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Full text of "Annales des sciences naturelles"

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ANNALES 



SCIENCES NATURELLES 



IIUlTlfiME SÉRIE 



ZOOLOGIE 



DiBitizod=,Google 



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ANNALES 



SCIENCES NATURELLES 



ZOOLOGIE 



FALK0NT(ILO(ÏIE 



LANATOMIE. LA PHYSIOLOGIE, LA CLASSIFICATION 
ET L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX 



M. A. MILiNE-KDWARDS 



PARIS 

MASSO.N ET C-, ÉDITEURS 

LIBHAIItES DE l'aCADÉMIE DE MÉDECINE 
1», l»ln»^ Silil-ttniiii. 



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o^.H/Zr 



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L'APPAREIL DIGESTIF 



ORTHOPTERES 

(ilita lofpyniyw, Hnlologif m cl Pkjiigl*giqwi de eti Otjue 

BT SON IMPORTANCE POUR LA CUSSIFIUTION DES QBTHOPTÈRES) 

Par L. BORDAS, 



INTRODUCTION. 

Nous avons étudié VAppareit digestif des Orthoptëres 
chez quatre-vingts espèces environ, appartenant aux sept 
principales familles de cet ordre. Cet organe, assez uni- 
forme dans son ensemble, présente cependant d'une famille 
à l'autre et parfois même dans la même famille, de nom- 
breuses différences secondaires qui ont nécessité une des- 
cription spéciale. Grftce aux nombreux échantillons (1) que 
M. le Professeur Bouvier a bien voulu mettre à notre disposi- 
tion, il nous a été possible de suivre les différentes modifica- 
tions qu'éprouve cet appareil, depuis les formes droites qu'il 
affecte chez les Phasmidx, jusqu'aux formes sinueuses et 

(1) La plupart des espèces que nous avons décrites proviennent du labo- 
rstoire d'Entomologie du Muséum et ont été déterminées par M. Ch. Bron- 
Rniart, assistant de Zoologie. Nous sommes heureux d'adresser k H. Bron- 
Kiiiart tous dos remerciements, non seulement pour les détermioations. 
parfois difficiles, qu'il a bien voulu nous Taire, mais encore pour les ren- 
seignements qu'il nous a donnés sur certains Orthoptères. 

AKN. se. «AT. ZOOL. V, 1 



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2 li. ■•■■*«. 

compliquées qu'il présente chez les Locusles et les Gryllides. 
Nous avons décrit d'une façon détaillée et représenté, au 
moyen de nombreuses figures, un organe très important 
chez les Orthoptères, le gésier; nous avons en outre montré, 
avec force détails, les divers degrés de complication qu'offre 
son armature chitineuse interne dans les diverses familles 
d'Orthoptères. De plus, nous avons indiqué tout le parti qu*on 
peut tirer de la forme et de la structure des dents de cha- 
cune des rangées longitudinales internes pour la détermina- 
tion des espèces. 

Nous avons montré que les appendices latéraux de l'extré- 
mité antérieure de l'intestin moyen ne sont que des diver- 
ticules de ce dernier organe. Des éludes histologiques nous 
ont conduit à ces canclusions et fait considérer ces diverti- 
cules comme des expansions latérales à fondions surtout 
sécrétrices. Le nombre considérable et la variété des espè- 
ces que nous avons eues à notre disposition nous ont per- 
mis de faire une description très détaillée des cœcums intes- 
tinaux, et de suivre pas à pas les modifications graduelles 
et nombreuses qu'ils éprouvent pour passer des formes 
multiples (8 chez les Mantids et les Blattidx, 6 chez les Acri- 
diidœ) aux formes paires et latérales des Locustidœ et des 
GryllidsB. Les diverses variétés de structure qu'affecte le 
gésier^ ses différents degrés de complexité ajoutés surtout 
à la présence ou à l'absence des csecuma intestinaux, nous 
ont permis de diviser les Orthoptères en deux groupes très 
distincts : les Acolotasia ou Orthoptères sans appendices 
intestinaux et les Colotasia ou Orthoptères à appendices 
intestinaux plus ou moins nombreux et développés. 

Les organes urinaires ont également élé étudiés avec 
détail, et nous avons constaté que, chez tous les Orthoptè- 
res, sauf chez les ForBcuIides, les tubes de Malpighi sont 
très nombreux et groupés généralement en six faisceaux 
débouchant au sommet de six tubercules {Locuitidie, 
Blaltidœ, etc.). Chez tous les Gryllidœ, au contraire, les 
lubes urinaires, disposés en un faisceau unique, voni s'ou- 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 3 

vrir h l'exlrémité dilatée d'un canal excréteur impair 
(uretère). 

Chacune des diverses parties du tube digestif {pharynx, 
jabot, gésier, intestin, cxcums intestinaux et surtout glandes 
rectales), a été l'objet d'une étude hislologique détaillée. 
Nous avons signalé, en outre, au cours de nos descriptions, 
la présence d'un revêtement cilié recouvrant les cellules de 
l'iolestia moyen et celles des appendices latéraux. 

