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Full text of "Annales de l'Institut océanographique"

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ANNALES 



DE 



L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 

(Fondation ALBERT Y\ Prince de Monaco) 



PUBLIEES 
SOUS LA DIRECTION 

DE 

M. LE D^ L. JOUBIN 

PROFESSEUR AU MUSÉUM NATIONAL d'hISTOIRE NATURELLE 

ET 

A l'institut océanographique 



Tome V 




PARIS 

MASSON ET 0% ÉDITEURS 

t20, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 
1913 



/ 



TABLE DES MATIERES 



Fascicule 1 GRUVEL (A.). — Mission Gruvel sur la côte occidentale d'Afrique 
(1908-1910) : Les crustacés comestibles. 

— 2. HEILBRONN (Alfr.). — Ueber die Experimentelle Beeinflussbarkeit 

von Farbe und Form bei Sphserococcus coronopifolius Stackh. 

— 3. Mission Gruvel sur la côte occidentale d'Afrique (1909-1910) : 

Mollusques marins, par Ph. DAUTZENBERG ; Mollusques terrestres, par 
L. GERMAIN ; Principaux Mollusques comestibles ou industriels, par 
A. GRUVEL. 

— 4. MINKIEWICZ (Romuald). — JRecherches sur la formation des habitudes, 

le sens des couleurs et la mémoire chez les Poissons. 

— 5. DANOIS (Edouard le). — Contribution à l'étude systématique et biolo- 

gique des Poissons de la Manche Occidentale. 

— 6. GREIN (Klaus). — Untersuchungen tiber die Absorption des Lichts im 

Seewasser (Erster Teil : Die selektive Absorption des Sonnenlichts 
im Meer nebst einer Beschreibung des Instruments und der Méthode. 

— 7, TONI (G.-B. de) et FORTI (Ach.). — Contribution à, la Flore algologique 

de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque. 

— 8. VAYSSIÈRE (A.). — Étude sur quelques Opisthobranches nus rap- 

portés des côtes de la Nouvelle-Zemble {Mission Ch. Bénard 1908). 

— 9. THOULET (J.). — Notes de Lithologie sous-marine. 

— 10. BERGET (Alf.). — Répartition géographique des Océans (détermination 

du pôle continental). 




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Mission GRUVEL sur la Côte occidentale d'Afrique (1909- 1910) 



Les Crustacés comestibles 

de la Côte occidentale d'Afrique 

Par a. GRUVEL, 

Directeur du Laboratoire de Productions coloniales d'origine animale 
l'École pratique des Hautes-Études, près le Muséum national d'Histoire naturelle. 



Le nombre des Crustacés décapodes connus, vivant sur la Côte occidentale d'Afrique, 
est déjà considérable, puisqu'il dépasse cent cinquante espèces; mais la plus grande partie 
de ces animaux ne présente qu'un intérêt purement scientifique. 

Une quinzaine seulement sont utilisés pour l'alimentation, soit des Européens, soit 
des indigènes, et donnent lieu, par conséquent, à une exploitation, tantôt accidentelle, 
tantôt, au contraire, régulière et intensive, dont nous, allons, maintenant, parler avec 
quelques détails. 

Nous avons déjà signalé, dans un précédent travail (i), la présence de plusieurs 
espèces ou variétés de Langoustes : Palinwus vulgaris Latr. ; Pal. vulgaris^ var. mauri- 
tanicus A. Gruv. ; Panulirus regius Brit. Cap., et Jasus Lalandei M. Edw. ; nous n'y revien- 
drons pas ici. 

Parmi celles dont nous avons pu, nous-même, constater l'utilisation plus ou moins 
importante, nous pouvons citer : 

Cardisoma armatiimWQvkl.; 

C. Guanhumi Margraff ; 

Diverses espèces du genre Portunus ; 

Callinectes diacauthus, var. africanus M. Edw. ; 

C. marginatus M. Edw. ; 

Calappa gratiulataL.: 

Scyllarus {Scyllarides) latus Latr. ; 

Pœneiis caramota Risso. ; 

I. A. Gruvel, Contribution à l'étude générale, scientifique et économique des Palinuridœ {Annales de l'Institut 
Océanographique, lome III, fascicule 4, igiiji 



4 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

P. brasiliensis Latr. ; 

Palœmon jamaïceusis^\SLT. Vollenhopeni Herkl.; 
P. acauthurus = P. macrobrachion Herklotz. ; 
P. [Leander) hastattis Auriv; 
P. pauddetis ? Hilg. ; 
et quelques autres qui i>e sont utilisées que tout à fait accidentellement. 

Les Cardisoiua armatum et C. Guanhumi. — Ces deux espèces sont extrêmement 
voisines, tellement même que certains carcinologistes les réunissent sous la première déno- 
mination. Ce sont des crabes aux pinces longues parfois énormes, et dont le corps 
proprement dit peut mesurer jusqu'à près de o m. 20 dans sa plus grande largeur. 

Ces grands brachyoures sont, en général, dénommés par les Européens « crabes de 
terre », par opposition aux Portunus et Callinectes qui sont dits « crabes de mer ». 

Les cardisomes ont des mœurs tout à fait curieuses. lisse tiennent, le plus souvent, 
dans des trous creusés dans les berges même des marigots et des lagunes à eaux saumâtres 
et même presque douces ; parfois, même, assez loin dans les terres. 

Pendant le jour, ils restent enfermés dans leurs galeries ; mais, dès que la nuit com- 
mence, si on a soin de les observer, on les voit présenter à l'extérieur, d'abord une de 
leurs grandes pinces, puis, tout doucement, les pattes du même côté (car l'animal se pré- 
sente toujours de travers, à l'ouverture de sa galerie). 

Puis, si rien ne les dérange, ils sortent lentement leur tête, explorent les environs, 
écoutent et enfin s'élancent brusquement hors de leur trou. Mais, qu'un bruit vienne à 
les inquiéter, au lieu de sortir, ils rentrent brusquement et ne ressortent que cinq ou dix 
minutes après, toujours dans les mêmes conditions. 

Une fois hors de leur demeure, ces gros crabes parcourent, pendant la nuit, des dis- 
tances parfois assez considérables pour se rendre, en bandes peu nombreuses ou isolé- 
ment, autour des villages indigènes dont ils dévorent le plus rapidement possible les 
immondices de toutes sortes, accomplissant ainsi, la nuit, avec les chiens, une œuvre de 
salubrité publique, continuée, pendant le jour, par les « charognards » bien connus de 
tous les Africains. 

Les berges des marigots où ils pullulent sont, véritablement, labourées et percées de 
galeries profondes, parfois très larges, dans lesquelles les pieds des hommes et des 
animaux s'enfoncent et où il est parfois difficile de circuler. 

Les indigènes connaissent fort bien leurs habitudes de noctambules; aussi, au lieu de 
chercher à les capturer dans leurs galeries profondes, ils attendent la nuit et, avec une 
bougie allumée, les cherchent autour des cases et sur les bords des marigots. Quand le 
crabe de terre se sent poursuivi, il s'arrête, autant que possible dans un coin quelconque, 
allonge ses pattes antérieures, ouvre largement ses pinces et attend dans cette attitude 
défensive. Alors, le chasseur présente un morceau de bois que le crabe pince fortement 
pendant un instant, grâce auquel il est brusquement jeté dans un sac ou tout autre 
récipient approprié. 

Au Sénégal, par exemple, les indigènes sont extrêmement habiles pour la chasse de 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 5 

ces crustacés, que les Ouolofs désignent sous le nom de « diongop ». Quand les Européens 
veulent s'en procurer, ils n'ont qu'à donner une pièce d'un franc et une ou deux bougies 
à un indigène habitué à cette chasse et, le lendemain matin, celui-ci leur apporte un plein 
sac de diongop. — On n'en trouve pas, en général, sur les différents marchés, et c'est sur- 
tout au Sénégal que ces espèces sont couramment recherchées pour l'alimentation. 

Les indigènes font le plus souvent bouillir les cardisomes à l'huile de palme ou à l'eau, 
à défaut d'huile, de façon à confectionner un condiment qu'ils mangent avec du poisson. 
Pour cela, ils pilent les crabes entiers après cuisson et décantent le produit ainsi obtenu 
pour ne conserver que la partie liquide. 

Les Européens ne consomment guère le diongop qu'au Sénégal. Ils enlèvent la cara- 
pace céphalo-thoracique, les branchies et l'intestin, puis font cuire les pattes, enlèvent 
les muscles dont ils font une sorte de hachis avec différents aromates. Ce hachis sert 
à farcir les crabes que l'on fait cuire au four en les arrosant de beurre ou d'huile. Ce plat, 
bien préparé, est véritablement excellent, et beaucoup d'Européens en sont très friands. 

Nous avons retrouvé ces mêmes espèces en Guinée, à la Côte d'Ivoire, en Gold 
Coast, au Dahomey, au Lagos, au Gabon, à l'embouchure du Congo, dans les environs 
de Banana, et jusque dans l'Angola. C'est dire que ce sont des formes extrêmement com- 
munes sur la Côte occidentale d'Afrique, mais qui sontutilisées dans l'alimentation d'une 
façon tout à fait variable suivant les régions et conservent partout leurs mêmes habitudes. 

■ Les Fortunes et les Callinectes. — Les Fortunes semblent plus rares sur la côte et 
ne sont guère utilisés dans l'alimentation indigène qu'au Sénégal, où ils sont piles dans 
l'huile de palme pour servir de condiment. 

Quant aux Callinectes, on trouve, communément, deux espèces voisines, dont l'une 
surtout, C. diacantlius \ar. af ricanas M. Edw., se rencontre en extrême abondance sur 
toute la côte, depuis le Sénégal jusqu'au sud de l'Angola. Il est tellement commun dans 
certaines régions, comme la Côte d'Ivoire, le Dahomey, etc., que les indigènes en 
apportent de grandes corbeilles sur les marchés, soit à l'état vivant, soit cuits à l'eau, 
soit encore frits à l'huile de palme. Ils en sont, à peu près partout, extrêmement friands 
aussi la pêche de ces crustacés est-elle très active, au moins depuis le Sénégal jusqu'au 
Cameroun et même en certains points du Gabon. 

On les capture surtout sur les bords des lagunes et des marigots, dans l'eau saumâtre 
et généralement sur les fonds vaseux où ils ont l'air de se plaire. Les indigènes utilisent 
quelquefois des sortes de petits filets qu'ils traînent sur le fond et soulèvent de temps en 
temps, comme nous péchons, nous-mêmes, les crevettes sur nos plages. D'autres fois, c'est 
à l'aide de sortes de corbeilles au fond desquelles on place comme appât un morceau de 
poisson avarié ; d'autres fois encore, on les capture à la ligne comme pour les poissons. 

Au Dahomey, qui est par excellence un pays de pêcheurs, les indigènes habitant sur 
les bords des lacs et des lagunes et, en particulier, du lac Ahémé, les Popos, les Fons et les 
Xagots, utilisent un engin spécial qui rappelle beaucoup celui dont se servent les amateurs 
de pêche au crabe sur nos plages normandes et qu'ils appellent églé (fig. i). 

Cet engin consiste en deux arcs de cercle en bois, solidement réunis en leur milieu. 



6 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

L'un de ces arcs porte, à chacune de ses extrémités, soit un lingot de fer ou de plomb, 
soit un morceau de brique ou un simple caillou allongé pour donner le poids suffisant et 

entraîner Tengin complet au fond 
de l'eau. 

Les quatre extrémités des arcs 
sont réunies par des bouts de bois 
ou par une corde à laquelle est sus- 
pendu un filet à mailles étroites qui 
forme une poche assez profonde, 
fermée à sa partie inférieure. 

Au point de rencontre des arcs 
est fixée une corde, sorte d'orain, 
assez longue pour dépasser la pro- 
fondeur des eaux et qui porte à 
son extrémité un morceau de bois 
léger, formant flotteur. 

On place au fond du filet un ap- 
pât quelconque, en général un mor- 
ceau de poisson pourri, et on envoie 
le tout au fond de l'eau. Le flotteur 
permettra de retrouver l'engin. 
Après une heure ou deux suivant ses occupations, le pêcheur revient avec sa 
pirogue, saisit le fîotteur et très lentement remonte le filet avec les crabes qui sont peu à 
peu venus à la surface de l'eau sans s'en apercevoir et qui, maintenant, voudraient fuir, 
mais trop tard ! 

Le Callinectes diacanthus et le C. marginatus sont très voisins, souvent mélangés dans 
la pêche et confondus, pour la consommation, par les indigènes comme par les Euro- 
péens. Ils sont connus de tous les pêcheurs de la côte : au Sénégal, par les Ouolofs, sous 
le nom de n'koiiti; en Guinée, par les Soussous, sous celui de gemba; au Dahomey, en 
langue fongbé : assou; au Gabon, en gallois : ûgéga; et enfin, au Congo belge, par les 
Assolongo : n'kala^ etc. 

Les CalappatX surtout le C. granulataL. sont très peu utilisés dans l'alimentation, 
probablement parce qu'ils ne peuvent être capturés qu'à une certaine profondeur par des 
pêcheurs déjà assez bien outillés, et ceux-ci sont rares sur la côte. 

Les crabes qui sont ainsi recueillis dans les filets traînants ou les sennes sont cuits à 
l'eau ou à l'huile et consommés comme les Callinectes. 




Fig. I. — Èglé, filet pour la pêche des crabes au Dahomey. 



Les Scyllarus. — Lesdeux espèces de Scyllaresou Cigales de mer, représentées sur la 
Côte occidentale d'Afrique, sont, d'abord Scyllarus latus Latr., qui est la forme la plus 
commune, bien que fort rare, à tel point qu'elle est inconnue des pêcheurs indigènes. 
Nous n'en avons capturé que trois exemplaires : un sur les côtes de Mauritanie, sur des 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 7 

fonds de sable coquillier grossier, un second dans la baie de Dakar au milieu des 
Ascidies calcaires {HalocyiUhia dura Weller), et enfin un troisième sur les fonds rocheux 
des îles de Los, près de Tîle de Tamara. 

C'est dire que ces crustacés, parfaitement comestibles du reste, puisqu'ils sont 
très appréciés sur les côtes méditerranéenes, ne donnent lieu à aucune espèce d'exploitation 
véritable. 

La seconde espèce : Scyllariis ardus paradoxus Miers, signalée sur les côtes du 
Sénégal et aux environs de l'île de Corée, n'a jamais été ramenée par nos engins, bien 
que nous ayons longtemps travaillé dans ces parages. Elle paraît donc être fort rare. 

Les Pœneus. — Nousarrivons, maintenant, aux espèces qui donnent lieu aune exploi- 
tation industrielle tout à fait remarquable; nous voulons parler de celles appartenant 
au genre Pœneus et dont l'une surtout est extraordinairement répandue dans certaines 
régions : c'est le P. brasiliensis Latr. — La seconde, fort commune également, sur les côtes 
de Mauritanie par exemple, est le P. caramuta Risso, bien connu sur les côtes d'Espagne, 
de Portugal et d'Algérie sous le nom de Camaron. 

Cette dernière espèce ne se rencontre, sur la Côte occidentale d'Afrique, que dans les 
eaux franchement salées. La longueur de son corps atteint facilement 20 à 22 centimètres 
(non compris les antennes), et sa chair estextrêmement appréciée des Européens ; mais la 
consommation en est très restreinte, car cette forme se rencontre exclusivement dans des 
profondeufs où les engins indigènes ne peuvent pas l'atteindre. Ce n'est que dans la pêche 
au chalut ou à la drague qu'il est possible d'en récolter une quantité variable, parfois très 
importante ; mais ce sont là des engins d'un usage plutôt encore exceptionnel sur la côte. 

Le jour où. des chalutiers travailleront constamment dans certaines régions des côtes 
mauritaniennes où cette espèce est particulièrement abondante, comme les environs de 
Nouakchott, par exemple, jusque vers l'embouchure du Sénégal, il sera, je pense, inté- 
ressant de la conserver en boîtes stérilisées; ces énormes crevettes trouveraient, 
certainement, un écoulement facile sur le marché européen, grâce à leur belle taille et 
aussi à l'excellente qualité de leur chair. 

Le P. caramota a été signalé jusque sur les côtes de l'Angola portugais (Osorio). Per- 
sonnellement, nous ne l'avons jamais récolté au delà du Sénégal, évidemment à cause de 
l'insuffisance de nos moyens d'investigations. 

Le Pœneus brasiliensis se trouve des deux côtés de l'océan Atlantique. Sur la Côte 
occidentale d'Afrique, nous l'avons rencontré au Sénégal, en Gold-Coast, à la Côte 
d'Ivoire, au Dahomey, dans la Nigeria du Sud, au Gabon (baie d'Ouloumi près Libre- 
ville) et jusque dans l'estuaire du Congo. Cette espèce, que l'on peut trouver dans l'eau 
de mer normale, se plaît surtout dans les eaux beaucoup moins salées et même douces. 
Elle est extrêmement abondante dans tous les marigots des environs de Saint-Louis et de 
Dakar où les indigènes la pèchent dans la vase avec des corbeilles ou des filets, ou même 
simplement au pied ou à la main. Les Ouolofs lui donnent le nom de Sipa-sipa et l'appor- 
tent couramment, à l'état frais, sur le marché où l'on peut en avoir de 8 à 10 ou 12, 
suivant l'abondance, pour cinq centimes. 



8 ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 

Le moment où ces crustacés sont le plus communs, est celui où les marigots com. 
mencent à s'assécher, vers les mois de mars, avril, mai; ils sont alors beaucoup plus 
faciles à capturer qu'au moment des pluies d'hivernage — époque où, du reste, ils 
tendent à rechercher une eau moins douce et se rapprochent de la mer. 

Au Dahomey, la pêche, la préparation et la vente des crevettes, appartenant à cette 
espèce, donnent lieu à une industrie et à un commerce purement indigènes, extrêmement 
intéressants et même très importants. 

On trouve ces crustacés, en quantité variable, dans tous les lacs et lagunes de cette 
colonie; or, on sait combien le réseau lagunaire est développé au Dahomey ! Mais, c'est le 
lac Ahémé qui fournit la plus grande quantité de crevettes à la consommation régionale. 

Il semble qu'elles trouvent, dans ce grand lac, des conditions biologiques excellentes 
pour se multiplier, malgré la pêche intensive qu'on y pratique pendant toute la saison des 
basses eaux. On en capture également beaucoup dans la rivière Aho ou canal de Nazoumé, 
qui fait communiquer le lac Ahémé avec la mer, au point dit : la « Bouche du Roi ». 

Il existe sur les bords du lac Ahémé trois races de pêcheurs bien distinctes : les Fons 
ou Dahoméens, les Yoroubas ou Nagots, et les Minas ou Popos, ces derniers en majorité, 
qui vivent en grande partie, sinon complètement, des produits de la pêche, extrêmement 
intensive dans ce lac. 

En ce qui concerne lescrevettes, les indigènes emploient pour leur capture deux engins 
bien différents. Dans le lac, quand les eaux sont basses et fortement salées, ils utilisent 
un filet à mailles fines qui mesure, environ, 2 mètres de largeur, i m. 5o de hauteur et 
8 à 10 mètres de profondeur. L'ouverture de ce filet est maintenue en haut et en bas, par 
une forte ralingue à laquelle est fixé, latéralement, un bâton de i m. 80 à 2 mètres de 
hauteur. 

Chaque bâton est tenu par un homme, et la ralingue de base porte deux masses de 
plomb ou deux pierres, qui lui font racler fortement le fond. Les deux pêcheurs s'avancent 
lentement, avec la même vitesse, en poussant chacun son côté du filet; les crevettes, 
dérangées parla ralingue traînante, sortent de la vase et s'enfoncent dans Tengm où on 
les recueille de temps en temps. Ce filet appelé aussi églé (en langue popo) est utilisé par 
des fonds de o m. 80 à i m. 20 environ, qui sont les plus riches en crustacés; la pêche 
se pratique surtout la nuit et paraît particulièrement abondante au moment de la pleine 
lune. Tous les matins, au jour, les pêcheurs accostent les villages avec les crevettes cap- 
turées, la plupart encore vivantes au fond de leurs pirogues. 

Ils en expédient une partie sur les marchés des centres où se trouvent des Européens, 
comme Bopa, Segbohoë, etc., car les Européens seuls consomment les crevettes à l'état 
frais. Les autres sont apportées à la case des pêcheurs où elles sont fumées, comme 
nous allons l'indiquer. 

Les indigènes utilisent, également, pour la capture des Pœneiis, des nasses ou adia (fig. 2) . 
Ce sont des sortes d'énormes bouteilles fabriquées en rachis de feuilles de palmier décou- 
pés en longs filaments avec, du côté de la grosse extrémité, une ouverture allongée qui 
permet l'entrée des crevettes, mais les empêche de ressortir. L'extrémité opposée est fermée 
par les parties terminales des tiges longitudinales de la nasse. Elle sont serrées par un lien 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 9 

quelconque au moment de la pêche. La nasse est placée, tantôt au milieu des herbes, 
dans le lac même, le soir, après avoir été amorcée avec un morceau de poisson pourri, 
tantôt, comme dans la rivière Ahô, par exemple, elle est fixée sur des barrages fixes 
qui occupent presque la largeur totale de la rivière. Les crustacés et même les poissons, 




Fig. 2. — Nasse pour la pèche des crevettes, ou « adia » Dahomey). 

qui ne trouvent, pour remonter le courant, que les orifices des nasses, s'y engagent et se 
trouvent pris. Les nasses, qu'elles soient libres ou fixées aux barrages, sont placées le soir 
et relevées, généralement, le matin ; souvent on les met en place pour la journée. 

Il existe, dans la cour de chaque case de pêcheur indigène (PI. I, fig. 2), un four à 
fumer spécial qu'on appelle adopo. C'est une construction cylindrique ou cylindro- 

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Fig. 3. — Schéma d'un barrage fixe sur la rivière Ahô (Dahomey) pour la capture des crevettes à l'aide des « adia ». 

conique, en « terre de barre » ou argile latéritique, d'environ o m. 80 à o m. 90 de hauteur 

et I mètre de diamètre supérieur. On place, sur partie supérieure du four, une sorte de 

clayonnage en rachis de feuilles de palmier, et on y dispose les crevettes sur une faible 

épaisseur; on recouvre ces animaux d'un second clayonnage semblable au précédent, 

appelé adia (comme les nasses), et on ajoute même, parfois, une toile un peu épaisse 

pour empêcher la fumée provenant de l'intérieur du four de passer trop rapidement. Le 

feu qu'on entretient dans le four doit être très doux pour sécher les crevettes et les fumer 

très lentement. On les retourne à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'elles aient pris une 

teinte générale d'un beau jaune d'ambre qui les rend tout à fait appétissantes. Et, de fait, 

quand elles sont fraîchement fumées, ces crevettes sont aussi bonnes qu'à l'état frais, 

c'est-à-dire excellentes. 

T. V. — Fasc. I. 2 



10 . ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

En fongbé. En popo. 

Les crevettes fraîches s'appellent : dégon mou bolou moumou 

— fumées — dégon hihi(i) bolou poupou 

Les Noirs consomment les crevettes seulement fumées, soit entières, le plus générale- 
ment, soit réduites à l'état de farine (dégon lili). Les crevettes fumées et très dessé- 
chées sont pilées, réduites en poudre, et sont utilisées comme condiment dans la cuisine 
indigène. 

La farine de crevettes est peu employée dans toutes les régions où l'on peut se pro- 
curer facilement des crevettes entières ; mais elle le devient de plus en plus, à mesure 
que l'on s'éloigne des lagunes, vers le Nord. 

La plus grande partie des crevettes fumées, qui sont capturées dans le lac Ahémé et 
dans la rivière Aho, sont dirigées vers la gare de Segbohoë qui se trouve au Sud-Est du 
lac et forme la tête de ligne du chemin de fer se dirigeant vers Ouidah et Cotonou. 

Une partie des crevettes est consommée dans ces deux centres, mais la plus grande 
partie continue, par la lagune, sur Porto-Novo et sur Lagos. 

Quelques-unes sont transportées directement de Bopa, vers les marchés du Nord et 
et de l'Ouest par Athiémé, puis de Ouassa, Ouédémé, Ouévogbé et Guézin, vers le Togo 
où on les rencontre en assez grande quantité sur les marchés d'Anecho et surtout de 
Lomé. 

A Segbohoë même, le prix de ces crevettes est assez élevé. Pour un sou, on reçoit 
de 6 à lo crevettes fraîches moyennes et seulement 4 à 5 crevettes fumées; mais, à 
mesure que l'on s'éloigne des centres de production, leur prix augmente considérablement. 
C'est ainsi qu'à Zagnanado, par exemple, elles valent jusqu'à un sou les deux^ ce qui est 
fort cher. 

Pendant toute la saison des basses eaux, moment où la pêche des crevettes est la plus 
intensive, on évalue de 40 à 60 par les trains du matin, et de 25 à 3o par les trains du soir, 
le nombre de corbeilles pleines de crevettes fumées qui sont expédiées, chaque jour, sur 
Cotonou, Porto-Novo et Lagos. Comme chaque corbeille contient environ 40 kilogram.- 
mes de marchandises dont, à peu près, 3o kilogrammes de poissons et 10 kilogrammes de 
crevettes fumées, on voit que le poids de crevettes, expédiées chaque jour de cette gare, est 
d'environ ySo kilogrammes, ce qui représente, on en conviendra, une industrie véritable- 
ment intéressante, pour être localisée exclusivement entre les mains des indigènes. Il 
faudrait encore ajouter le poids de toutes les crevettes fumées qui ne passent pas aux bagages, 
étant prises par les indigènes avec eux dans les wagons. Ceux qui savent combien les Noirs 
se chargent volontiers de paquets encombrants, comprendront quelle quantité énorme de 
poissons et de crevettes échappe ainsi à toute espèce de contrôle. 

Mais toute médaille a son revers. A force de pêcher d'une façon aussi intensive, les 
indigènes riverains du lac Ahémé ont fini par en appauvrir beaucoup les eaux. Les 
crevettes et même les poissons deviennnent moins abondants et sont beaucoup plus petits 
n'ayant pas le temps de se développer; d'où, naturellement, plaintes continuelles de la 
part des pêcheurs qui, au Dahomey comme en France, voudraient bien pouvoir captu- 

(1) H dur. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



II 



rer, d'un seul coup de filet, tous les poissons du lac, quitte à se plaindre, immédiate- 
ment après, des résultats désastreux de la pêche. 

Pour éviter le dépeuplement du lac, M. le gouverneur Malan a, sur nos conseils, fait 
créer des frayères artificielles très étendues, dans la région de Bopa, à l'embouchure du 
Kouffo, en faisant piqueter toute la surface réservée et en y faisant immerger des bran- 
chages, par les soins de M. l'administrateur Sajous. Les indigènes en ont aussi, paraît-il, 
construit, d'eux-mêmes, de semblables et en de nombreux points, dans le lac Nokoué. 

Car on pêche aussi la crevette dans le lac Nokoué, ainsi que dans la lagune de Porto- 
Novo; mais celles-ci sont, de préférence, vendus à l'état frais sur un petit marché spécial 
qui se tient dans une des rues de Porto-Novo, le matin de six à huit heures et le soir de 




Fig. 4. — Les nasses à crevettes au séchage, sur le bas Niger. 



cinq à sept heures. On y trouve aussi, parfois en grand nombre, des crabes nageurs (Ca///- 
nectes diacanthus). 

On voit donc que notre colonie du Dahomey est le grand fournisseur de crevettes 
fumées des colonies voisines, Togo et Nigeria; nous avons, nous-même, constaté la 
présence de crevettes venant du lac Ahémé, jusque sur le marché d'Ibadan. 

Mais, avec une exploitation aussi intensive, il s'est produit, certaines années, un 
fléchissement énorme dans la production industrielle. C'est ainsi que le chiffre total des 
exportations, qui était, en 1904 (pour le poisson et les crevettes fumées), de près de 
700000 francs, s'est abaissé, en 1909, jusqu'à 260 000 francs seulement. Il est aujourd'hui 
en train de remonter sensiblement, grâce aux précautions prises par l'Administration locale. 

En présence d'une richesse carcinologique aussi incontestable dans notre colonie du 
Dahomey, on pourrait se demander s'il ne serait pas possible d'établir, sur les bords du 
lac Ahémé, par exemple, une industrie à forme européenne pour la fabrication de con- 
serves de crevettes qui sont de tous points délicieuses, même pour des palais d'Européens. 



12 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



A cela nous répondrons par la négative, après avoir fait sur place une minutieuse étude. 
Tout d'abord, les indigènes ne verraient pas sans déplaisir une industrie européenne 
s'installer sur les bOrds du lac. Même si on achetait aux indigènes, sur place, tout le produit 
de leur pêche, cette quantité ne suffirait certainement pas à alimenter la production d'une 
usine de quelque importance ; il faudrait organiser la pêche d'une façon si intensive qu'elle 

ruinerait bientôt les 
fonds et priverait l'usine 
d'abord et les indigènes 
ensuite, beaucoup plus 
à plaindre, delà matière 
première indispensable 
à leur industrie. 

La disparition des 
crevettes du lac amène- 
rait une perturbation 
considérable dans la vie 
même des indigènes pri- 
vés de leur plus immé- 
diates ressources et pour- 
rait avoir des consé- 
quences politiques des 
plus désagréables. 

La pêche indigènç 
constitue donc, au Da^ 
homey, une industrie 
locale extrêmement im- 
portante et intéressante, 
qu'il faut laisser à ceux 
qui l'exploitent depuis 
de si longues années. Il 
suffit, seulement, et dans 
leur intérêt même, de 
réglementer cette exploi- 
tation en l'améliorant 
par la création d'impor- 
tantes réserves qui ser- 
viront, en même temps, de frayères artificielles et qui permettront aux crustacés, comme 
aux poissons, du reste, de se multiplier en toute tranquillité et d'atteindre, au moins en 
partie, des tailles respectables. Quand les indigènes constateront les résultats obtenus, ils 
seront les premiers à en reconnaître le bien fondé et à approuver les dispositions prises 
par l'Ad ministration, car ils comprendront qu'elles l'ont été uniquement dans leur intérêt. 
On trouve encore des crevettes dans la lagune qui réunit Porto-Novo à Badagri et 




Fig. 5. 



Une nasse à crevettes du bas Niger. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE i3 

Lagos ; mais la pêche en est fort peu productive, comparée à celle qui se pratique dans 
le lac Ahémé. 

On pêche également beaucoup de ces crustacés dans tout le bas Niger, et en parti- 
culier aux environs de Lagos. 

Pour cela, les indigènes emploient quelquefois un petit filet un peu semblable à celui 
utilisé dans le lac Ahémé, mais plus petit. Le plus généralement, on capture les Pœneiis à 
l'aide de nasses très spéciales. 

Quand on circule en bateau sur le bas Niger, on aperçoit, de distance en distance, des 
lignes de piquets plantés dans le fleuve, dans un sens perpendiculaire aux rives, par des 
fonds peu considérables et dont l'extrémité dépasse le niveau de l'eau d'environ un mètre. 
Ces piquets sont tous reliés les uns aux autres par une barre transversale solidement 
fixée à chacun deux, pour leur permettre de résister à la violence des courants. 

Mais, le plus curieux, c'est que chacun de ces piquets se trouve coiffé d'une sorte de 
calotte allongée, tressée en fibres de rachis de feuilles de palmier et retenue par une 
liane à la barre transversale (fig. 4). 

Chacune de ces sortes de calottes constitue, simplement, une nasse à crevettes, placée 
sur son piquet aux fins de séchage. Quand on veut utiliser ces engins pour la pêche des 
crevettes, on les place au fond de l'eau, la grande ouverture placée vers la mer, au moment 
du flot. Le courant montant entraîne avec lui les crustacés qui pénètrent dans la nasse 
par son large orifice et viennent s'accumuler à l'extrémité opposée qui est fermée. Si on 
attendait le commencement du jusant pour relever les nasses, comme leur ouverture 
reste toujours ouverte, les crevettes seraient entraînées par le courant et il n'en resterait 
plus une seule; mais on a bien soin, au contraire, de les relever avant la fin du courant 
de flot et on ne perd ainsi qu'un très petit nombre de crustacés. La pêche terminée dans 
un sens, on peut recommencer en plaçant la nasse dans le sens opposé, ou attendre un 
nouveau courant de flot. 

Toutes les nasses sont identiques et mesurent environ i mètre de hauteur et om. 40 
d'ouverture maxima. Elles sont groupées ainsi par 10, 20, 3oet même 5o et occupent, en 
travers du fleuve, une longueur variant de 10 à 5o ou 60 mètres, car les piquets sont dis- 
tants les uns des autres d"un mètre, approximativement. 

Les crevettes ainsi capturées sont apportées tous les matins sur le marché et, à Lagos, 
en particulier, où la population européenne est assez dense, cette quantité est insuffisante 
et ne permet guère de préparer des crevettes fumées qui sont, comme nous l'avons 
montré plus haut, à peu près toutes importées du Dahomey. 

Des trafiquants les emportent, ensuite, sur toute la ligne vers Abéokouta, Ibadan, 
Illorin, etc., où elles atteignent une valeur considérable, parfois ofr.o5 la pièce. Aussi 
n'en trouve-t-on pas beaucoup sur les marchés de ces importantes agglomérations. 

La pêche des crevettes se pratique de semblable façon, mais avec plus ou moins d'in- 
tensité, sur toutes les branches du delta du Niger. 

On trouve également le Pœneus brasilieusis sur les côtes du Gabon, à l'embouchure 
des fleuves, et dans les baies de Libreville et de Cap Lopez. Ce sont des formes de grandes 
tailles, plus grandes que celles que l'on trouve communément au Dahomey et qui n'ont 



14 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

guère plus de q à lo centimètres de long. Celles du Gabon rappellent beaucoup les formes 
sénégalaises et mesurent de i8 à 20 centimètres très facilement. Les indigènes n'y prêtent 
aucune espèce d'attention, et les Européens eux-mêmes ne cherchent pas spécialement à 
les capturer. Ce n'est que par hasard qu'ils en trouvent quelques-unes dans leurs nasses 
ou leurs filets. 

Enfin, nous avons recueilli un assez grand nombre de petites formes de cette même 
espèce dans l'estuaire du Congo, aux environs de Banana, aussi bien dans Testuaire 
même que dans les « criques » avoisinantes, où l'eau est plus douce qu'à l'embouchure 
du fîeuve. 

Plus au Sud, l'eau de mer devient très salée ; aussi les Pœneus ne se rencontrent, 
semble-t-il, qu'entrés petite quantité au sud du Congo. 

C'est ainsi qu'Osorio a signalé la présence, à Benguella (Angola portugais) du Pœneus 
canaliculatus OViv., ainsi que celle du Pœneus velutinus Dana, à Saô Thomé. Celte dernière 
espèce a été rencontrée en divers points de la Côte occidentale d'Afrique, mais elle y est 
certainement rare et, en tout cas, ne donne lieu à aucune industrie, comme le fait le 
Pœneus brasiliensis. 

Les Palœmon. — L'espèce de beaucoup la plus commune parmi les Palœmontdce^est^k 
coup sûr, le Palœmon jamaïcensis, var. Vollenhoveni Herk. Certains individus sont 
énormes et mesurent, avec leurs fortes pinces, jusqu'à o m. 40 de longueur. 

On peut dire que cette forme se trouve dans toutes les rivières et lagunes de la côte, 
depuis le Sénégal jusqu'au sud de l'Angola. Non seulement on la rencontre dans les eaux 
douces, mais encore dans les eaux saumâtres et même salées, pendant une certaine période 
de l'année, exactement comme pour les Pœneus^ dans le lac Ahémé par exemple, où, 
pendant la saison des pluies, l'eau est presque douce, tandis que, vers la fin de la 
saison sèche, elle est, au contraire, presque aussi salée que l'eau de mer. 

Nous avons, en effet, calculé, à plusieurs reprises, la salinité du lac Nokoué, à diverses 
hauteurs, pendant notre séjour au Dahomey, en février et mars 19 10, et voici quelles 
ont été les moyennes de nos mesures pour les différents points suivants : 

Sel par litre. 

Tout à fait au fond du lac, près du village d'Adji i6 grammes. 

Vers le milieu du lac 22 — 

A peu près à la hauteur du village d'Avansouri 28 — 

Enfin, dans la lagune de Cotonou 3 1 — 

Des mesures prises en mer, à peu près au même moment, ont donné une moyenne 
de 33 grammes de sel par litre ; c'est dire que l'eau de la lagune de Cotonou, qui, à ce 
moment, était en communication directe avec la mer, était presque aussi salée que l'eau 
de mer elle-même. 

A cause de la présence de ses énormes pinces, les Européens de toute la Côte occi- 
dentale d'Afrique donnent à cette espèce le nom d'« écrevisse », et presque tous sont per- 
suadés d'avoir affaire à de véritables écrevisses africaines. 

La longueur de ses pinces rend ce Palœmon assez peu agile sur la vase, où il se 
tient le plus habituellement- 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE i5 

Lorsqu'il n'est pas inquiété, il se déplace en avant, l'abdomen étalé, en soulevant ses 
pinces, l'une après l'autre, ou, le plus souvent, les deux à la fois; il avance ainsi très len- 
tement et légèrement de côté. Si, au contraire, il se sent menacé, d'un coup brusque, il 
replie son abdomen sous le corps et file comme un trait, mais en arrière. La marche 
rapide, qui devient, à ce moment, delà natation, se produit donc toujours en arrière, l'ani- 
mal rassemblant ses pinces et ses pattes en avant pour former une masse compacte et 
allongée qui facilite la rapidité de la fuite. 

On rencontre ces crustacés assez fréquemment dans les lagunes et les marigots du 
Sénégal où les Ouolofs les appellent « Sipa sipa ». 

he Palœmon jamaïcensis est aussi très commun dans les rivières de la Guinée où les 
Soussous lui donnent le nom de « Sanfuid ». Les « écrevisses » de la rivière de Coyah sont 
très connues de tous les Européens de Konakry et des environs ; et, de fait, ces crustacés 
sont absolument excellents. Ce sont les femmes surtout qui se livrent à la pêche. 
Elles les recherchent dans la vase, soit avec les pieds, soit à l'aide de corbeilles, ou encore 
à la main dans les trous et sous les pierres. En une heure ou deux, elles ont rempli une 
corbeille qui contient environ un kilogramme de Palœmon et qu'on leur paie entre 
() fr. 5oet I franc, suivant l'abondance. 

A la Côte d'Ivoire, les Pœneus sont assez rares, et ce sont les Palœmon qui dominent. 
Les indigènes emploient, pour 
les capturer, non seulement, 
comme en Guinée, les mains, 
les pieds et les corbeilles en 
rachis de feuilles de palmiers, 
mais, en outre, de véritables 
pièges ou nasses, dont l'une 
des formes est semblable à 

celle que nous avons décrite Fig. 6. — «E/uW-é/in/^'^ » ou nasse double à « écrevisses > (Côie d'ivoire). 

pour la pêche des Pœneus au 

Dahomey. Ce sont des nasses en forme de bouteilles nommées « étuvi ». L'« étinn élingé » 
est un peu différente. Cette nasse est cylindrique et les « écrevisses » peuvent entrer par 
les deux extrémités. Sur le côté, se trouve une porte qui permet de placer l'appât et, 
aussi, d'enlever les crustacés capturés. En Appollonien, on désigne les Palœmon jamaï- 
censis sous le nom de « san^aket » ; en Abouré, sous celui d'« abitan ». 

Les indigènes placent les pièges au fond de l'eau, sur la vase, après les avoir 
amorcés avec une petite quantité de farine de manioc ou de maïs, malaxée avec de l'huile 
de palme, he-s, Palœmon sont attirés par l'odeur de l'huile et, surtout pendant les mois 
d'octobre et novembre, sont capturés en très grande quantité. Les Noirs ne les 
consomment guère ; aussi, presque toute leur pêche est-elle apportée sur le marché. Au 
moment le plus favorable, cette industrie est si productive dans la lagune, qu'on peut 
acheter un bon plat d'« écrevisses », sur le marché de Bassam, pour o fr. lo ; mais, avant le 
mois d'octobre et après le mois de novembre, ces crustacés deviennent de plus en plus 
rares et, par conséquent, de plus en plus chers. 




i6 ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 

On les rencontre fort loin de l'embouchure des fleuves, en eau complètement douce, 
jusque dans la moyenne Sassandra et la Comoé. 

Au Dahomey, ils remontent assez haut dans l'Ouémé et il n'est pas rare d'en ren- 
contrer à la hauteur de Zagnanado, par exemple. 

Au Gabon, où le nom gallois de ce Palœmon est « otana », on le rencontre dans 
tous les fleuves et même dans les petits ruisseaux de la côte. 

Les Européens, plus spécialement, font une pêche assez intensive; mais les indigènes, 
extraordinairement paresseux, ne semblent guère s'y intéresser, même pour la vente aux 
Européens. 

On retrouve également ces Crustacés dans le Congo, soit dans le fleuve lui-même, où ils 
remontent bien au delà de Boma et de iMatadi, soit dans les ruisseaux qui s'y jettent, soit 
encore dans le vaste delta lagunaire de Tembouchure, qu'on désigne sous le nom de 
« criques ». Les indigènes désignent cette espèce, en assolongo, sous le nom de « kossa », 
et la capturent surtout aux environs de Maléla. 

Enfin, le Palœmon jamaïcensis est également assez connu dans la plupart des fleuves 
de l'Angola portugais, comme le Cuenza, le Catumbellaet le Cunène. 

Nous avons capturé en Guinée, principalement dans la rivière de Coyah, une autre 
espèce de Palœmonidœ, le P. acanthiirus Wiegmann = P. macrobrachion Herkl. — Cette 
forme, beaucoup plus rare que la première, porte, en Guinée, le nom de « sanson », en 
Soussou. s 

Elle a été, également, signalée au Sierra Leone, qui est voisin, au Cameroun, à 
Brazzaville, et même à Sainte-Hélène, dans les eaux complètement douces, à l'intérieur 
des terres. 

C'est une forme voisine de celle-ci, se rapportant très vraisemblablement au P.pauci- 
dens, Hilg., que les Foulah capturent dans divers ruisseaux, aux environs de Mamou et 
sur le plateau, du Fouta. Ils la désignent aussi sous le nom de « sanson ». 

Enfin, nous devons signaler, en terminant, une espèce assez rare sur toute la côte, 
mais qui paraît, cependant, assez commune à l'embouchure du Congo, où nous en avons 
capturé un assez grand nombre d'individus : c'est le Palœmon [Leander) hastatiis Auriv. 

Ce Palœmonide est bien une forme comestible, mais, en fait, il n'est que très rare- 
ment utilisé par les rares Européens qui, à l'aide d'engins perfectionnés, peuvent se livrer 
à sa pêche. 

Il existe bien encore quelques espèces qui, accidentellement, peuvent être utilisées 
comme aliment parles Européens ou les indigènes. Ceux-ci les pilent, généralement, dans 
l'hiiile de palme et les utilisent comme condiment. Ce sont : les Ocypodes, les Gélasimes, les 
Grapses, etc. ; mais il serait difficile d'en donner une liste complète : il faudrait pour cela 
passer en revue presque toutes les espèces de crustacés décapodes de la côte ; ce serait là 
un pur travail de géographie zoologique qui ne doit pas nous intéresser, pour le moment. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Planche 1 




Phot A, Gruvvl 



D -A. LONGUEr, IMP. PHOT. 



yip- I — Village de pécheurs sur le lac Nokoué (Dahomey) 
Fig- a — Intérieur d'une case de pécheurs sur le lac Ahémé (Dahomey) 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 




Phot. C intract 



PRINCIPAUX CRUSTACÉS COMESTIBLE 



Planche 2 




D.-A LONGUET. IMP PHOT. 



E LA COTE OCCIDENTALE DAFRIOUE 



EXPLICATION DES PLANCHES 



PLANCHE I 

Fig. I. — Village de pêcheurs sur le lac Nokoué (Dahomey). 

Le village d'Afotonou, représenté par cette photographie, est entièrement lacustre. On voit les cases au 
milieu desquelles on circule en pirogue. Les filets sèchent sur les terrasses que l'on atteint au moyen 
d'échelles de bois enfoncées dans la vase du lac. 

Fig. 2. — Intérieur de la cour d'une case de pêcheur siar les bords du lac Ahémé (Dahomey). 

On aperçoit, à droite : un épervier au séchage et les tours pour le fumage des crevettes ; à gauche : le 
fond d'un filet traînant pour la pêche des crevettes et, à terre, les jarres de terre, de fabrication indigène, 
qui servent de récipients de toutes sortes. 

PLANCHE II 

Fig. I. — Callinectes diacanthus, var. africanus, M. Edw., vu de dos. G = -. 

Fie. 2. — Scyllarus latus, Latr., vu de dos. G = -. 

4 

Fig. 3. — Cardisoma armatum. Herk. G = -. 

4 

Fig. 4. — Palœmon jamaïcensis, var. Vollenhoveni, Herk. G = ^. 
Fig. 3. — Palœmon acanthurus =-~ P. macrobrachion, Herk. G = -. 

Fig. 6. — Le même (forme sans pinces). G — -. 

3 
Fig. 7. — Pœneus caramota, Risso. G ^ -. 

4 
Fig. 8. — Pœneus brasiliensis, Latr. G = 1. 



T. V. — Fasc. I. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



AURIVILLIUS (K..)- - Sv. Vet. Handl., XXIV, 1898. 

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DARBOUX, etc. — L'Industrie des pêches aux colonies. Marseille, 1906. 

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p. 271, 1900). 
ROCHEBRUNE. - Bull. Soc. Phil., Paris, vol. VII, i883. 
WIEGMANN. — Archiv. fur Naturg., II, PI. I, i836. 



2260-12. — CORBEIL. IMPRIMERIE CRETE. 



Ueber die 

Experîmentelle Beeînflussbarkeit 

von Farbe und Form 



BEI 



Sphaerococcus coronopifolius Stackh. 



Von D^ Alfred HEILBRONN. 



Die Versuche von Engelmann und Gaidukow iiber die chromatische Adaption von 
Oscillaria sancta und OscillariaCaldariorum gaben mir die Anregung zu Untersuchungen 
deren Zweck es war, festzustellen, ob hoher organisierte pflanzliche Organismen die 
Fâhigkeit batten, sich in der Farbe den ihnen gebotenen Lichtverhaltnissen bestmoglichst 
anzupassen. Die alte Théorie welche die rote Farbe der Florideen als Anpassungser- 
scheinung an das blaue Licht, das im Meere vorherrscht, deutet, forderte dazu heraus 
mit roten Meeresalgen zu experimentieren. Es handelte sich nun darum, einen Orga- 
nismus zu finden, der fiir solche Versuche geeignet schien. Nach zahlreichen Vorver- 
suchen mit Bornetia, Gigartina, Rhodophyllum und Sphaerococcus entschied ich mich 
schliesslich fiir den letzteren aus verschiedenen Griinden : Vergleicht man namlich 
Sphaerococcuspflanzen, welche Standorten verschiedener Tiefen entstammen, so findet 
man, wieschon Berthold(i) beobachtet hat, ausserordentlich grosse Verschiedenheiten in 
der Tonung des Rot. 

Ferner zeigt Sphaerococcus auch sonst morphologische Verschiedenheiten je nach 
den Tiefen, in denen er sich findet und auch das Gestein, auf welchem er wachst, beein- 
flusst seine Wachstumsform in merklicher Weise. Ein drittes Moment, welches fur mich 
auch noch bestimmend war, gerade diese Pflanze zu meinen Untersuchungenzu wahlen. 
war ihr haufiges und reichliches Vorkommen in der Nâhe von Monaco, wo diese Unter- 
suchungen ausgefiihrt wurden. 

(i) Berthold, G. Verteilung der Algen im Golf von Neapel (Mitt. d. zool. Station, 1882). 

T. V. — Fasc. 2. I 



3 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Es ist selbstverstândlich, dass ich bei den Untersuchungen, welche von der Beeinfluss- 
barkeit der Farbe ihren Ausgang nahmen, nicht blind an den Formveranderungen vortïber 
gehen durfte, welche die verânderten Lebensbedingungen den Pflanzen auferlegten. Es 
zeigte sich spâter, dass dièse hâufig auflFallender waren als die chromatischen Variationen. 

Wollte man dem Problem der experimentellen Beeinflussbarkeit naher kommen, so 
blieben fïir die Versuchsanstellungen zwei prinzipiell verschiedene Methoden. Die eine 
war die Kultur im freien Meere, die andere die Kultivierung im Aquarium. Natûrlich 
"hat die erstere vor der anderen die môglichste Annâherung an die in der Natur vorlie- 
genden Verhâltnisse voraus, die letztere dagegen erôfFnet ein viel weiteres Feld expe- 
rimenteller Beeinflussung ; sie gibt uns die Môglichkeit, sâmtliche physikalischen, wie 
chemischen Faktoren nach Belieben auf die Pflanzen einwirken zu lassen. 

Beide Methoden brachte ich in der Folge zur Anwendung und ich werde jetzt etwas 
naher auf die eigentliche Versuchsanstellung zu sprechen kommen mûssen, vor allem 
deshalb, weil dieselben mit so erheblichen Schwierigeiten technischer Natur verknûpft 
waren. 

I. — Die Kultur im freien Meere. 

Es handelte sich darum, Pflanzen, die der gleichen Meerestiefe entstammten, in 
verschiedenen zu kultivieren. Dies versuchte ich zunâchst dadurch zu erreichen, dass ich 
Algen, welche in ungefahr drei Meter Tiefe wuchsen, mit einem Rechen von ihrem 
Standorte losriss und dièse nun in Kôrbe aus einem weitmaschigen Geflecht galvani- 
sierten Eisendrahtes in annâhernd gleichen Mengen verteilte. Die Kôrbe wurden alsdann 
in Abstanden von je 20 Metern an einem 100 Meter langen Seil befestigt, an dessen einem 
Ende eine Schwimmboje angebracht war, wahrend am anderen ein schwerer Stein dazu 
dienen soUte, das System am Grunde zu verankern. Daraufhin musste ich im freien 
Meere durch Lotung eine Stelle entsprechender Tiefe finden, an welcher der Versuch 
ausgefûhrt wurde. 

Dièse Versuchsanordnung schlug vollstândig fehl. In erster Linie aus einem Grunde 
nicht biologischer Natur. Das an den dortigen Gestaden lebende Fischervôlkchen schien 
die Boje fiir seine Zwecke recht gut brauchen zu kônnen, denn eines schônen Morgens 
war sie verschwunden. Da man solchen Eventualitâten gegenûber natïirlich machtlos ist, 
zumal da eine Tiefe von 100 Metern nicht im allernâchsten Bereich der Kuste oder gar des 
Hafens zu finden war, wo durch gute Bewachung man vielleicht sich hâtte schiitzen 
kônnen, musste eine andere Méthode gefunden werden. Es zeigte sich ûbrigens bei spâ- 
teren âhnlichen Versuchen, dass auch in biologischer Hinsicht die Kultur abgerissener 
Algen in Drahtkôrben nicht ausfûhrbar ist. Sphaerococcus geht im Meere sofort zu 
Grunde, wenn man ihn von seiner nattirlichen Unterlage gewaltsam lostrennt. Man 
musste also wohl oder ûbel die Pflanze auf dem Steine lassen, auf dem sie ursprûnglich 
angewachsen war, was natûrlich die Versuchsanstellung abermals erheblich erschwerte. 
Sphaerococcus findet sich nâmlich in der dortigen Gegend hauptsâchlich auf ganz grossen 
Felsblôcken und es ist ganz unmôglich, solche aus der Tiefe heraufzubekommen. Nach 
langem Suchen glûckte es, einzelne kleinere Blôcke mit Algen zu finden und dieselben 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 3 

mit einer mehrere Meter langen Zange heraufzubekommen. Wollte man also die Algen 
auf diesen Steinen in verschiedenen Tiefen weiter kultivieren, so musste eine Méthode 
gefunden werden, die es ermôglichte, die Steine in den gewûnschten Tiefen in richtiger 
Lage festzuhalten. Das war leicht môglich, wenn man sie jedesmal auf den Grund ver- 
senken konnte und sich eben solche Stellen im Meere aussuchte, wo die jeweils gewûnschte 
Tiefe gerade gelotet wurde. Jetzt galt es aber, die einmal versenkten Steine auch wieder 
zu finden, was âusserst einfach gewesen ware, wenn man an jeden Stein ein langes Seil 
mit einer Boje am Ende batte befestigen kônnen. Allein, die ersten schlechten Erfah- 
rungen verboten natiirlich die weitere Verwendung von Bojen fur meine Versuche und 
ich entschloss mich auf den Rat Sr. Durchlaucht des Fûrsten von Monaco zu folgender 
Anordnung. : An dem Stein, welcher die Alge trug, wurde ein Seil befestigt, welches je 
nach der in Anwendung gelangenden grosseren oder geringeren Tiefe langer oder kùrzer 
war, aber immer mehr als anderthalb mal so lang wie die betreffende Tiefe und welches 
an seinem anderen Ende an einen zweiten schweren Stein geknûpft war. Der 
erste Stein wurde alsdann versenkt und der Punkt, an dem dies geschah genau durch 
optische Visicrung von 2 mal 2 weit von einander entfernten Punkten festgelegt; alsdann 
bewegte man sich mit dem Boot, in welchem man noch den zweiten Stein hatte, in 
bestimmter Richtung, in unserem Fall senkrecht zur Siidfassade des Museums von der 
Kuste weg solange, bis das Seil straff gespannt war. Dann liess man den zweiten Stein in 
die Tiefe gleiten und bestimmte abermals durch Visieren die genaue Lage dieses Ortes. 
Um spâterhin die so ausgesetzten Kulturen wiederfinden zu kônnen, brauchte man nur 
mit einem an langem Seile schleppenden Ankerhaken ûber das zwischen beiden Steinen 
gespannte Scilstûck hinwegzufahrcn, konnte auf dièse Weise das Seil fassen und die Steine 
in die Hôhe ziehen. So wertvoU dièse Méthode fiir Versuche von ktirzerer Dauer ist, in 
meinem Fall bewahrtesie sich nicht ; deshalb weil bei der langen Dauer der Versuche 
das Hanfseil das wir verwendet hatten, vom Meere fast vollstândig zerstôrt worden war 
und infolge dessen bei dem Versuch, es mit dem Anker hochzuziehen, sicher sofort 
zerriss. Dies scheint mir wenigstens die plausibelste Erklârung dafûr zu sein, dass 
von vier auf dièse Weise ausgesetzten Versuchen keiner wieder zu finden war. 
Um nicht ein drittes Mal Enttâuschungen zu erleben, entschloss ich mich 
schliesslich zu einer allerdings ziemlich kostspieligen Méthode, die sichere Aussicht 
auf Erfolg bieten musste. Ich verwandte ein fingerdickes Drahtseil dessen eines 
Ende an einem eisernen Ring an den Fundamenten des Museums selbst verknotet 
war. Das Seil musste so lang sein, dass es von der Kûste soweit hinaus ins Meer 
reichte, bis man die grosste gewiinschte Versuchstiefe — in meinem Falle go Meter 
— loten konnte. An dieser Stelle wurde der Stein, welcher fur den go Meter Versuch 
bestimmt war, befestigt und an drei anderen Stellen des Seiles, dort wo es auf Tiefen von 
10,40 und 82,5 Meter sinken musste, ebenfalls algentragende Blôcke angebunden. So 
wurde dann das ganze Seil in die Tiefe versenkt. Um die Kulturen nach Ablauf der Ver- 
suchszeit wieder zu bekommen, brauchte man nur das Seil von dem Ringe am Museum 
losknoten und mit einer Winde langsam heraufholen. Dièse Méthode bewâhrte sich 
in der Tat und ûber die Resultale werde ich in der Folge berichten. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Resultate der Kulturen in verschiedenen Meerestiefen. 

Die Resultate, die ich erhalten konnte, beschranken sich auf die drei Tiefenstufen 
von I o, 40 und 82, 5 Metern. Der Stein, welcher in go Meter Tiefe geruht batte, ging leider 
beim Aufholen infolge Zerreissens des Seiles zu G runde. Verglich man die den verscbiedenen 
Versuchen entstammenden Pflanzen mit solchen, die friscb von dem ursprûnglichen 3 
Meter tiefen Standort entnommen waren, so zeigte es sich, dass nur die Pflanzen von 40 
Meter Tiefe den Farbton unverândert behalten batten. Allein die Spitzen der jûngsten 
Triebe waren griin geworden, batten also das Rhodopbyllin entlassen. Dass dies nicbt 
als Beginn des Absterbens zu deuten war, so wie frûher vielfacb bebauptet wurde, 
erbellt aus der Tatsache, dass die Pflanze, nachber ins Aquarium gebracbt, aucb an den 
Spitzen die rote Farbe wieder annahm. Im Uebrigen zeigte die bei 40 Meter kultivierte 
Pflanze keinerlei aussergewôbniicbe morphologische Erscheinungen. Anders die bei 
10 und 82,5 Meter ausgesetzten Kulturen. Die erstere batte ein gelblicbbraunes Aussehen 
angenommen, war mittlerweile stark in die Lange gewachsen, obne aber an Umfang ents- 
prechendzuzunehmen. « Vergrtinungen » (i) waren keine wabrzunehmen und die Pflanze 
machte im Ganzen einen gesunden Eindruck. DieKultur von 82,5 Meter hingegen batte 
scbon bei der ersten Betrachtung das Aussehen einer schwergeschâdigten Pflanze. Die 
jungen Spitzen waren wohl aucb grûn aber nicht mehr turgescent. Aucb batte das Grûn 
eine mebr ins Weisslicbe spielende Schattierung, gegenûber der saftgrûnen Fârbung an 
den Spitzen von der 40 Meter-Kultur. Die Farbe der ganzen Pflanze war violett geworden, 
âhnlich im Ton wie Porphyra. Unterbalb der absterbenden Spitzen fanden sich aber 
zahlreiche Carpogone. Die âlteren Pflanzenteile waren gewaltig verdickt und so gebogen, 
dass die ursprûnglich aufrecht wachsende Pflanze rosettenartig eine môglichst grosse 
Flâche dem von oben einfallenden Lichte darbot. Die Deutung dieser Erscheinung kann 
in zwei Dingen zu suchen sein : Die eine Môglichkeit ware die, dass die Pflanze eine 
môglichst grosse assimilierende Oberflâche dem Lichte darzubieten sucht; die andere 
Erklârung grûndet sich darauf, dass die abgestorbenen Spitzen assimilationsunfâhig sind 
und die Pflanze um ihre gesunden assimilationsfâhigen Telle dem Lichte zuzukehren, 
notgedrungen eine Kriimmung ausfûhren muss. 

So weit die Resultate nach der ersten dreiwochentlichen Versuchsperiode. Damais 
wurden die Pflanzen heraufgeholt, von jederkleine Proben entnommen und konserviert, 
dann wieder versenkt, nachdem jedem Stein ein zweiter mit frischen Versuchspflanzen 
zur KontroUe beigegeben war. Nach abermals ungefahr drei Wochen mussten die Kultu- 
ren endgiltig heraufgeholt werden, well bis dahin das Drahtseil so weit durchgerostet 
war, dass ein weiteres Verbleiben desselben im Wasser bedenklich erscheinen musste. 

Die Resultate nach sechs Wochen verstarkten nur den Eindruck, den die Pflanzen 
schon nach der ersten Période gemacht batten. Die damais neu ausgesetzten Kulturen 
zeigten genau diegleichen Erscheinungen wie die ersten nach dreiwochentlicher Frist. 

(t) Ich gebrauche den Ausdruck. « Vergruenung ■» fiir die ebeti beschriebene Erscheinung. -•• 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 5 

Die anderen, die also sechs Wochen den verânderten Bedingungen ausgesetzt waren, 
hatten sich in der bereits angedeuteten Richtung weiter entwickelt. Das heisst also 
genauer : nur die Kultur von 40 Meter Tiefe war normal geblieben, hatte unverândert 
ihr végétatives Wachstum beibehalten und zeigte immer noch die leichte Ergrûnung der 
jiingeren Spitzen. Die Kultur von 10 Meter war so stark in die Lange gewachsen, dassdie 
einzelnen Zweige straussfedernartig zur Seite gebogen waren, sobald man die Pflanze 
aus dem Wasser herauszog. Dieses Umlegen war nur eine Folge der Schwere, nicht 
etwa wie bei der 80 Meter Kultur die Folge einer Wachstumskrummung der unteren 
Pflanzenteile. Die Spitzen hatten eine hellere rotliche Tonung angenommen und began- 
nen an vereinzelten Stellen die gleiche grtine Schattierung anzulegen, wie die Pflan- 
zen aus 40 Meter Tiefe. Die Pflanze von 82,5 Meter Tiefe war bereits stark reduziert. 
Alle jiingeren Telle waren abgestorben, die alteren ausserordentlich stark verdickt, die 
Carpogone verschwunden, die Farbe ein tiefdunkles, ins Braunliche schimmerndes 
Violett. 

n. — Die Kultur im Aquarium. 

Die Kultur von Sphaerococcus im Aquarium gelingt nur dann in einwandfreier 
Weise, wenn die Pflanze noch an ihrer urspriinglichen Unterlage, zum mindesten an 
einem kleinen Steinsplitter haftet. Es ist von Vorteil, wenn dieses Steinstiickchen nicht 
derri Boden des Aquariums aufliegt, sondern so aufgehangt ist, dass die Pflanze nach alien 
Seiten besonders aber nach unten sich frei entwickeln kann. Dies entspricht "auch dem 
naturlichen Vorkommen der Alge in den geringeren Meerestiefen. Sie findet sich meist 
nicht an der Oberflache, sondern an den Seitenflachen oder selbst an der Unterseite 
ûberhângender Felsblôcke. Es erwies sich . aus nicht nàher ermittelten Grunden 
zweckmassig, in den Versuchsaquarien einige andere Algen, vor allem Bornetiain einiger 
Entfernung vonder Versuchspflanze anzusiedeln; die Anwesenheit von Ulva im gleichen 
Aquarium stellte sichalsuhbedingt schadlich fiir Sphaerococcus heraus. Es zeigte sich da 
eine eigentiimliche Erscheinung. War Sphaerococcus in einem kleineren Glasgefasse in 
quantitativer Ueberlegenheit gegenuber Ulva vorhanden, so begann die letztere sehr 
rasch abzusterben, indem sie gleichzeitig den von Fabsterbenden Sphaerococcus 
stuckchen entlassenen gelblichen Farbstoff intensiv aufspeicherte, sodass schiesslich die 
ganze Pflanze ein rein gelbbraunes Aussehen annahm. In der Folge starb denn auch 
Sphaerococcus nach vorheriger vollstandiger Griinfarbung und Produktion von Carpo- 
gonen ab. War Ulva jedoch starker vertreten als Sphaerococcus, so ging der letztere 
ohne Weiteres zu Grunde. An Ulva liessen sich merkliche Schadigungen nicht nachweisen. 
Diese aufïâllige Erscheinung der direkten Giftwirkung einer Pflanze auf eine andere 
ist wohl auf StofFwechselproducte von Excretnatur zuriickzufuhren, nicht etwa 
vielleicht auf in Ulva aufgespeicherte Zellsubstanzen. Dies erhellt wenn auch nicht 
ganz einwandfrei aus dem einfachen Versuch, bei welchem Sphaerococcus mit zerrie- 
benen, also frisch getôteten Ulvapflanzen in einem Glase zusammengebracht, keine 
merklichen Schadigungen erlitt. Allerdings ware es auch moglich, dass die giftigen Subs- 



6 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

tanzen mit einem durch dasZerrciben frei werdenden Korper eine ungiftige Verbindung 
eingingen. 

Die Kultur von Sphaerococcus verlangt ferner, eine gute Durchlûftung und sehr 
reichen Wasserwechsel im Aquarium. Ich glaube nicht, dass dièse Erscheinung auf ein 
grosses Sauerstoffbedûrfniss zurûckzufïihren ist, vielmehr wohl auf die feine Empfindlich- 
keit der Pflanze gegenûber Giften und Zersetzungsprodukten, die sich so leicht in 
ungeniigend gelûfteten Aquarien einstellen. Die Temperatur des Wassers darf i8 Gr. 
Celsius nicht ûberschreiten. Wie empfindlich die Pflanze gegen hôhere Temperatur ist 
ersieht man aus einem spater mitzuteilenden Versuch. 

Die Kulturen wurden unter den folgenden Bedingungen ausgefûhrt : 

a) in verschiedenfarbigem Lichte; 

b) in der Dunkelheit; 

c) in kontinuierlicher Beleuchtung; 

d) bei erhôhter ; 

e) bei erniedrigter Temperatur; 

/) in stark bewegtem und sauerstoffreichem Wasser ; s 

^) in ruhigem, sauerstotfarmen Wasser; 

h) unter der Einwirkung eines schwachen elektrischen Stromes. 



A. — Die Kultur in verschiedenfarbigem Lichte. 

Die Ausfïihrung vollzog sich in der Weise, dass die Pflanzen auf einem Steine 
sitzend, ins Aquarium gebrachl wurden, welches alsdann mit einem ringsum vollstàndig 
lichtdichten Holzkasten ûberdeckt wurde. Nur an der vorderen Seite war ein grosses, 
Schiebfenster angebracht, welches durch verschiedenfarbige Glasplatten ersetzbar war. 
Ich arbeitete mit kobaltblauen, rubinroten, mangangrunen und dunkelbraungelben. 
Glasern, die spektroscopisch untcrsucht waren. Die blaue Platte absorbierte den 
langwelligen Teil des Spectrums von Rot bis Gelb ; die rote das gesamte Spectrum mit 
Ausnahme des Rot und ciner schwachen Zone im iiussersten Violett. Die griine zeigte 
keine rein begrenzten Absorbtionsstrcifen, doch eine merkliche Schwâchung in Rot 
Orange und Violett. Die braune endlich schwachte den kurzwelligen Teil des Spectrums 
in betrachtlichem Masse. 

Ich erhoffte mir das gûnstigste Kulturergebnis von der hinter der blauen Scheibe 
wachsenden Pflanze, weil das blaue Licht dem im mittellândischen Meere vorherrschen- 
den am àhnlichsten zu sein schien. Der Versuch soUte mich anders lehren. Von den 
drei, gleichzeitig angesetzten Kulturen in Blau, Rot, und gewôhnlichem Tageslicht zeigte 
die blaue schon nach sechszehn Tagen Anzeichen beginnender Schadigung. Nach 
abermals drei Tagen folgte die Vergleichskultur, die ohne Farbenfilterangesetzt war, 
nacb, wohingegen die rote unverândert gutes, langsames végétatives Wachstum zeigte. 
Nacb- 20 Tagen zeigten die ki blauem Licht kultivierten Pflanzen zahlrciche Carpogone 
an den bereits ergriinten Spitzen, nach 26 Tagen war (die ganze Pflanze griin geworden 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE ' 7 

hatte ihre Turgescenz verloren, war also bereits abgestorben. Die in gewôhnlichem 
Tageslicht aufgezogene Alge zeigte wohl wie schon erwâhnt, nach 19 Tagen auch Schâ- 
digungserscheinungen an den Spitzen, allein dièse schritten in der Folge anders fort. 
Die Pflanze wurde nâmlich intensiv gelbbraun, spâter grauweisslich und starb dann 
ab ohne vorher Fortpflanzungsorgane zu bilden. Wir haben also die unerklarliche 
Erscheinung vor uns, dassdas rote Licht welches doch nachgewiesermassen den Pflanzen 
im Meere ingeringster Menge zur Verfûgung steht und welches doch von ihnen nicht 
einmal absorbiert wird, die gïinstigste Lebensmôglichkeit im Aquarium darstellt. Ich 
wiederholte die angegebenen Versuche noch zwei Mal mit gleichen Resultaten und schritt 
dann, weil mir das Résultat so ganz unfasslich erschien, und weil ich immer glaubte, 
dass doch vielleicht individuelle Verschiedenheiten der Versuchspflanzen oder Zufâlle 
nicht kontrollierbarer Art das Ergebnis beeinflusst hâtten zu einem Versuch, der 




unbcdingteindeutigeResultate ergeben musste. Derselbe warinfolgender Weiseangestellt 
(Fig.). Die auf einem kleinen Steinchen sitzende Versuchspflanze. A war so zwischen 
einen 1 dm. im Durchmesser messenden Kork B. geklemmt, dass einzelne Zweige zur 
Linken,andere zur Rechten desselben herausragten. Samtliche Zweige waren, vor Beginn 
des Vcrsuches, in gleichmassig guter Entwicklung. Dann wurde fiber den Kork links ein 
roter, rechts ein blauer Cylinder derart gestulpt, dass die Pflanzen bequem im denselben 
hineinragten. Die beidcn freien Enden der Cylinder waren miteiner vielfach durchlochten 
Zinkkappe verschlossen. Der Kork trug am oberen Teil des Randeszwei Durchbohrungen, 
von denen die eine in den linken, die andere in den rechten Cylinder miindete. In densel- 
ben sassen zwei Glasrohre C. und D., durch welche beiden Pflanzenteilen genau 
gleichartig ein Gemenge von Luft und Seewasser zugefiihrt wurde. Das ganze System 
war in einem dem Tageslicht ausgesetzten Aquarium untergetaucht. Nach 18 Tagen auch 
hier wieder das gleiche Ergebnis. Der blau beleuchtete Teil der Pflanze treibt Carpogone, 
der rote nicht; nach 27 Tagen beginnt der blau beleuchtete Teil abzusterben, der rote 
hat unverdndert sein gesundes Aussehen. Dieser Versuch ist eindeutig. Wir haben 
beiderseits genau die gleichen Teniperatur-und Druckverhâltnissewir haben den gleichen 



8 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE' 

SauerstofFreichtum des Wassers, wir habèn den gleichen Organismus der gleichzeitig 
nur durch verschiedenfarbiges Licht beeinflusst wird. 

Es ist auffâlling und schliesst in unserem Falle die'Môglichkeit der Annahme einer 
Fâhigkeit fiir chromatische Adaption vollstândig aus, dass dièse Rotalge in rotem Licht 
ihren Farbton unverandert beibehâlt, solange nicht schwere Schadigungen das Verblas- 
sen derselben zur notwendigen Folge haben. Es ist unbegreiflich, dass der Farbton, der 
dem natùrlichen amnâchstenkommt, schâdigende Einflûsse auf den Florideenorganismus 
haben kann. Das Auftreten von Carpogonen ist meiner Ansicht nach nicht als direkte 
Folge der blauen Beleuchtung zu deuten. Die Analogie mit den Erscheinungen bei der 
spâter zu besprechenden Elektrokultur weist darauf hin, dass die Bildungvon Fortpflan- 
zungsorganen Hand in Hand geht mit dem Beginne des Absterbens, wenn letzteres durch 
Entlassung des roten Farbstoffes vorbereitet wird ; wir haben nâmlich, — darauf ist, soviel 
ich weiss bis jetzt noch nie das Augenmerk gerichtet worden, — zwei prinzipiell von einan- 
der verschiedene Arten des Absterbens bei Florideen, speziell bei Sphaerococcus. Die 
eine wird dadurch eingeleitet, dass die Alge den roten Farbstoff ins Wasser entlâsst und 
sich grûn fârbt; die andere begirint mit einer Umwandlung des roten Farbstoffes ineinen 
ebenfalls im Meerwasser leicht, in Siisswasser schwerer lôslichen, intensivgelbbraunen. 
Dieser letztere Modus tritt immer auf, wenn die Pfîanze durch Gifte in geringen Dosen 
plôtzlich getôtet wird. Auch Ueberfiihrung der Alge vom Meer ins Siisswasser ruft die 
gleiche Erscheinung hervor. 

Die Kultur hinter griinen und braungelben Scheiben konnte, wie schon die oben 
erwâhnten Versuche erwarten liessen, keinerlei ûberraschendeErscheinungen mehrzeigen. 
Von chromatischer Adaption keine Spur. Die Pflanzen zeigten in beiden Fallen gutes 
Wachstum, das in dunkelgrûnem Lichte sogar langer anhalt als im roten, sterben aber 
nach fûnfwôchentlicher Kultur, ohnevorher Fortpflanzungsorgane zubilden, bis auf die 
àltesten Telle ab, die dann wochenlang in einem vegetativen Ruhezustand beharrten, bis 
sie schliesslich ebenso wie die Pflanzen in rotem und weissem Licht nach Umwandlung 
ihres roten Farbstoffes in den gelben abstarben. 



B. — Die Kultur in der Dunkelheit. 

Es war vorauszusehen, dass die absolute Unmôglichheit der Assimilation, die 
Pfianze sehr rasch dem Hungertode ausliefern musste. Intéressant ist nur die Tatsache, 
dass das Absterben hier wieder in einer anderen Weise vor sich ging als in der sonst 
beobachteten. Es tritt nâmlich weder Entlassung des roten Farbstoffes, noch Umwand- 
lung desselben in den gelben ein, sondern die Spitzen werden weiss und voUkommen 
durchsichtig, wâhrend die alteren Teile zwei bis drei Wochen lang rot und, turgescent 
bleiben. Es hat den Anschein, als ob die Pfîanze die gesamten Stoffe aus den jùngeren 
Teilen in die alteren zuriickzôge. Das Wachstum wird dabei vollstândig sistiert. Man 
hat, wie in friieren Versuchen, so auch hier den Eindruck, als ob die alteren Pflanzen- 
teile bei Sphaerococcus eine âhnliche Rolle spielten, wie vielleicht die Rhizome bei peren- 



. ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 9 

nierenden Krâutern. Im Verlaufe der vierten Woche aber sind dann auch die altesten 
Telle weiss und durcheinend geworden und abgestorben. 



C. — Die Kultur in kontinuierlicher Beleuchtung. 

Der Versuchwar in der Weise ausgefûhrt, dass das Aquarium rings mit einem Blech- 
mantel umgeben wurde, der elnen pyramidenfôrmigen Aufsatz trug, dessen 
Spltze eine hângende Gasglûhllchtlampe von ca. 45 H. K. Stârke einnahm. Um Erwâr- 
mung zu vermelden war die Wasserzu-und abfuhr elne erhebllch Intenslvere als in den 
anderen Kulturen. Eine Schâdigung trat aber hier sehr bald ein; immerhin von einem 
ganz anderen Typus, wie in den vorhergehenden Fallen. Die Pflanze zeigte nach drei 
Wochen ein eigentûmlich scheckiges Aussehen, hervorgerufen dadurch, dass einze ene 
Zonen rot geblieben waren, wâhrend andere sich grim gefârbt batten. Dieser Zustand 
war auch nur ein transitorischer, in der vierten Woche starb auch dièse Pflanze ab und 
zwar junge und alte Telle gleichzeitig, ohne vorher Carpogone zu entwickeln. 



D. — Die Kultur bei erhôhter^ und 
E. — Bei erniedrigter Temperatur, 

Um môglichst gleichmâssig erhôhte Temperatur herzustellen, ohne dabei den Gas- 
gehalt des Wassers in allzu starker Weise zu beeinflussen, geschah die Erwârmung durch 
zwei eingelegte Glasspiralen, durch welche fortwâhrend heisses Wasser zirkulierte. Die 
Temperatur des Aquariumwassers wurde so auf einer dauernden Hôhe von 23 Grad 
Celsius gehalten. Dies bedeutete eine Steigerung von 5 Gr, gegen iiber der Durch- 
schnittstemperatur der Vergleichsaquarien. Dièse Temperaturerhôhung genûgte, um 
die Algen binnen acht Tagen zum Absterben zu bringen, und zwar trat der Tod ein, 
nachdem die Pflanze schon am vierten Tage die bereits ôfter erwâhnte gelbe Fârbung 
vôllig angenommen batte. Da ich vermutete, dass vielleicht die plôtzliche Tempera- 
tursteigerung an diesem Résultat schuld war, wiederholte ich den gleichen Versuch mit 
einer neuen Pflanze, steigerte aber dieses Mal die Temperatur nur um i Grad tâglichum 
die Mittagszeit, sodass also nach fûnf Tagen die gleiche Temperatur wie bei dem ersten 
Versuche erreicht war. Das Résultat war jedoch ebenso negativ wie bei dem ersten 
Versuch. 

Die Temperaturerniedrigung wurde in der Weise bewerkstelligt, dass das stets dem 
Aquarium zufliessende Seewasser vorher durch eine Spirale geleitet ward, welche in 
einem mit Eisstûcken gefûllten Bassin ruhte. Hierdurch gelang es nur, die Temperatur 
um ca, 3 Grad herunterzudrûcken, ein weiteres Absinken der Aquariumtemperatur bis 
auf 12 Grad war dadurch zu erreichen, dass grosse Prâparatenglâser mit Eis gefûllt 
direkt ins Aquarium gestellt wurden. Auch dieser Versuch endigte mit Tôtung der 
Pflanzen. Die Frist war allerdings eine erhebllch lângere als beim Wârmetod ; auch 
T. V. — Fasc. 2. a 



lo ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

war die Absterbeerscheinung verschieden, indem hier die jungen Teile sich zuerst 
weiss fârbten und die alten iangsam nachfolgten. Nach vier Wochen war aber auch 
hier das Ende erreicht. 

Dieses Résultat ist eigentiimlich, demi Temperaturen bis zu 12 Grad Celsius mûssen 
die Pflanzen an ihren natùrlichen Standorten doch jedes Jahr aushalten, Allerdings 
geht in der Natur das Temperaturabsinken so Iangsam vor sich, wie es im Aquarium 
mit einfachen technischen Hilfsmitteln nicht leicht herzustellen ist. Ausserdem war es 
nicht meine Absicht, bei diesem Versuch natûrliche Verhâhnisse môglichst genau zu 
kopieren, sondern ich woUte sehen, ob die Pflanze die Fàhigkeit habe den Schâdigungen 
durch plôtzliche Temperaturverânderungen durch irgendwelche Gegenmassregeln zu 
entgehen. Man kann vieleicht die Tatsache, dass die Absterbeerscheinung an der Spitze 
einsetzt, als solche Gegenmassregel betrachten, denn es hat sich gezeigt, dass Pflanzen, 
welche erst der Kalte ausgesetzt, bereits abzusterben begannen, sich wieder erhohen, 
wenn man sie in ein grosses Aquarium normaler Temperatur einsetzte ; da bildeten sich 
dann unterhalb der abgestorbenen Spitze frische, rote Sprossungen. 



F, — Die Kultur in stark bejvegtem und sauerstoffreîchem^ und 
G. — In ruhigem und sauerstoffarmem Wasseï'. 

Dieser Versuch ging von dem Gedanken aus Bedingungen zu schaffen, die starker 
Brandung an felsiger Kûste môglichst nahe Kâmen. Die Ausfûhrung geschah in der Weise, 
dassmittels einesWasserstrahlgeblâses Luft unter starkem Druck in das Aquarium einge- 
blasen wurde, so dass das Wasser in starke Wellenbewegung kam und gleichzeitig natûr- 
lich infolge der eingeblasenen Luft sich mit SauerstofiF und Stickstoflf sâttigte. Der Erfolg 
war in der Tat ein sehr guter. Wahrend der fiinf Wochen der Versuchsdauer 
zeigten die Pflanzen unverândert gutes, végétatives Wachstum und es gab keinen 
Anschein datûr, dass dasselbe sich in absehbarer Zeit ândern wûrde. Deshalb 
wurde der Versuch abgebrochen. Erzeigt aber, dass die Kultur von Sphaerococcus leicht 
gelingt, wenn man entgegen den allgemein giltigen Vorschriften fiir Algenkultur das 
Wasser nicht zu ruhig hait und besonders fiir reichliche Sauerstofizufuhr sorgt. Der 
Gegenversuch bewies die Richtigkeit dieser Anschauung. Lasst man namlich die Wasser- 
erneuerung im Aquarium in der Weise vor sich gehen, dass die Strômungen aut ein 
Minimum reduziert werden, indem man das frische Wasser, ohne es mit Luft eigens 
zu vermengen, an zwei verschiedenen Stellen in schwachem Strome unter dem Wasser- 
spiegeleintreten lâsst, dann gehen die Pflanzen unter âhnlichen Erscheinungen wie denen 
des Wârmetodes an alten und jungen Teilen gleichzeitig zu Grunde. 



H. — Die Kultur unter der Einn>irkung eines schtpachen elektrischen Stromes. 

Versuchsanordnung : Zwei Akkumulatoren in Parallelsehaltumg lieferten den 
Strom von 2 Volt. Als Elektroden dienten Kohlenplatten, welche mit einer Flàche von 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE ,i 

ungefahr je einem Quadratdecimeter ins Wasser tauchten. Sie waren so angebracht, 
dass der von einer zur anderen Platte gehende Strom die Versuchspflanzen passieren 
musste. Wâhrend i8 Tagen zeigte sich kein Einfluss : dann begannen hier ganz wie bei 
der Kultur in blauem Licht die Spitzen zu ergrûnen und nach abermals 3-4 Tagen viele 
Carpogone zu entwickeln. Wenige Tage darauf wurde die ganze Pflanze grûn und starb 
ab. Also auch hierin vôllige Analogie mit der Kultur in blauem Licht. Es lag nahe, zu 
versuchen, ob durch Verwendung eines hôher gespannten elektrischen Stromes ein 
âhnliches Résultat vielleicht rascher herbeigefûhrt werden kônnte. Zu diesem Zweck 
verwendete isch nichtsahnend die beiden Akkumulatoren diesmal in kreuzweiser Schal- 
tung, hatte also auf dièse Weise einen Strom von ca. 4 Volt zur Verfûgung. Ich hatte 
nicht bedacht, dass dieser Strom ja bereits genûgte, um das Meerwasser zu zersetzen und 
als ich am Morgennach Beginn des Versuches meine Kultur musterte, war dieselbe durch 
das bei der Elektrolyse entwickelte Chlor abgetôtet und vôUig gebleicht. 



Schlussbetraciitung. 

Die Versuche ûber die Beeinflussbarkeit der Farbe von Sphaerococcus coronopifolius 
haben bewiesen, dass hier von direkter chromatischer Adaption keine Rede sein 
kann. 

Sphaerococcus hat wohl die Fâhigkeit, wie sowohl Tiefen-als auch Aquariumver- 
suche gezeigt haben, seine Farbe zu veriindem, aber dièse Verânderung bewegt sich in 
gesundem Zustand nur innerhalb der Grenzen eines helleren oder dunkleren Rots. Und 
selbst so kontriire Bedingungen, wie die Kultur hinter Rotscheiben, vermochten nicht 
den natiirlichen Farbton der Pflanze zu beeinflussen. Es ist nicht ausgeschlossen, dass 
im Verlauf mehrerer Generationen eine Anpassung erreichbar ware, allein, die Versuchs- 
anstellung in einem solchen Falle ist wegen der langen Entwicklungsdauer von 
Sphaerococcus nur fur seiche Personen môglich, die dauernd ihren Aufenthalt am Meere 
haben. 

Intéressant sind Farbenanderungserscheinungen, welche auf das Absterben Bezug 
haben. Wir haben im Verlaufe der Untersuchung gesehen, dass dasselbe in verschiedener 
Weise vor sich gehen kann. Und zwar. 

1. Die Spitzen beginnen unter Entlassung des roten FarbstofFes zu ergrûnen, Carpo- 
gone entwickeln sich, die ganze Pflanze wird grûn (Kultur in blauem Licht, Elektro- 
Kultur); 

2. Der rote Farbstoff verwandelt sich in einen gelbbraunen, gleichzeitig in alien 
Teilen der Pflanze (Vergiftungserscheinung, Kultur inGemeinschaft mit Ulva, Kultur bei 
erhôhter Temperatur); 

3. Die Spitzen entlassen ihren gesamten Farbstoff, erbleichen und dièse Erscheinung 
geht langsam von den jûngeren auf die âlteren Telle ûber (Kâltetod, Kultur in der Dun- 
kelheit) ; 

4. Kontraktion des roten Farbstoffes ineinzelnen Zonen, die ûber die ganze Pflanze 



la ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

verbreitet sind, Zwischenzonen bleiben grûn (Kultur in kontinuierlicher Beleuchtung). 

Eine morphologische Beeinflussung konnte nur bei Kulturen im freien Meere 
beobachtet werden und zwar âusserte sich dieselbe in einer Verdickung der âlteren 
Pflanzenteile und einer Art rosettenfôrmigen Wachstums bei 82 Meter Tiefe, welches 
durch paraheliotropische Krûmmung vielleicht zu deuten ist. 

Dièse Arbeit entstand wâhrend des Winters 19 10- 191 1 am Ozeanographischen Institut 
zu Monaco, und es ist mir eine angenehme Pflicht, den Gliedern des Instituts, insbeson- 
dere dem Direktor Herrn Dr. Jules Richard fur die freundliche Unterstûtzung bei den 
Arbeiten auffreiem Meere, Herrn Dr. M. Oxner fur seine liebenswûrdige Hilfeleistung 
im Laboratorium herzlichst zu danken. Auch dem Prâparator Herrn F. Elmers, der mir 
in mancherlei technischen Schwierigkeiten aus der Klemme half, gebûhrt ein herzliches 
Dankeswort. 



676-1 î. — Corbsil, Impi-inifrle Crilé. 



Mission GRUVEL sur la Côto Occidentale d'Afrique (1909-1910) 



MOLLUSQUES MARINS 



Par Ph. DAUTZENBERG 



J'ai publié en 19 10, dans les « Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux», les 
résultats, au point de vue malacologique, des recherches de M. Gruvel pendant ses pre- 
mières campagnes sur le littoral de l'Aî^rique Occidentale. Ses récoltes avaient été faites 
dans les régions comprises entre la baie du Lévrier et le Sénégal. Pendant sa campagne 
de 1909-1910, il a visité de nombreux points de la Côte africaine entre le Sénégal et 
l'Angola : il y a exploré Conakry et l'archipel de Los, puis la Côte d'Ivoire, le 
Dahomey, le Gabon, le Congo belge, le Benguella. Tous ces points lui ont fourni de 
précieux matériaux, et notamment de nombreuses formes encore inédites. Les circons- 
tances ne lui ont malheureusement pas permis de s'arrêter entre la baie des Tigres et 
le cap de Bonne-Espérance, de sorte qu'il ne nous est pas encore possible de nous rendre 
compte de quelle manière s'effectue la fusion de la faune de l'Afrique Australe avec celle 
de l'Afrique Occidentale: Tout ce que nous pouvons dire aujourd'hui, c'est que bien 
peu de mollusques du cap de Bonne-Espérance remontent jusqu'à l'Angola. 

Nous énumérons dans ce mémoire 5 19 espèces, dont 352 avaient déjà été citées 
dans notre première contribution. La campagne de i909-i9ioa donc fourni 167 espèces 
qui n'avaient pas été rencontrées précédemment par M. Gruvel, et 60 de ces espèces sont 
nouvelles. L'importance de ce dernier chiffre s'explique par le fait qu'on n'a guère pu 
draguer jusqu'à présent dans les parages parcourus par M. Gruvel en 1909-1910, à cause 
des nombreuses difficultés qu'on rencontre, en visitant successivement des pays de natio- 
nalités différentes, pour s'y procurer des embarcations et faire transporter du matériel d'un 
point à un autre. C'est ainsi que les recherches de M. Gruvel ont été contrariées dès 
le début parce que les dragues qu'il s'était fait adresser à Dakar ne lui sont jamais par- 
venues et qu'il a dû recourir à des engins de fortune. Nous devons lui savoir d'autant plus 
gré des résultats inespérés qu'il a réussi à obtenir dans des conditions aussi défavo- 
rables et seulement au prix des plus grands efforts. L'ensemble des récoltes effec- 
tuées par M. Gruvel sur la Côte Occidentale d'Afrique constitue incontestablenient 
T. V. — Fasc. 3. I 



a ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

l'appoint le plus considérable qui ait jamais été apporté à nos connaissances de la faune 
malacologique de cette région. 

L'étude des Marginelles demandant l'intervention d'un spécialiste, je me suis adressé 
à mon excellent confrère et ami, M. A. Bavay, qui a bien voulu se charger de les examiner 
et de décrire leurs formes nouvelles. Son travail se trouve ainsi intercalé dans le mien. 

J'ai indiqué aussi quelques espèces recueillies dans l'archipel du Cap Vert 
par M. A. Bouvier, et sur la Côte Occidentale d'Afrique par M. lecapitaine Le Chatelier, 
par M. le lieutenant de vaisseau Frogé, etc. 



CÉPHALOPODES 

Octopus octopodia Linnéi, var. verrucosa. 
1910. Octopus sp. ? Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid.,I, p. 8. 

Corée, draguée, par 5o mètres. Exemplaire 9 jeune, déterminé par M. le professeur 
Joubin. 

PTÉROPODES 

Cavolinia longirostris (Lesueur). 

1821. Hyalœa longirostris Lesueur mss. in Blainville, Diet. Se. Nat., XXII, p. 81. 

1835. — ■ — Les. d'Orbigny, Voyage Amer. Mérid., p. 100, pi. 6, fig. 6-10, Oc. Atl. 

1852. — ' — Les. SouLEYET, Voyage Bonite, II, p. 149, pi. 5, fig. 7-13, Oc. Atl., Oc. Pacif. 

mers de l'Inde et de la Chine. 
1888. Cavolinia — Les. Pelseneer {ex parte), Challenger Pteropoda, II, p. 79. 

Campagne de 1909-1910. Entrée du port de Banana. De la pointe Padrone à Shart- 
Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Dispersion : Océan Atlantique, océan Pacifique. 

Cavolinia angulata (Souleyet). 

1852. Hyalœa angulata Souleyet, Voyage Bonite, II, p. 152, pi. 5, fig. 1-6, Oc. Atl., mers de l'Inde 

et de la Chine. 
1888. Cavolinia longirostris Pelseneer {ex parte), Challenger Pteropoda, II, p. 79. 

Campagne de 1909- 19 10. Baie de Praya Amelia. 

Dispersion : Océan Atlantique, mers de l'Inde et de la Chine (Souleyet). 

M. Pelseneer, dans son travail sur les Ptéropodes du Challenger, considère comme 
synonymes de Cavolinia longirostris : Hyalœa ecaudata Les., limbata d'Orb., angulata 
Souleyet, femorata GonXd^ fissirostris '^&n?,o'a et obtusa Sowerby. 

Pour ce qui concerne les C longirostris et angulata^ nous croyons que s'ils appar- 
tenaient bien à une même espèce, il y aurait cependant lieu de considérer Vangulata 
comme une forte- variété, car les expansions latérales de la coquille sont bien moins 
développées et la conformation du rostre n'est pas semblable. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 3 

GASTÉROPODES 

Alexia algerica (Bourguignat). 
1910. Alexia algerica Bourg. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. S. 

Alexia bicolor (Morelet). 
1910. Alexia bicolor MoreL Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 8. 

Leuconia bidentata (Montagu). 
1910 Leuconia bidentata Mont. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 8. 

Leuconia Micheli (Mittre). 
1910. Leuconia Micheli Mittre, D.^utzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. g. 

Pedipes afer (Gmelin). 
1910. Pedipes afer Gm. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 9. 

Campagne de 1909-igio. Baie de Hann; anse de Boulbiné; dragage baie de Mossa- 
médès, i5 à 20 mètres. 

Siphonaria Algesirae (Quoy et Gaimard). 
1910. Siphonaria Algesirœ Q. et G., Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 9. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann ; plage de Conakry ; anse de Boulbiné; îles 
de Los; banc de Crawford (îles de Los); Accra (Gold Coast); baie de Libreville; Saint- 
Paul-de-Loanda; baie de Lobito; baie de Benguella; baie deMossamédès. 

Actseon tornatilis (Linné), var. 
1910. Actceon tornatilis Lin., Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 9. 

Campagne de igog-igio. Dragage Grand-Bassam , dragage Cotonou; estuaire du 
Congo, près Banana ; dragage entre la pointe Padrone et Shart Point, 25 mètres. 

Actseon senegalensis (Petit). 
1910. Actœon senegalensis Petit, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., 1, p. 10. 

Campagne de 1909-1910. Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres. 

Actaeon Maltzani (Dautzenberg). 
1910. Actceon Maltzani Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid. I, p. 10, pL I, fîg. i, 2. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Libreville. 

Retusa truncatula (Bruguière). 
1910. Retusa truncatula Bruguière, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 11 



4 ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 

Tornatina Knockeri (E. A. Smith). 
1910. Tornatina Knockeri E. A. Sm. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 11. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; banc de 
Crawford et wharf de Tamara (îles de Los); dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres; 
baie de Libreville ; estuaire du Congo, près Banana; dragage de la pointe Padrone à 
Shart Point, 25 mètres; plage de Mossamédès. 

Volvula acuminata (Bruguière). 
1910. Volvula acuminata Bnig. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 11. 

Campagnede 1909-1910. Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres ; baie de Libreville; 
dragage entre la pointe Padrone et Shart Point, 25 mètres; baie de Praya-Amelia. 

'Weinkauffia diaphana (Aradas). 
1910. Weinkauffia diaphana Arad. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid,, I, p. 12. 

Campagnede 1909-1910, Dragage 4 milles S. W. de Conakry; dragage W. du banc de 
Crawford et wharf de Tamara (îles de Los). 

Bulla Adansoui (Philippi). 

1910. Bîilla Adansoni, Phil., Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 12. 

1911. — - — — G. DoLLFUS, LesCoq. duquatem. mar. du Sénégal, p. 45, pi. II, fig. 55,56. 

Campagne de 1909-19 10. Plage de Saint-Paul-de-Loanda; baie de Lobito, côté 
continental. 

Haminea Orbignyana (Férussac). 
igio. Haminea Orbignyana Fér. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 13, pi. I, fîg. 3, 4. 

Ringicula conformis (Monterosato). 
1910. Ringicula conformis Monts. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 13. 

Philine scabra (Muller). 
1910. Philine scabra Miill. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 13. 

Campagne de 1909-1910, Dragage W. du banc de Crawford (îles de Los); dragage 
devant Cotonou, 20 à 25 mètres; entrée du port de Banana. 

Philine aperta (Linné). 

1767. Bulla aperta Linné, Systema Nat., edit. XII, p. 1183. 

1886. Philine — Lin. Bucquoy, Dautzenberg et G- Dollfus, Moll, du Roussillon, I, p. 540, 
pi. LXIII, fig. 10 à 15. 

Campagne de 1909-1910. Dragage de la pointe Padrone à Shart Point, estuaire du 
Congo, 25 mètres ; dragage baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres. 

Dispersion: depuis les côtes de Norvège jusqu'au cap de Bonne-Espérance; Méditer-* 
ranée, Adriatique, îles Philippines et Tasmanie. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 5 

Terebra senegalensis (Lamarck). 

1910. Terebra senegaloisis Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 14. 

1911. ■ — — Lam. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 22, pL I, fig. 5, 6. 

Campagne de 1909-1910. Dragage wharf de Tamara, îles de Los; dragage baie de 
Mossamédès, i5 à 20 mètres. 

TEREBRA GRL'VELI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. I, fig. ., 2.,'X3). 

Testa solida, subulata, haud nitens. Sfira elongata, apice subpapilloso. Anfr. g : pùmi 
levés, convexi, ceteri pianulati, paululum gradati {superne angustissime contabulati) , sutura 
conspicua jundi plicisque longitudinalibus subarcuatis, parum conspicuis, valde irregula- 
riter ornait. Anfr. ultimus in basi acute carinatus. Apertura superne angulata, basin versus 
dilatata ac profunde emarginata. Columella rectiuscula, paululum obliqua, basi oblique 
trtincta ac marginata. Labrum arcuatum et acutum. 

Color livido cinereus, in basi anfractuum albus. Anfr. ultimus in peripheria albo late 
cinctus. Operculum corneum, nucleo apicali. 

Altit., 25 ; diam. maj., 5 millim. ; apertura, 5 millim. alla, j millim. lata. 

Coquille solide, subulée, mate. Spire élevée, à sommet légèrement papilleux, com- 
posée de 9 tours : les premiers, embryonnaires, lisses, convexes, les autres aplatis, un 
peu étages, séparés par une suture bien accusée. Au sommet de chaque tour, règne une 
rampe subsuturale très étroite. Surface ornée de plis longitudinaux peu développés, 
très irréguliers, légèrement arqués. 

Dernier tour pourvu à la base d'une carène aiguë. Ouverture anguleuse au sommet, 
élargie à la base où elle se termine par un canal très court, ouvert et profondément échan- 
cré. Columelle droite, un peu oblique, obliquement tronquée et marginée à la base. Labre 
arqué, à bord tranchant. 

Coloration d'un brun livide, présentant, sur les tours supérieurs, une bande suprasu- 
turale blanchâtre qui se prolonge sur la périphérie du dernier. Opercule corné à nucleus 
apical. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres. 

Terebra festiva (Deshayes). 
.1910. Terebra festiva Desh. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 14. 

Campagne de 1909-1910. Banc de Crawford, îles de Los. 

Terebra Grayi (K. A. S.mith). 
1910. Terebra Grayi Smith, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 14. 

Campagnede 1909-1910. Dragage 4 milles S. W. Conakry ; dragcge bancde Crawford, 
îles de Los; dragage lagune Ebrié; dragage Grand-Bassam ; dragage wharf de Tamara; 
dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres; estuaire du Congo, près Banana; dragage de la 



6 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE ' 

pointe Padrone à Shart Point, 25 mètres; plage de Saint-PauI-de-Loanda ; dragage baie 
de Mossamédès, i5 à 20 mètres; dragage baie de Praya-Amelia, i5 à 35 mètres. 

Terebra micans (Hinds). 
T910. Terebra micans Hinds, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 15. 

Campagne de 1909-1910. Banc de Crawford et île Roume (îles de Los); dragage 
lagune Ebrié; dragage Grand-Bassam; Grand Popo, Dahomey, plage; dragage devant 
Cotonou, 20 à 25 mètres; plage de Saint-Paul-de-Loanda. 

Terebra lapida (IIinds). 

1843. Terebra lepida Hinds, Proc. ZooL Soc. of Lond., p. 158. 

i860. — — Hinds, Reeve, Conch. Icon., pi. XX, fig. 96», qb". 

Campagne de 1909-1910. Banc de Crawford, îles de Los ; dragage devant Cotonou, 
25 mètres ; estuaire du Congo, près Banana ; plage de Saint-Paul-de-Loanda ; dragage 
baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale. 

Terebra laurina (Hinds). 

1843. Terebra laurina Hinds, Proc. Zool. Soc. of Lond., p. 152. 

1844. — — Hinds, SowERBY, Thcs. Conch., I, p. 161, pL XLII, fig. 27. 

Campagne de 1909-1910. Dragage Cotonou; dragage estuaire du Congo, près 
Banana. 

Dispersion : Afrique Occidentale. 

Conus papilionaceus (Hwass). 

1910. Conus papilionaceus Hwass, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 15. 

iQii. . — — — G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatern. mat. du Sénégal,p. 20,pLI,fig.i2. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, à basse mer; banc de Crawford, îles de Los. 
Estuaire du Gabon (capitaine Le Chatelier). 

Conus genuanus (Linné). 
1910. Conus genuanus Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 16. 

Conus mediterraneus (Hwass). 

1910. Cottus/mediterraneus Kw. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 16. 

igii. — — Hw. G. DoLLFUS, Lcs Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 21, pi. I, fig. 3, 4. 

Conus caerulescens (Chemnitz). 
1910. Conus ccerulescens Chemn. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., \, p. 16. 

Conus mercator (Linné). 
1910. Conus mercator Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 17. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, à basse mer. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 7 

Conus guinadcus (Hwass). 
1910. Conns guinaicus Hw. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 17. 

Campagne de 1909- 19 10. Plage de Mossamédès. 
Estuaire du Gabon (capitaine Le Chatelier) 

Conus ambiguus (Reeve). 
1910. Conus ambiguus Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., p. 17. 

Conus prometheus (Hwass). 

1792. Conus provtetheus Hwass in Bruguière, Encycl. Method., p. 667, pi. 331, fig. 5; var. B pi 332 

fig. 8. 
1843 — — — Reeve, Conch. Icon. pi. XXX, fig. 172. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Cap Lopez, un exemplaire de la forme typique 
(A de Hwass), mesurant 17 centimètres de hauteur ; cap Esterias, Gabon. 

Dispersion: Afrique Occidentale. L'habitat de ce grand Cône dans l'océan Indien, 
indiqué par Hwass, par Reeve et par d'autres auteurs, demanderait à être confirmé. 

La variété B de Hwass est établie sur des spécimens plus petits et ayant la spire 
plus plane. 

Genotia mitraeformis (Wood) emend. 
1910. Genotia mitrceformis Wood, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 18. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné ; anse de 
Boulbiné ; dragage 4 milles S. W. de Conakry ; dragage près de l'île Roume, 10 à 
20 mètres, wharf de Tamara et banc de Crawford (îles de Los) ; dragage Grand-Bassam. 

Var. papalis (Reeve). 

1843. Pleurotoma papalis Reeve, Proc. Zool. Soc. of Lond., p. 33. 

1843. Pleurotoma miirœformis var. Kiener, Iconogr. Coq. viv., p. 50, pi. 21, fig. i*. 

Campagne de 1909-1910. Dragage 4 milles S. W. de Conakry; dragage wharf de 
Tamara etW. banc de Crawford (îles de Los) ; dragage baie de Praya-Amelia, i5 à 
35 mètres. 

Genotia (Oligotoma) Lamothei (Dautzenberg). 
1910. Genotia {Oligotoma) Lamothei Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occd., I, p. 18, pi. i, fig. 5 à 7. 

Pusionella vulpina (Bodn). 
1910. Pusionella vulpina, Bom, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 19. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre la pointe Padrone et Shart Point, estuaire du 
Congo. 

Pusionella Candida (Piiilippi). 
1910. Pusionella Candida Phil. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 20. 

Campagne de 1909- 19 10. Dragage baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres. 



8 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Pusionella aculeiformis (Lamarck). 
1910. Pusionella aculeiformis Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 20. 

Campagnede 1909-1910. Dragage Grand-Bassam ; dragage devant Cotonou, 25 mètres ; 
baie de Libreville ; dragage entre la pointe Padrone et Shart Point, estuaire du Congo, 
25 mètres. 

Pusionella Milleti (Petit). 
1910. Pusionella Milleti Petit, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 20. 
Campagne deigog-igio. Dragage devant Cotonou, 25 mètres. 

Pusionella nifat (Adanson) (Bruguière). 

1757. Terebra Nifat Adanson, Voyage au Sénégal, p. 52, pL 4, fig. 3. 

1792. Buccinum Nifat Ad. Bruguière, Encycl. Method., I, 2^ partie, p. 282. 

1842. Fusus Nifat Lam. Reeve, Conch. Syst., II, p. 185, pi. CCXXXII, fig. 5 {optima). 

Campagnede 1909-1910. Dragage Grand-Bassam ; dragage Cotonou, 25 mètres; 
dragage baie de Libreville ; dragage entre la pointe Padrone et Shart Point, estuaire du 
Congo, 25 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale. 

PUSIONELLA HAASI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. I, fig. 7 et S, et jeune, fig. 9, 10 (gr. nat.). 

Testa solida, ponderosa, ovato-elongata. Spira mediocris, acuta, versus apicem valde atte- 
nuata. Anfr. 11 planulati, paululum gradati ac sutura impressa juncti : primi levés, decor' 
ticati, sequentes striis transversis parum conspicuis et in anfr. ultimis evanescentibus ornati. 
Anfr. ultimus basin versus atienuatus,ihi transversimstriatus et carinam basaient acutam prae- 
bens. Apertura elongata in caudam mediocrem apertamque desinens ; columella paululum 
arcuata, inferne acuta, superne callo adnata nitidissimoque incrassata. Labrum acutum late 
sed haud profunde sinuatum. Operculum corneum, flabelliforme, nucleo medio-laterali interna. 

Color sub epidermide fusco sordide griseus. Apertura intus fuscescens, versus basin vera 
pallidior. 

Altit., 40 ; diam. maj. ly millim. ; apertura, ig millim. alla, g millim. lata. 

Coquille solide, lourde, ovale-allongée. Spire médiocrement élevée, atténuée, aiguë 
et effilée au sommet, composée de 1 1 tours aplatis, un peu étages, séparés par une suture 
bien accusée. Premiers tours lisses, décortiqués, les suivants ornés de stries décurrentes 
faibles qui s'effacent sur les derniers tours. Dernier tour haut, atténué vers la base qui est 
traversée par plusieurs stries décurrentes suivies, au-dessous, d'une carène saillante et 
aiguë. Ouverture allongée subcanaliculée au sommet et terminée à la base par un canal 
médiocre, bien ouvert et profondément échancré. Columelle légèrement arquée, pointue 
à la base et garnie d'une callosité appliquée, nettement limitée et épaissie dans le haut. 
Labre tranchant, à profil largement mais peu profondément sinueux. Opercule corné, 
flabelliforme, à nucleus médio-latéral intérieur. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 9 

Coloration d'un gris fauve sale, sous un épiderme brun. Intérieur de l'ouverture brun, 
plus pâle vers la base. 

Campagne de 1909- 19 10. Dragage baie de Mossamédès, i5à 35 mètres. 

Par sa coloration brune, cette espèce se rapproche du P.vulpina Born, mais elle en 
diffère par sa forme plus trapue, sa spire plus courte, plus effilée au sommet, ses tours 
étages, son dernier tour plus haut, en proportion, son ouverture plus haute, etc. Elle n'est 
pas sans analogie avec le P. rapulum Reeve, de l'Océan Indien, mais se distingue de cette 
espèce par son dernier tour moins haut, moins contracté à la base, ainsi que par sa colo- 
ration brune plus foncée. 

L'opercule des Piisionella est bien tel que l'a décrit le D' P. Ficher dans son « Manuel 
de Conchyliologie », c'est-à-dire, à nucleus médio-latéral interne ; il est en forme d'éven- 
tail. Nous l'avons observé chez le P. aculeiformis^ ainsi que chez la présente espèce dont 
nous prions M, le D' Haas, le savant assistant du Musée de la Société Senckenberg, de 
Francfort, d'accepter la dédicace. 

Clavatula muricata (Lamarck). 

1822. Pleurotoma muricata Lamarck, Anim. sans vert., VII, p. 91. 
1843. — — Lam. Reeve, Conch. Icon., pL V, fig. 31. 

1884. Clavatula — Lam. Tryon {ex parte), Manual of Conch., "VI, p. 229, pi. 8, fig. 22 {tantum). 

Campagne de 1909-1910. Plage de Conakry, à basse mer ; dragage banc de Crawford, 
îles de Los ; dragage baie de Libreville. 

Dispersion : Afrique Occidentale, côtes de Guinée et du Gabon. 

Clavatula diadema (Kiener). 
1910. Clavatula diadema Kiener, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 21. 

Campagne de 1909-1910. Dragage w^harf de Tamara et banc de Crawford, îles de 
Los. 

Clavatula bimarginata (Lamabck). 
1910. Clavatula bimarginata, Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 21. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, à basse mer; dragage baie de Mossamédès, 
i5 à 20 mètres. 

Clavatula rubrifasciata (Reeve). 
1910. Clavatula rubrifasciata Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 22. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, à basse mer ; baie de Libreville ; dragage 
baie de Mossamédès, 25 à 20 mètres. 

Clavatula sacerdos (Reeve). 

1757. Purpura Parois Adanson, Voyage au Sénégal, p. 143, pi. 9, fig. 34. 
1910. Clavatula sacerdos Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., p. 22. 

T. V. — Fasc. 3. ' . 2 



lo ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 

Clavatula gravis (Hinds). 

1844. Pleurotoma gravis Hinds, Voyage Sulphur, p. 16, pi. 5, fig. 6. 

1845. — — Hinds, Reeve, Conch. Icon., pi. XXIlf, fig. 202. 

1884. Clavaiula muricata Tr\o^ {ex parte, non Lamarck), Manual of Conch., VI, p. 229, pi. 8, fig. 16 

{tantum). 

Campagne de 1909-19(0. De la pointe Padrone à Shart-Point, estuaire du Congo, 
dragage 25 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale, au S. du Sénégal. 

Clavatula (Perrona) lineata (Lamarck). 

1822. Pleurotoma lineata Lamarck, Anim. s. vert., VII, p. 93. 

1839. — — Lam. KiENER, Icon. Coq. viv., p. 47, pi. 22, fig. 1,1. 

1884. Clavatula (Perrona) lineata Lam. Tryon, Man. of. Conch., VI, p. 231, pi. 8, fig. 10, 11. 

Campagne de 1909-19 10. Dragage banc de Crawford, îles de Los; dragage Grand- 
Bassam ;dragage en face Cotonou, 25 mètres ; dragage entre la pointe Padrone et Shart- 
Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale, cap de Bonne Espérance. 

Clavatula (Perrona) spirata (Lamarck). 

1822. Pleurotoma spirata Lamarck, Anim. s. vert., VII, p. 93. 

183c. — — Lam. KiENER, Icon. Coq. viv., p. 46, pi. 5, fig. 2, 2, 2. 

1884. Clavatula {Perrona) spirata Lam. Tryon, Manual of Conch., VI, p. 232, pi. 8, fig. 5. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Mossamédès, i5 à20 mètres; dragage baie 
dePraya-Amelia, i5à35 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale, au S. du Sénégal. 

Clavatula (Perrona) obesa (Reeve). 

1843. Pleurotoma obesa Reeve, Proc. Zool. Soc. Lond., p. 33. 

1843. — — Reeve, Conch. Icon., pi. V, fig. 29. 

1884. Clavatula {Perrona) obesa Reeve, Tryon {ex parte), Manual of Conch., VI, p. 231, pi. 8, fig. g 

{tantum) . 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Mossamédès, i5 à2o mètres ; dragage baie 
de Praya-Amelia, i5 à 35 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale, au S. du Sénégal. 

Clavatula (Perrona) tripartita (E.-A. Smith). 

1884. Clavatula (Perrona) obesa Tryon (ex parte, non Reeve), Man. of Conch., VI, p. 231, pi. 8, 

fig. 4 (tantum). 
1887. Pleurotoma (Clavatula) tripartita Smith in Weinkauff, Conch. Cab., 2^ édit., p. 120, pi. 26, fig. 12, 

13- 
1892. Pleurotoma (Clionella) tripartita Sm. Sovverby, Mar. Sh. of South Africa, p. 6, pi. 4, fig. 83. 

Campagne de 1909-1910. Plage de la baie des Tigres. 

Dispersion r'Afrique Occidentale, au S. du Sénégal, et Afrique Australe. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE ii 

Surcula undatiruga (Bivona). 
1910. Surcula undatiruga Bivona, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 22. 

Surcula sinistralis (Petit). 
1910. Surcula sinistralis Petit, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 23. 

Surcula pluteata (Reevk). 
iQio. Surcula pluteata Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 23. 

Campagne de 1909-1910. Cotonou ; dragage entre la pointe Padrone et Shart-Point, 
estuaire du Congo, 25 mètres. 

Surcula Martensi (von Maltzan). 

1881. Pleurotoma cœrulea von Martens {non Weinkauff), Conch. Mittheilungen, II, p. 107, pL XXI, 

fig- Sag. 
1883. Clavatula Martensii von Maltzan, Jahrbiicher der deutschen Malak. Gcs. X, p. 128. 
1887. Pleurotoma (Surcula) Martensii v. Maltz. Weinkauff et Kobelt, Conch. Cab., 2^ édit., p. 173, 

pl- 34. f- 3- 

Campagne de 1909-1910. Rivière de Denis, à Libreville ; baie de Libreville. 
Dispersion : Golfe de Guinée, Lagos. 

Surcula cserulea (Weinkaiff). 

i8y6.. Pleurotoma (Surgula) cœrulea Weinkauff, Conch. Cab., 2'' édit., p. 34, pl. 7, fig. 4, 6. 

1883. Clavatula cœrulea Wcink. von Malztan, Jahrb. d. d. Malak. Gcs., X, p. 128. 

1884. — — — Tryon, Man. of. Conch., VI, p. 230, pl. 5, fig. 59, 60. 

Campagne de 1909-1910. Entre Conakry et le phare de Boulbiné ; dragage 4 milles 
S.W. de Conakry ; île Roume, wharf de Tamara et banc de Crawford (archipel de Los); 
dragage Grand-Bassam, i5 mètres; Addah (Gold Coast) ; dragage Cotonou, 25 mètres; 
dragage baie de Libreville ; estuaire du Congo, près de Banana ; dragage entre la pointe 
Padrone et Shart-Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale àNjaning (von Maltzan). 

Pleurotoma spiralis (E.-A. Smith). 
1910. Pleurotoma spiralis E. A. Smith, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 23. 

Campagne de 1909-1910. Wharf de Tamara et banc de Crawford (îles de Los) ; 
dragage Grand-Bassam ; dragage en face Cotonou, 25 mètres ; baie de Libreville ; estuaire 
du Congo, près de Banana ; dragage entre la pointe Padrone et Shart-Point, estuaire du 
Congo, 25 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale. 

PLEUROTOMA TORTA, nov. sp. 

PI. I. fig. 3, 4 (X 3). 

Testa solida, partim nitida, fusiformis, elongato-turrita. Spira produda. Anfr. g valde 
convexi, sutura obliqua impressissimaque juncti, in medio subcarinati, striis incrementi stg- 



12 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

moideis lineisque transversts tenuissimis ac plicis longitudinalihus ohliquis, validis, remotis 
et nodulosis [in anfr. penuUimo 6, in ultimo totidem) instructi. Anfr. ultimus dimidiam testée 
longitudinem subeeqiians, in caudam longam, anguste apertatn ac faululum tortam desinens. 
Apertura elongata, superne angulata ; columella superne arcuata, deinde suhohliqua ; la- 
brum simplex, et acutum. 

Color alhidus in caudœ basi rufescens. 

Longit., i8 ; diam. maj., 4,5 millim. ; apertura {cum cauda), 8 millim.alta, 2 millim. lata. 

Coquille solide, peu luisante, fusiforme, allongée, turriculée. Spire élevée, com- 
posée de 9 tours très convexes, subcarénés à la périphérie, séparés par une suture 
oblique très accusée, ornés de stries d'accroissement sigmoïdes, de stries décurrentes 
fines et de gros plis longitudinaux obliques, écartés et noduleux, au nombre de 6 sur 
chacun des deux derniers tours. Dernier tour occupant la moitié de la hauteur totale 
de la coquille, terminé en un canal long, étroit et légèrement tordu. Ouverture allongée, 
anguleuse au sommet. Columelle arquée dans le haut, ensuite un peu oblique. Labre 
simple, tranchant. Par suite d'une brisure du labre, le sinus n'est pas visible sur l'exem- 
plaire unique que nous avons sous les yeux, mais la direction des stries d'accroissement 
indique qu'il devait être assez profond. 

Coloration d'un blanc sale uniforme, mais légèrement teinté de roux sur l'extrémité 
du canal. 

Campagne de 1909- 19 10. Dragage 4 milles W. Conakry. 

Cette espèce est remarquable par sa forme très étroite, allongée, ses tours très con- 
vexes et sa suture très profonde et oblique. 

PLEUROTOMA AMIANTA Dautzenberg, nov. sp. 



PI. I, fig, 5, 6 (X I -), 

Testa elongato-fusiformis, solidaac nitida. Spira elata, turrita. Anfr. 11 {superst. 10, apice 
fracto), subplani, lœvigati, striis incrementi sigmoideis parumque conspicuis ornati, superne 
carinati, inferne tumidi ac oblique nodulosi : nodulis in anfr. ultimi parte antica et in anfr. 
tdtimo deficientibus. Anfr. ultimus dimidiam testae altitudinem occupans, in caudam elon- 
gatam vixque curvatam desinens, in basi valide satque regulariter sulcatus. Apertura elongata, 
ovata, superne angulata ; columella subrecta, basin versus vix torta, callo nitido adnatoque 
munita ; labrum arcuatum et acutum. 

Color undique niveus. 

Altit., J5; diam. maj., 10,5 millim. ; apertura {cum cauda), 16 millim. alta, 5 millim. lata. 

Coquille solide, luisante, fusiforme-allongée. Spire élevée, turriculée, comprenant 
1 1 tours (le premier manque), subplans, pourvus, dans le haut, d'une carène anguleuse 
et, dans le bas, d'un bourrelet garni de gros plis noduleux obliques, limité, au-dessus, par 
une strie décurrente bien nette. Les plis noduleux disparaissent sur le tiers de l'avant- 
dernier tour, et il n'en existe aucune trace sur le dernier; la surface est ornée de lignes 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



i3 



d'accroissement sigmoïdes très peu visibles. Dernier tour occupant la moitié de la hau- 
teur de la coquille, terminé à la base par un canal long, à peine arqué et pourvu, sur la 
base et sur le dos du canal, d'une quinzaine de sillons qui s'atténuent graduellement. 
Ouverture ovale, allongée, anguleuse au sommet. Columelle presque perpendiculaire, à 
peine tordue vers la base du canal et garnie d'une callosité peu épaisse, luisante et appli- 
quée. Labre tranchant, arqué. Le bord du labre étant brisé dans l'exemplaire unique que 
nous avons sous les yeux, nous ne pouvons indiquer exactement la forme du sinus; mais 
la direction des lignes d'accroissement montre qu'il devait être étroit et profond. 

Coloration d'un blanc d'ivoire uniforme. 

Campagne de 1 909-1 910. Dragage baie de Libreville; exemplaire unique. 

Cette coquille est remarquable par sa surface polie et sa coloration d'un blanc 
d'ivoire. 

Drillia (?) clionellaeformis (Weinkauff). 
1884. Pleurotoma {Crassispira) clionellcEformis Weinkauff, Conch. Cab., 2^ édit., p. 106, pi. 23, fig. 5'*, 



1884. Drillia dionellœfortnis 



Weink. Tryon, Man. of Conch., VI, p. 198, pi. 15, 
fig. 16. 



Campagne de 1909-1919. Dragage baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres; dragage baie 
de Praya-Amelia, i5à 35 mètres. 

Drillia ballista (von Maltzan). 
1910. Drillia ballista von Maltz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 23. 

? Drillia (Clavus) rosolina (Marbat). 
1910 (?) Drillia (Clavus) rosolina Marr. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 24, pi. I, fig. 17, 18. 

Crassopleura Maravignse (Bivona P.). 
1910. Crassopleura Maravignœ Biv. p. D.\utzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 24. 

Crassispira callosa (Valenciennes) (Kiener). 
1910. Crassispira callosa (Val.) Kien. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 24. 

Campagne de 1909-1910. Entre l'appontement de Conakry et le phare de Boulbiné; 
baie de Libreville. 

Crassispira carbonaria (Reeve). '- 

1910. Crassispira carbonaria Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 25. 

Campagne de 1909-1910. Dragage 4 milles S. W. Conakry ; dragage devant Cotonou, 
25 mètres; rivière de Denis à Libreville ; dragage baie de Libreville; dragage entre la 
pointe Padrone et Shart-Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Crassispira laevisulcata (von Maltzan). 
1910. Crassispira IcBvisulcata von. Maltz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 25. 



14 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Raphitoma brachystoma (Philippi). 
1910. Raphitoma brachystoma PhiL Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., l, p. 26. 

Raphitoma turgida (Forbes). 
1910. Raphitoma turgida Forbes, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 26. 

Raphitoma Strucki (von Maltzan). 
1910. Raphitoma Strucki von Maitz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., l, p. 26. 

Mangilia senegalensis (von .Maltzan). 
1910. Mangilia senegalensis von Maltz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 26. 

Mangilia mediofasciata (von Maltzan). 
1910. Mangilia mediofasciata v. Maltz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 27. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Libreville ; dragage entre la pointe Padrone 
et Shart-Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Mangilia Merlini (Dautzenberg). 
1910. Mangilia Merlini Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 27, pi. I, fig. 8 à 10. 

Mangilia Pontyi (Dautzenberg). 
1910. Mangilia Pontyi Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 29, pi. 1, ûg. 14 à 16. 

CLATHURELLA HAULLEVILLEI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. I, tig. II, 12 (X 8). 

Testa solida,elongata. Spira satelata. Anfr.6, sutura conspicuajundi : primi, emhryonales 
3 quorum primi 2 levés atque convexi, sed tertius, infra suturam, longitudinaliter tenuissime 
plicatus ; ceteri parum convexi, costis longitudinalibus funiculisque transversis sequaliter 
validis undique regulariter clathrati. Costœ in anfr. ultimo 12, funiculi in anfr. penultimo j ac 
in ultimo cir citer 12 numerantur. Anfr. ultimus versus basin attenuatus sed haud contractus. 
Apertura elongata, superne late ac profunde emarginata, inferne in caudam brevissimam 
apertamque desinit. Columella rectiuscula, callo adnata superneque valde incrassato munita. 
Labrum incrassatum, aliquantum sinuosum. 

Color fulvus. 

Altit., 4; diam. maj., 1,3 millim. ; apertura, 2 millim. alta, 1,2 millim. lata. 

Coquille solide, étroitement allongée. Spire assez haute, composée de 6 tours sépares 
par une suture bien marquée : des 3 premiers, embryonnaires, les 2 supérieurs sont lisses 
et convexes, et le troisième est orné, sous la suture, de très fines costules axiales. Les 
3 tours normaux sont régulièrement treillisséspar des côtes axiales (12 sur le dernier tour) 
et par des funicules décurrents (3 sur l'avant-dernier tour et environ 1 2 sur le dernier). Les 
mailles du treillis sont quadrangulaires, un peu plus larges que hautes et les points d'in- 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE i5 

tersection des côtes et des funicules sont légèrement tuberculeux. Dernier tour atténué, 
mais non contracté à la base. Ouverture allongée, terminée en haut par un canal large, 
profondément échancré, et, dans le bas, par un canal très court et ouvert. Columelle presque 
perpendiculaire pourvue, au sommet, d'une callosité très épaisse; labre épaissi, bordé 
d'un bourrelet externe et légèrement sinueux du côté interne. 

Coloration fauve uniforme. 

Campagne de igog-igio. Dragage entre Conakry et le phare deBoulbiné; anse de 
Boulbiné; dragage 4 milles S. W. de Conakry ; archipel de Los ; wharf de Tamara ; dra- 
gage W. banc de Crawford; dragage Grand-Bassam ; dragage devant Cotonou ; dragage 
baie de Libreville ; dragage passe et entrée du port de Banana. 

Var. ex colore albida. Entièrement blanche. 

Cette petite espèce se distingue par sa forme très étroite et sa surface très réguliè- 
rement treillissée. Nous la dédions à M. le baron de Haulleville, directeur du Musée du 
Congo, à Tervueren, qui a bien voulu nous confier l'étude des collections malacologiques 
congolaises qui lui sont parvenues. 

CLATHURELLA MEHEUSTI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. I, fig. i5, 16. (X 8). 

Testa solida, ovato-elongata. Spira mediocris; anfr. 5 convexi : primus levis, ceterirudis- 
sime clathrati ac tuber culati. Costœ longitudinales validée [8 in anfr. ultimo) ; juniculi trans- 
versi quoque validi {2 in anfr. penultimo, 5 in ultimo). Anfr. ultimus basin versus attenuatus 
sed hand contractus, in imo ftmiculos circiter 5 approximatos ptsebet. Apertura elongata, 
subquadrata. Columella rectiuscula, callo adnata angustoque vestita ; labrum subarcuatum, 
valde incrassatum, superne sinulum debilissimum vixque conspicuum ostendit. 

Color fulvus. 

Altit., 4; diam. maj., 2 millim. ; apertura, 2 millim. alta, 1,1 millim. lata. 

Coquille solide, ovalaire-allongée. Spire médiocre comprenant 5 tours convexes : 
le premier, embryonnaire, lisse, les suivants ornés d'un treillis grossier, tubercu- 
leux aux points d'intersection, composé de côtes longitudinales (8 sur le dernier tour) 
et de cordons décurrents (2 sur l'avant-dernier tour, 5 sur le dernier). Les 
côtes et les cordons sont à peu près de même grosseur. Dernier tour légèrement atténué, 
mais non contracté à la base, qui est garnie de 4 cordons rapprochés. Ouverture 
allongée, subquadrangulaire. Columelle presque droite, garnie d'une callosité étroite, 
appliquée. Labre un peu arqué, fortement épaissi par un bourrelet externe présentant, 
dans le haut, une échancrure très faible, à peine visible. 

Coloration fauve uniforme. 

Campagne de 1909-19 10. Dragage à l'ouest du banc de Crawford, îles de Los; 
dragage wharf de Tamara. 

Cette petite espèce, dédiée à M Meheust, qui a aidé M. Gruvel dans toutes ses 
recherches zoologiques, est caractérisée par sa sculpture très grossière, son dernier tour 
non contracté à la base et par son sinus extrêmement faible. 



i6 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

CLATHURELLA ALVEOLATA Dautzenberg, nov. sp. 

PI. I, fig. i3, 14 (X 8). 

Testa solida, elongata. Spira mediocris. Anfr. 7 convexi, sutura impressa juncti : primi 
2 levés, ceteri costis longitudinalibus {10 in anfr. ultimo) ac funiculis transversis, castas su- 
perantibus {3 in anfr. penultimo, 6 in ultimo) rude clathrati ac tuherculati. Funiculus super- 
nus undulatus propeque suturam situs. Anfr. ultimus versus basin contractus, denique iip- 
flatus ac funiculis 4 granosis ornatus. Apertura elongata, subquadrata, in caudam brevem 
apertamque desinens. Columella recta, callo adnato et angusto vestita. Labrum valde incras- 
satum, superne anguste ac haud profunde rimatum. 

Color fulvus. 

Altit., 5,2; diam. maj., 2,3 millim. ; apertura, 2,3 millim. alla, 1,2 millim. lata. 

Coquille solide, allongée ; spire médiocrement élevée, composée de 7 tours con- 
vexes, séparés par une suture bien marquée. D^ux tours embryonnaires lisses, les 
autres ornés de côtes longitudinales (10 sur le dernier tour) et de cordons décurrents 
(3 sur Tavant-dernier tour, 6 sur le dernier), formant un treillis très saillant, grossier, 
à mailles quadrangulaires. Les cordons décurrents sont plus élevés que les côtes longi- 
tudinales et portent des tubercules sur les points d'intersection. Le cordon supérieur, 
situé à proximité de la suture, est nettement onduleux,et il existe en outre, sur le bourrelet 
qui entoure la base du dernier tour, quatre cordons décurrents granuleux. Dernier tour 
contracté dans le bas, puis renflé autour de la base de la columelle. Ouverture allongée, 
subquadrangulaire, terminée à la base par un canal court et ouvert. Columelle droite, 
garnie d'une callosité étroite, appliquée. Labre largement bordé par un bourrelet externe 
et pourvu, dans le haut, d'une petite échancrure peu profonde. 

Coloration fauve uniforme. 

Campagne de 1909-1910. Dragage à l'ouest du banc de Crawford, îles de Los. 
Exemplaire unique. 

Clathurella (Cirillia) linearis (Montagu). 
1910. Clathurella {Cirillia) linearis Mont. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 30. 

Cancellaria cancellata (Linné). 
1910. Cancellaria cancellata Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 30. 

Campagne de 1909-19 10. Plage de Saint-Paul-de-Loanda. 

Var. similis (Sowebby) 

Campagne de 1909-1910. Plage de Hann, à basse mer; dragage devant Cotonou, 
25 mètres; Banana; île des Pécheurs, près Banana; dragage entre la pointe Padrone et 
Shart-Point, 25 mètres; dragage baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres; dragage baie de 
Praya-Amelia, i5 à 35 mètres. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 17 

Cancellaria piscatoria (Gmelin). 
1910. Cancellaria piscatoria Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 31. 

Campagne de igog-igio. Dragage Grand-Bassam ; dragage Cotonou, 25 mètres. 

Cancellaria rigida (Sowerby). 
1910. Cancellaria rigida Sow. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 31, pi. I, fig. 19, 20. 

Cancellaria (Tribia) uniangulata (Deshayes). 

1910. Cancellaria (Tribia) uniangulata Deshayes, Dautzenberg, Journal de Conchyliologie, p. 210. 
1910. Cancellaria Angasi Crosse, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 32. 

Cliva flammulata (Lamarck.). 
1910. Oliva flammulata Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 32. 

Campagne de 1909-1910. Dragage devant Cotonou, 25 mètres; estuaire du Congo 
près de Banana; passe et entrée du port de Banana; dragage entre la pointe Padrone et 
Shart Point, 25 mètres; plage de Saint-Paul-de-Loanda. 

Olivancillaria nana (Lamarck). 

1808. Oliva nana Lamarck, Annales du Muséum, XVI, p. 326. 

1822. Oliva nana Lamarck, Anim. sans vert., XH, p. 438. 

1835. — zenopira Duclos in Chenu, lUust. Conch., p. 8, pi. 3, fîg. 11, 12. 

1835; — millepunctata Duclos tn Chenu, lUust. Conch., p. 28, pi. 27, fig. i à 3. 

Campagne de 1909-1910. Saint-Paul-de-Loanda, plage; dragage baie de Mossamédès, 
i5 à 20 mètres. 

Les O. lenopira et millepunctata de Duclos sont à peine des variétés de YO. nana. 
L"0. micans Dillwyn est synonyme. 

Cette petite coquille sert de monnaie aux indigènes du Kassaï. 

Agaronia hiatula (Gmblin). 
1910. Agaronia hiatula Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 33. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann; île Roume et banc de Crawford (îles de 
Los). 

Agaronia acuminata (Lamarck). 

1910. Agaronia acuminata Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 34. 

1911. Oliva — Lam. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 24, pi. I, fig. II. 

Agaronia annotata (Marrât). 

1871. Oliva annotata Marrât in Sowerby. Thés. Conch., IV, p. 25, pi. 19, fig. 313 à 315. 

1883. Oliva (Agaronia) acuminata juv. Tryon [ex parte, non Lamarck), Manual of Conch., V, p. 89, 

pi. 35, fig. 78 {tantum). 

Campagne de 1909-1910. Banc de Crawford, îles de Los; baie de Libreville ; plage 

de Saint-Paul-de-Loanda. 

T. V. - Fasc. 3. ' ' 3 



i8 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

VA. annotata diffère de Vacuminata par sa taille constamment plus faible, sa spire 
plus acuminée et par la présence, sous la suture, d'une série de points noirâtres. 

Agaronia ancillarioides (Reeve). 

1850. Oliva ancillarioides Reeve, Conch. Icon., pi. XXI, fig. 55^ ss"". 

1871. — — Reeve, Marrât in Sowerby, Thés. Conch., IV, p. 27, pi. XXI (348), 

— — fig- 346- 

1883. Oliva {Agaronia) hiatula Tryon {ex farte, non Gmelin), Manual of Conch., V, p. 88, pi. 34, 

fig. 69 {tantum). 

Campagne de 1909-1910. Dragage devant Cotonou, Dahomey, 25 mètres. 
Il nous paraît probable que c'est par erreur que ce Mollusque est indiqué par Reeve et 
par Marrât comme habitant Kurrachee et l'embouchure de Tlndus. 

Olivella pulchella (Duclos). 
1910. Olivella pulchella Duclos, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 34. 

Campagne de 1909-iqio. Baie de Hann, à basse mer; dragage Grand-Bassam ; 
dragage devant Cotonou, 25 mètres; estuaire du Congo, près de Banana; dragage entre 
la pointe Padrone et Shart Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Marginella glabella (Linné). 
1910. Marginella glabella Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 34. 
Campagne de 1909- 19 10. Baie de Hann, pointe de Bel-Air, plage. 

Marginella irrorata (Menke). 
1910. Marginella irrorata Menke, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 35. 

Marginella limbata (Lamarck). 
1910. Marginella limbata Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 35. 

Marginella bifasciata (Lamarck). 
1910. Marginella bifasciata Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 35. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, pointe de Bel-Air, plage. 

Marginella Cleryi (Petit). 
igio. Marginella Cleryi Petit, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 36. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, pointe de Bel-Air, plage. 

Marginella faba (Linné). 
1910. Marginella faba Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 36. 

Marginella pseudofaba (Sowerby). 
1910. Marginella pseudofaba Sow. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 36. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 19 

Marginella Keppeli (Sykes). 
1905. Marginella Keppeli Sykes, Proc. Malac. Soc. of Lond., VI, p. 315, pi. XVII, fig. 3. 

Campagne de 1909-1910. Dragage en face Cotonou, 25 mètres; dragage baie de 
Libreville. 

Di.spersion : Afrique Occidentale (amiral Keppel). 

Marginella Lucani (Jousseaume). 

Campagne de 1909-1910. Estuaire du Congo, près de Banana; dragage entre la pointe 
Padrone et Shart Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Marginella Cumingiana (Petit). 

1841. Marginella Cumingiana Petit de la Saussaye, Revue Zool. de la Soc. Cuviérienne, p. 185. 
1883. — helmatina Tryon {ex parte, non Rang), Manual of Conch., V, p. ig, pi. V, fig. 80. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Libreville, plage. 

Marginella gloriosa (Jousseaume). 
1910. Marginella gloriosa Jouss. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 37. 

Marginella Bavayi (Dautzenberg). 
1910. Marginella Bavayi Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 37, pi. I, fig. 21, 22. 

MARGINELLA AMAZONA Bavay, nov. sp. 

PI. I, fig. 19, 20 (X I 1/2). 

Testa ovata, crassiuscula, laevigata. Spira conoidea, anfr. 5 1/2 : superi convexi; ultimus 
majorem testx partem efformans, superne obtuse angulatus. Apertura sat patula, basin versus 
dilatata. Labrum expansufn, valde incrassatum atque reflexum, intus transverse multisul- 
catum et in margine interno tenuiter denticulatum. Columella quadriplicata, plicis inferio- 
ribus obliquis, superis vero fere transversis. 

Color pallide luteo virescens, lineis longitudinalibus numerosis tenuibus, nigricantibus irre- 
gular iter que undulatis ornatus. Labrum albidum, marge columellaris callo albido late induta. 

Altit., 20 ; diam. maj., 12 millim. ; apertura, ly millim. alla. 

Coquille ovoïde, assez solide, lisse. Spire conoïde, composée de 5 tours et demi : 
les supérieurs convexes, le dernier qui forme à lui seul la plus grande partie de la 
coquille, obtusément anguleux dans le haut. Ouverture assez ample, s'élargissant vers la 
base; labre réfléchi et fortement épaissi dans toute son étendue, garni, du côté interne, de 
nombreux sillons transversaux qui déterminent sur le bord intérieur du bourrelet une 
série de petites denticulations. Columelle pourvue de 4 plis; les deux inférieurs 
obliques, les deux supérieurs presque horizontaux. 

Coloration d'un vert jaunâtre pâle sur lequel se détachent de nombreuses linéoles 



aô ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

longitudinales noirâtres irrégulières, ondulées et un peu tremblées. Labre blanc; région 
columellaire revêtue d'un émail blanc largement étalé. 

Habitat : Cotonou, un seul exemplaire. 

Cette espèce a de l'analogie avec M. nodaia Hinds, mais elle est ornée de linéoles 
plus nombreuses, plus fines et qui ne sont accompagnées d'aucunes nodosités. Par son 
ornementation, notre espèce se rapproche du M. Adansoni Kiener, mais sa forme est 
bien plus renflée et elle est totalement dépourvue des plis axiaux qui caractérisent 
V Adansoni; les lignes ondulées sont, en outre, recouvertes, dans la région columellaire, 
par une couche d'émail qui les masque complètement. 

MARGINELLA GEMMULA Bavay, nov. sp. 

PI. I, fig. 17, 18 (X 5). 

Testa parvula, ovato conoidea, ad apicem et ad basinattenuata.Spiraconica2/^altitudinis 
sequans. Apertura obliqua sat patula ; labrum extus marginatum et intus parum conspicue 
quinquedentatum. Columella quadriplicata : plicis inferis duabus obliquioribus. 

Color albidus, paululum lutescens, lineis longitudinali busnigris, irregularibus, satremotis 
ac tseniis transversis sex rosea- fulvis, lineas longitudinales interrumpentibus eleganter ornatus. 
Taenia super a, in anfr. duobus penultimis conspicua, anfr. ultimum paullo supra humerum 
cingit ; ceterse 5 dimidiam partem inferam anfr. ultimi adornant. Infra tseniam superam, 
fascia lata cinereo late maculata Uneisque nigris obliquis signala, vestigia insupra txniarum 
duarum prœbet. Labrum maculis transversis nigris 8 articulatum. 

Altit., 5; diam. max., 3 millim. ; apertura, 3 millim. alla. 

