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1 V) n 



ANNALES 



DES MINES 



connssioii des uoiiles des hiiies. 



Lm Anaïua db Hma uni publiées nooa Ici (inpicM de l'adnlal*- 
Inllon géiiénle dei PddU el Cluuui«i cl Ja HIdu , et wiu ti dlrec- 
Uon d'une cammluloii sptelalc rormée |iir le Hlnliire des Tnnui Pu- 
blie». Cette conimlnlon ett cunipos^e , linsl qu'il suit , de* membres du 
mnsell général des mina, du directeur et des profeueurs de l'École des 
■lues, et d'un Ingénieur, iiUoInt lu memlni renpllusnt les fonctions 
d*Mcr4talre: 



MM. 



de g 



m CollCge de Frince 
des mines, pritiiUnl. 
Di Bodbehille , conielller d'Ëial, 
Inspecteur général, serrétilre gé- 
Bérsl du uilulsitrc de l'agricul- 
ture, du commrrci! et des tnnui 

Tmiuià, I nsp«c leur général . 

CiHiiN. Inspecteur général, mem- 
bre de l'Acadénilc des Sciences, 
dlractenr de l'Ëcole dri mines. 

LiraLLois, Inipecteur général . 

Lmiidi , Inspecteur général. 

De Billi, Inspecteur général. 

BuTiEi, Inspecteur général. 

Foniiin., Instiectrur général. 

■ Snleur en cbef, 



HU. 

membre de l'Académie des Bclen- 
cei , proreneur de minéralogie. 

GsuREs, Ing. en cher, proreMCur de 
méUilliirglc. 

PiéBiRD, iQg. encber, secrétaire du 

Du VaiiBEtnrK, Ingén. en chpf. pri>- 
fcsseurde léglBbllan des mines. 

ClLLOn, Ingénieur en cber, pro- 
Teaseur d'cxplolLallon. 

RiTin,lng.,prafesscurdedoclmsBle. 

De Cbeppe , ancien cbef de la divi- 
sion des mines. 

CoDCBC, Ingénieur en cbcf, pro- 
Tasieur de chi/mlos de (er et de 
construction, lecrjlalre d* la 
«ommiuton. 

DiLEW*, Ingén. ordinaire, maître 




ANNALES 

DES MINES 

ou 

RECUEIL 

DE MÉMOIRES SUR L'EXPLOITATION DES MNES 

n Sm LIS SCIBKCES ET LES kWH VU s'y RAnACHBlT; 

RÉDIGÉES 

BT PUBLliBS 

SOUS L*AUTOUSATION DU MINISTRE DBS TRAYAUX PUBUCS. 



CINQUIEME SERIE. 




MÉMOIRES. — TOME XX. 



PARIS. 

DUNOD, ÉDITEUR, 



«iccEssEDinr'iuMon, 

PréeédewBMl Garilian-Goory el ¥<« Dilmont, 
URRAIRC DIS CORPS IHPÉRIAUX DES PORTS IT CHAUSSAIS IT DBS VOfBS, 

Qoal «es AofwtlM, 4L9. 

1861 



ANNALES 

DES MINES 



MÉMOIRE 

SUR LE SPIRAL RÉGLANT DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES (l). 

Par M. PHILLIPS, 
Ingénieur des mines. 



CHAPITRE PREMIER. 

On sait que, dans les appareils portatifs qui servent mstoriqi 
à mesurer le temps, l'ensemble du ressort spiral et de 
son balancier remplit l'office de régulateur tout comme 
le pendule dans les appareils fixes. 

Huygbens, qui appliqua le premier le pendule aux 
horloges, est aussi l'inventeur du ressort spiral com- 
munément appelé spiral réglant, qu'il fit construire 
pour la première fois en 1 674 par H. Tburet, habile 
horloger. Cette importante découverte lui fut con- 
testée, il est vrai, à cette époque, par le docteur Hook 
d'une part, puis par l'abbé Hautefeuille. Mais il résulte 
de toutes les longues discussions dont l'invention du 
spiral fut l'objet, que le docteur Hook peut avoir eu la 
première idée d'un ressort droit appliqué au balancier ; 

(1) L'Académie des sciences, dans sa séance du 98 mai l86o 
et sur le rapport d'une commission composée de MM. Mathieu, 
Lamé et Delaunay, rapporteur, a décidé iMnsertioD de ce mé- 
moire dans son Recueil des savants étrangers. 

Tour XX, 1861. 1 



:>1-111AL BbiiLAM 



que l'abbé Hauiefeiiille l'auraiL ])Ioyé eu forme d'hélice, 
agissant dans le sens de sou axc; mais que Huygliens 
seul peifectioDua ces idées iuformes en donnant à ce 
ressort ]a forme spirale qui, ne gônant plus les grandes 
vibrations du balancier, a rendu ce régulateur extrè- 
memeut précis. Knlin, on doit à Pierre Leroy la dé- 
couverte de la propriété de l'isochionisme du spiral, 
en choisissant convenablement ses extrémités. 

Quelque important que soit le régulateur dont il 
s'agit, sa lliéorie n'avait pas encore été étabUe, la 
forme essentiellement complexe de ce ressort, iniro- 
dui.sant dans l'applicaiion de la tliéurie de l'élasticité 
des équations dill'érentielles tellement compliquées qu'il 
serait absolument impossible de les intégrer. J'ai pour- 
tant été assez heureux, par des combinaisons particu- 
lières, pour vaincre ces diOicultës dans tout ce qui 
touche au problème, et c'est cette théorie qui fait 
l'objet de ce mémoire. J'y considère la question comme 
un problème de mécanique, dont voici l' énoncé : 

H Étant donné un lessort spiral, réuni à un balancier, 




D£S GHUONOMÈTIVES £T DES MONTRES. S 

et par des goupilles en coiu, Tune à un piton fixe ék 
Tautre soit à une virole, soit à un bras tournant avec 
le balancier et concentrique avec lui. Ce mode d'at- 
tache réalise la condition de l'encastrement, et Ton peut 
regarder Textrémiié fixe du spiral comme conservant 
une inclinaison invariable, et Tautre extrémité comme 
ayant une inclinaison fixe par rapport à celle du cercle 
de la virole à leur point d'intersection. 

La différence de construction entre le spiral plat èi 
le spiral cylindrique est la suivante. Le premier iè 
compose, ainsi que l'indique la fig. i, PL I, d^une 
courbe spirale plane formée d'un certain nombre de 
spires, généralement de huit à douze, se rapprochant 
autant que possible de la forme circulaire et tràcfeA 
autour du cercle de la virole. 

Quant au spiral cylindrique (PI, I, fig. 2), ses spires 
affectent rigoureusement en projection horizontale là 
forme circulaire dont Taxe du balancier est le centre, 
et il se termine, en général, par deux courbes adouciei 
qui se rapprochent du centre à une distance ordinaire- 
ment égale à environ la moitié d^i rayon. Ces spires 
venant se placer les unes au-dessus des autres, la 
forme rigoureuse du spiral est celle d'une hélice à pM 
extrêmement court, d'où le nom de spiral cylindrique. 

Je prends comme point de départ, ainsi que je Tàl 
fait dans mon mémoire sur les ressorts de chemins dô 
fer, la théorie de la résistance des solides l^lastiqueS* 
d'après laquelle on admet l'existence d'un axe neutre 
central, et le changement de courbure des fibres sans 
glissement relatif des unes par rapport aux autres. 
De plus, je démontrerai plus loin (voir la note qui est 
à la fin de ce mémoire) que, dans le problème actuel, 
la théorie ordinaire de l'axe neutre rentre rigoureuse- 
ment dans la théorie mathématique de l'élasticité, telle 




btUncicr. 



4 SPIRAL REGLANT 

qu'elle a été établie principalemenL par Navier, Cauchy 
et MM. Lamé et Clapeyron. 

J'euire mainleuant dans les dùlails de la question, et 
d'abord je coniiuence par résoudre le problème sui- 
'^* ™î du'*""' *^n^ '■ " l"^ spiral et le balancier étant dans leur position 
naturelle et en équilibre, on suppose que l'on fasse 
décrire au balancier uu angle de rotation a. On de- 
mande quel est le moment du couple qu'il faudrait 
appliquer au balancier pour le inaiuietiir dans celte 
nouvelle position contre l'action du spiral, d 

Pour résoudre ce problème, je rapporte le système 
à deux axes coordonnés rectangulaires, passant par le 
centre du balancier (PI. 1, fig. 5), et dont l'un, OV, 
passe aussi par celle des extrémités du spiral qui est 
fixe. 

Si l'on considère, dans la nouvelle position d'équi- 
libre, le balancier et le spiral comme formant un tout 
solide, ce système doit être eu équilibre sous l'action 
du couple appliqué au balancier et dont le moment, 
que j'appellerai G, est précisément ce qu'il s'agit de 
déterminer. De plus, 3e centre du balancier étant fixe, 
rien n'empêche de le considérer comme libre, pourvu 
qu'on applique en ce point une force égale et con- 
traire à la pression qu'il peut exercer contre les parois 
du trou. Désignons par Y et X les composantes, sui- 
vant Oy et OX de la force ainsi appliquée au point 0, 
point que îe regarderai alors comme libre. 

B étant la position occupée par un point quelconque 
du spiral dans le nouvel état d'équilibre, j'appelle x 
et >j ses coordonnées; s la longueur du spiral, comprise 
entre ce point et l'extrémité ûxe; L la longueur totale 
du spiral; M le moment d'élasticité de celui-ci; enfin s 
le rayon de courbure du spiral au point B, dans la 
nnuvelli! position d'<^quilibre, et p^ le rayon de courbure 



I)£S CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. 5 

du même point B dans Tétat naturel du spiral quand le 
moment G est nul. 

Dans la nouvelle position d'équilibre, celui-ci ne 
serait pas troublé si Ton solidifiait toute la partie du 
spiral comprise entre le point B et l'extrémité engagée 
dans le balancier, et l'on a alors à considérer Téqui- 
libre d'un corps solide formé de l'ensemble résultant 
de cette partie du spiral et du balancier, et soumis 
d'une part au couple G qui agit sur le balancier et aux 
forces X et Y, et d'autre part aux actions moléculaires 
exercées sur la section B par la partie non solidiGée du 
spiral. Si l'on transporte au point B les forces Y et X, 
ainsi que le couple G, le couple résultant doit faire 
équilibre à celui qui provient des actions moléculaires 
développées parla partie non solidifiée du spiral. Or si, 
pour fixer les idées, nous supposons que l'angle de ro- 
tation a soit dans un sens tel que le rayon de courbure 
ait diminué au point B, le moment de ces actions molé- 
culaires est égal à M ( ) , et nous aurons : 

\p po/ 

(.) M(i-;^)=:G + Ya:-Xy. • 

\P Po/ 

Celte équation convient à tous les points du spiral. 

On peut donc multiplier les deux membrespar ds et 

intégrer dans toute l'étendue du spiral, ce qui donne : 

Occupons-nous d'abord du second membre. 
Ou a : 

et 

Puis si nous appelons x^ et y, les coordonnées du 



6 SFinAL RËC.LAN't 

centre de gravité du spiral, il est évident que 

S xdt = Li| et ^yds = Li/, ; 
par suite 

Jlxdt^-ïLx, et XSy<f« = XLtf.. 

Je passe mainteuaDt au premier membre de l'éqna- 

tioa (9) . Or on voit que — est, pour ta forme naturelle 

P» 
^u spiral, l'angle formé par deux normales consécuUvea 

^ la courbe et, par conséquent, \ - n'est autre chose 

que l'angle compris entre les deux normales extrêmes. 



4? 



De même, V— est l'angle des deux normales extrêmes 
dans la nouvelle forme du spiral. Mais quand celui-ci 
passe de la première position à la seconde, la normale 
relative & l'extrémité fixe redite invariable de direcUon, 
i cause de l'encastrement qui a lieu en ce point. D'un 
autre cdté, de ce que l'autre extrémité du spiral s'en- 
gE^ dans la virole du balancier, sous un angle, avec 
le cercle de la virole, qui reste constant aussi à cause 
de l'encastrement, il résulte qu'en passant de la posi- 
tion naturelle dii spiral à sa nodvelle positio 




DES GHRONOMÈTAES ET DES MONTRES. 7 

les coDditious nécessaires et suiiisantes pour qu'il en 
soit ainsi. Regardons, par conséquent, ce fait comme 
admis pour le moment, ei alors Téqualion (3) se réduit à 

Ma = GL 

ou 

expression très-simple qui fait voir que le moment du 
couple qui tend à faire tourner le balancier est pro- 
portionnel à l'angle que celui-ci a décrit à partir de sa 
position naturelle d'équilibre, et qui donne de plus le 
moment de ce couple en fonction du moment d'élasti* 
cité et de la longueur du ressort spiral. 

Dès lors , il devient facile de trouver la durée des os- 
cillations du balancier. En elFet, en appelant A le mo- 
ment d'inertie de celui-ci , par rapport à son axe de 
rotation, on a à chaque instant, en faisant attention 
que le couple G agit comme couple résistant : 

A -= — G 

dr- 

ou, à cause de (4) : 

d'OL Mol 

Je désigne par ao Tangle d'écartemenl du balancier 
qui répond à la limite de l'oscillation, alors que sa vi- 
tesse est nulle, et l'on a, en multipliant les deux mem- 
bres de (5) par sda et intégrant : 

,6, ■*S = r <■•-'• 

Cette expression fait voir (|ue la vitesse angulaire 

dot 
du balancier, soit - - , ('?t nulle indéfiniment lorsque 

a = tt^ ou que a = — a^ , de sorte que, si ce n'étaient 



8 SriHAI, RÉULANT 

les dÏTerees résistances passives , le balancier oscille- 
rait toujours eu s'écartant également de part et d'uutre 
de sa position d'équilibre. 
On tire de l'équation (6) : 

(7) 



V M A.'— a' 



Il s'agit iDfûntenant d'intégrer cette équation depuis 
a = — a, jusqu'à a = a.. 
Or 




et, par suite, en désignant par T le temps d'une oscil- 
lation, l'équation (7) donne: 




DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. (J 

Mais auparavant , je reprends Téquation (3) , dans 
laquelle j*ai négligé la partie L(Ya;,' — Xy,), et je vais 
examiner à quelles conditions on peut effectivement 
ne pas tenir compte de ce terme , d'où dépendent défi- 
nitivement risochronisme des oscillations et l'exacti- 
tude de la formule (8). 

En premier lieu, ce terme serait toujours nul si l'on 
avait constamment x^ et y^ égaux à zéro, c'est-à-dire 
si le centre de gravité du spiral restait toujours sur 
l'axe du balancier. De là résulte de suite la conve- 
nance de donner aux spires une forme sensiblement 
circulaire et concentrique à l'axe, de façon que le 
centre de gravité général soit sur cet axe et qu'il s'en 
écarte aussi peu que possible dans le mouvement. 

Deuxièmement, le terme L(Ya:, — Xy,) s'évanoui- 
rait encore si les composantes X et Y étaient nulles, et 
par conséquent si la pression exercée par l'axe du ba- 
lancier était toujours nulle, ou encore si cette pression 
passait constamment par le centre de gravité du spiral. 
En fait, dans la pratique, cette pression est toujours 
sensiblement nulle dans les appareils bien faits, puis- 
qu'alors, pourvu que l'huile n'ait pas manqué, on ne 
remarque aucune usure contre les parois du trou de 
l'axe, même après de nombreuses années de marche. 
Mais , néanmoins, je vais examiner, avec tous les dé- 
veloppements que le sujet comporte, les conditions 
moyennant lesquelles on peut, rigoureusement et ma- 
thématiquement , atteindre ce but. On verra, comme 
conséquence de cette analyse , que si , pour le spiral 
plat , on ne peut y parvenir que pour de faibles oscil- 
lations du balancier, au contraire, pour le spiral cylin- 
drique, on obtient ce résultat pour les plus grandes 
comme pour les plus petites vibrations, moyennant des 
formes particulières données par la théorie pour les 



10 I^PIRAI. R£<il.ANT 

courbes extrêmes du spiral et une longueur totale de 
celui-ci, qui ne doit ôlre ni irop grande ni surtout trop 
petite. 

Je remarque , à cet eiret , que quand X et Y sont 
nuls ou tout à fait négligeables, TéquaUoR (i) doDOe : 



ou. à cause de (4), 

(-0) 



I. 



11 suit de là qu'alors le chargement de courbure est 
uuiforme. Ainsi, si p^est cotistiml, il en est de même 
de 5; c'est-à-dire que si les spires ont la forme de cir- 
conférences de cei'cle daus leur état naturel, elles 
affecteront encore, Jaiis leurs déformations, celle de 
circonférences de cercle, mais d'un rayon différent ; si, 
comme dans le spiral plat . elles ont , dans leur état 
naturel , des formes très voisines de circonférences de 
cercle , il en sera de même pendant le mouvement , 
sauf que les rayons changeront. Quand , comme dans 




DES CHaONOMÈTIIES M DKS MO.N'fU-. Il 

Y = et X = o et que, par biiite. l'équation (^4) aurait 
lieu avec ses conséqueuces. Je vais donc maintenaDt 
examiner dans quelles circonstances et sous quelles 

conditions on peut regarder la différence comme 

P ?• 
constante dans toute l'étendue du spiral. 

Supposons d'abord que les spires soient des cercles 
égaux et concentriques, comme dans le spiral cylin- 
drique. Soit ABC (PI. lyfig. 4) la courbe qui commence 
le spiral, A étant le bout fixe et G le point de jonction 
et de tangence de cette courbe avec la première spire. 
A l'autre extrémité du spiral, celui-ci se termine par 
une courbe symétrique et égale dont l'extrémité A' cor- 
respondante à A est encastrée dans la virole du ba- 
lancier. Or le problème est celui-ci : Chercher si Ton 
peut, pour toutes les valeurs entre lesquelles varie 

l'angle a, déformer le spiral d'après la loi = r » 

p Po L 

de telle façon que les conditions relatives à ses ex- 

» 

trémités soient toujours satisfaites, c'est-à-dire qu'au 
point A, ce point et sa tangente soient invariables et 
qu'en même temps, à l'extrémité opposée A', celle-ci 
aboutisse toujours au cercle de la virole et vienne le 
rencontrer sons un angle constant et donné. 

Je donnerai tout à l'heure le moyen de satisfaire 
complètement à celte condition pour le spiral cylin- 
drique par certaines formes de courbes extrêmes ; mais 
dès à présent on peut reconnaître que, quelle que soit 
la forme des courbes extrêmes, il s'en faut de très-peu 
qu'elle soit remplie. En effet, dans la déformation gé- 
nérale, le point C se déplace très-peu, ainsi que la 
normale CO, sur laquelle se trouve le centre de la pre- 
mière conférence, lequel ne s'écarte que faiblement 
de sa position initiale 0, et comme toutes les spires 



sHectcnt en se défonnant la forme de cercles égaux et 
concentriques, le point C, où la courbe extrême C'B'A' 
se détache des spires, sera peu éloigné d'être sur la 
circonférence primitive des spires, et la forme de C'B'A 
ayant elle-même très-peu varié par la déformation, 
l'extrémité A' devra être voisine du cercle de la virole, 
et celle-ci sera coupée par C'B'A', au point A', suivant 
un angle peu dilférent de celui donné. Un raisonuement 
tout à fait semblable peut être fail pour le spiral plat. 
Ou est donc fondé à conclure de là que dans les cas 
généraux de la pratique, la pression dont les compo- 
santes sont X et Y est relativement très-faible, et 
comme les coordonnées du centre de gravité le sont 
ordinairement aussi, il en résulte que le moment 
Ya:, — Xy, de l'équation [5) est négligeable devant G; 
que, par conséquent, l'isochronisme est, sinon parfait, 
au moins très-approciié, et que la durée des oscillations 
est exprimée par la formule (8). 

Le raisonnement précédent se trouve parfaitement 
d'accord avec l'expérience qui, dans les cas généraux 
dont je parle, montre d'une part les spires conservant 
la forme circulaire et à peu près concentrique, et 
d'autre part les oscillations ayant une durée sensible- 
ment indépendante de leur amplitude. Je vais néan- 
moins, ainsi que je l'ai annoncé, résoudre rigoureuse- 
ment le problème pour le spiral cylindrique. 
' Pour cela j'observe que si le spiral dont il s'agit 
était construit de telle sorte que, en le déformant d'a- 
près la loi — r ' P'""' toutes les valeurs exigées 

de a, le centre des spires circulaires restât dans une 
position invariable, la question serait résolue. 

Eu effet (PI. I, fig. 4)i les courbes extrêmes ABC, 
A'B'C resteraient toujours égales et syméMiques aprOs 



J 



DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. l3 

la déformation. Or le point A est sur la circonférence 
de la virole dont le centre est en O ; mais puisque nous 
admettons que le centre des spires ne s* est pas déplacé, 
il arrivera que, par le fait seul de la déformation ex- 

primée par = -, le point A' supposé libre abou- 

P p. L 

tira précisément sur la circonférence de la virole. Par 
une raison tout à fait semblable, la tangente au point A' 
à la courbe A'B'C rencontrera le cercle de la virole 
sous le même angle que la tangente en A à ABC ren- 
contre cette virole au point A, et comme ce dernier 
angle est constant et donné à cause de l'encastrement, 
il en sera de même de celui qui a lieu en A'. Or en 
supposant maintenant le point A', au lieu d'être libre, 
fixé dans la virole et encastré dans celle-ci suivant 
l'angle donné, rien ne sera changé, et la loi de la 

déformation sera exprimée par la formule = 7. 

P ?o L 

Je vais donc m' occuper maintenant de la détermina- 
tion de la courbe extrême ABC ou de sa symétrique 
A'B'C, d'après la condition que, pour toutes les valeurs 
les plus étendues de a dans un sens ou dans l'autre, 
le centre des spires reste dans une position invariable, 

la déformation ayant lieu d'après la loi = p 

J'observe de suite que, dans les limites les plus ex- 
trêmes de la pratique, a varie entre trois quarts de tour 
de chaque côté. 

Soient OX et OY (PL I, fig. 5) deux axes coordonnés 
rectangulaires menés par le centre primitif des spires, 
qui est Taxe du balancier. L'axe OY est conduit par 
le bout fixe A de la courbe ABC, de manière que ce 
point A soit sur la partie négative de cet axe. 

Soit Bl = r le rayon de courbure qui a lieu an 



•. , N.U 1] auQi les coordonnée 
ona : 

(il) IN = - 

et 

(la) KN = 

D'ailleurs la déformation a 

1 1 



(.3) 

d'où Ton tire : 

(14) r = 



r r. 



^o 



■+Ê 



Maintenant j'appelle TangU 
de courbure KB avec la partie 
En désignant par 0^ T angle ci 
point B avant la déformation, 
très-simple entre 9 et 0^. En el 
deux membres de (i5) par ds, 
point A jusqu'au point B, on i 



^?=i?+ 



DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. l5 

formule très-simple qui indique la manière dont varie 
l'inclinaison de la normale ou de la tangente pendant 
la déformation . 

Dans le triangle IKN, on a IN ou 

— rfÇ = IKsin.IRN, 
ou 

dk= — drsinO; 

ou encore, à cause de (i 4) et (i 5), on a 



( 



16) d{=-8io(e,+^)d./— ^V 



Le même triangle IKN, donne 



(17) 






Affectons d'un accent ' les quantités qui se rappor- 
tent spécialement à l'extrémité A de la courbe ABC et 
de deux accents " celles qui se rapportent à l'autre 
extrémité G de la même courbe. Soit, de plus S la lon- 
gueur absolue OA. Les coordonnées ;' et r/ du centre 
de courbure au point A pendant la déformation auront 
pour valeur (en observant que la normale en A a une 
direction invariable) , 



?' = — r' sin O'o = 



V = — O + r'cOSe^sr: 






•V I 

-j- 



sin e' . 



cos Ô' . 



a 



• + !'•'• 



En conséquence, on tire des formules (16) et (17) 
pour les coordonnées Ç" etr/' du centre de courbure de 
la courbe ABC, au point C, pendant la déformation 



SPIRU, BÉGLAHT 



'H" 



les intégrales étant prises dans toute l'étendue de la 
courbe ABC. 

Gomme le rayon de courbure de la courbe ABC 
an point C sera généralement différent du rayon des 
spires, le centre de celles^i ne coïncidera pas avec le 
centre de courbure de la courbe au point G, et l'on pas- 
sera de celui-ci au centre des spires par un triangle 
rectangle de dimensions finies, analogue au triangle ■ 
inriniment petit IRN. Donc, en appelant S'" et V" les 
coordonnées du centre des spires déformées, on aura 




DES CHRONOMÈTRES ET DBS MONTRES. 



«7 



et 



.n 



^. 



w 



v- 



.+£a 



+ 



i + i;P. 



C08 






En reioaplaçaiit , dans ces formules Ç" et y)'' par leurs 
valeurs (18) et (19) , on obtient pour les coordonnées Ç'" 
et ri" du centre des spires déformées, 

r= î^ sin 6'.+ — Î:^— sin k+^r^- 



-i^_.(.-..')-S^-c)-(.-^)- 



ti'"=-8+ 



r'. 



» + !''• 



cosO',— 



r". 



• + £•'• 



C08 



(-•+9 



+ 



Ces formules peuvent être très-simplifiées de la ma- 
nière suivante : en intégrant par parties, on a 

^"(••H')^-(.-;V:)=[-(-c);^j;- 

La parenthèse [ ]'' indique qu'il faut prendre sa 
valeur au point G et en retrancher sa valeur au point A. 
Tome XX, 1861. j 



flPIRAL RteURT 



Elle est donc égaleà 
r". 






(r. + îj) ^.i„.-.. 



D'uD autre cAté 

'■■'"(••+r)=-('-+?)x(-+is.)''-= 
= {-+Ê'-)-(«-+î)*-. 

puisque 
Donc 

[~r " ■ »° (•• +î:) =f ••■^'(••+r')*. = 

et, par suite. 




0$ 



DES GHB0N0MÈTRE8 ET BBS MONTRES. 19 

▲înâ 



■+i'- 



Mais 



[•"•(••"^'%.I=4^.""(*'"^')- 



• • cose-. 



i+j.^. 



M 



{— ^' -• ^+r)=r"- (••+ r)*- 



Donc 



ces o.-f- —- 



et par suite, en substituant dans (si), on a âmph 
ment: 

(aS) ^-=-« + _?^ ces (•^.+^') + 

+r.io(..+'j)^ 



no aPllAL KËGLAMT 

Pour que le centre des spires reste invariable, il faut 
que Ç"' et 7)'" soient nulles pour toutes les valeurs de a 
comprises entre les limites des oscillations. It faut donc 
que les courbes extrêmes soient construites de telle 
façon que l'on ait (& cause de (sa) et (s3)) pour toutes 
les valeurs de « dont il s'agit : 

,^, f'eo.(,. + L> = _£^.. (.,+!') 
et 

<*" r«»(«.+r)'''=' — V''°'('"-+r)- 

Il est faùle de reconnaître que la forme circulaire ne 
convient pas pour les courbes extrêmes. En effet , pour 
le cercle, on a : 

r, étant la valeur du rayon. On a donc alors : 




) 



DES GHROllOllÈTaBS ET DES MONTRES. SI 

Aioâ, dans beaucoup d'anciens chronomètres, où les 
courbes extrêmes n'étaient autres qu'une portion de 
spires circulaires , cette disposition était vicieuse sous 
ce rapport, et on y a généralement , en effet, renoncé. 
Les raisonnements précédents supposent , il est vrai , 
que le centre de ce cercle soit sur YY\ puisque j'ai fait 

0, = — « ; mais on pourrait tout aussi bien le regarder 

comme placé d'une manière quelconque, en faisant 

0, = - « 4- 0'« , et l'on arriverait encore à la même con- 

clusion. 

Je vois maintenant chercher la forme des courbes 
extrêmes qui satisfont aux conditions («4) et (s 5). 

J'observe d'abord que les arcs 7- et y- sont toujours 

assez petits pour qu'on puisse remplacer leur sinus par 
Tare et leur cosinus par l'unité. 
Par une raison semblable, on peut remplacer 

par 1 — ^'. De cette façon, les conditions (a4) 

et (25) deviennent respectivement 

et 

C^^sine, + ^co5 .^rf,=8-p„(,-^-j ^cosO".- ^'tinO".). 

Pour satisfaire aux relations (26) et (27), je négli- 
gerai les termes en a' qui sont infiniment petits du se- 
cond ordre, et pour chacune de ces deux relations, 
j'annulerai séparément la partie indépendante de a, 



u>itAL ueu^T 



pus ceU« qui «M aiultipliâe par 1& praunère 
On obtimt «iiui les qiuu-e condiUoasMivuitw : 

(sg) \ na6,d( = S— p,cose\. 

SI 

43i) \ ».ooi«^ïs(E(i.*e(m''.-f p.i«ia»",. 

Les deux conditions (sS) et (39) expriment qmAun 
te podUob DfttQrells d«s spireB , l«ir centre doit se 
ttomvF mv l'axe du tnJaoeier, condiUoD érideate é 
priori. 

En eflet, en appelant a; et 1/ les coordonnées d'un 
^nt i^lconqoe de la courte extrême, dans sa poû- 
tion naturelle, on a : 

ibcDsB.= (ir et ditini, = dy. 




DES CHRONOMÈTRES ET DBS MONTRES. 



ao 



PreDODS mainteDant les intégrales définies, et, en ob- 
servant que si x^ et y^ sont les coordonnées du centre 
de gravité de la courbe ABC non déformée, on a : 

^yd$ = ly, et £j:A=te,, 



nous aurons : 



et 



\ |.8in9,(bss:-^p.fcos6\— ./y, 
\ » . ces 6,di = p„/ Bin 0", — lx^. 



Enfin, substituant dans (3o) et (3i) et faisant les 
réductions , on obtient : 

lyi = — Po* «n e"o 

— te^ = p„«cos6"o, 



et 

ou bien : 

(3a) 



(33) 






conditions auxquelles doit satisfaire le centre de gra- 
vité de la courbe extrême. Celles-ci, quoique fort sim- 
ples, peuvent être mises sous une forme plus palpable, 
plus facile à énoncer et qui permet de trouver très- 
aisément les courbes extrêmes qui les vérifient. 

Imaginons, à cet effet, que la courbe ABC (PI. I , 
/f f. 5 ) soit telle qu'elle est naturellement avant toute 
déformation et que G soit son centre de gravité. En di- 
visant (3fi) par (53), membre à membre, on a 

tg . GOX = tg . 0"„. 
Mus l'angle 



a4 
Donc 



SPIRAL RËGLA!(T 



^.G0X = f9.C0Y 



(54) GOX=COY. 

Par conséquent, comme OX est perpendiculùre à 
OY, on voit déjà qu'il faut que OG soit perpendica- 
Uire & OG. 

En second lieu, à Yoa élève au quarré les deux 
membres de (3s) et (33), puis qu'on ajoute, on 
obUent 



OG 



(35) 



— ^! 



On peut donc énoncer très-simplement, de la manière 
suivante, les deux conditions auxquelles doit satisfaire 
en construction la courbe extrême ABC : 

!• Son centre de gravité doit se trouver sur la per- 
pendiculaire menée par le centre des spires au rayon 
extrême de cette courbe, là où elle se réunit aux 




CondiiiOD 
relatifei 



DES CHKONOIIÈTRES EX DES MONTRES. 9 5 

à environ la moitié du rayon , le point C sera générale- 
ment plus facile à placer dans le ^oisième quadrant 
YOX', que dans toute autre partie de la circonférence 
et Tobservation a conduit généralement à faire parcou- 
rir en effet à la coui'be ABC un angle de iSo"" à 170'' 
autour du point 0. 

n est à remarquer que la forme des courbes extrêmes 
est complètement indépendante des dimensions trans- 
versales de la lame et même de la longueur totale du 
spiral. Il suffit que celle-ci soit assez grande pour qu'on 

puisse négliger les puissances de |r- et de y^ supérieu- 
res à la première. 

En remontant plus haut, j'ai fait voir qu'il était 
avantageux que le centre de gravité de tout le spiral «» 
fût , au moins en construction y placé sur l'axe du ba- du tpirai 
lancier. Or je vais établir que non-seulement cette con- 
dition n*est pas incompatible avec celle d'où découle 
la forme des courbes extrêmes, mais qu'elle en est au 
contraire une conséquence directe » de sorte que, à 
cause de cette forme même, le terme que j*ai négligé 
dans le second membre de l'équation (3) devient, s'il 
est permis de s'exprimer ainsi , un infiniment petit du 
second ordre : d'une part parce que les composantes 
Y et X sont infiniment petites et ensuite, parce qu'il 
en est de même des coordonnées du centre de gravité 
général du spiral. 

En effet, soit ABC (PI. I, fig. 6) la courbe extrême 
dont le bout A est fixe et soit A!VC l'autre courbe 
extrême dont le bout A' est engagé dans la virole du 
balancier. 

La figure suppose les choses dans l'état où elles 
sont avant toute déformation. Soit COC = 6, 6 étant 
un angle quelconque. 



|6 SPIRAL KEeUNT 

On peut regarder te spiral cumme formé de tleui 
parLies distinctes \ la première, composée d'un nombre 
entier de spires circulaires commençant et finissant 
au pointe et dont le centre de gravité est ea O; la se- 
conde, comprenant les deux courbes extrêmes et l'arc 
CDC. Cherchons le centre de gravité de cette eoocMde 
partie. 

Or, ù G et G' sont les centres de gravité respectUtl 
des deux courbes extrêmes, lesquelles sont, oomote ob 
sut, égales et symétriques, le centre de gravité de leur 
ensemble se trouvi^ au point H milieu de GG'. De plus, 
comme les angles COG, C'OG' sont droils, ta ligne OH, 
bissectrice de GOG', prolongée jusqu'en D, est aussi 
la bissectrice de COG' et passe, par conséquent, par 
le ceoU-e de gravité K. de l'arc CDG'. De plus, l'angle 
OGH est égal à COK mh-B. 

Appelons maintenant m le moment du poids deg 
deux courbes extrêmes par rapport au point et m' 
celui de l'arc CDC par rapport au même point. 
On a 




DES GHROlfOMÈTRES £T DES MONTRES. S 7 

et, par conséquent, que le centre de gravité de Ten- 
semble des deux courbes extrêmes et de l'arc CDC est 
ao point 0, et, par suite, qu'il en est de même du centre 
de gravité de tout le §piral. Il est à remarquer que cette 
conséquence est indépendante de la grandeur de l'angle 
6 ou de rintervalle qui s^are les points G et G'. 

Ainsi, grâces à la construction des courbes extrêmes, 
le centre de gravité du spiral non déformé se trouve 
sur l'axe du balancier. Mais, ce n'est pas tout et l'on 
peut démontrer, ainsi qu'il suit, que cette coïncidence 
du centre de gravité du spiral entier avec le centre des 
spires est une conséquence forcée de l'invariabilité de 
ce dernier centre et qu'elle a lieu, quel que soit l'angle 
de rotation du balancier. 

En e£fet , soit a (PL I, fig. 7) l'angle dont le balan- 
der a tourné. Gelle des deux courbes extrêmes dont un 
bout, A, est fixe, a pris la position ABC. L'autre a ac- 
quis la même forme , mais retournée, et partirait , par 
exemple, du point G'. 

Faisons COC' = &. Menons X"OX' comme bissec- 
trice de cet angle. Prenons cette droite comme axe des 
a/ et une perpendiculaire OY' comme axe des y\ 

Le spiral total se compose toujours d'un nombre en- 
tier de spires circulaires commençant et finissant au 
point G et dont le centre de gravité est en ; puis d'une 
seconde partie qui comprend l'arc de cercle GX"C' et 
les deux courbes extrêmes. Il reste à faire voir que le 
centre de gravité de cette seconde partie est lui-même 
au point 0, quel que soit Tangle a. 

Or le centre de gravité de l'arc de cercle GX"C' est 
sur OX". 

Il en est de même de celui de l'ensemble des deux 
courbes extrêmes , puisqu'elles sont symétriques par 
rapport à cette droite. Il suflSt donc de démontrer que 



SPlRit BÉGLAHT 

ImomeDls des poids , par rapport à Y'OY", sont 
|ix de part et d'autre , ou, en prenant les moitiés, 
I le moment du poids de CX" et celui de ABC, par 
port à Y'Y", sont égaux. 
r pour CX". si l'on désigne par m ce moment et 
f' le rayon des spires déformées, on a : 



H)it m' le moment de ABC. Les x' positifs étant dans 
lens OX', on a : 



Kn iotégrant par parties, il vient : 

l a/d»^ — p/cos - 6' — i scosO'ds, 



Wdx' =^ds. Cosfl'. en appelant 6' l'angle formé avec 



•) 



DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRkS. 2g 

Maintenant , de ce que le centre des spires est sap- 
posé invariable pour toutes les valeurs de a, on peat 
difiérentier, par rapport à a, les deux équations (34) 
et (aS). 

On a de cette façon : 



m 



C'"^(«-+î)*=-;:^-(--+t)+ 



+ 



i-^M'"'+t) 



Substituant dans (ài) aux intégrales (42) et (43) les 
valeurs des seconds membres et remplaçant aussi 

dans (40 P P^^ — ^ — , on a, après quelques rédac- 



•+f 



tions très-simples : 

(44) f ai'ds ou m' = , ^'\^^^ sin -i ff , 



(■ + ^) 



5u SPIIAL rtËCLANT 

et en comparant à (SS), on voit que : 



op. 



irbiUani. 



■ + T 
ce qai démontre le fait énoocé. 

Ainsi les courbes terminales indiquées par la théorie 
concourent à risochronisoie , en satisfaisant aux deux 
conditions d'annuler toute pression contre Taxe du ba- 
lancier et de placer le cenLie de gravité du sjriral en- 
tier sur cet axe, et cela, comme il est important de le 
remarquer, quelle que soit la position relative des deux 
courbes extrêmes, l'une au-dessus de l'autre. 

Mais il y a plus encore. Elles ont aussi la propriété 
de faire disparaître certaines perturbations nuiâbles 
pour l'isocbrooisme ou pour sa conservation. Ainsi elle» 
réalisent le spiral libre, c'est-à-dire celui dans lequel 
l'axe du balancier, n'éprouvant aucune pressien, est 
soustrût, autant que possible, au frottement et aux 




DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. 01 

sible de faire entrer dans les calculs, comme les huiles, 
les frottements, etc. Cet élément est , du reste , préci- 
sément celui dont on dispose ordinairement, et d'après 
la règle de Pierre Leroy, pour arriver à Fisochronisme. 
Je vais maintenant expliquer la manière de trouver Méthode 

pour troQi 

graphiquement , par un procédé simple, les courbes géographiq 
extrêmes qui conviennent à chaque cas. le^ '^gri» 

Je suppose qu'on se donne la position du point A extr«nei 
fixée par la quantité 8 et l'angle ^"o qui détermine le 
pointG(PLl,fig.8). 

On mène le rayon extrême OC et le rayon perpendi- 
culaire OD sur lequel doit se trouver le centre de gra» 
vite G de la courbe cherchée ABC. 

Le dessin étant supposé à une échelle suffisamment 
grande (la plus commode m'a paru être de vingt à 
trente fois la grandeur réelle) , on cherchera d'abord à 
obtenir une courbe dont le centre de gravité soit 
surOD. 

A cet effet, en tracera une première courbure ABC 
desentimentv mais tangente en C aux spires. Puis, pour 
vérifier, on la partagera en éléments suffisamment pe- 
tits et égaux, dix ou douze, par exemple, Ca, a6, bc, 
cd^ etc. ; le dernier élément kn seul sera généralement 
plus petit que les autres. Ou marquera de suite le 
centre de gravité de chaque élément , en le considérant 
comme une petite ligne droite ou, suivant les cas, 
comme un petit arc de cercle. Pour chaque centre de 
gravité, on mesurera sa distance à OD et on modifiera 
celle relative à An en la multipliant par le rapport de 
Ati à la longueur commune de tous les autres arcs. 

Avec cette modification, il devra arriver que la 
somme des distances des centres de gravité qui sont 
d'un côié deOD soit égale à la somme des distances de 
ceux qui sont situés de l'autre côté. 



9S snKAL REGLANT 

Si cette condition n'est pas remplie, il sera très-fa- 
cile de oiodiricr l'une des deux portions de la courbe 
de manière à y arriver. 

Ce premier point établi , il reste encore à satisfaire 
k la seconde condition, à savoir que la distance OG du 

centre de gravité au centre soit égale à ^ * P° ^^°^ '^ 

rayon des spires et I la longueur de la courbe ABC. 

Or pour obtenir l'écartement du centre de gravité de 
la courbe du point 0, on mesurera celui des centres de 
gravité de tous les petits arcs, Ca, <i&, bc, etc. , à partir 
de la ligne COE ; on modifiera celle de ces distances 
qui répond & An en la multipliant par le rapport de An 
à la longueur des autres petits arcs. 

On prendra la somme algébrique de toutes ces dis- 
tances en regardant comme po^tives celles qui sont à 
droite de CE; c'est-à-dire du mfime cOté que B, et comme 
négatives celles qui sont de l'autre cdté. On multipliera 
cette somme par la longueur commune des éléments Ca, 
aft, be, etc., et l'on divisera le produit par la longueur 
de la courbe ABC. Ce quotient, qui donnera la dis- 




DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. 33 

qu'on arrivera ainsi très-vite au résultat cherché , et 
c'est en effet de cette manière que j'ai déterminé les 
tracés de courbes extrêmes qui sont joints à ce travail 
(PI. II et III). 

On pourra ensuite réduire la courbe extrême à sa 
vraie grandeur par une courbe semblable tracée autour 
du centre. 

Od peut, ainsi que je l'ai fait, vérifier directement, 
d'après les tracés , que les courbes extrêmes , détermi- 
nées de cette manière , satisfont en réalité à la con- 
dition que le centre des spires ne se déplace que d'une 
quantité tout à fait insensible, dans les limites extrêmes 
des oscillations du balancier. 

Afin de procéder à cette vérification , on tracera la 
courbe par arcs de cercle successifs , Ca, a&, &c, etc., 
en cherchant pour chacun d'eux le centre et le rayon 
correspondants. Cette décomposition de la courbe en 
arcs de cercle successifs est même toujours utile pour 
la tracer graphiquement d*une manière plus régulière. 
Puis on calculera les rayons de la courbe modifiée d'a- 
près la formule = t ou r = — . 

A l'aide de ces nouveaux rayons, on tracera la 
courbe modifiée par arcs successifs à partir du point A 
où la tangente n'a pas changé de direction ; puis, en 
arrivant au point C, on portera sur la normale une lon- 
gueur égale au rayon modifié des spires , et ce centre 
devra se trouver toujours sensiblement au point O. 
C'est en effet ce que j'ai toujours obtenu (voir PI. II 
et III). 

Au sujet de cette vérification, il y a une remarque à 
faire. D'après la manière dont elle est effectuée, la 
courbe se trouve décomposée en une série d'arcs de 
ToMR XX, 1861. r> 



54 Sl'IRAL RÉGLANT 

cercle plu» od moins petit», dont les rayons varient 
brusquement de l'un à l'autre, c'est-à-dire d'une ma- 
nière discontinue. Or les calculs qui avaient conduit à 
la loi des courbes extrêmes exprimée par les for- 
mules (iSs) et (35) supposaient les rayons de courbure 
variant d'une manière continue. Dans l'espèce, celft 
n'a pas d'importance, puisqu'il s'agit seulement d'une 
vérilication à ^oïlrriort ; mais, d'ailleurs, il est facile de 
reconnaître que la courbe décomposée en arcs de cercle 
de rayons variant brusquement de l'un à l'antre rentre 
dan» les conditions qui ont servi à établir les for- 
mulds (.ï») et {55). En effet, au point de rencontre et 
(le langence de deux arcs différents, les deux centre» 
de courbure sont placés sur la normale commune. Or 
rien n'empêche d'échelonner sur cette normale une 
iiifinitéder.entres de courbure intermédiaires infiniment 
ra[)procIié3 les uns des autres, et de substituer par la 
pensée, au point de rencontre des deux arcst une infinité 
d'arcs iufHiimeiit petits décrits de chacun de ces centres 
de courbure intermédiaires. En opérant ainsi ponr 
chaque rencontre de deux arcs, on aura pour tout l'en- 




DES GUKONOMÈIRËS ET DES MONTRES. 3& 

par lesquelles passe Tangle a, il est possible de déformer 
le spiral d'après la loi 

1 1 oc 

de manière que l'un des bouts restant fixe, avec une 
inclinaison constante, l'autre extrémité, qui est celle 
la plus voisine du centre, satisfasse toujours, comme 
position et inclinaison, aux conditions de son encastra* 
ment dans la virole du balancier. Or dans la pratique, 
cet encastrement a généralement lieu de manière que le 
spiral vienne s'appliquer tangentiellement dans la vi- 
role* Le problème est alors celui-ci : « Chercher si, en 
déformant le spiral d'après la loi qui vient d'être 
énoncée et prenant sur le rayon extrême une longueur 
constante égale au rayon de la virole, on peut tomber 
sur un point ou centre occupant une position invariable, 
qael que soit l'angle a. » Je dirai de suite que j'ai pu 
obtenir les conditions nécessaires pour qu'il en soit 
ainsi pour de petites oscillations du balancier ; mais je 
n'ai rien trouvé pour les grandes, ce qui parait d'aiU 
leurs être d'accord avec l'expérience. 

Pour cela, il suffit de répéter les calculs qui ont été 
fûts pour la courbe ABC des chronomètres, depuis la 
formule (il) jusqu'à celles (2a) et (2.5). Ici, désignant 
par Ç"' et V" les coordonnées du dernier centre qui doit 
correspondre à celui de la virole, on aura Ç'" et tj'" par 
les mêmes formules (22) et (23), avec la seule modifi- 
cation suivante. Le dernier rayon à porter sur la nor- 
male correspondante étant celui de la virole, p^ par 

exemple, qui est d'une longueur fixe, le facteur — ^-^ — 

•+ÊP. 

qui entre dans (22) et (23) doit être remplacé parp, ; de 
pins, I devient égal à L. On a alors, dans le cas actuel : 



56 SPIRAL HËGLAHT 

(45) r=-p,«n(9".+a)+ £co.(9.-|-^')d.. 

(46) V" = -«+P,co»{e".+")+t ««(e. + ^^df. 

Cherchons mântenant les conditions pour que les 
coordonnées E"' et ti'" soient nnllea, soit 

(47) \ CO»(6.+ ^)d< = p,.in(6-'.+ a). 
et 

lù nous sommes obligé d'imposer une condition, à 
savoir que l'angle a soit suflîsamment petit pour qu'on 
puisse remplacer son sinus par l'arc et son cosinus par 
l'unité. Dès lors on voit de suite que les relations (4?) 
et (48 } peuvent fitre mises sous la forme 



(48) 



<1< = S- 



»(•■'.+ - 




DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. Sj 

Il est facile de reconnaître que les deux premières 
conditions (49) et (5o) sont satisfaites par la con- 
struction même du spiral, ainsi que les formules (28) 
et(2g} Tétaient pour le spiral cylindrique; il reste donc 
maintenant les deux conditions (5i) et (62). Or, en in- 
tégrant par parties, on a : 

et 

Si donc on passe aux intégrales définies et qu'on 
appelle x^ et y^ les coordonnées du centre de gravité 
du spiral, on a : 

— V 58inOod« = ptLcosO''o+Lt/j 

et 

\ 8C0%^^i$ = PjL sin 6"o — Lx^. 

Enfin, substituant dans (5i) et (52) , on en déduit 
simplement : 



(53) 



(^1 = 



c'est-à-dire que le centre de gravité du spiral doit être 
sur Taxe du balancier. 

J'ai supposé que, ainsi que cela a lieu ordinairement 
dans la pratique, le spiral vienne se raccorder tangen- 
tiellement à la virole du balancier. 

11 est facile de démontrer que, lors même que cette 
rencontre aurait lieu sous un angle 6 quelconque , ou 
arriverait toujours à la même condition 

a?, = o et 2/1= o. 

En effet, soient CB (PI. I, /!(/. 9) la fin du spiral et G 
son extrémité. Soit SOT = 6 l'angle des deux tangentes ; 



38 sriiui. BÉr,i,*NT 

ce sera aussi celui OCl) ties deux Dormales, et l'on 

aura: 

(54) [CD=p,cos6 et 0D = p,sin6J 

la ligue OD étant perpendiculaire à CD. En appelant 

Ç, et T|, les coordonnées du point D, elles se déduirùent 

des valeurs (45) et (46) . en y changeant p, en p, cos €, 

et l'on aurait : 

(«■■.+.)+^'c..(«. + i^)j.. 



cos 6 si 



(55) I 

(56) ,,=-!+,, 



i.6co.((i". + .)+\ 



'•+T 



Désignons maintenant par £'" et 7i"'les coordonnées 
cherchées du point O, et formons le triangle rectangle 
ODË dont le côié 0F> est parallèle à l'axe des x, et 
celui DE à l'axe des y. En se reportant & la /$«;. &, PI. I, 
il est facile de reconnaître que l'angle DOE, égal k 
EDF, est égal 1 0," — iSo' diminoé d'un cei'tain nom- 
bre entier de fois 36o°. Donc 

0E = — ODco9{6".-|-.) 




DES GHRONOMÈIKK» ET DbS MONTRES. Sq 

En procédant comme cela a été fait précédemment, 
on voit que, pour que Ç"' et i\" soient ouUes dans les 
petites oscillations, il faut que les quatre conditions 
suivantes soient satisfaites, savoir: 

cos ^^dn == pj sin (0"„ - 6 ) , 





L 

sin ^^ds = S — Pj cos(ô"<> — 6 ), 



i 

— r^sinOotff = PjL cos (e"o — 6) , 

i 





L 

itos^ods= PiL sin (6"o — 6 ). 



Les deux premières conditions sont encore remplies 
par la construction même du spiral. Quant aux deux 
dernières, en les développant exactement comme dans 
le cas précédent, on est conduit à 

ar, = t/i = o. 

Dans le spiral plat, dit ramené, on sait que le bout 
du spiral qui correspond à son extrémité fixe se ter- 
mine sous forme d'une courbe qui a pour objet de le 
faire développer plus concentriquement à Taxe et d'ob- 
teoir un meilleur fonctionnement. 11 est convenable, 
pour cela, d'utiliser ce qui a été dit ci-dessus pour les 
courbes extrêmes du spiral cylindrique et de terminer 
le spiral plat par Tune quelconque des formes de cour- 
bes théoriques appropriées à chaque cas. Par exemple, 
la fig. 1, PI. V, montre un exemple de spiral plat ter- 
miné par la forme de courbe théorique composée de 
deux quarts de cercle réunis sur une ligne droite. Le 
tracé des déformations fait voir que le centre de la vi- 
role ne tend nullement à se déplacer pendant les oscil- 
lations du balancier. 



uar u est égal à 

e /i 



2 \ro rj 



ou 

a \r 



Il est donc constant dans toute l'ét 
proportionnel à Tépaisseur du fil et i 
tion et en raison inverse de.la longueu 

On obtient ici sur le travail de défoi 
des résultats tout à fait analogues à c 
tais parvenu dans mon mémoire sur 
acier employés dans les chemins de fe 

En effet soit a la longueur du fil du 

Considérons, dans sa section transe 
ment infiniment mince, ayant pour hau 
tance à l'axe neutre égale à v; Fépaiss 
ment sera dv. Soient p le rayon de c 
correspondant à cette section et r le ra 
tion correspondant. La force attractiv 
agissant sur les faces latérales de cet él 



Eavdv 



G-^)- 



DES CUH0^0A1ÈTA£S ET DES MOMRES. 4^ 

et le travail élémeutaire développé par ce petit 
prisme est : 

Eac«dv (' — j] d. (- — -") ds. 

Si doDC Pq et p^ sont les rayons de courbure extrêmes 
entre les limites de la déformation, le travail total dé- 
veloppé par ce solide élémentaire sera : 

Eav*dv r/i 



[(;-i)-a-^)>- 



Si ToD considère la section entière du fil ayant la lon- 
gueur d$^ le travail aura pour expression (en faisant 

attention que $Eat?*dv=M) , 

"ïL\r"*p[/ ^[po^rj J 
Hais on sait qu'en général 

r p^ L' 

2 étant l'angle de rotation correspondant. Donc ce tra- 
vail est égal à 

3, et a^ étant les angles de rotation du balancier répon- 
dant à Pj et p0. 

Pour avoir le travail total absorbé par le spiral, il 
faut intégrer par rapport à ds, depuis o jusqu'à L. Donc 
enfin ce travail total est : 

(6i) iL^*» *•^• 

Cette formule fait voir que le travail, absorbé par le 
spiral aux dépens du balancier, s'annule continuelle- 



i* SPIRAL RltGLART 

meut, puisque, aux limites des oscillations, «, et a, 
soDt des aDgles égaux et de signes coutraires. Ainsi, 
considéré en lui-même et indépendamment des résis- 
tances passives, le spiral ne prend aucune quantité de 
travail au moteur. 

On retrouve aussi une autre loi posée dans otOD tra^ 
vail sur les ressorts. Appelons i, et t, les allongeinents 
proportionnels répondant à a, et à a,. D'après (60). 
onpeutsubstituer dans (6 1 ), à a, et à «,, respectivement, 

— '- et — !, d'où résulte cette autre expression du 
travùl 

ReœplaçoDs-y M par (en supposant la section 

rectaugulfdre) et nous aurons pour le travail : 
EoeL 




DES CHRONOMÈTRES ET OES MONTRES. l\l> 

le suppose on spiral construit suivant les lois ex- 
potées dans tout ce xfA précède. ImaginoDS que celui* 
di fixé pair une de ses extrémités, comme d'habitude, 
•ôit libre de l'autre et que sa température varie. Je vais 
d'abord chercher ce que sera sa nouvelle forme, en 
admettant) cottome on le fait généralement, que dans 
un corps libre, soumis à un réchauffement ou à un 
JtefMdiÉSement, la dilatation linéaire, positive ou né- 
gttivB, isoit la même dans toutes les directions. 

n est ftirite de démontrier que les déformations seront 
tdles que tous les Payons de courbure varieront dans 
le rapport ibème de la dilatation linéaire, que j'appel^- 
lerai e, ràppcHtée à l'unité de longueur. En effet, soient 
(PL I, fj^. lo) \ et Vo les longueurs de deux éléments 
leorrespondàiit, dans l'état primitif, à un même centre 
dé courbure, O^ et dont les rayons de courbure sont 
OA = r.et OB = r. + «p. 

On a : To : X» :: «« : X'o— X^ 

Xa 



• "o 



Après la dilatation, r«, X», X'«, et jSo sout devenus f, 

\ V et z, et l'on a : 

\z_ 

Hais 

Donc 
ou 

(ôa) r = (i+e)r., 

ce qu'il fallait démontrer. 



4A BPIHAL BÈGLAMT 

Ce premier point établi, je vais chercher quelle doit 
être la forme des courbes extrêmes pour que, dans la 
déformatioD produite par la diktation, l'extrémité que 
j'ai supposée libre du spiral vienne d'elle-même aboutir 
précisément sur le cercle de la virole, et rencontre 
celui-ci sous l'angle primitif donné d'avance. En recoiu- 
mençaot le raisonnement qui a été fait plus haut, à 
propos de la déformatÎGn résultant des oscillationa du 
balancier, on reconnaît exactement de même qu'il faut 
et qu'il suffit que la courbe extrême soit telle que. dans 
la déformation produite par la dilatation, le centre des 
spires reste sur l'axe du balancier. Le calcul, dans les 
deux cas, offre une grande analogie quant à la marcbe, 
et j'emploierai les mêmes notations et la même figure 
qui est la fig. 5, PI. 1. Il suffit seulement d'observer 
que la courbe déformée l'est d'après la loi de la dilata- 
tion, et qu'en conséquence, ■ 
(63) dt=(i-^t)dt.. 

De plus, comme dr = ( i -f e) dr„ on voit que 
dt ds. 




DES CHRONOMÈTRES £1 DES MOiNTRES. 4^ 

^ ^ \ V = — « + r'cosO', = -8 + (i+s)r'„cose'.. 

/ r=-(i + e)r'.sine'-(i+s)S8inô>. 
^"^^ { V' = ~8+(i+e)r'„cose^ + (i-fe)ScosO„dr.. 

r = r — (p — r")5ine"^ï"-(i+E)p,sine'^ + 

(68)) . +(i+s)r'>in6", 

'^ V'' = V' — (p — r")cose''=V' + (l+e)p.co80'^— 
-(l+e)r^co80"^. 

RemplaçaDt, dans Ç'" et rj'", Ç" et y{' par leurs va- 
leurs (67) , et intégrant par parties 

JsinO.dr. et Jccse^dr^, 

cm a finalement : 

(69) r= — (i4-e)p,»ine"„-f(i+e)Sco»e,d5. 

(70) V"= -9+ (i + e)p,cose^+(i+e)S8ine,dj. 

Il faut que Ç"' et y\'" soient nulles pour toutes les va- 
leurs de e. On doit donc égaler à zéro les seconds 
membres de (69) et (70) . En les simplifiant à l'aide des 
relations (s8) et (29), on voit que la première condition 
est satisfaite d'elle-même» et que la seconde conduit à 

ou 

(71) a = o 

qui correspond à une courbe extrême partant du centre 
même des spires. 

Ainsi, en prenant pour courbe extrême une courbe 
théorique partant de l'axe même du balancier, il arri- 
vera que, par les changements de température, ses 
extrémités n'exerceront aucun effort contre cet axe, 
puisque si un des bouts était fixé comme d'habitude et 
l'autre libre, celui-ci viendrait de lui-même remplir les 
conditions de position et d'inclinaison qui lui sont assi- 
gnées. 



46 SPIRAL RÉGLANT 

MUS ce D'est pas tout, et je vus faire voir que le 
spiral élaot déformé par le cbaDgement de température, 
les courbes extrêmes déformées remplissent encore la 
condidoD, relativement à leur centre de gravité, qui » 
été démontrée nécess^re et suffisante. 

Eo effet, appelons (x,) et {y^) les coordonnées du 
centre de gravité de la courbe extrême déformée par 
la dilatation et x, et 9, celles du centre de gravité de 
la même courbe non déformée par la dilatation, et sup- 
posons qu'on ait pris pour axes coordonnés deux axes 
rectangulaires passant par le centre des spires, celui 
des X étant mené par le centre de gravité de la courbe 
non déformée, et celui des y passant par conaéquest 
par le point G, où la courbe extrême se raccorde arec 
les spires. 

On a, par rapport à la courbe déformée : 

/i sin id» •= Sfày = IV -^ /ndi , 

et, en intégrant dans toute l'étendue de la courbe ex- 
trême: 




DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. 47 

Eq égalant les seconds membres de (79) et de (ji) 
et faisant attention que /pcosO"= (1 + e)*(op«cos6"0» 
il reste: 

et comme y^ == 0, on voit que 

(74) (yi) = "- 

De même, on a : 

ficosh.dê = Ssdx = *j; — Jxds. 
Donc 

(75) \ I eo8 Ms = /p sin 6" — /(a?, ). 
D'nn autre côté, 

(76) \ 5C086.(fe = (l+e)* V'f,cos6,//.«.= 

= (i+«)M'oPoSine"o— U.). 

Égalant les seconds membres de (76) et de (76) et re- 
marquant que {p sin 0'' se détruit avecr( 1 + ^) * 'o Po sin V'»* 
il reste : 

/(*,)>= (i+e)-U,; 



mais 



*i — 1 > 

*0 



donc 



ou 



l(a?,) = (i + OV = P^ 



{77) i^i)=j' 

Les relations (74) et (77) montrent donc que les 
courbes extrêmes remplissent les conditions relatives à 
risocbronisme. 

Il est, du reste, facile de se rendre compte que 
S pourndt èlre quelconque, si la pièce qui porte Tex- 



48 SPIRAL BÉGL&KT 

trémité fixe du spiral était du marne métal que ce- 
lui-ci et avait par suite le même coelBcieiit de dilata- 
tion. 

Ainsi, quoique l'influeDce de la température sur le 
spiral soit extrêmement Taible, on a. par là le moyen de 
la combattre. 

Il est généralement reconnu que, pour que les frot- 
tements du balancier soient négligeables, il convient 
que ses oscillations soient les plus grandes possibles. 

Ceci résulte de la théorie. En eflet, considérons le 
balancier, alors qu'il s'éloigne de sa position d'équi- 
libre, et soit [X le moment par rapport à son axe des . 
forces de frottement. Dans cette période, le moment p. 
s'ajoute au moment du spiral, et l'on a : 

d'où l'on tire, en multipliant par ada, intégrant et dé- 
terminant la constante de telle sorte que la vitesse aoit 
nulle pour » = a, ; 




DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. ^9 



OU 
(80) 






M V M 



AL 1 



(fa. 



Je vais maintenant chercher le temps que le balan- 
cier emploie à aller de sa position d'équilibre à celle 
qui répond à a = a«. Pour cela , il faut intégrer l'ex- 
pression précédente. Or l'intégration entre ces deux 
limites de la première partie : 

ÂL da 



v^' 



domie, comme on sait , 

î V M' 
Reste la seconde partie, savoir : 

laquelle s'intègre aisément, en la transformant en frac- 
tion rationnelle, et l'on trouve pour son intégrale indé- 
finie, en négligeant la constante : 




•a + *o— l^»o* — «* 



Pour a = o, cette expression se présente sous la 

forme - ; mais on obtient facilement sa vraie valeur en 
o 

cherchant les dérivées du numérateur et du dénomina- 
teur. . On trouve ainsi pour l'intégrale , depuis a = o 
jusqu'à a = Oo : 

/» X \^^\ /al 1 

Tous XX, 1861. U 



3ll SPIBAL REGLANT 

La formnie (82) fait voir que le frottement diminue 
d'autant iDotns l'amplitude des oscillatioas que le spiral 
est plus court et que sou moment d'élasticité est plus 
grand. 

Je ferai voir, dans le chapitre suirant, l'accord des 
résultats, obtenus dans ce qui précède , avec l'eipé- 
rience. Mais dès à présent , on peut reconnaître qu'ils 
concordent tous parfiùtement, avec ce qui est admis 
généralement et avec les seules recherches théoriques 
qui aient été faîtes antérieuremeot et qui sont dues à 
Ferdinand Berthoud. Je vais les rappeler succinctement. 

F. Berthoud, dans son Traité des horloges marineit 
3* volume (n" 157 à 940 donne le résultat de ces re- 
cherches et dans l'appendice 7 placé à la Gn de ce 
même volume, il fait connaître son mémoire à ce sujet, 
déposé cacheté à l'Académie des sciences le 1 o février 
1768 et ouvert le lô janvier 1772. Le résumé de son 
travMl est celui-ci : 

Il part de ce principe que les oscillations d'un ba- 
lancier seraient isochrones, .«i la force qui teud à le 




D£S CHRONOMÈTRES £T DES MONTRES. 53 

C'est ainsi qu'il est arrivé par tâtonnements et par 
raisonnements à formuler les propositions suivantes, 
admises maintenant de tout le monde et qu'on a vu 
paraître plus haut, comme conséquences de ma théorie. 

N* 162. a Pour que Faction du spiral se communique 
au balancier avec le moins de perte possible et sans 
causer de frottement aux pivots du balancier, il faut 
que le mouvement du spiral se fasse sans déplacer 
Taxe du balancier. 

N* i63. Pour parvenir à procurer cette propriété au 
spml^ il faut qu'il soit fort long et plié par un grand 
nombre de tours serrés et d'un petit diamètre ; alors il 
aura un centre commun dans son mouvement, et la 
durée du mouvement libre du balancier en sera plus 
grande. 

N* 164. n faut que l'axe du balancier et celui du 
ressort coïncident parfaitement. 

N* 16S. Que le spiral adapté au balancier (celui-ci 
étant arrêté) soit dans un état parfaitement libre. » 

On voit que j'ai précisé encore plus ces conditions : 
1* en indiquant que, dans les déformations du spiral, 
son centre doit toujours rester sur l'axe; 2* que non- 
seulement l'axe du spiral doit coïncider avec celui du 
balancier, mais que le centre de gravité du spiral doit 
être sur l'axe du balancier. 

Puis, non-seulement il ressort de ma théorie que 
plus le spiral est long, dans de certaines limites, plus 
on tend vers l'isochronisme ; mais j'ai donné le moyen 
d'obtenir les courbes extrêmes qui réalisent rigoureu- 
sement ces conditions, ce qui s'accorde avec les idées 
dominantes aujourd'hui de parvenir mieux et plus sûre- 
ment à l'isochronisme par la forme des courbes extrêmes 
combinées avec une longueur suffisante, plutôt que par 
la longueur seule et le nombre de tours. 



54 SPIRAL HËGLANT 

J'ai fait voir précûdeiiimeiit que la durée des vibra- 
tions est proportionnelle à la racine carrée de ta lon- 
gueur du spiral. La table suivante permet de suite de 
funoaltre la manière dont varie cette durée avec la 
longueur du spiral. Il est à remarquer que, dans cette 
jpéme table, on pourrait y considérer le rapport â^ 
IftDgueur? comme remplacé par celui des moments 
d'inertie du balancier ou par le rapport inversa des 
moments d'élasticité. 




0£S GHRONOMÈTBES ET DES MONTRES. 5S 

Cest ici le lieu de donner l'explication des planches 
qui accompagnent ce travail. 

La PI. I {fig. de i5 à aA inclusivement) donne divers types de 
courbes théoriques. Chaque type est de deux grandeurs, dont 
Tune serait à peu près celle d'exécution. 

La PI. II donne les dessins de quatre courbes extrêmes théo- 
riques aboutissant toutes à la moitié du rayon des spires. 
L'angle 0"^, qui mesure leur développement autour du centre, 
est fespectivement de 195*, aaS"", 355*, 370*'. A côté de chaque 
dessin de courbe théorique se trouve un dessin de courbe quel- 
conque correspondant au même angle 6"^. Pour chaque dessin, 
on a calculé les déformations des courbes, pour a » 6 et a ■« 
rr-6, soit 386" 1/3 d'écart de part et d'autre de la position na- 
turelle, les nouveaux rayons de courbure étant obtenus par la 
Ibrmule 

r = — ^— 



• + ï 



Comme vérification, tous les tracés font voir que le centre 
des spires déformées est toujours resté au même point avec 
les courbes théoriques, tandis qu'avec celles qui ne le sont pas, 
ce centre s'est constamment beaucoup déplacé. Ces tracés sont 
des réductions de dessins faits très-exactement à une échelle 
beaucoup plus grande, telle que le diamètre des spires, dans 
leur position naturelle, était de o'°,286. La légende explicative 
de ces tracés, ainsi que de ceux des planches suivantes, vient 
ci-après. 

La PI. 111 donne encore, avec leurs déformations calculées, 
divers types de courbes théoriques. Un seul, indiqué par la 
lig. 9, est une courbe non théorique et sert de comparaison à 
la fig, 8, qui donne une courbe théorique allant au centre. 

Les fig, 5, 6 et 7 de cette planche donnent, avec leurs défor- 
mations, des courbes théoriques aboutissant aux extrémités 
d'un diamètre des spires. Elles ont des formes très-simples. 

Celle de la fig, 5 se compose de deux quarts de cercle réunis 
par une ligne droite, le rayon de chaque quart de cercle étant 
moitié de celui des spires. 

Celle de la fig. 6 est formée de trois arcs de cercle. 



56 SPIRAL HËtiLANT 

Enfin eelle delà fig. 7 est uoe demi-elltpae, dont le grand 
axe est le diamètre mftme desspires et doat le petit axe est eo- 
TlrOD 0,68 du grand. Cette ellipse du reste se calcule mathéma^ 
tlquemeut. La loagueur de chaque deml-elIlpse est 0,8 de cella 
d'une demi-spire. 

La PI. IV donne {fig. 1, 3, 3) uu spiral plat théorique, c'est- 
ft-dire ayant son centre de gravité sur l'axe, avec les dâforma- 
tiens répondant i trois angles dlITérents de rotation du balan- 
cier. 

Les fig. k, 5, 8 de cette planche donnent les mftmes choses 
pour un spiral non théorique. Dans ce dernier, les déplace- 
ments du centre sont bien supérieurs à ceux Indiqués sur le 
spiral théorique. 

La ^7. I de la PI. V donne un spiral plat théorique, à courbe 
ramenée, et cette dernière courbe, qui est aussi théorique, est 
dans le cas actuel, celle de la PI. 111, fig, 6. Ici le déplacemeat 
du contre est tout à fait naU 




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DES GHBONOUÈTBES £T DES MONTRES. 



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DES CaRONOUËTftES ET DES MONTRES. 

LEGENDE DK LA PLANCHE III. 

I Mmmtloni jDdJqo*» m npporUDl m Ino* Bratt ur li plincta*, 
■*li mtrcéi fill 4 ■■• tghdl* <liq laïf piH insdi.) 



ciiiE 1. - Coarbe ihéorlqac. 


Figure 1. — Coarbe ibeorlqDf. 


on DE CODBBUHE UE Ll CacnBE. 


..,.....».„..„..„..... 


—" 


Oa it!oiai<Soa 


lonque gi s 

01 W 1(1 


CoirlM Bilunlli 


Coorb* 


<)• diroriDilli» 


16.» 
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*• = ÏS,I 


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FioniE t 


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Mrl«Be. 


m DE 


COTrUDmi DE Li CODIEE. 


KATONl DE 


CODIEDEE Dl LA COÏEBE. 


— 


CflirM 


d.iîT'^u 


GouïsuKinLK 


]<«H,t,a-t 


CniIrlM 
lonqiMti — i 


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Blllln. 


mllIlB. 


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S- = ITS.» 


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3. = 14» 


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S' = IB,fl 








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l' = -l-.lM 



TOMI XX, i86i. 



66 tiPIlUL nÈGLAHI 

FicuHE 5. — Coarke (ké«rlqBe. 









r = ~ \',\ 




DES CHROKOIIÊXAU» ET D£S MONTRES. 



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68 SPIIIAL RÉGLANT 

FieoBE e. — Courbe ■*>■ tké«rl«i«e. 



(Lm dlountiau ladiqnici di 



lè Hguré lor la pUocbi 



CaVHIE !l»IUtBLLl(a = lH. 


de de(orm«uan i = i, 
TépODdiiiIâ uneroMlloD 

deais-ijji parlir 
de •■ poiiiion nilurtile. 


CDDIIBK tD ■tlINDH 

de di>tomiiiloii 3 = S 
rtpondanl « une roUlioD 

de'JI6°l/a 
en tvn» iaytnt. 


OUH- 


Elle Ml BgtiiM p 
lUjoDdoipir»^ 
Hiion de eanilra 


cUon de 


ElleeMDRuréepiceM. 
Rijon dei>pife«=D'-,i3i. 
Bijon de conslruclion de 

la courbe — o-,MBi, 


ElleestfiEur^epiro",!. 
Rayon des «piref = o-,iiS. 
Rifon de canttrDclion de 

I«Mufbi;=o-,0HJ. 


lit 


LBcn.lredegr.ïil* du 


Le «dire de Bri.ilé du 


Le tenlre de gri.iW do 
spiral en lier ae irouTe i 
0--,3 du centre 0". 


ÎJJI 



FiGDse lO. — C*Drbe tké«rl«ne. 







a = Soiiaatl-./uàparllr 
deiipaiilLonDalurclle. 


COUBII 
ou — Mfl"l/î- 


Bliaeat Bgur«epiro, 1. 1, 

Ri yen 1 de canalruelien de 
U courbe : 


Elle eal ngurée par o', i', 
pirllrdu painl fite). 

Ilajont de conslructlan de 
le courbe ; 


_^me,lflgur«p,ro" .-. 

Rajoni de coablraelion dB 

la oourbe: 

1"= O-.OTW 


■ 



DES CHBOHOHËTBEa ET DES UOimiES. 



LEGENDE DE LA PLANCHE IV. 
FiGDU I. — r*rHe tkéarlvu. 



(Le*dliB« 


lieu indiqDÏM n ripporMol .u tI«l^é Qgur« inr !■ pludw. 


(». 


lOSUCEl'El on SPIK*L = 

V, v HBi I» ciDUu d« Il .rro!» di 


■ IDIUIIIIIIOIIIIDIU.J 


Coarbc 

niiartUr 

(ï = *l 

( trtc* plein]. 


Courbe de dérormalion 

Ioric|uea = û.lou JB-i/ï 

i panir du U poiillon jiiiurelle 

(iiictpoiniille cil peiiK rrs>i>] 


CuurlietlKtltronDeilon 
loD(,i.e!<=-o,Son-36-,/i, 
Iperlir^leeipaiiiioniiilDrelle 


?i<l«» 


£ictd»il 


FUIo°f 


EH*dilll 
du IDDieiir 


ilJOGl 


de liHiilw. 


d> l> CDlirtH 


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i" =^ 0,1400 


0,005* 


3' = 0,14^5 


0,0034 


r — 0.1 MIS 


ï- = 0.1 >« 


0.0O51 


S* = 0.13JB 


0,0051 


*• = 0,13071 


<* = 0,HM 




f = 0,1533 




i' — 0,1 «ÎS 


S- ^ O.I33S 


0,Mlî 


J* ~ 0.1 ISS 


0,0048 


•• = 0,1 HTS 


«■ =0,1185 


0,00=0 


e' = o.iioo 


D,O0ie 


!■ — 0,1 I4U 


1' = 0.1131 


0,M3S 


T*=0,I15< 


0,0030 


«■ — Ô,ID>Ti 


1" — 0,1016 


0.0031 


«• = 0,10»» 


0,00î3 


S* = O.IOIIS 


l» = 0,IO« 


O.OOÏS 


C = o,ion 




10' = o,i>Mn 


10' = D,a«S» 


0.0038 


10* = 0,0B8B 


0^0030 


11- = 0,<>«!1S 


U- = o,OBia 


0.0033 


il' := O.ïlO 


0,0013 


\r - o,oii6îi 


u- = 0,0861 


0,0030 


11' = 0.8174 


0,0030 


13* = O.OtllS 


la- = o,oioj 


0,000 


11' = 0,0818 


0,0011 


I». =e,i)isTs 




0,0015 






is- = o.oioîs 


■ s* = 0.0038 


0,001 1 


ly = o!oioi 


o!oOI4 












H* = o,0!MS 


n* = o,aH« 


0,1000 


17' = oiosas 


o!moï 


II- = e,osais 


II* = O.OSIS 


0,000? 


„. — o^dsto 


0,0007 


ir = 0.01ÏIS 


tic = 0,0180 


0,000 u 


18' ^ 0,0S85 


0,0007 


M* = 0.0«1S 


M' = 0,C43S 

IC r= 0,W1II 


D.OOO.l 


ÎO' = 0,0t3S 


0,0004 
0,0003 



DES GHRONObÈtRES fit bES MONTRES. 



Fieras 8. — Wm 



tliéoH^aet 



( Lm dimeDsioos iodiquéef te rapportent au iraoé flguré aor la planahe, 
maia auppoaé fait à une échelle cinq fois plot grande.) 



LOIfGOETft DU SPIRAL = i^tlÔÔ. 
(0, O*. V lont lei centres de It virole dans lei trolf positleiu.) 



Confite 
natorelle 

(trâeê ploio). 



nêiêuê 

de coulractlon 

deleeoorke. 



I": 

2*: 

3* : 

4* : 

5«: 

6« : 

T : 

8« : 

•• : 

I0« : 

11*: 

12* : 

15' : 
I6« 
!?• : 
18* 
!»•: 

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■et. 

0,14725 

0,14175 

0,13625 

0,13075 

0,12525 

0,11975 

0,11425 

0,10875 

0,10335 

0,00775 

0,09225 

0,08675 

0,08125 

0,07575 

0,07025 

0,08475 

0,0!^925 

0,05375 

0,04825 

0,04275 

0,03725 



Courbe de dérormaiion 

lorsque a = 2.3o8 ou 132" 1/4 

À partir de sa position naturelle 

(tracé pointillé en petiis traits). 



BayoBi 



de coottrnctloo 



de It conrtM. 



1": 
2-: 
S* : 

4*: 
&• : 

r : 

8« : 

9^ : 
10- I 
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13* 
14* 
15" 
16« 

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18* 
19* 
20* 
21- 



met. 
: 0,1390 
: 0,1341 
: 0,1292 
: 0,1243 
: 0,1191 
: 0,1143 
: 0,1092 
: 0,1042 
: 0,0991 
: 0,0940 
■■ 0,0889 
: 0,0838 
: 0,0787 
: 0,0735 
: 0^0683 
: 0,0631 
: 0,0578 
: 0,0526 
: 0,0473 
: 0,0430 
: 0,0366 



Excédant 

de longoeor 

dé chaque arc 

■or ia 

deol-circonfèr. 

correspondante 

de la c«nrt)e 

nétnrellé. 



met. 

0,0240 
6,0221 
0,0204 
0,0193 
0,0171 
0,0138 
0,0143 
0,0130 
6,0117 
0,0105 
0,0092 
0,0080 
0,0070 
0,0061 
0,0052 
0,0044 
0,0036 
6,0030 
0,0023 
0,0019 



Courbe de dérormation 
lorsque *= - 2.30dou— i32''i/4 
à partir desa position naturelle 
(tracé pointillé en grândii IHIIu). 



Rayons 



de eonstmction 



de laooorbe. 



•r. 



1 

2' 
3- 
4* 

5« 

«• 

7« 

8' 

9^ 

10* 

11* 

12" 

13« 

14« 

15* 

16' 

17- 

i8« 

19« 
20' 
21- 



met. 
: 0,1564 
: 0,1503 
: 0,l4il 
: 0,1379 
: 0,13I8 
: 0,1257 
: 0,1197 
: 0,1137 
: 0.1077 
: 0,1017 
: 6,0957 
: 0,0898 
= 0,0839 
= 0,0781 
: 0,0723 
: 0,0664 
: 0,0606 
: 0,0549 
= 0,0492 
: 0,0435 
= 0,0378 



Excéda Dt 

de lonraenr 

de chaque 

deml-circuiifér. 

de la coarbe 

uatur' sur lare 

t6rhéè)i6bdadi 

de ia codrbé 

de deformtlloa. 



met. 

0,0268 

0,0246 

0,0224 

0,0206 

0,011)7 

0,0171 

6,0155 

0.0140 

6,0124 

0,0108 

0,6096 

0,6083 

6,0074 

0,0064 

0,0051 

0,0044 

0,0036 

0,0030 

0,0023 

0,0019 



DES CHBONOMÈTRES ET DES MONTRES. 



75 



(Lm dimentioni lndiqaé«s se rapportenl aa tracé flguré sur la planche, 
mais lapposé fait à ane échelle cinq foia plas grande.) 



LORCDBITR DU 8FIRAL = S",320. 
(0, €^, 0^' font lof centres de la Tirole dani 1m trois positions.) 



Goarbe 
naturelle 

(01=0) 

(tracé plein). 



Bayou 

ée eoutivellMi 

ée la cowrke. 



r 

V 

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8* 
•• 

!©• 
!!• 
12* 

15* 
!«• 

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19* 
Vf 



0,1417S 
043925 
0,1S075 
0,l3f3S 
•,I197S 
0,11435 
0|10875 
0,10335 
•,09775 
0,09235 
0,05675 
0,08135 
0,07575 
0,07035 
0,06475 
0,05935 
0,05375 
0,04895 
0,04375 
0.03735 



Gonrbe de déformation 

lorsque a = i"',3io ou 75» 

à partir de sa position naturelle 

(tracé pointillé en petits traits.^. 



Btyons 

de coBstraetlon 

de la eonrbe. 



mèu 

l^ss 0,13893 

3« = 0,13174 

S* = 0,13686 

4* = 0,13148 

5* = 0,11830 

6* = 0,11102 

7" = 0,10584 

8* = 0,10056 

9* = 0,09538 

lO" = 0,09010 

1 1* = 0,08482 

12" = 0,07954 

13* = 0,07436 

14* = 0.06898 

15* = 0,06370 

16* = 0,05832 

17* = 0,05302 

18* = 0,04766 

19" = 0,04228 

20* -= 0,03990 



Kxeédant 

de lonraear 

sar ebaqae 

deinl-«lrcoDrér. 

de la coorbo 

Bitarelle de Tare 

correspondant 

de la coarbe 

de dérormaUon. 



met. 

0,0149 

0,0135 

0,0126 

0,0112 

0,0105 

0,0095 

0,0081 

0,0075 

0,0068 

0,0061 

0,0051 

0,0044 

0,0041 

0,0037 

0,0027 

0,0093 

0,0016 

0,0012 

0,0011 



Courbe de déformation 
lorsque a=— in>,3io ou— 75" 
à partir de sa position naturelle 
(tracé pointillé en grands traits). 



Rayons 

de eonstrocUon 

de la oonrbe. 



met. 

1*'= 0,14680 

2* = 0,141 

3* = 0,13501 

4* = 0,12924 

5* = 0,12332 

6* = 0,11760 

7* = 0,11178 

3* = 0,10616 

9* = 0,10094 

lOe = 0,09442 

I|« = 0,08870 

12* = 0,08288 

13* = 0,07716 

14« = 0,07154 

15* = 0,06592 

16* = 0,06010 

17* = 0,05448 

18* = 0,04876 

19* = 0,04314 

30* = 0,03782 



Excédant 

de loDgoenr 

de chaque 

deml^^lrconfér. 

de la courbe 

na tare'* sur l'arc 

correspondant 

de la courbe 

de déformatiOB. 



met. 

0,0142 

0,0127 

0,0118 

0,0112 

0,0103 

0,0091 

0,0085 

0,0074 

0,0068 

0,0061 

0,0054 

0,0046 

0,0040 

0,0033 

0,0039 

0,0022 

0,0019 

0,0015 

0,0011 



mlursIlB 

(« = o) 
(irteéplBiri). 

d. odDUrgclloi. 


lorsfiu^ J = l.lOB ou lîî'j; 
i partir de tt pntltlon naturel 
( trac« jiDinlille WptUtjlrsil. 


d* Il cuorln 


UeBUelrtollttt, 
de II rofiflM 


1' = K.IMTI 
** = 0.11135 

r = O.IOSTS 
»■ = O.MITI 

11' = o,(nns 


a- = o.iisM 

f =0,lll6J 
5' = 0..1«5 
B* = 0,>0S71! 
»■ = O.IOJSI 
a* = D,0BB14 
If = U.MJSI 
10* — O.OBÏCO 
1 1" = 0,0«J(5 

ir = D,D7aifi 

H*= 0,06113 


0.013» 
8,0185 

0,01 is 

0.O091 



DES GHRO!!bllÊtktS kt DES MONTRES. 76 



LEGENDE DE LA PLANCHE V. 

Flfare i. 

Spiral plat iont la conttrucîion est donnée par la légende de la pi. IV, 
fig. 2, mais avec une courbe finale théorique composée de deux quarts 
de urde réunis par une ligne droite. 

Lt déformatiim figurée répond à x = S",073S ou 176* de roUtion du 
btlaneier. 

^Ifnrés 3 à 15. 
BapMeneis ds déformation faitet s\kr det spiràutc. 

I indique l'angle compris entre deux rayons partant du centre et 
aboutissant aux deux extrémités de la courbe extrême. 

Le cercle tracé en plein représente la forme naturelle dii spttal. 

Us tricés en Itgnei ponctuées indiquent ce premier rertte du spiral, 
aux limites extrêmes de déformation correspondant à tine dotation du 
Mineier d'etttlireil trois qdArU de tour de part et d'autre de la posi- 
Uon d'équilibre. 

Les diamètres sont devenus sensiblement ce que le calcul avait in- 
diqué. 

La tongueof dti Èp\ià\ Ctatt l",600 pour toute la planche sauf pour 
• = 240*,22& et la courba théorique correspondant à 6 j= 226". Pour ces 
dernières figures, on avait coui.c les bouts du spiral et la longueur 
était rédtilte à l*,48. 

Les points tnarqués sur les cercles sont ceux qui ont été obtenus en 
hlsant i*expéèièticé. 





SPIBAt RÉGLANT 
CHAPITRE n. 

PÉRIEKCES FAITES A L'APPDI DE LA THÉORIE PRÉCÉDENTE, 

ois rendre compte des expériences que j'ai faites en 
vérifier ia tliéorie exposée dans le premier cliapitre. 
ra que i'accord a toujours été aussi parfait qu'il était 
de le désirer. Ces expériences ont porté sur deux ob- 
iaoipaux, savoir : la formule qui donne la durée des vi- 
is, puis l'influence de la forme des courbes extrêmes 
uessur les déformations et sur l'isocbronisme du spiral. 
1 de ces deux sujets a été vérifié de deux manières diffé- 
En premier lieu, la formule (8), qui exprime la durée 
rations, a été appliquée à un certain nombre d'exemples 
'uis, toutes choses égales d'ailleurs, on a vérifié la pro- 
inalilé qu'indique la théorie entre la durée des vibra- 
t la racine quarrée de la longueur du spiral. Occupons- 
abord de la première vérification, 
bleau suivant donne les résultats comparés de la théo- 
le l'observation. 



DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. 77 

Je Tais maintenant donner en détail la manière de vérifier 
les calcals dont les résultat» sont sur ce tableau. Excepté pour 
le chronomètre de M. Paul Garnier, tous les moments d'élasti- 
cité ont été déterminés non-seulement par les dimensions, 
mais aussi par l'expérience, ce qui était plus juste, à cause de 
la petitesse des sections transversales des fils d'acier. De plus, 
ces moments ont été obtenus par la flexion circulaire, ce qui 
est plus exact, puisque, dans ce cas, on rentre dans la théorie 
mathématique de Télasticité. La formule que j'ai employée est 



--"■(S - - "" 



alii ' 



Q est le poids suspendu à chaque extrémité du fil augmenté 
de la moitié du poids de la portion de fil qui dépasse de chaque 
côté les points d*appul ; 

l' est cette longueur dont le fil dépasse de part et d'autre les 
points d*appui ; 

V est la demi-distance des points d*appui ; 

f est la flexion ; 

P est le poids d'une longueur V du fil. 

Dans cette formule, on tient compte non-seulement du poids 
du fil, mais de rincllnaison des bras de levier sur lesquels 
agissent les poids Q. 

Les moments d'inertie du balancier ont été obtenus en pre 
nant ceux de toutes les parties séparément 

Voici maintenant les données qui se rapportent à chaque 
exemple. 

Montre de Lépine. { Elle est à échappement, à cylindre.) 
Données relatives à la détermination du moment d'élasticité. 
On se rend compte de suite que dans cet exemple et les deux 

suivants, Tinfluence du poids du fil est tout h fait négligeable. 

On a eu 

Q««o^,ooo5; L'aMO">,oiaA; r«ao",oi75; îstao",ooaa; 
d'où 

M ev 0,00000002961 85. 

Données relatives au calcul du temps T : 

Largeur du fil = o'.oooiSs 
Épaisseur du fil = o"',oooo64 





^ bout^ do la section sont arroudla en demi-i»rcl& 

Longueur du fii ou L — o', 1 5576 
B balancier est en laiton. Il se compose d'upa couronofl 
ulaire reliée 4 l'axe par trois rayons. Soient, ppur la cou* 
ne : h son épaisseur, r, sou rayon extérieur et r, aou rajw 
rieur. Or ^ 

h = o-,ooo587 

r, = o-,oo7675 

r„ ". t)",<.c.G695 
3ient, pour cbacua des trois rayons : h' sqp épaisseur et a' 
argeur. On a 

A' = o",ooo» 

•' — o-,ooo635 

ai pris pour densité du laiton le nombre S,$g6. 
ai aÏQsi trouvé pour moment d'inertie du b&liBcIer ■ 
A = o,ooooooiiuc.7y5G5 
Ckronomélre de M. IFinnerl. 

loanées relativesàla détermination du moment d'élasticité: 



DLS CHRONOMÈTRES t'ï DtS .MOMHES. 79 

Jnneau. 

Diamètre extérieur » o",oa77 

Hauteur «= o'",oo35 

Épaisseur. «= o'",ooo777 

Chacun des deux vides v est de o",ooai. 
Grosses masses, A), M : 

Diamètre «» o",qq77 
Hauteur «■ p'tOoSa 

Uur aie eil an milieu de Tépalsseur de Tawieaii. 

Tis de réglaj^, Y, Y : 

PiamètrQ « o^^ooS^S 
Pauteur ^i^^ o%Qo»iq 

Vis de masse. Y', Y' : 

Diamètre <« o",oo/io95 

Hauteur ■» o*,oo3335 
Barrette: 

Largeur «a o"',ooa 

Épaisseur «» o*,ooo5 
Petit disque : 

Diamètre m o",oq5£i 

Épaisseur » o~,ooi5 

rai ainsi obtenu pour le moment d*lnertie du balancier : 

A «M <>,oQooaoiftS4o7i 

Je remarquerai ici en pasiant que ai l'on avait déterminé le 
moment d'élasticité diaprés les dimeosioas mômes du fil» et en 
prenant 10.000.000.000 pour coefficient d'élasticité de l'acier, 
on aurait eu : 

M a 0,0000064 10, 
puis 

T «=> o",25id on ià.53o vibrations par heure, 

ce qui est encore excessivement approché. 

Chronomètre d» M. Paul Ournier. 

Je n*ai pas pu déterminer le moment d'élasticité par Texpé- 
rience, n*ayant pas eu de fil à ma disposition. Mais ce moment 
a été obtenu diaprés les dioiensiona tnuiiversales mesurées 





SPIRAL BÉGLàHT 

c 1(5 plus grand soin, à l'aida de micromètres U-Ès-précis et 
preD^Dt !zo.ooD. 000.000 pour coefflcisnt d'élasticité. 
Donaées : 

Largeur du fil = o",ooo34 

Kpalfseiir du fli. . . . = o" ,00018 
Longueur du fil ou L = o",iio 
in a eu M = o,ooi)oo3588 

e balancier compensateur se compose d'abord d'un anneau 
létalliQue (; acier, J laiton) divisé en trois segmenta corres- 
dant a trois barrettes. Sur chaque segment est une masse 
ipensante cylkidrique en laiton , au bas de laquelle et sur 
axe se trouve un petit cylindre de platine. A l'extrémité 
chaque barrette est une vis de réglage aussi en platine. 
iD, sur l'axe du balancier, est un petit disque d'aeier. 
es dimensions sont les suivantes : 
Anneau. 
Diwnètre extérieur = o-,036û 

Hauteur. = o-.ooSa 

Épaisseur ^ a-.ooaj 



DES GH&ONOIIÈTRES ET DES MONTRES. 8l 

J'ai ainsi trouvé pour le moment d*inertie du balancier : 

A *» o,ooooooo5/|/i8a 

Grand spiral cylindrique de M. Gamier(n'' i). 

L*acier n^étant pas homogène, j*ai cherché , par expérience» 
le moment d'élasticité sur deux bouts différents de fil. Pour 
tenir compte du poids du fil. J'en ai pesé o",a6/i dont le poids 
était o^,oo3Ôo5. 

Pour le premier bout de fil, on a eu 

Q«ao%oi5; L'«Bo",o65; r — o",o8o9; «■bo'vOoGo; 

M| •« 0,000/11773. 

Pour le second bout de fil, on a eu 

Q«»o\oi5; L' — o*,o65; r«o'',o8776; «■"o'',oo676; 

M, = o,oooâoaa8. 

.rai pris pour le moment d'élasticité la moyenne entre M| et 
M^soit 

m B* o,oooâioo. 

Les dimensions du fil sont : 

Largeur du fiL • • . . ■» o",ooa/i 
Épaisseur du fil. ... » o",ooo5 faible 
Longueur du fil ou L » i'',3o/i 

De même que pour les deux derniers spiraux, il n'y a pas 
d'échappement, l'appareil se composant uniquement d'un spi- 
ral et d'un balancier. 

Le balancier est en laiton, dont la densité déterminée par 
Texpérience est 8,48. n est formé d'une couronne annulaire 
reliée à l'axe par trois bras ou rayons. 

Les dimensions sont les suivantes : 

anneau. 

Diamètre extérieur ■» o"*,i56 

Largeur. «* o",oo7 

Épaisseur. •» o",oo/i25 

Bayons. 

Largeur ■= o",oo57 
Épaisseur » o"',ooa75 

En calculant, d'après cela, le moment dMnertie, on trouve 

a «M o,ooooA556 
ToilE XX, i8Go. 



03 SPIIUL lltitiLANT 

Grand $piral cyliniriqu» «U JV. Gamitr (n* «}. 

Ce spiral n'est autre cboae que le précédent (n* i] avant qae 

cetui-ci n'eût été raccourci. Le balaociar est kDisi le nème. Il 

faut donc prendre les iaëmes valeurs de U et de A. Seulement 

la loDguenr du spiral est 

U faisait 8 j tours, plus les courbes extrêmes. 

Grand tpiral eylindtiqu» i« M. Oatnitf (s* 3). 
Ce ^rtl a été tktt avec de l'acier parfaitement bono-- 
gène. C'est de l'acier fondu. De plus, 11 a été fabriqué exprès 
pour les expériences avec le plua grand aoln. H a été âtlrtf et 
laminé pour assurer la parfaite régularité de ra section. Auvl 
plusieurs bouta âprouvés ont-Us donné exactement le m£me 
moment d'élasticité. 
On a en 
= o',oi5; L'=o",oe6; i—oV5876; (-.o-,oo3i 
Une longueur de o',a6& du fil peuit o^ooiSofi. 
On tire de là 

U — 0,00069» 
Les dimensions dn fli sont : 

Longueur du fil on L = i',69o 
Largeur du fiL . . . . = o" ,001a faible; 
tpaliseur du fil, ... = o",MMfi fort. 




DES CHRONOMÈTRES £T DES MONTRES. 83 

elle marque i%9«', 15". Ikme, ptinâ&nt i^i\ cllô a ib&fdhé de 
»8',9i5;â*où 

HipfWn des tëmpel <» o,8SM^ 

JUpport dei riolow qdarréee des longueurs ^^ o.SSg 

DeU^éthe ohservaiion,—On a coupé un autre bout=»o",o565, 
et la noutelte longueur s*est trouvée de o",o85. 

La montre est mise à Hienre à raidi Ai'. Pultf, quand l'hetrre 
réelle est de 3^,31', elle marque 5%â',3o". Donc, pendant ioo\ 
elle a marché de i/ii',5 ; d'où 

Rapport des tempgr • • « «» a^ja^ 

Rapport des racines quarrées des longueurs. » 0,7188 

Si Ton compare le spiral réduit à o'',o85 avec ce quMl était 
ayant o",i3i5 de longueur, on a 

Rapport des temps .....«• 0^8971 

Rapport des racines quarrées des longueurs. ^ o,836/i 

Les résultats sont, comme Ton voit, extrêmement rappro- 
chés, et encore faut-il tenir compte : i" de ce que la raquette 
du spiral n^avait pas été enlevée; 3" de ce que le spiral* sur- 
tout tellement raccourci, n*est pas dans les conditions de par- 
fait isochrottlsmeir 

Montre de Lépine, 

Le spiral a une longueur totale de o"*» i&576. On enlève la ra- 
quette, et sans raccourcir le spiral, on observe la marche 
comparée avec celle d'une pendole très-régulière. A cet effet* 
elle est mise h Theure à G^^ôo' du soir. Le lendemain matin, à 
8^,99', la montre marque 8%i6'. Donc pendant SSg' réelles, la 
montre a marché de 826'. 

Première observation, — On coupe un bout de o",o3ft5« ce 
qui réduit la longueur du spiral à o*", 1 3 1 25. 

On commence à observer à 6Si' du soir ^ heure do la pen- 
dule), la Inontre avançant en ce tnoment de 1/10 de minute. 
Le lendemain matin, à 8^,23^,3, la montre marque iu%/i'. Donc 
pendant 86i',3 de la pendule, la montre a marché de 963^,9, et 
pendant ce temps la montre avec la longueur primitive du 

spiral eût marché de ^^ X 861 ',3 ; 

869 

d'où 

Rapport des temps » o,88(>5 

Rapport des racines quarrées des longueurs. » 0,8880 



84 3P1RAL IILGLANT 

Deuxième obiervation. — On coupe eacore un bout de 
o" ,03076, ce qui réduit la loogaeur à o'.ogoS. 

L& montra est mise d'accordavec 1b pendule fci*, 8 après midi. 
Le lendemain matin, à S',93',33, elle marque juste a'. Donc 
pendant i.o9fi',33 de la pendule, lamontreamarcbédeuAS*. et 
pendant ce m£me temps, la montre, avec la longueur primitive 



du spiral, edt marché de 
d'où 



839^ 



)4',35i 



Happort des temps — a,763& 

Bapport des racines qnarrées des longueurs, b- 0,767» 

Si l'on compare le spiral réduit i, o'°,ogo5 avec ce qu'il était 
ajaDta',i3ia5 de longueur, on a 

Rapport des temps. ••■ o,85â5 

Rapport des racines quarrées des longueurs. ^ o,B63g 

Quand la spiral a été démonté, on a observé qu'il avait été 
gratté, ainsi que cela se pratique quelquefois pour le réglage, 
sur une certaine longnear. Tai fait mettre un nouveau spiral 
que j'ai observé. 

Montre de Lépine (avec le nouveau spiral). 

La longueur totale du spiral est de a'.iSiA. Sans rien en re- 
trancher, on commence à observer à s heures Juste (heure de 

la pendule). A ce moment, la montre retarde de i/io de ml- 




DES CHRONOWÈTRLS LT DKS MONTRES. 85 

Deuxième observation. — On a coupé un autre bout de 
o',o3o9, ce qui réduit la longueur du spiral à o",o895. 

La montre est mise à Theure de la pendule à midi 69'. 

U lendemain matin, à 8^,52' (heure de la pendule), la montre 
marque 1 \\b1\7b. Donc pendant 1 . i83' de la pendule, la montre 
a marché de i.38a',75, et pendant ce même temps, la montre, 

a?ec la longueur primitive du spiral, eût marché de ^^-^ X 
i.i85'; d'où ^^^ 

Rapport des temps » ot 77(16 

Rapport des racines quarrées des longueurs. » 0,7663 

Si l'on compare le spiral réduit à o",o895 avec ce qu'il ét^t 
ajant o",i3oâ de longueur, on a 

Rapport des temps «• 0,8691 

Rapport des racines quarrées des longueurs. «» o,86aa 

Grands spiraux de M. Paul Garnier. 

Ces appareils ont été montrés, au sujet de cette expérience, 
à la séance générale de la société des horlogers, du 17 février 
1861. 

Ce sont de grands spiraux cylindriques, à courbes théo- 
riques» montés sur des balanciers égaux. Ils sont fonhés du 
même acier, ayant rigoureusement les mêmes dimensions trans- 
versales, mais leurs longueurs diffèrent. Les observations ont 
été faites par M. Rozé, membre de la société. 

Gomme il n'y a pas d'échappement, ou a opéré en comptant 
exactement, pour chacun d'eux, le temps employé pour effec* 
tuer 3oo oscillations. 

Pour le premier, dont la longueur totale est de i",6855, ce 
temps a été de 2M secondes. 

Pour le second, ayant une longueur de l'fSSia, la durée des 
3oo oscillations a été de a2o'',6. Donc 

Rapport des temps » 0,90/1 

Rapport des racines quarrées des longueurs. «» 0,905 

Spiraux construits par M. Rozé, 

M. Rozé a aussi construit des spiraux pour répéter cette ex- 
périence, lis sont montés sur des balanciers égaux. Ils sont for- 



86 SPIRAL BËGLADT 

mëa du même fil d'acier ^ spiraux ; seulement l'un • uns lon- 
gueur de 1 [iifitreetrautrâdeo',8io.Leur3courbestenniiialcs 
sont théoriques et du type qui se composa d'une denii-«lUpse. 
On a complu exactement, pour ctuioua d'eux, la aoinbr* 4'os-' 
cUlatiOGB eD'ectuées en 5 miuules, Oo a trouvé ainsi : 

Pour le pramlar. iqS osellIatloaB, 

Et pour le second ôaB oscillations; 

d'où 

Rapport des temps. ^ o.ftgW 

Rapport des racines quarrées des lon^eurSi » Otpoop 
On peut dono r«gfurd«r oUte lot oomBifl tont i fait «note. 



Je ptsse maintenant «nx expérience? r^tf v«f à )k déCsnoa- 
tioq du spiral «t àl'isflvence qua la forme dai courbai axtrâmes 
exerce sur celle ci. 

}c. commence par rappeler que, dasi la pratique (tout à Tait 
d'accord arec ma tbéorie), on cherche toujours & Taire en 
aorwquele spiral se défttrme uniformément et cyllndriquement 
auteur de l'axe. Volet, de plus, des citations de dlTers oarrages 
qui le confiruient surabondamment. 

Rd premier lieu, ces principes ont été mis m avant par F. 
Berthoud (voir la fin du premier chapitre de ce mémoire, ar- 




DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. 87 

adoucie et fbrmée peu à peu au moyen de pinces à spiraux 
cbaufifées convenablement et qu*on laisse même refroidir dans 
leur action, afin que la lame conserve sa courbure. Celle-ci em- 
ploie un demi-tour et même trois quarts de tour pour se rap- 
procher du centre à environ la moitié du rayon des autres tours 
eonceutrlques, etc. La courbure des extrémités du spiral a 
pour but de le faire développer plus cylindriquement, et d*éTi«- 
ter quMI ne se Jette de côté dans les vibrations, ce qui cban^ 
rail réquflibre de Tensemble, la distribution de sa puissance 
et même Tisochronlsme des arcs de diverses étendues, etc. » 

Dans le Traité des échappements de Glaudius Saunier (i855), 
anofen direoteur de TÉcole d*horlogerle de Mâcon, on lit 
(p. 157)1 

t Plue un Bpiral est long, plus il est propre à donner Tiso- 
ehronlsmedesTlbrations et moins il occasionne de frottements 
aux pivots du balancier, son travail se faisant bien plus con- 
oentriquement à ces pivots qu*avec un spiral court qui les re- 
pousse plus fortement eontre les parois des trous. » 

Dans le même ouvrage (p. 296), on lit : 

« Deux écoles, si nous pouvons parler ainsi, se sont formées 
à propoi de risochronlsme du spiral : Tancienne qui cherche 
riaochronisme dans la seule longueur delà lame; la nouvelle 
qui le trouve, et plus facilement que rancienne , dans la lon- 
gueur combinée avec la forme, c'est-à-dire par les courbes qui 
terminent cette lame. » Et plus loin, p. 5oo, on lit : 

« Les courbes intérieures et extérieures, ainsi que nous Pa- 
vons déjà recommandé à propoa de Téchappement Duplex, 
doivent être faites avec beaucoup de soin; c'est en grande par^ 
tie à la forme de ces courbes que le spiral doit son développe^ 
ment régulier, et de n*être pas jeté de c6té par les grande» vi» 
brations, ^observation constante du jeu des spiraux, aprôa 
avoir préalablement étudié leur forme, et des essais faita avee 
intelligence, apprennent h Touvrier quelles sont les courburea 
qui régularisent le mieux ce développement, p 

Ou lit encore dans le journal la Tribune chronomélriquê 
(numéro du 1 5 janvier iSSi), p. 17 : 

« Les artistes doivent s'attacher particulièrement à bien 
faire les courbes concentriques des deux extrémités du spiral 
qui doivent entrer, Tune dans la virole du balancier, et Tautre 
dans le piton fixé sur le coq; car c'est de cette courbure que 
dépend en partie Tuniformiti^ de durée dans les grands comme 



88 SPIRAL BEGUNT 

d&na les petits arcs du balancier, et c'est t&, coinine noua l'a- 

ifODs dit, ce qui conatltae l'isochroDismo. ■ 

On remarquera que tous ces principes généraux, qui sont 
éclos pour ainsi dire de l'expérience et de la pratique, sont nite 
conséquence directe de ma théorie. 

Pour vérifier expérlmenulement l'inOuence des coutIms ex- 
trêmes que donne cette théorie sur la dërormation du spiral. 
J'ai fait faire, par M. Paul Gamier, des spiraux d'un très^rand 
diamètre. On leur a donné des courbes extrêmes théoriques, 
puis des courbes quelconques, afin de juger de la différence. 
La PI. V, fig. a & i5 Inclusivement, montre le résulUt des dé- 
formations qui ont été relevées. Chaque cercle a été obteon au 
mojen de quatre ou cinq points. Le cercle en trait plein in- 
dique le spiral en équilibre ; les cercles, en pointillé, montrent 
ce qu'il est devenu dans les déformations extrêmes. Or on TOlt 
que, avec les courbes terminales théoriques, les trois cercles 
sont toujours restés bien concentriques, et qu'il s'en faut de 
beaucoup qu'il en soit ainsi avec les courbes quelconques. Il j 
a, comme on volt, sept exemples de chaque espèce. 

Les numéros écrits sur les cercles indiquent les points qui 
ont été relevés pour les tracer. De plus, j'ai encore oitre les 
mains un certain nombre d'appareils construits par H. Pul 
Garnier et oà le bit est de la plus grande évidence. 




DBS CHROIlOliÈTRES ET DES MONTRES. 



89 



PKmiÈRB EXPiMENCB. — Sfrirol avec courbes extrêmes 
tk^niqueSf mais tCayant que 7 i/â tours. 





forck 


PBRTB D'ANGLB 


PORCB BAMBRÉB 


AHCLEf. 




par la dérormatlon 


àtt«l/l 
par la proportiom 




§■ nftiHwm. 


pamanenl*. 


des anvles. 


ém*é 


cnnuBM 


décret 


cnniMS 


Ml/Ï 


1,543 





1,542 


45 


S,084 





1,542 


67 1/3 


4,020 


O.I 


1,5433 


90 


0,150 


0.100 


1,5404 


ISS 


9,333 


0,3 


1,5393 


IM 


13,305 


0,30 


1,5404 


m 


15,S0O 


0.35 


1,5384 


370 


10,440 


0,0 


1,5401 











On Tolt, par la U* colonne, que la proportionnalité est aussi 
près d'être satisfaite que possible, et cependant il faut tenir 
compte de ce que le spiral n'a que 7 1//1 tours et qu'il 7 avait 
quelques légers lh)tteQient8. 

Yoicf une seconde expérience faite avec un spiral à peu près 
de même longueur, mais néanmoins un peu plus long, et où les 
courbes extrêmes ont été faites à dessein éloignées des condi- 
tions théoriques. 

DEUXitax EXPÉRIENCE. -> Spiral de 8 tours avec courbes 

non théoriques. 



■'■ 


fOECB 


PBRTB d'angle 


PORCB RAMBNÉB 


AMCLIB. 




par la défomaUon 


à tfoi/l 
par la proportlom 




•■ sranmes» 


peraianeote. 


des enfles. 


M(fé§ 


fraMaes 


degrés 


frammes 


331/3 


1,500 





1,500 


45 


3,983 





1,491 r. 


071/3 


4,401 





1,4870 


90 


5,930 


0,05 


1,4833 


135 


8,875 


0,15 


1,4808 


110 


11,845 


0,30 


1,4823 


33i 


14,807 


0,27 


1.4825 


370 


17,830 


0,50 


1,4878 











Il suffit de comparer la U* colonne de ce tableau avec celle 
de Texpérience précédente pour voir de suite que la loi de pro- 
portionnaUté 7 est beaucoup moins bien satisfaite. 



go SPIRAL RËGLAnT 

Tolcl deux katPM exomplea qui se rapprartent k des iplranx 
faits avec de l'&cler peu bomogfeDe et qui o'&vsteat que h touis. 
L'un avait aea courbes eitrAmes oonitrutteH théoriquement at ■ 
l'Autre, pas. 

Tnoisifcin EXPéatENCs. -~ Spiral de b tovrt {aoier peu homo- 
gint et d» mamaite gualilé) avtc courbet txtrimu théo^ 
riquet. 



IRMU. 


fO»» 


rtlITS D'AKCLE 






«•no 

M 
■ M 


ii 


0.» 
0,1 


I.MIU 
l,UII 





On voit que la proportlooDalIté en encore très-prë* d'être 
satisfaite. 

QUATRIÈME EXPËRiEKCE. — Spiral de i lourt (actif pfw AtHNO- 
gène et de maftvaUe qualité) avec eourhet extrimti «on 




DES CHRONOMÈTBES ET DKS MONTRES. 



9» 



core diminués, le spiral à courbes théoriques a toujours pré- 
tonte uo grand a?antage lur l'autre. 

GnouiÈi» EXPÉRIENCE. — Spiral de la première expérience à 
courbée théoriques, mais les frottements du balancier di- 



FOM^ 




par la défonnation 
permanente. 



degréa 



0,09 
0,29 
0,1» 
0,40 

0,37 
0,45 



« 



FORCE RAIfE!«ÉK 

à n* 1/2 

Pir U proponioo 
dei anglea. 



framoift 

1 ,5980 
1.5380 
1,5381 
1,5379 
1,5384 
1,5390 

1,53U0 
1,5417 



I 

On TOit que 1a proportionnalité est e:(tr4inament approol)é9. 
Pour :i7Q*, il y a eu «n léger écart» mais il est probable que le 
spiral s'était un peu excentré, ainsi que cela a été constaté 
dans des circonstances analogues. 

•ixiÈMi BxriRiEFCB. — Spiral de la deuxième expérience 
{e o w pè ee gueleonqu^)^ maie avec le balancier de la cin- 
quième expérience. 



AMOCIt. 



dnréa 

221/2 

49 

«71/2 

fO 
135 
180 
229 
VQ 



FORGI 

I ma 



vrami 

1.500 

9,002 

4,489 

6,967 

8,938 

11,900 

14,866 

«7,872 



PERTE d'AHGLE 

par la dérormatlon 
permanenl*. 



degréa 


0,05 


0,05 
0,05 
0,125 
0,23 
0,25 



FORCE RAKfNÉB 
a tr> 1/f 

par la proportion 
des aoglM. 



grammea 

1,500 
l,S027 
1,4963 
1 ,49'i6 

1,4902 
1,4893 
1,4881 
1,4907 



^ < SVi 



ijp %i4 ■»^« agr-^aw w#,a.in nt i »r.ii t-ït .,. -?-) u»i4<V.Tn'?T i V 



On voit q«t la proportionnalité est bien moins approchée que 
daiM i'expérienoe préoédente. 



g« spiual réglant 

szPTiÈHi EXPiRiENCE. — Spiral de la prtmiire «xpériêma 
( eourbei théoriqaet ) , mait avec un balancier plue petit et 
où let frottemenli ont été trit-réduitt. 



.»^ 


«ZL 


niTI D'IHGLB 


roKci Kunrtt 

l»r ta pnpwlJM 
Oh uftai. 




M 
1» 

m 


îlin; 


dtp*. 

0,9i 

0,l« 

0,10 
0,M 


1,UM 
I,MS1 





Ou volt Ici combien ta proporUoa&alité est approchâe. 

HDiTiËi» KXPÉDiEHCi. — spiral de fa de%unème expérience 
{courbée quelconçuee) , maie avec le hitianeier 4c la cep- 
tiinie expérience. 




DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES. g5 

La formule (8) est, comme on sait, 

Dans Tapplication , le balancier bat toujours, soit cinq , soit ^ constracUon 
quatre vibrations par seconde et quelquefois six. Dans le pre- **'"" r*g»i«»«ttr. 
mler cas, T » o,ao, et Ton a 



^•^^-'^Vm' 



et Ton déduit, en remplaçant n par sa valeur 
{Sa) AL «9 o,oo/io5s8 M . 

Dans le second cas, celui de quatre vibrations par seconde, 
on a T — o,a5, et 

d'où 

(S5) AL»>o,oo63335M. 

Enfin, dans le troisième cas, on a T *» 0,1666, et 
(66) AL»o,oo98i/|5M. 

Les trois formules (8/1), (85), (86) expriment la relation très- 
simple qui existe, dans chaque cas, entre le moment d'inertie 
du balancier, la longueur du spiral et le moment d'élasticité 
de celui-ci. 

Le calcul fournit le moyen d'obtenir rigoureusement le mo- 
ment dMnertie A du balancier. Dans certains cas, quand sa 
masse est presque entièrement distribuée sur sa circonférence 
et qu*on n*a pas besoin d'une précision mathématique, on peut 
se borner à prendre 

9,80896' 

P étant le poids du balancier rapporté au Icilogramme et r son 
rayon. 

Inversement, si l'on voulait savoir à priori quel sera le (^i^gi 
nombre de vibrations que feront un spiral et un balancier don- des vibrationf 
nés, le problème sera le même; seulement il faut se servir de ^^ J'"^ tTundef 

la formule T — kI/ — . 



j'i SFlllAL It£GLAKT 

Eli appelant N te uouibre dti vibrations par hvurfl, M nra 



ou, «a remplaçant •: par sa valear, 
(87) 



par sa valear, 

»-..»..v/i- 



Les Dotions précédentes peuceot être utiles pour le ré^age, 
et particulifireincnt celle de la proportiooDalit6 eottv 1* dnMM 
des vibrations et la racine quarrée de la longueur da fll. ''' 

" J'ai doiiné, dïDs te premier cbapltre. l'expresBlon exacte de 
cet allongement. On an déduit cette ri^le pratlqw trèt^lnfile 
' qu'il ne faut pas que le rapport de l'épaisseur da fll i w lon- 
gueur dépasse la valeur de ce môme rapport pour des appareils 
bien établis dans lesquels le balancier fait des oscillations de 
même grandeur. 

A cet égard, voici quelques nombres. En appelant « l^ÉfMis- 
seur du fil et L sa longueur, on trouve : 

Pour un obrODOmËtre de H. Wlonerl. 

Pour un ehroDonètn de H. Guafor, 
«•BQiOoo&SyoL; 




DES CIIRONOMÈIRES ET DES AIO.NTRHS. (Jô 

Pai âiji les coiîstructeurs qui ODt bien voulu me demander 
communication de mes courbes, Sd. Jacob, chronométrier très- 
connu de Dieppe, m^a informé qu'un des types que je lui avais 
remis se trouvait être identique avec une forme de courbe à 
laquelle 11 avait été conduit par tâtonnements, il y a une dou- 
zaine d'années, et qu'il avait appliquée à un certain nombre 
d'appareils qu*il avait livrés à la marine. Quoique les spiraux 
n'eussent guère que six tours, ils avaient très-bien fonctionné; 
les appareils avaient satisfait à toutes les épreuves imposées 
par l'État» et^ après plusieurA années de service, leur marche , 
qu'il avait relevée, était encore très-bonne. C'est le type re- 
prtseiitéà une grande échelle, PI. Il, fig. 5, et en petit, PI. t, 
fig. 17. 

Voiol on autre fait. M. Gamier, hoHôgef dé la mariné, 
m'ajant prié de lui faire^ d'après la théorie» un tracé de cotjrbe 
extrême pour spiral plat ramené dans des conditions données, 
celle que je lui ai remise s'est trouvée coïncider, à une dlffi^ 
rence insignifiante près, avec celle que les résultats d'une 
longue expérience lui avaient indiqué comme étant la plus con- 
venabto. 



NOTE (1) 

Pour faire voir gu$^ dans les circonstances gue présente le 
problème metuêl^ l$i prineipsê «nr lesguels est fondée sa so^ 
lution §î gui rentrent dans la théorie de i^axe neutre, sont 
non-seulement parfaitement d^ accord avecVeœpérienee^ mais 
avec la théorie mathématigue de VélastiHtéé 

J'appelle ligne neutre le lieu géométrique des centres de 
gravité de toutes les sections transversales, ce lieu étant tine 
courbe quelconque , mais que je suppose plane » en négligeant) 
pour le spiral cylindrique, la très-faible inclinaison des spires. 
J'admets que toutes les sections transversales sont égales et 
qu'elles sont partagées symétriquement par un plan, que j'ap- 
pellerai i^aa hortsontaU passant par la ligne neutre. 

J'imagine que» sans changer la longueur de la ligne neutre , 



ri) CsM» SéaoaflraU#n twl un* eiten»k>n 4e e«lle qtie M. de Saint-Ye 
n4nt a appliquée à FéqttiUhre d'iutf po«u« areiie a^lHeltée pet na eospte. 



9& SPIKiL RÉGLANT 

ettouteoBatlsraJsaiitauxcoadltionsde poi.ltlODetd'lncliliuiMa 
assignées fc ses deux extrémités, on déforme celle-ol âane son 
pUn, d'aprÈs la loi - — -^^ constante, r, et r étant les rayons 

de courbure en ud quelconque de ses polots : le premier avant 
la dérormation et le second après. On a va précédemment 
qu'il est possible de satisfaire géométriquement h cette condi- 
tion en donoant aux courbes extrêmes une fonue déterminée 

Je vais faire TOir maintenant qu'il existe des forces sxté- 
rieures capables de maintenir le spiral en équilibre dam cet 
état de déformation, et en même temps Je vais chercher la va- 
leur de ces forces. 

Pour cela. Je rappelle d'abord les équatlona de l'élaatieité. 

En premier Heu, en négligeant la pesanteur, on a, pour tons 
les points du solide, supposé homogène et d'élasticité con- 
stante, les trois équations aux dilTérences partielles du second 
ordra 

In, ,d*u , ll*t( , d'il , „ , . d*v , n I 1 ***•" 

I ii*»o , <Pi« , - , .dhe , - , , d*u , - , , d*o 
l'*&+''3?+''+"'>-5?+M-l''3ÎE+M-'*'sjSÏ— 




T, 



DES GHRONOàlÈTRES £T DKS MONTRES. (j; 

Tt, T|, N, les composantes, parallèles auxx, aux y et aux z 
pour un élément perpendiculaire h Taxe des z. 

|mN, + nT,+pT,-X; 

(U)JmT, + nN, + pT,-Y; 

( mT, + nT, +pN| ■» Z. 

Les forces N|, N,, N,, T^, T,, T,, ayant les valeurs qui con- 
viennent an point considéré de la surface. D'ailleurs, on a, 
d^iine manière générale, 

et 

/dt? , dto\ 

Ail» , dv\ 
""^-^Kd^ + di)' 

het |A sont deux coefficients numériques, constants pour une 
même substance. 

Imaginons deux sections transversales du fil, infiniment voi- 
sioes Tune de l'autre. Elles sont normales & la ligne neutre, et, 
dans ce petit intervalle , Télément de celle-ci se confond avec 
réiément de son cercle osculateur dont le centre se trouve à 
la rencontre du plan que j*ai appelé horizontal avec Tlnter- 
section de ces deux plans transversaux, lesquels sont perpendi- 
culaires, ainsi que leur intersection, au plan horizontal. Je 
suppose, comme cela arrive toujours, que la forme extérieure 
du fil soit telle, que le plan horizontal coupe cette surface sui- 
vant deux éléments se confondant avec deux petits arcs de 
cercle ayant le même centre que Télémcnt correspondant de 
la ligne neutre, et que, déplus, tout plan, parallèle au plan 
horizontal et rencontrant la surface extérieure du fil, la conpo 
suivant des petits éléments d'arcs de cercle ayant tou5; tenr 

TOMB XX, 1861. 7 



98 SPIH&L HÉGUMT 

centre sur l'intersection des deux sections Iransvenalet, c'est- 
à-dire sur une même perpendiculaire au plan horisontal. 

Cela posé, procédant d'une manière synthétique, je nls dé- 
duire les Inconnues w, v , w de certaines considérations éta- 
blies d priori, et faire voir ensuite que, combinées avec des 
valeurs convenables des forces, elles satisfont h toutea tes con- 
ditions du problème, c'est-&-dIre aux trois équations indéfinies 
et aux trois équations aux limites. 

J'admets donc à priori que tous les points dn corps qoi se 
trouvaient primitivement sur une même section tnnsremle, 
sont encore, après la déformation , sur un même plan normal 
ft la llgoe neutre déformée- J'admets, en outre, que tous les 
points qui étalent situés primitivement sur nn arc de cercle In- 
finitésimal, contenu dans un pian parallèleauplan horluntal 
et dont le centra Initial était sur l'axe de ce plan, se tronreat 
encore , après la déformation , sur un petit arc de cercle dont 
le centre serait pour tous ^ l'intersection de leur plan avec la 
perpendiculaire au pian horizontal menée par le centre de l'arc 
de cerole de la ligne neutre déformée. 

Imaginons (PI. I, fig, ta) que le plan du dessin représente le 
plan horizontal et soit OM l'élément de la ligne neutre compris 
«ntra les deux plans transversaux Infiniment voisins, OOS, CHP. 
La point C est le centre de l'arc de cerole OM. Prenons, dans 
le plan horizontal, pour axes des x et des z, la ligne OX tan- 




DES CHRONOMÈTRES l-T DES MONTRES. 99 

vement sur OY et OZ; ce seront les valeurs de r et u? relatives 
au points situé, avant et après la déformation, sur le môme 
arc que le point P. Désignons aussi par f^ la projection de 
Tare PS snr son rayon GS; puis, par Tq, le rayon initial CM, et 
par r le rayon CM! après la déformation. 
On a, pour Vx do point P', 

a:4.u = C'S'.sinOC'M'. 
Mais 

C'S'-»r+a+/; + <<>o- 
Puis» à cause que OM est un arc infiniment petit, on peut 

rempl«»r du OC'M' par ^ - f , puisque je suppose que la 

ligne neutre n'a pas cliangé de longueur, 
liais 

OM : sp :: r, : u+%+U\ 

Donc 



OM » SP . 



U ^^0 



r,+% + U r.+ z + U' 



car on peut remplacer SP par x, puisque Tare SP est infiniment 
petit 

On a donc, en substituant, dans la formule ci-dessus, qui 
donne âp + tf, 

A cause que s et /, sont très-petits par rapport à r^, on peut 
mettre ■ . ^ , ^ sous la forme 






et, par suite, on déduit de la valeur précédente de â?+ti, 

— '0-r}-'é-T(^+S- 

Or, en faisant attention que ^ est très- petit et qu*ll en est 

f ""' 

de même de ;^, Teipression précédente se réduit à 



100 SPiBAL RtnLANT 

MkinlunAut, parles hypothèses faites, ou a, d'après la /S^.f 

ir + B — if + B. 
ou 

(VI, B-V,. 

De plus, il est clair que le s de [>' ou 

= + «i=-34- /"• + «'• — projection de S'I'' sur C'S. 
Mali» cette projection est égale à 
(ST)* 
jCS' • 
Or 

yp':OM' ou 0M::e8:r. 
Donc 

r ' 
et la prqjectlon a poar valeur 

(OM)' X CS' 



Remplaçant G?' et OM par leurs expressions obtenues précé- 
deinmont, on a, pour la projection, 

et, par suite. 




DK8 CflRONOMÈTRES ET DES MONTRES. 101 

priori que, des six composantes, Bïi. Nj, N, , Tj, T,, T,, trois 
d*eQtre elles soient nulles en chaque point, savoir : N,, N, et T|, 
ce qui revient à dire que, dans tout Tintérieur du solide, si Ton 
considère un élément perpendiculaire, soit à Taxe des y, soit à 
Taxe des i, la pression sur cet élément se réduira à la compo- 
sante parallèle à Taxe des x. 

D'après (III) et (IV) et en ayant égard à CV). (VI) et (VII), ces 
conditions reviennent à 



d'où l'on tire 






d»o ^_ X 



dy a(À+î^) \r rj' 



\ 



dz ^ dy 



En intégrant les deux premières équations de (Vf II), on a 



(IX) 



'tp«— 



^«0-^j+My). 



En substituant dans la troisième équation (VIII), il vient 
X 



y(j-^)+?'(«)+f(y)-o. 



ce qui montre que 9' (z) » G, G étant une constante. Donc 
G' étant une seconde constante. On voit en même temps que 



109 SPIRAL REGLANT 

d'Où 

♦i»>-Mrï:s'"(?-f:)-'*+<''' 

C" étant une troisième constant». ' ' - ' 

Donc 



I 



On voit d'abord que les coDstantesC et C'anitiuillea,, ear 
l'origine des coordonnées étant, aprëa conims auiU .la,d^(or- 
motlon, au méma point 0, on doit avoir r, et w, égawt,i^.v&ro 
poarat—jf — z—o. - ...i,,. 

Déplus, la constante c ■- o, car la direction de l*«çtOe>flit 
supposée invariable et G ^ —^ pour z => y — 2 — a représen- 
terait la rotation de cet axe autour de l'axe des x. 

Il est une remarque à faire, n'est que, d'apn^ la, maniera 
dont les constantes G. C etc" oat été. obteQueSiJQli^ ai .ap- 
posées Indépendantes de a;* et cela doit étra, ■-, ..1. -' 

Ed effet, dans la' portion <lu solide oonsidéréet-l'iatenalle 




DES CHRONOMÈTRES ET DES MOffTRES. 105 

'H— .TîW) " (f ^ FJ ■ 



w* 



Or Je dis qu*eo décomposant le corps en une série de tranches 
infiniment minces par des sections transversales normales à la 
ligne neutre ; puis déterminant dans chaque tranche les nou- 
velles positions de tous les points par les formules (X); enfin, 
appliquant aux extrémités de chacune d*elles les forces qui ré- 
sulteront de ces mêmes formules (X), chacune de ces tranches 
sera en équilibre. 

Premièrement, les équations aux différences partielles du 
second'ordre fl) seront vérifiées. En effet, en substituant les 
Taleors (X) de u^vetw dans les trois équations (I), celles-ci 
sont Iddûtiquement satisfaites. 

Voyons maintenant les conditions relatives à la surface du 
corps. Pour cela, cherchons les valeurs des forces N|, N,, N,, 
T|, Ti^'ty Or on sait déjà que, d'après les expressions (X), les 
composantes If,, If, et T| sont nulles dans tous les points du so- 
lide. Cherchons les autres composantes. 

eh MbstitiiâDt, à cet effet, (X) dans (IV) et dans (III), on 
trouvtd'âe suite 



-«o, T,=-o; 
puis 






U n*y aurait donc aucune force élastique sur tout élément 
plan perpendiculaire à Taxe des t^ et à Taxe des z, et quant à 
on élément perpendiculaire à Taxe desx^ les forces élastiques 
se réduiraleot à une seule parallèle à la ligne neutre et pro- 
portionnelle à la coordonnée parallèle au plan de floxlon, ainsi 

qu'à la quantité ^ — -. 

Sor toute la surface extérieure latérale du fil, les formules 
donnent, comme cela doit être, des forces nulles. ISn effet, cen 



I06 SPIRAL flftiL&HT 

faudrait donc qu'en transportant cette résultante ta point dp 
rencontre de la aection opposâe et de la ligne neutre son mo- 
ment fût égal à (XIU). Or le moment (XIII} est constant pour 
toutes les sectioas transversales, tandis qu'en transportant la 
résultante dont 11 s'agit à une section quelconque du iplral, 
son moment change nécessairement' 

Donc, enfin, avec la loi de déformation géométrique a^gn^ 
d'aTaace & la ligne neutre. Il ét&lt nécessaire de supposer 
celle-ci passant par le centre de gravité de toutes les sections 
transversiles. 

En résumé, la ligne neutre étant déformée de cette manière, 
les valeurs de v, ti et tu données par les fonnules (X] satisfont 
k toutes les coacUtions du problème de l'équilibre, pourvu que 
les bases extrêmes du spiral étant, en construction, normales 
ù la ligne neutre, on suppose appliquées sur leur surface des 
forces représentées par N,du, puisque le calcul Indique qu'a- 
lors toute portion du spiral comprise entre deux sections 
transversales quelconques, soit Infiniment rapprochées, aolt à 
une distance finie l'une de l'autre, est en équilibre. On volt en 
même temps : i" que tous les points primitivement situés sur 
une même section transversale se trouvent encore après la dé- 
formation sur un même plan normal é la nouvelle forme de la 
ligne neutre; t' que le lieu géométrique des eentrea de gra- 
vité de tontes les sections transversales reste, dans t 
nartlea. g'une IttMwieur tnvtriable. 




DES GlinON'OMÈTRES ET DES MONTRES. IO7 

extrêmes. Or il est visible qu*eb les déterminant d*après les 
conditions exposées tout au long dans ce qui précède, on aura 
one solution qui satisfera complètement à toutes les conditions 
d^équilibre, et comme il no peut y avoir qu*une seule solution 
pour ré'qullibre, ce sera celle-là qui aura lieu. 

Il est donc démontré par là que la théorie ordinaire de Taxe 
neutre, dont je me -suis servi dans ce problème et dont tous 
les résultats (Tailleurs ont été parfaitement dVcord avec Tex- 
périencê, est, dans cette circonstance, une conséquence rig;ou- 
reuse de la théo;*le mathématique de Télasticité. 

Je remarquerai à cette occasion que cette coilcordance s'ap- 
pliquerait, en dehors de ce problème, dans une multitude de 
cais analogues, où les flexions se feraient d'une manière sem- 
blable, c'està-idire avec un changement 'de courbure uni- 
forme. 



ADDITIOH. 



tf La formule (è) présente aussi une analogie très-remar- 
quable avec celle qui correspond au pendule, en ce sens que, 
tonteîi choses égales d'ailleurs, la durée des vibrations d'un 
spiral est proportionnelle à la racine quorrée de sa longueur, 
de mémo que la durée des oscillations du pendule est propor- 
tionnelle à la racine quarrée de sa longueur. Ce rapproche- 
ment est dautant plus Intéressant qu^il n'existe dans les deux 
cas rien de seml^lable, soit dans le corps en mouvement, soit 
dans la na,ture de la force motrice, et même , pour le pendule, 
cette loi n'existe qiio pour les oscillations d'une très-faible 
amplitude, tandis que, pour le spiral, elle a lieu quelle que 
soit l'étendue des vibrations du balancier. » 



ÉTAT PRÉSENT DE LÀ MÉTALLUnGilL DU FliR , ETC. IO9 



as: 



ÉTAT PRÉSENT 

DR hh MÉTALLUROIE DO FER EN AIVaLETKRRK. 

il GBUN6R, iDKénieur an chef dei minei, pcofefseur de ineUlliirgie 

i rÉcoio impériale des mines , 

M. LAN, tofénieur deg mines, profesieur de méullurgie 
4 l'6fole dtf nineari 4« Saiot-^Éiianne. 



m^mmf 



DEUXIÈME PARTIE (i). 

FADHIGATION DE LAeTOirTE. 



GORSIDÊRATIOHS GÉNÉRALES. 

D'après H. S. H. Backwell (a) , les premiers essais Transfo^rmaiion 
de fusion du ininerd de fer au combustible minéral re- baurs fourneaux 
monteraient à l'aunée 162O9 mais ils ne furent réelle- hauts rourn^ax 
ment couronnés de succès qu'en 1 740 ; c'est à partir ■" ^^^^' 
de cette époque que le coke remplaça graduellement 
le charbon de bois ; et dès la fin du siècle dernier la 
tranformation fut à peu près complète. Ce changement 
s'est opéré chez nos voisins d'une façon plus rapide 
et surtout plus radicale qu'en France. 

La rareté relative du bois en Angleterre et l'abon- 
dance de la houille sont évidemment les deux causes 
essentielles de la différence si marquée du développe- 
ment de l'industrie des fers dans les deux pays. 

Mais il est une autre cause encore, dont on ne tient 

(1) Voir la première partie, tome XIX, page i3i. 

(0) Lecture on the ironmaking resources of the United hiiig- 
dom. Ces essais sont principalement dus à Dud-Dudl^ qui pu- 
blia même sur ce sijjet un traité intitulé ; Metallum mar-» 
tu, i663. 



110 ËTIT PRÉSENT DE LA HÉTALLUBGH DO KS 

pas en général suffisamment compte lorsqu'on com- 
pare les forges des deux contrées ; c'est la nature à 
difTérente des miaerais. Si les minerais anglais étaient 
aussi purs que les nôtres, on pourrai encore aujour- 
d'hui, dans certains districts, les fondre avec avantage 
au charbon de bois. Ce combustible n'est, dans le 
Royaume -Uni, ni aussi rare ni aussi cher qn'oD le 
suppose généralement Ainsi à Pontypool, âàos le 
pays de Galles, où l'on affine pour fers-bïancs i«r le 
procédé comtois de bonnes fontes au coke, la tonne de 
charbon de bois, rendu en forge, ne coilte pas au delà 
de 60 francs (1}. Hais les meilleurs minerais aaglûs, 
sauf les fers spatbîquea et certaines hématites brunes, ne 
donneraient pas au combustible végétal, des produits 
analogues à nos fontes de Comté, du Périgord et du 
Berri. On n'aurait en particulier aucun intérêt à trâter 
ainsi les minerùs houîllers et ceux du Cleveland, Outre 
les fers spathiques et les mines douces dont nous ve- 
nons de parler, les hématites rouges du Lancasbire et 
du Cumberlasd sont les seuls minerai^ anglus qui 
méritent la fusion au charbon végétal ; encore faut-il 




EN ANGLETERRE. 111 

extinction prochaine en France; îl est plutôt à présu- 
mer que les fontes au bois pourront y lutter longtemps 
encore avec les fontes au coke, du moins si Ton se 
borne à traiter au combustible végétal les minerais de 
qualité supérieure. 

