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Full text of "Annales de la Société royale zoologique de Belgique"



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ANNALES 



DB LA. 



SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE 



DB 



BELGIQUE 



Les opinions émises dans les Annales de la Société sont jwopres à leurs 
auteurs. La Société n'en assume aucunement la responsabilité. 



^Lû 



ANNALES 



DE LA 




DE BELGIQUE 



(ASSOCIATION SANS BUT LUCRATIF) 



TOME CINQUANTE-TROISIÈME (LUI) 



ANNEE 1922 



BRUXELLES 
Société anonyme M. WEISSENBRUCH, imprimeur du Roi 

(Société typographique : Liège, Bouillon, Paris, 1755-1793) 
49, rue du Poinçon. 



1922 



ORGANISATION ADMINISTRATIVE POUR L'ANNÉE 1922 



Conseil d'Administration. 

MM. G. -A. BouLENGER, président. 
M. Leriche, vice-président. 

DE Selys-Longghamps, secrétaire général et trésorier 
Hugo de Cort, membre. 
Ad. Kemna, — 

F. Vande Vloet, — 
V. Willem, — 

Commission de vérification des comptes. 

MM. F. Dordu. 

M. Philippson. 
F. Steinmetz. 



SOCIÉTÉ ROVALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 



1 

Assemblée générale extraordinaire du 26 janvier 1922. 

Présidence de M. G. -A. BOULENGER, Président. 

— La séance est ouverte à 16 h. 45 m. 

Présents : MM. Ball, Boulenger, Brien, Desclin, de Selys, 

DE WiTTfi, GiLTAY, LeRICHE, PëLSEiNEER, StEINMETZ, VaN StRAELEN 

et Verlaine. 

Excusés : MM. De Cort, Desguin, Lameere, Kemna, Sternon, 
Van de Vloed et Van Seymortier. 

Revision des Statuts en rapport avec la Personnification civile 
de la Société. 

— La Société Entomologique, qui a procédé avec un grand soin à 
l'élaboration de nouveaux Statuts adaptés aux stipulations de la Loi 
sur la Personnification civile des Associations sans but lucratif, a 
bien voulu nous communiquer le texte arrêté par elle. Le Secrétaire 
donne lecture de ces Statuts, que nous supposons pouvoir s'appliquer, 
mutatis mutandis, au cas de notre Société. 

Plusieurs articles donnent lieu à discussion, et l'impression géné- 
rale est que les Statuts qui nous sont soumis sont trop longs, et de 
nature à paralyser souvent le fonctionnement de la Société. 

L'Assemblée n'étant pas en nombre, il est décidé qu'une nouvelle 
Assemblée générale extraordinaire sera convoquée, qui statuera en 
dernier ressort. En attendant, M. Steinmetz veut bien se charger de 
soumettre les Statuts arrêtés par la Société Entomologique à un 
nouvel examen, en vue de les réduire dans une large mesure. 

— La séance est levée à 18 h. 20 m. 



6 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGFQUE DE BELGIQUE 

II 

Assemblée mensuelle du 23 février 1922. 

Présidence de M. G.-A. BOULENGER, Président 

— La séance est ouverte à 16 h. 30 m. 

Décision du Conseil. 

— Membre nouveau ; M. R. Mayné, chargé des cours de Zoologie 
et d'Entomologie à l'institut Agricole de l'État, à Gembloux, présenté 
par MM. Lameere et de Selys, est admis en qualité de membre 
effectif. 

Correspondance. 

— La Societas Pro Fauna et Flora Fennica remercie pour les féli- 
citations que nous lui avons adressées à l'occasion de son récent 
centenaire. 

— Un groupe de zoologistes danois, composé de MM. Ad. -S. 
Jensen, Th. Mortensen, R. Sparck, R.-H. Stamm, G. -M. Steenberg et 
V. Nordmann, nous adresse une lettre-circulaire, dont il est donné 
lecture en sérince. Le but de cette lettre est de nous mettre en garde 
contre les publications de M. H. Schlesch, qui a donné à nos Annales, 
en 1906 et 1907, une série d'articles sur les faunes malacologiques 
du Danemark et de l'île de Bornholm. Les listes publiées en cette 
occasion (tomes XLI et XLII des Annales) auraient été établies avec 
une légèreté regrettable. Les auteurs de la lettre nous préviennent 
de ce que M. Schlesch, actuellement en Islande, publie des listes de 
Mollusques relatives à cette île, listes en lesquelles ils n'ont manifes- 
tement qu'une foi très relative, attendu qu'ils leur contestent toute 
valeur scientifique. 

— Notre collègue M. P. Scherldin nous signale qu'un nouvel 
exemplaire d'Aquila chrysaëtus, d'une envergure de l'^SS, a été 
tiré en Alsace, à Grafenstaden, tout près de Strasbourg. 



ANNALES, LUI (1922) 7 

— L'Académie Royale de Belgique invite notre Société à se faire 
représenter aux fêtes du 150« Anniversaire de sa fondation, qui auront 
lieu en mai prochain. Notre Président ayant déjà accepté de repré- 
senler la Zoological Society, de Londres, il est décidé que notre 
Société se fera représenter par son Vice-Président. 

Excursion annuelle. 

— .Nos collègues MM. Massart et Loppens étant d'accord pour 
estimer qu'une excursion est réalisable à la Pentecôte sur le littoral, 
il est décidé que l'excursion sera organisée pour cette date, les détails 
du programme restant à préciser. 

Communication. 

— M. P. Pelseneer fait part de ses recherches sur la polymélie et 
les monstres multiples chez les Astéries, et dépose sur ce sujet une 
note insérée p. 1215, tome LU. 

— La séance est levée à 17 h. 50 m. 



m 

Assemblée générale extraordinaire du 30 mars 1922. 

Présidence de M. G.-A. BOULENGER, Président. 

— La séance est ouverte à 16 h. 20 m. 

Présents : MM. Ball, Bervoets, Boulenger, Brien, Derschëid, 
Desclin, de Selys, Desguin, de Witte, Lameere, Leriche, Mayné, 
Pelseneer, Steinmetz, Van de Vloed, Van Straelen et Verlaine. 

Excusé : M. de Cort. 
Bevision des Statuts. 

— L'Assemblée générale extraordinaire du 26 janvier dernier, déjà 
convoquée avec le même ordre du jour, ne s'étant pas trouvée en 



H SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

nombre, l'assemblée d'aujourd'hui se trouve qualifiée pour arrêter de 
nouveaux statuts en harmonie avec l'attribution de la personnification 
civile à notre Société. 

Les Statuts de la Société Enlomologique, dont nous nous propo- 
sons de nous inspirer dans une large mesure, sont à nouveau 
discutés. Ils font l'objet de nombreux amendements, surtout de la 
part de M. Steinmetz, qui les a soumis à un examen attentif et 
détaillé. Bon nombre des modifications proposées sont adoptées, et 
l'ensemble des nouveaux Statuts, tel qu'il est reproduit ci-dessous, 
est finalement adopté à l'unanimité des membres présents (v. p. 19). 

— La séance est levée à 47 h. 15 m. 



IV 

Assemblée mensuelle du 30 mars 1922. 

Présidence de M. G. -A. BOULENGER, Président. 

— La séance est ouverte à 17 h. 15 m. 

Correspondance. 

— L'Université de Padoue nous invite à nous faire représenter aux 
fêles du VIP Centenaire de sa fondation, qui auront lieu en mai 
prochain. Il est décidé de demander à M. le Sénateur B. Grassi, 
Membre d'honneur de notre Société, de vouloir bien être notre 
délégué. 

— L'Institut cartographique militaire nous a adressé un exem- 
plaire de la nouvelle carte de Belgique au 200,000', sur laquelle 
figurent les territoires d'Eupen et de Malmédy. 

— M. le D'" De Keyser, Président des Naturalistes belges, nous 
écrit qu'il sera heureux de faire reproduire dans le Bulletin de cette 
Société l'article que nous avons publié dans le tome LU, sur la 
distribution en Belgique des Batraciens et Reptiles, par M. G. -A. 
Boulenger. 



ANNALES, LUI (1922) ' 9 

— La Ligue Pomologique de la province de Namur, inquiète 
des conséquences que peut avoir, sur les Oiseaux insectivores, la 
disparition d'un grand nombre de iiaies, sollicite notre concours pour 
le placement de nids artificiels. Cette mesure étant jugée d'une 
efficacité douteuse par plusieurs de nos membres, il est décidé que 
nous n'interviendrons pas. 

— Le Natal Museum, la Société de Physique et d'Histoire 
Naturelle de Genève, et ^University of Illinois, nous offrent de 
compléter les séries de leurs publications que renferme notre biblio- 
thèque. Celle-ci étant en ce moment l'objet d'un inventaire détaillé, 
nous pourrons prochainement indiquer aux Sociétés correspondantes 
la liste de nos manquants. 

— M. Ch. Loppens nous écrit longuement, et d'une façon détaillée, 
au sujet du programme de l'excursion sur le littoral des A et 5 juin 
prochains. Lecture est donnée de la lettre par laquelle notre collègue 
se met obligeamment à notre disposition. 

Communications. 

— Le Secrétaire présente, au nom de notre Collègue M. Em. Vincent, 
une note, accompagnée de deux figures, sur un polypier nouveau des 
sables de Wemmel [Caryophyllia brahantica). L'impression de cette 
note est décidée (voir tome LU). 

— M. DERscHEm parle des Oiseaux jurassiques et spécialement de 
leur interprétation éthologique. [1 s'agit de l'ancien genre Archœo- 
pteryx, V. Meyer, 2iQ,\.\xe\\ev[\Qïi\.s(i\ï\ùé&ïïArchœopteryx(sp. macroura, 
type de Londres) et Archœornis, Petromevics (sp. Siemensi, type de 
Berlin). 

M. Derscheid expose les théories diverses relatives à l'origine des 
Oiseaux : 

1° Théorie classique (type arboricole planeur) ; 

2" Théorie de Nopcsa (1907, type terrestre coureur et voletant 
plus ou moins bien) ; 

3° Théorie de Beebe (1917, type tétraptérygien planeur passant 
au ty()e diptérygien des Oiseaux actuels). 



10 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

M. Derscheid incline plutôt à croire que les formes jurassiques en 
question ne doivent être interprêtées ni comme arboricoles parfaits 
ni comme létraptërygiens. Il insiste spécialement sur ce qu'il y a de 
douteux k considérer ces formes comme intermédiaires directs entre 
les Reptiles mésozoïques et les Oiseaux, et y voit plutôt un phylum 
rejeté en dehors de la lignée directe par une adaptation toute parti- 
culière. D'autre part, il ne peut se rallier aux vues récemment 
exposées par M. B. Petronievics, vues présentant un des genres 
d' Archœopleryx {A. Siemensi) comme étant sur la lignée des Cari- 
nales, l'autre, A. macroura, étant une forme encore moins évoluée 
et plus proche de la souche des Ratites. 

Pour M. Derscheid, les deux genres en question, quoique nette- 
ment distincts, forment un même phylum aberrant par rapport au 
tronc principal de l'arbre phylogénique des Oiseaux. 

— M. le Président remercie M. Derscheid pour son intéressante 
communication, au sujet de laquelle il émet cette réserve, de portée 
générale, qu'il faut être très prudent dans l'interprétation phylogé- 
nique de documents fossiles aussi fragmentaires que ceux que nous 
possédons sur le groupe des Oiseaux. 

— La séance est levée à 18 h. 40 m. 



V 

Assemblée mensuelle du 27 avril 1923. 

Présidence de M. G. -A. BOULENGER, Président. 

— La séance est ouverte à 16 h. 15 m. 

Correspondance. 

— L'Académie Royale de Belgique nous fait don d'une plaquette 
commemorative frappée à l'occasion du 150^ anniversaire de sa fon- 
dation. [Remercîmenls .] 

— M. le Sénateur B. Ghassi écrit qu'il accepte de représenter 



ANNALES, LUI (1922) Il 

notre Société aux fêtes du VIP Centenaire de la fondation de l'Uni- 
versité de Padoue. 

— La Société Royale des Sciences Médicales et Naturelles de 
Bruxelles invite notre Société à se faire représenter aux fêtes de son 
Centenaire, qui sera célébré le 22 juin prochain. 

— La revue Bruxelles Médical nous prie d'annoncer à nos mem- 
bres que les Journées Médicales de 1922 se tiendront du 25 au 
28 juin prochain . 

— Les Naturalistes belges seraient heureux de voir notre Société 
€u quelques-uns de ses membres l'aider dans l'organisation d'une 
Exposition d'animaux vivants qui aura lieu fin juin, en coïncidence 
avec les Journées Médicales. 

Décision du GonseiL 

— Membre nouveau .- M. P. van Oye, Docteur en Sciences, rue 
Baudouin, 6, à Gand, présenté par MM. Boulenger et de Selys, 
€st admis en qualité de membre effectif. 

Bibliothèque. 

— M. V. Van Straelen fait, au sujet de l'administration de notre 
bibliothèque, une proposition d'une importance telle qu'il est jugé 
opportun de la porter à l'ordre du jour de la prochaine séance. 

Excursion de la Pentecôte. 

Le Secrétaire fait connaître les adhésions parvenues jusqu'à pré- 
sent et donne lecture d'une lettre de notre Collègue M, Loppens 
relative au programme de l'excursion. 

Communication. 

— Notre Collègue, M. le Professeur G. Gilson, nous envoie une 
note, accompagnée de trois figures, sur deux Hydroïdes de notre 
côte, par M. le Professeur A. Billard. Suivant le désir qui nous en 
est exprimé, cette note sera publiée sans délai, et trouvera sa place 
dans le tome LU, qui est en voie d'achèvement. 



12 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Date de la prochaine séance. 

— Le dernier jeudi de mai tombant sur le jour férié de l'Ascen- 
sion, la prochaine séance est fixée au l^*" juin. 

— La séance est levée à 15 h. 20 m. 



VI 

Assemblée mensuelle du 1'' juin 1922. 

Présidence de M. M. LERICHE, Vice-Président. 

— La séance est ouverte à 16 h. 30 m. 
Correspondance. 

— Notre collègue, M. J.-B. le B. Tomlin nous fait connaître 
sa nouvelle adresse : 23, Boscobel Road, St. Leonards-on-Sea 
(Angleterre). 

Bibliothèque. 

— 11 est donné connaissance d'une proposition émanant de l'Admi- 
nistration de l'Université Libre de Bruxelles, formulée en ces termes : 

« L'Université Libre de Bruxelles a abrité jusqu'ici la Bibliothèque 
de la Société Zoologique de Belgique. 

« Elle a le désir de continuer à en assurer la conservation et de la 
rendre accessible à tous les travailleurs, membres de la Société Zoo- 
logique et membres de l'Université. 

« En retour d'un dépôt qui lui serait fait à titre perpétuel, l'Uni- 
versité s'engagerait : 

1° à combler les lacunes des séries existantes; 

2° à relier les volumes au fur et à mesure des nécessités. 
« Les volumes reliés porteraient la mention : « Société Zoologique de 
Belgique. » 

— Cette proposition, jugée extrêmement avantageuse, est adoptée 
à l'unanimité des membres présents. En conséquence, il est décidé que 
nous marquerons notre accord à l'Université. 



ANNALES, LUI (1922) 13 

Nomination d'un Président d'honneur. 

— Sur la proposition de MM. Lameere et de Selys Longchamps, 
l'assemblée est unanime à porter M. Léon Frédéricq, Professeur émé- 
rite à TUniversife de Liège, à la présidence d'honneur de la Société, 
voulant reconnaître par là les nombreux titres que cet homme 
eminent s'est acquis à la reconnaissance des Zoologistes. 

Communications. 

— M. Ch. Loppens parle de la répartition des sexes chez Carcinus 
mœnas, sujet dont il a commencé l'élude au cours de son séjour sur 
les côtes anglaises, pendant la guerre, et qu'il a poursuivie notam- 
ment dans l'ancien bassin de chasse, aujourd'hui sans emploi, du port 
d'Ostende. Les mâles, en minorité sur la côte, seraient au contraire de 
plus en plus nombreux à mesure que l'on remonte les estuaires des 
rivières, de même qu'ils sont en surnombre dans l'eau saumâtre du 
bassin précité. M. Massart confirme ultérieurement qu'il est difficile 
de trouver une femelle dans l'Yser, à la hauteur de Nieuport, alors 
que les mâles y sont en abondance. 

Un échange de vues s'ensuit, au cours duquel M. Lameere 
exprime l'avis que l'humeur vagabonde des mâles explique peut-être 
le fait que les mâles s'écarteraient davantage des côtes. 

— M. Loppens fait ensuite connaître les résultats de ses observa- 
tions sur la variabilité des coquilles de Cardium edule, tant en ce qui 
concerne les proportions de la coquille elle-même, que les côtes de 
celle-ci et son poids relatif. La méthode suivie par l'auteur pour 
traduire en chiffres les variations qu'il a observées donne lieu à quel- 
ques objections de la part de MM. de Selys et Desguin, qui reconnais- 
sent d'ailleurs pleinement le haut intérêt des observations entreprises 
par notre Collègue. 

Excursion de la Pentecôte. 

— Nos Collègues MM. Ball et Van Seymortier ont écrit qu'ils se 
trouveraient d'avance sur le littoral, et demandent qu'un rendez- 
vous leur soit fixé. 



14 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

— MM. Mayné et Verlaine, bien qu'ils fussent très désireux de 
participer à l'excursion, se voient empêchés, et se font excuser à leur 
1res grand regret. 

— Le rendez-vous est fixé au dimanche 4 juin, à 9 heures du 
matin, à La Panne, où les excursionnistes se réuniront sous la con- 
duite de M. LopPENS, la journée suivante devant être consacrée aux 
environs de Nieuport, où le Laboratoire de Biologie de l'Yser, fondé 
et dirigé par notre collègue M. le Professeur Massart, nous donnera 
des facilités sans égales sur notre côte. 

— La séance est levée à 18 h. 50 m. 



VII 

Assemblée mensuelle du 29 juin 1932. 

Présidence de M. Ph. DAUTZENBERG. 

— La séance est ouverte à 16 h. 30 m. 

Correspondance. 

— M. le Professeur Léon Frédéricq nous écrit de Naples qu'il 
accepte sa nomination à la Présidence d'honneur et nous en exprime 
sa profonde gratitude. 

— L'Académie Royale de Belgique nous remercie de nous être- 
fait représenter à la célébration de son 150* anniversaire. 

— Le Comité d'organisation du XII P Congrès géologique inter- 
national {Belgique, 10-19 août 1922) prie notre Société de se faire 
représenter à cette réunion par un ou plusieurs délégués. M. le 
Professeur Leriche étant tout indiqué pour remplir cette nîission, on 
décide de lui demander de bien vouloir l'accepter. 

Mort de S. A. S. le Prince Albert de Monaco. 

— Il est décidé d'adresser à la Direction du Musée Océanogra- 
phique de Monaco l'expression des regrets que nous cause la dispa- 



ANNALES, LUI (1922) 15 

rilion de ce pionnier de l'exploration sous-marine, qui avait bien 
voulu accepter la qualité de Membre d'honneur de notre Sociélé. 
L'espoir est formulé que les institutions scientifiques fondées par le 
défunt auront leur avenir assuré et que nous resterons en relations 
d'échanges avec les publications qu'elles éditent. 

Mort de M. le D' Henry Woodward. 

— C'est également avec un vif sentiment de regret que nous enre- 
gistrons la mort du Docteur Woodward survenue en septembre, 1921 » 
et dont la nouvelle nous parvient seulement. Ce paléontologiste 
eminent était Membre d'honneur de notre Société depuis 1881. 

Nouveaux Statuts. 

— Notre Collègue M. Steinmetz communique le numéro du 
27 juin du Moniteur belge, aux Annexes duquel ont paru nos 
nouveaux Statuts, tels qu'ils ont été arrêtés à l'Assemblée générale 
du 30 mars dernier. Ces Statuts sont reproduits ci-dessous (v. p. 19). 

Sur la proposition de M. Steinmetz, qui a bien voulu se charger 
d'assurer les formalités légales et cette publication au Journal officiel, 
il est décidé que des communiqués seront adressés à la Presse pour 
faire connaître au grand public les moditications qui en l'ésultent 
pour le régime de notre Société. 

Communications. 

— M. Verlaine expose une partie des expériences qu'il a faites sur 
le comportement de certaines guêpes maçonnes, très voisines du 
célèbre Pelope tourneur de Henri Fabre, expériences qu'il a eu 
l'occasion de faire durant son récent séjour au Congo. L'auteur a 
placé ces Insectes en présence d'une série de difficultés variées, 
contrariant le libre jeu de leurs instincts, et il estime que, pour 
tourner ces difficultés, les Guêpes en cause se sont livrées à des actes 
que, venant d'êtres humains, nous n'hésiterions pas à qualifier 
d'intelligents. 

L'exposé de M, Verlaine est accompagné de la présentation de 



16 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

nombreuses pièces à conviction, représentées par des nids en argile 
diversement mutilés. 

M. le Président remercie M. Verlaine pour son intéressant exposé. 

— M. Lameere présente ensuite, sous le microscope, une prépa- 
ration d'Ortlionectides, parasites à' Ophiocoma neglecta, qu'il a faite, 
il y a quelques jours seulement, aii Laboratoire de Wimereux. Cette 
préparation (fixation au liquide de Bouin, coloration à l'hématoxyline 
d'Ehrlich, montage par l'alcool 95°, essence de girofles, baume du 
Canada au Xylol) est d'une grande clarté. Malheureusement, il ne s'y 
trouve que des mâles et des embryons, ainsi que des œufs. Les 
Orthonectides ayant, à tort ou à raison, la réputation de ne pas se 
laisser monter en préparations durables, il sera intéressant de voir ce 
qu'il adviendra de cette préparation encore toute fraîche^ et qui, pour 
le moment, se présente très favorablement. 

— La séance est levée à 1 8 h. 10 m. 



VIII 

Assemblée mensuelle du 27 juillet 1922. 

Présidence de M. F. STEINMETZ. 

— La séance est ouverte à 17 h. 15 m. 

Correspondance. 

— M. le D"^ Richard nous écrit pour nous remercier de la part 
que nous avons prise à la mort du Prince Albert de Monaco. Il nous 
donne l'assurance que les fondations qui lui sont dues ont leur 
existence assurée et que la publication des Résultats de ses cam- 
pagnes scientifiques sera continuée. 

— La Société Royale des Sciences médicales et naturelles de 
Bruxelles nous remercie de nous être fait représenter par notre 
collègue M. Ad. Kemna à la célébration de son Centenaire, le 
22 juin dernier. 



ANNALES, LUI (1922) 17 

— La State University of Montana, U. S. A., nous demande de 
reprendre l'échange de nos publications, ce qui est accordé. 

— L'imprimerie Weissenbruch, qui a édile nos Annales depuis leur 
fondation, nous propose une majoration de prix de 300 p. c, autre- 
ment dit de quadrupler le prix d'avant-guerre. Il est décidé, avant 
d'accepter cette proposition, de procéder à une enquête sur les prix 
qui pourraient nous être faits par d'autres maisons. 

Communication. 

— M. Em. Vincent nous adresse une note, accompagnée de trois 
dessins, sur les Brachiopodes des terrains tertiaires de Belgique, mais, 
par suite d'un malentendu, cette note ne pourra être présentée 
qu'ultérieurement. 

— La séance est levée à 18 h. 15 m. 



IX 

Assemblée mensuelle du 28 octobre 1922. 

Présidence de M. G.-A. BOULENGER, Président. 

— La séance est ouverte à 16 h. 15 m. 

Correspondance. 

— Notre Collègue M. P. Scherdlin nous informe de ce qu'il 
vient d'être nommé Assistant à la Station entomologique de l'Uni- 
versité de Strasbourg. Le 14 juillet lui a apporté le Mérite agricole. 
{Félicitations.) 

Échange nouveau. 

— Le Dove Marine Laboratory (Cullercoals, Northumberland) 
nous demandant l'échange de nos publications, il est décidé d'accepter 
ce nouvel échange. 

Ann. Soc. Zool. Belg., t. LUI. 2 



V^>1^ 



A 



18 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

— On décide aussi de reprendre l'échange avec la Société Scienti- 
fique de Transylvanie [Siebenhûrgischer Verein fur Naturwissen- 
schaflen zu Hermannstadt). 

Communications. 

— M. P. PüLSb-NEER comniuniquc une note, avec figures, sur une 
habitude de Doris bila mei lata. 

— M. A. Lameerk expose ses vues sur la classification des Éponges, 
et dépose une note à ce sujet. 

— M. P. Dupuis dépose deux notes, dont l'une en collaboration 
avec M. S. Putzeys sur des Mollusques récoltés par lui en Afrique. 

— Toutes ces notes sont insérées ci-après. 

— M. V. Van Straelen présente un Homard péché au môle de 
Zeebrugge, où cet animal paraît acclimaté, bien qu'il ne s'y trouve 
encore qu'en petit nombre. 

— La séance est levée à 18 h. 



ANNALES, LUT (1922) 19 



STJLTTJTS 

arrêtés le 30 mars 1922. 

[Extrait des Annexes au Moniteur belge du 26-37 juin 1922^(n<' 321), p. 425. 



SOCIETE ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE, à BRUXELLES. 

STATUTS. 

Fondée le 1<^'' janvier 1863 sous le nom de Société Malacologique de Belgique. 

Société Royale Malacologique de Belgique, de 1881 à 1904. 

Société Royale Zoologique et Malacologique de Belgique, de 1904 à 1922. 



CHAPITRE I. 
Dénomination . 

Article premier. — L'Association prend la dénomination de « Société 
Royale Zoologique de Relgique )). 

Siège. 

Art. 2. — La Société a son siège à Bruxelles. Ce terme comprend 
toute l'agglomération bruxelloise. 

Objet. 

Art. 3. — Son but est de favoriser l'étude des animaux vivants et 
fossiles. 

Membres. 

Art. 4. — La Société se compose de membres associés, correspondants, 
assistants et honoraires. 

Peuvent être admis en qualité : 
1° De membres associés : 

a) Les personnes physiques de nationalité belge ; 

b) Les personnes physiques de nationalité étrangère résidant en 
Belgique ; 



20 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQLE DE BELGIQUE 

2° De membres correspondants : 
Les personnes de nationalité belge ou étrangère résidant hors du 
pays; 

3° De membres assistants : 
Les personnes de nationalité belge ou étrangère quelle que soit leur 
résidence. 

4° De membres honoraires : 
Les personnalités les plus éminentes de la science zoologique. 

Art. 5. — Les trois cinquièmes des membres associés doivent être de 
nationalité belge. Ces membres doivent être au nombre minimum de 
cinq. 

Admission. 

Art. 6. — a) Pour être admis en qualité de membre associé, 
correspondant ou assistant, il faut être présenté par deux membres 
associés et être admis par le Conseil d'administration ; 

b) Pour être admis en qualité de membre honoraire, il faut être 
présenté par le Conseil d'administration et être admis par l'assemblée 
générale. 

Les admissions se font au scrutin secret et à la majorité des voix. 
L'admission comme membre implique l'adhésion aux statuts. 

Prérogatives. 

Art. 7. — Les membres associés ont seuls le droit de vote aux assem- 
blées. 

Les autres prérogatives des membres associés et celles des autres 
catégories de membres sont déterminées par le règlement d'ordre 
intérieur. 

Cotisations. 

Art. 8. — Le taux maximum de la cotisation annuelle des membres 
associés est de cent francs. Le taux de redevance des membres corres- 
pondants et assistants est fixé par le Conseil d'administration. Les 
membres honoraires ne paient aucune cotisation. 

Responsabilité limitée. 

Art. 9. — Les associés ne contractent aucune obligation personnelle 
relativement aux engagements de la Société. Il ne sont tenus qu'au 
versement de leur cotisation. 



ANNALES, LUT (1922) 21 

Démission. 

Art. 10. — Tout membre est libre de se retirer de l'Association en 
adressant sa démission au Conseil d'administration Est réputé démis- 
sionnaire le membre qui ne paye pas les cotisations qui lui incombent 
après la sommation lui adressée par le Conseil d'administration. 

Exclusion. 

Art. 11. — Tout membre peut être exclu à raison de circonstances 
graves par l'Assemblée générale et à la majorité des deux tiers des voix 
des membres présents. 

Art. 12. — Le membre démissionnaire ou exclu et les héritiers du 
membre décédé n'ont aucun droit sur le fonds social. Ils ne peuvent 
réclamer le remboursement des cotisations versées, provoquer l'apposi- 
tion des scellés, ni requérir inventaire. 

CHAPITRE II. 
Assemblée générale des membres associés. 

Assejnblée ordinaire. 

Art. 13. — une assemblée générale ordinaire des membres associés 
se tient chaque année dans le courant de janvier au siège de la Société. 

Attributions. 

Art. 14. — Celte assemblée entend le rapport du Conseil d'adminis- 
tration, statue sur le compte des recettes et dépenses de l'exercice écoulé 
et vote le budget du prochain exercice. Elle procède à la nomination et 
au remplacement des administrateurs, lesquels sont choisis parmi les 
membres associés. 

Assemblées extraordinaires. 

Art. 15. — Le Conseil d'administration convoque des assemblées 
extraordinaires chaque fois qu'il le juge utile aux intérêts de la Société. 

11 en est tenu lorsque un cinquième des membres associés en fait la 
demande par écrit en proposant l'ordre du jour. Dans ce cas, l'assemblée 
est convoquée dans les trente jours. 

Convocations aux assemblées. 

Art. 16. — Les convocations contenant l'ordre du jour sont adressées 
aux membres associés par lettre-missive, dix jours francs avant la date 



22 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

de l'assemblée. Il ne doit pas être justifié de l'accomplissement de cette 
formalité. 

Toute proposition signée par un nombre de membres associés égal 
au vingtième de la dernière liste annuelle et adressée par écrit au 
Conseil d'administration est portée à l'ordre du jour. 

Exceptionnellement en cas d'urgence, sur la proposition du Conseil 
d'administration, il peut être statué sur un objet qui ne figure pas à 
Tordre du jour de l'assemblée. 

Beprésentation. 

Art. 17. — Tout membre associé peut se faire représenter à l'assem- 
blée générale par un autre membre associé, muni de pouvoirs écrits. 

Le Conseil d'administration peut exiger que les procurations soient 
déposées au siège social trois jours au moins avant l'assemblée. 

Art. 18. — Une assemblée générale est seule compétente pour déli- 
bérer sur les points suivants : 
1° Modification aux statuts ; 
2° Nomination et révocation des administrateurs ; 
3° Approbation des budgets et des comptes; 
4° Dissolution de la Société; 
5° Exclusion d'un membre. 

Votes. 

Art. 19. — L'assemblée générale est régulièrement constituée quel 
que soit le nombre des membres associés présents ou représentés et les 
décisions sont prises à la majorité des voix des membres présents, sauf 
les exceptions prévues par la loi ou par les statuts. 

Tous les membres associés ont un droit de vote égal. 

En cas de parité de voix, la proposition est rejetée. 

A la demande de la majorité des membres présents, les votes se font 
au scrutin secret. 

Quand il est question de personnes, le scrutin secret est de droit. 

Modifications aux statuts. 

Art. 20. — L'assemblée générale ne peut valablement délibérer sur 
des modifications aux statuts que si l'objet de celles-ci est spécialement 
indiqué sur la convocation et si l'assemblée réunit les deux tiers des 
membres. Aucune modification ne peut être adoptée qu'à la majorité 
des deux tiers des voix. 

Toutefois, si la modification porte sur l'objet en vue duquel la 



ANNALES, LUI (1922) ~ 23 

Société est constituée, elle ne sera valable que si elle est votée à l'una- 
nimité des membres présents à l'assemblée. 

Si les deux tiers des membres associés ne sont pas présents ou 
représentés à la première réunion, il est convoqué une seconde réunion 
qui peut délibérer quel que soit le nombre des membres présents; cette 
décision est soumise à l'homologation du tribunal civil. 

Toute modification aux statuts est publiée dans les deux mois aux 
annexes du Moniteur. 

Publicité. 

Art. 21. — Les décisions de l'assemblée générale intéressant les 
membres associés sont portées à leur connaissance par la voie des 
publications de la Société. 

Les tiers sont informés des décisions qui les concernent soit par lettre, 
soit par la publication aux annexes du Moniteur. 

CHAPITRE 111. 
Administration. 

Composition du Conseil. 

Art. 22. — Le Conseil d'administration de la Société est composé du 
président et de six membres au maximum. 

Art. 23. - Le président et les membres du Conseil d'administration 
sont nommés par l'assemblée générale pour un terme de deux ans. 

Les six membres du Conseil se renouvellent par moitié. 

Le président sortant n'est pas immédiatement rééligible à cette 
fonction. 

Art. 24. — L'assemblée générale prononce, à la majorité des voix, 
la révocation des administrateurs. 

Responsabilité des administrateurs. 

Art. 2o. — Les administrateurs sont responsables suivant le droit 
commun des fautes commises dans l'exercice de leur mandat. Ils ne 
contractent, en raison de leur gestion, aucune obligation personnelle 
relativement aux engagements de la Société. 

Art. 26. — Les administrateurs ne jouissent d'aucun traitement. 

Art. 27. — Le Conseil d'administration choisit dans son sein après 
l'assemblée générale ordinaire un vice-président, un secrétaire et un 
trésorier. 



24 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Réunions. 

Art. 28. — Le Conseil d'administration se réunit sur convocation 
du président aussi souvent que ies intérêts de la Société l'exigent. Il ne 
peut délibérer que pour autant que la moitié de ses membres soient 
présents. 

Pouvoirs du Conseil. 

Art. 29. — Le Conseil d'administration a les pouvoirs les plus éten- 
dus; tout ce qui n'est pas expressément réservé à l'assemblée générale 
par la loi ou par les statuts est de sa compétence. 

Signatures. 

Art. 30. — Les actes qui engagent la Société, autres que ceux du 
service journalier, sont, à moins de délégation spéciale du Conseil, 
signés par deux administrateurs, qui n'ont pas à justifier vis-à-vis des 
tiers des délibérations préalables du Conseil d'administration. 

Les actes du service journalier ainsi que la correspondance courante 
sont signés indistinctement par un administrateur ou par le secrétaire 
ou par un agent délégué à cette fin par le Conseil d'administration. 

CHAPITRE IV. 
Comptes annuels 

Art. 31. — L'année sociale commence le 1" janvier et finit le 
31 décembre. 