Coquille de petite taille, ovoïde, atténuée au sommet et à la base. Spire conoïde, 
occupant les 2/5 de la hauteur de la coquille, composée de quatre tours lisses ; le dernier 
remontant à son extrémité. Ouverture oblique assez dilatée; labre marginé du côté 
externe et pourvu, à l'intérieur, de cinq denticules peu saillants. Columelle pourvue de 
4 plis, les deux inférieurs plus obliques que les deux autres. 

Coloration d'un blanc jaunâtre, orné de linéoles longitudinales noires, irrégulières, 
assez espacées, interrompues sur le dernier tour par six bandes décurrentes d'un fauve 
rosé, dont la supérieure, située un peu au-dessus de l'épaule, est également visible sur 
les deux tours précédents. Les cinq autres bandes entourent la moitié inférieure du 
dernier tour. Entre la bande supérieure et les cinq inférieures, règne une large zone 
blanche, ornée de grandes taches grises, bordées à droite de linéoles noires obliques ; on 
aperçoit en outre, sur cette zone, à proximité du labre, des traces de deux autres bandes 
décurrentes presque entièrement effacées, mais dont l'existence est confirmée par des 
taches transversales noires, semblables à celles qui terminent, sur le bourrelet du labre, 
les autres zones. Ces taches noires, équidistantes, sont au nombre de huit. 

Cette jolie petite coquille appartient, de même que le M. Bavayi., au groupe des 
M. gemma A. A'dams et M. festiva Kiener (que nous considérons comme deux espèces 
distinctes). Elle se différencie de l'une et de l'autre par son ornementation ainsi que par 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 21 

sa taille beaucoup plus faible, sa hauteur n'étant que le tiers ou tout au plus la moitié 
de celle du M. gemma. 

Marginella marginata (Born). 
1910. Marginella marginala Bom, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 38. 

Marginella amygdala (Kiener). 

1910. Marginella amygdala Kien. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 38. 

1911. — — — G. DoLLFUS, LesCoq. du Quatem.mar.duSénégal, p.22, pi. I, fig.7,8. 

Marginella monilis (Linné). 

1757. Periholus Stipon Adanson, Voyage au Sénégal, p. 79, pL 5, fig. 4. 

1758. Valuta monilis Linné, Syst. Nat., édit. X, p. 730. 

1841. Marginella monilis Lin. Kiener, Icon. Coq. viv., p. 18, pi. 6, fig. 23, 23, 23. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de Bel-Air ; dragage 4 milles S. W. de 
Conakry; dragage W. banc de Crawford et wharf de Tamara, îles de Los. 

Bien que Linné ait indiqué la Chine comme habitat de son Voluta monilis, Hanley 
(Ipsa Linn. Conch., p. 217) a confirmé l'interprétation de cette espèce par les auteurs 
modernes : les spécimens de la collection linnéenne concordent, en effet, avec ceux 
du Sénégal représentés par Kiener. 

Marginella annulata (Reeve). 

1865. Marginella annulata Reeve, Conch. Icon., pi. XXII, fig. iig"*, 119". 

1883. — — Reeve, Tryon, Manualof Conch., V, p. 35, pL 10, fig. 100. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de Bel-Air, à basse mer; dragage 
baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres. 

L'habitat de cette espèce n'était pas connu jusqu'à présent. 

' Marginella olivaeformis (Kiener). 
1910. Marginella olivœformis Kien. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, jî. 39. 



MARGINELLA DELICIOSA Bavay, nov. sp. 

PI. I, fig. 25, 26 (X 3). 

Testa subcylindrica, spira brevis, conica, apiculata. Anfr. 4: ultimus totamf ere testant 
efformans. Apertura subampla, ad basin dilatata ; labrum rectiusculum in medio paululum 
inftexum et incrassatum, exttis distincte marginatum, intus Iceve; columella oblique quadri- 
piicata. 

Color pallide cinereo-lilacinus, fasciis 2 paulo saturatioribus in anfr. ultimo ornatus : su- 
pera paulo a sutura recedens, altera aliquantulum infra medium sita ; fascia intermedia pal- 
lidior et latior, plus minusve conspicua, interdum accedit. Labrum albescens. 

Altit , 12; diam. maj., 6 millim. ; apertura, 11 millim. alla. 



.23 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Coquille presque cylindrique, à spire courte, conique, composée de 4 tours dont le 
dernier forme à lui seul presque toute la coquille. Ouverture assez large, dilatée vers 
la base; labre droit, légèrement infléchi et épaissi au milieu, nettement marginé du 
côté externe, lisse à l'intérieur ; columelle pourvue de 4 plis obliques. 

Coloration d'un gris pâle, légèrement lilacé, orné, sur le dernier tour, de deux 
bandes plus foncées, la supérieure située assez loin de la suture, l'inférieure un peu 
au-dessous du milieu. Une bande plus pâle, mais plus large, s'intercale parfois entre les 
deux autres. Labre blanchâtre. 

Campagne de 1909-19 10. Dragage à 3 1/2 milles N. delà pointeCansado, 9 à 10 mètres 
de profondeur, vivant. 

Var. efasciata^ de coloration très pâle, sans bandes, habite avec le type. 

Cette jolie Marginelle ressemble, à première vue, à l'une des nombreuses variétés du 
Volvarina Simeri Adanson, mais son ornementation et sa coloration sont différentes. 
Elle s'en distingue, en outre, par son labre marginé qui la fait classer dans la section 
Egouena Jousseaume, et non parmi les Volvarina. Elle a aussi quelque ressemblance 
avec les Volvarina effulgens et navicella Reeve ; mais elle se distingue de ces espèces 
par son labre droit et par sa margination. 

MARGINELLA AMBIGUA Bavay, nov. sp. 

PI. I, fig. 21, 22 (X 3). 

Testa elongato-ovoidea, subcylindrica. Spira brevis et conica. Anfr. 4 1/2 :ultimus, totam 
fere testant efformans,ad extremitatem valde ascendit. Apertura subampla, ad basin parum, 
dilatata ; labrum in medio rectum, paulum incrassatum extus leviter marginatum, intus Iseve ; 
columella oblique quadriplicata. 

Color cinereo-flavus; anfr. ultimus flavo plus minusve saturate late trifasciatus ; labrum 
albescens. 

. Altit., 14; diam. maj., 6 millim. ; apertura, 12 millim. alla. 

Coquille ovoïde, très allongée, subcylindrique, à spire courte et conique, composée 
de 4 tours et demi, dont le dernier compose presque la totalité de la coquille. Ouverture 
assez ample, peu dilatée vers la base ; labre droit au milieu, peu épaissi et très faiblement 
marginé au dehors, lisse à l'intérieur; columelle pourvue de 4 plis obliques. 

Coloration d'un gris fauve; dernier tour orné de 3 larges bandes d'un fauve orangé, 
labre blanc. 

Var. concolor. D'un gris lilacé uniforme, sans bandes. 

Habitat : deux exemplaires de cette espèce ont été recueillis par M. Taquin au Rio 
de Oro : l'un présente la coloration que nous avons considérée comme typique ; l'autre, 
celle que nous désignons comme variété concolor. 

Le M. ambigua est assez voisin du deliciosa que nous venons de décrire ; cependant, 
sa taille plus forte, sa forme plus ovoïde, moins cylindrique, et son aspect plus élancé, 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHiQUÉ iS 

permettent de le distinguer. Il ressemble aussi au M. effulgens Reeve et au M. Philip- 
pinarum Redfield, mais ces deux espèces ont le bord droit infléchi et non droit, et, chez 
le M. Philippivarum^ le labre est marginé. 

MARGINELLA BIVITTATA Bavay, nov. sp. 

PI. I, fig. 23, 24 (X 5). 

Testa mediocris, elongato ovata, basin versus attenuata. Spira brevis rotundato-conica, 
apice obtuso. Anfr. 4 sutura parum conspicua, callosa. Apertura parum obliqua 4/3 altitudinis 
xquans ad basin paululum attenuata ; mar go columellaris quadriplicata, plicis obliquis, 
validis ac subsequalibus ; labrum incrassatum extus anguste marginatum. 

Color pallide lutescens. Anfr. ultimus vittis 2 aurantiis ornatus : supera paulum supra, 
infera infra medium sitœ ; zona subsuturalis pallidior sed latior et haud definita accedit. 

Altit., 8 ; diam. maj., 4 millim. ; apertura, 6 1/2 millim. alla. 

Coquille de taille médiocre, ovale-allongée, rétrécieet arrondie dans le haut, atténuée 
vers la base. Spire courte, conique, arrondie, à sommet obtus, composé de 4 tours 
séparés par une suture peu visible sous la couche d'émail qui la recouvre. Ouverture un 
peu oblique, légèrement dilatée vers la base et occupantles quatre cinquièmes de la hauteur 
de la coquille; columelle pourvue de 4 plis obliques assez iorts, subégaux; labre épaissi, 
marginé, élargi au milieu. 

Coloration d'un gris jaunâtre orné, sur le dernier tour, de deux bandes orangées 
étroites, situées l'une un peu au-dessus, l'autre au-dessous du milieu. Une zone de même 
nuance, plus large, mais non limitée dans le bas, règne immédiatement au-dessous de la 
suture. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Praya Amelia, i5 à 35 mètres. 

Cette espèce est voisine du M. capetisis Dunker, mais elle s'en distingue par sa spire 
plus arrondie, et surtout par les deux bandes orangées bien nettes qui ornent son dernier 
tour. 

Marginella persicula (Linné). 
1910. Marginella persicula Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 40. 

Campagne de 1909- 19 10. Baie de Hann, plage de Bel- Air. 

Marginella cingulata (Dillwyn). 
1910. Marginella cingulata, Dillw. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid. I, p. 41. 

Marginella cornea (Lamarck). 
1910. Marginella cornea Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 41. 

Campagne de 1909-1910. Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres. 

Marginella Chudeaui (Dautzenberg). 
1910. Marginella Chudeaui Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 41, pL II, fig. i, 7. 

Campagne de 1909- 19 10. Plage dç Mossamédès. 



24 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE / 

Marginella oryza (Lamarck). 
1910. Marginella oryza, Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 43. 

MARGINELLA PALLATA Bavay, nov. sp. 

PI. I, fig. 27, 28 (X 5). 

Testa mediocris, pellucens ac nitens, superneinflataet basin versus attenuata. Spiraconica, 
parum elata. Anfr. 4 : ultimus majorem testx partem efformans. Apertura superne recta, 
ad basin inflexa ac dilatata. Margo columellaris paululum excavatus, ad basin quadripli- 
catus :plicx 2 inferse crassiusculx et appressœ, superse 2 débiles parumque conspicuse. 

Color pallide fulvus zonula subsuturali angusta, rufo-fulva et altera, ex medio marginis 
columellaris nascens labrique basin fere attingente, ornatus. 

Altit., 5; diam. max., 3 millim. ; apertura, 4 1J2 millim. alla. 

Coquille de taille médiocre, transparente et luisante, ovoïde, renflée vers le haut, 
atténuée vers la base. Spire conique, peu élevée, composée de 4 tours, le dernier 
formant presque la totalité de lacoquille. Ouverture étroite dans le haut, infléchie et dilatée 
vers la base; columelle pourvue de 4 plis : deux inférieurs épais, un peu écrasés; les 
deux supérieurs, faibles et peu apparents. 

Coloration fauve clair, ornée d'une bande subsuturale étroite, d'un brun rougeâtre, et 
d'une autre bande décurrente également étroite et de même couleur qui prend naissance 
au milieu du bord columellaire, contourne obliquement le dernier tour et aboutit à proxi- 
mité de la base du labre. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Praya.Amelia, dragage, i5 à 35 mètres ; plage de 
Mossamédès. 

Var. pallida. Fond de la coloration blanc, avec les bandes fauves bien visibles. 

Var. albida. Entièrement blanche sans bandes. 

Ces deux variétés se rencontrent avec le type. 

Cette jolie espèce vit en compagnie du Marginella Gruveli., avec lequel on pourrait la 
confondre à première vue, mais on la distingue à sa forme plus courte, plus renflée vers 
le haut, à sa taille plus faible, à sa spire conique, non en forme de calotte sphérique et 
moins recouverte d'émail, de sorte que les sutures sont plus visibles, surtout celle du 
dernier tour. La bande subsuturale est plus étroite, et il n'existe, en outre, qu'une seule 
bande oblique, tandis que le Gruveli est orné de deux bandes décurrentes parallèles à la 
suture. Enfin la bande inférieure du M. pallata est bien visible sur la face ventrale de la 
coquille, tandis que les deux bandes du M. Gruveli s'effacent sur ce côté de la coquille et 
ne sont visibles que sur la face dorsale. 

MARGINELLA GRUVELI Bavay, nov. sp. 

PI. I, fig. 29, 3o (X 5). 

Testa mediocris, pellucens, nitens, solidula, ovato-cylindrica, versus apicem paululum dila- 
tata, ad basin aliquantulum attenuata. Spira retusa, convexa, callo vitreo omnino obtecta. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 25 

Anfr. 4, ultimus totam fere testant efformans, antice complanatus et etiam in medio subexcavatus, 
superne et in margine columellari callo crasso indutus. Apertura angusta, subrecta, ad basin 
vix dilatata ; columella quadriplicata : pliœc 2 infer se crassiusculce, super se 2, preeesertim 
supera, parum cons-picuœ ; pliasc interdum 2 vix conspicuae superne accedunt. Labrum 
intus laeve, extus paulum incrassatum. 

Color albescens, pellucens, zonula suprasuturali rubro-fulva ac in anfr. ultimi dorso vittis2 
tubro-fulvis ornatus : vitta supera a sutura recedens et infera, prope basin sita, inter se con- 
fltnint. Labrum albescens. 

Altit., 6; diam. maj., 3,5 millim. ; apertura, 3,5 millim. alta. 

Coquille de taille médiocre, ovoïde, subcylindrique, un peu dilatée vers le haut et 
atténuée à la base, luisante, un peu transparente, mais assez solide. Spire obtuse, arrondie, 
entièrement recouverte par une épaisse couche d'émail vitreux. Quatre tours de spire, le 
dernier formant à lui seul presque la totalité de la coquille. La face antérieure du dernier 
tour est aplatie et même légèrement excavée au milieu par suite d'une callosité qui prend 
naissance dans le haut du bord columellaire et descend le long de l'ouverture jusqu'au 
niveau des plis columellaires. Ouverture étroite presque droite, à peine dilatée vers la 
base. Columelle pourvue de 4 plis peu obliques : les deux inférieurs assez épais, peu 
saillants, les deux supérieurs très peu apparents, surtout celui du haut. On aperçoit par- 
fois sur de jeunes individus, mais toujours peu distinctement, deux plis supplémentaires 
très faibles. Labre lisse à l'intérieur, légèrement épaissi à l'intérieur et à l'extérieur, rare- 
ment un peu marginé chez les individus très adultes. 

Coloration blanchâtre, transparente. Une zone orangée rougeâtre règne au-dessus 
de la suture du dernier tour, et deux bandes décurrentes de même nuance ornent sa région 
dorsale, la supérieure étant séparée de la suture par un espace blanchâtre assez large, 
l'inférieure étant située tout près de la base. Ces deux bandes confluent entre elles et dispa- 
raissent sur la face ventrale de la coquille. Labre blanchâtre. 

Campagne de 1909-igiô. Entre Conakry et le phare de Boulbiné; wharf de Tamara, 
archipel de Los; estuaire du Congo, près de Banana ; dragage entre la pointe Padrone et 
Shart-Point, 25 mètres; baie de Praya-Amelia, dragage i5 à35 mètres : baie de Mossa- 
médès, dragage i5 à 20 mètres. 

Var. concolor. D'une teinte fauve uniforme, sans bandes sur la région dor- 
sale. 

Se rencontre avec le type à Praya-Amelia. 

Var, albina. Entièrement blanchâtre. 

Campagne de 1909.-1910. Baie de Praya-Amelia, dragage i5à35 mètres; plage de 
Mossamédès. 

Le M. Grww// rappelle les M. miliaria Linné, M. oryia Lamarck, et même notre 
M. Chudeatii, mais il se distingue à première vue de toutes ces espèces par son test épais 
et brillant, par l'excavation du côté ventral de son dernier tour ainsi que par la disposition 
de ses bandes colorées. 

Il a aussi de l'analogie avec M. bengiteleusis Jousseaume, mais est beaucoup plus petit 
T. V. - Fasc. 3. 4 



a6 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

et n'a pas le sommet, mamelonné; enfin il ressemble beaucoup au M. carneola Petit, 
de Bornéo, mais sa forme est essentiellement moins large, plus cylindrique. 



MARGINELLA COLUMN ELLA Bavay, nov. sp. 

PI. I, fig. 3i, 32 (X8}. 

Testa minuta, fere cylindrica, superne br éviter attenuata, versus basin angustata. Spira 
brevissima, rotundata ; anjr. j IJ2 : ultimus totam fere testam efformans. Apertura stricta, 
ad basin aliquantum dilatata ; labrum rectum, parum incrassatum ; cohimella oblique tripli- 
cata : plica supera debilissima, vix conspicua. 

Color al bus. 

Altit., 3; diam. maj., 1,5 millim. 

Coquille de petite taille, presque cylindrique, brièvement atténuée dans le haut et 
faiblement atténuée vers la base. Spire très courte, arrondie, composée de 3 tours et 
demi, le dernier formant à lui seul presque la totalité de la coquille. Ouverture étroite, 
vm peu dilatée vers la base; labre droit peu épaissi; columelle pourvue de trois plis obli- 
ques, le supérieur très faible, souvent difficile à apercevoir. 

Coloration blanche uniforme. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Praya-Amelia, dragage i5 à 35 mètres. 

Cette petite espèce a Taspect d'une Olive en miniature. 

MARGINELLA AURATA Bavay, nov. sp. 

PI. I, fig. 33, 34 (X 8). 

Testa parvula, ovoideo-elongata, tenuis, pellucens ac nitidissima. Spira brevis, conoidea. 
Anfr. 4 : ultimus majorem testœ partem efformans. Apertura parum ampla, basin versus 
dilatata ; labrum incrassatum, haud marginatum, intus denticulatum ; columella in basi cons- 
picue triplicata et superne plicis pluribus debilissimis vixque conspicuis munita. 

Color aureo flavus ; fasciœ 2 sublatœ saturatiores ac plus minusve distinctœ anfr. ulti- 
mum adornant. 

Altit., 2,5; diam. maj., 1,5 millim. 

Coquille petite, ovoïde-allongée, transparente, mince, très luisante. Spire conoïde, 
courte, composée de 4 tours, le dernier formant à lui seul la plus grande partie de la 
coquille. Ouverture assez étroite, dilatée à la base; labre épaissi, non marginé, denti- 
culé le long du bord interne, columelle pourvue à la base de trois plis bien nets et, au 
dessus, d'une série de 3 plis très faibles et peu distincts. 

Coloration d'un blond doré ; le dernier tour orné de deux bandes assez larges, plus 
foncées, équidistantes et plus ou moins apparentes. 

Campagne de 1909-1910. Dragage dans la baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres. 



i 



ANNALES DE LINSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 27 

Marginella occulta (Monter dsatj). 
1910. Marginella occulta Monteros. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 44. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de Bel-Air. 

Marginella clandestiia (Brccchi). 
1910. Marginella clatidestina Broc. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 44. 

Marginella minusculina (Locard). 
1897. Volutella minusculina Locard, Exp. Travailleur et Talisman, I, p. 127, pi. XXI, fig. 6-8. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de Bel Air, 

Dispersion: Dragué par le Travailleur, sur la côte Ouest du Maroc, à 112 mètres 
de profondeur. 

Yetus Neptuni (Gmelin). 
1910. Yetus Neptuni Gmelin, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p, 45. 

Yetus gracilis (Brodebip). 
1910. Yetus gracilis Brod. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 45. 

Campagne 1909-1910. Baie de Hann, plage de Bel-Air. 

Yetus porcinus (Lamarck). 

1910. Yetus porcinus Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 45. 

191 1. — cymbium Linné, G. Dollfus, Les Coq. du Quatcm. mar. du Sénégal, p. 24, pi. I, fîg. 12. 

Yetus proboscidalis (Lamarck.). 

1808. Valuta proboscidalis Lamarck, Ann. du Mus. XVI, n° 10. 

1822. — — Lamarck, Anim. sans vert., VII, p. 533. 

1882. Cymbium proboscidale Lam. Tryon {ex parte) , Manual of Conch., IV, p. 79, pi. 22, fig. i, 2 [tantum). 

Campagne de 1909-1910. Cap Esterias, Gabon ; baie du cap Lopez, partie Nord; 
embouchure de la Catumbella. 

C'est à tort que Tryon a indiqué le Y. porcinus comme étant Tétat jeune du Y. pro- 
boscidalis : il s'agit là de deux espèces bien distinctes. Le proboscidalis atteint parfois 
une taille très grande : nous en possédons un exemplaire dont la hauteur dépasse 33 cen- 
timètres. 

Mitra Hamillei (Petit). 
1910. Mitra Hamillei Petit, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 46. 

Mitra senegalensis (Reeve). 
1910. Mitra senegalensis Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 46. 



.28 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Mitra fusca (Swainson). 

1831. Mitra fusca Swainson, Zool. Illustr., 2* Ser., II, pi. 6, fig. 1,1. 
1882. — — Sw. Tryon, Manual of Conch., IV, p. 122, pi. 36, fig. 75. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Libreville; plaine dénudée entre la falaise et la mer, 
à Praya-Amelia (subfossile). 

Dispersion: côtes de Tunisie, d'Algérie et du Maroc, Madère, Canaries (Chevreux), 
archipel du Cap Vert (Bouvier). 

^ Mitra (Cancilla) carinata (Swainson). 

1831. Mitra carinata Swainson, Zool. Illustr., 2'' Ser. II, pi. 2, fig. 3. 

1844. — — Sw. Reeve, Conch. Icon., pi. XXI, fig. 163. 

1882. — (Cancilla) carinata Sw. Tryon (ex parte) , Manual of Conch. , IV, p. 142, pi. 42, fig. 219 (tantum) . 

Campagne de 1909-1010. Dragage W. banc de Crawford, wharf de Tamara et île 
Roume (îles de Los); dragage devant Cotonou, 25 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale : archipel du Cap Vert, Sierra Leone (Mawe). 

Le Mitra Gambiana A. Adams est synonyme; mais Tryon a eu tort de réunir, page 142, 
le M. settegalensis au M. carinata, alors qu'il avait déjà, page 117, admis cette espèce 
comme distincte et appartenant au groupe typique des Mitres. 

Mitra (Costellaria) strictecostata (von Maltzan). 
1910. Mitra (Costellaria) strictecostata v . Maltz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 46. 

Imbricaria carbonacea (Hinds^. 
1910. Imbricaria carbonacea Hinds, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 47. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie deMossamédès, i5 à 20 mètres. 

Fusus Boettgeri (Von Maltzan). 
1910. Fusus Boettgeri v. Maltz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 47, pi. II, fig. 3, 4. 

Fusus albinus (A. Adams). 

1855. Fusus albinus A. Adams, Proc. Zool. Soc. of London, p. 222. 

1880. — — A. Ad. SowERBY, Thés. Conch., p. 80, pi. VII (411), fig. 72. 

1880. — Loebbeckei Kobelt, Conch. Cab., 2<^ édit., p. 154, pi. 48, fig. i. 

1881. — albinus A. Ad. Kobelt, Conch. Cab., 2^ édit., p. 213. 
1881. — — -A. Ad. Tryon, Manual of Conch., Ill, p. 68, 229. 

1881. — Loebbeckei Kob. Tryon, Manual of Conch., Ill, p. 54, pi. 34, fig. 112. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie deMossamédès, i5 à 20 mètres; dragage 
baie de Praya-Amelia, i5 à 35 mètres. 

Dispersion : le F. albinus a été indiqué par Adams comme provenant d'Ichaboej 
quant au Loebbeckei, son habitat était inconnu jusqu'à ce jour, mais il ne peut y avoir de 
doute sur l'identité de ces deux espèces. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 29 

Latirus armatus (A. Adams). 
1910. Latirus armatus A. Ad. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 47. 

Afer afer (Gmelin). 
1910. Afer afer Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 48. 

Afer porphyrostoma (Adams et Reeve). 
rgio. Afer porphyrostoma Ad. et R. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 48. 

Semifusus morio (Linné). 

1910. Semifusus morio Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 48. 

1911. ^— — — ^ G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatcm. mar. du Sénégal, p. 25, pL I, fîg. 13, 14. 

Campagne igog-1910. Baie de Hann, plage de Bel-Air, à basse mer ; plage de Conakry ; 
anse de Boulbiné ; Tamara; îles Roumeet banc de Crawford (îles de Los); Bouche-du- 
Roi, Grand-Popo, Dahomey ; cap Esterias (Gabon); rivière de Denis, baie de Libreville; 
Saint- Paul-de-Loanda. 

M. P. Durouchoux en a reçu un exemplaire pris à Tîle Tristao, Guinée française, par 
M. le lieutenant de vaisseau Frogé ; estuaire du Gabon (capitaine LeChatelier). 

Neptunea contraria (Linné). 
1910. Neptunea contraria Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., l, p. 49. 

Cyllene lyrata (Lamabck). 
1910. Cyllene lyrata Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 50. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de Bel Air, à basse mer; wharf de 
Tamara; dragage devant Colonou, 25 mètres; Banana, estuaire du Congo. 

Cyllene senegalensis (PetitI. 

1853. Cyllene senegalensis Petit de la Saussaye, Notice sur le G. Cyllene, in : Joum. de Conch., IV, 

p. 144, pi. V, lig. 5. 
1875. — — Petit, P. Fischer, Notice sur leG. Cyllene, m: Joum. de Conch., XXIILp.278. 

1881. — Oweni Tryon {ex parte, non Gray), Manual of Conch., IH, p. 224, pi. 84, fîg. 566 

(tatitum) . 

Campagne de 1909-1910. Anse de Boulbiné; île Roume et banc de Crawford 
(archipel de Los) ; Grand-Bassam ; dragage devant Cotonou, 25 rnètrefe ; estuaire du Congo, 
près Banana; dragage entre la pointe Padrone et Shart-Point,estuairedu Congo, 25 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale intertropicale. 

Tritonidea (Cantharus) viverrata (ICiener). 
1910. Tritonidea {Cantharus) viverrata Kien. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., 1, p. 50. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, pointe de Bel-Air, à basse mer; banc de 
Crawford, îles de Los ; plage de Conakry; baie de Libreville; baie de Mossamédès. 
Estuaire du Gabon (capitaine Le Chatelier). 



3o ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Tritonidea (Cantharus) assimilis (Reeve). 
1910. Tritonidea {Cantharus) assimilis Rve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 50. 

Tritonidea (Cantharus) lauta (Reeve). 
1910. Tritonidea {Cantharus) lauta Rceve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 50. 

Pseudoliva plumbea (Chemnitz) (Dillwyn). 
PI. I, fig. 35. (gr. nat.). 

1795. Buccinum plumbeum seu castaneum Chemnitz, Conch. Cab., XI, p. 86, pi. 188, fig. 1806, 1807. 
1817. — — — — Chcmn. Dillwyn, Descr. Catal., II, p. 617. 

1859. Pseudoliva plumbea Chemn. Sowerby, Thés. III, p. 73, pi. CCXVI, fig. 9, 10. 

1880. — — Chcmn. Tryon, Manual of Conch., II, p. 196, pi. 61, fig. 310. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Lobito, côté continental ; dragage baie de Mossa- 
mcdès, 1 5 à 20 mètres ; dragage baie de Praya-Amelia, 1 5 à 35 mètres ; bahia de los Tigres 
(vivant). 

Dispersion : Afrique Occidentale, au sud du Congo. 

Nous avons pu constater, sur l'exemplaire recueilli vivant par M.Gruvel,que l'oper- 
cule dxx Pseudoliva pliinibea est onguiculé et à nucleus terminal, et non pas à nucleus 
médio-latéral, comme Font figuré A. Adams et, d'après lui, P. Fischer. L'opercule du 
Pseudoliva sepimentum est exactement semblable à celui du plumbea. 

Pseudoliva sepimentum (Rang). 
PI. I, fig. 36 (X 3). 

1832. Buccinum sepimentum Rang, Magasin de Zool., classe V, p. 18. 

1859. Pseudoliva sepimenta Rang, Sowerby, Thés. Conch., III, p. 74, pi. CCX'VI, fig. i, 2. 

1880. — sepimana Rang, Tryon, Manual of Conch., II, p. 196, pi. 61, fig. 312. 

Campagne de 1909-1910. Dragage devant Cotonou, 25 mètres (vivant). 
Dispersion : Afrique Occidentale; île du Prince. 

Nous avons également représenté un exemplaire de cette espèce pour montrer la 
conformation de son opercule, 

Pseudoliva zebrina (A. Adams). 

1853. Pseudoliva zebrina A. Adams, Proc. zool. Soc. cf Lond., p. 184. 

1859. — — A. Ad. Sowerby, Thés. Conch., III, p. 74, pi. CCXVI, fig. 13, 14. 

1880. — — A. Ad. Tryon, Manual of Conch., II, p. 196, pi. 61, fig. 306. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Mossamédès, i5 à2o mètres. 
Dispersion : Afrique Occidentale. 

Nassa obliqua (Kiener). 

1835. Buccinum obliquum Kiener, Icon. Coq. viv., p. 107, pi. 31, fig. 4, 4, 4". 

1842. Slrombus glàbratus Sowerby, Thés. Conch., p. 32, pi. VIII, fig. 66, 67. 

1882. Nassa {Naytid) glabrata Sow. Tryon, Manual of Conch., IV, p. 27, pi. 8, fig. 42, 43. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 3i 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre l'appontement de Conakry et le phare de 
Boulbiné; dragage 4 milles S. W. de Conakry; anse de Boulbiné ; île Roume, banc de 
Crawford et wharf de Tamara (archipel de Los); dragage Grand-Bassam, i5 mètres; 
Addah (Gold-Coast) ; dragage devant Cotonou, 25 mètres; dragage baie de Libreville; 
estuaire du Congo, près de Banana ; dragage entre la pointe Padrone et Shart-Point, 
estuaire du Congo, 25 mètres; dragage baie de Praya-Amelia, i5 à 35 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale; Wydah (Smith). 

Nassa (Phrontis) miga (Adams) (Bruguière). 
1910. Nassa miga Brug. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 51. 

Nassa (Hima) incrassata (Stboem), 

1910. Nassa incrassata Str. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 53 (et var. senegalensis von 

Maltzan) . 

Nassa (Hima) argentea (Marrât). 

1910. Nassa argentea Marr. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 54. 

1911. Nassa (Hima) — G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 28, pi. 8, fig. 19-22. 

Nassa (Hima) Miilleri (von Maltzan). 
1910. Nassa Miilleri v. Maitz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 54, pi. II, fig. 5, 6. 

Nassa (Hima) tritoniformis (Kiener). 

1835. Buccinum tritoniformis Kiener, Icon. Coq. viv., p. 108, pi. 30, fig. 2. 

1882. Nassa [Hima) — Kien. Tryon, Manual of Conch., IV, p. 45, pi. 14, fig. 229 [tantum). 

Campagne de 1909-1910. Dragage4milles S. W.de Conakry ;anse deBoulhiné ; wharf 
de Tamara, archipel de Los; dragage Grand-Bassam, 1 5 mètres; dragage devant Cotonou, 
25 mètres ; Bouche-du-Roi, Grand-Popo (Dahomey) ; baie de Libreville ; estuaire du 
Congo, près de Banana; dragage entre la pointe Padrone et Shart-Point, estuaire du Congo, 
25 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale : Sénégal (Kiener) ; Wydah (Smith). 

Nassa (Hima) poecilosticta (E.-A. S.mitm). 
1904. Nassa poecilosticta E. A. Smith, Journal of Malacology, XI, p. 33, pi. II, fig. 16. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Mossamédès, i5à 20 mètres; plage de 
Mossamédès. 

Dispersion : Port-Alfred (Smith). 

NASSA (HLMA) FISCHERI, Dautzenberg, nov. sp. 

PI. I, fig. 37, 38 (X 3). 

Testa solida, nitida. Spira conica, sat elata. Anfr.8 convexi, sutura impressa jundi : primi 
2 levés, sequentes j costis longitudinalibus ac funiculis transversis clathrati, ceteri j costis 



32 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

antum longitudinalibus validis remotioribus et funiculo subsuturali ornati. Anfr. ultimus 
inflatus et infra peripheriam transversim sulcatus. Apertura rotundata in caudam brevem 
desinens. Columella arcuata, callum haud expansum emittit. Labrum arcuatum, intus denti- 
culatum extusque marginatum. 

Color fulvus fusco fasciatus. 

Altit., Jj; diam. maj., 6 millim. ; apertura, 6 millim. alla, 4,5 millim. lata. 

Coquille solide, luisante. Spire conique, assez élevée, composée de 8 tours convexes 
séparés par une suture bien accusée. Deux tours embryonnaires lisses; les trois suivants 
treillissés par des côtes longitudinales et des cordons décurrents. La surface des 3 der- 
niers tours est lisse et luisante, et ne présente plus que des côtes longitudinales fortes, 
espacées, et un cordon subsutural accompagné parfois d'une ou deux petites stries très 
rapprochées. Dernier tour renflé, sillonné sur la base. Ouverture arrondie, terminée à la 
base en un canal court, profondément échancré. Columelle arquée, tronquée oblique- 
ment, pourvue d'une callosité appliquée. Labre arqué, finement denticulé à l'intérieur 
etbordéà l'extérieur par un bourrelet assez saillant. 

Coloration fauve ornée, sur le dernier tour, d'une bande d'un brun noirâtre. Sur les 
derniers tours, la suture est aussi bordée de brun au-dessus et au-dessous, et la base de la 
coquille est entourée d'une zone de même nuance. La base de la columelle est blanche^ 
le labre est blanc, maculé de brun. La bande médiane brune est plus ou moins large sur le 
dernier tour, et il en est de même de la zone subsuturale et de celle qui entoure la base du 
dernier tour. Parfois même ces trois zones arrivent à se rejoindre et à produire une colo- 
ration brune uniforme {var.fiiscescens)., mais il subsiste toujours des traces des bandes sur 
le bourrelet du labre. 

Les caractères de cette espèce sont assez constants : sa forme ne varie guère que par 
l'allongement plus ou moins prononcé de la spire. Elle a un peu l'aspect du A^. incrassata 
Strôm, mais sa surface est bien plus luisante et l'absence de sculpture décurrente sur le 
milieu des derniers tours l'en distingue à première vue. Je prie mon collaborateur et ami, 
M. Henri Fischer d'accepter la dédicace de cette Nasse. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Mossamédès, i5 à 35 mètres ; plage de Mos- 
samédès; baie de Praya-Amelia. 

Nassa (Zeuxis) Ferussaci (Payraudeau). 

910. Nassa Ferussaci Payr. Dautzenbekg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 54. 

1911. Nassa (Telasco) costulata Renier G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 27, pi. I, 

fig. 17, 18. 

Nassa (Tritia) plicatella (A. Adams). 

1851. Nassa (Alectryon) plicatella A. Adams, Proc. Zool. Soc. cf. London, p. m. 

1882. — {Tritia) — A. Ads. Tryon, Manual of Conch., IV, p. 58, pL 17, fig. 335. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres; plage de Mos- 
samédès; dragage baie de Fraya- .\melia, i5 à 35 mètres. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 33 

Dispersion : Afrique Occidentale et Australe. 

Le N. plicatella Gould (1862) est une autre espèce. 

Amycla trifasciata (A. Adams). 

1851. Nassa (Tritia) trifasciata A. Adams, Proc. Zool. Soc. of London, p. 113. 

1862. — Gallandiana P. Fischer, Joum. de Conch., X, p. 37. 

1910. — — P. Fisch. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 55. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre la pointe Padrone et Shart Point, estuaire du 
Congo, 25 mètres, vivant. 

Amycla Pfeifferi (Philippi). 
1910. Amycla Pfeifferi PhiL Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 55. 

Desmoulinsia pinguis (A. Adams). 
1910. Desmoulinsia pinguis A. Ad. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 56. 

Dorsanum Gruveli (Dautzenberg). 
1910. Dorsanum Gruveli Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 56, pi. II, fig. 7. 

DORSANUM TEREBR^FORME Dautzenberg, nov. sp. 

PI. 1, Jig. 39, 40 {X I 1/2). 

Testa solida, nitidiuscula, elongata et subulata. Spira elata, apice oUusiusculo. Anfr. 
8 sutura impressa ac mar ginata juncti : primi 3 levés, ceteri plicis longitudinalibus validis ac 
remotis, seriam subsuturalem tuberculorum efformantibus, ornati. Striœ quoque transverscB 
debilissimcB, in anfr. ultimo vero evanescentes, sub lente detectuntur. Anfr. ultimi basis striata 
et acute carinata. Apertura ovata, superne subangulata, inferne in caudam brevem, apertam 
profundeque emarginatam desinit. Columella arcuata, callo adnato munita, basi oblique 
truncata et marginata. Labrum simplex et acutum. Operculum corneum, nuçleo apicali. 

Color sordide fulvus, superne zonula livida, inter tuber cula pallidiore, tinctus ; zonula 
altera peripheriam anfr. ultimi cingit sed inter plicas longitudinales tantum conspicitur. 
Aperturae fauces fulvx. 

Altit., 24 ; diam. maj., g millim. ; apertura, 7 millim. alla, 4 millim. lata. 

Coquille solide, un peu luisante, allongée. Spire élevée, un peu obtuse au sommet, 
composée de 8 tours aplatis, séparés par une suture bien marquée et marginée. Les 3 pre- 
miers tours, embryonnaires, sont lisses; les autres sont ornés de gros plis axiaux espacés 
qui, après avoir déterminé une série de tubercules subsuturaux, s'atténuent un peu, puis 
s'élèvent et s'élargissent vers la base des tours. On observe, en outre, à l'aide de la loupe, 
des stries décurrentes très fines qui s'atténuent encore sur le dernier tour dont la base seule 
est nettement striée et pourvue d'une petite carène aiguë. Les plis axiaux s'affaiblissent 
sur l'extrémité du dernier tour. Ouverture ovaiaire, subanguleuse au sommet et terminée 
à la base par un canal court, ouvert et profondément échancré. Columelle arquée, pbli- 
T. V.- Fasc. 3. 5 



34 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

quement tronquée et bordée à la base, garnie d'une callosité faible, appliquée. Labre 
simple, arqué, à profil légèrement saillant au milieu. Opercule corné, à nucleus apical. 

Coloration d'un gris fauve, avec une zone subsulurale gris-bleuâtre, sur laquelle les 
tubercules se détachent en clair; une autre zone brunâtre entoure la périphérie du dernier 
tour, mais n'est visible que dans les intervalles des plis axiaux. Intérieur de l'ouverture 
fauve. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres. 

Cette espèce est surtout remarquable par sa forme allongée et son dernier tour très 
court, caractères qui lui donnent l'apparence d'un Terebra. Sa sculpture varie par le nom- 
bre des plis axiaux ainsi que par le plus ou moins de persistance, ou l'effacement, parfois 
total, des stries décurrentes sur la région supérieure du dernier tour. 

Dorsanum callosum (Gray). 

1828. Buccinum callosum Gray in Wood, Index testaceol. Suppl., p. 12, pi. IV, fîg. 14. 
1882. Bullia callosa Gray, Tryon, Manual of Conch., IV, p. 11, pi. 5, fig. 63. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres. 
Dispersion : Afrique Australe, à Port-Elisabeth (Sowerby). 

Dorsanum granulosum (Lamarck). 

1822. Terebra granulosa Lamarck, Anim. s. vert., VII, p. 291. 

1882. Bullia — Lam. Tryon, Manual of Conch., IV, p. 14, pi. 6, fig. 91. 

Campagne de 1909-1911. Embouchure du Congo, dans les parages de Banana. 
Dispersion: Afrique Occidentale ; Gabon. 

Dorsanum miran (Adanson) (Bruguière). 

1910. Dorsanum miran (Adans.) Brug. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 58. 

1911. — — Brug. G. DoLLFUs, Les Coq. du Quatem.mar. du Sénégal,p. 26,pl. I,fig. 15, 16. 

Campagne de 1909-19 10. Baie de Hann, pointe de Bel-Air, à basse mer. 

Ck>lumbella rustica Linné). 

1910. Columbella rustica Lin. var. striata, Duel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 58. 

1911. — — G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 29, pi. II, fig. 1-4. 

Campagne de 1909-1910. Baiede Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer ; banc 
de Crawford, îles de Los, à basse mer. 

Columbella (Nitidella) Broderipi (Sowerby). 

1844. Columbella Broderipii Sowkrby , Proc. Zool. Soc. Lond., p. 53. 

1844. Columbella — Sowerby, Thés. Conch., I, p. 143, pi. XL, fig. 178, 179. 

1883. Columbella (Seminella) Broderipii Sow. Tryon, Man. of Conch., V, p. 114, pi. 46, fig. 24-26. 
1897. — — Sow. KoBELT, Conch. Cab., 2^ edit., p. 191, pi. 26, fig. 12. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGR.^PHIQUE 35 

Campagne de loog-iqio. Dragage estuaire du Congo, près de Banana. 

Dispersion : Cette espèce a été citée d'abord de l'île Alboran dans la Méditerranée 
occidentale, par SoNverby et par Reeve ; Tryon et M. Kobelt lui ont ensuite assigné pour 
habitat les îles Philippines, ce qui nous paraît bien douteux. Elle a aussi été rencontrée 
au cap Spartel par M. Pallary. 

Columbella Mitrella cribraria iLamarck). 
1910. Columbella cribraria Lam. Dautzexberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 59. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air. 

Columbella Mitrella) parvula iDunkkb). 
1910. Columbella parvula Diink. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 60. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; anse de 
Boulbiné; île Roume, wharf de Tamara, et dragage à l'ouest du banc de Crawford (îles 
de Los); dragage baie de Libreville. 

Columbella MitreUa japix Di;clos). 

1848. Columbella japix DccLOS in Chenu, Illust. Conch., pL 22, fig. 13, 14. 
1883. — — DucL Tryon, Manual of Conch., V, p. 135, pi. 50, fig. 38. 

Campagne de 1909-1910. Plage de Mossamédès. 
Dispersion : l'habitat de cette espèce n'était pas connu. 

Columbella (Mitrella) orphia iDuclos). 

1846. Columbella orphia DucLOS in Chenu, Ilhistr. Conch., pi. 15, fig. i, 12. 

1883. — — Duel. Tryon, Manual of Conch., V, p. 134, pi. 50, fig. 32, 33. 

Campagne de 1909-1910. Passe et entréedu port de Banana (Congo belge). 

Dispersion : De même que la précédente, cette espèce de Duclos n'avait pas encore 
été retrouvée et son habitat était inconnu. II nous semble que le Columbella ilaria Duclos 
(Illustr. Conch., pi. i5, fig. 11, 12) n'est qu'une variété de C orphia. 

Columbella Anachis Freitagi (von Maltzan). 
1910. Columbella Freitagi v. M. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 59. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plagede la pointe Bel-Air, à basse mer. 

Columbella Seminella^ rac (Adanson) (Dautzenberg . 
1910. Columbella rac (Adans.) Dautzenberg, Contrib. F. Mr. Occid., I, p. 59. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 

Columbella Seminella cancellata (Gaskoin). 

1851. Columbella cancellata Gaskoin, Proc. Zool. Soc. of Lond., p. 6. 

1858. — — Cask. Reeve. Conch. Icon., pi. XXI, fig. 126. 

1883. — obesa C. B. Ads. Tkyon, Manual of. Conch., V, p. 169, pi. 57, fig. 7-9, 20. 



M ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 

Dispersion : l'habitat indiqué par la plupart des auteurs pour cette espèce est : Indes 
Occidentales, Floride; mais M. Ghevreux nous Pavait déjà rapportée de Corée et de 
Dakar. 

Tryon dit que le C. cancellata Gaskoin est basé sur un spécimen défraîchi de Coltini- 
bella obesaC B. Adams, 1845. S'il en était réellement ainsi, c'est le nom oije^a qui devrait 
être adopté. Mais le C. obesa n'a pas été figuré par son auteur, et la coquille représentée 
sous ce nom par Reeve (Conch. Icon., pi. XXÏII, fig. 141*, 141*) ne ressemble pas au 
C. cancellata : elle a les premiers tours costulés longitudinalement et le dernier lisse, 
tandis que, chez le cancellata, toute la surface est treillissée. 

Trophonopsis Gruveli (Dautzenberg). 
1910. Trophonopsis Gruveli Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 60, pi. 11, fig. 9, 10. 

Murex cornutus XinnéV 
1910. Murex cornutus Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 61. 

Var. tumulosa (Sowerby). 

1910. Murex cornuius L. var. tumulosa Sow. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 62. 

1911. — tumulosus Sow. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 29, pi. I, fig. 23. 

Campagne de 1909-1910. Saint-Paul-de-Loanda. Un exemplaire très grand à épines 
courtes et droites. 

Murex Pteropurpura osseus (Reeve). 
1910. Murex osseus Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I. p. 64. 

Murex Pteropurpura"! decussatus (Gmelin). 
1910. Murex decussatus Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 64. 

Murex (Chicoreus' Gubbi (Reeve). 

1849. Murex Gubbi Reeve. Conch. Icon., Suppl., pi. I, fig. 193. 

1880. — — Reeve Trvon. Manual of Conch., II, p. 94, pi. 17, fig. 167. 

Campagne de 1909- 19 10. Baie de Libreville, un exemplaire roulé, rejeté sur la 
plage. 

Dispersion : Afrique Occidentale. 

Murex (Inermicosta' fasciatus (Sowerbt). 
1910. Murex fasdaius Sow. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. .63. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer; 
dragage entre l'appontement de Conakry et le phare de Boulbiné ; rivière de Denis ; baie 
de Libreville. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 37 

Murex (Inermicosta lyratus (A. Adams). 
1910. Murex lyratus A. Ad. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 64. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 

Murex (Muricantha hoplites (P. Fischer). 

1910. Murex hoplites P. Fisch. D.\utzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 62. 

1911. — — P. Fisch. G. DoLLFUS. LesCoq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 30, pi. I, fig. 24 ; 

p. II, fig. 57- 

Campagne de 1909-1910. Rade de Dakar: un exemplaire recueilli par M. Ficatier, 
ingénieur des Ponts et Chaussées. M. le lieutenant Frogé en a recueilli un exemplaire 
vivant, de grande taille, à lîle Tristao. , 

Guinée française (collection P. Durouchoux). 

Murex (Muricantha) turbinatus (Lvmarck). 
1910. Murex turbinatus Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 63. 

Campagne de 1909-1910. Estuaire du Congo, près de Banana. 

Murex (Muricantha) annularis (Lamarck). 
1910. Murex angularis Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 63. ' 

Murex Muricantha) quadrifons (Lamarck). 

1822. Murex quadrijrons Lamarck, Anim. s. vert., VIT, p. 170. 

1880. — — Lam. Tryon, Manual of Conch., II, p. 107; pi. 17, fig. 170; pL 19, fig. 176-178 ; 

pi. 28, fig. 254-256. 

Campagne de 1909-1910. Plage de Conakry, à basse mer ; Tamara ; cap Esterias ; baie 
de Libreville. 

Dispersion: Afrique Occidentale; au large du Sahara, 140 mètres de profondeur 
(Expédition du Talisman). ■ 

Murex Muricantha) varias (Sowerby). 

1757. Purpura Cofar Adanson, Voyage au Sénégal, p. 131, pi. 9, fig. 22. 

1834. Murex varius Sowerby, Conchol. Illust., p. 45, fig. 57 et 108 (var.). 

1880. — — Sow. Trvon, Man. of Conch., II, p. 107; pi. 27, fig. 246 ; pi. 28, fig. 253. 

Campagne de 1909-19 10. Plage de Conakry; entre l'appontement de Conakry et le 
phare de Boulbiné; dragage 4 milles S. W. Conakry; îlcRoume, dragage W. du banc de 
Crawford et wharf de Tamara, archipel de Los; rivière de Denis; baie de Libreville. 

Dispersion : du Sénégal à la Gambie. . 

Donovania minima 'Montagu). 
1910. Donovania minima Mont. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 65. 

? Donovania turritellata (Deshaybs). 
1910. Donovania turritellata Desh. Dautze^nberg, Contrib. F. Air. Occid., I, p. 65. 



38 ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 

? Donovania affinis (Monterosato). 
1910. Donovania affinis Monteros. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 66. 

? Donovania procerula (Monterosato). 
1910. Donovania procerula Monteros. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 66. 

? Donovania vulpecula (Monterasato). 
1910. Donovania vulpecula Monteros. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 66. 

Donovania candidissima (Philippi). 

1836. Buccinum candidissimum Philippi, Enum. Moll. Sic, I, p. 222, pi. 11, fîg. 18, 18". 
1884. Lachesis candidissima Phil. Tryon, Manual of Conch., VI, p. 225, pi. 32, fig. 22, 23 (excl. syn. 

lineolaia Tiberi) . 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 
Dispersion: Méditerranée-; Afrique Occidentale : Dakar, Corée, etc. 

Donovania fasciata (Sowerby). 
1910. Donovania fasciata Sowerby, Proc. Malac. Soc. of London, IX, p. 65, fig. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 
Dispersion : Corée (Sowerby). 

Purpura ( Stramonita) haemastoma (Linné). 

1910. Purpura hœmastoma Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 66. 

1911. — — — G. Dollfus, Les Coq. du Quatem.mar. du Sénégal, p. 32, pi. I, fig. 27. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer; plage 
dé Conakry, à basse mer; Tamara ; banc de Crawford, îles de Los; Jacqueville et Port- 
Bouët, côte d'Ivoire; lagune de Cotonou; Bouches-du-Roi, Crand-Popo, Dahomey; baie 
de Libreville ; plage de Banana, Congo belge; plage de Saint-Paul-de-Loanda; baie de 
Lobito, côté continental; baie de Benguella, plaine dénudée entre la falaise et la mer, à 
Praya-Amelia (subfossile) ; plage de Mossamédès. 

Purpura (Stramonita) Forbesi (Dunker) (emend.). 

1853. Purpura Forbesii Dunker, Index MoU. Guin., p. 22, pi. IV, fig. 7, 8, 13. 

1880. — hamastoma L. var. undata Lam. Trvon (ex parte), Manual of Conch., II, p. 167, pi. 50, 

fig. 100 {tantum). 

Campagne de 1909- 19 10. Plage de Conakry, à basse mer ; Tamara; banc de Crawford, 
îles de Los ; Banana, Congo belge. 

Dispersion : Guinée inférieure, Loanda fDunker). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 39 

Purpura (Thalessa nodosa (Linné). 

1758. Nerita nodosa Linné, Syst. Nat., édit. X, p. 777. 

1767. Murex neritoideus Linné, Syst. Nat., édit. XII, p. 1219. 

1880. Purpura {Thalessa) neritoidea Lin. Tryon, Manual of Conch., II, p. 165, pi. 48, fig. 69, 72, 73. 

Campagne de 1909-1910. Tamara (Guinée), vivant. 

Dispersion : Afrique Occidentale: Guinée; archipel du Cap Vert; Benguella. 

Purpura giton (Adanson) (Dautzenberg). 

1757. Purpura Giton Adanson, Voyage au Sénégal, p. 124, pi. 8, fig. 17. 

1890. — — Adans. Dautzenberg, Voyage de la Mélita, in : Mém. Soc. Zool. de Fr., p. 41, 
pLIII,fig.4^4^ 

Campagne de 1909-19 10. Baie de Libreville. 
Dispersion : Sénégal. 

Purpura coronata La-marck). 

1910. Cutna coronata Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 67. 

1911. Rapana — Lam. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 33, pi. I, fig. 28, 29. 

Campagne de 1909-19 10. Conakry, plage à basse mer; île Roume, Tamara et banc de 
Craw^ford, archipel de Los; lagune de Grand-Bassam ; lagune deCotonou; Bouche-du- 
Roi ; entre Grand-Popo et la Bouche-du-Roi ; rivière de Denis ; baie de Libreville ; estuaire, 
lagune et île des Pêcheurs à Banana, Congo belge. 

Nous avions, à l'exemple de Tryon et de quelques autres naturalistes, classé celte 
espèce dans le genre Cuma ; mais ce genre de Humphrey, précisé plus tard par Swainson, 
a pour type le C. sulcata = tectum Wood et est caractérisé par la présence d'un fort pli 
columellaire qui n'existe pas chez le Purpura coronata Lamarck. Nous ne pouvons par- 
tager la manière de voir de notre ami, M. G. Dollfus, qui a classé tout récemment la pré- 
sente espèce parmi les Rapana. A notre avis, le P. coronata est bien un Purpura et ne peut 
être séparé, au point de vue générique, des P. hœmastoma^ Forbesi, etc. Il est même fort 
difficile de distinguer les jeunes individus des P. coronata et hœmastoma. 

Cyprœa zonata (Chemnitz). 

1910. Cypraa zonata Civemn. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 69. 

1911. — — Chemn. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 33, pi. I, fig. 30, 31. 

Lstuaire du Gabon (capitaine Le Chalelier). 

Cypraea stercoraria (Linné). 

1757. Cyprœa Majet Adanson, Voyjige au Sénégal, p. 65, pi. 5, fig. i A (excl. var. plur.). 

1758. — stercoraria Linné, Syst. Nat., édit. X, p. 719. 

1885. — — Lin. Tryon, Manual of Conch., VIII, p. 175, pi. 9, fig. 27, 28. 

Campagne de 1909- 19 10. N' Gaparon, petite côte du Sénégal ; Tamara, Guinée ; baie 
de Libreville ; plaine dénudée entre la falaise et la mer à Praya-Amelia (subfossile). 
Dispersion : Afrique Occidentale, du Sénégal au Mossamédès. 
Estuaire du Gabon (capitaine Le Chatelier). 



40 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Cyprœa lurida (Linné). 

1758. Cyprœa lurida Linné, Syst. Nat., édit. X, p. 720. 

1885. — — Lin. Tryon, Man. of Conch., VII, p. 165, pi. 3, fig. 22, 23. 

Estuaire du Gabon (capitaine Le Chatelier) ; archipel du Cap Vert, commun et 
souvent de grande taille (Bouvier). 

Cymatium costatum (Bobn). 
1910. Cymatium costatum Bom, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 67. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de Bel-Air, à basse mer; baie de Lo- 
bito; bahia de los Tigres. 

Cymatium âcoide (Reeve). 
1910. Cymatium ficoide Reevc Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 68. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 

" -Cymatium Kobelti (von Maltzan). 
1910. Cymatium Kobelti v. Maltz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 68. 

Campagne de 1909-19 10. Rivière de Denis, près Libreville. 

Ranella (Lampas) pustulosa (Reeve). 

1844. Ranella pustulosa Reeve, Proc. ZooL Soc. of Lond. p. 137. 

1844. 7?a«e^/fl^Msto/os« Reeve, Conch. Icon., pL III, fig. II*, II^ , . 

1881. — {Lampas) Reeve, Tryon, Manual of Conch., Ill, p. 41, pi. 22, fig. ZZ- 

Campagne de 1909- 1 9 10. Estuaire du Congo, près de Banana. 

Dispersion : Afrique Occidentale; archipel du Cap Vert (Bouvier). Si l'identité de 
cette espèce et du R. cœlata Broderip était confirmée, son habitat s'étendrait jusqu'au 
littoral occidental de l'Amérique centrale, et c'est le nom cœlata qui devrait être choisi 
comme étant plus ancien (i832). 

Ranella (Aspa) margiuata (Gmelin). 
1910. Ranella [Aspa) marginata Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 68. 

Campagnede i909-i9io.Saint-Paul-de-Loanda, plage ; baie de Lobito; dragage baie 
de Mossamédès, i5à20 mètres, vivant; dragage baie de Praya Amelia, i5 à 35 mètres, 
vivant. 

Distorsio ridens (Reeve). 

1844. Triton ridens Reeve, Proc. Zool. Soc. of Lond., p. 115. ' 

1844. — — Reeve, Corch. Icon., pi. XII, fig. 46. 

1881. Distorsio cancellina Tryon {ex parte, non de Roissy), Manual of Conch., Ill, p. 35, pi. 17, fig. 177 

{tantum) . 
1884. Persona S mithi von MaItzan, Diagn. neuer Senegambischen Gastropoden, in Nachrichtsbl. 

d. deutschen Malak, Ges., p. 65. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Campagne de igog-tgio. Estuaire du Congo, près Banana. 

Dispersion : Sénégal; archipel du Cap Vert ; Antilles ; Costarica (Pittier). 

Il ne peut y avoir aucun doute sur l'identité de la forme du Sénégal et du Cap Ver t 
et de celle des Antilles. Les caractères indiqués par vonMaltzan pour son P. Smithi sont 
tout à fait individuels et ce nom doit tomber en synonymie de ridens. 

Cassis spinosa (Gronovius). 

1781. Cassis spinosa Gronovius, Zoophylacium, III, p. 302, pi. 19, fig. 9. 

1848. — — Gron. Reeve, Conch. Icon., pi. IV, fig. 9. 

1885. — — Gron. Tryox, Man. of Conch. VII, p. 272, pi. 4, fig. 62. 

Un e.xemplaire adulte et un jeune, recueillis par M. le capitaine I.e Chatelier dans 
l'estuaire du Gabon. 

Cypraea moneta (Lin.né). 

Nous ne citons que pour mémoire cette espèce qui n'appartient pas à la faune de 
l'Afrique Occidentale ; elle y est importée pour servir de monnaie. Deux cents de ces 
Cyprœa ou Cauris ne valent que cinq centimes (M. Gruvel). 

Strombus bubonius (Lvmarck). 
1910. Strombus bubonius Lam. Dautze.nberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 70. 

Campagne de 1909-1910, Baie de Cap Lopez, Gabon. 
Estuaire du Gabon(capitaine Le Chatelier). 

Aporrhais senegalensis (Gray). 
1910. Aporrhais senegalensis Gray, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 70. 

Triforis (Bifornia) perversa (Linn*). 
1910. Triforis {Bifornia) perversa Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 70. 

Cerithium g^inaicum (Philippi). 

1849. Cerithium guinaicum Philippi, Abbildungen, p. 17, pi. i, fig. 13. 

1855. — — Phil. SowERBY, Thés. Conch., II, p. 866, pi. CLXXXI, fig. 126, 127. 

1887. — — Phil. Trvon, Manual of Conch., IX, p. 127, pi. 22, fig. 55, 56. 

Campagne de 1909-1910. Tamarj, Guinée; baie de Libreville. 
Dispersion: Afrique Occidentale. 

Cerithium atratum (Born). 

1910. Cerithium atratum Bom, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 71. 

1911. — — Bom, G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatem.mar. du Sénégal, p. 34, pi. II, fig. 5-7. 

Campagne de 1909-1910. Anse de Boulbiné; Tamara; banc de Crawford à basse 

mer lîles de Los); plage de Konakry ; rivière de Denis; baie de Libreville; plage de 

Saint-Paul-de-Loanda. 

T. V. — Fasc. 3. 6 



p ANNALES DE L'INSTÏTUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Blttium reticulatum (Da Costa) . 

igio. Bittium reticulatum Da C. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 71. 

1911. Cerithium [Bittium) reticulatum Da C. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 35, 

pL II, fig. 8-13. 

Potamides (Tympanotomus) fuscatus (Linn.-:). 

1910. Potamides [Tympanotomus) fuscatus Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 72. 

1911. Tytnpanotomus fuscatus Lin. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, 

p. 36, pi. II, fig. 14-21. , 

Campagne de 1909-1918. Lagune de Grand-Bassam ; lagune Ebrié, côte d'Ivoire ; 
entre Grand-Popo et la Bouche-du-Roi ; lac Ahémé, Dahomey; rivière de Denis; baie 
de Libreville ; criques de Kitombé et de Moanda (Congo belge); île des Pêcheurs près 
de Banana; Sacode Giraul, Mossamédès. 

Var. Oweni (Férussac). 
1866. Tympanotomus Owenii Férussac in Reeve, Conch. Icon., pi. I, fig. 5. 

Campagne de 1909-1910. Crique de Kitombé près Banana, Congo belge. 

Var. radula (I.inné). 

1910. Potamides [Tympanotomus) fuscatus L. var. radula L. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., 1 

p. 72. 

Campagne de 1909-1910. Lagune de Grand-Bassam à Tembouchurc de la Comaë; 
lagune de Cotonou; Bouche-du-Roi, Grand-Popo (Dahomey); lagune de Nokoué-Kodji, 
Dahomey; lagune de Porto-Novo, rivière de Denis; baie de Libreville; lagune de 
Banana; île des Pêcheurs, près Banana ; baie de Lobito; Sacode Giraul, près Mossamé 
dès. 

Estuaire du Gabon (capitaine Le Chatelier). 

Cerithiopsis tubercularis (Montagu). 
1910. Cerithiopsis tubercularis Mont. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 72. 

Seila carinata (E.-A. Smith). 
1910. Seila carinata E.-A. Sm. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. y^. 

Modulus ambiguus (Dautzenberg). 
1910. Modulus ambiguus Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. y^, pi. II, fig. 13, 14. 

Vermetus Adansoni (Daudim). 
1910. Vermetus Adansoni Daudin, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 74. 

Turritella ungulina (Linné). 

1758. Turbo ungulinus Linné, Syst. Nat., edit. X, p. 767. 

1849. Turritella ungulina 'Lm. Reeve, Conch. Icon., pi. I, fig. i. 

1886. — — Lin. Tryon, Manual of Conch., VIII, p. 196, pi. 60, fig. 43 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 43 

Campagne de 1909-1910. Dragage 4 milles S. W, Conakry; dragage devant 
Cotonou, 2? mètres ; baie de Libreville. 

Dispersion : Afrique Occidentale : Sénégal, embouchure de la Gambie. 

Turritella (Haustatori flammulata (K.ienep). 
1910. Turritella flammulata Kien. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 75. 

Turritella (Haustator) torulosa (ICiener). 
1910. Turritella torulosa Kien. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 75. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 

Turritella (Haustator] meta (Reeve). 
1910. Turritella meta Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 75. 

Campagne de 1909-1910. Anse de Boulbiné; Tamara, Guinée; baie de Libreville. 

Turritella (Haustator; bicingulata (Lamarck). 

1822. Turritella bicingulata Lamarck, Anim. s. vert., VU, p. 58. 

1849. — — Lam. Reeve, Conch. Icon., pi. V, fig. 20. 

1886. — — Lam. Tryon, Manual of Conch., VIH, p. 202, pi. 63, fig. 82. 

Campagne de 1909-1910. Dragage 4 milles S. W. Conakry; île Roume, wharf de 
Tamara et W. du banc de Crawford (archipel de Los) ; dragage Grand-Bassam ; dragage 
entre la pointe Padrone et Shart Point, estuaire du Congo ; baie de Lobito; dragage baie 
de Praya-Amelia, i5 à35 mètres. 

TURRITELLA (HAUSTATOR) PR^TERMISSA, Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. I, 2 (X I 1/2). 

Testa actiminato turrita. Anfr. 18 convexi, regulariter crescentes, sutura impressa 
juncti, prœter primis 2 laevihus, transversim valde irregulariter lirati : liris angustis, com- 
pressis, in anfr. superis tantum 2, in inferis vero 5 vel 6 numerantur. Plicae incrementi valde 
arcuatx ac flexuosœ interdumque lamellosx superficiem insupra adornant. Anfr. ultimi 
basis angusta, subconcava, a carina acuta sed parum elata circumscripta, lamellas incrementi 
valde conspicuas prœbet. Apertura subrotundata, perobliqua, in basi oblique truncata, margi- 
nibusque callo nitido junctis. Labrum simplex, arcuatum, basin versus recedens et sinulum 
latum ac profundum efformans. Columella angusta, parum incrassata. 

Color cinereo-cœrulescens, longitudinaliter fusco copiosissime irregulariter flammulatus. 
Apertura intus saturate fusca. 

Altit., 40 ; diam. maj., 8,5 millim.; apertura, diam. 6 millim. 

Coquille élevée, turriculée, acuminée au sommet, composée de 18 tours convexes, 
croissant régulièrement et séparés par une suture bien accusée; les deux premiers em- 



44 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

bryonnaires, lisses, disparaissent chez les spécimens adultes. Les autres sont ornés de 
cordons spiraux, aplatis, étroits, irréguliers. On en compte 2 sur les tours supérieurs 
et 5 ou 6 sur les derniers. La surface est, de plus, traversée par des plis d'accroissement 
très arqués, flexueux et plus ou moins lamelleux. Base du dernier tour étroite, 
entourée d'une crête aiguë, mais peu saillante et garnie de lamelles d'accroissement bien 
développées. Ouverture très oblique, arrondie et obliquement tronquée à la base. 
Labre simple, tranchant, arqué, échancré à la base par un sinus bien marqué, Colu- 
melle très peu épaissie, légèrement arquée et reliée au sommet du labre par une callo- 
sité appliquée, très luisante et nettement limitée. 

Coloration d'un gris bleuâtre, orné de très nombreuses flammules brunes longitu- 
dinales, irrégulières et dont la plupart suivent les lignes d'accroissement. Intérieur de 
l'ouverture brun foncé. 

Campagne de 1909-igio. Plage de Saint-Paul-de-Loanda: dragage baie de Mossa- 
médès, i5 à 20 mètres; plaine entre la falaise et la mer à Praya-Amelia (subfossile). 

Var. Candida. Entièrement blanche, sans flammules. 

Il est surprenant que, malgré son abondance sur les rivages de l'Angola, cette 
espèce ait échappé jusqu'à présent aux investigations. Elle est remarquable par la pro- 
fonde échancrure de son ouverture à la base du labre. On peut la rapprocher du T. 
fascialis Menke, de la baie de Montija (Amérique centrale). 

Mesalia brevialis (Lamarck). 

1910. Mesalia brevialis Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., l, p. 76. 

1911. — — Lam. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du SénégaL p. 38, pL II, fig. 25, 26. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 

Mathilda quadricarinata (Brocchi). 
igio. Mathilda quadricarinata Brocc. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 76. 

Mathilda elegans (De Foi.in). 
1910. Mathilda elegans de Fol. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. yy. 

Caecum crassum (De Folin). 

1910. CcBCum crassum de Fol. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. yy. 

1911. — — G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 39, pL II, fig. 27. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer; 
entre Conakry et le phare de Boulbiné; wharf de Tamara, îles de Los; dragage baie de 
Libreville. 

Caecum senegambicum (de Folin). 
1910. CcBCum senegambicum de FoL Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 77. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; dragage 
devant Cotonou,2o à 25 mètres ; dragage baie de Libreville. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 45 

CECUM BIMARGINATUiM, Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 3,4 (X i5). 

Testa arcuata, tenuis, subdiaphana,strnsincrementiirregulanbustantum ornata; versus 
aperturam in dorso prœcipue contracta ac deinde bi-annulata. Apertura circularis, parum 
obliqua, ab annula ultimo marginata. Septum rotundatum, parum prominulum. 

Color albus. 

Altit., 2 ; diam. maj. 0,5 millim. 

Coquille arquée, mince, subdiaphane, ornée seulement de stries d'accroissement 
irrégulièrement disposées, nettement étranglée à proximité de l'ouverture, surtout du 
côté convexe et ensuite pourvue de deux anneaux consécutifs séparés par un espace 
concave assez large. Le second anneau borde l'ouverture qui est circulaire et peu 
oblique. Septum arrondi, peu saillant. 

Coloration blanche. 

Campagne de igog-1910. Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres de profondeur. 

Cette espèce se distingue nettement de tous les Cœcum que nous connaissons par ses 
deux anneaux consécutifs. 

Caecum vicinum (de Folin). 
1910. Cœcum vicinum de Fol. Dautzenberg, Contrib. F. Afr; Occid., I, p. 77. 

Campagne de 1909-19 10. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné. 

Melania tuberculata (.Mulled). 
igio. Melania tuberculata Mûll. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 78. 

Claviger Matoni (Gray). 
1910. Claviger Matoni Gray, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 78. 

Campagne de 1909-1910. Lagune Ebrié ; lagune de Grand-Bassam ; entrée du 
chenal de Port-Bouët ; lagune de Nokoué-Kodji ; lagune de Porto-Novo; dragage 
entre la pointe Padrone et Shart-Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Le Vibex fuscus (Gmelin) H. Adams est synonyme. 

Claviger auritas (Mulleb). 

1910. Claviger auritus MùUer Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 78. 

1910. — balteatus Phil. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 78. 

1911. Melania (Claviger) auritus MùU. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. ^7, pi. II, 

fig. 22-24. 

Campagne de 1909- 19 10. Lagune Ebrié ; lagune d'Azurelti; lagune en face de Grand- 
Bassam ; embouchure de la Comaë ; Port-Bouët ; entre Grand-Popo et la Bouche-du- 
Roi; Cotonou; lagune de Nokoué-Kodji ; lagune de Porto-Novo. 

La réunion des Claviger auritus et balteatus s'impose lorsqu'on se trouve en pré- 



46 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

sence de matériaux nombreux : Tabsence ou le développement plus ou moins tardif des 
tubercules, la contraction plus ou moins accusée de la base de l'ouverture, sont des ca- 
ractères individuels, et le C/. ^df/Ze^ï/z/^ peut à peine être considéré comme une variété 
de petite taille et à tubercules peu développés de Vauritus. 

Cleopatra bulimoides (Olivier). 

1807. Cyclostoma bulimoides Olivier, Voyage au Levant, pi. 31, fig. 6. 

1852. Paludina — Oliv. A. Kuster. Conch. Cab. 2^ édit., p. 32, pi. 7, fig. 11-17. 

Campagne de 1909-1910. Lagune de Porto-Novo, vivant. 

Dispersion : Répandu dans les cours d'eau de l'Afrique depuis le Nil jusqu'au littoral 
occidental de ce continent. 

Planaxis lineatus (Da Costa). 
1776. Buccinum Uneatum Da Costa, Brit. Conch., p. 130, pi. VIII, fig. 5. 

Var. Hermannseni (Dunkeb). 

1853. Planaxis Hermannseni Dunker, Index Moll. Guin., p. 16, pi. II, fig. 33, 34. 

1887. — lineatus DaC. Tryon (ejï/'ay^e), Manualof Conch., IX, p.279, pi. 53, fig. 54(iflM/M»M). 

Campagne de 1909-1910. Tamara, Guinée. 
Dispersion : Benguella (Dunker). , 

Littorina (Melaraphe) angulifera (Lamarck). 
igio. Littorina angulifera Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 79. 

Campagne de 1909-19 10. Marigot de la Somone ; Conakry, à basse mer; anse de 
Boulbiné; île Roume (archipel de Los); lagune de Cotonou ; entre Grand-Popo et la 
Bouche-du-Roi : rivière de Denis; baie de Libreville ; fond de la baie de Lobito ; lagune 
de Banana; île des Pêcheurs, près Banana; Saint-Paul-de-Loanda. 

Littorina (Melaraphe) punctata (Gmelin). 
1910. Littorina {Melaraphe) punctata Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 79. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-.Air, à basse-mer; 
Port-Bouët, Côte d'Ivoire; Akkra, Gold-Coast; Saint-Paul-de-Loanda ; baie de Benguella 
Mossamédès et environs: baie de Praya-Amelia. 

Littorina (Melaraphe) cingulifera (Dunkeb). 

1845. Littorina cingulifera Dunker, Zeitschr. f. Malak., p. 166. 

1853. — — Dunker, Index Moll. Guin., p. 13, pi. II, fig. 26, 27. 

1887. — — Dunk. Tryon, Manual of Conch., IX, p. 250, pi. 45, fig. 97. 

Campagne de 1909-1910. Plagede Conakry ; Port-Bouët, vivant sur la jetée démolie; 
baie de Libreville ; Banana et lagune de Banana; baie de Benguella. 
Dispersion': Afrique Occidentale : Guinée, Loanda. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 47 

Liittorina (Melaraphe) neritoides (Linné). 
1910. Littorina {Melaraphe) neritoides Lin. Dautzexberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 79. 

Tectarius granosus (Philippi). 

1848. Littorina granosa Philippi, Abbildungen, p. 65, pi. VH, fig. 14. 

1858. — — Phil. Reeve, Conch. Icon., pi. XVIII, fig. 106. 

1887. Tectarius miliaris var. Tryon {nan Quoy), Manual of Conch., IX, p. 259, pi. 48, fig. 69 {tantum). 

Campagne de 1909-1910. Anse de Boulbiné; île Roume (archipel de Los); Tamara; 
Port-Bouët, Côte d'Ivoire; baie de Libreville. 

Dispersion : Afrique Occidentale : Guinée ; Libéria; Gabon ; île de Fernando-Po. 

Fossarus ambiguus (Linné). 

1757. Natica Fossar Adanson, Voyage au Sénégal, p. 173, pi. 13, fig. i. 

1767. Helix ambigua Linné, Syst. Nat., edit. XII, p. 1251. 

1887. Fossarus ambiguus Lin. Tryon, Manual of Conch., IX, p. 271, pi. 52, fig. 3-5. 

Campagne de 1909-1910. Anse de Boulbiné; plage de Mossamédès; dragage baie de 
Praya-Amelia, i5 à 35 mètres. 

Dispersion : Méditerranée et côtes occidentales d'Afrique jusqu'au Mossamédès. 

Fossarus (Phasianema) sulcosus (Brocchi). 

1814. Nerita sulcosa Brocchi, Conch. foss. subap., II, p. 298, pi. I, fig. 3^ 3". 

1910. Brocchia {Amathinoides) sulcosa Brocc. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 83. 

D'après M. de Monterosato, les Nerita sulcosa et costata de Brocchi ne seraient que 
deux états de la même espèce qu'il y aurait lieu de classer dans la section Phasianema 
du genre Fossarus. Le N. sulcosa, étant décrit le premier par Brocchi, doit être adopté de 
préférence à costata. 

Lanistes guinaicus (La.marck). 
1910. Lanistes guinaicus Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 80. 

Lanistes libycus (Morelet). 

1848. .impullaria libyca Morelet, Revue Zool., p. 354. 

1858. — — Morelet, Séries Conch., I, p. 28, pi. III, fig. 9, 9. 

Campagne de 1909-1910. Lagune de Porto-Novo. 
Dispersion : Gabon (Morelet). 

Torinia Malani (Dautzenberg). 
1910. Torinia Malani Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 80, pi. II, fig. 15 à 17. 

Torinia bisulcata (d'Orbigny). 

1853. Solarium bisulcalum d'Orbigny, MoU. de Cuba, II, p. 66, pi. XIX, fig. 17 à 20. 
1887. Torinia bisulcata d'Orb. Tryon, Manual of Conch., IX, p. 22, pi. 6, fig. 14-16. 



48 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; anse de 
Boulbiné; île Roume et wharf de Tamara, archipel de Los; dragage W. du banc de Craw- 
ford, archipel de Los; dragage baie de Libreville. 

Dispersion : cette espèce n'était connue, jusqu'à présent, que de Cuba. Elle est très 
voisine du Torinia fallaciosa Tihcri, de la Méditerranée. 

Pseudomalaxis Macandrewi (Iredale). 

1853. Bifrontia Zanclœa Gray (non Philippi), Ann. a. Mag. of Nat. Hist., 2" Ser., XI, p. 260. 

1863. — — Hanley in SowERBY [non Philippi), Thes. Conch., Ill, p. 246, pi. 254 

(V), fig. 101-103. 
1878. — (?) — MoNTEROSATO (mom Philippi), Enum. Moll. Sic, p. 37. 

1911. Pseudomalaxis Macandrewi Iredale, Proc. Malac. Soc. of Lond., p. 254. 

Campagne de 1909-1910. Dragage à l'ouest du banc de Crawford, îles de Los. 

M. Iredale a démontré tout récemment que l'espèce actuelle de la Méditerranée et 
de Madère, assimilée par les auteurs au Bifrontia lancLva de Philippi [Enurneratio 
Molluscorum Siciliœ, II, p. 225, pi. XXVIII, fig. 11) est, en réalité, fort différente de cette 
espèce fossile de Messine, et il lui a attribué avec raison un nom nouveau. 

Alaba Culliereti (Dautzenberg). 
1910. Alaba Culliereti Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 81. 

Rissoa radiata (Philippi). 
1910. Rissoa radiata Phil. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 81. 

Rissoa Guerini (Recluz). 

1910. Rissoa Guerini Reel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 82. 

1911. — — Reel. G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 41 (non figuré). 

Rissoa (Acinopsis) cancellata (Da Costa). 

1778. Turbo cancellatus Da Costa, Brit. Conch., p. 104, pi. VIII, fig. 6, 9. 

1884. Rissoa [Acinopsis) cancellata Da C. Bucquoy, Dautzenberg et G. Dollfus, MoU. du Roussillon, 

p. 294, pi. XXXIV, fig. 18-23. 
1889. Acinopsis — Da C. Monterosato, Coq. mar. marocaines in Joum. de Conch., 

XXXVII, p. 33- . 

Campagne de 1909- 1 910. Dragage baie de Praya-Amelia, i5 à 35 mètres. 

Dispersion: Méditerranée; Adriatique; Océan Atlantique, depuis l'Angleterre jusqu'au 
Maroc, aux îles Açores, Canaries et xMadère. 

La forme recueillie à Praya-Amelia par M. Gruvelest de petite taille et très analogue 
à celle des Açores. 

RISSOINA AFRICANA Dautzenberg, nov. sp. 

PI. 11, fig. 5, 6, et fig. 7, 8. var. crassior (X 8). 

Testa saf solida, elongato pyramidata. Anfr. 6 1/2 convexiusculi, sutura impressa jundi : 
frimi 2 levés, ceteri costis longitudinalibus angustis parumque obliquis [cir citer 12 in anfr. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 49 

ultimo), ornati. Apertura ovato-semilunaris. Peristoma continuum ; columella obliqua ; la- 
brum incrassatum extusque marginatum. 

Color albus. 

Altit., 3; diam. maj., 1,25 millim. ; apertura, i millim. alta, o.ys millim. lata. 

Coquille assez solide, allongée-pyramidale, composée de six tours et demi, légè- 
rement convexes, séparés par une suture bien accusée : les deux premiers, embryonnaires, 
lisses; les autres ornés de côtes axiales peu obliques, étroites, au nombre d'une douzaine 
sur le dernier tour. Ouverture ovale-semilunaire. Peristome continu; columelle oblique, 
arquée; labre épaissi et bordé d'un bourrelet externe. 

Coloration blanche. 

Campagne de 1909-igio. Baie de Hann, pointe de Bel-Air, à basse mer. 

Cette espèce paraît assez variable dans sa forme et son ornementation. Nous possé- 
dons une forme plus courte, à côtes longitudinales plus fortes et moins nombreuses 
(10, au lieu de 12 sur le dernier tour), qu'on pourra distinguer sous le nom de var. 
crassior et que nous avons représentée : PI. II, fîg. 7, 8. 

La présence du genre Rissoina n'avait pas encore été signalée sur les côtes de 
l'Afrique Occidentale. Sowerby a cité de l'Afrique Australe (Port-EIizabeth), le Rissoina 
ele^autiila Angas (Proc. Zool. Soc. of London, 1880, p. 417, pi. 40, fig. 10), décrit origi- 
nairement d'après des spécimens australiens : c'est une espèce à côtes longitudinales très 
nombreuses, flexueuses et traversées par des stries décurrentes, par conséquent bien 
différente du R. africana, qui ne présente aucune trace de sculpture transversale. La 
taille de notre nouvelle espèce est aussi bien plus faible. 

Peringia ulvœ (Pennant). 

1910.. Peringia ulvœ Penn. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 82. 

1911. Hydrobia (Peringia) tdvœ Penn. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 39, 

pi. II, fig. 28-35. 

Hipponyx antiquatus (Linné). 

1757. Lépas Soron Adanson, Voyage au Sénégal, p. 32, pi. 2, fig. 3. 

1767. Patella antiquata Linné, Syst. Nat., édit. XII, p. 1259. 

1886. Hipponyx antiquatus Lin. Tryon [ex parte), Manual of Conch., VIII, p. 134, pi. 40, fig. 93-97. 

Campagne de 1909-19 10. Baie de Hann, plage de Bel-Air, à basse mer. 
Dispersion : Afrique Occidentale ; Indes Occidentales ; Australie; Polynésie. 

Calyptra chinensis (Linné). 

1910. Calyptra chinensis Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 82. 

1911. — — Lin. G. Dollfus, LesCoq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 45, pi. II, fig. 53, 54. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; anse de 
Boulbiné ; dragage 4 milles S. W. de Conakry; dragage près de l'île Roume, 10- 
20 mètres, wharf de Tamara et W. du banc de Crawford, îles de Los; lagune Ebrié; 
T. V. - Fasc. 3 7 



5o ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Grand-Bassam, plage; dragage devant Grand-Bassam ; Bouche-du-Roi, Grand-Popo, 
Dahomey; dragage baie de Libreville; Banana, estuaire du Congo; dragage entre la 
pointe Padrone et Shart-Point, 25 mètres; dragage baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres ; 
dragage baie de Praya-Amelia, i5 à 35 mètres. 

• ■ Calyptra (Trochita) radians (Lamarck). 

1822. Trochus radians Lamarck, Anim. s. vert., VII, p. 11. 

1859. Trochita — Lam. Reeve, Conch. Icon., pi. I, fig. 3*, 3". 

1886. Calyptrœa {Infundibulum) radians Lam. Tryon, Manual of Conch., VIII, p. 121, pi. 35, fig. 84-88. 

Campagne de 1909-19 10. Plage de Mossamédès ; plaine dénudée entre la falaise et la 
mer, à Praya-Amelia (subfossile); dragage baie de Praya-Amelia, i5 à 35 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale : archipel du Cap Vert ; Pérou ; Chili; Mazatlan. 

Il est impossible de séparer spécifiquement les spécimens de la côte occidentale 
d'Afrique de ceux de la côte occidentale d'Amérique. 

■ Crepidula sulin (Adanso.n). 

1910. Crepidula jornicata Dautzenberg {non Linné), Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 83. 

1911. — — G. DoLLFUS {non Linné), Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 44, pi. II, 

fig. 50-52. 

Campagne de 1909-1918. Baie de Hann, plage de Bel-Air, à basse mer; dragage entre 
Conakry et le phare de Boulbiné ; anse de Boulbiné ; wharf de Tamara et dragage W. du 
banc de Crawford (archipel de Los) ; dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres ; Saint-Paul- 
de-Loanda; dragage baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres; dragage baie de Praya- 
Amelia, i5 à35 mètres. 

Le choix d'un nom pour le Crepidula^ si commun sur le littoral occidental d'Afrique, 
n'est pas facile. Il y a lieu d'éliminer tout d'abord celui de Cr. porcellaua Linné, qui a 
été employé par beaucoup d'auteurs, et notamment par Tryon, vu que le Patella porcel- 
laua de Linné, basé sur la figure O de la planche 40 de Seba, n'est autre chose qu'une 
Navicelle. La description originale suffirait à le prouver ; mais Hanley a, de plus, retrouvé 
dans la collection de Linné un spécimen de la coquille nommée plus tard Napicella ellip- 
tica par Lamarck (voir Ipsa Linn. Conch.., p. 416). 

Le nom fornicata Linné, qui a aussi été souvent employé et sous lequel nous avons 
nous-même désigné l'espèce dans notre premier mémoire sur les récoltes de M. Gruvel, 
nous paraît aujourd'hui devoir être réservé à une espèce des côtes atlantiques des États- 
Unis d'Amérique qui a le sommet moins saillant, une coloration moins vive et qui acquiert 
une taille plus forte. 

Il reste un Cr. adspersa Dunker, du Benguella, et un r. Clentiginosa Sowerby, du Cap 
de Bonne-Espérance, qui ont tous deux une grande analogie avec la forme du Sénégal et 
qui n'en sont même peut-être que des variétés ; mais nous croyons qu'il serait préférable, 
afin d'éviter toute confusion, de revenir au nom de Sulin Adanson, dont le Garnot., du 
même auteur, n'est qu'une variété de coloration. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 5i 

Crepidula goreensis (Gmehn). 
1910. Crepidula goreensis GmeL Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 84. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; anse de 
Boulbiné ; wharf de Tamara, archipel de Los. 

Xenophora senegalensis (P. Fischer). 
1910. Xenophora senegalensis P. Fisch. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 84. 

Natica Adansoni (Philippi). 
PI. II, fig. 9 (XI V,). 

1848. Natica Adansonii Philippi in Menke, Zeitschrift fiir Malakoz., p. 155. 
1852. — — Philippi, Conch. Cab., 2^ édit., p. 104, pi. 15, fig. 6. 

1886. — — Phil. Tryon, Manual of Conch., VIII, p. 15, pi. 2, fig. 30. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Lobito. 

Dispersion : Gabon. 

La description originale de Philippi s'applique exactement à un spécimen de la 
collection Petit de la Saussaye que nous avons sous les yeux ; mais la figure donnée par 
cet auteur dans le Conchylien Cabinet représente une coquille d'une coloration excep- 
tionnelle, composée de flammules noires, sans ponctuations, ce qui en a rendu l'inter- 
prétation peu facile. Nous avons représenté ici un spécimen accompagné de son opercule, 
lequel n'avait pas encore été observé. 

Le N. Adansoni Reeve {non Phil.) est le Fanel d'Adanson. 



Natica collaria (Lamarck). 
1910. Natica collaria, Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 85. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe de Bel-Air, à basse mer; 
plage de Lomé; dragage devant Cotonou. 

Natica fulminea (Gmelin). 

1910. Natica fulminea Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 85. 

1911. — — Gmel. G. Dollfus, Les Coq. du Quatcm. mar. du Sénégal, p. 42, pi. II, fig. 46, 47. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer ; baie 
de Lobito; Bahia de los Tigres. 

Natica fanel i'Adanson) (Recluz). 
1910. Natica fanel (Adans.) Reel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 86. 

Campagne de 1909-1910. Anse de Boulbiné; dragage 4 milles S. W. de Conakry; 
Saint-Paul-de-Loanda ; baie de Lobito; baie de Mossamcdès, dragage i5 à 20 mètres ; Bahia 
de los Tigres, plage. 



53 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Natica Gruveli (Dautzenberg). 
1910. Natica Gruveli Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 87, pL III, fig. 1-3. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage delà pointe Bel-Air, à basse mer. 

Natica Turtoni (E.-A. Smith). 
1910. Natica Turtoni, E.-A. Sm. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 88. 

Natica variabilis (Recluz) (Reeve). 
1910. Natica variabilis (RecL), Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 89. 

Campagne de 1909-1010. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné ; wharf de Ta- 
mara, archipel de Los; rivière de Denis, à Libreville ; passe et entrée du port de Banana ; 
Saint-Paul-de-Loanda, plage ; baie de Lobito. 

Natica vittata (Gmelin). 
1910. Natica vittata, GmcL Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 89. 

Natica flammulata (Réquien). 
1910. Natica flammulata Réq. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 90. 

Campagne de 1909-1910. Dragage. Grand-Bassam ; dragage baie de Mossamédès,. 
i5 à 20 mètres. 

Natica marochiensis (Gmelin). 
1910. Natica marochiensis GmeL Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 90. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; dragage 
4 milles S. W. de Conakry; wharf de Tamara et baie de Crawford, archipel de Los; 
dragage Grand-Bassam ; dragage devant Cotonou ; dragage baie de Libreville ; dragage 
entre la pointe Padrone et Shart-Point, estuaire du Congo; passe et entrée du port de 
Banana; plage de Saint-Paul-de-Loanda ; baie de Mossamédès, plage; baie de Praya- 
Amelia. 

Natica (Mammilla) lactea (Guilding). 
1910. Natica [Mammilla) lactea Guild. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 90. 

Sigaretus concavus (Lamarck). 
1910. Sigaretus concavus Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., II, p. 91. 

Campagne de 1909-1910. Dragage près du wharf de Tamara, îles de Los; Saint- 
Paul-de-Loanda, plage; baie de Lobito ; baie de Mossamédès, plage; Bahia de los 
Tigres. 

Sigaretus bifasciatus (Recluz). 
1910. Sigaretus bifasciatus RecL Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 91. 

Campagne de 1909-1910. Wharf de Tamara, archipel de Los ; dragage devant Coto- 
nou, 20 à 25 mètres ; dragage entre la pointe Padrone et Shart-Point, estuaire du Congo; 
baie de Lobito ; embouchure de la Calumbella. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 53 

Adeorbis subcarinatus (Montagu). 
1910. Adeorbis subcarinatus Mont. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 91. 

Campagne de igoq-igio. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer; 
dragage baie de Libreville. 

Chez la forme du Sénégal, la sculpture est plus accusée que chez la plupart des spé- 
cimens européens, et la taille est aussi un peu plus forte; les carènes sont bien sail- 
lantes et les lamelles rayonnantes bien développées. Nous proposons de les désigner sous 
le nom de var. robustior. 

ADEORBIS BOURYI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 10, Il (X 8). 

Testa turbinata, fragilis, latissime ac pervie umbilicata. Anfr. 5, sutura impressa juncti : 
primi 3 prominuli, levés ac lente crescentes, ultimi veto 2 rapide crescentes. Anfr. ultimus in 
Peripheria subangulatus, basi late excavatus ac piicis obliquis densis, sublamellosis irregula- 
ribusque ornatus. Apertura obliqua ; columella valde obliqua , superne callosa paululumque 
expansa ; labrum simplex, arcuatum. 

Color albus. 

Altit., 2,25; diam. maj., 2,75 millim. ; apertura, 1,5 millim. alla, 1,5 millim. lata. 

Coquille turbinée, fragile, très largement et profondément ombiliquée. Spire com- 
posée de 5 tours séparés par une suture bien accusée : les trois premiers, saillants, sont 
lisses et s'accroissent lentement ; les deux derniers croissent, au contraire, très rapi- 
dement. Le dernier est subanguleux à la périphérie, très largement excavé à la base, 
autour de l'ombilic et est garni, dans cette région, de plis rapprochés, sublamelleux et 
irréguliers. Ouverture oblique; columelle très oblique, calleuse et un peu dilatée au som- 
met; labre simple, arqué. 

Coloration entièrement blanche. 

Campagne de 1909-1910. Entre Conakry et le phare de Boulbiné ; baie de Libre- 
ville. 

Cette intéressante coquille que nous sommes heureux de dédier à notre savant con- 
frère, M. E de Boury, qui s'est si remarquablement distingué dans l'étude des Scalidés 
vivants et fossiles, appartient au même groupe que les Adeorbis Seguen{ianus Tryon 
( = Ad. depressus Seg., «on A. Adams), de la Méditerranée ; Adeorbis fragilis G. O. Sars, 
de Norvège, et Adeorbis patula Sowerby, des mers de Chine. 

Scala (Gyroscalaj commutata (Monterosato). 
1910. Scala commutata Monteros. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 92. 

Campagne de 1909-1910. Estuaire du Congo, près de Banana; Mossamédès, plage; 
dragage baie de Mossamédès, i3 à 20 mètres. 



54 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Scala (Dentiscala) crenata (Linné). 
1910. Scala crenata Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 92. 

Campagne de 1909-1910. Plage de Mossamédès; dragage baie de Mossamédès, i5 à 
20 mètres. 

Aclis carinata (E.-A. Smith). 
1910. Aclis carinata Sm. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 93. 

Campagne de 1999-igio. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; wharf de 
Tamara et dragage W. baie de Crawford, archipel de Los; dragage baie de Libreville. 

ACLIS BEDDOMEI Dautzenberg, nov, sp. 

PI. 11, fig. 12, i3 (X 8). 

Testa elongato-turrita. Anfr. 8 : printi I 1/2 levés, sequentes 2 convext, transversimtenuiter 
striati, ceteri minus convexi, superne juxta suturant breviter canaliculatam sat acute carinati. 
In anfr. ultimo carina basin cingit. Apertura subovata, superne angulata. Columella arcuata, 
extus incrassata, inferne acuminata. Labrum arcuatum, intus sulcatum. 

Color albus. 

Altit., 5; diam. maj., 1,4 millim. ; apertura, 1,4 millim. alta, i millim. lata. 

Coquille allongée, turriculée. Spire composée de 8 tours séparés par une suture 
étroitement canaliculée. Un touret demi, embryonnaires, lisses et convexes; les deux sui- 
vants également convexes, mais ornés de stries décurrentes faibles. Les autres moins con- 
vexes, ornés de stries décurrentes plus accusées et présentant, au-dessous de la suture, 
une carène saillante, assez aiguë, qui se prolonge autour de la base du dernier tour. Ou- 
verture ovalaire, anguleuse au sommet. Columelle arquée, entourée d'un bourrelet cal- 
leux, acuminée à la base. 

Coloration blanche uniforme. 

Cette curieuse espèce, que nous dédions à la mémoire de notre savant et regretté 
confrère, M. le colonel Beddome, a quelque analogie avec ï Aclis carinata Smith; mais sa 
taille est bien plus faible, sa forme est plus grêle, ses tours sont moins convexes, sa carène 
est beaucoup plus saillante, etc. 

Campagne de 1909- 19 10. Un seul exemplaire, dragué à l'ouest du banc de Crawford 
(îles de Los), le 8 décembre 1909. 

* EULIMA (STILIFERINA) FISCHERI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 14, i5(X 8). 

Testa ovato-elongata, solidula,nitida,anguste rimata, apice mucronato. Anfr. 9 .• primi 4 
plani, ceteri convexi, levés ac sutura impressa juncti. Apertura ovata ; columella arcuata, sat 
incrassata ; labrum simplex, modice arcuatum. 

Color albus hyalinus. 

Altit., 3,2 ; diam. maj., 1,1 millim. ; apertura, i millim. alta, o,y millim. lata. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 55 

Coquille ovale-allongée, assez solide, luisante, pourvue d'une fente ombilicale 
étroite. Spire assez haute, à sommet mucroné, composée de g tours lisses, séparés parune 
suture bien marquée : les 4 supérieurs plans, plus étroits que les 5 derniers qui sont bien 
convexes. Ouverture ovalaire. Columelle arquée, épaissie; labre simple, médiocrement 
arqué. 

Coloration d'un blanc hyalin. 

Campagne de 1909- 19 10. Wharf de Tamara, archipel de Los. 

Le groupe Stiliferiua n'a été signalé jusqu'à présent, croyons-nous, que de la 
'mer Rouge, du Japon et de la Californie . Aucune des quatre espèces qui le composent n'avait 
encore été figurée en 1886, de sorte que Tryon n'a pu en représenter aucune dans son 
Manuel. Nous n'avons pu comparer le spécimen découvert par M. Gruvel qu'à VEulima 
iStiliferina) gonochila Adams, du Japon, dont nous possédons des exemplaires ; mais c'est 
là vme coquille plus grande, plus trapue et d'une forme bien différente. Noos atta- 
chons à cette espèce le nom de notre collaborateur et ami, M. Henri Fischer. 

Niso Chevreuxi (Dàutzenberg). 
1910. Niso Chevreuxi Dàutzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 93. 

Obeliscus suturalis (von Maltzan). 
1910. Obeliscus suturalis v. Maltz. Dàutzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 93. 

Campagne de 1909-1910. Wharf de Tamara et dragage W. banc de Crawford, archi- 
pel de Los ; passe et entrée du port de Banana; dragage entre la pointe Padrone et Shart- 
Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Obeliscus dolabratus (Linné). 

1758. Trochus dolabratus Linné, Syst. Nat., edit. X, p. 760. 

1781. Trochus turritus dolabratus Linncei Chemnitz, Conch. Cab., V, p. 73, pL 167, fig. 1603, 1604. 

1886. Pyramidella dolabrata Lin. Tryon, Manual of Conch., VIII, p. 300, pi. 72, fig. 71, 72. 

Campagne de 1909-1910. Plage de Saint-Paul-de-Loanda. 

Dispersion : Afrique Occidentale : Loanda (D' Tams); archipel du Cap Vert 
(Bouvier). 

Actœopyramis Oruveli (Dàutzenberg). 
1910. Actceopyramis Gruveli Dàutzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 93, pi. III, fig. 6, 7. 

Actaeopyramis puncturata (E.-A. Smith). 
1910. Actceopyramis puncturata E.-A. Sm. Dàutzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 94. 

ODOSTOMIA THIELEI Dàutzenberg, nov. sp. 

PI. 11, fig. 24, j5 (x 8). 

Testa solidula.nitida, subpellucida, ovato-turrita. Anfr. y laevigati : embryonales 2 convexi 
ac heterostrofhi, ceteri plant, sutura frofundissime excavata juncti. Apertura ovata, margi- 
nibus callo adnata junctis ; columella valde contorta ; labrum simplex et arcuatum. 



"56 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Color albus. 

Altit., 2,5; diam. maj., i millim. ; apertura, o,y millim. alta, 0,3 millim. lata. 

Coquille assez solide, luisante, subpellucide, ovale-turriculée, composée de 7 tours 
lisses dont 2 embryonnaires convexes, hétérostrophes, les autres plans, mais séparés par 
une suture profondément enfoncée, au-dessus et au-dessous de laquelle les tours se con- 
tractent brusquement et sont nettement anguleux. Ouverture ovalaire; bords reliés par 
une callosité appliquée. Columelle fortement tordue. Labre anguleux au sommet, ensuite 
arqué. 

Coloration blanche uniforme. 

Campagne de 1909- 19 10. Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres de pro- 
fondeur. 

Cette espèce est très voisine du Turbonilla Candida de Folin ; mais elle en diffère par 
sa suture bien plus profonde. Nous prions M. Thiele, le savant professeur de Berlin, d'en 
agréer la dédicace. 

ODOSTOMIA GILSONI Dautzenberg; nov. sp. 

PI. II, fig. 26, 27 (X 8). 

Testa solidula, nitidula, angustissime rimata. Spira conoidea. Anfr. 7 sutura conspicua 
juncti : primi 2, emhryonales, minuti, heterostrophi ac dimidia ex parte immersi ; ceteri fere 
plant ; ultimi 4 supra suturant carinati ac infra carinam contracti. Sculptura prxter lineas 
incrementi parum conspicuas, nulla. Anfr. ultimus paullo supra peripheriam carinatus, basi 
convexus. Apertura ovata ; columella arcuata et plica valida munita ; lahrum simplex, arcua- 
tum intusque spir aliter liratum. 

Color albus, subpellucidus. 

Altit., 3; diam. maj., 1,5 millim. ; apertura, i millim. alta, 0,8 millim. lata. 

Coquille assez solide, un peu luisante, pourvue d'une fente ombilicale allongée, étroite, 
peu profonde. Spire conoïde, composée de 7 tours séparés par une suture bien accusée, 
dont deux embryonnaires lisses, petits, hétérostrophes et à moitié immergés; les autres 
presque plans. Les quatre derniers sont carénés au-dessus de la suture et contractés 
au-dessous de la carène. Surface lisse, ne présentant que des stries d'accroissement peu 
marquées. Dernier tour caréné un peu au-dessus de la périphérie, convexe à la base. 
Ouverture ovalaire; columelle arquée, pourvue d'un pli très fort; labre simple, arqué, 
orné, sur sa face interne, de plusieurs plis décurrents. 

Coloration blanche, subpellucide. 

Campagne de 1909-1910. Phare de Tamara, îles de Los; dragage baie de Libreville; 
dragage entre la pointe Padrone et Shart-Point, estuaire du Congo, 25 mètres de pro- 
fondeur. 

Par son labre plis;sé à l'intérieur, cette espèce se rapproche de l'O. conoidea Brocchi ; 
mais elle est-bien plus petite et se distingue nettement de ses congénères du même groupe 
par sa carène supra-su turale et la contraction des tours au-dessous de cette carène. Nous 



I 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 57 

sommes heureux d'attacher à cette espèce le nom du savant directeur du Musée Royal 
d'Histoire Naturelle de Belgique, M. le professeur Gilson. 

ODOSTOMIA ETIENNEI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 28, 29 (X 8). 

Testa ovato-turrita, imperforata, nitida, subhyalina. Anfr. 9 ." primi 2, embryonales, 
heterostrophi ; ceteri convexiusculi, sutura angustissime canaliculata juncti, levés, seepe funiculis 
transversis internis cir citer 4, opacitate extus conspicuis et paullo ante labrimarginem evanes- 
centibus ornati. Apertura ovato-elongata, superne angulata; columella arcuata, superne in 
plicam validissimam prominentcmque desinens ; labrum simplex, vix arcuatum. In imo 
aperturae jaucibus, funiculi transversi plerumque observantur. 

Color hyalinus, lineis transversis lacteis ornatus. 

Altit., 4; diam. maj., 1,1 millim. ; apertura, 1,1 millim. alta, 0,6 millim. lata. 

Coquille ovale-turriculée, imperforée, luisante, subhyaline, composée de 9 tours : 
les deux premiers, embryonnaires, hétérostrophes, les autres un peu convexes, séparés par 
une suture très étroitement canaliculée, souvent garnis, à l'intérieur, de funicules décur- 
rents, filiformes, qui se voient, par transparence, à l'extérieur de la coquille. Ces funicules 
s'effacent à une certaine distance du bord du labre. Ouverture ovale-allongée, anguleuse 
au sommet; columelle arquée, terminée, dans le haut, par un pli très fort et très saillant. 
Labre simple, faiblement arqué : on aperçoit ordinairement, dans le fond de l'ouverture, 
les extrémités des cordons décurrents internes. 

Coloration blanche hyaline, tantôt uniforme, tantôt traversée par des lignes décur- 
rentes opaques. 

Habitat : Dragage de la pointe Padrone à Shart-Point, estuaire du Congo, 25 mètres 
de profondeur. 

Nous prions M. le D' Etienne, auquel son séjour à Banana a permis de faire de 
très intéres-santes découvertes malacologiques dans l'estuaire du Congo, d'accepter la dé- 
dicace de cette nouvelle espèce remarquable par sa forme allongée, sa suture étroitement 
canaliculée et son pli columellaire exceptionnellement fort. Les funicules internes n'exis- 
tent pas toujours : nous avons examiné avec beaucoup d'attention des spécimens très frais, 
et nous avons constaté que, chez certains d'entre eux, les funicules sont très faiblement 
indiqués et que, chez d'autres, il n'en existe pas la moindre trace ; il ne s'agit donc pas là 
d'un caractère ayant une importance spécifique. 

. ODOSTOMIA LAxMOTHEI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 22, 23 (X 8). 

Testa solidula, elongato-ovata, nitidula. Anfr . 8 : primi 2 levés, heterostrophi ac dimidia 
ex parte immersi ; ceteri vix convexiusculi, sutura impressa juncti ; penultimi 2 supra suturam 
subangulati et infra angulum contracti. Anfr. ultimus sat elongatus. Apertura ovata, superne 
subangulata ; columella arcuata, plicam validam emittens ; labrum simplex et arcuatum. 

T. V. - Fasc. 3. 8 



58 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Color albus. 

Alt., 3; diam. maj., o,g ; apertura, o,g millim. alla, o,g millim. lata. 

Coquille assez solide, ovalaire-allongée, un peu luisante, composée de 8 tours : 
2 embryonnaires lisses, hétérostrophes, à moitié immergés ; les autres à peine convexes, 
ne présentant que quelques lignes d'accroissement peu marquées, séparés par une suture 
bien accusée; les deux avant-derniers tours sont très légèrement anguleux un peu au- 
dessus de la suture et contractés au-dessous de cet angle. Dernier tour assez haut en 
proportion. Ouverture ovalaire, légèrement anguleuse au sommet; columelle arquée, 
pourvue d'un pli fort. Labre simple, arqué. 

Coloration blanche. 

Campagne de 1909- 1910. Dragage banc de Crawford, archipel de Los ; dragage baie 
de Libreville. 

Nous dédions cette petite espèce à notre confrère et ami, M. le général de La- 
mothe. 

EULIMELLA CHASTERI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 20, 21 (X8). 

Testa subulate turnta,solidula,nitida, imper for ata. Anfr. 12 : primi2, embryonales, con- 
vexiac heterostrophi ; ceteriio plant, sutura incisa jundi, levés, striis incrementi tantum paucis 
parumque conspicuis ornati. Apertura ovata, superne angulata. Columella brevis, subrecta, 
incrassata, superne subplicata. Labrum simplex, arcuatum. 

Color albus. 

Altit., 8,5; diam. maj., millim. i,'j; apertura, 1,5 millim. alla, i millim. lata. 

Coquille allongée, turriculée, assez solide, luisante, imperforée, composée de i2toui's: 
les 2 premiers, embryonnaires, convexes, hétérostrophes; les 10 autres plans, séparés par 
une suture nettement incisée, lisse, ne présentant que quelques rares stries d'accroisse- 
ment. Ouverture ovalaire, anguleuse au sommet; columelle courte, perpendiculaire, 
épaissie et terminée au sommet par un pli très faible; labre simple, arqué. 

Coloration blanche. 

Habitat : dragage W. banc de Crawford, îles de Los (Guinée française). 

Cette espèce possède le même nombre de tours que notre Eulîmella pnlygyrata; mais 
elle est bien plus grande, moins grêle, ses tours sont plans et non convexes, sa columelle 
est droite, épaissie et terminée au sommet par un léger pli, tandis que celle de VE. poly- 
gyrata est très étroite, arquée et dépourvue de pli. Nous lui attachons le nom de notre 
regretté confrère, M. George W. Chaster, qui s'était spécialisé dans l'étude si ardue des 
Odostomidés, dont il a fait connaître de nombreuses formes nouvelles. 

L'£". Chasteri a une grande analogie de forme avec l'^". acicula Philippi, des mers 
d'Europe, mais c'est une espèce bien plus grande et à tours plus nombreux, son dernier 
tour est aussi plus haut en proportion. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 59 

EULIMELLA POLYGYRATA Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 16, 17 (X 8). 

Testa elongatissima, tenuis, nitidiuscula, suhpellucida, imperforata. Anfr. 12 : primi 2, 
embryonales, heterostrophi ; ceteri 10 convexiusculi, sutura conspicua jundi, levés, striis 
incrementi tantunt ornati. Apertura parva, rotundato-ovata, superne subangulata ; columella 
angustissima, arcuata ; labrum simplex, arcuatum. 

Color albus, hyalinus. 

Altit., 4,ç ; diam. ma]., o,g millim. ; apertura, o,y millim. alla, 0,3 millim. lata. 

Coquille étroitement allongée, mince, un peu luisante, subpellucide, imperforée. 
Spire élevée, turriculée, composée de 12 tours dont 2 embryonnaires, hétérostrophes, et 
10 normaux lisses, ne présentant que de légères stries d'accroissement, médiocrement con- 
vexes, séparés par une suture bien marquée. Ouverture petite, ovalaire-arrondie, légère- 
ment anguleuse au sommet ; columelle très étroite, arquée; labre simple, arqué. 

Coloration d'un blanc hyalin. 

Habitat : dragage W. banc de Crawford (îles de Los). Exemplaire unique. 

L.'Eulimella polygyrata se distingue de ses congénères par sa forme extrêmement 
grêle et ses tours nombreux. 

EULIMELLA INANIS Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 18, 19 (X 8). 

Testa solidula, nitida, elongato-turrita. Anfr. g 1/2 : embryonales 3 levés, heterostrophi, 
normales 6 1J2 vix convexiusculi, sutura lineari juncti ac stria subsuturali conspicua ornati. 
Apertura ovata, superne subangulata ; columella arcuata paululumque incrassata ; labrum 
simplex et arcuatum. 

Color albus, subpellucidus. 

Altit., 2,7; diam. maj., 0,6 millim. ; apertura, 0,5 millim. alla, 0,4 millim. lata. 

Coquille assez solide, luisante, allongée, turriculée, composée de 9 tours et demi dont 
3 embryonnaires lisses, hétérostrophes, et 6 1/2 normaux, à peine convexes, séparés par 
une suture linéaire, accompagnée, au-dessous, d'une strie décurrente bien visible. Ouver- 
ture ovalaire, un peu anguleuse au sommet; columelle arquée, un peu épaissie; labre 
simple, arqué. 

Coloration d'un blanc subhyalin. 

Campagne de 1909-1910. Dragage devant Cotonou, de 20 a 25 mètres de profondeur. 

Cette (petite espèce se distingue par sa forme étroite et par la strie décurrente qui 
accompagne la suture à une certaine distance. 

Turbonilla senegalensis (von Maltzan). 
1910. Turbonilla senegalensis v. Maltz. DAUtzENBERO, Contrib. F. Afr. Occid.,I, p. 95, pi. HT, fig. 8. 9. 



6o ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Turbonilla Pallaryi (Dautzenberg). 
1910. Turbonilla Pallaryi, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 95. 

Turbonilla tenuis (Pai.lary). 
1910. Turbonilla tenuis Pall. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 96. 

Turbonilla rufescens (Forbes). 
1910. Turbonilla rufescens Forbes, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 96. 

Turbonilla rosea (von Maltzan). 
1910. Turbonilla rosea von Maltz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 96. 

TURBONILLA OBLIQUECOSTATA Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 3o, 3i (X 8). 

Testa solidula, elongato turrita. Anfr. 11 : primi 2, embryonales, levés ac heterostrophi ; 
ceteri sat convexi, sutura impressa juncti ac costis longitudinalibus obliquisornati.Costarum 
interstitia in anfr. ultimi peripheria abrupte desinent. Apertura subquadrata ; columella 
paululum obliqua, edentula ; labrum sifnplex, basin versus arcuatum. 

Color albus. 

Altit., 6,8 ; diam. maj., 1,8 millim. ; apertura, 1,25 millim. alla, i millim. lata. 

Coquille assez solide, allongée, turriculée,composéede 1 1 tours, dont 2 embryonnaires, 
hétérostrophes, et g normaux, assez convexes, séparés par une suture bien accusée et ornés 
de côtes axiales obliques, dont les intervalles se terminent brusquement à la périphérie 
du dernier tour. 

Coloration blanche. 

Campagne de 1908. Port-Etienne, pointe Cansado. 

Par l'obliquité de ses côtes, celte espèce a une certaine analogie avec le T. ubliqiiata 
Philippi, de la Méditerranée, mais elle s'en distingue par ses côtes plus nombreuses, bien 
moins fortes et moins saillantes. 

TURBONILLA SECERNENDA Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 32, 33 (X 8). 

Testa solidula, imperf or ata, nitidula, elongato-turrita. Anfr. 12 : primi 2 embryonales, levés 
ac heterostrophi ; ceteri convexiusculi, sutura parum impressa juncti, costis longitudinalibus 
subrectis ac funiculis transversis regulariter clathrati. Apertura ovato-subquadrata ; columella 
paullo arcuata, edentula ; labrum simplex, superne déclive, deinde arcuatum. 

Color albidus, subhyalinus, zonula rosea transversa sat lata in medio anfractuum or- 
natus. 

Altit., 7; diam. maj., 1,8 millim. ; apertura, 1,5 millim. alta, i millim. lata. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 6» 

Coquille plutôt solide, imperforée, un peu luisante, allongée, turriculée, composée 
de 12 tours dont 2 embryonnaires, lisses, hétérostrophes, les autres assez convexes, sépa- 
rés par une suture médiocrement accusée, ornés de costules axiales subperpendiculaires 
et de funicules décurrents qui forment, par leur entre-croisement, une reticulation bien 
régulière. Ouverture ovale, subquadrangulaire ; columelle faiblement arquée, non 
plissée; labre simple, déclive dans le haut, arqué vers le bas. 

Coloration d'un blanc subhyalin, traversé, au milieu des tours, par une zone assez 
large, d'un beau rose carminé. 

Campagne de igog-cgio. Dragage de la pointe Padrone à Shart-Point, estuaire du 
Congo, 25 mètres de profondeur. 

Par sa taille et sa coloration, cette espèce se rapproche du T. Gruveli, mais elle en 
diffère absolument par sa sculpture: tandis que le Grwj'e// ne possède que des stries décur- 
rentes fines, chez le secernenda, il existe des cordons assez forts, régulièrement espacés 
et qui donnent à la surface un aspect nettement treillissé. 

TURBONILLA GRUVELI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 36, 37 et var. mullicostata, fig. 38 (X 8). 

Testa sat nitida, imper f or ata, elongato-turrita. Anfr. 12 : primi 2, embryonales, levés ac 
heterostrophi ; ceteri convexmsculi, sutura mediocriter impressa juncti, longitudinaliter sub~ 
rede crebricostati ac transversim tenuiter ac dense striati. Apertura subovata ; columella 
subobliqua, vix subtorta, haud plicata ; labrum simplex et arcuatum. 

Color roseus vel flavidus, in medio anfractuum zonula saturatiore plerumque ornatus. 

Altit., 9; diam. maj., 2 millim. ; apertura, 1,8 millim. alla, 1,3 millim. lata. 

Var. MULTICOSTATA : 

Costis numerosioribus ac magis obliquis ; anfr. aliquantum planioribus. 

Coquille assezluisante, itnperforée, allongée, turriculée, composée de 12 tours dont 
2 embryonnaires, lisses, hétérostrophes, et 10 normaux, légèrement convexes, séparés par 
une suture médiocrement accusée, ornés de costules axiales nombreuses, presque per- 
pendiculaires et de stries décurrentes, fines et nombreuses. Ouverture ovalaire ; columelle 
légèrement oblique, à peine tordue, dépourvue de pli ; labre simple, arqué. 

Coloration d'un rose carminé ou fauve, présentant ordinairement, sur le milieu des 
tours, une bande décurrente un peu plus foncée. 

Campagne de igog-1910. Dragage de la pointe Padrone à Shart-Point, estuaire du 
Congo. 

Var. multicostata : 

Ornée de côtes axiales plus nombreuses, tours un peu moins convexes. 

Campagne de igog-igio. Avec le type. 

Nous sommes heureux d'off"rir à M. A. Gruvel la dédicace de cette belle espèce, 
remarquable par sa taille relativement grande ainsi que par sa coloration. Elle diffère 
essentiellement du T. rosea von Maltzan, par sa sculpture beaucoup plus fine, sa forme 
plus élancée, etc. 



62 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

TURBONILLA HAULLEVILLEI DAUTZENBERG,nov. sp. 

PI. II, fig. 34, 35 (X 8). 

Testa solidula, elongato-tunita, nitida, Anfr. 10 : primi 2 levés ac heterostrophi ; ceten 
convexiusculi, paululum gradati, sutura impressa juncti et plicis longitudinalibus perpen- 
dicularihus debilissimis, vix prominentibus, in anfr. ultimo evanescentibus, ornati. Apertura 
ovato-subpiriformis, superne angulata ; columella arcuata aliquantulum incrassata et sub- 
orta ; labrum simplex, acutum. 

Color albus, subpellucidus infra suturam zonulam opacam sat latam prœbens. 

Altit., 5; diam. maj., i millim. ; apertura, o,y5 millim. alta, o,y millim. lata. 

Coquille assez solide, allongée, turriculée, luisante, composée de 10 tours dont 
2 embryonnaires, lisses, et hétérostrophes;les autres légèrement convexes, un peu étages, 
séparés par une suture bien accusée, sont ornés de plis axiaux perpendiculaires très 
faibles, à peine saillants et s'efFaçant sur le dernier tour. Ouverture ovale, subpiriforme, 
anguleuse au sommet ; columelle arquée, faiblement épaissie et très légèrement tordue. 
Labre simple, tranchant. 

Coloration d'un blanc subhyalin avec une zone subsuturale opaque, assez large. 

Campagne de 1909-1910. Dragage de la pointe Padrone à Shart-Point, estuaire du 
Congo, 25 mètres de profondeur. 

Cette espèce est remarquable par sa sculpture axiale très atténuée et ses tours très légè- 
rement étages. Nous prions M. le baron de Haulleville, directeur du Musée du Congo, 
à Tervueren, de vouloir bien en accepter la dédicace. 

TURBONILLA MARTELI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. III, fig. 1,2 (X8). 

Testa solidula, nitida, elongato-turrita. Anfr. g 1J2 : primi 2 1/2 levés ac heterostrophi; 
ceteri vix convexiusculi, sutura impressa juncti ac plicis longitudinalibus redis parumque 
prominentibus ornati. Apertura ovata ; columella arcuatula, paululum incrassata ; labrum 
simplex et acutum. 

Color albus, subpellucidus. 

Altit., 3,8; diam. maj., i millim. ; apertura, 0,8 millim. alta, 0,3 millim. lata. 

Coquilleassez solide, luisante, allongée, turriculée, composéede gtours et demi, dont 
2 et demi embryonnaires, lisses et hétérostrophes ; les autres, à peine convexes, sont séparés 
par une suture bien accusée et ornés de plis longitudinaux droits, perpendiculaires, peu 
saillants. Ouverture ovale; columelle légèrement arquée, un peu épaissie; labre simple, 
arqué. 

Coloration blanche, subpellucide. 

Campagne de 1909-1910. Dragage devant Cotonou, 20 a 25 mètres de profondeur j 
dragage W. banc de Crawford, îles de Los. 

Cette espèce, que nous dédions à notre confrère et ami, M. le colonel Martel, de 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 63 

Cancale, qui a étudié avec grand soin les Odostomidés de la Bretagne, a une certaine 
analogie avec notre Turbonilla Haullevillei^ mais elle est bien plus petite, plus étroite en 
proportion, et son sommet est relativement beaucoup plus gros et plus saillant. 

TURBONILLA CANQUEI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. III, fig. 5, 6(X 8). 

Testa solidula, elongaio-turriia. Anfr. 12 : embryonales 2 levés et heterostrophi, normales 
10 convexi, sutura impressa juncti ac costis longitudinalibus arcuatis, validis, inter stitia fere 
aequantibus, regulariter ornati. Apertura subquadrata ; columella recta, parum incrassata ; 
labrum simplex leviter que arcuatum. 

Color albus, in speciminibus integris versimiliter subpellucidus. 

Altit., 3,5; diam. maj., 0,73 millim. ; apertura, 0,6 millim. alla, 0,4 millim. lata. 

Coquille assez solide, allongée, turriculée, composée de 12 tours, dont 2 embryon- 
naires, lisses, hétérostrophes et 10 normaux, convexes, séparés par une suture bien accusée 
et ornés de côtes axiales arquées, régulières, à peu près aussi larges que leurs intervalles. 
A partir de la périphérie du dernier tour, les espaces intercostaux deviennent brusque- 
ment moinsprofonds;mais les côtes, fortement atténuées par ce fait, se prolongent cepen- 
dant jusqu'à la base de la coquille. Ouverture subquadrangulaire ; columelle perpendicu- 
laire, peu épaisse; labre simple, légèrement arqué. 

Coloration blanche, probablement subpellucide chez les spécimens frais. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Libreville. 

Cette petite forme est caractérisée par ses tours nombreux, bien convexes, ses côtes 
régulières, arquées, égalant à peu près leurs intervalles. Nous n'en avons vu que des 
spécimens défraîchis, d'un blanc opaque et terne; mais il est pro bable qu'à l'état frais, la 
coquille est luisante et un peu transparente comme celle de ses congénères. Nous prions 
notre confrère de Marseille, M. Canque, qui a fait de for tes intéressantes récoltes mala- 
cologiques à Tahiti et aux îles Sous-le-Vent, d'en accepter la dédicace. 

TURBONILLA BEDOIT Dautzenberg, nov. sp. 

PI. Il, fig. 39, 40 (X 8). 

Testa solidula, elongato-turrita. Anfr. 12 : embryonales 3 levés ac heterostrophi ; nor- 
males 9 sat convexi, sutura impressa, stiperne marginata, juncti ac costulis obliquis inter stitia 
fere œquantibus ac in peripheria anfr. ultimi abrupte desinentibus ornati. Apertura subqua-^ 
drata ; columella recta, sat incrassata ; labrum simplex, arcuattim. 

Color albus. 

Altit., 5/ diam. maj., 1,2 millim. ; apertura, i millim. alla, o,y millim. lata. 

Coquille assez solide, allongée, turriculée, composée de 12 tours, dont 3 embryon- 
naires, lisses et hétérostrophes, et 9 normaux, médiocrement convexes, séparés par une 
suture bien accusée et bordés, au-dessus, par un funicule décurrent contre lequel 



64 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

viennent s'arrêter les espaces intercostaux. Ces tours sont ornés de côtes axiales un peu 
obliques, à peine plus étroites que leurs intervalles et qui s'arrêtent brusquement à la péri- 
phérie du dernier tour. Ouverture subquadrangulaire ; columelle verticale, assez épaisse; 
labre simple, arqué. 

Coloration blanche. 

Campagne de 1909-1910. Passe et entrée du port de Banana, Congo belge. 

Les spécimens recueillis par M. Gruvel sont tous défraîchis ; mais il est probable qu'à 
l'état frais cette espèce est luisante et hyaline, comme les autres Tiirbonilla. Nous dédions 
cette espèce à M. Bedot, le savant directeur du Musée d'Histoire Naturelle de Genève, 
qui a réussi à faire de la collection malacologique de cet établissement, l'une des plus 
importantes du monde. 

TURBONILLA KOBELTI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. m, fig. II, 12 (X 8). 

Testa solidula, elongato turrita. Anfr. 11 : primi 3 inflati ac heterostrophi, ceteri vix 
convexiusculi, sutura conspicua jundi ac piicis ohliquis dehilissimis ornati. Apertura ovato- 
subquadrata ; columella brevis, arcuatula, incrassata, labrum simplex, acutum. 

Color albus. 

Altit., 4,25 ; diam. maj., o,y millim. ; apertura, o,y millim. alla, 0,5 millim. lata. 

Coquille assez solide, allongée, turriculée, composée de 1 1 tours, dont 3 embryon- 
naires, renflés, hétérostrophes, formant un sommet légèrement papilleux ; les autres, à 
peine convexes, sont ornés de plis obliques très faibles. Ouverture ovale-subquadrangu- 
laire ; columelle courte, un peu arquée, épaissie ; labre simple, tranchant. 

Coloration blanche. 

Campagne de lyog-igio. Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres de profondeur. 

Nous prions notre confrère et ami, M. le D' Kobelt, de Schwanheim, d'accepter la 
dédicace de cette forme remarquable par son sommet papilleux et sa sculpture très 
oblique, peu développée. 

TURBONILLA BUTTONI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 41,42 (X 8). 

Testa solidula, nitida, elongato-turrita. Anfr. 13 : primi 3 embryonales, levés ac hetero- 
strophi, ceteri lente accreti, convexiusculi, sutura impressa juncti ac plicis longitudinalibus 
paululum arcuatis et in anfr. ultimo subsigmoideis débiliter ornati. Apertura subquadrata ; 
columella recta, parum incrassata ; labrum simplex leviterque arcuatum. 

Color albus, subpellucidus. 

Altit., 5 ; diam. maj., 1,1 millim. ; apertura, i millim. alla, 0,6 millim. lata. 

Coquille assez solide, luisante, allongée, turriculée, composée de i3 tours dont 
3 embryonnaires, lisses et hétérostrophes. Les autres croissent lentement, sont légèrement 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 65 

convexes, séparés par uhe suture bien accusée et ornés de plis axiaux très faiblement 
arqués et un peu sigmoïdes sur le dernier tour. Ouverture subquadrangulaire; columella 
perpendiculaire, peu épaissie ; labre simple, légèrement arqué. 

Coloration blanche, subpellucide. 

Campagne de 1909-1910. Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres de profondeur. 

Cette espèce est remarquable par ses tours nombreux, relativement peu élevés. Nous 
sommes heureux de la nommer d'après notre confrère, M. Button, d'Oakland, qui nous 
a souvent fourni de précieux matériaux d'étude. 

TURBONILLA MELVILLI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. m, fig. 3,4 (X 8). 

Testa elongato-turrita,solidula,imperforata. Anfr. ii:primi 3 embryonales heterostrophi, 
levés; normales 8 sutura impressa juncti, costis obliquis paululum sigmoideis, quam inter stitia 
angustioribus {15 in anfr. ultimo) ornati. Costœ in basi anfr. ultimi sensim evanescunt sed 
intcrstitia in peripheria abrupte desinent. Apertura subquadrata ; columella recta, incrassata, 
haud plicata ; labrum rectiusculum ; mar go basalis arcuata. 

Color al bus. 

Altit., 2,8 ; diam. maj., o,y millim. ; apertura, 0,5 millim. alla, 0,6 millim. lata. 

Coquille allongée, turriculée, assez solide, imperforée, composée de 11 tours dont 
3 embryonnaires, lisses, hétérostrophes,et 8 normaux, séparés parune suture bien accusée, 
ornés de côtes obliques très légèrement sigmoïdes, plus étroites que leurs intervalles. On 
en compte une quinzaine sur le dernier tour. Les côtes s'atténuent graduellement sur 
la base du dernier tour, mais leurs intervalles sont brusquement limités à la périphérie. 
Ouverture subquadrangulaire ; columelle perpendiculairej épaissie, non plissée ; labre 
presque perpendiculaire ; bord basai arrondi. 

Coloration blanche. 

Campagne de 1909- 19 10. Dragage baie de Libreville. 

Cette espèce se rapproche b&a\.\co\x]p àcVOdostomia (Turbonilla) acutîcostata JefFr. 
(Proc. Zool. Soj. of. London, 1884, p. 359, pi. XXVII, f.2) ; mais elle s'endistinguepar ses 
côtes moins nombreuses (i5 au lieu de 20), par sa forme plus grêle, la base de son dernier 
tour moins aplatie, enfin, par ses côtes axiales qui se prolongent, en s'atténuant, sur la 
base de la coquille, tandis que celles de Y acuticostata s'arrêtent brusquement à la 
périphérie. 

Nous dédions cette espèce à notre savant collègue de la Société Malacologique de 
Londres, M. Cosmo Melvill, à qui l'on doit déjà tant de remarquables travaux conchy- 
liologiques. 

TURBONILLA JOUBINI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. II, fig. 43,44 (X 8). 

Testa solidula, subulato-turrita, imperforata. Anfr. 12 : embryonales 2 levés, hetero~ 
strophi ; normales 10 parum convexi, sutura sat impressa juncti, costis longitudinalibus rectius- 
T. V. — Fasc. 3. 9 



66 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

culis, mediocriter prominentibus, quant inter stitia angustioribus ac sulcistransversisimpressis 
undique regulariter ornait. Afertura subquadrata ; columella recta, incrassata, flica immersa, 
in speciminibus adultis et integris extus inconspicua, instructa ; labrum simplex, superne 
déclive ; margo ventralis arcuata. 

Color albus. 

Altit., y ,5 ; diam. ma]., i,g millim. ; apertura, 1,5 millim. alla, i millim. lata. 

Coquille assez solide, subulée, turriculée, imperforée. Spire composée de 12 tours, 
dont 2 embryonnaires lisses, hétérostrophes, et 10 normaux, peu convexes, séparés par 
une suture bien marquée, ornés de côtes axiales presque perpendiculaires, médiocrement 
saillantes, un peu inégales, plus étroites que leurs intervalles, et de sillons décurrentsbien 
accusés, régulièrement espacés sur toute la surface, y compris la base du dernier tour. 
Ouverture subquadrangulaire; columelle droite, rectiligne, épaisse ; pli columellaire pro- 
fondément immergé, invisible à l'extérieur chez les spécimens adultes et intacts. Labre 
simple, déclive ; bord basai arrondi. 

Coloration blanche uniforme. 

Campagne de 1909-1910. Passe et entrée du port de Banana (Congo belge). 

Nous prions M. le Professeur Joubin d'accepter la dédicace de cette Turbonille 
dont la forme et la sculpture rappellent le Turbonilla riifa, mais qui se distingue de cette 
espèce par sa forme moins étroite, ses tours un peu plus convexes, ses côtes plus étroites 
et plus nombreuses, ses sillons plus nombreux et plus profonds. 

TURBONILLA SUBTILISSIMA Dautzenberg, nov. sp. 

PI. 111,7, 8,9, 10 (X 8). 

Testa anguste elongata. Spira turrita. Anfr. 8 : primi 2, embryonales, levés ac hetero- 
strophi; normales 6 subplani, sutura parum impressa juncti, costis longitudinalibus redis 
{cir citer 20 in anfr. ultimo), quam inter stitia angustioribus et sulcis transversis {cir citer 9 in 
anfr. penultimo, 12 in ultimo), inter costas tantum conspicuis, sculpti. Costx in anfr. ultimi 
basi sensim evanescunt. Apertura ovata ; columella levissime arcuata. 

Color albus. 

Altit., 2,4 ; diam. maj., 0,6 millim. ; apertura, 0,5 millim. alla, 0,3 millim. lata. 

Coquille étroitement allongé. Spire turriculée, composée de 8 tours, dont les 2 premiers, 
embryonnaires, sont lisses et hétérostrophes. Les 6 autres, séparés par une suture peu 
profonde, sont presque plans, ornés de côtes axiales (une vingtaine sur le dernier tour) à 
peu près perpendiculaires, plus étroites que leurs intervalles, s'efFaçant graduellement sur 
la base du dernier tour et de sillons décurrents (environ 9 sur l'avant-dernier tour et 12 
sur le dernier), visibles seulement entre les côtes. Ouverture ovalaire ; columelle légère- 
ment arquée sans trace de pli chez les exemplaires adultes et complets. 

Coloration blanche. 

Campagne de 1909-1910. Dragage dans la baie de Libreville. 

Cette petite espèce est remarquable par sa forme extrêmement étroite. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 67 

Pyrgulina spiralis Montagu). 
1910. Pyrgulina spiralis Mont. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 97. 

Pjrrgulina sigmoidea (Monterosato). 

1884. Orfostowîfl sigwoirfea Monterosato m Jeffreys, « Lightning » and « Porcupine »t^Kp. wt ï*roc. 

ZooL Soc. Lond., p. 355, pi. 26, fig. 9. 
1886. Turhonilla (Pyrgostelis) sigmoidea Mont. Tryon, Manual of Conch., VIH, p. 327, pi. 75, fi^ 93, 94. 
1905. Parthenina sigmoidea Mont. Kobelt, Iconogr. der Europ. Schalcntr. Meercsconch., p. lia, pï. 70; 

fig- 23, 24. 

Campagne de 1908. Dragage baie de Cansado. 

Campagne de 1909-1910. Dragage W. du cap Rouge ; dragage 4 milles S. W.Conakry; 
wharf de Tamara, archipel de Los ; passe et entrée du port de Banana. 

Dispersion : xMéditerranée. 

Cette espèce est caractérisée par ses côtes sigmoïdes, ainsi que par sa striation décur- 
rente fine et serrée. 

Pyrgulina turbonilloides (Brusina). 

1869. Odostomia turbonilloides Brusina, Diagn. in Joum. de Conch., XVII, p. 240. 

1883. Odostomia [Parthenina) turbonilloides Brus. Bucquoy, Dautzenberg et G. Dollfus, MoU. du 

Roussillon, I, p. 173, pi. XX, fîg. 3, 4. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; wharf de 
Tamara et dragage W. banc de Crawford, archipel de Los ; dragage baie de Libreville. 

Dispersion : Méditerranée. 

Les spécimens de l'Afrique Occidentale que nous avons sous les yeux ne dilférent de 
ceux de la Méditerranée que par leur taille un peu plus forte. 

PYRGULINA SCULPTATISSLMA Dautzenberg, nov. sp. 

PI. in, fig. i5, 16 (X 8). 

Testa minuta, solidula, ovata et imperforata. Anfr. 5 1 J2 : primi 2 levés ac heterostrophi ; 
ceteri j 1/2 sutura impressa jundi, inferne cingulo validissimo cincti, superne costis longi- 
tudinalihus abrupte desinentibus ornati. Anfr. penultimi basis bicingulata. Apertura ovata; 
peristoma continuum, incrassatum ; margo columellaris in medio dentem validum prœbet. 

Color albus. 

Altit., 1,06 ; diam. maj., o,y millim. ; apertura, 0,5 millim. alla, 0,5 millim. lata. 

Coquille petite, solide, de forme ovale, imperforée. Spire pupoïde, composée de 
5 tours etdemi,dont 2 embryonnaires, lisses, hétérostrophes ; les autres, au nombredeSet 
demi, sont traversés, à la base, par un cordon décurrent, gros et saillant, et, au sommet, 
par de fortes côtes axiales qui s'arrêtent brusquement au-dessus du cordon basai, en s'épais- 
sissant de manière à déterminer une rangée de tubercules. Sur Tavant-dernier tour, un 
deuxième cordon décurrent vient s'intercaler immédiatement au-dessus de la suture. 



68 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Sur le dernier tour, on observe 6 ou 7 cordons décurrents au-dessous des côtes axiales. 
Ouverture ovalaire, à peristome continu, épaissi ; bord columellaire pourvu, au milieu, 
d'un pli dentiforme bien visible. 

Coloration blanche. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné ; dragage 
baie de Libreville. 

Cette petite espèce est remarquable par sa sculpture très saillante, qui lui donne un 
aspect bien particulier. Il se pourrait qu'elle fût la même que celle qui a été décrite et 
figurée par le Marquis de Folindans les Fonds de la Mer, I, p. 212, pi. XXVI, fig. 11, sous 
le nom de Mathilda elegans : la sculpture est, en effet, fort semblable, mais, par contre, 
il n'est pas fait mention, dans la description, du pli columellaire qui est bien visible sur 
nos échantillons et qui fixe la classification de ce Mollusque parmi lesOdostomidés. Le nom 
spécifique elegaus ne pourrait d'ailleurs être conservé sans inconvénient, car, par suite de 
sa transposition dans ce groupe, il se rencontrerait avec Odostomia elegans A. Adam?, 
Chemnit{ia elegans d'Orbigny, Turbonilla elegans Verrill. Or, à notre avis, les genres 
Odostomia, Tnrbonilla, Pyrgulina, etc., sont trop mal délimités pour qu'il convienned'em- 
ployer les mêmes noms spécifiques dans chacun d'eux, puisqu'ils n'ont, en réalité, qu'une 
valeur subgénérique. 

PYRGULINA INFRASULCATA Dautzenberg, nov. sp. 

Pi. m, lig. 17, 18 (X 8j. 

Testa minuta, solidula, anguste rimata. Anfr. 6 : primi 2, embryonales, levés ac hetero- 
strophi ; ceteri vix convexi, sutura sat impressa juncti, sub suturam, primum levés, deinde 
transversim sulcati : sulci in anfr. antepenultimo i, in penultimo j, in ultimo circiter 20 : 
superi validiores, inferi vix conspicui. Apertura ovata ; columella plicam validam emittens; 
labrum simplex et arcuatum. 

Color albus. 

Altit., 1,6 ; diam. maj., o.y millim. ; apertura, 0,55 millim. alla, 0,44 millim. lata. 

Coquille petite, assez solide, pourvue d'une fente ombilicale étroite, peu profonde. 
Spire médiocre, conoïde, composée de 6 tours dont 2 embryonnaires lisses, hétéro- 
strophes et 4 normaux, lisses dans le haut et ornés, dans le bas, de sillons décurrents 
au nombre de 2 sur l'antépénultième, de 3 sur Tavant-dernier et d'une dizaine 
sur le dernier. De ceux-ci, les supérieurs sont plus accusés et plus espacés, et les inférieurs, 
qui entourent la base, sont à peine visibles. 

Coloration blanche r aucun des spécimens récoltés n'est frais : ils sont tous opaques 
et peu luisants. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Libreville. 

Cette espèce appartient au même groupe que notre P. sculptatissima ; elle a la même 
forme et la même taille, mais sa sculpture est bien différente. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 69 

PYRGULINA JULLIENI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. Ill, fig. i3, 14 (X 8). 

Testa imperforata, solidula, subpellucida, nitida. Anfr. 6 : embryonales 2 levés : primus 
immersus, alter convexus ; normales 4 gradati, sutura conspicua juncti, infra suturam breviter 
planati, deinde convexiusculi , costis longitudinalibus sat numerosis, arcuatis, superne sub- 
spinosis ac funiculis transversis ornati. Apertura subquadrata; columella subrecta; labrum 
superne angulatum, deinde rectum ac inferne arcuatum. 

Color albus subhyalinus. 

Altit., 1,3; diam. maj., o,g millim. ; apertura, o,y5 millim. alla, 0,5 millim. lata. 

Coquille imperforée, assez solide, subpellucida, luisante, composée de 6 tours : 
2 embryonnaires lisses, dont le premier est immergé, l'autre convexe; 4 tours 
normaux étages, séparés par une suture bien accusée, accompagnée d'une rampe sub- 
suturale étroite et plane, ornés de côtes axiales légèrement arquées, un peu épineuses 
au sommet, et de cordons décurrents assez nombreux. Ouverture subquadrangulaire; 
columelle presque perpendiculaire ; labre anguleux dans le haut, à l'endroit où se 
termine la rampe subsuturale, ensuite perpendiculaire et, enfin, arrondi vers le bas. 

Coloration d'un blanc subhyalin. 

Campagne de 1909-1910. Dragage Grand-Bassam ; dragage devant Cotonou, 20 à 
25 mètres de profondeur. 