Les maîtres de forges anglais, aussi bien que les 
nôtres, préfèrent, pour le travail des fersfins, les bonnes 
fontes en bois aux meilleurs fontes au coke. Pour les 
numéros supérieurs de la tréfilerie, les fers aciéreux 
et les aciers puddlés, ils recherchent spécialement les 
fontes au bois de Suède, des Indes, du Canada, etc. , 
et le jour viendra sans doute où ils apprécieront éga- 
lement, pour ces usages spéciaux, certaines fontes de 
France. Il est dans tous les casa remarquer que, jus- 
que dans ces derniers temps, et malgré la concurrence 
des fontes au coke, la production des fontes au bois n'a 
pas diminué en France. 

La statistique officielle donne en effet : 

tonnef. 

Poar 1860 980.000 

18&7 339.^33 

i85o 339. 

i85s 363. 

i858 536.000 

i859t .•... 336.000 

(«) Années d« crU et politiques. 

Ces chiffres ne comprennent pas d'ailleurs les fontes 
obtenues par un mélange de coke et de charbon de 
bois. 

Le but constant de tout industriel est l'abaissement Leprixdemieni 
incessant du prix de revient de ses produits. En dehors **• '■ '•"*• 
de la valeur des matières premières , le fabricant de luuonntire 
fonte peut spécialement réaliser des économies par ^°î^iS«° 
quatre moyens principaux : réduire la consommation ^enïngieîîm?* 
du combustible ; accroître la production des fourneaux ; 



;.34o) ^ ' 



I 1 3 ÉTAT PRÉSENT T>Ë LA MLTALLURGJE DU FEIt 

développer et perfectionner les appareils mécaniques-, 
subsUtuer des scories de forge aux mioeraja propre- 
ment dits. 

Tels sont en effet les divers moyens que les fondeurs 
anglais ont tour à tour mis en œuvre dans leurs forges. 
Sous ces divers rapports les progrès ont été grands, et 
pourtant le prix de revient de la fonte est encore ce 
qu'il ét^til y a trente ans, si même il n'est plus élevé, 
à cause de l'accroissement graduel du prix des ma- 
tiôres premières et de celle de la main-d'œuvre. Lea 
pn^rës de l'art du fondeur ont amplement compensé 
la hausse en question. 

Ainsi, en i8s5, d'après les Voj/ages miiaïlurgtqua 
(t. 1, p. i/,h et 354] , le prix de revient de ta fonte de 
forge était, au pays de Galles, de a liv. 8 1/3 ah., tan- 
dis qu'il est aujourd'hui, pour les qualitfs analogueê, 
de 9 liv. i5 sh. à 5 liv. 5 sh. , et pour les fontes infé- 
rieures à rails de s liv. & sb. au liv. 1 o sb. En Ecosse, 
en i833, la fonte de moulage revenait à s liv. 7sh. 4d., 
et en 1860, & a liv. 7 sb. 9 d. Enfin, daua le Stalford- 
shire, le prix de revient des fontes grises est mainte- 




EN ANGLETERRE. Il3 

de l'air chaud et la substitution, dans certains districts, 
de la houille crue au coke. 

Souvent aussi, comme nous le montrerons, un simple . 
élargissement du gueulard, en prolongeant le séjour 
des miserais dans le fourneau, a amené une certaine 
écoDomie sur le combustible brûlé (i). 

La plupart de ces modifications remontent à la pé- 
riode de i83o à i855, et ont été déjà signalées dans 
la deuxième édition des Voyages métallurgiques. £n 
outre, dans certaines usines, on a aussi réduit la 
consommation en lAodifiant l'allure des fourneaux. 
Au lieu de fonte de forge grise^ on cherche à pro- 
duire habituellement des fontes blanches grenues fai- 
blement carburées. C*est spécialement le cas dans le 
pays de Galles, surtout là où Ton fait usage d'une forte 
addition de scories de forge ou d'hématites rouges 
irès-siliceuses. Maison peut se demander si pareille éco- 
nomie n'est pas payée trop chèrement par la déprécia- 
tion que subissent les produits, car ces fontes ne peu- 
vent donner que des fers et des rails fort médiocres, 
et cela avec un déchet plus grand que les fontes grises 
ordinaires. La réduction des minerais est d'ailleurs, 
dans ce cas, toujours incomplète, et par suite le ren- 
dement moins élevé. 

EnGu un autre moyen, employé depuis longtemps en 
France et en Allemagne pour abaisser la proportion de 
combustible consonîmé, c'est l'utilisation des gaz des 
hauts fourneaux. Sous ce rapport les maîtres de forges 
anglais ont été fort longtemps et sont encore en retard sur 
les foires du continent, ainsi que le constate l'ingénieur 
anglais S. H. Black well, dans sa notice déjà citée sur 

(i) M. Truran attribue (p. 79) réconomie réalisée en Angle- 
terre depuis trente ans, presque exclusivement & Télargisse- 
nient des gueulards l — il y a là erreur et exagération évi- 
deutes. 

Tome XX, 1S61 . 8 



1 l4 £taT PUËSËNT de la UÉTALLUKGIE OU FER 

)g9 ressources de l'Angleterre au point de vue du fer, 
notice publiée ù la suite de l'exposition universelle de 
Londres en l^Si. Les premiers essais pour l'emploi 
des gaz ne furent tentés en Angleterre qu'en 1845. Se- 
lon M. Blacknell, ils auraient été entrepris dans l'usine 
d'Ystalifera, tandis qiie selon M. Truran, l'initiative 
de U CoVnbustion des gaz appartiendrait & l'Usine 
d'ËbbwvEde. A Ystaliféra, 00 n'aui-ait d'abord chercbél 
Utiliser qtie la chaleur pnpre des gaz, sans admission 
ft'air. Quoi qu'il en soit à cet égard, on peut admettre 
qu'en ce moment tous les fourneaux du Cleveland et 
la moitié de ceux du pays de Galles utilisent les gaz 
pour le cfa&ufi^ de l'idr et des cbaudières, tandis que 
t'est encore l'elceptlon dans le StaSbrdsbire et en 
Ecosse. Plusieilrs maîtres de foi-ges anglais, et H. Tru- 
r&a à leur t&te, prétendent d'ailleurs qu'on ne sau- 
rait uUliser les gaz d'un baut fourneau sans en dé- 
r&nger la marche. Cela est vrai, en effet, dans le cas 
èb guëtilards larges et lorsque les gaz sont aspirés par 
liii clrtonfïrence ; mais tout inconvénient disparaît lora- 




EN ANGLETERRE. Il5 

En i83o on consommait, dans le pays de Galles, poUr coDsommation 
fonte de forge, en moyenne 4 tonnes de houille; au- defooie. 
jourd'bui, dans les usines où l'on utilise les gaz, 2 ton- 
nes à sS5o. 

Dans le Staffordshire, pour fonte grise de forge, vers 
i83o, 6 tonnes à 6',6o; aujourd'hui, avec des mine- 
nÛ8 grillés de 4o p. 1 00 environ , 4 tonnes en moyenne. 
En Ecosse, pour fonte noire de moulage avant rem- 
ploi de la houille crue et de l'air chaud (1898) , 7S5o à 
8 tonnes de houille, grillage et machine compris ; au* 
joard'bui, avec des minerais grillés de 55 à 60 p. 100, 
Beolement t%4o à 3*,6o ; enfin dans le Cleveland, od 
les gaz sont bien employés, on brûle, en traitant des 
minerais grillés de 4o p* 100, 3%8o à 5 tonnes. En 
France, par contre, dans bon nombre d'usines, la con- 
sommation ne dépasse pas 2 tonnes à 2S2o, lorsque 
les houilles sont fortement carburées et les minerais de 
la teneur moyenne de ceux du pays de Galles, du Cle- 
veland et du Staffordshire (4o p. 100) (Loire et Creu- 
sot). Hius aussi lorsque les minerais sont pauvres, 
comme à Anbin et Decazeville, et la houille faiblement 
carburée , la consommation s'élève également à 4 ou 
S tonnes. 

t* Accroissement de la production. — La production 
moyenne des hauts fourneaux a été plus que doublée 
depuis trente ans, ce qui a dû réduire notablement les 
frds généraux. 

n y a vingt-cinq à trente ans, les hauts fourneaux 
da pays de Galles produisaient, en moyenne par 
vingt-quatre heures, 8 à 9 tonnes de fonte de forge, 
et ceux du Staffordshire 7 tonnes. Aujourd'hui, en 
preâaat avec H. R. Hunt la moyenne de toutes les 
wttes, on trouve 20 tonnes dans le premier district 
et t« à t S dam te second. Mais nombre de hauts four- 



Il6 ÉTAT PBÉSEin DE LA yËTALLDlGIE DU FIS 

Qcaux TQnt k i5 ou lo tonnes dans le Staflbrdsbire et 
à 3o ou 4o dans le pays de Galles. 

Od trouve de même 19 tonnes, comme moyenne, 
dans le Gleveland, et ao tonnes en Ecosse, au Ueo de 
7 tonnes il y a trente ans. 

Cet accroissement provient uniquement, comme noua 
le verrons, de l'agrandissement de la cuve des haats 
fourneaux., car, par mètre cube du vide intérieur, la 
production n'est pas plus élevée aujourd'hui que ja- 
dis. (Voir le tableau, page lij.) 

La vitesse de descente des charges et le temps con- 
sacré à la réduction et fusion des minerais sont restés 
sensiblement les mêmes. L' augmentation de volume a 
été d'ailleurs réalisée en largeur plutdt qu'en hauteor; 
on a surtout modifié les diamètres du ventre et du gueu- 
lard , rarement la hauteur de la cuve. 

Néanmoins, pour forcer la production des hauts 
fourneaux, il ne suCBt fias d'en accroître le volume, il 
faut aussi augmenter proportionnellement le volume 
du vent. On a donc doublé à peu près le volume 




EN ANGLETERRE. 1 1 7 

fois on ne se servait» comme moteur des souffleries, que 
de la machine type bien connue de Watt, à basse pres- 
sion et à condensation , machine dont le diamètre était 
exactement moitié de celui du cylindre soufflant. 
Maintenant on a recours plus souvent aux machines à 
haute pression et assez souvent aux machines à deux 
cylindres de Woolf. Truran attribue nâême à ce seul 
changement l'énorme réduction de moitié ou même 
de (teux tiers dans le poids de la houille consommée 
par mètre cube de vent ; mus d'autres modificatipns 
simultanées ont, comme nous le verrons, également 
contribué aux réductions annoncées. 

Les machines à haute pression ont surtout l'avan- 
tage de pouvoir plus facilement, à un moment donné, 
accroître rapidement la puissance motrice et par suite 
la pression ou le volume du vent. 

Les machines soufflantes horizontales sont peu usi- 
tées en Angletierre. On leur a reconnu les mêmes in- 
convénients que sur le continent, maison rencontre çà 
et là quelques machines verticales à traction directe ^ 

Les monte-charges ont été généralement simplifiés. Mome charge 
Lorsque les hauts fourneaux ne sont pas adossés contre 
un coteau, on se sei*t aujourd'hui, au lieu des anciens 
plans inclinés ou monte-charges verticaux à chaînettes, 
de balances hydrauliques, et surtout, dans les usines 
les plus modernes, comme celles du Cleveland, de 
elocAes pneumatiques^ sortes de gazomètres à faible 
diamètre, mais d'une hauteur un peu supérieure à 
celle du haut fourneau lui-même. C'est évidemment, 
de tous les appareils, le plus simple et le moins sujet 
aux dérangements. 

Nous mentionnons encore, comme appareils propres à 
réduire les fAis accessoires de la fusion des minerais, 
les wagons en tOle dans lesquels coulent directement les 



Il8 ÉTAT PRÉSENT DE ti HËTALLUHGIE DU FBB 

laiUers, et que l'on transporte ensuite p&r cbemins de 
fer, et souvent à l'aide de la vapenr, jusqu'au sommet de 
crassiers fort élevas. 

Les appareils à lûr cbaud ont été peu modifiés de- 
puis vingt-cinq ans en Angleterre. A cet égard, comme 
sous le rapport des appareils de combustion des gai, 
les usines du continent n'ont rien k apprendre dea 
maîtres de forges anglais. 

4* Réduction dsi $cories. — Une dernière modifica- 
tion, propre à réduire les frais de fabrication de la 
fonte . est l'emploi des scories de forge en guise de 
minerai. Les scories sont un minerai riche, d'une va- 
leur faible, mais leur réduction est difficile et tou- 
joars incomplète; puis' ces scories, non-seulement 
blancliissent les fontes, comme on l'a déjà dît, mus les 
rendent en outre fortement siliceuses et phosphoreuses. 
On ne peut donc avoir recours à ce moyen que dans le 
cas de la fabrication de fontes de forge de qualité tout 
à fait inférieure. C'est le cas des usines du pays de 
Galles, où en général on refond partout, presque sans 
exception, la totalité des scories provenant de l'affinage, 




£N ANGLETEBRE. UQ 

Nous venons d'esquisser rapidement la situation des Division 
hauts fourneaux anglais, au point de vue de la produc- * \JSl 
tion et de la consommation moyennes par district; re« 
venons maintenant sur nos pas, et cherchons à appré- 
cier plus en détail tout ce qui constitue le travail pro- 
prement dit des hauts fourneaux. 

Nous avons à examiner successivement : 

La préparation des combustibles et des minerais ; 

Le profil et les dimensions des hauts fourneaux ; 

Les installations accessoires , telles que souffleries , 
monte -charges, appareils à air chaud, prises de 
gaz , etc. ; 

Puis la marche pu le roulement proprement dit d^t ' 
hauts fourneaux, avec le tableau résumé de leur pro-* 
duction dans les divers districts. 

Après cela nous passerons en revue les divers dis-* 
tricts de forges du Royaume-Uni. 

• 

CHAPITRE PREMIER. 

OPiniTIOllS DIVERSES 1UXQUELLB8 OV SOUMET Ll GOKBUSTIBLB, 

IiE MISERAI ET LA CASTIHB. 



S I. Combusiiàlei et carbonisation. 

Les )iouilles grasses proprement dites sont relative- 
ment r^res dans les districts de forges du Royaume- 
Uni. On a vu que le bassin anglais Central et TÉcosse 
renferinent surtout des charbons secs à longue ilan)me» 
et le pays de Galles des houilles maigres à courte 
flamme. Celui de Newcastle seul abonde en charbons 
collants. Ainsi , dans la plupart des districts , le menu 
ne peut servir à la fabrication du coke : il faut car- 
boniser le gros ou le charger cru dans les hauts 
fourneaux. 



190 ËTIT PIII>SP.NT DE U lIÈTitLLCIGIE DO m 

■»w L'emploi de la houille eruf est par suite ce qui ca- 

ciMw roctérise tout d'abord les hauts fourneaux angliis, et 
cette particularité, que l'on a souvent présentée comme 
un avantage, est plutAt une fàcbeose nécessité. En 
France, nous pouvons presque partout utiliser le 
menu; en Angleterre, on se voit contraint delelûsser 
dans les remblais, ou de le réduire en cendresàUsur- 
face du sol. U faut l'extrême richesse des boaîllëres 
anglûses pour supporter de pareilles pertes. 

Ce double fait de la fusion à la houille crue et du 
bas prix du combustible a réagi sur tes méthodes de 
carbonisation. En Angleterre, on a moins senti qu'en 
France et en Belgique le besoin de les perfectionner. 
Sous ce rapport, nos voisins n'ont fait réellement ancun 
progrès depuis vingt-cinq ans. Les procédés décrits 
dans les voyages métallurgiques sont encore, pour la 
plupart, usités en Angleterre presque sans la moindre 
modification. 

Dans le pays de Galles, le gros est carbonisé eo 
meules longues rectangulaires ; dans le Staiïordsbire, 
en meules coniques avec tourelle centrale en briques. 




f-N ANTJ.ErLRRi:. l*il 

général peu la marche des hauts fourneaux , que l'éli- 
roination du soufre des pyrites. C'est une désulfuration 
bien plutôt qu'une carbonisation proprement dite , et 
c'est bien ainsi que se nommait originairement la fa- 
brication du coke en Angleterre. La fusion exclusive 
à la bouille crue n'est, au reste, généralement adop- 
tée qu'en Ecosse, où les fontes sont au moins en 
partie, par ce motif, peu tenaces et les fers de qualité 
médiocre. 

La carbonisation en meules est également appliquée 
au menu demi-gros ou à un mélange de menu et de 
houille en morceaux. On se sert alors de meules prépa- 
rées entre deux murs parallèles percés d'ouvreaux, 
dans le genre de&méthodes jadis employées au Creuset 
et à la Grand'-Combe. Nous avons vu appliquer ce 
mode de carbonisation à Pontypool et à Abersychan 
dans le pays de Galles, et à Shelton dans le Stafford- 
shire. Les murs ont s^'yso à 2"*,5o de hauteur, et sont 
à 3 mètres de distance l'un de l'autre. Le sol de la 
meule est dallé, et dans l'épaisseur des murs se trou- 
vent, outre les ouvreaux, pour l'admission de l'air, des 
cheminées de tirage verticales. Le gros charbon est 
placé au fond, voûté en galeries en face des ouvreaux, 
le menu tassé par-dessus. 

A Newcastle, où le charbon est généralement collant, 
on a longtemps carbonisé le gros dans des fours voûtés 
de diverses sortes {Voyages métallurgiques , U I, p. 254). 
Cette méthode tend à disparaître depuis que M. Bérard 
a fait connaître en Angleterre sa machine à laver. Dni.s 
les districts dont les charbons sont collants, la carbo- 
nisation du menu se substitue peu à peu à celle du gros. 
Les fours employés sont semblables à ceux de la Loire, 
c'est-à-dire, les uns ronds ou rectangulaires à une seule 
porte, les autres rectangulaires ou ovoïdes à deux portes. 



199 ËTAT PBËSENT DE U MÉTAILOIICIE DO TUl 

DaDs les fours & sole rectangulûre, le dédiargeioeot 
est généralement mécanique £omme en France. Les 
fours & parois cbaulTëea parussent pen employés jus- 
qu'à présent, et tes produits de la distillation ne goni 
pas recueillis. Bref, la fabrication du coke n'offre rien 
de spécial en Angleterre, et se trouve en retard sur la 
uiétbode perfectionnée, s^ns admission d'air, telle 
qu'elle est pratiquée en France dans les fours Appob 
et A'ntifr, et en Belgique dans les fours rectanguUim 
étroil». 

Qu'il nous Boit pemnis d'observer eo passant, qu« lei 
trois formes dont nous venons de parler comprenneql 
BU réalité tous les types sans admission d'ûr. Toute 
masse de bouille menue à carboniser affecte bq géoérsl 
la forme d'un prisme droit rectangulaire, prisme doDl 
la distance entre les deux grandes bases ne saunûi 6tre 
supérieure à o",5o, si l'on veut que la cbaleur déve- 
loppée dans les caroeaux pénètre facilement jusqu'au 
centre de la masse. Or ce prisme droit peut ae placer 
sur l'une quelconque de ces trois bases. Si on lecoucbe 
à plat, onalefour£na6;sioQ le place sur la trancbe, 




EN AMGLETBRRE. I*i0 

sorte que la carbonisatioD a lieu sous le maximum de 
pression. A ce double point de vue» le four Appolt mé- 
rite évidemment la préférence sur les deux autres 
types. C'est lui aussi qui occupe le moins d'espace et 
qui se décharge le plus rapidement. 

Au lieu d'un prisme on pourrait adopter un massif 
cylindrique, et ce dernier pourrait également se pla- 
cer suivant ses trois axes si on le suppose à base ellip- 
tique. Mais il est évident que de pareils fours seraient 
plus coûteux à construire et auraient Tinconvénient de 
ne pas utiliser aussi bien la place. M. Talabot a cepen- 
dant adopté ce mode de construction dans ses usines 
de Denain et d'Anzin. Ce sont des cylindres couchés 
à section circulaire ; malgré cela, d'après ce que nous 
venons de dire, nous pensons que les appareils cylin- 
driques sont moins pratiques que les fours belges et 
les fours Appolt. 

Dans les usines anglaises, oii une partie de la houille prix de revient 
est transformée en coke, on n'établit jamais son prix *^° ^^^' 
de revient. Les fms de carbonisation sont confondus 
avec ceux du travail proprement dit des hauts four- 
neaux, et le combustible consommé figure toujours, 
sous forme de houille crue, dans le prix de revient des 
fontes anglaises. 

On admet cependant, en général, que les frais de 
carbonisation varient de i',5o à l^8o par tonne. 

Quant à la proportion de houille, elle dépend évi- 
demment de celle de matières volatiles. 

Elle est d'ailleurs rarement connue avec précision, 
à cause des tonnes plus ou moins fortes dont on fait 
usage lors de la livraison du charbon brut. On peut 
admettre cependant que, dans le pays de Galles, il faut 
i\5o à iS6o de houille par tonne de coke, tandis qu'à 
Newcaatle et surtout dans le Staiïordsbire, où Ton car- 



m/, ÉTAT PRÉSENT DE LA UÉT&LLUBGIE DU FER 

booiae à l'air libre des houilles sèches & longue flamme, 
OD en consomme bien souvent au delà de a tonnes. 

L'aspect et la consistance du coke varient, comme 
ou sait, avec la nature de la houille. 

Le coke du Stallbrdsbire est friable, fendillé, mal 
ngglutiné, conservant plus ou moins la forme schis- 
teuse des fragments de houille. Il est gris sombre, 
presque noir. 

Dans le pays de Galles, où l'on carbonise des houilles 
à courte flamme, demi-grasses, l'agglatioation est plus 
avancée et certaines variétés sont même bien fondues 
et compactes. Mais, en général, le coke est aussi plus 
ou moins schisteux et d'une nuance assez foncée. 

Dans le nord de l'ADgleterre on produit, par contre, 
un beau coke blanc argentin, bien fondu, divisé en tù- 
guilles d'autant plus effilées que ta proportion dt$ mo' 
Hères volatiles est plus forte. 

Citons, pour clore ce qui concerne la carbonisation, 
deui essais tentés par U. S. H. Blackwell de Dudley, 
l'un des plus habiles ingénieurs du StafTordsbire. 




EN ANGLETERRE. IsS 

de petits soupiraux percés au travers de la couverte ; 
et la fumée, au lieu de se répandre au dehors, se reud, 
au travers du condenseur dans la cheminée d* appel. 
L'appareil fonctionnait depuis peu lors de notre pas- 
sage à Dudiey, et nous ne pouvons dire la proportion 
de goudron que les houilles à longue flamme du Staf- 
fordsbire sont capables de fournir par ce procédé. La 
carbonisation se faisait d'ailleurs comme à Tordinaire. 

Le second essai avait en vue la fabrication du coke cirboniiaUon 

da mena sae. 

avec le menu sec des bouilles du StafTordsbire. Ne 
pouvant se procurer du menu gras qui aurait pu servir 
de ciment au menu sec, il a eu recours au brai de Tusine 
à gaz de Birmingham. En mêlant au menu ordinaire le 
quart de son poids de brai sec pulvérisé, on obtient, 
dans les fours voûtés çrdinaires, un coke argentin assez 
semblable à celui du bassin dé Newcastle. 

Ce mode de fabrication ne pourra jamais prendre 
une bien grande extension, mais on comprend que là 
où le brai est à très-bas prix, comme dans le StafTord- 
sbire, surtout si le goudron, provenant de la carboni- 
sation du groS, était partout recueilli par le procédé 
simple ci-dessus décrit, on comprend, disons-nous, que 
ce nouveau mode de carbonisation pourrait néanmoins 
être appliqué avec avantage siir certains points, 

Au lieu de carboniser le menu, on peut T agglomérer. Agglomération 

du mono. 

En France ce mode de préparation a pris une très- 
grande extension et tend à se développer de plus en 
plus. La nature généralement collante de nos menus, 
la faible proportion de gros fournie par nos mines, et 
la valeur si différente du gros et du menu, expliquent 
suffisamment la faveur dont jouissent en France les 
procédés d'agglomération. En Angleterre les conditions 
sont bien différentes. Le menu y est moins abondant 
et surtout plus sec, et le prix du gros sur les mines 



E7AT PUËSEKT de Lk HËTAUUnGIE JJU !ï.R 

1 guère aupérieirr auï frais réu dis de l'aggloméra- 

[et du lavage du menu. Ces deux, opûralions coû- 

a France 8 à lo francs par tonne d'agglomérés, 

iggloméralion seule au moins 7 francs, Malgré 

l quelques fabriques d'agglomérés se sont établies 

(dernières années à Swansea, où les menus sont 

Idants et spécialement propres, i cause de leur ca- 

fre antbraciteux. à donner de bons produits. On 

Bésigne 30U3 le nom de paieitt fnel (combustible 

Tnté). Comnaeen France, les procédés sont variés, 

reposent presque tous aussi sur l'emploi du 

. Cependant M. Bessemer en Angleterre, comme 

ftarroulier en France, a recours au simple mélange 

iieuu gras au menu maigre. On peut consulter sur 

liiverses méthodes usitées (ou proposées) en An- 

erre, un mémoire de M.- l'ingénieur Jordan dans 

ImeV, 4* livraison, du Bullttin de la SodHf de V in- 



£M ANGLETERRE. \^^ 

S 9. Grillage des minerais. 

Le grillage des minerais a subi depuis trente ans 
encore moins de modifications que la carbonisation. 
On opère suivant deux méthodes : 

1* Grillage en plein air et en tas {burning in clamps); 
s* Grillage en fours (buming in kilns). 

Le premier système ne convient que pour des mi- 
Derais carbonates mêlés de houille (les blackband)'r\e 
second opère la calcination d'une façon plus uniforme 
et plus économique ; on n*est pas autant exposé à ob- 
tenir des masses à demi fondues, de véritables scories 
itafficilts à réduire. 

On grille en Angleterre la plupart des minerais , les 
carbonates bouillers, les minerais du Cleveland, les 
ffers apathiques et même très-souvent les minerais 
bydratés. On ne charge, en générai, à Tétat cru que 
les hématites rouges du nord de l'Angleterre. 

Le grillage en tas se fait en meules entièrement Gniiage en las. 
Ubtttslirttii lit de houille ; c'est l'enfance de l'art. Les 
tas ont la forme de pyramides rectangulaires tronquées 
de 1 à S mètres' de hauteur. La limite supérieure ne se 
rencontre qu'en Ecosse et là où l'on grille, comme 
dans ce district, des minerais renfermant eux-mêmes 
Télément combustible (les blackband). 

Le grillage en tss est surtout usité en Ecosse et dans 
le SlaJDTordshire. On l'applique rarement dans les usi- 
nes du pays de Galles. Nous l'avons cependant ren- 
contré à YnistedtDyHy près de Sv^ansea. 

Les frais de grillage, comme ceux de la carbonisa- 
tion, sont presque toujours joints à ceux du haut four- 
neaax. Oh peut cependant les évaluer en moyenne, 
d'après Truran, à 85 centimes par tonne, savoir : 



llS ftTAT PHâSENT DE LA HËTALIDMIB DO FEB 

IViur drosnffe et dérourDcment du tas /jo cent. 

(Icuille, loo & 160 kIL, dont 80 p. 100 de mena . A5 
Total 85 

.\ Yniscedwyn, la consommation s'él^rflraît même, 
d'Klii'ès les communications verbales du dii'ecteur, 
Jti»i]u'& 900 OQ s5o kîl. d'antbracite par toDoe de 
niîiiorai. 
•• 1.0 grillage en foura est beaucoup plus répandu que 
lt> gi'illage en tas. On eu fût usage dans la plupart des 
usines du pays de Galles et dans toutes celles du Cle- 
Vttload. 

Le fours (kilns) sont disposés comme les fours à 
cliBux k feu continu, mais la plupart, au lieu d'âtre à 
base circulûre comme eii France, se composent de 
cuves dont la section horizontale est celle d'uu rec- 
tangle à angles arrondis. Cette forme rectangulaire 
est évidemment plus favorable pour les grands foun 
que la section circulûre. La température est plus uni- 
forme dans les diverses parties, et la descente des 
charges se fait partout dans des conditions identiques. 

Le vide a tantôt ta forme d'un tronc de pyramide 




EN ANGLETERRE. 129 

Truran indique, d'autre part, qu'un fourneau dont 
le volume intérieur correspond à 70 tonnes, peut griller 
so tonnes par vingt*quatre heures. Enfin disons encore 
que les fours de Dowlais ont 6 mètres de longueur sur 
3 mètres de largeur, et 4 ^ 5 mètres de hauteur. 

Tous ces fours n'ont des embrasures de tirage que 
sur l'une des longues faces. Les ouvertures elles-mêmes 
ont o'^tSo à o'^tGo de hauteur, et occupent, sauf les 
piliers destinés au soutien de la maçonnerie, toute la 
longueur du four. Au-dessus de ces ouvertures il y a, 
dans le fond des embrasures, une série de carneaux 
pour l'entrée de l'air. 

On charge le minerai sans le concasser et paifois en 
fragments très-gros. C'est un défaut de soin que Tru- 
ran lui-même blâme. La perte en poids des minerais 
lithoîdes est, en moyenne, de 28 à 5o p. loo. Celle des 
blackband va jusqu'à So p. 100, tandis que le minerai 
du Cleveland ne perd que t5 p. 100. 

D'après Truran , on ne consomme , pour le grillage 
des minerais houillers, que 5 p. 100 de son poids en 
houille menue, le tiers de ce que Ton brûle en plein 
air. La dépense totale est de 3o centimes, savoir : 

centimes. 

Main-d^œuvre. 10 

Hoaile menue 5o kil i5 (a) 

Intérêt du capital; entretien des fours, etc. 5 

Total 3o 

(«) Dans Itt Qtinet do Yorkshire, on se sert de coke mena. 

Ajoutons qu'un four, pouvant griller 20 tonnes par 
vingt quatre heures, ou 7.000 tonnes par an, coûte 
160 liv. L'intérêt, calculé à 5 p. 100 par an, est de 

8 liY. ou 201 ',60, soit par tonne = o\oo. 

^ 7.000 

TOME XX, 1861. 9 



130 ËTAT PRlliiËM DE LA UbXAtLtiRGlE DU FEIl 

S 5. Préparatian i» ta Ca$H%». 

l'jii général la castine est tout au plus grossièrement 
concassée. A ce point de vue, comme sous beaucoup 
d'autres, on rencontre moins de soins dans les usines 
anglaises que dans celles du continent. 

Dans quelques établissements on transforme ce- 
pendant lacastiue en chaux vive. De grands fours à 
cbaux sont établis à cOLé des hauts fourneaux. On 
constate dans ce cas, comme nous le verrons, une cer- 
taine économie, bien faible pourtant, sur le poids du 
combustible consommé. 

Nous avons rencontré l'usage de la chaux vive, em- 
ployée comme fondant en place du calcaire, dans les 
forges de Sir-Howy et de ("yfarthfa (pays de Galles), et 
h, Rossel-Works, près de Dudiey (StafTorâshlre). 

CHAPITRE M. 

s DES BADTS POUIIMUIIX. 




« M nécesntent pas autant de changements qu'on 
< pourrait le supposer d'après la variation des com- 
• bustibles et des minerais (i)* » 

Mais les maîtres de forges anglais sont peut-»6tre 
tombéSt à cet égard, dans un ejtcës opposé. 

Us traitent, on général, leurs hauts fourneaux, qu'on 
nous passe ce terme, par trop cayauèbimbnt. Souvent 
on charge pèle-môle minerais, castine et combustible, 
•t dans une même usine, on voit essayer les formes 
lis plus variées, presque au hasard et sans motifs 
plausibles. 

Si l'on peut, en effet, modifier sans inconvénients 
certaines dimensions, il eu est d'autres qu'on ne aau- 
rsit changer impunément. Ainsi, dans la région des 
tuyères, il faut nécessairement une température ca- 
pable de fondre le minerai, et, par suite, un ouvrage 
dont les dimensions soient comprises entre certaines 
limites. Il faut aussi que les matières minérales des- 
cendent avec une certaine lenteur, et n'atteignent pas 
dans un temps trop court une température élevée, 
sinon la fusion pourrait précéder la réduction, ou du 
moins celle-ci ne se faire qu'avec consommation de 
charbon solide. 

Il y a par suite un certain rapport entre le volume ^ .^J'iJ^^^u 
de la cuve et la masse de vent, ou entre le volume et de u eufi 

1 I ^. -, « et la produel 

la production du fourneau. 

La marche du fourneau n'est plus économique lors- 
que, par tonne de fonte , le volume de la cuve descend 
au-dessous d'un certain minimum. Nous verrons quel 
est ce minimum dans les usines anglaises. 

Un autre élément important des hauts foumaux est , niiméire 

du gueuler 

le diamètre du gueulard. On sait que les produits ga- 

■ — - — - - -■ - ^. . ■■ - ■ , ■ 

(0 Tome !•', p. 579. 





ÉTAT PBËSBHT DB LA MËTàLLURGIt DU FEK 

des hauts fourneaux ont une tendance naiurelli: à 
re les parois de la cuve. D'autre part, on a récem- 
t constaté que la colonne centrale descend pins 
Jement que l'anneau extérieur, et que Ip minerai 
)ut marcbe plus vite que le combustible (i). 
mai, précisément, la partie de la charge qui est le 
13 exposée aux agents réducteurs est celle qui sé- 
né le moins longtemps dans la zone de réduction. Ce 
ut s'aggrave naturellement à mesure que l'on agran- 
e diamètre du gueulard, surtout lorsqu'eii même 
)s on soutire le gaz par des ouvertures faites dans 
)arois du fourneau, et que le chargement a lieu 
,ide de wagons à trappes, qui favorisent le tasse- 
t des matières au centre et l'accumulation des gros 
Tieuts vers la circonférence. Cet inconvénient a été 
i dans plusieurs usines où l'on traiie des minerais 
réductibles, eu égard à leur fusibilité. Ainsi, au 
:in, on n'a pu porter le diamètre du gueulard de 



EN AM6LETEBRE. l35 

Malgré cela, même M. Truran, le promoteur des 
gueulards larges, reconuaît que les fourneaux aiusi 
disposés SQ dérangent aisément lorsqu'on soutire le 
gaz par la circonférence. On y remédie jusqu'à un cer- 
tain point par un mode de chargement spécial dont 
nous parlerons dans le chapitre suivant, mais on ne 
peut entièrement prévenir ces dérangements qu'en 
ayant recours à un appareil de prise centrale, plus ou 
moins analogue à celui que l'on doit à M. Goingt de 
Montluçon. 

$ 3. Divers types de hauts fourneaux. 

n y a trente ans, lorsque les auteurs des Voyages 
métallurgiques visitèrent l'Angleterre, la plupart des 
hauts fourneaux étaient établis suivant un type unique. 
C'étaient des Toumeaux à étalages et à gueulards géné- 
ralement rétrécis. Cependant on commençait déjà, soit 
dans le pays de Galles, soit en Ecosse, à supprimer, 
dans plusieurs usines, l'ouvrage proprement dit, et à 
rapprocher le profil intérieur de celui de deux troncs 
de cAne accolés base à base. Quelques hauts fouineaux 
gaUois furent aussi pourvus dès cette époque de gueu- 
lards larges, ayant jusqu'à 8« lo et 12 pieds de dia- 
mètre (1). 

Aujourd'hui on peut distinguer en Angleterre deux us 
types principaux : les hauts fourneaux à ouvrage ""îênrermenî"* 
(PL VI, fia, 4 à 0) et les hauts fourneaux sans étalages <>«"« 'yp«» 

\ ^ I j -r j/ ;f principaux 

Ht ouvrage (pg. 1, 2 et 10 à 13). de 

Ce qui les différencie l'un de l'autre, c'est l'élargisse- »'*"»^-f«»'"""- 
ment plus ou moins rapide de la cuve au-dessus des 
tuyères, ou, en d'autres termes, la section du fourneau 
dans la région de fusion. On conserve l'ouvrage lorsque 

(1) Foyages métallurgiques ^ t. I, p. 3o5, 307, 569 et 355, 



1^4 ET AT PBËSERT DB LA MtTAUDKfilE DD F» 

les minerais sont peu fasiblea (spécialement ahimineux), 
et lorsque la fonte exige pour sa production one Um- 
péritture élevée. Ainsi, dans le district du, Clevelind, 
dont les minerais sont réfractaires, presque tous ki 
hautafoumeaux ont un onvrage et des étalages (/I9. 7. i 
etç), quelle que soit d'ailleurs la naiurede la fonte. En 
Écosae, où l'on fond à l'air trés-cbaud des mineraji 
riches, réductibles et fusibles, on a partout supprima 
les étalages, et l'on obtient malgré cela des fontes très- 
noires. 

Dans le pays de Galles et le Statîordshire, dont les 
nànerais lithoïdcs sont aisés à réduire et k fondre, on 
produit, à l'air chaud, la fonte de forge ordinure dans 
des fours généralemeot sans ouvrage (/ti;. Set 10 à iS); 
tandis que, dans ces mêmes districts et celui do 
Yorkshire, lorsqu'on veut produire des fontes griaei 
supérieures (de moulage ou de forge), surtout & l'ùi 
froid, on a presque toujours recours auK hauts four- 
neaux pourvus d'étalages (flg. 4 à 6 et 1 St) . 

Du reste, comme les minerais faouillers anglais aoDl 




fourneaux- 



EN ANGLETERRE. l55 

pourrait impunément adopter tel profil plutôt que tel 
autre, sans avoir égard à la fusibilité des minerais et 
à la nature de la fonte à produire. En France, à plus 
forte raisoY), dont les minerais sont en général peu 
fusibles, il serait évidemment peu rationnel d'adopter, 
pour les parties inférieures, des profils aussi larges que 
ceux des fourneaux écossais. 

Au point de vue de la réduction économique, nous 
ne pensons pas, du reste, que l'on doive rechercher 
les profils à ventre élevé. Mieux vaut agrandir la cuve 
on abdssant le ventre, puis rétrécir le bas en passant 
graduellement à l'ouvrage proprement dit (fig. 16) pai* 
une courbe à double inflexion. ^ 

Les hauts fourneaux anglais diffèrent considérable- inOu«nee 
ment les uns des autres sous le rapport de la hauteur; * *des*" 
il en est qui n'ont que 3o pieds et d'autres jusqu'à 
60 pieds anglais(9 à 18 met). 

Cet élément influe essentiellement sur le volume de 
la cuve, et par suite sur le produit maximum du four- 
neau. A ce point de vue, il est plus ou moins arbitraire. 
Néanmoins, plus la hauteur est grande et plus la 
pression du vent doit être forte pour vaincre la rési- 
stance au mouvement des gaz, surtout lorsque les mi- 
nerais sont pulvérulents et le combustible friable. C'est 
l'état du combustible surtout qui parait avoir motivé 
les différences de hauteur des fourneaux anglais. Les 
moins élevés sont ceux du district anthraxifère des 
environs de Swansea. Les anciens fours d'Yniscedwyn 
n'avaient que 3o pieds, et les fours actuels d'Ystalifera 
et d'Yniscedwyn n'ont que 36 à 4o pieds (11 à 1 9 met.). 
La friabilité de l'anthracite et sa tendance à décrépiter 
rendent raison de cette faible hauteur. 

Dans le centre de l'Angleterre, où la houille est 
sèche et à longue flamme, les hauts fourneaux dépas- 





ÉTAT PRÉSENT DK LA UÉTALrURCIE DU PEU 

rarement 4o à 45 pieds (la à i3°*,5o), et boa 

)re n'ont encore aujourd'hui que 35 ou 36 pieds. 

icore la friabilité du coite permet difficilement des 

osioDs plu3 fortes, à moins d'une pression de vent 

jtiounelle. 

LUS le pays de Galles, le coke est plus résistant; 

lorsqu'on emploie la houille à l'état cru, elle se 
également et s'oppose k l'emploi de fours très- 
!S. La plupart ont 4» à 46 pieds (i5 à i4 môt.J. 
; maximum est de ^i pieds 1/2 {i4"',8o). 
:s hauts fourneaux les plus élevés se rencontreut 

le Cleveland, où l'on marche au coke solide, bien 
utiiié, du bassin de Newcaslle. 
i quelques fourneaux modernes mesurent 5o et 
e 60 pieds (i5 à 18 met.); mais le plus grand 
bre n'ont également que 1:2 à i4 mètres. 
1 Ecosse, malgré la houille crue à longue flamme, 
linsfourofcau-vontde même 16 à 18 mètres, tandis 



EN ANGLETERBE. 



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ÉTAT TRÉSEKT DE I.A «ÉTALLCBUIK IHJ FER 

rsqu'oQ parcourt ce Ubleau et que l'on consulte 
iilre les profils des fourneaux, on est frappé tie 
combien est faible l'iullueDce des dîmensioDS sur 
DtUiciion ff/dftrf des divers fourneaux. 
s plus grands fourneaux modernes ne rendent pas, 
irtionnellement à leur volume, plus de fonte que 
lurneaux anciens. Si la production par appareil .1 
que doublé depuis vingt-cinq à trente ans, leur 
ne aussi s'est accru dans le aième rapport : en 
;g. (le 90 à2oo mètres cubes; dans le Staffordshire, 
ou Sj k laâ mètres cubes; dans le pays de 
s, de Co ou 70 à 140 ou i5o mètres cubes. 

pi'iiicipale différence, comme on devait s'y atlen- 
'ienl il la nature de lafonle. 
rsque la fonte est grise ou noire, propre au mou- 

comme en Ecosse et dans certaines usines du 
de Galles et du StafTordshire, on trouve que par 



EN ANGLETCRRC. l4l * 

et de Carinthie, dont la capacité est de s à 5 mètres 
cubes pai' tonne de fonte, et surtout les hauts fourneaux 
de Toscane, qui ne mesurent par chaque tonne qu'un 
mètre cube. Il est vrai que dans ce dernier cas la pro- 
duction est évidemment exagérée et ne s'obtient qu'aux 
dépens de la consommation du combustible. La des- 
cente des charges s'y fait en quatre à cinq heures, et 
l'acide carbonique provenant de la réduction du mine- 
nerai reproduit sans cesse de l'oxyde de carbone au 
contact du charbon incandescent. 

S 4' Dimensions et formes des éléments accessoires. 
La forme et les dimensions des creusets sont extrê- cwoiiu 

des 

mement variables dans les hauts fourneaux anglais, hauts foanM 
On en peut juger en jetant les yeux sur la PI. VII de 
Truran. 

Les uns sont rectangulaires, les autres octogones ou 
circulaires. Cette dernière forme est évidemment la 
plus rationnelle; mais lorsque le diamètre est grand 
(i"',8o à «",40), il est essentiel de faire converger 
graduellement les costières vers la tympe et l' avant- 
creuset. 

La disposition des tuyères dépend de celle du creuset. 
Lorsque le creuset est rectangulaire, on place une, 
deux ou trois tuyères parallèles dans chacune des faces; 
lorsqu'il est rond, les diverses tuyères sont régulière- 
ment espacées et convergent toutes vers le centre du 
creuset. On en voit alors quelquefois jusqu'à huit ou dix. 

A Textérieur, la forme des baux fourneaux anglais Forme exiéi 
varie autant qu'en France. ^^^^ ^Jjj„ 

Le plus grand nombre, parmi les constructions mo- 
dernes, sont coniques ou cylindriques avec base qua- 
drangulaire, octogone ou ciiculaire, et armatures cer- 
clées. Les enveloppes en tôle ne se rencontrent en gé- 



l40 ÉTAT PRÉSENT DE LA UÉTAUIiRCIE I)U rEK 

imiiau Lorsqu'on parcourt ce tableau et que l'on consulte 
ubitH en outre les profils des fourneaux, on est frappé tie 
ietàmi. y^i^ combien est faible l'influence des dimensions sur 
la production relative des divers fourneaux. 

Les plDs grands fourneaux modernes ne rendent pas. 
proportionaellement à leur volume, plus de foote que 
les fourneaux anciens. Si la production par appareil a 
plus que doublÊ depuis vingt-ciuq à trente ans, leui 
volume aussi s'est accru dans le même rapport : en 
Ecosse, de 90 à 200 mètres cubes ; dans le Staffordstaire, 
de &o ou S5 à 195 mètres cubes; dans le pays de 
Galles, de 60 ou 70 à i4o ou i&o mètres cubes. 

La principale différence, comme on devait s'y atten- 
dre, tient à la nature de la fonte. 

Lorsque la fonte est grise du noire, propre au mou- 
lage, comme en Ecosse et dans certaines usines du 
pays de Galles et du Staffordsbire, on trouve que pai 
tonne de fonte produite dans les vingt-quatre betires, 
le vide intérieur est de 7 à S mètres cubes. 
Pour la fonte de foi^e grise do Staffordsbire, 6~°,à 
7 mèliU3 cubes. Dan^; le cas de la fonte de forR< 




EN ANGLETERRE. l^^ 



CHAPITRE m. 

INSTALLATIONS ACCESSOIRES DES HAUTS FOURNEAUX. 



S !• Halles de coulées et de cassage. 

Les constructiotjs accessoires qui entourent les hauts 
fourneaux sont en général fort simples en Angleterre, 
et ni6me trop primitives à beaucoup d* égards. Dans le 
pays de Galles et le Staflbrdshire, on rencontre bien çà 
et là des halles de coulée en mauvais état et quelques 
hangars pour les chargeurs ou casseurs; mais, dans 
le Nord et en Ecosse, presque tous les hauts fourneaux 
sont complètement libres et à découvert. 

Les fondeurs et les chargeurs travaillent hiver et été 
à la belle étoile. Il est vrai que si le climat du Royaume- 
Uni est fort humide, il est moins extrême que le nôtre. 
n n*y a jamais, dans ces contrées, ni grands froids ni 
grandes chaleurs, et si le ciel est habituellement bru- 
meux, au moins les neiges abondantes et les pluies tor- 
rentielles y sont rares. Malgré cela, il faut la constitu- 
tion robuste des ouvriers anglais pour supporter un 
pareil régime et une telle absence de confort qui con- 
traste à tant d'égards avec celui de leurs demeures. 

S a. Monte-charges^ 

La disposition générale des usines dépend de la con- 
figuration du sol. Dans le pays de Galles, la plupart 
des hauts fourneaux sont placés au pied de cot<'aux 
plus ou moins abruptes, et dans ce cas les fours de gril- 
lage et les aires de carbonisation occupent le haut du 
plateau au niveau du gueulard. (Dowlais, Cyfarthfa. 
Abersychan, Pontypool, S5r-Howy, Bcaufort, Blaciia- 





ÉTAT PRÉSENT DE LA UËT&LLUfiGlB DU FBR 

etc.). Dans le Cleveland , toutes les usinessont en 
i de plaine. Dana le StaEfordshire et les environs de 
^Dw, la plupart des hauts fourneaux occupent éga- 
nt un sol peu accidenté. Dans ce dernier cas, 
)areil élévatoire ordinaire des anciennes usines est 
lan incliné, à machin,! (i\c, que Truran con- 
ne avec raison, comme incommode et fort dis- 
lieux. 

îiis les usines plus modernes, on rencontre surtout 
alance d'eau et le moate-cliarge à cloche pneuraa- 
:■. La balance d'eau ';st sufiisamment conniie et 
j^mment employée en France. C'est un appareil 
mode, sauf en hiver au moment des gelées. La 
Je [ineumatique , presque exclusivement employée 
; les usines neuves du Cleveland , est encore plus 
lie et moins sujette au dérangement. De tous les 
te-charges, c'est évidemment le plus commode et le 



EN ANGLETERBE. 1 4^ 

wscente à l'aide de la soupape d'échappement. Due 
•eule cloche de i'°,io à i°',5u de diamètre peul aiDsi 
esservir aisément trois hauts fourneaux. Le frottement 
ttt presque nul et la garniture parfaite , le travail du 
Kal biea utilisé et les causes de dérangement extréme- 
sent rares. 

Trurao montre qu'en admettant 3 pence pour frais 
ie compression de loo.ooo p. cub. de venl (prix du 
pays de Galles), les frais d'élévation par co monte- 
diarges ne dépassent pas (intérêts et amortissement 
compris) 5/8 de penny par tonne de fonte, ou environ 

4 ceo Urnes. 
Remarquons, eu passant, qu'une pareille cloche pneu- 

aatique serait aussi, de tous les régulateurs à vent, le 
plus simple et le plus eOicace. 

S 3. Mode de chargement. Prise du gaz. 

Le gueulard des hauts fourneaux est le plus souvent 

Ëbre, ou tout au plus surmonté d'une cheminée de 

5 mètres à 3'°,5o de hauteur, percé à la base de trois à 
onq ouvertures. Dans ce cas, le chargement se fait à 
Ubrouette, ou, du moins, on ne se sert de wagons bas- 
caleurs ou à trappes que pour des fourneaux à gueulard 
étroit, comme à Lowmoor, 

Lorsqu'on utilise les gaz, on fait un fréquent usage Appireii 
d'un appareil de fermeture fort simple, qui sert en conique. 
même temps d'appareil distribule ur ( i ) t usines d'Ebbw- 
Tale, Victoria, Dowlais, etc.). 

In cûne en foute ou en tôle agit comme tampon et vient 
butter, par la base de sa surface latérale, contre le rebord 



[)) Cet appareil, recommandé par le directeur Parry, parait 
déjà avoir Été employé k Cyrartiifa vers iljoo. ï.a KraDce, ou 
ifM est servi àcommeniry et à Montluçon, antérieurement à 
ripparcJI ColDgt. 

ToMK XX. iSfii. la ■ 




l46 ÉTAT PBrSEUT DE Là MÉTALLURGIE DC FER 

inférieur de rentonnoir coolque fîsé au pourtour du 
gueulard (Pg.^ 1 1). Le cône est suspendu & un levier à 
coDlre-poids; la charge est versée à la brouette dans le 
BÎllon circulaire compris entre le c<)ne et l'entonnoir; 
puis le cône , en a'ab&issant, rejeiie le minerai et le 
combustible vers le pourtour de la cuve, tandis qu'il 
se produit au centre une sorte de fosse conique au (bnd 
de laquelle tendent, à rouler les fragmenta les plus 
gros : ainsi la colonne centrale est rendue plus per- 
méable, et l'on réagit contre la tendance des gas ii 
suivre les parois. Les produits gazeux sont alors aspi- 
rés par de simples ouvertures pratiquées dans les pa- 
rois du fourneau, immédiatement au-dessus delà 
chaîne. Mais il est évident que dans le cas de fourneaux 
très-larges, cet appareil ne suffit pas pour prévenir 
entièremiînl la distribution inégale des gaz; il faudrait 
alors avoh- recours, comme nous l'avons déjà dit , au 
syaiéine de prise centrale imaginé par M. Coingt. 

Dans quelques établissements du Clevelaud (Teès- 
Side) et du pays de Galles (Aberdare, Ystalifera, etc.) 
l'appareil à cflne mobile , dont nous venons de parler, 
est remplacé par le système ancien à cylindre plongettr 
fixe, généralement employé sur le continent dans le cas 
de gueulards étroits {fi<j. 7). 

$li. Enlèvement dei laitier*. 

Comme pendant des appareils, destinés au montage 
et au chargement du minerai, citons les moyens mé- 
caniques employés par les fondeurs anglais pour l'en- 
lèvement des laitii.TS. Rarement, dans les grandes usines 
anglaises, les laitiers se répandent librement, par-dessus 
la dame, sur le sol de la halle de coulée. Presque tou- 
jours on les reçoit directement dans de grands wagons 
basculeurs en tôle que des chevaux, ou plus fréquemment 



EN ANGLETEME. li^J 

d6ft machines à vapeur fixes à câbles sans fin, amènent 
de suite par chemin de fer au haut des crassiers, dont 
l'élévation est parfois de 20 à 3o mètres. Il y a là une 
source d'économie notable de main-d'œuvre et de frais 
de transport , dont les usines françaises feront bien de 
profiter. La plupart des hauts fourneaux du pays de 
Galles fournissent par jour 40 à 5o tonnes de laitiers et 
leà plus grands 60 à 80. Quelle dépense, s'il fallait leè 
charger à bras d'hommes, et opérer les transports par 
voies de terre I 

§ 6. Souffleriei. 

Pour avoir de fortes productions, il ne suffit pas 
d'accroître le volume des foumeauic, il faut encore 
augmenter proportionnellement celui du vent. Depuis 
trente ans, il a fallu, par ce motif, plus que doubler, dans 
les usines anglaises , les dimensions des soujQIeries. 

D'autre part, l'exhaussement des fourneaux et le 
cbaafiîage de l'air ont accru la résistance , de là, non* 
velle nécessité de multiplier la puissance des appareils 
moteurs» 

Autrefois on ne trouvait dans les usines anglaises 
que des machines de Watt à basse pression et conden- 
sation. Le cylindre soufflant , placé à Tune des extré- 
mités du balancier, avait invariablement un diamètre 
double du cylindre moteur de l'autre bout. 

Aujourd'hui on se sert plus souvent de machines i 
haute pression, avec ou sans détente, dont le cylindre 
moteur est par cela même relativement plus petit. 

Les machines soufilantes horizontales sont rares en Lei nuehinai 
Angleterre. On a reconnu, comme sur le continent, que fonrnnT 
l'avantage résultant d'une installation simple et peu 
coûteuse, était plus que compensé, tant par l'usure ra- 




l48 &TAT PRÉSENT DE LA UË TALLURtilE DU FEB 

pide et inégale des pistons et cylindres à air, que pir 
la faible étendue de la course des pistons. Les appa- 
reils de cette suric devraient être employés dans le cas 
seulement de volumes de vent peu considérables. 

Les machines verticales sans balanciers, à traction 
directe, sont également rares; mais, comme sur le 
continent, ce système si simple est certainement des- 
tiné à se répandre beaucoup. Une sorte de disposition 
mixte se rencontre dans plusieurs usines du pays de 
Galles. C'est une machine à balancier et à deux cylin- 
dres de Woolf. A l'une des extrémités du balancier 
pend la bielle du volant: du même côté, mais plus 
près de l'axe, se trouve le cylindre à haute pression; 
à l'autre bout du balaucier, le deuxième cylindre mo- 
teur, d'un diamètre plus grand, et, verticalement au- 
dessous, à traction directe, le cylindre soufflant. Une 
machine de ce genre de i5o chevaux fut établie à Cy- 
farthfa en i85i. Une machine semblable de Woolf, 
avec condenseur, de la force de 5oo chevaux, existe à 
Dowlais. Le petit cylindre moteur a ôa pouces, te 
grand ôo. 

Les machinesà tiroir qui ont joui d'une faveur trës- 
passagère en France , ne paraissent avoir été jamùs 
adoptées en Angleterre ; du moins, nous n'eu avons 
rencontré nulle part. Ou a d'ailleurs récemment con- 
staté au Greusot, la supériorité des machines à clapets 
au point de vue de leur effet utile. Tandis que le rap- 
port du Iravaildu ventàceluide la vapeur a été trouvé, 
pour une tnacbïne verticale à balanciers et à clapets, 
de 

o,68a5 0,687 B^ 0.690 : 

pour des vitesses de pistons de 

o",76 i-.oo et i"^o. 



EN ANGLETERRE. l49 

Celui de trois machines horizontales à tiroir a varié 
entre les nombres : 



m. 



0,610 et o,663 pour une vitesse de. . . 2,20 

0,60^ et 0,616 1,82 

0,617 et o,/i6o. 1,(16 

A la suite de ces expériences, la suppression des 
machines à tiroir fut décidée au Creusot. 

Les chiffres que nous venons de rapporter, prouvent j^J^^^JUn, 
que l'effet utile des machines verticales à clapets, souflianu. 
s'accroît légèrement avec la vitesse des pistons. A ce 
point de vue, il y aurait donc avantage de marcher à 
grande vitesse. C'est, en effet, la tendance des con- 
structeurs anglais; et on comprend qu'il en soit ainsi, 
puisque, indépendamment de l'effet utile plus élevé, 
on a de plus l'avantage d'obtenir, avec des appareils 
de dimensions données, un volume de vent plus grand. 

La vitesse ordinaire des anciennes machines souf- 
flantes de Watt était au maximum de 1 mètre par se- 
conde^ aujourd'hifi on cherche à atteindre, en Angle- 
terre* la moyenne de 2 mètres. On a même essayé, dans 
quelques établissements, celle de 3 mètres, mais l'é- 
branlement de tout l'appareil est alors tel que sa con- 
servation en est compromise. Même à 2 mètres, il faut 
une machine simple, sans organes nombreux. Celles de 
Watt résisteraient difficilement. Il faut, de plus, pour 
ne pas gêner le mouvement de Tair, de grandes courses 
de pistons et de vastes entrées d'air. 

Dans la plus grande machine soufflante de l'Angle- 
terre, la machine monstre de Dowlais, le rapport des 
orifices d'aspiration à la superficie du piston soufflant 
est de plus de o,5o. Nous avons vu marcher cette ma- 
chine à la vitesse de 2~,o4 par seconde (17 oscillations 
doubles) sans vibrations sensibles et sans fatigue pour 
les clapets ou les autres organes de l'appareil. 





ÉTAT PBËSEHT DE LA HËTALLCRSte DO FBB 

H. TniraD assure même qu'elle peut inarcber à 

dix-neuf tours par miuuie ou a'^.ag de vitesse. Celle 
énorme macbiue est de la force tjomiuale de 5oo che- 
vaux. Le moteur est & baute pression et sans conden- 
sation. Le cylindre moteur a 55 pouces (i",57) de 
diamètre, la course du'piston est de i.^ pieds (5",9â). 
la pression de la vapeur de 40 Ib. par pouce carré 
{a""", 8). Le balancier (à deux bras inégaut) est de 
4a pieds de longueur. Les chaudières au Dombre de 
huit, soQt chauffées par les gaz de deux hauts fou roeauz. 
Le piston souHIant a 1 b pieds de diamètre et 1 9 pieds 
(3'",C5) de course. Le jour de notre visite, cette ma- 
chine colossale soulDait six hauts fourneaux et quatre 
mazeries. 

La machine de Uowlais dont nous venons de parler, 
a sans doute de<< dimensions exceptionnelles, et ou peut 
même se demander s'il est réellement utile de faire 
ainsi dépendre, d'un seul appareil souillant, ta marche 
de six ou huit hauts fourneaux. Il faut, dan.s tous les 
cas, des machiuesde rechange. Mais ce qui est certain, 
c'est que les machines verticales à clapets, à grande 
course et & 3 mètres de vitesse, sont aujourd'hui gé- 
nérales dans les usines anglaises les plus modernes, 
celles du Cleveland surtout; et que les. anciens cylindres 
soufllunts de i",5o à a mètres de diamètre et de course 
sont en grande partie remplacés par des cylindres et 
courses de 2"./to à 3 mètres. Au lieu d'une force de 
vingt-cinq à trente chevaux par haut fourneau (1) ou 
compte aujourd'hui soixante à soixante-quinze chevaux 
et plus. Mais il faut se rappeler que ces modifications 
seraient loin de produire tout leur elfpt, si en même 



(1) Fnyaget mi^lall\trgiqu«i'. t. I, p. 317 et a. 



BIf ANGLETERRE. l5l 

temps les clapets n'étaient aussi nombreux et aussi 
larges que possible. 

C'est par l'ensemble de ces modifications, compre- 
nant à la fois les chaudières, la machine motrice et 
l'appareil soufflant que l'on est parvenu en Angle- 
terre , comme le constate M. Truran , à réduire , dans 
le rapport de 2 et même de 5 à 1 , la consommation de 
la houille par mètre cube de vent fourni. 

Ed effet, les anciennes machines soufflantes d- Ecosse 
ne produisaient, vers i83o, par livre de houille que 
4oo pieds cubes de vent ; tandis que les machines mo- 
dernes de Dowlais arrivent à 8 ou 900, et même la 
machine monstre ci-dessus mentionnée, à i.3s8 pieds 
cubes (selon H. Truran). 

Ajoutons cependant que le pouvoir calorifique des 
houilles du pays de Galles est d'un tiers, sinon de 
moitié, plus élevé que celui des houilles de Glasgow ; 
qu'ainsi une partie de la différence de consommation 
doit être mise sur le compte de la qualité des char- 
bons. 

Dans le Gleveland et un certain nombre d'usines du 
pays de Galles les chaudières sont chauffées au gaz. 
Elles ont fréquemment la forme des chaudières cylin- 
driques du Cornwall à chauffe intérieure. 

§ 6. jéppareils à air chaud. 

Le vent des hauts fourneaux est généralement 
chauffé en Angleterre. On n'a conservé l'air froid que 
dans les usines où l'on cherche à produire des fontes 
et des fers exceptionnellement tenaces (Lowmoor, 
Bowling, Pontypool, Blaenavon et quelques usines 
du Staffordshire) . Le plus souvent on chauffe l'air 
jusqu'au point de fusion du plomb (620 à oSo"") et en 
Ecosse, dans plusieurs usines, jusqu'à 400*". 




tTLT PBËSENT DE L& UËTALLURGIB I 



Les appareils employés sodI encore, i quelques mo- 
difications près, conformes à ceux qu'oatfait coDoaUre 
les auteurs des Voyages mèlalliirgiquei. 

Daiîs le Clevelandet en Ecosse on se sert spécialement 
de l'appareil â siphons connu en France sous le nom de 
système Calder. Seulement, comme au reste dans plu- 
sieurs usines du continent (Belgique), on donne aux 
siphons une forme plus ou moins aplatie au lieu de 
l'ancienne section circulaire. C'est évidemment un 
progrès au point de vue du chauffage; par contre la 
résistance au mouvement de l'air se trouve légèrement 
accrue. 

Dans quelques établissements on a établi un appa- 
reil par embrasure, ailleurs un seul très-grand pour 
l'ensemble des tuyères. On assure qu'il est plus aisé 
de chaulfer, d'une façon unifurnie, ua vaste appareil 
qu'un petit. Quoi qu'il en soit, à cet égard, on semble 
néanmoins donner la préférence aux appareils multi- 
ples, car dans les usines neuves du Cleveland, on en 
voit constamment deux entre deux hauts fourneaux 
contigus, placés sur la ligne même de l'ensemble des 
fourneaux. 
raid'^"*diii '^''^"^ quelques forges, on a légèrement modifié l'ap- 
pareil Calder ordinaire pour remédier à l'inconvénient 
I de l'usure rapide des tuyaux â leur point de courbure; 

I nous citerons Ciareiu-e-M'orlis, près de Middlesboro. On 

H supprime le coude de raccordement au sommet dti 

I siphon, et chacune des branches montantes, légëre- 

I ment arquée et complètement indépendante du demi- 

I siphon opposé, se trouve fermée par le haut, mais 

I pourvue à l'intérieur d'une cloison qui oblige l'air 

I de parcourir successivement, en montant et en des- 

■ cendant, les deux moitiés du tube en question 



EN ANGLETERRE. l55 

Ailleurs, dans l'usine de Gartsherrie en Ecosse, on a 
compliqué la courbure des demi- siphons pour accroître 
l'étendue de la surface de chauiïe {fig. 18 à 20). Nous 
décrirons plus loin cet appareil singulier, qui pour des 
avantages assez incertains, nous semble ofTrir rincon> 
vénient grave de pièces difBciles à mouler et sujettes à 
se rompre par le jeu inégal des dilatations et des re- 
traits. En général, plus un appareil est simple et plus 
il a de mérites aux yeux du praticien ; or, à ce point de 
vue, le système Calder ordinaire, dont les siphons 
sont à section oblongue, nous parait l'emporter sur 
tous les autres, lorsqu'il s'agit d'opérer le chauffage 
du vent par la combtution directe de la houille. 

Par contre, lorsqu'on a recours au gaz, les appareils Apptreîi 
du système Wasseralfingen sont préférables. Dans les conduu unique. 

■ 

usines du continent on les rencontre souvent ; en Angle- 
terre on paraît ne pas les connaître, mais à leur place 
on se sert, dans les usines du pays de Galles, d'un 
appareil hélicoïdal couché, composé, comme celui de 
Wasseralfingen, d'une ligne de tuyaux unique, mais 
qui n'a pas, comme lui, l'avantage d'avoir ses joints & 
l'abri duïeu (Ebbwvale, Aberdare, etc.). Les tuyaux 
ont o"',20 à o"*,25 de diamètre, ou sont parfois ellip- 
soïdaux (o",28 sur o"",i8) comme à Aberdare. Chacun 
d'eux comprend la moitié du pas derhélice ; le diamètre 
extérieur de celle-ci est de près de 2 mètres et sa 
longueur d'environ 4 mètres. Les joints sont à brides, 
et l'hélice est placée tout entière dans un four ayant 
la forme d'un berceau cylindrique. Ce système ne vaut 
évidemment pas celui de Was.seralfingen. Les joints 
exigent des réparations trop fréquenles. 

On y brûle d'ailleurs les gaz à la manière ordinaire. 
Ils pénètrent verticalement dans le fourneau, à Tune 
de ses extrémités, par une large biise aplatie, et l'air, 



1&4 ËTA1' PnËSENT D£ LA HËTALLGRCIE DU FEB 

pour la combusiioQ, y arrive eu jets borizontaul, par 
une série de l'entes éiroites pratiquées dans la porte 
même de la cliaulTe. La grille est aussi, comme à l'ur- 
dinaire, maintenue couverte de houille incandesceole 
pour éviter les explosions. 

On voit par l'ouvrage de Truran (page a8) que l'oD 
établit eu général en Angleterre les appareils h air 
chaud, de faron à avoir approximativement i mètre 
carré de surface de cbaufl'e par tnéire cube de vent k 
chaufler. Cependant, dans le nouvel appareil de Gwt- 
sherrie, la surface de cfaaulTe n'excède pas o'°«,8o. 11 est 
d'ailleurs évidciil qu'il faut, comme pour les chau- 
dières k vapeur, une surface de chauffe plus grande 
dans les fourneaux k, gaz que dans les appareils où l'oa 
brûle de la houille. '^U 



Si 7. Tuyère» et buiei ,- pretiion, Itmpératttrt 

et volume iju vent. 



La construction proprement dite des tuyères et des 
buses n'ofl're rien de spécial en Angleterre ; on marche 
le plus souvent à tuyères fermées comme sur le coQti- 
nent. Mais on a singulièrement multiplié dans plusieurs 
districts leur nombre. Dans le pays de Galles et le Staf- 
fordshire on en rencontre 5 à 7, et en Ecosse 8 à 10. 
Sans doute, lorsque le diamètre de l'ouvrage dépasse 
i'',8ofL3 mètres il est diOlcile d'arriver, à l'aide de s ou 
3 tuyères, à une complète unilormité de température. 
Les expériences récentes de M. Tunner ont prouvé 
combien, dans ce cas, la cbaleur variait d'un point à 
un auire de l'ouvrage des hauts fourneaux. Ainsi, en 
théorie, l'emploi d'un grand nombre de tuyères pa- 
rait fort rationnel. Dans la pratique, cependant, les 
avantages du système sont fort contestables. Les four- 



£N ANGLETERRE. lS5 

oeanx oe marchent pas mieux; le rendement et la 
consommation ne sont point changés; tandis que l'en- 
tretien de l'ouvrage et des tuyères est rendu plus coû- 
teux et plus difficile. Aussi semble-t-on en général re- 
venir de nouveau à un nombre plus, restreint de tuyères, 
et à des ouvrages moins larges, du moins lorsque les 
minerais ne sont pas très-fusibles. Dans le Gleveland, 
en particulier, dont les minerais sont réfractaires, on 
donne la préférence aux fourneaux à trois tuyères. Dans 
tous les cas on doit condamner le système qui consiste 
à ne pas placer toutes les tuyères au même niveau. 

Ainsi, dans plusieurs forges du pays de Galles, on 
a deux tuyères par embrasure, à o°',75 au-dessus de la 
sole, et une septième dans la poitrine au milieu de la 
tympe à i mètre au moins au-dessus du fond ( Dowlais ) ; 
ou bien cinq tuyères, régulièrement espacées, et une 
sixième plus élevée sur le devant (Ebbwvale et Abersy- 
chan). On a constaté que la tympe est difficile à main- 
tenir dans ce cas et la température trop intensQ vers la 
poitrine. 

Ailleurs, à Ynescedwin et Ystalifera, on a trois 
tuyères par embrasure, dont deux à o^^.jS de hauteur 
et celle du milieu à o"*,i5 ou o",20 au dessus. De plus, 
à Ystalifera, une dixième tuyère dans la tympe. Il est 
vrai que celle du milieu, au moins à Yniscedwin , ne 
sert qu'en cas d'engorgement. 

La pression du vent est généralement comprise, dans Pression du 
la plupart des forges, entre s 1/2 et 3 Ib. par pouce 
caiTé anglais (o"*,i3 à o'^^iG de mercure). 

Dans le district anthraxifëre de Swansea elle est 
plus souvent de 3 à 4 Ib. (o'",i6 à o'",2i), et la môme 
pression élevée est nécessaire dans les fourneaux de 
5o à 60 pieds (en Ecosse) , pour vaincre le surcroît de 
résistance due à la hauteur. 





1Ô6 ElâT PflÉSE^T DE LA UËTALLtIKGlE DU FER 

La température du veut, lorsqu'on marche i l'air 
chaud, est ordinairement celle de la fusion du plomb 
(5ooà35o°). En Ecosse seule, elle atteint 4ou° dans 
quelques élablisseiiients. 

On sait d'ailleurs que l'on marche à l'air froid 
lorsqu'on veut obtenir des produits tenaces. 

Le volume du venl, ou le diamètre des buses, règle 
la production ; il dépend par suite du volume de la 
cuve. Lorsque le nombre des buses est considérable et 
néanmoins la production faible, comme à Ystalifera, le 
diamètre est de a pouces (o'",o5) seulement; mais le 
plus souvent on trouve des buses de 3 pouces & 5 i/a 
pouces {o'°,075 à o"',o87). Elles ont jusqu'à 4 pouces 
(o^jio), lorsqu'on marché à trois tuyères. 

Connaissant la pression et la température de l'air, 
ainsi que le diamètre et le nombre des buses, on peut 
calculer le volume du vent. Mais le chiiïre ainsi déter- 
miné est toujours trop élevé, non-seulement parce 
qu'une pariie du vent est refoulé au dehors, même 
avec des tuyères fermées, mais surtout parce que la 
formule suppose que l'écoulement se fait à l'air libre, 
et ne tient aucun compte de la résistance considérable 
que la charge du haut fourneau oppose à l'entrée du 
vent. On s'assure, en elTet, facilement que le volume, 
ainsi calculé, est trop fort en le comparant au chiffre 
que l'on obtient lorsqu'on admet que l'oxygène, né- 
cessaire à la transformation do carbone en oxyde de 
cartoue, provient uniquement de t'air injecté. Et ce- 
pendant, le volume ainsi calculé est déji lui-même un . 
maximum , pu\>,que habituellement, et surtout lorsqu'on 
traite des minerais difficiles à réduire comme les sco- 
ries de forge, une partie de l'oxygène provient de 
l'oxyde de fer II est donc plus exact de calculer le vo- 
Inmede l'air d'après le poids du combualîble consommé. 



EN ANGLETERRE. iSj 

en partant du fait qu'un kil. de carbone exige, pour sa 
transformation en oxyde de carbone, S'', 80 ou 4"%46 
d'air sec ordinaire, mesuré à la température de o" et 
sous la pression de o",76/ 

On trouve ainsi, comme on le verra par le tableau volume de tem 
du chapitre suivant, que par tonne de fonte noire il tonne de fonte 
faut en Ecosse 5. 000 à 5.5oo mètres cubes de vent; et ^^ ^ M^cii* 
comme on produit, dans les grands fourneaux écossais, <*«» foufoea«i. 
s4 tonnes de fonte par vingt-quatre heures, ou une 
tonne par heure, le volume d'air consommé s'élève au 

• X 1 5ooo ou 5.5oo .^ , 

maximum par mmute à ;, mètres cubes 

^ 60 

= 90 mètres cubes, soit à peu près o"%5o par mètre 

cube du vide intérieur des hauts fourneaux. 

Dans le pays de Galles, les hauts fourneaux ordinaires, 
marchant en fonte de forge, reçoivent en général 5. 000 à 
5.800 mètres cubes par tonne de fonte, ou 80 à gS mè- 
tres cubes par minute; mais comme leur volume est 
moindre, la plupart d'entre eux vont en réalité jusqu'à 
o"*,65 et même o'"'',75 de vent par mètre cube du 
fourneau. Il en est de même du grand fourneau de 
Dowlais, qui reçoit 180 mètres cubes de vent pour une 
capacité de 23o mètres cubes. 

Dans le Staffordshire et le Cleveland, où les mine- 
rais sont moins riches qu'en Ecosse, on consomme à 
l'air chaud, par tonne de fonte grise, 6000 à 7000 mè- 
tres cubes de vent, ou o°",55 à o"°,65 par mètre cube 
de la capacité intérieure. Enfin dans les fourneaux 
marchant à l'air froid et en fonte grise tenace (comme 
ceux de Blaenavon et de Pontypool), le volume d'air 
va jusqu'à 8000 mètres cubes par tonne de fonte, ou 
o"*,70 par mètre cube du vide intérieur. 





58 Etat présent de la MtTAUORGiE ou fer 



CHAI'ITRE IV. 

THAVArL ET RODI.EUBNT DtS HAUTS FOlinBEAUX. 



S I. Observatiotii gèaéralet. 

Les hauts fourneaiiit oiarcheDl pour fonte de moN- 
/03e ou fonte de forge. Toutefois colle dislmciion n'est 
pas absolue. Souvent les mêmes hauts fourneaux 
donnent tour à tour, selon leur allure, les deux sortes 
de fonte ; c'est même le cas général dans la plupart des 
usines où l'on clierche à obtonir des produits suptrietir*. 
On considère alors comme fontes de moulage les gtieu- 
sets les plus gris (les n- i, a et 3) et comme fontes de 
foi^e les gueusets gris-clair {lirigkl) , Iruilés [mottitd) 
et blancs (icAiie), que l'on désigne paries 11°' 4. 5 et fi. 

Il en est ainsi à Blaenavon, Pontypool, Y'stalifera, 
Yniscedwio, etc., dans le pays de Galles; à Lowmoor 
et Bowling, dans le Vorksliire, et dans bon nombre de 
forges du SfaffordsLire et du Cleveland. Mais en dehors 
de ces établissements mixtes, dont les produits s'ap- 
pliquent ù la fois au moulage et k l'aHinage, il est 
d'autres'usines, et même des districts entiers où l'on 
cherche k obtenir spécialement une seule catégorie de 
produits : dans le pays de Galles, des fontes de foi^e 
blanches, de qualité inférieure pour rails; en Ecosse, 
des fontes brutes noires, pour la deuxième fusion; dans 
le StaU'ordshire, des fontes de forge, donnant de bons 
fers du commerce; et, dans le Cleveland, des fontes 
pour fers communs. 

Ces produits si divers dépendent en parlie de la na* 
lure des minerais et de celle de;^ combustibles, mais 
plus encore de l'allure que l'on imprime aux hauts 



EN ANGLETEBRE. l59 

fbnrneaujt, 6t même jusqu'à ua certain point du profil 
que l'on adopte pour ces derniers. 

Si, en Ecosse, où les minerais sont faciles à traiter, 
on peut obtenir de là fonte grise, avec n'importe quel 
proOl et même avec des sections exceptionnellemetit 
larges au tiiveau des tuyères, il n'en est plus de même 
dftns le pays de Galles et le Stafibrdshire, dont les mi- 
nerais dont moins fusibles, et encore môitis dans le 
Gleveland, où l'on fond des carbonates alilmineux. Là 
il faut. Vers là région de fusion, des profils d'autant 
I^lùs hîsserrés que l'air est moins chaud et la fonte pluâ 
grise. 

Maigre ces difi^éréhces et belles qui tiennent aux 
prbportions relatives de minerai, de combustible et de 
castine, le travsdl des hauts fourneaux est néanmoina 
à peu près le même, qu'il s'agisse de fontes de mou- 
lage ou de fontes de forge; ce qui va suivre s'applique 
donc indifféremment à l'un et l'autre cas, sauf certains 
pomts spéciaux que nous aurons soin de signaler , 

f s. Chargement dei hauts fourneaux; composition 

des charges. 

Le chargement des hauts fourneaux se fait à la 
brouette ou au waggôn bàsculeur, et l'on sait déjà 
qu'en général ce travail laisse à désirer en Angleterre. 
H. Truran lui-même blâme le peu de soins apporté à 
cette opération, et recommande de substituer le pesage 
au simple mesurage, encore usité dans bon nombre 
d'usines. 

La grandeuk* des charges varie d'une usine ou d'un Grande 
district à l'autre, et quoiqu'il soit admis en général 
qu'un haut fourneau ne marche bien qu'avec des 
charges d'une certaine épaisseur, on semble au fond 
n'y attacher qu'une médiocre importance. Ce qui règle 



des cbarg«s. 



ËTAT PRtSKNT DE LA MËTALLDRGIE DD FEK 

les charges, cest la marche plus ou moins rapide du 
fourneau. On s'anange ordinairement de façon à avoir 
à charger qualre h cinq fois par heure, du moins dans 
le cas du cône distributeur; car lorsque le gueulard est 
libre, on charge, en quelque sorte, d'une façon con- 
tinue; on maintient le fourneau constamment plein, 
La grandeur des charges devrait être par suite à peu 
près proportionnelle à la capacité des fourneaux ; mais, 
en Angleterre, elles sont en général un peu faibles, 
surtout lorsqu'on les compare aux charges du conti- 
nent. Rarement le volume du combustible dépasse un 
mètre cube lorsqu'on charge de la houille crue (7 & 
800 kil.), ou s mètres cubes lorsqu'on marche au coke 
(800 kil.). On n'atteint ce chilTre que dans les plus 
grands fourneaux de Glasgow et du pays de Galles. 

Dans quelques établissements, on mêle la castine aa 
minerai, ce qui évidemment est fort rationnel 1 ailleurs 
on transforme au préalable la castine en chaux. 

Les minerais anglais étant tous plus ou moins argi- 
leux, le calcaire ordinaire sulOt comme fondant. Ce- 
pendant, à Dowlais, lorsqu'on traite de fortes propor- 
tions de scories, ou un mélange de scories et d'hématites 
siliceuses, on ajoule quelquefois au calcaire une certaine 
proportion de schistes bouiilers. 

Quant à la proportion de castine, elle dépend évi- 
deminenl de la nature du minerai ei. de celle de la 
fonte, de la pureté et de la proportion du combustible 
consommé. Par tonne de fonte produite, les extrêmes 
sont o',j^<>et i',iQ. 

Dans le Staffordahire, où l'on traite surtout des mi- 
nerais bouiilers riches, on charge en général, k l'ur 
chaud : 

Par tonne de fonte de forge, o',45 à o',55. 

Et par tonne de fonte de moulage, o'.âo k o'.'io. 



EN ANGLETERfiE. l6l 

Dans le pays de Galles, où les minerais houillers 
sont plus pauvres, la moyenne à Tair chaud, pour fonte 
de forge commune, est de o\']o à o%8o (ou bien o%5o 
de chaux vive) . 

liais lorsque la proportion de scories et d'hématite 
rouge est forte, on ne dépasse pas oS5o. Par contre, 
à Pontypool et Blaenavon, où Ton supprime entière- 
ment les scories et presque entièrement l'hématite 
rouge, on monte par tonne de fonte de moulage à o\go 
ou i',o, et à l'air froid jusqu'à i%io. 

Cette consommation plus forte à l'air froid doit 
étonner, puisqu'en général on fait l'inveràe pour éviter 
à l'air chaud la réduction de la silice. La marche op- 
posée tient ici à la consommation plus forte de com- 
bustible, d'où résultent des cendres plus abondantes à 
fondre. 

Enfin les minerais alumineux du Gleveland exigent 
en moyenne, par fonte grise de forge, oSyo-, et les 
blackband grillés d'Ecosse à peine o%4o, quoique pour 
fonte noire, à cause de leur extrême richesse de 55 à 
60 p. 100. 

S 3. Conduite des fourneaux; allure. 

Le service d'un haut fourneau exige en général, par Penomi 
douze heures, deux chargeurs, deux fondeurs et deux haai fo^ 
chauffeurs , et outre cela, selon la disposition des lieux, 
^elques manœuvres pour l'enlèvement des laitiers et 
de la fonte, le roulage du minerai et du combustible. 
Dans quelques usines le personnel est même encore 
moindre. Ainsi à Yniscedwin huit hommes chargent 
cinq hauts fourneaux. Pour l'ensemble du service des 
plus grands hauts fourneaux, on peut admettre huit à 
dix hommes. 

Tom XX, i86i. Il 





ÉTAT PRÉSENT Dt U MÉTAtLORGlE Dt fER 

ravail spécial des fondeurs n'offre rien de parti- 
jn Angleterre, si ce n'est que dans les districts 
marche en houille crue très-maigre (district da 
!a) ou irès-sàche (district de Glasgow) , le creusel 
nlil facilement de frais!) peu combustible, ce qui 
lors des purges fréqueutes au ringard et à la 
)d facilite ce travail en installant, dans l'einbra- 
' travail . une petite grue, au crochet de laquelle 
;ur suspend ses outils. Pour favoriser l'cipulBion 
isil on marche d'ailleurs, dans bon nombre 
s, à poitrine ouverte; un large jetde (lammes 
pe constamment de dessous la tympe. Dans les 
ux fi anthracite en particulier, il y a sous tonte la 
m espace libre de o-,o8 à o"', i o de hauteur, par 
e vent chasse saus cesse le fraisil incandescent. 
urs, où l'inconvénient résultant de l'abondance 
lil nest pas à craindre, on fait souvent l'inverse. 



EN ANGLETERRE. l63 

allure trop froide et par suite la corrosion des parois 
de Touvrage. 

Cet accident n'est pas rare dans les usines du pays 
de Galles. On le combat efficacement , outre le chan- 
gement momentané de la charge et de la température 
du vent, en se servant de costiëres en fonte à courant 
d'eàu, ou en aspergeant à diverses reprises la surface 
extérieure de l'ouvrage. 

L'allure que l'on cherche à conserver dépend de la Aiiare nomak 
pureté des minerais et de l'usage auquel on destine la b«uu foornota 
fonte. Les minerais anglais étant tous plus ou moins ««bi^'* 
phosphoreux (les hématites et fers spathiques exceptés) , 
on est obligé d'adopter partout uue allure relativement 
chaude. £n France, dans les grandes forges à la houille, 
on peut marcher habituellement en fonte de forge 
blanche, lorsque la fusibilité des minerais le permet. 
Les fontes y sont assez pures pour donner de bons fers, 
malgré la marche très-rapide de l'affinage. En Angle- 
terre, par contre, la proportion de phosphore est telle 
qu'un puddlage lent et prolongé peut seul donner de 
bons produits. Il faut donc que l'allure des hauts four- 
ûeaux soit chaude et la fonte plus ou moins grise. 
C'est en effet la marche généralement adoptée dans les 
u^es du Gleveland et du Staffordshire, et surtout 
dans celles du Yorkshire (Lowmoor et Bowling) . Mais 
C*est en Ecosse particulièrement que l'allure est exces- 
^vement chaude, et par suite la fonte tout à fait noire. 
Cette température élevée, jointe à un dosage très-ba- 
sique, parvient à faire passer la majeure partie du 
soufre dans les laitiers, et probablement aussi une 
fraction assee notable du phosphore. Enfin, c'est encore 
de la fonte grise que l'on cherche à produire dans les 
quelques forges du pays de Galles, qui fabriquent des 
fers de qualité supérieure. 





} 

ÉTAT PRÉSENT DB LA MtTALLUBGlE DU FER 

our les rails seuls, et surtout les laila très-ordi- 
■es (rails américaiits), on peut se permettre une 
re plus froide. Alors, gi'àce à la température moins 
ée, jointe i la forte proportion de scories, les fontes 
. blanches grenues, peu carburées, et s'affinent ra- 
iment au four de puddlage. Mais évidemment les 
restent crus, dors, peu tenaces, et conviennent 
au plus pour la l'abricaiion des rails communs. 
;i, à part celle fabrication spéciale des grandes 
es du pays de Galles, la tendance générale, en An- 
;rre, est de marcher en fonte de forge grise. Cette 
uistance explique en partie la forte coosommaiion 
hauts fourneaux anglais, comparativement à la 
art des forges du conlineul. 
aspect des laitiers dépend, on le sait, de l'allure 
fourneaux. Dans les usines du paya de Galles, 
îbaot en foule pour rails, les laitiers sont toujours 



EN ANGLETERRE. l65 

Nous aurons, au reste, occasion de revenir sur ce point 
dans la description spéciale des districts de forge. 
Quant à présent, H nous suffira de rappeler que cette 
même nuance s'observe également dans les usines où 
Ton fond du minerai spathique manganésifère quelque 
peu pyriteux, du moins dès que les bases dominent 
dans le lit de fusion (i). 

Les analyses que nous aurons occasion de citer ^ ïnfloenc» 
prouvent dans tous les cas que le manganèse et le soufre 
restent en majeure pahie dans les laitiers, et qu'ainsi 
le manganèse est un véritable correctif au point de vue 
du soufre. 

Les laitiers du Cleveland sont gris pierreux comme 
les laitiers ordinaires des usines françaises, la nuance 
jaune olive fait ici défaut; mais aussi les minerais lia- 
siques fondus dans ce district renferment très-peu ou 
point de manganèse. 

Le dosage du lit de fusion correspond, en général, S^i^îJen," 
dans les usines anglaises, au silicate neutre BS, ou 
même à un excès de base. La proportion de silice est 
le plus souvent au-dessous de 4o p. i oo, et descend par- 
fois jusqu'à près de 3o p. i oo. 

Grâce à la prédominance des bases , il est probable, renfermeni 
comme l'admet M. Berthier contrairement à Karsten (2) , **" phosphore. 
qu'une partie du phosphore passe avec le soufre dans 
les laitiers, et cela sans doute sous forme de phosphure 
de manganèse ou decalcium (3). A la vérité il est difficile 
de constater directement le fait par l'analyse, mais la 



(i) Les laitiers sulfureux et mangaoèsifères de Bessèges sont 
de la même nuance. 

(2) Voie sèche, t. H, p. 983. 

(3) Diaprés Durocher, le phosphore existe souvent dans les 
laitiers en Suède (An. des mines, 5* série, t IX, p. AyS). 





ÉTAT PRÉSENT DE LA MÉTALLURGIE DO FER 

ue des forges du pays de Galles semble le prouver 

cteroeot. On sait qu'en afiinauL la fonte, le phos- 
s'oxyde ol se rend en majeure partie dans les 
s sous forme de phosphate. Mais , comme toutes 
ïries retournent sans cesse au haut fourneau . od 
ue le phosphore irait toujours croissant dans le 
fusion, et par suite dans la fonte, si les laitiers 
enlevaient sans cesse une notable fraction. Or 
détérioration progressive de la fonte et du fer 
it pas lieu depuis que l'on refond les scories dans 
'S de Galles, il faut bien que le phosphore dispa- 
avec les laitiers, ou peut-être aussi en partie avec 
z. 

grand nombre de hauts fonrneaui en Ecosse, dans 
ifibrdshire et le pays de Galles font usage de 
fi cnie. Au point de vue de la consommation, il 
■nt (le m.ircher ain^ti . lorsqu'on a des houilles à 



IN ANGUTEERE. 167 

Dans tous les cas, à un autre point de vue, l'emploi ^"^"bo*uiiîl?^ 
de la houille crue est condamnée par les Anglais eux- lorsqu'on Yen 

, . •« ^ /. j avoir des produi 

mêmes Dès qu ils veulent produire de la fonte et du supérieurs, 
fer de première qualité , soit dans le pays de Galles, 
■oit dans le Staffordshire et le Yorkshire , ils sou- 
mettent la bouille à la carbonisation pour en chasser 
au moins la moitié du soufre , et cependant leurs mine- 
nis renferment presque constamment, comme correctif 
du soufre, une proportion plus ou moins forte de man- 
ganèse qui nous manque en France. 

Comme avantage accessoire de la bouille crue , on 
peut citer la proportion plus élevée des gaz du gueu- 
lard, avantage dont, à la vérité, les Anglais ne profi- 
tent guère, puisqu'ils perdent précisément les produits 
gaseuz de la plupart des hauts fourneaux d'Ecosse et 
du Staffordshire. 

Le vent chaud, comme l'état du combustible, influe d„'°JÎI"i^n, 
sur la qualité des produits des hauts fourneaux. On 
sait que plus la température est élevée, et plus le sili- 
cium abonde dans la fonte. Les fondeurs anglais con- 
servent donc l'air froid pour les fontes et les fers de 
qualité supérieure , malgré une différence de consom- 
mation de «0 à a5 p. loo. 

On a soutenu que l'on pouvait efficacement com- ^,Jî.*ÎÎISd* 
battre l'influence nuisible de l'air chaud en forçant la pour les prodi 

, . 1.1 j r supérieurs. 

proportion de castine et en élargissant la zone de lu- ^ 
sion. Celaest vrai jusqu'à un certain point, mais l'ex- 
périence des fondeurs anglais prouve, à n'en pas dou- 
ter, qup le remède n'est pas suffisant, au moins lorsqu'on 
traite des minerais faciles à réduire. En augmentant la 
dose de castine, on peut bien combattre la réduction 
de la silice, mais on facilite par cela même celle de 
l'alumine, de la magnésie et des autres bases. 

L'aJumiBium est plus abondant dans les fontes qu'on 



il>S BTAT PRÉSENT DB tk UÉTALLDKGU DD FER 

iiu le croit généralement, et la faible ténaùté des fontes 
ti' Kco^te pourrait bien en partie provenir de ta présence 
decet élément. Rarement on l'a dosé, et par les procédés 
d'analyse ordinaire t'aluminerestenécessairementmëlée 
au fer et à la silice; aussi Karsteo déclare avoir trouvé 
peu d'aluminium dans les fontes. Hûs Tniran , d'a^ 
près Thompson, cite diverses fontes anglaises conte- 
nant o,5o à 1 p. 100 d'aluminium, et l'on sait que 
même certunes fontes de Suède renferment jusqu'à 
1,5 p. 100 de calcium et de magnésium et 0.73 d'alu- 
minium (1). On a par suite à se préoccuper de la ré- 
duction des bases terreuses aussi bien que de celle de 
la silice, et à ce point de vue il est bien évident que les 
fondeurs anglais ont raison de préférer l'air froid 4 
l'air cbaud , lorsqu'ils veulent obtenir des fontes te- 
naces plutôt que douces, ou des fers forts supérieurs. 

La température de l'air cbaud est celle du plomb 
fondant, dans les forges du pays de Galles, du Staf- 
fordshire et du Cleveland, de 35o à 4oo' en Ecosse. 

L'air chaud, la houille crue, l'emploi du gaz et quel- 
! modifications dans le tnicé des hauts fourneaux.^ 




EN ANGLETERRE. l6g 

la seule qui puisse donner de bons fers, dans le cas de 
minerais médiocres. La réduction des silicates est tou- 
jours incomplète, et à mesure que la charge s'accroît 
en scories de forges, on voit les laitiers devenir de plus 
en plus noirs et se charger de i o, 1 5 et jusqu'à 20 p. 1 00 
d'oxyde de fer. 

H. Truran assure que dans le pays de Galles les lai- 
tiers renfermenten moyenne, lorsqu'on marche en fonte 
blanche, 1 1 p. 100 de fer métallique, correspondant à 
90 p. 100 de la teneur des minerais (1) ; c'est, comme 
il est facile de le montrer, plus de la moiii6 du fer pro- 
venant des scories. 

En effet, d'après Truran, la charge moyenne des 
hauts fourneaux de Dowlais est la suivante, par tonne 
de fonte (2) : 

Minerai, houiller toniiM. toone*. 

grillé. 1,40 à âo p. 100 tenant o,56 de fer. 

Hématiterouge. . o,5o 5op. 100 o,'.-5 

Scories de forge. o,5o 6up.ioo o.3o 

Charge totale. . a^lio » » 1,11 

Or une tonne de fonte renferme. . . . 0,96 de fer. 

Reste donc dans len laitiers 0,16 de fer métallique. 

c'est-à-dire au delà de 5o p. 100 des o*,3o de fer 
fourni par les scories. Et pourtant ces o\i6 de fer 
représentent à peine 9 p. 100 du poids total des lai- 
tîRs qui, dans ce cas, est de i*,8o par chaque tonne 
de fonte produite. 

Il est d'ailleurs facile de voir que le fer ainsi perdu 
s'accroît à peu près proportionnellement à la dose de 
scories que renferme le lit de fusion. Nous avons relevé 

(i) Truran, p. 62. 

(«) Aujourd'hui, la charge moyenne est plutôt : 

Minerai, houiller grillé l'.io i 

Hémaiiie rouge o',8o [ u\4<i 

Scoriei o'.su ) 



EN ANGLETERRE. I7I 

perd en effet, an haut fourneau, à peu près la moitié 
du fer provenant des scories. Ajoutons comme terme 
de comparaison que, dans la même usine, la fonte 
grise de moulage s'obtient avec le mélange suivant : 

tonnei. tonnef. 

Minerai houlUer grillé* . a,35o h ho 7, tient 0,9^0 de fer. 
Hématite rouge. 0,076 à 5o 7* 0,057 

Charge totale. «... s,Aa5 » » tenant 0,977 

Ce qui laisse seulement 0,027 de fer 

dans les laitiers ou environ 1 1 /a p. 100 de leur poids. 

Or si Ton ne retire des scories de forge que la moitié En Angiate 
du fer contenu, et si l'on songe en outre qu'elles altè- * i^rahe! 
rent la qualité de la fonte et en abaissent le prix de •" '*^°îl^* ' 
vente, on peut vraiment se demander s'il est rationnel q"« bitooi 

_ - * 1 A »v 1 lorsque la cl 

de les ramener sans cesse au haut fourneau. De tous les renfarmi 
minerais, celui des houillères est d'ailleurs, à cause de ***" ^* *^" 
sa réductibilité et de sa fusibilité, l'un des moins propres 
au traitement des scories. Un minerai argilo-réfractaire 
supporterait plus aisément une addition de scories. 

Dans tous les cas , si en France, vu le haut prix des 
combustibles et le prix peu élevé des minerais , il peut 
y avoir avantage de marcher en fonte de forge blanche 
(même sans addition de scories de forge), et de sacri- 
fier ainsi une partie du fer des minerais eux-mêmes , il 
n'en est plus de même en Angleterre, où les minerais 
sont toujours chers. Ainsi donc , indépendamment de 
tonte autre considération, le prix élevé des minerais 
doit faire adopter une allure chaude plutôt que 
froide, dès que la charge ne renferme pas de scories. 

Les hématites rouges de Cumberland pourraient , vu 
leur pureté, donner des fontes blanches, grenues ou 
fibreuses, de qualité supérieure ; mais la perte sur le 
fer serait plus grande que le bénéfice résultant de la 
moindre consommation en houille. 



17s ÈTèT PRÉSENT DE LA MÉTALLURGIE DU FEI 

Od voit par là qu'à tous les points de vue les foQ- 
deurs anglais ont intérêt à produire de la foDte gme, 
et que même dans le pays de Galles l'allure crae offre 
des inconvénients tels qu'il faudra peut-être y reoon- 
cer un jour pour revenir, sinon à la fonte grise propre- 
ment dite, 3.T1 moins à h fonte blaoclie lamelleuse. 

Dans quelques usines du pays de Galles et du Staf- 
'' ford3hîre(Sir-Howy, Russel-Works, etc.), ou a substi- 
tué, comme casline, la clianx vive an calcaire brut. On 
sait que des essais de même genre ont été entrepris en 
divers lieux, et spécialement à h.onigsbûtte en Siléùe 
età Ougrée près de Liège (1). La cuisson du calcùre 
dans le haut fourneau même retarde la réduction des 
minerais dans la partie baute de la cuve, soit par le 
refroidissement même dû au dégagement de tout élé- 
ment gazeux, soit par l'abondance relative de l'adde 
carbonique qui affaiblit l'énergie réductrice de l'oxyde 
de carbone. Il semblerait donc que l'avantage résul- 
tant dr; l'emploi de la chaux devrait se traduire tout à 
la fois et par une certaine réduction sur le poids du 
combustible consommé, et par une marche plus rapide 




EN ANGLETERRE. l'ji 

on nous a affirmé que la chaux offrait un certain avan- 
tage sur la castine. Néanmoins il nous est impossible cV en 
fixer l'importance, et nous ne pensons pas qu'il puisse 
être grand, sinon la compagnie d'Ebbwvale, à laquelle 
appartient Sir-Howy, se serait certainement empressée 
d'introduire le même changement dans ses autres 
usines de Victoria, Ebbwvale, Abersychan et Ponty- 
pool. Il résulte même d'une note des Archives de Kars- 
Ifn (tome XXV), qu'en i85i l'un des hauts fourneaux 
d'Ebbwvale marchait en chaux vive, ce qui n'est plus 
le cas aujourd'hui. 

En consultant le tableau général que nous publions 
ci-après et celui de la page iSj, on voit que la pro- 
duction de Sir-Howy est la même que celle de Victoria 
(i tonne par 5 mètres cubes de capacité intérieure) , et 
que la diOërence de consommation par tonne de fonte 
est à peine de o%2o de houille sur 2%2o. 

§ k' Production et conêommation des hauts fourneaux 

anglais. 

Nous terminons le chapitre sur le roulement des 
hauts fourneaux par le tableau général de la produc- 
tion et de la consommation dans les différents districts. 
C'est le complément de celui de la page loy. En les 
rapprochant, on peut vérifier les conséquences que 
nous en avons tirées. Quant à présent, il nous parait 
inutile de nous y arrêter davantage, mais nous y re- 
Tiendronsen passant en revue les résultats spéciaux des 
divers districts. 





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CHAPITRE V. 

I GÉNÉRAUX DE LA FABRICATION DE LA FORTE 
D&nS LE BOÏACK£-C!CI. 

Rjà par le chapitre V de la première partie, 
1 858, dans l'espace de vingt-cinq ans, la 
2 la fonte s'est accrue en Angleterre daos 



.... 700.000 tonnes ea iS33. 
.... 3.û56.o6â en iSfiS. 

fauteurs des Vogagts métallurgiques, t. 1, 
I il y avait dans le Royaume-Uni : 

au cbarboD de bols, produisant 17.000 

au bois ■ lô.ooo 

au coinbuflt. minéral, n ^g.ooo 

au combust. minerai, t l'iS.ooo 

nie plus aucun fourneau au charbon de bois. 
[«7 hauts fourneaux au coke, produisant 
es, répartis ainsi : 

I pays de Galles. 63 

StafTordshire ùa 



EN ANGLETERRE. \^^ 

Staffordshire 108 

Pays de Galles 109 

Ecosse 35 

Torkshire 3A 

Derbyshire 19 

Divers autres comtés 3o 

Total 3a5 

On voit par ces chiffres qu'à l'origine du siècle, la 
fabrication de la fonte était encore répartie également 
entre toutes les parties du Royaume-Uni , tandis que 
vingt ans après, en i8s6, elle commença à se concen- 
trer d'une façon très-prononcée dans le pays de Galles 
et le Staffordshire. Depuis lors, grâce aux ressources 
naturelles et à la situation privilégiée de certains dis- 
tricts, la concentration des usines et, avec elle, la 
spécialisation des produits, a fait de rapides progrès. 

Elle ressort clairement du tableau suivant, qui ré- sitatiiMi 
sume l'état de la fabrication de la fonte en 18S7 ethtQU fooniMw 
i858, d'après les mémoires du Geological Suney par •" »•"•*"»•• 
R. Hunt. 



Tome XX, 1861. it 



ÉTAT PRÊSEBT DE lA «ÉTALtURGIE DU FER 



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i||l - a ^ i^ r."" 7i^ % r.- t — "-|s 



EN ANGLETEBRE. 1 79 

Les mêmes états statistiques de R. Hunt donnent pour 
la Taleor des 3.659.447 tonnes des fontes produites en 
1857: ii.838.56oliv. ; et pour celle des 3.456. o64ton- 
nesde 18S8: 10.713.798, soit par tonne : 

Ut. th. d. 

En 1857» nn prix moyen de 3 10 a 

En i858, — 3 9 » 

On voit^par ces chiffres qu'en i858 l'industrie des 
fontesaété dans une situation très-peu prospère en Angle- 
terre : comparativement à Tannée 1857, déficit dans la 
production de plus de 200.000 tonnes, et baisse de prix 
de 8 sh. 1 d. (soit 10 francs par 1.000 kilog.) On voit 
d'ailleurs que, sur 834 hauts fourneaux, 2 1 5 (plus d'un 
quart) étaient alors en chômage. Ajoutons que depuis 
i8d8 la situation, loin de s'améliorer, a plutôt empiré. 

L'accroissement de production qui se manifeste en ProdoeUon 
Angleterre depuis l'origine de ce siècle, résulte bien ^'^î, JîïïïîSî" 
plus, comme on doit s'y attendre, de Tagrandissemeut *poqn«. 
des fourneaux que de leur multiplication. Depuis 1 806, 
en cinquante années, le nombre des fourneaux n'a pas 
quadruplé, tandis qne la production s'est développée 
dans le rapport de 1 à 1 4 ; et depuis 1 833 , en vingt-cinq 
années, le nombre des fourneaux a simplement doublé, 
lorsque leur production s'est accrue de 1 à 5. 

Voici, au reste, d'après M. S. H. Blackwell, l'ac- 
croissement progressif de la production des hauts 
fourneaux : 

Peu après 1740, époque des premiers essais de la fu- 
sion au coke, la moyenne de production par vingt-quatre 
heures est à peine de 2 tonnes. 

Des soufflets en bois, mus par l'eau,* alimentaient 
alors ces anciens fours. 

Les premières machines soufflantes à cylindres furent 
établies par Smeaton, en 1 760, à l'usine de GajTon , et 



l8o iTAT PHÉSZRT Dl U H&IAIXmeU DO FIE 

peu aprëa la machine à vapeur supplanta graduellement 
les moteurs hydrauliques. En 178S, la productioD 
moycune étut de 3 tonnes. Eu 1796, elle monte i 

6 tunnca, et déjà quelques fouroeauz attdgaent 

7 tonnes. 

Cetto dernière augmentation correspond à l'inven- 
tion de la machine soufflante à double effet par Boolton 
et Watt. • 

En i8a5, la production moyenne est de 7 tonnes; en 

i8&i,de i4 & i5 tonnes, et en 1 858, d'i^rte le tableau 

précédent, de 18 tonnes. 

ttptmiii Plaçons maintenant en regard de ces chiffres le dé- 

'brtMiien veloppement progresùf de la fabrication de la foote an 

• <• coie en France. 

vhm. En 181&. 6.3O0 tonne*. 

i83o. aS-aSS 

iK5 36.100 

18A0. 69.&âo 

18A& 157,807 

18A7 3id.3i9 

1860 168.797 



lu-z 




EN ANGLETERRE. l8l 

En 1866 358*738 tonnes. 

1857 39i!i.a3a 

i858 ^jUMyi 

Le Cleyeland avec Newcastle : 

Environ Sli.ooo tonnes en 1857 

Et. »... 78.000 en i858 

Le pays de Galles n*a exporté que 

17.6/13 tonnes en 1867 
Et à peine 3.000 en i858 

La majeure partie de la fonte exportée se rend aux 
États-Unis, en France et dans le nord de l'Europe. Mais 
tandis que le chiffre augmente d'année en année pour 
les divers pays situés en Europe , l'exportation décroît 
pour les États-Unis depuis i854- ^ 

Ainsi d'Ecosse on a expédié aux États-Unis : 

En i85/i iiS.ôoo tonnes. 

En i856 56.000 

• En 1867 Zia.soo 

La France ne reçoit presque que des fontes d'Ecosse, imporuui 

On en a importé « d'après les documents anglais : fonia angu 

En i856. 6o.53o tonnes. 

1867. • • • 67.713 

i858 53.38i 

Le prix de revient de la fonte varie d'un district à phi de kti 
un autre, et nous avons vu déjà que, loin de s'abaisser *** **'®"'' 
depuis trente ans, il tend plutôt à s'élever à cause du 
renchérissement graduel des matières premières. 

Réservant les détails pour la description spéciale de 
chacun des districts, donnons seulement, quant à pré- 
sent, les limites extrêmes de ces divers prix à l'époque 
de notre voyage (juin 1860). 

Dans le pays de Galles ^ la fonte pour rails coûtait 

alors, selon les usines et la qualité du produit, par tonne 

de 1.000 kilog. : 55 à 65 francs. 

La fonte pour fers ordinaires 69 à 76 francs. 

La fonte supérieure, pour moulage et 
fers spéciaux, obtenue à l*air froid . 90 à 100 





ËTAT PHËSENT DE LA UËIAUURGIE DU FBB 

tns le Slaffordskire : 

■s de forge de qualité iDférisnre. ... . 63 à 77 

■3 de forge grises ordinaires. 77 à ga 

is de moulage ou de forge supérieures. 9» & io3.6o 

'S grises tle forge il Tair froid 97-76 k loS.So 

s de moulage à t'air froid loS.So t 116 

iiisU Clepeland: 

ite grise ordinaire de forge et de mou- 


nu le district de Glasgow en Ecosse: 


ms ne dirons rien ici des pris de vente ; on sait à 
jien de fliictuaiioDS ils sont exposés d'après le rap- 
si chaofieantde l'olTre à la demande. On trouvera 
loin ces variations sous forme de tableaux synop- 
'.s. Ainittons seulement que ilepuis i858 le prix de 



EN ÀMGLETEREE. l8| 



REVDE DES DISTRICTS DE FORGES DU ROTAUME-UNl 

AU POIMT DE V0£ D£ LA FONTI. 



1. BUWBICT »■ i.*ÉcaMiit nifesiDio 

FABRICATION DE LA FONTE DE MOULAGE. 



GHAPITllE VL 

GÉNÉRALITÉS. 



La fonnatioD houillère de TÉcosse méridionale s'é- edm^m 
tend de Touest & Test, depuis la côte occideotale, à ^^ bou?iïér! 
rouest-sud-ouest de Glasgow, jusqu'à la côte orientale, ,^,{j^ 
^ Test et au nord-est d' Edimbourg . 

EUe se subdivise en un certain nonibre de bassins, 
sinon absolument indépendants, au moins très-distincts 
quant à Fimportance et à Tallure des couches de 
bouille, de minerai et même des couches d'argiles ré- 
fractaires et de calcaires. Ces bassins sont limités et 
séparés les uns des autres par des lambeaux de terrains 
cristallins ou de transition, et par des masses de roches * 

trappéennes: ces dernières roches, sans doute en re- 
lation avec les lignes suivant lesquelles se groupent 
les principales dislocations du terrain houiller, afDeu- 
rent même sur un plus grand nombre de points que 
n'en indique la carte générale jointe à ce mémoire 
(pi. V, du tome XIX). 

J^es noms des divers bassins de TÉcosse sont tirés Divers baM 
de ceux des comtés mêmes : on distmgue donc les ^we %tllm\ 
bassins du Lanarkshire, de VAyrshire, du Kenfreushire ^*"' *"P*'" 
(Paûtey), du Stirlingshire, etc. 

Au poiiU de vue métallurgique, le Lanarkshire est 



|TAT PRtSEItT OU LA UÉTILLURGIE DU FBB 

) le plus imporiEiDt ; sur 400 à 4^0 mines 

Ile, ouvertes en Ecosse, le Lauarksbire en ren- 

IGo à 170 ; l'Ayrshire 90 & 100 ; le Slirlingsbire 

H; le Fifeskire 4o. le surplus étant réparti entre 

s autres bassins. 

duction totale de la houille en Ecosse s'éle- 
i858, d'après M. Robert Hunl, à 8 926.SA9 
Ir extraction du Lanarkshire y entrait pour près 
moitié, c'est-à-dire pour 3 à 4 millions de 

, tandis que rAyrshire, le bassin le plus im- 
Baprès celui du LanarUnhire . expédie une bonne 
■e son e:ftraction à l'étranger ou par cabotage 
lûtes d'Angleterre, presque toute la houille du 
|bire se consomme dans la localité, soit dans 
3 fourneaux, forges et manufactures diverses, 
9 les foyers domestiques de Glasgow et de ses 



EN AHGLETERRE. l8& 

^7 autres sont disséminés dans le Siirlingshire^ le Fife^ 
skire^ etc. 

Si nous ajoutons encore que sauf les hauts fourneaux ^.uê*^. 
de Glengarnock^ aucun de ceux situés hors du Lanark- *• p»»» «"v^rtii 
ahire ne fournit des qualités de fontes comparables aux méuiiwrgiqM 
marques des principales fonderies de ce district, on 
comprendra pourquoi nous nous en sommes spéciale- 
ment et presque exclusivement occupés. 

A l'époque où MM. Dufrénoy, Élie de Beaumont, et Mm^uta 
Costeet Perdonnet, visitaient F Ecosse pour la dernière j^ i^iJSÎSi,, 
fois, avant la publication de la deuxième édition du 
Voyage métallurgique en Angleterre (Paris, 1837), on ne 
connaissait guère du Lanarksbire que les environs 
immédiats de Glasgow. On avait seulement entamé 
le bassin houiller à Test de cette ville, autour des seuls 
usines existant alors : la Clyde^ Calder^ Monkland et 
Gartsherrie. Les travaux ouverts à cette date avaient 
déjà fait reconnaître deux étages principaux dans le 
terrain houiller : l'un supérieur, supposé renfermer 
sept couches de bouille, l'autre inférieur où les au- 
teurs du Voyage métallurgique signalent surtout la 
concentration du minerai de fer ; mais ils ne parlent 
pas du minerai spécial à l'Ecosse : du blackband^ dont 
on exploitait encore assez peu la couche, cependant 
connue déjà, dans l'étage supérieur, sous le nom de 
Mushet'blackband. 

Depuis lors, les travaux d'exploitation se sont consi- 
dérablement étendus le long de la vallée de la Clyde, 
et plus particulièrement encore sur la rive droite de 
ce fleuve, entre Glasgow et Netherbum. — C'est dans 
cette région centrale que paraît surtout se développer 
l'étage supérieur de la formation houillère du Lanark- 
sbire, avec ses nombreuses couches de charbon, et son 
asttse de minerai de fer, le célèbre Mushet-blackband. 





1 

ÉTAT PRtSBBT DS lA MÉTAUURGIB DD PEU 

aux richesses de cet étage supérieur que les foa- 

i si connues de Garisherrie, Calder. Sunmerlee, 
laiid. Diindyvan, etc., toutes établies sur les pla- 

qui domineut la vallée de la Clyde au nord, doi- 
leur prospérité et leur réputation pendant les 
! dernières années. 

dehors, au Nord comme à l'Est de cette hande 
rrain houiller, où coule la Clyde, l'étage supé- 
disparaU progressivement à mesure qu'on avance 
itage vers Is Stirlingshire tKihijlh, PossH, Den- 

d'une part, et vers le I.iHlithgotcskire (Edin- 
... ) de l'autre.— Dans ces deux derniers comtés, 
e inférieur se rencontre à peu près seul avec ses 
res, ses argiles réfractaires et ses minerais de fer, 
avec une bien moindre abondance de bouille que 
^miei'. 
près M. William Moore, l'étage supérieur au- 



EN AMGLETfiBRE. 187 

Hais le nombre de bancs réellement exploitables est, importaneeréeiio 
en apparence, plus grand qi^'en réalité. découches 

Parmi les couches de houille, les trois désignées sous ^^piJîiïb"^ 
les noms de Upper-coah Humph et Sourmilk-^oal pa- «""00* •« p«»n- 
raifieent non-seulement d'une qualité insuflisante pour méuuargiqiie. 
les hauts fourneaux, mais encore inexploitables, à cause 
de leur minceur, sur bon nombre de points du Lanark- 
shire, et en particulier, aux environs d'Âirdrie et de 
CotUbrige^ centres d'alimentation des fonderies prin- 
cipales d'Ecosse. — Les autres couches de l'étage su- 
périeur, c^est-à-dire celles nommées : Ell-coal, PyotS' 
ehaw and tnain^coal, Splint-coal, Kiltonguevirtue well 
et Drumgray-^oaly fournissent, très-inégalement d'ail- 
leurs, des houilles propres à la fusion des minerais de 
fer.-— La couche dite SpUnt-coal, la plus réputée à cet 
égard, est à peu près épuisée aujourd'hui. Quant aux 
autres, eHes varient souvent de qualité et de puissance, 
sur des étendues assez peu considérables. L'étage 
inférieur, dans le Lanarkshire. n'est pas réputé ex- 
ploitable quant à la houille. — Si , vers le Nord , à 
Ulsytb, dans le Sdrlingshirey ses affleurements pré- 
sentent des couches de bonne qualité, ce même étage 
ne donne plus, au contraire, à Bôness, et à KinneiL 
que des houilles tout à fait inférieures, quoiqu'en cou- 
ches assez puissantes ; il en est de même à Bathgaie^ 
dans le LinliUigoioshire. Enfin à Possil, le champ d'ex- 
ploitation ouvert sur ees assises inférieures a reconnu 
•deux couchps de houille, en même temps que le PossU 
blackband ; mais ces deux bancs de charbons sont trop 
minces pour être l'objet d'une exploitation régulière. 

Les irrégularités de puissance et de qualité sont eu- imporuoct 
core plus grandes dans les minerais de fer que dans des r4>ucbM ' 
les couches de houille. — Aussi des 10 ou is bancs, **•"*"•'• • * 
qoe comprend l'ensemble du terrain, on ne peut en 





ETAT PBÉSfiHT DE Là «ÉTALLUBGIB DO FEB 

pter que la moitié, sept au plus, comme réellemenl 
oitables; ce sont les l)anc3 dont les ooins suivent: 
'ushel : jRhough ; Bellside ; Calderbrae ; Slaty ; PossU 
ovan. 

îcepté le second de ces bancs qui est un minerai 
leux {Ctayband), tous les autres sont des blach- 
Is ou carbonates de fer bitumineux, noirs ou vei- 
s de gris et de noirs. 

n présence des variations fréquentes de puissance 
î qualité des couches de houilles et de minerais, et 
ippelant d'ailleurs que les nombreux afileurements 
oches trappéenoes sont presque toujours le signal 
érangements, /"ailJes, serrées, elc, on comprend que 
edela circonscription des bassins ait persisté en 
ise, surtout avec des exploitations sans aucun lien 
mes avec les autres. Aussi les exploitants reculent- 
evant toute exploration en profondeur. Sur lepla- 



BR ANGLETERRE. 189 

minérales; nous nous bornerons à indiquer les estima- 
tions de H. W. Moore pour le principal comté» celui du 
Lanarksbire. 

Il évalue l'existence en houille à 438. 8 1 5. 5oo tonnes, 
et celle du minerai à 79.081.400 tonnes. 

En admettant les consommations actuelles de 5 mil- Darée probibto 
lions et 1/4 de tonnes en charbon et de 1 million de ^ "Se* 
tonnes en minerai de fer, le bassin du Lanarksbire a *~ «rfitenoei. 
donc des ressources à peu près assurées pour le roule- 
ment continu de 100 bauts fournaux pendant soixante- 
dix à soixante- douze ans, et pour plus de cent ans de 
houille, au taux actuel de l'extraction. 

Remarquons d'ailleurs que M. Moore n'a évalué que 
ce qui est réellement découvert et connu aujourd'hui: 
or, nous avons pu voir nous-mêmes que le comté du 
Lanarkshire renferme plus d'une région oh la sonde du 
propriétaire du sol n'a pas encore pénétré; il nous 
parait donc, comme à M. Moore, y avoir plus d'une 
chance de nouvelles découvertes, chances suffisantes 
à compenser, en grande partie, les réserves que nous 
faisions plus haut quant à ces évaluations. 

Hais si les existences en houille et minerai (il est conditfMs 
inutile d'ajouter en argiles réfractaires et castine) sont '^êipîialui!»!^ 
encore si développées dans le Lanarkshire^ il reste à 
examiner si l'exploitation et l'utilisation de ces riches- 
ses se feront dans les mêmes conditions favorables 
dont jouissaient jusqu'ici les fonderies écossaises. 

Les fonderies, comme les exploitations de houille et condiuoiis 
de minerai de fer se sont d'abord établies à portée des péri^dM 
affleurements ou relèvements des couches : c'est idnsi 
que le groupe le plus important de ces établissements, 
eeloi du Monkland-disirict s'est appuyé sur le noyau 
de roches trappéennes qui, à Test d'Airdriet sert de 
base aux coocbes relevées du terrûn hooiUer : c'est-à^- 





• ÉTAT PRÉSENT DB LA MÉTALLLflGlE DO FER 

i que la profondeur des eiploilaliona était alors 
itivfsment faible. 

^n inËme temps, les exploitants àe mioeB et haota 
rnaux purent, au début de l'industrie écossaise, 
enir, des propriélairtis du sol, des locations k Uux 
redevauce très-réduits : 4 à 5 pences par tonne de 
lille (4o ù 5o centimes en nombre rond) ; 6 pences 
sh, i/4 (o'.Go à i',65) par tonne de minerai. 
inGn, grâce à la puissance même du Mushet-black- 
id (57 à 38 centimètres) et à sa richesse (grillé, il ren ■ 
it de 55 à tio p. loo), on a pu, pendant plus de 
^t-cinq ans, alimenter un grand nombre de hauts 
maux sur tin espace relativement très-réduit, où se 
ivaient ainsi à la fois et à prix de revient très-bas, 
\oui(le,le minerai, la castineei l'argiie. 
^escondiiionsgénéraies ont subsistéjusque dans ces 
niers temps pour le plus tçrand nombre des usine» 



EN ANGLETERRE. igi 

puissantéi régQlière et d'excellente qualité, à des pro- 
fondeurs de 100, 200 ou 2Ô0 mètres, doivent aller au- 
jourd'hui chercher les minerais de PossiU Kilsiih , Denny 
et Batbgate, de qualité un peu plus variable, et en 
couches moins puissantes, à des distances de 20 milles 
(5o à 35 kilomètres) des hauts fournaux. 

Il est vrai que, comme l'indique la carte (PL V, 
t. XIX}, les usines sont reliées aux divers points par 
de nombreux canaux et chemins de fer (1) ; mais, ainsi 
qu'il a été dit dans la première partie de notre travail, 
les tarifs sont très-élevés en Ecosse pour ces petits 
parcours. 

Quant aux conditions de redevances, elles ont Aagmenuaon 
changé à la fois pour la houille et pour le minerai. de redevaneet. 

Ici, comme dans le pays de Galles, la redevance par sar it boaiiie. 
tonne de houille tend à se généraliser à 6 ou 9 pences 
(o',62 à o',92). Dans les environs de Wishaw (exploi- 
tation pour bouille exclusivement) , on cite même quel- 
ques redevances s élevant à 1^28 par tonne de gros 
et 0S20 à o',25 par tonne de menu. 

Pour les minerais, l'accroissement des redevances a sur les minenit. 
été bien plus marqué, conséquence naturelle : 

1* Des bénéfices attribués ou supposés aux fondeurs, 
par suite des premiers baux ; 

s* De la concurrence qui s'est établie peu à peu entre 
ceux-ci yi9-&-vis des propriétaires du sol. 

Ail tninimtim, il faut compter aujourd'hui 2 sh. à 
s sh. i/û (2',5o à 3 fr.) par tonne de i,oi5 kil. 
Quelques usines payent même 3, 4 ^t 6 sh. pour des 



(1) Pour pe pas surcharger cette carte, nous n'avons môme 
pas refirésenté qnelques lignes ferrées secondaires comme 
celles de ôkugow à Hamiiîon , de Bathgate à DroMÏair^ etc. 





ÉTAT PRÉSENT DE LA HËTALLDItGlE DU FEB 

sa plus OU Dioios équiraleDtes à l'aDcien Musbet- 

taod. 

utoDs d'ailleurs, comme circonstance aggravante 
traités avec les propriétaires du sol, qu'ils com- 
t le plus souvent un minimum d'extraction, 
pose à l'exploitant ou au fondeur écossais l'obli- 
de travailler àpeu près constamment quelles que 
d'ailleurs les circonstances commerciales. 
s apprécierons plus lard, en traitant des condi- 
Sconomiques de la fabrication de la fonte en 
, l'influence définitive de ces changements dans 
IX de redevances et dans les conditions de trans- 
ians sortir des généralités, examinons mainte- 
uelles modifications ont pu éprouver les autres 
itsde cette industrie. 

' une certaine diminution de qualité et de plus 
;s variations d'allure des couches, ou portions 



Elf AlIGLETEBBE. 193 

comme soutènement. Parles deux méthodes, le boisage 
est d'ailleurs presque toujours insignifiant, 

L'abatage moyen d'un ouvrier mineur, par i o heures, 
yarie de 2 à 4 tonnes 1/2, rarement 5 tonnes, dans 
des couches de 5 à 7 ou 8 pieds, par Ikine ou par l'au- 
tre des deux méthodes d'exploitation. 

Nous donnerons comme dernier renseignement la 
composition du personnel ouvrier d'une mine produi- 
sant environ 100 tonnes par jour, avec une couche de 
de 5 à 5 pieds et i/s, dont 3 1/2 à 3 de charbon pur. 
Cette mine occupait : 5o à 60 mineurs (au charbon ou 
au rocher) ; 20 à 26 rouleurs de fond ou de surface; 
4 i 5 manœuvres ou ouvriers divers ; un mécanicien et 
un chauffeur. 

Le minerai de fer s'exploite et continuera de s'exploiter condiumit 
à peu près généralement d'une manière indépendante ^e reipMuiiM 
de la houille : quelques couches seulement, comme ^^^^\^^ 
celle du spUtU-coal^ ^nt^ sur certains points, accom- 
pagnées d'un mince filet de blackband ou de clayband 
qu'on abat en même temps que la houille. 

On applique aux minerais la méthode par grandes 
tulles, dont les matières stériles, intercalées entre les 
bancs de minerais, suffisent généralement au remplis- 
sage de la plus grande partie des vides. Cette méthode 
réalise l'enlèvement complet du minerai ; mais malgré 
les facilités que donnent à l'abatage des tailles et les 
havages profonds dans les couches argileuses tendres 
qui limitent ou divisent les bancs de minerai, les frais 
de ce travail sont cependant très-élevés quand on a à 
le pratiquer dans des épaisseurs de blackband de 4> 5 
ou 6 pouces comme en présentent la plupart des 
couches, le mushet-band excepté. 

Voici d'ailleurs deux exemples extrêmes des condi- 
tions d'abatage : 

TOMB XX , 1861. i3 





ËT&T PRÉSENT DE LA UËTAI.LUS6U DD FER 

Exploitaùon située (kos le ceatre du Lanarksbire, 
rie sur une partie de mushelbaud de i3 pouces 
tisseur moyenne, avec un loit scliisieux solide et 
lur de i a a pieds de charbon qu'on n'enlève pas, 
qui sert aij havage. — En dix heures de travail, 
iqueur abat a tonnes environ de militerai cru. 
Exploitation dun banc de 4 àâ pouces, avec schiste 
eux au toit et au mur; — havage dans l'argile. — 
lineur n'abat qu'une demie à troisquarts de tonne 
oornée de dix heures, 

Huiïil de ces exemples pour montrer que les con- 
13 d'exploitation des minerais seront, à l'avenir, 
s fav^rable3 que par le passé, puisque la plupart 
bancs autres que le mushet blackband ont des 
seurs moindres que celui-ci. 
s Possil et Govan Ironstones s'en rapprochent, 
ne puispance et qualité , mais ils sont certainement 



Jfiti ANGLETERRE. 19& 

par la comparaison des prix actuels avec ceux rapportés 
par MM. Dufrénoy, Elle de Beaumont, Coste et Per- 
donpet : amélioration due sans doute au perfectionne- 
ment et à la multiplication des voies de transport et à 
la concentration de l'extraction dans les mines spéciales 
de GarnHirk. 

Un des éléments industriels les plus importants pour vtrituonf 
des entreprises qui, comme celles d'Ecosse embrassent u main-d'erayn 
l'extraction de toutes leurs matières premières, c'est *" b««»«« 
le prix de la main-d'œuvre et plus particulièrement la 
journée des ouvriers de mines. — Aussi la plupart des 
statistiques recueillies dans ce district, enregistrent-elles 
avec soin les prix moyens annuels de la journée des 
mineurs. Nous donnerons ces prix au chapitre des do- 
cuments économiques relatifs à la fabrication de la fonte 
en Ecosse pour la période 1848 — 1869 • — ^^^ Y verra 
que les variations de la main-d'œuvre dépendent à la 
fois des circonstances commerciales et des conditions 
m6me de la vie matérielle de Touvrier. Toutefois, ce 
n'est que sous l'influence des plus mauvaises récoltes 
que le prix des denrées alimentaires réagit d'une ma- 
nière importante sur le coût de la main-d'œuvre, le 
maître consentant alors à des sacrifices pour combattre 
une tendance des ouvriers déjà trop marquée en temps 
ordinsûre, la tendance à l'émigration. — Un accrois- 
ment trop rapide de la production provoque les mêmes 
effets. 

Mais, sauf ces exceptions, l'organisation industrielle 
de rÉcosse se résume par une indépendance et une li- 
berté de transactions parfaites entre maîtres et ouvriers; 
les premiers réduisant les salaires quand les prix des 
fontes faiblissent; et les seconds, toujours attentifs aux 
variations du stock métallique, ne tardant jamais à ré- 
clamer leur part de bénéfice, lorsque les circonstances 



EN ANGLETERRE. I97 

alors à l'air chaud certaines économies incontestable- 
ment dues à des modiGcations de profils adoptées à 
peu près à la même époque. 

De i856 à i845, l'emploi de Tair chaud chauffé 3«pérM 
i des températures de plus en plus élevées se généra- 
lise en Ecosse ; mais aucune autre modification ne pa- 
rait avoir été apportée au travail de la fonte dans cette 
période. 

De 184& à i85o, et plus récemment de i85o à iSSg, «* p^^^Ii 

it. ^ /.^ ■. . -1 iT de IMS à II 

sous Imfluence évidente des accroissements de dé- 
bouchés offerts aux fontes d'Ecosse, on adopte, dans le 
district, le principe d'augmentations nouvelles dans les 
dimensions de hauts fourneaux, principe appliqué déjà 
dans d'autres contrées du Royaume-Uni. Comme celle- 
ci, l'Ecosse réalise par là des productions croissantes 
par chaque haut fourneau. 

Dans ce résumé des changements apportés en Ecosse 
aux procédés de fabrication de la fonte, on ne voit 
pas figurer l'emploi des gaz et flammes perdues du 
gueulard. Les fonderies de ce district n'ont fait à cet 
égard que quelques tentatives infructueuses ; nous in- 
diquerons plus tard les causes qui s'y sont opposées 
jusqu'ici à l'adoption d'un procédé généralement ap- 
pliqué, non-seulement sur le continent, mais encore 
dans bon nombre des hauts fourneaux d'Angleterre et 
du pays de Galles. 

S 9. Nature de$ tnatiéres premières. — Préparatiom 

qu*<m leur fait êubir, 

I. Houille. — Les houilles d'Ecosse, et en parti- 
culier celles de Lanarkshire, appartiennent générale- 
ment à la classe des charbons secs à longue flamme. 
Comme houilles propres au roulement des hauts four- 



igS ËTAT PRtSËNT DE LA M ËTALLDRGIE DO FKK 

neaux. on recherche les variétéa dures et autant que 
possible pures et peu pyrîteuses. La couche dite spUnl- 
coal (charbon schisteux, esqiiilleux) doit sa réputation 
à sa constance, quant à ces trois propriétés. Les houilles 
des couches Pyolskatr et KUtongue présentent encore 
assez souvent quelques-unes des propriétés des splint- 
coal, c'est-à-dire une texture schisteuse, uae couleur 
noire, mate, mais à un degré moindre. 

Voici d'ailleurs quelques résultats d'analyse relatifs 
au splint-coal : 

iI;m «ilnll* 1. DoMt* 4a tmttr» 

dut m «cktiUllM 



' 


Ami;» «InlU 




Ha ■. TnnD. 


Carbooe. . 


76,50. 


Hydrogène 


6,00. . 




Oxygène. . 


9.»o. . 




Soufre. . . 


0,80. . 




Aiote . . . 


i.ao. . 




Cendres. . 


6,ao. 





On voit d'après cela que ces houilles sont loin d'être 
dépouillées de soufre et qu'elles ne sont paâ toujours 
de première propreté; nous avons pu nous assurer 




EN ANGLETERRE. I99 

quelques-uns seulement, ceux du Fifeshire, consom- 
ment encore, nous a-t-on dit, un mélange de houille 
et de coke; on y obtient celui-ci des houilles plus ou 
moins collantes de l'étage inférieur du terrain houiller. 

IL Minerais de fer. — Le minerai le plus fré- vtriéié» 

, * de 

quemment consommé en Ecosse est la variété dite biackbandt en 
blachbartd. C'est un minerai compacte, terne et ter- 
reux, à structure quelquefois schisteuse et rubanée, 
d'une teinte variant du gris foncé au noir. 

Quelques variétés ne renferment presque absolument 
que du carbonate de fer et des matières charbonneuses 
ou bitumeuses, la silice, Talumine, la chaux et le man- 
ganèse n'entrant dans la composition de ces variétés 
que pour quelques centièmes. Plusieurs fonderies du 
district de Monkland ont roulé à peu près exclusive- 
ment avec ces sortes exceptionnelles jusque dans ces 
derniers temps; mais la majorité des blackbands au- 
jourd'hui disponibles sont inférieurs en richesse et, de 
plus, ce qui est assez fréquent, souillés de pyrites et 
d'acide phosphorique en assez fortes doses pour com- 
promettre la qualité des produits. 

On jugera de ces variations de richesse par les ana- 
Ivses suivantes de différents échantillons de black- 
band cru : 



100 ÉTAT PëÉSBNT DE LA HiTALLOtCll DU RK 





■• 1 


n'a 


te 1 


H* i 


a*f 




(S,44 


Vfii 
10,111 


S1.M 
ï,» 

a, «a 
«.sa 
t,»i 

T.» 
0.1* 

ts,it 


flS,ll 
I.U 

V 


(T. 

1.» 


Paroijdo da ter 

Carbonalo da ehàai 

Carbonate da niagDétle. .... 

K.. :•■■: 




Fer néulllqnB 


41,M 


Hfia 


M,tO 


».M 


M,» 


Lat D" i et 3 aont titrait* de t'onTraRa de M. Trnran (ptRO «). L* nua- 

Le. 11- 1 el 4 «oui eitraiu de U notice de')* cilM da H. Seh.ara (Z«ll> 

Khrifl von Carnall. IMalome. i" ll>rai3oii. 

de celte inalîio complète, une calcinalion i une chaleur nodiita a 
élt faite sur la parue ta p1n> noire du in«ni« irbanllllan; allô a doon* 



riii«* Ces minerais sont soumis au grillage avant d'être 

wQdieraa passés au haut fourneau. Legrilli^se fait iirùr libre 
M/it?''"' ^° tas de 10 à i5 pieds de hauteur, de 4o ^ 5o pieds 




EN ANGLETERRE. 



301 



dant les diverses manutentions qu'ils doivent sabir 
avant leur introduction dans le haut fourneau. 

Les analyses suivantes, n^ 6, n* 7 et n* 8, représentent 
les compositions respectives des minerais grillés des 
mêmes provenances que les n*" 3, 4 et 5 de blackbands 
crus rapportés précédemment : 



Peroydede fer 

Protoiyde fer 

Oxyde rooge de manganèse . 

Alamine 

Argile 

Chaax 

Acide •ulforique 

Sable 

Sable et un peo d'argile. . 
Acide |>bof phorique ..... 



R" 6 



Fer métallique 



71.95 

n 
3,94 

N 

14,66 
4,68 
2,57 
2,30 



50,37"/, 



R® 7 



66^20 

a 
8,95 

16,S5 



8,50 

M 



»• 8 



46,34 



89,75 
ir. 

70 
*,00 

» 
2,24 

non dosé. 

N 

5,00 
0,95 



62,16"/. 