Art. 32. — Le 3i décembre de chaque année, et pour la première 
fois le 31 décembre 1922, les livres sont arrêtés et l'exercice est clôturé. 

Le Conseil d'administration dresse l'inventaire, le bilan, le compte 
des recettes et dépenses de l'exercice écoulé, ainsi que le budget de 
l'exercice prochain. Il les soumet à l'assemblée générale ainsi qu'il est 
prescrit à l'article 14. 

Art. 33. — L'excédent favorable du compte appartient à la Société; 
il est reporté à nouveau aux comptes de l'exercice suivant. 

CHAPITRE V. 
Dissolution, liquidation. 

Art. 34. — L'assemblée générale ne peut prononcer la dissolution 
de la Société que si les deux tiers des membres associés sont présents. 



AiNNALBS. LUI (1922) 25 

Si cette condition n'est pas remplie, il peut être convoqué une deuxième 
réunion, qui délibère valablement quel que soit le nombre des membres 
associés présents. Aucune décision n'est adoptée que si elle est votée à 
la majorité des deux tiers des membres présents. 

Toute décision relative à la dissolution, prise par une assemblée ne 
réunissant pas les deux tiers des membres associés est soumise à 
l'homologation du Tribunal civil. 

L'assemblée désigne par la même délibération un liquidateur chargé 
de la liquidation, de la Société dissoute. 

Art. 35. — En cas de dissolution volontaire de la Société, l'assemblée 
qui l'a prononcée détermine la destination des biens, qui dans tous les 
cas se rapprochera autant que possible de l'objet en vue duquel l'Asso- 
ciation a été créée. 

Il en est de même en cas de dissolution judiciaire; celle-ci est suivie 
d'une assemblée générale des membres associés, convoquée à cette fm 
par le liquidateur. 

CHAPITRE VI. 
Dispositions diverses. 

Art. 36. — Des règlements d'ordre intérieur peuvent être arrêtés par 
l'assemblée générale sur la proposition du Conseil d'administration. 

Art. 37. — Si des difficultés viennent à s'élever soit relativement à 
la lettre ou au sens des statuts, soit au sujet des résolutions prises par 
la Société, elles sont résolues en assemblée générale, les membres 
renonçant expressément, par leur adhésion aux présents statuts, à toute 
action judiciaire. 

Art. 38. — Il est fait élection de domicile au siège de la Société. Cette 
élection de domicile est attributive de juridiction pour toutes contesta- 
tions qui pourraient survenir entre la Société et des tiers 

Art. 39. — Pour tous les cas non prévus aux présents statuts, les 
parties se réfèrent aux dispositions légales concernant la matière. 

CHAPITRE VII. 
Publications 

Art. 40. — Le Conseil d'administration veille à remplir les formalités 
des publications requises par les articles 3, 9, 10 et 11 de la loi du 
27 juin 1921. 



26 saClÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Ces statuts ont été arrêtés par l'assemblée générale extraordinaire 
du 30 mars 1922 régulièrement constituée, et à l'unanimité des voix des 
membres présents. 

Pour le Président : 

Le Vice-Président, Le Secrétaire général, 

Leriche. m. de Selvs-Longchamps. 

Enregistré à Malines (A. C), le 2 juin 1922, quatre rôles sans renvoi, 
volume 98, folio 24, case 10. 

ORGANISATION ADMINISTRATIVE POUR L'ANNÉE 1922. 

Conseil d'administration : 

MM. G. -A. Boulenger, président; Leriche, vice-président; de Selys- 
LoNGCHAMPS, secrétaire général et trésorier; Hugo de Cort, Ad. Kemma, 
F. Van de Vloet, V. Willem, membres. 

Commission de vérification des comptes : 
MM. F. Dordu, m. Philippson, F. Steinmetz. 

Liste des membres associés : 

MM. Bail (Francis), rue Belliard, 160, Bruxelles; Bervoets d'Oostkerke, 
21, rue Jacques Jordaens, Bruxelles; Boulenger (G. -A.), Jardin Botanique 
de l'État, à Bruxelles; Brachet (A.), 32, rue Léonard de Vinci. Bruxelles; 
Brien (P.), 90. rue Antoine Bréart, Bruxelles; Buchet (P.), Athénée royal, 
Charleroi; Cornet (J.), 12. boulevard Elisabeth, Mons; Cosyns (G.), 
7, avenue Emmanuel, Haren-Nord; Daimeries (A.), 25, rue Saint- 
Bernard, Bruxelles; Damas (D.), Institut zoologique, Liège; de Cort (H.), 
7, rue de La Bassée, Lille; de Dorludot (le chanoine H.), 42, rue Bériot, 
Louvain; de Limburg-Stirum (comte Adolphe), 72, rue du Trône, 
Bruxelles; Delize (J.), 37, rue Hemricourt, Liège; Derscheid (J.), ö9, rue 
de Stassart, Bruxelles; Desclin (L.), 7, avenue Emile Verhaeren, 
Schaerbeek; de Selys-Longchamps (Marc), 61, avenue Jean Linden, 
Bruxelles; Desguin (E), 141, rue du Midi, Bruxelles; de Witte (G. -F.) 
203, avenue de la Chasse, Bruxelles; Dordu de Borre (F.), 40, rue 
d'Arlon, Bruxelles; Dupuis (P.), 33, rue de l'Abbaye, Bruxelles; 
Fournier (Dom Grégoire), Abbaye du Mont-César, Louvain; Gilson (G.), 
95, rue de Namur, Louvain; Giltay (L.), 11, avenue Van Eyck, Anvers; 
Hannevart (M""), 46, avenue Albertyn, Woluvve-Saint- Lambert; Kemma 
(A.), 6, rue de .Montebello, Anvers; Lameere (A.), 74, rue Defacqz, 



ANNALES, LI[[ (1922) 27 

Bruxelles; Lauwers (W.), 77, rue Lamorinière, Anvers; Ledoux, 9, rue 
de la Révolution, Bruxelles; Leriche (M.), 47, rue du Prince Royal, 
Bruxelles; Loppens (K.), Villa Les Roseaux, Coxyde; Malvaux (J.), 
69, rue De Launoy, Bruxelles; Massart (J.), ISO, avenue de la Chasse, 
Bruxelles; ftfayné (R.), avenue Macau, 17, Bruxelles; Navez (L.), 
164, chaussée de Haecht; Pelseneer (P.), 23, rue de la Longue-Haie, 
Bruxelles; Philipson (M.), 57, rue d'Arlon, Bruxelles; Putzeys (S.), 
24, rue Anoul, Bruxelles; Raemaekers (D.), 80, boulevard des Martyrs, 
€and; Rutot (A.), 189, rue de la Loi, Bruxelles; Schmitz (G.), ^^, rue 
des Récollets, Louvain; Schouteden (H.), 5, rue Saint-Michel, Woluwe- 
Saint-Pierre ; Lhoëst, Société Royale de Zoologie d'Anvers; Steinmetz 
(F.), Melane, 24, Malines; Sternon (F.\ Grand'Place, Virion; Van den 
Dries (R.), 44, rue de l'Eglise, Anvers; Van de Vloet (F.), Waelhem; 
Van Molle (l'abbé), rue de la Blanchisserie, Malines; Van Oye (G.), rue 
Baudouin, Gand; Van Sey mortier (L,), Audenarde; Van Straelen, 14, rue 
des Sols, Bruxelles; Verlaine (L.), 31, rue Joseph Coosemans, 
Schaerbeek; Verbas (G.), 37, Vogelzang, Wol uwe- Saint-Pierre; Vincent 
(E.), 35, rue Pascale, Bruxelles; Willem (V.), 53, rue du Jardin, Gand. 



28 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 



SUR UNE HABITUDE DE DORIS BILAMELLATA 

(Fig. \ il 4) 

Par Paul PELSKNKEli 



I. — Dans divers groupes d'animaux marias, on a signalé des 
manifestations biologiques en rapport étroit avec le mouvement des 
marées. Jusqu'ici il n'en a rien été pour les Nudibranches. Or, chez 
eux aussi, le rythme de la marée peut être accompagné dun phéno- 
mène éthologique particulier; c'est le cas notâmnent pour Doris bila- 
mellata. 

Cette espèce est, dans la Manche septentrionale et dans la mer 
du Nord, le Doridien le plus commun et aussi le plus franchement 
intercotidal, au moins pendant la saison de ponte, qui est fort longue ; 
mais elle ne s'observe généralement que par individus isolés ou en 
petits groupes, auprès des pontes, sur ou sous des pierres, depuis le 
printemps jusqu'en automne. 

En août 1922, à Wimereux (Pas-de-Calais), Doris bilamellata 
s'est rencontré en nombre prodigieux, comptant jusqu'à un millier 
d'exemplaires par mètre carré. N'y ayant pas séjourné d'une façon 
continua avant le 10 août, ce n'est qu'à partir de cette dernière date 
que j'ai pu en faire la constatation. C'est sur le grand champ de galets, 
au nord de la Tour de Croï, que ces Doris étaient rassemblés en 
bandes serrées, surtout dans le système de mares peu profondes qui 
y restent à mer basse; ils y déposaient, sur de gros galets, des mul- 
titudes de pontes. Bien que je n'aie pu l'observer directement, il est 
bien certain, toutefois, que ces Nudibranches habitaient déjà celte 
station précédement : parmi les pontes qu'ils avaient déposées, beau-' 
coup étaient âgées d'une quinzaine de jours, d'après l'état de dévelop- 
pement de leurs embryons; et, d'autre part, il est probable que 
ces Doi'is y étaient depuis plus longtemps encore, car l'espèce en 
question s'observe communément, entre les limites des marées, au 
printemps comme en été. 



ANNALES, LUI (1922) 



29 



II. — C'était déjà un spectacle surprenant de constater l'énorme 
quantité de Doris qui étaient réunis par places; ce l'était davantage 
encore de voirM'allure particulière qu'ils y présentaient à chaque 
marée. 

Tous étaient orientés dans le même 
sens; en outre, ils se suivaient en con- 
tact immédiat, à la manière des che- 
nilles processionnaires, constituant des 
colonnes formées de nombreuses ran- 
gées parallèles plus ou moins serrées 
et plus ou moins longues (pouvant aller 
jusqu'à 4 mètres) (fig. 1) et cheminant 
avec une vitesse uniforme, si l'on consi- 
dérait les individus voisins. 

Le système de mares où ces Doris 
séjournaient comprend notamment (à 
mer basse) des conduits de faible pro- 
fondeur, serpentant en ligne plus ou 
moins droite, entre des galets décou- 
verts ou peu couverts, de l'Est à 
l'Ouest, c'est-à-dire perpendiculaire- 
ment à la côte. C'est dans ces con- 
duits que les colonnes de Do? is se Fig. i. —Boris bUamellata. dAns des 
j, , •./.-» m L t\\ . mares pendant le reflux (Wimereux, 

déplaçaient (tlg. 2 et 3) avec une Vl- août 1922). La flèche indique le sens 
teSSe pouvant aller de 4 à 7 Centi- de la marche des colonnes de i)orzs ; 

W = Ouest (côté vers lequel la mer 
mètres par minute, la vitesse maxi- se retire); e = Est. Échelle : emi- 

mum étant celle d'exemplaires peu ron i/io^; grisé : galets, 
serrés, la vitesse minimum s'observant, par contre, dans les endroits 
« encombrés ». 




iî.' 



m. — Quant au sens de la progression, jusqu'au moment où 
ia mer était entièrement basse, tous les individus étaient orientés 
la tète vers la mer; et si on écartait l'un d'eux de celte orientation, 
il reprenait insensiblement sa direction première. 

Mais après que le flux eut repris et que le courant montant 
eut commencé à se faire sentir, les Doris se tournaient lentement de 



30 



SOCIETE ROYALE ZOOLCGIQUE DE BELGIQUE 



180 degrés, soit individuellement, soit par colonne, et continuaient 
leur mouvement en sens inverse. La « conversion » d'une colonne a 
été prise plusieurs fois sur le vif (fîg. 4). 





Fig. 3. — Portion d'une colonne assez 
large de Boris bilamellata, vers la fin du 
reflux. La flèche indique le sens de la 
progression. Échelle : environ 2/5. 



Fig. 2. — Portion d'une colonne 
étroite de Doris bilamellata, en 
marche pendant le reflux. La flèche 
indique le sens de leur progression ; 
W = Ouest; E = Est. Échelle : 
environ 1/4; grisé : galets plats. 



IV. — Pendant le courant du- 
mois de septembre, ces innombrables- 
cohortes de Doris bilamellata se dis- 
socièrent en divers groupes moins- 
importants, plus ou moins largement éparpillés. Mais, comme chez: 
les énormes accumulations du mois précédent, les déplacements 
collectifs rythmiques dans le sens de la marée continuèrent, au; 
moins jusqu'au début d'octobre — dale des dernières observations; 
et les phénomènes d'orientation correspondant au reflux ou au flux s& 



ANNALES. LUI (1922) 



3E 



manifeslèrenl sur des colonnes plus ou moins longues (d'une seule- 
file en général) ainsi que celui de la conversion au moment du chan- 
gement de sens du mouvement de la mer. Ces phénomènes caracté- 
risaient de même les individus isolés, chez lesquels la « conversion )> 
se produisait avec une allure plus ou moins décidée et rapide, quel- 
quefois après un certain tâtonnement. A cette époque (début d'oclohre) 
les pontes étaient devenues extrêmement rares. 



w 





Fig. 4. — Conversion d'une colonne de Doris bilamellata, au 
moment où le courant de flux recommence à se faire sentir. 
La flèche indique le sens de la progression des diverses parties 
de la colonne. W. = Ouest; E. = Est. Échelle: environ 3/10. 



V. — 11 apparaît donc que cette espèce intercotidale de Doridie» 
manifeste, au moins pendant sa saison de ponte, un rythme régulier 
de déplacement dans le sens des mouvements de la marée, nettement 
observable durant les heures de basse mer. Il est vraisemblable que 
ce phénomène n'a pas été remarqué tant qu'on n'avait observé que des 
spécimens isolés ou en petit nombre; il peut difficilement échapper 
au contraire quand d'innombrables individus sont rassemblés et 
qu'on prend le temps d'étudier les organismes dans leur milieu 
naturel. 

On sait que, pour le Turbellarié Convolula roscoffensis , les mou- 
vements d'ascension et de descente, synchrones avec ceux de la 
marée, se continuent pendant quelque temps, chez les animaux 



32 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

conservés en aquarium (^). Par contre, Dorïs bilamellata, en capti- 
vité dans l'eau tranquille d'un cristallisoir, n'a pas montré de 
phénomènes rythmiques de déplacement ni d'orientation (^), 

VI. — La réunion de cette quantité d'exemplaires de Doris bilamel- 
lata a permis d'y constater une variation de couleur, manifestement 
« continue ». La pigment brun est plus ou moins abondant; les in- 
dividus peu colorés étaient en petit nombre, tout comme les spécimens 
d'un brun intense et très foncé; moins nombreux encore étaient les 
exemplaires blancs avec seulement les rhinophores et les branchies 
brunâtres; enfin quelques-uns (treize en tout, dans diverses récoltes) 
étaient complétem*ent blancs : toutefois ils ne constituaient pas de 
vrais albinos, car leurs yeux étaient pigmentés. 



(') Gamble et Keeble, The bionomics of Convoluta Roscoffensis with special 
reference to its green cells, Proc. Roy. Soc. London, n" 478, p. 93, 1903. — 
Martin, La mémoire chez Convoluta, Thèse, Paris, Î909. 

(2) Deux Gastropodes infercotidaux testaces ont été signalés comme exécutant 
des déplacements rythmiques en rapport avec la marée : 

1" Patella sp. (Pacifique : Willey, Tidal migrations of Limpets, Nature, 
vol. LIX, p. 124, 1806; — descend vers la base des rochers avec le reflux, 
remonte jusqu'à leur sommet pendant le flux) ; 

2° Littorina littorea (Europe : Bohn, Oscillation des Animaux littoraux 
synchrones de la marée. Comptes rendus Acad. Soi. Paris,- t. CXXXIX, 
p. 646, 1904 ; — Etats-Unis : Haseman, The rhythmical movements of Litorina 
litorea synchronous with ocean tides, Biol. Bull., vol. XXI, p. 113, 1911; — 
se déplace dans une direction déterminée lorsque la couche superficielle de 
l'eau l'atteint). 



ANNALES, LUI (1922) 33 

NOTES DE ZOOGÉNIE 

Par Aug. LAMEERE 



V 



L'ÉVOLUTION DES SPONGIAIRES 



Tous les zoologistes admettent que les Spongiaires se répartissent 
en deux groupes entre lesquels il n'y a pas de transition apparente, 
les Calcaires et les Incalcaires, celles-ci comprenant des Éponges 
siliceuses, cornéo-siliceuses ou cornées et des Éponges dépourvues 
de tout squelette [Oscarella et Halisarca). 

Que l'on partage les Éponges calcaires en Homocœles et Hétéro- 
cœles ou mieux en Calcinées et Calcaronées, il n'est point douteux 
que les types Ascon, Sijcon et Leucon représentent trois stides d'évo- 
lution progressive de l'ensemble. 

Parmi les Incalcaires, l'on n'en connaît aucune qui soit au stade 
Ascon ; les Démospongiaires sont du type Leucon ; les Triaxoniés sont 
considérés comme étant au stade Sycon, et c'est pour cette raison 
que dans la classification actuelle elles précèdent les Démospongiaires 
sans qu'on puisse expliquer les rapports que les deux catégories 
pourraient offrir entre elles. 

Or, Yves Delage a fait, en étudiant l'embryogénie du genre 
Aphjsilla, Triaxonié du groupe des Hexacératines, une observation 
des plus importantes dont on ne semble pas avoir saisi toute la portée : 
les grandes corbeilles vibratiles à plusieurs prosopyles dérivent 
chacune de plusieurs amas cellulaires d'abord distincts qui se réunis- 
sent; par conséquent, comme le dit Yves Delage, dans le Traité de 
Zoologie concrète, l'on a le droit de penser que les Triaxoniés ont 
des corbeilles composées, résultant de la fusion de plusieurs cor- 
beilles simples (pourvues d'un seul prosopyle, comme le sont les 
corbeilles des Démospongiaires). 

Mais alors pourquoi ne pas pousser cette conception jusqu'au 

Ann. Soc. Zool.. Belg., t, LUI.' 3 



34 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

bout? S'il en est ainsi, les Triaxoniés ne sont pas au stade Sycon, 
mais bien à un stade plus évolué que Leucon, à un stade Hyper- 
leucon ; ces Éponges sont plus perfectionnées que les Démospon- 
giaires, ces dernières sont les plus primitives des Incaicaires. 

Admettant cela, l'évolution des Éponges s'éclaire d'une manière 
inattendue. 



Il est de toute évidence que les spicules siliceux ne peuvent 
résulter de la transformation de spicules calcaires, vu le mode de 
formation tout différent de ces deux catégories d'éléments squelet- 
tiques que nous ne trouvons d'ailleurs jamais réunies dans la même 
Éponge. 

La même remarque s'applique aux spicules siliceux des Démo- 
spongiaires et des Hexactinelles. Nous pouvons considérer, ainsi 
qu'on l'a toujours fait, que les spicules des Monactinelles dérivent de 
ceux des Tétractinelles par simplification (les Clavulines nous mon- 
trent le passage), mais il est impossible de rattacher le spicule des 
Hexactinelles à celui des Tétractinelles ou vice versa. 

Il en résulte que si les Incalcaires descendaient des Calcaires, ce 
ne pourrait être que par l'intermédiaire d'une forme ayant perdu les 
spicules calcaires et n'ayant pas encore de spicules siliceux, que si 
les Triaxoniés provenaient des Démospongiaires, ce ne pourrait 
aussi être que par l'intermédiaire d'une forme ayant perdu les spicules 
de ceux-ci et n'ayant pas encore acquis les spicules de ceux-là. 



L'on ne peut faire que deux hypothèses sur l'origine des Incal- 
caires : ou bien ces Spongiaires ont avec les Calcaires un ancêtre 
commun, ou bien ils descendent des Calcaires, et dans ce cas ce ne 
peut être que des Leuconides. 

Les deux alternatives sont possibles, mais remarquons ceci : aucun 
Démospongiaire ne présente les stades Ascon et Sycon, par lesquels 
les plus primitifs d'entre eux, qui sont au stade Leucon, ont dû 
forcément passer; or, il suffirait de supprimer les spicules calcaires 
d'un Leuconide pour avoir le genre Oscarella, Démospongiaire sans 



ANNALES, LUI (1922) 35 

squelette, de structure très simple et voisin de Plakina, tout aussi 
simple, 'mais qui a des spicules siliceux de Tétractinelle. 

Nous ne pourrions pas concevoir la perte des spicules calcaires ni 
chez un Ascon ni chez un Sycon, mais Oscarella nous montre que le 
stade Leucon, où la complication du système irrigateur donne plus 
de fermeté à tout l'oï'ganisme, serait compatible avec la disparition 
du squelette. 

Les Oscarellidœ , les Plakinidœ et les Chondrosidœ ont été réunis 
en un groupe des Microsclérophorines et placés à la fin des Choris- 
tides, ce qui implique que ces Éponges seraient des Tétractinelles à 
squelette réduit ou disparu; comment expliquer dans cette hypothèse 
la simplicité de l'ensemble de leur organisation? 

Ne nous trouverions-nous pas, au contraire, au début de l'évolu- 
tion des Démospongiaires? Oscarella serait dans la nature actuelle 
une forme représentative d'un Leuconide ayant perdu les spicules 
calcaires, Plakiïia suivrait, avec les premiers microtriaenes, et 
entraînerait à sa suite les Lithistides ; à Oscarella se rattacherait, 
d'autre part, Chondrosia à écorce épaissie, puis viendrait Chondrilla 
avec les premiers sphérasters, amenant les Astrophorines et les 
Sigmatophorines pourvus de grand triaenes {Choristides) . 

A ces Tétractinelles succéderaient les Monactinelles Eadromérines , 
avec les Clavulines d'abord et puis les Aciculines. Parmi ces derniers 
Spongiaires, Hemiasterella a déjà de la spongine, et nous arrivons 
tout naturellement aux Ealichondrines chez lesquelles le squelette de 
spongine progresse régulièrement au détriment du squelette siliceux 
primitif pour aboutir aux Monocératines où la spongine subsiste seule. 

11 ne paraît pas possible de renverser l'ordre d'apparition de ces 
phénomènes : le squelette de spongine enrobant les scléroblastes, l'on 
ne pourrait concevoir que la sécrétion de spongine ait précédé dans 
l'évolution l'existence des spicules. Il semble bien, au contraire, que 
l'augmentation de la spongine ait fait disparaître les scléroblastes 
emprisonnés. Peu d'Épongés ont d'ailleurs un squelette formé 
uniquement de spongine : la plupart des Monocératines enrobent des 
grains de sable dans leurs fibres, sorte de compensation à la dispa- 
rition des spicules. 



36 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Les Hexacératines étaient jadis réunies aux Monocératinqjs en le- 
groupe des Éponges cornées. On les en a distraites pour les associer 
aux Hexactinelies dans la catégorie des Triaxoniés à cause de leur& 
grandes corbeilles vibraliles à multiples prosopyles, admettant impli- 
citement le diphylétisme du squelette de spongine, car on a supposé 
que les Hexacératines étaient aux Hexactinelies ce que les Monocé- 
ratines sont aux Monactinelles. Halisarca dépourvu de tout squelette 
et ayant les mêmes corbeilles vibratiles que les Triaxoniés a été 
considéré comme une Hexacératine ayant perdu la spongine, comme 
étant par conséquent aux Hexacératines ce que Oscarella était 
supposé être par rapport à Plakina, ce que Oscarella est d'après mot 
par rapport aux Leuconides. 

Le squelette de spongine offre une très grande originalité ; il est 
exactement le même chez une Hexacératine comme Aplysilla et chez^ 
une Monocéraline comme Aplysma ; le diphylétisme de cette sécrétion 
particulière paraîtrait étrange. 

Yves Delagë ayant constaté dans l'embryogénie ô' Aplysilla que les- 
grandes corbeilles vibraliles à multiples prosopyles sont des corbeilles 
composées, nous pouvons admettre que ces corbeilles résultent de la 
réunion de plusieurs corbeilles simples; il se fait précisément que 
chez les Monocératines nous rencontrons des genres à petites 
corbeilles simples munies d'un prosopyle unique, comme le sont 
toutes celles des autres Démospongiaires, et des genres à corbeilles 
plus grandes ayant plusieurs prosopyles; il y a déjà deux ou trois 
prosopyles chez Euspongia et de dix à vingt chez Spongelia : nous 
nous trouvons évidemment ici en présence d'une transition entre les 
corbeilles des Démospongiaires et les corbeilles des Triaxoniés. Il est 
donc extrêmement probable que les Hexacératines ne sont que des 
Monocératines dont les corbeilles sont devenues composées, la dispa- 
rition des spicules siliceux et la présence d'un squelette consistant 
uniquement en fibres de spongine ayant permis ce changement dans 
l'organisation des parties molles. Remarquons encore que l'abondante 
ramification du squelette de spongine prépare déjà chez les Monocé- 
ratines cette multiplication des canaux mésenchymateux qui se 
retrouve à un plus haut degré encore chez les Hexacératines et qui 



ANNALES, LUI (1922) 37 

se traduira en dernière analyse par l'état trabéculaire du mesenchyme 
-chez l'Hexactinelle. 



Halisarca nous montre qu'une Éponge pourvue d'un système de 
.grandes corbeilles composées peut exister sans posséder de squelette; 
nous pouvons par conséquent considérer ce genre comme ayant perdu 
la spongine des Hexacératines, une mutation dans ce sens étant 
viable. Halisarca serait donc le pendant d'Oscarella que je suppose 
être un Leuconide ayant perdu ses spicules calcaires, phénomène en 
rapport avec l'apparition du stade Lexicon, comme la suppression du 
squelette de spongine chez Halisarca serait en rapport avec la 
formation du stade Hyperleucon. 

De même que Oscarella peut être considéré comme une forme 
représentative de l'ancêlre sans squelette d'où dériveraient les Démo- 
spon^naires à spicules siliceux létraxones, de même Halisarca est 
vraisemblablement une forme représentative de l'ancêtre sans 
squelette des Hexactinelles à spicules siliceux Iriaxones. Si je ne 
m'abuse, nous aurions ainsi un parallélisme complet entre l'apparition 
des Tétractinelles et celle des Hexactinelles, les spicules à six 
branches étant en rapport avec la nouvelle organisation des parties 
molles prise par la formation des g^randes corbeilles composées et 
par la multiplication des canaux inhalants. 

Darwinella est fort intéressant par ses spicules triaxones associés 
à un réseau de spongine, mais ces spicules sont en spongine; il ne 
peut être question d'en faire dériver les spicules siliceux des Hexac- 
tinelles, car l'on ne concevrait pas un changement chimique de cette 
sorte, mais Darwinella nous prouve qu'il est dans la nature des 
Hexacératines de produire des spicules à trois axes 

Les Hexactinelles ne seraient donc pas les ancêtres des Hexa- 
cératines, mais bien leurs descendants, par l'intermédiaire des 
Hali'^arcines. 



L'on trouvera ci joint un tableau schématique de l'évolution des 
Spongiaires telle qu'elle résulte des considérations précédentes; s'il 



38 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

est l'expression de la vérité, les Éponges auraient eu une évolution 
remarquablement linéaire, comparable à celle des Vertébrés. Comme 
les Vertébrés aussi, ces Métazoaires auraient changé plusieurs fois de 
squelette : après disparition d'un squelette calcaire, un squelette 
siliceux aurait apparu, accompagné plus lard d'un squelette de 
spongine; celui-ci aurait à un moment donné subsisté seul, puis 
aurait été supprimé, un nouveau squelette siliceux, mais d'une autre 
nature morphologique, étant définitivement entré en scène. Toutes 
ces modifications de l'appareil de soutien seraient en rapport avec la 
complication croissante de l'organisation générale et particulièrement 
du spongocœle. 



ANNALES, LUI (1922) 



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40 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 



NOTES SUR LA FAUNE MALACOLOGIQUE AFRICAINE 

Par le Major DUPUIS et le Docteur PUTZEYS 



Ptychotrema (Parennea) Connollyi, nov. sp. 

(Fig. 1.) 

En 1919, PiLSBRY (Bull. Amer. Museum Nat. Hist., p. 210) a 
créé dans le genre Ptychotrema, Mörch, le sous-genre Parennea 
pour les espèces ayant un sillon unique encerclant le dernier tour 
de spire, sillon correspondant au pli palatal interne qui s'élève à 
l'intérieur de l'ouverture. 

Le sous genre Parennea comprend actuellement les espèces 
suivantes : 

P. œquatoriale Pilsbry (loc. cit., p. 213), Congo; 

P. circumcisa Morelet (J. de Conch., 1883, p. 29), Landana; 

P. cylindrus Pilsbry [loc. cit., p. 212), Congo; 

P. mukulense Pilsbry-(/oc. cit., p. 212), Congo; 

P. wz/ar«^ifg^w5e Putzeys (Bull. Soc. RoY. Malac. Belg., 1899, 
p. LVi), Congo ; 

P. sulciferum Morelet (J. de Conch., 1883, p. 401), Landana; 

P. syngenes Preston (Prog. Zool. Soc. London, 1913, p. 216) 
= P. cousobrina Preston (Ann. Mag. Nat. Hist., sér. 8, 
vol. VII, 1911), Mont Kenia. 

P. uniliratum Smith (J. of Conch., 1903, p. 315), Uganda Est. 

Nous avons récolté à Nsendwe (Dupuis, 1899) de nombreux 
spécimens d'un Parennea voisin de P. circumcisa Morelet ; depuis 
nous en avons reçu également de Barumbu (district de l'Aruwimi, 
rive gauche du Congo). 

Il s'agit évidemment d'une espèce nouvelle, car certains points 
de la description de Morelet ne peuvent s'appliquer à nos spécimens. 
Voici ces points : 

« Sutura fortiter impressa, tion denticulata. s 



ANNALES, LUI (1922) 



41 



Dans notre espèce la suture est, au contraire, fortement den- 
ticulée par l'extrémité des côtes transversales : 
« Ànfractus 8 72. vix convexiusculi. » 

Les tours de spire sont ici nettement convexes. Ils sont au 
nombre de 7 ^2 • 

« Anfr. ultimo paululum ascendente, » 

Le dernier tour remonte fortement à son extrémité dans nos 
spécimens : 

« Longit., 7; diamètre, 4 millimètres. » 

Nos échantillons atteignent 7 72 millimètres pour une épaisseur 
un peu inférieure à 4 millimètres. Néanmoins certains sont un peu 
courts et plus trapus. 





• Fig 

Coquille à dépression ombilicale sinueuse ; ovale, translucide, 
sans être mince; spire de 7 7? tours, dont les 2 Vg premiers parais- 
sent lisses. Les tours suivants sont ornés de costulations obliques, 
étroites, arrondies, allant en s'espaçant de plus en plus, sauf à 
l'extrémité du dernier tour où elles deviennent beaucoup plus nom- 
breuses et finissent par s'accoler. 

Le test est d'un blanc-jaunâtre, peu luisant; les tours de spire 



42 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

sont nettement convexes, la suture profonde, denticulëe par l'extré- 
mité des côtes. Le dernier tour porte un long sillon, correspondant au 
pli palatal. Le sillon, commençant sous le nodule palatal, est large 
et profond au début. Il s'atténue progressivement en contournant le 
dernier tour, et vient se terminer à la face antérieure au point 
d'insertion de la lèvre externe, passant au-dessus du callus pariétal 
ou contre celui-ci. 

L'ouverture est subreci angulaire, à peristome épaissi et étalé. 
Elle présente une lamelle pariétale mince, saillante, presque droite, 
s'enfonçant assez loin. La lèvre externe est sinueuse, avancée dans sa 
partie médiane, où elle porte un nodule palatal épais et conique, se 
prolongeant à l'inlérieur de l'ouverture, parallèlement à la suture, 
en un long pli palatal correspondant au sillon externe. La columelle 
est inerme, d'abord droite, puis elle rejoint en courbe régulière la 
lèvre inférieure. 

Le callus pariétal est mince, transparent, mais nettement visible. 

Le Major Connolly a bien voulu comparer nos spécimens au type 
de P. circumcisum Morelet au British Museum. Il nous communi- 
que ce qui suit : 

« P. circumcisum Morelkt. — Sculpture rather fine, very 
oblique on the 3'"'^, 4"\ 5*"^ whorls, slightly less so on the 6^^, more 
near to the vertical on the 7*^ and nearly vertical on the 8'^. There 
are about 11 to 12 strias in 2 millimeters on the 7**^ Avhorl. 

« In your shells, the sculpture is more costulate, with a more 
uniform slope (nearly vertical), and the strise are farther apart, from 
8 to 9 in 2 millimeters on the penultimate whorl. » 

11 nous a ajouté que d'après lui, et d'après M. Tomlin, qui a exa- 
miné avec lui les échantillons, notre espèce est distincte de celle de 
MoRELET. Nous avious songé auparavant à la considérer comme une 
mutation possible de P. circumcisum. 

Pseudotrochus Janssensi, nov. sp. 

(Fig. 2.) 

Le genre Pseudotrochus H. et A. Adams se rencontre dans l'Afrique 
occidentale, de la république de Libéria au Gabon. Ses espèces. 



ANNALES, LUI (1922) 43 

assez mal connues, paraissent variables, et leur étude, faute de 
matériaux suffisants, est loin d'être achevée. 

Jusqu'à présent aucun Pseudotrochus n'a été signalé au sud du 
Congo, sauf le Pseudotrochus alabaster Rang, originaire de l'île du 
Prince et retrouvé dans l'Angola par le Docteur Welwitsch, à Qui- 
cuje [Loanda). Morelet le considère comme introduit dans cette 
région (Morelet, Voyage Welwitsch, 1868). 

Germain a décrit le Pseudotrochus Belli des rives du Congo (Bull. 
Museum Hist. Nat. Paris, 1908, p. 53, tig, 30). En 1909 (Archiv. 
ZOOL. EXPÉR., I, p. 91), il indique sur la carte de distribution, le 
genre entre Borna et l'embouchure du Congo. 

PiLSBRY (Bull. Amer. Mus. Nat. Hist., 1919, p. 110) se montre 
sceptique, quant à la localité, et écrit : « Le P. belli a été décrit par 
Germain comme provenant du Congo, mais sa présence dans le bassin 
du Congo est extrêmement douteuse : le terme « Congo » impliquant 
souvent le Gabon pour les coloniaux français, » 

Le genre Pseudotrochus atteint non seulement la rive droite du 
Congo mais se rencontre bien au sud de la rive gauche. 





