 
qu'en tenant ouvertes la porte et la croisée de la salle des 
dentelles où se trouvent des objets bien précieux qui ne 
peuvent être mis sous clef; il existe, d'ailleurs, un obstacle 
péremptoire à son utilisation pour casernement dans son 
plafond qui est en vitres et qui laisserait pénétrer le froid 
avec une extrême facilité. 

Il y a nécessité de laver les paillasses et de renouveler la 
paille qui les garnit. 

Les paillasses devraient reposer sur des planches suppor* 
tées par des bancs, de manière à ce qu'il y eût, entre elles et 
le sol, un-intervalle de 30 à 45 centimètres pour la circula* 
tion de l'air. 

Lee cheminées prussiennes, à défaut de cheminées prati- 
quées dans les murs, sont un puissant moyeA de ventilation 
que l'on pourrait employer avec avantage an pasememeiii 
du M psée, en remplacement des poules. 

NAYioATiorf AÉaitNifB. — Pof^^ait du physicien Ga^ 
lien. ~ M. Aymard fall nne commniileatioii qui, ae rat^ 
tachant h l'histoire de la narigation aérienne, wipninte 
un certain intérêt aux circonstance» actuelles. Nôtre 
confrère prêtante à raasemblée nn portrait de notre 
compatriote, le Père Joseph Galien, Tnn des précurseurs 
de Montgolfier dans Tart de naviguer dans les airs. Ce 
portrait peint, qai appartient à M. de Vinole, parott Mre 
réelleneipit celui de l'illustre piiysieieii. U esl de tridi* 



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496 ' RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

lion, dans la famille de notre honorable confrère, de re- 
connaître ce portrait comme celai de < Toncle Galien. » 
Galien était le neveu de la quatrième aïeule de M. de 
Vinols. 

M, Emile Giraud fait remonter à un siècle environ 
cette œuvre sobre et consciencieuse : la peinture parait 
être de Técole de Lesueur, elle en a la sécheresse et le 
modelé très-fini, sans effet pittoresque dans la figure. 
Ce portrait devait être trës«ressemblant. M. Giraud a 
robligeance.de s'offrir pour en faire gratuitement, pour 
le Musée, une copie peinte : une reproduction au crayon 
ne serait pas suiBsante, 

M. le Président remercie H. Giraud au nom de la So- 
ciété. 

Dans le portrait que rassemblée a sous les yeux, le 
personnage tient à la main un livre dont le petit format 
peut rappeler celui de l'ouvrage de Galien sur VArt de 
naviguer dans les airs, que H. le chanoine Sauzet a eu, 
dans le temps, à sa disposition, et qui, n'ayant malheu- 
reusement pas été retrouvé, est, en ce moment, l'objet 
des recherches de M. Âymard. H. Sauzet fait remarquer, 
en outre, que le personnage porte le costume des do- 
minicains, et l'on sait que Galien avait pris l'habit de 
cet ordre dans le couvent de Saint-Laurent, au Puy. Il 
n'y a donc pas de place au doute : le portrait que pos« 
sède M. le baron de Vinols est bien celui de Galien, l'un 
des ingénieux précurseurs de l'invention (^s ballons. 

Science historique. — Confirmation, en 4579, de 
foires et marchés à Roche-en-Reynier. — M. Lascombe 
donne communication de la pièce suivante, pancarte. 



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DÉGSMBRE. 497 

imprimée, dont probablement il n'existe plus que cet 
exemplaire qui est en la possession de M. Gallet, no* 
taire à Roche-en«*Reynier : 

DE PAR LE ROY, 

Henry par la grâce de Dieu, roy de France et de Polo- 
gne, à tons presens et advenir : salut; nos chers et biens 
amez les manans et habitans du lieu de Roche-en-Heignier, 
nous ont très humblement fait remonstrer, que pour estre 
ledit lieu assis en bon et fertile pais où affluent plusieurs 
marchands de diversses contrées : nos prédécesseurs roys 
auroient audit lieu pour la décoration d*iceluy estably trois 
foires en l'année, et un marché par chacune sepmaine, à 
ficavoir , la première desdites foires le jour de la converssîon 
saint Pol vingt-cinquième janvier, la seconde le jour de 
saint Roch seisième jour d'aoust, et la troisième le jour de 
Notre-Dame de TAdvent neuûème décembre, et ledit mar- 
ché au mardyde chacune sepmaine, desquelles foires et mar- 
ché, lesdits suppliants ont cy- devant paisiblement jouy 
jusques à puis n*a guières, que tant au moyen des troubles 
advenus en ce royaume, que de la perte de leurs lettres et 
titres, on auroit discontinué lesdites foires et marché, par 
ce moyen de quoy, ils voudroient qu*à présent il vous plût 
leur permettre icelles restablir et remettre s'ils n'avoient 
sur ce nos lettres de confirmation nécessaires, qu'ils nous 
ont supplié et requis leur octroyer; scavoir faisons, que nous 
inclinant libéralement à la supplication et requeste qui nous 
a esté faite en faveur desdits habitans par nostre très cher 
et très amé oncle le duc de Montpensier, sieur dudit lieu ; 
avons à iceux suppUans continué et confirmé, continuons et 



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498 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

cvnimions leaditèf foires et mâfché et ieelies de nostre 
plaine pUiBëanËô et anthorité royàlle^ et partant cfiiè besoin 
est ou seroit de nouveau ; crées et érigés et estably, créèn« 
érigeons et establlssons par ces présentes , pour y estre do* 
res navant, perpétuellement et toujours tenues et exercées, 
à tels et semblables jours qu'il est cy-dessus déclaré, et que 
en ioeUes {pires et marobé ainsin restablie, tous ma^cbands 
y puissent librement aller et venir, marobanderf trafiguer et 
négocier comme il est accoustumé faire aux autres foires et 
marchez de oe royaume^ sans que au moyen de ladite dis- 
oontinuation, et perte de leurs dites lettres^ nos officiers et 
autres leur puissent ausdits supplians^ faire et dernier au- 
cun trouble et empêchementi pourveu toutes fois que à qua- 
tre lieues à la ronde n'y ait esdits jours autres foires et mar^- 
cbé, ausquelles lesdites présentes puissent nuire ny prejudi- 
cier : si donnons en mandement au sénéobal et balif de Ye« 
lay ou son lieutenant, à tous nos autrra justiciers et officiers 
qu'il appartiendra que nos présentes confirmation , conti* 
nuation et rection^ establissementi et de tout le contenu oy« 
dessus, ils fassent lire, publier et registrer, garder, obser* 
ver et ejitretenir de point en point et lesdits supplians jouir 
et sur plainement et paisiblement, cessant et faisant cesser 
tous troubles et empêchements au contraire : car tel eet 
nostre plaisir^ et afin que ce soit cbose ferme et estable à 
toi2gottrS| nous avons fait mettre nostre soél à ces presen<- 
tes« sauf en autres choses nostre droit et Tautruy à tous/ 
Donné à Paris au mole de janvier^ l'an de grâce 1579, et de 
nostre règne le einquième^ Par le roy^ à vostre relation, 
GOBiBAUD« Kisa* Gontênton ha aor. 



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DÊCEUtoRE. 4d9 

OBJBf S b'ADHiNisTRÀtioi^. — Il èàt hH lècttré de là 
lettre suivante, adressée à M. le Président par nôtre 
confrère M. Nicolas et qtii est suivi d*un vole de remer- 
ctments : 



MOABIBtJR LB PaitUBMT, 

D'après votre désir, j*al visité les machines à fabriquer 
les tuyaux de drainage que la So4îiété a confiées à divers 
tuiliers des environs du Puy^ el j'ai l'honneur de vous ren- 
dre compte de l'état dans lequel je les ai trouvée* aA mO*- 
ment de ma visite. 

Fabrique du sieur Sauzon, siluée dans le vitlage de Èrives. 

La machine qui a été prêtée au propriétaire, depuis fort 
longtemps, pour la fabrication des tuyaux de drainage, se 
trouve aujourd'hui entre les mains de son fermier , appelé 
Laine t (Joseph), qui, pour l'employer à la fabrication des 
briques creuses, a été obligé de faire arranger la caisse et 
de remplacer les filières. 

C'est une machine Calla avec tablier à rouleaux ; 

Trois filières ayant 0"» 08, 0" 06 et 0» 04 de diamètre 
intérieur et une fourchette en bois à deux branches, 

FabHque du sieur Perrière (Gilbert), située à Malescot, sur 
le bord de la route d'Yssingeaux , un peu avant U vil- 
lage de Fay-la-Triouleyre, 

Cet tndûsiriel a eu^ un InstAnt^ detut knaehines à sa dis^ 
position; mais, »ar la ^siliatide d'uii àê ses èdtifrères de 
Britesi là 0odié(é â dis^Atf û» l'une d'elleë ah fitvi*.Ui' de tfe 



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200 RÉSUMÉ DVS SÉANCES. 

dernier. Il ne possède, pour le moment, que les appareils 
suivants : • 

Une. machine Colla avec tablier à rouleaux ; 

Un crible ; 

Cinq filières ayant 0« 12, 0» 08, 0™ 06, O» 04 et 0« 03 
de diamètre intérieur ; 

Quatre fourchettes dont une à cinq branches, une à 
quatre branches , une à deux branches et ki dernière à une 
seule branche ; 

Enfin, une clef anglaise. 

La machine Galla est encore employée ici à la fabrica* 
tion des briques creuses. 

Fabrique du sieur Soulier (Pien^e), située sur la roule du 
Monaslier, un peu après le viUage de Brives. 

C'est à ce tuilier que la Société a confié la deuxième ma- 
chine qui se trouvait entre les mains du sieur Perrière, et 
qui, précédemment, avait fonctionné dans le domaine du 
Chassagnon. 

Voici le détail des appareils qu'il possède : 

Une machine Calla avec tabli^i* à rouleaux ; 

Un crible ; 

Deux filières dont une de 0™ 06 de diamètre Intérieur 
et Tautre de trois. 

Les trois machines dont je viens de parler sont en bon 
état. 

Enfin, la Société a prêté au tuilier du sieur Exbrayat, 
dont la {abrique est située sur le chemin d*EspaIy , entre le 
village.de ce nom, et la ville du Puy, une machine GaUa 
avec tablier, le tout en très-mauvais état. Ce. fabricant a dû 



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DÉGEMBIIB, £01 

faire réparer une partie de l'appareil, mais il n*a pa$ rem- 
placé les roues de devant qui sont cassées, il s'est contenté 
de rétablir sur un pilier en pierre de taille. 

Tels sont, monsieur le Président, les détails que j'ai re- 
cueillis, et, en terminant, je dois ajouter que, d'après vos 
ordres, j'ai commandé, dans chacune des fabriques de Bri- 
yes, mille tuyaux de drainage de différentes grosseurs qui, 
j'espère, pourront être livrés incessamment. 

Daignez agréer, monsieur le Président, Tassurance des 
sentiments respectueux 

de votre très-humble serviteur, 

NICOLAS. 

Personnel des officiers de la Société^ — M. le Pré- 
sident dit que le moment est venu d'élire un Président, 
un Vice-Président et nn Trésorier. La question sera 
mise & Tordre du jour de la prochaine séance. H. de 
Brire exprime en môme temps sa ferme résolution de 
décliner l'honneur d'une réélection : sa santé s'y oppose 
d'une manière absolue ; il demande donc que sa candi- 
dature ne soit pas mise aux voix. 

Peisonnel des membres de la Société. — M. le ba- 
ron de Sartiges d'Angles , membre de l'Académie de 
Clermont (Puy-de-Dôme), dans une lettre dont il est fait 
lecture, remercie cordialement la Société de lui a?oir 
conféré, dans sa séance du SI mai, le titre de membre 
non résidant. Il regrette vivement que son grand ftge ne 
lui permette pas de prendre une part, aussi active qu'il 
le désirerait) aux travaux de la Compagnie. 



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802 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

M. le curé Piligëre, membre non rèsid&nt, écHt pour 
sollieiter l'échange de son titre de membre non rési- 
dant en celui de membre résidant. Notre confrère dit 
que, depuis sa réception à la Société, il s*est rendu as- 
sidûment à nos réunions mensuelles qui, ajoute-t-il, ont 
pour lui d'autant plus d'intérêt et de charme qu'elles 
sont en harmonie avec ses goûts, et conformes à l'objet 
de ses études privées. M. Frugëre s'en réfère» comme 
titre d'admission parmi les membres résidants, à son 
livre sur l'Apostolicité de l'Eglise du Velay. 

M. le Président, en consultant l'assemblée sur cette 
demande légitimée par le règlement, rappelle les tra- 
vaux de divers genres dont M. l'abbé Frugère a entre- 
tenu la Société ; les communications scientifiques qu'à 
différentes époques il lui a transmises, notamment, il y 
a plusieurs années, alors qu'il était curéd'Alleyraa; son 
livre sur l'apostolicité de notre Eglise, qui a été accueilli 
par les félicitations des personnes dont il partage l'epi*- 
nion stir ce sujet; enfin, le zèle de notre confrère pour 
les explorations archéologiques qui l'a porté récemment 
k doter le Musée ded produits de ses intéressantes dé<- 
couvertes. 

Aussi, la demande de M. l'abbé Frugère, mise aux 
voix, est-elle acceptée à l'unanimité, et notre coafrère 
est proclamé membre résidant. 

L'ordre du jour étant épuisé^ à sept heures la séance 
est levée. 

Le Secrétaire suppléant^ 

OfLLÉlSPARiB« 



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PROCÈS-VERBAUX 



SÉANCES DE L ANNÉE 1871 



SEANCE MENSUELLE 

DU JEUDI 7 JANVIER. ' 



SOMMAIHtS 

Lecture da proeèe- verbal. — Ahwace d'oovrages recos, par soi te des mal- 
hcnrs de la gaerre. — AiaoïiATieATioR : Commanication sor on nonveau 
système de ballon, par M. Micciollo-Picasse. Communication par M. le Pré- 
sident, da livre du P. Gaiien : l'Art ie naviguer iant let être. «^ AicalSo- 
LOGiB : Acquisition de la colonne milliaire de Fontanes par les soins de 
M. l'abbé Frngère; explications de M. Aymard snr ce monument. Décou- 
verte de pierres sculptées romaines dans les murs apsidaux de la cathédrale; 
leur description par M. Aymard. Vœu de la Société sur la demande de 
M. Yinay, que les débris d'antiquités extraits des mûri de cette église ou 
d'autres édifices soient réunis au Musée. — PiasomiiL : Renvoi \ la pro- 
chaine séance, de l'éleeiion du président et do vice-président de la Société. 



Présidence de M. Aymard, vice-président. 
A trois heuréS) la séance est ouverte^ 



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204 ytÉSUfllK DES SKANCES. 

M. Gillet-Paris donne lecture du procès-verbal de la 
précédente réunion. Ce procès-verbal est adopté. 



OUVRAGES REÇUS. 

La Société, durant le mois qui vient de s'écouler, n'a 
reçu aucune publication digne d'être signalée à son 
attention. Cette stérilité des ti*avaux intellectuels ne 
s'explique que trop par la guerre désastreuse qui dé- 
sole et ruine le pays. 



COMMUNICATIONS. 

AÉRONAVIGATION. — Notivcau Système d'aérostat 
proposé par M. Micciollo, — Notre compatriote, M. Mic- 
ciollo-Picasse , ingénieur civil, est admis, sur sa de- 
mande, à donner lecture d'un mémoire relatif à un 
nouveau système d'aérostat dit anermastatique dont il 
est l'inventeur. Les plans qu'il présente à l'assemblée 
font voir toutes les dispositions de l'appareil. 

Le ballon, dont l'enveloppe et les pièces d*armature 
sont en aluminium, est un ovoïde très-allongé. « Sa 
forme, dit M. Micciollo, est celle d'un solide engendré 
par un segment de cercle tournant autour de sa corde, 
dont la longueur est de 44 mètres; la flèche du segment 
est égale à 6 mètres. Le volume qui en résulte est d'en- 
viron 2,900 mètres cubes. 

« La plus grande section normale au grand axe, celle 
qui reçoit la résistance au déplacement de Tair calme et 



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JANVIER. 205 

l'effort du vent lorsque le ballon marchera veut debout, 
est de 413 mètres carrés. Leballoa est gonflé à Thydro- 
gène quatorze fois et demie plus léger que Tair. Sans 
entrer dans tous les détails de la construction, on peut 
dire qu'il est toujours en équilibre dans toutes les cou- 
ches de l'atmosphère. 

€ La direction en marche est maintenue dans le sens 
du grand axe par une voile triangulaire placée h l'ar- 
rière et mue de la nacelle au moyen de deux cordons. 

€ L'outil propulseur est l'hélice; il y en a deux, pla- 
cées aux extrémités du grand axe. L'action est donc di- 
recte dans le plan méridien yertical du ballon. 

« Les hélices doivent servir à produire le mouvement 
horizontal du ballon et son mouvement ascendant et 
descendant, en vertu de l'inclinaison que je donne, à vo- 
lonté, au grand axe du flotteur. 

« Le mouvement est transmis aux hélices par une 
machine à vapeur en alummium, construite d'après le 
principe des machines à grande vitesse de HH. Hollard 
et Field, système qui permet et a permis, comme on le 
sait, de diminuer notablement les dimensions de la ma- 
chine elle-même et son poids. » 

M. Micciollo donne ensuite des explications pour tous 
les détails de la construction. Il fait connaître les di- 
mensions, les poids et le jeu des différentes pièces ; il 
motive l'emploi de Taluminium par les propriétés de ce 
métal, en particulier son faible poids, qui le recommande 
pour tous les usages où l'on a besoin d'une grande légè- 
reté jointe à une grande ténacité. L'aluminium, permet- 
tant, en outre, suivant les combinaisons indiquées au 
mémoire» d!écarter l'endosmose, supprime les chances 



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206 RÉSUMÉ DBS SEANCES. 

de déperdition de Thydrogëne et même de 9on ioflam- 
mation. L'inveatenr s'est préoccupé aussi des inconvé- 
nients qui pourraient ôtre dus à la clialeur et à Télectri- 
cité atmosphérique. En un mot, la plupart des objections 
qui pourraient être foites k l'encontre de son système, 
sont de sa part l'objet de réponses trës-détaiUées. 

M. MiccioUo termine cet exposé en résumant les diffé- 
rents systèmes proposés jusqu'à ce jour pour amener la 
solution du problème de la navigation aérienne, lesquels 
d'ailleurs, se rapportent tous à deux théories, celle du 
plus lourd que l'air et celle dn plus léger que Vair. H 
ajoute que le ballon anêrmoitatique, qui est Totijet de 
son invention, participe des deux à la fois, tout en se 
rapprochant beaucoup plus du plus Uger que Pair. En- 
fin, il montre en quoi son appareil diffère de tous ceux 
proposés par ses devanciers et, tout en s'honorant de se 
déclarer le continuateur de l'idée de l'illustre ingénieur, 
M. Henri Giffard, qui, en I8(&2, avait élevé en Tair un 
ballon muni d'une petite machine à vapeur et l'avait fiait 
mouvoir, notre compatriote énumère les modifications 
ou perfectionnements assez notables qu'il apporte dans 
la construction du ballon anermastatique« 

M. Oillet-^Paris, qui a pris une connaissance attentive 
du système d'aérostation proposé par M. MiccioUo et lui 
a prêté sa collaboration dans les calculs très-compliqués 
que nécessitait Tétude de ce nouvel appareil, se plaît à 
en rendre un témoignage aussi favorable que puisse le 
comporter un système non encore sanctionné par l'ex- 
périence. Cette considération, en effet, impose des res- 
serves inhérentes aux difficultés de ce genre d'entre- 
prise et aux circonstances imprévues qui, jusqu'à ce jour» 



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jÀNVieti. 307 

ont renijk impossible la solation du problème de Taé- 
ronavigation. 

M. le Président exprime à M. Micciollp sesi félicitations 
pour ses persévérants et laborieux efforts à poursuivre 
la solution d'un problème ardemment étudié depuis 
quelques années par d'habiles ingénieurs, et la Société 
émet le vœu unanime que notre savant compatriote li- 
vre au plus tôt à la publicité le mémoire don|;il vient de 
lui donner communication (4) et qu'il parvienne pro- 
chainement à donner à sa décoi^verte une application 
pratique. 

L'art de naviguer dans les airs, par le P. Çalien.-^ 
M, le Président présente ensuite à l'assemblée, cojnme 
complément à la communication du portrait peint du 
P. Galien, qu'il a faite à. la dernière séance, le livre même 
de ce savant physicien, né àSaint-P^ulien (Haute.-Loire), 
vers 1700. Cet ouvrage, de format petit in-12, de qua- 
tre-vingt-sept pages, est intitulé : l'Art de naviguer 
dam les airs, amusement physique et géométrique^ 
précédé d'un mémoire sur ta nature et la formation 
de la grêle, par le R. P, Galien^ dominicain^ docteur 
agrégé, ancien professeur de philosophie et de théolo- 



(1) Ce mémoire a para pea de temps après la séance de la Société, soas le 
litrt : BalononermMtatiquô dingeahUi en i^htVatuminium kreveiés.G,i>.B,^ 
en ^uilikre 4 iouUt lee kauUurs Je l'qimotfliéfe, pt^vant monter et deè- 
cendre à volon(é, stns lett ni déperdition de gas, $vec hélice, machine à vu- 
pew et charpente, en aluminium, par M. Uicciollo-Picatse, ingénieur civiU 
inventeur; soumis le 4 décembre 1870 cl le f« fivriet iSfl au CemUé scienti- 
fique du goupernement de la Défense nationale, — Appréciation du Comité avec 
planche gravée, Paris, librairie centrale des sciences, rue de Seine, 18, 1871. 



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â08 IIÉSUMË DES SÉANCES. 

gie dans l'Université d'Avignon. Avignon. Antoine- 
Ignace Fez. M. DGG. LVII. 

Noire confrère, en faisant ressortir la rareté de cet 
ouvrage, se demande s'il ne conviendrait pas d'en don- 
ner une réimpression qui aurait certainement un débit 
assuré à cause de la faveur dont les éludes aérostaliques 
sont l'objet en ce moment; dans tous les cas, M. Ay- 
mard veut bien promettre d*en faire une copie, qu'à dé- 
faut du livre, qui lui a été communiqué, il tiendra à la 
disposition de la Société. 



Archéologie. — Colonne milliaire de Fonlanes.-^ 
M. le Président annonce que la colonne milliaire de 
Fontanes, village situé à peu de distance de la voie 
romaine , dite la Bolène, vient d'être acquise aux 
frais de la Société et transportée au musée par les soins 
de notre confrère, M. l'abbé Frugère. 

M. Aymard, après lui avoir exprimé la reconnaissance 
de la Société pour l'heureux résultat d'une négociation 
qui n'était pas sans difficultés, rappelle qu'en sa qualité 
d'archiviste départemental et d'inspecteur des monu- 
ments historiques, il a publié cette inscription dans son 
rapport à M. le Préfet, pour la session du conseil géné- 
ral de 1864. 

Malgré son état de dégradation, il a pu la déchiffrer 
ainsi qu'il suit, et en proposer une interprétation con- 
forme ix des épigraphes analogues qui ont été ti'ouvées 
sur la même voie antique : 



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JANVIER. 209 

Hestitution d'après des inscriptions ûnalogues 
provenant de la même route : 

IMP ESGI JMPerator cxEsar caius luHus 

VERVSM/ XI VKRVS ukiuminus 

^IVSF LIXAV pivs veux kvgustus pontifex 

AXTRI Pin mxxiînus imbimitiâ votestate m consul pro- 

CO^ P M consul ^ater patries opHuus maximm prin^ 

C^V VS et caius ivlius verrs maximus [ceps noster 

I optimus maximusque 

N privceps juvenlutis 

. cxsaris augusli nostri filius vias et 

pontes vetustate con- 

lapsos restituerunt, 

M. Aymard ajoute qa'il ayait été condait à la décou- 
verte de ce monument par un moyen très simple, qui 
permettra, en outre, de retrouyer, sinon toutes les co- 
lonnes qui, dans notre pays, marquaient les distances 
sur la yoie militaire et stratégique dite la Bolène, au 
moins les lieux où elles avaient été élevées. II suffit, en 
effet, de pointer le tracé de cçtte voie, aujourd'hui bien 
connue, de mille en mille pas romains, à partir de l'an- 
tique capitale des Vellaves, Revession (Saint-Paulien). 
C'est par ce moyen que notre confrère avait déjà décou- 
vert la place et les subslructions d'une autre colonne, 
près de Freissenet, monument dont la base avait été 
transportée dans ce village, et une partie du fût au vil- 
lage de Borne, où ce morceau est conservé à la maison 
commune. Encouragé par cette heureuse] application 
d'un procédé si facile, il n'hésita pas à fixer le lieu de 
la colonne suivante, vers le point de jonction du chemin 
de Fontanes et de la Bolène, dans un champ où la fa- 
mille Valiorgues lui signala, en effet, des restes de subs- 

TOME XXXI. u 



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âiP KÉSUME DES 8ÉANGBS. 

tructionfi* De là, il conclut que la pierre, suivant Tu- 
sage, avait pu être portée an village le plus voisin, 
c*est-&-dire à Foatanes où elle fut trouvée, servant de 
pied-droit pour une porte. 

Pierres sculptées romaines dans les murs de la ca-^ 
thédrale.— U. Aymard mentionne aussi la découverte 
de fragments sculptés antiques, qui ont été mis au jour 
par les travaux de restauration actuellement en voie 
d'exécution aux murailles dies apsides nord et sud de la 
Cathédrale ; on remarque surtout, à l'angle de Tapside 
sud attenant au porche du For, deux grands blocs de 
grès, dont les sculptures rappellent le genre d*ornemen- 
tation des édicules funéi*aires romains, tels que ceux 
dont notre confrère avait décrit un certain nombre de 
morceau^, dans son mémoire sur les Origines de la 
ville du Puy. (Con^rh scientifique de France^ de é855, 
U II, p. 429 etsuiv.) 

Ces pierres ne sont pas encore à découvert sur toutes 
leurs faces ; néanmoins notre confrère a essayé de mon- 
trer, par un dessin qu'il met sous les yeux de la Société, 
quels peuvent être les sujets de sculpture des parties de 
ces pieiTCs cachées dans Tépaisseur de la muraille. L'une 
d'elles, qui est placée à une certaine hauteur, offre sur 
sa face visible une portion supérieure de pilastre richC'^ 
ment sculptée et au-dessous un griffon. Ce décor est pa- 
reil à celui d'un morceau conservé au Musée (n® 254 des 
Origines de la faille du Puy), où l'on observe, sur deux 
autres faces en retour, l'image en relief d'un person- 
nage et une scène funèbre ; les proportions exactement 
semblables des deux pierres, au moins d'après ce qu'on. 



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ÙNVIBR. f^ 

voit de Mtû 4tt'ni6rf , ;p9f §aHH>s6r qve cell»-^ i^w^it 
appart0fia au mélp^ mopaaiMt 4m^ #Q w^wl («nP^ Ift 
pyriid ^opértoure ds Tardes deux piliers d'^rie a^el^|l^* 

Dans ce cas, l'architecte aurait repréaeoté i^ laiifiiaâe 
qui e^( en retour 4e Vna 4e oes piUejrs, Timfme^a dé- 
font et syso^iquei^ent & I9 foisiade ea retour de r«ptre 
pilier, Timag^ de sofi épouse. CetM ^ojeotiore Mt« 
d'aiUeo^jSi appuyée par des exemples de moniimante 
funéraires qui représentent, dans diyerses attitudes, l«s 
adieux saprômes des époux. Quaat à Tiiutre face de la 
pierre qui estégftleinent enci^trée dans le mur, la dessin 
enicore oonjectural qu'an a fait noir» eoifetfe, ^fetraiee 
u^ scène funèbrt à peu près diaposiiB cemme sur 
l'autre pierre, suiyant les ràgl^ de symAlrle fasâliéras 
aux artistes 4^ l'antiquité romaiiie. 

M. Ayv)an4 djit que V. l'Architecte de la C^tbédnte, 
d'après le désir qu'il lui a exprimé, se propose d'eUtr^tte 
de (a Muraille ce curirettS morceau pour Je d^ioser au 
Ifuaé9 auprès des débris du même monuaanqt ddjit re- 
cueillis. H m:i alors >n|ljéresi»nt de savoir si la méth^ 
d'induction qui a guidé notre confrère» pour la raalita- 
tîon ooQjeetiir^l^ 4«s l^es de la pterre aujMrd'hui 
cachfi^ ds^s 1^ mur^lle, aura trouvé ici une emu^te 
appUcfttion. 

QiWkt à Tfiutre pierre qui $%' y^it h la besd 4a miur, 
notre confrère ep présiàiM aussi le dessiQt 0« rUfili^Mtt 
qu'elle a fait partie ^alçm^ut 4'ilAQ cbao^bre sépjiJh 
crale r^ben^ent décor^^^sciiilptufes et qu'elle étiit à 
la partie auj^eur^ 4'w pilasti^e 4<» Vm ^ «wlos i^t- 
térioTuis 4e Védiçulç. L« fece 4^ ce *pilwti'«, fiWie yi»JbJe 



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212 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

et des vestiges assez reconnaissables d'an gorgonium 
ou masque de Méduse posé sur an disque ou égide, 
sujet décoratif bien connu, en particulier pour les 
monuments funéraires. 

Ce pilastre se détache un peu en avant du surplus de 
la même face de la pierre dont les sculptures représen- 
tent des combinaisons de fleurons. Il devait faire 
retour, au moins d'un cAté, et être suivi d'ornements 
qu'à défaut de pièces de comparaison, il est presque 
impossible de préciser. 

Cette dernière pierre, dont l'extraction serait très- 
difficile, doit rester à sa place; elle témoignera du genre 
de construction usité à l'époque où fut édifiée l'apside 
sud de la primitive église du Puy, comme addition h 
cette église, c'est-à-dire vers le Y^ siècle, alors qu'on 
utilisait presque exclusivement des matériaux provenant 
d'édifices antérieurs. 

A ce sujet, notre confrère fait remarquer que les murs 
de cette apside offrent d'autres blocs antiques, quelques- 
uns montrant les trous de louve qui caractérisent les 
constructions romaines. 

Il en est de même à l'apside nord, contemporaine de 
celle-ci. Les travaux de restauration y ont aussi fait 
découvrir plusieurs assises de grands blocs, mais telle- 
ment altérés à leur surface, qu'on a peine à y reconnaî- 
tre quelques traces des sculptures dont certaines de ces 
IHerres paraissent avoir été décorées. 

M. Vinay fait ressortir l'intérêt qu'il y a à réunir tous 
les morceaux provenant de monuments dont ils permet- 
tent la restitutioui et, sur sa proposition, la Société ex- 
prime le vœu que, toutes les fois que des antiquités la- 



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iANVIRR. 243 

pidaires seront découvertes dans les murailles de la 
Cathédrale on d'antres édifices, elles soient, autant que 
possible, extraites et attribuées au Musée. 



Personnel. — Ajournement de l'élection des pré^ 
sidents de la Société. — L'ordre du jour appelant la 
nomination du président et du vice-président, plusieurs 
membres demandent, à cause des circonstances pré- 
sentes, le renvoi de ces élections à la prochaine séance. 
L'assemblée adhère à cette proposition. 

A cinq heures, la séance est l&vée. 

Le Secrétaire, 
AuG. CHASSAING. 



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SÉANCE MENSUELLE 

DU LUNOI 17 FÉVRIER 



SOMMAIRB 

Leetare du procès-verbal. — Ouvraois reçus : Mémoire de M. Macé sur les 
poésies attribnées ^ Glotilde de Sarviiie. — GoMMUNicàTioNs : Premier mo- 
dèle de la carte en relief do dé|>artemeni, avec zones d'altitade, présenté par 
M. Malègue. Etade de cette carte par M. Alcide Maoras. M. le Président 
félicite M. Malègae. Vote de fonds pour Texécation du moule du spécimen 
^ sones. Explications de M. ^ticciollo-Picasse sur son ballon aoermasta- 
tlque. AJeuhletoefll de l'élection des présidents de la Société. Décès de 
M. le baron de Yeyrac, membre bonoraire. 



Présidence de M. de Brîve. 

A trois heares; la séance est ouverte. 

Le procès-verbal de la dernière séance est la et 
adopté. 

OUVRAGES REÇUS. 

Littérature. — Les poésies de Ctoiilde de SurvilU- 
— Les publications qui sont parvenues à la Société, 



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deptiift la pMcëdente MiiniM), sont encore eif petit 
nombre, par snitiBdes malhenrent événeinènts qui affli* 
gent la France. Parmi ces onvrages, H. le Président 
mentionne particulièrement le Bulletin de F Académie 
delphinale, qui contient un remarquable travail de 
M. A. Macé, professeur à la faculté des lettres de Greno- 
ble, sur une question d'histoire littéraire, vivement 
débattue .depuis soixante ans : l'authenticité des poésies 
de Glotilde de Survilie , publiées en deux volumes, l'un 
en 1807, par Charles Yanderbourg, membre de l'insli-* 
tut, et l'autre en 1 8S6, par MM . de Roujoûx et Ch . Kodièr. 
Doit*on voir dans ces poésies, avec M. Raynouàrd, 
une fraude habile, reconnue et avouée et, à tout prén- 
dre cependant, une œuvre à conserver comme les faus^ 
ses médailles que les curieux placent à côté des véritar 
blés; avec M. Villemain, un monument curieux, mais 
une petite construction gothique, élevée à pla&ir paf* 
un moderne architecte f Doitrbn dire, avec M. de Sainte 
Beuve, que la prétendue Clotilde de Surville est un 
poète de l'école moderne, h la veille de la renaissance 
de 4800; en d'autres termes, doit^)n conjecturer que 
les véritables auteurs sont ou le marquis de Surville, 
ou même Vanderbourg? M. Macé combat les opinions 
des illustres critiques et s'efforce de prouver, par une 
biographie détaillée et l'examen comparé des œuvres 
du marquis de Surville, que ce dernier ne pouvait être 
l'auteur des poésies de Clotilde. Il établit parfaitement 
que cette paternité ne saurait, le moins du monde, re^ 
venir à Vanderbourg, par les lettres de ce savant à 
M»* la marquise de Surville qu'il puMie Comme pièces 
justifloatives. 



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216 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

M. Hacé cite également deux documents iaédits et 
intéressants. Ce sont des lettres, Tune très-touchante 
que M. de Survilie écrivit àsa femme, des cachots de 
la prison du Puy-en-Velay, la veille de sa mort, en oc- 
tobre 4798; l'autre de M~' de ChabanoUe à la môme, 
en lui envoyant les manuscrits dont l'infortuné mai^quis 
lui avait confié le dépôt. 

La conclusion du docte professeur, le dernier mot de 
la question résultant de son étude pleine d'érudition, 
est que les poésies de Clotilde sont un excellent tableau 
original, retouché par des mains habiles, et que Ton 
doit rendre à Clotilde de Surville, parmi les poètes fran- 
çais, son rang que les plus récents historiens de notre 
littérature semblent avoir pris à tâche de lui enlever 
par un injuste et dédaigneux silence. 

Le marquis de Surville se rattache indirectement au 
Velay par les derniers mois de sa vie passés dans la re- 
traite qu'il trouva au petit ch&teau de ChabanoUe , et 
enfin par son jugement sommaire et sa fin malheureuse. 
On sait qu'il fut fusillé au Puy, au*devant de l'église 
Saint-Laurent, en octobre n9S. 



COMMUNICATIONS. 

Topographie.— Car ^« en relief du département. — 
Dans la salle des séances est exposé le modèle en plâ- 
tre .de la grande C4irle en relief du département de la 
Haute-Loire, que notre zélé et généreux confrère M. Ma- 
lëgue — profitant des loisirs que lui laissait, à raison de 
la guerre, la suspension de travaux publics dont il s'était 



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FÉVRIRR. 217 

chargé — a en à cœur d'achever ; désireux en cela de sa- 
tisfaire aux vœax de ses compatriotes et en particulier 
du Conseil général qui, h la demande de la Société, a 
voulu honorer celte œuvre de son patronage. 

Ce magnifique travail, sur lequel M. le Président ap- 
pelle l'attention de rassemblée, n'est pas encore amené 
à son état définitif : on y voit les zones d'altitude, dis- 
posées en gradins, qui, par une opération ultérieure, 
devront disparaître, pour que les contours et les déclivi- 
tés du sol reçoivent leur configuration réelle* 

Notre confrère, M. Alcide Mauras, qui a fait de l'œu- 
vre de M. Malègue une étude particulière, développe, 
dans une rapide et chaleureuse improvisation, des consi- 
dérations qui, il différents points de vue, recommandent 
Talilité de cette belle carte, et dont Topportunitë sur- 
tout ne saurait être méconnue dans les circonstances 
malheureuses des temps présents. 

Après avoir rappelé qu'elle est, pour la Haute-Loire, 
la traduction exacte de la carte de France du dépôt de la 
guerre, il décrit les procédés, de plus en plus perfec- 
tionnés, au moyen desquels les géographes sont parve- 
nus successivement à satisfaire à quelques-unes des 
principales exigences de la science topographique. 

Toutefois, dans l'état actuel de nos connaissances à 
ce sujet, il faut bien convenir que, sur les cartes planes, 
dessinées ou gravées, lesquelles offrent, en réduction, 
des surCeices considérables du sol, une exacte reproduc- 
tion est fort difficile à obtenir et qu'en outre on est 
obligé de suppléer, par des signes conventionnels, à 
l'insuffisance des tracés et des hachures ou traits d'om- 
bres qui ont pour objet d'accentuer les reliefs. Or, con- 



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us RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

naître ces signes est indispensable pour lire les cartes 
topographiques. C'est une étude assez longue et qui 
exige beaucoup d'attention (1). 

Notre confrère ajoute que c'est une science rentable 
qui, malheureusement, aurait en France peu d'adeptes. 
Il croit même qu'une partie des revers militaires qui 
nous accablent en ce moment, peut être attribuée à une 
connaissance insuffisante de Tinterprétation des car« 
tes qui, dit-il, ne seraient guère accessibles qu'à nos 
officiers d'état-major. 

« Ce sera l'honneur de notre Société, dit encore 
M. Mauras, d'ayoir compté, au nombre de ses membres, 
un homme qui, profondément versé dans cette science, 
la topographie, en connaissant toutes les difficultés, in- 
surmontables, au plus grand nombre de ceux qui vou- 
laient savoir, s'est dit : Il n'y aum plus de secret pour 
personne ; ce que les caries représentent par des dispo* 
sitions conventionnelles, des lignes ou traits énonçant les 
zones d'altitude et autres signes, je vais, pour la Haute- 
Loire, le représenter par la réalité. Après quoi, moins 
d'un an s'est écoulé, depuis qu'il a entrepris la carte dû 
département, et elle est exécutée. Nous sommes aujour* 



(1) Deribier , en 1894, dans sa Statistique du départemeut de la Haute- 
Luire, p. 97, s'eipriffiait ainsi au s^jet des diffleoltés de la représentaUoii 
topographique de notre pays : < Les cartes ne représentent qno des surfftees 
planes. Quelque nombreuses qae soient les bachttres dont on les ebarye, 
quand il s'agit d'an terrain aussi eoupé que celui de la Haute-Loire, il est 
difficile d'en faire ressortir les inégalités et ii peu près impossible d*indiquer 
leurs différences relatives. Un plan eu relief ûevient dors, en quelque sorte, 
nécessaire pour donner une parfaite intellifence de la forme du sol. » 

Le desideratum de Deribier est donc accompli aujourd'hui, grAce h M. Ma- 
l^gIle. 



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FÉTRfKR. Si9 

d'hai an f7 février : la France est envahie; Paris a ca- 
pitale ; depols six mois toutes ses pensées ont été à la 
guerre ; mais la science ne s'est pas laissée distraire : 
Paris anx abois envoyait par ballons des émissaires étu- 
dier Téclipse du mois passé ; et dans nos montagnes, tan- 
dis que notre Société continuait de tenir se3 réunions, 
l'un de ses membres les plus zélés, M. Malégue, accom- 
plissait un travail réputé, jusqu'à ce jour, presque im« 
praticable, surtout pour un pays aussi accidenté que le 
nAtre. > 

Après cette digression justifiée par Taccomplissement 
d'une œuvre mémorable et, « comme la France sait les 
enfanter dans ses douleurs, » M. Mauras n'hésite pas à 
dire que le grand travail, entrepris par M. Malëguepour 
notre déparlement, sera exécuté partout, lorsqu'il sera 
connu. Il répond à trop de besoins, il simplifie trop de 
problèmes pour ne point avoir bientôt un grand reten* 
tissement* 

Enumérer tous les services qu'il est appelé à rendre 
est chose presque impossible : au point de vue militaire, 
il facilite beaucoup l'étude de la science topographique 
et met sous les yeux du chef un champ de manœuvre d'en- 
viron 5,000 kilom. carrés que son œil peut embrasser 
d'ensemble et jusque dans ses plus faibles saillies. Sous le 
rapport économique et social, qui ne voit combien cette 
carte sera utile dans bien des questions d'intérêt pu- 
blic : opérations cadastrales, travaux si divers de la via- 
bilité, régime des cours d'eau, conduites d'eaux, reboise* 
menls, etc.? Aux points de vue agricole et industriel, ce 
relief nous apprendra ft combiner rapidement, et avec 
économie, de vastes systèmes d'irrigation et rétablisse*^ 



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220 RÉSUME DES SEANCES. 

ment d'osines; en même temps qu*il nons permettra de 
dresser nne carte agronomique, complète dans tous ses 
détails, avec les indications propres à nos cultures va- 
riées, aux expositions et autres conditions cUmatëri- 
ques, aux altitudes, etc. 

La science géologique qui, aujourd'hui, se rattache 
intimement à Tagricullure, n'empruntera pas un moin-< 
dre secours à l'œuvre de M. Malègue. Qui ne sait com- 
bien est insulEsante une carte géologique plane qui, ne 
pouvant retracer que les terrains superficiels, nous laisse 
ignorer souvent ceux qu'ils recouvrent? Le relief, 
en donnant les pentes des monts et des collines, pourra 
jusqu'à un certain point comporter des indications d'af- 
fleurements qui révéleront à l'observateur des terrains 
sous-jacents et parfois aussi des mines en filons ou en 
amas plus ou moins exploitables. Que d'études, de vues 
nouvelles et instructives, n'éveillera pas la structure 
physique de nos montagnes pour l'explication de leur 
origine par voie de soulèvements ou par toute autre 
cause ! 

La météorologie, qui n'intéresse pas moins l'agricul- 
ture, nous révélera peut-être aussi, par la direction et 
les hauteurs de nos chaînes de monts, quelques-unes 
des lois qui, dans la contrée, régissent les orages et les 
variations de température. 

Parlerons-nous de la botanique et de la zoologie qui 
puiseront, dans l'observation des diverses altitudes, de 
précieux renseignements sur les stations diverses des 
plantes, sur les habitats de tous les êtres utiles eu nui- 
sibles qui, à divers degrés de l'échelle animale, peuplent 
nos campagnes? 



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FÉVRIER. 2î\ 

La représentation réelle de la conQguration da pays 
n*èst-elle pas appelée aussi à fournir de précieuses res- 
sources à rhistoire et à l'archéologie? Les aggloméra- 
lions d'habitants sur divers points de notre sol, soit que 
l'esprit se reporte jusqu'aux temps les plus reculés de 
leur origine, soit qu'il se préoccupe des causes qui, suc- 
cessivement, les ont développées; les établissements ci- 
vils, militaires et religieux qui, depuis les temps préhis- 
toriques et gaulois jusqu'à nos jours, se sont implantés 
sur notre sol, monuments mégalithiques, bourgades et 
oppida gaulois, villes, stations et camps romains, châ- 
teaux et monastères du moyen ftge, se lient, sans aucun 
doute, à la situation des lieux où l'histoire nous les si- 
pale. Les relations des peuplades entr'elles et les évé- 
nements qui s'y rattachent se motivent aussi par les 
voies de communication établies, elles-mêmes, suivant 
les conditions topographiques et on s'expliquera ainsi 
parfaitement, & l'inspection de la carte en relief, ces ré- 
seaux de voies antiques, dites estrades, dont on ne sau- 
rait méconnaître l'existence dans la longue succession 
de tous les ftges historiques. Espérons donc aussi qu'à 
l'aide de l'œuvre de M. Malëgue, nous aurons, un jour, 
une carte historique et archéologique du département. 

Après avoir énuméré ainsi quelques-uns des points 
de vue principaux qui rendent si précieuse une bonne 
carte en relief, H. Mauras propose non-seulement que la 
Société exprime à H. Malègue sa vive reconnaissance, 
mais encore qu'elle le prie de faire au plus tôt un 
moule et un tirage spécial d'épreuves de sa carte, avec 
zones d'altitude en gradins, exécutés aux frais de la 
Société, ainsi qu'il a été décidé à la séance de décem- 



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222 RÉSUMÉ DRS SÉANCES. 

bre 4870. Les exemplaires qu'on en tirera, d'une part, 
consacreront le mode ingénieux appliqué par notre 
confrère à Tinterprétation des lignes ou zones d'altitude 
de la carte du dépôt de la guerre, et d'autre part, ils 
seront d'une grande utilité pour certaines études scien- 
tifiques que faciliteront ces mêmes gradins d'altitude. 

L'assemblée témoigne unanimement qu'elle s'associe 
au^ propositions énoncées par notre confrère, M. Mau- 
ras. En conséquence, H. le Président exprime à M. Ma* 
lègue les remerctments de la Compagnie pour le zèle 
actif et intelligent qu'il a consacré à la proippte exécu- 
tion de la carte en relief du département, et rappelle le 
vote de la Société pour la confection d'un moule du spé- 
cimen à zones en gradins. Il ajoute que si la Compagnie 
fait l'avance des fmis, c'est dans l'espoir que le Conseil 
général lui en tiendra comptai dans le chiffre de nos 
allocations, en considérant que l'intérêt de cette œuvre 
s'étend ^ tout le département. 



AÉROMAViGATioN. —7 Système d'aérostat de M. Mie- 
aiollo. — Notre compatriote, H. MiccioUo-Picasse, 
qui, dans la précédente séance de la Société, avait 
ë(é entendu au sujet du ballon anermastatique dont 
i( est l'inventeur, est admis à fournir de nouvelles 
explications concernant c-et appareil. M. Hicciollo in- 
forme la Société que, depuis notre dernière réunion, ii 
a fait le voyage de Bordeaux pour soumettre soa projet 
d'aérostat à la Commission scientiflque instituée par le 
gouvernement. Les conclusions du rapport4e cette Com* 
mission relatent le bon 94^cueil qui lui ^ $té fait. Toute-» 



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PÉVRIER. i23 

fois, couine» restriclioos, qui y soat pontenues, don* 
nent lieu à notre compatriote de les réfuter (4). 

M. Gillet-Paris les dicule également, et H. le Prési- 
dent^ au nom de la Société, félicite M, Micdollo pour ce 
nouveau témoignage de sa persévérance, et l'engage à 
continuer ses recherches, dans la but de sanctionner sa 
découverte par une appliciition prochaine. 



PERftOHNEL. *- 4}ourMment de l'élection des pré-^ 
sidents de la Société. — M. le Président donne lecture 
d'une lettre qu'il avait écrite avant la dernière séance 
pour présenter à la Société la situation des divers ser-> 
vices. Il ajoute que, les président et vice-président étant 
arrivés au terme de leur mandat, il va être, confor- 
mément à Tordre du jour, procédé à une nouvelle élec- 
tion. H. de Brive déclare que sa santé ne lui permet 
plus de conserver la présidence. 

Plusieurs membres, se faisant les interprètes de la 
Compagnie entière, font ressortir les graves inconvé- 
nients que présenterait le renouvellement des présidents 
de la Société dans la crise actuelle; ils font appel au clé- 
vouement patriotique de M. de Brive, pour qu'il conti- 
nue à donner à nos travaux une direction si expérimen- 
tée, si active, si conforme aux besoins et à l'intérêt de 
la Société. Sur l'insistance unanime de ses confrères, 



(1) La décision de la Commission sciantiQqac de Bordcaax, en ddtc du 
3 février, et les observations de M. Miccioilo sont consignées dans le me- 
moire imprimé qai est mentionné en note a. la page 307 da présent volume 
des ÀnnâleS' 



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224 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

M. de Brive consent à rester, encore pendant quelques 
mois, chargé de la présidence. 

Décès de M. le baron de Veyrac, membre honoraire. 
— M. le Président communique à la Société la perte ré- 
cente de Tun de ses membres honoraires,* H. le baron 
Théodore de Veyrac, ancien maire du Puy, chevalier 
de la Légion d'honneur, qui avait contribué à la créa- 
tion de la Société et du Musée, et n'avait cessé, dans 
toutes les occasions, de nous donner des preuves de sym- 
pathie. 

La Compagnie s'associe unanimement aux regrets ex- 
primés par M. le Président. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à six 
heures. 

Le Secrétaire, 
AuG. CHASSÂING. 



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SÉANCE MENSUELLE 

DU JEUDI 6 MARS. 



80MMA1BB 

Lecture da procès-vcrbah — MustfE : Dons de coquilles fossiles et de mé- 
dailles, par M. Lascombe. Vœa de la Société ponr qne certaines salles da 
Masée qni, pendant la guerre, ont senri k loger les gardes mobiles, soient 
rendoes k leor destination et réparées par Tadministiation municipale. — 
OaYiAGBS niçus : Mémoires sur des cultures exceptionnelles ; sélection des 
graines derers k' soie, opinion de M. Pasteur li ce sujet, observations pré- 
sentées par M. de Montalet-Alais et Alcide Maaras. Ouvrage do M. Bé- 
ebardsur les États de Languedoc; souscription de la Société ï ce livre.— 
CoMMuiricinoifs : Bapport de M. Nicolas sur la température exceptionnelle 
de riiiver dernier. Bemarques de MM. Aymard et Martel sur les essences 
d'arbres et d'arbustes qui ont résisté aux froids de cet biver. Fouilles arebéo. 
logiques dans le sol de la rue Panessac; communication de M. Aymard rela- 
tive k ces recherches. 



Présidence de M. de Brive. 

A trois heures la séance est ouverte. 

Le procès-verbal de la dernière réunion est lu el 
adopté. 

TOME XIXU 15 



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226 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

MUSÉE. 

Dons. — Objets d'histoire naturelle. — M. Lascombe 
offre, ponr les coUeetiODs d'histoire naturelle et d'ar- 
chéologie, plosiears coquilles marines fossiles du terrain 
tertiaire et diverses monnaies romaines et étrangères. 

Des remerclments sont votés à notre généreux 
confrère.* 



BBOR6Àiii$iTioif w NusÉB. — H. le Président Signale 
à la Société l'état fâcheux des galeries du Musée, les- 
quelles avaient été converties en caserne et livrées à 
la garde mobile ; ces salles ont reçu des dégradations et 
il serait urgent qu'elles fussent réparées et rendues à 
leur destination par la réinstallation des tableaux , des 
statues, des collections agronomiques, etc. M. le Prési^ 
dent exprime l'espoir que l'administration municipale, 
sur les ordres de laquelle ces galeries ont été détour- 
nées provisoirement de leur destination, prendra à sa 
charge les dépenses qu*entralneront leur restauration 
et le replacement des collections. 



OUVRAGES REÇUS. 

Les cruelles épreuves que traverse notre patrie né 
pouvaient manquer d*exercer un contre-coup fatal sur 
les travaux des Sociétés savantes. Le nombre, encore 



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MARS. 227 

trës-restreint des pablicalions parvenues à la Compa- 
gnie, durant le mois dernier, en est la preuve. 



AfiBiCDLTUBE. — Cultures exeeption/nelles, •- Le 
Journal d'agriculture pratiqua pour le Midi de la 
France contient un travail intéressant sur les mesures 
urgentes à prendre par les éleveurs et producteurs de 
la région agricole du sud, pour conjnrer les dangers 
d'une crise alimentaire. Quoique la région à laquelle 
ces instructions s'adressent, présente une notable diffé- 
rence avec la nôtre au point de vue de sa constitution 
géologique, du climat et des cultures, un certain 
nombre de ces recommandations peuvent s'appliquer à 
la Haute-Loire. 

Le premier point est de suppléer au temps : dans ce 
but, il importe de faire violence aux assolements pour 
leur demander les produits alimentaires les plus promp- 
tement réalisables. Outre le blé de printemps dit de 
mars que nombre de départements se disposent à semer, 
les pommes de terre, le mais, Torge, Tavoine, le sarrasin , 
les légumes secs de toute espèce, fourniront le moyen 
de contribuer plus efficacement à prévenir la disette. S'il 
est nécessaire d'augmenter les ensemencements, comme 
ce n'est pas tant ce que Ton sème que ce que l'on fume qui 
produit, il est essentiel de tie laisser ni une parcelle de 
terre ni une seule résern^ de matière fertilisante, sans 
les remettre immédiatem^t dans la drculation organi^ 
que. Que les mousses, les fougères, les feuilles et les 
menijLs débris des bocages et des bois soient convertis 
en litière; qnie ies teprres des cbemins, des mares, des 



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228 nÉsu5iÉ DES séances. 

fossés, les terreaux de toute nature soient minutieuse- 
ment recueillis; que le sol des étables et des bergeries, 
défoncé à toute profondeur, livre les sucs nourriciers 
qu*il contient. Que la chaux, la marne, le plâtre et les 
plâtras complètent les fumiers ; ils sont les palliatifs des 
grandes sécheresses comme des humidités excessives ; 
que le sel dénaturé, les déchets des fabriques de laina- 
ges, cuirs, etc., la suie, les cendres lessivées, les résidus 
de forge, les scories de fonderie, la tannée, le noir ani- 
mal et les os concassés soient mis à contribution. Leurs 
effets sont aussi sûrs qu'exclusifs de mauvaises herbes ; 
que Tengrais humain, le guano et les engrais chimiques 
soient surtout employés en couverture sur les blés plà • 
ces en terre maigre. 

Quant au bétail dont la cherlé sera inévitable, il fau- 
dra bien se garder de négliger ou de réduire la pari du 
sol cultivé qui lui est destinée. Que les agriculteurs ré- 
sistent à la tentation de se défaire de leurs reproduc- 
teurs, surtout de leurs génisses, à quelque prix que ce 
soil;* qu'ils soignent mieux leurs bergeries dont les bre- 
bis seront certainement appelées à concourir au repeu- 
plement de celles des pays dévastés par la guerre. Pour 
la production animale comme pour celle des grains, la 
précocité des espèces est une qualité dont il faut savoir 
tirer parti. Que les agriculteurs se rappellent la fécondité 
de la truie et la précocité des races porcines. Aucune 
race ne permettra d'apporter plus vite, à la consomma- 
tion de la viande de boucherie, l'appoint qui menace de 
lui manquer. 

Plus que jamais il faut donner à la basse-cour l'im^ 
portance et les soins intelligents qu'elle mérite; forcer 



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MAns. 329 

la prod action du laitage» de la volaille et des œafs; dé- 
yelopper la faculté productrice de la poule par des ali- 
ments chauds et anirnalisés» multiplier les couyées, abri- 
ter chaudement les poussins dans le premier âge ;enfln» 
qu'une assistance mutuelle dont nos populations rurales 
ont déjà pris la touchante initiative, donne aux champs 
des absents les façons nécessaires pour assui^r les se- 
mailles du vieillard, de la veuve et des orphelins, vie* 
limes désolées de nos désastres publics. 

Sélection de graines de «en à soie. — Une bro- 
chure de H. Pasteur, de TÂcadémie des sciences, relate 
les résultais que ce savant a obtenus par la sélection 
des graines de vers à soie ; son système consiste à étu- ' 
dier au microscope les œufs et à n'employer à Téclo- 
gion que ceux qui lui paraissent parfaitement sains, 
c'est-à-dire ceux surtout qui sont exempts de cette petite 
lâche noirâtre que Ton retrouve ensuite sur les indivi- 
dus éclos et dont le développement forme la maladie 
qni a ruiné nos magnaneries. D'après M. Pasteur, les ré- 
sultats auxquels il est arrivé par ce moyen seraient 
trôs-salisfaisanls, et il engage vivement les séricicul- 
teurs à y recourir. 

Notre confrère, M. de Montalet-Alais, l'un des éle- 
veurs les plus autorisés du Midi, conteste l'exactitude 
de ces brillants résultats ; à ses yeux, on laisserait un 
peu trop dans l'ombre les non-réussites pour ne s'atta- 
cher qu'aux succès. 

M. Âlcide Maures croit que l'existence sur les œufs 
d'une petite tache noirâtre indique simplement que la 
maladie a déjà commencé. M. Pasteur a donc raison de 



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330 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

proscrire ces œtifs déjà malades; c'est an élément sérieux, 
mais non absoln de succès, car la maladie qui attein. 
lesrers à soie, est le produit de Tôducation elle-même 
telle qu*elle est pratiquée aujourd'hui. Plusieurs causes 
déterminent cette maladie : d'abord Tagglpmération d'un 
grand nombre d'individus dans les mêmes locaux ; en- 
suite la nature de Talimentation faite uniquement en 
vue du rendement de la soie, c'est-à-dire l'emploi de la 
feuille fournie par des mûriers greffés, feuille trop sub^^ 
slanlielle pour des animaux qui déjà, par des soins ex- 
cessifs , ont été trop éloignés de leur état de nature. 

Comme conclusion, M. Alcide Mauras croit que les édii^ 
cations de vers àsoie devraient être faites en double^.l'une 
ayant pour objet la production exclusive de lasoie, et Tau- 
tre en vue de la production de la graine. Dans le premier 
cas, des insectes seraient nourris avec de la feuille de mû- 
riers greffés, dans un milieu chaud, en favorisant au- 
tant que possible leur développement et leur engraisse- 
ment; dans le second, les insectes d&vraient être nourris 
en entier de feuille sauvage et placés dans un milieu se 
rapprochant le plus possible de l'état de nature. 

M. de Montalet-ÂIais se rallie avec empressement 
à l'opinion de H. Alcide Mauras, qui lui paraît très-* 
rationnelle. 



Histoire. — Us États de Languedoc. — Le jour- 
nal la Décentralisation a récemment publié un compte- 
rendu du livre de Hé F. Béchard concernant les Etats 
dé Languedoc. Sur la proposition de H. le Président, 
la Société décide l'acquisition de cet ouvrage^ 



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MARS. tai 



COMMUNICATIONS. 

MÉTÉOROLOGIE.— Température de Vhiter dernier. 
*- M. Nicolas lit le résumé saivant des observations 
qnll a faites au stijet de la température exceptionnelle 
de l'hiver dernier : 

Notes météobolooiques svb les mois de décembre 1870, 

JANVIBA ET FÉVRIEA 1871. 

Mais de décembre 1870. 

Sous le rapport météorologique, le mois de décembre peut 
être divisé en trois périodes. La première, qui comprend les 
onze premiers jours, a été caractérisée par un froid intense; 
dans cette période, la température est descendue à — 14* 
et la moyenne a toujours été au-dessous de séro^ La deu- 
xième s'étend du 12 au 22 décembre ; ces quelques jours 
ont été plus doux, la température minima s'est maintenue 
assez élevée et il n'y a eu que de faibles gelées. Mais pen- 
dant la troisième, qui comprend les neuf derniers jours, il 
y a eu une telle recrudescence de froid que la température 
minima s'est abaissée, le 28 décembre, jusqu'à 25^,5 au-des- 
sous de zéro ; et à partir du 25, il est tombé une telle quan- 
tité de neige que les voies de communication ont été inter- 
ceptées sur bien des points. Dans certains endroits, on a 
mesuré jusqu'à 0^,hOàe neige en rase campagne. 

En résumé, ce mois a été très-rigoureux et n'a permis 
au cultivateur de s'occuper des travaux préparatoires aux 
ensemencements de printemps qu'à de rares intervalles. 



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i^î RÉSUMÉ DES SÉANCES 

Températures moyennes de décembre. . . .} 



à minima. — 7*,0 
à maxima. — CM 
Tempéralure moyenne du mois — 3''.5 

{maximum le 15 16%9 
mmimum le 28 — 2d''.o 



La quantité d'eau fournie par la fonte des neiges est de 
43"»», 1. 

Mois dô janvier 1871. 

Si le mois de décembre s'est signalé par une grande abon- 
dance de neige et par des températures heureusement rares 
dans nos pays, janvier n*a pas été moins rude : la neige a 
persisté et tous nos cours d'eau sont restés complètement 
gelés jusqu'à la un du mois. Cependant nous devons dire 
que, vers le 16, il est survenu un vent du sud assez fort qui 
a fait espérer un instant le dégel ; mais cette température 
relativement douce qui a fait disparaître un peu de neige 
sans découvrir le sol, ne s'est maintenue que pendant deux 
jours. Pendant ce temps, le vent a formé sur les voies de 
communication des amas de neige qui ont amené des pertur* 
bâtions dans le service des courriers ; après cette bourras- 
que, le froid a repris son intensité et a persisté jusqu'à la 
fin du mois. Enfin, le 31 janvier, le vent du sud a recom* 
mencé à souffler, et il faut espérer qu'il nous amènera la 
fin de l'hiver, tant désirée pour les besoins de notre pays. 

Nous n'avons rien à dire des travaux agricoles qui ont 
été complètement nuls en janvier, et nous ne pouvons rien 
présager sur l'avenir des récoltes. Nous pensons cependant 
que la neige et les gelées peuvent exercer, comme toujours, 
une influence salutaire sur le sol et contribuer à la destruc- 
tion de certains insectes nuisibles; non-seulement elles fa- 



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MARS. 233 

vorisent l'aineublissement de la couche arable; mais encore 
la fonte des neiges donne au gazon une force de végétation 
bien connue de nos cultivateurs de la montagne qui disent 
que la neige fait le foin. Espérons donc que, sous le man- 
teau préservateur qui les recouvre encore, nos céréales d'hi- 
ver auront conservé toute leur vigueur. Seulement il est à 
craindre que la vigne et certains arbres fruitiers, tels que 
les noyers^ aient eu beaucoup à souffrir des températures 
excessives que nous avons endurées. 

L'hiver de 1870 à 1871 peut être considéré comme l'un 
des plus rigoureux que nous ayons eu depuis près d'un 
demi-siècle. Il faut, en effet, remonter à l'année 1829 pour 
retrouver des froids aussi intenses que ceux qui ont sévi de- 
puis deux mois dans nos contrées. Des recherches récentes 
tendent à démontrer que les hivers rudes, comme les inon- 
dations, reviennent à des périodes à peu près fixes, et qu'ils 
se reproduisent à des intervalles d'environ quarante ans ; 
témoins les hivers de 1789, de 1829 et de 1870-71. 



( 
Températures moyennes de janvier j 



à minima. — 8*,3 

à maxima. — 0».3 

Température moyenne du mois — 4%2 

( maximum le 20 7'*,4 

Températures extrêmes... < . . , „ ^^ ^ 

'^ ( mmimum le 3 — 22%3 

La quantité d'eau fournie par la fonte des neiges est de 

Mois de février 1871. 

ià minima. — 0*,7 
à maxima. Q^.S 
Température moyenne du mois 4%6 



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Î3i RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 



_ . ^1 maximum le 29 

Températures extrêmes... { , .^ 

( mmimum le 13 

La quantité d'eau tombée dans le mois est de 5""",6 



19M 

- e*,4 



Arboriculture. — Es$enc€$ ayant réiiêté aux froids 
de l'hivir. — M. Aymard fait observer que le froid 
extraordinaire qui a séri cet hiver, fonniit à la 
Société un critérium important dans le choix des ar- 
bres et arbustes, principalement ceux à feuilles persis- 
tantes appropriés soit à la silviculture, soit à l'orne- 
mentation des jardins d*hiver, dont Tacclimatation ou 
la culture doivent être encouragées, en tenant compte 
des essences qui ont plus ou moins résisté aux effets de 
la gelée. Notre confrère, bien qu*il ait constaté déjà que 
certaines espèces d*arbres et d*arbustes ont été préser- 
vées et que d'antres semblent avoir beaucoup souffert, 
ne croit pas devoir condamner ces dernières à disparaî- 
tre de nos bois et jardins. Dans certaines conditions dif- 
férentes de celles où il a observé ces essences, celles-ci 
peuvent avoir résisté. En outre, la saison n'est pas assez 
avancée, pour qu*on ne puisse espérer qu'au moins 
quelques arbustes, ayant été abrités au pied par une 
couche de neige, fourniront des rejets. 

Il semble, dès lors, que la Société doit solliciter, au- 
près de nos confrères et autres personnes compétentes, 
des observations qtii, d'ailleurs, ne pourront être exac- 
tement fournies que dans quelques mois. 

M. le docteur Martel signale, comme ayant résisté 
dans son jardin, diverses sapinettes, les genévriers de 



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MARS. 235 

Virginie et antres, les thnyas, buis panachés et antres, 
les mahonias. 

il a perda des ifs qui avaient yingt-cinq ans, nn cèdre 
de l'Atlas du même âge, des houx panachés, des buis de 
Mahon, des lierres à larges feuilles. 

Trente-cinq rosiers ont péri ; il n'a pu sauver que 
deux de ces rosiers à haute tige : le Lion des com- 
bats et le général Jacqueminoê. 

H. Martel ajoute que, parmi les sujets qui ont péri, 
les uns étaient à l'aspect du nord, d'autres à l'aspect du 
midi. 

M. Aymard, sous les réserves qu'il a déjà faites, re* 
marque cependant que, dans le jardin public, les épi- 
céas, mélèzes, pins d'Autriche, le pin sappo, etc.^ 
plantés, il y a plusieurs années, par la Société^ sem- 
blent avoir résisté. Il en est de môme de quelques es- 
sences placées dans ce jardin lors de sa création plus 
récente. Tels sont, par exemple, les cèdres exposés au 
nord, près du Musée, tandis que d'autres qui étaient 
sur d'autres points ont beaucoup souffert et périront 
probablement. 

AncHBOLOGiB. — Fouilles dans la rue PanéSsac, au 
Pny. — M. Aymard informe l'assemblée que les travaux 
de construction d'un canal collecteur d'égouts qui , en 
\ 869 et \ 870, avaient parcouru le sol de la rue Courrerie 
et de la place du Plot, ont été repris, depuis quelques 
jours, dès l'entrée de la rue Panessac. Comme précé- 
demment, ils nécessitent une large et profonde tranchée 
qui est déjà ouverte sur une certaine longueur et sera 
continuée jusque vers l'extrémité ouest de la rue. 



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i36 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Notre confrère qui a signalé à la Société, dans sa 
séance de juin 4870 (page 94 du présent volume), le ré- 
sultat de ses premières et curieuses recherches faites à 
l'occasion de ces mêmes travaux et qui , en 1864 , nous 
* vait rendu compte d'une autre exploration du sol de 
la rue Panessac (i), n'apporte pas moins de soins à re- 
cueillir les révélations archéologiques que ces nouvelles 
fouilles commencent à livrer à ses études. On en juge 
d'après un plan qu'il met sous les yeux de rassemblée, 
ainsi que divers objets provenant de ces fouilles , tels 
que fragments de briques et de tuiles à rebords, de po- 
teries très-variées , morceaux de marbre , d'enduits de 
murs , un fer à cheval de forme antique , médailles ro- 
maines, etc., le tout semblable à ce que l'on trouve ha- 
biluellement, dans des travaux analogues, sur d'autres 
points de la ville. Les constatations, déjà effectuées dans 
la tranchée ouverte en ce moment, promettent donc des 
découvertes intéressantes auxquelles pourront assister 
les connaisseurs, avertis par la présente communication. 

Notre confrère a repris l'examen de la tranchée au 
point où s'était arrêtée la précédente exploration. A ce 
sujet, il rappelle qu'à la jonction des rues Panessac et 
Chènebouterie et de la place du Plot, les dispositions du 
sol ayant dévoilé, dans un assez large espace, un état de 
remuement du sol plus ou moins postérieur à l'époque 
romaine, ne montraient pas d'indice de la voie antique 
observée vers l'entrée est de la rue Courrerie. Il faut 
croire que cette chaussée avait été détruite, là comme 



(1) Fouilles au Puy et recherches historiques sur cette ville, aux AnnûleM 
de la Sociale, tome xxvir, p. 386. 



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MARS. 237 

dans presque tout le parcours de la rue Ck)arrerie , ea 
des temps fort anciens, c'est-à-dire antérieurs à an en- 
semble de sépnltures signalé, au même endroit, par 
notre confrère dans son précédent rapport, et dont 
certaines offraient des tombes qaadrangulaires , larges 
du haut et rétrécies au pied, à Texemple de celles usitées 
vers les temps mérovingiens et d'autres pareilles à l'ex- 
térieur, mais qui, au dedans, en différaient un peu par 
la présence d'un compartiment carré à petit gradin en 
chevet pour la tête du défunt. 

Immédiatement après cet espace , ainsi marqué par 
des modiflcations successives dans la conflguration du 
sol, les sépultures cessaient à l'entrée de la rue Panes- 
sac où Ton vient de retrouver des indices de la voie an- 
tique assez bien caractérisée par une ruderatio à peu 
près complète dans tousses éléments romains. C'est vers 
cet endroit qu'on avait exhumé précédemment plu- 
sieurs médailles romaines en bronze , dont deux , remi- 
ses & notre confrère par les ouvriers, sont présentées à 
la Société. Celles-ci sont aux effigies des empereurs Ves- 
pasien et Trajan. 

Toutefois, les traces de cette chaussée n'existaient que 
sur un faible parcours; après quoi les caves des maisons 
voisines, qui pénétraient sous le sol de la rue, n'en ont 
laissé voir presqu'aucun vestige jusqu'en regard des 
maisons portant les n"» 49 et 24 . Là, elle a été bien visi- 
ble sur un parcours d'environ 40 mètres dans un sol 
qui, n'ayant pas été remué au moyen &ge pour des con- 
structions de caves, n'a subi, depuis l'époque romaine, 
d'autres changements que des surélévations successives. 

Les caves des trois maisons n^ 23 à 27 font ensuite 



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238 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

disparaître cette antique chaussée qui revient au jour, 
à peu près intacte, dans un sol vierge de tons remanie- 
ments, parallèlement aux maisons m^ 29 à 33. C'est là 
qu'on peut très-bien l'observer en ce moment pendant 
que la tranchée est encore ouverte avec une profondeur 
de 3»,65. 

Notre confrère démontre , par des coupes du terrain 
qu*il a relevées sur plusieui*s points et particulièrement 
en cet endroit, qu'entre le pavé actuel de la rue et la 
chaussée antique, existent deux ou peut-être trois lits 
de remblais ayant ensemble l'épaisseur de i'^,M , ainsi 
qu'il l'avait dit, en 4864, au sujet des travaux de con- 
duite d'eau des fontaines. Cette chaussée ou agger, dont 
l'épaisseur totale est de 4 "",76 présente, en stratifica- 
tion très^régulière, les éléments ordinaires des voies les 
mieux établies suivant les règles de l'art, sauf le pavé 
(summa crusta) qui doit avoir été enlevé loi*s du pre- 
mier exhaussement du sol. On y observe, en effet, les 
couches que les anciens désignaient sous les noms de 
rudus, nucleuê et statumen. 

Immédiatement au-dessous d'une mince couche ar- 
gilo-sableuse, sorte de mortier qui représente probable- 
ment le lit de pose du dallage ou de la gumma crmta, 
se montre le rudus épais d'environ 0^,16 et formé 
d^un mélange de petites pierres concassées, de cailloux, 
d'assez nombreux morceaux de briques et de tuiles épais- 
ses à rebords, parmi lesquels on a trouvé aussi quelques 
morceaux de poteries également antiques. 

Le nucteus est un simple blocage de cailloux et de 
petites pierres, généralement sans débris de briques on 
de tuiles. Son épaisseur est de O'^itii 



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HARS. à39 

Le siatumen qui constitae, miyanl Tosage, la base 
ou fondalioD de Vagger, de constracUon pins soignée 
qu'on robsenre ordinairement, comporte trois lits bien 
distincts; le sapérienr, de sable noir blenâtre on détri- 
tus volcanique qui, n'étant pas un sable de riyiëfe, 
doit avoir été extrait d'une carrière; le deuxième, 
formé de pierres basaltiques assez fortes, à vives arê- 
tes et rangées à sec les unes à côté des autres ; et Tinfé- 
rieur, qui consiste en une couche de terre glaise ou ar- 
gile. Ces trois lits, à peu près d*égale épaisseur, ont 
ensemble 0"*,77. 

Tout ce systèitte de Vagger repose sur de la terre vé- 
gétale noire, dans laquelle la tranchée a pénétré jusqu'à 
la profondeur de 0",45. 

La présence du sol végétal au-dessous de la voie ro- 
maine, sans la moindre apparence de gravier ou de cail- 
loutage pouvant indiquer la préexistence d'une route 
gauloise, aurait lieu de nous étonner, si Ton ne connais- 
sait le mode de coiistruction perfectionnée auqael les 
anciens donnaient la préférence, en certaines circons- 
tances, notamment à Tintérieur des villes. On sait que, 
pour ces voies si bien établies, ils enlevaient profondé- 
ment le terrain dans toute la largeur de la chaussée (1); 
n en résultait une excavation qui était comblée par des 
matériaux de choix, habilement stratifiés, comme Vag- 
ger de la rue Panessac en offre le plus remarquable 
exemple qui ait été observé dans notre pays. 

M. Aymard termine cet exposé en disant que la fouille 



(1) Vo^ex L. Baduier. aist. de l'êrt mtnumental. Paris, 1845, p. 348 



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240 nÉSUME DES SÉANCES. 

a parcouru à peine la moitié de la longueur de la rue. 
Après rachèyement des trayaux, il fera connaître, dans 
un rapport, d'autres particularités que révèlent non* 
seulement la structure de la voie romaine et des cou- 
ches de remblai qui lui sont superposées, mais encore 
certaines .substructions et la présence de canaux d'é- 
gouts souterrains, qui semblent assigner à quelques- 
unes des fondations de maisons bordant la rue une ori- 
gine plus ou moins reculée» 

M. Aymard reçoit les félicitations de l'assemblée, vi- 
vement intéressée par ces nouvelles trouvailles qui, 
rapprochées de celles faites précédemment sur d'autres 
points de la ville du Puy, contribuent à établir l'antique 
origine de notre cité. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 
cinq heures. 

Le Secrétaire, 
AuG. CHASSAING. 



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SEANCE MENSUELLE 

DU LUNDI 3 AVRIL 



SOMMAIRE 

Lecture du proccs-verbal. — Mvêit : Dons de morceaux de poteries romaines 
trouvés il Saint-Paulien, par M. César Falcon. — Ouvrages reçus: Engrais 
artiOciels et cullore des pommes de terre- Peste bovioe; observations de 
MM . de Brive, Martel et Maaras. Étiquettes de jardin. Le livre de M. Bé- 
rbard sur les Etats du Languedoc. Brochure biographique sur le P. Odo 
de Gissevi par M. La^combc. Publication des budgets départemental et mu- 
nicipal; réductions sur les subventions allouées li la Société en 1871. — 
CoMMumcATioRS .* Secours aux agriculteurs des départements envahis. Etat 
des semailles du printemps. Ravage des légumes par l'insecte dit/0 bruche; 
moyens de pré&enation indiqués par M. Plantade et d'antres membres. 
Fouilles archéologiques dans la rue Panessac. Demandes par M. Gillet- 
Paris de conserver son titre de membre résidant, bien que domicilié pro- 
visoirement k Lyon; par M. Isidore Hedde, pour recevoir ce titre en 
échange de celui de non-résidant. Candidature au même titre, de M. Jules 
de La Batic. Ahscncc de certains membres aux réunions de la Société; 
renvoi 2i la prochaine réunion, de l'exécution du règlement i ce sujet. Pu- 
blication du XXX" volume des Annales de la Société. 



Présidence de M. de Brive. 

A trois heures, la séance est ouverte. 

Le procès-verbal de la précédente réunion est lu ei 
approuvé. 

TOME XXXI. ^fi 



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24^ RÉSUMÉ DES SÉANCES. 



MUSEE: 



Dons. — Fragments de poteries romaiiies trouvés 
à Saint'Paulien. — Sont déposés sur le bureau cinq 
morceaux de poteries romaine trouvés à Saint-Paulien 
et offerts au Musée par M. César Falcon. 

Ce sont des fragments de vases en terre rouge lustrée, 
dite samienne, sur lesquels on voit des sujets décoratifs 
en relief. L'un d'eux offre Testampille de l'atelier de 
fabricalion, ainsi figurée en creux sur deux lignes : 



GN.ATTIVS 



HILARVS 



M. Aymard fait remarquer que c'est la première fois 
qu'oa trouve dans notre pays une marque de potier 
romain ainsi disposée en deux lignes, au lieu d'une seule. 

M. César Falcon reçoit lesremerclmentsde la Société. 

OUVRAGES REÇUS. 

Agriculture. — Engrais a$fti/iciels et culture des 
pommes de terre. — Le Journal d'agriculture pro- 
gressive recommdindù: 1<> pour l'augmentation du produit 
des céréales, l'emploi des engrais artificiels et composés, 
et donne un tableau proportionnel de ces engrais d'après 
leur rendement; ^ dans la culture de la pomme de terre. 



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AVRIL. U3 

l'efiSBuencemen t précoce comme produisant des l'ésultats 
très-avantageux. 

Ces deux conseils, que les misères de Tannée précé- 
dente rendent plus que jamais utiles , ont été , par les 
«oins du Président de la Société, publiés dans le jour- 
nal la Haute^Lbire. 

Peste bovine, — La même revue agricole, au snjet 
de la situation générale de Tagricalture, fait entrer en 
compte , dans le bilan de nos malheurs publics, Finva- 
sion delà peste bovine. Ce fléau, il y a quelques années, 
a sévi en Angleterre et en Belgique. La France en fut 
alors préservée ; mais cette maladie, endémique dans 
les contrées du Nord, est entrée en France h la suite des 
Prussiens. Partout des mesures sérieuses étaient à pren- 
dre. Elles l'ont été dans un département voisin, celui 
de la Loire. Si l'épidémie ne semblait pas avoir été 
refoulée en Allemagne, M. le Président pense qu'Userait 
urgent de provoquer auprès de Fadministralion dépar- 
tementale l'emploi de moyens préventifs. 

A cette occasion , une autre question est soulevée au 
sein de l'assemblée. Les animaux atteints de la i>este 
bovine peuvent-ils être livrés ii la boucherie? Jusqu'à 
ce jour il est de police que les animaux infestés doivent 
être enfouis, la peau tailladée , afin qu'ils soient sous- 
traits à tous usages. On n'en a pas moins émis l'opinion 
que la chair des animaux morts de ht peste bovine se- 
rait d une complète innocuité. 

Sur ce point, M. le docteur Martel conteste la valeur 
de Fasserlion mise en avant par M. Bouley , professeur 
à l'école vétérinaire d'Alfort, qui, dit-il, a écrit que l'on 



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244 RÉStMÉ DES SKA.NCKS. 

pouvail mettre en vente la viande du bétail mort de la 
pesle bovine. Suivant notre confrère, cette doctrine se- 
rait dangereuse, et la question de la non-innocuité de 
. cette viande a été plusieurs fois traitée à fond , notam- 
ment au Congrès scientifique de France-, au Puy, en 
4855. En admettant que les chairs perdent, par Tébulli- 
tion, leurs principes morbides, le dépouillement de 
ranimai, la manipulation de son sang, présentent par 
eux-mêmes un danger réel. 

M. le Président fait observer que jusqu'ici la Société 
ne s'est occupée que des animaux morts du charbon, 
maladie contagieuse dont on a reconnu les terribles pé- 
rils; mais la peste bovine est entièrement diiïérente. 

M. Martel est disposé à trouver entre ces deux mala- 
dies une affinité notable; d- après lui, si elles ne sont pas 
sœurs, elles sont cousines germaines, et il serait d'un 
grand intérêt, puisque l'occasion s'en présente, de les 
soumettre h l'étude de la Société. 

M. Mauras appuie la proposition de Ai. Mnriel, et ciie 
des faits desquels on pourrait conclure que la peste bo- 
vine est non-seulement épidémique, mais encore conta- 
gieuse, et que la prohibition absolue de l'usage des 
peaux et des chairs des animaux qui en sont atteints, est 
une précaution sage et indispensable. 

M. le Président, en raison de l'utilité de Texamen 
spécial qui est réclamé, désigne uue commission com- 
posée de MM. Martel, Mauras et Vissaguol. Nos confrères, 
à défaut de sujets atteints de ces deux maladies, qui 
n'existent heureusement pas en ce moment dans notre 
contrée, pourront tout au moins les étudier dans les 
nombreuses publications qui sont parvenues à la So- 
ciété, sur ce sujet, dans les dernières années. 



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AvniL. 245 

HouTicuLTUBE. — Etiqtietics de jardin. — Le jour- 
nal le Sud-Est coniîeni unrenseignemenl sur une encre 
indélébile propre aux étiquettes de jardin et dont nous 
trouverions une utile application, déjà réclamée, dans 
le jardin public de la ville du Puy. Ces étiquettes, en 
eiïet, seraient indispensables surtout pour les plantes, 
arbustes et arbres rares ou exotiques qui ont été heu- 
reusement admis à orner les massifs ou accidenter les 
pelouses. Écrites surdes plaquettes en zinc, elles feraient 
connaître aux visiteurs les noms des espèces et leur 
provenance, et contribueraient ainsi à propager ces 
intéressants végétaux dans le pays. 

Toutefois la recelte préconisée par le Sud-Est paraît 
être, de Tavis de plusieurs de nos confrères, d'un prix 
trop élevé et, dans leur opinion, il convient de s'en te- 
nir à celle de Braconet, insérée par Belôze dans le Die- 
tiomxaire de la vie pratique. La voici : on délaye 
2 gram. de noir de fumée dans une quantité suffisante 
d'esprit-de-vin; on triture et on fait fondre \0 gram. 
d'acétate de cuivre et 10 gram. de sel ammoniac dans 
100 gîMm. d'eau; après avoir mélangé le tout, on con- 
serve cette encre dans une bouteille bien bouchée, qu'il 
faut avoir soin d'agiter quand on veut faire usage de 
Tencre. Pour écrire ^ il vaut mieux se servir de plumes 
d'oie, les plumes métalliques s'oxydant facilement au 
contact de cette encre. On doit s'abstenir de porter la 
plume à la bouche, parce que le vert-de-gris est un.poi- 
son. On peut tirer parli des vieilles étiquettes altérées 
par l'humidité, en les nettoyant avec un peu d'acide 
chlorhydriqucOn enlève l'ancienne écriture au moyen 
d'un bouchon de liège trempé dans cet acide concentré, 



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24t> UÉSL'MK DES SÉAffCKS. 

et il suffit ensuite de laver immédiatement dans l'eau 
les étiquettes pour les i*endre propres à être employées 
de nouveau. 



Histoire. ^ le /îtra de M. Bechard mr les Éiats du 
Languedoc. — La Société, dans sa précédente séance, 
avait voté Taehat d'une brochure dont le titre : les Étais 
de Languedoc, alléchait notre curiosité et notre amour 
des documents de l'histoire locale ou prpviociale. Celle 
brochure ne nous apporte aucun fait ou renseignemeut 
nouveau. Mais de l'historique des anciennes organisa- 
tions provinciales, Tauteur, M. Frédéric Bechard, conclut 
à la remise en jeu d'un système de gouvernement que 
nos statuts, à raison des principes politiques exposés 
par l'auteur, nous interdisent d'examiner dans cette 
enceinte. 

Notice biographique sur le P. Odo de Gissey. — 
Notre confrère, M. Lascombe, a fait hommage à la 
Société d'une intéressante brochure sur le P. Odo de 
Gissey, le vieil historien de Notre-Dame du Puy. Les 
curieuses indications biographiques, consignées dans ce 
travail, donnent sujet à M. le Président de féliciter son 
auteur. 

Pîiblication des budgets départemental et munici- 
pal. — La Société a reçu deux exemplaires imprimés, 
l'un du budget départemental pour 4874, et Tautre du 
budget municipal pour le môme exercice. M. le Président 
donne lecture des chapitres concernant les subventions 



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AVRIL. 247 

ûttribaées à la Société, et exprime les Yifs regrets de la 
Compagnie que, dans Tun et l'autre de ces budgets, nos 
allocations aient subi inopinément de notables réduc* 
lions. « Les affreux désastres, ajoute-t-U, infligés à la 
patrie exigent, sans doute, des économies dans l'emploi 
des finances ; mais ne serait-ce pas tarir les sources de 
la richesse publique que d'arrêter Tessor de la produc- 
tion agricole, en restreignant les moyens d'encouragé-* 
ment mis aux mains de la Société ? et, d'un autre côté, 
le mouYement industriel, le développement des études 
scientifiques, des lettres et des arts, que le programme 
de la Société impose à ses efforts, ne sont-ils pas plus 
que jamais indispensables, ne doivent-ils pas môme re- 
cevoir une plus forte impulsion, pour relever la France 
d'un abaissement qui ne saurait être que tempm-aire? » 
L'assemblée opine avec M. le Président que ces ques- 
tions ne doivent être résolues que par l'afErmative; 
convaincue, d'ailleurs, que le département et la ville 
rétabliront au budget de 4873 les subventions intégra- 
les attribuées précédemment à la Compagnie pour les 
divers services dont elle s'est donné la charge (4). 

COMMUNICATIONS. 

ÂGRicuiTCAE. — Secours aux agriculteurs des dé- 
partements envahis. -— M. René de Mars a communiqué 
à M . le Président une circulaire émanant d'une commis- 



(t) Le Conseil général et h Mairie, en 1S7S, ont générenêèment satisfiit 
•oa propoBlttons de la Sodété. 



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248 RESUME DES SÉANCES. ' 

sion prise dans le sein de la Société d'agriculture, his- 
toire naturelle et arts utiles de Lyon, et se constituant 
intermédiaire des secours à envoyer aux cultivateurs 
des départements dévastés par la guerre. Aux termes de 
ce document, M. de Mars fait un appel pressant à nos 
libéralités. 

M. le Président a reçu une semblable circulaire, qui 
lui a été transmise directement par la Société des agri- 
culteurs de France, laquelle a pris l'initiative de cette 
œuvre généreuse. L*assemblée, désireuse d'y prendre 
part autant que le lui permettent ses modestes ressour- 
ces, malheureusement amoindries par les délibérations 
départementales et municipales dont il a été question 
précédemment, vote une somme de 400 francs, sans pré- 
judice de souscriptions individuelles, auxquelles M, le 
Président convie tous nos confrères. 

État des semailles du printemps. — M. le Préfet, 
dans une lettre dont il est fait lecture, demande d'ur- 
gence un rapport sur les semailles du printemps, Tappa- 
rencedes récoltes en terre et principalement des céréales. 

Plusieurs membres s'empressent de fournir les indi- 
cations suivantes : Il est impossible de donner encore 
aucune appréciation rationnelle de l'état des semailles 
du printemps. Quant k celles de l'automne, elles sont 
généralement belles, excepté dans les terrains légers. 
Aux environs du Puy, la gelée a fait du mal dans les 
plaines et détruit presque entièrement les froments. Sur 
les rives de l'Allier et dans les terres un peu humides, 
les froments surtout ont soufTerl. Dans le canton d'Allè- 
gre, les seigles se sont défendus et promettent assez, 



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AVRIL. 249 

quoique lai neige les ait sérieuscmenl attaqués. Ea 
résumé, on espère une récolte moyenne. 

Ravage des légumes par Vinsecte dit l.\ hruche. — 
L'attenlion de la Société est ensuite appelée sur un 
fléau qui atteint Tune des principales productions agri- 
coles de notre pays. Il s'agit de Tinsecte qui dévore les 
lentilles et autres légumineuses, telles que fèves noires, 
pois, etc. Il est universellement reconnu que cet insecte 
est la larve de la bruche, genre de coléoptère, voi- 
sin des charançons, et comprenant cent quarante es- 
pèces environ. La femelle, à Télat parfait, dépose ses 
œufs dans les fleurs des légumineuses, et il n'est pas 
rare de voir, le soir, des champs entiers couverts de 
nuages de <:es insectes. La larve, que les cultivateurs 
nomment en leur patois gargouï, ronge le grain des lé- 
gumineuses et s'y transforme en nymphe. Ce qui prou- 
verait que Tœuf a été pondu dans la fleur, c'est que la 
graine n*offre à Texlérieur aucune trace de la présence 
de cette- larve, car l'insecte a la précaution de ne point 
percer l'enveloppe, mais seulement de Tamincir sur un 
point, de manière qu'elle puisse être facilement perfo- 
rée par l'insecte parfait, à sa sortie. Quand l'insecte a 
quitté la graine, ilpullule rapidement dans les greniers, 
sur les tas de légumineuses, si l'on n'a pu prévenir leur 
éclosion, car il est encore utile de se débarrasser de 
l'invasion. 

M. Plantade indique un moyen qu'il a, deux fois, et 
avec succès, expérimenté. Ce moyen consiste à faire un 
bouquet de sauge, de lavande et d'autres plantes for- 
tement odoriférantes, et de le placer dans le Jas à se- 
courir. L'odeur met en fuite les bruches. 