Nous ignorons si M. Scbwarz, auquel sont dues les obsertti 
analyses n* 6 et n* 7 , y a recherché Tacide phosphorique ; u eompoi 
mais en effectuant l'analyse n** 8, l'un de nous a ap- biackbawii 
porté tousses soins à la détermination de cet élément, «^i^'m 
dont le dosage a été fait d'ailleurs sur 5 grammes de 
matière. 

Les analyses n** 1 et 2, faites en Angleterre, n'indi- 
quent pas d'acide phosphorique, mais il est bon de 
rappeler que les chimistes anglais, praticiens avant 
tout, ne recherchent guère, dans leurs essais ou ana- 
lyses, que les éléments principaux, sauf demande for- 
melle de la part des industriels qui leur adressent les 
échantillons. Il est donc probable qu'on n'aura pas 
cherché l'acide phosphorique dans les échantillons 
vr I et «. (i'est aussi l'opinion de M. H. S. Blarkwell^ 
qui, en rapportant l'analyse n"* 1 dans un petit opuscule 
déjà cité, ajoute : « L'acide phosphorique n'y a pas 



v^v^wuiiuus^eneraieu 

d'Ecosse. 

Nous remarquerons aussi 
tion de ces minerais, non-s 
chesse après grillage, mais 
élevé en bases et nolammen 
oxydé. Indépendamment de I 
derniers éléments peuvent ( 
métal, il est aisé de compr 
élevées ils communiquent a 
propre très-grande; la prop 
en conséquence, être réduite 
bustible est d'ailleurs assez pi 
*'.'*•??■*• En résumé, les bonnes varié 
irtiiéi lés constituent des minerais r 

•ont d'excellenu , ..,, ,, , .« ■ 

miDeraif. ductwl^s^ d autant plus reducti 
parfaitement à l'état fragmei 
menu, et par conséquent doi 
chutes de mine ou de tassemi 
hauts fourneaux, 
inaiyte à l'appui* Ce quî établit eucore mieux d 

rtdu"ciiwi!"é!* ductibilité, c'est l'accident, ass 
les ^rillacres. d'nno f..«"-^ — 



EN ANGLETERRE. 



90S 



Les minerais argileux (clayband) exploités plus^^ J'^JjJ^^m^ 
spécialement dans TAyrshire et dans les comtés du citibtBd. 
Fifeshire, du Clackmannanshire, etc. , ressemblent plus 
ou moins à ceux dont il a été parlé précédemment au 
sujet de divers districts d'Angleterre; il paraissent 
cependant généralement plus riches en Ecosse que 
dans les autres contrées du Royaume-Uni. 

Nous nous bornerons à citer les analyses suivantes 
comme exemple de la composition des bonnes variétés 
de ces minerais : 



Proioxyde de fer et de manganèse. 

Peroxyde de fer 

Pwoxyde de fer et oxyde de mto^aoèfe. 

Sulfure do fer 

Cbaux 

MagQéfie 

Alumine 

Silice et argile 

Eau et acide carbonique 

Matières charbonneuses 

Fer métallique 



■IBBKAIl OIVS. 



wr 9 



40,33 

1,87 

n 

0,33 
5,60 

2,62 
4,76 
9,80 
32,29 
2,40 

100,00 



■• 10 



I 



53,22 



3,92 

tr. 

2,66 

11,70 

28,50 



■ INItAISGftlLLÉS. 



M* Il 



100,00 100,00 



78.82 

non dosé. 

4,43 

ir. 

8,70 

19,00 



H" 12 



32,80 7o I 41,20 1 50,48 



75,95 

non doié. 

M 2 

tr. 

3,33 

17,00 



100,00 



52,66 



Le minerai n" lO était d'un gris foncé , presque noir et plus semblable à 
certains blaekbands qu'aux minerais argileux de l'Angleterre et du 
Pays de Galles. Les trois échantillons n*^ lo, ii , 12 provenant d'une 
des fonderies de l'Ayrshire dont les prodaiis sont les plus réputés, 
•Di été examinés par l'un de nous : dans tous il y a reconnu qualita- 
tivement le manganèse el le phosphore en doses très -appréciables. 



I 



Hématite 
du Camberland. 



Un dernier minerai qui se consomme, en faible pro- 
portion toutefois pour le moment, c'est l'hématite ou 
red ore du Cumberland; il en a été suffisamment ques- 
tion ailleurs pour que nous n'en parlions plus ici, 

III. Fondants. - Le seul fondant usité en Ecosse 
est la castine. Tantôt c'est un calcaire retiré du terrain "** «"^ïïî!** 



Deux sortes 



■JOli ÉTAT PKËSEKT DE L& HÉTALLDftCIB PQ m 

bouiller lui-même, taotAt c'est un calcaire pins par Te- 
nant d'Irlande. Le premier est d'un gna bleu&tre, le 
plus souvent bitumineux, toujours souillé d'une cer- 
taine dose d'argile qui en fait, au résumé, ud fondant 
assez médiocre; le second, d'aspect crayeux, renfenne- 
nût, d'après M. Schwartz : 

£arboiiats de chaux 97, 

Sabl6 

Eau 

Matières oi^anlques et pertes. 
Total 

IV. ÀrgUet rifractaires. — Les ailles réTrsctûree 
de première qualité dn Lanarkshire paraissent lutter 
avec les meilleures sortes de l'Angleterre; H. Schwarti 
leur a trouvé la composition suivante : 

silice 5g,fto 

Alumine s8,g5 

Peroijde de fer. i,o5 

Carbonate de chaux Traces "* *^ 

Eau et matières organiques. . . . ii.o5 
Total 100^5 




Bit AlIGLETEBBE. 905 

On retrouvera, page 1 37, les dimensions principales 
des deux modèles actuels de fourneaux écossais et celles 
des hauts fourneaux en usage dans ce district vers 1 853 
(colonnes longitudinales 1 , 3 et 3 du tableau, page 137). 

Nous avons dit, au sujet de ce tableau, quelle portée 
ont les changements de dimensions opérés d'une épo- 
(jue à l'autre ; nous n'y reviendrons pas. Observons seu- 
lement qu'en i853 toutes les dimensions transversales, 
sauf celles de l'ouvrage et du creuset, étaient déjà fort 
agrandies, et que les changements depuis cette époque 
ont surtout porté sur l'élargissement de ces deux der- 
nières parties du profil. 

Les profils simples, avec suppression d'ouvrages et ^^ piî?î^i» 
d'étalages proprement dits , qui étaient à l'essai de générale 
i85o à 1 8S5, ont été peu à peu adoptés définitivement ; ei dM ronMt 
les hauts fourneaux au coke rappellent , à cet égard , '** ***■* i*«*w^ 
les formes des hauts fourneaux appliqués sur le conti- 
nent au traitement des minerais spathiques, les plus 
fusibles pour fontes blanches lamelleuses. 

Sous le rapport de la construction, les /S9. 1 , 3 et 3, 
PI. YI, montrent que les formes les plus légères sont 
décidément adoptées ici comme dans les districts d'An- 
gleterre où l'on a eu récemment à établir ou à recon- 
struire des hauts fourneaux. Il n'est pas sans intérêt 
de remarquer combien ont pu être réduites l'épaisseur 
des parois de la cuve et même celle des étalages , sans 
que ni la solidité ni le roulemement de ces immenses 
appareils en aient été compromis; l'enveloppe de la 
cuve, sur la plus grande partie de sa hauteur, n'a pas 
pliiB de [3 à 4 pieds contre 6 à 7 aux étalages et au 
gueulard. On voit par là de quelle marge on peut 
jfisposer pour l'agrandissement des cuves dans beau- 
coup d'anciens fourneaux à tour massive, sans avoir à 
les rebâtir en entier, circonstance qui a motivé souvent 



a«6 ËTAT PIÉSENT DE LA |lÈTiI4.DBGIB DO fU 

l'ajoumeinent de modificationa presque toiyours MW- 
tageuses. 

Aux prix dii matériaux réfractùres qui aeroDt rap- 
portés plus tard, le coût total d'uo haut fourpeaa du 
plus grand modèle s'élève en Ecosse k 4.5ooliv. sf.. 
soit 1 i3.ioo francs, non compris la mactiine soufflante 
et les appareils i air chaud. 
lUrdi libni, Le gueulard est libre dans la plupart des hauts four- 
da gu. seaux écossais ; les gaz et nammes perdues s échappent 
par une cheminée percée de deux à quatre portes pour 
le chargement. 

En i85o et années suivantes, on a cependant es- 
sayé dans quelques usines de recueillir les gaz per- 
dus; mais on s'était borné à percer, à 5, 4 ou 6 pieds 
sous le gueulard, un certain nombre d'ouvreaux ame- 
nant les gaz ou directement sous des appareils d'air 
chaud placés au sommet du haut fourneau ou, par des 
conduites, à des chaudières situées au bas ; le gueulard, 
dansées essais promptement abandonnés, n'avait métne 
pas été fermé. 



des haut» fiiurneatur. 




EN ANGLETEBKE. aO? 

L'air frpid arrive en A, passe d'abord dans la partie 
A| A, , en circulaot dans les tubulures en siphoo a(, 
ab\ à'b", a"'b"\ placéea à l'arrière du four, c'est-à-dire 
les moins échauffées. 

De là le courant d'air se bifurque entre les deux lignes 
de tuyaux doubles BBB , B'B'B' ; des inter- 
rupteurs ti' se trouvent dans les deux comparti- 
ments de chaque ligne, afin de forcer le gaz à passer 
alternativement à travers les tubulures- siphons qui 
réunissent ces compartiments. 

A la sortie des deux lignes de tuyaux doubles , l'air 

échauffé trouve des conduits AG, AG par lesquels 

il se rend aux porte-vent. 

Nous avons déjà dit, aux généralités sur la fabrication 
delà fonte, que le principe de ces dispositions est le même 
que celui des appareils Galder modifiés dont on fait 
usage aux usines de Clarence-Works (Gleveland) ; dans 
lès deux cas, on interrompt la courbe des siphons sur 
le point où elle s'use le plus rapidement. Nous avons 
dit aussi que la complication des formes, surloui dans 
le dispositif qui nous occupe, nous paraissait être une 
cause d'infériorité de ces appareils par rapport au sys- 
tème Galder ordinaire. Nous sommes assez portés à 
maintenir cette opinion, malgré ce qui nous a été affirmé 
à Gartsherrie ides bons services obtenus de cet appareil 
sous le rapport de la durée. 

Mais si la forme des tuyaux verticaux parait désavan- 
tageuse , quelques autres dispositions de cet appareil 
semblent au contraire mieux comprises et surtout bien 
appropriées au service des grands hauts fourneaux qu'il 
doit desservir. Il présente d'abord Tavantage généra- 
lement constaté dans les chaufferies où l'air circule 
dans des caisses métalliques à parois planes : l'avan- 
tage d'une grande surface de chauffe : elle est ici ap- 



soS 



ttàT ntaan h la ■trALumen du ttx 



proximatiTement de 1 60 mètres qovrés. A «00 mètres 
cubes d'ùr par minute, pour uo des gnmds hauts four- 
Deaux actuels, la surface de cfaaulîe utile serùt donc 
encore de o*'',8o ; elle dépasserait 1 mètre qnarrë dans 
tes hauts fourneaux encore assez nombreux soufflés à 
iSo mètres cubes (1). 

En outre, le parcours total de l'air y est de iS à 
3o mètres, gr&ce aux interrupteurs i,t'. Ces interrup- 
teurs obligent encore l'&ir à se diviser entre un dodiIhb 
de tubulures d'autant plus grand, c'est-à-dire par um 
section d'autant plus lai^ qu'il est plus cbaufTé déjà; 
toutes circonstances éminemment favorables à un bon 
chauffage, énergique et économique. 

En effet, avec une grille spécialede a mètres quarrés 
de surface, sur laquelle ou consomme de s & 3oo kilog. 
de bouille menue par heure, on parvient, dans ces 
aj)pareils, L chauffer l'air à 3So, 4oo et même 4So* e. 

GrAce à l'augmentation progresâve des sections 
offertes à l'air au fur et i mesure de sou écbauffe- 
meot, la circulaUon & travers cet appareil ne semble 
pas non plus occasionner de trop grandes résistances, 




EN ARGLETEBRE. 



909 



§ 5. Travail et roulement des hauts fourneaux écossais 
en fonte de moulage. — Nature des produits. 

I. Composition des charges. — La composition des 
charges varie naturellement d'une usine à l'autre sui- 
vant la nature des houilles et minerais traités ; cepen- 
dant les différences ne sont jamais bien considérables, 
ainsi qu'il résulte du tableau suivant. 

Le volume et le poids des charges ont dû être agran- 
dis en raison des accroissements de dimensions trans- 
versales des hauts fourneaux; on s'en assurera en 
comparant les compositions de charge de i833 avec 
celles d'aujourd'hui : 



AogmeBUtioB 

de TolaiBa 

des charges 

proportionnelle 

à l'accroissemenl 

des dimenslMM 

transversales 

dahaalfonnieaa 





fl(') 


b 


e 


d 


• et/ 1 


Hooille .... 

Minerai .... 
Castine 

Rendement dn 
minerai . . . 


qx Mf lato. 

7 (352^) 

6 1/2 (328) 
1 1/2 (656) 


qx anf . 

10 

8 

2 3/4 


qx anflais. 

14 houille . . 
7 coke. . . . 

15 minerai. . 
5 de castine. 


qx anflalt. 
8 

6 47 

1 1/4 à 1 1/2 


qx anfl. 
6 à T 

6 1/2 
1 


S5à 60 J* 


45*/. 


55 A 50 7o 


55 à 60 •/• 


45à5«*/, 


LesleUres a, b, e, d, e, f se rapportent aux hsuls fournesax dont 
nous avons donné les dimensions précédemment, e et faux hauts 
fourneaux de 1833, a, c et d aux fourneaux ordinaires en usage 
1 aujourd'hui {Jig. 2), et b au proBl du modèle le plus élevé {fig. 1 ). 



En écaitant l'exemple c, qui se rapporte au cas, très- 
exceptionnel aujourd'hui en Ecosse, de l'emploi simul- 
tané de la houille et du coke , on voit que les poids 
extrêmes de charges [sont représentés par les deux 
colonnes a, b qui correspondent aux deux modèles au- 
jourd'hui adoptés. 

Remarquons encore que les proportions de castine ne Le dosage 

• . 1 1*1 1 • • de castine dépeik 

varient pas seulement avec la richesse du minerai, moins 
mais beaucoup et surtout avec la propreté des combus^ qu1rde"i*a°Mten 

tibles» ^^ comhustible. 

TOVK XX, 1861. ik 



110 Ctat PRÊ&Ein H u MtTuumeii du fei 

Le dosage de la castine varie entre i5 et 5o p. loo. 
Or les blackbaDds grillés à 55 ou 60 p. 1 00 de teneur 
ne réclameraieat certaioement pas 55 p. 100 de c&stine 
comme dans la charge c; tout au plus eu faudrait-il i5 
à 90 p. 100 comme dans l'exemple d: l'excès du do- 
sage eu castiue tient donc, noa pas & la nécessité de 
composer avec les minerais des laitiers suffisamment 
basiques , mais i la nécessité de fondre les cendUBs ar- 
gileuses de la houille et du coke assez sales qui en- 
trent dans la charge c. 

II. Travail des chargeurs et des fondeurs. — Les 
charges amenées par les balances d'eau, en brouettes 
ou en wagonnets, sont directement versées par chacune 
des portes du gueulard, les trois éléments: bouille, 
mincirai et castine, successivement et séparément. II 
n'y a donc pas de lit de fusion ou mélange préalable 
de minerai et de fondants. Deux chargeurs par douze 
heures sulTisent au chargement, même dans les grands 
hauts fourneaux; l'un charge le charbon, l'autre les 
miuerais et fondants. 

DousIomlpLirs. iinmaitre et un aide par ilouzehei 




EN ANGLETERRE. 311 

renferment les résultats propres à faire apprécier le 
travail des fonderies écossaises. Sauf à y reyenir un 
peu plus tard, bornons-nous, pour Tinstant, à signaler 
les traits saillants de ce travail : 

i* Très-haute température de l'air. 

a"" Soufflage des plus énergiques. Production énorme 
pour de la fonte de moulage. 

3* Allure cependant très-lente; la descente des 
charges dure, en effet, autant dans les grands four- 
neaux d'aujourd'hui que dans les plus petits d'autre- 
fois. 

4"* Accroissement de la consommation de houille au 
haut fourneau depuis i833. 

III. Nature des produits (fontes et laitiers). — 
1** Fontes. Les fontes grises, douces, pour moulages 
en deuiiëme et troisième fusion, sont classées dans les 
usines écossaises en quatre sortes dites n"" i, 2, 3 

et4« 

Les deux premiers numéros seuls sont propres aux ciassifletti 
moulages en deuxième fusion et susceptibles de sup- *' ^^^^^^ 
porter, dans cette opération, de fortes proportions de fon^wécotn 
bocages ou vieilles fontes. Ces deux premiers numé- 
ros se vendent tantôt mélangés, tantôt séparés. Le 
n* 3 est déjà trop clair pour la moulerie de deuxième 
fusion; lorsque les usines ne le consomment pas elles- 
mêmes en moulage de première, on Técoule mélangé 
aux deux autres, sous le nom de numéros mèlan'gés 
(3/5 n* 1 et 2/5 n* 3 par exemple). Le n** 4 et à fortiori 
le u* 5 (truitées) quand il sen produit accidentelle- 
ment, ne sont bons que pour les forges ou pour certains 
moulages durs de première fusion. 

Les différences notables que le commerce fait, comme 
prix, entre ces divers numéros font que les usines 
enregistrent avec soin les proportions obtenues de ces 



écossaises. 



AN.XÉÉS. 



1842 à 1350 
1S50 à 1858 



QOALlTisDirOIVTES 

obt«nueit. 



R*"l Cl '2 



S«f4 



«•"3 614 



34,6 
41,6 



Mine 



qx. 

34,50 

37,74 



(a) Il faut se rappeler qu'il s'agit ici de 

20 font une tonne 



GBBpOfiliOB 

dêê foDies. 



Malgré l'excessive régulant 
on remarquera tout de suite 
moins constant en n"' i et 2 p( 
que pendant la première. 

Comme composition des fo 
les analyses suivantes, dont le 
faites parTun de nous, le n*" 1 
n* 16 sur de la fonte n° 4» V^^ 
ries d'Ecosse les plus réputé 
analyses n" 1 7 et 1 8 se rappoi 

foutes n"' 1 et 2 etsont dues, c 
MM. Penny et Wallnm nh\ 



rv»'»/ 



EN ANGLETEHRK. 



3l3 





H« 15 


«• 16 


«• 17 


N" 18 


R* 19 


»• 20 


Carbooe libre . . 
— combiDé. 

Silicium 

Soufre 

Phosphore. . . . 
Maoganèse. . . . 
Fer (6) 


2,300 

0,700 
2,880 
0,068 
0.210 

• 


2,700 
0,400 
1,300 
0.068 
non dosé. 

M 


4,40 
ir. 

2,68 
0,08 
0,10 

» 
II 


1,75 

0,84 j 
2,37 
0,07 
0,07 

n 

• 
1 


1,65 

8,00 
0,05 

» 
» 
m 


1,00 

13,00 
0,03 

» 
m 
m 


(a) Non dosé, roais a été reconnu qualitalivement en quantité notable. 
{b) Par différence dans toutes les analyses. 

06«erralioiM. — Evidemment les auteurs des analyses 17, 18, 19 et 20 
n'ont pas recherché le manganèse; car nos analyses nous ont dé~ 
montré que les fontes contiennent ce métal en doses trés-notables. 



Les échantillons n*"* 17 et 18 provenaient d'une 
même gueuse , le premier du centre , et le second 
de la partie extrême et extérieure de la pièce. 

Les échantillons n""* 19 et 20 provenaient de fontes 
obtenues avec des minerais très-siliceux ; les ache- 
teurs s'étaient plaints de la mauvaise qualité de ces pro- 
duits, et le fondeur, après les analyses que nous rap- 
portons, corrigea l'allure du haut fourneau par une 
augmentation de la dose de castine et une réduction 
de la proportion de ces minerais médiocres. 

2* Laitiers. Les laitiers sont généralement pierreux, 
d'un blanc grisâtre, ne présentant que fort rarement 
quelques veinules verdâtres et vitreuses : cela seule- 
ment quand l'allure se refroidit ou quand la fonte ^^ minertif 

^ à l'état de suifti 

passe au n"" 4* Ce sont, d'ailleurs, des laitiers extraor- contenu 
dinairement basiques et courts à la coulée, ne s'étirant ***"* *** '**^ 
que peu ou point en fils. 

Leur composition est assez constante, si Ton en 
juge par les analyses suivantes : 



Caractéret 

et composition 

des laitiers. 

Passage 

du manganèM 



«i4 



ËTAT PHËSENÏ DE LA HËTALLUKGB DU FIB 



— 


n"„ 




V 11 


THiH-M 


..-^ 


ii.il 


S. 3» ï,W 


3fi.4a 

S.11 


se';*» 

•,0t 


1") 




1.00 

wtri 

M0Ï.1P7 


ProlDijdB de fer . . . 

SallurideminEtn^»- 
Rullure de cdcluiu. . 
Soufre 


.00,SO 


10,. IT 


rt.H 


»».SI 




,.,U. ...... .„.U«..«.«..,..,*.M. .«,„-.».«*.„«. -.U^l 



Les analyses n" ai et aa, ont été Taites par l'ua de nous sur 
des laitiers correspondant au:t fontes n" i5 et i6. Le d" i5 
est extraie de la cote cl(^jà citée de M. Schwan. Les n** alk et >& 
sont de MM. Pennt/ et Ifaltacr de GIntgote. 

M. Schwarz, dans l'analyse 33, admet que tout le manganèse 
dn laitier s'y trouve à l'état de sulfure. & l'appui de son opi- 
nion, ce métallurgiste dit (p. a68, ù' livr. 3* vol. du Zeiitchrift 
von Carnall): i Par la digestion d uns; l'acide acétique trè»- 
« étendu, quoique le silicate du laitier s'attaque UD peu, con- 
• tralreroent h mes prévisions, J'ai cependant, dans la Ifqneor 
■ de digestion, observé surtout une grandenuantitédai 




EM ANGLETERRE. 9lS 

tain encore, croyons-nous, a été suivi dans la constatation de 
la présence du sulfure manganeux. 

Trois grammes de laitier finement porphyrisé, mis en diges- 
tion dans une solution chaude de potasse, ont été soumis à un 
courant de gaz chlore. Au bout d^une demi- heure de pas- 
sage du chlore, la liqueur toujours basique se colorait en rose 
de permanganate de potasse plus ou moins intense et le laitier 
en brun jaunâtre de peroxyde de manganèse hydraté. La li- 
queur, après reprise, à Tacide chlorhydrique <*t évaporation à 
sec, n^accusait aucune trace de silice; donc le laitier n'avait 
pas été attaqué quant au silicate contenu : au contraire, la 

liqueur traitée par le chlorure de barium, donnait un préci- 
pité abondant de sulfate de baryte, et après Tenlèvoment de 
Texcès de baryte, elle ne renfermait plus que de la chaux et 
de Toxyde de manganèse. Ainsi donc, le laitier nVtait attaqué 
que par les sulfures contenus, c'est-à-dire sulfure de calcium 
et sulfure de manganèse. Il est difficile d'arriver, par ce pro- 
cédé, à une attaque complète et à un véritable dosage du 
soufre combiné à l'état de sulfures de manganèse et de cal- 
cium: c'est pourquoi, dans l'incertitude sur les proportions 
de calcium et de manganèse, nous avons supposé, dans les 
analyses 21 et aa, tout le soufre à l'état de sulfure de manga- 
nèse. 

Quoiqu'il en soit du mode de combinaison du soufre, il n'est 
pas sans intérêt de remarquer quelles doses élevées de ce mé- 
talloïde des laitiers de cette composition peuvent retenir, et 
combien ils sont efficaces au point de vue de la désulfuration 
du métal, puisque les fontes en renferment si peu. Remar- 
quons d'ailleurs que le manganèse n'est pas absorbé en entier 
par le soufre, car les fontes en centiennent des quantités 
encore importantes (i\ 



(1) Rappelons à ce sujet que M. Berlhier avait déjà indiqué (p. 2831. t. II , 
Dei Mtaif par voie iérhe.- la présence du sulfure de calcium dans les laitiers 
de Hajanges; il ajoutait : il y a lieu de croire que dans quelques cas le 
sou fire esl combiné à du manganèse métallique. 





ËTAT FBÉStNT Ut LA UElALLURGIli Dtl EBH 

'}Ucuision des rétutlali de la (abricalion de la fonte 

en Écoste. 

• terminer ce qui regarde la partie technique de 
ication de la fonte en Ecosse, nous discuterons 
liant les résultats précédents au double point 
de la qualité des produits et des consommations 
iéres premières, main-d'œuvre, frais gmfratix et 

ualilé des produits. — Soas le rapport de la 

. des produits, la meilleure base d'appréciation 
jours le classement commercial, quand surtout, 
' en Ecosse, les produits sont depuis longtemps 
d'un commerce important et tout spécial. Or 
iemeut coniinercial des fontes d'Ecosse est de- 
à très-peu près constant depuis vingt ou vingt- 
is: tandis que les fonderies de Gartsherrie, Glm- 



EN ANGLETERRE. 21 7 

lages OU bocages qu'elles peuvent supporter en se- 
conde fusion, désirent surtout, une fois fixés sur ces 
proportions, n'avoir plus de tâtonnennents à faire lors 
de l'emploi de lots nouveaux. 

Après cette première qualité, les consommateurs 
réclament un métal fusible^ chaud à la coulée^ c'est-à- 
dire bien fluide à Tétat fondu. 

On estime enfin les fontes écossaises pour leur mol- 
I««f, qui les rend très -propres à la préparation de 
pièces à tourner, limer et ajuster après moulage. 

La ténacilé , objet de préoccupation toute spéciale 
dans certaines fonderies, notamment dans quelques 
fonderies à l'air froid d'Angleterre, n'a ici qu'une im- 
portance toute secondaire. 

En ce qui regarde Yhomonénéilé et la constance des LMiomogénéiié 

^ . , * . , . - ei la constanec 

fontes, pourquoi toutes les usines écossaises ne réus- des 
sissent-elles pas à produire des fontes également bonnes? 'Senn^nîsaîîïu 
La cause en est-elle dans les procédés ou dans la na- j,*i",^nï,3i. 
ture des matières premières ? 

Les procédés, nous l'avons vu, sont à très-peu près 
uniformes dans les fonderies d'Ecosse. On ne rencon- 
tre pas ici, comme dans quelques autres districts du 
Royaume-Uni, des établissements qui, pour conserver 
à leurs produits une réputation de qualité dès long- 
temps établie, écartent systématiquement toute modi- 
fication de procédés et travaillent aujourd'hui à peu 
près exactement comme au début de ce siècle. En 
Ecosse, au contraire, les usines réputées pour la qua- 
lité ont, comme les autres , souvent même avant les 
autres, adopté tous les changements susceptibles d'a- 
méliorer les conditions économiques de la fabrication. 

A ces changements, du moins à quelques-uns d'entre 
eux, on doit très-certainement attribuer la réduction. 



>i8 



£TAT PBËSliRT DE U IIÉTALLDB6U MT VBB 



constatée pendant la période i8âo<58, dans les propor- 
tions des n" 1 et a obtenues avec des matières pre- 
mières qui n'ont d'ailleurs pas varié. Mais le tableau qae 
nous avons rapporté à ce sujet est précisément eitrût 
des livres d'une di^s fonderies les plus réputées pour 
l'homogénéité et la conslance de ses fontes, aujourd'liui 
comme par le passé. 

C'est dire que les procédés n'exercent sur la qua- 
lité qui nous occupe qu'une influence insufiQsaate àex- 
pliquer les différences qu'on observe à cet égard entre 
les diverses usines écossaise^. 

C'est donc dans les matières premières qu'il faut 
chercher la raison de ces différences. La constance da 
grain et de la couleur suppose l'uniformité parfaite du 
roulement du haut fourneau : elle suppose particulier 
rement la réilticlion h peu près complète du minerai 
avant son arrivée dans tes régions inférieures et un ré- 
gime calorilique cons:aiit au niveau des tuyères. 

Or le tableau rapporté précédemment montre com- 
bien les minerais d'Écusse sont, dans certaines usines, 
réguliers de ricbesse et de composition, puisque le 




EN ANGLETERRE. ai9 

Le mushet blackband^ dont la teneur après grillage Le moshi 
oscillait entre 55 et 60 p. 100, descendant rarement à ^â'^lJ^J' 
45, d'une solidité et d'une réductibilité parfaites, a été, maiiérepren 
surtout depuis 1 emploi de lair chaud, autre régula- aurooiemi 
teur de l'allure en fonte grise, la plus convenable des *°jîôm4*n 
matières premières pour l'obtention régulière de la qua- «* consun 
lité dont il s*agit. 

Les usines dont la réputation occupe le premier rang 
à cet égard sont effectivement celles qui ont toujours eu 
jusqu'ici les plus larges approvisionnements en cette 
sorte de minerai. 

Par une heureuse coïncidence, c'est aux mêmes 
usines qu'étaient échus les plus beaux champs d'exploi- 
tation en charbons durs, solides et relativement pro- 
pres (diverses variétés de splint coal). 

Quelques fonderies qui n'avaient pas la ressource 
exclusive du mushet blackband parvinrent cependant 
à se maintenir dans un bon rang par l'emploi de mé- 
langes d'autres blackbands avec des minerais argi- 
leux (claybands \ Mais, en ce cas encore, la régularité 
des lits de fusion était assurée par la nature de ces 
derniers minerais, exceptionnellement riches, ainsi 
qu'il a été observé au sujet des analyses n°' 9, 10, 11 
et 19. 

Au contraire, les hauts fournaux qui ne disposaient 
que de minerais médiocres, comme ceux correspondant 
aux analyses n"" 2, 3 et 4« et qui n'avaient pour fon-^ 
dre des minerais plus riches que des combustibles in- 
férieurs, exigeant des dosages de 3o à 35 p. 1 oo de 
castine, et d'une castine quelquefois de qualité infé- 
rieure, ces hauts fourneaux n'ont jamais livré que des 
produits irréguliers. 

D'ailleurs les minerais les plus pauvres et les plus 
irréguliers étaient souvent aussi , nouveau désavan- 



iuo £taï présent dl la métallurgie dd per 
tagejes plus siliceux et sulfureux, peut-être encore les 
moins manganèses et tes pluspbospboreux. c'est-à-dire, 
en un mot , les plus propres à laisser daas le métal le 
maximum d'iœpuretés, et par cosséqueni k aiTaiblir en- 
core quelques-unes des autres qualités demandées aux 
fontes écossaises. 
» diniiucDca Quant à ces autres qualités , il n'y a certainement 
'■'rn^nèci'i P*^ ^^^ égaillé parfaite entre toutes les fontes d'Ecosse, 
Utproctdn mais elles sont généralement (rês-/'wsit'es et trèi-fluidts. 
iruquaiiitt Comme autres traits assez constants aussi de ces pro- 
ciècoMiK*. duits, on connaît leur moU^:sse et kur faible Unaciti. 
On a souvent attribué en bloc tous ces caractères à la 
présence du phosphore dans les minerais d'Ecosse 
{black ou day-bands). 

Sans vouloir nier qu'une part de ces effets puisse 
être due k un élément qui existe certainement dans la 
plupart des minerais écossais en doses plus ou moins 
fortes, nous pensons cependant, d'après les analyses d- 
dessus rapportées des minerais et des fontes, que le 
silicium et peut-être les métaux terreux jouent un rAle 
beaucoup plus imponant que le phosphore dans la 




EH ANGLETERRE. 321 

nombre de roulements en fonte grise, dans les allures 
chaudes, en un mot, le silicium soit un élément consti- 
tutif des fontes au même titre que le carbone. 

Or rien de ce qu'on sait aujourd'hui des alliages de 
fer, silicium, carbone et phosphore, n'infirme l'hy- 
pothèse que le premier métalloïde est susceptible de 
communiquer à la fonte tme fusibilité et même une flui- 
dité à la coulée aussi grandes que celles qui peuvent 
résulter de la présence de quelques centièmes du se- 
cond ou de quelques millièmes du troisième. On sait 
même positivement que les fontes très-siliceuses sont 
toujours non-seulement très-fusibles et très-fluides, 
mais encore très-molles : tous caractèies des fontes de 
moulage écossaises. 

D'un autre côté, chacun sait aujourd'hui que le dé- 
faut de ténacité reconnu aux fontes à l'air chaud tient 
à l'excès de silicium dont la haute température des ré- 
gions inférieures du haut fourneau et une réduction 
plus complète des minerais favorisent le passage dans 
le métal (i). 

(i) Ayant eu roccasion de comniuniqucr ces aperçus à 
M. Janoyer, ingénieur-directeur des hauts fourneaux de 
Vierzon, qui s^cst beaucoup occupé des fontes siliceuses, nous 
avons reçu de lui des renseignements tout à fait concordants 
avec l'opinion que nous venons d'émettre ; les voici : 

« En i8/!i8, au mois d'octobre, un des hauts fourneaux de 
fl Tusine de THorme (Loire), marchait avec un lit de fusion 
« dont le dosage répondait à un laitier composé de : 

Ozffène calculé. Formule. 

silice 41,50 Sl,559 1 

Alumine... io,oo \ m ooo l 



Ghaui 48,50 



18,292 



100,00 

« Le vent était introduit à sSo ou Soo'^G. La pression était 
» de o".o7 de mercure, avec un diamètre de buses de o"'.o7. 

» Dans ces conditions, la fonte obtenue était de première 
» qualité pour moulage ; elle était chaude, coulante et peu gra- 



9(9 ET AT PBÉSENT OB U HÉTALLCtGIB 00 rU 

En un mot, si c'est à la nature des matières pre- 
mières qu'on doit surtout la cotutance et Vhomoginiiti 
des fontes écossaises, c'est en partie aux procédés de 
fabrication qu'il faut attribuer leur fmibilUé, leur mol- 
ie$se et leur faible ténacité (i). 

> phltGuse. Ella présentait une grande ténacité, des gnins 

> brillants et Ans; elle était enfin trë»^ure. 

> Ed décembre de la même année, des raleona d'économla 

■ obligèrent à modifier la charge et à y introduire une pro- 

■ portion plus élevée d'un minerai, tenant Jusqu'à 36 p. loo 

■ de sable quartzeux, ce qui conduisait à un laitier beaucoup 
• plus acide et composé comme suit : 

silice. M.M is.»is 1 

Alumine . . . lO.M ) i ««■■ 

Ch.u< 40.00 i "*" ' 



Il Les autres circonstances de routemeot étant d 
t les mêmes, la fonte obtenue avec ce lit de fusion et ce lal- 
i lier, perdit la plupart des qualités qu'elle présentait avec 
t les premiers. Elle était encore chaude, trës-flulde et apta 
) au moulage de poteries très minces ; ces pièces, au démou- 
1 lage, avalc^nt une surface très-mince, un son mat; le moindre 
> cboc les brisait et la cassure étale brillante, tians grains, 
t unie comme de la porcelaine; il d'j avait pas trace de 




EN AUGLETERHE. 2s3 

Parmi les éléments dont la présence est à craindre Raisons 
dans les matières premières, le soufre €st certaine- faibio'^uinaence 
meut le plus nuisible à la fluidité des fontes de mou- ^y •««'ff 

, M . ..111. «or les qualités 

lage : or il existe en assez fortes doses dans les mine- des 
rais et combustibles d'Ecosse, pour qu'on dût s'attendre ^° d^Écoîse?"** 
aie retrouver plus abondant dans les fontes. Mais nous influence 
avons déjà montré, au sujet des analyses de laitiers et surTa'iuiidité 
de fontes, l'influence épurante qu'à cet égard il f^^t^^^l^^^^^ 
attribuer à la nature basique de ceux-là et à leur con- 
tenu élevé en manganèse. 

Nous avons dit que la ténacité était la moindre des 
qualités demandées aux fontes écossaises. Nous ajoute- 
rons cependant qu'à cet égard encore les produits des 
diverses fonderies ne sont pas égaux, surtout après une 
deuxième fusion. Or depuis les recherches et les études 
qui ont été entreprises récemment sur les réactions de 
l'afBnage des fontes, notamment par chacun de nous (i), 
on sait que, pendant la fusion même, le silicium dispa- 



qui ont fait la réputation de quelques hauts fourneaux d'An- 
gleterre. Après ce qui précède, nous inclinons beaucoup à 
croire qu'avec une allure moins chaude, avec de l'air froid, 
en particulier, les nninerais d'Ecosse donneraient, pour la 
plupart, d'aussi bonnes fontes que les carbonates argileux ou 
claybands de Galles, Slaffordshire et Vorkshire, peut-être 
tout aussi généralement phosphoreux que les premiers. 

Au reste, indépendamment des exemples que nous trouve- 
rions à l'appui de cette opinion, dans quelques usines galloises 
usant de blackbands semblables aux Ecossais , nous pourrions 
citer la fonderie do Car r on (Stirlingshire). Cet établissement 
fabriquait autrefois des fontes à canon très-réputées, avec les 
matières premières qu'on y applique aujourd'hui à la prépara- 
tion de fontes douces de moulage, deuxième fusion, moyennes 
marques commerciales. 

(i) KéactiODs de l'affinage des fontes pour acier ou pour fer, 
par M. Lan. — Annales des mines, 5* série, t. XV, p. 85. — 
Notes diverses concernant l'acier puddlé et l'acier de forges, 
paru. Graner, id., p. S91. 



Sl4 fl'^1' PRÉSENT DB LA UÉTALXDBGIH DU FE> 

ratt, et d'autant mieux qu'il y a plos de mangasèee 
dans la fonte^ ou peut eu dire autant du phosphore. 
D'après cela, il dous semble que les meilleures mar- 
ques d'Ecosse pourraient bien tenir leur haut rang 
d'une certaine dose de manganèse capable de réagir en 
biensur la ténacité du produitrefondu; avantage classé 
au second rang peut-être , mais qui n'en est pas moins 
important quand les fontes d'Ecosse entrent dans les 
moulages mécaniques. 

Maintenant est-il besoin, avant de conclure, de 
répéter que de trop fortesdosesde pyrites, une moindre 
proportion de manganèse, plus d'acide phosphorique 
ou de gangue siliceuse dans les minerais conduiraient 
nécessairement à des fontes peut-être toujours trèt- 
fusibles et très-molles, mais d'une fluidité moins par- 
faite et en même temps d'une ténacité insuffisante 
même pour les moulages les plus communs? L'exemple 
des analyses i g et 20 et la note de M. Janoyer le prou- 
vent surabondamment quant à l'influence d'un excès de 
silice dans les minerais. 




EN ANGLETERRE. fitS 

des produits écossais nous semblent, au contraire en 
grande partie, atlribuables aux procédés bien plutôt quà 
la nature des matières premières. 

II. Consommations de matières, main-d* oeuvre, frais i^^éHnït 

cosse est gé- hoalllef d*i 

néralement ricîie, rédi^tible et fusible, ci la houille charbons o 
de quelques couches est assez propre, dure et solide au ^^^ j^*^ 
feu, il faut rappeler d'abord qu'il n'en est pas de même 
de tous les charbons de cette contrée. Ils présentent 
d'ailleurs tous, au point de vue de leur emploi dans les 
hauts fourneaux, une cause d'infériorité contre laquelle 
on a eu à lutter longtemps : nous voulons parler de 
leur teneur élevée en matières volatiles. Il ne faut pas 
perdre de vue ce caractère des charbons d' Ecosse, quand 
il s'agit d'apprécier les consommations en combustible 
et surtout les comparer à celle de districts comme le 
pays de Galles qui dispose de houilles denses et riches 
en carbone. 

Le fîTible rendement des houilles d'Ecosse en coke 
et d'un coke trop léger pour hauts fourneaux entraînait, 
avant leur emploi à l'état cru , une consommation éle- 
vée dont l'excès provenait surtout des perles directes de 
la carbonisation. 

Ces conditions, propres à la période antérieure à 
i83o, étaient peut-êire aggravées encore par l'emploi 
de minerais moins lîches que le blackband , la couche 
dite mushet'blackband étant connue, mais peu exploitée 
encore : on regardait ce minerai comme trop riche pour 
faire la base exclusive d'un roulement régulier en fonte 
douce. 

L'air chaud, appliqué d'abord aux hauts fourneaux 
au coke , en concentrant la chaleur dans les régions 
inférieures, en diminuant la hauteur de la zone oxy- 
Toi» XX, 1861. i5 



»6 



Etat présent db U ■tTiiLDiGii on FEk 



I barnaïai 

U-1»M). 



dante, permit non-seulement une prodaction plus 
régulière de foutes n*' i et 2 , maïs encore le tnùtemeat 
de lits de fusion plus riches et contenant, en par- 
ticulier, des proportion? croissantes de mtuAet- 
blackband. 
'"ï d D'après les auteurs du Voyagt métallurgique en An- 
gleterre, OD serait parvenu, par cette première modifi- 
cation et avec de l'air porté ài4)* etàïa5° C, à une 
première réduction de 55 à 4o p. 100 dans la coasom- 
mation de houille au haut fourneau , en même temps 
qu'on aurait augmenté la production de so à 3o p. 1 00 
environ. 

Avant l'emploi de l'air chaud on avait, en Ecosse, 
tenté plusieurs fois le roulement à la houille crue, 
essai qui, déjà en 18Ô0, avait abouti complétemeot 
dans le pays de Galles. 

Or la différence de nature déjà signalée entre les 
houilles d'Ecosse et de Galles suffit à e:fpltquer que 
cette modification de procédé devait rencontrer dans 
le premier district des diflicultés inconnues dans le 




BN ANGLETERRE. S97 

couronnée la reprise des essais d'emploi de la houille 
crae^ peu après TadmissioD définitive de Tair chaud. 

En portant la température de l'air à 550**, et en 
usant de la houille schisteuse (spliut coal), on amena 
la consommation à n'être plus que de s\5o à 5 tonnes 
(y compris le menu des chaudières et appareils à air 
chaud), au lieu de 7 à 8 tonnes qu'on dépensait à l'air 
froid ; de plus, la production journalière des hauts four- 
neaux, qui à l'air froid et au coke était de 5 à 6 tonnes, 
serait passée, par la substitution du premier procédé 
au second, à 8 ou g tonnes. 

D'après ces chiiOTres, empruntés au Voyage métallur^ DiwaMia 
pqw^ t* édition, on aurait donc économisé 60 à obtenus 
70 p. 100 du combustible (houille) autrefois employé p^î^emp 
et accru la production de 4o à 5o p. 100. de1"ir**îhi 

Dans les résultats ainsi estimés en bloc, quelles sont et de u hoi 
les parts attribuables respectivement à l'emploi de l'air ^™*" 
chaud et à la substitution de la bouille crue au coke? 

Les pertes de la carbonisation étaient de 5o à 60 p. 1 00 
eo l'année i8t8; mais dans l'emploi d*une houille 
crue qui, calcinée en petit, ne rend au maximum que 
60 p. 100 de coke, le haut fourneau utilise-t-il la tota- 
lité des 40 p. 100 de matières volatiles ainsi dégagées 
pat carbonisation à vase clos ? 

Tout en admettant, à cause surtout de l'extrême ré- 
duetibilité du minerai, que les dernières parties gazeuses 
dégagées par la houille dans les régious les plus chaudes 
de la cuve, puissent £^ir comme réducteurs, économi- 
sant ainsi une certaine portion de combustible, on peut 
cependant regarder comme à peu près certain que les 
4/3 ou les 3/4 des matières volatiles de la houille crue 
s'échappent du haut fourneau , sans réagir autrement 
sur sa marche qu'en lui enlevant du calorique. 11 suffit 
pour s'en couTaincre, de voir la flamme abondante et 




claire qui brille au-dessus des gueulards d'un liSat 
fourneau alimenté par la houille crue d'Ecosse. Ou doit 
donc continuer à perdre au moins 25 à 3o sur les 4u 
p. 1 00 de matières volatiles contenues dans ces houilles, 
les lo à i5 centièmes complémentaires constituant une 
première économie attribuable à la substitution de la 
houille au coke. A ces premiers lo ou i5 p. loo s'ajou- 
teraient ensuite autres lo à i5 pour différence de ren- 
dement entre l'ancienne carbonisation eu grand et la 
carbonisation à l'intérieur du haut fourneau, qui équi- 
vaut k une calcinatioD en petit et à vase clos. 

En somme, l'économie totale due à la substitution 
de la houille au coke serait donc, et c'est un yrand 
mcanmMm, de aoàôop. lOO. Il resterait ainsi^o p. loo 
au moins attribuable au seul emploi de l'air chaud. £o 
comparant d'ailleurs les renseigaements contenus dans 
le Voijage mHalîurgiqur sur les roulements à l'air 
ctiaull'é à différents degrés, on voit que sur ces 4n 
p. 100 d'économie 55 environ auraient été obtenus par 
chauffage à u5o*, le surplus correspondant au sur- 
échaufTement de aâo ù 5oo". 

Or nulle part ailleurs qu'en Ecosse l'application de 
l'air chaud n'a été suivie de résultats aussi brillants 
comme économie de combustible ; au charbon de bois 
comme au coke, l'économie s'est tenue entre lâ et sa 
p. 1 00 sur le continent comme dans les autres districts 
du Royaume-Uni, 

II est vrai que soit par crainte d'altérer des fontes 
provenant de minerais plus siliceux et moins faciles £t 
traiter, soit par le fait de destinations différentes ré- 
clamant dans les produits des qualités et notamment 
une ténacité supérieures à celles que comportent les 
fontes d'Écossc, nulle part on n'a chauffé l'air aussi 
f^tement que dans cette dernière contrée. Cepem 



EN ANGLE iËKU£. 229 

même avec de Tair chauffé à 35o ou 4oo% on a peine 
à s'expliquer par les théories aujourd'hui généralement 
admises de Berthier, Ebelmen, Schereer, etc., sur l'em- 
ploi de l'air chaud, on à peine à s'expliquer une diffé- 
rence de consommation de 4o p. loo et.4nême plus, 
entre les roulements à l'air froid et à l'air chaud. 

Frappés de l'invraisemblance de ce chiffre, nous "°« *»*»J^« P*"** 
avons examiné et rapproché les deux parties du Voyage effei» attribaéf 
métallurgique qui traitent de la fabrication de la fonte ^ y^it ehaod 
en Ecosse en 1828 et en i835. Nous avons ainsi re- pagr^^dl^meni 
connu que les auteurs de cet ouvrage, préoccupés sans desdimensioM 
doute comme les fondeurs écossais eux-mêmes de l'im- haats foumeaui. 
portance de la nouvelle découverte, ont passé invo- 
lontairement sous silence une modification du profil 
des hauts fpiirneaux susceptible de produire une bonne 
partie des effets attribués en bloc à l'air chaud : nous 
voulons parler de l'agrandissement des hauts fourneaux 
et, en particulier, de l'élargissement de la cuve et du 
gueulard. 

La chose vaut la peine d'être démontrée ; voici les 
faits. 

En décrivant les hauts fourneaux d'Ecosse en 1828 
et M[[ès avoir donné l'ancien profil, que nous avons 
ra|^^Éé nous-même sous la date 1825, à notre tableau 
de oEensions des hauts fourn^ux d'Ecosse (page 1 37), 
les auteurs du Voyage métallurgique ajoutent : 

a Ce fourneau est assez petit ; ceux que Von construit 
uaujouHThui (1828) ont des dimensions beaucoup plus 
u considérables, n (Voyez les fig. 2, 3, 4) ^ ^^ l'atlas du 
Voyage métallurgique^ 2"* édition ; voyez aussi à la date 
i833, notre tableau des dimensions, page iSy.) 
' Les auteurs continuent : 

Q On compte bâtir un second fourneau de dimensions 
« encore plus eomidérables. » 



»Ù0 ÉTAT PUKSEM' l>t LA IIËTAU.UBG1E DU FEI 

Enfin, aprëîï avoir cité, quelques pages plus loin. le 
liaut fourneau, (ig. y de leur atlas, ils disent eocore : 

B 0(1 construit «n nouveau fourneau (fig. 8) de di- 

umeuxions beaucoup plus grandes On adopte, «M 

a outre, (a [orme qui parait i'inlruduirt mamtenatU 
a dan$ le pays de Galles et qui consiste à tupprimer Fim- 
• rrage. » 

Il est bien dvideot, d'après cela, que iSsS est une 
période de transformation du profil dans la voie de 
l'agroodisse oient des dimensions transversales de U 
cuvc; et, circonstance importante i noter, lesauteora 
du Voyagé mélalturgique ie à'isent eux-mtmes, fÊcoêU 
entrf daus celle voie par imitalion de a qui se fait d^i 
dans le pays de Galles. 

Or M. Truran, auteur déjà cité, rapporte qo'm 
■83 1, les seules modifications de profils doDtil vient 
d'6ti-e question permettaient aux hauts fourneaux de 
Uowlais (pays de Galles) de produire à Cotr frot'd et à 
la houille la tonne de fonte de fonderie avec les coo- 
■ommations suivantes : 




EN ANGLETERRE. fiSl 

fiuffiseot à montrer combien se réduit la part de Tair 
chaud dans les 4o p. i oo d écouomie observée en Ecosse 
si, comme nous allons achever de le démontrer, les au- 
teurs du Voyage métallurgique ont négligé Tinfluence 
du changement de profil. 

Or des trois usines d'Ecosse (la Clyde, Calder, 
Monkland) qu'ils citent, au sujet de l'expérimenta- 
tion de l'air chaud, les auteurs du Voyage mètallur" 
gique ne donnent les profils ou dimensions des hauts 
fourneaux d'aucune. Ils se bornent à dire au sujet de 
la Clyde : 

u Les hauts fourneaux de cette usine n'ont subi aumne 
c modification depuis t introduction de Tair chaud; IHs 
« étaient en feu depuis longtemps lors de t adoption de 
% la nouvelle méthode : V un d'eux est en roulement dé- 
ni puis sept ans. » Depuis longtemps peut ne pas re* 
monter plus haut que 1828 ou 1829 quand on écrit 
en i833; de plus, celui en feu depuis sept ans avait 
certainement dû s'agrandir beaucoup par le simple 
roulement. Ail sujet de l'usine de Galder« ils donnent 
les roulements du fourneau désigné sous le n° 3 pen- 
dant les années 182g, i83i, 1 833; mais est-41 sûr que 
le profil n'ait pas changé? Les auteurs n'en disent 
rien. 

D'un autre côté, dans la partie de leur ouvrage re- 
lative à l'année 1828, tout ce qu'ils disent des dimen- 
sions ou profils d'Ecosse se rapporte évidemment aux 
mêmes usines, puisqu'ils n'en citent que trois comme 

des foyers spéciaux , ainsi que les chaudières de soiilileries 
elles-mêmes. Ea ce cas, la possibilité de ne consommer dans 
ces foyers que du menu, au lieu du gros qu'on chargeait au 
haut fourneau pour y produire 1^ chaleur apportée aujour- 
d'hui par Pair, constitue déjà une économie évidente, moindre 
toutefois que lorsqu'on applique au chauffage la chaleur 
perda^ 4u gueulard. • 



ï5s 



ËTAT PBÉSENT DE LA HÉTALLDBCIB DU PEB 



les ayant visitées, et toutes trois auprès de Glasgow ; 
deux de ces usines avaient respectivement, à cette pre- 
mière date, trois et quatre hauts fourneaux. Calder 
et la Clyde étaient, en 1 8s8, les seules fonderies, aux 
environs de Glasgow, qui eussent cette consistance. 
C'est donc dans les mêmes usines que les auteora du 
Voyage mitallurgique ont vu, en 1838, construire des 
hauts fourneaux agrandis et en i833 rouler à l'air 
chaud; ajoutons d'ailleurs que la consistance ou le 
Domhre des hauts fourneaux étaient restés les mêmes 
en i835 qu'en i8u8. Or les hauts fourneaux à grandes 
cuves dont la construction était commencée en i8sS 
ifbuvaient ne pas fonctionner encore en 1899, mais à 
coup sAr ils étaient en roulement en i83S. 

11 nous parait résulter clairement de ces divers rap- 
prochements, sinon la certitude absolue, au moins la 
très-forte présomption que l'attribution exclusive i 
l'air chaud des 4o p. 100' d'économie de combustible 
en question a été faite à tort et par omission de ce qui 
dev^t appartenir là-dessus aux agrandissements ap- 




EN ANGL£T£KUE. 333 

Nous n'avons parlé, dans tout ce qui précède, que de 
l'économie de combustible attribuée en i833 à l'appli- 



bon de bois du GhâtilloDnais. L'économie de combustible 
s^éleva à lo p. loo environ, c'est-à-dire que la comsomma- 
tîon descendit de 6"%65 ou 6"%7o à 6"' ou 6"%io ; les four- 
neaux avaient 9 à 10" de hauteur, o'",8o de gueulard, a%3o 
de ventre, o",45 au niveau des tuyères et presque pas d'ou- 
vrage. 

» En i8/iâ,on modifia le profil du haut fourneau en rétrécis- 
sant Touvrage sur o'^So au-dessus du niveau des tuyères; 
mais cette modification ne fut pas heureuse; les fourneaux 
ainsi modifiés, donnaient beaucoup plus de fonte noire que 
de fonte blanche, seule fonte recherchée par les feux d'affi- 
nerie ou par les puddleurs du pays. Ce n'était qu'au bout de 
quatre ou cinq mois de marche, que les fourneaux, finissant 
par s'agrandir, prenaient enfin une allure régulière. On re- 
vint donc à la première forme en 18/17 <^t i8û8. 
» En i85i, après avoir constaté les bons effets des grands 
gueulards et des grandes cuves, dans les hauts fourneaux 
au coke de Commentry et Montluçon, je songeai h profiter de 
ces avantagea dans la fusion au charbon de bois. Je fis donc 
porter le gueulard de quelques-uns de nos hauts fourneaux 
du Ghâtillonnais de o",8o à i^^ûo de diamètre, sans modifier 
d'aiUcurs aucune des autres dimensions. 
» Les fourneaux à cuves ainsi agrandies, donnèrent tous de 
bons résultats; la production mentoeile s*y éleva de 100 
à 110, 120 et même, dans Tun d'eux, elle atteignit 
i/|5 tonnes de 1.000 kil. l'économie de combustible fut à peu 
près égale à celle obtenue d'abord par Tapplication de Tair 
chaud, c'est-à-dire de 10 p. 100 ; elle futmème un peu plus 
considérable dans deui^ des hauts fourneaux soumis à l'essai, 
ce qui s^explique il est v^i , par une teneur un plus peu 
élevée des lits de fusloqjM'ils élaboraient. 
» J'ajouterai une remarie qui a son importance au sujet 
de l'agrandissement du gueulard et de la cuve. [)ans les pre- 
miers temps de leur roulement, les fourneaux ainsi agrandis 
furent tous sujets à de fréquentes explosions. J'attribuai cet 
effet àce qu'on avait conservé le volume des charges de 
l'anoMËfitofil, volume qui n'était que dg d eux tiers de mètre 
cube. Léls^inerais pulvérulents de Is^ftte^^ue tamisaient 
trop faiblement à travers une aussi fan|^|k)uche de charbon 
et produisaient les accidents |||nalés. En doublant le volume 
» des charges, on évite tout loMi veulent de cette nature. » * 



s54 ^AT PBESENT DB la HËTALLITHGIS DU FBR 

cation de l'air chaud ; mùa un autre effet de cette ap- 
plication, qu'on nou3 paraît avoir exagéré beaucoup 
aussi, c'est l'accrois^ment de la production. Nous 
avons vu que les documents insérés dans le Voyage 
métallurgique fixent à près de &o p. loo, ou au moins 
& ho, l'augmentation de la production bebdomadaire 
ou journalière réalisée par la substitution de la bouille 
crue et de l'air cbaud au coke et à l'ùr froid. En con- 
sidérant que la substitution de la houille au coke, tout 
en produisant une certaine économie de combustible, 
n'a pas pu réagir bien notablement sur la produc- 
tion , on voit que l'accroissement de production de 
4o à 5o p. 100 serait presque exclusivement dû & l'air 
chaud. 

Or non^seulement nous ne connaissons pas d'autres 
exemples de pareils résultats, mais encore à quelque 
point de vue qu'on l'envisage, i! est difficile d'aperce- 
voir dans le chauffage de l'air une ruson quelconque 
par laquelle expliquer de semblables chiffres. Poni 
nous, cet accroissement de production nous parait bien 
phUiit l'eiïet et la nre»ve en niPme temps de l'ai 




£11 ANGLETERRE. 9 «^5 

Si, arrivant aux périodes plus récentes, nous com- ce qui • *«* «iit 
parons les roulements actuels à ceux de 18 33, nous 
constaterons tout de suite un résultat fort remarquable 
et bien propre à préciser ce qu'on peut et doit attendre 
des immenses hauts fourneaux construits dans ces der- 
niers temps. 

La eonsommation directe de combustible dans les 
hauts fourneaux n'a pas ou presque pas varié depuis 
i833; la dépense en houille menue de chaudière et ap- 
pareils à air chaud s'est seule réduite de 5o p. 1 00 en- 
viron, et ce, sous l'influence d'un établissement mieuj( 
raisonné des appareils à air chaud et de^ chaudières, 
moteurs et souffleries. 

Les minerai» et combustibles n'ont pas d'ailleurs J^M^'lubie 
notablement varié dans les usines auxquelles se rap- depuis isaa. 
portent nos chiffres. • 

Que conclure de là, sinon que les agrandissements 
considérables, surtout vers U bas^ qu'ont reçus les 
Iwits fpumeaux depuis vingt- cinq ans, n'ont pas pro- 
duit d'économie de combustible appréciable? Tout leur 
avantage réside dans une production beaucoup plus 
élevée, et qui, dans ses divers accroissements, est 
d'ailleurs toujours restée proportionnelle aux quantités 
de vent lancé dans ces énormes fournaises et aux ca- 
pacités de celles-ci. 

Hais si la consommation de houille ne parait pas 
avoir notablement varié quand on la rapporte à la tonne 
4e fpnte, oa trouve au contraire qu'elle a augmenté un 
peu par tonne de matière liquide (fonte et laitier). 
Tandis qu'on ne consommait en i853 que 1 tonne de 
houille par tonne de matière liquide, on en consomme 
généralement de iSi« à i\3o aujourd'hui, avec des 
minerais cepeadant plus riches. Nous n'avons trouvé 
qu'un seul roulement qui accuse une consommation 



S3(i tTAl PIIËîiENT Db L& UËi ALCUnGlB DU FEB 

comparable à celle de iS33 : or, chose digne de re- 
marque, cet exemple se rapporte à celui des hauts 
fourneaux dont l'ouvrage a été le moias élargi ; le pro- 
fil de C€ haut fourneau n'a en effet que 6 pieds (i",8a4) 
au lieu de 7 et 8 pieds (a-.is à «",44) q«e présen- 
tent les autres au niveau des tuyères. Ce haut four- 
neau est en même temps celui qui a le moindre nombre 
de tuyères. 

Ainsi donc le» accroissements exagérés des dimen- 
sions transvervales inférieurrs des hauts fourneaux, 
auxquels nous avons déjà dit qu'il fallait attribuer les 
i'o"™w rnoindreii proportions de fontfs n" 1 et * obtenues dans 
tcKDMt. la période iS5o-i858, ont encore incontestablement 
augmenté plutét que réduit la consommation de com- 
bustible. 

II est aisé de comprendre, en effet, que la régula- 
rité de l'allure trouve son principal obstacle dans les 
dimensions énormes données au diamètre on au cdté 
de l'ouvrage, malgré la multiplication du nombre des 
tuyères. 




EN ANGLETERRE. 267 

Si nous rappelons d'ailleurs que les minerais d'E- 
cosse sont exceptionnellement riches, fusibles et réduc- 
tibles, on reconnaîtra combien les grandes dimensions, 
d'ouvrages seraient encore plus désastreuses avec les 
minerais généralement plus pauvres et plus réfrac- 
taires du continent. 

Que si*, enfin, on comparait les quantités de matières 
liquides et même la production obtenues, par tonne de 
houille et par jour, des grands ouvrages écossais et de 
minerais exceptionnellement faciles, avec celles qu'on 
obtient, notamment dans quelques hauts fourneaux 
français, de creusets moins vastes et de minerais moins 
avantageux, on serait frappé de rinfériorité des profils 
écossais à cet égard. 

On demeurera convaincu, comme nous, qu'autant 
est recommandable un profil où le diamètre de l'ou- 
vrage étant fixé entre l'^jSo et r",8o par la nature 
plus ou moins réfractaire des mincraisi on agrandit 
ensuite au maximum possible la capacité de la cuve, 
autant sera généralement mauvais un tracé qui accroît 
la capacité du haut fourneau , comme les fonderies 
écossaises, par l'augmentation presque exclusive du 
côté ou du diamètre de l'ouvrage. En modifiant leurs 
profils dans le sens que nous indiquons, il nous pa- 
rait évident que les fondeurs d'Ecosse produiraient 
tout autant d'ailleurs, sinon plus qu'aujourd'hui, mais 
avec une moindre dépense en combustible ; les charges 
mieux préparées pourraient, avec le même soufflage 
qu'aujourd'bid, passer plus vite; l'exemple d de notice 
tableau de roulement le prouve surabondamment. 

L'utilisation des gaz et flammes du gueulard est peu 
répandue en Ecosse, malgré la richesse probable de 
ces gaz en principes combustibles. Nous avons entendu 
motiver l'abandon de ce procédé parce que les hauts 



Les 

hauts foarneaai 

d'EcosM 

gagneraient 

à être réiréoii 

par le bas. 



L'atilitatloit 

dei gai 

da gaealard 

eit oerlainemenl 

auui facile 

en Êcosie 





ÉTAT PRÉSENT DB LA ÙÈTALLORGIE DO FEB 

•• 

laux écossais disposent généralement de menus 
prix dont ils ne irouveut l'emploi que dans les 
de chaudières et d'appareils à air cliaud. On 
d ensuite que les prises de gaz gênent le roule- 
de ces grauds hauts fourneaux ; les tentatives 
dans certaines usiues, de i85oà i855, ont établi 
j-ance bien arrêtée que les gaz ne peuvent être 
lits, môme à ULe profondeur de i mètre à ["ïSo, 
^duire la productiou de 20 k 95 p. 100 et sans 
intcr la consommation de combustible de o'.aS 
3 par tonne de fonte. 

s avons dit en pffet, dans un autre chapitre, que 
inds hauts fourneaux et surtout les grands gueu- 
:omportenl ciueiques difticultés dans la prise des 
lais nous avons montré aussi que ces difiicultés 
lin d être insurmontables. Or, en Ecosse, aucune 
sUlhUiunyirom^ 



EN ANGLETERRE. ^Sg 

2* Déjà^ à cette date^ le succès définitif de Vair chaud 
et du roulement à la houille étaient acquis : à cède époque 
aussi^ les profils avaient été modifiés en vue de V accrois- 
sement de la capacité de la cuve, par de plus grands dia- 
mètres du gueulard et du ventre; mais les bons effets de 
ces modifications avaient passé inaperçus , demeurant 
confondus avec ceux attribués à Vair chaud. 

.V De 1845 à i85o et surtout de i85o à ]858. les 
hauts fourneaux ont été de nouveau agrandis, notam- 
ment par la hauteur et par les dimensions transversales 
des parties basses. De là nest résultée aucune économies 
de combustible mais plutôt un accroissement de consom-- 
motion; la production journalière a augmenté, mais un 
peu aux dépens de la qualité des fontes, la proportion 
des n** 1 et s ayant certainement baissé dans ces derniers 
temps. Tout en réduisant les frais de main-d'œuvre et 
généraux, par les fortes productions qu'ils permettent^ 
ces grands hauts fourneaux ne constituent pas un pro- 
grés réel et général, car leurs vastes ouvrages pourraient 
être désastreux en ca^ de minerais d'un traitement en 
fonte de moulage moins facile que les blackbands grillés 
écossais. 

4* Les procédés d*utilisaiion des gaz de hauts four* 
neaux, malgré leur richesse évidente en principes com- 
bustibles, nont pas été et ne seront sans doute pas de 
longtemps appliqués généralement en Ecosse. 



EN ANGLETERRE. 24 1 

De ce tableau il ressort que c'est surtout à partir de 
i84o-4S que la fabrication de la fonte en Ecosse est 
entrée dans la voie de développement qui Ta successi- 
ven)ent amenée à constituer Tune des industries prin- 
cipales de la Grande-Bretagne. 

Les rapides accroissements qu'elle a reçus dans les 
vingt dernières années ont été provoqués par les de- 
mandes croissantes que l'Angleterre et les pays étran- 
gers ont faites de ses produits, nous verrons plus loin 
dans quelles conditions et circonstances. 

Hais avant d'entrer davantage dans le chapitre éco- 
nomique , il n'est pas sans intérêt de remarquer que 
les progrès et découvertes techniques de la période de 
1825 à i835 ont puissamment contribué à élever la 
fonderie écossaise au rang industriel où nous la voyons 
aujourd'hui. 

Avec les petits hauts fourneaux au coke et à l'air 
froid, avec des houilles comme celles dont elle dispo- 
sait, avec des minerais de teneur médiocre, l'Ecosse 
fabriquait, jusque vers i83o, plus chèrement que la 
plupart des autres districts du Royaume-Uni ; elle de- 
meurait donc incapable d* entrer largement dans le mou- 
vement industriel qui débutait alors. 

La découverte de l'air chaud, l'agrandissement des 
hauts fourneaux, la substitution de la houille crue au 
coke , l'emploi de plus en plus général de minerais 
riches et notamment de musbet-blackband, jusque-là 
un peu négligé, voilà autant de perfectionnements tous 
acquis de i83o à i835 qui, réduisant les prix de revient 
de l'Ecosse de 5o à 70 p. 100 (1), plaçaient désormais 
ce district dans des conditions de fabrication égales ou 



(1) Voyez le premier volume, a* édition du Foyage métal- 
lurgique^ pages 3(|o et suivantes. 

ToMi XX, 1861. i6 





1 

ÉTAT PRÉSENT DE LA «ÉTALICHGIE DU FEB 

ures à celles des autres parties de la Grande- 
le. Il ne iuj restait plus q^i'à savoir développer 
ouchés et à profiler des circoastaoces géogra- 
i des plus heureuses. Nous verrons bientôt ce 
cosse a fait à cet égard. 

S a Prix den maliéreu premières. 

irialiom du taux des salaires. — Les prix 

itières premières sont très-étroitemenl liés k 
i la main-d'œuvre et particulièrement au coût 
urnée des ouvriers de mines (collieries et mi- 
les (luctuations de ce dernier élément sont donc 
,ntes b connaître (i ). Nous les avons causignës, 
péiiode 184S-1859, dans le ta^Jlea^ suivant; 
avons rapporté, en môme temps, les prix des 
ivec lesfjuels les taux des salaires sont en rel^ 
eçt^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 



fin ANGLETERRE. 2^3 

1859 l^fi P^ ^6 fontes ne diffèrent que de 16 p. 100 
du prix de i852, tandis que le coût de la journée s'est 
élevé de a5 p. 100 d'une année à l'autre. 

Ce défaut de proportionnalité trouve son explication 
dans les chiffres de production : en effet, de i853 k 
i85g, la production, déjà très-forte au début de cette 
période, s'est encore élevée très-rapidement, surtout 
vers sa fin, de manière à être en 1 85g de s4 p. 1 00 plus 
forte qu'eA i85a. 

Cet accroissement rapide de la production à un mo- 
ment où la tendance à l'émigration devenait plus mar- 
qqée devait, malgré la baisse des prix de fontes, 
s'opposer à une diminution proportionnelle de la main- 
d'œuvre. De plus, dans une contrée qui reçoit du dehors 
la plus grande partie de ses approvisionnements alimen- 
^irea, un pareil accroissement d'activité industrielle 
devait se traduire par une hausse correspondante du 
prix des denrées, circonstance également défavorable 
à une réduction des salsûres. 

Ce dernier point est mis en évidence par le tableau 
suivant où nous groupons les consommations alimea- 
taîres, faites en une semaine par une famille ouvrière 
composée de cinq personnes , ea même temps que les 
prix de ces consommations en 1 85 s et en 1859. 




ËTAT PBËSEHT DE LA HËTAUDRGIE DD FEB 



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Pemract di Iwte. 

Sllga 

Tol»uï. . . . 









Le coût de la vie matérielle se sei'ait donc accru de 
a8 p. 100 de iSSa à iSôg, c'est-à-dire qu'il se serait 
élevé plus rapidement que le taus des salaires, et qu'en 
recevant aujourd'hui 5 sL. 3 d. les ouvriers sont moins 
aisés qu'avec a sh. 7 d. en iSôa. 

L'influence du coût de la vie matérielle devient en- 
core bien plus pi'édominante par les temps de disette, 
si nous en jugeons par ce qui se passe en ce moment 
(octobre et novembre 1860) : sous la seule influencede 
la mauvaise récolte de cette année, la production étant 
assez languissante, les pri.x de fontes oscillant entre les 
limites très-basses de 5o à 62 shillings, les fondeurs 
ont relevé les gages des ouvriers de mines de 3 sfa. 5 d. 
à4sh. ôd. et4sli. 6d. 

IL Prix de la houille. — Rappelons d'abord que, 
dans tout ce qui va suivre, quand nous parlons de prix 
des matières premières, il s'agit de prix de revient. 
Les établissements de hauts fourneaux écossais , ayant 
leurs houillères et miues de fer, ne prélèvent aucun bé- 
néfice sur les matières brutes, la vente seule du pro- 



EN ANGLËTEaRE. it^S 

duit définitif donnant lieu à une supputation de pro- 
duit net (i). 

Les conditions d'exploitation de la houille étant de- 
meurées jusqu'ici assez constantes, les seules diffé- 
rences qu'on observe entre les prix des diverses époques 
tiennent exclusivement aux variations du taux des 
salaires. 

En 1828 et i835, les auteurs du Voyage métallur' 
gique rapportent les prix de4sb. 6d. à5 shillings par 
tonne de grosse bouille de haut fourneau, et 1 sb. 8 d. 
la tonne de menu; le prix de la journée ouvrière était 
de 3 à 4 shillings. 

En 1845, Mr Eckman, dans un mémoire publié par 
le Yern-Kontorets-Annaler de Suède ( 1 848) , fixe le prix 
de la bouille à5sh. 4d.; il ajoute, sans donner de 
chiffre précis, que le taux de la main-d'œuvre était alors 
très-bas en Ecosse. 

En 1854» l^l* R* Hunt, dans sa statistique indus- 
trielle de la Grande-Bretagne , porte le prix de la tonne 
de grosse bouille à 6 shillings et le menu à 2 shillings ; 
mais alors les prix de la journée ouvrière avaient atteint 
leur maximum (5 shillings) . 

Enfin voici le prix de revient moyen d'une année, 
dans une des exploitations du Lanarksbire les plus favo- 
rablement situées : la couche exploitée a de 3 à 5 pieds 
(o^'.go à l'^fSs) de puissance; elle donne yi p. 100 de 
gros et s 5 p. 100 de menu. 

(1) Voici dans quelles conditions les mines, qui exploitent et 
vendent exclusivement la houille, la livrent au commerce (les 
prix de revient étant à très-peu près égaux à ceux que nous 
donnons pour les fonderies) : Grosse houille de Wisbaw , 
6 sb. 9 d. à 75 sh.; — coke fait avec le menu collant de 
Kilsyth, 18 à 19 sb. la tonne de loiô kil., rendue à Glasgow. 
On estime que défalcation faite des frais de transport, les 
houillères gagnent au maximun 1 sb. i/a (iS89) par loiéklL 





1 

ÉTAT PRÉSENT l)K LA UËTALLDRGIE DU FIK 

ïd. , une couche de cette puissance et de cette 
irité devrait donner lieu k un prix de revient de 

4 shillings tout au plus, puisqu'en payant les ou- 

5 shillings en i854, on arrivait, en moyenne, à 
:Iling9, sur un ensemble d'exploitations, dont le 
rand nombre était certaioemeot moins bien situé 
i mine particulière à laquelle se rapportent les 
is précédents. L'augmentation de a ou B shillings 
Svidemment des modifications dans les chiffres de 
inces et de trausports, les premiers s'étant accrus 
h, 6d. — et les seconds de 1 sb. 4 d. — .depuis 

lOO ^ 100 ^ 

is avons dit ailleurs ce que l'avenir semble réser- 
ce double point de vue, aus l'onderies écossaises; 

îssayerons de le préciser un peu plus par le ta- 
suivant, où nous avons mis en regard le passé et 



EN ANGLETERRE. 



249 



ÉLÉMEIITS 

do prix de revleot. 


PASSA 

d'aprèa le^^Urrea 
de iSSf. 


PRÉSENT 

d'après 

les Ilrres 

de 1S59. 


AVE.^IU 
(b7pothéUqoe). 


2 



1 

(0 


MuiMl'œuTro (entreprise). 
Royally 


•b. d. 

5 887/100(1) 
1 « 
5 
3i3 3 


sh. d. 

8 8'i5M00(b) 
3 02^4 100 
1 9 l/iOO 
3 3 60/100 


ShlIllDgS 

9 A 10 
S h 5 

2 à 3 

3 à 4 


Transports 


Frais généraui et divers. 

Totaux par 1.015 kil. . 

Soit par 1.000 kil. et en fr. 


10 287/100 
à 10 587/100 


10 980/100 


17 A 22 


ia',32 


■ ■ ■ !■ ■■ 1 

20',K3 


2 1^ 10 à 27^,31 


(i) La comparai«OD des deui cbiffres Ca) et (b) montre que déjà, de 1852 
à 1839, les dimGuUe5 d'exploiialion ont augmenté; le taux des salaires ne 
s'est élevé, en effet, que de 25 p. 100, tandis que le coûi de main-d'œuvre 
par tonne s'est accru de ôi p. 100. 



IV. Prix d'achat des minerais de Cumberland. — 
Bien que ces minerais soient encore peu en usage dans 
les fontlerîes d'Ecosse (quelques hauts fourneaux seule- 
ment en consomment aujourd'hui de 1/9 à 1/10 de leur 
approvisionnement total) , nous rapporterons cependant 
les prix auxquels on peut se les procurer. On jugera 
par ces prix du peu d'économie queTÉcosse trouverait 
à substituer ces minerais aux siens. 

La tonne d'hématite rouge à 45 ou 5o p. 100 de te- 
nenr revient, au haut fourneau, à 18 sh. 8d. composés 
comme suit : 



1. Achat au port d'embarquement à Whitehaven. ii 9 
Transport jusque au haut fourneau 6 ii 

Total 18 8 

Soit, en francs et par 1000 kil. 23',t6. 

V. Prix de la castine et des briques réfractaires. — 
La castine , exploitée à des distances variables de 5 à 
5o milles des hauts fourneaux, revient à 3 shillings ou 





'! 

ÉTAT PBËSISNT DE Là. METALLURGIE DU FEB 

lod. la tonoereDdue, sur quoi l'on compte i shil- 

1 1 sh. 3 d, de transports. 

;st la matière première qui a le plus baissé de prix, 

1 eo juge par les chiffres donnés à cet égard par 

iteurs du Foyayc méia(/urffiyue et par M. Eckmann; 

remiers la comptent à 7 shillings en i833 , et le 

d à fi sh. ôd. en 1S45 ; enlio M. Himt donne le 

de 5 shillings en i854. 

* briques réfractairea sont classées en trois caté- 

S : 

irifiiieg de hauts fourneaux (formes spéciales) 
le pied cuba 'o'",oa8) pris eu fabrique .... 1 eh. . 

îriques réfracUirea (r* qualité) lemiile rendu ' 
au haut fourneau la 

Jrj'iues réfructaires (a* quaiitéj le mille reodu 
au liaat fourneau «6 



EN ANGLETERRE. 



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1 

fiTAT PRÉSENT DE ti MÈTAULDBfilE DU fEB 

voit bicD par ce tableau que c'est par l'abaisse- 
des frais de main-d'œuvre et des frais généraux 
63 fonderies ont jusqu'ici maintenu leur prix de 
jt a un chiffre à peu près constant, malgré 
oissemenl du prix des minerais; or les réduc- 
des frais généraux et des dépenses en raain-d'œu- 
)ntle résultat exclusif des fortes productionsjour- 
■es des hauts fourneaux. 

is ce que nous avons dit précédemment prouve 
imment que les prix de revient ont phm de chances 
ilever au-dessus des chiffres du tableau précédent 
le se réduire davantage à l'avenir. 
]■ a certainement place, dans le mode actuel de 
il des fauis fourneaux éco?isais, pour plus d'un 
itiounement : on pourrait notamment y écono- 
ta plus grande partie du menu tle chaudières et 
eils à air chaud; on pourrait encore, tout en 



EN ANGLETERRE. l53 

à près de 60 sbilIÎDgs. Ces conditions paraissent être 
celles, en particulier, des établissements obligés de re- 
courir au crédit, c'est-à-dire d'emprunter leurs fonds 
de roulement. 

Nous pourrions, en effet, citer les exemples de deux 
de ces établissements où les frais de matières et main- 
d'œuvre, s*élevant respectivement à 46 et à 54 shil- 
lings par tonne de fonte, les dépenses générales et in- 
térêts d'emprunts , y compris il est vrai 1 à 2 shillings 
de transport jusqu'à Glasgow, montaient à la somme 
de 6'',8*', ce qui portait les prix de revient définitifs à 
5«'*',8'* et 6i*^2^ Observons toutefois que ces prix se 
rapportent à l'année 1857, époque à laquelle le taux 
des salaires était de 4 shillings, au lieu de 5*^^l* à 3'\6'' 
pour 1859-60. 

Il semblerait résulter de là que les capitaux fournis 
par les banques exigent un intérêt assez élevé. On com- 
prend combien il est difficile d'avoir à cet égard des 
mesures un peu précises. Toutefois, la facilité avec la- 
quelle les fondeurs écossais font argent de leurs pro- 
duits, grâce au système des warrants^ les place dans 
une condition relativement avantageuse sous ce rapport. 
Par suite même de ce système, en Ecosse peut -être plus 
encore que dans les autres districts sidérurgiques du 
Royaume-Uni , il y a naturellement un rapport très- 
étroit entre l'intérêt du fonds de roulement et le taux 
de Tescompte commercial. 

A défaut de données plus précises sur l'intérêt des 
capitaux, nous croyons donc devoir rapporter les va- 
riations du taux de l'escompte pendant la période 
1848 à 1859 « '^3 ^0^^^ - 



tt4 ÉTAT PBÊSEEIT Dl U MÉTilLUBSlB DO m 


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I ItU. . . . 





Ea comparani ce tableau avec celui du § II ^i^r la 
salaires et pnx des Ton tes, on remarquera que le Uui de 
l'escompte varie à peu près proportiouoelleioeiit à c^ 
deux autres éléments. C'est dire qu'en temps ordinairct 
capital et main-d'Œutn tendent à se partager le béné- 
fice de la fabrication, l'un ne l'emportant sur l'fuitre, 
dans ce partage, qu'en cas d'accidents ; ainsi, dç iqÊipe 
qu'en 1857 la crise financière, qui pesait alOTEt sur \ift 
deux mondes, élevait le taux de l'escompte, quoique les 
fontes et les salaires fussent en baisse, de même, en 
1860, la mauvûse récolte provoque la hausse des sa* 
{aires malgré la lourdeur du marché, la langueur de 
la production, et le taux assez bas de l'escompte. 

Avant de passer au chapitre des ventes et débouchés, 




EN ANGL^TE^BE. 9&5 

daits, les fqtfderies écossaises sont, il faKt le recoq- 
naître, dans un^ situation exceptionnelleqient favqra- 
ble. Ell^ trpuventt à de faibles distances, deux côtes 
oi| a)>ondent les pofts d'expédition; elles s'y rattachent 
par de nombreuses voies de transport : chemins de fer 
et canaux ; elles sont encore à portée de deux fleuves : 
la Clyde et le ¥ortb^ accessibles aux navires d'expor- 
tation sur une bonne partie de leurs cours. 

L'industrie écossaise n'apprit cependant qu'assez 
tard & tirer parti de ces avantages naturels et à fair^ 
de l'exportation des fontes un des éléments les pluses^ 
sentiels de son commerce. 

De i83o à i845, les fondeurs écossais semblent 
ii*avoir en vue que la consommation intérieure du 
Royaume-Uni. Ainsi, en i83o, sur une production to- 
tale de 4o à So.ooo tonnes l'exportation n'en recevait 
que 8 à g.ooo, dont près de la moitié s'arrêtait en 
France (i). 

En 1845, sur une production de 5oo.ooo tonnes, 
l'exportatioq q'est encore que de 54.761, ç'est*4-dire 
un peu plus de i/10, proportion moindre qu'en i83o. 

Pepdaut toute cette première période, les progrès 
dçi la production répondent donc surtout a^x accroia- 
seiQents dç la consommation j^pcale et fies expéditions 
par cabotage sur les côtes de la Grande-Bretagne. : 
c'é.t;ât ^époque des grandes spéculations sur les cbe- 
inius^ d^ fer et de l'achèvement des principales artères 

(1) Pour toute cette partie de nos documents économlquest 
nous avons eu recours : i"" à un petit opuscule de M. John 
Barclay 9 publié à Glasgow en i85o et intitulé : StatUtici of 
the Scotch Iron trade; a* aux Mining-Records de M. Robert 
Bont (statistique minière et métallurgique de la Grande-Bre- 
tagne, en i85S, iS5/li, i855, i856, 1857, i858 et 1869); Z" aux 
nombreuses circulaires ou listes de prix de diverses maisons 
de commerçai df Glasgow, documents recueillla piar nous. 



>56 



ÉTAT PRÉSENT DE LA UËTALLOKGIB DD VEI 



du réseau anglais. La demande intérieure absoriwt 
alors aisément les accroissements de prodactîoD; les 
stocks étaient rares dans les fonderies; les prix, con- 
staoïmeat élevés, excitaient à la création de Douveui 
établissements , auxquels une foroiatton houillère 
presque vierge semblait lûsser une place indéfinie. 

Vers la Qn de cette période, la multiplication des 
fonderies, et, par suite, une concurrence plus active, 
sur nn marché intérieur désormais trop restreint, pn>> 
voquèrent une première chute des prix, ainsi qu'il ré- 
sulte du tableau suivant : 



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an» 



En 1845-^6 s'ouvre tine ère nouvelle pour l'ioâustrie 

(le la fooLe d'Ecosse : elle se répand au dehors; elle 




EN ANGLETERRE. 2^7 

les progrès des grands travaux publics. Les stocks s'y 
réduisent et les prix, sans atteindre les taux élevés 
d'autrefois que la concurrence rend désormais impos- 
sibles, se relèvent constamment jusqu'en iSSj. 

La pléthore et la crise qu elle engendre à cette date 
en Amérique, coïncidant avec un moment d'arrêt des 
grandes entreprises du Continent, semblent se réunir 
pour clore, aux premiers jours de i858, cette période 
de prospérité. 

Les préoccupations politiques de l'Europe se sont 
depuis superposées à ces premières causes de malaise 
pour le perpétuer en 1869 et en 1860. 

Enfin l'état de langueur créé par ces diverses cir- 
constances s'est encore aggravé, d'une manière toute 
spéciale pour les fonderies écossaises, par la concur- 
rence d'un district tout nouveau dans le mouvement 
industriel du Royaume-Uni : du Clevelatid, qui a si rapi- 
dement grandi depuis quelques années. Les prix de 
revient et de vente y sont assez bas pour compenser 
la légère différence de qualité qu'on prétend avoir 
reconnu entre ses fontes de moulage et celles d'E- 
cosse. 

Voilà, à grands traits, la succession des circon- 
stances qui ont provoqué de i8A5 à 1869 les fluctua- 
tions du stock, de l'exportation et des prix , telles 
qu'elles sont rapportées dans le tableau suivant : 



Tome XX, tS6i. 17 



s58 ËTAT PBËSEHT DE LA HÊT&IXDRGIB DU rEK 




EN ANGLETERRK. tibc) 

suite, se prêtent moins à des transactions commer- 
ciales étendues. Citons aussi la difficulté du recrute- 
ment et du maintien d'un personnel plus spécial dans 
un district où la population ouvrière est déjà fort nom- 
breuse et très -condensée (i). 

Voici, au reste, les chiffres de ces deux sortes de 
consommations pendant la période 845 à 1 85g. 





CONtOIIHiTIOnS 


CONSOHHATIONS 


TOTAL 


AHRÉKS. 


dts fonderies 


des forces 


delà 




en mlllien 


en milliers 


consommation 




de tooDei. 


de tonnes. 


locale. 




mimera 


milliers. 


nllUen. 


1845 


a* 


60 


» 


1846 


200 


80 


280 


1847 


• 


100 


» 


1848 


• 


130 


» 


1849 


117 


110 


227 


1850 


» 


» 


» 


1851 


» 


• 


• 


1853 


» 


» 


» 


1853 


Vis 


180 ■ 


305 


1854 


111 


150 


261 


1855 


125 


175 


300 


1856 


138 


193 


326 


1857 


155 


160 


815 


1858 


146 


132 


378 


1858 


193 


150 


343 



Il paraît donc vrai que les quantités de fontes absor- 
bées par les fonderies de deuxième fusion et par les 
forges n'ont pas suivi une marche ascendante aussi ra- 
pide que l'exportation ; mais il faut remarquer qu'en 
grande partie les moulages sont destinés à l'exporta- 
tion. De plus, s5 à 3o p. loo des fers en barres et 
tdles fabriqués en Ecosse s'écoulent directement en 



(i) C'est évidemment sous Tinfluence de cette difficulté de 
recrutement ouvrier, que les fonderies 3* fusion d'Ecosse ont 
imaginé les moyens mécaniques de moulage de tuyaux, des 
coussinets, etc., moyens dont les dispositions ingénieuses ont 
excité i'admiratioq générale lors des dernières expositions in- 
dustrielles. 



C'est dire, en un mot, que, de 
cosse a su mettre à profit les avan 
conditions géographiques; elle '. 
l'exportation la plus large part d 
rurgiques. 

IL Mode de vente. — Nous n'ii 
temps sur les combinaisons pu 
et commerciales par lesquelles un 
s'est établi et développé. Elles : 
simples et se résument dans le 
deux sortes d'agents qui se prêter, 
cours : les commissiotwaires et le vu 

La plupart des fondeurs ont une ; 
reçoit et exécute les ordres comni 
ordres lui arrivent presque toujours 
nombreuses maisons de commission, 
et à l'étranger. 

Remarquons, en passant, une 
d'être notée : c est à l'Allemagne qu 
emprunté cette colonie de négociant 



I 



EN ANGLETERRE. 26 1 

en fournissant un aliment continu à la spéculation, de- 
vait exciter encore l'activité des commissionnaires, en 
les rendant souvent, à la bourse de Glasgow, les inter- 
médiaires naturels des producteurs et des spéculateurs 
écossais ou étrangers. 

La création de ces magasins généraux a donc aussi 
puissamment contribué à la prospérité de l'industrie 
de la fonte écossaise. Nous ferons voir plus loin le rôle 
que les warrants jouent spécialement en temps de 
crise. 

m. Bénéfices des fondeurs, — Pour bien apprécier 
les bénéfices des fondeurs, il nous paraît nécessaire 
de résumer un peu ce qui précède sur les variations 
des prix de vente et des prix de revient. 

En jetant les yeux sur les divers documents que 
nous avons rapportés à ce sujet, on verra que : 

i* Aussi longtemps que la fabrication écosssdse, peu 
pressée par la concurrence, n'a en vue que le marché 
intérieur, elle parvient aisément à y maintenir des 
prix de vente de 4 & 5 liv. contre des prix de revient 
de 8 liv. à 2 liv. lo sb. En un mot, elle réalise des 
bénéfices énormes, tout en se bornant à une produc- 
tion relativement restreinte. 

2* Les fortunes brillantes créées pendant cette pre- 
mière période si prospère, provoquent la création d'un 
nombre d'usines disproportionné avec les besoins per- 
manents du marché intérieur. 

3** C'est donc sous l'empire exclusif de la concur- 
rence que naît, pour les fonderies écossaises, la néces- 
sité de fsdre franchir à leurs produits les limites du 
marché intérieur et d'entrer largement dans la voie 
des débouchés étrangers. 

Remarquons encore la date à laquelle correspond ce 
mouvement d'expansion de l'industrie écossaise ; c'est 



lu' est-à-dire qu'aux époques oi 
les plus bas et les stocks les plu? 
progresse plus rapidement. 

Les mêmes faits semblent se re 

Or, ne voit-on pas dans ces y 
d'une spéculation bien siuiplc? 

Ceux des fondeurs, abondamii 
taux, mettent à profit rinfliii.iîCî 
des bas prix des fontes sur 1^ ta 
accélérer leur production et fabr 
des produits qu'ils éconloinnt d 
leurs. Par là, ils réalisent le j/lus 
notablement supérieurs à ceix r.\ 
comparaison de.s prix d(» nnit:i 
même année. 

Les établissements moins bien 
port dos cî^pitaux, trouvent dans 
tcarran's une ressource oui leur 

4 

A moins de crise générale et pi ol 
gage que leur délivre le niagas 
toujours preneurs aux époques de 
stocks, auxquelles nous avons vi 



EN ANi;LETtKrii;. î65 

pas moins dauif» ce cas comme dans Tautre. Le loudeur 
lui-même trouve dans ces combinaisons l'avantage de 
traverser moins péniblement une époque difficile. 

IV. Véritable portée des stocks. — Les rapproche- 
ments que nous venons de faire permettent aussi d'in- 
terpréter dans son vrai sens la portée des stocks. On 
les a souvent présentés comme une menace permanente 
de concurrence à tout prix. 

Or, si quelqu'un doit y voir une menace, c'est bien 
plutôt l'ouvrier écossais que le fabricant étranger dont 
les produits sont appelés à lutter avec les fontes d'E- 
cosse. 

A l'appui des craintes provoquées par ces stocks, on 
invoque les dangers des temps de crise. Mais n'est-on 
pas fondé à trouver l'invocation bien gratuite, en pré- 
sence des faits qui se sont produits de 1848 à i855, 
c'est-à-dire pendant une crise qui, certes, a été assez 
longue et assez intense? Au début de cette période, il 
y avait déjà un stock de fonte ; or, loin de s'écouler à 
tout prix, ne le voyons-nous pas passer rapidtoent de 
80.000 ou 100.000 tonnes en 1848 à 45 0.000 en i853? 
N'est-ce pas une preuve suffisante de la résistance op- 
posée par les fondeurs et négociants écossais à l'avi- 
lissement des prix, à leur baisse en dessous des prix 
de revient? 

Quant aux spéculations par lesquelles nous venons 
de voir les fondeurs écossais maintenir et développer 
leur production en temps de crise, elles sont certaine* 
ment facilitées par la nature même d'un produit qui, 
toujours semblable à lui-même, a une destination pré- 
cise et constante, sur lequel enfin les transactions 
commerciales sont des plus simples et n'exigent que 
peu de connaissances spéciales. Néanmoins elles ré- 
clament aussi une certaine abondance dans les capi- 



S66 &TAT PBËSENT DE LA UËTALLOSCIE DD FEI 

taai. A cet égard, on peut dire que la plus grandi 
part des ressoarces dont dispose aujoard'hui I'Écosse 
provient des périodes de prospérités antérieures. Les 
premiers bénéfices ne se sont pas toujours concentré! 
exclusivement dans quelques mains ; ils se sont souvem 
divisés entre un grand nombre de détenteurs qui con- 
tinuent à les appliquer h la mfime industrie ou au mfimt 
commerce. Cette permanence des capitaux dans U 
môme destination forme un des traits les plus caracté- 
ristiques de l'industrie, nan-seiilement en Ecosse, mait 
encore dans tout le Royaumi;-Uni. Le secret de l'abon- 
dance des capitaux industriels en Angleterre n'est paf 
ailleurs que dans ce fait, qui tient lui-même tout au- 
tant, sinon plus, k l'étendue et à la constitution de la 
propriété foncière qu'au caractère propre du peuple 
anglais, 

11 faut recoFinaltre enGn que la confiance qui sou- 
tient les warrant» et les spéculation», auxquelles ils don- 
nent lieu, a son meilleur point d'appui dans le vaste 
débouché que des prix de vente réduits ont su ouvrir è 




EN ANGLETERRE. 967 

en ce qui touche les stocks et la spéculation, 
rindustrie écossaise n'a évidemment pas à craindre, de 
cette concurrence future, des effets tellement inopinés 
qu'elle n'ait le temps d'aviser au meilleur mode d'é- 
coulement de ses produits. Encore abondamment pour* 
vue de matières premières, elle pourrait recourir alors 
à la ressource des districts qui, incapables de fabriquer 
à bas prix des produits simples, trouvent dans une 
formule d'élaborations plus complètes, l'utilisation de 
leurs richesses naturelles. A cet égard l'Ecosse nous 
parait aussi apte, sinon plus que le Staffordshire^ le 
Yorkshire et le pays de Galles^ à fabriquer toutes sortes 
de fers, tant sous le rapport de la qualité que sous ce- 
lui du prix de revieut. Les difficultés du recrutement 
ouvrier s*y résoudraient en pareil cas, par une mesure 
convenable dans la production; elles s'amoindriront 
d'ailleurs sans doute à l'avenir, par suite de la réduc- 
tion progressive du travail dans les anciens districts, 
notamment dans le Staffordshire. 



APPAREIL HYDRAULIQUE, ETC. «69 



APPAREIL HYDRAULIQUE 

RKMPLAÇAIIT LES FORMES SÈCHES, CONSTRUIT A LONDRES, 

PAR M. E. CLARKE« 



Nous empruntons cette description à un article publié par 
M. Schaaf, conducteur des travaux hydrauliques, dans un des 
recueils technologiques les plus estimés de TAlleniagne, le 
Zeitichrifî de$ Architecten und •Ingénieur- Fer eins fur dai 
Kônigreich H annoter (i). 

A n'envisager que son but, le remarquable appareil, conçu 
et exécuté par M. Glarkc, sort du cadre ordinaire des Annale» 
des minet; mais il y rentre complètement par le mode de solu- 
tion du problème, solution purement mécanique et dans la- 
quelle les travaux de construction proprement dite ont presque 
entièrement disparu. 

L^opinion des hommes compétents est, nous le savons, loin 
d'être unanimement favorable au nouveau système ; plusieurs le 
considèrent comme sujet à des accidents graves, surtout pour les 
gros navires, et n'admettent son emploi que pour les bâtiments 
de petites dimensions.— L'expérience se fait, elle prononcera. 
n en sera peut-être de la forme sèche par épuisement comme 
du sas écluse qui, malgré son imperfection, soit comme ma- 
chine élévatoire , soit comme frein , survit à toutes les tenta- 
tives de solutions théoriquement plus satisfaisantes, mais d'un 
caractère trop exclusivement mécanique. Quoi qu'il en soit, 
celle dont il s'agit mérite d'êtrq connue. 

Si d'ailleurs on se défiait du mode de levage des navires, si 
l'on redoutait les conséquences d'une rupture des organes du 
mécanisme, on pourrait prendre du système ce qu'il a de carac- 
téristique et conserver la forme sèche, mais seulement comme 
appareil d'émersion. — Par l'épuisement, on installerait le na- 
vire sur un ponton échoué d'avance au fond; l'élévation s'opé- 
rerait par la rentrée de l'eau. Une seule forme desservirait 
ainsi plusieurs cales, et l'on renoncerait seulement à Técono- 
mie qui résulte de la petitesse du poids du navire, relativement 
au poids du prisme d'eau. Couche. 

(1) Tome VII, I8«i, page 54. 



170 



APPABEIL BTDBADLIQUE 



Le principe mftoie, c'est-à-dire l'élévaiioD da na- 
vire substituée à l' épuisement de l'eau dans une en- 
ceinte fermée, est depuis longtemps en usage dans les 
ports des États-Unis. — Mais, comme dans la forme 
sèche, le navire est répai'é sur place, et l'on ne peut pas 
dès lors avoir simultanément en réparation plus de na- 
vires qu'il n'y a d'appareils éiévatoires. 

'Ce qui caractérise le système de M. Clarke, c'est que 
le navire émergé se trouve installé sur un ponton, de 
sorte que le tout peut ëlfe conduit ailleurs et le navire 
réparé à loisir. L'appareil élévatoire devient ainsi inun^ 
diatement disponible pour un autre, et peut, & lui seul, 
Boffire à un mouvement rës-considérable. 

La PL Vil représente cette nouvelle application, 
fondée, comme tant d'autres en Angleterre, snr l'em- 
ploi de l'eau comme agent de transmission du travail 
mécanique de la vapeur. 

Le système, comme l'indique la ftg. i, constitue par 
le fait une dépendance des docks Victoria, mus il ap- 
partient k une société distincte. 

Un coup d'œil sur tes fig. tki sufBt poiu* faire con- 




REMPLAÇANT LE» FORMES SJiCHES. 27 1 

la partie supérieure de la colonne et guide ainsi le pis- 
tou. A cette traverse est suspendue, au moyen des deux 
tirants c, c, une entretoise formée de deux poutres ju- 
melles pp, dont la longueur totale est de 20^,74. 

Dans l'état de repos, tous les pistons sont au bas de 
leur course, et les poutres appliquées sur le radier du 
canal, à 8", 60 de profondeur. Le navire à réparer 
attend dans le bassin Victoria : on amène entre les deux 
files de colonnes un ponton en tôle P de dimensions 
appropriées à réchantillon du navire, et pourvu de 
chantiers en bois pour supporter la quille et les formes 
de la coque. — Le ponton étant en place, on ouvre des 
bondes de fond, et il vient s'échouer sur les poutres. Le 
navire est halé à son tour et vient se projeter sur le 
ponton. Alors une machine à vapeur refoule de l'eau 
dans les presses, des soupapes isolant bien entendu 
s'il s'agit d'un navire de dimensions restreintes, les 
colonnes qui dépassent le ponton. — Les poutres s'é- 
lèvent parallèlement, et avec elles le ponton qui vient 
appliquer contre la quille les blocs /, /, /. On place suc- 
cessivement, suivant les besoins, d'autres chantiers et 
des tins qu'on bande au moyen de chaînes (/î</.4) • — En 
même temps qu'il s'élève, le ponton se vide, et dès que 
son fond est énftergé, on ferme les bondes. On laisse alors 
descendre les pistons, et le ponton flotte portant le na- 
vire à sec. Un navire ayant un tirant d'eau de 6 mètres 
environ peut ainsi . dans l'espace de quarante minutes 
à peine, être installé sur un ponton tirant seulement 
i".-2^ à i"*,35. — Il ne reste plus alors qu'à le conduire 
dans une des cales faisant suite au canal et bordées de 
quais sur lesquels sont établis les ateliers de charpen- 
tiers, les forges, etc. Comme l'indique la fig. 1 , ces cales 
sont maintenant au nombre de huit, mais on s'est mé- 
nagé les moyens d'augmenterce nombre. Leurlargeur dé- 





APPAREIL HYDRAULUÎUE 

5 de très-peu la longueur des poutres, el leur faible 
jndiïur (i^.Si) les rend très-peu dispendieuses, 
le opération dout M. Schaaf a été témoin a exigé 
!oiit trois heures. Il s'agissait d'un navire de 
tonnes environ , pour lequel vingt-deux presses 
les trente-trois avaient dû fonctionner, 
i compagnie assure que, pour les plus gros navires, 
que {'Himalaya, l'opération pourrait être faîte en 
: heures, et fiu'une journée suffirait pour visiter 
mettre à flot huit ou dix oavires de dimenaions 

■ service des presses esi fait par quatre pompes 
s par une machine à vapeur de cinquanie chevaux. 
eau refoulée par les pompes n'est pas distribuée 
trente-dem presses par un récipient unique. Il iin- 
ait, eu effet, de se ménager un moyen facile d'assu- 
'égalité des mouvements des pistons ou, plus exac- 



BEMPLAÇANT LES FORMES SÈCHES. 973 

Pour prévenir toute erreur dans cet isolement, les 
trois groupes de presses sont distingués par des cou- 
leurs différentes (bleu, rouge, blanc) appliquées sur les 
colonnes, et les robinets correspondants dans la cabine 
portent la même couleur, ainsi que le même numéro 
d'ordre. 

Cette relation visible entre les presses et le réci- 
pient qui les alimente permet, de plus, au surveillant 
d'assurer facilement l'égalité de mouvement de tous les 
pistons. Placé dans la cabine , dont la face en regard 
de l'appareil est entièrement vitrée, il suit de l'œil la 
marche des traverses du piston. A la moindre inégalité, 
au moindre déversement, il voit immédiatement sur 
quel groupe il doit agir pour tout remettre en état, et 
il règle en conséquence l'introduction dans le réser- 
voir correspondant. 



TOMt XX, i86i ^^ 





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BUREAU DE STATISTIQUE. 



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OBSERVATIONS. 



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PROGRÈS RÉCbfjiS, EIC. 379 



SUR LES PROGRÈS RÉCENTS 



« 



DE L EXPLOITATION DES MINES. 

Par M. CiLLON , ingénieur en chef, professear d'exploiuUon 
ei de machines à l'Ecole des mines. 



L*objct de cette note est de résumer d'une manière sommaire 
les principaux perfectionnements accomplis dans les diffé- 
rentes branches de Part des mines depuis quelques années. 

Conformément à la décision prise par la Commission des 
Jnnales^ des résumés semblables seront ultérieurement insé- 
rés, en se bornant, comme dans cotte note même, à un simple 
énoncé pour les points qui auront déjà fait Tobjet d autres pu- 
blications auxquelles le lecteur pourra se reporter, et en en- 
'trant dans queUjues détail? pour ceux qui seront encore inédits, 
ou dont une description plus étendue pourra sembler oppor- 
tune 

rindiquerai d'ailleurs, lorsque Toccasion s'en présentera, 
soit les objections qui pourraient être faites aux procédés indi- 
qués, soit les perfectionnements ou compléments dont ils pa- 
raîtraient susceptibles. 

S L Travaux de recherches et d'exploration. 

Des recherches très-multipliées ont été entreprises en Krance 
dans ces dernières années, principalement pour retrouver sous 
des terrains plus récents le prolongement de divers terrains 
hoaillers. 

Ces recherches, effectuées généralement au moyen de son- 
dages, n'ont présenté, au point do vue technique, rien de par- 
ticulièrement saillant. Il suffit de dire ici qu'ils ontété presque 
tous exécutés par les trois maisons qui, en France, s'occupent 
^spécialement de ces opérations, MM. Degousée, KInd et Mnlot. 

Tome XX, 1861. 19 





PR0GBË3 RÉCENTS 

UDQ OU deux exceptions dont les résultats n'ont pas été 
pura iiV's-siitlsfai'^ants, ces sondages ont eu lieu n la tigt, 
me qui parali décidément prévaloir dans la pratique sur 
ndiige à In corit OU fonôiige chinvi». 
^ ruclierches ODl conduit sur divers points h des décou- 
la d'une grande importance industritlle, parmi lesquelles 
oit citer au premier rang celles du l'as-dc-Calais et de U 
Ile, au succès desquelles ont largement contribué les tra- 
de MU. les ingéuieurs en clief Dusoulcli et Jacquot. 
bassin du Pas-de-Calais est le prolongement vers l'ouest 
assin liouiller de Vatenciennes, qui n'est déjà lur-mémo 
L- prolongement vers le môme sens Je la longue bande 
liVo qui traverse touw la Belgique. La partie nouvelle- 
, découverte présente déjà plusieurs concessions en pleioe 
)iiaiion i d'autres sont en Instance, et il y a lieu de croire 
eo la Cûusoramation locale, avec les facilités d'eiporta- 
lue lui donne lemliranchement dit chnnin des hawlléret, 
iliùve en ce moment la compagnie du chemin do fer du 
, ce bassin so développera rapidement et pourra atteindre 
lilTre de production comparable b. celui du liassin de Va- 



DE l'exploitation DES MINES. 28 1 

Hvé atl terrain houiller et sera en exploitation dans quelques 
mois; d*autres ont encore à lutter contre les difficultés très- 
sédeiises de la traversée du grès des Vosges, qui est générale- 
ment très-aquifère; mais il y a tout lieu d'espérer que ces dif- 
dciiltés seront surmontées, et qu'avant peu d'annéesll existera 
dans Id Moselle un centre de production d'autant plus iniéres- 
sànt potif la région de Test de la France qu'il la soustraira aux 
dangers du monopole des exploitations prussiennes. 

Le chemin de fer récemment voté de la ligne de Tbionville à 
la ligne de Wissemburg traversera les diverses concessions et 
leur ouvrii*a des débouchés importants et variés, tant vers l'Al- 
sace que vers le district métallurgique de la Moselle et des Ar- 
deones. 

Comme découvertes d'une importance moins capitale, mais 
encore intéressantes, je citerai : 

i* La découverte de la houille sous les terrains triasique et 
jurassiiiue d'une part près do Saint-Ambroix, et d'autre part 
entre Alais et la Grand'Combe (Gard), fait d'un grand intérêt 
pour l'avenir du ba^sin houiller du Gard, qui est destiné à 
prendre une part de plus en plus importante dans Talimenta- 
tion de Tindustrle sur le littoral de la Méditerranée ; 

9* Enûn la découverte de la houille à une profondeur de 
65o mètres, faite dans le bassin de lîouchamp (Haute-Saône), 
au sud et en dehors des limites de la concession de ce nom, 
eirconstance qui augmente notablement la durée* d'ailleurs 
limitée, de ce bassin, dont les produits luttent avantageuse- 
ment en Alsace contre les houilles de Sarrebruck. . 



S II. Ponçage des puits. 

Le fonçage des puits de mines ne présente en général point 
de difficultés sérieuses autres que celles qui p.'iivent résulter 
de la nature ébouleu^^e des terrains ou de Taffluence des eaui. 
La réunion de ces deux circonstances (terrain coulant et at- 
fluence d'eau) a pu, dans certaines conditions, constituer un 
obstacle insurmontable aux moyens usités jusqu'à ce jour. 

lie perfectionnement de ces moyens est donc un objvît d'une 
grande Importance pour 1 industrie minérale, et il convient 
d'entrer dans quelques détails sur les progrès considérables 





1 PROGRES nÉ<.Er.T3 

ont (né réalisés depuis quelques années dans cette brancha 
l'art des mines. 

'our ce qui concerne la traversée des terrains 3quirÈres, on 
ovci-minl de* aeaUreurs, la mise en exploitation des ter- 
is hoiijllers c!u l'as-de-Calals et dv la Moselle, dont il a été 
siion plus haut, a conduit, dans ces derniers temps, à exé- 
er un grand nombre de travaux de ce genre et à en amélio- 
sueco=sivement l'outillage. 

,insl, d'aboid les anciennes machines d'épuisement de Scw- 
imen. ù balancier en bois, portant la maîtresse tige des 
ipcs au moyen d'une clialne de suspension, ont entière- 
it disparu . Oa emploie aujourd'hui presque ejiclusivement 
machines ii traction directe à haute pression, détente faible 
sans condensaiion. M. Vuillcmin, directeur des mines 
niche, a employé également une machine horizontale com- 
idant le mouvement de la maîtresse tige au moyen d'une 
Ine passant sur une poulie de renvoi placée au dessus du 
ts. Cette disposition rend plus libres les abords du puits i 
pent éire recommandée dans le cas où la nature du ter- 
1 ne permet pas de placer les fondations de la machine au 
d même du puits; mais l'emploi de cette chaîne n'en pas 



DE l'exploitahon des mines. 283 

une opération où une machine (Tune dimension donnée doit 
être soumise à des efforts auccensivement croissants^ comme 
ceux qu'exige le jeu d'un attirail de po^pe, dont la longueur 
augmente à mesure que le puits s'approfondit. Le diamètre 
du cylindre et la pression de la vapeur étant nécessairement 
calculés pour la profondeur maximum à atteindre par lava- 
leresse avec des pompes d'un diamètre donné, il en résulte 
l'obligation de commencer le travail avec une pression mo- 
trice relativement très-faible, circonstance éminemment dé- 
favorable à réconomio de combustible, lorsqu'on n'emploie 
pas la condensation, et au contraire presque indifférente lors- 
qu'on l'emploie (1). 

Dans un travarl d'avaleresse de longue durée, c'est quelque- 
fois par plusieurs centaines de tniUe francs qu'il faut compter 
le charbon consommé pour l'épuisement. 11 n'est donc pas 
permis de négliger un perfectionnement fort simple à réali- 
ser, et qui peut apporter une économie notable sur un article 
de dépense aussi important. 

Quant aux pompes, la tendance a été successivement d'en 
augmenter le diamètre, ainsi que la hauteur de refoulement, 
dans le but de diminuer à la fois le nombre des pompes de 
chaque répétition et le nombre des répétitions. 

Cette tendance se justifie complètement: la marche du tra- 
vail est beaucoup plus rapide, par suite de la réduction dans 
le nombre des garnitures de pistons ou de soupapes à renou- 
veler. 

Partant de pompes de o'^^^b à o",3o de diamètre, on a été 



(1) La Tormale qui donne le travail d'un kilogramme de vapeur à la pres- 
sion p oa à là température I correspondante, et avec une contre-pression p^ 
est: 

T=i2.8i7(i-F.a0(i -p)» 

a étant la coefficient de dilatation des gaz, ou o,oo36C. 
Si l'on suppose une condensation parfaite, ou f>' = o, elle devient : 

T=iî.8i7(i+a/). 

e^est-à-dira qu'elle varie fort peu entre les limites de température auxquelles 
on produit la vapeur à basse, à moyf*ntio nu à haute pression. 
Si an contraire la contre-pression f/ est la pression atmosphérique, la 

ferma 1 — — est égal à - pour une pression effective de 5 atmosphère; 

il n'est ploa qaa 1/3 pour une pression effecUve de 1 atmosphère, i/3 pour une 
preattoB effective de 1/9 atmosphère et ainsi de aaite. 



984 l'nuSHÈS RkCËNTS 

■uccessivement à o-,f|o, o'-.ùo, o'.fti, o',?» et au delA. On voit 
qu'une pompo de o-.jo peut en remplacer ft d« o'.SS; oa 
*errait de utânie qu'unii »-ule pompe de i mètre an rempla- 
cerait deux do o"' ,70, avec beaucoup moins d'encomtm>meDl 
pour l'mti^ricur du puits Je n'hésllorais pas ) propooer d'en- 
plo^i* une seule pompe à un miMre. A où I afflueace présu- 
mée des eaux en dumauUiirall deux de o',?!). 

On a reconnu que pour ces gr.md^s dlmcnsioiui, un piston 
analu^e & celui des pompes Lelestu et avec ^rnlture en 
gutta-porclia, élait le iiii.'il)eiir système; qu'on pouvait, nou- 
seulomont sans inconvénient, mais même avec avantage, se 
dispenser d'aléstr les curps de pompe, et enfla pour le Jeu 
volant employi^r dos corps de pompe de plusieurs pièces, afin 
d'ohlonlr une longueur totale plus grande que la course du 
piston I ce qui permet de fuire descendre la pompe, sans avoir 
à cl)iu|ue instant à ri^^ter la longueur des tiges. 

La hauteur des répétitions a été portée sans dlfllculté à ia, 
6a mètres, et même ri'crtnment jusqu'à 73 mètres, dans une 
avaleresse en exécution prÈs de Stiring Wendel , parM. Wabl- 
nerth. On a pour toutes ces grandos pompes employé sxcio- 
alvemoat di's colonnes d'ascension en t61e, afln de diminuer 
le poids A manœuvrer nu à Taire porter sur le* b&ohes. 

Enfla, pour ce qui ccmcerne le cuvelage, on 1 euntlnué 
d'oEnployer presque exclu.°ivement le bols eo France et dau 




DE l'exploitation DES MINES. 985 

irafl a parfaitement réussi sans qu'on ait été obligé d'employer 
des bois de dimensions Inusitées, moyennant la précaution de 
munir los dernières reprises d'une armature en fonte, dispo- 
sée comme celles qui ont été di^jà établies dans le département 
du Nord pour renforcer des cuvelages trop faibles. 

Los procédé^i de fonçage dont Je viens de rappeler les traits 
principaux pouvant devenir insuffisants, soit lorsque Taflluence 
des eaux e«5t excessive, soit lorsque les terrains sont trop cou- 
lants, soit enfin lorsque ces deux circonstances d'abondance 
d'eau et de terrains coulants se présentent réunies, surtout si 
le fait se produit & une grande profondeur. 

G*est ainsi qu*en Belgique la partie nord du bassin de Mons 
et la partie sud du bassin du Centre entre Mons et r.harlcrol, 
sont restées jusqu'à ce Jour inexploitées, et ont été considérées 
en quelque sorte comme inaccessibles, moin? à cause de l'é- 
pafsseur desmorh-terrainn, qu'à cause de l'existence de sables 
coulante et aqulf^res à la base de ces terrains. 

Voyons quels sont les moyens dont le mineur peut disposer 
pour ces circonstances exceptionnelles. 

Dans le cas de terrains coulants voisins de la surface, on peut 
employer les tours mobiles en maçonnerie, suivant le système 
usité en Sllé^ie et dans le bassin de la Ruhr, ou bien substi- 
tuer à la maçonnerie des cylindres en tôle ou en fonte, comme 
Pont fait M. Triger dans le département de Maine-et-Loire , 
M. Plot dans les environs d'Aix-la-Chapelle, etc. 

SI les terrains meubles sont en même temps très-aquifères, 
et ne dépassent pas a5 à 3o mètres d'épaisseur, et si, soit pour 
faciliter l'enfoncement du tul)e, soit après renfoncement, pour 
rendre le bas de la colonne étanche, on veut pouvoir travailler 
dans le puits sans recourir à des moyens d'épuisement coû- 
teux à installer et h maintenir en activité, on recourra très- 
convenablement à remploi de l'air comprimé imaginé par 
M. Triger. 

Ce système est devenu maintenant très-pratique, non-seule- 
«ent pour le fonçage des puits, maïs encore pour certains tra- 
vaux du génie civil, tels que les fondations dos piles de ponts. 

Si ces terrains meubles se rencontrent dans la profondeur, 
on a remploi soit des Iromsei eonpontes surmontées d*un cu- 
▼elage en bols telles qu'on les applique dans le Nord, soit des 
tubes métalliques enfoncés par choc ou par pression, ou par 
les deox mioifen% oembfnési comme on l'a pratiqué daotf des 




puKs du bassin du centre en Belgique- Uab alors ou n'&an 
plus en général la ressource de l'aEr comprimé pour faciliter le 
travail Je l'en Ton cemeni, ou pour compléter la fcrnielure da 
pied de la colonne. 

U est bon cependant de rem&rquer que si ce moyen devenait 
absolument judlspeusable pour contlaur>r un foriça^. on pour- 
rait encore y recourir iiu moyen d'un artifice particulier. 

Cet artifice consit^teralt à foncer en ral^me temps deux puits 
voisins, ainsi qu'il y a d'ailleurs convenance à le faipe pour la 
sécurité, lorsqu'il s'agit de créer sur des couches à grisou un 
cpniro d'exploitation destiné à rester isolé pendant longtemps. 
çft clair c)ue si ces deux puits sont, ^ un moment donné, k 
peu pnïs k la môme profondeur, il suffira en géuéral de tenir 
les eau* basses dans l'un d'eux pour que l'on puisse en même 
temps faire emploi de l'air comprimé ou fond du second. 

Par l'application tle ces divers artifices combinés avec des 
moyens d'épuisement suffisants, on parvlendraen généra! ùsur- 
mouter les difficultés qui résulteront soit de t'affiuence des 
eaux, soit de la nature éboulouso des terrains. 

H reste cependant deux cas exceptionnels à considérer, qui 
demanderont des dispasltions spéciales. 

I.e premier cas est celui où l'abondaucc des eaux serait telle 
que tous les moyens d'éptilsement suscopiILIes d'être installés 
dans un puils d'une section limitée deviendraient insuffisants. 

Dans ce cas, le moyen auquel on devrait ri'courir serait celui 
que M. Klnd a employé le premier dans le département de la 
Uosellc, et qui consiste & exécuter le puits sans aucun épui- 
sement et comme un sondage d'un Erraiid diamètre. M. Kind 
a ct^é pour ci>^ travaux tout un système d'outillage qal résout 
parfaitement l.t question du fonçage dans tous les terrains assejs 
solides pour que les parois puissent se muiotenir jusqu'il ce 
qu'on ail pénétré dans le terrain imperméable qui doit 6i;rvir 
de base au cuvelage. On remarquera d'ailleurs que ne faisant 
aucun épuisement pendant le fonçage, les parois se maintien- 
Dent beaucoup mieux que dans le cas oil l'on traiailio en bat- 
tant |p^ eaux, M. Kind a cnié également \ps moyens de des- 
cendre le cuvelage tout d'une pièce sous l'fnu j'isquau fond 
du pnilsidc sortequ'ilneresternit plus ensuite, en supposant les 
joints et la base du cuielago suffisamment étanthes, qufi vider 
une fois pour toutes la colonne du puits et à continuer ensuite 
le travail k la manière ordinaire dans le terrain ImM 



DE l/EXPLO!TATlUi\ hi:s MIiNtS. 287 

Il faut dire cependant que deux fonçages ainsi entrepris dans 
la Moselle n'ont pas réussi. Une fois le cuvelage descendu, il a 
été impossible de battre les eaux jusqu'à fond, soit que lecu- 
volage ait cédé sous la pression de Toau, soit que la base n'ait 
pas été étanclie. On comprend bien qu'alors on ait pu avoir à 
lutter contre une quantité d'eau beaucoup plus considérable 
que si Ton avait foncé par les procédés ordinaires, puisqu'on 
areçu à la fois Teau dos divers niveaux qu'on n aurait eue que 
successivement dans le travail de l'avalcresse ordinaire, et 
dont on se serait débarrassé au moins partiellement au moyen 
de trousses picotées. Ce double échec a fait renoncer à rem- 
ploi du système Klnd dans la Moselle, et tous les puits foncés 
depuis lors dans ce département l'ont été exclusivement par 
les procédés ordinaires. 

Toutefois la question a continué d'être à Pétude sur d'autres 
points, dans la Uuhr et en Belgique, et dans ces derniers temps 
elle a été résolue avec succès par M. Chaudron habile ingé* 
Dieur belge. Cet ingénieur, adoptant presque sans modification 
les procédés de fonçageet de descente du cu\elage imaginés 
par M. Kind, a substitué un revêtement en fonte au eu vêlage 
que M. Kind avait établi en pièces de bois placées vertica- 
lement et assemblées corn me lesdouvesd^un tonneau. Deplus,il 
a imaginé une disposition très-simple et en môme temps très- 
efficace, ainsi que l'expérience l'a prouvé, pour obtenir une 
assise imperméable. Cette disposition consiste essentiellenieut 
en une garniture de mousse comprise entre deux collets ex- 
térieurs, ménagés l'un à la base du cuvelage, l'autre au bas 
d'un tube placé à l'intérieur du cuvrlage et qui vient reposer 
sur le fond du puits préalablement nivelé. C'est le poids même 
du cuvelage qui comprime la mousse ; une disposition analogue 
à celle des boîtes à étoupes ou des pistons à garniture de 
chanvre des machines à basse pression, a pour effet de donner 
à la force de compression une composante horizontale qui ap- 
plique la mousse contre le terrain en même temps qu'elle la 
comprime entre les deux collets. 

Par cet heureux perfectionnement, le système Kind semble 
désormais acquis à la pratique; et il y a lieu de croire qu'on 
arrivera à l'appliquer avec une grande économie de temps et 
d'argent dans tous les cas où l'on aura à traverser des terrains 
à la fois aqulfères et suffisamment résistants, comme c^ux du 
bassin houiller de la Moselle. Telle était depuis longtemps la 





PROGHÈS RÉCENTS 

Islon de beaucoup d'ingénieurs expérimenté», mal^rrA 1«9 
nicrs échecs du liystëraa, et cette prévision parait aujour- 
lI devoir se réaliser, 

3 deuxième casdont je veux parler ici est celui où l'on ren- 
tre en prufundeur ei sur une a««eï grandf *paiiaeur des 
ains à la fols irè'-agu'frreii el lré>-eonlant'. Ce cas est le 
; difficile qui puisse se présenter. 11 exclut absolumera t l'em- 
detout mode de travail dans lequel iDierviendrjit lépuise- 
it; car la nature Quide du terrain ferait qu'on Cepuittrait, 
iuel<(ue sorte, en môme temps que l'eau, sans pouvoir falM 
icer l'approfondisiemeni, et en déterminant dans le ter- 
1 des mouvements désordonnés qui ne permettraient pa« 
funcement régulier d'un tubage. 

faudra doue ir;ivailler sous IVau, ou, selon l'expression 
sacrée, à niveau piriv, se contentant d'enfoncer des tubes 

le baul el de draguer à l'intérieur. Mais l'emplor de ce 
Èrae est nécuasuiroment limité, La résistance à l'enfon- 
lont croit rapidement avec la longueur du tube; elle aug- 
iie encore par le fait mémo du dragage qnl, malgré toutes 
pn':cuutions, ne peut manquer de détermiuer des mouv»- 



DE l'exploitation DES MINES. 289 

une pompe foulante placée au Jour. Pendant la manœuvre de 
reofonccment de la trousse coupante le puits est plein d'eau, 
etil j a «insf équilibre sur les doux faces du bouclier. On vide 
le puits lorsque renfoncement est suffisant pour qu*on puisse 
descendre et mettre en place un nouveau cadre du cuvolagc. 

Le centre du bouclier est percé d'une sorte de trou d'homme 
par lequel on introduit les outils qui servent à diviser au be- 
soin et à extraire le terrain au fur et à mesure que renfon- 
cement se poursuit. Le trou d'homm*eest d'ailleurs surmonté 
d*une colonne de tuyaux qui s'élève jusqu'au-dessus du niveau 
naturel des eaux; du sorte que toutes les manœuvres se font 
sans qu'il y ait jamais réduction de la pression de l'eau sous le 
bouclier, condition indispensable pour empocher le terrain 
de se meitreen mouvement : cette colonne est munie de robi- 
nets qui permettent de remplir à volonté la colonne du puits, 
qu'on vide ensuite à la benne lorsqu'il s'agit de placer un 
nouveau cadre Tel est le principe de la méthode, dont Tappli- 
cation a été décrite avec détails dans diverses publications, 
notamment dans le Bvilttm de Vinduêtrie minérale de Saint- 
Étientm et dans la Beeue univenelle de Liège, Cette méthode 
donstitue un perfectionnement d'un très-grand intérêt pour le 
cas spécial en vue duquel, elle a été étudiée. 

On peut dire aujourd'hui qu'en ajoutant aux procédés usuels 
le système Triger, le système Kind complété par M. Chaudron 
et le système Gui bal, ni l'épaisseur des morts-terrains, ni leur 
nature plus ou moins coulante, ni l'importance de leurs ni- 
veaux ne constituent plus d'obstacles contre lesquels le mi- 
neur soit désarmé. Sauf les difficultés et les accidents de chaque 
application, il est permis désormais d*aborder l'attaque d'un 
bassin houiller quelle que soit la nature des morts-terrains qui 
le recouvrent. 

C*est là un résultat nouveau, d'une grande importance, et 
très-digne d'appeler l'attention de toutes les personnes inté- 
ressées dans l'exploitation des mines. 

§ m. Inêtalî(H,tion permanente des puits d'extraclign. 

Les nombreux puits d'extraction établis dans ces dernières 
années, principalement dans les bassins houillers du nord de 
la Prance, de la Belgique et de la Ruhr, ont été outillés d'une 




U90 

u&iiiËre beaucoup plus lar^e et plu9 complète qu'on na^ 
Taisait il y a une vinglaine d'années sur 1o comment. 

Ou s'esl rupproclié des disposiilons depuis longieinps adop- 
tées daos le bKssia de ^e^vcastle, où la pi'oductlon est souvent 
portée pourunseul puits & boo oti 600 tonnes et plus pnrposie. 
Le pulls n° VI des mines du Grand-llurnu dans le bassin de 
Mons » ôié, sur le continent, l'un des premiers exetuples de 
ces grandes installations. La descripiion complète en a été 
donnée par M. Gli^pin, dans les Jnnales de< mine». 

L'ouvrage lacent de M. A. Bnrat, sur le matériel des houil- 
lères, donne divers aulrea exemples qui peuvent être utile- 
ment consultés. 

Le type qui prévaut aujourd hui, et qui se trouve reproduit 
en Belgique, dans lo nord de la France, dans la Moselle. & 
Bonchanip, à lilaozy, i, ltive-de-(iier, etc., présente les ca- 
raclèr^s généraux suivanU : 

i" Puils de grande dimension, a section circulaire et d'envi- 
ron U mètres de diamètre; 

a' Machine d'extraction d'un grande puissance 'au moins 
80 à iDo chevaux, souvent i5u et plus), ù cylindres liorl- 
lontaux conjugués, saus engrenages, à haute pression, à 
simple détente par avance et recouvrement, et sans conden- 
Batloa. avec cbangcment do m;ir<'he par la coulisse Stephen- 
son; volant léger placé entre les deux bobines et ayant plutôt 
pour oiijct de recevoir un frein que de régulariser le mouve- 
ment de rotation ; freiu à vapeur et petit clieval alimentaire 
spécial; 

3* Emploi de cages recevant les chariots qui ont été char- 
gés A la taille et viennent se vider au jour, de manière à évlier 
tout transbordement; guides fïKes en bols; parachutes variés, 
parmi lesquels le parachute Fontaine est encore aujourd'hui 
le plus usité ; dispositiou-t diverses pour éviter de porter les 
cages aux poulies; cùbles plats en chanvre ou en aloès, dimi- 
nua, c'est-b-dlre t. section décroissante, lorsque la profon- 
deur du puits est considérabli; ; 

ù" [lijposltions de recettes extérieures A plusieurs niveaux, 
ayant pour ol'Jet de recevoir simultanément les chariots dea 
divers étapes dt' la ca^'C, afin d'éuier ie temps qui >•(• trouve 
perdu par les manœuvres de la machine-, lorsque la réception 
des chariots doit se faire successivement & un seul et même 
niveau ; emploi de balances, soit àslmple effet svecconlre-poldd. 



DE K I XPLOil ATION DES MINES. îiQl 

^K)it à double effet, pour amener les chariots pleins au niveau 
du piàtre, et pour relever les chariots vides au niveau des 
étages supérieurs Je la cage; 

5* Emploi de culbuteurs fixes, ou mieux mobiles, pour vider 
les chariots avec le moins de main-d'œuvre possible, et dis- 
positions diverses pour la classification spontanée des matières 
et leur chargement direct en charrettes ou en wagons. 

ÂrrêtoDs-nous un instant sur ces divers points qui donnent 
lieu à quelques observations. 

Pour ce qui est du puits môme, la forme circulaire a, d'après 
plusieurs ingénieurs, Tinconvénient de moins bien utiliser une 
section d*une étendue donnée que la forme rectangulaire. Cela 
est incontestable; mais d'un autre côté la forme circulaire est 
mieux appropriée à remploi du muraillement, lequel est bien 
préférable^au boisage lorsque le terrain est ébouleux, ou peut 
devenir tel avec le temf>s, et que le puits doit avoir une longue 
durée; elle est d'ailleurs presque indispensable lorsque le 
puits doit recevoir un revêtement étanche soumis à une forte 
pression. Je crois donc que cette forme mérite, dans le plus 
grand nombre des cas, la préférence qu'on lui accorde aujour- 
d'hui presque exclusivement eu France et en Belgique. 

Pour la machine d'extraction, le type à deux cylindres conju- 
gués, avec emploi d'un volant léger, a l'incontestable avantage 
d'éviter les points morts, et de donner ainsi un appareil qui est 
toujours bien dans la main du mécanicien, et se manœuvre 
avec facilité et avec précision. C'est donc avec grande raison 
que ce système prévaut aujourd'hui. Rien n'empêche d ailleurs 
do combiner l'emploi des machines conjuguées, soit avec des 
cylindres verticaux comme M. Glépin 1 a fait au Grand-Hornu, 
soit avec celui d'un engrenage, comme il on existe dans toutes 
les anciennes machines. On peut mên;e se demander, dans ce 
dernier cas, si la simplification qu'on a recherchée, en sup- 
primant cet intermédiaire entre l'arbre du volant et celui des 
bobines, n'est pas achetée trop cher. Il est certain, en effet, 
qu'en faisant attaquer directement l'arbre des bobines par les 
bielles motrices, on est obligé de diminuer le nombre des coups 
de piston par minute; ce qui, pour une force donnée à déve- 
lopper, conduit $L augmenter les dimension^} du cylindn!. On a 
ainsi des machines plus volumineuses, plus chères et aussi 
dans lesquelles, par suite des grandes dimensions des tiroirs, 
les manœuvres à la main se font avec plus de fatigue pour le 





• PROGRÈS RÉCENTS 

canicien. On est donc enW, avec ce lype de machinM 
is une voiu précisément inversa de celle fiue beaucoup A 
-iuiines suivent aujourd'hui dans les autres applIcaCloasdel 
i^hines à vapeur, pour lesquelles pi-Éraut de plus en plus U 
tènie des machines légères et rapides. II n'est donc noflft 
ut certain qu'on ne revienne pos un jour h l'emploi da 
Ti'uagea qui ne présenteront d'ailleurs aucune cause sp*. 
le de danger, si l'on prend la précaution de placer un frein 
réserve sur l'arbre des bobines, indépenilammeat de ceW 
fonctionnera habituellement sur le volant de l'arbre! 
nivelles. 

!ne autre observation est relative à la force donnée aifl 
chines. Il est bon sans doute de calculer celle force ass« 
;emenL;car ilnefaut pasqueeesoItriiisuinsancedelamjt- 
QO qui empêche de faire une sortie an<si tmpurtante qO< 
Il le permettre le développement des chantiers. Mais il f&n 
iidre garde aussi de dépa^i^er le but, et je dois dire qtx 
iservation m'a montré quon l'avait souvent dépassé dan 
derniers temps. Or ce qui résulte uA fessai rement de l'e» 
i (le cylindres à vapeur disproportionnés, c'est l'obligatiol 
n'y faire fonctionner la v;ipcur qu'S une pression effectjrt 



DE l'exploitation DES MINES. 99S 

Quant à rélévatioD au jour des chariots qui vont des tailles 
iTenvoyage, elle présente de si nombreux et de si évidents 
avantages sur Tancien système d'extraction par des bennes ou 
cuffats, qu'il est Inutile d'insister sur un point qui est, je pense, 
nnivev'sellement admis aujourd'hui. On peut hésiter seulement 
entre l'emploi de charges légères élevées à grande vitesse et 
celui de charges très-lourdes élevées pins lentement Je pense 
que la première solution doit être préférée. Elle permet d'a- 
voir des câbles plus légers, de réduire le plus souvent à deux 
le nombre des étages de la cage, et par conséquenl de faire 
tout le service simultanément aux deux planchers correspon- 
dants de la recette, sans aucune manœuvre de machinai; enfin 
elle rend moins solidaires l'un de l'autre le service du roulage 
intérieur, celui de l'extractien et celui des mouvements au 
jour. Des cages à deux étages, recevant à chaque étage deux 
wagons de /^oo à 5oo kil. de charge, seront plus que suffi- 
santes. En les faisant circuler avec des vitesses de 5 à 6 mètres 
par seconde, ou même au besoin de 7 à 8 mètres, comme cela 
a lieu fréquemment dans les mines de Newcastle, on réalisera 
une extraction aussi foite qu'on ait obtenue jusqu'à ce jour. 
Si, pour fixer les idées, nous supposons un charge utile de 
2000 kil. élevés à une vitesse de 7",5o par seconde, cela cor- 
respond à une force théorique de 300 chevaux. C'est déjà une 
force considérable, qui se prête néanmoins encore très- bien 
à toutes les manœuvres, mais qu'il ne faudrait pas trop dé- 
passer. 

Des guidesfixes en bois conviennent mieux que des guides en 
cftbles de fil de fer à une extraction rapide, ainsi qu'à l'emploi 
de parachutes. On a cependant employé de ces câbles jusqu'à 
plus de 200 mètres; mais il faut au moins ralentir au point de 
croisement. On a aussi imaginé des parachutes destinés à agir 
sur des guides en câbles ; mais Texpérience n'a pas encore pro- 
noncé sur leur efficacité. 