En effet, quatre exemplaires d'un Pseudotrochus nouveau, que 
nous nommerons Pseudotrochus Janssensi, ont été trouvés : le 
premier, par M. Janssens, à Inkongu, sur la rive gauche du Sankuru, 
à environ 20 kilomètres en aval de Lusambo ; les trois autres, par 
M. Ph. Depage à Dima, sur la rive gauche du Kasaï, en amont et à 
16 kilomètres du confluent du Kv^ango. 

L'espèce a la forme du P. alabaster, ou plutôt des variétés les 



44 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

plus larges et les plus carénées de celui-ci. La sculpture et la colo- 
ration sont celles du P. solimanus. 

La coquille est imperforée, largement conique; la spire comprend 
7 ^2 tours, légèrement convexes ; les trois premiers sont lisses; les 
suivants présentent des lignes d'accroissement obliques, un peu irré- 
gulières dans les intervalles desquelles le test est sillonné de fines 
et nombreuses incisions spirales, un peu onduleuses, diminuant 
d'intensité sur les derniers tours pour disparaître à peu près 
complètement sur le dernier. 

La suture est longée par une bande blanche étroite, opaque, qui, 
sur les deux derniers tours, prend l'aspect d'un cordon en relief^ 
aplati, crénelé parallèlement à l'axe de la coquille. 

Le dernier tour est nettement caréné à la périphérie, la partie 
supérieure formant un angle obtus avec la base. 

L'ouverture est quadrangulaire ; la columelle est presque verticale, 
tordue, à troncature inférieure indistincte; le bord inférieur de 
l'ouverture est largement arrondi, se joignant au bord externe sous 
un angle très obtus. 

Le peristome n'est pas épaissi; le callus pariétal indistinct à 
cause do sa transparence ; sur les exemplaires de Dima un léger 
épaississement indique seul sa limite supérieure. 

La coquille est d'un blanc grisâtre, translucide; la bande suturale, 
d'un blanc opaque. 

Une bande brune étroite borde la carène, s'aperçoit encore 
au-dessus de la suture, près de l'ouverture, sur une longueur 
variable, et disparaît plus haut. 

Une autre bande, de même couleur (plus foncée dans le spécimen 
d'Inkongu), plus large, parallèle à la première, orne le milieu de la 
base. 

La columelle est brune également, ainsi que la partie adjacente de 
la paroi supérieure de l'ouverture. 

Longueur, 38 mm.; diamètre maximum, 23 mm.; hauteur de 
l'ouverture, 17 mm.; largeur, 13 mm. 

Peut-être avons-nous ici une mutation du P. solimanus, mais la 
forme beaucoup plus régulièrement conique, plus trapue, beaucoup 
moins arrondie à la base, forme constante dans tous les échantillons 



ANNALES, LUT (1922) , 45- 

nous oblige, provisoirement, à l'envisager comme espèce distincte. 
Il serait intéressant de connaître si les spécimens de l'Angola, 
considérés par Morelet comme des P. alabaster, introduits, n'appar- 
tiendraient pas à notre espèce ou à une espèce voisine, La chose est 
plus que probable si nous nous en rapportons à une note de Girard 
(Journal de Scienc Math., Phys,, Nat., Lisboa, 1895, p. 37) : 

« J'ai sous les yeux un individu recueilli par Welwitsch non loin 
de Quicuje (Loanda), qui, tout en affectant le faciès général du 
P. alabaster me semble être toutefois une espèce différente, quoi 
qu'il soit impossible de rien décider d'après un échantillon unique ;. 
le rapprochement établi par Morelet me semble néanmoins devoir 
être confirmé. 

« Cet individu diffère de l'espèce du Prince par un test conique 
relativement plus court, le dernier tour plus grand, plus ventru, sa 
hauteur ne formant pas les deux cinquièmes de la longueur totale, 
mais un peu plus; les tours sont plus convexes et on observe une 
légère dépression sulurale: longueur totale, 37 mm.; diam., 18 mm.; 
longueur de l'ouverture, 16 mm.; diam., 10 mm. » 

Il est à remarquer, néanmoins, que d'après ces données, notre 
P. Janssensi est encore plus large et a l'ouverture moins étroite que 
le spécimen de Welwitsch. 



46 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLCGIQUE DE BELGIQUE 



NOTES MAIAGOLOGIQUES CONCERNANT LA FAUNE 
DE L'AFRIQUE CONTINENTALE ET INSULAIRE 

Par le Major Paul DUPUIS 



Genre Orthogibbus, Germain. 

Dans le Bulletin du Museum de Paris. 1919, p. 264, M. Louis 
Germain crée le genre Orthogibbus pour remplacer le genre Gibbulina 
« auct. » (« non » Beck), dans lequel on avait placé un groupe de 
Streptaxidœ des îles Mascareignes. Ceci à la suite d'une remarque 
de PiLSBRY (Tryon, Manual, 2^ série, XXIV, p. 5) établissant que le 
genre Gibbulina Beck devait être réservé au seul Gibbuli^ia infundi- 
buliformis, d'ORBiGNY, espèce de Colombie. 

Germain divise les Orthogibbus en quatre sous-genres : 

Sous-genre Gonidomus Swainson (1840); 

— P/icaÉ?r>mws Swainson (1840); 

— Or//iogrz^&«/s Germain (1919); 

— Gibbulinopsis Germain (1919). 

11 ne fait rentrer dans aucun de ses sous-genres le Gibbus. 
lyonetianus Pallas. Il considère par conséquent le genre Gibbus 
(Denys de Montfort, 1810) comme un genre spécial. 

Toutes les espèces envisagées ci-dessus forment un groupe homo- 
gène et très localisé. Il n'y a donc aucun inconvénient à les laisser 
dans le genre Gibbus, qui comprendrait donc cinq sous-genres en y 
ajoutant le sous-genre Gibbus s. s. pour le Gibbus lyonetianus. C'est 
ce qu'a fait Tryon (Manual, 2^ série, I, p. 81). 

Admettons, toutefois, que le G. lyonetianus étant une espèce 
subfossile, à forme très particulière du dernier tour de spire, l'on 
conserve le genre Gibbus pour cette espèce seule. 

Remarquons, en outre, que le sous-genre Orthogibbus Germain 
(1919) est identique au sous-genre Gonospira Swainson, 1840 (non 
Gonospira Albers, 1850), éliminé dans la classification de Germain. 

Le nom qui s'impose pour le groupe dont Germain fait ses Ortho- 



ANNALES, LUI (1922) 47 

gibbus est celui de la première section de Swainson, soit Gonidomus. 
Et nous arrivons au classement suivant : 

Genre Gibbus Denys de Montfort; 
— Gonidomus Swainson (= g. Orthogibbus Germain). 

Sous-genre Gonidomus s, s. Swainson; 

— Plicadomus Swainson; 

— Gonospira Swainson (= s. g. Orthogibbus Germain) ; 

— Gibbulinopsis Germain. 

Subulina sinistrorsa, nov. sp, 
(Fig. i.) 

L'espèce dont la description va suivre provient de la forêt au nord 
du Kindu, rive gauche du Lualaba, Ma- 
nyéma, Congo Belge. Elle n'est représentée 
que par un seul exemplaire, trouvé mort, 
mais dont l'épiderme est heureusement 
assez bien conservé. Rien n*^ subsiste de 
l'animal, mais les caractères de la coquille 
ne nous permettent pas de la séparer du 
genre Subulina. 

L'intérêt de l'espèce est fourni surtout 
par l'enroulement sénestre des tours de 
spire. Les espèces sénestres normales sont ^^°- ^' 

rares dans le groupe des Stenogyrinœ. Melville et Ponsonby (Ann. 
Mag. Nat. Hist., 1896, p. 316, pi. XVI, fig. 3) ont décrit sous le 
nom de Subulina loeocochlis un Euonyma sénestre. Notre espèce est 
la seule Subulina sénestre connue jusqu'à ce jour. Nous ne pouvons 
la considérer comme un individu anormalement sénestre, car sa 
forme ne correspond à celle d'aucune des espèces dextres de la 
même région, recueillies par milliers. 

La coquille est turriculée-conique, assez mince, recouverte d'un 
ëpiderme jaunâtre. Elle comprend huit tours de spire, s'accroissant 
régulièrement, à suture un peu oblique, assez enfoncée. Le bord 
externe de l'ouverture est légèrement oblique par rapport à l'axe de 
la coquille. Il n'y a aucune espèce de sculpture, en dehors des stries 
d'accroissement; celles-ci sont faibles, irrégulières, un peu plus fortes 




48 



SOCIETE ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 



au voisinagfe de la suture. L'ouverture est subquadrangulaire; la 
columelle, nettement tronquée, s'incurve en remontant. 

Longueur de la coquille, 10 V2 ^^- '■, largeur, 4 mm. ; 
ouverture : hauteur, 3 mm. ; largeur, 2 mm. 

Caecilioides Spencei, nov. sp. 
(Fig. ^2.) 

Cette petite espèce, trouvée dans des alluvions de la rivière des 
Crocodiles, à l'ouest de Boma, présente 
ceci de remarquable, c'est qu'elle est la 
première espèce du genre signalée dans 
l'Afrique tropicale occidentale. Par sa colu- 
melle faiblement tronquée à la base, elle se 
classe dans le sous-genre Cœcilioides s. s. 
(Herrmannsen). Ce sous-genre a été rencon- 
tré dans l'Afrique du Nord, dans l'Afrique 
du Sud (où le Major Connolly considère 
les espèces décrites comme introduites et 
se rapportant pour la plupart à C. acicula 

MULLERE. 

Preston a décrit sous le nom générique de Subulina, deux espèces 
de Naivasha (Afrique orientale anglaise). Deux espèces ont été 
signalées en Abyssinie, mais l'une est douteuse au point de vue du 
genre. 

Notre nouvelle espèce est hyaline, transparente, formée de quatre 
tours peu convexes, mais paraissant tels à cause de la suture enfoncée 
donnant aux tours de spire un aspect un peu étage. La columelle 
est légèrement tronquée à la base, la lèvre externe fortement 
sinueuse, rectiligne, même un peu concave dans sa moitié supérieure, 
arrondie dans la moitié inférieure. 

L'on aperçoit, par transparence, un œuf à l'intérieur du dernier 
tour, œuf énorme par rapport aux dimensions de la coquille. 

Hauteur de la coquille, 4 millimètres. 

Je dédie l'espèce au malacologiste J.-B. Spence, auteur d'intéres- 
sants travaux sur les mollusques africains. 





Fia-. 2. 



ANNALES, LUI (1922) 49 



QUELQUES REMARQUES SUR DES BRAGHIOPODES TER- 
TIAIRES DE BELGIQUE ET DESCRIPTION D'UNE ESPÈCE 
NOUVELLE D'ARGYROTHECA 

(Fig. 1 à 3) 

Par E. VINCENT 



Dans une note sur les Brachiopodes tertiaires du pays, imprimée 
dans le tome XXVIII (1893) des Annales de la Société, nous avons 
réuni les résultats des recherches effectuées jusqu'à cette époque, 
depuis la pubHcation, en 1874, de la notice de Th. Davidson sur le 
même sujet. Les données nouvelles acquises depuis sont très limitées 
et se réduisent, à notre connaissance du moins, à la découverte d'une 
seule espèce nouvelle. Nous allons faire connaître cette nouveauté et 
nous y joindrons diverses indications concernant certaines espèces, 
soit qu'elles se rapportent au gisement de ces espèces, soit qu'elles 
aient rapport à leur nomenclature. 

Iiingula Dumortieri.NYST. 

Localités à ajouter. — Oorderen, Deurne-Sud. 

Nous avons recueilli cette espèce dans la partie la plus élevée des 
couches scaldisiennes rencontrées aux travaux de l'écluse maritime 
du Kruisschans, à Oorderen, c'est-à-dire dans un des horizons plio- 
cenes les plus supérieurs connus jusqu'aujourd'hui aux environs 
immédiats d'Anvers. D'autre part, M. V. Van Straelen l'a ren- 
contrée récemment à Deurne-Sud, dans les sables graveleux à 
bryozoaires (Bull. Soc. belge de Géolog., Paleont. et Hydrol., 
t. XXX, p. 123, 1941). 

Discinisca Suessi Bosquet. 
Discina Suessi Bosquet. 

Gisements et localités. — Oligocène supérieur : Voort (Zolder) 
(E. v.). Base du miocène : Elsloo, Eysden, Genck. 

Cette espèce est un Discinisca, coupe démembrée de Discina et 

Ann. Soc. Zool. Belg., t, LUI. 4 



50 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

érigée aujourd'hui au rang de genre. Il renferme toutes les discines 
tertiaires actuellement connues. Il est éminemment littoral. 

Nous ne connaissons jusqu'à présent qu'un seul spécimen, à l'état 
d'empreinte, recueilli dans l'Oligocène supérieur. En revanche, on 
en a rencontré de nombreux exemplaires dans les mêmes conditions 
qu'à Elsloo, c'est-à-dire dans des blocs oligocènes supérieurs rema- 
niés à la base du Miocène, au creusement de puits de mines en Gam- 
pine : à Eysden, à 45 mètres de profondeur ; à Waterschei (Genck), 
à 94 mètres; à Winterslag (Genck), à 71 mètres (F. Hallet, Bull. 
Soc. BELGE DE Géol., Paléont., Hydrol., t. XXX, p. 84, 1921). 

Hemithyris Nystî Davidson. 
Wiyjichonella Nysti. 

Gisement et localité, — Sables à Isocardia cor : Anvers. 

Le gisement précis de cette espèce est resté longtemps inconnu. 
M. Bernays en recueillit plusieurs exemplaires dans l'étage des sables 
à Isocardia cor, mis à découvert lors de la construction de l'écluse 
du bassin Lefèvre, à Anvers (Bull. Soc. belge de Géol., Paléont., 
Hydrol., t. X, Mém., p. 125, pi. 1, tîg. 4, 1897). 

Le groupe Hemithyris, auquel appartient cette espèce, est actuel- 
lement élevé au rang de genre. 

Hemithyris psittacea? Gmelin. 
■ Rhynchonelia psittacea ? Gmel. 

Cette espèce est le type du genre Hemithyris. 

Terebratulina retusa Lin. 
Tereh-atuUna caput serpentis auctorum. 

M. W.-H. Dall a attiré tout récemment l'attention (Proceed. 
U. S. Nat. Museum, vol. 57, p. 294, 192.1) sur la nécessité d'en 
revenir à la dénomination employée par Linné pour désigner cette 
espèce et a rappelé que déjà Hanley, dans sa revue de la collection 
de Linné, a signalé que l'espèce généralement dénommée T. caput 
serpentis a été décrite par l'auteur du Systema Naturœ sous le nom 
spécifique retusa, tandis que son T. caput serpentis est une coquille 
lisse, probablement originaire des terrains tertiaires d'Italie. 



ANNALES, LUI (1922) 51 

Terebratulina Nysti Bosquet. 

On ne devra pas confondre avec cette espèce du Tongrien inférieur 
la coquille décrite par Mayer- Eymar, en 1887 (Systematisches Ver- 
zeichniss der Kreide-und Tertiàr-Versteinerungen der Umgegend von 
Thun, p. 14, pi. VI, fig. 18), sous le nom de Terehratula [Terehra- 
tulina) Nysti, qui n'a rien de commun avec l'espèce de Bosquet. 
Nous proposons pour le Brachiopode suisse le nom spécifique 
Mayeri. 

Terebratula Ortliebi Rayan. 

Localité à ajouter. — Angre. 

Terebratula Putzeysi Em. Vinc. 

Localité à ajouter. — Laeken. 

Nous devons à l'obligeance de notre con- 
frère M. A. Daimeries, deux fragments de valves 
dorsales de cette rare espèce. L'appareil bra- 
chial est brisé. Le talon cardinal forme un petit 
plateau épais, les fossettes dentales ont les bords ^^^- ^• 
relevés et épaissis et les cruras sont assez minces à leur naissance. 

Terebratula spondylodes Wil. Smith. 

Localité à ajouter. — Deurne-Sud, dans les sables à bryozoaires 
(Van Straelen, loc. supra cit.). 

Dans notre note de 1893 sur les Brachiopodes du pays, nous 
avions adopté la dénomination spécifique variabilis Sow. (1829) pour 
la grande térébratule du Diestien; mais peu après, MM. Daltzenberg 
et G. Dollfüs, dans une notice parue au procès-verbal de la séance 
du 14 mars 1896 de la Société (t. XXXI, p. xvii), montrèrent qu'on 
ne pouvait maintenir ce nom, qu'il était à remplacer, pour cause de 
priorité, par T. perforata Defrance, datant de 1825, appliqué non 
à une forme miocène, comme nous le pensions, mais à la coquille du 
crag d'Angleterre et du Gotentin. La question paraissait vidée, 
quand M. S. S. Bückman annonça (Annals and Mag. nat. Hist., sér. 8, 
vol. 1, p. 444, 1908) qu'il existait un nom plus ancien que T, per- 
forata, accompagné d'une description, publié par le célèbre géologue 




52 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

William Smith dans son mémoire intitulé : Stratigraphical system 
of organized fossils, with reference to the specimens of the original 
geological collection in the British Museum (1817). Gomme le 
texte du mémoire ne laisse subsister aucune espèce de doute sur 
l'attribution de ce nom au fossile du crag, ce nom est à adopter. 

Gryphus Kickxi Gal. 
Terebratula (^Liothyrina) Kickxi. 

Liothyrina OEhlert 1887, nom sous-générique sous lequel était 
classé Terehrahula Kickxi, avait été proposé pour remplacer Liothyris 
Douvillé 1880 non Conrad 1873, lui-même mis pour Gryphus 
Megerle 1811 non Brisson 1760. Mais d'après M. Dall (Proceed. 
U. S. NAT. Museum, vol. 57, p. 310, 1921), il n'existe pas de genre 
Gryphus de Brisson et, par conséquent, toutes les" dénominations pro- 
posées pour remplacer Gryphus Megerle, qui est valide, sont sans 
objet. 

Nous avons omis de signaler que cette espèce est citée de Gassel 
(France- Nord) dans les couches à Nummulites variolaria (Lyell, 
Ortlier et Chellonneix) et de l'éocène moyen de la Suisse orientale 
(Mayer-Eymar, 1877, Pariserstuf e von Einsiedeln und seinen Umge- 
bungen, p. 75). 

Argyrotheca puncticulata Desh, vàr. brabantica E. V. 
Cistella puncticulata Desh, vai'. brabantica. 

M. Dall a signalé (Nautilus, vol. 14, p. 44, 1900) que Cistella 
Gray 1853, désignant des Brachiopodes, devait disparaître devant 
Cistella Gistel 1848, appliqué à un genre d'insectea; en conséquence, 
il l'a remplacé par Argyrotheca. 

Argyrotheca w^ansinensis, nov. sp. 

Gisement et localité. — Base du Landenien inférieur : Wansin. 

Goquille (valve dorsale) de petite taille, semilunaire, operculi- 
forme, à peine convexe, deux fois aussi longue que haute; ligne 
cardinale droite, aussi longue que toute la valve. Surface externe 
couverte de grosses lames concentriques et imbriquées, de trois à 
quatre côtes rayonnantes obscures et de nombreuses perforations 



ANNALES, LUI (1922) 



53 



alignées, en files rayonnantes. Surface interne comprenant une area 
cardinale énorme, dont la hauteur égale environ le tiers de la hau- 
teur de la valve; la région correspondant au foramen extrêmement 





Pig. 2 et 3. — Argyrotheca loansinensis, X 10. 

large, presque plane, relevée en gouttière sur les bords, aux points 
où prennent naissance les cruras ; fossettes dentales près de l'extré- 
mité inférieure de la zone cardinale; vers le milieu de celle-ci se 
voit une zone lisse, correspondant au septum, qui est unique. Bord 
de la valve marginé, lisse. 

La seule valve que nous connaissions, dont les extrémités sont 
ébréchées, devait mesurer 4.5 millimètres de longueur sur 2 milli- 
mètres de hauteur. 

« Argiope " sp.? 

Nous mentionnons ici une information qui nous avait échappé 
dans notre note antérieure. A la séance du 2 août 1878 de la Société 
(t. XIV, p. Lxxvii), M. RuTOT annonça que les recherches du comte 
G. DE Looz, dans un gisement tongrien inférieur à Neerrepen, avaient 
fait découvrir six valves d'un Argiope, très distinct de celui des 
sables de Wemmel. 

Ces intéressants fossiles paraissent perdus. Nous ne les avons pas 
retrouvés dans la collection du Musée, où se trouve déposée la collec- 
tion du comte G. de Looz; du reste, déjà G. Vincent, à en juger 
d'après sa Liste des coquilles du Tongrien inférieur, parue en 4886 et 
basée en partie sur celte collection, ne semble pas en avoir eu la 
moindre connaissance. C'est, dans tous les cas, un fossile que Ton 
peut s'attendre à retrouver. Remarquons que les mêmes couches, en 
Allemagne, renferment six espèces d'Argiope : un Megathyris et 
cinq Argyrotheca. 



54 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 



DESCRIPTION D'UNE ESPECE NOUVELLE DE SPHE- 
NIOPSIS PROVENANT DES SABLES DE WEMMEL 
(ÉOCÈNE SUPÉRIEUR) 

(Fig. 1 à 3) 
Par E. VINCENT 



Dans son mémoire sur la faune conchyliologique des terrains 
tertiaires du bassin de Mayence, Fr. Sandberger a fait connaître un 
petit lamellibranche assez singulier sous le nom générique nouveau 
de Spheniopsis. Ce genre a les valves de petite taille, rostrées et 
couvertes généralement de grosses rides concentriques ; la charnière 
de la valve gauche est édentée ; celle de la valve droite, bidentée, et 
le ligament, interne, se trouve logé dans une fossette située immé- 
diatement sous les crochets; des deux dents de la valve droite, 
l'antérieure, relativement épaisse, triangulaire et oblique, borde la 
fossette chondrophore, tandis que la postérieure, très longue, à' 
l'aspect d'une lamelle placée le long du bord de la valve, dont la 
sépare une simple et très faible rainure. Sinus palléal assez profond, 
arrondi. 

Par l'aspect extérieur, le fossile rappelle un peu les corbules 
bicarenées appartenant à la section Cuneocorbula, mais par l'appareil 
cardinal il en diffère radicalement.^En réalité, les rapports de ce petit 
genre restent fort incertains. Sandberger et Stoliczka, à une époque 
où Cuspidaria était classé à côté de Corbula, l'avaient rangé près du 
premier genre, entre Rhinoclama = Rhinomya et Corbula, tandis 
que Dall pense que ce pourrait être une Corbulidœ. 

Quoi qu'il en soit, le genre est encore fort peu répandu et très 
peu connu ; les espèces signalées jusqu'à présent se rencontrent toutes 
dans l'Oligocène. Ce sont : 

1. S. americana Dall, 1903. — Oligocène de la Ghipola river, 

Floride. Espèce lisse. 

2. S. curvata von Koen., 1894. — Oligocène inférieur de l'Alle- 

magne du Nord. 



ANNALES, LUI (1922) 55 

3. S. depressa von Koen., 1894. — Oligocène supérieur de l'Alle- 

magne du Nord. 

4. S. Groiriani Speyer (Neœra), 1864. — Oligocène moyen de 

l'Allemagne du Nord, 

o. S. plafia VON Koen., 1894. — Oligocène supérieur de l'Alle- 
magne du Nord. 

6. S. scalaris Sandberger, 1863. — Oligocène moyen du bassin 
de Mayence; cité aussi, avec doute, du Rupelien inférieur 
du Limbourg (Bosquet). 

Divers auteurs en ont rapproché encore, avec doute, le Neœra 
jugosa Wood, du Coralline Crag, et Sacco y a classé, aussi avec 
doute, mais certainement à tort, diverses espèces de Cuspidaria du 
Néogène du Nord de l'Italie. 

L'espèce que nous allons décrire fait descendre le genre dans 
l'Éocène. Nous la devons aux patientes recherches de notre confrère 
M. A. Daimeries, à qui nous la dédions. 

Spheuiopsis Daimeriesi, nov. sp. 

Coquille de petite taille, inéquilatérale, à contour piriforme, 
ovalaire en avant, rostrée en arrière. Crochet petit, pointu, dirigé 
vers l'arrière, situé au tiers environ de la longueur. Bord dorsal 
antérieur déclive et arqué; bord palléal arrondi, sinueux en arrière; 
bord dorsal postérieur incliné, presque droit, mais très légèrement 
excavé. La valve, peu bombée, atteint^ sa convexité maxima à peu 
près à l'aplomb du crochet; elle est déprimée, concave à la naissance 
du rostre. La face externe est ornée de fortes côtes concentriques, 
arrondies, en escalier, un peu creusées sur le versant cardinal, qui 
s'effacent en approchant de la dépression postérieure et séparées par 
des rigoles trois ou quatre fois plus larges. Le rostre, tronqué et 
étroit à l'extrémité, porte deux crêtes divergentes partant du cro- 
chet; l'une se tient à faible distance du bord dorsal, qui est rabattu 
à angle droit; l'autre, de même importance que la première, 
aboutit à l'extrémité ventrale du rostre. Le restant de la surface ne 
montre que des stries d'accroissement peu marquées. La charnière 
consiste en une longue dent postérieure arquée, séparée du bord de 



56 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

la valve par une rainure étroite et peu marquée, d'une dent cardi- 
nale assez forte, triangulaire et inclinée, prolongée en avant jusqu'au 




Fig. 1-3. ■ — Spheniopsis Daimeriesi, nov. sp. X 10. 

tiers environ de la longueur du bord dorsal et précédant une fossette 
chondrophore triangulaire. Sur la face interne de la valve, des 
creux concentriques marquent les emplacements des côtes extérieures. 
Impression de l'adducteur antérieur indistincte ; celle de l'adducteur 
postérieur, faiblement imprimée sur l'un des exemplaires, est ovalaire 
et se trouve vers le milieu du côté postérieur. Le sinus palléal paraît 
devoir être semi-circulaire et s'enfonce jusqu'un peu en avant de 
l'aplomb du crochet. 

Dimensions : Des deux valves droites que nous possédons, l'une 
mesure 3 millimètres de longueur sur 2 millimètres de hauteur ; 
l'autre, incomplète, environ 3.5 millimètres de longueur sur 
2.25 millimètres de hauteur. 

Gisement et localité : Laeken, dans la partie des sables de 
Wemmel formant le passage à l'Asschien. 

Cette espèce, la première signalée dans l'Éocène, se dislingue de 
S. curvata von Koen., de l'Oligocène inférieur allemand, par sa 
hauteur un peu moindre; le rostre plus allongé, plus étroit; les 
côtes concentriques moins nombreuses, effacées sur la région posté- 
rieure ; la brièveté du prolongement de la dent antérieure, lequel 
s'étend seulement sur le tiers du bord dorsal antérieur et non sur 
toute sa longueur. 



ANNALES, LITI (1922) 57 



NOTE SUR LA VARIABILITÉ 
ET L'ÉTHOLOGIE DE PATELLA VULGATA 

Par K. LOPPENS 



On sait que Patella vulgata a le pouvoir de se fixer solidement 
au rocher sur lequel il est posé; l'animal peut mênoe résister à des 
forces sérieuses, car il faut exercer une traction d'une force de 
45 kilogrammes pour détacher les individus adultes. Les avis sont 
partagés sur les moyens employés par l'animal pour se fixer avec 
une telle force. J'ai observé des centaines de Patellas, pendant mon 
séjour à Exmouth (Angleterre), afin de voir comment s'y prend le 
mollusque, et je suis convaincu que la seule explication possible c'est 
d'admettre que l'animal forme ventouse en appliquant la partie ven- 
trale de son corps contre son substratum. On a invoqué la présence 
d'un liquide collant; mais alors comment le mollusque pourrait-il 
se détacher si brusquement et s'attacher avec la même rapidité pen- 
dant qu'il est en marche? En détachant des individus fixés sur des 
cailloux de quartzite, et en passant de suite le doigt sur la place où 
l'animal était fixé, on ne sent rien du tout, la surface est simplement 
humide. Dans certains cas, par exception, on constate la présence 
d'une petite quantité de matière gluante, mucus provenant du corps 
de l'animal, et incapable de le fixer solidement au caillou. On 
observe que les individus non inquiétés, n'appliquent pas complète- 
ment la coquille contre le substratum, au repos ; le corps aussi y est 
faiblement attaché, car il suffit d'un coup léger, mais brusque pour 
détacher les plus forts individus. Si, au contraire, le mollusque a 
conscience du danger, il s'attache instantanément avec force; en le 
détachant, on remarque que les muscles de la partie ventrale étaient 
fortement contractés, et forment encore un bord en relief tout autour 



58 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

du pied. En posant l'animal sur un morceau de verre, on remarque, 
en le tournant, que les muscles sont contractés ; il parvient ainsi a 
se tenir en place, même sur du verre bien uni et brillant. 

Un fait également intéressant, c'est qu'on remarque que la 
coquille d'un individu placé sur une surface rocheuse très rugueuse, 
se modèle en peu de temps de façon a reproduire toutes les inéga- 
lités de la roche; la coquille pousse, en effet, plus vite, et s'allonge 
d'avantage, au-dessus d'un creux, fait qu'on observe encore chez 
d'autres mollusques. C'est que la partie de la coquille, qui n'est en 
contact avec aucun autre corps solide, se développe toujours plus et 
plus vite en cet endroit. Or, on peut souvent remarquer, par les 
lignes d'accroissement, que l'individu observé s'est fixé au cours de 
son développement sur trois ou quatre surfaces différentes, chaque 
station ayant modelé le bord de la coquille de telle façon que ce 
dernier put épouser toutes les inégalités du substratum. 

On trouve souvent de jeunes individus fixés sur des cailloux 
roulés, dont le bord de la coquille possède exactement la courbe en 
creux que le caillou montre en relief Tout cela montre également 
qu'il est erroné de croire que les Patellas reviennent toujours à la 
place qu'ils ont une fois choisi. 

En effet, si la place ne convient plus, soit que la nourriture y 
manque, soit que la roche s'est trop effritée, ou pour n'importe 
quelle raison, le mollusque cherche une autre résidence et ne revient 
plus à la première. On remarque cependant que beaucoup d'indi- 
vidus résident longtemps à la même place si elle est convenable. 
Patella peut, en effet, circuler dans un rayon de 2 mètres pour 
chercher sa nourriture et retrouver aisément sa place sur les rochers. 
Sur les roches faciles à effriter ou pouvant se dissoudre par l'action 
de l'acide carbonique ou des acides liquides d'origine organique, la 
place choisie par le mollusque se creuse lentement, comme on sait, 
de façon à reproduire une cavité ayant même forme que la base de 
la coquille. Mais l'action des vagues aide également à agrandir cette 
cavité, surtout à l'élargir, en désagrégeant h roche et en arrondis- 
sant les parois. Sur les roches insensibles aux acides, ces cavités 
n'existent pas, comme je l'ai remarqué souvent sur des blocs de silex 
et sur des cailloux de quartzite. Il arrive aussi que déjeunes Patellas 



ANNALES, LUI (1922) 59 

se fixent à demeure sur la coquille d'un individu adulte : dans ce 
cas, le bord de la coquille reproduit en creux la courbe de la 
grande coquille et cette dernière montre en peu de temps des signes 
de corrosion et un espace creux se dessine ayant la forme de la 
coquille du jeune individu. 

Un fait curieux, c'est que les habitudes des Patellas diffèrent 
d'après les endroits. 

Sur les plages sauvages, entre Ladram Bay et Sidmouth, j'ai 
observé beaucoup de Patellas se promenant sur les blocs rocheux 
en plein jour, entre deux marées, cherchant leur nourriture. Ces 
mollusques circulaient relativement vite, d'un bloc à l'autre, en 
s'étirant le pied pour atteindre le bloc suivant; descendant jusque 
sur la plage si la distance était trop grande. Or, sur les plages 
près d'Exmoutb, où j'ai pu observer les Patellas pendant plusieurs 
années, je n'ai jamais vu une Patella en marche pendant le jour. 
Ces plages étant fort fréquentées, on croirait que les Patellas y 
avaient pris des habitudes nocturnes. 

Sur les plages du cap Straight Paint j'ai observé assez souvent des 
Patellas adultes renversées sur le dos. Or, si un de ces mollusques 
perd l'équilibre, pour une cause quelconque, et qu'il tombe sur le 
dos, il est perdu, sauf le cas où il peut atteindre un corps solide 
pour s'y attacher assez solidement de façon à pouvoir redresser sa 
coquille. Ces Patellas renversées meurent en général en peu de temps 
en été, non de faim, mais par la dessiccation du corps et des branchies 
surtout, l'action du vent et du soleil direct agissant très fortement. 
Ces mollusques sont à peine morts qu'une bande de Collemboles, 
Isotoma maritima, se jette sur eux au point que souvent le corps du 
mollusque n'est plus visible, on ne voit que le grouillement des Col- 
lemboles qui dévorent leur proie. 

Les radulas des Patellas que j'ai observées étaient toujours bien plus 
longues que les mesures citées par les auteurs ; le nombre de dents, 
au contraire, n'était que de huit par rangée, au lieu de douze, 
nombre donné par plusieurs auteurs. Pour ce qui regarde l'âge des 
Patellas^ on peut non seulement se baser sur les dimensions des 
coquilles, mais également sur la longueur de la radula qui augmente 
avec l'âge. 



60 " SOCIÉTÉ ROYALE ZOöLOGIQUE DE BELGIQUE 

Pour la forme normale, en se basant sur la longueur de base, 
grand axe de J'ovale, j'ai trouvé les chiffres suivants : 

Longueur de base, 44 millim.; longueur de la radula, 70 millim.; 
_ _ 48 — — — 75 — 

_ __ 64 — — — 90 ^ 

— _ 64 — — _ 95 _ 

Il en est de même pour la forme élevée qui ne doit pas être consi- 
dérée comme une espèce distincte, même pas comme une variété. 
Cette forme, appelée var. elevata, est, en effet, beaucoup plus élevée 
pour une même longueur de base. Patella a formé d'ailleurs bien 
d'autres formes, picta, intermedia, depressa, cœrulea, etc., qui sont 
toutes produites par l'influence du milieu dans lequel l'animal se 
tient. J'ai pu observer deux formes à Exmouth, dans des milieux 
sensiblement différents. L'une, la forme normale, vivait à l'embou- 
chure de l'Exe et sur la plage d'Exmouth, ainsi qu'au cap de Straight 
Point. L'autre, la forme élevée, se trouvait surtout dans l'Exe, 
jusqu'au village de Lympstone, situé à 3 kilomètres de la mer, ainsi 
que près du cap de Straight Point, le long des falaises. 