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850 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Un autre moyen, signalé par quelques auteurs, serait 
de préserver encore la récolle, au moins en partie, en 
mélangeant les lentilles ou les pois avec du sable, de 
la cendre, de la sciure de bois, qui, isolant les grains 
attaqués, empêchent les bruches de s*accoupIer, et, par 
suite, de pondre. Mais ce moyen prétendu pratique ne 
saui*ait être employé, car le mélange des lentilles avec 
du sablé rendrait impossible la vente de ce légume. 

Les lentilles ainsi rongées et perforées par les larves 
sont-elles stérilisées pour la semence? Non! l'insecte 
épargne le germe; la graine fermente, mais l'inconvé- 
nient est que le germe ne rencontrant souvent pas une 
substance suffisante à son alimentation, la plante pousse 
frêle, s'étiole et difficilement suiBt à son œuvre de dé- 
veloppement et de fécondation. On peut manger sans 
danger les lentilles ainsi infectées; les naturalistes re- 
connaissent, tout au moins, leur innocuité. — Les mar- 
chands les livrent au commerce en les soumettant, pour 
ralimentation pure et simple, à la haute température 
d'un séchoir, qui étouffe l'insecte dans la graine. Ils 
les vendent pour la semence, en séparant, au moyen 
d'un fort ventilateur, les graines vidées des graines 
intactes. 

Mais reste toujours, et en première ligne, la question 
de chercher et de trouver des moyens préventifs, pour 
empêcher les bruches de déposer leurs œufs dans la 
fleur des légumineuses; nous n'en connaissons pas. 
C'est au cultivateur à essayer la chaux, le plâtre, la 
cendre, l'assa-fetida, l'acide phénique peut-être, si préco- 
nisé en ce moment en économie agricole, le chlorure de 
chaux, etc. Le service à rendre à l'agriculture serait 



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AYRII.. iM 

immense; car nos récoltes de iégaminenses, enrahies 
d'une façon désastreuse par le fait de cet insecte, sont 
sérieusement compromises dans leur rendement el leurs 
qualités alimentaires. 



Archéologie. — Fouilles au Puy. — Conformément 
à Tordre du joui*, M. Aymard se proposait de faire l'ex- 
posé de la continuation des fouilles qu'il surveille àyec 
les plus grands soins dans le sol de la rue Panessâc. 
Mais ces explorations, si fructueuses pour l'histoire de 
notre yille, ne sont pas terminées. Nôtre confrère se 
borne donc à les signaler de nouveau à Fattention des 
membres de la Société et annonce qu'après leur achève- 
ment, il fera un rapport complet. 



Pbrsonnbl. — Demandes du titre de membre rési- 
dant. — Notre confrèi'e M. Gillet-Paris écrit qu'il est 
sur le point de changer de résidence et d'habiter la 
ville de Lyon. Il n'en continuera pas moins, ajoute-t-il, 
d'être avec nous d'esprit et de cœur, conservant Tespoir 
de venir, plus tard, se consacrer à la poursuite, dans no- 
tre cher pays, du noble but que s'est assigné lu Société. 
Il se propose, en outre, de venir chaque année au Puy 
et d'assister quelquefois à nos séances. En conséquence, 
M. Gillet-Paris désire conserver, s'il est possible, son ti- 
tre de membre résidant. 

L'assemblée, regrettant vivement la privation de l'ex- 
cellente collaboration de noire confrère, acquiesce à sa 
demande. 



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2oî RÉSUMÉ DKS SÉANCES. 

M. Isidore Hedde, membre non résidant, écrit qa'é- 
tanl domicilié au Puy depuis plus de dix ans, il espère 
que la Société voudra bien Tinscrire sur la liste des 
résidants. 

Celte demande, qui est justifiée par le règlement, re-» 
çoit aussi Tassentiment de rassemblée. 

M. Jules de La Bâtie, avocat, ayant demandé à faire 
partie de la Société au titre de membre résidant, avait 
présenté à cet effet une publication dont il est l'auteur, 
intitulée : la Constitution de 4874, Il lui fut répondu 
qu'aux termes du règlement, ce travail, trailant de ma- 
tières politiques, ne pouvait constituer un titre d'admis- 
sion. C'est pourquoi M. de La Bâtie adresse aujourd'hui ' 
la première partie d'une étude manuscrite sur les con- 
ditions des classes ouvrières dans le département de la 
Haule-Loire. 

M. le Président fait observer que la liste des mem- 
bres résidants, au nombre fixé par les statuts, se trouve 
au complet par la nomination de M. Hedde. En consé- 
quence, M. de La Bâtie sera informé de celle circons- 
tance qui lui permettra cependant de recevoir, s'il le dé- 
sire, le litre de membre non résidant, après examen de 
son mémoire par une commission spéciale. 

Absence de certains membres aux réunions de la 
Société. — A cette occasion, M. le docteur Martel 
invoque une disposition du règlement qui semble être 
tombée en désuétude. Elle concerne les absents aux 
séances pendant un laps de temps déterminé. Notre 
confrère demande que cette disposition soit mise en 



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AVUIL. 553 



vigueur afln que la Société imprime à ses iravaux une 
nouvelle acliviié. ' 

Après diverses observations présentées par quelques 
membres , Texamen de cette question est ajourné à la 
prochaine réunion. 



Publications de la Société. — M. le Président fait 
remettre à chacun des membres présenls le XXX® vo- 
lume des Annales qui vient de paraître. 

Cette publication rappelle la nécessité d*une table gé- 
nérale des matières contenues dans ces trente premiei-s 
volumes. M. le Président annonce que ce Iravail, confié 
à M. ragent comptable, est en voie d'exécution et qu'aus- 
sitôt après son achèvement et la révision par le conseil 
d'administration, il sera livré à l'impression. 

A six heures, la séance est levée. 

Le vice-secrétaire^ 
Aimé GIRON. 



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SÉANCE MENSUELLE 



DU JEUDI !•' MAI 



80MMA1HË 

Lecture du procès-verbal. — Mrsés : Dons de matrices de vieux cachets 
administntirs par M. André, arcbivrstc de la Lozère.— Octbages bbçds: 
Question du reboisement. Fabrication des fromages ; observations présenté^ 
a ce sujet par MM. de Brive, Mauras, Robert, Martel et de Surrel. Les 
origine de la foi chrétienne dans les Gaules. Publication des Tablettes histo- 
fiquet du Yelay. — Communications : Fragment de colonne milliairc, 
trouvé à Saint-Paulieo, par M. Romizowski. Aperçu par M. Aymard, sur 
des monuments romains érigés il St-Paulien, Il Lavoûte-sur-LoireetauPuy, 
en l'honneur des impératrices Etrucillc, et Tranqiiiliine et d'Agrippine, 
épouse de Germanicns. Notice snr on sceau ancien d'one dame de Poli- 
gnac, par M. Chassaing. Estampille d'un fondeur du Puy; observations de 
MM. Lascombe et Aymard. Demande d'admission au titre de membre nou 
résidant, par M. Jules de La Bâtie. Décès de M. Edouard Lartet, membre 
non résidant; nécrologie de ce savant, par M. Aymard. Décès de M. le docteur 
Andrieux, membre non résidant. Question de l'assistance des membres aux 
séances de la Société; rappel aux absents des prescriptions du règlement. 



Présidence de M. de Brive. 

A trois heures, la séance est ouverte. 

Le procès-verbal de la précédente réunion est lu el 
approuvé* 



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MAI. 355 

MUSJÈË. 

Dons. — Matrices de vieiuc cachets administratifs. 
— Notre confrère M. Bèlibeiiy inspecteur d'académie, 
offre au nom de M. André , archiviste départemental 
de la Lozère, trois matrices de sceaux, en cuivre, 
trouvés à Monde. Ces pièces, qui sont de Tépoque 
révolutionnaire, offrent les types suivants : 

{"* Dans le champ : la nation, la loi, le roy. Légende : 
District du Puy; S^ dans le champ : une figure de 
femme, debout; la tète casquée; tenant d'une mainte 
faisceau, de l'autre une lance surmonléo du bonnet 
phrygien. Légende : District du Puy, Haute- Loire ; 
30 dans le champ : Juge de paix. Légende : Canton du 
Puy. 

M. Béliben est prié, par M. le Président, de transmet- 
tre à M. André les remercimenis de la Société. 

OUVRAGES REÇUS. 

Agrioultube. — Question du reboisement. — - Le 
Journal de l'agriculture, ù% M. Barrai, contient un ar- 
ticle intéressant sur tes reboisements du département 
du Puy*de-Dôme. Dans les considérations générales, 
Tauteur démontre Tinfluence des forêts sur la tempéra- 
ture moyenne et le régime des eaux. Vers le IX« siècle, 
toute la Belgique était couverte de vignes; on la culti- 
vait également dans la Bretagne et la Picardie ; mais 



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2o6 RESUME DES SEANCES. 

avec le déboisement elle a successivement abandonné 
ces contrées où elle ne mûrissait plus son fruit, pendant 
que, dans le Languedoc, Tolivier reculait ses limites vei's 
le Sud, et que parallèlement Toranger déserlant le Rous- 
sillon et la Provence, Perpignan, Aix et Marseille, se 
1 réfugiait dans des climats plus privilégiés. Dans les ré- 

gions alpestres, les mômes phénomènes s'accusent avec 
plus d'intensité. A la destruction des forêts, correspond 
rabaissement du niveau de Ja végétation arborescente. 
Quelque nombreuses, complexes et encore mal défi- 
nies que soient les causes qui ont amené le refroidisse- 
ment de notre climat, le déboisement n*y est pas resté 
étranger. Si les forêts n*engendrent pas la chaleur , 
elles tendent à la mieux: répartir. C'est en effet dans les 
pays découverts que se constatent les oscillations ther- 
mométriques les plus extrêmes, tandis que la tempéra- 
ture est plus égale dans les pays protégés par des mas- 
sifs boisés. 

Leur action sur le régime des eaux ne semble pas 
moins évidente. Pour la montagne, la forêt est un abri; 
ses racines fixent le sol; et son feuillage, qui brise les 
vents, retient et divise la pluie. Annuellement, il cou- 
vre la surface de ses épais débris, et, quand viennent les 
grandes pluies ou que fondent les neiges, cette surface 
fait Toflice d'une vaste éponge. L'eau qui lentement s'in- 
! filtre, lentement se restitue; c'est le réservoir pour la 

j ' source, c'est le filet d'eau qui se forme, c'est le ruisseau 

qui arrose, ce n'est pas le débordement. Détruisez la fo- 
rêt, l'aspect change. Sous l'action dissolvanlc et conti- 
nue des agents atmosphériques, les calcaires et les schis- 
tes se désagrégeât et s'etTritent. Les roches cristallines, 



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MAI. 357 

même les plus dures, se laissent entamer, et les neiges 
que rien n'arrête glissent en avalanches, entratnaiit 
des masses énormes, terres et rochers, La ploie, qui 
tombe sur des flancs dénudés, s'écoule rapide et bour^ 
beuse; ce n'est plus l'eau limpide et fécondante ; c'est le 
torrent furieux et dérastateur. 

L'expérience tirée de Thisloire. proare assez que la 
profonde altération du régime des eaux a été la consé* 
quence directe du déboisement. Les inondations dont les 
âges passés se transmettaient de siècle en siècle la sinis- 
tre mémoire, semblent se généraliser pour reparaître 
régulièrement aujourd'hui dans une courte période dé- 
cennale, et sous ce rapport 4835, 4846, 4856, 4866, 
resteront à jamais, dans nos souvenirs, des dates aussi 
désolantes que signiflcatives. 

M. le Président rappelle aussi que^ dans son^ étude 
sur rinondation du 24 septembre 4866, dans la Haute^ 
Loire, il avait signalé la tendance des inondations à être 
périodiques et décennales. Cette tendance ne peut être 
efficacement combattue que par des reboisements qui 
fixeront les sols montagneux. Le reboisement dans le 
Puy-de-Dôme, grâce aux efforts de la Société d'agricul- 
ture, du département, des communes et de quelques 
grands propriétaires, a reçu des développements consi- 
dérables. De 4843 à 4860, on était parvenu à reboiser 
4,879 hectaresde teiTains communaux. De 4868 à 4870, 
les semis et plantations se sont élevés à près de 8,000hec- 
tares. 

La disparition des vignes en Belgique, ainsi qu'en 
d'autres pays, durant le cours du moyen âge, donne oc- 
casion également à notre confrère M. Ayraard de re- 

TOME X\K\. 17 



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S58 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

inarquer rexteoftiou, plus considérable qu'aujourd'hui, 
de la même culture dans le Velay avant le XV* siècle. 
C'est un fait qui résulte des énoncés de plusieurs de nos 
anciens terriers^ d'après les recherches de M. Aymard 
et celles d'un autre de nos confrères, Af. Paul Le Blanc. 
Faudra-t-il y voir aussi un effet du déboisement? Con* 
sidérée à ce point de vue, la question, si elle était réso- 
lue affirmativement, ajouterait un nouvel intérêt à ces 
investigations* 

FabrieaHoH des fromages. -* Le môme recueil ren- 
ferme un article non moins intéressanti de M. Turgau, 
sur le^ cavfps de Roquefort. Les fromages de Roque- 
fort sont fabriqués avec le lait de brebis d*one race 
particulière nommée race du Larzal, parce qu'elle vit 
sur ce plateau dont on la croit originaire. Un grand 
nombre d'essais ont été iails pour modifier cette fabri- 
cation première, soit en se servant de lait de vache ou 
de chèvre, soit en changeant la race elle-même des 
moulons, mais ces tentatives n'ont pas réussi. 

Quelque soit le soin que Ton apporte à la fabrication 
de ces fromages, leur excellence parait surtout être due 
à la température basse et constante des caves où ils sont 
gardés. Les plus profondes caves de Roquefort, par une 
particularilé singulière et dont on n'a pas jusqu'ici 
irouvé d'explication satisbisanie, sont constamment, été, 
comme hiver et quelque temps qu'il fasse, à une tempé- 
rature moyenne de quatre à six degrés au-dessus de 
zéro, tandis qu'en règle commune, les caves les plus 
ft*atcties, que peuvent obtenir les brasseurs avec les pré- 
cautions les plds ttflmdas, ost lie huit à dix degrés« Ces 



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MAI. • ^ 

coiMlilions atmoftpbériqaas d^veloppeoi û^m la pftle 4(^ 
«tries de yeîDM parfaiteipeni bl^u^, Qt de temp^ ait 
lempa (le$ craqaelarea d'une matière onetaeiise e( rq^ 
geâtre, qai font da Roquefort un froiqpge exquis,- 

M. Alcide Mauras fait remarquer que Iqs fromages 
d'ane certaine partie de la Haute-UHresont Meus, Lors- 
que Je lait caillé a été bien brisé et caaaé arant 6|e l<r 
mettre dans la fescelle, Tair pénètre plus facilement ^ 
rîDtériettr, et y développe des végétalionsmii^og-aphi- 
qaes oa champignons imperceptibles, qui ne sont autre 
que le bleu», qui donne au fromage une saveur particu- 
lière et recherobée. Quelques méns^ères d^ la caippa-^ 
gne, frappées de cette observation, ont recours, peur co* 
lorer leurs produits et en liiciliter la vente, à des moyens 
artificiels, comme Timmixlion de pain de seigle, de nois 
moisies qui développent de proche en proche la moisis t 
sure. Ge procédé artificiel est d'une innocuité parfait^ 
et ne saurait lire impronvé. Mais d*aptres ménagères, 
moins délicates, emploient la teinture d'indigo, qui se 
reooaaatt à ce que la p&te est entièrement bleue et ne 
présente pas seulement des stries ou foyers bleuAtJ*esa 
Ce moyen-là est essentiellement daogereai et reprében^ 
sible. M. Mauras croit que si nos cultivateurs étaient 
encDoragés & bien casser le cailla et à déposer leurs fré- 
mîmes nouvellement leiits dans des locaux ayant une 
température constante de dix à douze degrés, les végé • 
talions tuberculeuses et microscopiques qui font le bleu 
s'y développeraient rapidement. La qualité et la répu- 
tation des fromages de nos contrées ne pourraient (j|u'y 
gagoar. _ 

M. te Présideot^ à J'aj^pui de Tqivmqn de M /^Miuf^f 



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2^ RÉSUME peS SÉAIS'CKS. 

rappelle qae dans les campagnes on place les fromages 
dans. des réduits ménagés derrière les foars, pour adi- 
rer la formation du bleu; cet usage est dû à l'observa- 
tion qui a été faite, que la chaleur artiflcioUe aide à la 
moisissure. 

M. Robert indique que certaines ménagères, pour ob- 
tenir des fromages bleus, mélangent le caillé de la veille 
avec celui du jour. 

M. le docteur Martel croit qu'avant d'encourager les 
cultivateurs à rendre leurs fromages bleus, il faudrait 
s'assurer si le fromage bleu est réellement meilleur que 
celui qui ne l'est pas; il admet parfaitement que Ton 
préconise les fromages devenus bleus par la force de la 
nature ou la température de la cave, mais il désapprouve 
remploi de moyens artiQciels consistant en immixtion 
de matières étrangères quelles qu'elles soient; il y voit 
une fraude et un danger pour la santé publique. 

M. de Surrel fait remarquer que les fromages de la 
Haute-Loire se font, les uns avec du lait frais et les 
autres avec du lait écrémé. Cette différence dans leoi*s 
éléments constitutifs doit nécessairement influer sur 
leur aptitude à devenir bleus. 

M. le Président clôt la discussion, en invitant ceux de 
nos confrères que cette question intéresse, à recueillir 
des observations et à en faire part à la Société, lorsque 
l'occasion pourra s'en présenter. 



HisTomE. — Les Origines de la foi chrétienne dans 
les Gaules. — Tel est le sujet d'un mémoire de M. 
l'abbé Corblet, en ce qui concerne surtout le diocèse 



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MAI. 26i 

d*Aimens; mémoire meolionné dans le Bulletin de la 
Société des Antiquaires de l'Ouest. C'est une nouvelle 
page de la grande conlroverse engagée depuis d^nx 
siècles sur la question de savoir si les premiers propa* 
gateurs du christianisme dans les Gaules remontent 
aax temps apostoliques, ou s'il ne faut les placer qu'au 
11^ siôcle. Notre confrère, M. Tabbé Frugère, dans son 
savant livre sur VApostoliciié de l'Eglise du Ytlay^ a 
traité cette question; il adopte, comme on sait, le pre-* 
mier système qui est aussi soutenu par M. Tabbé Corblet, 

Les Tablettes historiques de la tinute^Loire, dont 
M. le Président présente la dernière livraison , conte- 
nant, comme les précédentes, des articles pleins d'inté- 
rêt, vont être remplacées par une publication, mensuelle 
également, portant le titre de Tablettes historiques du 
Yelay* La Société souhaite longue vie à cette nouvelle 
revue, à la rédaction de laquelle concourent plusieurs 
de nos confrères et quelques-uns des principaux curieux 
de nos histoires locales. Sur la proposition de H. le Pré- 
sident, l'assemblée décide qu'un abonnement sera sous* 
crit en son nom. 

COMMUNICATIONS. 

Archéologie. — Fragment de colonne milliaire 
trouvé à Saint-Paulien. — M. Aymard annonce que 
M. de Romîzowski, receveur de l'enregistrement à Saint- 
Paulien, a trouvé dans cette ville, dans un mur de clô- 
ture d'an champ situé à peu de distance de la place du 
Marchadiài^t de l'ancienne église de Notre-Damé-du- 
Haul-Solier, un petit fragment de colonne milliaire, d'an ' 



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96f URSUMÉ MS SÉANCES. 

Jiâmèlfe à pdtt ffrèÈ senétinbte h celtii ^ la pierre iliaé- 
mir&fle Sdifit-J6aa-de-Nay, 

L'inscription ne lame nAv qae les lettres IMP; C. .. dç 
la première ligne qui ne font pas connaître Tempereur 
an nom duquel la colonne avait été érigée. Ce mona- 
ment soHicité Tattention par Tendroit où il a été rencon- 
ti*é, près d*ane place dontle.nom, probablement ant^ 
que I semble indiquer la présence d*un marché, et où 
existent d'ailleurs d'antres antiquités romaines de quel- 
que importance > entre autres rinscription d'un monu* 
ment dédié par les Vellaves à Timpératrice Élruscille. 

Notre confrère s'est demandé si nous n'aurions pas ici 
la borne placée au chef-lieu gallo-romain des Vellaves, 
pour marquer le point initial d'où l'on comptait sur la 
voie militaire dite Boline, les distances en milles dans 
les deux directions nord et sud au-delà de cette ville, 
ainsi que l'attestent d'autres milliaires dont un certain 
nombre ont été retrouvés sur le parcours de la roule. 
Cette question , au sujet de laquelle il est difficile de se 
prononcer , fait vivement désirer la découverte du sur- 
plus de lia colonne qui pourrait fournir quelque éclair- 
cissement par le contexte de l'inscription . 

M. Aymard ajoute que le fragment lui-môme, si- 
gnalé par M. de Rômizowski, a été, peu après sa décou- 
verte, malheureusement employé par le propriétaire du 
champ. dans la fondation d'une muraille et que, s'élant. 
rendu à Saint-Paulieu pour l'étudier, il n'a pu voir la 
pierre* Sur sa demande, M. de Romizowski a bien voulu 
Pf^omettre de faire les démarches nécessaires pour obte- 
nir du propriétaire la remise de cet intéressant débris 
dft monument itinéraire . 



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M\f. 263 

MmiumentB romains érigés â Samt-Pauliên, à La* 
voûte et au Puy , en l honneur des impératriees 
Étruscille et Traiiqtiitline et d'Agrippine.^M. Aymard 
dit que son TOyage à Saint-Panlieo lui a donné lieu de 
revoir les inscriptions romaines conservées dans cette 
Yîlle. Il a relevé Feslampage sur papier de celle qnl est 
dédiée à Étmscille par la eité libre des Vellavet (l'an 
S49 à 254). La reproduction parfaite qii*il en a obtenue» 
Ta conduit à constater que l'inscription a été inexacte- 
ment copiée par la plupart des auteurs auxquels on eu 
iloit la publication. Mangon de La Lande, dans ses Es- 
sais historiques sur les antiquités du département de 
la Haute-Loire, 4826, p. 48, avait essayé, il est vrai, 
d'en donner une représentation aussi fidèle qu'il lui était 
possible avec des caractères d'imprimerie, mais sans 
obtenir un résultat pleinement satisfaisant. 

En outre , ce zélé antiquaire , à défaut d'un relevé 
tout à fait exact, et, après lui, tous les archéologoefe 
n'ont remarqué ni expliqué une particularité curieuse 
de cette inscription : tandis que la quatrième ligne, men- 
tionnant la cité des Vellaves qui avait dédié le monu- 
ment, occupe toute la largeur de la pierre, les trois pre- 
mières concernantle nom et les qualités d'Étruscille, 
très-régulièrement ordonnées, n'occupent qu*à peu près 
a moitié de cette même largeur et laissent, à leur gau' 
che, un espace libre que le lapicide paraît avoir voulu 
réserver pour y graver une autre partie de Tinscrip- 
tion , à l'instar de certains monuments du même genre 
consacrés à deux, trois et même quatre personnageis de 
la famille impériale. Cette lacune plus ou moins inten^ 
tionnelle et qui était plus considérable avant qu'une 



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264 RKSl\MK DRS SÉA^CKS. 

recoape de la pierre eût fait disparaître dans le iiaut le 
pr^Bnotnen et le nomen d*Étrascille , appelle d'autant 
plus rattentioQ que ce reste d'épigraphe de Tépouse 
de l'empereur Dèce» persécuteur des chrétiens, est 
invoqué en ce moment au sujet de Képoque de l'intro- 
ductioD et des développements du christianisme à Rêves- 
sion (Saint-Paulien), capitale des Vellaves sous la do* 
mination romaine. 

Sous ce rapport, notre confrère expose diverses hy- 
pothèses que provoque ce fait anormal et qui ouvrent 
nne voie nouvelle aux investigations concernant Tina* 
•cription d'Étruscille. 

M. Aymard mentionne ensuite un fragment ôpigraphi- 
que trouvé aussi, il y a quelques années, à Saint*Pau- 
lien et dont il n'avait pas été possible de donner une 
explication satisfaisante. La restitution , au moins par- 
tielle, qu'on peut en faire à l'aide de plusieurs inscrip- 
tions analogues, nous apprend que celle*ci était dédiée 
également à une épouse d*empereur par la cité libre des 
Vellaves. On y lit : 

• • • AV (jr M* • • 

...CASTRO... 
...VELLAV... 
qu*il convient d'interpréter ainsi : 

conjugi domini nostri A\GusU î/latri 

atigustorum nostrorum (ou augusli nostri) et G ASTROrum 
cmtasVELLWorum libéra. 

Enfin on connaît une autre inscription consacrée par 
les Vellaves à l'épouse de l'empereur Mare- Antoine Gor- 
dien (Furia Sabinia Tranqùillina, vers l'an 244.) Notre 



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MAf. . 265 

confrèiie^ au lome XXII de nds.A/maie^, . p. 3i9, a 
signalé Texistence de ce raonameot au Tillage de 
Layoûte*sur-Loire. 

Ces tribuls de reconnaissance réitérés, rendus à des 
irppéralrices par les Vellaves, probablement à Toccasion 
de bienfaits, entre antres la restauration des routes 
qu*attestent des inscriptions de colonnes itinéraires, est 
an fait de quelque importance pour Thistoire de notre 
pays à une époque sur laquelle l'archéologie, presque 
seule, peut porter quelque lumière. 

Ce fait acquiert un nouvel intérêt si on le rapproche 
de la découverte, effectuée au Puy , d'un fragment de 
tête en marbre blanc, où Ton reconnaît un précieux 
reste de Timage d'Agrippine, femme de Germanicus. 

Après avoir rappelé que des villes et colonies avaient 
érigé des statues à cette princesse, et avoir établi la 
dîâtinction qui existait, à Tépoque romaine, entre le 
territoire du pays dit cité libre des Vellaves et la cir- 
eoBscription territoriale qui, à tilre de colonie, avait le 
Puy pour chef-lieu , notre confrère remarque, d'après 
le nombre des monuments déjà observés dans notre 
pays, TinQuence que devait avoir Tintervenlion des 
princesses impériales dans les hautes sphères du gou- 
vernement romain pour la protection des cités, aussi 
bien que des colonies. 

Cette communication de M. Aymard, qui projette un 
jour nouveau sur des temps historiques encore peu 
connus, a été accueillie avec intérêt par rassemblée. 

Sceau de Jeanne de Jambes, dame de Lugxiet. -— 
M. Cbassaing présente la matrice en cuivre d'un sceau 



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266 UKSlîMR DES SÉANCES. 

de Jeanne de Jambes, dame da Lnguet, veuve de Jean 
de Polignac, seigneur de Beaumont et de Randon; la 
précieuse Histoire manuscrite de la maison de Poli^ 
gnac, par Chabron, donne sur Tun et Tautre de ces 
personnages d'intéressants renseignements que liotre 
confrère résume dans la note suivante : 

La matrice de sceau, en cuivre, que représente la gravure 
ci-jointe, a été trouvée en Auvergne; pendant plusieurs an-^ 
nées, elle a été possédée par M. Gustave Grange, antiquaire 
à Giermont, qui me Ta cédée (1). M. Douët d' Arcq, sous-chef 
de la section historique aux archives de TËnipire , en avait 
eu communication, et voici la description que notre savant 
confrère en donne dans le tome premier de la CoUection dé 
sceaus (2)^ faisant partie des Documents et inventaires pu- 
bliés par r£tat sous la direction de M. de Laborde : 

« Ecu carré, parti : à dextre, coupé d'un, au 1, un fliscé 
de six pièces; au ?, un équipoUé de quatre pointa à l'orle 
de huit fleurs de lys ; au 2 du parti, un lion rampant sur 
champ semé de fleurs de lys. 

9frl . W . u^anitf ^t tonbrs . kome . >s . lusmt. 
(Séel de Johanne de Jambes, dame du Luguet). » 

Un examen attentif m*a fait reconnaître que cette matrice 
(le sceau appartenait à la famille de Polignac, et grâce à la 
précieuse histoire manuscrite de cette maison, dont la So- 



(1) Depuis 11 présente eommuDicition, nous irons cééé ce soMu ai Musée. 
(S) Paris, 1868, \»A% t. i, p. 0». 



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Sceau de Jeanne de Jambes 
dame du Luguet 



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MM. m 

ciété académique doit aile oopie à ta .courtoisie de M. le duc 
de Poiignac et au zèle éclAiré de notre président, M. Albert 
de Brlve, je crois pouvoir justifier de tous points cette at- 
tribution et résoudre le problème historique que soulève le 
petit monument tombé entre mes mains. 

• Notons d'abord que, comme tous les sceaux antérieurs 
au XVJI^ siècle, oeite matrice de sceau n'offre que les 
(icnes ou dessins tracés sur le champ de l'écu; il faut 
donc compléter, par l'indication des couleurs, les trois bla- 
sons qui. s'y trouvent associés et qui sont ceux des maisons 
de Poiignac, de Chalancon et de Jambes. 

lies vicomtes de Poiignac s'armaient d'un fascé d'argent 
el de gumks de siw pièces ; les Ghalancon portaient un écar^ 
ieU d'or el de gueules à la bordure de sable fleurdelisée d'or (1), 
et la maison de Jambes d'azur semé de fleurs de lys d'argenl ; 
sur le tout, un lion morné d^ gueules (?). 

La disposition de ces trois blasons sur l'écu indique une 
alliance entre les familles de Poiignac et de Jambes ; mais, 
avant de s'adresser aux secours généalogiques et d'y re- 
chercher quelle est cette alliance, j'observe que l'association 
des armoiries de Poiignac et de Ghalancon dénote une al- 
liance qui ne peut être celle d'un vicomte de Poiignac , et 
voici pourquoi : 

A la mort du vicomte Randon-Armand VU, en 1421, 
Pierre de Ghalancon , fils de Guillaume de Ghalancon et de 
Walpurge de Poiignac , succéda à la vicomte de Poiignac 



(1) Vallct de Viri ville, Armoriai du héraut Berry. Paris, 186C» p. S3. ^ 
Bo«illel, IféàiHmra é'Auwerçne, t. ir, p. 78. 

(») àrm, du hérêui Merfy, p. 160. — D'iprès la P. Ménétrier, la liOA sa- 
rtiC tf'aryMi, ra«f«iM# 4'er fMéikode du Biwon, 1761, p. 900); le lion ttiaré 
sur le aaaat atc c» effet, eeuniié» 



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i68 RKSt MK DKS SÉANCES. 

par l'ouveilure de la Bubstitùtion établie, en 13B1, à son 
profit, par le testament de son oncle Randonnet-Armand VI, 
dit le Grand , digne de ce glorieux snmom , disons-le en 
passant, par les services qu'il rendit au Velày contt^ les 
routiers et les Anglais; mais une charge expresse était im- 
posée au substitué et à ses successeurs, celle de porter les 
nom, cri et armes pures et entières de Polignàc. Pierre 
de Chalancon , à son avènement à la vicomte, quitta donc 
les armes de Chalancon, pour prendre celles de Polignàc, 
et à son nom de Pierre il joignit celui d'Armand. Ses suc- 
cesseurs Euivirent rigoureusement cet exemple. C'était là 
une des lois fondamentales de la vicomte. Aussi, tontes les 
fois qu'on est en présence des armes entières de Polignàc 
(fascé d'argent et de gueules de six pièces), peut-oii être as- 
suré que ce blason désigne le vicomte de Polignàc seul (l). 
Ce n'est pas tout. Par son testament, Louis-Armand P"", 
vicomte de Polignàc, mort en 145^, disposa de la baronnie 
de Chalancon en faveur du fils aîné des vicomtes, ses suc- 
cesseurs, à la charge de porter les nom et armes de Cha- 
lancon (écartelé d'or et de gueules à la bordure de sable 
fleurdelisée d'ar) (2). C'était aussi une autre loi fondamen- 
tale de la maison de Polignàc, et chaque génération s'y 
conforma jusqu'au XVIIP siècle. Du vivant du vicomte 
son père, le fils afné s'appelait donc le baron de Chalan- 
con (3) et portait sur son écu (mi-parti, coupé d'un ou écar- 



(1) ChabroD, Hhf. de la maison de Polignuc, liv. x, chap. 1. 

(3) W., liv. X, chap. 19. 

(3) Lors des Étms génc^raox en 1G14, la rrine-mcre, aa nom da roi, con- 
réra ao vicomte de Polignàc le titre de marquis; le vicomte, pour nd rien 
refuser qui vint de son .prince, accepta bien eo titre, mais il en diaifea sa 
barounie de ChalancoD dont son fll< aîné portait le nom, et celtti-ci, dès lors. 



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MA(. .269 

télé, peu importe) les armes de Poiignac et de Ghalancon, 
les unes comme fils du vicomte de Poiignac, et les autres 
comme baron de Ghalancon^ 

De cette façon, le blason du père et le blason du fils 
étaient distincts Tun de l'autre, sans confusion possible. 

Les fils puînés du vicomte , eux aussi , portaient les 
armes de Poiignac et de Ghalancon; mais, pour se dis- 
tinguer de leur frère aîné, le baron de Ghalancon, ils les 
différenciaient par une brisure, s'ils n'étaient pas mariés, 
ou, s'ils étaient mariés, ils plaçaient sur leur écu, à côté Je 
leurs armes, celles de leur alliance. 

Quant aux femmes, qu'elles fussent vicomtesses de Poii- 
gnac, baronnes de Ghalancon ou mariées à des cadets, leur 
blason, suivant l'usage, se composait d'un écu mi-parti 
aux armes de leurs maris et de la maison d'où elles étaient 
sorties. 

Le style gothique de la légende inscrite autour de l'écu 
dénote Tépoque approximative où fut façonnée la matrice 
de sceau qui nous occupe : c'est la un dû quinzième siècle 
ou le commencement du seizième. Or, en se reportant à la 
généalogie de la maison de Poiignac, on y voit, précisé- 
ment, figurer un Jean de Poligoac, marié à Jeanne de 
Jambes : leur contrat de mariage date du 24 juin 1493. 

Jean de Poiignac était le deuxième iîls de Guillaume -Ar- 
mand II, vicomte de Poiignac, et d'Amée de Saluées. Son 
père l'institua, en 1478, avant de mourir, son héritier par- 



s'Éppeli le minfois de Cbalaoeoa. Qaaat b Ioi«méme, ii préfén rester vicomte 
de Poiignac, « «'estimant, dit Chabroo, beaucoup plus gloricoi et relevé de 
< se dire vicomte de Polignao, que non pas comte ou marquis de ceux de la 
« doazaine et depuis trois jours. > (Liv. ir, chap. 7.) 



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^70 RÉSUMÉ J>E8 SÉANCES. 

4icttU«r dans les baronnies de Ghalanooa çt de EaïuUn (1), 
à la charge de porter lei nom et armes de GhaUacon. Mais 
cette institution particulière ne pat sortir à effet» du moins 
pour la baronnie de Ghalancon, car il se troii?a que cette 
terre é(ait déjà grevée par Louis-Armand V^^ d'nae substim- 
tion en faveur des seuls ^aînés de la maison à l'infiniv Sim- 
ple putné, Jean de Potignac dut chercher le nom d'une au* 
tre terre, et de Tagrément du chef de ia famille, le vicomte 
Claude^ Armand I*', son frère aîné, il prit le titre de seigneur 
de Beaumont, terre située dans le voismage de la Chaise- 
Dieu et qui n'était que Tun des quatre membres de la 
grande baronnie de Ghalancon <^). Gemme tons les cadets 
de son temps qui n'étaient pas d'égUse, il embrassa la car- 
rière des armes ; il fit sous Mathieu, bâtard de Bonihon, 
seigneur de Roche-en -Régnier et amiral de France, les 
guerres de Flandre et de Bretagne, qui marquèrent Jes pre- 
mières années du règne de Charles YIII ; et, lorsque ce roi 
alla conquérir le royaume de Naples, Jean de Polignae 
remplit en Italie d'importants commandements, Sn 1495, 
il était gouverneur de Livourae, et, à la veille de la journée 



(1) La terre de Randan avait été apportée en «ariage, ea 1^6, par tf Mf nerite 
d« Saligny, fille de Lourdin de Saiignr, haron de SaligDj et de Randani et de 
Catherine de la Mothe-Saint-Jeau, i Pierre de Ghalancon, fils de Gnillaume de 
Chalancon et de Valpurge de Polignac, le premier des baret» de Chalanwit ^ui 
soeoéda à la Ticemté de PolisMc. (Gdabn», lir. is» cb|p, l& et liv, x. efaap. 2.) 

(3) Le château de Beaumont, aujourd'hai rainô, sï'luTait» entre Jullian^es 
et Saint-Victor, sur une jolie colline, d'où la vue embrasse la riante vallée 
de la Dore jusqacs par-delîi Dore-rÉglise et Ariane. C'est par le mariage, 
Ters 1S40, d'ÉgiîBc de ScaaBMt arec Bertraad ds Ciiatoiic»ii« ^m cetta Jm- 
renaie était airivée daoa la aaaisoa d« ChalaiwMi. Us aicifiift seiga^sn éi 
BeaamoBt étaient les foaëalearf da pneoré de GbiBaK^Ni-Mf-Loire, (Clia- 
brou , liv. IX, chap. 7.) 



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MAI. ^74 

de Fornoue^ il fat détadaéi ay«o \9 seigneur de Bresse, de- 
puis duo de Savoie, et le seigneur d'Aubijoux, pour tenter, 
à la tète de six vingts hommes d'armes et de cinq mille ar« 
balétriers, une attaque contre Gènes. En l&OO, il reçut des 
Lucquois, au nom du roi Louis XII, les clefs de Pietra- 
Santa, et le 29 juin de la même année, il mit, mais sans 
succès, le siège devant Pise. U mourut en octobre sui* 
¥ant<i). C'est de lui que parlent GrUichardin. (2) et autres 
historiais italiens du temps, sous le nom de seigneur de 
Beumont ou de Beaumont. 

Jeanne de Jambes ou de Ghambes (on disait et on écri* 
valt indilTéremment l'un ou l'autre) était la fille ainée, d'à* 
près Godefroy, l'éditenr des mémoires de Philippe de Corn- 
myues (3)^ ou la fiUe cadette, d'après Ghabron (4), dont 
l'autorité me parait préférable, de Jean de Jambes, seigneur 
de Montsoreau, premier maître d'hôtel et l'un des principaux 
conseillers du roi Gharles VU, et de Jeanne de Chabot. Sa 
sœur Hélène avait épousé, en 1473, Philippe deCommynes, 
prince de Talmond et seigneur d'Argenton, le confident de 
Louis XI eti*immortel historien de ce roi et de Charles VIII. 
Jeanne de Jambes était Tune des demoiselles d'Anne, du^ 
chesse de Bretagne et reine de France ; en son contrat de 
mariage, suivant Ghabron, le roi et la reine « usèrent de li* 
béralité en son endroit. » 

La terre du Luguet^ seigneurie située dans les montagnes 



(1) Ghibron» liv. t, cbap. 19. 

{2j Hist. des guerres â'IMie, Irai, de t'Uai,, 1738, ia-l«, l /, p. *^li 
•391, SSiiiSn. 

(3) Bnuelles, in-13, 17d3, t. ir, p. 9^. . 

(4) Ghabron, liv. x, cbap. 19. 



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272 RKStMÉ DKS SÉANCKS. 

du Gézailler, sur les confins de la basse et de la haute Au- 
vergne, appartenait à la maison de Polignac, depuis qa*en 
1320.Beraud de Mercœur, connétable de Champagne, en 
avait disposé, par son codicille, en faveur de Pons de Poli- 
gnac, doyen de Brioude, son cousin ( 1 ). D*après les lois 
traditionnelles qui régissaient la dévolution des biens de cette 
grande famille, cette seigneurie faisait partie de la « terre 
cléricale (2), » c'est-à-dire qu'elle éiait Tune des terres 
spécialement réservées pour l'apanage des cadets d'église; 
à leur défaut, elle était, suivant les circonstances, attri- 
buée aux autres cadets non d'église , ou même donnée en 
douaire à leurs veuves. 

Le titre de dame du Luguet, que Jeanne de Jambes prit 
sur son sceau, signifie donc que cette seigneurie formait 
son douaire après la mort de son mari ; c'est ainsi qu'elle 
en était vraiment la dame, domina. Aussi doit-on assigner 
aux deux derniers mois de l'année 1500 ou à 1501 l'épo* 
que où elle fit graver son sceau. 

Du mariage de Jean de Polignac et de Jeanne de Jam« 
bes, naquit une fille unique, Anne de Polignac, dite aussi 
Antoinette, filleule de la reine Anne. Elle fut mariée en 
premières noces à Charles de Bueil, comte de Sancerre, tué 
à Marlgnan, et en secondes noces à François II, comte de 
La Rochefoucaud. Par la liquidation, en 1503, de ses droits 
paternels dans les biens de la maison de Polignac, elle 
a\ait recueilli la terre de Randan et la coseigneurie de Pra- 



(1) Baluze, Uist. de la maison d'Auvergne, t. ii, p. 339. 

(S) La c terre cléricale > de la maison de Polignac comprenait les terres 
et seigneuries du Lugaet, de Salezait et des Etangs d'Alleret. C'était Pons de 
Polignac, dojen de Brioude, qui avait établi, ea 1335, par son testament, cette 
curiettEe substitution. (Chabron, liv* tiii, p. 8.) 



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MAI. 273 

délies (remplacée depuis, après éviction, par la terre du 
Luguet), qu'elle porta, par son 'mariage, dans la maison de 
La Rochefoucaud. Deux souvenirs historiques se rattachent 
à Anne de Polignac : Elle eut, en 1540, l'honneur de rece- 
voir au château de Verteuil l'empereur Gharles-Quint et les 
enfants de France, et elle fit commencer la reconstruction 
du château actuel de Randan (1). 

Estampilles d'un fondeur duPuy. — M. Lascombes 
communique rempreinte d'une matrice d'estampille en 
fer, d'un fondeur du Puy. Dans le champ figure^le mo- 
nogramme du Christ avec la date 1732; autour on lit : 
Jacque Gtiilhaume, et", au-dessous du monogramme, le 
chiffre '50. 

M. Aymard dit que cette marque de fabrique offre, 
dans le chiffre 50, une variété de deux autres emprein- 
tes précédemment offertes aux collections du Musée par 
M. Hector Falcon qui en possède les originaux trouvés 
au Puy. Celles-ci,— qui montrent le môme nom, rappe- 
vant Tune des anciennes familles de fondeurs de notre 
eilleetun semblable monogramme difChrist, ainsi que 
la date 1732 — portent Tune le chiffre 25 et l'autre 55. 

En outre , M. Falcon a recueilli une plus petite ma- 
trice d'estampille ayant pour type une croix sur un globe 
accosté des lettres!, G. Au dessous une rosace et le chif- 
fre 9. Cette marque rappelle aussi le fondeur Jacque 
Guilhaume- 

Ces sortes d'estampilles servaient h marquer surtout 
des vases en fonte alors que le métal était en fusion, 

(1) Chabron, liv. x, chap. -20. 

TOME XXXI. 18 



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274 RÉSUMB DES SKANGRS. 

comme on le yoit sur des marmites de forme élégante 
dont M. Falcon a recueilli quelques débris (4). 



Personnel. — Demande d'admission. — M. le Pré- 
sident fait connaître que, conformément à ce qui a été 
décidé à la précédente réunion, M. Jules de La Bâtie, 
avocat, ne pouvant, k défaut de vacances sur la liste des 
membres de la Société, recevoir le titre de membre ré- 
sidant, sollicite celui de membre non résidant pour 
lequel il avait présenté un mémoire sur les conditions 
des classes ouvrières dans le département, 

£n conséquence, ce travail sera examiné par une 
commission composée de MM. Chevallier-Balme, Lan- 
glois et Âlcide Hauras. 

Décès de M. Edouard Lartet, membre de la Société. 
-^ H. le Président annonce la mort de H. Lartet père, 
membre non résidant, et acquitte, au nom de la Société, 
le tribut de ses regrets. Il donne ensuite la parole à 
H. Aymard, qui s'exprime ainsi : 

M. Edouard Lartet, professeur de paléontologie au Mu- 
séum d'histoire naturelle de Paris, était connu par des tra- 



(1) Depuis cette eommunicatioa faite à la Société, M. Hector Falcon a 
donné la Masée ces cnrienses marques de fabriqae, et M. Loais Bondoin a 
offert également des spécimens de semblables marques appliquées sur des 
frigments de vases en fonte. Ces pièces font partie d'une collection déjîi in- 
téressante d'objets de fonderie provenant, en grande partie, des ateliers d'an- 
ciens fabricants de la ville du Pny, dont la renommée avait franchi les limi- 
tes de notre pays. 



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MAI. S75 

Taux qui, depaîs quelques années, ravalent placé au pre- 
mier rang parmi les savants qui ont le plus contribué à 
Tavancement de la science des fossiles et, en outre, à la 
connaissance de la haute ancienneté de l'homme. 

Il avait préludé, dans ses recherches, par Texploration de 
la colline de Sansans qui lui fournit une faune des plus in- 
téressantes appartenant à l'un des étages supérieurs du ter- 
rain tertiaire moyen ou miocène. Parmi les nombreuses es- 
pèces dont elle se composait, Lartet signala la présence du 
premier singe qui ait été rencontré à l'état fossile (proiO' 
piihecus aniiquus). Cette découverte était importante, car 
l'illustre initiateur de la paléontologie en France, Guvier, 
dans son Discours sur les révolutions du globe, non-seulement 
n'admettait pas que Thomme eût été trouvé à Tétat fossile, 
mais ne croyait même pas à l'existence du singe fossile. 

Les éludes de notre savant confrère l'amenèrent ensuite 
à prendre une part active aux investigations qui, de toutes 
parts, en France, comme en d'autres pays de l'Europe, 
avaient pour objet la recherche des traces de l'homme à des 
époques considérées comme géologiques. 

Après les Tournai, les de Christel, Bmilien Dumas qui, 
sous ce rapport, avaient exploré fructueusement les caver- 
nes du midi de la France, Boucher Je Perlhes recueillait pa- 
tiemment, dans les graviers des environs d'Abbeville, les 
silex taillés qui devaient bientôt établir, malgré bien des 
préventions, l'un des plus anciens âges des temps dits pré- 
hisloriques. 

C'était alors également qu'en 1844^ nous signalions à la 
Société géologique de France la découverte de fossiles hu* 
mains dans les déjections des cendres et brèches volcani- 
ques du mont Denise, près le Puy. Cette trouvaille, dont 



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276 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

l'intérêt n*est plus mécoiinn, avait alors , en commun avec 
celle d'Âbbevillo, le sort de toutes celles qui les avaient 
précédées : elle était le sujet de contestations qui s'étaient 
produites d'abord à la Société géologique et puis au Congrès 
scientifique tenu au Puy en 1855. Néanmoins, à Tappel de 
M. le Ministre de l'Instruction publique, en 1859, M. Lartet 
se joignit à M. Hébert, géologue et professeur très-distin- 
gué, pour visiter le lieu de la découverte, ainsi que les fos- 
siles qui y avaient été recueillis. C'était l'époque où les 
recherches de Boucher de Perthes commençaient à appeler 
l'attention d'illustres savants anglais qui ne devaient pas 
tarder, conjointement avec d'autres géologues éminents de 
la France, à proclamer toute leur importance. Mais les nou- 
velles croyances n'avaient pas conquis encore la faveur 
qu'elles ont reçues depuis lors, et Lartet, dont l'extrême 
prudence était un des traits de son esprit, hésitait encore 
à se prononcer sur nos fossiles de Denise, lorsque, peu 
après, M. Lyell, l'éminent président de la Société géologi- 
que de Londres, se rendit également au Puy, et, après en 
avoir conféré à Paris avec MM. Hébert et Lartet et recueilli 
leurs opinions, publiait, plus tard, en 1864, de judicieuses 
observations, au sujet de ces fossiles, dans son ouvrage sur 
VAncienneié de Vhomme prouvée par la géologie, tandis que, 
de son côté, M. Poulett Scrope, son savant compagnon de 
voyage, confirmait la même découverte qu'il avait déjà 
consignée, en 1858, après une précédente visite, dans un 
intéressant chapitre de la réédition de son ouvrage sur la 
Géologie des volcans éteints du centre de la France, 

C'est à partir de cette époque que notre confrère entreprit 
de s'occuper plus complètement de recherches anthropolo- 
giques. Dès l'année 1860, il publiait une Note sur Vancien" 



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MAI. 377 

neté géologique de Vespèee humaine dans VEurope occidentale, 
note qui fut imprimée dans la bibliothèque universelle de 
Genève. A dater de cette même année, nous le voyons étu- 
diant avec une rare persévérance et des succès très-remar- 
quables les cavernes qui recèlent tant et de si curieux 
restes du séjour de l'homme aux premiers âges des temps 
préhistoriques. 

Durant ces belles recherches dans les cavernes, Lartet ne 
nous avait point oublié. Très-généreux, et en collaboration 
avec un riche collectionneur anglais, M* Ghristy, en 1863, 
il avait pris soin d'enlever de la caverne des Eyzies 
toute Taire de la caverne, sorte de concrétion ossifère rem- 
plie d'objets en silex et d'os fossiles de renne, etc., que ces 
savants répartirent libéralement entre les principaux Mu- 
sées de l'Europe, celui de la ville du Puy compris. 

Ces investigations, jointes à beaucoup d'autres travaux 
paléontologiques, non moins considérables et qu'il serait 
trop long d'énumérer, ne l'empochèrent point cependant de 
revenir au Puy. Il nous visitait encore une fois, en 1863, 
en compagnie d'un illustre paléontologiste anglais, fd. Fal- 
coner, pour y étudier le gisement devenu célèbre des fossiles 
de Ronzon, le seul qui représentât alors, en Europe et ail- 
leurs, l'étage le' plus inférieur du terrain tertiaire miocène, 
non moins que les richesses paléontologiques que ce gise- 
ment et beaucoup d'autres avaient fournies aux collections 
du Musée et à celles de divers observateurs de notre pays. 
Depuis cette époque, notre excellent confrère n'avait pas 
cessé d'entretenir avec nous de scientifiques et affectueuses 
relations. En 1866, il en donnait un nouveau témoignage 
par un don d'objets provenant de la caverne de la Madeleine 
qu'il o£&it pour notre Musée. L'un de nous, l'année suivante, 



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278 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

venu à Paris pour étudier les galeries archéologiques de 
l'histoire du IraTail à rezpositionuniTerselle, avait occasion 
do le revoir et d*admirer Tordre très-méthodique des salons 
d'antiquités préhistoriques auquel Lartet avait coopéré en 
sa qualité de président de la commission chargée de les 
organiser. 

Durant le cours de ces bons rapports de confraternité fut 
conçue, au sein de notre Société, la pensée de réunir au 
Musée, dans un salon spécial, les antiquités préhistoriques 
du département mises en regard, à titre de comparaison, 
des spécimens provenant de toutes les stations préhistori- 
ques et des objets ethnologiques apportés des pays sauva- 
ges. Lartet se plut à encourager ce projet à . la réalisation 
duquel il désirait coopérer par sa haute position dans la 
science, ses titres d'ancien président et membre de plusieurs 
associations scientifiques et de membre de la commission 
du Musée national de Saint-Germain. Mais sa mort, hâtée 
par la crise lamentable que nous avons traversée, vient de 
laisser, comme dans les hautes sphères de la science, un 
vide au sein de notre Société. 

Né dans le Gers, le 15 avril 1801 , Edouard Lartet est dé- 
cédé, d^ns ce département, le 28 janvier 1871 (t). 

Son fils, M. Louis Lartet, remplace dignement notre re- 



(l) Depuis la féaace de la Société, de mai 1871, la famille de notre 
confrère a piblié une brochore intitulée : Vie et tfvaux d'Edouard Lar- 
M. Jfntieu et dUeourt fu^liét à l'oceation de ta mort. Paris, G. Reinwald et 
€'•, 1879. On trouvera dans eet intéressant recueil toutes les notions con- 
cernant les éludes générales de Lartet. Celles qui sont consignées ici, n'ayant 
pu 7 trouver place , par lear application restreinte aux travaux de notre 
Société, auront au Moins l'intérêt de conserver, parmi nous, ie souvenir de 
l'un de DOS plus regttttés confrères. 



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MAI. S79 

gretté confrère dans los belles études qni l'ont illustré, 
aussi bien que dans nos sympathies. Elu membre de notre 
Société, en 1869, il avait contribué au choix que la Société 
géologique avait fait de la ville du Puy pour la session du 
Congrès tenu cette même aimée. Il se distingua également 
daus l'organisation et les travaux de cette laborieuse 
assemblée. 

Décès de Af. le docteur Andrieux.^ M. Je Président 
fait part de la mort d'un autre de nos confrères non ré- 
sidants, en exprimant aussi les regrets de là Société. 
M. Ândrieux, docteur médecin, a succombé encore jeune. 
Esprit élevé et pratique, il brillait par ses rares qualités 
d'administrateur. II a été le créateur d*un remarquable 
établissement d'hydrothérapie et de la Société d'horti- 
culture et de viticulture de Brioude. Comme maire de 
cette ville, il avait réalisé de notables améliorations. Ou- 
tre ses diverses publications scientifiques, les services 
publics et privés qu'il a rendus à son pays natal ren- 
dront longtemps sa mémoire chère à ses concitoyens. 

Question de l'assistance des membres de la Société 
aitx séances. — M. le Président appelle l'attention de 
la Société sur la question soulevée, dans la précédente 
réunion, relativement à Texôcution de l'art. 3 du règle- 
ment. Aux termes de cet article, le nombre des membres 
résidants ne peut excéder Cinquante. Le titre de mem- 
bre résidant emporte virtuellement l'obligation d'assister 
aux séances mensuelles. Or, depuis plusieurs années, 
quelques-uns de nos confrères ne s'y rendent plus ; dans 
le courant de l'année dernière, neuf d'entre eux n'ont 



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280 RRSUMÉ DES SÉANCES. 

été préseats à aucune des réunions de la Société. Cette 
abstention est un abus qui, à la longue, pourrait rendre 
nos séances presque désertes. M. le Président demande 
comment il serait possible d*y obvier. 

M. Louis Balme exprime la pensée que Tart. 3 semble 
être abrogé par la désuétude dans laquelle il est tombé. 

M. le docteur Martel rappelle qu'il y a quelques an- 
nées, on réclama Texécution de cette disposition du rè- 
glement. Des candidatures au titre de membre résidant 
s'étaient produites et un membre résidant qui n'habitait 
plus le Puy, sur la demande qui lui fut faite, échangea 
ce titre contre celui de membre non résidant. Si ac- 
tuellement on recule devant des demandes analogues, 
M. Martel émet l'avis que, pour ouvrir les rangs de la 
Société aux candidats qui désirent prendre une part ac- 
tive à nos travaux, le nombre des membres résidants 
doit être rendu illimité. 

M. Balme se rallie à cette dernière opinion. 

M. le Président fait observer que c'est toujours chose 
grave de modifier un règlement ancien et sagement 
mûri. De plus, rendre le nombre des membres résidants 
illimité comme celui des membres non résidants, ce se- 
rait porter atteinte à la valeur du premier titre, lequel 
ne serait plus aussi recherché, à cause de la facilité avec 
laquelle on saurait pouvoir l'obtenir. D'ailleurs, notre 
nouveau confrère M. Isidore Hedde, qui n'a pu assister 
à la présente réunion, annonce l'intention de propose, 
des modifications au règlement; peut-être conviendrait-il 
de surseoir pour le tout jusqu'à la séance prochaines 
£n attendant, la Société charge M. le Secrétaire d'é- 
crire à ceux de nos confrères qui n'assistent plus aux 



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MAI. 2H1 

séances poar les préyenir qu'elle se propose de remet- 
tre en yigaenr l'article 3 du règlement. 

A sept heures, la séance est levée. 

Le Secrétaire, 
AuG. CHASSAING. 



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SÉANCE MENSUELLE 

DU LUNDI 5 JUIN 



SOMMAIRE 

Ledore du procès-verbal. — Mus<i : Dons d*an psautier des capocins de 
Langeac ofTerl au nom du conseil de fabrique de l'église paroissiale de 
cette ville par M. Aimé Giron. — OuvaAais niços: Culture des pommes 
de terre. Effets des froids de l'hiver ïur les vignes et arbres fruitiers ; re- 
marques îi ce sujet par M. le Président et MM. le docteur Langlois, Chevallier, 
de Châteauneuf et Benott. Le sinapis arvetuis, Chaulage des terres d'après 
un ouvrage de MM. Justin Dorlhac et Saminn. Concours régional de Gler- 
mont, d'après un rapport imprimé de M. Félix Grellet. — Communications : 
Observations de M. de Cliâieauneuf sur la mission et les charges qui incom- 
bent aux Sociétés savantes dans les circonstances présentes. Station d'étalons 
au Pny. Apostolidté desiglvtetic France, par M. l'abbé Frugère. Manuscrit 
de Chabron sur la maison de Polignac. Reprise de la publication des Chroniques 
d'fitieone Médicis. Rapport de M. Cheval lier-Balme, sur la candidature 
de M. Jules de La Bâtie, au titre de membre non résidant; admission. De- 
mande par M. Giron-Pislre, d'une mutation du titre de membre résidant 
en celui de non résidant. Décès de M. Vibert; sa nécrologie par M. de 
Brive, Président. Décès de M . Bonnet, concierge du Musée ; regrets expri- 
més par M . le Président. 



Présidence de M. de Briye. 

A trois heures, la séance est ouverte. 

Le procès-verbal de la précédente réunion est lu et 
adopté. 



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JUIN. 283 



MUSEE. 



Dons. — Psautier des capucins de Langeac et vieux 
cadenas. — M. Aimé Giron, yice-secrétaire, rappelle 
qu'à la séance du i*' août 1870, la Société, désireuse 
d'accroUre la collection typographique qui est en voie 
de formation dans notre Musée, avait accueilli avec 
intérêt la proposition d'y joindre un grand et beau 
psautier récemment découvert dans un réduit du 
clocher de l'église paroissiale de Langeac. A la séance 
suivante, notre confrère fit part du succès de ses dé- 
marches et nous donna un succinct aperçu du livre. 
Aujourd'hui que cet ouvrage est déposé sous les yeux 
de la Société, notre confrère peut en faire une descrip- 
tion plus détaillée. 

Ce psautier paraît provenir d'un couvent de capucins 
qui, depais l'an 4631 jusqu'à la première Révolution, a 
existé à Langeac. Imprimé en 4686 chez les capucins 
de Carcassonne, il est de format grand in-folio en deux 
volumes de 405 et 406 pages sur très-fort papier velin 
sans filigrane. 

Il a pour titre : psalterium rohanuh juxta brrvia- 

RIUM EX DEGRETO SANGROSANGTI GONGIUI TRIDENTINI 
RBSTITUTUM IN DUOS TOMOS RESTITDTUM. CaVCaSSOnneB 

apud Capucinos. m. dg. lxxxvi. 

La première page frontispice renferme cet intitulé 
dans une magnifique gravure, exécutée à Paris par Pi- 
card dit le Romain, et dont le sujet est la Vierge imma- 
culée, adorée dans le ciet par deux anges et sur la terre 



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264 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

par deux religieux ; avec insignes des capucins au bas 
de la planche. 

L'impression du texte est, pour l'époque, un type re- 
marquable de Tart typographique appliqué aux livres 
liturgiques, soit à cause de la grandeur et de la forme 
des lettres et de l'espacement des lignes, soit pour la 
régularité du tirage, la vigueur et la pureté des encres 
noire et rouge dans les alternances des lignes et les 
titres courants et intercalations de mots qui jouent un 
rôle si important dans ces sortes d'ouvrages. L'oeuvre 
serait parfaite si parfois l'alignement des lettres ne lais- 
sait à désirer. 

La forme ou Y oeil de la lettre est en elzémr. Sa force, 
en termes typographiques, répond au corps 1% ou triple 
canon. 

On n'admire pas moins les grandes lettres initiales 
dites lettrines gravées sur un fond que décorent des 
sujets divers tels que fleurons, figures d'animaux, cor- 
beilles et vases de fleurs. 

Le dernier feuillet du môme premier volume présente, 
écrit à la main, en caractères semblables à l'elzévir du 
texte imprimé, un hymne en vers saphiques à l'hon- 
neur de l'archange saint Michel. Il est orné d'une grande 
lettre initiale se détachant sur une gracieuse tige de 
feuilles et de fleurs dont la coloration à l'aquarelle, au- 
jourd'hui atténuée par le temps, ne devait pas être sans 
éclat. 

Enfin la reliure en basane est renforcée de coins en 
cuivre ornementés, outre les plaques de même métal 
ayant servi pour les courroies à fermoirs. 

M. Aimé Giron offre également, pour la collection des 



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JUIN. 385 

pièces de serrurerie, trois cadenas en fer, dn dix-hui- 
tième siècle, intéressants par leurs formes et leurs mé- 
canismes assez curieux. 

M. le Président exprime à M. Giron les remercîments 
de la Compagnie. 



OUVRAGES REÇUS. 



Agriculture. — Culture des pommes de terre. — 
M. le Président signale un article du Journal d'agri- 
culttire de M. Barrai qui mérile d'être pris en sérieuse 
considération, cette année, au sortir des crises terribles 
de rinvasion et des intempéries du dernier hiver. Cet 
article, signé par M. V. Chatel, le savant expérimen- 
tateur en ces matières, est intitulé : Moyen très-facile 
d'obtenir^ cette année, une abondante récolte suppléa 
mentaire de pommes de terre, entre celle des fourra- 
ges de printemps et les labours d'automne. Le moyen 
consiste à exposer et à étendre dès à présent sur le 
sol, au grand air et au jour, les pommes de terre 
destinées aux plantations de juin ou même encore du 
commencement de juillet. Sous cette double influence 
du grand air et du soleil, ces tubercules verdissent, le 
travail de germination se ralentit considérablement. 
Les germes restent très-verts, courts et trapus. Dans 
cet état, ils ne s'étiolent pas avant les plantations et 
conservent, ainsi que les tubercules, toute leur force 
végétative. Les pommes de terre ainsi semées poussent 
immédiatement avec une grande vigueur et donnent, 



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M6 RÉSUMÉ DES SÉAFTCBS. 

après quatre mois ou quatre mois et demi de végàtation, 
une aboudaule récolte exempte de maladies. 

Vignes et arbres fruitiers, — ^Le même journal contient 
un article concernant les effets du froid de l'hiver 
4870 4874 sur les vignes du Bordelais. Dans beaucoup 
de situations basses et humides, dans des terrains lé- 
gers, sur des plateaux argilo-siliceux, à des expositions 
méridionales, etc., on a vu les vignes se montrer insen- 
sibles aux excitations du printemps et offrir les aspects 
tristes et désolés du milieu de Thiver. La vigne a été 
tuée sur bien des points dans ce terrible hiver de 4 870- 
4874, par les basses températures et les alternatives su- 
bites de gel et de dégel. 

En ce qui concerne notre région, M. le docteur Lan- 
glois constate qu'aux environs de Brioude bien des ceps 
ont péri; les souches généralement atteintes sont celles 
qui étaient élevées sur bois, 40 à 50 centimètres envi- 
ron; celles au ras du sol n*ont pas souffert. 

Cette remarque de notre confrère soulève la question 
de savoir quelle doit être, pour la vigne, l'époque de la 
taille. M. Chevallier-Balme a taillé après la vendange, 
et chez lui aucun cep n'a péri. La souche, étant recou- 
verte par une épaisse couche de neige, a échappé aux 
rudes influences de la gelée. 

M. de Brive dit que dans une vigne entourée de murs, 
qu'il possède à Brive, les ceps courts ont généralement 
résisté au froid autour des murs. Les ceps en espalier, 
k bois élevé, sont morts, mais ils repoussent du pied. 

Ces trois observations, se confirmant Tune par l'autre, 
établissent un fait qui mérite d'être étudié plus complé- 



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JUIN. 287 

tement pour en déduire toutes les applications possi- 
bles. 

M. le Président signale ensuite les effets des rigueurs 
du même hiver sur les arbres fruitiers. Les noyers ont 
été gravement atteints, slls ne sont pas tués. Les ar- 
bres des jardins, en quenouilles et espaliers , offrent 
beaucoup de branches mortes. Ceux des vergers, plus 
élevés et par conséquent plus exposés aux oscillations 
et aux courants de Tair, en général, n'ont que peu souf- 
fert. En somme , ce. sont les arbres fruitiers à noyaux 
qui^ plus que tous les autres, ont éprouvé les rigueurs 
de cet hiver exceptionnel. 

M. de Chàteauneuf se demande si la gelée est bien 
Tunique cause de la mort des arbres dont il vient d'ôtre 
parlé, car il a observé que de petits arbres à l'exposi- 
tion du nord ont résisté. La sécheresse qui a précédé 
l'hiver n'entrerait-elle pas pour une part dans le désas- 
tre de nos arbres fruitiers? 

M. Benoît, sans rejeter formellement l'opinion de 
M. de Chàteauneuf, pense que les arbres exposés au 
nord ont été plus ou moins préservés parce qu'ils n'ont 
pas subi, après les gelées, l'impression trop prompte du 
dégel; on sait combien peuvent être funestes à certaines 
essences d'arbres ces alternatives de température. 

M. le Président ajoute que, chez lui, à la Darne, 
commune de Coubon , le sol est d'une nature humide, 
reposant sur un sous-sol constamment imbibé par les 
infiltrations des eaux de la Loire et que, dans ces con- 
ditions, ses arbres ont eu le même sort des autres. La 
sécheresse ne lui paraît donc pas une raison à ajouter à 
celle déjà très-grave delà rigueur hivernale. D'ailleurs, 



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288 RÉSUME DES SÉANCES. 

les arbres attaqués par la sécheresse dépérissent ordi- 
nairement dès Tautomne. 

Le sinapis arvensis. — M. le Président a remarqué 
aussi, dans le Journal d'agriculture, un petit article 
sous le titre : Un bon légume fourni par une mauvaise 
plante. Il existe, dans les champs et les lieux incultes, 
une plante trës-rirace et très-envahissante que le bétail 
ne mange qu'avec une extrême répugnance. C'est le si- 
napis arvensis, la moutarde blanche. Un agriculteur a 
eu ridée de le faire entrer dans la consommation. L'ex 
périence est assez concluante. M. de Brive demande si 
ce végétal ne serait point celui que nos paysans dési- 
gnent sous le nom de rabanelle. Il en enverra une tige 
que M. Giron se charge de soumettre à Texamen d'un 
botaniste pour en obtenir l'exacte délermination. 

Chaulage des terres. — Notre confrère, membre non 
résidant, M. Justin Dorlhac, et M. Saminn, auteurs 
d'une brochure inlitulée : Utilité et nécessité du chau- 
lage des terres, ont fait hommage d'un exemplaire à 
la Société. M. le Président a beaucoup pratiqué le chau- 
lage et il a lu, par conséquent, avec une grande atten- 
tion ce nouvel appel à un procédé de féconde fertilisa- 
tion € qui, disent les auteurs, depuis cinquante ans, a 
quintuplé le rendement de la terre dans le département 
de la Mayenne, et fait la fortune des propriétaires 
comme des cultivateurs, » là surtout où Ton a donné au 
sol beaucoup de chaux, à la condition de lui donner 
aussi beaucoup de fumier. A cet égard, les auteurs ont 
essayé de contredire H. Barrai dans son opinion que les 



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JUIN. S89 

agriculteurs de Tarrondissement de Chàteau-Gontier 
avaient abusé du chaulage et que, par suite, l'épuisé- 
ment du sol végétal le rendait moins productif; à quoi 
ils répondent que <c c'est bien plutôt à un assolement 
vicieux qu'on doit les résultats peu satisfaisants signalés 
stir plusieurs points de cet arrondissement. » Mais les 
observations de M. Barrai, qui avaient surtout en vue 
la culture de la luzerne, probablement confondue par 
les auteurs avec celle du trèfle, conservent une partie 
de leur valeur. U n'en faut pas moins remarquer que le 
mémoire de MM. Dorlhac et Saminn, outre le mérite 
très-réel des études chimiques qui le recommande, a, 
de plus, celui d'être très-instructif et utile dans ses 
conclusions sur les avantages du chaulage des terres. 

Les mêmes auteurs avaient déjà publié en 4866 un 
mémoire remarquable au double point de vue agricole 
et industriel. Il a pour titre : Du chaulage des terres et 
de la fabrication de la chaux dans le département de 
la Mayenne, Les renseignements qu'ils donnent sur le 
chaulage ne sont pas moins intéressants que ceux relatifs 
aux procédés de fabrication delà chaux; des planches 
d'une parfaite exécution offrent des plans et coupes 
de fours à chaux qu'on peut recommander comme 
pouvant fournir une application dans notre pays. 

Concours régional de Clermont. — La Société a re- 
çu également d'un autre de nos confrères, M. Félix Grel- 
let, secrétaire général de la Société d'agriculture du 
Puy-de-Dôme, un compte-rendu du Concours régional 
tenu à Clermont-Ferrand au mois de mai 4870. C'est un 
exposé écrit & un point de vue critique, mais plein de 

TOME XXXI. 10 



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i90 nÉSUMK DES SKANCES. 

modération et basé sur une série de faits indubitables. 
L'auteur remarque que la partie granitique du départe- 
ment du Puy-de-Dôme n'a pas été représentée au Con- 
cours. Le motif de cette abstention, d'après M. Grellet, 
est que l'agriculture, dans cette région, n'a réalisé en- 
core que dé bien faibles progrèf^ sous le double rapport 
de la production des fourrages et, par suite, de Télève et 
de l'amélioration du bétail. Il est regrettable aussi qu'on 
n'y ait que fort peu tenté l'emploi rationnel de la chaux, 
éminemment propre à opérer sur ces terrains une vé- 
ritable révolution agricole. M. Grellet critique les con- 
cours régionaux sur d'autres points de leur programme, 
entre autres leur mode de circonscription. 



COMMUNICATIONS. 

Mouvement scientifique. — M. de Châteauneuf 
donne lecture d'une étude sur la mission et les charges 
qui incombent aux Sociétés savantes dans les circons- 
tances présentes. Ce travail a pour but de montrer 
que notre Société, dont les efforts persévérants ont tou- 
jours tendu à répondre au programme de son institution, 
doit, plus que jamais, aborder tous les genres de tra- 
vaux qui intéressent le progrès très-sérieux de l'agri- 
culture^ des sciences, de l'industrie et des arts. 

M. le Président exprime l'intention formelle de la 
Compagnie de maintenir la tradition de ses vues labo- 
rieuses dont elle a, d'ailleurs, donné la preuve en con- 
tinuant, pendant le cours des désastres qui ont affligé 



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JUIN. 291 

la patrie, de te&ir ses réunions, nourries , toutes, de 
communicatioDS ayant un intérêt d'actualité. 



Agriculture. - Station (T étalons au Puy. — H. le 
Maire de la yille du Puy, à propos d'une proposition de 
M. le Préfet de rétablir au Pu; une station des étalons 
d'Aurillac, a écrit à M. le Président pour le consulter 
sur la question de savoir jusqu'à quel point cette mesure 
intéresse la production chevaline dans notre pays. Il 
demande également si les Irais de location de Técurie 
des étalons et du logement du palefrenier incombaient 
jadis à la Société d'agriculture . 

M. le Président rappelle que le Conseil général votait, 
chaque année, une somme de 200 francs affectée au lo- 
cal des étalons. Mais cette somme ne passait jamais par 
les mains de la Société : le propriétaire de l'écurie la 
touchait directement. En ce qui concerne la réalisation 
de la mesure proposée, l'assemblée estime que, par suite 
du retard apporté à la proposition de M. le Préfet, l'ap* 
pel des étalons du gouvernement est inopportun, au 
moins pour cette année. Il sera répondu dans ce sens & 
M. fe Maire. 



RisToiBE. — Apostolicité des Églises de France, — 
M. Tabbé Prugôre lit un rapide historique de la ques* 
tion de Tévangélisation des Gaules au premier siècle. 

Ce mémoire embrasse principalement les travaux d'é- 
rudition mis au jour sur celte question de critique bis-' 
torique, depuis 4848 jusqu'à ce jour. 



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t9S RÉSUMÉ DBS séauges. 

L'assemblée, intéressée par cette communication qui 
pourra être utile aux personnes qui font de cette étude 
l'objet de leurs recherches, décide la publication du 
travail de notre confrère dans les Annales. 

Manuseriê de Chabron sur la maison de Polignac. 
-— M. le Président annonce avec douleur qu'au milieu 
des désastres civils qui ont ensanglanté et incendié Pa- 
ris, a péri Thôtel de M. le duc de Polignac dans lequel 
se trouvait THisloire manuscrite de la maison de Poli- 
gnac, par Chabron. Toutefois il avait été réservé à no- 
tre Société la bonne fortune d'obtenir à temps une co- 
pie de ce précieux document. L'œuvre a donc échappé 
ainsi à la destruction; et M. de Brive, à la demande de 
qui le manuscrit nous avait été communiqué, sera heu- 
reux de retourner à M. de Polignac son généreux pro- 
cédé en lui faisant part, à son tour, de la copie des fas- 
tes de ses glorieux ancêtres. 

L'assemblée témoigne qu'elle s associe pleinement aux 
sentiments exprimés par son président et le prie d'en 
transmettre le témoignage à M. le duc de Polignac. 

Chroniques manuscrites de Médicis. — M, le î^ré* 
sident a la satisfaction d'apprendre à la Société la re- 
prise de l'impression des Chroniques d'Etienne Médicis, 
Notre secrétaire, M. Chassaing, qui consacre au service 
de notre histoire ses intelligentes études, &it impri- 
mer le deuxième volume, lequel partagera, sans nul 
doute, le succès de celui qui l'avait précédé; on en juge 
déjà par de nombreuses notes qui contiennent beaucoup 
de renseignements inédits et d'un véritable intérêt his- 



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JUIN. 893 

toriqae. M. de Brive exprime à notre confrère les féli- 
citations de la Compagnie. 

Personnel de la Société. — Admisiion d'un nou- 
veau membre. — M. Cbevallier-Balme, au nom de la 
commission chargée d'examiner un travail présenté par 
H. Jules de La Bâtie, candidat au titre de membre non 
résidant, lit le rapport suivant : 



Messieurs, 

M. Jules de La Bâtie, avocat, ancien membre du Ck>n8eU 
général de la Haute-Loire, sollicite l'honneur de s'associer 
à votre Compagnie comme membre non résidant et, dans 
ce but, il vous a présenté un mémoire intitulé : De la condù 
tion des classes ouvrières dans le département de la Haute" 
Loire. 

Le titre seul de cette notice éveille l'intérêt et comporte, 
soit au point de vue général, soit au point de vue local, des 
considérations que l'auteur a développées avec talent. Au 
nom de votre commission, j'ai Thonneur de vous présenter 
l'analyse de ce remarquable travail. 

Depuis un demi-siècle, une heureuse transformation s'est 
accomplie dans la condition sociale des ouvriers. AÛranchis 
comme hommes par la Révolution qui leur avait donné 
l'égalité devant la loi et comme ouvriers par la suppression 
des maîtrises, ils ont participé aux bienfaits de la loi de 
1833 sur l'instruction primaire qui, en les délivrant de la 
servitude de l'ignorance, a créé presque partout des écoles 
gratuites et multiplié dans les villes les divers cours ren- 



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294 RÉSUME DES SÉANCES. 

dant tontes les carrières accessibles au travail et à la capa- 
cité. ^ 

Si les causes de l'inégalité des fortunes sont inévitables 
et permanentes, on a cherché les moyens d'alléger, autant 
que possible, la pauvreté en mettant l'utile et quelquefois le 
confortable à la portée des travailleurs de toute nature. 

Ce qu'ils ne pouvaient se procurer auparavant qu'au prix 
de l'or, ils l'obtiennent aujourd'hui dans des conditions très- 
inférieures, par suite des progrès incessants de l'industrie. 

Dans tous les grands centres, l'intérieur des manufactures 
où l'ouvrier passe la plus grande partie de sa vie, témoigne 
de la sollicitude que Ton montre pour son bien-être; par- 
tout il y a préoccupation constante de l'hygiène, de l'ali- 
mentation et de l'éducation de la classe ouvrière. Enfin, par 
de véritables prodiges, la science a transformé les machines, 
souvent redoutables, en instruments dociles et inoffensifs 
de la volonté et de l'intelligence humaine. 

Une page détachée du mémoire de M. de La Bâtie com- 
plétera cet aperçu général et vous permettra, messieurs, 
d'apprécier les connaissances approfondies de l'auteur en 
pareille matière. 

« On comprend, dit-il, cette sollicitude qui anime tous 
jes hommes sérieux, vrais amis de l'humanité, pour les 
questions si nombreuses, si complexes qui se rattachent aux 
intérêts de la classe ouvrière. 

c Autour de ces questions, en effet, viennent se grouper 
les problèmes les plus ardus des sociétés modernes : l'ins- 
truction et l'éducation, les droits et les devoirs politiques, 
la hiérarchie sociale, le patronage, l'association, le crédit, 
les grèves, l'assistance publique, le paupérisme, etc., etc. 

c Rien qu'à cette nomenclature quelques esprits s'ef* 



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JUIN. 295 

frayent, tant il est vrai que toutes choses renferment en 
elles le germe du bien et du mal. - ^^ 

c Mais le progrès est la loi de Thamanité ; il ne faut s'ef- 
frayer ni des mots ni des choses ; Us onl eu raison, ceux 
qui n*ont pas cru à Tétemité de la misère. 

« Elle sera définitivement abolie dans un État, le jour où 
on gouvernement sage, avec l'aide de ses meilleurs citoyens, 
facilitant le travail à tous les hommes valides, développant 
les associations ouvrières, extirpant les vices qu'on rencon- 
tre trop souvent encore dans la classe des travailleurs, as- 
sistant les vieillards et les infirmes, aura pu ainsi assurer 
à tous des moyens réguliers de subsistance. 

« Concourir à cette grande œuvre pour une part tant mi- 
nime qu'elle soit, est, à Tépoque oii.nous vivons, un devoir 
qui s'impose à tous les esprits soucieux de l'avenir de la 
société. • 

M. de La Bâtie arrive ensuite à examiner la condition 
des classes ouvrières dans le département de la Haute- 
Loire. 

Selon lui, deux centres attractifs y existent. Tandis que 
les rapports de mœurs et de relations lient l'arrondissement 
d^ Brioude avec Glermont-Ferrand, nous voyons l'arrondis- 
sement d'Yssingeaux et une grande partie de celui du Puy 
converger incessamment vers Saint-Etienne et Lyon. 

Ces divers centres offrent à l'écoulement de nos pro- 
duits et à l'emploi des forces ouvrières, des ressources fé- 
condes ayant pour puissant auxiliaire la voie ferrée qui 
sillonne le département. Il en est résulté, dans les mœurs 
des habitants de nos montagnes, un adoucissement notable 
auquel ont puissamment contribué les progrès de l'instruc- 
tion et de l'éducation. 



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296 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

Malgré ces conséquences favorables au bien-être de nos 
ouvriers, M. de La Bâtie signale, à juste titre et avec désir 
de la voir disparaître, la fréquentation abusive des cabarets 
dont le nombre n'est que trop grand, eu égard à la popula* 
tion. Gomme il le dit fort bien, ce vice ne peut se réformer 
que par les mœurs elles-mêmes. 

En continuant l'analyse de son mémoire, je constate avec 
lui que ceux qui cultivent la propriété si divisée dans notre 
département sont en général robustes, laborieux et relative- 
ment sobres; ils luttent avec succès contre l'âpreté du cli- 
mat et les asp.érités du sol. Aussi, il y a peu de gens pau- 
vres dans nos campagnes ; il est vrai d'ajouter que la cbarité 
publique et privée vient en aide aux malheureux. 

Mais d'autres causes concourent au bien-être qu'on re- 
marque dans nos contrées. La principale tient au développe- 
ment de l'industrie dentellière. 

Chacun sait que cette industrie est une source féconde 
procurant non-seulement un travail assuré à un nombre 
considérable d'ouvrières, mais encore contribuant à l'ac- 
croissement de la fortune des cultivateurs. 

Dans le rapport du jury international de l'Exposition 
universelle de 1867, M. Félix Aubry, président de la classe 
33, donne l'appréciation suivante sur l'industrie de notre 
contrée : 

ff Le Pot. — Si. la fabrique de Mirecourt est la plus apte 
du monde à créer des nouveautés, celle du Puy est la plus 
importante. Elle s'étend dans quatre déparlements de l'Au- 
vergne (Haute-Loire, Cantal, Puy-de-Dôme, Loire), et 
donne de l'occupieition à près de cent mille femmes et jeu- 
nes filles répandues dans les montagnes. Le centre du mar- 
ché est au Puy. 



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JUIN 99? 

c Les dentelles d'Auvergne, variées dans lears types, 
sont surtout réputées pour leurs bas prix relatifs» les ouvriè- 
res de ce groupe industriel, stimulées par quelques person- 
nes énergiques et éclairées (1), ont fait de notables progrès 
depuis dix an^. Elles savent se plier à la demande du mo- 
ment, utilisent toutes les matières textiles : les ûls de lin, 
de soie, de coton et de laine en toutes couleurs; et, lorsque 
un genre cesse d*être demandé, elles modifient leur travail, 
emploient un filé nouveau et changent rapidement leura 
productions. 

• Cette fabrication est des plus actives ; elle se perfec- 
tionne chaque jour. 

• De toutes les manufactures de dentelles, en France et 
à l'étranger, aucune ne provoque un commerce d'exporta- 
tion aussi considérable que celle du Puy. » 

Pour prouver, s'il en était besoin, la vitalité de notre 
grand centre de production, qui s'est affirmée môme au mi- 
lieu des immenses désastres de la France, je suis heureux 
de faire remarquer que, pour l' industrie dentellière, la crise 
a été moins' fatale qu'on ne l'aurait craint. On a lutté avec 
énergie, ayant foi dans un avenir meilleur et si l'impor- 
tant débouché de la capitale a manqué pendant de longs 
mois, les étrangers en nombre sont venus visiter la fabri- 
que du Puy, créer de nouvelles relations et fortifier les 
anciennes. 

Ce ne sera peut-être qu'un déplacement momentané de 
la clientèle, mais il n'en aura pas moins montré la route 



(1) Notamment par les membres de la Société d'agricnlture du Puy, avee le 
eoneours du Conseil général et des administrations préfectorale et municipatç. 



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S98 RÉSUMÉ DES SÉANCRS. 

dn Pny à de nombreax acheteurs étrangers qui emportent, 
avec le souvenir d un marché bien approvisionné, celui de 
nos sit^s pittoresques, ce qui fait qu'ils ne nous disent ja- 
mais : Adieu ! mais bien : Au revoir ! 

M. de La Bati^ signale avec étonnement Tinfériorité du 
salaire des ouvrières de la Haute-Loire; mais comme il 
base son appréciation sur une statistique officielle de 1856 
et que, depuis cette époque, des progrès considérables ont 
été apportés à la fabrication et ont entraîné une hausse dans 
les prix, je ne réfuterai son observation qu'en indiquant la 
moyenne des salaires relatée dans le rapport du jury inter- 
national dont j'ai eu l'honneur de vous donner un extrait. 

Je cite encore ici les assertions de M. Félix Aubry : 

c On estime que le nombre dés dentellières en France 
s'élève à deux cent mille femmes et jeunes filles. Leur sa- 
laire est en moyenne de 1 fr. à 1 fr. 50 c, par journée de 
dix heures de travail ; il y en a qui gagnent jusqu'à 3 fr. 50. 
Ce prix varie nécessairement suivant les lois générales et 
plus encore en raison de la loi spéciale qui domine cette in- 
dustrie, c'est-à-dire de la mode, avec ses exigences impé- 
rieuses et fugitives. » 

En attribuant, d'après le même rapport, cent mille ou- 
vrières à la production qui se centralise au Puy et en con- 
sidérant aussi que, de toutes les manufactures en France et 
à l'étranger, aucune ne provoque un commerce d'exportation 
aussi considérable, j'arrive à conclure que, dans notre dé- 
partement, la moyenne des salaires peut s'évaluer aujour- 
d'hui de 1 fr. à i fr. 50. 

n me reste, Messieurs, à analyser la partie du mémoire 
de M. de La Bâtie, qui concerne les ouvriers de la petite in- 
dustrie. 



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JUIN. 299 

En 1856, la nomenclature officielle en élevait le nombre 
à cinquante-neuf corps d'état. Depuis lors, et par suite de 
l'établissement des chemins de fer, il y a eu évidemment 
une progression assez importante. 

Déjà, de 1853 à 1857, il y avait eu, sur les salaires, une 
augmentation de 14 0^0 qui a dû croître en raison du ren- 
chérissement des denrées. 

Si Ton considère ensuite que les produits industriels su- 
bissent une loi inverse de dépréciation, on peut remarquer 
que ce résultat permet aux classes laborieuses de se nour- 
rir, loger et vêtir plus convenablement et à meilleur marché. 

Les ouvriers des différents corps d*état qui travaillent 
principalement dans les villes sont payés à un prix relative- 
ment supérieur à la moyenne des salaires en France, c'est- 
à-dire de 1 fr. 50 à 2 fr. et de 2 fr. 50 à 3 fr. pour les pro- 
fessions qui exigent plus d'aptitude. 

D'un autre côté, le prix des denrées alimentaires offre à 
la comparaison une moyenne inférieure à celle de la France 
entière; il faut donc en conclure que, dans la Haute-Loire, 
les ouvriers de toutes les industries se trouvent dans des 
conditions exceptionnellement avantageuses. 

Telle est, messieurs, l'esquisse à grands traits du mé- 
moire produit par M. de La Bâtie. Ce remarquable travail, lu 
avec le plus vif intérêt par votre commission, comporterait 
une analyse plus détaillée, mais nous savons tous que ce 
candidat sera pour la Société un collaborateur plein de lu- 
mières et de zèle; aussi la commission a-t-elle unanime- 
ment conclu à l'admission de M. Jules de La Bâtie au titre 
de membre non résidant. 

Le scrutin, auquel il est ensuite procédé, donne la 



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300 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

majorité des voix à M.Jules de La Bâtie, qui est procla- 
mé membre non résidant. 

Demande de mutation du titre de membre résidant 
en celui de non résidant. — Il est donné lecture d'une 
lettre par laquelle M. Giron-Pistre demande que son 
titre de membre résidant soit converti en celui de non 
résidant. Notre confrère, souvent empêché d'assister aux 
réunions de la Société, pense qu'il ne doit pas occuper 
une place qui serait plus activement remplie par un 
membre nouveau. 

M. le Président, en adhérant au judicieux principe 
émis par M. Giron-Pistre, annonce que des mesures ul- 
térieures seront prises pour déterminer h quel titre les 
membres parfois absents ou démissionnaires resteront 
dans le sein de la Société. Quant au petit nombre de 
membres manquant depuis plus longtemps aux séances, 
ils ont été mis en demeure par M. le Secrétaire, afin de 
savoir si la mesure générale qui sera prise devra leur 
être appliquée. Il est donc probable que la Société 
pourra statuer définitivement & ce sujet dans sa pro- 
chaine réunion. 

Déch de M, Vibert, membre résidante — M. le Pré- 
sident exprime les profonds regrets de la Société au su- 
jet de la mort de notre confrère M. Vibert père, membre 
résidant, conservateur de la section des beaux-arts et 
directeur du Musée. Il lit ensuite la notice nécrologique 
que voici : 



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JUIN. 304 



Messieurs, 

Depuis votre dernière séance, la Société a perdu un de 
ses membres les plus anciens et les. plus distingués, dans la 
personne de M. Vibert père. 

Né en mai 1800, J. N. Vibert perdit son père et sa 
mère de très-bonne beure et fut confié, dès Tâge de neuf ans, 
à un vénérable ecclésiastique, qui. exerçait les fonctions eu- 
rialôs à Jax, près de Fix. On a attribué à cet isolement de 
toute famille et à son séjour solitaire dans les montagnes, dans 
un âge ot les impressions sont si vives et si durables, la 
teinte de mélancolie douce et sérieuse qui se refléta sur son 
caractère et dont il ne se départit presque jamais dans le 
cours de sa Vie. Il acbeva ses études au collège du Puy, qu'il 
quitta pour aller à Lyon, avec plusieurs de ses condisciples > 
étudier et pratiquer Tart de dessinateur en fabrique. Ses 
succès lui valurent des offres avantageuses de la part d'une 
maison* importante de Paris et il partit pour la capitale 
vers 1824. 

Le séjour de la grande ville et la vue des cbefs-d'œuvre 
de tout genre qui y abondent, révélèrent sans doute à notre 
jeune dessinateur ses dispositions naturelles pour les arts. 
Car, peu de temps avant son départ précipité de Paris, il 
était devenu l'élève d'un peintre de mérite et il avait fré- 
quenté pendant trois mois l'atelier à' Hersent. C'est, avec 
les leçons de dessin que lui avait données M. Giraud père 
au collège du Puy , la seule éducation artistique qu'il ait 
jamais reçue. La nature et ses observations personnelles 
firent le reste. 



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30? RÉSUMR DES SÉANCFS. 