Nous nommons cette petite espèce en mémoire de notre regretté confrère, le D' J. Jul- 
lien qui en avait recueilli un exemplaire à Nanakrou (Libéria). 

PYRGULINA BAVAYI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. Ill, fig. 23, 34 (X 8). ' 

Testa solidula, elato-turrita, anguste sed profunde perforata. Anfr. y 1/2 sutura valde 
impressa juncti : primus, enibryonalis, immersus, ceteri convexi, superne contabulati, basin 
versus contracti, costis longitudinalibus remotis {8 in anfr. ultimo), validissimis ac funiculis 
transversis (6 in anfr. penultimo, 12 in ultimo), castas super antibus, regulariter scuipti. Aper- 
tura subovata, superne angulata. Columella arcuata, plica mediocri instructa. Labrum simplex 
et arcuatum. 

Color albus, in speciminibus integris translucidus. 

Altit., 3,6 ; diam. maj., 1,1 millim. ; apertura, o,ç millim. alla, 0,6 millim. lata. 

Coquille assez solide, élevée, turriculée, étroitement, mais profondément perforée. 
Spire composée de 7 tours et demi : le premier, embryonnaire, immergé ; les autres 
convexes, contabulés au sommet, contractés à la base, séparés par une suture très accusée, 
ornés de côtes axiales épaisses, très saillantes, peu nombreuses (8 sur le dernier tour) 
et de cordons décurrents réguliers, aplatis (6 sur l'avant-dernier tour, 12 sur le der- 
nier), qui passent par-dessus les côtes. Ouverture ovaiaire, anguleuse dans le haut; co- 
lumelle arquée, pourvue d'un pli faible ; labre simple, arqué. 



yo ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Coloration blanche uniforme; d'un blanc hyalin chez les spécimens frais. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Libreville. 

Cette espèce que nous dédions à notre ami et collaborateur, M. A. Bavay, est remar- 
quable par sa sculpture extrêmement grossière : elle a le premier tour immergé comme 
le Pyrguliua Lamyi. 

PYRGULINA LAMYI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. m, tig. 33,34 (x8). 

Testa solidula, conspicue umbilicata. Anfr. 6 parum convexi, gradati, sutura valde im- 
pressa juncti : embryonales 2 levés , quorum primus immersus ; normales 4 costis longitudina- 
libus suharcuatis funiculisque transversis sat regulariter undique clathrati. Apertura suhovata ; 
columella arcuata, angusta, vix plicata. 

Color albus. 

Altit., 2,y5 ; diam., maj., 1,1 millim. ; apertura, 0,8 millim. alla, 0,6 millim. lata. 

Coquille assez solide, pourvue d'un ombilic bien visible. Spire médiocrement élevée, 
composée de 6 tours peu convexes, bien étages, séparés par une suture fortement accusée ; 
2 tours embryonnaires lisses, dont le premier est profondément immergé ; 4 tours 
normaux régulièrement treillissés par des côtes axiales très faiblement arquées et par des 
cordons décurrents. Ouverture ovalaire; columelle arquée, étroite ne présentant qu'une 
très faible indication de pli, lorsqu'on observe de biais l'intérieur de l'ouverture. 

Coloration entièrement blanche. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Libreville, 

Cette espèce, que nous sommes heureux de dédier à notre excellent confrère, 
M. Ed. Lamy, est remarquable par la conformation de ses tours embryonnaires qui ne 
sont pas hétérostrophes comme chez les autres P}^r^?///«<7, mais dont le premier est profon- 
dément immergé. L'hétérostrophie des tours embryonnaires ne paraît donc pas constituer 
un caractère bien important au point de vue générique chez les Odostomidés. 

PYRGULINA APPROXIMANS Dautzenberg, nov. sp. 

PI. m, fig. 25, 26 (X 8). 

Testa solidula, turrita, imperforata aut vix rimata. Anfr. y sutura impressa juncti : pri- 
mus, embryonalis, levis, immersus, ceteri convexi, costis longitudinalibus validis {10 in anfr. 
ultimo) ac funiculis transversis (6 in anfr. penultimo, 12 vel 13 in ultimo), castas superantibus, 
regulariter sculpti. Apertura ovata, superne subangulata ; columella arcuata plica mediocri 
instructa ; labrum simplex, arcuatum. 

Color albus. 

Altit., 5,5 ; diam. maj., 1,3 millim. ; apertura o,g millim. alla, 0,6 millim. lata. 

Coquille assez solide, turriculée, imperforée, ou ne présentant qu'une très légère fente 
ombilicale. Spire composée de 7 tours convexes, séparés par une suture bien marquée, 
ornés de fortes côtes axiales (10 sur le dernier tour) et de cordons décurrents aplatis 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 7, 

(6 sur Tavant-dernier tour, 12 ou i3 sur le dernier), qui passent par-dessus les 
côtes. Ouverture ovalaire, légèrement anguleuse au sommet. Columelle arquée, pourvue 
d'un pli médiocre ; labre simple, arqué. 

Coloration blanche. 

Campagne de 1 909-1910. Dragage baie de Libreville. 

Extrêmement voisine, par son système d'ornementation, du Pyrgulina Bavayi, 
cette espèce s'en éloigne cependant par sa forme plus trapue, ses tours bien arrondis, non 
aplatis au sommet, ni contractés à la base, par ses côtes axiales plus nombreuses (10 au 
lieu de 8 sur le dernier tour), enfin par l'absence de perforation ombilicale. Nous n'avons 
d'ailleurs rencontré aucun exemplaire intermédiaire, reliant les deux formes. 

PYRGULINA GIVENCHYI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. m, fig. 19, 30 (X 8). 

Testa minuta, solidula, elongato-ovata, imperforata. Anfr. 5 .• primus, embryonalis, 
levis, immersus, ceteri sutura impressa juncti, sub suturam auguste contabulati, deinde con- 
vexi, costis longitudinalibus numerosis {cir citer 20 in anfr. ultimo), arcuatis, quam inter- 
stitia angustioribus, superne in tubercula minutissima desinentibus, ac funiculis transversis, 
inter costas tantum conspicuis, decussati. Apertura ovata ; columella arcuata, plica debilissima 
aperturœ fauces oblique intuenti tantum conspicua, instructa. 

Color albus, subhyalinus. 

Altit., J,7; diam. maj., 0,7 millim. ; apertura, 0,6 millim. alla, 0,4 millim. lata. 

Coquille de petite taille, assez solide, ovale, allongée, imperforée, composée de 
5 tours : le premier, embryonnaire, immergé, lisse ; les autres convexes, séparés par une 
suture bien accusée, accompagnée d'une rampe subsuturale étroite un peu déclive, ornés 
de côtes axiales nombreuses (une vingtaine sur le dernier tour), arquées, plus étroites que 
leurs intervalles, se terminant au sommet, sous la rampe subsuturale, par de très petits 
tubercules. On observe en outre, mais entre les côtes seulement, des cordons décurrents 
qui déterminent un treillis assez net. Ouverture ovalaire ; columelle arquée, pourvue 
d'un pli très faible, profondément immergé, et qui ne peut être aperçu qu'en regardant 
obliquement dans l'intérieur de l'ouverture. 

Coloration blanche, hyaline chez les spécimens frais. 

Habitat : Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres. 

Cette espèce a le sommet immergé comme les P. Lamyi, Bavayi et approximans ; elle 
est remarquable par sa petite taille et sa sculpture délicate. Nous nous faisons un plaisir 
de la dédier à notre confrère, M. Paul de Givenchy, qui a eu l'amabilité de nous procurer 
à diverses reprises des matériaux d'étude fort intéressants. 

PYRGULINA GERMAINI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. III, fig. 21, 32 (X 8). 

Testa solidula, ovato-oblonga, imperforata. Anfr. 7 ." embryonales 2 levés ac heterostrophi ; 
normales ^convexi, sutura impressa et undulata juncti, costis, quam interstitia angustioribus, 



73 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

rediusculis ac sulcis transversis impressis ornati. In hasi anfr. ultimi costœ fere evanescunt 
et sulci debiliores fiunt. Apertura ovata. Columella arcuata, plica immersa, oblique aperturam 
intuenti tantum perspicua, instructa. 

Color al bus. 

Altit., 2,3; diam. maj., o,g millim. ; apertura, 0,6 millim. alla, 6,5 millim. lata. 

Coquille assez solide, ovale-oblongue, imperforée. Sommet hétérostrophe, lisse ; 
5 tours normaux convexes, ornés de côtes axiales bien saillantes, plus étroites que leurs 
intervalles, presque perpendiculaires, et de sillons décurrents bien accusés. Les côtes 
s'atténuent sur la base du dernier tour, et les sillons décurrents sont plus faibles et plus 
rapprochés sur cette région. Ouverture ovalaire; columelle arquée présentant une torsion 
pliciforme invisible à l'extérieur, mais qu'on aperçoit en regardant obliquement dans 
l'intérieur de l'ouverture. 

Coloration blanche uniforme. 

Habitat : baie de Libreville, dragage 1909-1910. 

Cette petite espèce, à laquelle nous attachons le nom de notre collègue et ami, M. L. 
Germain, du Muséum de Paris, se distingue par sa forme relativement courte, ses tours 
convexes et son pli columellaire profondément immergé. 

PYRGULINA CONNEXA Dautzenberg, nov. sp. 

PI. III, fig. 3i, 32 (X 8). 

Testa solidula, conspicue perforata. Anfr. 6 1J2 convexiusculi, sutura impressa juncti : 
primi i 1/2 levés, parum heterostrophi, ceteri costis longitudinalibus validis, aliquantulum 
sinuosis ac funiculis 2 transversis partem inferior em anfractuum occupantibus ornati. In 
anfr. ultimi basi funiculus tertius accedit. Apertura subovata, lateraliter paululum compressa. 
Columella parum crassa ; plica columellaris inconspicua. 

Color albus. 

Altit., 1,8 ; diam. maj., 2 millim. ; apertura, 0,8 millim. alta, 0,6 millim. lata. 

Coquille assez solide, nettement perforée. Spire composée de 6 tours et demi un 
peu convexes, séparés par une suture bien marquée, les i 1/2 embryonnaires lisses, peu 
hétérostrophes, les autres ornés de côtes axiales fortes, très légèrement sinueuses, et de 
deux funicules décurrents occupant la partie inférieure des tours. Un troisième funi- 
cule vient s'ajouter sur la base du dernier tour. Ouverture ovalaire, un peu comprimée 
latéralement, du côté du labre. Columelle peu épaisse, sans pli visible. 

Coloration entièrement blanche. 

Campagne de 1909. Dragage W. du Cap Rouge : un exemplaire. 

Cette espèce est voisine du Pyrguliua intermixta Monterosato ^=P. Jeffreysi B.D.D. 
{non Koch et Wi'echman) ; mais elle possède un cordon de plus sur la partie inférieure 
des tours (2 au lieu de i sur les 3 avant-derniers, et 3 au lieu de 2 sur le dernier). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 



73 



PYRGULINA VAYSSIEREI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. m, fig. 29, 3o (X 8). 

Testa solidula, conspicue perforata. Anfr. 6 sutura profunda sejundi : primi 2 levés ac 
heterostrophi ; ceteri costis longitudinalibus validis, vix flexuosis, funiculisque transversis, 
quorum infime multo validiore carinamque simulante, ornati. Apertura subovata. Columella 
arcuata, angusta, plica valde prominente instructa. Labrum arcuatum, intus sulcatum. 

Color al bus. 

Altit., 2,1 ; diam. maj.; i millim. ; apertura, 0,7 millim. alla, 0,5 millim. lata. 

Coquille assez solide, nettement perforée. Spire médiocrement élevée, composée 
de 6 tours dont 2 embryonnaires, lisses, hétérostrophes ; les autres, séparés par une 
suture profonde, sont ornés de côtes axiales fortes, à peine flexueuses, et de funicules 
décurrents dont l'inférieur, plus large et plus saillant, simule une carène. La base du 
dernier tour porte environ 6 cordons concentriques treillissés par des côtes axiales 
étroites, deux fois plus nombreuses que celles qui garnissent le haut des tours. Ouver- 
ture ovalaire ; columelle arquée, étroite, pourvue d'un pli médian très saillant , labre 
arqué, sillonné à l'intérieur. 

Coloration blanche. 

Cette espèce, dont nous prions M. le Professeur A. Vayssière, de la Faculté des Sciences 
de Marseille, d'accepter la dédicace, est caractérisée par sa sculpture compliquée : sur la 
partie supérieure des tours, les cordons décurrents sont rapprochés; au-dessous règne 
un intervalle assez large; puis vient un cordon isolé, large et saillant, qui est enfin séparé 
de la suture par une dépression bien accusée. Entre le cordon inférieur et la suture, on 
observe des costules nombreuses qui paraissent dues à un dédoublement des côtes axiales, 
et il en est de même sur toute la base du dernier tour. 



PYRGULINA OBESA Dautzenberg, nov. sp. 

PI. III, fig. 27, a8 (X 8). 

Testa solida, imperforata, ovato-conoidea. Anfr. 6: embryonales 2 levés: primus im- 
mersus ; normales 4 fere plant, sutura impressa juncti, costis longitudinalibus, in anfr. penul- 
timis redis, in ultime vero paululum arcuatis ac funiculis transversis numerosis, inter castas 
tantum conspicuis, ornati. Apertura ovata ; columella arcuata, plicam validam emittens; la- 
brum arcuatum intusque transversim sulcatum. 

Color albus. 

Altit., 2,5; diam. maj., 1,3 millim. ; apertura, i millim. alla, 0,8 millim. lata. 

Coquille solide, imperforée, ovale-conoïde, composée de 6 tours dont 2 em- 
bryonnaires, lisses, le premier étant immergé. 4 tours normaux, presque plans, 
séparés par une suture bien accusée, ornés de côtes longitudinales droites sur les tours 
supérieurs, légèrement arqués sur le dernier, et de funicules décurrents nombreux, 
T. V. — Fasc. 3. 10 



74. ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

visibles seulement entre les côtes. Ouverture ovalaire ; columelle arquée, pourvue d'un 
pli bien développé ; labre arqué, fortement sillonné sur sa face interne. 

Coloration blanche. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Libreville. 

Cette espèce est remarquable par l'épaisseur de son test, sa forme trapue, son 
dernier tour obèse et son pli columellaire fort. Elle a l'aspect d'un Alvania. Nous en 
possédons un exemplaire recueilli à Garaway (Libéria), par le D' Jullien. 

Nerita senegalensis (Gmelin). 
1910. Nerita senegalensis Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 97. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage delà pointe Bel-Air, à basse mer ; 
plage de Conakry, à basse-mer; anse de Boulbiné ; wharf de Tamara, banc de Craw- 
ford, archipel de Los ; rivière de Denis ; baie de Libreville. 

Neritina glabrata (Sowerby). 

1910. Neritina glabrata Sow. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 97. 

1911. — — Sow. G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatcm. mar. du Sénégal, p. 143, pi. II, fig. 48, 49. 

Campagne de 1909-1910. Abidjan, Côte d'Ivoire, sur les roniers du wharf; lagune 
Ebrié; lagune d'Azuretti ; lagune de Grand-Bassam ; lagune de Nokoué; Bouche-du- 
Roi, Grand-Popo, Dahomey ; passe et entrée du port de Banana; crique de Kitombé, près 
Banana. 

Smaragdia viridis (Linné). 
1910. Smaragdia viridis Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 97. 

Campagne de 1909-19 10. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 

Phasianella Petiti (Craven). 
1910 (?) Phasianella Petiti Crav. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 98. 

Campagne de 1909-igio. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer ; 
plage de Mossamédès. 

Clanculus Kraussi (Philippi). 
1910. Clanculus Kraussi Phil. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 98. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 

Clanculus guineensis (Gmelin). 

1757. Turbo Vassei Adanson, Voyage au Sénégal, p. 182, 183 (excl. fig. ?). 

1790. Trochus guineensis Gmelin, Syst. Nat., édit. XIII, p. 3574. 

1889. Trochus (Clanculus) guineensis Gmel.PiLSBRY «îTRYON,Manual of Conch.,XI,p.62,pl.io,fig.3,4. 
1903. Clanculus guineensis Gmel. Font y Sagué, Mol. rec. en Rio de Oro, in Bol. Soc. Esp. de 

Hist. Nat., p. 210. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Libreville. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE ' 75 

Dispersion : Rio de Oro, Guinée, Libéria, Gabon. M. le capitaine Le Chatelier nous 
Ta également rapporté de San Thomé. 

Trochocochlea punctiilata (Lamarck). 
1910. Trochocochlea punctulata Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 99. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 

Trochocochlea lineata [Da Costa). 
1910. Trochocochlea lineata Da C. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 99. 

Trochocochlea colubrina (Gould). 
1910. Trochocochlea colubrina Gould, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 99. 

Trochocochlea sagittifera (Lamarck). 
1910. Trochocochlea sagittifera Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 100. 

Oxystele fulg^rata (Philippi). 

1846. Trochus fulguratm Philippi, Conch. Cab., 2^ édit., p. 268, pi. 39, fig. 10, 11. 

1889. Monodonta {Oxystele) fulgurata Phil. Pilsbry in Tryon, Manual of Conch., XI, p. 115, pi. 35, 

fig. 16 ; pi. 23, fig. 68-70. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Lobito; plage de Mossamédès. 
Dispersion : Guinée, Gabon. 

Oibbiila dalat (Adanson) (Dautzenberg). 
1910. Gibbula dalat (Adans.) D.\utzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 100. 

Gibbula (Steromphalus umbilicalis (Da Costa). 

1778. Trochus umbilicalis Da Costa, Brit. Conch., p. 46, pi. III, fig. 4, 4. 

1803. — umbilicatus Montagu, Test, brit., I, p. 286. 

1910. Gibbula obliquata Dautzenberg {non Gmelin), Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 100. 

Bien que cette espèce soit habituellement désignée sous le nom de G. obliquata 
Gmelin ou de G. umbilicata Montagu, nous sommes amenés à reprendre pour elle 
l'appellation bien plus ancienne : umbilicalis Da Costa; les figures données par cet auteur 
la représentant d'une manière très satisfaisante, tandis que la figure i685 du Conchylien 
Cabinet, sur laquelle Gmelin a fondé son Trochus obliquatus, quoique fort médiocre et 
d'une interprétation douteuse, semble plutôt représenter la coquille de la mer Adriatique 
connue sous les noms de Gibbula albida Gmelin ou de G. Biasoletti Philippi. 

Gibbula Joubini (Dautzenberg). 

1910. Gibbula /owèim Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I,p. ioi,pl.III,fig. 13, i8,etvar., fig. 19,20. 

Solariella Dereimsi (G. Doli.fus). 

1911. So/am//a Demwsî G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 41, pi. II, fig. 40-43. 



I 



76 ' ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Campagne de 1908. Ile d'Arguin ; El Frey ; El Mamghar ; Nouakchott (sub- 
fossile). 

Campagne de 1909. Dragage 2 milles N. de la pointe Cansado ; dragage 3 1/2 milles 
N. de la pointe Cansado ; dragage baie de Rufisque, 18 à 20 mètres. 

Calliostoma dubium (Philippi). 
1910. Calliostoma dubium Phil. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 202. 

Calliostoma (Jujubinus) striatum (Linné). 
1910. Calliostoma (Jujubinus) striatum Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 102. 

Cyclostrema annuliferum (Dautzenberg). 
1910. Cyclostrema annuliferum Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 103, pi. III, fig. 10-12. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné ; 
Dragage 4 milles S. W. de Conakry; dragage wharf de Tamara et banc de Crawford, 
archipel de Los; dragage baie de Ivibreville ; passe et entrée du port de Banana. 
Dispersion : baie de Cansado : dragage W. du cap Rouge. 

Cyclostrema Calameli (Jousseaume). 

1872. Cyclostrema Calameli ]ovssEAVME, Revue et Magasin de Zool., 2^ série, XXIII, p. 393, pi. XIX, 

fig- 5- 
1888. — — Jouss. Tryon, Manual of Conch., X, p. 88, pi. 31, fig. 21, 22. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; dragage 
4 milles S. W. de Conakry ; dragage W. du banc de Crawford ; dragage au large de l'île 
Roume, 10 à 20 mètres, et wharf de Tamara, archipel de Los ; dragage baie de Libre- 
ville; dragage entre la pointe Padrone et Shart-Point, estuaire du Congo, 25 mètres; 
plage de Mossamédès. 

Dispersion : île du Prince (D' Jousseaume). 

Cyclostrema tricarinata (E.-A. Smith). 

1871. Cyclostrema tricarinataE.-A. Smith, List of Shells from W. Africa, in Proc. Zool. Soc. of Lond., p. 737, 

pi. LXXV, fig. 26. 
1888. — — Smith, Tryon, Manual of Conch., X, p. 93, pi. 32, fig. 66-68. 

Campagne de 1909-1910. Anse de Boulbiné ; dragage W. banc de Crawford et 
wharf de Tamara, archipel de Los ; dragage baie de Libreville. 
Dispersion : Wydah (Smith). 

VITRINELLA BUSHI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. III, fig. 41, 42, 43 (X 8). 

Tesla solida, depressa, nitida, angustissime ac hand profunde umhilicata. Spira vix 
prominula. Anfr.31/2 convexiusculi, rapide crescentes, sutura parum impressa juncti striisque 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 77 

incrementi arcuatis ornati. Anfr. ultimi basis subexcavata, radiatim striata ac circa umbili- 
cum piicata. Apertura transversim ovata ; columella arcuata, valde incrassata ; labrum sim- 
plex et arcuatum. 

Color albus. 

Altit., I ; diam. ma]., 2,2 millim. ; apertura, o,y5 millim. alta, i millim. lata. . 

Coquille solide, déprimée, luisante, très étroitement et peu profondément ombi- 
liquée. Spire à peine saillante, composée de 3 tours et demi légèrement convexes, 
croissant rapidement et séparés par une suture peu accusée. Surface ornée de stries 
d'accroissement nombreuses, bien visibles, qui déterminent sur la base du dernier tour, 
autour de l'ombilic, une série de plis. Base du dernier tour un peu concave. Ouverture 
transversalement ovalaire ; columelle arquée, très épaissie ; labre simple, arqué. 

Coloration blanche. 

Campagne de 1909-1910. Dragage devant Cotonou, 20 a 25 mètres. 

Nous dédions cette espèce à notre savant confrère Mrs. K.-J. Bush dont les 
remarquables travaux malacologiques sont universellement connus et appréciés. 

Dans une étude très documentée sur les espèces rapportées aux genres Cyclostretna, 
Adeorbis, Vitrinella, etc., publiée en 1897 par Mrs. Bush, le nom Vilrinelta est réservé 
aux coquilles médiocrement ombiliquées, à ouverture oblique presque circulaire, à 
peristome simple, plus ou moins continu, bord columellaire aplati chez l'adulte et 
semblant épaissi et anguleux à la base, du côté externe. Mrs. Bush a choisi le V. heli- 
coidea C.-B. Adams, comme type du genre Vitrinella ainsi limité. 

TINOSTOMA DALLI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. m, fig. 38, 39, 40 (X 8).- 

Testa solida, nitidula, subdiscoidea angusteque perforata. Spira depressa, apice promi- 
nulo. Anfr. 4 1/2 parum convexi : primi 2 levés, ceteri transversim tenuissime striati, tertius 
plicis longitudinalibus arcuatis validis tumidisque instructus, ultimi 1 1/2 plicis omnino des- 
tituti sed lineis incrementi obliquis parumque conspicuis ornati. Anfr. tiltimus in peripheria 
rotundatus, basi convexus ac callo latissimo, lineaque circumscripta, indutus. Apertura 
transversim ovata ; columella crassissima, arcuata ac umbilicum ex parte obtegens ; labrum 
arcuatum. 

Color albus. 

Altit., 2,5; diam. maj., 5,5, min., 3 millim. ; apertura, 2 millim. alta, 2 millim. lata. 

Coquille solide, un peu luisante, subdiscoïde, étroitement perforée. Spire déprimée, 
un peu saillante au sommet, composée de 4toursetdemipeu convexes : les deux premiers 
lisses, les autres couverts de stries décurrentes, fines et serrées. Sur toute l'étendue du 
3e tour, on observe de gros plis noduleux, renflés et arqués, dont il n'existe plus de trace 
sur le reste de la coquille où Ton n'aperçoit plus que des lignes d'accroissement peu appa- 
rentes. Le dernier tour est arrondi à la périphérie, sa base est convexe, garnie d'une 



78 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

callosité très largement étalée et limitée par une ligne bien visible. Ouverture transversa- 
lement ovalaire ; columelle très épaisse, arquée, recouvrant en partie Tombilic. Labre 
arqué. 

Coloration blanche uniforme. 

Campagne de 1909-1910. Phare de Tamara, îles de Los. Deux exemplaires. 

Cette espèce, dont nous avons sous les yeux deux spécimens bien concordants, est 
surtout caractérisée par les gros plis noduleux qui garnissent le 3^ tour seulement. Nous 
prions M. W. H. Dali, conservateur honoraire du département des Mollusques au Musée 
National de Washington, d'en accepter la dédicace. 

Tinostoma punctatum (Jousseaume). 

1872. Teinostoma punctatum Jousseaume, Revue et Mag. de Zool., p. 337, pi. XVIII, fig. 5. 
1888. Tinostoma punctatum Jouss. Tryon, Manual of Conch., X, pi. 104, p. 34, fig. 48,49. 

Campagne de 1909-1910. Ansede Boulbiné; dragage 4milles S. de Conakry; dragage 
wharf de Tamara, archipel de Los; dragage en face de Grand-Bassam; dragage Cotonou. 
Dispersion : île du Prince (D'' Jousseaume). 

Tinostoma (?) lirata (E.-A. Smith). 
1910. Tinostoma {!) lirata E.-A. Sm. DautzenberG, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 104. 

Campagne de 1909-1910, Dragage baie de Libreville. 

Tinostoma (Discopsis) costulata (de Folin). 
1910. Discopsis costulatus de Fol. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 105. 

TINOSTOMA (DISCOPSIS) GRUVELI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. m, fig. 35, 36, 37 (X 8). 

Testa tenuis, nitida, subpellucida, subdiscoidea, valde depressa lateque umhilicata. 
Anfr. 3 superne convexi, rapide crescentes^in basi acute carinati, striis incrementi perobliquis 
ornati ac sutura canaliculata et marginata juncti. Anfr. i 1J2 ultimi in margine spinulas 
fornicatas regulariter ordinatas emittunt. Basis anfr. ultimi prope marginem concava, deinde 
convexa acdenique ad umbilicum declivis. Apertura ampla, obliqua, subtriangularis, fere hori- 
zontalis ; mar go columellaris rectus, minime incrassatus ; labrum acutum, superne arcuatum, 
medio angulatum, in basi sinuosum. 

Color al bus, hyalinus. 

Altit., 0.8 ; diam. maj., 2,6; min. 2 millim. ; apertura, 0,5 millim. alta, i millim. lata. 

Coquille mince, luisante, subpellucide, subdiscoïde, très déprimée, largement ombi- 
liquée. Spire surbaissée, composée de 3 tours convexes au-dessus, croissant rapidement, 
fortement carénés .autour de la base, pourvus de stries d'accroissement très obliques et 
séparés par une suture nettement canaliculée et bordée, du côté externe, par un cordon. 




ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 79 

A la base de la seconde moitié de Tavant-dernier tour et sur la carène périphériale du 
dernier, on observe une série de denticulations spiniformes, creusées en dessous et régu- 
lièrement disposées. La base du dernier tour est concave à proximité de la périphérie, 
ensuite convexe, surtout à proximité de l'ouverture; enfin, elle se creuse autour de 
l'ombilic, qui est large et profond. Ouverture ample, oblique, subtriangulaire, presque 
horizontale. Columelle droite, très peu épaissie. Labre tranchant, arqué dans le haut, 
anguleux au milieu et sinueux à la base. 

Coloration d'un blanc hyalin. 

Campagne de 1909- 1910. Banc de Crawford (îles de Los). 

Dispersion : nous possédons quelques spécimens de cette espèce, recueillis par le 
D' Jullien à Tabou, et à Victoria près Tahou (Libéria). 

Cette intéressante espèce a une certaine analogie d'aspect avec VAdeorbis Angasi A. 
Adams, d'Australie et de Singapore (Thés. Conch., III, p. 256, pi. 256, fig. 37, 38) ; mais 
elle en diffère par son ouverture moins ample et plus trigone, parles denticulations qui 
ne garnissent pas seulement la périphérie du dernier tour, mais se continuent toutlelong 
de l'avant-dernier, enfin, par la suture profondément canaliculée du dernier tour. 

Haliotis tuberculata (Linné). 
1910. Haliotis tuberculata Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., l, p. 104. 

Scissurella costata (d'Orbigny). 
1910. Scissurella costata d'Orb. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 105. 

Fissurella nubecula (Linné). 
1910. Fissurella nubecula Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., l, p. 105. 

Campagne de 1909-191 o. Baie de Hann, plage de Bel-Air, à basse mer; wharf de 
Tamara, archipel de Los; Akkra, plage; baie de Libreville. 

Olyphis Menkeana (Dunker). 
1910. Glyphis Menkeana Dunk. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., l, p. 106. 

Lucapinella limatula (Reeve). 
1910. Lucapinella limatula Recve Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 106. 

Patella saâana (Lamabck). 
1910. Patella safiana Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., \, p. 106. 

Patella intermedia (Jeffreys). 
1910. Patella intermedia Jefïr. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 107. 

Campagne de 1 909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 



8o ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE, 

Patella Adansoni (Dunker). 
1910. Patella Adansoni Dunk. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 107. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Mossamédès, plage. 

Patella lugubris (Gmelin). 
1910. Patella lugubris Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 107. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer. 

Patella Vatheleti (Pilsbry). 
1910. Patella Vatheleti Pilsb. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 108. 

Patella (Scutellastra) natalensis (Krauss). 

1848. Patella natalensis Krauss, Siidafr. Moll., p. 53, pi. III, fig. 10. 

1891. Patella {Scutellastra) natalensis Kr. Pilsbry in Tryon, Manual of Conch., XIII, p. 103, pi. 13, 

fig- 65-67. 

Campagne de 1909-1910. Plage de Mossamédès; dragage baie de Praya-Amelia, i5 à 
35 mètres. 

Dispersion : de la Guinée jusqu'au cap de Bonne-Espérance, Natal. 

Acanthochites Adansoni (de Rochebrune). 
1910. Acanthochites Adansoni de Rochebr. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 108. 

Campagne de 1909-1910. Mossamédès. 

Chiton (Gymnoplax) canariensis (d'Orbigny). 
1910. Chiton {Gymnoplax) canariensis d'Orb. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 108. 

SCAPHOPODES 

Dentalium senegalense (Dautzenberg). 
1910. Dentalium senegalense Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 109. 

Dentalium (Laevidentalium) Gruveli (Dautzenberg). 

1910. Dentalium {Lcevidentalium) Gruveli Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 109, p. III, 

fig. 21-23. 

Dentalium (Laevidentalium) Maltzani (Dunker). 

1887. Dentalium Maltzani Dunker in Paetel, Catal. Conch. Samml., I, p. 593 (nomen nudum). 

1896. — ■ — Dunk. Clessin, Conchyl. Cabinet, 2^ édit., p. 41, pi. 11, fig. 5. 

1897. — — Dunk. Pilsbry et Sharp mTRYON,ManualofConch.,XVII,p.io7,p].i9,fig. 3. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 8i 

Campagne de 1909-1910. Archipel de Los; dragage Grand-Bassam ; dragage devant 
Cotonou, 20 à 25 mètres; estuaire du Congo, près de Banana; dragage entre la pointe 
Padrone et Shart-Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Dispersion ; Corée (von Maltzan). 

Cette espèce est bien distincte du Dentalium rufescens Deshayes. Elle a une entaille 
large et peu profonde de chaque côté du sommet, tandis que le rufescens en a une longue 
et très étroite du côté dorsal et aucune du côté concave. 

DENTALIUM COARTI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. m, fig. 44, 45 (X 3). 

Testa solidula, haud nitens, mediocriter arcuata, parum elongata et sat rapide dilatata. 
Apertura postica fere intégra : sinulum dorsalem, sub lente etiam vix conspicuum, prœbet. 
Costx octo, prominentes et acutx totam testas longitudinem occupant ; in interstitia conca- 
viuscula transversimque obsolete striata, funiculi longitudinales i vel 2 prope aperturam 
anticam interdum accedunt. Aperturx atnbo octogonales. 

Color albus. 

Longit., ly; diam. maj., 2 1/2 millim. 

Coquille solide, mate, plutôt courte, s'élargissant rapidement, médiocrement arquée, 
mais se courbant davantage vers l'extrémité anale. Ouverture anale presque entière, ne 
présentant, du côté dorsal, qu'une échancrure très faible, à peine visible, môme sous la 
loupe. La coquille est pourvue de huit côtes longitudinales, régulièrement espacées, 
saillantes, aiguës, ne s'effaçant pas vers l'extrémité antérieure. Les espaces intercostaux 
sont un peu concaves, traversés par des lignes d'accroissement peu accusées, et on y voit 
parfois apparaître, àproximité de l'ouverture antérieure, un ou deux cordons longitudinaux 
faibles. L'ouverture anale, aussi bien que l'ouverture buccale, sont nettement octogones. 

Coloration blanche. 

Campagne de 1909-1910, Dragage entre Conakry et le phare deBoulbiné; dragage 
quatre milles S. W.Conakry; wharf de Tamara; dragage W. du banc de Crawford; 
dragage près de l'île Roume, archipel de Los; dragage Grand-Bassam, i5 mètres ; dragage ■ 
devant Cotonou, 20 à 25 mètres ; dragage baie de Libreville. 

Var. septemcostata ne possédant que sept côtes longitudinales au lieu de huit. 

Campagne de 1909-1910. Wharf de Tamara. 

Nous prions M. Coart, conservateur du Musée du Congo, à Tervueren, d'accepter 
la dédicace de cette nouvelle espèce qui diffère du D. senegaleuse Dautz, par ses côtes 
longitudinales moins nombreuses (8 au lieu de 11). De tous les Dentalium énumérés 
dans la belle monographie des Scaphopodes de MM. Pilsbry et Sharp, c'est du D. octan- 
gulatum Donovan, du Japon et d'Australie, que leZ). Coarti se rapproche le plus; mais 
sa taille est plus faible et ses côtes longitudinales sont plus étroites. 



T. V. — Fasc. 3. IV 



82 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



PELECYPODES 

Ostrea gasar (Adanson). 

1757. Ostreum Gasar Adanson, Voyage au Sénégal, p. 196, pi. XIV, fig. i. 
1790. Ostrea parasitica var. 13, Gmelin, Syst. Nat., edit. XIII, p. 295. 

1870. — — ■ Reeve (non Gmelin), Conch. Icon., pi. II, fig. 4. 

1910. — — Dautzenberg (non Gmelin), Contrib. F. Afr. Occid., p. iio. 

1911. — gasàr Adans. Dautzenberg, A propos du Gasar d'Adanson l'w Joum. deConch., LIX, 

P- 54- 

Campagne de 1909-1910. Lagune de Grand-Bassam ; lagune d'Azuretti; rivière de 
Taoamy, Guinée inférieure; cap Esterias; baie de Cap-Lopez, partie Nord; Banana, dans 
les criques, sur les branches des palétuviers; plage de la baie de Lobito. 

Nous avons expliqué dernièrement dans le Journal de Conchyliologie les raisons qui 
nous ont amené à reprendre, pour ce Mollusque, le nom que lui avait attribué Adanson. 

La forme typique de VOslrea parasitica de Gmelin, est, en eflet, une espèce des 
Moluques (probablement mytiloides) et ce n'est que la var. p de Gmelin qui s'applique 
à la coquille du Sénégal décrite par Adanson. 

Ostrea lacerans (Hanley). 
1910. Ostrea lacerans Hanl. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. m. 

Ostrea bicolor (Hanley). 

1845. Ostrea bicolor Hanley, Froc. Zool. Soc. Lond., p. 107. 
1854. — — Hanley, Conchol. Miscell. Ostrea, pi. I, fig. 2. 

1871. — — Hanl. Reeve, Conch. Icon., pi. XXIII, fig. 53», ss"". 

Campagne de 1909-1910. Conakry, sur la coque du cotre; wharf de la lagune de 
Cotonou; plage de Mossamédès. 

Dispersion : Sénégal. 

Cette espèce varie beaucoup sous le rapport de la sculpture. Sa valve supérieure est 
tantôt presque lisse, tantôt ornée de costules rayonnantes, étroites et plus ou moins 
imbriquées. Elle est surtout caractérisée par sa surface luisante, comme vernissée et par 
les deux rayons blancs qui divergent du sommet et tranchent nettement sur le fond brun 
violacé de la coquille. 

Ostrea denticulata (Born). 

1780. Ostrea denticulata Born, Testacea Musaei Caes. Vindob., p. 113, pi. 6, fig. 9, 10. 
1871. ^ — Bom, Reeve, Conch. Icon., pi. IX, fig. 14. 

Campagne de 1909-1910. Conakry, sur les rochers de Simito Nephelung; Tamara; 
archipel de Los; Port-Bouët, côte d'Ivoire; sur la jetée démolie, wharf de Cotonou. 
Dispersion : Amérique (?) (Reeve). 
Chez cette belle espèce, l'intérieur de la valve fixée est d'un brun pourpré, tandis que 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 83 

l'intérieur de la valve supérieure est entièrement blanc. L'intérieur des valves est toujours 
irisé. UOstrea riifa Lamarck nous paraît être synonyme. 

Ostrea cucullata (Born). 

1780. Ostrea cucullata Born, Testacea Musœi Cœs. Vindob., p. 114, pi. 6, fig. 11, 12. 
1785. — Forskâlii Chemnitz, Conch. Cab., VIII, p. 30, pi. 72, fig. 671 ^ 671", 671'=. 

1785. Cornu copiée Ostrea, etc. Chemnitz, Conch. Cab., VIII, p. 41, pi. 74, fig. 679'"', 679". 

1788. Ostrea cornucopiœ Chemn. Schroeter, Conch. Cab., Namen Register, p. 76. 
1871. — cucullata Bom, Reeve, Conch. Icon, pi. XVI, fig. 34''-34'=. 

1880. ■ — cornucopiœ Chemn. Dohrn, Seeconch. von Westafrica in Jahrb. d. deutschen Malak. 

Ges. VII, p. 181. 

Campagne de 1909-1910. Plage de Mossamédès. 

Dispersion : Afrique Occidentale et île Ascension (Chemnitz) ; Benguella et île du 
Prince (Dohrn) ; île de San Thomé (capitaine Le Chatelier) ; mer Rouge et océan Indien. 

Spondylus Powelli (E.-A. Smith). 

1892. spondylus Powelli E.-A. Smith, Description of a new species of Spondylus, in Joum. of Conch. 

VII, p. 70. 

Campagne de : 909-1910. Great Sesters, Liberia. Valves roulées achetées aux indigènes 
qui s'en servent comme parure et d)mme monnaie. Chaque valve représente dans le 
pays une valeur d'environ cinq francs. 

Dispersion : Madère (E.-A. Smith et Prince de Monaco) ; archipel du Cap Vert 
(Bouvier); Saint-Vincent du Cap Vert (E.-A. Smith); plages de Dakar et de Hann 
Chautard). 

Cette espèce qui atteint une forte taille, est caractérisée par sa coloration externe 
d'un rouge brique ; l'intérieur des valves est blanc, largement marginé de rouge ; les dents 
de la valve droite sont blanches, tandis que celles de la valve gauche sont teintées de 
brun. 

La sculpture, consistant en côtes rayonnantes squameuses, est rarement visible, caria 
plupart des spécimens, même capturés vivants, ont la surface profondément rongée. 

Anomia ephippium (Linné). 
1910. Anomia ephippium Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. m. 

Pecten flabellum (G.melinj. 

1790. Ostrea flabellum Gmelin, Syst. Nat., édit. XIII, p. 3321. 

1858. Pecten Tissotii Bernardi, Journal de Conch., VII, pi. 91, p. I, fig. 2. 

1910. — • gibbus Dautzenberg (non Linné), Contrib. F. Afr. Occid., I, p. m. 

1911. — flabellum Gmel. Bavay, Pecten gibbus Linné et Pecten gibbus Lamarck, in Joum. do 

Conch., LVIII,p. 319. 
1911. — — Gmel. G. Dollfus, Les coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 62, pi. IV, 34, 35. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné: anse de 
Boulbiné; dragage 4 milles S. W. de Conakry ; wharf de Tamara, île Roume, et dragage W. 



84 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE '' 

du banc de Crawford, archipel de Los; dragage Grand-Bassam; dragage baie de Libre- 
ville; estuaire du Congo, près de Banana; baie de Praya-Amelia, dragage i5 à 35 mètres. 
M. Bavay a démontré récemment que le P. gibbus de Linné, basé sur la figure 20 de 
la planche 40 de Browne (History of Jamaica}, nG?.i pas du tout l'espèce africaine à 
laquelle Lamarck et la plupart des auteurs ont attribué ce nom, mais bien l'espèce amé- 
ricaine qui a été nommée par Say Pecten dislocatus. Par contre, V Ostrea Jlabellum de 
Gmelin, fondé sur la figure 33 de la planche 6 de Regenfuss, est bien l'espèce du Sénégal. 

* Pecten orbicularis (Sowerby). 

1910. Pecten orbicularis Sow. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 112. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre l'appontemcnt de Conakry et le phare de 
Boulbiné; dragage 4 milles S. W. de Conakry; wharf de Tamara, île Roume; banc de 
Crawford et dragage W. banc de Crawford, archipel de Los; lagune Ebrié; Jacque- 
ville, côte d'Ivoire ; dragage Grand-Bassam; dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres; 
Addah (Gold Coast); Lomé (Togo); Bouche-du-Roi, Grand-Popo ; estuaire du Congo, 
près Banana; dragage entre la pointe Padrone et Shart-Point; dragage baie de Mossa- 
médès, i5à2o mètres; baie de Praya-Amelia. 

Chlamys varia (Linné). 
igio. Chlamys varia Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 112. 

Chlamys multistriata (Poli). 
1910. Chlamys multistriata Poli, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., p. 112. 

Campagne de 1909-1910. Estuaire du Congo, près de Banana. 

Avicula atlantica (LamarckI. 
1910. Avicula atlantica Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 113. 

Campagne de 1909-1910. Plage de Conakry, à basse mer; Tamara; baie de Libreville; 
estuaire du Congo, près de Banana. 

Pinna rudis (Linné), auct. 
1910. Pinna rudis (Lin.) auct. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 113. 

Campagne de 1909-1910. Conakry. 

(?) Pinna ramulosa (Reeve). 
1910 ? Pinna ramulosa Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 114. 

Campagne de 1909-1910. Embouchure de la Catumbella. 

Mytilus pictus (Born). 

1780. Mytilus pictus.BoRH, Test. Mus. Cœs. Vindob., p. 127, pi. VII, fig. 6,7. 
1910. — afer Gm. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 114. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 85- 

Campagne de 1909-1910. Port Bouët, côte d'Ivoire; Saint-Paul-de-Loanda, plage; 
baie de Lobito; baie de Benguella; plage de Mossamédès; baiedePraya-Amelia, dragage 
i5 à 35 mètres; Bahia de los Tigres. 

Il y a lieu de reprendre pour cette espèce le nom pictiis Born qui est plus ancien 
quafer Gmelin. ! 

Mytilus tenuistriatus (Dunkeb). 

1853. Mytilus tenuistriatus Dunker, Index Moll. Guin., p. 47, p. IX, fig. 1-3. 

1889. — — Dunk. Clessin, Conch. Cab., 2^ edit., p. 35, pi. 8, fig. 5. 

Campagne de 1909- 19 10. Conakry, sur les huîtres ; lagune de Grand-Bassam, à l'em- 
bouchure de la Comaë, côte d'Ivoire ; baie de Libreville. 
Dispersion : Guinée, Loanda. 

Var. IsBTis, nov. var. 

Chez celte variété, la sculpture disparaît entièrement ; mais on rencontre des spécimens 
intermédiaires chez lesquels il en subsiste encore des traces. 
Campagne de 1909-1910. Banana, estuaire du Congo. 

Mytilus atropurpureus (Dunker) (Reeve). 
1910. Mytilus atropurpureus (Dunk.) Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 115. 

Mytilus senegalensis (Lamarck). 
1910. Mytilus senegalensis Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 115. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer ; 
plage de Conakry, à basse mer ; anse de Boulbiné ; Tamara ; dragage W. banc de 
Crawford, archipel de Los; plage de Mossamédès ; dragage baie de Praya-Amelia, i5 à 
35 mètres. 

Modiola lulat (Aoanson) (Dautzenberg). 
1910. Modiola lulat (Adans.) Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 115. 

Campagne de 1909-1910. Dragage W. banc de Crawford, archipel de Los ; dragage 
Cotonou ; estuaire du Congo, près de Banana; dragage baie de Praya-Amelia, i5 à 35 
mètres. 

Modiola elegans (Gray) 
1910. Modiola elegans Gray, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 116. 

Litbodomus lithophagus (Linné). 
1910. Lithodomus lithophagus Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 116. 

Lithodomus aristatus (Solander) (Dillwyn). 
1910. Lithodomus aristatus (Sol.) Dillw. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 116. 

Campagne de 1908. N' Diago, dans une épave. 



I 



86 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Crenella (Arcoperna) Dollfusi { Dautzenberg). 
1910. CreneUa Dollfusi Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 116, pL IV, fig. 1-3. 

Les Arcoperna diffèrent des Crenella^ sensu stricto, par l'absence de crénelures aux 
bords des valves. 

Modiolaria barbatella (Cantraine). 
1910. Modiolaria barbatella Cantr. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 117. 

Campagne de 1 909-1910. Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres. 

Dreissensia africana (Van Beneden). 

1835. Dreissena africana Van Beneden, Ann. Se. Nat., Ill, p. 211, pi. 8, fig. 12-14. 

1858. Mytilus africanus V. Ben. Reeve, Conch. Icon., pi. X, fig. 47. 

1889. Tichogonia africana V. Ben. Clessin, Conch. Cab., 2^ édit., p. 26, pi. 16, fig. 10. 

Campagne de 1909-1910. Lagune de Grand-Bassam, à l'embouchure de la Comaë ; 
lagune d'Azureiti sur les palétuviers ; lagune de Cotonou, sur les piles du wharf ; plage 
de Lomé (Togo) ; Bouche-du-Roi, Grand-Popo. 

Dispersion : Sénégal, Gabon. 

Area Noe (Linné). 

1910. ArcaNoeLin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 118. 

1911. — — Lin. G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 60, p. IV, fig. 25. 

Area Bouvieri (P. Fischer). 
1910. Area Bouvieri P. Fisch. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 118. 

Area (Fossularcaj lactea (Linné). 

1910. Area (Fossularca) lactea Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 119. 

1911. — — — Lin. G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 62, p. IV, 

fig- 30-33- 

Area (Fossularca) afra (Gmelin). 
1910. Area {Fossularca) afra Gm. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 119. 

Area (Anadara) subglobosa (Dunker) (Kobelt). 
1910. Area (Anadara) subglobosa (Dunk.) Kob. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 120. 

' Area 'Anadara) Oeissei (Du.nker) (Kobelt). 

1910. Area (Anadara) Gcissei (Dunker) Kob. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 120. 

Area (Senilia) senilis (Linné). 

1910. Area (Senilia) senilis Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 120. 

1911- — — — Lin.G.DoLLFUS, LesCoq.duQuatem.mar. duSénégal,p.6i,pl. IV, fig. 26-29. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 87 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, à basse mer ; Grand-Bassam, embouchure de 
la Comaë ; Port-Bouët ; Akkra ; lac Ahémé (Dahomey) ; Bouche-du-Roi, Grand-Popo 
(Dahomey) ; baie de Cap Lopez ; Saim-Paul-de-Loanda ; crique de Moanda, Congo 
belge. 

Estuaire du Gabon (capitaine Le Chatelier). 

Ce mollusque est comestible et se vend sur le marché de Dakar, environ 10 centi- 
mes la douzaine (Gruvel). 

Pectunciilus concentricus (Dunkeb). 
1910 (?) Pedunculus concentricus Dunk. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 121. 

Campagne de 1909-1910. Dragage W. banc de Crawford, archipel de Los ; Port-Bouët, 
Côte d'Ivoire; Jacqueville ; dragage devant Cotonou, 20 a 25 mètres ; Bouche-du-Roi, 
Grand-Popo. 

Nucula nitida (Sowkrby). 
1910. Nucula nitida Sow. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 121. 

Nuculana bicuspidata (Gould). 
1910. Leda bicuspidata Gould. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 121. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné ; anse de 
Boulbiné; dragage 4 milles S.W. de Conakry ; dragage W. banc de Crawford et wharf de 
Tamara, archipel de Los ; dragage Grand-Bassam ; dragage devant Cotonou, 25 mètres ; 
dragage entre la pointe Padrone et Shart Point, estuaire du Congo, 25 mètres; dragage 
baie de Mossamédès, i5 à 20 mètres ; dragage baie de Praya-Amelia, 25 à 35 mètres. 

Nuculana rostrata (Montagu).' 
1910. Leda rostrata Mont. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 122. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné ; anse de 
Boulbiné ; dragage 4 milles S. W. Conakry ; wharf de Tamara, île Roume et dragage W. 
banc de Crawford, archipel de Los; lagune Ebrié; dragage Grand-Bassam; dragage 
devant Cotonou, 23 mètres ; Bouche du-Roi, Grand-Popo ; baie de Libreville ; dragage 
entre la pointe Padrone et Shart Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Nuculana tuberculata (E.-A. Smith). 

1871. Leda tuberculata E.-A. Smith, List of Shells from West Africa, t«Proc. Zool. See. of Lond.,p.728, 

pi. LXXV, fig. I. 

Campagne de 1909-1910. Dragage Grand-Bassam ; Addah (Gold Coast) ; dragage 
devant Cotonou, 20 à 25 mètres ; dragage baie de Libreville. 
Dispersion : Wydah (E.-A. Smith). 

Cardita calyculata (Linné). 
1910. Cardita calyculata Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 122. 



88 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Cardita contigua (Dautzenberg). 
1910. Cardita contigua Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 122, pi. IV, fig. 4-6. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné ; dragage 
près de l'île Roume, 10 à 20 mètres, archipel de Los ; dragage baie de Libreville. 

Cardita senegalensis (Reeve). 
1910. Cardita senegalensis Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 124. 

Cardita (Glans) trapezia (Linné). 

1767. Chama trapezia Lwst, Syst. Nat., édit. XII, p. 1138. 

1892. Cardita (Glans) trapezia Lin. Bucquoy, Dautzenberg et G. Dollfus, Moll.du Roussillon, II, 

p. 231, pi. XXXVIII, fîg. 21-25. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné ; anse de 
Boulbiné ; dragage près de l'île Roume, wharf de Tamara et dragage W. du banc de 
Crawford, archipel de Los; dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres; dragage baie de 
Libreville ; estuaire du Congo, près de Banana. 

Dispersion : Méditerranée, Adriatique ; océan Atlantique, au sud du Portugal. 

Cardita (Callocardita) ajar (Bruguière). 

1910. Cardita ajar Brug. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 124. 

191 1. Cardita (Callocardita) ajar Brug. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 57, pi. IV, 

p. 19, 20. 

Campagne de 1909- 19 10. Plage de Jacqueville ; dragage en faceGrand-Bassam ; Port 
Bouët ; Akkra (Gold Coast) ; dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres ; Lomé (Togo) ; 
Bouche-du-Roi, Grand-Popo. 

Cardita (Callocardita) lacunosa (Reeve). 

1843. Cardita lacunosa Reeve, Proc. Zool. Soc. of Lond., p. 193. 

1843. — — ' Reeve, Conch. Icon., pi. VII, fig. 31. 

1877. Aciinobolus lacunosus Reeve, Marrât, Quart. Joum. of Conch., I, p. 238. 

1888. Cardita lacunosa Reeve Clessin, Conch. Cab., 2^ édit., p. 6, pi. 3, fig. 14, 15. 

Campagne de 1 909-1 910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné ; anse de 
Boulbiné; dragage 4 milles S.W.Conakry; dragage W. banc de Crawford; wharf de Ta- 
mara; dragage près de l'île Roume, 10 à 20 mètres, archipel de Los ; plage de Grand-Bassam; 
dragage devant Grand-Bassam i5 mètres; lagune Ebrié ; Akkra (Gold Coast); dragage 
devant Colonou, 20 à 25 mètres; Bouche-du-Roi, Grand-Popo ; estuaire du Congo, près 
de Banana; dragage entre la pointe Padrone et Shart-Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Dispersion : Afrique Occidentale: golfe du Bénin, île du Prince, Gabon. 

Crassatella ornata (Reeve). 
1910. Crassatella ornata Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 125. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 89 

Crassatella triquetra (Reeve). 
1910. Crassatella triquetra Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 125 

Crassatella (Crassatina) Paeteli (von Maltzan). 
1910. Crassatella (Crassatina) Pcsteliv. Maltz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 126. 

Campagne de igog-igio. Dragage W. banc de Crawford, wharf de Tamara, archipel 
de Los; Cotonou ; dragage baie de Mossamédès, i5 à2o mètres ; dragage baie de Praya 
Amelia, i5à 35 mètres. 

Crassatella Crassatina) divaricata (Chemnitz) (Schroeter). 
1910. Crassatella (Crassatina) divaricata (Chemnitz) Schr. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., p. 126. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Tappontement de Conakry et le phare de 
Boulbiné; anse de Boulbiné; dragage W. banc de Crawford, wharf de Tamara, et dragage 
près de l'île Roume, 10 à 20 mètres ; archipel de Los ; dragage baie de Libreville. 

Kellya mactroides (Hanley). 
1910. Kellya mactroides Hanley, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 126. 

Lassea rubra (Montagu). 
1910. Lascea rubra Mont. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 127. 

Cardium costatum (Linné). 
1910. Cardium costatum Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 127. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre l'appontement de Conakry et le phare de 
Boulbiné ; dragage 4 milles S. W. de Conakry ; île Roume, wharf de Tamara et dragage 
W. du banc de Crawford, archipel de Los ; dragage Grand-Bassam ; Jacqueville ; dragage 
devant Cotonou, 20a 25 mètres ; Bouche-du-Roi, Grand-Popo ; Cap Lopez ; plage de Banana ; 
baie de Lobito. 

Cardium (Ringicardium', ringens (Gmelin). 

1910. Cardium ringens Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 127. 

1911. Cardium (Ringicardium) ringens Gmel. G. DoLLFUS, Les Coq. du quatem. mar. du Sénégal, p. 58, 

pL IV, fig. 21, 22. 

Campagne deigog-igio. Ile Roume et wharf de Tamara, archipel de Los ; Jacqueville ; 
dragage en face de Grand-Bassam ; Port Bouët ; Akkra (Gold Coast) ; dragage en face 
Cotonou, 20 à 25 mètres ; Lomé(Togo); Bouche-du-Roi, Grand-Popo ; baie de Cap Lopez, 
Saint- Paul-de-Loanda ; baie de Lobito ; baie de Benguella ; embouchure de la Catumbella ; 
dragage baie de Mossamédès, i5-20 mètres; plage de Mossamédès. 

Cardium Kobelti (Von Maltzan). 
1910. Cardium Kobelti, von Maltzan, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 128. 

Campagne de 1909-1910. Plage de Conakry ; dragage entre Conakry et le phare de 
T. V. — Fasc. 3. .12 



90 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Boulbiné ; dragage 4 milles S. W. de Conakry ; wharf de Tamara et dragage W. banc de 
Crawford, archipel de Los ; baie de Libreville. 

Cardium (Parvicardium) papillosum (Poli). 

1910. Cardium papillosum Poli, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 128. 

1911. Cardium {Parvicardium) papillosum G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 59, 

pi. IV, fig. 23, 24. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Mossamédès, i5 à. 20 mètres ; dragage baie 
de Praya- Amelia, i5 à 35 mètres. 

Cardium (Cerastoderma; edule (Linné). 

1910. Cardium (Cerastoderma) eduleLin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 128. 

1911. — — — Lin G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du. Sénégal, p. 59, 

pi. III, fig. 29-35. 

Cardium (Laevicardiumj norvegicum (Spengi.er). 
1910. Cardium [Lcevicardium) norvegicum Sp. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 129. 

Campagne de 1909-igio. Bouche-du-Roi, Grand-Popo (Dahomey). 

Chama gryphina (Lamarck). 
1910. Chama gryphina Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 129. 

Campagne de 1909-1910. Tamara et banc de Crawford, archipel de Los, à basse 
mer. 

Chama crenulata (Lamarck.). 
1910. Chama crenulata Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 130. 

Basterotia quadrata (Hinds). 
1910. Basterotia quadrata Hinds, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 130. 

Meretrix (Pitar) tumens (Gmelin). 

1910. Meretrix tumens Gm. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 130. 

1911. — {Pitar) — Gm. G. Dollfus, Les Coq. du quatern. mar. du Sénégal, p. 51, pi. III, fig. 17, 18. 

Campagne de 1909-1910. Jacqueville ; Akkra ; Cotonou ; Lomé (Togo) ; Bouche-du- 
Roi, Grand-Popo. 

Meretrix striata (Gray). 
1910. Meretrix striata Gray, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, 131. 

Meretrix Belcheri (Sowerby). 

1851. Cytherea Belcheri Sowerby, Thés. Conch., II, p. 635, p. CXXXVI, fig. 188. 
1869. Caryatis — Sow. Roemer, Monog. Gatt. Venus, p. 123, pi. XXXII, fig. 5. 
ï88o. Cytherea {Caryatis) Belcheri Sow. Dohrn, Seeconch. von West. Afr., in Jahrb. d. d. Mal. Ges., 

VII, p. 168. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 91 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné , anse de 
Boulbiné ; dragage 4 milles S.W. Conakry ; dragage W. banc de Crawford ; île Roume, 
10 à 20 mètres; wharf de Tamara, archipel de Los; dragage devantCotonou,2oà 25 mètres; 
baie de Libreville ; estuaire du Congo : passe et entrée du port de Banana. 

Dispersion : île du Prince (Dohrn). 

Callista floridella (Gray). 
1910. Callista floridella Gray, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 131. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; anse de 
Boulbiné ; wharf de Tamara et dragage W. banc de Crawford, archipel de Los ; dragage 
Grand-Bassam ; Cotonou ; dragage baie de Libreville. 

Tivela tripla (Linné). 

1757. Tellina Tivel Adanson, Voyage au Sénégal, p. 239, pi. 18, fig. 4. 

1771. Venus tripla Linné, Mantissa, edit. II, p. 545. 

1864. Cytherea — Lin. Reeve, Conch. Icon., pi. V, fig. 16", i6\ 

Campagne de 1908. El Frey ; baie de Hann, à basse mer. 

Campagne de 1909-1910. Rotuna, Guinée française ; Jacqueville ; Grand-Bassam ; 
Akkra ; dragage devant Cotonou, 20 a 25 mètres ; Bouche-du-Roi, Grand-Popo ; dragage 
entre la pointe Padrone et Shart Point, estuaire du Congo, 25 mètres; plage de Mossa- 
médès. 

Dispersion : Afrique Occidentale ; Sénégal, Guinée, Loanda. 

Tivela bicolor (Gray). 
1910. Tivela bicolor Gray, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 132. 

Campagne de 1909-1910. Wharf de Tamara et banc de Crawford, archipel de Los ; 
dragage en face de Grand-Bassam ; baie de Lobito. 

Dosinia radiata (Reeve). 
1910. Dostnia radiata Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 132. 

Dosinia africana (Gray). 

1757. Chanta Dosin Adanson, Voy. au Sénégal, p. 225, pi. XVI, fig. 5. 

1910. Dosinia Adansoni Phil. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 132. 

1911. — africana Gray, G. Dollfus, Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 52, pi. III, fig. 19, 20. 

M. G. Dollfus vient d'établir la synonymie de cette espèce en indiquant ses affinités 
avec les formes voisines vivantes et fossiles. 

Dosinia OrbigDyi(DuNKER). 
1910. Dosinia Orbignyi Dunk. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 133. 

Campagne de 1909-1910. Banc de Crawford, archipel de Los, à basse-mer; Akkra, plage; 
Saint-Paul-de-Loanda, plage^ baie de Lobito ; plage de Mossamédès; bahia de los Tigres. 



I 



92 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE '' 

Dosinia isocardia (Dunker). 

1910. Dosinia isocardia Dunk. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 133. 

1911. — • — Dunk. G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 53, pi. IV, 

fig- 3-6 (var. Chudeaui G. Dollfus) ; fig. 7-10 (var. Blancheti G. DoUfus). 

Campagne de 1909-1910. Akkra, plage ; Cotonou ; Lomé (Togo) ; Bouche-du-Roi, 
Grand-Popo ; Saint-PauI-de-Loanda, plage. 

Venus verrucosa (Linné). 
1910. Venus verrucosa Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 133. 

Anaitis foliaceo-lamellosa (Chemnitz) (Schroeter). 
1910. Anaitis foliaceo-lamellosa (Chemn.) Schr. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 134. 

Anaitis rosalina (Rang). 

1910. Anaitis rosalina Rang, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 134. 

1911. Venus (Clausinella) rosalina Rang. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 31 , 

pi. IV, fig. I, 2. 

Anaitis declivis (Sovverby). 

1851. Venus declivis Sowerby, Thés. Conch., II, p. 730, pi. CLVII, fig. 123, 124. 
1863. — — Sow, Reeve, Conch. Icon., pi. XXIII, fig. m. 

Campagne de 1909-1910. Lomé, plage ; Bouche-du-Roi, Grand-Popo. 
Dispersion : Afrique Occidentale (Smith). 

Anaitis punctigera (Dautzenberg et H. Fischer). 

1910. Anaitis punctigera D. et H. Fisch. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 135. 

Tapes durus (Gmelin). 

igio. Tapes durus Gm. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 135. 

1911. — — Gm. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 54, pi. III, fig. 25, 26. 

Campagne de 1909-1910. Saint-Paul-de-Loanda, plage; baie de Lobito, plage; embou- 
chure de la Catumbella. 

Tapes lucens (Locard). 

1910. Tapes lucensLoc. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 135. 

Tapes aureus (Gmelin). 

1910. Tapes aureus Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 136. 

1911. — — Gmel. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 54, pi. III, fig. 21-24. 

Tapes (PuUastra) puUastra (Montagu). 

1910. Tapes (PuUastra) puUastra Mont. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 136 et var. corru- 

gata Gmelia 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



93 



Tapes (Amygdala) decussatus (Linné). 

1910. Tapes {Amygdala) decussatus Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 137 et var. fusca 

Gmelin. 

Campagne de 1908. Nous avions omis de citer , dans notre premier travail sur les récoltes 
de M. Gruvel, des spécimens subfossiles de la var. fusca recueillis à TE. d'El Mamghar et 
à Nouakchott (puits C). 

Venerupis irus (Linné). 
1910. Venerupis irus Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 138. 

Petricola lithophaga (Retzius). 
1910. Petricola lithophaga Retz. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 138. 

Petricola pholadiformis (Lamarck). 

1910. Petricola pholadiformis Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 138. 

1911. — — Lam. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem.mar. du Sénégal, p. 47, pi. III, 

fig. I, 2. 

Campagne de 1908. N' Diago, dans une épave, 

Galateia Beruardii (Dunker). 

1857. Galatea Bernardii Dunker, Joum. de Conch., V, p. 338, pi. XII, fig. 3. 

i860. — — Dunk. Bernardi, Monogr. des G. Galatea et Fischeria, p. 32, pi. V, fig. 1-5, 

pi. VIII, fig. 8. 
1868. — — Dunk. Reeve, Conch. Icon., pi. Ill, fig. 4*-4*. 



Campagne de 1909-igio. Gabon, dans TOgoué. 
Dispersion : Guinée, près de Cap Lopez. 

Galateia Tuckeyi (Dautzenberg). 

1890. Galateia Tuckeyi Dautzenberg. Moll. rec. au Congo par M. E. Dupont; extr. Bull. Acad. Roy. 

Belgique, p. 573, pi. II, fig. 1-6. 

Campagne de 1909-1910. Malila, Congo beige, dans les criques (subfossile), très 
abondant. On s'en sert pour faire de la chaux. 

Fischeria truncata (von Martkns). 

1876. Fischeria truncata von Martens, Ber. Berl. Acad. V, p.,. 

1890. — — V. Mart. Paetel, Catal. Conch. Samml., III, p. 60. 

Campagne de 1909-1910. Lagune Ebrié ; lagune d'Azuretti ; lagune de Grand-Bassam ; 
Bouche-du-Roi, Grand-Popo; crique de Kitombé près Banana; passe et entrée du port de 
Banana. 

Dispersion: Guinée, Congo. 



94 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Fischeria Delesserti (Bernardi). 
i860. Fischeria Delesseriii, Bernardi, Monogr. F. Fischeria, p. 46, pi. HI, fig. 3, 4; pi. IX, iîg. 5. 

Campagne de 1900-1910. Crique de Kitombé, près de Banana. 
Dispersion : les cours d'eau près du cap Palmas (Bernardi). 

Ungulina rubra (de Roissy). 
1910. Ungulina rubra de Roissy, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. i39- 

Ungulina alba (R\ng). 

1853. Ungulina alba Rang in Dunker, Index Moll. Guin., p. 56, pi. VIII, fig. 17-19. 
1877. — — Rang, Marrât, Joum. of Conch., I, p. 238. 

1880. — — Rang, DoHRN, Seeconch. von West Africa in Jahrb. d. d. Malak. Ges., VII, p. 169. 
1891. — — Rang, Dautzenberg, Voyage de la Mélita in Mém. Soc. Zool. de France, p. 63. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage de la pointe Bel-Air, à basse mer; 
Akkra, plage. 

Dispersion : Afrique Occidentale : Sénégal; Libéria; Loanda. 

Diplodonta rotundata (Montagu). 
1910. Diplodonta rotundata Mont. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 139. 

Felania diaphana (Gmelin). 

1910. Felania diaphana Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 139. 

1911. Diplodonta {Felania) diaphana Gmel. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 56, 

pi. IV, fig. II, 12. 

Campagne de 1909-1910. Cotonou, dragage 25 mètres; Icheppê et Icheppê-Olokun 
(Dahomey). 

Donax rugosus (Linné). 

1910. Donax rugosus Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 139. 

1911. — — Lin. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, pi. 55, p. III, fig. 27, 28. 

Campagne de 1909-1910. Jacqueville, plage; Grand-Bassam, plage; Akkra; Cotonou; 
Lomé (Togo) ; Bouche-du-Roi, Grand-Popo ; Banana, estuaire du Congo; Saint-Paul-de- 
Loanda, plage ; baie de Lobito ; baie de Mossamédès, plage ; bahia de los Tigres. 

Donax venustus (Poli). 
1910. Donax venustus, Poli, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 140. 

Donax (Serrula) interruptus (Deshayks). 

1854. Donax interrupta Deshayes, Proc. Zool. Soc. of Lond., p. 353. 

1866. — obesulus Sowerby (non Deshayes), Thés. Conch., III, p. 308, pi. 280, fig. 15. 
1869. — interruptus Desh. Roemer, Conch, Cab., 2« édit., p. 68. 

1881. — {Serrula) interruptus Desh. Bertin, Revis. Donacidées du Muséum, p. ici. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 95 

Campagne de 1909-1910. Baie de Libreville. 
Dispersion: Afrique Occidentale : Gabon. 

Donax pulchellus (Hanley). 

1843. Donax pulchella Hanley, Proc. Zool. Soc. of Lend., p. 6. 
1854. • — • — Hani. Reeve, Conch. Icon., pi. VI, fig. 35. 

1869. — - pulchellus Hani. Roemer, Conch. Cab., 2^ edit., p. 50, pi. 9, fig. 1-6. 

Campagne de 1909-1910. Lagune Ebrié; Grand-Bassam; dragage devant Cotonou, 
20 à 25 mètres; Bouche-du-Roi, Grand-Popo. 

Dispersion : cette espèce a été signalée des Indes Occidentales par Reeve. 

Donax (Capsella) Oweni (Gray) (Hanley). 
1910. Donax {Capsella) Oweni (Gray) Hani. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 140. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné ; anse de Boul- 
biné ; wharf de Tamara et dragageW. banc de Crawford, archipel de Los ; Grand-Bassam ; 
Addah ; dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres; passe et entrée du port de Banana; 
dragage entre la pointe Padrone et Shart Point, estuaire du Congo, 25 mètres. 

Iphigenia rostrata (Roemer). 

1869. Iphigenia rostrata Roemer, Conch. Cab., 2^ édit., p. 116, pi. 21* fig. 5-8. 
1887. — — Rom. Bertin, Revis. Donacidées du Mus., p. 120. 

Campagne dei909-i9io. Rotuna, Guinée française. 
Dispersion : Guinée, Liberia, Lagos. 

Iphigenia laevigata (Chemnitz) (GMEutSi). 

1782. Donax IcBvigata Chemnitz, Conch. Cab., VI, p. 353, pi. 25, fig. 249. 

1790. — — Gmelin, Syst. Nat., édit. XIII, p. 3265. 

1869. Iphigenia — Ch. Roemer, Conch. Cab., 2« édit., p. m, pi. i, fig. 7, pi. 19, fig. 11-13. 

1887. — — Ch. Bertin, Revis. Donacidées du Mus., p. 119, 

Campagne de 1909-1910. Conakry, plage, à basse mer: Rotuna; estuaire du Congo, 
près Banana. 

Gari fserœensis (Chemnitz). 
1910. Psamtnohia fcerœensis Chemn. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 141. 

Campagne de 1909-1910. Archipel de Los, dragage fond de vase. 

Oari intermedia (Deshayes). 
1910. Psammobia intermedia Desh. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 141. 

Oari (Psammocolaj depressa (Pennant). 

1777. Tellina depressa Pennant, Brit. Zool. IV, p. 73, pi. XLVII, fig. 27. 

1895. Psammobia {Psammocola) depressa Penn. Bucquoy, Dautzenberg et G. Dollfus, Mollusques 

dû Roussillon, II, p. 485, pi. LXXI, fig. 1-7. 



96 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Campagne de 1909-1910. Baie de Lobito, plage. Exemplaires identiques à ceux des 
côtes de Bretagne. 

Dispersion: Océan Atlantique depuis les côtes de Norvège: Bergen (Jeffreys), jusqu'à 
Mogador, aux îles Canaries et au cap de Bonne-Espérance : Port-Elizabeth (Sowerby). 

Solenocurtus strigilatus (Linné). 
1910. Solenocurtus strigilatus Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 141. 

Solenocurtus albus (Reeve). 
igio. Solenocurtus albus Reeve, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 142. 

Tagalus angulatus (Sowerby). 
1910. Tagalus angulatus Sow. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 142. 

Campagne de 1909-1910. Lagune Ebrié, en face Mooso; Lomé (Togo); Bouche-du- 
Roi, Grand- Popo ; cap Esterias; rivière de Denis ; Saint- Paul-de-Loanda ; fond de la baie 
de Lobito. 

Solen marginatus (Pennant). 
19^10. Solen marginatus Penn. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 142. 

Solen guineensis (Gray), emend. 

1842. Solen gtfineensis Gray mss. in Hanley, Recent biv. Shells, p. 12, pi. 13, fig. 28. 

1874. — — Gr. Reeve, Conch. Icon., pi. IV, fig. 15. 

1888. — — • Gr. Clessin, Conch. Cab., 2^ edit., p. 30, pi. 12, fig. i. 

Campagne de 1909-1910. Ile Roume, banc de Crawford et wharfde Tamara, archi- 
pel de Los, à basse mer; dragage Grand-Bassam ; rivière de Denis, à Libreville; estuaire 
du Congo, près de Banana; embouchure de la Catumbella ; plage de Mossamédès. 

Dispersion. Guinée, île du Prince. 

Ensis goreensis (Clessin). 

1910. Ensis goreensis Cless. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 143 

Campagne de 1909-1910. Embouchure de la Catumbella. 

Mactra glabrata (Linné). 

igio. Mactra glabrata Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 143. 

1911. — — Lin. G. DoLLFUS, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 48, pi. III, fîg. 11, 12. 

Campagnede 1909-1910. Dragageen face de Grand-Bassam ; dragage devant Cotonou, 
20 à 25 mètres; Lomé (Togo); Bouche-du-Roi, Grand-Popo; baie de Lobito ; embou- 
chure de la Catumbella; baie de Mossamédès, plage et dragage i5 à 20 mètres. 




ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 97 

Mactra nitida (Spengler). 
1910. Mactra nitida Spengl. Dauztenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 144. 

Campagne de igog-igio. Entre Tappontement de Conakry et le phare de Boulbiné ; 
anse de Boulbiné; dragage 4 milles S. W. de Conakry; wharf de Tamara et dragage W. 
banc deCrawfort, archipel de Los; Jacqueville; lagune Ebrié ; dragage en face Grand- 
Bassam, i5 mètres ; dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres; Addah ; Lomé; Bouche- 
du-Roi, Grand-Popo; baie de Libreville; estuaire du Congo près Banana; dragage entre 
la pointe Padrone et Shart Point, 25 mètres; baie de Lobito; baie de Mossamédès. 

Mactra Sauli» (Gray). 
1910. Mactra Sauliœ Gray, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 144. 

Mactra striatella (Lamarck). 
1910. Mactra striatella Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 144. 

Mactra Cumingiana (Petit). 

1853. Mactra Cumingiana Petit de la Saussaye, Joum. de Conch., IV, p. 359, pi. 12, fig. i, 2. 
1884. — — Petit, Weinkauff, Conch. Cab., 2« édit., p. 79, pi. 27, fig. 4, 4». 

Campagne de 1909-1910. Dragage fond de vase, entre l'appontement de Conakry et 
le phare de Boulbiné. 
Dispersion. Gambie. 
Le Mactra Cumingii Deshayes (Proc. Zool. Soc.L., 1854) est une espèce différente. 

Mactra Largillierti (Philippi). 

1848. Mactra Largillierti Philippi, Zeitschr. fiir Malakoz., p. 152. 
1850. — — Philippi, Abbildungen, p. 135, pi. III, fig. i. 

1854. — — PhiL Reeve, Conch. Xeon., pi. VI, fig. 23. 
1884. — — Phil. Weinkauff, Conch. Cab., 2« édit., p. 68, pL 24, fig. 2, 2^ 

Campagne de 1909-19x0. Plage de Saint-Paul-de-Loanda ; baie de Lobito. 
Dispersion : Gabon; île du Prince. 

Cette espèce se distingue du M. glabrata par sa taille plus forte, sa forme plus trans- 
versale et son épiderme brun. 

Standella senegalensis (Philippi). 

1849. Mactra Senegalensis Philippi, Zeitschr. F. Malak., p. 27. 

1854. — — Phil. Reeve, Conch. Icon., pi. XXI, fig. 120. 

Campagne de 1909-1910. Passe et entrée du port de Banana; dragage entre la pointe 
Padrone et Shart Point, estuaire du Cgngo, 25 mètres. 
Dispersion : Sénégal (Largilliert). 

T. V. — Fasc. 3. i3 



98 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Eastonia rugosa (Chemnitz). 
1910. Eastonia rugosa Chemn. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 144. 

Lutraria lutraria (Linné). 
1910. Lutraria lutraria Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 145. 

Lutraria elongata (Gray). 

1837. Lutraria elongata Gray, Mag. of Nat. Hist., p. 374. 
1854. — — Reeve, Conch. Icon., pL I, fig. 2. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Lobito ; embouchure de la Gatumbella. 

Dispersion : l'habitat de cette espèce était inconnu de Reeve, et nous ne croyons pas 
qu'il ait été indiqué depuis. 

Tugonia anatina (Gmelin). 
1910. Tugonia anatina Gmel. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 145. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Lobito; baie de Benguella, plage; embouchure de 
la Gatumbella; plage de Mossamédès. 

Corbula sulcata (Lamarck). 
1910. Corbula sulcata Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 145. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Libreville. 

Corbula gibba (Olivi). 
1910. Corbula gibba 01. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 146. 

Corbula Roumei (Dautzenberg). 
lïo. Cor bula Roumei Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 146. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Hann, plage la pointe de Bel-Air, à basse mer ; dra- 
gage entre Conakry et le phare de Boulbiné; anse de Boulbiné; île Roume, banc de 
Crawford et wharf de Tamara, archipel de Los ; dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres ; 
baie de Libreville; estuaire du CongO; près de Banana. 

Corbula Chudeaui (Dautzenberg). 
1910. Corbula Chudeaui Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 147. 

Corbula trigona (Hinds). 

1910. Corbula trigona Hinds, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, pi. 147, p. IV, fig. 8-10. 

1911. — — Hinds, G. DoLLFUs,Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 47, pi. III, fig. 3-6. 

Campagne de 1909-1910. Port-Bouët; lagune Ebrié; lagune d'Azuretti ; lagune de 
Grand-Bassam ; dragage devant Grand-Bassam ; dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres ; 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 99 

lagune de Cotonou; Bouche-du-Roi, Grand-Popo; estuaire du Congo, près Banana; 
crique de Kitombé. 

Corbula nasuta (Sowerby). 

1833. Corbula nasuta Sowerby, Proc. Zool. Soc. of Lond., p. 35. 
1843. — — Sow. Reeve, Conch. Icon., pi. I, fig. i. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; anse de 
Boulbiné; dragage 4 milles S. W. de Conakry; dragage W. banc de Crawford; wharf de 
Tamara; île Roume, archipel de Los; lagune Ebrié; dragage devant Grand-Bassam ; 
dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres; dragage baie de Libreville ; estuaire du Congo, 
près de Banana; dragage entre la pointe Padrone et Shart Point, 25 mètres. 

Dispersion : cette espèce n'a été citée que de Xipixapi (golfe de Nicoya), par Sowerby 
et par Reeve. 

Panopaea Aldrovandi (Ménard). 
1910. Panopaa Aldrovandi Ménard, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 148. 

Saxicava arctica (Linné). 
1910. Saxicava arctica Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 149. 

Pholas truncata (Say). 

1819. Pholas truncata Sav, Amer. Journ. of Se, I^', Ser. II, p. 321. 

1849. — — Say, Sowerby, Thés. Conch., II, p. 488, pi. CIV, fig. 29, 30. 

1872. — — Say, Reeve, Conch. Icon., pL IV, fig. 14. 

1893. — — Say, Clessin, Conch. Cab., 2" edit., p. 18, pL 5, fig. 9. 

Campagne de 1909-1910. Plage de Banana; embouchure de la Catumbella. 
Di.spersion : cette espèce américaine bien connue n'avait pas encore été rencontrée 
sur la côte occidentale d'Afrique. 

Talona clausa (Gray). 

1822. Pholas clausa Gray in Bowdich, Elem. of Conch., II. 

1849. — — Gray, Sowerby, Thés. Conch., II, p. 498, pi. CVII, fig. 74, 75. 

1872. — — Gray, Reeve, Conch. Icon., pi. VII, fig. 25. 

1893. Pholas (Talona) clausa Gray, Clessin, Conch. Cab., 2^ édit., p. 27, pi. 8, fig. 3, 4. 

Campagne de 1 909-1 910. Ile Roume et banc de Crawford, archipel de Los, à basse 
mer. 

Dispersion : Afrique Occidentale : Guinée, Gambie. 

Barnea Candida (Linnk). 
1910. Barnea Candida Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 149. 

Lucina subfragilis (Dautzenberg). 
1910. Lucina subfragilis Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 149, pi. IV, fig. 13, 14. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Praya-Amelia, i5 à 35 mètres. 



joo ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGR.\PHIQUE 

Lucina (Ldng^) columbella (Lamarck). 
1910. Lucina (Linga) columbella, Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 150. 

Lncina (Jagonia) pecten (Lamarck). 
1910. Lucina (Jagonia) pecten Lam. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 151. 

Campagne de 1909-1910. Dragage baie de Praya-Anielia, i5 à 35 mètres. 

Lucina Divaricella) gibba (Gray). 

1825. Lucina gibba Gray, Annals of Philos., p. 136. 

1850. — — Gray, Reeve, Conch. Icon., pi. IX, fig. 54. 

1877. — — Gray, Marrat, Quart. Joum. of Conch., I, p. 238. 

Campagne de 1909-1910. Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres; estuaire du 
Congo, près de Banana. 

Dispersion. Afrique Occidentale (Marrat). 

LUCINA LAMOTHEI Dautzenberg, nov. sp. 

PI. m, fig. 5o, 5i, 52, 53, 54 (X 6). 

Testa parva, crassa, tutnida, transversim ovata, titrinque obtuse hiangulata, suhxquila- 
teralis, lotus anticum quant posticutn paullo major. Margo anticus inferne oblique truncatus 
et leviter sinuatus. Margo posticus quoque truncatus et sinuatus. Margo venir alis arcuatus. 
Valvulx concentrice lamellosx ac radiatim costulatx. Lamellae crassee propre marginem 
ventralem approximate ; costulœ inter lameUas tantum conspicux. Umbones parvuli, contigui 
antrorsum incurvati. Lunula parva et excavata. Area angusta et sat profunda. Car do valvulœ 
dextrx dentem cardinalem validum dentesque latérales utrinque 2 remotos et a fossula valde 
impressa sejunctos prsebet ; cardo valvulx sinistrœ dentés cardinales 2 validas dentemque 
lateralem unicum posticeque foveolatum utrinque ostendit. Margo ventralis crenulatus. Impres- 
siones musculares elongatx et conspicux ; margo pallealis integer. 

Color sordide albidus. 

Diam. umbono-ventr., 4 ; antero-post., 4 ; crasit., 2 if2 millim. 

Coquille petite, solide, épais.se, renflée, transversalement ovale, obtusément biangu- 
leuse à chaque extrémité, subéquilatérale, le côté antérieur étant un peu plus développé 
que le côté postérieur. Bord antérieur obliquement tronqué et un peu excavé dans le bas; 
bord postérieur également tronqué et excavé. La surface est ornée de nombreuses lamelles 
concentriques, fortes, inégalementdistantes, très rapprochées à proximité du bord ventral, 
et de costules rayonnantes qui ne se voient que dans les intervalles des lamelles. Sommets 
petits, incurvés en avant. Lunule petite, excavée; corselet étroit, assez profond. Charnière 
de la valve droite composée d'une dent cardinale forte et, de chaque côté, de deux dents 
latérales séparées par une fossette profonde. Charnière de la valve gauche composée de 
deux dents cardinales fortes et, de chaque côté, d'une dent latérale unique présentant, à 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE loi 

son extrémité postérieure, une petite fossette. Bord ventral arrondi. Impressions des 
muscles adducteurs allongées, bien visibles ; impression palléale entière. 

Coloration d'un blanc sale uniforme. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry etle phare de Boulbiné; anse de Boul- 
biné; dragage 4 milles S.W.Conakry; dragage près de lileRoume; dragage wharf de Tamara; 
dragage W. banc de Crawford ; dragage en face de Grand-Bassam ; dragage baie de Libre- 
ville; estuaire du Congo, près de Banana; dragage entre la pointe Padrone et Shart Point, 
estuaire du Congo, 25 mètres. 

Cette petite espèce, que nous sommes heureux de dédier à notre collaborateur et ami, 
M. le général de Lamothe, est si abondante qu'on peut être surpris de ne pas en trouver 
la description dans les travaux qui ont été publiés sur la faune de l'Afrique Occidentale. 
Elle ne peut être comparée qu'au S.pisum Reeve (Conch. Icon., pi. XI, fig. 66), de l'océan 
Indien et d'Australie, mais sa forme est moins globuleuse et sa sculpture moins forte. 

Loripes lacteus (Linné). 
1910. Loripes lacieus Lin. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 151. 

Loripes contrarius (Dunker}. 

1910. Loripes contrarius Dunk. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 151. 

1911. Lucina {Loripes) contraria Dunk. G. Dollfus, Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 56, 

pi. IV. fig. fig. 13-16. 

Campagne deigog-igio. Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres ; baie de Benguella, 
plage; baie de Mossamédès, dragage i5 à 20 mètres ; baie de Praya-Amelia, dragage i5 à 
35 mètres. 

Loripes aberrans (Dautzenberg). 
1910. Loripes aberrans, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 152, pi. IV, fig. 15-17. 

Campagne de 1909-1910. Lagune Ebrié, en face Mooso; lagune d'Azuretti; lagune de 
Banana; crique de Kitombé. 

Tellina (Peronœa strigosa (ûmelin). 

1910. Tellina strigosa Gvasï. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 153. 

1911. TcUina (Peronaa) strigosa Gmel. G. Dollfus. Les Coq. du Quatem. mar. du Sénégal, p. 50, pi. III, 

fig. 15, 16. 

Tellina nymphalis (Lamarck). 
1910. Tellina nymphalis Lam. Dautzenberg, Contrib. Afr. Occid. I, p. 153. 

Campagne de 1909-1910. Icheppê et Icheppê-Olokun (Dahomey); baie de Lobito : 

plage de Mossamédès. 

Tellina Listeri (Hanley). 

1910. Tellina Listeri Hanley Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 153. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et le phare de Boulbiné; Cotonou; 
Banana. 



,0a ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Tellina Hanleyi (Dunker). 
1910. Tellina Hanleyi Dunk. Dautzenberg, Contrib. F, Afr. Occid., I, p. 153. 

Tellina Chudeaui (Dautzenberg). 
1910. Tellina Chudeaui Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 154. 

Campagne de 1909-1910. Ile Roume, archipel de Los, 

Tellina rubicunda (Gould). 
1910. Tellina rubicunda Gould, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 154. 

Campagne de 1909-1910. Wharf de Tamara, archipel de Los ; dragage baie de 
Mossamédès, i5 à 20 mètres. 

Tellina madagascariensis (Gmelin). 

1790. Tellina Madagascariensis Gmelin, Syst. Nat., édit. XIH, p. 3237. 

1818. — rosea Lamarck, Anim. sans vert, V, p. 524. 

1815. — madagascariensis Gm. Wood, General Cohch., p. 169, pi. 39, fig. 2, 3. 

1846. — — Gm. Hanley in Sowerby, Thés. Conch. I, p. 244, pi. LXIII, fig. 218. 

1866. — — Gm. Reeve, Conch. Icon., pi. II, fig. 2 ; pi. V, fig. 18. 

Campagne de 1 909-1910. Saint-Paul-de-Loanda; baie deLobito; Mossamédès; bahia 
de los Tigres, rejeté partout sur les plages. 

Dispersion : nous doutons que l'habitat « Madagascar », assigné à cette espèce par les 
divers auteurs, soit exact. 

Tellina (Oudardia) compressa (Brocchi). 
1910. Tellina (Oudardia) compressa Brocc. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 154. 

Campagne de 1909-1910. Dragage Grand-Bassam, i5 mètres; dragage devant 
Kotonou, 20 à 25 mètres; dragage entre la pointe Padrone et Shart Point, estuaire du 
Congo, 20 à 25 mètres ; dragage baie de Praya-Amelia, i5 à 35 mètres. 

Tellina (Strigilla) senegalensis (Hanley). 

1844. Tellina Senegalensis Hanley, Proc. Zool. Soc. of. Lond., p. 68. 

1846. — — Hanley in Sowerby, Thés. Conch., I, p. 259, pi. LVI, fig. 17. 

1866. — — Hani. Reeve, Conch. Icon., pi. IX, fig. 3g. 

1871. — — Hani. Roemer, Conch. Cab, 2« édit., p. 194, pi. ;^y, fig. 17-19. 

Campagne de 1909-1910. Dragage devant Cotonou, 20 à 25 mètres; plage de Mossa- 
médès. 

Dispersion : Sénégal ; île du Prince. 

Gastrana guinaica (Chemnitz) (Schroeter), 

1910. Gastrana guinaica (Chemn.) Schrôter, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 154. 
1991. Capsa Matadoa Adans. G. Dollfus, Les Coq. du Quatern. mar. du Sénégal, p. 49, pi. Ill, 

fig. 13. 14- 



r 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE io3 

Macoma cumana (O. G. Costa). 
1910. Macoma cumana O. G. Costa, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 155. 

Campagne de 1909-1910. Dragage entre Conakry et ie phare de Boulbiné ; dragage 
4 milles S. W. de Konakry ; île Roume, banc de Crawford et wharf de Tamara, archipel 
de Los ; Jacqueville ; dragage en face Grand-Bassam ; dragage devant Cotonou, 20 à 
25 mètres ; Addah ; Lomé ; Bouche-du-Roi, Grand-Popo ; Icheppê et Icheppê-Olokun 
(Dahomey) ; estuaire du Congo, près Banana; embouchure de la Catumbella; plage de 
Mossamédès. 

Capsa lacunosa (Chemnitz) (Schroeter). 
1910. Capsa lacunosa (Chemn.), Schr. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 155. 

Campagne de 1909-1910. Baie de Lobito. 

SYNDESMYA PILSBRYI, Dautzenberg, nov. sp. 

PI. m, fig. 46, 47, 48, 49 (X 3). 

Testa ovata, convexiuscula, nitida, tenuis ac fragilis, œquivalvis, parum insequila- 
teralis, lotus anticum quam posticum paullo majus, rotundatus, laius posticum suhangulatum. 
Margo ventralis arcuatus. Valvularum pagina externa laevis ac nitida, striis incrementi pa- 
rum conspicuis tantum ornata. Car do valvulœ dextrx dentés cardinales 2 minimos, a fossulà 
ligamentari sejunctos et dentem later alem lamellostim utrinque prxbet. Car do valvulœ sinis- 
trée dentés cardinales 2 ac fossulam ligamenti tantum ostendit. Impressiones musculares 
vix conspicux ; impressio pallii a sinu magno ac rotundato, mediam testam multo transgre- 
diente, emarginata. 

Color al bus. 

Diam. umbono-ventr., 7; antero-post., g 1J2 ; crassit., 4 millim. 

Coquille ovale, médiocrement convexe, luisante, mince et fragile, équivalve, peu iné- 
quilatérale : côté antérieur arrondi, un peu plus grand que le côté postérieur qui estan- 
guleuxau point de rencontre du bord postérieur et du bord ventral. Surface lisse, ne pré- 
sentant que des stries d'accroissement insdistinctes. Intérieur des valves lisse et luisant; 
impressions des muscles adducteurs peu visibles ; impression palléale pourvue d'un sinus 
très grand, arrondi, se prolongeant au delà du milieu de la coquille. Charnière de la valve 
droite, composée de deux petites dents cardinales séparées par un cuilleron du cartilage 
petit et de deux dents latérales lamelliformes très minces. Charnière de la valve gauche 
composée seulement de deux petites dents cardinales et d'un cuilleron du cartilage petit 
et un peu immergé. 

Coloration blanche uniforme. 

Campagne de 1909-1910. Dragage 4 milles S. W. Conakry; dragage entre Conakry 



I04 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

et le phare de Boulbiné; dragage banc de Crawford; wharf de Tamara; Addah 
(Gold Coast). 

Voisine du S. alba Wood, cette espèce que nous dédions à M. H. A. Pilsbry, le savant 
Conservateur de la Section Çonchyliologique de TAcadémie des Sciences Naturelles de 
Philadelphie, est moins régulièrement ovale, plus équilatérale, et a le côté postérieur un 
peu anguleux. 

Lutricularia tenuis (Montagu). 
1910. Lutricularia tenuis Mont. Dautzenberg, Contrib. F., Afr. Occid. ï, p. 156. 

Solenomya togata (Poli). 
1910. Solenomya togata Poli, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 156. 

Pandora oblonga (Sowerby). 
1910. Pandora oblonga, Sow. Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid. I,, p. 156. 

Thracia papyracea (Poli). 
1910. Thracia papyracea Poli, Dautzenberg, Contrib. F. Afr. Occid., I, p. 157. 

BRACHIOPODES 

Lingula parva (E. A. Smith). 
c-)L). Li:tiuW pmx E.-A. Sm. Dautzenberg, Contrib. E. Afr. Occid., I., p. 157. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Acanthochites Adansoni de Rochebrune, 80. 

Acinopsis cancel lata da Costa, 48. 

Aclis Beddomei Dautzenberg, nov. sp., 54, pi. II, 

fîg. 12, i3. 
Aclis carinata E. A. Smith, 54. 
Actœon Malt\ani Dautzenberg, 3. 

— senegalensis Petit, 3. 

— tornatilis Linné, 3. 
Actceopyramis Gruveli Dautzenberg, 55. 

— puncturata E. A. Smith, 55. 
Actinobolus lacunosus Reeve, 88. 
Adeorbis Angasi Adams, 79. 

Adeorbis Bouryi Dautzenberg, nov. sp., 53, pi., il, 

fig. 10, II. 
Adeorbis depressus Seguenza (non A. Ads.), 53. 

— fragilisG. O. Sars, 53. 

— patula Sowerby, 53. 

— Seguen\ianus Tryon, 53. 

— subcarinatus Montagu, 53. 

— — var. robastior Dautzenberg, nov. var., 53. 
Afer afer Gmelin, 39. 

— porphyrostoma Adams et Reeve, 2g. 
Agaronia acuminata Lamarck, 17. 

— ancillarioides Reeve, 18. 

— annotata Marrât, 17. 

— hiatula Gmelin, 17. 
Alaba Culliereti Dautzenberg, 48. 
Alexia algerica Bourguignat, 3. 

— bicolor Morelet, 3. 
Ampullaria lybica Morelet, 47. 
Amycla Pfeifferi Philippi, 33. 

— trifasciata A. Adams, 33. 
Anaitis declivis Sowerby, 92. 

- foliaceo-lamellosa (Chemnitz) Schrôter, 92. 

— punctigera Dautzenberg et H. Fischer, 92. 

— rosalina Rang, 92. 
Anomia ephippium Linné, 83. 
Aporrhais senegalensis Gny, 41. 
Area afra Gmelin, 86. 

— Bouvieri P. Fischer, 86. 

— Geissei (Dunker) Kobelt, 86. 

— lactea Linné, 86. 

— Noe Linné, 86. 

— senilis Linné, 86. 

— subglobosa (Dunker) ICobelt, 86. 
Avicula atlantica Lamarck, 84. 

T. V. - Fasc. 3. 



Barnea Candida Linné, 9g. 
Basterotia quadrata Hinds, 90. 
Bifrontia Zanclœa Gray, 48. 
Bittium reticulatum da Costa, 42. 
BRACHIOPODES, 104. 
Brocchia sulcosa Brocchi,47. 
Buccinum callosum Gray, 34. 

— candidissimum Philippi, 38. 

— Ni/àf(Adanson) Bruguière, 8. 

— obliquum Kiener, 3o. 

— plumbeum seu castaneum Chemnitz, 3o. 

— sepimentum Rang, 3o. 

— tritoniformis K.iener, 3i. 
Bulla Adansoni Philippi, 4. 

— aperta Linné, 4. 
Bullia callosa Gray, 34. 

— granulosa Lamarck, 34. 

Caecum bimarginatum Dautzenberg, nov. sp., 45, pi. Il, 

fig. 3, 4. 
Cœcum crassum de Folin, 44. 

— senegambicum de Folin, 44. 

— v/cinttmde Folin, 45. 
Calliostoma dubium Philippi, 76. 

— striatum Linné, 76, 
Callista floridella Gray, 91. 
Calyptra chinensis Linné, 49. 

— radians Lamarck, 5o. 
Calyptrœa radians Lamarck, 5o. 
Cancellaria Angasi Crosse, i-j . 

— cancellata Linné, 16. 

— — var. similis Sowerby, 16. 

— piscatoria Gmelin, 17. 

— rigida Sowerby, 17. 

— uniangulata Deshayes, 17. "^ 
Capsa lacunosa (Chemnitz) Schrôter, io3. 

— Matadoa Adanson, 102. 
Cardita ajar Bruguière, 88. 

— calyculata Linné, 87. 

— contigua Dautzenberg, 88. 

— lacunosa Reeve, 88. 

— senegalensis Reeve, 88. 

— trapezia Linné, 88. 
Cardium costatum Linné, 89. 

— edule Linné, 90. 

— Kobelti von Maltzan, 89. 

— norvegicum Spengler, 90. 

14 



iû6 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Cardium papillosum Poli, 90. 

— ringens Gmelin, 89. 
Caryatis Belcheri Sowerby, 90. 
Cassis spinosa Gronovius, 4 1 . 
Cavolinia angulata Souleyet, 2. 

— tongirostris Lesueur, 2. 

— — Pelseneer, 2. 
CÉPHALOPODES, 2. 
Cerithiopsis tubercularis Montagu, 42. 
Cerithium atratum Born, 41. 

— ^uinaicum Philippi, 41. 

— reticulatum da Costa, 42. 
Chama crenulata Lamarck, 90. 

— Dosin Adanson, 91. 

— gr^'phina Lamarck, 90. 

— trapezia Linné, 88. 
Chemnit\ia elegans d'Orbigny, 68. 
Chiton canariensis d'Orbigny, 80. 
Chlamys multistriata Poli, 84. 

— varia Linné, 84. 
Clanculus guineensis Gmeim, 74. 

— A'rauMi Philippi, 74. 

Clathurella alveolata Dautzenberg, nov. sp., i5, pi. I, 
fig. i3, 14. 

— HatiUevillei Dautzenberg, nov. sp., 14, pi. I, fig. ir, 12. 

— — var. albida, nov. var., i5. 
Clathurella linearis Monligvi, iC. 

Clathurella Meheusti Dautzenberg, nov. sp., i5, pi. I, 

fig. i5, 16. 
Clavatula bimarginata Lamarck, g. 

— diadema Kiener, 9. 

— gravis Hinds, 10. 

— lineata Lamarck, 10. 

— A/ar/e«sn' von Maltzan, 11. 

— muricata Lamarck, g. 

— — Tryon (non Lamarck), lo. 

— obesa Reeve, 10. 

— rubrifasciata Reeve, 9. 

— sacerdos Reeve, 9. 

— spirata Lamarck, 10. 

— tripartita E.-A. Smith, 10. 
Claviger auritus Muller, 45, 46. 

— balteatus Philippi 45, 46. 

— Matoni Gray, 46. 
Cleopatra bulimoides Olivier, 46. 
Columbella Broderipi Sowerby, 34. 

— cancellata Gaskoin, 35, 36. 

— cribraria Lamarck, 35. 

— Freitagi von Maltzan, 35. 

— japix Duclos, 35. 

— obesa C.-B. Adams, 35, 36. 

— orphia Duclos, 35. 

— parvula Dunker, 35. 

— rac {Adanson) Dautzenberg, 35. 

— rustica Linné, 34. 
Conus ambiguus Reeve, 7. 

— ccerulescens Chemnitz, 6. 

— genuanus Lin.né, 6. 

— guinaicus Hwass, 7. 



Conus mediterraneus Hwass, 6. 

— mercator Linné, 6. 

— papilionaceus Hwass, 6. 

— prometheus Hwass, 7. 
Corbula Chudeaui Dautzenberg, 98. « 

— gibba Olivi, 98. 

— nasuta Sowerby, 99. 

— Roumei Dautzenberg, 98. 

— sulcata Lamarck, 98. 

— trigona Hinds, 98. 

Cornu copiœ Ostrea, etc. Chemnitz, 83. 
Crassatella divaricata (Chemnitz) Schrotcr, 89. 

— ornata Reeve, 88. 

— Pceteli von Maltzan, 89. 

— triquetra Reeve, 8g. 

Crassispira callosa (Valenciennes) Kiencr, i3. 

— carbonaria Reeve, i3. 

— lœvisulcata von Martens, i3. 

i Crassopleura Maravignœ Bivona p. i3. 
Crenella Dollfusi Dautzenberg, 86. 
Crepidula adspersa Dunker, 5o. 

— fornicata Dautzenberg (non Linné), 5o. 

— goreensis GmeVxn, 5i. 

— lentiginosa Sowerby, 5o. 

— porcellana Linné, 5o. 

— Sulin Adanson, 5o. 
Cuma coronata Lamarck, 3g. 

— sulcata, 3g. 

— tectum Wood, 39. 
Cyclostrema annuliferum Dautzenberg, 76. 

— bulimoides Olivier, 46. 

^ Calameli Jousseaume, 76. 

— tricarinata E.-A. Smith, 76. 
Cyllene lyrata Lamarck, 29. 

— Oweni Tryon (non Gray), 29. 

— senegalensis Petit, 29. 
Cymatium costatum Born, 40. 

— ficoide Reeve, 40. 

— Xo6e//i von Maltzan, 40. 
Cymbium proboscidale Lamarck, 27. 
Cyprœa lurida Linné, 40. 

— Majet Adanson, 3g. 

— moneta Linné, 41. 

— stercoraria Linné, 3g. 

— ^onata Chemnitz, 3g. 
Cytherea Belcheri Sowerby, 90. 

— tripla Linné, 91. 

Dentalum Coarti Dautzenberg, nov. sp., 81, pi. Ill, 
fig. 44, 45. 

— — var. septemcostata, nov. var., 81. 
Dentalium Gruveli Dautzenberg, 80. 

— Malt\ani Dunker, 80. 

— octangulatum Donovan, 71. 

— ru/e.9cen5 Deshayes, 81. 

— senegalense Dautzenberg, So, 81. 
Desmoulinsia pinguis A. Adams, 33. 
Diplodonta diaphana Gmeiin, 94. 

— rotundata Montagu, 94. 

Discopsis costulatus de Folin, 78. - 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



107 



Dislorsio cancellina Tryon (non de Roissy), 40. 

— ridens Reeve, 40. 
Donax interrupta Deshayes, 94. 

— lœvigata Chemnitz, gS. 

— obesulus Sowerby (non Deshayes), 94. 

— Oweni (Gray) Hanky, gS. 

— pulchella Hanley, gS. 

— rugosus Linné, 94. 

— venustus Poli, 94. 
Donovania affinis Monterosato, 38. 

— candidissima Phiiippi, 38. 

— fasciata Sowerby, 38. 

— minima Montagu, 3y. 

— /^rocerw /a Monterosato, 38. 

— turritellata Deshayes, 37. 

— vulpecula Monterosato, 38. 
Dorsanum callosum Gray, 34. 

— granulosum Lamarck, 34. 

— Gruveli Dautzenberg, 33. 

-— miran (Adanson) Bruguière, 34. 
Dorsanum terebrseforme Dautzenberg, nov. sp., 33, 

pi. I, fig. 3g, 40. 
Dosinia Adansoni Phiiippi, gi. 

— af ricana Gray, gi. 

— isocardia Dunker, 92. 

— — var. Chudeaui G. Doiifus, ga. 

— — — Blancheti G. Dollfus, ga. 

— Orbignyi Dunker, 91. 

— radia ta Reeve, gi. 
Dreissena africana Van Beneden, 86. 
Dreissensia africana Van Beneden, 86. 
Drillia 6a///jï<j von Malizan, i3. 

— clionellœformis Weinkauff, i3. 

— rosolina Marrât, i3. 
Easlonia rugosa Chemnitz, 98. 

Eulima Fischeri Dautzenberg, nov. sp., 54, pi. II, fig. 14, 

i5. 
Eulima gonochila Adams, 55. 
Eulimelta acicula Phiiippi. 58. 

Eulimella Chasteri Dautzenberg, nov. sp., 58, pi. II, 
fig. 20, 21. 

— inanis Dautzenberg, nov. sp., 5g, pi. Il, fig. 18, ig. 

— polygyrata Dautzenberg, nov. sp., 58, 5g, pi. II, 

fig. 16, 17. 
Ensis goreensis Clessin, g6. 
Panel Adanson, 5i. 
Felania diaphana Gmelin, 94. 
Fischeria Delesserti Bernardi, 94. 

— truncata von Martens, gS. 
Fissuretla nubecula Linné, 79. 
Fossarus ambiguus L\nné, 4-j. 

— sulcosus Brocchi, 47. 
Fusus albinus A. Adams, 28. 

— Boettgeri von Maltzan, 28. 

— Loebbeckei Kobelt, 28. 

— Nifat Lamarck, 8. 
Galatea liernardii Dunker, g3. 
Galateia liernardii Dunker, gS. 

— Tuckeyi Dautzenberg, g3. 



Gari depressa Pennant, g5. 

— fcerœensis Chemnitz, g5. 

— intermedia Deshayes, 95. 
Garnot Adanson. 5o. 
GASTÉROPODES, 3. 

Gastrana guinaica (Chemnitz) Schrôtcr, 102. 
Genotia Lamothei Dautzenberg, 7. 

— mitrœformis Wood, 7. 

— — var. papalis Reeve, 7. 
Gibbula albida Gmelin, 75. 

— Biasoletti Phiiippi, 75. 

— rfa/a/ (Adanson) Dautzenberg, 75. 

— Joubini Dautzenberg, 75. 

— obliquata Dautzenberg (non Gmelin), 75. 

— umbilicalis da Costa, 75. 

— umbilicata Montagu, 75. 
Glyphis Menkeana Dunker, 70. 
Ilaliotis tuberculata Linné, 79. 
lliminei Orbignyana Férussac, 4. 
Helix ambigua Linné, 47. 
Hipponyx antiquatus Linné, 49. 
Uyalœa angulata Souleyet, 2. 

— ecaudata Lesueur, 2. 

— femorata Gould, 2. ' 

— fissirostris Benson, 2. 

— limbata d'Orbigny, 2. 

— longirostris Lesueur, 2. 

— obtusa Sowerby, 2. 
Hydrobia ulvœ Pennant, 49. 
Imbricaria carbonacea Hinds, 28. 
Iphigenia lœvigata (Chemniiz) Gmelin, 95. 

— rostra ta Rômer, 95. 
Kellya mactrnides Hanley, 8g. 
Lachesis candidissima Phiiippi, 38. 

— //';ieo/a/<j Tiberi, 38. 
Lanistes guinaicus Lamarck, 47. 

— lybicus Morelet, 47. 
Lasœa rubra Montagu, 89. 
Latirus armatus A. Adams, 29. 
Leda bicuspidata Gould, 87. 

— rostrata Montagu, 87. 

— tuberculata E.-A. Smith, 87. 
Lépas Soron Adanson, 49. 
Leuconia bidentata Montagu, 3. 

— Af/cAe/i Mittre, 3. 
Lingula parva E.-A. Smith, 104. 
Lithodomus aristatus (Solander) Dillwyn, 83. 

— lithophagus Linné, 85. 
Littorina angulifera Lamarck, 46. 

— cingulifera Dunker, 46. 

— granosa Phiiippi, 47. 

— neritoides Linné, 47. 

— punctata Gmelin, 46. 
Loripes aèerrani Dautzenberg, loi. 

— con^rarit/i Dunker, loi. 

— lacteus Linné, ici. 
Lucapinella limatula Reeve, 79. 
Lucina co/um6e//a Lamarck, 100. 

— contraria Dunker, loi. 



io8 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Lucina gibba Gray, loo. 

Lucina Lamothei Dautzenberg, nov. sp., loo, pi. IH 

fig. 5o, 5i, 52, 53, 54. 
Lucina pecten Lamarck, 100. 

— pisum Reeve, 101. 

— subfragilis Dautzenberg, 99. 
Lutraria elongata Gray, 98. 

— lutraria Linné, 98. 
Lutricularia tenuis Montagu, 104. 
Macoma cumana O.-G. Costa, io3. 
Mactra Cumingiana Petit, 97. 

— Cumingii Desliayes, 97. 

— glabrata Linné, 96, 97. 

— Largillierti Philippi, 97 

— nitida Spengler, 97. 

— Sauliœ Gray, 97. 

— senegalensis Philippi, 97. 

— striatella Lemarck, 97. 
Mangilia mediofasciata von Maltzan, 14. 

— Merlini Dautzenberg, 14. 

— Pontyi Dautzenberg, 14. 

— senegalensis von Maltzan, 14. 

Marginella amazona Bavay, nov. sp., 19, pi. I, fig. 10, 
20. 

— ambig^a Bavay, nov. sp., 22, pi. I, fig. 21,22. 
Marginella amygdala Kiener, 21, 

— annulata Reeve, 21. 

Marginella aurata Bavay, nov. sp., 26, pi. I, fig. 33, 34. 
Marginella Bavayi Dautzenberg, 19. 

— benguelensis Jousseaume, 25. 

— bifasciata Lamarck, 18. 

Marginella bivittata Bavay, nov. sp., 23, pi. I, fig. 23, 24. 
Marginella capensis Duhker, 23. 

— carneola Petit, 26. 

— Chudeaui Dautzenberg, 23, 25. 

— cingulata Dillwyn, 23. 

— clandestina Brocchi, 27. 

— Cleryi Petit, 18. 

Marginella columnella Bavay, nov. sp., 26, pi. I,fig. 3i, 

32. 

Marginella cornea Lamarck, 23. 

— Cumingiana Petit, ig. 

Marginella deliciosia Bavay, nov. sp., 21, pi. I, fig. 25, 26. 
Marginella faba Linné, 18. 

Marginella gemmula Bavay, nov. sp., 20, pi. 1, fig. 17, 18. 
Marginella glabella Linné, 18. 

— gloriosa Jousseaume, 19. 

Marginella Gruveli Bavay, nov. sp., 24, 25, pi. I, fig. 29, 
3o. 

— — var concolor, nov. var., 25. 

— — var. albina, nov. var., 25. 
Marginella helmatina Tryon (non Rang), 19. 

— irrorata Menke, 18. 

— Keppeli Sykes, 19. 

— limbata Lamarck, 18. 

— Lucani Jousseaume, 19. 

— mar^/na/a Born, 21. 

— miliaria Linné, 25. 

— minusculina Locard, 27. 



Marginella monilis Linné, 21. 

— occulta Monterosato, 27. 

— olivœformis YJisneî, 2\. 

— ory^a Lamarck, 24, 25. 

Marginella pallata Bavay, nov. sp., 24, pi. I, fig. 27, 28. 
Marginella persicula Linné, 23. 

— pseudofaba Sowerby, 18. 
Mathilda elegans de Folin,44, 68. 

— quadricarinata Brocchi, 44. 
Melania aurita Millier, 45. 

— tuberculata Muller, 46. 
Meretrix Belcheri Sowerby, 90. 

— striata Gray, 90. 

— lumens Gmelin, 90. 
Mesalia brevialis Lamarck, 44. 
Mitra carinata Swainson, 28. 

— fusca Swainson, 28. 

— Gambiana A. Adams, 28. 

— Hamillei Petit, 27. 

Mitra senegalensis Reeve, 27, 28. 

— strictecostata von Maltzan, 28. 
Modiola elegans Gray, 85. 

— lulat (Adanson) Dautzenberg, 85. 
Modiolaria barbatella Cantraine, 86. 
Modulus ambiguus Dautzenberg, 42. 
Monodonta fulgurata Philippi, 75. 
Murex angularis Lamarck, 37. 

— ■ cornutus Linné, 36. 

— — var. tumulosa Sowerby, 36. 

— decussatus Gmelin, 36. 

— fasciatus Sowerby, 36. 

— Gubbi Reeve. 36. 

— hoplites P. Fischer, 37. 

— lyratus A. Adams, 37. 

— neritoideus Linné, 39. 

— osseus Reeve, 36. 

— quadrifrons Lamarck, 37. 

— tumulosus Sowerby, 36. 

— turbinatus Lamarck, 37. 

— varius Sowerby, 37. 
Mytilus afer Gmelin, 84, 85. 

— africanus van Beneden, 86. 

— atropurpureus (Dunker) Reeve, 85. 

— pictus Born, 84, 85. 

— senegalensis Lamarck, 85. 

— tenuistriatus Dunker, 85. 

— — var. lœvis Dautzenberg, 85. 
Nassa argentea Marrât, 3 1 . 

— costulata Renier, 32. 

— Ferussaci Payraudeau, 32. 

Nassa Fischeri Dautzenberg, nov. sp., 3i, pi. I, fig. 37, 
38. 

— — var. fuscescens Dautzenberg, 32. 
Nassa Gallandiana P. Fischer, 33. 

— glabrata Sowerby, 3o. 

— incrassata Strôm, 3i. 

— miga (Adanson) Bruguière, 3i. 

— Mti//er» von Maltzan, 3i. 

— obliqua Kiener, 3o. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



109 



Nassa plicatella A. Adams, 32. 

poecilosticta E.-A. Smith, 3i. 

— trifasciata A. Adams, 33. 

— tritoniformis Kiener, 3i. 

Natica Adansoni Philippi, 5i, pi. II, tig. 9. 

— collaria Lamarck, 5i. 

— fanel (Adanson) Recluz, 5i. 

— flammulata Réquien, 52. 

— Fossar Adanson, 47. 

— fulminea Gmelin, 5i. 

— Gruveli Dautzenberg, 52. 

— lactea Guilding, 55. 

— marochiensis Gmelin, 52. 

— Turtoni E.-A. Smith, 52. 

-^ variabilis (Recluz) Reeve, 52. 

— vittata Gmelin, 52. 
Navicella elliptica Lamarck, 5o. 
Neptunea contraria Linné, 29. 
Nerita costata Brocchi, 47. 

— nodosa Linné, 39. 

— senegalensis Gmelin, 74. 

— sulcosa Brocchi, 47. 
Neritina glabrata Sowerby, 74 
Niso Chevreuxi Dautzenberg, 55. 
Nucula nitida Sowerby, 74. 
Nuculana bicuspidata Gould, 87. 

— rostrala Montagu, 87. 

— tuberculata E.-A. Smith, 87. 
Obeliscus dolabratus Linné, 55. 

— suturalis von Maltzan, 55. 
Octopus octopodia Linné var. verrucosa, 2. 

— sp., 2. 

Odostomia acuticostata Jeffreys, 65. 

— conoidea Brocchi, 56. 

— elegans A. Adams, 68. 

Odostomia Etiennei Dautzenberg, nov. s •., 57, pi. Il, 
fig. 28, 29. 

— Oilsoni Dautzenberg, nov. sp., 56, pi. II, fig. 26, 27. 

— Lamothei Dautzenberg, nov.' sp., 57, pi. II, fig. 22, 

23. 

Odostomia sigmoidea Monterosato, 67. 

Odostomia Thielei Dautzenberg, nov. sp. 55, pi. II, 

fig. 24, 2i. 
Odostomia turbonilloides Brusina, 67. 
Olipa acuminata Lamarck, 17. 

— — Tryon (non Lamarck), 17. 

— ancillarioides Reeve, 18. 

— annotata Marrât, 17. 

— Jlammulata Lamarck, 17. 

— hiatula Tryon (non Gmelin), 18. 

— micans Dillwyn, 17. 

— millepunctata Duclos, 17. 

— nana Lamarck, 17. 

— t^enopira Duclos, 17. 
Olivancillaria nana Lamarck, 17. 
Olivella putchella Duclos, 18; 
Ostrea bicolor Hanley, 82. 

— cornucopia: Chemnitz, 83. 

— cucullata Born, 83. 



Ostrea denticulata Born, 82. 

— flabellum Gmelin, 83, 84. 

— Forskalii Chemnitz, 82. 

— gasar (Adanson) Dautzenberg, 82. 

— lacerons Hanley, 82. 

— mytiloides Lamarck, 82. 

— parasitica auct. (non Gmelin), 82. 

— — var. p Gmelin, 82. 

— rufa Lamarck, 83. 
Ostreum Gasar Adanson, 82. 
Oxystele fulgurata Philippi, 75. 
Paludina bulimoides Olivier, 46. 
Pandora oblonga Sowerby, 104. 
Panopœa Aldrovandi Ménard, 99. 
Parthenina sigmoidea Monterosato, 67. 
Patella Adansoni Dunker, 80, 

— antiquata Linné, 49. 

— intermedia Jeffreys, 79. 

— lugubris Gmelin, 80. 

— natalensis Krauss, 80. 

— porcellana Linné, 5o. 

— safiania Lamarck, 79. 

— Vathehti Pilsbry, 80. 
Pecten dislocatus Say, 84. 

— flabellum Gmelin, 83. 

— gibbus auct. (non Linné), 83. 

— — Linné, 84. 

— orbicularis Sowerby, 84. 

— Tissotii Bernard!, 83. 
Pectunculus concentricus Dunker, 87. 
Pedipes afer Gmelin, 3, 
PÉLÉCYPODES, 82. 

Peribolus Stipon Adanson, 21. 
Peringia ulvœ Pennant, 49. 
Persona Smithi von Maitzan, 40, 41. 
Petricola lithophaga Retzius, 93. 

— pholadiformis Lamarck, 93. 
Phasianella Petiti Craven, 74. 
Philine aperta Linné, 4. 

— scabra Mttller, 4. 

Pholas clausa Gray, 99. » 

— truncata Say, 99. 
Pinna ramulosa Reeve, 84. 

— rudis (Linné) auct., 84. 
Planaxis Hermannseni Dunker, 46. 

— lineatus da Costa, 46. 

— — var. Hermannseni Dunker, 46. 
Pleurotoma amianta Dautzenberg, nov. sp., 12, pi. 1, 

fig. 5, 6. 
Pleurotoma cœrulea von Martens (non Weinkauff, 11. 

— — Weinkauff, 11. 

— clionetlœformis Weinkauff, i3. 

— gravis Hinds, 10. 

— lineata Lamarck, 10. 

— Afarfen^jj von Maitzan, 11. 

— mitrœformis Kiener (var.), 7. 

— muricata Lamarck, 9. 

— obesa Reeve, 10. 

— papalis Reeve, 7. 



I 



no 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 



Pleurotoma spiralis E. -A. Smith, 1 1. 

— spirata Lamarck, lo. 

Pleurotoma tortaDautzenberg, nov. sp., 1 1, pi. I, fig. 3, 4. 
Pleurotoma tripartita E. A. Smith, 10. 
Potamides fuscatus Linné, 42. 
Piammobia fœrœensis Chemnitz, gS. 

— intermedia Dcshayes, gS. 

Pseudoliva plumbea (Chemnitz) Dillwyn, 3o, pi. I,fig. 35. 

— sepimana (Rang) Tryon, 3o. 

— sepimenta Rang, 3o. 

— sepimcntum Rang, 3o, pL I, fig. 36. 

— \ebrina A. Adams, 3o. 
Pseudomalaxis Macandrewi Iredale, 48. 
PTÉROPODES, 2. 

Purpura Cofar Adanson, 3j. 

— coronata Lamarck, 39. 

— Parais Adanson, 9. 

— Forbesi Dunker, 38, Sg. 

— giton (Adanson) Dautzenberg, 39. 

— hœmastoma, Linné, 38, 39. 

— — var. undata Lamarck, 38. 

— neri7o)rfea Linné, 39. 

— nodosa Linné, 39. 
Pusionella aculeiformis Lamarck, 8. 

— Candida Philippi, 7. 

Pusionella Haasi Dautzenberg, nov. sp., 8, pi. I, fig. 7, 

8, 9, 10. 
Pusionella Milleli Petit, 8. 

— nifat (Adanson) Bruguière, 8. 

— rapulum Reeve, 9. 

— vulpina Born, 7, 9. 
Pyramidella dolabrata Linné, 55. 

Pyrgulina approximans Dautzenberg, nov. sp., 70, 71, 
pi. Ill, fig. 25, 26. 

— Bavayi Dautzenberg, nov. sp., 69, 71, pi. III, fig. 23, 

24. 

— connexa Dautzenberg, nov. sp., 72, pi. III, fig. 3i,32. 

— Germaini Dautzenberg, nov. sp., 71, pi. III, fig. 21,22. 

— Givenchyi Dautzenberg, nov. sp., 71, pi. Ill, 

fig. 19. 20. 

— infrasulcata Dautzenberg, nov. sp., 68, pi. III, 

fig. 17. i«- 
Pyrgulina intermixta Monterosato, 72. 

— Jeffreysi B. D. D. (non Koch et Wiechman), 72. 
Pyrgulina Jullieni Dautzenberg, nov. sp., 69, pi. III, 

fig. i3, 14- 

— Lamyi Dautzenberg, nov. sp. , 70, 7 1 , pi. I II , fig. 33, 34. 

— obesa Dautzenberg, nov. sp.; 73, pi. III, fig. 27, 28. 

— sculptatissima Dautzenberg, nov.sp., 67, 68, pl. 111, 

fig. i5, 16. 
Pyrgulina sigmoidea Monterosato, 67. 

— spiralis Moni&gu,6j. 

— turbonilloides Brusina, 67. 

Pyrgulina Vayssierei Dautzenberg, nov.sp., 73, pl. Ill, 

fig. 29, 3o. 
Ranella cœlata Broderip, 40. 

— marginata Gmelin, 40. 

— pustulosa Reeve, 40. 
Rapana coronata Lamarck, Sg. 



Raphitoma brachysloma Philippi, 14. 

— Strucki von Maltzan, 14. 

— turgida Forbes, 14. 

— truncatula Bruguière, 3. 
Ringicula conformis Monterosato, 4. 
Rissoa cancellata da Costa, 48. 

— Guerî n I Recluz, 48. 

— rarfi'aM Philippi^48 

Rissoina africana Dautzenberg, nov. sp., 48, 49, pl. II, 
fig. 5,6. 

— — var. crassior, nov. var., 48, pl. II, fig. 7,8. 
Rissoina elegantula Angas, 49. 

Saxicava arctica, Linné, 99. 
Scala commutata Monterosato, 53. 

— crenata Linné, 54. 
SCAPHOPODES, 80. 
Scissurella costata d'Orbigny, 79. 
Seila carinata E.-A. Smith, 42. 
Semiftisus morio Linné, 29. 
Sigaretus bifasciatus Recluz, 52. 

— concavus Lamarck, 52. 
Siphonaria algesirœ Quoyet Gaimard, 3. 
Smaragdia viridis Linné, 74. 
Solariella Dereimsi G. DoUfus, 75. 
Solarium bisulcatum d'Orbigny, 47. 
Solen guineensis Gray, 96. 

— marginatus Pennant, g6. 
Solenocurtus albus Reeve, g6. 

— strigilatus Linné, g6. 
Solenomya togata Poli, 104. 
Spondylus Powelli E.-A. Smith, 83. 
Standella senegalensis Philippi, 97. 
Slrombus bubonius Lamarck, 41. 

— glabratus Sowerby, 3o. 
Sulin Adanson, 5o. 

Surcula c<rru/ea Weinkauff, 11. 

— Martensi von Maltzan, 11. 

— pluteata Reeve, 11. 

— sinisiralis Petit, 11. 

— undatiruga Bivona, 11. 

Syndesmya Pilsbryi Dautzenberg, nov.sp., loS, pl. III, 

fig- 46, 47, 4S, 49- 
Tagalus angulatus Sowerby, 96. 
Talona clausa Gray, 99. 
Tapes aureus Gmelin, 92. 

— decussatus Linné, 93. 

— durus Gmelin, 92. 

— lucens Locard, 92. 

— pullastra Montagu, 92. 
Tectarius granosus Philippi, 47. 

— miliaris var. Tryon (non Quoy), 47. 
Teinostoma punctatum Jousscaume, 78. 
Tellina Chudeaui Dautzenberg, 102. 

— compressa Brocchi, 102. 

— depressa Pennant, gS. 

— Hanleyi Dunker, 102. 

— Lîsteri Hanley, loi. 

— madagascariensis Gmelin, 102. 

— nymphalis Lamarck, 101. ^ 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



III 



Tellina rosea Lamarck, 102. 

— rubicunda Gould, 102. 

— senegalensis Hanley, 102. 

— sirigosa GmtWn, loi. 

— T/Ve/ Adanson, 91. 
Terebra festiva Deshayes, 5. 

— granulosa Lamarck, 34. 

— Gray/ E.-A. Smith, 5. 

Terebra Gruveli Dautzenberg, nov. sp., 5, pi. \, fig. 1, 2. 
Terebra laurina Hinds, 6. 

— lepida Hinds, 6. 

— micans Hinds, 6. 

— Ni/at Adanson, 8. 

— senegalensis Lamarck, 5. 
Thracia papyracea Poli, 104. 
Tichogonia africana Van Beneden, 86. 
Tinostoma costulata de Folin, 78. 

Tinostoma Dalli Dauuenberg, nov. sp., 77, pi. Ill, . 
fig. 38, 3g, 40. 

— Gruveli Dautzenberg, nov. sp., 78, pi. Ill, fig. 35 

36, 37. 
Tinostoma lirata E.-A Smith, 78. 

— punctatum Jousseaume, 78. 
Tivela bicolor Gray, 91. 

— tripla Linné, gi. 
Torinia bisulcata d'Orbigny, 47. 

— fallaciosa Tiberi, 48. 

— A/a/ani Dautzenberg, 47. 
Tornatina Knockeri E.-A. Smith, 4. 
Triforis perversa Linné, 41. 
Triton ridens Reeve, 40, 41 . 

Tri ton idea assimilis Reeve, 3i 

— lauta Reeve, 3o. 

— viverrata Kiener, 29. 
Trochita radians Lamarck, 5o. 
Trochocochlea colubrina, Gould, yS. 

— lineata da Costa, jS. 

— punctulata Lamarck, 76. 

— sagittifera Lamarck, 75. 
Trochus dolabratus Linné, 55. 

— fulguratus Philippi, 76. 

— guineensis Gmelin, 74. 

— obliquatus Gmelin, 75. 

— radians Lamarck, 5o. 

— turritus dolabratus Linnaei Chemnitz, 55. 

— umbilicalis di Cosla, yS. 

— umbilicatus Montagu, 75. 
Trophonopsis Gruveli Dautzenberg, 36. 
Tugonia anatina Gmelin, 98. 

Turbo cancellatus da Costa, 48. 

— ungulinus Linné, 42. 

— Vasset Adanson, 74. 

Turbonilla Bedoti Dautzenberg, nov. sp., 63, pi. II, 
fig. 39, 40. 

— Button! Dautzenberg, nov. sp., 64, pi. II, fig. 41. 

42. 
Turbonilla Candida de Folin, 56. 

Turbonilla Canquei Dautzenberg, nov. sp., 63,- pi. Ill, 
fig. 5, 6. 



Turbonilla elegans Verrill, 68. 

Turbonilla Gruveli Dautzenberg, nov. sp., 61, pi. II, 
fig. 36, 37. 

— — var. multicostata, nov. var.,6i,pl. 11, fig. 38. 

— Haullevillei Dautzenberg, nov. sp., 62, pi. II, 

fig. 34, 35. 

— Joubini Dautzenberg, nov. sp., 65, pi. II, fig. 43, 44. 

— Kobelti Dautzenberg, nov. sp., 64, pi. Ill, lig. 11,12. 

— Marteli Dautzenberg, nov. sp., 62, pi. Ill, fig. i, 2. 

— Melvilli Dautzenberg, nov. sp., 65, pi. Ill, 

fig. 3, 4. 
Turbonilla obliquata Philippi, 60. 
Turbonilla obliquecostata Dautzenberg, nov. sp., 60, 

pi. II, fig. 3o, 3i. 
Turbonilla Pallaryi Dautzenberg, 60. 

— rosea von Maltzan,6o, 61. 

— rufa Philippi, 66. 

— rufescens Forbes. 

Turbonilla secernenda Dautzenberg, nov. sp., 60, 61, 

pi. II, fig. 32,33. 
Turbonilla senegalensis von Maltzan, Sg. 

— sigmoidea Monterosato, 67. 

Turbonilla subtilissima Dautzenberg, nov. sp., 66, pi. Ill, 

fig- 7» 8,9, 10. 
Turbonilla tenuis Pallary, 60. 
Turritella bicingulata Lamarck, 43. 

— fascialis Menke, 44. 

— Jlammulata K.iener, 43. 

— meta Reeve, 43. 

Turritella praetermissa Dautzenberg, nov. sp., 43, pi. II, 
fig. I, 2. 

— — var. Candida, nov. var., 44. 
Turritella ungulina Linné, 42. 
Tympanotomus fuscatus Linné, 42. 

— — var. Oweni Férussac, 42. 

— — var. radula Linné, 42. 
Ungulina alba (Rang) Dunker, 94. 

— rubra de Roissy, 94. 
Venerupis irus Linné, 93. 
Venus declivis Sowerby, 92. 

— rosalina Rang, 92. 

— tripla Linné, gi. 

— verrucosa Linné, 92. 
Vermetus Adansoni Daudin, 42. 
Vibex fuscus {GmQWn) H. Adams, 45. 

Vitrinella Bushi Dautzenberg, nov. sp., 76, pi. HI, 

fig. 41, 42, 43. 
Vitrinella helicoidea C.-B. Adams, 77. 
Voluta monilis Linné, 21. 

— proboscidalis Lamarck, 27. 
Volutella minusculina Locard, 27. 
Volvula acuminata Bruguiére, 4. 
Weinkauffia diaphana Aradas, 4. 
Xenophora senegalensis P. Fischer, 5i. 
Yetus cymbium Linné, 27. 

— gracilis Broderip, 27. 

— N eptu ni GmaWn, 2-] . 

— porcinus Lamarck, 27. 

— proboscidalis Lamarck, 27. 



EXPLICATION DES PLANCHES 



T. V. — Fasc. 3. 



Planche 1 



Fig. I, 2. — Terebra Gruveli Dautzenberg (x3). 

— Pleurostoma torta Dautzenberg (x 3). 

— — amianta Dautzenberg (x I 1/2). 

— Pusionella Haasi, Dautzenberg (grand, nat.), 

— — — — (jeune, grand, nat. 

— Clathurella Haullevillei Dautzenberg (x 8). 

— — alveolata Dautzenberg (x 8). 

— — Meheusti Dautzenberg (x 8). 
— 17, 18. — Marginclla gemmula Bavay (x 5). 

— — amazona Bavay (x i 1/2). 

— — ambigua Bavay (x 3). 

— — bivittata Bavay (x 5). 

— -- deliciosa Bavay (x 3). 

— — pallata Bavay (x 5). 

— — Gruveli Bavay (x 5). 

— — columnella Bavay (x8). 

— — aurata Bavay (x8). 

— Pseudoliva plumbea Lamarck (grand, nat.). 

— — sepimentum Rang (x 3). 

— Nassa (Hima) Fischeri Dautzenberg (x 3). 

— Dorsanum terebrœforme Dautzenberg (x i 1/2). 



I, 


2. 


3, 


4- 


r 

3, 


6. 


7i 


8. 


9» 


10. 


n, 


12. 


.3, 


14. 


i5, 


16. 


17» 


18. 


19» 


20. 


21, 


22. 


23, 


24. 


25, 


26. 


27. 


28. 


29, 


3o. 


3., 


32. 


33, 


34. 




35. 




36. 


37, 


38. 


39) 


40. 



! 



Planche II 



Fig. I, 2. — Turritella (Haustator) prastermissa Dautzenberg (x i 1/2). 

— CfEcum bimarginatum Dautzenberg (x i5). 

— Rissoina africana Dautzenberg (x8). 

— — — var. crassior Dautzenberg (x 8). 

— Natica Adansoni Philippi (x i 1/2). 

— Adeorbis Bouryi Dautzenberg (x 8). 

— 12, 1 3. — Aclis Beddomei Dautzenberg (x 8). 

— Eulima (Stiliferina) Fischeri Dautzenberg (x8). 

— Eulimella polygyrata Dautzenberg (x8). 

— — inanis Dautzenberg (x 8). 

— — Chasteri Dautzenberg (x 8). 

— Odostomia Lamothei Dautzenberg (x 8). 

— — Thielei Dautzenberg (x 8). 

— — Gilsoni Dautzenberg (x 8). 

— — Etiennei Dautzenberg (x 8). 

— Turbonilla obliquecostata Dautzenberg (x 8). 

— — secernenda Dautzenberg (x 8). 

— — Haullevillei Dautzenberg (x 8). 

— — Gruveli Dautzenberg (x 8). 

— — — var. multicostata Dautzenberg (x 8). 

— — Bedoti Dautzenberg (x 8). 

— — Buttoni Dautzenberg (x 8). 

— 43, 44. — — Joubini Dautzenberg (x 8). 



I, 


2. 


3, 


4- 


5, 


6. 


7i 


8. 




9- 


10, 


1 1. 


12, 


i3. 


H, 


i3. 


.6, 


17- 


18, 


'9- 


20, 


21, 


22, 


23. 


24, 


25. 


26, 


27- 


28, 


29- 


3o, 


3i. 


32, 


33. 


34, 


36. 


36, 


37. 




38. 


39, 


40. 


41, 


42. 



I 



Planche III 



Fig. I, 2. — Turbonilla Marteli Dautzenberg (x 8). 

— 3, 4. — — Mclvilli Dautzenberg (x 8). 

— 3, 6. — — Canquei Dautzenberg (x 8). 

— 7, 8, 9, 10. — subtilissima Dautzenberg (x 8). 

— II, 12. — — Kobelti Dautzenberg (x 8). 

— 1 3, 14. — Pyrgulina Jullieni Dautzenberg (x 8). 

— i5, 16. — — sculptatissima Dautzenberg (x 8). 

— 17, 18. — — infrasulcata Dautzenberg (x 8). 

— 19, 20. — — Givenchyi Dautzenberg (x 8). 

— 21, 22. — — Germaini Dautzenberg (x 8). 

— 23, 24. — — Bavayi Dautzenberg (x 8). 

— 25, 2ti. — — approximans Dautzenberg (x 8). 

— 27, 28. — -r- obesa Dautzenberg (x 8). 

— 29, 3o. — — Vayssierei Dautzenberg (x 8). 

— 3i, 32. — — connexa Dautzenberg (x 8). 

— 33, 34. — — Lamyi Dautzenberg (x 8). 

— 35, 36, 37. — Tinostoma (Discopsis) Gruveli Dautzenberg (x8). 

— 38, 39, 40. — — Dalli Dautzenberg (x 8). 

— 41, 42, 43. — Vitrinella Bushi Dautzenberg (x8). 

— 44, 45. — Dentalium Coarti Dautzenberg (x 3). 

— 46, 47, 48, 49. — Syndesmya Pilsbryi Dautzenberg (x3). 

— 5o, 5i, 52, 53, 54. — Lucina Lamothei Dautzenberg (x 6). 



MOLLUSQUES TERRESTRES 



Par Louis GERMAIN 



Les Mollusques terrestres recueillis par M. A. Gruvel, au cours de son dernier 
voyage en Afrique occidentale, sont relativement peu nombreux. Ils appartiennent, 
presque tous, à la grande famille des Achatinid^, si caractéristique de l'Afrique tropicale. 
Les espèces qui constituent les deux genres Achatina et Limicolaria sont parmi les plus 
polymorphes de la faune africaine; aussi la détermination de ces animaux est-elle parti- 
culièrement délicate. Il en est résulté que beaucoup d'auteurs anciens, qui n'avaient pas 
eu de matériaux de comparaison suffisants, ont créé bien trop d'espèces sur de simples 
variétés individuelles sans aucune valeur spécifique. D'autre part, les caractères de la 
sculpture, si remarquablement constants parfois dans cette môme famille des Achati- 
NiD.*: (i), ne sont ici d'aucun secours, puisque, chez la même espèce, ils varient d'un 
individu à l'autre, et cela au sein de la même colonie. Ce n'est donc que par une étude 
approfondie du polymorphisme que Ton peut espérer débrouiller ce chaos. 

La répartition géographique des Mollusques, comme d'ailleurs celle de tous les ani- 
maux terrestres ou d'eau douce, aune grande importance au point de vue de la biologie 
générale. Malheureusement les données que nous possédons sur ce sujet sont encore bien 
imparfaites. Aussi convient-il d'accumuler des matériaux pouvant être utiles aux auteurs 
qui voudraient synthétiser nos connaissances zoogéographiques. C'est là, je crois, que 
réside, en grande partie, l'intérêt des travaux faunistiques dans le genre de celui-ci. 



FAMILLE DES HELIXARIONID^ 

Genre THAPSIA Albers, i860. 

Thapsia calamachroa Jonas. 



1843. Helix calamachroa 

1848. Helix calamachroa 
(i) Notamment dans les genres Opeas, Pseudopeas, Homorus, Pseudoglessula, etc 



JoNAS in Philippi, Abbildungcn unci Beschrcib. Conchylien, I, 

p. 47, n" 2, tabl. III, fig. 2. 
Pfeiffer, Monogr. Heliceor. vivent., I, p. 57. 



ft 



lao ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

1866. Nanina calatnachroa Martens, Mcdakozool. Blatter, p. 103. 

1886. Nanina [Thapsia) calatnachroa Tryon, Manual of Conchology, 2^ série, Ptdmonata, II, p. 127, 

pi. 42, fig. 8-9. 
1896. Thapsia calamachroa d'Ailly, Mollusques terr. eau douce Kaméroun, p. 38. 

1907. Thapsia calatnachroa Germain, Bulletin Muséum hist, natur., Paris, p. 344. 

Le seul spécimen que j'ai pu examiner est de petite taille, son diamètre maximum 
ne dépassant pas 9 1/2 millimètres. Il possède un test transparent, d'un jaune verdâtre 
assez brillant, plus vert et plus brillant en-dessous qu'en-dessus. 