J'ai remarqué, ce que d'autres auteurs ont déjà observé, que cette 
forme habite toujours des stations assez élevées, émergées donc pen- 
dant longtemps entre deux marées. Ce n'est donc nullement l'eau 
saumâtre qui en est cause, puisqu'on trouve cette forme également le 
long de la mer, là où la forme normale vit abondamment; mais la 
forme haute habite les roches et les plages élevés. 

Des coquilles de la forme normale, prises à Straight Point, 
d'autres de la forme élevée également de cette station, ainsi que des 
individus provenant de la rivière l'Exe, ont été analysées afin de voir 
s'il y a une différence de composition chimique d'après la forme ou 
le milieu différent. Deux analyses ont été faites également d'individus 
pris sur le môle de Zeebrugge en Belgique, et dont la forme était 
normale. Des portions ont été enlevées, toujours aux mêmes endroits 
des coquilles, afin de pouvoir dissoudre le calcaire plus rapidement, 
ces coquilles étant très dures et difficiles à attaquer par les acides 
faibles. Les analyses sont au nombre de sept : 

1. Patella adulte, forme normale. Straight Point. 



ANNALES. LUI (1922) 



61 



2. Patella jeune, forme normale, Straight point, 

3. — adulte, forme élevée, Straight Point. 

4. — adulte, forme élevée, rivière Exe. 

5. — jeune, forme élevée, rivière Exe. 

6. — 'adulte, forme normale, Zeebrugge. 

7. — adulte, forme normale, Zeebrugge. 



Les poids sont exprimés en milligrammes 

1. Poids total, 800; chaux, 789. 

2. — 504 ; - 

3. — 839; - 

4. — 1,781; - 

5. ~ 450; - 

6. — 2,537; - 

7. — 1,706; - 



491 

829 

1,770 

440 

2,514, 

1,688; 



5; chitine, 10.5 

— 10 

— 10 
5; — 10.5 

— 10 

— 23 

— 18 



Ces analyses, calculées en pour cent, afin de les rendre compa- 



rables, donnent : 

1. Chaux, 98.70 
- 98.01 



2. 
3. 
4. 
5. 
6. 
7. 



98.81 
99.42 
97.80, 
99.10 
99.00 



chitine, 1.30 

— 1.99 

— 1.19 

— 0.58 

— 2.20 

— 0.90 

— 1.00 



Le 2 et le 5 sont des individus jeunes; on remarque que la 
coquille contient moins de calcaire et plus de chitine, aussi bien 
pour l'individu de l'Exe que pour celui de la mer. 

Pour les cinq autres, individus adultes, on remarque que l'indi- 
vidu de l'Exe contient le plus de calcaire, ceux de la mer d'Exmouth 
et de Zeebrugge en contenant un peu moins. Cependant, on remarque, 
pour la forme élevée, que la quantité totale des matières excrétées 
est moindre que chez la forme normale, pour des individus adultes, 
qu'ils proviennent de la mer ou de la rivière. 

En effet, les coquilles de même âge sont toujours plus légères 
dans la forme élevée, car cette forme est simplement le résultat 



62 



SOCIETE ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 



d'une excrétion ralentie, par suite de l'activité également ralentie 
des branchies qui sont pendant très peu de temps immergées. Voici 
quatre groupes de coquilles, de quatre milieux différents, dans 
lesquels j'indique les formes par des chiffres ; la hauteur par 1 et la 
longueur du grand axe de la base par l'unité suivie de deux déci- 
males, donnant le rapport entre les deux mesures. Plus le chiffre 
de la base est élevé et plus la forme de la coquille est déprimée. 



Groupe I. — Plage d'Exaaouth : longtemps immergés. 





Hauteur, 


1 \ 


longueur 


de 


base 


2.00 




— 




— 




— 


2.03 




— 




— 




— 


2.25 




— 




— 




— 


2.30 
2.33 




— 




— 




— 


2.40 
2.44 




— 




— 




— 


2.54 




— 




— 




— 


2.64 
2.64 




— 




— 




— 


2.68 




— 




— 




— 


2.70 




— 




— 




— - 


2.72 




— 




— 




— 


2.84 




— 




— 




— 


3.00 
3.00 


Groupe II. 


— Môle de Zeebrugge (Belgique j : 


assez 


longten 




Hauteur, 


1; 


longueur 


de 


base, 


2.00 




— 




— 




— 


2.05 




— 




— 




— 


2.06 




— 




— 




— 


2.13 




— 




— 




■ - 


2.13 




— 




— 




— 


2.15 




— 




— 




— 


2 26 




— 




— 






2 26 




— 




— 




— 


2.30 



ANNALES, LUI (1922) 63 

Hauteur, 1; longueur de base, 2.40 

— 1 — — 2.45 

— 1 — — 2. 50 

— 1 — — 2.50 

— 1 — ♦ — 2.50 

— 1 — _ 2 53 

Groups III. — Plage du cap de Straight Point : peu de temps immergés. 

Hauteur, 1; longueur de base, 1.72 

— 1 — — 1.75 

— 1 — _ 1 80 

— 1 - 1.84 

— 1 — — 1.88 
~ 1 — 2.00 

— 1 ' - — 2.00 

— 1 — — 2.00 

— 1 — — 2.16 

— 1 - _. 2.2(5 

Groupe IV^. — Rivière Exe, prés d'Exmouth, 2 à 3 kilomètres de l'embouchure : 
très peu de temps immergés. 

Hauteur, 1 ; longueur de base, 1 32 

— 1 — 1.32 

— 1 - - 1.37 

— 1 — — 1.38 

— 1 — — 1.38 

— 1 — — 1.45 

— 1 — — 1 48 

— 1 — — 1.50 

— 1 — — 1.53 

— 1 -- — 1 60 

— 1 — — 1.66 

— 1 — — 1.76 

— 1 — — 1.80 

— 1 — — 1.86 

— 1 — — 1.90 

— 1 — — 1.93 

— 1 — — 2.00 



64 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Deux individus, pris près de l'embouciiure de l'Exe, assez long- 
temps immergés, ont donné : 

Hauteur, 1; longueur de base, 2.12 
— 1 — — 2.57 

On voit par les tableaux précédents qu'il existe une relation 
constante entre la longueur de base (grand axe de l'ovale), la 
hauteur étant la même, et le temps pendant lequel le mollusque est 
immergé à chaque marée. 

C'est-à-dire, que plus longtemps le mollusque est immergé à 
chaque marée, et plus sa coquille est large et déprimée. 

On a imaginé des explications plutôt bizarres pour expliquer ce 
fait. RussEL (^), dans son travail sur la variation de Patella vulgata, 
constate que les coquilles sont plus élevées dans les endroits élevés, 
donc moins longtemps immergés. L'explication qu'il en donne 
n'explique rien : « as to the causes of these differences, one can say 
little more than that they must be due to those factors in which a 
high water environment differs from a law water environment ». 
Autant ne rien dire du tout. E. Step (^), dans Shell Life, suppose 
qu'il s'agit de sélection naturelle; les Patellas à forme large et peu 
élevée seraient plus faciles à détacher du rocher par les Pies de mer 
[Hœmatopus ostralegus) qui se nourrissent beaucoup de ces mol- 
lusques. 

Or, comme ces Oiseaux fréquentent beaucoup les plages rocheuses 
où vit Patella, la forme élevée seule persisterait en plus grand 
nombre. Cette explication n'est pas admissible non plus, puisque les 
Pies de mer fréquentent aussi bien les plages basses où la forme nor- 
male se trouve, que les plages plus élevées où la forme haute se 
rencontre; de plus, comme je l'ai fait voir, la forme élevée est la 
seule forme présente dans l'estuaire de l'Exe où on ne voit jamais de 
Pies de mer. D'autres auteurs, se basant également sur la sélection 



(1) RussEL, Limpet Patella variations : Proceedings Zoological Soc. London, 
1907. 

(2) E. Step, Shell Life, an introduction to the British mollusca, in-8°. London, 
1901. 



ANNALES, LIU (1922) 65 

naturelle, admettent que la forme large et peu élevée résiste mieux 
aux chocs des vagues que la forme étroite et haute; de là, élimina- 
tion de cette dernière forme sur les plages basses longtemps 
immergées. 

On constate cependant que la forme élevée est capable d'offrir une 
résistance très sérieuse, bien suffisante pour résister aux chocs des 
vagues ; d'ailleurs il faudrait trouver dans ce cas les deux formes sur 
les plages élevées, ce qui n'est pas le cas. 

Il me semble que la cause de cette forme élevée est toute autre. 
On remarque, pour la forme normale, que plus le mollusque avance 
en âge, et plus la base de la coquille augmente en largeur et en 
longueur; donc, le pourtour de l'ovale s'agrandit constamment et 
rapidement. Il faut donc, pour construire une pareille coquille, que 
le mollusque puisse excréter une quantité de calcaire de plus en plus 
grande dans un temps donné. Dans la forme haute, au contraire, les 
deux axes de l'ovale ne s'allongent que très lentement; le pourtour 
de l'ovale s'agrandit donc très lentement aussi. Il en résulte que le 
m.ollusque, dans un temps donné, doit excréter une quantité de 
calcaire bien moindre que les individus de la forme normale, même 
si la coquille serait un peu plus élevée, ce qui arrive parfois. Or, les 
milieux où vit cette forme sont en effet plus pauvres en nourriture, 
et l'animal doit se déplacer beaucoup pour se la procurer. D'un autre 
côté, les individus étant très peu de temps immergés, la circulation 
doit être plus lente et le sang bien moins oxygéné ; de là un ralen- 
tissement de toutes les fonctions physiologiques et une excrétion 
faible et anormale. On trouve en réalité que la forme élevée possède 
une coquille un peu plus mince que la forme normale, et toujours 
plus légère. Voici ce que j'ai observé dans deux des stations précitées. 
Sur la plage du cap Straight Point près d'Exmouth, les individus 
adultes de forme normale avaient une coquille pesant 2:2 grammes; 
ceux de l'Exe, quoique ayant une coquille plus élevée, ne donnaient 
pour poids de cette dernière que 14 grammes, donc une différence 
en moins de 8 grammes; preuve que l'excrétion est considérablement 
ralentie, puisque le poids total des matières excrétées est si faible. 
Certains auteurs disent que la forme haute possède également des 
côtes rayonnantes plus grosses, plus en relief que la forme normale; 

~_ Ann. Soc. Zool. Belg., t. LUI. 5 



66 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

cependant j'ai fréquemment trouvé des individus de cette dernière 
forme qui possédaient également ce caractère, qui n'est donc pas 
spécial à la forme haute. 

On a remarqué dans les analyses des coquilles, aussi bien dans la 
forme normale que dans la forme élevée, que la coquille des jeunes 
individus contient relativement moins de chaux et plus de chitine 
que les coquilles des adultes. Gela prouve naturellement que l'excré- 
tion de la chaux est directement eu rapport avec la quantité de 
nourriture prise en un temps donné; cette quantité étant plus petite 
chez les jeunes individus. La chitine, au contraire, étant un produit 
organique, produite par l'activité vitale des cellules, est moins 
influencée par la quantité d'aliments absorbés par l'individu en un 
temps donné. Les fonctions physiologiques étant actives chez les 
jeunes individus, on comprend que l'excrétion de la chitine soit rela- 
tivement élevée également. On peut encore exprimer la forme des 
coquilles en mesurant l'angle formé par la paroi antérieure et la 
ligne horizontale de la base de la coquille. On remarque que chez la 
forme élevée, cet angle varie de 60° à 70°; pour la forme normale 
des individus d'Exmouth, l'angle était de 50° à 55°; pour les indi- 
vidus de Zeebrugge, l'angle était de 55° à 60°. On remarque assez 
souvent, que chez la forme haute, la coquille avait dans le jeune âge 
une forme plus rapprochée de la forme normale, ayant un angle bien 
moins élevé que celle qu'on trouve chez cette forme haute. Plus tard, 
l'angle a augmenté assez rapidement pour devenir égal à ceux qu'on 
trouve chez cette forme haute. Cela prouve encore que chez les 
jeunes individus, l'activité physiologique est plus intense et l'excré- 
tion du calcaire par le manteau plus grande comme quantité absolue. 
On peut d'ailleurs faire la même remarque en examinant les coquilles 
des jeunes individus de forme haute; ces coquilles diffèrent toujours 
moins de celles de la forme normale que les coquilles des adultes de 
forme haute. 

Voici les rapports de douze coquilles de jeunes Patella de l'Exe, 
de forme haute : 

Hauteur, 1; longueur de base, 1.40 

— 1 — — 1.66 

— 1 — — 1.76 



ANNALES, LUI (1922) 67 

Hauteur, 1; longueur de base, 1.80 

— - 1.84 

— — 1.86 

— — 1.93 

— — 1.93 

— — 2.00 
— 2.14 

— ' — 2.16 

— — 2.20 

Il suffit de comparer ce tableau avec le tableau IV des adultes de 
l'Exe à forme haute, pour voir que les coquilles des jeunes individus se 
rapprochent davantage de la forme normale ; chez les adultes, le rapport 
minima étant 1-1.32; le rapport maxima 1-2.00. Tous ces faits ne 
s'expliquent pas par les hypothèses de E. Step et d'autres auteurs. 

Plus haut je cite des Patellas prises à Zeebrugge. En effet, 
on sait que depuis quelques années ce mollusque se maintient et se 
reproduit sur ^ette plage devenue artificiellement une plage rocheuse, 
la seule qui existe sur les côtes belges. On savait parfaitement que 
des larves de Patella arrivaient sur nos côtes avec les courants de 
marées venant des côtes de la Normandie et du Boulonnais; mais, 
faute de substratum approprié, les jeunes Patellas ne pouvaient 
jamais se maintenir longtemps dans ces milieux trop exposés aux 
vagues. En effet, les seuls endroits où l'acclimatation fut possible, 
c'étaient les pilotis des estacades et les brise-lames. Or, ces substra- 
tums ne pouvaient assez protéger les Patellas contre les vagues 
énormes des tempêtes. Les conditions étant bien meilleures à Zee- 
brugge, les Patellas s'y développent très bien et s'y maintiennent. 

Jadis, M. Lansweert, d'Ostende, fit des essais en déposant sur les 
brise-lames des Patellas prises sur les côtes anglaises. Il put les 
observer pendant quelques temps, mais tous les individus disparurent 
sans se reproduire. Moi-même j'ai fait des essais près de l'estacade de 
Nieuport-Bains, il y a au moins vingt cinq ans; j'eus encore moins 
de succès que M. Lainsweert, car je n'ai jamais revu aucun des indi- 
vidus que j y ai déposés, à deux reprises, les uns venant des côtes de 
la Normandie, les autres du Boulonnais. Gela prouve qu'il suffit 
parfois d'un changement relativement peu important au point de vue 



68 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

aspect des côles, pour qu'une espèce de mollusque s'y acclimate ou y 
disparaisse. 

Différents collectionneurs ont trouvé à plusieurs reprises des 
Patellas assez bien développés sur les pilotis de l'estacade de Nieu- 
port, longtemps après mes essais d'acclimatation. Il s'agissait là 
sûrement d'individus ayant choisi dans le jeune âge un endroit parti- 
culièrement bien abrité contre les grosses vagues. Aucun cependant 
n'a pu y former une colonie permanente. 

Coxyde, 9 février 1925. 



ANNALES, EIII (1922) 69 



DEUXIÈME NOTE 
CONCERNANT LA FAUNE M ALACO LOGIQUE AFRICAINE 

(Fig. 1 à 10) 

Par le Major DUPUIS et le Docteur PUTZEYS 



Succinea patentissima Menke. 

Parmi des spécimens de Succinea Connollyi Preston que nous a 
offerts M. Farquhar, et qui proviennent des Victoria Falls, nous 
avons trouvé deux exemplaires de Succinea patentissima Mënke, l'un 
intact, de 5 millimètres de hauteur; le second, à ouverture un peu 
abîmé, de 9 millimètres. 

Cette espèce avait été signalée au Natal (Port Natal, Umgeni 
Lagoon), et au Zoulouland (lac Sibayi). 

Succinea simplicissima Preston, 

(Fig. 1.) 

L'un de nous a récolté en abondance à ISyangwe et à Nsendwe 
(Lualaba, Congo belge), une Succinea qui nous semble identique à la 
Succinea simplicissima Preston (Preston, Revue Zool. afric, 1912, 
p. 326, fig. 4, pi. XVII). 

Nos spécimens atteignent jusqu'à 11 millimètres de hauteur. Voici 
des notes prises sur place en 1898 : 

« Coquille d'un jaune-brunâtre clair, translucide. Pied blanchâtre, 
translucide, pointillé de noir à la face supérieure. Bord du manteau 
garni d'une ligne de taches noires; linéoles grisâtres plus en arrière. 

« Trouvé à Nyangwé, sous les pierres, dans l'herbe, à la base des 
troncs d'arbres après la pluie. Vu un exemplaire de la même espèce 
au bord d'un ruisseau à Kasongo » (Dupüis). 



70 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Le type de Preston provient des Chahler Falls (Eusso Nyiro, 
Afrique orientale anglaise). 






Succiuea Chudeaui Germain, var. nov. Leyneni. 

(Fig. 2.) 

A Nyangwé encore ont été trouvés des échantillons d'une Succinea 
qui présente des analogies frappantes avec la Succinea Chudeaui 
Germain, du lac Tchad (Germain, Bull. Museum Paris, 1907, p. 271), 

fig. 20). 

Un petit spécimen paraissant appartenir à la même espèce se 
trouvait parmi des Limicolaria de.Kigoma (Tanganika) que nous a 
expédiées notre regretté frère d'armes Maurice Leynen, mort en 
Afrique pendant la campagne 1914-1918. 

Ce dernier spécimen (fig. 3) est jeune, et n'a que 4 millimètres de 
longueur. 

Nos échantillons diffèrent néanmoins de la Chudeaui typique, dont 
nous n'osons les séparer au point de vue spécifique : 

1<> par une taille plus petite : la hauteur maxima est de 7 milli- 
mètres (8 72 millimètres chez la Chudeaui) ; 

2° par la hauteur moindre de l'ouverture par rapport à la hauteur 
totale (elle n'atteint pas les deux tiers de la hauteur) ; 

3** par la striation beaucoup plus forte de la coquille, qui est 
plissée par endroits (dans la Chudeaui, les stries sont décrites comme 
extrêmement fines). 

Nous la considérons provisoirement comme une simple variété. 

L'espèce a été récoltée à terre, sous des planches, de la paille 
pourrie. La coquille porte de légers dépôts terreux, mais pas 
d'enduit épais comme chez la S. concisa Morelet, etc. 



ANNALES, LUI (1922) 71 

Succinea princei Preston. 

Nous avons reçu de M. Preston des Succinea princei du nord- 
ouest du lac Victoria- N y anza. Ces individus ont agglutiné sur leur 
test une épaisse couche de limon, irrégulière, avec dépôts trans- 
versaux plus épais. Chez la S. concisa de Morelet ces dépôts affec- 
tent la forme de carènes spirales régulières. 

Rien de semblable ici. 

D'autres spécimens, que Preston nous a envoyés sous le nom de 
Succinea kigezienzis Preston, et provenant de Kigezi (lac Kivu) ne 
nous semble différer en rien de 5. princei. 

De plus, tous ces spécimens, examinés au microscope, présentent, 
outî-e les stries d'accroissement, un test finement granuleux. Ce 
détail, qui a échappé à Preston, nous force, comme l'avait entrevu 
FiLSRRY, à réunir à la S. princei, comme synonyme, la S. lessensis 
PiLSBRY, trouvée par le D' Bequaert près de la Semliki (Congo belge). 

L'aire de dispersion actuellement connue de la Succinea princei 
Preston, s'étend donc entre les localités suivantes : 

Nakuru, Afrique orientale anglaise {Robin-Kemp) ; 
Nord-ouest du lac Victoria- Nyanza ; 
Semliki (D' Bequaert); 
Kigezi (lac Kivu). 

Succinea nyassana nov. sp. 

Nous possédons des bords du lac Nyassa deux spécimens qui- se 
rapprochent de la S. Alluaudi Dautzenberg. La coquille est néan- 
moins beaucoup plus petite (6 millimètres au lieu de 12 ^2^ et le 
sommet est plus saillant et plus mamelonné (tig. 4). Elle est voisine 
également de la S. Dor?'i Dautziiinberg du Sénégal, mais est plus 
étroite, les premiers tours sont plus hauts et plus convexes. 

Succinea Planti Pfeiffer. 

Nous avons reçu sous ce nom, du Natal un petit spécimen de 
5 millimètres de hauteur (fig. 5). Il se rapporte assez bien à la figure 
de Reeve (Conch. Icon., 1872, pi. XII, fig. 87) et nous paraît 
différent de la S. striata Kraüss. 



72 



SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 



Le Major Connolly émet ropinion (Ann. South African Museum, 
1912, p. 223) que S.striata Rrauss, S. Bowkeri Melville el Ponsonby, 
S. Pla7iti Pfeiffer sont synonymes. Les types des deux dernières 
espèces étant au British Museum, il serait à souhaiter que la question 
fût tranchée par leur examen et le type de S. Planti figuré d'une 
façon convenable. 





Succinea nairobiensis Preston. 

M. Preston nous envoie une assez nombreuse série de Succinées 
provenant de Nairobi. Nous les croyons non décrites, mais noire ami 
le Major Connolly s'occupant en ce moment de l'étude des espèces 
inédites de Preston, nous n'anticiperons pas sur son travail. 

Pour terminer, nous représentons (fig. 6) un cotype de Succinea 
normalis âncey, cédé par M. Géret au Major Dupuis. Cette espèce, 
de Mozambique, a été perdue de vue par plusieurs auteurs. Elle a été 
décrite, mais non figurée, croyons-nous, par Ancey (Le Naturaliste, 
1881, p. 484). 

Ptychotrema Mörch, s. g. nov. Nsendwea. 





Une singulière espèce, dont un spécimen unique a été découvert à 
Nsendwe, en 1899, par le Major Dupuis, ne peut se classer dans aucun 



ANNALES, LUI (1922) 73 

des sous-genres décrits du genre Ptychotrema. Par son ouverture, 
il se rapproclie des Sphinctostrema, Girard, mais n'a pas le 
peristome continu de ce groupe; par la fissure du labre, il tient des 
Excisa, d'AiLLY. 

Le bord externe du peristome ne touche à la partie inférieure du 
dernier tour qu'en-dessus, où il forme un demi cercle mince et lamel- 
leux à convexité tournée vers le haut; il descend vers le bord colu- 
mellaire en obliquant un peu vers le labre, est modérément courbé 
en dessous, et remonte à la partie inférieure du labre en s'épaississant 
toujours de plus en plus à partir de la jonction avec le bord supé- 
rieur de la columelle jusqu'au-dessous de la fissure médiane du labre. 

Si nous remontons au sommet de l'ouverture, le peristome 
descend vers le labre en se développant en lamelle triangulaire au- 
dessus de la fissure. 

Celle-ci, vue du côté externe du labre, est virguliforme, et placée 
au sommet d'un cornet saillant du test. L'ouverture étant vue de 
face, ce cornet apparaît comme un prolongement trapézoïdal, saillant 
entre la base du dernier tour et le triangle peristomal qui surmonte 
l'entré de la fissure. 

A l'intérieur, une forte lamelle rectangulaire, dirigée d'avant en 
arrière, partant du triangle en question, s'enfonce profondément 
dans l'ouverture. 

Une lamelle, partant du labre, sous la fissure et une autre, 
noduleuse au début, à la base de l'ouverture, pénètrent également 
dans la coquille. A l'extérieur, elles se manifestent par une protubé- 
rance, d'abord unique, puis divisée en deux cordons. Le premier 
saillant, mince, parallèle à la suture, atteint presque le bord colu- 
mellaire. Le second, en forme de crête élevée, plus court, séparé du 
premier par une profonde fossette en forme de croissant, arrive un 
peu plus loin à même hauteur que celui-ci. La columelle, dans l'ou- 
verture, est fortement renflée postérieurement. 

La bouche tout entière, sauf à sa partie supérieure, est fortement 
étranglée derrière son bord un peu étalé. 

Les trois premiers tours de la coquille sont lisses, les autres à 
costulations fines, lamelleuses, saillantes, s'écartant de plus en plus, 
au fur et à mesure où elles approchent de la base de la coquille. 



74 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Ptychotrema (Nsendwea) Nobrei, nov. sp. 

Nous sommes heureux de dédier la nouvelle et si curieuse espèce 
à M. le professeur Nobre, qui s'est occupé de l'étude des mollusques 
des possessions portugaises de l'Afrique. 

Aux caractères spécifiques et sous-génériques cités plus haut, nous 
ajouterons : 

Coquille d'un blanc jaunâtre, peu brillant, assez opaque. La forme 
générale est ovoïde, sauf l'ouverture. Les tours de spire vont en 
croissant régulièrement et lentement, jusqu'à l'avant-dernier. La 
suture, sans être profonde, est nettement marquée. 

Hauteur, 5 millimètres, plus grande largeur, 2 ^4 millimètres. 
Hauteur de l'ouverture, 1 ^s millimètres. 

Genre Physopsis Krauss. 

Le genre Physopsis a été établi par Krauss, en 1848, pour un 
Bulinide de l'Afrique du Sud, différant des Bulinus (Isidora) par sa 
columelle tordue, tronquée à la base, et ne comprenant alors qu'une 
espèce, le Physopsis africana Krauss [Die Siidafrik. MolL, p. 85). 

Bien que les caractères de la columelle soient très variables, la 
troncature inférieure disparaissant parfois complètement chez cer- 
tains individus, surtout chez les individus âgés, le genre doit être 
maintenu. En effet, la torsion de la columelle reste toujours plus ou 
moins apparente, et la radula diffère de celle des Isidora, sa première 
dent latérale étant bicuspide, alors qu'elle est tricuspide chez les 
Isidora, 

Depuis, de nombreuses espèces de Physopsis ont été décrites. 
En 1889, BoüRGUiGN^T (Moll. Afrique équat., p. i 59) signalait les 
espèces suivantes : 

Physopsis africana Krauss, Natal ; 

— ahyssinica Martens, Abyssinie, Ghoa; 

— «"rïzmîo BoLRGUiGNAT, Abyssiuie ; 

— stanleyana Bourguignat, Zanguebar; 

— prœclara Bourguignat, Zanguebar ; 

— globosa Morelet, Angola; 

— ovoidea Bourguignat, Zanguebar; 



ANNALES, LUE (1922) 75 

Physopsis Letourneuxi Bourguignat, Egypte; 

— Lhotelleri Bourguignat, Egypte; 

— Soleilleti Bourguignat, Choa ; 

— Menehki Soleillet, Choa ; 

— L(??'oz/2 Grandidier, Ousaghara; 

— Bloyeti Bourguignat, Ousaghara. 

Ont encore été décrites : 

1879. P/i|/so/?sw nasMte Martens, Zanzibar; 

1893. — karongensis Smnü, Nyâsssi; 

1898. — langanyicœ Martens, Tanganika; 

1904. — Dz'rfîm DE RocHERRUNE et Germain, Nil Blanc; 

1913. — choziensis Preston, lac Bangweolo; 

1913. — rekwaensü Preston, lac Rekwa. 

Le Musée de Berlin possède un Physopsis africana Krauss, éti- 
queté Physa Werneana Troschel. 

En 1907, M. Germain a donné le nouveau nom de Physopsis 
Martensi à la forme figurée par von Martens (Besch. Weight. D. Ost 
Afrika, pi. VI, p. 13) sous le nom de Physopsis ovoidea Bour- 
guignat. Cette forme, identique d'ailleurs à P. globosa Morelet, et 
à P. karongensis Smith, n'est qu'un des termes d'une série de nom- 
breuses variations signalées par von Martens dans l'ouvrage cité et 
rapportées par cet auteur à P. ovoidea Bourguignat, y comprise 
P. Leroyi Grandidier. 

De même, von Martens établit la synonymie de P. bloyeti Bour- 
guignat, et P. nasuta Martens. 

Neuville et Anthony (Ann. sg. nat., 1908, p. 268) démontrent 
que P. eximia Bourguignat, n'est qu'une forme de P. abyssinica 
Martens, et que cette dernière et P. ovoidea Bourguignat, se relient 
intimement à P. africana Krauss. 

La plupart de ces soi-disant espèces ont été d'ailleurs retrouvées 
dans les localités les plus diverses. C'est ainsi que nous possédons la 
forme choziensis Preston, de Léopoldville (Congo belge) ; la forme 
Didieri, de Rocherrune et Germain, (ÏElisabethville- ei de Kasongo; 
la globosa, Morelet, de Delagoa-Bay, etc. 

Il semble que nous avons affaire ici à une espèce unique, très poly- 



76 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

morphe, très répandue dans l'Afrique equatoriale, l'Afrique australe, 
l'Abyssinie, la vallée du Nil. 

Ses formes principales peuvent être groupées comme suit : 

I. Spire très basse, aplatie : var. Didieri; 
II. Spire à sommet arrondi, basse : var. globosa; 

III. Spire arrondie, plus haute : P. africana, typique,- 

IV. Spire arrondie, encore plus haute : var. choziensis; 
V. Spire conique, non arrondie : var. nasuta. 

La forme générale de la coquille, dans ce dernier groupe, va d'un 
galbe ovale à la forme nasuta typique, plus allongée, et rétrécie aux 
deux extrémités. 

La découverte à Kasongo, dans la rivière Lamba, d'une nombreuse 
série de Physopsis (Dupuis, 1899) confirme singulièrement notre façon 
de voir. Nous figurons (fig. 8, 9, 10) trois spécimens pris parmi ceux 
que nous possédons (il y a de nombreuses formes intermédiaires). 





Le premier (fig. 8) représente sans conteste la forme Didieri. 

Le second (fig. 9) à spire plus haute, se rapproche déjà plus de 
Y africana que du globosa. 

Le troisième (fîg. 10) a les proportions de Y africana, mais le 
sommet de spire, moins arrondi, tend vers la forme nasuta. Nous 
avons des spécimens presque identiques de Port-Elizabeth et du 
lac Rukewa 

Quant à la columelle, elle varie depuis la forme nettement et large- 
ment tronquée jusqu'à celle où elle s'amincit presque régulièrement 
jusqu'à la base de l'ouverture. 



ANNALES, LUI (1922) 77 

Tiara liricincta Smith. 

Nous adoptons le nom générique de Tiara (Bolten) en remplace- 
ment de celui plus connu de Melania (Lamarck), (cf. Connolly, Ann. 
S. African Museum, 1915, p. 99). 

Une nomt)reuse série de Tiara très variables récoltés à Stanley- 
ville semblent se rapporter à la Tiara liricincta Smith (Proc. Zool. 
Soc. London, 1888, p. 52, fig. 1). Nous y retrouvons les formes 
décrites par Thiele sous les noms de Melania liricincta Smith, 
variétés latior et major Thiele (sauf le plus grand spécimen de cette 
dernière), et Melania ignohilis Thiele, plus des formes intermédiaires. 
Les spécimens de Thiele proviennent d'ailleurs de régions assez 
voisines des nôtres : Mawambi (Ituri); 90 kilomètres à l'ouest du 
du sud lac Albert-Edouard, et, enfin, entre Béni et Boga, à l'ouest 
de la Semliki. 

La Tiara liricincta Smith, typique, a quatre cordons spiraux dans 
la région supérieure du dernier tour, quatre dans la région inférieure. 

La variété latior de Thiele, deux cordons supérieurs et deux à 
trois inférieurs très prononcés, des cordons intermédiaires plus 
minces. Ces cordons varient suivant les individus. 

La variété major Thiele, dans l'un des deux spécimens, a la spire 
un peu déprimée sous la suture, et n'a plus que des traces de 
cordons. 

Le second a deux cordons inférieurs, et, au dos de l'ouverture, 
des traces d'autres cordons. 

Ci quelques variétés de nos spécimens : 

a) Dernier tour : quatre cordons au-dessus de l'ouverture, le 
second plus faible; six cordons en dessous, les deux inférieurs plus 
forts; sur i'avant-dernier tour trois cordons, dont l'inférieur plus 
fort; sur le tour précédent, un cordon saillant au-dessus de la suture; 

h) Dernier tour : quatre cordons supérieurs comme en a ; trois 
cordons inférieurs, les deux en dessous plus forts; sur I'avant-dernier 
tour, trois cordons égaux; sur le précédent, deux cordons médians; 

c) Deux cordons supérieurs; deux à sept inférieurs; deux cordons 
au-dessus de la suture de l'avant-dernier tour; 

d) Un cordon au-dessus de l'ouverture; cordons inférieurs de deux 



78 



SOCIETE ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 



à six; sur l'avant-dernier tour et souvent sur le précédent, un 
cordon saillant au-dessus de la suture; 

é) Cordons supérieurs absents ; cordons inférieurs deux, trois ou 
quatre ; 

f) Cordons totalement absents (Melatiia ignobilis Thiele). 

Nous ne comprenons pas le rapprochement que Thiele fait entre 
sa Melania ignobilis et la Melania sancti pauli Schepman (Notes 
Leyden Mus., 1888, p. 248). 

En effet, dans sa description de l'espèce de Libéria, Schepman dit : 

«... numerous lines of growth decussated by spiral ridges, nearly 
wanting in some specimens. 
« Whores much inflated. » 

Et Thiele : 

« Windungen schwach gewölbt, glatt. » 

Les figures données par les deux auteurs sont d'ailleurs très 
différentes. 

Les spécimens jeunes diffèrent très peu entre eux ; on en trouve 
exceptionnellement à cordons spiraux déjà développés. Mais tous ont 
le dernier tour présentant une carène médiane étroite et saillante. La 
sculpture consiste en stries d'accroissement irrégulières, parfois un 
peu granuleuses-malléolées. Le sommet est toujours déjà un peu 
érosé. 

La coquille adulte complète, si elle avait conservé son sommet, 
aurait environ douze tours de spire. 

Lanistes (Leroya) Stuhlmanni Martens. 

La diagnose donnée par von Martens (Besch. Weight. D. Ost Afrika) 
devrait être modifiée, de nombreuses récoltes ayant prouvé la varia- 
bilité de l'espèce. 