Quant aux câbles d'extraction, ils sont souvent en fil de fer 
lorsqu'ils sont ronds; mois en France et en Belgique, ils sont 
presque toujours en chanvre ou en aloès lorsqu ils sont plats. 
Plusieurs causes, parmi lesquelles on doit mentionner l'action 
exercée par les fabricants de câbles, ont contribué à mainte- 
nir jusqu'ici cet état de choses. Dans le bassin de Newcastle, 
au contraire, on emploie depuis longtemps presque exclusive- 
ment le fil de fer, et l'on a commencé avec succès à employer ie 





iiiut;iiËs KtL£\rs 

cier, qui comporte un poids courant presque inoiU6 
Ire. Celle quesiion des ciiblea mérite d'ap[ieler rattentloB 
irieusea des exploiians; car ces cables forment ud «rticl» 
soDse important, dans les puits profonds, surioul dans 
:)ui servent à la sortie de l'air, et où ! air chaud et vlctt 
parcouru les travaux détruit rapidement, en quelque! 
lescaijiea form'^s de matières végtSlalos. 
a reprociiëaux cables métalliques de ne pas avertir, 
e les c&lil^s en clianvre, du degré d'allérotion auquel ils 
rrivés, et d'exposer uinsi la vie des liommcs, lorsque U 
lie et la remonto s'elTeetiionl: par des cagra. C'i-st I& UO 
d'une nature telle qu'il ne permet guère un libre exameo 
question. Je crois cependiint que rcKp^ricncc no le coib- 
pus. Sans citer rexemidc des mines de iNeivcastle, où l'os 
it être tenté di* croire que la fabrication des c&liles de 
"er, telle qu'elli^estinsiallée, par exemple, Jaos legrand 
œementde MM. Newallet compaftnie i Gatesliead, se fait 
le meilleurts conditions qu'autre part, il no paraît pu 
France les mines, très- nombreuses déji, où l'on emploie 
ivc-ment les cables ronds eu Hl de fer, aient été le théâtre 
lus grand nombre d'accidents que les autres, naitleurt 



DE l'exploitation DES MINES. sg5 

On pourra également, en les adoptant, et afin de ne point 
mettre en Jeu au delà de limites convenables leur résistance 
Tive élastique, employer certaines dispositions connues qui 
ont pour objet d'éviter les secousses au départ, telles qu'une 
boite à ressort à boudin interposée entre le bout libre du bftble 
et la cage, ou la disposition plus récemment proposée par 
M. Guibal qui consiste à placer les molettes sur un support 
élastique. 

Je mentionnerai encore une disposition connue depuis long- 
temps et qui a été reproduite récemment pour rendre à vo- 
lonté Tune des bobines folle sur son arbre. C'est un artifice 
très-commode, lorsqu*on doit changer d'accrochago à plusieurs 
reprises dans la Journée. On règle ainsi rapidement et avec 
précision, selon les besoins, la longueur de chaque c&ble, qui 
ii*est plus exposé à se nouer, comme cela peut arriver lorsqu'il 
a un grand excès de longueur. En outre on évite un inconvé- 
nient inhérent aux cAbles de longueur invariable, qui est d'em- 
ployer pour les divers accrochages le même temps de manœu- 
vre que pour le plus profond. 

Les balances que Ton emploie aujourd'hui assez générale- 
ment pour ramener à un même niveau, les wagons reçus au 
Jour aux divers étages d*une cage et réciproquement, peuvent 
également être et sont en effet souvent appliqués pour le 
môme objet aux places d'accrochage. D'autres fois il existe à 
la place d'accrochage deux galeries qui correspondent à cha- 
cun des étages, et chaque galerie reçoit les produits d'un 
quartier spécial de la mine. Toutefois comme il n*arrivera pas 
en général que ces deux quartiers fournissent simultanément 
des quantités précisément égales, ce qui empêcherait de mar- 
cher à pleine charge, on met les deux recettes en relation l'une 
avec l'autre au moyen d'une galerie ayant ime pento totale égale 
à leur différence de niveau ; mais cela oblige à des manœuvres 
assez embarrassantes, et il vaut mieux en général que tous les 
produits arrivent par une galerie unique, de niveau avec l'é- 
tage supérieur de la cage, et soient descendus ensuite au moyen 
d'une ou deux balances au niveau des divers étages inférieurs. 
On a tout le temps nécessaire pour ces manœuvres accessoires 
pendant que les cages circulent dans le puits. 

Enfin pour ce qui est des manutentions que subissent les 
produits depuis l'instant de leur arrivée au Jour Jusqu'à celui 
de leur expédition, il est bien clair qu'il est très-facile de dis- 

TOMK XX, iS6i. 90 



•A^6 PROGBË9 BÈCENTS 

poser les choses pour les faire avec une gnnde écoDomle de 
muiii-d'oeiivm ; ressi^titk'l pst de placm' la recette à un alrean 
atifll.-aiijitji'iii i^rlovù, 1 ou S iiii>ircs au moias au-dessus du soi, 
pour (j(i'u|>j'''m le culbutage des cbariou, les clasBemenU de 
gi-UM^'ur et lus cliargoineuts se Tassent en quelque sorte d'eux- 
in6mi^p;tr l'ueliou ilo la gravité, qui fera cheminer les m»- 
l\i:ri!T- sur (It's sj'siùines de grilles Inclinées ou de couloin 
NuiKTiH)')!':». Cvb ['Kt Tacile & concevoir et a été en elbt résolu 
disdJvrr^jCH inani6ros. 

11 fuut [irondre tnrdo seulement, et c'est un point devtia 
qu'on a qui^lijui-ruis eu tort de oégligor. de ne pas payer trop 
clii'r rriie U|ijmreiilc simplification de travail. 

1.11 |>ai'i'il cUissrment ne se Tait jamais sans occasionner 
un iKiiulili' d.'càct sur le gros; il n est Jamais complet et ne 
permet 'jm'uu tirage lissez iiiiiiarfaît. 

Si (luiiu un opire sur des houillea friables et schisteuses, s'il 
y a cuiie lu prix du gros et du menu une très-grande dilli^ 
rence, si l'ucliuteurest o^igeant sur la propreté du charbon 
qui lui est livré, il nst furt iio^sible qu'il y ait avantage réel k 
ne (las riniiluyer cl'S moycus expëditifs de cla»sement et de 
cliargi'MiL'iit. et ii |irodij,ucr à dessein, en quelque aorte, la 
main-d'iruvre, puur obtenir un meilleur travail. 

Dans uu bassin liuuiller où la coucurreiice entre les produc- 
teurs sera trè.'j-di^vetopi'ii^u, on ne devra pas perdre de vue eta 
considérutioDs; cl il conviendra d'être très-ci rconapect daiu 




DE L EXPLOITATION DES MINES. 297 

OÙ elJe a été d*abord placée, qu'aux mines de lioncliarop qui en 
a en deax en activité à la fois. 

Ne considéwt donc que l'emploi des câbles , j'ajouterai seu- 
lement quelques mots sur diverses modifications qui ont été 
hteemment appliquées ou proposées , en vue de remplir cer- 
tafçes conditions particulières : 

1* inexpérience Indique que des deux câbles plats en service 
sur an puits, celui dont Tenroulement sur la 1)obine se fait 
par-desioui a la moindre durée. Cela s'oxpllque par l'excès de 
fiitigue résultant de ce que chaque élément du câble est obligé 
de se plier successivement dans un sens au passage sur la mo- 
lette, et en êemt contraire à Tenroulement sur la bobine. 
M. Colson a proposé un système de machine d'extraction qui 
fait disparaître cet inconvénient La disposition est exactement 
celle qu'applique le môme ingénieur pour faire mouvoir le ven- 
tilateur Kabry. Les deux roues à ailes du ventilateur devien- 
nent ici les deux bobines qui se trouvent ainsi tourner en sens 
contraire l'une de Tàutre.Les câbles passent Fun et Tautre au- 
dessusde leurs bobines; Tund'eux s'enroule quand l'autre sedé- 
roule, et pour chacun d'eux le sens de la flexion est le même 
tant sur la molette que sur la bobine. 

11 est bon de remarquer (junn résultat semblable pourra 
être obtenu lorsqu'on le jusrcra utile, quelle que soit la dispo- 
sition du moteur, en établissant un arbre spécial pour chaque 
bobine; l'un des arbres sera attaqué directement par les bielles 
de la machine et commandera l'autre au mcyen d'un système 
de deux roues dentées d'éj^al diamètre. 

Il est d'ailleurs douteux que le résultat â obtenir vaille la 
peine de compliquer ainsi la machine d'extraction. 

«• M. QuIIlacq, habile constructeur de Valenciennes, a cher- 
ché â simplifier la construction des charpentes qui portent les 
molettes, ou même à supprimer entièrement celles-ci par di- 
verses dispositions sur le mérite desquelles l'expérience n*a 
pas encore prononcé. 

S* M. iiCmielle, ingénieur civil à Valenciennes, s'est préoc- 
cupé de l'inconvénient qui résulte pour les puits très-profonds 
de l'irrégularité dans la résistance ù vaincre pendant l'éléva- 
tioq d'une cage, et il a proposé pour y remédier l'emploi 
d'un câble unique fonctionnant comme chaîne sans fin. Ce 
câble jouit évidemment de la propriété d'être constamment 
en équilibre ; de sorte que la réitistance est à chaque instant 



D£ L liXPLOIJ-ATlUN UtS MINES. 999 

de temps doivent Mre putiCBifèrenieiit évitées. Or, daos bean- 
coap debtsBlni houlllers depuis longtomps en exploitation ac- 
tln, U Ant longer k s'approrbodlr, et l'on peut prévoir qu'a- 
not la Un de ce riëcle beancotjp de puits devront atteindre 
des pn/bodeura dft 600 à 700 mëtrea et plus. Il est clair que 
pour dé.samblal>lea proroodeurs l'emploi d'échelles fixes doit 
être regarde^ comme pratiquement impossible; il faudra donc 
employer des moyens mécaniques, mais des moyens spéciaux, 
indépendants de l'appareil d'uvlraction dont ie service ne de- 
vra, k aucun prix, Stri! entravé, 

Ia solution qui semble indiquée est celle de Véchelte mobile 
connus en Allemagne sous le nom de Fakrkutut, et en Angle- 
terre sous celui de man-engine. Il existe de ces appareils qui 
fonctionnent au Elartz depuis une trentaine d'années sous une 
forme très-simple; de 11 ih se ^ont répandus dans le Cor- 
nouailles, puisdans un grand nombre de centres d'exploitation 
en France, en iîelpique et en Allemagne. En même temps, sur 
dii-ers pointa, on les a établis dans des conditions de construc- 
tion beaucoup plnscompiojies et plusdispendieuses que les pre- 
miers appareils, sans obtenir, il faut le reconnaître, un accrols- 
scmeàt d'utilité proportionné & l'accroissement de dépense. 

Pour que recapbi de ces appareOs se répande ainsi qu'il est 
dMrtble, Il fant adopter un système simple, peu dispendieux, 
et en mteia t«mps asseï peu encombrant pour qu'on puisse 
llostaller daiH un compartiment d'un puits. 11 est clair, en 
eAt, qu'on hésiterait d'autant plus à consacrer à l'appaKlI 
un polts tout entier que ce puits serait plus profond et aurait 
coûté pluscber. Li force motrice devra être habituellement la 
nipenr; mais II n'est nullement nécessaire d'employer, comme 
on l*a fait dans plusieurs cas, un système de machines i trac- 
tion directe plus ou moins analogue à une machine d'épui- 
sement. Une simple machine à vapeur de rotation pourra par- 
fbltement au moyen du mécanisme ordinaire des bielles et des 
varietSi transmettre un mouvement alternatir aux tiges por- 
tant les plaDchers mobiles. Le mouvement sera ainsi plus doux 
et plus sûr pour les hommes qu'avec un mécanisme à cata- 
racte. Que si l'on veut, en outre, être en mesurj de donner aux 
tiges une grande excursion, on pourra recourir à l'artifice 
proposé récemment par M. Devaux , inspecteur général des 
mines de Belgique, et M. le professeur Guibal. 

Cet artifice , décrit en détail dans les Jnnalei du travaux 



5oo PHO&RÏS KËCKNTS 

publirt Hr ùelgitiuf, t. X[X . coiiHlste à ittelw nr M tige du 
plstoQ {le la nincliliie h vapeur rotative qui vt harliontile, 1ê 
piston iVuni: jiuniiiL' ii''plr:intM et foubiite A double effeL Cette 
pom)ip estenrclaiioiiavi'cdeiixcjliijj-oï plscSi' vrrticaleniPBt 
sur le ptiits el dan;: IcriffiiHii se niRUi'Tit ({>.>ii\ pistons doni lui 
tiges sont liëoE (livrcleiiient lux tfgex de laFaUrlcnn^t. La potnp^ 
aspire lious un de ref [<ist0!iis. tandis ■|u''-IMt i^roule uiurMttt4> 
Quant à ta coursf <ii: c<;ux-rl, elle bxt i.riAuri(|riHn«iit égalai 
celle de la pompe auçiiiciitt^c dans le rapport àe la sPutlOD âu 
piston de oetti' poinpo à ct-lle des ptsiona ^erllcmis. rapport 
dont on peut disposa il volonté sara sortir de dlmensloi» pa^ 
faltempntpraliiiuns pour ers divers orgiaiiets (lu œ^^canlsinc. Od 
peut i^Balemerit liiuiler par dca arrftto l\-xciirsIoti des tiges A 
déhirminor ainsi uu temps de npon plus prononça que c^id 
qui t^Multeralt du simple passage au polni imtrL J>e!i(lani ce 
temps de P'tms, la pompe continue eM}D moiiTcment ; mi^ IV^ 
refoulée s't'Chappe pur une snuiiape de dërbar^ qu'elln sott- 
lève au moment iii'i Ii'h il4H>a buttent contre lenra arrAta; Ceaja* 
tëme Ir^s-simple se recommande à l'alteotlon des expIbltanlB. 
UnP ralirknnst n'a en g6ni>ral ft irarclier qu'aux cbings- 
ments du poste, c'est -à-dira à des litures détermloées, et pen- 
dant un tompK limita. SI olle est établie sur uA pulta d'extrW' 
tlon ou d'épuisement, on pourra presque toi^Jours siaa grud 
Inconvénient, se dlspeu-^cr de l'alimenter avec dMgt 




DE L'BXPLOITATIOIf DES MINES. 3oi 

firsotlon de oelle que peut demander le service de Tez* 
traction on celui des pompes, et plus encore si la Farhkunst 
était placée sur un puits spécial , et n'avait pas de générateurs 
établis k sa portée. Dans ce dernier cas, en effet, il pourrait 
être onéreux dMnstaller et de maintenir en pression toute la 
Journée un système de générateurs qu: ne devrait fonctionner 
qu'à de rares et courts intervalles: on pourrait nlors juffer pré- 
férable d'emprunter la force nécessaire à une maciiino plus 
00 moins éloignée, de ramener jusque sur le puits au moyen 
d'une conduite forcée, et de Ty emmasrasiner, jusqu'au mo- 
ment de remploi 9 sous le piston d'un accumulateur. 

S V. Matériel d'exploitation et de roulage» 

En mètne temps que les procédés d'extraction se sont per- 
fectionnés comme il a été dit plus haut, l'outillage et le ma- 
tériel de roulage ont reçu dans ces dernières années diverses 
modifications plus ou moins importantes. 

Pour le tirage & la pondre, l'emploi des étonpillesde sCireté 
iCest répandu de plus en plus. On a proposé et l'on commence 
à employer dans quelques mines des fleurets et d"s masses 
exclusivement en acier fondu, et des bourroirs en bols dont le 
but est d'éviter les accidents pendant le bourrage. Des expé- 
riences intéressantes de M. Lombard, insrénieur àSaînt-Étienne, 
ont montré que les outils en acier, malprré leur prix de revient 
élevé, étaient d'un emploi économique : ils coûtent moins d*en- 
tretlen et permettent au mineur de faire plus de travail que les 
outils ordinaires en fer chargé d*acier. 

On a employé l'appareil de M. Rtihmkorpf. pour mettre le feu 
à la poudre, non-seulement pour les grands fourneaux de mine, 
mais même pour les coups de mines ordinaires. M. l'ing^^nieur 
des mines Houpeurt, directeur des mines de la Loire, s'en est 
servi avec succès dans un fonçage de puit«« à Saint-Étienne. Cet 
appareil a été três-goûté des ouvriers qui trouvaient une sécu- 
rité complète dans cette circonstance, que l'instant de Texplo- 
sionse trouvait déterminé d'une manière précise. On est, en 
outre arrivé, quoîqtie d'une manière encore un peu complexe, 
et qui appelle des simplifications, à faire partir simultanément 
un certain nombre de coups d.^ mine, et il est facile de com- 
prendre que cette sîmpltanéité presque absolue, "mpossible à 
réaliser, soit avec les cannettes ordinaires, soit avec les mèches 
de sûreté, est de nature à augmenter l'efifet de chacun des 





PUlHiKÈS RECENTS 

S de mine, en ce sens qu'elle permet d'au^niencer dans 

îerlaine mesure la disiaoce entre les divers trous de mine 

loivenl détacher une masse de rocher d'une dimcnsioD 

■minée. 

j procédés de boisage, quoiqu'ils paraissent peu suscep- 

i de modifications, jn ont reçu une qui mérite d'Étra 

liée, dans Queiciues mines du département du Nord. Je 

parler du système connu sous le nom de Boiiet, qui est 
oyé pour soutenir le toit le long des Tronts de taille. Ce 
me imaginé par M. Dernoncourt, ingénieur aux mines 
ain, a été décrit par M. Dormoy, dans le U XI des Annalei 
\inn. 5- série. Il parait susceptible d'être employé dans ieii 
lies de peu dehauteur exploitées par grandes tailles ou par 
ins avec remblais, lorsque la nature du toit est telle que 
peut ne pas laisser subsister les buttes au milieu des rem- 
. L'application en a été rendue plus commode par l'in- 
iction d'un artifice connu consistant à poser le pied des 
a sur un petit tas de menu charbon, qu'il suffit de venir 
er avec la pointe du pic pour soustraire les bottes à la 
!ion produite par l'affaissement du toit et les enlever en- 

sans diliiculté 



DE l'eXPLOITAIIOiN DtH MIlNES. 5o3 

outre le gonflement de la sole sous la pression des piliers, 
dérange du jour au lendemain Tassiette de la voie, etc. Ce 
n*est pas à dire pour cela qu'il faille renoncer à poser des 
chemins de fer dans les mines; ils sont au contraire fort uti- 
les, et on peut même dire indispensables, dès que le cbamp 
d*exploitation acquiert une certaine étendue. Mais il faut en 
môme temps y faire circuler un matériel qui se prête aux 
conditions de leur établissement et de leur état d'entretien. Il 
faut que le rouleur puisse les manœuvrer facilement, non- 
seulement sur niveau, mais encore sur des pentes ou des ram- 
pes variables entre d'assez larges limites; il faut, s'ils viennent 
i dérailler, et le cas est fréquent, qu'il puisse les remettre 
promptement et sans secours sur la voie. En outre, il y a une 
grande convenance à employer au roulage, au lieu d'hommes 
faits, des Jeunes gens ou même des enfants, non-seulement 
parce qu'on y trouve une économie directe, mais encore et 
surtout parce qu'on entretient ainsi une pépinière d'ouvriers 
habitués de bonne heure jau séjour de la mine. Il faut donc 
un matériel proportionné à la force de ce personnel. Enfin, 
dans les couches minces ou dans les terrains peu solides, on 
a un très-grand intérêt à établir les galeries sur des dimen- 
sions aussi restreintes que possible. 

Tels sont les motifs pour lesquels il n'y a point lieu de 
chercher, comme pour les grandes lignes de chemins de fer, à 
augmenter le matériel roulant employé sur les chemins inté- 
rieurs des mines. 

Cne charge de Uoo t 5oo kilogr., 600 kilogr. au plus, doit 
être considérée comme une limite quMl ne conviendrait pas 
en général de dépasser. ^ 

Pour faciliter la circulation dans les courbes, on emploiera 
habituellement des roues folles sur l'essieu fixe, sauf peut-être 
pour de très-longs parcours. 

Pour la manœuvre sur les plaques d'embranchement, ces 
roues seront à gorge ou bien munies d'un large rebord. 

Pour diminuer la hauteur totale du wagon, soit en vue de 
la stabilité, soit k cause du peu de hauteur des galeries, on 
pourra employer la disposition proposée par M. Cabany, et 
appliquée aujourd'hui sur une grande échelle aux mines d*An- 
zin, laquelle consiste à courber les essieux au-dessous de la 
caisse, dont le fond peut ainsi descendre jusqu^à une petite dis- 
tance au-dessus de la voie. Cet essieu peut être d'ailleurs, soit 





1 PROGRÈS RÉCENTS 

iiDe seule pl^ce. aolt avec des fusées rapportées, dont l'em- 
. a pour objet de rendre les réparations plus promptes et 
5 facile-, mais peut être aussi plus fréquentes, 
'uaut & la caisse du wagon , ou peut l'établir soit en tOle, 

ea bois, et dans ce dernier cas lui donner une eection reo- 
çukire ou elliptique. La forme elliptique donne lieu à une 
struciioD plus solide; maïs elle diminue notablement )b ca- 
ilé pour une largmr et une banievr donnée.'. Il ne paraît 

que l'expérience ait encore prononcé sur ce point, el roo 
struit presque indifféremment, soit des berlines en tôlfli 
ime k Liése, ^oit des wagoos b caisi^e rectangulaire en bols, 
imedans la plupart des mines du Nord, soit des bennes à 
iettes. comme dans las mines de la Ltiire et du Gard. Il y » 
ore là i résoudre une question intéressante pour la pratique, 
1 est fort possible que la solution doive différer selon les oir- 
stances locales. 

a voie des chemins de mine a ùté établie suivant des ajft- 
iCs très-variés. Ou s'accorde généralement aujourd'hui 4 
«ter l'emploi de la fonte et les traninu-oads. Le plus souvent 
emploie de simples barres de fer posées de cbamp, et 



DE L'eIPLOITATION DES MINES. 3o5 

les divers chantiers d'uD même quartier de mine, et pour les 
coudes brusques que pi*éseiite un réseau de galeries, le système 
le plus commode et le plus pratique, quand on a satisfait à la 
condition d'avoir un matériel suffisanimf nt maniable, est rem- 
ploi de plaques d'embranchement en fonte ou en bois recouvert 
de feulllei* de tôle. 

C'est la disposition que Ton emploiera également, soit à la 
place d'accrochage, soit à la recette dn jour. Je signalerai, en 
terminant ces observations relatives aux moyens de transport 
dans les mines, remploi des machines à vapeur et des câbles 
pour faire circuler les ivagons, non-seulcmont dans le» puits 
verticaux ou les plans inclinés ascendants, mais encore dans 
les galeries de roulage ordinaires. 

Ce système, assez usité maintenant dans les mines de New- 
eastle, a déjà fait Tobjet de diverses publications, et notam- 
ment d*un mémoire de M. Baure inséré dans le Bulletin de la 
Soriété de Vindu»trie minérale de Saint- Etienne, Son emploi 
suppose la réunion de plusieurs conditions, spécialement un 
vaste champ d'exploitation, et une disposition de travaux tdle 
qn*on puisse réunir sur un point donné à une grande di^stance 
de la place d'accrochage, le produit d'un grand nombre de 
chantiers. 

Dans la plupart de nos houillères on ne trouverait ni cette 
extrême régularité des couches ni cette grande solidité de 
terrains r|ui caractérisent le bassin de Newcastle, et je crois 
qu'il y aura habituellement convenance à se borner aux pro- 
cédés ordinaires, c'est-à-dire à remploi de la force des hommes 
et des animaux. 

§ VI. Méthodes d'' exploitation. 

Les méthodes d'exploitation ne comportent guère Tiutro- 
duction de principes essentiellement nouveaux. Les principes 
généraux applicables aux différents gisements, selon les con- 
ditions de leur allure et de celie des terrains encaissants, ont 
été posés depuis longtemps; ce n'est que dans leur application 
même, plus ou moins complète, plus ou moins rationnelle, que 
peuvent consister les progrès à réaliser. 

Sous ce rapport, il («st permis de dire qu'il a été fait des pro- 
grès réels dans ces dernières années, spécialement pour l'ex- 
ploitation des couches de houilles puissantes, comme il s'en 
rencontre fréquemment dans beaucoup de bassins du centre 



jftiar^c; u expioiicr soit en étages horiz 
hauteur, soit, pour les couches peu incl 
tifîées, en étages parallèles à la stratifié 
exploités successivement en commença 
rieurs ; mais chacun d'eax sera pris ai 
tranches superposées exploitées avec r 
par les tranchfs inférieures. Chaque tr 
yent one hauteur de a à 3 mètres seul 
Ira jusqu'à 5 mètres, mais en prenant 1 
Quant au nombre de tranches d'un éta 
tant moindre que le charbon sera plus ft 
ou qu^on aura plus dMntérêt à empêchi 
liera. Rarement on donnera i un étage p 
mètres de hauteur, et Ton pourra descei 
très h exploiter en trois tranches. 

Chaque tranche devra être préparée a 
possible, et dépliée ensuite eu battant c 
la limite du champ d'exploitation, et, da 
en travera, de préférence en marchant ei 
vers le mur plutôt que du mur vers le toi 
seconde tranche se fera en montant sur 1 
mière, et ainsi de suite. On aura soin d'e: 
les schistes susceptibles de rennoutatioi 
qu'avec des matières entièrement dépour\ 

KnflD, dans le cas d'iinp infinmmoUMï^ 



])£ l'exploitation des mines. 00" 

verses exploitations du centre et du midi de la France, au 
Greuzot, à Aubin, etc .... 

Nous mentionnerons encore ici, moins comme méthode 
d'exploitation proprement dit que comme moyen d'abatage, le 
système établi récemment dans la mine de sel de Varangeville 
(Meurthe), par les soins de IM. Tingénieur Pfetsch. Ce système 
consiste à substituer Faction dissolvante de Teau au travail du 
pic pour faire les entailles dans les chantiers. L'eau douce est 
distribuée sur les divers points au moyen d'un réseau de con- 
duites en fontefixées vers le toit des galerios.EUe jaillit contre la 
masse et creuse de chaque côté du chantier une entaille étroite 
dont le maximum de profondeur se trouve au point même 
d'arrivée de Teau et le minimum vers la sole de la galerie. 
L'eau saturée se rend au puisard d'où elle est reprise au moyen 
d'une pompe qui l'élève au jour pour être traitée par évapo- 
ration. L'introduction de ce système dans la mine de Varan- 
geville a amené une économie considérable dans le prix de 
revient. Le seul inconvénient est que la production journalière 
d'un chantier est moins grande qu'avec le travail ordinaire au 
pic; il faut donc un plus grand développement de chantiers 
pour une production donnée. Mais c'est là un bien faible in- 
convénient, lorsque, ainsi qu'il en est à Varangeville, les gale- 
ries ne donnent lieu à aucun entretien. 

Le principe du travail par Teau a été emprunté par M. Pfetsch 
aux salines allcmandeâ; mais la forme sous laquelle il l'a em- 
ployé, l'application systématique qu'il en a faite à tous les 
chantiers, lui appartiennent en propre, et constituent un pro- 
grès fort important pour l'exj^loitation du sel gemme. 



S VIL appareils d'épuûeinent. 

J'ai dit précédemment en parlant du fonçage des avaleresses 
les modifications nombreuses et importantes qu'avaient reçues 
les appareils d'épuisement employés dans ces travaux. 

Quant aux appareils établis à demeure pour l'assèchement 
des mines, ils sont au contraire restés à peu près stationnaires. 

La machine à vapeur du Cornouailles à moyenne pression, 
très-large détente et condensation, telle qu'elle a été depuis 
longtemps étudiée et décrite par M. l'inspecteur général 
Combes, est encore aujourd'hui le type auquel on a recours. 



i\ mo'iifié uUérieiin'mtjnt clans (j 

H feclinnné d'une nianiôru iinpon 

serait peut-ôtre la disposition 
donnée quelquefois au piston 
la visite de la garniture plus 
prompte. 

Pour ce qui est des pompes, o 
creux pour le jeu infi^rît'ur et i 
périeurs. On s*al)stlcnt égali/mei 
une hauteur trop grande, soit i 
ment dépasse-t-on 70 nu'^tres, 
35 rafttres. 

Une hauteur supi'Tioure est c( 
cause d« la pression, des siijéti«» 
ell«' nm'ssiic une marche i>lus 
fluenci* do 1 inerJo de la culonnr. 
que répùiiiion. Cc^ttc dernière c 
yeux de beaucoup d'ingénieurs 1 
à dessein les répétitioiin afin ai> ] 

• 

nombre de coups de piston par 1 
nellemcnt les dimeusions dos (liv< 
C*est en un mot transporter 
chinas d'épuisement le principe 
beaucoup d'antres a|)|)lications 
en considérant les deu\ facteur 
travail moteur à développer par 



DE l'exploitation DES MINES. Sog 

le nombre de ces répétitions, et par conséquent des clapets, 
pistons et autres organes; c'est multiplier les occasions d'arrôt 
pour renouvellement des garnitures, augmenter les frais d^en- 
tretien, et aussi, dans une certaine mesure, les résistances 
passives de la machine. Je pense que le plus souvent il n'y au- 
rait pas opportunité à donner beaucoup moins d'une cinquan- 
taine de mètres à chaque jeu foulant et d'une vingtaine de 
mètres à la pompe aspirante élévatoire du fond. 

Il convient de signaler ici une disposition dont il existe 
quelques exemples, et qui consiste à établir le moteur d'un 
système de pompes, non pas au jour, comme on le fait le plus 
souvent, mais au fond de la mine, à côté du point où les oaux 
se rassemblent. Cette disposition supprime tout Tattirail des 
maîtresses tiges et des répétitions, et réduit à une simple co- 
lonne de refoulement le système établi dans le puits d'épuise- 
ment. Gela peut être utile dans certains cas, notamment avec 
un puits à ifection étroite qui devrait être affecté en même 
temps à un autre service. Il ne faudrait pas d'ailleurs un puits 
très-profond, pour ne pas avoir une trop forte charge à la 
base de la colonne; M. Juncker a établi cependant avec succès 
dans les mines de iluelgoat une colonne de 23o mètres de hau- 
teur; c'est, à ma connaissance, le maximum qu'on ait employé 
dans des épuisements de mines ^ bien qu'on trouve des exem- 
ples de hauteurs beaucoup plus grandes encore dans les salines 
de Bavière pour l'élévation des eaux saturées. 

Une autre disposition beaucoup plus souvent employée pour 
l'épuisement consiste dans l'emploi de bennes à eau mues par 
la machine qui fait le service de l'extraction, ou par une mar- 
chine spéciale. Ce n'est pas ici le lieu de décrire les divers 
systèmes de bennes à fond fixe, ou à clapet, ainsi que les arti- 
fices employés pour les remplir au puisard et les vider à la 
recette. J'insiste seulement sur ce point que l'épuisement à la 
benne, lorsqu'il est possible, est un système fort satisfaisant, 
qui ne doit point être regardé en principe comme inférieur au 
système des pompes. Je pense môme que pour des profondeurs 
moyennes et pour des ailluences d'eau modérées, telles que le 
travail de l'élévation de l'eau ne dépasse pas une certaine 
limite (5o à 60 chevaux, par exemple), l'épuisement à la benne 
pourrait bien être au contraire le système à préférer. L'instal- 
lation en serait plus simple, l'entretien et les réparations peut- 
être moins onéreux, ou en tous cas moins assujettissants. 



PROCBËS RÉCENTS 



g VIll. Éclairage et aérag». 

Les 1 VDpes de sûreté employées dtos les mioes de booIUa i 
grlwn ont cootlnué d'être l'objet des recherches des Inven- 
teurs. Plusieurs dJspositioQs Qouvelles ont été proposées. Je 
citerai seulement parmi elles celle de U lampe Dubrulle. Cette 
dIsposiUon consiste en ce que le t&mis, qui est eo toile métil- 
llqae ordloaire, ne peut être enlevé sans faire rentrer entiërs- 
ment la mèche dans le porte-mèche, ce qui en amène néce^ 
sairement l'extinction. Le but que se proposent ordlnalremeot 
les ouvriers lorsqu'ils découvrent leur lampe & leur chantier 
étant d'avoir plus de lumière, l'inventeur a pensé qu'ils cess^ 
ront naturellement de Taire cette manœuvre lorsqu'elle aura, 
commoavec sa lampe, un effet précisùment contraire. On peat 
réi)ondrs que si l'ouvrier est déterminé à commettre une Im- 
prudonco. Il ouvrira sa lampe, en l'éteignant il est vrai ; mail 
Il la rallumera ensuite avec une allumette ordinaire, qu'il la- 
truduira lui-même dans la mine, ou qu'il se procurert auprès 
dcii ouvriers qui, travaillantà la poudre, sont obligés d'avcdr 
uvoo oux \ai moyens de faire du feu. 

La Ismpu imbrulle est néanmoins employée dans quelques 
nihiuH des environs de Valenclennes; mais elle ne s'eet pas, ï 
ma connaissance, répandue ailleurs. 

La lampe de silreté ordinaire, telle qu'elle a été proposée 




DE l'exploitation DES MINES. 3l 1 

large section, et qui communiquent au jour par plusieurs ori- 
fices. 

Mais cette ventilation naturelle est généralement insuffisante 
pour une grande mine, et Ton doit alors revenir à un moyen 
artificiel quelconque. 

Les foyers d^aérage ont été le premier moyen employé ; ils 
sont même encore presque le seul qui le soit en Angleterre, 
notamment dans le bassin de Newcastle. Grâce à la grande 
échelle sur laquelle ils y sont établis, à leur excellente instal- 
lation et aux conditions favorables que présentent les travaux 
à aérer, ces foyers y produisent une ventilation extrêmement 
active, dont les appareils mécaniques employés sur le conti- 
nent sont généralement bien loin d'approcher. 

Cependant les mines de Belgique et du nord de la France, 
assurément les plus difficiles à ventiler qui existent, tendent 
de plus en plus à remplacer 4es foyers par des machines d*aè- 
rage. Ces machines ont été depuis une vingtaine d'années un 
objet d'étude favori pour les ingénieurs qui s'occupent de 
Texploitation des mines. 

Cette tendance des exploitants du continent se justifie par- 
faitement, malgré les résultats remarquables obtenus en Angle- 
terre au moyen des foyers. De pareils résultats no pourraient 
être obtenus avec les puits humides et avec les galeries à petite 
section des mines du Nord et de la Belgique. L'humidité né- 
cessite un surcroît de consommation de combustible, et la 
faible section des galeries oblige, pour y faire circuler un 
volume d'air suffisant, à produire une dépression manomé- 
trique, difficile à réaliser au moyen du simple tirage produit 
par un foyer. Enfin, quelques précautions que Ton prenne, 
la présence d'un foyer au fond d^ine mine dans laquelle il se 
dégage du grisou, ne peut être considérée comme absolument 
dépourvue de tout danger. 

Parmi les nombreux appareils proposés depuis un certain 
nombre d'années, trois seulement sont aujourd'hui employés 
dans les installations nouvelles: ce sont les ventilateurs Fabry^ 
Lemielle et GuibaL 

Les deux premiers me paraissent à peu près équivalents. Ils 
ont l'avantage de se prêter au calcul pour la détermination, 
au moins approchée, des dimcui^ions appropriées au débit d'un 
volume d'air donné. Ils peuvent produire une dépression ma- 
nométriquc variable entre d'assez larges limites. Le ventilateur 

Tome XX, 1861. n 



il» PROGRto BÊCEItTS 

Guibal n'ett, à propromeat parler, que le ventilateur à force 
centrifuge ; ce qui le distingue des appareils du même genre 
proposés, soit pur M. Combes, soii plus tard par M. Letoret, 
c'est (l'uao part l'emploi d'ailes plane» Inclinées de 6a' sur le 
rayon (ce «jui, je crois, n'est point du tout un perfoclionne- 
ment comparativement aux ailes courbes), et le mode très- 
simple d'a.>!seinblagB de leurs bras sur l'arbre, et d'autre part 
l'emploi d'un coursier analogue t celui qui eotouro les allsi 
d'un veuiilateur de cubilct, uin^I que d'une vanne serrant i 
régler empiriquement l'ouverture ménagée k la circonTérence 
de ce courtier pour l'écliappement de l'air. L'expérience t 
montré l'utiJté d'un semblable coursier, même pour les feu- 
tilateura aspirants, toutes les fois que le nombre des ailL'i est 
petit, comme dans les appareils de M. Guibal, où il n'en existe 
que sii. Il a alors pour edet d'empêcher les rentrées d'air tor 
la face pustéi'ieuredocbaque palette, et les remous quectf 
rentrées d'air occasioi nieraient. 

L'appareil Guibal a sur les appareils Fabry et Lemielle pla- 
8J ours avantages : il e^t d'un prix bt^aucoup moins élevé; sH 
vient i s'arrèii^r accideniollemeiit, il n'Intercepte pas, comme 
eux, tout le courant d'air ; les chances d'arrêt sont d'alUeun 
moindres, et les Tniis d'entretien presque nuls, à cause de Ii 
grande simplicité de ses organes. Enfin il peut racilement 
prendre des viics^^es variables entre des limites beaucoup plus 




DE l'exploitation DES MINES. 5l3 

Il n*y a donc pas lieu d'insister ici sur cette question, au- 
trement que pour recommander Tapplication de ces principes. 

S IX. Préparation mécanique des minérale. 

Les matières extraites d'une mine doivent souvent, avant 
d'être livrées, soit au commerce, soit aux usines qui les éla- 
borent, sul)ir certaînas opérations qui incombent à Texploi- 
tant. Ces opérations quelqu«Tois tiès-simples, d'autres fois très- 
complexes, portent en général le nom de préparation méca- 
nique. 

Elles consistent : 

Pour la houille, en un lavage qui a pour objet de séparer les 
pyrites et les schistes mélangés ou menus; 

Pour les minerais de fer, en un débourbage qui enlève les 
parties argileuses; 

Enfin, pour les autres minerais métalliques, en une série de 
préparations dont l'objet est, autant que possible, de sépai-er 
les gangues ou matières stériles, et d'isolur les uns des autres 
les minerais de nature diverse que renferme souvent un même 
filon. 

Le lavage de la houlMe même est une opération qui ne 
se fait que depuis quelques années, mais qui paraît ai)pelée k 
se répandre de plus en plus. Elle offre des avantages évidents 
pour le menu employé directement par les consommateurs et 
plus encore pour celui qui est destiné à la fabrication du coke 
ou des agglomérés. Kn g.n.Tal. l'industriel t'clairé sur ses in- 
térêts ne doit pas hésitor h payer les irais de cotte op.' ration, 
surtout lorsque le charbon qu il coiisonimo a à s.i]>]H/rier des 
frais de transport dont il importe de ne pa? grever des maiiè- 
resqui sont tout au moins inertes, et qui dans beaucouj) d'em- 
plois peuvent altért^r la qualité des pro iuits fabriqués, et en- 
traînent des frais plus ou moins importants pour en elTeciuer 
l'élimination par voie de fusion. Il faut d'ailleurs que le con- 
sommateur s'attende à payer un excédant de prix a^s(z con- 
sidérable (a'.5o à 5 francs par tonne, par exemple), afin de 
couvrir non-seulement les frais mêmes de Topération, mais 
encore le déchet, qui est rarement inférieur à lo p. loo et at- 
teint souvent 90 p. 100 et plus. 

Les appareils employés pour le lavage de la bouille ont reça 
des dispositions très- variées On peut consulter utilement sur 



AI 4 PROGRÈS RbCKNTS 

ce sujet un rapport inséré àa^ns in SulUtin de la Société mi- 
nérale de Suini-ÉiifiiHf, par M. Baure, rapporteur iTiine 
commission qui a soumis & des expérleoces comparatives les 
nombreux appareils établis dans les diverses expIoitatioDs do 
bassiD de la Loire. 

Les deux systèmes qui prévaleot aujourd'hui an France sont 
ta macbiae Bérard et le crible ù piston latéral mû k bras on 
luécaniquemeot au moyen de cames. 

MM. Dérard et Levainville, aprjis de nombreux esmls, sont 
arrivés aujourd'hui è. un type (le machine qu'ils établissent 
pour élaborer 70 & 8u tonnes par poste de douze beores, et 
qui renferme, sous une forme compacte, les divera organes 
nécessaires au classement, au broyage et au lavage. Le char- 
bon tout-venaiit est livré brut à une extrémité de la machine, 
et le menu lavé est versé à l'autre extrémité dans les wagons 
qui doivent l'enlever. Cette machine est assurément l'apparu 
qui fonctionne avec !e minimum de frais de main-d'œuvre; les 
résultats en sont généralement satisfaisants sous le rspportde 
la pureté de la houille obtenue et de la pauvreté eu charbon 
du schiste séparé. 

Mais avec certains charttons on est exposé i perdre, sons 
forme de limons, une quantité notable du charbon le plus fin; 
l'appareil est donc moios convenable pour des charbons très- 
tendres et très-fins que pour des ciiarbons durs et grenus. En 




DE l'exploitation DES MINES. 3l5 

en Belgique que ce lavage est pratiqué sur la plus granàe 
échella 

Ainsi, par exemple, comparativement au chiffre total de 
Textraction, la quantité de houille lavée est beaucoup plus 
grande eu France qu'en Angleterre; résultat attribuable sans 
doute en partie à ce que les charbons de ce dernier pays 
sont généralement plus purs, mais certainement aussi à ce que 
la question du lavage n*y a pas encore suffisamment fixé l'at- 
tention des exploitants et des consommateurs. 

Dans Timportant bassin de la l^uhr en Westphalie, l'opéra- 
tion du lavage commence aussi à s'organiser sur une grande 
échelle. MM. Sievers et compagnie, de Deutz, qui ont un atelier 
de construction spécial pour les appareils de préparation mé- 
canique, établissent un système qui se rapproche beaucoup 
du grand modèle de la machine Bérard, en ce sens quMl y a un 
classement préalable du charbon, mais qui en diffère en ce 
que ce classement s'effectue au moyen de trommels au lieu de 
grilles planes à secousses. Une autre différence consiste en ce 
que U matière la plus fine fournie par le trommel passe avant 
d*arriver sur le crible à travers un appareil spécial nommé 
Strom apparat, sur lequel je reviendrai plus loin, et qui a pour 
objet d'en opérer en quelque sorte le débourbage en ne lais- 
sant arriver sur le crible à piston qu'une matière suffisamment 
grenue. 

En résumé, il semble que dans l'état la machine à laver de 
BfM. Sievers doit faire un travail très-satisfaisant; mais elle est 
plus complexe, plus volumineuse et notablement plus chère 
que la machine Bérard pour une même production. 

Le débourbage des minerais de fer ne donne lieu à aucune 
observation qu'il soit utile de consigner ici. 

Quant à la préparation mécanique des minerais métalliques, 
bien qu'elle comporte dans le cas le plus général un grand 
nombre d'appareils et une grande complication apparente 
d'opérations, la simplicité du but qu'on se propose permet de 
classer méthodiquement ces diverses opérations et d'en rame- 
ner la théorie à un petit nombre de principes. En général on 
devra distinguer: 

1* La préparation à la maivi, qui se fait sur tous les mor- 
ceaux d'une grosseur suiHsante pour qu'on puisse, sans trop 
de dépense, les manier un à un, et les trier immédiatement ou 
les concasser et en soumettre les fragments à un triage; 



Lti :>riiu'.ip<» l ' pl'is j-mummI. c.'lMi «lo 
mioiix rnini^riso fsl l^^ vprïtaMt* point 
(ion ain 'liorati'.-ii'^ noin^nvis.'s jui .<•> 
qii'^!'l'.«'s aniiik's, consi-re on c^cl 'mi • 
mm o'To la iiiariiôn; dont h* niiiî'^rai i 
sa jraiiiriie, (.'liorchiTà v'rndrt- la p:vp; 
criljlai|r''s, etàr/vtrm/irfr/» los lavair<\<î. 

U'est«n cflctdans ces dernie»rps opr 
foîsK la plus erancJo di»p(MiS" on main 
plus grands déchois. L'évaluation pivf 
sans dt)iit<» fort difTlci]edan<îrha^:no (•;«>; 
consiilèro qu'il> >:TÔntraroment infôrioi 
pourront atteindre ko p. ion. 5o p. mn 
titres peu riches, on comprendra l'ntili 
ci-dessus, et Ton cherchera, d^s les pi 
éliminer le pins possible do matirrc- (!• 
manière & n'avoir définitivoment àbroyci 
quant it<'> de matière aussi n^dnitc n"^' fj' 

J^jndiquerai rapidt*mont les porfoclion 
plus importants, en suivant Tordre natui 

1* Travail sur la halde. 

I^es chariots sortant de la mine sont ni 
une grille qui w^pare le menn du çrros à : 
sur la halde. 

Cette dernière opération, quelque sir 
devra être faite avec soin et intell igen 



DE l'exploitâtiou dès mines. 3i7 

d* Débonrbage et classement des menas. 

Lé menu sortant de lamine et celui qui reproduit aucassage 
stir la halde, sont soumis à une opération qui A pour objet 
d'fsoler des morceaux pour le triage à la main, des grains pour 
le criblage et des sables et schlamms pour le lavage. 

T>es appareils très-variés ont éié et sont encore employés 
pour ces opérations de débourbagn et de classement do gros- 
seur. On peut dire que les appareils rotatifs connus sous le nom 
de trommeh doivent nariif hésiter être préfén^s à tous les sys- 
tèmes de grilles fixes ou mobiles. Ils fonctionnent mieux que la 
plupart d'entre eux, et toujours avec une grande économie 
d'entretien et de main-d'œuvre. 

Un a ppareil corn piet corn prendra en général un premier trom - 
mel déhourbeur^ d'une construction plus ou moins complexe, 
selon la nature plus ou moins argilouseet plastique del;» masse 
à traiter. Cetrommel présentera du côté de la tète une paroi 
pleinesur une certaine longueur, puis une seconde partie munie 
de très-petites ouvertures pour se débarrasser immédiatenient 
despartfes argileuses délayées dans la première; puis enfin une 
troisième partie à ouvertures très-larges pour ne retenir que les 
fragments propres au triage. Après le débourbeur viendra le 
trommel classeur, qui recevra ce qui aura traversé les larges 
mailles du débourbeur, et le partagera en quatre oUcinq caté- 
gories ou plus, destinées à être passées séparément au travail 
des cribles. 

Telle est la disposition générale dont les détails ont été et 
peuvent être variés d'une infinité de manières. Une des moins 
employées et qui est cependant fort utile po^tr la veitvté du 
travail, consiste à faire fonctionner dans l'eau le trommel clas- 
seur. La bâche qui contient cette eau est divisée par îles cloi- 
sons transversales en autant de compartiments qu'on forme de 
classes de minerais. Chaque compartiment est évasé sur uno de 
ses face?» au moins, de manière qu'on puisse enlever la matière 
à la pelle sans faire écouler l'eau ni arrêter le travail. 

C'est dans les mines de plomb et de zinc de la Belgique et 
des bords du Rhin, notamment sous l'habile direction de 
M. rîngénîeur Braun, que les trommels ont reçu l'emplolle 
plus général et les dispositions les plus complètes. Il y a là 
d'excellents modèles à imiter. 

5* Travail du crible à secousse. 

I/opération du criblage a été surtout perfectionnée depais 



5)8 FBOGBËS RÉCEKTS 

quelques années par le Tait même du perTectlonaernent de) 
appareils de classemeot. Ou arrive en effet à un travail d'autaoi 
plus satlaraisant qu'on a des grains de grosseur plus uniforme. 

Quant & l'appareil employé, les modifications très-nom- 
breuses qu'il a reçues, soit en lui-même, soit dans la inaniërt 
de le faire mouvoir, ne paraissent avoir qu'une Importaocf 
secondaire. Que l'on ait un crible mobile ou un cribla Aie i 
piston, que ce piston soit inrérieur ou latéral, que le mouv» 
ment ait lieu à bras ou par ud mécanisme quelconque, oi 
arrivera toujours à un travail satisfaisant si les matières sont 
bien classées. Du moins il ne parait pas qu'en l'état une dispo- 
sition obtienne une prérërence marquée et générale sur lei 
autres. Ainsi, Undis que sur le continent les cribles fixes j 
piston latéral mû mécaniquement sont chaque jour plus em- 
ployés, les Anglais, bien que très-ramlliarisés avec l'usage de: 
appareils mécaniqueR, sont revenus presque partout aux crible! 
mobiles manœuvres à bras 

ù" Broyages en gi';néral. 

On emploie dans la préparation mécanique deux appareil) 
de broyage essentiellement distincts, les cylindres et lea 
bocords. 

Si l'on veut définir d'une manière succincte et en termes 
généraux le réle de ces deux genres d'appareils, on poum 
dire que les premiers conviennent pour concaaer lu matiéra 
tendrfs et les autres pour broyer pivi fintment let matiérn 




DE L EXPLOITATION DES MINES. 01 9 

grenues, et à retirer ainsi une certaine quantité de matière 
encore propre au travail des cribles fins. Cet appareil pourra 
être, par exemple, un système de trommels classeurs au moyen 
desquels on obtiendra trois ou quatre variétés de grains jus- 
qu'à un millimètre de diamètre par exemple, dimension encore 
trai table au crible lorsque ces grains sont convenablement 
débarrassés de schlamms. 

Quant à la manière d'effectuer ce débourbage des sables, un 
des meilleurs systèmes paraît être le strom-apparat établi par 
MM. Sievers et compagnie, et qui fonctionne avec succès dans 
plusieurs établissements de la Vieille-Montagne. 

La matière à débourber arrive verticalement au dessus d'un 
tuyau dans lequel circule un courant d'eau ascendant, dont on 
règle la vitesse au moyen d'un robinet Les parties les plus 
ténues sont entraînées de bas en haut et se déversent par-dessus 
le bord du tuyau; les parties plus lourdes descendent à travers 
le courant et s'échappent par une ouverture ménagée à la 
partie inférieure. Cette disposition est très-simple à établir, 
très-facile à régler, et donne de très-bons résultats. On ne peut 
qu'en recommander l'emploi. 

Une autre disposition qui se répand également beaucoup, et 
qui d'ailleurs peut parfaitement s'établir, comme complément 
de la précédent^, pour les matières entraînées par le courant 
ascendant du strom-apparat, consiste dans les spitzkasten de 
M. Rittinger» soit sous la forme proposée par cet habile ingé- 
nieur, soit sous la forme beaucoup plus compacte que leur 
donnent MM. Sievers et compagnie. Cette disposition a pour 
double résultat de supprimer les labyrinthes et la main- 
d'œuvre considérable qu'entraîne la manutention des matières 
qui s^y déposent, et de donner des produits plus nettement 
distincts que ceux qui se déposent dans les canaux successifs 
d'un labyrinthe. 

5* Lavage en général. 

Toutes les matières trop fines non-seulement pour être trai- 
tées à la main, mais même pour passer au travail des cribles, 
et qui résultent soit du débourbage des menus de la mine et 
des déchets du cassage sur la haldc et du triage au marteau, 
soit des appareils de broyage, constituent les matières qui doi- 
vent être soumises au lavage. 

lies appareils qui servent le plus habituellement pour cette 



$90 PROGRÈS RËCBtm 

opération sont les<)lverses eapfecesdc caisses on de tables lliea 
OQ dormtmiti, et les tables i. secousses. Ces appareils présen- 
tent une variété extrême de formes, de dimensions, de modes 
de travail, dont il ne serait pas toujours facile de préciser la 
raii'OD d'titre, et daos le détail desquelles il n'y a pas lieu d'en- 
trer i.-i. 

Je me bornerai i mentionner les round buddtes tels qu'ils 
ont été établis depuis une douzaine d'anni^es en Angleterre, 
comme pouvant servir utilement, sinon, toujours h obtenir du 
seh)k-b, (lu moins i préparer ù peu de frais la matière ft pas- 
ser sur ii>* talili's. 

Ct's nttind-biiddles ont été le pnint de départ des tables 
tournanten ln)ORiné('p au IPartz, d'ml elles se »onl répandues 
dans <(uoli]ues autres districts mélallurgfques. Ktabllea d'abord 
on Iwh et sur do grandes dimensions, couvent accouplées, 
nunlesd'un appareil assez compliqué de brosses ou de balaie 
«lies constituaient un appareil dispendieux à établir, d'un en- 
tretien délicat et minutieux. Dernièrement MM. Sievemetcom- 
IMitGle, dontje viens déjà de citer plusieurs fols les travaux, 
sont arrivés pour cet appareil à une solution simple et pra- 
tique qui paraît devoir en répandre l'emploi et réduire beau- 
coup celui des tables ordinaires. L'appareil consiste en un 
anneau en funte d'une seule place ayant de 3 à 3 métras de 
diamètre extérieur, et présentant une surface conique inclinée 
v*r8 l'axe pour les sables ou los plus gros se h lam ma, inclinée 




DE L EXPLOITATION DES MINES. 



391 



traitées, Téconomie de niain-<l*œu\Te qui doit résulter de la 
facilité et de la continuité de l'opération, tour^ ces avantages 
me paraissent de nature à fixer ratteiiiion sur ce nouvel aj)- 
pareil. 

Je viens de ci ter plusieurs fois le nom do MM. Sievors et com- 
pagnie, indépendamment des appareils nouveaux que j'ai indi- 
qués, on leur doit encore beaucoup de perfectionnements 
dans i(»s détails de construction de la plupart des appareils 
ordinaires. La création d'un établissement spécial pour la 
construction des appareils si variés quVmploie la préparation 
mécanique répondait à un besoin réel et s^Tioux de TinHustrie 
des mines, et Ton ne peut méconnaître que rétablissement de 
Deutz, .^ous riiabile direction de son ingénieur, M. Nt'uenburg, 
D*ait déjà rendu d^importants services à cette industrie. 



DE LA CHALEUR, EIC. SsS 



COMMENTAIRE 

ADX TRAVAUX PUBLIÉS SUR LA CHALEUR CONSIDÉRÉE 
AU POINT DE VUE MÉGANIQUE. 

Par If. RÉSAL, ingénieur des mines. 



La chaleur, considérée comme source de production HîsioHqn 
de travail, a été dans ces derniers temps l'objet d'é- 
tudes très-sérieuses, et l'on a vu successivement pa- 
raître des mémoires remarquables sur cette question, 
à laquelle se rattache un grand intérêt industriel. 

Mais ces travaux , -dus à un assez grand nombre de 
savants français et étrangers, sont disséminés pour la 
plupart dans divers recueils scientifiques, et personne, 
je crois, n'a cherché à les réunir de manière à former 
l'ensemble que doit présenter un corps de doctrine. Je 
vais essayer de remplir cette tâche, tant au point de 
vue historique que sous le rapport scientifique, en 
cherchant à ramener autant que possible à un même 
point de départ tous les éléments qui nous sont actquis. 

Sadi Carnot (i) fit paraître en 1824 un ouvragle in- 
titulé : Réflexions sur la puissanie motrice du feu^ 
auquel on ne fit d'abord pas grande attention, et où se 
trouvent formulés d'une manière extrêmement nette les 
principes fondamentaux de la théorie mécanique de la 
chaleur. D'après M. Seguin, Montgolfier aurait établi, 
dès 1800, les bases de cette théorie; mais, comme il 



(1) Fils du célèbre Carnot , né en 1796, capitaine du génie, 
décédé en i83a. 





DE L4 CHAIEDB 

araU pas exister de pièces qni puissent justifier 

: assertion, l'honneur de la découverte revient à 

aniot. 

)Ute la théorie fie Carnot repose sur deux prin- 

i ou axiomes fondamenlaux qu'il èaoïice ainsi qu'il 

lEiiiEit PRINCIPE. — Lv travail produit pur la cha- 
ri-sulle uniquement du (ramporl de la chaleur d'un 
[ chaud à un cotpa fioid sans aucune perte ou 
ion de chaleur, et réciproquement un travail mica- 
e qui'lconque ne peut que transporter de la chaleur 
corps à un autre. 

nsi, dans une macliinc à vapeur, la chaleur pro- 
; par le combustible transforme l'eau en vapeur 
lasse dans le cylindre où elle exerce son action, 
dans raiinoapbère ou dans le condenseur où elle 
iuéfie, en cédant ainsi sa chaleur à des corps exté- 



CONSIDÉRÉE AD POINT DE VUE MÉGANIQUE. S9& 

des véhicules c, c\ Si T était supérieur à T, il en ré- 
sulterait que, en faisant passer Q de A à B à Taide 
de c, puis de B en A au moyen de c\ on a-urait en ré- 
sumé créé le travail T— T qui n'aurait rien coûté, ce 
qui est inadmissible. 

Carnot déduit de ces deux principes, sans le secours 
de l'analyse, mais par une série de raisonnements qu'il 
est difliciie de suivre, des conséquences curieuses re- 
latives aux propriétés des gaz. 

En 1834, M. Ciapeyron appliqua l'analyse à la 
théorie de Carnot, dont il posa les équations fonda- 
mentales dans un savant mémoire inséré au 23' cahier 
du Journal de l^ École polytechnique, en considérant les 
gaz et les vapeurs au maximum de tension. Nous re- 
viendrons plus loin sur les résultats remarquables que 
M. Ciapeyron a tirés de ses formules. 

Mais les principes de Carnot sont insuflisants pour 
déterminer la loi que suit le rapport du travail produit 
à la chaleur transportée, lorsque Ton fait varier la 
température. Il y avait donc là une lacune à combler, 
et ce perfectionnement dû à un physicien anglais, 
M. Joule (i), consiste dans la proposition suivante qui 
n'a sur la plupart des points, rien d'incompatible avec 
celles qui précèdent, comme nous le reconnaîtrons 
ultérieurement. 

Quand un travail est produit par la chalrur, il y a 
uve consommation de (haleur proportionnelle à ce tra^ 
tjat/, et réciproquement cette chaleur peut être repro* 
duite au moyen dun travail équivalent au prMdent. 

Nous nous bornerons à indiquer, sans entrer dans 
aucun détail, les expériences qui oitt conduit M. Joule 
à établir ce nouveau principe. 



(i) Transaetionâ philosaphiqueê^ i85o. 



:i96 DE lA CHAIEUB 

1* Si Ton mH tn tommunkation deux récipients idm- 
tiqves plongés datu Ftau, fun vidf et (autre rempli 
(Tfli'r à »a atmosphères, dèt que les tourbiUontiemenU 
ont disparu, mr remarque que la pression est dtscendut 
à 1 1 atmwfkrrft el que la température n'a pas varU. 

s' Si ftir. au lieu de se rendre dans le ballon vide. Si 
m*J f^'^i mf eloehe remplie d^eau, il se produit M- 
ètim^Kt»: ■" (runii' extérieur et l'on obserte un abaisie- 
Ti<*r V'ttU lit température. 

liS éca'.t^ «lui pouvaient encore exister sur ces deux 
.x^^w! *w entièrement levés par les expériences dont 
% ft^irnault a entretenu l'Académie des sciences dans 
!a s««UK-^ du 1 8 avril 1 853 . 

[tett:; te premier cas, le gaz n'éprouve pas de perte de 
c^eur, mais il n'y a pas production de travail; dans 
le SAvnd. il y a perte de chaleur et production de tra- 
vail. U'où l'on conclut que la dilatation d'un gaz n'ab- 
:«Miie de la chaleur qu'autant qu'elle est accompagnée 
d« la production d'un travail. 
La seconde des expériences précitées a donné 46o ki- 




CONSIDÉRÉE AD POINT D£ VUE MÉCANIQUE. 3a7 

chiffres précédents, dont la moyenne est de 44o envi- 
ron ^ obtenus dans des conditions aussi différentes les 
unes des autres, permettent de conclure, si Ton a sur- 
tout égard à ce qu'il peut y avoir d'imparfait dans les 
expériences de M. Joule, la constance du rapport entre 
le travail dépensé ou produit et la chaleur créée ou 
perdue. C est ce rapport auquel on donne le nom d'é- 
quivalent mécanique de la chaleur. 

M. Clausius, professeur à Zurich, reprit la théorie 
mécanique de la chaleur au point où l'avait laissée 
M. Clapeyron, et publia sur ce sujet deux mémoires 
remarquables dans les Annales de physique et de chimie 
de M. Poggendorff {i, LIX, i85o), dans lesquels il sub- 
stitue au premier axiome de Carnot le principe de 
U. Joule. Nous reviendrons plus loin sur les travaux 
de H. Clausius en même temps que nous reproduirons 
en substance quelques notes de M. W. Thomson (i) 
qui en forment le complément. Nous ferons toutefois 
remarquer que la démonstration donnée plus haut du 
second principe de Carnot, essentiellement basée sur 
l'impossibilité de détruire de la chaleur, est incompa- 
tible avec le principe de M. Joule, et voici de quelle 
manière M. Clausius la rectifie. 

Supposons qu'il faille transporter deux quantités de 
chaleur différentes Q et Q' d'un corps A à un corps 
moins chaud B pour produire un même travail T, au 
moyçn des véhicules c et c', Q' étant censé supérieur 
àQ. En transportant Q de A à B à l'aide de c, puis Q' 
de B à A au moyen de c', les travaux seront exacte- 
ment compensés, et il en sera de même de la chaleur 
consommée dans la première opération et de la cha- 
leur créée dans la seconde. D'où résulterait qu'en 

(i) TYansactions de la société royale d* Edimbourg, t XX. 
TOMI XX. iS6i. aa 



D£ U CUU.EDR 

Jusportant moins de chaleur de A Ji B que de B à A, 
lauruil modifié sans dépense de travail la distribution 
lia chaleur dans les deux corps, en augmentaDt 
Ile du corps le plus chaud, ce qui est impossiblQi 
j la chaleur tend nalurelleinent è, passer du corps ie 
■3 chaud au corps le plus froid, el pour ia déplacer 
Isens inverse, une dépense de travail parait néces- 
Bre, On ne peut donc pas supposer que Q etQ' sont 
Wérenls, ce qui démontre le princii)e énoncé. 

. Reech, dans un mémoire publié en i853, au lieu 
.dmetlro â pnori que le travail produit par un tran»- 
L de chaleur est proportionnel à la quantité dt 
tieur qui a disparu, établit que l'on peut supposer 
I généralement qu'il est égal à la différence des 
lantiiés de chaleur empruntée et transmise, multi- 
. respectivement par une oiëme fonction de 1& 
tipéralure de la source chaude etde la source froide. 



CONSIDËUÉE AU POINT DE VUE MÉCANIQUE. 3s9 

Enfin, M. Bourget a publié dans le tome LVl de la 
S* série des Annales de physique et de chimie sur les 
effets dynamiques de la chaleur donnée à un gaz perma- 
nent^ un travail remarquable par la clarté avec laquelle 
il à présenté la question. 

H. J. Thomson, au moyen de certaines considéra- 
tions, était parvenu à prévoir qu'une augmentation de 
pression devrait abaisser le point de fusion de tout 
corps qui se contracte en se liquéfiant; M. W. Thom- 
son (i) a vérifié ultérieurement ce fait sur Teau; mais 
M. Clausius (2) a rattaché d'une manière très-ingé- 
nieuse ce genre de phénomènes à la théorie mécanique 
de la chaleur. La théorie indique que l'inverse doit 
avoir lieu pour les corps qui se contractent en se soli- 
difiant, ce qui se trouve justifié par quelques expé- 
riences de M. Bunsen (3). 

M. Hirn a publié en i858, sous le titre de Recherches 
sur Téquivalent mécanique de la chaleur ^ les résultats de 
nombreuses expériences exécutées par lui sur le frotte- 
ment et la cohésion des corps, les machines à va- 
peur, etc., pour déterminer le rapport de la chaleur 
créée ou détruite au travail dépensé ou produit. La 
plupart des expériences de M. Hirn tendent à prouver 
la constance de Téquivalent mécanique ; mais les autres 
tendraient à démontrer le contraire, notamment celles 
qui se rapportent au travail produit par l'homme et à 
la chaleur qui se développe dans son corps ; ces der- 
nières, par leur nature, ne méritent pas une confiance 
absolue. 

Nous terminerons ici la liste des auteurs qui se sont 

(1) Transactions de la société royale d'Edimbourg. 
(a) Annales de Poggendorff, t. LXXXI, p. C8. 
(3) Annales de Poggendorff^ t. LXXXI, p. 563. 





1 

) DE LA CHALEUR 

upés de l'équivalent mécanique de la chaleur, les 
res personnes que nous pourrions cJier n'ayant pas 
irdé la quesliou sous sou véritable point de vue. 
.a théorie mécanique de la chaleur a reçu de ma 
t quelques additions et de notables siniplificalioaB 
is quelque» démonstrations, sur lesquelles il me se- 
, superflu de m'éteudre. 

i i". Formules fondamenlates de la théorie mécanique 
de la chaleur. 

Zonsidérons un système matériel solide, liquide ou 
:eux, sous l'unité de poids occupant le volume e à 
.empùrature I sous la pression ji, et soit Q laquan- 
! de chaleur qu'il renferme. 



GOIfSIDÉRÉB AU POINT DE YUE MÉCANIQUE. 55 1 

dant au point m; Idv la chaleur qu'il faut donner au 
corps pour que la température restant constante^ le vo- 
lume augmente de dv; nous la désignerons sous le nom 
de chaleur latente de dilatation élémentaire. 

Pour arriver à l'état calorifique du corps infiniment «. d« vm^wë 
▼oisin du premier, on peut supposer que le volume d'an oorpt. 
restant d'abord constant , on augmente la pression de 
dp = mn^ ce qui donne pour la chaleur correspondante 

c' Ij-j dp y en employant une parenthèse pour indi- 
quer que le coefficient différentiel est une dérivée par- 
tielle ; puis que le volume augmente de dv =^ nml^ p 
restant constant, d'où résulte un autre accroissement 

de chaleur c ( j-j dv, en négligeant les termes du se- 
cond ordre; on a ainsi la formule 

qui exprime que l'augmentation élémentaire de chaleur 
estimée suivant mm' est égale à la somme des accrois- 
sements calorifiques élémentaires estimés respective- 
ment suivant les deux composantes géométriques titti, 
nm' de Télément mm\ 
Or on a 

d'où 

(ç)*=--Cî)-. 

et par suite 
(6) dQ = c'dt -f. (c - c' ) ^^) dv. 

Désignons par ^ le coefficient de dilatation du corps ; 
on a, p restant constant, 

^vdt = dv^ 



GONSID^BÉE AU POINT DE VUE IfÊGAinQUE. tît 

On comprime uii corps à r, de manière à l'amener à <*• jj chtie 
la température ( + dt, et soit mr {fig. i) la courbe qui m. ciapeTro 
représente la loi des pressions dans cette opération ; où'irvéhi* 
puis on le laisse se dilater en conservant sa tempéra- J!JJ|**",f*,|i 
ture, de manière à arriver au point m', ce qui exige pendant 
que pendant le parcours rm\ une source de chaleur A ^âoiqaeiie! 
à la température t + dt lui donne la quantité de cha- " «i»®»" 
leur ?dv, dv étant l'augmentation de volume de r en m'. 
Si maintenant, sans lui donner de chaleur extérieure , 
on dilate le corps de manière à le ramener à f", on aura 
une courbe telle que wiV. et l'on reviendra au point m 
&a moyen d'une compression sous température con- 
stante, qui aura pour effet de faire absorber à une 
source calorifique B à r la quantité de chaleur emprun- 
tée à A dans la première partie de l'opération. 

Le corps étant revenu à son état primitif, et les mo- 
lécules ayant repris leurs mêmes positions relatives, le 
travail moléculaire total est nul. 

Dans le parcours wir, on a dû dépenser un travail deîi.atpe" 
extérieur mesuré par l'aire limitée par cet élément, les 
ordonnées des points m et r et l'axe des abscisses: de 
âer en m', il s'est au contraire produit un travail que 
l'on mesurera de la même façon ; de m! en r* également ; 
mais de r' en m, on a dépensé un travail extérieur. 
La somme des deux travaux intermédiaires, diminuée 
de celle des travaux extrêmes, est donc mesurée par 
l'aire mrmy qui représente ainsi le travail produit 
par le passage de la quantité de chaleur lSf> d'une 
source à (f-f dt)* à une autre source à r. 

Soient 5, s! les points d'intersection de la direction de 
mr' avec les ordonnées de m et m'; l'aire élémentaire 
mmV peut être considérée comme un parallélogramme, 
qui est par suite équivalent à rsm's! dont la mesure efit 
f«XdtJ, et comme rg représente la différence des près- 





i DE LA CH&LEDK 

D3 SOUS le même volume aux températures i + df el 
on a r« = (■£] dt, et par suite pour le travîùl pro- 

it di-dt f-^l : son rapport à la quantité de chaleur 

Bsportée tdv sera 

le devra dépendre que la température l. 
3d pourra donc poser 

(tant une fonction de la température (, indépendante 

véhicule employé. 

"arnot admet que la chaleur empruntée au corps A 
it transportée intégralement au corps B, hypothèse 
1 n'est plus adoptée maintenant, mais qui, en réalité, 

étrangère à l'établissement de l'équation précé- 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE TUE MÉGANIQUE. 335 

dont la somme 

T=Q.Ç jiott 

représente le travail total correspondant au transport 
de la chaleur Q de A à B. 

D'après cette formule basée sur une hypothèse que 
l'on ne peut plus admettre maintenant, on pourrait 
augmenter indéfiniment le travail en faisant croître la 
différence des températures des deux corps A et B» 
tandis que le principe de M. Joule, comme nous le 
verrons, lui assigne une limite, ce qui parait plus 
vraisemblable. 

Supposons, comme nous l'avons déjà fait plus t. Pert« 
haut (9), que pour aller du point m au pomt m , on eorrespondtiit 
augmente de dt la température du corps sans change- itc"iînguîiiw 
ment de volume, l'augmentation correspondante de la *i*inenuiw. 
pression étant tnq^ puis que, la température restant 
constante, on augmente le volume de Jo, et conservons 
les éléments du second ordre. 

La quantité de chaleur acquise de m en 9 est c'dt ; 

au point q la chaleur latente I est devenue I + (j) d^ 

et par conséquent pour aller de q en m' il faut encore 
donner au corps la chaleur 

soit en tout 

(a) ddt + Idv + ( ~) dvdL 

\dt/ 

Au lieu de suivre le contour mqm\ on aurait pu sui- 
vre le contour mq'ni^ mq' correspondant à l'augmen- 
tation dv du volume à la température constante I, et 
mV à réchauffement dt sous volume constant. 



dv 



I 





1 

M Là CBAIBOR 

g' la chaleur spécifique sous volume constant 
:' + -j^ dv, la quantité de chaleur donnée au coqis 

■posons maintenant que l'élat calorifique du 
soit obtenu en suivant le premier contour mqm', 
u'on le ramène à l'état initial en suivant le con- 
l'g'm, il est clair qu'il se dégagera dans la seconde 
de l'opéralinii une quantité de chaleur égale à 
ju'il aui ait gagnée en allant de m vers m', et r6- 
itée par l'expression {h). 

!at calorifique du corps étant redevenu le même 
point de départ, la difTérence des eipressions 
(6) ou 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉCANIQUE. iij 

et sa hauteur dv, il vient pour sa surface : 

D'après M. Joule, le rapport de ce travail à l'ex- s. PonnviM 
pression (c) est égal à la constante A qui représente *** ^; ^•^■•• 
l'équivalent mécanique de la chaleur. On a donc la 
formule fondamentale 



(5) 



\dl) \dv) k\dt) 



à laquelle M. Glausius est arrivé le premier par une 
autre voie* plus compliquée que la précédente, et sur- 
tout obscure. 

De là on tire, f [v) étant une fonction arbitraire de v : 



par suite : 
dQ = c'dt + tdv = c'dt+dv C 



d(f 1 

^dt+f(f))dv+-pdv 



ou 



dQ = d{le'dt)'\-f{v)dv+jpdv. 
Si donc on pose : 

tt étant nue fonction de p et de v, il vient : 



(6) 



dQ = rfu+ 7 pdv. 



Telle est la forme sous laquelle M. Glausius donne 
la différentielle totale de la chaleur; mais il noua sera 
plus commode de l'écrire comme il suit. Posons : 

1^ = 35^* + ^^' 





i DE LA CBALEtB 

aura : 

!c la condition 

isque c'dt + ^- dv est une différentielle exacte. 
La cbaleur latente 1 aura ainsi pour valeur : 

ài le corps change brusquement d'état pour cer- 
nes valeurs de v, t, p, la formule (7) ne doit s'ap- 
(]uer que dans chacun des intervalles délermiuét 
r ces valeurs. 
Les corps sont, comme on le sait, des assemblages de 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE YUB MÉGANIQUE. 3^9 

traction extérieure, dont on augmente la température, 
la chaleur latente ne peut avoir d'autre objet que de 
vaincre les actions attractives des molécules en pro- 
duisant un travail auquel elle est proportionnelle; et 
si le corps est soumis à une pression répartie sur sa 
surface, elle se composera en outre d'un terme propor- 
tionnel au travail de cette pression. 

Or, dans la formule (7), c'dt représente évidemment 
l'accroissement élémentaire de la quantité de chaleur 
sensible, puisqu'il se rapporte au cas où le volume 
restant constant, il n'y aurait pas de production de tra- 
vail intérieur ou extérieur; j (s+p) dv, est par suite 

l'accroissement de la chaleur latente, et enfin zdv le 
travail élémentaire des attractions moléculaires. Il 
est bon de faire remarquer que ce que nous avons 
désigné plus haut par l n'est pas, à proprement parler, 
la chaleur latente de dilatation, mais bien sa dérivée 
par rapport au volume. 

Si l'on augmente graduellement la température d'un 
corps solide, il finira par atteindre Tétat liquide ; mais 
ce passage n'est brusque que pour certaines substances 
telles que la glace , tandis que pour la plupart des mé« 
taux on passe par tous les états pâteux intermédiaires, 
en même temps que la chaleur totale du corps croit 
d'un manière continue. La dénomination de chaleur 
latente de fusion n'est donc qu'une manière de s'ex- 
primer pour les corps dans lesquels la période de 
l'état pâteux est trop courte ou trop instable pour 
qu'elle soit accessible à l'observation. Dans les liquides, 
les forces attractives ont encore une énergie trop con- 
sidérable pour que l'on puisse en négliger les effets; 
ainsi certains corps, tels que la fonte de fer, se con- 
tractent en passant à l'état liquide, et comme les mo- 





1 

3 DE LA CBALEUR 

ule3, se aoDt rapprochées, l'intensité des forces at 
nivea est plus considérable que lors de l'état solide 
moljilitè (les umléculea tient uniiuemeiit à ce que 
re certaines limites, pour une modification phvBÎqU' 
mécanique du liquide, l'accroissement du travail r© 
if auK attractions moléculaires, divisé par l'équivft 
t mécanique, est très-sensiblement égal et de sigtt 
itraire à celui de la chaleur latente. EiiHn on sait qu'i 
,t, pour désagréger complètement un liquide ou 1 
nslonner en vapeur, une quantité considérable d 
ileur, appelée r/iafeur talenle de volatilisation, et qt 

proportionnelle au travail mécanique vaincu. 
Dans les gaz, les attractions moléculaire sont nulle 

négligeables, et c'est- ce qui explique pourquoi 
is l'expérience de M. Joule, citée en premier lieu e 
)élée par M. Regnault, la température n'a pas baias 
me manière appréciable, quoique les distances io 



GONSIDÉBÉE AU POUIt DB VtJB MÉCANIQUE. 34 1 

respondantes qui sont d'ailleurs parfaitemeût déter-* 
minées d'après la relation F (p, tj, t) = o entre la 
pression, le volume et la température qui caractérise 
la nature du corps. On n'aura plus qu'une seule va- 
riable indépendante, si l'on se donne une autre rela- 
tion ç (p, t?, () = o, choisie arbitrairement, pourvu 
qu'elle soit vérifiée par les valeurs de p, v. t qui par-> 
ticularisent les points m^^ m^. Soit m^am^ le contour 
qui résulte de cette hypothèse, ayant v pour abscisse 
et p pour ordonnée. La quantité de chaleur absorbée 
par le corps en parcourant le contour m^afn^ sera : 

Q=j\'A+i£(, + p)A,. 

Pour ramener le corps à son état primitif, on pourra 
suivre un autre contour vn^bm^ , défini par une condi- 
tion analogue, mais différente de la première, et si l'on 
représente par C\ Z, P, T les valeurs de c\ «, p, t cor- 
respondant à ce nouveau contour et au volume v, on a 
pour la quantité de chaleur dégagée dans cette opéra- 
tion : 

La quantité de chaleur qui a disparu est donc : 
edt-\ C'(fr+-J\ (z-Z)dv+-\ (p-P)dx; 

or elle doit être égale, d'après. le principe de M. Joule, 
à -^ \ (p — P) ^^i d'autre part le travail des actions 
moléculaires 





1 DE LA CHàiBUH 

itanoulé; il vient donc: 

[] résulte de là que pour tou3 les contours en nombre 
ini que l'oti peut faire passer par les points m et m,, 

c'dl doit conserver la même valeur. Or maintenant 

lous est permis de considérer t comme la variable 
lépendante, et r dans c' comme une fonction de ( à 
uelle on peut donner une infinité de formes ; il faut 
:ic , pour que la conséquence précédente soit admis- 

le, que v n'entre pas clans c', ou que -r- == o, ce qu'il 
lait établir. 

(Jaand on tient compte de l'élément calorifique, la 
Inition de la coliésion dans les corps solides présente 
sambiguïié. Doit-on la rapporter i l'état d'un corps 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉCANIQUE. 543 

voir, est donc inférieur à celui des attractions molécu- 
laires, et la différence Aldv représente, d'après Tan- 
denne théorie admise, le travail des forces répulsives 
développées par le calorique. Pour arriver à la loi de 
réchauffement d'un corps, il faudrait en premier lieu 
être en mesure de représenter, au moins dans des limites 
déterminées, par une formule approximative, la fonction 
zdev. La théorie mathématique de T élasticité, le seul 
auxiliaire que nous puissions invoquer, est insuRisante, 
puisqu'elle ne détermine que l'expression de — pdv^ et 
que l'équation (a) comporte les deux inconnues z et /• 
Si l'on désigne par E le coefficient d'élasticité corres- 
pondant à la température ^ et par X et V deux fonctions 
de cette température, et par Vo et v le volume du corps 
à état naturel et lorsqu'il est soumis à la traction — p, 
on démontre que 

—P^o= ^ («> — «0) 

E=— ^. 

D'après quelques expériences de M. Wertheim , on 
devrait avoir X= 2V, par suite 

et enfin 



''=4^-]==-^^- 



n faudrait donc pour résoudre complètement la ques- 
tion déterminer, par expérience, les fonctions z dev, Vo 
de la température, et la fonction I de v et de t qui doit 
d'ailleurs satisfaire à la condition que z soit indépen- 
dant de U Nous n'insisterons pas davantage sur ces 

TOMB XX, 1861 25 




considérations, qui d'ailleuis ne pourraient cous con- 
duire & aucune conséquence utile pour ce qui suit. 
Supposons d'abord que les deux corps aieot les tem- 
r pératures ( et ( — dl, et soient Q laquanlilé de chaleur 
enlevée au corps A, et dQ la quantité de chaleur cod- 
sommée; Q — dQ sera la quantité de chaleur transpor- 
tée, et l'on a pour le travail produit ArfQ ; et d'après le 
principe de Carnet |a(Q — dQ)dl=:\iQdi, on a donc 
l'égalité 

dO = Q V'àl. 

En employant un raisonnement analogue à celui du 
n' 6, on verra que celle relation peut être considérée 
eoRiniâune équation diiïérentielle, d'ofi l'on dâduit; 
log. nùp. Q = A J iArf(-|- '^onslantc. 
Soient (', l" les températures des deux corps ; Q', Q" 
les quantités de chaleur respectivement enlevée au pre- 
mier et reçue par le second, T le travail développj 
00 a: 

T=A(Q'-Q") 

" Q" A Ji'-^ ' 
d'où e étant la base du système népérien : 

"" |t=aq-[,-.-u;-"]. 

Telles sont les formules établies par M. W. Thom- 
son ; la seconde montre que le travail n'augmente pas 
indëriuiment avec la diflércoce de températures des 
deux corps, qu'il ne peut pas dépasser la limite AQ" 
correspondant à (' — t" = cr., résultat bien dilTéreat de 
celui que nous avions obtenu au n" 6. 

En partant des résultats obtenus par M. Regoaalt 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉCANIQUE. 343 

sur les forces élastiques de la vapeur d'eau» et par une 
méthode que nous indiquerons ultérieurement, M. W. 
ThooisoD, a calculé les valeurs de |x pour un grand nom- 
bre de températures , et en transformant les valeurs 
qu'il a obtenues en mesures françaises, on a le tableau 
suivant : 



t 


V^ 


f 


1* 


t 


}^ 


t 


9- 


!• 


1,119 


•1 


l,S8S 


m 


l,l2f 


ISI 


1,815 


11 


1,471 


71 


1,252 


131 


1,00» 


191 


1,002 


21 


1,431 


81 


l,22t 


141 


1,030 


201 


0,880 


SI 


1,S9S 


01 


1,193 


151 


1,062 


211 


0,977 


41 


1,356 


101 


1,167 


161 


1,045 


221 


0,966 


SI 


1,320 


111 


1,142 


171 


1,030 


231 


8,965 



En prenant A= 4a 3, 5 et supposant i''=o, on forme 
à l'aide de valeurs de [jl déduites des précédentes, et 
en appliquant les formules (g) le tableau suivant : 



99 



1 

10 

28 

30 

40 

H 

68 

ÎO 

80 

88 

188 

118 

128 

130 

140 

130 

160 

170 

180 

190 

900 

218 

228 

238 



TRATAll. »RO»«IT 

|Mr 

voilé de ckaleor 

entoTée à la loarce 

•■•ikfvi 



1,507 
14,64 
98,46 
41,30 
53,40 
65,1 
76,7 
86,1 
96,9 

183,8 

113,8 

198,9 

130,0 

137,7 

144,9 

151,9 

158,7 

185,1 

171,9 

177,3 

133,8 

188,3 

193,6 

197,9 

423.3 



MAI.SOR 

Irtàftormée 

en 

trtTall par unité 

Q' 



0,00356 

0,00346 

0,067 

0,093 

0,127 

0,134 

0,179 

0,904 

0,227 

0,948 

0,269 

8,288 

0,308 

8,325 

0,343 

0,359 

0,373 

0,390 

0,484 

0,418 

0,432 

0,443 

0,437 

0,470 

1,000 



qoantitA 

proporilonMllo 

de 

chaleur traoaporlée 



0,99644 

0,W654 

0,9i3 

0,90'i 

0,»73 

8,846 

0,»'il 

0,796 

0,773 

0^739 

0,731 

0,111 

0,692 

0,815 

0,t»57 

8,841 

0,623 

0,610 

0,596 

0,582 

0,568 

8,535 

8,543 

0,530 

0, 





DE Là CJIALKCR 

coefficient d'effet utile représenté par les chiffres 
iroisièine colonne sera donc d'autant plus grand 
i température du corps chaud sera plus considé- 
Ainsi, sous le point de vue actuel , il y aurait 
âge à employer des machines h. vapeur à haute 
ion. Mais nous reviendrons plus loin sur Tap- 
ion des principes précédents aux machines à 

groupant les formules obtenues plus haut, et 
rvant leurs numéros, on a : 

dl _icJp de- 
dt A dl '^ di' 
linalion de ( entre {^) et f^i) et entre {/,) et (5) 



do 11. Rem 



CONSIDÉRÉE AU POJNT DE VUE MÉCANIQUE. 5/|7 

Dans le cas gé^iéral où le corps ne peut pas éprouver 
dans des limites déterminées de modification dans sa 

de' 
constitution physique, on a 77=0 et l'équation (11) 

devient : 

[X dt I dn 

et donnera la loi de variation de la pression avec la 
température. 

L'extension donnée par M. Reech aux principes de i4^Th«ori 
S. Carnot et de M. Joule est basée sur le raisonnement 
suivant : 

Soient T le travail moteur résultant de l'emprunt de 
la quantité de cbaleur Q au corps A à la température 
/, Q' la quantité de cbaleur correspondante versée dans 
la source B à la température l!^ T, le travail résistant dû 
à l'emprunt de la quantité de cbaleur Q\ à B' et au ver- 
sement de Qj > Q/ dans A. En opérant n fois de la pre- 
mière manière et n^ fois de la seconde» il en résulte un 
excès de travail moteur égal à 

nT — fijT, . 
De A on a fait sortir la quantité de cbaleur 

et deB 

n,Q\ — nQ'. 

On peut supposer que Q\ Q\ sont cboisis de manière 
à se trouver représentés par dos nombres entiers, et 
comme n, n^ sont des nombres entiers quelconques, 
on peut conduire les opérations de telle sorte que B 
n'éprouve ni perte ni gain de cbaleur, ou que 





m: L* CHALKOR 

onc on désigna par N un multiple quelcon'iuede 
, on n'aura qu'à supposer 

ail moteur ci-dessus se mettra sous la Tonne 

uaoUté de chaleur enlevée à A, 

e rapport de (a) à (î) ne peut dépendre quede 
pérature/ de A, puisque B n'a éprouvé ni perle 
1 de chaleur, et que l'on serait arrivé au même 
Lt en y siibstituaiit une nuire source à une tem- 
re différente. On devra doue jioser : 



CONSIDÉRÉE AU FOINT DE VUE MÉGANIQUE. 549 

mais oouB ne nous lurèterons pas à ce cas particulier, 
que l'on doit d'ailleurs faire rentrer dans le cas général 
par des considératioDs de limites. 

Si Ton admet que ll=t — dt^ ou que les températures 
des deux sources soient infiniment peu différentes l'une 
de l'autre, on aura: 

T=f{0{Q-Q')+rWQdi. 

Or si, comme aux n^ 5 , 7, 8, on ne considère que des 
modifications infiniment petites éprouvées par le véhi- 
cule de la chaleur dans son volume , on a : 

et par suite, en posant pour simplifier A=f{i) : 

dl ldlog.A _dc' i dp 
*■*" dt ~dv'^Kdi' 

équation linéaire en l dont Fintégrale est: 
2 étant une fonction de v seul. On tire de là : 

Or c'dt est l'accroissement élémentaire de la chaleur 

S de 
A j-dt? représente le tra- 
vail élémentsdre des forces attractives, lequel n'est 
fonction que de v, et comme A est une fonction de tj il 

faut par suite que — = o ; il vient donc : 

dQ=zc'dl+j{z + p)dv, 



luivalente à la formule (7] du n' 8, àcetle 
liés que A, au lieu d'être constant, peut Ètra 

(. 

Q résumé que l'hypolhèse de M. Reecb re- 

Ipposer que l'équivalent mécanique dépend 

réraiure. Nous n'insisieroas pas sur l'appli- 

l'on p(;ut faire de celte générai isatioti aux 

I vapeurs, puisque jusqu'ici il n'y a aucune 

Ir supposer A variable. 

Tlu'orU des gaz permanenls. 

„ la pression atmospliérique, •Cfj la densité 
liante à la température o, a le coelTicient de 
iz, on a : 

1 + a ï 1P-/ 



/ = ^ = .P!l.i, 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉGANIQUE. 35 1 

lame du gaz, et si l'on désigne par Q, , v^p^ les valeurs 
initiales de Q, v^ p, on obtient : 

(,5) Q_Q,= 2ollog^ = 2:illog^. 

Le coeflicient [ji étant le même pour tous les gaz, on 
déduit de cette équation les conséquences suivantes : 

i"" Des volumes égaux de tous les fluides élastiques pris 
à la même température , étant comprimés ou dilatés d*une 
même fraction de leur volume^ dégagent ou absorbent la 
même quantité absolue de chaleur^ loi découverte expé- 
rimentalement par Dulong. 

2"* Les quantités de chaleur absorbées ou dégagées par 
le gaz sont en progression arithmétique^ si les accroisse- 
ments ou réductions de volume sont en progression géo- 
métrique. Cet énoncé se trouve dans l'ouvrage de S. 
Camot. 

3® Des volumes égaux de tous les gaz pris à la mime 
température^ étant comprimés ou dilatés S une même frac- 
tion de leur volume^ dégagent ou absorbent des quantités 
de chaleur proportionnelles à la pression. 

De l'équation (i4) on tire : ' dB^SSîd' 

dt ^ '©'o p' 

et l'équation (i) devient : 
(i6) dQ = c'dt + (^-"^'^^0 j 

«Po 

et le travail produit pdv est mis en évidence dans la 
poilion de chaleur qui l'a produit; on a donc : 



3S» OK 

K l'on remarque que c«, est la chaleur ipédûqne 

S0U3 volume coDstaot rapporté aa volume, oa voit que; 

Le rapport des chaleur» tpèeifques unu prettion eoïc 
êtanfe et tous volume constant diminua de CunUit ta- 
rie en raison inverse de la chaleur spieifiqat $ous voltimt 
corufant rapportée au volume. Loi que Dulong &d6dmte 
de ses expériences. 

D'après les expériences de H. Hegnaalt, la chaleu 
spécifique d'un gaz sous pression coustaute est indépen- 
dante delà pression ; elle est indépendante de la tempé- 
rature pour l'aÎT et probablemeot'pour tous les gas qù 
suivent 1% loi deMariotte , ou dont l'état phyûque est suf- 
fisamment éloigné du point de saturation. 11 y a lieu de 
supposer égalementque ceux dontlacompressibilitôsoit 
une loi plus rapide se conduiraient comme l'acidecar- 
bonique et qu'ils auraient des chaleurs spéciGques plus 
faibles à mesure qu'ils s'approcheraient de leur pùoi 
de condensation. U parait résulter de là et de la for- 
mule (lo) que les capacités caloriQques sous volume 
constant sont également constantes; ce que Welter et 




CONSIDÉRÉE AU HUNT PE TUI MÉCANIQUE. 353 

De la mftaïc fonnule on tire : i»- chai«or 

spédilqoedwgu 

/.o\ ^ * soosvolonie 

^ C'"" I ap ' consunl. 

1 -ill AppliMUM 

A 'S^qC i la f «pour d'Ma . 

et Ton pourra facilement calculer la chaleur spécifique 
d'un gaz sousvolume constant, lorsquel'on aura obtenu 
par l'expérience la chaleur spécifique sous pression 
constante. 

Pourla vapeur d'eau éloignée du point de saturation, 
M. R^poaulta obtenu e=o,475; on a : 

en prenant o,6s pour la densité de la vapeur rapportée 
à celle de Vair; et si Ton suppose A:;=:4s4> w trouve : 

J = «,3i 
L'équation (i4) nous a donné : 2o.detenBiB«iiM 

delà 
dp Pq a fonetion |ft. 

di '^ ^f.v' 

d'où 

i dp a 

p dl I + «^' 

Cette valeur portée dans l'équation (|3) conduit à 
l'expression 

Aa 
(19) ï* = 



Si l'on prend les valeurs de ~ fournies par cette for- 

mule, correspondant à t = 35%5 — 78*,8 — loo*-^ 
i56'',8, on trouve qu'elles sont entre elles comme 

I, i,i4, i,ai, 1,39 

La table de M. W. Thomson que l'on trouve au n^" 1 2 , 
donne pour ces rapports : 

I, 1,12, 1,17, i,3i 





Dt P.A CUALtUK 

:n M. ClapeyroQ, d'après une méthodâ de calcul 
nous iûdiquerons plus loin, trouve: 
i, i,i3, i,a^ 1,2? 

termes semblables de ces trois séries diiïèreat 
z peu les uns des autres pour que l'on puisse re- 
r les différences sur les erreurs d'expériences et la 
;rsité des éléments employés à coustituer ces deux 
lières. 

upposous que l'on dilate ou que l'on comprime un 
placé dans des conditions telles qu'il ne puisse re- 
)ir aucune quantité de cbaleur des corps environ- 
ts. C'est cequi a lieu quand l'opéralion est brusque, 
me lorsque l'on veut produire le phénomène connu 
ariquet à air. 
aformule(i6) donne dans ce cas, en po3antdQ=o 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉGANIQUE. 355 

Les formules (20) et (2 1) sont celles que donne Pois- 
son dans son traité de mécanique (i). 

En supposant f constante ou de =0, l'équation (16) j, J'j„'|J|y^„ 
ou son équivalente dttKaidMi 

ncdv ** Uaiiérat»» 

dQ = c'dt -f i-— '««• «««wne. 

donne , en ayant égard à la formule ( 1 4) • 

1 dv 

d'où, en appelant Q, la chaleur correspondant au vo- 
lame v, et à la pression p, , 

(aa) Q — Q, =r i p,t),( i + a<) log J = i p,t>, log ^ , 

formule identique à l'équation (i5) et dont on tire les 
mêmes conséquences. 

Si l'on porte la valeur de [x donnée par la formyle eoul'ia prMsîoa, 
(19) dans l'équation (11) du n* i3, on trouve que ^^ J[*J^^j^ 

(l+*0 d*p d'p , !.. , 1 dâiii an oorpi 

■^ — - — - -nï=o, ou -75=0, dont Imtégrale peut se qa^ieonqne. 
a ai al ■ » » 

mettre sous la forme 

(a3) ■ . . / X = constante , 

9 et ({/ étant deux fonctions caractérisant la nature du 
corps. On voit ainsi que la pression devrait varier pro- 
portionnellement à la température lorsque le volume 
reste constant. 



(1) Poisson les a établies en posant une équation un peu 
moins générale que TéquatiOD (i), en partant des mêmes prin- 
cipes; et la théorie de Téqui valent mécanique n'intervient ici 
que ponr démontrer que le rapport y peut être considéré 
comme constant. 





OE lA CBâLEDB 

S 3. Des vapeurt à «nfurfltfflfl. 

Considérons une vapeur à („ en contact avec sou U 

ide, le tout sous l'unilé de poids, et soient 

(1 la pression , 

Il le volume total, 

P la densité de la vapeur, 

s son rapport à celle du liquide, 

r la chaleur latente de volatilisation du liquide à (, 

u le volume occupé par la vapCur. 

En prenant {jig. sa) pour abscisses oà=u et ain=p 

obtient le point m. Si l'on comprime la vapeur d< 

.nière à l'amener à la temp<:Tature ( + d( , la pressioi 

lèvera graduellement et deviendra nÔ = p-^dl,ei 

me temps qu'une certaine quantité de vapeur Bi 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE TUE MÉCANIQUE. SSj 

qtiô Von dena considérer comme absorbée par une 
source de froid B à la température t. 

L'augmentation nn' du volume total étant égale à 
celle dv du volume de la vapeur, diminuée du volume 
tdv de l'eau qui s'est transformée en vapeur, on a : 

et Faire du parallélogramme élémentaire nmm'n' sera : 
(a) (i^t)dv^dt 

et représentera le travail correspondant au transport 
de la chaleur prdv de A à B« On a donci en désignant 
par |A là tnèffié fonotion de t qu'au n« 6 : 

C'fdt cette formule qui a permis d'abord à M. Cla- 
peyron de calculer les valeurs de [x pour quelques tend- 
pératures et en employant diverses substances, puis 
à M. W. Thomson de calculer la première table du 
n* 1 f , en partant des résultats obtenus par M. Regnault 
sur les forces élastiques de la vapeur d'eau. 

Nous avons réui^i dans le tableau suivant les chif- 
fres obtenus par M. Clapeyron^ en plaçant en regard 
ceux de M. W. Thomson. 



DE U CBlLEtm 







■•B— 






^ 




'— -ï 


ti 


m 


î 




1 






H 


i 


|i 


; 




«'tlMlllUsi. 


i 


^'- 


** 




" 


Eibertulluriqae. 


ïrVï 


I.IB* 


ti>,t 


)S,Ï 


l,MS 


IJTI 


AlCMl. 


■ 


,„, 


»T» 


IM 






bo 




MDt 


,.1. 


IM.» 




1,1(1 




M 


3,10T 


I«,i 


liM 


l^îl 


1^1 



Si l'on a égard à l'imperrection des données admiseï 

par M. ClapeyroD, on peut regarder cette table comme 

assez favorable k l'idée de la constance du coefficient f. 

pour tous les corps. 

lUdntiu Si l'on porte dans la formole (94) la Talear[i = 

*' Aa 

^/i^" — — r; 1°° "OBS viora troavée aQ o* 30, ^e donne 




CONSIDÉRÉE AU POINT DE TUB MÉCANIQUE. SSg 

Si m représente le module du système de logarithmes 
de Briggs, on a : 

8=li=^.i-i+îî£i(..5P). 

En adoptant pour la vapeur d'eau la formule d'inter- 
polation de M. Biot, dont les coefficients ont été déter- 
minés par M. Regnault, on a : 

logp = a — 6p'+«>— cy'+", 
d'où 



-(logp) = -- 



6 log p . p«« 



"[^^mn 



m L' ' 61ogP 

D'autre part si c désigne la chaleur spécifique de l'eau, 
on a d'après M. Regnault, pour la chaleur totale de la 
vapeur d'eau : 

606,5 + o,3o5r = r + \ cdty 

Jo 



et 
d'où 



c = i -|- o,oooo4< + o,ooooooyi*. 



r = 606,5 — o,6Q5f 1 (« — ^ (», 

^ 10' 10^ 



ou encore 
r= 606,5 



I — 0,001 146/ r I* m <* 



10' 



10 



10 



li suit de là que, en posant : 

P6 log p . p*« 



M = 



N = 



A'G^a6o6,5 X m*' 



il vient : 

(a6) 8 = (i — e)M. 



6logP 



©••• 



33 5 

1—001146^ ^C r^i 

10' 10*° 



Or on a : 

log 6 = 0,1397743 log p = i,994o4929a = — 0,005950708 

log c=: 0,6924351 log Y = 1 ,998343862 = — 0,ooi65Gi38 
/G^= 1,293189, a=so,oo367, m=o,434a945, P=io333 
Tome XX, 1861. itx 



) 



â6o U£ LA CBAUUK 

d'où l'on déduit : 

j M =118,833 
' I log N = o,o83o8oo N=t,sio8a 

M, GlausiuSt au lieu de prendre pour point de dé- 
part la formule ci-dessus de MU. Biot et Begnault, 
représente la densité de la vapeur saturée par une 
nouvelle formule empirique fiui ne renferme qu'une 
exponeutielle. Quoique, h uoire avis, il soit superflu 
de représenter par une formule d'interpolation, «ne 
e-^pression que l'on peut déduire matbématiqueiueiit 
d'autres formules considérées comiue exactes, ooui 
indiquerons cependant la méthode employée pu 
M. Glausius. 

La formule (a5) peut se mettre sous la forme 



(38) 



Ap(' + "0" 



'•+""'?î 



M. Glausius a calculé les valeurs du second nienibre 
de cette équation, pour des valeurs de I équidislanles 




(1 + .0' 

m — nk'. 



CONSIDERE AD POIKT DE MIE MÉCANIQUE. 56l 

- déduiteà de l'expérience, et celles de 



I dp 
pdt 







LP(,_,,^ 


, 






S 


■ 






.,.«.™, 


1 






ttt'iK 




d'>t>tci 


Vnvé.\ntt. 


rurraoï. {itj. 






= 


-is- 




30,81 


10 M 




OD 








as.ii 


jn;i( 


+ 






i * 






W.l» 








IS 




ia.w 








= 


a» 




»,10 


ioisa 






1 






M,« 






0} 






30,. 








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ïï,«t 


»,nn 


+ 1 


oa 


s 


51 




M>6 


aB.H 




J» 


4 






Ï9.«S 








1 












«1 








(») 






(a) 










39. SO 












i*.ta 




!s,ra 


aeJT 


+ 010I 


+ 0."lJ 


1 




n.»B 






ÎB,I>B 


+ 0,10 


+ ",'■" 


US 


U.II 




î»;«i 




— P.OI 


— o,ai 






T!3,S1 












i 












+ 0;^ 


+ *.'> 


IfiS 


56^05 




ÏS.U 


28. H 






? 




«^1 




ÏJ^O 


ai,»B 


+O.IIS 


+ (l|05 


S 


igi 


m" 




Si 


!T,Oa 


— 0,13 


+ 0.'J 




, "' 


3t',U 








-0,J3 


-BÙI 





On voit que les chiffres de la seconde colonne va- 
rient d'une manière notable, ce qui n'aiirnît pas lieu 
vu la petitesse de e, si la vapeur d'eau se comportât 
comme un gaz permanent, et que la formule [29) pré- 
sente une exactitude assez satisfaisante. 

Nous avons trouvé : 

^ ■(i + .OioSSS' 
et en négligeant e, la formule (119) devient : 

{3o) 



A,. 1 



n-n") 



36s DE LA CHÀunit 

Sous cette forme qui est plus simple, mais moins ex&cte 
que l'expression (36), on voit clairement que S va en 
dÛDÎDuant avec t, ce qui est conrortne à l'expërieiice. 

Soit S. la valeur de S pour ( = o, il vient : 



(5i) 



~ A.i,a95a(m — «}' 
8, (m — «) 



-nK' 



Le cahier du mois de mars 1861, da PhilotopkUal 
Magazine mentionne les résultats d'expâriences exécu- 
tées par MM. Fairbum et Tate pour la détermination 
de la densité de la vapeur d'eau saturée à diverses 
températures ; et l'on trouve, dans le compte rendu de 
la séance du 8 avril suivant, un tableau de M. Clausus, 
dans lequel il met en parallèle les résultats ci-dessus 
et les chiffres auxquels il est conduit par l'application 
de sa formule. 

En premier liou, H. Clausius conùdérant que b 
densité de la vapeur rapportée à celle de l'air va en 




CONSIDÉRÉE AO POINT fiË VUE MÉCANIQUE. 365 

d'ailleurs justifiée par les expériences de M. Regnault 
sur la densité de la vapeur à des basses tempéra- 
tures (i). 

La première des équations (3i) donne par suite 

A =421) 

chiffre peu différent de ceux que nous avons trouvés 
plus haut. 

En appelant D la densité de Teau et supposant A = 
421, la formule (2g) se met sous la forme 

et permet de calculer le volume - occupé par un kilo- 
gramme de vapeur saturée. Mais si les chiffres obtenus 
de cette manière ne diffèrent pas beaucoup de ceux de 
HM. Fairbairu et Tate, ce n'est pas une raison, suivant 
nous, pour attribuer aux expériences de ces physiciens 
l'exactitude que Ton a le droit d'exiger. Et en effet, 
en rapportant à l'air les densités obtenues par eux, on 
ne retrouve pas cette loi de continuité que doit pré- 
senter dans des circonstances ordinaires tout phéno- 
mène naturel. Leur procédé consiste à introduire dans 
un ballon entouré d'une atmosphère de vapeur saturée 
dont on peut augmenter la pression, un poids déter- 



de 50** à 100". Ce qui paraîtrait indiquer que la valeur ci-dessus 
de la densité théorique est un peu forte, et la différence ne 
pourrait être dès lors attribuée à Tincertitude qui règne sur 
les derniers chiffres des éléments d'où on la déduite. 

Cette observation, d'ailleurs, ne peut que rendre plus plau- 
sible rbypothèse de B^ » o,6aa, puisque à o*" la vapeur saturée 
u^est pas encore à proprement parler uu gaz permanent, et 
qu'elle doit avoir une densité un peu supérieure à la densité 
théorique. 

(1) Annales de physique et de chimie, t. XV, série a3. 



364 l'B LA ClULEtiB 

miné d'eau. Un lube en U renfermaQt du mercure, 
faisant coramuniquer h ballon avec l'enveloppe de v&- 
peur^ a permis de reconnaître le moment oi\ la pres- 
sion était k même de part d'autre, et par consétiuent 
la tension de la vapeur du ballon qui se trouvait stric- 
tement au point de saturation. La quatrième colonne 
do tableau suivant, que nous avons annexé à celui de 
H. Glausius, met en évidence, [wur un certaitfboinbre 
de ces expériences, la discontinuité dont nous Tenons de 
parier. 





1 


votPKl »T. mlo 


p 


ni>v(»iH 








^■•p»t 


itpt*t 


t ti11« <a nir. 








'■*'"""" '"■ 


l»l.r.>rb.>...T.l. 








SI- ,31 


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S,JI 


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tt ,10 






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hl ,S0 






0,»l' 






ta .»3 


3.«l 


?;îi 






■ 



gonsidêr(^:e au point de vue méganique. 565 

M = o/jgoSo, log M — 7,4C3G265 
d'où 

A =408,16 

et pour 

t= o, 0^=0,643 

t=ioo, o=o,GG3 

On arriverait ainsi d'une part, pour l'équivalent 
inécauique« à un chiffre trop faible relativement à ceux 
que nous avons obtenus plus baut, quoique cependant 
il cadre assez bien avec les résultats de quelques ex- 
périences de M. Hirn sur les machines à vapeurs; 
d'un autre côté, la densité de la vapeur d'eau & zéro 
sersût bien supérieure à o,6*i2 contrairement aux ré- 
sultats obtenus & de basses températures par M. Re- 
gnault. A la vérité, cet illustre physicien remarque que 
le chiffre ci-dessus qui nous a servi de base peut être 
exagéré en raison, soit d'une condensation normale 
aux environs du point de saturation, soit d'une con- 
densation sur la paroi interne du ballon de verre de 
l'expérience. 

Sinous avions supposé o» = o,6s8, on aurait dû obte- 
nir A = 4o8, 1 6 X ^^--- = 42 1 ï54» chiffre qui dif- 
fère peu de celui de M. Glausius, et pour < = 100, S = 

0,663 X — /r77r-=- = 0,64 182, taudis quo d'après quel- 
0.04090 

ques expériences de M. Cahours mentionnées dans le 
Traité de physique de M. Jamin, la vapeur saturée à 
une atmosphère , surchauffée à 107, à 1 10 degrés, au- 
rait respectivement pour densité 0,645 — 0,640. Mais 
il y a tout lieu de supposer que ces chiffres sont exa- 
gérés, par la uiûme raison que celles que nous avons 
données plus haut. 
Il paraît résulter de ce qui précède que la densité de 



366 DE LA CHALEUR 

la vapeur est un peu plus faible que o,6«s; et en 
effet, si l'oit jette les yeux sur les tableaux publiés pai 
H. Regnault daiis ses Études sur ihygromitre, on re- 
connaît que les poids de vapeur calculés sont en ^ 
néral un peu supérieurs aux poids observés, et que h 

différence relative a pour limites o et — . L* accord 

■^ lOO , 

sera plus satisfaisant en réduisant la densité théorique 



ment à ce chiffre au moyen du tracé graphique qui re- 
présente le mieux les résultats des expériences de 
M. Cabours. 

Désignons par c la chaleur spécifique du Jiquidei 
I*, par hdt la quantité positive ou négative de chaleur 
dégagée par kilogramme de vapeur, lorsque sa tem- 
pérature augmentant dedf, on la dilate de manière à ce 
qu'elle reste toujours au maximum de tension. 

En nous reportant aux notations et à l'opération du 
n- 24 (/îj. 20), soient: 

dx le poids de vapeur qui s'est condensée en allaut 




CONSIDÉBÉE AU POINT 0£ VUE MÉCANIQUE. 667 

Sapposons.maintenant Que pour arriver au point n\ 
onÂDiÎY&l^ contour mm'ni et soient : 

dj^ le poids de vapeur formée en allant de m en m', 
dx'de poras de yapeur condensée de w*' en n', 
La chaleur absorbée de m' en m est 

(y) rdj/', \\ 

et comme en m' la quantité; de vapeur est devenue 
z + dy', on aura rdx' en changeant z en z + dt/ dans 
le second membre de rèquation (a), d'où 

La quantité de valeur formée étant nécessairement 
la mfiflie en suivanl^tfs deux contours, on a : 

(y) ? dx^dy = âx — dy\ 

Enfin des équations (a) , (5) et (y) on tire : 
(e) r{dx — daf) = r[dy-^dy']=:=^y'.dt[c'^h], 
et la différence des expressions (a) et {^) , égale à 



dj,'d,[c-A + |], 



en négligeant les termes du second ordre, étant propor- 
tionnelle au travail produit , estimé à (i — e) -^ dvdt , il 

^ at 

vient en remarquant que Ton peut supposer pdv = dy' : 

Si Ton élimine -p entre les équations (26) et (02), 

on trouve : 

^r dr , 

^''^ TT^t = di + "'- 



370- ]}£ U CHALEUB 

Concevons une masse composée tl'eau et de glace i 
la température — f, sous la pression p, et occopantla 
volume u, et soient: 

p sa densité ; 

E le rapport de la densité de la glace àcelle de l'eau-, 

r la chaleur latente de fusion de la |^ace. ^. 

edt la quantité de chaleur perdife par l'ui^té de 
poids d'eau, lorsque la température s'abilisant dé^dr, 
la pression augmente de dp, hdt la qiianUté de cha- 
leur perdue dans les mêmes circonstances pSx l'unité 
de poids de glace. 

Soitffl (fig.uS) , le point ayant pouriï(}ordonDées«ta=|p 
et oa = u ; si l'on augmente la prestioo et ri la masse 
ne reçoit pas de cbalcur extéi'ienre^l se fondra «ne 
certaine quantité de glace et la témpératura' baissera. 
Supposons que le point » corresponde à la 'tempéra- 
ture — (f + '")< son ordonnée étant par soite nfr = 

p -f ■£ dl. Pour augmenter la volume de bb' de ma- 
nière à ce que la température et la pression resteatcon- 
stantes, il faudra qu'il se forme i^ne certaine quantité 




CONSIDÉRÉE AU POINT DE \UË MÉCANIQUE. 57 1 

formule (26) du n^ 26 et la formule (33) du n** 27 peu- 
vent donc ici recevoir leur application, en changeant 
toutefois dans cette dernière les signes et A qui ont 
dans les deux cas des signiQcations inverses Tune de 
l'autre. 11 vient ainsi : 

f.n dp _ pra _ prt^ 

^^^ d/""(i — e)A(i+aO"" i — e' 

dr rci 

. (330 •: _=-(c-M+^, 

^.: On peut, sans erreur sensible, regarder c et ft comme 
égaux re^ctivement aux chaleui:^ spécifiques de l'eau 
et de la glace, et r comme ayant dans le second mem- 
bi:e de l'équation (33') la valeur constante 79,25. Si 
donc on prend avec M. Person, 0,48 pour la chaleur 
gpécifique de la glace, on trouve : 

.'*- dr 

^ = 0,81 

pour la dttnttm/ton de la chaleur latente de la glace corres- 
pondant à un abaissement de 1 degré du point de fusion. 

Supposons maintenant que Ton ait de la glace à o 
sous la pression atmosphérique, et que l'on veuille 
déterminer l'accroissement qu'il faut faire subir à la 
pression pour abaisser d'une petite quantité la tempé- 
rature du point de fusion; on a r= 79,26, [a peut 
être considéré comme constant et égal à 1,62 ; d'autre 
part, on sait que pour produire un décimètre cube 
d'eau, il faut fondre 1^,087 de glace, d'où il suit que 

= 0,087 ; et la formule (25') donne : 



P 

dl = OfOoooy 25 dp, 

t = 0,0000^25 p, 



5^a DE U CHALEUR 

et enfin en appelant n le nombre d'atmosphèrèi eoots- 
nuesdftusp, 

Ainsi un accraissement de pression d'uni atmosphèie 
abaisse li; point de fusion de o',oo75 ; il ftodrût, par 
conséquent, plus de i oo atmosphères pour abaisser le 
point de fusion de la glace de i degré. 

Si l'on suppose n = 8,i et fl=:i6,8, on trouve 
j = o,o6i etf=3o,i96, chiffres qui diffèrent très-peu 
de ceux t = 0,0^9 et t = o, 1 19 déduits de l'expéiienoe 
par M. W. Thomson, concordauce qui Tient encore à 
l'appui de la théorie méciuiique de la dialear. 
S 5. Eisai lur la théorie 4t$ vapeurs. 

t Nous avons tu plus haut que les Tapeurs, lon- 
qu'elles se trouvent à un état peu éloigné du point de 
saturation, ne se conforment pas exactement aux 1(BS 
expérimentales qui régissent les gai permanents. 

Ne serait-il pas possible de faire cadrer les mêmes 
lois avec les résultats de l'expérience au rfioyeo d'une 
hypothèse sur la constitution physique des Tapeurs, 




CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉCANIQUE. ijO 

la nature du liquide, de la température et de la pression. 

Pour être plus clair, supposons qu'il s'agisse de la 
vapeur d'eau. L'expérience montre que, dans le voisi- 
nage du point de saturation , sa densité par rapport à 
celle de l'air est supérieure à la densité théorique, et 
que son coefficient de dilatation va en diminuant à me- 
sure que l'on élève la température. Ces deux faits se 
trouvent justifiés par notre hypothèse; d'une part, une 
fraction, quelque faible qu'elle soit, d'un liquide, mé- 
langée à un fluide gazeux beaucoup moins dense, d'où 
une densité moyenne supérieure à celle de ce dernier; 
d'autre part, si l'on élève la température, une partie de 
l'eau maintenue en suspension se volatilise , oceupe un 
volume beaucoup plus grand ; d'où une dilatation totale 
supérieure à celle que prendrait le fluide aériforme s'il 
4tait pur. 

La chaleur spécifique de la vapeur d'eau parait aug- 
menter notablement à mesure que l'on approche du 
point de saturation." Et en effet, si l'on admet que la 
vapeur renferme de l'eau en suspension, cette eau se 
vaporisant partiellement par suite d'une augmentation 
de température, absorbe une certaine quantité de cha- 
leur qui s'ajoute à la chaleur spécifique de la vapeur 
supposée à l'état théorique. 

M. Regnault a trouvé 0,475 pour la chaleur spécifi- 
que de la vapeur d'eau à une température supérieure 
de beaucoup à celle qui correspond à la saturation 
tandis que précédemment MM. Laroche et Bérard 
avaient obtenu 0,800. Or le procédé d'expérimenta- 
tion de ces derniers physiciens laisse entrevoir qu'ils 
ont nécessairement opéré sur de la vapeur humide ; et, 
d'après nos idées, la volatilisation d'une fraction d'eau 
en suspension équivalente à o,oooS pour une augmen- 
tation de 1 degré de température, suffirait pour expli- 



$74 Ok. LA UIALELII ^ 

quer la différence entre les deux chiffres précédents. 

La loi de la détente de la vapeur dans nos macliines 
motrices n'étant pas counat:, ou y substitue la loi de 
Uariottc, et en parlant de là les constructeurs admet- 
tent un coclTicieiit de reudeaieut ayant pour^limiteB 
o,Soet o.So; la petitesse de cecoeflicienL montre évi- 
demment que le travail tliéorique calculé est beaucoup 
trop fort, si l'on considère que ces machines ne com- 
portent que de faibles pertes de force vive, et que leur 
construction très-soignée, jointe aux modes de fabrica- 
tion employés,, réduit à peu de chose l'influeacé des 
frottements. 

L'application de la loi de Mariotte supposerait non- 
seulement que la \ apeur su comporte comme un gaz, 
mais encore que les parois du cylipdre sont capables 
de restituer & ce fluide la quantité de chaleur qu'elle 
perd en se détendant, ce qui est peu admissible en 
raison de la bible conductibilita.de la vapeur et du 
temps notable comparé à la rapidité du mouvement dn 
piston que doit mettre In chaleur pour se propager 
dans celle paroi, quami mémo elle serait munie d'une 




CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉCANIQUE. i'jb 

tables qui donnent les tensions maximum et les tem- 
pératures correspondantes. 11 faudrait de plus que la 
courbe de la détente ayant pour abscisse la tempéra- 
ture et pour ordonnée la pression, vint à rencontrer 
plus près de F origine des coordonnées , la courbe des 
tensions maxima, puisque autrement, pour le point 
d'intersection, la vapeur ne se comporterait pas comme 
nous l'avons admis plus haut. Il faut donc que relative- 
ment aux gaz permanents, la pression décroisse plus 
rapidement avec la température, aux environs du point 
de saturation ; ce qui s'explique en remarquant que 
par suite de l'abaissement de température , une frac- 
tion de la vapeur se transforme en eau qui reste en 
suspension, en dégageant sa chaleur latente. 

Les anomalies que présentent les vapeurs, relative- 
ment à la loi de Mariette, peuvent s'expliquer de la 
même manière, comme nous le verrons plus loin. 

Nous allons maintenant discuter les résultats aux- 
quels conduit notre hypothèse, d'après laquelle la va- 
peur à saturation serait un fluide obéissant aux lois * 
des gaz permanents, et tenant en suspension son maxi- 
mum de liquide. 

Soient : sj.wieriniiiiiite 

de 1« proportkN 

X le poids de vapeur à l'état de gaz pur sous la près- de liquide 
sion p, renfermé dans i kil. de vapeur dans le voisi- d/M'une*"^ 
nage du point de saturation ; , •" "®3f*î 

, . , ,. n -, 1 .1 <*•• dentiléi. 

y le poids d eau renfermé dans ce kilogramme ; 

A la densité observée de la vapeur rapportée à celle 
^ de l'air dans les mêmes conditions de pression et de 
température ; 

S la densité théorique de la vapeur également rap- 
portée à celle de l'air ; 

p la densité du liquide. 

Tome XX, i86i. ib 



076 
Ooa: 



or la fraction y est déjà très-petite, et par suite " de- 

P 

ïient négligeable par rapport à— , en nùson de la pe- 
titesse de A.O- par rapport à p ; on peut donc prendre 
tout aimplemeat 



et supposer que la partie gazeuse de la vapeur occupe 
le mftnie volume que la masse totale, ^fm il vient 



et le tout se réduit & calculer 8 et A. 

Les seules expériencesqui puissent nous servir pour 
trouver l'influence duo accroissenient de température 
sur la fraciiou d'eau en suspension dans la vapeur sont 
dues à M. Cabours, qui a étudié sous la presùon d'une 




CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉCANIQUE. 677 

Dans les tableaux suivants qui représentent les ré- 
sultats des expériences de M. Cahours, nous avons mis 
en regard des densités leurs logarithmes et les excès 
de température sur le point d'ébullition, chiffres qui 
nous seront utiles par la suite. 

Soient T la température d'ébullition, 

t la température à laquelle on a porté la va- 
peur. 

rapeur â^eau T= lOO» 



t 


A 


Log A 


l-T 


107 


0,64& 


^ 0,1904403 


7 


110 


0,G40 


— 0,1838200 


10 


l'^O 


0,(i2S 


— 0,2041200 


20 


130 


0,(»21 


— 0,2069084 


30 


150 


0,6198 


— 0,2077484 


50 


200 


0,ni»2 


- 0,2081691 


100 


1 "• 


0,6182 


~ 0,2088710 


150 



Acide acétique T= 120* 



1 


A 


Log. A 


l=T 


124 


3,194 


0,5043349 


4 


130 


3,105 


0,4920*>t6 


10 


140 


2,907 


0,1634450 


20 


152 


2,727 


0,43Sci8Si 


32 


16'2 


2,583 


0,4121-244 


42 


170 


2,480 


O^iyUbil 


50 


180 


2,438 


0,j870337 


60 


190 


2,378 


0,3762119 


70 


200 


2,V48 


0,35179H3 


80 


219 


1,132 


0,3287872 


99 


2il 


2,101 


0,3222193 


111 


240 


2,090 


0,3201468 


120 


2.12 


2,090 


0,3201463 


132 


272 


2,088 


M 


152 


295 


2,083 


n 


175 


808 


2,085 


» 


1S8 


321 


2.083 


» 


201 


327 


2,085 


» 


207 


336 


1,083 


» 


216 



Nous n'avons pas tenu compte des dernières valeurs 
de ce tableau, en raison de ce que la différence de l'une 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉCANIQUE. 379 

rapidement à mesure que augmentera à partir de 
zéro, et deviendront sensiblement constantes pour une 
valeur suflisamment grande de cette variable, en d'autres 
termes, la courbe aura une asymptote parallèle à Taxe 
des abscisses, et dont l'ordonnée sera la densité théo- 
rique de la vapeur. 

Le moyen le plus simple de représenter une courbe 
de cette nature, consiste à considérer 8 comme la som- 
me d'exponentielles linéaires en et de poser : 

p, 7, etc. étant des nombres inférieurs à l'unité et a, 6* 
c des coefficients numériques , sera la densité théo- 
rique ou la valeur de A pour B = oo , et la densité de la 
vapeur à saturation correspondant à = o sera S + 6 

Pour la vapeur nous avons reconnu que Thypothèse 
de deux exponentielles conduit à des coefficients ima- 
ginaires, et c'est pourquoi nous avons cru devoir nous 
contenter de la formule simple, 

(i) A = 8 + 6p^ 

Nous nous bornerons à appliquer cette formule aux 
vapeurs d'eau et d'acide acétique, le percblorure de 
phosphore présentant trop d'anomalies ou d'erreurs 
d'expériences pour que nous puissions interpoler avec 
quelque chance d'exactitude. 

Si nous posons : si. Appiiei 

é la vapeur «I 

looooA—- 6ioo = y et 100008 — 6100 = 0^ 
on a : 

(a) y = a + 6p^ 

et le tableau 





L^^^^^H 




m t.A CHALEUB 


^ 




,,•"•••• 


ir 


» 






ÏS*- 

tu 

s» 


10 




'on construit à uoe grande échelle la courbe re- 
stée par l'équation (a), on reconnaît que les points 

■2, 5 sont en ligne droite, que l'inclinaison est 
orte pour la corde (6, 7) que pour la précédente, 
elle est trop considéraiile pour t|ue, au point de 

aphiquc, on puisse reconnaître à priori qu'il doit 
ir une asymptote parallèle à l'axe des abcisses. 
jr qu'un Irait continu passant par les points 




■ 



d'où 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE TUE MÉCANIQUE. 38 1 






(3) 



p^(P^-i)' 



En faisant passer la courbe (s) par les points n** 2 , 

3, 4, on a ; 

^0=10 y^ = 3oo 

ç = io y^siSo Ayç = — i5o 

y, = 100 Ayj = — 40 
d'où 

p= 0,8769, 6 = 304,09, a=95,45> 10*8 = 6195.45; 

mais pour = 7, les coefficients sai>stitués dans l'è- 
quation (1) donnent la valeur bien trop forte A = 649* 
954 au lieu de 645. 

La courbe passant par les points 3, 4 ^t le point 
n* 4 bis correspondant à 0^ = 4o*, et dont l'ordonnée 
résultant du tracé graphique est 100» est déterminée 
par les éléments 

y, = 110 Ay^=— 40 
y, = 100 Ayj = — 10 
d'où 

p = 0,87055, 6 = 855,i4, a=:96,6« 10008=6196,67, 

Ce qui donne en appelant D la différence eptre la 
valeur de 1 0000 A déduite de la formule et celle de 
l'expérience pour 

e= 7 10000 = 6421,81 Ds=««^i8>i9 
0=10 10000 = 6399,85 D = — o,i5 

Enfin pour la courbe passant par ^s points n<*' 4* 
l^bhj ô, on a : 



Op=ao 
<p = 10 





DE LA CHALEUR 
\ = Zo V„=iio Ay„=— ir», 
<p = io y, = 100 ia, = - ao 

5i5, 6 = i56.35, a = 95,5. iooooS = 6i95,5. 

eux derniers poiotsdevantètieconsidéréscoinme 

leuji, ainsi que nous l'avons fait remarquer plus 
ous avons dû les laisser de cfité. 
oit que les trois valeurs obtenues pour ^, a, S 
îez peu différentes les unes des autres, ce qui 
justifier l'emploi de notre formule d'interpo- 
mais il n'en est pasde môme des coefficients ù, a. 
i pensons que la courbe qui représente le mieux 
herrfiée est celle qui passe par les points n" 1 , 
t dont les coeffidents seront déterminés parles 
■ns 
55.. = « + bf 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE VOE MÉGANIQUE. 383 



et 



p 



6 = 



a 
10*8 



0,87917 

711^ = 253,o5o 

6a5,4 

35o — 6 p'= 96,050 

6196,95 = 6197 



La formule obtenue 



io*A = 6197 + 623,4 [0,8791]» 



donne pour 



6= 10 


A = 6370 


D = — 3o 


6= 20 


A == 6244 


D = — 6 


6= 100 


A = 6197 


D=+ 5 


6= i5o 


A = 6i97 


D = +i5 



Mais la densité-limite S nous paraissant un peu forte, 
nous avons cru devoir recommencer le calcul en rédui- 
sant de trois unités l'ordonnée du point n* 5, réduction 
basée sur le tracé graphique. 

Nous avons donc 

350 = + ^?"^ 

95 = a+6p''^ 



d'où 



Z z=z ~ — ~ ~ — — ' = 0,01620 



(5865— 10320 ?o*')« 



P = 0,8949 

6P^=-Î^== 260,24 

b = 565,32 

a = 35o — ftp' = 90 — io*B = 6190 

et enfin 
(4) io*A =6190 + 565,32 [0,89490]» 





DE LA CBALEUR 

l'on déduit le tableau : 

e & D 
7 6S5o o 
lo 6370 - 5o 
10 6i5i + 3 
3o 63 lo 
5o 6>95 + 3 
6,9.. - , 
i5o 6190 — 8 

chiffre 657 correspoodant à 6= 1 0, coïncide bien 
:elui qui résultedii tracé graphique ; on voit que, à 
'expt^riencen' 2,qui« priori ne paraissait pas s' ac- 
T avec la loi de conlinuité, la formule (5) s'accorde 
jien avec l'ensemble des chiffres de M. Cahouis 
e les autres différences peuvent très-bien rentrer 
te? erreurs d'expérience. 
nous appelons i, la denaîté de la vapeur au maxi- 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉGANIQUE. 385 

pour ordonnée, on trouve qu'ils forment un trait con- 
tinu, à l'exception toutefois des points 6 et 7 dont les 
ordonnées sont trop fortes et que nous laisserons de 
côté. 

En déterminant au moyen des formules (3) a,6,^ de 
la courbe y — a + bp^ assujettie à passer par les points 
n«»2, 6, 9, on trouve: 



p = 0,2736 
a= 171 
b= 1420,3 



et Ton a par suite : 



(7) 



100oA= 1929+ 1420,3(0,98114)® 

1000$ = 1929 
lOoo =3349 



En comparant les résultats fournis par la formule 
(7) à ceux de Texpérience, on forme le tableau sui- 



vant : 






1.000 A 


D 


6 


1.000 À 


D 


4 


3.246 


+ 52 


50 


2.480 





10 


3.105 





70 


2.306 


~ 72 


20 


2.907 





80 


2.241 


— 7 


31 


2.704 


— 23 


99 


2.147 


+ 15 


42 


2.570 


— 13 


120 


2.085 


— 15 



On pourrait encore, comme nous l'avons fait par la 
vapeur d'eau, réduire les erreurs commises en modi- 
fiant en conséquence les coefficients de la formule (7). 
Mais il nous suffit de montrer que la formule d'interpo- 
lation employée représente avec assez d'exactitude 
l'ensemble des faits relatifs à l'acide acétique, en de- 
horsdes expériences que nous avons considérées comme 
défectueuses. 





DE U CHALEUH 

ient -w le poids spécifique de la vapeur à la tempé- 
e 1, a =0,00067 le coefficient de dilatation de l'air, 
|53 le poids spécifique de ce gaz. Ou a : 

jlumede l'unité de poids ëtaut ^. le coefficient de 

ition à r sera : 

însilé i décroissant quant ( augmente — ■ est néga- 
)ar conséquent le coefficient de dilatation de la 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉGANIQUE. 38; 



Désignons par e la proportion i — -r de liquide en 37. AppiieaUon 

^ ^ ^ ^ A ^ à la vapeur d'eai 

suspension dans la vapeur, par y la différence goos Va^pniaioi 

«fane 
V = — 2^3oa59 log p . e amiMpliért. 

VarUlioB 

entre son coefficient de dilatation et celui de l'air, on a <>• '« proporiioi 
le tableau suivant, en prenant les éléments numériques en aospeuaioB. 
calculé au n* 34 : 



t 

100 
104 
110 
120 
130 
150 


e 



4 

10 

20 

30 
50 


3 


A 


6 

A 


e 


y 


a 


X 


y 

X 


\-{-xt 


I+Olt 


0,6190 


0,6755 
0,6450 
0,6370 
0,6252 
0,6210 
0,6195 


0,91636 
0,95969 
0,97174 
0,9!>005 
0,99678 
0,99919 


0,08364 
0,04031 
0,02826 
0,00995 
,0,00322 
0.00081 


0,009359 
0,004511 
0,003162 
0,001003 
0,000360 
0,000091 


0,002685 
0,00V6f6 
0,002614 
0,002548 
0,002485 
0,0033(i7 


0,012044 
0,007167 
0,005776 
0,003551 
0,002845 
0,C02t50 


3,50 
1,69 
1,29 
0,39 
0,14 
0,038 



On voit d'après ce tableau combien il est important 
de tenir compte, dans les questions qui se rattachent à 
la théorie de la vapeur d'eau, de l'influence considé- 
rable qu'exerce la variation de la densité avec la tem- 
pérature sur le coefficient de dilatation. 

Par extension de principe, on peut admettre que pour 
une pression quelconque p la densité de la vapeur d'eau 
peut se représenter par la formule 

ou par son équivalente 

A = 8 + (Aj — 8)ae, 

A^ étant la densité correspondant au maximum de 
tension. 

La densité théorique doit être indépendante de la 
pression, et par conséquent nous devrons la supposer 
égale à 0,61 go. 

Nous avons donné au n"" 25 l'expression de A, en 



S8. Denfité 
de la Tapeur 
•eus dlveiMi 

preialeni. 





1 

1>E LA CHiLEOn 
ioo de T. Mais quant à la délermiDation de [i, elle 
■rait de8 expériences qui n'ont pas été exécutées 
l'à ce jour. 

ipposoiis qu'un kilogi anime d" eau à zéro soilirans- 
é eu vapeur saturée sous la pression p et à la 
'Éraluie correspondante T, et soit t la proportion 
1 en suspension qu'elle reulerme. La chaleur lo- 
Je la masse égale k 606,6 ^ o,3o5 T se composera 
r augmenté de la quantité de cbaleur nécessaire 
transformer eu v;ipeur théorique ou gazeuse le 
) (1 — £). Si nous appelons x cette quantité rap- 
te à l'unité de poids, ou a : 

(1— e)T+ET=(io6 6+o,3o5T, 
E 6o6.6 4-o,3c.5r 

l'on remarque que î est une fraction très-petite 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE MÉCANIQUE. 38g 

Poar la plupart des gaz et des vapeurs le premier 
membre de cette formule va endimiuuaût quandp aug- 
mente; l'hydrogène paraît seul former une exception à 
cette règle. 

Nous avons admis que la vapeur, en se détendant dans «i* De u déimu 
les cylindres de machines à vapeur, doit être considérée ^ daos " 
comme n'éprouvant aucune perte ou gain de chaleur de ""• ™«**d«- 
la part des corps environnants. 

Partant de ce principe, soient t la température d'une 
masse de vapeur correspondant à un kilogramme, pla 
pression de cette vapeur, T la température de la va- 
peur dont le maximum de pression serait mesuré par 
p, y la proportion d'eau vésiculaire ou globuliforme 
renfermée dans la masse de vapeur , c la chaleur spé- 
cifique théorique de la vapeur supposée constante (17), 
r la chaleur latente de la vapeur à t*. 

Si la température augmente de d^ , l'accroissement ^ 

de la chaleur sensible de la vapeur théorique sera c 
(1 — y) dl pourl'eau en suspension ydl. Mais la quantité 
d'eau en suspension — dy se volatilise , et absorbe la 
quantité de chaleur dt — rdy proportionnelle au travail 
moléculaire qui a été vaincu ; on a donc : 

dQ = (i — y)c'dt+ydt — rdy-j- — pdv. 

On peut sans inconvénient, en raison de la pe- 
titesse de y, réduire cette formule à la suivante : 

dQ = c'dt — - rdy -}- - pdv, 

A 

dans laquelle on ne conserve le terme rdy qu'en raison 
de la valeur numérique considérable de r par rap- 
port (/. 



GONSIOÉRÉE AU POINT DE VUE MÉCANIQUE. Sgi 

velopper, au point de vue de rapplicalion , le contenu 
de la note de l'illustre fondateur dn cours de mécanique 
appliquée à la faculté des sciences de Paris. 