Environs de Konakry (Guinée française), janvier 1910 (Gruvel). 

Le Thapsia calamachroa Jonas est une espèce assez répandue dans l'Ouest africain, 
surtout entre le Dahomey et le Congo. 



FAMILLE DES STREPTAXID^ 
Genre STREPTAXIS Gray, 1887. 

§. I. EUSTREPTAXIS. 

Streptaxis [Eustreptaxis] nobilis Gray. 

1837. Streptaxis nobilis Gray, Magaz. of. natur. history, n. sér., I, p. 484. 

1885. — [Eustreptaxis) nobilis Tryon, Manual of Conchology, 2^ série, Pulmonata ; II, p. 67, 

pi. XIII, fig. 41, 42, 53, 54, 6t, 64 et 68. 
1908. — ( ■ — ) ■ — • Germain, Journal de Conchyliologie, LVI, p. 97. 
1911. — ( — ) — Germain, Bulletin Muséum hist, natur. Paris, p. 227. 

Un seul spécimen jeune, n'ayant encore que cinq tours de spire, a été recueilli par 
M. Gruvel. Il provient de la plage de Grand-Bassam. 

FAMILLE DES ACHATINID^ 

Genre ACHATINA de Lamarck, 1799. 
§ I. — AcHATiNA sensu stricto. 

Achatina {Achatina) achatina Linné. 

1758. Bulla achatina Linné, Systema natures. Ed. X, p. 728, n" 343 ; et Ed. XII, p. 1186, n° 391 

(1766). 
1774. Buccinum achatinutn Mijllek, Verm. terrestr. et fluvial, histor.. Il, p. 140, n° 332. 
1801. Achatina variegata de Lamarck, Système animaux sans vertèbres, p. gi. 

1822. — pefdix TtEhAMARCK, Histoirenatur. animaux sans vertèbres, YI, part. II, -p. 12'/, n°i. 

1848. — variegata' Pfeiffer, Monogr. Heliceor. vivent., I, p. 249, n° 14. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



121 



1849. — — 

185 1. Helix achatina 

i88g. Achatina variegata 
1904. — achatina 

1908. — — ■ 



Reeve, Concholog. Iconica, V, pi. I, fig. 3, et pi. V, fig. 3 b. 

DE FÉRUSSAC, Hist, génér. particul. Mollusques, t. CXXXI, fig. 1-3, t. CXXXI 

A, fig. 1-3 et t. CXXXI, B. 
BouRGUiGNAT, Mollusqucs Afrique équatoriale, p. 74. 
PiLSBRY, in Tryon, Manual of Conchology, 2« série, Pulmonata, XVII, p. 9, 

no I, PI. XXXI, fig. I. 
Germain, Journal de Conchyliologie, LVI, p. 100. 



Cette espèce, très répandue dans de nombreuses régions de TOuest africain, présente 
un polymorphisme de taille particulièrement net. Dans les récoltes de M. Gruvel, les 
grands exemplaires sont rares. L'un d'eux, qui 
atteint i33 millimètres de longueur pour 80 milli- 
mètres de diamètre maximum (i), est encore loin de 
présenter les dimensions de certains individus du 
Liberia qui ont jusqu'à 200 millimètres de longueur. 

A côté de ces spécimens, recueillis aux environs 
d'Abomey (Dahomey) en février 1910, M. Gruvel a 
rapporté de nombreux échantillons appartenant 
aux deux variétés suivantes : 




Variété minima Germain, nov. var. 

Coquille de taille moyenne, de forme ovoïde 
assez allongée ; spire composée de huit tours peu 

convexes, à croissance régulière, séparés par des ^^^^^^^^^^^^^^^__ 

sutures presque linéaires, les dernières nettement ^^^^^^S^^^^^^HP^ 

marginées ; sommet obtus, à peu près lisse; dernier ^^^^^^^^^^^^WP / 

tour grand, avec convexité maximum un peu en des- 
sous de la ligne médiane; ouverture subpyriforme 
allongée, très anguleuse en haut, largement arrondie 
en bas et extérieurement, sensiblement égale à la 
demi-hauteur totale ; columelle incurvée, brusque- ^'8- i- -Achatina achatina Linné, var. mi- 

, , , nima Germain. Environs d'Abomey (Gru- 

ment tronquée a la base. ^e^^). Grandeur naturelle. 

Longueur maximum 80 mm. 97 mm. 100 mm. io5 mm. 120 mm. 

Diamètre maximum 46 — 5o — 52 — Sg — 60 — 

Diamètre minimum 36 — 44 — 4^ — 49 — 52 — 

Hauteur de l'ouverture - 44 — 53 — 56 — 53 — 69 — 

Diamètre maximum de l'ouverture. .. . 22 — 27 — 28 — 3o — 35 — 

Le sommet est à peu près lisse ; les premiers tours présentent des stries longitudinales 
bien marquées, crispées aux sutures, onduleuses, peu éloignées les unes des autres et 



(i) L'ouverture mesure 70 millimètres de hauteur sur 40 millimètres de largeur maximum. 
T. V. — Fasc. 3. 



16 



123 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



coupées de stries spirales, fines et espacées. Le dernier tour montre des stries longitudi- 
nales assez grossières, irrégulières, avec seulement quelques rares stries spirales au voisi- 
nage de la suture. 

La coloration est aussi variable que chez les individus typiques de VAchatina acha- 
tina Linné. 

Environs d'Abomey (Dahomey) (Gruvel). 
Environs de Konakry (Gruvel). 

Variété monochromatica Pilsbry. 

1904. Achatina achatina Linné, variété monochromatica Pilsbry, Manual of Conchology, 2" série, Pm/wo- 

naia, XVII, p. 10, no i a, PI. XXXII, fîg. 3. 

Cette coquille, ordinairement de môme taille que la variété précédente, est d'une 
couleur jaune paille uniforme sur les premiers tours, passant au jaune brun au dernier 
tour. Le coloris de certains spécimens rappelle celui de VAchatina tavaresiana Morelet (i). 

La columelle et le bord columellaire sont d'un beau rose, comme dans le type; Tinté- 
rieur de l'ouverture reste également bleu de Prusse clair. 



Environs d'Abomey (Dahomey) (Gruvel). 
Environs de Konakry (Gruvel). 



M. Gruvel a pu rapporter quelques très jeunes coquilles de cette espèce. 

Les plus jeunes ont une coquille 
mince, transparente, d'un corné clair 
brillant; les stries longitudinales sont très 
fines ; le sommet, très aplati, est lisse ; 
quelques flammules d'un brun clair se 
montrent au dernier tour de spire. Il y a 
déjà cinq tours de spire, les deux premiers 
aplatis, le troisième relativement gros 
et convexe, le dernier assez grand avec 
une indication carénale bien marquée à la 
hauteur de l'insertion supérieure de l'ou- 
verture. L'ombilic est ponctiforme, la 
columelle droite^ non tronquée à la base 
(fig. 2, A et A'). La coquille mesure alors 
10 millimètres de longueur sur 7 millimètres de diamètre maximum. 




A A' B 

Fig. 2. — Achatina achatina Linné. Jeunes individus 
environ. 



X 3 



(i) Morelet (A.), Mollusques terr. fluv., uoyage Welwistsch ; 1868, p. 69, n» 29, PI. V, fig. 6. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE i23 

A un stade un peu plus avancé, la coquille présente le même test mince et fragile, 
mais la sculpture est plus accentuée, les premiers tours étant nettement treillissés; la 
coloration est un peu plus sombre, le test moins transparent et les flammules plus nom- 
breuses ; le dernier tour s'allonge, l'indication carénale s'émousse, l'ombilic est toujours 
ponctiforme, mais la columelle commence à s'incurver très légèrement. La coquille 
mesure alors 21 millimètres de longueur sur i5 millimètres de diamètre (fig. 2, B). 

Enfin, aux stades suivants, le dernier tour s'allonge déplus en plus et perd son indi- 
cation carénale ; l'ombilic se ferme, la columelle s'incurve et se tronque à la base et, peu 
à peu, la coquille prend l'aspect que nous lui connaissons chez l'animal adulte, 

§. II. — Archachatina (Albers, i85o) Pilsbry, 1904. 
Achatina [Archachatina) niarginata Swainson. 

1821. Achatina mar ginata Swainson, Zoological Illustr., \, pL XXX. 

1848. — — Ppeiffer, Monogr. Heliceor. vivent., II, p. 249. 

1849. — — Reeve, Conchologia Iconica, pi. IV, sp. 14. 

1850. — — Pfeiffer, Gatt. Achatina, in Martini et Chemnitz, Syste- 

mat. Conchy lien-Cabinet, p. 328, Taf. XXIX, fig. i. 
1896. — — d'Ailly, Mollusques terr. eau douce Kaméroun, p. 61 et p. 69. 

1904. Archachatina marginata Pilsbry, in Tryon, Manual of Conchology, 2^ série, Pulmonata, 

XVII, p. 109, n° 2, pi. XXIV, fig. 22-23, et pi. XXV, fig. 26. 
191 1. Achatina {Archachatina) marginata Germain, Bulletin Muséum hist, natur. Paris, p. 224. 

On sait que cette espèce, très répandue dans l'Ouest africain, se présente sous deux 
aspects assez dilîérents. Dans le premier cas, c'est une coquille de très grande 
taille, atteignant 140 millimètres de longueur sur 70 à 80 millimètres de diamètre maximum 
et qu'on peut considérer comme le type. Dans le second, c'est une forme beaucoup plus 
petite, moins nettement striée, plus délicate, et qui a été distinguée par E. von Martens 
sous le nom de variété ^rac///or (i). 

Il existe encore deux variétés de celte coquille : la variété stibsuturalis Pïhhry (2) et la 
variété Foiirneaui Germain (3). 

Les spécimens recueillis par M. Gruvel appartiennent, en majorité, au type de grande 
taille. Ils mesurent : 

Longueur maximum ; 127 mm. i32 mm. 

Diamètre maximum 80 — 76 — 

Diamètre minimum 64 — 61 — 

Hauteur de l'ouverture 75 — 76 — 

Diamètre maximum de l'ouverture 42 1/2 44 — 

i) Martens (D' E. von), in: Albers, Die Helicetn, i860, p. 201. 

(2) Pilsbry, i;i : Tryon, A/an«a/ 0/ Co«cAo/o^v ; 2" série, Pulmonata ; \W]\, 1904, p. m, r." 2 6, pi. XXV, fig. 25 
{Archachatina marginata var. subsuturatis). C'est le Bulla achatina de Donovan (Naturalist's Repository, V, 1827, 
pi. 14g) eil'Achatina suturalis de Pmuppi (Abbild. und Beschr., Ill, 1849, p. 29 ; Achatina, pi. 11, fig. i) (non Acha- 
tina suturalis Pfeifl'er, 1848). 

(3) Germain (Louis), Nouvelles Archives Missions scient, et litter., XVI, igo8, p. i58 (sans description), et Bulletin 
Muséum hist, natur., Paris, 191 1, p. 224, fig. 5o [Achatina (Archachatina) marginata var. Fourneauil 



124 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

La grande variabilité de forme de cette espèce a déjà été signalé par d'AiLLY (i). Je 
renvoie au travail de cet auteur pour tout ce qui concerne le polymorphisme. Les jeunes 
présentent une forme assez particulière, ainsi qu'en témoigne la description suivante : 

Coquille de forme globuleuse-ovoïde; spire courte, composée de cinq tours, les 
premiers très petits et à peine convexes, l'avant-dernier médiocre, peu convexe, le dernier 
très grand, globuleux-ventru, avec une angulosité très émoussée partant de l'insertion 
supérieure de l'ouverture ; sutures bien marquées, les premières non marginées, les 
dernières marginées légèrement ; ouverture grande, bien oblique, subpyriforme, forte- 
ment élargie en dessous de sa partie médiane, très anguleuse en haut, bien convexe exté- 
rieurement ; bords marginaux réunis par une callosité rosâtre ; columelle fortement arquée, 
obliquement tronquée à la base. 

Longueur • 4^ millimèires. 

Diamètre maximum 34 — 

Diainètre minimum 26 - 

Hauteur de l'ouverture 3 1 — 

Diamètre maximum de l'ouverture 17 — 

Test assez solide, un peu mince, légèrement teinté de rougeâtre ou de roux verdâtre, 

orné de flammules peu marquées; columelle rosée, inté- 
rieur de l'ouverture violacé. 

Les premiers tours sont ornés de stries longitudinales 
serrées, très irrégulières, fort obliques, onduleuses, bien 
crispées et comme bifurquées aux sutures, coupées de 
stries spirales plus fines, mais bien marquées ; les autres 
tours montrent une striation moins accentuée, toujours 
très irrégulière. 

Je représente ici cette forme jeune 

(fig. 3, A). PiLSBRY (2) avait déjà donné 

■-7£rMtVAS\ une figuration d'une coquille dont le déve- 

loppement était encore moins avancé (fig. 

\vy\^v/ I 3, B). A mesure que l'animal grandit, la 

^->// \ coquille s'allonge de plus en plus jusqu'au 

moment où elle atteint son aspect définitif. 

A B 

Environs d'Abomey (Dahomey), février 

Fig. 3. — Achatina (Achachatina) marginata Swainson. ^ \ 

i9io(Gruvel). 

A. Jeune individu des environs d'Abomey. X 3 environ. t- • 1 t~. -«.t /i^ 1 

B. Jeune individu, d'après Trïon. Environs de Porto-Novo (Dahomey), 

mars igio (Gruvel). 

Achatina [Archachatina) rhodostoma Philippi. 

1849. Achatina rhodostoma Philippi, Abbildungen und Beschreib. Conchylien, \1\, p. 29, pi. II, fig. 2. 

(1) AiLLY (Adolf d'). Contribution connaissance Mollusques terrestres et d'eau douce Kameroun (Bihang T. K. 
Svenska Akad. Hardlingar, XXII, part. IV, 1896, pp. 6i-63). 

(2) PiLSBRY, in Tryon, Manual of Conchology, 2" série, Pulmonata, XVII, 1904, pi. XXIV, fig. 22. 




ANNALES DE L'JNSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



125 



1851. Achatina purpurea de Férussac, Hist, génér. particul. Mollusques, pi. CXXIII, fig. 1-2 

(non Gmelin). 
1855. — rhodosioma Pfeiffer, Gatt. Achatin?. in : Martini et Chemnitz, Systemat. Conchy- 

lien-Cabinet, p. 293, pi. XXIII, fig. 3. 
1853. — ■ rhodostoma Pfeiffer, Monogr. Heliceor. vivent., III, p. 484. 
1904. Archachatina rhodostoma Pilsbry, in Tryon, Manual of Conchology, 2® série, Pulmonata, XVII, 

p. 115, n° 9, pi. XXII, fig. II. 

Avec des exemplaires typiques, M. Gruvel a recueilli une très belle variété dont 
voici la description : 

Coquille de forme ovalaire, élargie vers la base ; spire composée de 7 tours médiocre- 
ment convexes à croissance assez régulière, mais un peu rapide; dernier tour grand, à 
convexité maximum un peu en dessous de la partie 
médiane (i) ; sutures marginées; sommet enfoncé, 
lisse; ouverture très largement ovalaire, en cloche, 
anguleuse en haut, avec un bord externe très lar- 
gement convexe jusqu'à l'insertion du bord colu- 
mellaire ; columelle un peu incurvée, d'un magni- 
fique rouge pourpre extrêmement brillant; bord 
columellaire de même couleur. ^^ 

Longueur 96 mm . 

Diamètre maximum 63 — 

Diamètre minimum 43 — 

Hauteur de l'ouverture 67 — 

Diamètre maximum de l'ouverture 35 — 

Tours embryonnaires lisses, sauf près des 
sutures où l'on remarque quelques fines stries ; 
troisième tour orné de stries longitudinales, fines, 
obliques, serrées, coupées de stries spirales plus 
fines, donnant à la coquille un aspect treillissé. 
Cette sculpture reste la même aux tours suivants 
où les stries longitudinales sont nettement crispées 
aux sutures. Au dernier tour, les stries longitu- 
dinales sont plus irrégulières, — principalement pig, ^. ^ Achatina (Archachatina) rhodostoma, 

au voisinage de l'ouverture, — plus franchement Phiiippi, var. spiendida Tryon. 

onduleuses ; les stries spinales ne sont plus sensibles Environs d'Abomey. Grandeur naturelle. 

qu'au voisinage de la suture. 

Test relativement miuce, siibstransparent, mallée par places au dernier tour, jau- 
nacé aux premiers tours, d'un brun roux clair aux tours suivants ; intérieur de l'ouver- 
ture d'un rouge pourpre magnifique, plus ou moins saumoné, extrêmement brillant, avec 
une étroite bande blanche ; columelle et bord columellaire également pourpres. 

Par tous ses caractères, cette belle Achatine se rapporte à la variété spiendida Pils- 

(i) On observe, en outre, une compression sensible du dernier tour, reste d'une indication carénale qui devait être 
accentuée chez le jeune. 




126 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

bry (I). Elle en diffère cependant par son test mince et substransparent, un peu analogue 
à celui des espèces de la série de VAchatina [Archachatina] Knorri Jonas (2). 

Environs (d'Abomey) [Gruvel]. 

Genre PSEUDOTROCHUS H. et A. Adams, i885 
Pseudotrochiis Lechatelieri Dautzenberg. 

1892. Perideris Lechatelieri Dautzenberg, Journal de Conchyliologie, XL, p. 297. 

1893. — — Dautzenberg, Descript. Perideris nouveau Dahomey, Journal de Conchy- 

liologie, XLI, p. 33, pi. I, fig. 3- 
1893. — — KoBELT, in Martini et Chemnitz, Systemat. Conchy lien-Cabinet, 

p. 39, Taf. XIII, fig. 3-4- 
1904. Pseudotrochus Lechatelieri Pilsbry, in Tryon, Manual of Conchology, 2« série, Pulmonata, XVI, 

p. 233, no 16, pL X, fig. 18-19. 

Un magnifique spécimen de cette espèce parfaitement figuré par Dautzenberg. Il 
mesure : 

Longueur '. 5i mm. 

Diamètre maximum ; 23 — 

Diamètre minimum 19 3/4 — 

Hauteur de l'ouverture .• 20 — 

Diamètre maximum de l'ouverture 11 — 

Le test, brillant, montre exactement, mais en plus clair, l'ornementation picturale 
décrite par Dautzenberg : 

« Le fond de la coloration des premiers tours est d'un violacé livide, qui passe in- 
sensiblement à une teinte jaune ochracée sur les tours suivants. Sur ce fond se détachent 
des flammules irrégulières mi-partie noires et blanches, plus larges à la base des tours. La 
coquille est, de plus, irrégulièrement parsemée de ponctuations brunes. La base du 
dernier tour est orné de flammules rayonnantes, rapprochées, d'un brun très foncé, pres- 
que noir. » 

Le sommet est blanc, légèrement jaunâtre, brillant, très obtus, lisse ainsi que les 
premiers tours; les autres tours sont ornés de stries longitudinales fines, très irrégulières, 
inégales, obliques et onduleuses, bien nettement crispées au voisinage des sutures, plus 
fortement sculptées en haut des tours, atténuées à la région ombilicale. 

Région de l'Ouémé (Dahomey), février 1910. Cette coquille est vendue, sur certains 
marchés du Dahomey, comme accessoire des fétichistes [Gruvel]. 

Genre LIMICOLARIA Schumacher, 1817. 

Limicolaria nuniidica Reeve. 

1848. Bulimus numidicus Reeve, Conchologia Iconica, V, pi. LUI, fig. 351. 

1853. — — Pfeiffer, Monogr. Heliceor. vivent., III, p. 386. 

(t) Pilsbry, in Tryon, Manuu/ of Conchology, 2^ série, Pulmonata, XVII, 1904, p. 116, n" 9 a, pi. XXH, fig. 12' 
(Archachatim rhodosloma var. splendicia). 
(3) Jonas, Arciiv. Jur'Naturg., 1839, I, p. 34'. (Achatina Knorrii). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 127 

1855. Limicolaria numidica Adams, Genera of recent Mollusca, p. 133. 

1858. Bulimus flammeus Morelet, Séries Conchyliologiques, p. 17. 

1859. Limicolaria numidica Pfeiffer, Monogr. Heliceor. vivent., IV, p. 583. 

1866. Achatina {Limicolaria) numidicaMKRi-E-as, Malakozool. Blatter, XIII, p. 105, Taf. IV, fig. 5-8. 
1894. Limicolaria numidica Kobelt, in Martini et Chemnitz, System. Conchylien-Cabinct, 

p. 75, Taf. XII, fig. 7-8, et Taf. XV, fig. 3-8. 
1893. — — Stearns, Proced. unit. st. nation. Museum, XVI, p. 327. 

1896. — — ■ d'Ailly, Mollusques terrestres eau douce Kaméroun, p. 75. 

1904. — — PiLSBRY in Tryon, Manual of Conchology, 2" série, Pulmonata, 

XVI, p. 260, pi. XIX, fig. 1-3. 
1911. — — Germain, Bulletin Muséum hist, natur. Paris, p. 236. 

Le Limicolaria numidica Reeve varie considérablement dans sa taille et dans ses 
caractères sculpturaux et picturaux. Comme chez tousles Limicolaria., certains spécimens 
montrent une sculpture franchement réticulée, tandis que d'autres présentent seulement 
des stries longitudinales fort irrégulières et plus ou moins crispées près des sutures. 

Il existe des individus présentant, sur un fond jaune paille clair, des flammules brunes 
bifurquées en fourchette à leur extrémité et qui, souvent, changent brusquement de 
direction vers le milieu du tour inférieur pour devenir presque horizontales. D'autres 
exemplaires sont de teinte plus sombre avec des flammes très foncées, parfois presque 
noires, le plus souvent d'un marron-rougeâtre sombre. 

L'intérieur de l'ouverture et la columelle varient du bleu de Prusse clair plus ou 
moins teinté de lilas au violet foncé. 

Chez les très jeunes coquilles (longueur : 9 millimètres ; diamètre maximum : 7,5 milli- 
mètres, la forme générale est fort différente. La coquille est conique, composée de 4 tours 
convexes, séparés par des sutures relativement profondes ; le dernier tour présente, en 
son milieu, une carène très marquée; le sommet est très obtus, presque lisse; l'ombilic 
petit ; tous les tours sont ornés de stries longitudinalesfines, délicates, mais déjà nettement 
crispées près des sutures; enfin l'ouverture, relativement petite (hauteur : 5 millimètres; 
diamètre : 3 millimètres), est fortement anguleuse en haut, en bas et au point où aboutit 
la carène du dernier tour. Le test est alors mince et orné de petites fiammules brunes peu 
apparentes. 

A mesure que l'animal grandit, la coquille s'allonge, le dernier tour s'arrondit, car la 
carène s'émousse peu à peu pour disparaître chez les individus bien adultes. En même 
temps la sculpture s'accentue, le test devient plui solide et les fiammules prennent leur 
dessin définitif. 

Voici les principales dimensions de quelques-uns des spécimens recueillis par 
M. Gruvel : 

Longueur totale 44 mm. 46 1/2 mm. 48 mm. 

Diamètre maximum 34 — 24 — 24 — 

Diamètre minimum <9 '/2 20 — 21 — 

Hauteur de l'ouverture 20 — 20 — 20 1/2 

Diamètre maximum de l'ouverture 10 ./2 11 — 11 — 

Coya (Guinée française): décembre 1909 TM. Gruvel]. 



128 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Dubreka : 9 décembre 1909 [M. Gruvel]. 

Environs d'Abomey (Dahomey), 1910, avec Limicolan'a aurora Jay [Ni. Gruvel]. 

,'^ Environs de Porto-Novo et Porto-Novo (Dahomey), 1910 [Gru- 

vel]. 
J ^ À Régions de l'Ouémé (Dahomey), 11 mars 1910 [GruvelI. 

Variété ponderosa Germain, nou. par. 



Coquille de même forme ou unpeu plus allongée ; (longueur, 56mil- 
limètres; diamètre maximum : 27 millimètres; diamètre minimum : 
22 millimètres et demi); test solide, pesant, orné, sur un fond jaune 
clair brillant, de fîammules d'un brun marron foncé confîuentes à 
la base. Intérieur de l'ouverture et bord columellaire d'un bleu de 




Fig. 5. — Limicolaria 



numidicaReeveviT. Prusse légèrement brillant. 

ponderosaGermaïn. Région comprise entre la lagune, l'Ouémé et la région de Sakété 

egion e u me (Dahomey) , février loio. Cette coquille se vend, sur certains marchés 

(Dahomey). Grandeur ^ -^ ' ' -' _ ^ ' 

naturelle. du Dahomey, comme accessoire des fétichistes [Gruvel]. 



Limicolan'a aurora Jay. 

1839. Bulimus Aurora Jay, Catalogue, p. 119, pi. VI, fig. 2. 

1848. — suffusus Reeve, Conchologia Iconica, V, pi. LUI, fig. 350. 

1849. — Adansoni Pfeiffer, Monogr. Heliceor. vivent., II, p. 179. 
1849. — • Aurora Pfeiffer, Monogr. Heliceor. vivent., II, p. 199. 
1855. Limicolaria Aurora Adams, Genera of recent Mollusca, p. 133. 
1855. — suffusa Adams, Genera of recent Mollusca, p. 133. 
1876. — Aurora Martens, Monatsber. Berlin, p. 258. 

1895. — — KoBELT, in : Martini et Chemnitz, System. Conchylien-Cabinet, p. 120, Taf. 

XXXIII, fig. 5-6. 

1896. — — d'Ailly, Mollusques terrestres eau douce Kaméroun, p. 77. 

1904. — aurora Pilsbry, in : Tryon, Manual of Conchology, 2" série, Pulmonata, XVI, 

p. 248, n" 2, pi. XX, fig. 12, 13. 
191 1. • — • — Germain, Bulletin Muséum hist, natur., Paris, p. 223. 

Coquille conico-oblongue, turriculée; spire élevée, composée 

de 8 à 9 tours convexes, à croissance très régulière, séparés par des 

sutures peu obliques et bien marquées; dernier tour assez grand, 

régulièrement ventru, légèrement atténué dans le bas ; ouverture 

oblique, ovalaire, oblongue, n'atteignant pas la demi-hauteur totale 

Fig. 6. — Limicolaria de la coquilIe, très anguleuse en haut, subanguleuse en bas; bord 

aurora Jay. Columeiie externe légèrement convexe; bord columellaire droit et oblique, 
grossie. -a ■ ■ • ■ ■ 

réfléchi sur l'ombilic qui est bien marqué et bordé d'une angulosité 

fortement accentuée (fig. 6) ; peristome simple et tranchant. 





ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 129 

Longueur 56-58 millimètres 

Diamètre maximum 26-28 — 

Diamètre minimum 23-26 — 

Hauteur de l'ouverture 25-28 ^ 

Diamètre de l'ouverture 14-15 1/2 — 

Test unicolore, sans trace de flammules, d'un jaune ochracé ou 
marron clair assez brillant. 

Sommet obtus et absolument lisse ; premiers tours ornés de 
stries fines, obliques assez inégales, plus fortes et crispées près de la 
suture, coupées de stries spirales à peine sensibles; autres tours avec 
stries fortes, ayant parfois l'apparence de petites côtes obliques, un peu 
onduleuses, inégales, fortement crispées au voisinage des sutures, ^ÊË^' 
coupées de stries beaucoup plus petites réparties dans la région supé- 
rieure des tours. 

La sculpture que je viens de décrire, et qui est nettement décur- 
rente, se retrouve, chez beaucoup de spécimens ; mais on observe, 
très facilement, des individus chez lesquels cette sculpture est fort Fig. 7. — Limicoiaria 
atténuée, et l'on passe ainsi, d'une manière absolument insensible, à aurora Jay. 

des coquilles dont le test ne présente plus aucune trace de sculpture Environs d'Abomey 

^ ... . (Dahomey). Grandeur 

spirale. On ne saurait donc attribuer une grande importance à ce naturelle. 
caractère dans la distinction des espèces du genre Limicoiaria. 

II est fort probable que le Zî'mjco/a7-/j5/r/a/M/aMuller (i) est synonyme de cette espèce. 
Malheureusement, la coquille de Mûller, insuffisamment décrite, est à peu près inconnue, 
et il me semble préférable, dans ces conditions, de conserver le nom de Limicoiaria aurora 
Jay, qui correspond à une espèce parfaitement définie. 

Coya (Guinée), décembre 1909 : un spécimen jeune [Gruvel]. 

Banc de Crawford, archipel des îles de Los (Guinée française); i5 décembre 1909 
[Gruvelj. 

Environs d'Abomey (Dahomey), février 19 10 [Gruvel]. 

Limicoiaria felina Shuttleworth. 

1856. Limicoiaria felina Shuttleworth, Notitice Malacologicœ, I, p. 47, Tab. VI, fig. 5-6. 

1859. — — • Pfeiffer, Monogr. Heliceor. vivent., IV, p. 584. 

i860. Achatina {Limicoiaria) felina Martens, in : Albers, Die Heliceen, p. 198. 

1893. Limicoiaria felina Kobelt, in : Martini et Chemnitz, Syslemat. Conchy lien-Cabinet, p. 54, 

Taf. XVII, fig. 6-7. 
1896. — — d'Ailly, Mollusques terrestres eau douce Kaméroun, p. 73. 

1904. — — Pilsbrv, m : Tryon, MaMMfl/ 0/ Co«c/îo/ogy, a'' série, Pw/OTOMo/a, XVI, p. 266, 

n» 27, PI. XX, fig. 18-19. 

Cette Limicolaire, souvent commune dans certaines localités de l'Ouest-Africain, 
varie par sa forme plus ou moins allongée et son ornementation picturale qui permet de 

(i) Mûller, Venn, terrestr. et fluvial, llislor., Il, p. 147, n» 335 (Bucciiium striatulum). 

T. V. - Fasc. 3. 17 



'3o ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

distinguer une variété lebra Pilsbry (i). Voici la description du type moyen recueilli par 
M. Gruvel : 

Coquille globuleuse assez ventrue; spire peu haute, composée de 8 tours convexes 
à croissance assez rapide, séparés par des sutures subhorizontales 
d'apparence marginée; dernier tour grand, globuleux-ventru, 
formant plus delà moitié de la coquille; ombilic relativement 
^^^^ large, profond, un peu en entonnoir, bordé d'une angulosité assez 

•'§ ^m^^^^^ marquée; ouverture ovalaire-oblongue, très longuement angu- 

r^^^H leuse en haut, subanguleuse en bas à sa réunion avec le bord colu- 
<*i Jftl^M^^^I mellaire, largement convexe extérieurement, n'atteignant pas la 

demi-hauteur totale ; bord columellaire un peu oblique, subrec- 
tiligne, réfléchi sur l'ombilic; peristome simple et tranchant. 

Longueur 38 millimètres. 

Diamètre maximum 21 — 

Diamètre minimum 188/4 — • 

Hauteur de l'ouverture 18 1/2 — 

Diamètre de l'ouverture ... 10 — 

Test peu épais, assez solide, d'un jaune ochracé peu brillant, 
Fig. 8. — Limicolaria fe- gur lequel se détachent des flammules longitudinales brunes, 

Una Shuttleworth. ... -, . , , , ,. , 

subverticales sur les premiers tours, légèrement disposées en 

Environs d'AbomeyfDaho- . , , , 

mey). X 2. zigzags surles autres (2). 

Sommet lisse, obtus, comme légèrement enfoncé : premiers 
tours avec stries fines, obliques, peu régulières; autres tours ornés de stries plus 

fortes, assez serrées, peu obliques, légèrement onduleuses, très 
-'^ nettement crispées près des sutures. Ces crispations deviennent 

très accentuées au dernier tour qui possède une sculpture tout 
à fait régulière. 

Il n'y a pas, à proprement parler, de sculpture granuleuse, 
bien que certains spécimens montrent des traces de stries 
i^^H spirales confinées au voisinage immédiat des sutures. 

L'espèce la plus voisine est le Limicolaria rubicunda 

Shuttleworth (3). Il est d'ailleurs extrêmement probable qu'il 

faudra réunir les Limicolaria rubicunda Shuttleworth, et Limi- 

colariafelina Shuttleworth, qui semblent présenter de nombreux 

A. ^^p termes de passage et qui, bien souvent, se rencontrent ensemble 





Fig. 9. — Limicolaria felina 
Shuttleworth, var. Gruveli 
Germain. 

Environs d'Abomey (Daho- 
mey). X 2. 



(1) Pilsbry in : Tryon, Manual of Conchology, 2" série, Pulmonata; XVI. 1904, 
p. 266. 

(2) Cette disposition varie d'ailleurs suivant les exemplaires : sur quelques-uns, les 
flammules du dernier tour sont tout à fait irrégulières et, à partir de la partie mé- 
diane de ce dernier tour, s'incurvent très fortement vers la gauche. 

(3) Shuttleworth,/^; Notitice malacologicœ, I, i856, p. 45, Tab. VU, fig. 4-5 (excl. 
synon. Reeve). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE i3i 

sur les mêmes végétaux (notamment les Plantaniers, les plantes grimpantes, le Penni- 
setiim polystachron, etc..) 

Environs d'Abomey (Dahomey) [Gruvel]. 

Variété Gruveli Germain, nov. par. 

Coquille plus trapue, plus globuleuse ; spire à croissance plus rapide avec un dernier 
tour plus ventru ; ouverture dont les bords marginaux sont réunis par une callosité mieux 
marquée. 

Longueur 84 millimètres. 

Diamètre maximum 20 1/4 — 

Diamètre minimum 18 1/2 — 

Hauteur de l'ouverture 17 1/2 — 

Diamètre maximum de l'ouverture i i 1/2 — 

Test unicolore, d'un jaune verdâtre, plus finement strié. 
Environs d'Abomey (Dahomey) [Gruvel]. 



Les principaux Mollusques comestibles 

ou industriels 



Par a. GRUVEL, 

Directeur du laboratoire de productions coloniales d'origine animale 
à l'Ecole pratique des Hautes-Etudes (Muséum d'Histoire naturelle). 



La faune malacologiquede la Côte occidentale d'Afrique est une des plus riches que 
Ton puisse rencontrer. Nos récoltes précédentes et celles de nos devanciers, ainsi que 
celles de notre Mission de 1909-1910, beaucoup plus abondantes encore que les autres, 
l'ont suffisamment montré. 

MM. Dautzenberg et Germain ont bien voulu, comme précédemment, assumer la 
lourde charge d'établir l'inventaire scientifique des Mollusques marins, fluviatiles ou 
terrestres, que nous avons rapportés de notre dernier voyage sur les côtes de l'Ouest- 
Africain. 

La plus grande partie des très nombreuses espèces qu'ils ont reconnues dans nos 
collections n'ont qu'une valeur purement scientifique ; mais un certain nombre, cepen- 
dant, sont utilisées, soit par les Européens, soit parles indigènes, tantôt pour l'alimentation, 
tantôt dans l'industrie, ou bien encore comme ornements divers, monnaies, etc. 

Ce sont les seules formes dont nous nous occuperons ici, et nous indiquerons, som- 
mairement, les résultats obtenus par les essais d'ostréiculture et de mytiliculture qui ont 
été tentés au Sénégal, sous notre direction. 

Au point de vue des applications pratiques, nous diviserons donc les Mollusques de 
la Côte occidentale d'Afrique en trois groupes. 

a. Mollusques utilisés pour l'alimentation. — Parmi les mollusques pouvant servir à 
l'alimentation, il faut distinguer entre ceux qui sont réellement comestibles, mais qui, étant 
en trop petit nombre, ne peuvent être pratiquement utilisés et ceux qui, sans avoir une 
une valeur comestible bien considérable, sont néanmoins employés, tout au moins par les 
indigènes, à cause de leur accumulation très considérable, en quelques points de la Côte 
d'Afrique. 

Au nombre de ces animaux, nous pouvons citer les espèces suivantes : 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



i33 



Chlamys varia Linné, ou pétoncle, que nous avons rencontré en petites quantités 
dans la baie de Cansado (baie du Lévrier) et dans la baie de Rufisque. A peine utilisé 
pour l'alimentation par conséquent. 

Mytilus pictiis, Born. = M. afer, Gmelin. — Cette espèce est 
assez commune depuis le cap Blanc jusqu'au sud de l'Angola, dans 
les endroits rocheux ou sur les épaves jetées à la côte. Elle est 
abondante sur les rochers de la pointe Cansado et atteint une 
belle taille. On la trouve également sur une épave un peu au 
nord de Guet N'dar (Sénégal), sur les rochers des côtes de la 
Gold-Coast et de la Côte d'Ivoire, sur ceux du cap Esterias 
(Gabon), près de Loango et jusque sur les côtes de l'Angola 
portugais où elle atteint une taille considérable, en particulier 
dans la région de Mossamédès. 

Lorsque cette moule est jeune et encore tendre, son goût est 
loin d'être désagréable; mais, quand elle atteint une grande taille, 
elle devient dure et coriace. Les Européens sont assez friands 
de ces mollusques, partout où ils les rencontrent ; les indigènes, 
au contraire, semblent les délaisser complètement. 

LeMytilus senegalensis Lmk, est aussi répandu que le précé- 
dent, mais il est de petite taille et n'est guère apprécié. 

LesModioles(^. /«/(j/ct AT. elegans), bien que parfois assez répandues, ne sont que 
peu utilisées au point de vue alimentaire. 

Le groupe des Cardium est largement représenté dans nos collections. Les trois 
espèces les plus communes sont : C. costatum L. qui se rencontre du Sénégal au sud de 




Fig. I. — Mytilus pic- 

2 

tus, Born. G = -. 






Fig. 2. — Cardium ringens, Gm. 



Fig. 3. — Cardium edule, L. 
0.1. 



Fig. 4. — Venus verrucosa, L. 



l'Angola; le C. ringens Gm., aussi répandu que le précédent; et enfin le C. edule L., 
extrêmement commun dans la baie de Lévrier,, sur la pointe du Repos, dans le sable 
vasard. Cette espèce est très rare, au contraire, dans la baie de Hann près de Dakar, où 
nous avons essayé de l'acclimater, en y en apportant de pleins sacs recueillis sur la pointe 
du Repos. Les « coques » des Parisiens sont très goûtées des Européens habitant le 
Sénégal, et le courrier qui fait le service régulier de Port-Etienne, en rapporte à Dakar 
de nombreux sacs à chacun de ses voyages. 

Cette espèce descend également le long des côtes de Mauritanie, et nous l'avons ren- 
contrée à Manata, Nouakchott, Moiidjeran, etc. 



«34 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 




Fig. 5. — Tapes decussatus, L. 



Fig. 6. — Donax rugosus, L. 



G=|. 



Les Venus verrucosa L., ou Praires, se trouvent également sur les côtes de Mau- 
ritanie, dans la baie de Rufisque et jusqu'au cap Rouge, mais en nombre trop peu consi- 
dérable pour pouvoir être utilisées. 

Les Tapes?,oni bien représentés par plusieurs espèces dont le decussatus nousparaît être 

une des plus intéressantes, bien qu'elle 
soit, aujourd'hui, assez rare à l'état 
vivant sur les côtes de Mauritanie. Ces 
mollusques ont dû être, au contraire, 
extrêmement nombreux à l'époque qua- 
ternaire, et même à une époque beau- 
coup plus récente, car, si l'on creuse 
des puits dans la région qui va de la 
baie du Repos à la rivière de l'Etoile 
(presqu'île du cap Blanc) on rencontre, à i m. 5o ou 2 mètres de profondeur environ, 
des couches entières, exclusivement formées de coquilles de Tapes decussatus^ attestant 

le développement énorme qu'avait pris cette forme à une 
période encore très rapprochée. Cette espèce n'a pas disparu 
des côtes de Mauritanie, puisque nous l'avons rencontrée à 
l'état vivant en-différents points, mais elle y est relativement 
rare. 

Une forme très voisine, presque aussi abondante que le 
T. decussatus^ est le Tapes pullastra, Montagu, très répandu 
dans la baie du Lévrier et les environs, Arguin, etc. Cette 
dernière espèce est tout aussi comestible que la précédente. 

l^cDonax rugosus L. est une des formes les plus communes 
sur toute la côte, depuis le cap Blanc jusqu'au cap de Bonne- 
Espérance. 

Cette espèce forme, à l'état subfossile, de véritables mon- 
ticules surcertains points des côtes de Mauritanie et présente 
cephénomène curieux d'atteindre une taille plus ou moins con- 
sidérable suivant le point de la côte où elle vit. C'est ainsi, 
par exemple, que sur les côtes de Mauritanie elle ne dépasse 
guère 3o à 35 millimètres de long. Les plus petites formes 
que nous avons récoltées viennent des côtes du Dahomey ; les 
plus grandes, au contraire, des côtes de l'Angola et, en parti- 
culier, de la baie des Tigres, où elles atteignent jusqu'à près de 
6o millimèlres. 
Partout, les Européens et les indigènes sont friands de ces mollusques. Au moment 
du fîot, ils ont l'habitude de se rapprocher de la surface du sable. Ils s'enfoncent, au 
contraire, au moment du jusant. Connaissant cette particularité, les indigènes viennent 
piétiner le sable au point où arrive le flot et, dès qu'ils sentent sous le pied la présence d'un 
de ces coquillages, ils se baissent et le ramassent. 



Fig. 7. — Solen Guineen- 
sis. Gray. G =-. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE i35 

Dans l'Angola, ce sont des femmes qui, fortement retroussées, fouillent le sable 
avec leurs mains au moment du fîot et font ainsi des récoltes abondantes. 

Les Européens les mangent surtout à l'état frais; les indigènes, au contraire, après les 
avoir fait ouvrir sur le feu, les consomment dans une sauce faite avec de l'huile de palme 
et du piment, ouïes mélangent à leurs divers plats nationaux ;/oM^Oî/,Cfl/(3/oM,«mm^OMé, etc. 

Les autres espèces de Doitax : D. venustus Poli, D. Oweni Hanley sont beaucoup 
plus rares, et par conséquent peu utilisées pour l'alimentation. 

Parmi les Solen : S. marginatiis, Penn. et S. guineensis Gray; cette dernière seule est 
à retenir, car seule elle est utilisée dans l'alimentation des indigènes du Gabon. 

Une partie de la baie de Libreville, formée en presque totalité de sable vasard, est 
extrêmement riche en nioUusques de cette espèce, et les indigènes en sont très friands. 
Nous avons rencontré, à côté des cases indigènes du village de Denis, situé sur la pres- 
qu'île qui ferme la baie de Libreville au Sud, des amoncellements de coquilles de « cou- 
teaux », consommés par les habitants qui les capturent exactement comme nos pêcheurs 
des côtes françaises, soit à l'aide d'une longue tige mince de bambou, soit avec une baleine 
métallique de parapluie ; à marée basse, on enfonce cette tige dans le trou laissé dans la vase 
par le couteau en s'enfonçant ; celui-ci se contracte brusquement et, en retirant doucement 
la tige, on ramène avec elle le solen. 

Le Gabon est, croyons-nous, le seul point de la côte où les indigènes consomment 
ces mollusques en aussi grande 
abondance. Partout ailleurs, les 
Européens ni les indigènes n'en 
paraissent très friands. 

Les Mactres, surtout Ma- 
ctra nitida Speng. et M, gla- 
brala L. sont assez répandues, 
depuis Port-Etienne jusque 

vers le sud de l'Angola; mais, ^''g- ^- — Mactra glabrata, L. Fig. 9. - Madra nitida, L. 

• . . 2 2 

quoique parfaitement comesti- ^^3' ^^3' 

blés, leur corps rougeàtre et 

leur chair coriace les font très peu apprécier même des Européens qui sont cependant 

toujours, aux colonies, à la recherche des coquillages comestibles. 

II en est de même des Lutraires, assez rares, du reste. 

Nous avons rencontré en abondance, sur les palétuviers qui bordent les marigots, 
depuis la Guinée française jusqu'à l'Angola, mais, plus spécialement, dans les « criques « des 
environs de Banana fCongo belge) et du fond de la baie de Lobito (Angola), une Littorine 
[Liltorina angulifera Lmk) qui atteint une assez belle taille. Cet excellent « bigorneau » 
est absolument passé inaperçu aussi bien des indigènes que des Européens, et cependant, 
si on a la précaution de le faire jeûner pendant quelques jours, ce mollusque est presque 
aussi délicat que le bigorneau de nos côtes. 

Le Trochocochlea pimctiilata, Gm., assez commun aux environs de Dakar, est aussi 
consommé par les Européens sous le nom de bigorneau. 




■ 



1 36 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Les Patelles sont représentées, sur la Côte occidentale d'Afrique, par plusieurs 
espèces : P. Adausoui Dum., P. lugubris Gm., et surtout P. safiana Lmk. = conspiciia 
Phil. Cette dernière espèce atteint, parfois, des tailles énormes et se rencontre sur toute 
la côte, du cap Blanc à Mossamédès. Ces mollusques sont recherchés par les Européens 
et aussi, en certains points, par les indigènes, pour la consommation. 

UHaliotis tiiberciilatah., SI commun sur les côtes de la. Manche, descend jusque sur les 
rochers du cap Blanc; mais il y est si rare qu'il ne peut être utilisé comme aliment. 

Avec les « Yet », nous trouvons des mollusques extrêmement recherchés par certaines 






Fig. 10. — Lillorina anguli- 
fera, Lmk. 

o-|. 



Fig. u. — Patella safiana, Lmk., face 

interne. G =-. 
3 



Fig. 12. — La même, face supé- 
rieure. 



races indigènes de la côte et, en particulier, par les pêcheurs du Sénégal, Ouolofs et 
Lébous, plus spécialement. 

Ces mollusques sont représentés par quatre espèces : Yetus Neptuni Gm., Y. probos- 
cidalisLmk.^ Y. gracilis Brod., et Y . porcinus Lmk. 

Les trois dernières sont beaucoup moins recherchées que la première, parce que la 
masse musculaire qui forme le pied est relativement peu développée, comparativement à 
ce qu'elle est chez le Y. Neptuni qui atteint, parfois, une taille énorme. Les pêcheurs 
noirs détachent avec soin toute la masse palléo-pédieuse qu'ils font sécher au soleil 
pendant quelques heures. Puis ils la placent sur une surface dure et, à l'aide d'une 
pierre plate ou d'une palette en bois, ils frappent fortement cette masse musculaire, pour 
l'étaler et, surtout, la ramollir. Ils la remettent ensuite à sécher au soleil et, quand elle 
est bien sèche, la consomment en nature ou la mélangent à leur riz comme condiment. 
Les « Yet » sont souvent ramenés par les filets de pêche des noirs, mais ils ne sont jamais 
vendus ; ils sont toujours réservés, comme morceau de choix, pour la consommation 
personnelle des pêcheurs. 

Certains Européens acceptent même, volontiers, cette nourriture; mais, dans ce cas, 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE, 



i37 



la masse palléo-pédieuse est coupée, battue comme le font les noirs, puis elle est ouverte 
dans sa longueur, farcie de diverses façons et cuite au four ou à la casserole. Ainsi pré- 
paré, le «Yet » constitue un mets, non pas très fin, mais fort acceptable. 

Nous avons gardé pour la fin le groupe des Huîtres, car il est, de beaucoup, le plus 
important au point de vue de l'alimentation, aussi bien européenne qu'indigène. 

Les Oslrea. — Nous avons recueilli, sur la Côte-occidentale d'Afrique, six espèces 




y 



Fig. i3. — Yetus Neptuni, Um. 
4 





Fig. 14. — Yetus porcinus, Lmk. 



Fig. i5. — Yetus gracilis, ^voA. 
G = i. 



différentes d'huîtres ; mais toutes ne présentent pas le même intérêt, au point de vue 
économique. 

C'est, d'abord, O. gasar Kàdins. ~0. parasitica, var. p.Gm., (i) vulgairement connue 
sous le nom d'huître de palétuviers, parce qu'elle se trouve, parfois fixée en quantités 
énormes, sur les tiges de palétuviers [Rhiiophora mangle) qui abondent sur toute la Côte 
jusqu'au sud de l'Angola, dans tous les marigots saumâtres et à l'embouchure de tous 
les fîeuves ou rivières. 

Ces huîtres, qui ressemblent un peu à notre « portugaise » {Gryphœa arcuata) sont 
extrêmement contournées et, par conséquent, fort difficiles à ouvrir parce qu'elles sont, 
aussi, le plus généralement, réunies par masses serrées sur des surfaces arrondies, ce qui 
les oblige à prendre les formes les plus extraordinaires; mais, parfois, comme nous avons 

(i) M. Dauizsnberg a nettement démontré que cette huître n'était pas, comme le pensait Rochebrune, la même 
que notre huître portugaise à laquelle il attribuait indûment le nom di'Ostrcea rostralis, Lmk. (Journ. Conchyl., 
vol. LIX, 191 1, p. Sa). 

T. V. — Fasc. 3. 18 



1 38 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 




Fig. i6. — Ostrea gasar, Adans., 
valve inférieure, face interne. 

o = |. 



pu le constater dans les marigots de la Somoneet de la Fasna (petite côte du Sénégal), 
dans le Saloum (Sénégal), dans la lagune Ebrié (Côte d'Ivoire), dans la baie de Cap Lopez, 

dans certaines criques de l'embouchure du Congo, et surtout 
au fond de Jabaiede Lobito (Angola), etc., un certain nombre 
de ces huîtres, par suite d'un accident quelconque, se trouvent 
détachées de leur support et tombent sur la vase. Lorsqu'elles 
sont encore jeunes et pas trop envasées, elles se développent 
librement, prennent une forme régulière, deviennent parfois 
énormes et, dans beaucoup de cas, verdissent comme les 
huîtres de Marennes. Ces coquillages sont extrêmement 
recherchés des Européens, parce qu'ils peuvent être ou- 
verts très facilement et qu'ils ont, après avoir préalable- 
ment séjourné pendant quelques jours dans l'eau claire et 
être un peu rafraîchis, une saveur qui, évidemment, n'est 
pas comparable à celle de nos bonnes huîtres européennes 
(O. edulis)^ mais qui est généralement supérieure à celle de 
nos « portugaises ». 

A Dakar, les Européens consomment beaucoup d'huîtres 
de palétuviers- provenant de la Fasna, de la Somone ou de 
Carabane, à l'embouchure de la Casamance. 

On peut, sur place, acheter aux indigènes un grand sac 
d'huîtres pour un ou deux francs, suivant les époques de l'année. 

A Lobito, la plupart des navires qui font escale achètent également aux indigènes de 

belles huîtres de vase pour 200 à 400 reis le sac. Les 
huîtres de la baie de Lobito sont, certainement, parmi 
les meilleures que nous ayons rencontrée^. 

Les indigènes sont, eux-mêmes, très friands de ces 
Mollusques ; mais ils ne les consomment jamais à 
l'état vivant. Presque toujours, ils coupent des branches 
de palétuviers portant des amas d'huîtres et les placent 
sur un feu assez vif pendant quelques minutes. Quand 
la chaleur a fait ouvrir les huîtres, ils enlèvent, ainsi, 
très facilement de leur coquille les huîtres elles-mêmes 
et les font, ou bien simplement sécher au soleil ou 
mieux, cuire avec de l'huile de palme et du piment. 
Fig. 17. — Oi/rea rfen//cu/a/a, Born., valve ou [gg Utilisent encore comme condiment dans leurs 

inférieure, face externe. G = -. plats nationaux. 

On rencontre, en divers points de la côte, une 
espèce beaucoup plus rare que la précédente, mais plus appréciée encore des Euro- 
péens, tandis qu'elle est complètement dédaignée par les indigènes qui' trouvent pro- 
bablement qu'elle est trop rare et trop pénible à récolter. Nous voulons parler de \'0. 
denticulata Born. C'est une huître large, ronde, à valves épaisses et fortement nacrées 




ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. ,39 

à l'intérieur. La valve inférieure est très plate et adhère fortement aux rochers qui la 
supportent ; tout l'intérieur est teinté de noir. 

La valve supérieure est légèrement bombée et entièrement blanche intérieurement. 
Le mollusque proprement dit est de belle taille, de couleur verte comme une Marenne et 
de goût excellent. Ces huîtres sont fixées sur des rochers qui découvrent seulement aux 
grandes marées et se trouvent, plus spécialement, sur des îlots au sud de Tîle Tamara 
(îles de Los, Guinée française) où elles sont plus particulièrement abondantes. Nous en 
avons également rencontré en assez grande quantité sur les piliers métalliques du wharf 
de Kotonou, et quelques exemplaires sur les rochers artificiels immergés à Port-Bouet 
(Côte d'Ivoire). 

A Kotonou, il faut, pour s'en procurer, faire plonger des Kroomen, qui, nageurs 
extraordinaires, peuvent rester quelques instants sous l'eau, arracher, 
à l'aide d'un marteau, des blocs d'huîtres et les ramènera la surface, 
le tout pour quelques centimes. 

Dans les anfractuosités de ces blocs d'huîtres se logent, assez 
souvent, de petites langoustes royales {Pamilirus regius, Brito Cap.) 
qui viennent s'y mettre à l'abri, car les rochers sont rares dans toute 
cette région. Ces jeunes langoustes sont également très appréciées 
des Européens sous le nom de « langoustines ». 

On trouve encore, sur les rochers dominés par le fort de 
Mossamédès, sur la plage de Praya-Amelia et aux environs, une 
huître dont la valve inférieure est allongée et infundibuliforme, 
tandis que la supérieure est plate et ferme exactement l'ouverture 
de la valve inférieure. Ces mollusques sont extrêmement serrés les 

, , . . . , . ^ Fia. 18. — Ostreacucul- 

uns contre les autres et, bien que petits, contiennent une chair ferme 2 

et savoureuse, très appréciée des habitants de Mossamédès et des " "' °^'^' ~l' 

environs, surtout des Européens. Cette huître a été rapportée par 
M, Dautzenbergà O. cucullata Born, espèce qui n'était connue, jusqu'ici, que dans l'O- 
céan Indien. 

Les autres espèces sont peu intéressantes au point de vue économique ; nous ne 
ferons que signaler leur présence. C'est d'abord : O. lacerans Hanley, du cap Blanc au 
sud du Sénégal ; O. bicolor Hanley, que nous avons trouvée à Konakry, à Kotonou (dans 
la lagune) et à Mossamédès ; et enfin O. senegalensis L., assez rare dans la baie du 
Lévrier. 

Essais d'ostréiculture et de mytiliculture au Sénégal. — Grâce au bienveillant appui 
de M. le gouverneur général Ponty et avec l'aide de l'un des agents les plus dévoués du 
Service d'agriculture du Sénégal, M. Scordel, sous-inspecteur de l'Agriculture, nous avons 
pu tenter, près de Dakar, quelques essais intéressants d'ostréiculture et de mytiliculture 
dont nous croyons devoir dire un mot, ici. 

Nous avons constaté bien souvent, pendant nos différents séjours au Sénégal, le 
succès qu'obtiennent les huîtres importées de France dans les glacières des bateaux 
long-courriers, malgré l'état de fraîcheur, parfois très relative, dans lequel elles arrivent à 




140 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 

la Colonie. La statistique montre, du reste, l'accroissement progressif de ces importations 
qui ont été les suivantes : 

En 1900 pour 924 fr. d'huîtres fraîches dont 849 fr. venant de P^rance. 

— 1901 — 698 — — 698 — — 

— 1904 — 2448 — — 2222 — — 

— 1905 — 725i — — 5i3i — — 

— 1908 — 5675— — 25l2 — ^ — 

— igio — 8453— — 2974— — 

— 19" — 4727— — . — - 

Ces chiffres sont d'autant plus intéressants qu'ils montrent la progression constante 
des importations, et le fait que leur origine qui, au début, était à peu près exclusivement 
nationale, tend, depuis quelques années, à devenir étrangère, en grande partie portugaise. 

La consommation des huîtres fraîches doit être uniquement rapportée aux Euro- 
péens dont le nombre augmente de jour en jour, à Dakar notamment. 

Malheureusement les huîtres importées dans les glacières des bateaux n'arrivent pas 
toujours très fraîches, et, de plus, leur prix qui est de o fr. 60 à o fr. 80 en moyenne, la 
douzaine, à Bordeaux, s'élève à 2fr. 5o et même 3 francs à Dakar, d'où l'accroissement 
constant de l'importation des huîtres du Portugal qui sont vendues un peu meilleur 
marché. Enfin, il faut les consommer imm-édiatement, sous peine de les perdre et encore 
ne faut-il pas trop craindre les intoxications ! 

A cause du prix généralement élevé de ces mollusques et de la difficulté de les recevoir 
en parfait état de conservation, beaucoup d'Européens préfèrent consommer simplement 
les huîtres locales ou de palétuviers (Ostrea gasar Adans.) qui sont apportées à pleins 
sacs par des cotres indigènes venant de la Casamance, du Saloum ou de la « petite côte » 
du Sénégal. 

Ellessonttrèsdifficilesàouvrir et, engénéral, n'ont pasla finesse de goûtde nos huîtres 
européennes, mais, au moins, elles sont parfaitement fraîches, si on sait à qui s'adresser. 

Mais beaucoup reculent devant la difficulté que présente l'ouverture des huîtres de 
palétuviers, et, en somme, toutes ces raisons expliquent pourquoi la consommation géné- 
rale de ces mollusques est aussi restreinte au Sénégal. 

Pour essayer de remédier à ces inconvénients, nous avons tenté une série d'expé- 
riences qui tendaient : 1° à acclimater une huître rustique, d'eaux profondes, telles que 
l'armoricaine ou la cettoise, par exemple, dans les eaux plus chaudes et plus salées du 
Sénégal ; et 2° à améliorer l'huître locale, Ostrea gasar Adans, aussi bien dans sa forme 
que dans sa qualité. 

i'^ Acclimatement de l'huître vulgaire (Ostrea edulis L.). — A cause de la température 
élevée qui règne au Sénégal, il ne faut pas songer, bien entendu, à essayer l'ostréicul- 
ture avec parcs découvrant à marée basse, comme cela se pratique à Arcachon, par 
exemple; nous nous sommes adressé, au contraire, à des formes rustiques, élevées 
en eaux profondes, comme certaines armoricaines et les cettoises en général. 

Les huîtres dé deux ans, qui furent apportées, par nos soins, à Dakar, en novembre 
1909, furent, immédiatement après leur arrivée, placées dans des caisses ostréophiles 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 141 

ordinaires et immergées dans la baie de Hann. Celles qui n'avaient pas souffert pendant 
la traversée et qui n'étaient pas ouvertes le lendemain même du jour de leur immersion, 
résistèrent parfaitement et, treize jours après, la plupart avaient donné des pousses de un 
centimètre, quelques-unes même de deux. 

Ces huîtres ont continué à se développer et sont devenues très grasses, à cause de 
l'abondance de nourriture que l'on trouve dans cette région, comme j'ai eu l'occasion de 
le montrer ailleurs (i). 

M.Scordel a, de son côté, acheté à Dakar des huîtres qui, venues en glacières, ont fort 
bien supporté leur immersion dans une eau dont la température était de 22°,5 au moment 
de l'opération. Sur une caisse contenant une centaine d'huîtres, quatre seulement ont 
succombé. Comme les précédentes, elles se sont rapidement développées et engraissées. 

Au mois de mai 1910, six mois après, par conséquent, la baie de Hann s'est trouvée 
envahie par une quantité considérables d'algues qui, en se décomposant dans l'eau, ont 
fait mourir toutes les petites huîtres. La plupart des grosses ont résisté et, au mois 
de juin, elles ont essaimé normalement ; mais les petites huîtres ont été étouffées par 
l'envahissement des collecteurs par de jeunes balanes [Balamts trigonus, L.) dont le 
développement est plus rapide. 

L'emplacement choisi pour cette expérience était, nous le savions d'avance, dé- 
fectueux, mais c'était le seul qui pût être choisi pour que M. Scordel, en sa qualité de 
Directeur de la Station de Hann, pût la surveiller d'assez près. 

Cette expérience a, néanmoins, permis de montrer : i" qu'on peut transporter en 
chambre froide des huîtres en assez bon état pour des essais plus importants d'ostréi- 
culture ; 2" que les huîtres françaises d'eaux profondes s'acclimatent parfaitement dans 
les eaux sénégalaises beaucoup plus chaudes et plus salées; enfin 3° qu'elles essaiment 
normalement, ce qui permettrait un élevage possible en se plaçant dans des conditions 
favorables, faciles, en somme, à réaliser. 

On trouverait, en effet, pensons-nous, sur les côtes du Sénégal, un coin tout à fait favo- 
rable à l'ostréiculture, le jour où l'on voudrait sérieusement s'en occuper, et cette industrie, 
bien conduite, donnerait, dès le début, nous en sommes certain, des résultats dont on 
ne se doute même pas en France. 

2" Amélioration de l'huître locale {O. Gasar Adans). — Pour lutter efficacement contre 
l'importation, de plus en plus considérable, des huîtres étrangères, il nous a semblé qu'il 
serait bon d'essayer d'améliorer l'huître locale, qui, dans les cas où elle peut se dévelop- 
per normalement, prend une forme régulière, allongée, et ressemble, ainsi, aux belles 
portugaises. 

Pour cela, sur nos indications, M. Scordel, chargé des essais, avait placé une caisse 
de collecteurs, préparés avec un mélange de chaux, de sable et d'eau, comme à Arcachon, 
par exemple, à l'embouchure de la rivière Fasna (petite côte du Sénégal), en juin 1909. 

En mai 1910, les naissains, qui avaient près d'un an, furent détroqués, rapportés à 
Hann et placés dans des caisses ostréophiles, semblables à celles qui avaient servi pour les 

(i) A. Gruvel, Études climatologiques, océanographiques et zoologiques, sur les côtes delà Mauritanie et du Sénégal, 
etc. {Congrès des Pèches des Sablei d'Olonne, sept. 1909). 



142 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 

huîtres de France. Ainsi isolées, les jeunes huîtres ne se sont trouvées gênées en rien, elles 
ont pu se développer normalement et ont pris une forme allongée, parfaitement régulière 
et caractéristique de l'espèce. De plus, comme elles se sont trouvées en petite quantité sur 
un même point, elles ont eu une nourriture abondante. Elles sont alors devenues grasses 
et ont pris un goût beaucoup plus fin que celui qu'elles ont normalement. 

Il nous semble que là est, peut-être, l'avenir de l'ostréiculture au Sénégal, car ces 
huîtres locales sont extrêmement rustiques, essaiment beaucoup et résistent admira- 
blement à la chaleur et aux parasites divers. Élevées en liberté sur des fonds de sable 
vasard, elles prendraient une forme régulière et une qualité qui leur permettraient de 
lutter avantageusement avec les huîtres « portugaises » importées. Cela n'empêcherait 
nullement l'élevage d'une certaine quantité d'huîtres de France qui, venues sur place, 
pourraient être vendues à des prix très abordables et trouveraient, par conséquent, une 
vente facile. 

Nous pensons que l'ère des expériences peut être considérée, maintenant, comme 
close, et que les résultats positifs que nous venons de faire connaître sont suffisants pour 
permettre à un ostréiculteur dé profession^ d'obtenir, en grand, des résultats sérieux et 
profitables à la colonie. 

Il ne nous est pas possible d'aller plus loin, en ce qui nous concerne personnelle- 
ment, et nous devons adresser, ici, tous nos remerciements à M.Scordel qui, en dehors 
de ses fonctions, n'a épargné ni son temps, ni sa peine, pour conduire à bien les essais 
que nous lui avions demandé de suivre. 

L'huître de palétuviers, si répandue sur toute la Côte occidentale d'Afrique, porte les 
noms les plus divers, suivant les dialectes. Nous ne citerons que les principaux: 

en Appollonien en Abouré en Gallois enAssolongo 
Ostrea gasar Adans doubré alabra irandi maïdi 

Essais de mytiliculture au Sénégal. — En même temps que nous avions fait suivre des 
huîtres de France au Sénégal, nous avions également emporté des moules [Mytilus 
edulis L.) de La Rochelle. 

Malgré tous les soins dont nous avions pu les entourer pendant la traversée, tous ces 
mollusques étaient morts en arrivant à destination. 

M.Scordel put, quelque temps après, en acheter 5 kilogrammes qui avaient été trans- 
portés en glacière. Elles furent mises en caisses ostréophiles, et la mortalité fut nulle 
(6 moules sur 5 kilogrammes). Elles se comportèrent fort bien pendant plusieurs mois, 
mais M. Scordel, ayant dû s'absenter pour raison de service, trouva à son retour tous ces 
mollusques morts. Il suppose que l'indigène, chargé de les surveiller et de les nettoyer, 
aura arrachétous les byssus afin de les rendre plus propres.,., d'où le résultat constaté. 

Cet essai devrait être repris, ainsi que des expériences, avec les moules locales 
Mytilus pictus Born. = M. afer Gm.). 

Pour en terminer avec les mollusques utilisés pour l'alimentation, nous devons dire 
un mot des espèces terrestres, d'ailleurs peu nombreuses. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 



143 



A tout seigneur tout honneur ! C'est d'abord cet énorme mollusque, si abondant au 
Dahomey surtout pendant la saison pluvieuse: Achatina achatina, L. que nous avons 
rencontré, non seulement dans le Bas, mais encore dans le Haut Dahomey, aux environs 
d'Abomey, au Togo et dans la Nigeria du Sud. Cet animal, qui mesure jusqu'à 12 et près 
de i5 centimètres de long, est utilisé, après avoir été cuit à l'eau et coupé en morceaux, 
par les indigènes, dans différentes préparations culinaires. LesEuropéens capturent surtout 
les jeunes ne mesurant que 6 à 8 centimètres de long et les consomment soit en sauces, 
soit farcies au beurre, à la mode des escargots de Bourgogne. Les coquilles vides de ces 
mollusques sont utilisées par les pêcheurs pour fabriquer une sorte de cloche d'alarme 
pour leurs lignes de fonds, spécialement sur le lac Ahémé (i). 

Il en est de même d'une espèce voisine : Achatina marginata Martens, plus petite que 
la précédente et très abondante surtout dans le Bas Dahomey, le long des lagunes. 

Une autre forme: Limicolaria aurora Schuttl., qui se rencontre au Dahomey et en 
Nigeria, plutôt dans le nord, est également utilisée dans Talimentation, ainsi qu'une espèce 
voisine : L. felina^ Schuttl, dont M. Germain a décrit une variété nouvelle rencontrée 
par nous au Dahomey : var. Gruveli. 

Dans la basse Guinée, aux environs de Konakry, et surtout dans les parties humides 
des îles de Los (Tamara, en particulier), on trouve une belle Achatine, qui atteint presque 
la taille de V Achatina achatina L, : c'est A. tincla Reeve, dési- 
gnée en Soussou sous le nom de boue. Les indigènes en sont 
particulièrement friands, et il n'est pas rare de trouver, au- 
tour des villages, des amas de ces coquilles vides, indiquant 
de plantureux repas. 

b. Mollusques utilisés pour l'industrie. — Les Mollusques 
utilisés au point de vue industriel sont peu nombreux, car 
ils doivent se rencontrer en .très grande quantité pour pouvoir 
donner lieu à une exploitation économique. 

Disons tout de suite qu'il n'existe guère de ces animaux 
pouvant être utilisés pour leur nacre qui, même chez les 
meilleurs, est peu épaisse et de qualité inférieure. 

Plusieurs espèces sont employées, grâce à leur abon- 
dance et à l'épaisseur de leur coquille calcaire, pour la 
fabrication de la chaux par calcination. 

Onfabriquaitce produit, autrefois, àSaint-Louis (Sénégal), '"'S- '9- - Achatina achatina. L. 
avec les coquillestrès épaisses des ^rcj(5e;n77a)5e?7///5L., mais ^ =3- 

on y a renoncé depuis qu'on peut se procurer de la chaux d'Eu- 
rope à meilleur compte et de meilleure qualité que celle que l'on préparait avec les Senilia. 
Ces mollusques sont tellement abondants en Mauritanie et au Sénégal, qu'ils ont servi à 
établir le ballast de la ligne du Dakar-Saint-Louis, sur une grande partie de son parcours. 




(i) De plus amples détails seront donnés sur cet engin dans un travail en préparation : L'Industrie des pêches sur 
la côte occidentale d'Afrique, par A. Gruvel. 



144 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 

En Guinée française, dansle RioNunez,par exemple, on fabrique encore de la chaux 
avec les huîtres de palétuviers, généralement énormes, qui sont tombées isolément dans 
la vase et se sont beaucoup développées. On trouve, en certains points, des amas consi- 
dérables de ces mollusques. Ils donnent une chaux assez impure, mais qui est, cepen- 
dant, très utilisable. 

Ces mêmes mollusques sont également traités dans des fours à chaux dans l'Angola, 
en particulier à Praya Amelia, près de Mossamédès. Il est bon d'ajouter que les huîtres 



1^ 





Fig. 20. —Area (Senilia) senilis, L. G = -. Fig. 21. — Galaleia Tuekeyi, Dautz. G = -. 

qu'on y traite sont des mollusques fossiles, incorporés dans des bancs de calcaire qu'on 
trouve sur la côte même. 

Enfin, on trouve à Maléla (Congo belge), au confluent du Congo et d'une des nom- 
breuses « criques » qui avoisinent le fleuve et la mer, des quantités énormes d'une coquille 
de forme triangulaire, à parois très épaisses, légèrement bleutée de chaque côté du cro- 
chet, et à laquelle M. Dautzenberg a donné autrefois le nom de Galateia Tuekeyi. Ces 
coquilles sont subfossiles et enfoncées, par bancs énormes, dans la vase et sur les bords de 
la crique. 

Un chef de poste a fait construire deux fours avec lesquels on traite ces coquilles et on 
fabrique environ quatre tonnes de chaux à la fois. Cet administrateur nous affirmait que, 
s'il avait la main-d'œuvre suffisante pour recueillir un nombre assez considérable de 
coquilles, il pourrait arriver à fabriquer de 3o à 40 tonnes de chaux par mois. 

La chaux ainsi obtenue est fine et très blanche. Elle est surtout utilisée pour le blan- 
chiment des toits des maisons européennes du poste môme de Banana, très voisin, et 
même de Boma et de Matadi. Elle est aussi employée quelquefois, mélangée à une partie 
de ciment et quatre parties de sable, à faire un excellent mortier pour les constructions. 

c. Mollusques utilises comme ornements, monnaies, etc. (i). 

Beaucoup de coquillages sont utilisés par les indigènes de laCôte occidentale d'Afrique, 

(i) Voir aussi: Prof. D'' Schneider., Muschelgeld Studien (Dresde, igoj) ; et de Zeltner, Bijoux africains en test 
de coquillage (Mém. Soc. anthropologie, Paris, VI* série, t. 1, fasc.4-5, p. 178). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 145 

soit comme ornements, soit comme amulettes ou « gri-gri ». Nous ne citerons ici que les 
principaux qui, par leur valeur intrinsèque ou leur emploi très répandu, présentent un 
véritable intérêt. 

Certaines peuplades, encore à demi sauvages, de l'intérieur de la Côte d'Ivoire, ornent 
les fourreaux de leurs sabres et de leurs couteaux, avec les valves supérieures àwSpondylus 
Powelli Smith. Cette valve est peu bombée, couverte de séries linéaires de piquants à la 
face supérieure qui est d'un rouge vif dans les beaux échantillons. La face inférieure est 
bien polie et la coquille assez épaisse. Plus la valve est rouge et sans tare, plus elle a de 
valeur. Quand elle est rendue dans la haute Côte d'Ivoire, elle est vendue, en certains 
points, jusqu'à cinq francs pièce, et le commerce qui se fait ou se faisait, tout au moins, il 
y a quelques années seulement, avec cette coquille, pouvait s'évaluer, approximativement, 
à une centaine de mille francs. 

Les Spondylus Pojveli<.Q rencontrent plus spécialement sur la côte du Liberia, du côté 
de Grand Sesters, où ils semblent atteindre leur maxi- 
mum de développement. Mais on en récolte aussi en 
Côte d'Ivoire. Du côté de Lahou, surles rochers avoisi- 
nant la côte, on en trouve de petits, à parois fragiles, 
n'ayant, par conséquent, pas de valeur commerciale. 
A mesure que l'on s'avance vers l'Ouest, celte espèce 
devient plus abondante, et surtout de plus belle taille. 
A Cap Palmas, elle est déjà de belle venue, mais c'est 
à Grand et Pecaminy Sesters qu'elle atteint sa plus 
grande valeur. Il se fait un véritable commerce de cette 
coquille, et le monopole de la pêche en a été acheté au 
gouvernement libérien par un traficant noir qui fait 
récolter les coquilles par des plongeurs sur des rochers ^'^- *^- ~ Spondylus Poweli, Smith. 

2 

voisins de la côte et généralement latéritiques. "^ ^ 3' 

Nous avons, nous-même, vu, entre les mains d'un 
chef indigène de Jackville, des sacs pleins de valves supérieures (l'inférieure n'a aucune 
valeur) de Spondylus Poweli ; la plupart, du reste, étaient en assez mauvais état et de 
faible valeur commerciale, constituant le rebut d'un stock très important que ce chef 
avait envoyé dans l'intérieur. 

Les indigènes de la haute Côte d'Ivoire utilisent également, sous forme de colliers, 
bracelets, etc., une coquille importée de Lagos (Nigeria) sous le nom de « Tiger's Shell ». 
Ces coquilles de mollusques sont percées par le milieu et enfilées sur une ficelle. Il nous 
a été impossible jusqu'ici de nous en procurer un exemplaire. 

Ces coquilles sont elles-mêmes importées en Nigeria, mais on ne sait pas d'où exacte- 
ment. A la Côte d'Ivoire, leur valeur est de trois francs environ le cent. 

Les Cauris [Cypriea moneta L.), si connus, originaires de la Côte orientale d'Afrique, 
sont utilisés comme ornements par un assezfgrand nombre de races africaines. C'est ainsi, 
par exemple, que beaucoup de « Bambaras » possèdent, soit des colliers, soit des bra- 
celets ou autres ornements, fabriqués avec ces coquillages. 

T. V. — Fasc. 3. 19 




146 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 

Ils sont utilisés, également, pour orner les sacs de cuir, les gaines de fusils ou de 
sabres; les femmes les emploient beaucoup pour embellir les tresses de leur chevelure, etc. 
Au Dahomey, les fétichistes se reconnaissent facilement par la présence d'un bracelet de 
cauris que tous, hommes et femmes, portent autour du bras, vers le milieu du biceps. 

Au Dahomey, encore, les féticheurs utilisent une coquille qui, sans être rare, n'est pas 
très commune et se rencontre, surtout, sur les bords de l'Ouémé : c'est le Pendens 
Lechatelieri, décrit, il y a quelques années, par M. Dautzenberg, d'après un échantillon 
unique. J'ai eu la bonne fortune d'en rapporter un certain nombre d'exemplaires du 
Dahomey. Comme c'est une très jolie coquille, les féticheurs l'emploient pour fabriquer 
des « gri-gri » divers: colliers, bracelets, etc. 

Parmi les coquilles de mollu.sques servant couramment de monnaies, nous n'en avons 
rencontré que deux espèces. C'est d'abord les cauris (Cyprcea moneta L.) dont l'usage 
tend à disparaître de plus en plus. Nous ne les avons vu employer qu'au Dahomey, et 

seulement sur les marchés du Nord, bien qu'on en 

é trouve encore à Kotonou et à Porto Novo même, ainsi, 

^^L du reste, que sur le marché d'Ibadan (Nigeria). 

^^B Enfin, les indigènes du Kassaï (Congo belge) utili- 

y!^ ^^'^t aussi, comme monnaie, une très jolie petite espèce, 

que nous gvons rencontrée, en faible quantité il est vrai, 
^^k dans nos dragages à Mossamédès, Praya Amelia et 

^^P Saint-Paul-de-Loanda (Angola) : c'est VOlivancillaria 

^^ nana, Lmk = O. ^enopira Duclos, Un négociant de Liège 

s'était adressé, il a quelques années, à l'Office colonial, 
Fig. 23. —Perideris Fig. 24. — oiivancii- pour savoir dans quelle région on pourrait en rencontrer 
Lechateheri, Dnuiz. laria nana, Lmk. avec Une Certaine abondance pour en envoyer au Kassaï. 

2 2 

G = |. ^ "" 3' Les coquilles de certains mollusques peuvent même 

être utilisées dans quelques jeux indigènes. C'est ainsi, 
par exemple, qu'à Ibadan (Nigeria) nous avons vu des indigènes jouer avecdes coquilles 
de Z/mzco/jn'û Aurora Schuttl. Le jeu consistait à jeter les coquilles en l'air d'une certaine 
façon et à les faire retomber, le plus souvent possible, sur le peristome. 

Toutes les coquilles, de petite taille plus spécialement, qui possèdent de belles cou- 
leurs, peuvent être utilisées, à un moment donné et dans certaines régions, comme parure 
par les indigènes. Mais, aujourd'hui que la bimbeloterie européenne pénètre partout, 
les indigènes la préfèrent, presque toujours, aux produits naturels, et l'usage des 
coquilles comme ornements tend, de plus en plus, à disparaître, comme, du reste celui 
des coquilles-monnaies qui ne seront bientôt plus qu'un souvenir. 



ANNALES DE tlNSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

* À' 



PLANCHE L 




7*/i Dautzenber^ 



ImfiLLa/èntame; Parts. 



A.B4ttarit lUJv. 



Mollusques marins 



ANNALES DE KINSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



PLANCHE IL 




Ph Dcuiizenbery 



Imfx Z La/c>n£a4n*, J^hrta. 



A.Bétuirtt UCh. 



Mollusques Tnarins 



ANNALES DE ^INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 



PLANCHE m. 




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43 












Ph Dcuiizenùery 



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A.£émzifyi. Ue^ 



Mollusques marins 



3486-12. — CORBEIL. IMPRIMERIE CRETE. 



Recherches sur la formation des habitudes, 

le sens des couleurs 
et la mémoire chez les Poissons 



Par Romuald MINKIEWICZ 



Ne pas admettre plusieurs sortes de causalité, tant que 
l'on n'aura pas poussé jusqu'à son extiéme limite l'effort pour 
réussir avec une seule ( — jusqu'à l'absurde, soit dit avec 
votre permission), c'est là une morale de la méthode à quoi 
l'on ne peut pas se soustraire aujourd'hui. 

Nietzsche. Par delà le Bien et le Mal. 

Car, chaque mystère résolu favorablement engendre de 
suite un essaim de subséquents mystères à résoudre et de 
problèmes à découvrir. 

A. CiESZKOwsKi. Pater Noster. 



INTRODUCTION 

§ /. — Difficultés du travail. 

Profitant d'une invitation fort obligeante de la Direction du Musée Océanographique 
de Monaco, j'y ai effectué au printemps 1909 (mars, avril, mai) quelques séries d'expé- 
riences sur la formation des habitudes, le sens des couleurs et la mémoire des poissons 
marins. 

Des circonstances absolument étrangères aux questions scientifiques m'empêchaient 
jusqu'à présent de publier, non seulement les résultats du présent travail, mais aussi ceux 
de plusieurs autres travaux exécutés antérieurement. 

D'autres occupations m'ayant totalement absorbé, ce n'est que maintenant, après 
deux ans et demi d'intervalle, que j'ai pu revenir à mes études scientifiques. 

Lors de l'exécution des recherches dont il s'agira dans le présent mémoire, nombre 
de difficultés s'offrirent dès le début, qui ont entravé considérablement mon travail. 

Elles tenaient : 
T. V. — Fasc. 4. I 



2 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

r A un état rudimentaire du domaine scientifique en question chez les animaux infé- 
rieurs en général, et particulièrement chez les poissons ; bien qu'ils fassent partie du groupe 
des Vertébrés on doutait, il y a peu de temps, de la présence même du phénomène 
de mémorisation; car, dans les idées de la plupart des savants, la mémorisation dépend 
de la présence d'une écorce cérébrale développée, qui précisément manque chez les pois- 
sons ; c'est ce qui provoqua, on se rappelle, il y a douze ans, une enquête de L. Edinger, 
sous le titre : Haben die Fische ein Gedàchtniss ; 

2° A un manque de méthodes, d'expériences relatives bien appropriées, manque 
qui est en rapport direct avec le dit état rudimentaire de la science et qui con- 
traint l'expérimentateur à faire péniblement divers essais et à chercher parfois à 
tâtons ; 

3° A une très grande difficulté de tomber juste sur le matériel convenable parmi des 
centaines d'espèces de poissons; car, ce qui était à prévoir a priori et devint évident au 
cours du travail, il s'en faut que toutes les espèces de poissons qui vivent dans les 
aquariums aient les qualités requises pour de pareilles expériences. Cette difficulté est 
d'autant plus grande que presque chaque espèce exige une méthode différente, confor- 
mément à ses instincts, ses habitudes, à toute sa bionomie, sa mobilité, son tempéra- 
ment, etc., à tel point qu'une méthode, bonne en général, se montre parfois, appliquée 
à une espèce donnée, dépourvue de toute valeur. 

Ainsi, par exemple, au cours des recherches présentes, je ne suis tombé sur les poissons 
les plus aptes à mes desseins (Girelle) qu'à la fin de mon séjour à Monaco, dans la 
deuxième quinzaine du mois de mai; 

4° Une dernière difficulté, qui accrut toutes les précédentes, fut le trop peu de temps 
dont je pouvais disposer : au commencement, je n'évaluai la durée de mon séjour au 
Musée qu'à deux mois, et ce n'est qu'ensuite que les exigences du travail m'ont forcé à 
le prolonger d'un mois encore. 

Cependant ces difficultés renfermaient en même temps quelque chose de bien attrayant. 
Car, moins un domaine de recherches est entamé, plus il laisse d'espace aux manifes- 
tations créatrices de l'investigateur : à son intelligence, son initiative, sa faculté d'inven- 
tion et celle d'utiliser les observations les plus infimes et accidentelles. 



% 2. — Conditions de travail à Monaco, 

Ce que j'ai réussi à faire lors de ce court séjour au Musée Océanographique n'est, 
bien entendu, qu'une simple contribution à la connaissance de la sensibilité chromatique 
des poissons marins, de la formation de leurs habitudes et de leur mémoire. 

Néanmoins c'est parfaitement suffisant pour nous orienter dans ce domaine, pour 
élucider les problèmes fondamentaux et en tirer toute une série de conclusions con- 
crètes. 

Mais si je suis arrivée un certain nombre d'importants résultats, je le dois en grande 
partie : i" à ce que la direction du Musée m'avait accordé l'utilisation la plus large de ses 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 3 

excellents aquariums (i); 2° à ce qu'elle a bien voulu acheter plusieurs ouvrages dont 
j'avais besoin, et aussi une quantité d'objets et de verres de couleur (vitres, man- 
chons, tubes, papiers, cordons de soie, etc.), dont quelques-uns, les manchons par exemple, 
durent être commandés exprès, selon le modèle que j'avais imaginé ; 3° à l'aide active 
dans la mise de mes installations spécia'es; 4° enfin, à cet intérêt que le personnel scien- 
tifique du Musée a témoigné au progrès, aux méthodes et moyens techniques de mes 
recherches, ce qui est parfois à.é]k per se un concours considérable. 

On comprendra avec quel empressement j'exprime ici ma profonde reconnaissance 
au directeur du xMusée, M. Jules Richard, et à ses assistants, car ce n'est que grâce à ces 
excellentes conditions que j'ai pu mener simultanément plusieurs séries d'expériences, 
qui différaient non seulement par leur méthode, mais aussi parla question intéressée et 
par les espèces de poissons utilisées. 



%3. — Espèces utilisées. 

Les poissons employés pour ces recherches furent choisis parmi des groupes les plus 
disparates, aussi bien par leur position taxonomique, que par leurs habitudes et leur 
comportement. 

Ils appartenaient aux familles Labridœ, Sparidœ, Gobiidœ et Hippocampidœ (2). 

En voici la liste : 

1. Julis vulgaris Cuv.-Val. ( — 'Girelle); 

2. Crenilabnis mediterraneiis Lin. ; 

3. Crenilabnis Roissali (Riss.) ; 

4. Gobiiis longiradiatus Riss. ; 

5. Sargus vulgaris G. St.-Hil; 

6. Sargus annularis Lin. ; 

7. Sargus Rondeletti Cuv.-Val.; 

8. Hippocampus guttulatus Cuv. (2). 

[La détermination a été faite d'après le traité d'ÉMiLE Mobeau : Histoire naturelle des 
Poissons de la France, Paris, 1881,] 



§ .^. — Plan de l'exposé. 

11 sera plus commode d'exposer les résultats obtenus suivant les genres de poissons 
examinés, dans Fordre, pourainsi dire, naturel, non dans le sens chronologique, car c'est 
précisément la Girelle, par laquelle je commencerai, qui formait la dernière série de mes 
expériences, mais parce que chaque groupe de poissons porte en soi les moyens d'exa- 

(i) Ainsi, pendant quelques semaines, j'avais des expériences en train dans sept aquariums à la fois, installés en 
partie dans mes deux chambres de travail, en partie dans la grande salle d'aquariums. 
(2) Sur ces derniers, j'ai travaillé avec M. Oxneb, assistant au Musée. 



4 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 

men déterminés, ce qui veut dire aussi que des problèmes déterminés et des méthodes 
différentes bien appropriées surgissent presque spontanément au fur et à mesure de notre 
connaissance du comportement et de ce qu'on peut nommer le « caractère expérimental » 
de l'animal. 

C'est ce qui ressortira au cours du présent travail, et qui est, du reste, plus ou moins 
connu de tous ceux qui ont pratiqué des recherches biologiques^ non, bien entendu, sur un 
matériel conservé dans de l'alcool ou du formol, mais èv ptôvT-.. 



CHAPITRE r 

La Girelle ou les habitudes chromatiques. 

§ 7. — Mes trois principes. 

Trois raisons m'amènent à mettre au premier plan les recherches sur la Girelle, malgré 
que je lui aie consacré le moins de temps, une série d'expériences à peine, et que les résultats 
directs que j'en ai obtenus soient relativement moins nombreux; ce sont : le principe de 
l'esthétique, le principe du progrès ou de l'extension, et le principe de l'intelligence. 

Le premier, non certes au sens du plaisir d'avoir affaire à un poisson si beau, si riche- 
ment paré de couleurs bleue, azur, noire, orange et rose sur le fond de la blancheur 
générale du corps, mais au sens de V esthétique de Vexpérience : ce qui veut dire, ladémons- 
trativité (donc aussi la sûreté) des résultats, ou le rapport harmonieux entre l'essence du 
résultat et la forme sous laquelle il se manifeste, ce qui détermine aussi sa suggestivité 
(impression et force persuasive). 

Ma deuxième raison est, comme je l'ai déjà dit, \e. principe du progrès ou de l'extension 
des recherches, c'est-à-dire vuie possibilité réelle qui se révèle d'attaquer les problèmes 
subséquents sur le même animal, et un programme concret qui s'impose d'élargir le 
domaine d'expériences sur toute une série de nouveaux problèmes. 

La troisième raison, c'est le. principe de l'intelligence^ ou la possibilité d'approfondir 
l'analyse des résultats obtenus, de les rattacher respectivement à une série d'autres résul- 
tats obtenus antérieurement, ou bien au moins de les rapprocher les uns des autres, afin 
de les élucider quelque peu réciproquement. 

11 n'est pas difficile de s'apercevoir de l'importance que présentent ces trois principes, 
qui sont liés ensemble plus intimement peut-être qu'on ne le croit généralement. 

Dans les problèmes de la formation des habitudes, de la mémorisation et de la sensi- 
bilité chromatique qui nous intéressent ici, c'est précisément la Girelle qui, entre toutes 
les espèces que j'avais étudiées, semble répondre le mieux aux exigences ci-dessus 
exposées. 

C'est ce qui m'amène à commencer par elle. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 5 

§ 2. — Le but et la portée probable des expériences. 

Le but immédiat de mes expériences sur la Girelle fut de créer une habitude définie, 
q\\.&)&r\.ommtra\ habitude chromatique^ par voie de répétition des influences chromatiques 
déterminées. 

Comme moyen devait servir l'alimentation du poisson uniquement pendant la durée 
de ces influences chromatiques et toujours en relation constante avec un seul de ces agents 
(une seule couleur). 

Il semblerait que le résultat positif et suffisamment net d'une pareille série d'expé- 
riences résoudrait simultanément, eo ipso, dans un sens affirmatif, toute la série suivante 
de questions, sans les faire traiter séparément : 

/. Sensibilité des poissons envers les agents chromatiques; 

2. Sensibilité différencielle ou le sens de couleurs ; 

3. Modifiabilité individuelle du comportement, dans le sens d'une adaptation indivi- 
duelle; 

4. Faculté de contracter des habitudes; 

5. Particulièrement, acquisition des habitudes chromatiques; 

6. Faculté de mémorisation ; 

7. Existence d'une mémoire fixée ; 

8. Spécialement, d'une mémoire chromatique; 

g. Faculté d'association des faits simultanés et hétérogènes [per contiguitatem) ; 

10. Particulièrement, association entre le fait « nourriture >^ et le fait « couleur »; 

11. Faculté défaire le choix parmi plusieurs faits simultanés d'une certaine caté- 
gorie; 

12. Spécialement, choix de couleurs, au sens de la reconnaissance et du choix de la 
couleur associée. 

La réalité répondra-t-elle à ce que nous attendons ? la constatation de l'habitude 
chromatique chez la Girelle rcnferme-t-elle réellement une réponse affirmative aux 
douze questions énumérées ? — c'est ce qui ne sera démontré que par une analyse précise 
des résultats et de la marche des expériences. 

En tout cas, j'avertis dès maintenant que, dans cette étude, tout comme dans celles 
qui précédaient, je tâcherai d'éviter tout parti pris, qui m'aurait d'ailleurs facilité mon 
problème, en me conduisant par les chemins frayés de la routine. 

Mon entendement delà méthode et de la compétence de la soi-disant « psychologie 
comparée » ou « animale » se trouve largement expliqué dans la première partie de mon 
étude polonaise sur l'instinct, traduite, il n'y a pas longtemps, en allemand (i) par 
Mlle Rose Nussenblatt, à qui j'adresse ici l'expression de ma profonde gratitude. 

Mes principes gnoséologiques n'ont subi dès lors aucun changement. Les directives 
analytiques restèrent les mêmes. Voyons donc quel sera leur résultat dans le cas actuel. 

(i) R. MiNKiEwicz. Vcrsuch einer Analyse des Instinkts nach objektiver, vergleichenderu. experimenteller Méthode 
(aus dem polnischen ùberset^t v. Rosa Nussenblatt, Zool. Jahrbùch., Bd 28, H. 2, léna, 1909). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



§ J. — Méthode et dispositif des expériences. 

La méthode employée dans ce groupe d'expériences est très simple. Elle est, de 
plus, individuelle, non statistique. 

En général on peut la définir comme méthode d'une série simultanée fixe ^ périodi- 
quement répétée. 

Je dis fixe, non identique, car l'élément spacial (la disposition topographique des 
composants chromatiques de la série) subit, comme nous le verrons, des changements 
continuels, faits à dessein. Cependant, quant à sa composition chromatique — et c'est 
exclusivement cette composition qui nous intéresse ici, — la série reste toujours la même 
et peut être considérée ainsi comme « identique ». 

La série est très simple; il n'y a que trois éléments qui la composent : deux chro- 
matiques et nourriture, constamment liée avec l'un d'eux. C'est précisément le fait 
« nourriture », renfermant une force attractive irrésistible pour tout être vivant, qui, dans 
nos expériences, servira de stimulant, possédant une valeur imperative dans la détermina- 
tion des mouvements de l'animal vers le composant chromatique auquel la nourriture 
est liée, et qui par conséquent, grâce à une répétition constante des mêmes mouvements, 
deviendra Vinvocateur de l'habitude chromatique. 

Pratiquement, notre dispositif se présente comme suit. 

Mettons une Girelle dans un aquarium de dimensions telles que l'alerte et agile pois- 
son y ait une liberté de mouvements suffisante. Le mien était de 63X33X33 centimètres. 

Les expériences sont faites toujours dans le même aquarium. Tout transport d'un 
aquarium à un autre, dans des opérations aussi délicates que la nôtre et avec des animaux 
aussi « nerveux » que la plupart des poissons, est absolument exclu durant toute la 
période des expériences. 

Il n'est même pas possible de commencer nos recherches avant que passe la période 
d'excitation causée par le transport du poisson, et avant que le poisson se familiarise 
avec sa demeure^ surtout s'il était récemment péché dans la mer, mais aussi si on l'avait 
pris dans le grand bac du Musée. 

Les heurts contre les parois transparentes de l'aquarium, même après que l'expé- 
rimentateur s'était retiré et la période d'excitation passée, durent encore un certain 
temps. Le poisson doit s'habituer à sa demeure et à son étendue. C'est ce qui est connu de 
toute personne qui a eu affaire à des poissons et ce fait par lui-même, pour quiconque 
n'a pas de préventions arrêtées d'avance, atteste suffisamment, non seulement que les 
poissons sont capables, en général, de contracter des habitudes, mais encore que la for- 
mation des habitudes se prête à l'observation dans des conditions expérimentales. 

Mais ce sont des habitudes spaciales. Nous nous en occuperons dans le chapitre des 
Sars, sur lesquels nous avons fait des séries d'expériences consacrées particulièrement à 
Cette question. Ici cette observation ne s'offrit à nous qu'en passant, ne pouvant toutefois 
être omise. 

Mais revenons à notre dispositif. Je prends deux tubes de verre coloré de dimen- 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 7 

sions absolument égales (long. 5o centimètres; diam. g millimètres), mais de couleurs 
différentes : Vunjaune^ l'autre bleu. 

J'avais pris les couleurs jaune et bleue sans intention spéciale, uniquement parce que 
dans d'autres séries d'expériences sur d'autres poissons (Sargus) et dont la méthode diffé- 
rait un peu, j'employais constamment les couples rouge-vert et rouge-bleu. C'est donc 
pour en changer et pour élargir le champ d'observations comparatives sur le sens de 
couleurs chez les animaux inférieurs, que j'avais pris le couple des tubes bleu-jaune. 

A la distance d'environ 14 centimètres d'une de leurs extrémités, j'enfile sur chacun 
de ces deux tubes un bout de ûl gris, sans en faire le nœud, pour que l'on puisse le dé- 
rouler vite à tout moment. 

Au tube bleu j'attache légèrement, par le bout libre de ce fil, un petit morceau de 
nourriture (de la chair de poisson) de sorte qu'un coup des mâchoires de la Girelle 
puisse le faire tomber facilement, sans que le fil s'en aille en même temps. 

Pour écarter toute possibilité, bien qu'invraisemblable, d'une influence accessoire 
de l'agent olfactif, je trempe le fil du tube jaune, avant chaque expérience, dans le jus de 
la même chair dont j'attache un morceau au tube bleu. 

Si je parle de l'invraisemblance des influences olfactives, ce n'est pas parce que 
l'on est à peu près d'accord sur ce point, mais parce que j'avais fait exprès des expériences 
relatives sur d'autres individus de la même espèce. 

Savoir : je plaçais ensemble dans un aquarium deux ou trois Girelles avec quelques 
crevettes [Palcemon). Les crustacés, comme on le sait, se distinguent par leur odorat 
excessivement développé. Aussi, leur comparaison avec les poissons a élé très instruc- 
tive et bien démonstrative. 

Je triturais dans mes doigts un petit morceau de viande de poisson (la même que 
j'employais pour les tubes) et, les ayant ainsi abondamment trempés de jus, je les mettais 
dans l'eau de l'aquarium qui contenait les Girelles et les Palamons. Après un instant, les 
crustacés laissèrent voir une forte excitation : ils remuaient avec une extrême vitesse leurs 
antennules olfactives, se tournaient du côté d'où venait l'excitant, et, enfin, sautaient 
l'un par-dessus l'autre vers l'endroit où j'avais lavé mes doigts, battant des pinces et 
tâchant de saisir les minimes particules de l'aliment, qui auraient pu fîotter. Cependant, les 
Girelles demeuraient complètement immobiles, comme si nul excitant n'était parvenu à 
leur appareil senso-moteur. 

On pourrait dire que le poisson est trop intelligent pour s'avancer vers l'aliment 
qui, au fond, n'y est pas, et que si au lieu du jus, c'eût été une bonne bouchée, peut-être 
se serait-il comporté différemment. Oui, seulement, je doute que l'action d'un agent 
olfactif diflère selon qu'il consiste en un morceau entier ou en un même morceau 
trituré, même à l'égard d'un chien! (pour un crustacé, comme nous l'avons vu, elle ne 
diffère pas). Et, deuxièmement, les expériences de contrôle avec des morceaux déjà en- 
tiers, mais dérobés à la vue du poisson, donnent le même résultat, comme nous le 
verrons dans le chapitre des Sars. 

Quoi qu'il en soit, pour écarter tout doute sous ce rapport, je trempais toujours dans 
le jus de la même viande aussi le fil du tube jaune. De cette manière, nos tubes ne dif 



8 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

fèrent que par leur couleur et par la présence d'un morceau de nourriture sur l'un d'eux 
(le bleu). 

Maintenant, je prends un tube dans chaque main, par leurs bouts les plus éloignés 

du iil et, en m'écartant le plus possible de l'aqua- 
rium, je les mets dedans, tous les deux simultané- 
ment et parallèlement, à une certaine distance 
(environ 20 centimètres) l'un de l'autre (fig. i), et 
je les plonge obliquement de leur extrémité libre 
pour que l'eau puisse recouvrir le fil et la nourri- 
ture. Knfin, je les appuie, d'un côté contre le bord 
proximal de l'aquarium, de l'autre, leurs extré- 
mités contre la paroi opposée pour qu'ils ne vacillent pas au cours de l'expérience (fig. 2). 
Bien entendu, je change les positions relatives des tubes à chaque expérience, tenant 
le tube bleu, tantôt dans la main gauche, tantôt dans la droite, pour éviter l'influence des 
habiiiides spaciales^ respectivement celle de la mémoire « topographique », phénomènes 
démontrés dans le beau travail de Marie Goldsmith (i) et auxquels moi aussi j'ai consa- 
cré une série d'expériences sur les Sars. 

Voici donc tout notre dispositif. A présent il nous faut observer avec attention 
la conduite de la Girelle, en évitant, naturellement, autant que possible, de nous 




Fis. i. 



Fig. 2. 



mouvoir. 



4. — La marche des expériences. 



J'exécutais mes expériences généralement une fois par jour, vers dix heures et demie 
du matin. Rien entendu, entre l'une et l'autre expérience, le poisson ne recevait aucune 
nourriture. Le jour qui précédait la première expérience il ne l'a pas reçue non plus. 

L'intervalle de vingt-quatre heures était indispensable, car c'est précisément la nour- 
riture qui devait servir d'invocateur de l'habitude, et sa force attractive devait avoir une 
valeur suffisamment imperative. D'un autre côté, je désirais un triomphe complet. Et 
ce qui en serait un, c'est le résultat positif des expériences exécutées une seule fois par 
vingt-quatre heures, surtout par rapport à un animal d'une organisation cérébrale si peu 
développée. 

1.3. première expérience dura très longtemps. 

Avant que je me sois approché, l'animal affamé tournoyait « nerveusement » par 
tout l'aquarium. Mon approche le repoussa jusqu'à la paroi opposée de l'aquarium, et, 
quand j'eus soulevé les mains et mis les tubes de la manière décrite plus haut (fig. i et 2), 
la Girelle se jeta ou bien tomba sur le fond (2), quelques instants presque immobile. Peu 
à peu, elle retrouva sa faculté de mouvement normal, et le terrain de ses excursions 
s'agrandissait constamment, mais restait toujours limité à la partie postérieure et infé- 

(i) Marie Goldsmith, Recherches sur la psychologie de quelques poissons littoraux {Bull. Inst. gén. psvch. 
V, I, 1905). 

(2) Nous aurons l'occasion de parler plus explicitement de ce phénomène de « tomber sur le fond » dans le chapitre 
des Sars. Ici nous le mentionnons seulement. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 9 

rieure de raquarium. Mes mains levées et mes tubes colorés suspendus à la surface de 
l'eau exerçaient encore une influence répulsive, cependant évidemment faiblissante. 

A chaque tournant du poisson, ses yeux tournaient un peu vaguement de ce côté, 
tandis qu'antérieurement, avant que je me fusse approché, ils se dirigeaient constamment 
partout, dans un changement de direction perpétuel, en continuelle, peut-on dire, 
« recherche ». 

Ce n'est qu'au bout d'une heure que j'observai l'orientation brusque des yeux et 
ensuite de la tête, vers un endroit défini : c'est « la nourriture », attachée au tube bleu, 
qui frappa le sensorium du poisson aflFamé, provoquant les mouvements locaux corres- 
pondants. Ensuite apparut une « inquiétude » générale, comme une transfusion de l'exci- 
tation le long du système moteur tout entier, refréné en même temps par quelque chose : 
r« hésitation ». L'arrêt pour un instant, les yeux « louchant » vers ce point magnétique 
sur le tube bleu(i). 

L'influence attractive, cinétique, de la nourriture « aperçue » s'étend évidemment 
et augmente. Mais cependant persiste encore l'influence répulsive, qui n'est peut-être déjà 
que refrénante, de ces objets « extraordinaires » d'au-dessus de l'eau : des tubes et de 
mes mains. 

Tout à coup, comme une flèche, la Girelle se lança sur l'appât, l'arracha d'une trac- 
tion et, en possession de sa proie, tourna sur place vers la partie postérieure de l'aqua- 
rium, pour l'y consommer. L'épreuve était terminée. Un instant après, j'enlevais les 
tubes, pour recommencer le lendemain la même opération. 

Mais, en même temps que la nourriture « aperçue », la couleur bleue du tube était- 
elle tombée dans le sensorium du poisson ? y a-t-elle provoqué quelques changements, 
ne fussent-ils que passagers ? S'y fit-elle distinguer, par son influence, de la couleur jaune 
du tube similaire, privé d'objet attractif? Pour le moment, nous n'en savons rien. 

Déjà le lendemain, un changement énorme se manifeste; toute l'expérience ne dura 
qu'une quinzaine de minutes. Mes mouvements de la mise des tubes, et la présence de 
ces derniers agissaient sur le système neuro-moteur de l'animal d'une façon beaucoup 
moins repoussante et refrénante. Et en rapport avec ce fait problablement, l'agent 
« nourriture » tomba plus vite dans le sensorium et provoqua plus rapidement le mou- 
vement d'approche. 

Le jour suivant^ ce fut encore plus prompt, et, ensuite, la Girelle se lançait en ligne 
droite vers l'appât, immédiatement après la mise des tubes. 

Les objets a étranges », agissant sur la vue du poisson, ont perdu leur influence 
inhibitriceet répulsive sur ses mouvements, du moins en comparaison avec la valeur 
imperative de l'influence attractive, provenant de la nourriture attachée au tube bleu. 

La Girelle « s'apprivoise » et vient à la nourriture, tendue, pour ainsi dire, par l'ex- 
périmentateur. 

Faits, du reste, connus, depuis des siècles, des pisciculteurs et même des pêcheurs. 

Je ne sais pas si la Girelle cesse d'avoir peur, car j'ignore si elle avait eu aupara- 

(i) Comparer avec mes observations sur !'« iiïquiétude» grandissante elle changement du comportement du crus- 
tacé Phronima, sous l'influence croissante de l'excitation motrice, due à la persistance de l'excitant (R. Minkiewicz, 
Mémoire sur la biologie du tonnelier de mer, chapitre II, Bull. Mus. Océan. Monaco, n» i32, septembre 1909). 
T. V. — Fasc. 4. 2 



JO ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

vant le « sentiment de peur ». Et jamais, je ne le saurai. Car, non seulement les états 
« psychiques » concrets de la Girelle, comme de tout autre animal, mais leur existence 
même est, et restera toujours, du domaine fermé à notre connaissance, quoique proba- 
blement ils ne cesseront jamais d'éveiller notre curiosité. 

En revanche, nous voyons se former à nos yeux deux habitudes nouvelles : i" fami- 
liarisation avec l'expérimentateur (aussi bien avec ses mouvements qu'avec ses outils) et 
2° préhension de la nourriture sur le tube, habitudes qui ne présentent peut-être que deux 
côtés du même phénomène adaptatif. 

Désormais, nous pouvons chercher si l'habitude chromatique n'a pas commencé à 
se former. On ne peut le reconnaître qu'en écartant ce qui, selon nos suppositions, devait 
agir comme invocateur de l'habitude éventuelle, attirant le poisson vers le tube bleu : 
la nourriture. 

En supprimant cet invocateur, nous entrons dans une nouvelle phase de recherches: 
aux conditions de formation de l'habitude, nous substituons celles de reproduction, de 
manifestation de l'habitude, autant, bien entendu, qu'elle a été formée ou, du moins, 
commença à se former. 

De la phase préparatoire nous passons dans la phase résultative. 

Mais, dans le cas où l'habitude ne serait pas encore fixée, la suppression de l'agent 
invocateur peut, et même doit, du moins en théorie, influencer négativement le résultat 
d'expériences, introduisant un trouble dans les conditions jusqu'alors homogènes. 

Cependant, nous n'avons point d'autre moyen. Ijnpossible de dé- 
limiter d'une manière absolue, au cours des expériences, la phase de 
formation de ccWedt reproduction; toujours, ici comme partout ail- 
Fig. 3. leurs, comme dans le monde humain, la phase d« reproduction ren- 

fermeaussilesconditions de formation de l'habitude etdela mémoire. 

Mais, on peut réduire la durée de Vépreupe évocatrice au minimum strictement 
nécessaire, et, immédiatement après, répéter de nouveau l'expérience primitive avec 
l'agent invocateur. 

C'est ainsi que je procédais toujours, non seulement dans celle-ci, mais dans 
toutes les autres séries d'expériences. Dans le cas de Girelle, je mets pour un 
instant les deux tubes sans nourriture (mais toujours avec leur fil) et j'observe la conduite 
de l'animal; ensuite, je retire les deux tubes, j'attache la nourriture au tube bleu de façon 
normale, et je renouvelle le procédé habituel. 

Le premier jour de fepreupe^la Girelle, ayant « louché » vers le tube bleu, nage sous 
les tubes (fig. 3) en va-et-vient sigmoïde à différentes reprises, dirigeant toujours, d'une 
façon manifeste, son œil correspondant (i) vers le tube bleu. 

Ensuite, elle loucha, une ou deux fois, légèrement vers le jaune, en passant au-des- 
sous de lui. Peu après, l'orientation de l'œil s'arrête. La Girelle nage, ne prêtant plus 
« attention » aux tubes, comme si ceux-ci avaient cessé d'exercer une influence quel- 
conque. Je me. suis hâté de retirer les tubes et de réitérer le plus vite possible l'expé- 
rience invocatrice normale. 

(i) Je dis « œil correspondant », car j'ignore ce qui se passe du côté de l'œil opposé qui au moment donné m'est 
forcément invisible. 




ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



II 



En général, je tâchais de ne pas laisser arriver jusqu'à une cessation de réaction, crai- 
gnant d'empêcher la fixation de l'habitude chromatique, à moins, du reste, que le désir 
de connaître les changements du comportement de l'animal ne l'emportât. 

Le lendemain^ à peu près la même chose se passe, avec un certain changement positif 
pour la question qui nous intéresse, voire : en passant sous le tube bleu, la Girelle tourne 
vers lui sa tête, modifiant ainsi un peu sa trajectoire ou même s'arrêtant pour un instant. 

Les jours suivants, immédiatement après la mise des tubes, elle se dirige d'un 
prompt mouvement vers le tube bleu et reste sous lui un certain temps, le museau tendu 
en haut.... Si, au commencement de l'épreuve, la Girelle se trouvait par delà le tube jaune, 
la courbe de son mouvement vers le tube bleu n'en subit aucune déviation relative, et 
seulement, on peut observer parfois un remuement très léger de l'œil, au moment de 
passage sous le tube jaune. Ordinairement, l'on n'en aperçoit rien. 

L'habitude bleue — sit venia verbo ! — s'est formée. Maintenant, je puis me permettre 
des essais d'évocation plus prolongée et répétée. Ce qui 
estfort instructif, c'est la marche des expériences dans les 
derniers jours. 

26mai. — LaGirelle se dirige immédiatementtoutdroit 
vers le tube bleu, son œil orienté vers lui et son museau 
soulevé (ou tendu, je ne sais comment dire en parlant d'un 
poisson). S'étant approchée du tube, elle s'arrête dessous, 
dans son plan vertical, la tête vers le haut (fig. 4), et dans 
cette position, elle se traîne le long du tube jusqu'au filet 
un peu plus loin, jusqu'au point d'émergence du tube (i). 

Alors, je retire mes tubes, mais, au lieu de les 
remettre ensuite dans l'eau pourvus de nourriture, je 
répète encore l'épreuve sans appât. Et de nouveau 
se produit le même comportement du poisson. Alors 
suit l'expérience normale avec nourriture. 

27 mai. — Encore plus intéressant. Je prolonge 
l'épreuve davantage (une minute environ). Le 
poisson se tient sous le tube bleu, tantôt d'un côté, 
tantôt de l'autre, tantôt verticalement au-dessous 
(fig. 5), se déplaçant latéralement, comme polarisé par l'influence du 

Pas un regard au tube jaune. 

28 mai. — Je prolonge davantage la reconnaissance. Cette fois- 
ci, la Girelle se tient du côté interne du tube bleu, en position 
oblique (fig. 6). 

Après un long moment, son agilité prévaut. L'animal 
s'éloigne et s'arrête sous le tube jaune, mais, à peine tour- 
né, il se jette de nouveau vers le bleu, sous lequel de 
nouveau il se plante pour longtemps. J'attends, ce jour-là, impitoyable. 




Fig. A- 




Fig. 5. 



o 




tube. 

© 



(i) Je rappelle que le tube jaune, lui aussi, est muni toujours d'un fil. 



12 ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 

L'animal s'éloigne pour la deuxième fois, s'arrête pour un instant sous le tube jaune 
et, à peine tourné, s'élance vers le tube bleu et se tient dessous, pour la troisième fois. 

Maintenant, je lui offre un morceau de nourriture de la façon normale, mais sensi- 
blement plus petit qu'ordinairement. Le poisson l'a mangé tout entier, tandis que d'ha- 
bitude il en laissait des bribes. Je l'essaie encore, sans nourriture. J'introduis les tubes 
plusieurs fois pour de brefs instants. Le poisson ne s'en approche plus. L'habituel chan- 
gement de réaction (zéro) se produit après l'apaisement de la faim. Nous le verrons 
aussi dans les expériences sur les Sars. 

Cependant — peut-être en raison de sa satiété incomplète — à chaque nouvelle 
introduction des tubes, la Girelle, encore un peu excitée, en nageant çà et là, louche de temps 
en temps distinctement vers le tube bleu, et même il lui arriva une fois de détourner sa 
tête vers ce tube avec un arrêt momentané. Les autres jours, le poisson rassasié ne réa- 
gissait plus à la présence des tubes. 

3o mai. — Comme je devais quitter Monaco, je priai M. Oxner d'être témoin de la 
série réussie. J'ai l'habitude de le faire dans tout travail expérimental, tantpour m'assurer 
de n'être pas hypnotisé par mes propres attentes^ que pour avoir le plaisir de communiquer 
à quelqu'un les résultats et les méthodes d'un travail qui, peut-être, n'aura pas la chance 
d'être publié bientôt. 

C'est ainsi que, déjà au commencement de 1905, je montrais à mes camarades du 
laboratoire deVillefranche-sur-Merles A/û/(J, s'habillant de papiers d'une couleur synchro- 
matique. C'est ainsi qu'en igo6 je montrais à Roscoff les eflorts d'une Maia, qui avait 
subi la résection du « cerveau », d'attacher sur son dos un matériel quelconque offert à 
ses pinces ; de même, en 1 907, je faisais voir, lors de ma conférence à Roscoff, les couleurs 
des Hippolytes acquises dans un milieu correspondant. De même encore, en 1906, avec 
les tropismes de Lineus. 

Mais, regardons comment notre Girelle s'est comportée en présence d'un témoin. 

Eh bien ! ce fut aussi bien que les jours précédents, mais avec quelques points de 
différence. 

Lorsque l'épreuve se prolonge davantage, la Girelle, tout en s'éloignant du tube bleu, 
ne se dirige pas vers le jaune, ni ne s'arrête dessous, mais, ayant fait quelques tours dans 
l'aquarium, revient ensuite directement et promptement vers le tube bleu. 

Je renouvelle l'épreuve plusieurs fois, dans de courts intervalles, en changeant chaque 
fois la place relative des deux tubes. Toujours le même résultat. 

Alors enfin, ayant mis, encore une fois, les tubes sans nourriture, je jette celle-ci à 
côté. Un bon moment le poisson ne l'aperçoit pas, polarisé qu'il est par le tube bleu, 
vers lequel sont orientés toujours ses yeux et son museau tendu. Puis, subitement, il 
l'aperçut grâce à un mouvement plus heureux, et avide s'y précipita. Il faut ajouter 
que cette dernière épreuve et deux autres encore ont été exécutées vers midi, donc plus 
tard qu'à l'ordinaire. En dehors d'elles, j'avais exécuté deux ou trois expériences sup- 
plémentaires dans l'après-midi, entre trois et quatre heures, sans aucune différence mani- 
feste dans le comportement de l'animal. C'est ce qui a été fait en partie dans le but 
d'éliminer Vinfluence de l'agent périodique du temps qui, vu les exemples bien connus de la 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE i3 

formation des rythmes chez les animaux inférieurs et les plantes, pourrait peut-être jouer, 
lui aussi, un certain rôle. 

Maintenant, voici encore une observation intéressante, complétant les autres, faite le 
3i mai, la veille de mon départ de Monaco. 

3 1 mai. — J'apportais pour la dernière fois la nourriture à mon poisson, sans aucune 
intention de l'expérimenter. Je la lui ai jetée directement. 

Mais, en réponse au mouvement de ma main, la Girelle avança vite vers la surface de 
l'eau, comme elle le faisait chaque jour après l'introduction des tubes, bien qu'ils n'y 
étaient pas cette fois-ci. 

Ce n'est qu'après un bon moment qu'elle aperçut la nourriture qui tombait à côté. 

Voici donc, encore une habitude formée dans cette série d'expériences : Vavancement 
vers la surface de l'eau^ le museau tendu en haut, — en réponse à certains agents optiques 
(mouvements, objets), venant d'au-dessus de la surface de l'eau. 

Cette habitude se prête souvent à l'observation chez les Girelles et chez d'autres petits 
poissons, demeurant dans des grands bacs par terre, et recevant, par conséquent, la nour- 
riture des gens qui se penchent vers la surface de l'eau. , 

Et même il y a mieux. Aussitôt qu'on se penche sur un pareil bac, ou qu'on y étend 
sa main, les Girelles affluent de partout et, leurs têtes dirigées vers la main penchée, 
s'efforcent autant de s'en approcher, que leurs museaux émergent et lancent alors coup sur 
coup des jets d'eau plus ou moins forts, souvent à une hauteur de 2 à 3 centimètres, mais 
parfois se déversant à peine par-dessus la bouche. 

Les battements de l'appareil operculaire, une fois le museau sorti hors de l'eau, doivent 
produire un courant renversé, en avant, et nécessairement dans la direction de l'objet 
qui attire le poisson, et le force à prendre envers lui une position déterminée. 

Et voici que nous avons une explication et une répétition en desproportions plus res- 
treintes des actes des Ikansumppit des Malais^ po\ssons-archcrs{Toxotesjaculator Schlos., 
peut-être aussi des Chelmones), rapportés d'après les dires des voyageurs par Lacépède et 
Cuvier-et-Valenciennes. « Il sait, écrivent ces derniers auteurs sur Taxâtes — lancer des 
gouttes d'eau à une grande hauteur^ à trois pieds et davantage^ et atteindre, presque sans les 
manquer^ les insectes ou autres petits animaux qui rampent sur les plantes aquatiques, ou 
môme sur les hi*rbes du rivage. » 

Je suis fort content de ce que rna petite Girelle me permet de confirmer, ne fût-ce que 
médiatement, ce fait plus d'une fois mis en doute, ce qui est d'ailleurs fort étrange, vu la 
concordance, à cet égard, non seulement des auteurs français, mais aussi de Schlosser, 
Bloch, Hommel et autres (i) : 

« Les habitants de plusieurs contrées des Indes, — lisons-nous chez Cuvier-et- Valen- 
ciennes, — surtout les Chinois de Java, l'élèvent dans leurs maisons pour s'amuser de ses 
manœuvres, et lui offrent des fourmis et des mouches sur des bâtons à portée.... Nous en 
avons reçu de Batavia un individu dont l'estomac était tout rempli de fourmis. » 

En récusant une certaine exagération anthropomorphique dans les récits des voyageurs, 
je ne vois, après tout, rien de surprenant dans le fait de lancer quelques gouttes d'eau 

(i) Voir l'édition française de Brehm, Les merveilles de la nature, t. VI, p. 2o5-6 sqq. 



14 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

dans la direction d'un objet, attirant vers la surface de Teau un Archer ou une Girelle, et 
les forçant à émerger leur museau, — n'importe que cet objet soit un insecte, reposant 
sur une feuille, ou bien une main de l'observateur. 

Je trouve encore moins de merveilleux et de mystérieux dans la précision des visées 
du Toxoies, si l'on tient compte de ce que l'objet attirant force nécessairement le poisson 
à s'orienter de telle manière que son action sur les deux rétines soit à peu près égale, 
donc symétrique. 

Il n'y a là rien de plus étrange ou mystérieux que dans tout phénomène de la vie. 

Le renversement du courant est, du reste, un fait habituel au cours de l'existence de 
plusieurs poissons, entre autres de la Girelle. Il se produit d'une façon bien caractéristique, 
par exemple chez les Creuilabriis (i), auxquels je vais consacrer un chapitre plus loin. 
Leur museau très étroit ne leur permet pas l'accès au pharynx d'une crevette quelque 
peu volumineuse, leur nourriture habituelle, que leurs dents ont déjà saisie. Alors, d'un 
fort courant renversé, ils la rejettent devant coup sur coup, et de suite la saisissent de nou- 
veau, en soulevant une véritable nuée poussiéreuse de parcelles de la crevette broyée, 
jusqu'à que, froissée et morcelée, elle soit enfin avalée. 

Ici le courant renversé a lieu sans que le museau s'élève au-dessus de la surface de 
l'eau, provoqué probablement par obstruction de l'orifice buccal, suivie de battements 
plus forts de l'appareil operculaire (2). 

Mais terminons cette digression qui s'offrit par le cours même des observations et 
n'est peut-être pas dépourvue d'intérêt, et revenons au sujet propre du présent chapitre. 



§ 5. — Discussion et analyse des résultats. 

A. Résultat principal. — Création par voie expérimentale d'une habitude chroma- 
tique bien définie, à l'aide d'une méthode de répétition d'une série fixe, dont un des 
composants (nourriture) joue le rôle d'invocateur. 

Dans le cas donné, ce fut une habitude bleue [sit venia verbo !). Cependant on peut 
affirmer avec certitude, n'ayant même pas connaissance de mes expériences sur les Sars, 
qu'on pourrait aussi bien provoquer la formation de toute autre habitude chromatique, 
du moins en ce qui concerne les couleurs fondamentales et dans des conditions facilitées, 
c'est-à-dire, en combinant dans l'expérience les couleurs bien différentes l'une de l'autre, 
comme étaient ici le jaune et le bleu. 

Ce résultat essentiel de nos expériences sur la Girelle, obtenu dans des conditions 
décrites minutieusement plus haut, renferme., en effet., une réponse affirmative aux huit 
premiers points du paragraphe 2, qui concernent le sens de couleur., l'adaptation indivi- 
duelle et la mémorisation, et même une mémoire fixée ^ hautement développée. Cela implique- 
t-il simultanément une réponse affirmative aux quatre derniers points (9-12), touchant la 

(i) Il faut se rappeler que la Girelle appartient à la même famille des Labridœ et possède un museau pareil, étiré 
et étroit, avec une bouche protractile. 

(2) Le ren'-ersement du courant baignant les branchies est connu comme phénomène normal dans d'autres classes 
animales, par exemple chez les crustacés décapodes. On peut le provoquer expérimentalement, en forçant par exemple 
le zrabt fouisseur Corystes, à sortir de la vase où il s'est enfoui. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE i5 

faculté d'association, de reconnaissance et de choix 1 II faut y réfléchir profondément. Et 
avant tout, il faut chercher si cette mémorisation et cette « mémoire fixée » ne peuvent 
être analysées plus intimement, du moins dans le cas donné. 

Une simple constatation de leur existence, dans des expériences comme les nôtres, 
est un fait trop grossier, trop brut pour qu'on en puisse rester là et en tirer de suite 
des conclusions allant plus loin. On risquerait ainsi de faire fausse route, et d'ériger tout 
un édiîice de constructions logiques sur un malentendu peut-être fondamental. Donc, 
essayons d'analyser. 

Dès le premier jour, sitôt que la nourriture eut été aperçue, et durant tout le cours 
d'expériences, la présence de ce petit morceau de viande attirant magnétiquement 
l'animal affamé le force à diriger ses yeux et les mouvements de son corps vers le tube 
bleu, à s'y approcher ensuite complètement, et à se tenir activement dessous pendant 
un moment plus ou moins long, les yeux et le corps tout entier orientés du côté de ce 
tube d'une façon déterminée, avec exclusion, pour ce laps de temps, de tout ce qui n'est 
pas lié étroitement en espace à cette nourriture ; donc, avec exclusion évidente du tube 
jaune, qui se trouve quelque part de côté, à une distance d'environ 20 centimètres. 

En d'autres termes, chaque jour, pendant un certain moment, l'organismedelaGirelle 
est soumis à une influence /orcée d'un objet (ou d'une surface) chromatique, par voie 
rétino-neurale, et, simultanément, il subit des excitations motrices (c'est-à-dire, neuro- 
musculaires, des yeux, du corps, des nageoires) également forcées (i) et à direction 
définie, vers cette surface chromatique, donc, pour ainsi dire, d'un signe par rapport à elle 
défini, positif (-|-). 

Et à mesure que le poisson cède à ces excitations motrices, à mesure qu'il s'approche 
de la nourriture et du tube bleu, l'influence chromatique de ce dernier augmente forcé- 
ment, et forcément devient de plus en plus exclusive. 

Tout cela se produit sur une base générale de l'état limique (2) qui est une condition 
nécessaire de l'efficacité de l'appât, et qui développe, principalement par voie sympa- 
thique, toute une série, ou plutôt tout un flot d'excitations trophiques (métaboliques 
et digestives) continuelles, d'un caractère également défini. 

La confluence périodique et la coexistence durant quelques instants de ces trois exci- 
tations (chromatique, motrice et trophique), répétée un certain nombre de fois, impose et 
affermit par suite un rapport déterminé entre les dites excitations, de façon que l'appa- 
rition de l'agent chromatique bleu provoque maintenant une réaction motrice immé- 
diate du poisson affamé, réaction identique, quant à son caractère et sa direction, à 
celle provoquée précédemment par l'agent « nourriture » qui coexistait toujours avec 
cet agent chromatique. 

L'absence d'excitations trophiques (et digestives) définies, la disparition de Télat 
limique, rend impossible une manifestation active (dans certains actes de l'animal) de 
cette liaison entre une excitation chromatique donnée et une excitation motrice dé- 
finie. 

(i) C'est-à-dire provoquées par un stimulant optique aussi irrésistible qu'est la nourriture pour un poisson 
afTamè. 

(a) AiiAot — la faim. 



i6 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Rassasiée, la Girelle ne s'approche plus du tube bleu, ne dirige plus vers lui ses yeux 
ni son corps. Elle reste impassible, même si Ton y accroche la nourriture. Mais, sitôt que 
l'état de faim réapparaît, la liaison senso-motrice acquise se met de suite à fonctionner. 

L'incomplète satisfaction de la faim, l'élimination incomplète de ses excitations méta- 
boliques et digestives (quelquefois de ces dernières seules peut-être, les premières étant 
suffisamment éliminées) donne encore à cette liaison seule possibilité de se manifester dans 
une certaine mesure, comme nous venons de le voir dans l'exposé de nos expériences. 

L'état de faim semble jouer le rôle, non pas de troisième chaînon ou composant, 
équivalent à deux autres, mais plutôt, je le répète, d'une base générale, pour ainsi dire, 
d'une atmosphère cœnesthésique définie, associée à la liaison des chaînons chromatique et 
moteur, liaison, qui prit origine, se développa et s'affermit, entourée toujours de cette 
atmosphère. 

Qu'est-ce que cette association ? Existe-il des faits analogues dans d'autres do- 
maines, chez d'autres groupes animaux? Peuvent-ils être comparés et, peut-être, élucidés 
quelque peu réciproquement ? nous y réfléchirons plus tard. 

En ce moment, il nous faut encore examiner la liaison chromato-motrice, qui est le 
noyau essentiel de l'habitude. 

Bien que formée grâce à une coexistence accidentelle (forcée par des agents étrangers) 
et répétée, des excitations motrices à caractère et direction définis, avec des excitations 
sensorielles définies, mais une fois formée, cette liaison devient directe et irrésistible ; elle 
devient, tout simplement, une réaction motrice de Tanimal à l'apparition de l'agent chro- 
matique, une réaction tropique et comme telle ne différant objectivement point des mou- 
vements tropiques (i) communs. C'est donc, tout simplement, un chromotropisme acquis^ 
un cyanotropisme dans le cas actuel. 

La différence entre ce chromotropisme de la Girelle et les autres cas de chromotropisme 
que j'avais décrits [par exemple rérj/Aro/ro/'/^me de la Nemerte Lineus(2)ou le chlorotro- 
pisme de Bernard l'Ermite (3)], consiste en ce que là, c'était un chromotropisme naturel, 
donné enson ensemble, tandisqu'ici chez Girelle, c'est un chromotropisme artificiel, forcé, 
élevé dans des expériences déterminées. Là — c'est un phénomène général, commun à 
tous les individus de l'espèce ; ici — il est acquis individuellement. Si l'on veut, là c'est 
l'instinct, ici c'est l'habitude. 

Mais, quoique différent par son histoire, par son mode de formation, une fois 
formé, ce phénomène devient, je le répète, objectivement identique. 

Un observateur non informé de son histoire est forcé de le qualifier comme tro- 
pisme, tout simplement. Du reste, un tel phénomène peut se former non exclusivement 
dans des conditions artificielles, et ce n'est pas le seul exemple connu du chromotro- 
pisme acquis individuellement. Nous trouvons la même chose chez les petites crevettes 
Bippolyte varians, comme je l'ai dit plusieurs fois dans mes travaux sur l'instinct de 

(i) J'emploie l'expression « tropisme » ici, comme dans mes travaux antérieurs, au sens général, sans me prononcer 
au sujet delà nature intime du phénomène, donc sans le rattacher à aucune des théories émises. 

(2) RoMUALD MiNKiEwicz. Sur le chromotropisme et son inversion artificielle (C. R. Ac. Se, t. CXLIII, n» ai, 
nov. 1906). 

(3) R. MiNKiEwicz.-Sur le chlorotropisme normal des Pagures (C. R., t. CXLVII, n" 11, nov. 1908). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 17 

déguisement, en m'étant basé sur les données de Keeble et Gamble (i), données abso- 
lument indépendantes de toute question des tropismes et des habitudes, donc d'autant 
plus concluantes. 

Chaque variété chromatique de Hippolyte a son tropisme particulier, concordant 
avec la couleur de son corps, tropisme synchromatique. 

Et si nous ne savions pas que ces variétés ne sont point fixes et innées, mais formées 
au cours de leur vie individuelle grâce aux influences du milieu, nous aurions considéré 
leur chromotropisme comme une propriété physiologique spécifique et congénitale. 

Cependant, bien que cela n'ait rien changé dans la manifestation de ce chromotro- 
pisme, nous connaissons aujourd'hui l'histoire de sa formation individuelle (simultanée 
à chaque développement d'une nouvelle coloration) sous l'influence directe du milieu 
chromatique ; c'est ce que j'avais appelé, il y a quelques années, une résonance chromo- 
cinétique. 

J'avais démontré une acquisition du chromotropisme synchromatique toute pareille, 
dans plusieurs séries d'expériences variées et répétées, chez un autre crustacé, Maja, mais 
ici sans aucun rapport avec la coloration qui dans ce cas ne jouit point de la faculté de 
subir des changements. 

Donc, chez ces crustacés, tout comme chez notre Girelle, se forme, conditionnée par 
des influences extérieures accidentelles, une liaison embiontique des mouvements 
déterminés de l'animal (déterminés quant à leur direction ou leur caractère) avec un 
agent chromatique défini. 

Dans un cas, comme dans l'autre, il se forme, sous nos yeux, quelque chose qui 
n'avait pas eu lieu auparavant, une réaction senso-motrice qui jusqu'ici n'existait guère. 

Ici comme là, elle se produit grâce à une éducation du système senso-moteur (tout 
entier, dès la rétine, par les voies nerveuses avec leurs centres, jusqu'aux muscles ? ou 
bien seulement de ses certaines parties ?) dans certaines conditions chromatiques. 

Cette éducation a-t-elle lieu avec le concours de la volonté de l'expérimentateur ou 
indépendamment, spontanément (2), dans un milieu naturel, — ceci n'a aucune impor- 
tance, puisque le résultat et le processus sont dans les deux cas identiques. 

Il y a pourtant des différences dans l'éducation du chromotropisme chez Maja et chez 
Girelle. Et ce sont précisément ces différences qui devront nous servir, je l'espère, à 
cclaircir réciproquement les deux cas : 

Premièrement. Maja, dans mes expériences, étant entourée de milieu chromatique, 
subit donc son action permanente et de toutes parts., tandis que Girelle est soumise j^mo- 
diquement et avec de très longs intervalles à l'action d'un agent chromatique qui occupe 
dans l'espace environnant une étendue limitée, relativement très /'e/z/e (le tube bleu). 

Deuxièmement. Maja subit ainsi son éducation toujours dans une parfaite liberté de 
mouvements, tandis que Girelle chaque fois, au moment éducatif, doit être forcée de se sou- 

(i) F. Keeble and F. W. Gamble. Hippolyte varians, a study in Colour-change (Quart. J. of. Micr. Se, t. XLIIF, 
1900). 

J'avais réunis et mis en lumière les données éparses ici, pour la première fois, dans ma note préliminaire « Analyse 
expérimentale de l'instinct de déguisement chez les Brachyures Oxyrhynques » (Arch. Zool. Exp., série 4, vol. Vil, 
1907), dans le chapitre : Le chromotropisme synchromatique variable de Hippolyte varions, p. li-lii. 

(2) Au sens objectif, darwinien. 

T. V. — Fasc. 4. 3 



x8 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

mettre à l'influence chromatique, d'entrer en conctact senso-moteur avec cette influence, 
de diriger son corps avec les éléments récepteurs (les rétines) de ses deux yeux vers le 
tube bleu. En un mot, Girelle chaque fois doit être polarisée, pendant un certain moment, 
dans une influence chromatique voulue. 

Dans le cas de Maja, nous appliquons donc une éducation pure, sans moyens supplé- 
mentaires, indirects, secondaires; dans le cas de Girelle, nous appliquons une éducation 
avec coercition, une sorte de dressage par l'emploi d'un stimulus optique, aussi impératif 
qu'est la nourriture. 

Troisièmement. Pour que la coercition soit efficace, Girelle est soumise à l'influence 
chromatique toujours et exclusivement dans un état physiologique défini, état de faim (état 
limique), pendant que Maja, sous la même influence, accomplit toutes ses fonctions orga- 
niques, passe du cours habituel par tous les états physiologiques, sans qu'aucun d'entre 
eux ait un lien ou rapport plus intime avec l'influence chromatique. 

Quelle est donc l'importance de ces différences dans l'acquisition du chromotro- 
pisme? 

Comme nous le voyons, elles sont liées intimement à la méthode d'expériences; mais 
sont-elles réellement inévitables, c'est-à-dire liées nécessaire?nent à l'acquisition même du 
chromotropisme dans ces deux cas (cas de Maja ou de crustacés en général, et cas de 
Girelle ou de poissons)? 

Il est à remarquer, avant tout, que chez les poissons on peut observer aussi 
un chromotropisme naturel, normal, c'est-à-dire non lormé dans des conditions 
expérimentales, et relativement constant, donc équivalent au tropisme de Lineus, 
Pagurus, etc. 

Je l'ai trouvé chez Crenilabres et chez Gobius, chez chacun sous une forme différente, 
exigeant pour sa manifestation des conditions (i) différentes, comme nous le verrons 
dans les chapitres consacrés à ces poissons-là. 

Je n'ai pas fait d'épreuve correspondante chez Girelle; ceci aurait été intéressant 
quand même; mais, pour l'affaire qui nous importe, c'est parfaitement indifférent. La 
constatation de ce phénomène chez les poissons en général suffit. Et même, si on ne l'a- 
vait pas constaté chez les poissons, il suffirait qu'il existe chez d'autres animaux, ayant un 
chromotropisme naturel et constant, du moins dans des conditions habituelles, normales. 
Mais ces poissons, je les ai trouvés. 

J'ai insisté, par deux fois, sur ce que ce chromotropisme naturel est constant dans des 
conditions habituelles, normales; car, nous le verrons plus loin, d'une grande importance 
sera pour nous le fait, qu'avec une modification radicale des conditions physiologiques de 
l'organisme, ce tropisme naturel (donc, en général « spécifique » et, comme l'on dit, « con- 
génital ») peut subir aussi une modification expérimentale individuelle, comme je l'avais 

(i) De même que les conditions de manifestation du chromotropisme chez ces poissons diffèrent de celles chez 
Lineus, et celles de Lineus de celles de Pagure, etc. 

J'écrivais dans la note citée plus haut et traitant du chlorotropisme des Bernards-l'Ermite : < // est à remarquer 
que tout animal exige des conditions particulières, afin qu'il puisse manifester ses propriétés chromotropiques. Il 
est indispensable de trouver ces conditions-là sous peine de ne pouvoir rien observer dans la question qui nous 
occupe ». 

Je l'ai constaté dans la forme peut-être la plus impressionnante chez Phronime, ce qui reste encore à publier. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 19 

prouvé chez Lineus (i) et chez Pagures (2) en traitant chacun d'eux par une méthode 
complètement différente. 

Pour le moment, ce n'est qu'une remarque en passant, et je reviens à l'évaluation des 
différences entre le cas Maja et le cas Girelle. L'opposition de l'action dun milieu envi- 
ronnant à celle d'une surface limitée, bien qu'autorisée, n'est pas encore essentielle ni 
exclusive. 

Il s'agit là d'influences visuelles. Si, par exemple, la rétine des deux yeux avait été, 
dans l'un comme dans l'autre cas, absorbée ou plutôt ébranlée tout entière par les excir 
tants chromatiques, la différence aurait été réduite à zéro. Certainement, chez Girelle^ 
tel n'est pas le cas. Mais en est-il ainsi chez Maja ? Du moins en est-il toujours et néces^- 
sairement ainsi ? Je crois que non. Dans les expériences avec de petits papiers de couleur 
pour le costume, le milieu chromatique n'était plus homogène et présentait par ci et par 
là des taches assez étendues de couleur diirérente que l'animal, dans ses actes de déplace- 
ment et d'habillement, évitait constamment, mais quin'en influençaient pas moins la rétine. 
[Ceci se propageait-il aussi plus loin, par les nerfs, aux centres et jusqu'aux muscles?]. 
De même, dans les expériences analogues avec le « coin dissonant ». 

Les conditions de la formation du chromotropisme étaient ici en même temps celles 
de sa manifestation; la phase de l'invocation de l'habitude tropique ne différait nullement 
de celle de son évocation. 

Mais ces deux phases peuvent être séparées aussi chez Maja, et même complètement. 
Je l'avais fait dans une série d'expériences, où l'animal élevé dans un milieu unicolore 
pur. était transporté ensuite dans un aquarium bicolore ou tricolore, où l'occasion se pré- 
sentait ainsi de manifester son tropisme activement par des mouvements objectifs. 

A part ces différences, purement extérieures, le phénomène chez Maja reste identique 
dans les trois séries d'expériences ; le tropisme est absolument le même ; le système senso^ 
moteur en est également bien élevé ou « accordé », comme j'écrivais dans mes études sur les 
crustacés. 