Les échantillons que nous avons récoltés et de multiples spécimens 
des environs de Stanleyville nous fournissent les renseignements 
suivants : 

a) Certains d'entre eux, épais, présentent des traces de striation 



ANNALES, LUI (1922) 79 

spirale sur le dernier tour (récoltes Düpüis, 1899); ce qui les 
rapproche du L. Farleri Graven ; 

b) Beaucoup, au lieu d'être très épais, ont la coquille relativement 
mince, et les bandes colorées, visibles en général seulement à l'inté- 
rieur, sont très nettes, et très variables, à l'extérieur ; 

c) Certains spécimens n'ont aucune bande foncée spirale, et consti- 
tuent une nouvelle variété, que nous appellerons unicolor ; 

d) Le sommet, décrit comme obtus (Germain, Bull. Mus. Paris, 
41)16, p. 328), ne paraît tel que par suite de son érosion. Dans des 
exemplaires de Stanleyville, très bien conservés, nous trouvons le 
sommet presque aussi aigu que dans certains L. Fa?'/m Graven. 

Il est possible qu'on trouve tous les types de transition entre les 
deux espèces. Germain a déjà signalé une variété où les premiers 
tours seuls sont striés spiralement, et qu'il rapporte au L. Farleri. 

Quant au Lanistes [Leroya) Graueri Thiele, il est synonyme de 
L. Stuhlmanni Martens. 



80 



SOCIETE ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 



NOTES MALAGOLOGIQUES GONGERNANT LA FAUNE 
DE L'AFRIQUE GONTINENTALE ET INSULAIRE 

Par le Major Paul DUPUIS 



Gulella Arthuri Dautzenberg. 

En 1890, M. Dautzenberg a décrit sous le nom d'Ennea Arthuri 
(Mém. Soc. Zool. France, p. 127, pL I, fig. 2a à 2c?) une Gulella 
de la section Huttonella Pfeiffer, récoltée à Dakar par le Capitaine 

DORR. 

En 1913, Preston (Proc. Zool. Soc. London, p. 198, pi. XXXII, 
fig. 9, 9a) décrit sous le même nom une Gulella toute différente, 
provenant de l'Afrique orientale anglaise, et appartenant à la section 
Paucidentina von Martens. 

Le nom de l'espèce de Preston doit donc être changé. Ne pouvant 
employer le nom de Prestoni, préoccupé, je propose, pour la Gulella 
en question, celui de Gulella [Paucidentina) odhneriana, nom. 
nov. dédiant l'espèce au malacologiste Nils Odhner, du Musée de 
Stockholm. 

Bulinus (Isidora) liratus Mousson (nec Tristram). 

Dans le Bulletin du Museum de Paris, 1920, p. 161, note, 
M. Louis Germain fait remarquer que le nom de Physa [Isidora) 
lirata Mousson, s'appliquant à une espèce de VEuphrate (Mousson, 
JouRN. de Gonch., 1874, p. 39, n° 9) a déjà été employé pour un 
Bulinus de Madagascar par Tristram (Proc. Zool. Soc. London, 
1863, p. 60). Il propose, pour l'espèce de Mousson, le nouveau nom 
de Bullinus [Isidora] mesopotamiensis, Germain. 

Ancey (Nautilus, XIV, 1900, p. 84) avait déjà substitué au nom 
de l'espèce de Mousson celui de Physa Moussoni Ancey. Ge nom, 
plus ancien de vingt ans que celui de mesopotamiensis, doit donc être 
conservé. 

En 1880, M. Graven (Proc Zool. Soc. London, p. 617, pi. 57, 



ANNALES. LUI (1922) 81 

fig. 10) a décrit également sous le nom de Physa lirata un mol- 
lusque de l'Afrique du Sud, qui n'est autre que le Bulinus (Isidora) 
tropicus Krauss, 

Cerastus roosevelti Dall. 

Sans vouloir préjuger en rien de la valeur spécifique de ce Cerastus 
décrit par Dall (Smithsonian miscell. coll., vol. 56, n" 10, p. 1, 
fig. 4) nous constatons, d'après des spécimens de Cerastus nobilis 
Preston (Ann. Mag. Nat. Hist., d911, p. 470) reçus de Preston lui- 
même, que ces deux soi-disant espèces, provenant du Mo7it Kénia 
sont rigoureusement identiques. Le nom donné par Dall a la priorité, 
étant de 1910. 

Callistoplepa tiara Preston. 

Le Callistoplepa tiara, de Preston (Ann. Mag. Nat. Hist., 
ser. VIII, vol. Ill, 1909) n'appartient pas au genre Callistoplepa. 
•C'est une jeune Achatina, probablement l'Ae/îa^ma zo*^ma Pfeiffer. 

Spatha (Spathella) Eirki et Anceyi Ancey. 

Ancey (Mem. Soc. Zool. France, XIX, 1894, pp. 217-234) a 
décrit sous le nom de Spathella Kirki et Spathella Anceyi (Bour- 
GUiGNAT, M. S.) Ancey, fdeux Spatha que Preston, acquéreur d'une 
partie de la collection Ancey, redécrit respectivement sous les noms de 
Spatha approûcimans et Spatha bertilloniana. Les localités sont celles 
citées par Ancey, et les échantillons sont les types de Ancey eux- 
mêmes, comme il est facile de s'en assurer en comparant les dessins 
de Ancey aux phototypies de Preston. Ils ont été recueillis par 
M*' Lechaptois, comme le reconnaît Preston pour sa Spatha appro- 
ximans. Les types ont été cédés par Preston au D' Putzeys. 

Si nous poursuivons l'examen du travail de Ancey, nous constatons 
que Preston a redécrit sous le nom de Spatha cuneata la Mutela 
Simpsoni de Ancey, simple variété de Mutela alata Lea, et que la 
Mutela opalescens Preston, est une variété plus allongée encore de la 
même espèce, transitoire entre celle-ci et la Mutela nilotica Fér., 
var. augustata Sow. 

Auu. Soc. Zool. Belg., t. LUI. 6 



82 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

VUnio Lechaptoisi Ancey a été rebaptisé de même Unio shireensis 
par Preston. 

VU^iio angoniensis Preston, nous semble extraordinairement voisin 
de VUnio Borellii Ancey, simplement un peu plus adulte. 

Quant à Wnio caesarianus Preston, il correspond en tous points 
au spécimen 6! Unio nyassaensis Lea représenté par Smith (Proc. 
ZooL. Soc. London, 1893, pi. 59, fig. 16). 

Spatha Innesi Pallary. 

Pallary a décrit sous le nom de Spatha Innesi (Bull. Inst. Egypt., 
Ill, p. 97, 1903) une espèce du Haut-Nil, qui ne paraît différer en 
rien de la Spatha Chaiziana Rang, du Sénégal. 

Le D*" PuTZEYs possède un échantillon de la collection Pallary, à 
lui cédé par Preston. Nous possédons un spécimen venant du lac 
Albert- Edouard. Il n'y a d'ailleurs rien d'extraordinaire à retrouver 
dans le Nil une espèce de l'Afrique occidentale. 

Spatha Fourteaui Pallary. 

De même provenance et décrite en même temps que la précédente, 
cette espèce ne nous semble qu'un spécimen de petite taille, jeune, de 
la forme décrite sous le nom de Spatha marnoi Jickeli. 

Pseudachatina atopocochlioïdes, nov. sp. 

(Fig. 1.) 

Cette Pseudachatina, du Gabon, par la forme de la spire, la 
carène du dernier tour et l'aspect de l'ou- 
verture rappelle le genre Atopocochlis Crosse 
et Fischer, des îles du golfe de Guinée. L'es- 
pèce la plus voisine est la Pseudachatina 
gabonensis Shuttleworth, dont elle n'a toute- 
fois pas la sculpture. Au point de vue de 
celle-ci, elle se rapproche de la Pseudacha- 
tina Wrighti Sowerby, mais ne possède ni la 
forme ni la couleur de cette dernière. 

Spire régulièrement conique, comprenant huit tours, à sculpture 
microscopique tout à fait indistincte; toute la surface est lisse, 




ANNALES, LUI (1922) , 83 

luisante sur les premiers tours, devenant de plus en plus mate sur 
les trois derniers. Ceux-ci présentent de place en place des ren- 
flements longitudinaux irréguliers, obsolètes, correspondant aux 
périodes d'accroissement. Sur le dernier tour, ils déterminent 
quelques faibles bosselures en rencontrant la carène périphérique. 
Cette carène est arrondie, assez large, le dernier tour s'aplatissant et 
s'excavant légèrement au-dessus d'elle, jusqu'au peristome. Dans les 
trois derniers tours la partie infrasuturale est en forme de cordon 
aplati, présentant quelques traces de plis faibles, mais non crénelée. 

Le sommet de la spire est brun-rougeâtre clair, passant au 
saumoné très clair sur les tours suivants, le dernier étant d'un gris- 
jaunâtre. La bande suturale est plus claire, grisâtre, la carène est 
blanchâtre. 

La columelle est tordue, très étroitement tronquée à son extrémité. 
Le callus pariétal est épais, le peristome évasé, sauf à sa partie supé- 
rieure, et tranchant au bord externe, épaissi vers l'intérieur de 
l'ouverture. Celle-ci est plus ou moins quadrangulaire. 

Hauteur de la coquille : 70 millimètres. Plus grande largeur (à 
hauteur de la carène), 35 millimètres. 

Ouverture : plus grande longueur, 31 millimètres ; largeur 
(y compris le peristome), 19 millimètres. 

Le bord externe de l'ouverture est oblique par rapport à l'axe de 
la spire. La columelle, en descendant et se tordant, avance fortement 
vers l'extérieur à l'endroit où elle rejoint le bord inférieur du 
peristome. 

Les Pseudachatina constituent un petit groupe spécial à l'Afrique 
occidentale. Les espèces, peu nombreuses, sont variables et mal 
délimitées. Des récoltes futures en de nombreuses localités permet- 
tront peut-être une classification plus exacte. En tous cas, nous 
sommes obligés de considérer momentanément comme espèce distincte 
la forme décrite ci-dessus, attendu qu'elle ne correspond à aucune des 
descriptions publiées. 



84 



SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 



DESCRIPTION DE CRUSTACES DECAPODES 
MACROURES NOUVEAUX DES TERRAINS SECONDAIRES 

{Fig 1 à 10.) 
Par V. VAN STRAELEN 



Antrimpos Kiliani nov. sp. 
(Fig. 1.) 

Test mince et lisse. Céphalothorax avec une épine hépatique a, 
insérée au-dessus et à l'origine des branches divergentes du sillon. 

Or 




Fig. 1. — Antrimpos Kiliani nov. sp. (schéma). — Grandeur naturelle. — Côté gauche. 

a = Épine hépatique. 

Une des branches du sillon, oblique vers le haut, atteint le bord du 
céphalothorax à l'entaille orbitaire, la branche inférieure rejoint le 



ANNALES, LITI (1922) 85 

bord du céphalothorax à hauteur de l'antenne. Rostre relativement 
court, plusieurs dents rostrales antérieures, une dent rostraie posté- 
rieure, dents infrarostrales absentes. 

Antennules et antennes courtes, écaille antennaire dépassant la 
longueur des pédoncules antennulaires. Pédoncules oculaires grêles, 
portant des yeux relativement petits. Première et deuxième paires 
de maxillipèdes inconnues, exopodite de la troisième paire de maxilli- 
pèdes robuste et épineux. Première, deuxième et troisième paires de 
thoracopodes garnies de rangées d'épines et terminées par des pinces. 
Quatrième et cinquième paires de thoracopodes moins robustes et plus 
grêles, avec dactylopodites terminaux. Dimensions des thoracopodes 
croissant de la première à la troisième paire. 

Pléon, dont les cinq premiers somites lisses sont munis d'un faible 
sillon transverse; le sixième, dépourvu de sillon, se prolonge vers 
l'arrière et est à peine plus long que les précédents. Pléopodes dé- 
croissants de l'avant vers l'arrière, les fouets de chacun d'eux étant de 
dimensions à peu près égales. Telson triangulaire et de longueur à 
peu près égale à celle du sixième somite du pléon. Exopodite de 
l'uropode, plus long et plus large que l'endopodite. 

Panœidea atteignant parfois une longueur de 20 centimètres. 

Je dédie cette espèce à M. W. Rilian, membre de l'Institut de 
France, professeur de géologie à l'Université de Grenoble. 

Gisement. — Gallovien, marnes à Posidonomya alpina (^). 

Localité. — La Voulte-sur-Rhône (Ardèche). 

Type. — Collections géologiques de l'Université de Grenoble (collec- 
tion Gevrey). 

Udora minuta nov. sp. 
(Fig. 2.) 

Caridea dont il ne subsiste que la partie postérieure du céphalo- 
thorax et cinq somites antérieurs du pléon. Céphalothorax lisse dans 



(') La faune carcinologique du Gallovien de la Voulte-sur-Rhône a fait l'objet d'une 
communication préliminaire : V. Van Straelen, Les Crustacés décapodes du Callo- 
vien de la Youlte-sur- Rhône {Ardèche) (Comptes-Rendus des Séances de l'Aca- 
démie DES Sciences, t. 175, pp. 982-984, Paris, 1922). 




86 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

sa région postérieure, fortement échancré par le pléon. Somites 
antérieurs du pléon aussi larges que le cépha- 
lothorax. Plèvres arrondies, relativement 
grandes, avec un sillon marginal. Plèvres 

,,. „ ,,, du deuxième somite s'étendant sur celles du 

rig. 2. — Udora minuta 

nov.sp. (schéma). — X 2. premier. La courbure du pléon est celle que 
— Côté gauche. ^'q^ obscrve chcz beaucoup de Caridea. 

Animal de petite taille atteignant une longueur de 2 centimètres. 

Gisement. — Gallovien, marnes à Posidonomya alpina. 

Localité. — La Voulte-sur-Rhône (Ardèche). 

Type. — Collections géologiques ;de l'Université de Grenoble 
(Collection Gevrey). 

Udora Gevreyi nov. sp. 
(Fig. 3.) 

Forme plus robuste que U. minuta et de proportions plus massives. 
Test mince. Céphalothorax fi- pc 

nement chagriné, dépourvu de 
sillons, présentant de chaque 
côté une eminence spiniforme a. 
Rostre semble avoir été très pig. 3. _ c,rf,,« (?,,^,y,- nov. sp. (schéma. 

long. ÉchancrureS OrbitaireS pro- — Grandeur naturelle. — Côté droit. — 

fondes ^ ~ Eminence spiniforme. 

Pléon lisse, dont le premier somite de dimension sensiblement 
égale à celle de la région postérieure du céphalotorax. Plèvres du 
second somite pléonique recouvrant celles du premier. Telson étroit 
et long. Uropodes inconnus. 

Caridea atteignant une longueur d'environ 6 centimètres. 

Je dédie cette espèce à M. A. Gevrey, conseiller honoraire à la 
Cour d'appel de Grenoble. 

Gisement. — Gallovien, marnes à Posidonomya alpina. 

Localité. — La Voulte-sur-Rhône (Ardèche). 

Type. — Collections géologiques de l'Université de Grenoble 
(Collection Gevrey). 




ANNALES, LUI (1922) 87 

^ger brevirostris nov. sp. 
(Fig. 4.) 

Céphalothorax mince et lisse, terminé par un rostre court et large, 
muni de dents rostrales. Sillon cervical e profond, sillon branchio- 
cardiaque a faible. Petite épine insérée à la naissance du rostre. 
Forte épine «. située entre la terminaison du sillon cervical et du sillon 
branchio-cardiaque. 

e 




Fig. 4. — JEkjer hrevirostris nov. sp. (scliéraa). — Grandeur naturelle. — Côté droit. 
a = Sillon branchio-cardiaque. — e = Sillon cervical. — a = Epine. 

Antennules ne sont pas conservées. Antennes multiarticulées plus 
longues que le corps, avec grande écaille antennaire. Troisièmes 
maxillipèdes fort longs, atteignant les dimensions des troisièmes thora- 
copodes, garnis de rangées de longues épines. Trois premières paires 
de thoracopodes terminées par des pinces, garnies d'épines sem- 
blables à celles des maxillipèdes. Quatrième et cinquième paires de 
thoracopodes grêles, dépourvues d'épines, les extrémités ne sont 
pas conservées. Dimensions des thoracopodes allant en croissant du 
premier au troisième. 

Stenopidea atteignant une longueur de 7 à 8 centimètres. 

Gisement. — Callovien, marnes à Posidonomya alpina. 

Localité. — La Voulte-sur-Rhône (Ardèche). 

Type. — Collections géologiques de l'Université de Grenoble 
(Collection Gevrey). 



88 



SOCIETE ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 



PalsBopentacheles ovalis nuv. 
(Fig. 5.) 



sp. 



Céphalothorax suboval, présentant sur toute sa surface des gra- 
nules assez volumineux et serrés; bord frontal à peu près droit, 
portant un rostre médiocre et deux faibles épines. Échancrures orbi- 
taires larges et circulaires, angles supra et infraorbitaires très aigus. 
Pas de carène dorsale. Sillons cervicaux e et précervicaux e' profonds, 
sillons cardiaques c profonds et se rapprochant dorsalement. Sillons 
brancbio-cardiaques a moins accusés, incurvés vers l'axe médian, 
mais ne se rapprochant guère. Carènes branchiales CB, partant de 
l'échancrure orbitaire et aboutissant aux angles postérieurs du 
céphalothorax. Carènes gastro-orbitaires CGO à peu près rectilignes. 
Bord du céphalothorax garni d'épines. 



CGO 




Fig. 5. — Palœopentacheles ovalis nov. sp. (schéma). — X 2. — Face 
dorsale. — e = Sillons cervicaux. — e' = Sillons précervicaux, — 
c = Sillons cardiaques. — « = Sillons branchio-cardiaques. — GB = Ca- 
rènes branchiales. — CGO = Carènes gastro-orbitaires. 

Eryonidea atteignant une longueur de iO centimètres. 
Gisement. — Gallovien, marnes à Posidonomya alpina. 
Localité. — La Voulte-sur- Rhône (Ardèche). 
Type. — Collections géologiques de l'Université de Grenoble 
(Collection Gevrey). 



ANNALES, LUI (1922) 



89 



Palaeopolyclieles Falloti nov, sp. 
(Fig. 6.) 

Céphalothorax subreclangulaire, couvert de granulations fines et 
serrées; à bord frontal concave vers l'avant, limité à droite et à 
gauche par un angle supra-orbitaire aigu. Rostre extrêmement faible. 
Échancrures orbitaires relativement larges et ovales, angle infra- 
orbitaire moins aigu et mains développé que l'angle supra-orbitaire. 

Carène dorsale CD bien développée, soulignée au voisinage du 
rostre par deux petites carènes latérales. Sillon cervical e profond. 
Sillon précervical absent, mais en arrière du sillon cervical, un 
second sillon s'arrêtant à mi-chemin entre la carène latérale et la 
carène médiane. Carènes branchiales supérieures CB partant des 
angles postérieurs du céphalothorax, s'arrêtant à mi-chemin entre 
ceux-ci et le sillon cervical. 




Fig. 6. — PalœopoJycheles Falloti nov. sp. fschéma). — X ~. — Face 
dorsale. — e = Sillons cervicaux. — CD = Carène dorsale. — CB == Ca- 
rènes dorsales. 

Eryonidea atteignant une longueur de 8 centimètres. 
Je dédie cette espèce à M. Paul Fallût, maître de conférences .de 
géologie à l'Université de Grenoble. 

Gisement. — Callovien, marnes à Posidonomya alpina. 
Localité. — La Voulte sur-Rhône (Ardèche). 
Type. — Collections géologiques de l'Université de Grenoble 
(Collection Gevrey). 



90 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Eryon ellipticus nov. sp. 

(Fig. 7.) 

Céphalothorax dont le contour reproduit à peu près la moitié 
d'une ellipse. Bord frontal droit, dépourvu de rostre. Pas d'échan- 
crures orbitaires, la base des pédoncules oculaires, très robustes, 
étant entourée par une gaine cylindrique issue du céphalothorax. De 
part et d'autre des pédoncules oculaires, le bord antérieur du cépha- 
lothorax est découpé par trois échancrures, de plus en plus profondes 
à mesure que l'on s'éloigne de la ligne médiane. 




Fig. 7. — Etyon ellipticus nov. sp. (schéma). — Grandeur naturelle. — 
Face dorsale. — e = Sillons cervicaux. — e' = Sillons précervicaux. — 
CD = Carène dorsale. — CC ^ Carènes cervicales. — CB = Carènes 
branchiales. 

Carène dorsale CD épineuse; carènes branchiales GB faiblement 
marquées; carènes cervicales CG épineuses. Sillons cervicaux e pro- 
fonds, aboutissant aux troisièmes échancrures; sillons précervicaux e' 
aboutissant aux deuxièmes échancrures. Une épine de part et d'autre 
de la carène dorsale, en avant du sillon cervical. 

Eryonidea atteignant une longueur de 10 centimètres. 

Gisement. — Gallovien, marnes à Posidonomya alpina. 
Localité. — La Voulte-sur-Rhône (Ardèche). 
Type. — Collections géologiques de l'Université de Grenoble 
(Collection Gevrey). 



ANNALES, LUI (1922) 



9Î 



Eryon gig-anteus nov. sp. 

(Fig. 8.) 

Céphalothorax subcirculaire, couvert de granulations fines et 
serrées, à bord frontal faiblement concave vers l'avant, dépourvu de 
rostre. Échancrures orbitaires étroites et circulaires à angles supra 
et infraorbitaires peu développés. Bord antérieur du céphalothorax^ 
en arrière de l'échancrure orbitaire, découpé par deux échancrures 
relativement étroites. 




Fig. 8. — Eryon giganteus nov. sp. (schéma). — i/3 grandeur naturelle. — 
Face dorsale. — e = Sillon cervical. — CD = Carène dorsale. — CB = Ca- 
rènes branchiales. 

Carène dorsale CD épineuse, s'atténuant vers l'avant; carènes 
branchiales GB épineuses, obliques par rapport à la carène dorsale. 
Sillon cervical e, profond au voisinage de la carène dorsale, s'atté- 
nuant rapidement au delà des carènes latérales. Sillon circulaire 
latéral, naissant à l'extrême pointe postérieure du céphalothorax, se 
maintenant parallèlement au bord et s'atténuant à hauteur de la pre- 
mière échancrure latérale. Deux tubercules, de part et d'autre de 
la crête médiane, à peu de distance au-dessus du sillon cervical. 

Eryonidea atteignant une longueur de 30 centimètres. 

Gisement. — Gallovien, marnes à Posidonomya alpina. 
Localité. — La Voulte-sur-Rhône (Ardèche). 
Type. — Collections géologiques de l'Université de Grenoble 
(Collection Gevrey). 



92 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Glyphea Stonesfieldiensis n«v. sp. 
(Fig. 9.) 

Région roslrale du céphalothorax détruite. Région céphalique en 
avant du sillon cervical présentant trois crêtes parallèles de chaque 
côlé de la ligne médiane, la plus interne étant la plus courte. 
Sillon cervical e profond, faiblement incliné de l'avant vers l'arrière. 
Sillon branchlo-cardiaque a débute à la ligne médiane, à faible 
distance du sillon marginal, s'incurvant et peu profond à son origine, 
s'approfondit rapidement jusqu'à sa rencontre avec un sillon y. Sillon 
cardiaque c naissant à faible distance de la ligne médiane, plus large 
mais moins profood que a, oblique par rapport à ce dernier, s'inflé- 
chissant vers le bas et en arrière et rejoignant le sillon y. Sillon c 
donnant un rameau court mais large et profond, dirigé vers la ligne 
médiane qu'il n'atteint pas. Sillon h^, branche montante du sillon 
hépatique, partiellement conservé. Sillon z/, naissant du sillon cer- 
vical Cl à peu près à mi-hauteur, décrivant une boucle en rejoi- 
gnant tj. 



Fig. 9. — Glyphea Stcynesfieldiensis nov. sp. (schéma). — Grandeur natu- 
relle. — Côté gauche. — ^j = Sillon cervical. — a = Sillon branchio- 
cardiaque. — c = Sillon cardiaque. — &i = Branche montante du sillon 
hépatique. — y = Branche du sillon cervical. 

Scyllaridea dont le céphalothorax atteignait une longueur de 
4 centimètres. 

Gisement. — Bathonien, calcaires oolithiques de Stonesfield. 

Localité. — Stonesfield (Oxfordshire). 

Type. — Collections géologiques de l'Université de Dijon. 



ANNALES, LUI (1922) " 93 

Eryma lioryi nov. sp. 
(Fig. 10.) 

Céphalothorax incomplètement conservé, montrant encore tous les 
sillons. Sillon cervical e^fi, très large et très profond, se rétrécissant 
légèrement au point où il rejoint la ligne médiane. Sillon anten- 
naire h très court. Sillon hépatique h^ bifurquant en donnant une 
branche a, sillon branchio-cardiaque atteignant la ligne médiane. 
Sillon cardiaque c, parallèle au sillon a, auquel il paraît réuni par 
un étroit sillon x. Tubercule w n'est plus visible. Ornementation 
constituée par des tubercules squameux très serrés. 



Fig. 10. — Eryma Loryi uov. sp. (schéma). — Grandeur naturelle. - 
Côté droit. — e^e = Sillon cervical. — a = Sillon branchio-cardiaque. 
— c = Sillon cardiaque. — 6 = Sillon antennaire. — &i = Sillon hépa- 
tique. — x = Sillon unissant c et a. 

Nephi'opsidea dont le céphalothorax atteignait une longueur de 
6 centimètres. 

Je dédie cette espèce à M. Pierre Lory, chargé de conférences de 
géologie à l'Université de Grenoble. 

Gisement. — Valanginien, marnes à Cosmoceras verrucosum. 
Localité. — Malleval (Isère). 

Type. — Collections géologiques de l'Université de (Grenoble 
(Collection Gkvrey) (^). 



(1) La notation employée pour désigner les sillons du céphalothorax est en partie 
celle indiquée par J.-K,-V. Boas, Studiën over Decapodernes slaegtshabsforhold 
(Kgl. Danske V1DENSKA.BELIGE Selskab Skriftbn 6*® Raekke, Naturvidkmskabe- 
UG OG MATHEMATiSK. APD.,I, (2), pp. 25-210, Kobenhavn, I88O1. 



^4 



SOCIETE ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIÜUK 



L'IIsTSTinSTOT () 

Par ÉT1E^^■K RABAUD 



De toutes les questions qui sollicitent l'attention du biologiste, il 
n'en est pas de plus complexe que celle de l'instinct, ni qui ait reçu 
des solutions plus nombreuses et plus contradictoires. Des hommes 
éminents l'ont abordée, sans réussir à mettre fin aux controverses. 
Oser s'engager après eux dans une étude si difficile, n'est-ce pas 
délibérément aller au-devant d'un échec? 

1 . — Définitiens et Critères. 

Que le mot instinct désigne des phénomènes complexes et d'une 
analyse fort délicate, il faut, dès l'abord, en convenir. Mais on doit 
aussitôt se demander si l'insuffisance des résultats obtenus tient 
exclusivement à cette complexité, et s'il ne faudrait pas l'imputer 
aussi à quelque cause indépendante de la question elle-même. 

L'instinct appartient, semble-t-il, au domaine des naturalistes. 
Eux seuls, par l'étude qu'ils font des organismes et des phéno- 
mènes vitaux, possèdent les connaissances préalables indispensables 
pour en aborder l'étude. Or, les naturalistes s'en sont, en majorité, 
tout à fait désintéressés. Certains d'entre eux, un petit nombre, ont 
bien fait quelques observations; mais ils ont rarement tenté de les 
relier les unes aux autres en un corps de doctrine, se bornant à une 
relation descriptive plus ou moins exacte. 

Ce sont, pourtant, ces observations fragmentaires qui servent de 
thème à toutes les théories sur l'instinct. Seulement, ces théories 
émanent de philosophes qui ont repris, commenté, interprété les 
conceptions des observateurs ; forcément leur effort devait échouer. 



(') Deux conférences faites à V Institut des Hautes études de Belgique les 12 et 
13 janvier 1923. 



ANNALES, LUI (1922) 95 

Commenter et interpréter sans avoir, par soi-même, vu, manipulé, 
expérimenté, est une entreprise toujours vaine. Qui n'a pas vu, ne 
sait pas ; à qui ne sait pas, l'étude livresque d'un phénomène ne 
saurait suggérer que des conceptions fort éloignées des faits. L'obser- 
vation directe, la constatation personnelle des événements met en 
évidence les détails importants, en même temps qu'elle suggère 
l'expérience utile conduisant à rejeter ou adopter l'hypothèse sur- 
venue au cours de l'observation. La théorie qui s'élabore ainsi se tient 
au contact tout proche de la réalité, puisqu'elle en est l'interprétation 
immédiate et sans intermédiaire. Bien au contraire, les faits vus à 
travers autrui subissent forcément la déformation la plus grande, 
qui faussera dans la plus large mesure tout essai de généralisation. 

Telle est précisément la genèse des théories actuelles sur l'instinct. 
Et, dès lors, on peut dire que si les observateurs ont publié un certain 
nombre de faits, l'étude proprement dite de l'instinct est, à l'ordi- 
naire, assez mal engagée; elle n'est donc encore qu'à ses débuts. 
Elle repose, en grande partie, sur des définitions. Mais, d'un auteur 
à l'autre, ces définitions se contredisent, car chacun a pris dans les 
faits ce qui correspondait le mieux à son attitude d'esprit. 

Ces définitions peuvent se grouper sous trois chefs principaux. 

Suivant Spencer, Maudsley, Loeb, etc., l'instinct est une activité 
réflexe devenue héréditaire ; suivani Lamarck, Conüillac, Forel, etc., 
c'est une activité intelligente passée à l'état d'habitude. Au dire de 
CoNDiLLAC, les bêtes agiraient d'abord par réflexion; mais elles ont 
peu de besoins et réfléchissent peu ; dès lors elles agissent toujours 
de la même manière et, par suite, une habitude s'installe. Forel 
exprime la même idée en parlant de « raisonnement automatisé ». 

Entre l'idée de « réflexe héréditaire » et celle d' « habitude », il 
n'y a pas opposition tranchée, et l'on aperçoit aisément les points de 
vues intermédiaires qui permettraient de les concilier. Toutes deux, 
par contre, s'opposent nettement à la troisième conception, la plus 
répandue peut-être. Elle consiste à faire de l'instinct une activité 
spéciale, à le considérer comme un mouvement spontané, prenant sa 
source dans l'organisme lui-même, au contraire de Virritahilité, 
réaction aux excitants externes. Ainsi compris, l'instinct diff'ère à la 
fois du réflexe et de l'intelligence. 



96 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Le réflexe est une réponse automatique à un stimulus externe, 
l'instinct répond à un stimulus interne. Du moins il n'a pas de 
rapports directs avec les stimuli externes, ceux-ci n'étant que l'occa- 
sion et non la cause du mouvement spontané. A vrai dire, il ne serait pas 
toujours facile de distinguer le réflexe de l'instinct; mais cette diffi- 
culté, toute superficielle, n'autoriserait nullement une assimilation. 

Par contre, séparer l'instinct de l'intelligence serait toujours 
possible. L'intelligence a pour caractéristique essentielle une sou- 
plesse très grande ; elle tient compte des circonstances et s'y adapte : 
la souplesse tranche avec la rigidité de l'instinct, qui ne se plie 
nullement aux circonstances et ne s'y adapte pas. Bergson, tout 
spécialement, adopte cette conception de l'instinct, activité spéciale 
qui serait un moyen irrationnel de connaissance, l'intuition com- 
plétant l'intelligence sans se confondre avec elle : l'instinct porterait 
sur les choses et renseignerait du dedans, tandis que l'intelligence 
porterait sur des rapports e: renseignerait du dehors. 

N'essayons pas de choisir a priori entre ces définitions et ces 
conceptions qui renferment des éléments variés, et souvent contra- 
dictoires. Tirons-en simplement les éléments communs, qui seront les 
critères reconnus de l'instinct, quelle que soit d'ailleurs sa nature. 
L'instinct serait : 

1® Une activité aveugle, mais non forcément inconsciente, car 
l'animal pourrait, au dire de divers auteurs, Hartmann et Wasmann 
entre autres, se rendre compte du mouvement qu'il vient de faire, 
sans en saisir l'origine et sans en comprendre le résultat; 

2** Inné et héréditaire ; 

3" Immédiatement parfait, sans apprentissage d'aucune sorte. 
L'animal est doué de prescience; tout se passe, du moins, comme si 
cette prescience existait; 

4° Spécial : L'animal est habile pour un acte et pour lui seul ; il 
l'accomplit d'une certaine manière, qui varie très peu, si même elle 
n'est pas immuable ; 

b^ Spécifique : Le même acte est accompli de la même manière 
par tous les individus de la même espèce ; 

6" En somme l'instinct serait un mécanisme monté. 



ANNALES, LUI (1922) 97 

Sur ces critères, l'entente paraît actuellement générale. Quel que 
soit leur point de vue personnel, la plupart des auteurs semblent 
admettre^qu'ils équivalent à une simple description des phénomènes, 
en dehors de toute interprétation. En fait, ces critères, quelques-uns 
sinon tous, reposent sur une analyse insuffisante des phénomènes et 
sont partiellement arbitraires; chacun d'eux contient, à côté d'un 
élément descriptif pur, une interprétation qui le déforme à un certain 
degré. Gela vient de ce que ces définitions se rapportent à un objet 
mal étudié, les auteurs ayant prétendu décrire et définir des phéno- 
mènes que beaucoup d'entre eux ne connaissaient pas, sinon par ouï- 
dire, — que les autres connaissaient mal. 

2. — Système nerveux et excitants externes. 

Laissons donc de côt^ toutes ces définitions, qui sont presque 
autant d'hypothèses; négligeons entièrement les questions de con- 
science et d'inconscience,, secondaires en la circonstance, et regardons 
vivre les animaux. Efforçons-nous de comprendre ce qu'ils font, 
comment ils le font : analysons donc leur activé et son déterminisme ; 
observons, comparons, expérimentons. 

Gomment nous y prendrons-nous? prétendrons-nous pénétrer dès 
l'abord les faits les plus compliqués? nous serions aussitôt noyés dans 
une série de mouvements multiples et divers, d'allure mystérieuse, 
et nous serions mis, par suite, dans l'impossibilité de rien aperce- 
voir. La prudence exige que nous prenions d'abord les faits les moins 
compliqués, susceptibles d'une analyse immédiate. 