Appelons : 

Po la pression dans la chaudière , 
iCo la densité correspondante , 
A Taire du piston ; 

Et soient au bout du temps t compté à partir du mo- 
ment où le piston était à fond de course : 
X le chemin parcouru par le piston, 
P la pression au débouché de la lumière, 

V la vitesse de la vapeur à son entrée dans le 
cylindre, 

V La vitesse en un point quelconque de la conduite 
de vapeur correspondante à la section co et à la distance 
s de la chaudière estimée suivant la ligne continue 
ou discontinue qui joint les centres de gravité des sec- 
tions (1) , 

Q le poids de vapeur dépensé par seconde, 

û la section des lumières d'admission , 

I la longueur totale de la conduite estimée de la 
même manière que s. 

La vapeur en mouvement se comportant, comme l'in- 
dique Texpérience, delà même manière qu'un fluide in- 
compressible qui aurait pour densité celle de la vapeur 
dans la chaudière, au bout du temps d(, la demi-force 
vive de la masse comprise entre la chaudière et le cy- 
lindre s'est augmentée de 

i ^Vdt+'^ d . {'^v^ds= ^QVdt+ -î- ^^^dsdt. 
a ff * a Jo S ay ^9 \ ^^ 

Dans les machines telles qu'on les construit habi- 
tuellement, on s'arrange de manière h ce que les lu- 
mières soient démasquées et recouvertes très-rapide- 
Tome XX, 1861. j'i 





Db u ciuLaDn 
it : de sorte qu'il est permis de négliger les pertes de 
«vive résultant de l'élrangleineot produit àla nais- 
:e de l'ouveiturs à<:s lumières par le tiroir. Quanl 
pertes de travail dues aux JroHemenls dans les con- 
.es, aux changeinenls brusques de mouvement, elles 
vent ètrerepréseniéespar une eipressioo de la forme 

t*.^, K étant une constante que l'on déterminera 

par une expérience directe, soît approxlmativemenl 
un ralcul basé sur des lois connues et d'après le 
jositif même de l'appareil. 
,e principe des forces vives donne donc 

m a, en appelant ;ji un coeflicient de dépense , 



CONSIOÊEÉE AU POINT DE VUS MÉGANIQUE. 3g5 

Soit e la hauteur du cylindre de base A, équivalent 
à l'espace nuisible* l'accroissement infiniment petit du 
poids de la vapeur contenue dans le cylindre au bout 
du temps dt est 

en désignant par 't: la densité correspondant à la pres- 
sion p, et en admettant comme approximation la loi de 

^ p 
Mariotte ou la relation ^= ^!|^. Or cette augmentation 

de poids est égale au poids de vapeur [xVQTCodt débité 
daas le même temps par la lumière : il vient donc 

?hd(x + e) 

et en éliminant V entre les équations (i) et (s, on 
trouve 

ji«P,»û«\ "^KVL dt j'^P^h dt' ^^ r.^ 

Soient 2r la course du piston, a Tangle dont la mani- 
velle a tourné depuis le point mort correspondant à 
l'origine du temps, y la vitesse angulaire de la mani- 
velle, que l'on peut considérer comme constante. On a, 
en négligeant l'obliquité de la bielle, comme il est per- 
mis de le faire en général , 

a: = r^i — cosa), 

et comme v = ~- , il vient 

ai 

(4) dt=t=.i ^' 



ï t\/*>rx — rr* 
par suite 



(8) 



CONSIDÉRÉE AU POINT DE TDE MÉCANIQUE. 



395 



Ux 



(.-4! 



dx 



'h 



+ N 



+(i— aj8) 



,,d>(i^ + «)(i-;n 



dz 



=ç. 



Le coefficient M sera généralement petit; en effet, le 
rapport de Po à «o ne varie avec Po lorsque la pres- 
sion ne dépasse pas, par exemple, 20 atmosphères, 
qu'entre des limites trës-restreintes. Supposons donc 
en particulier que Po soit égal à i atmosphères, ou que 
P«,=5xio.533; onaiCo=2,Ô7; soient de plus les rela- 

tîons moyennes— = 20, V,= 1", et enfin [x = 0,800, 

ontrouvequeMestenviron égala ~ (i4-|r-, ), de sorte 
que, dans le cas même où K atteindrait la valeur û, M 
ne dépasserait pas ^- • 

Le coefficient N sera en général plus petit que M \ 
car on a 

M"~ / 0»\ 
Désignons par o>^ la valeur moyenne de la section de la 



conduite, on a A= j* p^i* suite 






• + ?ï 



a/ 
û» ^ 4r' 



Admettons, par exemple, les chiffres précédents et 
de plus Q=7b>, , on trouve 

-=o,o64X-. 





DE LA CIULEOR 

i le ciiS OU ai' serait égal à o'°,âo, pour que N 
£gal à M, il faudrait que { fût égal environ à 

lires. 

r presque loujoui-s, à moins d'exigences spéciales , 
machines sont sicuéËS beaucoup plus près ile leur 
irateur. 

iioi qu'il en soit, nous nous bornerons à étudier le 
lù N et M sont du ntëmo ordre de grandeur, et sont 
! petits pour que l'on puisse en négliger le quarré 
1 produit, La variable Ç nulle avec N et M est du 
e ordre de grandeur que ces coeflicienls, et l'on 
la supprimer dans lu ()ruinier membre de l'équa- 
(8), ce qui revient llnalement Si considérer la 
ur comme un fluide incompressible. On trouve 

) Z = M'~ii-Z' + N[,-2z]. 
Tortan^cU^alcm^lan^^i^miei^i^^ 



CONSIDÉRÉE AtJ POIKT DE VUE MÉCANIQUE. 397 

11 estfâdle de s'assurer qu6 ï/ sera d'autant plus petit 
que N sera lui-même plus petit; de sorte qu'il sera 
avantageux de réduire k longueur deë conduites non- 
seulement sous le rapport des frottements, mais encore 
au point de vue de Tinertie de la colonne en mouve- 
ment. 

Dans !• cas où N est assez petit pour 6tre négligé» 
on a 

et dans le cas particulier considéré plus haut, on 
aurait 

120' 
on a donc 

(n) P = P,[i — Mj5{i— ^) — N(i — 2Z)]. 

Si l'on i*eprésente par n le chiffre de la détente, les 

limites de z sont z =s o et s = — ; — : on a donc pour le 

n+ 1 ' '^ 

travail dû à la pleine pression 
1 

--(-iTr)]- 

expression que l'on pourra réduire dans le cas des dé- 
tentes un peu considérables à 

On voit encore d'après les formules (is) et (i3) com- 
bien il est important de réduire, sous le rapport du ren- 





DE LA CHAIEUB, ETC. 

mécanique, N ou la longueur de la conduite. 

. négligeable devant -■ , la perte de tra- 

iiive à l'entrée de la vapeur dans le cylindre 

M 

ns le cas particulier cité plus haut - - = 

— , soit 5 — dans l'hypothèse de la détente 4- 



REVUE DE GÉOLOGIE, ETC. 699 



REVUE DE GÉOLOGIE 

POUR L^ANRÉE 1860 

Par IIM. DELESSE et LAU6EL, 
ingéoieors des mines. 



Les travaux de géologie se sont tellement multipliés dans ces 
dernières années qu*il a paru utile à la Commission des Annales 
des mines de les résumer dans une revue annuelle. G*est ce 
que nous venons tenter pour Tannée 1860 (1). 

Cl) Dans le bat de simplifier les notes, les ouvrages périodiques le plas 
souvent cités sont indiques par des abréviations conformes au tableau qu'on 
va lire. En outre, le numéro de série du volume est mis entre parenthèses ( ); 
celui du volume lui-même est donné en cbilTres romains et le numéro de la 
page en cbilTres ordinaires. 

Ann. d. mines = Annalei dei mina rédigées par les ingénieurs 

des mines. •— Paris. 

Bull, giol = Bulletin de la Société géologique de France. — 

Pans. 

Comp. rend = Comptée rendue hebdomadairee dee tianeee de 

V Académie dei sciencei^ rédigés par MM. les se- 
crétaires perpétuels. — Paris. 

/jw<«l = Llnstitut^ section des sciences mathématiques, 

physiques et naturelles; dirigé par M. Ar- 
noul t. — Paris. 

Jahreeb, c. Kopp. . . . = Jahresbericht Uber die Forechriite dee reinen, 

phûrmaeeutiscken und teckniichen Ckemie^ 
Physik. Siineratogie und Geoh>gie^ von Uer- 
mann KoppundUeinricbWi 11.— Glessen. 

jV. Jahrb. V. ijeonhard, = lieues Jahrbueh fur Uineralogie , Geognotie, 

Géologie, und Petrefaelen-Kunde, uereu»- 
segeben von K. G. von Leonbard und H. G. 
Bronn. 

Zeit. d, d. geol, Ges, . . = Zeilschrift der deutschen geologisehen Gesells- 

chaft. — Berlin. 

Berg, hiàUsn. Zeit. . . . = Berg-und hUiienmannische Zeitung mit beson- 

ûerer BerUcksichtigunq der Bimralogie und 
Géologie; rédaction K. R. Bornemaun und 
Bruno Kerl. — Preiberg. 

J. h, K. Reiehanst. . . =s Jahrbueh der K. K. geologisehen Reiehanstalt. 

- Wien. 

Ceolog, Society = The Quarterly Journal of the geological Society. 

— London. 

àmeirie, J = Tke American Journal of science and arts, con- 

ducted by S i 1 1 i m a n , S i 1 1 i m a n Junior and 
Da na. ~ Newh<iven. 

Philoeophieal Magazine = The Lnndon.Bdinburg hand Dublin Philosophi- 

cal Magazine and Journal of Science , eonuuc- 
teU by Brewster, Taylor, Kane aod 
Francis. — London. 





KtVCK 1>B «iCOLOGlE 

lus avons ulierohé à donner un aperçu des principales ro- 
ches relatives à la géologie, de manière ù tenir le locteur 
ourantde la science. Les écrits qui sont déjàdaDs les /<n- 
I lien mn>ei ont été passés soub silence; quaot à ceui qui 
rONvent dans le BulUiin de la Société géoloijiqae lU 
1CP, et en g/'néral daua les ouvrages français habituellfr- 
t entre les mains des péologues. Ils oot seuloment 'ïté raeo- 
lés pour mémoire on bleu extraits d'utie maûlÈre très- 
DBlre. Nous avons, au contraire, appelé spécialement 
întion sur les ouvrages étrangers, notamment sur ceux qui 
ilô. publiés en anglais ou en allemand; car ils sont trè»- 
brpux et crpendaut peu connus en Franco, 
ordi-e suivi dans cette revue de géologie est à peu près 
i du cours de U. Ëlie deBftaumont, et elle oomproo- 
quaLi'L' parties; 
'- iT.Ëf.iuinAiRss; 
1. [locuEs; 
1, Tkrraiss; 

. Descriptio:i3 (iéoloijiqles. 

felebse s'est occnpé de la première partie ainsi que* 
juxiijm^myjmimnjDinpyoyjMjy,^^ 



PODR l'année lb6o. 



4oi 



BeauiAont; uo traité très-complet de M. Uemiiard yod 
Gotta mir lea gttes métallifères; un maaoel de lithologie de 
M. n. Blnm. 

M. William K. SqIIIvûd (i), à la suite d*UD travail sor 
la composition chimique des terres végétales de rirlande, a 
présenté quelques réflexions critiques sur Texécution des 
cartes agronomiques. Voici de quelle manière 11 les for- 
mule : 

t* Bien qu*il soit possible de déterminer très-exactement les 
éléments d'un sol, nous n'avons pas toujours lo moyen de 
connaître Tétat sous lequel ils y existent et surtout celui sous 
lequel ils exercent le plus d'influence sur la végétation. 

2*" Ce n'est pas en déterminant les éléments d'un trèa-grand 
nombre de sols que l'on peut avoir l'espoir d'arriver ft des 
résultats pratiques, mais bien par des recherches faites avec 
soin sur an petit nombre de sols» recherches ayant poar but 
de reconnaître sons quel état ces éléments existent el quelles 
sont les circonstances qui modifient l^rs propriétéai 

3* Lors môme qu'on connaît les conditions deequellea dépend 
In fertilité des sols, on ne saurait tirer aucune conclusion 
relativement à cette fertilité en comparant leur composition 
chimique, leur pouvoir absorbant, leurs propriétés physiques. 
M. W. K. Sullivan i^oute môme qu'il consid^^ ranâlyse 
commerciale des sols comme une erreur. 

4* L'étude géologique détaillée des dépôts superficiels 
d'une contrée procurera au contraire un grand avantage h 
l'agriculture et doit être considérée comme la base la plus sûre 
pour arriver à la découverte des relations encore inconnues 
qui existent entre le sol et la végétation. 

Une carte agronomique de l'arrondissement de Toul a été 
publiée par M. E. Jacquot (a), qui a cherché à lui faire expri- 
mer les trois choses le:* plus essentielles à l'agriculture : le sol, 
le sous-sol et les cultures. Le sol est représenté par des teintes 
qui varient avec sa nature. Des hachures horizontales de deux 
couleurs différentes Indiquent si le sous-sol est perméable ou 
imperméable. Quant aux cultures» elles sont figurées dans leur 
ensemble par ies systèmes de hachures verticales. Dans cette 



Eiéeulioi 

deiMrlo 

•groDomiqv 



Carie 
agronomiq 
d< 
rarrondiuti 
de Tout. 



(0 The Àtlmntii or regiiter of lilerature and tcienee of the eatholie «m- 
teriity of Entend. Janvier I800, n* V, lai. 

(2) Éuai de sUUiiti<iue agronomique de l*mrronéUMfÊteni 4t Toni^ avec 
une carie agroBomiqoe; itiS. 





REVUE UE GÉOLOGIE 

'UL'rondJâseiuGnLtteToul. huit divisions principales sont 
dans le sol, qui peut être : r siliceux, i>' argrlo-sili- 
argilo-siliceux avec excès de sable et un peu de car- 
ecliaux, û"alum(neux, 5°silicéo-argileux, 6"aPEileui, 
?ux, 8' calcaire (tuf). Les éboulis des rooliea cal- 
mduisent môme à multiplier encore ces subdivisions, 
uot a fait d'ailleui's, sur la composition de ces divers 
içrjnd nombre de recherches pour lesquelles nous de- 
vojor it louvrage qui accompagne sa carte agrouo- 

ClirtonSorbyiiJa Jonoii un aperçu de recherches 
intes qu'il k entrepri.ses et dans lesquelles il a appli- 
licroscope à l'étude de la géologie, 
lory [lennessy h] a proposé un instrument qu'il 
attiinoicope, qui permettrait do connaître Don-seu- 
,a vitesse, mais eocore la direction des courants de 
hère. Des courants verticaux existent eu elTet dans 
bâre, et ce sont eux notamment qui produisent le 
on appelle le bore, lequel s'observe ù. la surracc des 
l'Irlande et qui prend naissance du cùlé où. ils sont 
la^lo^iiornjigiie^^ii^Lp^bsmatiûD^i^^ 



POUB l'année 1860. 



4o3 



Un mémoire sur les causes du froid dans les hautes mon- 
tagnes a été publié par M. Ch. Martins(i). 

M. £ngelhardt(2) a entrepris quelques expériences sur la 
formation de la glace, lia constaté que. par une température de 
— 1 i', rétangde Niderbronn qui a i mètre de profondeur s'était 
recouvert d'une couche de glace de o*,a5 d épaisseur, tandis 
que l'eau qui s'en écoulait était à + 3^ Ce résultat doit ètro 
attribué à ce que le maximum de densité de Teau est à U^M 
et à ce que la terre qui forme le fond de nos lacs a pendant 
rhifer une température supérieure à o* et à celle de Tair. 
II. Engelbardt pense, comme Arago, que la formation de 
la glace au fond de Teau est due aux obstacles qui se trouvent 
dans le courant; toutefois ces obsiacles ne sont pas simple- 
ment des points d'attache pour les cristaux, ils agissent aussi 
en mélangeant l'eau et en faisant descendre celle de la surface 
qui est toujours plus froide que celle du fond. 

M. H. G. Sorby (3) a déterminé la température à laquelle 
Teau se congèle dans les tubes capillaires. Il a constaté que 
dans ces tubes elle reste liquide bien au dessous de o*. etqu'elle 
se solidifie seulement à — ly*". Gomme l'eau qui imbibe les 
roches et qui remplit leurs pores se trouve dans des interstices 
capillaires, on conçoit que sa congélation ne se produise pas à 
o*; partout|oû le sol est ce qu'on appelle gelé, il a supporté une 
température bien inférieure. 

M. D. Walker (A), naturaliste attaché à l'expédition des 
mers arctiques, a observé les effets du froid sur l'eau de la 
mer. D après le D' Kane, lorsque le froid est suffisant, il 
serait possible d'obtenir par la congélation de l'eau de mer une 
eau assez pure pour la faire servir aux usages domestiques ; 
mais les observations de M. Walker l'ont au contraire conduit 
à des résultats différents. Lorsque la température tombe au- 
dessous de a8*,5 F., l'eau de mer se couvre d*une pellicule mince 
déglace; au bout de quelque temps elle devient plus épaisse et 
sa structure est fibreuse comme celle d'un pain de chlorhydrate 
d'ammoniaque. Â mesure que son épaisseur augmente, la glace 
devient plus compacte ; cependant sa partie inférieure reste 



Froid 

danf les baoïei 

monugDes. 

Sou, 
Forma lion 
de la glaoe. 



(1) Annalu de chimie et de physique (3" s.), LVIII, ios. 

(2) Llntlil. 11 Juillet 1860, 3-iS. 

(S) AnntUêi de chimie et de phytique.—PhilosophicalUagaxine. 1859 (4' 8.), 
XVIII, io:>. 
(4> PhUotophieul Magazine (r s.\ XVII, am. 



Congélation 

de l'eau 

dana 

des intertiieef 

capiUairea. 



EiïeU do froid 

sur Peau 

de la mer. 





BEVtre SE ctouwiE 
se. A fia nirfacp il se forme d'ifllenra dM rfBa*»- 
^ s^Iic-:^ nuur i te dnAé 4* re» rteituct éa te 

pa* 4«é roniUe d-stMenir de l'eu dooce. « te pbte |a«« 
eœon noe denilè de i,.»»; die omteuU da MM 

Hice. H. WKlker ■'« obiaiB q«^WM «M doMia^»- 
étsit pM iafliinire i ..om. D pcMc d-afrta «eb «w. 
e de te gteca recaeilUe «t ner denae de l'eM dooee. 
foe flace lacoMre prorenant ds ^cien des cA(£«. 
liste dam IflinaUrs de* Ims falétet U. EL Scblsf iB^ 
(i), <tsj les ■ vrntés. peo» i]tie l*eif)li«tiM qa'oa s 
; de oe pbéooaèae n'^x pa^ euci£. Os antt d'»teind 
qae le soBlfrMmect de te oontrte ««il produit U 
m féfl«nL Mate rexuaea d» deu gniMk tees saV» de 
hn Pt PankoDg ■ montré à M- II. Schiagintwell foe 
[léboucbiH «raient d'abord noe postioa diflcnMKt M 
fs bancs presque ttoritaotsui da dètriiat, unsj qaedea 



POUB l/ ANNÉE l8Co. 4^5 

tlieriiK>aiètraioéUlliqaedeBrégufit,mo<lifiép«rlL J. SaxtOD. 
Les soQdes employés pour joesurer les profondeurs sont celles 
qui ODtétédéeritesparlescommaodaiitsMauryetâ. P. Lee, 
par les lieuteuaots Berrymao et Brooke, par le commaxH 
dant Oayman de la marioe anglaisét et enfin par le profes- 
seur W. P. Trowbridge (i). Les échantillons du fond ont été 
recueillis* avec des instrumonts inventés par le lieutenant 
Stellwagen, par le commandant Sands. par les lieutenants 
Craven, Berryman et Brooke. Les résultats obtenus sont 
résumés par des tableaux de courbes et par unecartemontrant 
bien les limites ainsi que les variations de température du 
Gulf-Stream sur les côtes des États-Unis. Signalons particuliè- 
rement Texistence d'un courant froid entre la terre et le Gulf- 
Stream. L^eau chaude venant du golfe du Mexique recouvre 
d'ailleurs Teau froide descendant du p61e et les observations 
da commandant IJ. Davis ont montré qu'entre les deux cou- 
rants la tenpérature est celle qui résulte de la conductibilité 
de l'eau pour la chaleur. Une coupe longitudinale du détroit 
de la Floride Cait voir comment la température varie avec le 
fond. Des tableaux donnent les courbes des températures cor- 
respondantes 4 la même profondeur et réciproquement les 
eourbes des profondeurs correspondantes à la même tempéra- 
ture. La carie jointe au némoire représente la partie du Gulf- 
Stream comprise entre Tortugas et le cap Cod. Le long de la 
côte de Cuba sa température en juin est environ 80** F., c'est- 
à-dire de 8* supérieure à la température moyenne de Key West 
Bien que le courant soit faible en cet endroit, il est cependant 
recherché par les b&timents et même par les steamers. Â la 
sortie du détroit de Bemini ou des Florides, le Gulf-Stream se 
rend au nord, vers lequel il est dirigé par la forme de la côte. 
Sa vitesse est alors de 3 à /ii milles à l'heure; elle ne doit pas 
être attribuée à des différences de température, car les plus 
grandes différences lui sont transversales. Dans ces parages, tan- 
dis que la température de la surface est au moins de 8o% celle 
du fond se réduit h /io*. A partir de Sainte- Augustine, leconraat 
'se dirige vers le nord est. Entre Sainte- Augustine et le cap 
Hatteras, il reste à peu près parallèle à la côte, se déviant seu- 
lement de quelques degrés au nord et à l'est. A Hatteras, il 



ilfff^iVofi Jowmaf, XXV IH, iitM. 



^06 UEVUt DE CËUI-OCle 

remonte vors le nord et â la laiilode du cap Charles, II sf ncllne 
it rpst, avec une vlteis!!!! qtii ne di^|>asse pas i mlllo et demi i 
rbeurc. Il i?st tr(s-prob;ible rjnc lo courant suit le relief de la 
c6te au-(io,«M)us du nîieau de IVau: d'pst ce qu'indiquent U 
côte elle- mémo, la CDurbe horizontale i la prorondcor de 
i<Mi fiillionis, ainsi <iuc les collines eous-marines qui ont été 
découvertes par les lIciitcpantR Maffitt et Craven. En an 
nuit, la direction pénériile du riuir-Strcam est surtout réglée 
pnr la Tomie du Tond de la mi-i*, bien ipiVlle soit aussi inOuen- 
oi'-e par d'autres ciiuses plus j^ni^ralcs. 

U. V. Ranlitt (i) a étudié les aimyrot ou sources d'eiD 
Mumfttrii du l'ili' lie Ci^tc. C'^s sources sortent ù plus d'us 
kilon1^tre du Hvaixa et £t une fuiblo hauteur au-dessns dn 
niveau de la mer. Elles on! uiie (cm[i(:raiure qui est & S'ait- 
dfissous de la température movenne du sol; ce sont donc des 
sources froides; et les réservoirs qui les alimentent sont si- 
tués au-dessus du ulveau dp la mer et même & plusieurs cen- 
taines de mètres. U-a pluies les font d'ailleurs grossir; aus&ifn 
hiver et au printemps leur salure diminue assex pour qu'elle 
deviennent i^otables. L'ne première, qui est près de Itbetfm- 
non, se trouve à iS mètres d'altitude et donne naissance i on 
gros ruisseau qui se jftle dany la jner après un cours de a kilo- 
mètre!!, iiue socoude est près de Megalo-Kastron. Celte der- 
nière, puisée le 3 octobre, avait une densilâ de i.ooUSi, lun- 
dis que celle, dn Vnv de mer s'élève A i,o»58o. Son analjK 




POUR l'année i86o. 



407 



M. J, LaurenceSinith(i) et\L Moissenet ont fait con- 
naître les résultats obtenus dans un forage de Louisville» dans 
le Kentucky. Ce forage, dont la profondeur atteint 636 mètres, 
est exécuté dans le terrain devonien ; il donne une eau jaillis- 
sante qui s*élève à ôa mètres au-dessus du sol. il débite i.5oo 
mètres cubes d'eau en vingt-quatre heures, bien que le trou 
de sonde n'ait que o",i25 à l'ouverture, qu'il se réduise môme 
à o",o75 à la partie inférieure. La température de Teau est de 
a8*,o6 au fond du puits et de 2/i%72 seulement à la surface du 
80L En admettant qu'à Louisville, de même qu'à Paris, la tem- 
pérature soit constante et égale ii*,; à a8 mètres au-dessous 
du sol, on trouve que l'accroissement de température serait 
de 1* pour Sa'^yS. La pesanteur spécifique de Teau fournie par 
ce forage^st 1,01 15. £lle contient du reste du chlorure de so- 
dium et des chlorures, des sulfates, des bicarbonates, des 
phosphates, des iodures, des bromures, des matières orga- 
niques, ainsi que de 1 hydrogène sulfuré, de l'acide carbonique 
et de l'azote. 

AI.Ch. Wetheril(a) annonce qu'à Lafayette, dans l'Indiana, 
on a obtenu de l'eau jaillissante et sulfureuse à la profondeur 
de 65 mètres. Sa tei;upérature est de la*" à i3*. Son poids spé- 
cifique i,oo5. Elle renferme de l'hydrogène sulfuré, de l'acide 
carbonique et de l'azote. Il s'y trouve aussi du carbonate de 
chaux, un peu de chlorures, de sulfates, de phosphates, de 
silice et même des traces d'iode. Elle contient d'ailleurs 
10 centimètres cubes d'hydrogène sulfuré par litre ; aussi se 
trouble-t-elle quand elle est exposée à l'air. 

On voit donc que les eaux fournies par des forages profonds 
peuvent être considérées comme minérales; c'est d'ailleurs ce 
qu'on observe jusqu'à Paris même, ainsi que le prouve l'ana- 
lyse de l'eau du puits artésien de Grenelle qui a été faite par 
M. Péligot. 

M. B. Studer(3) a publié une notice sur les couches en 
forme^de G dans les Alpes. 

MM. Parandier et Duhamel (U) se sont proposé de nive- 



(0 VimiU,, 7 septembre 1859, 292. 
(3) G0olo§, Soeût^, XVI, 197. 

(3) lo-a, 17 peget. 

(4) SocUlé d^açrieuUure de Lyon, III, 1859. — Dédiltsur U geogrtpbie 
physique et sur les oivelleaients de diverses parties du département du 
Doubs, par MM. ParandieretDobamel. 



Baui mlBér 

foomlei 

par 

des foragi 

profoodi 

LoalsTill 



LaCiyeU 



Éeoreê Urr 

Orograpli 

Alpes. 

Départemi 
daOoali 



T0M8 XX, 1861. 



«7 



4o8 «SVDe 01 GÊOLOOIfc 

1er le départemsDt du Doul», et blea qna leur tnnll uioU 
pas terminé, 11 préitente des données latéressâotes qui serri- 
ront de base pour des détermlnatlonH plus complètes. Diji le 
Père Chrysologue (André de V.y) M'était occupé de déterminer 
plusieurs séries de hauteurs |i), mais II s'était contentA de 
suivre les chalucs principales du Jura ssqb avoir égard ui 
If^es de séparation des bassins. MH. ParandIer et Duht- 
mel ont, au contraire, exécuté leurs olTeliements, soltnr 
les lignes dos thaiwe^j's, soit nur les lignes qui marquent la 
séparation des divers bassins, (iônéraloraent dans le départc- 
meut du l^oub^ les clialnes de montagnes sont porallëlei t ua 
grand cercle delà splièrequi serait orienté N.-K.-E. ; toutefw 
CCS clialnes sont souvent Interrompues et les lignes déflo- 
ration des buslns pas.'ient alors d'un Taite ft celui d'ane autre 
chaîne pardilèle. Si ces lignes de séparation se déterminent li- 
sémcnt tant qu'elles suÎTent le sommet d'une clialne. Il n'eo 
est plus de m@me lorsqu'elles passent d'une chaîne d une aatn; 
car alors L>lle^ dcsccudoiit loujoursdans di^s parties baMwi «t 
les moiire rnents du terrain sont peu prononcés et oA il e«t dif- 
ficile de fixer leur position d'une maniëre précise. Par exen- 
ple, dans le di'tpartemcnt du noubs, lorsqu'un cours d'eu, 
comnip le Doubs, le Ocssoubro, couleN.-N.-E .o'est-à-dlrep^ 
rallèlement A la chaîne des montagnes, la ligne limite de m 
bassin (rst paralK^le au thalweg duquel elle est trës-rappre- 
chée. Lorsqu'au contraire le cours d'eau ost oblique oa pir- 




toim L^ ANNÉE 1860. ^09 

Le travail de MAL Parandier et Duhamel est accomga- 
Silé d^aoe carte du département du Doubs sur laquelle sont 
figurées les ligues de partage des eaux à la surface du sol. Il 
importe d'ailleurs de remarquer que ces lignes de partage ne 
suffisent pas pour connaître complètement la distribution sou- 
terraine des eaux pluviales entre les cours d*eau; c'est seule- 
ment par une carte bydrologique indiquant la nature des 
terrains, telle que celle exécutée pour la ville de Paris que 
cette distribution pourrait être déterminée (1). 

Dans une brochure sur la physionomie des lacs suis««s, i^^ei. 
M. Desor(3) distingue deux types principaux: les lacs oro- 
graphiques et ceux d'érosion. Les premiers peuvent encore se 
subdiviser en trois variétés, les lacs de vallon, de combe, de 
cluse. Enfin il existe^aussi des lacs mixtes. 

M. Antoine Passy (3) s'est proposé de représenter les contréti 
contrées naturelles de la France. Déjà plusieurs observateurs natoreii«, 
ont appelé l'attention sur certains territoires qui se distin- 
guent des autres par une physionomie particulière, et qui 
forment des contrées naturelles. On peut citer en France 
rabbé Soulavie, d'Omalius d'Ualloy, Élie de Beau- 
mont, Dufrénoy, Victor Raulin; en Allemagne, de Hum- 
boldt et surtout Bernhard de Cotta, qui a môme publié 
un ouvrage spécial sur le sol de TAllemagne (à). Les contrées 
naturelles ont des caractères physiques qui leur sont propres 
et, par suite, un nom significatif leur a été attribué. Comme 
robeerve M. A. Passy, elles doivent leurs caractères au relief 
du terrain, à la constitution géologique, à la végétation, au 
régime des eaux et aux conditions atmosphériques. Elles sont 
d'ailleurs invariables comme la nature elle-même. En France, 
les noms donnés aux contrées naturelles paraissent tirés de la 
langue la plus ancienne ou de la langue celtique. M. Ant 
Passy en donne la preuve en remontant à Tétymologie du 
Perche» de l'Argonne, de la Brcnne, de l'Auvergne, des Gé- 
vennes, de la Sologne, du Morvan, de la Grau. 



(1} p«lef s«. Carte hffdrologique de la Ville de Paris; I8S8. 

(2) lltfvÎM Suiêiê, 1860. 

(S) iMil tar Iti ooDtrèM oiturelles de la France. BeeueU àee trm^mmjàe 
U SoeiéU libre d^agrieuUure, ieieneee, arts et bellei-lettres de FÈure (8* t.), 
V. IM. 

(4) B. von Cotta. Deuttehlanidi Boden, êein geoloffitek9r Bm» tnid deuMi 
Ei mw ir k m ge n em f doê Msben der Memeckên. 



POUR l'année 1860. l^ll 

entourée par une atmosphère et en partie recouverte par la 
mer, de sorte que ses conditions de température sont forte- 
ment influencées par les propriétés physiques des fluides qui 
Tenveloppent. Tandis qu'un solide est soumis dans son échauf- 
fement et dans son refroidissement à des lois qui sont bien dé- 
finies, il n*en est pas de même pour les lois que suivent les gaz 
ei les liquides, car elles sont entièrement modifiées par la mo- 
bilité de leurs parties. En outre, des changements d'état se 
produisent fréquemment dans les fluides^ soit par évaporation 
ou par condensation, soit par congélation ou par liquéfaction ; 
or, ces changements tendent surtout à compliquer Tétude des 
relations thermales. Voici du reste les conclusions qui ont été 
formulées par M. Hennessy : 

Les propriétés physiques de Teau sont beaucoup plus favo- 
rables que celles de la terre à Taccumulation, à Tabsorption 
et à la répartition de la chaleur solaire dans Tenveloppe exté- 
rieure de la terre. Ge fait résulte d'une manière bien évidente 
des phénomènes que nous présentent les mers tropicales de 
l'époqne actuelle. 

La distribuMon de terre et d'eau qui donnerait la plus grande 
température moyenne serait celle dans laquelle il existerait 
de vastes mers tropicales et des groupes d*lles distribuées 
régulièrement soit en dedans, soit en dehors des tropiques. 
L'observation semblerait d'ailleurs indiquer que c'est précisé- 
ment ce qui avait lieu dans les premières époques géolo- 
giques. 

Si la température moyenne de Thémisphère nord est supé- 
rieure à celle de l'hémisphère sud, il faut probablement Pat- 
tribuer, non pas à l'influence d'une plus grande proportion de 
terre dans le premier, mais aux courants qui déterminent le 
transport vers le nord d'une portion de la chaleur solaire ab- 
sorba au sud de l'équateur. 

Toutefois, c'est dans l'origine même de la terre qu'il faut 
chercher la cause de sa forme et de la diminution graduelle 
que sa température a subie depuis les premières époques géo- 
logiques. 

Le révérend Samuel Haughton (1) a appelé l'attention 
sur les changements de climats survenus dans les latitudes 



ClfBMU 

i difléreotef 

époqow 
Sé^lo^qncf. 



(1) Thê nëkMrÊtkitiarjf RêviêW, Avril I8«0, n* XXVI, lev. 



4ll UTDE DE GÉOLOGIS 

< l w O « de ootro globe. Les découvertea {^logtqaei Mtet 
étas l'irchipel arctique par le capitaine M'Cllntock, le 
capitaine Sherard O^boroeet iQura compagnons ont bien 
tkoHiQtiv c» changements; et II faut reconnaître qu'il eit 
difficile •litLS leut actuel do la science d'expliquer d'une ma- 
aièn* ciMu^'IOwiueot sitijfaisaate les variations de climats qdie 
wic pn>Jiiiit<« sur un niéme point aux différentes époques géo- 

U» faits <»bserrés sont les suivants : 

^r F.douard Pelcher a trouvé des os d'Ichthyosanre à 
ni« Exnii>uih. latitude 77' 16', longitude g6',à67o pledsia- 
deN^uï du niit^au do la mer. 

Lf! oa;'ItaIne Ahorard Osborne a trouvé deux os d'us 
reptile voisin du toteo!uijnt<i sur la colline du Rendes-vons, 
latitude 7B* ai' N., longitude nii° O. dans Hle BathursL 

Le capitaine M'ClIntock a trouvé plusieurs anmioaiCO 
trte-voisines de cell(« du lias d'Europe, i roînt Wilkte, fle dn 
Prince Patrick, latitude 76" i5' «.. longitude 117" 0. 

Nou3 ajouterons d'ailleurs que l'existonee do la flore houil- 
lère a été coiistalëe dans les reliions polaires. 

D'après M. S. Ilaughton, si l'on admettait la dlstrlbutlOD 
actuelle de la lerre et de l'eau :iur notre gtobe, on serait con- 
duit t supposer qu'i l'époque à laquelle les Tossiles jurassIquB 
et les plantes du terrain houillier vivaient au pOle, Téquitsir 




potm l'annéb i86o. 4^5 

fie. Vers Paniiée itàk une marée formidable fit pénétrer la mer 
juflqa^à 94 kilomètres dans les terres. Ces envahissements de la 
mer paraissent se continuer de nos jours, notamment dans 
la baie de la Houg^e et dans le havre de Garteret. Les affaisse- 
ments du sol sur le littoral de la Manche sont encore démontrés 
par Texistence de tourbières et de forêts qui ont été trouvées 
8008 la mer. En iSts, à la suite d*une tempête, de la Fruglaye 
a suivi sur une longueur de sept lieues une forêt sous-marine 
composée des arbres qui vivent actuellement dans le pays. 
Cette forêt s'étend jusqu'à une grande distance du rivage; et 
lorsque la mer se retire assez loin, les habitants de quelques 
villages voisins du littoral utilisent même les bols qu'elle 
fournit. 

M. J. Gleghorn (i) aaussi observédes forêts submergéesaux CdiUinesi. 
environs de Caithuess; il y en a notamment à Lybster, dans les 
baies de Wick et de Sinclair. Elles se sont formées à Tembou- 
chure de cours d^eaux, et les végétaux qu'elles renferment sont 
ceux qui croissent encore sur leurs bords. Si elles se trouvent 
maintenant au-dessus du niveau de la mer, il faut l'attribuer à 
une élévation du sol qui est d'ailleurs bien démontrée par l'exis- 
tence de patelles à un niveau supérieur & celui des plus hautes 
marées. 

L'Ile de Crète permet encore de constater nettement des île de Crète, 
oscillations du sol. et M. V. Raulin (9), qui a étudié ses allu- 
yions marines émergées, a reconnu un exhaussement d'une 
vingtaine de mètres depuis la période actuelle. Les faits sont 
surtout bien évidents sur la côte septentrionale; tandis que 
dans la presqu'île de Sitia, les dépôts des plages n'atteignent 
g^ère plus d'un mètre au dessus du niveau de la mer. Les offi- 
ciers anglais qui se sont occupés de l'hydrographie de Tile do 
Crète. MM. Leycester et T Spratt, ont également observé 
cet exhaussement de l'ile; d'après M. T. Spratt, à Matala et 
sur quelques autres points, il y aurait en outre un abaissement 
postérieur de la côte orientale. 

Enfin M. O. Lieber (5) a encore signalé des mouvements ctreUiM da Itad 
lents éprouvés par le sol sur la côte de la Caroline du Sud. Ils 
ont produit et produisent encore des changements bien visibles 

(1) Britith Àstoeiation for the advaneeinêtU ofieUnet, I8ft9. 10|. 
(3) De$eripiion phytiqne de VUê de CrèU, 62«. 

(S) àmmic. /., 1119, XXVIU, s»». 



REVUE DE GÉOLOeiB 

1 do la cAte, dans son hydrographie ^nri qne 
1139 Ih aatres caractères présentés par le pays. Plusieurs 
ïwrâdes peuvent racilemont être distiDguëâs ; ■* nne dépres- 
SM ancienne de la cAte : a* un changement daua le cours dei 
■ ■■ - T l^ e s >u voisinage be la c6to ; 3* uue élévation récente et 
rarnite Doe extension graduelle du rivage; g'unedéprefsioa 
■cnelle de la cAte et un changement dans les Iles da tittors]. 
M P Bernai {■) a visité les volcans boueux de Turbaco. 
Ib tonoeiit nne trentaine de collines coniques ayant environ 
5 ntevs de hauteur, dans chacune desquelles II y a un petit 
cntère d'an diamètre de o',6o. Ce cratère est rempli par une 
Kati^tv boueuse ; et tontes les deux on trois minutes nn léger 
bntîi M fait entendre et nn dégagement produit l'écoulement 
de la matière boueuse. L'eau est presque froide : on a'i 
naar^w, soit actuellement, soii & des époques antérienres, 
ascune mce de l'action de la chaleur. Les gai qui se d^ageot 
loot d'ailleurs inflammables et accompagnés de prodafli 
btnxtneoi. Ce sont des hydrogènes carbonés qui. d'aprèi 
V. G. P. Wall, prennent naissance dans le terrain contenaot 
IVf>batie. lequel est très-commun dans toute la contrée ,»)• 

ta» nne ktirr adressée i M. Ch. Sainte-Claire Devil le, 
«. Palmier î (3) annoncé que, depuis le i" mai tS58. Ie¥é- 
mm a détruit le Fosso-^irande. En outre, ses fumert^es ont 
dooo^ des s«b ammonfacanx. beaucoup de sels de cuivre et de 
udpfer. duséléiilur 




POUB l'année 1860. 



4i5 



lune qni sont très-développé^, et notamment dans celui nommé 
Copernic, le fond de la cavité intérieure ne se trouve pas au- 
dessous de la plaine, comme dans certains cratères plus pe- 
tits, mais au contraire à plus de i.ooo mètres au-dessus. 

M. A. Vézian (i)a cherché à faire voir que deux systèmes 
de montagnes, ceux do la Margeride et des Vosges, sont respec- 
tivement perpendiculaires aux systèmes du Hundsrûcketdes 
Ballons de M. Élie de Beaumont. 

La chaîne de la Margeride est, en effet, perpendiculaire à la 
ligne qui, sur le bord méridional du plateau central de la 
France, représente la direction du Ilundsrûck. La ligne qui, 
par litC i5' N. et long i* 38', suit la direction de la Margeride, 
dessine la limite orientale du terrain granitique entre Mende 
et SaintFlour, sépare le bassin de TAIlier de celui du Tarn et 
du Lot, et au nord passe près du mont Dore. On retrouve 
cette ligne dans la direction générale du (\hin depuis le 
Binger-loch jusqu*à Dusseldorf ; cette dernière étant prolon- 
gée rencontre le volcan de Snœfield en Islande et au sud 
va passer près du Vésuve. 

Le système perpendiculaire à celui des Ballons se révèle : 
i*" dans la partie septentrionale de la chaîne Scandinave; 2** dans 
le massif des Vosges ; 3* en Bretagne sur la ligne de partage 
entre la Mayenne et les cours d*cau qui se rendent directe- 
ment à rocéan. 

M. V. Raulin (2) résume ainsi ce qui concerne les systèmes 
de monta:^nes de Ttle de Crète, étudiés déjà par MM. Boblaye» 
Virlet et E. de Beaumont. 11 semble bien probable, dit 
M. Raulin, que c'est aux systèmes des Pyrénées ou Achaïque 
et du Sancerrois ou de TËrymanthe, que la Crète doit les traits 
principaux de son relief, les extrémités surtout ayant été fa- 
çonnées par d'autres systèmes, peut être par ceux do la Corse 
et du Vercors. Le système des Alpes principales ou Argollque 
aurait d'ailleurs occasionné une dernière élévation en masse 
qui a donné à Tile son unité. 

D'après M. Arnold Guy ot (3|Je système de couches sou- 
levées qui constitue les monts Appalaches s'étend dans une di- 
rection moyenne du N.-E. au S.-0., depuis le promontoire de 



Syiiimt 
de 
montagn 

Margerid 
«tVoigM 



Ile de Cri 



AppaUeh 



(1) Comp. rendit 1800, L, 89. 

(2) Deicriplion phfftiguê de VIU de Crète, 646. 
(a) Amerie, J,, 1I61, 157. 





RETOE DE GfiOLOGIE 

ur le golfe du SatntrLaurent jusqu'à l'Aîabama. Cette 
série de montagiiea se compose d'un nombre considé- 
3 chatnes sensiliiemcnt parallèles sur une cerUIno dis- 
.llGTormeuasysli^me qui n'a point, comme les Alpes, uo 
icipai autourduquel a'éteadeiit ries chatoes secondaires 
-nn^. oq peut le comparer au Jura, car il est, comme 
1er, composé de lon.ïuea cliaines parallèles et trèa-régu- 
ont les liauteurs dans la même partie du système sont 
iriinies les unes des autres. Dans la partie moyenne, sur- 

l'ensylvanie et dane le No u veau-Jersey, ces chaînes se 
eut ù l'observateur commo de véritables murs lioriiiûD- 
;e caractère est pourtant modifié aux extrémités sep- 
laloei méridionale, vers lesquelles l'orographie devient 
liipliquée. 

un caractère par lequel les Appalaches se distinguent 
; c'est ia division bien marquée en Ueuizoneslougi tudi- 
'uQedeceszones.esttournéevarfi l'Atlantique et la forme 
iiies parallèles y domine; l'autre est située dans l'inti- 
1 continent; elle e^t corapu^i^-e do piutcaux élevés et 
s descendant de l'escarpement orienUl qui la termine 

bassins des lacs ex ver.-* la vallée de l'Obio. Lue lai-i;e 



POUR L* ANNÉE 1860. ^l? 

La division centrale est composée d'un grand nombre de 
chaînes parallèles, dont les élévations moyennes varient entre 
800 et 2.5oo pieds. En Virginie, les altitudes s*élèvent Jusqu*à 
4.000 pieds. Dans la zone des plateaux , Taltitude moyenne est 
de 3.000 pieds; les vallées qui les séparent ont à i.5oo pieds en 
moyenne au-dessus du niveau de la mer. 

La division méridionale a les caractères physiques les plus 
variés et les plus grandioses : les altitudes dépassent 5. 000 pieds 
dans la chaîne bleue. 6.000 pieds dans la montagne noire et 
dans les montagnes fumeuses. 

Une carte et un tableau d*altitudes complètent le mémoire 
de M. Guyot. 

Les systèmes de montagnes de TAmérique centrale ont été Amériqv 
étudiés par J. Durocher (i). Le plus important de tous est œoirtie 
le système longitudinal qui est parallèle à Taxe de la contrée ; 
il est bien représenté par un grand cercle qui Joint TOrizaba, 
haut de 5./ioo mètres, au Tolima haut de 5.520. Cette ligne, qui 
a 700 lieues de long, coïncide avec Taxe de la chaîne volcanique 
centrale américaine. 

Le système de Segovia, qui se reconnaît dans des directions 
comprises entre E. 35" N. et E. Zo" N. dans un grand nombre 
de chaînons, est représenté par un cercle qui joint le volcan de 
Coseguina au cap de Gracias, où est Tembouchure du Rio 
Segovia. 

Un troisième système a produit des chaînons et des vallons 
courant de Test à l'ouest ; ce système du Venezuela et des vol- 
cans du Mexique est représenté exactement sur le globe de 
Bl. Élie de Beaumont, par Toctaédrique qui passe près de 
Guatemala. 

Le quatrième système, (jui est le système méridien de la Nou- 
velle-Grenade et de l'Amérique centrale, est à peu près per- 
pendiculaire au précédent; il est assez bien représenté sur le 
globe de M. Élie de Beaumont par le dodécaédrique rhom- 
boTdal qui passe par les îles Gallapagos. 

Lesdeux premiers systèmes ontaflTecté des terrains porphyre- 
schisteux; mais le premier, c'est-à-dire le système longitu- 
dinal , s'est reproduit à une époque récente, quand s'est formé 
le chaînon volcanique de l'Amérique centrale. 



(1) Camp, rfud., 1I6O, LI, 43. 



4l8 nEVUh DE UÉOLOtilE 

Dcnu M. de Cliancourtois (■) a fait obserrer que lea minenlB 
^^"'* de Ter du départcmeni lia la Haute-Maroc s'alignent suiTaot 
des directions qui concordent exacteraeot avec les follles et 
les accidents géologjqnes. On s'en rend compte TacIIement en 
remarquant que lea minerais de ter étant des produits d'éma- 
nation doivent se trouver vers les Assures de l'ëcorce terrestre 
et particulièrement aux croisements. Parmi leurs alitements, 
M.deCbRncourtois signale des directions variées et même 
propres & des systèmes qui sont antérieurs aux terrains com- 
prenant lesftltrs; il Indique, par exemple, la direction du sys- 
tème du Rbln comme très-fréquente dans les minerais du 
terrain néocomlen do la Ilaute-iklarne. D'un autre cAté des 
gîtes compris dans des terrains dJlférents peuvent anssf être 
distribués sur une même ligne. Enfin, les gjpaes de la Haute- 
Marne sont également alignéssuivaotdesdlreetions qulcon- 
cordent avec celles otwervées par M. Elfe de Beanmont 
pour les gypses des marnes irisées; de plus, ces directions 
concordent quelquefois avec celles des minerais de fer et 
même avec les sources minérales et avec les dépôts de tnf. 
ip* M. deDecben (s) a cherché à apprécier l'âge des coulées de 

^*' lave «a moyen de l 'approfondissement des vallées dans les- 
raiMB Quc"'-'' ^"" "^ ^°' répandues, si les vallées appartenant 
fnhm- à nn bassin hydrographique sont creostos dans une méon 
roche, et si l'on admet que leur approfondiiMioeat ait en lien 




POUE l'année 1860. 4^9 

11 faut remarquer toutefois que la résistance d'une vallée 
à la destruction dépend, non -seulement de la roche qui forme 
ses parois, mais surtout delà vitesse et du volume de son cours 
d*eau; par suite, Térosion à Tépoquc actuelle n'est pas pro- 
portionnelle au temps, mais elle dépend surtout des crues ; en 
outre elle est toute différente de Térosion produite à T^poque 
diluvienne, et elle lui est difficilement comparable. 

M. John Phillips (1) s'est proposé, d'un autre côté, de L^ir 
comparer entre eux les temps nécessaires au dépôt des divers «"^"^"woi 
terrains stratifiés. Gomme le remarque l'auteur, il convient dei tarraiM. 
d'observer d'abord que les lois de la nature sont restées les 
mêmes, bien que beaucoup de conditions aient pu changer. 
Parmi ces conditions, choisissons alors celles qui étaient le 
moins variables, comme l'action mécanique de l'eau qui est 
mise en mouvement par la déclivité du sol ou par les marées, 
comme le vent qui est provoqué par des différences de tempé- 
rature et par des changements d'état de la vapeur d'eau conte- 
nue dans l'air; considérons, en un mot, les agents atmosphé- 
riques, lacustres et marins. Tandis que ces agents détruisaient 
la surface de la terre sur certains points, sur d'autres ils l'aug- 
mentaient par des dépôts, et nous pourrons prendre le résultat 
moyen de tous leurs effets comme équivalent à l'unité de temps. 
L'accumulation du sableet de l'argile s'observe, comme l'on sait, 
dans toutes les couches qui renferment des débris organisés. 
L'accumulation du calcaire est plus lente et provient de 
causes différentes; mais il existe des calcaires dans chaque 
grand système naturel de strates, par suite il est également 
nécessaire d'en tenir compte. Prenons donc les principaux 
dépôts formés par l'action des eaux, c'est-à-dire les grès, les 
argiles, les calcaires, et joignons-y les conglomérats, lesschistes, 
les calcaires crayeux. Représentons d'ailleurs par 100 l'en- 
semble des terrains stratifiés dans lesquels des êtres organi- 
sés ont été observés, et admettons leur épaisseur maximum 
telle qu'elle a été donnée par M. Ramsay pour les Iles Britan- 
niques: 



(1) Bêolog, Soeie^, 1160, XVI, h*. 



I 



aiiiiiiaux qui peu|)laiont la incT a i 
beaucoup moins rapides que dans la 
cente. Cela s'accorde du reste avec 
paléozoïques sur une très-grande ^t 
les changements de la vie soient les 
d^une grande période à celle qui la si 
à-dire de la période primaire à la péri( 
dernière à la période tertiaire, on a pi 
gements progressifs dans chaque péri 

L L * 

79* 68* i* 

Ce résultai doit être sans doute attr 
subit maintenant des changements bei 
ses conditions physiques et à ce que sa 
fois beaucoup plus uniforme. 



II. ROCHES 

Rropriétéi M. KobertHarkness(ija appelé Tî 

générmiu. que présentent diverses roches. Cell» 

Clivage. examinées sont le grès jaune (yello 



I 



lK>tJR L^ANHÊE t86o. 4si 

llps, Mnrehison, Sedgwick et Jukes. Il observe ensuite 
que, les calcaires qui présentent des clivages plus parfaits 
étant d'une grande pureté, on doit présumer quMlâ ont plus 
de tendance à prendre une structure cristalline que les cal- 
caires impurs. En sorte que le développement des cristaux de 
chaux carbonatée pourrait, Indépendamment de la pression, 
contribuer à la production des clivages complexes et rhom- 
boédriques qui s'observent quelquefois dans les roches cal- 
caires (i). 

IVI. ti. PoulettScrope(2) a cherché do son côté à expliquer 
le clivage et la lamination des roches par un mouvement irré- 
gulier de leurs parties. Il observe, par exemple, que Téruptlon 
d'une masse de granité doit être accompagnée par un grandmou- 
vement interne et par un frottement mutuel des substances et 
des cristaux qui la composent. Par suite, si un ingrédient 
lubrifiant , comme de Feau contenant de la silice en dissolu- 
tion, ou bien de la silice gélatineuse, est intimement mêlé avec les 
cristaux, le frottement sera par cela même diminué, particu- 
lièrement dans le centre ou vers le bas de la masse. Mais, dans 
les parties latérales et les plus élevées qui subissent la résis- 
tance et la pression des roches superposées, le mouvement 
pourra devenir assez prédominant dans une direction perpendi- 
culaire à la pression pour donner lieu à un arrangement lamel- 
laire des cristaux solidifiés. Dans cette hypothèse, on admet que 
la structure veinée du gneiss et du micaschiste a été produi te par 
la pression des parties latérales et superficielles sur la masse 
granitique. Une cristallisation peut d'ailleurs accompagner ou 
suivre cet arrangement lamellaire; et, dans ce cas, les grands 
axes des cristaux prendront une direction perpendiculaire à 
la pression ; car la cristallisation sera plus libre dans cette 
direction que dans toute autre. M. G. Poulett Scrope ob- 
serve encore que le frottement interne combiné au mouvement 
sous des pressions irrégulières exercera son inlljience, soit 
sur les roches aqueuses, soit sur les roches ignées, il igoute que 
c'est peut-être à cette cause qu'on doit attribuer la structure 
veinée de quelques marbres, des brèches calcaires, des ser- 
pentines, aussi bien que le clivage des roches schisteuses, et à 

(0 Ly ell. Manufl de géologie. 

(3) Geolog, Society, XV, 84. On lamination and clearage occasioned by 
ihe mutoal TricUon of Uie pariielet of Rocks while in regular molion. 



POUR l'année 1860. 



4s3 



Salure de la terre. Eau. 

Argile trés-silic«ase et en même teropi caillouieuse de G6iigneux. . 3S 

Argile siliceuse, blanche et ténue du Ferrier 40 

Argile siliceuse rougeâtre arec de gros grains de gravier, de TUe-Barbe. 44 
Argile siliceuse, mélangée à 6 p. 100 de carbonate et désignée sous le 

nom deLehmdeSathonay-le-Viiiage 50 

Argile ténue, déposée au fond d'un ancien étangs de l'École d'agri- 

coturede iaSaulsaie ss 

Argile siliceuse très -ténue, formant la terre végéule des Pré»-Sei- 



gnear. 



67 



Argile silicease, ténue, noirâtre et imprégnée de tourbe, des Écbets. 68 
Argile siliceose, ténue, noirâtre, formant, au fond d'une vallée, la terre 
▼égétale du Pré^e-Sainte- Croix 76 

Les causes qui influent sur rhygroscopicité d'une roche sont 
extrêmement variées (1). Mais des essais chimiques faits sur 
les terres expérimentées par ML Pouriau ont montré que, 
toutes choses égales, rhygroscopicité augmente généralement 
avecThumus ou la matière organique et avec Targile. Elle aug- 
mente aussi avec Tétat de division, et c'est particulièrement 
dans les terres sableuses qu'elle est la plus petite. Si rhygro- 
scopicité est assez faible dans plusieurs des terres qui viennent 
d'être examinées, il faut d'ailleurs l'attribuer à ce qu'elles sont 
très-siliceuses, à ce qu'elles contiennent peu d'alumine et par 
suite peu d'argile. 

M. W. K. Sullivan (2), dans une série de recherches sur les 
terres végétales de l'Irlande, a aussi cherché à apprécier com- 
ment leur hygroscopicité varie avec leur proportion de sable. 

Les résultats obtenus sont résumés dans le tableau qui suit ; 
la première colonne indique la nature minéralogique des débris 
pierreux qui se trouvent dans la terre soumise à l'expérience ; 
la deuxième, la densité de cette terre; la troisième, sa proportion 
de sable; la quatrième, enfin son hygroscopicité ou la quantité 
d^eau retenue dans 100 parties de la terre desséchée. 

Kature de» dihrit dans la terre. Demité, 

Caletire et grés 3,369 

Ofés bmn et débris de ealp 3,*i20 

Débris granitiques 3,44S 

Calcaire, sable quartxeux 3,445 

Calcaire, sable quartseuz 3,430 

Orés, scbiste, sable qoartseux 3,400 

Orèf, scbiste, sable qoarueux " 



SabU. 


Bam. 


36,39 


95,39 


4T,33 


67,38 


47,48 


69,43 


54,73 


5S,TS 


54,91 


53,8T 


67,11 


93,86 


67,45 


74,85 



(1) iififi. d. minei, 186O. XVIII, i3i. necbf relies de l'azole et des matières 
organiques dans l'écorce terrestre par M. Del esse. 
(3) The Âitantii, etc.. 186O, Janvier, n* V,3i3. 

TOME XX, 1861. 38 



j.l4 BETDE DR GÉOLOGIE 

Iri :eiTeî soat orUounées dans ce tableau par rapport à 
^lU' ;r,;.jr..i;n de sjble et l'on voii que l'eau ret^iue ne varie 
;;Ef i^i'yurs eo seas invcrw. II faut remarquer cepeQdant que 
f.f:-!T?sé:aat forni^es di^s débris li:s plus divers, leur partis 
xz.^ c-i jFïiieuse est elle-même trëa variable; ellea De c<Hi- 
ZL-i^z.-}-: ii'ii!!i-urs. ni le même sable, ni la méioe argile, et l'on 
n.;; je cvEte dernière est surtout trës-inôgalement avide d'eau; 
en -^ii nio:. t'omme nous I'&vods di^Ji fait obsurver cî-deasus, 
.«: L-.i:;ie( -jui ifudeut à f^iire varier l'iiygroscopicité des teins 
mm: «ï'..-^[a«nit;u( cûnipleies. 

l =;; £\p>Tience en graud sur la fusion du basalte a été faite 
Îd7 U liantes (> .3i quintau.v du basalte de Elowle^-UlU ODt 
<!;ê fy^l-^t tans un fuur à réverbère double ayant de Eraodei 
ii'afCKL^n«; apr^s nn refroidisse ment lent qui dura treiie 
S'>r$. ou trouva que la masse fondue était boursoufléeà u 
pan:^ s.ipérieure et sur un pouce d'épaisseur; près de U 
/•.r.e .Ià fourneau par liiqueileT^ir pouvait pénétrer, elle pr^ 
^.-.M': uit verre noir ayant une épaisseur de a à 8 pouces; mail 
:.'.: !ï' r:'>te i^tait ^ l'éiat pierreux et montrait seulement qual- 
, .^f v'i ".uloï. Oit -ait du reste (|ue les coulées de lave offrent 
..< r-^:::;^ t^iiiijnsdajsleurstriicturi}, qui est surtout cel- 
^,: >.'i j pariiii sapérieui-e. 

' . Al/bi'iise fiagL's ï) a appelé l'attention sur ^inte^ 
A-w-i o:; de* r»Hii!taU fournis par l'analyse cliinilque des 
p.vfctf? Il» fail remarquer nu'uuo uii;ilj--e cliiinique bruie 




POUR L* ANNÉE 1860. A^S 

ment de celles qui sont métamorphiques; il est d*ailleurs juste 
d*%{outer qu'elle a déjà été employée par les personnes qui 
se sont occupées de cette étude. 



ROCHES PROPREMENT DITES. 

Nous partagerons dans cette revue les roches en deoi 
grandes classes : les roches proprement dites et les roches 
anormales ou métallifères. Dans chacune de ces classes, nous 
les grouperons d'ailleurs par famille. 

Occupons-nous d'abord des roches proprement dites. 

MM. Nessler et Petersen (i) ont donné l'analyse élémen- CombuitMêê. 

^r Ê^ ti V ik 4fe 

taire de diverses tourbes et cendres de tourbe du pays de Bade, p^ ^^ ^^^ 

M. Polcorny (2) a fait des recherches sur la tourbe de U Hongrie. 
Hongrie. Elle couvre d'immenses surfaces dans les plaines ou 
dans les montagnes, et dans ce dernier cas elle s'observe 
exclusivement sur le grès des Garpathes ; son épaisseur ne 
dépasse guère 3 mètres. Les variétés suivantes sont distin- 
guées par M. Pokorny : i** gazon tourbeux d'une épaisseur de 
o*,8o qui provient engrande partie de carex Btricta^ de mousses, 
de graminées, de joncs, de débris de bois ; a** tourbe propre- 
ment dite qui, dans la montagne, est plus pure, plus dense, et 
par suite plus estimée que dans la plaine; la tourbe de la 
plaine qui provient de débris de joncs est au contraire fibreuse 
et sèche, car elle a déjà subi un lavage naturel. S"" Substances 
tourbeuses homogènes qui présentent les caractères de ladop- 
pléritedeM. Schrotter (o). 

Desséchée à l'air, la tourbe de Hongrie perd au moins 29 p. 100 
de son volume ; sa densité varie après dessiccation de o,35 à 
0,67. Elle peut queliiuefois absorber une proportion d'eau 
égale à son poids. Elle laisse n à 28 p, 100 de cendres. Son 
pouvoir calorifique est au plusde-i./ioo calories; c'est un com- 
btistible qui est très-abondant en Hongrie, mais de qualité 
très-inférieure. 



(1) iV. Jahrh, «. Leonhard, I861, VIII.^J. NessIêr. Chemisehe UnterHh- 
chMmg^mifùn Torftmt venehiedenen lorf-tagern dêi Itademeken Landtt* 

(2) tnmii,, 1$ septembra 1S60, 3ii. — Àtaiémiê dtt teitneet 4$ 
iuin 1S60. 

(3) Dana. Minêrtdogy^ A^ édii., 474. 



c 

55,57 



II 
4,1.) 





ri, 47 



Az 

4,15 



A la distillatioD ce lignite doi 
éclairant est presque égal à colui 
proportion de coke e5t do 5f), 68 
d'azote, ce qui est déjà une raiso 
être ancien (3); et, en effet, M. 1 
appartient au terrain tertiaire. 

G Q ano. Des explorations entreprises (\o 

cavernes ont montré qu'elles re: 
guano de chauve souris. L'une de 
dans le département du r>oubs, a c 
et More tin (/i). Ils ont constaté q 
au-dessous des endroits dans losr 
lement les chauves-souris ; il véa 
tion de leurs excrémenLs et de lei 
au microscope, on y distingue des 
d'insectes, des débris de carapaci 
résidus de la digestion des anima 
sa proie. I^r évaporation ù l'air 
moitié de son poids, et quand on 1 
dégage d'abondantes vapeurs d'an 

L'analyse d*un guano sembla! 
I^tits-Andelys a donné à M. lier 



POUR l'année 1860. 4^7 

g j /Eau perdue à los» 12,66 

si\ Matières organiques (non compris l'axote) 66,14 

^"5 (.Axote 9,0s 

Phosphate de soude et sels alcalins 1,83 

Silice et sable siliceux très- fin 4,97 

Chaux 2,74 

Magnésie 0,02 

Acide phosphorique 2,39 

Acide sulfurique 0,1T 

99,9S 

Le guano de chauve-souris constitue un engrais très-riche 
et qui peut être utilement employé en agriculture ; mais son 
exploitation est assez difiicile. et bien qu*il soit assez répandu, 
il ne se trouve généralement qu'en petite quantité. Il a d'ail- 
leurs été signalé dans plusieurs cavernes de la Franche-Comté, 
notamment à Baume, à Gigny et àRevigny, dans les Pyrénées, 
dans les Alpes, ainsi que sur divers points de la France et de 
TAlgérie. A Sassari dans Pile de Sardaîgne, on en exploite même 
qui rivalise avec le véritable guano du Pérou. 

M. Ilermannfi), qui a fait l'essai do TasphaltedeTchetchnia 
au Caucase, a constaté qu'il renferme : 39,80 d'asphaltène 
soluble dans Téther; 5,oo de résine soluble dans Talcool; 
35,ao de substances terreuses. Soumis à l'action de la chaleur, 
il ne fond pas et laisse un résidu charbonneux de 12,8. 

M. A.Stromey6r (u) a examiné un asphalte de Bentheim. 
Son poids spécifique est de 1,07; sa dureté de 3,5. Une lessive 
bouillante de potasse n'en dissout aucune partie, non plus que 
l'alcool; mais Péther lui enlève une petite proportion d'une 
résine jaunâtre L'essence de térébenthine en dissout au con- 
traire une grande proportion. Le sulfure de carbone donne une 
liqueur brun foncé et enlève 23,5 p. 100 de l'asphalte; par 
l'évaporation, ce menstrue laisse une résine noire brillante 
qui se ramollit par la chaleur, mais sans se fondre. Le résidu 
insoluble est noir, brillant, et conserve la forme de l'asphalte. 
La partie soluble et la partie insoluble analysées par l'oxyde 
de cuivre ont donné à M. Stromeyer la même teneur en car- 
bone que le minéral tout entier. Cet a^^phalte ne fond pas lors- 
qu'il est chaulTé à une température inférieure à celle à 



Afphalt 
Caucase 



Beolbien 



(1) Société ekiwtiqmê de Partie avril 18S9, 333. 

(3) N, «foArè.v. Lêonhard, 186I. 189. — Die Sogentmnie Benikeinter Mohie. 
— X. Jahretber, d$r NtUurhUt. GetelUch, %u Bannover^ 18M, 338. 



4s8 IBVUE DE GiOLOGIB 

laquelle ae d^ga^cnt ses produits comliustibles ; toDtarols il 
devient phstiquc comme Je la cire. A la distillation sèche 11 
donne Su p. lui d'une huile iirun clair et trarisparenti;, ayant 
une densité de o,83 nai brûle avec une flamme très-brillute. 
C R Ai O Ccndrei. Somme. 

se.e» t,iu <i,M a.st o,ïs im,m 

Le miiK^ral da Bentheim doit fitre considéré comme une 
variété d'asplialte qui est infu-ible. 9ion fçisement, qui aétéétu- 
dié par M. Créditer, est remarquable. Od la trouve au sud des 
deux chaînes do collines des environs de Benthelm. A leur 
baseront les cotichcs do l'argile wéaldienneet un grès sam 
fossiles, pi-obablement lo ^ès de llastin^; puis une couche 
d'argile; aux environs de Gildehaus on trouva d'ailleurs dd 
grès avec crioceras; enfin on rencontre une argile avec les 
fossiles caraciéristiques du llilsméocomien). Les rechercbei 
de combnsiibles faites récemment ont montré que l'at^halle 
de Bentheim forme un filon ayant une puissance d6cr,&ai 
o', 65 qui empAIe quelquefois dos fragments da larocbeeDcals- 
santé et qui traverse le sûliisto argileux appartenant à la for 
mation Uu Mils. 

M. liasse (i) a examiné l'huile de napbte qui se recueille 
prèx do I.irnanow en Gallicle. Son poidu spécifique est seO' 
lemimt o.BjS. Klle suinte le long de galeriss dont la pro- 
fondeur est inférieure à 2S mètres; par une décantation on la 




PODi i'ahn£b iS6o. 



4>9 



ont réclamé plasieurs années : e'.les ont été faites avec beau- 
conp de ^in par MM. W. Sullivan etCafresilansIe labora- 
tolrodu Muséum de l'Imlnstrie Irlandaise. Lnaol «t le sous -sol 
de lie localités dlfTérontes ont été successivement examinés. 
Les ri5sultats oljtcnus sont résumés dans des tableunx i^ul 
tant connaître le caractère littjologiquo des roches ci>mi>o^ani 
le district dnns lequel a été pris roclinnti'IoD, celui des débris 
pierreux trouvés dans le sol et dans le sous-sol, \a. proportion 
de mitiëre lénue et grossière qu'ils renrerment et en outre 
celle du carbonate tle chaux. 

M.deVIlUnovayPIeraa analyfé plusieurs it-rres végé- 
tales de la province de Castellon. 



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MM. V Sevoi et J. Breuflhsfs) ont également fait des 
essais sur la compcaîiion de quelques marnes sableuses qui 
forment la terre végétale aux environs de Uuelva, en Anda- 
lousie. 



43o BETDB DE GËOLOGIB 

QBirli. Irgil*. C«leiir«. Seli Mlnbln. Hnmu, 



a.w M,W 

10^ «T.M 



Les sels solubles sont des chlorures ainsi que des sulfates de 
ftoude, de potasse, de magaëste, et 11 7 a en outre des lodora 
dont la présence s'explique aisémeat, puisque ces terres \égi- 
taies BOQt au bord de la mer. 

Dans use étude des bols de la Bresse et surtout de la Dombes, 
M. F. Pouriau (>) a examiné successivement leurs propriétés 
géologiques, chimiques et agronomiques. Après avoir meo- 
tloD né d'une manière générale comment les roches stratifiées 
ou non stratifiées se décomposent, il Indique comment les terra 
arables naissent de leurs débris. Suivant leur origine, lessda 
sont partagés en deux classes, ceux qui sa sont formés sur 
place par la destruction de la roche sous-jacente et ceux qd 
résultent de matériaux apportés par les eaux. A ces dernlen 
appartiennent les alluvions proprement dites, les créments ou 
dépôts alluviens du IthOne, les polders de la Hollande, lesalla- 
vjous de la Bresse et de ta Dombea. 

M. Pouriau fait successivement l'étude géologique, chimi- 
que et agronomique des sots avoisinant l'Ëcote d'a^culture ds 
la Saulsaie. Cette école se trouve près de la limite méridionale 




POUR l'année 1860. 43 1 

Les terres provenant des étangs desséchés sont noirâtres, 
parce qu'elles contiennent beaucoup de détritus organiques. 
Elles sont encore plus ténues que le dépôt diluvien précédent, 
et le résidu de leur lavage est un sable dont la proportion 
s*élève à peine à 3 p. 100. 

Pénétrant plus avant dans le sol, on trouve quelquefois une 
argile bleuâtre, assez irrégulière, puis une couche ferrugi- 
neuse imperméable atteignant une épaisseur de 10 mètres dans 
la Dombes. Cette dernière couche, qui est très-importante, em- 
pâte des cailloux roulés et présente Taspect d*un béton très- 
résistant qui est souvent tout à fait imperméable. Les cailloux 
qu'elle enveloppe sont presque exclusivement des quartzites. 
Au-dessous de cette couche on rencontre successivement une 
couche argileuse noirâtre de 7 mètres , une nouvelle couche 
ferrugineuse à quartzites qui est également imperméable et 
qui a 2",5o, une couche argileuse jaunâtre de o'",5o, et enfin 
une couche à graviers qui est perméable. 

M. Pouriau s'occupe ensuite de Tétude physique et chi- 
mique des sols. Par un lavage mécanique il détermine la pro- 
portion des matières ténues, du sable et du gravier; il compare 
ensuite Thygroscoplcité de la terre tiimisée en cherchant la 
quantité d*eau qu'elle peut absorber. Pour les terres qu'il a 
expérimentées, la proportion d'eau imbibant 100 parties était 
comprise entre 35 à 76 p. 100 (p. /i23). Des essais chimiques 
de ces terres lui ont montré qu'elles sont silicéo- argileuses 
comme nous;Ie verrons plus loin (p. A35). La Dombes est Tune 
des contrées de la France dans lesquelles il y a le plus d'amé- 
liorations agricoles à réaliser; toute étude ayant pour but de 
faire connaître la géologie et la composition chimiqne de son 
sol, ainsi que ses propriétés physiques et agronomiques, pré- 
sente donc de l'importance. 

Un grand nombre d'eaux douces, salées et minérales ont été £• » • 
analysées en 1860, et l'on trouvera dans le compte rendu de 
MM.IIermann Kopp et U. Will un résumé très- complet des 
résultats qui ont été obtenus. (Jahresberichi ^ 1860, 83o.) 

Le sel gemme de Strassfurt, près de Magdcbourg, qui appar- BoehêHëlimêi, 
tient au trias, est blanc ou gris blanchâtre, rarement bleu, Sel gemme, 
cristallisé et à grain fin; il alterne avec des couches très-nom- 
breuses de gypse. Quelques substances minérales nouvelles lui 
sont associées; on peut citer d'après le D' E. Reichardtet 



k%% «KTOK DE GfiOLOGTE 

ILTksehe(i) ta Martfnsito, la Btrassftortlte <|iil est trës-Toi- 
rtnedel» borâctt*.»3\l^.fiBoO') + MitCl.no, la camallite 
Ea-i-fVça-i-TtlIO. la tacbbtdritG Cad + iMfrTl + iiHa 

n contient m outre d?* matières organiqups et bltninl- 
Beos^s ini . ea *e décomposant, donnent un mélange de 
pu 4» taan^ n iTbTdroe^ne libre ; mais le kI décrépltant, 
MKBî ffiïî 4» WT^'irtka, se rencontre pliw rarement dans le 
w* inr &fï ~fua«n des eaux mères a montré qu'elles ren- 
te'UMiii : 1 > -.^ àe ^^>m1lre de magnésium, taodls qu'on 
¥* a -n» -^îw^ fode al d'acide boriqua 
^ K. > P" l*!chardt {t avait nommé kleserite un sel de 
mA> rrw** i ?c?v»fnrt et reesrdd comme nouTeau ; ma!t 
aiM i3ai7?e leev^ri faite par M. Bernoulttl a montra qu'il 
a ï nrnpueicfoa rafvante: 

1(0 fOi BO Somme. 
9.J ir.i ii.t iM 

b1)fH«w-|Bi !tii cWTfspond est MgO,'40* + BO;e*est celle 
4« flc jftnKf ik*ï!ie.V«mH rfr mtH^rnfo^ù ekimiqMt de 
M.tav nf *y?rç MOT )i soude sulfatée blttersali] de Stra»- 
Inn. U j«d«aB» «a d'ailleurs binnche, transparente, et de- 
rvuc nnaiii; âi3*!>a partie exti^rleure; ello se disaont difflci 
iMvn AwF rtan. Elle forme de pRtftes veinrs ajant environ 
<- w*ns ée r«>M*i><^< et dans le gisement précédent. elle 
g iaanulllteet le sel marin. 




POUR l'aNHIÉE 1860. ^il 

VL L. Krafft (t) a constaté que la soude nitratée brute du soade 
Pérou reoferme de Hode. En la lessivant à froid par des eaux niiraiée. 
flaturéos de ce sel, on pourrait retirer 0*^,6 d'iode par litre de 
lessive, ce qui est un rendement bien supérieur à celui des 
soudes de warech. , 

M. Barth (a) a analysé un sulfate hydraté d'alumine, nommé Kéramohf 
kéramohalite, qui se dépose actuellement à l'état fibreux sur ***•• 
la paroi d'un micaschiste de Nikolsdorf dans le Tyrol ; il con- 
tiendrait: 

▲IQS SO8 HO Somma. 

15,8 36,0 48,4 101,11 

Une notice sur la chaux phosphatée de Logrosan a été pu- jtoeAMMlMJr* 
blléeparMM.D.Ph.Naranjoy Ttarzo et Lino Penuelas(3). Cha«x 
Cette chaux phosphatée est intercalée dans un schiste argl- "^^^^^^^ 
leux; elle forme un gtte puissant qui se continue dans la pro- 
fondeur et qui a été observé sur plus d'un kilomètre i/a de 
longueur. On trouve à une petite distance un schiste argileux 
mftclifère qui est lui-même adossé à un pointement de granité 
et de porphyre euritique. La distance du granité à la chaux 
phosphatée n'est guère que de 600 mètres. 

M. Friederici (l\) a signalé des concrétions calcairel qui caleaire. 
se trouvent au voisinage de Brandebourg en Prusse et qui sont Brandcboarg. 
tellement friables qu'elles se sont nécessairement formées en 
place. Il en existe aussi de semblables sur les bords de l'Aile, 
et elles sont dans une couche de sable. Ces concrétions cal- 
caires sont souvent traversées par des cavités tubulaires dont 
les parois sont tapissées par des cristaux de chaux carbonatée. 
D'après M. Tasche, elles se produisent sous la neige; elles 
résultent de ce que l'eau provenant de sa fusion contient assez 
d'acide carbonique pour dissoudre à l'état de bicarbonate la 
ehaux des roches & travers lesquelles elle s'infiltre. L'acide 
carbonique serait d'ailleurs fourni, soit par l'atmosphère, soit 
par la décomposition des plantes et des animaux. 

M. Gh Mène (5) a fait une analyse du calschiste compacte, Marbre 



(1) Soeiiii chimique de Paris, 186O , 11. — Répertoire de chimie appH- 
quie, 135. 
C'i) Berg und Kuttenmamnisehe Zeitung, 186O, 189. 
(S) ile^islmminermy XI, S43. I5 mai isea. 

(4) Hans Tasche. BUder auf der Reite xur NtUwrfoncher VêrMmmhmg 
Ml KUnigtbergin Berbtt. 186O. LI. 

(5) IneUI., 11 Jaillet 186O; 228. 



griotie. 
Cavnts. 



434 HKVGE UE CËOLOGIE 

aytnt une belle couleur rouge qui s'exploite h Ckunes et qtii 
dODae le marbre griotte [i). Lorsqu'on le traite par an acide, il 
laissa une sorte de réseau schisteux dans les mailles dnqnel se 
trouvait le calcaire. It contient Tréqueinment des orthocëres 
ainsi que des spirifëres. 

C«0 PeKW CO* SK» IIK)» HgO HO Somme. 



La partie soluble dans l'acide s'élève à 85 p. loo. La partie 
insoluble sorait un schiste peu alnmlneux et très-oiagnésien. 
L'essai d'un calschiste dévonlen qui est également employée 
comme marbre et qui s'exploita à ROss dans les Vosges, a au 
contraire donné à M. Delesse un résidu schisteux contenaot 
plus d'alumine et beaucoup moins de magnésie; Il renfermait 
en oub-e un peu d'alcalis. 

M. R. de Luca (a)a analysé le calcaire nommé ridolfite qnl 
se trouve à Avane près de Pise. 5a couleur est gris foncé. Il 
est compacte et présente un éclat gras. D — 3,777. Le résida 
argileux de l'attaque dans l'acide conserre la même ferme et 
laisse une trace grise sur le papier, laquelle est due & une ma- 
tière graphiteuse qui le colora en noir. 



POUR l'année 1860. 



435 



marne, fait par MM. S. W. Johnson eta II. Cook(i)«amontré 
qu^ello contient du sable, de l'argile, du calcaire, de la glau- 
conie et une proportion variablo d'acide pbospliorique qui 
dans certains échantillons peut s'élever jusqu'à près de 7 p. 

lOO. 

M.Samuel Haughton(2) a analysé un calcaire vert de 
Tàkli dans l'Inde : ce calcaire a la forme cristalline de la chaux 
carbonatée et une belle couleur verte D » ^fiUS. 11 laisse 
dans l'acide un squelette vert pesant 6,5A. L'analyse de ce 
dernier adonné: 

SiOS AliQS FeO CaO MgO HO et pert«. Somme. 
54,59 4,74 22,84 0,94 4,90 11,99 100 

M. S. Haughton admet que c'est une glauconieetil attribue 
à ce minéral la formule { 3R0,A1*0' { ,5SiO'+5HO. Il considère 
en outre l'association de ces deux minéraux comme une roche 
à laquelle il donne, en l'honneur de M. Hislop qui l'a rap- 
portée de l'Inde, le nom de hislopite. La hislopite est donc 
simplement une chaux carbonatée glauconieuse. 

M. P. Beau val le t (3) a signalé le vanadium dans l'argile de 
Gentilly qui est employée à faire de la poterie Depuis M. A. 
Terreil Ta également reconnu dans l'argile plastique de 
Dreux et de Forges-les-Eaux près de [\ouen. M. H. Deville l'a 
môme trouvé dans divers minéraux cristallisés, notamment 
dans le rutile. 

M. Pouriau(/^) a fait de nombreux essais des argiles qui 
forment le sol de la Bresse et surtout de la Dombes. La terre a 
d'abord été tamisée pour la débarrasser du sable et du gravier 
qui raccompagnent ; le poids restant sur le tamis figure dans 
la i" colonne. On chauffait ensuite hZoo* la terre tamisée afin 
d^avoir par différence l'eau et les matières organiques. U est à 
craindre qu'à cette température toute l'eau n'ait pas été déga- 
gée; néanmoins les résultats qui ont été obtenus sont inscrits à 
la 9"* colonne. 



Hislopite. 
Iode. 



Rocket 

orgiltuiÊê. 
Argile. 



Argile 

•ilieeate. 

Dombet 

elBretie. 



(1) Soeiiti eMmique de Partie 1860, II ; répertoire ée chimie a/ypliquée, 33. 

(2) Philoiophical Magazine^ 1859, XVII, 16. 

(3) llM«l.,25 Juillet 1860, 246. 

(4) Ànnalci de la Société d*agrieuUure de Lyon, 1858, 11, 7T. 



tK)tJR L* ANNÉE 1860. ^$7 

constituées par le diluvium rougeàtre à gros grains sont toutes 
calcaires. Dans les terres pauvres en carbonate de chaux, il 
y a d'ailleurs moins de chaux que de magnésie. 

M. Ch. Mène (1) a analysé un schiste verdâtre se divisant Schittt 
en fragments pseudo- réguliers, qui est associé au marbre Ctunei. 
grloite dans la Montagne-Noire. 



Sl03 


▲IKX 


FfltOS 


CaO 


MgO 


KO,NaO 


HO 


COi 


53,8 


«,5 


2,0 


2,0 


34,7 


0,8 


4,5 


1,2 



100,5 

Ce schiste semblerait contenir une très -grande proportion 
de magnésie. 

M. ch. Mène (u) a encore analysé les schistes marno bitu- SohifU 
mîneux du terrain jurassique de fielley dans TAin : I schiste mamo' 
riche en matières bitumineuses; Il schiste pauvre. ^^.| ^^ 

MaUérei 
CaO COI MgO.CQS SiQS Al>08 SQS.CaO SO»,FeO bituini- HO Somme. 

neuttes. 
1. 5S,0 10,5 1,6 4,5 1,5 3,0 2,0 15,5 5,0 98,5 

II. S8t5 24,7 0,8 1,5 0,5 1,5 9,0 3,0 98,0 

Ce schiste mamo-bitumeux est essentiellement formé de 
carbonate de chaux mélangé à des matières bitumineuses et à 
un peu d'argile. Lorsqu'on Tattaque par Tacide chlorhydrique, 
la chaux correspondante au carbonate est complètement dis- 
soute; mais il reste encore une proportion très-notable de 
chaux qui est combinée avec la matière bitumineuse et qui 
résiste même à l'acide chaud ; c'est seulement après destruc- 
tion delà matière bitumineuse par le grillage qu'elle peut être 
dissoute par l'acide. Le bitume manifeste d'ailleurs une affinité 
toute spéciale mémo pour le carbonate de chaux. 

A la distillation , le schiste bitumineux de Belley donne une 
huile Jaune marquant ^b^ du densimètre. Quand il a été grillé, 
il est employé comme amendement dans la Bresse et dans la 
Dombes. 

M. A. Knop (3) a étudié la composition du tuf argileux, Tuf argil 
(thonstein) du bassin de l'Erzgebirge, et il en distingue trois (Thoniioi 
variétés: i pélitique, II psammitique, ill pséphitique. Erigobiri 



(i) imiit , 11 joillet it;60, 228. 
(2) Cvmp. rtnd.^ 186U, L,4l5. 

(i; hêitrUge xwr MenlnUt der SUtnkohtên-Formmiion mmâ d»$ Bothiiëg^n- 
d9n in Srxgebirgisehen Bauin. 





RtVUE DE GÉOLOGIE 

Le tufpélitique (Naumann)ile NIaderrabensteic a été 
alement exaniinO. Sa couleur est blanche tirant un peu 
s jaune isabelle et certaines variétés sont roâme rouge 
. 11 paraît bomogÈne. Examiné au microscope sous un 
iasement de plus de 3oo, il présente une multitude do 
ïsécaillos cristallises et incolores. Dans l'eau, il devient 
que comme de l'argile. La raaliére desséchée à loo" a été 
uée 4 cbaud par de l'acide sulTurique concentré, 

AIKW- CsO MgO HO n^ildu insoluble. Somme. 
«,(|J 0.1S tr.M.. IS,SÏ T,ei BO.0S 

Itec un peu de ter. 

résidu insoluble étant examiné à la lumière polarisée a 
ré des grains vitreux, cristallins, biréfringents qui parala- 
ilre du quarii. Des grains opaques ressemblant à la pâte 

s. Le tur pélitique de Niederrabensteln parait formé en 
le partie par un silicate hydraté d'alumine ayant U 
osition de laphoIéritedeM.J. Guillemin. Il se décompose 
p. 100 de pholérite, g de quartz et de d.';tritus porpliy- 
s avec un peu d'hydroxyde de fer. 
Le tuf psanimi tique consiste surtout en quartz qui est 



Mandelit 



POUR l'année 1860. 4^9 

lydienne ayant une couleur noirâtre, du porphyre qui peut être 
décomposé» et même des cailloux appartenant à une roche 
dure et compacte de couleur gris verd&tre foncé. D'après 
M. Knop, à Klitzsmûhle près d'Oberwiesa, lapinitoïdes'obser- 
yerait dans un conglomérat pséphitique ; elle aurait la forme 
de Torthose et elle résulterait d'une pseudomorphose de ce 
minéral. Son attaque par Tacide sulfurique a donné un résidu 
de 33,75 p. 100 qui consistait en feldspath et en mica, tandis 
que la partie soluble avait la composition suivante: 

SiOJ AliOS PeO KO NaO MgO HO Somme. 
S1,00 98,M 3,04 9,83 T 0,70 6,77 100,00 

Cette composition est à peu près celle de la pinito!de. 

Le Grunstein a été décrit très-complètement par M. de Granttei 
Dechen (i), qui en distingue quatre variétés pouvant passer ^^^^l*[^ 
Tune à Fautre : le phorphyre labradoriquOt le schalstein, le 
mandelstein, le schalstein porphyrique. 

Le porphyre labradorlque est formé par une p&te verte con- 
tenant des cristaux de labrador et d'augite et accidentelle- 
ment de la pyrite de fer, du fer oxydulé, de la chaux carbo- 
natée. U est quelquefois traversé par des veines de chaux 
carbonatée, d'épidote, d'asbeste et même de quartz prase. A 
Gevelinghausen, rollgoclase remplace le labrador, comme cela 
résulte d'une analyse de M. Rammelsberg. 

Le schalstein ou spilite des géologues français consiste en 
une p&te jaunâtre, grise ou verte, ayant une structure schis- 
teuse, dans laquelle il y a des noyaux et des veines de chaux 
carbonatée blanche ou rouge. Quand la roche se charge de 
cristaux de feldspath, elle passe au schalstein porphyrique. 

Le mandelstein ou spilite amygdaloïde est formé par une 
pâte compacte plus ou moins schisteuse, de couleur jaunâtre» 
vert foncé, rouge foncé ou brun noirâtre. Cette pâte renferme 
des noyaux de chaux carbonatée rouge ou verdâtre qui sont 
d'une grosseur très-inégale et en proportion très-variable. 
Quand Iqs noyaux calcaires sont détruits par Taction de Tat- 
mosphère, il en résulte une roche celluleuse nommée Blat- 
tentein. 

Ces roches viennent d'être étudiées de nouveau par M. R. 

^0 Karstenond von Dechen. Arekiv., XIX. 

Tome XX, 1861. 39 



44o ItTDI Dl StOtOQli 

<tteln(i},r)al»pu<il]é une carte g6ol<)Rli|MdM einlrOH de Bri- 
lon où elles sont Mm dércloppées. D'abord, lea vaiiététde grau- 
stelafiDisontschlsteuies.commeleicbsIstelnetlemindeloMD, 
préwnteat gAni^ral^mnnt une grande rasseoibla née pétrogn- 
phlque avec les rochea sédtmentalreB qui les tooctaent iramé- 
dlitrmcnt ; elles ont le mftme grtlD et le même mode de dlr^ 
■Ion et de schtstMité; en un mot, dans un grand nombre d* 
points, elles montrent un passage ImensIMa k ees rocbes. En 
outre, il importe d'obterrcr que le gninsteln porpfayrique ttt 
toujuurs enveloppé par le grunstcin scbisteux qui ménage son 
passade aux roclies sédlmeniatres. Le grooiieln sait d'allleara 
les contours des roches sédimenialres; H sépare le scbisto de 
la Lenoe du calcaire à Stringocéphalei; cependant à Staloberg 
Il &it à la limite du calcaire à Strlogocëpbales et du Flin^ En- 
fla il parait avoir exercé peu d'action sur le relief et sur la 
formation des montagnes. 

L'origine du sclialsteia a été très-contrOTersée. D'aprèl 
M.Iteyricli, le scUalsteIn du Nassau serait mâtamorphlqiieet, 
de même que le mlaerat do fer qui lui est associé. Il résulte- 
rait de l'action du porpbyre labradorique sur les rocbes sédl- 
ineiituiri-s. Ilaussmann pensait aussi que, dana le Han, le 
sclialstflin avait été produit par un dégagement de gai ayut 
nu^lainorpli03<i les rocbes sédirnen tairas au moment où le grui^ 
stt<in avait lui-mémo redressé lagrauwake Les frères Sand- 
bGf^'er coiihldArfnt. avec Wi. Murcblxfsb cl Sedswîcl;, 




Mra t^AIKlfÉB 1860. I^t 

Mite. C'est ce qui s'observe très^bien près de Messloghausen, 
où nn sphéroïde ayant plus de i5 mètres de diamètre présente 
des colonnes qui rayonnent vers son centre. On admet géné- 
ralement que le grunstein porphyriqne a fait éruption pen- 
dant le terrain devonien ; quant au scbalstein et au mandelstein, 
M. Stein pense qu'ils résulteraient de l'action du porphyre 
sur les roches sédimentaires. La théorie du métamorphisme 
explique de la manière la plus satisfaisante Torlgine de 
ces roches bizarres; nous remarquerons seulement qu'elles 
peuvent se former par le métamorphisme général et indépeil<- 
damment de toute action de contact; c*est ce qui paraît ré- 
sulter de rétude des spilites dans diverses localités et notam- 
ment dans le pays de Nassau (i). 

C. W. Hultmark (3) a analysé la serpentine de Sala en SerpeiUi*. 
Suède ainsi que le chrysotil qui y forme des veines. Ses résul- ^^ 
tats sont d*accord avec ceux obtenus précédemment par . 
M. Delesse pour la serpentine d&s Vosges, et ils montrent que 
le chrysotil est une serpentine fibreuse. {Annaleë des mines^ 
i85o, XVIII, 3a8). 

M. Hochstetter(3) a signalé dans les montagnes Dun NoafcUe- 
(Nouvelle-Zéiande) une serpentine qui présente un filon ou plu- "* ** 

tôt une couche ayant plusieurs milles de puissance et qui se 
laisse suivre en ligne droite, dans la direction nord-est, sur une 
longueur de 80 milles. Cette serpentine est parallèle aux 
schistes dans lesquels elle e^'t intercalée. Indépendamment du 
fer chromé, elle contient quelquefois du cuivre natif, du cuivre 
oxydulé, ainsi que de la pyrite de cuivre. 

M. W. P. Jerwis (/i) a étudié la serpentine sans diallagede ToicaM. 
la Toscane qui est désignée sous le nom de Gabbro verde. Elle 
est quelquefois accompagnée de stéatite blanche. Quand elle se 
décompose, elle donne une sorte d*argile stéatiteuse. Elle doit 
sa couleur à du fer, à du manganèse et à du chrome qui s*élève 
même jusqu'à la proportion de a p. 100. 

Près de son contact avec le schiste rouge métamorphosé ou 
avec le Gabbro rossu^ la serpentine est généralement accom- 
pagnée de minerais de cuivre. Plusieurs minéraux se sont dé- 

(1) Deleiie. Études tur le mêtamorpMtwu des roeKes, i80i, {n-4; M 
et 60. 
(3) Jakretb. «<m B. Eopp und B. WUl, i8|9, Mo. 

(3) JV. Jakr, r<m Leimh., iMo, 4M. 

(4) Gêolo§. Society, XVI, 4S0. 





RBVCE DB GÉOLOGIE 

és près (lu ce contact, nolammeotla mîémiteet des ïéo- 
tandis que les zéolitbes sont généralement eiemptes de 

comme le fait bien voir le tableau suivant : 


trile. 3{MgO,i>0)ïSIOï + aAl»0>.aSiOi + aHO. . . .1,02 

cime allgO,îSiO»+-a*l»0>.sSiOi + sI)0 ..... lO.ïi 

KDioniM l[S(llKO,C*0)Si01] + !*l>OS.SiOi.+ liHO.. . SM 




dUledWholHeJ. î(sCaO,*SiO» + K:*0,B011 + <!ll|iO + 3dO. . S,li 
iniW 3(MgO.Ci01îSiOa + 3AliO«,î!SiOi + »UO. . . l.li 

^rvoaa encore à ce sujet que les silicates qui se forment 
.ellement dans la serpentine, comme le grenat, le dial- 
la chloritG, sont particulièrement riches eu magnésie; 
en effet, ce que 1 analyse a montré pour la serpentine 
isges (i). 

erpentine de Toscane contient d'ailleurs des veines d'o- 
ie J.ispe, de calcédoine et de quartz, ainsi que des,tnine- 
c cuivre variés, notamment le cuivre natif, le cuivre 
lé, le cuivre gris, labornjte, la pyrite de cuivre, lechry- 



POUR l'année 1860. 443 

sert maintenant pour faire des becs de gaz qui ont l'avantage 
de ne pas s*oxyder et de ne pas se sulfurer comme ceux en mé- 
tal (i). Percée d'un grand nombre de trous, la stéatite peut 
tenir lieu de toile métallique. M. Wagner (2) a môme con- 
seillé de remployer dans la fabrication du papier et aussi 
comme couleur pour remplacer la céruse. 

M. Zulkowsky (3) a obtenu pour l'analyse d'un micaschiste Miettefaii 
du mont Rose : '*•"' ^ 

8i0« AW3» FeO MgO Na'O KO HO SbS* Somme. 
82,38 11,85 2,98 J,00 0,88 0,83 0,77 0,i9 04,08* 

* Ce micasehiite eonlienl aussi des Iraces de fluor. 

M. C. Lory (U) a donné une description du granité, de la ^|JJ2J2 
protogine ainsi que des schistes cristallins qui forment les ^^^t^, 
Alpes centrales du Dauphiné. 

L'acide phosphorique est, comme Ton sait, très répandu Kaoïia 
dans la nature et s'observe non-seulement dans les roches stra- 
tifiées, mais encore dans les roches non stratifiées. Un essai de 
M. Knapp (5) a montré que le kaolin de Passau en contient 
également. 

M. Damour (6) a analysé un pétrosilex globuleux qui a été Pétresii 
recueilli par M. Elle de Beaumont au grand Houx dans les b1®^"1^* 
Goêvrons. Ce pétrosilex est gris verdfttre, à cassure esquil- 
leuse. Mis dans l'acide nitrique, il fait une faible eflèrvescence 
et perd environ i dixième de son poids. Voici la composition 
de la roche dégagée de ses parties calcaires : 



SiOi 


Altos 


FeO 


MgO 


CaO Na0,K0 HO 


Somme 


74,48 


12,38 


4,28 


3,05 


2,12 1,73 1,61 


99,65 



Ce pétrosilex est une variété de porphyre qui est imparfaite- 
ment cristalline et riche en silice. Des roches semblables 
s'observent du reste dans les Vosges, en Corse, dans le pays de 
Galles (7}* 



(1) SoeUti eiUm^fiia de Paris, mars 1859, 210. Em. Kopp. âpplieaWm de 
Im itéalit0 à la ft^riealion det bea de ^as. 

(2) N$u$t Jûhrbuch der Pharmaeiet X, 96. 

(3) Jakreib. v. K^pp, 1859, 83'i. 

(4) Description giologiquê du Dauphiné, i^ partie, 56| 211. 

(5) Société ckianquê de Pstris, 186O. il. Bépertoire de chimie appliquée, 194. 
C6} Comp. rend., 1860, L, 989. 

(7) Del e88e.JkefcereJhii««rU«fodU«fioM«iitaf(llévoirw doit Seeiété 
géologique, 2* s. IT). 





BBTHE DB GÉOLOG£B 

h Sainte-Claire Devilln (<) a publié les résultats 
avall sur 1«8 rocheB trac hyli nues. 
ichyt..'du DrachflQfclsaéié analysé par M. Rammels- 
%\ D'atordce trachyteaété débarrassé aussi hipti que 
î de 8M cristaux d'orthose vifreux, puit mis en dlges- 
ec de l'acide chlorhjdrlqiie concentra et ensuite avec 
îsolullon touillante de soude; le résidu Insoluble ou 
nposable s'est alors élevé l 91 o5. M. Ilammelsberg 
taté d'ailleurs, comme l'avait déjà fait M. Delesse, 
dissolution alcaline attaque très-seuaiblement le tra- 
et qu'elle en dissout lasllice lors même qu'il n'a pas été 
•abord par un acide [Bulletin de la Société géologique, 
1. H7 ! action des alcalis sur les roches). L'analyse a 
les résulUla suivants pour ta partie attaquable la. pour 
io non attaquable 1& et pour l'ensemble II ; 

AHOl FelO> CtO ISfO KU NaO tiO Somil»- 
«,5J i,l! 0,11 «.il IMCM, Irace». 0,70 b.U 
it.ftn 1,70 I.» 0.14 4, M 1,11 • 9a.i>t 

. probable que le trachyte de Drachenfela contie.nt de 
lase, indépendamment de l'orthose vltreun. On peut 



Le tracbydotéritQ do Vogelsgebfrge a été étudié par M. H. Trtelii 
tasche (i). Sa couleur grîse le distingue déjà du basalte. Il y***î*'^r 
présente une pftte feldspathique et zéoHthique qui contient de 
Taugite, de Phornblende, du fer oxydulé et dans les variétés 
grenues du péridot Un échantillon de Londorf analysé par 
M. Engelbach adonné: 



SiOi 


AIBQI 


FfO 


MbXO» 


CtO 


MSO 


KO 


MaO 


Somme. 


M,97 


H,2d 


1S,S0 


0.5i 


7,95 


4,67 


1,45 


3 67 


105,00? 



Le trachydolérite est très-répandu dans le Vogelsgeblrge; il 
apparaît surtout quand le basalte a été enlevé et il borde les 
tufs ou les amygdaloTdes. Quelquefois il prend une couleur 
rouge qui le fait ressembler à certains grès ou bien fl devient 
eelluleux, et alors il est connu sous le nom de Lungstein 
(pierre poumon); dans tout le pays cette dernière variété est 
très-recherchée pour les constructions. 

M. J. Nicol (a) a signalé près d'Oban en Ecosse un filon de Rétinii 
greenstone qui est bordé par du rétinite. On peut suivre ce filon £©••••. 
sur plus dun quart de mille. Sa largeur est habituellement de 
o^,3o à 1 mètre, tandis que celle du rétinite varie de i ft 5 
centimètres. Cette dernière roche est vert foncé ou noire, à 
cassure conchoTde, à structure prismatique ; en petits frag- 
ments, ellea quelque ressemblance avec Fanthracite. Des faits 
semblables ont d'ailleurs été observés dans le trapp de Tile 
Lamlash et ils tiennent visiblement à un métamorphisme qui, 
près des bords du filon, a été éprouvé par la roche érupiive (3). 

M. Vom Rath ('c a étudié le phonolite d'Olbrûck qui se PhoBolfi 
divise en tabler épaisses et qui présente une structure porphy- oibrttek 
rique. Sa p&te est brune et renferme de la haûyne (nosean) . 
gris bleuâtre ainsi que deTorthose vitreux. Quand on examine 
cette p&to,au microscope sous un grossissement de cent fois, on 
y distingue une multitude de petits cristaux qui donnent, tan- 
tôt des prismes allongés, tantôt des sections hexa^nalos régu- 
lières, et par conséquent ils appartiennent vraisemblablement 
à la népheline. La p&te renferme en outre de petits cristaux 



en If. Mhrb. 9. Lênnharé, I86t« i^3. — H Tanche. SerUon Sckoitên dtr 
gtologitehên ipesiat Karît de» Groithersofjlhumi Hetten; l>«riiitUdt, tbuv. 

(2) G99êoficml 5oet>#y. XV, us. 

^8) Deletie. Etvéêt tur h métmwiûrpkiim§ éet r^ehei ; in-)t. isss. 4 m. 

(4) if. JaAri. v. Uonkmé, IMI, 919. Ni ê é t rrkê im . O^têlhtk. f. Himhirh, 
fn 001111, aoOl 1860. 





BEVCE I>E GÉOLOGIE 

1 nature est iDconnue et qui appartiennent au Bystème 
itique. Enfin on y observeencore des grains b!ancs, trans- 
s. ayant au plus un quart de millimétré qui doivent 
establemeat être rapportés à l'amphlgène. D— *,535. 

SOa 11<0" FeiO» CiO M^O KO NaO HO Somme, 
«.3S 18,13 4M -Lta 0.[11 S.S3 t.lj B,.0 100.00 

ihooollte d'Olbrûck paraît essentielJeineQt formé d'am- 
ie, de néphéiine.d'orthose vitreux, et 11 contient en ou- 

rhaûyne, U présence de l'hailyne et de i'amphigène le 
^ue du reste des autres variétés de cette rocbe. 
Voeggerath (i) a observé dans le mélapiiyre de Kron- 
' une amande gigantesque, qui atteint i mètre de lon- 
. Elle est aplatie a sa partie inférieure et, comme d'ha- 
t. sa Tonne rappelle celle d'un gaz se dégageant dans une 
■e visqueuse. Elle est creuse Intérieurement, mais ses 

sont tapissées par des skalénoÈdres de chaux carbona- 
)lette. 

i'ora nath (î) a analysé la dolérite do Lôwenbnrg. On 
^e dans cette rocbe de l'augitc, du péridot, du fer 
!é, un feldspatb du sixième syj^tème, et il s'y trouve 
ijlemenUiussHl^^éphéliDe^^ens^ 



POUB l'année 1860. 447 

saltes bien caractérisés; M. Delesse a observé notammeot de 
la pyrite de cuivre en petits nodules dans une nappe de ba- 
salte qui s'est épanchée à Borne près du Puy-en-Velay. Du- 
reste les dlorites et surtout les trapps qui se rapprochent 
beaucoup des basaltes sont fréquemment cuprifères ; et la re- 
lation qui lie les gîtes métallifères aux roches éruptlves a été 
signalée par plusieurs géologues, en particulier par MM. Burat 
et Ëlie de Beaumont 

M. Kr amer a encore reconnu dans la basalte du Wester- 
wald une quantité dosable d'acide phosphorique et de plus des 
sels de soude qui sont solubles même dans Peau froide. 

Le basalte constitue en grande partie les environs de Schot- VofélffeMi 
ten dans le Vogelsgebirge. D'après M. Tasche (1) c'est un ba- 
salte bleu, formé par un mélange iutime de labrador, d'augite 
et de fer oxydulé, qui contient toujours dupéridot ayant une 
couleur jaune. Ses minéraux accessoires sont l'hyalite, la cha- 
basie , la phillipsite. M. Engelbach a trouvé pour sa compo- 
sition : 



SiO< 


A1K)8 


PeO 


GaO 


MgO 


KO 


NaO 


Somme, 


46,38 


12,87 


15,3S 


12,87 


8,12 


1.56 


3,24 


100,39 



De l'eau n'est pas indiquée dans cette analyse, mais la roche 
doit cependant en contenir, comme cela a généralement lieu 
dans le basalte. 

Indépendamment du basalte bleu, il y en existe un autre qui 
est noir. Ce dernier forme seulement des protubérances escar- 
pées présentant des pentes rapides. Il est souvent schistoîde 
ou prismatique et son péridot est d'un vert foncé. Il paraît avoir 
terminé les éruptions volcaniques et ressemble à une masse • 
difficilement fusible qui se serait refroidie subitement Au pied 
de ces montagnes basaltiques du Vogelsgebirge, il y a fréquem- 
ment des tufTs et des amygdaloïdes dont les cavités ont été 
remplies par de la chabasie et par de la philippsite. 

Le basalte Jbleu est d'&ge intermédiaire entre le basalte noir 
et les roches trachytiques du Vogelsgebirge. 

Les laves de Niedormcndig et de Mayen contiennent, comme Népheif 1 
Ton sait, de la népheline et M. de Dec hen (a) a constaté qu'il 

Cl) JV. JaKrb. v. Leonhard, 1R61 , !)3 H. Tascbe. 5rrfioti 5eAo/refi âer 
geologltehempezial-Karte des Grouherxoglhumi Heuen; Darmstadt, i859. 

(2) N. Jahrb. v. Leonhûrd^ 1861, 98. ~ Ifiederrhêin. GettUtrk. »u Bonn, 
1860, 2 Aog. — B§tehaff€nk9it der Im9» ont der fuikanen grupf du Um- 
ekêr-See^i und Auibrueh StêlU d$r Lanudm- Nitdêrmendig. 





RETtlË DE GÉOLOGIE 

le même pour h grande coulée de lave qui est sur le 
lest de roclitendung. f 'ette dernière est exploitée dans 
rs endroits et ella a servi è faira sur U Moselle les piles 
. pour le chemin de fer rliénao. 

nommé llaQynophyre une ïarfétft de la lave du Valtur 
lient beaucoup de liaûyne. ¥A\e forme la colline aplatie 
lelle se trouve le château ainsi que la ville de Melft, et 
M. Scacchi;,.)elleprOï]ent d'un volcan secondaire qui 
al3?ance sur les Bancs du Vullur. Sa masse est tsniût 
aniOt brune. I.'haûjne qu'elle renferme» d'ailleurs les 
slesplus variées, depuis le noir, levert.ie bleu, le ronge, 
, jusquHU blanc. Plusieurs de ses cristaux sont rouges 
'leur et bleus & l'extérieur. Son augfte est en aiguilles 
très-minces. M. Ilammelaberg a fait l'analyse de 

.réseiilée par la formule RO.SO'-t- (aRO, SiO» + 
3SiO') danalaqueHe le rapport atomique de la potasse 
lie estr 1 ; 6. Quant à l'iiaûynopiiyre de Melfi. il s'alta- 
:einenl par les acides, et voici les résultats oblenusen le 
par l'acide chiorliydrique mélangé de moitié d'eau. 
:'!le attaquée; Ib partie bob attaquée; Il somma des 



POUB L'ARNtl 1860. 449 

Lorsqu'on lé fait bovillfr, même pendant pen de temps, avec 
une lessive de potasse ,M.Rammelsberga constaté quMl perd 
8,43 pour 100 sur lesquels il y a 3,8 de silice, et o,85 d'alumine. 

M. G. G. Winkler(i)a examiné un trappdes Alpes et lui a Trap^. 
donné le nom d'allgovite qui est tiré de la localité de laquelle CAllgofiie) 
II provient. Getrapp présente une partie claire, gris blanchâtre 
ou blanc verd&tre, qui est probablement du labrador, et une 
partie foncée qui est vert noirâtre; il contient aussi un peu de 
fer oxydulé. 

8i0« Ainya FeiOS CaO MgO NaO KO Go* HO Somme. 
49,49 I7,S0 8,38 18,68 3,08 3,25 J,02 0,40 3,20 100,38 

La lave du Vésuve de i63i a été analysée par BL Weâ- Ltvi. 

ding fa). Son examen micorscopique montre d*abord une 
pftte gris clair contenant de Taugite, du fer oxydulé, de Tarn- 
pbigèae, du péridot et un minéral qui serait de la meïonita. 
D»s,83. Aprèe avoir été porpbyrisée, cette lave a été atta-^ 
qnée par ]*acide chlorhydrique et maintenue pendant plu- 
sieurs jours à loo'dans un tube de verre fermé à la lampe. la 
est la partie dissoute dans Tacide et comprend la silice enlevée 
dans le résidu par le carbonate de soude; I^ est le résidu; 
U donne la composition de la lave entière. 

TIC» 
8K)8 AliQi FeiOS FaO CaO MgO NaO KO et NaCi SOS HO Somme. 

MnO 
Ifl. 48,79 18,78 4,32 3,11 9,27 1,10 2,4f 0,91 troo. 0,82 0,04 0,tT 90,72 
U. 4,23 2,00 0,40 0,16 0,91 0,00 1.24 0,21 » » • » 9,21 
11. 48,02 20,78 4,72 3,27 10,18 1,16 3,65 7,12 » 0,82 0,04 0,17 69,93 

L*auteur admet que cette lave est formée de 5û,o leucite* 
8,a augite, 5,5 péridot, i6,3 meîonite, 8,8 silicate insolublOt 
6,1 fer oxydulé, i,a bydroxydede fer, o,i sulfate de chaux 
et 0,8 chlorure de sodium.^ 

y. Rammeisberg (3) a étudié aussi la composition miné- 
ralogiquedes laves modernes du Vésuve, notamment de celles 
de i858. Il a fait d^abord l'analyse de l'amphigène et de Pau- 
glte qu*elles renferment. De plu8, en traitant ces laves par da 



[t) N. Jahrh. V. Leonkardf i8.S9, 64 1. 

(2) Jahrtsh. 9. Eopp, 1859, 828.— têitichrifl 4§r d ml mkÊ m foelof. 9m ê l lê 
ekmfi, X, 875. 
<z) UitêOirifi 4êr dêuUùhên çêoiogiê^^ QmlUélmfi, Xlf , 869. 186O. 



POUR L*ANNÉ£ 1860. 



45 1 



M. Jackson (1) a signalé Texistenco d*une masse considé- 
rable de fer météorique trouvé par M. Evans sur la montagne 
du Rogue-River. Ce fer météorique est scoriacé et renferme du 
péridot jaunâtre dans ses cavités. Il contient 10 p. 100 de 
nickel et en outre lephosphurede fer qui a été nommé schrei- 
bersite. H paraît se rapprocher beaucoup du fer météorique 
trouvé par Pallas en Sibérie. 

M. Abich (a) a décrit une météorite tombée le a/li mars i858 
à Petrowsk, près Stawropol, dans le Caucase. Elle présente une 
forme trapézoïdale irrégulière, avec des arêtes grossièrement 
arrondies. Sa couleur est le vert olive foncé un peu sale. La 
densité de la partie métallique et attirable à Talmant est de 
5,3 1 ; celle de la partie non attirable varie de 3,a3 à 3,39. Cette 
dernière étant traitée par Tacide chlorhydrique concentré 
donne d'ailleurs 5/^, 10 qui est attaquable (la) et un résidu de 
/i5,89 (Ib). Les analyses de ces deux parties ont été faites par 
M. AbIch, qui a aussi déterminé la composition de la météo- 
rite entière (U). 

SiO«AI«Ol MgO CaO PeO NiO SoOi Fe S NaO KO Somme. 
I«. 31,S3 » 34,43 » 27,95' 0,35** tnen. 4,37 1,«4 0,50 100»5« 



AéroHiêê 
Fer 
météoriqi 
Rogae RiTi 



\h. 47,74 9,97 21,33 5,10 10,72 1,21 » » » 2,18 0,97 98,92 

II. 33,16 4,22 29,24 1,20 18,59 3,81 1,10 4,32 1,60 1,40 0,60 99,24'" 

* Avec Dikel. " Afec cuitre. 

'" II eilste, en outre, des traces de chlore, de magnésie, de chrome. 

D*aprè8 M. AbIch cette météorite de Stawropol contien- 
drait : 



Péridot hjalosidérlle (Bene- 

lias) 45,65 

Péridot chrysolite 2S,04 

Labrador t8,i3 



Salfare de fer 2,93 

Alliage de fer et nickel 10,2s 

Somme 100,00 



M. J. L. Smith (3) a analysé les météorites tombées le 
a8 mars 1869 à Ilarrison, dansTËtat d'indiana, et sur la chute 
desquelles une enquête bien complète avait été faite par 
M.CrosIer. Elles étaient au nombre de quatre. Une croûte 



Météoril 
Slawrope 



HarriM 



(0 imtU., 29 février 1860, 72. 

(2) Builetin d$ F Académie de SmnUPittrthomrg^ II, 4o4 , 433 
«. Kopp., 1860, 847. 
f%) Amêfie. J. 1859, XXYIII, 409. 



— Jakmh. 



4(t UTDE M aÉOUWU 

DOln TltrlUa lea recouTnitet k l'intérloar «lia moBMlartli 
coateor griae babituelle ainsi que de* psrtlM métalllqtia. 
D.— S.A65. Avec le barreau aimanté on a aâparé d.gi dt 
1er méiallique uickeUrëre et ^S.igdFiBtibsUinces terrausea. En 
traitant cea deraiërei subataiices k chaud par l'idda clilw^ 
drt(|ae éiernln. puis par une leasfvede pota.'ve.on dlwoutfti.t}. 
et le rêïiJu est dt! 07. 5i. Dans les deux analTan qui lalfMt, 
U représenta la partie métalliiiue, Ib la parti* terreuae. 



C«0 !liO KO 
•.Il •,«> «.fi 

La météorite d'Uarrfsoa contient lea mlnératu ttomk 
habituelle mont dans ces rochei, c'esM-dfre le fer nickelifèn, 
lepboaphuredeferet deuickel, la auirure de Ter, ro]ivlne,le 
pjroxëue et en outre de l'allilte ou du molni un feldipatk. 
Tolcl, d'après M. J. L, Smitb, quelle est k pea prèa n cqb- 
positiOD mlnôraloglque : 



H. W. !]aldlnger(i) a continué ses recherches sur les mé- 
téorites en donaant ta description de plusleun météorite* d« 
l'Inde. Celle de Shatka ressemble & celles de Ungres et de 




pott l'arnéb 1860. 46S 

tnènfe un filon qui la traverse, D. = 5,737. Les globtiles 
ont une couleur plus p&le que la météorite. La croûte qui Ten- 
veloppe est très-mince et gris noirâtre. 

La météorite d^Assan ressemble à celle de TAlgle. Le fer 
métallique et la pyrite magnétique sont épars dans sa masse et 
en proportion à peu près égale. Ses globules sont quelquefois 
entourées par une zone concentrique de fer métallique. 
D. = 3,79a. La croûte de cette météorite est gris noirâtre 
foncé et très-mince; des dépressions rondes et peu profondes 
s'observent aussi vers la partie qui paraît être terminale. 

M. Haidinger a encore étudié d'une manière générale la 
forme ainsi que les caractères des météorites, et comme nous 
le verrons plus loin, il a cherché à expliquer leur origine. 

ROCHES MiTALLIPÈRES. 

Parmi les publications générales qui traitent des roches mé- 
tallifères, signalons, indépendamment des recueils périodi- 
ques, le troisième volume des Étude$ iur tei fUon$, par 
MM. Bi de GottaetIL MQller (i). Ce volume est accompagné 
d'une carte géologique donnant tons les filons du district mé* 
tallifère de Schneeberg. M. B. de Gotta (2) a fait paraître en 
outre une deuxième édition de son important ouvrage sur lei 
gttes môtalllfèrea 

Dans le résamé que nous allons donner des principaux tra- 
vaux relatifs aux roches métallifères, nous adopterons la clas- 
sification des minerais d'après les métaux qu'on y exploite; car 
c'est la plus naturelle et la plus utile pour le mineur. Pour 
chacun des minerais, nous suivrons d^ailleurs, autant que pos- 
sible, l'ordre géographique, comme dans VUiêloiredes progrèê 
dû la géologie de M. d'Archiac. 

Il existe dans les départements des Bouches-du-Rhône et du Alaminiara. 
Var des gisements considérables d'une roche essentiellement Baaxiie. 
composée d'alumine, de peroxyde de fer et d'eau. Souvent elle 
est exempte de silice ou bien elle n'en contient que quelques 
millièmes; en outre, d'après les recherches de M. H. Sainte- 
Glaire Devil le, elle renferme jusqu'à letap.ioode titaneet, 

ce qui est plus remarquable, du vanadium en proportion très- 

■ — * 

(1) Ganfiludien oder Btitràgê xwrEênnlmtê dêr Engàngê, fon B. fon 
Colla und H.MuUer, s* toI. 

(2) B. ton Colla. IK« L$kre vo» BriOëçertUatên. s* édlt Proiberf , iMo. 



454 RKVU£ DK GEOLOGIE !" 

notable. On observe toutes les variâtes, depuis ce qa'oa prat 
regarder comme un minerai d'aliuDinium pur, contenant prèi 
de te p. loo d'alumlue, jusqu'au minerai de Ter dounant U 
p. loo de fer métalliqua à l'essaL certaines variétés sont plni 
on moins siliceuses et forment des argiles souvent peu fem- 
gineuses, mais dans lesquelles la proportion de la silice ne di- 
passe jamais celle de l'alumine. 

M. U. Sainte-Claire Derille, qui a analysé cette sub- 
sunee minérale dans laquelle 11 a constaté U présence dn 
titane et du vanadium, l'a appelée Bauxite, du nom de U con- 
nane où elle arait d'abord été reconnus ; c'est de cette loca- 
lité que provenait, du reste, l'échaatlilou anal jsé en 1811 par 
H. Bertliier. 

M. Meissonnier a fait une exploration très-complète dei 
files, qui sont fort oombreux, et qui, pris dans leur ensemble, 
forment une lone dirigé O.-O.-K. — E.-E.-S, depuis les envi- 
rons de Tarascon jusque vers Aatibes, sur one distance da 
plu de t&o kilomètres. Quelques gîtes ne laissent enivre nr 
plus d'un kilométra de longueur, et ont une épaisseur de plu- 
mean dlidinas de mètres ; ils paraissent oflrlr ta forme de 
d;k«« sortaoi à travers le terrain crétacé. 

W>l. Jacquemart, Le Cbatelier et H. Salnte-clair« 
P«Tille,àrattention desquels H. Melssonnler avait signiK 
M minerai, & un moment où ils éindiaieDt la fobrlcatioode 
l'atuiuiue avec les magmas de Picardie, en ont bit U base de 
rtip 




Olpe. 



POUR l'ânivée 1860. ^i5 

M. K. List (a) a examinéune psilomélane qui s'exploite près Manganèi 
d'Olpa Elle présente des masses en stalactites, ayant une ^•***I^™*'* 
couleur bleu noirâtre, dont les interstices sont remplis par une 
argile rouge de chair. Dans certains cas, elle est compacte, à 
cassure incomplément conchoîde, à éclat métallique et à cou- 
leur gris de fer. Cette dernière variété peut rayer le feldspalth 
et même la face ooP du quartz. 0=^/1,699. 



Mn 


GaO 


GoO 


GaO 


KO 


HO 


Résidu insoluble. Somme. 


•1,37 28,29 


1,28 


0,31 


0,37 


1,36 


4.02 


2,51 99,51 



La psilomélane d'Olpe contient de la potasse et perd seule- 
ment /i»69 d'oxygène par calcination. Elle forme dans la grau- 
wake un filon puissant qui» dans sa partie sud» est traversé 
par un autre filon renfermant du fer spathique et de la galène. 
Plus le filon s'approche de ce dernier, plus la psilomélane 
est mélangée de limonite. 

MM. V. Sévoz et J. Breuilhs (1) ont fait des recherches sur 
la composition et sur le gisement des minerais de manganèse 
de la province de Huelva en Andalousie. 

l, Pyrolniite critUlHsée. 

IL Pyrolusile compacte, en masses rayonnées, donnant une poussière 
semi-métallique et noir bleuâtre. D.=:4,84. 

lU. Peroxyde de manganèse hydraté, compacte, noir mat, à poussière noir 
chocolat; il a une densité qui est au plus de 3,50. CbaulTé à 240% il 
retient seulement 9,4 d'eau combinée. Il se présente en rognons zo- 
nes ou en stalactites. 

IV. Psilomélane compacte, gris d'acier un peu mat, à poussière noire bru- 
nâtre. D.==4,ii>. 

y. Psilomélane compacte, noire k peine bleuâtre, à poussière un peu plus 
sombre que la précédente, très-dure et faisant feu au briquet. D.= 
4,10. 

VL Psilomélane compacte, noir grisâtre, à poussière plus ou moins foncée 
très-difficile à attaquer par les acides et ayant la dureté du quartz. 



L 

IL 
IIL 
IV. 

V. 
VL 

Les minerais de manganèse de Huelva consistenten peroxyde 

(1) Bulletin de la iociété de l'induilrie minérale^ 1860, VI, 29. 

(2) Poggendorff. Ànn/der Phyt.y CX, 321. ~ JV. Jahrb, «. Leonhard^ 
1861, 188. 

TOMB XX, 1861. 3o 



MnO> 


Fe80« 


Ba 


SiQS 


HO 


Somme 


97,9 


0,5 


» 


» 


*,I 


99.5 


96,9 


1,0 


» 


1,0 


0,5 


99,4 


84,2 


ï,T 


» 


iraoei. 


13,4 


99,3 


77,4 


3,5 


10,4 


3,4 


*,o 


98,7 


93,9 


4,0 


8,6 


9,3 


3,2 


98,0 


29,5 


1,5 


3,0 


63,0 


2,0 


99,0 



4à6 UTDE DE GtOLOGlE 

uJjirï L U . oa bt-draié :,lll,, ou bien le plussoureot bir;- 
i^n >T. V. vi^ L> silice ne te sépare Jamais à l'état gi- 
j::.:fri;i: .^w^ieelle c'est psu combinée, mais seuleneiU 
=Vï .' -i^rzi tai'.na^ au minerai, et elle lui coiiiuiQmqiie 
a : .n;:. î-ié t'observe ^iurtoiit diias la psllomélanc ou dini 
i- ;^r;iT;.: M-jtJftre, cl II eu est de uiérae pour l'oïjdede 
.V. E .i ir-i ,^'I)''nlemeal à l'état de Ja^pe ou de quartz roa^e 
i^: .i:-: c:>r.Te doiiuariz blauc livalln, qui est qui;lqueroiseo 
3ruT-:^:^ei roDMitue une brëclic cimeutëe pjr le minerai de 
■ni- .-.■--j On y rencontre trËs-accidentelIcnient do l'Iiélé- 
7G«ilir. conme i U mine Cbapparal. 

Cet K.aenia sont encnlE^s dans le schiste eilurieo , et ili 
p«n'uei)l eo relation avec des diurites qui se trouvent dus 
.iv ^oisiaf^- Ils accompagnent des dykes de jaspes et te sont 
ferrtmn», tantôt au toit, tantôt au mur. Les schistes enciis- 
M~-<rr !L<i.i aussi imprégnés Itlen que lesdykesdejaspesoiui 
><> ' continus, ils s'alignent cependant sur plUKieure kiloni- 
tr^-s de longueur, et les eiploitatiuns du dranado paraitseatK 
rjp'^>r:er a <)uatre JifiDes distinctes dont les traces se rétros- 
irnt JU'<irii'ii l'orlugal. Les minerais de manganèse de lluel» 
M>ut du reste es^irèmement irrëgulicrs et n'offrent aucune eoD- 
liLU^tt' djuï :a profondeur. Un amas de pluMeura mètres se rf- 
dUit suUTi'ni à de simples veinules t une très-petite disUno. 
Yen la sur.'acc du sot, il scniLile même (|u'il y ait eu accunii- 
laiion ilu minerai, eotnine si ce dernier avait été déposé pv 




POUR L* ANNÉE 1860. 4^7 

un puits de recherches en ayant recours à un procédé ingénieux 
qui permet de travailler d'une manière continue et indépen- 
damment des marées. Le min(.'rai ducjuel nous avons seulement 
à nous occuper ici es^t un mélange de fer oxydulé magnétique 
et de fer oUgiste. il est noir ou gris d'acier, souvent pailleté 
et schisteux. Sa densité varie de 3,5 à /i,7. Des essais faits à 
TÉcole des mines dans le laboratoire de M. lUvot ont montré 
qu'il rend plus de 5o p. 100 de foute, et une analyse a donné à 
M. John Mitchell: 

Bétida 
Fe«0» FeO MnO Al«0» CaO UgO KO NaO S PO» inj^,„|,,,._ Somme. 

49,27 20,82 0,9S 1,16 0,42 0,51 0,31 0,28 tr. 0/^9 23,^6 y8tM 

Le résidu insoluble consiste en quartz qui est en petits 
grains hyalins ; mais on distiugue en outre dans le minerai des 
lamelles de mica qui expliquent la présence des alcalis. Le 
minerai de fer de Diélette est lu tercalé dans un schiste méta- 
morphique que M. de Caumont regarde comme silurien. Il 
est généralement à stratification concordante. Dans une pre- 
mière veine qui court sensiblement E.-O. parallèlement à la 
plage, le pendage est de 70* vers la mer et la pui:ïsance varie 
de 10 à 18 mètres. Dans une deuxième veine oblique à la pre- 
mière, et s'inclinant en sens inverse, la puissance est en 
moyenne de 10 mètres. Le granité se montre toujours assez près 
du minerai ; car il en est au plus à i3o mètres, et à Diou à quel- 
ques mètres seulement. Dans ce dernier gisement, le minerai 
est plus compacte, plus dense, plus magnétique et aussi uu peu 
plus riche. Le gîte de Diélette parait présenter les caractères 
d'une couche de minerai de fer qui aurait été métamorphosée 
on môme temps que les schistes daifs lesquels elle est interca* 
lée (1). 

M. R. Stein (2) a étudié le minerai de fer des enviroi^s de Hématit 
Brilon. Ce minerai borde souvent le grunstein, et il peut même Brilon. 
rimprégner plus ou moins (p. 61). 11 forme aussi des couches 
dans le calcaire dévonien. 11 consiste en hématite rouge, qui 
contient accidentellement de ladolomîe (braunspath) et passe 
quelquefois au fer ollgiste écailleux. Le calcaire qui se trouve 



(0 Delesie. Etmdêt êur 1$ wiiimwwrphitmê det roches. I11-4*, 7. 
(2) ZsHêckrift dmr dêuUehén geologùektn Gutllsekmfi, iSM, XIL 



458 RtVCL DC 41ËOLOGIE 

à 900 contact est asseï riche pour être exploité comme minani 
de Ter. Dans certains endroits, rhâoiaUtederientqiurtieDseM 
bien elleest accompagnée depyrltedefer. Lemloend peut anal 
6tre complëtemeot ioiercalë daos le gruosteln qui pasiB ilon 
& un spillte (ichaUtein) Imprégoé par de l'bématite. Tandis que 
te calcaire dévonleo est surtou triche eo coraux, le minerai deftf, 
qui contient égalemeot des fossilea, renferme partlcullëremeA 
des gastéropodes, des bracblopodes , des céphalopodes et do 
trllobltes. M. stelQ observe que ce mloerai s'est Tralninbli- 
blemeot formé sur les eûtes, à une moindre profondeur qoele 
calcaire, et que, d'après sa faune. Il est coolemporsin du cil- 
cairo à strlogocéphaies. Au moment du métamorphisme qni i 
produit le spllite, le minerai défera dfllai-mâmedtra métanur 
pbosé, et l'on conçoit alors comment II peut Imprégner leipl- 
llte ainsique le calcaire avec lesqueb il se trouve an contact {■)■ 
.iinoniii. M, Tasche(a)a étudié le minerai de fer qui est associé an 
ipUctbirit. éruplions basaltiques dans le Vogeisgebirge. Il est formé pu 
une limooiteàéclatréslnoux qui montre tous les passages inae 
wake basaltique. 11 se continue souvent sur plusieurs lieon 
dans une même direction, et aon gisement présente unegrande 
régularité. Tantôt il est en amas Isolés; tantôt 11 ertao coudM 
plus ou moins épaisses et fc l'état de bohnen. Son origlM 
paraît se rattacher aux éruptions volcaniques qui avalent Ifea 
soit sur la terre ferme, soit dans les bassins au bord desqiub 
;e déposaient les débris des roches basaltiques. 




ctrboBt 
Eimooi 



POUR l'année 1860. 4^9 

jurassique dans la montagne de Grussol, en face de Valence. Dans 
le lias supérieur, il mentionne d'abord une petite couche de 
marne avec de Thydroxyde de fer oolitique, qui correspond à 
celui qu*on exploite à Privas et à la Verpillière. Dans Tétage 
oxfordien et vers sa base, c'est-à-dire dans le callovien de 
d'Orbigny, il signale en outre une petite couche de marne 
ferrugineuse qui, k la Voulte et à Veyras, formerait de grands 
amas lenticulaires d'hématite rouge et compacte sur lesquels 
sont exploitées des mines importantes. 

M. Warington W. Smyth (1) a exploré les mines de fer Fer 
d'Exmoor qui s'étendent d'ilfracombe à Bridgewater dans le 
comté de Devon et à l'ouest du comté de Sommerset Voici les 
principaux résultats géologiques auxquels il a été conduit. Une 
série de fissures parallèles se sont ouvertes dans des plans qui 
sont à peu près ceux de la stratification générale; elles ont 
été remplies par du fer carbonate, par un peu de quartz et 
par des fragments de la roche encaissante. Ultérieurement elles 
ont d'ailleurs éprouvé des dislocations, comme on le voit 
à Wood et àCroosemoor, près de Bearland. 

Le fer carbonate formant le minerai primitif a été entière- 
ment métamorphosé en goethite ou en hydroxyde de fer; son 
acide carbonique a disparu, et le manganèse qui était d'abord 
ài*état de carbonate s*est changé en peroxyde dans le nouveau 
minerai. Lastructurerhomboédrique s'est d'ailleurs conservée 
dans toute la masse; mais les cavités résultant de la diminu- 
tion de volume ont permis à la goethite de cristalliser en une 
multitude d'aiguilles brillantes et aciculaires. 

Quelques veines du minerai de fer se sont changées en hé- 
matite ou en peroxyde de fer anhydre , mais c'est seulement 
près de la surface. 

Comme il existe des cailloux roulés d'hématite dans les 
couches inférieures du New-Red-Sandstone, il est probable 
qu'ils proviennent de ces minerais de fer dont la formation se- 
rait par cela même antérieure au New-Red. 

Le changement du fer spathique en oxyde est un phénomène 
important qui a été signalé depuis longtemps et étudié récem- 
ment par M. Haïdinger. Le plus ordinairement, il se produit 
de rhydroxyde comme en Styrie, en Garinthie et dans le pays 

(0 Gêolof. êoeiêty^ 18S9, XV, los. On ihe iron oref ofBxaioor. 



460 BEVUE DE GÉOLOGIE 

dn Slegen; cppei:dant I« peroxyde «nhydre ^obtens and 
DOlammciit dans le paj*!! de !iiof;nn et aux environs de Hlbao. 

M.C CIsub:i) a décrit les iritcs zirtcffËres de Wleflod 
dans le grand-duché de Bade. Le mlnM-al m trouT« toojowi 
dans le Miiscliflkallt, surtout dans l'étape désigné som le nom 
de calcaire de FrederlchsTlil). C'est le plus souvent da ilM 
carbonate, plus rarement de la calamine et de la blende. Il Mt 
génâralemniit arrompagné par de la llmonlte et par do fer 
carbonate arcilpu:^, dan^ quelques cas, par de la giUoe et pir 
du plomb carlionatâ. Oa y a rcncouiré trèi-accidentellemeil 
du cadmium sulfuré, de Torplment et du réalgar. 

M. J. Fournet It) a Indiqué de l'oxyde de chrome dans It 
flinn de quartz dii> val d'Ajol 11 rcmin|ueAcetie occasion qu 
ce minéral se montre anail dans dcN âmI»^lons quartienses an 
Écouphets !Saflno-*t-r.oiro), i Italie, à Waldeobour^. Dans Uf 
Rtles mélallirércs le chrome est .louvent associé an ptomlii 
c'est ce qui a lien, par exemple, pour d<^ minersia de plonli 
phospliaii^ ft poussière jaune que M, Fournet a observés diM 
les mine' de TAreyron, ainsi qu'i Roilera et à Lalirousse pris 
de [>ontglhaud. Il en est encoi^ de même ponr la TauqnalInlH 
dans les irtti's do la .Sibérie et pour le plomb molybdaté de Pas- 
plonaquia été analysé par M. Boussalnganlt. 

M. l>amour (y- a reconnu que l'or natirde la Guyane hi- 
çaiite peut être accompagné d'éialn. Ce Thlt, signalé déj&pir 




POUR L*ANNÉE l86o« à^l 

aémioés de nombreux minéraux. La pyrite de fer y est fré- 
quente et en cristaux aussi beaux que ceux de nie d'Elbe; 
la pyrite de cuivre (chalkopyrite), qui est plus rarement 
cristallisée, s'y rencontre en masses considérables. On peut 
8ignaler encore le fer oligiste, la galène, la blende, la pyrite 
magnétique et le mispickel, moins souvent rantimonito, le 
molybdène sulfuré, la villarsite et le spath fluor. Parmi les es- 
pèces minérales qui, indépendamment des minerais métalliques, 
sont connues dans toutes les collections, il convient également 
de citer la chaux carbonatée, la dolomie, le mesitinspath, le 
quartz, la chlorite, le grenat, le pyroxène, Tamphibole, la tra- 
versellite. Récemment M. R. Sella vient môme d'y découvrir 
de beaux cristaux de schéelite (i). 