Et cependant, dans l'un de ces cas, la rétine des deux yeux subissait tout entière l'inf 
fîuence des agents chromatiques déterminés, tandis que, dans d'autres cas, autant que 
l'on peut en juger, ce n'était que dans sa partie prépondérante. 

Il en résulterait que dans la formation d'un tropisme défini chez un animal c'est la 
prépondérance générale d'influences chromatiques (3j relatives qui joue un rôle décisif; 
qu'une excitation sensorielle, prépondérante pour une raison ou pour une autre, devient, 
dans les voies nerveuses, un maître qui impose au système moteur une liaison avec lui, 
qui l'élève, pour ainsi dire, pour lui-même, dans sa direction exclusive, dans son 
« accord», comme si d'autres excitations n'existaient guère. 

Et alors, ce n'est plus si éloigné de l'influence « polarisée » d'une surface « limitée » 
(d'un tube de couleur) sur la Girelle, surtout si nous nous souvenons que Hippolyte 

1) R. MiNKiEwicz. Sur le chromotropisme et son inversion artificielle (C. /?., t. CXLIII, n" ai, 1906). • 
^2) R. MiNKiEwicz. L'apparition rythmique et les stades de passage de l'inversion expérimentale du chlorotropisme 

des Pagures (C. «., t. CXLVII, n" 24, déc. 1908). 

(3) Selon toute probabilité, ceci concerne en général toutes les influences extérieures agissant simultanément sur 

l'organisme d'un animal. 



20 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

acquiert son tropisme en séjournant parmi et sur les bandes ou les réseaux d'algues 
maritimes {Zostera^ Halidrys, Dictyotael autres), parfois bien minces, même en rapport 
avec ses dimensions minimes, et que, mise dans les conditions expérimentales de 
« choix » tropique, elle se dirige sans faute vers une surface chromatique correspondante, 
bien que celle-ci soit discontinue et limitée, ce qu'on peut voir dans les planches et lire 
dans les passages précités de Keeble et Gamble. 

Ainsi donc, il n'est point nécessaire pour la formation du tropisme, que la rétine 
tout entière, avec tous les nerfs qui en émergent, soit excitée par l'agent chromatique 
d'une façon continue et uniforme. Il suffit que cet agent ait une influence exclusive ou 
prépondérante . 

Il importe peu que cette exclusivité soit créée par enveloppement de l'animal dans 
un milieu homogène (respectivement dans une grande surface chromatique), ou soit créée 
par« polarisation » forcée ou accidentelle, ou, enfin, par écartement antérieur de toutes 
excitations visuelles, ce qui détermine une sensibilisation consécutive de la rétine et 
met le système senso moteur, sous ce rapport, en état de tabula rasa, état qui permet 
facilement, même à un faible agent, de faire empreinte de son action créatrice. 

Je provoquais une telle tabula rasa chez Maja, dans une série de l'aquarium noir, où 
un petit morceau de papier de couleur formait une tache d'étendue suffisante, pour agir 
tropiquement sur le système moteur de l'animal (phénomène tout pareil à l'adaptation à 
l'obscurité de la rétine humaine) (i). 

Rapproché de ceux qui précèdent, le fait est très instructif. 

I» Si, dans les expériences précédentes, le chromotropisme de Maja se manifestait 
plutôt négativement à l'égard de toute surface différente de son « accord », c'est-à-dire 
d'une couleur dissonante, ici, comme chez Girelle, il se manifeste positivement, à l'égard 
de cette même couleur qui l'avait élevé (induit) ; 

2" Il nous présente une liaison senso-motrice chromotropique sous une forme telle- 
ment simple, tellement immédiate et primitive qu'on ne pourrait désirer davantage pour 
pénétrer sa nature ; 

3° Et puisque ce chromotropisme n'est point donné, n'est point prédestiné spécifi- 
quement, mais également acquis en dépendance directe de la couleur du papier jeté dedans, 
cela élucide parfaitement l'acquisition de réaction tropique dans notre cas plus compliqué 
au moins pour l'investigateur) de Girelle. Cela nous apprend que, par une direction 
forcée des rétines et du corps de l'animal à l'aide d'une amorce optique, l'appareil senso- 
moteur de Girelle se trouve ouvert, d'une façon absolument automatique, aux influences 
d'une surface chromatique relativement grande, qui est liée à l'amorce; que, par suite, 
cette surface l'élève, l'accorde, l'habitue à elle. 

Nous arrivons à cette question : quels sont les éléments organiques de l'appareil senso- 
moteur, qui soient réellement élevés dans l'influence chromatique définie? Cette édu- 

(i) Ici, il faut remarquer qu'aussi bien dans ma note préliminaire sur les Maja dans les Archives de Zoologie expé- 
rimentale, que surtout dans mon étude polonaise sur l'instinct (qui fut traduite en allemand sans aucune modifica- 
tion), étude destinée à une Revue générale [Revue Polonaise de Philosophie), plusieurs observations secondaires et 
détails d'expériences n'ont pu trouver place ; ils présentent cependant une valeur, ne serait-ce que pour faire mieux 
apprécier les faits fondamentaux et pour éviter les malentendus. Il en est de même de ma note, par trop brève, sur le 
Lineus. — Je profiterai d'une prochaine occasion pour publier les plus importants de ces détails. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 21 

cation embrasse-t-elle la totalité de cet appareil (rétine, conduits nerveux, centres gan- 
glionnaires et muscles), ou certaines parties seulement, et alors lesquelles? 

Cette question que j'avais déjà posée, du reste, dans ma note préliminaire sur 
l'instinct de déguisement chez les crustacés oxyrhynques (1907) (1) prend ici une impor- 
tance particulièrement grande, car chez Girelle nous n'avons plus affaire à une dispo- 
sition (Stimmung) passagère, comme chez Maja, mais à une habitude chromatique 
Hxée. 

Chez Maja, on pouvait encore chercher la cause de la versistauce de. Vaccord (Stim- 
mung) pendant un certain moment, plus ou moins long, dans Tinertie des éléments 
rétiniens ne revenant que lentement à Tétat indifférent et conservant donc aussi, pendant 
un certain temps, les changements histio-mécaniques (par exemple les migrations du 
pigment, etc.) (2), provoqués par l'excitantchromatique. 

Du moins, on y pouvait chercher une des causes déterminantes, la plus accessible à 
constater ad ociilos ou même, peut-être, la seule accessible. Mais déjà Hippolyte impose- 
rait des difficultés considérables si l'on admettait un tel déterminisme rétinien et si le 
chromotropisme qu'elle avait acquis avec sa coloration persistait aussi longtemps que 
sa coloration, ou, au moins, durant un temps exigé parles faits incontestables du choix 
des couleurs signalés par Keeble et Gamble (3). 

Chez Girelle, cela devient absolument impossible. L'habitude se manifeste dans nos 
expériences sous une forme des plus distinctes et fixées, après une pause de vingt- 
quatre heures et sans doute persiste plus longtemps, quelques jours ou davantage. Et 
pendant tout ce temps-là le poisson va et vient dans l'aquarium, laissé en plein jour; il 
reçoit donc des centaines et des milliers d'excitations visuelles qui agitent constamment 
tous les éléments excitables de ses rétines. 

Où et comment pourrait y persister, sous une forme quelconque, la disposition 
histio-mécaniquc exigée ? N'est-11 pas évident que cette persistance de l'accord chromo- 
tropique et le substratum qui la détermine, doivent être cherchés ailleurs (4). 

Mais, après avoir exclu le chaînon initial de l'appareil senso-moteur, faut-il écarter 
aussi, comme l'on fait d'habitude, son chaînon terminal, les muscles, le seul objecti- 
vement actif pour nous ? 

En d'autres termes, faut-il chercher la persistance de l'empreinte des réactions chro- 
motropiques antérieures exclusivement dans les voies nerveuses, et même dans leurs 
centres seuls ? Serait-ce sous forme à.' nne facilitation de parcours, d'une augmentation 
de la vitesse des communications, ou d'une création de communications nouvelles, plus 
courtes, ou bien sous forme d'une amélioration fonctionnelle générale de la transmission 

(1) Arch, de Zool. Expér. (série 4), vol. Vil, n° 2, p. 109. 

(2) On trouvera les données intéressantes sur cette inertie, se manifestant dans un ralentissement des changements 
de retour, dans l'étude de G. H. Parler, Photomecanical changes in the retinal pigment cells of Palaemonetes and 
iheir relation to the central nervous system (Bull. Mus. Harvard Coll., vol. XXX, n» 6, 1897). 

(3) Les essais d'une étude plus documentée du chromotropisme de Hippolyte, que j'avais entrepris à Roscoff 
en 1907, n'avaient pas réussi. Je n'avais pas trouvé les conditions expérimentales convenables, dans lesquelles Hippo- 
lyte aurait voulu manifester son chromotropisme. Mais il faut avouer que c'est quelquefois à peine et par occasions 
que je les ai faits, étant dans ce temps-là absorbé complètement par d'autres travaux. 

(4) Je suis loin d'affirmer par là que la sensibilité des éléments récepteurs de la rétine à un agent chromatique 
donné soit complètement indépendante de la répétition de l'excitation. 



2a ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

d'une excitation donnée des voies centripètes sur les voies centrifuges, quelle que soit la 
partie du système central, où cela puisse avoir lieu? 

Mais, une pareille exclusion absolue des muscles ne serait-elle pas trop arbitraire, bien 
que sanctionnée par la tradition ? 

Ne conviendrait-il pas de fournir d'abord une preuve que réellement les muscles ne 
jouent et ne peuvent jouer aucun rôle dans le processus de persistance de l'habitude 
chromotropique ? qu'ils sont dépourvus de toute faculté de s'adapter aux excitations dont 
ils subissent l'action répétée? que \e. seuil de leur excitabilité pour une excitation donnée 
ne subit point, sous l'influence d'une éducation correspondante, de changements en plus 
ou en moins qui persisteraient un temps quelconque ? qu'ils n'affectent, en un mot, aucun 
phénomène de mémorisation? 

Il ne me semble pas que les preuves suffisantes en aient été données. Et même, en 
examinant de plus près les données précitées qui se rapportent à Maja, et les comparant 
d'un côté avec nos expériences sur la Girelle,de l'autre avec le comportement des chroma- 
tophores complexes de Hippolyte dans le processus de son synchromatisme (i), j'in- 
clinerais plutôt vers l'opinion que, dans une certaine mesure, la mémorisation est propre 
aux muscles, peut-être, comme sensibilisation àunt excitation donnée d'une part, comme 
diminution d'excitabilité de l'autre. 

Je prends le mot « muscle », naturellement, dans le sens d'une entité fonctionnelle, 
des stries fibrillaires jusqu'aux plaques des terminaisons nerveuses inclusivement, sans 
vouloir attribuer le phénomène qui nous occupe à un élément tissulaire défini. 

Évidemment, c'est sous toute réserve que j'avance l'opinion ci-dessus. Mais, il 
faut le dire de suite, je l'ai basée, non seulement sur un examen consciencieux des 
données mentionnées tout à l'heure, mais aussi sur une série de raisonnements que 
voici : 

1" Depuis que les recherches de Jennings et de ses élèves ont établi chez les Protistes 
l'existence, désormais incontestable, d'une modifiabilité individuelle de réaction à vm 
excitant répété, et par conséquent, une persistance de traces des réactions précédentes, il 
faut être circonspect à refuser ces facultés à un élément vivant et actif quelconque, 
surtout lorsqu'il s'agit d'un élément si complexe et si mobile qu'est un muscle. 

2° Les recherches récentes sont loin de constater cette passivité absolue, exigée par 
l'ancienne école, cet automatisme mécanique parfait des muscles. Bien au contraire, les 
recherches de Uexkiill, de Jordan, de Frôhlich, chez les animaux inférieurs, et de Piper 
chez l'homme, montrent nettement qu'il existe une dépendance fonctionnelle mutuelle 
entre le centre nerveux et l'organe musculaire correspondant, de manière que l'efficacité 
et même la propagation d'une excitation est manifestement conditionnée par l'état phy- 
siologique des muscles vers lesquels elle se dirige. 

Certaines lois simples ont été même énoncées à ce propos, par exemple celle de 
Uexkull (établie sur les Oursins) : « Es Jliesst die Erregung in einfachen Nervennet^en 
immer den erschlafften Muskeln {u » (2). 

(1) Voir mon « Etude expérimentale du synchromatisme variable de VHippolyte parions Leach» (Bull, internat. 
Ac. Polonaise de Cracovic, nov. 1908). 

(2) Voir l'ouvrage intéressant de Uexkull, Umivelt und innenwelt dcr Tiere. Berlin, 1909, p. 96-97, 101-102, etc. 



ANNALES DE L'INSLITUT OCÉANOGRAPHIQUE 23 

Mais, il y a plus. Les recherches de Carbon eljenkinssnr divers animaux paraissent 
avoir établi que la vitesse de conduction dans un tronc nerveux est en relation directe 
avec la vitesse de contraction dans les muscles relatifs innervés par ce tronc. 

Ce qui serait le plus intéressant pour nous, c'est que Carlson l'a pu constater aussi, 
entre autres, sur un Poisson [Bdellostoma) (i). 

3" \^' immunisation, tellement développée chez les êtres vivants et ayant acquis 
aujourd'hui une importance capitale en médecine, n'est pourtant rien d'autre qu'une 
adaptation graduelle de l'organisme et de ses éléments tissulaires aux influences toxiques 
répétées, et simultanément, une éducation de leurs forces de résistance et de réaction 
antitoxique, 

4° Mais, d'une importance beaucoup plus grande que l'immunisation, est pour 
notre problème la faculté inverse, récemment découverte, et qui, en présence de la 
faculté précédente, est manifestement « paradoxe », comme Ta nommée Behring^ parce 
qu'elle n'est point adaptative, mais, bien au contraire, dans certains cas, amène la 
destruction de l'organisme. C'est ce que Richet appelle « anaphylaxie » (= « allergie » de 
Pirquet). Les éléments de l'organisme deviennent ici de plus en plus sensibles à l'action 
répétée des toxines (par exemple, du virus des Actinies), action qui grandit ainsi au fur 
et à mesure qu'elle laisse ses empreintes. 

Ce qui est d'autant plus important pournotreidéede la participation des muscles dans 
la mémoire chromotropique, c'est que certains cas de « réaction paradoxe » concernent 
directement les muscles [tetanus décrit par Behring), et se manifestent de cette façon 
fort intéressante, que l'organisme immunisé, donc déjà insensible à l'excitant d'une 
certaine intensité, réagit immédiatement à l'excitant plus faible. 

Cela prouve que, même par rapport à un seul et même agent externe, V habitude peut 
ctrc double : comme diminution et comme augmentation de sensibilité des éléments actifs 
de l'organisme, simultanément. 

Enun mot, je crois que dans la persistance du Stimmung chromotropique les muscles 
jouent probablement un rôle actif. 

Je ne veux pas dire par là, que tout se réduit à la « mémoire musculaire » (comme 
l'on pourrait l'appeler) sans que le système nerveux y prenne part. Mais, je pense qu'on 
ne doit pas, sans une nécessité absolue, recourir aux mystères des centres nerveux et y 
rejeter tout ce qui présente une difficulté d'explication plus grande. 

p]t, inversement, comme j'y avais insisté dans mon étude sur Hippolyte et dans la 
dernière partie de mon travail d'ensemble sur l'instinct (2), on n'a pas le droit de refuser, 
à priori, aux voies nerveuses (avec leurs centres ganglionnaires) la faculté de conduire 
les différences dites « qualitatives » de l'excitant. 

Et voici que l'habitude chromatique de Girelle nous a amené vers un des plus grands 
problèmes actuels de la physiologie. Et c'est ce qui est pour nous d'une importance 
capitale. Car, comment donc pourrais-je parler sur la persistance des influences de 

(i) A.J. Carlson. The rate of the nervous impulse in the spinal cord a. in the vagus a. the hypoglossal nerves ot 
the California Hagfisch (Bdellostoma Dombayi) (Amer. Journ. of Physiol., vol. 10, 1904). 
(2) R. MiNKiEwicz. Versuch einer Analyse, etc., partie III, § 4, p. 225-226. 



24 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

l'excitant bleu dans les organes musculaires, s'il ne pouvait être question de la Conduction 
des différences qualitatives dans les excitations chromatiques? 

Mais, heureusement, non seulement il peut en être question, mais cette conduction 
est aujourd'hui un fait établi, et non pas seulement par mes expériences personnelles opé- 
ratoires sur Hippolyte, mais aussi par une série de celles d'autres auteurs, partant 
de l'étude classique de Georges Pouchet (i)sur la fonction chromatique chez les poissons. 

Après l'ablation des yeux, après la section des endroits relatifs du système nerveux, 
déjà aussi bien Hippolyte que les poissons cessent de synchromatiser avec leur milieu 
ambiant. 

La fonction synchromatique s'accomplit nécessairement par voie oculo-neurale. 

Mais comment donc pourrait-elle s'effectuer, si des qualités relatives des excitants 
chromatiques ne parvenaient pas depuis les yeux jusqu'aux chromatophores ? Comment 
donc pourrait-il se faire autrement, que sur un fond jaune Hippolyte devienne toujours 
précisément jaune et sur un fond violet nécessairement et strictement violet ? etc. Et 
c'est la même chose chez les poissons. Quiconque le veut est libre de demeurer sourd et 
aveugle envers une réalité expérimentale ; quant à moi, je n'en ai pas le devoir, ni la 
volonté. 

Cependant, si les excitations chromatiques parviennent, dans toute la puissance de 
leur différenciation qualitative, aux effecteurs de la fonction chromatique (= chromato- 
phores), ils peuvent parvenir aussi bien aux effecteurs de la fonction motrice ( = muscles), 
au moins chez les mêmes crustacés et poissons (2). 

Voilà cette base qui m'a permis de réfléchir au sujet de la participation des muscles 
dans la mémoire chromatique de Girelle. 

« Mais pourquoi s'imposer tant de peine sans nécessité ? » me dira-t-on, peut-être : 
« n'est-ce pas donc les propriétés et les facultés connues des centres nerveux qui suffisent 
bien à expliquer cette mémoire, puisqu'ils expliquent tant de questions beaucoup plus 
dilficiles et plus compliquées? » Les problèmes plus difficiles et plus compliqués ne me 
regardent point en ce moment ; quant à celui de Girelle, il ne me semble guère que l'affaire 
y soit aussi brillante. 

[Je passe sur le manque d'écorce cérébrale que l'on charge habituellement de tout 
ce qui est « plus difficile et plus compliqué ! »]. 

Voilà que Girelle s'était formé une habitude qu'elle ne possédait pas auparavant. 
Suivant la manière courante d'explication, il faudrait rattacher ce fait à une formation, 
dans les centres nerveux, de certaines voies de transmission nouvelles, ou bien, au moins, 
à une amélioration et facilitation d'une des voies antérieures. 

Mais dans le cas donné il ne s'agit point de transmission d'une excitation optique 

(1) G. Pouchet. Les changements de coloration sous l'inrtuence des nerfs (Journ. Anat., 1876, t. XII). 

{2) Du reste, ce n'est point sous ce rapport seul qu'il faut renoncer aux théories de la conduction nerveuse régnantes 
jusqu'il n'y a pas longtemps, théories soi-disant « classiques », bien que construites en majeure partie à priori, de 
Donders, Helmholtzet du Bois-Reymond. Il suffit de rappeler l'essai théorique de E. Hering (1899) et les données expé- 
mentalesde Pereles et Sachs, de Hafemann, de Baglioni et Pilotti, de Calderaro et autres. 

Comment expliquer cette conduction de différences qualitatives dans les excitants chromatiques au point de vue 
processuel, — c'est déjà une autre affaire. Je n'en peux rien dire aujourd'hui. Mais, ce qui est certain, c'est que désormais 
toute théorie de conduction nerveuse doit tenir compte du fait que j'ai mis en relief. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 25 

quelconque, venant des rétines; il s'agit de transmission d'une excitation chromatique le 
plus parfaitement déterminée et exclusivement bleue. Car l'habitude de Girelle est exclusi- 
vement cyanotrope. A l'excitant jaune, bien qu'absolument identique comme dimension, 
forme et position dans l'espace, Girelle ne réagit point cinétiquement. 

Mais alors, à quoi servira cette voie nouvelle ou améliorée de transmission 
centrale? Elle n'est donc accessible qu'à une excitation « bleue » — pour la nommer ainsi 
— et envers une excitation « jaune » elle continue à demeurer fermée ? Mais alors, une 
excitation « jaune » diffère fonctionnellement, qualitativement, quant à sa conductibilité, 
d'une excitation « bleue»! Et le centre nerveux relatif devrait acquérir séparément les 
facultés de transmission nécessaires à la conduction de chacune de ces excitations 
chromatiques ! Car, il ne peut guère y être question d'une interprétation anatomo-topo- 
graphique, à l'aide d'une supposition des conduits centripètes particuliers, les uns pour 
une excitation « bleue », et les autres pour une excitation « jaune ». Pour moi, cette sup- 
position est absolument exclue^ car elle exigerait, comme conditio sine qua non, l'existence 
dans la rétine des éléments récepteurs spécifiques, les uns pour les excitants bleus, les 
autres pour les jaunes, et ainsi de suite pour tout genre de rayons chromatiques, ce qui 
est nettement contredit par toute une série de faits expérimentaux, et des plus diffé- 
rents (i). 

Mais, si même nous l'avions reconnu possible pour un instant il faudrait alors 
logiquement admettre que de pareils conduits (respectivement fibrilles) particuliers, 
« bleus » et « jaunes », n'ayant aucune communication entre eux, courent à travers les 
centres et plus loin, dans la direction centrifuge, jusqu'aux effecteurs musculaires. L'hy- 
pothèse de l'autonomie et de la continuité des conduits (respectivement fibrilles) l'aurait 
même exigé nécessairement. 

Mais alors il aurait apparu que, par ces voies nerveuses particulières, anatomi- 
quement spécifiques, « jaunes » et a bleues », doivent être conduites aussi deux excitations 
différentes et spécifiques, puisque les muscles les ayant reçues simultanément toutes les 
deux ne réagissent qu'à l'excitation « bleue » dont ils se sont habitués par une éducation 
antérieure. 

Ou bien, si l'on voulait à tout prix éviter une conclusion qui s'impose dans ce cas-là 
aussi, sur la mémorisation musculaire des différences qualitatives dans les excitants 
chromatiques, on serait alors forcé d'admettre encore une supposition, et non des moins 
audacieuses celle-là, savoir : que nous avons éduqué les conduits « bleus » eux-mêmes, 
élevé leur faculté de conduction rapide, et ceci sous l'influence active des muscles 
relatifs, mis en activité par l'excitant de la nourriture et répercutant leur état actif sur les 
voies nerveuses, ce qui permettait aux excitations des récepteurs bleus, provoquées par le 
tube muni de nourriture, de se faire passage jusqu'aux muscles. 

En définitive, peut-être n'aurais-je rien contre cette dernière supposition, prise sépa- 

(i) Voir les pages 226 à 236 de mon Versuch einer Analyse... Ces faits sont, soit purement ophtalmologiques, con- 
cernant la vision humaine, soit du domaine de la physiologie et de l'histologie comparées de la rétine. Quelques-uns 
concernent directement les poissons, par exemple Tétudc de E. Pergens, Action de la lumière colorée sur la rétine 
{Tr. Inst. Solvay, 1897), faite sur Leuciscus rutilus L. — Voir aussi mon « Induction successive des images colorées 
après une très forte excitation de la rétine et les théories classiques de la vision » (C. R., t. CXLVIII, n" 3, 18 janv. 1909). 
J'en publierai bientôt d'autres contributions ^périmentales. 

T. V. — P'asc. 4. 4 



26, ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

rément; mais il m'est absolument impossible, je le répète, de consentir à admettre les 
autres qui nous y amenèrent : les données expérimentales refusent le droit d'être à la spéci- 
ficité des éléments récepteurs de la rétine^ donc aussi à celle des conduits nerveux qui en 
partent. 

Du reste, je n"ai guère besoin de recourir à cette supposition, depuis que d'autres 
recherches, absolument indépendantes (Hippolyte), m'avaient démontré la faculté de 
conduction et d'utilisation par le système nerveux des différences qualitatives dans les 
excitants chromatiques. 

Les différences dans les réactions de la Girelle envers les excitants bleu et jaune s'ex- 
pliqueraient aussi bien, alors que les voies nerveuses seraient les mêmes pour les deux 
excitations. 

Il suffira que les organes relatifs, centraux ou périphériques (cellules ganglionnaires 
ou muscles), pourvus d'une sensibilité différentielle se soient habitués, par suite d'une 
éducation, à l'une de ces excitations. Dans une telle interprétation, le phénomène aurait 
bien pu avoir lieu dans les centres ganglionnaires. Mais alors, il faudrait renoncer à la 
continuité fibrillaire, car seules les cellules nerveuses auraient pu posséder une sensi- 
" bililé différentielle et une faculté de mémorisation. 

Et si les centres nerveux sont réellement, toujours et nécessairement des transmu- 
tàteurs, comme l'on admet en général, alors les différences d'excitations chromatiques 
qu'ils utilisent, se termineraient là, tandis .que plus loin, par les voies centrifuges, vers 
les effecteurs, aurait couru une « excitation centrale » comme il faudrait l'appeler, qua- 
litativement toujours identique ; toutefois elle ne pourrait être formée que sous l'in- 
fîuence d'un agent qui aurait su, grâce à telles ou autres causes, agir avec une force 
suffisante sur des cellules nerveuses. 

Mais il n'est pas impossible non plus, au moins dans ces cas-là des excitations 
chromatiques, qu'elles passent plus loin, sur les voies centrifuges et qu'elles accordent et 
élèvent les effecteurs musculaires de Girelle et de Maja, de même qu'elles accordent et 
élèvent les effecteurs chromatophoriques de Hippolyte et de quelques poissons. 

Xes centres nerveux auraient joué, au moins dans les cas signalés, le rôle d'un 
simple médiateur. Les partisans de la théorie fibrillaire et de l'hypothèse de la continuité 
ne peuvent, je l'espère, y faire d'objection! Et cela d'autant plus, que l'éducation cyano- 
tropique de Girelle a été accomplie dans de telles conditions que la voie nerveuse tout 
entière depuis la rétine jusqu'aux tnuscles se trouvait constamment ouverte, par le par- 
cours d'une autre et puissante excitation, provenant de la nourriture qui coexistait dans 
le temps et dans l'espace avec l'excitant bleu. 

Comment les choses se passent-elles réellement, quelle est la part concrète qu'y 
prennent les muscles, quelle est celle du système nerveux, nous n'avons pas, en ce mo- 
ment le moyen de le décider. Peut-être aurons-nous la chance d'y revenir encore dans 
les chapitres suivants, ou dans notre discussion terminale. 

Maintenant, continuons notre analyse du cas de Girelle. 

En évaluant les différences et les ressemblances dans l'acquisition du chromotro- 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 27 

pisme chez Maja et chez Girelle, nous avons vu que le chromotropisme se développe 
également bien dans différentes conditions chromatiques d'un milieu ; aussi bien sous 
l'influence d'une grande que d'une petite surface chromatique, aussi bien d'une surface 
unie que discontinue. 

Ce qui ne veut pas dire du tout que nous n'entrevoyons point une possibilité d'exis- 
tence des différences dans la. forme (si c'est le mot) des manifestations chromotropiques, 
en dépendance de la forme, de la disposition, des dimensions mêmes de la surface qui 
les avait élevées (induites). 

Concrètement, la question se poserait comme suit : La Girelle, habituée au tube 
bleu, donc, à une surface bleue de forme et de dimensions définies, va-t-elle manifester 
aussi ce cyanotropisme en présence de toute autre surface bleue, par exemple d'une 
plaque, ou bien d'un disque ou d'un réseau ? 

Nos expériences actuelles n'offrent pas de matière à réfléchir sur cette affaire. Dans 
ces expériences, seule la couleur de l'objet jouait nécessairement un rôle, car l'influence 
de la forme et des dimensions avait été neutralisée, comme nous l'avons vu, par la pré- 
sence d'un autre objet, absolument pareil, mais d'une couleur différente (tube jaune). 

Mais, c'est précisément chez Girelle que ce problème peut être abordé par voie expé- 
rimentale et par une méthode relativement simple, pareille à celle que nous avons 
employée dans la présente étude sur l'habitude chromatique. 

Je l'expliquerai plus longuement dans le paragraphe suivant, car l'affaire me semble 
être d'une très grande importance, non seulement parce qu'elle aurait pu étendre consi- 
dérablement le domaine des relations constatées des animaux inférieurs fdes poissons, 
en particulier) avec le milieu environnant, mais aussi parce qu'elle soulèverait eo ipso la 
question des moyens de conduction le long de l'appareil senso-moteur, depuis la rétine 
jusqu'aux muscles, des différences d'excitations, provenant des différences spaciales 
(dans la forme et dans les dimensions) de l'agent optique. 

Mais, la mise de ce problème à l'ordre du jour n'épuise pas encore les conséquences 
qui émanent de la comparaison du chromotropisme des crustacés avec l'habitude chro- 
matique de Girelle. Dans cette dernière, deux points nous restent encore à examiner: 
1" son association avec l'état de faim ; 2° le rôle de l'invocateur (de l'appât). 

Il aurait pu sembler que cette association du chromotropisme avec l'état de faim 
constitue une différence essentielle et radicale entre le cas Girelle et le cas Maja, où il se 
manifeste, comme nous l'avons vu, sans aucun rapport avec un état (défini) physiologique 
quelconque. Mais, cette différence est-elle absolument infranchissable ? N'existe-t-il pas 
de cas, chez les crustacés ou chez d'autres animaux inférieurs, où le chromotropisme 
aurait été lié à un état physiologique déterminé, bien que, peut-être, d'une façon toute 
différente ? Non seulement des cas pareils existent, mais ce sont eux qui m'ont servi 
de point de départ dans mon analyse de l'instinct de Maja, dont l'étude expérimentale 
m'a fourni la matière à deux, peut-être les plus intéressants, de mes travaux sur le chro- 
motropisme : j'entends les deux notes déjà citées plus haut, sur Vinversion artificielle 
chez Pagures et chez Lineus. 

Dans les deux cas, en mettant l'animal hors de son état normal et troublant ainsi 



28 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Téquilibre physiologique de tout son organisme, on parvient à troubler et à invertir aussi 
son chromotropisme. Chez Pagures, c'est par une intoxication qui se développe dans de 
l'eau qu'on n'a pas depuis longtemps changée ; chez Lineus, c'est par un changement 
osmotique brusque du milieu. 

Pour l'affaire qui nous intéresse ici, cela signifie que. dans ces cas, le tropisme naturel 
et spécifique est lié intimement à un certain état général de l'organisme^ état de l'équilibre 
physiologique normal. Cet état disparu, le tropisme donné, rigoureusement défini, finit 
aussi par disparaître. Donc absolument comme chez notre poisson. Seulement, chez 
Girelle, cet état est d'une nature un peu spéciale (bien qu'il embrasse aussi l'organisme 
tout entier et qu'il soit aussi, peut-on dire, normal), et c'est nous qui l'avons lié expé- 
rimentalement à un chromotropisme déterminé (bleu), comme nous l'aurions pu lier à 
n'importe quel autre. 

Mais ces différences encore, à les envisager de plus près, prennent une lumière un 
peu différente. 

Premièrement^ chez Lineus, avec le retour à l'état primitif revient aussi le tropisme 
qui s'y rapporte, qui en est conditionné. L'animal s'habitue au nouveau milieu osmotique, 
après y avoir séjourné quelques jours ; l'équilibre physiologique se fixe de nouveau et, 
simultanément, l'érythrotropisme normal revient. C'est comme chez Girelle : l'état de 
faim réapparu, l'habitude bleue se manifeste de nouveau. 

Si, une deuxième fois, nous troublons l'état physiologique de Lineus, en le jetant 
dans son milieu primitif, celui de l'eau de mer pure, nous obtiendrons de nouveau l'in- 
version de son tropisme, qui durera également quelques jours, jusqu'à une fixation 
nouvelle de l'équilibre, jusqu'à une nouvelle adavtation de l'organisme de la Nemerte 
aux conditions osmotiques du milieu. Chez Girelle, tant que l'état de faim est présent, 
l'habitude chromatique se manifeste également. 

Chez Pagures, l'intoxication de l'organisme se développant de plus en plus ne crée 
point de conditions qui pourraient rétablir l'équilibre physiologique de l'organisme, et, 
par conséquent, le chromotropisme ne se fixe pas non plus à la norme. 

Deuxièmement^ ce qui est très instructif, de même que chez Girelle, où l'habitude 
chromatique se développe et se fixe graduellement, chez Pagures et chez Lineus se 
développe graduellement l'inversion du tropisme, conditionnée par le progrès de l'état 
anormal de l'organisme. 

Lineus, par exemple, le deuxième jour d'expérience, cesse de distinguer les couleurs 
verte et jaune, que cependant il distinguait parfaitement dans les conditions habituelles, 
dans lesquelles il choisissait toujours pour sa place de repos la moitié jaune du tube. 
Maintenant, il repose aussi bien dans l'une que dans l'autre. Ensuite, il cesse de distinguer 
le rouge du vert, mais il s'enfuit encore invariablement du bleu et se dirige toujours vers 
le rouge (i). Ensuite, vient enfin une inversion complète, ce qui généralement, dans une 
solution suffisamment diluée, a lieu le troisième jour d'expérience. Si cette inversion 

(i) Ce stade-là n'a pas été décrit dans ma note précitée de novembre 1906. Je l'ai constaté à Roscoff dans une 

, . , . , • • j- -j ■ j 1 • j 3o eau distillée „,. . , 

expérience du 2 septembre IÇ07, sur trois individus misdans une solution de ^ . C était le troisième lour 

100 eau de mer. 

de réaction, ce que je décrirai ailleurs dans tous les détails. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 29 

était liée à un avantage appréciable ou au moins admissible quelconque, nous aurions 
pu dire que Lineus « apprend » peu à peu son nouveau tropisme, comme Girelle 
apprend le sien. 

C'est encore plus évident chez Pagure, où l'inversion, s'étant développée progres- 
sivement, disparaît après quelques heures sans aucune cause apparente, puis revient, 
disparaît de nouveau, et ainsi à plusieurs reprises pendant trois à quatre jours, jusqu'à 
ce qu'elle finisse par s'établir définitivement. C'est comme si ce crustacé essayait alter- 
nativement de celles-ci et d'autres réactions, avant de se décider à un changement radical. 
De même, notre Girelle, quand son habitude chromatique a commencé à se former, 
s'adresse de temps en temps passagèrement au tube jaune. 

Malheureusement, les « essais » de Pagure et l'inversion définitive de son chromo- 
tropisme ne peuvent être mis au compte d'un profit quelconque, non plus que « l'appren- 
tissage » de Lineus au nouveau tropisme. 

Pagure se. meurt lentement, intoxiqué, en conservant son tropisme inverti jusqu'à la 
mort, ou du moins, jusqu'au moment où il manifeste encore quelques mouvements. 
Quant à Lineus, il revient graduellement, comme nous l'avons vu, à sa norme physio- 
logique et tropique. 

lien lésulte que ce n'est qu'avec beaucoup de prudence et de précaution qu'il faut 
qualifier les actions vacillantes ou indécises^ comme essais, ou comme recherches à 
tâtons, ou bien comme choix, même automatique (a triage »), des mouvements accidentels. 

Car, comme nous le voyons par l'exemple ci-dessus, ils peuvent se rattacher à une 
catégorie physiologique tout autre, à une causalité organique parfaitement différente et, 
.sans aucuii doute, directe. Surtout, si nous nous souvenons des cas de la « réaction 
paradoxe » et de cet « apprentissage » anaphylactique, qui est non seulement atéléolo- 
gique, mais franchement antitéléoiogique, parce que funeste à l'organisme. 

7 roisièmemetit^ chez le même Pagure, Spaulding (i) a eu la chance de créer une habi- 
tude vraie, au moyen d'une méthode, très rapprochée de celle que nous avons employée 
dans nos expériences sur Girelle. C'est donc pour nous un cas d'importance exception- 
nelle, qu'il faut, par conséquent, examiner avec plus de détail. 

On met dans un aquarium, pour un certain temps, une sorte de boîte obscure, occu- 
pant une moitié de l'aquarium et séparée de la partie éclairée par un grillage muni d'un 
orifice étroit. Comme on le sait, les Pagures normalement restent à la lumière. Mais 
Spaulding met leur nourriture du côté obscur et, évidemment, hors d'expérience ne 
leur donne pas à manger. Attirés olfactivement par la nourriture, les animaux afîamés 
sont contraints de s'engager dans la boîte obscure, et de cette façon ils s'habituent, d'un 
côté, à trouver rapidement et à franchir l'orifice du grillage, de l'autre, à se diriger vers 
l'espace obscur de la boîte, qui précédemment exerçait sur eux une action répulsive. 

Après une huitaine de jours, l'habitude devient, chez la plupart des animaux, plus 
ou moins suffisamment fixée (Tabl. statist., I, p. 56), ce qui est démontré par la mise 
de la boîte dépourvue de nourriture et lavée à net. Malgré l'absence de l'amorce, les 

(i) E. G. Spallding. An establishment 01 association in Hermit crabs, Eupagurus iongicarpus (Journ. Comp. 
Neurol, a. Psych., vol. XIV, n» i, 1904). 



3o ANNALES DE LINSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Pagures émigrent dans la partie obscure (Tabl., II, p. Sy), en manifestant ainsi leur skio- 
tropisme ( i ) acquis. 

L analogie avec Girelle est frappante. Cependant, il faut noter aussi des différences. 

Ici comme là, l'animal subit une action périodique d'un agent optique; mais, chez 
Girelle, c'est une petite surface chromatique (le tube), chez Pagure, c'est un vaste champ 
obscur, occupant une moitié de l'aquarium. Donc, le tropisme acquis de Pagure est 
lié plutôt à Vabsence de lumière ou du moins à une diminution considérable de son 
intensité. 

Cela signifie-t-il que ce tropisme ne soit en réalité que négatif, c'est-à-dire que le 
Pagure se soustrait à l'action de la lumière, lorsque l'obscurité se présente à côté ? Ou 
bien, est-ce un tropisme physiologiquement positif, un vrai skiotropisme, comme je serais 
plutôt disposé à le croire ?... Dans l'état actuel de notre science, ou plutôt de notre 
ignorance, sur l'essencemême du tropisme, la question ne peut pas être résolue. 

Mais ce fait de changement du phototro pisme naturel et spécifique en skiotropisme 
acquis, sous finfluence directe du séjour périodique dans l'obscurité^ est d'une importance 
capitale, non seulement pour l'affaire qui nous concerne ici directement, mais aussi pour 
la connaissance des tropismes en général. 

J'y insiste, car Spaulding n'y prête pas attention, comme, d'ailleurs, il n'a pas porté 
une attention suffisante au fait de la liaison du skiotropisme avec l'état de faim. Il n'a pas 
fait non plus d'expériences de contrôle sur les Pagures rassasiés. Mais, même sans cela, 
la comparaison avec le comportement de Girelle est suffisamment éloquente, et pour les 
deux côtés. 

Pour Pagure, il en ressort, en outre, une nécessité d'essayer de créer chez lui une 
habitude photo- ou chromotropique à l'égard d'une petite surface, respectivement des 
petits objets, ce qui n'est point impossible, après tout ce que nous savons de ces crustacés, 
et ce qui serait très important pour notre connaissance des rapports des invertébrés avec 
le monde environnant. 

Pour Girelle, cela nous fournit un fait, qui, précisément, nous est nécessaire: une 
association acquise, chez un autre animal, d'un tropisme également acquis avec l'état limique, 
association acquise d'une manière un peu dififérente et concernant un tropisme différent. 

Ce fait est d'autant plus intéressant : i° qu'il a lieu chez les animaux pourvus de tro- 
pismes naturels qui sont liés, comme nous l'avons vu, à l'état général de leur équilibre 
physiologique normal; et 2° que ce skiotropisme, expérimentalement acquis et expéri- 
mentalement associé, lié à l'état limique, n'est lui-même qu'un cas spécial de l'inversion 
du phototropisme normal. 

Ce qui nous donne le droit de rapprocher définitivement ces deux genres d'asso- 
ciations: une naturelle (Lineus, Pagurus), l'autre acquise (Pagurus, Girelle), dans l'espoir 
de jeter un peu de lumière sur leur nature intime. 

Le processus physiologique est-il bien le même dans ces deux cas, ou bien appar- 
tient-il aux différentes catégories physiologiques en dépit des analogies dans leurs mani- 
festations extérieures que nous venons d'indiquer PExaminons maintenant cette question. 

(i) Peut-être mieux, leur scototropisme ?Sxotos= obscurité; oxii = ombre. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 3i 

En tout cas, s'il existe une différence dans le processus d'association, sûrement elle 
ne prend pas son origine dans la différence des états physiologiques, auxquels, ici et là, 
le tropisme est associé. Car, bien que Vétat limique semble être de nature un peu spéciale, 
se prêtant plus facilement à une définition, néanmoins, c'est un état organique non seu- 
lement naturel, mais un état normal^ tout aussi bien que l'est l'état d'équilibre, dont nous 
ne pouvons pas, il est vrai, donner une définition plus précise, mais qui fonctionnel- 
lement, pour l'organisme, est parfaitement défini. Ceci est, je l'espère, bien cWxr per se, 
car ce n'est rien autre que l'état limique, c'est-à-dire la nécessité et le besoin de renou- 
veler continuellement et sans cesse la matière vivante, qui est le point de départ et le 
nœud central du processus vital lui-même. 

Ses fluctuations continuelles et sa disparition ou plutôt sa suspension périodique, en 
fonction de son apaisement plus ou moins complet, par l'ingestion des aliments, sont éga- 
lement nécessaires, donc naturelles et normales. Et inversement, c'est bien sa disparition 
quelque peu prolongée et se manifestant sous forme à'anorexie, du manque complet 
d'appétit, qui serait anormale et conduirait l'organisme vers la mort. 

Ainsi donc, ni la nature de cette combinaison senso-motrice qu'on appelle chromo- 
et phototropisme, — nous l'avons démontré explicitement plus haut, — ni la nature de 
l'état physiologique qui conditionne la manifestation de la dite combinaison, n'impliquent 
une différence processuelle entre l'association naturelle et l'association acquise de ces 
deux phénomènes. 

Ne fait pas preuve, non plus, de cette différence le fait que, dans un cas, cette associa- 
tion est fixe, dans l'autre passagère et d'une durée relativement courte, car le processus 
aurait pu être identique quand même ; et ensuite, on peut bien s'imaginer qu'au cours 
d'une série de répétitions infiniment prolongée, une association acquise devient tellement 
durable, que, pratiquement, elle se révèle comme permanente; et qui sait si elle ne serait 
pas héréditaire, donc spécifique. Mes expériences sur la Girelle, celles deSpaulding sur les 
Pagures, démontrent comment cette association se consolide graduellement, et quels 
progrès elle a accompli en quelques jours. 

Mais les négations ci-dessus permettent-elles de conclure, qu'une difîérence proces- 
suelle, différence dans la nature physiologique, n'existe pas entre une association acquise 
et une association naturelle, dans les cas examinés ? Nullement ! elles nous dirigent seu- 
lement sur le chemin juste, là directement où cette différence aurait lieu, si elle existe : 
aux processus même de l'association. 

Deux cas différents en peuvent réellement être ici imaginés, deux catégories, si l'on 
veut : une organique dans un sens plus strict, une autre nerveuse se basant sur la conduc- 
tion seule des excitations. Ce qui fait penser à la première, ce sont surtout les faits de la 
marche de l'inversion chez Lineus, examinés plus haut; la deuxième m'est venue, nous 
l'avons vu, au début de la présente analyse de l'habitude de Girelle (p. 1 5-i6). Est-ce avec 
raison ? 

Dans le cas de Lineus, il me semble impossible de rattacher l'inversion du chromo- 
tropisme à la pénétration, dans les voies nerveuses, d'un flot d'excitations nouvelles et 
extraordinaires, venant de toute la surface libre du corps, mise au contact avec le milieu 



3a ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE ^ 

osmotique anormal (sera-ce le tégument seul, ou bien aussi le tube digestif ?). 

Car, si c'était ce fait-là qui eût joué ici un rôle exclusif ou, au moins, principal, on ne 
pourrait comprendre pourquoi cette inversion survient aussi tardivement, le deuxième 
jour à peine, et pourquoi elle se développe si lentement et graduellement; ces excitations 
anormales devraient être les plus fortes dans leurs premiers moments, quand la diffé- 
rence de tension osmotique entre les tissus épithéliaux et Teau environnante était la plus 
grande, et par conséquent la réaction dialytique, qui bouleverse l'équilibre normal du 
tissu, la plus forte. 

Donc, si l'inversion prenait son origine dans la pénétration d'un flot d'excitations 
nouvelles qui trouble le fonctionnement normal des voies (respectivement des centres) ner- 
veuses, et par cela interrompt ou rend impossible la combinaison chromato-motrice nor- 
male, elle (l'inversion) devrait se produire d'emblée, ou, au moins, dès les premiers 
moments de l'expérience, et atteindre subitement son point culminant: celui-ci se révé- 
lerait par une disparition complète des réactions chromotropiques, ou bien, peut-être (sans 
que je sache me l'imaginer d'une façon concrète), par un changement radical en tro- 
pisme inverse. 

Aussi donc, l'association de l'érythrotropisme du Lineus avec l'état de sa norme phy- 
siologique me semble être absolumentd'une autre nature, notamment de nature organique, 
c'est-à-dire avoir lieu dans les éléments anatomiques mêmes qui entrent dans la cons- 
titution de l'appareil chromato-moteur. L'inversion du chromotropisme ne surviendra 
donc que lorsque les changements osmotiques, en se propageant de la surface épithéliale 
vers d'autres tissus plus profonds, atteignent les éléments de l'appareil senso-moteur et 
modifient progressivement leur état fonctionnel. 

Quels éléments y prendront part (serait-ce principalement ou exclusivement) ? Des 
éléments récepteurs, ou des conduits nerveux avec des cellules ganglionnaires rela- 
tives, ou bien des fibres musculaires ? — nous n'avons que peu à en dire pour le mo- 
ment. La connaissance des fonctions nerveuses, et de tout ce qui en est en rapport, est 
nulle chez les Némertes. J'ignore si des expériences, en dehors des miennes, ont été 
faites à leur sujet. La participation même des yeux dans les réactions chromotropiques 
reste jusqu'à présent inéclaircie. Les essais opératoires, que j'avais entrepris à ce sujet en 
en 1906 à Roscofï, avec le concours de M. Oxner, n'avaient donné alors aucun résultat 
positif. 

Mais ce qui est aujourd'hui pour moi hors de doute, c'est que, même si l'inversion 
dépendait ici d'un changement fonctionnel dans des cellules nerveuses, ce ne sera point un 
changement provoqué par l'afflux d'excitations anormales qui se développent ailleurs, 
mais un changement direct, organique, se développant sur place, dans ces cellules 
mêmes. 

Il rne semble, du reste, que les stades de passage de l'inversion, aussi bien ceux de sa 
période d'évolution que ceux de régression, seraient plus aisément explicables par les 
changements dans des éléments récepteurs, ou même peut-être dans des éléments mus- 
culaires (?), que par ceux dans des éléments nerveux. Mais cette question, je le répète, 
n'est pas pour le moment prête à être discutée. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE ^ 

Je trouve une confirmation de mes opinions dans les faits de l'inversion duchlorotro- 
pisme naturel chez Pagure. Tout mon raisonnement précédent s'applique w»/a/z^ mutan- 
dis complètement ici, et cela malgré que le système nerveux et l'appareil senso-moteur y 
soient tout autres, beaucoup plus différenciés anatomiquement et fonctionnellement, 
plus définis et connus. Le développement tardif et les stades de passage de l'inversion 
chez Pagure, comme chez Lineus, trouvent une explication beaucoup plus aisée dans 
l'intoxication lente et graduelle, par voie circulatoire, des éléments constitutifs de l'appa- 
reil chromato-moteur, que dans l'influence grandissante des excitations nerveuses, 
venant de toutes parts de l'organisme qui s'intoxique. 

Mais, l'inversion chez Pagure manifeste encore, comme nous le savons, un phéno- 
mène fort intéressant d'apparition et de disparition périodique, rythmique, malgré que 
l'animal demeure constamment dans le milieu toxique, dont les propriétés toxiques aug- 
mentent toujours lentement. 

Ceci montre que les éléments organiques qui y participent, ayant atteint un certain 
point d'intoxication, deviennent, pour uncertain temps, insensibles à l'afflux ultérieur du 
sang dont l'intoxication progresse toujours lentement, qu'ils s'immunisent et reviennent 
peu à peu à leur norme relative, ce qui se manifeste dans un retour graduel au chromo- 
tropisme normal. 

Mais, ceci n'est que pour un certain temps. Car cette immunisation n'est que relative. 
Quelques heures après, l'intoxication du liquide circulatoire beaucoup plus avancée 
franchit le seuil de l'immunisation ; l'appareil senso-moteur se trouve de nouveau hors de 
la norme, et de nouveau apparaît et se développe progressivement l'inversion du tro- 
pisme. Ensuite se produit une nouvelle adaptation, une nouvelle immunisation, avec 
retour aux fonctions normales. Et ainsi plusieurs fois, jusqu'à une intoxication, semble- 
t-il, définitive. 

Tout cela ne signifie point que j'exclue en principe toute possibilité d'influence, sur 
les manifestations du chromotropisme naturel, de 1' « atmosphère » générale des excita- 
tions qui roulent par le système nerveux. Je ne veux pas être mal entendu. Je dis 
seulement, que, dans les deux cas examinés, celui de Lineus et celui de Pagure, l'interpré- 
tation que je viens de développer me semble la plus juste, la plus simple et même 
nécessaire. 

Mais voici chez les mêmes Pagures un phénomène, auquel, malheureusement, je 
n'avais prêté que trop peu d'attention dans mon étude relative (paragraphe i de ma 
note du 14 décembre 1908) et qui exigerait peut-être une autre interprétation. 

Au lieu de laisser l'animal vivre dans l'eau non changée, dans laquelle l'intoxication 
ne commence qu'après quelques jours seulement et ne progresse, comme nous l'avons 
vu, que fort lentement, jetons directement un Pagure frais dans l'eau intoxiquée par 
d'autres individus et dont la faculté inversive a été déjà éprouvée. 

Après un moment de forte excitation, l'animal manifeste, dans un quart d'heure, une 
inversion parfaite : il est érythrotrope. Mais ce n'est qu'une inversion passagère, vite 
écoulée, à laquelle fait suite, après quelques heures de pause, une inversion nouvelle. 

Eh bien, je ne sais s'il est possible d'expliquer cette première inversion, qui dure si 
T. V. — Fasc. 4. - . 5 



34 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

peu et apparaît si rapidement, presque immédiatement, par la même voie de détermi- 
nisme organique, qui tient de l'intoxication des éléments rétiniens et des autres parties 
de l'appareil chromato-moteur lui-même. 

L'intoxication peut-elle les atteindre aussi rapidement, puis aussi rapidement dispa- 
raître pour quelques heures ? Impossible de s'en référer à l'immunisation, dont le pro- 
cessus ne saurait être imaginé d'une telle vitesse. Une simple anesthésic, succédant à un 
soudain ébranlement toxique, ne durerait pas, sûrement, quelques heures. Du reste, une 
intoxication par voie circulatoire ne pouvait être, dans le cas donné, aussi forte tout d'un 
coup. 

On devrait donc chercher le déterminisme de ce phénomène dans la catégorie ner- 
veuse, dans les excitations anormales, se développant quelque part, dans les branchies 
ou peut-être aussi dans d'autres parties nues de l'organisme, au contact du milieu toxique 
et agitant subitement tout le système nerveux, ce qui provoquerait un changement brusque 
dans son fonctionnement normal. 

Mais ce n'est pas si simple non plus. Ce qui serait simple, c'est un relâchement des 
réactions chromotropiques total, c'est-à-dire une interruption de communication active 
entre la rétine et les muscles par l'affîux de puissantes excitations nouvelles. 

Mais ce n'est pas le cas, ou dû moins pendant un instant insaisissablement court. 

Cependant, l'inversion de la réaction tropique, de chloropositive enérythropositive, 
qui y est réellement, exigerait l'admission d'un changement fonctionnel radical des pro- 
priétés mêmes de conduction (i), soit des. centres relatils, soit des voies nerveuses en 
général, sous l'influence d'une atmosphère d'excitations anormales qui les invertiraient 
tout simplement : de sorte qu'une excitation, qui auparavant allait aux muscles avec un 
signe tonique -h, y cheminerait maintenant avec un signe — , et inversement, malgré que 
le récepteur (la rétine), dont l'état serait resté inaltéré, recevrait et transmettrait au sys- 
tème nerveux les excitations absolument les mêmes qu'avant. 

Je ne sais s'il est permis de faire une telle admission. Toutefois, de beaucoup la plus 
simple, ne rencontrant pas de tels obstacles et incomparativement moins hasardeuse est 
l'hypothèse, que cette atmosphère anormale d'excitations modifie Vétat fonctionnel (res- 
pectivement l'excitabilité) de muscles eux-mêmes qui réagiraient maintenant d'une façon 
différente en réponse aux mêmes excitations chromatiques. 

Ainsi donc, même interprétant le phénomène en question, chez les Pagures, dans la 
catégorie nerveuse, en dernière instance, l'inversion serait tout de même liée au chan- 
gement de l'état physiologique, non pas des élémentsdu système nerveux, mais duchaînon 
terminal de l'appareil senso-moteur, de ses effecteurs (muscles). 

Mais bientôt, comme nous l'avons dit, cet état passe, soit à la suite d'une familiarisation 
avec l'atmosphère anormale des excitations, soit grâce à une cessation, ou diminution 
d'intensité, des excitations anormales elles-mêmes dans les tissus qui se trouvent en 
contact irnmédiat avec le milieu toxique, soit, peut-être, grâce à ces deux causes 
simultanément. Toujours en est-il, que l'animal revient rapidement à sa norme tropique, 

(i) Et non pas seulement, comme on l'admet d'habitude, un changement de direction, par le centre relatif, sur 
une telle ou autre voie centrifuge, aux tels ou autres groupes musculaires. Car ceux-là restent ici toujours les 
mêmes. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 35 

et seule, l'intoxication envahissant l'organisme tout entier par voie circulatoire amène, 
nous l'avons dit, une nouvelle inversion du chromotropisme, qui est, probablement, 
aussi bien déterminée que dans les cas examinés plus haut de l'intoxication lente et 
tardive. 

C'est ainsi que se présente Vassuciation naturelle d'un chromotropisme déterminé à 
un certain état physiologique de l'organisme. 

Maintenant, nous pouvons passer à ïassociation acquise. 

Le cyanotropisme de la Girelle, comme le skiotropisme des Pagures, nous l'avons 
vu, est lié expérimentalement à l'état de faim. Nous avons démontré (p. 3i) que cet état 
limique est un état de l'organisme général, naturel et normal. 

Il ne dépend pas seulement de l'existence des excitations digestives définies, prenant 
origine dans le tube digestif vide et inactif, avec ses glandes correspondantes ; car, aussi 
bien que par l'ingestion habituelle des aliments, on peut le satisfaire par l'injection directe 
des nutriments nécessaires dans le système circulatoire : ce qui est bien connu dans la 
physiologie des organismes supérieurs, et appliqué, depuis bien longtemps, dans la 
pratique médicale. 

Mais, puisque Vétat limique embrasse tous les éléments de l'organisme sans exception, 
il en résulte pour nous une question fort importante, à savoir : l'association que nous 
avons formée appartient-elle, en effet , à la catégorie nerveuse, et se base-t-elle exclusivement 
sur une atmosphère définie des excitations cœnesthésiques limiques, d'origine métabolique 
et digestive, comme nous l'avons admis provisoirement, au début de notre analyse ? N'est- 
clle pas ici aussi, du moins partiellement, de nature plus directement organique, c'est- 
à-dire conditionnée par les états fonctionnels des éléments constitutifs de l'appareil senso- 
moteur ? 

La manifestaiion du tropisme, élevé à l'état limique, exclusivement chez les poissons 
et les crustacés affamés, se laisse comprendre également bien dans l'une comme dans 
l'autre interprétation. L'absence totale du tropisme à l'état rassassié s'explique beaucoup 
mieux (c'est-à-dire plus facilement et d'une façon plus concrète) en catégorie de l'asso- 
ciation organique. 

Cette association affectera-t-elle principalement les effecteurs (muscles), comme je 
suis disposé à l'admettre après toutcequeje viens de discuter, ou bien un autre composant 
de l'appareil senso-moteur, par exemple les chaînons médiateurs du système nerveux ? 
toujours, avec la disparition de l'état limique des éléments relatifs, disparaîtra, bien 
entendu, la possibilité de manifestation de cette combinaison senso-motrice qui est liée 
fonctionnellement à cet état. 

Nous n'aurions donc trouvé de difficulté que dans le fait que Girelle, ayant arraché 
la nourriture du tube bleu, s'en va immédiatement et cesse désormais de subir l'influence 
de ce tube. Et cependant, l'état limique des éléments de son organisme, donc aussi des 
composants de son appareil chromato-moteur, non seulement n'a pas disparu à ce 
moment, mais doit durer encore un bon laps de temps, et même augmenter, avant que 
puisse les atteindre par voie circulatoire une première goutte du liquide nutritif qui se 
serait formé avec des particules alimentaires digérées et absorbées. 



36 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Cela est bien vrai. Mais, pour comprendre le fait cité, il n'est pas besoin de recourir 
à un changement subit et radical dans l'état physiologique des éléments intéressés dans 
le chromotropisme. Il suffit qu'au moment où le poisson s'empare de l'aliment pénètre 
dans le système nerveux un flot puissant d'excitations nouvelles, tactiles, motrices (de 
la saisie d'abord, ensuite du froissement, du morcellement, et de l'avalement), gusta- 
lives et sécrétrices. C'est ce flot qui, tout simplement, coupe l'accès aux influences chro- 
matiques, de peu d'importance en comparaison avec lui, et qui absorbe littéralement le 
système nerveux (1' « attention » des psychologues) et en outre amène, surtout au début, 
une série de réactions motrices, soit spéciales (mâchoires, appareil operculaire, pharynx), 
soit embrassant l'ensemble du corps. 

Et jusqu'à ce que la nourriture soit complètement digérée et absorbée, ce flot 
d'excitations toujours nouvelles, parce qu'elles prennent origine dans les différentes 
parties successives du tube digestif avec leurs glandes correspondantes, ce flot se continue 
et se développe. Et c'est alors, enfin, que l'état des éléments profonds de l'organisme com- 
mencera à se modifier. (Ces éléments parviendront-ils à satisfaire complètement leurs 
besoins et pour longtemps ? ceci ne dépend que de la quantité de la nourriture ingérée 
et ici nous importe peu). 

Pendant tout ce temps-là, le manque de manifestations chromotropiques s'expliquerait 
également bien en catégorie de leur association organique avec l'état limique de l'appareil 
senso-moteur, qu'en catégorie nerveuse de leur association avec les excitations limiques 
venant de tout l'organisme. 

Donc, cette difficulté n'a été qu'apparente. En réalité, elle n'a pas lieu. Cependant, 
son examen nous a servi à mettre au clair la part nécessaire qu'a « l'atmosphère d'exci- 
tations » dans l'interruption et la mise en état latent de la combinaison chromotropique 
acquise, même en cas de son association organique avec l'état de faim. Ce qui est analogue 
à ce que nous avons vu dans l'inversion du chromotropisme naturel chez le Pagure jeté 
subitement dans l'eau intoxiquée. 

Sur ce fait, il nous faut clore, pour le moment, la discussion de ce problème. 

Le moment est maintenant venu d'étudier le rôle de l'appât. Dans ce but, force nous 
est de revenir à la comparaison de nos expériences sur Girelle à celles de Spaulding sur 
Pagure. Ce qui, comme nous le verrons, sera extrêmement instructif. 

Dans les deux cas, l'appât a été, semblerait-il, le même : un morceau de nourriture. 
En réalité, ce n'est cependant que pour nous qu'il était le même ; il ne l'était point pour les ani- 
maux, puisque son action sur la Girelle a été exclusivement optique, comme nous l'avons 
démontré plus haut, tandis que, sur les Pagures, elle a été exclusivement olfactive. 

Ceci n'a changé en rien son efficacité attractive qui nous a servi dans les deux cas à 
former l'habitude, et n'empêcha pas non plus que cette habitude ait été optique dans les 
deux cas, et sûrement ait pu être tout à fait identique, si les mêmes agents optiques (par 
exemple bleus) avaient été employés dans les deux cas. 

Ce fait, rapproché de tout ce que nous avons amplement discuté au cours de cette 
analyse, semble prouver suffisamment que le rôle de l'appât dans la formation de ces 
habitudes visuelles est purement mécanique : mise de l'animal au contact direct nécessaire 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 3? 

de l'agent relatif, et polarisation de son appareil senso-moteur dans une influence lumi- 
neuse déterminée. Une simple coercition, voilà tout. La main de l'expérimentateur, trans- 
mettant l'animal dans un milieu voulu, ou modifiant les conditions chromatiques du 
milieu lui-même, sans remuer l'animal, ou bien le cas spontané de pénétration de l'ani- 
mal dans un terrain naturel à certaines propriétés lumineuses (Maja, Hippolyte), peuvent 
y servir aussi bien que la nourriture employée par nous et agissant soit par voie oculaire 
(Girelle), soit par voie d'antennules olfactives (Pagure). 

Ce qui est convaincant ici, ce sont surtout les expériences de Spaulding, où les 
Pagures, après avoir franchi l'orifice du grillage, demeurent entourés de l'obscurité qui 
leur élève l'habitude skiotropique, absolument comme des Maja dans mes aquariums. 

N'est-il pas évident que Tappât n'est ici qu'un invocateur accidentel et médiat, qui 
ne participe nullement dans la causalité physiologique de l'habitude. 

Et il en est de même chez Girelle. C'est bien pourquoi l'habitude, formée sous des 
influences étrangères à l'appât et n'étant liées à lui que mécaniquement, n'exige, pour se 
manifester, que la présence de ces influences actives seules. 

Cela veut dire, en d'autres mots, que, dans la phase de reproduction de l'habitude, 
l'absence de l'appât, l'absence de cet invocateur médiat, n'est point un agent quelconque 
de cette reproduction. 

C'est bien un moyen de révélation pour l'investigateur, mais ce n'est pas l'évocateur 
de l'habitude. Son évocateur direct, comme son invocateur proprement dit, c'est uni- 
quement et exclusivement l'agent lumineux : le tube bleu pour Girelle, l'obscurité pour 
Pagures, comme aussi les algues pour Hippolyte et les papiers de couleurs pour mes 
Maja. Maïs alors il ne reste plus de place pour une association du fait « nourriture » avec 
le fait « couleur bleue » chez Girelle, ni avec le fait « obscurité » chez Pagures? Et 
cependant, le titre même du travail de Spaulding s'y oppose : « An establishment of asso- 
ciation in Hermit crabs ». 

Il nous faut donc voir les arguments de l'auteur, puisque ses données, que nous avons 
reproduites fidèlement, ne nous semblent pas autoriser sa conclusion ci-dessus. 

Voici comment il se résume lui-même (p. 60-61) : 

« The Hermit crab, Eupagurus longicarpus, is capable of profiling by experience, in 
a rather short time, by associating the « constructs » of two a sense fields «vision and taste ( i) 
[... the constructs «food » and a screen-darkness », comme il dit ailleurs, par exemple, à 
la page 56]. 

« The existence of this association is proved by its effectiveness in subsequently bringing 
about, with only one stimulus presented, the same reaction against a natural positive helio- 
tropism, as previously occurred with two stimuli present. » 

Conclusion typique et commune. Peut-on s'en étonner? puisque ça ne coûte rien et 
c'est tellement commode 1 

(i) J'ignore pourquoi, dans tout ce travail, Spaulding parle du sens de tact, quand c'est du sens olfactif qu'il s'agit 
toujours. 

Il parait que l'auteur s'en rend bien compte, puisqu'il lave soigneusement la boite afin d'éviter toute trace pos- 
sible de nourriture, qui ne pourrait afiir autrement que par l'odorat. 

H est évident que c'est à l'odorat que l'auteur applique le terme taste. Pourquoi ? Je l'ignore. Peut-être parce que 
les récepteurs de ce sens sont localisés dans les anlennules ? 



-3« ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

El puis, dans un moment, on oublie que ce n'est qu'une conclusion de l'auteur^ et on 
commence à raisonner sur le fait de l'association de la « nourriture » avec « l'obscurité », 
sur le « souvenir » [remembers) de l'animal, de ce que la nourriture se trouvait toujours 
dans la boîte obscure, et sur « l'attente » [expected)^ se reproduisant dans ce que l'animal 
se dirige vers cette boîte. Mais, malheureusement, ce n'est qu'une conclusion. Et encore, 
faut-il prouver qu'elle est juste et nécessaire. 

C'est ce que présisément l'auteur n'a pas fait. Il ne donne aucun argument. Et la 
déclaration précitée ne reste toujours qu'une déclaration absolument arbitraire. Elle 
nous apprend, il est vrai, que l'auteur se souvient parfaitement d'avoir mis précédem- 
ment la nourriture dans la boîte, et qu'il associa, dans son intelligence d'observateur, le 
mouvement de l'animal avec une influence de la nourriture, et cela à un tel degré, que 
même maintenant, bien que la nourriture soit absente, il persiste à attribuer le mouve- 
ment analogue à la même influence ou, au moins, à son after-effect. Mais des preuves que 
l'animal s'en souvienne., que l'animal fasse cette association, que l'animal attende, il n'y 
en a point, ni dans cette déclaration finale, ni dans tout le travail. 

La conclusion sur l'association du fait « nourriture » au fait « obscurité » résulte 
tout entière des causes accessoires, dont peut-être l'auteur n'a pas eu conscience, à savoir: 
> une représentation des faits traditionnelle, arrêtée d'avance, à la manière anthropo-psy- 
chologique, nous dispensant de la pénible nécessité de rechercher une explication causale, 
car elle prétend être déjà compréhensible /'er^e. C'est pourquoi toute l'attention se con- 
centre, dès le début, sur l'agent « nourriture », en suggestionnant les conclusions corres- 
pondantes. C'est pourquoi on n'aperçoit pas le fait d'association d'une réaction de 
l'animal en train de se constituer avec l'état limique. Et c'est pourquoi Von ne voit 
pas ce qui est réellement donné., la formation, au cours d'expériences, d'une réaction 
nouvelle, d'une habitude skiotropique. Il serait superflu, je crois, d'insister davantage. 
Tout cela est loin de signifier que j'écarte toute possibilité de persistance des traces 
de l'excitant « nourriture » dans l'organisme de Girelle, comme dans celui de Pagure, 
et aussi de leur association avec l'excitant chromatique (ou avec l'obscurité, chez Pagure). 
Je dis seulement que, ni dans mes expériences ni dans celles de Spaulding. il n'y a 
guère de données relatives, non seulement pour résoudre la question, mais aussi pour 
la poser. Si cependant nous sortons, pour un instant, du domaine de ce que nous avons 
constaté., pour jeter un regard dans la sphère à& possibilité, eh bien ! alors, en prenant ana- 
logie des expériences bien connues dtPawloff et de ses disciples sur la soi-disant jécré//o;/ 
psychique chez les animaux supérieurs (chez le chien, en particulier) et en admettant 
que de pareilles manifestations peuvent avoir lieu, bien que sur une échelle différente; 
et sous un autre aspect, aussi chez les poissons (peut-être même chez les crustacés), je 
ne vois rien d'impossible à ce que les excitations sécrétrices du tube digestif de 
Girelle, provoquées par l'agent optique « nourriture», ne puissent s'associer, grâce à une 
répétition continuelle, avecuneexcitation chromatique constamment simultanée. Parsuite, 
une habitude chromato-sécrétrice aurait pu se former, tout à la manière de l'habitude 
chromato-motriceque nous avons étudiée, et simultanément avec elle. Car les organes sé- 
créteurs (le pancréas, le foie, les cellules de la paroi intestinale) sont d'aussi bons effecteurs 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 3g. 

que les muscles. Et en rapport avec l'excitation chromatique des organes sécréteur 
auraient pu encore avoir lieu certaines, même très faibles, excitations motrices du tube 
digestif, sous l'aspect d'une péristaltique. Mais tout ceci n'appartient qu'à la sphère de 
pures possibilités. 

Mais, même alors, nous n'aurions aussi que deux habitudes chromatiques différentes : 
l'une tropique, l'autre péristaltico-sécrétrice, qui seraient simultanées, il est vrai, mais 
fonctionnellement indépendantes. Pour parler de leur association mutuelle, et encore 
d'une association définie, où les processus péristaltico-sécréteurs auraient précédé et 
conditionné la réaction tropique de l'animal, il faudrait faire de nouvelles suppositions, 
plus hasardées que les autres. Ce nest qu'alors seulement que nous aurions quelque 
analogon physiologique du « souvenir » du fait « nourriture» et de sa « reproduction» 
dans le comportement relatif de l'animal. ' " 

On comprendra, je l'espère, facilement notre abstention en vue d'une pareille mon- 
tagne d'hypothèses, entassées les unes sur les autres, sans aucune nécessité pressante. On 
comprendra également, pourquoi nous nous sommes bornés à rapprocher, analyser et 
expliquer, autant que cela nous était possible, ce que la réalité expérimentale nous a 
donné incontestablement. Car le reste serait de la littérature, pour parler comme 
Paul Verlaine. 

Dans tout ce paragraphe, nous avons parlé toujours et presque exclusivement du 
tube bleu et de son influence directe sur la formation du tropisme; aussi l'on pourrait 
nous soupçonner d'avoir oublié, sciemment ou non, l'existence même du tube jaune qui, 
cependant, dès le début jusqu'à la fin des expériences, était toujours présent, simultané- 
ment avec le tube bleu et à côté de lui. 

Il n'en est rien ! puisque notre analyse avait pour but d'expliquer, non seulement la 
formation d'une habitude chromatique en général, mais aussi et surtout la formation 
d'une habitude cyanotropique dans des conditions expérimentales définies, précisément, en 
dépit de la présence du tube jaune. 

Dans les pages i5et i6, nous avons dit que l'appât, attirant magnétiquement le poisson 
vers le tube bleu, éliminait nécessairement chaque fois toute possibilité de l'influence 
éducatrice du tube jaune. Ainsi donc, une fois le cyanotropisme élevé et suffisamment 
fixé, le poisson, même dans les expériences sans appât, se comporte comme si le tube 
jaune n'y était pas : nulle incertitude dans son orientation, nul écartement de sa 
trajectoire, nul arrêt dans son élancement ne laissent s'apercevoir. 

Mais ce tube jaune est bien là ! et se trouve à côté du tube bleu, de 1 5 à 20 centimètres. 
de distance. 

Au moment de leur introduction dans l'aquarium, avant que le mouvement tropique 
commençât, l'image jaune devait frapper la rétine du poisson, d'ensemble avec l'image 
bleue. Mais l'appareil senso-moteur de la Girelle n'y répond pas, au moins par une réac- 
tion manifestée : objectivement, pjur l'observateur, il reste inactif, muet. L'excitation 
provoquée par l'image jaune dans les récepteurs relatifs de la rétine, se trouve ensuite 
entravée quelque part dans son parcours et réduite à zéro. Peut-être, ne trouve-t-elle 



40 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

pas dans les centres nerveux de transmission facile, adaptée et frayée par l'habitude, 
sur les voies centripètes. Peut-être, — ce que je serais enclin d'admettre — ayant pénétré 
plus loin (i), elle se brise contre l'insensibilité des effecteurs qui n'y sont pas habitués, 
incapable qu'elle est de franchir le seuil de leur excitabilité. Peut-être même, bien que 
ceci ne puisse avoir une valeur explicative, les récepteurs des rétines eux-mêmes à la 
suite de leur éducation sont un peu plus sensibles aux influences bleues qu'aux jaunes. 
Toujours est-il que, malgré la présence constante du tube jaune à côté du bleu, la Girelle 
ne réagit qu'au tube bleu exclusivement. 

Mais on pourrait faire remarquer que les couleurs jaune et bleue sont en quelque 
sorte physiologiquement opposées, ce qui s'accuse par exemple dans les contrastes de 
notre vision, où ces couleurs se manifestent comme « complémentaires ». Par conséquent 
le poisson, élevé tropiquement dans l'influence bleue, devrait se comporter plutôt néga- 
tivement envers une influence jaune et non pas d'une façon indifférente. 

Au cours de nos expériences, à l'observation la plus consciencieuse, nous n'avons pu 
constater aucun xanthotropisme négatif. C'est que le cyanotropisme positif ne renferme 
point, comme conditio sino qua non, un xanthotropisme négatif. Nous avons pu em- 
ployer, au lieu du tube jaune, un tube vert, rouge, blanc, avec le même résultat. Je 
l'affirme, en me basant sur mes expériences sur les Sars, sujets, pourtant, sensible- 
blement moins capables sous ce rapport, que la Girelle. La même chose ressort des faits, 
cités déjà tant de fois, de l'acquisition du chromotropismepar mes Maja. 

Et même, dans les tropismes naturels et spécifiques, un rapport aussi simple de 
l'opposition physiologique de certaines couleurs spectrales n'a décidément pas lieu. II 
suffit de se souvenir des échelles tropiques de couleurs chez les Pagures, exposées tout 
au long dans mes notes, surtout dans la première (novembre 1908). Je n'y 
insisterai plus ici, mais je me propose, vu l'importance du problème et le nombre considé- 
rable de matériaux d'expériences non publiés, de lui consacrer plus tard une étude 
particulière. Ici, je n'ai qu'à réitérer ce que j'avais fait ressortir plusieurs fois depuis 1906, 
comme un fait essentiel contredisant les théories communément admises : « Toute couleur 
a une action tropique spécifique, autonome et indépendante de l'action des autres couleurs. » 

Le cyanotropisme acquis de la Girelle n'est, décidément, en aucun rapport avec le 
tube jaune, envers lequel, je le répète, l'appareil senso-moteur de notre poisson reste 
aussi muet (2), qu'il l'était, au début des expériences, envers les deux tubes (jaune et bleu). 

Du reste, on pouvait le soumettre au contrôle expérimental, en immergeant, 
par exemple : 1° le tube bleu seul ; ou bien 2° au lieu du jaune, un tube d'une autre 
couleur, formant un couple avec le tube bleu ; ou bien 3° au lieu de deux tubes, 
trois ou quatre de différentes couleurs, dont un sera toujours bleu. 

Ce dernier (plusieurs tubes), si ma conception est juste, ne serait qu'une complication 
apparente, car l'habitude cyanotropique y aurait absolument les mêmes conditions de se 
manifester, qu'en présence de deux tubes. 

Peut-être y faudrait-il laisser passer les instants de l'influence « répulsive » ou inhibi- 

(1) Voir les pages 22-27 de ce travail. 

(2) Muet, mais, évidemment, pas sourd, c'est-à-dire, pas insensible dans sa partie réceptrice. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 41 

trice des objets extraordinaires, à l'instar de celle que nous avons vu dans les deux pre- 
miers jours de nos expériences actuelles ; mais ceci est déjà une autre affaire, étrangère à 
celle de la participation du tube bleu dans la manifestation de l'habitude bleue. 

La preuve la plus simple et la plus efficace, dira-t-on, aurait été d'immerger le tube 
jaune seul et de voir comment la Girelle se comporterait envers lui ? Cependant, une telle 
expérience, bien qu'intéressante par ailleurs, ne serait pour notre affaire non seulement 
une meilleure preuve, mais ne peut y être aucune preuve. Et voici pourquoi. 

Le tube jaune n'est pas seulement « le jaune «, quelque chose qui est jaune, une cou- 
leur seule {an und filr sich), mais il est simultanément et également, un « tube », un objet 
de/or;»e et dimension définies, ceint, en plus, d'un ftl gris, et localisé dans l'espace d'une 
façon définie, à la surface de l'eau. Il en est de même, bien entendu, du tube bleu. Il 
est à prévoir que ces agents optiques aussi bien que la couleur elle-même, avaient 
exercé, pendant la durée des expériences, leur influence sur l'appareil senso-moteur de 
la Girelle, en formant ainsi les habitudes relatives, plus ou moins distinctes, plus ou 
moins fixées. 

Nous nous sommes assurés d'une de ces habitudes au cours de l'expérience du 
3i mai, celle de se diriger vers la surface de l'eau sitôt que des objets habituels (respec- 
tivement les mains de l'expérimentateur) apparaissent au-dessus de l'aquarium. 

L'acquisition des iconotropismes est encore à constater ; j'en exposerai plus loin la 
méthode concrète et détaillée. Il suffit cependant qu'ils soient possibles et même pro- 
bables, pour que l'immersion seule du tube jaune ne puisse être aucune preuve de sa 
participation, dans la manifestation de l'habitude cyanotropique que nous avons formée. 

En effet, sa forme, sa dimension, sa ceinture de fil gris et sa localisation à la sur- 
face de l'eau étaient toujours identiques à celles du tube bleu. C'est bien sur ce fait que 
nous avons basé d'avance notre méthode d'élimination des agents accessoires dans l'orien- 
tation de la Girelle vers le tube bleu, et notre certitude que ce qui, dans des conditions 
données, la dirigeait vers ce tube, c'était précisément et exclusivement son cyanotropisme, 
sa réaction immédiate à l'agent chromatique bleu. 

Mais, si nous avions écarté cet agent dans l'épreuve évocatrice, ayant par exemple 
introduit le tube jaune tout seul, nous aurions créé eo ipso un terrain pour la manifestation 
de l'influence, jusqu'alors entravée, d'autres agents non chromatiques. 

Le comportement de la Girelle serait plutôt une preuve de l'efficacité de cette influence, 
et non pas une preuve de l'existence ou de la non-existence d'un xanthotropisme négatif (i). 

C'est ainsi, peut-être, qu'il faudrait interpréter le comportement de la Girelle dans la 
journée du 28 mai, quand, lors des épreuves évocatrices (sans nourriture) prolongées plus 
que hors d'habitude, le poisson finit par se détourner du tube bleu et s'arrête un instant 
sous le jaune. Cependant, sitôt que l'image bleue, par un virement du poisson, est pro- 
jetée de nouveau sur la rétine, le cyanotropisme se manifeste de nouveau, invinciblement. 

Peut-être, d'autres agents encore y prennent part. Je soupçonne même l'existence de 
certains phénomènes, mais je ne pourrai en parler que dans la série des Gobius. Ici, je 

(i) Je n'ai pas eu le moyen d'accomplir cette expérience de contrôle, ni celles proposées plus haut, la question elle- 
même ne m'étant survenue qu'au cours de la présente analyse. 

T. V. — Fasc. 4 6 



42 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

n'aurais pas été compris et, du reste, je ne les ai pas encore suffisamment élucidé à moi- 
même. Le fait est, qu'un des jours suivants, notamment le dernier des expériences (3o 
mai), la Girelle, bien qu'elle se fût détournée plusieurs fois du tube bleu, pas une seule 
fois ne s'est dirigée vers le tube jaune, pas une seule fois ne s'est arrêtée sous ce tube. 

Mais comment se fait-il, qu'un poisson ayant une habitude cyanotropique si bien 
développée, subitement, à un certain moment se détourne du tube bleu qui l'attire et 
qui semblait le polariser complètement ? Les agents en sont nombreux. D'abord, la Girelle 
appartient à une catégorie de poissons extrêmement agiles, comme je l'ai déjà fait remar- 
quer plus d'une fois. Le mouvement continuel, l'agitation, est tout simplement sa 
« nature », son habitude générale, sa « nécessité kinesthésique j), si l'on veut, condi- 
tionnée par l'ensemble des excitations cœnesthésiques continuelles, prenant origine dans 
le métabolisme. 

Ceci est évidemment en rapport avec la sensibilité de tout son appareil senso-moteur. 
L'agent chromatique, bien que puissant à surprendre, n'est pas, même au moment de la 
manifestation de l'habitude cyanotropique, une source d'excitations exclusive. Dans nos 
conditions, il est douteux que les rétines même en soient absorbées tout entières ; quant 
à l'ensemble des autres sens, ils laissent leur entrée plus ou moins libre. 

En ajoutant ces excitations, bien que moins importantes, qui viennent d'autres côtés 
du milieu ambiant, aux excitations motrices générales et internes, nous savons déjà les 
causes presque suffisantes de ce que le poisson se détourne du tube bleu. 

Et cependant, hormis ces excitations générales et que nous n'avons que sommai- 
rement traitées, il existe une excitation, complètement définie celle-là, et qui augmente 
au fur et à mesure qu'on prolonge l'épreuve évocatrice, étant le résultat du maintien 
nécessairement actif de. la Girelle sous le tube bleu, au moyen des groupes musculaires 
définis, et dans une position anormale, le museau tendu en haut. Le moment où un 
changement radical des mouvements devient irrésistible arrivera nécessairement. C'est 
ainsi que moi, bien qu'étant profondément absorbé par mes pensées et penché sur ma 
table de travail, je suis forcé, bon gré mal gré, de redresser de temps en temps mon 
épine dorsale, de respirer largement à pleins poumons et d'étendre les articulations de 
mes mains fléchies, tout simplement, par voie automatique d'accumulation des excita- 
tions cœnesthésiques et kinesthésiques. Il en est de même pour le détournement de la 
Girelle du tube bleu. Ce moment, de relâche forcée des actions musculaires définies qui 
participent à la manifestation du tropisme, se prête à l'observation immédiate la plus 
démonstrative chez l'Amphipode Phronime; je décrirai ce fait dans le troisième chapitre 
de mon Mémoire sur la biologie du Tonnelier de mer, qui paraîtra, comme les cha- 
pitres précédents, dans le Bulletin de l'Institut océanographique. 

Mais ce n'est pas encore tout. Il est à supposer que, dans le détournement de laGirelle, 
la fatigue des récepteurs., polarisés pendant un temps prolongé dans l'influence exclusive 
du tube bleu, joue aussi quelque rôle. 

Cette fatigue doit se manifester, soit par une insensibilité momentanée complète, soit 
au moins par une diminution considérable de sensibilité. Et alors, le tropisme perd, évi- 
demment, son point d'appui et disparaît, pour reparaître un instant après, une fois la 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 43 

sensibilité de la rétine revenue, ce que nous avons vu au cours de nos expé- 
riences. Une exceïïenteanalog'ie d'une tcWe Jliictuation dans le fonctionnement de la rétine, 
lors de la fixation d'un objet quelconque dans le champ visuel, nous est fournie par notre 
oeil humain, dont la rétine est du même type anatomique. 

Maintenant, tout ceci donne, à ce qu'il me semble, une explication satisfaisante au 
fait en question dans le comportement de la Girelle. 

Il est peut-être superflu d'ajouter que nos expériences ne contiennent pas de données 
pour trancher la question de la reconnaissance de la couleur associée au fait « nourriture » 
et du choix constant de cette couleur associée, vu qu'elles ne contiennent pas de données 
qui permettraient de constater une pareille association, ce que nous avons démontré plus 
haut. Les points 11 et 12 de notre liste provisoire des résultats probables (§ 2), tombent 
ainsi, de même que les points 9 et 10, au moins sous la forme sous laquelle ils ont été 
formulés. 

Mais, tout en écartant cette infortunée association avec le fait « nourriture », ne 
pourra-t-on pas, absolument indépendamment de cette association, traiter encore du choix 
et de la reconnaissance, ou bien au moins d'un seul de ces phénomènes? 

La réponse est déjà incluse dans les résultats actuels de notre analyse. Elle n'est 
guère la même pour les deux questions. En effet, si l'appareil senso-moteur de la Girelle, 
qui fut antérieurement in différent ou muet à l'agent chromatique bleu, ayant acquis, par 
suite d'une éducation, son excitabilité tropique relative, répond maintenante chaque appa- 
rition de cet agent, ce phénomène pourrait être qualifié de « reconnaissance ». Quant à 
moi, j'aime mieux parler tout simplement d'une excitabilité acquise, de même que je 
parle, par exemple, de V excitabilité congénitale du Lineus qui répond par une réaction 
tropique toute faite, à un agent rouge lui apparaissant pour la première fois, et où il ne 
peutêtre question, par conséquent, de la « reconnaissance », si l'expression veut avoir un 
sens quelque peu défini. 

Quant au « choix », il ne peut guère en être question. L'appareil senso-moteur de la 
Girelle, d'après tout ce que nous avons discuté, reste à l'égard de l'agent jaune aussi muet 
qu'il l'était avant le commencement des expériences. Par contre, il devint extrêmement 
sensible à l'agent bleu. 

De quel choix peut-il donc s'agir dans de pareilles circonstances? Le sourd-muet 
a-t-il moyen de faire son choix entre la réponse à un appel qu'il n'entend pas et ne peut 
entendre, et la réponse à une mimique qu'il voit et qu'il comprend? Et moi, ai-je le 
choix de sortir de ma chambre par une porte grand ouverte, ou par un mur privé de 
toute ouverture ? Et la rivière a-t-elle le choix de faire couler ses eaux en amont ou en 
aval ? Il faut se dire enfin, que la notion « choix » possède un sens défini et alors ce n'est 
que dans ce sens-là qu'elle peut être employée, ou bien que cette notion n'a pas de sens 
du tout et alors elle doit être rayée du domaine de la science. 

Cependant, dans ce chapitre spécial, consacré à un cas concret de Girelle, il serait 
peut-être intempestif de s'engager dans une longue discussion purement théorique, qui, 
par-dessus le marché, ne concerne pas seulement la science du comportement des ani- 



44 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

maux, mais aussi la psycho-physiologie humaine et la philosophie. Aussi, j'aime mieux le 
remettre à un temps plus opportun, d'autant plus que les chapitres suivants de la pré- 
sente étude doivent nous fournir des matériaux d'argumentation nouveaux, parfois com- 
plètement différents, et, pour le moment, absolument imprévus, comme par exemple 
ceux que contient la série du Gobius. 

En ce qui concerne laGirelle, le résultat de cette délibération théorique n'y changera 
plus rien, la question étant ici, pour le moment, épuisée. 

B. Résultats accessoires. — Une série d'habitudes et d'adaptations, dont la formation, 
bien qu'elle n'entrât pas directement ou même aucunement dans nos desseins, n'a pas pu 
être évitée, étant liée intimement ,soit à la méthode de nos expériences, soit aux conditions 
de la vie dans les aquariums en général. 

Voici leur liste totale, dans l'ordre de leur manifestation au cours des expériences : 

1® Adaptation au milieu artificiel d'une étendue limitée, de l'aquarium; 

2" Familiarisation avec l'expérimentateur et ses gestes (probablement aussi avec le 
ton général de ses couleurs); 

3° Familiarisation avec la présence périodique des « tubes » au-dessus de l'eau ; et cela, 
.probablement, non seulement comme couleurs, mais aussi comme objets de dimension 
et forme définies ; ■ 

4° Préhension de la nourriture sur le tube bleu, quasi un apprivoisement (d'où, en 
dehors de l'habitude chromatique que nous venons d'analyser, peut-être aussi une 
habitude iconotropique ?) ; 

5° Soulèvement des yeux, du museau et approche vers la surface de l'eau, en 
réponse à une apparition au-dessus d'elle des certains objets, respectivement des gestes ; 

Tout ceci ayant lieu au cours d'une seule série d'expériences, courte et, à ce qu'il 
semblait, très simple. 

Que doit-il donc se passer lors de la vie tout entière du poisson et encore dans son 
milieu naturel, libre et infiniment riche, de la mer? Quelle lormation continuelle, quel 
enchaînement et enchevêtrement mutuel des habitudes, évincement des unes par les 
autres, disparition et nouvelle formation... tout un vrai kaléidoscope, éternellement en 
mouvement! Vraiment, le comportement d'un animal est un perpétuel devenir, sur le 
canevas d'une organisation anatomo-physiologique, bien entendu. On ne peut objecter 
que ce ne sont que les résultats des expériences faites dans des conditions par trop artifi- 
cielles. Certaines habitudes, il est vrai, exigent, pour leur fixation complète, des 
influences définies prolongées ou répétées ; mais, en revanche, combien d'adaptations se 
forment avec une rapidité étonnante, comme nous l'avons vu lors des premiers jours de 
nos expériences. 

Toute influence, même celle qui n'agit qu'une seule fois, laisse, pour un certain temps, 
son empreinte dans l'organisme ;et,au cours normal delà vie d'un poisson, surtout d'un 
poisson marin, il ne manque pas, sûrement, de différentes influences prolongées et 
périodiques, à répétitions nombreuses, peut-on dire, infinies, perpétuelles, en compa- 
raison avec nos séries expérimentales. Aussi, plus d'une habitude naturelle prend les 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 45 

caractères d'une telle communauté, stabilité et infaillibilité, qu'elle devient réellement, 
ou paraît devenir, un phénomène spécifique, donc instinctif. 

Mais revenons aux adaptations énumérées. 

En y réfléchissant attentivement, nous trouverons à leur base deux phénomènes (où 
deux groupes de phénomènes) fondamentaux : 1 diminution progressive de l'intensité de la 
réaction motrice à un excitant répété ou prolongé, jusqu'à la cessation complète de la réac- 
tion L= adaptation négative, familiarisation]; 2° apparition d'une réaction nouvelle et aug- 
mentation progressive de son /«/e?î5/7e', évidemment jusqu'à une certaine limite, mais tou- 
tefois jusqu'à sa consolidation complète comme réaction normale [= adaptation positive]. 
■ Les réactions, dont l'intensité a subi une diminution progressive, étaient à leur tour 
de deux sortes : a) fuite ou éloignement de l'excitant [réaction tropique négative]; b) cessa- 
tion de tout mouvement, immobilité générale ou rigidité du corps, comme par suite d'une 
contracture tétanique de tous les muscles d'emblée. Je ne considère pas, comme une 
forme à part, la limitation des excursions de l'animal ; je la considère plutôt comme une 
réaction intermédiaire et plus faible. 

La Girelle ne nous a pas montré une réaction de raidissement typique (groupe b) ; 
mais cet élément fut compris aussi bien dans son blottissement ou sa chute contre le 
fond de l'aquarium, que dans la limitation de ses excursions motrices. 

Cependant, je préfère remettre l'examen détaillé de ce phénomène au chapitre des 
Sars, où il se présente sous une forme bien nette et caractéristique. Toutefois, ce qui 
suit s'applique aux deux groupes {a et b) également. 

L'adaptation négative consiste-t-elle nécessairement et toujours dans une suspension 
ou inhibition des excitations relatives dans les voies nerveuses centrales, comme on 
l'admet en général ? De quelle façon ? grâce à quoi ? 

Ne se réduit-elle pas, dans une certaine mesure, sinon complètement, à une simple 
familiarisation des effecteurs, une sorte d'immunisation, si l'on veut, à une diminution 
progressive de leur excitabilité et, à la fin, à une indifférence complète à l'égard de l'agent 
donné ? (Peut-être aussi, quelquefois, une adaptation des récepteurs eux-mêmes y a 
un peu sa part, comme dans la vision humaine ?) Du moins, dans les cas simples 
dont il s'agit ici (i), ceci me semble être beaucoup plus convenable et parfaitement 
admissible. 

Le fait, que cette adaptation négative se produit quelquefois avec une rapidité éton- 
nante, ne peut être considéré comme un obstacle, car c'est précisément ce qui doit 
arriver constamment dans la vie normale et libre du poisson, en réponse à l'apparition 
de tout objet ou mouvement, quelque peu extraordinaire; et par conséquent, une aptitude 
correspondante à une prompte adaptation négative a eu bien le temps et l'occasion de 
se développer, sans quoi le cours de la vie subirait des perturbations trop fréquentes 
et trop dangereuses. 

La vitesse, dans plusieurs cas de l'adaptation négative, doit être sensiblement aug- 
mentée par les excitations motrices positives, venant simultanément des agents (repous- 

(1) Tous les exemples de amiliarisation énumérés dans notre tableau concernent les agents optiques. 



46 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

sants ou paralysants), liés dans l'espacé aux autres : c'est ce que nous avons pu observer 
réellement le premier jour de nos expériences sur la Girelle, après l'immersion des tubes, 
l'un d'eux étant pourvu de l'objet attractif (nourriture). Il va de soi, que ce ne sont pas 
les excitations tropiques instinctives seules qui y exerceront leur influence, mais aussi 
toute habitude suffisamment fixée, bien que généralement dans un degré moindre et 
avec une intensité plus faible. Qui, du reste, saurait déterminer dans quelle mesure le 
trophotropisme de la Girelle par exemple, à l'égard d'une nourriture donnée (un morceau 
de poisson par exemple), est congénital et instinctif, et dans quelle mesure il n'est qu'empi- 
riquement et embiontiquement défini, différencié et consolidé? 

Les phénomènes d& V adaptation positive, c'est-à-dire l'augmentation de l'intensité 
d'une réaction ou bien l'apparition et la consolidation d'une réaction nouvelle, n'exigent 
plus, après l'analyse de l'habitude chromatique, une discussion minutieuse ; en effet, 
dans cette série d'expériences ils rentrent tous également dans la catégorie des habitudes 
optiques., et même, exclusivement, dans celle des habitudes positivement-tropiques {i). 
Seul le premier point « adaptation à l'aquarium » exige d'être traité à part, ce 
que nous allons faire plus loin. Par contre, il faut examiner le rapport réciproque 
entre les deux groupes d'adaptations : entre les adaptations positives et les adaptations 
négatives. 

Nous voyons, avant tout, queles adaptations négatives précèdent toujours dansle temps, 
et par une nécessité causale parfaitement compréhensible, la formation des adaptations 
positives: celles-ci ne pouvant débuter avant que celles-là ne soient achevées, ce qui est 
loin de signijier que ces adaptations sont liées génétiquement. Evidemment, non! Dans 
notre série, par exemple, l'habitude chromatique pouvait bien ne pas avoir eu lieu, et 
malgré cela toutes les adaptations négatives énumérées se seraient produites quand même 
et delà même façon. 

Et, inversement, nous aurions pu commencer la formation de l'habitude chromatique 
dans un mois, dans un an, etc., après la familiarisation de la Girelle avec l'aquarium 
et l'expérimentateur et même avec la présence des tubes de couleur, bien entendu, 
dépourvus de nourriture. 

Relevons maintenant une autre chose. Bien que, dans le cas de l'adaptation néga- 
tive, comme dans celui de l'adaptation positive, l'animal 5'/?<3^//z/e à quelque chose, ne 
serait-il pas conforme à toutes les raisons de limiter remploi de la notion « habitude », 
ne l'appliquant qu'aux adaptations positives 1 ' ■ 

Nous serions ainsi plus proches de la signification qui est d'usage commun et s'est 
fixée historiquement ; d'autre part, comme par toute délimitation des concepts, nous aurions 
contribué à une précision scientifique plus avancée, à une clarté et une facilité d'expression 
plus grandes, et par conséquent aussi à éviter une certaine quantité de malentendus 
entre l'auteur et le lecteur, malentendus, qui, à force de différences intellectuelles et 
psychiques individuelles, restent toujours par trop nombreux. 

C'est bien pourquoi j'employais constamment, au cours de l'analyse de l'habitude 

{i) V.z. îormaXion àe% habitudes négativement-tropiques n'a pas eu lieu ici. J'observerai donc seulement qu'elles 
auraient appartenu an groupe d'arfa/j^âii'ons jt70si<ii'M. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 47 

cyanotropique de laGirelle, la définition plus étroite de F (< habitude n, tandis que mainte- 
nant, quand il s'agit de deux groupes d'adaptations, des positives et des négatives, je me 
sers de la notion plus vaste de 1' « adaptation ». 

Peut-être faudrait-il encore limiter davantage cette notion de l'a habitude » pour ne 
l'appliquer qu'au cas de la formation des réactions positivement-tropiques, les seules, 
d'ailleurs, que nous ayons rencontrées dans cette série d'expériences ? 

Il m'est impossible d'insister davantage en ce moment, puisque cette question aurait 
exigé une connaissance analytique des cas inverses delà formation des réactions négative- 
ment-tropiques, c'est-à-dire des réactions de fuite ou d'éloignement de l'animal à l'égard 
de l'excitant, ce que la série de la Girelle ne nous a point fourni. 

Voilà, me semble-t-il, tout ce qu'on peut dire sur nos résultats accessoires en général. 
Mais parmi ces résultats il y en a un qui exige d'être traité absolument à part et qui ne se 
trouve guère expliqué par ce qu&nous venons de dire. Je veux parler de « l'adaptation au 
milieu spacialement limité de l'aquarium ». 

Le fait même que nous insistons sur la limitation du milieu dans l'espace démontre 
qu'il s'agit ici d'une adaptation des mouvements de l'animal à des rapports spaciaux 
àéUms: aiunQ habitude spaciale. 

Le phénomène parait être beaucoup plus compliqué, en comparaison de tous ceux 
dont nous nous sommes occupés jusqu'alors. 

En tout cas, il serait puéril de tenter l'analyse sur la seule base d'une simplç 
constatation fortuite, et sans faire au moins une série d'expériences appropriées à ce but. 

C'est ce que nous ferons dans le chapitre des Sars. 

Ici nous n'avons qu'à remarquer que, outre les éléments liés avec le sens de la vue ou 
pisio-moteurs, mais d'un caractère différent des phénomènes examinés dans le présent 
chapitre, nous trouverons, dans l'habitude spaciale, d'autres éléments, à fonctionnement 
circonscrit dans les limites des organes moteurs seuls, c'est-à-dire y ayant non seulement 
leur point de manifestation extérieure, mais aussi leur point de départ : éléments dits 
kinesthésiques et qu'il faudrait nommer, si telle est réellement leur nature, kinéto- 
moteurs (ou kinesthéto-moteurs) (i). 

Il n'est pas impossible qu'une analyse plus intime de cette habitude ne nous y révèle 
la présence d'autres éléments encore. 

Quelques mots encore à propos de la prétendue antécipation . 

Voici que notre Girelle nous a manifesté, le 3i mai, une habitude accessoire de 
s'approcher vers la surface, en position biais-verticale, le museau tendu en haut, en réponse 
à l'apparition de certains agents optiques (rapprochement de mes mains), auxquels habi-^ 
tuellement suivait l'immersion des tubes, amenant la présence de la nourriture. 

Ce jour-là, bien que les tubes n'aient pas été mis du tout, l'animal s'approcha, de la 
manière habituelle, à la surface, sitôt que j'eus fait apparaître ma main au-dessus de la 

(i)Que le lecteur veuille bien me pardonner ces barbarismes gréco-latins qu'il est impossible d'éviter, si l'on veut se 
servir des termes déjà courants et ayant une signification fixée. 



48 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

surface de l'eau. C'est une chose évidente, conclut-on dans des cas pareils, suivant en 
ceci l'exemple deJ.-M. Baldwin^ que nous avons affaire à un fait de Vantécipation des phé- 
nomènes qui se succèdent habituellement les uns aux autres. Nous sommes ici encore 
en présence d'un malentendu, car cette soi-disant antécipation n'est guère un fait cons- 
taté, mais seulement une conclusion tirée d'autres faits, ceux-là constatés réellement. 
Si du moins cette conclusion s'en déduisait avec une nécessité incontestable! Mais, pré- 
cisément, il n'en est rien. 

Voici les faits constatés : 

1° Pendant une suite de journées, chaque approche de mes mains était suivi immédia- 
tement de l'immersion des deux tubes dont l'un était pourvu habituellement de nourri- 
ture ; 2° la présence de la nourriture, dont la Girelle s'apercevait de plus en plus facilement 
et avec une rapidité croissante, l'attirait vers ces objets également pendant une série de 
jours ; 3° à la fin, l'apparition seule de ces objets au-dessus de l'eau suffit, en dépit de 
l'absence de nourriture, à évoquer le mouvement relatif de la Girelle. Et c'est tout. 

Quant à la conclusion de l'antécipation, elle renferme, hors ces faits, encore toute une 
série de suppositions, faites par analogie avec les états psychiques de l'homme, à savoir : 
r que la Girelle avait aperçu le moment de temps, si petit qu'il fût, écoulé entre l'appari- 
tion de mes mains au-dessus de l'aquarium et la perception de la nourriture sur le tube, 
et l'avait séparé de la série d'autres moments ; 2° qu'elle en a retenu, comme une succession 
définie et nécessaire ; 3° qu'à la suite d'une telle association elle est capable d'antéciper les 
faits qui doivent suivre. Mais oià sont donc les preuves que ces suppositions soient justes 
et légitimes? ^ 

Lorsque, dans le cas connu de J.-M. Baîdw^in, il s'agissait d'un enfant de quatorze 
semaines, la chose avait au moins des apparences taxonomiques de légitimité: l'enfant, 
c'est bien en fin de compte un homme qui grossièrement me ressemble déjà. 

Mais, lorsqu'il s'agit de notre pauvre Girelle qui n'a même pas son écorce cérébrale 
(ceci pour nos psycho-physiologues !), ou mieux encore d'une annélide quelconque, par 
exemple Nereilepas fucata, ou de cette célèbre huître bâillante {i) de Milne-Edwards, 
là les suppositions, d'après les analogies avec mes états psychiques, deviennent tout au 
moins hasardeuses. Et si l'on entasse ces suppositions les unes sur les autres, la valeur 
scientifique d'une telle construction se réduit à un ^éro absolu. 

La conclusion ne sera pas sauvée par ce fait qu'elle est d'usage courant et devint une 
habitude de l'intellect. Elle ne sera pas sauvée non plus parce que les auteurs oublient 
volontiers qu'elle n'est qu'une conclusion arbitraire et ont une tendance bien marquée à 
la traiter comme un fait quasi susceptible d'être constaté immédiatement. Je répète, 
le seul fait qui y est c'' est quen conséquence d'une série de répétitions V apparition de cer- 
tains agents au-dessus de la surface de r aquarium suffit à évoquer la réaction tropique de la 
Girelle. 

Le raisonnement le plus simple et le seul justifié nous mène à chercher, avant tout, 
un rapport fonctionnel et immédiat entre le comportement de l'animal et ces agents 

(i) H. PiÉRON. L'évolution de la mémoire, igio (Paris, p. 27-29). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 49 

optiques actuels et ensuite une causalité probable de ce rapport, c'est-à-dire les voies et 
les moyens par lesquels il a pu se développer et se fixer. 

Nous avons longuement et suffisamment réfléchi sur un fait analogue dans l'analyse 
précédente de l'habitude chromotropique. Or, ce ne serait ici, mutatis mutandis, que 
presque répéter les mêmes raisonnements, le fait actuel concernant également les agents 
visuels. 

En terminant cette analyse, je crains qu'on n'y trouve que fort peu d'affirmatif. Je 
l'ai laissée telle qu'elle se développait petit à petit durant des longs mois de réflexion 
intense et continue. Mais ce qu'on y trouvera sûrement, c'est un effort indélébile, inalté- 
rable, et inlassable de pénétrer, d'approfondir et de comprendre. Pour ma part, j'en suis 
tristement satisfait : n'est-ce pas dans cet effort que consiste la vie même de toute 
science ? 



§ 6. — Méthodes d'une solution expérimentale de quelques problèmes subséquents. 

Mes expériences sur la Girelle m'ont démontré l'utilité peu ordinaire de ce poisson 
pour de pareilles études. Elles m'ont amené simultanément, par la force même des 
choses, vers plusieurs autres problèmes qui nécessitent une solution à leur tour, et m'ont 
révélé une méthode concrète à les résoudre sur la Girelle même, ou un autre poisson 
de comportement analogue. 

Comme j'ignore absolument si je me trouverai jamais dans la possibilité d'entre- 
prendre personnellement ce travail qui pourtant m'en paraît digne, je me décide à exposer 
ici même, en quelques mots, ce qu'on peut faire et comment, dans l'espoir que quelqu'un 
en profitera. 

A. Sens et mémoire de formes (habitude iconotropique, sensu strictiori). 

i" Découper dans du bon verre chromatique, d'une couleur quelconque (mettons 
bleue), quatre plaques triangulaires de forme et de dimension absolument égales. Les 



Fig. 7. Fig. 8. 

juxtaposer /7ar deux couples l'une à l'autre, de différentes manières quelconques (fig. 7 
et 8). Coller les deux formes géométriques ainsi obtenues, différentes comme forme mais 
T. V. — Fasc. 4. 7 



5o 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



parfaitement égales comme dimension, à deux plaques de verre transparent et incolore(i), 
plus volumineuses. Après quoi, attacher à l'une de ces formes un tout petit morceau 
de nourriture et immerger les deux simultanément, un peu au-dessous de la surface de 
l'eau, en position horizontale. Ensuite procéder comme dans notre série des tubes, élimi- 
nant tous les agents secondaires. 

Les surfaces chromatiques étant identiques dans les deux cas, l'agent chromatique 
se trouve éliminé lui aussi ; seule la différence de forme reste comme agent qui détermi- 
nerait l'habitude éventuelle de s'approcher constamment vers un de ces objets. 

2° Si l'habitude iconotropique était constatée, on pourrait alors étudier de la même 
manière, dans quelle étendue le sens des formes est capable de se manifester chez les 
poissons ; s'ils distinguent, par exemple, toutes les formes représentées ci-dessus ; si la 
facilité, respectivement la vitesse, en est égale, et ainsi de suite, en précisant évidem- 
ment, où il le faut, l'agent de temps, 

B. Sens et mémoire de dimensions. — Méthode toujours la même, avec des modifica- 
tions correspondantes. 

!<• Dimensions de deux directions (surfaces). — a. Exemple : habituer le poisson à l'un 

de deux ou trois carrés, apparaissant simultanément (mettons, 
avec le- plus grand ou bien avec le plus petit) (fig. 9). 
D • ^. En cas de constatation, il faudrait chercher ^î/e//e e5/ 

la plus petite surface capable de provoquer encore une habi- 
tude distincte [limite inférieure du sens) . 

Dans ce but, le mieux serait d'attacher la nourriture à 
une plaque incolore (respectivement au tube incolore), et de collera une deuxième un 
morceau minime de verre de couleur, presque un point. 

Si, après une longue série de répétitions, le poisson, dans des expériences d'évocation, 
persiste à ne pas se comporter différemment en face de ces deux objets, il faut doubler le 
point de couleur et recommencer la série. 

c. Ensuite, on peut chercher à établir de la même manière la valeur minime de la 
différence entre les deux surfaces, nécessaire pour déterminer une différence dans le com- 
portement relatif de l'animal [degré ou finesse de la sensibilité différentielle). 

2° Dimensions d'une seule direction (ou linéaires). — Attacher 
un fil de couleur à deux tubes transparents : a. Soit en ligne droite 
(fig. 10); b. Soit en spirale [anionr du tube) (fig. 11). Ensuite, on 
peut répéter les mêmes questions que nous venons d'indiquer à 

propos des dimensions de deux directions. 



Les points A et B forment ensemble un 
groupe de recherches sur les habitudes icono- 
Fig. .oi Fig. !.. tropiques sensu lato. 

C. Sens et mémoire de direction. — Mé- 
thode analogue. Deux ou plusieurs plaquettes triangulaires, absolument identiques quant 
à leur forme, leur couleur et leurs dimensions, mais collées chacune dans une direc- 



Fig. 9. 




(1) Ou à une seule plaque à distance de i5 à 20 centimètres l'une de l'autre. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



5i 



tion différente (fig. 12), sont montrées au poisson simultanément. La nourriture est 
attachée toujours à la même plaque, à celle, par exemple, dont le sommet est distal par 
rapport à l'observateur. 

D. Sens et mémoire de distance. — Méthode toute pareille à la méthode A. Deux ou 
trois couples de petits carrés, ne différant que par la distance entre les carrés de chaque 
couple (fig. i3). Userait intéressant d'essayer un couple des carrés contigus (distance = o). 
Les distances peuvent être 2, 3, 4 fois plus grandes les unes que les autres. On étudiera 
ainsi l'étendue et les limites du sens. 

E. Sens et mémoires de répétitions. — \" Répétition dans V espace. — Méthode analogue 




CZl 



C3 



Fig. 12. 



CD 
CD 

Fig. i3 



D 



Sa a 



o 

a 



Fig. 14. 



à la précédente et y prenant son origine. Le mieux sera de prendre les formes les plus 
petites, rien que des points de couleur, si l'on peut, ou des lignes (fils). Arranger deux 
groupes : l'un par exemple, d'un seul point, l'autre, de deux ou trois ; ou bien un groupe de 
deux points, un second de trois (fig. 14), etc. On y peut étudier ensuite l'étendue et les 
limites. 

Cependant, en y réfléchissant de plus près, je crains qu'à la rigueur cette méthode 
ne soit peut-être pas absolument suffisante pour résoudre définitivement le problème. 
En tout cas, elle pourrait prêter le flanc à diverses objections. Or, j'en ai imaginé une 
autre qui lui servira de contrôle et nous donnera ainsi la certitude désirée. 

Trois petits objets identiques, suffisamment éloignés l'un de l'autre 
(10 centimètres), sont présentés simultanément (i). La nourriture est 
toujours fixée à l'un d'eux, par exemple au médian (fig. i5). Toutefois, 
il serait préférable de faire une autre série d'expériences, où la nourriture 
sera attachée à l'objet latéral. 

Ce point et les points C et D qui précèdent forment le groupe des Fig. i5. 

habitudes strictement topographiques. 

2 Répétition dans le temps. — Ici, c'est déjà une autre méthode. La série simultanée de 
plusieurs composants différents est remplacée par une série successive., formée, dans le 
cas donné, par la répétition d'un même agent. 

La nourriture sera liée constamment à un seul moment, c'est-à-dire apparaîtra par 
exemple toujours à la troisième répétition. Evidemment, cette troisième répétition ne diffé- 
rera en rien des répétitions précédentes, ni de celles qui suivent, sauf par la présence de la 
nourriture. 

Pratiquement, la chose sera arrangée comme il suit: on se servira d'un fwi'e, pas 



(1) On peut se servir ici simplement de trois tubes, comme ceux par exemple qui ont été employés dans le présent 
travail. 



52 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

nécessairement en verre et même mieux non transparent, d'un diamètre tel qu'une 
baguette, avec un brin de nourriture attaché à son extrémité à l'aide d'un petit fil, puisse 
y glisser facilement. 

Le bout distal du tube porte à son bord inférieur une fente, par laquelle la nourriture, 
poussée à un moment utile par la baguette, sortira du tube et y restera suspendue 
(fig. 16). 

Au même bout du tube, on attachera un objet de couleur quelconque, mais néces- 
sairement plus gros que le tube, par exemple un petit disque ou tout simplement un 

bouchon teint, de façon qu'il couvre bien l'orifice et la fente 

1^ - ^g»— ^^i^^ i du tube. Appelons-le, pour la commodité d'expression, le signal 

^ (fig. 16). 

z" ^^^^^^^^^^ ^- Une fois par jour (ou bien deux fois tout au plus, le 

VJ matin et vers le soir), nous immergeons notre signal, dans de 

g courts intervalles (cinq-dix-quinze secondes), un peu au- 

Fig. 16. dessous de la surface de Teau, mettons cinq fois. La baguette se 

trouve dans le tube toute prête (c'est-à-dire avec la nour- 

.riture, etc.), dès la première fois;- mais elle n'atteint pas la fente, afin que la nourriture 

ne puisse en glisser dehors. Ce n'est qu'à la troisième apparition du signal, que, d'un 

léger mouvement absolument imperceptible au poisson, nous poussons la baguette en 

avant: la nourriture sort et pendille sur son fl hors du bord inférieur du signal. La Gi- 

relle devrait s'habituer à l'apercevoir et la saisir. Après quoi suivent encore deux ou 

trois apparitions du signal sans nourriture. 

Les intervalles et la durée de l'exposition seront assez longs au début, jusqu'à 
ce que le poisson apprenne à apercevoir la nourriture et la saisir. Ensuite, ils devraient 
être de plus en plus courts. En tout cas, la troisième exposition, quant à sa durée, 
à l'intervalle qui la précède, et aux mouvements de l'expérimentateur qui l'accom- 
pagnent, ne peut différer aucunement des autres expositions (sinon par la présence de 
nourriture). 

Après une certaine série de répétitions, on commencera les épreuves révélatrices sans 
nourriture, de la manière normale que nous avons décrite plus haut. 

Il me reste à remarquer qu'en ce qui concerne la plupart des problèmes développés 
ci-dessus je suis presque sûr d'une réponse affirmative. Autrement, je ne me serais pas 
donné la peine d'élaborer ces méthodes. 

Enfin, dans la sphère des habitudes chromatiques elle-mêmes ainsi que dans les 
limites de chacune de ces habitudes éventuelles que je viens d'énumérer, s'élève toute 
une quantité de problèmes secondaires, néanmoins intéressants, qu'on peut résoudre, en 
modifiant à peine la méthode ci-employée. 

Je ne désignerai que les suivants : i" Nombre de répétitions, nécessaires à la fixation 
de l'habitude ; 2<» Durée de persistance de l'habitude, après la cessation complète delà 
pratiqué ; 3° Rapport entre la durée de formation et la durée de persistance; 4° Influence 
d'une habitude définie sur la vitesse de formation d'autres habitudes, dans les limites 
de la même catégorie des agents (par exemple chromatiques) ; 5° Et, à l'inverse du précé- 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 53 

dent, la persistance d'une certaine habitude, respectivement le retour à Thabitude, pendant 
la formation d'autres habitudes de la même catégorie, etc. ( i ) . 

J'ose croire qu'après avoir parcouru le présent paragraphe, le lecteur comprendra 
aisément pourquoi j'avais mis en tête de mon travail cette petite série de mes expériences 
sur la Girelle, et pourquoi j'ai parlé de ces trois principes qui lui avaient amené peut- 
être un petit sourire aux lèvres. 

Quoi qu'on pense, je me flatte que, du moins, le principe de Vextension a été ici 
réalisé. 

Et cependant, dans cette étude destinée à un périodique d'océanographie, je laisse de 
côté toutes les conclusions, concernant la. psycho-physiologie de l'homme; conclusions 
qui s'imposent avec une force irrécusable, et qui vraiment ne sont pas moins intéressantes, 
ni moins importantes et moins nombreuses que celles auxquelles m'avaient amené 
autrefois mes récherches sur le chromotropisme des Lineus et l'instinct de déguisement des 
Maja. 

Les principales toucheraient le déterminisme physiologique du « choix », de la 
« reconnaissance », de r« attention », de la « prédilection », de la « prévention », etc. 

(Parvenu à la Direction des Annales le 28 juin.) 

(0 Les cinq dernières questions, dans leur application à l'habitude chromatique, et aussi les questions indiquées 
dans les points A et 6 (formes et dimensions) avec leurs méthodes correspondantes, je les ai développées, en quittant 
Monaco, devant M. Oxner, en lui proposant d'entreprendre les expériences relatives. Je lui fis connaître également, 
lors de mon séjour au Musée, les méthodes que j'employais dans d'autres séries d'expériences, dans tous les détails 
pratiques de leur application. 

[P. -S. — Cette étude n'étant point facile i écrire, surtout dans sa partie analytique, j'avais pris la résolution de 
m'exprimer en toute liberté dans ma langue maternelle. Ce fut ensuite un long et pénible travail de traduire le 
plus textuellement possible en français, mon manuscritpolonais terminé le 10 mars. Cette traduction fut exécutée presque 
exclusivement par mon meilleur ami. M"* Marie Smiarowska et achevée à peine vers la fin de mai. — R. M.] 



2852-12. — CORBEII,. IMPRIMERIE CRÉlâ. 



CONTRIBUTION 



l'Étude systématique et biologique 

des Poissons de la Manche Occidentale 



Par Edouard le DANOIS 



PREFACE 



En 1897, M. le professeur Pruvot, dans son remarquable travail sur les Fonds et 
Faune de la Manche Occidentale, précisait les différents niveaux bionomiques de cette 
région et y ajoutait une liste de répartition des Invertébrés caractérisant les grandes divi- 
sions qu'il avait tracées. Il s'adressait là à des animaux en majorité fixés ou s'éloignant 
peu de la zone où ils sont déterminés à vivre par de multiples conditions ; il paraîtra donc 
hardi que nous ayons essayé de continuer parmi les Poissons ce mode de répartition 
bionomique: malgré la mobilité de ces Vertébrés marins, nous nous sommes efforcés 
de déterminer s'il y avait une faune ichthyologique propre à chaque faciès océano- 
graphique. 

Pour arriver à ce résultat, il fallait avant tout faire une étude à la fois systématique 
et biologique des Poissons de la région de la Manche, comprise entre la côte Nord de 
Bretagne, la côte Ouest de Normandie et la côte Sud d'Angleterre. 

Au point de vue systématique, pour faciliter la détermination, nous nous sommes 
adressés à des caractères de morphologie externe, faciles à distinguer, même par une 
personne n'ayant que de faibles notions de zoologie. Chaque caractère utile à la dia- 
gnose d'une espèce a été précisé par un dessin simple, reproduisant et mettant en valeur 
ce caractère et lui seul. 

Le dessin au trait nous a rendu sous ce rapport de grands services par sa clarté 
synthétique. Tous nos croquis ont été faits d'après nature sur des animaux vivants ou 
T. V. — Fasc. 5. I 



2 ANNALES DE LINSTITUT OCEANOGRAPHIQUE. 

très frais pour les espèces communes, sur des échantillons conservés pour les espèces 
rarissimes. Nous avons soigneusement évité de baser nos clefs dichotomiques sur des 
caractères de coloration qui s'effacent dans les liquides conservateurs ou varient le plus 
souvent pour chaque individu. 

Les caractères donnés par nos clefs dichotomiques n"ont qu'une valeur toute locale; 
aussi dans le court résumé que nous faisons au sujet de chaque espèce, avons-nous cru 
bon d'emprunter aux différents auteurs ayant fait l'étude des faunes européennes, les 
signes distinctifs des poissons de la Manche par rapport à ceux des mers voisines. Par 
conséquent, toute détermination, faite à l'aide de ce travail, n'est réellement valable 
qu'après la vérification complète des caractères indiqués pour empêcher toute méprise 
avec les autres espèces des mers d'Europe. 

En ce qui concerne la nomenclature, nous nous sommes conformés aux règles en 
vigueur, en suivant toutefois l'excellent exemple donné récemment par M. le professeur 
Roule. Tenantà reconnaître combien les ichthyologistes français du xvi^siècle poussèrent à 
un haut degré la distinction des espèces et que le Systema naturse de Linné marque sur leurs 
œuvres un recul sensible, nous avons tenté de reprendre l'œuvre de Cuvier et de Valen- 
ciennes, en recherchant aux sources les véritables fondateurs des genres et des espèces de 
la période prélinnéenne, et avons adopté leurs termes quand un auteur postlinnéen les 
avait repris. Conformément au principe posé par M. Roule, nous avons accompagné 
tout terme systématique de deux noms d'auteurs « celui du créateur du terme et celui 
du premier attributeur au type définitivement choisi. » 

Tout en reconnaissant la grande valeur systématique des travaux américains, nous 
avons volontairement rejeté leurs appellations, dans le cas suivant: quand ils substituent 
comme nom spécifique, sous prétexte de priorité, à un nom latin un terme anglais ou 
une désignation locale sans la latiniser, par exemple : Lepidorhombus Whiff (Arnoglossus 
megastoma) et Microstomus Kitt [Pleuronectes (Microstomus) microcephalus]. 

Le but de la nomenclature étant d'éviter entre les différentes nations, une ambiguïté 
dans la détermination des êtres animés, due aux variations des termes dans les diffé- 
rentes langues, la langue latine s'impose comme langue internationale, puisqu'elle fut 
celle des premières nations européennes civilisées ayant un lointain passé scientifique. 
Il est donc impossible de laisser pénétrer dans la nomenclature des termes locaux non 
latinisés, car c'est absolument perdre de vue le but de celle-ci. Du reste, tout esprit cultivé, 
par le seul respect de la philologie ou par crainte du ridicule, devrait reculer devant le 
choc produit par l'accolement d'un terme latin comme Salmo aux termes suivants 
empruntés aux Peaux-Rouges ou aux Iakoutes : Salmo ouananiche, Salmo arabatsch, 
Salmo Tschywacha, Salmo Tsuppkh, Salmo Kisutsch, Salmo Kundscha, Salmo milkst- 
chich. 

Au point de vue biologique^ nous avons insisté surtout sur la sexualité et la réparti- 
tion océanographique. Outre les différences sexuelles, notées soigneusement dans les 
descriptions morphologiques, nous indiquons les époques et les habitudes de ponte des 
poissons littoraux. Une clef dichotomique aide à la distinction des œufs fixés. 

En ce qui concerne les formes pélagiques, nous avons décrit un certain nombre de 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 3 

larves recueillies par nous dans le plankton des environs de Roscoff, et avons figuré 
celles qui n'avaient pas encore été étudiées ou qui représentent des stades intermédiaires 
entre les stades déjà observés par les auteurs antérieurs. 

Quant aux stades postlarvaires pouvant être une cause d'erreur de détermination, 
en étant pris pour des formes adultes, nous les avons signalés à côté de nos descriptions 
morphologiques. 

Dans la partie océanographique de ce travail, nous arrivons à la reconnaissance 
de véritables faciès ichthyologiques, appliqués aux horizons bionomiques. Quelques 
notes sur la pêche complètent la valeur de cette distribution en faciès montrant la 
façon toute pratique dont elle a été appliquée par les marins bretons et normands, 
très observateurs en général. 

Dans nos conclusions^ nous avons tenté d'établir une classification biologique basée 
sur la distinction d'un certain nombre de types de poissons modifiés suivant les con- 
ditions de milieu. Cette classification se rapproche extrêmement de l'actuelle classifi- 
cation établie par les ichthyologistes anglais. Nous en prenons la défense en nous 
inspirant, d'autre part, des rapports phylogénétiques, de l'évolution embryologique et 
morphologique. 

Nous précisons enfin les rapports de la faune de la Manche Occidentale avec les 
faunes voisines, et les caractères qui permettent de déterminer sa position zoogéo- 
graphique dans l'ensemble des faunes européennes. 

Notre mémoire comprendra donc les parties suivantes : 

I. — Systématique. 

A. — Classification et listes des espèces. 

B. — Diagnose des espèces. 

II. — Biologie 

A. — Sexualité., Pontes et Embryologie. 

B. — Répartition océanographique, Pêche. 

III. — Conclusions. 

A. — Essai de classification biologique et phylogénique. 

B. — Caractères zoogéographiques de la jaune de la Manche Occidentale. 

Avant de commencer le détail de celte étude, je tiens à remercier tout d'abord mon 
maître et ami, le professeur Guitel, qui m'initia aux sciences naturelles et m'aida 
constamment de ses conseils, me faisant ainsi profiter de la longue expérience qu'il a 
acquisedans les études ichthyologiques. 

Je veux également témoigner toute ma reconnaissance à M. Fabre-Domergue, 
Inspecteur général des Pêches Maritimes, dont la bienveillance éclairée m'a permis 
d'entreprendre et de poursuivre ce travail. 

C'est à M. le professeur Delage que je dois, grâce à l'admirable organisation 



I 



4 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

du Laboratoire de RoscofF, d'avoir pu grouper les matériaux et réaliser l'ensemble de 
cette étude ; aussi je suis heureux de pouvoir lui exprimer ici mes très sincères 
remerciements et lui sais gré d'avoir bien voulu accepter la présidence de cette thèse. 

A diverses reprises, M. le professeur Herouard, avec son profond esprit cri- 
tique, m'a suggéré d'utiles principes de méthode; c'est pour moi une occasion agréable 
de le prier d'accepter avec ses savants collègues la dédicace de ce modeste mémoire. 

Non content de m'ouvrir son Laboratoire du Muséum, M. le professeur Roule 
a eu l'extrême amabilité de me communiquer des échantillons rares, nécessaires pour 
compléter cet ensemble faunistique; je me réjouis de pouvoir reconnaître ici ce secours 
précieux. Je veux aussi tout spécialement le remercier de m'avoir prodigué ses 
conseils en ce qui concerne la nomenclature. Je citerai également parmi ceux qui ont 
bien voulu m'offrir leur aide, M. le professeur Allen, Directeur du Laboratoire de 
Plymouth, qui me fournit certains poissons spéciaux à la côte Sud d'Angleterre. 

C'est grâce à l'habituelle générosité de S. A. S. le Prince de Monaco, que M. le 
professeur Joubin a pu me permettre de profiter de la luxueuse publication des 
Annales de l'Institut océanographique ; je les prie d'accepter ici l'expression de ma 
respectueuse reconnaissance. - 

Je tiens à noter combien j'ai gagné à connaître les brillants travaux des éminents 
ichthyologistes Boulenger et Holt, ainsi que ceux de mon collègue et ami Fage, et à leur 
exprimer mon entière admiration pour leurs méthodes scientifiques. 

Je m'en voudrais d'oublier le très dévoué personnel du Laboratoire Zoologique 
de RoscofF: j'adresse mes affectueux remerciements à Hyacinthe Le Mat pour les très 
nombreux renseignements que sa merveilleuse connaissance de la pêche et des fonds 
m'a fournis à maintes reprises; je remercie très sincèrement H. Cozic de l'aide matériel 
qu'il m'a si souvent apporté dans mon travail. 

Je me suis efforcé de faire une étude claire et complète ; j'y ai mis un peu de ma 
grande sympathie pour les pêcheurs et de mon profond amour pour la Mer. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



TABLEAU I. - CLASSIFICATIOr4. 



Cyclostomi I Petromyzonoïdei. 



Selachoïdei . 



Plagiostomi. 



Batoïdei . 
; Oanoïdei . 



PISCES. 



î Lampreiformi | Petromyi^omdœ. 

r / Scylliidœ. 

l i Galeidœ. 

I Squaliformi. | Carcharidx. 

i I Lamnidœ. 

( V Spinacidœ. 

i Angeliformi Squatinidœ. 

!' Torpedinidœ. 
Raform' ' ^'""^'^• 

' '." " I Myliobatidce. 
\ Trygonidce. 
Acipenseriformi | Acipenseridœ. 

/Clupeiformi j ^'^"^î^- 

( Ammodylidœ. 
• • ■ ■ I Scombresocidœ. 



I Lanceiformi. 



Clupeoïdei. 



Anguilliformi | Anguillidœ. 

j Gastrosteidœ. 
" I SyngnathidcPf 



' Serpentiformi , 



' Scombriformi . 



Teleostomi 



Percoïdei. 



Mugiliformi [^^''^^Z' 

, Scombridœ. 
' Carangidce. 
j Percidœ. 
1 Mullidœ. 

'P«^*=ifo^'"' U^âbrUœ. 

1 Centrolophidœ. 
\ Capro'idœ. 

r^ . .f i Gobiidœ. 

Gobiiformi J ^ , , . , 

( Cyclopleridce. 

^o"''^-' !sr- 



Planiformi . 



I Oadoldeï < Blenniformi 



( Zeidœ. 

( Pleuronectidœ. 

Luniformi | Molidœ. 

Gadiformi I Gadidœ. 

■ Blenniidœ. 

\ Trachinidœ. 
I Callionymidœ. 

. Gobiesocidœ. 

Lophiiformi I Lophiidœ. 



I 



PREMIERE PARTIE 

SYSTÉMATIQUE 



CHAPITRE I 

CLASSIFICATION ET LISTE DES ESPÈCES 

La classification que nous avons choisie (voy. Tableau I) répond, non seulement à des 
données phylogéniques et biologiques comme nous le démontrerons plus loin, mais elle 
donne une idée de la valeur des groupes dans les circonstances locales où nous les 
étudions. 

Nous avons adopté la division en trois sous-classes, caractérisées par la forme ou la 
position delà bouche: Cyclostomi, abouche circulaire et formant ventouse; Plagio- 
s^mi, à bouche placée ventralement ; Teleostomi, à bouche terminale. La faune de la 
Manche ne comprend aucun Dipneuste ; nous avons donc complètement négligé ce 
groupe. Quant aux Ganoïdes, notre seul représentant est l'Esturgeon, c'est-à-dire le moins 
ossifié et celui qui présente en majorité des caractères de Sélaciens ; aussi avons-nous 
formé pour lui un ordre [Ganoïdei] faisant partie des Plagiostomes. Il est évident que, si 
nous avions eu à étudier des formes très osseuses, voisines de VAmia par exemple, nous 
eussions dû les placer dans un ordre des Téléostomes (Amioïdei) . 

Pour la formation des sous-ordres, nous nous sommes rapprochés très souvent de 
ceux créés par l'éminent ichthyologiste anglais, Boulenger. Nous leur avons donné une 
nomenclature homogène dont le nom est emprunté au type le plus caractéristique. 

Les sous-ordres des Plagiostomi sont ceux généralement admis. 

La classification des Teleostomi est empruntée partiellement au système Linnéen et 
partiellement aux systèmes anglais modernes avec toutefois de nombreuses modifications 
personnelles. 

Nous avons complètement délaissé les divisions basées sur les rayons des nageoires 
impaires (Acanthoptérygiens, Malacoptérygiens), car certains groupes ont une position 
incertaine et peu en rapport avec leurs affinités d'après cette méthode: tels les Pleuro- 
nectidce^ les Cyclopteridœ, les Gobiesocidœ, tour à tour placés dans les Acanthoptérygiens 
et les Malacoptçrygiens. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 7 

Notre principal caractère systématique est la position des nageoires ventrales par 
rapport aux pectorales : c'est, en somme, un retour vers les anciens groupes de Linné : 
Jugulares, Thoracici, Abdominales^ Apodes. Quant aux Amphibia nantes^ il est inutile de 
dire que nous les avons répartis dans les différents groupes auxquels depuis longtemps on 
les a rattachés. Nous avons, d'autre part, fondu les Apodes et les Abdominales en un ordre 
unique, et avons ainsi constitué trois ordres : 

Clupeoïoei {abdominales + apodes). 

Percoïdei (thoracici). 

Gadoïdei (jugulares). 

Deux exceptions sont à signaler : les Luniformes {Orthragoriscus mola) et les Plani- 
formes (Zeidce et Pleuronectidce) ; quoique leurs affinités les font rentrer dans l'ordre des 
Percoïdei., les premiers sont apodes et les derniers jugulaires. Nous tenons compte de ces 
exceptions dans la transformation en clefs dichotomiques pour la détermination des 
principes de ce tableau de classification. 



TABLEAU II. — CLEF DICHOTOMIQUE POUR LA DIAGNOSE DES SOUS-ORDRES. 



en ventouse : CvcLosTOMr 

["Plaques osseuses 



Ventrale : 
Plagiostomi . 



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nulles; 
fentes bran- 
chiales 



latérales; cachées par le f Non. 
bord antérieurdes pec- < 
torales (Oui . 

ventrales . . 



\ présentes 

I 



nulles ou 

abdominales 

I" dorsale 

à rayons 



mous; 
corps 



sans 
V plaques 
dures, 



nageoires 
impaires 



thoraciques 



jugulaires; 
corps 



, peu allongé (long 

distinctes •,\ < 10 f. haut.). . 

corps ^ très allongé (long 

, > 10 fois haut.). 

unies 

muni de plaques dures formant des anneaux com- 
plets 

. . v première dorsale formée d'épines libres 

épineux* 

' ' première dorsale formée de rayons iinis 

séparées en ' i fausses nageoires . présents 

ligne médiane ; \ épineu.x ) . °" ) 

museau et / ^ ' boucliers latéraux (nuls 

sourcils épineux 

unies en ligne médiane, ou en coupe ou ventouse. '. . 

complètement comprimé latéralement 

' /rayons mous, pas d'appaieil 

l non \ ventousaire 

lat^raipmrnf pédiculées ; ) rayons épineux OU appareil veu- 
lateraiemeni, ^ ( tousaire double 



peu ou pas 
comprimé 



pectorales 



pédiculées. 



nageoires musculaires à rayons cachés sous la peau . 



Lampreiformes. 
Squaliformes. 

Angeliformes. 

Rajiformes. 

Acipenseriformes. 

Clupeiformes. 

Lanceiformes. 
Anguilliformes. 

/ Serpentiformes. 
\ 

Mugiformes. 

Scombriformes . 

Perciformes. 
Cottiformes. 
Gobiiformes. 
Planiformes. 

Gadiformes. 

Blenniformes. 
Lophiiformes. 
Luniformes. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 



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ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



TABLEAU IV. — LISTE DES ESPÈCES RECUEILLIES DANS LA MANCHE OCCIDENTALE. 



Lampreiformes . 



Squaliformes . 



Rajiformes 



CYCLOSTOMI 
Petromyzonoïdei 
. IPetromyzonidae . . \Petromy^on L. 

PLAGIOSTOMI 



Scyliiidae.. . . 

Lamnidae. . . 

Galeidx .... 

Carcharidae . 
Spinacidx . . 

Squatinidae . 

Torpedinida 
Raiidx 



Myliobatidx . . 
Trygonidae . . . 



Selachoïdei 

Scylliorhinus Blainv. 
Scyllium Cuv. Sm. 
Pristiurus CBp. 
Alopias Raf. 
Lamna Cuv. 
Mustelus Cuv. 
Galeus Rond . Cuv. 
Carcharias Raf. 
Squalus L. Baf. 
Echinorhinus Blainv. 
Squatina Bel. Dum. 

Batoïdei 

Torpedo Bel. Dum. 
Raia Bel. Cuv. 



Acipenseriformes | Acipenseridx, 



Leiobatus VA. Rafin 
Trygon Bel. Cuv. 

Ganoïdei 
.\Acipenser Rond. 



marinus L i 

Gill canicula L. Gill a 

stellare Bel. Flem 3 

melanostomus Raf. CBp 4 

vulpes Rond. CBp 5 

cornubica Gmel. Cuv 6 

asterias Rond 7 

canis Rond. CBp 8 

glaucus Rond. Raf 9 

acanthias Rond. L 10 

spinosus Gm. Blainv... 11 

angélus Rond. Dum 13 

marmorata Risso 1 3 

bâtis L 14 

macrorhyncha Rafin 1 5 

clavata Rond. Blainv 16 

microcellata Mont 17 

undulata Rond. Lacep 18 

punctata Risso. Le Danois 19 

asterias Rond. Le Danois 20 

miraletus Bel. L ai 

aquila L 22 

pastinaca L. Cuv a3 

sturio L 24 



TELEOSTOMI 



Clupeiformes . 



Lanceiformes . 



Anguilliformes. 



Clupeoïdei 
Clupeidx Clupea L. 



Salmonidx .... 
Scombresocidae. 

Ammodyiidae . . 
.\nguillidx 



Engraulis Cuv. 
Salmo L. 
Belone Risso 
Scombresox Lacep. 
Ammodytes L. 
Conger Bel. 



T. V. — Fasc. 5. 



harengus L a5 

spratlus L 36 

pilchardus VValb 37 

alosa L 28 

latula Cuv. Val 29 

encrassicholus L 3o 

salar L , 3i 

bellone L 32 

saurus Artedi 33 

lanceotatus Lesauvage 34 

conger L 35 

3 



lO 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Anguilliformes (suite). . 
Serpentiformes 



Mugiformes 



Scombrif ormes . 
Perciformes . . . . 



Cottiformes . 



Gobiiformes 



Planiformes . 



Anguillidx . . 
Gastrosteidae. 
Syngnathidae. 



Centrolophidœ. 

Caproïdae 

Triglid» 



Mugilidœ. . 
Atherinidx 



Scombridae 
Carangidae. 
Percids . . . 



Mullidx . 
Labridae. 



Sparidae. 



Zeidae 

Pleuronectidas 



Clupeoïdei (suite). 

Anguille Thunberg 
Gastrosteus Ariedi 
Hippocampus Rond. 
Syngnathus L. Smitt 

Entelurus Dumer. 
Nerophis K.aup. Dumer. 
Mugil Rond. L. 



Atherina L. 

Percoïdei 

Scomber Rond. 
Trachurus Rond . 
Morone Mitchell. Gill. 
Serranus Cuv. 
Mullus Rond, L. 
Labrus L. 

— (Crenilabrus Cuv.) 

— (Ctenolabrus Cuv.) 

— (Centrolabrus Gthr. 
Boops Bel. Cuv. 
Pagrus Cuv. 
Aurata Bel. Risso. 
Sparus Rond. 
Cantharus Rond. 
Centrolophus Lacep. 
Capros Lacep. 
Trigla L. Lacep. 



Cottidae 

Cyciopteridae 
Gobiidae .... 



Cottus Artedi. L. 

Agonus Bel. Bloch. 
Liparis Artedi. Scopoli. 
Cyclopterus Art. L. 
Gobius Arted. L. 