Jetons donc, tout simplement, un regard sur les animaux qui se 
meuvent autour de nous et comparons leurs démarches respectives. 
Rien n'est frappant comme les différences considérables que nous 
observons aussitôt. Un Chien ne marche pas comme un Chat, ni 
comme un Lapin ; une Poule ne marche pas comme un Moineau. 
Quels que soient les animaux que nous comparions, nous apercevrons 
des différences très nettes; souvent même, nous observerons des 
démarches très caractéristiques, telle que la démarche latérale des 
Crabes ou de certaines Araignées du groupe des Thomises. 

Cette constatation préliminaire est importante. Dire que la 

Ann. Soc. Zool. Belg., t. LUI. 7 



98 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE- BELGIQUE 

démarche du Chien n'est pas celle du Chat, c'est, du même coup, 
exprimer que tous les Chiens marchent d'une certaine manière, et 
tous les Chats également, quoique d'une manière différente; c'est donc 
exprimer que la démarche est spécifique. 

Que signifie cette spécificité? Elle ne renferme, à coup sûr, aucun 
mystère. La façon dont marche un animal n'a pas d'importance véri- 
table; elle ne peut influer sur l'ensemble de son comportement. Elle 
traduit tout uniment la structure, et seulement la structure, du sys- 
tème neuro-musculaire. La vitesse de la marche dépend de la struc- 
ture du muscle; l'allure elle-même, la démarche, dépend des centres 
nerveux considérés comme voies de conduction. Un exemple en fournit 
la preuve : les animaux à réflexes croisés, ceux chez lesquels une 
excitation d'un côté provoque une réponse du côté opposé, ont une 
allure diagonale, tel est le cas du Chat, du Chien ; au contraire, les 
animaux à réflexe homolateral marchent en sautant, tel est le cas 
du Lapin. Cette relation entre la marche et le réflexe montre claire- 
ment le rôle de la disposition relative des éléments nerveux. 

On pourrait disserter sur l'origine de cette disposition, mais ce 
serait sans nul profit, quant à la question qui nous occupe. Il suffit 
de constater son résultat immédiat sur l'allure de divers animaux et 
de constater, en outre, la complète indifférence de ce résultat quant 
à la manière de vivre des animaux : qu'ils marchent en croisant, 
qu'ils aillent l'amble ou qu'ils sautent, la fréquence, la rapidité et la 
direction de leurs déplacements n'en subit aucune conséquence. 

Force nous est donc de considérer cette structure du système ner- 
veux comme une donnée, comme une partie de déterminisme des 
mouvements des animaux. 

Mais ce n'est qu'une partie de ce déterminisme Le système ner- 
veux ne représente à nos yeux qu'une substance caractérisée par un 
certain état physico-chimique, n'étant par elle-même qu'une masse 
inerte, ne renfermant aucun stimulus interne. Rien ne se passe à 
l'intérieur de cette masse sans l'intervention d'un .stimulus venu du 
dehors. Ce stimulus externe sera un autre élément du déterminisme 
de l'activité des animaux. Tous les composants du milieu peuvent 
jouer le rôle de stimulus externe. 

Quel qu'il soit, son action a généralement un double effet; non 



ANNALES, LUI (1922) 99 

seulement il détermine chez l'animal un mouvement de mise en marche, 
mais en outre un mouvement orienté. Tout se passe comme si 
l'animal était attiré ou repoussé par l'excitant. La direction suivie 
dépend à la fois de l'organisme et de l'excitant ; elle est toujours la 
même, pour un organisme placé dans les mêmes conditions et soumis 
à un même excitant. L'attraction ou la répulsion sont également 
invincibles; certaines conditions étant remplies, l'organisme ne peut 
s'y soustraire. 

Les odeurs qui émanent de diverses substances font notamment 
office de stimulus externe ; l'attraction qu'elles exercent est à la fois 
spéciale et spécifique ; elle se confond souvent avec le régime alimen- 
taire et le détermine. Fréquemment, en effet, l'animal se nourrit de la 
substance qui l'attire; il est indifférent aux autres substances, quand 
il n'est pas repoussé par elles. L'attraction ainsi subie est parfois 
limitée à un nombre très restreint de substances, dont toutes ne 
jouent pas forcément le rôle d'aliment : l'attraction est spécifique 
pour Vodeur, et non pour la substance dont elle émane. 

C'est ainsi que la Mouche du vinaigre est fortement attirée par 
l'odeur d'acide acétique. Dans certaines conditions, cette odeur 
l'amène sur des raisins en fermentation où elle trouve un aliment ; 
dans d'autres conditions, la même odeur l'entraîne jusque dans l'acide 
acétique où elle trouve la mort. De même, diverses Mouches, des 
Calliphora notamment, sont attirées par l'odeur de viande ; quand 
cette odeur les amène sur de la viande, elles déposent leurs œufs sur 
un substrat qui permettra le développement des larves ; quand cette 
odeur les amène sur une plante, telle que le Chénopode fétide, elles 
déposent leurs œufs sur un substrat tout à fait impropre au déve- 
loppement des larves. 

Les exemples de cet ordre pourraient être multipliés. Tous mon- 
treraient de la même manière que l'attraction subie par l'organisme 
n'est en aucune façon liée à un but défini. Pour un système nerveux 
et pour une odeur donnés, la direction suivie est indépendante du 
résultat. 

Tous les autres excitants externes provoquent des effets du même 
ordre. L'attraction ou la répulsion sont également invincibles et 
également dénuées d'utilité. On connaît, par exemple, l'attraction 



100 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE^ DE BELGIQUE 

qu'exerce la lumière sur de nombreux Papillons ; son caractère 
d'invincibilité est particulièrement net avec certains d'entre eux. Le 
Sphinx convolvuH, entre autres, commence à voler à la chute du jour; 
il vole rapidement, va de fleur en fleur sans jamais se poser, exécute 
de brusques circuits qui rendent sa capture difficile. Allume-t-on 
dans le voisinage immédiat une lampe électrique? Aussitôt attiré, le 
Sphinx va s'appliquer sur l'ampoule et demeure immobile. On peut 
alors le saisir avec la main sans qu'il bouge ; il adhère même assez 
fortement à l'ampoule et, si l'on l'en éloigne sans le maintenir, il 
revient aussitôt se coller sur le verre : l'éclairement un peu 
intense est, pour lui, un véritable piège; la lumière l'attire et le 
retient. 

D'autres animaux, tels certains Myriapodes, sont repoussés, au 
contraire, par une lumière intense. 

Sur les Araignées, les vibrations mécaniques exercent une attrac- 
tion tout aussi imperative. O'ia^d on place un diapason vibrant sur 
le bord de la toile d'une Épeire, celle-ci vient aussitôt. Commet-elle 
une « erreur »? Est-elle « trompée »? Confond-elle les mouvements 
que le diapason imprime à la toile avec ceux qu'imprimerait une 
proie véritable? Elle subit simplement une attraction invincible et 
fatale ; elle vient jusque sur le diapason, elle le piétine, elle le mord 
et ne l'abandonne que lorsqu'il cesse de vibrer. Bien mieux, une 
première attraction peut être suivie d'un certain nombre d'autres, 
se produisant dans les mêmes conditions et de telle manière que 
l'Araignée pourrait, depuis longtemps, avoir reconnu son «erreur» (^). 

Nous pourrions passer ainsi. en revue bien d'autres excitants ; nous 
le ferions sans profit véritable, car tous nous montreraient essentiel- 
lement les mêmes faits. Tous déterminent, en somme, des réflexes 
au sens strict du mot, des réflexes sensori-moteurs, des mouvements 
«simples», résultats immédiats de certains excitants sur un sys- 
tème nerveux donné. 

Ces mouvements appartiennent-ils à 1' « instinct »? Comment en 
douter, puisqu'ils sont en relation avec le régime alimentaire, avec 

(1) Cette attraction par les vibrations mécaniques explique très simplement 
toutes les observations d'Araignées attirées par la musique. Les sons musicaux, en 
tant que tels, ne jouent aucun rôle. 



ANNALES. LUI (1922) 101 

la ponte, avec la capture des proies, avec l'heure de l'activité quo- 
tidienne? 

Nous reconnaissons, d'ailleurs, deux critères importants : spécia- 
lisation et spécificité ; nous ne reconnaissons, il est vrai, rien qui 
ressemble à un stimulus interne ou à la prescience : l'activité que nous 
constatons est aveugle, assurément; mais elle ne conduit pas l'orga- 
nisme à une fin utile ; au contraire, l'attraction ou la répulsion subies 
sont quelconques, indépendantes de l'utilité du résultat. 

3. — Analyse de quelques comportements. 

Nous avons, tout de même, isolé quelques éléments essentiels qui 
nous permettent de pousser plus loin l'analyse et de nous reconnaître 
dans des comportements un peu plus compliqués. 

A. — (( Myeloïs cribrella » et les changements d'état physiologique. 

Voici d'abord celui de Myeloïs cribrella. C'est une chenille de 
Microlépidoptère qui vit [dans les capitules de diverses Garduacées ; 
elle mange la substance du réceptacle. Quand elle a épuisé quatre ou 
cinq capitules, elle a atteint sa maturité larvaire, et cesse de manger; 
en même temps, elle sort des capitules, pénètre dans la tige du 
Chardon et s'y enferme. Les observateurs n'ont pas manqué d'attribuer 
à la chenille des motifs très judicieux : en s'enfonçant dans l'intérieur 
des capitules, elle se mettrait à l'abri tout en mangeant; en entrant 
dans la tige, elle continuerait à se mettre à l'abri, à la fois contre les 
intempéries et les parasites. Évidemment, elle pourrait demeurer dans 
un capitule ; mais cette partie de la plante étant moins durable que 
la tige, plus exposée à la destruction, le choix qu'elle fait est d'une 
sage prévoyance. 

Tel serait, en effet, l'instinct au sens complet, correspondant à 
tous les critères. Malheureusement, cette interprétation du comporte- 
ment de Myeloïs cribrella est une hypothèse toute gratuite, reposant 
uniquement sur deux faits sans liaison nécessaire : la vie dans 
les capitules et le passage dans la tige. Tout le reste est imagination 
pure. L'observation ne nous fournit aucune autre donnée, et nous 



102 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

n'avons le droit de rien dire. L'expérimentation nous donnera quelques 
indications supplémentaires et fort importantes. 

L'essentiel du problème est, assurément, le passage du capitule à 
la tige. Quelle influence s'exerce-t-elle sur la chenille qui cesse 
de s'alimenter? Pour tâcher de le savoir, j'ai multiplié les expé- 
riences. Il fallait tout d'abord essayer d'amener la chenille mûre à 
continuer de vivre dans les capitules; en second lieu, tenter l'analyse 
des conditions de pénétration dans la tige. 

Sur le premier point, j'ai abouti à un résultat très net. Toutes mes 
tentatives pour faire entrer et séjourner dans les capitules une 
chenille mûre ont complètement échoué. La même chenille qui per- 
fore presque n'importe quoi, qui s'installe dans un bouchon de liège, 
dans un morceau de bois quelconque, ^'ürrèie devant un capitule. J'ai 
dû finalement conclure que le capitule repousse la chenille mûre. 
Cette répulsion aurait-elle une utilité particulière ? On n'en aperçoit 
vraiment aucune ; le capitule n'offre pas plus de dangers qu'un 
bouchon de liège ou qu'un fragment de bois. En réalité, nous 
sommes en présence de la manifestation d'un phénomène assez 
fréquent chez les larves d'Insectes, la répulsion qu'exerce la plante 
nourricière sur ces larves parvenues à l'état de maturité. Cette 
répulsion peut avoir pour effet, comme chez Myeloïs cribrella, de 
provoquer un changement d'habitat — et de suggérer, par suite, des 
interprétations anthropomorphiques — mais elle n'entraîne souvent 
qu'un simple déplacement. Tel est, par exemple, le cas de Zygœna 
occitanica^ dont la chenille vit sur une Légumineuse, Dorycnium suf- 
fruticosum. Parvenue à son état de maturité, cette chenille abandonne 
constamment sa plante nourricière et va s'installer sur une plante 
voisine, très souvent une tige de Graminée ; là, elle file un cocon, 
placé très en vue, dans une situation tout à fait analogue à celle qu'il 
aurait occupé sur le Dorycnium. 

Le déplacement de la chenille n'a donc pas pour effet de la 
conduire dans un habitat nouveau, très différent du premier et tel que 
l'on puisse imaginer le besoin de se placer dans des conditions favo- 
rables à sa vie. 

En réalité, la répulsion qu'une larve éprouve pour sa plante 
nourricière traduit le changement d'état physiologique consécutif 



ANNALES, LUI (1922) 103 

aux processus de développement dont toute larve est le siège. Phéno- 
mène général, ce changement d'état ne se traduit pas toujours de la 
même manière; en particulier, il n'a pas toujours pour effet d'éloigner 
la larve de la substance dont elle se nourrit ou, ce qui revient au 
même, de modifier le système nerveux de telle manière que le même 
excitant détermine d'abord une attraction, puis une répulsion. 

En définitive, les essais expérimentaux sur Myeloïs cribrella nous 
donnent un premier résultat : fabandon du capitule ne dépend 
d'aucune action mystérieuse et nous en pénétrons le déterminisme. 
Abordons alors la seconde partie du problème, la pénétration dans 
la tige. Procédant par élimination, j'ai tout d'abord essayé d'empêcher 
cette pénétration. J'ai alors passé en revue divers excitants : humidité, 
température, dureté des matériaux, etc., sans aucun succès : les 
chenilles pénétraient dans tout ce que leurs mandibules pouvaient 
entamer, les capitules exceptés. L'automne arrivant, j'ai dû remettre 
mes recherches à l'année suivante. A ce moment je me suis trouvé en 
face de résultats exactement contraires : je n'arrivais plus à faire 
pénétrer les chenilles dans les tiges placées à côté d'elles ! 

La contradiction renfermait sûrement la solution cherchée; et 
celle-ci résidait évidemment dans quelque facteur jusque là négligé. En 
comparant mes deux séries d'expériences, je me rendis compte que, 
dans la première série, mes flacons d'élevage étaient placés sur une 
table en plein jour, tandis qu'ils étaient placés presque à l'obscurité 
dans la seconde série. J'avais opéré la modification sans y prendre 
garde, pour de simples raisons de commodité. Là, pourtant était 
le nœud de la question : placées en pleine lumière, les chenilles qui 
demeuraient sur les tiges, ou à côté d'elles, depuis plusieurs jours, 
ne tardèrent pas à les perforer et à s'installer à leur intérieur. 

Divers détails des expériences, sur lesquels je ne puis insister ici, 
montrent toute la complexité du phénomène. Si complexe soit-il, 
néanmoins, le déterminisme du changement d'habitat se trouve 
ramené, un organisme étant donné, à un ensemble de conditions 
externes, à une succession d'attractions et de répulsions, avec un 
changement d'état physiologique. Myeloïs cribrella est une chenille 
lucifuge; repoussée par la lumière, elle pénètre dans l'intimité des 
tissus végétaux dont elle se nourrit ; quand elle a fini de s'alimenter. 



y 



104 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

elle s'enfonce tout de même dans les tissus végétaux et y subit 
la métamorphose. Mais il convient de remarquer que l'ensemble de ce 
comportement est tout à fait quelconque pour la vie de l'animal. 
Celui-ci pourrait manger, tisser un cocon et se chrysalider à l'air 
libre; il pourrait demeurer dans les capitules ou se comporter de 
toute autre manière, le résultat final serait vraisemblablement le 
même. Constatons, d'ailleurs, que sa manière de vivre ne met 
nullement Myeloïs cribrella à l'abri de parasites divers. 

Quoi qu'il en soit, nous avons réussi à analyser dans une large 
mesure un comportement complet, nous l'avons, décomposé en une 
succession de réflexes, sans avoir recours à aucune hypothèse arbi- 
traire : les faits se relient d'eux-mêmes. 

B. — Le comportement de l'Argiope fasciée. 

Essayons d'analyser de la même manière un autre comportement, 
celui de l'Argiope fasciée {Argiope hruennichi), Araignée de grande 
taille, noire, cerclée de bandes jaunes, assez commune dans le midi 
de la France. Cette Araignée tisse une toile très régulière, tendue 
perpendiculairement' au sol dans les buissons ou les grandes herbes. 
Elle se tient à demeure au centre de sa toile, la tête en bas, les 
pattes étalées, complètement immobile. Dès qu'un Criquet — ou tout 
autre animal — tombe sur la toile, l'Argiope arrive aussitôt et 
prestement; elle pose ses pattes antérieures sur la proie, la fait rapi- 
dement pivoter sur elle-même et l'enveloppe solidement avec un large 
ruban de soie que sécrètent ses filières. L'enveloppement terminé, 
l'Araignée mord sa proie, puis se retire- et regagne son centre. 
Elle reviendra, au bout d'un temps, et mangera sa proie. En 
certaines circonstances, la chute d'une proie sur la toile ne détermine 
pas la venue immédiate de l'Araignée; celle-ci quitte bien son centre, 
mais elle s'arrête en chemin, stationne quelque temps, puis reprend 
sa course et arrive jusqu'à la proie, ou bien s'arrête une seconde fois 
avant de l'atteindre. 

Constamment, l'Araignée donne l'impression d'un animal conscient 
et circonspect. La plupart des observateurs admettent d'ailleurs, 
implicitement, qu'il en est bien ainsi et que l'Argiope, comme les 
Araignées en général, est guidée par un instinct très sûr. 



ANNALES, LUI (1922) 105 

Or, tous ces mouvements, toutes ces apparences, nous pouvons les 
déterminer avec l'aide d'un simple diapason. Un diapason vibrant 
posé sur le bord de la toile attire l'Araignée et l'attire invinciblement ; 
dès que le diapason cesse de vibrer, elle cesse de marcher ; elle 
repart quand les vibrations reprennent. Elle vient ainsi jusqu'au 
contact des branches du diapason et les enveloppe rapidement dans un 
ruban de soie épais et large. Et nous pouvons recommencer plusieurs 
fois de suite avec le même succès : ce n'est pas la proie qui attire, 
ce n'est pas une proie que TAraigaée ligotte, ce sont des vibrations 
mécaniques qui déterminent tous ces réflexes. 

Mais au moins ces réflexes ont-ils un effet utile et sont-ils néces- 
saires à la vie de l'animal? Nullement. L'enveloppement de la proie, 
qui est si frappant et donne si bien l'impression d'un acte conscient 
et volontaire, cet enveloppement n'a pas toujours lieu. Est-ce un 
caprice? l'Argiope agirait-elle suivant sa « fantaisie »? Elle demeure 
rigoureusement soumise à l'influence extérieure : l'enveloppement a 
lieu ou n'a pas lieu, suivant l'effort de traction que la proie exerce 
sur elle. Une Abeille est toujours enveloppée, tandis qu'une Éristale, 
Diptère de corpulence analogue, ne l'est jamais : se débattant beau- 
coup plus vivement que TAbeille, l'Éristale capturée détermine, de 
la part de l'Argiope, un plus grand effort de traction; l'Éristale, en 
conséquence, est amenée au contact immédiat des chélicères, qui 
percent ses téguments, et l'enveloppement n'a pas lieu. Est-ce une 
simple interprétation? C'est un fait d'expérience : si je maintiens 
avec une pince l'Éristale qui se débat sur la toile d'Araignée, 
je ne modifie nullement l'intensité des vibrations du Diptère, mais 
je supprime ou diminue la traction qu'il exerce : alors l'Araignée 
commence l'enveloppement. Dès que je retire la pince, la trac- 
tion augmente, les chélicères happent aussitôt et l'enveloppement 
cesse. 

Tous ces mouvements sont donc exclusivement de l'ordre des 
réflexes et nous n'apercevons encore que des stimuli externes ; en 
l'absence des vibrations il ne se produit rien. Nous constatons même 
que tous ces réflexes ne sont pas indispensables, l'enveloppement en 
particulier. Toutes les Araignées, d'ailleurs, n'enveloppent pas leurs 
proies. 



106 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

C. — Le comportement des Sphégiens. 

Nous pouvons maintenant aborder des comportements encore plus 
compliqués et notamment celui des Sphégiens, si souvent donné 
comme l'exemple le plus caractéristique de l'instinct, mécanisme 
monté mis en branle par un stimulus interne. Sphex, Pompiles, 
Ammophiles, Gerceris, Scolies, Philanthes,etc., tous offrent à l'obser- 
vateur le tableau bien connu d'un « drame merveilleux », celui de 
l'Hyménoptère qui poursuit une proie, la capture, la paralyse, 
l'emporte et l'enfouit. Examinons en détail l'un quelconque de ces 
Insectes, l'Ammophile par exemple, et voyons où conduit une analyse 
rigoureuse. 

L'Ammophile creuse un nid dans le sol; puis elle s'éloigne, 
voletant au ras du sol, s'arrétant et fouillant au pied des touffes de 
plantes. Parfois elle déterre ainsi une chenille; elle la saisit à la 
nuque, la tient solidement entre ses pattes, puis, recourbant son 
long abdomen, elle le glisse sous la face ventrale de la chenille, et la 
pique un première fois. L'Ammophile retire alors l'aiguillon, recule 
un peu, sans lâcher prise, et pique une seconde fois; elle recule ainsi 
et pique régulièrement en série, jusqu'à neuf fois s'il faut en croire 
J.-H. Fabre. Chaque piqûre porterait droit sur un ganglion ner- 
veux. La chenille est alors paralysée; l'Ammophile l'abandonne 
et se livre aussitôt à des contorsions singulières, qui seraient, suivant 
Fabre, la manifestation. du combattant victorieux de son ennemi, une 
sorte de danse du scalp. Enfin calmée, l'Ammophile emporte sa 
proie, l'enfouit et dépose sur elle un œuf. 

Tel est le tableau d'ensemble. Tous les Sphégiens en présentent 
de très analogues, différant surtout les uns des autres par la nature 
des proies qui sont, ou paraissent, spécifiques. Chaque Sphégien 
"aurait une « méthode »; il prendrait, il saurait prendre, la position 
nécessaire pour piquer au bon endroit; il saurait donc où il faut 
piquer et quelle proie il doit capturer. 

Ne nous dissimulons pas que le comportement est très complexe; 
— et reconnaissons dès l'abord que l'analyse en est encore fort incom- 
plète. Nous ignorons tout, notamment, du déterminisme du creuse- 



ANNALES, LUI (1922) 107 

ment d'un terrier et celui du transport de la proie; nous savons pour- 
tant que ni l'un ni l'autre ne sont indispensables; nous y reviendrons. 

Sur les autres parties du comportement, que savons nous? 

La spécificité des proies capturées est indéniable. Les Ammophiles 
capturent certaines, chenilles; les Pompiles, certaines Araignées; le 
Cerceris ornata des Halictes; le Gerceris tuberculata des Cléones; les 
Sphex, des Criquets, des Grillons, des Sauterelles, suivant les 
espèces; les Scolies, des larves de Lamellicornes; les Philanthes, 
l'Abeille domestique, etc. 

Cette spécificité répond-elle à un choix nécessité par un but à 
atteindre? elle répond exclusivement à un stimulus externe : le 
Sphégien est attiré par une proie, et probablement par l'odeur que 
dégage cette proie. De raisons anatomiques, il ne peut y en avoir. 
VAgrotis segetiim, que poursuit Ammophila affinis, n'a pas une 
constitution anatomique spéciale. Bien d'autres chenilles ont une taille 
analogue et leur chaîne ganglionnaire est disposée rigoureusement 
de la même manière; beaucoup d'entre-elles, même, ne sont pas 
dissimulées au pied des plantes et seraient plus faciles à trouver 
On peut en dire autant de l'Abeille domestique, poursuivie par les 
Philanthes, — des Araignées poursuivies par les Pompiles - — et de 
toutes les autres proies des divers Sphégiens. 

De plus, cette spécificité n'est nullement réglée par le besoin 
qu'auraient les larves de Sphégiens d'une nourriture déterminée. 
J.-H. Fabre, lui-même, en a fourni la démonstration en plaçant des 
larves sur des proies toutes différentes. J'ai refait l'expérience avec 
le même succès. En fait, la femelle pondeuse impose à sa larve un 
régime alimentaire qui n'est pas indispensable à cette larve. 

Il ne fait donc aucun doute que la femelle subit une attraction 
strictement actuelle et n'obéit à aucun stimulus interne de nature 
supra-sensible. 

Que signifie la « danse » de l'Ammophile ? L'interprétation de 
Fabre est tout arbitraire. Loin d'être une manifestation de joie, 
c'est un frémissement convulsif, un tremblement, une série de mou- 
vements désordonnés, comme l'ont fort bien vu P. Marchal, d'une 
part, et Ce. Ferton de l'autre : l'Insecte frotte sa tête contre le sol, 



108 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

mord les cailloux, s'agite violemment et son agitation n'a rien de 
« joyeux ». Du reste, le phénomène se produit parfois avant que la 
chenille ait été piquée. Cette circonstance élimine aussi l'idée que 
l'on pourrait être en présence d'une réaction motrice due à la fatigue. 
Ferton pense que la chenille émet une odeur à la fois attirante et 
excitante, provoquant une sorte d'ivresse passagère. Son action serait 
très rapide, puisque l'Ammophile, à peine attirée, en ressent parfois 
les effets ; mais elle est généralement assez tardive, et ne se fait sentir 
qu'une fois la chenille paralysée. Dans tous les cas, ces contorsions 
singulières, et bien propres à frapper l'imagination, reconnaissent 
un déterminisme externe immédiat, indépendant de tout mystère, 
aussi bien que la spécificité des proies. 

Toutefois, l'essentiel du comportement des Sphégiens ne réside ni 
dans cette spécificité, ni dans cette agitation ; il réside dans le fait 
de la piqûre et de sa localisation. C'est la question même de la pré- 
science qui se pose. L'Ammophile qui pique, paralyse : sait-elle, sans 
l'avoir jamais appris, l'effet de sa piqûre et son importance pour sa 
progéniture? sait-elle, sans l'avoir jamais appris, sur quelle région 
du corps de la chenille son dard doit porter? pique-t-elle vrai- 
ment, et à coup sûr, comme Fabre l'affirme, les ganglions nerveux 
de la chaîne ventrale? S'il en était ainsi, l'Hyménoptère atteindrait 
d'emblée la perfection, critère fondamental de l'instinct. 

Or, il y a loin des affirmations de Fabre à la réalité. Rien n'est 
moins exact que la sûreté du coup porté par l'Ammophile à la che- 
nille, par le Pompile à l'Araignée, par un Sphégien quelconque à sa 
proie spécifique. Ferton, Marchal, les Peckham, Picard, Rabaud, 
RouBAUD, d'autres encore, ont constaté la variabilité du nombre de 
coups d'aiguillons donnés par le prédateur à sa victime ; cette varia- 
bilité ne témoigne pas d'une science parfaite. 

Bien mieux, la piqûre ne porte pas nécessairement, ni constam- 
ment, sur les ganglions. Examinant des Halictes piquées par Cerceris 
ornata, Marchal constate que le dard passe au niveau des mem- 
branes intersegmentaires du thorax, à mi-distance entre deux gan- 
glions. Ferton, de son côté, constate que le dard des Sphex traverse 
la membrane articulaire des pattes et ne peut ainsi atteindre aucun 



ANNALES, LUI (1922) 109 

ganglion ; la même observation s'applique aux Pompiles piquant des 
Araignées. Enfin, les Peckham, et d'autres avec eux, constatent que 
le dard de l'Ammophile passe dans les intersegments et ne touche pas 
les ganglions. Il faut donc bien admettre que le venin introduit par 
le dard agit à distance ; s'il en était ainsi, que resterait-il de la pré- 
science? 

Quelques expériences précises confirment ces observations, prou- 
vant, sans discussion possible, que le venin diffuse, qu'il diff'use même 
assez vite dans certains cas et paralyse les victimes, quel que soit 
l'endroit du corps piqué. Ces expériences fournissent, en outre, des 
indications sur le déterminisme de la localisation habituelle des 
piqûres. Pour ces essais, j'ai pris des Araignées et les ai soumises à 
l'aiguillon de divers Pompiles. Le choix des Araignées s'imposait, en 
raison de la concentration de toute la chaîne ventrale en un unique 
ganglion situé dans le céphalothorax. Cette disposition permettait de 
faire piquer un Pompile de telle sorte que le venin fut inoculé aussi 
loin que possible des centres nerveux. Tout au début de mes expé- 
riences, une surprise m'attendait. Ayant disposé l'Araignée de façon 
que le dard du Pompile pénétrât dans l'abdomen, je dus constater 
que l'épaisseur du tégument s'opposait à cette pénétration. Ce fait 
donnait déjà toute sa signification aux observations de Marchal, de 
Ferton, des Peckham, montrant que le dard traversait les téguments 
au niveau des membranes articulaires des appendices ou des segments. 
Chez les Araignées, la surface entière de l'abdomen est, pour l'ai- 
guillon, une cuirasse invulnérable; seule la région de l'anus et des 
filières est revêtue d'une membrane assez mince pour être perforée 
par un Pompile. On se rend aisément compte que le tégument du 
céphalothorax oppose, lui aussi, un obstacle infranchissable, sauf au 
niveau des membranes articulaires, et l'on se rend compte qu'il en est 
de même pour la plupart des proies capturées par les autres Sphé- 
giens; j'ai pu m'assurer que le tégument des chenilles arrête égale- 
ment l'aiguillon des Sphégiens. 

Ces constatations faites, l'expérience acquérait toute sa portée; il 
suffisait de voir-^i le venin inoculé par la membrane anale produirait 
un effet, et un effet rapide. Le résultat ne laisse aucun doute; l'effet 
du venin inoculé dans l'abdomen, aussi loin que possible des centres 



110 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

nerveux, détermine une paralysie presque immédiate, qui dure un 
temps variable, suivant le Pompile et suivant l'Araignée. J'ai pu 
retrouver ainsi, expérimentalement, toutes les modalités observées 
dans la nature et suis en droit d'affirmer que le venin du Pompile 
diffuse avec une extrême rapidité, atteignant très vite le ganglion 
nerveux, qu'elle que soit la partie du corps dans laquelle il a été 
déposé. 

Des observations de Roubaud (1917) corr-oborent ces données expé- 
mentales. Roubaud a étudié des Vespides africaines qui capturent et 
paralysent des chenilles. L'aiguillon de ces Vespides, comme celui des 
Vespides en général, a une force de pénétration beaucoup plus 
grande que celui des Sphégiens et peut traverser une partie quel- 
conque du tégument des chenilles. Ces conditions sont excellentes 
pour voir si la Guêpe choisit un point déterminé correspondant au 
ganglion. Or, la Guêpe pique plusieurs fois une chenille, l'aiguillon 
darde n'importe où, tout à fait sans ordre. Elle procède donc exacte- 
ment comme procèdent les Sphégiens. Quel qu'il soit, le prédateur 
capture sa proie comme il peut; quand il la tient, son aiguillon frappe 
où il peut. S'il rencontre un tégument relativement mince, il pénètre 
partout où il frappe; s'il rencontre, au contraire, un tégument suffi- 
samment épais, il glisse sur lui, à moins qu'il ne soit maintenu dans 
sagaîne et ne sorte pas; il ne sortira et ne pénétrera que s'il ren- 
contre, sur ce tégument épais, une zone plus mince et de moindre 
résistance. 

A l'ordinaire, le prédateur capture ses proies de manière très 
analogue, de sorte que la position relative des deux antagonistes 
varie peu d'un cas à l'autre ; par suite le nombre des coups d'aiguillon 
aboutissant à une piqûre utile varie également assez peu. Mais il 
suffit que la position relative initiale change sensiblement pour que 
le nombre des coups d'aiguillon change aussi, avec ou sans effet 
utile. Le Sphégien pique toujours au hasard, mais souvent il multi- 
plie les coups sans rencontrer la zone de moindre résistance. Je l'ai 
nettement vu avec un Sphégien, chasseur de Diptères, Mellinus 
arvensis. J'ai placé un individu de cette espèce dans un tube suffi- 
samment large pour ne point gêner ses déplacements, suffisamment 
étroit, cependant, pour limiter un peu les mouvements. Dans ces con- 



ANNALES, LUI (1922) 111 

ditions, le Melline pouvait sauter sur les Mouches introduites dans 
le tube; mais parfois il butait contre les parois du tube et saisissait 
sa proie d'une façon très anormale. Il lui arrivait de se placer avec 
elle ventre à ventre; l'aiguillon se trouvant alors au contact de 
la face dorsale du thorax, dardait dans tous les sens, sans pénétrer 
jamais. La Mouche se débattant, la position relative des deux anta- 
gonistes se modifiait peu à peu, et l'aiguillon, dardant toujours au 
hasard, finissait par rencontrer une zone de moindre résistance. J'ai 
recommencé l'expérience un très grand nombre de fois, avec divers 
individus de la même espèce; j'ai observé les positions initiales rela- 
tives les plus différentes et j'ai pu constater que, d'une manière 
constante, la mutiplicité des coups d'aiguillon dépendait de cette 
position initiale. En aucun cas, la paralysie consécutive ne dépend de 
la localisation de la piqûre. Le dogme de la préscience anatomique 
se trouve ainsi en fort mauvaise posture. 

Alors se présente une nouvelle question. Que l'Insecte pique au 
hasard, nous n'en saurions douter; mais au moins pique-t-il. Sous 
quelle influence pique-t-il? sait-il qu'il doit piquer, et que son venin 
paralyse? ne serait-il pas poussé par ce fameux stimulus interne 
dont les philosophes et quelques naturalistes affirment l'existence 
sans en fournir la preuve? 

Eh bien, la piqûre, elle aussi, dépend d'un stimulus externe. 
Quel est-il? Il diffère sans doute avec les espèces. Chez Mellinus 
arvensis, il correspond à une excitation de contact. En effet, lorsque 
ce Sphégien capture une Mouche par l'abdomen, et de telle sorte que 
le corps de la victime ne touche pas le thorax du prédateur, l'abdo- 
men de celui-ci ne se recourbe pas et son aiguillon ne fonctionne pas ; 
le Melline broie la Mouche avec ses mandibules, sans la piquer. Il la 
maintient ainsi, sans cesser de broyer et ne la piquera que si, la 
position relative changeant, la face sternale de son thorax vient au 
contact du corps de la Mouche. On constate, en outre, que les coups 
d'aiguillon correspondent exactement aux mouvements un peu 
brusques de la Mouche. 