En 1827, rappelé au Puy par la mort de son frère, son 
goût pour les arts le rapprocha vite de M. de Becdelièvre et 
des personnages éminents qui avaient fondé la Société d*a- 
griculturê« sciences et arts. Ce fut dans le courant de cette 
même année qu*il en fut reçu membre titulaire et, trois ans 
après, en 1830, qu*il fut appelé, soit comme directeur des éco- 
les industrielles de la Société, soit comme conservateur de 
la section des beaux arts au Musée, à succéder à M. dé Bec- 
delièvre que les événements politiques de cette année avaient 
éloigné des affaires publiques. A partir de ce moment, il se 
consacra tout entier à rexeroice de ces deux importantes 
fonctions qu*il a pratiquées jusqu'à sa mort avec un zèle et 
un dévouement sans bornes. 

Jusqu'en 1842, M. Yibert n'avait appliqué son goût pour 
le dessin qu'à des croquis et des charges qui faisaient de 
son album un objet de curiosité pour les uns et de terreur 
pour les autres. Jusqu'alors également, il s'était contenté de 
signaler ses dispositions poétiques par de petites poésies 
qu'il adressait à VÀbeiUe caitchoise sur des sujets indiqués à 
l'avance. 

Mais, en 1842, l'une des meilleures toiles de notre Musée 
dépérissant de jour en jour, il consi léra comme un devoir 
de sa charge de s'occuper de la restauration du Caton d'Util 
que. Il eut le courage de l'entreprendre et le bonheur d'y 
réussir. Il en ût une copie réduite très -exacte. Plus tard, il 
copia également la BacchanU de Miéris et avec un tel succès, 
que les spectateurs avaient quelque peine à distinguer la 
copie de l'original. 

En 1844, il esquissa son premier tableau de genre» un 
Groupe de dentellières, consacra plusieurs mois à son exécu- 
tion et vit ses efforts récompensés par l'admission de son 



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JUIN. 303 

-œuvre à l'exposition de Paris, en 1845. Ce petit tableau, 
qui rappelle heureusement l'école hollandaise, eut le privi- 
lège d'attirer l'attention des maîtres. L'année suivante, il 
fit le pendant de ce premier tableau, la Noce de campagne. 

Malgré les succès qu'obtinrent ces œuvres, M. Yibert dut 
bientôt renoncer à la peinture, dunt le travail trop séden- 
taire avait porté atteinte à une santé naturellement vigou- 
reuse. C'est alors qu'il s'adonna plus particulièrement à la 
poésie et il ne quitta, pour ainsi dire, une sœur que pour 
courtiser l'autre avec plus d'assiduité. Vos Annales ont pu- 
blié successivement : Le Marché aux cheveux, une Réponse à 
M, F, Bernard, une EpUre à M, F. fiandet, À .mon Pays, 
l'Espérance et t Illusion, et plusieurs de ces pièces avaient 
déjà été applaudies dans nos séances publiques dont elles 
faisaient l'un des principaux charmes. 

M. Vibert avait fait partie longtemps du Conseil munici- 
pal du Puy et avait été membre de la commission pour l'é- 
rection de la statue colossale de la Sainte Vierge et de 
beaucoup 4'autres d'une moindre importance. Dans l'exer* 
cice de toutes ces fonctions publiques, il apportait un juge- 
ment si sûr et une si consciencieuse appréciation, que mal- 
gré son extrême modestie, son opinion avait toujours une 
grande influence sur les décisions à prendre. 

Mais les soins qui préoccupèrent le plus ses dernières an- 
nées furent le transfert du Musée Sainte- Marie au Musée 
neuf du Fer- à-Cheval et plus tard l'installation, au Musée 
Crozatier, des objets d'art, tableaux et statues dont il avait 
la responsabilité, et en&n la préparation minutieuse des élé- 
ments du Catalogue de la section des beaux- arts du Musée. 
Ce dernier travail couronna dignement sa vie d'artiste, en 
facilitant à tous nos compatriotes et aux nombreux étran- 



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301 RÉSUME DES SÉANCES. 

gers qni viennent visiter notre Musée, leurs études et leurs 
appréciations. 

C'est au milieu de ces travaux que la maladie qui nous-a 
ravi notre cher confrère, est venue le surprendre. La mort de 
M. Vibert père a ainsi été un deuil profond, non-seulement 
pour sa famille qui le vénérait, pour les nombreux amis 
que sa nature sympathique lui avait faits, mais surtout pour 
notre Société donc il avait été un des membres à la fois les 
plus dévoués et les plus utiles. 



Personnel du service de la Société. — Décès de 
M, Bonnet, concierge. — Au sujet de la mort de ce zélé 
et fidèle serviteur que la Société déplore, M. le Pré- 
sident rappelle que M. Bonnet remplissait depuis bien 
des années la modeste charge de concierge de la Société 
et du Musée, t Trois mots, dît-il, le caractérisaient pour 
le rendre digne de nos regrets : extrême assiduité, grand 
dévouement, parfaite honnêteté. > 

M. de Brive ajoute qu'il s'est entendu avec le maire, 
notre confrère M. Vinay, et il a été convenu qu'à rai- 
son des bons services du vieux serviteur, sa femme et 
ses . filles seront provisoirement maintenues dans sa 
charge. 

La séance est levée à six heures. 

Le nce-secrétaite, 
Aimé GIRON. 



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SÉANCE MENSUELLE 



DU 11 JUILLET 



SOMMAIRE 



Lectarc dn procès-TerbaU — Mus<k : Dons d'objets préhistoriques (silex 
taillas, etc.) de Cliassey (SaAne^t-Loire), par M. Pemalt; de deax rases en 
poterie des âges de la pierre polie et da bronze, trouvés dans le département 
par MM. Garde et Rambaut; d'an morceau de poutrelle sculptée» offert par 
M. Girard; de nombreuses pièces de Toutitlage des anciens orfivres du Puy, 
par IIM. Gillet-Paris et Babany; d*on moulage de matrice ^ mouler une 
image de Notre-Dame do Puy, par N. Hector Falcon. Acquisition d'une 
vieille tasse de muletier en cuivre. Don par M. Mestre, de Langeac, de deux 
haches et de pierre de fronde en pierre polie, provenant de peuplades san« 
vages. — OuvaAOBs nvçns : Fauchage des céréales et moyettes. Le tinapit 
arvensis; notice sur cette plante, par M. Fiston. Autre plante dite épinard 
de Jérutttlem. Emploi du sel pour la culture des asperges. La peste bovine. 
Destruction des vers blancs. Cultures Si l'eau dVgoût. Origine des armoiries, 
d'après on mémoire de M. A. de Barthélémy. Observations de M. Aymard 
sur les sceaux, les armoiries, les pancartes consulaires, etc., dans notre pays. 
— Communications : Fauchage des céréales. Nouveau modèle de fourche. 
Les grands jours au Puy, en 1666. Décision concernant la copie du manuscrit 
des antiquités bénédictines de Dom Estiennot. Impression du deuxième vo- 
lume des Chroniques de Mèdicis. Projet de conférer au président les fonctions 
.de directeur du Musée. Ajournement de l'élection du conservateur des 
beaux-arts. Remereîments de M. Jules de La Bâtie, pour son admission k la 
Société. M. Mestre, de Laogeac, nommé membre correspondant. 



TOME ZXXI. 20 



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306 R&SUMÉ DES SÉANCES. 

Présidence de H. de Brive. 

La séance est ouverte à trois heures 

Le procès-verbal de la précédente réunion est in et 
adopté. 

MUSÉE. • 

Dons. — Archéologie préhistorique (silex taillés, 
vases, etc), outillage d'orfèvrerie, bois sculpté, vieille 
tasse de muletier, instruments de peuplades sauva- 
ges. — M. Âymard donne les explications suivantes sur 
les objets offerts au Musée depuis la dernière séance et 
qui sont déposés sur le bureau : 

« M. Ernest Perrault qui, dans un mémoire intéres- 
sant sur des fouilles effectuées par lui-même à Chassey 
(Saône -et-Loire), a signalé des foyers préhistoriques, 
nous a envoyé diverses pièces provenant de ces explo- 
rations. On y remarque quinze silex taillés en grattoirs, 
en lames, pointes, petites scies et des morceaux de pote- 
ries en terre cuite, façonnées à la main et offrant, entre 
autres particularités, diverses variétés d'anses et de 
tubérosités à trous de suspension. 11 y a aussi quelques 
dents molaires d'une espèce de bœuf. 

« La Société, qui ne se préoccupe pas moins de l'élude 
des temps préhistoriques dans notre pays, a, depuis plu- 
sieurs années, consigné dans ses Annales des découver- 
tes qui rappellent ces âges reculés, entre autres une sé- 
pulture par inhumation trouvée au Puy, dans la prairie 
communale du Breuil et caractérisée par la présence de 



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JUILLET. 307 

silex taillés; ainsi qu'une station dont nous avions si- 
gnalé des restes consistant en silex taillés et débris de 
poteries plus ou moins grossières, recueillis au contact 
des grottes de Peylenc, commune de Saint -Pierre - 
Eynac. C'est à la fin de Tâge de la pierre taillée, con- 
temporaine, comme on le croit, des monuments mégali- 
thiques, dolmens, roches à bassins, etc., que ces divers 
débris peuvent être rapportés. L*&ge du bronze nous a 
fourni aussi des/ haches, épées, bracelets, etc., prove- 
nant de diverses localités et conservés au Musée. 

« Nous avons aujourd'hui à mentionner des restes de 
deux vases curieux, en terre cuite et façonnés à la main, 
Tun de l'âge de la pierre polie, l'autre de l'âge du bronze, 
autant du moins qu'on peut en juger d'après leur fac- 
ture. La première de ces poteries était entière, lorsqu'elle 
fut découverte au fond d'une tranchée du chemin de fer, 
à environ 8 mètres de profondeur, près du lieu de Cor- 
mail, commune d'Espaly. Les ouvriers n'en conservè- 
rent que quelques morceaax qui, rujustés ensemble, sont 
suffisants pour indiquer la forme du vase à panse irrégu- 
lièrement ovoïde sans pied ou base ; probablement à 
col plus ou moins court et droit; ainsi que sa dimension 
ayant dû mesurer environ 33 cçntimètres de hautear et 
0,19 cent, de grosseur au milieu de la panse. Ces mor- 
ceaux de vases révèlent, dans leurs cassures, une terre 
argileuse dont la pâte, parsemée de grossiers grains de 
quartz et généralement noire, passe parfois au rou- 
geâlre aux parois externe et interne , indices d'une 
cuisson imparfaite. Toutefois on observe que la paroi 
externe a été unie avec grand soin et en quelque sorte 
lissée à la main. 



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.308 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

< C'est à M. Louis Garde, avoué au Puy, que l'on 
doit la GOBserraliou de ces intéressants restes de pote- 
rie* II les a recueillis des mains des ouvriers et a bien 
voulu nous les offrir. 

< Ayant visité avec lui le lieu de la découverte, j'ai 
-trouvé, à peu de distance de cet endroit, dans les déblais 
rejetés hors de la tranchée, une hachette en pierre po- 
lie (ûbrolithe) qui peut avoir été enfouie à la môme épo- 
-que que le vase. 

< L!autre vase qui, comparé à des poteries analogues 
trouvées dans d'autres contrées, peut être attribué à 
J'ftge du bronze, a été découvert également par suite 
.des travaux de chemin de fer sur les bords de TAlIier 
et donné au Musée par M. Rambaut, entrepreneur. Les 
fragments qui nous ont été remis permettent, au moins 
, approximativement, d'en reconstituer la panse globu- 
loïde et grosse d'environ 0,12 cent. Celle-ci est ornée, 
vers le milieu de sa hauteur, d'une large zone de dessins 
en creux figurant des alternances de chevrons et de 
points, entre des lignes de traits parallèles; le tout 
bordé, de chaque côté de la zone, par une ligne d'en- 
coches en guise de frange ou de dentelure; combinaison 
de dessins qui, pour avoir été exécutée à la main, au 
moyen de quelque poinçon en bois ou en os, n'est pas 
sans élégance. La terre est assez bien cuite, à pâte fine 
et de couleur rouge noirâtre. 

A Nous avons reçu un morceau de poutrelle ornée 

d'une léle d'animal, à la gueule béante qui, d'après le 

: style de la sculpture, semble indiquer le XIV' ou le 

.XV* siècle. Cette pièce, donnée par M. François Girard, 

charpentier, a été trouvée au Pùy dans les décombres 



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JUILLET. 90$^ 

d'une maison de la place du Plot. Elle doit provenir, 
soit d*un support de galerie intérieure, soit de Fun de 
ces forgets de nos yieilles maisons, lesquels jadis cons* 
tituaient, au-dessus du rez-de-chaussée, un avant-corps 
en saillie sur la rue. 

< L'orfèvrerie, industrie autrefois très-florissante 
dans la ville du Puy, nous sollicite à recueillir des spé- 
cimens de ses vieux produits. La collection, qui est en 
voie de formation au Musée, vient de s'enrichir d'an 
certain nombre d'objets d'outillage, tels que poinçons 
d'acier qui naguëres servaient à estamper des plaquettes 
pour bijoux, croix, saint-esprit, rosettes, pendants d'o- 
reille, chatons de bagues, etc. Nous en devons l'offrande 
à notre confrère M. Gillet-Paris. D'autres outils, en 
particulier un mortier en bronze et une presse à moule 
pour pièces ouvragées en argent, ont été donnés par 
M. Rabaify, orfèvre, et complétés par l'achat d'assez ' 
nombreux modèles en plomb, de poinçons en acier, 
d'un mortier en agate et de matières diverses à 
émailler, le tout provenant de divers ateliers de nos 
argentiers et orfèvres. 

€ C'est au Puy également qu'a été trouvée et achetée 
une petite coupe en enivre avec anse élégamment for- 
mée de deux serpents, qui porte gravée la date 1664. 
Elle ressemble à la tasse h déguster le vin, vulgairement 
taie, dont se servent les rares muletiei*s qui, de temps 
à autre, viennent encore visiter notre ville. Probable- 
ment elle était employée au môme usage. 

< La vieille image de Noire-Dame du Puy représen- 
tée avec tons ses accessoires, niche ou tabernacle, au- 
tel, anges adorateurs, etc., se voit sur un moulage en 



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340 RÉSUMÉ DES SÉAIfGES. 

plâtre que M. Hector Falcon a fait exécuter pour le Mu- 
sée, d'après un moule en bois qu'il possède et qui ser- 
rait, sans doute, à la confection de tableaux pieux à 
sujets en relief. » 

Ethnologie. — A titre de comparaison avec les ha- 
ches préhistoriques en pierre polie, le Musée a reçu 
deux semblables instruments et deux pierres de fronde, 
spécimens curieux d*outils et d*armes employés, de nos 
jours, par des peuplades sauvages. Ces objets ont été of- 
ferts par M. Meslre, capitaine en retraite, à Langeac. 

M. le Président exprime aux donateurs les remercî- 
ments de la Compagnie et à M. Aymard l'intérêt avec le- 
quel rassemblée a entendu ses scientifiques explications. 

OUVRAGES REÇUS. 

Agricultdrc. — Fauchage des céréales *Moy elles, 
— La pratique des moyettes est conseillée dans le der- 
nier numéro du Journal d'agriculture pratique, afin, 
dans les grandes exploitations, d'éviter la presse des 
moissons, échapper aux aléa de la saison des orages 
subits et désastreux et bénéficier d'une différence dans 
les salaires. En effet, on peut échelonner ainsi sur 
plusieurs semaines la grosse opération des moissons et 
sans le concours de nombreux ouvriers. Mises en 
moyettes, les gerbes mûrissent à l'abri de tous les ris- 
ques de température. On sait que, pour le système des 
moyettes, le grain est bon à couper, lorsqu'il est encore 
vert et s'écrase sous la simple pression des doigts. Si 
les moyettes sont bien faites, il n'y a pas d'égrenage : 
mûrissant lentement, sans coups de soleil, sans avarie, 



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JUILLET. 31 1 

le grain acquiert de la qualité pour la vente ; sa farine 
se présente plus blanche. Mais pour la semence, il pa- 
rait résulter de la plupart des expériences qu'il vaut 
mieux récolter en complële maturité. 

Culture du trèfle. — k propos d'une petite machine, 
dite cueille-trèfle, le Journal d'agriculture progrès^ 
sive rappelle quelques principes sur la culture du trèfle 
et la récolte de la graine. Sous ce dernier rapport, quelle 
que soit la manière de procéder, trop souvent on re- 
cueille la graine en vue seulement du commerce et 
dans de mauvaises conditions de maturité' et de soins. 
Aussi doit-on signaler la dégénérescence de cette pré- 
cieuse plante; c il serait à désirer, dit M. le Président, 
que quelques-uns de nos confrères s'occupassent de re- 
cueillir chez eux les graines de trèfle et de luzerne, afin 
de les obtenir pures. Les graines sont devenues très-ra- 
res et très-coûteuses dans les années de sécheresse que 
nous venons de traverser. Celte année, elles se sont 
vendues jusqu'à 4 fr. 40 et 4 fr. 50. La graine de rave 
se trouve dans les mêmes conditions : à Cayres, elle a 
été vendue jusqu'à 5 fr. la livre. » 

Le sinapis arvensis. — Un des derniers articles du 
Journal d'agriculture pratique revient sur remploi 
dans Talimentation du sinapis arvensis (moutarde 
blanche), signalé par M. le Président dans la précédente 
séance de la Société. La plante, connue dans nos cam- 
pagnes sous le nom AerabaneUe, est bien le sinapis ar- 
vensis, M. Fiston, inspecteur des postes au Puy et mem- 
bre de la Société botanique de Finance, a bien voulu le 



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342 RESUME DES SÉANCES. 

cléterminec ea regard du sUymbrium officinale dont 
UQ spéciméa loi avait été soumis également. En voici 
la description et les caractères scientifiques ; 



LB. SQfÀPlS ARVEMSIS. 

Sinapis ênenHi (Linnée, spee. 931), vulgairement moutarde sawage, famlle 
iêi enuÀfàrtSy division 1». SUiqneutet, 



Tige de 4 à 8 décimètres, rameuse, ordinairement his- 
pide, surtout à la base, à poils souvent réfléchis. Feuilles 
ovales-oblongues, irrégulièrement sinuées- dentées, subses- 
siles. — Sépales étalés. — Pétales 4, jaunes. — Siliques 
oblongues, cylindriques, plus ou moins étalées, ordinai- 
rement glabres, quelquefois hérissées de poils réfléchis 
(variété B, Aûjnda), subtoruleuses à loges polyspermes, sou- 
vent monospermes par Tavortement des graines inférieures. 

— Valves convexes, à trois à cinq nervures longitudinales. 

— Bec ensiforme, comprimé, environ de la longueur de la 
sUique. — Graines unisériées, globuleuses, noires, lisses. 

— Plante annuelle, à saveur piquante. — Mai-août. 
Cette plante, très-commune dans les champs, les mois- 
sons maigres, les terrains cultivés, les bords des chemins, est 
quelquefois employée pour la fabrication de la moutarde, 
comme succédanée du branica nigra (sinapû nigra, Linnée) 
qui croit dans les mêmes lieux, et 8*en distingue par ses 
feuilles toutes pétiolées, ses siliques serrées contre la tige et 
ses valves carénées par la saillie de la nervure dorsale. Sa 
fertilité est très-grande ; Fischer de Grusheim rapporte que, 
d*une livre de graines semées dans un champ d'un demi- 



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JUILLET. 313 

hectare, il récolta 558 livres, indépendamment de ce qui 
s'était perdu. Elle a été analysée par plusieurs chimistes i 
entre autres par Dumas, Pelouze, Margraaf, Julia de Fon- 
tenelle ; ils en ont extrait une huile douce, d'une couleur 
ambrée, soluble dans Téther qui entre dans sa composition 
pour 20 0/0. Elle donne, en outre, une autre huile d'une 
odeur ammoniacale, d'une saveur très-âcre et très- caustique 
^t plus pesante que l'eau ; cette huile dissout à froid le sou- 
fre et le phosphore. 

Tout le monde connaît remploi de la moutarde comme 
condiment. La médecine l'emploie comme rubéfiant. J. de 
Fontenelle la préconise dans les maladies psoriqaes et re- 
garde ses graines comme douées d'une grande antisepticité. 

Une espèce très-voisine, le sinapis Ma, qui est commun 
dans les moissons des terrains calcaires et argileux, diffère 
du Sinapis arvensis par ses feuilles toutes lyrées-pinnatifi- 
des, ses siliques toruleuses, contenant deux à trois graines, 
à valves plus courtes que le bec qui est très-comprimé, et 
enfin à ses graines d*un jaune pâle, finement ponctuées, 
d'un volume à peu près double de celles du sinapis arvensis. 
Cette phnte est bisannuelle et quelquefois vivace. Ses pro- 
priétés sont les mômes que celles des autres sinapis ; ses 
graines contiennent beaucoup de mucilage. 

La plante dont un échantillon m'a été présenté est le si- 
symbrium officinale (erysimum officinale, Linnée, Spec, 922) 
vulgairement c herbe aux chantres. » Elle croît dans les 
mômes lieux que le sinapis arvensis, mais elle s'en distin- 
gue facilement à ses feuilles radicales et inférieures ronci- 
nées pionatipartites à 5-11 lobes anguleux, inégalement 
dentés, les terminaux confluents en un lobe plus ample, ses 
feuilles supérieures bastées, à lobes étroits, le terminal 



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34 4 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

oblong très-allongé, et enfin à ses siliqnes velues, dépour- 
vaes de bec et étroitement apprimées contre la tige. 

G. FrsTON. 
Membre de U Société botanique de Frtnee. 

Après la lecture de cette savante notice, M. le Prési- 
dent fait connaître qae la Revue agricole et forestière 
de Provence nous apporte aussi son appréciation favo- 
rable sur la moutarde sauvage et nous apprend que sa 
dénomination provençale est la rabanelle [petite rave), 
diminutif de rabo, rave ; ce qui nous confirme dans la 
détermination que nous en avions faite. En conséquence, 
M. de Brive demande que la connaissance de cette nou- 
velle plante alimentaire soit vulgarisée. 

A cette occasion, M. le Président présente une autre 
plante qu'il a cultivée comme épinard ; elle pousse vite 
«t donne une lige très-élevée. La feuille, très-précoce et 
vivace, persiste toute l'année et, à quelque âge qu'elle 
soit arrivée, elle reste tendre et excellente à manger* 
Son nom populaire est celui à! épinard de Jérusalem. 

M. Benott dit qu'il connaît cette plante sous le nom 
A*épinard de blette. 

M. Giron se charge d'exprimer les remercîments de 
la Société à M. Fiston, pour la notice qu'il a bien voulu 
nous transmettre et, en même temps, de le prier de 
déterminer scientifiquement aussi le pseudo-épinard 
dont il vient d'être parlé. 

Culture des asperges. — Le journal le Sud-Bst si- 
gnale, pour la culture des asperges, un procédé préco- 
nisé par un cultivateur anglais. II assure que le sel est le 



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JUILLET. 345 

seul engrais nécessaire pour produire de belles asper- 
ges. Le sel nourrit la plante qui est d'une espèce mari- 
time. Il suffit de donner à la plantation, par mètre carré, 
un demi-kilogramme de sel qu'on laisse à la pluie pour 
être dissous; grâce à cette méthode, le lit produira 
toujours des asperges saines, succulentes et de belle 
apparence, dont on peut tout manger; le même cultiva- 
teur soutient que de longues tiges blanches avec une 
pointe dorée de trois centimètres de long et sans aucun 
goût ne sont pas des asperges, mais un légume dé- 
gradé par une culture mal entendue. Il s'en réfère, 
comme preuve, au délicieux végétal obtenu par les 
Espagnols des côtes de la mer, simplement au moyen 
d'irrigations d*eau salée. 

M. Aymard fait observer qu'au Puy on obtient, à 
moins de frais, le même résultat par l'emploi de Ans 
gravats plus ou moins salpêtres et que, sans doute par 
cette raison, on nomme marin, 

La peste bovine. — Le même journal le Sud-Est re- 
produit la circulaire de M. le Ministre de l'agriculture 
sur les mesures propres à combattre le développement 
de répizootie : la peste bovine. Le paragraphe 5 de 
cette circulaire est relatif à la question soulevée, à la 
dernière séance de notre Société, sur la consommation 
de la chair des animaux atteints de la peste bovine. Nous 
le citons in extenso : 

€ Mais pour rendre plus facile et plus efficace Tinter- 
€ vention de l'autorité, et pour atténuer les pertes que 
« la peste bovine occasionne aux propriétaires, l'admi- 
f nistration ne s'opposera pas à la vente des animaux 



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316 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

€ abattus dans la localité même. Elle permettra égale- 
nt ment le transport de celte viande au dehors, en fai- 
« sant savoir qu'elle peut être consommée sans danger, 
« à la condition qu'elle ne laissera rien à désirer sous le 
« rapport de sa conservation. L'expérience de plus d'un 
« siècle démontre que la chair des bétes atteintes de la 
« peste bovine, mais abattues avant leur mort, ne pré- 
€ sente aucun inconvénient pour la santé publique. A 
« plus forte raison, la viande, provenant du bétail placé 
« au milieu des foyers de la contagion, peut-elle être 
« utilisée et transportée sans le moindre inconvénienUt 

Destruction des vers blancs. — Nous trouvons, dans 
le Bulletin trimestriel de la Société des sciences, agri- 
culture et arts du département du Bas-Rhin, un arti- 
cle intitulé : La destruction des vers blancs. Ce moyen 
de destruction se base sur ce principe reconnu que le 
ver blanc, au contact de Tatmosphère, meurt en quel- 
ques instants. L'auteur de l'article, après plusieurs an- 
nées d'expériences heureuses, conclut que, pendant 
trois années de suite, par un temps sec, il faut extirper 
en deux fois les terres dépouillées de leurs récoltes. Les 
extirpages ne doivent pas atteindre une profondeur dé- 
passant 6 centimètres. Chacun d'eux sera séparé par une 
interruption de deux heures. A chaque pièce, la première 
dent sera donnée en long, et la seconde en diagonale. 
C'est une opération facile et peu coûteuse. M. le Prési- 
dent pense que ce moyen pourrait être essayé afin de 
combattre le ver blanc, cette plaie de notre agriculture. 

Cultures à l'eau d'égout. — Nous lisons dans le 



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4UILLRT. 247 

Journal de la Société centrale d* horticulture de France 
une lettre sur la culture à Feau d'égoat. L'emploi de cet 
engrais serait d'une action trës-fertilisaate et donnerait 
de grands résultats économiques. Cet engrais, si considé- 
rable dans toutes les villes au sein des agglomérations 
humaines, peut deyenir une source nouvelle de riches- 
ses pour Tagriculture. Dans Tapplication de ce système 
à notre localité, on peut constater que les terres arro- 
sées par les eaux du Dolezon, après qu'elles ont recules 
eaux boueuses de nos rues, sont d'une fertilité excep- 
tionnelle ; on sait aussi que les boues de notre ville, en- 
tassées à son voisinage et employées pour les jardins et 
les vignes, si Ton a soin de les soumettre à certaines 
manipulations, amènent des produits très-remarquables. 
Il y a donc là, en môme temps qu'une question d'écono- 
mie agricole, un intérêt administratif; car la municipa- 
lité du Puy, qui jusqu'à ce jour avait payé pour 
l'enlèvement des boues, pourrait au contraire en tirer 
un large profit, s'il était possible de combiner le net- 
toyage des rues avec le système des nouveaux égouts 
qui est en voie d'application dans diverses parties de 
la ville du Puy. 



Histoire. — Origine des armoiries. — M. le Prési- 
dent a remarqué, dans le Bulletin de la Société des an- 
tiquaires de l'Ouest, l'analyse d'un travail de M. Ana- 
tole de Barthélémy sur l'origine des armoiries et sur 
leur utilité au point de vue de la critique historique. 
H. de Barthélémy établit par les textes et les monu- 
ments une distinction entre le blason qui a existé de 



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348 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

tout temps et les armoiries féodales qui ont commencé 
en France vers 1180 au plus tôt. Il ajoute que, de cette 
date au règne de Louis IX, les armoiries ont été pure- 
ment réelles, c'est-à-dire a^Uachées au fief et non à la 
personne qui le possédait. Tout monument peint, sculpté 
ou gravé portant des armoiries, est nécessairement pos- 
térieur à 1180.. En résumé, le blason est l'expression 
générale qui désigne les signes et symboles adoptés par 
un individu, les armoiries sont les figures ou symboles 
attachés à un fief ou adoptés par une personne noble. 
Les non-nobles avaient des blasons sur leurs sceaux; les 
fiefs, les nobles et les communes avaient des armoiries. 
Les premières étaient personnelles et variables, les se- 
condes immobilisées. Le blason d'un non-noble deve- 
nait armoirie, lorsque celui-ci était anobli. 

M. Aymard fait observer que ces vues judicieuses de 
Tun de nos plus savants archéologues seront suscepti- 
bles dans notre pays d'intéressantes applications que la 
Société doit recommander aux investigateurs de l'his- 
toire locale. On découvre journellement des cachets 
plus ou moins anciens qui portent des signes et symbo- 
les, concernant des personnes dont rien n'atteste la no- 
blesse. Il conviendra souvent de ne point considérer ces 
emblèmes comme de véritables pièces d'armoiries. 

Notre confrère mentionne aussi un curieux usage qui 
existait au Puy, sans qu'on puisse encore préciser son 
origine, d'après lequel des bourgeois ou même de sim- 
ples citoyens, élevés aux honneurs du consulat, se don- 
naient un blason en façon d'armoirie sur des pancartes 
peintes qui, au moins dans le dernier siècle, étaient 
illustrées aussi des armes du roi et de la ville et de 



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JUILLET. 319 

figures de renommées et d'autres génies en guise de 
supports (4). Ces tableaux, dont Tautorité municipale, 
officiellement et à ses frais, gratifiaient les consuls, ne 
semblent pas avoir constitué un droit héraldique; mais 
on vit parfois leurs possesseurs obtenir, sur la produc- 
tion de ces blasons, de royales autorisations qui les 
transformaient en vraies armoiries. 

£n remontant à des temps plus reculés, il ne sera 
pas moins instructif de rechercher Torigine des pièces 
héraldiques de nos plus anciens barons, soit qu'elles 
aient été empruntées au blason de lears sceaux, soit 
qu'elles aient été créées à rori|;ine même des armoiries^ 

A ce dernier point de vue, M. Aymard rappelle une 
étude qu'il avait faite sur les sceaux et armoiries de la 
ville du Puy et qui a été consignée dans les Annales de 
notre Société (tome XXVI, 1863, p. 30). Dans ce tra- 
vail, notre confrère avait été amené à peu près aux mê- 
mes conclusions que celles du mémoire de M. de Bar- 
thélémy, c'est-à-dire qu'avant de posséder un écusson 
armorié, cette ville avait, de temps immémorial, un 



(l) Depuis la séance de la Société do 11 juillet 1871, notre regretté compa^ 
triote M. Hector Falcon a légué au Musée, entr'autres dons intéressants, cinq 
de ces tableaux peints aux armes des familles Lantbenas, Sotchon, Dulac, etc», 
et aux dates des années 17:29 à 1789. Notre confrère, M. le docteur Martel, a 
bien voulu y joindre deux quittances de 1760 et 1768, dt'livrées aux consuls par 
le peintre Portai cadet, pour le prix de confection de semblables Jableaox. 
L'une d'elle est ainsi conçue : 

< Je déclare avoir receu de Monsieur Gencstet bourgeoix et second consul 
j^nnée présente mil sept cent soixante la somme de vingt quatre livres et c'est 
pour avoir fait les armoiries de Messieurs les consuls en exercice et celle de la 
ville dont tiens quitte. 

< Au Pay ce vingt quatriesme novembre mil sept cens soixante. 

< Porta L cadet. > 



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320 RÉSUMÉ DES SÉANGKS. 

sceau qui, suivant Tusage, devait offrir un signe, sym- 
bole ou emblème, un blason. A cet égard, les dates four- 
nies par nos documents concordent aussi avec tes don- 
nées résultant du travail de M. de Barlhélemy. C'est, en 
effet, vers le premier tiers du XIII* siècle, probablement 
peu après l'an 4218, que la ville du Puy aurait com- 
mencé à posséder de vraies armoiries (armaturœ), d'a- 
près diverses notions et aux termes d'un titre qui paratt 
en reporter l'existence au moins en 1277, toutefois 
sans énoncé descriptif. Des monuments de la fin du 
XV* siècle et du XVP, pierres sculptées, peintures, 
cachets et sceaux qui, sans doute, reproduisent de plus 
vieilles représentations de ces armoiries, nous les mon- 
trent ainsi figurées : semé de France, à l'aigle d'ar- 
gent, allumée, becquée, membrée et armée de gueules, 
au vol abaissé. 

Quant au sceau communal, une charte royale d'ac- 
cord entre l'évêque et les citoyens du Puy au sujet de 
leurs droits réciproques, reconnaît à ceux-ci, en 1218, 
le droit de sceau (sigillum), dont ils jouissaient anté- 
rieurement. Il est même possible, à l'aide d'autres don- 
nées historiques, d'en reporter l'existence au moins 
jusqu'au X* siècle (l'an 982). 

Le symbole ou blason du sceau, dont la connaissance 
pour ces temps reculés ne nous est pas encore parve- 
nue, ne pouvait être que Vaigle, sans le semis de fleurs 
de lis, addition qui ne peut remonter au-delà du 
XIII* siècle, c'est-à-dire avant l'institution des armoi* 
ries de la ville. 

L'origine des signes constitutifs du blason n'est pas 
moins digne d'intérêt. Sous ce rapport également, 



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4UILLET. 321 

M. Aymard serait porté à voir dans Vaigle de notre 
sceau communal comme un lointain souvenir de la 
colonie romaine dont une grande inscription lapidaire 
et de beaux débris de monuments ont révélé l'antique 
existence dans notre ville. C'est du moins ce que laisse 
entrevoir un rapprochement curieux entre Tembléme 
de la ville du Puy et ceux d'autres cités antiques, telles 
que Périgueux (Vesunna), Avignon (Avenio), Agea 
(Àginnum),Kvles (Arelas), etc., dont les anciens sceaux 
offrent, comme au Puy, l'aigle au vol abaissé, à l'instar 
de Taigle des légions romaines. 



COMMUNICATIONS. 

Agriculture. — Fauchage des céréales. — M. fè 
Président demande si, à l'approche des moissons, il ne 
conviendrait pas encore cette année, comme en 1870, 
d'effectuer une expérience publique du fauchage des cé- 
réales dans les environs du Puy. Il est constant que la 
faux à râtelier, dans les conditions exigées pour ce genre 
d'opération, accomplit quatre fois plus d'ouvrage et 
beaucoup mieux qae la faucille. Les dépenses que coû- 
tent à la Société ces expériences sont peu en regard de 
l'intérêt incontestable qu'il y aurait à introduire dans la 
pratique agricole ce mode de fauchaison qui est, d'ail- 
leurs, employé avec succès en d'autres pays. 

La Société ayant été d'avis que l'expérience soit re« 
nouvelée, M. Langlois propose de profiter de cette cir* 
constance pour faire aussi Tessai des moyettes. 

M. le Président reconnaît qu'il serait avantageux de 

TOME XXXI. 91 



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322 RÈSUMi DES SÉANCES. 

donner devant le public une leçon de ce nouveau pro- 
cédé. En conséquence, notre confrère H. ChouTon, n'é- 
tant pas présent à la séance, sera prié de vouloir bien 
dresser dans ce but quelques-uns des élèves de la ferme- 
école. 

Nouveau modèle de faurche, — M. de Brive annonte 
qu'eu égard à la difficulté de se procurer de bonnes 
fourches sur place, il a cru devoir acheter à Lyon un 
certain nombre de ces instruments en bois, d*un mo- 
dèle qui est en usage dans le département du Rhône. 
Ces fourches très-simples d'exécution, facilement mania- 
bles, ne coûtent que la modique somme de 50 centimes. 

L'assemblée remercie M. le Président de cette utile 
acquisition et décide que ces fourches seront délivrées 
an prix de revient à tous les agriculteurs qui en feront 
la demande. 



Histoire. — Les Grands- Jours au Puy. — Il est 
donné lecture d'une lettre adressée à M. le Secrétaire, 
dans laquelle notre confrère, M. le baron de Sartiges 
d'Angles, remerciant dô renvoi du tome XXX* de nos 
Annales, déclare que la partie du volume, concernant 
la tenue des Grands- Jours au Puy en 4666, Ta forte- 
ment intéressé : c Ce mémoire, écrit-il, a une autre va- 
leur que le mémoire publié par M. Gonod sur les 
Grands-Jours d'Auvergne à la même époque, lequel, à 
vrai dire, n'est autre chose qu'un roman, tandis que le 
mémoire (de M. Paul Leblanc), inséré dans les Annales, 
»ffre un caractère plus historique, en faisant connaître 



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JUILLET. 323 

les noms des accusés et les motifs de leurs condamna- 
tions. » 

M. Chassaing ajoute que ce qui donne un puissant in- 
térêt à ce travail, c'est qu'il reproduit les, textes mêmes 
des documents contemporains, reflétant à un haut degré 
rhisloire et les mœurs de Tépoque. 

Les antiquités bénédictines de Dom Estiennot. — 
M. le Président fait lecture de la lettre suivante que lui 
ont remise nos confrères, MM. Aymard et Chassaing : 



LePuy, le 10 juin 1871. 

Monsieur le Président, 

Nous avons Thonnear de vous prier de vouloir bien adres 
ser à M. le Ministre de Tlnstruction publique, par Tinter- 
médiaire de M. le Préfet de la Haute-Loire qui, nous en 
sommes convaincus d'avance, y donnera son bienveillant 
appui, une demande tendant au prêt à la Société académi- 
que du Puy, par la Bibliothèque nationale, des deux volu- 
mes manuscrits des Antiquités bénédictines pour le diocèse 
du Puy, contenant les extraits que Dom Estiennot avait 
recueillis, vers 1685, dans les cbartriers de l'Evèché de 
cette ville et des monastères du diocèse, en vue de la se- 
conde édition du GaUia christ iana. Ce prêt permettra à la 
Société de prendre une copie de ces précieuses notes qui 
offrent le plus grand intérêt pour Thistoire de nos contrées , 
parce que les documents originaux explorés et analysés par 
Dom Estiennot sont aujourd'hui pour la plupart détruits 



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324 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

on dûpenés. Les périls auxquels là Bibliothèque de la rue 
Richelieu a récemment échappé dans les é|>ouvantables 
désastres de Paris, justifient surabondamment Tintelligenle 
précaution dont le devoir incombe aux Sociétés savantes 
de faire copier les documents qui intéressent le plus This- 
toire de la province et sont accumulés dans notre grand 
dépôt national ; ce serait conjurer les cbances de destruc- 
tion irréparable que courent les exemplaires uniques et 
sauver à jamais les sources de nos annales. Nous venons 
d'en avoir une preuve frappante dans le sort de VHis- 
toire de la maison de Polignae, par Ghabron, qui a péri 
dans rincendie de Thôtel de Grillon. La perte de. ce 
manuscrit composé sur des titres originaux, qui ont été 
consumés en 1792 dans Tincendie du couvent des Gor- 
deliers du Puy, serait Tobjet de nos éternels regrets, si la 
Société ne devait à votre initiative si dévouée aux intérêts 
de la science et du pays, et à la libérale communication 
de M. le duc de Polignae, la copie qu'elle possède depuis 
Tan dernier. Nous ajoutons que la copie des deux volumes 
de Dom Estiennot suppléera, pour la partie ecclésiastique, 
à l'insuffîsance des documents qui forment la bibliothèque 
historique de la Société. 

Si les ressources de la Gompagnie ne lui permettaient pas 
de subvenir aux dé|.enses de la copie, il serait facile de trou- 
ver une combinaison quelconque, telle qu'une souscription, 
qui, dans cette circonstance comme dans bien d'autres déjà, 
allégerait cette charge. 

Veuillez agréer, monsieur le Président, l'assurance de 
notre respectueuse confraternité et de notre sincère dévoue- 
ment. 

Ayvard, Ghassaino. 



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JUILLET. 325 

M. le Président s'est empressé de transmettre cette 
demande à M. le Préfet qni, Ini-méme, Ta immédiate* 
ment envoyée à l'administration de la Bibliothèque na- 
tionale. D'aillears, M. Léopold Delisle, membre bono« 
raire de notre Société, vient d'être nommé conservateur 
du département des manuscrits de cette bibliothèque. 
Il n'est pas douteux qu'il se fera un plaisir d'appuyer le 
vœu de la Société. 

Chroniques de Médicis. — Il est donné communica- 
tion à la Société, au nom de M. Marchessou, imprimeur, 
des six premières feuilles du second volume de Me'dicis. 
L'impression est satisfaisante et répondra, il faut l'es- 
pérer, aux soins intelligents qui ont été donnés à la pu- 
blication du premier volume. 



Personnel du Musée. — Direction. — M. Aimé Gi- 
ron expose que, dans le but de supprimer toute préémi- 
nence, reconnue inutile entre MM. les conservateurs du 
Masée qui, chacun dans sa spécialité, consacrent le même 
zèle dévoué et intelligent à Torganisation des collections, 
il serait convenable de n'attribuer à aucun d'eux la di- 
rection du Musée. Aux termes du règlement de la Com- 
pagnie, la présidence de toutes les commissions appar- 
tient au Président de la Société ; celle du Musée, seule, 
fait exception à cette règle, sans qu'il soit nécessaire 
d'y déroger sur ce point. Il y aura, au contraire, sim- 
plification dans les rouages administratifs, lorsque le 
Président, ayant directement la gestion supérieure du 
Musée, devra, dans l'intérêt de cet établissement, inter- 



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3S6 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Tenir pins oa moins promptement auprès des autorités 
départementale et municipale. 

M. de BriTe, en annonçant son intention de résilier 
prochainement la présidence, appuie cette proposition 
qui est aussi admise en principe par rassemblée. Tou- 
tefois, comme toute modification au règlement relèye 
avant tout du conseil d*administration, celle-ci devra 
être formulée par écrit, sous la signature de trois mem- 
bres. En conséquence, M. le vice -secrétaire, après s*étre 
conformé à celte prescription des statuts, présentera 
la dem ande à la prochaine réunion du conseil. 

Élection du conservateur des beau^x-arts. — H est 
procédé au scrutin pour celte élection , en remplace- 
ment de M. Yibert père, décédé. Aucun des candidats 
n'obtient la majorité exigée par le règlement, et la So- 
ciété ensuite ne se trouvant pas en nombre suffisant, 
après avoir été consultée sur l'opportunité d'un nou- 
veau scrutin, remet à la prochaine séance la nomina- 
tion du conservateur de la section des beaux-arts. 



PeRSONFCKL DBS MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. — H. JulOS 

de La Bâtie a écrit à M. le Président de vouloir bien être 
auprès de la Société Tinterprète de ses remerctments 
pour sa nomination au titre de membre non résidant. 

Sur la proposition de MM. Ghassaing, Aimé Giron et 
l'abbé Frugère, rassemblée confère le titre de membre 
correspondant à M. Mestre, capitaine en retraite, che- 
valier delà Légion d'honneur, zélé collectionneur qui 



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JUILLET. 327 

a donné an Musée des témoignages de vive sympathie 
par des offrandes intéressantes. 
A sept heures, la séance est levée. 

Le vice-secréiairef 
kiui GIRON. 



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SÉANCE MENSUELLE 

DU JEUDI 7 AOUT. 



SOMMAlHa 

Lecture da proeès-verbal. — Mnstfi : Dons d*nne fnnée épingle de brome, 
préhistoriqae oo gaoloise, par M. Monteil; d'un petit buste romsin en brome 
et de vieilles cartes k joaer» par M. Tnja ; d'une râpe k tabac et d*ime plan- 
chette de dentellière, par M. Aymard. — Ouviigbs ebçds : Nomination de 
M. Galenard de Lafayette comme secrétaire de la réanion des agricnltenrs 
de l'Assemblée nationale. Chemins ruraax, proposition de M. Aymard d'ap- 
peler sur cette qaestion l'intérêt des députés agriculteurs. Tannée employée 
comme récipient d'engrais. Question chevaline. Procédé de conservation des 
fruits. Le phi/lloxera voflatrix. Utilisation de la cendrée comme engrais ; 
observation de M. le docteur Langlois k ce sujet. Morsure des serpents; 
observations de MM. de Brive» Martel, Aymard, l'abbé Frugère sur l'étude 
de ces reptiles et le traitement de leurs morsures. Dons d'ouvrages k la 
Société, par M. Desdevises du Désert. — Commuiiicâtioics : Expérience 
ikite au Puy, du moissonnage k la faux ; rapport k ce sujet par M. de 
Brive; mention de ce procédé dans un vieux registre du général de 
l'Estrade. Communication d'un manuscrit de Dom Estiennot; explications y 
relatives, par M. Chassaing. Grottes et cavernes, signalées et décrite; par 
MM. Chassaing et Aymard. La direction du Musée est conférée au président 
de la Société. M. le baron de Yinols, nommé conservateur de la section des 
beaax-urts. Question de l'assistance des membres aux séances. Nominations 
de divers membres au titre d'honoraires. Demande d'admission par M. le 
docteur Mouret au titre de membre non résidant. 



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AOUT. 329 

Présidence de M. de Brive. 

A trois heures, la séance est onyerte. 

Le procès-verbal de la précédente réunion est lu et 
adopté. 

MUSÉE. 

Dons.— Grande épingle à cheveux, préhistorique (?) 
petit buste romain, râpe à tabac, planchette à dentel- 
les, vieilles cartes à jouer. — M. Aymard fait Ténumé- 
ration des objets suivants qui ont été offerts au Musée : 

Par M. Monteil, surveillant des travaux de la ville, 
une très-longue et élégante épingle à che^reux, en 
bronze, ornée, dans le haut, d'un bouton et, au-dessous, 
cerclée d'annelets, comme on en voit à des épingles 
analogues de Tâge préhistorique du bronze. Toutefois 
cette pièce ne serait pas moins intéressante, si on Tattri- 
buait, d'après des spécimens plus ou moins approchants, 
soit à l'époque gauloise, soit au temps des Romains. 
Elle a été trouvée dans le sol du jardin public de la ville 
du Pny, en creusant une tranchée pour une conduite 
d'eau. Elle était à deux mètres de profondeur dans une 
couche de sable et de galets, inférieure à celle qui, en 
divers endroits du même jardin, avait déjà fourni aux 
recherches de notre confrère des médailles romaines, 
des fragments de tuiles à rebords, des fers de cheval, etc.; 

Par M. Emile Tuja, propriétaire au Puy, un petit buste 
d'homme en bronze, probablement gallo-romain qui 
provient de Saint-Panlien (l'antique Revession) ; et de 



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330 RÉSUMÉ DES SÉilNGES 

vieux spécinf^ens de cartes à jouer; 

Par M. Aymard, une râpe à tabac en fer, avec mar- 
que fleurdelisée ; 

Et une planchette de dentellière, élégamment ajourée 
et ornée de dessins naïfs en creux, avec la date 1744. 

H. le Président, au sujet de ces dons, exprime les 
remerciments de la Société. 



OUVRAGES REÇUS. 

M. le Président fait le dépouillement des publications 
qui sont parvenues à la Société depuis la dernière 
séance. L'une d*elles, donnant le compte rendu de la 
RéunionJibre des agriculteurs de t Assemblée natio- 
nale, annonce que cette association, importante par son 
influence sur les questions législatives intéressant Ta- 
griculture, a procédé au renouvellement de son bu- 
reau et a élu au nombre de ses secrétaires notre 
honorable confrère et ancien président M. Charles Ca- 
lemard de la Fayette, député de la Haute-Loire. 



Agriculture. — Chemins ruratix. — Au sujet de la 
communication qui précède, M. Aymard dit qu'il y au- 
rait opportunité d'invoquer la sollicitude de MM. les 
députés agriculteurs en faveur de la solution simple , 
économique et très-pratique de la question des ekemins 
ruraux au moyen des syndicats obligatoires. Depuis 
dix-sept ans, notre Société n'a pas cessé de préconiser 
ce système qui, s'il recevait une sanction législative, 



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AOUT. 33 f 

aurait pour effet très-prochain de favoriser aa plus 
haut point le progrès agricole et d'accroître la fortune 
territoriale de la France dans des proportions considé- 
rables: résultat d'autant plus désirable en ce moment, 
que de cruels désastres ont infligé à la France la perte 
de plusieurs milliards. 

La Haute-Loire, comme tous les départements acci- 
dentés où la propriété est sujette aui morcellements, a 
surtout le plus grand intérêt à la réalisation de cette 
mesure. En effet , les ressources des communes sont 
loin d'élre suffisantes pour les chemins vicinaux classés. 
Il ne faut donc pas penser à les appliquer aux chemins 
non classés ou chemins ruraux, lesquels, dès lors, 
sont livrés à Tincurie la plus complète et à un état de 
dégradation tel que certains ne peuvent pas laisser pas- 
sage aux chars. Beaucoup ont été réduits par des em- 
piétements à un simple sentier ; et à l'égard des terres 
qu'ils desservent, l'impossibilité de transporter les fu- 
miers et les récoltes rend ces propriétés presque im- 
productives. Aussi l'initiative de la Société a trouvé 
de constants échos d'abord au Congrès scientifique de 
France, tenu au Puy en 4855, ensuite dans les conseils 
départementaux. Avec ces assemblées, les agriculteurs 
intelligents et vraiment soucieux du bon entretien de 
ces chemins reconnaissent tous qu'ayant à bénéficier de 
cette amélioration dans une large mesure^ ils feraient 
une spéculation très-lucrative , en restaurant les che- 
mins ruraux par syndicats, à leurs propres frais et sans 
le concours pécuniaire, toujours tardif et insuffisant, de 
l'Etat, du département ou de la commune. Ce système 
est celui déjà consacré par les lois des 46 septem- 



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332 RESUME DES SÉANCES. 

bra 4807 et 21 juin 4865, pour des travaux d'un in- 
térêt collectif, tels que de défense contre les cours 
d'eau, dessèchement des marais, assainissement de 
terres humides , etc. ; système rendant obligatoire 
la coopération de la minorité des intéressés par 
la majorité et au moyen d'un vote ou assentiment 
régulier. 

La législation trouverait là, encore une fois, une belle 
occasion de faire appel à Tinitiative privée, souvent si 
féconde en résultats pratiques et immédiats. La théorie, 
dans notre département, a été suivie dé près par Texpé- 
rimentation qui en a consacré toute la valeur, au moyen 
des syndicats facultatifs organisés par Tinfluence active 
des maires dans queiqaes communes, telles que Vais et 
Taulhac près le Puy, Polignac, Yssingeaux, etc., dont 
les territoires montrent aujourd'hui des champs bien 
cultivés là où naguères, à défaut de bons chemins ru- 
raux, on ne voyait qu'un sol aride et couvert de pierres 
et de broussailles. Que serait-ce si l'association syndi- 
cale, trop souvent entravée par le mauvais vouloir de 
quelques-uns, se propageait largement, en devenant 
obligatoire pour la minorité, le plus souvent infime, 
des propriétaires réunis en syndicats? 

La plupart des Sociétés d'agriculture, qui se sont oc- 
cupées des chemins ruraux, partagent les mômes vues. 
Des députés, très-autorisés dans celte question, les ont 
soutenues au Corps législatif, sans toutefois qu*ils aient 
pu obtenir une solution favorable : résultat regretta- 
ble qui a tenu, sans doute, à ce que les représentants de 
certains départements, peu initiés aux intérêts agrico- 
les, n'avaient pas voulu prendre la peine d'étudier Tu- 



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AOUT. 333 

tililé de ces modestes, mais très-nombreuses voies de 
commuDication (I). 

L'assemblée, forlement pénétrée des vues émises par 
notre confrère M. Aymard, réitère le vœu qu|une loi 
vienne enfin satisfaire à l'une des pins impérieuses né- 
cessités du progrès agricole, en étendant aux chemins 
ruraux le bienfait du syndicat obligatoire. 

La tannée employée comme récipient d'engrais. — 
L'application agricole de la tannée est l'objet d'une note 
insérée au Bulletin de la Société d'agriculture de Poi- 
tiers. Les tanneries, comme on sait, disposent d'une 
énorme quantité de résidus ligneux, bois ou écorces, 
matières de rejet qu'il pourrait être utile d'employer 
dans réconomie agricole. On avait commencé à les utili- 
ser comme engrais, à une époque où, en raison des 
prix modiques de l'écorce du chêne, on en extrayait im- 
parfaitement l'acide tannique. Aujourd'hui que les prix 
ont doublé et même triplé, les corroyeurs épuisent da- 
vantage cet acide, en donnant à l'écorce deux ou trois 
bains. Le tan, ainsi traité, peut encore rendre des ser- 
vices à l'agriculture comme litière propre à recevoir 
les engrais. Le moment est venu de l'affecter à cet 
usage. La tannée qu'on utilisait pour le chauffage, après 



(L) Depuis notre séance du 7 août 1871, la Société a été inforniée que M. le 
ministre de l'intérieur, dans une circulaire du !•' février 1873, a demandé ^ 
MM. les Préfets des renseignements statistiques sur les chemin:, ruraux en 
Yue de rélaboration d'un projet de loi. Il est résulté des données founiiespar 
M. le préfet de la Haute-Loire, que, dans ce département, le nombre des chc 
mins ruraux s'élève au cbiiTre notable de 7,065, et que leur développement total 
n'est pas moindre de 9,000 kilom^tresr 



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334 RÉSUMÉ DBS SÉANCKS. 

avoir été préparée en pains au moyen de moules, troare 
peu d*acquérenrs/et les tanneurs la livrent à bas prix. 
C'est ainsi qu'au Puy, ces résidus se vendent à peine 
0,50 centimes la voiture. La Société doit retenir cette 
indication d'autant plus utHe en ce moment, que la 
paille, récipient ordinaire de nos engrais, a acquis une 
élévation de prix qu'elle peut conserver plus ou moin^ 
de temps. 

Question chevaline. — L 'opinion qui a prévalu an 
sein de notre Société, en ce qui concerne l'amélioration 
de la race chevaline dans notre pays, est partagée, d'a- 
près le Bulletin agricole de l'arrondissement de Douai, 
par les éleveurs de sa région ; c'est-à-dire qu'il convient, 
pour les croisements, de tenir grand compte des races 
présentant le mieux les conditions spéciales aux difficul- 
tés de l'élevage, aux ressources et aux besoins du pays. 
L'administration des haras, au contraii*e, lutte contre 
ces exigences locales, trop résistantes, à noire avis, pour 
qu'il soit possible de les vaincre. Aussi chaque départe- 
ment tend-il à repousser le système des haras dans ce 
qu'il a de trop exclusif, pour produire des animaux d'u- 
tilité réelle et de services pratiques et spéciaux. 

Conservation des fruits, — On trouve dans le Jour- 
nal d'agriculture progressive un procédé pour la con- 
servation des fruits pendant l'hiver. M. le Président fait 
observer que ce procédé est préférable à celui recom- 
mandé par Mathieu de Dombasles et qu'il a expérimenté. 
II s'agissait d'un fruitier portatif, se composant de plu- 
sieurs caisses superposées, faciles h couvrir et à visiter. 



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AOUT. 335 

Ce fruitier avait bien l'avantage de tenir pen de place ; 
mais rhumidilé, ne pouvant facilement s'évaporer, ame- 
nait la pourriture des fruits. Celui que préconise le Jour- 
nal d'agriculture pratique est aussi simple que peu 
coûteux. Il consiste à placer dans des caisses les fruits 
de même espèce, par couches, en les séparant avec du 
sable trës-fln, ni humide ni trèssec. Par ce moyen, les 
fruits ne se pourrissent pas et conservent une remar- 
quable fraîcheur. Il n*est besoin que d'un espace res- 
treint pour une grande quantité de fruits et les frais d'é- 
tablissement et d'entretien sont très-minimes. 



Viticulture. — Le phylloxéra vastatrix. — Cet in- 
secte, qui est en ce moment le plus redoutable ennemi 
de la vigne pour certaines contrées du Midi, a fourni 
le sujet d*une étude dans le Journal d'agriculture 
pratique. Après avoir énuméré diverses substances 
inutilement employées pour combattre ce fléau, Tauteur 
croit que le salut des vignes serait dans remploi de la 
potasse et, par conséquent, dans la fumure par la cendre. 

M. Langlois, sans avoir à constater la présence du 
phylloxéra dans les vignes de notre département, fait 
observer qu'en ce qui concerne rulilisalion de la cen- 
dre comme engrais, il a fait un essai comparatif de la 
cendre de bois et de celle de houille. Malgré la faible 
quantité de potasse contenue dans cette dernière, les ré- 
sultats en faveur de celle-ci n'en ont pas moins été sa- 
tisfaisants. 

M. Aymard, revenant à la question du phylloxéra, 
rappelle, au nombre des essais entrepris pour détruire 



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336 RÉSUMÉ DES SÉilNGES. 

cet insecte, rimmersion da sol par d'abondantes irriga- 
tions. Mais si le fléau venait à atteindre notre pays, ce 
procédé ne serait que très-rarement applicable à nos vi- 
gnes, le plus souvent situées aux pentes des collines et 
plus ou moins éloignées des cours d*eau. 



SÉANCE MÉDICALE. — Morsuvô dts serpents. — M. le 
docteur Yiand-Grandmarais, dans les Annales de la So- 
ciéCé académique d'Indre-et-Loire, a traité la question 
des moyens curatifs contre la morsure des serpents. 

M. le Président exprime lé vœu qu'il soit possible de 
compléter bientôt les collections zoologiques du Mu* 
sée, en ajoutant à nos belles séries des mammifères et 
d'oiseaux du pays celle des reptiles et en particulier 
des serpents. On apprendrait ainsi à distinguer les dif- 
férences spécifiques et même les simples variétés , les- 
quelles, étant parfois assez peu apparentes, permettent 
de se méprendre sur les caractères des espèces et , par 
suite, sur la malignité de leur venin. 

M. le docteur Martel fait observer qu'en attendant 
cette utile collection , des dessins bien faits et soigneu- 
sement coloriés rempliraient provisoirement le but 
qu'on se propose. 

M. Aymard informe l'assemblée que M. Moullade, 
pharmacien chimiste de notre ville, pratique avec 
succès un procédé au moyen duquel des reptiles et 
poissons , sans être empaillés ou enfermés dans des 
bocaux, conservent toutes leurs formes et leur colora- 
tion. Il est probable que si on en faisait la demande à 
ce savant naturaliste, il s'empresserait de doter le Musée 
d'une collection ainsi préparée. 



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AOUT. 337 

M. le caré Frngère dit qae les Frères des écoles 
Notre-Dame de France possèdent et s'efforcent de 
compléter une collection de serpents vivants qu'ils se 
procurent dans le pays et qu'ils s'empresseront de livrer 
à l'étude des connaisseurs. 

M. le docteur Martel, à propos des traitements à em* 
ployer contre la morsure des serpents , fait connaître 
qu'un frère de Paradis fut mordu, il y a quelques se- 
mainesy par une vipère vieille, trësirritée, et dans une 
journée très-chaude, trois éléments de grave morbidité 
dans ces sortes d'accidents. Malgré une forte ligature 
au bras, l'enflure, au bout de deux heures, avait fait de 
grands progrès ; les vomissements survinrent, unepa* 
leur mortelle se répandit sur tout le corps et l'enflure 
avait, le lendemain, gagné la poitrine. La cautérisation 
avec l'ammoniaque aurait été insufQsanle; mais grâce 
à l'ammoniaque employée à Tintérieur , grâce aussi au 
quinquina, aux frictions d'huile d'olive, remède nou- 
vellement préconisé , le malade a pu être sauvé , après 
quinze jours de très-sérieuses souffrances. 

Don d'ouvrages à la Société. — M. Desdevises du 
Désert, membre non-résidant et professeur d'histoire à la 
Faculté des lettres de Clermont, fait offrande à la bi- 
bliothèque de la Société de deux beaux volumes. Le 
premier est intitulé : Antiquités grecques du Bosphore 
cimmérien , publiées et expliquées par M. Raoul Ro- 
chetle; le second a pour titre : The Topography of 
aihens by Liem, coL IV, in leake, R. A. 

Ce don est accueilli par un vote de remerctments. 

TOME XXXr. 89 



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338 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 



COMMUNICATIONS. 

AGRICULTURE. — Moissontiage à la faux. — M. le 
Président rend compte de l'expérience qui , d'après la 
décision prise par la Société à la précédente réunion, a 
eu pour objet Tapplication de la faux au moissonnage. 
La Société doit se féliciter d'avoir renouvelé cette opé- 
ration qui avait eu lieu avec succès Tan dernier, et 
dont un rapport fut inséré au procès-verbal de la séance 
du <« août 4870. 

L'expérience n'a pas été moins satisfaisante ; elle a été 
faite le 24 juillet, dans un champ situé au terroir de 
Ronzade, près de la ville du Puy, et que le propriétaire, 
M. Demblé , s'était empressé de mettre à la disposition 
de la Société. L'assistance était nombreuse : elle comp- 
tait un certain nombre de nos confrères, des agricul- 
teurs de localités diverses des environs du Puy et des 
élèves de l'École normale qui, sous l'habile professorat 
de notre confrère M. Nicolas, sont initiés aux pratiques 
agricoles perfectionnées qu'ils s'efforcent plus tard de 
propager dans nos campagnes, en leur qualité d'institu- 
teurs communaux. 

Le champ, convenablement épierré, offrait une éten- 
due approximative d'un hectare, semé en froment et 
avoine. Quatre élèves de la Ferme-Ecole, offerts par 
son honorable directeur, M. Chouvon, et auxquels s'é- 
tait joint M. Baptiste Besson, chef d'exploitation du 
domaine de M. de Brive, et ancien élève de la Ferme- 
Ecole, ont opéré sur ces deux espèces de céréales. Ils 
en ont moissonné environ 30 ares avec la dextérité d'ou- 



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AOUT. 339 

Triers niranK exercés à un travail qui exige nécessaire- 
ment nne certaine habitude du sciage des blés par la 
faux; car il ne feut pas dissimuler que pour ce genre 
d^opération, comme pour tous les autres travaux agri- 
coles, l'habile maniement des instruments et outils s'ac- 
quiert par une pi-atique plus ou moins prolongée. 

M. le Président ne doute pas que ce moyen de récoK 
ter les céréales, malgré la difficulté de vaincre les pré- 
ventions et de changer tous procédés de culture invété- 
rés, ne soit un jour généralement appliqué dans le pays', 
à moins que des machines moîssonnensesi bien appro- 
priées à notre sol mouvementé et à tènements morce- 
léSy ne viennent bientôt chez nous alléger l'agriculture 
des frais exorbitants de la main-d'œuvre. D*ailleurs, 
le moissonnage à la faux est déjà répandu en France. 
M. de Brive le pratique depuis deux ans dans son do- 
maine de la Darne et il a la certitude que l'économie 
de main-d'œuvre est très-notable : la dépense n'est, 
chez lui, que d'un quart de celle que nécessitait l'em- 
ploi de la faucille. 

M. Aymard dit que le sciage des blés par la faux 
n'est pas une invention nouvelle : il a, sous ce rapport, 
la consécration du temps. Le général de TËstrade, no- 
tre compatriote, qui, dans ses opérations militaires avant 
n90, recueillait attentivement toutes sortes d'indica- 
tions agricoles pour les approprier plus tard à Texploi- 
-lalion de sa terre de Bari'et, aujourd'hui commune de 
Sanssac-rËglise, avait consigné, sur un registre que 
possède M. Hector Falcon, la mention de ce même pro- 
cédé, usité alors assez généralement dans les campagnes 
des bords- du Rhin. Il avait môme dessiné l'instrument 



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idiO RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

qu-il ayait yq fonctionner ei semblable à la faux à r&te- 
lier qoi Tient d'être employée par la Société dans l'ex- 
périmentation faite au champ de Ronzade. 



Histoire. — Manuscrits de Dom Estiennot. — H. lé 
Préfet, dans une lettre dont il est fait lecture, annonce 
qu'il vient de recevoir de M. le ministre de l'Instruc- 
tion publique, sur la demande de la Société, la com- 
munication du manuscrit de Dom Estiennot, intitulé : 
Antiquitates benedictinm dimcesis Podiensis. 

M. Chassaing donne quelques explications à ce siy^^ • 
€ En 4677, dit-il, Dom Estiennot résidait à la Chaise- 
Dieu. Chargé, par l'ordre de Saint-Benoit, de préparer 
le travail des antiquités bénédictines, c'est-à-dire le re- 
cueil des éléments historiques concernant les maisons 
religieuses des Bénédictins dans la première et la deu- 
xième Aquitaine, il visita les diocèses du Puy« de Cler- 
mont et de Saint-Flour, et, pour chacun d'eux, il com- 
posa un manuscrit pareil & celui qui nous est commu- 
niqué. » 

L'assemblée, satisfaite d'avoir à sa disposition cette 
nouvelle source d'informations historiques, remercie 
M. le Préfet de sa bienveillante intervention auprès du 
ministre, et prie M. Chassaing de faire exécuter une 
copie du manuscrit. 

Sur la proposition de M. Âymard, il est, en outre, 
décidé qu'après avoir renvoyé ce document à la Biblio- 
thèque nationale, des demandes seront faites pour obte- 
nir successivement la communication des manuscrits 
concernant les diocèses limitrophes, afin d'en extraire 



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AOUT. 341: 



tout cd qai peut concerner les parties de notre dépar- 
tement comprises dans ces circonscriptions religieuses. 



Arghêologib. — Grottes et caiûernes. — M. Chas^ 
saing signale la récente découyerle de grottes artifl«< 
cielles anciennes, dans an monticule sitaé à 100 mètres 
environ da village de la Villette, commune de Saint- 
Paul-de-Tartas. Elles ont été creusées dans une brèche 
argiloïde, surmontée par des basaltes. On y descend 
par une étroite ouverture et un escalier fort dégradé 
qui aboutit au milieu d*une galerie semi-circulaire qui 
se développe à droite et à gauche, à une assez grande 
distance, et autour de laquelle s'ouvrent des salles, 
les unes rondes, d'autres affectant une forme rectangu- 
laire. Leur hauteur répond & peu près à la taille ordi- 
naire d'un homme. 

Sur un des côtés de la galerie, se trouvent les mar< 
ches d*un escalier obstrué par des éboulements et qui 
paraît conduire à un étage supérieur, à moins toutefois 
qu'il n'ait servi à l'accès sur un autre point de ces grot- 
tes, ce qu'on ne pourra vérifier que par une fouille. 

La brèche argiloïde, ramollie par l'humidité, présente 
peu de résistance et a dû être facile à entamer. La ga* 
lerie et les chambres paraissent avoir été creusées à 
coups de pioche en fer; en examinant avec attention 
les traces qu'offrent les parois et les voûtes, on voit 
que ces traces sont de deux sortes, comme si elles 
avaient été faites par un instrument à bout pointu pour 
les unes et à bout tranchant pour les autres. Les em- 
pruntes sont assez bien conseiTées et assez fraîches 



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Hi RÉSUME DBS SÉANCES. 

potïr permettre de distinguer les éraillores da bout 
tranchant qui était ébrdché. 

M. Chassaing se demande s'il n*est pas téméraire 
d'assigner à ces grottes-là une ancienneté très-recnlée 
et si elles ne remonteraient pas an moyen âge et prin- 
cipalement à l'époqae des guerres des Anglais. Cette 
période de notre histoire est encore fort obscure et il ne 
sera peut-être pas impossible bientôt de la mettre en 
lumière, d'après des documents inédits qu'il a décou- 
verts et qu'il publiera ultérieurement. M. Chassaing ra* 
conte qu'en 4 381 , les Anglais occupaient Cariât, AUeuze» 
ilercœur et Salzuit et poussaient leurs incursions jus- 
qu'au Puy. A chaque instant, les seigneurs du bassin 
de l'Allier et notamment Astruc Dantil, seigneur de 
Taillac, dépéchaient des émissaires au vicomte de PoU- 
gnac, Handonet-Armand le Grand, pour l'avertir que 
les Anglais « allaient discourir le pays de Velay et qu'ils 
se jactoient de venir planter l'étendard, une fois an 
Bouchet-Saint-Nicolas, une autre fois à Saint^Paulien 
et à Craponne. » Cette année-là, les bandes des routiers 
saccagèrent tout le plateau méridional du Velay et 
emmenèrent prisonniers les enfants des mandements 
dé Saint-Jean-Lachalm, Montbonnet, Mirmande, Bains, 
Ch&teauneuf-du-Monastier et Montlaur; ces étages res- 
tèrent détenus à Aubenas jusqu'à ce que les Etats du 
pays eussent acquitté leur i*ancon. Il était naturel que, 
sous la menace et l'eiTroi de ces courses, les habitants 
de la Villette et de beauco\ip d'autres villages eussent 
la précaution de se créer des refuges quand il n'en 
existait pas d'anciens dans ces localités. U est certain 
qu'en temps de guerre ou de péril, quand des bandes 



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AOOT. 343 

eDoenûes parcouraient le pays, les habitants des cam-i 
pagnes conrsiient se cacher dans des cavernes. Mdme 
pendant les guerres de religion, il en fut ainsi : Jean 
Burel, dans ses Mémoires, en donne un exemple remar- 
quable et & date certaine. En avril 4590, en pleine li- 
gue, les troupes assemblées à Polignac par H. de 
Chaste, sénéchal, en allant assiéger le ch&teau de 
Saint-Haond, traversèrent la paroisse de Saint-Christo- 
phe-sur-Dolezon. Les habitants de ce lieu et de Cerey^ 
zet, village voisin, se réfugièrent à leur approche dans 
deux cavernes. Ces retraites furent malheureusement 
découvertes par Tennemî qui les enfuma, et le chroni- 
queur rapporte que, dans une seule de ces cavernes, 
vingt-deux personnes périrent; dans l'autre, dix per- 
sonnes, dont trois prêtres. 

Notre confrère cite, également, ce passage de Jean 
Bnrel, relatif à Tannée 1594, et qui prouve combien cet 
usage de se réfugier dans les grottes et cavernes était 
général en Velay, de la part des populations rurales, à. 
cette époque calamiteuse : « Les pouvres laboureurs,, 
c dit l'auteur contemporain, laysoient leurs maisons et 
« et alloyent demeurer aux boscages et cavernes,, 
c comme bestes, ne saichant plus où se retirer, estant 
c ravagés et pilhés de toutes partz de ces garnysons et 
€ jandarmes. » 

H. Chassaing, en outre, a visité des grottes creusées 
d'après le même système que celles de la Villetle et qui 
existent près de Fay-le-Froid, dans la petite vallée du. 
Lignott, à Test et non loin des ruines du.chftteau du. 
Halard. Ces grottes se trouvent dans un bois de hêtre,, 
sur iQ penchant d*une colline très-rapide ; elles iX)nsis- 



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344 RÉSUMÉ €ES SÉANCES. 

tent en un système àe chambres crensées dans une 
brèche , également volcanique, mais d'une dnreté très- 
grande. Il n'est pas possible d*y reconnaître snr les 
parois des traces des outils qui ont servi k les creuser. 
Mais on est frappé de l'analogie qu'elles offrent, 
quant à leur distribution, avec celles de la Villelte et 
cette circonstance amène logiquement à induire qu'elles 
remontent à la même époque. Les grottes si nombreuses 
qui existent sur les divers points de la Haute-Loire, mé- 
riteraient une étude spéciale d'un très-grand intérêt et 
qui , par la comparaison de leurs plans, arriverait 
peut-être à les classer chronologiquement. 

M. Aymard, sans nier l'emploi très-possible et plus 
on moins temporaire de quelques-unes de nos cavernes 
en des temps d'invasions ou de guerres civiles, refuse 
d^admettre, au moins pour le plus grand nombre de cel- 
les observées jusqu'à ce jour dans la Haute-Loire, qu'el- 
les doivent leur origine aux guerres des XIV* et XV!"* 
siècles. 

L'état de conservation de la grotte de la Villette et 
de quelques autres tient à ce que ces cavernes ne sont 
pas exposées aux intempéries qui en ont dégradé un cer- 
tain nombre. 

La nature du sol, plus ou moins tendre ou friable, est 
souvent un indice de haute antiquité, car dans le prin- 
cipe l'imperfection des outils, en particulier l'emploi de 
la pierre comme instrument, se prêtant moins au creu- 
sement des roches dures, imposait l'obligation de choi- 
sir pour ces cavités des sols peu résistants. 

De bonne heure également et à l'imitation de quel- 



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AOUT. 34ë 

qaes cavernes nalurelles qui, tout d*abord, donnèrent 
asile à l'homme, la nécessité de se soustraire aux at- 
teintes des bétes féroces dut lui inspirer l'idée de mul- 
tiplier ces retraites en les creusant de sa propre main. 
Plus ou moins informes au début, elles reçurent ensuite 
l'empreinte d*un art un peu plus avancé. 

Telle fut probablement Torigine des plus anciennes 
grottes. En tous cas, si Teffroi des invasions et des guer- 
res en avait suggéré la pensée, un vaste et libre champ 
serait ouvert aux conjectures. Avant les déprédations 
des temps plus ou moins modernes, les populations 
avaient été souvent temfiées par de formidables inva* 
sions, entr'autres, en remontant le cours des âges, les 
irruptions des Normands et des Sarrasins aux X« et 
VIII* siècles, des Visigoths qui occupèrent le Velay de 
472 à 533, des hordes germaniques aux ¥• et IV*, et à 
des époques de plus en plus reculées, des Romains, des 
Celtes, des Kimris, etc., etc. 

€ A vrai dire, ainsi que M. Aymard l'avait déclaré 
dans une communication sur ces grottes faite au Congrès 
scientiQque de 4855 (4), il est bien difiScile d'assigner 
des époques précises à la plupart de ces cavernes : il est 
probable qu'on en a creusé dans tous les temps... Tou- 
tefois, il ne serait pas impossible que les plus anciennes 
eussent servi de retraites aux premiers habitants de la 
contrée... Une étude comparée de leur plan de disln- 
bution intérieure, des dispositions de leurs ouverlures 
et de leur emplacement, ainsi que des dénominations et 
traditions qui s'y rapportent, fournirait d*utiles données 

(1) Gompte-foMlv, tom* I, p. 664. 



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346 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

pour leur classement chronologique. En l'absence d» 
cette étnde comparée, qui devrait étre.surlout graphi- 
que, on a quelques renseignements qui pourront guider 
dans ce genre de recherches. » 

Notre confrère mentionne à ce sujet les remarques 
suivantes : 

Outre que beaucoup de ces grottes ont en commun, 
avec les monuments mégalithiques, dolmens, peulvans, 
etc., des légendes relatives aux fées ou fascMneires, aux 
lutins, à Gargantua, etc., elles présentent parfois des. 
particularités qui assignent à leur origine des temps 
plus ou moins reculés. . . 

Au château de Larochelambert, un mur en maçonne- 
rie, construit après coup, pour fermer l'ouverture d'une 
assez vaste cavité, oBre une fenêtre d'un style d'archiT 
tecture antérieur aux guerres de religion. Au château de 
Bouzols, des vestiges de grottes indiquent qu'elles ont 
été creusées avant la construction de cette très-ancienne 
forteresse. Le (ait n'est pas moins remarquable au vieux 
château de Charrouil, dont les murs de fondation, évi 
demment postérieurs à des souterrains creusés dans le 
roc au dessous de cet édifice, ont travei*sé et coupé cer- 
taines parties de ces cavités. Lorsqu'on établit, il y a 
quelques années, le jardin de l'évôché du Puy, on trou*, 
va, dans le sol, un groupe de deux ou trois grottes laiK. 
lées dans la brèche volcanique. Leur déblaiement fit 
voir, qu'elles étaient surmontées d'une couche de débris 
d'antiquités romaines, attestant l'antériorité de la ca- 
verne. 

A la Roche-sur-Dolezon, on voit dans une roche vol- 
canique des restes de grottes qui ont été presqu'entiè- 



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AOUT. 347 

rement détruites par les érosions successives da Dole- 
zon. Celles-ci doivent être fort anciennes, si Ton a égard 
à la durée de temps qu'il a fallu pour produire une ac- 
tion si puissante du cours d'eau. 

Le nom du très-ancien village de Borne, qui, dans le 
vieux langage du pays, comme en d'autres régions du 
Midi, signifie caverne (en patois aussi caborne), ne peut 
provenir, depuis un temps plus ou moins reculé, que 
d'une grotte voisine qui, évidée à une. certaine hauteur 
dans un rocher très-apparent, au-dessus de la rivière de 
Borne, domine une partie de ce village. C'est à cette 
circonstance que probablement ce cours d*eau doit son 
nom qu'il porte de temps immémorial. 

Il faut donner la môme signification à l'appellation 
également ancienne du village de Bournae, commune 
de Saint-Front, à cause des grottes qu^on y voit. 

L'étymologie est loin de fournir toujoui*s des données 
aussi certaines, et sans l'invoquer avec trop d'assurance, 
on peut remarquer le nom de l'ancien village de Cha^ 
cornac, qui semble indiquer une habitation et un sou- 
terrain : chac ou chas (casa) orn (bom) ac; cette cou* 
jecture est fortifiée par la présence d'un immense 
souterrain à corridors, galeries, chambres, etc. : type 
des plus intéressants d'un genre de cavernes qui se 
distingue éminemment des grottes en groupes ou iso- 
lées, creusées à une certaine hauteur dans nos roches 
volcaniques et ayant leurs ouvertures à la paroi plus ou 
moins verticale du roc (1}. 



(1) Le ndieal hom on om n'est pas le seul qni entre dons la composition de 
plusiears noms de lieox plus ott moins lenurqoables pur leurs ircotte84 De 



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348 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

C'est à ce dernier système de (évités artificielles qne 
se rapportent les grottes de Chadron, an pied desquelles 
on a trouvé des haches en pierre polie ; celle de Laro- 
che-prës-Coubon dont le sol environnant a fourni des 
silex taillés et contre lesquelles le moyen âge avait ac- 
collé un castel ; enfla les grottes de Peyienc, au contact 
desquelles se sont révélés des indices d'une station pré- 
historique reconnaissable à d'assez nombreux éclats et 
lames de silex, hachette en silex quarlzeux, fragments 
de poteries plus ou moins grossières, caractérisant la fin 
de Tâge de la pierre taillée. 

11 faut, en outre, remarquer que dans le plus grand 
nombre de ces différentes excavations, toutes les pièces 
de fermeture, gonds, barres et verrouUers, les crampons 
et scellements de cloisons, etc., si Ton en juge d'après 
les dispositions des creux qui les recevaient, dénotent 
l'emploi du bois, k Texclusion de tout métal, cuivre, 
bronze et fer; comme si la pensée première de ce mode 
de construction avait été conçue avant les âges caracté^ 
risés par ces métaux et se fût ensuite perpétuée jusques 
à des temps moins anciens où il semble que certaines 
grottes ont dû être agrandies et améliorées par le tra* 
vail d'un instrument à pointe, peut-être en fer, ainsi 
que le fait conjecturer quelquefois la taille du roc mon- 
trant des empreintes d'outils plus ou moins analogues à 
nos pics ou pioches. 

M. Âymard termine cet exposé en recommandant ii 



yienx doeiments mentionnant aotsi les noms de la Bëlme on la Bêums, les 
CIuhU on U Utel, ciantel on da CiâuMl, comme s'sppUqaant, soit k dei 
ctTarnae, soit à des Tiltaf es oà se tronvent ees eiesvsiions* 



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AOOT. 3*9 

Texamen très-atteatif des observateurs toutes les parti- 
cularités qui peuvent fournir soit des dates, soit des ren- 
seignements sur les diverses destinations des cavernes, 
lesquelles ont donné lieu, en d'autres pays, à bien des 
coi^ectures. Déjà il est acquis que nos grpttes, disposées 
en groupes aux flancs de rochers plus ou moins abrupts, . 
ont servi d'habitations plus ou moins permanentes. Iso- 
lées, on les prendrait parfois pour des postes d'observa- 
tion ou vedettes destinées à surveiller les approches d'un 
centre de population ou village, à commander un valloo, 
une route ou estrade, une étendue de pays plus ou 
moins vaste ; souterraines, elles ont dû comporter des 
usages plus ou moins variés, soit comme cryptes d'ap- 
provisionnement, soit pour y remiser les bestiaux, à 
l'exemple des souterrains du Charrouiloùles parois des 
corridors ont été usées et comme polies par le passage 
sans doute très- prolongé du bétail dans ces étroites 
galeries, soit enfin comme habitations troglodytiques et 
refuges en temps de guerre ; quoique l'occupation de 
l'Algérie nous ait appris combien ces retraites sont peu 
sûres pour des populations qu'on peut si facilement 
exterminer par le simple procédé de l'enfumage, à 
moins qu'enfermées dans des forêts, elles fussent dé- 
fendues, comme les oppida des Germains, par d'impé- 
nétrables retranchements formés d'abattis d'arbres. 

Dans ce dernier cas, leur emploi aussi bien que la 
structure des excavations comportant quelquefois, 
comme à Chacornac, des corridors construits à pierres 
sèches, sans indice d'assises, recouverts de grandes dal- 
les brutes, révéleraient peut-être, dans nos pays, un 
état de civilisation moins avancé qu'à l'époque gauloise 



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350 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

proprement dite, où Ton trouve des oppida établis à dé- 
couvert au sommet de monts plus ou moins inaccessibles, 
comme Gergovie et Corent en Auvergne, comme PoU- 
gnac et probablement aussi Corneille et le mont Anis au 
Puy-en-Velay. 



Personnel. — Présidence de la Société- ^ M. de 
Brive rappelle que la présente réunion clôt, pour la So- 
ciété, Tannée de ses travaux. A la séance de rentrée, 
du mois de novembre, il fera mettre à Tordre du jour 
la nomination d'un nouveau Président. Ayant accepté 
provisoirement la continuation de celte charge, il re- 
grette que Tétat de sa santé Toblige à réitérer la de- 
mande que la Société veuille bien Ten relever. 

Direction du Musée. M. Balme, au nom du Conseil 
d'administration, fait un rapport sur la proposition pré- 
sentée par MM. Aimé Giron, Chassaing et Tabbé Frugère, 
au sujet d'une modification de Tarticle 2 du règlement 
concernant la direction du Musée. « Le Conseil est d'a- 
vis, dit M. Balme, que les fonctions de directeur du Mu- 
sée soient supprimées. Elles seront exercées par le Pré- 
sident de la Société à titre de président de la Commission 
du Musée et de toutes les autres commissions émanant 
de la Société. En conséquence, il est chargé de la sur- 
veillance générale du Musée , du classement des diver- 
ses collections entre elles, de la vérification des catalo- 
gues, de la convocation et de la présidence de la 
Commission et de rendre à la séance de janvier un 
compte annuel de Tétat de situation du Musée et des 
dépenses faites pour cet établissement. 



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AOUT. 351 

H. le Président met aux voix l'article 2 ainsi modifié, 
qui est adopté à Tananimité. 

Élection du conservateur de la section des beaux- 
arts. — M. le docteur Martel a la parole pour une ques- 
tion de principe. 

« La galerie des tableaux et autres œuvres d'art, dit- 
il, est une des collections les plus riches du Musée. A 
qui appartient le Musée? A la ville. A qui appartient en 
principe la nomination du conservateur? Au maire. Eh 
bien! je m'étonne qu'au moment où je parle, M. le Pré- 
sident ne nous dise pas qu'à propos de cette nomination, 
il s'est mis en rapport avec M. le Maire. Cependant il 
me semble que cet acte de déférence était indispensable, 
d'autant plus que M. le Maire, après l'Exposition univer- 
selle de 1867, a dépensé , en fonds de la Mairie, plus de 
ï 2,000 francs pour l'achat de vitrines et objets mobiliers 
provenant de cette exposition; objets qui, avec nos 
richesses scientifiques, concourent à donner au Musée 
du Puy une supériorité incontestable sur le plus grand 
nombre des musées de France. 

« Je suis persuadé, ajoute M. Martel, que si M. le 
Maire avait été informé oflBciellement de ce projet de no- 
mination et que, pour la forme, on lui eût demandé son 
avis, M. le Maire, satisfait de cette démarche , aurait 
sans doute répondu qu'il s'en rapportait à la sagesse de 
la Société. Ne seraii-il pas convenable, messieure, d'a- 
journer le vote, afin de réparer l'omission que je viens 
de signaler, omission qui peut froisser l'autorité du 
Maire et faire naître un conflit? » 

Notre confrère, M. Chevallier-Balme, adjoint h la mai- 



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352 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

rie, au nom de l'administration municipale, décline 
tonte ingérence dans las nominations des conservateurs 
du Musée, et rappelant les bons et sympathiques 
rapports qui existent entre la Mairie et la Société, dé- 
clare s'en tenir aux anciens errements. 

M. Chassaing fait remarquer, en outre, que le Con^ 
seil général alloue des subventions au Musée, parceque 
cet établissement a toujours été considéré à bon droit 
comme intéressant le département de la Haute-Loire 
tout entier et non pas seulement la ville du Puy; qu'il 
ne peut y avoir que des inconvénients à soulever la 
question de propriété du Musée et de ses collections; 
que personne ne conteste les droits de la ville; qu'il 
est donc sans intérêt de changer un régime qui a pro« 
duit d'excellents résultais, que le maire de la ville, 
tout le premier, ne demande qu*à maintenir et res« 
pecter, et qui constitue une des prérogatives les plus 
honorables de la Société, prérogative qu'elle abdique- 
rait sans aucune nécessité. 

MM. Louis Paul et docteur Langlois, appuyant les 
observations de M. le Secrétaire, sont aussi d'avis que 
dans l'intérêt bien entendu du Musée, il est de notre 
devoir de maintenir les attributions de la Société. 

L'Assemblée, s'en tenant aux précédents de la com- 
pagnie à l'égard de la nomination des conservateurs, 
procède au scrutin et notre confrère, M. le baron Jules 
de Vinols de Montfleury, député de la Haute-Loire, est 
nommé conservateur de la section des beaux-arts. 

Question de l'assistance des membres aux séances. 
— M. le Président rappelle qu'à la séance du <•' mai 



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AOUT. 353 

dernier, la Société avait décidé qu'il serait écrit par 
M. le Secrétaire à ceux de nos confrères qui n'assistent 
plus aux séances poar les prévenir qu'il y a lieu de re- 
mettre en vigueur Tarticle 3 du règlement. M. le Se*- 
crétaire s'est conformé à la décision de la Compagnie. 

M. le chanoine Alirol, secrétaire de Tévêché, empoché 
par ses nombreuses occupations, a écrit pour demander 
à échanger son titre de membre résidant contre celui 
que la Société voudra bien lui accorder. 

M. Victor Robert, dans une lettre datée de Dieppe , 
fait connaître qu'il exprimera ultérieurement ses in- 
tentions. 

M. le Président appelle ensuite l'Assemblée h délibé- 
rer sur le titre à donner à ceux de nos confrères qui, 
ne pouvant plus assister à nos réunions, désirent 
néanmoins rester affiliés à la Société. Trois membres 
sont dans cette situation : M. le docteur Reynaud qui 
a manifesté ce désir à M. le Secrétaire et MM. le cha- 
noine Alirol et Giron-Pislre. 

M. le Président, considérant les services rendus à la 
Société par ces excellents confrères et la persistance 
de leur dévouement à notre œuvre commune, propose 
de leur conférer le titre de membre honoraire; ce qui 
est adopté par TAssemblée. 

Remerctment d'un membre correspondant, — M. le 
capitaine Mestre, de Langeac écrit pour remercier la 
Société de lui avoir conféré le litre de membre corres- 
pondant et lui promet son concours le plus actif. 

Demande d'admission au litre de membre non ré- 

TOME XXXI. 23 



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3&i RÉSUMÉ BBfi SÉANCES. 

iidcmt.^^ M. le Président donne lednre d*ane lettre 
par laquelle, M. Mourel, docteur en médecine à Ho- 
nistrol^nr-Loire, sollicite le titre de membre non rési- 
dant et envoie, à l'appui de sa demande, une élude 
manuscrite intitulée : Erreurs populaires en médecine, 
La commission nommée pour rendre compte de cet 
ouvrage est composée de MM. les docteurs Langlois et 
Vibert et de M. Cbassaing. 

A sept heures, la séance est levée. 

Le Secrétaire, 
AuGUSTiif CHASSAING. 