Le gîte métallifère de Traverselle offre une masse principale 
dirigée N.O.-S.E. qui, en comprenant ses ramifications, est con- 
nue sur une longueur de 5oo mètres environ et sur une pro- 
fondeur de i5o mètres Son inclinaison la plus habituelle est de 
So" à 60". Ses minerais alternent souvent avec des zones de 
calcaire dolomitique qui sont ordinairement parallèles au 
toit et au mur. Quand il no se trouve pas disséminé en pail- 
lettes ou en veines dans le fer oxydulé, le minerai de cuivre se 
montre en masses qui sont ordinairement lenticulaires; dans 
ce dernier cas, la gangue du minerai est plus particulièrement 
la chaux carbonatée et la pyrite. Pour faire apprécier l'impor- 
tance de ces niasses, il suffira de dire que Tune d'elles a 
donné 6.ouo quintaux métriques de minerai de cuivre ayant 
une teneur moyenne de 5 p. loo et représentant un volume 
d'environ ôao mètres cubes. 

Si l'on coHiiidère une section horizontale du gîte, on voit au 
nord ouest le filon principal se ramifier et venir au contact 
d'un schiste assez altéré dans lequel le quartz a pris en grande 
partie la place du mica. Au sud-esc, le filon enveloppe d'ail- 
leurs une roche à base de grenat qui est très dure et qui ne 
conti(Mit ])as de minerai. Ces détails sur le gisement de 
Traverselle tont suivis de la description d'un procédé in- 
génieux que M. Gaetano Burci emploie poiir la prépara- 
tion mécanique du minerai de cuivre, et qui repose sur 
l'emploi du magnétisme développé par l'électricité. 



V I ; Sella. Studii sulla Mineralogia Sarda. / Âeeademia délie iciene di To- 
rino.) 



46s HEVDE DE GSOLOGU 

M. Tettef Dahll (i) aCalc cooDaltra pl1)sIenradesgItMCI■ 
- prIfËres qui se trouvent dans le scblste snclen de Tellemut 
en Korwége duquel nous donnerons plus loin la deflcriptlon. 

Dans la naoDtagne;KJoiriDgen, près Uitterd&l, le miaeral con- 
siste en pyrite de cuivre ordinaire et panachée; il forme ds 
velneK et des rognons dans uiiecouche de schiste uophlboliqu 
qui est Intercalée dans le micaschiste qnartxeas. La pjrltede 
cuivre est quelquefois disséminée dans le schiste amphlbollque, 
mais seulement dans les parties où ce dernier est pénétré pir 
le quartz qui est la gangue essentielle du minerai. Quant 1 11 
pyrite panachée, elle s'observe seulement dans le quarts. Du fer 
ollgiste en petites lamelles et de la chaux carbonatée bluK 
Jaun&tre s'y rencontrent également. 

Lescliiste micacé et quartzeus de Uaulcum, près de Hdvaodet, 
renferme dearogoons de granité quisonttransversesàlaicbii- 
tosité. Le plus gros de ces rognons n été exploité; il contint 
de la pyrite panachée, et dans ses cavités de l'argent natif Si- 
forme, de l'heulandite, dp b laumonlte. De l'or y a mémeélé 
observé. Parmi les autres minéraux, il faut encore signaler le 
fer oxydulé, lo molybdf^ne sulfuré, le grenat, Tépldote at des 
traces de pyrite de cuivre. 

A Itandag, un Hlon cuprifère est encaissé dans des schistes 
cristallins vers la llniile du quartzlte schisteux et dngneissgn- 
nltlque. Ce filon consiste en un agrégat grenu de qnartt. de 
mica, de pyrite de cuivre, de pyrite panachée, de galène, de 




POUR L*ÀMNÉB 1860. 465 

La puissance du filon varie de i",So à 2»,7o; vers son mur il 
contient du feldspath et du mica. Ses minerais sont la pyrite de 
cuivre panachée avec un peu de pyrite do cuivre, du molyb- 
dène sulfuré et du fer oligiste. 

Ces exemples montrent bien que les minerais de cuivre ne se 
trouvent pas spécialement dans certains schistes, mais dans des 
filons de granité ainsi que dans des veines ou dans des rognons 
de quartz qui sont au contraire encaissés dans de^ schistes 
différents. Les filons de granité sont les mêmes que ceux qui 
traversent le gneiss granitique postérieur à ces schistes; il est 
donc probable quMls ont paru en même temps que lui. Des 
métaux nobles, Targent et for, accompagnentd'ailleurs les mi- 
nerais de cuivre. C*est surtout vers la limite du gneiss gra- 
nitique qu'on rencontre les principaux filons de granité ; et 
la carte géologique jointe au mémoire de M. Tellef Dahll 
fait bien voir que les mines et les gisements de minerai les 
plus importants se trouvent au voisinage de cette limite. 

M. Thies (i) a exploré les mines de cuivre du Pays des Na- Pays 
maquois, au cap de Bonne-Espérance (2). Les plus importantes **•• Namaqii 
sont dans le gneiss, et leurs minerais sont des sulfures, des 
oxydes, de Thydrosilicate de cuivre ainsi que du cuivre natif. 
Leur nature varie du reste beaucoup avec les localités. L'hydro- 
silicate de cuivre forme quelquefois le toit et le mur des filons. 
A Goncordia, le molybdène sulfuré est associé à la pyrite de 
cuivre et, comme cette dernière, il peut imprégner le granité 
qui renferme même Jusqu'à an et 26 p. 100 de cuivre. Le gra- 
nité dans lequel il y a seulement de u & i3 p. 100 de cuivre 
est laissé de côté comme inexploitable. A la limite du gneiss et 
du granité on a trouvé à Goncordia deux plaques de cuivre natif 
qui avaient plus de o'fSo d*épaisseur. A Wheal Maria, le minerai, 
qui consisteen pyritede cuivre, se trouve vers la limited'un gra- 
nité porphyrique et d'une diorite. Ce dernier gîte présente un 
stockwerk, ayant une puissance de 100 mètres, lequel est tra- 
versé par des veines nombreuses d*hydrosiIicate de cuivre con- 
tenant de Tor natif. Un amas de minerai de cuivre du poids de 



(1) Reise des Ingénieurs A. Thies nach den Kupferbert;werkcn Namaqua- 
Land's, in sud Arrica vun G. Zorrenner. {Berg und UuttenmUnniscke Zei- 
lung, 1860.) 

(7) Pelesse. irnia/ei des mina a (s* s.); 185S; VIII. 



4bt REVUE DE GÉOLOGIE 

t vBMi I été trouvé dans le granits qui, eo cet endroit, aviit 
^n wme couleur noire et s*6iait cbargë de fer oxydulé. 

l's Hiira;e Uoubte de cuivre et de fer, provenant d'une miae 
4e Ttirquie f i sTinl une couleur bleu verdàtre comme le sul- 
âMedectiirreadonnéàM.Pisanl(i) lacomposIUonsulTaote: 

CaO F(0 SO> HO SomiiM. 

II,M If.M Uf.Oi 4S,4I IM.Of 

U formale de ce sulfate serait: (CaO,l'eO)âo3 + 7HO, 
MIL Kennrott a préposé de le nommer pisanite. 

V. Tarran « a signalé du plomb sutralé daos le lias laffi- 
r.-i.rii n'.l\èr<t9 dans le Gai-d. Ce minerai enveloppe qnel- 
qn-:'- s lie la ga.'ëne encore Intacte, et par conséquent il pn- 
f.izi de U décomposition do cette dernière. Il est d'allteun 
aw^ê i df la pTrite, à de la bleadc, h du quarti et à de li 

!H.J Fayn ,3) «décrit les mines de plomb de Commern dans 
ItiUÏ. Cette formation mCtulliriVe dos terrains secondaire 
ocoarw une é:endue considérable, et qui est même comparable 
à c^:.:e du sohiïce cuivreux de la Tliurlnge. Elle prdsenie d« 
«.v^c^-f. au plu^ au nombre de quatre, qui ïont intercalée) 
âar« r^^rè^ Ui^arr^, avec une direction F_N.E. et un penda^e 
ff-tlro:! M* vers le .\.\.0. La puissance de la couche sa- 
^■■ifur.-.'j seule !ïénéralemeot cx|ilollée, varie de loroèireii 




POUR l'année 1860. 4^5 

tits filons de galène traversent quelquefois le grès métallifère. 
Les nodules de minerai de plomb peuvent d*ailleurs atteindre 
o", 1 5 et la richesse du minerai en galène dépasse A i/a p- toc. 

M. J. D. Whitney (i) a publié un important travail sur les Vallée 
minerais de plomb de la vallée du Mississipl. Ces minerais **** MiidMipl. 
s^exploitent dans deux régions, le Mississipi supérieur et le 
Iftissouri. Ils se trouvent dans le terrain silurien. La galène est 
le plus ordinairement cristallisée en cube qui , dans quelques 
cas rares, est combiné avec Toctaèdre. La bleode est presque 
le seul minerai qui raccompagne et elle manque même dans la 
plupart des mines, ce qui explique la grande pureté du plomb 
obtenu. Le gisement peut présenter des dépôts superficiels^ 
des veines, ou bien des amas. Dans les dépôts superficiels, les 
minerais sont disséminés au milieu d^une argile comme celle 
qui forme le sol des prairies, et habituellement ils n^orït 
pas été transportés à une grande distance. Les veines ont rem- 
pli des fissures très-irrégulières ayant au plus quelques centi- 
mètres, etc*estseulementparexceptionqu*elles dépassent o",3o. 
Le minerai y est accompagné pal* de Targile et par de Tocre, 
qui continuent à former les veines, même lorsquelemineral vient 
à disparaître. Les fissures donnent aussi lieu à des cavités résul- 
tant de ce que la roche encaissante a été corrodée, et alors 
le minerai se présente en amas. Les dimensions de ces amas 
sont ordinairement de i*,3 à â mètres, et la roche encaissante 
peut devenir métallifère Jusqu'à une distance de i3 mètres. On 
trouve d'ailleurs des cavités ayant même forme que les amas et 
ne contenant pas de minerai; il en est aussi dans lesquelles 
11 existe de Pargile avec une grande quantité d'ossements de 
mastodonte, de loup, de buffle. Enfin les cavités sont, dans cer- 
tains cas, parallèles à la stratification, et alors la galène y est 
le plus souvent associée à la blende et à la pyrite de fer. La 
gangue la plus habituelle est la chaux carbonatée et quelque- 
fois la baryte sulfatée. Quoique la forme de ces amas horizon- 
taux soit très-irrégulière, elle est à peu-près lenticulaire. 
M. Whitney donne encore sur les minerais de plomb du 
Mississipi des développements intéressants pour lesquels nous 
sommes obligé do renvoyer à son mémoire. 



(1) Report on thê GêohçietU Survof of ihe SUU of lowm, I0S9. — Btrg. 
BiUten. ZHt., i»«0, 317. 



4f>6 



IIEVUK DE GË0L06IS 



Le plomb niùtalUnuc a éié sign&lé parMH. Redtenbaclier 
etCh. Rctcbenbach (OdansuDlufbualtlquedeRuitenbers 
en Moravie. Ce minéral est toujours trët-rure; cepend&ata 
présence peut être coDsidérëe comme authentique à Penta 
(Tera-Cruz), où il est sccompagné p» de l'oxyde de plomb; 
dans les sables auriTërea de Olab Juan en TnnsjlTanie, et de 
Lontjewsky dans l'Oural. D'un autre cAtâ,U.J.NfigKerath[)| 
pense, avecMM.W. Reisset Eenngott, que le plomb algnati 
dans une lavo dû Madère y avait été introduit artlllcîellemeiit. 

M. J. Trlnker (3) a décrit le gîte de mercure de Wallalti 
près d'Agordo en Vénétie. La roche métallirëre consiste en nu 
mélange Irr^gulier de schiste talqueui et argileux arec dn 
gypse, de la pyrite de fer, du porphyre et une argile sombre 
dont les parties sont plus ou moins Imprégnées declDibre. EUe 
paraît former un amas dans le grés. Ce minend de mercure de 
Wallalta est sans doute postérieur au gîte pyrlteux ancien 
d'Agordo et antérieur au fer spatbique le plus récent de Prf mor 
en Tyrol. 

M.E. a Dor9ey(â)adonné une description dngtte argents 
fëre de Chanarcillo au Chili, déjà connu par les recherches de 
H. lienwood. Ce gîte se trouve dans une montagne dans U- 
quelle il y a sept couches bien distinctes qui peuvent elles- 
mêmes se subdiviser. L'inclinaison moyenne des couches e>t 
de II centièmes du nord-est vers le sud-ouest, et cette dlree- 
tlon est aussi celle des filons. En commençant par le haat de 




POUR l'année 1860. 467 

Eptiitenr. 

Schiste argileui 163 

Calcaire 30 

Scbifite argileux 33 

Calcaire reconnu sur une épaisseur de 37 

Trois ammonites ont été trouvées dans les couches calcaires, 
et d*après i*examen de ces fossiles, M. Dorsey pense que la 
montagne deChanarcillo est jurassique. 

Les filons métallifères sont extrêmement nombreux. Ils sont 
dirigés vers le nord-est et plongent légèrement à Touest. Au 
voisinage des rejets ils s'enrichissent ordinairement. Le filon 
principal est exploitable dans toutes les couches calcaires, 
mais sa richesse diminue dans la profondeur. On peut distin- 
guer deux systèmes de filons : 1* Les premiers qui sont les plus 
anciens ont pour gangue la chaux carbonatée et Toxyde de fer. 
La plupart se sont formés par sécrétion, et leur puissance varie 
depuis quelques centimètres jusqu'à o",7o. Aucun d'eux ne se 
retrouve dans le schiste, s"* Les deuxièmes filons coupent les 
premiers sous dififérents angles et ne renferment que peu ou 
point de chaux carbonatée. Des failles traversent du reste les 
deux systèmes; elles ont une direction comprise entre S.E.E. 
et S.0.0. ; elles sont surtout remplies par les débris des cou- 
ches encaissantes; cependant elles sont souvent imprégnées 
d'argent, elles renferment même du chlorure ainsi que des 
bromures d'argent qui sont intimement associés à la chaux car- 
bonatée; en sorte que ces derniers minerais continuent encore 
à se former. 

Les minerais qui se trouvent au-dessus de la première couche 
de schiste porphyrique sont le plus souvent l'argent natif, ainsi 
que les combinaisons de l'argent avec le chlore et avec le 
brome. Au-dessous on rencontre encore de l'argent natif, et en 
outre des minerais sulfurés et arséniés. L*iodure d'argent 
s'observe quelquefois, mais seulement en très-petite quantité. 
Dans la partie supérieure du filon, la gangue consiste en chaux 
carbonatée massive et spathique qui est accompagnée d'héma- 
tite ; c'est dans cette masse calcaréoferrugineuse que le minerai 
se présente en lamelles ou en cristaux et il y est complète- 
ment disséminé. Dans la partie inférieure, l'oxyde de fer est 
remplacé par des combinaisons avec le souf^ et l'arsenic. Le 
quartz et la baryte sulfatée restent toujours rares et sont un in- 
dice d'appauvrissement On ne rencontre que très-accidentelle- 





RETUÏ DE GÉOLOGIS 

imalgame oalurel, aiusl qut l'or elle cuivre. A 3o mètres 
iieiUela tnuiUj^'ne, ou a irou^C', ily adix aos, uuécban- 
l'argent naiif et de chloro bromure d'argent qui avait 
lit^e wojeiioe de 75 p. 100, el doul le poids s'élevait 
■0 kilOjjramiues. Les filous ne renfermeat pas d'argeot 

scbiate porpbyrique. 

. Trôger (ij a décrit le g!ie de cuivre et d'argent de 
lenalp dans le caiitou de Claris en Suisse. La montagoe 
lenalp, dauslaquelle il s'exploite, présente à sa base et 
plus graudo parUa de sa hauteur le coiigiomérat dit de 
ui lire son nom d'une iocalilë du canton d» Claris dans 
i 11 est bien développé. Ce conglomérat est dïstincte- 
raiifié, mais il a été niétamorpiiOîé, ot certaines variétés 
s(juellea il y a des crislaux de quartz sont même eia- 

comme meules. Par-dessus lui, vient une assise de 
Le ayant environ une quinzaine de mêtreîi, puis une 
i Jaunûire, tantôt compacte et cristalline, tantôt cellu- 
[ui atteint une épaisseur de 55 mètres au Barenboden. 
(C pas d'accord sur i'ige de ces rocbes. U. Troger 
;ependant que le conglomérat de Sernf correspond au 
;L'nde , ot que le quantité avec la dolomie représentent 
.leiii; en sorlo (|uu l'ensemble a|iiiartiGiidrait au ter- 



I>0UR L* ANNÉE 1860. 4^9 

cristaux ou bien en paillettes et un peu d'argent natif. Il faut 
mentionner encore quelques produits qui résultent sans doute 
de la décomposition des minerais originaires de cuivre, tels 
que la chrysocolle verte ou bien noire et résineuse, le cuivre 
oxydulé, l:i malachite, enfin plus rarement Tazurito, Tallo- 
phanc, Turanite, ainsi que la cyanosite. La roche encaissante 
exerce une grande influence sur les filons; car, partout où le 
conglomérat de Sernfest très-dur et porphyrique, les filons 
deviennent très-minces; en outre ils n'ont pas de salebandeet 
même pas de minerais. Quand le conglomérat est tendre, il en 
est autrement ; ce dernier peut d'ailleurs être altéré et im- 
prégné de minerai jusqu'à la distance de o",65 du filon. 

«• Le minerai de cuivre argentifère forme aussi une couche 
dans le conglomérat de Sernf. Cette couche, dont la puissance 
peut atteindre 7 mètres, consiste en quartz fin et compacte, 
qui^st accompagné de calcaire dolomitique et de talc. Le mi- 
nerai s'y trouve disséminé ou bien en veinules; c'est le cuivre 
panaché, le cuivre gris, le cuivre sulfuré. Enfin il existe encore 
du minerai en couches , à une grande distance autour de 
Mûrtschenalp et jusque dans les assises qui recouvent immé- 
diatement le conglomérat de Sernf. Ce dernier minerai n'est 
pas limité à une position bien déterminée, mais il suit l'horizon 
du conglomérat sur une hauteur qui varie de o",5o à 'jo mètres. 
Le plus ordinairement, il se montre dans le calcaire jaune noi- 
râtre qui couronne le conglomérat; cependant quanti ce cal- 
caire manque, il se trouve aussi dans le quantzite. 

Comme le fait remarquer avec raison M. Trôger, il est très- 
vraisemblable que le minerai de cuivre en couches provient de 
répanchement sur le bord de la mer des sources cuprifères 
qui produisaient les filons. Le remplissage de ces filons est 
d'ailleurs compris entre la fin du dépôt qui constitue le con- 
glomérat de Sernf et entre le quartzite ainsi que la dolomie 
par lesquels il est recouvert. 

M. Daubrée(i) a essayé la richesse en or du gravier re- Or, 

cueilli au pont de Kehl, à une profondeur de 30 mètres au- ^^*°' 
dessous de l'étiage du Rhin. Ce gravier contient seulement 
o",o2Zi d'or par mètre cube» et sa richesse n'est que le cen- 
tième du gravier exploité aux environs. Du reste, l'or des alla- 

■ — » 

(1) initit., 28 mars ifteo, 111. 



Htvue DE GÉOLOGIE 

Irttj lililQ proTient des Alpes, et comme à Kehl il est loin 

J point (le départ, on no voit paa de raison pour qu'il se 

Ecumulé ii la base du dépôt alluvien. 

I. C. Deicke (i) a fait connaître le 'gisoment de l'or à 

■rg, dans ie canton des Grisons. C'est dans la montagne 

Ida qu'il est exploité, et en partant de sa base, cette mou- 

loSre la coupe suivante : a verrucano ; b calcaire; c do- 

li, daprèsMM. Escher de la Linlh et Theobald, 

rapportée au trias; d schistes métamorphiques de 

i couleurs; e calcaire avec huîtres et bélemnitea; 

[nie schisteuse appartenant au Jura intoieur ; g dolomie 

■e formant une énorme assise qui s'élève jusqu'au sommet 

Icallanda. L'or se trouve seulement dans des BCbistes 

liques qui sont intercalés dans l'assise d, laquelle appar- 

Ku terrain jurassique inférieur. Il est disséminé dans des 

jui sont dirigés du NE, au S.O, Leur puissance varie 

■o k I mètre, et peut s'élever accidentellement à 6 mè- 

;s gangues sont le quartz, lachaux carhonatée, et l'or se 

I à l'état natif, surtout vers la salebande supérieure. En 

■1 ya delà pyrite de fer qui est le plijs souvent aurifère, 

I oliglste pailleté qui l'est également, de l'hématite aiaal 



POUR l'année 1860. 



471 



M. H. Rosales (1) a donné une description et une carte des NoofeU^-Galltt 



gîtes aurifères de Ballarat et de Creswick-Creek^ dans la Nou- 
velle-Galles du Sud (Australie). 

M. ilochstetter (3) a fait connaître les gîtes aurifères qui 
sont exploités à Aorere et à Parapara, dans la province Nelson, 
Nouvelle-Zélande. L'or se trouve dans des veines de quartz 
traversant un schiste et un micaschiste qui passent Insensible- 
ment Tun à Tautre. Il s*est concentré à la surface de ces ro- 
ches, dans les débris provenant de leur destruction, et surtout 
dans le lit des rivières qui y prennent leur source. Ces sables 
aurifères ont une richesse qui n'est pas très-grande, mais assez 
régulière ; et dès à présent leur lavage occupe environ 260 hom- 
mes qui gagnent en moyenne 13 schellings par Jour. 

M. L. Simonin (5) a publié des observations sur les gttes 
aurifères de la Californie. Lorsque For est en place il se trouve 
dans des filons de quartz qui, d'après Fauteur, ont essentielle- 
ment le caractère éruptif. Ces filons sont intercalés dans des 
schistes talqueux alternant avec des schistes ardoisiers dans 
lesquels il existerait des empreintes de trilobites. Ils s'observent 
aussi dans des grunsteins ou des diorites. Enfin les roches gra- 
nitiques de Californie peuvent également être aurifères. L*or 
est irrégulièrement disséminé dans le quartz, tantôt en petits 
cristaux Isolés ou groupés, tantôt en filets ou en lamelles 
minces et quelquefois en nids. Très-souvent il est Indiscernable 
à Tceil nu. Son titre moyen est de 0,81. La richesse ha- 
bituelle du quartz dans les mines exploitées est de 100 francs 
à la tonne. Les sulfures qui l'accompagnent sont la pyrite de 
fer, dans quelques cas, la blende, la galène, très-rarement les 
pyrites de cuivre. La pyrite de fer rend à l'essai du labora- 
toire jusqu'à 3.000 francs d'or par tonne. 

L'or du terrain de transport est en pépites ou en paillettes. 
Il est associé à du platine qu'on n*a pas encore trouvé eo place 
en Californie et à du fer cf^ydulé qui n'existe pas dans les filons 
quartzeux aurifères. Le terrain de transport aurifère peut 
atteindre une grande puissance ; car, lors môme qu'il est 'sur 
les plateaux , sa puissance dépasse quelquefois A5 mètres. Pres- 
que toujours il est en relation avec les gttes aurifères en place. 



(1) Geolog. Socie1y,XS, 497. 

(7) N. /«Arft. t>. Lêonhard^ iFM, 48o. 

(3) Comp. rend,, i«oo, L, 389. 

TOMR XX, 1861. 



da Sud. 



Noafelle- 
Zélandt. 



Califonto. 



3i 





RETUB DE GÉOLOGIE 

Jackson (i) a donné des iadicatioDs sur le eisement 
i Dahlonega en Géorgie. Ca méial y est exploité dans 
hes qui se sont décomposi^es sur place jusqu'à une pro- 
r d'environ 5o intHres. Il est associi^ au quarte qui Tonne 
nés dans des schistes micacés et ampLiboliques. A it 

. Weil (îjadonné lacomposiiiond'un nouveau minerai 
ine de Californie: 

Ir nii Va Fa Cu a& Osniiure d'iridium. SamnM. 

ioeraiBst beaucoup moins riche que celui del'Amérique 
qui contient jusqu'à 80 p. loo de platiné; il renrerroe 
traire beaucoup d'osmiure d'iridium. 
. deCottB(5)atroQvé du platine naUf dans une roche 
uvions aurifères de Nischne-Tagilsk. Ce platine montra 
es hexaédriques bien caractériséea. Quunt ft la roche qui 
.de gangue, elle parait, d'api'és M. Brclthaupt, éin 
'pentine jaunâtre contenaut de très-petits cristaux nol- 
et octaédriqucs do fer chromé. Comme Tavait déjà Indi- 
^jtM^U^^^urpentin^s^on^jiuin^ansu^d^^^ 



MUK l'aNITÉB 1860. 



478 



aurifère des rives de rApprouague, elle donne d'ailleurs de 
Targile» du quartz» du mica et un sable noir très-fin contenant 
du fer titane, du fer oxydulé, du fer chromé, de la limonite, du 
grenat, de la tourmaline, de la staurotide, du rutile et du zircon. 
M. Gh. Thomas (i) a fait connaître les règles pour la re- 
cherche des minerais qui lui ont été enseignées par quarante ans 
de pratique comme capitaine dans les mines du Devon et du 
Gornouailles. 11 signale particulièrement trois circonstances qui 
méritent au plus haut degré de fixer Tattention du mineur : 
1*" ^ gisement, a' le minerai, 3* sa direction. 
1' En ce qui concerne le gisement, des mines susceptibles 
d'exploitation n'ont pas encore été trouvées dans le granité 
primitif. 

Le minerai d'étain n'est connu que dans le granité nommé 
secondaire ou dans un schiste argileux, tantôt quartzeux, tan- 
tôt micacé, qui n'est pas nécessairement en relation avec 
Telvan. 

Le minerai de cuivre est beaucoup plus répandu, et des mines 
de ce métal ont été exjploitées avantageusement dans le granité 
secondaire, dans le schiste argileux compacte, dans le killas 
grenu et feldspathique, dans le greenstone. Le killas blanc, 
boueux et le killas bleu ou noir, contenant peu de feldspath, 
et n'étant pas en relation avec le granité ou Telvan, peut bien 
contenir dé beaux échantillons de minerai ; mais ces derniers 
ne sont pas utilement exploitables. Aucune mine de cuivre n'a 
d'ailleurs été ouverte dans le schiste ardoisier. 

Le minerai de plomb a été trouvé en grande partie dans le 
schiste argileux bleu ou foncé. Dans les roches renfermant 
l'étain et le cuivre, il y a bien quelquefois du plomb ; toute- 
fois en quantité trop petite pour qu'on puisse l'exploiter. 

3* Relativement à la richesse du minerai, l'existence du 
gossan ou chapeau de fer est le meilleur guide (a) ; c'est surtout 
un très-bon indice lorsque ce gossan contient beaucoup de 
quartz frïable. 

y Enfin la direction des filons métallifères donne encore de 
très-bonnes indications. Si Ton rapporte la direction de ces 



jr<iMnii 

GornoatiU 
Defonikii 



(1) R«fnark$ <m thê Geology of CamwiM and Deton in connexion witk 
ikedêpoHU ofmêiaUie ores, and on Ike bearingi of the produelive lodoê 
Redratb, iftS9. 

(3) Borat. Gimmont et eaptottation dee wtinérauœ utiUi. 





UEÏLIÎ DE GÉOLOGIE 

au iiorii ujab'iiiiique, qui est toviroii de ui° à l'ouest, on 
poser les règles auivujiies. Pour les niirjcrais d'étain, la 
Jon ïarie de Zio" au-dessus et au-dessous de l'est, i'ex- 
tion est avantageuse sur environ 60'. Les minerais de 
i sont groupés pour la plupart dans un arc de 60*, entre 
1 nord et 5o° au sud de l'est. La plus grande quanlilé de 
! a été olitenue entre 5- au nord de l'est et ali' au sud de 
La meilleure direction pour les flloas de plomb est com- 
sntre m' h l'ouGSt du nord et ùo' i. l'est du nord. 

partie de ces règles pour la reciierche des minerais dans 
onshire et dans le Cornouailles a du reste été formulée 
iQslesouïragesdeslrIlenryUelabèclie,deM. J. Hen- 
, ainsi que dans le t^aynge mélatlurgiqut en Jngielerre 
1. DufréQoy, Elis dn Beaumont, Coste et Per- 
et. 

lUphiné d'après ses propres observations et d'après 
JeMM.GuoymardetGraff. Les fiions de fer spatlUqne 
rès-nombreui dans les "se lus tes talqueux el dans les 
micacâs de la cbalne de Beiledonne et leur expioiution 



POUB l'année 1860. 



475 



par la richesse en argent de ses mkierais qui sont malheureu- 
sement rares et très-irréguHers. C*est sans doute un gtte de 
contact qui est dans une faille, entre le granité et les dolomies 
qui so trouvent au-dessous du lias. Du cuivre gris argentifère 
s*observe exclusivement dans ces dolomies, tandis qu'on a de 
la galène dans le plan même de la faille, surtout près du con- 
tact du granité qui est renversée par-dessus le lias. 

M. Caillaux (1) a publié sur les mines de la Toscane une 
série de mémoires résumant plusieurs années de recherches 
et d'exploitation, qui viennent compléter les observations 
faites déjà sur le même sujet par MM. Savi, Burat, Bechi, 
Coquand, Gocchi. Il passe en revue les minerais de mer- 
cure, d'antimoine, de plomb, de cuivre, sur le gisement des- 
quels il donne des détails nouveaux et intéressants. 

M. le baron F. G. de Beust (2), directeur général des mines 
de Saxe, a publié des notices sur la distribution des minerais 
dans les filons métallifères des environs de Freiberg, ainsi que 
sur les zones métallifères de TErzgebirge. 

MM. P. Herter et E. Porth (3; ont fait connaître le gîte 
métallifère de Rochlitz sur le versant sud du Riesengeblrge. 
Les minerais qu'on y exploitait autrefois forment des impré- 
gnations ou fahlbandesdans du calcaire cristallin, presque ex- 
clusivement dans les parties où il renferme du pyroxène mala- 
colite. Les minerais sont les sulfures de cuivre, de plomb, de 
zincGtdefer ; ils sont disséminés en parcelles très-fines ou bien 
en veinules ou bien enfin ils tapissent les parois de failles. Près 
d'Ober-Rochlitz on trouve un gîte puissant qui diffère du pré- 
cédent et qui paraît de formation secondaire. Les couches à ma- 
lacolithey sont traversées par quelques filons; ces derniers ont 
été remplis principalement par de l'argile, par des substances 
ocreuses et par des fragments de la roche encaissante qui est 
plus ou moins décomposée dans leur voisinage. Les minerais 
sont surtout des silicates hydratés et des carbonates accom- 
pagnés plus rarement d'oxydes et des sulfures; on y trouve 
notamment le cuivre hydrosiliceux, l'allophane, la néolithe. 



Totetna 



Bngeblri 



RoebUU 



(i; Bulletin de la eoeiéti de l'indtulrie minérate^ '*' et 3* année. Eludes 
sur les mines de la Toscane. 

()) Berg. HUtten, Zeit,, ift59. — Uebêr die Erxfukrung dêr Freibtrgmr 
Gange. — Dia Er%%onên in Sàehtitehen Erxgehirge. 

( 3) Jahrbueh dêr K. K. ëiterreieh^ Geologitehen AetcAoïMffl/^ X, année 1 8S9 
n* 1. — Bcrg. Bûiten Zeil., 1860, 2po. 





lETUE DE GÉOLOGIE 
icblte, l'azurite, l'oxyde noir de cuivre, l6 cuIvTfl OTf- 

acida antimonieux, le plombcarbonaté, la pyromorphlM. 
ium, le plomb sulfaté, la calamine, la gaiéne, le cuivre 
lé, la pyrite de cuivre, le cuivre natif, le cuivre gris 
>oial, la cbaux carbonatëe, le quartz et le gypse, 
le Rlclithofea (i) a fait des recherches sur les gttes 
iférea qui se trouvent dans le trachyte de la Hongrie. 
inerals sont tantôt finement disséminés, tantôt concen- 
ins des veinules et dans des druses. Ils consistent prin- 
ment en Buifures, tels que pyrite de fer, blende, galène, 
ïine Bulfuré, pyrite de cuivre, pyrargyrite, argent 
é. Dessuirates.iiotammentlabaryiesuifatéeetlegypse, 
compagneat, ainsi que le quartz et plus rarement lee 
liâtes. En ayant égard à l'ordre d'ancienneté de ces mi- 
X, le quartz et les minerais se sont formés les premiers, 
ont venus les sulfates et en dernier lieu les carbonates, 
nicbtbofen attribue la production de ce» gties métalli- 
i des exbalations gazeuses, qui ont accompagné l'énipOon 
rphyre trachjtique ; d'abord ces exhalations consistaient 
orures et chlorures qui furent ensuite décomposés par 



POUR l'année 1860. 477 

ment. Les en virons de Na^ybànya^Pelsôbanya, Kapnlk,Rodaet 
Olalaposbànya présentent une assez grande unifonnité dans 
leur constitution géologique. Au-dessus des plalness*élèvent des 
roches trachy tiques qui, vers le bas, passent à des roches à pftte 
compacte et de couleur sombre, considérées par M. Bref- 
thaupt comme formant une espèce spéciale à laquelle lia 
donné le nom de tiuiazite. Elles contiennent d'ailleurs de Ta- 
northose, de Thornblende, du mica et quelquefois aussi du 
quartz. Ces roches éruptives donnent à la contrée un cachet 
particulier; elles ont traversé les dépôts sédimentaires qui 
consistent en grès ou en argile schisteuse et qui appartiennent 
au tertiaire éocène le plus ancien, diaprés les géologues de 
rinstitut impérial de Vienne. 

Jusqu*à présent les gîtes métallifères de la Hongrie n*ont 
guère été observés que dans les roches éruptives, et particu- 
lièrement dans celle nommée Timazite. A Pelsôbanya, le^ filon 
principal traTerse bien sur une certaine longueur Targile 
schisteuse, mais cette dernière est altérée et paraît avoir été 
enveloppée ; en outre le filon le plus puissant y devient mince 
et très-pauvre. À Olalaposbànya, où un filon très-puissant est 
exploité par exception dans le grès tertiaire, la roche éruptive 
amphibolique se montre à une petite distance. Souvent la 
roche qui encaisse les filons a perdu sa couleur sombre ; elle 
est devenue blanche et douce au toucher, particulièrement 
lorsqu'elle a été imprégnée par de la pyrite de fer. 

Quant aux g! tes métallifères, ils présentent dans chaque 
localité des caractères spéciaux et assez variés. A Nagybanya, 
le filon Kreutzberg est dirigé N.-S. avec une inclinaison de 
70** à 80* vers Touest Sa puissance moyenne est 1 mètre, et 
elle s'élève accidentellement au double. C'est surtout le quartz 
qui a opéré son remplissage. Sa roche encaissante est feldspa- 
^ique, blanche et très-imprégnée par de la pyrite de fer; c'est 
de la timazite décomposée. A Vivisa le filon contient du quartz, 
de la chaux carbonatée, de la dolomie, de la pyrite de fer et 
de l'or. 

A K^)nik les filons ont pour la plupart la direction du S.-O. 
au N.-£.; mais ils sont très-complexes. Us renferment surtout 
le quartz, le manganèse carbonate, la galène, les pyrites, le 
cuivre gris , la bleode phosphorescente de couleur foncée, la 



BETUE DE GÉOLOGIE 

I j3uae , le manganèse sulfuré , le gvpse qui enveloppe 

X de blende, la chaux carbonatâeet le ja^pe rouge 
Jt associa à la pyrite aurifère. 

■laiaposhdnja le filon Vorsebung Cottes est dirigé de 

:t encai^gé dans le grès. Sa puissance s'élève 

lertains endroits jusqu'à ts ou i6 mètres; mais alors 11 

lit beaucoup de Tragments de la roche eocalssante. Sou 

sage consiste en ({uartz corné et hyalio ainsi qu'en 

; la pyrite de cuivre y est surtout abondante. Acclden- 

Dt, il est mélangé de galène qui forme des zones alt^r- 

I avec la pyrite de cuivre et le fer apathique. On y a 

une druse qui avait 5 mètres de long sur plus de 

■sde large et qui était tapissée destalactites de pyrite de 

Braque le Rlou passe du grès dans l'argile schisteuse,. Il 

lie de puissance et s'appauvrit Le grès qui forme la rocbe 

e a fréquemment sa couleur altérée et il a été pé- 

|)ar de la pyrite de fer qui s'y moniie en petite grains. 

e de cuivre rend i5 à 16 livres de cuivre au quintal et 

plotbs d'argent; ce dernier contient en outre o,i35 d'or. 

[TL'nbdnya, dans les sept montagnes, 1b micaschiste qal 



POUR l'année 1860. 479 

Le porphyre de Gsétatj est entouré par un grès tertiaire 
éocène qui devient également aurifère dans son voisinage. Le 
grès aurifère renferme d'ailleurs des conglomérats, des tufs et 
quelquefois des fragments du porphyre de Csétatj ; sa stratifi- 
cation est aussi moins nette. 

Quant aux fiions aurifères, ils n'ont guère plus de o",55 ; leur 
inclinaison est variable, et quand ils se croisent ils s*enrichis- 
sent généralement. Leur remplissage consiste en quartz, en 
chaux carbonatée, en pyrite de fer. L'or libre ne s'y observe 
que très-rarement sans le secours de la loupe; le plus souvent 
il est très-fin et associé à la pyrite. Du reste, la pyrite a pé- 
nétré dans le grès qui encaisse les filons, et ce grès peut être 
exploité comme minerai de bocard jusqu'à une distance de 
plusieurs pieds. On a cru reconnaître que les filons sont plus 
riches quand la roche encaissante est d'une dureté moyenne; 
ils s'appauvrissent au contraire quand elle est très-tendre ou 
très-dure. Us sont aussi plus riches dans (e grès fin que dans 
le grès grossier. 

Les filons pyriteux contiennent quelquefois du cuivre gris 
argentifère et un peu de pyrite de cuivre; on outre la marcas- 
site s'y montre en stalactites gui recouvrent de grandes parois. 
Les variétés du porphyre de Gsétatj, pénétrées de quartz, sont 
beaucoup plus riches en or que le grès; elles sont aussi tra- 
versées par une multitude de veinules très-irrégulières qui ont 
imprégné le porphyre lui-môme. 

Le grès éocène a été déposé après le porphyre, et les tuffs 
qu'il renferme paraissent en relation avec des éruptions por- 
phyriques. Postérieurement ce grès a été métallisé par l'or et 
par la pyrite et en même temps des minéraux se sont formés 
dans ses fissures. C'est seulement plus tard que serait venue 
l'éruption du trachyte ou du timazite ainsi que celle du basalte; 
quant aux vallées actuelles, elles auraient encore une origine 
plus récente. 

Les gîtes métallifères des environs de Nagyàg ont déjà été Nagjif 
décrits avec beaucoup de soin par MM. de Hingenau et De- 
breczényi. On y retrouve le grès tertiaire qui est traversé, 
comme précédemment, par des roches éruptives trachy tiques, 
et c'est dans ces roches que se rencontrent les filons. Leur 
direction est comprise entre N.-S. et N.-O. Leur inclinaison est 
très-forte. Leur puissance est le plus souvent inférieure à 





RETUE DE GÉOLOeiE 
aais elle peut s'élever accidentellement jusqu'à a mètres. 

t tr^s-reiuarquable: elle est formée par une pùte foncée 
oïient de la destruction des roches encaissantes et dans 

îrèche peut dépasser -i mOtres et d'un autre cûté, dans 
inlficatlons, elle se réduit beaucoup et elle n'est qued© 
les centimètres. 

minéraux qui ont rempli les filons sont surtout le man- 
; carbonate ou bien la dolomie et la chaux carbonatée, 
n enfin le hornstein et le qiiartit.J.es minerais sontesseo- 
lenttellurés et aurifères; il; a aussi du mangan'^se sul- 
tde la pyrite de fer qui imprègne souvent la roche éc- 
rite jusquà une grande distance- Parmi les miuéraux, oo 
iter le gypse avec des paillettes d'or, tachaux carbonaiée, 
omie, le manganèse carbonate, !e quartz, l'améthyste, 
urure d'argent aurifère, le napjaçite, le sylvanlte, le 
i,5clirifttellur), l'or natif, Tarsenic, la pyrite de fer su- 
, locuivre gris aurifère, la boumonite, la palène, l'an- 
le sulfuré, 1 liétéromorphite (Kenererz) , le manganèse 
M^jend^run^trougMeETQnmanga^^ 



POUl L'ANBliE l860. 4^^ 

complexes caractérisés par un grand nombre de minerais' 
e gîtes ferrifères. Toutefois il n'existe pas de limites bien tran- 
chées entre ces trois groupes. 

9* La distribution des gttes métallifères ne paraît soumise à 
aucune loi géographique; mais elle est en relation avec certains 
phénomènes géologique^. Ainsi les gttes stannifôres se troa- 
vent surtout dans les roches granitiques, ou du moins ils sont 
en rapport avec elles. Les gttes aurifères s'observent le plus 
souvent dans les schistes cristallins, dans les roches éruptives 
ou dans les roches quartzeuse», tandis quMls sont très-rares 
dans le calcaire ou dans la dolomie. Les filons argentifères sont 
dans les schistes cristallins ou dans les roches argileuses; les 
minerais de plomb et de zinc qui sont pauvres en argent sont 
intimement liés aux calcaires dolomitiques. Les gttes cupri- 
fères s'exploitent souvent dans les roches amphibollques ou 
chlori tiques, dans le granit et dans le grès. Les minerais de fer, 
qui sont de tous les plus fréquents, se montrent dans les con- 
ditions géologiques et pétrographiques les plus variées, mais 
très-souvent ils s'observent au contact de deux roches dilTé- 
rentes. 

y La distribution des minerais dans les gttes métallifères est 
généralement inégale ; elle dépend du niveau et de la puis- 
sance du gtte ainsi que de la roche encaissante et de quelques 
circonstances encore inconnues. 

ft* L'ftge des gttes métallifères est difficile à fixer, surtout 
lorsqu'ils ne sont pas en couches. On estd'ailleurs certain, par 
ceux dontr&ge peut être déterminé, qu'ils appartiennent à des 
époques très-différentes ; que leur composition minéralogique 
ne permet de tirer aucune conclusion sur leur ftge; que dans 
des contrées diverses, ils sont très-souvent semblables, bien 
que formés à des époques très éloignées; tandis qu'ils sont au 
contraire très-différents, bien qu'appartenant à la même épo- 
que; qu'enfin l'histoire de la terre ne permet pas d'établir un 
ftge déterminé pour les métaux. Il est bien vrai que les gttes 
stannifères paraissent généralement les plus anciens et les 
gttes composés d*flge moyen, tandis que beaucoup de gttes fer- 
rifères appartiennent aux époques géologiques les plus mo- 
dernes ; mais d'après M. B. de Gotta, la différence d'Age de 
ces groupes principaux de minerais n'est guère qu'apparente, 
et etl^ doit plutôt être attribuée à ce qu'ils ne se sont pas for- 
més au même niveau. 





BETUE DE (JEOLtHilE 

ous les ^Ws métallifères offrent une concentratiou 
le minerais dont les tSlSmenia étaient sans doute répan- 
lucoup plus uniformément dans la masse de !a tprre. 

plupart d'entre eui, cette concenti-alion paraît avoir 
par des dissolutions aqueuses et pendantde Irèa-longaes 

En outre, tes minéraux qui constituent, soit les filons 
fères, soit les amas ou les i m pri5gn allons, se sont géné- 
at formés à Tabri de l'atmosphère, dans l'intérieur de 
i et avec le concours d'une pression et d'une chaleur 
undes qu'k sa surface; par conséquent les gites mêtalli- 
it uneongine hydroplotonique. 
ïchéerer (i) a signalé plusieurs cas remarquables 


! l'enveloppement des minéraux. Les beaux cristaux qui 
incnt d'Arenùal, tels que l'épidote, le grenat, l'idocrase, 
ilende, l'augite, le feldspath, se trouvent presque tous 
limite du gneiss avec le calcaire saccharoîde. Ordinaire- 
s sont entièrement enveloppés par le calcaire et d'un 
ûléilspeuvent l'envelopperlui-méme ; c'est, parexeinple, 
H, SchéeriT a observé pour le feldspath. Ainsi, un beau 
ie feldspath d'Arendal enveloppait une proportion no- 
icalcaire noir et grenu au milieu duquel il s'était formé; « 



POUR L*ANNÈE 1860. 



483 



mentceuxdeMM. G.Leonbard, Blum.SeyfertetSôchtiDg. 
Ensuite il dresse un catalogue dans lequel les minéraux sont 
rangés par ordre alphabétique, et il indique les divers miné- 
raux qui sont enveloppés par chacun d'eux ; il décrit avec détail 
les circonstances de leur gisement; il joint à ses propres obser- 
vations, qui sont très-nombreuses, celles de plusieurs miné- 
ralogistes ou géologues. Les principaux résultats des recherches 
de M. Sôchting peuvent êtrerésumés dans le tableau suivant, 
qui est dressé diaprés la classification de M. J. Dana, et qui 
donne en bloc pour chaque famille, d*une part les minéraux 
enveloppants et d'autre part les minéraux enveloppés. 





HLVUi; Dï. r.ËOLOGIt 

isuUatg d" M . E. SOc h 1 1 il g sont généralement d'accord 
'ux obtenus par U. Delessesur l'enveloppement des 
i\.{Ànnattsdei MiMs, 1869, t. xvi, p. 517. Reclierches 
pseudomorphose?.) 

Sôchting cherche ensuite à apprécier les conditions 
quelles se sont formés les minéraux dont il aétadié ren- 
iiicntjilremouteàroriginedeccsdh'ersniinérauietdos 

iquels il entre à ce sujet na sont pas susceptibles d'Être 
5 et devront être lus dans l'ouvrage lui-même. M. E. 
ng fait d'ailleurs observer en terminant que, si l'on 
un petit nombre de cas pour lesquels l'origine ignée 
ente ou très-probable, loriglne aqueuse doit généra- 
6ire admise pour les minéraux qui ont donné lieu à 
ippement. 

:ddle(i) il complété les pseudomorph oses données par 
•egetLettsompour les Ile-s Britanniques en faisant 
re celles de l'Ecosse. Le tiibleau suivant en présente le 
, et lespseudomorphoses liui seraient nouvelles sont 
(isd'un astérisque. 



POUR L' ANNÉE 1860. 48? 


MINÉRAL 


FSBVftOMORraïQOl. 


PSlODOMOEPaOSl. 


Galène. 


Pyromorpbite. 


Mareatile. 


Hoaille. 


Fer oxydulé. 


Pyrile*. 


Hémaiite. 


Pyrite, cbaux earbonatée. 


Miniam. 


Galène. 


Limonile. 


Pyrite, marcaiite. 


Wad. 


Cbaux carbonalée. 


Qaaru. 


Galène, Ptilomélane% SUlbite, Ba- 




ryte sulfatée, Angléfite*. 


Grenat. 


Épidole. * 


SiéaUte. 


Pectolite, Analeime, Natrolite*, Ba- 




ryte lulfatée. 


Serpentine. 


Fer cbromé*. 


Chlorite. 


Grenat. 


Kamme^erite. 


Talc*. 


Terre verte. 


Cbaux earbonatée. 


Peclolile. 


Parentbine*, Analeime. 


Ghrjsoeolle. 


Galène, Piorab carbonate. 


PrebDite. 


Laumonlte, Analeime, Seoletite. 


Analeime. 


Laumonite, Slilbite, Cbaux earbo- 




natée. 


CalamiM. 


Yanadinite 


Yanadinite. 


Galène. 


Rarjte falfalée. 


Analeime. 


Chaoi carbonalée. 


Galène. 


Plomb carbonate. 


Galène. 



Parmi les pseudomorphoses qui sont mentionnées dans ce 
tableau, la serpentine est si habituellement associée au fer 
chromé, le fer oxydulé à la pyrite, qu*on peut craindre un enve- 
loppement desdeux minéraux produisant une apparence de pseu- 
domorphose. La même remarque s'applique au grenat et à Tépi- 
dote qui s*accompagnent si souvent, et en général aux silicates 
qui s^enveloppent mutuellement. C'est seulement lorsqu'un mi- 
néral présentait originairement une forme cristalline bien ca»- 
ractéristique et lorsqu'il a été complètement remplacé par un 
autre^qu'on doit admettre l'existence d'une pséudomorphose : or 
un simple examen du minéral ne saurait suffire ; et pour démon- 
trerune pséudomorphose, particulièrement pour les silicates, il 
serait le plus souvent nécessaire d'avoir recours à l'analyse (1). 



(1) D^les le. AecAercAei fur ki pimdomorphoiês, — Annales âei mtiMf, 
ISS9.XVL 



TOMP. XX, i8«i. 



3« 





KKTUS DS GEOLOGIE 

appert (i) a déjà décrtt les bois pétrifiés, qui proïieu- 
v HmlobouillerdelaSilésie, Bût&min&atVarauearUfi 
!«•#*!, i, AUt), prèsde Vuldenbourg, et i'araucariUi Rlto- 
jvrts de Neurode. Plus réceminent, il a coDstaté, avec 
Itoi, rexistence de toute une forêt pétrifiée qui se 
Juis le grés bouiiler firès du cliataau de llausdorf. 
. Iteiiisch (j) a analysé un bois pétritlé qui provenait 
aire a monotis, appartenant au lias supérieur de Ue- 
rg eu fraiiconie. C'tat une masse gris bruDÛlre foncée 
eu de consiBttiDce et uoe densité de 'j,3çià- 

:0> FlIDI PU* «1 SQ) )li>li«rfl! organi<iues. Somme 
5 ,\ti tnctt. 5,M Il3.»i 

;neux a été presque entièremeot remplacé par de la 
larbooaiée et par de l'oxyde de fer. Une pseudoiuor- 
.nalogue s'observe quelquefois dans les tufs volcaniques 
vergne (5). 

. Clifion Sorby (ù) a étudié l'action prolongée de lu 
■ ot de l'eau sur différentes substances Lus résultats 
obtenus sont i^mar^iuablea, et il est parvenu à repro- 
iverses p^fuiiomoi-plinses (5;. 



POUR L'â!INÉE 1860. 489 

Ote dlTen produits de la décomposition du tractayte par les 
fumerolles contiennent des sulfates terreux et alcalins; par 
conséquent Talunite qui est associée aux roches trachytiquei 
s*est très-Traisemblablement formée de la même manière. 

M. H. Eichhorn (i) a fait des expériences sur la décompé- siiioataf 
sition des silicates par les dissolutions salines, intéressantes ^^^^^^**^ 
par elles-mêmes, ces expériences le sont surtout parce qu*ellés jet distolittoai 
jettent quelque jour sur la formation et sur la décompositroki itUoei. 
des minéraux , ainsi que sur la cliimie géologique et agricole. 
Lorsqu^après avoir été bien pulvérisée, une zéolite, comme la 
chabasie, est mise en digestion avec une dissolution étendue 
de chlorure de potassium, de sodium, d*ammonium, ou enfin 
de chlorures alcalino-terreux, ou bien de sulfate de magnésie, 
de carbonate de soude et d'ammoniaque, on trouve que les élé- 
ments basiques de ces sels se combinent avec le silicate, tandis 
que de la chaux passe dans la dissolution. 

Les chlorures alcalins agissent au bout de deux ou trois 
jours. Les chlorures de zinc et de strontium paraissent d'abord 
inertes; mais au bout de douze jours on reconnaît de la chaut 
dans la dissolution. Le chlorure de magnésium agit encore 
plus lentement. 

ft grammes de chabasie pulvérisée ayant été mis en diges- 
tion avec U grammes de chlorure de sodium dissous daità 
Aoo grammes d*eau, M. Eichhorn a déterminé la compositloil 
originaire de la chabasie (i), puis celle de ce même minéral au 
bout de dix jours (K). 





SiOS 


AltQt 


CaO 


KO 


NaO 


HO 


Somme 


1. 


47,44 


20,69 


10,37 


0,65 


0,42 


20,18 


99,75 


u. 


4t,tl 


21,04 


6,65 


0,64 


5,40 


18,SS 


100,S7 



On voit que la moitié de la chaux de la chabasie a été rem- 
placée par de la soude, et, en même temps, il y a eu perto 
d^eau. La dissolution ne contenait d'ailleurs que de la soude, 
de la chaux, et du chlore dont la quantité n'avait pas varié. 
Lorsqu'on traite de la même manière la chabasie par du chlo- 
rure d'ammonium étendu, formé en mettant 10 grammes de ce 
sel dans 5oo grammes d'eau, on reconnaît au bout de dix jours 



(1) Jahretb. «. Kopp^ 1858, i4i. — PoggendorfT. Ànf^Un^ 18&8, o* 9. ^ 
Àmêrie. J., 1889, XXVlll, 74; 8. W. Johnson. On 9omê poimU of cfH- 





RLVtJE Ut GÉOLOGIE 

minéral est altéré et qu'il conKent 3,33 p. C d'ammo- 
:. Miseen digL'stlûnpendantvitigtetuD jours, la chabaaie 
éeà aia°, a perdu 6,94 d'ammoniaque et en outre <io 
Ivec le carbonate de soude ou d'ammoniaque on obtient 
près Ic3 mêmes résultats. 

;ichhorDaconsWtédeplos.quelachabasiearUficielle 
de soude reprend sa chaux quand elle est mise en di- 
1 avec une dissolution étendue de chlorure de calcium, 
le la nalrolile est traitée par une dissolution étendue de 
re de calcium , sa soude ne se laisse d'ailleurs jias dé- 
par la chaux. 

[qu'il en soit, pour certains bydrosjljcates comme is 
iie, toutes les bases peuvent se remplacer mutuellement ; 
t pour cela que les dissolutions qui les contiennent 
it pendant un temps suffisamment long. Il est facile de 
eiidre aussi pourquoi, dans ces minéraux, la proportion 
est très variable. Ces résultats expliquent également 
ant certaines substances minérales peuvent prendre de 
oniaque. Les eaux souterraines renferment du reste 
lioruroset des carbonates alcalins, et particulièrement 



POUA l'année 1860. 491 

Quant à ces derniers, ils ont une couleur noirâtre ou plus 
foncée que la pâte et ils atteignent rarement la grosseur d'un 
œuf. Leur intérieur a disparu. Quelques-uns sont celluleux; 
d^autres ont leurs cavités tapissées de chaux carbonatée. Il 
en est qui sont très-amincis et même presque entièrement 
détruits, tandis que d^autres sont devenus simplement rugueux 
à rintérieur et n*ont pas été altérés à Textérieur. La dissolu- 
tion de ces cailloux marche du centre vers là circonférence. 
Voici d'après M. Ch. de Hauer la composition des diffé- 
rentes parties de la roche : 

1. Péta qai einente lei eiilloux caTerntax; o'eit un ealetire rormé de 
petits grains caletires, grlsjaanâtres, compactes, translucides, réonis 
par des lamelles de ebauz carbonatée. 

n. Cailloa gris foncé, greno et cristallin. 

111. Croûte extérieure d'un caillou grisAtre, dont l'intérieur est doTena pul- 
Térulent. 

lY. Poudre gris clair prise A l'intérieur d'un caillou caTemenx. 





CaO,COi 


MgCCOl 


FeiO» 


Résidu insoluble. 


Somme. 


1. 


9t,00 


0,50 


traces. 


1,29 


99,79 


11. 


•8,SS 


0,80 


» 


0,42 


99,55 


IIL 


87,26 


12,00 






99,26 


IV. 


62,52 


36.75 




traces. 


99,27 



Ces analyses montrent bien que les cailloux du conglomérat 
de Lauretta sont d'autant plus caverneux qu'ils renferment 
plus de magnésie. Leur chaux a été dissoute et en partie 
remplacée par de la magnésie. Ce métamorphisme peut être 
attribuée une infiltration d'eau chargée d'acide carbonique; 
et, comme l'a remarqué M. Redtenbacher, d'après les 
équivalents, il doit alors se dissoudre plus de carbonate de 
chaux que de carbonate de magnésie. Le carbonate de chaux 
enlevé à l'Intérieur des cailloux caverneux se retrouve d'ail- 
leurs à l'état de chaux carbonatée dans le calcaire arénacé 
qui les enveloppe et il forme son ciment 

Quant à la cause pour laquelle la surface du caillou est sou- 
vent bien conservée, tandis que son Intérieur a été dissous, 
elle est plutôt mécanique que chimique; car on conçoit que 
les pressions qui s'exercent immédiatement à la surface du 
caillou puissent la protéger contre la dissolution, bien que 
cette dernière ait cependant lieu à l'intérieur. 

M. Daubrée(t) a également observé des cailloux caver- 

(I) L'/nsKl., n mars 1860, m. 





BEVUE QF. GltOIX)CtE 

près de Goi^rsdor^ (Bas-illiin . i\CLs cailloux qui sont «a1- 
proviotinent du uiuschelkalk , st appartiennent à an 
ligue miocJ'nf. Aux environs de Doullea prf's d'fipinal, 
luljrée ludifiue aussi des cailloux quarlzeux qui sont 

nM. G- W il rte m herger(i) a encore constaté l'existenoe 
Houx caverneux qui i*(aIentorlglnaiiTment calcaires, mais 
it été changes en dolomie. Ils appartiennent h un-con- 
rat qui se trouve & la partie InWrieure du grès Iiigarré 
kenberg. et lU sont recouveria par des couchea dolomi- 
. Leur métamorphisme en dolomie a eu lieu seulement 
lartie supérieure du conglomérat, et les cailloux de la 
inférieure sont restés calcaires. 

:.(jry i-ài a étudié dans les alpes du Dauphiué le méta- 
lisme qui s'observe au contact du spilite avec le calcaire 
B. A l'est do vallon de Navette, le spilite présente un fi- 
luche parallèle à la stratification du lias; et le calcaire 
contact est décoloré et pénétré de silice; de gris il est 
u lilanc veiné de rouje ol II a été chanf;ii en marbre 



POCB ]L' ANNÉE i86q. 4)^ 

« 

tlûDDOns ceux de II. Vohl (0 Rui a étudié la formation de la 
tourbe. U a recherché notamment de quelle manière varient 
le^ subatances minérales contenues dans les mousses qui la 
produisent; dans ce but il a analysé comparativement les 
cendres de ces mousses {iphagnum commutée et acutifolium) 
et celles de la tourbe elle-même. 

KO NaO NaQt CaO M^O PeiQ» Alid PO* 80* SiO> SomiM. 
I. Mi 1|84 1M3 3,17 4,»2 63,S 5,»9 1,06 4,33 41,<i9 114,44 
II. 1,93 0,99 0,06 31,08 3,11 15,07 33,94 4,45 6,S3 3,55 100,01 

Comme le montrent ces analyses, il existe une grande diffé- 
rence entre le^ cendres des mousses et celles de la tourbe. 
Tandis (|v|e les premières constituent jusqu à U p. loo des 
mousses « les secondes représentent seulement 0,92 de la 
tourbe ; par suite le végétal contient plus de substances miné- 
rales que la tourbe qu^il engendre En outre, les alcalis ont 
beaucoup diminué dans la tourbe, et le chlorure de sodium a 
même disparu presque entièrement ; la proportion de silice a 
aussi été considérablement réduite. Quant à Talumine et à la 
chaux, elles ont au contraire augmenté. 

Une expérience de contrôle faite sur de la mousse mise en 
digestion dans de Teau a montré d*ailleurs qu'elle perd surtout 
son sei marin, ses alcalis et sa silice. Ces recherches nous expli- 
quent bien pourquoi les cendres de tourbe ne contiennent 
presque pas d'alcalis ; eiles montrent en outre (|ue les matières 
uunérales contenues dans les végétaux subissent des métamor- 
phoses aussi bieu que leurs matières organiques. Du reste, il 
en est de même pour les animaux fossiles (2). 

M. Lesquereux (3) a cherché à apprécier les conditions 
dans lesquelles s est formée la houille ; il s'est également occupé 
des roches qui raccompagnent, cVst-à-dire du schiste argileux 
inférieur et supérieur, du calcaire carbonifère et du grès houil- 
1er. Il observe que Texistence d'une houille d'origine marine 
lui parait extrêmement peu probable ; car, si l'on considère la 
tourbe, elle n'est jamais formée uniquement par des fucoîdes 
ou par des plantes marines. Et quant à la houille, M. Lesque- 
r e u X n'a pas encore pu y constater des traces certaines d'ori 
gine marine. 

Société ekimi^vê d§ ParU, Juin i859, 289. - .4iiiuil«ii dêr Ckêmi9 «mu( 
der Pharmacie, CIX, I85 (XXXIil, noUTelle iérie\ 
v2; Déleste : A%otê §t matièreB organiquêt dam Vieoreê t^rruUrê, M. 
(31 JÊinimg kmçMifu', réfriet 1860. — Berg, Jf«*fl. 2eff., iS«6, lli. 



REVDE DE GËOLOGIB 

wson (i) a fait, d'un autre côté, des recherches 

■e végétale et sur l'ofigine delà houille; les cod- 

Irales auxquelles il est arrivé peuvent se résumer 

|tea qui ont formé la houille sont surtout les si- 

?s calamités, particulièrement les premières, 

II des tiges de sigillariées, de calamités, de coni- 

e le tissu Ecilariforme des tiges de Icpidodendron 

Ion. le tissu ligneux et va?culaire des fougères se 

lipalement Ù l'état de charbon minéral, L'écorca 

., certaines portions de leurs bois ainsi que de« 

l)acés ont été submergés avant que leur décom- 

1 par l'atmosphère; ces substances ont alors 

luille compacte, présentant dlITérents degrés de 

Jorce. à cause de sa grande résistance à l'inflltra- 

a donné la houille la plus pure, La proportion de 

t de houilIi3 dépend ess^nllellement de 1> 

1 subie par la plante dan^ l'atmosphère, et par 

hidité du sol marécageux sur lequel elle était 

tture do la houille s'accorde avec Thypothèso 
l d'une végétation surplace et non pas d'un trans- 
es. Les sigillariées et les caiamilcs qui étaient 
^ branches, qui portaient seulement des fculllea 
bides, devaient former des bois très-épais et des 
ilesquels les liges se réduisaient après leur mort 



pouu l'année i86t>. 49^ 

UD développement très-rapide. Les .calamités notamment, sont 
très-celluleux à l'intérieur; mais leur axe ligneux est très- 
dense, leur écorce extérieure est presque indestructible, et 
leurs feuilles sont rares et rigides, ce qui n'indique pas un dé- 
yeloppement rapide. Quant aux sigillariées, les variations des 
cicatrices dans les différentes parties du tronc, Tlntercalation 
de nouvelles côtes à la surface, les marques transverses lais- 
sées aux différentes époques de leur croissance, montrent bien 
qae plusieurs années au moins étaient nécessaires au dévelop- 
pement de troncs d'une grosseur moyenne. Les énormes ra- 
cines de ces troncs, et les conditions dans lesquelles se trou- 
vaient les marais houillers , les préservaient d'ailleurs du dan- 
ger d'être renversés. Aussi les sigillariées devaient-elles fournir 
une longue suite de générations, qui ont péri seulement de 
mort naturelle, chacune d'elles se développant aux dépens de 
celles qui l'avaient précédée. On restera certainement au- 
dessous de la vérité, en admettant qu'une couche de bouille 
pure, ayant un pied d'épaisseur, résulte de la végétation sur 
place d^une quarantaine de générations de sigillariées et de 
forêts qui se sont continuées pendant plusieurs siècles. En 
outre, il est évident qu'une immense quantité de tissu paren- 
chymateux et même de bois a été détruite; de sorte que beau- . 
coup de couches de houille ne représentent plus qu'une très- 
minime partie de la matière végétale qui a été produite. 

M. Dawson observe en terminant, que ces remarques 
s'appliquent auxcouches de houille qui appartiennent au milieu 
du terrain houiller; mais il est porté à croire que dans les 
couches qui sont à la base de ce terrain, les nœggerathiées et 
les lepidodendrons sont plus abondants. 11 a reconnu notam- 
ment. qu*une bouille très-ancienne et appartenant même au 
terrain dévoniendu Canada, était principalement formée de 
lycopodlacées du genre psylophyton (i). Dans les couches su- 
périeures du terrain houiller, il existe sans doute des variations 
analogues, et elles ont d'ailleurs été constatées en Silésio par 
M. Gœppert ainsi que dans l'Ohio par M. Lesquoreux. 

M. G. P. Wall (3) a étudié le gisement et l'origine de l'as- Aiphaica 



(1) Phitoiophieal Magazine {{" s.), XVII, i47.~ Geohgieal Society^ 5 Jan- 
tier I8S9. 

(2) Gtolog, Society, XYI, 467.— Sur la gMogiê ff une parité du Vênetuttm 
Hiela Trinité. (Communiqué ptr Sir Roder iek Marchifon.) 





BKVUe as. GËOLOGU 

dans le VetiMueta el. dans rtli; de la Trinité. Dms cette 
■e fie, l'asplulie est iuvariablement disséminé dans les 
s les plus récentes du golfe Ue l'arîa qui parajuieiit èlre 
V.S. (^uaad il est à la [dace tkus laquelle il s'estrormé, 
)uv<3 uuiquemeDt dans desschistei^ particuliers qui eoa- 
it originairement une certaine proportion de débris 
IX. La matière organique a subi une décomposition spé- 
j) a produit du bitume au lieu du Hgnile qu'elle donne 
renient dans ce terrain. Cette trausTormation ne peut 
tri buée, ni fi la chaleur, ni à une diiitlllation ; elle (v.t due 
lient à des réactiona cliimiquea qui s'opèrent à la tera- 
re ordinaire et dans les conditions normales du climat. 
.e, le gisf ment de l'asplialte dans les coucbes démontre 
itemeut que son orieiue est bien celle qui vient d'fitre 
io i c'est aussi ce qui résulte de l'examen de nombreui 
ens en voie de transformation dans lesquels on recon- 
. structure végétale qui est plus ou moins oblitérée. SI 
»out le bitume, on distingue très-bien les cellules végé- 
iii ont été corrodées et qui présentent des formes qu'on 
ouve dans aucun autre bai» minéralisé. La plasticité et 



POUB L'àNHÉE 1860. 497 

StTifsfortoû elles ont été traversées surplus de 370 mètres d'é- 
paisseur. L*hjpothèse la plus probable paraît être celle adoptée 
déjà par sir Charles Lyell d'un dépôt produit par Tévapo- 
ratiou de mers intérieures engendrées elles-mêmes par le 
retrait de l'Océan. De Bibra qui s*est occupé de l'analyse de 
différentes eaux de mer a constaté qu'elles contiennent en- 
viron a, 5 à 3 p. 100 de chlorure de sodium, 0,3 de sulfate de 
chaux, autant de sulfate de magnésie et de sulfate de potasse, 
ainsi que o^U de chlorure de magnésium, avec des traces de bro- 
mures de sodium. Elles renferment, comme l'on sait, très-peu 
de carbonate de chaux. D'un autre c6té les recherches de 
MM. G Bose et d'Usiglio ont fait connaître dans quel ordre 
se déposent les sels tenus en dissolution dans Teau de mer. 
D'après M. d'Usigllo, lorsque Teau de mer est concentrée 4e 
manière à marquer 7%io de l'aréomètre de Baume, il se dé- 
pose un peu d'oxyde de fer et la plus grande partie du car- 
bonate de chaux; à 16", 75 peu de carbonate de chaux et 
plus de 0,5 p. 100 du sulfate de chaux ; à •jG^'.aS du gypse, du 
sel marin , ainsi que des traces de sulfate de magnésie et de 
chlorure de magnésium ; enfin, à 37 degrés c'est le dépôt du sel 
marin qui est le plus abondant. Parmi les produits résultant 
d'une évaporation plus prolongée, on obtient un dépôt cristallin 
ayant la composition de la carnallite, et quant au chlorure de 
magnésium il se dépose ledemier.Que l'on suppose maintenant 
une eau de mer marquant 3,5 et donnant par Tévaporatlon 
3 p. too de parties solides, un bassin marin présentant seule- 
ment une profondeur de 1.000 pieds déposera des couches sa- 
lines ayant déjà les épaisseurs suivantes : 

S«l marin 896 

GypM, sulfaie de magnésie et aulfate de potasse u,8 

Chlorure de magnétlam tt^ 

12,0 

Mais 00 admet pour la mer une profondeur moyenne de 
i5.ooo pieds, en sorte qu'il est facile de comprendre comment 
il a pu se former des couches de sel ayant une épaisseur com- 
parable à celles de Strassfurt. Certaines mers ont môme une 
profondeur supérieure à 36.000 pieds; en outre les eaux salées 
s'évaporant dans un bassin fermé sont quelquefois plus char- 
gées que celles de ia mer, parce qu'elles proviennent de la dis- 
solution delentiUea de sel préexistantes, coimna M. L. Ville l'a 





KkVUE DE tiËOLUGlE 

5 eu Algérie. Ajouions enfin que le retour delà mer sHr 
3 place, sa séparation dans des bassins fermés et son éva- 
1 ont pu so produire & pluaieurs reprises. Ces diverses 
lances permettent donc d'expllqner comment le sel 
s'est déposé en couches d'une grande épaisseur. 

St. Hunt (i)adonné une explication de la formatioQ 
« et de la dolomje. Les points sur lesquels il appelle 
on sont i" In production do sulfate de chaux et de bi- 
ite de magnésie par la réaction du bicarbonate de chaux 
1 soiulion de sulfate de mngnésie, puis leur dépôt à 
i gypse et d'hydrocarbonate de magnésie par suite de 
■atlon ; a" l'union directe, sous certaines conditions, de 
onate de magnésie avec le carbonate de cbaux pour 
un carbonate double qui est la dolomie. 
lue toutes les autres roches, le gypse et la dolomie ont 
Ivlléged'exerccrrimagination des géologues et on leur 
nt attribué une origine métamorphique, le gypse éUmt 
i-é comme du carbonate de chaux transformé en sul- 

dolomlc comme du calcaire devenu magnésien. Mais 



POUR l'aMN£ë 1860. 499 

M. G. Rose (1) a recherché quelles sont les conditions dans carbonate 
'lesquelles se forme le spath calcaire, Tarragonite et la craie, ^« «'"•■^ 
c*e8t-à-dlre le carbonate de chaux rhomboédrlque, rhomblque 
ou amorphe. 

1* L'influence d*une température élevée a d'abord été étu- 
diée. Si Ton fond un mélange de carbonate de soude et de 
potasse et que l'on introduise dans la matière liquide un peu 
de chlorure de calcium calciné, puis qu'on la laisse refroidir et 
qu^on la traite par Teau, on obtient un résidu pulvérulent de 
carbonate de chaux qui au bout de 2U heures s'est transformé 
en spath calcaire ou en chaux carbonatée rhomboédrlque. 

Lorsqu'on calcine de Toxalate de chaux» on ne le transforme 
pas en spath calcaire. 

M* Gw Rose a repris ensuite l'expérience célèbre de sir 
James Hall; suivant la méthode indiquée et soumettant la 
craie à une haute température ainsi qu'à une forte pression, il 
aessayé de la métamorphoser en spath calcaire. Deux essaissont 
restés infructueux et M. G. Rose en tire la conclusion que la 
craie et le calcaire compacte étant soumis en vase clos à une 
haute température ne peuvent pasêtre transformés en spath cal- 
caire; que de plus la chaux carbonatée rhomboédrlque ne se 
produit pas par la chaleur. La craie se change alors en une masse 
dense, blanc bleuâtre, qui a sans doute été prise pour du mar- 
bre» bien que ce n'en fût pas. L'existence de marbre au con- 
tact du granité, du basalte ec du trapp, ne démontre d'ailleurs 
pas que le calcaire se soit changé en marbre sous l'influence 
de la chaleur seule, puisque de la glauconie, des zéolithes et 
des minéraux hydratés peuvent encore lui être associés (a). 

«*M. G. Rose a fait aussi évaporer une dissolution de car- 
bonate de chaux dans de l'eau chargée d'acide carbonique, et il 
a reconnu qu'en opérant à la température ordinaire ou bien à 
une température plus élevée on obtient le carbonate de chaux 
sous les trois états qu'il offre dans la nature. Ainsi, l'évaporatioa 
de la dissolution à la température ordinaire donne à la surface 
delà chaux carbonatée en rhomboèdres et au fond du vase des 
globules de craie. L'évaporation à une température plus élevée 
produit à la surface des prismes d'arragonite et des tables de 

(1) IntUt,, 13 décembre iseo, 406. — Académie des sciences de Berlin, 
2 Jaillet IBM. 
^3) De le s se. Etudêê fur /• wUtëWiarpkiêtM du ro^hu, lifts ; in-t% 140. 





atVUE U£ GÉOLOGIE 

indls qu'au fond du vaseoii a des rhomboèdres de spalb 

' voie faumide et Jk une température élevée, le car- 
ie cbaux [jeut encore se déposer à IVtat de spath cal- 
'est ce qui a lieu lorsqu'il est entouré par une aimos- 
acide cartonlquo ou bien lorsqu'il se sépare au milieu 
;agemeut de ce gai. Parexeraple, lorsqu'on fait bouillir 
yné laiteux obtenu en décomposant le bicarlKinaie dtt 
11* une dissolutiuD de ctilorure de calcium, on n'a abso- 
que des rbomboëdres de bpalb calcaire sans traces 
nite, 

iD M. G. Rose a déterminé la température à laquelle 
nate de cbaux se s<5pare de ses dissolutions à l'état de 
ilcaire ou d'arragonite. Dans ce but, il a maintenu de 
uae température constante dan»> une grande capsule 
. ; il y a versé la dissolution de carbouate de chuux par 
1 assez petites pour que la température de la ma.°se ne 
las sensiblement ou du moins puur qu'elle redevint 
imentcc qu'elle était d'abord. Ensuite il a HUrë le 
ë formé qui a élé examiné. Voici les résullats obtenus, 
s l'eau Ijoiilllante il se forme presque exclusivement de 



POra L* ANNÉE 1860. loi 

Mi|«6nmeBt dttw la dioHte et en plus petite quantité dans 
la syénite ou dans le granité. Quand la diorite se déooni- 
pose entièrement, elle donhe généralement une terre rouge 
arf lieuse qui» dans la Caroline du Nord, est renommée pfetr ék 
grande rfnhesse en en G*est même dans la région dioritfque H^ 
comté Gabarrus N. G. que les plus grosses pépites ont été 
trouvées, et elles pesaient Jusqu'à a8 livres. Tout le sol y est 
plus ou moins aurifère. A Alexandrowsk une large pépite d'or 
do poids de 86 livres a également été rencontrée dans la 
diorite; ces exemples montrent donc que la diorite de diverses 
contrées peut être aurifère. 

Maintenant Tor de la diorite décomposée est ordinairement 
brillant et arrondi; il parait même avoir été dissous, et il 
rétait sat» doute à Tétat de chlorure. C'est du reste facile à 
eoaieevoir; car la décomposition des pyrites de la diorîte pro^ 
dnit de Tacide sulfûrique qui, en présence du peroxyde de 
mangapèse et du chlorure de sodium qu'on rencontre par 
tout, peut dégager de petites quantités de chlore, lequel est 
le dissolvant le plus énergique de Tor. 

if. Genth décrit ensuite plusieurs échantillons démontrant 
que Tor ir bien réellement été dissous. Ainsi, à Whitehall, 
eomté de Spotsylvania, Tor recouvre de la tétradymite, et de 
pins, il parait l'avoir pseudomorphosée, puisqu'il prond la 
forme de rhomboèdres et de scalénoèdres. De même, à la 
mine de tellore du comté de Fluvanna, la tétradymite contient 
fréquemment de l'or interposé entre ses lamelles; et d'un 
autre côté l'expérience montre que la tétradymite précipite fa- 
cilement, et avec l'éclat métallique, l'or qui se trouve dans une - 
dissolution éten due de chlorure. 

BuivantM. Genth, l'or des filons proviendrait des roches 
encaissantes; l'auteur croit en trouver la preuve dans ce 
fait que Tor de la diorite se rencontrerait d'autant plus bas 
dans les filons que la roche serait plus profondément décom- 
poeée. U regarde comme erronée l'opinion, universellement 
admise, que les filons sont la source de l'or exploité dans les 
alluvions; comme preuve à l'appui, il ajoute que l'or présente 
rarement la même pureté dans les alluvions et dans les filons 
qui les avoisinent, et que dans ces derniers il est généralement 
moins fin. Bien que l'or disséminé dans les roches soit suscep- 
tible d'être dissous, comme l'a fait remarquer avec raison 
M. Genth, il nous parait cependant incontestable que celui 



II£VU£ »£ GÉOLOtilË 

I trouve dans les filons provient de l'iatérieur da la terre 
e les autres iiiétauï. 

e d'une élude sur les dlfféreots états de ta silice, 

e (ij s'est rallié aux géologues qui rejettent l'hypo- 

3 la, formalioD du granité par voie ignée. Do plus, il 

i la même conclusiou aux autres roches quartzirères, 

I porpbyres et aux trachytes qui contiennent du 

J. M. Ch. Ueviile (a) a fait observer que la présence du 

ftt des feldspaths dans le granité et dans les roches aua- 

1 est tout aussi dilEciie à expliquer que celle du quarts. 

e que les déductions tirées d'expériences de ialwra- 

ivenl avant tout s'accorder avec les faits constatés en 

lie et qu'on ne peut se refuser à reconnaiire des analo- 

Indamenlales entre le granité et les laves modernes. 

e publication antérieure, M. Deiesse (i) a cherché à 

lier les conditions dans lesquelles se sont formées les 

1 éruplives. Bien que la chaleur ait participé d^na une 

pe mesure à la fortoation du granité, ou ne saurait le 

3 une roche ignée; c'est ce qui résulte de ses 

ai né ra logiques, de son gisement et surtout du mé- 



POUB l'année i86o. 5o5 

rieare des météorites, lui ont permis de déduire quelques con- 
séquences intéressantes relativement à leur origine (i). Si Ton 
considère, par exemple, la météorite de Stannern, sa croûte 
brillante parait indiquer les effets d'un courant d'air qui 
aurait produit autour d'elle un bourrelet saillant à Tarrière. 
La croûte de la météorite de Gross-Divina est rugueuse à 
rarrière et polie à Pavant; elle montre en outre les dépres- 
sions rondes, bien connues, que M. tiaidinger attribue à la 
fusion s^opérant dans un milieu rare ou dans le vide et à Tabri 
de rinfluence de Tatmosphère. 

L*auteur distingue de x périodes consécutives et bien défi- 
nies depuis la formation de la météorite Jusqu'au moment où 
elle atteint la surface de la terre. Pendiint la première pé- 
riode qui est cosmique, le globe igné se forme parla résistance 
de Pair; la fin de cotte période est marquée par une explosion 
indiquant l'entrée soudaine de l'air atmosphérique dans le vide 
imparfait qui existe dans son intérieur. Pendant la deuxième 
période' qui est terrestre, la masse météorique tombe confor- 
mément aux lois de la pesanteur. 

L^ météorites, complètement recouvertes par une croûte 
vitrifiée, devaient déjà être isolées lorsqu'elles ont atteint 
l'atmosphère terrestre ; elles no peuvent être les fragments 
d'une météorite dont Texplosion aurait eu lieu au moment 
de la disparition du globe igné. Tandis que la météorite de 
Gross-Divina était une masse unique; celle de Stannern a pro- 
duit une véritable pluie de météorites. 

M. de Beichenbach admet que les météorites doivent leur 
origine à une agrégation de petits globules ou de cristaux ana- 
logues à ceux qu'il supppose exister dans la queue des comètes; 
BQI. Haidinger et Kenngott pensent au contraire qu^elles 
sont formées de diverses substances minérales ayant une ana- 
logie évidente avec les roches qui composent l'écorce ter- 
restre. A l'appui de sa théorie M. de Beichenbach invoque, 
il est vrai, l'expérience de M. Brokedon d'après laquelle le 
graphite pulvérisé, étant débarrassé d'air au moyen de la ma- 
chine pneumatique et soumis ensuite à une compression, peut 
être changé en une masse compacte (a}. Mais il faut observer 
que cette expérience suppose Tair préalablement enlevé et 

(I) Voir aussi Kenngou. Sociale ieitntifique de Zurieh^u oetobr* 1SS9. 
\2) L y e 1 1. Uanuel de géologie ; I, 67. 

Tome XX, 1861. 33 



5o4 BBTDE DE G^LOGIE 

une compression supérieure à ao-otm tonoes. D'un aatn cfité, 
M. Schrotter s prouvé par des expérleoces Ingénieuses que 
rafflultéchlmlqueccssecomplëtement^ une tempe rature de 80* 
au-dessous de léro ; de telle sorte que les substances qui, dans 
lescondltlonsordloalres se combiaent avec les plus violentes 
explosions, peuvent alors êlro ml^^es imiuiuément en contact. 
Or, la température des espaces planétaires que traversent les 
météorites, serait de lùo* au-dessous de o', d'aprësM. Fouil- 
le t; par conséquent les expériences de M. Schrotter élèvent 
une objection capitale contre la théorie de M. de Relchen- 
bEch, tandis qu'elles confirment a» contraire celle de 
MH. HatdlngeretKenugott. 
, Bous résumerons encore quelques faits qui fournissent des 
données sur l'Age des roches érupllvcs. M Ormcrod (i) & 
signalé des filons de granité dans les roches carbonifères des 
environs de Dartmoor. Ces filons se réduisent dans certains 
cas à des veinules, mais Ils peuvent aussi atteindre 6 mètres: 
quand Ils ont une grande puissance, leur structure devient 
d'ailleurs plus cristalline, 

M. C. F. Naumaun (3 a étudié le mélapbyre des environs 
d'ilfeld dont il a déterminé r5f.'o. Ce mélaphyrc rst bien distinct 
de la porphyriie et il est plus ancien. Un étage du rothliegonde 
sépare génératemont ces deux roches. 

Le uiélaphyre d'ilfeld. forme le plus son?etit une sorte de 
manteau épais qui recouvre le rothliegendc ; toutefois, dans 




POUB l'année 1860. ioi 

arétaoé supérieur et ne contient Jamais des fra^nnents de ro- 
ches tertiaires. Quant à Teuphotlde, à la diorite et à la ser- 
pentine sans diallage, elles sont venues postérieurement et 
à répoque miocène. 

M. B. Hassencamp(i) a fait, avec le concours de M. O. 
Béer, Tétudede la flore fossile fournie par le terrain tertiaire 
des montagnes du Rhôn. Les couches de lignite qu^elles ren- 
ferment appartiennent à plusieurs étages tertiaires. D'un autre 
côté toutes les formations de ce pays sont en relation intime 
avec les roches volcaniques; très-souvent ces dernières consti- 
tuent même une partie importante du terrain , en sorte qu'il 
est possible de déterminer leur âge avec asses de précision. lie 
tableau suivant indique approximativement quelles sont les 
roches volcaniques qui dominaient dans les montagnes du Rhôn 
aux époques auxquelles se sont déposés les différents étages. 

Têtraini. Roches votctiniquet- 

Quatenuire Tuf traehjtique. 

Pliocéoe » 

I Etage d'OEningeD Taf basaltique. 
Etage Helvétique Basalte. 
Etage Mayencien Tuf basaltique et basalte. 
Etage de l'Aquitaine Basalte et tuf basalUqoe. 
Etage toDgrieo *• 

Éocéne Pbonolilbe. 

C'est à répoque de l'étage helvétique qu'avaietit lieu les 
principales éruptions basaltiques et au-dessus de cet étage les 
couches ne sont plus bouleversées. 

M.deRiehthofen (3)distingue trois périodes dans les roches 
éruptives tertiaires de la Hongrie et des Sept Montagnes; ces 
périodes correspondent au groupe du tracbyte,duRyolite et du 
basalte. Le trachy te est le plus ancien; il est presque entièrement 
formé d'hornblende et d'oligoclase et c'est seulement dans quel- 
ques éruptions plus récentes qu'on observe de l'orthose vitreux 
(sanidine). Jamais la silice n'y devient assez abondante pour 
8*i80ler à l'état de quarts. Les roches appartenant au groupe 
du trachyte se rapportent du reste à deux séries; la première 
correspond au gruustein et àla diorite: M. de Richthofen la 



Pbonolii 

Tracbyl 

BasalU 



Traebyi 

Porpbji 

tracbyUqi 

Perlite 

Obsidieni 

Fonce, 

Basalte 



(fl) iokrb, e. LBonhard, 186I, 101. — Wuriiburg, JValurwû. ZHtsekrifi, 
IMO, 1, I9S. 

(9) Jûkrè, d. Qfohg. ÊMdkmutmiê SilM,B9riêM, ISM, 9t.— JV. Jêkrb. ven 
Uamhmrd, itai, M. / 





HliVtlH nu GÈOLOGii; 

; SrunsUin- traehyle, ce (|ue iious traduirons par tra- 
rerl; ladounième est dite traehyle gria. Letracbyte vert 
plus aDciea des deux. 

roches du groupe appelé lijoUte par M. deltichtofen 
as plus richea en silice et paraissent correspondre au 
rre quariziKre ainsi qu'aux porpliyres. La silice en excès 
le rûle principal et elle s'est séparée à l'état de quarti ; 
knt le quartz peut y disparaître coraplélemeoL Elles 
uuent du reste de l'orihose vitreux et un peu d'oligo- 
Beudant avait nommé ces roches porphyre trocbj- 
porphyre molaire, perlite, obsidienne, ponce. Elles se 
;uent facilement des précédentes par leurs gisements, 
uil y ait quelquefois passage dans leurs caractères mlné- 
)ues. Elles ont l'aspect de masses fondues qui, tantôt sont 
îtement vitreuses et tantôt ressemblent à de la porce- 
elles peuvent aussi former de véritables courants de 
Le trachyte et le ryolite sont certainement associés; 
3 second est indépendant du premier; il lui est postérieur 
5rleur au basalte, 
ut au basalte lui-même, il s'observe dao-t des réglons 



POUB l'année 1860. 



507 



Volcan Mm 



roches basiques. Dans la Nouvelle-Zélande , d'après Hochs- 
tetter, on trouve également trois périodes de roches éruptives. 
Enfin, les observations de Flumboldt ont montré quMl en est 
encore de même au Mexique où les roches éruptlves ont la 
plus grande analogie avec celles de la Hongrie. 

M. Noeggerath (1) a signalé dans le lœss du Rhin une 
couche puisssante de lapilli et il en conclut que Téruption du 
volcan Rodderberg a eu lieu à Tépoque de la formation du 
loess. On sait du reste que le loess remplit en partie le cra- 
tère de ce volcan. 

M. Ëbray (a) a appelé Tattention sur ia coïncidence des Eauxminén 
failles avec les eaux minérales, et il a proposé de rappliquer 
k la séparation des étages géologiques. 

D'un autre côté, M. G. Sandbcrger (3) a cherché à déter- 
miner l'ftge des sources minérales de Wiesbaden. La faille par 
laquelle elles surgissent se trouve entre deux lentilles de grès 
tertiaire barytifère qui formaient d'abord un dépôt continu et 
presque horizontal; en sorte qu^elIcs sont postérieures à ce 
grès. De plus, des dépôts sécrété.^ par ces sources minérales 
s^observent déjà dans le terrain diluvien; par suite elles 
auraient commencé à jaillir après la dislocation du grès ter- 
tiaire et avant le terrain diluuien. 

M. deBeust (6) a appelé Tattcntion sur Tâge des filons 
baryto plombeux. Il observe que tr^s-développés dans TErzge- 
birge, ces filons le sont également dans le midi de la France 
où ils ont été étudiés par M. Grûncr; ils se retrouvent aussi 
dans TAuvergne, dans la Haute-Loire, au sud des Gévennes 
dans les départements du Gard et de la Lozère. D'après M. Gr û- 
ner, le filon du Bottine en Toscane s'y rapporterait également. 
Or tous ces filons biiryto-plombeux paraissent être à peu près 
contemporains de l'époque du lias. M. de Beust remarque ce- 
pendant que dans les gîtes métallifères une même combinaison 
roineralogique a très-bien pu se reproduire à des époques 
différentes; et cVst aussi ce qui résulte des études de M. B. de 
Cotta(5); du reste il est facile de constater que cette ré- 



RoehM 

mèUlUrèn 

Filons bar] 

plombeo 



(f ) Niederrh9{nisehe GeieUsehaft xu Bonn, 0, mai 18C0. 

(2) Butl. géol., XVII, 422. 

(3) Ztittchrifl d. deutichen Geohgitehen Gesellsehaft, XII, S67. 

(4) Bêrg und Huttenmànisehe Zei(ung, i8«o 203 et 78. 

(5) l£hr$ vondên ErxlagêrttàUen. — Freiberg, ISSO. 



RAPPORTS SUR l'explosion, btc. Sog 



RAPPORT ET AVIS 

SDR L*RZPLOSION DI LA LOCOMOnVE R* aûa , DBS GHimirS 

DE FER DE L*EST. 



Rapport de f ingénieur des mines, attaché au contrôle 
de la deuxième section des chemins de fer de VEst. 

Le 17 août 1861 , le train de marchandises n"* 676 
était remorqué à son départ de Vesoul par deux loco- 
motives dont la première était une machine mixte, du 
système Paquin , à quatre roues couplées , portant le 
n* 342 et le nom de \a Ville de Saint-Dié, 

Le train étant arrivé à 5oo mètres environ de la sta- 
tion de Gbarmoy, vers onze heures du matin, quand 1q 
mécanicien Stiéwenard ferma son régulateur. Au mo- 
ment même une secousse terrible fut imprimée à la 
machine, dont Teau se répandit par le foyer. L'arrière 
de la machine lut soulevé et la barre d'attelage du 
tender fortement ployéo. Ce mouvement avait relevé le 
tablier mobile du tender et laissé un espace vide dans 
lequel le mécanicien Stiéwenart engagea sa jambe 
gauche. Quant au chauffeur Chagon, il fut jeté sur la 
voie sans pouvoir se rendre compte de la manière dont 
il avait été précipité. Les' blessures de ces deux agents 
étaient assez graves , mais ne mettaient pas leur vie en 
danger. 

La machine n"" 24a fut immédiatement ramenée 
aux ateliers de Mulhouse; depuis cette époque elle a 
été entièrement démontée. 



31 U ItAPPOBTS SUR L EIPI.OSION 

Des cÎDq faces du foyer, U plaque tubulaire seule 
D'à pas soulTert ; le ciel a été déplacé, mais les arma- 
tares ODt maîntcim sa forme plane ^ les deux parois de 
droite et de gauche ont été ployées comme l'indique 
les jSjr. I à 4 , PI. VllI ; enfm la plaque de la porte du 
foyer a été déchirée; c'est par là que toute l'eau s'est 
répandue. Heureusement le verrou qui fermât la 
porte a résisté à la pression de la vapeur; c'est ce qui 
a préservé le mécanicien et le cbaulTeur d'accidents 
plus graves. 

Les autres parties de la machine étaient intactes, à 
l'eiception de l'enveloppe extérieure de la boite k feu 
qui, sur le flanc gauche , avait été ployëe de 70 milli- 
mètres en face des parties les plus détériorées du foyer. 

La machine n° 143 a été construite en i856aux ate- 
liers de- Mulhouse. Le foyer, en cuivre rouge, était 
relié à l'enveloppe extérieure en tdle par des entre> 
toises en fer de 18 millimétrés de diamètre, espacées 
de 10 centimètres. Elle est entrée au dépOt de Vesoul 
en mars 1860, venant du dépAt de Nancy, et a par- 
, depuis celte époque, jusqu'au 5i juillet i8Gi. 




d'une machine LocoMOrns. 3ii 

ne servaient évidemment plus à rien bien avant le 
7 août; 35 entretoises de la face droite et 27 de la 
plaque de la porte étaient dans le même cas. Sur 
les figures , les entretoises rompues antérieurement à 
l'accident sont indiquées par une hachure sombre » 
celles qui ont cédé au moment de l'explosion , par une 
hachure clsdre ; enfin, celles qui sont demeurées intactes 
ne sont pas teintées. 

Un coup d'œil rapide sur ces figures fait voir immé- 
diatement que ce sont les entretoises de la partie supé- 
rieure du foyer qui ont cédé en plus grand nombre. 
Quelques-unes ont pu être rompues au moment de 
l'épreuve à la double pression, mais la plupart d'entre 
elles ont dû être détériorées par l'usage même de la 
machine. 

En effet , le cuivre du foyer et la tôle de l'enve- 
loppe de la botte à feu ayant des dilatations inégales, 
il en résulte un travail continuel d'autant plus grand 
que les entretoises sont plus éloignées du cadre du 
foyer qui réprésente une base fixe , et dans tous les cas 
beaucoup plus dangereux pour les entretoises en fer 
que pour celles en cuivre. 

Sur les 70 eutretoises supérieures de la face gauche 
du foyer, il n'y en avait plus que 2 1 , réparties très-iné- 
gaiement, pour résister à la pression de la vapeur. En- 
core quelques-unes d'entre elles ne représentaient 
plus qu'une section de quelques millimètres de fer 
sain, car elles étaient en grande partie corrodées. Au 
moment où le mécanicien a fermé son régulateur, la 
légère surélévation de pression qui en est brusquement 
résultée a suffi pour faire céder une entretoise ; la face 
gauche du foyer s'est ployée, a entraîné les autres et 
amené l'explosion. 
L'accident du 17 août s'explique donc tout naturelle- 



Sl« BAPPOITS &UH l'eXPLOSIOU 

ment; il a eu heureusement peu de gravité, mtûs il doit 
avoir pour conséquence de faire surveiller avec la plus 
grande attention les macliines dont les foyers sont 
armés d' entretoises en fer. 



Atii de Vinginieur en chef du contrôle des chetnins de fer 
de CEst et des Ardennes. 



Cet accident qui n'a pas fait de victimes, mais qui 
pouvait être beaucoup plus grave, remonte à plusieurs 
mois. Sa cause, quoique probable, était restée assez 
douteuse, et il a fallu, pour la constater avec cer- 
titude, attendre que la chaudière fût mise en répara- 
tion et le foyer descendu. Ainsi s'e^pliquQ la produc- 
tion tardive du rapport de M. Lebleu. 




d'une machine locomotive. 5i3 

épreuve, résisterait aussi bien que le cuivre aux efforts 
spéciaux auxquels il est soumis par suite des dilatations 
inégales des parois du foyer et de la boîte à feu. 

L'expérience ayant prononcé, il est prudent de re- 
noncer définitivement à l'emploi des entretoises en fer 
dans de semblables conditions. 

Paris, le 18 nofembre i86i. 

Sisrné : œUGHE. 



ÉTAT PAÊSENT D£ LA MÉTALLUBGIE DU FfiB. 5l5 



ETAT PRÉSENT 

os LA MÉTALLDRGIS DU FXA EN AM6LBTERfiE. 



»Aft 



M. GRUNBR, iogéniear en chef ûe* minef , professear de méUllurgie 

à l'École impériale des minef , 



IT 



M. LAN, iDgénieor des minef, professeur de méUllurgie 
à l'École des mineurs de StintF-ÉUenne. 



UËVUE DES DISTRICTS DE FORGES DU ROTAUME-U.M 

AU POINT DE VUE DE LA PONTE* 



II. M0VBICV 1117 VAY« HB «AliliBS (SOUTH-WALBS) (l). 
FABRICATION DK LA FOKTE POUR RAILS. 



CHAPITRE IX. 

GÉNiRALITiS ET RÉSUMÉ HISTORIQUE. 

Le distiict de forges du pays de Galles ne comprend, umiies 
dans l'acception ordinaire de ce mot, que la partie sud du soaih-w< 
du pays de Galles proprement dit» c'est-à-dire les 
comtés de Monmouth et de Glamorgan et la lisière mé- 
ridionale des comtés de Brecknock et de Gaermartben. 
Mais on peut, à la rigueur, considérer comme annexe 
naturelle de cet important district la forêt de Dean, 
dans le comté de Gloucester. Ce qui va suivre s'appli* 
qùera spécialement au South-'Wales proprement dit, 
mais nous dirons néanmoins quelques mots des usines 
de la forêt de Dean que nous venons de nommer. 

(i) Voir pour le i*' district , tome XX , page iS3. 
ToxE XX, iS6i. 54 



fil6 tTAT Pa&SBNT m LA METALLURGIE pU tf» 

Le sud du pays de Galles doU son importance, 
comme district de forges, au vaste bassin bouiller qù 
borde au nord, presque sans ioterruptioa, le canal 
de Bristol, depuis l'embouchure de la Severn jusqu'à 
i' extrémité ouest du Pembrockeshire (PI. V du t. XIX) . 
Cette heureuse situation permet non-seul émeut de fou- 
dre 80r place les minerais que renferme le terrain 
houiller lui-même, maisepcore dereceyoir, à pende 
frais,' les riches mioerais oxydés du nord de l'Angle- 
terre, et d'exporter directement par mer les produits 
obtenus. Par suite de la rareté de la population dans 
ces contrées, on s'est vu d'ailleurs contraint, comme 
en Ecosse, de borner la fabrication aux produits qui 
réclament, proportionnellement à leur poids, une mûn- 
d' œuvre faible, comme les raîts et le gros fer mar- 
cband. 

Dans le voisinage seul des anciens centres de popu- 
pulation, presque tous situés proche de la mer, se 
sont formés quelques établissements où le fer reçoit 
des formes plus variées. Aiqsi i Pontypool, Newport, 
Swansea, Neatb, il y a des fabriques de fer-blanc et de 




E3i ÀNGL{^THRR£. iiy 

situées dans Tangle sud^est du pays ;les cooQtés de 
Ki^qt, ^i)S9ex et SuPi'ey) , çt les premières grandes forges 
di) pays ùi^ Gftll^ QQ furent éiablius que vers 4780 4 
iSqo. f;Ue3 languirent même jusqu'à Tépoque de U 
créatioQ de9 voies ferrées qui datent, en Angleterre» de 
1820 et soiDultiplient surtoutà partir de l'année iSoo. 
Et lorsque, vers i845, la consommation des rails coni< 
mença à se restreindre dans le pays même, l'exportation 
croissante vers le continent européen, les États-Uni3 et 
les Indes orieatales permit aux usines galloises de 
grandir encore- 
En 1806, le pays de Galles prime déjà les autres ^[J^^^J^ 
districts par le nombre de ses fourneaux. Sur deux <ie r^ndat 
cent vingt-sept hauts fourneaux , que renferme alors le 
Royaume-Uni, le Soutli-Wales en compte cinquante- 
deux, produisant par année 5o à 60.000 tonnes de fonte. 
En 1820, il fournit iSo.ooo tonnes. 
En 1826, cent-neuf hauts fourneaux, dont quatre- 
vingt-deux en feu, produisent 225. 3oo tonnes. C'est 
entre ces deux dates que tombe la construction du 
premier chemin de fer public anglais, celui de Stockton 
àDarHngton, autorisé en 1821. 

A partir de cette époque, les usines établies se dé- 
veloppent rapidement, et d'année en année de nouvelles 
forges s'ajoutent aux anciennes; ainsi Dowlais, la plus 
grande usine du pays de Galles, renfermait, à l'époque 
de sa fondation, en 1 790 : 



Puis 



Et 



% hauts foaroeaui seulement; 


5, do 1795 


« 
a 


1809 


A, do 1810 


à 


1819 


7 en 




1820 


11 en 




iSaS 


i5 ea 




i855 


17 en 




iSAo 


18 en 




i845 



Si 8 ËTàT PRBseMT DB U UfiriLLUIGlL DD nt 

Depuis lors, le nombre des fouroeaux est resté su- 
lioDiuûre, mais la production de rnûne s'est encore 
développée par l'accroissemeDt progressif do Tolome 
de chaeuD d'eax. On voit d'ùllears, par tes dates qac 
nous veDODS de rapporter, qae le rapide essor de 
Dowlais correspond exactement à la période de con- 
stroction des cbemios de fer anglus (iSau à 1840). 
En 1817, le pays de G&llea renfermklt 90 hauts fonr- uuw. 

neaux en feu prodalsant 171.000 

En 18S9 (d'après Hiubet), m baata fourneaux en 

feu 453.880 

- Es 1857 (d'aprèaHuQ^, 107 hauts fouroeaux, dont 16& 

«1 feu (i> 970-7S7 

Eteo 1 858 (d'après n. Bunt). igg liauts fourneaux, 
dont lASeafeu 886.&78 

L'année iSï? correspond à lue sorte de maximum, 
car dés lors lors les prix et la production faiblissent 
d'année en année. A partir de cette époque l'Amé- 
rique du Nord réclame moins de rails; ses propres 
usines grandissent rapidement. Néanmoins les maîtres 
de forges gallois espèrent que leurs usines sont encore 

leléea à vivre loogtenipa, car les Indes, la Chine, 




EN ANGL£T£UB£. Sfg 

La forêt de Dean (Gloucestersbire) reDfermait en 
outre cinq usines (dont deux en activité), contenant 
dix hauts fourneaux, sur lesquels cinq en feu en 
1857 6^ quatre en i858. Leur produit en fonte fut de 
23.882 tonnes en 1867 et de 23.58o tonnes en iS58. 
Ce district renferme, d'ailleurs, une seule usine im'> 
portante, celle de Cinderfordf dont trois fourneaux sur 
quatre étaient en feu en 1867 et i858. 

En rapprochant les chiffres que nous venons de ci- 
ter des données générales du chap. V, p. 176, on 
peut constater que dans l'espace de trente ans, de 
i8s7 ^ 18&79 1& production de la fonte s'est accrue, 
au pays de Galles, dans le rapport d'un à quatre, 
tandis que celle de tout le Royaume-Uni a grandi, 
dans le même intervalle, d'un à cinq. Ce retard relatif 
provient de la création des hauts fourneaux du Cleve- 
land qui, depuis i85o, sont venus se joindre aux dis- 
tricts anciens. Rappelons, pour clore ce court résumé 
historique, que la production moyenne des hauts four- 
neaux du pays de Galles était de 8 à 9 tonnes par 
vingt-quatre heures en 1827, tandis qu'elle atteint 
20 tonnes actuellement-, et que la consommation en 
bouille a été ramenée, par tonne de fonie, durant la 
même période, de 4 tonnes à 2*, 2 5, par Tapplication 
de l'air chaud, de la bouille crue et des gaz du gueu- 
lard. 



&ia ÉTAT PRËSBirr M la NtTALI.VilGIË DU FER 



CHAPITRE X. 

lÂTliRU PREHlÈBIf. 

S t. Ëoniïït. Bauin kottiller du Soutk-JFatti. 

Les foires du pttys â« Galles, on vient de le dlrfli 
doiveot leur exieteoce aa ricbe bassin taotiiller du Sdd - 
Ouest de l'ADgleterre. C'est de lui, par suite, qu'il 
importe de s'occuper d'abord, 
Eitndui Le bassin proprement dit du Boutb-Wales (voye« 

,iw ^u bMitiu PI. V du t. XIX] s'étend le long de la mer, de l'est A 
'"""""' l'ooeat, depuis les environs de Newport juaqu'ft la bide 
de Caertnatben, sur une longueur de 60 milles (tfi ki- 
lomètres) et une largeur moyenne de ib milles («4 kl-* 
lomëtres). 

Hais, «D dahors de ce massif principal, on retrotiYe 
encore & l'ouest une étroite bande, fort tourmentée, 
vers l'extrémité occidentale du PembFockeahire ; et^ & 




£N ANGJL£T£Aa£. 5 SI 

D'après les travaux de Conybeare, Buckland et Divition 
Logan, résumés par de la Bêche dans le premier yo- basiia bmti 
lume des mémoires du Geological Survey, le terrain •\2"",*îfé^ 
faouiller de Bristol et du pays de Galles se compose de 
quatre étages, ou systèmes, doot le premier, en par- 
tant de la base, correspond au millslone-grit du Centre 
et du Nord de l'Angleterre. Seulement, dans la contrée 
qui nous occupe, ce système inférieur n'est pas nette- 
ment séparé du terrain houiller proprement dit; on 
le considère plutôt comme faisant partie des coal* 
measures. 

Les quatre étages se succèdent, de haut en bas, dans 
l'ordre suivant : 

1 "" Schistes houillers supérieurs (tipper coàl shaU) ; 

•i"* Les grès supérieurs, appelés Pennant rocks à 
Bristol, et town-hill sandsloneSf ou central sandslones 
à Swansea; 

S"" Les schistes houillers inférieurs {lotoer coal- 
shale) ; 

fy" Les grès inférieurs , correspondant au inilUtone" 
g lit y appelés faretcell rocks par les miiiéitrs. 

De ces quatre groupes, les deux étages schisteux 
sont éminemment houillers et riches en minerai, tandis 
que Tétage arénacé inférieur est complètement stérile 
et le supérieur très-pauvre à l'Est, mais pourvu de 
quelques couches à l'Ouest, auprès de Swansea. 

L'extension horizontale des quatre étages diminue 
de bas en haut, comme dans la plupart des bassins 
houillers. L'étage le plus élevé n'est même complète- 
ment développé que vers les deux extrémités, auprès 
de Bristol à l'Est, et dans les environs de Uanelly, 
Swansea et Neath à l'Ouest. 

Les autres étages se présentent sous forme de bandes 
en zones concentriques est-ouest, relevées de part et 





ÉTAT PtlÊSEMT DE LA MËTALtURGIE DU PEK 

! , au nord el au sud , en fond de bateau, tlil 

! (auges) en Angleterre. 

missance et la composition des divers étages est 

itre uniforme dans les diverses parties du bassin, 
are que l'on puisse poursuivre une même cou- 
[memême assise à plusieurs milles de distance, 
L dans l'étage des grès supérieurs. A cet égard 
H touiller du pays de Galles ne diffère donc 
Je ceux du continent. 

îst, auprès de Bristol, entreAvon et les Mendip- 
d' après les mémoires du geological Survey, les 
étages auraient les épaisseurs suivantes ( i ) = 


«Dirai undstones ou Pennant rocks . . 1.735 




Puissaace totale. C.ago 



EN ANGLETEHRE. 



520 



ensemble, auprès de Swansca, une puissance colossale, 
M. Logan Testime à près de ii.ooo pieds et même 
is.ooo, en y comprenant les schistes encore plus 
élevés de Llanelly (i). 

Par contre, dans la partie centrale du bassin, le 
KIonmouihshire et le Glamorgansliire, où sont établies 
la plupart des forges, l'étage supérieur manque entiè- 
rement, et le deuxième (les Pennani-rocks) atteint au 
maximum i.Soo à 2.000 pieds. II ne renferme d'ail- 
leurs que trois ou quatre couches de houille peu îm- 
j-ortantes, de qualité médiocre. Au-dessous viennent 
les schistes inférieurs, dont la puissance moyenne est 
de 6 à 800 pieds. C'est le système houiller par excel- 
lence, celui qui fournit la presque totalité des char- 
bons exploités dans le pays de Galles. Ces schistes 
reposent à leur tour sur les grès inférieurs, les fareicell- 
rocks^ dont la puissance va rarement au delà de 
200 pieds. Ainsi, dans la partie la plus importante du 
bassin, celle qui correspond aux ports de CardifTet de 
Ncwport, la puissance totale de la formation houillère 
ne dépasse guère 3. 000 pieds ou 1.000 mètres au 
maximum. Le tout repose sur le calcaire carbonifère, 
dont la puissance varie de 5oo b 1.000 pieds. 

Auprès de Swansea, où la formation houillère, y 
compris le millstone-grit^ mesure 11.000 pieds, on 
connaît trente-cinq à quarante couches de houille de 
1 à 5 ou 6 pieds de puissance, formant un total en 
charbon de 90 à 100 pieds, ou 5o mètres. Mais c'est 
là, comme on vient de le voir, une puissance excep- 
tionelle. Dans la région centrale, le véritable district 
des forges dont nous venons de parler, le nombre des 



PuiSMBCt 

et Daiore 

dos coaehf f 

de ebarboB 

du 

bassin bouiUtr. 



(i) Tome I, page ans. 





ËTAT PRËSEN-t DE LA SltrALLDflGIË UU FER 

E3 exploitables est au maximum de dix à douze, 

r épaisseur réunie de 3o à i^o pieds. 

ce nombre, a ou 3 appartieuueut aux Peunaol- 
et 8 ou 9 aux schistes iufériears. 
variabilité des coucbes et la faible étendue rela- 
es travaux ne permettent pas d'évaluer la réserve 
lille que contient le bassin du Soulb-Wales. Le 
y lui-même oe l'a pas tenté jusqu'à présent; mais 
'éserve est dans tous les cas fort grande, puis- 

peut admettre pour le moins 20 à 35 pieds de 
jn sur 5 à Goo milles quarrés ; soit 6^7 mètres sur 
.5oo kilomètres quarrés. 

ilépût de houille constitue danssa partie cenlralc, 
Newport et Sivansea, un large plateau, plus ou 

accidenté, s'élevant des bords de la mer vers les 
gnes anciennes du pays de Galles. 



Eif ANGLBTEEBB. SaS 

C'est aussi vers roriglue de ces vallées, sur les tigiies {Situation 
d'aflieurements des schistes inférieurs» que l'on a ouvert eide^ priôcfpaief 
les premières mines et construit les principales usines "**Se aîSeï'^* 
du pays de Galles (Dowlais, Ebbwvale, Beaufort, Tre- 
degare, etc.). Là les cbdches de houille des Pennant- 
rocks et les couches les plus élevées des schistes iufé- 
rieùi^ ont pU ëire exploités longtemps, et le sont encore 
sur certains points, comme à Blaenavon , par galeries 
horiicontâles se dirigeant du fond des vallées sous les 
plateaux. 

të loiig dësaMëurements, le minerai fut même jadis 
eipioité à ciel ouvert, et ensuite par une série de très- 
petitâ puits, appelés héll-piis^ pourvus de simples treuils 
à bf As. 

Aujourd'huiron exploitéhouilleet minerai par grands 
puits ; mais ces puits , presque tous ouverts dans le 
foûd ou le flanc des vallées, laissent les Pennani-toclis 
eti âmoilt de lèui" orifice, et pénètrent ainsi, la plupart, 
immédiatement ou presque directement dans le groupe 
deâ ôchiâtes inférieurs, Par Suite, leur profondeur dé- 
passe râretnènt loo à 200 mètres, ou au maximum 
5oo mètres. De plus, à l'aide de ces puits , grâce à la 
régularité du terrain , on s'avance bien souvent par ga- 
leries de niveau jusque sous le milieu des plateaux si- 
tués entre les vaJléès. 

Par ces tnèmes puits, on exploite simultanément, ou 
plus souvent alternativement, le minerai ou la houille, 
en ouvrant des galeries, à diveni niveaux. 

Ces conditions sont fuvorableS, et par cela même les 
prix de revient relativement peu élevés ; mais il y a eu 
néanmoins depuis trente ans hausse sensible, sur les 
minerais surtout, comme en Ecosse, car les travaux 
s'éloignent peu à peu des i^Mrémèfits 6t dds tdUéeit 
où se trouvent groupées toutes les usines. 





ÉT&Ï PRÉSENT 13C LA UËTftLI.URr.lt DU FUR 

ininea de houiîle les pîus imporlantes, celles qui 
lient moins pour les usines du pays que pour 
nation, sont situées dans la vallée de la Taiï, qui 
,t au port deCanliff, Mais outre cesétablisscmems, 
e but spécial est l'exploitalioii de la houille, il en 
autres qui, tout en ayant en vue la fabricaiion 
, livrent néanmoins aussi de la houille au com- 
. Telles sont entre autres les compagnies d'Ebbn- 
t d''Aberdare, qui vendent une partie du gros, 
i qu'elles brûlent dans leurs usines le menu et le 
03. Ce sont ces conditions qui permettent à cer- 
itablissenienls, comme nous l'avons montré dans 
mière partie (vol. XiX, p. i06;, de traverser les 

qui frappent périodiquement l'industrie du pays 
^ant toujours beaucoup plus sur les usines à fer 
ir les mines de bouille. 

a vu (p. lyô et 177 de la première partie) que 



aai uiinct. 



EN ANGLETERRE. 5s7 

On a doue consommé dans le district même à peu 
près 4*o3o.ooo tonnes de bouille qui se répartissent 
approximativement ainsi : 

tonoef. 

Pour 886.5oo tonnes de fonte à a'.^iS 1.790.000 

Pour 550.000 1 de rails et fers en barres à 3\ao . . 1. s 10.000 

Pour 35.000 1. de cuivre fabriqué à Swausea a la*. 000.000 

Consommation locale et industries accessoires. . . • 730.000 

Total A.o3a.ooo 

Le prix de revient moyen actuel de la houille, ame- Prix de revient 

. . ii.'ji' • A ji • <J«*« houille 

née aux usines par les chemins de fer privés des mines, rendue 
varie selon les distances et les qualités entre 4 sh. et 
6sh. 9d. la tonne de 2.4ooliv. ; soit 4S6o à 7^20 les 
i.ooo kil., sommes qui ne comprennent aucun intérêt 
ni amortissement des capitaux engagés. Ces prix 
haussent ou baissent d'ailleurs avec le taux de la main- 
d'œuvre et l'activité commerciale. Dans les périodes de 
crise on réduit le salaire des ouvriers et Ton ralentit 
les travaux d'avenir {dead'V)orks). C'est ainsi que dans 
l'un des principaux établissements du pays de Galles, 
dont les livres ont été mis à notre disposition avec la 
plus grande bienveillance , nous avons pu constater 
qu'en i85i et 1802, années de crise, les prix de revient 
étaientdeSsh. 7d.et3sh. 6d.49 par tonne de2.4ooliv. 
tandis qu'en i855, i854 et i855, années de prospérité 
où les salaires avaient repris leur taux normal, ils 
étaient de 4db- 7d.43, 5sb. id.oi et 5sh. 

Les prix de revient se décomposent, dans les comptes, 
eufnain-d'ceuvreei gênerai charges. On comprend, dans 
le pays de Galles, sous ce dernier terme les rede- 
vances et l'ensemble des fournitures et matières pre- 
mières consommées. Ces gênerai charges^ qu'il ne faut 
donc pas confondre avec ce que nous appelons frais 
gèftiraux en France, vont à peu près à 1 sh. 6 d. par 





CfAT niÉSE.NT DE LA ilÉTALLUBCIE DU FEB 

; de a.400 Hv., ou plutôt, on peut admettre 
à 1 sb. 6 d. pour les mines de Iiouille proprement 
, et 1 sh. 6 d. à 9 sîi. pour les mines où l'on cou- 
les général charges relatifs à la iiouille et au niî- 
, sauf à répartir à la lin du mois la totalité des 
ances et fournituies au proraia des lounes de 
ion et minerais extraits. C'est ainsi que dans Yé~ 
sèment déjà cité, où les général charges du mine- 
de la houille sont confondues, uous avons trouvé, 
divers trimestres des aunées 1809 et 1860, les 
es suivants : 

l'œuvre - 5 i,ot, S.5,iiù :.. 6M 5.7,76 

al charges 1.5,67 «-T.ûS 1.10.77 i.e,6a 

t do revient total. 4-7-7> 6.0,79 5. li,Si 5. s, 58 

iidis que dans un autre élabllssement. où la 
le est exploitée seule, nous avons constaté, pour 



EN ANGLETERaE. 629 

sh. d. 

Jieportûe la Biain*d*œavre 5. 3,6 

Gtneral charges ( redeyanoeis et matièrea 
premières): 

• sh. d. 

Eedevances (royalty) o. 9,0 

Bpi9 (la (0000 96 sh.), , ..,...., o, 0,7 

Ferset footesdéductloo faite des vieux 

moulages et fers »... o. o,3 

CharbOD pour machines. ........ p. 0,8 

Matières diverses 0.0,4 

Total des gênerai charges 0.1 i,a o.ii,a 

Prix de revient total 4 • a»S 

Soit par 1.000 kll.de tout-veoant (i). ...••. 6',A5 

Ce prix est, au reste, grâce à la crise commerciale, 
exceptionoellement bas, car de 1 854 ^ 18&9 U était gé- 
nérdement sur toutes les mines de 6 à 8 d. plus élevé, 
c'est-à-dire pour lamine en question, de 5 fr. à 5Si5 
les 1.000 kil. 

En juillet i84S, époque où le taux de la maio- 
d'cBovre, ainsi que le prix des fei*s, étaient aussi comme 
aujourd'hui fort bas, le prix de revient de la bouille 
ne dépassait pas à Dowlais, d'après M. Truran (a) : 
S sb» 1^,5 la tonne légale, savoir : 

■h. d. 

Maln-d'ceuvre et chevaux 2.5,0 

General charges o. 9,5 

Total 3. 3,5 

liais alors la royalty n'était alors que de S^'^G, tandis 
qu'elle est aujourd'hui do 9 d. 



' ■ , ■ * ■ ■ I <i 



(1) Dans aneoouche ordinaire de i*,3oà i",6ode paissance, 
un piqueur gagnai^ 4 sh, par Jour fait géoéraleo^eot 9 toooes 
de gros et une tonne de menu , le charbon étant de dureté 
moyenne. On laisse, de plus, une tonne de menu dans les rem- 
blais, en sorte que la couche fournit en réalité 5o p. ioq degrés. 

(a) Truran, page 16S. 





tYil ['HKStNT DE LA MË I ALLDRCIE DU FER 

autre part, d'apiès les auteurs des Voyayps niftal- 
qms, la bouille n'aurait coûté en i8ôo, à Aber- 
an, sur !e carreau de la mine, abstraction faite de 
yalty, que a sh. 5 d. la tonne longweight (i), ou 
les i.oookil., tandis qu'en i858 et 1859, le prix 
:vient sur cette même mine, redevance comprise, 
.ait, dans les divers trimestres, entre 5 sb. et 
. 5 d. Ces cliiffres sembleraient donc indiquer, 
iâtrenteans,unehaussed'aumoin37oà 8op.-ioo. 
si le piw de i85o pour Abcrsychao est réelle- 
exact, ce serait là un fait tout à fait exception- 
:ar les auteurs des VoijaQes métallurgiques admet- 
[iux-mèmes 4 sh. comme valeur de la houille dans 
uéralité des forges en iSaS (a). 
<us pensons, en effet, que le prix de la houille est 
é, en moyenne, dans le pays de Galles, depuis 
e ans, du prix de 4 s,h. à celui de 5 sh. Ce serait. 



m AMGLBTERlUt. 51 1 

élémentaire d'un très-grand nombre de ces houilles. 
On y trouve, comme combustibles extrêmes, des an- 
thracites proprement dites, laissant 9s à 93 p. 100 de « 
résida fixe, et des bouilles grasses ordinaires (de Pon- 
typool, par exemple) qui perdent jusqu'à 35 p. 100 de 
madères volatiles. Mais la plupart des houilles du 
district des forges sont à égale distance de ces deux 
extrêmes, et laissent en moyenne, au creuset fermé, 
abstraction faite des cendres, 75 à. 80 p. 100 de coke 
compactefl^ien aggloméré. Ces houilles moyennes à 
courte flamme caractérisent surtout le district de Car- 
diff, au centre, tandis que celui de Newport, à Test, 
renferme en partie des charbons plus chargés de gaz, 
ne donnant en vase clos que 65 à 70 p. 100 de coke, 
et celui de Swansea, à l'ouest, de nombreux charbons 
anthraciteux à 85 ou 90 p. 100 de résidu fixe. 

Ces houilles sont, par suite, essentiellement propres AggioméraUM 
à être employées à l'état cru au haut fourneau ; et, en dM boviiiM. 
efiet, on les emploie telles dans bon nombre d'usines. 
MÛ8 on a vu aussi que ces charbons, précisément 
parce qu'ils sont à courte flamme, sont plus tendres 
et plus friables que ceux des autres districts du 
Royaume-Uni. La proportion de menu est par cela 
même plus forte qu'ailleurs, et ce menu ne saurait 
être employé au haut fourneau, à moins d'être agglo- 
méré ou carbonisé. L'agglomération n'est pas mise 
en pratique, jusqu'à ce jour, pour le service des 
hauts fourneaux, mais le sera sans doute un jour dans 
le district des charbons anthraciteux (vallée de Swan- 
sea). Par contre la carbonisation est appliquée à la 
fois au gros et au menu, et nous avons vu déjà que, 
quant au gro$t on a surtout en vue la disulfuration du 
combustible, afin de produire des fontes plus pures. 
Celte opération se Cedt alors toujours en longues meules 
T6Mt XX, 1S61. 55 





ÉTAT fBÉSENT DS Là ll*TAtU!HGIE DD PEB 

igulaires, plus ou moins couverlM; ou bien, lors- 
veut carboniser BÎmultanément le gros et le 
, sur des aires dallées entourées de murs qui 
munis de caroaux (Pontypool, Aliersychan). 
en général od carbonise isolément le menu col- 
et alors on se sert généralement, dans le pays de 
3. de fours rectangulaires ii une porte et à voûte 
Irique (Ebbwvale, Dowlais, etc.). 
!)owlais, sur le plateau qui est au niveau de char- 
nt des hauts fourneaux, il existe un massif continu 
ixante fours pareils, en deux rangées de trente, 
5s par le mur de fond. — (Voyez le croquis, 
m. /iff. 6 ). Chaque four mesure approximaiive- 

i",6o de largeur, i mètre de hauteur sous clé 
,5o de longueur. La porte a des dimensions égales 
eclion du four. 

déchargement se fait mécaniquement par trac- 



un AII6UTERBE d93 

]» cok9t h aole est au niveau mèma de Taire 
dallée eitérieure, et un ebemio de fer, longeant le 
massif des fours, condilit directement le coke au gueu^ 
Iwrd deQ haute foumeaui. 

Cbi^e fouF reçoit une charge de e mètree oubea« ou 
i,6oo kil, de houille, dont la hauteur est de o"*,6q k 
Q*t6o, Une opération dure quarante-huit beuree et ^ 
fournit en moyenne une tonne de coke, compacte t 
^en fondu, en gros prismes , d*un gris d acier assez 
foncé, 

Lee frais de fabrication , évalués approximativement 
k l^6o par tonne de coke, comme nous l'avons dit pré* 
Qédemment, ne sont pas comptés à part ; on les confond 
Vf» COUP des hauts fourneaui. 

Pans lee autres usines, la carbonisation du menu se 
fait dans des appareils et des conditions analogues. On 
peut s'étonner seulement que l'utilisation du menu soit 
encore ai peu générale dans le district du pays de 
Galles, Les maîtres d^ forges anglais trouveraient çerir 
(ainement là une source de bénéfices asse^ importantOt 
aurtout slls adoptaient, pour la carbonisation, les fours 
à parois chauffées et sans admission d'air (foura Ap* 
polt ou Belges, mentionnés p. las). 

S s. Min fraie d$ f^r. 

Les minerais de fer, fondus dans les usines du pays cuMiflcai 
dç Galles, sont essentiellement de deuK sortes : le mi- minertit & 
gérai houiller du pays même {wfhh-miinfsl) et les bérna^ 
tit^ rouges du nord de l'Angleterre {redores). Outre 
eela, certaines usines tirent un peu de minerai riche 
de nie d'Elbe, de la côte nord d'Espagne et surtout de 
la presquMle du GomwalL Aucun district de forges du 
Royaume-Uni ne reçoit autant de minerais étrangers 





ÉTAT FRÉSBST DE Ll MÉTALtCllGIE DU FEB 

Soutli-Wales. Avec les rainerais on refond d'ail- 
presque dans toutes les usioea de ce district, la 
entière des scories de forge, 
loids de ces diverses sortes de minerais, traités 
lenient dans les usines du pays de Galles, n'est 
innée d une façon complète par les tableaux du 
ical Survey, mais on peut l'eu déduire indirecte- 
'uue manière approchée. 
poids de la fonte produite en 1808 est de 
S tonnes, dont au moins 85o.ooo tonnes ont 
nées. Or il faut, en moyenne, parlonne de fonte, 
de minerais et scories; par suite, pour l'année 
UD total de 2.127.547 tonnes. D'autre part, 
fonte donnent à l'allinage^o à 45, au plus 5o, 
ries de forge. Ainsi le produit total en scories a 
i8.')8, dans les usines du pays de Galles, au maxi- 
B 430.000 tonnes (1). 



IN ANGLETEIRE. 535 

nés en hématites brunes, et 797.596 tonnes en minerai 
litboîde. 

Restent les minerais étrangers proprement dits, ve- 
nant d'Espagne et de Tile d'Elbe, dont le poids n'est 
pas indiqué, mais lequel serait au plus de5o.ooo tonnes, 
d'après les informations recueillies par nous sur les 
lieux mêmes. Or, si Ton fait la somme de ces diverses 
quantités, on ne trouve en réalité qu'un total de 
1.898.176 tonnes, au lieu de s. 197 5^7 tonnes; c'est 
une différence de 2i3o.ooo tonnes, qui doit porter prin-i 
cipalement sur les minerais du pays, et provenir aussi, 
en faible partie, d'approvisionnements légués par les 
années antérieures. Hais , dans tous les cas, il est bien 
évident que le poids des minerais houillers est notable* 
ment plus élevé que celui indiqué par les tableaux sta- 
tistiques du Geological Survey; ce qui confirme l'ob* 
servation générale déjà faite à ce sujet dans la pre- 
mière partie de notre travail (1). 

En résumé, on peut admettre qu'en i858 on a fondu, 
approximativement, dans les usines du pays de Galles, 
les quantités de minerais suivantes : 

p. 100 fOBM. 

Minerait do pays (welth-minet) oso.ooo' à 32 doDMnl tit.ooo* 

Minerait imporlét : 

Bémalitet roaget (red oret) SSo.too à 50 290.000 

Minerait du Cornwall et do Somertet so.ooo à so 4S.000 

Minerait éuangert(d'£tpagneaartooi]. io.ooo à so 2S.000 

Seoriet de forget . 48o.ooo à SO (a) 218000 

Total 2.126.000 prodaitant 6SO.000 

(1) Annalei des minei^ tome XIX, page 199. Il est probable 
que Terreur vient en partie de rexcédant de poids des tonnes 
longweight de ai à sS quintaux , fournies par les roines, sur 
les tonnes légales $horiu>eighi de 20 quintaux , adoptées dans 
les tableaux ofliciels. C'est une différence de i5 à ao p. 100. 

(2) On sait que nous avons prouvé, page 170 , que les scories 
de forges n'abandonnent à la réduction que la moitié de Toxyde 
contenu, lorsque les hauts fourneaux marchent en fonte 
blanche grenue. 




On volt par là que Itiâ minerain importéa foumiêHnt 
en définitive pln.^ de fer que ceux du pays, puisque ces 
I, derDÏersdouDËDiSiS oootoaDe3conlre358.oootoai]es, 
proveiiAQt des premiers. 

Les hauts fourneauji du pays de Galles ne sont doue 
pas aussi favorablumenl situés qu'on le croit géoéralft- 
loeut en France aous le rapport des mineraÏB. 

ObdervoQs aussi que s'il y avait quelque erretlrdans 
les chiffres que nous venons de douL^r, elle porterait 
tpécialeinent sur les minerais du pays dont nous avons 
haussé le poids aux dépens des minerais importés. Le 
chilTre de ôôS.ooo tonnes de fonte provenant de ow 
derniers est par suite un niiuiiiium, et ce cliiUre tend à 
croître d'uunée en année. Il y a Ireoie ans , d'après lAs 
auteurs des Voyages m^fai/urpiguM, l'emploi des ini- 
tierais étrangers était tout à fait excepdonneli et en 
i&â/| le poids des minerais importés n'était encore, 
d'après Truran, que de 35o.ooo tonues (i). 

Nous avons fait connaître, dans la partie générale, 
la nature spéciale de chacun des minerais; nous n'y 
reviendrons pas. Disons seulement que les mineraifi 
Iioulllers du pays de Galles ne sont pas moins purs que 
ceux du centre et du nord du Royaume-Uni. Ils diffè- 
rent tout au plus de cesderuiersparuneieneurunpeu 
plus faible, car ils ne rendent, è. l'état brut, que 5o à 
S* p. 100 de fonte. SI, malgré cela, et malgré l'addi- 
tion des riches et pures bématites rouges du nord, 
les fers ordinaires du pays de Galles sont de qualité 
fil inférieure, comparalivemeot à ceux duStaffnrdshire, 
cela vient uniquement delà refonte générale des sco- 
ries de forges et de l'allure spéciale que l'on imprime 
aux hauts fourneaus. On y produit, au lieu de fontes 



(i) TruraD, page t?^. 



V «i 



SN AMGLBTfiRBE. bhj 

grUe8f des fontes blanches, souvent grenues et caver- 
neuses, que Ton puddle, en outre, trop rapidement 
et sans le moindre soin. Les fontes et fers, obtenus à 
Pontypool et Blaenavon et dans quelques autres forges 
du pays de Galles, prouvent surabondamment que ce 
district peut donner également des produits supérieurs. 
Il sufDt, pour celai de supprimer les scories de forge 
et de modifier convenablement la méthode de tnu- 
tement. 
Les minerais carbonates do pays de Galles se ren- ^omw 

• ' géologiqi 

contrent spécialement, comme les houilles, dans Té- des miner 
tage des schistes inférieurs, et surtout dans les parties ei^nomb 
basses de ces schistes. Le nombre total des veines est ^^ ^^^°^ 
considérable ; dans certaines parties il monte à près de 
cent. Ainsi, dans une coupe de la partie ouest du Pem* 
brockeshure, donnée par de la Bêche dans les mé- 
moires du Geological Survey , on trouve quatre -vingt* 
dix-sept veines (i). A Plymouth-Works, prés de Mer- 
thyr-Tydvil, 89 (s). Ailleurs, où les schistes inférieurs 
existent seuls, 

A G6fd-Ci*ebwf, d&DÉ lé Olàttôi'gitn 3i 

A EbbWvale * dans le Motimduth. .•••&. «^ 
A Pontypool* datis le Monmouttai . « 1 . » • ai (0) 

L'épaisseur totale, u(t7e, de ces veines varie néces- dee veioc 
sairement d'un point à un autre du pays de Galles et ^^ "'*"^' 
n'est pas donnée par les mémoires du Geolog. Survey. 
M. Truran l'évalue à ss pieds (4). Ce cbiifre est évi- 
demment de beaucoup exagéré, au moins si l'on ne 



tt^^i^mÊÊk^atmmmmm,méêa 



(1) Mémoifêê of Ihe gêolofital Suft9^^ t I, p. iSi. 
(a) léÊfÊL 1. 1, Pi 1O9. 

(3) ld$m. t. I, p. 17A et suif. 

(6) Troran, page e. 





ÈtàJ PB£SENT DS la UËTALLURGie 00 FKB 

:ompte que des veines exploitables et de l'épais- 
éelle du minerai proprement dit. S'il était exact, 
urne du minerai équivaudrait à la moitié du vo- 
ie la houille et son poids serait notablement su- 
ir. Dans ce cas, évidemment, l'exploitation de la 
e marcherait initniment plus vite que celle du 
ai, puisqu'on exploite actuellement, par année, 
ions de tonnes de houille, contre un seul mil- 
e minerai ; et s'il en était ainsi, on ne com- 
rait pas pour quel motif on importe des quan- 
ussi fortes, et toujours croissantes de minerïûs 
ers. 

squ'on examine les coupes ci-dessus citées, on 
u'un très-grand nombre de veines n'ont qu'une 
eur de 1 à a pouces et que la moyenne est cer- 
lent inférieure à 3 pouces. Ainsi, dans les loca- 
où l'on compte quatre-vingts à cent veines, il 



EN ANGLBTEHBS. SS9 

tage comprend plus de deoi veines, et bien souvent une 
seule de o*,io à o'^yiS. C'est le minimum d'épaisseur 
que l'on puisse alors exploiter. Le maximum de puis- 
sance des veines les plus fortes est de o'",25 à o^'ySo. 

Aussi le prix de revient moyen des i.ooo kil. de mi- ^^^^ <>« r«^ 
nerai est, sur le carreau des puits, de lo à 12 francs houiiien 
et au gueulard des hauts fourneaux de 1 1 à i3 francs; 
la redevance au propriétaire du sol étant de 4o à 
5o centimes. 

Voici le détail du prix de revient du minerai dans 
le même établissement pour lequel nous avons donné 
celui de la bouille, page 628. Il correspond aux pre- 
miers mois de l'année 1860, et peut être considéré 
comme sensiblement inférieur à la moyenne ordinaire. 

Prix de renienl du minerai lithotdepar tonne de 29 quintaux 

(3.6/io liv. ou 1.196 kll.) 