Toutes ces observations et ces expériences permettent de reconsti- 
tuer, avec suffisante, approximation, la série des événements qui se 



112 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

succèdent quand une Ammophile capture une chenille. La première 
prise de contact détermine un soubresaut immédiat de la victime, et 
ce soubresaut déclenche les coups d'aiguillon. Ceux-ci portent sur le 
t égument abdominal ; il portent au hasard et la piqûre a seulement 
lieu au niveau des zones de moindre résistance, les zones interseg- 
mentaires. La piqûre, à son tour, provoque un nouveau soubresaut 
qui provoque une nouvelle piqûre, et ainsi de suite, chaque mouve- 
ment produisant le même effet, jusqu'à ce que la chenille soit 
paralysée. L'inertie, toutefois, n'est pas toujours complète ; elle s'atté- 
nue, du moins, au bout de quelques instants, si bien qu'un nouveau 
contact provoque encore un sursaut. 11 n'est pas rare de voir 
l'Ammopbile piquer une fois de plus la chenille au moment où, 
l'ayant abandonnée, elle la reprend et l'entraîne : la piqûre, à ce 
moment, est tout à fait inutile. Si la chenille demeure inerte. 
l'Ammophile la prend et l'entraîne sans la piquer, ainsi que Ferton 
l'a constaté. Roubaud, de son côté, observant les Vespides du genre 
Synagris, constate qu'elles piquent tant que la chenille bouge. Le 
déterminisme ne semble donc pas douteux. Il faut ajouter que les 
piqûres sont faites sans ordre précis, contrairement aux affirmations 
de Fabre. 

Le déterminisme paraît être le même pour les Pompiles et les 
Sphex. Pour ce qui est des premiers, F. Picard a constaté que 
P. viaticus acceptait ure Lycose paralysée, sans la piquer à nouveau ; 
et quant aux seconds, Ferton les a vu donner un coup d'aiguillon 
aux Orthoptères qu'ils traînaient, chaque fois que les secousses pro- 
voquaient des mouvements convulsifs. 

Peut- on généraliser et dire que le déterminisme est toujours le 
même et dépend toujours d'une excitation de contact? Certainement 
non ; avec d'autres espèces d'autres excitants interviennent. C'est ainsi 
que Cerceris ornata, étudié par Marchal, pique et repique le même 
Halicte, depuis longtemps inerte, chaque fois que l'expérimentateur 
le lui présente. Marchal admet que la vue suffit pour produire 
un tel effet, il se peut. Pourtant, la vision des Sphégiens n'est guère 
meilleure que celle des autres Insectes ; le Cerceris ne distingue 
probablement pas les formes avec une précision suffisante pour lui 
permettre de reconnaître un Halicte comme tel ; il voit les mouve- 



ANNALES, LUI (1922) 113 

ments bien plutôt que les formes et l'on doit se demander alors 
comment une forme inerte peut jouer le rôle d'excitant. Ce qui attire 
le Cerceris, et provoque le coup d'aiguillon, ne serait-ce pas plutôt 
l'odeur qui émane de l'tialicte? 

C'est l'odeur, en tout cas, qui détermine Pimpla instigator à 
piquer les chenilles de Pieris brassieœ, ainsi que F. Picard l'a expé- 
rimentalement reconnu. Si l'on met P. instigator en présence d'une 
dépouille sèche de P. brassicœ, l'Hyménoptère ne pique ni-ne pond : 
saurait-il que cette dépouille ne renferme rien? Certainement il ne sait 
rien, mais non plus il ne sent rien. Pour qu'il pique cette dépouille, 
il suffit de l'enduire avec du sang frais obtenu en broyant d'autres 
chrysalides. Bien mieux, il pique un cylindre de papier enduit avec 
le même sang. Le rôle de l'odeur qui émane de l'objet ne fait donc 
guère doute ; et ce rôle devient tout à fait évident après une dernière 
expérience. Celle-ci consiste à recouvrir une chrysalide avec une 
feuille de papier sur laquelle on place le Pimpla : celui-ci pique alors, 
à travers le papier, la chrysalide qu'il ne voit pas. 

Et du même coup s'explique le comportement d'un très grand 
no mbre d'Hyménoptères — Chalcidiens et Ichneumonides — , qui 
piquent les larves ou les œufs dissimulés sous les écorces ou dans les 
divers tissus végétaux : on attribuerait volontiers leur manière de 
procéder à un merveilleux sens divinatoire; il s'agit, plus simple- 
ment, d'un sens olfactif très subtil. 

D'autres excitants existent peut-être, également capables de déter- 
miner un prédateur à piquer sa proie. Nous en savons assez pour 
pouvoir affirmer que ces excitants, quels qu'ils soient, sont des exci- 
tants externes. Toutes nos observations, toutes nos expériences 
mettent en valeur ces excitants externes : aucun ne nous montre, 
jusqu'ici, ni stimulus interne ni préscience. 

Cette préscience ne résiderait-elle pas dans la paralysie que les 
Sphégiens déterminent chez leurs proies ? N'a-t-on pas prétendu que, 
procédant ainsi, les Hyménoptères songeaient à l'avenir de leur 
descendance et le préparaient? Hs procureraient à leur larve une 
chair qui restera toujours fraîche et gardera l'immobilité ; par suite, 
à la qualité de l'aliment s'ajouterait l'absence du danger que pourrait 

Ami. Soc. Zool. Belg., t. LUI. ' 8 



114 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

faire courir une proie trop active, capable de se démener sous 
l'influence des morsures de son hôte. Tout cela, on l'a affirmé, 
répété, à la suite de J.-H. Fabre; mais on ne l'a jamais prouvé. On 
ne l'a pas prouvé pour cette seule et unique raison que les deux 
conditions essentielles, immobilité et fraîcheur de la proie, ne sont 
pas constamment remplies. 

Pour ce qui est de la première, Ferton a tout spécialement observé 
des Araignées qui, piquées par un Pompile, reprenaient leur activité 
au bout de peu de temps, à peine une heure après, tout au moins le 
jour même ; Ferton a également observé des Orthoptères « mal 
paralysés » par un Sphex. En outre, il a constaté que la piqûre 
peut manquer; le Pompilus vagans d'Algérie, par exemple, se borne 
à pondre sur une Araignée sans la paralyser au préalable. Ce Pom- 
pile se comporte alors comme les Ichneumonides du genre Poly- 
sphincta, qui fixent un œuf sur une Araignée vivante et active. Une 
fois éclose, la larve s'accroche à sa victime, qui tisse sa toile, 
capture des proies, presque jusqu'à sa fin. L'immobilité n'est donc 
pas une condition nécessaire. 

La seconde condition, persistance de la vie pour assurer une chair 
fraîche, ne l'est pas davantage. Tous ceux qui ont eu l'occasion de 
suivre le développement de larves de Sphégiens ont rencontré, par- 
fois, ces larves vivant et se développant sur des proies mortes et en 
putréfaction. La larve n'en est pas incommodée et se transforme aussi 
bien que si la proie demeurait vivante, ou tout au moins était 
dévorée avant qu'elle ne se putréfie. 

En définitive, l'analyse du comportement des Sphégiens donne des 
résultats très précis ; elle met en valeur l'intervention constante des 
stimuli externes, l'attraction par la proie, l'excitation qui provoque la 
piqûre; elle réduit à néant diverses hypothèses gratuites, touchant la 
préscience; elle montre, eu un mot, le déterminisme d'une série de 
phénomènes qui se succèdent et aboutissent à un certain résultat. 
- Parvenons-nous à expliquer le déterminisme de toutes les parties 
du comportement? Assurément non; mais ces parties ne sont que des 
éléments d'un ensemble et rien ne nous autorise à penser que ces 
éléments sont d'une nature différente des autres. Tout ce que nous 
savons, au contraire, oblige à formuler une conclusion inverse. Sans 



ANNALES, LUI (1922) 1 15 

doute, d'autres processus interviennent, et notamment des processus 
de mémoire qui permettent à l'Insecte de retrouver son terrier ou son 
nid. Mais ces processus, quels qu'ils soient, rentrent forcément dans 
le cadre de ceux que nous pouvons analyser. N'ayant trouvé jusqu'ici 
aucune trace de stimulus interne ou de préscience, il serait vraiment 
absurde d'affirmer que ce stimulus et cette préscience résident dans 
les parties du comportement dont le déterminisme nous échappe 
encore : l'ignorance ne saurait, tout de même, jouer le rôle de 
preuve. 

4. — L'immutabilité de l'instinot. 

Aboutir à cette conclusion pourrait presque nous dispenser 
d'examiner une autre qualité attribuée à l'instinct : son immutabilité. 
Suivant toute évidence, si l'animal atteignait immédiatement la 
perfection, en vertu d'une science innée, il ne devrait plus jamais 
modifier sa manœuvre. La manœuvre, toutefois, implique certaines 
conditions extérieures auxquelles l'instinct, sans en dépendre, pourrait 
être adapté. La spécificité de proie implique, par exemple, l'exis- 
tence de cette proie : si elle manque, que fera le prédateur? Parfois, 
la construction d'un nid implique des matériaux d'une certaine 
nature : que fera l'animal, si les matériaux font défaut? Les questions 
se posent à peine après l'analyse à laquelle nous venons de procéder. 
Fabre, pourtant, et de façon peremptoire, affirme que l'instinct 
est immuable; la plupart des autres auteurs ne lui reconnaissent 
qu'une faible variabilité. Préscience et perfection seraient donc stric- 
tement limitées à certaines conditions extérieures ? Comment cela 
peut-il se faire? C'est que, disent les auteurs, l'instinct est un méca- 
nisme monté; dès que le mécanisme est déclenché, toutes les phases 
se succèdent fatalement. Si les conditions extérieures changent, le 
mécanisme pourra s'arrêter; s'il ne s'arrête pas, il marchera à faux, 
mais ne changera pas ou très peu. A l'appui de cette affirmation, 
J.-F. Fabre donne plusieurs exemples, et notamment celui de l'Abeille 
maçonne : quand elle construit, elle n'est que maçonne et le demeure 
jusqu'à la phase d'approvisionnement; celle-ci commencée continue 
quoiqu'il arrive et l'Abeille ne s'interrompt jamais pour redevenir 



116 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIftUE DE BELGIQUE 

maçonne si son nid subit quelque dégât. L'approvisionnement 
terminé, l'Abeille pond, et rien ne l'empêche de pondre. Si, d'aven- 
ture, sa provision est enlevée, en tout ou partie, l'Abeille ne la refait 
ni la complète. Les expériences paraissent décisives et sont bien 
de nature à faire ressortir l'extrême rigidité d'une manœuvre qui 
aboutit à un résultat utile dans certaines conditions, ou à un résultat 
absurde si ces conditions ne pas remplies. 

La question vaut d'être examinée de près. Tout d'abord, une 
remarque s'impose : qu'entend-on par « variabilité » de l'instinct ? 
la modification de l'une quelconque des phases d'un comportement, 
l'ordre ne changeant pas? ou bien la modification même de cet ordre? 
La distinction ne semble pas avoir été faite; les auteurs qui admettent 
une variabilité limitée, envisagent cette variabilité en bloc. Pourtant, 
si l'ordre des phases reste immuable et que seule puisse changer 
un peu l'une quelconque de ces phases, l'hypothèse d'un mécanisme 
monté sera probablement exacte, tandis qu'elle ne le sera certaine- 
ment pas, si tout change, y compris l'ordre de succession. 

Une seconde remarque doit être encore faite. Quand les auteurs 
traitent de la variabilité de l'instinct, ils s'enferment souvent dans un 
cercle vicieux. Observant d'ordinaire des animaux toujours placés 
dans les mêmes conditions, ils constatent que ces animaux se com- 
portent toujours de la même manière et concluent à l'invariabilité. 
Or, comment ces animaux changeraient-ils puisque, autour d'eux, rien 
ne change ? S'ils apportaient la moindre modification à leur compor- 
tement, les conditions extérieures restant invariables, nous devrions 
alors parler de stimulus interne; la preuve serait amplement suffi- 
sante. Et il ne serait pas absurde de concevoir des animaux très 
semblables obtenant le même résultat par des moyens différents. 
La similitude des manœuvres dans des conditions comparables est 
donc un très solide argument contre l'idée de stimulus interne; 
mais elle ne démontre pas l'immutabilité de l'instinct. 

Parfois, cependant, on observe un changement plus ou moins 
important. Mais alors les naturalistes ne concluent pas toujours à une 
variation de l'instinct ; souvent ils disent que la manœuvre dilïérente 
qu'ils observent est celle d'une espèce différente. 

En conséquence on arrive toujours à l'immutabilité, soit que 



ANNALES, LUI (1922) 117 

les animaux, se trouvant toujours dans des conditions semblables, ne 
changent véritablement pas, soit que, changeant au contraire, on 
déclare que ce changement n'en est pas un. 

Certaines apparences, néanmoins, donnent aux observateurs l'im- 
pression d'un changement. II leur semble qu'un animal donné ne se 
comporte pas suivant les habitudes de l'espèce : mais alors ils ne 
parlent pas de variation, ils parlent « d'erreur de l'instinct ». 
Marchal, par exemple, voit un Lygellus epilachnœ, parasite à'Epi- 
laehna argus (Coccinelle phytophage) pondre sur une dépouille de 
nymphe. Évidemment, l'Insecte dépose un œuf dans le vide et la larve 
qui éclôra ne trouvera aucun aliment à sa disposition. Du point de vue 
de l'observateur, Lygellus se conduit d'une manière absurde. 
Commet-il vraiment une « erreur » ? Nullement. Dans les conditions 
habituelles, cet Hyménoptère est attiré par les nymphes d'Epilachna 
argus; plus exactement, l'odeur qui émane de ces nymphes l'attire; 
tant que cette odeur existera, l'attraction aura lieu et l'Insecte pondra 
si d'autres conditions sont également remplies. L'expérience faite par 
Picard sur le Pimpla parasite de Pieris hrassicœ prouve que les 
choses se passent bien ainsi, puisqu'un rouleau de papier imbibé 
du sang de Pieris suffit pour attirer l'Ichneumonide et le déterminer 
à piquer. 

De même, on a pu voir une Phrygane pondre sur des feuilles de 
Coudrier, loin de toute mare et de toute rivière. Pour qui sait que la 
larve de Phrygane se développe et vit dans l'eau, le dépôt des œufs à 
grande distance de l'eau constitue évidemment une « erreur », et 
même une erreur grossière. Pourtant, la manière dont se comporte 
cette Phrygane ne diffère en rien de la normale, pour qui entre 
dans le détail. L'observation a été faite au cours d'un mois très plu- 
vieux ; aux environs immédiat du Coudrier, existait une flaque d'eau 
temporaire. Il n'en a pas fallu davantage pour attirer la Phrygane 
et provoquer sa ponte. Depuis, la flaque a disparu et les larves n'ont 
pas trouvé les conditions de leur développement. 

Mais, ni dans ce cas ni dans le précédent, il n'y a erreur ou varia- 
tion. Au moment où l'Insecte a pondu, les conditions extérieures 
n'avaient point changé ; il s'est donc comporté d'une manière tout à 
fait normale. 



118 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

En conséquence, nous nous trouvons fort loin de la question qui 
nous occupe : que devient le comportement d'un animal quand les 
circonstances environnantes changent véritablement? Eh bien, pour 
le dire tout de suite, on constate d'indubitables variations ; l'intérêt 
est de pouvoir mesurer leur étendue. Examinons quelques faits. 

De même que les Sphégiens sont attirés par une proie bien déter- 
minée, bien d'autres Insectes sont attirés par une plante également 
déterminée et qui semble exclusive. Quand cette plante manque, ces 
Insectes demeurent-ils inertes, le « mécanisme monté » ne se met- il 
pas en marche? La Cantharide mange des feuilles de Frêne, et, dans 
les régions où pousse le Frêne, elle ne mange pas autre chose; mais 
elle ne vit pas uniquement dans des régions où pousse le Frêne, 
du moins en grandes quantités. C'est alors le Lilas ou l'Olivier qui 
attirent la Cantharide. La variation est évidente et s'explique sans 
peine. L'odeur du Frêne n'est pas la seule qui exerce une action sur 
la Cantharide et une action attractive; mais, entre toutes, c'est l'odeur 
du Frêne qui l'attire le plus et le plus fortement. Quand cette odeur 
manque, l'attraction que les autres exercent prédomine forcément, et 
c'est forcément vers elles que va la Cantharide. Il se pourrait que 
plusieurs odeurs attirassent à peu près également les individus de 
cette espèce : ils se répartiraient alors au gré d'influences interférentes. 

Lorsque les Osmies ont creusé leur nid, elles le tapissent avec des 
pétales de fleurs. Chaque espèce d'Osmie choisit une fleur déterminée 
et, dans les conditions habituelles, on n'observe aucun changement. 
On n'aperçoit pas, d'ailleurs, les raisons de ce choix exclusif, le 
développement des larves ne dépendant pas de la nature des pétales 
qui tapissent les loges. La preuve en est que la substitution de pétales 
d'une espèce à ceux d'une autre espèce ne change en rien le résultat; 
cette substitution a lieu chaque fois que la fleur habituelle fait défaut 
dans la région où travaille l'Osmie. A cet égard, Ferton a fait des 
observations très précises : 

Osmia perezi utilise d'ordinaire des pétales de Liseron; en leur 
absence, elle prend des pétales de Pavot ; Osmia lanosa substitue les 
pétales de Glaucium à ceux de Coquelicot ; Osmia papaveris les pétales 
de Mauve à ceux de Coquelicot; Osmia saundersi, les pétales de 
Liseron ou de Ciste à ceux de Centaurea micrantha. On remarquera 



ANNALES. LUI (1922) 119 

que la substitution n'est pas quelconque ; à défaut de la fleur qui 
l'attire le plus fortement, l'Osmie subit encore des attractions bien 
déterminées (^). Le changement des conditions extérieures ne pro- 
voque donc pas une perturbation très profonde, il ne rend pas l'animal 
inactif ; son comportement varie de la façon la plus évidente. 

Sans doute, dans les deux exemples qui précèdent, la variation 
est relativement légère ; il existe des exemples non moins évidents 
de variations plus importantes. Edmond Bordage a soumis un 
Sphégien de l'île de la Réunion, Pison argentatum, à un change- 
ment presque radical de conditions extérieures. Habituellement, cet 
Hyménoptère construit, avec de la terre, des nids en forme de pots 
ovoïdes; Bordage a pu contraindre certains individus à nidifier dans 
des tubes de verre. Le changement est considérable ; il ne s'agit plus 
de fabriquer de toutes pièces un nid en lui donnant une certaine 
forme, une certaine dimension, avec des parois d'une certaine épais- 
seur; il s'agit simplement d'élever des cloisons de distance en 
distance, délimitant une cavité dont les parois latérales préexistent. 
Les mouvements à faire dans les deux cas se ressemblent assez peu ; 
d'une part, l'Insecte n'a plus guère à modeler; d'autre part, il doit, 
s'il l'on peut dire, mesurer la distance entre deux cloisons. Les 
faits sont là ; suivant le cas, les réflexes mis en jeu ne sont pas 
tout à fait les mêmes et il peut s'ensuivre d'importantes variations 
dans le comportement. 

E. RouBAUD a observé un cas tout à fait parallèle chez des Guêpes 
sociales de l'Afrique {Rynchium margmellum). Suivant les régions où 
elles vivent, elles construisent leurs nids dans les murs de terre ou 
dans le bois, deux substances qui ne se ressemblent guère. Le même 
observateur a également constaté que les Synagris modifient, avec 
la saison, leur mode d'approvisionnement des larves. Durant la 
belle saison, elles apportent coup sur coup et rapidement toutes les 
chenilles qui rempliront un nid; quand vient la mauvaise saison, 
elles approvisionnent au jour le jour. La variation est tout à fait 
remarquable ; elle apporte probablement un changement considérable 



(*) Les odeurs « substitutives » n'ont d'ailleurs aucun rapport nécessaire avec la 
classification, comme on peut s'en convaincre. 



120 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

dans l'ensemble du comportement, soit qu'elle supprime entièrement 
le travail de construction d'un autre nid, soit que ce travail marche 
de pair avec la capture des proies. 

Cette variation saisonnière des Synagris est peut-être plus qu'une 
variation simple de l'une des phases de la manœuvre totale. Elle est 
incontestablement liée aux conditions extérieures, qu'il s'agisse de 
conditions climatériques modifiant l'activité des Insectes ou de la 
diminution du nombre des proies à capturer, qui oblige Jes Insectes 
à de plus nombreuses allées et venues. Toutefois, parce qu'elle est 
saisonnière, cette variation pourrait encore rentrer comme les précé- 
dentes dans le cadre du mécanisme monté; il suffirait dâ supposer 
l'existence d'un double mécanisme. En fait d'hypothèses gratuites, 
notre droit est sans limites. 

Force nous est donc de rechercher si l'on peut modifier, non plus 
seulement l'une quelconque des phases du comportement, sans rien 
changer à leur ordre de succession, mais, en outre, cet ordre même 
de succession. 

Le changement le plus simple sera celui du dédoublement de l'une 
des phases du comportement, qui a nécessairement pour effet de faire 
recommencer à l'animal un travail déjà effectué. A. cet égard, l'expé- 
rience de Edm. ViOKhkOE sur Pison argentatum est caractéristique; 
elle consiste à dissimuler un nid en voie de construction, au trois- 
quart achevé, pendant l'absence du constructeur. Quand celui-ci 
revient, portant une boule de terre, il tourne et retourne autour de 
l'emplacement du nid et, finalement, en commence un nouveau. 
Une fois celui-ci suffisamment avancé, l'expérimentateur le masque, 
tandis qu'il découvre le premier. Après un temps de va-et-vient en 
divers sens, la Guêpe retrouve ce premier nid et reprend la con- 
struction interrompue. En masquant ainsi et découvrant alternative- 
ment les deux nids, l'expérimentateur a obtenu deux constructions 
simultanées, puis un double approvisionnement. Or, sans aucun 
doute, en obligeant la Guêpe à bâtir un nouveau nid avant d'avoir 
terminé le premier, on l'oblige, non seulement à prolonger la phase 
de construction, mais encore à revenir en arrière, à refaire tous les 
mouvements que comporte la première ébauche d'un nid avant d'être 



ANNALES, LUI (1922) 121 

parvenu au terme de la série des phases qui se succèdent à ce 
moment. 

A. cet égard, une expérience de Roubaud, avec l'un des Euménides 
d'Afrique qu'il a étudiés, est plus caractéristique encore ; c'est l'expé- 
rience même de Fabre avec l'Abeille maçonne. Au cours de l'appro- 
visionnement, Roubaud enlève une des chenilles apportées : la Guêpe, 
aussitôt, rejette au dehors tout le reste de la provision, évacuant 
complètement le nid. Évidemment, la réaction est absurde, puisqu'il 
suffisait de prolonger un peu la période d'approvisionnement. La 
même réaction, également absurde, a lieu quand l'expérimentateur 
détériore la maçonnerie : le nid est aussitôt évacué et réparé. Ici, la 
transposition de l'ordre de succession des phases ne laisse aucun 
doute : la Guêpe interrompt l'approvisionnement et redevient 
maçonne. Que penser alors de l'expérience classique de Fabre? Elle 
ne porte pas, évidemment, sur le même Insecte, et nous pouvons 
bien admettre que l'Abeille ne se comporte pas comme la Guêpe. 
Il en reste, tout au moins, qu'il faut se garder de poser hâtivement 
des conclusions définitives. A supposer exacte l'expérience de Fabre, 
elle ne signifie certainement pas que l'instinct est un mécanisme 
monté de telle manière que, le point de départ étant donné, tout 
s'ensuive fatalement ; elle signifie plus simplement que, dans les condi- 
tions données, l'Abeille maçonne se comporte d'une certaine manière, 
tandis que, dans des conditions analogues, l'Eumène se comporte 
d'une manière différente, — et telle que l'idée d'un mécanisme monté 
ne saurait guère être retenue. 

D'autres faits, d'ailleurs, appuient dans le même sens, en montrant 
que l'on peut supprimer l'une des phases d'un comportement. 
Edm. BoRDAGE, par exemple, enferme une femelle de Pison argen- 
tatum pendant un certain temps; aussitôt libérée, au lieu de com- 
mencer à construire, cette femelle se met à approvisionner un nid' 
voisin quelconque ; ou bien elle pond dans le nid d'autrui, sans avoir 
construit ni approvisionné. Dans ce cas, interviennent sans nul doute 
des états physiologiques dépendant de l'état de maturation de l'œuf : 
les parties d'un comportement sont beaucoup plus sûrement liées à 
ces états qu'elles ne le sont entre elles. 

Mais en dehors de ces variations physiologiques, on observe aisé- 



122 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

ment la suppression de telle ou telle phase. Les apiculteurs, sans y 
prendre garde, n'utilisent-ils pas cette absence de liaison entre les 
parties d'un comportement, en donnant aux Abeilles de la cire 
gaufrée? Ils suppriment ainsi tous les mouvements du début de 
la construction, le point de départ lui-même; ils suppriment donc, 
en fait, le stimulus initial qui serait, dit-on, nécessaire pour 
déclencher toute la série des phases. 

On sait de même que les Pompiles, et Potnpilus vagans en parti- 
culier, ne creusent pas de terrier s'ils en trouvent un. 

La suppression du premier temps est également possible chez les 
Araignées qui enveloppent leur proie dans une trame de soie. J'y 
suis parvenu chez Argiope hruennichi de la façon suivante : quand on 
excite plusieurs fois de suite une Argiope avec un diapason posé sur le 
bord de la toile, un moment vient où l'excitation ne produit plus 
d'effet visible ; l'Araignée n'est plus attirée et demeure au centre de 
sa toile : on ne peut donc plus déclencher le mouvement initial. 
Néanmoins, l'Araignée est encore capable d'envelopper une proie 
mise à sa portée; et en effet, si je porte le diapason vibrant tout près 
d'elle, presque à son contact, aussitôt elle tourne autour de l'extré- 
mité des deux branches, les entourant d'un épais ruban. 

De même, les faits prouvent que, le mouvement initial déclenché, 
tous les autres ne suivent pas fatalement. Quand l'Argiope fasciée 
arrive sur le diapason, il suffit d'arrêter les vibrations pour que 
l'Araignée s'arrête à son tour. Elle s'arrêterait également si, attirée 
par les mouvements d'une proie, les mouvements cessaient. 

L'expérience de Picard avec le Pimpla parasite de Pieris brassicœ 
apporte un fait du même ordre : quand l'Hyménoptère pique une 
dépouille ou un cornet de papier, la piqûre, premier temps du 
comportement, n'est pas suivie de ponte ; la ponte n'a lieu que si 
l'aiguillon s'enfonce dans une masse résistante qui détermine le 
réflexe spécial de la ponte. 

Ce n'est, d'ailleurs, spécialement ni la première ni la dernière 
partie d'un comportement qui peut être supprimée, c'est une partie 
quelconque. N'avons-nous pas vu l'Argiope fasciée saisir directement 
avec les chélicères, sans enveloppement préalable, les proies qui 
exercent sur ses pattes une traction trop forte? 



ANNALES, LUI (1922) 123 

Enfin, pour souligner l'indifférence de l'ordre du « mécanisme » et 
sa liaison avec les excitants externes, il convient de signaler l'inter- 
version qui se produit parfois chez la même Argiope. Souvent, quand 
elle a piqué sans enveloppement préalable, elle entoure sa proie 
de quelques fils de soie, procédant ainsi à un enveloppement secon- 
daire, Y a-t-il entre la morsure et l'enveloppement une relation telle 
que l'un doive accompagner l'autre? La question se posait, car, une 
fois la proie morte, ou tout au moins paralysée, l'enveloppement ne 
saurait être déterminé par des vibrations. Alors, ou bien cet enve- 
loppement accompagne la morsure, fait partie du même mécanisme 
qu'elle, ou bien il relève d'un autre excitant. La première hypothèse 
paraissait a priori peu vraisemblable, car on conçoit mal un méca- 
nisme à marche réversible; la seconde hypothèse demandait une 
vérification expérimentale. Je l'ai faite, en partant de l'idée que cet 
enveloppement secondaire pourrait être provoqué par une excitation 
olfactive. L'hypothèse est exacte : si l'on présente à l'Araignée un 
ruban de carton trempé dans une bouillie de Mouche, elle s'en saisit, 
l'entoure de quelques fils, puis le suce; elle laisse tomber le même 
carton ou un carton analogue non imprégné de cette bouillie. Encore 
une fois, nous nous trouvons en face d'un réflexe à déterminant 
externe immédiat, ne dépendant en aucune mesure des réflexes 
antécédents, ni davantage des suivants. 

5. — Sommaire d'une théorie scientifique de l'Instinct. 
Conclusion. 

Nous voilà, dès lors, en possession d'un certain nombre de faits. 
Vont-ils nous permettre de porter, sur la question de l'instinct, un 
jugement motivé? 

Tous ces faits convergent et nous amènent à voir dans des diverses 
parties d'un comportement, si compliqué soit-il, non pas des phases 
successives, nécessairement liées les unes aux autres et de telle sorte 
que la précédente détermine la suivante, mais une série de réflexes 
que rien ne distingue d'un réflexe quelconque. Chaque réflexe à 
son déterminisme propre, indépendant à la fois du précédent et du 
suivant; ils se succèdent dans l'ordre même où se succèdent les 



124 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

conditions déterminantes, et il suffit que l'ordre de celles-ci change ou 
que les conditions changent elles-mêmes pour que l'ordre des réflexes 
change également ou que l'un ou l'autre des réflexes disparaisse. 

En fait, un premier excitant externe détermine un premier réflexe; 
celui-ci place souvent l'animal dans des conditions telles que le même 
excitant — ou un excitant nouveau — provoque un second réflexe, 
et ainsi de suite. Le comportement de l'Argiope fasciée exprime fort 
bien le phénomène : les vibrations mécaniques qu'une proie transmet 
à la toile attirent l'Araignée et l'amènent 'au contact de la proie. Ce 
contact avec l'objet vibrant détermine à son tour un enveloppement 
rapide qui est suivi, quand cessent les vibrations, par la morsure. 
Nous avons vu comment tous ces réflexes peuvent disparaître ou 
s'intervertir; nous voyons, par suite, qu'ils n'ont entre eux d'autre 
lien qu'un excitant externe qui exerce son action sur une Araignée, 
d'abord à distance, puis au contact même. Mais il ne suffit pas 
d'attirer l'Araignée hors de son centre pour que tout s'ensuive. 

En d'autres circonstances, le premier excitant place l'animal en 
présence d'un second excitant tout à fait différent. C'est le cas 
du Pimpla, que l'odeur d'une chrysalide détermine à piquer, mais 
non à pondre, et qui ne pond que par l'effet d'une excitation de 
contact : le premier réflexe place donc l'animal dans des conditions 
qui déterminent un second réflexe ; en l'absence de ces conditions, la 
ponte n'a pas lieu. 

Il arrive aussi, et fréquemment sans doute, qu'à la succession des 
conditions s'ajoute ou se substitue une modification de l'état physio- 
logique de l'organisme, Myeloïs cribrella en est l'exemple le plus 
simple; constamment soumise à l'influence de la lumière et con- 
stamment repoussée par une lumière vive, elle s'enferme d'abord dans 
les capitules puis, également repoussée par eux, pénètre dans les tiges 
de Chardons. Ces changements d'état physiologique jouent un rôle 
important dans la succession des réflexes que nous observons chez les 
Sphégiens et d'autres animaux. Mais ils n'établissent nullement un 
lien entre les réflexes même; de l'un à l'autre, et quel que soit leur 
nombre, il n'y a qu'un changement de conditions, toutes conditions 
extérieures, intervenant sur un organisme qui, lui-même, peut 
également changer. 



ANNALES, LUI (1922) 125 

Il faut bien d'ailleurs remarquer que l'un quelconque des réflexes 
— ou la série tout entière, — n'aboutit pas forcément à un résultat 
« utile » ; le réflexe a lieu indépendamment de ses conséquences. 
Souvent, sans être vraiment nuisible, il est au moins inutile et tout 
se passerait finalement de la même façon s'il n'existait pas. C'est géné- 
ralement le cas des comportements les plus compliqués — et les plus 
impressionnants; le temps me manque pour insister sur ce sujet. 

Il suffit, d'ailleurs, de l'indiquer pour légitimer nos conclusions. 

Ainsi envisagée du point de vue strictement scientifique, et la 
soumettant à une analyse rigoureuse qui ne se laisse détourner 
par aucun parti-pris, la question de l'instinct dépouille tout son 
mystère. La préscience, le mécanisme monté, l'intuition, moyen 
irrationnel de connaissance, tout cela acquiert désormais l'apparence 
de fantômes vides, substrats inconsistants pour variations littéraires. 

Notre analyse est-elle terminée? Bien au contraire, elle commence. 
Nous débutons à peine dans cette recherche difficile de déterminisme 
des phénomènes. Assurément notre science est encore courte ; mais 
pouvons-nous accepter que, de notre ignorance, on tire un argument 
pour invoquer des « Principes » purement imaginaires ? Pareille atti- 
tude ne saurait être la nôtre. Devant l'inconnu, nous avons unique- 
ment le droit de nous taire, sauf à faire l'hypothèse de travail qui 
détermine et anime la recherche. Et d'ailleurs, les résultats acquis ne 
sont-ils pas pour nous un précieux encouragement? Ne nous per- 
mettent-ils pas déjà de comprendre et, par suite, de dominer, de 
nombreux phénomènes qui semblaient, jusqu'ici, mystérieux et inac- 
cessibles. Tel, le problème fameux et troublant des migrations ? 

C'est à lui que paraissait tout spécialement adéquate l'idée d'un 
« stimulus interne», entraînant périodiquement les animaux à changer 
de patrie. Or, nous commençons à comprendre fort bien ce qui les 
détermine vraiment. Le Saumon pond en eau douce, tandis qu'il 
grandit en eau salée; l'Anguille, au contraire, pond en eau salée et 
grandit en eau douce; le Thon ne quitte pas la mer, mais il se déplace 
périodiquement. Et tout cela se ramène à des attractions ou à des 
répulsions s'exerçant sur un organisme dont l'état physiologique 
change. Le Poisson immature ne réagit pas aux mêmes excitants, de 



126 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

la même manière, que le Poisson sexuellement mûr. L'oxygénation de 
l'eau, son degré de salure, sa température, attirent ou repoussent et 
entraînent l'animal. Mais il en est pour le Poisson comme pour tous 
les autres organismes : ce changement est toujours quelconque ; il 
n'est jamais nécessaire. Soumis aux conditions externes, l'animal vient 
ici; il pourrait aller là et le résultat ne serait pas sensiblement 
changé. 