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SÉAlVtl^lVIKNSUÉ'tlt: 

DU JEUDI 7 NOVEMBRE 



sommaihb: 

Lecture du procès-Terbal. — Mus^b : Dons de deux blocs de la brèche volca- 
nique des GoAbes (Espaly); d'une substance bUdmineuse trouvée près de 
JagODzao} d'os foscites provenaot de Saint-Privat. Colleetion d'objets pré- 
historiques de la station lacustre de Robenhansen (Suisse) ^t da foyer 
slave d'Ischarna, près Dresde, offerts, avec divers dessins et mémoires, de 
moulages d'antiquités romaines, des assignats, des dentelles de Saxe, etc., 
par ltf-« Ja baronne de Boxberg. Matrices de trois vieux caebets données 
par M. Jayeux, et d'un cachet maoonnique d'une loge d'Avignon, par 
M. Mestre; insigne maçonnique envoyé de Yicille-Brioude, par M. l'abbé 
Sijan. Don par M. de Brive, président, d'une grande hache en pierre polie 
provenant do Dampierre, commune de €oubon. Proposition de créer an 
Musée un «aton préhistorique et offre gratuite, par M. Aymard, de sa collec- 
tion d'instruments de pierro et de bronze. — Oovbagbs hiçus : Blé 
hybride Galland cultivé par M. de Morteuîl. Fanage par la méthode des 
moyettes. Étiquettes de jardin. Proeédé d'imperméabitité k l'eau des papiers 
et étoffes. Métrologie gauloise et romaino d'après M. Anrès. Oppidum de 
Nages et de Mus. Monuments chrétiens primitifs. Antiquités des eaux ther- 
males de Bourbon et d'Évaux; les dieux Bovvo, Ivahu et Àdidon. Céramique 
gallo-romaine. Album typographique imprimé par M. Marcbessou. -* Coh- 
MURicATiONs : Subvention ministérielle accordée k la Sociéié. Rapport 
annuel de M. Balme sur les Caisses d't^pargne du Puy et de Craponne. 
Proposition par M. Isidore Hedde d'établir au Mezenc une station météo- 
rologique. Nouveau système d'aérostat proposé par M. Félix Varenncs; 
M. Nicolas est chargé d'en rendre compte à la Société. Rapport de M. le 
docteur Langlois sur ta candidature de M. Mouret au titre de membre non 
résidant; admission du récipiendaire. 



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1 



356 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Présidence de M. de Brive. 

A trois beur£8, la séi^ce.est opver/e. 

Le procès-verbal de la précédente réunion est la et 
adopté. 

MUSÉE. 

Dons. — Blocs de brèche volcanique et d'une subs- 
tance bitumineuse, os fossiles, objets préhistoriques, 
antiquités romaines, matrices de cachets, insigne 
maçonnique, assignats, dentelles de Saxe, grande 
hache en pierre polie, — M. Âymard présente un grand 
nombre d'objets exposés sur des tables, autour du 
bureau et dont il fait Ténumération suivante : 

€ 40 Deux blocs de brèche volcanique, renfermant, 
Tun un galet basaltique et l'autre un débris de bois en 
partie calciné. Ces morceaux ont été acquis des ouvriei*s 
d'une carrière actuellement en exploitation au terroir 
des Combes, commune d'Espaly. Ils sont intéressants 
au point de vue de Torigine des brèches, lesquelles, en 
cet endroit comme en bien d'autres, témoignent par 
tous les éléments constitutifs de la roche qu'elles pro- 
viennent d'une éruption sur place. On y trouve, en ef- 
fet, quelques galets de phonolithe et de basalte évidem- 
ment détachés d'un lit de semblables cailloux dont les 
affleurements existent à peu près au même niveau, sous 
les basaltes des plateaux voisins. On y observe aussi en 
amas isolés, au milieu de la brèche, des sables qui en- 
trent dans la composition de ce terrain de transport. 



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NOTEMBRE. 3^7 

ainsi que des blocs de marne argiiense et des fragments 
de calcaire arrachés, sans aacun doate, par Témption 
des brèches à la formation des calcaires marneux sous- 
jacents. Ces faits excluent absolument l'hypothèse émise 
au sujet de ces brèches par MM. Poulett^Scrope et Ber« 
trand de Doue, aussi bien que celle produite au congrès 
géologique, tenu au Puy en 4869, par MM. Delanone, 
Lory et Grûner. Ils confirment nos observations éta- 
blissant l'origine éruptive des brèches, qui reçurent au 
congrès la pleine adhésion de nos confrères MM. Félix 
Robert, Vinay et Lecoq, ainsi que de M. Tingénieur 
Toumeire qui a dressé la carte géologique du dépar- 
tement, et d'autres membres- du congrès, lesquels par-* 
tagent aussi notre opinion à regard des brèches en dike$ 
de Corneille, Saint Michel, Espaly, Polignac, etc.; 

€ io Un bloc d'une substance bitumineuse qui parait 
avoir été fondue. Il a été trouvé, avec plusieurs autres, 
dans le sol et sous la couche arable d'un champ près de 
Jagonzac, commune de Saint-Haon. C'est la première 
fois qu'une découverte de ce genre est signalée dans la 
Haute-Loire. Elle 'donnera lieu à une étude géologique 
par la comparaison du gisement avec celui du Puy-de* 
la-Poix, en Auvergne, où une éruption de \vakile ou 
pépérite a produit une source d'eau minérale ayant € la 
€ singulière propriété d'amener du bitume (pissasphalte) 
€ .... et de le pousser au dehors par un dégagement de 
€ gaz sulfbydrique assez abondant (1). » Cette pièce a 
été donnée au Musée par le propriétaire du champ ; 

€ 3» Divers débris d'os fossiles extraits des tufs vol- 

B .LMoq» L«t ipofueê §éùiôgiqueê ie Vàutwgnêy 1869, t. n, p. 8i« •': 



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358 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

eàniqaes de Saint*Priyat-d' Allier. Il y a surtout un 
astragale de grand ruminant, qui est dans un état de 
parfaite conservation. Ces morceaux ont été acquis par 
nos confrères MM. Aimé Giron et Tabbé Frugère; 

€ 4° Une collection d'objets préhistoriques de l'&ge 
néolithique ou de la pierre polie, qui, joints à d'autres 
qui sont au Musée, nous font connalti*e l'état social de 
l'homme à une époque très-ancienne où des peuplades 
lacustres habitaient des villages construits sur pilotis et 
tels qu'il semblerait en avoir existé aux lacs du Velay 
et du Gévaudan (1). 

€ Ces pièces qui ont été recueillies à la station lacus- 
tre de Robenhausen , en* Suisse, par notre généreuse 
correspondante, M^^^" la baronne de Boxberg , sont les 
suivantes : deux morceaux de tourbe extraits du fond 
du lac entre les tronçons des pieux ou pilotis qui avaient 
supporté la plate-forme du village, un de c^ morceaux 
contenant un fragment de hache en pierre ; d'autres 
haches, plus ou moins fortes, entière^ ou en fragments, 
imparfaitement polies ; un gros galet de serpentine qui 
fait voir l'ébauche d'une grande hache et , de chaque 
côté, des traces de rainures ou d'un travail de sciage 
au moyen duquel on avait détaché deux autres sem- 
blables instruments ; une hachette emmanchée dans une 



(l) Voyez ponr les lacs de la Saisse : Die f'iahlbauten tn deen Schweizer- 
Seen, von J. Staub, Lekrer. Fluntern bei Zurich, etc., 186i, et le savant oa- 
vrage de M. John Lnbbock : Prehistoric limes, 1866, traduit par E. Birbier, 
sous ce titre : L'Homme avant l'histoire, Paris, Germer-Baillière, 1867. 

Voyez aussi, pour les lacs de nos pays, la légende du Bouchet, relative ï un 
village englouti dans les eaux f Annales de la Société, tome xxiv, 1861-1869, 
pige 60). Od a trouvé des restes de pilotis dans un des lacs d'Aobiae. 



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IfOVEMBAB. 3&9 

corne (moalage) ; une boaie en pierre que Ton croit i^voir 
servi à écraser le grain; une lame de couteau et divers 
éclats de silex ; deux silex taillés en lame et en pointe 
de flèche (moulages); une hachette et un poinçon en os 
(moulages) ; une large côte fendue et dont un des bouts 
finit en pointe, comme on en a trouvé dans la plupart 
des stations lacustres, et qu'on croit avoir servi pour le 
teillage de matières textiles; des morceaux de grands 
vases noirâtres, de cuisson imparfaite, façonnés sans em- 
ploi du tour, les uns à surfaces rugueuses, d'autres ornés 
de rainures plus ou moins régulières et de dépressions 
produites simplement par l'ongle; un gros poids en 
terre cuite pour filet de pèche ou pour métier à tisser; 
des fragments d'étoffe et de fil en chanvre; un éclat de 
bois carbonisé; trois débris d*os de ruminants (humérus, 
fémur et métacarpien] ; enfin des substances alimen- 
taires tels qu'une de ces moitiés de poire sauvage re- 
cueillies fréquemment dans les stations lacustres et qui 
pai*aissent avoir été séchées et conservées pour les 
provisions d'hiver et surtout des grains de céréales, blé 
et orge, dénotant qu'en ces temps reculés où l'usage 
des métaux était encore inconnu, les hommes prati- 
quaient l'agriculture. 

€ A cette collection, et pour en faciliter Tintelligence, 
M"* de Boxberg a joint une carte imprimée du canton 
de Zurich avec ses lacs à stations préhistoriques, ainsi 
qu'une brochure illustrée de planches où sont figurés 
les objets découverts dans les lacs de la Suisse (1). 



(I } Cette brochure, déjà citée en note, a pour titre : Die Pthalbauthen in 
dêéu SchwetzerSeen, etc. Depuis cet envoi, M°« de Boiberg a bien voala nous 
faire ose tradaeUon de ee mémoiif . 



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960 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

€ Ces documents se complètent aussi par une notice, 
dont M"' de Boxberg est l'auteur, avec dessins coloriés 
de deux croissants lunaires, un en terre cuite, trouvé 
dans la forêt de TEbersberg, canton de Berne, l'autre 
en bronze, près Soleure, lesquels, comme un semblable 
symbole en grès conservé au musée de Genève et décou- 
vert dans une station palafltique du lac Léman^ feraient 
remonter Tadoralion de la lune jusqu'aux temps préhis- 
toriques. 

< Notre correspondante nous a remis également des 
traductions de mémoires publiés dans le journal Y Etran- 
ger, h Augsbourg. Ils concernent les témoignages pré- 
historiques en Danemark, l'antiquité de l'usage du fer, 
des outils en pierre recueillis dans des mines de l'E- 
gypte , une figurine en bronze trouvée à Vessobrunn 
et représentant une divinité indigène; 

€ 50 M"' de Boxberg, en outre, nous a apporté du 
foyer slave dlscharna, près Dresde, déjà si fructueuse- 
ment exploré par elle au profit de notre Musée, des 
pièces non moins curieuses, les unes en nature, d'autres 
en moulages habilement exécutés par elle-même. Ce 
sont une pierre de fronde, des poteries entières ou en 
fragments, dont une cuillère, ainsi que deux épingles en 
bronze ; 

« 6» Nous lui devons également des moulages — exé- 
cutés aussi par la donatrice — d'antiquités romaines. 
Ils reproduisent une terre cuite représentant Vénus à 
sa toilette, trouvée à Cologne; cinq lampes provenant 
d'Afrique, de Rome, de Paris, Clermont en Auvergne, 
etc. ; et un andouiller de corne de cerf percé d'un trou 
de suspension, qui a été exhumé de l'un des puits fa - 



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NOVEMBRE. 364 

néraires do Bernard en Vendée, par M. le cnré Baadry ; 

€ 7° C'est encore à l'époque romaine qu'il convient 
d'attribuer des fragments de poteries trouvés près de 
Saint-Privat-d'AIlier, probablement au même lieu de 
sépulture d'un oculiste, d'où proviennent un cachet la- 
pidaire, une trousse d'instruments de chirurgie, d'autres 
morceaux de vases et divers objets acquis par la Société 
et conservés au Musée. M. le curé de St-Privat, aujour- 
d'hui décédé, s'élait procuré ces poteries qui ont été cé- 
dées par ses héritiers à MM. l'abbé Frugère et Giron; 

€ 8<> Trois matrices de cachets armoriés ont été don- 
nées par M. Joyeux, fils de l'un de nos anciens et regret- 
tés confrères ; 

€ 9^ Une matrice d'un beau cachet de la loge franc- 
maçonnique de Saint-André, de l'aimable association 
de l'Orient d'Avignon, nous a été envoyée par notre 
confrère, M. le capitaine Mestre, de Langeac, à qui déjà 
le Musée était redevable d'objets intéressants; 

€ 10<> Notre collection franc-maçonnique, Tune des 
premières de ce genre qui aient été organisées dans 
on Musée, s'est accrue aussi par le don que lui a fait 
H.Tabbé Sijan, curé de Vieille-Brioude, d'une écbarpe 
en soie cramoisie avec insignes richement brodés ; 

€ \\o Les libéralités de M"^ de Boxberg comprennent 
encore dix assignats de 500 h 10,000 livres, des ans II 
et III de la République française ; 

€ 42? Et surtout une série d'échantillons de dentelles 
de Saxe, ainsi qu'un modèle de carreau ou petit mé- 
tier avec ses fuseaux, qui sert dans le même pays à la 
fabrication de ces tissus, et sem un des curieux et ins- 
tructifs ornements de notre Musée des dentelles. » 



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362 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

M. le Yice-président dit ensuite qn'à sa demande, 
M'^ la baronne de Boxberg et M»* la marquise de 
Larochelambert ont bien voula assister an Masée, dans 
une réunion de dames, à Touverture des caisses conte- 
nant les dons de notre gi^acieuse correspondante et 
fournir à leur sujet de savantes explications. MM. le 
Maire et les Conserrateurs du Musée se sont empressés, 
au nom de la Société et de la ville, de témoigner à 
M"« de Boxberg leur vive gratitude. 

M. le Président associe les remerciements de Tassem-* 
blée à ceux que nos confrères ont si justement expri- 
més. Il remercie également les autres personnes dont 
les offrandes ont été énumérées. 

M. de Brive témoigne, en outre, par l'offrande 
d'une grande et belle bâche préhistorique en pierre 
polie, qu'il est heureux lui-même de contribuer à 
l'accroissement de Tune de nos plus curieuses collec- 
tions. Cet instrument est en basalte, long de 22 centi- 
mètres et large au tranchant de 5 à 6 centimètres. H 
provient de la succession du sieur Séjalon, cultivateur 
à Dampierre, commune de Coubon, qui le possédait, 
lui ou les siens, de temps immémorial, sous le nom de 
pierre du tonnerre. Comme la famille de ce cultiva- 
teur lui attribuait des vertus merveilleuses, cette 
croyance avait empêché le propriétaire de s'en dessaisir, 
quelques instances que M. de Brive eût faites à plu- 
sieurs reprises, pour en doter le Musée. 

Projet de salon d'antiquités préhistoriques. — 
M. Aymard, à l'occasion des dons qui viennent d'être 
énoncés, rappelle ceux qui ont été faits précédemment 



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NOVEMBRE. 363 

en objets d'anUquitôs préhistoriques ; il ajoute que cette 
collection, à laquelle se rattachent les ossements hu- 
mains fossiles extraits d*un terrain volcanique du mont 
Denise, tend à s'accrottre par le concours des savants 
que cette découverte a intéressés. Notre confrère croit 
donc le moment venu de réaliser un projet dont il a été 
question dans une précédente séance de la Société, 
celui d*affecter un salon spécial à cette collection. Elle 
est déjà composée de belles et nombreuses pièces, dont 
une grande partie,* & défaut d'espace, a dû provisoire- 
ment être emmagasinée. Il est urgent de livrer aux re- 
gards et aux études des connaisseurs ces éléments pré- 
cieux d'une branche d'investigations scientifiques dont^ 
se préoccupent, à juste titre, toutes les sociétés savantes 
de TEurope, et que la nôtre peut se glorifier d'avoir été 
une des premières à prendre en sérieuse estime. 

< Le Musée, ajoute-t-il, offre un local qu'il serait fa- 
cile d'approprier à cette destination. Il s'agit d'une cour 
contiguë aux galeries d'antiquités, et qui n'est en ce 
moment d'aucune utilité, si même elle n'est pas nuisible 
au Musée par le vent, le froid, la pluie et la neige 
qu'elle y introduit. Il suffirait de couvrir cette cour 
d'une toiture avec vitrage, et d'y établir des vitrines. 
Dans ces conditions, les frais de réparations ne sau- 
raient atteindre un chifFre bien élevé. La principale 
dépense pour la toiture et le plafond ne s'élèverait pas 
probablement à plus de 500 francs, en les bornant stric- 
tement à de modestes travaux, comme on s'en est assuré 
par un devis ; dans tous les cas, il faut bien espérer que 
le concours du Conseil général ne ferait pas défaut à 
cette intéressante création. ^ 



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364 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Notre confrère dit également que si sa proposition 
était agréée et suivie d'exécution, il se ferait un. plaisir 
d'offrir gratuitement pour ce Musée sa collection parti- 
culière d'objets préhistoriques en pierre et en bronze, 
qu'il a formée dans la Haute-Loire depuis une trentaine 
d'années. Ces pièces assez nombreuses contribueraient, 
avec celles recueillies par la Société, à montrer la part 
que nos ancêtres avaient prise aux phases successives 
de civilisation qui ont précédé, dans ce pays comme 
ailleurs, les temps dits historiques ; de plus, notre con* 
frère, désii*eux de sauvegarder dans l'avenir l'intégra- 
lité de la collection, entend que, sans son consente- 
ment, aucune cession n'en altérerait la composition 
locale, et qu'il en resterait le conservateur. 

L'assemblée remercie M. Aymard de cette généreuse 
communication. Elle accepte l'offre dont elle est l'objet, 
et qui sera transmise à l'autorité municipale et au 
Conseil général, avec le vœu de la Société pour la 
création d'un musée préhistorique sous la direction de 
notre confrère. 



OUVRAGES REÇUS. 

Agriculture. - Blé hybride Galland, — Notre 
compatriote, M. le comte de Morteuil, dans le Jowrnal 
d'agriculture pratique, signale les résultats très-avanta- 
geux qu'il a obtenus du blé hybride Galland. Ce fro- 
ment a produit 16 pour \ dans les mêmes terres où le 
blé du pays ne lui a donné que 4. Ayant vu que l'on se 
plaignait de ce qu'il y aurait deux variétés dans le blé 



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NOTKIIBRC. 365 

OàHand, Tune à épis barbus, l'autre à épis lisses, M. de 
Morteoil eh a fait tin triage ; il a semé séparément les 
deux variétés et leurs produits ont été également mélan- 
gés. D'autre part, le même blé Galland qui n'avait pas 
été trié, donnait, dans les parties les plus fertiles du 
champ, beaucoup d'épis barbus, tandis que, dans le 
même champ, les parties moins bonnes ne produisaient 
presque que des épis lisses : d'ob l'on doit conclure que 
c'est bien la même variété sous deux aspects différents. 

M. le Président, après avoir ainsi rendu compte de 
l'intéressant article de M. de Morteuil, fait observer 
néanmoins que dans sa propriété de la Darne, commune 
de Coubon, il n'a pas obtenu des résultats aussi fruc- 
tueux ; mais ses essais ont été contrariés par des condi- 
tions atmosphériques des plus défavorables et notam- 
ment par le froid rigoureux de l'hiver dernier. Désireux 
de renouveler l'expérience, M. de Brive a demandé à 
M. de Morteuil des semences pour distribuer à quel- 
ques-uns de nos confrères. M. de Morteuil, dans une 
lettre dont il est fait lecture, s'est empressé de répondre 
au désir de M. le Président, en ces termes : 

€ Les produits du blé hybride Galland ont dépassé 
mon attente. C'est vous dire qu'il est très-productif; 
aussi je fais tout mon possible pour le multiplier; mais 
les demandes ont été si nombreuses, que, la première se- 
maine, j'ai écoulé tout ce que je possédais et il me reste 
une quarantaine de lettres de demandes pour Tannée 
prochaine. 

€ Ce blé ne craint pas la gelée, se bat bien et ne s'é- 
graine pas comme le froment bleu, productif sans doute» 
mais craignant la gelée. En tout, le froment Galland est 



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366 RÉSUMÉ DES SEANCES. 

supérirar à toutes lea variétés qae je connaisse. Ca ptmie 
est forte et hante; malgré cela, les bestiaux la mangent 
très- bien; il n*est pas sujet à la .yerse. 

« Je suis fâché de ne pouvoir en disposer même d'une 
très-faible quantité; je l'aurais offerte avec plaisir à la 
Société du Puy. L'année prochaine, je serai, je l'es- 
père, plus heureux. J*en ai, malgré son prix élevé, se- 
mé plus de 40 doubles décalitres, en le soignant comme 
il le mérite ; l'expérience de tous vos bons agriculteurs 
leur a appris qu'il en est des plantes comme des ani- 
maux : mettez entre les mains d'un éleveur, comme il 
y en a trop, un élève Durham ; s'il le nourrit à la paille, 
comme toutes ses bétes, il est bien certain que sa crois- 
sance sera non-seulement retardée, malgré sa précocité, 
mais encore arrêtée ; il en est de même pour toutes les 
variétés de froment. Labourez profondément, fumez, 
chaulez si le terrain le comporte, et vous aurez de 
belles et productives récoltes. Tant vaut l'homme, tant 
vaut la terre, qui récompense toujours l'homme labo- 
rieux et intelligent. Point de courbettes aux puissants 
du jour, mais du travail, de l'ordre ; et la terre, comme 
une bonne mère, récompensera largement, parce qu'elle 
est reconnaissante de vos soins... 2^ 

L'assemblée, intéressée par cette communication de 
l'un de nos plus habiles agronomes, prie M. le Prési- 
dent de mettre à profit ses offres obligeantes pour que 
la Société soit comprise, en 4872, dans la répartition 
généreuse du blé Galland qui proviendra de la pro- 
chaine récolte de M. de Morteuil. 

Moyettespour les foikrrages. — A la séance du 41 juil- 



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NOVEMBRE. 367 

let dernier, il a été question de remploi des moyettes 
pour la récolte des céréales. M. Heequet d'Orral, dans 
un article du Journal de VagrieuUure, engage icussi 
les agriculteurs à adopter sans hésitation le fanage par 
la méthode des moyettes. 

« Quoique nos cultures, dit-il, soient situées à peu de 
distance de la mer, dont le voisinage détermine des va- 
riations atmosphériques continuelles, la méthode que 
nous recommandons, après une expérience de plus de 
vingt ans, nous a toujours donné des résultats tellement 
certains, que nous n'éprouvons jamais la moindre in- 
quiétude pour la récolte de nos prairies artificielles. 

« Cette année encore, elles ont été engrangées (les 
premières coupes) tout en aussi bon état que celles de 
4869 et 4870, qui furent favorisées par un temps excep- 
tionnellement beau. 

« Notre méthode, qui a l'avantage de n'exiger aucun 
outillage spécial, de diminuer plutôt que d'augmenter 
la main-d'œuvre ordinaire de fanage, est à la portée de 
la petite comme de la grande culture. Elle conserve 
aux fourrages une proportion importante de substances 
de première qualité (feuilles et fleurs] en partie perdues 
par les procédés ordinaires. Enfin, elle s'applique aussi 
avec succès aux pois, aux fé véroles, aux vesces, à l'orge 
et au sarrasin. >* 

L'auteur n'insiste pas moins sur l'utilité de l'emploi 
des moyettes pour les céréales. 



Horticulture. — Étiquettes de jardin, — Un nou- 
veau système d'étiquettes économiques pour les plan- 



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368 HÉSUMÉ DES SÉANCES. 

tes et arbustes rareset qui diffère de celui indiqué à la 
séance du 3 avril 1874 , est recommandé par la Revue 
agricole et forestière de Provence. On sait que les éti- 
quettes en bois et en carton qui accompagnent, d'or- 
dinaire, ces plantes dans les envois faits par les 
marchands-horticulteurs, s'altèrent promptement par 
Taclion de la pluie. Il est d'usage de leur substituer 
des plaquettes en zinc , faciles à se procurer au moyen 
des rognures qu'on trouve chez les ferblantiers et les 
plombiers. L'expérience a démontré que Tinscription, 
indiquant les noms et qualités de la plante ou de Tar- 
buste, devient inaltérable par remploi d'une encra dont 
la formule suit : Dix grammes d'eau distillée, addi- 
tionnés d'un gramme de chlorure de platine et d'un 
gramme de gomme arabique. L'écriture tracée avec ce 
liquide devient immédiatement assez noire pour être 
facilement lisible, et elle est ineffaçable. 

M. Aymard rappelle, à cette occasion, qu'il y a quel- 
ques années, loi'sque la Société avait une pépinière ex- 
périmentale dans une partie de la prairie du Breuil, 
aujourd'hui comprise dans le jardin public, notre con- 
frère, qui en avait la direction, faisait usage d'étiquet- 
tes en zinc flxées au sommet de tiges en fer. Les ins- 
criptions, qui avaient longtemps résisté aux intempéries, 
étaient d'une encre indélébile qu'avait bien voulu lui 
fournir un autre de nos confrères. M, Gatillon. Peu 
différente de celle de Braconet, insérée par Belèze 
dans le Dictionnaire de la vie pratique, elle était 
ainsi composée : 

Vert-de gris en poudre. 10 grammes. 



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NOVEMBRE. 369 

Sel ammoniaque en poudre 40 grammes. 

Noir de fumée 5 grammes. 

Eau ordinaire .'• . 100 grammes. 

Faire dissoudre le sel ammoniac et le vert-de-gris, 
puis délayer le noir de fumée à Taide d'un mortier. 

Arts INDUSTRIELS. — Moyen de rendre imperméa- 
ble à l'eau le papier et les étoffes, — Un article du 
Journal d'agriculture progressive fait connaître un 
procédé fort utile pour rendre imperméable à Teau le 
papier et les étoffes. 

On fait dissoudre de la paraffine dans du naphte pur 
qui ne laisse , après séchage , aucune tache sur le pa- 
pier qui en aura été saturé. La paraffine doit être cou- 
pée en petits morceaux et mise avec le naphte dans un 
vase à fermeture étanche et commode qu'il faut ensuite 
bien agiter. De cette façon, on obtient, sans Taide de 
la chaleur , une solution froide , saturée. Il est mieux 
d'employer un excès de paraffine dans le naphte, de 
façon à obtenir une solution de vingt degrés centigra- 
des. On plonge les articles ou tissus à préparer dans 
celte solution pendant un temps qui varie suivant Té- 
paisseur et la porosité de la matière à traiter. On re- 
tire ensuite les articles ainsi traités, et on les fait sécher 
sous l'action d'une chaleur naturelle ou artificielle, ou 
d'un courant d'air; le naphte alors s'évapore, laissant 
le papier ou la toile saturée de paraffine imperméable à 
l'eau et capable de résister à l'action des acides. Il est 
quelquefois nécessaire de soumettre certains articles à 
l'action d'un fer ou d'un cylindre chaud. 

TOME XXXl. 24 



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370 RÉSUMÉ OBS SÉANCES 

Archéologie. — Métrologie gauloise. — Oppidum 
de Nages et de Mus. — Monuments chrétiens des 
premiers siècles, etc. — Au nombre des publications 
que M. le Président signale à l'attention de TAssem- 
blée, il n'en est aucune plus intéressante, au point 
de vue archéologique, que les Mémoires de V Aca- 
démie du Gard, de 4868-4869. On y remarque sur- 
tout une nouvelle dissertation de H. Auras sur les 
deux sortes de métrologie romaine et gauloise, détermi- 
nées par des mesures que ce savant prend soin de re- 
lever très-exactement sur un assez grand nombre de 
monuments. C'est d'abord un petit autel du Musée de 
Nîmes, monument dont les proportions indiquent qu'il 
a été fabriqué par un ouvrier qui se servait des mesu- 
res romaines, c'est-à-dire d'un pied dont la longueur 
égalait 0",296. L'auteur déduit ensuite le pied gaulois 
des dimensions des murailles de l'oppidum gaulois de 
Mursens , lequel aurait eu la même longueur que noire 
pied-de-roi , pouvant être fixée approximativement à 
0",325. Cette unité de mesure , dans l'opinion de 
M. Aurès, très-bien motivée, serait confirmée par 
des inscriptions et des bas-reliefs qui semblent surtout 
remonter au commencement de la domination romaine. 

On comprend combien cette séduisante théorie pourra 
être féconde en applications et quel horizon nouveau 
elle peut ouvrir, dans notre pays comme ailleurs, aux 
investigations archéologiques. Sous ce rapport , notre 
confrère M. Aymard annonce qu'il Ta déjà mise à pro" 
fit dans ses études sur les restes des monuments ro- 
mains découverts au Puy, notamment à l'égard des 
nombreux moixeaux qui proviennent du temple prin- 



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NOYEMbRE. 371 

cipal. « Corniche, frise , architrave, fragments de co- 
lonnes, en un mot tous les membres de Tarchitecture 
se mesurent généralement, dit-il, par le pied gaulois, à 
la différence des monuments postérieurs qui paraissent 
accuser le pied romain introduit insensiblement an 
Puy par le régime colonial de cette ville. On aurait 
ainsi une nouvelle preuve que ee temple, le premier, 
sans doute, érigé dans notre ville par les Romains, 
l'aurait élé vers le temps de l'empereur Auguste, 
comme on l'avait déjà présumé d'après d'autres notions 
archéologiques. > A cet égard, notre confrère ne 
craint pas de faire appel aux vérifications du savant 
M. Aurès. 

Le même volume contient le mémoire de notre com- 
patriote M. Ed. Flouest, sur Voppidum de Nages, dont 
il nous avait déjà envoyé un tlré-à-part mentionné à la 
séance du 6 juin 1870 (page 80 du présent volume). 
Rectifiant une erreur typographique de notre compte- 
rendu qui donne Naves au lieu de Nages , rappelons 
seulement que ce castellas, comme on l'appelle dans le 
pays, occupe une position topographique à remarquer, 
à savoir : au ^sommet d'une montagne dominant une 
vallée riche et fertile, près le village de Nages, entre 
Nîmes et le Verdoule. Outre les renseignements ex- 
traits de ce mémoire à la séance de juin 4870, on voit 
figurées sur une des planches qui l'accompagnent « des 
fibules en bronze à ressort en boudin, du type de celles 
qu'ont fait connaître les cimetières gaulois les plus au- 
thentiques, » et dont une des variétés, gallo-romaine, a 
été trouvée récemment dans nos environs, au terroir 
du Cbeylounet, commune de Saint-Vidal. 



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S7S RÉSUME DES SÉANCES. 

Un autre oppidum gaulois non moins curieux est, 
dans le même recueil , le sujet d*une savante disserta- 
tion par M. Brun, sous le titre : la ville de Mus, etc. 
C'esl là, en effet, une de ces nombreuses yilles antiques 
entièrement oubliées dans l'histoire et que l'archéologie 
seule nous révèle. 

Mentionnons égaleipent : l» les découvertes archéo- 
logiques de tous genres faites à Nîmes et dans le Gard, 
en 1869, par M. Germer-Durand qui, chaque année, en- 
registre, avec une constance très-méritante, tous les faits 
qui intéressent la science des antiquités ; 2<> une notice 
par M. l'abbé Azais sur deiuc monuments chrétiens 
des premiers siècles, à Nîmes, Les inscriptions funérai- 
res et les symboles qu'on y voit, ingénieusement com- 
mentés par l'auteur, indiqueraient, suivant lui, la 
première une femme chrétienne au IP ou bien au 
IIP siècle, l'autre « un ancien chef du troupeau chré- 
tien , un pasteur » qu'on reconnaîtrait à la représenta- 
tion d'un personnage debout, portant une brebis sur les 
épaules, image du Bon-Pasteur. Toutefois M. Aymard 
remarque, au sujet de ce genre de représentation, qu'il 
est antérieur aux chrétiens. On l'observe sur d'incon- 
testables monuments du paganisme, comme on en a un 
exemple curieux dans notre Musée, sur un des bas- 
reliefs du monument romain de Pontempeyrat, offrant 
un génie entièrement nu et portant de même une brebis 
sur ses épaules. 

Antiquités des eaux thermales. — La Société fran- 
çaise d'archéologie, dans sa séance générale tenue le 
16 août dernier à Anvers, et dont le compte rendu est 



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NOVEMBRE. 373 

inséré au Bulletin monumental, a entendu un rapport 
intéressant de M. de Caumont qui contient, entr'autres 
renseignements, des nofions sur les antiquités trouvées 
à Néris et à Évaux, établissemenis thermaux au moins 
du temps des Romains. 11 rappelle Tinscription concer- 
nant la première de ces localités et consacrée aux divi- 
nités des Augustes et au dieu Iférius. Les restes des 
monuments romains, dont il signale les récentes décou- 
vertes, donnent une haute idée de leur magnifi- 
cence. 

M. de Caumont qui, à ce propos, rappelle aussi le 
nom du dieu Boroo ou Borbo, génie topique de la sta- 
tion thermale de Bourbon, aurait pu ajouter la mention 
du dieu gaulois IVAHV, d'après l'inscription gravée 
sur une patère de bronze, trouvée dans une des pisci- 
nes de l'établissement thermal d'Évaux. 

Ainsi se confirme de jour en jour Toplnion de notre 
confrère M. Aymard, qui, au sujet de notre dieu 
Adidon (mont Adi ou mont Anl], le porte à croire que 
ces appellations de dieux topiques n'étaient autres que 
celles des lieux eux-mêmes, ou des lieux déifiés. 

Dans nos pays également, les eaux minérales avaient 
été Tobjet de la munificence romaine, comme le témoi- 
gnent les belles antiquités trouvées à Margeaix et de 
curieux vestiges observés près des Estreits. 

Céramique gallo-romaine. — Le compte-rendu du 
dernier Congrès archéologique de France, publié en 
1871, contient des communications nombreuses et très- 
variées parmi lesquelles on remarque la description et 
les dessins de trois beaux vases, avec enduit métâlli- 



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374 ' KRSGMÉ DES SÉANGIDS. 

que et ornements en relief, qui présentent un grand 
intérêt au point de vue de la céramique gallo-romaine. 
Ce Ternis métallique ou oxyde de plomb, plus ou moins 
semblable à celui qu'on emploie de nos jours, caracté- 
rise aussi des vases dont différents débris ont été re- 
cueillis dans les fouilles faites au Puy et à Saint-Pau- 
lien, ainsi que dans l'exploration de plusieurs de nos 
villa romaines. 

Typographie. — Notre habile typographe, M. Mar- 
chessou, a fait hommage à la Société d'un bel Album 
de caractères divers, vignettes, bois gravé», etc., in-4", 
dont il est l'éditeur. Cet ouvrage, tiré à un petit nom- 
bre d'exemplaires, donne une idée très-favorable de la 
perfection que M. Marchessuu apporte dans les œuvres 
de choix. Il est, en outre, intéressant par la repro- 
duction de tous les vieux bois à vignettes, lettrines, etc., 
jadis employés par nos imprimeurs du Puy et dont une 
collection, qui a été communiquée pour cet objet à 
H. Marchessou, existe dans notre Musée. A tous ces titres, 
cet Album trouvera une honorable place dans cette col- 
lection de pièces typographiques. 



COMMUNICATIONS. 

Travaux de la Société. --Subvention ministérielle. 
-—Il est donné lecture d'une dépêche par laquelle M. le 
ministre de rinstruciion publique annonce qu'il a attri- 
bué à la Société une allocation de 400 francs, € heu* 
reux, ajoute-t-il| d'encourager ainsi les travaux de la 



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NOVEMBRE. 375 

Compagnie et de lai donner an noaveaa témoignage de 
son intérêt. > 

M. le Président exprime la gratitude que fait naître, 
an sein de l'assemblée, cette nouvelle marque des sym- 
pathies du gouvernement que n'ont point altérées les ré- 
cents et cruels désastres militaires et financiers de la 
France. 



Sciences économiques. — Caisses d'épargne du Puy 
et de Craponne. — Notre confrère M. Balme, président 
du conseil d'administration de la caisse d'épargne du 
Puy, lit le rapport suivant sur la situation et le service 
de cet établissement et de sa succursale de Craponne, 
pour l'exercice 4870 : 



Messieurs, 

De nouveau appelé par mes collègues à la présidence du 
conseil des directeurs de la Caisse d'épargne du Puy, j'ai 
rhonneur de vous présenter le rapport d'usage sur la situa* 
tion de son service. 

Après les désastreux événements qui se sont accomplis 
pendant le cours de 1870, mon premier devoir est de vous 
rassurer sur le sort de l'institution dont vous avez pris l'i- 
nitiative et protégé les débuts. 

Vers le mois de juillet dernier, la déclaration d'une guerre 
à laquelle personne ne songeait, fit aussitôt naître des ap- 
préhensions malheureusement trop légitimes. Elles jetèrent 
partout la perturbation dans les affaires, et menacèrent 



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376 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

d'occasionner un préjudice considérable à tons les établis- 
sements de crédit. La Caisse d'épargne du Puy se ressentit, 
elle aussi, de la situation critique qui nous était Taite. Dès 
les premières nouvelles de Tinsuccès de nos armes, les dé- 
posants se présentèrent en foule pour retirer le montant de 
leurs livrets ; à tel point que, dans les neuf séances du 
24 juillet au 18 septembre, nous dûmes leur rembourser la 
somme relativement énorme de 296,063 fr. 75 c, alors 
que nous ne recevions en dépôt que des sommes insigni- 
fiantes se composant, en grande partie, de sommes rever- 
sées, c'est-à-dire de sommes demandées, mais que les 
déposants ne venaient pas retirer, par un motif quelconque. 

La panique qui s'était manifestée au Puy était générale. 
Elle avait pris de telles proportions qu'elle menaçait de ta- 
rir les ressources du Trésor et de lui créer de nouveaux em- 
barras en le mettant dans l'impossibilité de subvenir aux 
frais de guerre et d'assurer le fonctionnement régulier des 
services de l'intérieur. Le gouvernement de la défense 
nationale avisa, et, pour faire cesser un état de choses com- 
promettant le salut de la France, il décréta le 17 beptembre 
qu'à partir du 21, on ne rembourserait en numéraire sur 
les livrets excédant 50 fr. que la somme de 50 fr., le sur- 
plus ne pouvant plus être exigible qu'en bons du Trésor 
négociables et payables à trois mois d'échéances, avec inté- 
rêt à 5 0/0. Dans le but de faciliter les vrais besoins, ces ^ 
bons pouvaient être délivrés par coupures depuis 50 fr. jus- 
qu'à la somme complète du livret. 

Sauf quelques rares exception?, le public des Caisses d'épar- 
gne accepta avec une patriotique résignation cette mesure, 
qui, malgré son utilité, n'en était pas moins une atteinte 
fort grave portée aux conditions existantes lors des verse- 



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NOVEMBRE. 377 

ments. Chacun comprit la nécessité de force majenre em- 
pêchant la délivrance de fonds et conserva la plas entière 
confiance dans le sort de l'institution . Et pour preuve, c'est 
que, malgré la perspective d*étre payé, à Téchéance de trois 
mois, malgré l'appât de l'intérêt porté de 3 3/4 0/0 à 5 0/0, 
il n'y eut qu'un très-petit nombre de personnes qui échan- 
gèrent leurs livrets contre des bons du Trésor. Si donc on 
recherche la vraie cause des retraits énormes des. premiers 
jours de nos malheurs, on ne la trouve point dans la crainte 
d'une catastrophe générale compromettant le crédit et le 
sort du pays, mais bien plutôt dans l'empressement que 
nous avons tous dans les moments de dangers publics^ quel- 
que soit notre situation de fortune, d'avoir, passez-moi l'ex- 
pression, dans le coin de notre armoire, la plus grande somme 
de numéraire possible, le tout en prévision des éventualités. 
Toutefois il est bon de vous signaler un symptôme éta- 
blissant combien les populations apprécient les avantages 
des Caisses d'épargne. C'est que depuis la signature de la 
paix, et surtout depuis la répression des troubles de Paris, 
nous voyons nos recettes revenir insensiblement à leur 
chiffre normal. 



ADMINISTRATION ET PERSONNEL DE LA CAISSE. 



Gomme vous le savez, messieurs, la Caisse est adminis- 
trée par un conseil de dix directeurs. Aux termes des sta- 
tuts, ils ont droit de nommer un nombre, égal au leur, de 
directeurs adjoints. Ceux-ci prennent part aux délibérations 
du conseil, mais seulement avec voix consultative. Dans le 



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378 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

cours de l'annôe, les besoins du service nous ont fait porter 
de quatre à six le nombre des directeurs adjoints. 

Chaque séance hebdomadaire est présidée par un admi* 
nistrateur. Dans ces temps de crise, tous ont tenu à hon* 
neur d*être régulièrement à leur poste ; qu'il me soit donc 
permis de rendre ici un hommage public au zèle intelligent 
avec lequel mes collègues ont rempli une mission qui sou- 
vent eût pu devenir des plus difficiles sans leur paternelle 
influence. Je manquerais également à mon devoir si je ne 
les remerciais du concours éclairé qu'ils n'ont cessé de me 
donner dans mes fonctions de président. 

Les rapports les plus bienveillants n'ont cessé de régner 
entre la Trésorerie générale et l'administration de la Caisse. 
Au moment oii la pénurie du numéraire était la plus grande, 
M. le Trésorier Payeur général, par son activité ôt la pro^ 
fonde connaissance qu'il possède des affaires de finances, a 
toujours strictement pourvu à nos remboursements. Il nous 
a ainsi évité les plus grands embarras. Que M. Octave 
Thomas veuille bien accepter ce témoignage de notre re* 
connaissance. 

La comptabilité est confiée à un caissier responsable. 
M. Allemand occupe toujours ce poste avec assiduité et 
probité. Les deux employés qu'il a sous ses ordres, MM. Dé- 
chaseaux et Rivet, méritent des éloges pour l'exactitude de 
leurs travaux. 

FIXATION DU TAUX DB l'iNTÈRÉT. 

Chaque année, avant le premier janvier, le conseil des 
directeurs se réunit à l'effet de déterminer le taux de l'in- 
térêt à servir aux déposants. Depuis l'institution de la Caisse, 



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NOVEMBRE. 379 

ce taux a été Invariablement fixé à 3,75 0/0. Il n'y avait 
aucun motif pour le changer, il a donc été maintenu à ce 
chiffre. C'est, du reste, l'intérêt maximum que la loi du 
7 mai 1853 détermine en faveur des déposants ; il ne peut 
être dépassé. 

SITUATION DE LA CAISSE 0*ÉPARONB. 

Pour se rendre un compte exact de la situation de la 
Caisse d'épargne, il faut connaître le mouvement des fonds, 
le mouvement des livrets, enfin l'état du fond de dotation. 
Je vais avoir l'honneur, messieurs, de vous donner un ré- 
sumé de ces diverses opérations. Cela vous permettra d'ap- 
précier en connaissance de cause notre position actuelle. 

MOUVEMENT DES FONDS. 

En principe, le succès des Caisses d'épargne est en rai- 
son directe du solde dû aux déposants ; le motif en est fort 
simple, c'est que plus ce solde est élevé, plus le chiffre des 
intérêts qui leur est servi e^t considérable, plus aussi les 
bénéfices de la Caisse sont grands, puisqu'ils se composent 
d'une quote-part de ces intérêts. 

Au premier janvier 1870, nous avions atteint un chiffre 
qui, jusque-là, avait été l'apogée de nos progrès. Le solde 
dû aux déposants s'élevait à i ,226,128^ 29<' 

Les premiers mois faisaient espérer en- 
core une année exceptionnelle en recettes 
et par conséquent l'élévation de ce chiffre, 



A reporter \ ,226,1 28 29 



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380 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

Report. 1,226,428' 29« 

lorsque les événements sont -venus arrêter 
subitement cette marche ascendante pour 
se convertir en une espèce de débâcle. 
Malgré cela, les opérations de la Caisse 
fournissent les résultats suivants : 

Il a été versé en numéraire, pendant 
1870 375,660^ »« 



389,343 68 
Par transfert recettes. 13,683 68 ) 

Il a été alloué aux déposants en intérêt 42,153 03 

Le total des sommes dues aux dépo*- 



sants, au 31 décembre 1870, s'élève à. . . 1 ,657,625 » 

Duquel il faut retrancher les rembour- 
sements eiïectués pendant le cours de la- 
dite année. 

Ces remboursements se composent des 
sommes suivantes : 

A deux déposants, en 
achat de rentes 493 70 \ 

En espèces 640,957 99 | 654,161 04 

En transfert paiement.. 12,709 35 ) 

Cette soustraction faite, le solde resté 
dû aux déposants au 3 1 décembre n'e^t 



donc plus que de 1,003,463 96 



Déficit sur Tannée précédente de 222,704 fr. 33 c. 

Nous joignons ici le tableau des versements et des rem- 
boursements opérés dans chaque mois do cette malheu- 
reuse année. Il n'est pas sans offrir quelqu'intérêt et cons- 



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NOVEMBRE. 



384 



tate que les remboursements en numéraire ont excédé les 
versements de la somme de 265,791 fr. 69 c. 



Janvier 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre.. 
Octobre .... 
Novembre . . 
Décembre . . 

Total 



VERSEMENTS. 



73,678* 

46,102 

43,676 

40,046 

42,986 

38,401 

41,220 

38,068 

8,750 

1,506 

847 

381 



RBIBOURSBnNTS. 



375,660 



52,197' 96*= 

35,054 56 

49,016 18 

36,019 67 

73,890 27 

38,778 21 

63,963 92 

138,157 60 

117,378 15 

22,366 33 

9,797 80 

4,831 04 



641,451 69 



MOUVEMENT DES LIVRETS. 



Depuis de longues années, nous étions habitués à vous 
signaler périodiquement une augmentation dans le nombre 
des livrets. Les événements ont eu cette fâcheuse consé- 



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382 RESUME DES SEANCES. 

quencé qu'il nous faut aujourd'hui constater une diminu- 
tion sensible pour l'année 1870. 

Le chiffre des. livrets existant au 1*' janvier était de 
ci 3,462 

11 en a été ouvert pendant le cours de 
l'année 414 

Ceux reçus par transfert sont au nombre 
de 25 

Ensemble des livrets . . 3,901 

n en a été Foldé pendant l'année. ..:... 738 

Reste en circulation, au 31 décembre. .. 3,163 livretf, 
nombre inférieur de 299 à celui du 1«' janvier. 

Ces 3,163 livrets se divisent comme suit, d'après leur 
importance : 

En dessous de 500 fr 2,324 

De 50.1 fr. à 800 fr 388 

De 801 àt,000fr 272 

. De 1,001 et au-dessus, réductibles au-dessus de 

1 ,000 fr 76 

De IfOOi fr. au-dessus, non réductibles 3 

Ces derniers appartiennent à des militaires. C'est une fa- 
veur spéciale qui leur a été faite par la loi du 7 mai 
1853. 

Nous mettons sous vos yeux un tableau du mouvement 
des livrets par catégorie de professions des déposants. Il 
peut avoir son utilité, au point de vue de la statistique : 



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NOVKUUHE. 



383 



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384 R&SCMÉ DES SÉANCES. 

SITUATION DES FONDS DE DOTATION. 

Vous le savez, messieurs, depuis longtemps la Caisse ne 
reçoit plus de subvention. Elle vit et se suffit avec ses pro- 
pres ressources. Grâce à une sage économie inaugurée par 
les administrations qui nous ont précédés et que nous tâ- 
chons d'imiter, vous avez vu s'accroître insensiblement 
notre fonds de dotation. En persistant dans ce rôle de four- 
mi, la Caisse, à sa dissolution, livrera aux édiles de notre 
chère cité une somme bien respectable qu'ils emploieront, 
nous n'en doutons point, à consacrer par un établissement 
d'utilité publique ce témoignage que l'épargne est la pierrq 
angulaire de toutes les améliorations. 

Toujours est-il qu'au 31 décembre 1869 
le capital de dotation était de 29,813^ 99« 

Les revenus de la Caisse pendant l'année 
1870 se composent : 

1© De la bonification de 0,25 c. 
sur les intérêts 4,029 88] 

2» Du produit des rentes déjà > 5,080 21 

acquises 1 ,050 33 ; 

A déduire les dépenses qui se 
comprennent : 

l» Des frais généraux 2,781 35 \ 

20 Des bénéfices dus à la suc- | 3,024 72 

curtale de Craponne 243 27 ) 

Le passif étant retranché de l'actif, il reste 

un bénéfice net de 2,055^49^ 

qui, ajouté au capital déjà acquis , le porte à 
la somme de 31,869 fr. 48 c. 



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NOTEMBBE. 386 

Il 66t employé de la manière suivante : 

lo En rentes sur TEtat 25,527' 78* 

2^* En obligations départementales ^ 1,987 60 

3o Fonds de roaleroen^ dû par la Caisse des 

dépôts et consignations 3,S42 98 

4» En mobilier 407 66 

b° Solde de caisse 3 47 

Total égal 31,869 48 



Il est à remarquer que , d après les règlements , nous de- 
vons avoir toujours à la Caisse des dépôts et consignations, 
un fonds de roulement d'au moins 3,000 fr. 



SUGCUBSALB DE CRAPONNB. 

Contrairement à la généralité des Caisses d'épargne de 
France, le compte de la succursale de Craponne se règle, au 
31 décembre 1870, par un solde dû aux déposants supé> 
rieur à celui du l*»" janvier 1870. Cela prouve qu'elle s'est 
peu ou même point ressentie des événements de l'année. 

Au 31 décembre, il est dû aux déposants 43,280' 96» 
tandis qu'il ne leur était dû au 1*^ janvier que 42,489 48 



DiPPËRBNGE en plus 791 48 



Le nombre des livrets est resté stationnaire, vingt-cinq 
livrets ont été soldés , vingt-cinq livrets nouveaux ont été 
ouverts dans le cours de l'année. Dans sa petite circonscrip- 
tion, la Caisse de Craponne rend encore de grands services 
aux classes ouvrières. 

TOME XXXI. 1^5 



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386 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

£q résumé , meseieurs , la situation matérielle et morale 
de notre GalFse est des plus satisfaisantes. D'une part» malgré 
le malheur des temps, nous avons pu vous présenter un 
budget se soldant par un bénéfice capitalisé; d'autre part, 
nous voyons la partie saine des populations reprendre, avec 
le travail, le chemin de notre Caisse et nous apporter avec 
confiance les premiers proiuits de leurs récentes épargnes. 
Faisons des vœux pour le progrès et la prospérité des cais- 
ses d'épargne qui, inspirant aux classes populaires les idées 
d'ordre et d'économie et les moralisant plus qu'on ne le 
pense, contribuent puissamment à la prospérité générale 
et sont un gage rassurant pour l'avenir de la nation. 

Après celte lecture, M. le Président félicite M. Balme 
et ses collègues de leur zèle et du dévouement qu'ils ap- 
portent à assurer la marche régulière et satisfaisante 
de la Caisse d'épargne, institution très-utile, à la fonda- 
tion de laquelle la Compagnie a efficacement contribué. 



MÉTÉOROLOGIE. — Projet (Tune station météorologi- 
que au Mexenc. — Notre confrère, M. Isidore Hedde, 
qui ne peut assister à la séance, s'excuse et prie H. le 
Président d'appeler raltention de la Compagnie sur l'u- 
tilité d'une station météorologique constante sur le som- 
met du Mezenc, question qu'il a eu l'occasion de trai- 
ter, l'an dernier, à la séance du 4 juillet. On sait que le 
projet, dû à l'initiative de M. Allaard, professeur à la 
faculté des sciences de Clermont, de créer un éta- 
blissement de ce genre au sommet du Puy-de-Dôme, 
va se réaliser, grâce aux subventions de l'Etat, du dé- 



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NOVEMBRB. SfS? 

parlement du Pay-de-Dôme et de la ville de Clermont. 
H. Hedde rappelle qoe le Mezenc, dont l'altitude 
est beaucoup plus grande que celle du Puy-de-Dôme, 
est le point culminant de ce chaînon des Cévennes, qu*il 
domine la vallée du Rhône et se trouve placé, de la 
manière la plus heureuse, comme station de correspon- 
dance entre les Alpes et les Pyrénées. Le moment n'est- 
il pas Tenu de reprendre Tidée émise par notre zélé 
confrère, de l'étudier et de rechercher les moyens pra- 
tiques de son application? La Société du Puy ne pour- 
rait-elle pas se concerter, au besoin, avec sa voisine de 
l'Ardèche pour aviser à la création, sur le point inter- 
médiaire des deux départements, d'un poste météorolo- 
gique, essentiellement lié à la sauvegarde des intérêts 
agricoles ? M. le Président soumet ces questions à Texa- 
men réfléchi de ceux de nos confrères qui, par leurs 
études spéciales, sont amenés à s'y intéresser plus direc- 
tement, les engage à rechercher les meilleurs moyens 
de solution et renvoie, pour une discussion approfon- 
die, au retour de M. Isidore Hedde. 



Arts industriels. — Aéronavigation. — M. le Pré- 
sident présente un mémoire manuscrit, avec plan, sur 
un nouveau système d'aérostat que l'inventeur, notre 
compatriote, M. Félix Varennes, soumet à Tappréciation 
de la Société. 

Cette communication, accueillie avec intérêt par l'as- 
semblée, donne lieu à M. le Président de désigner 
H. Nicolas pour faire un rapport dans Tune des pro- 
chaines séances. 



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38& RÉSUME DK8 siANGES. 

ScupNGEs HISTORIQUES. — InctêTiioni des Ànglau 
dans U Velay. ^ H. Chassaiag entretient rassemblée 
de la découverte qu*il a faite, durant les vacances, dans 
les archives départementales du Puy-de-Dôme et de la 
ville de Clermont, de documents inédits relatifs à Toc^ 
cupation par les Anglais de certains points de TAuver- 
gne et du Velay. Ces documents complètent ceux qu*il 
a trouvés au Puy et contribueront à jeter un nouveau 
jour sur cette période de notre histoire locale, restée 
jusqu'ici presque absolument ignorée. 



Personnel. — Conservateur de la section des beaux- 
arts. — M. le baron de Vinols de Monlfleury, dé- 
puté, remercie la Société, parune lettre chaleureuse, 
de l'avoir nommé conseiTateur de la section des beaux- 
arts du Musée. 

Election d*un membre non résidant. — M. le doc- 
teur Langlois, au nom de la commission chargée d'exa- 
miner l'ouvrage de M. le docteur Mourel, de Monistrol- 
sur-Loire, sur les Erreurs populaires en médecine dans 
la Haute*Loire, donne lecture du rapport suivant : 

Messieurs , 

Dans sa dernière séance, la Société a désigné MM. Lan- 
glois, Yibert et Ghassaing pour examiner la demande faite 
par M. le docteur Mouret à Teffet de faire partie de notre 
Société, au titre de membre non résidant. Un travail était 



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NOTBMBRE. 389 

envoyé par M. Moaret à l'appui de sa demande. C'est ce 
travail qui m*a été confié et dont je viens vous rendre 
compte, en mon nom et au nom de mes collègues. 

Votre commission, messieurs, s*est trouvée en face, non 
d'un mémoire ordinaire comme cela arrive souvent en pa- 
reil cas, mais d'une œuvre de longue haleine, résultat 
d'observations sérieuses et de nombreuses années d'une 
pratique médicale intelligente et occupée. M. Mouret qui, 
pendant sa carrière si bien remplie, a été à même d'obser* 
ver les dangers des erreurs populaires en médecine, entre- 
prend contre elles une charge vigoureuse qu'il divise en 
huit chapitres , dont le dernier ne comprend pas moins de 
six paragraphes et un résumé. Nous suivrons pas à pas l'au- 
teur dans ce long travail dont nous tâcherons de faire un 
extrait aussi bref que possible. 

Suivant l'usage, une préface , écrite d'un très-beau 
style, vient expliquer au lecteur le but de l'auteur, ses 
hésitations, ses craintes, et enfin solliciter son indulgence. 
Les deux premières parties sont faciles à comprendre. 
Combattre des erreurs enracinées depuis un long temps, 
lutter contre des préjugés qui sont passés dans l'esprit de la 
majorité des gens à l'état de choses jugées, attaquer 
enfin des idées généralement reçues môme par les gens da 
monde , les attaquer en face, leur dire crûment leurs véri- 
tés, il y avait, certes, de quoi faire reculer les plus hardis, 
et vingt ans de moins sur la tête de l'honorable docteur 
Mouret l'auraient certainement fait hésiter davantage. Il a 
eu le courage de dire de bonnes choses, il les a bien dites ; 
passons donc outre à la dernière partie de sa préface. 

Dans le premier chapitre , l'auteur traite de la science 
médicale. Il expose quelles sont les études des jeunes gens 



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3^ RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

pour arriver à cette science dont on exige qu'elle embrasse, 
pour ainsi dire, toutes les connaissances humaines. Il cons- 
tate que , pas plus et moins peut-être qae les autres scien- 
ces , la médecine ne peut arriver de toutes pièces dans le 
cerveau humain , et qu'à celui-là qui a le plus appris, on 
doit plus se confier. L'auteur fait observer, en passant, que 
des traitements qui, souvent aux yeux des gens du monde, 
présentent une différence , sont idenliques pour les méde- 
cins qui les ont mis en pratique et arrivent au même 
résultat. 

Le second chapitre, entièrement consacré au médecin 
lui-même, se résume dans son titre : Du Médecin; ce qu'il 
est, ce qu'il devrait être; sa mission complexe; guérir, 
soulager, consoler. Rapports du malade et du médecin ; les 
consultations; les débuts; des sentiments religieux. Un 
mot seulement sur cette dernière partie. M. Mouret rejette, 
au nom du corps médical , le reproche d'athéisme qui lui a 
souvent été fait, et établit, au contraire, que la nature même 
des fonctions qu'il remplit, les secours physiques et mo- 
raux qu'il doit prodiguer chaque jour à l'humanité , tendent 
à développer chez lui le sentiment de religiosité. 

Le troisième chapitre, que surtout l'on fera bien de lire, 
établit que l'application de la certitude à la chirurgie seule 
est une erreur; que la médecine aussi, autant que sa 
sœur dont elle est inséparable, a ses appréciations sûres, 
positives, mathématiques en quelque sorte et devant les- 
quelles l'homme qui raisonne de sang-froid et sans parti 
pris, est obligé de s'incliner. 

Le quatrième chapitre, tout scientifique, est consacré à 
l'étude des systèmes en médecine. Dans un long paragra- 
phe, l'auteur cherche à combattre ou plutôt à expliquer 



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ffOVEMBBB. 394 

l'homéopathie. Cette fantaisie allemande, autour de la- 
qaelie on a fait beaucoup trop de bruit et qui n*a vécu que 
parce qu'on a eu la maladresse de lui permettre de se poser 
en martyr, doit mourir de sa belle mort le jour oti on ces- 
sera de faire attention à elle. 

. Un chapitre tout entier, et à juste titre, est consacré à une 
des fautes-- je crois pouvoir la quaiiûer ainsi— les plus pré- 
judiciables à la sauté humaine : la lecture des livres de mé- 
decine. Si le public savait bien qu'il n'y a pas un étudiant 
en médecine qui, pendant la première année de ses études, 
n'ait parcouru toute l'échelle pathologique ; pas un qui ne . 
se soit appliqué ou une maladie du poumon, ou une mala* 
die du coeur, ou une maladie du cerveau; le public, dis-je, 
comprendrait — en voyant chez la presque totalité de ces 
jeunes gens, l'absence des maladies organiques et incu- 
rables qu'ils avaient diagnostiquées — qu'une notion su- 
perficielle de la science peut entraîner à des erreurs dont les 
conséquences sont incalculables ; que si, chez des jeunes 
gens destinés à approfondir les études médicales, cette ob« 
servation, amenée par la lecture de traités momentanément 
au-dessus de leur iulelligence, a été détruite plus tard par 
des travaux plus sérieux » il n'en est pas de môme chez le 
public lettré que chez les gens du monde ; l'instruction 
médicale reste toujours à l'état d'embryon et que Tappli- 
cation de ses principes incomplets et erronés, soit sur 
autrui, soit sur sa propre personne, peut amener les plus 
graves accidents. M. Mouret n'eût-il par son travail produit 
qu'un seul résultat, amener les gens du monde à moins 
lire de livres de médecine, il eût rendu un grand service à 
l'humanité. 

Le sixième chapitre, ayant pour titre : Des superstUiom 



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392 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

êft médecine, est dans sa première partie une œuvre d'éru- 
dition. La seconde partie est plutôt anecdo tique et prise sur 
le ton de la plaisanterie; c'est aux gens du monde que s'a 
dresse l'auteur et il a besoin de se départir un peu, de temps 
en temps, du sérieux médical, sans quoi son hyre courrait 
grand risque de ne pas être lu. 

Une histoire toute moderne, spirituellement contée, fera 
conimître le style et le bon choix des citations de Fauteur. 
La scène se passe en 1868 : « Je veux rappeler un £ait 
« qui vous donnera une idée de la crédulité superstitieuse 
« des classes éclairées : je veux parler de la confiance 
« instantanée, de la vogue inespérée dont a joui un nommé 
c Jacob, faisant courir tout Paris à ses séances d'illu- 
« miné. • 

« Qu'est-ce que Jacob ? c'est un zouave de la garde^ pas 
< précisément un de ces braves devenus presque légen- 
€ daires à force d'audace dans les combats ; c'est simple- , 
€ ment un trombone-gagiste dans la musique de son ré- 
€ giment, tout juste assez lettré pour déchiffrer son carton ; 
€ un peu songeur, assez solitaire, très-infatué de sa per- 
€ sonne, posant dans la chambrée. Un jour, un camarade 
c avait la migraine ; le trombone le regarde un instant 
« dans les deux yeux et lui dit : t Non, tu n'as pas la mi- 

• graine ! — Gomment, s'exclame l'autre, je n'ai pas la 
« migraine ? — Non, répond Jacob, tu ne l'as pas ! Je ne 
M veux pas I Tu es guéri I... — Tiens, tiens, dit le malade, 
« c'est vrai... ça va mieux... ça va bien!... > On rit 
« d'abord de l'aventure. Le régiment tenait garnison aux 

• environs de Paris, on parle de ce fait dans le vUlage, 
« autour de la caserne; on l'interroge; Jacob feit le 
« mystérieux. 



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NOVEMBRE. 393 

« A quelques jours de là, an villageois à qui on à conté 

• le fait, malade depuis quelque temps, vient au quartier 

c consulter l'illuminé qui pose un instant devant lui et 

c prononce sentencieusement sa formule : « Allez tra- 

« vailler; vous êtes guéri. » Le rastre s*en retourne dans 

c sa famille, publie partout qu'il a été spontanément guéri, 

« que le zouave ffuérit du regard. Le régiment Tient à 

< Paris. 

c Des scènes semblables se renouvellent... Trois mois 

« plus tard, la réputation de Jacob était européenne ; les 

< feuilles les plus sérieuses enregistraient ses nombreux 
c succès. Il prend un appartement dans une rue bientôt 
c encombrée de voitores ; la foule des malades devient 
f tellement compacte, que la police est obligée d'intervenir 

< pour rétablir la circulation. Depuis les étoufTements de 
c la rue QuincampoiXy siège de la fameuse banque de Law, 
f on n'avait vu pareille cohue... je ] uis ajouter : ni pareille 

< mystification. » 

Les deux derniers chapitres du travail de M. Mouret en 
sont ce qu*on pourrait appeler la partie pratique. Il passe 
successivement en revue les maladies les plus communes 
de nos montagnes ; les médications vulgaires qui leur sont 
appliquées, leurs inconvénients , leurs dangers. Une des 
maladies les plus communes de nos montagnes est spécia- 
lement étudiée par l'auteur : c'est la pleurésie. Elle se di- 
vise, dit-il, en purésie d'eau et purésie de vin. 

La première se traite par : 

Une bouteille de vin ; 

Une demi-livre de lard frais ; 

Ou un verre d'huile de noix ; 

Une poignée de poudre moulue. 



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394 ni^^UNÉ DES SÉANGBS. 

Faites bouillir Le tout pendant une demi-beore. 

Dans le cas où la purésie est de vin, on ajoute une poi- 
gnée de sucre, servez et buvez chaud, en une seule dose. 
On visite, dit M. Mouret, peu de pleurétiques à la cam- 
pagne qui n'aient déjà pris ce spécifique. L'auteur étudie 
surtout avec une énergique indignation les diverses 
catégories d'individus qui, exploitant la crédulité publique, 
emploient à tort et à travers des remèJes complètement 
inapplicables dans l'espèce et le plus souvent dangereux : 
dangereux surtout parce qu'ils laissent le malade dans une 
iausse sécurité et l'empochent d'avoir recours à des moyens 
rationnels appliqués par un homme de l'art qui, le plus sou- 
vent, n*est consulté que trop tard, lorsque le mal a déjà fait 
des progrès qu'il n*est plus possible d'arrêter. 

Un paragraphe spécial est consacré à une catégorie d'in- 
dividus qui constituent une des plaies, non- seulement de 
nos campagnes, mais de nos grandesf villes, les rebouteurs. 
Malheureusement, quand les faits qui se passent, tous les 
jours, sous nos yeux n'empêchent pas même les gens ins- 
truits de croire au don des rebouteurs; quand le public 
reste convaincu que les médecins n'entendent rien au rha^ 
biUage, comme on le dit en notre pays, et que pour bien re- 
mettre un membre, il faut non savoir, mais croire à sa 
science, il est bien à craindre que le travail de M. Mouret 
ne produise pas sur les masses un effet plus profond que les 
nombreux estropiés et les cas multipliés de gangrène suivis 
de mort que nous avons tous les jours sous les yeux. 

L'auteur termine son travail pir quelques conseils 
d'hygiène générale. Il cherche à démontrer au peuple des 
campagnes pour lequel il espère écrire, mais qui malheu- 
sement ne le lira guère, que l'ivrognerie et la malpro- 



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NOVEMBRE. 395 

prêté sont la cause de la majeure partie des maladies de nos 
paysans. Que de fluxions de poitrine, de rhumatismes, en 
effet, gagnés pendant une nuit passée à la belle étoile ! que 
de dartres rebelles, d'ulcères rongeurs, de gales invétérées 
ne sont que le résultat de la saleté dans laquelle vivent les 
gens qui en sont affectés ! 

Nous sommes arrivés, messieurs, au terme de cette trop 
longue analyse. Deux mots de résumé et d'appréciation de 
l'œuvre Buffii*ont maintenant à votre commission. L'ouvrage 
que nous avons étudié est sérieux; c'est le résultat d'une 
longue pratique, d'observations soutenues. Il pourrait, s'il 
était vulgarisé, amener des résultats avantageux pour la santé 
publique. Il ne peut, malheureusement, malgré les quelques 
anecdoctes dont l'a émaillé l'auteur, convenir qu'à une caté- 
gorie de lecteurs, et, quoique M. Mouret afGrme l'avoir écrit 
uniquement pour les masses populaires, il ne sera lu que par 
les gens du monde qui, disonsite, auraient bien, eux aussi, 
sous beaucoup de rapports, autant à y gagner. 

Comme œuvre littéraire, le style en e.-t élégant; et, 
malgré l'aridité souvent évidente du sujet, M. Mouret a 
le talent d'attacher son lecteur ; nous ne pouvons donc, 
messieurs, que bénéficier en attachant à notre Société 
comme naembre non résidant M. le docteur Mouret, et en 
imprimant son travail dans nos Annales ; sauf, si le Conseil 
d'administration le trouvait un peu long, à prier l'auteur d'y 
faire des coupures, ne laissant subsister que ce qui a trait 
plus directement à notre pays. Tel a été l'avis de votre 
commission. 

Après la lecture de ce rapport, M, le Président rap- 
pelle que M. le docteur Mouret avait eu occasion, au 



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396 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

mémorable congrès scientifiqne tenu an Pny en f 855, 
de déployer ses vastes connaissances médicales» princi- 
palement dans deux mémoires, Tun relatif à la question 
de Tergot du seigle . considéré sous les différents rap- 
ports médical, agricole et social, l'autre concernant la 
fièvre typhoïde. Ce dernier travail publié in extenso 
dans les comptes-rendus du congrès, fut considéré 
comme un des plus remarquables qu'on eût fait jus- 
qu'alors sur cet important sujet. Il présente, en outre, 
un grand intérêt en ce que les vues les plus saillantes 
de l'auteur, lumineusement exposées, s'appuient non - 
seulement sur les observations de ses devanciers, mais 
encore sur celles recueillies dans le pays par notre 
savant compatriote. 

Le scrutin est ouvert ensuite sur la candidature de 
M. le docteur Mouret. Le récipiendaire, ayant obtenu 
l'unanimité des suffrages, est proclamé membre non 
résidant. 

A huit heures, la séance est levée. 

Le Secrétaire, 
Adg. CHASSAING. 



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SÉANCE MENSUELLE 

JEUDI 4 DÉCEMBRE 



SOMMAIRE 

Ajoarnemeiit de la ledore do proc^terbal. » llustfi : Dom par 11 M. Gaille- 
mioot, Aymard, etc., d'objets préhistoriqaes, gaulois et gallo-romains, do 
Cheyloanet, commane de Saint-Vidal ; par M. Jacques Feuillette, de Brioude, 
df prédeai insignes maconniqnes (renseignements historiqnes sor les loges 
maçonniques du département, par M. Aymard); par M. Lafont-Pardinei, d'un 
vieux jeu de cartes. — Outbagbs bbçus : Emploi de la tannée comme en- 
grais. Question chevaline. Emploi de l'acide pbéniqnc en médecine. La 
dynamite. Conservation du bois par le goudron. M. de Tkûu doMs le Telan, 
d'après une notice de M. Lascombe. — Commubications : Exposition uni- 
verselle de Lyon. Maladie de la vigne. Rapport de M. Nicolas sur le ballon 
anermastatiqne de M. Micciollo-Picasse. Proposition par M. Béliben, d'é- 
tablir un observatoire météorologique an Poy. Communication de II. Béliben 
an sujet d'an gisement de serpentine près de Saint-Jean-d'Aubrigoux. I>ai)g«r 
de démolition de la tour Panessac au Pay; lettres de M. le Préfet et de 
M. le Président ponr assurer la conservation de ce monument. Tmpression 
da catalogue de la seetion des Beaux-Arts du Musée. Don des AnnaUt de la 
Société à des bibliothèques détruites pendant la guerre. Élection de MM. Ay 
mardet Cbouvon aux fonctioDS de président et de vice-président de la Société' 
Décès de MM. Alcide Mauras, membre résidant, et Mahul, ancien préfet' 
membre honoraire. 



Présidence de M. de Brive. 

A trois heures, la séance est ouverte. 



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398 BBSCJttÉ DES SÉANCRS. 

M. le Président, ayant donné communication de let- 
tres par lesquelles MM. Chassaing et Giron, secrétaires, 
s'excusent de ne pouvoir se rendre à la réunion, prie 
M. Lascombë de les remplacer au bureau. La lecture du 
procès-verbal de la précédente séance est renvoyée à 
celle du mois prochain. 



MUSEE. 

Dons. — Objets préhistoriques, gaulois et gallo^ 
romains du Cheylounet. Insignes maçonniques. Jeu 
de caries. — M. Aymard signale une curieUse décou- 
verte archéologique qui a été faite dans la commune 
de Saint-Vidal, au terroir du Cheylounet, par suite 
des travaux du chemin de fer. Elle consiste en divers 
objets tels que silex taillés, instruments en pierre 
polie, deux épées en bronze, débris de poteries, poids 
en terre cuite de filets de pèche, se rapportant à 
différents âges préhistoriques , et d'autres tessons de 
vases, fibules en bronze et en fer, gauloiset gallo-romai- 
ns. Notre confrère a constaté que la tranchée du chemin 
de fer creusée dans un sol meuble de terre et de pier- 
railles, à la profondeur d'environ 2 m. 50 c, révélait, 
en coupe verticale, de lents exhaussements du sol, ca- 
ractérisés par des vestiges de civilisations successives. 

Les travaux du chemin de fer et les explorations fai- 
tes par notre confrère ont également mis au jour, en 
d'autres endroits autour du mamelon communal du 
Cheylounet, de semblables antiquités. A cet égard, 
M. Aymard mentionne particulièrement les deux épées 



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DÉCEMBRE. 399 

de bronze, qui ont été tronvées dans une sorte de ca- 
chette, entre deux pierres brutes surmontées d'une plus 
grande. Malheureusement ces curieuses pièces, malgré 
la bonne Yolonté de MM. les ingénieurs, n*ont pu être 
dét^oséesau Musée. Mais il en a été fait une exacte re- 
production en plâtre qui est mise sous les yeux de l'as- 
semblée, aussi bien que la collection de tous les autres 
morceaux d'antiquité recueillis avec soin , soit par 
M. Guilleminot, t&cheron des travaux du chemin de 
fer, soit par MM. Âymard, Falcon, Micciollo neveu, 
Bernard Pellegrini, etc. 

Notre confrère précise tontes les particularités de ces 
découvertes, et, comparant les objets qu'elles ont pro- 
duits avec de semblables trouvailles effectuées en d'au- 
tres pays, il fait connaître leurs emplois divei-s, les 
époques qu'on doit leur assigner et enfin les causes de 
leur enfouissement au Heu du Cheylounet. 

Ces explications, qui ont intéressé rassemblée, don- 
nent sujet à M. le Président de prier M. Aymard de les 
consigner dans un mémoire qui sera inséré dans le pré- 
sent volame des Annales. 

M. le docteur Langlois, au nom de M. Jacques Feuil- 
lette, greffier de la justice de paix à Brioude, fait hom- 
mage d'un certain nombre d'insignes en riches bijoux, 
en écharpes et tabliers artistement ornés de broderies, 
en diplômes, etc., qui ajoutent de nouvelles et précieu- 
ses pièces à la collection franc-maçonnique du Musée. 

A cette occasion, M. Aymard dit qu'en attendant des 
recherches plus complètes sur l'hisloire de toutes les 
loges maçonniques du département, il y a lieu de rap« 



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400 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

peler, d'après le calendrier maçonnique publié en 4812, 
quelles étaient alors ces loges. On en comptait, au Puy, 
trois en activité : Les Amis éprouves, fondée le 43 du 40* 
mois 5808 (4808) ; la Parfaite sincérité, créée le 47 du 
3* mois 5804 (4804); la Parfaite union, dont l'origine 
plus ancienne remontait au 40« du 4" mois de 6770 
(4770). La collection contient le titre de fondation sur 
parchemin de cette association ainsi qu'un tableau des 
dignitaires et membres de la loge pour 4807. 

Ce calendrier relate aussi, parmi les loges dont les 
travaux n'étaient pas en vigueur, celle du Puy dite 
Saint-Jacqy^s des vrais amis. 

Deux autres loges en activité. Tune à Brioude, sous 
le titre de Saint-Julien, avait été constituée le 6 du 9* 
mois 5774 (4774); l'autre à Yssingeaux, nommée les 
Vrais amis, datait du 43 du 4« mois 5809 (4809). 

A défaut d'indications fournies par le calendrier de 
4812, on n'a pas de renseignements suffisants pour une 
autre loge qui semblerait avoir existé dans la ville du 
Monastier,si on en juge d'après une plaquette en plomb 
de la collection de M. Hector Falcon, sur laquelle figu- 
rent des emblèmes maçonniques avec la légende : Etroite 
UNION. Orient du Monastier. Nous avons une em* 
preinte de cette pièce , utile à consulter pour des re- 
cbercbes ultérieures. 

Cette loge aurait-elle été la même, sous un autre 
nom plus ou moins postérieur, que celle qui parait 
avoir occupé une salle de l'Hôtel-de- Ville, où on voit 
au-dessus de la porte l'inscription : Loge des francs 
écoliers, et la représentation d'un triangle ? A défaut 
d'autres renseignements, il serait difficile de résoudre 
cette question. 



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DECEMBRE. 404 

La coHection des cartes à jouer, qoi compte déj& des 
planches xylographiqaes et des cartes protenant dé fa* 
briques autrefois établies au Puy, s'est accrue d^un an- 
cien jeu offert par M. Lafont-Pardinel, propriétaire. 

M. le Président exprime aux donateurs les remercî- 
ments de la Société. 



OUVRAGES REÇUS. 

Agriculture. — Emploi de la tannée comme en- 
grais. — M. le Président qui avait déjà soumis cette 
question à la Société dans la séance du mois d'août, 
annonce qu'elle vient d'être étudiée à un nouveau point 
de vue : M. Dauvemé, dans un article inséré au Jour- 
nal d' agriculture progressive, rappelle que la tannée 
fraîchement retirée des cuves, contient une grande 
quantité de tannin, ce qui n'en permet pas l'emploi 
immédiat comme engrais. Pour neutraliser l'effet cor- 
rosif du tannin, il suffit d'ajouter un vingtième de 
chaux, de retourner la tannée plusieurs fois, et de n'en 
faire usage qu'après lui avoir fait subir une assez grande 
fermentation. 

Jusqu'à présent on avait reconnu que cette fermenta- 
tion nécessitait un assez long temps, dix-huit mois en^ 
viron. D'après l'auteur de l'article, on peut utiliser la 
tannée plus promptement, par un procédé très-simple, 
qui consiste à changer les acides tannique et gallique 
en tannate et gallate de fer, au moyen d'un arrosage 
des tas avec du sulfate de fer dissous dans l'eau. Quel- 
ques arrosemenUi effectués pendant quinze jours suffi- 
TOME xxxî. se 



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402 RÉSOMÉ DKS SEANCES. 

seot pour que la tannée ne soit plus nuisible aux plan- 
tes par ses acides. Mise alors dans une fosse à fumier, 
à quantité égale avec des fumiers, la tannée dégage une 
forle. chaleur qu'on ralentit à volonté avec des arrose- 
ments; elle pourrit alors rapidement, et après un mois 
de fermentation avec les fumiei*s et des matières fécales 
et au moyen d*arrosements par du purin, on obtient un 
excellent engrais. 

Qmstion chevaline. — Le n? 24 du Journal d'agri- 
etUturepratiqus contient un article sur l'amélioration 
de la race chevaline. La dernière guerre a démontré 
rinfériorilé de notre cavalerie comparée à celle des 
Allemands, sous le double rapport de la qualité et du 
nombre. De là, nécessité impérieuse d'augmenter cette 
branche de la production agricole, pour la remonte de 
l'artillerie et de la cavalerie. La production et l'élevage 
des chevaux en France comprend les chevaux de trait 
et les chevaux de selle. La production des chevaux de 
trait qui prospère à raison de cet ancien principe éco- 
nomique que la consommation fait la production, n'en 
doit pas moins être encouragée par TËtat, auquel il 
suffirait d'augmenter les prix et les primes dont dispo- 
sent les Sociétés d'agriculture pour les étalons et les 
juments poulinières. 

L'auteur de l'article pense qu'un moyen efficace de 
perfectionnement consisterait dans l'achat par l'admi- 
nistration des meilleurs étalons des races, même à amé* 
liorer : achats qui auraient pour but, non pas de peu- 
pler les haras, mais bien de revendre aux enchères de 
bons reproducteurs pour la contrée à laquelle ils se- 



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* DECEMBRE. 403 

raient destinés. On empêcherait ainsi les meillenrs éta- 
lons de nos bonnes races de chevaux de trait de passer 
à l'étranger. Ce système d'encouragement devrait s'é- 
tendre également à l'industrie mulassière. 

Inférieure à celle des chevaux de trait, la production 
des chevaux de selle nécessite une double amélioration, 
celle de la qualité et de la quantité. Pour atteindre ce 
but, il y aurait lieu de demander de la part de l'Etat : 
4* de la régularité dans les achats des remontes (car les 
achats faits parTadministration militaire varient suivant 
ses besoins) ; 2<> l'élévation des prix des chevaux de re- 
monte, de manière à les rendre rémunérateurs pour 
l'éleveur (or, personne n'ignore que l'Etat paye le moins 
cher possible). 

M. le Président fait remarquer à ce sujet que les 
vues émises dans cet article confirment celles que la 
Société met en pratique, depuis plusieurs années, pour 
l'amélioration de la race chevaline dans le dépar- 
tement. 



MÉDECINE. — • Emploi de Vacide phénique. — M. le 
Président signale ensuite dans le Journal d'agriculture 
progressive un article sur la guérison radicale des af- 
fections charbonneuses de Thomme et des animaux par 
l'injection de l'acide phénique dans le tissu cellulaire. 
Le docteur Déclat, auteur de cette précieuse décou- 
verte, use d'un procédé encore plus efficace. Il suflSt, 
selon lui, de cautériser largement la pustule dite mali- 
gne avec l'acide phénique pur, de maintenir sur cette 
petite plaie un peu de charpie, que Ton tient constam- 



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404 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

ment imbibée d'eau phéniquéek 3 0/0 pendant quarante- 
hnit heures environ, et faire boire par yingt-quatre 
heures au malade de cinq à dix cuillerées iji soupe d'un 
sirop à Tacide phénique titré à 0,10. 

Industrie. — La dynamite. — Le Journal d'agri- 
culiwe pratique, parlant de la dynamite, poudre 
brisante formée de nitro-glycérine absorbée dans une 
silice très-poreuse, annonce qu'elle a été employée avec 
succès dans la forêt domaniale de Haye (Meurthe-et-Mo- 
selle), pour faire éclater d'énormes souches de bétre. 
Cette substance peut être également employée pour 
l'abattage de la pierre h chaux, de la pierre à plâtre et 
de la marne, le fonçage des puits en terrain dur, etc. 
La dynamite est bien préférable à la poudre de mine, et 
a bien plus de puissance que cette dernière. Voici 
comment on procède pour briser les souches : on pra- 
tique à la tarrière, dans la masse ligneuse et suivant 
l'axe du tronc, un trou de 0™,25 à 0",40 de profon- 
deur, et de 0",02 de diamètre. Une cartouche de dyna- 
mite d'environ 50 grammes, pourvue d'une amorce 
de fulminate de mercure et d'une mèche de mine ordi- 
naire logée au fond du trou, après un bourrage som- 
maire avec un tampon de glaise, suffit pour opérer la 
division en gros fragments. 

Conservation du bois par le goudron. — Dans le 
n* 23 du Journal d'agriculture progressive est pré- 
conisée, pour la conservation du bois et du fer, la pein- 
ture au goudron minéral provenant de la distillation de 
la houille. Cette peinture offre plus de solidité et de ré- 



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DÉCEMBRE. 405 

sistance à l'action de Tair que la peinture à Thuile. 
Pour l'utiliser, il suflSt d'ajouteri au moment de Tem* 
ploi, 420 grammes d'essence de térébenthine à chaque 
kilogramme de goudron. Deux couches de cette pein- 
ture, qui sèche ordinairement en vingt-quatre heures, 
donnent une couverture d'un beau noir, qui ne se 
gerce pas comme la peinture ordinaire* Si Ton veut ob- 
tenir une couleur rouge*brun trës^solide, il suffit d*a- 
jouter par chaque kilogramme de goudron ainsi pré- 
paré 300 grammes de rouge anglais et 30 grammes 
d'essence de térébenthine. Pour quelques centimes, on 
peut peindre à deux couches une surface d'un mètre 
carré. 

M. Lascombe fait hommage d'une brochure dont il 
est l'auteur, et qui a pour titre : M. de Thou dans le 
Velay, C'est un tiré à part d'un mémoire qui a paru 
dans les Tablettes historiques dt^ Velay. 

COMMUNICATIONS. 

Exposition uiviversëlle de Lyon. — Une exposition 
universelle et internationale des produits de l'agricul- 
ture, de l'industrie et des arts doit s'ouvrir à Lyon, le 
i"^ mai 4872. M. Tharel, président du Comité d'organi- 
sation, dans une lettre-circulaire dont il est fait lecture, 
sollicite l'adhésion et le concours actif de toutes les So- 
ciétés savantes pour une œuvre dont le succès et la 
grandeur, dit-il, sont, en raison môme des circonstan- 
ces où elle se produit, une question de patriotisme et 
d'honneur national. 



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406 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 

La Société accueille avec plaisir celte communication. 
Elle fera tons ses efforts pour stimuler le zèle de nos 
compatriotes. Elle espère que nos exposants, en mé* 
moire des succès Qalteurs et des légitimes récompenses 
qu'ils obtinrent aux expositions de Paris et Londres en 
4855, 4862 et 4867, tiendront à honneur de représenter 
noblement au concours de Lyon les diverses industries 
du pays, et surtout celle de la dentelle. 



Viticulture. — Maladie de la tigne. — M. le Minis- 
tre de Tagriculture a transmis à la Société un pro- 
gramme du prix de 30,000 fi*ancs à rinventeur d'un 
procédé pratique contre la maladie de la vigne. A cet 
envoi est joint un exemplaire d'une instruction résu- 
mant la situation actuelle du Qéau. Le délai fixé pour 
le concours expire le 34 décembre 4872. 



Arts industriels. — Aéronavigation. — M. Nicolas 
qui, à la séance précédente, avait été prié par M. le 
Président de rendre compte d'un projet d'aérostat que 
notre compatriote M. Félix Varennes nous avait soumis, 
lit le rapport suivant : 

MSSSIBURB, 

Depuis longtemps certains esprits sont à la recherche 
d'un appareil qui permette de voyager avec commodité et 
sécurité dans l'atmosphère ; ils rêvent de supplanter les 
chemins de fer qui cependant ont déjà tant abr^é les 



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DECEMBRE. 407 

distances et rendu de si grands services. Ce problème s'est 
imposé an génie de l'homme presque aussitôt après la dé- 
couTerte due à nos voisins, les frères Montgolfier, ou tout 
au moins après que le premier aéronante a eu la hardiesse 
de se confier à une frêle nacelle pour s'élever dans les airs. 
Malheureusement les chercheurs qui se sont occupés de la 
quéôtion n'ont pas toujours eu des connaissances suffisan- 
tes en mécanique : de là, des essais sans nombre et toujours 
infructueux. 

Dans ces derniers temps, les nécessités oiï la guerre avalent 
placé notre malheureux pays, en isolant Paris du reste de 
la France, ont fait comprendre plus que jamais l'impor- 
tance des services que pourrait rendre la navigation 
aérienne, et, malgré l'impuissance où l'on s'est trouvé de 
diriger tes ballons, on les a utilisés pour transmettre à la 
province les nouvelles de la capitale. C'est sans doute ce 
qui a réveillé l'attention des inventeurs sur l'étude de ce 
difficile problème. 

Dernièrement, vous avez eu à étudier un système d'aéros- 
tat assez compliqué, dans lequel la vapeur joue un grand 
rôle. Aujourd'hui, c'est un appareil beaucoup plus simple 
qui est présenté à votre appréciation par M. Félix Va- 
rennes. 

Il se compose d'un récipient en toile imperméable, dont 
la forme est celle d'un œuf aplati et qu'on remplit d'hy- 
drogène, gaz environ seize fois plus léger que Tair. C'est 
' dans l'intéheur de ce ballon que l'inventeur place le méca- 
nisme destiné à mettre l'appareil en mouvement par le. 
moyen de deux hélices placées l'une à l'avant et l'autre 
à l'arrière et tournant en sens contraire. Au dessous se 
trouve fixé un premier pavillon supportant un tube long de 



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i08 BÉSUMÉ DBS SÉARGBS. 

22 mètres et assez laiige pour contenir un escalier intérieur. 
Le long de ce tube se meuvent deux autres pavillons sus* 
pendus aux extrémités d'une corde qui s*enronle sur un 
tambour d*un mètre de circonférence disposé à Tintérieur 
de l'aérostat. Pendant que Tun de ces pavillons descend, 
l'autre monte, et, durant cette course, le tambour intérieur 
fait vingt-deux tours. Ge mouvement est transmis à deux 
systèmes de poulies, dont chacun fait mouvoir une des hé- 
lices : chaque système se compose de six poulies reliées 
deux à deux par des courroies sans fin et combinées de telle 
sorte que Thélice correspondante fait seize mille trente huit 
tours pendant une course des pavillons mobiles, ce qui 
suppose une vitesse de mille à quinze cents tours environ 
par minute. 

A la base de Faérostat est tendue, dans le sens de la Ion - 
gueur^ une corde sur laquelle peut glisser d'avant en ar- 
rière un poids assez lourd, destiné à donner au ballon Tin- 
clinaison convenable; suivant qu'au moyen de ce poids, on 
relève l'avant ou qu'on l'abaisse, l'appareil monté ou des- 
cend. Il y a, en outre, à l'arrière un gouvernail mu au 
moyen de cordes à l'aide duquel on peut changer à volonté 
la direction de la marche. 

Le poids de l'appareil, y compris celui du lest et des six 
personnes destinées à le manœuvrer, est calculé de foçon à 
équilibrer complètement la poussée verticale; de telle sorte 
que, contrairement à ce qui a lieu dans les appareils de ce 
genre, il n*y a pas de force ascensionnelle ; et lorsque les 
^ voyageurs sont tous dans le pavillon fixe, le système est en 
repos. Pour déterminer le mouvement, cinq des aéronau- 
tes pénètrent dans le pavillon mobile supérieur ; un seul 
reste à son poste pour manœuvrer le gouvernail et le con- 



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DÉGEMBBE. 109 

tre-poids. Le poids des premiers fait descendre le papillon 
mobile jusqu'à l'extrémité du tube de 2% mètres ; ce qui 
met les hélices en mouvement, et, si l'appareil est convena- 
blement dirigé au moyen du régulateur, il commence à s'é- 
lever. Une fois le pavillon descendu au bout de sa course , 
les aéronautes pénètrent dans le tube et en gravissent Tes- 
calier iniérieur pour aller se placer dans le second pavillon 
qui descend à son tour ; ce qui fait que les hélices conti- 
nuent à tourner et l'aérostat à s'élever. 