Main-d'œuvre et chevaux: 

ffe. à, 

Abatage (.10,1 (1) 

Roulage 1 • 1,4 

Travaux stériles i. 9»i 

Travaux divers o. 9,3 

Transport au fouroeau et pesage. • • . o. 93, 

Ghevaux(àAsh. lajouraée) o. 7,9 

Total de la main-d'œuvre 9« i,3 9*\i%5 



i« 



(1) Les mineurs occupés à Tabatage du minerai gagnent 
moins que les piqueurs dans les houillères. Lorsq ue ces derniers 
font des journées de U sh., les premiers ne gagnent qqe 3 sb. 
Ceux-ci produisent rarement dans leur Journée, au delà de 
o%5o à o\6o de minerai proprement dit; mais à cause du foi- 
sonnement des roches , il faut souvent amener au Jonr 3 à A t. 
de matières stériles par tonne de minerai pur. Gela explique 
le prix élevé du roulage comparativement à celui delà bouille. 



Ï40 *TAT ntSENT 01 U HËTALLDKGll DU rKK 

*. 4. 

Jltport de U B&lii-d*iatiTre. ...)•> t- i,fi 
Gmuml cAarf» (redevtDOM et matlâree 

premiàres) ; *■ *■ 

ItedevaDcea o. &,$ 

Bois (latoDoa ft s6sh.) o. i,& 

Fers et foataa t ... 4 ... • ■> ■ o,s 

Houille pour machine • ■ o. i,K 

CbemlDs de surface. o. o,& 

llKllireB dlTenes o. 1,7 

Totd des 90N«ra/ cAarfM. ..... u.io,B o. 10,8 

Prix de revient total des 13 quintaux reodus 

•u haut fouraeau. 10. 0,1 

ou par 1.000 kll. io*,66 

Dans le néine établissement, en 1 809, le prix de re- 
TÎeDt était plus élevé de &o à 70 cenUmes ; aoit 11 fr. i 
ii',95 Dans un autre établisseiuenti nous avoDS trouvé 
pour 1869 et par 9.400 liv. : ^ 

M^a-d'œnvre : 

•k. 4. 

Abatage 6.6,76 

Boulage i.A.&a 

Travaux stAriles. 0'7,98 

et triage e. b,i» 




Atl miniifiuiD, loSSo. 

Ëd moyenne, environ i s frâncè. 

Et dans quelques établissements exCêptiôtitieli), 
comme Pontypool etBlaenavon, i3^5oà iS francs. 

Lorsqu'on compare ces prix à ceux de i83o, on 
reconnaît que la valeur du minerai a haussé plus ra- 
pidement que celle de la bouille. Au lieu d*UQ renché- 
rissement de s5 p. 100, on trouve plutôt 4o à 60 p. 100. 
Ainsi à Abef sycban le minerai est coté 6 sh* 8 d. (80 d.) 
en |8S0| tandis que nous avons constaté losb. (iiod«) 
en 1860; et, dans la plupart des autres établisse- 
ments, il s'est produit certainement une hausse à peu 
près équivalente, qui provient surtout de ce que , il y 
a trente ans , on avait encore des travaux à ciel ouvert , 
ou des minerais à puits peu profonds {beUpU$). 

Les hématites rouges, ou red-orei^ du nord de l'An- orifittét 1 
gleterre, qui contribuent si largement à Tapprovision- ^^ '^^^ 
nement des usines du pays de Galles, ont une teneur 
moyenne de bo p« 100; mais leur prix de revient esta 
peu près double de celui des i4)#(f A- mînii, car les 
l.ooo Uli reviennent rendus aux usines au pris de 
ÉsS&o à s5 franosé 

Ces minerais # comme on l'a vu dans la partie géné- 
rile^ aont très-peu chargés de soufre et de phosphore. 
Traités seulft ils donnent de bonnes fontes de forge, 
ûkBiê ils sont plus siliceux, plus compactes et moins 
réduotiblea que les minerais houillère grillés* Us se 
rapprochent par ce côté des scories de forge. 

Lès hématites rouges viennent du Lancashlre dans la 
proportion de 70 à 78 p. 100, et du Gumberland dans 
celle de 10 à %i p» 100. Les minerais calcaires de la 
forêt de Dean n'atteignent pas 10 p* 100. Les rei- 
om du Lancashire sont amenés par le Fumêêê roU- 
mm M port de Harfoio (voy. carte pi. 5 da teoM iii)i 





ÉTAT PRÉSEMT D£ LA MÉTALUIHGIE DD FEU 

•II. d. ik. é 

prix est SUT ce point de lo. 8 à 1 1.6 T) 

îtdeBarrowàCardiffouNewport. . de 6.0* 6.(1 

transport par chemin de fer de Car- 

■ ou Newporl aux usines do s. 6 à 1.6 

le revient des i.aAo liv. ou 1.016 kil. de 18.6 & 19.6 
nerai plus riche do CumborlaQd.embar- 


josqu'à Cardiff ou Newport 6.0 à 5 6 


te revient des s.^fioUv. OU i.oiSkIl. . . 19.6 à ai.6 

) Li iiiiina de t.iici lit. 

S autres minerais importés, fondus dans les usines 
ays de Galles, sont tout aussi cbers. Ainsi les Ters 
iif[ues et hémati les brunes du Somerset et du Com- 
coûtent 18 àeasli. la tonne de 1.01 5 kil. 
s minerais d'Espagne {Gamitcka ou Snmmo Pos- 
e payent 1 7 sh. à 1 9 sh. 6d. et ceux de l'tle d'Elbe, 



EN ANGLëT£RBE. 545 

tioD élevée de silicium, malgré l'allure, d'ailleurs très- 
froide, des bauts fourneaux. 

Berthier a trouvé, dans des scories de fineries an- 
glaises jusqu'à 7 p. 100 d'acide pbospborique, et seu- 
lement i/si p. 100 dans celles du puddlage de la fontç 
mazée. Hais il est bien évident que lorsqu'on puddle 
directement la fonte brute^ les crasses des fours à puddler 
doivent alors retenir autant de pbospbore que celles du 
mazéage. 

Les scories de forge sont au reste, quelle que soit 
leur origine, des minerais riches, tenant de 60 à 80 
p. 100 d'oxyde de fer, pour 10 à s5 p. 100 de silice. 
Seulement leur emploi n'est pas aussi profitable que 
leur teneur élevée semblerait le promettre, puisqu'il 
paraît constant, d'après Texemple de Dowlais (p. 170), 
que ces scories ne donnent, dans les bauts fourneaux 
gallois, à allure froide, que 5o p. 100 de fonte, et 
laissent dans les laitiers l'autre moitié de l'oxyde de 
fer. 

Dans quelques établissements, on n'attribue aux 
scories qu'une valeur égale aux frais faits pour les con- 
duire de la forge au gueulard du haut fourneau. Ail- 
leurs on les cote au prix où d'autres forges les vendent 
aux bauts fourneaux voisins. Dans le premier cas, la 
tonne coûte, selon les lieux, 5 à 6d., c'est-à dire 3o à 
60 centimes; dans le second, 2 à 3 sb. (9',5o à 3,^75). 

Les minerais houillers du pays de Galles sont grillés 
en fours (fcî/In^). Nous avons fait connaître (p. 127) 
les dispositions de ces appareils et les frais qu'entraîne 
cette opération. Elle coûte 3o centimes par tonne et 
occaûonneun déchet de 25 à3o p. loo. 

Le grillage en tas est plus coûteux et ne s'emploie 
que lorsque, comme à Yniscedwin et Tstalyfera, près 



Prix de refient 
des tcoriet . 



Grillage 
dei Biineraif. 



144 ÉTAT PBËsenT H U MlTAUDBGIB DO rBI 

de Swansea. on a des ininerus schiateDi, mêlto de 
houille, analogues au blackband d'ÉoosBe- 

I a. oijHiul 

Lft castine des ustoes du pays de Galles provient 
exclusivement du calcaire carboaifëre; et, comme les 
mines sont presque toutes situées le long de la lisière 
nord du dépAt bouiller, où le calcaire ressort au jour; 
on exploite ce dernier & ciel ouvert, dans des carrières 
rarement distantes des hauts fourneaux de plus de 5 à 
4 milles (5 à 7 kilom.) 

Le transport aux usines se fait, le plus souvent, par 
cbemins de fer privés, sur lesquels le fret varie de 
1 d. à i*,b par tonne et mille. 

Dans la plupart des usines le prix de la castine varie 
entre lah. Bd.et a sh. ad. U tonne ïongweight de i9 
quintaux, et le prix se décompose ùnsi : 

•b. 4. ».*. 
Main-d'œuvre pour déblajage et eitractiOD. i.o,o fc t.S 

Fournitures dlTerses. o.9,o à o.5 

aedeTancQ au prcprK^talre. o. s,6 à q.3 




BN ANGLETERRE. Sfl5 

CHAPITRE XL 
FABRIGATIOir FROPRfiMXlIT DITl DR LA FORTS, 



S 1. iyo/l(, a^mcemetil ti allure des hants foum$au:ip 

du pays de Galles. 

On sait que le pays de Galles fournît spécialement ^J5|JjÇJ,f*JJî"** 
des fontes de forge blanches, pour rails et fers com- tonei de fentes, 
muns, footes presque toujours peu carburées, d*appa< 
rence grenue ou caverneuse. Cependant, outre cette 
fabrication, que Ton pourrait appeler normale^ quelques 
forges produisent plus spécialement des fontes grises 
supérieures pour moulage et fers spéciaux: ce sont 
PontypooU Blaenavon, Beaufort, Gadlys, Ynîsced- 
win, etc., usines auxquelles viennent parfois se joindre 
un ou deux hauts fourneaux des grands établissements 
de Dowlais, Ebbwvale, Gyfartbfa, etc., fabriquant de la 
fonte de moulage pour leur propre usage. Cependant 
le poids total de cette sorte de fonte ne dépasse pas 
annuellement 60 à 70.000 tonnes, soit 7 à 8 p. 100 
de la production totale. 

Ces produits si opposés s'obtiennent nécessairement 
dans des conditions très-différentes: 

Pour les fontes grises de bonne qualité on recherche, Ponietgrisei. 
autant que possible, des combustibles et minerais houil- 
1ers purs; on ajoute peu ou point de red-ores, exclut 
entièrement les scories de forge et marche toujours au 
coke et souvent à Tair froid. L'air chaud favorise 
cependaot, on le sait, Tallure chaude , mais c'est aux 
dépens de la ténacité. Ainsi à Beaufort, où le vent est 
chauffé, on obtient, comme en Ecosse, des fontes noires 
tendres, plutôt que des fontes grises (brighi) tenaces. 



S46 tTAT PliSEHT 01 U UfiTAUUtfilK DO m 

S. PoDr les fontes blanehn de foi^e, on charge 3o à 4o 
p, 100 de mÎDerats riches peu réductibles (des rcd- 
ora siliceui priDcipalemenl) et so à sS p. loo de 
scories de forge. De plus, on alimenle les fourneaux au 
veut chaud et à la houille crue, ou du moins, en gé- 
néral, au mélange de houille crue et de coke, afin 
de ne pas laisser sans emploi le menu collant. 

On a TU aussi, dans les chapitres ii à it, que pour 

I la fonte grUe on se servait, dans les usines du pays de 
Galles, dehautsfoumeaui à ouvrage (pi Vl.jfj. âet6) ; 
que la descente des chaires y ét£Ùt lente, c'est-à dire, 
le vide intérieur des hauts fourneaux, coinme en Écosae, 
de 7 à 8 mitres cuhes par chaque tonne de fonte pro- 
duite dans les vingt-quatre heures; de plus, que pour 
ce même poids de fonte, on consommait une propor- 
tion élevée de vent et de castine: savoir 8.000 mètres 
cubes d'air et o'.go à i*,io de caictdre. 

La fonte 6/ane/ie, par contre, s'obtient dans des hauts 

II fourneaux sans ouvrage, mais à ventre élevé; ou, du 
moins, à sections inférieures un peu moins cooùdé- 
rables que ceux d'Ecosse quoique encore fort larges. 




EN ANGLETERRE. 547 

celle-ci dépasse rarement i3 à 1 4 mètres*, et lorsque le 
combustible est friable, comme dans le district antlira- 
citeux de Swansea, elle est même toujours au-dessous 
de 1 2 mètres. La hauteur des fourneaux ne dépend 
donc pas, comme on le pensait jadis, de la densité du 
combustible ou de celle du vent, mais bien plutôt de 
la friabilité du charbon et de la consistance des mine- 
rais. 

Les dimensions transversales de la partie haute des 
hauts fourneaux gallois sont par contre presque tou- , 

jours fort grandes : des ventres de 4 & 6 mètres , et des 
gueulards de 2",5o à 3°',3o. tl'est l'accroissement pro- 
gressif de la largeur de la cuve qui a permis, depuis 
trente ans, de doubler et au delà le. volume du vent et, 
par suite, la production des fourneaux, sans modifier 
en rien la vitesse des charges. 

Quant aux éléments ou appareils accessoires des ^^^^j^l^ 
fourneaux, il nous reste également peu de chose à en des 
dire. L'emploi des gaz date, en South-Wales, de l'an- 
née 1845, et n'est encore appliqué qu'à la moitié en- 
viron des hauts fourneaux. On craint la réduction iné- 
gale du minerai. Nous avons signalé, comme fort utile 
dans ce cas, le cône à la fois distributeur et obturateur 
de certains hauts fourneaux du pays de Galles, de ceux 
en particulier qui appartiennent à la compagnie d'Ebbw- 
vale (PL VI, /Ig. 1 1). Le système est efficace, en effet, 
pour prévenir les inconvénients de la prise des gaz et le 
tassement central de la charge, pourvu toutefois que les 
gueulards ne soient pas trop larges. 

Nous avons également fait connaître les vices de 
l'appareil à air chaud, généralement employé dans les 
usines du pays de Galles, et les inconvénients das 
tuyères placées à divers niveaux, décolles surtout que 

T012E XX, i86u oG 



S48 



ÉTAT PRÉSENT OS LA UÉTALLUKGIE DD FER 



l'on implante au milieu de la tympe (Ebbwvale et Aber- 
sychan). Cette multiplication outrée des tuyères est, 
BU surplus, comme en Ecosse, une conséquence àe la 
trop grande section donnée à l'ouvrage. 
*^'","' Ilnousparalt, enfin, inutile de revenir, en détail.sur 

I rournciui. JamaTcbe spéciale des hauts fourneaux , leur mode de 
chargement, de souSlage, etc. On sait que les fontes de 
forge communes s'obtiennent en s' attachant h conserver 
une allure très-froide, à quoi, au reste, on ne réussit 
généralement que trop, grâce à la proportion énorme 
des scories ajoutées. Éa moyenne elle est de 90 p. 1 00 1 
mue souvent, comme on peut s'en convaincre par les 
exemples tirés de l'usine de Dowlais (p. 170), elle 
atteint sS, 3o et jusqu'à 4op. 100. On fond même quel- 
quafoisezceptionnellementdesscoriesBeulesou presque 
seules. Les fontes, ainsi produites, sont nécessairement 
d'autant moins carburées et plus phosphoreuses que le 
lit de fusion est plus chaîné en scories. Lorsque la pro- 
portion dépasse b& p. 100, les fontes sont toigoors gre- 
nues ou caverneuses, et les laitiers correspondants eo- 
tiferement iioirg et boursouflés; puis, à mesure que les 




£M AM6L£TfiARB« &49 

DiflODB ici| qu'outre les quelques hauts fourneaux 
eiceptionnels du South-Wales, déjà plusieurs'fois nom- 
œô8« ceux de la forôt de Dean produisent aussi eu 
général de bonnes fontes grises pour forgeé On lee 
vendi soit dans le pays même, soit aux usines du pays 
de GalleSi pour la fabrication du fer-blanc et de la tôle 
fine. 

Le combustible employé, dans le pays de GalleSf comboiiibie 
pour la fusion du minerai de fer^ est le coke, la houille foumeaus 
crue ou l'anthracite. *•"•^• 

A Test, dans le Monmouthshire, où les houilles sont "•"ÎJjcJ™^" 
collantes, l'emploi du coke est prédominant, et le de- «u eoke. 
viendra sans doute de jour en jour davantage, car, in- 
dépendamment de sa pureté relative, au point de vue 
du soufre, il oiïre encore l'avantage de fournir un em- 
ploi utile au menu charbon^ dont la valeur est si faible. 
Ainsi, dans les usines d'Ëbbwvale, Victoria, Sirhowy, 
Tredegare, on marche en général avec moitié ou deux 
tiers de coke, même lorsqu'on produit des fontes de 
qualité inférieure; et, dans tous les cas, pour les pro- 
duits supérieurs, on charge exclusivement du coke, 
fabriqué alors, au moins en partie, avec de la houille 
en morceaux, carbonisée en meules. (Pontypool, Blaena- 
von, Cyfarthfa, etc.). 

Au centre du pays de Galles, dans le Giamorgan, Haats rogrnraox 
dont les charbons sont plus maigres, la houille crue iubouuiecrae. 
est, par ce motif, d'un emploi plus général (Duteiai«). 
Quelques couches seulement fournissent du menu 
gras. 

A l'ouest, dans le district de Swansea, les charbons Baats foorneaai 
sont tout à fait maigres» C'est là que sont les usines i ra^hn^fio. 
d'Ystalyfera et d'Yniscedwin, où depuis vingt ans on 
produit de la fonte à l'anthracite. Cependant, même 
dans ce district, on fait encore partiellement usage de 





ËTAT PRfiSBKT DB LA HÉTALLDHGIE DD FEft 

A Ystalyfera la plupart des huit hauts fourneaux, 
lous avons vus en feu, recevaient un mélange de 
et d'anthracite , le coke venant d'e.ïploitatious 
a à plusieurs milles à l'est. 
mploi de lanthracite n'offre d'ailleurs rien de bien 
il, si ce n'est des fourneaux moins élevés, un vent 
pressé et toujours très-chaud {o",i6 ào"",»! et 
1 400°). une poitrine plus ou moins ouverte pour 
lisioii du fraisil qui exige en outre, comme nous 
13 dit, des purges fréquentes à la pelle et au cro- 
Ce combustible menu engendre parfois des en- 
ments dans la région de fusion, et c'est pour les 
iiire plus aisément que l'on a installé, à Yslaly- 
omme à Yniscedwin, trois tuyères dans chacune 
mbrasures, celle du milieu étant à o'",i5 ou 

au-dessus des deux autres et spécialement des- 
\ fonctionner en cas d'embarras manifeste. 



EN ANGLETERRE. 



5Si 



Apparepee 
des laitiers. 



9e SwâDsea n'est pas employé dans les hauts four- 
neaux et ne saurait l'être directement. Mais on pour- 
rait le transformer en coke, en le mêlant à du menu 
plus gras, ou à du brai pulvérisé, selon la méthode, 
précédemment décrite de M. Blackwell, p. 126. Ou 
mieux, comme la houille collante et le brai ne tar- 
deraient pas à manquer bientôt, il serait préférable, 
sans doute, comme nous l'avons dit ci-dessus, de char- 
ger le menu sous forme de briquettes. 

Les laitiers des hauts fourneaux gallois, marchant 
en fonte pour rails, sont noirs, huileux, lourds, riches 
en fer. Rien ne dénote alors la présence du manganèse. 
Mais on le reconnaît, de suite, à la nuance jaune- 
olive si caractéristique du sulfure de manganèse, dès 
qu^ la charge en scories est nulle ou faible, l'allure 
chaude et la fonte grise ou truitée. On peut spéciale- 
ment observer la teinte en question à Blaenavon, Pon- 
typool, Yniscedwin, etc. C'est grâce au manganèse, 
nous ne saurions assez le répéter, que les minerais 
houillers anglais peuvent donner de bons produits, 
malgré leur forte teneur en soufre et en phosphore. 

S 3. Résultats généraux. 

1* Consommations et produits des hauts fourneaux du 
South'WaUs. 

On a vu, par le résumé historique du chapitre IX, que Prodaeti«i 
le sud du pays de Galles renferme deux cents hauts ""^^■'" 
fourneaux, dont cent soixante-quinze pourraient mar- *p^^* **• ^•"••' 
cher simultanément, avec une production moyenne de 
20 tonnes par jour ou de 7.000 par an (1). Ce serait. 



(1) ao tonnes est la moyenne de tous les fourneaux marchant 
en fonte grise et fonte blanche. Mais lorsqu'on considère iso* 
lément ceux qui produisent de la fonte pour rails à l'air chaud, 
les ao tODues sont plutôt un minimum. 



ftSg ÉTAT FBËaENT DE LA UËTALLURGIE DU PBK 

pour les cent soîxante-qniuzc fourneaux, ud maximum 
possible de i.saS.ooo tonnes. Hais en réalité, malgré 
l'assertion contraire de M. Truran,lepay3âeGa]tesne 
parait avoir jamais dépassé le chiffre de i million; bien 
plus, depuis trois ans, le nombre des fourneaux en 
feu est au-dessous de cent cinquante, et la production 
totale à peine de 900,000 tonnes. Sur ce cliifTre. on 
peut admettre : 

En foute inférieure pour rallt, 76 k 80 p. 100 ou 700.000 
Ko fonte ordinaire pour fera marchands, tS 

p. 100 . , 13S.0O0 

En fbute Bupérleure pour moulages et fers epé- 

olaui 7 ft B p. loo 65.OO0 

Tota). 900.000 

A ces quantités viennent d'ailleurs s'ajouter les so à 

s5,Doo tonnes de fonte de forge grise de bonne qualité 

delà forât de Dean. 

FouiM bi«DcbH La marche des fourneaux du pays de Galles, don- 

"*"' " '■ nant de la fonte blanche pour rails, est résumée dans 

les six dernières colonnes horizontales des tableaux 




EN ANGLETERRE, 555 

o*'',70 par minute et mètre cube de la capacité totale 
des fourneaux, ou de 5 à 6.000 mètres cubes par tonne 
de fonte blanche. 

Pour produire une tonne de pareille fonte, on con- 
somme ! 

2*,4oo à s%75o de minerais et scories, et ce mélange 
se compose en général de 

Minerais houillers grillés da pays {welêh-mines) Ao à 60 

Minerais importés (principalement des r^d-ortfi) ko à a5 

Scories de forges « >o k a5 

Total 100 * 

auquel on ajoute, comme fondant, 3o à 55 de castine. 
Il faut toutefois rappeler que, pour les fontes tout à fait 
inférieures, la proportion de scories va parfois à 3o ou 
4op* 100. 

Le combustible consommé varie entre des limites 
assez larges, même pour des fontes presque identiques ; 
cela tient à la nature propre des charbons et à la charge 
si variable en coke et houille crue. La consommation 
est, au reste, toujours exprimée en houille et non par 
le poids du coke. 

Lorsqu'on charge exclusivement de la houille maigre 
et des minerais riches et fusibles, d'une teneur de 4o & 
5o p. 100, on ne consomme quelquefois par tonne de 
fonte, pour la fusion proprement dite, que i*,5o à i%75 
de combustible cru*, mais le plus souvent, et surtout 
lorsqu'on marche au mélange de houille et de coke, la 
consommation atteint iSgo à s tonnes. Dans les deux 
cas, il faut ajouter, pour le chauffage des chaudières et 
du vent, oS20 à oSsS de charbon en cas d'emploi des 
gaz, et oS35 à o%5o en cas de non-emploi. 

Lorsque les minerais grillés mêlés de scories ne ren- 
dent que 38 à 4o p. loo, et lorsque la houille est 
bitumineuse, on en consomme jusqu'h si*,90 et parfois 



S(4 'TAT PBtunr n u yËTAUiuRGiB DU rea 
t*,55 & s*.4o- Ces derniers chiffres sont relatifs aux 
aunes deTredegare et d'Ebbwvale. Us s'expliquent par 
]a fùble teneur des minerûs, la forte charge en coke 
(9/3 pour 1/5 de houille] et la nature relativementpeu 
carburée des houilles de cette partie du bassin (i). 

La coDsommation redescend k a tonnes dans l'usine 
Sirbowy, où l'on chai^ moitié honilte crue et de la 
cbaux vive au lieu de calcûre. 

La nature des houilles influe aussi sur le poids total 
des matières fondues. A Dowlûs, oii l'on marche h la 
houille crue mîdgre, la tonne de charbon fond i*,7o de 
mioerai et castine. 

A Ebbwvale et Tredegare, par les motifs que nous 
Tenons de signaler, au plus ■',4o & i',5o. 

A Sirbowy, onremDnte& 1', 57,àcausedelachaux 
vive employée comme fondant. 
Béiuiuti Des fontes blanches pour rails, passons aux fontes . 

auutJ^niMDi grises supérieures, pour revenir ensuite aux variétés 
tnTou'^u intermédiaires. 

suptriïDrp. i^es fontes grises du pays de Galles sont de deux 
sortes et proviennent de deux points diamétralement 




EN ANGLETERRE. 555 

peu en apparence lorsqu'on rapproche ce chiffre des 
consommations relatives à la fonte blanche; mais au 
fond il n'a rien d'exceptionnel, car il faut comparer 
non les combustibles bruts^ mais les proportions rela- 
tives de carbone fixe : on trouve alors que , par tonne 
de fonte blanche, grenue ou fibreuse, on ne consomme 
que i%i5 à i\2o de carbone proprement dit, tandis 
qu'on en brûle i%5o pour la fonte grise à l'anthracite; 
c'est bien le rapport qui existe en général, toutes 
choses égales d'ailleurs, entre les poids des combusti- 
bles consommés pour les fontes blanches et les fontes 
grises. 

Ainsi le tableau de la page 1 75 montre que, dans les 
usines du Staffordsfaire, on consomme également , par 
tonne de fonte grise, iS5o de carbone fixe, sous forme 
de houille à très-longue flamme. En Ecosse, avec des 
charbons identiques, on en brûle beaucoup moins 
(i%ioài\25}, et cela pour des fontes tout àfaitnoires; 
mais aussi les minerais y rendent 55 à 60 p. 100, au 
lieude4oà42 p. 100. 

L'influence de la proportion élevée du carbone fixe 
se manifeste également par le poids du lit de fusion 
foodu. Dans les usines alimentées à l'anthracite, il est 
de iS8s, lorsque dans le Staffordshire il est h peine de 
oSgo et en Ecosse de 1 tonne à ï\22 par tonne de 
combustible brut. 

Les fontes au coke et à l'air froid de Pontypool et «• Foniti grii^ 
Blaenavon proviennent de 2^700 à 2%8oo de minerai, 
dont 85 à 90 p. 100 de carbonate houiller grillé et au 
plus i5 p. 100 de minerais étrangers. Le poids de la 
castine varie de oSgo à i%90, chiffre élevé, dû à la forte 
proportion de minerai argileux et au poids non moins 
considérable de combustible consommé, dont il faut 
fondre les cendres. 



65fl ÉTAT PBÉ8EMT DE LA MÉTAILDBCIE DD FBR 

Le tableau de la page 176 donne t\g5 de coke, ou 
5',o5 de houille par toDDe de fonte produite à Blaena- 
von. Mats, comme moyenne, ce chifTi-e est un peu faible, 
car h Pontypool on use 2',i5 à a'.So de coke, provenant 
de 5*,5o à4 tonnes de houille. C'estpar suite, dans ce 
derolei' cas, a tonnes de carbone fixe, et à Blaenavon 
l'.yS. Ainsi, dans les deux usines, la consommation 
est forte comparativement à celle du Staflbrdshirc 
(iS5o), et l'on voit là d'une façon très^nette t'influence 
de r^r chaud, dont nous aurons à reparler dans nn 
instant 

Enfin, lorsqu'on évalue, par tonne de houille, le poids 
total des matières fondues, on trouve i*,9o à Blaena- 
von et I tonne à Pontypool ; ctiifTi-e élevé comparative- 
ment aux résultats fournis par les usines & l'air chaud 
du SlalTordshtre. On reconnaît là, comme dans le dis> 
trict antbraciteux , l'influence des houilles ricbea en 
carbone du pays de Galles. 
o."eioeni Les fontes pour rails ne subissent aucun classe- 
fonte* biiDchM. ment spécial; on ne les divise jamais en numéros. 
Et, au fond, cela n'est pas nécessaire, puisqu'elles ne 




EN ANGLETERRE. 55; 

comme fonte de foi^, aux fabricants de fer*blanc; 
aussi chercbe-t-on à produire spécialement, et par moi* 
dés, les numéros 3 et 4 d'un gris clair brillant {brighi) 
et à texture serrée. On évite les numéros plus fon- 
cés 1 et 2, dont le placement comme fontes de moulage 
est assez difficile. A Ystalyfera on s'applique également 
à produire surtout des fontes à fer-blanc, c'est-à-dire, 
les numéros 3 et 4 et même le numéro S qui est truite 
(tnoUlei). 

A Blaenavon, où l'on travaille davantage pour fonte 
de moulage (i) les produits des quatre bauts fourneaux 



•^fmmmmmmm^mmÊfm^gm'^nmrmmmm''mmmm^''>mm 



(0 Les fontes à Pair Aroid de Blaenavon aont fort appréciées 
à cause de leur ténaoitô. D'aprôs un rapport officiel inséré 
dans le n* I197 des blue-books (Enquêtes administratives) les 
fontes de cette usine occupent à ce point de vue, parmi les 
fontes anglalsesiPun des premiers rangs. 

Trois échantillons analysés à TÉcole des Mines de Londres, 
ont donné les résultats suivants: 

Carbone, . . t . . . , 3,64 2,82 3,40 

Silldam. *. 1,68 0,8i i,36 

Mangâoéie 0,66 0,S3 o,2S 

Pboiphoro •..••• 0,27 o,38 0,20 

Soufre « , 0,08 0,06 O.OT 

Les minerais houillers, fondus dans cette usine, renferment 
d'ailleurs, o,5o à 1,17 p. 100 de manganèse, assez souvent jus- 
qu'à 1 p. 100 d*acide phospborique, mais en général très-peu 
de pyrites de fer. Il semble donc que quelques millièmes de 
phosphore n'altèrent pas sensiblement la ténacité des fontes. Ce 
qui importe, c*est Tabsence du soufre et une proportion peu 
élevée de silicium. Les fontes de Pontypool, d'une ténacité un 
peu moindre, renferment, d'après le même blue-booh : 

Carbone 2,f2 

Silicium 1,40 

Manganèie ••,.•«..,,, 0,42 

Phosphore ..•.,. 0,32 

Soufre. 0,12 

C'est-à-dire, les mêmes éléments que la fonte de Blaenavon « 
sauf une proportion à peu près double de soufre. 

Si nous comparons ces chiffres aux analyses des fontes 
d'Ecosse (p. 21 3) on voit clairement que la faible ténacité de 





ÉTAT PnÉSEBT DE LA MÉTALtUBC.tE DD FER 

froid, pendant l'année i SSg, ont été classés ainsi : 

ntes démoulage: 






Dtea de forge: 

Grey forge . . . W û- . . S-a^S 

Commoii forge. N" 5. . . 1.77Ù 8.916 tonnes. 

iDferlor forge. . K° 6. . . S.giû 

Total i6.ù7o tonnes. 

otilypool enfin on distingue jusqu'à 8 classes, el 
lerche à obtenir spécialemeotles numéros moyens 
!a dureté est plus grande que celle des numéros 
leurs d'un gris trop foncé. Sur un produit bebdo- 
irede u 56 tonnes, en mai 1860, on a obtenu: 

N* 1. . . 5a 1 Se vendent comme fonta de mou- 
K" 9. . . 5 j lage proprement dite. 



EN AN6LBTERBB. 

Au mois d'août 1 858: 



559 



Les trois bauts fourneaux à l'air 
roid avaient consommé, par tonne 
de fonte z 

Coke î»,i87 

Minerai liouiller grillé. 1 ,810 | , _ 

Hématite rouge 0,852 I * 

Castine 1,186 

Houille pour soufflerie. ,342 

etproduit en quatre semaines 762 ton. 
de fonte, on, par fourneau, 254 ton- 
nés dont un douzième était de la 
fonte blanche. 



Le haut fourneau à l'air obaud avait 
consommé par tonne de fonte : 

Coke iSsoo 

Minerai houiiler grillé. 1 ,195 

Hémaliie rouge ,812 

Minerai ooliliqae. . . . 0,106 

Scories de forge. . . . 0,810, 

Castine 1 ,033 

Houille pour soufflerie. ,3^5 

et produit en quatre semaines s 12 ton. 
de fonte dont la moitié était blanche. 



lS928 



Oa aurait doue ici, à Tair chaud, une marche deux 
fois plus rapide, et une consommation de i%6o au lieu 
de 2%37; soit une économie de o%637 sur 2% 137; ou 
de 3o p. 100. Mais évidemment ces résultats ne sont 
pas comparables puisque, ni les minerais, ni les fontes 
ne sont identiques. 

En mai 1860, les conditions furent moins diifé- 
rentes ; 



Les trois hauts fourneaux à l'air 
froid ont consommé alors : 



Coke. 



2SS2 



Minerai houiiler grillé. . 2 ,34 | , * 

Minerai de Ljdnay. ... ,45 ) ' 

Castine l ,20 

Houille pour soufflerie. . ,22 

et ont produit par semaine les 256 ton- 
nes de fonte dont nous avons donné 
ci-dessus le classement. 
Soit par fourneau $5 tonnes. 



Le haut fourneau à l'air chaud a 
consommé : 



2«,37 



Coke iS87 

Minerai houiiler grillé. . 1,44' 
Minerai de Lydnay. ... o ,40 
Minerai apathique du So- 
merset. 0,53. 

Castine o ,67 

Houille pour soufflerie et 
air chaud 0,40 

et a produit par semaine |18 tonnes 
classées ainsi ; 

N« 4 7» 1/2 

N» 5 88* 

N» 8 22* 1/2 

ToUl. 



118 ton. 



On voit, par ces chiffres, que si la rapidité de la 
marche kYair froid est représentée par s, elle le sera 
par 3 à Tair chaud. De plus, la consommation est ra- 



EN ANGLETËRRC. 5Gi 

i* Prix de revient de la fonte dam le Sauth-Waleê. 

Les consotnmatiotis en charbon variant du simple ati 
double, et les charges en minerai pouvant recevoir 
depuis o jusqu'à 4o p. i oo de scories de forge, les prix 
de revient de la fonte doivent nécessairement différer 
beaucoup, dans le Pays de Galles, d'une usine à l'autre, 
et même d*un haut fourneau à son voisin. Néanmoins 
ces dilKrences disparaissent en grande partie, lorsqu'on 
se borne aux fontes de qualités semblables. Ainsi lé -^^^^^^ ^^^^^^^ 
prix de revient de la fonte pour rails ne dépassait nulle dupriidure^ie 
part, eu juin 1860, époque de notre voyage, les limites pont rtii«. 
de aliv. 10 sh. et 5llv. la tonne de s.^oo liv., intérêts 
de capitaux non compris ; le chiffre inférieur s' appli- 
quant aux fontes blanches grenues et le supérieur aux 
fontes blanches lamelleuses. A moins de charger au 
delà de sS p. 100 de scories de forge, auquel cas la 
fonte est de qualité tout à fait inférieure, impropre à 
être pudcllée seule, le coût de la fçnte ne peut guère 
descendre aujourd'hui au-dessous de 2 liv. iosh<la 
tonne longweiyht^ soit 2liv.6sh.8d. la tonne légale,, 
ou 58 francs les 1 .ooo kil. Les fontes à excès de scories 
pourraient seules ne couler que 65 à 56 francs; mais, 
nous le répétons, ces fontes ne peuvent servir que pour 
les rails les plus inférieurs {Américains^ et même alors 
il faut, au moment du puddiage, les associer avec d'au- 
tres, moins chargés d'éléments nuisibles. A la vérité 
M. Trûran cite, pour i845, un prix de revient de 1 liv. 
iGsh.3d.6par tonne de 2./100 liv. (/j5',o4 les 1.000 
kil.), mais en ajoutant, comme nous l'avons déjà rappelé 
au sujet de cette époque, qu'alors le taux de la main- 
d'œuvre, et par cela môme les prix de la houille et des mî- 
nerais,ëtaientexceptionnellementba8(i).Alors,en effet, 

(1) TrurtOt page 170. 





ËTAT PRÉSENT PC LA HËTALLUnrTlE OU FER 

: de vente du fer en barres, au port de Liverpool, 

.rrivéà41iv. 12 sb. la louiie légale, chiffre auquel 
.ait jamais descendu auparavant, et qu'il n'a 
, qu'une seule foîsdepuis, eu iS52. Dans les cir- 
nces actuelles, une pareille baisse ne saurait plus 
duire; toutes les forges se fermeraient ou seraient 
3. On peut donc considérer 2 liv. G sb. par tonne 
4o liv. comme une limite inférieure bien difficile, 
impossible, à francbir. 

:i, dans les conditions actuelles, de quels élé- 
se compose le prix de revient de la fonle blanche 
ipour raiis,eii partant de la charge moyenne des 
fourneaux de Dowlais , qui ne diffère guère de 
[e la plupart des autres usines. 

Ion. lï. dCD. m. Ues 

iouillerïrQlSiO(ongrillèl i,id i lO. * 15. o 

1 raugo du Lancishira <33 p. IM du 


■ 



EN ANGLETERRE. 565 

au-dessou8 de 2*20 à s^sS. Alors le prix de revient 
s'approchera forcément de 9 liv. 12 sh* à a liv. 1 5 sh. ; 
chiffres que nous ayons rencontrés effectivement dans 
plusieurs usines du pays de Galles ; et lorsqu'on marche, 
comme à Gyfarthfa, uniquement au coke et en fonte 
plutôt lamelleuse que grenue, il peut même atteindre 
9 liv. i8sh. àS liv. 
Si maintenant on veut avoir des fontes, non-seule- coùideiaf< 

' pour 

ment lamelleuses, ou légèrement traitées, mais encore fen marcha 
faiblement chaînées de phosphore et de soufre, le prix ouVur ni 
de revient montera toujours plus, car on devra réduire *^^''^^^ 
le poids des scories à près de 10 p. 100 et ne charger 
que peu de houille crue. Par tonne , les minerais coû- 
teront alors 34 à 35 sh. au lieu de 32 sh. et la consom- 
mation en houille s'approchera de 2%4o. En même 
temps la production sera plus faible, et, par suite, la 
midn-d'œuvre et les frais généraux plus élevés. Ou 
arrive alors à des prix de revient de 3 liv. à 3 liv. 5 sh. 
les a.4ooliv. ou de 6g',55 à 75',35 les 1.000 kil. 

Enfin les fontes grises supérieures sont nécessaire- coûtées roi 
ment d'un prix notablement plus élevé, puisqu'on sup- ia|lérioiir< 
prime toute addition de scories et de houille crue, et 
que l'on marche, le plus souvent, à l'air froid, avec 
consommation de 3 à 4 tonnes de houille. La produc- 
tion est d'sdlleurs faible dans ce cas , ce qui haussera 
d'autant la main-d'œuvre et les gênerai charges. 

Les prix de revient atteignent alors 4 liv* à 4 liv. 
5 ah. les 2.400 kil. ou 92^,70 à g8',5o les 1.000 kil. 
Citons, comme preuve, le coût détaillé d'une fonte grise 
tout à fait supérieure à l'air froid. 



ToMK XX, 1861. 57 





fcl'&T PULSENT Ut Lk HSTALLUBCIE DU EER 
ioal1ttrcri]a<,<(),|>e<ïiilErll!t.. . . S.io i i^.4,s U.t 


Cbarge laUlAenminanii. . . M> • ■ *^' 








jhargeB (iniértw pon eomptU). . . . ■ • - •■ i 
i.rtemient de 5.400 liT - V-s*i'. 

re ces footes grises supérieures à l'air froid et les 
blanches de forge, viénneut se placer, comme 
l'avons dit, les fontes grises à l'air cbaud, fon- 
lU coke ou à l'anlhracile (Beaufort, Yniscedwin, 
fara, forêt de Dean, etc.). 
r prix de revient oscille entre 5 liv. 5 sb. et 

Débouchéi el conditions de Vtnte du fonte» dit pags 
de Galles. 

^orUe^^brc^rdinaire^i^onUires^^ 



Bit ANGUETEaaE. 565 

deux industries et vaste marché de fontes de moulage. 
Les seuls produits des hauts fourneaux gallois qui 
soient réellement un objet de commerce, ce sont les 
fontes grises ordinaires à Tair chaud, et les fontes su- 
périeures à Tair froid. On les vend spécialement aux 
fabriques de fers blancs et de tôles minces (fers noirs) 
qui sont très-nombreuses dans le pays de Galles mèmet 
L'exportation proprement dite et presque nulle. 
En 1867 elle s'est pourtant élevée à 1 7.649 l* Exporuuon 

Mais en i858 elle n'atteignait pas même 2.000 t* ^ ^" *^'.** 
Ces fontes furent surtout dirigées vers le nord de 
l'Europe. Elles sont livrées, franches de port, sous 
vergues, à Newport, GardifT ou Swansea. Les frais de 
transport et d'embarquement, à la charge dos maîtres 
de forges ) montent, selon la situation des usines, à 
s ou Ssh. 

Les payements se font à quatre mois de date, ou 
aved un escompte de s 1/2 p. 100, indépendamment 
d'avantages spéciaux, accordés dans le cas de fortes 
commandes. 

Le tableau suivant, relatif aux derniers mois de 
l'année 1859, ^^^^ connaître les prix des diverses sortes 
de fontes du pays de Galles. 





^^^^^^^Jetat prèsbnt de la du feb 

^^^^^^^^HlfuM <Ut prix de vente de* (ontu dit payi de GaUti. 
^^^^^^^^^ndant Ut dernieri moi» de ISSS(lm«es eousTergnes). 




^^^p„„...,.o...,. 


«a 1,110 LIv, 


dt1,[HMkll. 


1 




^^^^^^^^1 blaiiabea v«aufs pour 


ji.io'^'iîE.irt-' 
it-io- i se- 

se-io*- i aï-js- 


tin',i<i>>ïi',ia 
Ba',Da 1 8S',1S 


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^^^^^^^^^^■tupéiicuts ou leit oom- 




^^^^^^^^mXtant ie II Ior«E de bn« 

^^^^^^^^H griMS i de 
^^^^^^^^^^■poui m pour 
^^^^^^^■blunrs ,1 fort à 

^^^^^^^^^^^>:rii» <le 




^^^^^^^^H'l« diilnrlonthracileiii. , 







S67 

quels s'élèvent de lo & i5 sb. les premières marques 
de Pontypool et Blaeuavofi et au-àt$$out desquels s'a- 
baissent, d'environ losb., les marques moins estimées 
de la forêt de Dean et du district anthraciteux. 



Km 

jDln. . . . 
SapUmbre. 
Dicambra. 

Dicaoïbn, 

Hin.. . . 

Juin. 

I 
Hara 

Srplambra. 
Décembre, . 

ins 

Hirg 

Juin. . . . . 
Saplembre, 
Dtcembra. . 

UU 

Uin., . . . 

Juin. . . . . 

D&embn. . 

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Har» 

Juin. 

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18H 




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Sfplambra. . 


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UW 




S?;:::;: 


4. 





ÈT4T PRÉSENT DB LA MÉTALIDHGIE DD FER 

lomparant les pris de vente aux prix de revient. 
. que, si la période de i853 à 1857 a été (loris- 
les bénéfices des fondeurs ont été minimes de- 
358, et mêmes nuls pendant le cours de l'année 
Aussi c'est, en effet, à partir de l'année i858, 
production du pays de Galles a baissé graduel- 

)rix de revient minimum de la fonte pour rails 
p. 100 de scories) est, d'après ce qui précède, 

'ranca les i.ooo kil. en forge, ou de Ci francs à 
sous vergues. Or le prix de vente correspon- 

In 1859) est de 65 à 66 francs, dont il faut en- 

Èduire 3 i/a p. 100 d'escompte. Reste donc un 

:e d'auplus 3 francs pour couvrir les intérêts des 

jx engagés f 

1 860 les fontes pour rails éprouvent une nouvelle 
de A & 5 sti. (5 à 6 francs), d'où résulte une 



EN AIIGLBTBBRB. 569 

QHAPITRBXn. 

SITOATION ET CONSISTANGB DES PRINCIPALES USINES 
A FER DU SOUTH-WALES (l). 

Pour compléter rhistorique de la fabrication de la 
fonte, dans le district du pays de Galles, donnons quel- 
ques détails sur la consistance et le développement 
progressif de ses principaux établissements. Nous ver- 
rons par là que si leur situation actuelle est précaire, 
ils ont eu cependant leurs périodes de prospérité» dont 
quelques maîtres de forges, peu nombreux toutefois, 
ont su largement proGter. 

La plupart des grandes usines du pays de Galles 
sont situées sur le relèvement nord des schistes infé- 
rieurs du bassin houiller, à i5 ou so'milles de la mer, 
et, en général, non loin de Torigine des vallées trans- 
versales qui sillonnent ce bassin du nord au sud. Nous 
avons dit qu'en 18S7 trente-neuf usines avec cent 
soixante-treize hauts fourneaux fonctionnaient dans le 
district à charbons bitumineux et dix avec trente-quatre 
hauts fourneaux dans le district à charbon anthraci- 
teux. Nous allons rapidement les passer en revue, en 
les suivant de Test à Touest. Mais rappelons d'abord, 
que les usines orientales sont reliées au port de 
Newport , celles du centre à Cardiff, et les usines de 
Touest à Swansea, et qu'en général on trouve partout, 
suivant ces directions, canaux et rails-ways. 



(1) Nous extrayons la plupart de ces renseignements d'une 
note manuscrite que nous devons à l'obligeance d'un ingénieur 
technique de la contrée, chargé de la direction de plusieurs 
mines du comté de Monmouth. Quoique ces détails se rappor- 
tent aux forges aussi bien qu'aux hauts fourneaux, nous croyons 
devoir néanmoins les placer ici. 





ËSAT PRÉSENT DE Li HËT&LLURGIE DU FER 

est, dana le Monmouthsire sur la lisière méri- 
e du Brcckookshire, la plus considérable des 
,gnies acluelles est celle d'Ebbwvale. Elle fa- 
i annuellemeateDviron 90.000 tonnes de rails et 
D barres, et exporte en outre , par Newport, au 
e 100.000 tonnes de houille. 
:e compagnie possède : 

1 9 hauts fourneaux -, 
19a fours àpuddler; 

99 fours à réchauffer. 
:t 1.000 à 1.200 maisons d'ouvriers. 

amodiations houillères comprennent 7,600 acres 
» hectares) de terrain, et le nombre de ses ou- 
effectifs est de 8.000. 

s tousces élément3 ne sont pas réunissur un même 
et n'ont été fusionnés en une seule aff^re que 



EN ANGLETEfiRE. iji 

hauts fourneaux, dont trois en activité, et quel(|ue8 feux 
definerîe. • * 

A Victoria et à Ebbwvale il y a, de plus, une centaine 
de fours de puddlage, et dans la dernière de ces deux 
forges, deux trains complets de laminoirs à rails. C'est 
là, par suite, que s'achève l'affinage des 80.000 tonnes 
de fonte, provenant des neufs hauts fourneaux, et leur 
transformation en 60.000 tonnes de rails. 

Les trois établissements ont été construits par des 
propriétaires différents, et furent achetés par la com- 
pagnie actuelle à des prix relativement bas. L'usine 
d'Ebbwvale, la plus ancienne des trois, date de l'ori- 
gine du siècle, tandis que Victoria ne fut bâtie que 
vers i858. 

Contrairement à la marche ordinaire des choses, 
Ebbwvale paraît avoir enrichi son fondateur et ruiné 
ses successeurs immédiats. Sirhowy et Victoria n'ont 
prospéré qu'entre les mains de la compagnie actuelle, 
grâce à la faiblesse relative du capital d'acquisition. 

Le groupe de Pontypool se compose de la grande 
forge A*Àbirsychan et des deux établissements peu im- 
portants de Cumbrain et Pentwyn, On peut y joindre 
l'usine de Pontypool même qui, gérée à part, appar- 
tient néanmoins, presque exclusivement, aux mêmes 
personnes. 

Atiersychan comprend six hauts fourneaux, dont 
cinq généralement en feu, et une forge à rails de 
trente-^ à quarante fours de puddlage. On y fabrique 
annuellement 55 à4o.ooo tonnes de fonte, donnant 
90 à sS.ooo tonnes de rsdls, de qualité supérieure, plus 
quelques fers d'un calibre élevé. L'usine fut établie en 
1836, par la Bristish Iron Comp. qui y perdit la 
somme énorme de 400.000 liv. En iSSa, elle fut 
achetée, par la Compagnie d'Ebbwvale, pour le faible 



Usines 

d'Abersychan, 

Cwmbrain 

et Pentwyn. 





Etat présent db la uëtallurgic du fek 
irsé de 8.5oo liv. qui fut même plus que couvert 
) stock des produits fabriqués. * 
sine voisine de Pentwyn ne fut guère plus heu- 
. Établie vers iSsS, elle fut coastammeot une 
3 de pertes pour ses propriétaires succesBÎfs. 
losée de trois hauts fourneaux et d'une forge, ces 
parties furent vendues séparément: les hauts 
aaux, en i855, passèrent aus mains de la compa^ 
d'Ebbwvale qui ne les mit jamais en feu, mais 
ta depuis lors les miues qui en dépendaient au 
d'Abersychan; quant à la forge, elle fut acquise 
famille Crawshay-Baileyqui, faute de bénéfices, 
de l'abandonner. 

troisième usine, en aval de Pontypool, est Cicm- 
r petite forge, construite vers 1 8^0, spécialement 
ée à livrer des fers marchands, 
compagnie d'Ebbwvale nous fournit ainsi un 



ville. Oo persévéra néAQmoiiis dans la fabrication des 
fers spéciaux. Au lieu de rails et de fers communs, on 
y produit encore exclusivement des fontes grises que 
Ton transforme en tôles, fers fins et fers blancs. Des 
quatre bauts fourneaux, trois vont à l'air froid et sans 
scories ; tous exclusivement au coke. 

La productiop annuelle de Pontypool est de 16.000 
tonnes de fonte et d'environ 10.000 tonnes de fer. La 
forge proprement dite, où s'affine la fonte, est divisée 
en trois usines, étagées sur la rivière qui passe à Pon- 
typool. La forge d'affinage et de grosse tôle en aval de 
la ville, celle pour le corroyage des fers fins en amont, 
la fabrique de fer blanc au centre, auprès de la ville 
même* 

En amont de Pontypool, vers l'origine de la vallée Bbenavon. 
et dans l'angle nord-est du bassin bouiller, se trouve 
l'usine de Blaenavon^ également exploitée pour fers de 
qualité supérieure. 

Bâtie vers 1780,0110 a passé, depuis 1837, P^^ ^^^ 
verses mains et n'a guère prospéré avant ces derniers 
temps. En ce moment elle comprend cinq bauts four- 
neaux, tous à l'air froid et au coke; et lors de notre 
visite on s'occupait de l'agrandissement delà forge qui 
doit renfermer actuellement quarante fours de pudd- 
lage et un laminoir pour bandages du système Petin et 
Gaudet Un seul baut fourneau reçoit des scories et 
marcbe en fonte blanche; ce dernier fournit annuelle- 
ment près de 8.000 tonnes ; tandis que les quatre autres 
ne produisent réunis que 18 àao.ooo tonnes de fonte 
grise. 

Entre Blaenavon pt la vallée d'Ebbwvale existe, dans ^^ ^^^^^^^^^^ 
un vaUon parallèle, le groupe des forges réunies de da 
Blama^ Ctom-Celyn et Coalbrook^ale. Plusieurs maîtres 
de forges s'y sont ruinés successivement ; aujourd'hui 





ÉTAT PBlSBNT DE LA UËTALLUAGIE DU PEK 

sont exploitées par F. Levick et compagnie et l'en- 
ise se soutient, grâce au taux peu élevé du prix 
uiaitiou. On y fabrique spécialement des rails; 
ant, sur les six hauts foorneaui, l'un d'eux marche 
r froid et deux ou trois autres exclusivement an 
afm de produire de bonnes fontes que l'on al&oe 
fers marchands, fers à Tet fera d'angle. 
produit annuel de ces usines est d'en^roD : 

ùo.ooo tonnes de fonte, donnant 

ao.ooo tonnes de rails 

et 6 il 8.0DO tonnes de fera en barres. 

.'origine des vallées de Blaeoa et d'Ebbwvate on 
mtre les usines de ^'antlJglo et Beaufort qui firent 
tune colossale de sir Joseph Bailey. Placées sur 
[leurcments mêmes de la houille et des mlneraiSt 
eurent les matières premières à des prix excep- 
ellement bas. Aujourd'hui les circonstances sont 



6N ANGLETERRE. 575 

La production des sept hauts fourneaux est d* envi- 
ron 4o«ooo tonnes. Dans la forge on fabrique des rails 
et du fer en barres* 

A Fouest d'Ebbwvale, à quelques cents mètres de 
Sirhowy et sur le flanc opposé de la même vallée, on ren- 
contre 1 usine de Tredegare^ la plus importante, parmi 
les forges à rails du Monmouthsbire, après Ebbw^ale, 
et Tune de celles dont les conditions économiques sont 
leplusfavorables. L'établissement date de l'année 1 824. 
La forge, reconstruite en i833, est remarquable par 
l'arrangement symétrique de ses diverses parties: 
l'atelier de puddlage se compose d'une grande 
halle où sont installés , sur une même ligne , quatre 
presses et quatre trains de laminoirs-ébaucheurs. De 
ce bâtiment principal partent perpendiculairement 
quatre halles moins élevées, respectivement en face des 
quatre presses ; elles renferment chacune vingt fours 
de puddlage, en deux rangées parallèles de dix. L'u- 
sine entière comprend donc quatre-vingts fours de 
puddlage, et tout à côté s'élèvent neuf grands hauts 
fourneaux. Lors de notre visite, six hauts fourneaux 
marchaient à l'air chaud, produisant de la fonte 
blanche ordinsdre pour rails; un septième, à l'air froid, 
donnait de la fonte grise. Tous sont pourvus d'obtura- 
teurs coniques pour la prise des gaz et la distribution 
régulière de la charge. 

La production de l'usine est de 60 à 65. 000 tonnes 
de fonte et d'environ 4o.ooo tonnes de rails. 

Nous citons, pour mémoire, deux forges peu impor- 
tantes, Goïynos et Warteg^ situées entre Abersychan et 
Blaenavon. Elles n'ont guère profité aux propriétaires, 
ou fermiers successifs qui les faisaient valoir; aussi 
l'une d'elles (Golynos) va être abandonnée par ce 
motif. 



Tredegare. 



Golynos 
et Warteg. 



ÉTAT PRÉSENT DE Vf MÉTALtURGlB OU PER 

li citous encore, comme dernière usine du district 
lai , celle de Clydach , dans le Brecknocksbire. 
Ist voisine de Beaufort, dans la vallée d'Aberga- 
, et, quant aux matières premières, dans des con- 
ez semblables. Malgré cela, elle ne prospéra 
J)mme sa voisine. Établie vers 1780, elle comprend 
Ird'hui quatre hauts fourneaux, dont trois en feu, 
ï forge pour rails et fers. 

tnaintenant nous nous dirigeons vers l'ouest, nous 
incontrerons, à 3 milles de Tredegare, Rijmnei) sur 
lièrc du Monroouthsliire, et, un peu plus loin, la 
1 de B»U dans le Glamorgansbire. L'une et l'autre 
Itiennent à la Rymney-lron Comp. La consistance 
1 conditions de ces deux établissements se rap- 
lent beaucoup de celles deTredegare. On y trouve, 

|tt, neuf hauts fourneaux et environ quatre-vingts 



EN ANGLETERRE, 677 

anglais, des bénéfices énormes. Sans doute la cause de 
ce brillant succès doit être cherché ayant tout, comme 
à Beaufort et Nantyglo, dans l'abondance exception- 
nelle des matières premières mais, après cela, certai- 
nement aussi, dans la parfaite unité de direction et le 
développement mesuré de l'entreprise, qui se poursuit 
sans relâche d'année en année, de 1790 jusqu'en i845f 
lorsque d'autres établissements, dans des conditions 
en apparence identiques, n'ont pu se soutenir parce 
que, de prime abord et comme d'un seul jet, ils avaient 
été montés sur une trop vaste échelle. En industrie, 
comme dans la nature, on ne saurait impunément 
méconnaître l'universelle loi de la croissance gra- 
duelle. 
Dowlais renferme maintenant et même dès i8A5 : 

1 8 hauts fourneaux ; 
8 fineries; 

145 fours de puSdlage , 
Et 87 fours de réchauffage. 

C'est dans cet établissement que se trouve la machine 
soufllaDte monstre, dont nous avons parlé (p. 149)9 et 
le plus vaste haut fourneau d'Angleterre (p. 137, 174? 
et PL YI, fig. lo). On vient aussi d'y installer, dans une 
nouvelle forge, de puissants laminoirs pour les plus gros 
fera de construction* Nous en dirons quelques mots dans 
la troisième partie de ce travail. 

Les amodiations houillères de T usine de Dowlais 
mesurent s.Soo hectares, et le nombre de sea ouvriers 
est de 8 à 9.000. • 

SeiiBB hauts fourneaux sont généralement en feu et 
par semûne on fabrique en moyennç : 

i3 à i.5oo tonnes de raUs 

et /ir à 600 tonnes de fers de diverses sortes. 





ÉTAT PRÉSENT DE L4 MÉrALtURGIE DH FEB 

■ année, c'e3t environ: 

I35.O00 tonnes do fonte 

et 90 a loo.ooo tonnes da rails et fers. * 

a TU, par les exemples cités (p. 1 70), conabien sont 
îles les charges des baula fourneaux de Dowlais. 
n d'eux ne reçoit que des minerais houiUers el 
lit de la fonte grise de moulage , presque tous les 
j marchent, avec addition de scories, e» fonte 
be plus ou moins grenue, et parfoisl'un ou l'autre, 
Jitquelqiie temps, presque uniquement en scories 
ge. Tous les hauts fourneaux sont soufflés h l'air 
1 ; la plupart reçoivent de la houille crue ; quel- 
uns seulement sont pourvus de prises de gaz. 
forge de Pen-y-darren, située au-dessous de Dow- 
i la porte même de Merthyr-Tidvil, fut également 
e vers la fin du siècle dernier, mais ne donnajamais 



EN AMGLBTEBBE. Syg 

questioD. Gomme sir J. Guest à Dowlais, feu W. Graw- 
shay, le père des propriétaires actuels, réalisa par ses 
forges une fortune énorme. 

Les usines de Gyfarthfa et d' Ynisfacb sont fort bien 
tenues, et leur parfait état d'entretien contraste avec 
Tapparence de délabrement et de désordre de plusieurs 
usines galloises. On y soigne d'ailleurs aussi la fabri* 
cation. Les rails sont de qualité supérieure et les fers 
généralement estimés. A cet effet, tous les fauts four- 
neaux marchent au coke, fabriqué en plein air avec de 
la grosse bouille , et plusieurs sont soufflés à Tair 
froid. 

La castine est chargée à l'état de chaux vive. On 
retraite cependant les scories de forge, msds on évite 
la production de la fonte blanche grenue. Le produit 
ordinaire est blanc lamelleux ou truite, parfois gris, 
et, de plus, on maze presque toute la fonte. Par ces 
motifs les prix de revient y dépassent ceux des autres 
usines; mais aussi, grâce à la nature des fontes, on 
peut obtenir, à Gyfarthfa, les rails en une seule chaude, 
sans hallage, et l'on y fabrique une proportion notable 
de fers en barres d'assez bonne qualité. 

La production annuelle de Gyfarthfa et d' Ynisfacb est 
d'environ 60.000 tonnes de fonte et de 40.000 tonnes 
de rails et fers. 

L'usine, dite Plymouth-WorkSy est située à 2 milles HymoaUi. 
en aval de Gyfarthfa, sur le bord du canal de Gardiff. Works. 
Elle se compose de cinq hauts fourneaux et d'une 
forge très-bien placée. Gomme à Gyfarthfa, on cherche 
à soigner les produits et, grâce aux prix plus élevés que 
l'on en obtient, la situation de l'entreprise parait 
prospère. 

La production de la fonte peut s'élever à So.ooo t. 
et celle des rails et fers à ao ou 91.000 tonnes. 

TOMI XX, 1861. 38 





ÉTAT PRËSENt DE LÀ HÉTAUOBGIE Dti PEK 

'ouest de Merthyr-Tidfil , le Glamoi^anshire com- 
encore uue usioe à rails fort importante, appar- 

t à l'Aberdare Iron C". Elle se compose de deux 

isemenis coiitigus. Aberdare et Lîaydard, et de la 
à rails de Taffvale , près de Newbridge. Ces 

. renferment sept hauts fourneaux, dont six en 
soisante-dix-huit foiirs de puddlage. Comme à 

is, on s'attache à produire beaucoup, mais de 

; ordinaire; et, comme à Ebbwvale, on vend aussi 

bouille que l'on expédie par Cardiff, 

nombre des ouvriers y est de trois mille cinq 

et le produit annuel de : 

5o à, 55.000 tonnes de fonte. 

uiant 55 à 40.000 tonnes de rails. 

is la partie nord du bassin bouiller nous avons 

i mentionner encore l'usine de Hirwain, dans le 

aockesbire, aujourd'hui abandonnée, et les deux 



a uiGtinttEé 



Ml 



Il faut en excepter PÊntyrch dai» la Taff-Vallte^ dont 
les deux hauts fourneaux fournissent de bonnes foaM 
griaes aux fabriques de fera^blancs dm eilivir<mS( 

Si noua paasona maintenant mi disttiit des tbar*^ 
bons anthraciteux, nous trouverons d'abonlv daiié lli 
vallée de la Naath, Tuaine de Venait eo ruines^ et cèUe 
d!Ài9rnmU avec ub aeul baut fourneau en feti eur 
troîa; pûis^ entre la Neatfa et la vallée de Swanaea^ lea 
deux usines , peu importantes et souvent en obômagei 
de Banwm et OrMwyn; enfin, dans la vallée même de 
SwUMsea, les seuls établissemeois un peu oNisidérabki 
et prospères de ce district* Iniicedwn^ Abétcrûvê et 
7j(aiy/(ira. 

FnîMMhotfi est la plue nacieline usine du paya^ aee 
hauts fourneaux ont marché successivement au bois et 
au coke, et depuis vingt ans seulement & l'anthradte. 
Elle comprend six hauts fourneaux^ dont cinq géeé* 
ralement en feu, mais pas de forge» On vend toute la 
fonte, savoir : i S.ooo tonnes aux fabriques de fer-Uane 
et 2.5oo comme fonte de moulage. 

Àbertrave^ bâtie en i8s6, ne renferme qu'un etul 
haut fourneau dans des conditions peu différentes de 
celles d'Yniscedwin. 

Enfin Ystalyfera, le seul établissement complet de 
ce district, se compose de onze fourneaux, dont sept ou 
huit en feu, d'une vaste forge et d'une fabrique de fer- 
blanc. Sa production annuelle est de s5.ooo tonnes de 
fonte, partie grise, partie blanche, que l'on affine 
presque complètement dans l'usine même. 

On a vu précédemment que la fonte blanche s'ob- 
tient avec une addition de scories et se transforme prin- 
cipalement en rails, tandis que la fonte grise est affinée 
au bas foyer pour tôle fine et fer-blanc, en se servant, 
selon les qualités à produire, exclusivement de charbon 



riMttrM 
oeddMlal 



TBisMdwhi. 



||^ 



Abererave. 



TsUlyfrrti 





ETAT PRËS£INr DE tl UKTALLUBGIE DU FBft 

S, OU d'un mélange de coke et de charbon de 

iÏDe d'Yatalyfera se distingue entre toutes, dans 
i de Galles, par l'emploi complet des gaz et des 
rs perdues. 

ïuest de la vallée de Swansea, dans le Caermar- 
ire, on trouve encore trois ou quatre usines, 
)Utes pen importantes, car un seul haut fourneau 
n feu. 

-éaumé, sur trente-quatre hauts fourneaux, qua- 
ou quinze seulement marchent, depuis i858, 
i district authraciteux. En général presque toutes 
ines sont dans des conditions peu favorables de 
es premières et de voies de communication. 

r terminer, rappelons que dans la forêt de Dean, 
. du South-Wales, les conditions ne paraissent 



EN ANGLETERRE. 585 



in. mmantmwvr mv ctbvm* 

FABEICATIOM DE LA FONTE POUR FER EN BARRES. 



CHAPITRE XIU. 

GÉNÉRALITÉS. — IMPORTANCE DU DISTRICT. 

Dans les chapitres qui précèdent, on a vu TÉcosse 
produire des fontes nôtres de moulage; le pays de 
Galles, des fontes blanches pour rails. Nous allons voir 
le Centre fabriquer spécialement des fontes grises pour 
fers marchands et tôles. 

Dans les deux premiers districts, un nombre relati- 
vement restreint d'usines fort importantes préparent 
leurs produits, fontes ou rails, en grandes masses tou- 
jours identiques. 

Dans le district du Centre, des établissements moins 
étendus, mais infiniment plus nombreux, livrent au 
commerce les produits les plus variés, depuis la fonte 
brute jusqu'aux tôles minces et jusqu'aux fils les plus 
fins. Ces usines du Centre sont d'ailleurs dispersées 
sur une surface très-grande ; car si la plupart sont sur- 
tout concentrées dans un espace fort restreint autour 
de la vill^ de Dudley comme centre, on en rencontre 
néanmoins presque sur tous les points du vaste bassin 
houiller qui enveloppe de tous côtés la grrade dorsale 
anglaise, et plus spécialement dans les cinq comtés de 
Stafford, Worcester, Derby, Salope (Sbropshire) et 
York (West-Riding). 

L'extrême concentration des forges à fer autour de 



KN ANGLETERRE. 58S 

et de fer et 109 forges, contenant 9.057 fours de 
puddlage. 

Les détails que nous avons à donner sur la fabrica- 
tion de la fonte grise de forge concernent donc plus 
spécialement le Sud-Staffordêhire ; et, en effet, c'est de 
lui surtout que nous allons nous occuper : 

Néanmoins les usines du Shropshire , du Nord-Staf- 
fordshire et du Derbyshire sont dans des conditions à 
peu près identiques, si ce n*est que leurs produits sont 
en général un peu plus estimés, grâces aux soins que 
Ton apporte à leur fabrication. 

Quant au West-Riding, comprenant surtout les forges 
de Lowmoor et de Bowling, aux environs de Bradford, 
on sait qu'on y prépare spécialement des fontes et des • 

fers tout à fait supérieurs. 

Par ces motifs, nous ne nous occuperons ici que du Division 

fin rfîalpfAl 

sous-district méridional de Dudlty ou du StidStaflord' centrai en de«x 
shire; .ou..di.irici.. 

Et du sous-district septentrional deLotcmoor et Boto- 
Inigf, dans le West-Riding. 

Quant aux établissements du Derbyshire, du Shrop- 
shire et du Nord-Staffordsbire, nous pouvons nous 
dispenser d'en parler, puis que, par leur situation 
comme par leurs produits, ils sont placés entre les 
deux sous-districts que nous venons de nommer et que 
la production de leurs hauts-fourneaux figure dans le 
tableau général de la page 178. 

Biais avant de passer «^ la description spéciale de ces ^^^^^ iMoiiier 
deux sous-districts, disons quelques mots du bassin 
bouiller central, sur lequel sont non-seulement établies 
les nombreuses forges, dont nous venons de parler, 
mais encore les principales industi*ies manufacturières 
du Royaume-Uni : la quincaillerie , à Birmingham ; les 
aciéries, à Sheffield; les ateliers de construction, à 





1 lAT PUESENT DU LA HÊTALLUHGIE DU FEU 

.; les filatures et machines, à Manchester et Old- 

les laina<;es, à Bradford et Halifax; les soieries 
lissages, à Coventry, Nottioghaui, etc. 

centre (ie l' Angleterre, vers l'eilrémité sud de 
itne Pénine, se dresse le massif calcaire du Der- 
re- Autour s'étend de tous côtés le millstone-grit ; 

au delà, le terrain houiller proprement dit. Ce 
3r se divise naturellement en deux branches, 
. Ouest, d'après les deux versants de la chaîne Pé- 
voyez la Carte d'Angleterre, PI. V, looie 19). 

branche orientale \a. de Derby jusqu'à Leeds, 
ente de largeur du sud au nord , puis se termine 
Ifi de Bradford, à une grande faille est-ouest, qui 
! for(ome[it les étages inférieurs. C'est le long de 
bande que sont établies les usines à fer du Der- 
pe (Alfreton, Buiterley-Park, Codnor, etc.), les 
ss de SheÛiekl , les ateliers de Leeds et les forges 



£N AMGLfilfiBKE. 087 

Msôs ce n'est pas là sa superficie entière, car il s'en- 
fonce, à Test iy)mme à l'ouest, sous les dépôts plus mo- 
dernes du Permien et du Trias, sans qu'il soit possible 
de fixer une limite positive à son extension souterrsdne, 
si ce n'est du côté ouest, où sur la lisière du Norih- 
Wales on voit ressortir les assises houillères de dessous 
le nouveau grès rouge , et former là une série de lam- 
beaux, en apparence isolés , sur lesquels sont établies 
les usines du Sbropshira et de la partie nord du pays 
de Galles. 

Ainsi , par son étendue , le bassin houiller central 
est de beaucoup le plus important du Royaume-Uni, et 
il en est de même sous le rapport de sa production qui 
s'élève presque à la moitié de l'extraction totale du 
Royaume-Uni, qui fut de 65 millions, comme on sait, 
en i858. 

Cette même année : ProdsoUM 

toDBM. da 

La branche Est a fourni en effet 13.269.900 bassin eentriL 

La branche Ouest • 10.A70.ik60 

Et le Sud Staffbrdshire e.Sii.ftAo 

Production totale du bassin centrât . • 39.5/UIU990 

Et presque tout ce combustible a été consommé en 
Angleterre même, car l'exportation proprement dite 
du bassin Central n'atteint pas le chiffre de 750.000 t. 

Vers l'extrémité sud de la chaîne Pénine, les deux ExirémiiA s«d 

An 

branches Est et Ouest du bassin central s'enfoncent bassin centrai, 
également sous le Trias, mais pour se rejoindre en 
profondeur et reparaître à la surface du sol, autour 
des pitons siluriens de Dudley, non loin de Birmin- 
gham. C'est la partie sud du bassin central» le district 
proprement dit du Sud Staffordshire. Dans cette région 
le sysième carbonifère est beaucoup moins puissant 
qu'aux environs de llanchester ou de Sheffield. Le 
calcaire carbonifère et le milstone-grit ont disparu en- 



£11 ARGLBTEBIE. S89 

villages, que l'on nommerait ailleurs également r^es 
villes* et entre lesquels s'élèvent les 109 forges, les 
180 liants foufA^aui et les Aoo ateliers de mines ci- 
dossua mentionsiés* 

Le Sud Staffordshire est une contrée légèreiMOBit on- 
dulée, dont l'altitude moyenne est de 4 ^ 5oo pieds et 
celle de ses collines les plus hautes à peine de 7 à 
900 pieds. Blalgré cette faible élévation le district de 
Dudley est traversé» dans le sens de sa longueur, par la 
grande dorsale anglaise qui descend ici, des hauteurs 
de la chaîne Pénine vers les plaines du comté de 
Worcester. Cette situation exclut de la contrée tout 
cours d'eau de quelque importance et spécialement 
toute rivière navigable. On n'y trouve que les sources 
de la Stour qui coule par la Sevem dans le golfe de 
Bristol, et celles de la Rea qui passe à Birmingham et 
se rend de là dans la mer du Nord ; mais ce que la na- 
ture a refusé au pays, la main de l'homnte Ta accompli. 

Deux lignes de canaux tra\ersent le district et vont 
atteindre, par leurs nombreuses ramifications, la plu- 
part de ses mines et de ses forges: le Birmingham canal 
h Test, et le Stourbridgê canal à Touest. En outre, plu- 
sieurs chemins de fer sillonnent le pays et le mettent, 
comme les canaux, en communication directe, soit 
avec Liverpool et les ports de la baie de Bristol, soit 
avec Londres et les ports de la mer du Nord. Néanmoins, 
à cause de la situation centrale du district, les frais 
de transport, jusqu'aux ports de mer les plus voisins, 
sont au moins quadruples de ceux qui pèsent sur les 
produits des forges galloises et écossaises ; diflurence 
qui explique en partie le caractère spécial de l'indus- 
trie des fers du StaiTordshire. 





ETAT PBÉSE^T DE LA UÉTAUnBGIE DU FER 

S 1. Bassin howiller. 

terrMn houiller du Sud StafTordshire se compose, 
es le Geological Survey, dans ses parties les plus 
ilètes, de trois groupes : 

Vers le haut, les grès de Halesoven de a à 
lieds de puissance; 

Vu-dessous les Red coal-measures clay de 3oo pieds ; 
A la base, le groupe houiller proprement dit, de 
00 pieds, qui seul renferme des couches exploî- 

5. 

i grès du ham sont de couleurs variées, 
issent parfois à un véritable poudingue. On les 
intre surtout au sud de Dudley et spécialement 
ir de la petite ville de Halesoven. 
i Red coal-measurrs clay sont des argiles schis- 
s, rougeâtres, passant au bleu ou au vert , que 



BN ANOLETBBIE. 69 1 

Fl«di. 

Le Brooch coal A 

Le thick coal ou ten yards coal 3o 

Le heathen coal «'^ ^ ^ \ y compris les nerfs. 

Le new mine coaL 8 

Le fire clay coal 7 

Lebottomcoal 19 

Épaisseur totale 65 

On environ 55 à 60 pieds de charbon proprement dit. 

Le bassin du Sud Staffordsbire diffère des autres Mtniire d'eu* ; 
bassins anglads par la puissance exceptionnelle de sa: grtnd« ooaeiit. * 
grande coucbe (le thick coal) et les variatioos notables 
qu'elfe subit. Sous ce rapport il ressenoible plutôt aux 
dépôts bouillers de notre plateau central. La grande 
coucbe se maintient sans changements notables autour 
de Dudley» quoique là déjà sa puissance varie entre so 
et 56 pieds ; mais vers TOuest et vers le Nord elle se 
divise en plusieurs branches par le renflement graduel 
de ses nombreux nerfs (parlings) . 

Au delà de Bilston et de Wolverbampton ses divers 
bancs forment jusqu'à la ou i4 couches tout à fait 
distinctes, occupant, avec l'ensemble des intercalations 
stériles, une hauteur totale de 3oo pieds. Ainsi, tan- 
dis que l'on compte 7 ou 8 couches dans la partie sud 
du bassin, leur nombre atteint si vers le nord, mais 
sans que pour cela leur puissance utile ait augmenté 
sensiblement, si ce n'est quelque pm entre Bilston et 
Wolverhampton, où l'épaisseur totale du charbon ex- 
ploitable atteint 70 pieds. 

Au point de vue de la direction et de l'inclinaison des 
veines le bassin du Sud-Staffordshire présente égale- 
ment des changements fréquents. Au sud de Dudley, 
auprès de Halesoven, on observe bien une plongée gé' 
nérale vers le sud ^ mais, au nord, les couches se re- 
lèvent de toutes parts vers les pitons siluriens et vien- 





ËTAT PBÉSEirr DE Ll HftTALtimBIE DD rZft 

là surtout que se trouvent accuinuléa les anciens 
MX, et que la surface est bouleversée, par les 
drements du sot, au delà de tout ce que Vonpem 
iner, 

ms celle région les six couches principales sont 
lochées au point de ne pas occuper en profon- 

totale au delà de 5oo à 35o pieds, en sorte que 
cième de l'épaisseur enlière se compose de char- 
îxpîoit ible, auquel, pour avoir le vide complet oc- 
nné par l'eitraciion, il faut encore ajouter les 
s de minerai, dont la puissance totale, y compris 
;rfs stériles abattus, varie de 12 à 18 pieds, 
ite extrême richesse, accumulée sur une hauteur 

faible et dans un espace aussi restreint, a été, 
elamême, singulièrement gaspillée. En moyenne, 
a pas extrait au dclA de h moitié du charbon exis- 



diiponible. 



EN A1I6LETERR£. ^ SgS 

La réserve en houille, encore disponible dans le bas- a?**^^\ 
sin du Staffordshire, est impossible à fixer. La surface 
est tellement couverte de constructions diverses et le 
sous-sol criblé de si nombreux travaux anciens mal amé- 
nagés, qu'on ne saurait calculer ce qui reste à prendre. 
Comparé aux autres bassins anglais, on pourrait pres- 
que le dire épuisé. Néanmoins la masse déjà exploitée 
ne saurait dépasser i5o à 200 millions de tonnes (i). 

Or, en admettant seulement une puissance utile de 
10 mètres sur 10,000 hectares (les 0,40 du bassin en- 
tier et la moitié de la puissance réelle) , on arrive à un 
total de mille millions de tonnes. Resteraient doncencore 
800 millions à exploiter. Et si ce chiffre peut encore 
paraître exagéré, lorsqu'on considère les constructions 
innombrables qui couvrent le sol, il ne faut pas oublier, 
d'autre part, qu'il ne s'agit ici que de la portion du 
bassin non recouvert par les terrains plus modernes. 

Le terrain houiller du Sud Staffordsbire est, en effet, 
partout bordé de failles qui font descendre les assises 
houillères au-dessous des formations Permiennes et 
Triasiques. Son étendue réelle dépasse donc de beau- 
coup sa superficie apparente, et quoique d'après le 
professeur Rarasay, le terrain Permien de cette contrée 
ait en moyenne une puissance de i5oo pieds et le Trias 
prèsde 9000 pieds, il n'en est pas moins vrai quesurbien 
des points les couches de houille pourront encore être 
explcntées au-dessous de ces formations secondciires, 
comme dans nosi>assin3 de la Moselle, de Ronchamp, 
de SaOne-et-Loire, etc. 

Ainsi donc le bassin du Sud Staffordsbire, quoique 
déjà fortement entamé, et fournissant à une consomma- 



(1) Yen iS3o, on exploitait annuellement 1.300.000 à 
1 .5oo.ooo tonnes, et anj<mrd*hai , en moyenne, 5 millions. 





Ï:TAT PRË3ESIT DE LA MÉTAI.LUIGIE DU FER 

cale énorme, est encore en mesure d'approvision- 
:s nombreuses usines pendant un siècle au moins. 
s le prix de revient de la liouille y est plus élevé 
ur les autres points du Koyaume-Uni. Pour une 
:e donnée, le nombre des amodiataires y est beau- 
jIus grand ; par ce motif, la Roijalty plus consi- 
le et les faux frais accessoires plus importants. 
itrenteans.lesauteuradesVoyagesmétallurgiques 
instaté, comme prix moyen de la houille, en gros 
aux, rendue aux usines, 6 sh. la tonne de 
liv. Aujourd'hui le prix est de 7 sh. 6 d. Ainsi, 
e dans le pays de Galles, la hausse est de aô 
.00. 

Royalty qui était autrefois de 6 pence seulement 
iujourd'hui entre 9 pence et 1 sh. 6 d. et monte 
s jusqu'à 3 sfa. En général la redevance estesti- 



EN ANGLBTEBHE. 



595 



Dans le heathen coal^ les frais 
soDt (le : 

sb. d. 

Getting 3. 7 

Deadwork 2. » 

Redevances 1. 6 



Prix de revient du large coal. 6. 



Dans la grande couche 
[thickcoal) de: 



sh. d. 

a. U 
a, » 
1. 6 

5.10 



A ces prix il faut ajouter pour frais de transport, des 
mines aux usines » 6 d. à 1 sh. {Voyez page i46 de la 
première partie.) 

Remarquons au sujet de ces prix que, contrairement 
aux habitudes suivies dans le pays de Galles et en 
Ecosse, les maîtres de forges du Staffordshire comptent 
rarement la bouille à prix coûtant dans les prix de re- 
vient de la fonte et du fer. En effet , dans ce district , 
beaucoup de maîtres de forges ne sont pas propriétaires 
de mines ; les deux industries sont assez souvent tout 
à fait distinctes. Aussi, même là où elles sont confon- 
dues, on attribue à la houille en morceaux {large coal et 
lumps) un bénéficed'un shelling par tonne. Le menu seul 
(slacfc) estcompté à prix coûtant. Ainsi le prix moyen de 
7 sh. 6 d. la tonne de gros charbon , rendu en forge , 
comprend en réalité un shelling de bénéfice, et si Ton 
voulait comparer les conditions du Staffordshire à celles 
du pays de Galles, il faudrait plutôt compter la houille 
à6sh. 6d. C'est i sh. Gd. de plus que le prix moyen 
dans les forges du pays de Galles. 

Donnons encore le prix courant des principales va- 
riétés de houille en juin 1860, le charbon étant livré 
en wagons ou en bateaux auprès du carreau de la 
mine : 

1* Charbon de la couche dite Brooch-coal : 

ib. d. 

Eo gros framentf (<ar^) s. » Destiné aa chaulTaKe doraettique. 

En fragmenlf moyeni {lumpt) ... 5. » 
Meno (ilaek) 2. c 



Prix courant 
des houillet. 



TOMI XX, 1861. 



39 





^^^n^^^ 




ÉTAT PBÉSKNT DE L» MÉTALLURGIE DD U» 

Charbon de la grande couche (Thiek-Coat) : 

gioenli «oyens ifumpi) . . S. .J 

lÊlackgoad. . ï. » j CbnrbanpourehiudièrM «Ubiut- 
\imall -1. e) fagcduïenl. 

S houilles du Staiïordshire , comme celles du dis- 
écossais, sont essentiellement sèches et à longue 
ne. Elles perdent à la distillation au delà de 

1 00. et lorsqu'on carbonise le gros, on obtient au 
iium 45 à 5o p. 1 00 de coke fort mal agglutiné, 
t au menu , on ne peut en faire du coke qu'en le 

t avec du brai sec pulvérisé selon la méthode pré- 
iimeiil décrite de M. Blackwell. 
js ne reviendrons pas sur les procédés de carbo- 
on du gros; ils n'ont pas varié depuis trente ans, 







EN ANGLETERRE, Ô97 

Les minerais importés sont de trois sortes : L'héma- 
tite rouge du Cumberlaud, du Lancashire et de la forêt 
de Deam ; 

Du minerai en roche , plus ou moins dolithirjUé ou 
hydroxydé, Venant surtout du terrain jurassique du 
Northamptonshire ; 

Enfin Thydroxyde scbiâtcux en roche du MiMotle- 
Grit, exploité à Froghalt^ dans le Nôrd-Stàffoi-dshîre. 

Les quantités annuellement fondues dans les Usines 
des étivirons de Dudley ne sont pàâ rigoureilsemelit in- 
diquées par les états statistiques du SUrvey, mais On 
peut les évaluer approximativement : 

En i858, pour une production enfonte dé Sgj.Sog t., 
on a fondu : 

Minerais hoaillers du Sud Staffordshire 959.000 A 35 p. 100 

Uinérais houillers du Warwickshire 29.500 à 35 p. ioo 

Hydroiyde scliisteux àeFroghail, avec une faible pro- 
portion de minerais houillers grillés du Nord-StaflTord- 

shire 300.000 à 45 p. 100 

Hématites rouges du Lancasliire , Cumberland , etc. . . 125 000 à 50 p. 100 
Miikerais divers des terrains secondaires luo.ooo à 4o p. 100 

ToUl 1.513.500 

Ce total fournirait à peu près 585. ooo tonnes de fonte. 
Le surplus provient des scories de forge, que Ton ajoute, 
depuis peu, en petites quantités, dansquel(|ues établis- 
sements qui saciifieut la qualité au bon marché. On 
emploie pourtant de préfénuic j les scoiics de réchauf- 
fage, et lorsque leur i)roportion ne dépiisse pas 
5 p. 100, les foutes de. lori:;u no s'en trouvent pas 
altérées. 

Nous avons fait coiuiiiuie. dans \a i/arLieicénérci!. , la 
nature spéciale Cai ces diveio nriiuiair:-. *i. part k-s iié- 
matites rouges, ils sont tous plus ou moins phosi^lio- 
reux; et si leur teneur dépasse celle des minerais 
houillers, ils renferment par contre moins de inanga- 



Mincrais 
importés. 



Poids 

des minerais 

annuellement 

fondus.' 



Nature 
di-s minerai». 





ÉTAT PBÉSEM DE LA MÉTALlDHGlli DO FEH 

Ces minerais étrangers , si l'on en excepte les hé- 
3s rouges , ne sont donc pas de nature à améliorer 
ililé des fontes du Staiïordshire ; et en effet, on 
rche davantage les fontes du Shropshire, obtenues 
îivemeotà l'aide de minerais houillers (i). 
ns le Siaffordshire, comme dans le pays de Galles, 
aérai lithoïde forme des veines, entre les couches 
uille, dans l'étage houiller proprement dit; et là 
. il est spécialement abondant dans la partie basse 
lage en question. Ainsi, on en rencontre peu au- 
s de la grande couche, tandis que quatre veines, 
deux fort importantes, occupent la base du ter- 
au-dessous de la dernière couche de houille (le 
ncoal). 

.près l'ingéuieur Bute Jukes (a), le nombre total 
iines serait de 1 5 ; mais toutes ne sont pas exploi- 
., et, de plus, elles n'existent jamais toutes dans 



£N ANGLETERRE. SgQ 

OU 7 veines, dont la puissance totale, y compris les 
intercalations stériles, varie de 13 à 18 pieds, et la 
puissance utile de 5 à 8 pieds. Les exploitations les 
plus riches en minerais entourent Bilston, au nord- 
ouest de Dudley, et cependant, même là, l'exploitation 
complète d'un acre de terrain donne rarement au delà 
de 1 1 à 1 2.000 tonnes de minerai, ou 5 tonnes par mètre 
quarré, ce qui équivaut à une puissance utile massive 
d'au plus i'",so. Si ce chiffre est encore notablement 
inférieur aux 5 à 8 pieds dont nous venons de parler, 
c'est que les veines sont rarement contintiest et, en 
général, plutôt formées par une succession de rognons 
épars. 

On voit donc, en définitive, que le Staffordshire, mou mtoen» 
comme le pays de Galles, est moins riche en mine- "'l""!*". 
rai de fer qu'on ne le suppose communément sur pour 
le continent. L avancement annuel des travaux est de toat im 
d'ailleurs à peu près aussi rapide sur le minerai que ''*"'* 'j«f">«««x 
dans les couches de houille. On exploite par an 5 mil- suirordibiro. 
lions de tonnes de houille contre un million de minerai, 
et c'est précisément là aussi le rapport des quantités four- 
nies, en minerai et houille, par une même étendue du 
territoire houiller : 1 5 tonnes de charbon pour 5 tonnes 
déminerai , par chaque mètre quarré du sol exploité. Mais 
cela même prouve que, si toute la fonte actuellement 
produite par le Sud-Staffordshire devait être fournie 
par les seuls minerais houillers du pays, il faudrait, 
relativement à la richesse souterraine, extraire plus de 
minerai que de houille, c'est-àdire atteindre le chiffre 
de i.ySo.ooo tonnes au lieu de 1 million. 

Le prix de revient du minerai lithoïde, abstraction phi de rcvicm 

* <J" minerai 

faite du bénéfice de Texploitant, est à peu près le houiiicr. 
même dans le Staffordshire que dans le pays de 
Galles, malgré la différence du taux des redevances, 





ÉTàX PRÊSEMT DE L* MÉTALLOflGIE DU fEB 

mine môme et vendus en cet état aux iisioea du 
taffordshire. — 

S 3. Canine, argile réfractaire, briques, etc. 

castÎDe provient du calcaire silurien. Ce dernier 
le terrain honiller sur la ligne de Dudley à Wol- 
aipton, ainsi qu'à l'est de la ville de Malsall. 11 
ixploité à ciel ouvert, ou par des travaux souter- 
d'une faible profondeur. Dans les deux cas, le 
e revient des 2./,ooliv. est de a' sh., ou celui des 
kil. ou de i!',5o. 

:-gile réfractaire, très-abondante dans le terrain 
sr, coûte 10 à la sh. la tome. Les mille briques 
taires, pesant 5 tonnes, m vendent 5b à 6o=h. 
leur qualité, les briques mi-réfractaires, «5 sb. 
briques rouges de bonne qualité, îo sb. 



EN ANGLETERRE. 6o3 

noires d'Ecosse, ni jusqu'aux fontes blanches grenues 
et caverneuses du pays de Galles. 

On conçoit d''ailleui*s que pour avoir, soit des fontes 
grises supérieures, soit des fontes truitées inférieures» 
les maîtres de forge du^tafTordshire aient recours aux 
mêmes moyens que ceux du pays de Galles : 

Pour les fontes supérieures, allure chaude, houille 
carbonisée, parfois vent froid, et, en général, exclusi- 
vement des minerais houillers ; 

Pour les fontes inférieures, allure à demi froide, 
houille crue, vent chaud et minerais communs, houillers 
ou importés. On ajoute aussi, dans ce derniers cas, des 
scories de forge, mais en général au plus lo p. loo. 

Quant aux fontes normales du StaiTordshire, on les 
obtient, en général, à l'air chaud, au mélange de 
houille crue et de coke, et en chargeant deux tiers de 
minerais indigènes pour un tiers de minerais importés. 
On y mêle au plus 5 p. loo de scories de forge et alors 
uniquement des scories provenant du réchauffage. 

Dans la partie générale, nous avons fait connaître les Prouis 
profils des fourneaux du Staffordshire. Nous pouvons roornetaz. 
donc nous borner ici à une sorte de résumé. 

Les hauts fourneaux modernes (PI. VI, fig. 4) ^^^ 
encore, presque tous, comme les anciens, de véritables 
étalages. Cependant on a aussi adopté, dans quelques 
usines, des ouvrages élargis à ventre élevé. Le four- 
neaux n"" 5 de l'usine de Bilston {fig. 3) en est un 
exemple. Mais cette innovation nous parait peu heu- 
reuse pour la production des fontes grises. Autant l'é- 
largissement des parties hî)Utei est désirable, si l'on 
veut rendre possible une forte production, autant 
l'agrandissement outré de l'ouvrage est nuisible sous 
le rapport de lacnn^^ommation rîii charbon. On n? peut 





ÉTAT PBÈ3ENT DK LA yÉTAl.lDRGIE DO KB 

larraiiement y remédier par la multiplication du 
e des tuyères. 

olume de la cuve, sans être aussi colossal t|ue 
«s plus grands fourneaux du pays de Galles, est 
m aujourd'hui de lao à iSo mètres cubes, au 
70 à 75 mètres cubes, voluuie ordinaire vers 
: i83o. Quelques hauts fourneaux exceptionnels. 
!len° 5 de Bilslon, vont même jusqu'à 175 mè- 
bes. Mais, à volume égal, les fournaux du Staf- 
re, à cause de la nature plus chaude des foutes. 
•as, à beaucoup près, une production aussi éle- 
le ceux du pays de Galles. La descente des 
3 y est plus lente Par tonne de fonte, produite 
2S 'iii heures, le vide intérieur atteint 7 mètres 
L 7'°°.5o. au lieu de 5 à 6 mètres cubes comme 
e pays de Galles. 

■ les autres dimensions, on peut consulter le 
1 de la page 157. et les /«;. 3 et 4 delaP/. Vi. 



RN ANGLETERRE. 6o5 

tandis que la partie haute est conique, cerclée de barres 
de fer. 

A R\issel-Works, près de Dudley, le massif exté- 
rieur de deux hauts fourneaux neufs, revêtus de feuilles 
de tôle, repose sur colonnes, ce qui a permis d'adopter 
cinq tuyères convergentes, symétriquement dispo- 
sées autour du centre. 

Un pareil haut fourneau coûte aujourd'hui, dans le 
Staffordshire, sans la machine soufflante, l'appareil à 
air chaud et les autres constructions accessoires, 1 2 
à i.3oo i,, et chaque appareil à air chaud, ôyb a. 

L'emploi des gaz est tout à fait exceptionnel dans le 
StaQQipdshire; nous ne les avons vus puUe part utilisée. 
En général, les fondeurs de ce district craignent les 
innovations ; plus qu'ailleurs on y redoute les hommes 
à connaissances théoriques. En dehors dix practical man^ 
pas de salut (1). Néanmoins, dans le Staffordshire 
comme dans le pays de Galles, le vent chaud et la 
houille crue sont depuis longtemps d'un emploi gé- 
néral. Pourtant, là aussi, on a constaté dans ce cas 
l'altération de la fonte. Les maîtres de forge qui re- 
cherchent la qualité plus que le bon marché, sont 
revenus à l'air froid et carbonisent {dèsulfurent) la 
houille. D'ailleurs en Angleterre, à cause du bas prix 
du Combustible, les avantages de l'air chaud sont 
moins considérables que sur le continent. 

Les appareils accessoires des hauts fourneaux tels Appareils 
que monte-charges, machines soufDantes, halles de '^ de» 
coulée, appareils à air chaud, etc. , n'ont rien de spé- ***"" fournetoi. 



(1) Nous sommes bieu éloignés de vouloir jeter la pierre à 
la pratique; mais nous pensons qu^un peu de théorie ne gâte 
rien non plus, 





Ë'IAT PUËSEIfT DE LA MÉTALLURGIE DU FER 

ans le Staflbrdâbire. Les dispositions ancieDnes, 
lonnées ailleurs, y sont encore fréquentes, 
ant à la composition des charges et à la marche 
lauts fourneaux, nous pouvons renvoyer égale- 

aux détails précédenimeent donnés. Rappelons 
lient que Tallure est moyennement chaude, et que, 

à la fusibilité et à la réductibilité extrêmes des 
aishouillers, la conduite desfourneaux neprésente 
s aucune difficulté. Le travail est même si facile 
lans presque toutes les usines, on laisse chômer 
uis fourneaux du samedi au lundi : il suffit de 

le samedi soir quelques charges légères, et de 
r ensuite les tuyères et le gueulard. Le lundi 
, lorsqu'on remet le vent, le fourneau reprend 
ite sa marche accoutumée sans le moindre dérau- 

Qt. 

ice aussi à la prédominence des minerais houil- 
t à. la rareté relative des scories de forge, les lai- 



EN ÂNGLËTEBRE. 6O7 

tous, même les ouvriers chargés de la carbonisation, 
sont payés à tant la tonne de fonte. 

Ces prix sont calculés de façon à produire : 

ih. d. sh. d. 

Au chef fondeur des journées de 5. o à 5. 5 

Au chef chargeur 5. 6 à 3. 9 

Aux rempUsseurs de wagons, chauffeurs de 

machine, forgeron pour outils, etc. ... 3. 6 

Au chargeur de laitier a. 10 

Tandis que le simple manœuvre gagne s sh. à 3 sh. à d: 
par jour et le machiniste a6 sh. par semaine. 

Les fontes du Staffordshire sont bien supérieures Qua»»*» 
aux fontes-types d'Ecosse et du pays de Galles. Elles 
sont plus tenaces que les premières et donnent de 
meilleurs fers que les secondes ; mais, on ne saurait assez 
le répéter, cette supériorité est moins le fait des mine- 
rais que des procédés de fusion. Que la houille soit 
partout carbonisée, Tallure moins chaude en Ecosse, 
les scories supprimées dans le pays de Galles, et Ton 
aurait, dans ces deux districts, des fontes peu diffé- 
rentes de celles du Staffordshire. Cependant la nature 
spéciale des minerais d'Ecosse rendra toujours dilOScile 
la production de fontes aussi pures et aussi tenaces 
que celles que Ton peut obtenir dans certaines fonde- 
ries du centre et du sud-ouest de T Angleterre. Rappe- 
lons d'ailleurs que les meilleures fontes du Stafford- 
shire sont toutes plus ou moins phosphoreuses, et ne 
sauraient, en aucune façon, être comparées à nos fontes 
au bois de Comté, du Berry et du Périgord. 

Lorsqu'on parcourt les nombreuses usines du Staf- 
fordshire, on reconnaît à première vue que, sous le 
rapport de l'uniformité des produits, ce district res- 
semble beaucoup plus à l'Ecosse qu'au pays de Galles. 
A très-peu d'exceptions près, on cherche à obtenir 





ÉTAT PRÉSENT DE U MÉTALLURGIE DU FER 

oui les niêmes l'ootes grises de forge. Et si ces 
lièrës ne sont pas toujours égaletnent pures, à cause 
'emploi plus ou uioiiis exclusif de la bouille crue 
u coke, de l'air chaud ou de l'air froid, ces diffé- 
es soDt pourtaut moins coneidérables que dans le 
i de Galles. 

S 1. Iléfiinau généraux. 

: Sud-Stafford8liire i-eiife'rmaît , d'après R. Hunt : 

lijj?, iSd dont i5S en l'eu, produisant 657.395 t. 

i858, 186 dont lù? ea feu, produisant 597.809 
it h-ooa tonnes par haut l'ourusau ou j^ u i3 tonnes ptr 
îures. 

ette moyenne est faible, soit à cause des interrup- 
3 du dimauche, soit parce que beaucoup de hauts 
neau.\ appartienueut encore à l'ancien modèle 



EN AUGLETEBEE. 609 

et 33o". Le volume du vent par tonne de fonte est de 
6.600 mètres cubes pour les fontes grises de forge à 
l'air chaud, et de y.Soo à 8.000 pour les fonles de 
moulage à Tair froid. C'est plus qu'en Ecosse à cause 
de la moindre richesse des minerais. 

Par tonne de fonte grise de forge on consomme , 
pour la fusion proprement dite, lorsqu'on marche à 
l'air chaud et en majeure partie à la houille crue; : 
2*,75 à 3 tonnes de combustible naturel, ou i*,4o à 
i*,5o de carbone fixe, et lorsqu'on marche à l'air froid 
et au coke, 3 tonnes à 3S5o de combustible cru, ou 
i*,5o à i*,8o de carbone fixe. 

On brûle , en outre , en houille plus ou moins menue , 
pour grillage : oS 1 o , et pour le chauffage des chau- 
dières et du vent oS75 à iSio. 

Ces consommations sont plus fortes que dans les 
deux districts précédents, parce que la fonte est moins 
chaude et la houille plus carburée dans le pays de 
Galles; le minerai plus riche et le vent plus chaud en 
Ecosse. 

Par les mêmes motifs, la tonne de houille fond aussi, 
dans le Stafforsdhire , un poids moindre de minerai et 
de castine. De là un prix de revient plus élevé, comme 
le prouvent les détails qui vont suivre. 

La fonte de forge normale, obtenue à Taîr chaud et l'nxde reyiem 
sans scories de forge, a coûté, en moyenne , dans l'une de 

des principales usines du StafTordshire, 3 iiv. i5 sh. Tî d. d!i*sfi«fford»hlro. 
la tonne de 2.400 Iiv. , pendant les dix-huit mois finis- 
sant au 3 1 mai 1860. On marchait avec moitié liouille 
et moitié coke, et presque exclusivement au minerai 
houiller. 

Voici le détail : 





£tat PRi-;sKNr de la MÉr*[.LnBtiiË uu fkb 
ai houillei- (pesé brut). . .' . . iM» ù i3. 3 33. » 


Total du mîflerai .... a,75o ùo. « 


e menue pour grillage, air 

■li et cbaudlères i.aoo à 5 3. 7 




al charges , non compris les intérêts Ù, 1 . 

e revient de n.lioot. de fonte de Torge. ... 3'. i5. 3 (1) 

ds d'autres années nous avons trouvé à la même 
le 51. iosh,et51. ysh. Pour arriver lii, il suffit 
•oîtrc la proportiou de bouille crue, de charger 
p. 100 de scories de forge, ou de remplacer uoe 
: du carbonate houiiler par des miuerais hydratés 
ithiques des terrains secondaires. Alors la charge 
oerais esi ramenée à 55 ou 56 siiellings, et la houille 



EN ANGLETERRE. 6ll 

consommait aussi uniquement du coke. Les auteurs des 
Voyages métallurgiques évaluent, en effet, à 88', 70 le 
prix de revient des 1.000 kil. vers cette époque. Ainsi, 
comme nous le disions dans l'introduction à cette 
deuxième partie de notre travail (page 1 12), le prix de 
revient des qualités identiques est resté stationnaire 
depuis trente ans. Si la consommation totale en houille 
(pour fusion, chaudière, grillage et vent) est descendue 
pendant ce temps de 6 ou 6% 5o à 4 tonnes (p. 1 15) le prix 
des matières premières a, par contre, haussé au point 
de compenser l'économie faite sur le poids du combus- 
tible; et si, dans bon nombre d'usines, le coût de la 
fonte est descendu à 77^,45, cela vient de l'emploi plus 
général de la houille crue et de l'addition de scories 
de forge ou de minerais inférieurs, qui altèrent nota- 
blement la fonte. 

A qualité égale, nous le répétons, les fontes sont 
aussi chères qu'en 1 83o. L'utilisation complète des gaz, 
pour le chauffage du vent et des chaudières , n'amène- 
rait d'ailleurs, vu le bas prix de la bouille menue, 
qu'une économie de 9 à 3 sh.; aussi, en présence de 
l'augmentation croissante de la main-d'œuvre et des mi- 
nerais, nous pouvons conclure, comme pour le pays de 
Galles, que les fondeurs du Staffordshire sont arrivés à 
la limite inférieure du coût des fontes, et qu'à l'avenir 
il y aura plutôt hausse que baisse. 

Mais à côté des fontes grises normales, dont nous ve- Prix d« refimt 
nous de parler, le Staffordshire fournit aussi, dans les foniet lu for» 
deux sens, des fontes eartra. Quelques établissements, '«*•«• 
cédant à la tentation de fabriquer à bas prix, ont gra- 
duellement augmenté les additions de scories et sont 
fmalement arrivées à produire des fontes blanches de 
tous points semblables à celles du pays de Galles. 

Tous XX, 1861. tio 





ËTAT TRiâENT DE LA UËTALLUBGIE: Dti I^ER 

ce cas, le pris de revient peut descendre jusqu'à 
ish. 

utrepart. Ibrsfpi'on veut produire des fontes su- 
ires à ]',iir froid, 'e prix dfi revient dépasse la 
me (les fonte? normales de 10 à i5sh., et atteint 
par M.^ootonnes, /4I. 5 sli. à 41. losh- C'est le 
es fonips grises analogties de Pontypoo!. Ajoutons 
es fontes à l'air froid forment à peine les 10 ou 
100 de la production totale, 
m si, au lieu de fonfesgrisesdeforpe à l'air chaud, 
erche h. produire spécialpttient les numéros supé- 
ipour moulage, la. consommation s'accroîtra d'une 
tonne, et la production deviendra plus faible. Le 
le revient est alors de 4 1. à 4 !■ 5 sh- . au lieu de 
J3h. à5l. 18 sh. 

S 5. Déhmichéi tt conâitiot\* de vente. 



EN ANGLETERRE. 6lS 

hauts fourneaux et de forges, d'autres fabriquent^ les 
uns , uniquement de là fonte ; les autres , ilniquemëtit 
du fer. 

Pour faciliter les ventes de fontes, on lèS claSté tou- 
jours en sit numéros : 

Les n** 1 et 2 , comme fontes de moulage. 
Les n** 3 et /i (produit normal), comme fontes grises de 
forge. 

Les n"* 5 et 6 (produit accidentel, truite ou blanc), comme 
fontes inférieures de forgé. 

Les fontes sont vendues en forge, ou chargées en ba- 
teaux ou en wagons sur les embranchements qui dessert 
vent les usines. 

Nous pourrions donner, pout les dernières années, 
un prix courant par trimestre, semblable à celui deS 
fontes du pays de Galles (p. 36;) ; mais c'en serait 
presque une répétition , car, dans les deux districts, leé 
prix de vente varient parallèlement. 

On peiit constater en particulier qu'en 1857 '^ ^^^^^ ^**** ^* ^^ 
commerciale a produit, de septembre à décembre, 
comme dans le pays de Galles, une baisse subite de 
1 sh. i sur la fonte et de 1 liv. sûr le fer en barres; 
M. R. Hunt, dans sa statistique pour 1867^ fait ressor- 
tir FelFet de cette baisse sur l'activité industrielle en 
Staffordshire (1). Au mois de septembre, sur 180 hauts 
fourneaux, 24 seulement étaient en chômage, tandis 
qu'en décembre il y en avait déjà hors feu 6g. La 
roaiQ-d'œilvre fut abaissée en même temps de 
13 i/s p. 100 sur l'ensemble de tous les travaux de 

(1) Nous avons déjà montré (p. 179) qne, par suite de cette 
même crise, la production total du Iloyaume-Uni a baissé de 
aoo.ooo tonnes en i858 sur iSS;, et le prix moyen de la fonte 
de 8 sh. 



EN ANGLETERRE. 6l5 

réellement, depuis plusieurs années, dans une position 
assez critique; et en effet, à la suite de la nouvelle 
baisse de 1860, plusieurs établissements ont dû s'arrê- 
ter, et quelques autres ont fait faillite. 

La situation générale de l'industrie du fer dans le 
StafTordshire n'est , par suite, depuis quatre ans, pas 
plus brillante dans le Stafforsdshire que dans le pays 
de Galles. 

Disons, en terminant, que les maîtres de forges du 
StafTordshire n'ont pas, comme les fondeurs écossais , 
un magasin général où ils peuvent déposer leur stock 
de fonte contre des billets de gage. On travaille plutôt 
pour stocks de fer en barres ; mais ces derniers sont en 
général aux mains des négociants de Londres et de Li- 
verpool, et profitent peu aux maîtres de forges du pays. 

• 

CHAPITRE XVf. 
SOD8-DISTRIT DES FORGES DE LOWMOOR, BOWLING, ETC. 

DANS LE T0RKSHiRE(^e«r Riding), 

Les fontes et les fers les plus estimés du Royaume- 
Uni proviennent d'un certain nombre de forges grou- 
pées autour de Bradford, vers l'extrémité nord du 
bassin houiller central. Ce district comprend i3 éta- 
blissements avec 35 hauts fourneaux dont 34 produi- 
sirent, en i858, 85.g36 tonnes de foute. 

L'usine la plus renommée de ce district par la qua- 
lité de ses produits est Luwmoor. Viennent ensuite 
Bowling et Bierley^ puis FarnUy. Ces quatre usines 
sont aussi les plus importantes, car elles renferment : 

Ix)\vmoor 6 hauts fourneaux. 

Bowling 6 — 

Bierley U — 

Farnley à — 





ÉTAT PBÉSENT DE LA HÉTALIDBGIE DD fEB 

cune d'elles comprend eo outre fonderie et foi^, 
es ne vendent de la fonte brute que fort excep- 

Itement. 

s n'avons visité que Lowmoor, et c'est aussi de 
sine seule que nous allons parier; mais les con- 
let le mode de fabrication soûl à peu près les 
i à Brmiing et Bierleij. Bowling en particulier est 
a même situation que Lowmoor, car les deux 
sements sont à moins de a kilomètres l'un de 
. Ils sont tous deux placés sur la lisière nord du 
central, non loin du miilslone-grit, el au-centre 
iteaux incultes qui dominent Bradford. Sous ce 
l, comme au point de vue des approvisionne- 
en houille et minerai, leur position ressemble 
upi celle des grandes usines du pays de Galles; 
ibustible et le minerai sont exploités sur place 
s forges elles-mêmes, qui possèdent l'une et 



EN AHtiLËTCRBE. 617 

ordinaires ; le docteur Percy le déclare positiveioeat ( i ). 
Oa exploite surtout deux veines, lewkile bed mine et 
le black bed mine, ainsi nommées d'après la nuance plus 
ou moins foncée des rognons. 
Voici leur composition d'après le docteur Percy : 



..„.,.„..„„. 


■mwbni. 


m.iEiui 


Oijde de fff 

Oiydo du laaugtiitM 


0,48 

e,i» 

0.3Î 


3,10 

t'.il 
U,5T 
















U rMdn iniolabrg h compoïc d-iilliare di 


M, 47 
«.il 


l(B.8i 




Oïydodefer 








"•'" 



Les deux minerus reufermeot 29 p. 100 de fer. 
Comme tous les carbonates houillers du Royaume- 
Uoi, ceux de Lowmoor sont très-fusibles et très-réduc- 
tibles; mus l'acide pbospborique y est aussi abondant 
que dans ceux du Staffordsbire. Le manganèse n'est 
pas d'ailleurs en proportion plus forte; la pyrite seule 
y est peut-être un peu moins fréquente. 

An minerai houiller on ajoute, depuis quelques an- 
nées, une faible dose de red ore pnlvérulent et pur du 
Cumberland. 

Pour obtenir, i l'aide de ces minerais, de le fonte de 



(1) Geologteat Snreey { Ihe iron ( 
part. 1, p.3i). 



of tireat - Jiritain , 





ÈrXÏ PRËSËflT DE LA UËTALIUIIGIË DU FER 

S supérieure, on procèile comme à Poniypool et 
e dans les usines du StafTordsbire qui produisent 

mes kinaces et pures. 

houille est complètement carbonisée : le menu 
irs, le gros en meules. 

minerai est longtemps exposé à l'air, puis trié 
oin et grillé eu fours. 

hauts fournaux aiarclmntàrair froid, exclusive- 
nu coke et sans addition de scories. L'allure est 
e; mais, pour éviler la réduction des matières 
;ères, on charge, couiuie à Poutypool. une tonne 
itine par tonne de foute. 

réduction de la silice et des métaux terreux est 
lient combattue par des dimensions relativement 
es de la région de fusion, ou plutôt par l'absence 
âges proprement dits (PI. VI, fig. i5). IXins la 
e d'altérer les produits, on s'est bien gardé de 



EN ANGLËXfiftRE. til9 

qui sont à (/ratns moyens et brilJaDts, mais d'une nuance 
assez foncée. La consommation est, comme à Pontypool, 
d'au moins 4 tonnes de houille pour la fusion pro- 
prement dite, et d'environ 5 tonnes, en y comprenant 
le charbon pour grillage et chaudières. 

Nous n'avons pas les éléments nécessaires pour éva- 
luer exactement le prix de revient de la fonte, mais 
comme le minerai et la houille sont à peu près aussi 
chers que dans le pays de Galles, il ne doit pas être 
éloigné de 4 liv. 5 sh. 

Les n""* 1 et s sont refondus pour canons de marine, 
que Ton achève entièrement, par forage et alésage, dans 
l'usine même. 

Le n"* 3 sert à la fabrication du fer en barres, ou 
plutôt est transformé presque exclusivement en tôle 
supérieure et bandages de locomotives. Nous verrons 
plus tard que, quoique cette fonte soit relativement pure, 
il faut pourtant la soumettre encore à un mode spécial 
d'affinage fort compliqué pour en obtébir du fer supé- 
rieur, capable de rivaliser avec nos bons fers au bois. 
Sur les six hauts fourneaux, cinq sont générale- 
ment en feu. Leur production annuelle est d'environ 
1 7 à 1 8.000 tonnes. Une partie, comme nous l'avons dit, 
se coule en canons ; mais la masse est soumise à raffi- 
nage et fournit annuellement à peu près lo.ooo tonnes 
de fer. La production de Bowling est presque aussi 
forte. Celle de Bierley et Farnley un peu moindre. 
Ni Lowmoor, ni Bowling ne vendent jamais de la 
fonte en gueuse. Les deux établissements sont depuis 
longtemps dans un état prospère. Disons, en termi- 
nant, que les frais de transport par chemins de fer 
sont, pour le fer, de i4 sh. la tonne jusqu'à Liverpool. 

(La suite prochainemeni .) 



CHBIIIII DE rER DE Là GROII-ROU88E. 691 



NOTE 

SUR LE FREIN APPLIQUi AUX VÉHICULES DU CHEMIH DE FER 

DE LTOR A LA CROIX-ROUSSE. 

Par MM. MOLINOS el PRONNIER, iDgénieun. 



Le chemin de fer de Lyon à la Croix-Rousse est 
destiné à relier les deux quartiers les plus populeux 
de la ville de Lyon , les Terreaux et la Croix-Rousse , 
séparés par une différence de niveau de 70 mètres. 

Cette différence de niveau est rachetée au moyen 
d'un pl$in incliné d'environ 5oo mètres de longueur 
présentant une pente uniforme de o'^y\6b par lUëtre, 
sauf les paliers des gares extrêmes. 

La traction est opérée par des machines fixes au 
moyen de câbles. La puissance des machines est de 
1 5o chevaux. 

Les voyageurs seront transportés dans des wagons 
à deux étages renfermant 1 00 places ; chaque train 
peut se composer au maximum de trois voitures pesant 
toutes chargées 18.000 kil. environ chacune, et pro- 
duisant ensemble sur l'extrémité du câble et sur la 
rampe un effort de traction de 3. 000 x 3 = g. 000 kil. 

La vitesse des trains sera d'environ 2 mètres. 

Le danger de cette exploitation, on peut dire qu'il 
est le seul, consiste évidemment dans la possibilité de 
la rupture du câble. Toutes les précautions doivent 
être prises pour que cet accident, si rare qu'il puisse 
être rendu par une surveillance attentive» ne soit pas 
une cause de péril pour les voyageurs. Il faut donc 





(.HEMin DE FER DE LA CHUIZ- HOUSSE. 

33 wagons soient munis d'un frein très-sûr et 
Dergique; que ce frein fonctionne instantanément 
ment de la rupture du câble , et, par conséquent, 
soil automoteur; enfin comme précaution sur- 
lante, il faut qu'il puisse également être mû à la 

is avons cherché à remplir ces différentes condi- 

par la disposition du frein que nous allons décrire 

;X). 

pente de o^jieâ par mètre, étant généralement 

ssus de l'angle de frottement (i), nous ne pou- 

nous contenter du simple enrayage des roues; 
certaines conditions d'bumidité des rails, les 

enrayées, les wagons auraient continué i des- 
e, et le danger n'eût pas été évité. 

frein devait donc se composer de deux appa- 
l'un destiné à enrayer les roues, l'autre à corn- 



FREIN APPLIQUÉ AUX VÉHICULES. Gao 

L'enrayage des roues est effectué au moyen de quatre 
freins . à bandes 6, 6 (/S(/ 1 et 2) entourant la jante de 
chaque roue et analogues à ceux qui sont employés sur 
les grues. Ces freins sont sSrrés au moyen de contre- 
poids P, P; tant que le ressort de traction t,t est tendu» 
ces contre-poids reposent par l'extrémité de leurs le- 
viers sur des fourches f, f, f fixées sur un arbre a, a, a. 
Lorsque le ressort de traction se détend , il pousse un 
déclic qui, en faisant tourner l'arbre, provoque la chute 
des contre-poids, et par suite le serrage des freins. 

Le second appareil se compose essentiellement d'un 
arbre A, A placé à peu près au centre du wagon, et 
portant à chaque extrémité deux systèmes identiques ; 
chacun d'eux consiste en une poulie à gorge conique 
"S^, "sr fixée sur l'arbre , placée entre deux larges mâ- 
choires en fer H, H, au travers desquelles passe l'arbre 
avec un jeu convenable. 

Chaque mâchoire est reliée à une pièce en forme de 
joug formant écrou au centre, dans laquelle se visse 
l'arbre de la poulie ; les deux filets de l'arbre sont en 
sens contraire. 

Le jeu de l'appareil est facile à concevoir ; si en effet 
on laisse tomber l'arbre et le double système qu'il porte 
sur les rails, les poulies à gorge, 'sr,'^^^, étant placées 
immédiatement au-dessus de ces rails, les embrayent 
par frottement: si alors le wagon descend, chaque pou- 
lie tourne avec l'arbre qui met lesécrousen mouvement 
et provoque le serrage des mâchoires M ; ces dernières 
étant disposées de manière à saisir latéralement les 
rails, excercentun frottement qu'il est facile de'calcu- 
1er pour produire l'arrêt du wagon. 

Comme le montrent les figures, les pinces sont 
guidées dans leur chute par des plaques de garde 
hy h; elles sont réunies à leur partie supérieure au 





CHEMItt DE FER m LA CII0IS-B01I3SIÎ. 

:u de doubler cuins mobiles aOn de permettre de 
;der facilement au desserrage du frein après son 
ioiinemcnt. 

rsque les wagons afrivent sur les paliers d'extré- 
; entre les quais, la détente du ressort de traction, 
minée par la suppression de l'effort de traction, 
)t]ueraii la chute des freins. Pour obvier à cet iu- 
^nient, nous avons placé le long du châssis du 
. un levier L qui , lorsqu'il est relevé , maintient 
mf-'iu le frein soulevé. En arrivant sur le palier, 
vier est relevé au moyen d'un galel G qui vient 
r .sur une lisse en bois placée à cet effet dans la 
inneri',; du quai. 

:i] d'obtenir un coefficient de frottement constant, 
r suite un serrage uniforme, le fond de la goi^e 
poulie motrice, a été exécuté en bronze; de plus, 
des joues de la poulie est mobile ; elle est inaiu- 
Mjressé^ontr^^ai^eulemen^j^movet^^^ 



ntDH APPLIQUÉ AUX VÉHICULES. 6f5 

doit agir comme s'il était appliqué seul à uo véhicule 
placé sur une rampe de o°',o43. 

L'écartemeut des mâchoires du frein est, au repos, 
de o",iafti si Ton retranche l'épaisseur du champi- 
gnon du rail qui est de 0,062 , on aura le chettlin 
que les pinces auront à parcourir avant de serrer le 
rail; ce chemin est de o,o3o de chaque côté du rail. 
Le chemin correspondant parcouru par l'écrou est 
en raison inverse des bras de levier, c'est- à- dire 

o"*,o3oX o*,3qo , j 1 • jtx * j 

^ ^^- = o'^joao. Le pas de la vis étant de 

0^,590 * 

o™,o2o, on voit qu'il faudra tin tour complet de la 

poulie avant que les mâchoires soient en contact avec 

le rail ; pendant ce temps , le wagon aura parcouru un 

chemin égal à la circonférence de la gorge de la poulie, 

soit : 

o",36o X 3",iû = i"4i5o, 

et sa vitesse se sera accrue dans la proportion suivante : 

La vitesse, au moment de la rupture du câble, est 
de 2 mètres, suivant le plàfi iilcliné; l'enrayage des 
roues ayant lieu instaiitanéme]lt4 letvagon se comporte 
comme s'il était abandonné sur une pente de o,o45 par 
mètre, sur laquelle il possède une vitesse de 9 mètres. 

Après avoir parcouru la distance de i"',i3oy sa vi- 
tesse sera de : 



« /— : — TIT*- 1/2X720X9,81X1,13 ., 

V= v'aje+VS^y ^- — j-g-^^^^ H- (a)*=: aV» (0 

La puissance vive acquise par le wagon au même 
instant sera de : 

iS.oooxOi,ai)«^^^33^^^, 
9X9,81 

(1) 720 kii. étant la composante du poids du wagon parallèle 
au plan incliné de o",oA5, moins la résisunce an roulement 





CnFiUlN [>E FER DE LA CROIX-ltOtlSSE, 

agit t!e détruire cette puissance vive par le Ira- 
1 frottement des pinces sur les rails. 
le poids de l'appareil qt]i tombe sur chaque rail 
45o kil.; l'efTort tangentiel à la poulie, produit 
frottemeut, sera de : 

iSokil. Xo,i8=:8i kil. 
jn de la gorge de la poulie étant de o",i8o elle 
la vis de o™,omo, l'efforl, suivant l'axe de la vis, 
il) négligeant les frottements de la vis dans l'é- 

8ix.X3,,ÙXo-.,8o ^^ jjj.., 


jporté à l'extrémité des mâchoires, devient : ' • 

fi.578kil. Xo-,590 , „,„ 
— <■•... '-2- — 3.oa6 kil.; 

sresaioD produira, suivant l'axe du rail, une ré- 
j^ensiblemen^onstant^^^^^^^^^^^^^ 



FREIN APPUQUÉ AUX VÉHICULES. 627 

c'est-à-dire de 0,07 à 0,18, et l'arrôt se ferait en 
16", 70 environ. 

Nous n'avons à nous occuper que du cas de la rup- 
ture à la descente. A la remonte, en effet, le wagon 
parcourra, en vertu de sa puissance vive, un certain 
chemin qui, pour une vitesse de 2 mètres, sera d'envi- 
rpn i,5o. Pendant cette période, la poulie embrayée 
sur le rail tournera dans le seûs qui tend à desserrer 
les mâchoires, et par conséquent à les écarter du rail^ 
puis la vitesse changeant de signe, lorsque les pinces 
seront revenues à leur écartement normal , le wagon 
aura une vitesse moindre que a mètres; il sera par 
conséquent, au point de vue de Tarrèt, dans des condi- 
tions plus favorables qu'à la descente. 

Le frein que nous venons de décrire peut être mû à 
la main parle conducteur du train. Au moyen d'une vis 
placée à sa portée , cet employé peut agir directement 
sur la came qui maintient le frein relevé et provoquer 
la chute de l'appareil. 

Le train se composant de plusieurs wagons, il était 
nécessaire, pour compléter le système, d'assurer la 
chute des freins de tous les wagons par le fonctionne- 
ment du premier frein. A cet effet, une tige spéciale est 
placée sur chaque wagon et attelée avec la tige corres- 
pondante du wagon suivant. Le premier frein, eu tom- 
bant, exerce une traction sur la tige du second wagon, 
et ainsi de suite. On voit, de plus, que ce système d'at- 
telage répond à tous les accidents imaginables ; sdnsi 
si les wagons se séparent au delà de la limite permise 
par l'attelage principal, ce qui arriverait par exemple 
dans le cas de la rupture de cet attelage, les freins de 
tous les wagons abandonnés tombent par le fait même 
de cette rupture. 

Tome XX, 1861. Ai 



HEYUE DE GÉOLOGIE PÔDR L' ANNÉE 1860. B99 



REVUE DE GÉOLOGIE 

POUR Vâsvèe i86o. 

Par Mtf. DBLBSSE et LAU6BL, 
iogéDieurt dei minet. 

( SUITE. ) 



III. TERRAINS. 

M. Paul Gervais a publié une deuxième édition de sa Pi- pMMlit*»' 
léontologie française de$ animaux vertébrés (i). 

Une réunioQ de paléontologistes s^occupe de continuer la 
Paléontologie française^ ouvrage que M. d'Orbigny â laiBSé 
inachevé. 

La première livraison, écrite par M.Cotteau (n), commenoe 
le deuxième volume consacré à Tétude des échinides irrégtl- 
liers du terrain crétacé qui était restée incomplète. M. Got- 
teau modifie les bases de la classification admise par d'Orbi- 
gny; il divise les échinides irréguliers^ en se fondant principa- 
lement sur les caractères des ambulacres et la forme des pores, 
en : spatangidées, échinocor idées, collyritidées, cassidulidées» 
clypéastroldées, échinonéidées, échinoconidées. Entrant en- 
suite dans les détails, il décrit les genres discoidea et holee- 
typus qui appartiennent aux échinoconidées. 

M. il. G. Bronn (5) a commencé la publication de son ou- 
vrage sur le règne animal qui comprendra les cinq sous-règnës. 
Le premier volume traite des amorphozouires, le deuxième des 
actinozoaires. 



(1) ZoohgU et Paléontologie françaieee. — Nouvelles recherches sur les 
animaux vertébrés, parPaulOervals. 

(•2) Paléontologi» française ou DeteripHon au animaux inverlibrée foê- 
tilei de la France, continuée par une réunion de paléenletogiites, première 
livraison. 

(S) IKf ««MMi «lui Orctoiiiiptii iifa f Mer- JleMki ; BtidelMrg and Leiptif. 

1SS9-1860. 



REVUE DE GÉOLOGIE 

UcliardOwon (i) a fait paraître un traité de paléonto- 
■ illuslré d'un grand nombre de figures. Nous y signale- 
lurtouc une classification des reptiles en la ordres, que 
Kteur du Britisb Muséum avait déjà fait connaître dans 
iiblications précédentes, ainsi que la partie de l'ouvrage 
me aux mammifères, comperativement beaucoap plus 
lie que le reste du livre; la compétence spéciale et les 
lertfis nombreuses de l'auteur donnent à cette portion 
■vrage une valeur particulière. 

rande(s)a exposé en détail ses vues sur ce qu'il 
is colonies dans le bassin silurien de la Bohème , et 
:hé i démoutrer que ce pbénomËne n'est pas dû fi des 
fttlons stratigrapbique?, comme l'a prétendu M. Krejcl, 

r i Prague. 
fe l'adresse annuelle du président de la Société géologi- 
I Londres, M. John Phillips (ô) donne un tableau qui 
1 répartition des principaux genres de mollusques 
l série des terrains. H représente par i.ooo l'ensemble 
fcâces observées en Angleterre dans chaque terrain et 
liées dans le catalogue de M, Morris. Un astérisque est 



POUR l'at^née i86o. 



63i 



M. le professeur Gœppert (i) a achevé son travail sur la 
flore des terrains silurien, dévonien et carbonifère inférieur. 
11 décrit 20 espèces d'algues dans le silurien, 5 algues et une 
plante terrestre, Sigillaria Hausmanni Gœpp. dans le dévo- 
nien inférieur; une plante terrestre, Sagenaria Veltheimiana 
dans le dévonien moyen; 5i plantes terrestres et U algues dans 
le dévonien supérieur; US planches terrestres appartenant 
aux mêmes familles que celles du dévonien supérieur dans le 
calcaire carbonifère; â3 espèces dans le kulm, dont i3 appar- 
tiennent aussi à la grauwacke, enfin 36 espèces de la grau- 
wacke, dont 7 seulement ont été trouvées dans le carbonifère 
supérieur. Toutes les parties de la flore du terrain carbonifère 
inférieur ont une grande affinité entre elles. Le genre Knor- 
ria, Sternb., doit être rayé , il représente une forme de 
Sagenaria ou lepidodendron. Le stigmaria ficoides est un rhi- 
zome de sigillaria. 

M. Tellef Dahll (3) a décrit les terrains paléozoîques du 
district de Tellmarken en Norwége. Relativement à leur ordre 
d'ancienneté il les classe de la manière suivante : 

Schistes de Tellmarken. — Gneiss granitique et granité. — 
Terrain silurien. — Terrain dévonien. — Syénite et granité qui 
lui est associé, porphyre rhombique, porphyre au^tique. — 
Les environs de Nordsjp et d'Hitterdal se prêtent très-bien à 
rétude de ces difiérentes formations; car sur une surface d'en- 
viron 3o kilomètres quarrés, tous les membres de cette série 
sont bien représentés. Ainsi les schistes les plus anciens se 
trouvent à Skardaafjeld ; le gneiss granitique à Maskatfjeld ; 
le terrain silurien et dévonien à Gjerpendal ; et enfin la syénite 
à Narrefjeld. 

Schistes de Tellmarken, -^ Les schistes de Tellmarken sont 
antésiluriens et représentent les roches stratifiées les plus an- 
ciennes. Ils se composent de quartzite, de quartzlte schisteux, 
de micaschite, de plusieurs variétés de schiste amphibolique, 
de conglomérat, de talcschiste, de quartzite talqueux. Entre 
Juxebo et Ravaldsjo le schiste amphibolique est fortement im- 
prégné de pyrite de fer, et par conséquent il devient une 
espèce de fahlbande. Des filons irréguliers d'amphibole rayonné 
avec du fer titane et de Tapatite verte traversant les schistes 



Paiéophytologiê, 

Flore 

dei terrains 

Silurien, 

Deronien 

et 

Carbonifère 

inférieur. . 



TBKRAini 
PALAOZOlQOia. 

Silurien. 
Norwége. 



(1) Bull, giol (2* s.\ XVni, I86O; 187. 

(2) Vb€rdi9 Geoloffie Tellmarkmt; Cliristiana, IS60. 





RETUE DE GÉOLOGIE 

leurs endroits. Près de MoatuI, une coucbe est formée 
stp talqueus avec des cristaux de dolomie; à côté se 
un marbre blapc greou n'ayant que quelques pieds de 
ce. et II y a aussi un conglomérat quartzeux contenaot 
3nt des cristaux de dolomie. Entre Sligsiul el Asiestad 
iche de calcaire micacé et achistoîde est intercalée dans 
iscbiste très-quartzeux. 

bserve fréquemment de3 minerais de cuivre dans les 
!. ainsi que du minerai de fer. K Nlssodal, nolam- 
jn filon de fer bien réglé présente une puissance de 
■3 II donne du fer oxydulâ ft sa partie inférieure, du 
iste à sa partie supérieure. Il contient du quartz et de 
line. La roche encaissante du filon est tantôt ie schiste 

t à la stratification des schistes de Teltmarken elle est 
le a la surface du contact du gneiss granitique vers 
3 la pente se relève légèrement; c'est seulement à une 

ur certains points on observe des plisseme.its dans les 
s ou des brouillages complexes, A Bandagslig, les schistes 
înujiWlo^raniiiuTi^iiijl^ev^^ 



POUR i' ANNÉE i86o. ^ 635 

ancieDiie; tandis que le gneias, qui leur est postérieur, a servi 
de support au terrain silurien. Des divisions nouvelles pour- 
ront être laites ultérieurement dans ces schistes; mais ils 
présentent une épaisseur tellement grande qu'il est bien pou 
probable qu'on arrive Jamais à connaître plus complètement 
la base sur laquelle ils se sont déposés. Il convient de les dé- 
signer sous le nom de schistes de Tellmarken, ou antésilu- 
riens, ou bien encore on peut les appeler avec M. Barrande 
schistes azoîques. 

Gneiu granitique et granité, — Cette formation couvre une 
très-grande surface. Le gniess granitique se divise souvent en 
bancs ou en plaques par suite de Texisteuce de joints paral- 
lèles à la schistosité. C'est surtout près de la limite avec les 
schistes que le gneiss est bien caractérisé et feuilleté. Sa 
schistosité Ta fait considérer comme une roche sédimentaire, 
et Ton n'a pas assez remarqué qu'il se relie d'une manière in- 
time au granité. 

Le gneiss granitique est toi:(jours formé d'orthose rouge, de 
mica noir ou brun noirfttre et de quarts gris&tre. Une grande 
partie du granité présente la même composition miuéralo- 
gique; cependant dans un grand nombre de points 11 renferme 
autant d'oligoclase que d'orthose. Le feldspath est d'ailleurs le 
minéral dominant des deux roches. Il n'existe aucune limite 
entre le gneiss granitique et le granité, non plus qu'entre leurs 
Tariétés, et M. Tellef Dahll considère Tensemble de ces 
roches comme le produit d une éruption unique qui aurait 
couvert une immense étendue. A l'appui de son opinion, il 
observe que le gneiss granitique a enveloppé souvent des frag- 
ments anguleux des roches stratifiées voisines. Le schiste est 
quelquefois en lambeaux si étendus qu'il forme des espèces 
d'Iles dans le granité. Du reste, le granité empftte aussi des 
fragments de gneiss. 

Les deux roches sont fréquemment traversées pac des filons 
de granité et ces derniers peuvent même être cuprifères, sur- 
tout Vers la limite des schistes. A Touest de Ravaldsjo et près 
de la syénite on observe dans le gneiss granitique quelques 
filons, des porphyres et des trapps qui sont si répandus dans 
le terrain silurien. A Fossum il existe un grand nombre de 
filons de fer oxydulé dans lesquels on trouve du quartz, du 
grenat brun et vert, de l'épidote, de la pyrite de fer, quelque- 
fois un peu de chaux carbopatée et plus rfMremept de l'Uvaite 

I 





REVUE DL GbOLOUlË 

iDS sont exploités depuis i6aû, mais leur produit est ce- 
it peu avaDtageuï. 

ile. — La syéoite est formée d'orthose rouge ou gris et 
jloude. Elle contient quelquefois du quartz. Vers ses 
, elle est bordée |iiir une série de moatagries ayant plus 
PO de hauteur, dont le relief se dessine très- nette ment, 
d de tijoorpen, elle s'élèvo successivement au-dessus 

t silurien, puis le gneiss granitique et les b-cliistes de 
ark. Lorsqu'elle est en contact avec les schistes silu- 
zomrae cela a lieu près de Ravaldsjo, elle leur fait subir 
lamorphisme. Ainsi, le scliiste calcaire est durci; le 
î est changé en marbre; le schiste argileux est devenu 
. De petits cristaux de grenat vert, assaut seulement 
ne de diamètre, se sont même développés en très-grand 
i dans le schiste alunifère. En outre, le quartzite foncé 
jrqui forme la première couche du terrain silurien 
Hamorphosé en un quarU hianc, compacte, dont les 
sont tapissées de cristaux de quartz Ce métamorphisme 
e d'ailleurs ù mesure qu'on s'éloigne du contact de la 
. Quant aux rapports de la syénite avec les schistes de 



POUR l'année 1860. G5o 

placés en stratification discordante sous des roches quartzeuses 
et calcaires contenant des fossiles du silurien inférieur, et 
appartiennent par conséquent au terrain cambrien : mais sous 
ce grès cambrien, et dans une position tout à fait discordante, 
est un gneiss stratifié ; cette roche est la plus ancienne qu*on 
ait reconnue dans les lies britanniques. L'alphabet géologique, 
tel qu'il a été appliqué sur les cartes du Geologicalsurvcy, pour 
les roches cambriennes d'Angleterre, du pays de Galles et 
d'Irlande, doit donc pour TËcosse être précédé d'une lettre, 
correspondant à un autre alphabet que Talphabet romain et 
répondant à ce gneiss du nord-ouest de l'Ecosse, plus ancien 
que tout ce qui existe dans le reste du Royaume-Uni. 