Telle est, à l'heure actuelle, l'idée d'ensemble que l'on peut avoir 
sur le problème de l'instinct. Je ne prétends pas l'avoir traité com- 
plètement. Devant me limiter, j'ai laissé dans l'ombre bien des ques- 
tions importantes, me bornant à mettre en relief les traits essentiels 
qui montrent où nous en sommes, la voie qu'il faut suivre pour aller 
plus loin et pousser plus à fond l'analyse. 



ANNALES, LUI (1922) 127 

X 

Assemblée mensuelle du 30 novembre 1922. 
Présidence de M. G.-A. BOULENGER, Président. 

— La séance est ouverte à 16 h. ^5 m. 

— L'Assemblée enregistre avec joie la nouvelle de la récente attri- 
bution, par l'Institut de France, du Prix Lacaze à notre Président 
d'honneur, M. le Professeur L. Frédéricq, pour l'ensemble de ses 
travaux scientifiques, et décide d'envoyer ses félicitations au Lauréat. 

Correspondance. 

— S. Ex. l'Ambassadeur de France nous demande si les publi- 
cations qui nous sont adressées par les soins du Ministère des Affaires 
Étrangères nous parviennent régulièrement. 

— Notre Collègue M. J.-G. de Man nous adresse le fascicule 5 de 
son Mémoire sur les Décapodes dans les Résultats de l'Expédition du 
Siboga. {Remer ciments.) 

Échange nouveau. 

— L'échange de nos publications avec le Bulletin mensuel de la 
Société d'Histoire Naturelle de l'Afrique du Nord, que cette Société 
nous propose, est décidé. 

Communications. 

— M. Derscheid parle de la Syndactylie des Halcyones (Martins- 
Pêcheurs) et groupes voisins. Ayant été dans le cas d'examiner, au 
début de l'été dernier, des jeunes à peine éclos de Martin Pêcheur 
{Alcedo ispida), il a pu constater qu'à cet âge déjà les doigts présen- 
tent une syndactylie aussi complète que chez l'oiseau adulte, bien 
qu'à ce moment ils n'aient encore pu servir à aucune préhension. Le 
caractère doit donc être considéré comme inné ontogénétiquement. 
L'auteur considère comme hors de doute que les Passereaux syndac- 



128 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

tyles se rattachent à des formes à doigts parfaitement séparés, ce qui 
permet de voir là un caractère acquis, phylogéniquement parlant. 

M. Derscheid fait remarquer que les divers groupes où se ren- 
contre une syndactyjie plus ou moins parfaite {Halcyones, Meropes, 
Prionit hides, Todi, Bucerotes; jusqu'à un certain point aussi les 
formes zygodactyles, Cuculi, Capitones, Galbulœ, etc.) et même 
certains Reptiles et Mammifères (« Gamodactyles » de E. Perrier) 
ont une particularité éthologique commune : d'être des percheurs 
excellents et pour ainsi dire exclusifs. 

La soudure des doigts, caractère qui semble ne pouvoir nullement 
faciliter la préhension des branches (elle ne se rencontre pas chez les 
Oscines), semble par contre être un obstacle à la progression sur le 
sol, et on ne connaît qu'un seul exemple de syndactyle devenu bon 
marcheur (Bucorvus). La syndactylie, caractère qui peut devenir 
nuisible en entravant la locomotion sur le sol, est indubitablement 
adaptative, sans que l'on ait pu saisir jusqu'ici son utilité, et sans 
qu'il puisse avoir, à ce qu'il semble, de valeur sélective. M. Derscheid 
se demande quelle hypothèse néo-darwinienne pourrait expliquer son 
apparition, sans conteste polyphylétique. 

— M. Derscheid fait ensuite connaître deux observations étho- 
logiques, qui lui ont été communiquées par un correspondant 
australien : 

1. — Il y a un certain nombre d'années les Hirondelles de mer 
(Sterna sp.?) se reproduisaient en grand nombre sur la grève des 
îles bordant le Détroit de Banks. Des chèvres ayant été introduites 
dans ces îles, firent de grands ravages dans les nids de ces Oiseaux, 
en piétinant les couvées déposées sans apprêts parmi les galets. On 
vit alors les colonies entières changer leur mode de reproduction, et 
se mettre à construire des nids de branchages et de varechs dans les 
arbres bordant le détroit. Ce fait (^) est d'autant plus intéressant que, 
pour autant qu'on sache, tous les Laridœ, et d'une façon générale 
tous les Charadriornithes , se contentent de déposer leurs œufs dans 
des dépressions ou des anfractuosités du sol. Il y a ici progrès dans 



(') D'antres observations similaires ont été signalées par "W. P. Pycraft {Book of 
Birds, 1912). 



ANNALES, LUI (1922) 129 

les habitudes de nidification, contrairement à ce que l'on observe 
chez le Moineau domestiqué, dont le nid est devenu rudimentaire, 
ou chez le Castor du Rhône, qui ne construit plus qu'un terrier au 
lieu d'une hutte. 

2. — Le même correspondant dit avoir observé un Oiseau-Lyre cf 
se livrant à divers ébats et chants devant une petite troupe de ses 
congénères (sept ou huit, tant c? que Ç). A noter que Menura est 
monogame, mais se caractérise par un dimorphisme sexuel très 
accentué (allant même jusqu'à aug^menter chez le cf le nombre des 
rectrices : 12-> 16). Ce cas est à rapprocher de celui des danses bien 
connues du Coq de Roche {Rupicola), Passereau également inférieur, 
monogame et à dimorphisme sexuel net. 

— La bibliothèque venant de recevoir une brochure d'un auteur 
japonais, Taku Komaï : On two aberrant Ctenophores « Cœlopîana » and 
« Gastrodes », M. de Selys a eu l'idée de rechercher la seconde de ces 
formes, qui vit en parasite interne chez Salpa fusiformis. M. de Selys 
ayant retrouvé ce singulier animal dans des matériaux recueillis par 
lui à Villefranche-sur-Mer, présente quelques préparations relatives 
à plusieurs stades de Gastrodes. 

— M. BouLENGER attire l'attention sur les résultats sensationnels 
d'expériences qui auraient été faites au « Biologische Versuchs- 
anstalt » de Vienne, et publiées dans VAnzeiger de l'Académie de 
cette ville, par M. Walter Fenckler. 

il s'agit du greffage de têtes de Lépidoptères et de Coléoptères sur 
des corps appartenant à des espèces ou même à des genres différents : 
Hydrophilus et Dytiscus, par exemple, à la suite desquels l'insecte se 
comporterait comme s'il appartenait au sexe ou à l'espèce qui fournit 
la tête; l'influence cérébro-oculaire agirait même sur la coloration du 
corps, le Dytiscus à tête d'Hydi'ophilus ayant modifié sa coloration 
pour adopter un noir uniforme. 

Cette communication est suivie d'une discussion, à laquelle pren- 
nent part plusieurs membres, unanimes à désirer voir confirmer ces 
résultats surprenants. 

— La séance est levée à 17 h. 35 m. 



Ann. Soc. Zool. Belg., t. LUI. 



130 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

XI 

Assemblée mensuelle du 21 décembre 1922. 

Présidence de M. G.-A. BOULENGER, Président. 

— La séance est ouverte à 16 h. 20 m. 

Correspondance. 

— Notre Président d'honneur, M. le Professeur L. Frédéricq, 
remercie pour les félicitations qui lui ont été adressées pour l'attri- 
bution du Prix Lacaze. 

Prix décennal des Sciences zoologiques. 

— Ce prix venant d'être attribué, par le Jury du Concours 
décennal, à notre Collègue M. le Professeur A. Lameere. M. le 
Président se fait l'interprète de l'assemblée en adressant au lauréat 
les plus vives félicitations. M. Lameere remercie pour la preuve de 
sympathie qui lui est ainsi donnée. 

Prix du Concours annuel de l'Académie (Sciences naturelles). 

— M. le Président signale que ce prix vient d'être attribué à notre 
Collègue M. R. Van den Dries, Professeur à l'Athénée d'Anvers, 
auquel il est décidé d'adresser une lettre de félicitations. 

Communications. 

— M. Em. Vincent nous adresse la note, dont il a déjà été question 
en juillet dernier, sur des Brachiopodes tertiaires de Belgique, avec 
trois figures, note dont l'impression dans le présent volume est 
décidée (voir p. 49). 

— M. J.-M. Derscheid, comme suite à la communication qu'il a 
faite à la séance précédente, soumet à l'examen un exemplaire de 
Ceryle maxima au nid, exemplaire mettant en lumière (outre l'iden- 



ANNALES. LUI (1922) 131 

tité de la syndactylie chez le jeune et l'adulte), un type de 
ptérylose alaire intermédiaire entre la diastataxie (aquintocubi- 
talisme) et l'eutaxie (quintocubitalisme), type déjà signalé briève- 
ment par P. Chalmers Mitchell (1901). 

— La séance est levée à 17 h. 15 m. 



XII 

Assemblée générale annuelle du 35 janvier 1933. 

Présidence de M. G.-A. BOULENGER, Président. 

— La séance est ouverte à 16 h. 35 m. 

Présents : MM. Ball, Boulenger, Derscheid, Desclin, de Selys, 
Dupuis, Lameere, Leriche, Pelseneer, Steinmetz, Van den Dries, 
Vande Vloet et Van Straelen. 

Excusés : MM. de Gort et Giltay. 

Rapport du Trésorier. 

— Le rapport sur l'exercice 1922 et le projet de budget pour 
1923, présentés par le Trésorier, sont approuvés. 

Jours et heures des réunions mensuelles. 

— On décide de maintenir le dernier jeudi de chaque mois, à 
4 heures, août et septembre exceptés. 

Éleetions. 

Présidence. — M. le Professeur M. Leriche est, à l'unanimité, 
élu à la présidence pour les années 1923 et 1924. 

Conseil. — MM. de Selys, Kemna et Willem, sortants et rééli- 
gibles, sont maintenus dans leurs fonctions, tandis que M. Steinmetz 
est élu en remplacement de M. Leriche, promu à la présidence. 



132 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Commimon des comptes. — MM. Ball, Dordu et Van Straelen 
sont désignés. 

Membres honoraires. 

— Ayant à pourvoir au remplacement de trois de nos membres 
d'honneur, dont nous avons eu à déplorer la perte, S. A. S. le Prince 
Albert P' de Monaco, MM. Yves Delage et Henry Woodward, le 
choix de l'Assemblée se porte sur MM. W. G. M° Intosh, Ch. Pérez 
et F. Vejdoysky. 

Excursion annuelle. 

— L'organisation d'une excursion n'étant plus imposée par nos 
Statuts, il est décidé que les excursions auront éventuellement lieu 
quand des occasions opportunes se présenteront. 

— La séance est levée à 17 h. 25 m. 



LISTE GENERALE DES MEMBRES AU r MAI 1923 

-î- 



Abréviations 



Ao = Associé. 

Ai = Assistant. 

C = Correspondant. 



H = Honoraire 

V = A vie. 



V. 1920. Bagrnall, R. S.; F. R. S., Rydal Mount, Blaydon on Tyne (Angleterre). 

Ao 1907. Bail, Francis J. — 160, rue Belliard, Bruxelles. 

C. 1880. Bayet, Chevalier Ernest, Blevio, province de Corne (Italie). 

Ao. 1910. BervoetS d'Oostkerke, R. E., Docteur en sciences, Membre de 

la Société Entomologique de France. — 21, rue Jacques Jordaens, 

Bruxelles. 
H. 1907. Boulenger, G. -A., ancien Conservateur au British Museum (Natural 

History). Jardin botanique de l'État, à Bruxelles. 
H. 1919. Boule, M., Professeur au Muséum, Paris. 
H. 1912. Bouvier, L., Professeur au Muséum, Paris. 
Ao. 1907. Brachet, A., Professeur à l'Université de Bruxelles, 32, rue Léonard 

de Vinci, Bruxelles. 

Ao. 1920. Brien, P., Docteur en Sciences. — 90, rue Antoine Bréart, Bruxelles. 

Ao. 1919. Buchet, P., Docteur en Sciences, Professeur à l'Athénée royal, Char- 
leroi. 

H. 1919. CauUery, M., Professeur à la Sorbonne, Laboratoire d'Évolution des 
Êtres organisés. — 3, rue d'Ulm, Paris (V«). 

C. 1868. Chevrand, Antonio, Docteur en Médecine. — Can tagallo (Brésil). 

Ao. 1887. Cornet, Jules, Professeur de géologie à l'École des mines du Hainaut. 
— 12, boulevard Elisabeth, Mons. 

H. 1919. Conklin, E. G., Princeton University, Princeton, Mercer. Co., N. J. 
(U. S. A.). 

V. 1885. Cossmann, Maurice, Ingénieur, Chef des services techniques de la 
Compagnie du chemin de fer du Nord. — 110, Faubourg Poisson- 
nière, Paris (X*). 

Ao. 1886. Gosyns, Georges, Docteur en Sciences. — 7, avenue Emmanuel, 
Haren-Nord. 

H. 1919. Cuénot, L., Professeur â la Faculté des Sciences, Nancy. 



134 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Ao. 1884. Daioieries, Anthyme, Ingénieur, Professeur honoraire à l'Université 
libre de Bruxelles. — 25, rue Saint- Bernard, Bruxelles. 

C. 1864. d'AnCOna, Cesare, Docteur en Sciences, Aide-Naturaliste au Musée 
d'histoire naturelle. — Florence (Italie). 

Ao. 1909. Damas, D., Professeur à l'Université, Institut zoologique, Liège. 

V, 1866. Dautzenbergf. Philippe, ancien Président de la Société zoologique de 
France. — 209, rue de l'Université, Paris (Vile). 

C. 1880. de Cort, Hugo, Membre de la Commission permanente d'études du 
Musée du Congo, etc. — 7, rue de La Bassée, Lille (France). 

Ao. 1880. de Dorlodot, le Chanoine Henry, Professeur de Paléontologie 
strati graphique à l'Université catholique. — 42, rue de Bériot, 
Louvain. 

Ao. 1880. de Limburg Stirum, Comte Adolphe, Membre du Conseil supé- 
rieur des Forêts. — 72, rue du Trône, Bruxelles, et Saint-Jean, par 
Manhay. 

Ao. 1907. Delize, Jean. — 37, rue Hemricourt, Liège. 

C. 1906. de Man, D'' J.-G. — lerseke (Pays-Bas). 

Ao. 1920. Oerseheid, J. M., Docteur en Sciences, F. Z. S. — 59, rue de Stas- 
sart, Bruxelles. 

Ao. 1920. Desclin, L., Etudiant, avenue Emile Verhaeren, 7, Sehaerbeek- 
Bruxelles. 

Ao. 1907. de Selys-Longchamps, Marc, Docteur en Sciences, Professeur à 
l'Université. — 61, avenue Jean Linden, Bruxelles. — Secrétaire- 
général et Trésorier. 

Ao. 1922. Desguin, E., Docteur en Sciences et en Médecine. — 141, rue du 
Midi, Bruxelles. 

Ao. 1919. de Witte, G.-F. — 203, avenue de la Chasse, Bruxelles. 

Ao. 1907. Dordu-de Borré, F., Docteur en Médecine. — 40, rue d'Arlon, 
Bruxelles. 

Ao. 1919. Dupuis, Paul (Commandant), 33, rue de l'Abbaye, Bruxelles. 

C. 1878. Foresti, D' Lodovico, Aide-Naturaliste de géologie au Musée de l'Uni- 
versité de Bologne. — Hors la Porta Safagozza, n°' 140-141, Bologne 
(Italie). 

Ao. 1901. Fournier, Dom Grégoire, à l'Abbaye du Mont-César. — Chaussée 
de Malines, Louvain. 

C. 1902. Geret, Paul, Naturaliste conchyliologiste. — 76, rue du Faubourg 

Saint-Denis, Paris (X^). 
Ao. 1895. GilSOn, Gustave, Directeur du Musée Royal d'Histoire naturelle de 

Bruxelles. — 95, rue de Namur, Louvain. 
Ao. 1922. Giltay, L., Étudiant — 11, avenue Van Eyck, Anvers. 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. 135 

C. 1908. Giordano, Professore Domenico, Insegnante di Storia naturale nelle 

R. R. Scuole classiche e tecniche. — Ragusa (Italie). 
H. 1919. Grassi, B., Senators del Regno. — Roma (Italie). 

Ao. 1921. Hannevart, G. (M"«), Régente d Ecole moyenne. — 46, avenue 

Albertijn, à Woluwe-Saint-Lambert, Bruxelles. 
H 1868. Hidalgo, D'' J. Gonzales, Professeur de malacologie au Musée des 

Sciences, Membre de l'Académie royale des Sciences exactes. — Calle 

del Carmen, 6, l^irq., Madrid (Espagne). 

Ao. 1899. Kemna, Adolphe, Docteur en Sciences, Directeur de l'Antwerp Water 
Works Cy. — 6, rue Montebello, Anvers. — Vice-Président. 

C. 1864. Liallemant, Charles, Pharmacien. — L'Arba, près Alger (Algérie). 

Ao. 1890. Lameere, Auguste, Docteur en Sciences, Professeur à l'Université 
libre de Bruxelles, Membre de l'Académie royale des Sciences de 
Belgique. — 74, rue Defacqz, Bruxelles. 

H. 1907. Lankester, Sir Edwin Ray, K. C. B., ancien Directeur du British 
Museum (Natural History). — Cromwell Road, London S. W. 
(Angleterre). 

Ao. 1909. Lau'WerS, W. — 77, rue de Lamorinière, Anvers. 

Ao. 1920. Ledoux, P., Etudiant en Sciences. — 9, rue de la Révolution, 
Bruxelles. 

Ao. 1911. Leriche, M., Professeur à l'Université Libre. — 47, rue du Prince 

Royal, Bruxelles. — Président. 
Ao. 1902. Loppens, Charles. — Villa les Roseau? , rue de la Mer, Coxyde- 

Village. 

H. 1923. Mcintosh, W. C, F. R. S. — St. Andrews (Ecosse). 
Ao. 1890. Malvaux, Jean, Industriel. — 69, rue de Launoy, Bruxelles. 
H. 1907. Mark, E.-L., Directeur du Laboratoire de Zoologie, Harvard Univer- 
sity, Cambridge, Mass. (U. S. A.). 

H. 1919. Marchai, P., Institut agronomique. — 16, rue Claude-Bernard 
Paris (V^j. 

Ao. 1909. Massart, Jean, Professeur à l'Université libre. Membre de l'Acadé- 
mie royale des Sciences de Belgique. — 150, avenue de la Chasse, 
Bruxelles. 

C. 1872. Matthew, G. -F., Inspecteur des douanes. — Saint-John [Nouvean- 

Brunswick] (Canadaj. 
Ao. 1921. Mayné, R., Chargé de Cours à llnstitut agricole de l'État, â Gem- 

bloux. — 17, avenue Macau, Bruxelles. 
Ao. 1923. Millet, R., Étudiant. — 16, lue J,-B. Labarre, Uccle-Bruxelles. 
H. 1919. Morgan, Th. -H. — Columbia University, New York (U.S. A.). 



136 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Ao. 1887. Navez, Louis, Littérateur. — 164, chaussée de Haecht, Bruxelles. 

Ao. 1880. Pelseneer, Paul, Docteur agrégé à la Faculté des Sciences de 
Bruxelles, Secrétaire perpétuel de l'Académie Royale de Belgique. — 
23, rue de la Longue-Haie, Bruxelles. 

H. 1923. Pérez, Ch., Directeur du Laboratoire biologique de Roscoflf (Finistère) 
France. 

Ao. 1896. Philippson, Maurice, Docteur en sciences naturelles. Professeur à 
l'Université. — 57, rue d'Arlon, Bruxelles. 

H. 1907. Pilsbry, Curator of the Conchological Collection, Academy of Phila- 
delphia. 

C. 1913. Porter, Prof. Carlos, E., C. M. Z. S. — Santiago (Chili). 

C. 1908. Preston, H.-B., Conchologist. — 53, W. Cromwell Road, Lon- 
don, S. W. 

Ao. 1897. Putzeys, Sylvère, Docteur en médecine. — 24, rue Anoul, Bruxelles. 

H. 1907. Racovitza, E.-G., Directeur de l'Institut de Spéléologie, Universitate, 
Cluj, Roumanie. 

Ao. 1882. Raeymaekers, D'' Désiré, Médecin principal de l''» classe. Directeur 
de l'Hôpital militaire. — 80, boulevard des Martyrs,. Gand.. 

C. 1868. Rodriguez, Juan, Directeur du Musée d'histoire naturelle. — Gua- 
temala. 

Ao. 1872. Rutot, Aimé, Ingénieur honoraire des mines, Conservateur au Musée 
royal d'Histoire naturelle, Membre du Comité de direction de la Carte 
géologique. — 189, rue de la Loi, Bruxelles. 

V. 1908. Scherdlin, Paul, Conservateur-adjoint au Musée zoologique de • 
l'Université et de la Ville. — Strasbourg (France). 

H. 1919. Shipley, Sir Arthur, G. B. E., Christ's College. — Cambridge 
(Angleterre). 

V. 1885. SchmitZ, Gaspar, S.-J., Directeur du Musée géologique des bassins 
houillers belges, Professeur au Collège Notre-Dame de la Paix. — 
11, rue des Récollets, Louvain. 

Ao. 1903. Schouteden, H., Docteur en sciences naturelles, Conservateur au 
Musée du Congo, Secrétaire de la Société Entomologique de Bel- 
gique. — 5, rue Saint-Michel, "Woluwe- Saint-Pierre (Bruxelles). 

P. 1907. Société Royale de Zoologie d'Anvers. Directeur : M. Lhoëst. 
C. 1919. Steenberg, C.-M , Mag. se. — Petersborgvej 6^, Copenhague Ö. 

(Danemark]. 
Ao. 1904. Steinmetz, Fritz, Avocat. — 24. rue de la Mélane, Malines. 
Ao. 1920. Sternon, Fern., Ingénieur agricole. — Grand'Place, Virton. 
C. 1895. Sykes, Ernest Ruthnen, B. A.; F. Z. S. — 8, Belvedere, Weymouth 

(Angleterre). 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. 13T; 

V. 1919. Tomlin, J,-B. (le B.). — 23, Boscobel Road, St. Leonards-on-Sea 
(Angleterre). 

Ao. 1907. van den Dries, René, Professeur à l'Athénée. — 44, rue de l'Eglise, 

Anvers. 
Ao. 1905. Van de Vloed, Florent, Chef du filtrage, préposé aux analyses bac- 
tériologiques et microscopiques de 1' Antwerp Water Works Cy. — 

Waelhem. 
Ao. 1909. Van MoUé, l'Abbé. — Professeur au Petit Séminaire. — Rue de la 

Blanchisserie, Malines. 
Ao. 1922. Van Oye, P., Docteur en Sciences. — 6, rue Baudouin, Gand. 
Ao. 1921. Van Seymortier, L., Pharmacien. — Audenaerde. 
Ao. 1914. Van Straelen, V., Docteur en Sciences, Chef des travaux de Géologie 

à l'Université. — 14, rue des Sols, Bruxelles. — Bibliothécaire. 
H. 1907. van Wijhe, Professeur, D"". — Groningen (Pays-Bas). 
H. 1923. Vejdovsky, F., Université de Prague (Tchéco-Slovaquie). 
Ao. 1919. Verlaine, L., Docteur en Sciences, Professeur à l'Ecole coloniale 

supérieure. — 31, rue Joseph Coosemans, Schaerbeek-Bruxelles. 
Ao. 1919. Verhas, G., Conservateur à l'Hôtel des Monnaies. — 57, Vogelzang, 

Woluwe-Saint-Pierre (Bruxelles). 
Ao. 1886. Vincent, Emile, Docteur en sciences naturelles, Conservateur au 

Musée royal d'Histoire naturelle. — 35, rue De Pascale, Bruxelles. 
C. 1908. Vlès, Frédéric, Docteur es Sciences, Professeur à la Faculté des 
Sciences de Strasbourg (France). 

C. 1872. Westerlund, D^ Carl-Agardh. — Ronneby (Suède). 
Ao. 1903. "Willem, Victor, Docteur en Sciences naturelles. Professeur à l'Uni- 
versité. — 53-', rue du Jardin, Gand. 
H. 1909. Wilson, E.-B., Columbia University, New- York. 



Ann. Soc. Zool. Belg , t. LUI. _ '0 



TABLE GÉNÉRALE DES MATIERES 

CONTENUES DANS LE TOME LUI (1922'i DES 

ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQLE 

DE BELGIQUE 



Pages. 

Organisation administrative pour l'année 1922 4 

Compte-rendu de l'assemblée générale extraordinaire du 26 janvier 1922 . 5 

— — mensuelle du 23 février 1922 6 

— — générale extrordinaire du 30 mars 1922 . . 7 

— — mensuelle du 30 mars 1922 8 

— _ _ du 27 avril 1922 10 

— — — du 1" juin 1922 12 

— — — du 29 juin 1922 14 

_ _ — du 27 juillet 1922 16 

— — — du 28 octobre 1922 ..... 17 

Statuts arrêtés le 30 mars 1922 19 

Convention relative à la Bibliothèque de la Société 12 

Compte-rendu de l'assemblée mensuelle du 30 novembre 1922 127 

— _ _ du 21 décembre 1922 130 

— — annuelle du 25 janvier 1923 131 

Liste générale des membres au l*' mai 1923 133 

Table des matières . 1 39 



LoppENS (K.). — Répartition des sexes chez Carcînus mœnas. 

— Variabilité chez Cardium edule 

Verlaine (L.). — Comportement des Guêpes maçonnes du Congo. . 
Van Straklen (V.) — Présentation d'un Homard capturé à Zeebrugge 
Pelseneer (P.). — Sur une habitude de Doris bilamellata. (Fig. 1 à 4 
Lamebre (a.). — Notes de Zoogénie : V. L'évolution des Spongiaires 
Dupuis et PuTZEYS. — Notes sur la faune malacologique africaine. (Fig. 1 

et 2.) 40 



A ^ss 



140 TABLE DES MATIÈRES. 

Pages. 

Dupuis (P.)- — Notes malacologiques concernant la faune de l'Afrique 

continentale et insulaire. (Fig, 1 et 2.) 46 

Vincent (E.). — Quelques remarques sur les Biachiopodes tertiaires de 
Belgique et description d'une espèce nouvelle à.' Argyrotheca. 
(Fig. 1 à 3.) 49 

Vincent (E.). — Description d'une espèce nouvelle de Spheniopsis prove- 
nant des sables de Wemmel (Eocene supérieur). (Fig. 1 à 3.) . . 54 

LoppRNS (K.). — Note sur la variabilité et l'éthologie de Patella vulgata. 57 

Dupuis et PuTZEYS. — Deuxième note concernant la faune malacologique 

africaine. (Fig. 1 à 10.) 69 

Dupuis (P.). — Notes malacologiques concernant le faune de l'Afrique 

continentale et insulaire. [Deuxième note.) (Fig. 1 et 2.). ... 80 

Van Straelen (V.). — Description de Crustacés décapodes macroures nou- 
veaux des terrains secondaires. (Fig. 1 à 10.) 84 

Rabaud (E). — L'Instinct 94 






ANNALES 



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DE LA 




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I 




DE BELGIQUE 



(ASSOCIATION SANS BUT LUCRATIF) 



TOME CINQUANTE-TROISIEME (LUI) 



ANNÉE 1922 






BRUXELLES 

Société anonyme M. WEISSENBRUCH, imprimeur du Roi 

(Srwiété typographique • Liéite, Bouilfon. Paris. 1755-17JW) 

49, rue du Poinçon 

Mai 1923 



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La Société royale Zoologique de Belgique tient ses séances le dernier 
jeudi de chaque mois (à l'exception des mois d'août et septembre), à 
16 heures, au siège social, rue des Sols, 14 (université libre, salle n° 2), 
à Bruxelles. 

La cotisation annuelle, payable par anticipation et donnant droit à la 
réception franco des Annales que publie la Société (au moins deux 
fascicules par an), est fixée à 15 francs. Tout membre étranger payant 
une somme de 200 francs est nommé Membre à vie : il n'a plus 
de cotisations à solder et reçoit franco toutes les publications envoyées 
aux membres effectifs. 

Les cotisations doivent être adressées spontanément dès le commence- 
ment de Vannée, sous peine de voir interrompre Renvoi des Annai-ks, an 
Trésorier, M. de Selys-Longchamps, avenue Jean lAnden, 61, a 
Bruxelles (Compte chèques postaux n° 39851). 

Tous les ouvrages et revues destinés à la Société doivent être envoyés 
au siège social, rue des Sols, 14 (Université libre), à Bruxelles, oîi se 
trouve la bibliothèque. 

Tout ce qui concerne l'administration de la Société et la rédaction de ses 
publications doit être adressé au Secrétaire général, M. de Selys- 
Long'Champs, avenue Jean Linden, 61, à Bruxelles. 



Les auteurs de travaux insérés dans les Annales de la Société ont droit 
à 50 tirés à part de leurs mémoires (sans couverture). 

Les manuscrits remis au Secrétaire doivent être définitifs, il ne pourra 
y être apporté de changements en cours d'impression, l^es auteurs sont 
instamment priés de donner des citations complètes et claires et de citer 
toujours, dans le cas de travaux parus dans des revues ou périodiques, 
la pagination du recueil et non celle des tirés à part (à moins de donner 
les deux paginations). 



3JI61. — Soc. an. M, Weissenbruch, imp du Roi, 4», rue du "Poinçon, Broxelle*' 



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ANNALES 



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DE BELGIQUE 



(ASSOCIATION SANS BUT LUCRATIF 



TOME CINQUANTE-QUATRIEME (LIV) 



ANNÉE 1923 



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BRUXELLES 

Société anonyme M. WEISSENBRUCH, imprimeur du Roi 

i>iKir(.' fypogi-aphique: Liège, Bouillon. Paris, 1755-1793) 
4^>, rue du Poinçon 

Mai 1924 



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La Société royale Zoologique de Belgique tient ses séances le dernier 
jeudi de chaque mois (à l'exception des mois d'août et septembre), à 
16 heures, au siège social, rue des Sols, 14 (université libre, salle n° 2), 
à Bruxelles. 

La cotisation annuelle, payable par anticipation et donnant droit à la 
réception franco des Annalks que publie la Société (au moins deux 
fascicules par an), est tixée à 15 francs. Tout membre étranger payant 
une somme de 200 francs est nommé Membre à vie : il n'a plus 
de cotisations à solder et reçoit /ra///Y) toutes les publications envoyées 
aux membres effectifs. 

Les cotisations doivent être adressées , spontanément dés le commence- 
ment de Vannée, sous 'peine de voir interrompre renvoi des Annai.es, au 
Trésorier, M. de Selys-Longchamps, avenue Jean Linden, Of, à 
Bruxelles (Compte chèques postaux n° 39851). 

Tous les ouvrages et revues destinés à la Société doivent être envoyés 
au siège social, rue des Sols. 14 (Université libre), à Bruxelles, où se 
trouve la bibliothèque. 

Tout ce qui concerne l'administration de ta Société et la rédaction de .ses 
publications doit être adressé au Secrétaire général, M. de Selys- 
Longchamps, avenue Jean Linden, 6i, à Bruxelles. 



Les auteurs de travaux insérés dans les Annales de la Société ont droit 
à 50 tirés à part de leurs mémoires (sans couverture). 

Les manuscrits remis au Secrétaire doivent être définitifs, il ne pourra 
y être apporté de changements en cours d'impression. Les auteurs sont 
instamment priés de donner des citations complètes et claires et de citer 
toujours, dans le cas de travaux parus dans des revues ou périodiques, 
la pagination du recueil et non celle des tirés à part (à moins de donner 
les deux paginations). 



PRIX : 30 francs. 



Soc. an. M. Weissenbruch, imp du Roi, 49, rue du Poinçon, Bruxellee 



ANNALES 



DR LA 






DE BELGIQUE 



(ASSOCIATION SANS BUT LUCRATIF^ 



TOME CINQUANTE-CINQUIEME (LV) 



ANNEE 1924 






'm^ 



BRUXELLES 

Société anonyme M. WEISSENBRUCH, imprimeur du Roi 

(Société typographique: Liège. Bouillon, Paris, 1755-1793) 

49, rue du Poinçon 

Octobre 1925 



'Ó^Ó 



^M, 



La Société royale Zoologique de Belgique tient ses séances le dernier 
jeudi de chaque mois (à l'exception des mois d'août et septembre), à 
16 heures, au siège social, rue des Sols, 14 (université libre, salle n" 2), 
à Bruxelles. 

La cotisation annuelle, payable par anticipation et donnant droit à la 
réception franco des Annales que publie la Société (au moins deux 
fascicules par an), est fixée à 15 francs. Tout membre étranger payant 
une somme de 200 francs est nommé Membre à vie : il n'a plus 
de cotisations à solder et reçoit franco toutes les publications envoyées 
aux membres effectifs. 

Les cotisations doivent être adressées sjjontanément dès le commence- 
ment de Vannée^ sous peine de voir interrompre l'envoi des Annales, au 
Trésorier, M. de Selys-Longchamps, avenue Jean Linden, 61, à 
Bruxelles (Compte chèques postaux n° 3985 1). 

Tous les ouvrages et revues destinés à la Société doivent être envoyés 
au siège social, rue des Sols, 14 (Université libre), à Bruxelles, où sji 
trouve la bibliothèque. 

Tout ce qui concerne l'administration de la Société et la rédaction de ses 
publications doit être adressé au Secrétaire général, M. de Selys- 
Longchamps, avenue Jean Linden, 61, à Bruxelles. 



Les auteurs de travaux insérés dans les Annales de la Société ont droit 
à 50 tirés à part de leurs mémoires (sans couverture). 

Les manuscrits remis au Secrétaire doivent être définitifs, il ne pourra 
y être apporté de changements en cours d'impression. Les auteurs sont 
instamment priés de donner des citations complètes et claires et de citer 
toujours, dans le cas de travaux parus dans des revues ou périodiques, 
la pagination du recueil et non celle des tirés à part (à moins de donner 
les deux paginations). 



PRIX : 30 francs. 



76. — Soc. an. M. Weissenbrnch, imp du Roi, 49, rue du Poinçon, Bruxellef: 



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