(Lebelus Wthr.) 
Zeus L. 
Zeugopterus Gottsche 

Arnoglossus Rond. Gihr. 

Rhombus Rond. 



anguilla L 36 

spinachia L 37 

antiquorum Leach 38 

acus L 39 

typhle L 40 

œquoreus L 41 

lumbrici/ormis Will 42 

auratus Risso 43 

chelo Cuv 44 

presbyter Cuv 45 

scombrus L 46 

trachurus L 47 

labrax L 48 

cabrilla L 49 

barbatus Rond . L. surmuletus Fage ... 5o 

berggylta Ascanius 5 1 

mixtus L 52 

melops L 53 

rupestris L 54 

) exoletus L 55 

boops L 56 

pagrus L 57 

aurata L 58 

cenlrodontus Delaroche 59 

cantharus L 60 

pompilus L 61 

aper Gmel 62 

lineata Ray. Gmel 63 

cuculus L 64 

lucerna L 65 

gurnardus L 66 

lyra L 67 

bubalis Euph 68 

scorpius L 69 

cataphraclus L 70 

Montagui Donov 71 

lumpus L 7^ 

capita Cuv. Val 73 

paganellus L 74 

niger L 75 

flavescens Fabricius 76 

minutus Palias minutus 77 

— Guitelli, nov. var 78 

— microps 79 

— pictus 80 

Jeffreysi Gthr 81 

scorpioides Coll. Guilleti nov. var. .. 82 

faber L 83 

punctatus Bloch 84 

megastoma Donov 85 

laterna Arted 86 

Grohmanni CBp 87 

/«m Rond. Gottsche 88 



ANNALES DE LIXSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



1 1 



Planif ormes suite). 



Luniformes . 



Pleuronectidae 



Molidx. 



Percoïdei [suite). 

Rhombus Rond. 
Hippoglossus Cuv. 
Pleuronectes L. Gthr. 



Solea Bell. Cuv. 



Orthragoriscus Rond. 



maximus Willugh 89 

hippoglossus L go 

{Microstomus Gottsche) microcephalus 

Don 91 

[Limanda Bel . Gottsche) limanda L . . . 92 

(Platessa Cuv.) platessa L 93 

{Flesus Moreau) Jlesus L 94 

solea L 95 

lascar is Risso 96 

variegata Donov 97 

mola L 98 



Gadif ormes . 



Blenniiformes . 



Gadidae. 



Blenniidx 

Trachinidae . . 

Callionymida; 
Gobiesocidae . 

Lophiidx . . . 



Gadoïdei 
Gadus L. 

— (MerlangusBe\. 



Merlucius Bel Risso. 
Molua Rond. Flemg. 
Onos Risso. 

Raniceps Cuv. 
Blennius L. 



Pholis Gronow 
Trachinus L. 

Callionymus Bel. L. 
Lepadogaster Goûan 



Lophius Artedi. L. 



luscus Will 99 

morhua L 100 

Risso) merlangus L loi 

virens L 102 

pollachius L io3 

merluccius L 104 

molva L io5 

tricirratus BrOnn 106 

mustela L 107 

raninus L 108 

pholis L 109 

galerita Mont 1 10 

gattorugine h m 

ocellaris L 112 

gunnellus L ii3 

draco L 114 

pipera Cuv. Val 1 1 5 

lyra L 116 

Gouani Lacep 117 

De Candolli Risso 1 18 

bimaculatus Pennant. Guitel 119 

microcephalus Brook 1 20 

piscatorius L lai 



CHAPITRE II 
DESCRIPTION DES GENRES ET ESPÈCES 

V 

SOUS-CLASSE DES CYCLOSTOMI 

Poissons à bouche circulaire, formant ventouse; squelette fibro-cartilagineux. Bran- 
chies renfermées dans des poches. 

ORDRE DES PETROMYZONOIDEI 

SOUS-ORDRE DES LAMPREI FORMES 
FAMILLE DES PETROMYZONID^ 

Tête terminée par un appareil buccal, formant ventouse, et armée de dents. 
Sept ouvertures branchiales de chaque côté. Event médian au sommet de la tête. 

Genre Petromyzon. Linné 

1553. Mustela,sive lampelra. Bel., De Aquat,, 75. 

1554. Lampelra, Rond., De Pisc. mar., 398. 
1758. Petromyzon, Linné, Syst. nat., éd. X, p. 230. 

Deux dorsales, une anale, la deuxième dorsale et l'anale unies à la caudale. 
Poissons anadromes. 

Petromyzon marinus L. 

1758. Petromyzon maris. Linné, loc. cit. 

N. fr. : lamproie marine. N. angl. : sea lamprey. 

Pièce maxillaire supérieure à deux pointes rapprochées. 
Col : dos et côtés gris marbrés de noir; ventre blanc. 
Long. : o™,3o à o",8o. 

Hab. : toutes les mers d'Europe; rare dans la Manche. 

Un échantillon mesurant o'°,8o a été pris, collé par son disque ventousaire à la 
carène d'un bateau. Les quelques autres spécimens capturés mesuraient o"',3o. 



ANNALES DE LINSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE j3 

Poisson anadrome; la lamproie remonte les rivières au printemps; elle est com- 





Fig. I. — Petromy^on marinus (X 1/4)- 



Fig. 2.— Perromyjçon marinus (t. nat.). Ventouse buc- 
cale; pièce impaire médiane à dents rapprochées. 



mune à l'embouchure de la Loire; elle creuse des trous dans le fond des rivières pour 
y déposer ses œufs. 

SOUS-CLASSE DES PLAGIOSTOMI 

Poissons à bouche placée ventralement. — Squelette cartilagineux. Queue hétéro- 
cerque. 

ORDRE DES SELACHOIDEI 

Fentes brachiales latérales. Pas de plaques osseuses. 

Les mâles portent de chaque côté du cloaque des ptérygopodes, appendices qui, 
enfoncés dans les oviductes de la femelle pendant l'accouplement, la maintiennent et 
entre lesquels sort le pénis, interne habituellement. 

SOUS-ORDRE DES SQUALIFORMES 

Pectorales non échancrées en avant, ne cachant pas les fentes branchiales. — Yeux 
latéraux ; corps subcylindrique. 

Les Squales sont des animaux chasseurs, très carnassiers, qui poursuivent les bancs 
de poissons migrateurs et vivent sur tous les fonds où les entraînent leurs proies. Parmi 
les Squales, les Scylliidœ sont ovipares, les autres sont ovovivipares, c'est-à-dire que le 
développement de l'œuf a lieu dans le corps de la femelle. 



FAMILLE DES SCYLLIID^. 



Anale présente; première dorsale située en arrière ou au-dessus des ventrales. 
Pas de nictitante ; events présents ; 



<4 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 






Fifi. 3. — Scylliorhinus canicula. Fig. 4. — Scytlium stellare. \si\\uks na- Fig. 5 — Pristiurus melanostomus. 
Valvules nasales confiuentes. sales séparées. Valvules nasales éloignées de la 

bouche. 

Ovipares; l'œuf fécondé, enveloppé d'une coque dure, est pondu avant le dévelop- 
pement de l'embryon. 

^ j ( 1 ,.( valvules ( contiguës Scylliorhinus canicula L. Gill. 

Caudale \ non dentelé ,^^^^1^^ i séparées Scyllium slellare ht\. F\tm. 

à bord dorsal >,,..'• d • ,• 1 . n c r-r, 

( dentelé en scie Prtstwrus melanostomus Raf. CBp. 



1553. Galeus (pars). 

1554. Canicula (pars). 
1758. Squalus (pars). 

1816. Scylliorhinus (pars). 

1817. Scyllium (pars). 
1861. Scylliorhinus (sensu stricto) 



Genre Scylliorhinus Blainv. Gill. 

Belon, De aquat., p. 73. 
RoNDEL., Pisc. mar., p. 330. 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 235. 
Blainv., BulL Se, p. 263. 
Cuv., Règne anim., i"= éd., p. 124. 



GiLL., Ann. Lyc. of Nat. Hist., p. 41. 




Fig. 6. — Scyllio- 
rhinus canicula. 
Cloaque cf. 



Caudale à bord dorsal sans denticulations, valvules nasales contiguës. 
■<— Première dorsale en arrière des ventrales; œufs fixés à un support. 

CuviER, DuMERiL, MoREAU Ont coufondu les deux espèces de Scyl- 
lium en nommant grande Roussette celle à petites taches et petite Roussette 
celle à grandes taches ; Muller, et récemment Borcea, dans son travail 
sur le système uro-génital des Elasmobranches, ont relevé cette erreur. 



Scylliorhinus canicula L. Gill. 



1553. 
1554. 
1758. 
1816. 
1829. 



Galeus stellaris major. 
Canicula Aristotelis. 
Squalus canicula (pars) 
Scylliorhinus canicula (pars) . 
Scyllium canicula (sensu stricto) . 



1861. Scylliorhinus canicula. 



Belon, loc. cit. 

Rondel., loc. cit. 

Linné, loc. cit. 

Blainv., loc. cit. 

Cuvier, Règn. an., 2<^ éd.. Il, 386. 

GiLL., loc. cit. 



N. fr. : petite roussette. — N. bret. : touïlh. 
ville). — N. angl. : rough hound. 



N. norm. : holbiche, chienbro (Gran- 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



i5 



Ventrales quadrangulaires, taches de la peau petites ; les ventrales 
sont unies en ligne médiane chez les mâles à la partie postérieure. 

CoL : dos et côtes gris roux semé de petites taches sépia, plus 
nombreuses dorsalement. La coloration du fond présente le plus souvent 
des zones plus ou moins sombres disposées en damier avec des zones plus 
claires et formant trois séries longitudinales dont une médiane et deux 
latérales, alternativement foncées et pâles. Le ventre est blanc jaunâtre. 

Long. : o'",40 à 0^,60. 

Hab. : commune dans toutes les mers d'Europe, surtout dans les 
mers septentrionales; très commune à RoscofF. 

Les roussettes sont les plus sédentaires des Squales ; elles chassent 
de nuit près du fond, sur le sable, et ne s'éloignent pas de la côte. 

M. d. p. : tramails, sur fond de sable, en toute saison. 



1553. Galeus (pars). 

1554. Caniciila (pars). 
1758. Squaius (pars). 
1817. Scylliutn (pars). 
1837. Scyllium (sensu stricto) . 



Genre Scyllium Cuv. Sim. 

Belon, De aquat., p. 74. 
Rondelet, Pisc. mar., p. 383. 
Linné, Syst. nat., là. X, p. 235. 
CuviER, Règn. an., i™ éd., p. 134. 
Smith, Proc. Zool. Soc, V, p. 85. 




Fig. 7. -— Scyllio- 
rhinuscanicula. 
Cloaque 9. 



Queue à bord stipérieur sans denticulations ; valvules vasales non contiguës. 



1553. Galeus stellaris minor. 

1554. Canicula saxalilis. 
1758. Squaius stellaris. 
1817. Scyllium catulus. 
1828. Scyllium stellar e. 



Scyllium stellare Bel. Flem. 

Belon, loc. cit. 

Rondelet, loc. cit. 

Linné, loc. cit. 

CuviER, loc. cit. 

Fleming, Hist. Brit. An., p. 165. 



N. fr. : grande roussette. 
N. norm. : holbiche (Granville). 



N. bret. : touïlh rouss. 
N. angl. : nurse hound. 



Ventrales triangulaires; taches de la peau grandes; les ven- 
trales chez les mâles sont séparées en ligne médiane dans la région 
postérieure. 

Col. : dos et côtes gris roux avec larges taches sépia ; ventre 
blanchâtre. 

Long. : on'jSo à i'",2o. 

Hab. : très commune dans la Méditerranée, fréquente dans 
rOcéan et la Manche (Roscoff), rare dans les mers septen- 
trionales. 

M. d. p. : capturée sur les lignes de fond, parfois aux tra- 
mails. en toute saison. 




Fig. 8. — Scyllium stellare. 
Cloaque C. Ventrales trian- 
gulaires. 



i6 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Genre Pristiurus CBp. 
1841. Pristiurus. Ch. Bonaparte, Iconogr. d. Faun. ital., III. 

Caudale à bord dorsal muni de dcnticidations en scie. 
Première dorsale au-dessus des ventrales ; narines écartées et 
éloignées de la bouche. 

Pristiurus melanostomus Raf. CBp. 



1810. Galeus melanostomus. 

1841. Scylliinn mvlanostomum. 

1841. l'risliiinis mclanostomut. 

1893. l'risliuriis catiilus. 



Rafin, Caratteri, p. 13. 
Ch. Bonaparte, loc. cit. 
CBp., loc. cit., pi. 131, f. 3. 
Smith, Soand. fish., p. 1149. 




N. bret. : c'hi bastard (chien bî\tardé). — N. angl. : black-moulhed 
dog-lish. 

Col. : dos gris roux avec de larges taches Irrégulières, sombres, 
brunes ou gris violet bordées de blanc laiteux et formant un ensemble 
marbré. Ventre blanc jaunûtre. 

Long. : o ,60. 

Hab. : très commun dans la Méditerranée, rare dans l'Océan, raris- 
sime en Manche ; c'est avant tout un animal de profondeur: aussi le 
rencontre-t-on sur les côtes de Portugal, de Norvège et dans l'Irish 
Atlantic Slope. 

M. d. p. : lignes de fond ; on le prend de temps à autre à l'entrée de 
la Manche. 

FAMILLE DES T-AMNIDiE 

Anale prhcnte \ première dorsale placée en avant des ventrales, pas de nictitante. — 
Events petits, caudale très développée. Ovovivipares. 



Fig. 9. — Pristiu- 
rus melanosto- 
mus. Caudale 
avec deniicula- 
lions. 



Caudale ^ '^^^^ lonnuc que la moitié du corps, à pédoncule non caréné. Alopias vulpes Rond. CBp. 
l moins longue que la moitié du corps, à pédoncule caréné Lamna cornubica (imel. C 



Cuv. 



1654. Vulpes. 
1788. SqiMlus (f>ars). 
1810. .ihpias. 
1841. Alopecias. 



Genre Alopias Raf. 

Rondelet, Pisc mar., p. 387 (nom employé en Mammalogie). 

Gmelin, Syst. nat., éd. Gmelin, I, p. 1496. 

Rafinesqi'e, Caratt., p. 12. 

MvLLER et Henle, Syst. Besch. d. Plagiost., p. 74. 



Caudale plus longue que la moitié du corps, à pédoncule non caréné. 



1554. Vulpes. 
1788. Squalus vulpes. 



Alopias vulpes Rond. CBp. 

Rondelet, loc. cit. 
Gmelin, loc. cit. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



«7 




Fig. II. — Lamna cornubica. Queue carénée (X i/io). 



Fig. 13. — Lamna cornubica. Tête et narines. 



1810. Carcharias vulpes. 
1810. Alopias macrourus. 
1841. Alopias vulpes. 



Risso, Ichth. Nice, p. 36. 

Rafin., loc. cit. 

CBp., Icon. Faun, ital., pi. CXXXIV, f. i. 



N. fr. : renard de mer, faucheur. — N. bret. : Iwarn-vôr. — N. angl. : fox shark » 
thrasher, sea fox. 

La caudale égale ou dépasse la longueur du corps. 

Col. : dos et côtés gris ardoisé ; ventre blanchâtre. 

Long. : de 2«",5oà 5 mètres. 

Hab. : très commun dans la Méditerranée, rare dans l'Océan, rarissime dans la 
Manche et sur les côtes de Norvège. Un échantillon signalé par Bokcea et faisant partie 
des collections du Laboratoire (naturalisé par H. Co/.ic) a été pris par échouage à 
RoscofF, sur le banc de T-y-Saozon. Il mesure 2™, 70 en longueur totale, la queue seule 
faisant i°',40. 

Genre Lamna Cuv. 



1554. Lamia. 
1788. Squalus (pars). 
1817. Lamna. 
1822. Carcharhinus. 
1826. Selanonius. 
1851. Isurus. 



Rondelet, De aquat. mar., p. 390. 
Gmelin, Syst. nat., éd. Gmel., I, p. 
CuviER, Règn. an., i™ éd., II, p. 126. 
Blainv., Faune franc., p. 96. 
Fleming, Brit. An., p. 168. 
Gray, Cat. Fish. Brit. Mus. p. 58. 



1497- 



Caudale faisant moins de la moitié de la longueur du corps, à pédoncule caudal bordé 
d'une carène latérale. 

Dents longues, non dentelées sur les bords, mais présentant des cônes latéraux à leur 

base. 

T. V. — Fasc. 5. 3 



\S ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Lamna cornubica Gmel. Cuv. 

1788. Squalus cornubtcus. Gmelin, loc. cit. 

1788. Squalus nasus. Artedi, éd. Walbaum, III, p. 157 

1817. Lamna cornubica. Cuvier, loc. cit. 

1822. Carcharhinus cornubtcus. Blainv., loc. cit. 

1828. Selanonius Walkeri. Fleming, loc. cit. 

1851. Isurus cornubtcus. Gray, ioc. cit. 

N. fr. : taupe, long-nez. — N. bret. :gaoz-vôr. — N. angl. : porbeagle. 

Col. : dos et côtés variant du bleu sombre au gris ardoisé et passant insensiblement 
au ventre blanc jaunâtre. 

Long.: i mètre à 3 mètres. 

Hab. : commun dans la Méditerranée et le golfe de Gascogne, le Lamna est plus rare 
en Manche et sur la côte anglaise ; on le trouve sur la côte de Norvège et dans la Baltique. 
Parfois il est pris accidentellement à Roscoflf. 

.FAMILLE DES GALEIDvC 

Anale présente ; première dorsale placée en avant des ventrales ; nictitante et events 
présents; 

Pas d'aiguillons en avant des dorsales; ovovivipares : 

1^ .- * ^" petits pavés analogues à celles des raies. Mustelus aslerias Rond. 
I pointues Galeus canis Rond. 

Genre Mustelus Cuv. 

1554. Galeus (pars). Rondelet, De Pisc. mar., p. 376. 

1758. Squalus (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, p. 235. 

1817. Mustelus. Cuvier, Règn. an., i™ éd., II, p. 128. 

Dents en petits pavés analogues à celles des raies. 

Mustelus asterias Rond. 

1554. Galeus asterias. Rondelet, loc. cit. 

1758. Squalus mustelus (pars). Linné, loc. cit. 

1826. Mustelus stellaris. Risso, Hist. nat. Eur. mér., III, 126. 

1841. Mustelus vulgaris. Muller et Henle, Syst. Besch. Flag., p. 64. 

N. fr. : émissole. — N. bret. : matel. — N. norm. : virli (Granville). — N. angl. : 
smooth hound. 

Pectorales s'étendant au-dessous de la partie antérietire de la première dorsale ; ligne 
latérale saillante. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



*9 



Col. : dos et côtés gris cendré avec le plus souvent de petites taches blanches lenticu- 
laires ; ventre blanc. 

Long.: o"^,8oèL i"',2o. 

Hab. : espèce très commune dans la Méditerranée, la Manche, le golfe de Gascogne; 
non signalée sur la côte norvégienne, poursuit les maquereaux et passe surtout en été dans 
la Manche, de mai à octobre. 

M. d. p : lignes de fond, et tramails. 

Genre Galeus Rond. Cuv. 



1554. Galeus (pars). 
1758. Squalus (pars). 
1817. Galeus. 
1893. Galeorhinus. 

Dents pointues. 




Fig. 1 3. — Mustelus asterias. 
Narines, dents en pavés. 



Rondelet, Pisc. mar., p. 372. 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 234. 
CuviER, Règn. an., 2fi éd., p. 127. 
Smitt, Scand. fish., p. 1132. 




Fig. 14. — Galeus canis. 
Narines, dents pointues. 




Fig. i5. — Carcharias glaucus. 
Nictitante, narines. 



Galeus canis Rond. 



1554. Galeus canis. 
1758. Squalus galeus. 
18S8. Galeus vulgaris. 
1841. Galeus canis. 



Rondelet, loc. cit. 

Linné, loc. cit. 

Fleming, Hist. Brit. An., p. 165. 

Ch. Bonaparte, Icon. Faun, ital.. Ill 



N. îr. : milandre. — N. bret. : hâ. — N. angl. : tope, toper, rig. 



Dents pointues., dentelées sur le côté externe seulement. 
Col. : dos et côtes cendré, ventre blanc. 
Long. : o™,8o à i™,5o. 

Hab. : commun dans toutes les mers d'Europe, très commun à RoscofF. Passe Tété 
dans la Manche, en poursuivant des poissons. 

M. d. p. : sur les lignes de fond, dans les tramails. 



ao ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

FAMILLE DES CARCHARID^ 

Anale présente; première dorsale placée en avant des ventrales; nictitante présente; events 



nuls. 



Genre Carcharias Rafin. 



1554. Galeus (pars). Rondelet, De Pisc. mar., p. 378. 

1740. Cynocephalus. Klein., Mise, III, p. 5. 

1758. Squalus (pars). Linné., Syst. nat., éd. X, p. 235. 

1810. Carcharias. Rafin., Caratt., p. 10. 

1822. Carcharhinus (pars). Blainv., Faun. fr., I, p. 90. 

1841. Prionodon. Muller et Henle, Syst. Besch., d. Plag., p. 36. 

1850. Prionace. Cantor, Malayan fishes, p. 399. 

Caudale à lobe supérieur développé; narines plus rapprochées de l'extrémité du 
museau que de la bouche. 

Carcharias glaucus Rond. 

1554. Galeus glaucus. Rondelet, loc. cit. 

1758. Squalus glaucus. Linné, loc. cit. 

1810. Carcharias glaucus. Rafin, loc. cit. 

1822. Carcharhinus cœruleus. Blainv, loc. cit. 

1841. Prionodon glaucus. Muller et Henle, loc. cit 

1850. Prionace glauca. Cantor, loc. cit. 

K. fr. : requin bleu, peau-bleue. — N. angl : blue shark. 

Museaulong, conique; première dorsale plus proche des ventrales que des pectorales. 

Col. : dos bleu sombre, bleu de Prusse ou indigo, bleu ardoisé sur les côtés, ventre 
blanchâtre. 

Long. : o™,8o à 2m,5o. 

Hab. : se trouve assez communément dans toutes les mers dEurope ; assez rare à 
RoscofF. En 1907, j'ai disséqué un individu de 2'n,5o échoué. 

M. d. p. : lignes de fond. 

FAMILLE DES SPINACID^ 

Pas d'anale ; pas de nictitante ; events présents : 

.. ... . , , , (présents Sgualus acanthias Rotio. L. 

Aieuions a chaque dorsae ^ , , , , c l- v ■ /-d 

^ ^ /nuls; boucles sur le corps Echtnorhtnus spuwsvs Gm. Biainv. 

Genre Squalus L. Raf. 

1554. Galeus (pars). Rondelet, Pisc. mar., p. 373. 

1758. Squalus (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, p. 233. 

ISIO. Squalus (sensu stricto). Rafin, Carat., p. 13. 

1826. Acanthias. ' Risso, Hist. nat. Eur. mérid., t. III, p. 131. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



at 




Fig. i6. — Squalut acanthias. 
Première dorsale. 




Fig. 17. — Squalus acanthias. 
Bouche et narines. 




Fig. 18. — Squalus acanthias. 
Seconde dorsale. 



1554. Galeus acanthias. 
1758. Squalus acanthias. 
1826. Acanthias vulgaris. 



Squalus acanthias Rond. 

Rondelet, loc. cit. 
Linné, loc. cit. 
Risso, loc. cit. 



N. fr. : aiguillât, chien de mer. — N. bret. : c'iii, spinek. — N. norm. : chien-piquet 
(Granville). — N. angl. : dogfish, picked dog. 

Aiguillon à chaque dorsale. — Dents semblables aux deux mâchoires, tranchantes ; 
aiguillon des dorsales sans sillon latéral; anus placé dans la deuxième moitié de la lon- 
gueur totale ; aiguillon de la deuxième dorsale moins haut que la nageoire ; narines à 
égale distance de la bouche et de l'extrémité du museau. 

Col.: dos gris cendré, souvent avec des taches blanches lenticulaires, ventre 
blanc. 

Long. : o",6o à i mètre. 

Hab. : dans toutes les mers d'Europe, y compris l'océan Glacial, très commun. 

M. d. p. : lignes de fond, tramails. 

Meyer à Helgoland et Borcea à Roscoff signalent le fait qu'on ne trouve que des 
mâles au printemps et en été seulement des femelles. 



1788. Squalus (pars). 
1816. Echinorhinus. 



Genre Echinorhinus Blainv. 

Gmelin, Syst. nat., éd. Gradin, p. 1500. 
Blainv., Bull. Se. Soc. Phil., p. 121. 



Echinorhinus spinosus Gm. Blainv^. 



1788. Squalus spinosus. 
1816. Echinorhinus spinosus. 



Gmelin, loc. cit. 
Blainv. loc. cit. 



N. fr. : requin bouclé. — N. angl. : spinous shark. 



aa 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Pas d'aiguillon aux dorsales ; boucles sur le corps, nombreuses. — Première dorsale 
très reculée au-dessus des ventrales. 
Long. : 2 "",40. 

En 1900, une femelle mesurant 2"», 40 (ut prise sur les lignes de fond à Trezen-ar- 
Skoden, près Roscoff, à 3 milles dans le N. W. de l'île de Bas, et étudiée 
par GuiTEL. 

Hab. : se montre de temps à autre dans toutes les mers d'Europe. 
Roscoff: un seul échantillon signalé. 

SOUS-ORDRE DES ANGELIFORMES 

Fentes branchiales cachées par le bord antérieur échancrê des pecto- 
rales. Yeux dorsaux, corps déprimé; ovovivipares. 

FAMILLE DES SQUATINID^ 

Event en arrière des yeux; pasd'anale; poissons de fond. 




1553. Squatina. 

1554. Squatina. 

1742, Rhina. 

E" „ e .■ 1758. Squalus (ears). 

Fig. 19. — Squatina an- ' \f / 

gelus {X il 10). 1806. Squatina. 

1810. Rhina. 



Genre Squatina. Bel. Dum . 

Belon, De aquat., p. 77. 
Rondelet, Fisc, mar., p. 367. 
Klein, Hist. Fisc, III, p. 13. 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 233. 
C. DuMÉRiL, Zool. anal., p. 102. 
Rafinesque, Caratt., p. 14. 




Squatina angélus Rond. Dum. 



1554. Squatina angélus. 
1758. Squalus acanthias. 
1806. Squatine ange. 
1820. Rhina squatina. 



Rondelet, loc. cit. 
Linné, loc. cit. 
C. DuMÉRiL, loc. cit. 
Rafin. loc. cit. 



N. fr. : Ange de mer. — N. bret. : Eal. — N. angl. : Monkfish. 



/ Dorsales très reculées ; 4 fentes branchiales sont seules visibles 

Fie 20 —Squatina an- ^ l'état normal; le volet de la quatrième fente recouvre celui de la 

gelus. Fentes bran- cinquième. 

bord antérieur des ^ol. : dos et côtés brun gris avec des taches noires, ventre blan- 

pectorales (le volet de châtre. 
ia4« fente relevé laisse 

voir la 5«;. Long: I metre, x^'.bo. 

Hab. : assez fréquent en Méditerranée, dans l'Océan, la Manche : 
à Roscoff, assez commun vers la fin de l'été (Trou aux Raies), inconnu en Norvège. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



23 



Les anges vivent sur le fond, principalement sur les fonds sableux coquilliers. 
M. d. p. : lignes de fond. 

ORDRE DES BATOIDEI 

Plagiostomes sans plaques osseuses, à fentes branchiales situées à la face ventrale. Ani- 
maux de profondeur, vivant sur les fonds sableux. 



SOUS-ORDRE DES RAJIFORMES 

Pectorales réunies aux faces latérales de la tête ; pas d'anale, dorsales reculées dans 
la région caudale. 

FAMILLE DES TORPEDINID.-E 

Corps circulaire, bord antérieur arrondi, queue bien développée ; ventrales 
entières. 



1553. Torpedo. 

1554. Torpedo. 
1742. Narcacion. 
1758. Raja (pars). 
1806. Torpedo. 
1816. Narcobatus. 



Genre Torpedo Bel. Dum. 

Belon, De aquat., p. 89. 
Rondelet, De Fisc, mar., p. 33S. 
Klein, Hist. Fisc, III, p. 31. 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 231. 
C. DuMÉRiL, Zool. anal., p. 102. 
Blainv., Joum. Fhys., p. 262. 



Deux dorsales; events; appareil électrique pair, logé en 
arrière de la tête, entre les pectorales et les branchies. 

Torpedo marmorata Risso. 

1810. Torpedo marmorata. Risso., Ichth. Nice, p. 20. 

N. fr. : poisson torpille. — N. bret. : rea krenéres. — N. 
angl. : torpedo, cramb fish ; electric ray. 

Events circulaires avec tentacules; pas de grandes taches 
sur le disque. 

Col. : dos gris-roussâtre uni ou marqué de petites taches 
claires ou de macules brunes ; ventre blanc. 

Long. : o'",3o à 6^,50. 

Hab. : animal méridional; commun en Méditerranée; 
rare dans la Manche; non signalé en Norvège; vit sur fond 
sableux. 




Fig. 21. — Torpedo marmorata 

(Xi/4). 



24 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 




crorhyncha a.=z^bo 

is a = 450 

« = 47° 



D. Raia microcellata 

E. Raia asterias 

F. Raia punctata 

G. Raia clavata 
H. Raia undulata 

J . Trygon pastinaca 
K. Leiobatus aquila 



az=48o 
a = 50° 
a = 5o" 
a = 52» 
a = 530 
= 55" 
a = 60° 



Fig. 22 et 23. 



Courbes du bord antérieur du disque dans les différentes espèces de Rajiformes et comparaison 

des angles o. 



FAMILLE DES RAIID/E 

Corps losangique; dorsale double; queue grêle portant les deux dorsales et des épines, 

valvules nasales réunies; vivent sur les 
fonds sableux. 

Le bord antérieur du disque, for- 
mé par l'insertion des pectorales sur 
les faces latérales de la tête, est très 
variable de courbure suivant les espèces 
et même selon les sexes et Tâge dans 
une même espèce. Nous reproduisons 
ici sur un même diagramme les cour- 
bures caractéristiques de chacune de 
ces espèces réduites à une même 
échelle. Nous notons' également les an- 
Fig. 24. - Cloaque de Raie o". ^j^^ fournis par l'axe de symétrie de 

l'animal et une ligne joignant le haut du museau à l'extrémité externe de la pectorale 
ces angles sont constants pour une même espèce. 





Fig. 25. — Cloaque de Raie 9. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



25 



Nous appelons espace internasal, la distance entre les bords internes des deux 
narines; espace prénasal, la distance entre le bout du museau et un point placé au milieu 
de l'espace internasal ; de même, nous nommons espace inter or hitaire, la distance entre 
les bords internes des deux yeux; espace préorbitaire, la distance entre le bout du museau 
et le milieu de Tespace interorbitaire. 

Genre Raia Bel. Cuv. 

1553. Rata. Belon, De aquat., p. 79. 

1554. Rata. Rondelet, De Fisc, mar., p. 339. 
1758. Raja (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, p. 231. 

1816. Dasybatus. Blainv. (non Klein), Joum. Phys., p. 260. 

1817. Raja (senstt stricto). Cuvier, Règn. an., i^e éd.. H, p. 34. 



Ventrales lobées ; les ptérygopodes des mâles sont accolés aux ventrales. 
Ovipares : çeufs quadrilatères avec 4 cornes, à coque dure. 
M. d. p. : lignes de fond, chalut, tramails, filets à raies. 



I faisant moins ' 
des trois I 
quarts V 
de l'espace ; > i.-. • j. < 

prénasal ; i "P**^^ préorbitaire égal 



/ 



museau / 

pointu, 

allongé 



à moins de 28 p. 100 de la largeur / n 
du disque 



ESPÈCES. 



. balis. 



à plus de 28 p. loo de la largeur K^ macrorhyncha. 
du disque \ ■' 



a I 

c 

I... 
u < 

.£ ( faisant plus 
v des trois 

o I 

quarts 
de l'espace 
prénasal ; 

museau 

court ; 
boucles sur 

la peau 



présentes (le plus souvent) R. clavota. 



plus petits que l'évent R. microcellala. 



nulles; 

aiguillons 

en ligne 

médiane 

de la 

queue 



espace prénasal au plus / „ 
égal à l'espace internasal, i ' 



undutata. 



présents; 
veu.x 



egau.x 
ou 
plus 

grands 
que 

l'évent 



espace interor- 
bitaire con- 
, tenu trois fois 
espace l ou plus dans 
prénasal 1 l'espace pré- 
plus 1 orbitaire .... 
' grand que \ espace interor- 
'espace i bitaire con- 
internasalF tenu moins 
' de trois fois 
dans l'espace 
préorbitaire. . 



nuls R. miraletus. 



R. punctata. 



R. asterias. 



COLORATIONS 
CARACTÉRISTIQUES. 

Dos brun gris mou- 
cheté de blanc 
crème. 

Dos marron ou gris. 
Ventre gris som- 
{ bre. 

' Dos gris marqué de 
\ taches irrégulières 
I brunes et blan- 
V ches. 

ÎDos jaunâtre avec 
des bandes blan- 
ches. 
/ Dos marron avec 
\ des bandes som- 
I bres bordées de 
\ blanc. 
Dos chamois avec 
des taches som- 
bres, nombreu- 
ses. Un seul ocelle 
claii sur chaque 
pectorale. 

Dos chamois avec de 
très nombreuses 
petites taches som- 
bres. Plusieurs 
ocelles clairs. 

Dos jaune clair avec 
un large ocelle 
blanc marbré de 
noir sur chaque 
pectorale. 



T. V. — Fasc. 5. 



a6 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 





Fig. 26. 




Fig. 29. 



(S ^ 




Fig. 3o. 



Fig. 3i. 





Fig. 32. 

Fig. 26. — Raia bâtis. Rapport des espaces pré- et interorbitaire. 

Fig. 27. — Raia macrorhyncha. Id. 

Fig. 28. — Raia clavata. Boucle. 

Fig. 29. — Raia microcellata. Yeux plus petits que l'évent. 

Fig. 3o. — Raia punctata. Rapport des espaces pré- et interorbitaire. 

Fig. 3i. — Raia asterias. Id. 

Fig. 32. — Raia undulata. Rapport des espaces pré- et internasal. 

Fig. 33. — Raia asterias. Id. 



Fig. 33. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 37 

a) RAI^ L^VES 

Raia bâtis L. 
1758. Rata bâtis. Linné, loc. cit. 

N. angl. : Common skate. — N. fr. : tire, flat. — N. bret, : travank. 

Espace internasal faisant moins des JI4 de l'espace prénasal; museau pointu, allongé; 
espace préorbitaire égal à moins de 28 p. 100 de la largeur du disque; dents espacées à base 
plus longue que large. 

1/2 angle des pectorales : 46°. 

Courbure du corps : le bord antérieur du disque est presque entièrement compris en 
dedans de la ligne menée du bout du museau à l'extrémité delà pectorale : il présente 
deux légères convexités. 

Epines : près des yeux. 

Caractères sexuels : ptérygopodes du cf. 

Col : dos jaunâtre, moucheté de taches lenticulaires blanchâtres; ventre blanc, tacheté 
de gris sombre. 

Long. : de o™,6o à plus de 2 mètres. 

Hab. : se rencontre sur toutes les côtes d'Europe, mais principalement dans les mers 
septentrionales, très commune à Roscoff où on en pêche de très grandes ; vit sur les fonds 
sableux. 

Raia macrorhyncha Raf. 

1810. Raia macrorhyncha. Rafin., Caratt., p. 15. 

1841. Laviraja macrorhynchus. Ch. Bonaparte, Icon. Faun, ital., pi. CL. 

1882. Raia nidrosiensis. Collett, Forhandl. Vid. Selsk. Christ., n" 7. 

N. fr. : tire, flat. — N. angl. : black-bellied skate. — N. bret. : travank grîz. 

Espace internasal faisant moins des 3J4 de l'espace prénasal; museau pointu, 
allongé ; espace préorbitaire égal à plus de 28 p. 100 de la largeur du disque; dents serrées, 
étroites, à base plus longue que large. 

j/2 angle des pectorales : 450. 

Courbure du corps : le bord antérieur du disque doublement incurvé est compris lar- 
gement au-dessous de la ligne menée du bout du museau à l'extrémité externe de la 
pectorale. 

Epines : près des yeux. 

Caractères sexuels: ptérygopodes du -P 



38 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 





Fig. 34. 



Fig. 35. 





Fig. 36. 

Fig. 34. — Rata batis. Coloration. 

Fig. 35. — Rata macrorhyncha. Coloration. 

Fig. 36. — Jeune de R. macrorhyncha décrit sous le nom de R. marginata. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



29 





i I 




Fig. 37. 



Fig. 38. 



Fig. 39. 



^, 



•• • • • , 






• • • 

t» •» 






•• • 

• » • 



• o 











Fig. 40. 



Fig. 41. 
Coloration des Raies. 



K^. 



^ 



S$5 f 



Fig. 42- 



Fig. 37. — Wai'a clavata. 
Fig. 38. — Raia microcellala. 
Fig. 3g. — /îûia undulata. 



Fig. 40. 
Fig. 41. 
Fig. 42. 



/<i7ia punctata. 
Raia asterias. 
Raia m ira le tus. 



3o ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Col. : dos marron ou brun sombre ; ventre gris bleu ou fortement taché de gris noir. 
Long. : de o™,6o à plus de 2 mètres. 

Hab. : se rencontre sur toutes les côtes d'Europe, semble plus rare dans la région 
septentrionale que la Raia bâtis; vit sur les fonds de sable gris. 

Jeune : décrit sous le nom de Raia marginata Lacép. Museau moins allongé, colo- 
ration brune; pectorales abord violacé, avec un ocelle de même couleur. Couch supposa 
le premier que cette Raie, dont on ne trouve pas d'adultes, était le jeune d'une autre 
espèce. Nous croyons pouvoir la rapporter à la R. Macrorhyncha. 



p) RAI/E CLAVAT^ 

Raia clavata Rond. Blainv. 

1554. Raia clavata. Rondelet, De Pisc. mar., p. 353. 

1785. Raia rubus. Bloch, Ichth., p. 84. 

1810. Raia aspera. Risso, Ichth. Nice, p. 5. 

1822. Dasybatis clavata. Blainv., Faun. franc., p. 33. 

N.fr. : raie bouclée. — N. angl. : thornback ray. — N. bret. : rea grîz. 

Espace internasal faisant plus des 3J4 de l'espace prénasal; museau court; boucles 
dans la peau. 

1I2 angle des pectorales = 52°. 

Courbure du corps : le bord antérieur du disque est doublement incurvé en dehors 
de la ligne menée du bout du museau à l'angle externe des pectorales. Entre les deux 
convexités se trouve une concavité qui effleure cette ligne tangentiellement. 

Epines : près du sourcil ; en ligne médiane sur la queue et sur le disque à partir 
de l'épaule, mais en série interrompue : deux séries irrégulières sur les bords de la 
queue. 

Boucles : le nombre et la position des boucles est fort variable ; de nombreux échan- 
tillons n'en possèdent pas, soit qu'elles soient tombées, soit qu'elles n'aient pas poussé : 
on en trouve quelquefois à la face ventrale, souvent à la face dorsale ; elles sont disposées 
symétriquement sur le dos. Pour les échantillons privés de boucles, on devra baser la 
détermination sur la coloration. 

Col. : dos gris maculé très irrégulièrement de noir et de blanc : les boucles sont, en 
général, accompagnées de taches blanches. 

Long. : de o^^jSo à i mètre. 

Hab. . se rencontre sur toutes les côtes d'Europe, sur les sables gris, et même dans 
les fonds vaseux. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 3i 

Raia microcellata Mont. 

1818. Rata microcellata. Montagu, Wem. mem., II, p' 430. 

N. angl. : painted ray. — N. bret. : rea roannes. 

Pas de hoiicles dans la peau : aiguillons sur le milieu de la queue ; yeux plus petits 
que lèvent. 

1I2 angle des pectorales = 48°; So" dans les jeunes. 

Courbure du corps : le bord antérieur du disque est presque droit ; il présente deux 
convexités légères. 

Epines: rang médian d'épines commençant très avant, mais ne formant une série 
Iméaire nette que vers la fin du disque et sur la queue. 

Caractères sexuels : cf. ptérygopodes ; sur la queue, un rang médian d'épines; un rang 
latéral formé d'épines espacées. 

Ç . cinq rangs d'épines sur la queue ; un médian, deux latéraux de chaque côté, 

Col. : dos jaunâtre ; bandes blanches, sinueuses, plus ou moins parallèles au bord 
du disque, ventre blanc. 

Long. : o™,5o à i mètre. 

Hab. : cette raie semble spéciale aux côtes de France et des îles Britanniques (Manche, 
golfe de Gascogne) ; non signalée en Norvège et dans la Méditerranée ; 
commune à Roscoff; vit sur les fonds sableux. 

Raia undulata Rond. Lacép. ^^o „??. 

Mi" ov4 

1554. Raia undulaia. Rondelet, De Pisc. mar., p. 346. ^ '^ 

1810. Raiamosalca. Risso, Hist, nat.. Ill, 154. 

1810. Raia fenestraia. Rafin., Caratt., p. 15. . ° o " 

N. bret. : rea roannès. » 

Pas de boucles; aiguillons en ligne médiane sur la queue; yeux supé- 
rieurs ou égaux à lèvent en taille ; espace prénasal au plus égal à l espace 
internasal. 

ij2 angle des pectorales = 53". 

Cowr6Mre(iwcor/)s; le bord antérieur du disque présente deux inflexions 
bien marquées ; la concavité entre ces deux courbures est presque tan- 
gente à la ligne droite menée du bout du museau au bord externe de 
la pectorale. 

Epiâtes : un rang médian d'épmes en série linéaire depuis le milieu Fig.43.— «<jiau;i- 
du dos ; épines du sourcil bien développées ; dans le jeune, sur le centre dulata. Disposi- 

... . , . . ,,. • , , j j *'"" ^^^ épines 

du disque, on trouve cmq épines en croix et pas d épines sur le bord de chez le jeune. 
la queue. 

Caractères sexuels : cf. ptérygopodes ; épines sur le bord antérieur du disque au 




32 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

niveau des yeux ; épines sur les côtés de la quevie, mais pas au bord et peu nombreuses. 

9. pas d'épines au bord antérieur du disque, épines nombreuses sur les bords de la 
queue. 

Col. : dos acajou ou marron, avec des bandes sombres, bordées de taches blanches 
et formant des arabesques compliquées. 

Long.: o™,3o à i mètre. 

Hab. : Côtes de France (Atlantique, Manche, Méditerranée) ; non signalée en Nor- 
vège ni dans les Iles Britanniques ; commune à Roscotf, sur fonds sableux. 

Raia punctata Risso Le Danois. 

1554. Rata asterias aspera. Rondelet, De Pisc. mar., p. 352. 

1809. Rata asterias (pars). Delaroche, Ann. mus., XIII, p. 321. 

1810. Raia punctata (pars). Risso, Ichth. Nice, p. 12. 
1818. Raia punctata (pars). Mont., Engl. fish., t. II, p, 426, 
1822. Dasyhatus asterias (pars). Blainv., Faune franc., p. 25. 

1841. Raia Schulzii (pars). Muller et Henle, Syst. Besch. Plag., p. 138. 

1893. Raia maculata. Holt, Se. Trans. Roy. Soc. Dubl., V, p. 403. 

N. fr. : raie douce, raiton. — N. bret. : rea gwen bihan. — N. angl. : homelyn. 

Pas de boucles, aiguillons en ligne médiane sur la queue ; yeux plus grands ou aussi 
grands quel' event; espace prénasal plus' grand que l' espace internasal; espace préorhitaire 
contenant plus de trois fois l'espace interorhitaire. 

Museau pointu, assez long. 

j/2 angle des pectorales : 460 à 5o°. 

Courbure dti corps : le bord antérieur du disque marque deux légères convexités entre 
lesquelles la concavité épouse la ligne droite menée du bout du museau à l'angle externe 
delà pectorale. 

Epines : rang médian d'épines ne commençant que dans la région caudale; une ou 
deux épines près de l'épaule dans les individus âgés. 

Caractères sexuels : cf. épines sur le bord antérieur des pectorales, au niveau des yeux ; 
quelques épines isolées forment un rang latéral le long de la queue, d'un côté seulement ; 
ptérygopodes ; 

9- pas d'épines sur le bord antérieur du disque; trois rangs d'épines sur la queue, 
un médian, deux latéraux. 

/^M«e .• un seul rang d'épines, médian sur la queue. 

CoL : taches noires, nombreuses, sur fond chamois. Ces taches ont i à2 millimètres 
de diamètre et ne s'étendent pas aux bords du disque ; un seul ocelle clair sur chaque pec- 
torale, entouré de taches sombres plus ou moins en continuité les unes avec les autres : 
au milieu de l'ocelle se voit une zone plus sombre. 

Long. : o"',4o à o",5o. 

Hab. : Côtes des lies Britanniques et de France; inconnu en Norvège; commune 
Roscoff (fonds sableux). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



33 



1554. Rata asterias (pars). 
1810. Rata punctata (pars). 
1818. Rata macidata (pars). 
1822. Dasybatis asterias (pars). 
1892. Rata blanda. 



Raia asterias Rond. Le Danois. 

Rondelet, De Pisc. mar., p. 350. 
Risso, Ichth. Nice, p. 12. 
Montagu, Engl, fish., II, p. 426. 
Blainv., Faune franc., p. 25. 
HoLT, Joum. M. B. Ass., III, p. 181. 



N. fr. : raie douce. — N. bret. : rea gwen bras. — N. angl. : blonde. 

Pas de boucles ; aiguillons en ligne médiane sur la queue ; yeux égaux à V event ou plus 
grands : espace préanal plus grand que l'espace internasal ; espace interorhitaire contenu 
moins de trois fois dans l'espace préorhitaire ; museau court. 

1I2 angle des pectorales : 5o°. 

Courbure du corps : le bord antérieur du disque présente deux légères convexités. 

Epines : un rang médian d'épines ne commençant que dans la région caudale, apart 
une ou deux épines près de l'épaule ; pas d'épines sur les bords de la queue ou moins chez 
la femelle. 

Col. : fond jaune clair ou chamois, taches brunes très nombreuses, petites, d'un 
diamètre de on^jOoS à 0^,007 et s'étendant sur tout le corps, jusqu'au bord du disque. 

Quelques ocelles clairs, de trois à cinq sur chaque pectorale, sont entourés par cinq 
à six taches sombres toujours distinctes les unes des autres. 

Long. : de o°^,5o à 0^,70. 

Hab. : Côtes britanniques et françaises, y compris la Méditerranée; non signalée en 
Norvège. 

Très commune à Roscoff, surtout l'été et au printemps, sur fonds sableux. 

Depuis fort longtemps, les pêcheurs bretons distinguent dans les raies douces, la 
grande espèce à petites taches (rea gwen bras) et la petite espèce à grandes taches (rea 
gwen bihan) ; de même les pêcheurs anglais les séparaient en Blonde et Homelyn. Le 
professeur Holt classa scientifiquement ces deux espèces mal distinguées par ses prédé- 
cesseurs ; mais les noms qull donna à ces raies étaient incorrects en nomenclature ; nous 
avons rectifié ces termes et précisé quelques variations sexuelles dans R. punctata. 



1553. Leviraia tniraletus. 

1554. Raia oculata. 
1758. Raia tniraletus. 
1831. Raia falsavela 
1841. Rata naevus. 

1859. Rata r adula. 

1860. Raia circularis. 



Raia miraletus Bel. L. 

Belon, De aquat., p. 82. 

Rondelet, De Pisc. mar., p. 349. 

Linné, Syst. nat., éd. X, p. 231. 

Ch. Bonaparte,' Icon. faun, ital, t. CXLVIII. 

Muller et Henle, Plagiost., p. 138. 

Yarrell, Brit. fish., éd. I, v. II, p. 69. 

Couch in Yarr, Brit. fish., éd. II. 



N. fr. : raie fleurie, raie étoilée. 

ray, sandy ray. 

T. V. — Fasc. 5. 



— N. bret. : rea florien, amiral. — N. angl. : cuckoo 



34 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 




Fig. 44. 



Pas de boucles, ni d' aiguillons en ligne médiane sur la queue. 

1/2 angle des pectorales : 46° à 48°. 

Courbure du corps : le bord antérieur du disque est tout à fait en dehors de la 
ligne menée du museau à l'angle externe de la pectorale, et présente 
deux fortes convexités surtout chez les mâles. 

£'^z«es." quelques épines en ligne médiane au niveau de l'épaule, deux 
rangs latéraux bien développés depuis le milieu du dos jusque sur la 
queue; milieu de la queue nu. 

Caractères sexuels : d'. Convexités du disque très marquées ; deux 
rangs d'épines de chaque côté de la ligne médiane de la queue sans aiguil- 
lons ; ptérygopodes; 

9. Trois rangs d'épines de chaque côté de la ligne médiane de la 
queue, dépourvue d'aiguillons. 

Col. : crème ou jaune clair : sur chaque pectorale, se voit un large 
ocelle, elliptique, tangent par son bord supérieur à la ligne de plus grande 
largeur du disque : sa coloration est brunâtre avec des dessins jaunes 
ou blancs, cerclés de noir ou de gris violet. 

Long. : deo°i,5o ào™,8o. 

Hab. : on trouve cette Raie sur les fonds sableux depuis la Norvège 
jusqu'à la Méditerrannée ; commune à RoscofF. 

Cette espèce est extrêmement polymorphe ; ce qui explique les 
différents noms scientifiques sous lesquels elle a été décrite ; la R. mira- 
letus, décrite sous le nom de Cuckoo ray (Raia nsevus) par Couch, correspond à peu 
près à la description que nous donnons et habite la zone côtière, près du littoral; la 
R. miraletus^ décrite sous le nom de Sandy ray (Raia circularis) est une forme de 
profondeur, à dos marron marqué de taches sombres, petites, symétriques; la R. mira- 
letus, décrite sous le nom ào. R. falsavela, stmhlo. plus septentrionale; sa coloration est 
uniformément brune. 




\04-o 0+C 

Fig. 45. 

Raia miralelus. 

Fig. 44. — Épines 
de laqueuedu o'. 

Fig. 45. — Épines 
de la queue de la 
9 (d'après Hoi-t). 



FAMILLE DES MYL10BATID.« 

Corps losangique ; dorsale unique. 



1553. Aquila. 

1742. Leiobaius (-pars)' 

1758. Raja (pars). 

1810. Leiobatus (sensu stricto). 

1816. Mohatis (pars). 

1817. Myliobatis (pars). 
1841. Myliobatis (sensu stricto) 



Genre Leiobatus Kl. Raf. 

Belon, De aquat., p. 96 (nom employé). 

Klein, Hist, pisc, IIL p. 33. 

Linné, Syst. nat., éd. X., p. 231. 

Rafin., Ind. ittioL soc, p. 48. 

Blainv., Bull. se. soc. phil., p. 112. 

C. DuMÉRiL et CuviER, Règn. an., l'e éd., IL P- 137. 

MuLLER et Henle, Syst. Blesch. Plag., p. 176. 



Queue longue, effilée, portant la dorsale et un aiguillon acéré, dentelé latéralement; 
dents en mosaitque. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



35 



1553. A quila marina. 
1758. Raja aqtiila. 
1810. Leiobatus aquila. 
1826. Myliobatis aquila. 



Leiobatus aquila L. 

Belon, loc. cit. 

Linné, loc. cit. 

Rafin., loc. cit. 

Risso., Hist. Nat. Eur. mérid., Ill, p. 162. 



N. fr. : terre. — N. bret. : rea brî. — N. angl. : eagle ray. 

Museau large, coupé carrément en dehors des pectorales. 
1 1 2 angle des pectorales : 60°. 
Long. : o'^jSo à i mètre. 
Col. : dos brunâtre, ventre blanchâtre. 

Hab. : commun dans la Méditerranée ; rare dans l'Océan et la Manche et sur les côtes 
de Norvège. 





Fig. 46. — Leiobatus aquila. Queue avec aiguillon 
et dorsale unique. 



Fig. 47. — Trygon pastinaca. Queue avec aiguillon 
sans dorsale. 



FAMILLE DES TRYGONlDv« 

Corps losangique, dorsale nulle. 



1553. Trygon. 

1553. Pastinaca. 

1554. Pastinaca. 
1758. Raja (pars). 
1772. Trygon. 
1810. Dasyatis. 

1817. Trygon (sensu shicto). 



Genre Trygon Bel. Cuv. 

Belon, De aquat., p. 94 (nom grec). 

Belon, De aquat., p. 94 (nom latin). 

Rondelet, De Pisc. mar., p. 331. 

Linné, Syst. nat., éd. X, p. 231. 

Adanson, Cours hist, nat., éd. Payer (1825), H, p. 170; 

Rafinesque, Caratt., p. 16. 

Cuvier, Règ. an., i^ éd., p. 136. 



Queue armée d'un ou plusieurs aiguillons avec bords dentelés. 



1558. Pastinaca marina. 
1758. Raja pastinaca. 
1810. Dasyatis pastinaca. 
1817. Trygon pastinaca. 



Trygon pastinaca L. Cuv. 

Belon, loc. cit. 
Linné, loc. cit. 
Rafin., loc. cit. 
Cuvier, loc. cit. 



36 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

N. fr. : terre, pastenague. — N. angl. : sting ray. 

Museau compris dans les -pectorales ; extrémité antérieure du disque anguleuse. 

Long. : i mètre et au-dessus. 

Col. : dos gris, ventre blanc. 

//s angle des pectorales : 55°. 

Hab. : animal méridional, rare dans les mers septentrionales et en Manche. 

ORDRE DES GANOIDEI 

Plagiostomes portant sur la tête et le long des flancs des plaques osseuses ; opercule et 
event; nageoires garnies de formations spéciales en chevrons ou fulcres. 

SOUS-ORDRE DES ACIPENSERIFORMES 

FAMILLE DES ACIPENSERID^E 

Genre Acipenser Rond. 

1553. Sturio. Belon, De aquat., p. 99. 

1554. Acipenser. Rondelet, De pisc. mar., p. 410. 

Écussons osseux sur cinq rangs le long du corps : un rang dorsal, deux médio-latéraux, 
deux infralatéraux. La section du corps donne un pentagone dont les sommets sont garnis 
chacun d'un rang d'écussons. Poissons anadromes. 

Acipenser sturio L. 

1758. Acipenser sturio. Linné, Syst. nat., éd. X, p. 237. 

1810. Sturio vulgaris. Rafin., Indice, p. 41. 

N. fr. : esturgeon. — N. angl. : sturgeon. 

Col. : dos brunâtre à flancs plus clairs. 
Long. : i mètre à 2 mètres. 

TT 1 < > 1 • •> J11- . Fig. 48. — Section penta- 

Hab. : a peu près toutes les rivières et mers d Europe; très rare gonaie du corps à' Ad- 
en Manche. P'"''^ """-'"' montrant 

la disposition des écus- 

Poisson anadrome. sons osseux. 




sous- CLASSE DES TELEOSTOMI 

Poissons à bouche terminale ; à squelette osseux, à queue homocerque. 

ORDRE DES CLUPEOIDEI. 

Têléostomes à ventrales abdominales ou nulles. 

SOUS-ORDRE DES CLUPEIFORMES 

Ventrales abdominales ; première dorsale à rayons mous; corps sans plaques annu- 
laires dures ; nageoires impaires distinctes ; corps allongé (mais dont la longueur ne com- 
prend pas 10 fois la hauteur) ; nageoires à rayons visibles et mous. 

FAMILLE DES CLUPEID.4; 



Pas de nageoire adipeuse ; pas de barbillons ; rayons branchiostèges au nombre de plus 
de cinq ; corps couvert d'écaillés. 

Animaux migrateurs ou anadromes ; vivent en bancs. 



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plus loin du museau 

que de la base 
de la caudale, ou en 
arrière du i/3 anté- 
rieur de l'animal; , 
espace interorbitaire .] 

contenu dans la 

distance de la dorsale 

au museau 



plus de 
4 fois 



moins du 1/4 de la distance des \ 
ventrales au museau; dorsale i 
commençant en avant des ven- i 
traies ; 

plus du 1/4 de la distance des ] 
ventrales au museau; dorsale r 
commençant en dessus ou enl 
arrière des ventrales ) 

hauteur i -, t m 

au moins ; 3o écailles env. 



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moins de \ longueur 

4 fois 1 hauteur i , ^ . •„ 

l -. = - au plus; 00 écailles env. 

V longue-" ' '^ 



ieur 



Clupea harengus. 

Clupea sprattus. 

Clupea pilchardus. 
Clupea alosa. 



plus près du museau que de la base de la caudale, ou en avant du ' riupea latula. 

1/3 antérieur de la longueur totale ) ^ 

faisant plus des 3/4 de la tête; carène ventrale non dentelée Engraulis encrassicholus. 



1768. Clupea. 



Genre Clupea L. 
Linné, Systi nat., éd. X, p. 3x7. 



Mâchoire supérieure faisant moins de la moitié de la longueur de la tête ; carène ventrale 
tien/g/ée. Paupières adipeuses aux yeux; mâchoire inférieure dépassant en avant l'extré- 
mité du museau. 



38 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 




Fig. 49. 



Fig. 5o. 



Fig. 53. 





Fig. 5i. 





Fig. 52. 



r^rih a'i 





Fig. 54. 

Fig. 49. — Clupea harengus (X i/3). 

Fig. 5o. — Clupea pilchardus (X 1/2). 

Fig. 52. — .Clupea sprattus. Id. 

Fig. 53. — Clupea harengus. Position de la dorsale. 

Fig. 54. — Clupea latula. Id. 

Fig. 55. — Engraulis encrassicholus. Tête et mâchoire supérieure (t. nat.). 



Fig. 55. 



Clupea harengus L. 

1758. Clupea harengus. Linné, loc. cit. 

N. fr. : hareng. — N. bret. : harînk. — N. angl. : herring. 

D = i5 à 18. A = 16 à 18. C. - 21 P = 16 à 17. V = 7. 

Base de l'anale faisant moins du 1J4 de la distance des ventrales au museau; dorsale 
commençant plus loin du museau que de la base de la caudale et en avant des ventrales; espace 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 89 

post-orbitaire contemi plus de 4 fois dans la distance de la dorsale au museau ; opercule lisse. 

Col. : dos glauque, flancs argentés. 

Hab. : le hareng est un animal septentrional qui fréquente les côtes d'Europe depuis 
l'océan Arctique jusqu'au golfe de Gascogne ; il devient rare sur la côte du Portugal. 

Les bancs de harengs apparaissent d'abord au nord de la Norvège, puis successive- 
ment à des points de la côte de plus en plus méridionaux; ils se montrent plus tard dans 
la mer du Nord, puis autour des îles Britanniques et dans la Manche. L'étude des variétés 
locales a fait renoncer à la théorie de Dodd sur les longs voyages des harengs : il est 
certain que l'on a affaire à des bancs différents sur les différents points de la côte, et chacun 
de ces bancs a un foqd particulier, bien déterminé, où il va pondre chaque année. 

MoBius et Heincke, dans leur Faune de la Baltique (Fische der Ostsee) divisent les 
harengs en harengs de haute mer ou d'automne (See = oder Herbsthering) et en harengs 
de printemps ou côtiers (Kûsten = oder Friihjahrshering) . 

Les hareng;s passent en hiver dans la Manche occidentale; j'en ai vu plusieurs fois 
en janvier sur le marché de Granville; à Roscoff, les pêcheurs savent que des bancs fré- 
quentent les parages de l'île de Bas, mais n'en entreprennent pas la pêche, faute d'ou- 
tillage. 

D'autre part, en sennant dans l'estuaire de la Pensé en eau saumâtre, le personnel de 
la Station a très souvent pris des harengs en janvier, février et mars. Ceux-ci, par la posi- 
tion de leur dorsale, leur nombre d'écaillés et leurs mœurs se rapprochaient des Kûsten 
ou Friihjahrshering de Mobius et Heincke, et venaient certainement pondre dans la 
rivière. 

Œufs démersaux. 

M. d. p. : à la senne; aux rets à harengs (Granville). 

Glupea sprattus L. 

1758. Clupea sprattus. Linné, Syst. nat., éd. X, p. 318. 

1828. Harengula sprattus. Cuv. Val., Hist. nat. Poissons., XX, 2S5. 

1881. Mektia sprattus. . Moreau, Hist. nat. Poiss. France, III, p. 447. 

N. fr. : esprot, sprat, melette. — N. bref. : sprat. — N. angl. : sprat. 
D = 16 ou 18. A = 17 ou 20. C = 19. P = 16 ou 17. V = 7. 

Base de l'anale faisant plus du 1/4 de la distance de l'anale au museau ; dorsale commen- 
çant le plus souvent plus près du museau que de la base de la caudale, toujours en arrière 
du i/j antérieur de l'animal et en arrière ou au-dessus des ventrales ; espace, postorbitaire 
contenu plus de 4 fois dans la distance de l'origine de la dorsale au bout du museau. 

Sous-opercule trois fois moins haut que long ; opercule lisse. 

Col. : dos glauque, flancs argentés avec une bande plus brillante sur les côtés. 

Long. : o™,io. 

Hab. : les sprats sont communs dans l'Océan depuis la côte de Norvège jusqu'au 



40 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

golfe de Gascogne où ils deviennent rares ; on ne les rencontre ni dans l'Océan Glacial, ni 
dans la Méditerranée; les bancs de sprats sont communs dans la Manche occidentale; 

Œufs pélagiques. 

M. d. p. : le sprat est pris souvent dans les pêcheries en pierre de Granville, ou en 
sennant (Roscoff), ou dans des filets à sardines. On le confond avec la sardine qu'il rem- 
place souvent, ou avec les jeunes harengs désignés sous le nom de menuise. 

Clupea pilchardus Walb. 

1760. Clupea pilchardus. Walb. (Artedi), IH, p. 38. 

1825. Clupea sardina. Cuvier, Règn. an., 2'' éd.. H, p. 319. 

1837. Alausa pilchardus. Cuvier et Val., Hist. nat. Poiss., XX, p. 445. 
1881. Alosa sardina. Moreau, Hist. nat. Poiss. Fr., HI, p. 458. 

N. fr. : sardine. — N. bret. : sardin. — N. angl. : sardine, pilchard. 

D = 17 à 18. A = 17 à 18. G = 19. P = 16 à 17. V = 6 ou 8. 

Dorsale commençant plus loin du museau que de la base de la caudale ; espace postorbitaire 
contenu moins de 4 fois dans la distance comprise entre l'origine de la dorsale et l'extrémité du 
museau. La hauteur du corps est contenue plus de 4 fois dans la longueur : la ligne latérale 
est formée de larges écailles, très caduques, au nombre de 30 environ; opercule strié. 

Rayons branchiostèges au nombre de 7. 

Col. : dos glauque ; flancs argentés. 

Long. : o™,ioà o°i,25. 

Œufs pélagiques. 

Hab. : La sardine fréquente principalement l'Océan dans sa partie méridionale et la 
Méditerranée : elle est rare sur la côte norvégienne. Les bancs apparaissent d'abord sur 
la côte de Portugal et se montrent de plus en plus tard au fur et à mesure que Ton va 
vers le Nord, dans le golfe de Gascogne et sur la côte bretonne : à Douarnenez, les premières 
sardines atterrissent vers mai et juin : ce sont les sardines de dérive.^ prises aux filets déri- 
vants : elles sont de forte taille; ensuite viennent les sardines de rogue., plus petites, prises 
après affarement avec les œufs de morue ou rogue de Norvège. Une rogue artificielle, 
moins coûteuse, dont les essais ont été excellents, est due à M. Fabre-Domergue, Inspec- 
teur général des Pêches Maritimes. 

En Manche, les sardines sont pêchées de juin à août ; elles dépassent rarement la baie de 
Morlaix, mais font l'objet d'une pêche régulière à l'île de Sieck ; cependant, au moment 
des crises récentes de cette pêche, une sardinerie qui y était établie a dû être fermée. 

M. d. p. : filets à sardines, quelquefois dans les sennes. 

Clupea alosa L. 

1758. Clupea alosa. Linné, Syst. nat. éd. X, p. 318. 

1838. Alosa vulgaris. Cuvier et Val., Hist. nat. Poiss., XX, p. 391. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 41 

1859. Alosa communis. Yarr, Brit. fish., p. 136. 

1877. Alosa Cuvierii. Malm., Got. Boh. Faun., p. 587. 

N. fr. : alose. — N. angl. : shad, allis shad. 

D = i9à2i. A = 2oà24. C = 20. P=i5. V = 9àio. 

Dorsale commençant plus loin du museau que de la base de la caudale : espace postorbi- 
taire contenu moins de 4 fois dans la distance comprise entre l'extrémité du museau et l'origine 
de la dorsale; hauteur contenue au plus 4 fois dans la longueur; ligne latérale formée d'écaillés 
moyennes au nombre d'environ 60 ; opercule strié. 

Rayons branchiostèges au nombre de huit : environ 60 lamelles branchiales sur le 
premier arc. 

Col. : dos glauque, flancs argentés. 

Long. : o'^,25 à o°i,5o. 

Hab. : côtes occidentales d'Europe. L'alose est un poisson anadrome qui quitte les 
eaux saumâtres au printemps pour aller frayer en eau douce ; on en trouve parfois en 
sennant dans la Penzé, près de Saint-Pol-de-Léon. 

Glupea latula Cuv. Val. 

1830. Harengula latulus. Cuvier, Val., XX, p. 280. 

1862. Cliipea latula. Gthr., VII, p. 422. 

N. fr. : blanquette, menuise. 

D = i7àig. A= 19 à 22. 0=27. P = i4. V = 8. 

Dorsale commençant plus près du museau que de la base delà caudale, dans le i/3 
antérieur de l'animal; bord antérieur de la ceinture scapulaire courbe; opercule lisse. 

Col. : dos glauque, flancs argentés. 

Long. : o^jOS ào",!©. 

Hab. : espèce rare, même dans la Manche. Le nom de menuise, qui devrait s'appliquer 
uniquement à ce Clupe (la menuise de Grandville de Duhamel), est donné indistinctement à 
de jeunes harengs età des sprats. Mon collègue Cligny, dans un récent travail, voulait sup- 
primer cette espèce de la nomenclature, en la considérant comme une variété de sprat ; 
au moment de la publication de cette étude, j'avais entre les mains un échantillon de 
Clupea latula., provenant du Muséum et qui m'avait été obligeamment prêté par M. le 
professeur Roule. Je ne peux, après examen de ce Clupe, partager l'opinion de mon col- 
lègue Cligny. En effet, la dorsale commence bien environ au i/3 antérieur de la longueur 
totale, alors que, dans le sprat, elle commence au plus vers les 45/100 de cette longueur. Il 
y a 8 rayons aux ventrales; le nombre des chevrons est de 3o sur la carène ventrale : tous 
ces caractères ne peuvent appartenir au sprat. 

Voici les proportions de cet échantillon : 

Longueur totale : o^jOSy. 
T. V. - Fasc. 5 6 



42 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Longueur du museau au début de la dorsale : o'",029. 

Longueur du début de la dorsale à la caudale : o"i,o4. 

Hauteur du corps : o",02i. 

Dans les pêcheries de Cancale et dans les filets de la baie du Mont- Saint-Michel, je 
me rappelle, en 1908, avoir trouvé des Clupes que j'ai déterminé à ce moment-là comme 
Clufea latula, mais je n'ai malheureusement pas conservé ces pièces. Je crois toutefois 
que cette espèce peut être considérée comme rare même dans la Manche. 

Genre Engraulis Cuv. 

1552. Halectda. Belon, De Aquat, p. 167. 

1554. Encrasicholus. Rondelet, De Pisc. mar., p. 211. 

1758. Clupea (pars). Linné, loc. cit. 

1817. Engraulis. Cuvier, Règn. an., i^* éd., p. 174. 

1895. Stolephorus. Smitt, Scand. fish., p. 990. 

Mâchoire supérieure faisant plus des 2J4 de la longueur de la tête. Carme du ventre non 
dentelée : l'extrémité du museau dépasse l'extrémité de la mandibule en avant. 

Engraulis encrasicholus L. 

1758. Clupea encrasicholus. Linné, loc. cit. 

1817. Engraulis encrasicholus. Cuvier, loc cit. 

1895. Stolephorus encrasicholus. Smitt, loc. cit. 

N. fr. : anchois. — N. angl. : anchovy. 

D = i5ài8. A = i6ài8. C = 26. P^iSàiy. V=7. 

Col. : dos glauque devenant bleu foncé à la sortie de l'eau; ventre argenté. 

Long. : oi^,i5. 

Hab. : l'anchois fréquente les mêmes parages que la sardine; il est commun dans la 
Méditerranée, abondant sur la côte hollandaise, plus rare en Manche et en Norvège (les 
clupes vendus sous le nom d'anchois de Norvège sont le plus souvent des sprats) ; il fré- 
quente les eaux saumâtres; on en prend parfois en sennant dans la Penzé, devant Saint- 
Pol-de-Léon. 

FAMILLE DES SALMONID^ 

Deuxième dorsale adipeuse. 

Genre Salmo L. 
1758. Salmo (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, p. 308. 

Mâchoire supérieure, dépassant en arrière l'aplomb du diamètre de l'œil, par son 
bord postérieur, et plus avancée que la mâchoire inférieure. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 43 

Salmo salar L. 




1624. Salmo nohilis. Schonevelde, Ichth., Slev. Hols., p. 64. 

1750. Salmo salar. Linné, loc. cit. 

1828. Sahno salmo. Cuvier, Val., Hist. nat. poiss., p. 169. ^'S' ^\~f,''^Z.TJj'''' ^^' 



geoire adipeuse. 



N. fr. : saumon. — N. angl. : salmon. 



Vomer dénié seulement sur le chevron; hauteur du pédoncule caudal contenu plus 
de 12 fois dans la longueur totale (ces caractères différencient le saumon de la truite, 
Salmo fario, dont le vomer est denté sur le corps et sur le chevron, et dont la hauteur du 
pédoncule caudal est contenue 10 fois environ dans la longueur totale). 

Col. : bleu ardoisé sur le dos; ventre argenté; toute la partie dorsale du corps et par- 
ticulièrement la région operculaire porte des taches noires circulaires ou étoilées. 

Long. : de o'°,3o à i mètre. 

Hab. : le saumon est un poisson anadrome qui remonte les rivières au printemps 
pour frayer ; on le rencontre dans toutes les mers et rivières d'Europe, à l'exception de 
la Méditerranée et de ses tributaires. 

De nombreux essais d'acclimentation du saumon ont été faits dans cette mer et ont 
échoué : Face, dans un très récent travail, préconisait pour ces essais, le Saumon quinnat, 
dont les alevins sont plus robustes que ceux du Salmo salar. 

On prend assez souvent des saumons dans les estuaires des rivières de Morlaix et 
de Saint-Pol-de-Léon. Les rivières voisines, comme l'Aulne et l'Elorn, ont été très riches 
en saumon, mais le braconnage et les usines l'ont fait presque complètement disparaître. 

SOUS-ORDRE DES LANCEIFORMES 

Ventrales abdominales ou nulles ; corps sans plaques annulaires dures; nageoires impaires 
distinctes, à rayons mous et visibles ; corps très allongé : la hauteur étant contenue plus de 10 fpis 
dans la longueur. Poissons-migrateurs, cherchant des fonds sableux ; œufs démersaux. 

FAMILLE DES SCOMBRESOCIDyE 

Ventrales abdominales ; mâchoires formant un bec. 

Pinnules après la dorsale de l'anale \ "","" ^^'"Y *«"""''• 

( présentes Scomberesox saurus. 

Genre Belone Risso. 

1554. Aats (pars). Rondelet, De Pisc. mar., p. 227. 

1758. Esox (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, p. 314. 

1810. Belone. Risso, Eur. mér., IH, p. 443. 

1810. Rhamphistoma. Rafin., Caratt. 

Pas de pinnules après la dorsale et l'anale. 



44 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Belone bellone L. 




1758. Esox bellone, 
1810. Belone acus. 



Fig. 58. 



Linné, loc. 

cit. 
Risso., loc. 
cit. 
1810. Rhamphistoma vulgaris. Raf.,1oc. cit. 
1858. Belone vulgaris. Fleming, Brit. 

an., p. 184. 
1895. Rhamphistoma belone. Smitt, Scand. 

fish., p. 347. 

N. fr. : orphie, aiguillette. — N. 
bret. : ivînek. — N. angl. : garpike. 

D=i7ài9. A = 2ià22. C = 
21. P 12 à i3. V = 6. 



Fig. 57. — Belone bellone. Queue sans pinnules. 
Fig. 58. — Scombresox saurus. Queue avec pinnules 



Tronçon de la queue sans carène 
latérale. 

Col. : dos glauque, parfois très clair ; flancs argentés. 
Long. : o™,5o à 6^^j5. 
Hab. : toutes les mers d'Europe, sauf l'océan Glacial. 




Fig. 59. — Belone bellone. Mâchoires formant bec (X 2/3). 

L'orphie s'approche en été de la côte pour pondre et fréquente les bancs sableux. 
M. d. p. : elle est prise à la senne ou à la ligne à main. 

Stade postlarvaire. 

Décrit sous le nom de Hemiramphus europœus, par Yarrell et Couch. 




Fig. 60 et 61. — Jeune Belone bellone {Hemiramphus) à mâchoires inégales ; la mandibule vue en dessous avec le sillon 

de la mâchoire supérieure (un peu agrandi). 

Le développement de la mâchoire inférieure est plus rapide que celui de la mâchoire 
supérieure; il en résulte dans les jeunes stades une inégalité des deux mâchoires. 
Longueur totale : 0^,20. 
Longueur de la mâchoire supérieure : o^.oSS. 
Longueur de-la mâchoire inférieure : o'",o5o. 



ANNALES dp: LINSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 45 

Genre Scomberesox Lacép. 

1554. Saurus. Rondelet, De Pisc. mar., VIII. 

1786. Esox (pars). Bloch, Ichth. syst., p. 394. 

1803. Scomberesox. Lacép., Poiss., VI, p. 345. 

1810. Sayris. Rafin., Caratt., p. 60. 

1828. Scombresox. CuviERet Val., Hist. nat. Poiss., XVIII, p. 464. 

Pinnules après la dorsale et l'anale. 

Scomberesox saurus Artedi. 

1760. Esox saurus. Artedi, Walbaum, III, p. 93. 

1803. Scomberesox Catnperi. Lacép., loc. cit. 

1810. Sayris Mans. Rafin., loc. cit. 

1858. Scombresox saurus. Flem, Brit. Ann., p. 184. 

N. bret. : balaou. — N.angL: saury pike, skipper. 

D=ioài2 + VouVI. A = i2ài3+ VIouVII. C = 2i. P=i2. V = 6. 

Mâchoire supérieure grêle, plus faible que la mandibule; vessie natatoire présente. 

Col. : dos bleu gris ; ventre argenté. 

Long. : o'",2o à o,'"40. 

Hab. : ce poisson est fort rare sur les côtes de Scandinavie et dans la Manche : sur 
les côtes anglaises il apparaît chaque été en bancs importants. Il y a quelques années, les 
bancs de 5cowèereso;*; passèrent en grand nombre, durant un été, près de l'île de Bas. Les 
pêcheurs effrayaient les poissons qui s'échouaient en voulant leur échapper. Il n'ont pas 
reparu depuis dans la région. 

FAMILLE DES AMMODYTID/E 

Pas de ventrales ; mâchoires non prolongées en bec ; caudale libre. 

Genre Ammodytes L. 
1758. Ammodytes. Linné, Syst. nat., éd. X, p. 247. 

Ammodytes lanceolatus Lesauv. 

1758. Ammodytes tobianus (pars). Linné, loc. cit. 

1824. Ammodytes lanceolatus. Lesauvage, Bull. Se. Soc. Phil., p. 140. 

N. fr. : équille; lançon (par confusion avec A. tobianus). — N. bret. : talarek. — • 
N. angl. : sand-eel, lesser launce. 



46 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Mâchoire supérieure protractile, peau couverte d'écaillés en séries obliques; dorsales 
commençant en arrière delà pointe des pectorales ; mâchoire inférieure plus longue que 
les pectorales (ces caractères différencient l'Equille du Lançon). 





Fig. 62. 



Ammodytes lanceolatus (X 2/3). 



Fig. 62. 
Fig. 63. 



Position de la dorsale. 
Mâchoire supérieure protractile. 



Fig. 63. 



Long. : o"*, 10 à 0^,30. 

Col. : dos glauque, flancs plus clairs, ventre argenté. 

Hab. : Téquille habite toutes les côtes d'Europe, sauf la Méditerranée; elle fréquente 
les bancs sableux où elle arrive en été pondre en troupes considérables. 

Le lançon avec lequel l'équille est souvent confondue est exceptionnel en Manche ; 
on le trouve dans le golfe de Gascogne et surtout dans les mers septentrionales. 

Œufs démersaux. 

M. d. p. : au moment des grandes marées, on en prend de grandes quantités à sec sur 
les côtes sableuses de la Manche ; habituellement, on doit fouiller le sable avec une faucille 
ou une bêche ; on le prend également à la senne soit en tirant la senne, à terre, soit en 
sennant à flot au-dessus des bancs de sable ou des herbiers. Cessennes, diits sennes à lançons 
ont des mailles très fines. 



SOUS-ORDRE DES ANGUILLIFORMES 

Têlêostomes sans ventrales ; nageoires impaires unies à rayonsvisibles et mous; corps sans 
plaques annulaires dures. 

FAMILLE DES ANGUILLID^ 

Orifices postérieurs de la narine en avant de l'œil. 

Mâchoire inférieure \ ^" arrière de la mâchoire supérieure Conger conger 

( en avant de la mâchoire supérieure AnguiUa angiiilla. 





Fig. 64. — Conger conger. Mâchoire supérieure plus longue Fig. 65. — Anguilla anguille. Mâchoire supérieure plus, 
que l'inférieure. courte que l'inférieure. 



1553. Conger. 

1758. Murœna (pars). 

1810. Echelus. 

1814. Anguilla (pars). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Genre Conger Bel. 

Belon, De Aquat., p. 163. 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 245. 
Rafin., Caratt., p. 65. 
Mit., Phil. Trans. N. Y., L 



47 



Mâchoire supérieure dépassant en avant la mâchoire inférieure; peau nue. 

Conger conger L. 



1758. Murœna conger. 
1810. Murœna nigra. 
1814. Anguilla conger. 
1817. Conger vulgaris. 
1882. Congerniger.- 



Linné, Syst. nat., éd. X, p. 244.. 

Risso., Ichth. Nice, p. 93. 

MiTCHiLL, loc. cit. 

CuviER, Règn. an., i^ éd.. Il, p. 231. 

Jordan. Gilb., Bull. U. S. Nat. Mus., n" 16, p. 362 



N. fr. : congre. — N. bret. : silî-môr. — N. angL : conger, sea-eel. 

Dorsale commençant au-dessus de la fin des pectorales 

Col. : dos gris violet, ventre gris cendré ; nageoires bordées de gris violet 

Long. : de o'",5o à 2™,5o. 

Hab. : le congre se rencontre dans toutes les mers 
d'Europe depuis l'océan Glacial jusqu'à la Méditerranée. En 
iManche, il est très commun, et, dans la région de Roscoff", il 
constitue avec les raies la partie la plus importante de la 
pêche. Les jeunes habitent les herbiers sous les pierres; les 
adultes vivent sur le fond, sur sable ou roche, en profondeur. 

La coloration que nous indiquons se rapporte à la forme 
qui vit sur les roches : mais c'est à tort qu'on a distingué deux 
espèces : le congre blanc et le congre noir : il n'y a là qu'un 
simple phénomène de mitnétisme; les formes claires vivent 
sur le sable, les formes sombres sur roche ; nous avons plu- 
sieurs fois modifié ces colorations en changeant la nature ou 
la couleur du fond sur des animaux en captivité. 

M. d. p. : les jeunes sont pris à l'anspect; les adultes sur les lignes de fond (i). 




Fig. 66. — Conger conger. Na- 
geoires impaires unies. 



1750. Murœna (pars). 
1792. Anguilla. 



Genre Anguilla Thunberg. 

Linné, Syst. nat., éd. X, p. 245. 
Thunberg, Nouv. mém. Stockholm. 



(1) Il ne faut pas oublier que c'est grâce à la haute compétence zoologique de M. le professeur Delage que fut 
définitivement établie, en 1887, la parenté du Leptocéphale et du Congre : par un élevage dans l'aquarium de Roscoff, il 
montra que les Leptocéphales étaient, contrairement à l'opinion admise, les larves normales du Congre et évoluaient 
progressivement vers la forme adulte de cet animal. 



48 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Mâchoire inférieure en avant dépassant la mâchoire supérieure ; écailles cachées sous 
la peau. 



1758. Mttrœna anguilla. 
1812. Anguilla vulgaris. 



Anguilla anguilla L. 

Linné, loc. cit. 

TuRT., Brit. Fna., p. 87. 



N. fr. : anguille. — N. bret. : silL — N. angl. .-eel. 

Col. : dos brun marron, ventre blanc. 

Long, : o"»,3o à o"i,8o. 

Hab. : dans toutes les mers d'Europe et les rivières, à l'exception de la mer Noire et 
de la Caspienne. 

Poisson catadrome; habite les rivières et descend en mer frayer; remonte dans les 
eaux douces à Tétat jeune. 

SOUS-ORDRE DES SERPENTIFORMES 

Ventrales nulles ou abdominales très réduites : 1^^ dorsale à rayons mous avec plaques 
annulaires dures autour du corps ou formée d'épines libres, sans anneaux. 
Animaux mimétiques, habitant les herbiers de Zostères. 

FAMILLE DES GASTEROSTEID/E 

Dorsale double : la première étant réduite à des épines libres ; ventrales abdominales 
représentées seulement par une épine. 




Fig. 67. — Gasterosleus spinachia (i. nat. 



1730. Gasterosleus. 
1858. Spinachia. 
1874. Gastrœa. 



Genre Gasterosteus Artedi. 

Artedi, Ichth. gen., p. 52. 
Flmg., Brit. ann., p. 219. 
Sauv., Nouv. Arch. Mus. Par., X. 



1758. Gasterosteus spinachia. 
1858. spinachia vulgaris. 
1874. Gastrœa spinachia. 



Gasterosteus spinachia L. 

Linné, Syst. nat., éd. X, p. 296. 
Flmg., Ioc. cit. 
Sauv, Ioc. cit. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 49^ 

N. fr. : gastré, épinoche de mer. — N. bret. : aer mor. — N. angl. : sea adder, sea 
stickleback. 

D=XIV — I/6à7. A=I/6. € = 14. P=:9 à 10. V=I/i. 

Première dorsale formée de 14 épines libres, peau nue. 

Col. : dos d'une couleur variant du vert olive sombre au brun foncé ou au gris vert. 
La gorge et le ventre ont des tons cuivrés près des opercules ou sont argentés ou nettement 
dorés. 

Long. : o°i, 10 à o™, i5. 

Hab. : dans les herbiers de Zostères, près des roches couvertes de Fucus. On rencontre 
l'épinoche de mer depuis l'océan Glacial jusqu'au golfe de Gascogne : il est très fréquent 
dans la Manche et la mer du Nord. 

Œufs fixés dans un nid. 

M. d. p. : pris avec d'autres poissons dans les sennes, carlets, havenets. 

BoRCEA, en 1904, a signalé la présence en eau saumâtre dans une baie sableuse voisine 
du Laboratoire de RoscofF, l'Aber, des épinoches d'eau douce appartenant à l'espèce 
Gasterosteus aculeatus L. var, leiurus Cuv. et Val. 

Cesanimaux sont caractérisés par leur première dorsale formée de deux épines libres, 
la présence d'écussons osseux latéraux au nombre de 4 à 7 et le tronçon de la queue nu. 
Ils semblent pouvoir supporter un degré de salinité très accentué. 

FAMILLE DES SYNGNATHID/E 

Une seule dorsale, formée de rayons mous ; corps muni de plaques dures formant des 
anneaux complets ; pas de ventrales ; branchies en houppe. 

Le mâle a le soin des œufs qu'il porte collés à son ventre ou dans une poche incu- 
batrice. Animaux mimétiques dés herbiers de Zostères, à queue préhensile. 

Pectorales. Caudale. 

4- — Hippocampus H. antiquorum. 

„ , V section ( circulaire S. acus. 

+ + Syngnathus ^ du museau > elliptique ... . S. typhle. 

— -I- Entelurus S. œquoreus. 

— — Nerophi^ '..... N. lumbriciformis. 

Genre Hippocampus Rond. 

1554. Hippocampus. Rondelet, De Insectis, p. 114. 

1758. Syngnathus (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, p. 336. 

Pectorales présentes; pas de caudale ; flexion nucale accentuée; corps à section heptago- 
nale ; queue à section quadrilatère. 
Mâle avec poche incubatrice. 
T. V. — Fasc. 5. -, 7 



5o ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Hippocampus anti quorum Leach. 

1758. Syngnathus hippocampus. I,inné, loc. cit. 

Hippocampus antiquorum. Leach, Zool. Mise, \, p. 104. 

1817. Hippocampus brevirostris. Cuvier, Règn. an., p. 176. 

N. fr. : cheval marin, hippocampe. — N. angL : sea horse. 

36 anneaux dans la queue ; longueur du museau compté de la saillie nasale égale au 
diamètre de l'œil et à la base de la pectorale. 

Col. : gris cendré, ou brun foncé. 

Long. : o"^, 10. 

Hab. : l'Hippocampe habite les mers tempérées et chaudes ; il est rare en Manche et 
dans les eaux anglaises ; on en prend de temps à autre à Granville; à Roscoff, ce poisson 
est rarissime ; en sennant dans l'herbier de PempouU, on en a pris deux en dix ans. 

Les caractères que nous avons ci-dessus énoncés servent à distinguer riîz/)/)ocaw^MS 
antiquorum deVH. guttulaius qui habite l'Océan et le golfe de Gascogne, jusque sur la 
côte sud de Bretagne (Locmariaquer) : il est utile de lournir ses caractères principaux, 
étant donnée la proximité de soii- habitat. 

H. guttulatus : 

38 à 40 anneaux dans la queue ; longueur du museau plus grande que le diamètre 
de l'œil ou que la base des pectorales; appendices cutanés développés. 
Col. : gris cendré avec de petites macules blanches. 
Long. : o™,i5. 
Hab. : animal méridional : Méditerranée, golfe de Gascogne. 

Genre Syngnathus L. Smitt. 

1564. Acus (pars). Rondelet, De Pisc, p. 229. 

1758. Syngnathus (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, p. 336 

1810. Siphoftostoma. Rafin, Caratt. 

1895. Syngnathus (sensu stricto). Smitt, Scand. Fishes, p. 678. 

Pectorales et caudale présentes ; pas de flexion nucale; mâle avec poche incubatrice. 

Syngnathus acus L. 

1758. Syngnathus acus. Linné, loc. cit. 

1810. Siphonostoma acus. Rafin., loc. cit. 

N. fr. : vipère de mer. — N. bret. : aer môr. — N. angl. : pipefish. 

D=38à44. P = i2. C=io. A = 4. 

Museau à section circulaire.! à bord supérieur moins élevé que la tête et les yeux, et 
faisant la moitié de la longueur de la tête ; angle des anneaux non épineux ; sourcil 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



5i 



continué en arrière par une arête bien prononcée ; dorsale commençant après le quinzième 
anneau du tronc, plus longue que l'espace séparant le bout du museau du bord supérieur 
de l'occipital ou égal à cet espace. 



Fig. 72 





Fig. 68. 



Fig. 69. 





F'g- 74- 



Fig. 75. 







f®HE>mffi 



Fig. 76. 



Fig. 78. 





Fig. 68 
Fig. 69 
Fig. 70 
Fig. 71 
Fig. 72 
Fig. 73 

Fig. 74 
Fig. 75 
Fig. 76 
Fig- 77 
Fig. 78 
Fig. 79 



Fig. 77- 

— Hippocampus, Queue sans caudale. 

— Syngnathus. Queue avec caudale. 

— Entelurus. Queue avec caudale. 

— Nerophis. Queue sans caudale. 

— Syngnathus acus. Section du museau. 

— Syngnathus typhle. Id. 

— Hippocampus antiquorum (Rapports de l'œil et du museau) (t. nat. 

— Hippocampus guttulatus. Id. (t. nat.^ 

— Syngnathus acus. Tôte et museau (t. nat.). 

— Syngnathus typhle. Id. (t. nat.). 

— Entelurus cequoreus. Id. (t. nat.). 

— Nerophis himbriciformis. Id. (t. nat.). 



Fig. 79. 



Col. : dos gris jaunâtre ou verdâtre; souvent des bandes gris clair ou brunes; ventre 
blanc gris ou cuivré. 

Long. : de o"»,3o ào'«,5o. 

Hab. : mers d'Europe depuis Trondhjem jusqu'au golfe de Gascogne; très commun 
en Manche; inconnu en Méditerranée; vit dans les herbiers de Zostères. 

M. d. p. : pris avec d'autres poissons à la senne, au chalut, au carrelet, à l'havenet. 



5a ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Sjmgnathus typhle L. 

1758. Syngnathus typhle. Linné, loc. cit. 

1810. Typhle hexagonus. Rafin., Indice, p. 36. 

1881. Siphonostoma typhle. Ch. Bonaparte, Pesc. Eur., p. 89. 

N. fr. : vipère de mer. — N. bret. : aer môr. — N. angL : pipefish. 

D = 34 à 40. A = 3. C = 10. P 14 à i5. 

Museau à section ellipsoïdale., dont le bord supérieur est en prolongement avec l'arête 
supérieure de la tête et du corps et au-dessus du niveau des yeux, plus court que la 
dorsale. 

Col. : dos vert olive ; ventre jaune. 

Long. : o'»,25 à o'a,4o. 

Hab. : côtes occidentales d'Europe; rarissimeen Méditerranée. 

MoREAU l'indique comme rare en Manche, et cependant on le trouve en abondance 
dans les herbiers de PempouU, près Roscofî. 

M. d. p. : pris avec d'autres poissons dans les herbiers au chalut, à la senne, au carlet, 
au havenet. 

Genre Entelurus Dumérh.. 

1686. Acus (pars). Willughby, Hist. pisc. 

VJSè. Syngnathus (pars). Linné, loc. cit. 

1855. Scyphitis (pars). Nilsson, Skand. Fiske, p. 692. 

1856. Nerophis (pars). ■ Kaup, Lophobr., p. 66. 
1870. Entelurus. Duméril, Hist, poiss., H, p. 605. 

Pas de pectorales; caudale présente, mais petite; pas de flexion nucale; dorsale portée 
sur II à i3 anneaux, dont les 3 ou 4 derniers appartiennent à la queue. 

Entelurus aequoreus Linn. 

1758. Syngnathus (squoreus. Linné, loc. cit. 

1855. Scyphius isguoreus. Nilsson, loc. cit. 

1856. Nerophis œquoreus. Kaup, loc. cit. 
11170. Entelurus aquoreus. Duméril, loc. cit. 

N. fr. : vipère de mer. — N. angl. : pipefish. — N. bret. : aer môr. 

D = 38à44. C = 6. 

Col. : dos verdâtre ; ventre jaune ; sur les côtés sont des bandes transversales blanches, 
un peu sinueuses à bordure noire; ces bandes s'atténuent dans la région anale et dispa- 
raissent progressivement. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 53 

Long. : om,3o à o°i,5o. 

Œujs collés sous le ventre du mâle. 

Hab. : animal des côtes occidentales d'Europe; commun dans la mer du Nord et la 
Manche, il devient rare dans le golfe de Gascogne; inconnu dans la Baltique; habite les 
herbiers de Zostères. 

M. d. p : pris avec d'autres poissons au chalut, à la senne, au carlet, au havenet. 

Genre Nerophis Kaup. Duméril. 

1686. A eus (pars). Willughby, Hist. pisc. 

1758. Syngnathus (pars). Linné, loc. cit. 

1855. Scyphius (pars). Nilsson, Skand. Fisk., p. 62. 

1856. Nerophis (pars). Kaup, Lophobr., p. 69. 

1870. Nerophis (sensu stricto). Duméril, Hist. nat. Poiss., H, p. 601. 

Pectorales et caudale nulles ; ^as àe flexion nucale: dorsale portée sur 7 à 11 anneaux 
dont les deux ou trois premiers appartiennent au tronc. 

Nerophis lumbriciformis Willughby. 

1686. Acus lumbriciformis. Willughby, loc. cit. 

1812. Syngnathus lumbriciformis. Pennant, Brit. Zool., HT, p. 187. 

1855. Scyphius lumbricifornis. Nilsson, loc. cit. 

1856. Nerophis lumbriciformis. Kaup., loc. cit. 

N. fr. : vipère de mer. — N. bret. : aer môr. — N. angl. : pipefish. 
D=25 à 26. 

Museau faisant le i/3 seulement delà longueur de la tête, excavé en dessus et pas 
plus long que la hauteur du corps. 

Col. : gris ou brun foncé parfois vert olive ou gris vert; rouge dans les fonds de 
maërl avec des tâches ou stries gris clair. 

Long. : on^iio à o'n,i2. 

Œufs collés sous le ventre du mâle. 

Hab. : vit dans les herbiers de Zostères et dans les fonds de Lithothamnium (maërl). 

Animal des côtes occidentales d'Europe, de la Norvège au golfe de Gascogne : 
inconnu dans la Baltiqueet la Méditerranée;communen Manche, quoi qu'en diseMoREAU. 

M. d. p. : pris dans les herbiers avec d'autres poissons au carlet, à la senne, au havenet, 
ou dans le maërl à la drague. 

SOUS-ORDRE DES MUGIFORMES 

Ventrales abdominales ; dorsale double: première dorsale formée de rayons épineux, visibles, 
unis par des membranes interradiaires ; animaux migrateurs â œufs pélagiques. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



FAMILLE DES MUGILID.C 

Première dorsale formée de 4 rayons. 

Espace jugulaire 



ovale Mugil auratus. 

presque nul Mugil chelo. 




Fig. 80. — Mugil auratus. Espace 
jugulaire ovale (X 1/2). 



1554. Mugil (pars). 

1758. Mugil (sensu stricto). 




Fig. 81. — Mugil auratus. Tache 
dorée (X 1/2). 



Genre Mugil Rond. L. 

Rond., De Fisc, lib. IX. 
Linné, Syst. nat., éd. X, 316. 




Fig. 82. — Mugil chelo. Espace 

jugulaire nul (X 1/2}. 



1810. Mugil auratus. 



Mugil auratus Risso. 

Risso, Ichth. Nice, 344. 



N. fr. : mulet. — N. bret. : mêl, mulet sauteur. — N. angl. : mullet. 
D = 1V— 1/8. A=IlI/9. C = i4. P=i7. V = l/5. 

Espace jugulaire ovale ; paupière circulaire, étroite; maxillaire supérieur caché par le 
sous-orbitaire ; longueur des ventrales faisant moins des 3/4 de celle des pectorales. 

Col. : dos brun gris; flancs et ventre blancs argentés ; cinq ou six bandes grises sur les 
flancs ; lâche dorée sur l'opercule. 

Long. : de o^^jSo à o'ûjSo. 

Hab. : poisson migrateur ; fréquente toutes les mers d'Europe, mais surtout les mers 
méridionales ; passe en Manche en hiver et au printemps. 

M. d. p. : à la senne ; filets de barrage à mulets (Roscotf, Granville); grands filets à mulets 
dressés en hauts ou bas parcs (baie du Mont-Saint-Michel). 

Le M. auratus est difficile à prendre et saute par-dessus les filets ; les pêcheurs 
l'appellent pour cette raison mulet sauteur. 

Mugil chelo Cuv. 



1802. Mugil cephalus, var. B. 
1817. Mugil chelo. 



Delaroche, Ann. mus., XIH, 358. 
CuviER, Règn. anim., !''<' éd., II, 232. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 55 

N. fr. : mulet. — N. bret. : mêl. — N. angl. : mullet. 

D = IV — 1/8. A=III/9. C=-i6. P^iy. V=:I/5. 

Espace jugulaire presque nul ; rayons mous de l'anale au nombre de neuf; hauteur du 
tronc contenue 4 fois 1/2 ou plus dans la longueur totale. 

Col. : dos gris brun ou gris bleu; cinq ou six bandes longitudinales brunes sur les flancs; 
ventre argenté. 

Long. : o™,3o à o'n,5o. 

Hab. : migrateur; toutes les mers d'Europe; passe en Manche en hiver et au printemps. 

Les muges remontent facilement dans les eaux douces et s'y acclimatent suffisamment 
pour s'y reproduire. 

M. d. p. : sennes, filets de barrage, grands filets (hauts parcs). 

Stades jeunes. 

Jeunes Mugil chelo : longueur : Sa millimètres. 

La tête est plus développée que dans l'adulte : longueur de la tête: 9 millimètres; 
recueillis en eau douce (moulin de Kerellec, près Roscoff), août. 

Id., longueur : 40 millimètres; en eau salée, dans le nord de l'île de Bas. Août. 

FAMILLE DES ATHERINIDvC 

Première dorsale à plus de 4 rayons ; y ou 8 rayons épineux. 

Genre Atherina Bel. L. 

1553. Atherina. Bel., De Aquat. 

1758. Atherina. Linné, Syst. nat., éd. X, 315. 

Atherina presbjrter Cuv. 

1817. Atherina presbyter. Cuvier, Règn. an., x^ éd., II, 235. 

N.fr. : prêtre, faux éperlan. — N. bret. : belek 
bihan. — N. angl. : sand-smelt, smelt. 

D = VIIouVIIl— I/iiài2. A = I/i4ài6. 

Q^25à27. P==l5. V=:l/3. F\g.9,-i.- Atherina presbyter (y. il 2). 

Diamètre de l'œil faisant le i/3 au moins de la longueur de la tête; 58 à 63 
écailles en ligne latérale. 

Col. : dos glauque semé de noir; operculeargenté avec un pointillé noir; ventre blanc; 
bande argentée sur les flancs, très brillante. 

Long. : 0^,10 à o°»,20. 

Hab. : migrateur; côtes occidentales d'Ecosse au Portugal ; très commun en Manche, 
surtout en hiver où il fréquente les herbiers. 

M. d. p. : pris à la senne ou au carlet 




56 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



ORDRE DES PERCOIDEI 

Poissons à ventrales thoraciques, rarement jugulaires ou nulles ; migrateurs, o^ 
nageurs côtiers, ou littoraux. 

SOUS-ORDRE DES SCOMBRIFORMES 

Nageoires ventrales thoraciques, séparées en ligne médiane ; museau et sourcils non épi- 
neux ; fausses nageoires après les dorsales et l'anale ou boucliers latéraux; rayons épineux ; 
œufs pélagiques. 

FAMILLE DES SCOMBRlD>« 

Fausses nageoires après la seconde dorsale et l'anale ; ligne latérale non cuirassée : 
poissons migrateurs. 

Genre Scomber Rond. 



1553. Scombrus. 

1554. Scomber. 
1758. Scomber. 



Bel, De Aquat, 202. 

Rond., De Fisc, mar., VIII, 235. 

Linné, Syst. nat., éd. X, 297. 




Fig. 84. — Scomber scombrus. Pinnules. 



Dorsales éloignées de l'autre; 
pas de carène sur le tronçon 
caudal ; pinnules ou fausses na- 
geoires après la dorsale et l'anale. 

Scomber scombrus L. 

1758. Scomber scombrus. Linné, loc. cit. 
1766. Scomber scomber. Linné, Syst. 
nat., éd. XII, 492. 



N. fr. : maquereau. — N. bret. : brezel, brill. — N. angl : mackerel. 

D=XàXlII— I/ii +V. A=I/ii+V. 0=17. P=i9. V=I/5. 

Espace interorbitaire non transparent ; pas de vessie natatoire. 

Col. : dos vert glauque avec des taches noires ondées; ventre et flancs argentés à reflets 
irisés. 

Long. : o™,3o à 0^,40. 

Hab. : toutes les côtes d'Europe depuis l'océan Glacial à la Méditerranée ; émigrent 
en suivant les fonds sableux ; en Manche, ils passent au début de l'été et, d'après les 
pêcheurs, toujours en sens inverse de la direction du vent : ils « piquent dans le vent ». 

M. d. p. : les maquereaux sont pris à la ligne traînante, lestée avec un plomb et 
bouettée avec un filet d'un autre maquereau, ou un objet brillant, un morceau de 
tuyau de pipe (Roscoti) ; à Granville, une même ligne porte plusieurs hameçons, (lignes en 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



57 



arbalète); les maquereaux sont aussi pris aux filets dérivants, au large ou sur la côte an- 
glaise, par les bateaux boulonnais à mâts à bascule. 

Parmi les Scombridx, on ne peut omettre de citer les thons ; d'après une légende 
des pêcheurs, ces poissons ne mordent pas sur les lignes au nord d'Ouessant; en tout cas, 
ils sont fort rares en Manche, et je n'ai pu m'en procurer d'échantillons péchés dans la 
région qui nous occupe : 

Le Thynnus thynnus fréquente cependant les ports du sud de l'Angleterre. 



FAMILLE DES CARANGIDA: 

Ligne latérale cuirassée ; dorsale double ; pas de fausses nageoires après la dorsale et 
l'anale. 

Genre Trachurus Rond. 



1554. Trachurus. 
1758. Scomber (pars). 
1830. Caranx (pars). 



Rond., De Pisc. mar., VIII, 233. 
Linné, Syst. nat., éd. X, 298. 
CuviER, Val. Hist. nat. Poiss., IX, 11. 



1758. Scomber trachurus. 
1785. Trachurus trachurus. 
1810. Trachurus saurus. 
1833. Caranx trachurus. 
1854. Trachurus europœus. 



Trachurus trachurus L. 

Linné, loc. cit. 
Bloch., Ichth., II, 138. 
Rafin., Indice, 20. 
CuviER, Val., loc. cit. 
Gronow, Cat. 125. 



N.fr.: saurel.carangue, maque- 
reau bâtard. — N.bret. : chichar. — 
N. norm. : carret (Granville). — N. 
angl. : scad, horse-mackerel. 

D=VIII— I/28à 32. A = II— 
I/25à29. G 27. P = 2i. V 1/5. 

Ligne latérale garnie de bou- 
cliers sur toute sa longueur, courbée 
dans la partie antérieure; les bou- 
cliers dans la région caudale portent 
des épines. 

Col. : dos gris bleu ; flancs argentés ; tâche noire operculaire. 

Long. -.o", 25 à o"',4o. 

Hab. : toutes les mers d'Europe. 

De nombreuses variétés locales se différencient suivant le nombre des boucliers 
T. V. — Fasc. 5. 8 




Fig. 85. — Trachurus trachurus. Ligne latérale cuirassée. 



58 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



le type de la Manche occidentale présente toujours moins de 80 boucliers (yS et 76 en 

général). 

M. d. p. : à la ligne à main. 

Stades jeunes. 

Individus de 3j à 40 millimètres. 
La tête est très dévelopée relative- 
ment dans le jeune. 

Jeune : longueur totale, 87 milli- 
mètres ; longueur de la tête, 12 milli- 
mètres, soit 1/3. 
Adulte : longueur totale, 260 millimètres, longueur de la tête, 65 millimètres, soit 1/4. 
Ces jeunes formes se rencontrent dans le plankton et, dans les cavités de l'ombrelle des 
grandes méduses acalèphes, en particulier des Rhizostomes. 




Fig. 86. — Trachurus trachurus (jeune) (X 2) 



SOUS-ORDRE DES PERCIFORMES 



Nageoires ventrales thoraciques, séparées en ligne médiane ; museau et sourcils non épi- 
neux ; pas de fausses' nageoires , ni de boucliers latéraux ; rayons épineux, visibles. 
Poissons nageurs côtiers, non migrateurs. 



FAMILLE DES PERCID^ 



Pas de barbillons, opercule à épines aplaties. 
Ventrales à 6 rayons; vomer denté. 



r. , i double. 

Dorsale ! . , 

( simple. 



Morone M. labrax. 
Serranus S. cabrilla. 




Genre Morone Mitchill-Gill. 



1553. Lupus. 
1758. Perça (pars). 
1802. Centropomus. 
1814. Morone (pars). 
1814. Roccus. 
1820. Lepibema. 
1828. Labrax. 
1860. Dicentrarchus. 



Bel., De Aquat., 121. 
Linné, Syst. nat., éd. X, 290. 
Lacép., Poiss., IV, 248. 
MiTCHiLL, Rep. fish. N. Y, 18. 

MiTCHILL, loc. cit., 25. 

Rafin., Ichth., 23. 

CuviER, Val, Hist. nat. Poiss., H, 55. 

GiLL., Proc. Ac. Phil., 11. 



1860. Morone (sensu stricto). Gill., Proc. Ac. Phil., 115. 
Fig. 87. — Morone labrax (X i/3). Épines 
operculaires et i" dorsale. 

Dorsale double; première dorsale ayant 8 à 9 
rayons ; 3 épines à l'anale; opercule à 2 épines aplaties; préopercule crénelé. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



59 



1758. Perça labrax. 
1769. Perça punctata. 
1802. Centropomus lupus. 

1828. Labrax lupus. 

1829. Labrax vulgaris. 
1860. Dicentrarchus elongatus. 
1890. Dicentrarchus labrax. 
1893. Roccus labrax. 

1895. Morone labrax. 



Morone labrax L. 

Linné, loc. cit. 

Gmelin, Syst. nat., éd. Gmelin, 1311. 

Lacé p., loc. cit. 

CuviER, Val., loc. cit, 

Gmelin, Icon. R. A. Poiss., i, 4. 

GiLL., loc. cit. 

JoRD. Eigenmann, Bull. U. S. Fish. Comm., Vin, 425 

Smitt, Scand. fish., I, p. 45. 

Boulenger, g. A. Cat. Fish. Brit. Mus., 130. 



N. fr. : bar. — N. bret. : braok, drenek. — N. angl. : sea perch, bass. 

D = VIIoulX— I/i2ài3. A = III/ioàI. C = i7. P=i5. V = I/5. 

Le chevron du vomer seul est denté; tête écailleuse. 
Col. : dos gris bleu métallique; ventre argenté. 
Long.: o"i,35 à o'njS. 

Hab. : rareen Norvège; commun dans l'Océan et la Méditerranée; fréquent en Manche ; 
le Bar vit principalement dans les brisants des rochers très battus, entourés de Laminaires 
On trouve des jeunes en eau saumâtre ou douce (Penzé). 
H. d. p. : à la ligne à main ; les jeunes sontpris à la senne. 



1758. Perça (pars). 
1790. Holocentrus (pars). 
1817. Serranus. 



Genre Serranus Cuv. 

LrNNÉ, Syst. nat., éd. X, 294. 
Bloch, Ausl. Fisch., IV, 59. 
CuviER, Règn. anim., II, 276. 



Dorsale unique; tètQ écailleuse; préopercule à bord dentelé ; mâchoire inférieure 
sans écailles. 

Serranus cabrilla L. 



1758. Perça cabrilla. 
1790. Holocentrus argentinus 
1826. Serranus cabrilla. 
1826. Serranus flavus. 



Linné, loc. cit. 

Bloch, loc. cit. 

Risso., Eur. mér., III, 375. 

Risso., loc. cit. 



N. fr. : serran. — N. bret. ; farlot, marc'hadour. — N. angl. 
comber. 

D = X/i4. A=III/7à8. C=ij. P=i4. V-I/5. 




Fig. 88. — Serranus cabril- 
la (X i/a)- Épines oper- 
culaires. Préopercule cré- 
nelé. 



Bord inférieur du préopercule dentelé sur sa moitié postérieure; pas de dessins régu- 
liers sur le museau et la joue. 

Col. : variable ; — type le plus fréquent : rouge clair avec 7 à 8 bandes transversales 




6o 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



assez larges, vermillon ou brun rouge, et 3 bandes longitudinales jaunâtres; 3 bandes 
jaunes sur la tête, avec un fond de coloration rouge. 

Long. : o^^jiS àoi^,25. 

Hab. : animal méditerranéen ; la Manche et la côte Sud de l'Angleterre sont ses 
extrêmes limites septentrionales : 

Vit dans la région côtière, auprès des roches couvertes de Laminaires avec le Lahrus 
mixtus. 

M. d. p.: à la ligne à main 

FAMILLE DES MULLID.^ 

Perciformes ayant deux barbillons à la mandibule. 



1554. Mullus. 
1758. Mullus. 



Genre Mullus Rond. 

Rond., De Pisc. mar., 290. 
Linné, Syst. nat., éd. X, l, 299. 



Deux dorsales. 



Mullus barbatus (Rond.) surmuletus Fage. 



1554. Mullus barbatus. 

1758. Mullus surmuletus. 

1758. Mullus barbatus. 

1909. Mullus barbatus surmuletus. 



Rond., loc. cit. 
Linné, loc. cit. 
Linné, loc. cit. 
Fage, Arch. Zool. exp. gén. (5), 1, 5. 



N. fr. : rouget, surmulet. — N. bret. : mêl rûz. — N. angl. : red mullet. 

D = VIII— 1/8. A = 8. C = i8. P = xj. V=I/5. 

Museau très oblique, modérément allongé ; espace interor- 
bitaire aplati et égal ou supérieur au diamètre longitudinal de 
l'œil. Le corps est moins ovale et le dos moins convexe que dans 
le M. barbatus var. surmuletus de la Méditerranée; extrémité 
postérieure de la mâchoire supérieure n'allant pas jusqu'à 
l'aplomb du bord antérieur de l'orbite. 

Ces caractères sont empruntés à Texceliente monographie 
de mon collègue et ami Fage. 

Long. : o'",20 à o°»,40. 

Col. : rouge vermillon; bordure brune aux écailles de la 
région dorsale; bandes jaunes sur les flancs. 

Hab. : Méditerranée et Océan jusqu'à Bergen. 
Fréquente les fonds sableux, où il fouit avec ses barbillons. 
«Le type septentrional peut être considéré comme un M. surmuletus qui, èo'it à 




Fig. 89. — Mullus barbatus 
surmuletus (X i/3). Barbil- 
lons et aplomb orbitaire. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



6i 



cause des variations plus grandes de température, soit pour toute autre raison, abandonne 
le rivage pendant la saison d'hiver pour y revenir au printemps suivant, et se trouve ainsi 
soumis tour à tour, au cours de son évolution, à desjnfluences différentes qui ont dû con- 
tribuer à en modifier légèrement le type. Celui-ci se trouve avoir emprunté au M. bar- 
batus certains de ses caractères qui en font un intermédiaire entre les deux formes, mais 
plus voisin du M. surmuletus. (Fage). » 
M. d. p. : tramails, à laligne à main. 

FAMILLE DES LABRID^ ' 

Pas de barbillons, ni d'épines operculaires aplaties; dorsale unique; queue entière 
(holocerque). , 

Écailles cycloïdes, pharyngiens inférieurs soudés; 
Poissons nageurs côtiers ou littoraux, à pontes fixées dans des nids. 

I égale à la hauteur du tronc > . , , . 

lisse, longueur \ 19 épines au moins à la dorsale ) " '^"* ^^S^y "■ 

de la tête J plus grande que la hauteur du tronc i. , 

Préopercule j ( 18 épines au plus à la dorsale i^l^abrus mixtus. 

à bord \ ! 3 rayons épineux; ), • . ,, j ,. , , . //- ; t ^ , 

crénelé \ hauteur du pédoncule (* '"°'"^ **" ^^4 de .anale. Labrus (Crenilabrus) melops. 

anale à ) caudal égal ) ^ P'"^ ^^^ ^^'^ ^^ l'anale. . . . Labrus [Ctenolabrus) rupestris. 

\ cinq rayons épineux Labrus (Centrolabrus) exoletus. 



1553. Turdus (pars). 
1758. Labrus. 



Genre Labrus Linné. 

Bel., De Aquat., 260. 
Linné, Syst. nat., éd. X, 282. 



1760. Labrus Ballan. 
1767. Labrus berggylta. 

1789. Labrus berg-galt. 

1790. Labrus tnaculatus. 

1802. Labrus Ncustriœ. 

1803. Labrus lineatus. 
1828. Labrus Donovani. 
1858. Labrus balanus. 



Labrus berggylta Ascanius. 

Artedi (Walbaum), III, 259. 

AscANius, Icon., I. 

MuLLER, Zool. Dan. Prodr., 46. 

Bloch, Ichth., 294. 

Lacép., Poissons, 522. 

DoNOV., Brit. fish., IV, 74. 

CuviER, Val., Hist. nat. Poiss., XIII, 39. 

Flem., Brit. fish., 209. 



N. fr. : vieille commune. — N. bret. : groac'h. — N. angl. : ballan w^rass. 

D = XXduXXI/ioà II. A=III/8àio. C = i8. P=i5. V = I/5. 

Préopercule à bord lisse, longueur de la tête égale à la hauteur du tronc; plus de ig épi- 
nes à la dorsale; plus de 40 écailles en ligne latérale. 
Long. : o'",20 à o™,6o. 
Col. : extrêmement variable. 



62 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 





Fig. go. 



Fig. 91. 





Fig. 92. 



Fig. 93. 





Fig- 94- Fig. 95. 

Fig. 90. — Labrus sp. Préopercule lisse. 

Fig. gi. — Labrus sp. Préopercule crénelé. 

Fig. 92. — Labrus sp. Anale à trois rayons épineux. 

Fig. 93. — Labrus [Centrolabrus). Anale à cinq rayons épineux. 

Fig- 94- — Labrus (Ctenolabrus). Pédoncule caudal et base anale. 

Fig. 95. — Labrus (CrenilaBrus). Id. 

a) Type des jeunes (décrit sous le nom de L. Donovani) : vert clair entièrement ; ouvert 
clair avec le dos plus sombre; dans les herbiers. 

b) Autre type jeune : dos vert clair, ou vert olive ou vert brun, avec une bande argentée 
de l'œil à la caudale et le ventre jaune ; dans les herbiers, 

c) Type adulte des herbiers : dos vert foncé avec ventre blanc roux ; sur chaque écaille 
une tâche blanche; la coloration sombre semble former un réseau limitant le bord des 
écailles. 

d) Type d'herbiers analogue avec fond rouge brique au lieu de vert foncé. 

e) Type d'herbiers jaune bistre ou vert brun marbré de noir. 

/) Type adulte de profondeur : dos orangé ou rouge ; ventre doré : habite avec 
le Labrus mixius et les Serrans dans la zone des Laminaires. 

Tous les intermédiaires existent entre ces principaux types, etc. 

Hab. : dans les herbiers et la zone des Laminaires ; toutes les mers d'Europe : Océan 
et Méditerranée. 

M. d. p. : ligne à main, senne, havenet, carlet. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



63 



1809. Labrus speciosus. 

1837. Labrus dispar. 

1838. Labrus mixtus. 

(^ 1758. Labrus mixtus. 
1760. Labrus vittatus. 
1767. Labrus cœruleus. 
1788. Labrus variegatus. 
1810. Labrus lineatus. 

9 1767. Labrus carneus. 
1788. Labrus trimaculatus. 



Labrus mixtus L. 

Fabricius, Dan. Vid. Selsk. Skr., log. 
Fries, Wright, Skand. Fisk., éd. I, 37 et 38. 
Krôyer, Danm. Fiske, I, 496 et 604. 

Linné, Syst. nat., éd. X, 287. 

Artedi (Walbaum), IH, 260. 

AscANius, Icon., 12. 

Gmelin, Sj'st. nat., éd. Gmelin, i, 3, 1294. 

Risso, Ichth., Nice, 220. 

AscANius, loc. cit. 
Gmelin, Ioc. cit. 




Fig. 96. 




Fig. 96. — Labrus mixtus a (X 1/2). 
Fig. 97. — Labrus mixtus ç (X 1/2). 



F'g- 97- 



N. fr. : vieille, coquette (Brest). — N. br. : gôgez. — N. angl. : striped wrass, cook 
wrass, cook. 

D = XVIouXVIII/i2ài4. A =111/10 ou II. C i5. P=i6. V=I/5. 

Préopercule lisse; longueur de la tête plus grande que la hauteur du tronc; 16 à 18 épines 
dans la dorsale ; plus de 40 écailles en ligne latérale. 

Long. : o"i,i5 à o"^,25. 

Col. : le fond de la coloration de l'animal est, dans les deux sexes, jaune ou orangé, 
mais profondément modifié. 

cf. — La coloration jaune ou orangée n'apparaît que ventralementet sur les nageoires 
en général. 




64 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Dans les types peu colorés, le dos reste jaune orangé avec quatre ou cinq bandes 
bleu outremer irrégulières et interrompues. La tête est mêlée d'orangé et d'outremer. 

Dans les échantillons très colorés, un ton noir ou violacé remplace dorsalement le 
ton orangé, limité à la région ventrale. La dorsale porte une tache bleue, longue, à la base 
de la partie épineuse et un bord de même couleur dans la région molle. L'anale et la 
caudale ainsi que les ventrales sont bordées également de bleu. 

L'iris est rouge vif cerclé de noir. 

9. — La femelle présente sur tout le corps la coloration orangée tirant dorsalement 
sur le vermillon : certains individus sont même entièrement rouges. Les nageoires sont 
bordées de noir dans la région dorsale ; à cheval sur la nageoire dorsale et le corps se 
trouvent trois ou quatre taches noires plus ou moins elliptiques ; la dernière est sur le 
tronçon de la queue. Quand il n'y a que trois taches, c'est l'antérieure qui manque. 

Hab. : Toutes les mers d'Europe, sauf l'océan Glacial et la Baltique; commun à 
RoscofFoù il vit avec le jLaôrws berggylta {type, de profondeur) et les Serrans, auprès des 
roches couvertes de Laminaires. 

M. d. p. : ligne à main. 

Sous-genre Crenilabrus Cuv. 
1817. Crenilabrus. . Cuvier, Règn. anim, i'''^ éd., H, 259. 

Labrus (Crenilabrus) Melops. L. 

17518. Labrus melops. Linné, Sy&t. nat., éd. X, 286. 

1788. Labrus gibbus. Gmelin, Syst. nat., éd. Gmelin, i, IH, 1295. 

1788. Labrus cornubicus. Gmelin, Ibid. 

1790. Lut j anus nor wegicus. Bloch, Ichth., 236. 

1801. Labrus Tinca. Schneid., Bloch., Syst. Ichth., 256. 

1828. Crenilabrus nofwegicus. Cuvier, Val., Hist, nat., Poiss., XIII, 176. 

1828. Crenilabrus melops. Cuvier, Val., Ibid. 

N.fr. : vieille. — N. bret. : tarvic, gourlazen. — N. angl. : gilt-head; corkw^ing ; conner 
wrass. 

D=XIVàXVII/8ou9. A=:III/9. C= 16. P = i4. V = I/5. 

Préopercule à bord crénelé ; trois rayons épineux à l'anale ; hauteur du pédoncule caudal 
faisant moins des "ijb de la base de l'anale: 

Moins de 40 écailles en ligne latérale; dents des mâchoires sur une seule rangée; 
bouche peu protractile. 

Long. : de o'°,i5 ào"',20. 

CoL : tache sombre, brique, ou bleue, ou verte, arquée, en arrière de l'œil; tache 
noire sur le tronçon de la queue, tangente inférieurement à la ligne latérale. 

a) type vert avec dessins complexes rouge brique sur la tête avec des bandes longi- 
tudinales de même couleur sur le corps ; 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



65 



b) Type chamois ou rouge clair avec dessins et bandes brun foncé. 

Papille génitale outremer, surtout au moment de la reproduction. 

Hab. : Herbiers de Zostères. 

Animal méditerranéen et océanique (jusqu'en Norvège),- inconnu dans l'océan glacial. 

M. d. p. : au havenet, à la senne (i). 



1828. Ctenolabrus . 



Sous-genre Ctenolabrus Cuv. Val. 



CuviER, Val., Hist. nat. Poiss., XIII, 223. 






Fig. 98. — Labrus (Crenilabrus) me- Fig. 99. — Labrus {Crenilabrus; me- Fig. 100. — Labrus (Ctenolabrus) ru- 
lops. Tache noire de la queue. lops. Tache arquée de l'oeil. pestris. Tache noire de la queue. 



1758. Labrus rupestris. 
1828. Crenilabrus rupestris. 
1828. Ctenolabrus rupestris. 



Labrus Ctenolabrus) rupestris L. 

Linné, Syst. nat., éd. X, 286. 
CuviER, Règn. anim., 2^ éd., 250. 
CuviER, Val., loc. cit. 



N. angl. : Jago's goldsinny. 

D=:XVlàXVlII/8àio. A = III/7 0U 8. C = 14. P = 14. V = 1/5. 

Préopercule crénelé ; anale à trois rayons épineux ; hauteur du pédoncule caudal faisant 
plus des 214 de la longueur de la base de l'anale. Moins de 40 écailles en ligne latérale ; 
dents des mâchoires sur plusieurs rangées. 

Col. : tache noire au bord supérieur du tronçon caudal. Col. variable : type rose chair 
ou vert clair. 

Hab.: Baltique, Océan, Méditerranée. En Manche, ce poisson se rencontre sur -la 
côte anglaise; il n'a jamais été trouvé dans la région de RoscoT; l'échantillon que nous 
figurons provient du laboratoire de Plymouth, où j'en ai vu à différentes reprises. 



(i) Je profite de l'occasion qui m'est offerte de parler du Labrus melops pour rectifier une note que je fis paraître 
en 1910 [Bull. Soc. scient, méd. de l'Ouest, t. Xl.X, n" 4) sur une tumeur à microsporidies chez un crénilabre. J'avais 
cru me trouver en présence d'une espèce nouvelle du genre Plistophora, que j'avais nommée Plislophora labrurum : 
des recherches bibliographiques plus approfondies m'ont montré que celte microsporidie avait déjà été décrite et devait 
être confondue avec l'espèce Glugea gigantea Thélohan. 

T. V. — Fasc. 5. 9 



66 ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 

Sous-genre Centrolabrus Gunther. 
1862. Centrolabrus. Gunth, Cat. Fish., B. M., IV, 92. 

Labrus (Centrolabrus) exoletus. L. 

1758. Labrus exoletus. Linné, Syst. nat., éd. X, 287. 

1803. Labrus pentacanthus. Lacép, Hist. nat. Poiss., IH, 503. 

1837. Crenilabrus microstoma. Thompson, Proc. Zool. Soc. London, 55. 

1839. Acantholabrus exoletus. Cuvier, Val., Hist. nat. Poiss., XIH, 247. 

1862. Centrolabrus exoletus. Gunth., loc. cit. 

N. angl. : rock cook. 

D = XVIII ou XIX/6 ou 7. A = V/7. C=ii. P = 14. V = 1/5. 

Préopercule crénelé ; anale à cinq épines. 

Moins de 40 écailles en série longitudinale. 

Col. : l'ensemble de la coloration est orangé clair ; la tête présente plusieurs lignes 
parallèles d'un beau bleu clair s'étcndant du museau à l'opercule ,• la base de la caudale 
est légèrement bordée de noir. 

Long. : o"^, 10 à o", 12. 

Hab. : animal nettement septentrional, côtes de Norvège et d'Angleterre. 

Rare à Roscolï, il en existait depuis longtemps un échantillon dans les collections du 
Laboratoire sous une fausse détermination, quand, en juillet 1912, cinq individus ont été 
trouvés dans l'herbier de Perroc'h, en baie de Roscolï. 

Le Labrus exoletus n'a pas encore été signalé dans la faune française. 

FAMILLE DES SPARIDyE 

Dorsale unique formée de rayons épineux et de rayons mous ; caudale échancrée, diphy- 
cerque., ni barbillons, ni épines operculaires ; animaux nageurs côtiers, à œufs pélagiques. 

S , quatre fois ou plus dans la longueur Boops boops. 

o>l moins de 4 fois / ,■ au-dessus de la lèvre supérieure Pagrus pagrus. 

|l dans la longueur; plus de l 

"lia distance entre lai ^ fois 1/2 • l au-dessous de la lèvre i 

g- I bouche et le point 1 museau à' ] supérieure ou au l 

{ de réunion des profil convexe- { même niveau; 'moins de 3 fois Aurata aurata. 

branchiostèges est , bord inférieur' i hauteur du corps 13 fois ou plus de 3 fois.... Sparus centrodontus. 
contenue dans la I ^jg l'orbite ' contenue dans la / 
distance delà bouche f 1 longueur 



o 



3 



au début de la 



X \ dorsale moins de 2 fois 1/2 ; profil droit Cantharus cantharus. 

Genre Boops Bel. Cuv. 

1553. Boxvel Boops. Bel., De Aquat., 228, 230. 

1554. Boops. Rond., De Fisc, mar., 136 
1758. Sparus (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, 469. 
1817. Boops. Cuvier, Règn. anim., 1817, H, 70. 
1828. Box. - Cuvier, Val., Hist. nat. Poiss., VL 161. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



6/ 




Fig. loi. 




Fig. io3. 





Fig. 104. 

Fig. 101. — Boops boops (X 1/2)- 
Fig. 102. — Pagrus pagrus (X 1/2). 
Fig. io3. — Aurata aurata (X 1/2). 
Fig. 104. — Sparus cenirodonlus (X i/3)- 
Fig. io5. — Cantharus cantharus (X i/3). 



Fig. io5. 



1758. sparus boops. 
1810. Boops vulgaris. 
1828. Box vulgaris. 
1831. Box boops. 
1851. Boops boops. 



Boops boops L. 

Linné, loc. cit. 
Risso., Hlst. nat., 350. 
CuviER, Val., loc. cit. 
Ch. Bonaparte, Cat., 446. 
Gray, Cat. fish., B. M., 20. 



68 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

N. fr. : bogue. — N. angl. ; bogue. 
D = XIV/I5 ou i6. A = III/i5 ou i6. C = 25. P = i6 ou 17. V = I/5. 

Hauteur du corps comprise quatre fois ou plus dans la longueur \ incisives tranchantes ; 
dents latérales coupantes ; pas de dents en arrière des incisives. 

CoL : dos doré; ventre argenté ; bandes d'or et d'argent alternées sur les flancs. 

Long. : o™,3o. 

Hab. : commun dans la Méditerranée, le bogue est un animal des mers chaudes ; 
rare en Manche et dans l'Océan. 

M. d. p. : ligne à main. 

Genre Pagrus Cuv. 

1758. Spartis (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, 277. 

1817. Pagrus. Cuvier, Règn. anim., éd. I, 272. 

Hauteur du corps comprise moins de quatre fois dans la hauteur ; la distance entre la lèvre 
inférieure et le point de réunion des branchiostèges est contenue plus de deux fois et demie dans 
celle delà lèvre supérieure à l'origine- de la dorsale. 

Museau à profil convexe ; bord inférieur de l'orbite au-dessus du niveau horizontal de la 
lèvre supérieure. 

Incisives coniques, au nombre de 4 ou 6 ; dents latérales arrondies ou mousses sur 
deux rangs. 

Pagrus pagrus L. 

1758. Sparus pagrus. Linné, loc. cit. 

1801. Sparus argenieus. Bloch-Schneider, Syst. Ichth., 271. 

1817. Pagrus argenieus. CuviER, loc. cit. 

1800. Pagrus vulgaris. Cuvier, Val., Hist. nat. Poiss., VL 142. 

1898. Pagrus pagrus. Jord. Everm, Fish. North Am., IL 1356. 

N. fr. : brème de mer. — N. angl. : sea bream, becker, braise. — N. bret. : skollaëk. 
D = XII/io. A=:III/8. C = 27. P = i5. V = I/5. 

Col. : dos doré ; flancs argentés ; nageoires chair. 

Long. : o">,i8 à o™,6o. 

Hab. : animal méridional ; commun en Méditerrannée, très rare en Manche. 

Deux échantillons figurent dans la collection du Laboratoire de RoscofF, l'un de o™, 18, 
l'autre de o"»,6o ; le plus petit a la forme de la tête beaucoup plus longue que le grand 
spécimen. Dans ce dernier, la hauteur de la tête, mesurée en arrière des yeux, est plus 
grande que sa longueur (mesurée du bord du museau au bord postérieur de l'opercule). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 69 

Genre Aurata Bell. Risso. 

1553. Aurata. Bell., De Aquat. 

1554. Aurata. Rond., De Fisc, mar., 115. 
1758. Sparus (pars). . Linné, Syst. nat., éd. X, 277. 
1810. Aurata. Risso., Hist, nat., 355. 

1827. Chrysophris. Cuvier, Règn. an., 2« éd., IL 181. 

1828. Chrysophrys. Cuvier, Val., Poiss., VL 81. 

Hauteur du corps contenue moins de trois fois dans la longueur ; la distance entre la lèvre 
inférieure et le point de réunion des branchiostèges est contenue plus de deux fois et demie dans 
celle de la lèvre supérieure à l'origine de la dorsale ; museau à profil convexe ; bord inférieur de 
l'orbite au même niveau horizontal que la lèvre supérieure ou au-dessus. 

Incisives coniques ; dents latérales arrondies ou mousses. 

Aurata aurata L. 

1758. Sparus aurata. Linné, loc. cit. 

1810. Aurata semilunata. Risso., loc. cit. 

1827. Chrysophris aurata. Cuvier, loc. cit. 

1828. Chrysophrys aurata. Cuvier, Val., loc. cit. 

N. fr. : daurade. — N. bret. : doraden. — N. angl. : sea-bream, gilt-head. 

D = XI/i3. A = III/ii ou 12. C = 23. P = 16. V = 1/5. 

Dents antérieures, fortes, coniques, au nombre de 6 ou 8 ; molaires de la mâchoire 
supérieure sur plus de deux rangs. 

Col. : dos glauque ; flancs dorés avec bandes sombres; ventre argenté. 
Long. : o°i,25 à 0^,40. 

Hab. : animal méridional, commun en Méditerranée ; assez rare en Manche. 
M. d. p. : ligne à main. 

Genre Sparus Rond. 

1554. Sparus. Rond., De Pisc. mar., V, 118. 
1758. Sparus. Linné, Sj'st. nat., éd. X, 277. 
1828. Pagellus. Cuvier, Val., Poiss., VL 180. 

Hauteur du corps contenue entre j ou 4 fois dans la longueur; museau à profil convexe ; 
bord inférieur de l'orbite au même niveau horizontal que la lèvre supérieure ou au-dessous. 

Sparus centrodontus Delaroche. 

1812. Sparus centrodontus. Delaroche, Ann. Mus. Hist, nat., vol. XIII, 345. 

1555. Pagellus centrodontus. Cuvier, Val., loc. cit. 



70 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

N. fr. : rousseau, brème de mer. — N. bret. : pironeau. — N. angl. : common sea- 
bream. 

D. XII/I2 ou i3. A = III/12. C = 17. P -=16011 17. V = I/5. 

Dents antérieures en cardes fines. 

Col. : dos gris ou rosé, ou brun rouge; nageoires rosées; muqueuse buccale saumon. 
Tache noire au départ de la ligne latérale. 
Long. : o"»,3o à o"',40. 

Hab. : animal méridional ; commun dans la Méditerrannée, la Manche, l'Océan, rare 
en Norvège. 

Commun à RoscoflF, surtout le printemps et l'été, jusqu'en automne à Granville. 
M. d. p. : ligne à main; lignes de fond liégées (Granville). 

Genre Gantharus Rond. 

1554. Cantharus. Rond., De Pisc. mar., 120. 

1758. Sparus (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, 277. 

1830. Cantharus. Val., Poiss., VL 319. 

1858. Pagrus. Flmg., Brit. an., 211. ' 

Hauteur du corps' contenue moins de quatre fois dans la longueur. La distance entre la 
lèvre supérieure et l'origine de la dorsale contient moins de deux fois et demie celle de la lèvre 
inférieure à la réunion des branchiostèges ; museau à profil droit. 

Dents latérales pointues ; incisives égales. 

Gantharus cantharus L. 

1758. Sparus cantharus. Linné, loc. cit. 

1815. Sparus lineatus. Mont, Wem. mém., IL 451 

1838. Cantharus griseus. Val., loc. cit. 

1828. Cantharus vulgaris. Val., loc. cit. 

1828. Cantharus orbicularis. Val., loc. cit. 

1828. Cantharus brama. Val., loc. cit. 

1858. Pagrus lineatus. Flmg., Brit. an., 211. 

1860. Cantharus lineatus, Gthr., Cat. Bul. Mus., L 4i3. 

N. fr. : brème de mer. — N. angl. : black sea bream. 

D = XI/i2. A = 111/10. P=i6. G =21. V = 1/5. 

Sous-orbitaires antérieurs échancrés. 

Col. : dos gris bleu ou gris violacé ; flancs gris clair ; ventre argenté ; nageoires grises. 
Hab. : animal méridional ; commun en Méditerrannée, dans l'Océan et la Manche ; 
rare sur les côtes de Norvège. 
M. d. p. : ligne à main. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 
FAMILLE DES CENTROLOPHID^E 



7' 



Dorsale uniqtie formée de rayons tous semblables ; ni barbillons ni épines operculaires ; 
caudale échancrée (diphycerque) . 



1554. Pompilus. 

1759. Coryphana (pars). 

1803. Centrolophus. 



1758. Coryphana pompilus. 
1803. Centrolophus niger. 
1810. Centrolophus pompilius. 
1828. Centrolophus pompilus.. 



Genre Centrolophus Lacépèdk. 

Rond., De pisc, VIII, 250. 
Linné, Syst. nat., éd. X, 262. 
Lacép., Hist. nat. Poiss., t. X, 254. 

Centrolophus pompilus L. 

Linné, Ioc. cit. 

Lacé?., Ioc. cit. 

Risso., Hist, nat., 336. 

CuviER, Val., Hist. nat. Poiss., IX, 334. 



D==38à40. A — 23 à 25. C = 25. P = 21. V = 1/5. 

Ventrales à 6 rayons ; longueur totale faisant 4 fois 1/2 la hauteur du tronc ; tête nue, 
criblée de pores fins ; nombreuses et petites écailles. 

Col. : éch. conservé. Le dos devait être noir ou bleu très sombre, et le ventre gris 
cendré. 

Long. : o'n,4o. 

Hab. : commun en Méditerranée, rare dans l'Océan : fréquent des grandes pro- 
fondeurs. 

Kchantillon unique pris à la ligne, à l'île de Sieck. 

FAMILLE DES CAPROID/E 

Perciformes à caudale carrée, à dorsale double ; sans épines operculaires ni barbillons. 



1554. A per. 
1788. Zeus. 
1808. Capros 



1788. Zeus aper. 
1803. Capros aper. 



Genre Capros Lackp. 

Rond., De Pisc. mar., V, 161. 

Gmelin, Syst. nat., éd. Gmelin, III, 1225 

Lacép., Hist. Poiss., IV, 591. 



Capros aper Gmel. 

Gmelin, Ioc. cit. 
Lacép, Ioc. cit. 



N. angl.: boar fish. 

D = IX ou X — 23 ou 24. A = 111/23. C 




Fig. 106. — Capros aper (t. nat. 

18. P=i4. V = I/5. 



72 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Col. : éch. conservé (rougeâtre). 

Long. : o™,i2. 

Hab. : commun dans les mers chaudes : (Méditerranée, Atlantique subtropical); 
rarissime en Manche. En 1876, un individu a été trouvé à Roscoff dans l'estomac d'un 
congre ; animal de profondeur. 

SOUS-ORDRE DES COTTIFORMES 
Nageoires ventrales thoraciques, séparées en ligne médiane ; museau et sourcils épineux. 

FAMILLE DES TRIGLID^ 

Pectorales divisées longitudinalement. 

Animaux nageurs côtiers, vivant près des fonds sableux où ils fouissent avec leur 
museau busqué et rampent sur les doigts des pectorales. Œufs pélagiques. 

/ [ , ( faisan: des cercles complets Tripla lineata. 

1 i oresentes < r o 

\ courte ; sur \ / sur les côtés seulement Trigla cuculus. 

Épine Ile corps stries < écailles ^ ,• t ■ / ; 

coraooïdienne 'i transversales ^ nulles * de la ligne ( . irigia tuceina 

' latérale ^ "" Trigla gurnardus. 

j égale à la moitié de la longueur de la pectorale Trigla lyra. 

i/i! Il II il il III 7/7/ """ " 

/ / / / l'M ^ 

Fig. 107. — Trigla lineata. Fig. io8. — Trigla ciicu- Fig. 109. — Trigla lucer- Fig. 110. — Trigla gurnar- 
Cercles transversaux com- /us. Cercles latéraux in- na. Ligne latérale avec rfus. Ligne latérale à grosses 

plets. complets. écailles lisses. écailles rudes. 