Arrivé à la hauteur voulue, on dispose le poids régula- 
teur de manière que l'appareil s'avance horizontalement 
dans la direction que lui imprime le gouvernail. Lorst^u'on 
veut descendre, il suffît de porter le contre poids à l'avant 
du ballon, ce qui l'incline vers le sol et le mouvement des 
aéronautes le fait descendre ; arrivé à terre, le tube infé- 
rieur s aplatit, ainsi que les pavillons mobiles, de façon à 
se réduire au dixième de leur longueur , ce qui permet de 
charger et décharger l'appareil. 

Tel est, en résumé, le mécanisme de ce système simple 
et ingénieux. Son poids total, d'après les notes fournies par 
Vinvenieur, est de 1,700 k., dont 850 k. représentent le 
poids de l'aérostat et du mécanisme intérieur, et 850 k. 
celui des parties accessoires et des aéronautes. Le volume 
du gaz emmagasiné est de 1,700 m. et pèse 1,050 gr. de 
moins «que l'air par mètre cube. D'après cela, on obtient 
une poussée de 1,785 k., ce qui donne un excédant de 85 k. 
pour le lest et le poids régulateur. Il est à remarquer que 
ces nombres, qui peuvent paraître exagérés, sont plutôt au- 
dessous de la vérité; car le poids d'un mètre cube d'air à 
0* est de 1,293 grammes; celui d'un mètre cube d'hydro- 
gène, dont la densité est 0,0693, est seulement de 1,293 X 



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440 RÉSUMÉ DBS SÉANCES. 

0,0693, c*e8t-à-dire de 89 gr. 60, ce qui montre que la 
poussée peut être de 1,293 gr. — 89 gr. 60, environ de 
1,200 gr. par mètre cube. Toutefois M. Varennes a dû te- 
nir compte de plusieurs circonstances qui peuvent Tamoin- 
drir : car la température est en général supérieure à zéro; 
de plus, à mesure qu'on s'élève, l'air se raréfie et la pous- 
sée diminue -, enfin l'hydrogène peut être plus ou moins 
mélangé d'air^ 

Les détails qui précèdent suffisent pour montrer ce qu'il 
y a d'ingénieux et de nouveau dans l'idée de M. Varennes, 
qui, dans son opinion, pourrait être appelée à servir de 
point de départ à la navigation aérienne. Toutefois nous 
nous permettrons d'appeler l'attention de l'inventeur sur 
quelques points particuliers. D'abord est-il facile de remplir 
de gaz un récipient qui contient dans son intérieur un mé- 
canisme aussi compliqué ? L'hydrogène , gaz si subtil, ne 
s'échappera-t-il pas à travers les ouvertures par lesquelles 
passent les axes des hélices et les cordes de la transmission 
de mouvement? Ne pourrait-on pas, d'ailleurs, en augmen- 
tant dans une proportion convenable les dimensions du bal- 
ion, employer, comme on le fait généralement, le gaz de l'é- 
clairage qui est plus facile à produire et moins coûteux? N'y 
aurait-il pas avantage encore à remplacer le travail des aé- 
ronaùtes par une autre puissance, telle que la vapeur et ré« 
iectricité, ce qui permettrait de supprimer le tube de 22 mè- 
tres et les pavillons mobiles qui paraissent très-encombrants? 
Il est vrai pourtant que ce long tube, suffisamment lesté à 
sa partie inférieure, peut grandement contribuer à la stabi- 
lité d'équilibre de l'aérostat. L'inventeur parait , d'ailleurs, 
s'être imposé la condition d'écarter tout moteur artificiel ; 
1 expérience seule peut nous apprendre jusqu'à quel point 



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DÉCEMBRE. 4H 

il a réussi et quels sout les perfectionnements à apporter 
à son système. Nous ne saurions donc trop l'encourager à 
persévérer dans ses recherches et surtout à multiplier les 
essais qui, seuls, lui permettrout, en lui faisant connaître 
les écueils à éviter, de mener à bonne un une œuvre qui 
intéresse à un si haut degré la civilisation* 



MÉTÉOROLOGIE. — Projet cT observatoire météorolo- 
gique au Puy. — M. Béliben annonce à la Société que 
M. Alinard, professeur de physique à la Faculté des 
sciences de Clermont, est parvenu à obtenir des subven* 
lions de la part de TEtat, du département du Puy-de- 
Dôme et de la ville de Clermont, dans le but de 
construire un observatoire sur le sommet du Puy-de- 
Dôme, dont Taltitude dépasse 4 ,400 mètres. Cet éta- 
blissement scientiflque, unique au monde par sa 
situation^ par les études auxquelles il pourra servir, 
est destiné à rendre les plus grands services à la mé- 
téorologie. Au moyen du télégraphe électrique, la 
station du Puy-de-Dôme sera en relation constante avec 
le cabinet de physique de la Faculté. H. Alluard désire- 
rait que quelques autres stations secondaires sur diffé- 
rents points du grand plateau central de la France 
fussent mises en rapport avec la station principale du 
Puy-de-Dôme. De toutes les observations pourrait sortir 
quelque grande loi météorologique dont la connais- 
sance serait d'une utilité incontestable, surtout pour 
rétude préventive de la direction et de Tintensité des 
orages. 

La météorologie n*est point chez nous une science in- 



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412 RÉSUMf: OBS SÉANCES. 

connue : notre vénéré confrère M. Bertrand de Done, 
un des promoteurs de la géologie en France, avait 
aussi porté sa féconde attention sur la météorologie. Il 
a laissé des travaux sur la direction des vents qui ont 
été remarqués dans le monde savant. Pourquoi laisse- 
rions-nous périr en nos mains cette partie de rhérilage 
scientifique que nous a légué un des plus illustres fonda- 
teurs de notre Société ? 

11 ne nous est pas impossible de répondre à rappel de 
M. Âlluard. M. Rhullier-Plantin veut bien consentira 
céder, sur le sommet de la Roche-Arnaud, une parcelle 
de terrain sur laquelle le conseil municipal de notre 
ville a décidé, à la demande de M. Richard, de rétablir 
l'ancienne girouette de Corneille. Elle pourrait être éta- 
blie an-dessus d'une voûte qui lui servirait de piédestal 
et où pourraient se faire, à des moments déterminés, 
des observations immédiatement transmises , par le 
moyen du télégraphe, à la station du Puy-de-Ddme. Il 
serait facile de trouver dans rétablissement des Frères 
de Saint-Régis, situé tout auprès, quelques fidèles ob- 
servateurs qui, moyennant une légère rétribution, se 
rendraient à des heures fix.es sur le sommet de la 
Roche-Ârnaud. La Société prendrait la direction de 
cette institution nouvelle, et son patronage suffirait à 
lui donner l'impulsion nécessaire. 



UmÉRALOGiE. ^ Serpentine. — M. Béliben présente 
un fragment de serpentine auquel il a fait subir Topéra- 
tion du polissage et dont le gisement, situé entre les 
communes de Dore et de Saint-Jean-d'Aubrigoux, pré- 



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DECEMBRE. 443 

sente une masse considérable. Cet échantillon oftte à 
Toeil des nuances vert foncé avec des taches d'an rert 
clair. Cette substance minérale, qu'on peut tailler, scier 
et tourner avec facilité, donne à l'analyse les résultats 
suivants : 

Silice 42 50 

Magnésie 38 50 

Chaux » 25 

Protoxyde de fer 4 50 

Protoxyde de magnésie. . . » 50 

Oxyde de chrome. » 25 

Alumine 4 » 

Eau 45 50 

Total i. 400 » 

Il serait important pour notre département qu'on 
utilisât la serpentine dans Tindustrie et les arts. On en 
fabriquerait des cheminées, des dessus de tables et de 
consoles, des coupes, vases, etc. L'extraction et la ma- 
nipulation de cette substance emploieraient un grand 
nombre de bras/Ce serait nne précieuse ressource pour 
les ouvriers de éette partie de nos montagnesqui pour- 
raient, de cette façon, durant les longs jours d'hiver, 
déployer leur intelligence et leur activité. 

M. Aymard fait observer que la serpentine, depuis 
longtemps signalée sur quelques points de la Haute- 
Loire, notamment dans les communes de Lubilhac, 
Saint-Julien près Brioude, Grenier-Montgon, etc., n'a 
été jusqu'à présent, chez nous, d'aucun emploi dans Tin- 
dustrie et les arts, à l'exception toutefois des temps 



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44 i RÉSUIf É DES SÉANCES. 

préhistoriques où, à Tépoque néolithique ou de la 
pierre polie, on Tavait utilisée pour la fabrication de 
haches, de même qu'on avait employé au même usage 
la flbrolithe de nos contrées. 

La Société remercie M. Béliben de son intéressante 
communication, qui devra être livi*ée à la publicité par 
le procès-verbal de la séance. 



Monuments historiques. — Tour Panessae au Puy. 
— M. le Préfet a adressé k M. le Président la lettre 
suivante au sujet de la tour Panessae, dont l'existence 
est menacée : 



MoNSiBUR LE Président, 

M. le Maire de la ville da Pay me signale l'état de dé- 
gradation de la tour de Panessae. Des lézardes extrême- 
ment apparentes font craindre un éboulement prochain, et 
comme les boulevards Saint -Louis et Saint-Laurent, à l'in- 
tersection desquels se trouve la tour Panessae font par- 
tie de la grande voirie, je vais être dans la nécessité de 
prendre des mesures réclamées par la sécurité publique. 

tl serait regrettable, à tous égards, monsieur le Prési- 
dent, de voir disparaître un des derniers monuments du 
moyen-âge qui attestent l'antique importance de la cité ani- 
cienne. Aussi, avant de prendre une résolution définitive, 
j'ai exposé à M. le Maire du Puy l'intérêt qu'il y a pour la 
.ville à la conservation de la tour Panessae, et je l'ai engagé 



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DÊGEMBRE. 445 

à proposer au Conseil municipal l'acquisition de la tour et 
sa restauration. 

M. le Maire de la ville du Puy m'a répondu qu'il ne 
méconnaissait pas l'intérôt que je lui signalais, mais que 
rétat des finances de la ville ne lui permettait pas de son- 
ger à acquérir la tour Panessac ; les p/étentions exagérées 
des propriétaires étant connues depuis longtemps par Tadmi- 
nistration municipale. 

En présence des dispositions de la municipalité du Puy, 
j*ai pensé qu'il convenait de signaler le projet de démolition 
de la tour Panessac à la Société académique, qui a mani- 
festé en mainte circonstahce son zèle pour tout ce qui inté- 
resse l'histoire du Yelay. La Société académique ne pour- 
rait-elle pas prendre 1* initiative de mesures qui permissent 
de racheter et de réparer ce monument ? 

Je vous prie, monsieur le Président, de vouloir bien ap- 
peler sur la question ainsi posée toute l'attention de vos 
honorables confrères. Je suis disposé à prêter mon concours 
le plus empressé à ce que la Société arrêtera ; et si elle veut 
en demander le classement comme monument historique, 
vous savez que les secours de l'Etat ne lui manqueront pas 
actuellement, ou du moins danç un avenir peu éloigné. 

Agréez, monsieur le Président, l'assurance de ma consi- 
dération la plus distinguée. 

Le Préfet, 
G'« DE MALARTIG. 



M. le Président^ an nom de la Société, a répondu à 
M. le Préfet dans les termes suivants : 



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416 RÉSUMÉ DES SÉANCES. 



Monsieur lb Prèfbt, ' 

Dès la réception de votre dépèche du 19 août dernier, re- 
lative à la tour Panessac, je me suis empressé de convo- 
quer le bureau de la Société académique, qui, pendant les 
vacances, a mission de représenter la Société. Après lui 
avoir donné communication de votre dépêche, il s'est trans- 
porté sur les lieux et à la suite d*une longue et sérieuse dis- 
cussion, il a délibéré à l'unanimité : 

Qu'il partageait toutes vos sollicitudes au sujet de la 
tour de Panessac et qu'il serait infiniment regrettable de 
voir disparaître ce dernier monument qui atteste l'antique 
importance de notre cité. Déjà, lorsqu'il y a quelques an- 
nées, l'administration municipale crût devoir, dans l'intérêt 
de la viabilité de la ville> faire disparaître une des tours et la 
porte Panessac, la Société académique, pénétrée de l'inté* 
rêt historique qui s'attachait à ce monument, avait expri- 
mé ses regrets au sujet de cet acte déplorable. Elle ne pou- 
vait, en effet, oublier qu'après avoir été le théâtre glorieux 
de combats mémorables, cette porte, destinée à la réception 
de plusieurs des princes, qui, depuis Gharlemagne jusqu'à 
François !•', ont visité notre cité en venant s'incliner de • 
vaut la Vierge du Mont-Anis, avait le nom de Porte royale. 
Ce même sentiment s'attache plus fortement encore au 
dernier reste de ce précieux monument. La Société, jar 
l'organe do son bureau, exprime donc le vœu que la tour 
Panessac soit conservée . 

Sa conservation, du reste, ne présente aucune difficulté 
ni aucun inconvénient. Cette tour, en eiiet, a deux parties 
bien distinctes : l'une qui sert de base à l'autre, beaucoup 



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DÂGRUBIE. 447 

ph|8t apomne^ ai^ 4# tpu4e 90lidi^ el ne pféfltBtite ataooiie 
lézarde. La seconde partie, qui 80 cafaciériae fw un enocir- 
l^^n^nlban pion^ ée toille, pwnût avoir élô superposée à 
JLa premi&rfi àmf^ to- icMftur^ 4^ ^lY* «tècle* Cette ])»afiî«, 
Vn m^9^t» un^ ^Qï^i» et qoi » dû dire surmontée d0 
créneaç^, ét^it ai^isi origioairement d*uae grande soiidî- 
té. Les lézariies qui sillfonnen^ sa façade panûssent dues «eu- 
toqaent à des i^uvertures faites après coup et sans ména^ie^ 
œe&tSf et i)l suf^rait diQ les Saire disparaître en replaçant les 
pierres de tajlle qui ont M 9nl9eYée8y pour consolider eotte 
partie menaçante de la tour de Panessac. 

La conservation de cette tour ne nuirait e^ amciine fa^oa 
à U viabilité de la giiande »vl de la petite voirie, la Société 
étant per^ttajdéie qm les fondations de la tour s<mt très-pro- 
fondes et qu'un déchaussement ne compromettrait en rien 
sa solidité. Il a été, d'ailleisurs, établi par les fouilles qui ont 
été récemment faites dans la rue Panessac que Tancien sol 
avait été successivement surélevé, ce qui porte à croire qu'il 
en a été de même pour le sol qui entoure la tour Panes- 
sac et qu'il serait dès lors sans inconyéaient pour elle de 
l'abaisser. 

Mais comment assurer la conservation de la tour Pa- 
nessac? La Société n'a à sa disposition aucune ressource 
qui lui permette de faire cette acquisition, de ses deniers, 

U serait désirable que la municipalité pût s'api)roprier oe 
monument, soit en l'achetant de gré à gré, soit par la voie 
de l'expropriation. Elle pourrait alors le consolider par d^ 
réparations intelligemment ordonnées et de nature à lui 
rendre sa forme première, et utiliser l'intérieur en y logeant 
ou un bureau de police, ou tout autre établissement muni- 
cipal. En l'isolant par la démolition de la peljite maison à 

TOMB XXÏI. 57 



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418 RÉSUMÉ DRS SÉANCES. 

•laqueUe «rt liée la tottr, on en ferait nn monomem i la feu. 
arobéobgiqae et déooratif . 

Dao« le cas où l'acqnUition du monument ne ponrmit 
être faite actaellement, ne pourrait«on antorieer les pro- 
priétaire» à le réparer sons la direction d* an homme de Fart 
et à certaines conditions qui assareraîent sa conservation ? 

Mais dans tous les cas, la première et la plus importante 
mesure à prendre, si la chose est posdible, serait de le faire 
classer comme monument historique , afin d'assarer sa 
conservation entre quelques mains qu'il se trouve. 

Telles sont, monsieur le Préfet, les desiderata de la So- 
ciété académique au sujet de la tour de Panessac. L'initia- 
tive que voud avez prise à son sujet, nous donne lieu d'es- 
pérer que vous voudrez bien prendre en considération les 
vœux de la Société académique et leur donner suite en les 
appuyant de votre haut patronage. 

Agréez, je vous prie, monsieur le Préfet, Tassurance de 
ma respectueuse considération. 

Le Président de la Société académique du Puy, 
Db Brivb. 

L'Assemblée donne son entière adhésion aux rues 
émises par le bureau de la Société et dont M. le Prési- 
dent s'est rendu le fidèle interprète auprès de M. le Pré- 
fet. Elle espère, en outre, que l'administration muni- 
cipale, toujours soucieuse des intérêts historiques du 
pays, voudra bien coopérer à la conservation de la tour 
Panessac. "* 

Publications db lu Société. — Catalogue du Musée. 



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DBCBMBliC. 119 

•*^M. le baron de Vinols, consenraieor de la section des 
beaux-arts, annonce dans une lettre que, snîTant les 
iûteniions de la Société, il a traité ayec M. Marches- 
sou de L'impression du Catalogue des tableaux, gra^ 
vures, dessins et statues; le format sera celui des jin-* 
noies, et le papier semblable & celui des Chroniques de 
Médieis. Le tirage en sera fait à mille exemplaires, dont 
le prix sera, pour chacun d'eux, de fi*. 65 c. 

Don des Annales de la Société à des biblioihèq'ues dé- 
imites pendant la guerre* — H. le préfet de police, 
dans une lettre dont il est fait lecture, sollicite le don 
de quelques ouvn^es afin de reconstituer la biblio- 
thèque de son administration détruite par l'incendie 
pendant le siège de Paris* 

L'assemblée s'empresse, par un vote unanime, d'of-- 
frir à M. le préfet de police la collection de nos iinnafes. 

La même décision est prise en faveur de la Société ar- 
chéologique de la Lorraine^ qui, pour reconstituer la bi- 
bliothèque de Nancy, détruite dans l'incendie du palais 
ducal, a fait appel à toutes les sociétés scientifiques. 



Personnel de u Société. — Elections du président 
et du fiice-président. — U est procédé à la nomination 
du président, en remplacement de M. de Brive qtii, 
malgré l'insistance de tous nos confrères, se refuse à 
continuer l'exercice de ces fonctions, à raison du oiau- 
vais état d^ sa santé. 

Le vote, qui a lieu au scrutin secret, donne la majo* 
ritè^ voîi à M. Aymard, qui est proclamé préiideftt. 



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420 RÉSUMÉ DBS SÉANCES . 

Ce résallat est accueilli par l'assemblée avec une tive 
sympathie. . 

M. de Brive, se faisant l'interprète des sentiments de 
nos confrères, félicite en termes chaleureux M. Aymard 
et déclare que le choix qui vient d'être fait est on 
gage certain pour Farenir et les travaux de la Société. 

M. . Aymard répond cordialement à ces paroles de 
bienvenue. Il espère, non faire oublier, mais rappeler 
au contraire, dans la limite de son pouvoir, les prési- 
dences fécondes qui ont fait r^aillir sur la Société un 
lustre qui ne s'effacera point, et il remercie avec émo- 
lion ses confrères d'un honneur qui est la consécratîen 
la plus douce d'une longue carrière vouée à. l'histoire et 
h la science locales. 

L'assemblée est ensuite appelée à élire le vice-pré-* 
sidemt en remplacement de H. Aymard, qui en remplis- 
sait les fonctions. 

Le scrutin donne la majorité à M. Chouvon qui, ayant 
accepté, reçoit aussi les chaleureuses filidtatîoiis de 
M. le Président. 

Décès de MM, Mauras et Mahul, membres de la So- 
ciéié, — M. le Président annonce la mort de H. Aicide 
IfattraA, avck^at et membre résidant. Il exprime com- 
bien est grande pour la Société la perte de notre don- 
frère qui joignait à une grande érudition les meilteures 
qualités. La variété de ses connaissances hii peraiec- 
taient de prendre une part active aux discussions scien- 
tifiques de nos réunions. HM. Martel, Langlois, 
Lasconbe et de Snrrel sont désignés pour représéster 
la SMiélf aux obsèques de notr^ regmtt» eduCréM* 

M. le docteur Martel émet, à cette occasion, le vœu 



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DÉCEMBRE. 424 

qae la Société délègue à TaTenir deux de ses membres 
auprès d'un confrère sérieusement malade. Cette démar- 
che, dit-il, témoifiH^erait de Tintérét que la Société porte 
à tous ceux qui en font partie. Cet usage a été adopté 
notamment par les sociétés médicales de Paris. 

M. le Président rend hommage au sentiment hono- 
rable exprimé par H. Martel et Tinvite à adresser une 
note au conseil d'administration qui statuera sur l'objet 
de sa demande. 

H. le Président témoigne également les regrets de la 
Société au sujet de la mort de M. Mahul, membre ho- 
noraire. Plusieurs publications scientifiques ont déjà 
rendu un juste tribut d'hommage à sa mémoire, en par- 
ticulier le Bulletin monumental dirigé par H. de Cau- 
mont, dont H. MahuI était un des savants collabora- 
teurs, en qualité de membre de l'Institut des provinces. 
Ancien député, ancien préfet au Puy, à Avignon et à 
Toulouse, notre confrère avait fait preuve d'une haute 
intelligence dans l'exercice de ces différentes fonctions; 
il a laissé surtout un excellent souvenir de son adminis- 
tration dans la Haute-Loire. M. Mahul s'intéressait 
beaucoup aux travaux de notre Société, dont il lisait 
les Annales avec le plus grand soin. Une des œuvres 
principales de ce savant a été la publication du Cartt^ 
taire de Careassonne (trois volumes in-4o). 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à six 
heures. 

Le Secrétaire iuppUant, 
LASCOMBE. 



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DEUXIÈME PARTIE 



MEMOIRES 

ET ANNEXES 



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ipomicm 



ÉGLISES DE FRANCE 



Historique de la (inestion dans la seconde moitié du 

dix-neuvième sièole, présenté et lu à la Société 

aoadémi<iQedu Pay-en-Velay, dans sa séance 

de juin 1871, par M. l'abbé Frugère, 

membre résidant. 



Daas le domaiDe des sciences positives, l'histoire est, 
plus que toute autre peut-être, la science livrée aux 
incessantes discussions des hommes ; plus que toute autre, 
elle met en jeu sur un terrain ancien les préoccupations 
modernes. C'est que, si la scène change de langage et 
de décors, Thomme reste comme immuable dans ses 
aspirations, ses passions et ses préjugés. Chaque siècle, 
et c'est un fait assez curieux à constater, se prend d'en- 
gouement pour tels ou tels points historiques jusqu'à 
lui restés dans l'oubli ou l'indifférence. A la suite d'un 
fait politique, d'une manière d'être sociale, ou d'une 
direction psychologique nouvelle et souvent inexplica- 

TOME XXXI. a 



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2 APOSÏOLICITÉ 

ble, il se produit, ici ou là, dans l'histoire, des courants 
dans lesquels s'engagent les esprits qui se sentent 
curieux des hommes et des choses du passé. Il est bien 
difficile au philosophe de trouver des raisons indiscuta- 
bles et de poser des lois fixes à ces préoccupations 
soudaines et à ces modes de questions historiques, quel- 
quefois prises et reprises après des intermittences plus 
inexplicables encore. Tout au plus pourrait-on appliquer 
à ce fait Vondoyant et le divers de Montaigne, au sujet 
de Tesprit de l'homme. Ce que nous pouvons et devons, 
c'est le constater. 

L'apostolicité des Eglises de France est la question 
historique qui, en cette seconde moitié du dix-neuvième 
siècle, agite le monde savant de France. Soulsvée à diffé- 
rentes époques, mais avec des préoccupations intéressées 
de prépondérance dans le domaine religieux, cette ques- 
tion a reparu au milieu de nous dégagée, autant qu'il est 
possible à des hommes, de toutes complications d'intérêts 
trop pei*sonnels, et elle semble vouloir rester dans le 
domaine de la science pure. A Theure où le débat est 
dans toute sa chaleur et où la solution se dessine net- 
tement en faveur de l'apostolicité, nous croyons qu'il 
peut être curieux et utile de tracer rapidement une 
esquisse historique des champions de cette lutte et 
d'analyser leurs livres ou leurs brochures. C'est ce pelit 
travail que nous avons modestement entrepris. 

Pendant les seize premiers siècles de l'Eglise, non- 
obstant le texte de saint Grégoire de Tours, autour du- 
quel il a été fait tant de bruit (1), nos traditions et légen- 



(1) HiiL Franc, 1. i , c. i8. 



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DES ÉGLISES DE FRANCE. 3 

des religieuses avaient fixé au premier siècle l'origine 
des Eglises deFrance et cette époque était admise sans ré- 
clamation, si l'on en excepte l'opinion contraire émise, 
à la fin du dixième siècle, par le moine Létalde (4). 
Quoi de plus naturel, en effet, que de relier ^sans 
solution de continuité l'Eglise des Gaules à l'élise 
de Rome? par son organisation administrative et 
militaire, par ses établissements particuliers, par ses 
stations, par la création de ses centres de résistance, 
par l'ouverture de ses grandes voies de communica- 
tion, la conquête romaine, depuis César, avait pré- 
paré à ridée nouvelle d'émancipation matérielle et 
morale les moyens d'acclimatation et de diffusion. 
N'est-il pas raisonnable de penser et de croire que 
Pierre et les disciples du Christ, tout en attaquant 
le monde païen dans ses centres les plus anciens et 
les plus civilisés, n'avaient pas dû négliger ces pro- 
vinces récemment absorbées 'par la grande unité ro. 
maine et où Timpatience de la conquête, plus vivace, 
par conséquent, devait faciliter Tacceptalion des idées 
nouvelles qui battaient en brèche l'organisation op- 
pressive des conquérants? Il ne faudrait pas croire, 
d'ailleurs, que Pierre et les disciples s'en tinssent pu- 
rement et simplement aux idées spéculatives de la 
diffusion de l'Evangile. Hommes intelligents et éner- 
giques, ils mettaient encore au service de leur mis- 
sion les bienfaits pratiques de Texpérience et les 
moyens humains dictés par le temps, les événements 
et la politique. 



(1) Létalde* Yie de smui Julien, destinée k l'offlce de l'Eglise du Mans, sur 
la demande d'Avesgaud, évèque de cette ville. 



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4 APOSTOUCITE 

L'apostolicité devait être un point historique resté 
incontesté dans la tradition pins rapprochée de la 
vie de ces hommes de foi et d'action. Voilà pourquoi, 
peut-être, pendant seize siècles, Tévangélisation des 
Gaules, au premier siècle, ne fut point disculée. Elle 
resta pour tous un fait patent et incontestable. Mais, 
à mesure que les siècles, en s*éloignant du point de 
départ, ont perdu peu à peu le sentiment vrai de la 
situation, et, par suite peut-être aussi de cet esprit 
de discussion que les orgueils et les audaces du sei- 
zième siècle avaient soufQé partout, des doutes se sont 
élevés, des questions se sont posées, des discussions 
se sont engagées. Les erreurs, timidement avancées, 
ont été ensuite soutenues avec ardeur par la vanité 
et Tesprit de parti. Là est peut-être l'explication de 
l'origine et de Tétat actuel de cette question. 

Quoi qu'il en soit, au dix-septième siècle, par une 
brusque réaction, celte date fut mise en suspicion et at- 
taquée violemment par une école critique, ou anti-tra- 
ditionnelle, qui avait à sa tête Jean de Launoy, prêtre 
et docteur en théologie, auquel on. peut adjoindre Sir- 
mond, Papebroch, Baillet, de Sainte-Marthe, Longue- 
val, François Bosquet, Le Nain de Tillemonl, Louis 
Moréri, Èllies du Pin, etc. 

Les commencements du dix-huitième siècle furent 
encore témoins de débats assez passionnés sur cette 
question. Elle sembla néanmoins s'assoupir. Mais, 
depuis vingt-cinq ans, sur tous les points de la France, 
dans le monde savant, se trouve pour ainsi dire à 
l'ordre du jour un mouvement immense en faveur du 
retour aux traditions et aux légendes religieuses de 
l'antiquité chrétienne et du moyen âge. 



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DES EGLISES DE FRANGE. 5 

La reprise générale, au dix-ûeaviëine siècle, des 
études historiques en Europe; leur analyse par les 
procédés critiques et philosophiques; la découverte 
de documents enfouis dans la poussière et Toubli des 
vieilles bibliothèques ; la recherche attentive des tex- 
tes épars dans les livres anciens; Fappel fait aux 
sources jusque-là peu ou mal consultées semblent avoir 
remis la question dans sa première voie, te beau- 
coup de science de Bacon (1) lui a rendu la solu- 
tion première dont nous parlions plus haut et que 
lui avait faite, au début, la tradition récente des évé- 
nements. C'est pourquoi nous croyons qu'ayant par- 
couru le cercle des évolutions et accompli la loi des 
discussions humaines, le fait est acquis k jamais à la 
vérité de l'histoire. Aussi, le plus grand nombre des 
historiens assignent-ils aujourd'hui le premier siècle 
comme l'époque véritable de la prédication de l'E- 
vangile en Gaule : c'est Técole traditionnelle. Quel- 
ques rares critiques, au contraire, se donnent encore 
la tâche de contredire cette dernière école. Jetons un 
coup d'œil sur les œuvres des uns et des autres. 

Des savants avaient déjà protesté, d'une manière 
plus ou moins hardie, contre la critique rigoriste du 
dix-septième siècle, lorsqu'on 4848, H. l'abbé Paillon, 
sulpicien, publia ses Monuments inédits sur l'apos- 
tolat de sainte Marie-Madeleine en Provence, réé- 
dités en 1865 par M. l'abbé Migne {%). Cet ouvrage 
considérable, ayant pour but d'établir l'évangélisalion 



{\) Parvi scientiarum hawtus faciunt ittcredulttm,maffni, chriêtianum. (Bacon) 
(3) Vol. in-4». Paris, Migne, 1866. 



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6 AP08T0LICITÉ 

primo-séculaire de la Provence, esl divisé en deux par- 
ties. — Dans la première, Tauteur établit l'idenlité de 
sainte Madeleine avec Marie, sœur de Lazare et de 
Marthe, et avec la pécheresse dont parle saint Luc. — 
Il prouve, dans la seconde partie, le fait de Tapostolat 
de sainte Magdeleine en Provence et il fait, de plus, 
rhisloire de son culte depuis les temps les plus anciens 
jusqu'à nos jours : dans cette dernière partie, enrichie 
de documents et de pièces justificatives, M. Paillon 
traite tout ce qui concerne Tapostolat et le culte de 
saint Lazare^ évéque de Marseille, de saint Maximin, 
évéque d'Aix, de sainte Marthe et des saintes Marie Ja- 
cobé et Marie Salomé, dont les monuments sont insé- 
parables de l'apostolat de sainte Madeleine en Pro- 
vence. 

Il faut lire ces pages où se trouvent recueillis et dis- 
cutés avec une judicieuse critique les plus anciens 
Actes que nous possédions aujourd'hui des saints apô- 
tres de la Provence. L'auteur s'y montre surtout plein 
de sagacité et de courage dans la discussion du texte de 
saint Grégoire de Tours, invoqué par les adversaires 
de l'apostolicité de nos Eglises. Nous n'apprendrons 
rien à nos lecteurs en disant que les Monuments inédits 
firent parmi les érudits une immense sensation. Grand 
nombre d'entre eux adoptèrent leurs conclusions et, 
parmi eux, nous signalerons Dom Piolinqui, dans son 
Introduction à VHistoire de l'Eglise du Mans, publiée 
en 4851 , ajoute de nouveaux documents aux documents 
déjà signalés par M. Paillon. 

En 1855, M. l'abbé Arbellot, chanoine honoraire de 
Limoges, fit paraître une Dissertation sur l'apostolat 



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DES É6USBS DE PHANGE. 7 

de saint Martial (1), saivie, en 1860, d*an supplément 
sons ce titre : Documents inédits sur l'apostolat 
de saint Martial et sur P antiquité des Eglises de 
France (2). L'apostolicité des Eglises de France et 
plus spécialement de celle de Limoges , telle est la thèse 
que l'auteur soutient avec autant d'érudition que de 
talent. Après un coup d'oeil historique sur la question, 
M. Arbellot, sans le moindre respect pour raulorilé 
de saint Grégoire de Tours, déjà révoquée en doute 
par H. Paillon, et dont il fait aussi bonne juslice, 
n'hésite pas à affirmer Tantiquité de la mission des 
premiers évoques des Gaules. C'est ainsi qu'il nous 
montre venus, dès le premier siècle, Trophime à Arles, 
Paul à Narbonne, Denys à Paris, Saturnin à Toulouse, 
Austremoine à Clermont, Gatien à Tours» etc., etc. 
En ce qui concerne surtout l'Eglise de Limoges, le 
docte auteur s'applique spécialement à mettre en lumière 
les témoignages de la tradition établissant que saint 
Martial fut envoyé à Limoges vers le premier siècle ; 
et il déploie beaucoup d'énergie et d'habileté & réfuter 
les objections formulées par les advei'saires de cette 
tradition. 

La Dissertation sur Vapostolat de saint Martial 
devait avoir et eut, en réalité, d'ardents contradicteui's. 
Ainsi fut-elle attaquée par le docte abbé Bourassé, 
chanoine de Tours, qui, depuis celte époque jusqu'à 
ces derniers temps, s'est fait — nouveau Launoy — 
le champion de l'école anti-traditionnelle où bientôt nous 



(l) 1 vol. iit-a*. Lino^es, Gbaponlavd frères, 1855. 
(9) 1 vol. in-8*. LiBOgM, Ghapoïkad frères, 1860. 



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8 ÀPOSTOLIGITÉ 

trouverons à sa suite l'abbé Verger et l'abbé Chevalier, 
de Tours. — M. Arbellot, et avec lui M. Paillon et 
Dom Piolin, furent combattus encore dans les Origines 
chrétiennes de la Gaule par M. d*Ozouville, ancien 
sous-préfet de Château-Gonthier, décédé en 1859. Nous 
signalerons, de plus, parmi les adversaires de M. Ar- 
bellot, Tabbé Salvan, dans une Dissertation précé- 
dant VHistoire générale de VEglise de Toulouse; 
l'abbé Pascal, dans la Discussion historique et impar- 
tiale sur l'époque de rétablissement de la foi 
chrétienne' dans les Gaules, et M. Quicherat, profes- 
seur de Técole des Chartes, dans une Lettre adressée 
à M. l'abbé Arbellot, le 26 mars 4855. 

Mais, d'un autre côté, les conclusions de M. Arbellot 
furent chaudement épousées par de savants écrivains. 
Plusieurs évoques, Dom Guéranger et M. Augustin 
Thierry, dont le nom fait autorité, s'empressèrent de 
manifester à cet érudit leur vive sympathie en faveur 
de la cause historique de l'apostolicité des Eglises 
de France. Grand nombre d'écrivains voulurent même 
alors démontrer l'origine apostolique de leurs Eglises 
respectives, et ils le firent à l'aide d'une foule de 
preuves qui ont pu être contestées, mais non pas 
réfutées. Citons, entre autres : MM. Ra venez. Origines 
des Eglises de Reims, de Soissons et de Châlons; 
— Tabbé de Lutho, vicaire-général de Bourges, Vie 
de saint Vrsin, apôtre du Berry (Introduction) ; — 
l'abbé Robitaille , chanoine d'Arras, Vie de saint Paul 
de Narbonne ( Dissertation ) ; l'abbé Charbonnel, Ori- 
gine de l'Eglise de Mende ; — l'abbé Dion, professeur 
au séminaire de Périgueux, Apostolat de saint Front 



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DES ÉGLISES DE FRANGE. 9 

au premier siècle; — de Cliergé, de la Société des 
Antiquaires de TOuest, Vies des Saints du Poitou ; — 
l'abbé Barrère, Histoire religieuse et monumentale 
du diocèse d'Agen ; — Coudert de la Villate, Toull 
et Ahun; le Christianisme dans l'Aquitaine; — 
l'abbé Auber, Vies des Saints de l'Eglise de Poitiers; 

— Tabbé Le Guennec, supérieur du séminaire de 
Cahors, Notice sur le pèlerinage de Notre-Dame de 
Roc-Amadour ; — l'abbé Maxime Latou, Vie de saint 
Saturnin, disciple de saint Pierre; — Tabbé Bougaud, 
Etude historique et critique sur la mission, les actes 
et le culte de saint Bénigne, apôtre de la Bourgogne; 

— Tabbé Blond, Brochure anti-grégorienne sur saint 
Rieul, premier êvêque de Senlis; — le P. Gouilloud, 
Saint Pothin et ses compagnons; — le P. Gaydou, 
Etudes critiques sur l'origine de V Eglise de Mende ;'^ 
M. Brilloin, Notice sur l'introduction du Christianisme 
en Saintonge; — Tabbé Do, Origines chrétiennes du 
pays Bessin; — Tabbé Tapin, Les traditions du diocèse 
de Bayeux; la science et la tradition; — de Bernoville, 
Mélanges concernant téviché de SaintrPapoul ; — 
Tabbé Cirot de la Ville, Origines chrétiennes de Bor- 
deaux; - Tabbé Chaussier, Origine apostolique de 
l'Eglise de Metz; — Tabbé Guillaume, Histoire du 
diocèse de Toul. 

Il est beau de voir ce mouvement historique se 
produire avec cet admirable ensemble et ce zèle 
apostolique. Mais, au point de vue général de l'histoire, 
ce mouvement eut une autre portée ; il mit au jour et 
en relier nombre de documents et de faits nouveaux 
qui, en dehors même de celte question particulière, 



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40 APOSTO LICITE 

vinrent apporter à réditice historique de nouvelles 
pierres, confirmer la vérité ou lui rendra sa couleur 
véritable. En histoire, tout se tient, tout est solidaire. 

De plus, la question descendit des régions ecclésias- 
tiques, où elle s*était un peu spécialisée, pour se li- 
vrer à des plumes laïques consacrées à Thisloire géné- 
rale, et ce fut, si nous pouvons parler de la sorte, sa 
seconde évolution. Bientôt nous la verrons gagner du 
terrain dans les régions populaires et accomplir cette 
évolution suprême où arrivent les questions de portée 
sérieuse et de véritable intérêt. 

C'est vers cette époque — 4855 et 4856 — que la 
question de Tapostolicité des Eglises de France fat étu- 
diée par quelques sociétés savantes, et notamment elle 
fut insérée dans le programme des XXII» et XXIII« ses- 
sions du Congrès archéologique de France, tenues à 
Cahors, Nantes, La Rochelle et Mende. — Depuis lors, 
grand nombre d'autres sociétés académiques ont voulu 
se préoccuper de cette intéressante question. 

L*année 4864 vit paraître la Vie de saint Fronts 
premier évique de Périgueuw (4). Le savant auteur de 
cet ouvrage, M. Tabbé Pergot, curé de Terrasson, y 
établit, par des«documents nombreux, que l'Evangile fui 
prêché dans les Gaules au temps des Apôtres et que 
saint Front fut envoyé, au premier siècle, dans le Péri- 
gord, dont il devint le premier évêque. Cet ouvrage con- 
firme en même temps Tapostolicité de l'Eglise du Velay, 
saint Front ayant été le compagnon de saint Georges. 

La même année 4 864, M. Ch. Salmon, d'Amiens, vice- 



(1) 1 vol. in-8«. Périgoenxi AngQste Boucharie, 1861. 



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DES EGLISES DE FRANGE. H 

président de la société des Antiquaires de Picardie, 
publia VHistoire de saint Firmin, martyr, premier 
évéque d* Amiens [h). Quel bon et beau livre ! L*érudit, 
jeune et modeste, a démontré d'une manière irréfraga- 
ble que la Picardie fut bien évangélisée, au premier 
siècle, par le zèle de saint Firmin. Pour écrire celte 
histoire si touchante, l'infatigable chercheur a fouillé 
dans les in-folio des vieux historiens ; dans le recueil 
des Actes des Saints ; dans les immenses collections 
que rérudition et la patience des ordres religieux ont 
réunies en si grand nombre pendant les deux siècles 
qui ont précédé le nôtre ; dans les bréviaires de nos 
antiques églises ; dans les précieux manuscrits que 
renferment nos bibliothèques publiques, et dans tant 
de trésors littéraires inconnus ou méconnus, qu'il est 
allé lui-même consulter sur les lieux, en France et 
en Italie. A peine paru, l'ouvrage de M. Ch. Salmon 
eut un grand retentissement et lui attira les félicitations 
de beaucoup d'archéologues. Il fut acclamé par 
Dom Guéranger et par des membres éminents de 
répiscopat français, NNgrs d'Amiens, d'Arras, de 
Beauvais, etc. Le pape Pie IX prodigua aussi à 
M. Ch. Salmon des éloges et des encouragements bien 
mérités. 

On doit, de plus, au même académicien : Recher- 
ches sur V époque de la prédication de r Evangile 
dans les Gaules et en Picardie (2), attrayante étude 



(1) 1 Tol. in-4*, édition delaxe, titre ronge et noir. Amiens, Alfred Caron, 
1861 ; prix : 10 firancs. 

(9) Mim. de la Sociilé iet Antiquaire* de Picardie, 1866, .tom. XX, 
pp. 671-578. 



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12 APOSTOLICITÉ 

OÙ M. Ch. Salmon a entassé, en faveur de Taposto- 
licite des Eglises de France, des documents et des 
piër^s justificatives presque sans nombre. Son mé- 
moire fut vivement attaqué par un de ses collè- 
gues de la Société des Antiquaires de Picardie, le- 
quel, mis en demeure de justifier son opposition, 
s'en tint à de stériles protestations, sans pouvoir 
produire des preuves solides et concluantes. 

L'apostolicité de nos Eglises était soutenue en 
même temps dans^ quelques ouvrages d'un grand mé* 
rite qui furent alors mis au jour : — Cours d'His- 
toire ecclésiastique y par Tabbé Blanc ; — Histoire de 
l'Eglise catholique en France, par Tabbé Jager ; — 
Histoire générale de l'Eglise, par l'abbé Darras ; — 
Vie de saint Denys l'Aréopagite, par le même 
auteur ; — Histoire universelle de l'Eglise catholi- 
que, par Rohrbacher ; — Histoire générale de l'E- 
glise, par le baron Henrion, dernière édition ; — 
Histoire des premiers siècles de l'Eglise, par W Re- 
gnault ; — Histoire de sainte Cécile, par Dom Gué- 
ranger. 

M. Gabriel de Ghaulnes, du Puy-en-Velay, écri- 
vit également à cette époque sa Dissertation sur 
l'épiscopat de saint Georges, où, malgré sa brièveté, 
Ton rencontre quelques documents précieux (4). 

Tandis que, nonobstant quelques protestations 
isolées, la question de Tapostolicité des Eglises des 
Gaules, si pleine de sève et de vitalité, faisait son 
chemin de par le monde, un membre correspondant 

(1) 1 vol. in-8*. Le Par, Marchcssou, 1861. 



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DES EGLISES DE FRANGE. 13 

de la Société archéologique de Touraine vint encore 
se jeter à la traverse , comme poar lui barrer le pas- 
sage. C'était M. Tabbô Verger qui, en juillet 1868, 
publia dans le Journal d'Indre-et-Loire une étude 
sur un- certain nombre de textes signalés, dans les 
ouvrages de Grégoire de Tours, comme susceptibles 
d'interprétations diverses et même contradictoires. Afln 
de défendre le système chronologique de cet histo- 
rien, M. Verger s'évertua à réfuter les objections 
de ses adversaires. De Fexamen critique de ces tex- 
tes, depuis longtemps controversés, il crut pouvoir 
conclure contre l'apostolicité de TEglise de Tours. 
Cette publication, d'ailleurs peu remarquable, fut le 
signal d'un vif débat parmi les savants Tourangeaux, 
débat que nous verrons dégénérer en guerre à ou- 
trance de personnalités. 

Au bout de quelques mois (décembre < 868), parut, 
en réponse à la critique de M. l'abbé Verger, une 
brochure intitulée : Saint Gatien, ou les origines 
de l'Eglise de Tours, par L.-F. Jehan (de Saint- 
Clavien), archiviste de la Société archéologique de 
Touraine, membre de plusieurs sociétés savantes (1). 
— Qui ignore le mérite de ce savant, depuis long- 
temps connu par ses nombreux ouvrages? M. Jehan 
consacre celle brochure à discuter la valeur ou 
l'autorité de saint Grégoire de Tours, relativement à 
la date de la mission de saint Gatien dans la par- 
tie occidentale de la Gaule, pour y prêcher l'Evan- 
gile aux Turones; il signale les autorités établis- 

(l) Iti~8« de 30 pages. Toun, imprimerie Ladevèse, 1868. 



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U APOSTOLIGITÉ 

sanl que saiiU Galien a reçu sa mission au premier 
siècle ; il se prononce hardiment pour l*apostolicilé 
de l'Ëglise de Tours; enfin, en terminant ces pages 
peu nombreuses, mais substantielles, il se félicite de 
se rencontrer dans ses conclusions avec le P. Lacor- 
daire et avec MM. Darras, Freppel, Jager, elc. 

Bientôt (18 décembre 1868), on vit éclorc à Tours, 
pour combattre M. Jehan (de Saint-Clavien), une bro- 
chure ayant pour titre : Défense de saint Grégoire 
de TourSf au sujet des origines de sa propre Eglise, 
réponse à M. Jehan (de Saint-^lamen), par un 
membre de la Société archéologique de Touraine [\). 
Le nouvel écrit, signé : « Le Chevalier noir sans 
couleurs ni blason », était Tœuvre, non de M. Tabbé 
Verger, mais de M. Tabbé C. Chevalier, curé de 
Civray-sur-Cher, Président de la Société archéologi- 
que de Touraine, Secrétaire perpétuel de la Société 
d'agriculture d'Indre-et-Loire. — Le Chevalier noir 
veut h toute force donner à Grégoire de Tours gain de 
cause au sujet des origines de sa propre Eglise. Pour 
arriver donc à son but, pour établir que la Tou- 
raine n*a point été évangélisée au premier siècle, 
mais seulement au troisième, l'auteur avance que 
Grégoire de Tours n'a pas commis les erreurs qu*on 
lui prête; il ajoute que le récit de cet historien sur 
les origines chrétiennes de Tours présente tous 
les caractères de véracité désirables ; il dit enfin que 
la tradition sérieuse de son pays est conrorme au 
texte de saint Grégoire de Tours. Pour le fond de 
la brochure, nous n'hésitons pas à affirmer que les 

(l) Fn-S* de 39 pages. Tours, imprimerie Ljdevèse, 1869. 



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DES ÉGLISES DE FRANCK. 45 

preuves fournies par M. l'abbé Chevalier sont de 
nulle valeur. Cent fois déjà elles avaient été réfu- 
tées; et, depuis lors, elles l'ont été victorieusement 
encore. Quant à sa forme, l'auteur nous semble avoir 
pris & tâche de prouver encore une fois, — ce que 
personne n'ignorait d'ailleurs, — que c'est par la 
violence que se défendent les mauvaises causes. 

Sur ces entrefaites, M. l'abbé Rolland, vicaire à 
Saint-Julien de Tours, flt paraître un volume ayant 
tour titre : Dissertation sur Vépoquc de l'apostolat 
(le saint Gatien, premier évêque de Tours, et sur 
les origines des Eglises de France (4). L auteur 
étudie les erreurs chronologiques de Grégoire deToui^s 
et s'attache à établir que l'opinion de cet historien 
n'a point changé la tradition des Eglises des Gaules, 
pas même celle de sa propre Eglise. Après avoir en- 
suite en quelques mots traité de la valeur des légen- 
des en général, il termine par une courte biographie 
de saint Gaticn. Claire, méthodique et sans passion, 
la Dissertation de M. Rolland est d'une lecture agréa- 
ble et instructive. De plus, par le grand nombre 
de raisons et de documents qu'elle fuit valoir, elle 
est de nature à porter la conviction dans l'esprit 
du lecteur. Aussi bien, l'illustre archevêque de Tours, 
M8' Guibert, a-l-il approuvé cet ouvrage dans des 
termes à insinuer que le savant prélat éprouve peu 
de sympathie pour la cause défendue par M. l'abbé 
Chevalier et pour le mode de discussion adopté 
par ce critique. 



(1) 1 vol. in~8«. Tonrs, imprimerie Bouserez. 18G8. 



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46 APOSTOLIGITÉ 

Au mois de septembre 1869, sans nous douter de 
la polémique déjà soulevée en Touraine, nous don- 
nions au public VAposiolicité de l'Eglise du Velay (1). 
Il ne nous appartient pas d'apprécier nous-méme ce tra- 
vail où nous avons démontré Tapostolicité des Eglises 
de France et, en particulier, celle de T Eglise du Velay. 
A peine paru, notre mémoire reçut les souhaits de 
bienvenue de M. Gh. Salmon, dans ses Origines de 
l'Eglise de Tours, p. 28; — de M. Tabbé Corblet, 
dans ses Origines de la foi chrétienne dans les Gau- 
les et spécialement dans le diocèse d'Amiens, p. 6; 

— de M. Jehan (de Saint-Glavien) dans ses Légendes 
oengées, pp. 22 et 34 ; et, plus lard, dans son Saint 
Gatien, premier évêqiie de Tours; époque de sa mis- 
sion dans les Gaules, pp. 744 et 722. Il fui l'objet 
d'études critiques insérées dans la Haute-Loire (2} ; 

— les Annales de Philosophie chrétienne (3) ; ■— la 
Revue des Sciences ecclésiastiques (4) ; — le Mémorial 
de la Loire (5) ; — la Semaine religieuse du diocèse 
de Périgueux (6); la Semaine religieuse du diocèse de 



(l) Apûstolieiié de i'Eglite du Yetaif, Disseriation sur la dëte de l'è9aH$è' 
iisation du Velay, précédée d'une Introduction sur les origines du Cturisita- 
nisme dans les Gaules en général, et suivie d'un Appendice, de notes et do- 
cuments, par l'abbé Frugère, curé de Chaspazac, membre de la Société 
académique du Puy, 1 beau volume in-d», titre rouge et noir. Paris, J. Baur 
et DéUille, 10, rue des Beaux-Arts, 1869. 

(3) M. Aimé Giron, n* du 4 septembre 18ô9, et M. S., n* du 16 octo- 
bre 1868. 

(3) M. Gabriel de Cbanines, n* 118, octobre 1868. 

(4) R. P. Uontroazier, Jésuite, n» 118, novembre 1869 et 191, janvier ld70. 

(5) M.- René du Chamond, n* du 15 décembre 1869. 

(6) M. Pergot, n- des 20 avril, 23 avril et 24 mai 1870. 



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DES ÉGLISES DE KHANGË. 17 

Paris (4), etc. —Honorée enfin des félicilations de 
personnages éminents,el entre autres du souverain Pon- 
tife Pie IX, dont quelques-unes mentionnées dans 
le dernier Tolume des Annales de la Société aca- 
démique du Puy [ï], notre brochure a eu la bonne 
fortune d*étre attaquée dans un nouTel écrit de M. Tabbé 
Chevalier (3), puis défendue et justifiée par M. Tabbé 
Arbellot (4). Rn leur lieu, nous dirons un mot de 
ces deux brochures. 

La première brochure publiée par M. Tabbé C. 
Chevalier contre M. Jehan [de Sainl-Clavien) ne pou- 
vait rester sans réplique. M. Jehan s*empresse donc 
d'éditer : Le Christianisme dans les Gaules, examen 
critique des nouvelles publications contre Vapostoli- 
cité des Eglises de France (5). Cet ouvrage, sous 
la forme d'un spirituel dialogue, passe au crible 
d'une critique sévère les assertions et les arguments 
de la Défense de saint Grégoire de Tours au sujet 
des origines de sa propre Eglise. M. Jehan y dévoile 
successivement ce qu'il appelle un peu malicieusement 
€ les tribulations du Chevalier -noir : 4® à travers 
les textes de Grégoire de Tours; 2° à travers la tradi- 
tion, gi*égorienne et 3o k travers la tradition de l'Eglise 



(1) N« 867, jain 1870. 

(3) Tome XXX, p. 181 et suiv. 

(3) Etudes tur les critiques auti-GréQûriens et sur rapoHotut de S. Gûtien, 
par l'abbé Chevalier. — HT. Les Légendes au Concile de Limoges, ia-8* do 
36 pages. Tours, Ladevèse, 1870. 

(4) observations critiques A MM. Bourassé et Chevalier, tmr ta Légende 
de saint Àustremoine et les Origines chrétiennes de la Gaule, par Tabbé Ar- 
bellot, in-^ de iS pages. Toars, Bouserez, 1870. 

(5) 1 vol. in-8». Tours, imprimerie Bouserex, 1860. 

TOME XZXI /. 



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48 APOSTOUCITÉ 

métropolitaine de Tours. » Le Christianisme dans les 
Gaules ne laisse rien debout de la brochure à effet 
de M. Tabbé Chevalier. 11 donne une réfutation com- 
plète de la thèse de ce défenseur quand même de la 
chronologie de Grégoire de Toui's. Il fournit ensuite 
un exposé solide des preuves reportant au premier siè- 
cle la mission de saint Catien. Abordant enfin la ques- 
tion générale de Tévangélisation des Gaules, le docte 
archéologue saisit en même temps Toccasion de réfu- 
ter les assertions de MM. Henri Martin, Alfred Maury, 
Huillard, Bréholles et Tailliar, qui venaient de se dé- 
clarer les adversaires de Tapostolicité de nos Eglises. 
Aussi M. Jehan ne craint-il pas d'affirmer que « son 
Chevalier-noir sort de cet examen plus meurtri^ plus 
couvert de cicatrices et ayant, pour se soutenir» plus 
besoin de béquilles (sic), que l'auteur de Saint Gatien, 
ou les origines de t Eglise de Tours, que M. Chevalier 
avait espéré renverser et sur le compte duquel il 
s'était permis des plaisanteries peu convenables. » 

M. l'abbé Bourassé intervient dans le débat en 
publiant contre les défenseurs de l'apostolicilé de 
l'Eglise de Tours : Iw origines de F Eglise de Tours, 
courtes réflexions, par M. l'abbé Boura^ (4). Ce 
savant, dont nous nous plaisons d'ailleurs à reconnaître 
le méinte , fait à sa manière l'exposé de la question et 
discute ensuite sommairement quelques objections di- 
rigées contre les récits de Grégoire de Tours. — Le 
docte professeur d'archéologie termine en lançant à 
l'école traditionnelle cette menace : < Nous nous con- 



(1) In-8« de 46 pages. Tours, Boaicrei, IWO. 



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DES ÉGLISES DE FRANCE. 49 

tenterons, en ce moment, de ces quelques mots : nous 
publierons prochainement, si c'est nécessaire, d'autres 
travaux depuis longtemps préparés. » 

Comme pour résumer ce ilébat passionné parmi les 
auteurs Tourangeaux, M. Ch. Salmon fait paraître, 
à la fni de 48é9, une étude publiée par la jRet^ua de 
rArt chrétien. Ce travail a pour titre : Origines de 
r Eglise de Tours {\). — M. Ch. Salmon s*empressc de 
décerner à MM. Paillon et Arbellot Thonneur d'avoir, 
dans ces derniers temps, appelé l'attention des savants 
sur la question de rapostolicité des Eglises de France. 
€ S'ils ont rencontré de nombreux contradicteurs, dit 
M. Ch. Salmon, en parlant de ces deux érudits, s'ils 
ont été combattus avec acharnement, ils étaient armés 
pour soutenir la lutte. Déjà plusieurs de leurs advei^sai- 
r.es se sont rendus et, on peut le dire sans crainte, la 
victoire est assurée aux partisans de l'apostolicité de 
nos Eglises; — p. 9. > —Après avoir consacré à la ques- 
tion générale des pages sérieuses et concluantes, 
M. Ch. Salmon aborde le* débat au point de vue où il 
a été soulevé en Touraine. — 11 réduit à leur juste va- 
leur les prétentions des belliqueux abbés Bourassé, Ver- 
ger et Chevalier qui lui semblent ne faire de cette po- 
lémique qu'une question de clocher. Il flagelle surtout 
le Chevalier-noir auquel il reproche de cultiver le néo • 
logisme et d'abuser du point d'exclamation. Le langage 
acerbe de M. l'abbé Chevalier, ses expressions dédai- 
gneuses à rencontre de ses adversaires, tout cela ne 

(1) In-«» de 30 pages. lixtrait de la Revue de l'Art ehreUcH. Arras, >euve 
Ronsëeau-Leroy, 1860. 



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20 APOSTOLICITÉ 

saurait causer à M. Ch. Salmon qu'une sensation pénible. 
Il se plait, au contraire, à reconnaître dans la réplique 
de M. Jehan au Chevalier-noir une des plus importan- 
tes publications produites depuis plusieurs années en 
faveur des origines chrétiennes de la France. La con- 
sciencieuse étude se termine par nn exposé saisissant 
de preuves solides, reportant au premier siècle la mi.s- 
sion des fondateurs de l'Eglise de Tours. 

Le travail de M. Gh. Salmon fut suivi, au début 
de 1870, d'une autre brochure, non moins remarqua- 
ble, de M. Tabbé J. Corblet, directeur de la Revue de 
l'Art chrétien. Celte publication a pour titre : Ori- 
gines de la foi chrétienne dans les Gaules et spé- 
cialement dans le diocèse d'Amiens (<). Avec le 
talent et le savoir que tout le monde reconnaît à This- 
toriographe du diocèse d'Amiens, l'auteur divise son 
étude en neuf articles : — rapide exposé de la polémi- 
que; — preuves générales de la diffusion univei-selle de 
l'Evangile pendant les deux premiers siècles ; . — preu- 
ves indirectes de l'introduction du christianisme dans 
les Gaules avant le troisième siè«:le ; — preuves di- 
rectes de Tévangélisation des Gaules au premier siècle: 
— réfutation des principales objections contre ce sys- 
tème historique ; — saint Saturnin, qui baptisa le 
père de saint Firmin, a vécu au premier siècle, et 
non au troisième ; — réfutation de l'opinion qui place 
le martyre de saint Firmin sous Dioclélien ; — réfu- 
tation de l'opinion qui le fait martyriser sous Auré- 



(1) In-8*de 97 pages. Extrait de \à nevw de VArt ehrétiei. Amieos, Pre- 
vost-Allo, 1870. 



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DES É6LISBS DR FRANCR. 21 

lien ; — enfln, réfatation des principales objections 
contre l'antiquité du martyre de saint Firmin . 

Quand on a étudié cette Dissertation écrite arec beau* 
coup de convenance et étayée sur des preuves solides, 
on reste convaincu que les adversaires qu'elle combat 
possèdent ou peu de bonne foi, ou peu d'érudition. 

M. Gorblet termine sa brochure par ce post-scrip- 
ium, page 97 : « Ce tirage à part élait presque ter- 
miné, quand a paru l'ouvrage dé M. l'abbé Bernard» 
intitulé : Les Origines de l'Eglise de Paris (\). Après 
avoir lu celle Dissertation avec loule l'attention que 
mérite le talent ipconleslé de l'auteur, nous restons 
persuadé qu'il n'a nullement ruiné Topinion qu'il at- 
taquait, tout en lui faisant un certain nombre de con- 
cessions. C'est à M. l'abbé Darras qu'il appartiendra de 
réfuter l'ensemble de cette œuvre. » 

Disons, en attendant cette inévitable réfutation, 
que le livre de M. Bernard est une thèse de doctorat en 
théologie présentée, il y a quelques mois, à la Fa- 
culté de Paris. L'auteur y soutient un système miette 
sur l'époque de l'introduction du christianisme dans 
les Gaules. Ainsi admet-il la mission apostolique de 
saint Trophime d'Arles, de saint Crescent de Vienne et 
de saint Paul de ^arbonne. Mais il défend ensuite, per 
fus et nefaSj le fameux passage de Grégoire de Tours. 
Son but principal est de réfuter le livre de M. Darras : 



(l) Let origiuetde l'Eglise de Paris. — Elabliêtement du Chriitiûmsme dans 
les GauUs, — Smnl Den^s, de Paris, par M. Tabbë Eugène Bernard, docleor 
ès-leCtres et en théologie, chapelain de Siinte-Genevlève, professeur ii la Sor- 
boDDe, 1 vol. iD-8*. Paris, A. Joupy et Roger, éditeurs, 7, rue des Grands- 
Angastins, 1870. 



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Si APOSTOUGITÉ 

Saint Denys l'Aréopagite, premier évêqiie de Paris 
M. Bernard veut donc prouver : — que saint Denjs^ de 
Paris, n*a pas été envoyé par saint Clément, mais 
sous Dèce, — et qu'il n'est pas saint Denys l'Aréopagite, 
l'auteur de la Hiérarchie divine. Dans cette Disser- 
talion, se trouve un singulier mélange de légèretés scien- 
tifiques et d'érudition. Au fond, c'est toujoui^s la thèse de 
Sirmond, Launoy, etc. Les documents gênants sont 
apocryphes ou falsifiés. De nombreuses aOirmations ma- 
gistrales sont données pour des preuves. Tout cela ex- 
posé avec talent. Il sera facile de contester, preuves en 
mains, les assertions de M. l'abbé Bernard et nous 
promettons plein succès au savant qui s'en occupera. 
— M. Ch. Salmon publie actuellement, dans la Revtie 
des sciences ecclésiastiques, une série d'articles qui 
déjà doivent faire regretter à M. l'abbé Bernard la 
publication des Origines de l'Eglise de Paris. 

MM. Bourassé et Chevalier avaient, — on se le 
rappelle, — lancé naguère une menace : « Nous pu- 
blierons, si c'est nécessaire, d'autres travaux depuis 
longtemps préparés (1), » — L'école traditionnelle 
était avertie. Elle n'en a point tenu compte. Que ses 
partisans tremblent maintenant, car voici venir, dans 
les' trois premiers mois de 1870, trois nouvelles éludes 
sur les critiques anti-grégoriens et sur l'apostolat de 
saint Gatien. Ces brochures sont : — Les treize cas 
(le M. Jehan, par M. l'abbé. C. Chevalier (2); — 



(l) Le8 origines de t'Eglite de Tours, cour les réflexions, par Tiibbé Bourassé. 
Tours, Bouserez, 1869, p. 44. 
(9) Tu 8* de 36 ja^cs Tours. Boiiscrez, 1870. 



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DBS É6LISKS DE FBANGB. 13 

Lettre à U. l'abbé Rolland sur quelques principes 
de critique, par Tabbé Bqurasi^é (4) ; — Les légendes 
au Concile de Limoges, par Tabbé CCheyalier (â). 

I. — Dans sa brochure : Les Treize cas de M. Jehan, 
M. Tabbé Clievalier avance, p. 35, que tout le livre 
de M. Jehan manque de sincérité historique. « Ce 
ne sont partout, dit-il, que textes supposés, cachés, 
bâillonnés, mutilés, dénaturés de la manière la plus 
grave. » En conséquence, il affirme, p. 4, que M. Je- 
han est dans le faux quand il écrit, dans saint Gatien, 
ou les Origines de l'Eglise de Tours, que Tapos- 
tolat de saint Trophime d'Arles a été placé au pre- 
mier siècle par saint Clément, saint Chrysoslôme, saint 
Cyrille, saint Athanase, saint Epipbane, saint Jérôme, 
Théodoret, Sophronius et Grégoire- le-Grand. — Selon 
lui, M. Jehan a tout simplement supposé, en faveur 
de Trophime d'Arles, neuf textes qui n'existent pas. 
— Il igoute, p. 5, que M. Jehan se contredit lui-môme 
au sujet de Trophime d'Arles, dans son Dictionnaire 
des Origines chrétiennes, publié chez Migne. — Il 
soutient, p. 6, que M. Jehan suppose encore, pour le 
groupe des sept évoques, six ou sept textes. — Il 
prétend, p. 8, que dans l'article de saint Denys, « les 
perplexités de M. Jehan lui ont arraché, sur un môme 
fait, trois notes discordantes. » — Il accuse, p. 12, 
MM. Jehan et Rolland d'avoir cité, à rencontre de 
Grégoire de Tours, un texte de Tillemont falsifié par 



(1) In-S* de 41 pages. Tonr^, Roaserox, 1870. 
(•2) In-8» de 39 pages Tours, Liclevôse, 1870. 



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24 APOSTOI.ir.lTK 

Dom Liron, an lieu de donner ce qui étail, selon lui, 
le vrai texte de Tillemont. — Il reproche, p. 43, k 
MM. Rolland et Jehan de ne s*étre pas fait scrupule 
d'emprunter divers passages à « ce Liron, falsificateur 
de textes pour le compte cPautrui, sans se préoccuper 
d'en vérifler la sincérité. » — Il blâme MM. Jehan et 
Rolland d'avoir employé c des textes supposés (il n'y en 
a pas moins, dit-il, de quinze ou seize), des textes 
dénaturés par interprétation, ou traduits à contre- 
sens, enfin des textes falsifiés par d'autres écrivains ou 
par eux-mêmes. » — Il dénonce M. Jehan comme ayant 
faussé le Martyrologe romain. — Il ne voit dans la 
rie de sainte Madeleine, de Raban-Maur, publiée par 
M. Paillon, et dans les Actes de saint Austremoine, 
œuvre de saint Priest, évéque de Clermont, publiés 
par M. Arbellot, qu'un « grossier tissu de fables, 
p. 22,. allant jusqu'à faire mention, au milieu du 
septième siècle, de Pépin et même de Charlemagne, 
etc., etc. > — Comme grand nombre d'érudils, MM. Ch. 
Salmon, Rolland et Jehan croient à la valeur de ces 
documents. Notre critique leur en fait ainsi un crime, 
p. 23 : c Ne dirait-on pas que l'auteur de la Disser- 
tation (M. Rolland) et le savant archéologue d'Amiens 
(M. Gh. Sulmon) se sont abreuvés, avec M. Jehan, à 
la môme source troublée?» — Enfin, M. Chevalier 
insinue, p. 28, que MM. Jélian et Rolland citent, sans 
la moindre loyauté, les Chroniques de Touraine dont 
ils s'étudient h amoindrir l'effet; — p. 29, que 
M. Jehan tronque un passage de Chateaubriand; — 
p. 31 et 32. que MM. Jehan et Rolland font subir 
aux écrits des Bénédictins enx-mémes des mutilations 



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DES ÉCSMSICS DP. 1 HANCK. 25 

en alléranl le sens;— p. 52, que M. Jehan cite les 
Boliandisles sans en traduire la pensée fidèlement. 

Quant aux preuves de ces nombreuses récrimina- 
tions, M. Chevalier oublie de les fournir. 

II. — La Leiire à U. Vabbé Rolland sur quel- 
ques principes de critique, signée par FabbéBourassé, 
est, en réalité, comme la précédente, Tœuvre de 
H. Tabbé Chevalier. A son style, on reftl facilement 
deviné ; mais il se donne lui-même, p. 4, la peine de 
nous l'apprendre. « Ne pouvant, dit il, se livrer à un 
travail soutenu de rédaction, il (M. Tabbé Bourassé) 
m'a prié de lui servir de secrétaire. Le public vou- 
dra donc bien reporter à mon cher et vénéré matlre 
tout ce qu'il y a ici d'érudition solide, de haute cri- 
tique et de fine raison (sic) et rejeter sur moi toutes 
les imperfections de la forme^ » Ce coup d'encensoir 
adroitement donné h la brochure Bourassé-Chevalier, 
le secrétaire se met en train de contredire M. Rol- 
land. [I le blâme d*étre entré prématurément dans 
l'étude de l'histoire religieuse locale et de ne pas avoir 
su, dans sa Dissertation, présenter ses idées sous 
une forme scientillque et discutable. — « Le livre de 
M. l'abbé Rolland n'est pas de la critique historique : 
c'est un amas confus de matériaux informes attendant 
la main de l'ouvrier. » -— Partant, M. l'abbé Cheva- 
lier enseigne à M. Tabbé Rolland comme quoi — il 
faut reconnattrc le degré d'authenlicilé des textes qu'on 
veut discuter ; — il ne faut pas ignorer les sources de 
l'historien qu'on veut critiquer; — il faut comprendre 
les textes, non-seulement au point de vue grammatical, 



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96 APOSTOLIGITÉ 

mais encore au point de vue littéraire, et interpréter 
récriyain par lui-môme ; «- il faut être indulgent pour 
les erreurs des copistes, surtout en matière de chiffres; 
— il faut appliquer d'une manière uniforme les mêmes 
principes de critique; — il faut, en citant ses autori- 
tés, toujours remonter aux sources ; -^ il fuut se gar- 
der des affirmations hasardées ; ^ il faut, pour juger 
un écrit, ne pas oublier le milieu dans lequel il a été 
composé ; — il faut tenir compte, dans une juste me* 
sure, des travaux des critiques autorisés ; — enfin, il 
faut ne discuter qu'avec de fortes preuves historiques 
les faits historiques consignés dans la liturgie. — Il va 
sans dire que Texposé de ces principes est entrelardé, 
h radresse de M, l'abbé Rolland, d'apostrophes un 
peu vertes. Entre autres aménités, M. l'abbé Chevalier 
Itti dit, — p. 18 : « Quel admirable raisonneur vous 
êtes, Monsieur l'abbé, et quel honneur vous faites à 
voire professeur de logique !» — p. M : « Vous n'a- 
vez peut-être pas le temps de consulter les grands 
ouvrages de chronologie ; achetez donc un Fetler, on, 
tout au moins, un simple Bouillet. > Il serait facile de 
multiplier les citations de cette sorte de courtoisie. 

IIL— Les Légendes au Concile de Xmo^w, Cette troi- 
sième brochure de M. l'abbé Chevalier consacre d'a- 
bord quelques mots, pp. 1-4, à la question des origi- 
nes des Eglises de France, que l'auteur présente à 
sa manière. — Elle s'attaque ensuite, pp. 5 et < 9, à 
notre livre : VApostolicité de l'Eglise du Velay ; — 
pp. 7. 47, et 26, aux Monuments inédits de M. Pail- 
lon; — p. 9, à la Dissertation sur tapostolat de 



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Qoo^z 



DES ÉGLISES DE FRANGE. • 37 

saint Martial, par M. Arbellot; — p. U, aux Actes de 
saint Austremoine attribués & saint Priest, légende que 
l'auteur accuse de n'avoir pas la moindre autUenti- 
cité; -* p. Si, au Document d'Arles, publié par M. Pail- 
lon, el p. 28, à la Vie de saint Frontt par M. Tabbé 
Pergot. Selon M, Tabbé Chevalier, ^es adversaires se 
trouvent tous dans le faux ; ils n'ont aucune bonne 
foi ; les documents fournis par eux sont supposés, erro- 
nés, falsiflés, etc. 

En ce qui nous concerne personnellement, qu'on 
nous permette de nous arrêter un instant aux accu- 
sations poriées contre nous par M. l'abbé Chevalier : 

« De graves raisons, p. 5, ne pdi*mettent pas à ce 
savant d'adbéi*er à notre thèse et de penser avec nous 
que saint Georges a évangélisé le Yelay au premier 
siècle. » Avant toutefois d'examiner le fond des argu- 
ments sur lesquels nous nous sommes appuyé, le critique 
fait, pp. 5 et 6, trois observations sur notre méthode 
d'exposition. — D'abord, comme M. Arbellot et plu- 
sieurs autres écrivains, nous remontons la chaîne des 
témoignages en partant de nos jours. Cela déplaît h 
M. Chevalier. Pourqnoi ce système qui lui parait irra- 
tionnel et contraire à la marche de la véritable criti- 
que historique, la tradition descendant et ne remontant 
pas? — L'auteur des Légendes au Concile de Liomges 
blâme aussi l'emploi fait par nous des mots de témoi- 
gnages anciens, de traditions immémoriales. Il ne 
trouve pas à ces termes « trop vagues » la précision 
que demande l'histoire, ce qui le laisse dans une in- 
certitude trop grande. <— Enfin, quelquefois aussi, 
selon M. Chevalier, « nous précisons trop », d'où il ré- 



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28 • APOSTOUCITE 

suite qae certains documents prendraient sous notre 
plume « un âge déterminé que rien ne leur assigne, 
ou plutôt que tout démontre être plus récent. > Notre 
contradicteur se réserve d'en donner qiielque jour des 
preuves frappantes. 

Ces observations préliminaires une fois posées, 
M. Chevalier, au nom, dit-il, de la sincérité historique, 
nous fait nn crime d'avoir omis deux textes, selon 
lui, contraires & l'opinion qui fait de saint Georges 
un des soixante-douze disciples du Sauveur. Ces deux 
pièces seraient : ^'^ un texte de Raban-Haur qui, au 
neuvième siècle, inscrivait au i" octobre. Tannonce 
de saint Front, évéque et confesseur, né à Lanquais, 
dans le territoire de Périgueux ; et 2* un texte de la 
Légende composée par Gauzebert, chorévéque de Li- 
moges, sous révéque Hildegaire, de 974 à 999, lequel 
texte, comme celui de Raban-Maur, fait nattre saint 
Front à Lanquais» où le futur apôtre de Périgueux 
aurait été élevé chrétiennement avant d'aller recevoir 
il Rome sa mission de saint Pierre, en même temps que 
saint Georges. 

M. Chevalier prétend ensuite, p. 8, que nous avons 
invoqué deux documents dont l'antiquité ne lui pa- 
raît point démontrée : la Vie de Sainte Marie-Made- 
leine^ attribuée k Raban-Maur par M. Faillon et les 
Acte% de saint Georges, conservés dans l'Eglise du Puy 
an quatorzième siècle. Pour justiQer cette assertion, 
il fabrique, à son point de vue, et pour le besoin de 
sa cause, une prétendue histoire du Concile de Li- 
moges où fut, dit-il, soulevée incidemment la question 
de l'apostolat de saint Front et, par suite, celle de 



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DES KGLISES DK PRAXCE. i9 

Taposlolat de saint Georges, son inséparable compa- 
gnon. — Poursuivant son récit fantaisiste, M. Cheva- 
lier accuse, p. 9, M. Arbellot « d'inconséquence »; — 
il reproche, p. 17, {i M. Faillon t des affirmations sans 
aucune base et d'énormes distractions »; — il va 
même jusqu'à supposer, p. 19, que nous-méme, afin 
de ne pas déranger notre thèse, nous supprimons les 
objections les plus graves. Pour en fournir un exem- 
ple, il nous objecte, p. 23, comme une trouvaille dé 
son crû, le monument qu'au milieu du troisième siè- 
cle les habitants de Ruessium — la cité des Vella- 
viens — élevèrent à la mémoire d'Etruscilla, épouse 
de l'empereur Dèce, persécuteur des chrétiens ; tan- 
dis que nous avions nous-méme répondu, dans notre 
Mémoire, à l'objection que quelques adversaires de 
Paposlolicilé de l'Eglise du Velay avaient cru pouvoir 
tirer de Téreclion de ce monument, dont l'inscription 
a été par nous publiée. 

Nous ne nous arrêterons pas à réfuter M. l'abbé 
Chevalier en ce qui concerne les attaques contre no- 
tre livre, M. Tabbé Arbellot l'ayant déjà fait sponta- 
nément (1). Mais, à suivre toutes ces diatribes, nous 
éprouvons un sentiment pénible. Il est triste de voir 
la discussion dégénérer ainsi dans des questions qui 
devraient n'éveiller que la passion sincère et droite 
de la vérité , au lieu de soulever les orages des ran- 
cunes et des vanités personnelles. La vérité est notre 
héritage commun et nous devons tous vouloir l'acqué- 



(1) Observations critiques à Messieurs Bouroisé et Chevalier, sur la Légende 
de S, Austremoine et les Origines chrétiennes de la Gaule. 



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1 



30 APOSTOLICITÉ 

rir et travailler fraternelleoient ensemble à la déga- 
ger des obscurités que les siècles et Tignorance ont 
entassées autour d'elle. Nous faisons des vœux pour 
que la discussion, encore vivace, rentre dans les li- 
mites de la bonne foi et de la charité. Nos études y 
gagneront assurément et nos adversaires n'auront pas 
à s'en plaindre plus que nous si, comme nous, — ce 
que nous espérons, — ils n'ont qu'un but, la mise eu 
lumière de la plus stricte vérité. 

Trois répliques suivirent de près les trois actes d'ac- 
cusation Chevalier-Bourassé. Elles sont intitulées : — 
Les légendes vengées, ou saint Grégoire de Tours, 
histonen des traditions apostoliques de nos Eglises, 
par Jehan ( de Saint-Clavien) {i); — Saint Grégoire 
et les Origines de CEglise de Tours, par Tabbé Rol- 
land (2) ; — enfin, Observations critiques à MM, Bou- 
rassé et Chevalier sur la Légende de saint Austre- 
moine et les Origines chrétiennes de la Gaule, par 
l'abbé Arbellot (3). 

Pour ne pas donner à notre étude analytique des 
proportions trop vastes, nous nous bornerons à dire 
quelques mots seulement de chacune de ces répliques, 
aussi remarquables par la forme que par le fond. 

I. — Les Légendes vengées, ou saint Grégoire de 
Tours^ historien des traditions apostoliques de nos 
Eglises. — M. Jehan, dans cette nouvelle publica- 
tion, prend à partie les assertions de MM. Bourassé 



II) 1 vol. in-12. Tours, Bouserez, 1870. 

(3) la-d* de 66 page^. Tours, Bouserez, 1870. 

(3) ln-S« de 48 pages. Tours, Booserez, 1970. 



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DES É6USB& DE FRANGE. 31 

et Chevalier, dans leurs récentes brochures sar l'a- 
poslolicité (le TEglise de Tours et plus spécialement 
dans les Treize cas de M. Jehan. — Il rappelle d'a- 
bord, dans l'Introduction, les agressions téméraires 
des Grégoriens de la Tonraine et la fausse direc- 
tion de leur critique. Leurs nombreuses brochures 
n'ont servi, dit-il, qu'à démontrer leur « radicale 
impuissance. » Aussi sont-ils au fond d'une impasse 
dont ils ne peuvent maintenant sortir que par une 
éclatante rétractation. Cette rétractation, M. Jehan 
ose toujours y compter. £n attendant, p. 4, il blâme 
MM. Bourassé et Chevalier, € eux, hommes graves, 
ecclésiastiques, de leur manque de dignité, de cha- 
rilé, de modération, de critique courtoise, de res- 
pect pour des opinions parfaitement libi*es et qui 
ont, au moins autant que les leurs, le droit de se 
produire. » Il consacre ensuite une grande partie 
de son travail, pp. 4-64, à mettre en relief les er- 
reurs et les contradictions avancées par ces critiques 
dans leurs éludes sur les Légendes» Vient à la lin 
une réfutation en forme des Treize cas. M. Jehan 
ne laisse rien subsister de cette brochure de M. Che- 
valier. 11 reconnaît à son auteur t les brillanles 
qualités de Don Quichotte, le chevalier de la Man- 
che. » — Il termine enfin par une discussion de l'au- 
torité de Grégoire de Tours et des titres presque sans 
nombre consacrant Tapostolicité de l'Eglise de Tours. 

II. — Saint Grégoire et les origines de P Eglise de 
Tours, par l'abbé Rolland. On ne peut s'empêcher 
dfadmirer le calme et la modération de la réponse 



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32 AI»0ST0L1CITÉ 

à M. l*abbé Bourassé par M. l'abbé Rolland. — L'auteur 
pose avec sincérité l'état de la question. — Répondant 
ensuite aux attaques dont il a été l'objet, il établit 
que tous les livres liturgiques de l'Ëglise métropolitaine 
de Tours, depuis le treizième siècle jusqu'en 4784, 
affirment unanimement que saint Gâtien fut envoyé 
à Tours par saint Pierre. — Il revient sur la Légende 
de saint Saturnin. — 11 rappelle que saint Grégoire de 
Tours n'a pas eu de documents certains sur l'époque de 
la venue de saint Gatien à Tours. — 11 prouve qu'il a 
compris saint Grégoire et que ses advei*saires vou- 
draient l'expliquer arbitrairement. — Il démontre com- 
ment l'on doit interpréter les légendes. — Il cite une 
bulle d'Eugène IV, datée de l'année U34 , faisant 
mention de la tradition qui regardait alors saint Ga- 
tien comme Tun des soixante -douze disciples de 
Notre-Seigneur. — Il termine en prenant acte d'un fuit, 
c'est que l'Histoire donne raison, contre Grégoire de 
Toui*s, à la tradition liturgique de Touraine. 

III. — Observations critiques à MM. Bourassé et 
Chetalier sur la légende de saint Austremoine et 
les origines chrétiennes de la Gaule, par l'abbé 
Arbellot. 

Dans cette brochure, du 48 mai 4870, M. l'abbé 
Arbellot établit d'abord l'authenticilé de la Légende 
dé saint Austremoine, écrite par saint Priest, évéque 
de Clermont. Pour défendre Grégoire de Tours contre 
les critiques de ces derniers temps, au sujet de l'épo- 
que de la mission de saint Gatien, M&f. Bourassé et 
Chevalier avaient rejeté systématiquement, comme apo- 



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I>KS KGI.ISKS DK FHANCE. 33 

cryphes, tous les docunu'iUs qui coiilredisent le (exlc 
de cet historien. Or, entre plusieurs autres documents, 
la Légende de saint Austrcmôine enseigne que saint 
Gatien , fondateur de l'Eglise de Tours, a reçu sa mis- 
sion de Tapôtre saint Pierre. Naturellement donc, au\ 
yeux de ces deux critiques, cette légende deyait ùlre 
fousse et controuvée. Ils en avaient, dès lors, nié avec 
énergie Tautlienticité et ils avaient employé, à la com- 
battre, toutes les ressources de leur génie. M. Arbellot 
pulvérise leurs prétendus arguments et leur démontre, 
d'une manière péremptoire, que, dans la Légende de 
saint Austremoine, il n'est question ni de Pépin ni 
de Charlemagne ; — que celte légende a été écrite par 
saint Priest, non en vers, mais en prose et en style 
pompeux, cette sorte de traduction en vers, intercalée 
dans Tédilion du P. Labbe, datant tout au plus du neu- 
vième siècle ; — que saint Astrebode est très-certainement 
saint Austremoine; — que In. Légende de saint Austre- 
moine n'est pas postérieure à saint Priest; qu'elle 
porte le cachet de l'époque de cet évéque et est son 
œuvre; — enfin que, quand même se rencontreraient, 
dans les Actes de saint Austremoine, des détails lé- 
gendaires et fabuleux, ce ne serait pas une raison 
de rejeter absolument l'autorité de cette légende, 
mais il faudrait chercher à y dégager la vérité de 
l'erreur. 

Le savant auteur, Thisloire à la main, s'attache 
ensuite, pp. 25-32, à relever dans la Lettre à M. (abbé 
Holland et dans les Légendes au Concile de Limoges,. 
une foule de fausses assertions, de bévues, de con- 
tradictions qui sont loin de faire honneur à la science 

TomeXXXl. r 



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34 APOSTOLIOITË 

de MM. Boufa^sé et Chevalier. Telle est, par eiem- 
pie, Terreur de M. Chevalier sonnant qae la pré- 
tention des Eglises de la Gaule à Étire remonter lear 
origine à saint Pierre, ou à saint Clément, aurait 
pris naissance avec les fousses Décrétâtes. 

Puis, M. Arbellot détruit une à une les attaques 
que M. Tabbé Chevalier avait dirigées contre no- 
tre Mémoire sur VAposiolicité de C Eglise du Velay. 
— Il prouve, p. 35, que les textes de Raban-Maur 
et de Gauzebert, que M. Chevalier nous accuse d'avoir 
omis fallacieusement, ne sont point, comme l'avance 
ce critique, contraires & Topinion faisant de saint Geor- 
ges un des soixante-douze disciples du Sauveur. -*< 
Il établit, pp. 33 et 34, Tancienneté et Tauthentictté 
des Actes de saint Georges sur lesquels nous nous som- 
mes appuyé dans notre travail. -^ Et, de plus, en 
retraçant avec sincérité Thistorique du Concile de 
Limoges, il démontre jusqu'à Tévidence la fausseté et 
la futilité des arguments controuvés de M. Chevalier 
dans sa brochure : Les légendes au Concile de Limoges. 

Le savant urchipi^tre de Rochechouart , vers la 
fiD de sa brochui^e, emploie deux grandes pages à 
admonester sévèrement MM. Boura^sé et Chevalier 
sur le mépris de toute politesse et de toute conve- 
nance qu'ils affectent dans leur polémique. 

Enfin, un mémoire intitulé : Saint Gatien, pre^ 
mier évêque de Tours; époque de sa mission dans 
les Gatiks — et c'est, à notre connaissance, la dernière 
brochure publiée sur cette polémique, — a été présenté 
par M. Jehan (deSaint-Clavien) à la Société archéologi- 
que de Touraine, dans sa séance du 30 novembre 4870. 



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DES ÉGLISKS DE FRANCK. 35 

Après avoir écoulé avec attention la lecture de ce 
travail important, dû à l'un de ses membres, la docte 
compagnie en a oWonné Tinsertion dans ses Anna- 
les. 

Cette dernière brochure de M. Jehan est divisée 
en trois paiiies. Nous ne saurions faire mieux, pour en 
donner une idée , que de reproduire ce qu'en dit 
M. Ladevèze, secrétaire général, chargé du compte- 
rendu par la Société archéologique de Touralhe'(1i. 

« Dans la première partie, dit M. Ladevèze, M. Jêlian 
élaWii que, jusqu'au dix-septième siècle, la croyance 
universelle était que trois missions chrétiennes 
avaient eu lieu en Gaule durant le premier siècle : 
celle de saint Lazare; celle de saint Pierre, où saint 
Gatien figure comme ayant apporté l'Evangile dans 
notre contrée; enfin, celle de saint Denys. Cette 
croyance s'appuyait sur l'autorité d'une foule d'historiens 
des plus impartiaux et des plus graves, attestant la 
rapidité avec laquelle le christianisme s'était répan- 
du dans le monde et avait dû se répandre parti- 
culièrement tdans la Gaule, en raison de la facilité 
de son accès et de ses continuels rapports avec Home. 
La Gaule avait été nécessairement évangéliséc dès 
le premier siècle. Comment ne l'aurait -elte été 
qu'au troisième, quand l'Espagne et la Bretagne in- 
sulaire l'étaient avant cette époque? 

€ Dans la seconde partie de son Mémoire, M. lé- 
han dit que, si la tradition générale ne laisse au- 



[1] luirait 4u procés-rerlfûl de la iiaace 4c la Sociélà arckâolDffique de 
touraiue, du 30 novembre 1870, présidence de M. Grttndmaison, pp. 641 -7û8, 



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:{() apostoijcitk: 

can doale sur révangélisation de la Gaule au premier 
siècle, les traditions locales ne sont pas moins aflir- 
matives sur ce point historique, comme on peut s'en 
j convaincre par ce que Thistoire nous apprend des mis- 

I sions de saint Trophime à Arles, de saint Paul à Nar- 

I bonne, de saint Martial à Limoges, de saint Denys 

h Paris. Saint Grégoire place, il est vrai, au troi- 
sième siècle, seulement, la mission de saint Gatien dans 
nos contrées: mais H. Jehan n'accepte pas l'asser- 
ion de Têvéque de Tours. Selon lui, saint Grégoire 
de Tours, malgré son incontestable mérite d'histo- 
rien, manquait de critique ; ses ouvrages fourmillent 
d'erreurs évidentes sur des faits incontestables, et 
ce qu'il a dit de notre premier évéque en est une 
irrécusable. Toutes les preuves se réunissent, en 
effet, pour présenter comme une tradition vraiment 
historique la tradition sur Torigine apostolique de 
TEglise de Toure, et l'opinion de Grégoire de Tours 
ne saurait suffire pour la renverser. 

a Dans la troisième partie, M. Jehan développe cette 
idée, que le plus sûr élément d'interprétation des 
textes de Grégoire de Tours, au sujet de la mission 
de saint Gatien, doit se trouver dans les traditions 
liturgiques de l'Eglise de Toui's, acceptées et con- 
statées par tant et de si graves personnages. Il exa- 
mine donc à ce point de vue la question dont il 
s'est proposé l'examen ; il croit que l'on nepeuts^em- 
pécher, en présence des preuves qu'il énumère, de 
faire remonter la mission de saint Gatien au premier 
siècle de noire ère et conclut en ces termes : « De- 
vant cette liturgie et cette tradition si hautement 



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DKS EGLISKS DE FRANCK. 37 

allestées, devant celle assemblée vénérable et impo- 
sante qai l'a transmise avec une si ferme assurance, 
nous n'hésitons pas à . nous, rendre et nous n'a- 
vons pas besoin d'un grand effort pour nous ran- 
ger à ce qui fut la croyance uniforme et constante 
pendant toute la durée du moyen âge, non-seule- 
ment de Tantique et illustre Eglise métropolitaine 
de Tours, mais de toutes les Eglises de France, d'Al- 
lemagne, d'Italie et d'Espagne. » 

Puisse le savant mémoire de M. Jehan clore enfin 
le débat ouvert depuis vingl-cinq. années I 

Nous-méme nous clorons ce petit travail par un mot 
à l'adresse de M. Paulin Pftris, dont la science nous 
inspire, néanmoins, la plus grande estime. 