La direction dominante du gneiss fondamental de la côto 
nord-ouest de l'Ecosse est celle du N.-N.-O. au S.-S.-Ë., tandis 
que la direction des quartzites , des calcaires et des couches 
supérieures, micacées ou gneisslques, est du N.-N.-E. au S.-S.-O. 
Quant à Finclinaison du gneiss inférieur, elle est d'ordinaire 
vers l'ouest, tandis que le roches qui le recouvrent plongent 
partout vers l'est. 

Les relations des terrains sont rendues visibles par une coupe 
qui en montre la succession dans le nord-ouest de Sutherland 
et de Ross. On y voit, de bas en haut : i" le gneiss fondamental ; 
3* le grès et conglomérat cambrien; S*" la série des couches si- 
luriennes. Le même ordre de succession est indiqué dans une 
section prise sur le bord méridional de Loch More, et par une 
section relevée entre Loch Ëriboll et Loch Hope. 

La zone fossilifère appartenant au silurien inférieur est sur- 
montée, en stratification concordante, par diverses couches 
cristallines qui se délitent en dalles; il en résulte que celles-ci, 
qu'on avait auparavant rangées parmi les roches les plus an- 
ciennes, doivent, d'après sir Rod. Murchison, être simple- 
ment regardées comme des parties du groupe silurien, qui ont 
été métamorphosées, au point d'être devenues complètement 
cristallines. 

Les observations de sir R. Murchison sur les Highlandsont Hi»;h!an.u 
été contestées par M. Nicol (1). Celui-ci admet la succession d'Écos»e. 
du gneiss fondamental ou laurentien, du grès rouge, des quart- 
zites et du calcaire, mais ne reconnaît par la superposition des 



(\) Geol. Sœieiy, 186O, s décembre. 



BEVUë UE etOLOGlB 

^listes et des goeiss supérieurs aus couchea BilurieanetL 

que ces roclies ont été portées par des dislocations et 

■j; dans des positions où elles paraissent supérieures au 

) et au calcaire fossilifère, mais quo les gaei^ supé- 

I sDDt en réalité que des parties du gneiss londamenlAl. 

Bvauwacke de l'Irlande n'est pas Tacile à subdiviser; 

Iprésente poui'taDt le terrain silurien sur une très-vasta 

. La couleur de la roche est ordinairement grise, dans 

I de l'Irlande, taut dans les ardoises que dans les grès 

Iséparent. Oan.s le sud, les grès sont verdELtres ou bruns, 

kisGs grises, vertes, rouges ou violettes. Toutes ces va- 

I alternent it plusieurs reprises. En fait, les roches de la 

e n'ont pas de type constant ; le district do Tyrone 

|)le peu à celui du Galtvay ; ceux de Kildars et de Du- 

core dlCTi^rents. M. Kelly (i) adécrit successlve- 

■g districts de Tyrone, deCalway et Mayo. deKildareet 

I de VVeAford, Waterford et Dingle. En essayant d'appli- 

X roches siluriennes de son pays les principes de clas- 

ftndesir It. Murchison. ce géologue prétend avoir été 

Bar d'insurmontables ttiHîcultési o Jamais, dit-il, je a'ai 

|i concorder la table en sept colonnes, correspondant il 



/** 



POUB L*ÀNNÉB 1860. 



657 



pliquent au nord da pays de Galles, à i^Écossç, au Westmore- 
land et sans doute à PAmérique. 

Les fossiles de Tyrone sont ceux du silurien inférieur de sir 
R. Murchison, et pourtant M. Kelly identifie le brownstone 
de Tyrone avec le vieux grès rouge attendu qu'il couvre stra- 
tigrapbiquement la partie supérieure de la grauwacke fossili- 
fère, à Lisbellaw et Pomeroy. 

Le mémoire est accompagné d'une table qui montre la dis- 
tribntion des fossiles siluriens d'après les travaux de Mur- 
chison, de Phillips, de Sedgwîck, et pour l'Irlande, de 
M. M'Goy« On y voit qu'un grand nombre de fossiles du silurien 
supérieur de Murchison se trouvent dans la zone inférieure 
de Phillips. De même en comparant les fossiles du 5t7tirraii 
syslem avec les cinq colonnes du silurien irlandais de M. M'Coy» 
on voit beaucoup d'espèces du silurien supérieur de Murchi- 
son transportées dans les 2ones inférieures de M. M'Goy. 
lies couches de Dudley ont été rangées par Murchison dans 
le silurien supérieur, et pourtant parmi les 132 espèces connues 
dans cette localité, 82 sont propres au silurien supérieur et 
/iio au silurien inférieur ; mais ce résultat singulier n'a pu être 
constaté qu'à la suite des découvertes les plus récentes, et 
l'auteur de SUuria ne pouvait le prévoir au moment où il a 
fixé la place géologique des couches de Dudley. 

M. Gasiano de Prado (1) a écrit un mémoire pour dé- 
montrer l'existence de la faune primordiale dans la chatne 
Gantabrlque; il y a joint la description des fossiles, par 
MM. de Verneuil et Barrande, accompagnée de planches. 

M. Michel (a) a présenté une coupe détaillée du terrain 
silurien aux environ de Domfront et a fait connaître les fos- 
siles qu'il y a découverts. 

M. Gosselet (3) a donné une coupe des terrains entre Soi- 
gnies et Bulsingher et annoncé la découverte de fossiles silu- 
riens près de Gembloux en Brabant. 

MM. F. H. Bradley et E. Billings (4) ont décrit une nou- 
velle espèce de trilobite (conocephalites minutus) se trouvant 
dans le grès de Potsdam. 



Espagne. 



Orne. 



BrabanL 



Amérique. 



(1) Buil. giol. (2* 8.). XVIII, 1860. 

(2) Bull. giol. (2* 1.). XVIII, 1890; 697. 

(3) BuU. giol. {Y i.), XVIII, 1860; 495. 

(4) T%9 àmêricah AtmmaHon^ efc , I860: i6i, t6.V 






*i 



POUR L*AMMÉB 1860. 63g 

Uoloptycbius (le docteur Fleming en a trouvédes écailles à 
à Siccar Point et M. Stevenson près de Danse) passent par 
degrés insensibles au carbonifère inférieur. Les deux forma- 
tions forment un tout lithologique, et la limite ne peut en 
être tracée qu'assez arbitrairement. Mais toutes deux se 
séparent nettement des grès couleur chocolat de Lanark et 
d*Ayrshire, par les caractères minéraIogiques,stratigraphiques 
et paléontologiques. Cette série passe elle-même par le bas au 
silurien inférieur, avec lequel elle forme un seul tout. En ré- 
sumé, le silurien supérieur et le vieux grès rouge inférieur du 
sud de l'Ecosse d'une part, le grès rouge supérieur et le ter- 
rain carbonifère de l'autre, forment deux groupes qui sont 
séparés par une discordance de stratification bien marquée. 
Le mémoire de M. Geikie est accompagné d'une carte géolo- 
gique du district de Lesmabago et de plusieurs coupes. 

D'après M. Bureau (1), le terrain dévonien de la Basse- Basse-Loira. 
Loire se diviserait en trois étages distincts : il en présente une 
coupe prise entre Pierre-Meulière, près Ancenis, et Teille 
(Loire-Inférieure). 

M. Gh. Horion (2) cherche à établir que le calcaire dévo- visé, 
nien existe sur la rive droite de la Meuse et sur la rive gauche 
de la Berwlne à Visé ; qu'il peut se diviser en deux étages, l'in- 
férieur, représentant le calcaire de l'Eifel ou de Givet, le' su- 
périeur représentant le calcaire à Terebratula cuboïdes, sans 
interposition du schiste à goniatites ; enfin qu'il y a superposi- 
tion directe du calcaire carbonifère au dévonien, sans interpo- 
sition des schistes dits de Famennes à Spirifer Vemeuilli. 

M. Dumont a subdivisé le terrain eifélien delà manière Belgique. 
Suivante : 

EUge ctleareax Calcaire, dolomie E* 

i Schiste gris fossilirére, calsehiste et calcaire 

argileux, oligiste oolitique Et 

Poudingue, psammite ei schiste rouges Ei 

Dans la réghon de Couvin et de Ghimay, on observe une ré- 
pétition des étages E, et E3, schiste gris fossilifère et calcaire 
eifélien. Par suite de cette répétition^ M. Rœmer a été porté 



(1) BuU, géol. (2* 8.), XVIII, 1860; 789. 

(2) Bull. géol. (2* s.), XVIII, 1860; 58. 



t»onft l'aknéb 1860. 641 

EUge eileareaï C«lctire à crinoldes* dolomie, calcaire à pro* 

duciusy silex anihracite C^ 

iPsammite grisâtre, macigno, anthracite G* 
Schiste grisAtre, calschiste, calcaire, oligiste 
oolitiqae Ci 

M. Rœmer indique au-dessus du caleaire eifélien, de bas 
en haut s i*" le schiste et calcaire à Terebratula cuboïdes; a*" le 
calcaire, schiste et psammite à Terebretula Verneuilli. 

Ces subdivisions rentrent dans Tétage G de Dumont, ainsi 
que les divisions paléontologiques données par M. de Koninck 
et Gosselet M. Dewaiq ue retire de Tétage calcareux infé- 
rieur ou eifélien les couches schisto-calcaires qui forment la 
transition à l'étage quartzo-schisteux supérieur ou condrusien« 
pour les faire rentrer dans le condrusien dont elles possèdent 
les principaux fossiles. Ces couches sont ainsi rattachées, non 
plus au calcaire de Givet, mais aux schistes de l^amenne. 

Une notice de M. Manigler (1) comprend l'étude stratigra- c&rbfmifére. 
phique du terrain houiller du bassin de Blanzy et du Creuzot. ^^^ 
T/auteur indique cinq systèmes qui ont contribué à donner à la 
contrée son relief actuel : premier système orienté sur 0.35* S. 
et E. 35* S. Deuxième système, entre les assises houillères et 
le permien, sans direction bien exactement indiquée. Troi- 
sième système orienté sur O. 20* S. et E. ao* N. entre Tassise 
supérieure permienne et les grès blancs qui séparent cette 
assise des grès rouges. Quatrième système de la Côte-d'Or, 
orienté sur O. /^o* S. et E. Ao** N. Cinquième système du Ténare 
(N. a6*N. et S. a5* E.). 

Le mémoire est accompagné <i*une carte géologique et de 
nombreuses coupes indiquant la disposition des couches de 
houille. 

A la suite de deux mémoires publiés par M. Leseure (a) sur Bassin 
le bassin houiller de Saint-Étienne, M. J. Four net (3) a pré- ^•^ ""^ **'*"'* 
sente diverses considérations sur les terrains houillers. 

M. J. Dorlhac(A)a présenté des considérations sur la dis- Plateau central, 
tribution des bassins houillers dans le plateau central. Ces 
bassins, qui se trouvent généralement vers les bords extérieurs 



(t) Nottê twr le hattin houiller du eenire de la Frtmee^ par M. H an t- 
Kler.' 
(2) Bullelim de la SoeiiU de tindustrie minérale, 186O, VI, 5. 
(S) BuUetin de la Soeiiié de Vindutlrie minérale, mars 1859 et Juillet isfto. 
(4) Méwtoirei de f Académie impériale de Lyon, classe des sciences, IX, 17. 



Beau. paraiisGiit correspondre à d'anciens rivages de la 

Irbonifère; mais pour la partie occidentale, il y a une 

Iption et plusieurs lambeaux de terrain houlller sont 

1 suivant une direction N. lâ' E. lis s'observent sur une 

r de 1611 kil. à Pleaux, Mauriac. Bort, Pontaumup, 

Bervaia, Saint-Éioi, le Montet, Noyons, Fins et Decize. 

Hu isolés aujourd'iiui, ils ont sans doute été réunis et ils 

t indiquer la trace d'une vallée houillère qui traver- 

|)lateau central dans la direction indiquée. M. Dorlhac 

li'n outre que les trois dépôts houlllers de Brassac, de 

w et de Langeac qui sont isolés au milieu du plateau 

I appartenaieut aussi à une même vallée houillère qui 

lait de l'Alognon â Lavaudieu. La lacune qui eiiste entre 

uire et I.ongeac est attribuée h un bouleversement pos- 

n dépôt houiller qui aurait causé une solution de 

6 sur une longueur de 18 kit. La trace de dislocations 

s se retrouve d'ailleurs à Langeac, ù Luf eac, ù Lamothe 

Bénéral dans la partie ect où le gneiss a été renversé 

e terrain houlller. M. Dorlhac admet même que 

fcuée houillère se réunissait à la vallée occidentale, et 



POUR l'année i86o. 643 

M. le docteur Vôlger aproposé pour les bassins houlllersde Sau. 
rsrzgeblrge, une division nouvelle qui n*est pas d'accord avec 
celle qui a été adoptée jusquMci. D'après M. Y blger il convien- 
drait de distinguer cinq bassins houillers ; mais Tun des auteurs 
de la belle carte géologique de la Saxe, M. Naumann, a montré 
que cela n^est pas possible : 1° La division proposée ne diffère de 
la sienne qu'en ce que le bassin houiller de TErzgebirge pro- 
prement dit est partagé en deux, celui deChemnitz et celui de 
la Mulde, et en ce que, par une association contre nature, la 
moitié ouest de son bassin d*Ëbersdorf est réunie au bassin de 
Ghemnitz. 2*" La position des couches, contrairement à Topinion 
de M. Vôlger n'est nullement en relation visible avec le par- 
tage des cours d'eau. Tout au plus cela aurait-il lieu pour le 
bassin de Flôha et pour l'extrémité sud-ouest de celui de la 
Mulde. 5* Les changements survenus dans la position origi- 
naire des couches sont antérieurs au dépôt du Rothliegende 
pour la formation houillère ancienne, et même pour la plus 
grande partie de celle qui est la plus récente. Aussi n'est-il pas 
possible de conclure avec sûreté quelle est la position des 
couches du terrain houiller, d'après celle du Rothliegende. 
En résumé, M. Naumann observe qu'il y a toujours lieu de 
distinguer en Saxe deux formations houillères, Tune ancienne, 
l'autre plus récente; la première se trouve dans les bassins 
de Hainichen et d'Ëbersdorf ; la deuxième dans le bassin de 
l'Erzgebirge et dans le petit bassin de Flôha qui lui est con- 
tigu. Les divisions qu'il pourrait y avoir convenance à établir 
dans le bassin de l'Erzgebirge ne sauraient d'ailleurs être basées 
sur de simples considérations topographiques. 

M. Guillemin (i), à la suite d'explorations faites dans la Bnuie. 
Russie d'Europe, a déterminé les emplacements dans lesquels 
il convenait de faire l^s grands sondages, destinés à la re- 
cherche de la houille ou de l'anthracite à partir de la ligne de 
chemin de fer de Théodosie à Moscou. 

Dans le gouvernement de Wladimir, les couclies du calcaire . 
carbpnifère sont horizontales. Le terrain jurassique repose im- 
médiatement sur ces couches à Jelatma et Kasimowo, et il est 
inutile de rechercher le terrain permien dans cette région. On 

(1) Btç BUtten. ZeiL, 1860; 193 et 477. 

(2) BuU, giol, (2* 8.), XVIII, 1860; 232. — Exploration minéralogique dans 
la Rassie. 

TOMK XX, i86i. ll^ 





j^^^BH 




&%yVE pu fiËOLQGlE 

renconire qu'à l'est de Welikowo, à une cerUioe profon- 
, caractérisé par Tercbraiula HossH et Ter. pectinifera; 

forraé de couches calcaires suruiootées, près de MuroDO, 
irnes rouges et vertes et de soîiistes ferrugioeux contenant 
grande quantité de restes organiques, Ostrea, Mytitus 
5ii, ArcaKingiana, etc.M. Tander (i)penae qu'en fon- 
des puits dans ce terrain pcrmicn, on aurait chance de 
mtrer au-dessous des couches de houille. 
[, J. Auerbachet H. Trautschold('i) ont décrit avec 
luihreux détails le bassin bouilter du gouvernement de 
; la bouille y est principalement formée de sUgmada, asao- 

cependant 11 des sagenaria, lepidodendron, cardiocar- 
etc. D'après ces doux géologues, la formation houillère 
, formée de sables, degrés, de schistes, de charbon et de 
les calcaires est assez puissante, mais les couches de 
le ne sont pas bien constantes ot sont réparties dans plu- 
i bassins; sur les lies platt^sdu terrain dévonicn s'élevèrent 
emières forêts carbonifères, tandis que dons les mers qui 
iparaieiil se déposait le calcaire carbonifère, contenant 
la partie luférieure ie producius gigantous, dans la pai^ 
périeure le spirifer mosquensis et les fusuliiios. Des oseil- 



POUR t'AKNÉE l860. 



G46 



et ceWrn de M. Leiqnereux, à comparer, la flore des haasint 
houillersde la Nouvelle-Angleterre à eelledeabaadiuiâelVmeat 
des États-Unis. 

M. Rœmer (i) a adopté la division sqivantQ daqs le terrain TennwMe. 
carbonifère du Tennessee, en allant du haut en l>as s 

Conglomérat siliceux (coal measures); 

Qrès calcaire oolitique, 1,300 pieds; 

Galoaire siliceux à productuset spirifer; 

Scbistes alunifères noirs et pyriteux. 

Un sondage pour recherche de houille a été entreiuris à Ro- z«eb8t«io. 
themberg, près Versen, par Tadministration des mines de ' 
Prusse (a j. La coupe des terrains traversés est à peu près la 
suivante : 



Grés bigarré 346 

ZechsUin 31 

Gypie. 29 

Zechsteio 8 

Anbydritf 16 

Zecbtiein 10 



Anhydrite 9 

Zeobstein 4 

Anhydrite S9 

Zecbstein 1 . 9 

Schiste cairreux 1,3 

Grés bouiller . » 



Le terrain permien se retrouve en ce point avec le sehiste 
cuivreux; mais il présente des caractères spéciaux et la 
grande abondance de Tanhydrite mérite d'y être signalée. 

On a trouvé dans un conglomérat qui occupe une Assure du 
calcaire carbonifère dé Prome (Somersetshire) trots petites 
vertèbres, associées à des dents d*un petit mammifère voisin 
du microlestes de Plieninger. D*après M. Owen (5), ces ver- 
tèbres correspondent par la taille au microlestes, mais elles 
rappellent plutôt les reptiles que les mammifères par leur 
» forme biconcave; il faut ajouter cependant que ces vertèbres 
ont quelque analogie avec celles des mammifères par leurs arcs 
neuraux, grands et ankylosés. 

M. Tasche (6) a décrit le terrain salifère de Strassfurtt, 
que des sondages récents ont fait connaître d'une manière 



TIRRAIMS 
■ESOIOIQDBS. 

TrU9iquê, 
Miorolestes. 



BtratM^ft 



(1) Die SUuritehe Fauna dei Wutem Tennettee. 

(2) BâvmuniverulUdis miuUfeU., VU, 242. BâSsin boniUer d'IbbenbU- 
ren, parM. Al. Cembrasy. 

(3) Çtoiog. Society f 13 Juin 186O. 

(4) Tasebe. BiUUr aufder Reite nur Hatwrfaneheriam^Un^ in MëwitÊ" 
berg^in Berhti, 186O; 173. 



POUR L* ANNÉE 18G0. 6^7 

IUrn« lehUleuse i Modiola miniita, Gardiim RbœUcum, Tciniodon 

fiwaldi; 
• Grés marneiix à BqaiMtam; 
ArgiU; 

4* Grés qaarUeox à Cardiam cloacinnm, Toniodon Ewaldi. 

Sebiste sableux; 

Grés qaartseax à Anodonta postera ; 
5* Marne da keoper. 

D*après Oppel, les n* 5 et D* ft représentent le groupe du 
bone-bed. II. bredner croit aussi que les couches sableuses 
n*ft rapportées par Albert! au grès liasique répondent au 
grès de cette couche. Les lits argilo-sableux n* 5 correspondent 
aux couches argileuses de la partie supérieure du bone-bed. 
L^avicula contorta, caractéristique de ce niveau, ne se trouve 
pas, il est vrai, au Seeberg, mais on la rencontre dans les 
couches synchroniques de Krauthausen, près Eisenach. 

Le grès quartzeux et Targile qui forment le n* a répondent 
aux couches caractérisées ordinairement par Tammonites pla- 
norbis(amm. psilonotus Quens.)» bien que cette coquille ne se 
trouve pas au Seeberg. 

Les couches n* 1 sont équivalentes aux lits ordinaires à amm. 
angulatns. 

IL Gredner compare ensuite le grès du Seeberg (n^ U] aux 
couches synchroniques de quelques autres pays, d*Eisenach, 
de Goburg et Culmbach, de Gôttingen, de la région située au 
nord du Harz: dans Ib nord-est de la Franconie il est caracté- 
risé par des débris végétaux et Tanodonta postera, près de 
Gôttingen, le grès du bone-bed est sans fossiles, Targile supé- 
rieure contient de nombreuses petites bivalves, notamment 
tœniodon Ewaldi, tœniodon elllptlcus, et cardium Çhilippia- 
nom : au nord du Harz, le grès contient des débris végétaux et 
Tanodonta postera. 

LVgile à tœniodon Ewaldi, tœniodon ellipticus, associés 
parfois à Tavicula contorta, cardium rhseticum, cardium phi- 
lippianum, posidonomya Hausmanni et modiola minuta, ainsi 
que les grès inférieurs à anondonta postera et à débris d'équi- 
sétacées, représentent le bone-bed qui, suivant MM. Oppel et 
Winkler, doit être mis au sommet du keuper. La limite entre 
lekeuper et le lias demeure indécise suivant M. Gredner, 
parce que les restes organiques trouvées dans les couches du 
bone-bed allemand sont encore trop peu nombreuses; la li- 





RtTUE DE eËOLOGlE 

du bone-bed et de^ marnes du keiiper est bieu msrquée, 

elle est difficile à saisir entre le booe-bed et les couches 
m. psilonotus. 

'unméniDlreâM. Sch]ôDbach(i}. Voici eesconclueiODS: 
lis le lias inférieur à AmmoD. psilotioius, se trouve dans 
nviroQs de Salsigitter une argile bruu rouçe et grise, sans 
les, qui n'appartient plus au lias et réfiond au bone-bed 
rieur; 1° ces argiles recouvrent des gréa très -épais, qui 
antôt été rapportés au lias, tantôt au keuper. Dana les 
hes supérieures, un peu schisteuses et très-bien réglées, 
auvent beaucoup d'empreintes végétales de cycadées, de 
ires, d'équisétacées, de calamités arenaceus; au-dessous 
des grès exploités, avec couches subordonnées d'argile; 
(Bsous encore des argiles foncées, grises ordinairement, 
Iternent avec des couchf's de grès, peu compacte, et ren- 
snt dans leur partie inférieure le vrai bone-bed repo- 
immédiatement sur les marnes du keuper ou séparées 
;ment de ces marnes par une mince couche de grès. Les 
î fossiles de ce bone-bed ont i^ié déterminées par M. Plie- 



pnuR t'AHriÊE 1860. Mo 

ont cooMôrô les poissons du bone*bed anglais comme si^éctalix 
à eette brèche, ou comme appartenant à deb espèces biekl 
connues du muscheikalk allemand. Le général Portlock» qui A 
trouvé ces lits dans le nord de Tlrlande, y a reconnu des M- 
silles du muschelkalk; et Sir Charles Lyell, en se guidà&t 
par la faune icthyologique» a placé le bone-bed dans le trias. 
M. Wright 8*attache à démontrer que les conchlfères sont * 

spéciaux à cette zone, et qu'aucun ne semble passer dianB le 
véritable lias. 

Quelle que soit la place delazone è Aviculacontorta, les cou- 
ches à Ammonites planorbis qui la surmontent appartiennetat 
certainement au lias; les ammonites y font leur première ap- 
parition sous la forme unique de TAmm. planorbis. 

Plus haut viennent les calcaires avec Amm. Bucklandi, con- 
tenant un grand nombre des ammonites que de Buch grou- 
pait sous le nom d'arietes, A. Gonybeari, A. angulatus, etc. 
Au-dessus, la zone & Amm. Turneri est caractérisée par cette 
amn^onite, et par une abondance de Pentacrinus tuberculatus. 
Cette Éone marque un horizon de sauriens, de même que la 
partie Inférieure de la zone à Amm. planorbis; après, enfin, 
viennent encore, du bas en haut, la zone de TAmm. obtusUs, 
formé de calcaire gris argileux, la zone de TAmm. oxynotus, 
formée d*argiles foncées, imprégnées de fer, et la zone à Amm. 
raricostatus, de composition analogue, contenant THippopo- 
dium ponderosum, le Grypbaea obliqua, etc. lÀ se termine le 
lias inférieur. 

M. 1 If ar tin (1) a donné une description de rinfhi-lias dans Bourgogne, 
la Côte-d'Or. Il présente d'abord un aperçu stratigrapbique des inf rt-Ua». 
assises liaslques inférieures à la zone de la gryphée arquée. 

L^ensemble de ces dépôts est divisé par Tauteur en trois 
groupes principaux, savoir : Tarkose, la lumachelle et le fbie- 
de-veau. 

L'arkose, dépôt essentiellement de transition, comprend un 
certain nombre de couches, tantôt granitoîdes, arénacées ou 
gréseuses, plus rarement marneuses, dont les accidents mé- 
tamorphiques ont fjréquemment changé la nature et l'aspect. 



(1) Paléontologie $trati graphique de rinfra^lioê du défmrUmtni de to 
Cétê-d*Or, suivi d'un aperçu paléontologique sur les même» '«ssltes dans le 
Rhône, rArdèche et liséré, par M. Jules Martin. (Mémoire présenté à la 
Boeléié gé«l«giqae le 16 mat iist .) 





REVUE DE GÉOLOGIE 

machelle, déposée sousrinBaenc&de couranB rapides 

né les assises sur de vastes snrfaces. 

le fole-de-veao, soamls, dans plusieurs localités, à la 
iction métamorphique, s'est développé, au contr^re, 
EeptioD, dans un milieu abrité de la vague et des cou- 
à pullulait une faune délicate et variée, dont lesdé- 
1 présentent encore aujourd'hui una étonnante con- 

Martin étudie ensuite la paléontologie des trois 
3 de l'infra-lias : 

■kose. Dans ia zone à myophories et & avicules con- 
!s, elle comprend 56 espèces connues, dont 33 sont 
33 & la zone, ta passent dans la lumachelieet lo dans le 
-veau. Depuis la publicaliou de son mémoire, l'auteur 
este, découvert le bone-bedau sommet de la zone à 
. contorta, et 11 se propose do le décrire prochaine- 

imachelle ou zone i. Ammon. burgundia et à Pecten 



pouE l'anhée 1860. 65 1 

phie et la faane daos ces diTerses riions sont comparées k 
celles de la Bourgogne. 

GoDsIdérée dans son ensemble, la faune des localités étudiées 
par M. Eng. Dnmortler comporte 78 espèces, dont 59 sont 
communes k la Côte-d'Or et 33 au grès Infrallasique de la 
Moselle. 

La deuxième partie du mémoire de M. J. Martin est en- 
tièrement paléontologique; on y donne la description de 85 es- 
pèces inédites. 

Les couches à Avicula contorta ont partout éveillé Fat- Lombardie. 
tention des géologues. M. Stoppani (1} les décrit en I«om- 
bardie^où elles sont formées principalement de schistes noirs. 
Il y distingue pourtant deux étages, Tétage supérieur ou dé- 
pôt de TAzzarola, formé d'une alternative de marnes et de 
calcaires marneux, Tétage inférieur ou groupe des schistes 
noirs. Comme M. J. Martin, il cherche à faire voir que Ten- 
semble de ces couches forme un étage géologique particulier 
qu'il nomme infraliasien; il fait encore rentrer dans cet étage 
les couches supérieures à Ammonites planorbis et A. angula- 
tus, représentées en Lombardie par des dolomies supérieures 
à celles du trias. 

Un tableau synoptique montre les parallélismes que Tauteur 
établit entre le dépôt de TAzzarola et les schistes noirs de Lom- 
bardie d'une part, et de Tautre les schistes de Kôssen (Bauer, 
Suess, etc.), les couches supérieures de SaintCassIan (Escher), 
le bone-bed d'Axmouth , de AustcliiT, de Helmsingen et Lœve- 
lange (Luxembourg) et la zone à Avicula contorta d'Oppel. 

Pour Toolito Inférieure, il faut signaler d'abord un mémoire o 1 i c e 
de M. Wright (2). Cet étage peut se subdiviser de la manière inf*rie«re. 
suivante, dans le sud de l'Angleterre , en allant du haut en ^^ ^jingieierw 
bas: 

1* Zone â Ammtmiteê Parkinsoni comprenant : 

«. Gréf aapériearà TrigoniestfeoAnoim. Parkinsoni, A.lfartiDaii,etc. 
b. Grés à gryphéfs, banc d'hnttres loaal, avec Grypbœa sablobata, ete. 
e. Gréa à TiigoDiea inférieur. 
é. Lit marneni mince avec Cbemniiiia procera. 

(1) BuM iwr Um eondiUom géniralêi d$i eouehêê d Avieula eonlorte, par 
TabbéAntoine Stoppani. — Milan. 

(3) Sur tes tvbdivitiont d$ Vodiie inférieure dum lêtud de V Angleterre^ 
comparée ani llta éqniTalenta de cette formation anr la côte de Terkibire, 
par Tbomai Wright.<6eofo9. Society^ 1*' février i8«e, toI. XVI.) 



POUR l'année 1860. 655 

Les synehrok^snies sont établis dans le tableaa suiTaot : 





HACO1111AI8. 


LTONSIAIS. 


ROAMAmiB. 


Pulier^s 
Mrtb. 

Bajoeien 
inférieur. 


CoBOhês i Gollyrites rin- 

gens. 
Couches à Torebretola 

Pbillipsii. 

Calcaire à polypiers. 
Calcaire à enlroquef. 
Calcaire à Pecten perso- 

DttUS. 

1 


Ciret. 

Calcaire à eniro- 

ques. 
Couches à Pecien 

personatus. 


• 

Oolite 
de Bayeui. 

Malière. 



M. Hébert (1) a donné une coupe détaillée des couches des 
falaises des côtes du GaWados, et décrit spécialement celles du 
terrain oxfordleo. 

La carrière du Chalet, près Montreuil- Bellay, est très- 
riche en fossiles de Toxfordien inférieur. MM. Uébert et 
Eu g. Deslongchamps(2)€n donnent une description com- 
plète, illustrée par des planches. On peut signaler surtout 
dans leur travail de nombreux gastéropodes nouveaux (plus 
de 60 espèces, tous découverts dans une couche de quelques 
millimètres d'épaisseur). 

Les genres qui ont fourni le plus d'espèces sont : Rostellaria 
(5 espèces), Purpurina (5 espèces), Cerithium ( 1 a espèces), Tur- 
ritella (6 espèces), Trochus (8 espèces), Pleurotoroaria (9 es- 
pèces). 

M. Ebray (3) a étudié les modifications de Tétage callovien, 
depuis Nevers jusqu'à Ghâtel-Censoîr, et donné plusieurs coupes 
détaillées à l'appui de ses opinions. 

11 a, en outre, fait connaître la composition des couches 
jurassiques aux environs de Mâcon, et essayé d'estimer les 
dénudations qui se sont opérées dans cette contrée (à). 



Ozfordien. 

cotes 
de la Manche. 

Montrcuil- 
Bellay. 



NîTemai:;. 



(1) Bull. géûl. {T 6), XVin, 1860 ; 300. 

(2) Mémoire iwr le» foitiU» de MontreuU^Bellaïf ( Jfatne-el-Ioire) , par 
M. Uébert et M. EoRéne Eudes -Desloncbamps. — Paris, i860. (Ex- 
trait du Bulletin de la Soeiélé linnéenne de fformendie.) 

(3) Bmli. géoL (2" s.), XVUI, 1800; iCi.' 

(4) Bull. géol. (2" S.\ XVIII, 1866; 507. 



IIETL'E DE GÉOLOGIE 

OQtQJean (i) a décrit les environs de MODtbéliard, 
Jccessivement, en allant de bas en haut, chacun des dix 
Ifoupes qui composent l'étage kimméridlen dans le 
|nord-ouest du bassin méditerranéen ;il cherche ensuite 
■ la légitimité de ses sous-groupes, au point de vue 
loiogique. les sous-groupes sont répartis en groupes; la 
I de Montbéliard, choisie pour type, montre trois de ces 
loupe;. Des assises klmmérid tenues existent dans d'au- 
tés à un niveau plus élevé; à Porrentruy, dans le 
, dans le Jura bisontin etsalinois, dans la llautc- 
li'Aube, l'Yonne, la Haute-Marne, la Meuse, l'Angleterre; 
y cite les fossiles communs aux calcaires portlandiens 
Itagc kimmérldioD proprement dit et établit un qua- 
s-groupe correspondant au calcaire portiandien des 
n chapitre est consacré ii établir le parallélisme 
bges kimmérïdJens de la localité-type de Moatl>éliard 
Is étages du même terrain dans le bassin méditerranéen. 
b qu'il nomme !e détroit de Dijon, dans le bassin anglo- 
In et dans le bassin pyrénéen. 

Itallon (aj a donné une notice sur les échinides, les po- 
spongiairea du Jura supérieur, des envir 



■• I 



POUR L* ANNÉE 1860. 



655 



travaux pobUéa sur le terrain jurassique. Il prend pour tjpe 
de ce terrain les couches des montagnes du Jura, et proiK>se 
pour ces couches la classification suivante : 

Cjilcalre de Stiin. 1 ^ ^^ g,,.„ 

Marnes de Salins 5 

Calcaires do Banné )^ .^ 

Calcaires de Besanecfn \ „ . ^ 

Marne, de BeewiçiT } Group, de BeMDçon. 

Oolithe corallienne de Pagnoz. ... 1 ^ ,,. 

Corel Rag de la Chapelle. } ^'""«^ ^"""••°- 



OoliUie 
supérieure. 



Groupe d'Argovie Oxfordien supérieur. 

Marnes alésiennes \ ^ - ., . - . . 

Fer de Clucy } Oxfordlen inférieur. 



EUge 
oxfordien. 



Calcaires de Palenle \ Groupe 

Calcairesdto la CiUdelie (Resançon). | dudépartemeniduDoubs 
Calcaires de la Porte de Tarragnoz. ) ou Mandubien . 

Marnes de Plasne 

Roches de coraux du fort S^-André. 
Calcaires de la Hoche-Pourrie. . . . 
Fer de la Roebe-Poorrie 



Groupe 

du département du Jura 

ou Lsidonien 



Oolilhe 
inférieure. 



Marnes d'Aresche.'. . . • 
Marnes de Pinperdu. . . 
Schistes des Valliéres.. . 
Marnes de Gernans. . . . 

Marnes de Poupet 

Marnes du mont Servant. 
Calcaires de Blégny. . . . 
Cenches de Montatne. . . 



Lias supérieur. 

Lias moyen. 

Lias inférieur. 



Lias. 



Le groupe d*Argovie, suivant M. Marco u, existe en Souabe 
et en Bourgogne, mais n*a pas encore été reconnu dans la 
Grande-Bretagne; le groupe Kimméridien des « Recherches 
géologiques sur le Jura salinois » est devenu le groupe de Por- 
rentruy. Pour éviter ici un faux synclironisme le groupe Port- 
landien a aussi donné place au groupe de Salins: la localité de 
Suziau, près Salins, a offert à M. Marcou, dans les calcaire 
de ce groupe, des fossiles formant une faune marine qu'il croit 
contemporaine de la faune de Purbeck, en Angleterre. 

Les premières lettres sont consacrées h la description géo- 
logique et paléontologique des couches du Jura franc-comtois. 
Dans la cinquième lettre, Tauteur cherche à établir le syn- 





RETtE DE GiOLOGIE 

me entre les strates du Jura franc-comtoia et celles 
[letcrre. La sixième est consacrée au terrain Jurassi- 
France, notamnieat à UQtj comparaison des couches 
ita Jura avec culles des collines de la Haute-Saône, ù uq 
aynchronisoiû entre les divisions du Jura franc-com- 
ellas du terrain Jurassique dans la Côte-d'Or, la nautc- 
la Meuse, les Ardennes, la Moselle, le grand-duché de 
ourg et les Cévenoca. Dans Iv-s lettres suivantes, on 
l'analyse critique des travaux publiés sur le terrain 
ne en Portugal, en Espagne, en Lombardie, dans les 
! l'Autriche et de la FVance, en Russie, dans la Sibérie. 
Se, le Caucase, la Perse, l'Iude, ruiraataya, l'Afrique 
1, l'Amérique du Nord, le Pérou, le diili, le cap Horo, 
e, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. L'auteur s'appufe 
données recueillies à toutes ces sources pour dessiner 
du globe i l'époque jurassique. Il y distingue plusieurs 
2s, norroando, boiirgulgnonne, hispano-alpine, crimép- 
enne, hiaiaiayonne. moscovite, sibérienne, etc. 
5moire de M. Wagner (i) comprend une desenpttoD 
e des sauriens des schistes lithographiques de la Ba- 
is sont étudiésdans l'ordre suivant: genre Cricosaurus; 



PQUR i'ÀKNÉS i86q. 



6&7 



M. Owen (i) a décrit lea reste» d*un animal foBsile, le po- 
lyptychodon, découverts dans la craie inférieure k Dorking. Il 
pense que ce saurien Carnivore de la période crétacée habi- 
tait la mer, où il était le rival du grand saurien de Maëstrlcht 

M. Gaudry (a) annonce avoir découvert à Wlssant TOstrea 
Leymerii, espèce regardée comme caractéristique du terrain 
néocomien. Sa note est accompagnée d'une coupe des falaises 
crétacées de Wissant 

M. Gornuel (3) a consacré une notice étendue à Tétude du 
grès vert inférieur du bassin de la Seine, à sa division d'après 
les oscillations du sol et les caractères zoologiques et stratigra- 
phiques, enfin à ses rapports avec les diverses parties du 
groupe Wealdien et du lower green-sand d'Angleterre. 

M. Lory (/i) a dessiné une coupe de la vallée d'Entremont- 
le-Vieux (Savoie) à la hauteur du village d'Épernay, et signale 
dans cette vallée la présence de couches de craie marneuse et 
blanche, qu'il range dans l'horizon de la craie blanche. 

M. Binkhorst van der Binkhorst (5) donne une coupe 
détaillée de la craie de Maêstrîcht et des environs, et présente 
un tableau approximatif de la répartition des genres et des 
espèces de cette craie datis les différentes classes animales. 

M. de la Mark (6) a décrit quelques vertébrés, des crusta- 
cés et des céphalopodes de la craie de Westphalie. 

M. Hohenegger (7) a présenté à la Société géologique alle- 
mande, daqs sa séance de juillet, une carte du nord des C^r- 
patheset de laSilésie autrichienne. Il a donné quelques détails 
sur la position géologique des minerais de fer employés à Tes- 
chen. Ces minerais appartiennent à diverses formations, mais 
notamment au terrain crétacé. La craie s'y subdivise ainsi du 
haut en bas. 

1" Grès des Carp«Uies (représentent le terrain albien et peot-élre aussi le 
cénomanien); 
'io Minerai de fer (aTec mélange des fossiles de l'aplien et de l'urgonien); 



Critûcé. 
Dorking. 



Néeconien 
à WliMnl. 



Grés vert 

inférieor 

dubatiii 

de la Seine. 



Sawoie. 



Craie 
delfa«ilrielit. 



Westphalie. 



Silésie 
antrioiilMiie. 



(1) Oeolog. Society^ tSOO; 'ini. 

(2) Bull. gioL (2* s.), XVUI, 186O; 30. 

(3) Bull. giol. (2« s.)» XVIII, I86O ; 786 

(4) Bul , géol. {1' s), XV m, 1860; 796. 

(5) Bull, géol, (r s.), XVIII, 186O; 61. 

(6) Uiber einige Wirbellhiere^ Cruitaeeen u. Cepkalopoden. Berlin, I85y. 

(7) Zeit. d, d. gtol. Gei., XII, 186O; 369. 



FOUB l'annéi i86o. 



6&9 



M. le marquis de Vibraye (i) a signalé la découverte d'un Fmm 
nouveau gisement de vertébrés à Ghltenay (Loir-etrCher), dans ^^ ^' 
des sables de Tâge des fahlnns. 

A la perte du Rhône, entre le Gault et la Mollasse marinet P«rte ém 
existent deux assises, qui sont en allant de bas en haut: i* les 
sables à silex; 2" les marnes bigarrées. M. Gabriel de Mor- 
tillet (a) range les sables h silex dans le terrain sidérolitique, 
qu'il place dans Tétage mummulitique supérieur. Quant aux 
marnes bigarrées,- il lescroitjsynchroniques k la molasse d'eau 
douce. 

Après avoir décrit minéralogtquement et stratigraphique- 
ment le bassin de la Garonne proprement dite et celui de 
TAriége, M. Noulet (3) énumèrc les restes fossiles découverts 
dans diverses localités situées dans ces bassins. Voici la liste 
des mammifères : 



Pryopitbecos FonUni. 
MacroUierium MOMnieiiM. 
Diliotiieriom gigtoleoni. 
Mastodon angustidens. 
Mastodon tapiroides. 
Sot siiDorransis. 
Ancbitberium aoreUaneoite. 
Rhinocéros bracbypus. 
lUiiDoceros s.morréotis. 
RbiDOceros tetradactylu$. 
Dierocerus elegaos. 
DremoUierium. 
ListriodoD splendena. 
AnUiracoUieriuiii. 
AnebittieriDDi aarelianenie. 



Castor subpyreoaicas. 
Lagomis sansanionsis. 
VUerra aimorrensis. 
Chœromorus Nooleil. 
M. Dupnyi. 

Ampbycion leptorynchat. 
Sttneofiber civiaccnsis. 
Dierocerus elegaos. • 
Yiverra simorrensis. 
Cbceromoras sansaniensis. 
Anibracotheriam mioiinani. 

Iif. majos. 

Rhinocéros roinotus. 
Elalberiam maJos. 



Les coquilles que Ton rencontre dans le miocèae subpyré- 
néen sont: Hclix Lartetli, fort commun; Glausllia minima, 
rare, ainsi que Gyclostoma Lartetli ; la Melania aquitanica y 
est excessivement abondante; enfin, des Unio, appartenant à 
six espèces, dont quatre ont les valves relevées de gros plis, 
cara<^re étranger à celles qui vivent aujourd*iiui en Europe. 



MioeéBO 

d'eav dMMt 

ûm 

Sud-OMM 
doit 



U; Butl. géoi» (3* s.)f XVllI, I86O; 413. 

(2) Buii gioL (7* s.), XVlll, 18«0; 119. 

(9) De la répartiHon dtt earpi organitét fottilei dont le lerrmin terliaire 
moyen au miocène Vêtm doucê du nd-ouêêi de ta France, par le doeieur 
N 1 e I. (Elirait des Mémoirti de VÀemIéme im^imh dt$ teUntiê^ inttrifh 
tiom êi kêUeê'Mîm d$ Toulouêe.^ 



TOHI XX, >86i. 



k^ 



POUH L*ANNÊE t860. 



661 



Les terrains tertiaires décrits par If. Wolf (1) fbrmeDt un 
plateau élevé entre Lemberg et Grodeck; ce plate&u sépare les 
eaax du Dniester de celles de la Sann et du Bug. Du côté du 
Bug, les vallées sont ouvertes Jusqu'aux marnes de la craie. 
L'ensemble des couches tertiaires est synchronique au calcaire 
de la Leitba du bassin viennois. 

Dans sa Géologie de la Pologne^ Pusch avait donné quel- 
ques coupes des environs de Lemberg. Il avait distingué au 
Sandberg, en allant du haut en bas : 1* une brèche sableuse 
calcaire; a* des sables; 3* un grès coquillier; A* un calcaire 
grossier sableux ; h"* un grès avec lignites ; 6* les marnes dé la 
craie. Plus tard, Ath distingua dans ces couchés tertiaires 
trois étages: 1* le sable supérieur; a* le grès à nullipores ; 5* le 
grès et sable inférieurs. 

M. Wolf établit ses divisions en se fondant sur la présence 
des couches d'eau douce interposées entre une formation 
marine inférieure et une formation marine supérieure. 

Les couches marines supérieures consistent en grès avec 
serpules, en grès coquilliers et en grès aveo ambre ; elles ont 
une faune assez riche » dont les espèces les plus abondantes 
sont Isocardia cor Lam., Corbula gibba Olivi, Pectenjsarmen- 
ticus Goldf, Pecten scabridus Eichwaldt. 

Lés couches d*eau douce renferment rarement des foMiles, 
mais sont parfaitement reconnaissables. 

Les couches Inférieures comprennent le grès à nullipores, 
les sables si fossilifères de Potiiicz, Rawa et Glinsko : dans ces 
localités, les couches tertiaires sont séparées de la craie par 
des lignites; dans d'autres endroits, on trouve encore sous le 
sable de Targlle ou du sable argileux avec des nullipores, et 
à la partie tout à fait inférieure un banc de grès à Panopcea 
Menardi. 

Les lignites de Schônstein décrits par M. Holle (3} remplis- 
sent, dans la vallée de la Schall , une dépression creusée dans 
des calcaires et dolomies secondaires, et dans des couches 
éocènes formées db tuf dioritique, de marne schisteuse, de 
calcaire marin à Cerithium dentatum Defr. et de marne et grès 
à Paludina stiriaca Rolle. 



BBfirMis 
de Lemberg. 



GoUDlMt 

à lignilM 
de là Styrie. 



(1) jliuMMtrt de U Carte giolog. aulrieh., 1860; 46-47. 

'1'' Camptti rendm d$ l* Académie âeê in'çncesde Tienne, IMO; T. 





BETOE Ùt. GÉOLOGIE 

mches à ligDiles renferment cinq e'ipèces de planorbes. 
hcs demélanopsis, deuxvalvata, trois rythéoia, trois 
j, uneanodonte, deuicliara, des feuilles de Viburoum 
icuni Unger. et de Bhns Meriani ileer. Elles sont plus 
s que toutes les couches tertiaires du bassin viennois, 
is les couches à raelanopsls, et sans doute aussi que 
;hes de Moosbruna. Elles se tronveot à la limite des 
tertiaires et des dépôts diluviens. La description des 
égélauï, jointe & la note de M. ïlolîe, est due au 
Unger. 

sche (i) a donné une description du terrain tertiaire 
uel 00 exploite le snccin sur les bords de la Baltique. 
ibord quelle est la coupe de ce terrain d'aprfisM. Zad- 
}■ 








•en i|ii<, i M pirKe Intéricnr», tu cimsnlé pir d» ITtl- 


■ 



PODR l'amneb 1860. 663 

branches ou des racines, et ils résnltent visiblement de Tôcoa- 
lement successif d'une sorte de poix. Assez souvent encore» le 
succin est entouré de pyrite de fer. 

Parmi les fossiles du terrain qui renferme le succin, on peut 
citer des dents de squale, des vertèbres de poissons , qui sont 
très-accidentelles. Dans la couche 5 , il existe aussi une veine 
de sable brun ferrugineux avec des échinides et des coquilles 
ressemblant à des huîtres. D*après cela, la partie inférieure de 
ce terrain a été considérée comme marine par certains géo- 
logues. Mais il faut remarquer qu'il peut y avoir eu plusieurs al- 
ternances de formation marine et terrestre analogues k celles 
qui ont été signalées t dififérentes reprises par Sir Charles 
Lyell et par M. Hennessy. En outre» M. Tasche observe 
que les faits s'expliqueraient en admettant que la partie infé- 
rieure du terrain s'est déposée» de môme que la partie supé- 
rieure» dans un golfe» où débouchaient des eaux douces» par 
exemple» à Tembouchure d'un fleuve. 

On sait que le succin enveloppe souvent des débris d'animaux fium da t Md 
ou de végétaux» et comme il est à peu près inaltérable dans 
l'intérieur de la terre» ces débris^ sont très-bien conservés. De 
nombreux observateurs les ont étudiés avec le plus grand soin» 
et nous allons faire connaître les principaux résultats qu'ils 
ont obtenus. 

D'après les recherches de MM. fierendt, Lôw» Gôppert, 
Heer» Schweigger, Hagen» Thomas, Menge, Zad- 
dach» Eldltt, Germar', Giebel» Tasche» etc., lafaune 
du succin se répartit ainsi : 

Efpècet. Gtnref. Geortf bovvmvs. 
CrosUcés 5 3 • 

Myriapodes 33 11 1 

Arachnides 205 73 29 

Insectes. — Aptères 24 9 4 

74. — Hémiptères 6u 23 1 

/d. — Orlboptérest 8 4 i 

Id. — Nearoptéres. . . tt? 44 2 

Id. — Diptères tfOO 94 36 

1.922 201 64 

Cette faune comprend donc 1.029 espèces appartenant à 
961 genres» dont 6^ sont nouveaux. Les crustacés» comme l'a 
remarqué M. Berendt» appartiennent à des espèces terres- 
tres et non aquatiques. Une mouche Sciarahirticornis est sur- 
tout très-abondante. M. LOw a comparé les diptères du succin 





fiKVUE Ut GbOLUtilt 

■tiaipe de l'Europe ont été étendues au val d'Arno, par 
1, Gautlinet C. Strozzi (ij. Le nombre des plantes 
qu'Usent déterminées s'élève à 69, sur leaquells ï5 
ont été retrouvées à ISaingen ou bien au Locleen 
et 1 1 à Scbossnitz en Allemagne. Cette analogie enUv 
Aruo et QEDJ'ngen mérite d'être signalée ; car (Kningen 
jDt au miocène supérieur. Du reste, il y a lieu de dls- 
deox zones dans le val d'Arno, ia supérieure qui cou- 
:ieplia8 antiquus, et l'inférieure, développée i Monta- 
à sienne, qui ne le renferme pas et offre des espèces 
m plus souvent semblables à celles d'CEningen. Les 
je MM. 0. Heer et G audin sur la flore tertiaire ont 
qu'au-dessous de ces terrains du val d'Arno, d'CSningeu 
)cle, il Taut placer ceux de la Superga, la mollasse nia- 
Suisse et le bassin de Vienne ; plus bas, viennent Cadi- 
. Bagoasco en Italie, Lausanne en Suisse, Hadoboj en 
;ne, Alx en Provence; enfin, au-dessous, Montebolca 
1 et le oummulitlque de la Suisse. La nature des végé- 
5ervés confirme l'opinion d'un abaissement successif de 
iture dans le midi de l'Europe, de l'époque miocène à 



POOA L* ANNÉE 1860. 667 

La découverte des manmiifères des mauvaises terres dans le lUevaiMt mn 
Nebraska a fouroi de nombreuses données sur la faune ter- '* Miferatkai 
tiaire de TAmérique du Nord. Le caractère particulier de cette 
faune est sa richesse en solipèdes. Énuroérons les genres et 
les espèces reconnues par M, Leidy et mentionnées par 
M. Giebel (t|. 

£qa«s eiealtus ti Eqaas perdiias ctraienl le même deniilion qae le clitf êl 

aoloel). 
Uippoiberium occidentale. 
td. speciosam. 
Merydilppus (genre fomant traiisUion entre le ehefai et les mmlnanta; lea 

neUIrea pMtérlearee ont sealement des plis d'émail plna eiaiplef qne le 

eketal; les molaires antérieures ressemblent à celles des ruminants. 
Elepbas imperaior. 

Rhinocéros occidentalis (rhinocéros sans corne). 
Rhinocéros nehrascensis (molaires de rhinocéros, incisires et etniaes de t*- 

plfi). 
Leptochsros, v 

Palcocberus, | appartiennent à la tribu des suidés. 
Areb«otherium,/ 
Bla thorium. 

Titanotberium (se place entre le rhinocéros et le palsotherium). 
Oreodon (forme, comme le palaotherium, une transition aui ruminants). 
Pabrotherium «- représente le genre moschus. 

Leptomeryi B? ansi correspond au genre doreatherinm du miocéno dVorope. 
LepUMhenia, I ressemblent plusaui chameaui qu'eus lamasde rAmérique 
Protomerys, | du Sud. 
Cenrus Virginictts. 
Pfoeamelns. Ce genre renferme des animaux plus rapprochés des chameau 

qee des lamas. 

Les rongeurs comprennent : 

SieMoiher nehrascensis, correspond an chalicomys de l'éocéne moyen dis- 

rope. 
bebyromys (a? ce cinq molaires à la mâchoire inférieure). 
PaUMlagus(les mâchoires et les dents de ce genrs apparlicanent à un Téri- 

laMe lléf re). • 

Sunjs olegans (est probablement un rat). 
Hydrocbsrus (fit dans l'Amérique du Sud). 
R«ngi«r sorrespondant à l'Hystrii cristata d'Europe. 

Les carnassiers renferment : 

Macharodns t une espèce de la grandeur d'une panthère. 



(I) fetlffiiimHi*! ffoiNrtfffAefrs, n* 41» iMt. 



POUR l'année i86o. 669 

Sundgau est de la même formatioa que celui de la plaine du 
Bas-Riiîn et du grand-duché de Bade. 

M. Beyrich (1) a signalé dans le terrain diluvien du nord Nord 
de TAllemagne Texistence du Rhinocéros leptorhinus, qui d«i*AUcm«n«. 
accompagne assez rarement le Rhinocéros tichorinus. 

M. Gaudry (3) a fait exécuter des fouilles près d'Amiens, suei têiliét. 
pour découvrir dans le diluvium les haches taillées de main 
d'homme qui ont été signalées en premier lieu par M. Bou- 
cher de Perthes et depuis par MM. Lyell et Prestwicbi II 
annonce avoir trouvé personnellement neuf haches en place 
dans le diluvium. 

A propos de la découverte des silex taillés dans le diluvium 
d* Amiens, M. Buteux (3) est entré dans des détails circonstan- 
ciés sur les terrains superficiels et diluviens de la Somme. 
Il établit pour ces terrrainsla classification chronologique sui- 
vante: 

1* Silex non roulés (quaternaire?); 

2** Dépôt de silex roulés et travaillés; 

3* Umon des plateaux ; 

k* Limon remanié et silex non roulés. 

M. deBennigsen-Fôrder(A)« qui a visité le gisement de 
Saint-Acheul, a exprimé Tavis que les instruments en silex y 
étaient remaniés, et peut-être môme introduits postérieure- 
ment par les eaux avant la consolidation des couches dans 
lesquelles ils se trouvent. 

M. F. J. Pictet(ô) a examiné aussi la question de Thomme 
fossile ; après avoir discuté les opinions et les faits émis dans 
ces derniers temps en France et en Angleterre il se montre 
disposé à admettre pour Torigine de Thomme une haute anti- 
quité, qui remonterait au commencement de la période qua- 
ternaire. 

Entre la période diluvienne et la période moderne, M. Pi c t e t 
ne voit aucune modification de la faune. Il pense môme que 



(1) Ztit. d, d. geol. Get.^ XII, 522. 

(2) B^l. géol. {2* 8.)> XVIII, 1860; 17. 

(3) Bull. géol. (3* «.). XVili, 1860; 72. 

(4) ZeiL d. d. geol. Gtt.^ XII, 520. 

(5) De la queslion de l'homme foaUe, — Note sur U période qaaiernaire 
OQ dUavienne, eonsidéréo dans laa rapports a? ee l'èpoqae actuelle. {Biktio- 
iké^ue umivenelle de Genàve^ mars tt aoAt iiio.) 





REVLE tlE GËOLOGIE 

la fauue actuelle OU moderoe, y compris l'homme, au- 

P. GervaU (i)a signalé ta présence dans les dépôts dilu- 
du bas Languedoc, du genre daim iCervua somooeasis) 
renne fossile (Cervus Guettardi et priscus). 
tiermann de Meyerfs)aexaminô des œufs fossiles pro- 
Lt d'un tuf calcaire et diluvien de Cannstadt ; d'après leur 
; régulière et ovale, il les regarde comme provenant d'une 
e. 

is les mollus<)ues du terrain postpliocène ou glaciaire de 
ége appartiennent sans exception, suivant M. Sars (3), & 
jpèces encore vivantes. On y rencontre des espèces qui 
■■Rnt plus aujourd'hui sur la côte méridionale de la Nor- 
. mais qui se trouvent encore sur la cûto septentriooale, 
ïtne SUT les eûtes des régions arctiques, par exemple, Tri- 

noientalium vilreum, Asiarte arctica. 
utres espèces, bien que se rencontrant sur les eûtes mt- 
lales de la Nonvége, y sont moins nombreuses, d'une 
3re taille que eur les eûtes septentrionales et qu'à l'état 



pora l'année 1860. 671 

M. Kjerulf (1) a discuté les diverses hypothèses à l*aide des- 
quelles on a cherché à expliquer Tapparence des roches nor* 
végienneSy et s*attache & démontrer que celle de l'extension 
d'anciens glaciers étendus sur toute la contrée se concilie le 
mieux avec les pbénomène.<i. 

M. Ed. Gollomb (a) a publié des recherches sur les anciens Aneiens gUcien. 
glaciers, et M. G. de Mortillet (3) les a étudiés sur le versant 
italien des Alpes, depuis la vallée de la Stura à Touest, jusqu'à 
celle dn Tagliamento à l'est 

D'après la comparaison des couches les plus récentes du Mer da Nord. 
terrain diluvien, dans le nord de 1* Allemagne, et en Angleterre, 
M. de Bennigsen-Fôrder (/i) croit pouvoir admettre que 
l'Angleterre a été séparée du continent seulement après la 
période diluvienne et au moment où s'est formée la mer du 
Nord. 

Les cavernes à ossements de Gower (sud du pays deOalles), Ca? tmtt 
explorées par M. Falconer (5) sont creusées dans le calcaire ^..^J^..,. 
carbonifère : les plus importantes sont Bacon Hole, Minchin oiamorfantlUra. 
Hole, Bosc'os Den, Bowen's Parleur, Grow Hole, Raven's cliflT 
cavern, et les cavernes de Paviland. 

Le plancher de Bacon Hole présente la coupe suivante de 
bas en haut : 

1* Qaelqnes pouces de sable marin arec Litlorina radis et liuoralis, Clausi- 

lia nigricans el ossements de Campagnols et d'oiseaai ; 
2* Une eooche mince de stalagmite ; 
3* Deux pieds de sable noir avec os d'Elepbas anliquus, des débris de Mêles 

taios et de Patorios (Tulgaris?); 
4** Un on deox pieds d'ocre, de brécbecalcaireet de sable avec restes d'Elephas 

anUqvtts, de Rhinocéros hemisischns, d'Byéne, de Canis lupus, d'Ursus 

spelttuSy de Bos, de Cer? us; 
5* Des stalagmites enveloppant une énorme dérense d'éléphant; 

6» Des brèches calcaires avec os d'Urs us et de Bos ; 

7* UnUtdesulagmitesd'un pied avec 

8* De la terre de couleur foncée, avec os de Bos, de Cenrus, de Canis rulpes. 
des eomes de rennes et de chevreuil, des coquilles de Patelle, Myli- 
lus, Parpura, Littorina et des roorceaui d'anciennes poteries britan- 
niqaes. 



(1) Ziil. d. d.geoL Ces., Xll, I800; 389. 

(?) Ârekinêi dêt iciencêi de la Bibt. univenelU de Genève, juillet is«o. 

(3) Soeiilé italienne det icieneeê natwrefUi, 33 déc. 1890 ; 111. Milan. 

(4) UU. d. d. geol. Cm., XII, 519. 

(5) Geoiog, Soeieiff, 13 Juin 18M. 





HEVUE DE GÉOI-OGIB 

chin Mole offre la coupe snivante de bas en haut : 

IB lablonneuso nairt ireo débrli de nhiaoccTM hcmatllchai. i'Eit- 

[■ et de bieur: 

l'dfGateniD jaune; 
he csicaire meuble. 

la Bosco'a den, od a de bas ea baul : 

se ocreuic ou lerro ds caiirni;, avec Urins ipElcHt, C«aii lapn , C 

pfs, Bai, Cervu j, Articola (on y a recueilli plui de mille bgU de cern ^ 

le brèche pierreute; 

/hedeiable; 

lu lourbe n«eD 09 de bauf el de loup el boii de cert iCeriuB GutMidi 
Zen. priscut). 

la toutes CBS casernes, le fond paraît avoir été rempli 
ble mariD, entremêlé d'os de pachydermes, de mml- 
, alors vivants sur la terre émergée de Gower, Sur ce dé- 
e forma un lit stalagmiteui qui serrit de plancher à la 
de caverne et à d'autrea matlèroa d'allurion, avec os3e- 
î el bois de cerf. 




■ 



POUR L'ANflÉ 1860. 67^ 

seur cl*un chien, Hyœna fossilis (Guv.) ; Mustela, Felis spselea 
(Gold.) très -rare ; Fells indôtenniné ; rongeur non déterminé de 
la grosseur d'un campagnol ; Castor; Elephasmeridionalis (Nesti) 
très-commun; éléphant, une seule dent adulte très-mince et 
très-allongée comparativement à celle de Tespèce précédente ; 
Elephas prlmigenius (Blum.}; Rhinocéros; Equus caballus 
(Linné); Cervus elephas (Guv.); Cerf indéterminé; Cervus 
capreolus ; Bos urus très-commun. Cette liste comprend quatre 
genres qui n*avaient pas encore été trouvés h Peuvent, savoir : 
castor, cerfs, petite espèce de rongeur ou genre Mus, marte 
voisine de notre espèce commune. On y trouve, en outre, le 
renard, ou un carnassier voisin du chien et deux espèces d'é- 
léphants. Il est remarquable que parmi ces nombreux fossiles 
on ne rencontre pas de mastodontes, notamment le Mastodon 
giganteum et le Mastodon angustidens qui se trouve si souvent 
dans les terrains d*alluvions anciennes des environs de Fou- 
vent, ainsi que dans toute la plaine de la Haute-Saône et de la 
Côte-d'Or. 

Pour les mastodontes, M. Nodot signale notamment un fé- 
mur énorme, provenant du minerai pisiforme d*Autrey, où il 
était associé à plusieurs espèces de rhinocéros et de cerf. Ce 
fémur a i*,32 de longueur, et une largeur de o",/i4 do la par- 
tie antérieure de la tète à Textrômité du trochanter ; il dépasse 
donc tous ceux qui sont connus jusqu*à présent. 

Les cavernes à ossements sont nombreuses sur la côte sep- Sicile, 
tentrionale de Sicile, entre Termini et Trapani ; elles sont 
creusées dans une falaise de calcaire à hippurites, dominant 
une plaine formée par le terrain pliocène. La plus connue est 
la grotte de San-Giro qui a fourni une énorme quantité d'osse- 
ments d'hippopotames. M. Falconer (1) y a trouvé, outre 
deux espèces de cet animal, des restes d'Elephas antiquus, de 
porc, de bœuf, do cerf, d'ours, de chien. 

lia grotte de Maccagnone, près de Carini, est & 5o pieds 
au-dessus de la terrasse pliocène ; le sol de la grotte est fermé 
du haut en bas par les couches suivantes: 1* couche de 
limon avec blocs calcaires; a* lit ocreux avec blocs ; 3* dépôt 
gris, de limon gris, spongieux et cellulaire, cimenté par des 
infiltrations calcaires; i^r brèche osseuse remplie de blocs 

(1) Sur la grotte oaifèrê de MaeeûgnoM, préi Pa!$rm$, ptr Fê leouer. 
((reolof. Society, vol. XVI, i960; 99.) 



POUR l'année 1860. 675 

L*Académie royale de Dublin a publié un mémoire sur la 
géologie et sur la minéralogie du sud-est de Tirlande. La 
géologie a été traitée par M. J. Beete Jukes, la minéra- 
logie par M. S. Haughton. M. J. Beete Jukes considère 
les roches stratifiées de cette partie de Tirlande comme étant 
cambriennes et cambro-siluriennes; il désigne par ce dernier 
terme des roches qui sont vraisemblablement intermédiaires 
entre le cambrien et le silurien ; mais la détermination précise 
de leur position dans la série des terrains ne pourra avoir lieu 
si Ton n'y trouve pas des fossiles. 

Dans le même volume des mémoires de TAcadémie royale 
dirlande, le docteur Kinahan a indiqué quelles sont les 
affinités zoologiques des fossiles cambriens les plus remarqua- 
bles de Bray tiead. 

M. J. Beete Jukes, à la suite de recherches avec M. Du- 
noyer, a fait connaître un lambeau du terrain carbonifère 
inférieur, dans le nord du comté de Dublin. Des couches cal- 
caires, schistoïdes, (erreuses ei do couleur noire, qui s'y 
trouvent, paraissent identiques à celles développées à Kil- 
kenny, Tipperary et Cork, etjie se rapporteraient pas, comme 
ou Tavait cru jusqu'ici , au calcaire désigné sous le nom de 
catp^ qui forme l'étage moyen du calcaire carbonifère de l'Ir- 
lande. 

Le Journal de la Société royale de Dublin de 1869 contient 
la description de fossiles du calcaire carbonifère de l'Irlande; 
les procès-verbaux de la Société d'histoire naturelle donnent 
aussi, d'après M. Joseph Wright, quelques fossiles appar- 
tenant au môme terrain et provenant de Cork et de Clonmel. 
Parmi ces fossiles, ceux qui sont nouveaux ont été nommés : 
Ccrithioides telescopium, Ortlioceras clomeliense, 0. Wrigh- 
tii, MautilusWillockii. 

M. H. Kinahan (1) a indiqué une faille renversée dans le 
bassin houiller de Leinster en Irlande. Contrairement à la 
règle, la couche de houille qui est coupée par le plan de la 
faille se relève à une hauteur de 17 pieds du côté de l'angle 
obtus, et en môme temps elle diminue beaucoup d'épaisseur. 

M. Bail y a fait connaître les fossiles du terrain houiller du 
Lehister. Parmi ceux qu'il a décrits, il faut signaler spéciale- 



^i) The Naturol Hiilory Review. n" XXVI, I5«, I8fi0 

TOMF 7CX, i86i. ^^ 



POUR l'année 1860. 



677 



fossilifère, est ainsi considéré comme un simple terrain méta- 
morphique , appartenant au silurien inférieur. 

Le vieux grès rouge est d'ailleurs divisé en trois zones, Tin- 
férleure formée par des grès rouges et par des conglomérats, la 
moyenne par les dalles de Gaithness, la supérieure par les grès 
Jaunes de Sutberland, Ross et Moray. De ce dernier groupe, sir 
R. Murchison détache les grès à reptiles, bien qu*on n^ob- 
serve dans ce district aucune transgression entre le dévonien 
et les couches qui renferment les reptiles. 

M. de Ver neu il (1] continue la carte géologique de TEs- Espagne, 
pagne. Les résultats de ses dernières explorations faites avec 
M. Triger et Gollomb sont consignés' dans une note étendue 
sur une partie du pays basque espagnol , accompagnée d*une 
carte; on y a joint la description de quelques Échinodermee, 
par M. 6. Cotteau. ' 

M. D. T. Ansted (2) a donné une description géologique des Malaga. 
environs de Malaga. Les roches les plus anciennes de l'Anda- 
lousie sont métamorphiques ; elles consistent en micaschistes 
grenatifères, qui forment en partie la sierra Nevada. Ces mica- 
schistes sont associés à des schistes chlorités et argileux. Des 
veines de quartz les traversent, et accidentellement ils sont re- 
couverts par des couches épaisses de minerai de fer argileax« 
En outre des filons métallifères contenant du cuivre, du plomb» 
de l'argent et de l'antimoine ont été exploités à différentes épo- 
ques et sur plusieurs points, principalement dans la partie 
sud. Ces filons sont souvent larges et bien caractérisés, mais 
les minerais y sont disséminés irrégulièrement. De l'or a été 
obtenu en lavant les sables provenant du côté ouest de la 
sierra; et du cinabre existe sur le côté nord. 

Les roches éruptives sont très-rares dans le micaschi3te de 
la sierra Nevada; cependant la serpentine se montre sur plu- 
sieurs points, et autrefois elle a été exploitée sur une grande 
échelle aux environs de Grenade. 

M. de Vi 1 an va y Piera(3) a consacré un mémoire à la géo- Castelion. 
logie et à l'agriculture de la province de Gastellon, en Espagne. 



(1) BuU. géol. (2' 8.). XVIII. I86O ; S33. 

(2) Oêolog. Society, X.V, 685. On Uie Geology of Malaga and SouUiern part 
of Asdalasia. 

(3) Memoria geognoiticœ-ûgrieola iobre la provineia dé CtutelUm. — Ma- 
drid, 1859. 





HETOE OE GËOLO(;iE 

raiii le plus ancien de cette province est le trias. Comme 
tude il présente à sa base des grt-s bigarrés qui passent 
:;onglomi5rats ou bien à des rocbes argileuses. Ces gréa 
méat accidcntellemenl du cuivre, du cobalt, du cinabre, 
y exploite en quelques points, notamment à Ctaovar 
:slida. Le muschelkalk s'observe à Caibel . Mont-Berna- 
irat, Villahermosa, Villafamës, au couvent du désert de 
limas y Agojas do Santa Aguedo. Ensuite vienûeot les 
■s irisées ijui n'ont pas une stratiflcntion bien accusée et 
nfermeot du gypse, ainsi que du sel. Les trois étages 
is sont bien visibles dans la sierra de Espadan ou dans 
pendances , et les mai'nes irisées y forment des collines 
i talus sur les llsncs des montagnes de grès bi^rré. A Is 
eja, des eaux minérales marquant seulement de a5'k 
rtent de ce terrain ; elles contiennent du suirate de ma- 
', du chlorure de sodium et de magnésium, des carbo- 
de cbaux, de fer et de soude. 

:errain jurassique est eumposé de calcaires, de marnes, 
les et de grès : les calcaires ont des couleurs distinctes, 
ilement obscures; ils peuvent aussi se changer en œar- 
. devenir métamorphiques. Le lias , la grande oolite et 



POUR l'année i8Go. r>79 

Parmi les roches éruptives, il n'y a à signaler que la diorite, 
qui se montre aux environs de Segorbe ; elle a disloqué les 
couches du trias et elle est visiblement en relation avec la 
dlorite indiquée par M. de Verneuil dans le pueblo de Man- 
zanera. 

Les îles Golumbretes, qui se trouvent sur la côte et qui doi- 
vent leur nom à la grande quantité de serpents qui les habitent, 
sont entièrement volcaniques ; elles présentent toutes un tuf 
ou peperino qui contient des masses de basalte et qui est re- 
couvert par un grand dépôt de basalte noir et celluleux. 

M.Bonissent(i)a continué ses études sur le département France, 
de la Manche. Il décrit successivement lestalcites, les mica* Mancbi. 
schistes, les gneiss. 

Aux Gorbettes et à Dlélette , on trouve le minerai de fer 
duquel nous avons déjà parlé. Il consiste en fer oxydulé et en 
fer oligiste , dont la richesse s*élève jusqu'à 85 p. loo. Il est 
associé à quelques centièmes de quartz, de feldspath et de py- 
rite de fer. La surface qu'il occupe est d'environ 5.ooo mètres; 
malheureusement, c'est dans des endroits peu accessibles, qui 
sont en partie recouverts par la marée haute. Il forme d'ailleurs 
des amas dans le leptlnite. 

M. Laugel (3) a donné la description de tous les terrains Earf-et-Uir. 
représentés dans le département d'Eura-et-Loir, et une 
coupe montrant la composition et la disposition du terrain 
crétacé aux environs de Nogent-le-Rotrou. 

M. Passy (3) a dressé la carte géologique du département Oise, 
de l'Oise à Taide des manuscrits laissés par M. Graves et en 
s'aidant de ses propres recherches. 

M. Parr a n (4) rend compte de deux sondages exécutés dans Gard, 
le département du Gard. 

Une notice de M. Dorlhac (5) comprend une description i^osérc. 
rapide des roches de la Lozère. Les trois quarts de ce départe- 
ment sont occupés par des granités porphyroïdes, des por- 
phyres granitoïdes, des granités proprement dits, des mica- 
schistes, des gneiss et des schistes. 



(I) Biioi géologigue du dépariement de la Manche. (Elirait des Mémoirei 
de la Sœiélé impériale de Cherbourg, 1860, VIU.) 

(3) Bull. géol. (2« s.), XVIII, I86O; 316. 

(3) BulL géol. {2* s.). XVllI. 1860; 273. 

(.4) BuU. géol. (r s.), XVni, 1860; 115. 

(5) Biguiue géologiq%te du départemenl de la Lozère, par M. Doribae. 
Brochure in-8. — Hende, I860. 





HEVUE DE GËOLOGIE 

couches sédioientaireg se rapportent au terrain jnras- 
et au triaa f?) ; on obsene aussi quelques iambeaui ter- 
de peu d'étendue pi^a Saint-Mban et Molîieu. 
lotice est complétée par l'étude des nombreux gîtes mé- 
•es du département, accompagnée d'une rose des direc- 
les filons et des soulèvements, 

laiibrée (0 a observé le gisement du pétrole dans un 
l'exploItaUon percé à Sclitvabwlller. Le pétrole imprègne 
ucbe de sable tertiaire d'une épaisseur totale de l'.Ho. 11 
Je cette couche avec de l'eau et dégagement d'hydrogène 
lé. L'eau tient en oatre en dissolution du se! marin, 
i on l'a observé pour un grand nombre de sources de 
3. 11 parait résulter de là (|uo le sel de Soultî-sotis- 
provlent bien du terrain tertiaire. Des coquilles ma- 
sont d'ailleurs associées au pétrole de Schwabweiller, 
que le calcaire asphaltique de Lobsann, qui est i une 
;e de 9 kilomètres et à un niveau un peu plus élevé, 
B avec des couches remplies de planorbes. 
'.b . Lory (i) a publié une note sur les grès de la Mau- 
1 et du Briançonnais, accompagnée d'une coupe du bas- 
irves et de la chaîne des TroIs-«s«llles. Il a signalé 



POUR l'année 1860. 681 

forment cependant des couches dont les affleurements peuvent 
se suivre sur plus de 26 lieues. D'après M. A. Favre, ces couches 
sont placées immédiatement au-dessous des couches dites de 
Kôssen qui appartiennent au lias (une partie se rapporte même 
au bone-bed) et au-dessus du terrain houîUer. Elles reposent, 
tantôt sur le terrain liouiller, tantôt sur des roches cristallines. 
Elles se présentent avec les mêmes caractères, depuis l'Ober- 
land bernois jusqu'aux Alpes françaises; en sorte qu'elles 
fournissent un horizon géologique pouvant servir à séparer le 
terrain jurassique de la formation carbonifère. M. A. Favre 
observe en outre que le terrain anthraxifère des Alpes est 
composé de deux étages, les schistes ardoisiers avec empreintes 
de plantes et au-dessous les grès ou les poudingues. 

Après avoir décrit rapidement le plateau calcaire jurassique Dtapbiné. 
du nord de Tlsère, et les couches jurassiques de la montagne 
de Grussol, en face de Valence, M. Lory (1) entre dans la 
région des chaînes centrales des Alpes ou des Alpes grani- 
tiques. Cette.région comprend les montagnes les plus élevées du 
Dauphiné, constituant trois massifs principaux allongés du 
nord- nord-est au sud-sud-ouest, la chaîne de Belledone, 
celle des Grandes-Housses et le massif du Pelvoux. Ces trois 
grands massifs de terrains cristallins sont couverts sur leurs 
flancs par des terrains sédimentaires; ces terrains sont: i* le 
îi(u, foitné de calcaires et schistes argilo-calcaires noirs, avec 
bélemnites , prenant souvent la structure de Tardoise ; 9* le grêg 
à anthracite de Flsère, avec couches d'anthracite dure et em- 
preintes de plantes houillères, suivant M. Lory, inférieur au 
lias et indépendant de ce terrain ; 3* le grès d'Allevard, de clas- 
sification douteuse, mais placé dans des conditions de glse- 
Aent analogues au précédent. 

M. Lory admet que les grès à anthracite de l'Isère sont un 
terrain distinct des schistes talqueux ou micacés, dosgneiss, etc. 
et généralement des terrains cristallins. Cependant sur di- 
vers points, particulièrement dans TOîsans et le Valbonnais, les 
grès sont sensiblement parallèles aux gneiss et aux schistes crîs- 
tailtos, et il existe alors sous ces derniers des roches métamor- 



(I) Detcription géologique du Dauphiné {i$ère^ Drôme^ Bautu-Aipat), 
pour servir à Texplication de la carte géologique de celte promce, par 
Gharlesiiory, professeor de géologie à la Facullè des sciences de Grenoble 
r* partie. — Paris, i8«o. 





BEVUE DE GÉ0I.OC1E 

S, eu ri tes, graiit\iicke^, schistes argileux s&tlnés, etc. ; 
, qui reprÊsenti>ralent le terrain de transition. Les grès 
acite eux-mêmes seraient les représentants du terrain 

ilevei-aé ceb terrains avant le dépôt du lias qui repose 
tranches des couches qui les composent 
^ès d'Altevard sont distingués des grès à antlirariie 
i du lias et rapportes proTisoiremen: au terrain du trias, 
îouches du lia^ sont décrites eu détail; ce terrain se 
!e d'une énorme série de calcaires plus ou moins feuille- 
orés en noir bleuâtre, de schistes, des grès ou conglo- 

plus ou moins grossiers, de cargneules, de gypse 
1. Vizille, Altevard, etc.). 

chapitres sont consacrés à l'étude des roches éruptives, 
s, diorites, euphotides, serpentines, spilites et à celle 
ns et gîtes métallifères {Blonde fer spathiqued'Allevani 
les Chalanches, filons de quart* aurifère de la Gardeite, 
le la chaîne des Housses et des environs de laGrave). 
mt en revue les caractères généraux des divei's terrains 
es centrales. H. Lory en étudie successivement la dis- 
1 dans les principales chaînes de cette région, dans la 
de Bclledonne, d.ins ct'lli' des Grandes- Rousses et dans 



POUR l'année 1860. 



685 



DeTOnien inférfear. 



Les conclusions du mémoire peuvent se résumer dans la 
classification suivante des terrains primaires de la lUîlgique, 
présentée par l'auteur. Ces terrains sont par lui rangés et syn- 
chronisés de la manière suivante, en allant de haut en bas. 

Schistes et grés houiUers. 

Calcaires de Visé (calcaire carbonifère supérieur). 

Calcaire de Tournai (calcaire carbonifère inférieur;. 

n^v nU ( PM"»n>«lM du Condros. 

uevonien supérieur. . ^ schisiesdeFamei.neeicouchesàTcrebralulacuboïdes. 

Dévonien moyen. . . . Calcaire de Givet. 

/Schistes à caiccoles. 

Poudingue de Burnot(y compris l'ahriendeDomonl). 

Grauwackc à Leptsena Miirchisoni (CoblenUiep). 

Poudingue et schistes Gédiniens. 
Schistes et quarizites avec porphyre (silurien moyen). 

M. le docteur W. C H. Staring (1) a publié la première 
partie d'une carte géologique très-détaillée de là Hollande , qui 
donne en même temps beaucoup de renseignements statistiques 
et météorologiques. Cette carte indique quelles sont les limites 
des terrains tertiaires, secondaires et primaires au-dessous 
du terrain diluvien qu'on suppose enlevé. 

M. Fr. de llauer (2) a donné une description et une carte 
géologique de la Lombardie. Différentes observations ont été 
présentées à ce sujet par M. J. Omboni (3). qui, aveo 
M. l'abbé Stoppani, pense qu'ily alieu de modifier certaines 
limites de la carte et d'adopter une autre classification pour 
les terrains sédimentalres de cette partie de l'Italie. Voici, du 
reste, le tableau qui résume les deux classifications : 



(0 Sekootkaart voorde Naiuurkunde en de Volksvliji van yederlandilZQO. 

(3) J. K. K. ReichsQnttalt, IX. 

(3) Atti délia Socielâ Geologiea retidente in Milano, I86O, i, ^ 



HoUande. 



Lombardie. 



POUR l'année t86o. 685 

M. Fou m et (i) a publié un mémoire sur le Palatlnat, quMl PtUtinat. 
a visité à plusieurs reprises. Il fait d'abord connaître les sou- 
lèvements quMl réduit à trois systèmes principaux. 

Il passe rapidement sur les roches sédimentaires qui com- 
prennent le terrain silurien, dévonîen, houlltcr inférieur et 
supérieur, le nouveau grès rouge et le grès vosgien. 

Il s*occupe ensuite des roches éruptives, qui sont les syé- • 

nites et les porphyres. La syénite se montre au Joegerthal ; 
elle contient du quartz, deux feldspaths, de Tamphibole, du 
mica, du sphène; sa composition minéralogique est donc celle 
de la syénite des Ballons. Gomme cette dernière, elle peut 
d*ailleurs passer au granité. 

Le porphyre est bien caractérisé près de Krcutznach, et 11 
eàt quartzifère. Le feldspath est vitraux et en petits cristaux ; 
' le mica y manque généralement et le quartz est en petits 
grains. La p&te est très-compacte, à cassure conchoTde, quel- 
quefois aussi lisse que le verre. LVgilophyre se rencontre 
à Kreutznach, au mont Tonnerre, au Kœnisberg, à Schaum- 
bourg. 

M. Fournet décrit encore les porphyres bruns et les spl- 
lltes. Son porphyre brun type est celui d'Oberstein, de 
Schaumbourg, de Duppenweiler ; il est fortement teinté et 
contient de nombreux cristaux de labrador. Ce porphyre peut 
d'ailleurs passer insensiblement à une texture rude et ter- 
reuse. On observe, dans ce cas, de nombreuses cellules dans 
la p&te, et elles atteignent quelquefois de grandes dimen- 
sions ; il constitue alors des variétés nommées porphyre amyg- 
daloîde, spillte, mandelstein. On y exploite les agathes, qui 
sont très-abondantes dans tout le bassin entre Greutznach et 
SaarbrQck. Lorsque le porphyre contient de Taugite , Il passe 
au mélaphyre; il se montre alors intercallé dans le terrain 
houiller et dans le terrain de transition. Quelques variétés du 
porphyre brun se chargent de mica bronzt^; d'autres, ayant 
une couleur verte, ont été nommées diorite, grunstein , cor- 
néenne, aphanite, trapp. wake. 

Comparant la densité des roches éruptives du Palatinat, 
M. Fournet observe que les porphyres bruns ont une densité 



(T; BeehereheM tur îa eonttUution géologique det momtagnei du Paimiiuat 
du Bhiu et tur la formation det tpiliiet agatifèrett par M. Fou rn et. — Mé~ 
moiret de t Académie impériale de Lyon, IX, ?87. 





UEVUE DE GÉOLOGIE 

de colle des feldspaibs, et il en conclut que. malgré 
su poreux et leur couleur foncÉe, ils ne peuvent être 
Tés comme niélaphyres. Examinant ensuite le magné- 
es porphyres du l'alatlnal et particulièrement de ceux 
itîennent des amygdaloîdes, il trouve qu'il n'est pas tou- 
sse?, fort pour dévier l'aiguille almaotée, et il le regarde 

nul. Cependant il est facile de constater et de mesurer 
nétiarae, et il n'a vraisemblablement pas été étranger 
paratioQ des minéraux qui remplissent les amygda- 
;i)- M- Fournet pense d'ailleurs que ces roches ae 
nt être réunies aux roches volcaniques, et leurs carac- 
idiquent, en effet, qu'elles viennent, comme le trapp, 
er à la limite de ces derniÈres (a). 
, G. Guembel (3) a publié une carte géologique, à 
e du i/5oo,ooo, qui fait conaaltreja Bavière et les con- 
oisines. 

. Achenbai;h(â)a donné une description et une carie 
que de llnhenzoliern. 

, Mauve a publié, sous la direction de M. de Car- 
î). une carte géologique représentant les couches de 

dans le bassin de la haute Slié.sie. et comprenant Beu- 



POUR l'année 1860. C87 

sud da Tyrol. Cette description est accompagnée d'une carte 
géologique. 

M. Szabo (1) a publié une carte géologique des comtats de Hongrie. 
Neograd et de Pesth ; il admet les divisions suivantes : 

1. Les alluvions sableuses du Danube. 

2. DiluTîum. — Le Imu et les graviers erratiques. 

3. Terrain néogéne composé du haut en bas par : a schistes à coogéries; — • * 

h sehistes à eérites; — e Leitba-Kalli ; — d sable, graviers néogénes avee 
iignites; — e grés de NaszaI sans fossiles; — ^argile inférieure. 

4. Terrain éocéne formé de calcaire nummulitique. 

5. Terrain secondaire formé de dolomie et calcaire liasique (?) et de schiste 

marneux brun. 

* 

Le basalte forme des masses éruptives en plusieurs points. 

Le conglomérat et le tuf tracby tique paraissent aussi en 
quelques endroits. 

Les recbercbes de M. Stur (2) embrassent lescomitats de 
Pressburg, de la Neutra, de Trentschin, d'Arva, de Tburocz 
et de Liptau. Après en avoir décrit l'orographie et avoir donné 
la liste de nombreuses altitudes mesurées barométriquement et 
trigODométriquement dans les petits Garpathes et dans les 
contrées voisines, il examine Tune après Tautre les formations 
suivantes : 

-- Granit et gneiss, micaschistes, etc. 

~ Schistes rouges et gris avec quarizites et grés quarizeux. 

— Schistes de Kôssen (lias) avec la même faune que dans les Alpes (Avieuli 

contorta, etc...)* 
^ Marnes tachetées (Pleckenmergel) avec Am. bisulcatus, A. Conybeari, A. 

Nodolianus, A. Murchisons, A. serpentinus, A. oxynotus, A. raricosla- 

tas, Posidonomya Bronni (?}. 
Le terrain jurassique supérieur au lias apparaît sous des couches beaucoup 

plus récentes dans les Garpathes. H se divise pétrographiquement en 

trois zones : 

1. Schistes de Vils représentés par des calcaires blancs ou roses k cri- 
noYdes, trés-riches en fossiles, surtout en brachiopodes. 

2. Klippenkalk, calcaire fossilifère rouge reposant sur le précédent, avec 
Am. atbieta, etc. 

3. Schistes de Siramberg représentés par un conglomérat de calcaire, de co- 
raux et de coquilles. 



(1) Batplieation d'une carte géologique détaillée de la région frontière éêi 
eotnitati de Neograd et de Petth^ eu is feuilles. (Annuaire de la Société géo^ 
logique autrichienne, 1800, par Szabo.) 

(2) J. K, K. ReichtanttaUf 1860, 9* année, 17. — Rapport iur la eontti' 
tiàiion géologique dee battim de la Waag et de la Neutra {Uongriê), par 
Dionys Stur. 





REVUE DB GÉOLOGIE 
é."; sont mémo calcaires. Le t&UcItiste asl d'iiillGurs associé 
luartzite, i do la protogyne et à de riiuiphibolil*. Il faut 
onner encore le calcaire qui est greau ou bien compacte 

présente une couleur très- variable. Il peut contenir du 
et passer au cipolin. C'est ce qu'où observe dans la 
! du Katiiaros, où il est en outre traversé par des veinu- 

quartK. decbauxcarbonatéeeide l'erspathique.Enflndu 

blanc f;t grenu Tonne encore des amas dans le lalscblate; 
mata il est grenu, associé à un calcaire celluluux. qui de 
: que le gypse renferme des fragments d'un calcalrii ma- 
in gris et friable. 

tttlschistes et les roches subordonnées sont fréquemment 
■ses par des filons de quartz ; ce caractère des taIscliisleE 
{portant parce que d'après M.V. Itaulin il permet de les 
guer des schistes placés à la partie iurérieure des terrains 
:és pour lesquels cela n'a pas lieu, l'armi les minéraux 
:coinpagneijt le quar:z en Hloos, ou peut citer l'amiUiibole 
rayonnée et le fer apathique brun jaunUti'e. 
Dentioes, diorites. etc. — Les sei-pentiues deCrètosont 
mciennes que les parties inférieures du terrain crétacé 
1 renferment des cailloux; mais on ne peut préciser da- 



POOh L* ANNÉE 1860. fîgi 

dans les porphyres de Tépldote ; dans les spilltes également 
de répidote ainsi que des amandes de chaux carbonatée et de 
terre verte. 

Les talschistes, les serpentines et les roches associées don- 
nent un sol imperméable à une certaine profondeur; par suite 
on y rencontre beaucoup de petites sources qui y permettent 
la végétation, tandis que cela n'a pas lieu pour les roches cal- 
caires qui sont fendillées et perméables; aussi, à distance, la 
végétation révèle-t-elle déjà les différences dans la nature def< 
terrains. 

M. A. Gaudry (i) a donné une description géologique de ii«d«Ciiypre. 
rtle de Chypre. Les roches éruptives occupent à peu près le 
quart de la surface de Ttle, et elles y constituent les monts 
Olympes. Ces roches sont suitout Teuphotide et la serpentine. 
Gomme en Toscane, elles sont traversées par de la silice à 
rétat de jaspe accompagnée de minerais métalliques. 11 y a 
aussi des zéolithes, notamment Theulandlte, la stilbite et lliy- 
drotite (gmélinite). L'éruption de ces roches de Tlle de Chypre 
paraît devoir se placer entre le tertiaire moyen et supérieur, 
comme la seconde éruption des roches serpentineuses de îa 
Toscane. D'après M . V. R a u 1 i n , dans Tf le de Crète, les serpen- 
tines seraient, au contraire, antérieures aux calcaires crétacés 
à hippurites. 

M. G. Hartung(9} a donné une description du groupe des Afrique. 
Açores qui se compose de neuf îles entièrement volcaniques. '••• Açorw. 
Les formes de leurs montagnes sont généralement celles des 
Canaries et de Madère. Généralement leur partie haute est 
comprise entre 5oo et 1.000 mètres; elle ne dépa<=«e pas 1 .900 
mètres. 

Parmi les éruptions volcaniques les plus célèbres, on peut 
citer celle de Saint-Michel entre \hkhei iA/li5; les tremble- 
ments de terre de cette même île qui, en i539, ont été accom- 
pagnés de déjections boueuses, ainsi que lÏTuption qui a 
détruit le sommet du Monte Volcao et qui a produit le cratère 
du Logea do Fogo en i65o; l'éruption do i57*i à l'île Pico et 
celle de l'île Saint-Michel en iGSa; ensuite les éruptions de 

(I) Comp.rtnd^XL. 239, 1859. Rapport sur un roémotre de M. A. Giu- 
d ry, loUtnlé GMogit 4$ FU§ de Chypre, par M. d ' A r e b i a c. 

(9) a. Jmkrb. «. Ltomkard^ iseï; m— G. Harlung. Diê Jçor§m in ikrwr 
au$99ren Bnchêimuig und «cf A ikrêr feûgnotHêehênNëiur §9$ckUëÊr$, wH 
ein0r Bêiekreibung der fottilen Kfttf von H. G. Bronn. 

'. TOMK XX, 1861. /16 





n 17'Fo, iIq Tercelra ea 17Q1, ât do .salnt-Ueorg« en 
in iSii, prèsdaSaim-Michel, apparut l'ilQ Sabrtna, qui 
uilG engloutie par tea Ilots. 

oclies volcaalques des Açores Bont le basalte, le tra- 
ie trachydolérite. Elles sont pauvres en minéraux ao- 

li les laves basaltiques il en est ()tU sont compactes. 
râtre Eoncë, et alors elles ont peu d'oUviue ou d'augita. 
s qui sont bleufLtrGS,.fL structure grenue, en renrerment 
raire beaucoup. 
ives trachjUques renfermenl plus soiiient de l'orthose 

(sanidine) que de l'oligoclase. Lne des variétés les plus 
jes est mfime en graude pantie formée par le ssnidJne. 
ifois elles se réduiaont à une plie houiogènB. Elles sont 
ra accompagnées par du tuf, du ti-ass, de l'obsidienne 
. ponce. Enfin, une série de roches formant le passage 
1 basalte et le traclijta eoutiennoot à la fois de l'auglte, 
dot, du sanidine, du labrador, 

iciosa, ou voit se succéder, dons l'ordre ascendant, des 
rniéoa de O'acbyte, de tracliydolérite et de basalte. A 

les assises inférieures sont tracliftîques ; puis elles 



POUR t:'a^nnû£ 1860. Hjijr) 

gualent .les derrains aulmiits^âans 'ïû «steppe des Kir^bbses : 

1" Terrain permien formé de grés roug.e avec gipte et sel gemme; 

^ Terrain Jaraatique, — marnes blanches à gryphèes arquées (?) et marnes 

nalvts^iyffiteiiaea; 
3"<Grèi vtri av«û m«m«, aaqtenapt des i>élemnitae; 
4** CcAie-blanche ; 
&" Terrain. tertiaire Formé de ^rès,ro4e avec 'butires, .dlfo coDglMnéffat>foquil- 

lier» nommé calcaire Ca^pien et de couches marneuse&aveoOstreayCeri- 

lhiuro,Turriielle8,Cardiacées;LesTormations les plus récentes coosistenl 

itn «Il lovions, en dunee sableuses et «n produit des saiscs. 

M. t)ef9ânôral «E. lloffmann (1*) apublK^un ouvrage dans ourai. 
lequel ilfiaii; connaître roural septentrional et la chaîne -Pai- 
Khoï. J^'exploration^a porté sur :1a «paptie pepteatiionale de 
roural, c'est-à-dire sur celle gui s^étenddepufs le district des 
mines'de Petropavlovàk jusqu'à la «mer -Glaciale. La détermi- 
nation des fûssiles :reoueilUs «par Pexpédltion a été faite par 
M. de Keyaerling. 

lUnecorte géologique de l<Oural méridional a été présentée 
par M. B. ivon Gotta à la Société des ^mines de Prelberg , 
de la part des auteurs MM. Megiitsky et A. Àntipoir(2). 
Les sobistes cristallins forment raxe principal'de laohalne; Ils 
sonttrecouverts des 'deux côtés par le terrain silurien. Le -dê- 
vouien est à peine représenté; mais sur 'les deux versants, on 
trouve le«oalcaire carbonifère et l'analogue du terrain houlller. 
Le.terrain permien ne s'observe que sur le versant oueet ;'t8n- 
disqu'àTest, du côtédeirAsie, le terrain tertiaire, qui forme 
des steppes .repose immédiatement sur le carbonifère. Un petit 
lambeau de craie mérite encore d*ôtre signalé. 

Les roobes éruptives sont surtout la serpentine, le granité, 
loporphyre, la<diorite. A Test et dans la steppe, beaucoupde 
filons de quartz s'élèvent comme des murs au milieu du ter- 
rain tertiaire; ils sont un peu aurifères, et Tor qui est exploité 
en. cet endroit dans le terrain de transport parait provenir -de 
leur destruction. Ces filons courent parallèlement & la chaîne 
de rOural, c'est-à-dire du sud au nord, et il en est générale- 
ment de même pour les autres filons métallifères de cette con- 
trée. 



1) /Ml»/., 5 janvier I8S9; f» 

;!2) Berg. tiUUen. 7sêit., i860; 40&. Carte de TOural méridional en 4 feuilles 
avec I vol. de texte m langue russe. 





BEVDB DE GÉOLOGIE 
unelettreadre8séeàM.Beyrich,M.deRichthofeii(.) 
d'après ses propres recherches et d'après celles de 
ey, un aperçu de la géologie de l'Ile do Geylan. Tandis 
partie montagneuse de l'fle eat formée de schistes cris- 
la partie plane présente, au contraire, des dépOts ré- 
:e qui domine dans les schistes cristallins, c'est le gneiss 
remarquable par la présence presque constante de la 
larbonatée; cette dernière s'y trouve disséminée d'une 
e tellement intime que M. de Bichthofen la compare 
qui remplirait une éponge. En outre, le gneiss montre 
idance toute spéciale à la décomposition qui s'opère sur 

éologues indiens latérite ; c'est d'ailleurs l'une des ro- 
s plus importantes de Ceylan. 

la péninsule Jaffna, vers le nord, on trouve une roche 
B, jaunâtre , ressemblant ex traordin ai rement A l'éocène 
le occidenUle; et ce qui parait le confirmer, c'est 
lessus vient un sable blanc et calcaire renfermant des 
. Parmi les depuis récents , il faut signaler des conglo- 
, du gréa caverneux, surtout des bancs de coraux. On 



PODB l'année 1860. 



695 



M. le docteur F. Junghuhn (1) a publié une carte géolo- ^tft. 
gique de Ttle de Java, sur laquelle sont figurés les volcans avec 
rindication de leurs éruptions et de leurs principales coulées 
de laves. 

M. F. deRichthofen (a) a donné une description de la Fora«M. 
côte nord de l'Ile Formose, dans la mer de Ghin& Vers Tinté- 
rieur de nie, il existe des roches anciennes et du trachyte; 
mais près de la côte il n*y a guère que du tracbyte avec les 
conglomérats et les tuffs stratifiés qui raccompagnent si fré- 
quemment Près du port de Tlle de Kilung se trouve une exploi- 
tation de combustibles qui a déjà été visitée par MM. J nés et 
Preble. Ces combustibles occupent une grande étendue, sont 
de bonne qualité, et présentent plusieurs couches exploitables 
ayant o'*,35 à 1 mètre de puissance; ils sont intercalés dans un 
grès tufilEicé, et appartiennent sans doute au terrain tertiaire. 
Le soufre est Tobjet d'un commerce important dans les ports 
au nord de Formose, et son gisement était tout à fait inconnu 
jusque dans ces derniers temps ; mais M. Svinhoequi a vi- 
sité, en i858, les mines dans lesquelles on l'exploite, a 
donné sur ce sujet des renseignements très -curieux. C'est 
dans une vallée qui paraît s'être ouverte par déchirement que 
se trouve le soufre. Sur quelques points la vapeur d'eau se 
dégage avec un bruit terrible, comme si elle s'échappait d*une 
machine à haute pression. Dans d'autres endroits le soufre 
liquide forme de petites mares dans lesquelles il suffit d'aller 
le puiser pour pouvoir le livrer au commerce. A l'extrémité 
de la vallée coule d'ailleurs un petit ruisseau boueux qui con > 
tient du soufre à l'état de schlamm. 

Sur la côte nord de Formose et à Kilung, M. de Richthofen 
signale l'existence de dépôts récents qui indiquent un soulève- 
ment lent de la côte. Il en est encore de môme aux Iles Liu-kiu 
et Kiu-siu. 

M. Clarke (3) adécouvert en Australie, dans leQueensland, àuitrtiiiê. 
à une distance de 700 ou 800 milles vers le nord, une forma- Nouveito^taitot 
tion qui jusqu'à présent était inconnue dans ce pays. Elle cod- ^" ^*^* 
tient des pentacrinltes, des belemnites et des dents de poissons 



(0 Breda, i855. 

(2) Zfi(. d. d.geol. Gei., XII. 532. 

(3) Elirait d'une lettre de M. Glarkeà ià Deleiie. — Saint-Léonhard, 
NooTelle-Galles do Sod, 21 joln 1861. 



<il)H- HEVat Db CliOLUtilH 

inV))GtJtt;!:, notamment d'oxyrhlna: cita ■■«nrarinB. aussi drs 
peines, dt» Iijnnltes, des mjtllus, des t^râbratalostida* rhf n- 
conelles ; elle paraît devoir àtna rapportée iLi;àpo(|tia etAtaaéa: 
M. Ilochatetter (i) a exploré diverses parties de la- Nou~ 
^elle-Zékado visitée déji par MM. Uieffenbacli et Dana. 
ntins la provlhcfi d'Auckland, il a dlsUnpié les dépdta sui^ 
vontS : 

i> Stkitim <ii(Vn<«Mn'qtiulMDi, oamllluint JM obrinrf <lfl muntcguei éle- 
rtn do plu*- da iM aèlna in-dnwi da> nWnu- il« l« lanfL lli 
conllBnarpt du raiagnli d'or, Uc coiTra, ds mwgmèca. Ilap»- 
rilticDl Mn lilaricni, mail on n'y i pu iroure de Taulte*. 
ï. OtpSîttrèiKtt. 

». ÈtMçtiKftrlatT. 
cb Mirafo-èoMBtfaflIltlM le IDDK de la fdlB oudl, la ind'ds la rititre 
'HMkatDi Lei Ul>de Usai 11 s pM tliaioMiil enuJHMdkns Un st(s 
[oiiiliràrM, dunMiTMa u dM artlle* wlntumsn. 
? Ifan» 1 bélcmniln de couleur iiriie, ranfernianl sur 1m li«rd» dn 
WilICalD un i^rind nombrs de bêlvniDilfs de la ramille du r^-ini- 
rnlH el à Soalb~neid dn rioe<rrc> cl dei lértbralulet. 
h, Bltft-tntin. 
n S«U*i'*ar(< 1 cjrprinu el à hultrei de Rnnde Isille. 
P CaltatTH tn plaqau h coraui el 1 forniuinlCùret. ricbei en [M*tlet, 
luriuui en Rrando [jrtfbroiulec, lur Is cAie anesi au l'Ud du Wai- 
kalB el dknk lei manlagnei du Humea, k t'eiL d'Auckland. 
A Sf*§t- aM|i<riaiir. 

Grâ ea banea «pali, parfaiLemenl lembiablei an planer M au <|uanler 
MndHcla de BDhCme: en général, .peu fauihritei. à ecbiailea el 
UTebralulei, sur la rAle ouut au >u<l du Waïkaio. 
1. Dfpdti ftfUnii 




POUR fL'AfINriE 1 860. II97 

c. BrèeKê ttmhutiqiÊê tnlrteonpée (toniMibreuz llloDilraebjlk|aci et 

pbonolltbiqaes, formant une ebatna de rocheri tiearpAi la* long fie 
Il c6t0 oaett du Manakao Nortb-Head Jusqo'aa Wailakëre. 

d. Bré9h§ et eongimnérait biuôiHqmêi i mauira do hataltei érupiifi tans 

traeea dltlioeloi de cônes oa do eratArea, sur les doui bords da 
cours inférieur da Wailtalo. 
e Voleatuqii'i se sont probablement éteints dans le eoors de l'époqM 
historiqoe. Ces rolcans, Irès-corieaxi^ étudier i^ raison de leur cou- 
figuration complète et normale, se trouvent an nombre de plus de 
cinquante dans le seul district d'AuelcIand; leplos considérable 
d'entre eux ne s'élére pas i plus de MO mètres an-dessua da nireau 
de la mer. 

5. Dépâtt récênti et en Toie de formttloD. 

a. AlluTlons à d^6rif poneeuw sur le Walkalo. 

b. Dunêt de ssbie mouvant à fer oxydalé magnétique sur la côte ouest. 

c. Dépôts de âùMê eoçttiUUr; formationa llUonUs soutoWas m «n vole 

de soulèvement. 

M. Kulczycki (1) a donné quelques renaeignements sur la Tahiti, 
constitution géologique de Tîle de Tahiti. Elle comprend trois 
régions, qui ont déjà été signalées par M. C D ar w i n at qui sont 
bien distinctes par leur végétation. A une première période 
éruptive appartient la formation des cratères de Tahiti et de 
Taîarapoo. Pendant la deuxième période, le sol a été soulevé 
et il s'est produit un système de vallées rayonnantes. Le ni- 
veau de la mer, pendant la première période, est sans doute in- 
diqué par une ceinture de coraux qui entoure Tile au-d(*ssous 
de son sommet et à une hauteur de 3. 800 pieds (a). 

Les roches dominantes sont le basalte compacte avec péri- 
dot, les laves poreuses avec des zéoli thés, et des tracbytes 
qui se montrent vers le sud. ainsi qu'à Test de Taîarapoo. Ces 
roches se décomposent quelquefois et donnent un kaolin im- 
pur. Le long des côtes, on observe des conglomérats volcani- 
ques et des cendres qui sont plus ou moins stratifiées ou mé- 
langées avec des débris de coraux et avec du sable coquillier. 
Fia plage est couverte par des coraux blancs ou par du sablo 
volcanique noir qui sont déposés par les eaux de la mer et 
par des eaux douces. La température des sources est de 30" à 
ai"*, tandis que la température moyenne de l'air est de a6".0n 
a constaté Texistence d'une source qui est ferrugineuse et qui 
dégage de Tacide carbonique. 



(0 Geoiùç. 50C<0ly, 3LVI, 186O; is. Misoellaneous. 

r-2> SirCbsrlesLyell. Prinnplet of Geclogy, chny XXVII, XXXIM. 



Fora l'année i86o* 699 

crite iMu* les na?igateura des mers poUires et noUmnent i»r 
le lieatenant Beechey. Par suite de la destnictioD inégaie 
des falaises , le calcaire dur reste en saillie. 

Les points dans lesquels le terrain silurien supérieur a été 
reconnu à Taide des fossiles rapportés par le capitaine M*G1 i n- 
tock, sont : la baie Gamier (lat. 7&* N., long. 9a* 0.); le Port- 
Léopold; nie Grifflth; nie Beechey; nieComwallis; le cap 
York» dans le détroit de Lancastre ; la baie de la Possession; 
la baie du Dépôt, dans le détroit Bellot ; le côté est et ouest de 
Boothia ; le point de la Furie ; la terre du prince de Galles et 
la côte ouest dellle du Roi-Guillaume. On peut signaler parmi 
les fossiles : 



Cromuf arelicut. 
Ortiiif elegantula. 
Atrypa phoca. 
Atrypa relicalarif 
Rântannerut roncbidiam. 
Cyatopbyllain helianlhoTdes. 
Cyatophyllom caspiiosam. 



Calamopora goUilandlca. 
Calamopora. 
Catenipora eieharoldea. 
Stromatopora eoDeenlrica. 
Loionema Salleri. 
PaTittella Prankllnl. 



5. Au-dessus du terrain silurien supérieur vient une série 
très-remarquable de grès blancs, à ^^n fin, contenant des 
lits nombreux d^ine houille très -bitumineuse et quelques 
rares fossiles marins. Dans les dilTérentes parties de Tarchi- 
pei Arctique, ces lits renferment une espèce d'Atrypa garnie 
de côtes qui parait être identique avec l'atrypa fallax do 
schiste carbonifère dMrlande. Au-dessus du gr^ on trouve 
des lits calcaires, de couleur bleue, contenant en grande 
abondance les coquilles marines qui, dans toutes les parties 
du monde, caractérisent le mieux le terrain carbonifère. La 
ligne de Jonction de ces dépôts avec le silurien, sur lequel ils 
reposent, est dirigé de nord est à est-nord-est Gomme le ter- 
rain silurien, le carbonifère forme des lits bas et plats qui s'é- 
lèvent quelquefois en falaises, mais qui n'atteignent Jamais la 
hauteur des roches siluriennes dans le détroit de Lancastre. 

La houille, le grès, Targile avec fer carbonate argileux 
(sphœrosidérite), Thématite brune, ont été trouvés le long 
d'une ligne E.-N.-E. , depuis Tile Baring Jusqu'au sud de nie 
Melville, à Tile Byam Martin et toute dans nie BathursL 

C'est àParry qu'on doit la découverte de la houille dans ces 
tles; mais ce sont seulement les expéditions d* A ust in et do 
Belcber qui ont bien mis en évidence toute son extension. Le 



ruija it*ANiN6u i8tio. 701. 

5. Dans Tarchipel arctique^ loroque c'est la terve et non la 
gflace qui so montre à. lar surface du 90I , elle n-eab pas forméo 
par des dépôts épais d'ai;s{ie ou de gravier, comme ceux du 
nord, de l'Europe qui, oat été rapportés par les géoloTues à 
répoque glaciaire. Cependant le capitaine BfGIdntock a réuni 
des preuves évidentes d*un transport de drift dont il estioiAme 
possible d'indiquer la direction. Ainsi , il a trouvé à Léopold 
llarbour et à nie Bathurst un granité qui est identique avec 
celui du côté ouest de Nord-Sommerset; il Pa même reconnu 
également dans deux localités » Tune au nord - est et Tautr» 
au nord-ouest de NordrSommerset. On peut donc croire que 
ce granité a été transporté dans deux directions vers le nord. 
De plus , les blocs granitiques de Port Léopold sont k 100 milles 
au nord-est du granité en place duquel ils proviennent, et 
ceux de la baieGrabam Moore ont été transportés h 190 milles 
vers le nord-ouesL Au cap Rennell (Nord-Sommerset) , un 
bloc énorme de ce même granité a encore été rencontré , et ii 
confirme un transport général du sud vers lo nord. 

D'un autre côté, le capitaine sir Robert M'Glnre a con- 
staté qu'il existe de nombreux troncs de pins dans les ravins 
de la côte ouest de Tilo Baring. Les mômes débris végétaux 
ont été trouvés par le capitaine M'Glintock et par le lieute- 
nant Mecham à Tîlo Prince-Patrick, et au détroit Wellington 
par sir Edward Bclcher. Sur la côte de la Nouvelle-Sibérie, 
le lieutenant Anjou a signalé de plus une falaise argileuse 
contenant des troncs d'arbres, snsceptil)les d'être employés 
comme combustibles. L'opinion des observateurs qui ont visité 
ces contrées, est que ces végétaux se sont développés à la place 
où on les trouve maintenant; et le capitaine Osborn en men- 
tionnant Topinion de sir Roderick Murchison, que les 
troncs auraient été transportés, ajoute avec raison qu'une 
mer assez libre de glace pour que leur transport du sud fût 
possible, indique déjCi un climat qui leur permettait de se 
développer dans le voisinage de leur gisement actuel. Des 
considérations remarquables qui ont été présentéespar M. Hop- 
k ins, viennent encore corroborer les faits précédents (i). 

M. S. Haughton remarque d'ailleurs que l'existence de ces 
arbres est intimement liée à celle des mammouths, qui ont été 



r Gtolog. Sficielf/^ VIII, M. 





RBVCE DE GÉOLOGIE 

s en Asie et an Amérique. Onsait, en effet, quôlemam- 
était protégé par une fourrure chaude et qu'il pouvait se 
r d'une plante vivant encore maintenant dans le nord de 
irie ; aussi, la théorie du transport, que l'on supposait 
d nécessaire pour expliquer l'existence de ces débris, 
e maintenant h peu près abandonnée par les géologues, 
es théories de transport n'ont eu également qu'une exis- 
épbémère, et n'ont engendré que des hypothèses trom- 
i: telle est, d'après M. S. Haughton. la théorie qui attri- 
1 transport la formation de la houille. Des recherches 
;oinplète3 pourront faire voir que l'époque glaciaire 
un caractère bien diFTérent dans l'Europe et en Asie ou 
lérique; tandis que des glaciers couvraient les flancs 
]wdon et de Lugnaquitlia , des forëls de pins croissaient 
itraire dans l'tle Parry, et les éléphants de !a Sibérie 
lient des rivages baignés par une mer qui ne charriait 

glaces- 

inVs M. Haughton , tous les faits observés démontrent 
à l'évidence une submersion de l'archipel Arctique qui 

eu lieu à une période géologique très-récente. Car on 
1 à une grande hauteur dans cet archipel des coquHles ' 



POOR L*ANNÊE l86o« joi 

Sir W. Logan (i) a publié avec les géologruesdu Gaologlcal CaMdt. 
Survey du Canada, MM. Sterry Hunt, James Richard-, 
son, A^Murray, une série de mémoires qui font bien con- 
naître une grande partie de cette contrée. Un bel atlas donne 
la topographie des lacs et des rivières entre le lac Huron et la 
rivière Ottawa. 

M. Gh. H. Hitchcock (3) a donné une carte et une descrip- iitAciaMMck. 
tion géologique de Tlle Aquidneck ( Rhode-Island). Les divi- 
sions qu*il établit sont : 1* granité et protogine ; a** roches stra* 
Ufiées inférieures consistant en grès talqueux qui renferment 
souvent beaucoup de sables et de cailloux ; 3° schistes méta- 
morphiques; U'' conglomérats; 5* terrain houlUer; 6* calcaire 
magnésien; 7* veines de serpentine; S'drift et alluvions. La 
plupart de ces roches datent de Tépoque carbonifère ; cepen^ 
dant celles de la base doivent être plus anciennes, et quant 
au granité, il s'est vraisemblablement formé à Tépoque per- 
mienne. 

Dans un troisième rapport sur la Caroline du Sud, M. 0. Lie- Carolia« do SM. 
ber(3) traite particulièrement des districts Grenville et Pic- 
kens. Il donne des renseignements sur la topographie de cette 
région, ainsi que sur la distribution des roches métamorphi- 
ques et éruptives. Il s'occupe de Titacolumite, des roches qui 
lui sont associées et de leur relation avec Tor. Ces roches 
sont le sideroschiste, qui est en grande partie formé de fer 
spéculaire; Titabirite, qui consiste en quartz grenu avec du 
fer oxydulé et un peu de fer spéculaire ; la catawbarite, qui 
serait un schiste talqueux contenant beaucoup de fer oxy- 
dulé. Il y a. en outre, des conglomérats d'itacolumite et des 
calcaires. Diverses raisons portent à croire que Titacolumite 
et les roches associées proviennent du métamorphisme des 
terrains paléozoîques. 

L'isthme de Tehuantepec est, d'après M. Durocher (4)t sur- Aoiériaii* 
monté par le plateau de Tarifa, formé de roches anciennes et entrait, 
éruptives, et situé à 200 mètres d'altitude; dans le Guatemala, les 
plateaux s'élèvent à 1.900 et i.5oo mètres; ils sont formés de 

(1) Gtologieal Survey of Canëda, 

(2) Froeedingi oftke àmerieam anoeiaiion for tkê ëdvmteêment of teiênet^ 

iMO* 112. 

(3)*imen'0. J., 1859, XXVHI, i4S.— 7Mrd Beport on ike gool/ofkoi Survof 
of South CaroHna. 

(4) Comp. rend., 186O; so, 21T0. — Éludée eur Porogr^phie et tm géolofiê 
de l'Amérique centrale, par M. Durocher, 





BEVUE DE GfiOtOGIE 

ns volcaniques, sur lesquels se dressent des volcannoc- 
I rtcmls : l'AUtlan, l'Ague, le Fuego s'élèvent de 3.5oo à 

mitres. Dea plateaux du Guatemala se détachent des 
lui montagneux vers le golfe du Blexique et lo Yucatan. 
rdlllère ou cliaîae principale a son nœud dans la partie 
GDtale du Honduras; les sommets s'y élèvent de 2.000 à 

m ^; très. 

Cordillère présente des Interruptions ou brèches : i" en 
lu golfe du Honduras ; s" dans la rûgion deggrands lacs du 
agun. Entre les lacs et la cOte du Pacifique, s'étend une 
do chaîne ou cordillère plus basse de aSo à 35o mètres 
:udc, formée de roches anciennes et métamorphiques, 
tat de Costarica offre nn ensemble de plates-form^ si- 

à diverses altitudes :au nord-ouest de cet État, les crêtes 
us élevées de la Cordillère sont formées de roches depor- 
■, schisteuses et métallifères, qui constituent l'intérieur 
mtinent et se prolongent au nord. Dans l'État de Nlca- 
1, la région des terrains anciens se resserre, la partie cen- 
du pays est constituée parla zone volcanique; il en est 
ème dans la province de Veragua, mais le S^He de 
na est en dehors de la direction de la bande volcanique, 
Çordmèr^^s^ormé^y|oçheyiorDhïri^^ 



POUB l'année 1860. 705 

s* Ire fret de Margarila; 

A* Le terrain parien inrérieor (néocomienO* 

La carte indiqoe encore des roches pyroiénlqaei aintl qu'un terrain 
nommé par l'auteur caribbéen et qui est formé de schistes micacés asso- 
ciés à des gneiss. 

M. R. A. Philippi (1) a publié les résultats du voyage qu'il cuu. 
a entrepris d'après l'ordre du gouvernement chilien dans le Aiacama» 
désert d'Atacama. Parmi les faits intéressants qu'il mentionne, 
signalons des traces de terrain tertiaire, le lias supérieur et le 
jura inférieur; des marnes rouges avec gjrpse, sel et grès cu- 
prifère qui appartiennent au terrain permien. Il a trouvé en 
outre des porphyres, du granité, de la syénite, de l'hypérite 
et différents trachy tes. L'existence du terrain jurassique, déjà 
signalée au Chili par MM. Bayie et Coquand « se trouve donc 
confirmée. 

(0 If' Jahrb, V. leonAord, 1860; 853. In-4aTec earteelplan€hes.Htlle,i8«0. 



i'» 



*i 



TABLE DES MATIÈRES. 707 



TABLE DES MATIÈRES 



DU TOME VINGTIÈME. 



MUfiRALOGIB. — - GiOLOGIl. 

Ftt«t. 

Revue de géologie pour Tannée 1860; par MM. Delesse et 
Laugel^ Ingénieurs des mines : 

1** partie : Boches 399 

a* partie : Terraim 699 

MÉTALLURGIE. — MIRÉRALURGIE. 

État présent de la métallurgie du fer en Angleterre ; par 
MM. Grutier, ingénieur en chef « professeur à l'École 
des mines, et Lan^ ingénieur, professeur à l'École des 
mineurs de Saint-Étienne 109 

Suite 5i5 

MÉCANIQUE. — EXPLOITATION. 

• 

Mémoire sur le spiral réglant des chronomètres et des 
montres ; par M. PhillippSf ingénieur des mines. ... 1 

Appareil hydraulique remplaçant les formes sèches de ra- 
doub , construit à Londres par M . E . Clarke ; extrait par 
M. Couche de la description donnée par M. Schaaf. . 369 

Sur les progrès récents de Texploitation des mines; par 
M. CalUm , ingénieur en chef, professeur à TÉcole des 
mines «79 

Commentaire aux travaux publiés sur la chaleur consi- 
dérée au point de vue mécanique; par M. Bésal , Ingé- 
nieur des mines SaS 

CONSTRUCTION. — CHEMINS DE FER. 

Rapport et avis sur Texplosion d'une locomotive du che- 
min de fer de TEst 5o^ 

TOME XX, 1861. U^ 



BIBU06RÂPHIE 



IFRANCL 

Bary. Sur la formatioo de zoosporea chez quelques champ!- 
goona. 1*' mémoire. In-8% 16 p.* et une pi. — Paris, impr. 
Martinet. 

BiRD. De Turineet des dépôts urînaires considérés sous le rap- 
port de ranalyse chimique, de la physiologie, de la patho- 
logie et des indications thérapeutiques. Traduit et annoté 
par le docteur O'Aorke. Avec iû5 fig. dans le texte. In-8% 
xvi-5oa p. — Corbeil,impr. Gréié ; Paris, llbr. Victor Hasson 
et fils. 

Dam£rt. Essai sur la détermination du degré de pureté des 
eaux de sources et de puits de la montagne de Laon par la 
méthode hydroti métrique de MM. Boutron et Boudet. In-8*, 
8 p. — Laon impr. Fleury. 

Fasst. Les Catacombes, études historiques; avec la vue de 
Tossuaire de Paris. In- 8% 60 p. — Saint-Gloud, impr. V* 
Belin; llbr. Dentu. 

Keller. Notice sur la carte des environs de Cherbourg, don- 
nant les parcours des courants de flot et de jusant et les 
établissements de leurs étales observés en juillet, août et 
septembre iSUtu In-8% la p. et une carte. — Paris, impr. 
Paul Dupont. • 

Verdbil. De rindustrie moderne. In-8'*, yii-376 p. — > Paris, 
impr. Martinet; libr. Y. Masson et fils; Gamier frères. 

Bessemer^ Fabrication du fer et de Tacier (communication 
de Tauteur à la Société des ingénieurs civils de Londres et 
discussion qui s'y rattache). Traduction par M.Ghobrzynski. 
In-8'', 32 p. — Neuilly, impr. Gulraudet. 

AifMALBt DES HiNis, 1S6I. — Tome XX. a 





BIBLIOGB&PHIE. 

,. Traité des ponta biais en pierre et en bois ; a" édi- 
n-8°, 3o8 p., et atlas in-fol. de afi pi. — Paris, impr. 
it et G" ; libr. Ucroix; Dunod; L. Hacbettc etc. 
tieh. Notice sur eaQi et les boues thermo-minérales 
3usea de Saint-Amaod (Nord), ln-8". iG p. — Paris, 
BonavoDture et Ducessois; libr. J. Masson. 
.. Éléments de calcul julîDjtf'simal. a' édilioit. U 11. 
xv-ÙQo p., uue pi. — Paris, Impr. et libr. Mallet-Ba- 

E. Agriculture. Nouveau procédé de mouture du mais. 
;é par M. Eetï-I'énot, d'Uiay. lu-8, u p- — Paris, imp. 
; »i, rueLouis-le-Graud. 

SoNSET, etc. ÉléinenU des sciences physiques et na- 
.■s, rédigea conrormément aux derniers programmes 
la. Grand fn-i8. XLlv-ùSa p. et 9 pi. — Paris, iropr. 
et C* ; libr. L. dacliette et C. 
Tables portatives de logarithmes, contenant les loga- 
PB des nombres depuis 1 jusqu'à iqS.ooo, les loga- 
îs des sinus et des tangcates de seconde en seconde 
esclnq premiers, de dl!i en dix secondes pour tous les 
i do quart de cei-cle. et, suivant la nouvelle division 



BIBLIOGRAPBIB. UI 

BousfiiiGAiiLT. Agronomie, chimie agricole et physiologie. 
3* ^di7ton, revue et considérablement augmentée. T. il. In-S» 
Aoo p., 3 pi. — Paris, impr. et libr. Mallet-Bachelier. 

Drion et Fekret. Traité de physique élémentaire, suivi de pro- 
blèmes, r* partie, ln-13, xiv-576 p. avec fig. dans le texte. 
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Floubens. Ontologie naturelle, ou Étude philosophique des 
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Gbabff. Construction des canaux et des chemins de fer. — 
Histoire critique des travaux exécutés dans les Vosges au 
chemin de fer de I^ris à Strasbourg et au canal de la 
Blarne au iihin. Analyse détaillée et classement méthodique 
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fiROssARD (de). Projet d*endiguement de la Seine, de Rouen à 
la mer, pour relier entre eux les ports de Rouen, du Havre 
et de Honfleur. avec observations et documents produits à 
Tenquôte ouverte à Rouen le aô août 1860. In-8, vi-69 P* ^ 
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Delesse. Carte bydrologique de la ville de Paris. Les nappes 
d*eau souterraines qui existent au-dessous de Paris sont Ag- 
rées sur cette carte. Leurs formes et leur mode d*écouie- 
ment sont indiqués par des courbes horizontales distantes de 
I mètre. Des cotes nombreuses marquent le niveau de Teau 
dans les puits ordinaires, ainsi que dans les puits foféd. En 
outre, les eaux provenant des différentes nappes ont été 
essayées avec Ihydrotimètre de MM. fioutron et fioudet 
Delesse. De Tazote et des matières organiques dans récorce 
terrestre. (Extrait des annales des Mines. Tome XVill, 1860.) 
Dï BoififEFODx et Paris. Dictionnaire de marine à voiles et à 
vapeur. 3 vol. grand in-8, papier Jésus, accompagnés de 9à 
pi. gravées. 

On vend séparément : 

Le Dictionnaire de marine à voile, s* édition. 

Le Dictionnaire de marine ft vapeur; s* édition considéra- 
blement augmentée; un très fort vol. grand in 8 de Jésus, 
accompagné de 17 planches gravées, aveo des figures sur bois 
dans le texte 

Ouvrage publié sous les auspices de S. Exe. M. le ministre 

delà marine. 

Paris. Traité de l'hélice propulsive. 1 voL in-8 Jésus de 58e p. 

avec 9 grands tableaux, une table alphabétique et figures 

dans le texte, accompagné de 16 grandes planches gravées. 

Ouvrage publié sous les auspices de S. Exe. M. le mioislrt 
de la marine. 
Du Temple. Cours complet de machines à vapeur, fait À firest, 
pour les mécaniciens de la marine impériale, s vol. gr. in-8 
accompagnés de 2 atlas renfermant 36 planches gravées. 

Tome i*% avec un atlas de i3 planches. 

Arithmétique complète. — Géométrie. — Mécaniqua — 
Physique. 

Tome II, avec un atlas de aS plahches. 



BIBUOGRAPHIE. XXI 

3* série. Machines à connexion directe et à bielle directe. 
Cylindre fixe. Machines à connexion directe et à bielle ren- 
versée. Cylindre fixe. Organes de distribution de la vapeur. 
Organes qui produisent une détente variable. 

A* série. Machines à quatre cylindres condenseurs. Organes 
dMnjection. Pompes à air. Indicateurs du vide. Palliers. 
Coussinets. 

5* série. Machines à cylindres oscillants, Arbre d'hélice 
avec ses accessoires. Tuyau tage. 

6* série. Machines à fourreau. Bâches. Presse-étoupe. Hé- 
lices. 

Les deux autres séries seront composées de planches re- 
Pl^ésentantles nouvelles machines construites par l'industrie. 

En vente» la première série. —Prix de chaque série, au fr. 

MEUifiER-JoAifNET. Cours élémentaire d'analyse, à Tusage de la 

marine, contenant un très-grand nombre d'applications. 

1 vol. grand in-8, avec de nombreuses figures dans le texte. 

Tableau des formules de trigonométrie. Complément de 
géométrie et d'algèbre. Notions de géométrie analytique. 
Éléments de calcul difi'érentiel et intégral. Équations diverses 
et applications. Géométrie à trois dimensions. 
De Lapparent. Instruction sur les bois de marine et leur ap- 
plication aux constructions navales, suivie du tarif officiel 
pour la recette et le classement des bois de construction. 
1 vol. in-/i avec figures sur bois, accompagné : 

1* D'un tarif donnant Téquarrissage au milieu et le cube, 
au cinquième déduit, des arbres dont la hauteur et le tour, 
au pied et sur écorce, sont connus ; 

3* De 63 planches gravées représentant : le dendromètre 
(instrument pour mesurer la hauteur des arbres sur pied): 
des coupes de navire* où Ton voit la fonction, dans la char- 
pente d'un vaisseau, de chacune des pièces qui figurent au 
tarif officiel ; enfin de découpes d'arbres indiquant le meil- 
leur parti à tirer des arbres, d'après leurs formes et leurs 
dimensions, avec l'extrait du tarif officiel; 

3* De i6 planches lithographiées en couleur, montrant les 
qualités et les vices principaux des bois de chêne. 

Ouvrage publié d'après les ordres de M. le ministre de la 
marine. 
De Lapparent. Tarifs et tableaux divers pour le cubage et le 
classement des bois de marine, i vol. in-ia. 



BIBLIOOBAPHIE. XXIIX 

Par». Utilisation économique des navires à vapeur, moyens 
d^apprécier les services rendus par le combustible suivant la 
vitesse et la dimension des navires, i vol. grand in-8 ac- 
compagné de 35 tableaux et 13 grandes planches gravées^ 
exposant les résultats des expériences et du service à la mer 
des navires. 

BooRGOis. Rapport à son excellence M. le ministre de la marine 
sur la navigation commerciale à vapeur de T Angleterre, suivi 
de considérations théoriques et pratiques sur les appareils 
moteurs et les hélices, installation, arrimage et m&ture. His- 
torique et statistique de la navigation à vapeur et considé- 
rations techniques. Tableaux synoptiques des contrats passés 
avec le gouvernement pour le transport des malles et des 
recettes postales qui en dérivent, états du matériel des com- 
pagnies anglaises de navigation à vapeur do long cours, et 
documents divers sur les compagnies transatlantiques an- 
glaises ainsi que sur le cabotage. 1 vol. in-A accompagné de 
fi grandes planches gravées. 

D£ Laronce. Expériences sur le mouvement alternatif de rota- 
tion communiqué aux propulseurs marins. Propulseur évo- 
laeur de Suet, second maître mécanicien de la marine. In-8 
avec une figure. 

Reech. Mémoire sur les machines à vapeur et leur application 
à la navigation. In-li accompagné d'un grand atlas in-folio. 

Meorier-Joannet. Cours d'algèbre et de trigonométrie à Tusage 
des écoles d'hydrographie pour les aspirants au long cours, 
rédigé, d'après le dernier programme. 1 vol. in-8, flg. dans 
le texte. 

Paris. Essai sur la construction navale des peuples extra-euro- 
péens, ou collection des navires et pirogues construits par 
les habitants de l'Asie, de la Malaisie, du grand Océan et de 
TAmérique, mesurés et dessinés. Ouvrage publié par ordre 
du gouvernement 1 fort vol. in-folio Jésus vélin, de 160 p. 
de texte et i3o planches. 

Reech. Machines du Brandon. Rapport à l'appui du projet des 
machines du Brandon, dressé en exécution d'une dépêche 
ministérielle. 1 vol. in-6. 

Jal. Archéologie navale. Ouvrage publié par ordre du gouver- 
nement 3 vol. grand in-8 Jésus vélin ornés de 70 vignettes 
gravées sur bois. 



BIBLIOGBAPHIE. XXY 



ANGLETERRE. 



HoPKiNs (Thomas). On windi and storms.,. Des vents et des 
tempêtes : avec un essai sur les saisons et leurs variétés. 

The engliêh cyclopœdia.. . L'encyclopédie anglaise pour les arts 
et les sciences. 

KiNG. Letêons andpractical notes.,. Leçons et renseignements 
pratiques sur la vapeur, les machines à vapeur, les mo* 
teurs, etc. Pour les jeunes gens de la marine, leà ingénieurs, 
les étudiants et autres. 

Klippart. The principlet... Les principes et la pratique du 
drainage; comprenant une courte histoire du drainage sou- 
terrain, Texamen détaillé de ses opérations et de ses avan- 
tages, une description des différentes espèces de drains. 
Avec des instructions pratiques pour la fabrication des 
tuyaux de drainage, ainsi que pour les manufactures où ces 
tuyaux sont fabriqués. 

Freki (H). On the origin..* De Torigine des espèces par Taffi- 
nité organique. 

Heaton (Charles WiuLUif). The threshold... Aperça de chimie: 
introduction à la science par l'expérience. 

fioNTER (John). Estayi and observations... Essais et observa- 
tions sur rhistoire naturelle, l'anatomie, la physiologie, la 
psychologie et la géologie. Œuvres posthumes de Hunter 
(John), arrangées et revisées avec des notes auxquelles est 
igoutée une introduction sur la collection des fossiles, donnée 
par M. Hunter au collège royal des chirurgiens d* Angleterre. 

OwEif (Richard). Memoir on the... Mémoire sur le Megatbe- 
rium, ou Géant des déserts de 1* Amérique (Megatherium 
Americanum, Cuvier). 

Faiabain (Williau). Treatise on Mills... Traité sur les mou- 
lins et sur leur travail, r* partie : Des principes de mécanique 
et des mouvements ; comprenant Testimation delà puissance 
de l'eau, la construction des roues hydrauliques et des tor- 



BIBLIOGRAPHIE. XXYIl 

ScHBiTLiN et ZoLLiKOPER. Aus der Urzeit..^., Sur les terrains 
antédiluvieps de la Suisse. 

Mater (A.)« Grundlegund der Théorie..* La base de la théorie 
du calcul des variations. 

GisKO (P.-J.). Diefluorescenz.., La fluorescence de la lumière. 

ScHOLTZE (M.)* Die Hyolonemen,.. Les Ilyolonèmes ; publica- 
tion sur Thistoire naturelle des spongiaires. 

WiEDEMANNN (G.)« Die Lehve vom Galvanismus... L*étude du 
galvanisme et de Télectro-galvanisme ainsi que de leur em- 
ploi dans l'industrie. 



ITALIE. 

Jtti délia B.., Actes de l'Académie royale des sciences, lettres 
et arts de Lucques. 

Jlti délia,,. Rapport présenté au ministre des travaux publics 
par ia commission instituée par le décret du i/i mai 1860 
pour rétude de la traversée des Alpes helvétiques par un 
chemin de fer. In-/i avec planches. — Turin, 1861; impri> 
merle Geresole et Panezza. 



Paris. — Imprimé par £. Tnmor «t C^, rue Racint, M. 



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