Genre Trigla L. Lacép. 

1758. Trigla (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, 300. 

1803. Trigla (sensu stricto). Lacép, Poiss. 

Tête cuirassée et épineuse : 2 dorsales, placées dans une rainure bordée d'épines. 

Trigla lineata Ray. Gmel. 

1554. Mullus imberbis. Rond., De Pisc, X, 295. 

1713. Cuculus lineatus. Ray, 8501. Pisc.j 278. 

1760. Trigla lineata. Artedi (Walbaum), IH, 373. 

1788. Trigla adriatica. Gmelin, Syst. nat., éd. Gmelin, \, 1345. 

1788. Trigla lineata. Gmelin, Ibid. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

N. fr. : grondin. — N. bret. : grondin. — N. angl : gurnard. 

D = XàXI/i6 à 17. A=i5ài6. C=i2. P=io+III. V= 1/5. 

Epine coracoïdienne courte. 

Sur le corps, stries transversales faisant des cercles complets. 

Museau non échancré ; angle du museau : 60" environ. 



73 




Fig. 112. — Trigla lineata. 





Fig. m. — Pectorale divisée de Trigla lyra 
à longue épine coracoïdienne. 




Fig. 1 16. — Trigla lyra. 
Échancrure des museaux des différents Trigies. 




Fig. ii3 — Trigla cuculus. 




Fig. 114. — Trigla lucerna. 



Fig. ii5. — Trigla gurnar- 
dus. 



Col.: dos rouge; ventre blanc jaunâtre. 
Long. : 0^,25 à o™,40. 

Hab. : ÎVléditerranée et Océan jusqu'à la Manche; inconnu en Norvège; assez fréquent 
à Roscolf. 

M. d. p.: chalut et tramails. , ■ 

T. V. — Fasc. 5. 10 



74 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 




Fig. 117. — Trigla lineala. 




Fig. 118. — Trigla cuculus. 





Fig. 120. — Trigla gurnardus. 




Fig. 119. — Trigla lucerna. 



Fig. 121. — Trigla lyra. 
Profil des museaux des différents Trigles. 



1738. Trigla tola rubens. 
1758. Trigla cuculus. 
1793. Trigla pini. 



Trigla cuculus L. 

Artedi, Gén. Pisc, 45. 
Linné, Syst. nat., éd. X, 497. 
Bloch, Ichthyol., 355. 



N. fr. : grondin. — N. bret. : grundin. — N. angl. : gurnard, elleck. 
D= VIII à IX— 18. A=i6. C=ii. P=io + III. V = I/5. 

Sur le corps, stries transversales dans la région de la ligne latérale, seulement. 
Museau légèrement échancré ; profil du museau = 5o° environ. 
Col.: dos rouge; ventre et flancs rosés; nageoires rougeâtres. 

Hab. : fréquent dans l'Océan, la Manche, la Méditerranée ; rarissime en Norvège; 
commun à Roscoff. 

M. d. p. : tramails et chalut. 



1554. Corax. 

1758. Trigla lucerna. 



Trigla lucerna L. 

Rond., De Pisc. mar., X, 396. 
Linné, loc. cit. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



75 



1760. Trigla obscura. 
1881. Trigla corax. 

Jeune : 
1830. Trigla pœciloptera. 
1863. Trigla nigripes. 



Linné, Mus. Ad. Fred., H, 94. 
Ch. Bonaparte, Faun. ital., 52. 

CuviER Val., Poiss., IV, 47. 

Malm, Forhand. Skand. Naturf., 410. 



N. fr. : grondin, perlon. — N. bret: grundin. — N. angl. : gurnard, tubfish. 

D= VIII à X — i6à 17. A=i4ài6. C=i3oui3. P=ioàii + III. V = I/5. 



Pas de stries transversales sur le corps ; ligne latérale formée d'écaillés lisses ; épine 
coracoïdienne courte. 

Museau peu échancré ; profil du museau = 45'' environ. 

Col. : variable, dos rose chair ou gris brun ; flancs dorés ou roses; dorsale et anale 
roses. Pectorales à doigts roses et à partie 
supérieure violacée, bordée de bleu exté- 
rieurement, bleu sombre intérieurement. -'JW/\i 

Long. : o'",3o à o'",5o. 

Hab. : commun dans la Méditerranée, 
rOcéan, la Manche ; rarissime en Norvège; 
fréquent à Roscoff. 

M. d. p. : tramails, chalut. 

Stade jeune. 

Décrit sous le nom de Trigla pœciloptera. 



Val. 

Long. : 40 à 45 millimètres. 

Tête extrêmement développée. 

Col.: couleur générale sépia : première 
dorsale à membranes intermédiaires noires; 





Fig. 122. — Jeune Trigla Incerna (t. nat.). 



Fig. 123. — Jeune Trigla lucerna (X 2). 



deuxième dorsale et caudale barrées de noir. Pectorales en ailes de papillon : fond brun 
noir portant au bord interne une bande marginale et des taches circulaires bleues à 
reflets changeants. 

M. d. p. : pris à marée basse ou à la senne dans les herbiers (Pempoull). 



76 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Trigla gurnardus L. 

1758. Trigla gurnardus. Linné, loc. cit. 

1859. Trigla Blochii. Yarrell, Hist. brit. fish., éd. II, i, 56. 

N. fr. : grondin gris, gornaud. — N. angl. : grey gurnard. — N. bret., grundin. 
D = VII à IX — 19 ou 20. A =18 à 20. C=ii. P = 10 -fill. V=I/5. 

Pas de stries transversales sur le corps ; écailles de la ligne latérale rudes à crête 
médiane, denticulée. Museau non échancré ; épine coracoïdienne courte. 

Profil du museau = 40° environ. 

Col.: dos gris plus clair sur les flancs; ventre blanc; ligne latérale blanche. 

Un échantillon péché dans la baie de Bantry (Irlande) présentait une coloration brun 
rouge sur le dos semé de taches lenticulaires jaunes avec des flancs chair et un ventre 
blanc. 

Long. : o^^jSS à o'n,5o. 

Hab. : commun dans l'Océan depuis la Norvège au golfe de Gascogne; rare en Médi- 
terranée, inconnu à Roscoff, très commun à Granville. 

M. d. p. : chalut, tramails, ligne à main. 

Trigla lyra L. 

1554. Lyra. Rond., Pisc, mar., X, 298. 

1758. Trigla lyra. Linné, Syst. nàt., éd. X., 300. 

N. fr. : grondin. — N. angl. : piper. 

D = IX — lôàiy. A = i6ài7. C = ii. P=iiài4+III. V=I/5. 

Épine coracoïdienne égale à la moitié de la longueur de la pectorale. 
Museau très échancré. 
Profil du museau: (concave) 55° environ. 
Col. : coloration générale rosée ; ventre blanc. 
Long. : oni,25 à o'",35. 

Hab. : animal méridional, inconnu en Norvège ; commun dans l'Océan et à l'entrée de 
la Manche (Brest); rare dans la Manche, sur la côte bretonne septentrionale. 
M. d. p. : chalut, tramails. 

FAMILLE DES COTTID^ 

Pectorale non divisée; 2 dorsales, 

Animaux littoraux, peu nageurs, à tête épineuse. 

Œufs fixés. 

i_ ^ , . . • . 1 séparées sous la gorge.. C. bubalis. 
""« CoUu.;.Tiembranesbranch.osteges|^,„^:^^ ^^^^ ,^ gorge.... C. scorpius. 
cuirassée.. Agonus A. calaphractus. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Genre Cottus Artedi L. 

1788. Cottus. Artedi, Gen. pisc, 49. 

1741. Myoxocephalus. Steller, M. S. 

1758. Cottus. Linné, Syst.nat., éd. X, 

264. 
1801. Myoxocephalus. Tilesius, Mém. Ac. Se, 

Pétersb., IV, 273. 
1849. Acanthocottus. Girard, Proc. Boston. 

Soc. nat . Hist., III, 195. 



77 





Peau nue ou portant quelques 
écailles isolées. 



Fig. 124. — Cottus bubalis. Fig. i25. — Cottus scorpiiis. 
Rayons branchiostèges : 
séparés. unis sous la gorge. 



Cottus bubalis Euphrasen. 

1786. Cottus bubalis. Euphrasen, Kon. Vet. nia. abhandl.,65 

1849. Acanthocottus bubalis. Girard, loc. cit. 

1885. Cottus maculatus. Fischer, Jahrb. Wiss.Aust.Hamb., 11,78 

1895. Myoxocephalus bubalis. Jord. Everm, Fish. N. Am., II, 1971. 

N. fr. : chabot de mer, diable de mer. — N. bret. ; 
tousek. — N. angl. : father-lasher, bullhead. 



D = VIlIàIX — I/i2ài3. 
A = 9àio. C = II à 12. P 
= i5ài6. V = I/3. 

Préopercule à plusieurs 
épines ; membranes branchios- 
tèges séparées sous la gorge 
par l'isthme du gosier; ligne 
latérale épineuse. 

Long. : o™,o8 à o™,20. 

Col. : la coloration dtidos 
et des nageoires est extrême- 
ment variable ; les types les 
plus fréquents sont : vert 
foncé, rouge sombre, lie de 
vin, brun foncé; en général 
avec de larges anneaux blancs 
ou noirs. Les rayons de na- 
geoires portent des taches 
sombres de même couleur 
que le dos sur plusieurs sé- 
ries. 




cf Ô ■ . 

Fig. 126 et 127. — Cottus bubalis. mâle cl femelle (X 2/3). 



78 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Caractères sexuels. — d'- — papille génitale bien développée et conique ; ventrales 
longues, atteignant l'anus ; nageoires impaires hautes. 

Col. : abdomen jaune d'or, avec de petites taches blanches en perle sur les ventrales, 
les pectorales, l'abdomen, la papille génitale. 

Taille : on',o8 ào'n,i2. 

9. — papille génitale courte et cylindrique; ventrales n'atteignant pas l'anus. 

Col. : abdomen bleu turquoise. 

Taille: deo'",io jusqu'à o"',25. 

Les cf sont beaucoup plus rares que les Ç. 

Œufs : sphériques, iixes sous les pierres. 

Hab. : animal septentrional; de l'océan Glacial à la côte Espagnole; très abondant en 
Manche, inconnu en Méditerranée. 

Habite les herbiers de Zostères. 

M. d. p. : à l'havenet, à la senne, au carlet ; avec les autres poissons. 



Cottus scorpius L. 

1758. Cottus scorpius. I-inné, Syst. nat., éd. X, 264. 

1829. Cottus groënlandicus. Cuvier, Val., Hist. nat. Poiss., IV, 156. 

1831. Cottus porosus. Cuvier, Val., ibid. 

1850. AcanthocoUus variabilis. Girard, Boston S. nat. hist., VL 248. 

1854. Acanthocottus mucosus. Ayres, Proc. Cal. Ac. nat., Se. 12. 

1895. Myoxocephalus scorpius. Jord. Everm., Fishes N. Am., Il, 1974. 

1895. Myoxocephalus groënlandicus. Jord. Ever.m., ibid. 

N. fr. : chabot de mer, diable de mer. — N. angl. : sea scorpion, father-lasher. 
D= VIII àX — I/i3 à i5. A=iiài2. C=i2. P-17. V=I/3. 

Préopercule à plusieurs épines ; membranes branchiostèges unies sous la gorge: ligne 
latérale lisse. 

Long. : o™, i5 à o'",3o. 

Col.: variable; nageoires portant des anneaux sombres. 

Caractères sexuels. — cf — papille génitale très développée; nageoires impaires très 
hautes ; abdomen rougeâtre (marbré de blanc). 

9 — papille génitale courte; abdomen jaune clair. 

Œufs: sphériques, en tas, le plus souvent accrochés à des algues. 

Hab.: animal essentiellement septentrional ; très fréquent en Norvège, Islande, îles 
Britanniques. Quoi qu'en dise Moreau, il est rare en Manche, tout au moins sur la côte 
bretonne. 

Inconnu en Méditerranée. 

M. d. p. : à l'havenet, à la senne, au chalut, à la ligne à main. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



79 



Genre Agonus Bel. Bloch. 



1553. Agonus. 
1758. Cottus (pars). 

1801. Agontts. 

1802. Aspidophorus. 
1811. Phalangistes. 
1828. Caiaphractus. 



Bel., De Aquat., 303. 

Linné, Syst. nat., éd. X, 266. 

Bloch (Schneider^, Syst. Ichth., 104. 

Lacép., Poiss., in, 221. 

Pallas, Zoog. Ross. Asiat., III, 313. 

Flem. Brit. An., 216. 



Corps cuirassé de plaques êcailleuses; 2 dorsales. 
Agonus cataphractus L. 



1758. Cottus cataphractus. 
1786. Cottus brodatnus. 

1801. Agontts cataphractus. 

1802. Aspidophorus arma tus. 

1828. Cataphractus schoneveldii. 

1829. Aspidophorus europaus. 
1838. Aspidophorus cataphractus. 



Linné, loc. cit. 

BoNNATERRE, Encycl. meth., 67. 

Bloch, loc. cit. 

Lacép, loc. cit. 

Flem., loc. cit. 

CuviER. V.\L., Poiss., IV, 201. 

Kroyer, Danm. Fisk., I, 143. 




N. anql. : armed bullhead, pogge. 

Ecailles carénées formant une cuirasse complète au nombre de f:cussons^en''sérfè 
moins de 3j en un rang de plaques paires et impaires de l'occiput à la ^^ position des na- 
caudale; barbillons et épines nasales. 

Caractères sexuels. — c? — papille génitale bien développée, que Ton peut faire sortir 
aisément en pressant sur le ventre de l'animal. 

9, pas de papille génitale. 

Col. : assez variable, de sépia foncé à marron, 
ou bistre, ou gris violacé, ou ardoisé. 

Corps souvent annelé de blanc. Pectorales : 
violet ou brun rouge; dorsales et anales souvent 
blanches, marbrées de brun. 

Long. : o"», 10 à o'",2o. 

Hab. : depuis l'océan Glacial au golfe de 
Gascogne, V Agonus est assez rare partout: animal 
septentrional. On en trouve facilement à une 
station précise, en eau saumâtre, dans l'estuaire 
vaseux de la Penzé. 

Œufs. : fixés. 

M. d. p. : à la senne. 




Fig. 129. — d". Fig. 129 bis. 

Agonus cataphractus (X 2/3). 



SOUS-ORDRE DES GOBIIFORMES 



Nageoires thoraciques réunies en ligne médiane, ou formant coupe ou ventouse. 
Animaux littoraux, fixes, peu nageurs : pontes fixées. 




8o 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 



FAMILLE DES CYCLOPTERID^ 

G obii formes à ventrales thoraciques unies en ligne médiane et formant une ventouse. 

p s nue Liparis Montagui. 

( couverte de tubercules Cyclopterus lumpus. 



1738. Liparis. 
1758. Cyclopterus (pars). 
1763. Cyclogaster. 
1763. Liparis. 



Genre Liparis Artedi Scopoli. 

Artedi, Gen. pisc, 117. 
Linné, Syst. nat., I, 414. 
Gronov., Mus., 1576. 
Scopoli, Introd. Hist, nat., 453. 



Peau nue, peu adhérente au corps, couvrant la partie antérieure de la ventrale et de 
l'anale; dorsale unique. 

Liparis Montagui Donov. 



1805. Cyclopierus Montagui. 



Donov., Brit. nsh., IH, 68. 
CuviER, Règn. an., 2" éd., II, 374. 
Malm, Forh. Skand. naturL Mote Stockh., 412. 
' Malm, Ibid. 
Malm, Ibid. 

Smitt, Skand. Fish., I, 284. 
JoRD. EvERM., Fish. N. am., II, 2108. 



1829. Liparis Montagui. 

1865. U paris lineatus. 

1865. Liparis maculatus. 

1865. Liparis Ekstromii. 

1893. Cyclogaster Montagui. 

1898. Neoliparis atlanticus. 

N. angl. : sea-snail. 

D=26à32. A = 22 à 25. 

Disque ventoiisaire égal à 2 fois le diamètre de Toeil : dorsale ayant au plus 32 rayons ; 
anale ayant au plus 25 rayons; base de l'anale contenant plus de g fois 
la plus petite épaisseur de la queue. 

Col. : jaune orangé ; parfois tachetée de noir. 
Long. : o'n,o5 à o™,io. 

Hab. : animal septentrional ; côtes de Norvège et des îles Britan- 
niques; se trouve à marée basse dans la zone des Laminaires, dans les 
bulbes desquelles il vit avec le Lepadogaster microcephalus, et dans les 
paquets d'algues flottant au large. 

Dans un travail récent, mon collègue Cligny signale la présence dans 
la mer du Nord et fournit les époques de ponte du Liparis liparis. Cet 
animal a été indiqué comme très rare par Moreau dans la partie orien- 
tale de la Manche ; plusieurs naturalistes français ont noté sa présence 
dans cette région (Abbeville, Trouville) ; dans la région occidentale de la Manche, 
personne n'a jamais rencontré le Liparis liparis. 

Par contre, le professeur Guitel, dans son travail sur les canaux muqueux des Cyclo- 




Fig. i3o. — Liparis 
Montagui (X 2). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGR.\PHIQUE 



8i 




pteridœ, en 1889. détermina quelques-uns des très nombreux Lt/>am qui fréquentent la 
côte de Roscoff et déclara qu'il avait affaire, malgré les dénégations de Moreau, vivant à 
cette époque, ou Liparis MontaguiSousavons déterminé un grand nombre de ces animaux 
et nous avons le plaisir de confirmer l'affirmation de notre maître et ami, et de noter 
pour la première fois, dans un traité de faune française, la présence du Liparis Montagui 
comme très fréquente dans la Manche occiden- 
tale. 

Day avait donc parfaitement raison en dé- 
clarant dans son étude des Poissons des îles 
Britanniques, que le Lï^am AfontegMt semblait _. , _ ., 

, , . ,7 , , , X- ■ F'g- i3i. — LiparwA/ontogTH (jeune), type /inca- 

etre plus meridional que le L. Ltparts. tus (x 5). 

Stades jeunes récoltés : 

Décrits sous les noms de: Liparis macttlatus Malm. 

Liparis lineatus Lep. 

Liparis reticulaius Couch, 
i" Individu de ii millimètres (type lineatus): 
Col.: blanche avec lignes jaunes sinueuses longitudinales ; 
2° Individu de 28 millimètres (même type) ; 
3*> Individu de 22 millimètres (type reticttlatus); 
Col. : blanche avec un réseau régulier de mailles hexagonales noires. 



1588. Lttmpus. 
1738. CyclôpUrus. 
1788. Cydopterus. 



Genre Cyclopteras Artedi L. 

Gesner. Hist, anim., IV, 1284. 
Artedi, Genera pisc., 62. 
Lkné, Syst. nat., éd. XI, 260. 



Peau couverte de tubercules; rude. 

Deux dorsales, dont la première est entièrement recouverte par le tégument et la 
deuxième formée de rayons mous. 

Cydopterus lumpus L. 



17S8. Cydopterus lumpus. 
1768. Cydopterus minwtus. 
1797. Cydopterus pavoninus. 
1804. Cydopterus pyramidaUs. 
1815. Cydopterus cœruleus. 
1828. Cydopterus coronalus. 
1831. Lumpus vulgaris. 
1842. Lumpus anglorum. 

T. V. — Fasc. 5. 



Ldjné, loc. cit. 

Paix. Sp. ZooL. VII, 12. 

Sh.\w, Nat. Misc., IX, 310. 

Shaw, Gen. Zool., V, 390. 

MrrcHiLL, Trans., lit. phil. Soc., N. Y.. I, 480 

CoLCH., Xat. hist., Cornwall.. 47. 

Mc.Murtrie. 

Dekay, N. Y. Fauna. 



II 




82 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



N. fr. : lompe. — N.bret. : mêl mean. — N. angl.: lumpsucker. 

D= [VI à VII]— 9 à II. A= 9 à lo. 

Tubercules en séries longitudinales. 
Col.: sépia ou gris bleu. 

Caractères sexuels, cf — : papille génitale conique bien développée, et placée à égale 
distance de l'appareil ventousaire et de la naissance de l'anale. La distance de la lèvre infé- 
rieure au bord postérieur de la ventouse 
est contenue environ deux fois dans celle 
de la lèvre inférieure à la naissance de 
l'anale : la partie antérieure du corps est 
donc extrêmement développée. 

Col. : abdomen rouge et rose, surtout 
sous la gorge, et autour de l'appareil ven- 
tousaire et dans la région génitale et 
anale. 

Long. : de o°i,35 à o»», 45. 
9 — : orifice génital largement fendu 
transversalement au moment de la ponte, 
et placé sur une eminence. Sa distance entre 
l'orifice génital et le bord postérieur de la 
ventouse est double de celle de cet orifice 
à la naissance de l'anale : il est relative- 
ment plus reculé que chez le cf. La lon- 
gueur de la lèvre inférieure au bord posté- 
rieur de la ventouse est contenue 2 fois et 
demie dans celle de la lèvre inférieure à 
l'anale : la région antérieure est donc moins 
développée que dans l'autre sexe. 
Col. : abdomen gris jaune; la région génitale est rougeâtre pendant la ponte. 
Long. : de om,6o à o^^.yo. 

Hab.: animal septentrional ; de l'océan Glacial au golfe de Gascogne ; assez fréquent à 
RoscofF, on le prend en hiver et au printemps près de ses œufs, au niveau supérieur de la 
zone des Laminaires. 

FA.MILLE DES GOBIID.Ï 

Nageoires ventrales unies en ligne médiane et formant le plus souvent une sorte de coupe : 
2 dorsales, dont la première épineuse . 




Fig. i32 et i33. — Cyclopterus lumpus (mâle et femelle 
réduits proportionnellement) (X i/5). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



83 



o présents. 



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>4* 








a. 



absents. 



nulle. 



' Membrane antér. 
des ventrales for- 
mant des lobes. 

I Membrane antér. 
des ventrales non 
lobée. 

' Membrane antér. 
des ventrales non 
lobée. 



\ Ligne latérale : ( 

) plus de 60 éc. \ 

Ligne latérale : / 

de 5o à 60 éc. \ 

Ligne latérale : / 

moins de 42 éc. \ 



! > -2/3 O 
I < 2/3 O 
I < 2 3 O 



1" dorsale sans \ 
rayons allongés ^ Gobius capilo. 
ni bande claire. ) 
t i" dorsale à ban- ) 

) de supérieure [ Gobius paganellus. 
( claire. ) 

1'^ dorsale à ra- 1 
yons médians al- > Gobius niger. 
longés. ) 



i Tache noire à l'o- 1 

I" dorsale à 7 rayons < rigine de la eau- [ Gobius Jlavescens. 

( dale. \ 



I 



i" dorsale à 6 
rayons. 



Ligne latérale : 
55 à 75 éc. 



Ligne latérale : 
35 à 55 éc. 



Ligne latérale 
25 à 35 éc. 



Î Tache indigo de ) 
la dorsale chez / G. minutus minutus. 
le a. ) 

( Tache indigo de \ 
O > 1/3 DD J I" dorsale dans > G. minutus Guitelli. 
( les deux sexes. ' 



O < 2/5 DD 



Tacheindigochez ) 

j le cJ, pas de ta- /G. minutus microps. 
. ches noires. ' 

Taches noires en 



O > 2/5 DD < séries sur lesjG. minutus pictus. 
( dorsales. 



I très étroit. 



Quatre taches \ 
noires sur les î Gobius Jeffreysi. 
flancs. ) 

( Anneau blanc j Gobius {Lebetus)scor- 
l précaudal. 1 pioides Guilleti. 



Dans ce tableau synoptique : 

désigne le diamètre de l'oeil ; 

1 — 
DD — 



l'espace interorbitaire; 

la distance entre les premiers rayons des deux dorsales. 



1738. Gobius. 
1758. Gobius. 



Genre Gobius Artedi L. 

Artedi, Gen. pisc. 

Linné, Syst. nat. éd., X, 262. 



Ventrales formant une coupe avec une membrane antérieure bien développée; dents des 
mâchoires sur plusieurs rangées. 

I. Gobius à filaments sétacés dans la partie supérieure de la pectorale; à œufs fusiformes; 
vivant sur fonds rocheux : 

Gobius capito Cuv. Val. 

1828. Gobius capilo. CtrviER, Val, Poiss., XII, 21. 

N. angl. : Giant goby. 

D = VI — I/i3 à 14. A = I/io à 12. 

Membrane antérieure des ventrales formant des lobes latéraux bien développés ; espace 
interorbitaire faisant plus des 2/3 du diamètre de l'œil; 



84 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE, 




Fig. 134. 






Fig. i35. 



(/ \^ 




Fig. i36. 



Fig. 137. 



Fig. i38. 






Fig. i34 
Fig. i35 
Fig. 1 36 
Fig. 1 37 
Fig. 1 38 
Fig. 1 39 
Fig. 140 
Fig. 141 
Fig. 142 
Fig. 143 



Fig. 139. Fig. !40. 

Gobius capita. Espace interorbitaire ct filaments sétacés. 
Gobius paganellus. Id. 

Gobius capita. Ventrales à membrane antérieure lobée. 
Gobius niger. Ventrales à membrane antérieure non lobée. 
Gobius paganellus. Id. 
Gobius capito. Première dorsale. 
■ Gobius niger. Id. 
Gobius paganellus. Id. 

Gobius paganellus. Papille génitale cf (X 'o). 
Gobius paganellus. Papille génitale ç (X 10). 



Fig. 141 



60 écailles ou plus en série longitudinale. 
Première dorsale sans rayons allongés ni bande claire. 
Col. : variable, le plus souvent marbré de gris et de brun. 
Long. : o",25. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 85 

Hab. : animal méridional; très commun en Méditerranée, plus rare dans le golfe de 
Gascogne (Concarneau). Inconnu en Norvège, rare en Manche (Roscoff). 

On le trouve dans de petites cuvettes des niveaux supérieurs tapissées d'Algues 
calcaires et de Bifurcaria. 

Gobius pagan ellus L. 

1758. Gobius paganeUus. . Linné, loc. cit. 

1881. Gobius bicolor. Moreau, Poiss. Fr., II, 225. 

N. bret. : tousek. — N. ang. : rock goby. 
D =-- VI — I/12-15. A = I/10-12. 

Membrane antérieure des ventrales non lobée, faisant suite aux rayons de nageoires ; 
espace inter orhitaire faisant moins des 2/3 du diamètre de l'œil. 

Ligne latérale de 38 à 60 écailles. 

Col. : bistre avec des marbrures brunes ; nageoires brunes barrées de rouge sombre. 

Une bande claire à la partie supérieure de la première dorsale. 

Caractères sexuels. — 9 : papille génitale longue et conique; coloration pendant la 
reproduction : noir bleu avec la bande de la première dorsale jaune ou blanche. 

cf : papille génitale cylindrique et courte ; coloration brunehabituelle et bande orangée. 

Taille : o°»,io à o°»,i2. 

Moreau a voulu divisera tort cette espèce en G. paganeUus et en G. bicolor : la seule 
distinction qu'il trouvait était la coloration orangée de la bande dorsale et le nombre de 
44 à 48 écailles en série longitudinale pour le G. paganeUus., la coloration blanche de 
cette bande et le nombre de 5o à 54 écailles pour le G. bicolor. Or, la variation de couleur 
de la bande dorsale est uniquement due à une question de sexe ; quant au nombre d'écaillés, 
les échantillons de Gobius paganeUus, placés par Moreau lui-même dans la collection du 
Muséum et que nous avons pu examiner grâce à la bienveillance de M. le professeur 
Roule, présentent 5o écailles, et non de 44 à 48, et ne répondent par conséquent pas à la 
définition que lui-même donne de cette espèce. 

Hab. : animal méridional ; commun en Méditerranée, et dans l'Océan, la Manche, les 
eaux anglaises; inconnu en Norvège ; très commun à Roscoff, vit sous les pierres dans la 
zone des Fucus. 

Gobius niger L. 
1758. Gobius niger. Linné, loc. cit. 

N. angl. ; black goby. 

Espace interorbitaire faisant moins des 2/j du diamètre de l'œil; membrane antérieure 
des ventrales faisant suite aux rayons de nageoires, non lobée : ligne latérale contenant moins 
de 42 écailles ; première dorsale à rayons médians, très allongés, surtout le quatrième. 

Col. : brun jaune marqué de gris ; dorsale portant quelques bandes rougeâtres. 

Long. : 12 centimètres. 



86 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

La zone d'extension de ce Gobius est assez mal définie : il est commun en Méditerranée, 
mais les échantillons de cette provenance (Banyuls) que je dois à l'amabilité de mon 
collègue et ami Fage ne me semblent pas être entièrement semblables à ceux de la 
Manche; par exemple, l'espace interorbitaire est beaucoup plus étroit dans les formes 
méridionales. 

On rencontre le Gobius niger sur les côtes d'Angleterre et de Norvège. En Manche, 
au moins dans la région occidentale française, il est fort rare, malgré l'affirmation de 
MoREAU qui le signale commun à Roscoff. Sur plusieurs centaines (au moins 800) deGobius 
recueillis à ce point de vue, je n'ai trouvé qu'un échantillon de Gobius niger : les autres 
étaient des G. paganellus. 

II. Gobius sans filaments sétacés dans la partie supérieure des. pectorales, à œufs pirif ormes 
et vivant sur le sable ou dans les herbiers. 

Gobius flavescens Fabricius. 

1779. Gobius flavescevs. Fabricius, Reise n. Norw., 322. 

1786. Gobius Ruthensparri. Euphrasen, Vet. Akad. Handl., 64. 

1859. Gobius bipunctaius. Yarrell, Hist. Brit., fish. éd. I, vol. I, 255. 

D. = VII quelquefois VIII '— I/9 à 10. A = I/9 à 10. 

Première dorsale à y ou 8 rayons. 

Col. : dans les deux sexes : une tache noire visible à la base de la caudale ; dos gris 

jaune ou rouge brique avec cinq ou six zones plus claires 
près des dorsales. 

Caractères sexuels. — cf : papille génitale longue et co- 
nique atteignant le premier rayon de l'anale; rayons pos- 
térieurs de la seconde dorsale et de l'anale plus longs 
que les antérieurs ; bandes rouges et bleues horizontales, 
alternées sur les dorsales; ligne latérale bleu de cobalt 

Fig. 144. — Gobius flavescens. i" dor- , ... -^ ... 

sale à sept rayons. brillante ; Deux taches noires, lune a la base de la cau- 

dale, l'autre un peu en arrière de la pectorale. 

Les (f sont plus grands que les Q . 

9 : papille génitale courte, cylindrique, n'atteignant pas le début de l'anale ; rayons 
postérieurs delà deuxième dorsale et de l'anale plus courts que les antérieurs, nageoires 
incolores, transparentes ou faiblement marquées de rose pâle et de noir sur les rayons. 
Une seule tache noire à l'origine de la caudale. 

Long. : o™,o5 à o™,io. 

Hab. : commun dans l'Océan, depuis la Norvège à l'Espagne, inconnu en Méditerranée; 
habite les herbiers de zostères et la zone des Laminaires; très commun à RoscofF. 




ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



87 




Fig. 145. 





Fig. 146. 



rig. 147- 





Fig. 148. 



Fig. 149. 




Fig. i5o. 



Fig. 145 
Fig. (46 
Fig. 147 
Fig. 148 
Fig. 149 
Fig. r5o 



— Gobius Jlavescens d (.X 1/2). 

— Gobius Jlavescens Ç (X 2). 

— Gobius minutus nov. var. Guitelli d" (t. nat.). 

— Gobius minutus nov. var. Guitelli ç (t. nal.). 

— Gobius minutus var. microps d" (X 2). 

— Gobius minutus var. microps ç (x 2). 



Gobius minutus I 



'all 



1554. Aphya cobites. 
1738. Gobius aphya. 
1758. Gobius aphya. 
1768. Gobius minutus. 



Rond., Pise. mar. 
Artedi, Gen. pise, 29. 
Linné, Ioc. cit. 
Pallas, Spic. Zool., VIII, 4. 




88 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Première dorsale à 6 rayons ; 

De 35 à y 5 écailles en ligne latérale. 

Col. : générale grise. 

De nombreux auteurs se sont occupés de cette espèce, évidemment très poly- 
morphe, et il en est résulté une complication intense dans la synonymie, un grand nombre 
de variétés locales ayant été décrites comme espèces. Récemment encore, M. Edward G. 
BouLENGER, fils dc Téminent ichthyologiste anglais, réclamait comme valables deux 
espèces : le Gobius minutus et le Gobius microps. 

La découverte par nous d'une forme locale intermédiaire nous empêche de souscrire 
à cette proposition, et nous croyons donner à ces formes leur véritable valeur en les 
classant comme variétés : 

Gobius minutus Pall. var. minutus. 

1870. Gobius Ekstromi. Gunther, Cat. Brit. Mus., IIL 57. 

1874. Gobius minutus. Collett, Vidensk. Selsk., Forh. Christiana, 168. 

1891. Gobius minutus. Petersen, Fiskeri Beretn, Kbhvn, 246. 

1893. Gobius minutus var. major. Mobius, Heincke, Fisch. Ostsee. 

1901. Gobius minutus (typical race) . Holt. Byrne, Se, Inv. Irel., 1901. 

1910. Gobius minutus. Boulenger Edw, Pr. Zool. Soc, 40. 

D= VI — I/ioà II. 

Ligne latérale comprenant de 55 à y 5 écailles (au moins 61, d'après Edward Boulenger) ; 
Diamètre de l'œil contenu < i/3 distancé entre les deux premiers rayons des 2 dorsales. 

Longueur du pédoncule caudal = base de la deuxième dorsale. 

Hauteur du pédoncule caudal < i/3 longueur de la tête. 

Hauteur du pédoncule caudal < 2/5 longueur du pédoncule caudal. 

CoL : gris, marqué de brun gris avec des taches de même couleur sur les flancs et 
une petite tache à l'origine de la caudale. 

cf : tache bleu métallique sur les derniers rayons de la première dorsale. 

Long. : oi",o7. 

Hab. : toute la côte océanique. 

Nous fournissons en grande partie cette description d'après les individus que trouva 
M. Edw. G. Boulenger dans le nord de l'île de Bas et dont il voulut bien faire parvenir 
quelques échantillons à la collection du Laboratoire de RoscofF. 

Gobius minutus Pall., nov. var. Guitelli. 

D = VI — I/ii. A = I/ii. 

Ligne latérale de 55 à y 5 écailles; 60 en général. 

Diamètre longitudinal de l'œil > i/3 distance entre les premiers rayons des deux 
dorsales ; 

Hauteur du pédoncule caudal < i/3 longueur de la tête. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



89 



Hauteur du pédoncule caudal < 2/5 longueur du pédoncule caudal. 

Col. : dos gris, ventre blanc. 

Caractères sexuels, — cf: papille génitale longue et conique. Tache bleue métallique 
cerclée de blanc, sur la première dorsale, en arrière du cinquième rayon, et sur les deux 
dernières membranes interradiaires; dorsales barrées transversalement de rouge sombre; 
anale grise pigmentée de noir bleu ; taches et barres sombres en petit nombre sur les flancs 
(4 barres dont deux sous la première dorsale et 3 à 4 taches ; tache noire à l'origine de 
la caudale. 

9 : tache bleu métallique cerclée de blanc entre le cinquième et le sixième rayon de 
la première dorsale; pas de barres sombres sur les flancs, mais 6 à 7 taches plus ou moins 
bien marquées ; tache noire à l'origine de la caudale ; anale transparente, non pigmentée. 
Papille génitale, courte et cylindrique. 

Long. : de o™,o6 à o^jOg. 

Hab. : en eau saumâtre, dans Festuaire de la Penzé. 

Les caractères de cette nouvelle variété appartiennent en majorité au Gobius minutus 
minutus, mais certains rapports numériques la rapprochent du Gobius minutus microps; 

La présence de la tache bleue dans les deux sexes, la taille de ce Gobius, relativement 
énorme, son habitat sont autant de faits qui en font une variété distincte, intermédiaire 
entre les Gobius minutiis minutus et microps. Nous nous permettons de la dédier au 
savant ichthyologiste qui étudia si remarquablement les mœurs des Gobiidse, à notre 
maître et ami, le professeur Guitel. 



Gobius minutus Pall. var. microps. 

1840. Gobius microps. Kroyer, Danm. Fish., I, 416. 

1880. Gobius Parnelli. Day, Fish. Great Brit. Irel., I, 167, 

1883. Gobiusminutusvdii.tniror (pars.) Mobius-Heincke, Fisch. Ostsee. 

1891. Gobius microps. Petersen, Fiskeri Beretn, Kbhvn, 246. 

1892. Gobius minuius. Guitel, Arch. Zool. exp. gén., (2), X, 499. 
1901. Gobius minutus (esluarine race). Holt et Byrne, Sc. Inv. Irel. 

1910. Gobius microps Boulenger Edw., Pr. Zool. See, 1910, 40. 

D = VI — 1/8 à 10. A = 1/8 à 10. 

Ligne latérale : 35 à 55 écailles. 40 à 45 le plus souvent. 

Diamètre de l'œil < 2/5 distance des premiers rayons 
des deux dorsales. 

Longueur du pédoncule caudale = base de la deuxième 
dorsale. 

Hauteur du pédoncule caudal > i/3 de la longueur de 
la tête. 

Hauteur du pédoncule caudal > 2/5 de la longueur de 

ce pédoncule. 

CoL : gris marqué de brun noir. 
T. V. - Fasc. 5. 




Fig. i5i ç. Fig. i52 d". 

Papilles génitales de Gobius minutus 
microps (d'après Guitel). 
12 



90 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 




Fig. i53. — Gobius mintttus o\ 
l'e dorsale. 




Fig. 154. — Gobius minutus 
microps 9.1" dorsale. 




Caractères sexuels. — cf : papille génitale, longue et conique; 
rayons de la seconde et de l'anale plus longs que chez la 9 ; dorsales 
grises avec 4 bandes transversales rouges ; tache bleue métallique 
cerclée de blanc en arrière du cinquième rayon de la première 
dorsale ; anale bordée de bleu gris; 20 à 25 bandes noires trans- 
versales sur les flancs. 

9 : papille génitale courte et cylindrique ; dorsales à mem- 
branes interradiaires grises, transparentes ; les rayons seuls sont 
cerclés de noir et de blanc; anale grise; pas de tache bleue sur la 
première dorsale; taches arrondies grises sur les flancs en nombre 
variable. 

Taille : o'",04 à o™,07. 

Hab. : toutes les baies sableuses, bancs de sable, estuaires de 
toutes les mers d'Europe; très commun en Manche (Roscoff). 

Gobius minutus Pall. var. pictus. 

1863. Gobius pictus. Malm, Forh. Skand. Naturf., 410. 

1883. Gobius minutus, wax. minor (pars). Mobius-Heincke, Fisch. Ostsee. 
1909. Gobius pictus. Le Danois, Bull. S. Z. F., 1909, 5. 

D = VI — 1/8-9 A = 1/8-9. 



Fig. i55. — Gobius minutus 
Guitelli ç. !'■'= dorsale. 



Ligne latérale de 35 à 55 écailles (35 à 40 en général). 
Diamètre de l'œil > 2/5 distance des premiers rayons des 
deux dorsales. 

Long. : o™.o5 à o™,o6. 

Col. : gris marqué de brun sombre ; dorsales à bandes transver- 
sales rouges et bleu clair; dans les membranes interradiaires 2 ou 
3 séries transversales de taches noires arrondies 

d* : couleurs plus vives ; papille génitale longue et conique. 
Hab. : animal septentrional : Iles Britanniques et Norvège. 
Cet animal n'avait pas été signalé dans la faune française, quand 
nous l'avons trouvé, en 1908, à Roscoff, mais rarement. Depuis cette époque, nous avons 
découvert une station où il est très abondant au nord de l'île de Bas (herbiers de Pors- 
kareou) ; il vit dans les baies sableuses et les herbiers clairsemés. 




Fig. i56. — Gobius minutus 
pictus. I" dorsale. 



Gobius JefTreysi. 



1869. Gobius Jeffrey si. 

1880. Gobius quadrimaculatus. 



GuNTHR., Ann. Mag. nat. hist., (3), XX, 290. 
Day, Fish. Gr. Brit. Zoo!., I, 168. 



D = VI — I/Bag. A - 1/8 à 9. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



9« 



Nombre d'écaillés en série longitudinale ; 2$ environ; museau 
pointu ; yeux confluents ; espace interorbitaire presque nuL 

Col. : gris jaune ; pigment noir sur le bord des écailles, for- 
mant réseau ; 4 ou 5 taches pigmentaires sombres, le long de la 
ligne latérale, la plus grande étant la plus proche de la pectorale; 
dorsales grises avec bandes noires transversales : ces nageoires 
sont très fragiles. 

Taille : de o'",o2 à o'n,04. 

Hab. : animal septentrional, rare sur les côtes de Norvège et 
des Iles Britanniques. 

En 1910, nous avons signalé cet animal, inconnu jusqu'alors 
dans la faune française; nous en avons recueilli quelques échan- 
tillons sur fond de maërl, à la drague, dans la baie de Morlaix 
(S. Cordonniers — E. Guerhéon). 

Le G. Jeffreysie?,i un animal de profondeur ; Holt le signale 
dans rirish Atlantic Slope. 

M. d. p. : à la drague. 




Fig. 157. — Gobius Jeffreysi. 
Espace interorbitaire étroit. 




Lebetus. 



Sous-genre Lebetus Winth. 

Fig. i58. — Gobius Jeffreysi. 
WiNTH., Naturh. Tidskr. Kbhvn., s. 3, XI, p. 49. ''^ dorsale. 



Ventrales seulement rapprochées en ligne médiane, mais sans membrane antérieure ne 
formant pas coupe. 

Gobius (Lebetus) scorpioïdes Coll. 



1874. Gobius scorpioïdes. 
Lebetus scorpioïdes. 



CoLLETT, Ann. Maj. Nat. Hist., s. 4, XIII, p. 446. 
Winth., loc. cit. 



Gobius (^Lebetus) scorpioïdes, nov. var. Guilleti. 



1910. Gobius scorpioïdes. 

D. VI— 1/9 A = 1/6. 



Le Danois, Bull. S. Z. F., XXXV, 1910, p. 167. 



Nombre d'écaillés en série longitudinale : 28. 

Pas de membrane antérieure aux ventrales. 

Col. : très variable. — Anneau blanc caractéristique en avant 
de la caudale. 

a. Type à tête violacée ou lie de vin ; gorge rouge vif; 
corps jaune ou rose pâle ; trois anneaux bistre ou sépia sous la 
première dorsale ; un large anneau de même couleur sous la 
seconde; anneau blanc précaudal; dorsales barrées tranversale- 
ment de bleu et d'orangé; anale et ventrales noires. 




Fig. iSg. — Gobius (Lebetus) 
scorpioïdes Guilleti. Ven- 
trales unies sans membrane 
antérieure. 



93 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 




Fig. i6o. — Gobius {Lebetus 
scorpio'ides Guilleli. i'^ dor 
sale. 



b. Type analogue mais avec deuxième dorsale bordée d'in- 
digo. 

c. Type jaune pâle avec anneaux bruns irréguliers et gorge 

rouge vif, nageoires bleues et orangées. 

d. Type décoloré à tête rosée; un anneau brun clair sous la 
seconde dorsale, etc. 

Taille : de o™,oi5 à om,o23. 

Hab. ranimai septentrional; rare partout; en Norvège on en 
connaîtpeu d'échantillons; Holt signale une station à Ballynakill 
Harbour. Vit sur fond de maërl avec le Gobius Jeffreysi, à une 
profondeur de 5 à lo mètres, en baie de Morlaix. 

Ce poisson n'avait pas encore été signalé dans la fmme française 
quand nous en avons trouvé de nombreux échantillons en 1909 
dans la station ci-dessus indiquée. 

HoLT a décrit soigneusement cette espèce et ses caractères 
sexuels ; mais les individus que nous avons eus entre les mains 
diffèrent profondément des échantillons qu'il décrit comme sys- 
tème de coloration". De plus, la formule de l'anale est 1/6 dans les échantillons armori- 
cains et 1/7 dans les animaux anglais, et cette formule semble constante. 

Ces différents caractères nous portent à créer une variété locale : l'extrême richesse 
de couleur de ceGobiidé nous invite à le dédier à notre ami, l'excellent artiste P. Guillet. 




Fig. 161. — Gobius (Lebetus) 
scorpio'idesGuilleti. Anneau 
blanc précaudal. 



SOUS-ORDRE DES PLANIFORMES 



Perciformes à ventrales jugulaires et dont le corps est complètement comprimé latéralement. 
Animaux vivant sur le fond ou près du fond, à œufs pélagiques. 



FAMILLE DES ZEID.« 



Planiformes à corps symétrique. 
2 dorsales ; 2 anales. 



1554. Faber. 
1758. Zeus. 



Genre Zeus L. 

RoNDEL, Fisc. mar. 

Linné, Syst. nat., éd. X, p. 266. 



Écusssons osseux de chaque côté de la deuxième dorsale et de l'anale. 

Zeus faber L. 

1758. Zeus faber. Linné, loc. cit. 

N. fr : poule de mer, Saint-Pierre. — N. bret. : yar-vôr. — N. angl. : John Dory. 
D = lXàX— 22 à23. A = III à IV — 21 à 22. 
Long. : o"»-,3o àon^jSo. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



93 



Col. : dos brun foncé virant sur les flancs au jaune bistre ; flancs et ventre argentés ; 
tache noire arrondie de chaque côté. 

Hab. : animal plutôt mcridionnal; rarissime sur la côte de Norvège; très commun 
en Méditerranée, commun en Manche : animal de profondeur; vit sur les fonds sableux 
ou dans les herbiers immergés. 

M. d. p. : pris au chalut ou à la senne, aux tramails, à la ligne à main. 




Fig. i6a(X2). f'B- '^^ (t- "»'•)• 

Fig. 162 et i63. — Stades jeunes de Zeus Faber. 

Stades jeunes. 

Long : 9 centimètres, 4 centimètres, 2<"", 5. 

Pectorales très développées dépassant l'anus, plus longues que dans l'adulte; la pre- 
mière dorsale est peu développée dans les formes des 2«m, 5 ; l'aspect est celui d'un Capros 
pris à la senne dans l'herbier de Pempoull en septembre 1911 et 1912. 

FAMILLE DES PLEURONECTID^ 

Planiformes à corps asymétrique. 

Une dorsale; une anale. 

Les deux yeux, par suite d'un phénomène de rotation pendant le cours du dévelop- 
pement, se placent d'un même côté, soit à droite, soit à gauche. L'animal reste couché 
sur le flanc privé d'yeux ou côté aveugle, qui n'est pas pigmenté. 

Animaux des fonds sableux, en général mimétiques. 

I lis unies à l'anale Zeugoplerus punctatus. 

." plus petit 1 1 nulles ^ ventrales Mibres de l'anale Zeugopterus megastoma. 

^1.31 que le ) Épines ] ( à peu près égaux Arnoglossus lalerna. 

i\t\ diamètre / préanales . -.Aoentes ^ Rayons Deuxième ravon très déve- 

^'ll de l'œil. I Fi"<: t de la dorsale ( j^pp^ ; Arnoglossus Grohmanni. 

'" i.E supérieur ... 1 Plus de 5o rayons à l'anale Rhombus lœvis. 

g f ?J /ou égal au\ • • ■ i 

^ 1 S- ^Y"":^^'^ ) Peau luberculée 1 Moins de 5o rayons à l'anale Rhombus maximus. 

1 W \ de 1 œil. ' 



94 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



moins de l Espace interorbitaire égal au diamètre de 



■ o 

E 

E 
o 

X ■ " 



C 

Q 



au-dessus 

de l'oeil 
supérieur. 



Longueur 

de la 

bouche 

contenue 

I dans 

celle de 

la tête : 



trois fois. ( l'œil 



plus de 
I trois fois ; 
I espace 
interorbi - 

taire 

'plus petit 

que le 

diamètre 

de l'œil. 



Ven- 
trales 



à 5 rayons 

; fortement arquée. 



à 6 
rayons; 

ligne 
latérale i 



. , Pectorale bien deve- 
en avant l , , , . . 
j ,, ., 1 loppée du cote 
de 1 œil . ^^ , I 

, . i aveugle, 

supérieur. I " ' 



\ 
Narine 
antérieure d 
côté ) 

aveugle. ( 



.«( 



/ Pas de tubercules 
i épineu.x à la base 
\ des nageoires. . . . 
droite. 

/ Tubercules épineux 
à la base des na- 

\ geoires 

tubulaire, plus petite que 

l'œil 

étoilée, plus grande que 
l'œil 



Pectorale presque nulle du côté aveugle 

I. Pleuronectidœ ayant les yeux du côté gauche. 



Hippoglosus hippoglossus. 
Pleuronectes (Microstomus) 

microcephalus. 
Pleuronectes {Limanda) 

limanda. 



Pleuronectes (Platessa) 
platessa. 



Pleuronectes (Flesus) Jlesus. 

Solea solea. 

Solea lascaris. 
Solea variegata. 



1789. Pleuronectes (pars). 
1835. Zeugopterus. 
1846. Scophlhalmus. 
1859 . Rhom bus (pars) . 



Genre Zeugopterus Gottsche. 

MuLLER, Zool. Dan., p. 36. 
Gottsche, Wiegm. Arch., p. 178. 
Ch. Bonaparte, Peso. Europ., p. 49. 
Yarr., Brit. fish., éd. II, p. 334. 



Espace interorbitaire plus petit que le diamètre de l'œil 
Pas d'épines préanales. 



1785. Pleuronectes punctatus. 
1789. Pleuronectes hirtus. 
1801. Pleuronectes Kitt. 
1804. Pleuronectes lœvis. 
1835. Zeugopterus hirtus. 
1846. Scophlhalmus hirtus. 
1849. Rhombus hirtus. 
1870. Rhombus punctatus. 
1874. Zeugopterus punctatus. 



Zeugopterus punctatus Bloc h. 

Bloch, Naturg. Ausl. Fich., III, p. 31. 
MuLLER, loc. cit. 

Bloch, Schneider, Syst. Ichth., p. 162. 
Shaw, Gen. Zool., IV, p. 299. 
Gottsche, loc. cit. 
Ch. Bonaparte, loc. cit. 
Yarrell, loc cit. 

Gthr., Cat. Brit. Mus., IV, p. 413. 
CoLL, Forhl. Vid. Selsk. Chrest., p. 139. 



N. fr. : largeur. — N. bret. : lizen mean. — N. angl. : topknot 

II à 12 



D 



87 à 99. A = 70 à 80. C = 14 à 16 P. = 



v = l 



10 a It 
Ventrales unies à l'anale. 

Col. : côté gauche : rose lie de vin souvent lavé de brun avec un système de bandes et 
de taches d'un brun plus ou moins foncé allant jusqu'au noir. 
Côté droit : blanc. 
Long. : on^jiS à oni,4o. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



95 




Fig. 164. — Zeugopterus punclatus (X 1/2 





Fig. 166. — Arnoglossus Grohmanni (t. nat.). 




Fig. i65. — Zeugopterus megastoma (X i/3). Fig. 167. — Arnoglossus lalerna (X i/3). 

Hab. : parmi les rochers et les blocs roulés, tapissés d'algues calcaires, dans la zone 
des Laminaires. 

Animal septentrional ; de la Norvège à l'Es- 
pagne ; rare sur la côte norvégienne et sur la 
côte française ; commun sur la côte anglaise ; 
inconnu dans la Baltique et la Méditerranée; 
rare à Roscoff. 

Stade jeune. 

Long. : 3o millimètres, trouvé dansle plank- 
ton (1907). pjg, ,6g _ Jeune Zeugopterus punctatus (X 2). 




96 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Zeugopterus megastoma Donov. 

1738. Pleuronectes whiff. Artedi, loc. cit. 

1808. Pleuronectes megasloma. DoNOV., Brit. fish., Ill, p. 51. 

1859. Rhombus megastoma. Yarr., loc. cit. 

1879. Zeugopler us megastoma. Coll., loc. cit. 

1880. Arnoglossus megastoma. Day, loc. cit. 
1884. Lepidorhombus megastoma. CoLL, loc. cit. 

1886. Lepidorhombus whiff. Jord. Gos. Rep. Comm. Fish., p. 252. 

N. fr. : mère des soles, cardine. — N. angl. : whifF, megrim. 

D=85à89. A = 67 à 70. €=19. P = " ^ ^^ . V"|. 
^ ' ' 10 a 12 o 

Ventrales libres de l'anale. 

CoL : côté gauche, jaune pâle marqué de brun le long des écailles, lavé de rose par 
place.-. Quelques taches sombres sur le fond, en séries. 
Côté droit : blanc. 
Long. : o°^,25 à oni,5o. 

Hab. : animal septentrional, habite en profondeur; peu commun en Norvège, com- 
mun dans la Manche et sur les côtes anglaises; pêcher sur l'Irish Atlantic Slope; très rare 
en Méditerranée, habite les fonds sableux. 

M. d. p. : au chalut; quelquefois aux tramails. 

Genre Arnoglossus Rond. Gthr. 

1554. Arnoglossus. Rond., Fisc, mar., XI, p. 324. 

1738. Pleuronectes (pars). Walb. Artedi, Ichth., III, p. 121. 

1870. Arnoglossus. Gthr., Cat. brit. Mus., IV, p. 415. 

Espace interorhitaire plus petit que le diamètre de l'œil ; épine géminée en avant de l'anale. 

Arnoglossus laterna Artedi. 

V5M. Arnoglossus lœvis. Rond., loc. cit. 

1738. Pleuronectes laterna. Artedi, loc. cit. 

1790. Pleuronectes arnoglossus. Bloch, Schn. Icht. Syst., p. 157. 

\^Q. Arnoglossus laterna. Gthr., loc. cit. 

1893. Platophrys laterna. Smitt, Scand. Fish., I, p. 428. 

N. angl. : megrim, scaldfish. 

= 87 à 90. A = 64 à 68. G = 17. P = ^2Ai£. v=-. 

8 àg 6 

Rayons de la dorsale à peu près égaux. 

Col. : éch. conservé. — Côté gauche : gris. — Côté droit : blanc. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



97 



Long. : o™, 5o. 

Hab. : assez commun en Méditerranée; rare en Manche et dans l'Océan, mais signalé 
jusqu'en Norvège. Un échantillon de cette espèce a été déterminé par M. le professeur Bou- 
LENGER lors d'un séjour du savant ichthyologiste à RoscofF. 



1840. Pleuronectes Grohmanni. 
1870. Arnoglossus Grohmanni. 



Arnoglossus Grohmanni CBp. 

Ch. Bonaparte, Cat., 401. 
Gthr., IV, p. 417. 



= 84 à 90. A = 55 à 67. C = i7. P=i^^. V = g. 

Deuxième rayon delà dorsale extrêmement développé. 

Col. : éch. conservé. 

Long. : o™, 12. 

Hab. : animal méditerranéen. 

Echantillon unique (collections du Laboratoire de Roscoff). 





Fig. 169. — Rhombus lavis (X i/io). Fig. 170. — Rhombus maximus (X i/io). 

Genre Rhombus Rond. 



1554. Rhombus. 

1758. Pleuronectes (pars). 

1810. Bothus. 

T. V.- Fasc. 5. 



Rond., Pisc. mar., XI, p. 312. 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 271. 
Rafin, Caratt., p. 23. 



i3 



98 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Espace interorbitaire supérieur OU égal au diamètre de l'œil. 



1554. Rhombus lœvis. 

1758. Pleiironectes rhombus. 

1835. Rhombus lœvis. ' 

188S. Bothus rhombus. 



Rhombus lœvis Rond. Gottsche. 

Rond. loc. cit. 

Linné, loc. cit. 

Gottsche, Wiegm. Arch. Naturg., L 2. 

JoRD. GiLB., Proc. U. S. Nat. Mus., p. 577. 



N. fr. : barbue. — N. bret. : barbuen. — N. angl. : brill. 

D = 63à83. A = 5oà6i. C = 18. P =. ii^. V=|. 

10 à 12 6 

Plus de 50 rayons à l'anale; côté gauche garni d'écaillés lisses. 

Col. : mimétique. — Côté gauche en général gris ou marron. — Côté droit : blanc. 

Long. : o«»,3o à 0=1,75. 

Hab. : tous les fonds sableux d'Europe; 

M. d. p. : chalut et lignes de. fond. 



1554. Rhombus aculeatus. 
1686. Rhombus maximus. 
1758. Pleuronecies maximus. 
1884. Bothus maximus. 




Fig. 171. — Hippoglossus hippoglossus 
(X 1/20). 



Rhombus maximus Willugh. 

Rond., loc. cit. 

Willugh, Hist. Pisc, IV, p. 92. 

Linné, loc. cit. 

Col., N. Mag. Naturv. Christ., XXIX, 100. 

N. fr. : turbot. — N. br. : turbot. — N. angl. : 
turbot. 

D = 61 à 72. A = 45 à 46. C = 18. 

P = llAll. V = ^. 
II à 12 6 

Moins de 50 rayons à l'anale, peau couverte de 
tubercules du côté gauche. 

Col. : mimétique ; Côté gauche en général brun 
sombre. — Côté droit: blanc. 

Long. : on^,4o 30^,80. 

Hab. : tous les fonds sableux d'Europe. 

M. d. p. : lignes de fond, chalut. 

II. PleuronectidcB ayant les yeux du côté droit. 



1817. Pleuronecies (fars). 
1758. Hippoglossus, 



Genre Hippoglossus Cuv. 

Linné, Syst. nat., éd. X, p. 269. 
CuviER, Rêg. an., éd. L H, p. 221. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



99 



Dorsale commençant au-dessus ou en arrière de l'œil supérieur. Longueur de la bouche 
contenue moins de j fois dans celle de la tête; espace interorhitaire environ égal au diamètre 
de l'œil. 

Hippoglossus hippoglossus L. 



1758. Pleuronectes hippoglossus. ■ 
1828. Hippoglossus vulgaris. 
1835. Hippoglossus maximus. 
1839. Hippoglossus gigas. 
1885. Hippoglossus hippoglossus. 



Linné, loc. cit. 

Flmg., Brit. anim., p. 197. 
GoTTSCHE, Arch. f. Nat., p. 164. 
SwAiNSON, Nat. Hist. CI. Anim. IL p. 302. 
Jordan, Cat. Fish. N. A., p. 133. 



N. îr. : flétan. — N. angl. ; holibut. 
D =100 à 107. A = 75 à 82. C = 18. 



P = 



14317 
14 à 17' 



V = 



Dents pointues ; écailles lisses. 

Col. : côté droit : brun. — Côté gauche : blanc. 

Long. : o™,5o jusqu'à 2 mètres et au-dessus. 

Hab. : animal exclusivement septentrional : commun dans l'océan Glacial, la mer 
du Nord, le Nord Atlantique, assez rare en Manche (Guernsey), rarissime dans le golfe 
de Gascogne, inconnu en Méditerranée. Pris de temps à autre à RoscofF. 

M,d. p. : lignes de fond, chalut. 



1554. Passer. 

1758. Pleuronectes (pars). 

1870. Pleuronectes (sensu stricto). 



Genre Pleuronectes L. Gthr. 

Rond., Fisc, mar., lib. XL 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 269. 
Gthr., Cat. Brit. Mus., IV, p. 438. 



Dorsale commençant au-dessus ou en arrière de l'œil supérieur. Longueur de la bouche 
contenue plus de j fois dans celle de la tête : espace interorhitaire plus petit que le diamètre 
de l'œil. 



1792. Pleuronectes (pars). 
1825. Microstomus. 
1840. Platessa (pars). 
1846. Cynoglossa. 
1862. Brachyprosopon. 
1883. Cynicoglossus. 



Sous-genre Microstomus Gottsche. 

Walbaum, Artedi Ichth., III, p. 120. 
Gottsche, Archiv. f. Naturgesch., p. 150. 
Kroyer, Danm. Fisk., II, p. 316. 
Ch. Bonaparte, Cat. Met. Peso. Eur., p. 48. 
Blecker, C. R. Ac. de Se. Amst., XIII. 
JoRD. GiLB., Synopsis, p. 460. 



Pleuronectes (Microstomus) microcephalus Donov. 



1792. Pleuronectes Kitt. 

1802. Pleuronectes microcephalus. 

1803. Pleuronectes lœvis. 



Walb. Artedi, Pisc, lïl, p. 120. 
Donov., Brit. fish., II, p. 42. 
Shaw, Gen. ZooL, IV, p. 299. 




joo ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

1821. PleuronecUs Quenseli. Holboll., Bohûslans Fisk., IV, p. 59. 

1824. Pleiironecies quadridens. Fabricius, Kongl. Dansk. Vid. Selsk. Abhandl., I., p. 139. 

1835. M icrostomus latidens. Gottsche.Ioc. cit. 

1840. PlaUssa microcephalus. Kroyer, loc. cit. 

1845. Cynoglossa microcephala. Ch. Bonaparte, loc. cit. 

1886. Microstomus Kilt. Jord. Goss., Rev. Flound. Soles, p. 298. 

N. fr. : limande-sole. — N. bret. : lizen mean (confondu avec Zeugopterus punctatus). 
N. angl. : lemon dab, smar dab. 

D = 88à93. A=70à74. C=i8. P = i^^. V ^ |. 

^ / /T 9 a 10 5 . 

Ventrales à 5 rayons. 

Col. : Côté droit : rouge acajou, marbré de brun, de Jaune, de noir. — Côté gauche : 
blanc. 

Long. : o'»,25 ào°»,3o. 

Hab. : animal septentrional; de l'océan Glacial au golfe de Gascogne ; assez fréquent 
en Manche, commun à Guernesey. 

M. d. p. : tramails, chalut.- 

Sous-genre Limanda Bel. GoTTscHE. 

1553. Limanda. Bel., Aquat. 

1758. Pleuronecies (pars). Linné, Syst. nat., éd. X., p. 270. 

1835. Limanda. Gottsche, loc. cit. 

Pleuronectes (Limanda) limanda L. 

1758. Pleuronectes limanda. Linné, Syst. nat., éd. X, p. 270. 

1835. Limanda vulgaris. Gottsche, loc. cit. 

N. fr. : limande. — N. angl. : common dab. 

~ D = 65à76. A=5oà56. G = 18. P = ^^-^. V = -. 

9 à II 6 

Ligne latérale fortement arquée dans sa région antérieure ; ventrales à 6 rayons ; dents 
pointues, écailles pectinées. 

Col. : côté droit : gris jaunâtre ou marron avec de petites taches noires, blanches et 
orangées. — Côté gauche : blanc. 

Long. : 6^,20 à om,35. 

Hab. : animal septentrional, commun en NorVège, sur les côtes anglaises, fréquent 
en Manche, rare dans le golfe de Gascogne. 

M. d. p. : tramails, chalut. 

Sous-genre Platessa Cuv. 

1738. Pleuronectes. Artedi, Gen. Fisc. 

1817. Platessa. Cuvier, Règn. amin., i« éd., p. 220. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



lOI 




Fig. \-j2. — Pleuronecles (Microstomus) microce- 
phalus (X i/3). 





Fig. 173. —Pleuronecles {Limanda) limanda 




Fig. 174. — Pleuronecles (Platessa) platessa (X 1/4). F'8' '75- — Pleuronecles (Flesus)Jlesus (X i/3). 

Pleuronectes Platessa i platessa L. 



1758. Pleuronecles platessa. 
1828. Platessa vulgaris. 



Linné, loc. cit. 
Flmg., Brit. an., p. 198. 



N. fr. : plie, carrelet. — N. bret. : lizen. - N. angl. : plaice. 



103 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



D = 67à75. A = 5oà56. = 29. P = 



10 a 1 1 
9 à lo' 



V = 



6' 



Ventrales à 6 rayons ; ligne latérale droite ; pas de tubercules épineux à la base de 
nageoires impaires; tnhevc\i\es osseux sur la tête, particulièrement dans les espaces 
post-orbitaireset interorbitaire ; dents larges, coupantes. 

Col. : mimétique, par un système de chromatophores noirs, blancs et orangés. 

Côté droit : a) type plie : gris jaune ; coloration uniforme; 

b) type carrelet : gris cendré avec les chromatophores orangés groupés 
en taches larges, disposées en séries longitudinales irrégulières. 

Côté gauche : blanc. 

Long. : deo"i,25 à o'»,65. 

Hab. : toutes les côtes océaniques d'Europe, et partout très commune; fréquente en 
été dans les eaux littorales, s'avance même en eau saumàtre ou douce, dans les estuaires 
sableux ou vaseux , se retire l'hiver en profondeur. 

M. d. p. : havenet, senne, chalut, tramails. 

Sous-genre Flesus Moreau. 



1758. Pleuronedes (pars). 
1828. Platessa (pars), 
1881. Flesus. 



Linné, Syst. nat., ï, p. 457. 
Flmg., Brit.- an., p. 198. 
Moreau, Poiss. Fr., IH, p. 301. 



Pleuronectes (Flesus) flesus L. 



1758. Pleuronectes flesus. 

1774. Pleuronectes stellatus. 

1790. Pleuronectes passer. 

1828. Platessa flesus. 

1840. Platessa passer. 

1881. Flesus vulgaris. 

1881. Flesus passer. 



Linné, loc. cit. 

Pallas, Ichth. Rosso, Asiat. 

Bloch, Naturg. Fisch. Deutschl., p. 57. 

Flmg., loc. cit. 

Ch. Bonaparte, Faun. ital., III. 

Moreau, loc. cit. 

Moreau, ibid. 



N. fr. : fiet, flondre. 

D = 58à 64. A = 39 à 45 



N. bret. : fanken. — N. angl. : flounder. 
10 à II 



C = 18. 



^-l 



10 a II 

Tubercules épineux à la base des nageoires impaires; ligne latérale presque droite; 
ventrales à 6 rayons ; 

Col. : côté droit : brun verdâtre; ou jaune avec taches orangées; — Côté gauche : 
blanc; très fréquemment certains échantillons sont pigmentés des deux côtés, ou du 
moins présentent des taches sombres sur le côté aveugle. 

Long. : o"i,2o à o"^,40. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



io3 



Hab. : animal vivant en eau douce ou saumâtre dans les fonds vaseux; commun sur 
toute la côte d'Europe. 



1553. Solea. 

1554. Biiglossus. 

1758. Pleuronedes (pars). 



Genre Solea Bell. Cuv. 

Bel., De Aquat, p. 146. 
Rond., Fisc, mar., XL P- 320. 
Linné, Sj-st. nat., éd. X, p. 270. 



Dorsale commençant en avant de l'œil supérieur. 



1758. Pleuronedes solea. 
1806. Solea vulgaris. 
1810. Solea huglossus. 



Solea solea L. 

Linné, loc. cit. 

QuENSEL, Vet. Akad. Handl., p. 330. 

Rafin., Ind. It. Sic, p. 45. 





Fig. 176. — Solea solea (côté droit) (X i/3). 



Fig. 177. — Solea solea (côté gauche) (X f/3). 



N. fr. : sole. — N. bret. : garlizen. — N. angl. : common sole. 



D = 74 à 89. A = 60 à 69. C = 19. P = 



8 à 10 
8T^" 



V = 



5 à 6 
5 à 6' 



Pectorale bien développée du côté aveugle, plus longue que le diamètre de l'œil ; pédoncule 
caudal très court ; narine antérieure du Côté aveugle tubulaire, peu visible, plus petit que l'œil. 

Col. : tâche noire terminale àV extrémité de la pectorale. 

Mimétique : côté droit : brun marron,, gris jaune ou gris vert; côté gauche : blanc : la 
tache noire de la pectorale apparaît faiblement marquée en gris. 

Long. : o™,2oà o'",45. 

Hab. : toutes les côtes d'Europe. 

M. d. p. : tramails, chalut. 



104 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 
Solea lascaris Risso. 



1810. PleuronecUs lascaris. 

1826. Solea lascaris. 

1859. Solea pegusa. 

1870. Solea aurantiaca. 



Risso, Ichth. Nice, p. 311. 
Risso, Fn. Eur. Merid., III, p. 249. 
Yarr., Britan., éd. II, II, p. 35i- 
GTHR.,Cat. Fish. B. M. IV, p. 467. 




Fig. 178. — Solea lascaris (côté droit) (X i/3). 



Fig. 179. — Solea lascaris (côté gauche) (X i/3). 



N. fr. : sole. — N. bret. : garlizen. — N. angl. : sand sole, french sole; 

^qàio -, 5à6 
D=65à89. A =52 à 70. € = 19. P = ^.^ — . V = 



8à9" 



5 à6 



Pectorale du côté aveugle bien développée, plus longue que le diamètre de l'œil ; narine 
antérieure du côté aveugle, énorme, plus grande que l'œil, étoilée en rosette ; pédoncule caudal 
fort court. 

Col. : bande longitudinale noire sur la pectorale, cerclée de blanc au bord de la 



nageoire. 



Côté droit : mimétique, jaune pâle ou gris clair. — Côté gauche : blanc. 

Long. : o™,20 à o'",40. 

Hab. : animal plutôt méridional, non signalé en Norvège ; commun en Méditerranée, 
sur les côtes anglaises, en Manche, dans le golfe de Gascogne ; plus commune à RoscoflF 
que S. solea. 

M. d. p. : chalut, tramails. 



1807. Pleuronectes variegatus. 
1810. Pleuronectes Mangili 



Solea variegata Donov. 

DoNOV., Brit. Fish., p. 117. 
Risso, Ichth. Nice, p. 310. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



io5 



1812. 
1817. 
1826. 
1828. 
1832. 
1841. 
1869. 
1881. 



Pleuronedes microchirus. 
Monochir microchir. 
Rhombus Mangilii. 
Solea variegata. 
Solea Mangilii. 
Microchirus lingula. 
Monochirus variegatus. 
Microchirus variegatus. 



Delar., Ann. Mus. Hist. Nat., XIII, p. 356. 

CuviER, Règn. an., II, p. 343. 

Risso, Hist. nat. Eur. mérid., p. 225. 

Flmg., Brit. an., p. 197. 

Ch. Bonaparte, Icon. Faun, ital.. Ill, p. 27 

Ch. Bonaparte, Pesc. Eur., p. 50. 

Yarr., Brit. fish., II, p. 353. 

MoREAU, Hist. nat. Poiss. Fr., III, p. 217. 





Fig. 180. — Solea variegata (côté droit) 't. nat.). 



Fig. 181. — Solea variegata (côté gauche) (t. nat.). 



H. fr. : sole, langue de chat. — N. bret. : garlizen mean. — N. angl. : variegated sole, 
thickback. 

D = 65à72. A=53à56. C = i9. -^ ^ " ^ 



-I- 



V = 



Pectorale du côté aveugle rudimentaire, plus courte que le diamètre de l'œil ; bouche 
presque terminale; museau peu proéminent ; 90 écailles environ en série longitudinale. 

Go\.:Côté droit: rosechairou lie de vinavecJes bandes brunesplusou moinscomplètes; 
queue noire. Côté gauche : blanc. 

Long. : o™,io à o"*,i8. 

Hab. : animal méridional et surtout de profondeur : Méditerranée, golfe de Gascogne, 
Irish Atlantic Slope, entrée de la Manche. Inconnue à Roscolf, 

M. d. p. : chaiui. 

SOUS-ORDRE DE$ LUNIFORMES 

Nageoires musculaires à rayons non visibles, cachés sous la peau ; pas de ventrales. 
Animaux voyageurs: vivant à la surface de l'eau. 

FAMILLE DES MOLID/E 

Peau rude et épaisse; une dorsale, une anale; caudale musculaire, peu développée, 

lobée; volet operculaire en avant des pectorales ; mâchoires en bec de perroquet soudées. 
T. V. — Fasc. 5 14 



I 



io6 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Genre Orthragoriscus Rond. Bloch. 

1554. Orthragoriscus. Rond., De Fisc, mar., XV, p. 424. 

1758. Tetrodon (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, p. 334. 

1790. Diodon (pars). Bloch, Ichth., p. 128. 

1798. Mola. Cuvier, Tabl. élém. Hist, anim., p. 323. 

1801. Orthragoriscus. Bloch., Syst. Ichth. Schneider, p. 510. 

1804. Cephalus. Shaw, General Zool., V, 2, p. 432. 

1810. Orthragm. Rafin, Caratt., p. 17. 

1839. Tympanomium. Ranzani, Novi Comm. Ac. Se. Bonon, V, p. 3. 

1839. Diplanchias. Ranzani, Ibid. 

1839. Trematopsis. Ranzani, Ibid. 

1839. Ozodura. Ranzani, Ibid. 

1839. Pedalion. Swainson, Nat. Hist, and Class'n Fishes, V, i, p. 199. 

1839. Molacanthus. Swainson, Ibid, (jeune). 

1840. Pallasia. Nardo, Ann. Se. Regno Lombard. Venet., V, 10, p. 112 (jeune). 

1842. Acanthosoma. Dekay, N. Y. Fauna, Fish., p. 330 (jeune). 

1843. Gastrophysus. . Muller, Wiegm. Arch., p. 330. 

1844. Ostracion. Richardson, Ereb. and Terr. Ichth., p. 52 (jeune). 
1855. Centaurus. Kaup, Archiv. Naturgesch., p. 221 (jeune). 

1860. Aledon. Castelnau, Mém. Poiss. Afrique Austr., p. 75. 

Orthragoriscus mola L. 



1554. Orthragoriscus vel Luna piscis. 

1686. Mola Salviani. 

1738. Ostracion cathetoplateus suhrotondus. 

1758. Tetraodon mola. 

1766. Mola aculeata. 

1790. Diodon mola. 

1798. Mola rotunda. 

1798. Tetrodon lune. 

1801. Orthragoriscus hispidus. 

1801. Orthragoriscus mola. 

1801. Orthragoriscus fasciatus. 

1804. Cephalus brevis. 

1804. Cephalus pallasianus. 

1815. Diodon carinatus. 

1817. Orthragoriscus spinosus. 

1826. Cephalus orthragoriscus. 

1832. Molaaspera. 

1839. Ozodura orsini. 

1839. Tympanomium planci. 

1839. Diplanchias nasus. 

1839. Trematopsis willughei. 

1839. Orthragoriscus retzii. 

1839. Orthragoriscus ghini. 

1839. Orthragoriscus rondelettii. 

1839. Orthragoriscus blochii. 



Rond., loc. cit. 

Willughb, Hist. Pisc, p. 151. 

Artedi, Gén., 61. 

Linné, loc. cit. 

Kolreuter, Nov. Comm. Petropol., X, p. 337. 

Bloch, Ichth., p. 128. 

Cuvier, Tabl. élém. Hist, nat., p. 323. 

Lacépède, Hist. nat. Poissons, p. 509. 

Bloch, Schneider Syst. Ichth., p. 511. 

Bloch, ibid. 

Bloch, ibid. 

Shaw, loc. cit. 

Shaw, ibid. 

MiTCHiLL, Ann. lyc. Nat. Hist. N. Y, II, p. 264. 

Cuvier, Règn. an., II. 

Risso, Eur. mérid., III, p. 173. 

Ch. Bonaparte, Pesc. eur., p. 87. 

Ranzani, loc. cit. 

Ranzani, loc. cit . 

Ranzani, loc. cit. 

Ranzani, loc. cit. 

Ranzani, loc. cit. 

Ranzani, loc. cit 

Ranzani, loc. cit. 

Ranzani, loc. cit. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



107 



1839. Orthragoriscus alexandrini. 
1889. Orthragoriscus redi. 
1839. Orthragoriscus oculeatus. 
1839. Orthragoriscus elegans. 

1839. Orthragoriscus battaree. 

1840. Pallasiapallasi {}.). 

1842. Acanthosoma carinatutn (\.). 
1844. Ostracion boops (j.). 
1854. Orthragoriscus lunaris. 
1854. Orthragoriscus Solaris. 

1854. Orthragoriscus analis. 

1855. Centaurus boops (j.). 
1860. Aledon storeri. 
1860. Aledon capensis. 
1863. iV/o/a nasus. 

1863. Mo/a fete». 

1868. Orthragoriscus ozodura. 

1895. Mo/a mo/a. 



Ranzani, loc. cit. 

Ranzani, loc. cit. 

Ranzani, loc. cit. 

Ranzani, loc. cit. 

Ranzani, loc. cit. 

Nardo, loc. cit. 

De Kay, loc. cit. 

Richardson, loc. cit. 

Gronow, Cat. Fishes, éd. Gray, p. 105. 

Gronow, loc. cit. 

Ayres, Proc. Ac. Se. cal., II, p. 31. 

Kaup, loc. cit. 

Castelnau, loc. cit. 

Castelnau, loc. cit. 

Steenstrup, Liitken. Overs. Dansk. Ved. Selsk. Forh. 

Steenstrup, loc. cit. 

Harting, Verhandl. Akad. Wet. Amst., 1-48. 

JoRD. EvERM., Fish. North. Am., II, 1753. 



N.fr.: poisson lune, môle. — N. bret. : loâr. 
— N. angL : sunfish. 

Col : gris bleu dorsalement, gris argenté 
ventralement. 

Long. : jusqu'à 2 mètres et au-dessus. 

Hab. : animal signalé dans toutes les mers 
d'Europe, partout assez rare ; vivent en surface 
où ils dorment, le corps oblique, l'aileron 
dorsal sortant un peu de l'eau. 

ORDRE DES GADOIDEI 

III" 
Teléostomes à nageoires ventrales jugulaires. y'jL 

SOUS-ORDRE DES GADIFORMES 

, . , . Fig. 182. — Orthragoriscus mola (X 1/20). 

Ventrales jugulaires ; corps peu ou pas com- 
primé latéralement ; rayons mous ; pas d'appareil ventousaire ; pectorales non pédiculées. 

Animaux nageurs, avec quelques formes littorales. 
Œufs pélagique-. 

FAMILLE DES GADID.-E 

/ I préscnl; rayons l dépassant l'anus Gadui luscus. 

l lexternes des ventrales (ne dépassant pas l'anus Gadus morhua. 

3 dorsales y ^ |jj / ( p'us longue que l'inférieure Gadus (Merlangus) mertangus 

/ mandibule J mâchoire )i|.^^<? i ligne (droite Gadus (Merlangus) virens. 

supérieure f in erieure ; (^(épale (courbée Gadus ( Merlangus) pollachius 

■^ \ ou plus courte J ^ n / r 




io8 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Merlucius merluccivs. 



a dorsales t,^^billons 
I anale , 



, absents 

l ( à plus de 8 rayons, unis par une membrane.. Molua molva. 



présents ; \ 
première l 
dorsale 



1553. Asellus. 
1758. Gadus (pars). 



à nombreux ravons i 3 barbillons Onos trictrratus. 

, crinoïdcb ' ' 5 barbillons Onos mustela . 

[ réduite à moins de 3 rayons Raniceps raninus. 

Genre Gadus L. 

Bel., De Aquat, p. I2i. 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 251. 



Dorsale triple ; anale double ; ventrales à 6 rayons. 



Gadus luscus Willughby. 



y{ V 





1686. Asellus luscus. 
1758. Gadus luscus. 
1758. Gadus harhatus. 
1802. Gadus Mb. 
1828. M or hua lusca. 
1828. Morhua barbata. 



WiLLUGH., Hist. Fisc. p. 169. 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 252. 
Linné, Ibid. 

Lacép., Poiss., II, p. 403. 
Flmg. Brit. an., p. 191. 
Flmg., Ibid. 

N. bret. : moulek, gaud. — N. angL 



Fig. i83. 



Fig. 184. 



N. fr. : tacaud, 
bib, pouting. 

D = 12 — 23 à 23 — ^ 19 à 20. A 27 à 3i — 17 à 20. 
C = 3i. P = i7. V=:6. 

Barbillon à la mandibule ; rayons externes des ven- 
Fie i83 — Gadus luscus Ventrales traies ne dépassant l'anus.. s,'nué au-dessous du commence- 
dépassant l'anus. ment de la première dorsale ; 

Fie. 184. — Gadus morhua. Ventrales j j j r 

ne dépassant pas l'anus. soudure des deux anales ; cau- 

dale, troisième dorsale et seconde 
anale coupées carrément en arrière. 

Col : dos brun jaune sombre bistre clair sur les côtés, ventre 
argenté ou cuivré ; tache noire à l'origine de la pectorale. 
Long. : o'°,2o à o'",35. 

Hab. : très commun sur les côtes de France et d'Angleterre ; rare en Norvège et en 
Méditerranée : très commun en Manche. Vit au-dessus des fonds de sable. 




Fig. i85. — Gddus luscus. 
Soudure des deux anales. 



1553. Morrhua vulgaris. 

1554. Molua aut morrhua. 
1686. Asellus major vulgaris. 
1758. Gadus morhua. 
1758. Gadus callarias. 
1828. Morhua callarias. 
1862. Gadus morrhua. 



Gadus morhua L. 

Bel., De Aquat., p. 128. 

Rond., Fisc, mar., p. 280. 

WiLLUGH., Hist. Pisc., p. 165. 

Linné, Syst. nat., éd. X., p. 252. 

Linné, Ibid. 

Flmg., Brit. An., p. 191. 

Gthf., Cat. Brit. Mus., IV, p. 328. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

N. fr. : morue. — N. angl. : cod. 

D — i3 à i5 — 17 à 19 — 18 à 21. A = 17 à ig— lôàiy. €=42. P=i6. V = 6 

Barbillon à la mandibule; rayons externes des ventrales ne dépassant pas l'anus. 



109 





Fig. 186. — Gadus luscus (X 1/4). 



Fig. 187. — Gadus morhua (X i/io). 



Plus petite hauteur du pédoncule caudal égal à moins de la moitié de la mâchoire 
inférieure. 

Col : gris vert, avec des taches bistres ; ventre blanc. 

Long. : de o™,5o à I mètre, 

Hab. : animal exclusivement septentrional; commun dans l'océan Glacial, l'Atlan- 
tique Nord, la mer du Nord ; rare en Manche. 

M. d. p. : ligne à main. 



1553. Merlangus. 

1554. Asellus (pars). 
1758. Gadus (pars). 
1826. Merlangus. 
1846. Pollachius. 



Sous-genre Merlangus Bel, Risso 

Bel., De Aquat. 

Rond., Fisc, mar.. Lib. IX. 

Linné, loc. cit. 

Risso, Eur. mér., III, p. 227. 

NiLSSON, in Ch. Bonaparte, Pesc. Eur., p. 45. 



Gadus (Merlangus j merlangus L. 



1758. Gadus merlangus. 
1828. Merlangus vulgaris. 



Linné, loc. cit. 

Flmg., Brit. An., p. 195. 



N. fr. : merlan. — N. angl. : whiting. 

0=14316 — i8à22 — i9à2r. A = 3oà34 — 20 à 
24. C = 3o. P = 2o. V = 6. 

Pas de barbillon à la mandibule; mâchoire supérieure 




Fig. 188. — Gadus {Merlangus) 
merlangus (X 1/4). 



no 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



plus longue que l'inférieure; longueur du museau égale à plus des 3/4 de la région pastor bi- 
taire. 

Col. : dos gris ou gris jaune ; ventre argenté. 

Long. : 6^,20 à o°i,40. 

Hab. : poisson de la côte Atlantique d'Europe, de l'océan Glacial à l'Espagne ; rare à 

Roscoff. 

M. d. p. : ligne à main. 



1553. Colfish anglorum. 
1686. Asellusniger. 
1758. Gadus carbonarius. 
1788. Gadus virens. 
1800. Gadus colinus. 
1815. Merlangus purpureus. 
1820. Merlangus virens. 
1828. Merlangus carbonarius. 
1842. Pollachius carbonarius. 
1842. Pollachius virens. 



Gadus (Merlangus) virens L. 

Bell., De Aquat. 
WiLLUGH., Hist. Pisc, p. 168. 
Linné, loc. cit. 
Linné, Ioc. cit. 

Lacép, Hist. Poiss., H, p. 416. 
MiTCHiLL, Trans. Lin. Phil. Soc, l, p. 370. 
Flmg., Brit. An., p. 195. 
Flmg., Brit. An., p. 195. 
• NiLss., in Ch. Bonaparte, Pesc. eur., p. 45. 
NiLSS., loc. cit. 



N. fr. : colin. — N. angl. coal fish. — N. bret. : gwelenek. 
D=i2ài4 — 20 à 22 — 20 à 22. A=24à27 — 20 à 22. = 26. P=20. V = 6. 

Pas de barbillon; mâchoire supérieure plus courte que la mandibule, ou égale à celle-ci ; 
ligne latérale droite et saillante ; 

Longueurdelabasedeladeuxièmedorsaleégale àplus des3/4de la mâchoire inférieure. 





Fig. 18g. ^ Gadus (Merlangus) virens (X 1/4). 



Fig. 190. — Gadus (Merlangus) pollachius (X 1/4). 



Col. : dos noirâtre ou vert foncé ; ventre gris, ligne latérale argentée. 
Long. : o°i,3o à o"i,6o. 

Hab. : animal septentrional ; commun sur les côtes de Norvège et des Iles Britan- 
niques ; commun en Manche. 
M. d. p. : ligne à main. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 



III 



1758. Gadtts pollackius. 
1828. Merlangus pollackius. 
1842. Pollachius typus. 



Gadus (Merlangus) pollachius L 

Linné, loc. cit. 

Flmg., Brit. An., p. 195. 

Ch. Bonaparte, Pesc. eur., p. 45. 



N. fr. : lieu. — N. bret. : leonek, lenvek, lebourch. — ^N. angl. : pollack. 

D = ii — i6ài9 — -iSàiy. A = 24à26 — i6ài8. C=:^. P^iy. V = 6. 

Pas de barbillon à la mandibule ; mâchoire supérieure plus courte que l'inférieure ou 
égale à celle-ci ; ligne latérale incurvée en avant. 

Longueur de la base de la première dorsale égale à moins des 3/4 de la mandibule. 

Col. : dos brun gris tirant parfois sur le rouge ; ventre cuivré avec des taches argentées, 
ou argenté. 

Long. : o°»,3o à on»,8o. 

Hab. : rare dans l'océan Glacial; commun dans l'Atlantique et la Manche; inconnu 
en Méditerranée. 

Habite les herbiers et les fonds sableux. 

M. d. p. : senne, ligne à main. 



Genre Merlucius Bel. Risso. 
1553. Merlucius vel MaWM^ms. Bel., De aquat, p. 123. 



1554. Merlus vel Asellus. 

1758. Gadus (pars). 
1810. Merluccius vel Onus. 
1826. Merlucius. 



Rond., Pisc. mar., p. 

272. 
Linné, loc. cit. 
Rafin, Caratt., p. 25. 
Risso, Eur. mér. IH, 

p. 220. 




Fig. 191. — Merlucius merluccius (X i/5). 



Deux dorsales ^ une anale.; pas de barbillons; 
Ventrales à 7 rayons. 



Merlucius merluccius L. 



758. Gadus merluccius. 
803. Gadus ruber. 
810. Merluccius smiridus. 
828. Merlucius esculentus. 
828. Merluccius vulgaris. 
840. .Merluccius horealis. 
840. Merlucius sinuatus. 
893. Merlucius merluccius. 
895. Merluccius merluccius. 



Poiss., V, p. 673. 
26. 



Linné, loc. cit. 

Lacep, Hist. nat. 

Rafin., Caratt, p 

Risso., loc. cit. 

Flmg.. Brit. An., p. 195. 

SwAiNSON, Lardn. cycl. Fish., H, p. 300. 

SwAiNSON, Proc. Soc. Zool. p. 38. 

Smitt, Skand. Fish., p. 515. 

JoRD. EvERM, Fish. N. Am., HI, 2531. 



N. fr. : merlue, merluche. — N. angl. : hake. 






H 



112 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Col. : dos gris métallique; ventre argenté. 

Long. : o'°,4o à o°»,8o. 

Hab. : commun de la Norvège à l'Espagne; rare à Roscoff ; commun à Guernsey. 



1553. Grillus. 

1554. Molua (pars). 
1758. Gadus (pars), 
1801. Enchdyopus (pars). 
1810. Phycis (pars). 
1817. Lota. 

1825. Lotta. 
1828. Molva. 
1893. Molua. 



Genre Molua Rond. Smitt. 

• Bel., De Aquat, p. 251. 
Rond., De Pisc. mar., p. 280. 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 254. 
Bloch, Schneid. Syst., Ichth., p. 51. 
Rafin, Caratt. 

CuviER, Règn. an., éd. L IL p. 333. 
Risso., Eur. mérid., IH, p. 217. 
Flmg, Brit. an. p. 192. 
Smitt, Scand. Fish., L p. 526. 



Un barbillon à la mandibule: deux dorsales ; une anale ; la première dorsale a plus de 
8 rayons unis par une membrane. 



1553. Grillus vulgaris. 
1758. Gadus molva. 
1801. Enchdyopus molva. 
1817. Lota molva. 
1828. Molva vulgaris.' 
1832. Molva molva. 
1893. Molua molva. 



Molua molva L. 

Bel., loc. cit. 

Linné, loc. cit. 

Bloch, loc.cit. 

CuviER, loc. cit. 

Flmg, loc. cit. 

NiLSSON, Skand. Faun., IV, p. 573. 

Smitt, loc. cit. 



N. fr. : lingue. 
D =14 à 16 - 



— N. angl. : ling. 

63 à 68. A==58à65. C=38. P=i9. V=6. 

Barbillon simple ; mandibule à dents inégales; hauteur du pédoncule caudal faisant 

plus du 1/3 de la longueur de la tête. 
v<7:r>^ /T/ Col. : brun jaunâtre sur le dos; 

chair sur les flancs ; blanc sous le 
ventre. 

Long. : o™,5o à i™,5o. 

Hab. : animal septentrional ; 
de l'Océan Glacial à la Manche où 
elle devient rare, commune en 
Norvège et dans la mer du Nord, 




Fig. 192. — Molua molva (X i/'o). 



M. d. p. 



lignes de fond. 



1553. Galea (pars). 

1554. Mustela (sensu stricto). 



Genre Onos Riss. 

Bel., De Aquat, p. 250. 
Rond., Pisc. mar., p. 282. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



il8 



1758. Gadus (pars). 
1790. Enchelyopus. 
1810. Gaidropsarus. 
1817. Mustek. 
1826. Onos:'-- ^3 
1829. Motella. 



Linné, Syst. nat. éd. X, p. 255. 

Bloch-Schneider, Syst. Ichth., p. 51. 

Rafin., Indice, Ittiol. Sic. 

Oken, Isis. 

Risso., Eur. mérid., IH, p. 214. 

GuviER, Règ. Ran., éd. II, 2, p. 334. 



Deux dorsales ; une anale; barbillon à la mandibule et à la mâchoire supérieure; pre- 
mière dorsale à nombreux rayons crinoïdes, placée dans un sillon. 



1553. Galea venetorum. 

1554. Mustela vulgaris. 
1768. Gadus tricirratus. 

1790. Enchelyopus mediterraneus. 

1810. Onos mustela. 

1829. Motella vulgaris. 

1832. Motella tricirrata. 

1862. Motella maculata. 

1893. Onos tricirratus. 



Onos tricirratus Brunn. 

Bel., loc. cit. 
Rond., loc. cit. 
Brunn, Ichth. Mass, p. 22. 
.Bloch-Schneider, Syst. Ichth., p. 52. 
. Risso, loc. cit. 
Cuvier, Règn. an., II, p. 334. 
NiLss., Prod. Ichth. Skand., p. 48. 
Gthr., Cat. Brit. Mus., IV, p. 365. 
Smitt, Scand. Fish., I, p. 550. 




N. fr. : motelle, loche. — N. bret. : lochen, blountek. — N. angl. : rockling. 
D = 5oà6o— 55 à 60. A=45à5o. C = 26. P = 2o. V^y. 

2 barbillons à la mâchoire supérieure ; un barbillon à la mandibule. 

Longueur de la mandibule plus grande 
que la moitié de la tête. 

Col. : dos gris, avec des taches noires 
circulaires nombreuses ; nageoires impaires 
bordées de rose vif ; dans les jeunes échan- 
tillons, coloration brune avec taches plus 
sombres. 

Long. : o°i,20 à o'^,40. 

Hab. : animal subméridional ; rare en 
Norvège, commun sur les côtes anglaises, 
dans la Manche, le golfe de Gascogne et la 
Méditerranée. 

Les jeunes fréquentent les herbiers dans la zone littorale ; les adultes vivent dans la 
zone côtière. 

M. d. p. : ligne à main. ' " 

' '. '■ Jeune: stade Couchia 







m 



Fig. 193. — Onos tricirratus (X 1/2). 



1818. Gadus argenteolus. 
1859. Motella argenteola. 
1862. Couchia argentata. 
T. V. — Fasc. 5. 



Montagu, Mem. Wern. Soc., II, p. 449. 
Yarr., Brit. fish., éd. II, p. 283. 
Gthr., Cat. brit. Mus., IV, p. 363. 



i5 



114 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 




Fig. 194. — Jeune Onos tricirratus (stade Couchia) 
(X3). 



Long. : o'n,o3. 

Col. : dos glauque ; ventre argenté. 

Longueur de la tête: 7 millimètres, soit 
le 1/4 delà longueur totale; [pris à marée 
basse, en 1908, près de Roc'h ar Gaurek 
(Roscoff)]. 



Stade jeune de 5o millimètres, à tache dorée sur les opercules. 
Col. : brune, ventre blanc. 



1758. Gadus mustela. 
1790. Enchelyapus mustela. 
1829. Motella quinquecirrata. 
1832. Motella mustela. 
1884. Otws mustela. 



Onos mustela L 

Linné, Ioc. cit. 

Bloch-Schneider, Syst. Ichth., p. 52. 
CuviER, Règn. an., II, p. 334. 
NiLSS., Prodr. Ichth. Skand., p. 49. 
Coll., N. Mag. Naturv. Christ., p. 29. 



N. fr. : motelle, loche. — N. bret. : lochen, gaslaër. — N. angl. : rockling. 

D = 5oà52. A=40à4i. C = 25. P = i5. V = 8. 

Quatre barbillons à la mâchoire supérieure ; un barbillon à la mandibule. 
Longueur de la mandibule plus petite que la moitié de la tête. 
Col. : dos brun ; ventre gris jaunâtre; nageoires brunes. 
Long. : o^,ïb à on»,25. 

Hab. : commune dans l'Atlantique et la Manche. 

Adaptée à la vie littorale, elle vit dans les herbiers et la zone des Fucus sous les 
pierres. 





Fig. 195. — Onos mustela (vue dorsalement) (X 2/3). 

Jeune : Stade Couchia. 




Fig. 197. — Jeune Onos mustela (stade Couchia) (X 3). 



Fig. 196. — Onos mustela (vue latéralement) (X 2/3). 



1830. Ciliata glauca. CouCH., Mag. Nat. Hist., V, p. 15. 
1835. Motella glauca. Jenyns, Man.Brit. Vert. Anim., 

P- 451- 
Couchia glauca. iHOMVSOîi, Nat. Hist. Irel.,IV, 
p. 188. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



ii5 



Long. : 32 millimètres. 

Col. : dos glauque, ventre argenté. 

(Ancienne collection du Laboratoire de Roscoff.) 



1758. Blennius (pars). 
1777. Gadus (pars). 
1817. Raniceps. 
1819. Batrachocephalus. 



Genre Raniceps Cuv. 

Linné, Syst. nat., éd. X, p. 258. 

Brunn, Vid. Selsk. Skr. Kbhvn., XH, p. 291. 

CuviER, Règn. an., éd. \, II, p. 217. 

HoLLB., Gbgs. Wett. Wiett. Sanch. n. Hand., IH, p. 39. 



Deux dorsales; une anale; un barbillon à la mandibule; première dorsale réduite à 
moins de 3 rayons. 





Fig. 198. — Raniceps raninus (vu dorsalement) 
(X 1/2). 



Fig. 199. — Raniceps raninus (vu latéralement) 
(X 1/2). 



1758. Blennius raninus. 

1777. Gadus raninus. 

1788. Blennius fuscus. 

1804. Blennius trifurcatus. 

1817. Raniceps raninus. 

1819. Batrachocephalus blenniotdes. 

1832. Raniceps niger. 

1862. Raniceps trifurcatus. 



Raniceps raninus L. 

Linné, loc. cit. 

Brunn, loc. cit. 

MuLLER, Zool. Dan. Pr., p. 43. 

Shaw. Gen. Zool., IV, l, p. 174. 

CuviER, loc. cit. 

HoLLB., loc. cit. 

NiLSS., Prod. Ichth. Skand., p. 50. 

Gthr., Cat. Brit. Mus., IV, p. 367. 



N. bret. : blountek — N. angl. : tadpole fish. 

D = 20u3 — 65à66. A=6o. C = 3oà35. P^20. V = 6. 

La première dorsale comprend deux ou trois rayons indiscernables, car ils sont 
contenus dans un repli de la peau et forment un petit tubercule conique ; tête large; 
ventrales longues. 

CoL : dos brun foncé ; ventre blanc. 

Long. : on», 25. 

Hab. : poisson septentrional ; assez fréquent sur la côte de Norvège ; rarissime en 
Manche. 



Xl6 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 
SOUS-ORDRE DES BLENNIIFORMES 



Ventrales jugulaires; corps non comprimé latéralement; rayons épineux ou appareil ven- 
tousaire ; pectorales nonpédiculées. 

Animaux littoraux, peu nageurs, sédentaires ou fixés. 

.FAMILLE DES BLENNIID^ 

Blenniiformes sans appareil ventousaire, sans éperon préoperculaire, à rayons épineux, 
à ventrales ayant moins de 6 rayons. Pontes fixées. 

Blennius pholis. 

I /nue „, ■ , .. 

à plusieurs avec un lobe médian triangulaire BUnmus galerita. 

\ rayons 1 f au-dessus ; dorsale à rayons égaux Blennius gattorugine. 

Ventrales l visibles ; ■ avec un 1 de l'œil ) 

/ ^*^^ panache en ayant 1 ^^ ^ ^ -^^ Blennius ocellaris. 

f \ \ de loeil \ ^ 

là un seul rayon visible Pholis gunnellus. 

Genre Blennius L. 

1553. Blennius. Bel., De Aquat., p. 221. 

1758. Blennius (pars). Linné, Syst. nat., éd. X, 

p. 256. 
1828. Pholis. Flmg., Brit. amin., p. 207. 

Ventrales à plusieurs f ayons visibles, très 
rapprochées en ligne médiane; une seule 
dorsale formée de rayons épineux et mous. 

Les cf et les Ç ont des papilles génitales 
¥\%.2oo.— Blennius sp.Ven- Fig.201. — Pholis sp. Ven- bien développées; les variations sontgrandes 

traies à plusieurs rayons. traies à un seul rayon vi- . ^, , ^, „ j„„„ i„ ♦o:ii.> 

*^ ^ sibie ^ suivant les espèces et les sexes dans la taille 

et la conformation de ces papilles. Nous ne 
pouvons mieux faire pour leur description que renvoyer sous ce rapport à l'excellente 
étude de Guitel. 

Blennius pholis L. 

Rond., De Fisc, mar., p. 206. ...j. .,. 

Linné, loc. cit. , , . 
Flmg., Brit. An., p. '207. ' 
Gn.L., Amer. Nat., p, 498. , , 





1554. Pholis. 
1758. Blennius ■pholis. 
1828. Pholis lœvis. 
1896. Lipophrys pholis. 



N. fr. : blennie. — N. bret. : peskar-vîl. — U. angl. : shanny. 
D = XII/i8ài9. A = i8. C = ii. P = i3. V = 2 0u3. ■ 



.i;jf!rioi .^skiii. 



Tête nue saxïs crêtes ni panaches dermiques, iLjne petite p^apille lobée présidé yprifice 
antérieur des narines. " - - .- 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



»»7 




Fig. 202. — Blennius pholis (vu de face). 




Fig. 204. — Blennius galerita (vu de face). 





Fig. 2o3. — Blennius pholis (vu latéralement). 




Fig. 2o5. — Blennius galerita (vu de profil). 




Fig. 206. - Blennius gatlorugine (vu de face). Fig. 207. — Blennius gattorugine (vu de profil). 



Col. : très variable, plu.s ou moins mimétique. 

Type fréquent : vert olive marbré de vert sombre ou de noir ; nageoires jaunes ou 
vertes, iri.s rouge. 

Long. : o'n,io à oi",i5. 



ii8 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Hab. : animal littoral; vit sous les pierres dans la zone des cuvettes à algues calcaires, 
des Fucus, des Himanthalia et dans les herbiers, 

Habite toute la côte Atlantique et surtout la Manche et les eaux anglaises ; très 
commun à Roscoff. 

M. d. p. : pris à l'havenet avec d'autres poissons. 




soit 1/4 de la lon- 



Fig. 208. 



Blennius pholis (jeune) 
(X3). 



Stades jeunes. 

Longueur totale : 18 à 20 millimètres. 

Longueur de la tête: 5 millimètres, 
gueur totale. 

Longueur des pectorales: 5 millimètres. 

Dans ces formes, le bord externe de la pectorale atteint 
ou dépasse la moitié de la longueur du corps ; elle s'étend 
jusque sous le 5' rayon de la deuxième partie de la dor- 
sale. 

Des chromatophores noirs se trouvent dans les mem- 
branes interradiaires chez les individus de 18 millimètres et 
disparaissent dans ceux de 29 millimètres. 

Chez l'adulte, la pectorale s'étend seulement vers le 

ir et 12° rayon de la partie épineuse de la dorsale et se 

termine bien en avant de la moitié de la longueur du 

corps. 

„. «,..,•„• Hab. : mares à algues calcaires des niveaux supérieurs 

Fig. 20g. — Blennius pholis. Retrait . . '' ' 

de la pectorale chez l'adulte. (juillet IQll). 




1554. Galerita. 
1808. Blennius galerita. 
1828. Blennius Montagui. 
1840. Ichthyocoris Montagui. 



Blennius galerita Mont. 

Rond., De Pisc. mar., p. 205. 
Montagu, Wem. Mem., I, p. 98. 
Flmg., Brit. An., p. 206. 
Ch. Bonaparte, Pesc. Eur., p. 67. 



12. 



V=2. 



N. bret. : pesk ar vîl. 

D = XIIàXIII/i6ài8. A=i7ài8. C = i2. 

Tête portant un lobe médian triangulaire., dentelé sur les bords, et des filaments sétacés 
en arrière de ce lobe; papille dermique près des narines. 

Col. : très variable; gris brun ou gris bleu, marqué de noir. 

Long. : on»,o5 à c°»,io. 

Hab. : animal méridional; très commun en Méditerranée, quoi qu'en dise Moreau ; 
inconnu en Norwège, très localisé en Manche et rare. 

En 1877, il fut signalé par Joyeux-Laffuie, à Roscoff, où il est assez fréquent dans le 
faciès des cuvettes à algues calcaires des niveaux supérieurs, dans les rochers battus (Duon) 
qu'il caractérise par sa présence. 




ANNALES DE LINSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 119 

Stades jeunes. 

Longueur totale : 19 millimètres. 

Longueur de la tête : 5 — 

Longueur des pectorales : 5 — 

Les pectorales sont semées de petites chromatophores noirs et s'étendent jusqu'au 
loe rayon de la dorsale; le lobe céphalique est déjà 
bien formé. 

Emery donne le dessin d'une forme de 24 milli- 
mètres dans laquelle les pectorales sont plus longues, "^^~^ 
mais le lobe céphalique moins bien indiqué que dans pig. 2,0. _ Biennius gaierita jeune (x 3). 
notre stade de 19 millimètres. 

Hab. : hautes mares à algues calcaires (juillet iqii). 

Biennius gattorug^e L. 

1686. Gattorugine. Willugh., Hist. Fisc, p. 132. 

1786. Biennius gattorugine. Linné, loc. cit. 

1802. Biennius gattorugine. Lacép, Poiss., II, p. 48. 

1826. Biennius fasciatus. Risso., Eur. mér., III. 

N. bret. : pesk ar vîl. — N. angl. : tompot. 

D = XII à XIV/I7 à 20. A =- 21 à 22. V = 1/2. 

Sur la tête, un panache dermique ramifié au-dessus de chaque œil, un peu en arrière du 
diamètre vertical et plus long que celui-ci ; dorsale à rayons sensiblement égaux. 

Col. : très variable. 

Type gris roux ou brun rouge, avec des marbrures brunes et jaunes. 

Type rouge marqué de brun, à nageoires rouges. 

Long. : o'",i5 à o'",25. 

Hab. : dans la zone des Laminaires, sur fond rocheux. 

Animal plutôt méridional; inconnu en Norvège; assez rare en Manche; commun en 
Méditerranée. 

Stades jeunes. 

Longueur totale : 23 millimètres. 

Longueur de la tête : 5 — 

Longueur des pectorales : 6 — 

Le tentacule sourciller est déjà marqué au-dessus de chaque œil, mais à peine bilobé 
à son extrémité libre et plutôt claviforme ; la narine antérieure porte déjà l'indication de 
la frange dermique. 

Col. : pigmentation brune et noire ; corps blanchâtre : chromatophores noirs en plaque 
sur la tête et les joues; bandes transversales noires plus ou moins développées : l'une 
au niveau des 2^. 3^, 4^ rayons de la dorsale; la seconde au niveau des , 7^, 



ISO 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



8*, 9" rayons; une troisième au 
niveau des 12^ et i3^ rayons ; dans 
la deuxième partie de la dorsale, 
un chromatophore noir se trouve 
à la base de chaque rayon. 

L'origine de la caudale est 
bordée de noir. Enfin les mem- 
branes interradiaires des pecto- 
rales, surtout à leur bord externe, 
sont couvertes de larges chroma- 
tophores noirs. 

Hab. : plusieurs échantillons dans les mares à algues calcaires des niveaux supérieurs 
(juillet 1911) et un échantillon dans le plankton, de 20 millimètres, en octobre 1910. 

Stades jeunes de o™,o5 avec tache irisée sur le début de la dorsale. 

Blennius ocellaris L. 




Fig. 211. 

Fig. 311 et 212. 



Fig. 212. 
Blennius p;attorugine. Stade jeune (X 4)- 




Fig. 2i3. — Blennius ocellaris. Dorsale ocellée. 





Fig. 214. — Blennius ocellaris (vu de profil). 



Fig. 21 5. — Blennius ocellaris (Vu de face). 



1553. Blennius. 

1554. Scorpioîdes. 
1786. Blennius ocellaris. 
18Q3. Blennius.lepus. 



Bel., loc. cit. 

Rond., loc. cit. 

Linné, loc. cit. 

Lâcép., Poiss., IL p. 461. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



121 



N. angl. : butterfly blenny. 
D=XIàXII/i4ài6. A=i8. V=I/2. 

Près de chaque œil, en avant du diamètre vertical et plus long que celui-ci, un tentacule 
ramifié; dorsale à rayons très inégaux: les premiers rayons épineux, surtout le premier, sont 
énormes et la première partie de la dorsale est beaucoup plus haute que la seconde. 

Col. : variable. — Un ocelle noirâtre sur les 6® et 7^ rayons épineux. 

Long. : o'",i5 à 0,20. 

Hab. : animal méridional ; commun en Méditerranée; trouvé fréquemment sur la côte 
anglaise ; inconnu sur la côte française de la Manche Occidentale. 

L'échantillon que nous figurons provient du Laboratoire de Plymouth. 



1758. "Blennius (pars). 
1765. Pholis. 

1800. Murœnoïdes. 

1801. Centronotus. 
1815. Dadyleptus. 
1825. Gunndlus. 
1839., Ophisomus. 
1842. Gunellus. 



Genre Pholis Gronow. 

Linné, Syst. nat., éd. X, p. 257. 
Gronow, Zoophylaceum, p. 78. 
Lacépède, Hist. Poiss., II, p. 324. 
Bloch-Schneider, Syst. Ichth., p. 165. 
Rafin., Anal. Nat., p. 82. 
Flmg., Brit. An., p; 207. 
Swainson, Nat. Hist. Class. Anim., IL p. 277. 
Ch. Bonaparte, Pesc. Eur., p. 69. 



Ventrales à un seul rayon visible extérieurement. 
Dorsale unique entièrement épineuse. 



1758. Blennius gunneUus. 
1758. Ophidion imberbe. 
Yn2. Blennius europaus. 
1777. Pholis gunndlus. 
1779. Blennius murœnoïdes. 
1800. Murœnoïdes sujef. 

1800. Murœnoïdes gtittatus. 

1801. Centronotus gunneUus. 
1815. Ophidium mucronaium. 
1828. GunneUus vulgaris. 
1839. Ophisomus gunneUus. 
1864. Murœnoïdes gunneUus. 



Pholis gunneUus Linné 

Linné, Ioc. cit. 

Linné, Ioc. cit. 

Olafsen, Reisei Island, I, p. 81. 

SCOPOLI,. Introd. Hist. Nat., p. 456. 

Sujef, Act. Petrop., p. 195. 

Lacépède, Poiss., II, p. 324. 

Lacépède, Ioc. cit. 

Bloch-Schneider, Syst. Ichth., p. 167. 

MiTCHiLL, Trans. Lit. Phil. Soc. N.-Y., II, p. 361. 

Flmg., Ioc. cit. 

Swainson, loc. cit. 

GiLL, Proc. Ac. Se. Nat. Philad., p. 204. 



N. fr. : gonelle. — N. bret. : païen. — N. angl. : butterfish, gunnel. 
D = LXXVIIàLXXX. A = II/39à43. C = i5. P = ii. V = I/2. 

Col. : dos brun marron, parfois tacheté de gris clair, ou même gris clair avec 10 ou 
T. V. — Fasc. 5. 16 



:22 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



II taches ocellées noires, cerclées de blanc, placées à cheval sur la nageoire dorsale et le 
dos; nageoires jaunes ; ventre gris clair. 

Long. : o",i5 à 0^,20. 

Hab. : dans la zone des Fucus, sous les pierres, sur fonds de graviers ou de coquilles 
brisées. 

Poisson septentrional ; depuis l'océan Glacial jusqu'à l'Espagne; commun sur les 
côtes de Norvège, d'Angleterre et en Manche. 





Fig. 216. — Pholis gunnellus (vu de face). 



Fig. 217. — Pholis gunnellus jeune (X 2). 



Stade jeune. 

Longueur: 0^^,06 . 

Col. : corps brun rouge, tacheté d'argent; tache jaune operculaire; les 11 taches sont 
déjà indiquées, mais elles sont plutôt brunes que noires; les trois premières sont seules 
bien nettes; l'anale est blanche, barrée de 14 à i5 bandes brunes; à marée basse 
(novembre 1911). 

FAMILLE DES TRACHINID^ 

Blenniif ormes sans appareil ventousaire, sans éperon prêoperculaire; ventrales à 6 rayons; 
deux dorsales ; . 

Poissons de fonds sableux, à œufs pélagiques. 

j, . , , , . • j ., s présente Trachinus draco. 

Épine sur le bord antérieur du sourc.i | ;;^„^ Trachinus ripera. 




Genre Trachinus L. 



1553. Draco. 
1758. Trachinus. 



Bel., De Aquat., p. 216. 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 250. 



Yeux latéraux, placés très haut ; première dorsale à 6 ou 7 rayons 
épineux très aigus ; épines operculaires ; piqûre dangereuse. 



Trachinus draco L. 



Fig.2i8. — Trachinus 
sp. Ventrales à six 
rayons. 



1553. Draco marinus. 

1554. Draco. 

1758. Trachinus draco. 

1801. Trachinus lineatus. 

1802. Trachinus major. 



p. 300. 



Bellon, loc. cit. 

Rond., De Pisc. 

Linné, loc. cit. 

Bloch-Schneider, Syst. Ichth., p. 55. 

Donov., Brit. Fish., V, p. 107. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



123 





Fig. 219. — Trachinus draco (vue de face) (X 1/2). F'g- 221. — Trachinus vipera (vue de face) (X 2/3). 





Fig. 220. — Trachinus draco (vue de profil) (X i/^)- Fig. 222. — Trachinus vipera (vue de profil) (X 2/3). 

N. fr. : vive. — N. norm. : montmartin. — N. bret. : braoklàno. — N. angl. : wee- 
ver, great weever. 



D = VI — 3o. A = II/3o. C = i5. 



i5. V = I/5. 



Epine sur le bord antérieur du sourcil. 

Col. : dos brun zébré de bleu ; flancs jaunes, marqués de bandes obliques brunes à 
reflets bleus, suivant les lignes d'écaillés ; le ventre est blanc et jaune; première dorsale 
noire en avant, grise en arrière. 

Long. : o",25 à o™,40. 

Hab. : commune dans les régions sableuses de la Norwège à la Méditerranée : très 
commune à Granville. 

M. d. p. : chalut, ligne à main. 



1830. Trachinus vipera. 



Trachinus vipera Cuv. Val. 
Cuvier-Val., Poiss., III, p. 254. 



N. fr. : vive. — ^N. angl. : weever, little weever. — N. bret. : braok lâno bihan. — 
N. norm. : montmartin. 

D= VI à VII — 24. A =1/24. V=I/5. 



I 



124 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Pas d'épines au bord antérieur du sourcil. 

Col. : dos brun; flancs roux; ventre blanc; première dorsale noire; caudale grise, 
bordée de jaune et de noir. 

Long. : o™,io à o™,20. 

Hab. : sur les fonds sableux, sous une faible épaisseur d'eau, très rare en Norvège; 
commune en Manche, dans l'Océan, la Méditerranée. 

M. d. p. : à rhavenet ou avec des crampons de fer pour retourner le sable. 

FAMILLE DES CALLIONYMIDiE 

Blenniif ormes sans appareil ventousaire, à préopercule terminé en éperon, à rayons épineux; 
deux dorsales ; corps déprimé. 

Animaux de fond à œufs pélagiques. 




Genre Gallionymus Bel. L. 



1553. Callionymus (pars). 

1554. Dracunculus'. 
1740. Uranoscopus (pars). 
1758. Callionymus. 



Bel., De Aquat., p. 219. 
Rond., De Pisc. mar., p. 304. 
Gronov, Mus. Ichth., I. 23. 
Linné, Syst. nat., éd. X, p. 249. 



Fig. 223. — Callio- 
nymus lyra.Pré- 
opercule en épe- 
ron. 



Ventrales écartées de la ligne médiane, très rapprochées des pec- 
torales ; mâchoire protractile. 

Gallionymus lyra L. Val. 

c? 1758. Callionymus lyra. Linné, loc. cit. 

9 1758. Callionymus dracunculus. Linné, loc. cit. 
9 d* 1828. Callionymus lyra. Val, Poiss. 

N. angl. : dragonnet, skulpin. — N. bret. : tousek. 

D. IV— 9. A = 9. C = io. P=2o. V=l/5. 



Base de l'anale égale à moins des 2/3 delà distance entre le début de cette nageoire et 
^ le bout du museau. 

Y^ {* ) Col. : bandes longitudinales sur la deuxième dorsale. 

Caractères sexuels. — cf. — papille génitale conique, 
bien développée. 

cf en parures de noces : museau extrêmement déve- 
loppé ; le premier rayon de la première dorsale devient 
énorme et atteint le 8^ rayon de la seconde ; les derniers 
rayons de celle-ci sont plus longs que les rayons anté- 
rieurs et atteignent la base de la caudale. 

Dos brun ; côtés du corps portant des bandes bleu 
sur un fond jaune; la première dorsale est jaune mar- 



Fig. 224. Fig. 225. 

Callionymus lyra. 

d Papille génitale 9 Orifice génito-uri- 
naire et aijus. 



et anus. 



ANNALES DE LINSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



125 



r 



quée de blanc; la deuxième dorsale est barrée de bleu turquoise et de jaune; la tête est 
jaune avec des dessins bleu turquoise. 

Les cf sont plus grands que les femelles, et moins nombreux. 

cf jeune : mimétique : coloration générale brunâtre avec des dessins complexes blancs 
ou rouge brique ou bleu clair; la papille génitale est 
courte ; le premier rayon de la première dorsale atteint 
le quatrième rayon de la seconde : 

9. — Pas de papille génitale ; coloration du mâle 
jeune. Le premier rayon de la première dorsale atteint 
la base du premier rayon de la seconde ; les derniers 
rayons de celle-ci sont plus courts que les premiers. 

Les cf jeunes et les 9 furent décrits sous le nom de 
C. dracunculus. 

Long. : d* = o™,2o à o™,3o. 

d jeunes et 9 = o^^ib à o™,20. 

Hab. : animal de fonds sableux ; habite aussi les fonds 
de maërl. (les échantillons de ce dernier fond ont une colo- 
ration rosée, accentuée). 

Sur toute la côte océanique de Trondhjem à Gibraltar. Commun en Manche; raris- 
sime en Méditerranée. 

M. d. p. : au chalut, à la senne, à la drague. 




Fig. 3i6. Fig. 227. Fig. 228. 

Callionymus lyra. Première dorsale. 
cT en parures cf jeune. 9. 

de noces. 



FAMILLE DES GOBIESOCID^ 

Blenniiformes à appareil ventousaire double. 

Cet appareil est formé de deux ventouses : l'antérieure représente les ventrales et 
est soutenu par les os du bassin ; la postérieure résulte de la soudure des coracoïdiens pos- 
térieurs. 

Animaux littoraux, à œufs fixés. 

/plus longue que l'anale; ( unie à la dorsale et à l'anale Lcpadogaster Gouani . 

j caudale ( libre Lepadogaster De Candolli. 

i /en avant du 3« rayon de la dorsale; lar-j 

r,„, I ' [ geur de la queue : 5 à 6 fois dans sa f Lepadogaster microcephalus . 

uorsaie. à peu près égale à l'anale \ longueur ) 

f !"■ ravon de l'anale , ' ' 

f ' placé \ *^" arrière du i" rayon de la dorsale : \ 

' ' largeur de la queue : 3 à 4 fois dans ; Lepadogaster bimaculatus. 

sa longueur ' 



1738. Cyclopterus (pars). 
1770. Lepadogaster. 
1802. Gobiesox. 
1810. Piescephalus. 
1839. Rupisuga. 
1864. Mirbelia. 



Genre Lepadogaster Gouan. 

Artedi, Walbaum, VII, p. 490. 

Gouan, Hist. Poiss. 

Lacép., Poiss. 

Rafin., Caratt. 

SwAiNSON, Nat. Hist. Cl. Anim. 

Canestrini, Arch. Zool., III, p. 189. 



126 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Une dorsale et une anale à rayons distincts. 

Nous nous faisons un plaisir de rappeler que l'étude des Gobiesocidce a été faite en très 
grande partie parle professeur Guitel, et nous ne faisons ici que résumer succinctement 
les résultats qu'il a obtenus en systématique ; nous sommes heureux que le savant 
ichthyologiste ait bien voulu profiter de notre modeste travail pour y insérer sur notre 
demande la petite note rectificatrice suivante : 

« — Un certain nombre d'erreurs concernant le Lepadogaster bimaculatus se sont 
glissées dans mon travail de 1889 {Recherches sur les Lepadogaster) et dans une note 
insérée aux comptes rendus de l'Académie des Sciences de 1890. 

« Mon élève et excellent ami, Le Danois, m'a demandé de relever moi-même ces 
erreurs. Je le fais de grand cœur et le remercie de l'occasion qu'il m'oflfre de rectifier 
deux de mes travaux. 

« Dans mon mémoire de 1889, tout ce qui est donné comme ayant trait à Tanatomie, 
à l'œuf ou à l'embryon duZ,. bimaculatus Fleming (j'aurais dû écrire Pennant), se rapporte 
en réalité au L. microcephalus Brook. 

« En ce qui concerne l'habitat, les spécimens donnés comme provenant de dragages 
appartenaient seuls à l'espèce ancienne [L. bimaculatus). Au contraire, tous ceux qui ont 
été pris à la côte dans les souches de Laminaria bulbosa doivent être rapportés au L. mi- 
crocephalus. 

« Les figures 11 (pi. XXXII), i (pi. XXXIII), i à 8 (pi. XXXIV) et 8 (pi. XXXV), 
données comme concernant le L. bimaculatus se rapportent toutes au L. microcephalus. 

« Enfin, dans la note parue aux comptes rendus de 1890 et intitulée : Sur les diffé- 
rences sexuelles du L. bimaculatus Flem. Il s'agit encore, non du L. bimaculatus, mais du 
L. microcephalus. » F, Guitel. 

Lepadogaster Gouani Lacép. 

1738. Cydopterus lepadogaster. Artedi, Walb., VIT, p. 490. 

1798. Lepadogaster Gouanii. Lacépède, Poiss., II, p. 14. 

1801. Lepadogaster rostratus. Bloch-Schneider, Syst. Ichth., p. i. 

1804. Cydopterus cornubicus. Shaw., Gen. Zool., V, p. 397. 

1805. Cydopterus ocellaius. Donov., Brit. Fislu, IV, p. 76. 
1810. Lepadogaster halhis. Risso, Ichth., p. 73. 

1826. Lepadogaster hiciliatus. Risso, Eur. mérid., II, p. 272. 

1859. Lepadogaster cornubiensis. Yarr., Brit. Fish., éd. II, p. 359. 

N. angl. : sucker. 

D = i5à20. A =9 à 12. G = 14. P = 20. V = 4. 

Dorsale plus longue que l'anale. — Caudale unie à la dorsale et à l'anale. — Tentacule 
nasal bifide. 

Col. : variable. — Type le plus fréquent : rouge marqué de taches brunes. — Ven- 
touses et nageoires rouges ou roses. — Sur la tête, deux taches rondes bleu clair en 
arrière des yeux. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



127 







Fig. 229. 



Fig. 23o. 



Fig. 23i. 



Fig. 232. 




Fig. 234. 




Fig. a38. 




Fig. 335. 






Fig. 236. 




~^^ 




Fig. 239. 



-~~^j2^^ 




Fig. 240. 




Fig. a33. 




Fig. 237. 

Fig. 229. — Lepadogaster Gouani. Tentacule nasal et taches ocellées (t. nat.) 

Fig. 23o. — Lepadogaster De Candolli. Tache des opercules (t. nat.). 

Fig. 23 1. — Lepadogaster bimaculatus. Museau et joues, ocelle latéral (X 2). 

Fig. 232. — Lepadogaster microcephalus. Museau et joues (X 2). 

Fig. 233. — Lepadogaster sp. Appareil ventousaire double (t. nat.). 

Fig. 234. — Lepadogaster Gouani (profil). Tentacule nasal, ocelles (t. nat.). 

Fig. 235. — Lepadogaster De Candolli (profil). Tache operculaire (t. nat.). 

Fig. 236. — Lepadogaster bimaculatus cT. Ocelle pourpre latéral (X 2). 

Fig. 237. — Lepadogaster microcephalus cf. Taches de la dorsale et de l'anale (X a)- 

Fig. 338. — Lepadogaster Gouani. Dorsale et anale unies à la caudale. 

Fig. 239. — Lepadogaster De Candolli. Dorsale et anale libres, dorsale longue. 

Fig. 240. - Lepadogaster microcephalus. Dorsale et anale (X 2)- 

Fig. 241. — Lepadogaster microcephalus. Dorsale et anale (X 2). 



Fig. 241. 



Long. : o"»,o5 à o™,io. 

Hab. : vit sous les pierres dans la zone des Fucus, Himanthalia., et Laminaires. 
InconnuenNorvège; commun dans l'Atlantique, la Manche, la Méditerranée; commun 
à Roscofif. 



ia8 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



1810. Lepadogasier De CandoUi. 
1826. Lepadogasier Jussieui. 
1826. Lepadogasier oUvaceus. 
1846. Lepadogasier Candollii. 
1864. Mirbelia De Candollii. 

N. angl. : sucker. 



Lepadogaster De Gandolli Risso. 

Risso, Ichth., p. 76. 
Risso, Hist. Nat., p. 273. 
Risso, Hist, nat., p. 274. 
Brisout, Rev. Zool., p. 281. 
Canestr., Arch. Zool., III, p. 189. 



D=i4ài6. A=gàii. C = 18. P = 22. ¥ = 4. 

Dorsale plus longue que l'anale ; caudale libre ; pas de tentacule nasal bifide. 

Col. : variable. — Type fréquent : jaunâtre avec des nageoires rouges. 

Tache vermillon sur l'opercule. 

Long. : o"i,o5 à o™,i2. 

Hab. : Animal méridional, inconnu en Norvège ; assez commun dans l'Océan et la 
Manche; très commun en Méditerranée, assez commun à Roscoff (Kaïnou), surtout les 
jeunes. 

Vit au niveau des Himanthalia et des Laminaires. 



Lepadogaster bimaculatus Pennant Guitel. 



1776. Bimaculated Sucker. 

1788. Cyclopterus bimaculalus. 

1798. Gobiesox bimaculatus. 

1810. Lepadogaster ocellatus. 

1826. Lepadogaster Desfontani. 

1828. Lepadogaster bimaculatus (pars). 

1864. Mirbelia Desfontaini. 

1880. 

1904. 



Mirbelia bimaculata. 

Lepadogaster bimaculatus (sensu stricto). 



Pennant, p. 397, pi. XXII. 

BoNNATERRE, Encycl. nat., p. 29. 

CuviER, vol. II, p. 226. 

Risso, Ichth, p. 74. 

Risso, Eur, merid, p. 275. 

Flem., p. 190. 

Canestr., p. 207. 

GiGLioTi, p. 93. 

Guitel, Arch. Zool. exp. gen., 392. 



D = 5à6. A = 4à5. P=2oà24. C = i9à2i. 

Dorsale et anale sensiblement égales. Premier rayon de l'anale placé au-dessous ou en 
arrière du troisième rayon de la dorsale ; largeur de la queue contenue 3 à 4 fois dans sa 
longueur ; museau beaucoup plus étroit à l'extrémité qu'à la base, à bords latéraux faisant 
entre eux un angle de 60° à 70°. 

Col. : dos pourpre tacheté de blanc argenté. 

Caractères sexuels. — cf:ocelle pourpre cerclé de jaune pâle sur les flancs; taches argen- 
tées en arrière; gorge et ventre uniformément pourpres. 

cf jeunes et 9 : pas d'ocelle pourpre; coloration pourpre du dos se prolongeant sur les 
flancs et les joues en piliers pourpres ; ventre et gorge argentés marqués de taches roses 
isolées. 

Long. : on»,o2 à on»,o5. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 129 

Hab. : mers d'Europe depuis la Norvège à la Méditerranée; vit toujours en profondeur, 
souvent sur fonds de maërl [Lithothamnion) ou de coquilles brisées; ne se trouve jamais à 
marée basse. 

M. d. p. : à la drague. 

Lepadogaster microcephalus Brook. 

1776. Bimaculated Sucher. Pennant, loc. cit. 

1828. Lepadogaster bimaculatùs (pars). Flmg., loc. cit. 

1889. Lepadogaster microcephalus. Brook, p. 166. 

D = 5 à 7. A = 5 à 7. C = i8à22. P = 20 à 24. 

Dorsale et anale de taille sensiblement égale ; premier rayon de l'anale au-dessous ou en 
avant du deuxième rayon de la dorsale ; largeur de la queue contenue 5 ou 6 fois dans sa 
longueur-^ museau presque aussi large à son extrémité qu'à sa base, à bords latéraux fai- 
sant entre eux un angle de 30° à 40°. 

Col. : tache verte ou marron, bien développé à l'origine de la dorsale et de l'anale. 

Variable : a) type vert lavé de jaune et de rouge ; 

b) type vert marbré; 

c) type marron acajou ; 

d) type marron marbré; 

e) type marron à grandes taches blanches dorsales. 

Caractères sexuels. — cf : joues saillantes; large tache noire ou pourpre sur la dorsale et 
l'anale ; taches rouges sous la gorge. 

cf jeune et 9 : joues aplaties; pas de taches sur la dorsale et l'anale ; gorge blanche. 

Hab. : Manche, Océan, Méditerranée; commun à Roscofï dans la zone des Lami- 
naires. 

SOUS-ORDRE DES LOPHIIFORMES 

Téléostomes à nageoires ventrales jugulaires, à corps non comprimé latéralement, mais 
déprimé verticalement et à pectorales pediculées. 

FAMILLE DES LOPHIID^ 

Peau nue; tête énorme, gueule largement fendue; première dorsale fragmentée en 
rayons libres de formes différentes; 

Animaux de fond., à œufs pélagiques agglutinés dans une enveloppe gélatineuse alvéo- 
laire. 

Genre Lopbius L. 

1563. Rana. Bel., De Aquat, p. 85. 

1758. Lophius. Linné, Syst. nat., éd. X, p. 236 [Amphibia fiantes) . 

1810. Batrachus. Risso, Ichth. Nice. 

T. V. — Fasc. 5. 17 



i3o 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 




Lophius piscatorius L. 



1553. Rana marina. 

1554. Rana piscatrix. 
1738. Lophius ore cirroso. 
1758. Lophius piscatorius. 
1779. Lophius harhatus. 
1804. Lophius cornubicus. 
1804. Lophius europœus. 
1810. Batrachus piscatorius. 
1837. Lophius americanus. 



Bell., loc. cit. 

Rond., Pisc. mar., p. 363. 

Artedi, Gen. Pisc, p. 63. 

Linné, loc. cit. 

MoNTiNUS, Act. Holm., \\l, IV. 

Shaw, Gen. Zool., V, p. 381. 

Shaw, ibid. 

Risso, Ichth., Nice. 

CuviER, Val., Poiss., XII, p. 380. 



Fi{;. 242. — Lophius piscatorius 
(modifié d'après Guitel). 



N. fr. : baudroie, lote. — N. bret. : marimorgan (Roscoff); 
marmoraine (Cancale). — N. angl. : angler, lishing frog. 

D = I + I + I + III 10 à 12. A=ioàii. C = 8. 
P = 23 à 24. V = 1/5. 

Epine coracoïdienne faisant la moitié de la distance qui la 
sépare de la partie supérieure du coracoïdien. 
Col. : do» marron foncé ; veritre blanc. 
Long. : o"*, 5o à 2 mètres. 
Hab. : fonds sableux et herbiers immergés. 

Toutes les mers d'Europe depuis l'océan Glacial jusqu'à la Méditerranée et jusque 
dans les grandes profondeurs. 



DEUXIEME PARTIE 

BIOLOGIE 



CHAPITRE I 
SEXUALITÉ ET NOTES EMBRYOLOGIQUES 

Au cours de nos descriptions morphologiques, nous avons soigneusement noté les 
différences entre les mâles et les femelles des espèces de Poissons dont le sexe peut être 
distingué extérieurement; mais nous avons volontairement laissé décote toute descrip- 
tion concernant les œufs, les habitudes de ponte et les stades embryologiques, nous réser- 
vant de les grouper en ce chapitre, afin que la comparaison, plus frappante par le rap- 
prochement des faits, nous permette d'envisager l'ensemble de l'instinct sexuel et fami- 
lial chez les Poissons et ses variations. Nous étudierons successivement sous ce rapport : 

Les Cyclostomes; 

Les Plagiostomes; 

Les Téléostomes. 

A. — CYCLOSTOMES 

Les Lamproies sont des poissons anadromes ; ils remontent les rivières au moment de 
la ponte et abandonnent leur vie marine. Ils creusent des cavités dans le lit des cours 
d'eau ; une fois le nid fait, la femelle se colle à la roche par sa ventouse ; le mâle adhère 
à son tour contre la tête de la femelle, puis s'enroule autour d'elle, de façon que sa 
papille génitale soit au voisinage de l'orifice femelle ; par de communes pressions des deux 
corps, les œufs et les spermatozoïdes sortent en même temps, et assurent la fécondation. 
On pense que les Lamproies meurent aussitôt après l'accouplement. 

B. — PLAGIOSTOMES 

Caractères sexuels. — Les Squales et les Raies présentent un caractère facile à dis- 
tinguer, qui permet à première vue de séparer les mâles des femelles; les mâles portent, 
en effet, de chaque côté du cloaque et adossés aux ventrales, des piérygopodes., longues 
tiges cartilagineuses qui sont enfoncées dans les oviducies de la femelle pendant l'accou- 



1 32 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



plement et entre lesquelles sort le pénis, interne habituellement. Nous trouvons chez 
les Raies des caractères sexuels secondaires : nous rappelons brièvement : la dis- 
position variable des épines sur la queue {R. miraleius, R. microcellata, R. undulata, 
R. punctata) ; la présence d'épines au bord antérieur du disque chez les mâles [R. punc- 
tata). 

Les Raies s'accouplent en se plaçant ventre à ventre ; ce renseignement m'a été four- 
ni par les pêcheurs qui assez souvent en trouvent ainsi unies quand la femelle est prise à 
l'hameçon : ils remontent les deux animaux, avant qu'ils aient pu se séparer; le mâle 
mord quelquefois encore le bord du disque de la femelle. 

Les Esturgeons sont anadromes: au moment de la reproduction, ces animaux, de vie 
ordinairement marine, remontent les rivières même très loin de leurs embouchures; et 
c'est dans le lit des cours d'eau qu'ils déposent leurs œufs : ils redescendent ensuite vers la 
mer ainsi que les jeunes nouvellement éclos. 

Œufs des Plagiostome;;. 

Les Plagiostomes comprennent des Ovipares et des Ovovivipares. 

1° Ovipares. — Selachoïdei {ScylliidcB). 
Batoïdei. 
Ganoïdei. 
2° Ovovivipares. — Selachoïdei (sauf les 
Scylliidce). 

1° Ovipares. 

Les Scylliidce pondent des œufs fécondés ; 
puisqu'il y a accouplement chez ces Poissons, 
le vitellus est entouré par une coque dure rec- 
tangulaire. 

Dans le Scylliorhinus canicula, la coque 
est lisse, transparente comme de la corne et à 
chaque angle de l'œuf se trouvent des filaments 
rappelant les vrilles de la vigne; l'œuf mesure 
o°»,o6 de longueur sur o°i,02 de largeur. Le 
jeune se développée l'intérieur de l'œuf qui 
est accroché à des algues par la femelle qui 
tourne en pondant autour du support. Le dé- 
veloppement dure huit mois : le germe a o"i,09 
à l'éclosion. 

Chez le Scyllium stellare, l'œuf est plus 
grand, et sa coque est plus dure que dans le 
Scylhorhnus canicula : cette coque est opaque, de coloration jaunâtre et rayée longitudi- 
nalement : deux crêtes bien marquées la bordent latéralement. L'œuf mesure environ 
om,i2 de long sur o"',o4 de large. Les Roussettes pondent de lévrier à septembre de 20 à 
3o œufs, par deux à la fois. 




Fig.243. — Œuf de Scy/- 
lium stellare (X 1/2). 



Fig. 244. _ Œuf de Scyl- 
liorhinus canicula{X2/3). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



i33 



L'œuf de Pristiurus melanostomus, est quadrilatère, mais sans 
filaments en vrilles : il mesure 6^,oÇ) sur o"*,o3. 

Les Raies ont les œufs à peu près rectangulaires; les bords sont 
aplatis et prolongés en avant et en arrière par des cornes ; les 
cornes antérieures sont les plus courtes: la coque de l'œuf est très 
dure, cornée, opaque, de coloration brune ou noire. 

La taille et la forme varient selon les espèces : 

Espèces. Largeur. 

R. bâtis o, 1 3 

R. clavata o,o5 

R. microccllata o,o5 

R. undulata o,o5 

R. asterias , 0,07 

R. punctata. . . . T 0,04 

R. miraletus o,o3 



Longueur sans cornes. 


l^ongu 


cur avec cornes. 


0,17 




0,45 


0,08 




o,i5 


0,09 




0,20 


0,08 




0,16 


0,12 




0,2a 


0,06 




0,12 


0,00 




0,18 




Fig. 245. — Œuf de Pris- 
tiurus melanostomus 
(X 2/3) (d'après Smitt). 




Fig. 248. 



Les Raies pondent principalement en été (juin, juillet, aoiàt); le jeune sort de l'œuf par 
l'extrémité inférieure ; il 
mesurée l'éclosion de 
o'",i4 ào'",i6 (sauf pour 
R. bâtis. R. macroryncha). 

2° Ovovivipares. 

La majorité des 
Squales, exception faite 
de la famille des Scyl- 
liidee sont ovovivipares ; 
sous ce terme, on entend 
que les Squales ont des 
œufs, mais que le déve- 
loppement del'embryon 
se fait en totalité dans 
le corps de la mère, de 
sorte que l'éclosion cor- 
respond à un véritable 
accouchement: ce mode 
de reproduction subit 
des variations suivant 
les espèces. 