A la fin de leurs brochures : Lettre à M. l'abbé Rol- 
land, et Les Légendes, au Concile de Limoges, 
MM. Bourassé et Chevalier publient ilérativement une 
lettre de rîlluslrc membre de Tlnslilut, adressée, di- 
sent-ils, à l'un de leurs amis, le 3 oclobre 1869. 
M. Paulin Paris, dans cette lettre, affirme que « pour 
ce qui touche à la Légende des saints Georges et 
Front, on ne peut pas nous suivre dans nos conclu- 
sions de VAposlolicilé de V Eglise du Vc/ay »; — 
qu'on ne peut pas davantage reporter saint Galien 
au premier siècle contre le témoignage de Grégoire 
de Tours ; — qu'il faut rejeter les Légendes qui veu- 
lent que saint Martial, saint Lazare, sainte Marie-Ma- 
deleine soient venus du fond de l'Asie se flxer dans 
les Gaules, et qu'il faut y joindre aussi celle de saint 
Denys l'Aréopagite. — A la fin de celle lettre, adressée 
à l'ami de MM. Bourassé et Chevalier, l'éminenl aca- 



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38 APOSTOLIGITÉ 

(lémicien ajoute : « Peut-être jugerez-vous, comme 
moi, que Rome, à laqneUe nous portons tout le res- 
pect possible, n'aurait pas dû encourager toutes ces 
apologies des Légendes fabuleuses. » Et, dans la 
mdme lettre, M. Paulin Paris présente à M. Tabbé 
Bourassé ses félicitations « pour avoir dit le dernier 
mot sur rimportante question de la défense de saint 
Grégoire de Tours. » 

D'un autre côté, nous avons sous les yeuK une 
lettre que déjà, le i octobre 4869, M. Paulin Pftris 
nous avait fiiil Thonneur de nous adresser et 
dans laquelle il parle ainsi de notre ouvrage : 
« Je dirai qu'il est écrit avec feu,' avec sincérité, 
« avec rélégance et le bon goût qu*on pouvait désirer. 
« J'ajouterai qu'il donne une nouvelle force à Topi- 
^ nion de la prédication de l'Evangilé dans les Gaules, 
« dès le premier siècle de l'ère chrétienne et que, 
« d'ailleurs, on y trouve de grandes raisons de ne 
<f pas rejeter ce qtH la tradition assez ancienne nom 
« dit de iapostoticit(*^ de saint Georges et de saint 
« Front. Ce que je dois ajouter, c'est que j'ai lii avec 
« le plus vif intérêt' et un véritable plaisir votre livre, 
« ob sont habilement discutées tontes les objcc- 
« tions. » 

Le rapprochement de ces deux lettres et quarum- 
dam aliarum du même auteur, sur le même objet, 
a inspiré à M. Jehan (de Saint-filavien), dans les 
Légendes vengées, p. 35, cette réflexion : « M. Paulin 
Paris me parait un savant fort aimable, qui a des 
choses agréables h dire h tout le monde, mais^ qui, 
j« elbois, a(n*ait bien de la peine h concilier ensemble 



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DES ÉGLISES DE FRANCE. 39 

loo» tes compliments que sa plume complaisante adresse 
à tous ceux (loi lui tendent la'msin (4). » 

Nous ayons terminé ce Mémoire, un peu sec peut- 
étre, mais auquel le but que nous nous sommes pro- 
posé ne permettait pas de donner de plus vastes 
pi-oportions. Nous n'avons voulu que conduire 
rapidement par la main, à travers cette nouvelle 
question historique, ceux qui s^intéressent h nos ori- 
gines chrétiennes. Cette question, du domaine de l'his- 
toire générale, se complique, pour les âmes chré- 



{1} Au moment où se termine l'impression de ceiUt étude, nous apprenons 
la mort de M. Jehan (de Saint-CIavien). Cest posr les sciences H k» lettres 
une perte considérable. Cet étv^ïi distingué, — qni était anssi nn bomne de 
bien, un chrétien sincère, ~ n'avait d'autres aspirations que la pratique de 
la vertu et la recherche de la vérité. Au point de vue scientiflque, on est 
presque effrayé quand on se nppetie les pr^daetioiis do sa pivme infatigable : 
— Basai iur le âéveiâppemeui de i'inlellitenee kuHutine: -^ 1« iiii iu mal 
ou les corrupteurs du siècle ; — Nouveau traité des sciences géolùgique^; — 
Esquisses des harmonies de la création; — Dictionnaire de linguistique et de 
philologie comparée ; — Tableau dé la création, ou nien manifesté par ses 
œuvres; — Meautés du spaeiacle de la nature; — Dieti&nnaire de eotmogouis 
et de paléontologie; — Dictionnaire d'astronomie et de météorologie; — Dic- 
tionnaire de botanique et de physiologie végétale ; — Dictionnaire de zoolo- 
gie; — Dictionnaire d'anthropologie; — Dictionnaire des c&nfroverse» histo- 
riques; — La Bretagne, esquisses pittoresques et archéoiogiques; ^ Moîna, 
ou la légende de Saint-clavien, telles sont les œuvres magistrales que nous 
lui devons. — A ces ouvrages si variés et si importants, il faut ^jouto^ 
encore un grand nombre de brochures sur les matières les pins sérieuses, et, 
en particulier, sur Tapostolicité de T Eglise de Tours. Aussi avona-noas la 
conflance d'être ici l'interprète des sentiments de nos confrères de la Société 
ftcadémique du Puy^ en donnant un souvenir il la mémoire vénérée de ce no- 
ble enfant de la Bretagne, dont la Tooraine avait abrité les derniers travaux 
et recueilli les derniers enseignements. Son corps a été, selon ses vœux, 
reporté au pays de ses pères, où, par ordre de Mgr l'évéque de Saint-Brienc, 
et aux frais du diorcse, la plus grande solennité a été donnée aux funérailles 
du courageux soldat de la vérité. 



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4U UKS EGLISKS l)i: FRANCE. 

liennes, d'une queslion de senliraenl. Remonter pas 
à pas nos annales catholiqnes jusqu'à la tradition et 
la légende ; là» dégager rot)scuritê et retrouver notre 
chemin sans interruption jusqu'au Christ, n'y a-t-il 
pas, à côté du problème historique le plus attrayant, la 
satisfaction la plus intime ? A côté des traditions 
de la famille particulière et civile, n'avons-nous pas 
aussi les traditions de la famille générale et reli- 
gieuse ? Et celles-ci ne nous touchent-elles pas autant 
et plus que celles-là ? N'est-ce pas un devoir pieux, 
comme une douce jouissance, de recueillir ses sou- 
venirs? — Quand, sur le point de se disperser, les 
soixante-douze disciples du Sauveur se tracèrent, au 
pied de la croix, un chemin nouveau, à travers les 
épreuves et les supplices, jusqu'au cœur des capitales 
du monde païen, ils commençaient, dans l'avenir, cette 
admirable émancipation de l'humanité dont nous vi- 
vons aujourd'hui. Les passions du monde et ses pré- 
jugés étaient attaqués. A chaque pas, ils cèdent à 
la lumière et à la charité. L'ère moderne est fille de 
celte révolution immense. Et nous, enfants des Gaules, 
les héritiers les plus directs de cette longue lutte et 
de ses résultats bienfaisants, qui nous blâmera de cher- 
cher à lire dans les archives effacées des premiers 
siècles les premiers titres de notre seule vraie et 
éclatante noblesse? 



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NOTES 

SUR 

L'ORFÈVRERIE DU PUY 

AU MOYEN AGE 

ET A LA RENAISSANCE 

PRIX -FAIT 

passé, en 1458, entre Jean do Bourbon, évSque 

du Puy, et deux orfêvres du Puy, pour la façon d*nne statue 

de saint Pierre, en argent doré. 

Par M. AuG. GHASSAING. sccrét:iiro do hi SociéU'j. 



l 



L'orfèvrerie était Tune des plus anciennes et des plus 
florissantes industries du Puy (1) au moyen âge ; elle dnl 
surtout son essor ix la célébrité du pèlerinage de Notre- 
Dame, et elle en partagea la fortune. 

Rudes, comte de Nevers, décédé à Acre en août IÎ66, 



(I) M. Aymard a publié sur ce sujet, dans V Album d'archéologie reliffieuse 
(Ayraard et M.ilcguc, Le Puy, 18-37, \n-(*, p. C), un excellent mémoire auquel je 
niivoie le lecteur. Dans le présent travail, je inc suis attaché il ne citer que des 
documents inédits ou qui avaient écliappé aux recherches de M. Aymard, évitant, 
uuiint que possible, de revenir sur !cs points déjà mis vu lumière par notre 
savant conrrère et ami. 



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42 DE L*ORFÉVREniE DU PIY 

possédait^ à sa mort, entr*aulres bijoux, « xij petiz 
eniaus (anneaux] dou PiU (4). » 

A Tannée 4 320 se rapporte un contrat d'apprentissage 
passé entre patron et apprenti. Ce contrat étant de 
beaucoup le plus ancien qu'on aie, je crois, jnmais si- 
gnalé, mérite, à cause de Tintérôl qu'il offre pour l'his- 
toire de l'industrie, une analyse détaillée. Dans cet acte, 
reçu le 14 mars 4349 (4320) par iM* Jean de Peyre, no- 
taire au Puy, Durand Gondol, majeur de quatorze aus, 
agissant sous Tautorité et avec le consentement de son 
père, Jean Gondol, du Puy, s'oblige à travailler pour 
Vidal Amat, orfèvre du Puy, pendant huit années con- 
sécutives à compter de l'Annonciation lors prochaine, à 
demeurer avec lui et à lui obéir ; Vidal Amat, de son côté, 
s'oblige à bien apprendre à Durand Gondol l'état d'or- 
fèvre (erudire, dooere et instruere in predicto ofjicio 
aurifabrie et yus excercitio bene et utiliter), et à lui 
donner le vivre et les aliments, ainsi que sa chaussure 
(providere.^. condescenter (sic) in victti suo et alimen- 
lis ac etiam calciatura caligarum et sotularium); le 
père reste chargé de rhabillement (in vestitu). Le père 
et le fils s'engagent à payer à Vidal Amat six setiers de 
seigle, mesure du Puy, payables le premier immédiate- 
ment, le second à la Saint-Michel suivante, et les autres 
d'année en année, à semblable fête. Dans le cas où Du- 
rand viendrait à quitter son patron, le père et le fils 
s'obligent à payer, à titre d'indemnité, à ce dernier, 



(i) Mém. de la Soc. des Autiguairea de France, InTenlaire et eomptes de 
la succession d'Eudes, comte de Nevers, publiés par notre confrère, M. Gha* 
laud, t. XXXII, 1871, p. 190. 



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AU MOVRIV AGK. 43 

quinze livres tournois pour chaque année restant à 
courir sur la durée de l'apprentissage. Ils consentent 
Tun et Taulre, pour l'exécution de leurs engagements, 
à la saisie, vente et distraction de tous leurs biens ; de 
plus, le nis se soumet personnellement à la contrainte 
par corps qui pourra être exercée contre lui par les oiTi- 
ciers de la cour commune, partout où il serait trouvé 
(per capUonem, detentionetn et arrestationem sue 
persane, ubicunique inveniripossei) (4). 

En 4367 , le roi Charles Y accorda un règlement aux 
orfèvres et argentiers du Puy. Ils élisaient chaque an* 
née deux gardiens qu'ils présentaient à l'agrément de la 
cour commune : ces gardiens visitaient Iles ouvrages, et, 
lorsqu'ils en rencontraient de défectueux ou d'inférieui^s, 
ils les brisaient la promière et la seconde fois; la troi- 
sième fois, ils dénonçaient l'ouvrier au baile de la cour 
commune, pour être puni. Ces ouvriers fabriquaient des 
anneaux d'or ornés de gemmes ou pieiTes flnes {%) et 
maints bijoux d'or, de la vaisselle, des « garlandes » ou 
couronnes et autres gros et menus ouvrages d'argent. 



(1) Ardi. dép., Protocole do Jean ie Poffre, reg. A., 1^ 45. 

(S) C'étaient les gemmes, telles qoe corindons (saphirs), greaati, zircons, 
spinellcs (rubis) , etc. , que Ton trouve dans les laves poreuses des environs 
Au Pnj, et notamment dans le Ht do Mou Pczouliou, près d'Espaly (gisement 
d'un renom depais longtemps classiqde dans le monde des géofogoes). Au 
moyen âge , elles jouissaient d'une certaine célébrité , et on les trouve plu- 
sieurs rois citées, sous le nom de saphirs du Puy^ dans l'Inventaire dos joyaux 
de la couronne de 1118 (Douût d'Arcq, Choix de pièces inédites relatives au 
régne de Charles Vf, pobl. par la Soc. de l'Histoire de Fraoce, Paris, 18G1 
in-8«, t. II, p. &79 et soiv.]. Les orfèvres du Puy, jusques dans ces der- 
niers temps , ont continué de les employer h enrichir ces roses et ces Saint- 
Esprit qu'un retour de la mode a remis en faveur. 



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44 1»K l/ORFRYRËHIK DU PUY 

Le roi leur permit de hausser le tilre de leurs pro- 
duits (4). 

Ed 4369, Jean Toussaint, de Paris, et Pierre Durgiat, 
de Tiranges, orfèvres du Puy, liquidèrent la société 
qui avait existé lungiemps entr*cux pour le com- 
merce de l'orfèvrerie, de l'argenterie et autres mar- 
chandises (societas in facto defiat^iatarum aurifabrie, 
argentarie et aliartim mercaturarum) , Après le par- 
tage du fonds social, restait à recouvrer un solde de 
créances de la coromunBulé ; Tun des associés le prit 
pour son compte et s'obligea *\ payer ii son ex-coassocié 
six francs d'or (2). 

£n 1386, avant d'épouser noble Saurète de Villaret, 
fllle du seigneur de Cussac près Polignac, et veuve d'un 
damoiseau nommé Raymond Achard, un marchand du 
Puy, Jean de Mercœur, qui devint second consul en 
Tannée UOO, fit donation à sa future d'un bourrelet ou 
bandeau de grosses perles flnes, d'un passet ou collier 
de perles fines et d'émcraudos, de cinq belles bagues 
d'or ornées de gemmes, telles que saphirs, émcraudes 
et autres pierres précieuses, d'un sobre-sein ou ceinture 
de soie garnie d'argent émaillé et doré, pesant deux 
marcs, de trois autres belles ceintures de soie garnies 
d'argent, de trois ganivets ou petits couteaux montés 
en argent, de trois aumosnières ou bourses, de bottes, 
d'un cofTret et autres joy<aux ; le tout estimé à deux cents 
florins au moins (3). Ces joyaux, dont la mention 



(1) Ortl. des rois de France, t. V, p. 7 et 8. 

(-2) Ardi. dép., l'TotocoU de Barthélémy May nier, notaire. 

(3) < Et primo, videlicct : unum rondellom luargnritarum sive perbrani U- 



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Al MOYEN AGK. 4o 

revient souvent dans les contrats de mariage et les tes- 
taments da Velay auxXIV% XV*^ etXVPsiècles, étaienl 
évidemment de fabrique locale. 

En la même année 4386, Jacques Polignac (Podomp- 
niaci), Jean de Praycenel et Pierre Chanal, marchands 
associés pour le commerce de Torfévrerie, des gemmes 
et de Targenlerie (in fado aurifabrie, gonmarum et 
argentarie), habitant au Puy, prêtèrent à Vidal Sol- 
vaing (Salvaynh) et h Catherine de Conches, sa femme, 
orfèvres du Poy, quatre-vingt-huit deniers d'or, au 
type du franc (al franc). De leur côté, les époux Sol- 
vaing s'engagèrent à livrer aux associés, successive- 
ment, à la fin de chaque mois, un demi-marc d*or (à 
dix-huit carats, du poids royal appelé au Puy de Treas), 
d'anneaux ou verges (anullorum seii virgarum), 
rmaillés, hachés et ouvragés d'autres manières (esmau- 
datarum, aschiatariim et alias operatarum), au cours 
de la mode (secundum cursum temporis factarum), 
ou d'après la commande des associés. Ces anneaux pou- 
vaient être ornés de perles, qu'en ce cas les associés 
étaient tenus de fournir. Dans chaque once de marc 
devaient être fabriqués huit, neuf ou au plus dix an- 
neaux. La façon de chaque demi-marc d'or ainsi on- 



narum grossaram pulcram; Hem, oiiaiu pas^mum de pcrlîs fluis cuui sma* 
ragdis; ium, quinque anulos auri palcros cum gemmis, scilicet saflris, sma- 
ragdis et aliis iapidibu) prctiosi<; item, etiaiu quandam zonaui de cirico, 
manibni de argento smaadato et deaorato, ponderis dnaram marqoaram ar- 
gent! et altra; item, très paieras zonas de cirico etiam farnitas de argento, très 
ganiTetos farnilos de argento, très criuneuas, pixidcs, alia jocalia et cosfredum , 
eztimata valereducentos florenos auri, boni ponderis, et altra.— ir^A. dép., m$me 
protocole. 



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4^) i)K l'oki'Évhekik du l»CY 

vré élail fixée à S6pt francs, ou si Vidai SolvaîDg cl sa 
femme fournissaient la matière, à trente^cinq francs pour 
le tout; sommes qui devaient venir successivement en 
diminution des quatre-vingt-huit francs, et ce, jusqu'à 
entier paiement. Les époux Solvaing s'obligèrent à tra- 
vailler ainsi pour le compte des associés, sans discon- 
tinuer, durant deux années, à partir de la Toussaint 
suivante, avec deux compagnons-orfèvres (cum dtiohus 
nuntiis dicli offi4!ii aurifabrie). Cet acte fut passé rue 
Raphaël, dans la boutique de Jacques de Saint-Marcel, 
ou se tenait la draperie de Philippe de Couches et de 
Jean de Montpeyroux, marchands (4). Ce contrat de 
travail à la tâche montre comment les principaux ar- 
gentiers s'approvisionnaient de joyaux, quand leur pro- 
pre fabrication n'était iias suffisante pour les besoins de 
leur commerce. 

En 4390, Louis de France, alors duc de Touraine et 
depuis duc d'Orléans, deuxième fils du roi Charles V, 
acheta de Jean Boyer, du Puy, moyennant trente-lrois 
francs d'or, des joyaux en or « pour donner en estre- 
nicz (2). » 

On volt, par le compois ou cadastre de 4406, que le 
Puy comptait alors quarante-neuf argentiers, tous pro- 
priétaires-fonciers et maîtres-ouvriers tenant boutique, 
et, comme tels, contribuant aux tailles de la ville; nous 



(1) Àrehiv. dép., méan; prolocoie, 

(3} Catalogue des arehivea de Joursauvauli, Paris, 1838, ifl-8*, t. ii, p. 5l, 
n" U19. -> Le litre ofi«inaI du 3 jan^Mur 1388 (1880, n. st.}> ainsi qoe ia 
presque totalité des archives de Jotfrsaovault, e§t à Londres, au BriCish Uu- 
scum ; j*eu donne ici le texte d'après une copie que M. Augustas W. Fraràs, 



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Ai; MOYEN AGK. il 

avons doilué ailleurs leurs noms (4). Le mémo docu- 
ment mentionne sept afflneurs (affinayres) de^ métaux 
précieux. 

En 4456, Charles Vil avait interdit la fonte et l'affi- 
nage des matières d'or et d'argent; celte défense, qui 
avait pour but d'arrêter la raréfaction des monnaies, était 
aussi une entrave gênante pour l'orfèvrerie. Sur le^ re* 
monti-ances des < orfèvres et ouvriers du mestier d'or- 
fèvrerie et argenterie de la ville et cité du Puy-en-Ve- 
lay, » exposant ^ que de toute ancienneté Hz avoienl 
aconstumé et qu il leur avoit esté permis d'acheter des 
changeurs de ladite ville ou d'autres personnes or et ar- 
gent, et icelluy affiner, quand besoing leur en a esté, 



l'un des savtnts conservateurs de ce grand éiablisseraent, a eu la courtoise 
obiigeaeo ée ftire loi-même et d'adresser, sur ss densode, k Botre ami M. 
Aymard : 

€ Sachent tuit que panlevant nous Beraart de Grasiobac, eUivalior cl viguirr 
1- de Tbo'jlose pour le roy nostre sire, coostituit personnelenicnt Jehan Boier, 

> uierchant du Pay en Aoirerfne, lo(|ael conressa avoir eu et rcceu de hono- 
* rable home et sage Jobaa Poulaiii, trésorier de luossieur le duc di; Tou- 
' raine, par la main de Diinisot Marîete , varllet de cJtambre dudit >ieur , la 

> somme de trienle-trois Trans, Icsquelx ledit mossieur le due iuy devoit pour 
'> certains joyaux d'or qu'il a baillés et deslievrcS aadtt sieur pour dooner on 

> estreniez, si eomme il apparaît plus appUiiiparmandemeut dudit sic-ir, sur 
^ ce fait et donné à Thonlose le iii* jour de janvier Tau MCCC II II" et neuf ; 

de laquelle somme de xxxiii fraas d'or leJii Jehan, luarcbant dessus nomme, 

:> soy tient por bien paie et comptent, et en quitta leJit mossieur le dac les 

» dis /ekan Poilain ei Doniâot Marieteet toats autres à qui qfittaiice en punt 

» et doit appartenir. Donné 11 Thoulose soubz le scel de ladite vigaerie , l'an 

A et le jour dessus dis. 

> Aiusi octroyés. 

Papier; jadis scellé. < CASTRES. * 

British Muséum, Add. ch. *i8*il, Arch. de loorj>anvault, 94l:i. 

(l) Ckfomqnes i'Èiienut Mé4ieu^ t. u, p. 960. 



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18 DK |/0UI'RVI\KR1K DU PUY 

pour convenir et employer en leur dit mestier et oa- 
vraîge, » le roi « voulant, esl-il dit. le fait et mestier 
d'orfavrerie et argenterie en ladite ville du Puy estrc 
entretenu, i autorisa les orfèvres de cette ville à affiner 
toutes matières de dix deniers de loi et au-dessus, ex- 
cepté toutefois la monnaie de coin royal ou du coin du 
daunfiin de Viennois, et à la condition « que ronvi'aige 
qu'ilz en feront, Innt gros que menu, soit du poix et de 
la loy qu'il a este ordonné par les derrenières ordon- 
nances. » Les lettres-patentes qui octroyaient cette fa- 
veur, furent données à Gannat, le â septembre 4456 (4). 

L'auteur des Quinze joyes du tnariage, Antoine de 
La Sale, qui avait certainement accompagné le bon roi 
llcnù dans ses voyages au Puy (!e dernier eut lieu en 
4460) (2), et qui écrivait peu après sa piquante satire, 
dit, dans la Huitiesme joye, à propos du pèlerinage du 
Puy : « Or y a de riches dames, damoîselles, bourgeoi- 
ses..., qui achaptent patenostres de coral, de gest (jais) 
ou d'ambre, aimeaulx ou autres joyaulx (3). » Qu'on ne 
s'étonne pas trop de rencontrer les émaux parmi les 
objets précieux qui , aux étalages des argentiers du 
Puy, tentaient la fantaisie des riches pèlerins. Nous 
avons quelques sérieuses raisons de penser que ces 
émaux ne provenaient pas tous de Limoges, mais étaient, 
pour une notable partie, de fiibrication locale (4). 

Sous Charles Vfll, la corporation des orfèvres du 



(1) Pareil., orig. — l/orii^iiial a été heure jsctiicat retrouvé par M. Degî-ucs, 
typographe h rimprimcrie Marchessou, qui me Ta donné. 
(3) chroniques d'Et. MèdiciSf t. i, p. 362. 

(3) Bibliotbèqae elzéviricDuc, édit. P. Jaiincl, Paris, 1857, p. 81. 

(4) M. Aymard n publié une plaque en cuivre émaillée eu taille d'épargne, du 



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'i 



Al' MOYEK agi:. il> 

Puy adopla les armoiries que te roi avait accordées aux 
orfèvres de toutes les villes de France (4); elles déco- 
raient leur bannière qu'ils déployaient en télé de leur 
métier, dans les processions solennelles et les céré- 
monies publiques. Leur patron était saint Eloy, et les 
messes de leur confrérie se célébraient à l'église Saint- 
Laurent (2). 

Etienne Médicis lixe, dans sa curieuse Statistique 
du Puy en 1544, le nombre des orfèvres de son temps, 
à trente (3). La décroissance du nombre des orfèvres de 
1408 à 4544 prouve, d*une manière frappante, combien 
le pèlerinage de Notre-Dame commençait à déchoir de 
son ancienne splendeur. A cette cause spéciale s'en joi- 



XI 11* siècle, représentant un ange, flanqaê de chaque cùto d'une petite ro- 
sace à six pétales allongées , imitation évidente du type de la monnaie épis- 
ropale do Pay f Congrès ncientif. de France, xxii* session tenue au Puy m 
18Ô5, t. Il, p. 638 et suiv.} — Il a signalé aussi dans Y Album d'archéologie reli- 
(jiriKe des plaques cmaillées, aux initiales d'Antoine Boyer, du Pur, qui ornent 
une croix datée de 1479. — En I85C, durant mon stage au barreau de Riom, 
un marchand de meubles de cette ville était détenteur d'une plaque en cuivre 
cmaillcc en taille d'épargne, du XIII* siècle, figurjnt le Christ sur la croix; 
au bas de cette plaque, on lisait : Wido Aniciemis me fecil, rn capitales ro- 
maines. J'ai Tait, depuis,. d'inntiles recherches pour retrouver la trace de ce 
curieux émail, acheté sans doute i^r on des collectionneurs de l'Auvergne.— 
Parmi les joyaux qu'énumèrent les contrats de mariage et testaments du Velay 
(lu XV« et du XVI« siècles, les bijoux émaillés ne sont pas rares. £nlia, le 
pri\-rait dont nous publions plus bas le texte, démontre qoe les deux frères 
Raynoard n'étaient pas seulement orfèvres, mais encore émailleursy puisque le 
piédestal de la statue de salut Pierre, qu ils se chargeaient de façonner, devait 
être « esmallié. > 

(l) Etienne Médicis les décrit ainsi : d'azur, à trois coppsa d'or coronnéea 
et une tntoille d'argent au milieu. fChroniq., t. i, p. 315.) 

(■2) Chroniques d'Etienne Médicis, t. i, p. 33ô. 

.3) ///., t. Il, p. 260. 

Tome XXXI. d 



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.jO \)e l'orfé^rekie du 1>UY 

gaait, d'aâ)tMr»,r «De a«tre plus générale, qa'a signa- 
lée notre savant confrir», M. Aymafd^ dans ses inié' 
ressafttes^ fecherebès^ swp l'orfèvrerie de Pay : c'est la 
tendai]^ qtCènt, de» le ÎVP siècle, rindastrie des 
orfèvres^ ài abandonner ^ proThiee et à se centraliser 
îi Paris (I). 

Parmi tant d*orfévres, quelques-uns furent des artistes 
dfetogués : c'est de Talelier de François Gilbert (2) que 
sortit lia &kad€timêa ott niche mmtm^'tale de la Vierge 
noire, jMWir laquelle le roi lo^is XI avait, en ^'476, don- 
né cent; marcs d'arge»* {^). On connaît, de la mètiie 
ë^(|a)e-, tes belles crœx precessiottttelleî? de Sanignes et 
de Vei^naesal, et celles' dtes confréries des tatitienrs .et 
tisserands de Saugues (4). 

Dans ce milieu, naissait parfois, chez les riches habi- 
tants, et se développait même à un degré surprenait, 
le goiYf des arts et de ce qu'on appelle' aûj6ui*d*hai la 
haute curiosité. J'en trouve un exemple assez inattendu 
dane mi chanoine de la Cathédrale» Jacques Boudon 
(probablement le fils d*ùn argentier de f408, Raymond 
Boudon, comma le rapprochement des dates et son opu- 
lence le font supposer) : je cite le registre des- audiences 
du parlement de Toulouse de 1476-1477 : 



(1) Aynonl^et Malèfa», âUium d'archéologit! religieuse , jf. G. 

(3) G* FraOfOis Glmbert^ dont le nem est souvent écrit Guybert, Ott^berii, 
m, p«r»ft-ir, iffle assez belle f)Drti»c; pfir df^wv aèbels, il se créa, (*n MS5, 
un doiniiiie à Bcaulieu, dans rEmblavès; de plus, il aei[tfît des mai-* 
sons a» Pnjr et des fonds niniDX dans 1» IMienc de la ville. (Anb. di^i. 
Protocole de Ouillmtme PeUiêêe, mtûife, passiffi.) 

(3) ChroHiq. d'Etienne Mèdiei^ U i, p. 960. 

(4) Aymard et Malègac, Album d'archéologie rcUgieuw, p. 10 k 17. 



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Au MYÉN AGfe. .'il 

« En la yilte drf Pny fat naigaicres ttrig chartoific 
i> htftùfné Jaqtièè Bodotf, 9»»' in l/ùiiis foHune êrat 
» t?(ï/rf(? sublimatns; Car atoH bien tafillant trente nWI 
» èsi:tt2 ; e( entre antres choses , avôit nng lîevre tant 
» d'or avec les yenh de dyamaiïs , tpA ittMti(Ai tnig 
» c&ar atfssî d'6r ; une Serene tonte d'or, tenant nng 
» mîrotfer t<rat de perles, et ledit Hevre taloîl Men six 
» fftil escnji; nne sainctntc d'or, (jné fut de dartre 
» Bonne (4), de grmt valeur, engagée andit tfadon pmt 
» trois itiii duôiatz ; niig moton a^ec nne grant toiscm 
» d'ôt; tin« belle cônpe d'or, et autres Joyaux, adeè 
» qudê târh inpecuniâ àôntàminatâ quàm nùii eon- 

> tafninUtÛ, il f)OSsedôit et estoict riche de iretfte mil 

> è8Ctt^(2). » 



II 



Le prix-fait, inséré dans la quitiance que nous pu- 
blions plus bas, est un remarquable exemple de Tim- 
portaaee qu'avait, an quinzifëme siècle/ Forfévrerie 
artistique et religieuse du Puy. En Tannée U08, Jean 
Je Bourbon, évêque duPuy etabbédeCluny, commanda 
k deux orfèvres du Puy» Thomas et Bertrand Reynoard, 



(1) Il s'agit) sans doute, de M^^ Bonne de Berry , mariée en 1391 k Ber- 
nard Vil, comte d*Ârmagnac etr depuis connétable de France; elle mourat en 
1435. on' sait <fue laf dkaisciir d*Arm«gmtc possMaU, in XV* sfède, la baronnic 
dcBoQ/ots, près te Par. (Voyez rhfstoirc de eetfc bïronnit^, par M. dn Mo- 
lin, farN, ir^ in-*). 

(3^ Artfr. 0^. (k U rtWrt^Oaroitnc, stct. jutfît., tf, rcp. *. 



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.)2 HE I.OKFEVRERIR DU Pl'Y 

fi-ères, une irnage de saint Pierre, en argent doré. Cctie 
image devait être du poids de cent jmrfis d'argent, équi- 
valant k cinquante livres de poids ou vingt-cinq de 
nos kilogrammes (4). La matière de ces cent marcs, 
consistant en pièces de vaisselle, savoir : trente-neuf 
taases, trois pots, une aiguière et un drageoir, fut livrée 
aux orfèvres par Jacques Boyèr, baile de la cour com- 
mune, le 4«' décembre U58. L*œuvre devait être ter- 
minée à Pâques, qui, pour Tannée U59, tombait le 25 
mars. Vimage deyait être posée sur un piédestal, de 
style architectural, sur les faces duquel devaient se 
dérouler, en émail des scènes de la vie du prince des 
Apôtres. Vimage et le piédestal devaient très-proba- 
blement être façonnés au repoussé, ce qui suppose une 
œuvre d*assez grande dimension , et éveille même 
ridée d'une véritable statue (2). 

Comme l'église abbatiale de Cluny était placée sous 
le vocable de saint Pierre, il est très-probable que la 
statue commandée aux deux orfèvres du Puy par Jean 
(le Bourbon, était destinée au monastère de Cluny, dont 
il était abbé. Les inventaires du trésor de la célèbre 
abbaye, dressés après U59, doivent certainement la 
mentionner, et il ne serait pas sans intérêt de l'y re- 
trouver. Peut-être la description insérée dans ces in- 
ventaires, ajouterait-elle quelques particularités à celles 
qu'indique le prix-fait. Que les érudits de la Bourgogne 
me permettent de signaler ce point à leur attention. 



(I) Le marc, en u^age au Put, viait de huit occes; ia livre avait 16 oncef. 

(3) Un do nos intelligents orrtvrcs du Puf, M. Philippe Thomas, que j'ai 
ronsuité sur ce point , estime au moins ï un mètre la hanteur d'une statue 
qu'on peut faire au repoassv avec cent marcs on vingt-cinq liiiogrammes d'argent. 



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AU MOYKN agi:. ij'.i 

QUITTANCE 

Donnée par Thomas et Bertrand Reynoard, orfèvres, 
à Jacques Boyei', baile du Puy, de cent marcs 
d'argent qui devaient servir à façonner une statue 
de saint Pierre, conformément au prix-fait inséré 
dans ladite quittance, (r^ décembre 1458.) 

In Dei nomine, amen. Noverint universi et singuli pré- 
sentes pariter et futuri hoc presens, verum et publicum in- 
strumentura inspecluri, visuri, lecturi ac eciam audituri, 
quod anno ab iDcarnacione ejusdem Domini millesimo 
CXîCC'"^ quinquagesimo octavo, et die prima mensis decem- 
bris, serenissimo principe domino Karolo Dei gracia rege 
Francorum régnante, in mei, notarii auctoritate regia pu- 
blici, testiumque infrascriptorum, presencia, nobilis vir Ja- 
cobas Boerii, bajulas communis curie civitatis Anicii, com- 
missarius et nomine reverendissimi in Ghristo patris et 
domini nostri domini Johannis de Borbonio, Aniciensis 
epi8copi et Vallavie comitis permanentis ac abbatis abbacie 
Cluniacensis ecclesie, tradidit discretis viris Thome et Ber- 
trando Reynoardi fratribus, aurifabris civitatis Aniciensis, 
presentibus et recipientibus, videlièet centum marchas ar- 
gent!, scilicet in XXX*» IX*<^™ taceis, tribus pitalphis, una 
ayguaderia et une dragerio argenti, et quadraginta iibras Tu- 
ronensium, monete albe, rcaliter, in presencia mei notarii 
testiumque infrascriptorum, reali habitione interveniente ; 
et hoc pro factura cujusdam ymaginis beati Pétri Gende 
per dictos Thomam et Bertrandum Reynoardi fratres, oppe- 
rarios, ad opus ejusdem domini nostri Aniciensis episcopi, 
modo et forma designalis, comprehensis et declaratis in 



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54 1>R l/onFÉVftEttlE DU PUY 

«[uadam papiri codula, Kcripta pian.u propria dioti domini 
bajuli, mirhi notario, in presencia testium infrascriptorum, 
tradita; caj[as quidam papir^ c^dulo, in r<)nianQo ordinale, 
ténor talLs est : 

Apoinlemant prim pour James Boyer, haylle du Puy, poul- 
et au nom de tf'ès-revei^end père en Dieu monsieur tfiessire Jo- 
han dû Bourbon, evesque du Puy et abbé de Clugny, d^une 
part y et Thomas et Bertran4 Beynonrâ, frères et orfèvres de- 
mournns au Puy : et ce, jwtir leur fère f^re ufie ismage de saint 
Pierre, pesant C> mnrchs d' argent , et ee en la fourme et ma- 
nière que s*ensuit : 

Premièrement, lesdits se obligent audit sieur à fère ledit 
ijsmage bien et loyaulm^nt, en la bonne façon, tout le mieua- 
que Hz porront ne feront; et feront ung pié d'argent, où la- 
(Hlp ysniagfi^sera assiza, garni de massoneraie (1 ), tout le mieux 
que faire ce pourra '^ et audit pié sera fecte la vie de saint 
Pierre, bien tallé et esmalliéet chapprié (2J, tout le mieux que 
sera possible. 

lte)i\, feront ung petit rdiquiaire, gnrny de cristailh, pour 
mectre des reliques, lequel ladjte ymaghf tiendra. 

Hem, feront une diedame de bonne façon, garnie dç doble- 
te (3), ou aultre pierrerie toeuUe (4) que on vouldra bailler 
pour mectre en ladite ysmaghe, toutç la p^^s jante oue fère ce 
pourra. 



(0 Maçonnerie, disposition arcbitectarale ou ornements tenant de l'arehitec- 
tiire. (Pc Labordc, Notice de* é»i^t$f, G|(|ssaif9, vojrei pe mot.) 

(i) Divisi^c par cbapjtreâ, c'est-2|-dire en plusieurs scèqes. 

(.')) Pierres fines collées sur verre ou sur rrisl.il do couleur, et ainsi doublée 
drpsisseur el d'éclat. Id.. au mot DouhifA.' 

(4) Telle. 



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AU MOYEN AGK. 55 

lUm, randrorU ladiU ynnaghe daurée et achevée et hronie { i ) 
de tous poins, le mieux et le j^sjantement que faire ce pourra. 

Et pour leur pnme et fasson et deipenees et detehute quHl 
leur fauldra fère eê soustenir à fère ladite ymaghe, auront en 
toutes choses f la somme de cent cinquante livres; de laquelle 
somme leur baillera contant, avant que la eommensent, la 
somme de XL livres tournoises ; et la reste que sont CX livres, 
auront à la fin de Vevre et quant auront du tout achevé ladite 
ysmaghe. 

Item, ledit Boyer^ au nom que dessus, sera tenu leur bayl-' 
1er lesdits C marchs d* argent tout à une foys, sec et net ; de 
paye[T] le plum (^) que y antrera pour seehier et affiner ledit 
argent, sans aultre chose ; et les sandresque en sandrant, de- 
mouront à son prouffit de mondit sieur. 

Item, parreiliement ledit Boy or, au nom que dessus, sera 
tenu de leur haiUer tout V argent vif et haur, que sera besoing, 
pour daurer ladite ysmaghe ^ et aussi ladite ymaghe sera ran- 
due et pesée avant qu'élu, soit daurée, €*est assavoir que le pois 
de l'our demoure au prouffit dudit Boyer, au nom que dessus. 

Item, en ouUre, sont eontans et u obligent, que au cas que 
ladite ysmage ne seroit bien feete au gré et plaisir dudit sei- 
gneur, de n*en riens awnr de la façon de ladite ysmaghs ; et 
veulent et sont eontens de rendre et restituer tout ce que ce 
trouvera en enoir reseu, tant en argent blane comme aulire- 
ment, en qudque façon que ee soit, et à es se obligent, etc. 

Item, à fère les choies dessusdiiês et une ehascune d'iedlesy 
lesdits frères se obligent audit Boyer, au nom que dessus, ung 
pour l'auUre, et ung chaseun seul st pour te tout, A luy ren^» 



(1) On peut lire indifleremineiii hitmie oa Wonie, brunie. 
(9) Ptomb. 



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;)() l)i: LOHI'KVUEHIK 1)1' PUV 

lire ladite ymaghe bien fecte ci acomplie ioul en la fournie et 
manière que dit est, entre cy à la feste de Pasques prouchai- 
nement venent^ et au plus tost, si tosl leur est possible. 

Hem, plus se obligent en la fotcrme que dessus y et ont juré 
sur les saintz euvangeles de Dieu, de ne prendre auUre euvre, 
ne faire nul aultre ouvraige, jusques à ce quUz auront fait et 
acompli de tous poins ladite ymaghe, sinon que fut du vouloir 
et licence [dudit sieur evesque], et au quas qu*il ce trouva 
quilz facent le contrayre, d'issy et desja se obligent à donner 
et donnent en pur don audit Boyer, au nom que dessus, la 
somme de W" livres tournxnses, etc. 

De quibus contum marchis argenti et quaflra.s^inta Ubris 
Turonensium, sic, ut premictitur, habitis et realiter re- 
ceptis, dicti Thomas et Bertrandus Raynoardi, gratis et no- 
minibus quibus supra, dictum dominum nostrum Anicien- 
som episcopura, et suos, bonaque sua et suoram, absolverunt 
lenitus et quictaverunt. Et quamquidem ymaginem beati 
Pétri, pjusdem ponderis centum marcharum argenti, desig- 
natam et expeciflicatam in prcdësignata cedula superius ad 
longum inserta, bene nptatam, preparatam et compîetara, 
modo et forma contentis in predeslgnata cedula superius in- 
serta, dicti Thomas et Bertrandus Reynoardi, eteorum qui- 
lihet, in soliduraet pro loto et sine partiumdivisione.promi- 
serunt, cum et sub obligatione speciali et yppotheca expressa 
omnium et singulorum bonorum suorum, et cujuslibet ip- 
sorum in solidum, mobilium et immobilium, presencium et 
futurorum; et juraverunt, ad et supra sancta Dei euvaugelia 
per ipsos et ipsorum quemlibet manualiter tacta, reddere et 
expedire eidem domino nostro Aniciensi episcopo, aut cerlo 
nuncio, procuratori seu mandato, hinc ad fostum futurum 
Pasche Domini, et intérim quandocumque, operata ipsa 
ymagine, una cum omnibus dampnis, costamentis, interes- 



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AU M<JYKN A(iK. 0/ 

st' et expensis. inde per dictuiii dorainum Jacuhum Boerii 
bajulum, quo supra nomine, faciendis 'aut sustinendis, vicio 
et culpa dictoram Thome et Bertrandi. aut alterius ipso- 
pum; super quibus vero dampnis. costamentis, interesse et 
expensis predictis, eteorum quantitate et extimatione, stare 
et credere voluerunt iidem Thomas et Bertrandus Reynoar- 
dî, et eorum quilibet, solo et simpUci juramento dlcti do- 
mini Jacobi Boerii, bajuli predicti, quo supra nomine, sou 
alterius ipsorum juramento, absque onere probacionis alte- 
rius cujuscumque, juramentum hujusmodi sibi in hiis ot 
circa hec delTerendo irrevocabiliter in premissis. 

Et renanciaverunt super premissis omnibus et singulis 
supradictis dicti Thomas et Bertrandus Reynoardi, et eo- 
rum quilibet pro loto, gratis et nomine quo supra, et cuiu 
juramento, ut supra, per ipsos ei ipsorum quemlibet presti- 
to, omni action i et exception! doli mali, vis, metus, et in 
factum actioni, et condictioni indebiti, sine causa et sine 
justa causa, exceptionique dicta rum contum marcharum ar- 
genti et quadraginta librarum Turonensium realiter ex cau- 
sa premissa non habitarum et non receptarum, promissio- 
nisque, obligacionis et omnium aliorum prumissorum non 
actorum, non stipulatorum et non ita gesloi'um, opistoleque 
divi Adriani. benefficioque dividendarum actionum, et nove 
eunstitutionide [plui'ibus]duobusvereis debendi^ beneficioque 
petendi et ofTerendilibellum, copiam seu transcriptum hujus 
presentis publici instrumenti, et ejus note, aut alterius cu- 
jusUb'et scripture publice seu private, et gênerai iter omnibus 
aliis juribus, scriptis et non scriptis, canonicis et civilibus, 
quibus contra premissa vel premissorum aliqua venire pos- 
sint, autin aliquo se juvare, delfendere seu tuheri; etjuri 
dicenti generalem renunciationem non valere, nisi précédât 
vel 8u1)sequatur spécial is renunciatio et expressa. 



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58 DE l/ORFRVUERIE DU PCV Al' MOYEN AGE. 

£t ad premissa omnia, universa et singula expedienda, 
acteadenda et complenda, proat superius suât expressa, vo* 
luerunt et conceseerunt dicti Thomas et Bertrandus Rey- 
noardi fratres, et eorum [quilibet], in solidum et prototo et 
sine partium divisione, ut supra, seipsoset eoram quémlihet 
posse et debere compelli, coerci viriliter et distringi per cu- 
rias re/çiam Vallavie, communem civHatis et domini officia- 
lis Aniciensis, et earum quamlibet simul vel divisim, et per 
curiales cujujslibet earumdem présentes et futuros, per bo- 
norum suonim quorumcumque, mobilium et inmobilium, 
presencium et futurorum, captionem, venditionem et festi- 
iiajn distractionem, et alias, ut forcius ûeri poterit et debebit, 
orani juris ordine pretermisso, et perinde acsi ad predicta 
actendenda, tenenda et complenda fuissent per competea- 
tem judicem et per deffinitivam sententiam que in rem tran- 
sivisset legictime judicatam, quantum ad hec, se, suos et 
omnia bona, pro premissis actendendis [etj expediendis, vi- 
goribus et rigoribus sigillorum, foro, cohertioni, compultio- 
ni et di6trictui curiarum et curiaiium predlctorum, suppo- 
nendo pariter et submictendo. 

De quibus omnibus, universiset singulis supradictLs, die- 
tus dominus bajulus, quo supra nomiue, peciit et requisivit, 
et dicti Thomas et Bertrandus Reynoardi fratres eidem tieri 
voluerunt et concesserunt, publicum instrumentum, per me 
notarium regium infrascriptum. 

Acta fuerunt Anicii, in studio domus habitationis supra- 
dicti domini bajuli, anno et die predictis, presentibus pro- 
vidis viris Petro de Lacu, Petro Pellisse, mercatoribus dicte 
civitatis Anicii. 

Archives de VHôpital Noire-Dame du Puy, Protocole d'E- 
tienne Pascalis, notaire (f* 271-273). 



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PRÉHISTORIQUES 

GAUI^0l»E8 KT GALLO-ROMAINES 

DU GHEYLiOtJ2VBT 

Commune <ia Saint -Vidal ( Haute - Loire ) 
Par M. AYMARD, 

Pri*$ideot du |a Soejélé. 



Anna antiqua, mnnuHf Hugues dentenqne fnrrunl ; 
Kl lapides, et itim tih^rum fragmina, ramei, 
Etflçmina ulqne ignés postquam sont cogmlaprimim, 
Po^terius ferri vis est^ irrisque reperfa, 
Htprior œris erat, quàm ferri, eognitus usus. 
Quo faciiis magis tsl nalura, et copia major. 

. (f.ucrèce, édit. Lemairu ; vers 198^-1987.) 



Au mois de septembre 1871 , nous fftraes informi"; que 
les travaux du chemin de fer, près du village de Saint- 
Vidal, venaient d'amener la découverte de deux épées 
en bronze. Les renseignements qu'on nous donna sur 
leur forme et les conditions de leur enfouissement rap- 
pelèrent h nos souvenirs un genre d'armes considéré 



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(ÎO VINTIQLITKS 

pur les arctiéologues comme préliislorique, el dont les 
diverses espèces ou variétés ont été recueillies en plu- 
sieurs pays de l'Europe, notamment en France, en 
Suisse, en Italie, Irlande, Suède et Danemarck. Nous 
jugeâmes même, à la description très-précise des épées, 
qu'elles différaient d'un type un peu plus ancien dont 
le Musée du Puy possède un spécimen trouvé aux 
environs de cette ville, et qu'elles devaient ainsi nous 
offrir un nouvel et précieux jalon pour la chronologie 
des antiquités préhistoriques de notre pays. 

Dans ces circonstances, d'un intérêt exceptionnel, 
nous visitâmes immédiatement le lieu de la découverte, 
el, après avoir dessiné les épées, remises aux mains de 
M. Guilleminot, tâcheron des travaux, aous prîmes une 
exacte connaissance de tontes les particularités de la 
trouvaille. 

Le point précis où elle avait élé faite est non loin 
des limites des deux communes de Polignac et de Saint- 
Vidal, sur le territoire de cette dernière commune, sec- 
tion A, à la base nord-est d'un monticule communal dit 
le Cheylou ou le Clieylounet (4), à 2 mètres environ de 
la bifurcation de vieux chemins, l'un conduisant.au 
village des Eslreits, l'autre descendant vers la rivière 
de Korne. 



(1) C'est celte dernière dénomination que nouf adoptons dans le cours de 
i'« mémoire, poor distinguer cette intéressante localité de celle lortant aussi 
le nom de Cheylou (Cheylo, Ckeilo. CkeiioH dans les anciens écrits), vers la 
limite des deux communes de Polignac et de Sanssar, qui a fourni également 
il nos reclierches des objets d'archéologie préhistorique, tels que des haches 
(Ml (Ibroiiihe polies, et des nucléas de même matière, donnés par nous au 
Musée et dénotant un lieu de fabrication de ces instruments néolithiques. 



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l»aÉHlSTUIU(^l ES. Hl 

Celle sitaalioD de la trouvaille, dans un endroit qui 
pouvait avoir été choisi par le déposant des épées 
comme offrant la facilité de le reconnaître, est utile à 
constater, si on rapproche ce fait des conditions plus ou 
moins intentionnelles de renfouissemenl de ces armes. 

Au rapport de M. Guilleminot et des ouvriers qui les 
avaient mises au jour, ces épées furent trouvées entre 
deux fortes pierres brutes, surmontées elles-mêmes 
d'une plus grande, que les travailleurs, dans le patois 
du pays, dénommèrent cubercel, pierre ou dalle de re- 
couvrement. Celle-ci, dirent-ils, débordait les supports, 
dans le sens de leur longueur, d'environ 0°*,25 centi- 
mètres, et son sommet affleurait presque la surface du 
sol ; le tout étant presque entièrement enfoui dans la 
terre. 

Le vide compris entre ces pierres, large d'à peu près 
0"',33 centimètres sur 45 à 20 centimètres de hauteur 
entre les épées et la dalle, était rempli d'une terre 
meuble semblable à celle du sol végétal des alentours. 

Nous pûmes vérifier, en partie, l'exactitude de ces 
renseignements, car les supports étaient encore en place 
lors de notre exploration ; et auprès d'eux gisait la 
dalle, renversée récemment par les ouvriers. 

Cette dernière et assez grande pierre, brute et basal- 
tique comme les deux autres, présentait la conQgnra* 
tion plus ou moins irrégulière des blocs, de pareille 
nature volcanique, qu'on observe au môme lieu du 
Clieylounet. Epaisse d'environ 0'",35 centimètres, elle 
avait 4 '",30 dans sa plus grande longueur, et près 
d'un mètre de largeur. 

Les dispositions qu'affeclaicnt ces trois pierres n'é- 



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62 APi'fIQUI'ffcS 

laient vraisemblablement pas Feffèt ûvt hasard. Même 
en rtfbsencô ff ane quatrième, qui atf^it fm leur don- 
ner rapparence d'une sorte de èettule, c'était comme 
une combinaison rappelant ces « cistes » ou « noyaux de 
pierres » en forme de petits dolmens qu'on trouve en- 
fermés dans des tumulus de l'âgé du broiize, à imita- 
tion des chambres séputcrales appartenant plus essen- 
tiellement h Tâge néolithique art de la pierre polie (4). 
Le réceptacle et les épées étaient, datns leur sens lon- 
gitudinal, à peu près orientés de Test à l'ouest. Néan- 
moins il ne serait pafs impossible que, sans avoir pensé 
à cette circonstance, on eût voulu plutôt leur affecter 
une position parallèle à Tun des chènrins près du- 
quel ïh se trouvaient ou bien concordant avec la con- 
formation générale du site, c'est-à-dire suivant la 
direction de la vallée et te cours dé la rîvîèfe, les poi- 
gnées des épées en amont (ouest) et lecfrs pointes en 
aval (est). Si donc on préférait cette conjecture, au lien 
(le supposer une orientation préconçue, on aurait eiiccre 
ici un motif de rapprochement avec « plus de cinquante 
dolmens de FAveyron, indistinctement dirigés dans 
tous les sens, » comme le sont de semblables monu- 
ments « élevés dans le N.-E. du Bengale, et placés de 
même par rapport au site, » ainsi que M. Cartëilhrfc en 
a ftiit la remarque, confirmée pftr M. de MoftiHet, pour 
les dolmens du Poitou et de la ftretagne (î). 



(1) Tuye/4 puur cnltc drstinclion eiKrc fes deux o>p^c«s de dolmens, U notf 
tic la page 67. 

{•2) La théorie de la non orientation des dolmens cf de lear position en ra|i- 
port 3\(it le site a été f'olijet d'unie ecnintonlcsltton faite, en 1871, ao CoMpis 



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PHEIIISTORIOUKS. 63 

Quant attx ôpées, elles avaient été mises à plal, pres- 
(|ue parallèlement, Fnne à côté deFaulre. Elles étaient, 
en Ofrtre, brisées chacune h la même place, à 13 ou 
1 4 centimètres au-dessus dé leur cttrémilé inférieure, 
et, ce qui confirmait ht pensée d'un arrangement inten- 
îimtnfel, les pointes étaient exactement juxtaposées aux 
bouts des tronçons de lame. 

Absolument pareilles et, sans doute, sorties du même 
nïoule^ ces ai^rtfes entièrement de bronze, lame et 
poignée, que la décomposition de leurs: surfaces, ainsi 
que des cassure^, avait revêtues (f une épaisse et belle 
patiiie terte, sont représentées au Musée par rm/ae-simik 
en plâtre (4), et à la' pL é du présent mémoire, par le 
n» /. Elles sont longues de (j^.Sf centimètres, dimension 
assez rare qui les i^ecômmàntïe à Katfention', non moins 



intcrHational d'anthropoloi^ic et d'archéologie préhistorique de Bologne. fSia- 
t ér taux de i'kistoire primithf de l'homme, viii" année, 1872, p. 179.) 

En attendant que nous ("assions l'application de cette théorie 11 nos dolmen $ 
de la Hmite-Loîre, citons rexcmple d^ût» sdpoltnre contemporaine de ces 
monoments. C'est stiivant la dirc($tion de la vallée du Puy, et non de l'est II 
l'ouest qn'étaient couchés les sqoelettes ~ tètes en amont, pieds en aval 
— (Te la sépolture préhistorique découverte en 1849, dans le communal du 
Brettil, au Pay. fAnntUf» de la Sâciéfé, t. xiv, p. 57.) 

(l) Nous devons même dire une < imitation > faite, il est vrai, avec le 
plus grand soin, d'après notre dessin avec coupes à l'échelle, après lequel 
des circonstances inattendues, malgré toute la bonne volonté de MM. les 
IntAiietm de fa Compagnie et de M. Gnifleminot, nons ont privé de la pos- 
session de ces épées et des moyens d'en exécuter un moulage. Du reste , 
celte l'eprodiiction a été reconnue exacte par un de no5 confrères, M. de Surrel, 
membre de la Société académique du Puy, par M. Alfred de Fages de 
Chanlnes, homme de lettres, et M"" de Saint-Vidal qui, avant nous, avaient 
vu ces armes chez M. Guilleminot, ainsi que par M. Micciolo neveu, artiste 
et plâtrier, que nous remercions de s'être empressé, le premier, de nous infor- 
mer de' la trouTailto. 



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64 ArvriyuiTKS 

que leur forme bien caraclérisée : la lame est à double 
tranchanl, finissant en pointe et ornée, sur ses deux faces, 
de six rainures longitudinales, divergentes seulement 
à la plus large partie supérieure, sorte de panse où leur 
mode de décor se combine avec de nombreuses et fines 
rayures; le tout ne descendant que jusqu'à 0°>,48 de 
la pointe. La poignée courte, arrondie, à pommeau sans 
ornements et n'ayant d'autre garde qu'un certain élar- 
gissement de la base en demi-cèrcle, est fixée par six 
rivets en bronze à la naissance de la lame. 

Ces traits généraux de conformation, mis en regard 
des différents types d'épées découvertes en Europe , 
établissent surtout une certaine analogie avec la plu- 
part des glaives découverts en Danemark et figurés 
à la planche 34 du Nordiske Oldsager, etc., 4859, de 
M. Worsaae, sauf que ceux-ci ont leur poignée plus 
ou moins enrichie de dessins gravés ou en relief. 
Il y a aussi quelques autres dissemblances de dé- 
tails, même avec les épées n<» M\ et 134 de la même 
planche, qui se rapprocheraient le plus des nôtres. 

Ces variations, en outre, sont telles qu'elles peuvent, 
pour nos épées, donner l'idée d'une fabrication indigne, 
même après comparaison avec d'autres épées et dagues 
ou poignards de Suisse (4), d'Irlande (S), etc., de formes 
plus ou moins approchantes, ainsi qu'avec des épées 
trouvées en France, en particulier une d'elles provenant 



(1) A Nettfchâlcl. — Voyez die PtaJubautenin den Schweizer-Seen tonJ.Stuub 
LîAr^r, 1881,p/. VI, fi?. 16. 

.(3) Sir John Lubbock, Prw'kistaric times, 1865, fig. de dague, ii la |). 18. 



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PKKHISTOHU^LKS. 6o 

des environs d'Uzès [GaiJj (I), el celle conservée au 
musée de Narbonne (2), qui , de tous les types connus, 
quoiqu^encore dissemblables, s'écarlent le moins du 
nôtre. 

Ajoutons qu'à la différence d'épées moins rares en 
France et plus anciennes avec lame à soie, plate et ap- 
propriée à une garniture de poignée en bois, os od 
ivoire (3),— dont nous avons un spécimen déjà cité el 
provenant de la commune de Polignac près le Puy,— 
le type duquel les épées du Cheylounet procèdent a été 
classé par M. de Mortillet, si compétent en archéologie 
préhistorique, comme plus spécial au Nord de TEu- 
rope et trahissant la fin de Tâge du bronze (4). 

Aucune donnée positive n'autorise, d'ailleurs, à clas- 
ser ces armes à Tâge subséquent ou du fer; elles diffè- 



(1) Voyez ce spécimen aux planches v cl vi, Hg. 2 et p. 84 du Projet lU cias- 
fification des poignardt et èpéeg en bronze, — Hev. Ârcliéoiog., noiiv. série, 
vii« année, xiii* vol., 1806. 

(2) Catalogue du musée de Nartfonne j \m M. Tournai. 1864, n» 17. Voyez 
aussi Matériaux pour l'histoire primitive et naturelle de l' homme ^ 1860, p. 67, où 
il est dit que celte épêc « ne rentre dans aucun des types An projet de classifica- 
tion. ^ M. Berthoinicux, secrétaire de la Commission archéologique de Narbonne, 
neveu de trcs-regretlé et savant Tournai^ a bien voulu nous informer que cette 
arme a été trouvée « dans une fente de rochers » de la carrière de pierre de 
&1. Signorel, dans la guarriguc de Sijean. 

11 y a des diiïêrcnces encore plus fortes entre nos épées et celles truuvécii 
dans une fente de rocher a Ally (Cantal), et parfaitement décrites par M. B. 
Rames, en 1873, dans la Revue archéologique. 

(3) Voyez, pour une variété de ce type souvent signalé en Krana', sous 
des tumulus lrl>s-Dncicns, entr'aulrcs U Gramat (Lot), et en Suisse, dans desi 
stations de l'âge du bronze. Projet de classification des poignards et épées dr 
hroiiic, pi. v, flg. D, et p. 183. (Rev. archéol., même volume de 1866). 

(4) Promenades préhistoriques à l'E.rposition universelle de 1867, p. 118. 

Tome XXXI. e 



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66 



ANTIQUITES 



rent même sensiblement d'an type qui , paraissant être 
comme un dérivé de la forme de celies-ci, est des pre- 
miers temps de cet âge, et dont on doit la découverte ré- 
cente au docleur Gross, de Neuveville (Suisse). Les ha- 
biles explorations de ce savant Font exbumé du lac 
de Bienne, station palafittique de Mœringen. Il s'agit 
(l'épées entièrement en bronze et d'une épée à poignée 
de bronze et à lame de fer, qui, ayant, les unes et les 
autres, des formes presque semblables, ont été péchées 
dans une seule et même couche archéologique avec plu- 
sieurs autres objets très-caractéristiques. M. le docteur 
Gross a fait observer que, par la forme de la poignée, 
elles présentent plus d'analogie avec les épées trouvées 
dans le nord de TSurope qu'avec celles recueillies jus- 
qu'à présent dans les stations lacustres delà Suisse. « Ce 
môme type, ajoute-t-il, se voit souvent représenté sur 
des anciens monuments grecs et sur des vases grecs et 
étrusques (4). » 
Si l'on peut assigner ainsi nos épées à une époque 



(1) Ut habitatiottf lacustres dn lue de Bienne. Délémonl, 1873, p. 17 \90 
et pL VI, flg. 1 il 3. 

Voyez aassi, aa sujet de cette intéressante dt^ouTerte, les jodicieoses ob- 
servations de M. Alexandre Bertrand, directear da Masée national de Saint- 
Gcrmain-en-Laye,au Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France ^ 
■i* trimestre de 1878, p. 166. 

li noas semble qu'on peat tirer de ce fait l'induction qne les armes, en 
passant de l'âge du bronze dans celai da fer, n'ayant pas reçu de très-notables 
cbaogements de formes, impliquent, dans l'emploi nouveau de ce dernier métal, 
un progrès accompli par les autochtones ou indigènes eux-mêmes, sans inler- 
venlion de l'invasion d'un peuple étranger, lequel, dans ce dernier cas, aurait 
importé ce métal, sans doute avec des types, autrement conformés, de ses pro- 
pres armes. 



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PREHISTORIQUES. n/ 

aussi précise que le permet l'état actuel de nos con- 
naissances sur ce siyet, il est plus diiBcile de savoir, 
d'après quelle antique coutume on les avait confiées à 
lin abri soigneusement disposé pour les conserver dans 
un lieu qui, inculte, parsemé de pierres et de roches, 
ne doit pas avoir cessé, depuis un très-long temps, d'être 
à usage public ou communal. 

Les sépultures préhistoriques que révèlent les dol- 
mens, les tumulus, etc., et celles des époques gauloise 
et romaine ont souvent offert dos armes, ustensiles, 
objets de parure, vases, etc., qui, entiers et parfois frac- 
turés ou déformés, avaient accompagné le défunt à sa 
dernière demeure. Mais cette attribution sépulturale 
n'est pas applicable à notre trouvaille : peu après la dé- 
couverte et avant que la pioche des travailleui*s eût 
notablement modifié Tétai des lieux, exploitant, comme 
il a élé dit, le gisement, nous avons examiné avec soin 
la terre extraite du réceptacle, et cette recherche mi- 
nutieuse, jointe au témoignage Irès-net des ouvriers, 
n'a révélé la présence d'aucun ossement, en supposant 
une inhumation, d'aucun débris de vase, de menus os 
calcinés, de charbons et cendres ou autres signes d'in- 
cinération (1). 



(1) Not» devions vérifier It troavniile avec une altenlion d'aotittlplas seropa- 
tcuse, qoc le réceptacle ayant contenu les épécs semblait, comme il a été dit 
il la page 01, avoir l'appareacc d'oae sorte de petit dolmen, pestera de Fespèce 
do cotti dea tumalos h cliambre Intérirare pev v«ste, < noyasx de pierre » oi 
« elstei, » eomme M. Lnbbock dénomme ce genre de chambre, lesquels sont 
de l'âge du brouze, et « k sépnkores par incinération, > an contraire écé 
dolmens de l'dge néolithique, dénotant rensevelisscment par inhomation. Telle 
e>t, au moiûs, scr la soccession (^onologiqne des dolmens en France et en 



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H8 ANTIQUITÉS 

Une cachette de fondeur ambulant, môme vers le 
bord d'un très-vieux chemin, n*aurait pu se juslilier ici, 
comme en bien d'autres lieux où Ton en a trouvé, que 
par la réunion, avec ces deux épées, d'objets divers, 
vases, haches, bracelets, anneaux et autres pièces en- 
tières ou brisées et surtout de culots ou résidus de fonte, 
tels que nous en recueillîmes un assortiment il y a 
quelques années, près d'une antique estrade à la Mou- 
leyre, commune de Saint-Pierre-Eynac (\). 

Verrons- nous dans ce dépôt confié à la t^rre le té- 
moin de quelque ancien campement, une épave de 
combat, exprimant par la brisure de l'arme le déses- 
poir des vaincus? Mais rien n'atteste en ce lien le sé- 
jour plus ou moins temporaire d'une peuplade, non plus 
qu'une lutte guerrière. On n'y observe aucun indice de 
sépultures si fréquentes dans les champs de bataille de 
l'antiquité. 



Daneniarck, ropiniuu de M. Alexandre Bertrand, coii:>iguée daus la RrgHf 
archéologique ; 1864, nouv. série, v« année, x« vol'imc : De /« distribuliou 
des dolmeM sur la surface de la France, p. 153. De son côté, M. LubborL 
rapporte que, dans l'âge do bronze, sartout en Angleterre (ouvrage cilr, 
p. 31), le cadavre était quelquefois, quoique rarement, coucha sur le des 
que plus fréquemment il était enterré assis dans « une petite chambre > for- 
mée de grosses pierres; mais la coutume la plus ordinaire était < de brûler 
les corps et de rcnoir les cendres et les fragments d'os dans on tous une 
urne. » Aux premiers temps de l'âge du fer, an contraire, les cadavres sont 
ordinairement coucbés. 

(1) Ce curieux dépôt dont nous avons recueilli et donné au Musée toutes 
les pièces, y compris une rare variété de rasoiry si anneaux de suspension 
(insigne de noblesse ?) serait, d'après ce qu'a bien voulu nous dire M. Alexan- 
dre Bertrand, des premiers temps de l'âge du bronze. 

Voyez, pour de semblables assortiments de pièces en bronze, diverses no- 
lices insérées aux matériaux de l'histoire primitive de l'homme. 



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IMtRHfSTORIQUKS. 69 

Une coiijeclure moins contestable el concordant avec 
d'autres trouvailles analogues porterait à reconnaître 
ici une de ces pieuses offrandes & quelque divinité, 
hommages ou ex-voto d'armes personnelles ou bien en- 
levées à Tennemiy trophées de victoire, lesquels com- 
portaient aussi» suivant les lieux et les temps, des vases 
et même des monnaies, parfois mutilés à dessin, comme 
pour marquer ainsi la destination sacrée du dépôt (1). 
De cette façon s'expliqueraient, comme on va le vous 
la position, probablement intentionnelle, du réceptacle 



(1) Les Gaolois, suivant uue coutome qui, sansdoute, devait remontera des 
temps plus on moins racolés, < avant de combattre, souvent faisaient v(pu de 
consacrer au dieu de la gnerre partie des dépouilles de renneml. Le reste du 
butin éiait entassé dans des lieux consacrés (bois, nemets, temples} et per- 
sonne n'eût été assez impie pour en dérober quelque chose. » fuht. de Césary 
t. II, p. ar7, 1866). 

Cette assertion, empruntée aux écrivains de l'antiquité, ne doit cependant être 
acceptée que sous certaines réserves concernant spécialement l'inviolabilKé des 
objets déposés dans les lieux sacrés. L'archéologie, dont le contrôle eàt indis- 
pensable pour des textes souvent empreints d'appréciations exagérées ou atté- 
nuées, a rétabli, — qu'on nous permette ce pléonasme, — c la vérité vraie » 
sur ce point comme en bien d'autres. 

On a signalé, en effet, des dépôts d'objets fracturés non-seulement dans des 
lieux saints, mais encore dans les sépultuies qui n'inspiraient pas moins la véné- 
ration publique. A cet égard, c'est Toploion générale des antiquaires qu'en 1878 a 
exprimé très-justement M. Ponthieux, k la page 45 de eon remarquable livresur 
la station néolithique de Cantenay (Oise)» en disant que « on a trouvé quelque- 
fois, dans les sépultures de très-belles haches polies, brisées intentionnellement 
dans le but évident d'ôter toute tentation aux violateurs que le sentiment gêné- < 
rai n^aarait pas arrêtés. Le même fait a été fréquemment constaté dans les sé- 
pultures des âges du bronze et du fer et dans celles des temps plus récents. > 

Quant 11 certaines armes non brisées qu'on peut considérer aussi comme 
votives, les cachettes qui les renferment ne semblent pas moins attester l'in- 
tention de les préserver du rapt. Telle était probablement l'épée de Narbonne 
trouvée, comme il a été dit k la note de la page 65, dans une fente de rocher; 
telle aussi une pointe de lance en bronze que nous aurons \ rappeler dans la 



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70 ANTIQUITÉS 

au pi6d du monticule, aussi bien que Tarrangement ré- 
gulier des pierres dont il était formé et celui des épées 
avec leurs pointes brisées, mais solgneusment juxtapo- 
sées aux bouts des tronçons de lame. 

Cette hypothèse impliquerait Texistence au même 
endroit d'une sorte de sanctuaire qu'en effet les dlspo^ 
sitions naturelles du site semblent nous dévoiler : isolé 
de toutes parts, le monticule du Cheylonnet s*élève 
vers Textrémllé orientale du vallon de Saint- Vidal qu'il 
domine dans une assez grande étendue pour avoir pu 
servir, à l'occasion, de vigie ou poste d'observation. 

Le paysage a un aspect sévère, presque sauvage, ei 
s'il n'était que de très-anciennes grottes creusées de 
main d'homme s'y montrent au terroir du Clausel et 
que les Romains et le moyen âge ont laissé des traces 
de long séjour au village el au château de SaintrVidal, 
on dirait que l'homme vient à peine de prendre posses- 
sion de ces lieux, tant la nature lui dispute encore le 
sol incessamment entraîné par les eaux, bouleversé par 
les effondrements de matières argileuses, de terres et 
de rochers. C'est une gorge profonde, longue, assez 
largement évasée, bornée par deux lignes longitudina- 
les de collines dont les pentes se couronnent de rochers 
volcaniques, et sont diversement accidentées d'escarpe- 



note de la ptfe 7^. Mentionnons éfaleraent plusieurs belles haebes en pierres 
polies qni, H y a (fnetqoes années flirent retiras d*tfne fente de roclier, dans 
la propriété de M. Pébeliêr, prH le pont de la Chartrease de Oomc, eom- 
mnne de Drives (Honie-Loire}, et dont un spéeinwn tui b^nrensement re- 
caeHii par notre conrrire, M. Vinay atant la dispersion de ees curieuses 
pièoed. 



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PRéHISTORIQUES. 71 

ments abruptes. La riyière de Borne, qui dans le loin- 
tain y pénètre, cachée par des plantations d'arbres et 
par le village de Saint-Vidal, décrit ensuite nn coure 
sinueux bordé de rives souvent arides et vient se perdre 
entre les masses basaltiques des Estreits dans lesquelles, 
depuis une longue suite de siècles, elle se creuse une 
étroite et diflSdle issue. 

Le mamelon du Cheylounet est lui-môme un mo- 
nument de Tnn des curieux phénomènes qu'ont produit, 
dans notre pays, les éruptions ignées. Préservé des 
érosions par la solidité de la roche basaltique qui en 
constitue le noyau, ce monticule laisse voir à son sommet 
des argiles fortement rougies, cuites et crevassées par 
les feux volcaniques, entre lesquelles des basaltes se 
dressent, en forme dedike. Les blocs de ces rochers plu- 
toniques, parfois restés dans leur situation primitive, s'y 
montrent aussi & l'état de bouleversement et de ruine, 
résultant peut*étre de commotions postérieures du sol, 
et, parmi ces derniers, il y en a qui sont groupés de telle 
façon qu'on croirait cette œuvre étrange de la nature 
quelque peu empreinte de la main de l'homme. 

Artificiel ou non, cet assemblage de roches, sorte de 
monument mégalithique, n'en présente pas moins unas^ 
pect imposant qui avait pu frapper les imaginations, 
en des temps où les mystérieux phénomènes de la na- 
ture avaient déjà probablement donné naissance à des 
aspirations religieuses, attestées d'ailleurs par des té- 
moignages de l'archéologie préhistorique. 

A ce point de vue, il est intéroMant de remar- 
quer une certaine corrélation eirtrc la présence de 
nos épées vraisemblablement votives et d'autres trou- 



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72 ANTIQUITES 

vailles effecuiées sur les penles et à la base de la colline. 

C'est ainsi qu'il y a quelques années, le sieur Cha- 
bannes, garde-champôtre, ayant défriché sur la pente 
ouest du même monticule une partie du communal, dé- 
couvrit, cachée sous une roche, une pointe de lance à 
douille, en bronze et non loin un fer de cheral. Ces 
objets qu'il a depuis lors égarés, paraissent aVoir été, 
d'après la description qu'il nous en a faite, le premier 
d*une forme préhistorique, le deuxième analogue «à des 
fers gaulois ou gallo-romains dont notre Musée possède 
de remarquables spécimens (4). 

Dans une seconde visite des lieux, nous étions ac- 
compagné de notre ami M. César Falcon, conservateur 
de la galerie des dentelles du Musée, avec lequel nous 
explorâmes plus complètement le gisement du Chey- 
lonnet et en particntier le champ exploité par le sieur 
Chabannes, pièce de ten'e située, comme il a été dit, 
sur la pente auesl de la colline. A la surface du sol, 
nous recueillîmes, dispersés par la culture, divers frag- 



(1) Nous donnons k la pi. i, n» 3, la flgure d'an semblable boat de laoee, 
trouvé près da village de Borne, dans une fente d un rocher qui borde Tanti- 
que estrade du Pay en Auvergne. Le type de cette arme semble indiquer la fia 
de l'âge du bronze ou mieux le commencement de l'âge du fer, si l'on en juge 
par comparaison avec un modèle presque semblable qui est flguré dans un moule 
trouvé par M. le docteur Gross k la station lacustre de Mœringen (Suisse). Le* 
hatntatims iacutlret du lac de Bieiute, 1873, p. Si. — Ajoutons que l'ornement 
gravé en cbevrons ou deats de loup est bien caractéristique de l'âge du 
bronze, présumé eeltique. 

Le n* 3 de la même pi. offre le type des fers de cheval que nous 
avons recueillis dans un lit de galets renfermant des médailles romaines, 
des fragments de tuiles épaisses à rebords, etc., an-dessous d'une épaisse 
courbe de terre Tégéule , dans la prairie du Dreuil au Puy. 



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PHÉHISTORIQUES. ' 73 

menu d'anciennes poteries, ainsi que (rois débris de 
silex laillés fpL ii, n*** 6, 7, 8), Tan en lamelle de cou- 
teau, l'autre en pointe de perçoir ou de flèche, le troi- 
sième figurant un reste de très-petit nucléus, noyau 
ou matrice de lamelles, quelques morceaux plus ou 
moins informes (n""' 9 à 14), et un nodule de silex blanc 
corné (n*» 15) qui, ayant séjourné longtemps à la sur- 
face ou à une faible profondeur du sol, a été altéré 
par les intempéries atmosphériques et a revêtu une pa- 
tine blanche en se transformant en cacholong. 

Cette constatation, il est vrai, éveillait la pensée d*une 
de ces stations où des restes de vases et généralement de 
nombreux éclats et instruments de silex décèlent des 
retraites appropriées aux habitudes de vie des anciens 
aborigènes. Mais l'examen très-attentif du sol, joint aux 
attestations du sieur Chabannes, n'a révélé aucun indice 
des foyers si caractéristiques de ce genre d'antiques re- 
fuges, et nous n'y avons vu aucun de ces os d'animaux 
de chasse ou domestiques, débris de repas, d'ordinaire 
si abondants dans les stations où Thomme avait fait un 
séjour même temporaire. 

On a eu la confirmation des mêmes remarques dans 
une tranchée nécessitée par les travaux du chemin 
de fer, à la base nord du monticule près le réceptablc 
des épées. Bien que cette fouille ait été effectuée, en 
partie, avant notre visite des lieux, nous avons pu re- 
cueillir des renseignements suffisamment précis , pour 
en donner les intéressants résultats, lesquels sont l'objet 
de la deuxième section de ce mémoire. 

On y verra que le sol formé par de lents apports de 
terre détritique et d'humus renfermait dans un ordre 



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74 ANTIQUITÉS 

régulier de superposition, des restes variés de l'indus- 
trie humaine. Ils dénotent, sans aucun doute, une assez 
longue durée de temps comprise depuis Fàge néolithi- 
que ou de la pierre polie jukque yers la fin de l'époque 
romaiDe ; période pendant laquelle le lieu du Cbeylou- 
net a reçu en dépM des objets qu'il n'est guère possible 
d'assimiler qu'à de religieuses offrandes. 



U 



La fouille, longue d'environ 45« sur une laideur de 
S", 50, avait été creusée, à la profondeur de 8 m. 50 c. 
dans un sol meuble dont la section verticale ou coupe, 
se prêtant à un examen détaillé, nous a fait voir sa 
composition de terre végétale, entremêlée, à difltereAls 
niveaux, de pierrailles et de quelques roches basalti- 
ques; accumulation qui décèle de lents et successift 
exhaussements du sol, produits par une douUe cause : 
la formation incessante de l'humus et Tentralnement 
ordinaire, par les eaux pluviales, de terres et pierres, 
des pentes assez peu inclinées de la colline, dans une 
dépression favorable à celte espèce d'atterrissement. 

La coupe dutermin.en quelque sorte stratigraphique, 
a mcMAtré anssi à différents niveaux et sans aucune trace 
de foyers, des silex bruts et taillés, d'assez nombreux 
morceaux de poterie, deux gros pesons en terre cuite , 
deux instruments en pierre polie, un ft*agmeat de 
llbrolithe brute , deux fibules en bronze et en fer, 
un bout de fuseau en fer, un fer de cheval, etc., objets 
d'aulant moins rares selon qu'on les trouvait plus près 



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Go'ogle 



PnÉHISTORIQURS. 75 

(In monticule et évidemment pins anciens suivant leur 
position de pins en plus basse dans la terre (4). 

Cette dernière particularité , en laissant espérer la 
présence d'indices archéologiques, encore antérieurs, 
au-dessous de la portion entamée du sol, fait regretter 
que la tranchée n'aie pas pénétré plus avant dans la 
terre la plus inférieure, laquelle paraît avoir encore une 
certaine épaisseur aU'^dessus du soi géologique. 

Nos observations, limitées même à ta partie explorée 
par la première fouille, quoique insuffisante en profon- 
deur , pourront aider cependant à éclairclr le double 
problème, d'une part, des causes qui ont dû amener le 
dépôt successif d'objets d^industrie humaine et, d'autre 
part, de la durée des temps auxquels on peut les rap* 
porter. 

Ces remarques jointes aux obligeantes indications de 
M. Guilleffllnot et à œlles des ouvriers, ont porté 
sur quatre points principaux : 4 «le nombre relativelnent 
restreint de ces objets, y compris même ceux qu'avant 
notre arrivée, les travailleurs avaient rencontrés en né- 
gligeant de les recueillir ; 2» leurs différentes positions 
soit simplement dans la terre, soit dans des vides ou ca- 
chettes entre des pierres ou blocs basaltiques ; 3« Tex- 
tréme rareté des ossements d'animaux réduits, au moins 
en ce qui a concerné nos recherches personnelles, h 
quelques petits os de pieds 'et à trois dents dont un 



(1) Depuis le craasement de eetto première traocbée, let travaux du cbemio 
de fer en ont motivé une deoxièmc, parallèlemeot à celle-là. Bien qu'oaverle 
dans une semblable terre meuble, mais un peu plus éloignée du monticule, ellt* 
u'a produit la découverte d'aucun reste d'aoti(ni{té. 



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li} ANTjgUITÉS 

germe de canine de sanglier el deux molaires de rumi- 
nant, amulettes peat-être ou symboles votifs. Un ouvrier, 
cependant, a dit avoir observé dans un interstice de 
roches un assemblage d'os , d*ailleurs en petit nom- 
bre, et qui, dans ces conditions d'enfouissement, pour- 
rait avoir constitué aussi une offrande ou ex-voto de 
chasse ; 4^ enfin l'ordre successif de situation des ob- 
jets, à différentes hauteurs, établissant leur chronologie 
au moins approximative. Parmi les anciens, — sans par- 
ler de ceux peut-être enfouis plus profondément, — 
qui ont été retirés de la partie inférieure du terrain, 
nous avons pu, M. César Falcon et nous, recueillir, 
dans les terres fraîchement rejelées hors de la tran- 
chée, alors que s'achevait le travail du creusement, 
des silex ouvrés, des morceaux de poteries et un 
fragment de fibrolithe brute, substance minérale que les 
anciens employaient de préférence dans notre pays pour 
la fabrication de leurs instruments de pierre polie. Peu 
auparavant, M. Guilleminot et les ouvriers avaient 
trouvé d'autres semblables silex, divere morceaux de 
vases, ainsi que les pesons en terre cuite, et les pi- 
lons ou broyeurs en pierre polie dont il a déjà été 
question. 

La réunion de ces différents objets presque à la même 
profondeur, — 2 m. à 2 m. 50 c, au dire de M. Guille- 
minot, — ne laisse pas d(? doutes sur leur contempora- 
néité, observation essentielle en présence de plusieurs 
de ces silex taillés par larges éclats en lames de cou- 
teaux, en râcloirs et pointes de flèche, à la façon de 
ceux de Tâge paléolithique, tandis que les broyeurs, la 
pierre de fibrolithe, les pesons et les poteries dénon- 



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IMiblHISTOlUgUES. i i 

cent, comme nous le démontrerons plus loin, des temps 
postérieurs , appartenant à Tàge néolithique ou de la 
pierre polie. 

Du reste cette association de divers objets, en ap- 
parence extraordinaire,, n*a rien de contraire aux 
données acquises à la science. Seulement elle éta- 
blit, une fois de plus, la preuve que Tusage des si- 
lex taillés, d'abord exclusif de tout genre d'outil en 
pierre polie et en métal , persista assez longtemps 
après rinvention du polissage des pierres , durant 
le cours de Page néolithique et même postérieu- 
rement , comme on le verra plus loin , aux âges du 
bronze et du fer successivement moins anciens. L'ou- 
tillage de silex, en eiïet, est représenté par quelques 
pièces mêlées avec d'autres objets caractéristiques de 
ces deux dernières périodes, à des niveaux plus ou 
moins supérieurs, dans les terres de la tranchée. 

Faisons maintenant la description analytique de tous 
les objets mis au jour par les fouilles, en indiquant pour 
chacun d'eux les différentes périodes qui s'y rapportent 
depuis l'âge delà pierre polie jusques aux temps histo- 
riques, ainsi que les époques gauloise et romaine qui 
clôturent le champ de nos trouvailles. 

Les silex. — Ceux de ces objets recueillis, comme il a 
été dit, dans la terre ou entre des roches, veis la partie 
inférieure de la fouille, indiquent par leurs couleurs 
blonde, jaune, brun-rougeâtre, grise et noirâtre, des 
provenances diverses, toutes d'ailleurs étrangères à la 
localité même de Saint-Vidal dont le sol géologique ne 
présente pas de gîtes de semblables substances. On n'eu 



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78 ANTIQUITÉS 

trouve môme pas dans uq rayon assez étendu des envi- 
rons da Puy. On rencontre, il est vrai, à peu de distance 
du Cheylounet, sur les rives de la Borne, du « silex py- 
romaque noirâtre, » que M. Bertrand de Doue a signalé 
à « Tétat de rognons dans le calcaire marneux d*eau 
douce » de Cormail (i). Mais ce silex d'un noir opa- 
que diffère essentiellement de nos spécimens aux tein- 
tes les plus brunes, ceux-ci se nuançant d*un ton rous* 
sâtre à peu près comme certaines lames de couteau 
trouvées dans le lac de Bienne, station de Locras, et 
que M. le docteur Gross a bien voulu comprendre dans 
un bel envoi à noire musée, d'olyets préhistoriques 
provenant des dépôts palafittiquesde ce lac. Nous avons 
aussi quelques morceaux de silex présentant» dans les 
parties amincies par la cassure, une sorte de transluci- 
dité qui semblerait établir un rapprochement entre leur 
substance et Tune des variétés de l'obsidienne, si bien 
décrites par M. Damour dans un mémoire sur la com- 
position des instruments de pierre (â). 

Il serait intéressant, pour Thistoire de l'industrie des 
pien*es taillées , de connatlre le gtte qui peul avoir 
fourni cette espèce de silex. Exislerait-ildans le Cantal, 
où M. Damour indique la présence de Tobsidienne, ou 
en d'autres lieux plus éloignés de notre pays, tels que 
celui du Campigny (Seine-Inférieure), localité dans la- 



(1} Description géognostique des enpirons du Pu^'en-Vehy. — Le Puy, Ùt- 
rombc, 1898, p. 83. 

(S) Sur la eûmpoiititm des hêches tu pierres trowtées dam les nurnsments 
celtiques et chez les tribus sawages dans la Hcvne archéol., xiii» vol., 1866, 
p. 193. 



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PRÉHISTORIQUES. 79 

quelle ont été pris sur place et ouvrés des silex ooi- 
r&tres, dont certains translucides et teintés de jaunâtre 
aux bords, offrent quelque ressemblance avec les nôtres, 
au moins d'après une intéressante collection de ces ins- 
truments que MM. E. et H. de Morgan ont eu la géné- 
rosité d'adresser à notre Musée (4)? 
Quoi quMl en soit, c'est encore à une do ces variétés 



(l)jVoyez, pour ce gisement : Sotke ntr ie]CêÊi»pigHif, station de l'Age de 
ta piêtT0 polie, — ^oûffu, lS7â. 

M. rabbé Bourgeois, si connu dans la science par ses persévérantes re- 
rhcrcliessarles indices de Tcxistence de l'homme dans les terrains quaternaire 
et même tertiaire, vient anssi de noo&enfojer généreuement nne belle collec- 
tion de sikx taillés d« plataaodePont-levoyCLoir^Mlher), n nombre desquels 
se trouYent, parmi d'antres variétés corienses, de semblables silex brnnâtres 
h bords légèrement translucides. 

D'ailleurs, il est souvent très-diffleile de connaître la provenance de cer- 
taines maijèraa eopioyées k la fabricatioii des ostils da pierre, ear, oitn ks 
roch^ trouvées sur place, on travaillait au mêmes liens c d'antres pierres 
apportées de gisemensiplus ou moins éloignés. » C'est ce qn'ont parfaitement 
observé surtout MM. Pornier et Micault dans l'atelier paléolilbiqne du Sois 
du Bêclier, pïès de Dinan (CAtesHltt-Nord), oà la roebe locale (quartzitc) 
avait fourni la mati^ d'armes et instruments nombreux et variés, mais où 
Ton rencontre aussi des roches étrangères (quartz, silex, jaspe, etc.), tontes 
propres à la taille, les unes li peine dégrossies, d'autres plus avancées': plu- 
sieurs eain B*a}ant pas encore été entamées et ne pouvant, par eonséqnent. 
Mre considérées que comme des matériaux destinés au travail des ouvriers. 
Voyez le savant mémoire de MM. Fornier et Micault, aox matériaux. 1673, 
sous lo titre : Atelier préhistorique du B&is du roeher en Pteudiken et Sainl- 
Neten, arreudissemâni de Dinan fCôteê^u-SordJ. Qu'b eetle occasion, M. Por- 
nier veuille bien accepter nos remerctments pour le don qu'il a Ait aussi U 
notre Mnsée, d'une série intéressante de qiartzites taillés. 

M. le docteur Baillean qui a aussi savamment exploré la plupart des sta- 
tions puléoUtbiques et néoUtbiques du département de rAllier, a remarqué 
égalaient que la matière de eartaiiis instrumenta de pierre est parfois étran- 
gère » la loealilé où ou les découvre. C'est ainsi qu'il signale des éclats de 
silex qui avaient été recueillis à l'eut de gaàeCa, aoit sur les bords de la Loire, 



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SO ^M'IQUITÉS 

de silex brunâtre que se rapporte la matière de quelques 
lames de couteau recueillies par M. Damblé, ingénieur, 
et par M. Charles Guilhaume, surveillant des travaux 
du chemin de fer, pour nous les offrir obligeamment, 
dans le sol d*un foyer contigu à une grotte, au-dessus 
du village des Estreils el non loin du Cheylounel, où 
ces silex (pL ii, p. 32 à 34.) étaient associés à des os 
brisés et calcinés d'animaux divere. 

Informé trop tard de cette dernière découverte , 
après la destruction de presque tout le foyer par les 
travaux du chemin de fer, nous n'avons pas pu consta- 
ter si, suivant un usage assez général, cette dernière 
station préhistorique n*aurait pas été un de ces lieux 
de fabrication de Toutillage de pierre où, pour les tra- 
vailler, Ton apportait de divers pays des silex à Télal 
brut; et d*où seraient sortis peut-être plusieurs de nos 
instruments, ainsi que d'assez gros morceaux et des 
éclats de silex {pL n, n»* 7, 9 à 44), et même un petit 
fragment (n« 8) de l'un de ces nucléus plus ou moins 
gros, noyaux ou matrices desquels on détachait, par le 
choc, des lames de couteau, des lamelles en grattoirs, 
des pointes de flèche, etc. (1). 

Dans tous les cas, Tabsence absolue d'indices de 



soit sur le liane drs coleaux où l'on rencontre des bancs entiers de ces r^ii- 
loux apportés par le dilavium de la Bresse i' Homme pendant la période gua- 
ternaire dans le Bourbonnaii^VioxAm. 1879, p. 5.) 

(l) Nous avons dt^jii signalé, dans nos Annales y des indices d'un semblahlc 
rojcr contigu aux grottes de Pejlenc, commune de Sainl-Pierre-Eynac, où 
M. Emmanuel Mauras, conseiller de préfeeture et nous, avons rucaeilli uni 
cfflaine quantité dD morceaux de silex travaillés. Ajoutons que ces vestiges 
coniigus à des grottes creoaées de m^in d'homme, semblent assigner !t Tori- 
ginc de celles-ci une date préhistorique. 



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PnKHISTORIQUKS. 84 

foyers au Cheylounel, soit dans les terres exploitées par 
la calture, soit dans les fouilles du chemin de fer, el, 
d'autre part, la rareté extrême des nucléus ou blocs- 
mnlrices, comparativement à leur abondance dans les 
stations ordinaires de Tindustrie ou « manufacture » 
des pierres taillées^ ne permettent pas d'admettre ici 
l'antique existence d'un semblable.atelier de fabrication 
de ces instruments (4). 

Nous verrons donc encore dans la plupart des frag- 
ments informes de silex trouvés au Cheylounet, dans ces 
reliques d'une matière précieuse pour nos ancêtres, de 
naïfs hommages rendus par eux à la divinité du lieu. 

Quant aux lames de silex, entières ou en fragments, 
(n^ \ à 4), que nous avons recueillies, nous-mème, dans 
la terre, ou des mains des ouvriers, elles sont assez pe- 
tites pour qu'on y voie moins peut-être de vrais usten- 
siles que de simples représentations votives d'instru- 
ments. Les travailleurs nous ont aussi parlé de la faible 
dimension d'autres semblables couteaux qui, dans le sol, 



(1) Nous ne jugeons pas néa'ssairc de renvoyer le lecteur ii des ouvrages cl 
mémoires, aujourd'hui très-nombreux, qui nous ont fait connaître les curieux pro- 
cédés dn fabrication des outils de pierre. Au moment où nous écrivons ce mé- 
moire, nous recevons l'un des plus instructifs sous ce rapport, que son savant 
auteur, M. le docteur Aug. Baudon, di^jii l'un des bienfaiteurs de notre musée 
préhistorique, par l'envoi spontané d'une cuilection de silex taillés de la station 
néolithique dn camp Barbet, a bien voulu nous adresser. Il a pour titre : Mémoire 
tur let silex travaillés de l'atelier du camp Barbet , à Janville [Oise], 1873. Cet ou- 
vrage ne peut que contribuer grandemcut à Tavancement de la science, en parti- 
caliersous le double rapport de la connaissance méthodique des substances mi- 
nérales employées et des modes de confection des instruments, les uns adaptés 
aux besoins domestiques, d'autres ayant servi d'armes, ainsi que de tous ceux 
d'emplois encore indéterminés. 

Tome XXXl. f 



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82 ANTIQUITÉS 

avaient at&irê lear attentioii, sans qu'ils eussent pensé 
à l6s conserver (1). 

On a, d'ailleaîB, d'abondanles preuves de la vénéra- 
tion qn'^n certains cas les anciens avaient aussi bien 
pour d'informes débris de silex que pour des pièces 
entières, principalement dans la quantité de ces objets, 
jointâ parfois à des « vases en terre cuite tellement 
petits, qu'il y en a de la grosseur d'une pipe (î), » et 



(1) L*exigii!té souTent bien plus extraordinaire de certaines lamelles de silex a, 
pl«t d'tne ftits, appelé rattetiion <)ti tniiéologae», et réeemaeirt enooie, 
M. X9$. Baaèon, dans soi Méntêire éé^k cité sur l'atelier du eamp Baitet, ex- 
pliquant les modes de confection et les emplois très-probables de ces instruments 
de vilex, tèft BédKthiqne, est «mené (page S9) ^ déébrer qn'ii Tégard des pln> 
« peils iMttiBMts, » ttnle tpplieatkm lui éckappe. La fonetion qa*en pe«t lew 
assigner serait donc probablement» répétons-le, celle d'amulette o« d'image sj^m- 
boUqneou votive. Nous devons, cependant, mentionner une ingénieuse explication 
qui, sans être applicable k toutes les trouvailles des plus petits et des très-grands 
iMiruMits 4e ^en« et surtout aux ittibrmei morcetix de Sflez, pentiiétnaMiM 
être acceptée pour quelques-unes, fille n'exclue pas, d'ailleurs, l'emploi de ces 
objets comme offrandes votives dans des lieux «aints et comme offrandes fu- 
néraires dans les sépultures. M. Ponthienx (ouvrage cité, p. 46), parlant des pe- 
tites bacbettes de l'âge néolithique, pense que, « on peut expliquer la raison d'être 
(le ces petites hachettes, généralement faites en pierres peu communes, dont les 
formes auraient pu se prêter difficilement à l'usage, et qui devaient être un objet 
de luxe personnel et exclusif pour leurs possesseur^. Il y a des haches polies de 
si fortes proportions, qu'elles en deviennent difficilement maaiables; celles-ci 
étaient sans doute des pièces d'apparat pour les cérémonie», comme on en a ren- 
contré chez les sauvages modernes. > 

(3) Cesimîutions votives de vases ont été signalées par M. l'abbé Collet, dius 
le tumulns de Mané-Bodegade, en Bretagne. Le sol de la galerie était un pavé 
de petites pierres plates, recouvert d'une couche épaisse de terre grasse avec 
cendre et charbon de bois. C'est li la jonction de cette galerie avec le dolmen, 
qu'on a découvert une quarantaine de ces très-petits vases en forme de gobelet 
ou de tasse ï café. Cette sépulture a offert aussi des éclats de silex, des lamelles, 
une hache et un anneau en fer. fMatériaux, 1871, p. 68. } 

On voit dans notre musée quelques semblables petits vases provenant, dit-on, 
d'anciennes sépultures de l'Amérique méridionale. Nous les devons li la gêné- 



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PRÉHISTORIQUES. 83 

plas souvent à des morcéaaK de poterie, que renfer- 
ment nombre de sépaltui*es, comme on voit par un ta- 
bleau statistique des tnmulus de l'Angleterre, dressé 
par M. Lubboek (4). Ce savant dte même [2] une de ces 
séiKiltures, qui contenait 300 à 400 éclats de silex, et 
même quelques nucléus. On pourrait également mul^ 
tiplier les exemples en France, à Tégard de ces « sitex 
votifs éclatés, » tels que ceuK signalés par M. Louis 
Leguay dans les sépultures de la Varenne-Saint-Hi- 
laire (Seine), et d'Argenteuil (Seine-et-Oise) (3). 

îl est certain que l'emploi funéraire ou religieux de 
semblables morceaux de silex s'était répandu générale- 
ment partout. Nous en avons eu au Puy même une in- 
téressante application, dans une sépulture préhistori- 
que, antéiieure à Tâge du bronze, laquelle nous offrit, 
en 1849, auprès de trois squelettes étendus (du nord 
au sud) sur un lit de pierres brutes, plusieurs éclats et 
des lamelles de sitex, l'une de ces dernières même artis- 
tement taillée à dents de scie (4). 

Le rite funèbre, dont ces débris ont conservé l'un des 
plus anciens témoignages, était, en outre, si conforme 



rosi té de M"« ia baronne de Boxi)erg, membre de notre Société, qni ne se 
borne pas k mouler, elle-même, et peindre avec un talent hors ligne, des objets 
rares dans les Masées et coUections privées, mats aussi a bien vonln effeotner 
des Touilles en Saxe, en Suisse, en France, etc., dans le noble but d'enrietair 
nos Amates de savantes communications et les galènes d'antiquités du masée 
des pièces les plus instractivcs. Nous prions notre savante collaboratrice de re- 
cevoir, encore une fois, le témoignage de notre gratitode. 

(1) Prœ historié limes, p. Ô7. 

(9) /»{</., p. 113. 

(8) FoaUUs Cx l'atiée couverte d'Argenteait^ 1.867, pp. 7 et 8. 

;4) AnnaUt de notre Société, 1SI9, t. xiv, p. 57. 



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Si ANTIQUITÉS 

aux idées symboliques de Tantiquité, qu'après une du- 
rée de bien des siècles, il élail encore pratiqué dans les 
tombes gallo-romaines, comme noire savant confrère 
M. Vinay et nous en flmes la constatation à Corsac, 
commune de Brives, par Texhumalion attentive d'urnes 
cinéraires renfermant, sans doute à titre de talismans, 
de grossiers outils de pierre (4) ; comme on en eut éga- 
lement la preuve, en 4865, dans une sépulture décou- 
verte à Saint-Privat-d'AUier , qui , avec de curieux 
instruments de chirurgie, une pierre sigiilaire et des 
monnaies romaines du troisième siècle, mit au jour 
trois silex ayant la forme d'outils paléolithiques (2). 

Citons maintenant d'aulres silex qui proviennent 
aussi des parties inférieures de la tranchée et donnent 
ridée d'outils ou de leurs imitations votives. Comme on 
V-d dit pour les quatre couteaux déjà mentionnés (pL ii, 
IV'" 1 à 4) et dont un(n<> 2} parfaitement intact et comme 
neuf, par un rapprochement curieux avec ceux du type 
le plus abondant en petits exemplaires, des cavernes 
de Bruniquel (3], étant de même « silex pyromaque 
jaune corné, assez transparent » et de même forme 



{1} Annale», i860, t. xiiii, p. 98, d»ns le niiport de notre confrère M. Siir- 
landte. 

(3) Annalet, t. xxvii, p. iô4 ct311. CesobjeU qui oui élu publiés par notre 
confrère M. le comte de Gaasans et par nous, sont au Musée. 

(3) M. Victor Brun. Notice sur lenfonilUs pateàiUologiquet de l'âge de pierre , 
exécutée* à Bruuiquel et à Sainl-Aulouin, 1867, p. 13. 

Qno l'infatigable et saTant conservateur du musée de Monlauban veuille bien 
accepter ici l'expression de notre gratitude pour le don exceptionnellement re- 
marquable qu'il a bien voulu faire îi notre musée, d'une collection des objets si 
soigneusement recueillis par lui-même k Bruniquel et à Saint-Autonin. (Voyez 
Auuates ûcMOlre Société, 1809, t. xxx,p. 157.) 



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PHÉHISTORIQUES. 85 

étroite, dénonce sa provenance applicable sinon à cette 
« manufacture » de silex qui paraît être d'une époque 
antérieure ii notre gisement, du moins à quelque ate- 
lier peut-être du même pays, dans lequel se serait 
perpétuée la fabrication de ce même type; preuve 
peut-être d*un négoce qui transportait ces sortes d'objels 
à d'assez grandes distances. 

Nos autres spécimens, de formes contemporaines de 
celles des couteaux , paraissent convenir encore à des 
types paléolithiques très-anciens, caractérisés par une 
taille à larges éclats et sans retouches apparentes. Les 
uns semblent n'être qu'à l'état d'ébauche, d'autres ont 
des formes plus faciles à reconnaître. Parmi les pre- 
miers est le n'' 14 de notre planche ii. On dirait un de 
ces petits bouts de flèche dits < h tranchant transversal » 
qui, observés, entr'autres archéologues, par M. Leguay 
dans une sépulture de la Varenne-St-Maur, avaient été 
considérés comme de petits ciseaux et que M. Joseph 
de Baye, en faisant connaître leur vrai emploi comme 
projectiles, vient encore de signaler au nombre de plus 
de S,000 dans des stations néolithiques et du bronze 
de la Champagne. Des sépultures également lui en on( 
fourni où ces bouts de flèches analogues h des armes 
figurées, d'après MM. Chabas et Prisse d'Avcsnes, sur 
des monuments égyptiens, étaient fichés dans des os 
et des squelettes humains (1). D'autres (pL ii, n°" 21 
à 23) sont de petits instruments irrégulièrement arron- 



(1) Très-îDtéressant mémoire lu le 9 avril 1874 par M. de Baye ï la Sor- 
bonnc, dans la i:ertioii d'archéologie des délégaés des Sociétés savantes. 



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86 ANTIQUITÉS 

(lis, ù bords IranchcanLs, qui affecUsnt assez vaguement 
la forme en grattoir d'ailleurs si al>ondanlo en variétés 
dans tons les gisements de France; ceui qu'il est plus 
facile de reconnaître, au nombre de cinq [n^ 46 à $0], 
flnissant en pointe plus ou- moins intacte, étaient peut- 
être, soit des outils k forer, perçoirs, tarauds, etc., soit 
des têtes de flèches. Il y en a surtouldenx assez remar- 
quables : le premier {pL ii, n"" 16) rappelle une de ces 
« pointes de flèche d'un type assez arcbaïqoe » trouvé par 
M. Marion, dans la caverne du Colombier [Bonches^^dn- 
Rliône), qui, d'après les observations de ce savant, 
avait servi de station et foyer de chasseurs nomades 
et troglody tiques de l'époque du renne (1). Toutefois 
cette forme n*avait pas fini avec l'âge paléolithique. 
On la retrouve à la station néolithique de Ghassey, dans 
un silex un peu plus grand qui, pour cette raison, a 
paru à M. Perrault avoir servi de « pointe de pique ou 
de poignard (2). » 

Le deuxième //7/. ii, n9M), sauf une cassure irrégu- 
liëre, faite peut-être avec intention pour l'emmanchure, 
se profile plus élégamment en forme de feuille assez poin- 
tue. L'une de ses deux faces est simple et un peu bom- 
bée; Fautre, plus franchement convexe, est divisée par 
une arête vive en deux pans, le tout donnant en travers 
une section triangulaire. La présence du bulbe ou cône 



(1) Premières obftervalions sur l'ancienneté de l'homme dans les Bouckes-iu- 
Hhône, par M. A.-F. Marion, préparateur h la faculté des sciences de Marseille. 
— Ail, 1867, p. 17, et flg. 31. 

(9) M. Ernest Perraolt, Ifote snr nu ft^yer de l'époque dt la pierre p9tie, dé- 
couvert au camp de chassey. — Châlons-sur-9aône, 1870, p. 8, pi. 1, fif. 1. 



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PRÉHISTORIQUES. 87 

de percussion an bout le plus épais, montre que la 
pièce est presque intacte. Sauf un peu moins de lon- 
gueur, elle rappelle un silex signalé, entr'autres lieux, 
en Irlande et que M. Lubbock considère comme un 
« éclat affectant la forme de pointe de flèche (4). » 

Voilà donc deux yariétés d'armes qui, après avoir 
pris naissance à Tâge de la pierre taillée, on ne sait en 
quelle contrée, se retrouvent dans notre koI encore aux 
temps de la pierre polie* La simplicité de leur facture, 
jointe à la présence de semblables spécimens dans des 
gisements paléolithiques, les rangent au nombre des 
prototypes de ces bouts de flèche qui, déjà très-divers 
dans les stations et sépultures de Tàge néolithique, ar- 
rivent à offrir, dans Tftge do bronze, une variété de 
formes aussi nombreuses que remarquablement per- 
fectionnées. C*est alors qu'on les voit, comme dans la 
suite jusque vers la fin de l'époque gauloise, très*ar- 
tistement taillés à petits éclats, soit en fuseau, soit en 
triangle plus ou moins allongé avec deux faces plus ou 
moins bombées; parfois dentelés ou même cannelés sur 
les cMés; la plupart ayant à la base un appendice ou 
pédoncule pour Temmanchement, avec ou sans bar- 
belure. 

Des spécimens analogues à ces derniers silex ont été 
trouvés dans notre pays, notamment par M. Louis Bou- 
doin, au sommet du mont Breneli, commune de Brives, 
et par notre confrère M» Louis Balme, dans la commune 
de Conbon. Il ne sera donc pas impossible d'en découvrir 



(I) #r« Hrtoric tmet, 1865, flg . 65, p. 66. 



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88 AISTIQUITÉS 

. «'galemeiu an Clieylouuel, où les âges de la pierre polie, 
(la bronze et du fer sont déjà représentés par des objets 
assez divers. 

On a vu que l'âge du bronze Test, en effet, par la 
présence des deux épées précédemment décrites, et par 
un bout de lance du môme métal découvert dans le champ 
du sieur Ghabannes, où se trouvaient aussi des tessons 
de vases et des morceaux et lames de silex. Consé- 
quemment^ la coupe ou section de la tranchée devait 
comporter, à une moindre profondeur que celle des piè- 
ces tout-à-fait inférieures, des poteries et des silex de 
rage du bronze. Impossible de déterminer à cet égard 
une ligne de démarcation plus ou moins certaine au 
moyen seul des silex, lesquels, dans toute l'épaisseur 
du terrain, sembleraient être des mêmes variétés de 
cette substance et de mêmes formes : sauf au moins la 
réserve de recherches ultérieures pour ce point assez 
intéressant. Mais nous montrerons plus loin, par rélude 
des poteries, que quelques types de vases ont des for- 
mes particulièrement appropriées aux coutumes des 
âges du bronze et du fer, et leur rencontre à diffé- 
rents niveaux de la tranchée indique, dans une cer- 
taine mesure, les limites de ces deux périodes de 
temps. De cette manière, nous avons pu établir appro- 
ximativement le niveau des terres de Tâge du bronze, 
dans lesquelles ont encore apparu des lames et éclats de 
silex. C'est au moins ce qui résulte des indications don- 
nées par M. Guilleminot qui, curieusement frappé de 
la forme singulière de ces lames, dont il ignorait l'in- 
térêt archéologique, en avait recueilli deux parmi plu- 
sieurs autres épai'scs dans la terre. En ayant disposé en- 



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PUÉHISTORIQUES. 89 

siùLe pour nii ami, il n'a pu, à son regret, nous les 
remettre. Mais, guidé par ses souvenirs, nous avons 
exploré avec soin une portion des terres qui, avant le 
creusement des parties inférieures de la fouille, avaient 
été jetées hors de la tranchée, en différenciant entr'el- 
les, par leur ordre de superposition, celles plus ou moins 
anciennes pouvant se rapporter, soit à Tàge du bronze, 
soit à celui du fer. Cette recherche, quoique assez diffi- 
cile, a produit la découverte, — en outre de plusieurs 
Icssons de vases dojnt il sera parlé, — d'une lamelle de 
silex à demi transformé en cacholong (pL ii, n® 5), do 
quelques éclats de même m^iiève (pi. ii, n<>* 24 à 31), suffi- 
sants pour autoriser l'opinion précédemment exprimée 
au sujet de la persistance de Tusage des silex taillés au 
moins comme symboles durant un assez long temps. 

Pilons ou broyeurs. — Nous avons fait connaître 
la mise au jour, dans la partie inférieure du sol, de deux 
instruments de pierre, en leur attribuant la fonction de 
pilon ou de marteau. Ils sont l'un et l'autre d'une subs- 
tance granitique très -rarement employée dans notre 
pays pour la confection des outils néolithiques. Le 
premier de ces deux ustensiles (représenté demi-gran- 
deur, pi, iii, n» 4), évidemment poli, a été façonné en 
forme de prisme à quatre pans dont les arêtes sont 
mousses II est long de 0,10, épais de 0,05 ii Tune de 
ses extrémités, et de 0,045 à l'autre. Le deuxième, 
mutilé par une cassure ancienne et peut-être inten- 
tionnelle, n'offre que la moitié d'un ustensile sembla- 
ble, quoique de structure moins régulière. 

Il n'est pas bien facile de préciser à quel usage 



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90 ANTIQUITÉS 

tout 'à- fait spéciui ces iDSlrumenls avaienl pu ôlre 
employés. Les deux faces contondantes, privées seules 
de leur poli et môme paraissant avoir été ron- 
gées par un double effet de petits .chocs et de frotte- 
ment, donnent bien moins l'idée d'une arme en forme 
de casse-téte ou de simple marteau ou maillet, que 
d'une masse propre à broyer certaines substances, 
par exemple pilon, égrugeoir, etc., d'autant plus que 
Toutil 8*adapte parfaitement à la main. Dans tous les 
cas, ces objets diffèrent essentiellement de ceux des 
palafittes de la Suisse, indiqués comme simples cail- 
loux recouverts de toutes parts d'empreintes de per- 
cussion. Toutefois ils sont peut-être analogues à Tun 
des instruments néolithiques signalés par M. le docteur 
Gross dans la station de Locras du lac de Bienne (Suisse), 
et que ce savant désigne comme « pierres en granité, 
aux faces usées, de forme plus ou moins cubique, ayant 
servi à frapper ou à broyer (1). ♦ 

il convient aussi de comparer nos instruments à 
ceux en quartzite, matièi-e qui souvent pàratt avoir 
été employée, de préférence à toute autre, pour des 
marteaux, dont certains ont servi à écraser le grain. 
C'est ainsi que M. Rabut a signalé, dans la station lacus- 
tre de Grésine en Savoie, des cailloux de quartrite tail- 
lés, quelques-uns figurant un parallélipipëde, mais la 
plupart de forme discoïde et « portant la trace de 
coups donnés. » Quelques grains adhéraient encore aux 
parois de l'un de ces cailloux (2). Mais leur forme 



(l) Let habitations laoustret du lac de Bienne. 1873, p. 0. 

[^) M. Rabut. — Habitations lacustres de la Savoie, 1864, p. 5S et pi. xi. 



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PRÉHISTORIQUES. 91 

caractérisée généralement par moins de hauteur, « avec 
bases légèrement creuses à leur centre, » au contraire 
de la convexité des faces extrêmes et de la longueur 
du nôtre, nous semble écarter cette assimilation. 

Nous rapprocherons plus volontiers le type de nos 
u»lensiles d'un galet également en quartzite qui pro- 
vient de Tune des stations du Mont-d'Or lyonnais, et 
que M. E. Chantre, dans un savant mémoire sur les 
antiquités préhistoriques de la vallée du Rhône (1), 
a signalé comme ayant servi de molette à écraser le 
grain. Les deux faces extrêmes, de forme convexe, 
portent des empreintes de chocs répétés. Toutefois on 
peut hésiter à les attribuer au simple frottement né- 
cessité par la mouture. 

Le musée national de Saint-Germain possède, sous 
le n'' S0,979, un ustensile à base convexe et usée, dont 
les proportions de hauteur et d'épaisseur montrent qu'il 
devait, comme le nôtre, s'adapter très«-bien à la main. 
C'est, sans doute aussi un broyeur, mais en silex taillé 
par éclats et finissant dans le haut en pointe irrégulière. 

Parmi quelques objets bien moins analogues, et 
de matières diverses, que nous avons recueillis dans 
nos environs, il en est à dépression médiane, faisant 
supposer que, pour avoir plus de force, ils auraient pu 
être emmanchés à la foçon d'un instrument actuel de 
l'état du Missouri qui figurait à Texpositioa universelle 
de 4867. Celui-ci était un caillou-marteau, à rainure 



(1) Etudes pâléoeihnologiques ou recherches gèologico-archéologiquet snrVin^ 
dustrie et tes mœurs de l'homme des temps antéhistoriques dans le nord du Da«- 
phiné it les efmroiu de Lyon, 1867, pi. it, flf . 9. 



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92 ANTIQUITÉS 

médiane, avec son emmanchure faite en nerfs de buf- 
fles recouverts de peau, expliquant ainsi Tusage de 
semblables cailloux à rainure, de la Guyanne (1), et 
peut-être aussi de nos pareilles masses de pierre avec 
ou sans dépression médiane. 

Quant à la présence de notre broyeur parmi d'autres 
objets dignes d'être offerts en ex-voto, elle serait peut- 
être la preuve de finsigne utilité de cet instrument 
chez les hommes des temps néolithiques. 

Fragment de fibrolithe. - Ce morceau, entièrement 
brut, est d'une matière qui avait été le plus géné- 
ralement employée chez nous pour la confection des 
instruments de pierre polie. C'esl, en outre, une 
substance absolument étrangère à la localité de Saint- 
Vidal , quoiqu'elle se trouve en d'autres endroits de 
notre pays. Elle devait être, avant la connaissance des 
métaux, bien appréciée par nos ancêtres, pour qu'ils en 
eussent apporté ici des spécimens, probablement dans 
un but d'hommage religieux. 

Pesons de filet de pêche ou de métier à tisser. — Nous 
avons deux de ces pesons recueillis à peu près au même 
niveau que les précédents objets. Ils sont en terre 
cuite , l'un noirâtre , l'autre d'une argile rougeâtre. 
Façonnés à la main, ils diffèrent de formes : le premier 
(représenté demi-grandeur, à la pL m, n" 2) ressemble 
assez bien à ses analogues des habitations lacustres de 



(1) M. de Morlillet. — Promenades préhist, y p, 171 tt flg. 60, et p. 180. 



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PUÉHISTOKiyUES. 93 

la Suisse, doiil il se rapproche aussi par sa dimen- 
sion (4). Comme ceux-ci, il a son sommel percé d'un trou 
transversal; le deuxième (n''3), également Iroué, au lieu 
d'avoir la Hgure ordinaire d'un cône, n'est qu'une 
simple boule ou pelotte de terre, modeste oITrande, 
soit d*un tisserand, soit d'un pécheur des rives de la 
Borne. Ce peson a été trouvé brisé en deux morceaux. 

Poteries, — Des morceaux de vases ont été rencon- 
' très dans toute Tépaisseur du sol traversé par la fouille. 
D'après ce qui a été dit précédemment des terres meu- 
bles qui le composent, ces poteries doivent être d'épo- 
ques plus ou moins distinctes. Mais la persistance de 
certains genres de vases d'un âge à l'autre ne permet 
pas toujours d'en adapter exactement les restes à diffé- 
rentes divisions chronologiques, lesquelles dès lors ne 
se révèlent dans les poteries que par de légères varia- 
tions successives, par des nuances de facture ou seule- 
ment d'ornementation souvent difficiles à préciser. 
C'est le cas des poteries, souvent presque similaires, des 
deux âges de la pierre polie et du bronze, et même de 
la première époque du fer. 

Avant d'examiner à ce point de vue les particularités 
caractéristiques de nos tessons de vases, eu égard aux 
différents niveaux de la coupe verticale du terimin, re- 
marquons d'abord un fait qui se dégage pleinement 
et, sans aucun doute, des éléments de nos investi- 
gations. 11 s'agit d'une dissemblance très-marquée en- 



^1} Die pfahtbanttH^ cte , pi. m, Bg. iô. 



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9i ANTIQUITES 

tre les vases dont les débris onl été exhumés du fond 
de la tranchée, et ceax provenant de (a partie la pins 
supérieure. Nous avons dans ces derniers des spécimens 
d*une céramique qui, pour avoir été probablement ap- 
propriée aux usages d'une population rusUqae, n'en 
montrent pas moins une certaine élégance dos formas 
et une excellente focture. Ces vases, évidemment, ont 
été façonnés au tour et cuits au four à potier. Parmi 
eux, les moins anciens nous conduisent même jusqu'à 
l*époque romaine. 

Au plus bas de la tranchée, au contraire, la poterie, 
sans être absolument imparfaite, est façonnée à la main, 
n'ayant laissé sur elle nulle trace de tour ou roue à 
potier, et rappelle très-bien dans la simplicité des for- 
mes, dans les procédés de manipulation de la terre et le 
mode de cuisson obtenue sans doute à feu ouvert, une 
époque plus ou moins antérieure à l'ère historique. 

Contemporain des objets déjà décrits, ce genre de 
poterie, dont nous allons signalei* des spécimens, a 
certainement précédé la première époque du fer, an- 
térieure elle-même, en Europe, aux traditions de l'his- 
toire datant d'environ quinze siècles avant notre ère ; 
c'est au moins ce qui résulte des remarques auxquelles 
ont donné Heu les lerramares montrant dans la pénin- 
sule italique l'introduction du tour à potier et du four, 
' comme « les principales améliorations qui sont arrivées 
avec le fer » (1). 

Cette donnée d'époque, on doit d'ailleurs le dire, ne 



(1) M. de Mortiliet. — Les terramarcs du Reggianais. Ret. archéoiogiqut 
nouv. série, vi« année, zi« volame, 1865^ p. 805. 



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PRÉHISTORIQUES. 95 

saurait être acceptée dans un sens trop al)Solii, d'après 
cette considération que Fusage des vases faits à la main 
sans emploi da tour a pu se prolonger* généralement en 
certains pays, durant la première phase de T&ge du fer, 
peut-étre dans une deuxième, synchronique de Toccu- 
pation d'une partie de l'Italie d'aboitl par les « Ombres » 
et puis par les « Etrusques. >. On peut même dire que 
dane certains cas exceptionnels^ on a dû confectionner 
de «emblaUes poteries jusques en des temps assez rap- 
prochés de notre époque H). 

Tout en tenant compte de ces réseiTes, on peut ce- 
pendant conjecturer que, parmi nos débris de vases 
tous confectionnés à la main et extraits de la tranchée, 
à différents niveaux au-dessous des restes de ceux faits 
au tour« il doit y en avoir au moins de Tépoque de nos 
ôpéee de bronze et plus bas, peut-être, d'une époque 
plus ancienne du même âge du bronze, enfln d'après la 
présence des autres objets précôdemment mentionnés, 
de l'Âge encore antérieur ou de la pierre polie. 

Quant à Tâge paléolithique ou de la pierre taillée, 
nous ne pensons pas, malgré la présence de silex aux 
formes plus ou moins c archaïques, y^ qu'il soit ici re- 
présenté par quelqu'un de nos morceaux Je vases ; car 
ceux trouvés au plus bas de la traactiée y éiaienl asso- 



it) C'«»t le ofts d'un petit Tase k pâte noire, grossièrement façonné à la 
main, taquda étëtrosvé par M. Freycenon, cnré de Monistrol-d* Allier, dans 
une sipiilure du moyen Age, aux abords de la grotte de la Madeleine, prfes 
MoaûMol, «t^otl a en la générosité d'offrir k notre Ma&ôc. Toutefois, le galbe 
de et «arien nae s'éloigne sensiblement des formes connues des poteries pré- 
hitlori<pM«i 



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96 A?îTK>riTÉs 

ciés à peu près au même niveau, avec des objets évi- 
demment néolithiques. 

De plus, les poteries, même les moins bien condition- 
nées, ne sont pas d'une facture et surtout d'une caisson 
suffisamment imparfaites pour qu'il soit possible de les 
assimiler à celles attribuées par certains archéologues à 
l'âge paléolithique, et formées, à ce qu'ils croient, d'une 
terre grossièrement mélangée de gros grains de quartz, 
de feldspath et d'autres matières hétérogènes, très-mal 
cuite ( quand elle n'aurait pas été simplement séchéeaii 
soleil) et se laissant facilement désaggréger à reau(4) 



(l) Y aurait-il même ici des poteries de ce genre, il ne serait \Hh absolu- 
ment inadmissible qu'elles fussent de l'â^e de la pierre polie, d'après ce qoc 
nous avons dit de la persistance durant différents âges, de certains produits 
de la C(-nimique préhistorique. Dans le but d'apporter en ces difficiles matiè- 
res, la réserve commandée par la méthode scientifique, citons une expltn- 
tion de tnmulus qui paraît avoir été hiXe avec soin par M. E. Lejeune, à Es- 
caJIes (Pas-de-GaUis). Dans ces sépultures, qu'il a classées comme néolithiqm^. 
Turent trouvés, auprès de squelettes humains, avec des silex < ouvrés >, de^ 
vases < faits d'une poterie très-primitive :» et contenant dans la pâte, des grains 
«issez gros de grès ferrugineux, poterie <i qui n'était pas cuite, était façonnée à 
la main et simplement sécliée ab soleil, s sépult. prèhisU et un atelier de si- 
lex ouvrit découverts à Escalles /Pagode- Calais) ; Matériaux de l'hisl.prim. 
de rArmm^;, viii« année, 1872, p. 510.) 

Toutefois, on voit aussi par cet exemple queTàgo des poteries peut fort bien 
se déterminer, même abstraction faite des caractères tirés de leur facture, pnr 
d'autres considérations telles que les conditions de leur enfouissement, la na- 
ture des objets qui les accompagnent dans le dépôt, etc. En outre, on est 
porté II croire que l'art du potier, ayant acquis, comme on sait, une expansion 
générale dans une grande partie de l'Europe — « la poterie, dit M. Cartaiitsac 
se trouve en quantité énorme dans les gisements néolithiques >— et, à quelques 
égards, une perfection relative, n'en était peut-être pas alors li fcs débuts. Il 
semble don&, qu'avant l'âge du la pierre polie, l'homme avait dâ faire usage ûc 
récipients plus ou moins appropriés à ses besoins. On pourrait citer, à l'appui 
de cette hypothèse, des poteries trouvées dans quelques cavernes du. sud-ouest 



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PRÉHISrORIQL'ES. 97 

L*absence d'un semblable genre de polerie ou de lout 
autre ayant pu, par les formes, la pâle et la facture, si- 
gnaler un temps antérieur à Tâge néolithique, nous fait 
encore une fois regretter que la fouille n'ait pas pénétré 



cl du midi delà France, lesquelles, dit-on, apparlieudraieDt ^ l'époque paléo- 
lithique des animaux éteints ou du mammouth, et k celle des animaux émi- 
grés on du renne ; mais on a des doutes sur les dates qu'il faut donner Ji leur 
présence, d'ailleurs assez rare, dans le sol de ces cavernes, plusieurs fois, 
remué et pn*seatant parfois en superposition, des foyers, des ateliers d'outil- 
lage de pierre, des sépultures, etc. 

Un explorateur distingué, M. le docteur Garrigon qui, en 1865, dans l'étude 
des stations pyrénéennes et autres, avait pris toutes c les précautions classi- 
ques », ne signalait la première apparition de la poterie que dans les caver- 
nes il ossements d'animaux domestiques (néolithiques), lesquelles cependant 
contiennent des débris d'industrie humaine indiquant que, comparativement ii 
l'âge précédent (paléolithique), la civilisation, dès le commencement de l'âge de 
la pierre polie avait fait un grand progrès. — [Etude comparante des allupions 
quaternaires anciennes et des cavernes à ossements des Pyrénées et de l'Ouest 
de l'Europe.^ TottïouiC, 1863, p. 46 J. 

D'autres stations, fouillées plus récemment, ne semblent pa^ avoir infirmé 
cette observation, relative à l'absence de la poterie au moins dans certains gise*- 
meuts de la pierre taillée. Telle est, entr'autres, la station de Solntré (Sadne-et ■ 
Loire), de l'époque du renne, où M. le docteur Lortet s'est attaché avec des 
soins méthodiques « Il mettre au jour de» foyers intacts non remaniés > aussi 
bien que des sépultures. 

Ce savant, dans un très-intéressant mémoire, après avoir décrit tontes les 
particularités de ces curieuses trouvailles et signalé une foule d'objets de tons 
genres, armes, instruments, ustensiles, pièces de parure, mêlés .ivec une 
quantité d'05scnients d'animaux, débris de cuisine ou de repas, résumant les 
mœurs et coutumes du ces temps si éloignés de nous, ne dit pas un mot de 
l'emploi de la poterie, qui, dès lors, semblerait avoir été inconnu, au moins 
il la peuplade de Solutré. — [Etudes sur la station préhistorique de Solutre 
[Saône -et-LoireJ ; Archives du muséum d'hist. nat. de Lyon. 1. 1*'', 1872.] 

Néanmoins, on ne paraît pas contester les découvertes faites par M. Ed. Du- 
pont en Belgique, concernant des poteries de l'âge du renne. Si ce fait est re- 
connu admissible, il y a !ieu de penser que, parmi les stations insuffisamment 
éiudiées ou encore inconnues, quelques-unes, an moins dans certains pays, de- 
Tome .XXX!. (f 



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98 ANTIQUITÉS 

plus avant dans la profondeur des terrée meubles jas- 
qa'au^ubstratQin géologique. li y aura intérêt, quand il 
sera poMible, d'explorer par une nouvelle fouille cette 
portion inférieure du sol. 



vroot offrir atssi dei i^larûs 401, de l'époque glmire on des uiauiix émi- 
gré*, vieadfDflt se rattaeher par d«8 muoccs suecessivea de ftetiue ainû qae de 
rorme^ii eéUê d^ik oombrewei d« l'ife dn apimaux domeetiqoe». Sur ee poiot, 
il fut ooUNr qi'entre eet deox ères prébistoriqoeti de eeraetères si inufiiéê, 
doii M plieeff on espace de temps plus oa moins notable qui, dit<OQ, ne serait 
pas représenté Jusqu'à présent, par des gisements d'époqaes lutermédiaires. 
C'est an moi oa l'opinion de quelqies arebéelogues, en paniealior, de MM. le 
doeienr Font [Mtm iê chronologie arckéoloiiiHe, etc., UtUériaux, etc. ; vxii* an- 
née, 9* sérle^ L ui, 1979, p. 3%^J et CartaJibae que, sans l'exagérer, « la lacune 
cxiete entre le deraier homme de répoq«« du renne et le plus ancien paiafilte. » 
(êw l'iMterwûUe det deux grâadét périodes de la pierre, Motif taux, ibid, 
IflVS, p. 881.); lacane pendant laquelle, d'après nne bardie coajeetarc de 
certaim arebéolofies, I* pays, dt nouveav enseveli dans les glaces (denxième 
cpOqM fiftaeiaire?), n'aarait pas été habité. 

Toutefois, cette lacune pourrait bien avoir été amoindrie par quelques décou- 
vertes qui méritent exameo. Ainsi, M. Louis Lartet, en 1866, signalait, dans les 
cavernes de It Vi«ill»-GasUlle, en Espairne, l'époque du hoe primgeniuH, re- 
marquable par Vabseace d« renne. « H n'r a pas encore, disait^il , d'espèces 
dOBMStiquées. L'homme, i^ontait^ii, n'est ni pastear, ni potier. » [Hêvue ar- 
chéûl.f noav. série, vii« année, xiii« vol., 1866, p. 180.] En réservant ee que 
cette dernière assertion a peut-être de trop absolu, en ee sens que l'absence 
des poteries daas ces cavernes pourrait tenir k quelque circonstance excep- 
tionnelle, il Mt intéressant de remarquer ici, par la faune fossile, un des pre- 
miers acheminements entre la période des. animaux émigrés et celle des es- 
pèces domestiques. 

C'est pent-ètre aussi de cette dernière période qu'il faudra rapprocher une 
dernière phase de l'âge paléolitliique, représentée par quelques gisements des 
BassM-Cévennef, qui ont été explorés avec des soins attentifs par M. Ad. . 
Jcanjean. — [L'homme et les animaux des eapernes des Batses-Cèvennes, Tiré 
à part; Nfmes, 1871.] — Voyez aussi le compte-rendu de ce mémoire par 
H. Cartailbac, aux Matériaux, 187f, p. df?. L'opinion que nous émettons » 
d'ailleairs avec toutes réserves, nous a semblé concilier celles quelque pen 
(llvergentes de MM Jeanjean et Catttilbae. •>• C'est su moins ce qu'on peut 



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PUÉUISTORIQUES. 99 

ËD atiendant, essayons de fixer le jaloa ckroaologi- 
que que nos poteries indiquent pour la partie la plus 
basse de la tranchée, en resserrant dans les plus étroites 
limites Tépoque qu'il convient de leur .attribuer. C'est 
une question à résoudre au moyen d'analogies avec les 
produits similaires de l'industrie néolithique, en parti*- 
culier ave£ ceux les mieux déterminés pour d'autres gi«- 
sements, dans les conditions, d'ailleurs, le» moins dou* 
teuses d'enfouissement et d'époque. Entre autres études 
de vases k comparer avec les nôtres, trois surtout, 
remarquables par d'exactes et méthodiques observa- 
lions, vont nous fournir d'utiles éléments de comparai- 
son. 

La première, donnant une date nettement établie, est 
comprise dans un mémoire de M. Gazalis de Fondouce 
sur des sépultures et dolmens de Pilande et de Saint* 
Jean-d'Alcas, dans TAveyron, lesquels se rapportent 
aux « derniers temps de l'âge de la pierre poUe, » c'est* 
à-dire à une époque <z prologue de Tâge des métaux » 
ou mieux du bronze, où des ot^ets de simple parure 
« en cuivre? » commençaient, dans les sépultures, de 



sappobcr pour les grottes de la ftoquc, d'Aven -Laurior et des Chèvres, où des 
os d'animaux, mélangés avec des silex taillés cl < des flragments de poterie 
non coite, grossière et sans ornement, » décèlent des espèces dont qnelqnes- 
ones paraissent pins ou moins différentes de celles de l'ilge dn renne, sans 
indices bien patents de rinflucnce de la domestication. 

Il ne serait pas moins intéressant de savoir s'il n'y aurait pas lieu de consi- 
dérer comme une transition entre les âges paléolithique et néolithique cer^ 
tains silex qui, ébauchés 2i éclats, puis imparfaitement polis par le frottement, 
différent, sdos ce rapport, d'antres instraments peol - être ^stérienrs, et 
façenvês d'tiborJ iiar un procédé de iciagc, eosoite bien polii, tels qu'on les 
iroiiTe dans dos palafittos de Suisse, aussi bien noc dans notre pays. 



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\ 00 ANTIQUITÉS 

s'immiscer à l'association antérieure des instruments en 
pierre taillée et en pierre polie (1). 

La deuxième concerne des restes de poterie trouvés 
par M, Louis Lartet, en grande abondance, dans deux 
cavernes de Cueva-Lobrega, en Vieille-Castille, Espa- 
gne {%). Ces débris d'industrie humaine y étaient associés 
avec des os d'animaux, les uns de chasse (cerf, che- 
vreuil, sanglier ou cochon) , d'autres ayant subi l'in- 
fluence de la domestication (petit bœuf, chèvre, chien 
peut-être); plusieurs de ces os calcinés; d'autres porlant 
des traces de travail, façonnés même en outils et parfois 
polis. Toutes ces circonstances, jointes aux particulari- 
tés de structure des poteries et commentées par l'auteur, 
l'amènent à conclure qu'il faut rapprocher ce gisement 
« des derniers temps de la pierre polie » ; ajoutons : un 
peu après Pilande, et peut-être encore dans l'espace de 
lemps où le cuivre employé, dit-on, pour les seuls ob- 
jets de parure n'aurait pas encore fait place au vrai 
bronze. 

Enfin la troisième étude est le sujet de l'un des cha- 
pitres d'un mémoire de M. Ernest Perrault sur un foyer 
de l'âge de la pierre polie, découvert au camp de Chas- 
sey, Bourgogne (3). L'auteur classe ce gisement à la pé- 



(1) DernUrH temps de l'dgf de la pierre polie danx l'ÀveyroH. La grotte té- 
pulcrale de Sainl-J^aH d'Alcas el les dol.-Meni de Pilande et des Costes. — 
Montpcher, 1867, avec planches, p. 34 et 5t. 

(2) Revue arclwjl.f noav. série, vue aonôe, iii« volume, 1866, p. 121 à 
13?. 

(3) yole fsur un foyer de l'âge de la pierre polie, découvert au camp de 
Chassey, en septembre 1869, par M. Ernest Perrault. — Cliâlons-sur-Saûne, 
1870, p. 1.5, etc., el 21. 



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PRÉHISTORIQUES. iO( 

riodc néolilhiquey sans lui assigner ilans le cours de cet 
âge une époque précise. 

Il semble cependant que sur ce point on peut émet- 
tre une conjecture : les armes et instruments très-nom- 
breux de pierres taillées et retaillées, et de pierres po- 
lies, les outils et emmanchures en os et en corne, si 
Ton en juge d'après leur facture relativement perfec- 
tionnée , donnent l'idée d*un état de civilisation plus 
avancée que le font supposer les débris également très- 
abondants des poteries, lesquelles sont moins artis- 
tement façonnés qu'à la Cueva-Lobrega, et le sont à 
peu près comme à Pilande : indices probables de deux 
ou trois étapes de la céramique dans sa'marche pro- 
gressive, plus lente d'ailleurs, que celle des industries 
de Toutillage. 

Les poteries de ces trois gisements, en commun avec 
celles du Cheylounet, présentent le cachet du môme âge, 
au moins dans leurs principaux caractères, tels qu'ils 
vont être précisés. Elles offrent cependant quelques va- 
riations qui, sans être bien notables, paraissent indiquer 
un ordre de succession des époques de ces gisements; 
sauf qu'il y aurait peut-être entre elles d'assez faibles 
espaces de temps. On verra, en effet, que du plus au 
moins ancien, leur chronologie peut être ainsi détermi- 
née : 4® Cheylounet, 2<» Chassey, 3° Pilande, i^la Ciieva- 
Lobrega. 

Les caractères principaux de môme âge, ainsi que 
M. Louis Lartet les a définis et qn'après lui MM. Cazalis 
de Fondouce et Perrault les ont complétés, se résument 
ainsi : ces poteries « depuis les plus fines jusqu'aux plus 
grossières », ont été faites à la main, sans l'emploi de 



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102 ANTKH'ITÉS 

tour « comme celles des âges de la pierre et da bronze 
du Danemarck et des palafittes de la Suisse et d'Italie;, 
comme aussi la plupart des anciens yases germains ci 
tontes les poteries da noavean continent. » 

« Ces piltes ont d A être coites en plein air et non dans 
un four. 

€ Aucun enduit ou vernis n'a été appliqué à leur sur- 
face ; néanmoins quelques-unes de ces poteries, polies 
par un frottement antérieur k la caisson, ont aussi acquis 
un lustre auquel on arrive, par un procédé analogue, 
encore aujourd'hui dans certaines parties de la France. 

M. Perrault, à ce sujet, remarque avec raison, — et 
nous avons aussi des morceaux qui le prouvent, — que 
« les frictions faites avant la cuisson donnaient aux 
vases des surfaces lisses, presque imperméables et d'an 
aspect très-agréable à l'œil.» « Elles ont été, continue 
M. Lartet, noircies soit par enfumage, comme cela se 
pratique dans plusieurs départements du centre de la 
France, soit par l'inti^oduction dans là pftte de matières 
organiques qui sesontcarbonlsées pendant la cuisson (1). 

« Ces poteries doivent toutes rentrer dans la première 
classe des terres cultes de Brongniarl, c'est-à-dire que 



(1) « Les potiers da Pérou font pénétrer, psr la chaleur, de \a graisse dans 
leurs poteries, pour obtenir ce résultat. On a aitriboé h l'introduction de la 
graisse, par un procédé analogue, dans la pâte des poteries des palifltti» de 
la Suisse, la couleur noire d'un grand nooibre d'entre elles. 

M. Perrault explique cette couleur noire des plus fînes poteries de Chassey 
par remploi de la graisse avani le lissage des suifliees, par des frictions aa 
moyen d^onv matièrt bmnt oi noirâtre. M. Cattlis de Pondoiice pente que 
ce genre de poterie « doit sa couleur à la présence de l'hjdroxide noir de 
fer, > dont il a retrouvé, dit-il, c de petits morceaux dans Tinténeurde ta pûte, 
et <fai se transforme, k um haute température, en pérotide anhydre rouge. > 



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PRÉHISTORIQUES. 103 

ce sont des terres molles, à pâte tendre, argilo-sableu- 
ses, calcarifères, d'nne caisson imparfaite et rayées fa- 
cilement par le fer. 

« Elles font toutes plas ou moins effervescence avec 
les acides. 

« Le limon argilo-sableux qui sert de base h ces 
pâtes contient, en proportions assez &ibles, de petits 
grains de qnartz. 

€ Lenr cnisson est inégale et imparfaite (I) et par 
soite leur couleur rarie du brun au noir et du brun au 
rouge. Ces trois nuances s'obsenrent fréquemmeiit sur 
le même vase suivant que Tundes côtés a subi une cuis- 
son plus complète que l'autre; Fintérieur de la pftte est 
le plus souvent noir ou brun-noirfttre. Il en est de 
môme de la surface IntérieBr» des vases qui est souvent 
polie, et qui, dans bien des cas, paraît avoir été frottée, 
avant la cuisson, avec des touffes d'herbe. » Nous en 
avons un exemple par un fragment de nos vases du 
Cheylounet (pi. m, u* 4); de môme qu'en ont produit les 
fouilles faites par MM. les abbés Solaaet et Soissonade, 
sons le éotmen dit de la bataille, dans la Lozère , toutefois 
parmi d'autres poteries, d^époques diverses, et de nom* 
breux ossements, paraissant attester l'emploi fbnéraire 
de ce monument jusques et y compris une partie de 
rûge du fer (2), 



(1) La caisson indique néanmoins une assez bonne fabrication. La solidité 
que ces poteries ont conservée Jusqu'à nos jours, est d'autant pus remarqua- 
ble, qu'elles ont été exposées, depuis longtemps à toutes les chances possi- 
bles #tlté»liMi. 

(9) Dans sei savantes études des dolnens de la Loziie, M. L. de Mab- 
fosse en cite aussi qui renrerment un nombre extraordinaire de squelettes, les 



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104 ANTIQUITÉS 

« Dans certains vases, d^ordinaire plus épais et dont 
la pâte est remplie de fragments de spath calcaire, les 
deux surfaces externe et interne sont rouges, tandis que 
la partie moyenne de la pâte est resiée noire, ce qai 
semblerait prouver qu*on les a remplis de braises pour 
obtenir sans doute une cui<^on plus parfaite et ajouter 
ainsi à leur solidité. 

« Quant à leur forme et leur ornementation, c*esl par 
des procédés très-simples qu'on y est arrivé, sans n'em- 
ployer dans la plupart des cas que la main; quelque- 
fois, cependant, on s'est servi d'instruments tranchants 
pour pratiquer les entailles dans la pâte encore molle 
Ailleurs, on a dû enfoncer régulièrement dans le bord 
des vases un poinçon en os ou un morceau de bois. » 

Tous ces caractères sont bien ceux de nos poteries du 
Cheyiounet, sauf les procédés d'entailles qui viennent 
d'être énoncés ; particularités qui ont d'ailleurs été si- 
gnalées pour des poteries néolithiques d'autres locali- 
tés. En revanche, nous avons un morceau dont la facture 
étrange nous paratt, jusqu'à présent, assez rare. Ce 
fragment (pi. m, n» 5), qui, par son épaisseur de 
0",012 millimètres et sa courbure, dénote un vase de 
moyenne grandeur, est d'une terre assez grossière, 
pcrcillée, ferme d'ailleurs, et fortement cuite ; rougeâ- 
tre à la paroi externe (a), très-brune à l'interne (6), 
l'une et l'autre couvertes de petites cannelures. Ce genre 
de décor, il est vrai, est à peu près conforme à celui 



uns intacts (âge Déoiithiqae), d'antres offVant des traces d^ustion, indice de 
l'âge du bronze. fBull. de la Soc. d'offriculfure dr la Lozère ^ 1870, 9« partie, 
p. 90 et 1874, p. 18). 



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IMIÉHISTOIIIQUES. IÔ5 

(le la surface exterae (1*uq lessou trouvé à Chassey et 
que M. Perrault croit avoir été fait « avec un morceau 
de silex ou un poinçon en os; » cet ornement est analo- 
gue aussi à ce que nous avons vu sur des tessons trou- 
vés par MM. Guillemaud, Solanet et Boissonade, sous 
des abris et dolmens de la Lozère. Mais nous compre- 
nons difficilement l'emploi de ce décor au dedans du 
récipient (6). On surprend là peut-être le secret d'un 
mode parliculier de fabrication de certaines poteries, 
au moyen de deux espèces de moules « ou formes, ^ 
entre lesquelles la terre molle, et en quelque sorte 
coulée, aurait reçu la double empreinte de ces moules, 
peut-être faits d'une sorte de vannerie. Lepercillemenl 
de la pâte, produit dans la dessiccation par le dégage- 
ment de bulles d*air et, à défaut de friction, sa texture 
rugueuse, trouveraient dans cette hypothèse une facile 
explication [1j. 

On a remarqué quelques autres ornements pratiqués 
déjà par le potier des temps néolithiques. Us sont, en 



(1) M. Cazalis do Fooilo'ice onv. cité, p. 5G), s*appayanl do l'aatorité de 
M. l'abbé Cochet, cite des vases de Pilaiide, « faits en appliqu^iU rar^iie sur 
des formes en bois, que l'on faisait disparaUro aprjs la dwS'icjii.)i, on soj 
mettant le tout à l'action des flammes qoi déforaient le bois. * 

M. de Kortillet noas a montré, au Musée Saiot-Oermain , des poteries 
moulées dans de la vannerie, du cdté externe seulement. Elles proviennent de 
Cbawnes-Town (Amérique) et de la Pcnsilvaoic. 

Dans une notice sur me coUection préhisiotique japonaise (^Matériaux, 
etc., 1878, p. 99), M. Alpb. Baux , mentionne un fragment de grand vase 
à pâte noire, (Ine et très-dure ; il sûonte <iac < l'extérieur du vase a été moilé 
dans un panier ou natte en paille qui a laissé soo empreinte dans la pâte. 
L*intérieur du fragment porte Temprcinte d'an ti^sa grossier comme an ca- 
nevas C'est, en somme, un procédé de moulage curieux. » 



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106 ANTIQUITÉS 

générai, assez rudimeniaires, loiU en lémoigoant, dit 
M. Perrault, « de son bon goût et de son habileté. » 

Ils consistent, le pins souvent, en impressions faites 
avec le bout du doigt ou môme avec Pongle, ou, par 
imitation, avec un poingon de bois ou d'os. On en voit 
de tels aux poteries de Chassey et Pilande, comme à 
celles de Cueva-Lobrega. On les observe aussi sur 
des vases provenant des palafittes de la Suisse et des 
terramares d'Italie. 

M. de Mortillet (4) en signale également pour des po- 
teries qui, trouvées dans les tourbières du Piémont, 
seraient encore de Tàge de la pierre polie, ce qui n'ex- 
clut pas la présence de semblables vases dans les pala- 
nttesde r&ge du bronze (%). 

Ce sont des impressions analogues que nous obser- 
vons au nombre de trois sur un faible débris de pote- 
rie brune, àjpâte^assez fine. Elles sont alignées un peu 
au-dessous du bord (pL ni, n"" 6). 

Sur d'autres vases contemporains, mais étrangers au 
gisement du Cheyiounet, on voit encore l'impression de 
deux ou trois doigts en lignes parallèles, allongées, obli- 
ques, etc., soit à la panse, soit sur le bord ; on y re- 
marque également diverses sortes d'encoches, des li- 
gnes de points, d'autres lignes plus ou moins combinées 
en triangle, en zigzags ; en un mot, tout ce que peut 
dicter un art en quelque sorte instinctif, toutefois ins- 
piré déjà par le goût de la variété. 



(1) Promenades préhUt., p. 139. 

(î) M. Louis Rabot. — Habitations tachsfrff t.'e la Savoie, 1864, pi. îf, 
lig. 1, G, 8; pi. 6, lljr. i, etc 



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PRRHiSTOlUOrKS. 107 

A cet égard, il semble qu'en règle générale, et sans 
nous arrêter à quelques exceptions , moins ces orne- 
ments sont compliqués, moins ils dénotent de progrès, 
et plus ils doivent se rapprocher des origines de la cé- 
ramique. C*esl pourquoi nous placerions volontiers, 
comme date un peu antérieure aux vases de Chassey et 
de Pilande aussi bien que des palaflttes de la Suisse, 
celle des poteries du Cheylounet, sur lesquelles, à l'ex- 
clusion d'encoches, de lignes de points, triangles, etc., 
nous ne trouvons parmi tous nos tessons que le débris 
(pL iiin* 6; déjà décrit, d'une seule espèce de récipient 
modestement orné d'impressions digitales, décor le 
moins cherché, le plus facile qui puisse nattre sous les 
doigts de l'ouvrier. 

C'est par la même raison que nous avons déjà classé, 
comme les moins anciennes de toutes celles des quatre 
gisements compài*és ensemble, les poteries de la Gue- 
va-Lobrega, où les impressions digitales se compliquent 
de « bandelettes » saillantes, soit en festons ou « guir- 
landes étagées dans l'intervalle de grandes côtes verti- 
cales, soit en cercles ; de boutons dans Tespace compris 
entre les bandelettes, on accolés, deux à deux, près des 
bords du vase, » etc. 

Dans le môme ordre de considérations chronologiques, 
on croit reconnaître un trait d'époque peut-être distinc- 
tif aux formes également très-simples et peu nom- 
breuses de nos vases, comparativement à la plupart des 
poteries de l'âge néolithique. 

A la vérité, nous avons ici, à l'instar de celles de 
Chassey, de Pilande et de la Cueva-Lobrfga, des vases de 
dimension assez variée et de cuisson diverse quoique 



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108 ANTIQUITÉS 

bien moins imparfaite qu'on le prélend généralement k 
l'égard des poteries néolithiques ; celles-ci, suivant la 
remarque judicieuse de M. Fréd. Troyon (4), ayant ré- 
sisté depuis très-longtemps à bien des causes de disso- 
lution inhérentes aux intempéries ou à leur séjour dams 
des lieux humides et dans les eaux des lacs. Toutefois 
nos poteries ne sont que de deux sortes : les unes com- 
munes, appropriées sans doute à des usages vulgaires ; 
les autres un peu plus distinguées sous divers rapports : 
texture suffisamment serrée et finesse de la pâte brunâ- 
tre, à très-petits grains de quartz et de feldspath entre- 
mêlés de paillettes micacées, et conséquemment t dé- 
graissées, » lissage ou poli lustré tant au dedans qu'au 
dehors, et courbure des parois assez bien entendue; tous 
caractères généraux de facture qui, répétons-le, té- 
moignent ici, comme ailleurs, qu'aux temps de la pierre 
polie, la céramique n'en était probablement pas à ses 
débuts. 

En outre, au Chcylounet, au moins d'après les mor- 
ceaux recueillis jusqu'à présent et malgré une certaine 
variété dans les dimensions des vases, il ne paraîtrait 
pas y avoir cette diversité des formes qui a été signalée 
en d'antres gisements, ('.es morceaux ne laissent suppo- 
ser sous ce rapport que deux ou trois types dont un, au 
moins, est évidemment le plus primitif qu'il soit possi- 
ble d'imaginer, sans que, pour cela, on puisse recu- 
ler son origine au delà de l'époque de notre gisement 
et plus ou moins avant dans T&ge paléolithique (ij. 



(1) V homme fossile, etc. — Lausanne, 1867, p. 135. 

(9) Ain«i qu'on Ta remarqué avec raison, c'est la forme la plu» ancienno, celle 



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PRÉHISTORIQUES. 109 

La iig. n« 7, pi. m, en présente le prolil d'après huit 
fragments extraits de Tune des cachettes entre roches 
dont il a été parlé, laquelle était ensevelie assez bas 
dans la tranchée. 

Ce spécimen, dont nous figurons un fragment sous 
le no 8, appartient à la catégorie des poteries brunes 
à pâte fine, d'une fabrication soignée, et, par ce mo- 
tif, aurait dû offrir un galbe plus distingué. Il n'en est 
pas moins, comme forme, un type très-modeste aussi 
bien de la plupart des vases de choix que des récipients 
ordinaires. On peut le conjecturer, entr'aulres, d'après 
quatre fragments (n~ 9, 40, 41, M), qui nous repré- 
sentent le haut de vases plus ou moins analogues. 
I Quant à ce spécimen principal (n» 7), c'était un vase 

qui devait mesurer m. 28 c. de hauteur sur m. 20 c. 
de plus fort diamètre. Il était ovoïde ou eu bombe al- 
longée, arrondi à la base, tronqué du haut, à bord droit 
et indiquant une large ouverture, muni de petites poi- 
gnées, si Ton peut appeler ainsi le court appendice 
qu'on voit un peu au-dessous du bord. 

C'est le même genre de vase dont nous avions déjà 
au Musée un spécimen à peu près pareil de forme et de 
dimension, trouvé au mois de juin 1871, à 7 mètres 



qui a dû naître tout d'abord à la pensée du premier potier, au moins pour les 
Qirages domestiques; c'est aussi la plus universellement répandue, soit dan< 
l'antiquité, soit chez les peuplades' sauvages, en Amériqae, sur le bord du fleuve 
des Gazelles, chez les Scandinaves, en Egypte, dans les lacs de la Suisse, an 
rond des tombelies du pays d'Ar-Mor (Bretagne). —fDe la Poterie gauloise, 
étude de la collection de M. Chanel : Paris, 187^, p. S7. Voyez surtout la 
fig. 4 d'un type égyptien qui rjppellc encore presque la Tonne primitive de ce 
genre de vase.) 



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MO Ai^'nguiTbs 

eaviron de profondeur, par suite des travaux du che- 
min de fer, près de Cormail, commune d'Espaly, où 
nous recueilltmes aussi une petite hache en flbrolithe 
polie. 

C'est également à ce type, sauf la présence de deux 
manchons perforés au lieu d'appendices simples, que se 
rapporte un vase entier découvert, par M. le docteur 
Pommerol, en Auvergne, dans des foyers qui lui ont 
offert également une hache en pierre polie avec des 
lames et grattoirs de silex, du blé carbonisé et des po^ 
teries (i). 

Il n*est pas possible, eu égard à la petitesse du frag* 
n\ent n*> 6 de la pL m, déjà cité pour ses empreinles 
digitales, de dire s'il avait été modelé dans le même 
galbe que le précédent. On juge seulement qu'il en 
différait , au moins par sou bord un peu incliné en 
dehors. 

Regrettons aussi que, sous ce rapport, nous ne soyons 
pas suffisamment renseignés par les morceaux tigurés 
sous les no» 11 et 42. Intéressants, d'ailleurs, à d'autres 
égards, ceux-ci qui se rapportent aux deux genres de 
poteries, commune et de choix, déjà énoncés, présentent 
des variétés de ces appendices latéraux, dont une s'est 
déjà montrée dans le vase précédemment décrit. Leurs 
formes— sans qu'on puisse préciser la plus ancienne — qui 
dénotent un certain progrès, répondent aux différentes 
nécessités de maniement, de ti^ansport et de suspension 
de vases. Les uns (n9 U) en guise de très^petites poi- 



(1 SI. de Morlillel, l'rom. pMiht , imi, p, ;}r.. 



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iniÉHISTOUlQUES. \ii 

guées, comme on l'a vu pour le n° 8, sont courts, 
étroits, parfois un peu intléchis du bout vers le bas; 
les autres sont de simples renflements, mamelons ou 
bourrelets (a» 12) plus ou moins forts suivant la gran- 
deur des vases. A peu près conformés comme ces der- 
niers, il y a de ces mamelons qui ont été perforés, soit 
dans le sens vertical, soit horizontalement, d'un ou deux 
trous pour y passer des cordons (n^ 43 à 46) destinés à 
la suspension ; sans exclure peut-être un moyen d*at-* 
tache à un couvercle percé de trouA correspondants, 
comme on en connaît des exemples en Italie pour l'épo- 
que de transition de la pierre au bronse (1). Faisons 
observer cependant, sans déduire absolument de ce fait 
purement négatif un témoignage d'antériorité, qu'au 
Cheylounet, comme à Chassey, à Pilaude, etc., on n'a 
pas encore rencontré la moindre parcelle de couvercle. 
Une autre remarque commune aux poteries du Chey- 
lounet, de la Cueva-Lobrega et peut-être d'autres gise- 
ments, concerne la forme première de ces mamelons, 



(l) Tel est, d'après M. de Mortillct 'Promenades prekist., pag. 139), « un 
petit vase arrondi, portant, de chaque eùié, ua bonrrelet vertical trôné, avec un 
couvercle troué aossi Utéralemeut au-dessus de ehaque bourrelet. Oo voit qu'on 
suspendait le petit vase avec deux cordons dans lequel était aussi 'passé le cou- 
vercle, comme dans les encensoirs. » Cette poterie a été trouvée h la station sur 
pilotis de Utreorago, en Piémont, et « appartient h l'époque de tninsitlon do la 
pierro aa bronxe, » parconséqumt plus ou moins postérieure aux poteries du 
Cheylounet. 

Un autre petit vase rond, signalé en Danemarck (M. Worsaae, ^ordiskc Oldsa^ 
{jer, etc., pi. 90, Ag. 100) pour l'âge de la pierre polie, présente aussi de sem- 
blables perforations verticales, eorrespondanies H celles d'un couvercle. Toute- 
fois ce vase, contemporain d'autres poteries à anses parfuis très-développées, 
doit être d'une époque postérieure à notre gisement, si Ton considère que les 
.lî^es préhistoriques sont en Danemarck en retard sur ceux du reste de l'Europe. 



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H 2 A.M'IQUIÏÉS 

évidente à notre n® 43. On constate, comme là, que 
parfois ils n'avaient pas été pris dans la pâle du vase, 
mais qu'ils avaient été faits séparément pour être fixés, 
avant la cuisson, sur le récipient déjà modelé. M. Louis 
Lartet signale même Thabile procédé d'applique em- 
ployé déjà à l'époque néolithique dans les poteries de 
la Cueva-Lobrega au moyen d'une matière interposée , 
sorte de barbotine dont on retrouve la trace dans une 
poudre jaunâtre qui couvre les endroits d'où se sont 
détachés les ornements. 

Du reste, rien n'était négligé pour donner à ces pro- 
tubérances, plus ou moins larges et épatées, une soli- 
dité calculée en vue de la pesanteur du vase et de son 
contenu, d'autant plus que souvent elles sont un peu 
renforcées au-dessous par l'épaisseur plus forte de la 
panse (n«* U, 45). 

Il n'était pas indifférent d'indiquer les formes préci- 
ses de ces saillies dans les poteries que nous révèle la 
partie inférieure des terres explorées au Gheylounet. 
Nous constatons ainsi la disposition en quelque sorte 
initiale des protubérances à petites perforations, rondes 
comme les cordons auxquels elles étaient destinées, an 
contraire de ce qu'on sait des poteries de la station de 
Chassey, de certaines cavernes ou citera d'Espagne, des 
habitations lacustres de la Suisse, destumulusdu Dane* 
marck, etc. Dans celles-ci, avec de semblables appendi- 
ces simplement troués, on en trouve dont la perforation, 
en s*élargissant, arrive insensiblement à produire d'a- 
hord de petites anses, comme à Chassey spécialement (1 ), 

(1) Voyei l'ouvrage do M. Perraull, déjà cité, pi. 7, llg 1,2 et 3- A cJ 



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PHÉmsTOlUQUES. 113 

el puis de plus eu plus grandes comme à la grolle de 
Vesson dans le Gard (I), au lac de Robenhausen en 
Suisse (â), à la cueva de la Majer en Espagne (3), peul- 
ùlre contemporaine de la Cueva-Lobrega; stations, pour 
la plupart, de la dernière époque de la pierre polie ou 
du commencement de t*âge du bronze. 

Cette particularité de notre gisement, c'est-à-dire la 
présence d'appendices perforés, exclusive de tons frag- 
ments d'anses, si elle ne constitue pas un de ces argu- 
ments négatifs dont il faut se défier avant de plus amples 
recherches, nous reporterait donc à une époque ayant 
précédé la transformation de ces protubérances trouées, 
en l'un des plus notables accessoires du plus grand 
nombre des vases anciens et modernes. 

Quel que soit le sort que de futures découvertes ré- 
servent à cette hypothèse, l'occasion n'en est pas moins 
de solliciter les investigations de la science pour la dé- 



l'^rd, o\\ pourrait trouver ici comme un indice de postériorité comparative- 
ment k nos poteries k simples protobérauces trouées, si toutefois, re qui D'est 
guère probable, cette différence entre la conformation des vases dans les deux 
localités, n'aurait pas tenu uniquement si des usages particuliers à chacune 
d'elles. 

(i; M. Jcanjean. — L'homme et ies animaux des carême j des Basses-Céven- 
nei, Nîmes, 1871, p. 41 el pi. 3, 11g. 0. 

(9) Dans la collection d'ol^ets provenant du lac de Robeuhaaaen et que notre 
Musée doit ii la générosité de M"* la baronne de Boxberg, on voit une anse 
de vase déjà parfaite. 

(3) M. Pherson -> La grêtte de h Femme prés de GrenadCf Espagne (Cadii, 
1870), et Matériaux, etc., décembre 1871, p. 64, et pi. 31, n** 1 et 4. 

« Les anses sont très-variées, les unes peuvent être prises li pleines mains, 
d'aqtrts sont percées de trois trous et trois doigts s'j placent aisément. Il y a 
des mamelons massifs ou percés de petits trous pour passer des cordes, des 
manches quelifuefois assez longs pour être pris solidement dans la main. > 

Tome XXXl. h 



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' 



Mi ANTIQUITÉS 

terrainatioii de Tépoqae où l'anse verlicale coiamença 
d'apparaftre dans la céramique prôhistoriqoe. 

Noos arrivons de la même façon à expliquer par ra- 
sage des mamelons simples et perforés et par lears 
transformations subséqaenies> la présence, à un niveau 
des terres uq peu plus élevé, d'un fragment présentant 
une portion d'anse assez largement évidé (n^ 17}. 

De l'âge de la pierre polie, nous avons passé, san^^ 
doute, à celui du bronze, dans lequel les vases à anses, 
comme en Suisse, en Savoie, en Danemarck et ailleurs, 
tendent de plus en plus à prédominer (4). 

r/est vers le même âge du bronze, représenté au Chey* 
lounet, comme il a été dit, par un certain niveau du 
terrain, qu'on pourra classer également un autre tesson 
provenant de la partie inférieure d'un vase (flguré en 
coupe au n^ 48), régulièrement plate, au lieu d'être 
arrondie comme dans les récipients en bombe. 

Du reste, ces deux débris joints à quelques autres 



'l) 11$ tfomiDent en DaneoiaKli, déjî en plein âge de ia pierre polie, nuis oi 
n'ignore pn qoe ret âge est sensiblemoit postérieor an néolitbe do reste de 
rRurope. Certains vases de Tâge néolithique de la station de Locras qni sont 
mnnis d'anses et ont été décrits par M. le docteur Gross fiet kttkUêtiont U' 
cmtretdu lae de Bieme, 1873 p. 6 et pi. 1} semblent être qvelqoe peu post<S 
rienrt k nos poteries néolithiques du Cheyionnet. Ce savant fait remarquer 
que les ?ases de Loens, « qui se présentent surtout sous forme de plats, d'as- 
siettes ou de tasses, sont d'une pâte beaucoup plus fine, sonrent mniiis d'une 
anse, et par leur forme se rapprochent déjk de la poterie de I*ige dn bronze. 

Le fait de l'emploi asseï tardif des anses, déjk remarqué dans les pabfittes» de 
la pierre polie en Saisse, s'aceentne également dans les stations de Tige dn 
bronze du même |)ajs ; celles de la Savoie, tontes de ce dernier Ige, n'olfirent 
presqvequc des vasosii anses. (Voyez nabitationt lêcrutres etc., parL. Rabut 
1861, pi.) 



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PRéHISTOMQOES. 1 1 5 

Jénoleut encore les procédés de fabrication usités pré- 
cédemment, au moins durant l'&ge néolithique : même 
manipulation sans emploi du tour; cuisson probable- 
ment en plein air, ayant produit les mêmes diversités 
de teinte et de texture de la pâle, soit à l'égard des po- 
teries de choix, soit pour les plus vulgaires; même ha- 
bileté de lissage aux parois interne et externe des plus 
fines poteries. La plupart des vases paraissent également 
avoir conservé les mêmes formes antérieures, principa- 
lement en bombes. 

A la vérité, on n*y a trouvé aucun reste de ces pote- 
ries déjà diversement embellies, h cette époque, de des- 
sins ou ornements en creux on en relief, telles que nous 
en avons trouvées ailleurs dans notre pays, entr'autres 
un petit vase des collections du Musée, orné d*une élé- 
gante zone de chevrons en creux et de pointillés et qui 
a été recueilli dans les travaux du chemin de fer de 
l'Allier (1). 

Mais nous avons dit qu'avant notre arrivée, la terre 
provenant de ce niveau avait été jetée hors de la tran- 
chée et recouverte par les déblais du sol inférieur. Les 
recherches, limitées à une portion de cette terre, y furent 
peu finictueuses et ce ne fut pas sans peine que nous 
parvînmes à y retrouver les très-rares débris d'industrie 
dont on vient de parler. 

La difficulté ne fut pas moindre pour la terre re- 
couverte également par celle qui , dans la tranchée. 



(1) « À répoffue du bronte, dit M. Troyon, l'ornementation des poteries « 
ife même caraclcrc que celle des objets de bronze. > 



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M 6 ANTIQUITÉS 

étail inférieure à celle-là. Nos reclierches ne nous 
IJATërent que des morceaux, en très-petil nombre, de 
poteries noires, grises et rougeâlres, ne différant guère 
des précédents sous tous les rapports précédemmeol 
énoncés. Néanmoins nous avons recueilli un indice bien 
faible, il est vmi, de la première époque du fer, mais 
qui n'en est pas moins curieux. Nous le donnons figuré 
en coupe sous le n» 19. Il s*agit d*un fragment de vase 
à pâte fine et noire, fait à la main, habilement lissé et 
« à bord recourbé en dedans », probablement du genre 
de ceux qu'on assigne en Danemarck à l'âge du bronze, 
qui dans ce pays est un peu en retard, comme on sail, 
sur la première époque du fer, telle qu'elle a été dé- 
terminée pour l'Europe occidentale. C'est au moins, à 
cette époque, bien caractérisée surtout en Italie, que 
M. de Mortillet attribue des poteries ainsi conformées 
« qui recouvrent les ossuaires du cimetière de Golasecca 
en Lombardie » (1). 

Enfin apparaissent dans la terre extraite de la partie 
supérieure de la tranchée, comme à la surface du champ 
cultivé par le sieur Chabannes, dont il a été fait men- 
tion, quelques morceaux de poteries en terre noire ou 
brune, grise, rougeàtre, etc. (enlr'aulres n<>* 20 à- 231. 
ils différent surtout des vases précédents, en ce qu'ils 
décèlent en toute évidence une fabrication au tour (2), 
et vraisemblablement aussi une cuisson au four à potier. 



(1) Proutenades préhistoriques, p. 13-^. 

(3) Le tour h potier p«ut avoir été coooa en Italie, comme noui» l'avons 
dit précédemment, dès la première époque du fer; mais eu Gau!e, et surtoai 
dans nos campagnes, 5011 introduction dut cire retardée, comme on peut 



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PRKHISTORIQDES. 417 

Il y a daûs le galbe des récipients que ces modestes 
fragments font supposer un cachet assez accentué d'épo- 
ques comprises dans les temps dits < historiques. » Mais 
à quels degrés de civilisation successifs les ferons-nous 
correspondre? InsufiSsants, sans nul doute, pour un 
classement à l'abri de toute critique, ils ne permettent 
pas d'exprimer une opinion définitive. Toutefois nous 
serions portés h voir un type de poterie très-ancienne, 
surtout dans deux bords de vases noirs (n** 20 et â4); Tun 
à gros bourrelet interne, l'autre d'un profil plus élé- 
gant, auxquels un lissage parfait aux deux faces interne 
et externe donne l'apparence d'une couverte lustrée. 
Peut-être indiquent-ils la deuxième époque du fer, et 
spécialement une phase contemporaine de l'industrie 
cHrusque, sans exclure absolument les époques gauloise 
et romaine, qui s'étaient approprié ce même genre d« 
poterie, comme nous l'avons constaté par différentes 
découvertes dans notre pays. 

Trois autres morceaux, l'un d'un bord de récipient à 
paie rouge&tre assez fine (n^'Slîî), le, deuxième d*un pied 
d'assez petit vase en argile commune, rouge-bnme 
(n^* 23], et le troisième d'un bord de bol en terre rou- 
geâtre, à surface légèrement teintée de noir, avec reste 
d'une anse assez délicatement modelée, ne seraient 
peut-être pas sans analogie avec certaines poteries gau- 
loises. 

Enfin nous attribuons plus volontiers à Tindustrie 
gallo-romaine un fragment du col d'un gracieux vase. 



d'aillear» le croire d'après le vase i bord recourbé en dedans, leqael serait 
il« ia preuiièfp époque ila fer, tout en étant simplement Taconné k la main. 



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IIH .ANTIQUITÉS 

à paroi mince, eu terre brune, qae nous représentons 
nom le n"" 24, ainsi que Texlrémité inférieure d'une am- 
phore en terre rouge, que nous figurons sous le n"* âo. 

Quant à plusieurs autres spécimens dont nous figu- 
rons une des yariétés sous le n^' 26, rien ne s*oppose à 
ce qu'on les considère aussi comme des restes de va- 
ses, d'ailleurs plus ou moins vulgaires, à Tusage des 
Gallo-romains. 

En résumé, les poteries dont on a rencontré les restes 
assez abondants, très-rarement entières, le plus souvent 
en morceaux, se sont montrées à peu près sans disconti- 
nuité, à tous les niveaux de ja tranchée, dans une épais- 
seur de terre de 2 m. 50. 

Celles des temps historiques descendaient à une pro- 
fondeur qu'il ne nous a pas été possible de bien déter- 
miner, depuis la partie la plus supérieure renfermant, à 
l'exclusion d'objets du moyen âge , des spécimens de la 
céramique gallo-romaine, jusqu'à un niveau paraissant 
répondre au commencement de la deuxième époque du 
fer. Celles-ci, plus ou moins bien confectionnées, portent 
toutes l'empreinte d'une fabrication au tour et d'une 
cuisson dont la régularité, sinon la perfection, indique 
l'emploi du four à potier. 

Les autres spécimens extraits du surplus de la tran- 
cliée, et appartenant aux temps successivement plus 
anciens du fer (première époque), du bronze et de la 
pierre polie, font voir, -^ avec des poteries communes 
et de choix, toutes faites à la main, non absolument 
imparfaites et, d'un âge à l'autre, à peu près sembla- 
bles de forme, de pâte et de facture, — quelques types 
particulièrement caractéristiques qui jalonnent, par 



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PRÉHISTOIUQUES. 119 

iuteryalles » la chronologie préhistorique de notre 
gisement. 

Au niveau le plus bas de la fouille— et sans préjudice 
des terres meubles encore inférieures qu'elle n'a pas 
entamées «- nos investigations se sont arrêtées à Tune 
des dernières époques néolithiques ou de la pi^re po- 
lie, plus ou moins antérieure à celle de quelques gise- 
ments du même âge, et, dans tous les cas, k la dernière 
où il paraîtrait que le bronze ou peut-être le cuivre 
aurait commencé à s'associer dans les sépultures, sous 
forme de simples objets de parure, aux instruments de 
pierre polie. 

Ustensiles ordinaires de ménage, les vases dont nous 
avons recueiUi les restes n'ont pu servir à cet usage 
dans ce lieu, où Ton n'observe aucun indice de foyers, 
aucun vestige d'habitations fixes ou même temporal^ 
res. Il est remarquable de les voir presque constamment 
morcelés, à toutes les hauteurs du terrain, à toutes les 
époques qu'il représente ; de même qu'on en a signalé, 
brisés de même façon , dans beaucoup de sépultures 
d'âges successifs, au moins depuis les dolmens qui sont 
de l'âge néolithique jusqu'aux polyandres romains (1). 



{i; Entr'avtres areliéologues dont les renaar^oes doivent être prises en 
icnnde contidératioii, H. CiiKilbae, dans se»Détaiis ê»téhistorigu€ê ftnr i* ar- 
rondissement de Saiut-AfriquCj 18G5, p. ÎO ^extrait des Matériaux', s'ex- 
prime ainsi : « Les antiquaires de Bretagne sont bien henreoi de poavoii* 
loeltre la main sar des vases entiers. Je ne s«cfae pas qo'il en ait été trevTi* 
d'entien dans nos dolmens. En revanehe, les fragaeats plos ou moins petits 
abondent. > 

1! en est de même dans ane fonle de lienx â IVg«rd des séoulfares gaoîoi- 
ses oC gallo-romaines. 



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1 20 ANTIQUITÉS 

Si, dans ce cas, on les considère <X)mmc offrandes sê~ 
palcrales, l'analogie amène à lear attribuer également 
ici une piease destination, probablement en rapport 
avec Taffiectalion religieuse du lieu. Dans cette hypo- 
thèse très-vraisemblable, ces poteries nous fourniraient 
donc un des plus curieux témoignages des pratiques 
d'un culte ininterrompu pendant une assez longue durée 
de temps, puisque nous le constaterions existant ici, au 
moins dès Tune des dernières époques néolithiques, et, 
sans doute, né finissant qu'avec le polythéisme romain. 

Fibules en bronze et en fer (pi. i, n<»» 3 et i). — L'em- 
ploi, chez les anciens, de ce genre d'agrafe ou brocho 
pour attacher les vêlements des hommes et des femmes 
et les fermer dans la partie haute du corps, est instnic- 
tif sous plusieurs rapports; très-variées de formes et 
d'ornementation, plus ou moins riches par la matière, 
au point de constituer un des objets principaux de pa- 
rure et,àce titre, adaptées aux différentes conditions de 
leurs possesseurs, les fibules étaient, dans laGaule, d'on 
usage très-répandu aux temps de l'occupation romaine 
et même encore sous les rois mérovingiens. 

Leur classement, s'il était limité à ces deux dernières 
époques, serait facile. Mais les récentes investigations de 
la science ont démontré qu'antérieurement ces broches 
n'étaient pas moins connues des Gaulois et qu'en outre, 
leur usage aussi bien que la diversité et le luxe de leur 
décoration doivent remonter dans F Europe occidentale 
jusqu'à la première époque du fer, et même atteindre 
l'âge du bronze. Sans préjuger l'époque exacte qu'un 
jour il sera possible de mieux établir, on peut conjec- 



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l'hKHISTOlUOUES. 121 

tnror que remploi des agrafes ne dut pas larder h 
prendre naissance après qa*aux vêtements primitifs en 
peau eurent succédés ceux en étoffe ou tissu et que 
les Gaulois, en particulier, adoptèrent la fibule prin- 
cipalement pour fixer le sagum (1 ) . 



(1} M. Lubbock fPrœkUl, limea, p. ^2) remarqae que les flbttles se troDVcrit 
géncraiement au milieu d'objets en Ter, et il suppose qu'elles étaient incon- 
nues dans l'âge du bronze. M. de Mortillel, dans son mémoire snr \C9 
Sépuiiures anciennet du plateau de Sommes en Italie, signale le dépôt de 
quelques fibules dans ces sépultures de la première époque du fer, c'est-^ire 
antérieures ii l'occupation des Ombres et de;: Etrusques, ou datant toot au plus 
de l'arrivée de ce dernier peuple f Revue archéoL, 1805, p. 468). Ce sivant fpro- 
men. prikitt., 1867, p. 55} rappelle aussi les fibules de Gallstatt du premier âge 
du fer. M. le docteur Grosi vient de confirmer le fait par la découverte dans 
la station de Mœringen en Suisse, (première époque du fer), d'une fibule en 
bronze, de forme massive et du type des fibules li boudin formé d'un seni 
tour de spire (Les habitatiotut lacuHres du lac de Bienne, 1873. p. S8 et pi. 
V, fig. 6 ). Les fibules semblent manquer dans les païafittes de l'Age du bronze 
eu Suisse cl c'est cxeepiionneilemcnt qu'il l'ExïMsition nnivcrselie de 1867, la 
collection Schwab, la plus richi; en objets lacustres, en offrait < une Feule de la 
fin de l'âge du bronze. » flàid., p. 97). Peut-être aussi, une autre, provenant 
du lac da Bourget et exposée avec la eollectioii de M. de Costa de Beauregard, 
appartenal^ elle à la lin du même ;ige. Toutefois nous ne devons pas omettre 
une belle fibule en bronze trouvée plus récemment par M. le docteur Gross, 
dans la station lacustre de Sutz du lac de Bienne, et que ce savant observa- 
teur est porté li classer 2i l'âge du bronze fLex hafntatiouit lacustres du lac de 
Bîemey p. 36 et 41 et pi. iv, fig. (1. Elle est de forme élégante, li ressort ^ 
boudin et double spirale. Les fibules sont très-variées en Danemark. Mais on 
croit que l'ige du bronze danois s'est prolongé quelque peu dans le temps où 
le fer était déjà employé ailleurs. En outre, il est curieux de remarquer, 
comme indice peut-être de l'un des pins anciens types des fibules, que la 
plupart de celles du Danemark ont leur ardillon < sans ressort en spirale, 
simplement fixé au moyen d'un anneau qui laisse l'ardillon mobile. •> 

Enfin, une forme encore plus modeste qui semble remonter ii l'aurore de l'âge 
du bronze, est celle d'une fibule conservée au musée de Mende et dont nous 
avons un moulage au musée du Pny. MM. Solanet et Boissonade l'ont trouvée, 
av«^ des jjralns de collier en fragment de coquilles i«t en os, avec des roquille^ 



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122 AMIQUITKS 

Durant un cerlaiu espace de temps qui a précédé 
l*ère chrétienne, on a souvent placé des fibules comme 
offrandes dans les sépultures, selon un rite funèbre qui 
ne sembla pas avoir souffert d'interruption. Par analo- 
gie, on peut admettre également que les lieux saints 
consacrés aux divinités des bois, des monts, des eaux 
etc., dont la tradition, sans doute fort ancienne, s'était 
perpétuée en Gaule (^), avaient dû recevoir aussi, dans 
le même laps de siècles, les dépôts de semblables bi- 
joux. 

Ces données laisseraient un large champ ouvert aux 
conjectures pour Tépoque qu'il convient d'assigner à 
nos deux fibules. Toutefois d'autres indications peuvent 
sur ce point nous éclairer, telles que la situation relative 
de ces objets dans la tranchée et leurs formes cai-acté- 
ristiques. 

La fibule ou broche en bronze n" 3 nous a été don- 
née par H. Guilleminot qui l'avait recueillie vers la 
partie supérieure du terrain. L'autre en fer, n« 4, a 
été trouvée par un ouvrier, environ au même niveau 



idariaes troaées l't nne pointe de &iiex, daos une sépnltare da dolmei du VMpêi 
(Lozère). Ici l'agnre est munie d'ui appendice, sorte d'inaeta ea crodiet 
ayant leni k la fixer au vètemeat, et l'ardiltoa, lûag de 8 centimèlMa, ^ai a 'a 
ni rauort ni anneau, constitne un simple proiongement de la plaqae qa'oraeot 
do trt^*nalfs desdns gravés au trait très-probablenent an moyen d'aaa potoie 
lie silex. M. L. de Malafosse a pablîé ee rare et précieux spécimen aa Jhiir i*' 
iH Sêc. i'tgrtc, dé la Lozère, 1870, S* partie, p. 80. 

(l) Voyez pour les offrandes aox espritt des eaux nos précédents nénoires • 
FûuiUês au ter du Boueket {inn^et, 1869); — notice tur Ut fùdéetà kgs- 
nui (Amuêkêy t. xxii, p. 810); ~ Noteeur le euite iee ^errft, cta.(i«ff., 
t. xiiv, 1801, p. 40); ^Auâiune routé ou êittradê 4u Puy aa Fête* (kumn- 
le», t. XI IX, 1808, p. 087), etc. 



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PKKHISTORl<jUi:S. 15.'} 

des terres, c'est-à-dire dans les mêmes conditions d'en- 
fouissement que nous avons déjà remarquées à Tégard 
des tessons de poterie ayant an cachet aftsez accentué 
d'époques comprises dans les temps dits historiques. 

Quant aux formes de ces objets, elles sont bien carac- 
térisées : la Abule de bronze dont Tardillon parait être 
en fer, d'après un faible reste adhérent à la charnière, 
a son corps formé d'un disque légèrement convexe, 
orné de cercles concentriques et terminé par un appen- 
dice plat qui s'élargit du bout pour recouvrir le chenal 
de l'agrafe. Le disque est lui-même surmonté, en ar- 
riëre» d'un petit arc, à côte longitudinale au milieu, re- 
présentant dans cette variété le corps entier en bour- 
relet arqué et fortement côtelé des broches préhistori- 
ques les plus anciennes du midi de l'Europe (première 
époque du fer), comme on le voit d'après un spécimen 
lacustre « de la fin de T&ge du bronze » recueilli par 
M. Schwab en Suisse (4). Cette particularité, montrant 
seulement de quel type dérive notre variété de fibule, 
n'empêche pas de la considérer comme plus ou moins 
postérieure à la première époque du fer. Ajoutons que 
ce type n'est point rare dans notre pays pour l'époque 
romaine. Nous l'avons observé plusieurs fois dans les 
fibules que nous ont livrées nos explorations d'antiques 
villas. 



(i) M. de Morlillet, Prom. prèhist.y p. 119. — Cet arc se retrouve pins tard, 
mais sensiblement modiQé dans certaines flbales franqnes, dites anséét, indi- 
(|uant qu'en Allemagne, le type préhistorique n'avait pas conplètement disparu 
pas plus que dans la Gaule oà il est représenté par le petit are de notre tt- 

bule. 



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124 ANTIQUITÉS 

La libule en fer est aussi d'un type bien marqué 
qu*on a signalé au nombre de ceux observés dans cer- 
tains palaflttes de Suisse les moins anciens et qu'on hé- 
site à classer comme vraiment préhistorique : « c'est 
une tige métallique, dit M. de Mortillet, se renflant gé- 
néralement un peu pour former Tare, puis d'un côté 
s'enroulant en double ressort et s'amincissant pour 
constituer l'aiguille. Du côté opposé, après avoir formé 
l'agrafe en chenal, I?i tige se recourbe et vient se fixer 
au milieu de l'arc (1). 

Un spécimen encore plus simple, en ce qu'il est privé 
de la partie de la tige repliée en dessus, a été signalé 
par M. Théoly à Sion en Valais, dans une sépulture 
qu'il croit, sauf quelques réserves, de la première époque 
du fer (2). S*il en était ainsi, on jugerait par voie de 
filiation que les fibules de Suisse, et la nôtre seraient 
plus ou moins postérieures à celle de Sion. Dans ce cas 
également, sans nier l'origine peut-être fort ancienne 
des mêmes formes, il faut croire qu'elles se seraient 
maintenues dans la suite et même après la conquête ro- 
maine ; car nous avons trouvé des spécimens absolument 
semblables à nos deux fibules, parmi d'autres objeis 
d'antiquité recueillis par nous même dans le pays, en 
particulier au Puy, à Saint-Paulien et à Marminhac, où 
les particularités de leur découverte leur ont même assi- 
gné ordinairement la fin de l'occupation romaine. Elles 
constituent, en outre, des variétés do formes différen-- 



ihProm. prehist,,p. 101. 