Type : Squalus acan- 
thias. — Les œufs en 
nombre variable sont 
contenusdansune coque 
ellipsoïdale , amincie 
aux extrémités, plus ou 
moins gélatineuse : le 





Fig. 246. 



Fig 
Œufs des différentes 



• 249- 
raies. 



Fig. 25o. 



Fig. 24b. 

F'g- 247- 
Fig. 248. 
Fig. 249. 
Fig. 25o. 



— Raia bâtis (X i/5). 

— Raia asterias (X i/3) (d'après Holt;. 

— Raia microccllata (X i/3) (Id.l. 

— Raia punctata (X i/3) {\à.). 

— Raia miraletus (X i/3) (Id.). 



I 



•34 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



nombre des ovules fécondés varie de deux à dix. Les embryons quittent la mère vers la 
fin de l'hiver ; à partir du mois de mai on trouve des embryons au début de leur déve- 
loppement; en été, ils atteignent de o"',04 à o™,o6, et à leur nais- 
sance, vers mars, o™,25. 

Type : Mustelus asterias. — Dans ce squale, la paroi externe 
de l'œuf est unie à la paroi interne; Tembryon absorbe graduelle- 
ment le vitellus et arrive à être enveloppé dans une mince mem- 
brane reliée à la paroi externe par un long pédicule, véritable 
cordon ombilical, et il semble contenu dajns un placenta: un tel 
fœtus est dit acotylédone. Dans le Mustelus asterias, on trouve 
ainsi à des stades différents de lo à 20 embryons. 

Dans une portée de ce squale, j'ai une fois trouvé au milieu 
de fœtus bien développés et prêts à naître, un individu de o™,o5 à 
o°^,o6 absolument desséché et mort depuis longtemps sans aucun 








Fig. 25i. — Squalus acanthias. 
Coque ovigère avec quatre 
œufs (X 1/2 . 



Fig. 252. — Jeune Roussette 
avant l'éclosion. 



Fig. 253. — Jeune Raie à l'éclosion. 



doute ; la présence de ce petit cadavre momifié dans l'utérus maternel n'avait absolument 
pas empêché la croissance des autres embryons. 

Galeus canis : type du Mustelus asterias, mais avec 20 ou 3o embryons. 

Squatina angélus : type du Squalus acanthias : la portée comprend une vingtaine de 
petits qui naissent au mois de juin. 

Les embryons des Squales et des Raies passent par un stade à branchies externes. 



C. — TÉLÉÔSTOMES 



Dans- les Téléostomes de la Manche occidentale, nous ne trouvons aucun poisson 
vivipare; un des seuls représentants européens de ce mode de reproduction, le Zoarces 
viviparus, ne fréquente pas les côtes qui font le sujet de cette étude. 

Comme anadromes., nous devons citer les Saumons, les Aloses; comme catadromes, les 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



r35 



f 



Anguilles; ces animaux, dont la reproduction excita longtemps la curiosité du public, 
quittent, en effet, les étangs et les rivières pour aller se reproduire en mer. Les ovaires et 
les testicules ne se développent qu'à ce moment : les anguilles gagnent les profondeurs 
pour pondre des œufs pélagiques. Durant cette phase abyssale, l'animal se modifie d'une 
façon particulière : les yeux deviennent de très grande taille; il y a là une rapide et 
curieuse adaptation à la vie benthique. De semblables anguilles ont été trouvées à diverses 
reprises, par Grassi et Calandrlccio, dans le détroit de Messine; par Syrski, Jacoby, 
Petersen, Cunningham et Canu, dans l'Océan; récemment, mon collègue Cligny a 
fourni une étude très intéressante sur des anguilles capturées dans ces conditions. 

Caractères sexuels. — Dans la plupart des Téléostomes, les sexes sont fort difficiles à 
distinguer extérieurement : il existe cependant un certain nombre d'espèces dans les- 
quelles des caractères sexuels secondaires permettent de les reconnaître. Parmi les 
poissons de la Manche occidentale, nous trouvons dans ce cas des animaux appartenant 
aux genres suivants : 



Blennius ; 
Agonus ; 
Cottus ; 



Gobius ; 
Cydoptenis ; 
Lepadogasier ; 



Callionymus ; 
Labrus. 



Ces caractères sexuels secondaires peuvent résider : 
a. Dans la forme et la taille des papilles génitales : 



Blennius pholis ; 
Blennius galerita ; 



Agonus cataphr actus ; 
Gobius capito ; 



Blennius gattorugine ; 
Blennius ocellaris ; 

b. Dans la forme et la taille des papilles génitales, la coloration du corps, la taille et 
la couleur des nageoires : 



Cottus bubalis : 
Cottus scorpius ; 
Cyclopterus lumpus ; 



Lepadogasier bimaculatus ; 
Lepadogastermicrocephalus; 
Callionymus lyra. 



Gobius paganellus ; 
Gobius minutus ; 
Gobius flavescens ; 

c. Dans la coloration .• 
Labrus mixtus. 
Nous ne revenons pas sur le détail de ces caractères sexuels secondaires que nous 
avons fourni dans les descriptions morphologiques qui constituent la première partie de 
ce travail. 

Œufs des téléostomes 

Les œufs et les habitudes de ponte des Téléostomes étant extrêmement variables, 
nous les diviserons en plusieurs groupes pour en faciliter l'étude. 
L Téléostomes à œufs démersaux : 
1° A œufs démersaux non fixés ; 

2° A œufs démersaux se fixant d'eux-mêmes et non gardés par les parents ; 
3° A œufs démersaux fixés et gardés par les parents : 

a. Fixés sans construction d'un nid : 
x) Pondus en tas ; 
[4) Pondus en couche; 



,36 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

b. Fixés dans un nid ; 

c. Fixés aux parents eux-mêmes. 
II. Têlêostomes à œtifs pélagiques : 

I» Agglutinés; 

2" Isolés. 
On appelle œufs démersaux des œufs dont la densité est telle que l'œuf tombe au fond 
de l'eau; on appelle œufs pélagiques des œufs de densité plus faibleque celle de l'eau et qui 
flottent à la surface. Les œufs démersaux sont en général opaques et les œufs pélagiques 
transparents. 

1. - TÈLÉOSTOMES A ŒUFS DÉMERSAUX 

1° A œufs démersaux non fixés. 

Les bons œufs tombent au fond sur le gravier ou dans les herbes et s'y développent. 

Ce cas est celui du Saumon (S«/wo salar), de l'Alose [Clupa alosa), qui déposent leurs 
œufs dans le lit des rivières. L'œuf du Saumon a 4 ou 5 millimètres de diamètre; celui de 
l'Alose, 18 2 millimètres. Ainsi dans ces deux poissons, le mode de reproduction, — 
ils sont tous deux anadromes — coïncide avec le mode de ponte. 

2» A œufs démersaux se fixant d'eux-mêmes isolément. 

Les œufs pondus par les parents tombent au fond et se fixent à des supports, soit 
par la nature adhesive de leur capsule, soit à l'aide de filaments glutineux qui les gar- 
nissent. Ces œufs sont pondus isolément : 

Les espèces suivantes répondent à cette définition : 
Clupea harengus ; \ Ammodytes lanceolatus ; | Belone Bellone. 

Clupea harengus. — Les œufs des Harengs sont sphériques et mesurent i millimètre 
ài""^,5 de diamètre. Il sont pondus dans des places et à des saisons variables selon les 
variétés. 

Les harengs de printemps ou harengs côtiers {Frùhjahrs — oder Kûstenhering) laissent 
tomber leurs œufs en eau saumâtre sur des plantes telles que les Potamogeton; ceux 





Fig. 254. — Œufs de Clupea harengus (agrandis) sur Rhodomela Fig. 255. — Œui de Belone Bellone sur Poly- 
(d'après Ehrenbaum). siphonia (X 6;. 

d'automne ou harengs de mer [Herhst = oder Seehering) en eau salée, sur des algues telles 
que le& Rhodomela, Polysiphonia.]e n'ai jamais trouvé d'œufs dans l'estuaire de laPenzéoù 
cependant une variété de harengs passe l'hiver : nous pouvons toutefois, d'après l'examen 
des glandes génitales, penser que cette race doit pondre en février et mars. 

Ammndytes lanceolatus. — Les œufs de l'Equille sont ovalaires et ont un diamètre longi- 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



i37 



tudinal de o™™,7 à o"^'", 9 et un diamètre transversal de o"»™, 6 
ào™m^y . jis contiennent un globule huileux verdâtre ; ils sont 
pondus en été par des fonds d'une vingtaine de mètres et se 
fixent par la nature de leur coque aux grains de sable. 

Belone Bellone. — Les œufs de l'Orphie mesurent 3 
millimètres de diamètre ; ils sont transparents et entourés 
d'une capsule épaisse qui porte de 60 à 80 filaments, vis- 
queux servant à fixer l'œuf aux algues du fond {Polysi- 
phonia^p. ex.). 

Dans cette dernière espèce, par conséquent, un appa- 
reil spécial, représenté par ces filaments, a remplacé la pro- 
priété adhesive de la capsule dans son rôle de fixation. 




Fig. 256. — Œuf de Belone Bellone 
avec ses filaments (X 10). 



3" A œufs démersaux fixés par les parents et le plus souvent gardés par 
eux. 

a. Sans formation d'un nid ; 

a) Œufs pondus en tas : ces œufs appartiennent aux 
espèces suivantes : 

Cottus scorpius ; 
Agonus cataphr actus ; 
P holts gunnellus. 



Liparis Montagui ; 
Cyclopterus lumpus ; 
Cottus hubalis ; 



Liparis Montagui. — Les œufs sont jaunes, orangés, rouges et pondus en un tas de 
la grosseur d'un pois ou d'une noisette. Le diamètre d'un 
œuf est de i millimètre environ, avec de nombreux glo- 
bules huileux : ils sont fixés à des Floridées [Delesseria; ] 
Plocamium, Rhodomela, Corallina, Chondrus) qui sont atta- 
chés au fond ou flottent en surface dans des amas de 
goëmons-épaves. Guitel a obtenu la ponte en aquarium. 

Cyclopterus lumpus. — Les œufs sont roses, d'un dia- 
mètre de 2 millimètres à 2"™™, 5 et contiennent de nombreux 
globules huileux. Les Cycloptères vivent en eau assez pro- 
fonde, mais, entre février et avril, ils se rapprochent de la 
côte et au niveau des basses mers, dans la zone des Lami- 
naires, les femelles sont invitées par les mâles à pondre 
après le dépôt des œufs, le mâle assure leur garde. Assez 
souvent, à marée basse, les pêcheurs le recueillent près de 
la ponte, car il commet l'imprudence d'émettre des gro- ^'8- ^S;- — Liparis Montagni. Œufs 

, . , , ... . sur Delesseria sanguinea (d'après 

gnements à 1 aide de ses opercules, quand il est a sec. Ehrenbaum). 

Les œufs forment un tas de grande taille, irrégulier, 
ayant de o'»>'n,25 à o'"°',35 de côté. On y remarque toujours des enfoncements en enton-. 
T. V. - Fasc. 5. 18 




1 38 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 





Fig. 258. — Cyclopterus lumpus. Paroi ova- 
rienne après la ponte. Œufs à divers états 
de développement et œuf jaune, avorté 
(X 10). 



Fig. 269. — Œur 
rose, pondu 
(Xio). 



noir qui sont attribués à la tête du mâle, avant la consolidation du tas. Ces pontes sont, 
en général, placées dans des crevasses. A Roscoff, la période la plus active de reproduction 

est en mars. 

Sur une femelle disséquée, au 
moment où elle allait pondre, les 
ovaires se présentaient comme deux 
sacs juxtaposés en ligne médiane for- 
tement vascularisés; les œufs mûrs, 
roses, sortirent sitôt l'ouverture des 
ovaires ; la paroi interne présentait 
des papilles foliacées soutenant 
encore des œufs très jeunes, à diffé- 
rents stades du développement, et 
déplus des œufs de la taille des œufs 
mûrs, d'environ 2 millimètres de 
diamètre, adhérents encore aux parois; leur coque était dure et leur couleur jaunâtre, 
inégalement répartie : ils représentaient sans doute des œufs avortés. 

En mars 1908, nous avons obtenu la ponte 
en aquarium. 

Cottus bubalis. — Les œufs sont orangé 
clair; leur diamètre varie de i^^y à in^m^g; 
ils contiennent de nombreux globules huileux 
qui, dans le cours du développement, se con- 
centrent en un seul. Ils sont enveloppés d'une 
coque transparente portant des protubérances 
irrégulièrement distribuées : les yeux de 
l'embryon apparaissent rapidement au travers de cette coque : la couleur de l'œuf change 
suivant son degré de développement: il devient successivement ocre, brun, puis gris. 

Les tas d'œufs sont placés dans des crevasses, sous les pierres, dans la zone des 
Fucus, car les Cottus bubalis semblent remonter légèrement pour pondre, leur habitat 
normal étant les herbiers deZostères. Ces tas, irréguliers, varient de la grosseur du poing 
à celle d'un œuf de pigeon. 

La période de ponte à Roscofï dure du 16 janvier au i®'" avril avec un maximum dans 
les mois de février et mars; nous avons déjà noté les caractères sexuels de ces animaux ; 
au moment delà ponte, la femelle a le ventre distendu par le grand nombre d'œufs. 

Comme nous l'avons décrit en 1911, la femelle expulse lentement les œufs qui sortent, 
englués dans un mucus incolore, de l'orifice génital extrêmement dilaté. Ils glissent le 
long du premier rayon de l'anale, épineux, très court. Cette nageoire, rabattue, est 
animée de mouvements de brusque rejet en arrière, ayant sans doute pour rôle de dis- 
tendre encore plus l'orifice de sortie pour faciliter l'expulsion des œufs. La queue est 
relevée ; toutes les nageoires sont plus ou moins repliées sur elles-mêmes ; le ventre se 
dégonfle ainsi peu à peu; la fin de la ponte est marquée par un coup de queue qui 




Fig. 2Ô0. — Cottus bubalis ç pendant la ponte. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



[39 



déplace légèrement le corps de la femelle ; la durée de la ponle varie de une à deux 
heures. 

La femelle reste quelque temps dans une sorte de torpeur, 
sans mouvements, prostrée, après cet effort. Son abdomen est 
devenu complètement fîasque ; l'orifice génital reste agrandi par 
la dilatation subie. L'ovaire, dans un individu disséqué aussitôt 
après la ponte, avait encore des grappes d'oeufs non mûrs, de 
couleurs et de tailles différentes. 

En 1908 et 1911, nous avons pu obtenir la ponte en aqua- 
rium ; mais les œufs, restés sans fécondation, s'altérèrent rapi- 
dement. Le mâle était resté gardien des œufs non fécondés, 
entraîné par un instinct irraisonné ; mais, dans le début de 1912, 
nous avons pu obtenir des œufs fécondés qui se développèrent 
normalement sous la surveillance du mâle, jusqu'à l'éclosionde 
larves de 5 à 6 millimètres. 

Cottus scorpius. — Les œufs sont rouges 

ou orangés, d'un diamètre de 2 millimètres à 

2 °"^,5 ; ils contiennent des globules huileux 

qui se fondent en un seul dans le cours du 

développement. Ils sont pondus en tas de la 

grosseur du poing. Le mécanisme de la ponte 
Fig. 262. — Cottus doit se rapprocher de celui du Cottus bubalis. 

La période de ponte dans la mer du Nord et 

sur les côtes anglaises varie entre décembre et 
février, avec un maximum en janvier. Les œufs sont pondus dans la zone des marées et 
accrochés aux algues fixées à des pierres. Les tas d'œufs sont plus gros que ceux de Cottus 
bubalis ; les œufs de ce dernier sont, de 
plus, rarement fixés à des algues. La 
ponte est plus précoce dans le C. scor- 
pius. 

Agonus cataphradus. — Les œufs 
sont orangés et d'un diamètre de i°"n,75 
à 2™™, 25 : ils forment des tas de la gros- 
seur d'une noisette, qui, en général, se 
trouvent dans des crampons de Lami- 
naires. Je n'ai jamais rencontré cette 
ponte à Roscoft, où les Agonus vivent 
en eau saumâtre et ne peuvent donc 
fixer leurs œufs sur les Laminaires ; 
pendant presque tout l'hiver, ces ani- 
maux étaient en état de maturité sexuelle; leur époque de ponte doit donc coïncider 
avec celle des C. bubalis. 





bubalis. 
Œuf (X i5). 



Fig. 261. — Cottus bubalis 9 
après la ponte. 




Agonus cataphradus. Ponte sur Laminaria 
(d'après Ehrenbaum). 



140 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Pholis gunnellus. — Les œufs sont d'un blanc de neige, opaques, à coque irisée; leur 
diamètre est d'environ 2 millimètres : ils sont pondus en tas, assez parfaitement ovalaires, 
de la grosseur d'une noix. 

La période de ponte à Roscoff est en janvier et surtout en février. Très rapidement 
les yeux des jeunes apparaissent en bleu sombre sur le fond blanc de l'œuf. Le mâle et la 





Fig. 264. Pholis gunnellus. Ponte en aquarium. Fig. 265. — Pholis gunnellus. Ponte dans un bulbe de Laminaire. 

femelle s'occupent alternativement des œufs et s'enroulent autour. On rencontre ces 
pontes à la grève dans des coquilles vides, sous les pierres, dans la zone des Fucus 
(il février 1908). En aquarium, j'ai obtenu deux pontes, l'une dans un coin du bac 
(16 janvier 1912), l'autre dans une bulbe de Laminaire (i5 février 191 1). 



p) Œufs pondus en couche. 

Ces œufs appartiennent aux espèces suivantes : 



Blennius pholis ; 
Blennius galerita ; 
Lepadogaster Gouani ; 
Lepadogaster De Candolli ; 
Lepadogaster himaculatus ; 
Lepadogaster microcephalus ; 



Gohius capito ; 
Gobius niger; 
Go Mus paganellus ; 
Gohius flavescens ; 
Gobius minutus. 



Blennius pholis. — Les œufs du Blennius pholis ont une belle couleur ambrée et une 
forme plus ou moins hémisphérique. Par la lace plate, de nombreux filaments les 
attachent au substratum ; leur diamètre est d'environ 2""", 5. Ils sont déposés par la femelle 
au plafond d'une petite cavité qu'elle choisit avec soin parmi les rochers et n'ayant 
qu'une étroite issue, au niveau des basses mers. Le mâle et la femelle gardent les œufs. 
Saville-Kent a décrit la bravoure avec laquelle les mâles défendent le nid contre la vora- 
cité des autres poissons. Pendant la ponte, le mâle va chercher la nourriture qu'il partage 
avec la femelle. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 141 

Si les périodes de ponte sont les mêmes que sur les côtes anglaises, les Blennius pholis 
pondent d'avril à septembre. 

Blennius galerita. — Le professeur Guitel a étudié à Banyuls les mœurs de ce 
Blenniidé et ses habitudes de ponte ; je n'ai pu voir s'il y a des variations dans ces mœurs 
à Roscoff, où ce Blennius est plutôt rare. Je me borne donc à résumer les observations de 
mon distingué maître et ami. 

Le Blennius galerita dépose ses œufs sous les pierres : ces œufs sont ambrés, hémi- 
sphériques, et d'un diamètre d'environ 2 millimètres ; leur vitellusest jaune avec des glo- 
bules huileux bleuâtres. Le mâle seul les garde pendant tout le temps que dure leur 
incubation. Pour pondre, la femelle se renverse et fixe ses œufs au plafond du nid où ils 
se collent par l'intermédiaire de nombreux filaments gluants que porte leur base. Le 
mâle assiste la femelle et féconde les œufs en se renversant lui-même au plafond du nid. 
Il sait attirer les femelles dans le nid en les provoquant par des attouchements et des 
démonstrations non équivoques. La propreté du nid est assurée par le mâle qui dans sa 
bouche emporte loin du nid tout ce qui peut gêner la libre circulation de l'eau : pendant 
tout le temps que dure l'incubation, il agite la queue et les pectorales pour assurer le 
parfait renouvellement de l'eau et l'aération des œufs. 

La même femelle pond plusieurs fois pendant la période de reproduction ; le même 
mâle féconde un grand nombre de pontes déposées par les femelles à diverses époques 
et par conséquent d'âge différent. A l'éclosion, les jeunes Blennius abandonnent le nid 
pour mener la vie pélagique et le mâle cesse de veiller sur eux. 

Lepadogaster Gouani. — Les œufs de cette espèce ont une forme demi-ellipsoïdale 
avec les dimensions suivantes : long., i'^°*,8 ; larg. : 
imm 5. haut: I millimètre. Ils sont fixés à l'aide de fila- 
ments adhésifs au substratum ; leur couleur est jaune 
d'or ou jaune pâle : ils deviennent gris dans le courant 
du développement. Ils sont disposés en couche simple, 

, , , ^ , . , . Fig. 266. — Œuf de Leparfofl-as/er (X i5). 

par plaques de 200 a 250 sous les pierres, dans la zone 

où vit le Lepadogaster Gouani. Le mâle et la femelle les gardent en général. 

Lepadogaster De Candolli. — Les œufs du L. De Candolli ressemblent énormément à 
ceux du L. Gouani. Ils sont pondus à la même époque, sous les pierres, mais ceux du 
L. De Candolli sont plus dorés : leur taille est aussi plus petite : long. : i'"n»,2 ; larg. : i""™,!. 
Les différences augmentent au fur et à mesure du développement. 

Lepadogaster bimaculatus. — Les œufs du L. bitnaculatus rappellent ceux des espèces 
précédentes; ils sont fixés à l'intérieur de coquilles vides que l'on ramène parfois à la 
drague. La période de ponte commence en avril et finit en août. 

Lepadogaster microcephalus. — Les œufs du L. microcephalus sont semblables à ceux 
des espèces précédentes. La ponte est déposée dans les bulbes de Laminaria bulbosa et le 
mâle veille avec sollicitude les œufs qu'il a fécondés. La période de ponte dure de mai à 
septembre. 

Gobius paganellus. — Les œufs du Gobius paganellus sont en forme de fuseau, à extré- 
mités aiguës; leur longueur est de 2 millimètres, leur plus grande largeur, de o^^,() à 




«4» 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 



I millimètre; leur coloration est orangée, puis devient grise quand les embryons se déve- 
loppent : leurs yeux apparaissent comme des points mordorés. Ces pontes sont déposées 
sous les pierres, dans la zone des Fucus, et y sont attachées à l'aide de filaments vis- 
queux ; ils sont placés sous des pierres formant toit, de telle sorte que l'extrémité libre de 
l'œuf est la plus basse : la femelle doit donc se renverser complètement pour pondre. 

Le mâle garde les œufs jusqu'à l'éclosion : il s'adresse souvent à plusieurs femelles, 
et on peut observer des pontes à différents degrés de développement. 






Fig. 267. 



. Fig. 268. 



Fig. 269. 



Gobius paganellus. 
Fig. 267. — Fragment de ponte (X 10). 
Fig. 268. — Un œuf isolé (X 20). 
Fig. 269 et 270. — Œufs plus avancés (X 20). 




Fig. 270. 



La période de ponte à RoscofF est d'avril à août. Pendant le cours du dévelop- 
pement, l'embryon se retourne complètement dans la coque de l'œuf : la partie céphalique 
qui, au début, était tournée vers l'extrémité fixée, se trouve vers l'extrémité libre, au 

milieu de l'éclosion. 

Gobius capito. — Les œufs du Gobius capito ont la même forme 
que ceux du G. paganellus, mais ont une plus grande taille : leur 
longueur est de 3'""',5 sur une largeur de i™"',25. 

Gobius niger. — Les œufs du Gobius niger sont fusiformes, mais 
leurs extrémités sont plus arrondies que ceux du Gobius paganellus; 
leur longueur est de i'»"»,5. Le G. capito et le G. niger étant rares à 
RoscofF, je n'ai jamais rencontré leurs pontes. 

Gobiiis flavescens. — L'œuf du Gobius flavescens est piriforme; 
il est fixé par sa plus grosse extrémité au substratum à l'aide de 
filaments ; son extrémité libre se termine par une sorte de cône. 
L'œuf a environ i millimètre de hauteur. En liberté, le Gobius fla- 
vescens dépose ses œufs dans les souches de Laminaria bulbosa en captivité, ils pondent 
dans des coquilles vides. La période de ponte dure depuis la fin de mars jusqu'en fin 
août. GuiTEL indique comme dates mai à août, mais il ne s'occupe que d'animaux en 




Fig. 271. — Gobius flaves- 
cens. Œuf (X 40). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



143 




Fig. 272. 



captivité, et nous avons trouvé des pontes plus précoces dans les conditions naturelles. 

Le mâle, par ses provocations, cherche à décider les femelles à venir pondre dans 
son nid. Quand il s'approche de l'une d'elles, ses couleurs s'accentuent, sa gorge se gonfle, 
et il procède par bonds saccadés, jusqu'à la frôler. 

La ponte déposée, la femelle abandonne le nid ; le mâle garde la ponte et, en atten- 
dant l'éclosion, incite d'autres femelles à y venir 
pondre. Celles-ci pondent, en général, tousles six jours, 
pendant la période de reproduction. 

Gobius minutus. — Parmi les différentes variétés 
de Gobius minutus, la seule dont les habitudes de ponte 
soient bien connues est le Gobius minutus microps. 

Les œufs du Gobius minutus microps sont piri- 
formes; ils sont fixés par l'extrémité la plus large ; l'ex- 
trémité libre est complètement arrondie ; leur longueur 
est d'environ i millimètre. Les œufs sont déposés dans 
des coquilles vides (Cardium, Tapes, Patella, Venus, 
Mya, etc.), dans des débris de carapaces de crabes, et 
j'en ai même vu dans des fragments de vieilles boîtes 
de conserves. 

La période de ponte dure depuis avril à août. Le 
mâle choisit, pour faire son nid, une coquille et la re- 
tourne, la concavité en dessous : il s'y introduit et 
chasse le sable en agitant rapidement la queue ou en 
saisissant, avec sa bouche, les débris encombrants ; 
puis il recouvre la coquille de sable, en agitant les 
pectorales et la queue, de façon à projeter derrière lui 
un flot de sable qui s'accumule sur la coquille. Son 
passage dessine dans le sable un sillon profond ; quand 
il a fait autour du nid plusieurs sillons dans des direc- 
tions rayonnantes, celui-ci est complètement caché : 
l'entrée est cylindrique et tapissée de mucus. Le mâle se metalors en quête d'une femelle; 
quand il en trouve une, il se gonfle, ses couleurs s'accentuent, il la frôle et cherche à la 
conduire vers son gîte. Si elle y consent, elle se renverse au plafond du nid pour pondre, 
en progressant par bonds saccadés, à l'aide de sa ventouse : les œufs se collent d'eux- 
mêmes. Le mâle, marchant à son tour, renversé, féconde les œufs. 

Les femelles, après la ponte, s'éloignent et, s'il leur reste quelques œufs à pondre, 
elles s'adressent à un autre mâle. Le père veille sur ses œufs et les défend contre les con- 
voitises des autres mâles qui cherchent à s'emparer de la coquille. Pendant l'incubation 
qui dure de six à neuf jours, l'eau est continuellement renouvelée par le mouvement de 
ses nageoires. Si la coquille n'est pas complètement tapissée d'œufs, les mâles cherchent 
d'autres femelles. Les deux sexes sont donc polygames. 

Les mœurs génésiques du Gobius flavescens et du Gobius minutus microps ont été soi- 




Fig. 273. Fig. 374. 

Fig. 272. — Ponte de Gobius minutus (t. 

•nat.). 
Fig. 273. — Œuf nouvellement pondu 

(X40). 
Fig. 274. — Œuf plus avancé (X 40) 

(d'après Guitel). 



,44 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

gneusement étudiés par le professeur Guitel, et nous n'avons fait que reprendre le résumé 
de ses minutieuses et savantes observations. 

Ces deux Gobiidés pourraient être classés parmi les Téléostomes qui construisent des 
nids, que nous allons étudier maintenant; mais nous avons voulu réserver ce terme pour 
la construction complexe d'un abri, formé d'algues. 

b. Avec formation d'un nid. 

Nous avons vu dans les poissons précédents une tendance bien nette à la formation 
d'un abri à l'aide de coquilles ou d'anfractuosités naturelles; mais, dans d'autres espèces, 
il y a construction d'un véritable nid, à l'aide de débris d'algues, en tous points comparable 
à celui des oiseaux, bâti avec des fragments de plantes terrestres. 

Ces poissons appartiennent aux espèces suivantes 



Labrus berggylta, 
Labrus mixtus, 



Labrus (Crenilabrus) melops, 
Gasterosteus spinachia. 



Labrus berggylta. — Les œufs sont blancs crème, très petits, d'un diamètre de o^^.,'] à 
omm^g. Pendant le mois de mai., on voit, quand la surface de l'eau est très calme, des vieilles 
s'approcher de toufïes de Cystosira et en enlever des fragments dans leurs gueules, puis 
aller à une crevasse de rocher oij elles enfoncent ces rameaux. Au bout d'un certain temps, 
quand la crevasse est bien tapissée d'algues enchevêtrées, la femelle y pond, puis le nid 
est couvert à nouveau de débris d'algues. Les œufs, très nombreux, sont fixés sur les 
rameaux des Cystosira, auxquels ils adhèrent par une sorte de mucus sécrété pendant la 
ponte; ils sont surtout placés à l'aisselle des branches. 

J'ai pu observer à Duon la première et la dernière partie de la construction du nid, 
mais n'ai pu voir la ponte (mai 1908). 

Labrus mixtus. — D'après Moreau, le Labrus mixtus a des mœurs analogues. 
Labrus (Crenilabrus) melops. —Il y a formation d'un nid fait en général de Fucacées. 
Gasterosteus spinachia. — Les œufs ont un diamètre de i™'",75 à 2 millimètres, avec 
de nombreux globules huileux; leur couleur est jaune paille. Ils sont pondus dans un nid 
construit de la façon suivante. Le mâle, au moment delà reproduction, s'approche d'une 
touffe d'Halidrys siliquosa, d'Ascophyllum nodosum, ou de Fucus vesiculosus ; à ce moment, 
sort de son orifice urinaire un filament de mucine, sécrété par l'épithélium de la vessie, 
et qui se solidifie au contact de l'eau de mer ; il se met alors à tourner d'une façon très 
complexe autour de la branche d'algue, de telle sorte qu'il accroche avec son filament et 
attache solidement les rameaux qui doivent constituer la charpente principale ; puis il 
emprunte à de plus petites algues, telles que Ceramium, Enteromorpha, Ulva, des débris 
qu'il apporte pour contribuer à la solidité du nid et qu'il enfonce à coups de museau. 
Quand le nid est bien clos, la femelle vient alors y pondre sous forme d'un petit tas 
d'œufs de la grosseur d'une noix. Le mâle entoure à nouveau de filaments muqueux le 
nid contenant les œufs, et reste les veiller jusqu'à leur éclosion. 

Nous n'avons pu obtenir la formation du nid en aquarium, mais des femelles y ont 
spontanément pondu sur des touffes de Fucus en avril 1911. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



145 





Fig. 276. 




c. Fixés aux parents eux-mêmes. 

C'est une conception tout à fait extraordinaire du nid et une façon très spéciale pour 
le mâle d'assurer la garde des œufs que de les incorporer pour ainsi dire, en étant le 
substratum de la ponte. Nous trou- 
vons cette adaptation curieuse de 
l'instinct familial réalisé dans les 
Syngnathidœ. 

Dans certaines espèces, les 
œufs sont purement et simplement 
collés au ventre du mâle : tels 
sont : Entelurus cequoreus, Nerophis 
lumbriciformis. 

Dans d'autres formes, le phé- 
nomène a été poussé à un plus 
haut degré de spécialisation et le 
tégument postanal du mâlemodi- 
fié fournit une poche ouverte par 
une fente médiane dans laquelle 
sont placés et se développent les 
œufs; c'est la foche incubatrice, 
que nous trouvons dans : Syngna- 
thus acus, Syngnathus typhle^ Hip- 
pocampus antiquorum. 

Entelurus œquoreus. — Comme 
conclusions d'une très intéressante 
observation faite par Guitel en 
1908, en ma présence, tandis qu'il 
travaillait au laboratoire de Ros- 
coflf, on peut considérer que la 
ponte de ï Entelurus œquoreus s'ef- 
fectue de la façon suivante : 

Les œufs sortent du cloaque 
de la femelle sous forme de deux 
bandelettes formées chacune d'une 
couche unique d'œufs, transpa- 
rents, orangés, d'un diamètre d'environ i centimètre. Ces deux bandelettes mesurent de 
75 millimètres à 85 millimètres de longueur : l'extrémité pondue la première a 4 milli- 

L mètres de large; l'extrémité pondue en dernier lieu a 3 millimètres. Dans la partie qui 
sort dabord, les œufs sont 4 ou 5 par rangée transversale dans celle qui apparaît en 
dernier lieu, il n'y en a que 3 ou 4. Les œufs sont gluants et parfaitement adhérents. Ils 
sont placés sur l'abdomen du mâle de telle façon que la partie pondue d'abord, la plus 
T. V. — Fasc. ■). ' 19 



Fig. 278. 



Fig. 275. 



Fig. 275. 
Fig. 276. 
Fig. 277. 
Fig. 278. 



Syngnathus acus cf. Poche incubatrice (X 1/2). 
Id. Orifice antérieur de la poche (t. nat.). 
Entelurus œquoreus d" avec ses œufs (X 2/3). 
Nerophis lumbriciformis <J avec ses œufs (t. nat.). 



,^6 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

large, est la plus proche de la région anale ; celle pondue la dernière, plus étroite, est la 
plus voisine de la tête. Sur le ventre du mâle, les deux bandelettes sont donc orientées de 
la même manière que dans les ovaires de la femelle avant la ponte. 

Les œufs, en adhérant contre la paroi ventrale du mâle, arrivent à y determmer de 
véritables alvéoles cutanées qui sertissent les œufs. 

La période de reproduction dure à peu près tout le printemps et tout l'été. 

Nerophis lumbriciformis. - La disposition est presque la même que dans Entelurus 
œquoreus, mais il n'y a qu'une bandelette d'œufs. Celle-ci a une longueur d environ 2 à 




Fig. 279. 



Fig. 280. 




44LLLLm^2P 



Fig. 282. 

Fig. 279. — Syngnathus typhle. Larve hippocampiforme de i3 millimètres. 
Fig. 280. — Syngnathus acus. Larve hippocampiforme de i3 millimètres. 
Fig. 281. — Id. Larve hippocampiforme de 25 millimètres. 
Fig. 282. — Id. Larve de io millimètres. 




Fig. 281. 



3 centimètres ; sa partie antérieure est la plus large et comprend 3 œufs en série 
transversale et mesure environ 4 millimètres; la partie terminale est réduite à des ran- 
gées de 2 œufs ou même d'un œuf avec une largeur moyenne de i à 2 millimètres ; le dia- 
mètre des œufs dépassant un peu i millimètre. Leur couleur est orangé clair. Ils im- 
priment dans l'abdomen des alvéoles assez profondes : une ponte comprend de 40 à 
5o œufs. Le printemps est le moment le plus actif d'activité sexuelle. 

Syngnathus acus. — Les œufs sont orangés avec un diamètre d'environ i"i"^,5. Lafont 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 147 

et HuOT ont étudié le mécanisme de la reproduction au point de vue morphologique et 
biologique. 

Lafont, en 1889, assista à un accouplement de Syngnathes : les individus étaient 
étroitement embrassés; la poche du mâle était vide, et les replis soudés, sauf à l'extrémité 
antérieure où ilss"écartaient, laissant entre eux une ouverture en cœur. L'oviducte de la 
femelle faisait hernie au dehors sur une longueur de 6 à 8 millimètres ; la femelle intro- 
duisit cette sorte de trompe dans la poche du mâle par l'ouverture antérieure, et déposa 
ainsi sa ponte. 

Cette ponte comprend environ 400 œufs ; ils sont disposés sur deux couches de 
quatre rangées chacune et impriment des alvéoles dans la paroi de la poche ; les lèvres 
de celle-ci se soudent quand elle est pleine et ne s'entr'ouvrent qu'à l'éclosion. 

Les jeunes y sont nourris par osmose à l'aide d'une intense vascularisation. 

Tandis qu'ils sont contenus dans la poche incubatrice, les embryons, au début de 
développement, ont une fîexion nucale fortement marquée qui leur donne l'aspect de 
l'Hippocampe ; leur vitellus est orangé : nous désignerons ce stade sous le nom de larve 
hippocampi forme (i3 millimètres) ; puis, au fur et à mesure que le vitellus est absorbé, 
cette courbure diminue (25 millimètres), et, au moment de l'éclosion, la tête est complè- 
tement dans le prolongement du corps (3o millimètres). 

Les mâles ont leur poche garnie d'œufs ou d'embryons d'avril à septembre, à 
Roscoff. 

Syngnathns typhle. — Les phénomènes sont absolument analogues; les individus 
s'enlacent et se quittent à de nombreuses reprises pendant que la femelle remplit la 
poche du mâle. Le vitellus des jeunes est jaune. 

Hippocampus antiquorum. — La poche incubatrice est plus ovalaire que dans le Syn- 
gnathus et n'occupe que la région antérieure delà queue. Les individus sont enlacés pen- 
dant la ponte à l'aide deleurs queues préhensiles. 

Les tableaux suivants permettent de distinguer facilement les différents œufs 
démersaux que nous avons ci-dessus décrits, et indiquent les époques de ponte à 
Roscoff. 

Il est intéressant de remarquer qu'en comparant les époques de ponte dans la 
Manche occidentale avec les indications fournies par les auteurs norvégiens, anglais ou 
allemands pour la mer du Nord, les dates qu'ils indiquent sont dune façon générale 
moins précoces que celles que nous fournissons ici. 



148 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



TABLEAU V. — CARACTÈRES DES PONTES FIXÉES DES TÉLÉOSTOMES. 



MODE DE PONTE 


VOLUME 


PLACE 


FORME 
DE l'œuf 


TAILLE 


COULEUR 


ESPÈCE 


Isolés 


» 


Sur des herbes. 


Sphériques. 
Ovalaires. 


millim. 
1,0 


Incolores. 


Clupea harengus. 
Ammodyles lanceo- 


Isolés 


» 


Fixés aux grains 


0.7 


Incol., glo- 






de sable. 






bule verdâtre 


latus. 


Isolés 


» 


Fixés aux algues. 


Sphériques, 
av. filaments. 


3.0 


Incolores. 


Belone Bel lone. 




Sans nid. en tâs.. 


0,25 X 0,35 env. 


Dans les creux de 


Sphériques. 


2 


Roses. 


Cycloplerus lum- 

pus. 
Liparis Montagui. 






rochers. 






Sans nid. en tas. . . 


Taille d'une noi- 


Sur algues. 





1,0 


Orangés. 




sette. 






Sans nid, en las 


Taille d'un œuf 
de pigeon. 


Dans les creux de 
rochers. 


— 


■1,07 


— 


Cottus bubalis. 




Sans nid, en tas. 


Taille du poing. 


Sur algues, dans 
crevasses. 





2.0 





Cotlus scorpius. 










Sans nid, en tas 


Taille d'une noi- 


Sur crampons de 


— 


2,0 


— 


Agonus cataphrac- 
lus. 




sette. 


Laminaires. 








Sans nid, en tas 


Tailled'une noix. 


Dans coquilles, 





2,0 


Blancs. 


Pholis gunnellus. 






sous les pierres. 








Sans nid, en couche 


■» 


Dans les creux de 
rochers. 


Hémi-sphé- 
riques. 


2,5 


Jaune. 


Blennius pholis. 


Sans nid, en couche 


» 


Dans les. creux de 
rochers. 


— 


2,0 


Jaunes, glob. 
bleus. 


Blennius Galerila. 


Sans nid, en couche 


» 


Sous les pierres. 


— 


1,8-1,5 


Jaunes. 


Lepadogaster 
Gouani. 


Sans nid, en couche 


» 


Sous les pierres. 


— 


1,2-1 


Jaunes dorés. 


Lepadogaster De 
Candolli. 


Sans nid, en couche 


» 


Coquilles vides 
du fond. 


— 


1,0 


Jaunes. 


Lepadogaster bima- 
culatus. 


Sans nid, en couche. .... 


» 


Souches de Lami- 
naires. 


— 


1,0 


— 


Lepadogaster mi- 
crocephalus. 


Sans nid, en couche 


» 


Sous les pierres. 


Fusiformcs, 
pointus. 


3,5 


— ■ 


Gobius capita. 


Sans nid, en couche 


» 


Sous les pierres. 


— 


2,0 


— 


Gobius paganellus. 


Sans nid, en couche 


5> 


Sous les pierres. 


Fusiformes, 
arrondis. 


1,5 


— 


Gobius niger. 


Sans nid, en couche 


» 


Souches de Lami- 
naires. 


Piriformes, 
som. coniq. 


1,0 


— 


Gobius ftavcscens. 


Sans nid, en couche 


» 


Coquilles vides, 
recouvertes sable. 


Piriformes, 
soni. arrondi. 


1,0 


— 


Gobius minutus. 


Avec nid d'algues, en tas. 


Taille d'une noix. 


SarHalidrys, Fu- 
cus. 


Sphériques. 


2,0 


— 


Gasterosteus Spina- 
ch ia . 


Avec nid d'algues, en 














groupes 


» 


Avec Cistosira, 
creux de rochers. 


— 


o>7 


Crème. 


Labrus berggylta . 


Avec nid d'algues, en 














crouDes.. 


^ 


A V 1^11 cwi dans 








Labrus melops. 






creux de rochers. 




o>7 




Fixés aux parents 


Deux bandelettes. 


Collés sur l'abdo- 
men. 


— 


1,0 


Orangés. 


Entelurus œquo- 
reus. 


Fixés aux parents 


Une bandelette. 


Collés sur l'abdo- 
men. 


— 


1,0 


— 


Nerophis lumbrici- 
formis. 


Fixés aux parents 


» 


Poche incuba- 


— 


1,5 


— 


Syngnathus acus. 


- 




trice. 










Fixés aux parents 


» 


Poche incuba- 

trice. 
Poche incuba- 


— 


1,0 


Jaunes. 


Syngnathus typhle. 


Fixes aux parents 


» 


— 


1,0 


» 


Hippocampus anti- 






trice. 








quorum. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 

TABLEAL' VI. — ÉPOQUES DE PONTE A ROSCOFF. 



149 



NOMS DES ESPECES OVIPARES. 



Raies (en général) 

Scylliorhinus cauicula 

Clupea harengus 

Ammodytes lanceolatus 

Belone Bellone 

Liparis Montagui 

Cyclopterus lumpus 

Cottus bubalis 

Cotlus scorpius (Grande-Bretagne) 

Agonus calaphractus 

Blennius pholis 

Blennius galerita 

Lepadogaster Gouani 

Lepadogaster De Candolli 

Lepadogaster bimaculatus 

Lepadogaster microcephalus . . . . 

Gobius paganettus 

Gobius Jlavescens 

Gobius minutus microps 

Gobius minutus Guitelli 

Labrus berggylta 

Labrus melops 

Gaslerosteus spinachia 

Entelurus œquoreus 

Nerophis lumbriciformis 

Syngnathus acus 

Syngnathus typhle 



F. 



+ 
+ + 



+ 
+ 



+ 
+ + 

+ 



.M. 



+ 

+ 



+ + 
+ + 



+ 



A. 



+ 



+ 
+ 
+ 

+ 
+ 
4- 



+ 

+ 
+ 
+ 



M. 



+ 
+ 



> 

+ 
+ 
+ 
+ 
+ 
+ 
+ 

+ 
+ 
+ 
+ 

+ 
+ 

+ 



+ + 
+ 



+ + 

^- 



A. 



+ + 
4- 



> 


> 


■> 


> 


> 


> 


+ 


+ 


+ 


+ 


+ 


+ 


+ 


-H 


+ 


+ 


+ 


+ 


■V 


+ 


+ 




+ 




+ 


+ 


+ 




+ 


+ 


+ 


+ 



p 

+ 

+ 
+ 
+ 
+ 

+ 



+ 

4- 
+ 



O. 



+ 



+ 



D. 



+ 
+ 



+ 



11. — TÉLÉOSTOMES A ŒUFS PÉLAGIQUES 

La majorité des Téléostomes pondent des œufs pélagiques, sur la description desquels 
nous n'insisterons pas; nous nous bornons à rappeler que la densité de l'œut pélagique, 
plus faible que celle de l'eau, est due à la présence de globules huileux, de taille, de 
nombre, de couleurs, variables suivant les espèces, et assez constants pour servir à leur 
détermination. 

Les œufs pélagiques se rencontrent parmi les poissons que nous étudions dans les 
espèces et familles suivantes : 

Clupeidœ (Clupea sfrattus, Clupea pilchardus, Engraulis encrasicholus) ; 

Mugilidce ; Atherinidœ ; 

Scombridœ ; Carangidce ; 

Percidœ ; Mullida ; Centrolophidce ; Sparidœ ; Caproidœ ; 

Triglidce; 

Zeidœ ; Pleuronectidce ; 

Molidœ ; 

LGadidœ ; 
Trachinidœ ; Callionymidœ ; 
Lophiidœ. 
Les œufs pélagiques sont en général isolés ; toutefois il existe un exemple d'œufs péla- 
giques agglutinés : ce sont ceux de la Baudroie. 
1 



i5o 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



Ceux-ci sont pondus englués dans un mucus gélatineux, recevant une alvéole pour 
chaque œuf. de coloration noirâtre; à l'intérieur de ces bandelettes visqueuses, Tembryon 
accomplit une partie de son développement et se dégage de cette enveloppe pour mener la 
vie pélagique : l'évolution en fut étudiée par Agassiz. 

Dès à présent, nous tenons à attirer l'attention sur ce fait que les animaux à œufs 
pélagiques n'ont pas de caractères sexuels secondaires, permettant de distinguer extérieu- 
rement les mâles des femelles. Nous devons toutefois 
signaler une exception, le Callionyme. Nous avons décrit 
à propos de cette espèce l'extrême richesse des parures 
de noces du mâle et les profondes modifications qu'amène 
l'évolution sexuelle. Le professeur Holt a fait une étude 
très brillante du rapprochement de ces animaux au moment 
de la ponte et de la fécondation des œu's : nous la résume- 
rons brièvement: 

« Au mois de janvier ou février, à Plymouth, les 
Callionymes présentent leurs couleurs les plus vives. Ils se 
mettent alors à parader devant les femelles, érigeant leurs 
nageoires multicolores et gonflant leurs opercules. Ils ne 
reconnaissent sans doute les femelles mûres que par les 
réponses de celles-ci à leurs avances. Quand une femelle 
accepte les propositions d'un mâle, elle se met à nager près 
de lui, ils s'avancent côte à côte sur le fond ; sur une des 
ventrales du mâle, la femelle étend une des siennes et se blottit près de son opercule ; sa 
seconde dorsale et son anale s'érigent. 

« Quittant alors le fond, le mâle s'envole vers la surface, enlevant la femelle presque 
immobile : elle se soutient à peine par de petits coups de ses ventrales. Pendant cette 
course voluptueuse, le corps du mâle s'anime, puis s'applique intérieurement à celui de 
la femelle, qui elle aussi cherche le contact du grand poisson brillamment coloré. C'est 
alors que s'opèrent la ponte et la fécondation des œufs: des papilles et orifices génitaux 
sortent les œufs et le sperme, formant un seul courant grâce à la réunion des anales des 
deux êtres unis. 

« La femelle s'écarte ensuite et recherche les offres d'un autre mâle, dédaigneuse de 
celui qui vient de féconder ses œufs. *> 




Fig. 283. — Callionymus lyra. Rap 
prochement sexuel (d'après Holt). 



STADES PELAGIQUES DE QUELQUES TELEOSTEENS. 



Pour compléter l'étude que nous faisons de la faune ichthyologique de la Manche 
occidentale, il est nécessaire que nous décrivions les quelques stades embryologiques que 
nous avons trouvés dans le plankton des environs de Roscoff. Nous nous bornerons à 
signaler ceux d'entre ces stades qui diffèrent de ceux décrits par les précédents auteurs 
ou sont des stades intermédiaires dans des séries déjà presque complètement étudiées. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



i5i 



Pour les autres phases du développement, nous ne pouvons que rappeler les remar- 
quables travaux d'AcASsiz, Cunningham, Ehrembaum, Emery, Fabre-Domergue, Page, 
Holt, Me. Intosh, etc. 

Parmi ces larves, certaines sont issues d'œufs démersaux: d'autres, d'œufs pélagiques. 



CLUPEID/E 




Fig. 284. — Clupea sprattus. Larve de 12 millimètres. 



Glupea sprattus. 

Larves de 12 millimètres (plusieurs échantillons). 

Plankton des 8 et 17 juin igii. 

Ces larves, extrêmement allongées, ont la dorsale déjà bien développée ; la caudale 
est encore asymétrique ; les rayons 
de l'anale sont peu marqués ; l'anus 
est très reporté en arrière, environ 
aux trois quarts postérieursdu corps. 

La pigmentation est représentée 
par deux séries de chomatophores 
noirs bordant ventralement la partie 
préanale jusque sous les pectorales 
et par quelques autres chromatophores de même couleur à la base des rayons de la 
caudale. Cette pigmentation, ainsi que le degré de développement relativement grand 
des larves par rapport à leur taille, sont de bons caractères de détermination spécifique. 

Elles doivent être placées entre les stades de 9 millimètres et de i5 millimètres 
figurés par Ehrenbaum. Dans ce dernier stade, la caudale et l'anale 
sont particulièrement mieux développées que dans nos échantillons. 

AMMODYTID^ 

Ammodytes lanceolatus. 

Plankton du 14 octobre 1911. 

Larve de 8 millimètres. 

Larve 'très allongée ; la nageoire impaire entoure complètement 
le corps, de la nuque au-dessous de la gorge. On n'y voit aucune trace 
de rayons de nageoire, sauf dans la partie inférieure delà région Fig. 285. — /iwworfyto 

j , , , -, 1 1 ■ • - 1 1 • lanceolatus. Tête de la 

caudale, L anus se trouve en arrière de la moitié du corps. La pig- larve de 8 millimètres. 
mentation se compose de chromatophores noirs, dont quatre sur le 
sommet de la tête et d'autres disposés en série dans la région dorsale de la masse 
vitelline. Quelques chromatophores de même couleur se rencontrent dorsalement, en 
arrière de l'anus. Ces derniers ont une valeur spécifique et, d'après Ehrenbaum, suffisent 
pour affirmer que cette larve appartient à V Ammodytes lanceolatus. Cet auteur a figuré 




,52 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

deux larves, lune de 4 millimètres; l'autre de i2°'"',5 et emre lesquelles la nôtre prend 
place. 




Fig. a86. — Ammodytes lanceolalus. Larve de 8 millimètres. 

syngnathida: 
Entelurus aequoreus. 

Larve de 13 millimètres. 

Plankton du 19 juin igi i. 

Larve éclose récemment (la taille des jeunes à Téclosion est de 12 millimètres); elle a 
le corps allongé ; la tête est contenue 6 fois dans la longueur totale ; les pectorales sont 
parfaitement développées, La nageoire impaire entoure le corps complètement jusque 
dans la région pré-anâleet se surélève au niveau de la dorsale, dans laquelle apparaissent 
déjà quelques rayons. Le vitellus est encore fortement convexe, de coloration orangé 
clair: la vessie natatoire est extrêmement brillante, et couverte de chromatophores 
sombres. 

La couleur générale du corps est d'un vert jaune clair avec des chromatophores noirs. 
Ceux-ci, largement étalés dorsalement, sont répartis en quatorze groupes ; latéralement, 
ils manquent ; à la partie ventrale, ils forment une ligne continue à ondulations régulières ; 
chaque ondulation correspond à un segment. 

La segmentation, est en effet, fort bien marquée chez cette larve ; elle est même 
accentuée par des prolongements épineux, dirigés en arrière; leur nombre coïncide 
également avec celui des anneaux du corps. Vus dorsalement, les côtés du corps semblent 
dentelés en scie. 

Cet aspect très spécial rappelle plus celui des Syngnathes que celui des Entelures 
adultes; aussi nommerons-nous cette larve: larve syngnathif orme ; la présence des pecto- 
rales justifie encore cette dénomination : elles disparaissent, en effet, dans le cours du 
développement. Ehrenbaum a figuré, dans le Nordisches Plankton^ une larve à Téclosion ; 
elle diffère de notre échantillon surtout par l'absence de toute trace de dorsale. 

Nerophis lumbriciformis. 

Larve de 10 millimètres. 

Plankton du 9 juin 1911. 

La larve, extrêmement allongée, est déjà assez développée. Nous la désignerons 
comme la précédente sous le nom de larve syngnathif orme, à cause de la présence de 
pectorales et de la denticulation latérale, segmentaire, du corps. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



i53 



La trace des rayons de nageoires apparaît dans la dorsale et la région caudale : la 
nageoire pré-anale est encore présente ; le vitellus est en grande partie absorbée ; la vessie 
natatoire, brillante, est bien visible. 



KKt;^ 



i 




Fig. 290. 

Fig. 287. — Enteliirus œquoreus. 
Larve de i3 millimètres (vue iatéra- 
iemeni). 

Fig. 288. — Nerophis lumbrici- 
formis. Larve de 10 miilimètres(vue 
dorsaiement). 



Fig. 289. 

ment). 



Idem (vue iatéraie- 



Fig. 290. — Idem. Détail de la 
pigmentation de la région caudale. 



Fig. 287. 



Fig. 288. 



Fig. 28g. 



La couleur générale est d'un beau vert olive avec des chomatophores noirs. Ceux-ci 
forment dorsaiement une série de 17 groupes dont 6 dans le tronc; ventralement, ils 
T. V. — Fasc. 5 20 



.54 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

constituent une ligne continue et lobée, dont chaque lobe correspond à un segment. Nous 
donnons une figure détaillée de cette pigmentation, montrant en même temps la position 
des prolongements épineux segmentaires. La nageoire impaire présente dans sa région 
anale neuf groupes de chromatophores noirs. 

L'œil est d'un beau bleu irisé. 

Nous rappelons que les pectorales, la caudale disparaîtront chez l'adulte. 

Fries (i838) a décrit la larve à l'éclosion ; elle mesure 9 millimètres et est transpa- 
rente: le nombre des groupes dorsaux de chromatophores qu'il indique est différent de 
celui que nous trouvons. Cependant, le degré accentué de développement par rapport à 
la taille de la larve nous porte à la rapporter à une petite espèce, particulièrement au 
Nerophis lumbriciformis. 

LABRID^ 

Labrus berggylta. 

Larve de 6'^"', 5. 

Plankton du 8 juillet 191 1 . 

Dans cette larve, le vitellus tient encore une place importante et entoure l'origine de la 
vessie natatoire. La nageoire impaire, très haute, s'est fragmentée, mais persiste encore 
en avant de l'anus et autour du pédoncule caudal. L'anale et la dorsale se terminent au 
même niveau ; la partie antérieure de la dorsale est fort basse ; dans la région postérieure 
apparaît le début de quelques rayons de nageoires ; il en est de même pour l'anale. 

La caudale est déjà plus développée, les rayons y sont déjà bien indiqués, mais elle 
est encore englobée dans la nageoire impaire qui donne à la partie terminale du corps 
un contour lancéolé. La colonne vertébrale est visible au travers des tissus et se relève à 
la partie terminale ens'appuyant sur les cartilages hypuraux. 

Le museau est court, tronqué : l'œil, grand et doré. 

La coloration générale est jaune avec des chromatophares noirs distribués sur 
tout le corps, sauf dans la région précaudale; une série de chromatophores plus larges 
se trouve à la base de la dorsale, de chaque côté. Les nageoires sont transparentes ; 
l'anale porte quelques taches noires isolées. 

Il est probable que cette larve appartient au Labrus berggylta dont nous décrivons 
ci-dessous des stades plus avancés du développement. 

Larve de 7^"^, 5. 

Plankton du 17 juin 191 1. 

Le museau est déjà bien indiqué; le vitellus est résorbé presque entièrement : la 
colonne vertébrale n'est visible que dans la région précaudale et se relève à sa partie pos- 
térieure. Les rayons de nageoires sont bien développés dans les nageoires impaires ; on 
aperçoit encore sur les bords les débris de la nageoire impaire, si développée dans la 
larve précédente. La partie antérieure de la dorsale est encore fort basse, la caudale 
légèrement asymétrique: la nageoire préanale a disparu. 

La coloration du corps est d'un jaune rougeâtre; l'abdomen est nettement rouge; la 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



i55 



région précaudale est transparente. On trouve des chromatophores noirs sur tout le corps, 
sauf dans la partie précitée ; ils sont plus denses à la base de la dorsale et de l'anale. Cette 
dernière nageoire a son bord anté- 
rieur fortement pigmenté : quel- 
ques gros chromatophores noirs 
garnissent la tête. 



Larve de lo millimètres. 

Plankton du 14 juin 19 11. 

A ce stade, la larve a acquis 
complètement la forme de la 
Vieille adulte. Le museau est pro- 
longé en bec ; les nageoires ont 
leurs rayons bien formés, la cau- 
dale est symétrique, entière. Mais 
on aperçoit encore la chorde 
dorsale relevée dans la région 
précaudale, dépourvue de pig- 
ment. L'anus est situé sur une 
sorte de mamelon très développé. 

La coloration générale est 
jaunâtre; le pigment est noir; sur 
la tête on trouve deux plaques en 
croissant ; sur lecorps, les chroma- 
tophores sont inégalement répar- 
tis, peu nombreux dans la région 
abdominale, très serrés en réseau pîg] 3 




Fig. 291. 




Fig. 292. 




Fig. 294. 



Fig. 291. 



Larve de Labrus berggylta, 6""", 5. 
Idem, 7'""', 5. 

à la base de la dorsale, nuls dans f^'S- ^çS- - idem, m millimètres. 

, , . , , , , , , F'g- 294. — La même (vue dorsalement). 

la region precaudale : le bord 

antérieur de l'anale est fortement pigmenté sur les membranes 



interradiaires. 



Larve de 13 millimètres. 
Plankton du 23 juin igii. 

Mêmes caractères que le stade précédent ; la taille seule diffère. 
Nous avons pu déterminer avec sûreté ces différents stades du Labrus berggylta par la 
formule des nageoires : D = XX/ 12; A = III/io. 



GQBnD>« 



Gobius paganellus. 

Larve de 5"^'^, 5. 

Plankton du 8 juin 1911. 

La larve est transparente et complètement entourée par la nageoire impaire; dans la 



i56 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 





Fig. 295. 



partie caudale, on aperçoit l'ébauche des rayons de nageoires et les cartilages hypuraux. 

La vessie natatoire 
est représentée par 
une vésicule réfrin- 
gente. L'œil est bleu 
irisé ; la pigmenta- 
tion comprend une 
série ventrale de 
chromatophores 
noirs au nombre 
d'une dizaine envi- 
ron ; dans la partie 
postanale, on trou- 
ve, à la même hau- 
teur, dorsalement 
et ventralement, 
deux énormes chro- 
matophores jaunes auxquels nous croyons pouvoir attribuer une valeur spécifique. Nous 
avons pu rapporter ces larves au G. paganellus par comparaison avec d'autres larves dont 
nous avions obtenu l'éclosion en aquarium. 




Fig. 296. 

Fig. 295. — Gobius paganellus. Larve de 5 millimètres (vue ialéralemeni) 
Fig. 296. — La même (vue dorsalement). 




Fig. 297. — Liparis Montagui. 
Larve de 9 millimètres. 



CYCLOPTERIDvE 

Liparis Montagui. 

(Stade postlarvaire). 

Larve de g millimètres. 
Plankton du 20 avril 1908. 

Cette larve à un stade déjà très avancé du développement 
est remarquable par l'union des nageoires impaires : anale, 
dorsale, caudale. L'anale et la dorsale sont à peine recouvertes 
par la peau. La chorde dorsale est relevée en arrière et 
encore un peu visible. 
La coloration est orangée et les pectorales sont pigmentées de noir à leur bord 
externe. 

La formule des nageoires est celle du L. Moyitagui : D = XXVII: A = XXIL 

Gyclopterus lumpus. 

(Stades postlarvaires). 
Larve de 12 millimètres. 
Plankton du 24 juin 191 1 . 
L'animal -est bien développé, mais la peau est complètement lisse : les rayons de 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



i57 



nageoires sont bien formés et ceux de la première dorsale sont encore visibles : celle-ci 
forme, en effet, une sorte de bosse 
à bord postérieur crénelé. 

La coloration est d'un rouge 
éclatant avec des bandes blanches 
et des taches en arrière des dorsales ,^_^__„ 

et de la pectorale, de même cou- ^-^^^r '8- 299- 

leur ; de plus petites taches blanches 
sont disposées en quatre séries 
longitudinales le long du corps : 
l'iris est doré. 




Larve de 12 millimètres. 
Plankton du 24 mai 1911. 
Mêmes caractères : coloration 
entièrement vert olive. 



Fig. 298. Fig. 3oo. 

Cyclopterus lumpus. 

Fig. 298. — Larve de 12 miilimèires (vue dorsalemeni). 

Fig. 299. — La même (vue latéralement). 

Fig. 3oo. — Larve de 22 millimètres (vtie latéralement). 



Larve de 22 millimetres. 

Plankton du 28 novembre 1911. 

La forme est sensiblement la même ; mais la première dorsale commence à se modi- 
fier; les tubercules apparaissent déjà sur la peau en séries : l'une médiane, sur la première 
dorsale; deux latérales abdominales de chaque côté. 

Coloration vert brun avec pectorales brunes au bord antérieur. 

Deux individus répondant à cette description se trouvaient dans des débris d'algues 
flottant au nord de l'île de Ty-Saozon, près Roscoff. L'un d'eux portait sur la queue un 
anilocre de petite taille (i). 

PLEb'RONECTlD/E 

Zeugopterus punctatus. 

Larve de j millimètres. 

Plankton du i3 juin 1911. 

Larve symétrique; la partie céphalique est très développée. L'urochorde est courbée 
vers le haut et nettement visible à travers les tissus : le vitellus est encore bien représenté : 
les cartilages hypuraux supportent quelques rayons de nageoires dans la région inférieure 
de la queue. La nageoire impaire entoure l'animal de la nuque à l'anus, placé très en avant. 
Sur les côtés de la tête sont deux épines que Petersen appelle « épines otocystiques » ; au- 
dessous on aperçoit le début d'une autre épine : la forme générale de la tête a une ana- 
logie frappante avec celle du Zeus. 

(i) Dans le cours de mes recherches sur les Poissons, il m'est parfois arrivé de rencontrer des Anilocres fixés sur 
d'autres animaux que les Labres. J'en ai vu de la taille de ceux des Vieilles sur des Agonus cataphraclus ; d'autre part, 
d'autres Anilocres plus petits sont fréquents sur le Gobius minutus : ils mesurent environ de i5 à 20 millimètres et se 
fixent le plus souvent sur le pédoncule caudal. Celui que j'ai trouvé sur la queue du petit Cycloptère avait à peine 
10 millimètres. 



1 58 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



La pigmentation est jaune et noire; les régions dorsale et anale, le coin delà mandi- 
bule, le sommet de la tête sont plus 
fortement pigmentés. Le vitellus est 
1^ partiellement entouré d'un réseau de 
chromotaphores. La nageoire impaire 
porte 7 à 8 taches dans sa partie 
dorsale et 3 dans sa partie anale. 

HoLT et Petersen ont décrit des 
larves analogues, légèrement moins 
avancées en développement. 




Fig. 3oi 




Fig. 3oi. 
Fig. 3o2. 



Fig. 3o2. , 

Larve de Zeugopterus punctatus, 8 millimètres. 

. — Vue dorsalement. 
Vue latéralement. 



Rhombus laevis. 

Larve de lo millimètres. 
Plankton du 6 juillet igii. 
Cette larve est légèrement asy- 
métrique; la rotation de l'œil et la 
déformation du crâne sont déjà indi- 
quées. Les rayons de nageoires sont 
ébauchés en majeure partie mais 
non complètement formés. La chorde dorsale, visible à travers les tissus, se relève dans 

la région caudale ; la nageoire caudale 
est complètement asymétrique etbilobée; 
la nageoire préanale est encore présente. 
La pigmentation est jaune et noire, 
mais inégalement répartie. On trouve du 
pigment jaune sur la tête, le vitellus, et 
quelques parties du corps (dans la 
région nucale et une bande dans la 
zone précaudale); cette coloration s'é- 
tend aux nageoires et forme sur l'anale 
et la dorsale des bandes irrégulières en face des parties pigmentées du corps. Les 
chromatophores noirs sont larges, étoiles, sur la masse vitelline, sur le corps dans les 
régions pigmentées de jaune ; plus petits sur la tête et les bandes des nageoires. L'iris est 
bleu. 

Cette larve représente un stade postérieur à un échantillon de 9 millimètres figuré 
par Ehrenbaum. 

Solea solea. 

Larve de y millimètres. 
Plankton du 17 juin 1911. 

La larve montre une tendance légère à l'asymétrie : l'œil gauche est déjà légèrement 
plus haut que l'œil droit et la bouche est déviée. La chorde est transparente, visible dans 




Fig. 3o3. — Rhombus lœvis. Larve de 10 millimètres. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



iSg 




Fig. 304. 



Larve de Solea solea, de 7 millimètres, stade O 
(vue latéralement). 



Fig. 3o5. — La 
même (vue de 
face). 



les tissus et relevée à rextrémité caudale. La nageoire impaire débute à la lèvre supérieure 
et se termine à la masse vitelline. 

Dans la zone caudale, quelques rayons de nageoires s'ébauchent dans la partie infé- 
rieure ; la mâchoire 1 
inférieureesttrès déve- 
loppée. La larve pré- 
sente des chromato- 
phores noirs, bruns, 
jaunes. 

L'encéphale et le 
système médullaire 
sont d'une couleur sé- 
pia ; la masse vitelline 
présente une nuance 
plus foncée, les régions 
dorsale et anale sont brun clair. Quelques chromatophores sépia, très grands, étoiles, 
peu nombreux, ornent la dorsale et l'anale. Les chromatophores noirs s'étalent sur la 
tête, la gaine de la moelle, la chorde,la masse vitelline et sont placés en série dorsalement 
et ventralement. Les chromatophores jaunes, plus petits et arrondis, sont dispersés dans 
toutes les régions. L'oeil est bleu irisé de vert. Cette larve correspond au stade désigné par 
la lettre O par Fabre-Domergue dans son remarquable iravail sur le développement de 
la sole. Le stade que nous décrivons est intermédiaire entre un stade figuré par Cunnin- 
gham et un autre stade étudié par Ehrenbaum. 

Solea sp. 

Larve de y millimètres. 

Plankton du 17 juin 1911. 

Cette larve est déjà fortement asymétrique ; l'œil gauche est encore du côté gauche, 
mais s'aperçoit par transparence non loin de la ligne médiane; il va bientôt apparaître sur 
le profil de la face pour passer à droite. 

De plus, cette larve semble com- 
plètement dégénérée ou malade ; la 
présence d'un parasite dans sa région 
dorsale en est peut-être cause : la cau- 
dale est atrophiée ; la dorsale présente 
des inflexions anormales. Les rayons 
de nageoires sont encore incomplète- 
ment formés. La chorde dorsale se 
recroqueville dans la queue. „. », 

La pigmentation est limitée à deux 
cordons de chromatophores noirs, l'un dorsal, l'autre ventral. Cette larve correspond 
à peu près au stade désigné par Fabre-Domergue sous les lettres OP. 




Larve de Solea sp., stade OP, 7 minimctres(dégénérée). 




i6o 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 




Fig. 307. 



GADID^ 

Onos sp. 

Larve de 3""°,5. 

Plankton du 1 9 juin 1 9 1 1 . 

La tête de la larve est extrêmement volumineuse, avec une mandibule formida- 
blement développée ; Toeil est énorme. La masse vitelline apparaît nettement non 

résorbée ; la nageoire impaire peu 
élevée part de la nuque, et entoure 
le corps jusqu'en avant de l'anus. 
Quelques indications de rayons de 
nageoires se trouvent dans la partie 
caudale. Les pectorales sont toutes 
petites, mais les ventrales sont énor- 
mes : c'est là le caractère le plus frap- 
pant de cette larve. Au point de vue 
pigmentaire, l'attention est également 
attirée sur les ventrales dont les mem- 
branes intermédiaires sont absolu- 
ment chargées de chromatophores 
noirs très larges. On trouve quelques 
autres chromatophores de même 
couleur sur la tête et dans la région 
postanale, au nombre de douze. Sur 
le museau, la tête, la nuque s'aper- 
çoivent de nombreux petits chro- 
matophores jaunes arrondis. 




Fig. 3o8. 





Fig. 309. 



Fig. 3 10. 




Larve de 5 millimètres. 
Plankton du 8 juin igii. 
Nous retrouvons dans cette larve 
l'extrême développement de la tête 
et particulièrement des yeux et de la 
mandibule. Celle-ci dépasse fortement 
la mâchoire supérieure. La masse 
vitelline occupe encore une place 
importance. Les rayons de nageoires 
sont marqués dans la région caudale 
de la nageoire impaire. Les ventrales 
présentent leur taille caractéristique : elles dépassent largement l'anus. La masse vitelline 
est jaunâtre dorsalement. De grands chromatophores noirs surchargent les ventrales, 
couvrent la tête et forment une tache postanale : on en trouve quelques-uns sur la 



Fig. 3ii. 

Larves d'Onos sp. (0. tricciratus?) 

Fig. 307. — Larve de 3n"n,5 (vue latéralement). 

Fig. 3o8. — La même (vue dorsalement). 

Fig. 309. — Larve de 5 millimètres. Tête vue dorsalement). 

Fig. 3io. — La même (vue ventralement). 

Fig. 3ii. :— La même (vue latéralement). 



ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 



i6i 



gorge. Les petits chromatophores jaunes sont épais sur la tête et le début de la nageoire 
impaire dans sa partie dorsale. 

Ces deux larves ne peuvent être rapportées ni à VO. mustela ni àl'O. Cimhrius d'après 
les caractères fournis parles différents auteurs. La pigmentation est entièrement différente 
et Ehrenbaum la considère comme ayant une valeur spécifique. Nous rapporterons donc 
les larves ci-dessus décrites à VO. tricciratus^ sur le développement duquel nous n'avons 
trouvé aucun document, 

BLENNIID^K 

Blennius pholis. 

Larve de ii millimètres. 

Plankton du 5 juillet 191 1. 

La forme rappelle déjà celle de l'adulte ; mais la partie antérieure de la dorsale est 
peu élevée. La tête fait environ le quart de la longueur; les pectorales atteignent la moi- 
tié du corps. 

Quelques chromatophores noirs se trouvent sur la tête, les pectorales à la base de la 
dorsale, de l'anale, delà caudale. 

Ce jeune Blennius est peut-être le plus petit qui ait été décrit. 

Larve de ij millimètres. 
Plankton du 5 juillet 1911. 
Mêmes caractères, taille différente. 

Larve de 15 millimètres. 

Plankton du 5 juillet 191 1. 

Le corps est plus allongé, le volume de la tête relativement moindre : elle fait envi- 
ron le 1/5 de la longueur 
totale. Les rayons de na- 
geoires parfaitement indi- 
qués correspondent à la 
formule du Bl. pholis. Le 
corps est transparent. 

La coloration de la ré- 
gion céphalique est d'un beau 
jaune doré ; l'iris est doré, 
bleuté aux bords, La masse 
vitelline est entourée d'un 
feuillet irisé, violacé ven- 

tralement. De petits chroma- pj^ 3,3 _ Blennius pholis. L.arve de i5 millimètres. 

tophores jaunes occupent la 

gaine de la chorde et la dorsale. Les chromatophores noirs s'étalent sur la tête, sous la 

gorge; à la base de la caudale, de la dorsale, de l'anale, ils correspondent aux rayons ; 
T. V. — Fasc. 5. 21 




Fig. 3i2. — Blennius pholis. Larve de ii millimètres. 




102 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



ils couvrent les membranes interradiaires des six rayons inférieurs des pectorales et 
tapissent la gaine de la chorde. 

HoLT a décrit une larve de iS^^jS trouvée à Falmouth. Elle diffère légèrement de 
notre échantillon : la pectorale de la larve anglaise est plus longue, plus pigmentée ; la 
dorsale du môme spécimen est plus haute en avant et a sa partie épineuse presque aussi 
développée que sa partie molle. 

CALLIONYMID^ 

Callionymus lyra. 

Larve de y millimètres. 
Plankton du 17 juin 191 1. 

La larve a des contours arrondis ; la bouche est nettement pro- 
tractile, la masse vitelline persiste encore ; les rayons des nageoires 
sont bien indiqués, sauf ceux de la première dorsale qui n'est pas 
encore même ébauchée. La caudale présente déjà la forme de celle 
de l'adulte. 

Le caractère le plus frappant est la présence de l'éperon préoper- 
culairequi a déjà sa forme typique en harpon. 

La coloration du fond est jaunâtre, avec des chromatophores 

noirs et rouges répar- 
tis particulièrement 
sur la tête et le tronçon 
caudal. 

Cette larve doit 
être rapportée au C. 
lyra qui est la seule 
espèce fréquente en 
Manche. Ehrenbaum 









Fig. 314. 



Fig. 3i5. 
Larve de Callionymus lyra, 7 millimètres. 



Fig. 314. 
Fig. 3i5. 



Vue dorsalement. 
Vue latéralement. 



fournit la figure d'un 



échantillon d'Helgoland, plus long que le nôtre (7™™, 5) et moins développé relativement. 



GOBIESOCID^ 



Lepadogaster Gouani. 

Larves de4 à 5 millimètres (nombreux échantillons). 

Plankton de juillet à août 191 1. 

La tête, très développée, présente une mandibule extrêmement forte ; les yeux sont 
volumineux, le museau tronqué antérieurement. La nageoire impaire est peu élevée; elle 
entoure le corps de la nuque à l'anus : celui-ci est porté sur un tubercule en rosette. La 
masse vitelline est déjà en grande partie résorbée ; les rayons de nageoires apparaissent 
dans la partie caudale. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



i63 



La pigmentation est formée de chromatophores noirs, jaunes et rouges; mais les chro- 
matophores noirs sont surtout très développés et couvrent en grand nombre la tête, le 
dos et les flancs de l'animal, laissant incolores la 
partie ventrale et la région précaudale. Ces larves 
correspondent bien comme caractères aux em- 
bryons que GciTEL a décrits à l'éclosion des œufs 





Fig. 3i6. — .Lepadogaster Gouani. Larve de 4 millimcires Fig. 317. — Lepadogaster Gouani. Larve de 4 milli- 
(vue ventralement). mètres (vue dorsalement). 

du L. Gouani. Elles représentent seulement un stade plus avancé : leur taille est légère- 
ment inférieure à celle des embryons nouvellement éclos : ce fait est assez curieux, mais 
peut s'expliquer par un accroissement en largeur de la larye. 



Lepadogaster De Gandolli. 

Larves de 5 millimètres (2 à 3 échantillons). 

Plankton de juillet 191 1. 

La mandibule est très développée, l'œil énorme; l'anus est porté sur une tubercule 
en rosette ; la chorde dorsale est rele- 
vée à sa partie terminale : on aperçoit f^^^Xr-——-':::^^^^^^''/:^' 
des rayons de nageoires dans la 
queue. 

La nageoire impaire est très for- 

... , , F-ig. 3i8. — Lepadogaster De Candolli. Larve de 5 millimètres 

tement reduue surtout dorsalement. (vue latéralement). 

La pigmentation est rosée avec un 

cordon ventral de chromatophores noirs ; la masse vitelline est jaune rougeâtre ; l'œil 

est vert irisé. 

On retrouve nettement les caractères de coloration indiqués par Guitel dans les em- 




id4 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

bryons nouvellement éclos : le corps est plus court, plus ramassé, et les nageoires moins 
développées que dans ces premiers stades. 

LOPHIID^ 

Larves de ii millimètres. 

Plankton du 26 juin 1908. 

Ces larves ont été recueillies par nous au moment où elles sortaient de l'enveloppe 
gélatineuse caractéristique qui entoure les œufs des Baudroies. Nous n'insisterons pas sur 
la description de ces embryons maintes fois figurés par Agassiz, Prince, Fllton, Ehren- 
BAUM, etc.... Nous ferons seulement remarquer que la nageoire impaire forme dorsale- 
ment à son début une sorte de décrochement qui n'est pas indiquédans les figures d'AoAs- 
siz, mais se trouve dans un dessin de Fulton. 




Fig. 319. — Lophius piscatorius. Larve de ii millimètres. 



CHAPITRE II 

RÉPARTITION OCÉANOGRAPHIQUE. PÊCHE 

Nous avons dit dans notre préface que, malgré l'extrême mobilité des Poissons, nous 
avions le dessein de tenter d'appliquer à ces animaux la répartition en faciès préconisée 
par M. le professeur Pruvot, dans son remarquable travail sur les Fonds et Faune de la 
Manche occidentale. 

Déjà, en 1888, Vaillant, dans les recherches du Travailleur et du Talisman^ avait 
séparé la zone côtière et la zone des abysses par laprésence ou l'absence des Pleuronectes 
et des Raies, qui disparaissent vers i5oo mètres, comme maximum de profondeur. 

Nous inspirant en partie des travaux de ces deux savants, nous pouvons donc dis- 
tinguer, d'après la profondeur, trois zones: 

I. Zone littorale. — Depuis la limite des hautes mers jusqu'à la limite inférieure des 
Laminaires, soit environ 40 mètres, au-dessous duO des cartes marines. 

II. Zone côtière. — De 40 mètres à i 400 mètres de profondeur, à laquelle s'arrêtent 
les Pleuronectes et les Raies. 

III. Zone abyssale. — Au-dessous de 1400 mètres. Cette zone n'est pas représentée 
en Manche. 

En ce qui concerne la nature des fonds, nous observons deux natures de fonds prin- 
cipales : 

A. Fonds rocheux ; 

B. Fonds vaso-sableux et sableux. 

Dans chacun de ces fonds, nous retrouverons les différentes zones et un certain 
nombre de faciès que nous avons essayé de classer de la façon qui répond le mieux au 
mode de distribution des Poissons : 

A. — FONDS ROCHEUX 

I. Zone littorale. — x) Faciès des Cuvettes à Algues calcaires des niveaux su- 
périeurs ; 

p) Faciès des roches couvertes de Fucus et d'Himanthalia ; 
y) Faciès des roches couvertes de Laminaires. 

II. Zone côtière. — *) Faciès de roche vive; 
!i5) Faciès à bryozoaires et ophiures ; 

Y) Cailloutis de la Manche. 



i66 ANNALES DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE 

B. — FONDS SABLEUX OU SABLO-VASEUX 

I. Zone littorale. — ») Faciès vaseux des estuaires ; 
fi) Faciès sableux de la zone des marées ; 

y) Faciès des herbiers de Zostères; 
S) Faciès à Lithothamnium (maërl). 

II. Zone côtière. — «) Faciès sableux du O des basses mers à i 400 mètres de pro- 
fondeur. 

Il est difficile dans cette dernière zone de trouver une limite correspondant à celle 
qui, dans le fonds rocheux, est caractérisée par la limite inférieure des Laminaires; aussi 
n'établirons-nous pas cette distinction et grouperons- nous dans un même faciès les fonds 
sableux depuis les basses mers jusqu'à la zone abyssale. 

A. — FONDS ROCHEUX. 

I. ZONE LITTORALE. 

«) Faciès des cuvettes à Algues calcaires des niveaux supérieurs. 

Ce faciès a une très petite extension dans l'Atlantique et la Manche, alors qu'il est très 
développé en Méditerranée. Dans les rochers très battus (Duon, les Bisayers), de petites 
cuvettes sont creusées dans la roche et entièrement tapissées d'algues calcaires roses qui 
y forment souvent des concrétions circonvolutionnées ; on y rencontre fréquemment 
d'autres algues comme les Bifurcaria. 

Trois espèces de poissons habitent ces mares : ce sont : 



G0B11D.1: Gobius capita. 

^ Blennius gala 
' Blennius pkolis. 



Blenniid^. . . i Blennius galerita. 
) " 



Les deux premières sont particulièrement caractéristiques de ce faciès ; on ne les 
trouve que dans ces cuvettes: ce sont des animaux assez rares, du reste, et dont la vraie 
demeure est la Méditerranée. 

Il est curieux de faire remarquer que la nature du faciès et les poissons qui le carac- 
térisent sont nettement méditerranéens et ont conservé leurs rapports jusque sur les côtes 
de la Manche où ils forment de petites stations trèslocalisées. 

p) Fades des roches couvertes de Fucus et d'Himanthalia. 
Les poissons qui caractérisent ce faciès sont: 

[Pholis gunnellus. 
Blenniid^ S Blennius pholis. 

' Blennius gattorugine. 

•^o*""^ Gobius paganellus. 

GoBiESOciD^ \ Lepadogaster Gouani. 

i Lepadogaster De Candolli. 

*^*'^">'*^ Onosmustela. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE ;i67 

La Gonnelle habite les niveaux supérieurs de cette zone: elle reste sur le gravier, 
sous les pierres, à sec pendant plusieurs heures de la marée ; le Blennius gattorugine et les 
Lepadogaster appartiennent, au contraire, à l'horizon inférieur de ce faciès . Toutes ces 
espèces, à l'exception de la Motelle, déposent leurs œufs sous les pierres. 

y) Fades des roches couvertes de Laminaires. 

Il faut distinguer dans ce faciès deux catégories de poissons : 

Ceux qui, d'une part, habitent au milieu des crampons et des souches des Lami- 
naires et qu'à l'horizon supérieur on peut trouver à marée basse ; 

Ceux, d'autre part, qui nagent au milieu de ces algues et au-dessus du fond qu'elles 
recouvrent. 

1° Poissons vivant aîi milieu des souches et crampons des Laminaires : 

( Lepadogaster Gouani . 
GoBiESOCiD.E ? Lepadogaster De Candolli. 

( Lepadogaster microcephalus. 
„ iLiparis Montagui. 

CYCLOPPERID^ { r' i . i 

: ( Cyclopterus lumpiis. 

GoBiio^ Gobius flavescens . 

Pleuronbctidx Zeugopterus punctalus. 

Le Cycloptère se montre au niveau des basses mers, surtout au moment de la ponte ; 
habituellement il se retire en profondeur: à l'exception du Zeugopterus punctatus^ tous 
ces poissons fixent leurs œufs à côté ou à l'intérieur des souches des Laminaires. 

2° Poissons nageant au milieu ou au-dessus des Laminaires : 

p IMorone labrax.. 

^^^'^^^^ ^ Serranus cabrUla. 

. ( Labrus mixtus. 

^*"'*'°* \Labrus berggylta (type doré). 

IL — ZONE COTIÈRE. 

Les fonds rocheux se présentent au-dessous de la limite inférieure des Laminaires 
sous différentes formes: ce sont parfois des plateaux de roche vive, ou des amoncel- 
lements de galets arrondis que l'on désigne sous le nom de Cailloutis de la M«ncA^ ; d'autres 
fois encore les cailloux ou les roches sont couverts de formations dues aux Bryozoaires, 
aux Eschara, par exemple, et au milieu desquelles se meuvent les Ophiures ou s'épa- 
nouissent les hydraires. Cette dernière sorte de fonds est nommée par les pêcheurs 
bretons fonds de grépié ; les oursins peuplent également les profondeurs, tels VEchinus 
esculentus et le Spatangus purpureus, ce dernier à l'entrée de la Manche. 

Sur ces fonds, mêlés aux amoncellements de coquilles brisées, nagent ou rampent les 
poissons suivant : 

Squatinid^k Squatina angélus. 

LoPHiiDyE Lophius piscatorius. 

GoBiESOciD^ Lepadogaster bimaculatus. 

Anouillid/E Conger conger (forme noire) . 



i68 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

B. - FONDS SABLEUX ET VASO-SABLEUX. 

l. — ZONE LITTORALE. 

a) Faciès vaseux des estuaires. 

Ce faciès caractérise les larges embouchures des rivières bretonnes : l'eau y est 
fortement saumâtre et même douce vers la lin du jusant. Un des meilleurs types de ce 
faciès est la rivière de Saint-Pol-de-Léon ou Penzé. Les espèces que nous indiquons ci- 
dessous se rapportent à cet estuaire bordé de larges bancs de vase molle, entre deux 
berges surélevées couvertes de Fucacées maigres ou de tangue à Ancées. 

_ \ Pleuronectes (Platessa) platessa. 

Pleuronkct.d.ï I p/,„,.^„,,,^, (V/„^,) ^,^,„ 

liGobius minutus microps . 

^°^"'''*^ \ Gobius minutus Guitelli. 

Calliony.mid* Callionymus lyra. 

CoTTiDyE Agonus cataphractus. 

Triglid^ Trigla lucerna (jeunes f. pœcilopterà). 

Pebcid^ .' Morone Labrax (jeunes). 

MuGiLiD-B ,. Mugil chelo (jeunes). 

^ ( Clupea alosa. 

Clupkid.e ] „, , 

( Clupea harengus. 

Cette dernière espèce ne se rencontre qu'en hiver dans la Penzé : elle vient sans doute 
y pondre. D'une façon générale, la maturité sexuelle des animaux de ce faciès semble se 
produire pendant l'hiver [Clupea harengus, Agonus cataphractus, Gobius minutus Guitelli). 
Les formes jeunes de cette faune se rencontrent surtout au printemps. 

fj) Fades sableux de la zone des marées. 

Sur les plages et les baies sableuses, la mer, en se retirant, forme des mares où l'on 
trouve les espèces suivantes : 

GoBiiD^ \ Gobius minutus microps. 

\ Gobius minutus pictus. 

Trachinid^ Trachinus ripera . 

Pleuronectes (Platessa) piatessj. . \ 

i Solea solea J 

Plkuronectid-ï: ' Solea lascarii> ( jeunes. 

I Rhombus lœvis l 

Rhombus maximus j 

Ammodytid^ Ammodytes lanceolatus \ . 

ScoMBRESociD^ Belone Bellone \ m'Srateurs. 



Les jeunes Pleuronectes se rencontrent sur les plages sableuses en été et au printemps : 
ils gagnent les profondeurs en hiver. 

Les Equilleset les Orphies passent en été au moment de la ponte sur les oains sableux; 
aux grandes marées, ils s'y échouent en grand nombre; les équilles fouissent dans le sable 
avec une grande rapidité pour s'y enfoncer. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 169 

y) Fades des herbiers de Zostères. 

Les Zostères forment de vastes herbiers sur fond vaseux ou sableux; certains d'entre 
eux assèchent à marée basse, d'autres restent complètement immergés. 
On trouve dans les herbiers compris dans la zone des marées : 

, ( Labrus berggvlta . 

''^*'*'°* I Labrus (Crenilabrus) melops. 

CoTTiD/E Cottus bubalis. 

_ ( Gobiiis pae-anellus. 

GOBIID.-E { /^ L- Ji 

( (jobms jlavescens. 
GastrosteiD/E Gastrosteus spinachia . ♦ 

(Entelurus œquoreiis. 
SyngnathiD/E <.Syngnathus acus. 

{ Syngnathus typhle. 

-Blknniid/E Blennius pholis. 

ANGuiLLiDiE _. Conger conger (jeunes). 

Dans les herbiers toujours immergés on trouve les mêmes espèces et de plus : 

„ ( Pleuronectes (Platessa) vlatessa. 

Pleuronectid* J pi,„^o,„,„, (>/„„,) flesus. 

Zeio/e Zetis faber. 

i Gadus (Merlangus) pollachius., 

'*'" l Gadus (Merlangus) virens. 

Callionymid/E Callionymus lyra. 

Atherinid.« Atherina presbyter '\ 

Ammodytid^ Ammodytes lanceolalus > migrateurs. 

Sco.MBREsociD.* Belonc Bellone ; 

MuGiLiD/E Mugil chelo \ 

Pkrcid/E Morone labrax J jeunes. 

Triglid.e Trigla lucerna ) 

Les Atherina sont fréquents en hiver, les Equilles et les Orphies en été, les formes 
jeunes au printemps et en été. 

S) Faciès du Maërl [Lithothamnium). 

Les algues calcaires forment des amas considérables qui occupent les baies et les 
estuaires et où vit une faune. spéciale: 

, Gobius Jeffreys!. 



*""'*' \ Gobius (Lebetus) scorpioïdes Guilleti. 

GoBiEsociD;G Lepadogaster bimaculatus. 

SYNONATHiDiE Nerophts lumbriciformis. 

Pleuronectid.* Solea sp. 

Callionymid/E Callionymus lyra, etc 

Les trois premières espèces sont réellement caractéristiques des fonds de maërl, ainsi 
que nous l'avons fait ressortir dans une publication antérieure, sur la faune ichthyo- 
logique de ce faciès. La coloration de toutes les formes qui y vivent est rosée ou violacée, 
par mimétisme ou par absorption des Floridées, 

IL ZONE COTIÈRE. 

a) Fonds sableux compris entre la limite des basses mers (O des cartes marines) et la 
{one abyssale ( i 400 mètres). 

T. V. — Fasc. 5. 2a 



,^ ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE f. 

Il faut distinguer parmi les poissons de cette zone en : 
lo Poissons nageant au-dessus des fonds sableux : 

I Gadus luscus. 
. . Gadus {Merlangus) pollachius. 

'^*°'°* ( Gadus {Merlangus) virens. 

I Spams centrodontus. 

£, „ 1 Aurata aurata. 

^•'•^■'"** ÏBoops boops. 

c ... Scomber scombrus. 

hcoMBBiD*. Trachurus trachurus. 

Carangid.e 

Quoique migrateur, le maquereau recherche toujours les fonds sableux. 
2° Poissons nageant -près du fond : 

., ... Mullus barbatus surmuletus. 

MULLID* , _, . , ,. ^„. 

/ Trtgla Itneata. 

\ Trigla cucuhis. 
Triglid.e ; Trigla lucerna . 

[ Trigla gurnardus. 

Zeiom Zeusfaber. 

CallioVvmVd.e Callionymus lyra. 

TBACHINID.E Trachinus draco 

Anguili iD« Conger conger (forme blanchej. 

ScvLLiiD*. .".'.'.'.'.'.y.'.'.. Scylliorhinus canicula. 

3° Poissons vivant sur le fond: 

' Raia clavata (près des roches). 

Raia microcellata . 
,Raia undulata. 
JRaia punctata. 

Ba"D'E \Raia asterias. 

'Raia miraletus. 

Raia bâtis. 

Raia macrorhyncha . 

Squatin.d^ Squatina angélus. 

I Zeugopteriis megasloma. 

I Rhombus lœvis. 

I Rhombus maximus. 

\ Pleuronectes (Platessa) platessa. 

) Pleuronectes (Limanda) limanda. 
Pleuronectid.1; \ Pleuronectes [Microstomus) microcephalus. 

I Hippoglossus hippoglossus. 
( So lea so lea. 
Solea lascaris. 
, Solea variegala. 
LoPHiiD/E Lophius piscatorius. 

On a pu remarquer que, dans ces listes, nous n'avons cité comme Squales que le Scyl- 
liorhinus canicula et le S quatina angélus. Les autres squales, en effet, se trouvent sur tous 
les fonds : ils chassent des bancs de poissons et les suivent dans tous les endroits où ceux-ci 
les entraînent. 

Il est également difficile d'attibuer un fond spécial à la majorité des Clupes : Clupea 
harengus (Seehering) Clupea pilchardus, Clupea sprattus, Engraulis encrasicholus. 

Enfin VOrthragoriscus mola vit près de la surface et semble être un voyageur pour qui 
la nature du fond est absolument contingente. 

Reprenant au point de vue ichthyologique, le groupement que nous avons fait des 
faciès bionomiques, nous arrivons maintenant sans difficultés à définir les différents 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 171 

horizons océanographiques par les formes qui les caractérisent de la façon la plus 
typique. 

Tableau VII. — Faciès ichthyologiques. 

A. Fonds rocheux. 
1. Zone littorale. 

a. Faciès à Blennius galerita et à Gobius capita. 

(Faciès des cuvettes à algues calcaires.) 

g. Faciès à Pholis gunnellus et à Gobius paganellus. 

(Faciès des roclies à Fucus et Himanthalia.) 

Y. Faciès à Gobiesocidœ et Cyclopteridœ. 

(Horizon des souches de Laminaires.) 

y'. Faciès à Percidœ. 

(Horizon supérieur des fonds de Laminaires.) 

II. Zone côtière. 

a. Faciès à Congre noir. 

(Faciès rocheux de profondeur.) 

B. Fonds sableux et sablo-vaseux. 

I. Zone littorale. 
a. Faciès à Pleuronectcs (Flesus) Jlesus. 

(Faciès saumàtre de la vase des estuaires.) 

?. Faciès à Gobius minutus microps. 

(Faciès sableux de la zone des marées.) 

f. Faciès à Syngnathidœ. 

(Faciès des herbiers de Zostcres.) 

6. Faciès à Lepadogasler bimaculatus. 

(Faciès du maërl.) 

II. Zone côtière. 
X. Niveau à Gadus luscus. 

(Zone de surface.) 

^. Niveau à Triglidœ. 

(Zone moyenne.) 

■;. Niveau à Raies et Pleuronectcs. 

(Zone profonde.) 



PECHE 

FONDS, ENGINS ET SAISONS 

La répartition des poissons en faciès trouve son application toute naturelle dans la 
pêche. Les pêcheurs ont, en effet, grand intérêt à connaître les rapports de la nature du 
fond et des poissons qui le fréquentent, à la fois pour trouver des lieux de pêche pro- 
ductifs et savoir quel engin employer. C'est ainsi que c'est seulement sur fond de sable, 
qu'ils se serviront du chalut, impossible à manœuvrer sur fond rocheux ; et cet engin con- 
viendra particulièrement à la capture des Pleuronectes, Raies et Triglés qui habitent le 
faciès sableux côtier. Nous ne croyons donc pas nous écarter du plan de cette étude en 
résumant rapidement les conditions de la pêche dans la Manche occidentale. 

La Manche peut être limitée du côté occidental par l'isobathe loo ; au delà de cette 
ligne, les marins se considèrent comme se trouvant dans l'Atlantique : ils disent qu'ils ont 
démanché. 

Cet isobathe loo contourne les îles Scilly ou Sorlingues, le cap Land's end, et rejoint 
le nord d'Ouessant, du côté continental, en formant une courbe dont la concavité est 
tournée vers l'Océan. Tous les fonds de la Manche sont donc inférieurs à lOO mètres ; 
toutefois une longue fosse s'étend entre les longitudes W. 4° 20' et W. 6°, orientée N. 60° E 
— S.6o°W., avec une profondeur supérieure à 100 mètres. On la nomme fosse centrale : 
elle atteint un maximum de 172 mètres de fond. 

Les faciès suivants occupent à peu près tout le fond de la Manche occidentale : 

Sable fin '\ 

Sable coquillier [ Faciès sableux. 

Coquilles brisées ) 

Gravier coquillier 1 

Gravier [ Faciès rocheux. 

Petites pierres ) 

Dans le faciès sableux, le sable fin est parfois opposé sous le nom de sable blanc au 
sable coquillier et aux coquilles, désignées sous le nom de sable gris. Le gravier coquillier, 
couvert en général de Bryozoaires et d'Ophiures, constitue le fond de madrépores ou de 
grépié; enfin le gravier et les petites pierres forment le cailloutis de la Manche. 

Une large bande de ce cailloutis s'étend au nord de la côte bretonne et le long de cette 
côte ; le faciès sableux occupe le milieu de la Manche et l'accore des côtes normande et 
anglaise ; les îles anglo-normandes constituent un important groupement rocheux, limité 
au nord par la fosse centrale. 

Nous retrouvons facilement cette répartition géographique des natures de fond 
dans la variatiqn des principales espèces pêchées dans les différentes régions : 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



.73 



Côte bretonne. — Type : Roscoff. — Congres et raies ; quelquefois turbo ts et barbues. 
Bars, lieux et vieilles ; squales ; lançons et prêtres. 

Côte normande. — Type : Granville, — Raies et Pleuronectes ;. grondins, brèmes et 
vives; squales; lançons. 

Côte anglo-normande. — Type : Guernesey. — Raies et Pleuronectes (entre autres 
PL microcephalus) . Merlues, brèmes. 

Côte anglaise. — Type: Falmouth. — Raies et Pleuronectes (parmi lesquels le Flétan). 
Merlues, merlans, lieus, bars, brèmes. 

Sur toutes ces côtes, on trouve : en été : les maquereaux ; en hiver : les mulets, les 
harengs. 

Nous donnons ci-dessous un tableau des époques de pèche des principales espèces 
saisonnières, d'après les observations que nous avons pu grouper, soit à Granville, soit à 
Roscoff. 

Tableau VIII. — Époques de Pêche. 



ESPÈCES. 


M. 


A. 


M. 


J. 


J. 


A. 


S. 


0. 


N. 


D. 


J. 


F. 


Cluvea hareneus 


+ 
+ 


-+■ 

+ 
+ 

-t- 


-+■ 

+ 
-f- 

+ 

+ 


+ 
+ 

+ 

4- 

-+- 

+ 
4- 


-t- 

+ 
+ 

+ 


+ 
+ 

+ 
+ 

+ 


+ 
+ 

+ 

+ 


+ 

+ 

+ 

+ 


4- 

+ 
+ 

+ 


+ 

+ 
+ 

+ 


+ 

+ 
+ 

+ 


+ 

+ 
+ 

+ 


Clupea sprattus 


Clupea pilchardus 


Ammodyles lanceolatus 

Mugil chelo 


Atherina presbyter 

Scomber scombrus 


Mustelus et Galeus 


Squatina angélus 

Rdict bâtis 


Rata macrorhyncha 


Raia asterias, R. punctata.. 



Nous examinerons maintenant rapidement avec quels engins sont pris ces poissons et 
décrirons brièvement les différents types de lignes et filets usités sur les côtes bretonne, 
normande et anglaise ; nous laissons de côté volontairement tout ce qui concerne la pèche 
des Crustacés et des Mollusques, ce travail étant purement ichthyologique. 

1° Engins de la côte bretonne. — Type : Roscoff. 

Les engins employés sont les suivants: Lignes de fond, lignes à main; Filets de 
barrage, filets à raies ou folles ; tramails ; sennes ; carrelets ; havenets ; faucilles ; 
anspects. 

Lignes de fond. — Ces lignes représentent une longueur de 4800 mètres par bateau, 
soit 40 pièces de 70 brasses: 1200 à 2400 lignettes ou avançons y sont attachés avec 
autant d'hameçons. Les extrémités de la ligne sont coulées dans des repères connus à 
l'aide de grosses pierres dont la place est marquée par une bouée et des flotteurs de liège 
disposés le long d'un orin attaché à la pierre qui sert d'ancre. Les lignes restent ainsi sur 
le fond durant une marée, puis sont remontées à bras par quatre hommes. 

Lignes à main. — Suivant les poissons, on pêche mouillé ou en dérive: pour pêcher 



174 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

en dérive, par exemple le maquereau, la ligne porte un fil double à l'extrémité libre, une 
branche supporte l'hameçon, l'autre porte un poids lourd servant de lest. 

Fileis de barrage. — (Filets à mulets). — Ces filets sont calés, d'une hauteur de 
2 mètres sur une longueur de 28 mètres : la ralingue supérieure est liégée : les mailles 
ont o'",025 au carré. On ajoute, en général, plusieurs pièces les unes aux autres 
pour augmenter la longueur du barrage ; le filet est tendu perpendiculairement 
à la côte; à mer haute, les mulets s'y maillent et, à marée basse, les pêcheurs vident le 
filet: les places où l'on tend ces filets sont tirées au sort et occupées successivement par 
tous les inscrits par suite d'un roulement établi par commune entente. 

Filets à raies ou folles. — Les folles ont un mètre de hauteur et de grandes mailles 
de o™,20 au carré. Le filet est maintenu sur le fond et liégé à la ralingue supérieure. 

Tramàils. — Le tramail est formé de trois nappes de filets superposés ; les 
deux nappes externes sont formées par des filets à larges mailles comme les folles ; la 
nappe médiane par un filet à mailles de om,o25, plus grand que les autres, de telle sorte 
qu'il flotte lâchement détendu entre eux. Par l'influence du courant, le filet médian forme 
des poches entre les mailles des nappes externes, poches dans lesquelles se prend le 
poisson. Un tramail a 40 mètres de long sur une hauteur de i'",5o. 

Sennes. — La senne est un long filet qui comprend une partie centrale formée de 
petites mailles, de offl,ai4, par exemple ; les extrémités du filet ont des mailles de o"i,025 
au carré. La hauteur du filet est de 2 mètres et sa longueur de 100 à 120 mètres, le bord 
supérieur est ralingue et liégé ; la ralingue inférieure est lestée avec des olives de plomb 
ou des ardoises. Un bâton aux extrémités écarte verticalement les ralingues. 

Pour senner à terre, un ou deux hommes restent sur le rivage, tenant le bout d'un 
orin ; les autres quittent la rive et décrivent un grand circuit en lâchant dans le sens du 
courant successivement Torin, le filet à mailles moyennes, le filet à mailles fines, puis 
reviennent vers la terre en jetant l'autre filet à mailles de o™,025 et l'orin jusqu'à la rive. 
Les senneursen deux groupes égaux halent le filet en se rapprochant peu à peu : quand il 
sort de l'eau, la ralingue liégée, et la ralingue plombée doivent être tirées avec la même 
vitesse jusqu'à la poche où se trouve la majorité du poisson. 

Pour senner en bateau, une barque reste fixe et représente l'équipe de terre, tandis 
qu'une autre décrit un grand cercle avec la senne et se place à côté de la première ; le 
filet est relevé entre les deux embarcations. 

Carrelet ou guidel. — Le guidel est une poche de filet de 4 centimètres de profondeur 
tendue sur un cercle de 16 mètres de circonférence: on le manœuvre à l'aide d'une 
poulie sur un mât de charge : on appâte au-dessus avec des crabes et des roussettes 
bouillis, et on le hisse quand on le juge plein. 

Havenets. — Filets emmanchés utilisés pour pêcher dans les herbiers. 

Faucilles. — Servant à fouiller le sable pour la pêche du lançon. 

Anspect. — Pour retourner les pierres des grèves, afin de trouver de petits congres. 

Les bateaux des pêcheurs bretons appartiennent le plus souvent au type du cotre, 
jaugeant environ 20 tonneaux, en général non pontés, avec 4 hommes et le patron comme 
équipage. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 175 

2° Engins de la côte normande. — Type: Granville-Cancale. 

Les engins employés sont les suivants : 

Lignes de fond ; lignes à main; lignes à brème; lignes fichées; filets de barrage; 
grands filets amulets; sennes; rets à harengs; chalut; 

Nasses ; tramails;dé7,ures; tonnelles, bichettes et havenets: 

Pêcheries fixes. 

Lignes de fond. — Surtout usitées du côté de Cancale. 

Lignes à main. — Pour les maquereaux ces lignes sont disposées en arbalète, c'est-à- 
dire quelles comprennent plusieurs hameçons au lieu d'un seul. 

Lignes à brème. — Les brèmes, d'abord pèchées à la ligne à main, sont maintenant 
pèchées avec des lignes de fond, mais sur chaque avançon se trouve un bouchon qui 
tient l'hameçon à quelque distance du fond. 

Lignes fichées. — Ligne à main avec plusieurs hameçons, attachée à un pieu fiché au 
sol, péchant à marée haute (baie du Mont Saint-Michel). 

Filets de barrage. — Pour le mulet, en hiver. 

Grands filets à mulets. — Ces filets, usités dans la baie du Mont Saint-Michel, ont été 
l'objet de sérieuses prohibitions et contestations. Ils mesurent de 600 à 800 mètres de lon- 
gueur, sur 6 mètres de hauteur, avec des mailles de o"',o25. Leur ralingue inférieure est 
enfoncée dans le sable à l'aide de petits piquets : leur ralingue supérieure porte des 
anneaux de cordage. Le filet est tendu en V dont l'angle est dirigé vers la haute mer, et, 
de 5 mètres en 5 mètres, se trouvent des pieux portant des crochets, enfoncés vertica- 
lement dans le sable. Le filet reste couché sur le fond, durant la marée montante ; à la 
marée haute, les pêcheurs accrochent les anneaux de la ralingue supérieure aux crochets 
des pieux, et le retour du courant fait se prendre les poissons, soit à la base du filet s'il 
s'agit de poissons plats, soit dans les mailles s'il s'agit de mulets. De récents arrêtés, dont 
nous avons, à la suite de différentes enquêtes, été le promoteur, prescrivent de laisser 
entre la ralingue inférieure et le sable un espace d'environ o"»,25, afin de réserver 
à ces filets leur usage primitif, à savoir la pêche des mulets, sans nuire au développement 
des Pleuronectes, dont la baie du Mont Saint-Michel est une admirable nursery. 

Sennes. — La senne à lançon porte une poche centrale en toile de serpillière : on 
senne à jet, quand la senne est tirée à terre, au moulinet, quand elle est manœuvrée à 
flot. 

Rets à harengs. — Sont tendus dans les baies, en hiver : leur ralingue inférieure est 
enfouie, la ralingue supérieure liégée ; les mailles ont o™,025. 

Chalut. — Le chalut usité est le chalut à perche ou à étriers : une longue perche de 7 
à 10 mètres soutient à ses extrémités deux montures en fer ayant une forme d'étriers, 
réunies par une chaîne ; le filet forme une poche profonde, maintenue ouverte par les 
étriers: la chaîne traîne sur le fond et force le poisson à entrer dans le chalut, dont il ne 
peut plus sortir, car une cloison transversale en filet, ayant une seule ouverture centrale, 
l'empêche de s'échapper et il se prend dans les replis latéraux. Ces chaluts ont jusqu'à 
20 mètres de profondeur. 

Le chalutage est interdit sur la côte bretonne à moins de 3 milles de terre : il est 



176 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

autorisé sur la côte normande, sauf dans la baie du Mont Saint-Michel et sur certains 
bancs d'huîtres. 

Nasses. — (Baie du Mont Saint-Michel). 

Tràmàils. — Fixés à marée basse et péchant à marée haute (baie du Mont Saint- 
Michel). 

Dézures. — Nasses en filets ayant la forme d'un tonnelet se terminant en cône et 
fixées à des piquets ; les poissons qui s'y engagent ne peuvent plus en sortir, par suite de la 
présence d'une cloison transversale en filet, percée centralement, en entonnoir. Les 
mailles sont de o'n,oio environ. Cet engin, désigné dans le pays sous le nom de mitrail- 
leuse, est interdit, mais, en fait, utilisé très souvent. 

Tonnelles. — Les tonnelles ont la forme des dézures, mais sont plus grandes avec des 
mailles de o'",025. Cet engin est autorisé (baie du Mont Saint-Michel). 

Bichettes et Havenets. — Filets emmanchés, à ouverture en demi-cercle, ou complè- 
tement circulaires ou ovalaires. 

Pêcheries fixes. — Il est impossible d'oublier de mentionner les pêcheries fixes de 
Cancale et de Granville: celles de Cancale sont de grands carrés formés par une palis- 
sade en branchages, dont un angle est dirigé vers la haute mer et terminé par une nasse 
fixée, en osier, qui retient le poisson pris dans la pêcherie durant la marée haute. Le côté 
du carré qui se trouve à terre est à peu près nul. Les pêcheries de Granville sont bâties 
sur le même modèle, mais avec des murs formés de pierres amoncelées. 

Les bateaux qui servent à la pêche dans cette région appartiennent au type de la 
bisquine 

3° Engins de la côte anglaise. — Côte sud: 

Ces engins sont les suivants: Long-lines; hand-lines; boulter; trot; Beam-traw^l; 
otter-trawl; Trammels ; drift-nets ; stop-nets; Seines; nettings ; spears. 

Long-lines or ground-lines. — Lignes de fond du type décrit, avec flotteur (dan), 
orins {buoy-ropes) et hameçons [hooks] au nombre de i ooo à i 5oo. 
Hand Unes. — Lignes à main du type décrit. 

Boulter. — La ligne porte de 5o à loo hameçons avec une extrémité mouillée et 

l'autre maintenue à bord: cet engin sert à prendre des congres, sur des fonds peu profonds. 

Trot or micket. — Cette ligne est tenue d'un bateau mouillé ou d'une jetée et flotte avec 

le courant: on attache fréquemment à l'extrémité libre une bouteille vide qui dérive, 

puis se remplit et coule et permet ainsi d'avoir un trot bien tendu. 

Beam-trawl. — (Chalut à perche ou à étriers). 

Otter-trawl. — (Chalut à plateaux). — A chaqueextrémité des deux ralingues supérieure 
et inférieure se trouvent deux plateaux de bois rectangulaires qui tiennent toujours le 
filet ouvert, d'après le principe du parallélogramme des forces. Le fond de ces chaluts 
est fermé par un amarrage qui permet, en le desserrant, de vider rapide ment la poche ter- 
minale ou cod end. 

Trammels. — Tramails du type décrit. 

Drift nets. — Filets dérivants à maquereaux ou à harengs (o°^,025 à la maille; — 
mesh = I inth) ; 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 177 

Stop-nets. — Filets de barrage. 

Seines. — Sennes : la partie centrale, en serpillière, forme poche : c'est le bunt ; le 
parties latérales ou wings sont à grandes mailles. 

Nettings. — Carrelets. 

Spears. — Fouines ou foènes, sorte de trident placé sur un long manche et servant à 
piquer les plies sur le fond, par eau calme. 

Les bateaux qui servent à la pêche appartiennent en général au type du cotre ou sloop. 

Nous voulons indiquer, pour terminer ce bref aperçu sur la pêche, quels sont les 
poissons comestibles pris le plus communément avec chaque engin: 

a) Lignes de fond., long Unes or ground Unes, boulier, trot. — Congres, Raies, Turbots, 
Barbues, Squales, Baudroies. 

b) Lignes à mains, hand Unes {à l'ancre). — Brèmes, Bars, Vieilles, Lieux, Tacauds, 
Serrans, Carangues, Trigles, Vives. 

c) Lignes à brèmes. — Brèmes (Sparus centrodontus) . 

d) Lignes à main {en derive), en arbalète. — Maquereaux. 

e) Chalut, beam-trawl, otter-trawl . — Pleuronectes, Raies, Trigles, Zeus, Vives. 

f) Filets de barrage, stop-nets ; grands filets. — Mulets. 

g) Folles. — Raies, Turbots, Barbues. 

h) Tramails, trammels. — Raies, Squales, Pleuronectes, Trigles, Baudroies, Lieux. 

i) Rets à harengs et à maquereaux dérivants, drift-nets. — Harengs, Maquereaux. 

j) Sennes, seines. — Lançons, Harengs, Sardines, Orphies, Lieux, Zeus, Mulets. 

k) Carrelets, nettings. — Prêtres. 

1) Tonnelles, dêzures. — Jeunes Clupes, Pleuronectes, Mulets. 

m) Bichettes, havenets. — Loches, Vieilles ; jeunes Pleuronectes. 

n) Faucilles. — Lançons. 

o) Anspect. — Loches, jeunes Congres. 



T. V. — Fasc. 5 ■ 23 



TROISIÈME PARTIE 

CONCLUSIONS 



CHAPITRE PREMIER 

ESSAI D'UNE CLASSIFICATION BIOLOGIQUE ET PHYLOGÉNIQUE 

En se basant sur les liste de répartition par faciès que nous avons précédemment 
dressées, on peut arriver facilement à diviser les poissons en un certain nombre de types 
répondant à la fois à leur mode de vie et au niveau bionomique qu'ils caractérisent. 

Tout d'abord nous les séparons en Poissons côtiers et en Poissons littoraux ; et, dans 
ce dernier groupe, nous distinguerons : 

Les -poissons côtiers de surface ; 

Les poissons migrateurs ; 

Les poissons de profondeur. 

I. — POISSONS LITTORAUX 

Ils appartiennent aux familles suivantes : 

Syngnathidée, Gastrosteidœ ; 

Gobiidae, Cottidse, Cyclopteridx ; 

Blenniidx, Gobiesocidse, Trachinidœ, -{- un Gadidé, la Motelle ; 
et peuvent être ramenés à deux formes : 

la forme massive [Percoïdei + Gadoïdei) ; 

la forme allongée (Clupeoïdei). 

Les poissons de la forme massive sont, en gêné rai, de petite taille et ont la tête volu- 
mineuse, souvent relevée, et fréquemment ornée d'épines ou de formations cutanées. 
Leur caudale est entière; leurs ventrales jugulaires ou presque jugulaires, préthoraciques, 
parfois modifiées en appareil ventousaire. La peau est le plus souvent nue. 

La coloration des poissons littoraux est extrêmement variable; quoique mimétique, 
elle présente cependant des tons et des nuances propres à chaque espèce. 

Cette spécialisation des livrées est particulièrement nette dans les individus qui pré- 
sentent à l'époque de la reproduction des parures de noces^ en général, très brillantes. 

Un autre caractère de ces poissons est l'instinct familial très développé qu'ils 
possèdent, instinct qui se traduit par la garde des œufs ; les pontes sont, en effet, fixées en 
majorité, exception faite des Trachinidse et de la Motelle. Nous reviendrons plus loin 
sur l'intérêt de la présence de ce Gadidé, parmi les poissons littoraux. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE. 179 

Dans la forme allongée, toute la morphologie est subordonnée à un mimétisme 
extrême : les Serpentiformes tendent à se confondre avec les longues feuilles des Zostères 
au milieu desquels ils vivent. Leurs caractères généraux sont, outre retirement excessif 
du corps, sa forme subcylindrique ou prismatique, avec des arêtes très aiguës ou des 
flancs carénés et l'atrophie des ventrales, nulles chez les Syngnathidse, réduites à une petite 
épine dans l'Épinoche de mer. La coloration est verte et jaune par mimétisme. 

L'instinct familial est porté à son plus haut degré chez les Serpentiformes, soit par la 
formation d'un nid, soit par l'incubation des œufs portés parle père. 

II. — POISSONS COTIERS. 

1° Poissons côtiers de surface. 

Ils appartiennent aux familles suivantes : 

Percidas, Sparidee, Triglidx ; 

Gadidse. 

Ces poissons éroigrent peu, sont plutôt sédentaires ; ils nagent entre deux eaux et 
réalisent la définition du poisson typique. 

Le corps est fusiforme, parfois légèrement comprimé; les ventrales sont reportées 
en avant, le plus souvent thoraciques, quelquefois jugulaires ; la peau est garnie d'écaillés. 

La coloration n'est que fort peu mimétique; chaque espèce possède des caractères 
fixes de coloration dont elle s'écarte peu : dans les formes qui vivent près de la surface, 
la couleur est sombre dorsalement, avec les flancs argentés ; tels sont les Bars, les Sparidas, 
les Gadidx; dans les formes vivant plus profondément, Mullidœ, Triglidœ, Serrans, les 
nuances sont très vives, dans les tons rouges en général. Il n'y a pas de parures de noces, 
les œufs sont pélagiques, l'instinct familial à peu près nul. 

Entre les Poissons littoraux et les Poissons côtiers de surface existe une transition 
présentée par la famille des Labridee. Ceux-ci, par leur forme, doivent être classés parmi 
les Poissons côtiers, mais la parure de noces du Labrus mixtus, la construction du nid dans 
la majorité des espèces de cette famille, les rapprochent des Poissons littoraux. Du reste, 
leur habitat est mixte et le même Labrus berggylta, dont nous trouVons les formes vertes et 
mimétiques dans les herbiers à marée basse, vit avec les Serrans, dans une livrée rouge ou 
dorée, auprès des roches profondes couvertes de Laminaires. 

2" Poissons migrateurs. 

Ces poissons viennent seulement dans la région côtière à l'époque du frai : ce sont des 
animaux saisonniers ; ils vivent en bancs et appartiennent aux familles suivantes : 

Clupeidee, Ammodytidae ; — Scombresocidœ, Mugilidœ, Atherinidx ; — 
Scombridee ; Carangidae. 

Le corps est fusiforme, plus allongé que dans les poissons côtiers de surface. Les 
ventrales sont complètement rejetces en arrière, manquent même parfois : elles sont 
cependant thoraciques dans les Scombriformes;la peau est garnie d'écaillés. 

La coloration est à peu près la même dans toutes ces familles : le dos est glauque, les 
flancs argentés : l'instinct familial est nul, les sexes ne peuvent être extérieurementdistingués. 



i8o ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

La majorité des Squales peut être rapprochée de ces Poissons migrateurs, auxquels ils 
donnent la chasse. 

3" Poissons de profondeur. 

Ils appartiennent aux familles suivantes : 

Raiidœ, Squatinidœ ; — Pleur onectidx, Zeiàx; Lophiidœ, Callionymidas. 

Ces animaux, qui appartiennent à des groupes extrêmement différents, ont de grandes 
analogies dues à leurs conditions de vie ; leur corps est presque absolument plat, qu'il 
soit comprimé dans le sens latéral (Planiformes), ou déprimé dorso-ventralement [Raiidœ^ 
Squatinidœ, Lophiidx^ Callionymidse). 

La coloration se ramène à part le Zeus à un type unique : le dos ou le côté supérieur 
est fortement mimétique, variant du gris au marron ou au jaune pâle ; la partie placée 
sur le fond, soit le ventre, soit le côté aveugle, est blanche. 

Les Zeidx présentent le système de coloration du poisson nageur : c'est là une forme 
de transition vers les Pleuronectes ; de même les Callionymes à plusieurs titres se rap- 
prochent des Poissons littoraux, par exemple, par leurs parures de noces : ils représentent 
un terme de passage entre les Blenniiformes et ItsLophiidœ. 

Par leur mode de vie, on pourrait considérer les Scyllndas comme le premier degré de 
la vie en profondeur chez les Plagiostomes, comme intermédiaires, d'une part entre les 
autres Squaliformes, et d'autre part les Anges et les Raies. 

Les Teléostomes de profondeur ont leurs œufs pélagiques. 

En résumé, nous pouvons grouper au point de vue biologique les poissons selon les 
types suivants, à part les quelques exceptions que nous avons signalées ci-dessus : 

1° Type littoral. 

a) Forme massive. — Ventrales jugulaires ou thoraciques ; tête volumineuse relevée ; 
instinct familial ; parures de noces ^ pontes fixées. 

b) Forme allongée. — Ventrales nulles ou réduites ; mimétiques des Zostères ; corps 
allongé, coloration verdâtre, instinct familial très développé ; pontes fixées dans des nids 
ou sur les parents. 

2° Type côtier. 

a) Forme nageuse de surface. — Sédentaires, nageurs, fusiformes ; ventrales thoraci- 
ques ou jugulaires; non mimétiques; colorations spécifiques; instinct familial réel, œufs 
pélagiques. 

b) Forme des migrateurs. — Migrateurs, très allongés; ventrales abdominales ou nulles, 
quelquefois thoraciques: coloration glauque et argentée; instinct familial nul. 

c) Forme de profondeur. — Déprimés ou comprimés : dos ou côté supérieur coloré et 
mimétique ; ventre ou côté inférieur blanc. 

Dans un livre récent, M. le professeur HoussAva démontré l'importance delà posi- 
tion des ventrales et son rapport avec la vitesse de l'animal. Il est arrivé par la voie mathé- 
matique au rnême résultat que nous par la voie biologique : nous ne sommes donc pas étonnés 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



i»i 



de trouver des ventrales abdominales, complètement rejetées en arrière, parfois nulles, et 
ne pouvant arrêter le poisson dans sa course, dans le vrai type migrateur; — des ventrales 
thoraciques, dans les nageurs côtiers, susceptibles de petits déplacements; — des ven- 
trales jugulaires ou préthoraciques dans le poisson littoral, immobile près de son nid, 
nageant rarement et par secousses : les formes les plus extrêmes de ce dernier terme sont 
celles dont les ventrales sont modifiées en coupe [Gobiidse) ou en ventouse [Cyclopteridse, 
Gobiesocidœ). 

D'une façon très générale, on pourrait donc arriver à formuler la règle suivante : 

Les poissons littoraux ont des ventrales jugulaires ; 

Les poissons nageurs côtiers, des ventrales thoraciques; 

Les poissons migrateurs, des ventrales abdominales. 

Les formes apodes comprennent des types très aberrants ou variés, des migrateurs 
comme le Lançon, des voyageurs isolés comme le Poisson Lune, des poissons littoraux 
comme les Serpentiformes, des types très ubiquistes comme les Congres. 

C'est en partant de la règle ci-dessus énoncée que nous nous sommes attachés dans 
notre classification à grouper en trois ordres les Téléostomes d'après la position de leurs 
nageoires ventrales, avec les exceptions que cette règle comporte : 

Clupeoïdei, Percoïdei, Gadoidei. 

Mais, en dehors de cette valeur biologique et bionomiquc de notre classification, elle 
trouve sa justification dans les rapports phylogéniques : en effet, en nous basant sur les 
données géologiques, l'ordre d'apparition des espèces fut la suivante : 

Tableau IX. 





Siliriqie. 


DevoDiq». 


Carbooiqie. 


Perœiqie. 


Triuiqir. 


Jirasiiqie. 


CriUciqie. 


ÊortBf. 


Vioeéne. 


Plioctne. 


PleiitortBe. 


PLAOIOSTOMI 


( 






















Selachoïdei 


Batoidei 














1 




Ganoïdei 














TELEOSTOMI 

Clupeo'tdei 






















Percoïdei 














Gadoidei 





















Nous ne pouvons que souscrire aux opinions très autorisées des illustres géologues 
et paléontologistes qui les premiers établirent la descendance des Téléostomes à partir 
du rameau des Ganoïdei Holostei (Amioïdei) de môme que nous croyons démontré 
que les Squatinidx établissent une forme de transition entre les Squales et les Raies. 

Mais, d'autre part, il est extrêmement intéressant pour nous d'apprendre que les pre- 
miers Téléostomes apparus furent des migrateurs à ventrales abdominales, dès le Trias; 



1 82 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



que, postérieurement, vinrent les formes à ventrales thoraciques, dont le type le plus par- 
fait, les Percidœ, apparaissent à la fin du Jurassique ; et que ce n'est qu'en dernier lieu que 
les Gades et les autres Téléostomes se développèrent, dans la période tertiaire. 
Nous avons vu qu"il existait des formes de passage, : 

Entre les migrateurs et les nageurs côtiers Scombrif ormes. 

Entre les nageurs côtiers et les littoraux Labridœ. 

Entre les nageurs côtiers et les formes profondes Zeus, Scylliidœ. 

Entre les littoraux et les poissons de fond Callionymes. 

Entre les migrateurs et les littoraux Serpentiformcs. 

Nous pouvons donc dresser les tableaux phylogéniques suivants : 

Tableau X. 

p. de profondeur. 



P. littoral 




P. jugulaires. 



P. nageur côtier. 



P. Thoraciques. 



P. migrateur. 



P. abdominaux. 



Il y a eu dans les Téléostomes ime migration caudo-crâniale des ventrales qui a 
accompagné les modifications biologiques. La forme primitive avait des ventrales abdo- 
minales, et c'est d'elle que sont issues les formes à ventrales thoraciques et jugulaires. 

DoLLO prétend sans doute avec raison que les Athérines, dont les ventrales sont 
reliées par un ligament à la symphyse claviculaire sont des Téléostomes à ventrales abdo- 
minales secondaires ; les seuls abdominaux primitifs sont ceux dont les ventrales n'ont 
aucune connexion avec la symphyse claviculaire. Par suite d'une migration caudo-crâniale 
évidente, les ventrales ont émigré vers la région antérieure devenant thoraciques, jugulaires 
et se sont articulées à la ceinture antérieure; par une migration à rebours, crânio-caudale. 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE i83 

cette fois, les ventrales se sont détachées de la symphyse claviculaire : le ligament repré- 
sente le dernier reste de leur liaison. Nous basant sur cette théorie, nous greffons le 
sous-ordre des Mugiformes sur un rameau spécial, issu de la souche des Thoraciques. 

Il nous reste à détailler maintenant dans chacun des sous-ordres les rapports des 
familles, ordres et des genres entre eux. 

Plagiostomi. — Nous avons déjà déclaré que nous admettons dans leur ensemble la 
forme et les rapports des sous-ordres des Plagiostomi tels que les auteurs précédents les 
ont établis. 

De l'ancêtre des Squaliformes se détachent, d'une part, la souche des Rajiformes par 
l'intermédiaire des Angeliformes, d'autre part celle des Ganoïdei (Acipensériformes) et des 
Teleostomi. 

Clupeoidei. — Parmi les Téléostomes, de la forme ancestrale Clupe, se détachent suc- 
cessivement : tout à fait à l'origine les Anguilli formes, les Serpentiformes, puis plus tard les 
Lanceif ormes. Nous nous rencontrons sous ce rapport dans nos conclusions avec l'éminent 
ichthyologiste anglais Boulenger dont le groupe des Malacopterygii (nosClupéiformes en 
représentent une partie) est l'origine des Apodes (Anguilliformes) et des Catosteomi (Ser- 
pentiformes). 

Serpentif ormes. — Les Serpentiformes {Catosteomi de Boulenger) comprennent des 
formes extrêmement différenciées vers le type littoral, très mimétiques : les Epinoches 
sont la forme la moins évoluée, et l'exagération de ce type aboutit aux S yngnathidœ : les 
ventrales et la première dorsale, très réduites déjà dans les Gastrosteidx, sont nulles dans 
les Syngnathidae . 

Au point de vue biologique, le mimétisme amène une coloration identique verte et 
jaune pour les deux familles ; l'habitat est le même : les herbiers de Zostères. 

L'instinct paternel est poussé à un degré excessif dans ces Serpentiformes, dans l'Epi- 
nochepar la construction d'un nid très complexe, dans \es Syngnathidae par le transport 
et l'incubation des œufs par le mâle. 

Le développement de la larve jette, d'autre part, un aperçu curieux sur les rapports 
des différents genres de Syngnathidae entre eux : 

La larve des Syngnathes commence, en effet, par avoir une flexion nucale accentuée à 
tel point que nous avons cru pouvoir lui donner le nom de larve hippocampiforme ; d'autre 
part la larve des Entelures, après avoir passé par le stade hippocampiforme, mène la vie 
pélagique et, par la présence depectorales et le contour polyédrique du corps, mérite 
le nom de larve syngnathi forme : les pectorales et les épines segmentaires disparaissent 
dans l'adulte. Il en est de même pour les Nerophis. Nous pouvons donc, d'après l'évolu- 
tion embryologique, classifier comme suit la série des genres : 

1° Hippocampus ; 2° Syngnathus; 3° Entehirus ; 49 Nerophis. 

Lancéif ormes. — Les Lancéiformes sont faciles à rapprocher par leurs caractères com- 
muns : mâchoires très développées, protractiles ou formant bec; corps très allongé.; la 
hauteur est contenue plus de 10 fois dans la longueur. 

Ce sont des migrateurs qui vivent de préférence sur le sable et y viennent pondre 
en été des œufs démersaux. Leur coloration est glauque et argent. 



i84 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 

Au point de vue du développement, les Lancéiformes sont très proches des Clu- 
peidœ : les larves des Ammodytidœ ne peuvent guère être distinguées de celles des Ctupes 
que par la position plus antérieure de leur anus. 

Mugiformes. — Les Mugiformes forment transition avec les Percoïdei : les nageoires 
ventrales sont moins rejetées en arrière, le corps est moins effilé que dans les autres 
Clupeoïdei ; les Athérines et les Muges ont deux dorsales dont la première contient 
peu de rayons ; ce sont aussi des poissons migrateurs, qui passent l'hiver sur nos côtes. 
Par suite de l'origine très spéciale de la position de leurs ventrales, nous en faisons un 
rameau spécial, à la base de la souche des Thoraciques. 

Percoïdei. — Scombri formes. — Ala base de la souche des Thoraciques, se détachent 
également les Scombriformes. Leur corps est encore très allongé et ce sont des nageurs 
rapides, qui rappellent les Clupeoïdei^ mais à ventrales thoraciques. Le maquereau est 
migrateur, la carangue plus sédentaire. 

Perciformes. — C'est le sous-ordre le plus important des Percoïdei ti qui représente 
le type même du poisson osseux classique. La base en est la famille des Percidse dont le 
type Bar est l'origine des formes à deux dorsales, le type Serran des formes à dorsale 
unique. 

Du type Bar sort la souche des Mullidœ^ et de celles-ci les Gobiiformes et les Cotti- 
formes ; au type Serran se rattachent les Labridss, les Sparidœ et leur complexe descen- 
dance. 

Gobiiformes et Cottiformes. — Entreles Mullidœ et les Triglidse la parenté est facile à 
établir : la biologie est la même, ce sont des animaux côtiers vivant près du fond où ils 
fouissent. 

De ces poissons nageurs sont issus deux groupes de poissons littoraux étroitement 
unis les uns aux autres : les Cottidx et les Gobiiformes. Dans ce dernier sous-ordre, le 
Liparis semble la forme primitive ayant évolué pour donner, d'une part le Cycloptère, 
d'autre part le Gobius. 

Planiformes. — Le type extrême des Sparidœ, très aplati latéralement, conduit 
facilement aux Caproïdœ : les ancêtres du Capros et du Zeus devaient être très voisins et 
les jeunes Zeus ont l'aspect des Capros ; c'est par l'intermédiaire de ces deux poissons 
que nous parvenons à établir l'origine probable des Pleuronectes. Déjà le professeur Bou- 
LENGER a groupé sous le nom de Zeorhombi, les Zeidœ et les Pleuronectidee, par suite des 
caractères osseux et d'une famille de poissons fossiles, établissant la transition, les 
Amphistiidœ. Nous ajouterons que, dans l'évolution embryologique, nous retrouvons trace 
de ces affinités phylogéniques ; la larve symétrique des Pleuronectes, entre autres celle 
du Zeugopterus punctatus, présente des caractères très marqués de ressemblance avec 
les Zeidx., par exemple la forme de la tête. 

Luniformes. — Nous pouvons rattacher les Molidse aux Percoïdei par l'intermédiaire 
des Caproïdœ et d'une famille non représentée dans nos pays, les Acanthuridœ. 

Gadoidei. — Gadiformes. — L'origine du rameau des Gadoïdei, c'est-à-dire des pois- 
sons à ventrales jugulaires, est constituée par des formes côtières, les Gadidœ. Mais un 
type fait exception à ce mode de biologie, c'est la Motelle : au contraire de tous les Gadi- 



» 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE i85 

dx, nageurs de surface, la Motelle mène une vie littorale dans la zone des Fucus sous 
les pierres. Au point de vue morphologique, on passe graduellement d'une espèce de 
Gade à l'autre en une chaîne ininterrompue à savoir : 

1° Gadus ; 2° Merlangus ; 3° Merlucius; 4° Molua; 5" Onos; 6° Raniceps. 

Dans cette série on peut suivre l'allongement progressif du corps, l'union de plus en 
plus grande des dorsales qui, de triple dans Gadus et Merlangus, devient double dans les 
autres formes et dont la première partie, par une dégradation progressive, devient crinoïde 
dans Ofios et arrive à être presque nulle dans Raniceps. 

Blennuformes. — C'est ici que vient se greffer la parenté des Gadiformes et des Blenni- 
formes. Quels sont donc les rapports de ces deux sous-ordres si éloignés en apparence ? 

La série si complète que nous venons d'observer dans les Gadidx se continue pour 
ainsi dire dans les Blenniidx, sans qu'il s'opère un changement autre que la transfor- 
mation des rayons mous des nageoires en rayons épineux. En dehors de ce caractère 
nous trouvons, à partir de la Motelle, au point de vue morphologique tous les inter- 
médiaires par les : 

Gadidse : Brosmius, Phycis ; 

Batrachidœ : Bairachus ; 

Blenniidas : Zoarces, Blennitis. 

Cette parenté avait dû frapper les anciens auteurs, puisqu'ils donnaient au Phycis le 
nom spécifique des blennoïdes. 

Rappelons de plus ce que nous venons de dire au sujet de YOnos mustela, qui cons- 
titue, non seulement par sa forme, mais par son mode de vie littoral, l'intermédiaire à 
la fois morphologique et biologique entre les Gades et les Blennies. Les Trachinidœ se 
rattachent sans conteste aux Blenniidœ; nous passons de même sans difficulté aux Callio- 
nymidx et par ceux-ci aux Gobiesocidœ. Dans ces deux dernières familles, le corps s'est 
déprimé, et nous arrivons graduellement aux formes de profondeur. Les Callionymes 
constituent, en effet, une transition entre le type littoral et le type de fond. 

Il est curieux de noter que l'embryologie nous fournit encore un caractère de rappro- 
chement. Dans \ç.?,Gadoïdei, la larve possède comme caractère saillant une mandibule 
extrêmement développée, nous retrouvons ce point commun dans les Gadidœ, les 5/ew- 
niidae, lea Gobiesocidœ; la larve des Motelles est absolument blenniiforme. 

Lophiiformes. — Les Baudroies réalisent le type du poisson de fond et terminent ainsi 
la série : elles se rattachent aux lilenniiformes par les Batrachidœ et Callionymidœ. 

Les deux tableaux phylogéniques que nous donnons ci-contre résument les affinités 
des sous-ordres et des genres. On y voit clairement le développement dans ses détails du 
schéma que nous avons fourni ci-dessus, montrant les rapports des différents types biolo- 
giques entre eux : nous les résumerons encore ainsi : 

1° Le type primitif du Téléostome est fourni par les migrateurs à ventrales abdominales 
(Clupeoïdei) ; 

2° Le second terme est constitué par les nageurs côtiers à ventrales thoraciques ( Percoïdei) ; 

3° Le dernier terme est représenté par les nageurs à ventrales jugulairçs{GadoïdQi) ; 

T. V. — Fasc. 5. ■ M 



i86 



ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



4° Les Poissons littoraux viennent de différenciations des migrateurs (Serpenti formes) des 
nageurs cotters à ventrales thoraciqties (Gobiiformes, Cottida^) et à ventrales jugulaires 
(Blennii formes) ; 

5° Les Poissons de fond tirent leur origine des Percoïdei nageurs (Pleuronectida;), des 
Gadoïdei littoraux (Lophiidas) et des formes évoluées des Squales ( Angelif ormes et Raji- 
f ormes) . 

Tableau XL — Tableau phylogénique des sous-ordres. 



B/en n HForm ea 




Laphiif'oim^» 



Coii»fo/*mea 



Gobiiformea 



'Scombri formes 



Tableau XIL — Tableau phylogénique des genres. 




CHAPITRE II 



POSITION GÉOGRAPHIQUE DE LA FAUNE 



Dans la partie systématique de ce travail, nous avons eu soin de noter pour chaque 
espèce son habitat et son aire de distribution géographique; en groupant ces divers 
renseignements obtenus par une recherche attentive dans les différents auteurs qui ont 
étudié la faune européenne, nous arriverons à déterminer quels sont les rapports de la 
taune de la Manche occidentale avec celle des mers limitrophes. 

La faune de la Manche occidentale comprend 120 espèces réparties comme suit : 

Cycloslomi i 

Plagiostomi 23 

Tcleostomi 96 

Parmi les Plagioslomcs : 



Selachoïdei. 
Batoïdei . . . 
Ganoïdei. . . 



1 1 

1 1 

1 



Parmi les Téiéoslomes 



Clupeoïdei . 



Pbrcoïdei . 



Gadoïdei. 



Clupeidce ^ 6 

Salmonidœ i 

Anguillidœ 2 

j Ammodytidœ 1 

Scombresocidœ 2 

I Gastrosteidœ .■ 1 

f SyngnathidcE 5 

Mugilidœ 2 

Atherinidœ i 

Scombridœ i 

Carangidœ 1 

Percidœ 2 

. MullidcE I 

l Labridœ 5 

1 Centrolophidœ i 

I Sparidce 5 

/ Caproidce i 

j TriglidcE 5 

I Cottidœ 3 

\ Gobiidœ 10 

I Cyclopteridœ 2 

J Zeidœ i 

' Pleuronectidœ 14 

Molidce .' " i 

Gadidœ 10 

Blenniidœ 5 

I Trachinidœ ' 2 

\ Callionymidœ 1 

' Gobiesocidœ 4 

, Lophiidœ 1 



,88 ANNALES DE L'INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE 



/ 



Dans ces familles, nous pouvons répartir les différentes espèces de la façon suivante 
d'après les types que nous avons tracés : 

Poissons littoraux "2 

Poissons migrateurs 20 

Poissons nageurs côtiers ^2 

Poissons de profondeur