(«) Un cimetiêff de la première époque du fer à Sion, Matériaux ; 1870-. 
1871, p. 377 H pi. !4, n» fi. 



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PIlKllISTOBll^liES. I^.'i 

tes, H certains égards, des fibules vérilablenieul méro-> 
vingienues, importées en Gaale par les invasions teuto- 
niques (4). 

En résumé, les seuls éléments d'entière certitude qui 
se dégagent des observations exposées ci-dessus, dé- 
montrent Texistcnce évidente du type de notre fibule 
en fer aux époques gauloise et romaine, et l'emploi de 
notre variété de fibule en bronze au moins k Tépoque 
romaine, y compris le IV* et le commencement du ¥• 
siècle. C'est cette dernière date que nous serions porté 
à préférer, en considérant d'une part que cet objet 
provient d'un lit supérieur du terrain, et serait par 
conséquent d'une époque relativement peu ancienne , 
et, d'autre part, qu'au IV ou V« siècle, dut principale- 
ment commencer, en -suite du développement et de 
l'întluence du christianisme, l'extinction des cultes et 
sanctuaires réprouvés par la foi évangélique. 

Bout de fuseau en fer. — Aucun indice n'est à refu- 
ser, soit-il en apparence peu significatif. Le modeste ob- 
jet de fer que nous figurons à la pi. i, sous le n^* 3 et qui 
provient également de la partie supérieure du terrain, 
ne serait-il pas sujet, lui aussi, à quelque révélation ? 
Avant de répondre, établissons d'abord son véritable 
emploi. 



(1) Vujoz, eatr'aatrcs ouvrages oATmiU des représcotâtions de flbaies poslé- 
rienres au V* siècle» celui de M. l'abbé Cochet : U têmhea» de ckitdérie {•' ; 
1859, p. 901-31 i<917.S30--231>:?39-306 et 383. Voyez aussi an Musée du Poy 
diverses Aboies rranqncs provenant d'un champ de sépulture de ruxieux (Mo* 
selle). 



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I îfi ANTI()PlTés 

A première vue, sa forme fait penser à une sorte de 
fer de (lèche, de dard ou de javeline. Hais, dans ce cas, 
la poinle d'arme de jet la plus approchante de celle*ei, 
telle que nous l'avons trouvée dans nos fouilles de la 
villa romaine de la Droit (4), est i*onde près de la douille, 
et se prolonge à quatre pans aigus, contrairement à la 
figure conico-cylindrique de notre pièce. On pouiTail y 
voir aussi un bout ou talon de hampe de javelot, un ai- 
guillon à piquer les bœufs, etc. Mais aucune de ces in- 
terprétations ne répond exactement à la physionomie 
de ce spécimen, qui trahit surtout, en dimension comme 
en profll, une entière similitude avec le bout d'un fu* 
seau à filer, cylindrique en bas pour favoriser l'impul- 
sion i*otatoire des doigts, à douille pour Temmanchure 
du bois et s'amincissant coniquement dans le haut. Ln 
démonstration se complète par un autre spécimen décou- 
vert parmi les vestiges d'une de nos villas antiques, aux 
Ufernets, commune de Taulhac, lequel ressemble h des 
sommets de fuseau romain conservés au Musée St-fter- 
main. Geux*ci sont de forme analogue, sauf qu'ils of- 
frent, plus visiblement que dans notre spécimen, une 
encoche ou rainure oblique, destinée à Tarrét du fll 
pendant sa torsion. 

Les tombes ont révélé plus d'une fois de pieuses of- 
frandes de quenouilles et de fuseaux : mais quel senti- 
meiil, quelle secrète supplique au mystérieux esprit du 
lieu aurait pu inspirer ici k une jeune fille, à une mère, 
il une pauvre femme accablée par les ans, le dépAt de 



(i) AHHûk,s, nm^i, t. XXVIII, i>. m. 



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PRÉHISTORIQUES. I 'i1 

Tuii de ses attributs favoris ? A celle quesliou, les ré- 
ponses seraient trop diverses, certaines peut*étre trop 
indisorèles, pour qu'il fût possible d'y satisfaire. 

Fer de ehetal et médaille. •-* Nous mentionnons 
pour mémoire ces deux objets qui, ayant été trouvés au 
début de la fouille par M. Ouilleminot, ne l'avaient pas 
suffisamment intéressé à les conserver. Ses souvenirs 
ne lui ont permis de décrire que le fer de cheval ; il 
(Hait, nous a-t-il dit, de petite dimension, assez large- 
ment ouvert, peu épais, à six trous oblongs ou étam- 
pures, à bords ondulés et sans crampons ni éponge, 
c'est-à'dire conformé comme celui iiguréà la pL i, n^ 6, 
({ue nous avons fait connaître précédemment, en parlant 
des trouvailles du champ cultivé par le sieur Chabannes. 
S'il en était ainsi, on aurait là encore tous les caractères 
d'un type de for de cheval tellement ancien, que de 
savants archéologues, notamment M. Quiquerez (4), et 
M. Caslan (2), en reportent l'origine presque à la deu- 
xième époque de l'âge du fer, et son emploi plus ou 
moins approprié aux habitudes de certains pays de la 
Gaule, jusques vers la fin de l'occupation romaine. Nos 



(l) Sur Us anciens fers tU cheval dans le Jura. Exirail des Mémoires de 
la SoeiéU d'émulation du Dunbs^ arance du fi norenbre 1864, brochîire 
in-8* afflc plaiir.b«s. 

Dt Vige du fer, Hâchirckts ««r les ancicHites forget du Jura ùtruoit, ISG6. 

Déjà on 1SÔ9, M. l'abbé Cochet, eontrairemenC à l'opinion géoérale aduiian 
jusqu'alors, avait produit que|«iuo3 ûiits ciabliasant l'aneicnnelé de cttttc espère 
(le for- /Le iombew de Ckiiééric /•', p. U9). 

(3) le$ champs de butaiUe, etc., au pa^s d'Alaise. ^ BoMiicon, 1804, 
brochare in-8*, p. U. 



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128 ANTlQtlTKS 

propres recherches ue nous oui pas enV:ore fourni la 
preuve de Tnsage de semblables fers dans notre pays en 
des temps plus ou moins reculés de la période gauloise, 
mais diverses découvertes ne laissent aucun doute au su- 
jet de leur emploi, au moins pendant l'époque romaine. 
Ënlr'autres exemples, le plus remarquable est celui que 
nous fournit au Puy, en 1868, le défoncement du sol 
végétal de la prairie communale du Breuil, pour sa 
transformation en jardin public. Les travaux, chaque 
jour exactement surveillés, nous montrèrent sous l;i 
couche végétale , ayant au milieu de la prairie une 
épaisseur de Û">88 c, un lit de gravier et de galets, dans 
lequel on rencontra, éparpillés au même niveau, plu- 
sieurs de ces fers et des clous nombreux à tête allongée 
et lame carrée, qui provenaient du même genre do 
ferrure, ainsi que des médailles romaines des empe- 
reurs Antonin et Adrien, des tessons de vases et des 
morceaux épais de tuiles plates k rebords (1). 

Quant à la présence de fers de chevaux confiés comme 
offrandes au sol du Cheylounet, très-probablement à 
l'époque romaine, elle peut très-bien l'appeler une pra- 
tique religieuse et funéraire qui a été signalée en d'au- 
tres localités et dont M. Quicherat, dans un récent mé- 
moire sur la question du ferrage des chevaux en 



(1) A différents niveaux an-detîstts de ce lit de gravier, le sol \e9etal livru 
une série d'antres fers qai, dans la collection que noas en avons formée au 
Musée, fait voir les transformations successives du ferrage des chevaux dans 
notre pats. Notons qu'il ne s'y est tiouvé ni hippotaniiate, ni aucun des 
spécimens connus sous le nom de husandaie, bien que nou^ ayons an Musi'c 
deux exemplaires de celte dernière ferrure qui ont été recueillis dans le sol 
bordant l'antique fâtrade du Puy h Nfmes, aujourd'hui avenue de Vais. 



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PRÉU1ST0R1.QUES. 1 i9 

Gaule, a fait ressorlir savamment loul l'intérêt archéo- 
logique (I). 



m 



Parvenu au tierme des recherches qui, pour être sin- 
cères et dignes de quelque attention, nous ont imposé 
de longs développements, résumons-les ann d'en déga 
ger les principales conséquences. 

Rappelons d*abord que l'exploration du monticule 
du Cheylounet, restreinte à une faible partie de son 
étendue et de la profondeur du sol, ne nous a probable- 
ment pas encore livré tous les indices de son antique et 
mystérieuse destination. 

Dans ces conditions môme, nos investigations ont 
produit des résultats suOisants pour mettre en lumière 
un fait principal, à savoir la présence de Tindustrie 
humaine caractérisant, en succession chronologique, les 
trois derniers âges préhistoriques de la pierre polie, du 
bronze et du fer (première époque), ainsi que les épo- 
ques gauloise et gallo-romaine. 

On en doit la révélation aux travaux du chemin de 
fer. Outre deux épées en bronze que les fouilles ont 
exhumées du sol sur un point dénudé des pentes de la 
coHine, une tranchée ouverte à la profondeur de im. 
50 c. dans un dépôt intact et régulier de terres meubles 
ou détritiques, a laissé voir différents objets d'industrie 



(1) Keeuê des socieUs stuantcs, livr. de seplenbrc et octobre 1873, p. S86. 
Tome XXX U I 



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430 APTTlOOirfcft 

eûfottis suivant différents niveaax de ce terrain, sans 
préjudice d'une portion assez notable du môme terrain 
détritique au-dessous de la tranchée, qui n'ayant pas 
été atteinte par la fouille, doit représenter encore des 
temps plus reculés. II serait assez extraordinaire qu'iï 
n'y eût pas au moins quelques faibles traces du premier 
âge, celui de la pierre taillée ou paléolithique, pouvant 
lui-mâme se relier, par superposition d'autres indices 
néolithiques, à Tépoque la plus ancienne de celtes que 
la tranchée nous a dévoilées. 

Celle-ci, en effet, est assez avancée dans l'âge néoli- 
thique ou de la pierre polie et ne semble pas fort éloignée 
de la période de transition entre la pierre et le bronze. 
Les objets auxquels nous avons reconnu cette époque, 
sont principalement deux broyeurs en granité polis et 
un fragment de flbroUthe, matière qui avait été le plus 
fréquemment utilisée dans notre pays pour les seuls 
outils néolithiques. Ils étaient associés, vers le fond de 
la tranchée , avec des tessons de poterie , des pesons 
(le métier à lisser ou de fllet de pèche en terre cuite, 
des silex pins ou moins bien taillés en lamelles, en 
gi-attoirs, pointes de flèches et de perçoirs et des mor- 
ceaux et éclats informes de la môme substance. 

A l'âge subséquent du bronze ont été attribués égale- 
ment des restes de poterie extraits de la terre au-dessus 
de ces divers objets, ainsi que les deux épées en bronze 
déjà mentionnées accusant par leur forme, la lin de 
rage de ce métal et d'autres pièces, lance en bronze, 
silex et poteries déterrées d'un champ précédemment 
mis en culture. 
L'âge du fer, y compris les époques gauloise et gallo- 



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PHKHlSTOniQUES. 131 

romaine, s'eM révélé par des spécimens de polerie, re* 
cneillis à des nireaux de plua en plus élevés; la der* 
nière de ces phases de civilisation antique étant, en 
outre, particulièrement évidente d'après la présence de 
deux fibules en bronze et en fer lesquels appartiennent 
surtout à des types caractéristiques des usages ro- 
mains dans notre pays. 

Tous ces mêmes objets, interrogés sur lebr raison 
d*étre dans le sol du Cheylounet, nous ont apprit qu'à 
toutes les époques de leur dépôts ils avaient été enseve^ 
lis suivant des conditions identiques et trèS'pi*obable^ 
ment intentionnelles : telle était la situation des épées 
entre deux pierres brutes soigneusement disposées en 
forme de petite cellule ou cachette, sans nui doute pour 
en assurer la longue préservation. Telle était également, 
on vue d'une semblable protection, la place de cerlaines 
poteries et de silex, dans des vides ou cachettes entre des 
pierres on roches. La brisure des armes et le fûorcelle-' 
ment des vases qui ne sauraient être accidentels, expri« 
maient aUssi une pensée préconçue, une intention vrai- 
î^emblablement religieuse, analogue d'ailleurs à celle 
(jui avait inspiré le rite funèbre des temps préhistori- 
r|ues, tel que Tout démontré de nombreuses sépultures, 
dans lesqticlles on a constaté des dépôts d'armes et 
d'instruments entiers ou fracttirés, de vases et d'abon- 
dants morceaux de poterie et des silex de proportions 
diverses, parfois très-exigus, fort souvent en fragments 
bruts et éclats absolument impropres à un emploi usuel. 
D'après ces données, il n'est guère possible de refuser, 
principaleiront à ces derniers el semblables objets trou- 
vés au Cheylounet, un sens de mystique vénémtion, une 



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132 Ai\TIC*lJITÉS 

signification d'images religieuses ou volives, oiïrandes, 
comme celles des pièces plus grandes, intactes ou bri- 
sées, à quelque divinité locale. 

Dans cette opinion la plus plausible parmi d'autres 
hypothèses que nous avons dû examiner, il fallait 
savoir si le lieu lui-môme aurait pu convenir aux pra- 
tiques d'un culte très-probablement primitif. Or, le mon- 
ticule du Cheyiounet, sous le double rapport de sa situa- 
tion dominante dans le vallon de Saint-Vidal et de son 
imposante structure, nous a paru éminemment propre 
à cette destination. 

En conséquence, on peut voir, dans tous les objets ex- 
humés de ce gisement, les témoignages de pieuses visi- 
tes accomplies, à diiïérents intervalles de temps, par 
une modeste et petite peuplade qui pouvait être canton- 
née au voisinage du sanctuaire. 

Ses hommages s'adressaient, sans doute, à l'on ne sait 
quel divin esprit des phénomènes naturels, objets d'ef- 
froi ou de vénération, tels que le tonnerre, les commo- 
tions du sol, les monts, les eaux, les bois, les astres, etc. : 
seul culte, d'ailleurs, que l'homme aux premiers degrés 
de la civilisation ait pu concevoir et qui, enraciné |mr 
de persistantes habitudes, subsistait et même survécut 
dans la Gaule,* comme dans presque toute l'Europe, à la 
fin de l'occupation romaine (1). 



(I) < Cil 44-2, le concile d'Arles, et en 567 celui de Tours, défendirent d'adurrr 
les arbres, tes pierres et les fontaines, d'allumer des feux daus le\oisinage. Le 
recueil des CapUulaires (I. i, t . lxiv, p. 339, art. 789, e. lxiii et vin ; tit. d-2f^, 
p. 1098, c. xsi), renferme aussi plusicors édits ayant pour bat de réprimer rettc 
idolâtrie qui se maintenait dans les Gaules, dans la Belgique et chez les Saxons 



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IMlÉHISTOlUgURS. 133 

Nous aurions voulu lirer de nos trouvailles d'autres 
conséquences; apprécier, par exemple, la longue durée 
de siècles que semble indiquer l'épaisseur des terres 
amoncelées par des causes lentes et régulières, au-des- 
sus du dépôt des offrandes néolithiques. Mais les élé- 
ments de ces sortes d'évaluation se compliquent, sui- 
vant les lieux, de circonstances variables qui, dans 
l'état actuel de la science, ne permettent guères d'asseoir 
(les hases chronométriques d'une suffisante précision. 

Nous désirerions également esquisser, d'après la na- 
ture des objets enfouis à différentes profondeurs, un 
aperçu des mœui*s et des usages successifs de temps 
plus ou moins éloignés de noiis. A cet égard encore, 
les seuls vestiges de l'agreste population que les fouilles 
ont révélés, n'autoriseraient pas un exposé suffisam- 
ment complet des divers degi*és de civilisation qui, de- 
puis les plus anciens âges préhistoriques jusqu'à la fin 
de l'époque romaine sont particuliers à. notre pays. 

Les résultats de nos recherches n'en établissent pas 
moins des jalons touchant à des points d'une importance 
réelle dans les questions qui, depuis quelques années, 
ont élargi les lointains horizons de l'archéologie. C'est 
une considération qui , en éveillant l'intérêt sur ce 
genre d'investigation, nous invile à rattacher aux indi- 
ces fournis par le g!te du Cheylounet les notions acquises 
jusqu'à ce jour pour notre pays et pour la région occi- 
dentale de l'Europe. 



au delà de l'Elbe. [Ckron. slav., c.xlviij, p. one. — Batissier.flw/oir^ dei'art mo- 
numental, p. 8S3.) Noas avons mCme fait voir dans un autre travail que ces sh- 
perstitieuscs croyances n'ont pas encore enti^rement disparu de nos campairnes. 



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|:H antiquitks 

A la vérité, les fouilles n'ont rien dit des temps aa- 
térieurs & l'âge néolithique durant lesquels Thomme, 
— ayant vécu h Total plus ou moins sauvage en 
contemporanéitô du mammouth, du rhinocéros à 
narines cloisonnô&s, du grand ours et du renne, au- 
jourd'hui disparus ou émigrés, c*est'à*dire au temps 
où notre contrée était encore emhrasée par les 
feux volcaniques [i], -— avait fait un usage exclusif 
d'instruments en pierre taillée. Mais du moins eileK 
nous ont montré quelqueî: spécimens de ces ustensiles 
encore appropriés aux habitudes d*un âge immédiate- 
ment postérieur et avec lesquels se sont trouvés, comme 
on l'a dit, des instruments et d'autres objets plus essen* 
tiellemcnt caractéristiques de l'âge de la pieri*e polie* 

Ces objets sont, d'ailleurs, plus nombreux et variés 
en d'autres localités du pays où, sans parler des vases 
encore assez rares, abondent surtout les instruments 



(IJ Nous avoni» «cquis )3 certHade qqe l'homme , doi^at le coars de l'âge 
paléolithique , avait \éc\i daos la contrée > Qon-seuleraent d'aprjis la présencr 
de quelques silex imparfaitemeut taillés li éclats , mais encore par le témoi- 
gnage désormais irrécusable des ossements humains fossiles dont nous avons 
signalé, en 1814, la découverte parmi les déjections volcaiiîquea du moût De- 
nise prés le Puy, plus ou moins antérieures aux atterri&scmeiUs quaternaires 
du fond de nos vallées qui contiennent des restes d'animaux aujourd'hui éteints 
ou émigrés. (Voyez h re sujet nos communications à la Société géologique 
de Fnnee, dam son Buiietin de I84i, les comptes-rendq« Cm Googri^s «pion- 
liflque de France de 1&)5 , les comptcs-rendns du Cpngrès géqlogiqpc d'A- 
berdeen (AnKletcrre), et enfln ceux de la réunion tenue au Puy en 1863 
par la Société géologique de France. Ajoutons que cette découverte a reçu 
la sanction d'autorités très-compétentes dans la science, entr'autres MM. Lyell 
L'andenfié dé nomme), Poulett Scrope Gioiopê et volcant éteints tin 
centre de ta France ^ Pictol, de Genève, Naamann, d'Allemagne, Alfred 
Manry, membre de l'Institut, Tournai, Loeoq, etc. 



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PMÉMISTOfilQt'ES. 13.j 

eo pierre poiie, de dimensions, de formes et subs- 
tances trës-diver^esi le plus grand nombre, d'aiHaurs, 
indigènes. Ils évoquent ainsi, par analogie ayec beau- 
coup d'autres trouvés en différentes contrées de TEu-* 
rope, l'image d*une période de temps ou les hommes 
déjà vieux sur la terre et de i*aces mêlées, étaient par- 
venus généralement à un certain degré de civilisation. 

Groupés en bourgades sur des points culminants ou à 
leur voisinage dans des cavernes naturelles ou déjà 
creusées de main d'homme, et à proximité de ces grot* 
tes, paitois simples vigies ou. vedettes, ou bien encore 
sur les eaux des lacs et des maft*ais qui assuraient leur 
détensa contre des entreprises hostiles, ils pourvoyaient 
à leurs besoins au moyen de demeuras fixes, de vête- 
ments en peau et en étoffe, d'armes, d'instruments et 
d'ustensiles en pierre, os, corne, bois et terre cuite. Ils 
cultivaient la terre, en obtenaient des céréales, élevaient 
et nourrissaient du bétail, en joignant i ces industries 
agricoles les ressources de la chasse et de la pêche; ils 
trafiquaient entre peuplades des produits de leurs in^ 
dustrieux labeurs. 

S'étaient-ils cré^ des moyens de transport faciles et 
commodes? les chars à roue leur étaient-ils connus? On 
peut le supposer, car ils avaient fait application de la 
roue à une sorte de brouette, le véhicule le plus usuel 
dans les habitations lacustres de la Suisse. Il faut croire 
anssi que pour les nécessités des échanges ou du négoce, 
pour le transport des bois indispensables à leurs habita- 
tions et des énormes pierres de leurs monuments méga- 
lithiques, provenues de gîtes parfois éloignés, les peu- 
plades devaient avoir des chemins et môme comniu- 



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130 ANTIQUITÉS 

niqner entr'elles à l'aide de ces voies, d*abord simples 
ilinéraires, que les Gaulois et, après eux, les Romains 
durent perfectionner et que nous avons retrouvées dans 
notre pays encore pratiquées au moyen-âge sous le nom 
iV estrades (1). 

Les sépultures, au moins celles des personnes distin- 
guées, étaient alors de vastes tombes (dolmens). Elles 
contenaient les armes et instruments du défunt , des 
vases ou bien leure représentations réduites à de mys- 
tiques fragments, des amulettes, etc. 

D'autres monuments plus ou moins mégalithiques 
semblent aussi avoir été consacrés h un culte primitif 
et rudimentaire né, comme il a été dit, de la contempla- 
tion des phénomènes physiques. Les lieux, sanctuaires 
ou nemets, qui appelaient les peuplades aux pratiques 
religieuses, étaient les forêts, les eaux, les monts, les 
roches de structure extraordinaire. Celles-ci, comme au 
Cheylounet, purent souvent rester à peu près intactes et 
brutes; mais d'autres fois, elles reçurent, dans la suite 
des temps, des cavités régulièrement creusées en bas- 
sins, cuvettes et rigoles h l'imitation des autels du po- 
lythéisme romain , ainsi qu'on voit dans notre pays 
nombre d'exemples de semblables roches (ï). La pieuse 
vénération qu'inspiraient les sépultures, amenèrent aussi 



{[] C'est ce que nous avons essayé de démontrer dans un précédent mémoire 
sur une ancienne route ou estrade du Pny au Forez. (Annales, i. xxix, 1868, 
p. 186.) 

(9) Après avoir examiné mûrement et sans parti pris, toutes les opinions 
émises sur les roches il bassins, nous sommes parfaitement convaincu qu'au- 
cune d'elles ne satisfait, mieux que la nôtre, \ toutes les particularités de ces 
monumenis t'^ès-rurii'ux et trop peu connus au moins pour noire pays. 



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IMtKIUSTOlUOlîES. 137 

(le bonne heure à transfonnei* certains dolmens en mo- 
numents (le calte et leur enceinte en véritable sanc- 
tuaire ou nemet. 

C'est probablement aussi au génie inventif des m(>- 
mes populations qu'on doit attribuer, outre les dolmens 
simples et ceux à allées couvertes, au moins les pre- 
mières érections de ces divers monuments mégalithiques, 
trilithes ou lichavens, cromlechs ou cercles de pierres, 
peulvans, etc., dont les différentes destinations, malgré 
de nombreuses et savantes éludes, restent encore un 
problème à résoudre. 

Un certain goôt artistique que la découverte posté- 
rieure des métaux devait plus amplement développer, 
se produisait déjà, chez nous comme ailleurs, dans les 
belles proportions de certaines haches, aussi bien que 
dans le choix et la variété des pierres parfois rares et 
précieuses, indigènes ou transportées de loin proba- 
blement par le négoce. On ne doit pas moins remar- 
quer les soins presque artistiques avec lesquels les 
poteries ont été façonnées môme simplement à la 
main et sans emploi du tour, les pâtes fines et assez bien 
préparées qui parfois les composaient, enfin les pro- 
cédés de cuisson et de lissage, sans exclure à une épo- 
que un peu postérieure au néolithe du Cheyiounet, des 
profils tendant à diversifier le galbe des vases et à les 
embellir par de naïfs ornements, figurés en creux ou 
môme relevés en saillie . 

Etranges populations absolument inconnues dans 
rhisloire comme dans les légendes des temps héroïques 
et auxquelles en ont succédé d'autres non moins oubliées 
et cependant encore plus avancées en civilisation! 



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\W ANTIQCITÉS 

Celles-ci élaienl parvenues à paiser daus la connais- 
sance et remploi d'un métal Imbilement allié d'étain, 
le bronze, des ressources qui leur permettaient de pro- 
duire, avec une notable diversité de facture et d'orne- 
mentation, des armes, instruments et objets de parure et 
même de culte assez nombreux : haches, épées, dagues, 
têtes de lances et de flèches, hameçons, faucilles, cou* 
teaux, rasoirs, poinçons, bracelets et anneaux, épingles, 
colliers, boucles d'oreille, pendeloques, pièces d'harna- 
chement de cheval, symboles divers, notamment eu 
croissant, etc. 

Les plus anciennes de ces pièces de bronze déposées 
dans les dolmens comme rares objets de luxe, vers lu 
fin de l'âge néolithique, dénotent que l'emploi de ce 
métal s'introduisit assez lentement en Burope, soit que 
les autochton66 on indigènes l'eussent, eux-mêmes, 
découvert, soit qu'il proytnt d'une importation étran- 
gère (4). A l'égard de cette dernière hypothèse, les ra^ 
cherches des archéologues et des linguistes tendent à 
placer le point de départ de l'induslrie du bronze dan» 
le centre de l'Asie. Toutefois une opinion nouvelle et 
au moins très-ingénieuse vient d'être produite par 
H. Roisel (2) , d'après laquelle le bronze serait dû aux 
Atlantes , habitants de l'Atlantide mentionnée par Pla* 



(1; A l'appui de celte conjecture citons la remarque suivante : < Parroi les 
monuments, dit M. Alexandre Bertrand, qu*a laissc^s l'âge du bronze, les 
plus beauK et les mieui trafaiilés sont évidenmeDt iei plus aMicai. > 
,'BuHetiH de la Société uêHonait des antiqumteM de France^ 3* triiieftlra dt* 
lb7a, p. 120.) 

(2) Etudes anifihhloriqucs. Les Atlantes. Paris, Germer-Baillère, 1874. — 
1 vol. in-B* de 506 page». 



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iȕu':HisTOitiouKS. 139 

ton, suivant une antique tradition, comme ayant disparu 
par un cataclysme sous les eaux de l'Océan occidental . 

Notre pays n'ôlait pas resté étranger à ce notable 
progrés qu'attestent des trouvailles d'objets de bronze : 
pièces d'armure, d'outillage et de parure, auxquels sont 
venus s'adjoindre les d6ux épées du Chaylounet. 

Chez nous, comme ailleui's, les instruments de pier- 
re taillée et polie avaient continué d'être en usage ; 
et les poteries décorées des mômes ornements que les 
objets en bronze, avaient encore acquis d'évidentes 
améliorations. 

Du reste, les populations paraissent avoir conservé, 
en les perfectionnant, la plupart des habitudes de celles 
qui les avaient précédées. Dlëjà, elles pouvaient être 
divisées en peuplades avec territoires distincts dont les 
antiques délimitations semblent s'être conservées chez 
nous dans des roches traditionnelles que nous ayons 
fait connaître ailleurs et qui, ensuite ayant servi très- 
probablement aux démarcations de pagi gantois et 
romains, désignent encore aujourd'hui celles de plu- 
sieurs de nos paroisses. Les lacs, en différentes con- 
trées; chez nous peut-être aussi, donnaient encore asile 
à des peuplades souvent en état d'hostilité avec leurs 
voisins et, dans tous les cas, tes défendaient des atta* 
ques des bétes fauves. Quelqaes*unes des grottes (olau- 
sels, bornes, baumes, etc.) si [fréquentes aux flancs 
escarpés de nos rochers volcaniques, ébauchées précé- 
demment avec de simples pierres ou peut-être avec 
des silex en pics à pointe, devaient avoir été agrandies 
et améliorées, et d'autres ouvertes dans des roches plus 
dures, au moyen des pics de bronze plus résistants. 



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Alors probablement s'étaient développées, pour servir 
de refuges et de magasins d'approvisionnement, nos 
autres cavernes creusées sous le sol, aux salles et 
chambres parfois nombreuses, aux longs couloirs cou- 
verts par des dalles, et partiellement bâtis en pieri-es 
sèches et brutes, sans indices d'assises. 

Aux grands dolmens, sépultures par inhumation 
dont nous avons quelques exemples dans le pays, 
avaient succédé probablement des turaulus « à petits 
cistes » ou cellules sépulcrales à incinération, contenant 
encore des offrandes funéraires d'armes, d'instrument? 
et de vases, associés avec de religieux symboles. 

La science nous apprendra bientôt, sans doute, avec 
une entière certitude sî au fétichisme des premiers 
âges s'étaient jointes certaines des plus vieilles doctri- 
nes religieuses des druides, importées, soit par de pa- 
ritiques relations nées de la navigation , du négoce, 
d'aventureux voyages ou d'émigrations partielles, soit 
par quelqu'une des grandes invasions indo-germani- 
ques. Des relations de multiples origines se trahissent 
non-seulement dans la diversité des croyances religieu- 
ses chez les Gaulois, mais aussi dans des vestiges de 
très-anciens langages, conservés jusqu'à nos jours par 
les radicaux des noms de lieux. On y entrevoit, en effet, 
dans ce pays ainsi qu'en beaucoup d'autres de l'Europe, 
comme une succession de dialectes parmi lesquels sem- 
blent se dégager principalement des radicaux de sources 
orientales et surtout ariennes. Ceux-ci qui appartiennent 
aux langues gauloises, comme au grec, au latin, au tu- 
desque, aux langues slaves, semblent montrer des liens 
d'étroite parenté avec le zend et le sanscrit. Dès lors 



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tMtKllISTOlUQUKS. 141 

il ne sérail pas impossible que la langue donl ils déri- 
vent eût été celle des Gaëls ou Celtes qui, pour se ré- 
pandre en Europe, « durent quitter les plaines natales 
de la Hante-Asie avec les aïeux des Grecs et des Ro- 
mains et bien des siècles avant les Teutons (1), » Scy- 
thes on nomades orientaux qui n*apparaissent dans 
riiistoire que vers le septième siècle avant noire ère. 

Marchons encore, à Taide de l'archéologie, dans 
l'obscurité des temps antérieurs aux plus anciennes tra- 
ditions historiques. L'écriture n'est pas encore connue; 
mais le fer, ce grand auxiliaire du progrès, vient d'être 
trouvé et avec la découverte et l'emploi très-varié de 
ce métal, sans exclusion de la pierre, du bronze et d'au- 
tres matières appropriées aux nécessités de l'industrie 
humaine, la civilisation se maintient nécessairement 
et se développe. 

Néanmoins si la présence du fer dans les gisements 
de cet âge permet de le discerner pleinement, il n'est 
pus aussi facile de différencier enlr'elles les époques 
successives de ce même âge jusqu'à la fin de la période 
de la Gaule indépendante. Ces phases de civilisation 
progressive s'éclairciront, sans nul doute, par les inves- 
tigations incessantes de la science, jusqu'à présent si 
fécondes en résultats. Nous savons déjà que le signe 
représentatif du négoce, la monnaie, —- au moins telle 
que nous la représentent les médailles antiques à 
symboles figurés, — n'existait pas encore à la première 
de ces époques, reconnaissable , en outre du fer, à 



(I) M. M Marliii. Ilisl. tieFrtiHiC, IWO, t. \, p. 2. 



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l4i ANTIQUITÉS 

qaelques types parlicuUers d'armes el d'uslcnsiles. C'est 
ainsi qu'un modeste tesson de poterie, à défout d'autres 
pièces plus importantes, nous a fait reconnaître, dans 
la fouille du Cheylounet, le niveau approximatif du sol 
vers les premiers temps de l'âge du fer. Mais il faut 
bien confesser l'impossibilité de retracer, même dans 
leurs traits principaux, Ie3 habitudes de ces temps re- 
culés, autrement qu'en se référant, sauf quelques mo- 
difications, à celles de l'âge précédent, et les faisant 
participer, à différents égards, de l'époque suivante 
où, pour lu première fois^ nous entrons dans le véri- 
table domaine de l'histoire ou de la tradition. 

Nous voici donc à la deuxième époque du fer, c'est 
celle où, vers la fin du XW" siècle avant notre ère, 
4L première date approximative qu'on ait pu indiquer 
dans les annales de l'Occident, » des peuplades dites 
Ainhra ou Ombrer firent irruption en Italie, enva- 
hirent principalement le pays appelé depuis Étrurie ou 
Toscane et quatre siècles « durant, y établirent leur do* 
mination (\). » Vinrent ensuite, dans le cours du 
XP siècle, les « Étrusques ou ïyrrhénéens, peuple pé- 
lasgique, originaire de l'Âsie-Mineure » qui, après avoir 
franchi les Apennins, triomphèrent des Ombres « par 
la supériorité d'un état social plus avancé et d'une forte 
organisation politique et militaire (2). » 

Ombres et Étrusques ont laissé en Italie des vestiges 
de leur long séjour ; mais le génie industriel el artisti- 
que de ces derniers surtout «y dévoile dans une foule 



:i) n. Martin, l. r, p. 7 l't 8, 
(2} llnd., p. 8. 



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PRÉHISTORIQUES. 443 

d' ustensiles, vases, objets de panires, armes, Agnrines, 
etc., qui constituent richement le mobilier funéraire de 
leurs hypogées. Les moeurs et Part des Etrusques durent 
avoir quelque influence sur la Gaule, mais peut-être 
moins que le contact des Phéniciens, « navigateurs in- 
fatigables, grands propagateurs de la civilisation maté- 
rielle, 9 venus vraisemblablement sur nos côtes dès le 
xni« siècle avant Jésus-Christ, pour y trafiquer et fon- 
der des colonies, et dont la puissance se maintint dans 
tout son développement parmi les races occidentales 
durant trois ou quatre cents ans (4). Des colonies grec- 
. (|ue» établies sur le littoral méditerranéen, en particu- 
lier celle des Phocéens à Marseille, vers Tan 600 avant 
Jésus-Christ, ne contribuèrent pas moins au mouvement 
toujours ascendant de. la civilisation^ que favorisait éga- 
lement l'occupation des côtes entre les Pyrénées et le 
Rhône par des Ligures avancés en civilisation et ayant 
des villes assez florissantes, telles que Narbonne, Dé- 
ziers, etc. A ces relations pacifiques, il faut joindre 
également celles qui naquirent des grandes expéditions 
guerrières qui, vers 587, conduisirent les Gaulois dans 
(les régions déjà célèbres par le développement de leurs 
richesses : en Italie, où Tune d'elle fut dirigée par le 
brenn Bellovèze ; vers le Danube, où l'autre fut amenée 
par Sigovèse ; puis, dans la première moitié du III* siè- 
cle avant Jésus-Christ, renvahissemcat de la Grèce et 
de TAsie-Mineure par les Tectosages; tellement que, 
dans les trésors qu'ils en rapportaient, les Gaulois pri- 



(1) H. Martin, t. i, p. 10. 



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144 AM'lQtlTÉS 

rent exemple des stalères d*or macédoniens» au coin du 
roi Philippe» pour introduire en Gaule l'usage de sem- 
blables monnaies, les premières qu'ils paraissent avoir 
frappées. 

A dater de cette époque, on voit presque toutes les 
peuplades de la Gaule représentées par des types dr 
monnaies en or, argent ou bronze, souvent empreints 
d'un cachet arlistique. Quant aux armes, vases, usten- 
siles dont on a vu les origines se perdre dans la nnil 
des àgos préhistoriques, ils se ressentent d'intluencos 
diverses, au moins d'après les spécimens qu'on est par- 
venu à recueillir, depuis quelques années, parmi ôi^:^ . 
vestiges d'antiques bourgades, de champs de bataille 
et de sépultures, lesquelles, par un rapprochement avec 
celles de l'Etrurie, présentent, suivant les lieux, les 
deux modes de l'inhumation et de l'incinération : sujel 
intéressant d'études , qui embrasse toutes les notion:^ 
que l'archéologie peut otTrir à l'hisloire pour cette lon- 
gue période fmissanl à la conquête de la Gaule par les 
Romains. 

Toutefois cet;e même période, circonscrite ainsi aux 
quinze siècles environ antérieurs û notre ère, n'est 
pas encore sutlisamment éclaircie dans ses différentes 
phases chronologiques, pour qu'il soit possible, au 
moins on ce moment, d'en présenter même un simple 
aperçu. 

On juge seulement quel avait pu être, à presque tous 
les points de vue, le développement successif des popu- 
lations, d'après l'état de la Gaule à Tépoque de la con- 
(luéte. César nous fait connaître, dans ses Commentai- 
res, qu'alors elle était partagée en trois régions : la 



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PRÉHISTORIQUES. U5 

Belgique, la Celtique, TAquitanique, sans compler la 
province romaine ou la Narbonnaise. Chaque région 
contenait un certain nombre d'Etats , c nationes » ou 
« civitates » divisés en pagi^ qui se subdivisaient en vid. 

Les régions étaient indépendantes entr*elles, et ce 
n*était qu*en des circonstances exceptionnelles qu'a- 
vaient lieu des assemblées générales de la Gaule , aux- 
quelles étaient appelés les principes ou personnages 
influents de tous les Etats. Des liens d'alliance ou de 
fédération permanente ou accidentelle unissaient quel- 
quefois certaines civitates ; mais chacune n'en avait pas 
moins ses lois , sou propre gouvernement. Elle était ré- 
gie, soit par une assemblée ou sénat, soit par un magis- 
trat annuel ou à vie, roi, prince ou vergobret. 

Ce morcellement de la Gaule en peuplades autono- 
mes serait- il un trait d'organisation politique pouvant 
se rattacher au lointain berceau des sociétés dans les 
âges préhistoriques, avec cette gradation à supposer 
que la peuplade primitive issue de la famille et for- 
mant une tribu (gens ou vicusjt représenterait un 
premier échelon, qu'une réunion de tici fédérés aurait 
formé le deuxième ou le pagus ; enfin l'association des 
pagi le troisième ou la civitas? Question diflicile , mais 
à laquelle l'archéologie fournira des éléments de solu- 
tion, par la recherche des antiques limites de circons- 
criptions territoriales (\). 



(l) Voir H. Mariin , 1. 1 , p. 4. Les terrains qui étaient en coinmnnaaté dans 
les mains de la triba sont restés ceax du village on de la section de com- 
mune fvkutj, b quoi on reconnaît, je crois, la tribu, le clan ou la gtns, c'cst- 
ii-Hlire une extension de la famille primitive. 

Tome XXXI J 



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\ 46 ANTIQUITÉS 

Quoi qu'il eu soit, ce môme morcellement ea civita- 
tes, très-défavorable à la défense de la Gaule contre les 
invasions étrangères, se compliquait, au même point de 
vue, d'antagonismes entre ces différents peuples, et de 
discordes perpétuelles, que des factions ou partis oppo- 
sés entretenaient dans chaque civitas et même dans les 
familles, au moyen de clientèles dévouées à des per- 
sonnages prépondérants, patronage aristocratique dont 
les effets dissolvants n'élaient.méme pas tempérés par 
les puissantes influences du druidisme. 

D'autre part, la caste sacerdotale, qui comprenait les 
druides, les eubages et les bardes, absorbait tout ce qui 
tenait, non-seulement aux pratiques du culte et aux 
doctrines religieuses, mais encore aux connaissances 
scientiflques, dont elle interdisait la vulgarisation par 
récriture. C'est pourquoi, sans doute, les Gaulois ne 
nous ont laissé aucune notion de leur histoire, non plus 
que des investigations savantes des eubages, —augures 
et devins, d'après ce que rapportent Strabon et Am- 
mien-Marcellin, — sur Tordre et les phénomènes de la 
nature, sur les révolutions périodiques du globe terres- 
tre par l'eau et le feu (1). La poésie était du domaine 
exclusif des bardes, appelés à chanter la gloire des hé- 
ros ; enSn, entr'autres pouvoirs publics attribués aux 
druides , l'un des plus importants était celui de haut 
ressort judiciaire. 

Nous n'avons que d'insuffisantes données sur les cul- 
tes de la Gaule ; néanmoins il est certain qu'un grossier 



(1) Celte intéressante iuduclioii a été tirée du texte de Strabon par U. 
Martin, Uist. de France, t. U, p. 60. 



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PRÉHISTORIQUES. i 47 

fèlicbisme, adoration de» monts, des eaux, des arbres^ 
etc., s'y associait anx hommages rendus à des divinités 
qoi, sons des noms gaulois, étaient, pins ou moins, 
lefi mêmes qu'en Grèce et chez les Romains; les Gau- 
lois se disaient issus de l'une d'elles, que pour cela ils ap* 
pelaient le dieu père (en latin Dispater), le dieu de la 
terre ou Pluton. Toutefois on croit qu'ils admettaient 
dans le dieu Esus une puissance créatrice , infinie et 
suprême, et parmi d'autres croyances, un dogme prin-^ 
cipal, celui de Timmortalité de l'âme. 

Certaines coutumes rappelaient encore chez les Gau* 
lois un état de barbarie primitive : ils tuaient leurs pri« 
sonniers et, après la victoire, emportaient en triomphe 
la téfe de l'ennemi. Sous l'empire de superstitieuses 
croyances, il leur arrivait quelquefois, dit^on^ d'accom- 
plir des immolations humaines. Mais il faut remarquer, 
suivant la judicieuse opinion de M. Eugène de Rosières, 
et d'après César (vi, 16)^ que < les Druides en avaient 
adouci la rigueur en persuadant au peuple que les 
criminels étaient les victimes les plus agréables aux 
dieux » (1). 

Sous d'autres rapports, la Gaule était plus avancée en 
civilisation qu'on le croit communément. Elle comptait 
un assez grand nombre de places fortes et villes (oppida^ 
urbeê), de villages (vici) et d'habitations isolées (œdi/i- 
cia). Plutarque, dans sa Vie de Jules César, prétend que 
la conquête amena la soumission d'environ huit cents 
villes et, rien que chez les Bitnriges, Vercingétorix pour 



(1) Cours d*kîttoire des léffisiations compâreen. Lefêê d'euverlure. ParJf> 
1874, p. -JO. 



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148 ANTIQUITÉS 

aiïanoer son ennemi, — c'est César qui nous rapprend , — 
incendia, dans un seul jour, plus de vingl villes (1). Le 
pays était, sans doute, traversé par des chemins carros- 
sables, puisque les Gaulois avaient un grand nombre 
de chariots de toute espèce, et qu'enfin César signale 
l'existence de ponts sur TAisne, le Rhône, la Loire, 
TAllier et la Seine » (2). Des impôts s'y prélevaient ré- 
gulièrement, < porioria, » dit César, péages aux passa- 
ges de rivières, « vectigalia, » etc. Par une sorte de té- 
légraphie, les nouvelles d'événements remarquables se 
transmettaient très-promptement par des cris à de gran- 
des distances {Cms., vu, 3â). 

La propriété privée, était efficacement constituée; 
Tagriculture prospérait; le négoce aussi, favorisé non- 
seulement par le cours abondant des monnaies de cha- 
que peuple, mais encore par l'usage régulier d'un sys- 
tème métrique, comme il résulte des savants travaux 
(le M. Aurès(3). C'est pourquoi , d'après le témoignage 
de César, un des dieux les plus honorés était celui du 
commerce, l'inventeur des arts, le guide des voyageurs, 
le protecteur du négoce. Il y avait des mines d'or, 
d'argent, de cuivre, de fer et de plomb, et les Gaulois 



(1) César, à roccasion de ses campagnes ou des expéditions de ses liea(enaril>, 
ne mentionne nominativement qae vingt et nne de ces villes, fl appartient à 
Tarcbéologie de découvrir toutes les autres. 

(S) Bitt. de Julen César, t. ii, p. 18. 

(3) Les romains n'introduisirent pas tout d'abord, au moins cliez les Vellave», 
les mesures latines. On en juge d'après les débris nombreux du temple prin* 
cipal érigé au Poy sous le règne d'Auguste. Les membres d'architecture de 
cet édifice dénotent, dans leurs proportions, l'emploi du pied gaulois, tel que 
M. Aurès l'a déterminé, il la dilTérenee de monuments postérieurs dont le^ 
débris font voir l'adoption du pied romain. 



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PRKHISTOIUQIJES. U9 

étaient habiles à lus exploiter. Leurs manufactures et 
industries étaient variées, en particulier la métallurgie 
à tous les degrés et même» à ce qu'il parait, Témaillerie 
sur métal , le placage de Targent sur cuiyre et Téta- 
mage. Les tonneaux de bois cerclé remplaçaient avan- 
tageusement les outres et amphores grecques et itali- 
ques. La fabrication des étoffes, surtout celle des saies, 
avait acquis de la renommée. On remarquait, chez lés 
Gaulois, le luxe des vêtements, des objets de paimre, 
des armes, des funérailles. En écrivant, ils employaient 
les lettres grecques. 

Belliqueux et braves et même moins éti*angers à la 
science militaire qu'on pourrait le croire, les Gaulois 
avaient des armes qu'ils maniaient avec dextérité, des 
chariots armés defaulx qu'ils manœuvraient habilement 
et qui, impétueusement lancés dans les rangs ennemis, y 
semaient l'épouvante et la mort. Dans leur belle défense 
d'Avaricum (Bourges), ils obligèrent César à reconnaître 
l'impuissance de ses machines de guerre contre les rem- 
parts de cette place admirablement construits , comme 
ils Tétaient, sans doute, dans d'autres villes fortes de la 
Gaule. 

Notre pays des Velavns ou Vellavns, situé an temps 
de César vers la frontière sud de la Gaule celtique et au 
contact de la province romaine, avait alors sa nationa- 
lité comprise dans une sorte de confédération arverne; 
les Commentaires nous l'apprennent et l'illustre auteur 
des Antiquités expliquées, Montfaucon, lui assigne, 
comme monument de son autonomie, la célèbre main 
symbolique de bronze portant Tinscription lïMBOAON 
IIPOS OTEAAÏlNIOrs, gage d'alliance entre les Velavns 



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4 oO . ÀNTiaUlTRR 

el quelque colonie grecque du Midi, celle de Marseille 
peuUôtre» qui entretenait avec eux des relations de 
commerce au moyen d'une route mentionnée par Stra* 
bon (1)* Leur nom môme, par les radicaux ml-avn 
(habitants des hautes eaux) qui entrent dans sa com^ 
position, noqs font remonter Jusqn'à des temps où ces 
radicaux avaient été empruntés à Tun des plus anciens 
langages de la Gaule; époque où quelque grande inva- 
sion, peut-être celle des Celtes ou QaëU, dut amener les 
peuplades à se masser en nations formées par des 
réunions de pajîi. 

Remarquons, en outre, comme indice du degré de ci- 
vilisation de cette lointaine époque, que le tracé péri- 
métrique de Tassez vaste territoire des Velavns (plus 
tard vellavei), tel que l'indique la plus vieille étendue 
du diocèse du Puy, calquée elle-même sur celle de la 
eititai romaine et du pagus gaulois, suit des lignes 
de monts circonscrivant parfaitement le plus haut et 
premier bassin de la Loire. 

La période qui nt^us occupe peut d'ailleurs, à Tégard 
de notre pays comme pour toute la Gaule, puiser dans 
l'histoire quelques utiles notions. L'archéologie Téclai- 
rera plus encore, comme il en a été des âges autrement 



(l) Voyei; notre laéiQOiro «ur Vàmenae rg^h qh fafrqie du IHty ^^ Fprês,- 
Annales, 1868, t xxix, p. 608, note de la pa;e 596, poar ce qui concerne cette 
main symbolique. Même après l'opinion de Caylus, le généreux bienfaiteur du 
mnséo national des médailles el celle de réminant directear de ce nusée qui 
(•4in(Feaisan( Hoqtfaucqn, voiidr^iaDt aUri)»qer ca wQii»meDt 4e U diplow^Ua 
({94lpisc % une iQinime tribu gettij ^i^î» \\^es^, nous persistçns b le revendi- 
quer poiir notre pays des velavns , bien plus considérable et d'une notoriété 
kisleviqae ineontetlable. 



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PRÉHISTORIQUES. 151 

obscurs qui ont précédé toate tradition. Si nos recher- 
ches pouvaient trouver place dans le cadre de cette étude 
déjà trop longue, elles nous offriraient bien des rensei- 
gnements, à défaut de ceux qui, sous ce rapport» nous 
ont été refusés, par les faibles vestiges de cette méuie 
période observés au Gbeyiounet. 

L'époque romaine y avait aussi apporté des ofltrandes, 
les dernières probablement qu'ait reçues Tagreste di- 
vinité du lieu ; rares et modestes, comme devaient être 
celles d'une population rustique, elles n'éveillent pas 
moins le souvenir d'une civilisation qui lit participer 
notre pays à la plupart des progrès accomplis ailleurs. 

Ce n'est pas que les Romains, sous certains rapporta, 
fussent plus policés que les Gaulois : ils ne se faisaient 
pas faute de traîner ignominieusement dans leurs 
triomphes et de tuer ensuite des rois vaincus et les plus 
valeureux chefs de leurs ennemis ; d'égorger k outrance 
dans des villes prises et livrées au pillage, non-seule- 
ment leurs défenseurs, mais souvent vieillards, femmes 
et enfants; de réduire en esclavage une multitude de 
prisonniers, quand ils ne les exterminait pas ou que la 
« clémence » romaine se bornait à les punir en les mu* 
filant ; de procéder dans leurs expéditions par des in- 
cendies d'habitations et s'ils avaient porté à un haut 
degré la culture des lettres, des arts et de la iiurispru- 
dence, de n'avoir peut-^tre pas, comparativement h la 
caste sacerdotale des druides» certaines notioiis élevées 
de philosophie et de sctence. Les puériles superatilîoiis 
enfantées par l'antropomorphisme et l'idolâtrie étaient , 
chez eux, aussi multipliées que dans la Gaule et on se 
comprendrait pas qu'ils eussent tenté d'éteindre « l'im- 



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\l)i ANTIQUITÉS 

piété » du drnidisme» si on ne savait que les privilèges 
civils attribués aux ministres de ce culte étaient incon- 
ciliables avec les institutions politiques importées en 
Gaule par la domination étrangère. 

Mais l'unité de l'action gouvernementale, Tesprit 
d'ordre et de discipline qui résultèrent du nouveau ré- 
gime, furent pour la Gaule un grand bienfait. Puissam- 
ment défendue par les légions romaines contre les Bar- 
bares, cette contrée jouit d'un long calme qui donna 
Tessor à des progrès matériels de tous genres et par 
Tinvasion des lettres classiques, par le développement 
des arts, à un véritable mouvement intellectuel. L'ar- 
chitecture déploya toutes ses ressources dans la cons- 
truction d'édilices civils et religieux et « la Gaule en- 
tière, comme le dit M. Henri Martin, se revêtit d'une 
splendeur monumentale. » 

Les témoignages de l'histoire et ceux de l'archéologie 
nous enseignent le rôle de notre pays dans cette impor- 
tante rénovation. Vers l'an 27 avant notre ère, l'em- 
pereur Auguste avait divisé la Gaule chevelue en trois 
provinces, l'Aquitaine, la Lyonnaise et la Belgique et 
dans la répartition des cités entre ces provinces, il en 
avait associé à la première quatorze de la Gaule cen- 
trale et occidentale au nombre desquelles était celle 
des Velavns. 

Toutes Ces cités ou nations étaient constituées sur 
une échelle de trois degrés: celles des confédérés ou al- 
liés, des libres ou autonomes et des sujets immédiate- 
ment soumis à l'autorité des officiers impériaux. La na- 
tion des Velavns élait comprise parmi les libres , 
comme l'attestent deux de nos inscriptions lapidaires 



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PHKUISTORIQURS. 453 

érigées au ![['' siècle 6a mémoire des impératrices 
Ëtruscille et TranqailliDe par la cité libre des Veliaves, 
civitas Vellavorum libéra {^]. 

Ces mêmes nations, an nombre de soixante, ayaienl 
fait ériger à Lyon un temple en Thonnenr de Rome et 
d'Âaguste , et leurs noms furent inscrits auprès des 
images de leurs génies tutélaires qui entouraient la sta- 
tue colossale de la (raule (2). Notre cité y aifirmait "aussi 
son autonomie par le nom de son génie Velaus que 
semblent nous avoir conservé les notes tironiennes (3). 
et probablement aussi par l'institution de l'un des prê- 
tres attachés par les cités au culte des deux génies 
parièdes de l'Empire. C'est au moins ce que laissent 
supposer des restes de l'une de nos inscriptions tumn- 
laires paraissant mppeler un des prêtres (sacerdos) 
attaché au temple de Rome et d'Auguste. 

Au-dessus du triple degré des nationalités gauloises 
«s'élevait une autre hiérarchie, » d'abord confinée à la 
province romaine, mais qui, dans la suite, reçut quel- 
que extension. C'était celle des cités et des villes en 
quelque sorte « italianisées » sons le litre de colonies 
romaines et de colonies de droit latin et italique, lesquel- 
les jouissaient de plus hauts privilèges que les cités. Or, 
une inscription funéraire trouvée auPuy, jointe à un 
ensemble d'autres données, ne laisse aucun doute sur 
l'existence d'une colonie dans cette ville laquelle, avec 



(nOnremarquora, d'après ces inscriptions et d'antres du même temps, qu'au 
L1I> sièele le nom plas ancien des VelapHi s*«lait transformé en VeUttPi. 
(9) Strabott. ^ Voir notre mémoire sar le géant de Corneille. 
(8) Grater. Corpu» intcript.. Toi. 15 de i'appendire de la 9« t'>dltion, 1707. 



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454 ANTIQUITÉS 

son territoire» était enclavée dans la cité libre des 
Vellaves dont elle était exceptée comme Lyoû, urbs 
inserta et excepta. Tétait dans la cité des Ségusiaves (1). 

Outre cette ville dont le nom Adidon, Mont Dieu 
(a di, dieu un, incorporel et infini) semblait avoir 
gardé l'empreinte et le prestige d'un ancien culte gau- 
lois, -< ville prééminente, comme on Ta dit, par son 
titre de colonie, ^ le surplus de l'ancien territoire des 
Vellaves avait pour cheMieu gallo romain Revession, 
aujourd'hui Saint'Paulien> situé sur le parcours do Tune 
des voies militaires ouvertes en Gaule par Agrippa, le 
ministre et le gendre d'Auguste. 

Cette dernière ville devait avoir succédé, sous ce 
rapport, à la capitale gauloise qui, avant l'institution de 
la colonie, existait très-probablement au Puy, dans les 
conditions les plus favorables à Tassietle d'un principal 
oppidum; exemple, entre plusieurs autres, de l'un des 
procédés employés par les Romains pour dénationaliser 
la Gaule, en transférant les capitales, comme Gergovie 
à Augustonemetum (Clermont) etremplaçant Bibrax par 
Augustodunum (Autun), Bratepans par Cm$Qromagus 



(1) Il n'est paspos&ible de supposer que notre colonie eât embrassé tout le 
pays des Vellares^ avec Itevestton pour cbeMien. Cette objection que M. Léon 
Benier, membre de rinstilut, avait prodvite en 1873 b la rduiioB dei déléfife 
des Sociétés «avantes, a été loyalement abandonnée par noire éminent ctptra- 
dicteur dans la session de 1874, d'après cette considération, qaenous avons eu 
l'honnenr de lai soumettre, que le pays des Vellaves, dans l'hypotbèse qni 
nous était opposée, se sérail glorifié, sur ses monnments, du titre de colonia 
f #fiim9#»tM an lien des appellation! de àfitta Yeiiaw^nm et dmta* Vella- 
vortm likn; que les VelUvet s'aUribnent, sans aucune exception, dana toutes 
leurs inscription» publiques. Ajoutons que tftute autre OiQcuUé quu pourrait 
soulever notre interprétation, ne résisterait pas d'avantage « un sérieux extmen. 



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PRKHISTORIQUBS. f:>;> 

( Beaa vais), iVomo</unum pd,v AugtAita'SuessomémiSoi?,' 
sons), etc. (^). 

Les variétés qui eKistaient dans le régime municipal 
des villes et des cités, dont nous avons rappelé les dis- 
tinctions hiérarchiques , avaient créé une situation en 
quelque sorte transitoire entre l'organisation gauloise 
et l'uniûcation administrative qu'amena « Textensiou 
du droit de cité romaine à tous les alliés et sujets de 
Rome » (2). 

Unédit de Teropereur Caracalla de Tan 2^2, relatif à 
cette mesure, n'en consacra pas cependant l'accomplis- 
sement absolu, car nous voyons les Vellaves se parer 
encore de leur titre de cite libre sur des inscriptions 
lapidaires des ans 222 à 2^9 (3); mais celte célèbre con<- 
tUution de 242 ne dut pas moins recevoir peu après 
un commencement d'exécution dont nous verrions vo- 
lontiere la trace dans la substitution temporaire d'un 
pré/et, ^ commissaire exceptionnel ad hoc ou délégué 
de l'empereur, — aux duumvirs qui régissaient la colo- 
nie du Puy» ainsi que le constate l'inscription funéraire 
d^à mentionnée (4). 



{!) H. Martinet. II, p. 107. 

{%) H, Martin, t. Il, p. 261. 

(8) U •• rut do nène de nos voiiins iM Séfusitves, d après (roia igaariptioas 
(des ans ddS, iSI et 070), publiées par Aug. Bernard ; oewripHùn dn pap§ 
des sêffusiâees, ia>8, p. 3^. On sait aussi que Pline les nonne seguêiêBi ou ««<• 
gmMni Hberi, 

(4) Cette grande Inaeription, vniaenblaJilement da III« sièele, est l'un des 
inoaumeots les plus intéressants qu'aient pioduila nâs recherches dans |a ville 



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^>0 ANTIQUITÉS 

Quoi qu'il en soit, les distinclions hiérarchiques entre 
les cités libres, les colonies et municipes, généralement 
disparues plusoumoinsavantlecommencementduIV'sié' 
de (I), avaient fait place à un mode de gérance uniforme 



du Puy. Elle devait comporter plusieurs lignes, dont trois seulemeut uous 
sont connues, ei qui sont ain$û conçues : 



FRRRARIARGVTVATKRPRAKFKCTVSCOLON 

QVIANTEQVAMHICQVIESCOLIBEROSMEOS 

^ Bl!( 

YTROSQVIDINÛNNKEROGFMFLAMIIVIRVM 



On y voit que le défunt, dont le cursM honorum est incomplet, avait été 
préposé peut-être comme vonductor 2i des mines de fer, ou mieux aux forges 
fFerrariarumJ et quMI joignait au titre sacerdotal de gulvater (mot gaulois), 
celui ûe préfet de la Colonie. Il avait laissé des enfants, dont nn, iroitm'us 
fVrox, était ou avait été flamen (du temple d'Auguste) et deux fois duntiivir, 
(Voyez Ànnalet de la Société 1857, t. xx, p. 543 et xxi, p. 193.) 

La mention d'un prœfectu» coloniœ éveille la pensée de circonstances politiques 
extraordinaires, car on sait que les duumvirs n'étaient remplacés par un préfet 
que dans des ca ; exceptionnels. II ne serait pas impossible de placer cette 
dérogation au régime ordinaire de la colonie après la mort d'Alexandre Sévère 
(19 mai 935) qui déchaîna sur le monde des calamités sans fln. Le féroce 
Maximin qui succéda li ce grand homme eut, sans doute, besoin d'agents 
sévères pour maintenir dans la soumission les eités et les villes dont il con- 
fisquait les revenus, dont il dépouillait les temples de leurs trésors, exerçant 
les plus ttranniques oppressions aussi bien contre les pauvres qu'à l'égard 
des riches et excitant partout les soulèvements des populations indignées 
(Voir H. Martin, t. ri, p. 266.) 

Dans ce cas, le monument érigé ii l'épouse de M.-Ant. Gordien (!) Lavoûte- 
sur-Loire) aurait pu être comme une protestation de la cité des Vellaves con- 
tre la tyrannie de Maximin. dont ils venaient d'être délivrés par l'élévation 
des Gordiens ii l'empire . 

il) Quelques villes ont pu, dans le cours du IV< siècle, conserver et même, 
comme Autun et autres, recevoir la qualification de colonie, mais tout porte à 
croire qu'elle fat simplement honorifique. 



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PREinSTOKIQUIiS. 1 o7 

des affaires de la cité par la curie ou ordre des décurions 
sans exclure raatorité executive confiée par la curie à 
des duumvii*s ou consuls. Pendant la période de transfor- 
mation des mnnicipes, des périls très-divers assaillaient 
TEmpire, les Barbares ne cessaient, par des mouve- 
ments hostiles, de menacer la Gaule, qui, au dedans, 
gémissait sous les oppressions d'un fisc impitoyable ; le 
christianisme persécuté agitait les villes ; et les campa- 
gnes, soulevées par les exactions, en étaient venues, vers 
i86, à organiser la formidable insurrection des Bagau- 
des. Les misères de la Gaule s'étaient encore accrues 
lorsque, vers Tan 354 , des hordes allemaniques, sous la 
conduite de Crocus, dans leurs coui^ses dévastatrices, 
ravagèrent notre contrée. L'administration romaine, 
désormais impuissante à faire face à tous ces dangers, 
ne put que permettre aux cités et villes gauloises de 
pourvoir à leur sûreté. C'est alors que les autorités vel - 
laves, désormais plus libres dans le choix du lieu prin- 
cipal de leur résidence, délaissèrent Récession, ruinée 
peut-être par Crocus, pour rétablir au Puy, dont la po- 
sition était beaucoup plus forte, le siège de leur pre- 
mière et antique capitale (\), 

Dans cette évolution de radministt*ation locale, suivie 
bientôt de tous les désastres infligés à la Gaule par les 
grandes invasions germaniques, la cité des Vellaves 
n'avait rien perdu ni de son autonomie ni même d'une 
certaine importance. Le christianisme triomphant de- 
puis Constantin, avait pu, chez nous comme ailleurs, 



(l) Voyez, poar It quMlion du transfert d« ia capitale, notre mémoire fur les 
premiers évèques di Pujr, Annalcn, t. txix, 1869, p. r»l. 



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!58 A?CTIQL1|TÉS 

saccager les lemples dn polythéisme, sans peul-ôire 
épargner d'aolred monuments du régime romain ; mais 
il n'en avait pas moins reconnti l'autonomie du terri- 
toire, qu'il adopta pleinement à titre de cii*coascription 
religieuse* La tradition et des témoignages épigi^aphi-* 
ques attestent même qu'au moins deux des premiers 
pasteurs du Puy, suivant l'usage d'insignes sièges de 
l'épiscopat, Evodius et Scutarius« avaient été choisis dans 
Tordre consulaire ou sénatorial (4). Enfin nous avons 
pu établir, par l'étude des restes de la primitive basi- 
lique et d'un baptistère unique élevés dans cette 
ville, — sans préjudice de sarcophages en marbre et 
en pierre, ^ que ces monuments ne le cédaient en 
rien par leurs proportions et leur style d'architecture 
aux édifices analogues qui« pour cette époque, ont pu 
être signalés en d'autres cités de la Gaule (S). 

Les Vellaves ayant passé de l'administration romaine 
sous la domination des Yisigolhs (475 à 533)5 conser- 
vèrent au double rapport civil et religieux, le siège 
de leur capitale au Puy, où il s'est ensuite maintenu 
jusqu'à nos jours dans cette même ville en Vellaic, 
Vellay, Velay, longtemps et finalement comté et pays 
d'Etat de Languedoc. 

Le sujet de nos études nous ramène, en les terminant, 
à préciser les influences dont la civilisation romaine pa- 
rai! avoir marqué de son empreinte les monuments de 



(1) Vojez le mémoire précité sur les premiers évèqaes da Pny. 

(3) Annales f 1860-67, t zxvui, p. 599. Bapport tw le» découvertes d'antiqui- 
ta à té eêtkéérêiê du Pty. — Les lMsiH<|MS édiSéet tes le coirtio Y* siè- 
cle tendirent ^ devenir ^s sompliettses. 



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PRÉHISTORIQUES. 159 

Tarchéologie locale. Si nous les resserrons dans les qua- 
tre siècles accomplis depuis la conquête jusqu'aux mou- 
vements désorganisateurs du IV* siècle , en particulier 
jusqu'à rinvasion de Crocus, il semble que, dans ce long 
espace de temps, rien n'avait [rouble la sécurité de no- 
tre pays , lequel avait pu s'assimiler ainsi les éléments 
de cette civilisation. 

D'abondanls indices archéologiques disséminés à la 
surfoce du sol et ceux que des fouilles mettent au jour, 
des champs de sépultures ou polyandres, le grand nom- 
bre de lieux habités, la plupart à dénominations gauloi- 
ses et latines que relatent nos plus vieux cartulaires, 
sont des preuves d'une population en rapport avec une 
situation prospère de l'agriculture. Les productions de 
la terre et les nécessités du négoce expliquent également 
les lignes multipliées d'un réseau de voies dont nous 
avons pu retrouver les traces. La plupart de ces routes 
d'origine très-reculée sans aucun doute, mais ayant été 
améliorées par les Romains; enfin les nombreuses anti- 
quités lapidaires, les intéressants débris d'architecture, 
de monuments sculptés et d'inscriptions, observés sur- 
tout au Puy (1), ainsi qu'à Saint-Paulien, à Polignac, à 
Margcaix, etc., attestent qu'en ce pays comme ailleurs, 
les Romains avaient su déployer les ressources de leur 
génie organisateur et artistique. 

(l) Qu'où nous penocUu de rappuUr que notre opinion persistante hur les ori- 
gHies antiques de la ville du Puy, apr^s avoir soulevé des controverses inspirées 
par un scnlimeut respectable, mais erroné, de piété religieuse, a été loyalement 
uccepléc par de savants Jésuites, les PP. Garrucci et Fita, et récemment encore 
par le P. Crus, auteur d'ouvrages estimé> sur le roi saint Louis. < Autant que 
tout autre, nous a-t-il écrit, plus que d'autres peut- être, vous avez gloritlé Notre- 
Dame du Puy, en monlraut comment elle a triomphé du paganisme dans vus 
contrées. » 



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ANTIQUrrËS PRÉHISTORIQUES 

GAULOISES âù ROMAINES 
DU CHEYLOUNET 



TABLE DES NOMS ET DES MATIÈRES 



AbordecB) Aagleterre. Les fossiles bamaiat de Denise, rappelés ao 

Congrès géologique, page 134. 
ASO0 (!«•) do la pierre ialUée, du bronae et du fer. 

Éuoacé sommaire dans le poëme de Lacrèce, 68. Lacune entre l'époque do 
renne et le plus ancien palallttc, 98; amoindrie par nno station ^ silex et 
b ossements du bos primigenitu, 88; par d'autres stations à osscrauits 
d'animaux non domestiqués, 99; par la transition des gttcs de pierres 
tailliet k poli imparfait, aux palafittes i pierres sciées et polies, 99 ; les 
différtnls âges préhistoriques. VQyex aux mots pierre taillée, pierre polie, 
brome, fer fit passim. 

Agrippa. La Boléite, une des voies créées en Gaule par ce prince, 154. 

Ailler (vallée de 1'}, Haute-Loire. PotOfie de l'âge du bronze, Uô. 

Anmlen-niareelllB* Les eubages en Gaule, 116. 

Amérique nérld^loiiale. Petites poteries d'une ancienne sépulture, 69. 

ABlmaux domeallqnéfl* Voyez Pierre polie. 

Jjilniaux élelBttf ea émigré*. Voyez Pierre taillée. 

ApettBlB«y franchis par les Étrusques, envahisseurs de l'Italie, 143. 

Atlanllde (1'}. Sa submersion, d'apiès Platon; les Atlantes auraieut*ils 
importé le bronze en Europe ? 138. 

Tome XXXI. k 



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I6f TABLE DBS NOMS BT DES MATIÈRES. 

.%«le mlBeare (D envahie pir les Gaulois Tectosages, 14B. 
Avgufltoy empereur. Division de la Gaale chsvelie en trois provinces ; le* 

Yellives compris dans l'Aqaiianiqoe, 16S. 
.%arè« (M.). Système métriqoe des Ganlois et des Romains, U8. 
AvTergme. Poterie néolithique en bronze» 110. 
Avejron. Dolmens de ce pays, 69; cavernes, 100. 
Aulon fÀuguttoiunumJ, construite par les Romains en remplacement de 

Toppidom gaulois de Bibrax, 154; colonie romaine an IV* siècle, 156. 



B 



Mallloan (M. le docteur}. Dans le département de l'Allier, parfois lei ins- 
truments de pierre sont de substances étrangères au pays, 79. 

BAlme (Louis). Flèche en silex aux environs de Coubon, 87. 

Barbol (le camp), Oise. Sution néolithique, 81. 

naiiflefl-Cévennofl. Gisements paléolithiques postérieurs au renne, 98. 

Batlasler. Les conciles défendent d'adorer les arbres, les pierres, etc., Ux. 

Baud (&L Alp.). Poterie japonaise moulée dans de la vannerie, 105. 

BAudott (M. le docteur Auguste). Station néolithique au camp Barbet; 
))rocédés de fabrication des instruments de pierre, 8i ; exiguïté de certaiaetk 
lames de silex, 8$. 

Baye (M. Jos. de). Flèches en silex, à trandiant transversal, de la Gbam- 
. pagne, 85. 

Be»«T«l0 fCœsaromagusJy 154. 

BelloTèse. Expédition gauloise en lulie, 113. 

Be^sale (le). Dolmens, 6;^. 

Beraïairda Les Ségusiaves constitués en cité libre, 155. 

Brrthomleax (If.). Une épée en bronz«, de Narbonne, 65. 

Bergramd (M. Alexandre). Épées en bronze et en fer, de Bienne, 66; 
inhumation k Tâge néolithique, incinération dans celui du bronze, 67; le 
rjsoir de bronze de la Mouleyre est des premiers temps de l'âge do bronze, 
08; les plus beaux objets en bronze sont les plus anciens, 138. 

Bertraittd do Beue. Le silex brunâtre de Cormail, 78. 

fléalerfl, ville des Ligures, 143. 

Bibraxy oppidum des Bofeus, 1^4. 

Blcnnc (lac de), Suisse. Épées en bronze et eu fer, du commencement de 
l'âge du fer, 66. 

• BoUsemaïade (U. l'abbé). Poteries des dolmens de la Lozère, 103; fibule 
en bronze da dolmen du Malpas, ISl. 



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TABLE DES NOMS ET DES MATIÈRES. 163 

9olène, voie romaine cbez les Yellaves, 154. 

Borle (la}, Brives. Haches en pierre dans ane fente de rocher, 70. 

Borne (près de). Lance en bronze dans une fente de rocher, 08 ot Tj. 

■!•■ prlaalgenloa, postérieur au renne; la présence de ses restes aver 
des silex taillés assigne ^ ceux-ci une des dernières phases paléolithiques, 98. 

Boadolii (Louis). Flèches en silex au mont fireneli, 87. 

Benrseets (M. l'abbé). Instruments en silex brunillre, néolithiques, de 
Pont-Levoy, 79. 

Boarget (lac do), Savoie. Fibule de bronze, ISl. 

Boxberg (M» la baronne de). Ses fouilles en Saxe, en Suisse, en France, 
en faveur de la Société académique et du Musée du Puy ; peHtes poteries 
votives d'une ancienne sépulture de l'Amérique méridionale, 89; vase k 
anse parmi des objets néolithiques du lac de Robenhaustn, 113. 

Bralep«tt«9 oppidnra remplaré par Csesaroma^us, 15 L 

Brenell (Mont-Loire?), près de Drives. Flèches en silex, S7. 

Breiagne. Dolmens, 6?. 

Breull (pniirie et jardin public du), voyez Puy (le). 

BnittB« (l'âge du). L'emploi dn cuivre a-l-il précédé celui du bronze? d9; 
lente introduction du bronze, 138; le centre de l'Asie présumé avoir été le 
point de départ du bronze; M. Roisel le place dans l'Atlaniide, 138; 
arme^i, instruments et objets de parure en bronze, 188, 139; avec le bronze 
persiste l'emploi des pierres taillées et polies, 77. Voyes VeUy. . 

Broyeora, du Cbeylonnet : en granité poli, 74, 89 et 130; comparés k de^ 
instruments de G résine, du Mont-d'Or lyonnais, du Musée Saint-Germain, 
du Miésouri, de la Guyane, etc., 00 il 9?. 

Bran (M.). Petites lames en silex, de Bruniquel, &1. 

Branlqael, Tarn-et-Garonne. Lamelles de silex, 8f. 

Bnaandaleii. Deux de ces fers de bœuf romains, trouvés m Puy au 
bord de l'antique estrade du Puy il Nfmes, l*J8. 



c 



l'acbelle de fondeur ambulant à lingots et objets divers, des prcmiirs 
lein?^ de l'Uge du bronze, il la Motileyre, 68; cacheîles d'offrandes reli- 
gieuses. Voyez Religions anciennes. 

Ciesar, en Gaule. Immolations humaines: le dieu du commerce le plus 
honortS 148; huit cents villes conquises par César, 147. 

Campl^nj (le), Seine-Inférieure. Lieu de fabrication d'outils de pierre, 7H. 

Cantal (département du). Gisements d'obsidienne, 78; épée en bronze dans 
une fente de rocher, 65. 



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164 TABLE DBS NOMS ET ORS MATIÈRES. 

Caraealla. Soos son règne, en 919, extension da droit de cité k tous les 

aiijés et si^ets de Rome, 155. 
Carlallhae (M.). Il y a des dolmens non orientés ; leur position par rapport 
au site, 62 ; c La poterie en quantité énorme dans les gisements néolithi* 
ques,» 96; < Lacune entre le dernier homme de Tépoque du renne et le 
plus ancien paUfitte, > 98; les poteries sont ea fragments dans les dolmens 
du Midi; rareté de vases entiers ailleurs qu'en Bretagne, 119. • 
CastAD (M.). Fers de cheval gaulois dans le pays d'Alaise, 197. 
Causaim (M. de}. Silex taillés dans une sépulture romaine da H !• siècle» > 
Saint Privai- d'Allier, 84. 

CavorBOfl creusées de main d'homme, nombreuses dans la Haute-Loire ; 
leur origine peut-être néolithique; demeures flxes,. refuges, parfois simples 
vigies, 135; probablement améliorées k l'âi^e du bronze; les unes ouvertes 
aux flancs des rochers, d'autres souterraines )k chambres et longs couloirs ; 
leurs noms divers (se rapportant peut-être k des dialectes successifs) : 
Baumet, Bornet, Clatuels, Crottes, 139. Grottes de Peylenc et des Estreits, 
avec indices de foyers préhistoriques, 80; oavernes de Bruniquel,8i; de la 
Champagne, 85; du Colombier, 8^; des Pyrénées, 97; de la Yieille-CastlUe, 
98,100; des Basses^Cévennes, 98; de l'Aveyron, 100; de Yesson, 113; 
He Grenade (Espagne), 113; cavernes du Sud-Ouest et du Midi de la France 
de Vûge paléolithique, 97; abri sous roche dans la Lozère, 105. 

Caylufl. Attribuiion erronée de la main symbolique en bronze, qui est con- 
servée au Musée national des médailles, 150. 

C«iB«ll« de Vondeooo (M.). Poteries des dolmens de PilauJe et de 
Saint-Jean-d'Alcas, 99, 109, 106, etc. 

Chabaimea (M.). Trouvailles, au Cheyloanet, d'une lance en bronze et 
d'un fer de cheval romain, 79; renseignements divers, 73, 116, 197. 

C?liabA0 et PrUfle d^Avesnefl (MM.)- Armes figurées sur des monu- 
monts égyptiens, pareilles aux projectiles en silex « k tranchant transver- 
sal, » 85. 

CiiaoCre (M.). Caillou de quartzite taillé, deuréiine, 90. 

Charvel (M.). Poterie dite en bombe, forme la plus ancienne des vases chez 
les peuples de l'ancien et du nouveau monde, 109. 

ChA««ey (camp de), Bourgogne. Station néolithique; pique en silex, 86; 
poteries, 109 k lOG. 

Clioyleuj aux limites des commnnes de Sanssaccl de Poliguac, lieu de fa- 
brication d'objets en pierre polie, 60. 

Chcylounet} monticule, lieu des trouvailles, 00; aspect extraordinaire du 
siiC|70; dike volcanique, 71; réceptacle desépées, 61; cachettes entre des 
pierres pour d'autres objets, 75, 131 ; sol formé par de lents apports de 
terre, 73 ; épaisseur de« couches de terre exploréees (9" 50°), 74 ; indiquant 



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TABLE DES NOMS ET DES MATIÈRES. 165 

une assez longue durée de temps, 74 et 133; ces fonilles n*ont pas atteint le 
terrain le plus bas, probablement paléolithique, 134 ; objets qu'on a re* 
cueillis : silex taillés et bruts. 74 et T7 k 89; broyeurs, 74 e< 89; fragment 
de fibrolitbe brut, 74 et 0-2; gros pesons en terre cuite, 74 et 93; poteries, 
74 et 93 k 190; épées en bronze, 59 k 70; pointe de lance en bronze, 79 
et 180; flbules en bronze et en fer, l?Ok 135; sommet de fuseau en fer, 
74 etlS5; fer de cheval et médaille romaine, 73, 74 et 127; très-rares et 
petits os d'animaux, 75; enfouisfement intentionnel de tous ces objets, i 
litre d'offrandes k une divinité du lieu, 131 ; dans une sorte de lieu sacré, 
70, 189; ils ont été déposés dans le sol successivement depuis et compris 
rage de la pierre polie jusques k la fin de l'époque romaine, 130. 

Clsl««9 ou petits dolmens. Voyez Tumulus. 

Coehet (M. l'abbé). Fibules firanques, 135; fers de'cbeval, 137. 

Collet (M. l'abbé). Petits vases votifs dans le dolmen de Mané-Bodegade, 83. 

Celonblor (caverne du). Époque du renne, flèche «n silex, 86. 

Cemmunavx (terrains). Restés aux mains du village, ils rappellent la 
tribu ou It gens, extension de la famille primitive ; ils peuvent remonter i 
l'âge néolithique, 145. 

Cernall, Espaly. Gisement de 'silex brun, 78; poterie en bombe, 110. 

Corsac, Brives. Instruments de pierre dins des vases cinéraires romains, 84. 

CefllA de Beanregarfl (M. de). Fibule en bronze du Bourget, 131. 

Coobon. Flèches en silex, 87. 

Creea«/Ses bordes allemaniques parcourent la Gaule, 157, 159. 

€ro« (le P.), son opinion affirmative sur les origines antiques de la ville du 
Puy, 159. 



D 



Danblé (M.). Grotte et foyer aux Estreits; silex taillés, 80. 

Danear (M.). Substances composant les instruments de pierre, 78. 

Danemark. Dolmens, 68; tumulus, 113; poteries, 103, 111, 114; épées 
en bronze, 60, 64; flbules en bronze, 131. 

Denise, près le Puy. Fossiles humains, 134. 

Delnen*. Ils sont de Tige néolithique, 67; ordinairement ^ sépultures par 
inhumation, rarement par incinération ; ils renferment parfois de nombreux 
squelettes, 103, 186; les squelettes y sont couchés, rarement assis, 67; 
dolmens non orientés , disposés par rapport au site, 63 ; parfois transfor- 
més en autels, 137; contiennent des armes et instruments de silex taillé 
et de pierre polie, d'autres en os, et des objets de parure en coquilles, etc., 



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466 TABLE DES NOMS ET DES MATlfcBES. 

des éclats de silex votifs et, vers la 6n du néolitbe, de rares armes et objets 
de parure en bronze, 138; il y a de très-peiils et très-grands instrumentai 
qui n'ont pu avoir un emploi usuel; sont-ils des objets do luxe et d'apparat? 
83. ~ Dolmens de TAveyron, 6-3, 90; du Bengale, G'2; de Bretagne, 63; de 
Gramat, 65. Yoyfz sépultures. 

Drelt (la), Espaly. Vestiges d'une villa romaine; pointe de flèche en fer, 136. 

BupoDt (M. Edouard}. Poteries de l'âge du renne en Belgique, 97. 



Bamanchar^s de haches en os et eu corne, 101. 

Bpécs. Les deux épées en bronze du Cbeyionnet, 59 i 69. Le point précis de 
la trouvaille, 60; arrangement intentionnel du réceptacle, 61; brisure et po- 
sition intentionnelles des épées, 63; leur grandeur et Tonne, 63; compa- 
raison avec des glaives découverts en difl'èrents pays de l'Europe, 60 li 66 ; 
ienr type les rapproche surtout d'épées signalées à Uzès et à Narboanc, 
65; elles sont de la fin de l'âge du bronze, 65 et 130; enfouies comme 
oATrande k une divinité locale, 69; Cac-simile déposé au Musée du Tuy, 
63. — Epéc il soie plate, de Polignac, intérieure à celle de Cbeylounet, 60 
et 65. — Epée ï poignée de bronze et lame de fer, de Mœringen ; type ne 
paraissant pas être d'importation étrangère; représenté sur des monuments 
étrusques et grecs, 66. — Epées en bronze de France, de Suis$e> d'Italie, 
Irlande, Suède et Danemark, 60, 61 k 66, 138; de Gramat, 65; de' Mœrin- 
gen, 66: de Narbonne, trouvée dans une fente de rocher, 65 et 69; des 
environs d'Uzès, 64; du Cantal, trouvée d^ns une fente de rocher, 65. 

Efleallen, Pas-de-Calais. Poterie néolithique « séchéc au soleil >, 96. 

BflpagDC. Poteries préhistoriques k anses, 1 13. 

Blrorle. Sépultures. 141. 

Biilrailev. Voyes Voies antiques. 

B«troll0 (les), Polignac. Grotte et foyer préhistorique, silex taillés, 80. 

Elrniiellle. Inscription dédicatoire, a St-Paulien, 15:^. 

Bvadivs (saint Vosy}, premier évéque du Puy, personnage consulaire : 
transfert du siège épiscopal de Saint-Paulien au Puy au IV* siècle, 157 et \'jS 



VAgea de Chavlne* (M. Alf. de). Exactitude du far-simile d? nos 

épées en bronte, 63. 
Valcon (M. César). Exploration du Cheylouml, 7Q. 



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TABLE DES NOMS RT DKS MAIIIÈRES. 467 

rer (âge do). Il commence environ quinze siècles avant notre ère, 149; 
progrès accompli en Eorope, pem-êlre sans intervention étrangère, 66 ; 
(rappelons ï ce si^et les découvertes de M. Qaiqne;ez, d'antiques forges 
dans le Jura bernois}. Emploi persistent des pierres taillées rt polies rt 
du bronze dorant l'âge du fer, Ti et 141 Yoifei Velay. 

rem de cheval romains, du Cheylounet, 72 et 197; recueillis avec des 
médailles romaines, au Breuil du Pny, 79 et 198; transformations sac- 
cessives de ces fers d'après les découvertes faites dans ce Brésil, 198: 
fers de cbeval gaulois et romains dans le Jura, 197; fer de cheval du 
tombeau de Gbildérie l*^f 197 ; leur emploi comme symbole religieox, 
d'après M. Quicberat,*198. 

vibrollChe brute (morceau de), du Cbeyionnet; substance étrangère ^ 
roltc localité; offrande religieuse, 99; matière la plus généralement em- 
plo)êe dans notre pays pour les instruments en pierre polie, 76 et 99. 

ribiiles (les). Nées peut-être avec les vêtements d'étoffe, 191 ; leurs for- 
mes diverses depuis la fin du néolithe (dolmen du Malpas) jusqu'à l'é- 
poque mérovingienne, 191 ; offrandes dans les tombes et lieux saints, 199. 
Fibules romaines en bronze et en fer au Cheyiounet, 199 k 195; au 
Pu>, k Saint-Paulien, à Marminbac, 194. 

nè«ho (pointes de}, en silex, du Cheyiounet et d'autres stations prébistori • 
quc.s; leur emploi persiste Jusqu'à la fin de Tépoquc gauloise, 73, 81 k 87, 130. 

Flovcsl (M.). Rasoirs préhistoriques en bronze, voyez Rasoir. 

rorci (M. le docteur). Lacune entre l'époque du renne et le plus ancien 
palafltte, 98; forges antiques dans le Jura bernois, voya Fer (âge du). 

vorgcs antiques dans le Jura bernois, voyez Fer (âge du). 

ForDl«r et iHleaiilC (MM.). Station paléolithique du Bois-du-Rocbcr, 
matières indigènes et étrangères qui y ont été travaillées, 79. 

Vonallea homalDS de Denise, près le Puy, vers la fln de l'époque vol- 
canique, un peu avant celle du grand ours. L'intérêt de cette découverte re^ 
connu dans divers congrt'S scientifique» et par d'éminents géologues de 
France, d'Angleterre, de Suisse, d'Allemagne, etc., 134. 

Wjerm préhliitorlqaes en général, 73; aux Estreits et h Peylenc, 
80; au Colombier, 86; k Solutré, 97; en Auvergne, 110. 

vreyeeaiOB ^M. l'abbé). Poterie grossière façonnée à Iji main, dans ant 
sépulture du moyen âge, k Monistrol-d'Allier, 95. 

Voflean. rouez Sommet de fuseau. 



G 
^MilUfaH. Fibules en bronze; première époqne du fer, 191., 



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168 TABLE. 9BS NOMS ET DES MATIÈRES. 

Ct»rrig«a (M. le docteur). Première apparition de la poterie dns let ca- 
yemes ^ ossements d'animaox domestiqnes (néolithiques), 97. 

cuial* (la), avant et dunnt l'histoire, roifes Velajr. 

«ergovle, oppidnm principal des Arvemes remplacé par Auguttonênutum 
(Glermont), 154. 

«•■■•eeea en Lombardie. Poteries de l'âge dn bronze, 116. 

Ciranat, Lot. Epée en bronze, 65. 

dramlie (instniments en), broyeurs dn Cbeylounet, 89; de Locras, 90. 

draUolr*. Vopes Cbeylounet. 

erèee (la), envahie par les Gaulois Tectosages, 143. 

eremade, Espagne. Cavernes, 118. 

erétflAe (lac de), Savoie. Cailloux en quartzite taillé, 90. 

Ciro«0 (M. le docteur), de Neuveville, Suisse. Epées en bronze et en fer de 
Bienne, 66; pointe de lance, de Mœringen, 7S; lames de couteau on 
silex brunâtre de Locras, 78; broyeurs en pierre de la même station, 90;- 
poteries ^ anses, même station, 114 ; flbules en bronze, de Mœringen et 
de Bienne, 191. 

droUe*. Voyez Cavernes. 

emlllaane (M. Gh.). Grotte et foyer aux Estreits, silex Uillés, 80. 

enlllomiaad (M.), rédacteur en chef du Progrés de /• LoUre, Poteries \ 
cannelures, d'un abri sous roche dans la Lozère, 105. 

emllIemlBOt (M.). Les trouvailles du Cbeylounet, 75, 88, 199, etr. 

emyame. Caillou-marteau ^ rainure médiane, 9t, 



H 



Hl]pp*«MidAle0« Leur absence parmi les nombreux fers de cheval trouvés 

au Breuil du Pny, 198. 
Honanae (1*) fesslle de Denise, poyez Fossiles humaini. 



inserlptleai* dédicatoires aux impératrices Etruscille et Tranquilline, 159 

et 166 ; inscription du préfet de la colonie du Pny, 156, 
Irlande. Epées en bronze, 60. 
Italie* Epé^ en bronze, 60. .....: 



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TABLB DES NOMS ET DBS MATIÈRES. 169 



smp^u. Poterie moalée dans de la vannerie, lOS. 
#eABjeAB (Ad.). Dernière pbase paléolitbiqae dans des fisements des 
Basses-Cévennes» 98; poteries k anses dans la grotte de Vesson, Gard, 113, 



lABielle* en silex, vt^fez Silex. 

IfSHee en bronze, voyez Pointe de lance. 

iMmffÊk^em anciens. Voyei Yeiay. 

Ii«rtet (M. Louis). Absence de poteries h l'époqoe dn hos primigenius pos- 
térieure au renne, 9S. Poteries des cavernes de Cueva-Lobrega en Vieille - 
Castille, 100; leurs caractères distinctifs, 100 a 101. Mamelons perforés 
pour la suspension des vases; y adhérant par un procédé d'applique, 119. 

Iiegaay (M. Louis). Silex éclttéf votifs, dans les sépultures, h la Varenne- 
Saint-Hilaire, 83 ; tracbettes li trancbant transversal dans une sépulture de 
la Yarenne-Saint-Maur, 86. 

I/eJeue (M. E.). Poterie < sécbée au soleil, » néolithique, h Escalles, 90. 

1,1e n* (la) gauloise. Son