Pour faciliter notre étude, et surtout pour nous confor- 
mer aux données embryologiques, nous avons divisé le tube 
digestif des Orthoptères en trois parties, à savoir : 

1" L'intestin antérieur, d'origine ectodermique, corres- 
pondant au stomodfeum et comprenant la bouche, le pha- 
rynx, Vœsophage, \e jabot et le gésier. 

2* L'intestin moyen, qui correspond au mésenteron, ne 
forme qu'une partie unique, à laquelle nous laissons le 
nom à'intestin moyen. Ce dernier prend son origine en ar- 
rière du gésier et se termine à l'insertion des tubes de 
Malpighi. A l'intestin moyen, nous avons rattaché les csecumx 
latéraux, si variables en nombre et en forme et carac- 
téristiques des Orthoptères. L'intestin moyen est une pro- 
duction de l'endoderme (V. Heymons,chap Phasmidx,p. 16). 

3° L'intestin postérieur ou tehuinal, d'origine ectoder- 
mique comme l'intestin antérieur, correspond au procto- 
d«um. Il commence à l'embouchure des tubes de Mal- 
pighi, et comprend l'intestin postérieur proprement dit, le 
rectum et les glandes rectales. 

En prenant comme critérium de notre classification les 
divers degrés de difTérentiation du tube digestif, ses com- 
plications, la structure du gésier, la présence ou l'absence 
de cKCuros intestinaux, etc., nous avons suivi une marche 
à peu près parallèle à l'ordre d'apparition des Orthoptères 
dans les temps géologiques. En effet, la Paléontologie nous 
apprend que les Phasmid.e ont leurs ancêtres dans les 
Protophasmidœ des terrains carbonifères et qu'elles abon- 
dent dans le houiller de Commentry. Nos Phasmiens ac- 



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4 Mé. ■•■»«•. 

luels se distinguent cependant des espèces paléozoïques par 
la réduction des ailes antérieures qui, cbez certains types, 
comme les Bacilltts, peuvent même disparaître. 

Les Blattid^ étaient fort abondantes & l'époque carboni- 
fère, et les principales différences que présentaient les Paléo- 
bltUtides avec les formes actuelles consistaient dans la grande 
similitude qu'affectaient les ailes antérieures et les posté- 
rieures (Scudder, Ch. Broogniart). 

Les MANTiDiG datent aussi de la période primaire (Carbo- 
nifère). 

On ne trouve aucune trace des FoRPicuLiOiE dans les assi- 
ses houillères, et les premiers vestiges de ces Insectes ont 
été signalés dans le lias de Schambeler par 0. Heer. Mais 
c'est surtout dans les terrains tertiaires qu'on les rencontre 
en abondance. 

Les Acridiens ou Acridiid^, assez nombreux en indivi- 
dus, étaient représentés, à l'époque carbonifère, par les 
Paléacridides {Calomura, etc.). On a signalé ensuite quel- 
ques' représentants dans le lias ; mais c'est principalement 
dans tes couches tertiaires qu'on trouve de nombreuses espè- 
ces correspondant à nos Acridiens actuels. 

Les LocusTiDiG et les GnYLLin^ ont fait leur apparition 
à des époques géologiques relativement récentes. Les pre- 
mières se rencontrent en abondance et dans un excellent 
état de conservation dans les schistes de Solenhofen {Locusia 
speciosa, Mflnst.). 

Nous avons étudié, parmi les Orthoptères, quatre-vingts 
espèces environ classées, dans les diverses familles, de la 
façon suivante : 

1" Famille des Forfici'ud* : Forficula auricularia (L.), 
Aneckura bipunctata (F.), Labidura riparia (Pall.). 

2* Famille des Phasmid^e : P/ii6alosomap^thonius{Wesi.), 
Acanlhoderus spinosus (Gray), et Necroscia erechtkeus (West- 
wood). 

3° Famille des Mantid^ ; Manûs retigiosa ( Linné), Teno- 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 5 

dera auslraiasiw (Leach), Hierodula bioculata (Burmeister), 
Stagmatopiera predicatoria (Sloll), Sttig. anmUata (Stoll), 
Eremiaphila dentkollis (Lefebr.), et Emputa pauperata 
(Lalr.). 

4* Fauillb des Blattid^ : Blatta germanica (L.), Blaita 
maderœ (L.), Periplaneta orientalù (L.), Peripl. ameri- 
cana (L.), Peripl. austrafasix (Fabr.), Epitampra graci- 
tis (Brunn.), Polyzosteria limbata (Burin.), Panesûiia j'aoa- 
niea (Serv.j, Heterogamia œgyptiaca (L.), Blutera giganlea 
(Sloll), Blabera atropos (Stoll), etc. 

5* Famille des AcRiDiiDiG : 1* Tribu des Pyrgomorphi- 
nœ : Psecilocerus (Serv.), Pgrgomorpha gryllotdes (Serv.). 

2' Tribu des Acridiins : A cridium peregrinum ou Schis- 
locerca peregrina (Oliv,), Acridium speciosum (Thumb.), 
Caloptenwt italicus (Lin.), etc. 

3* Tribu des Pamphaginse : Pamphagus etepkas (St&l). 

4* Tribu des Œdipodiuse : Œdipoda cœruleseens (Lin.), 
Œdipoda miniata (Pallas), Psophus stridulus (Lin.). Pachy- 
(ylus cinerascem (Fabr.), etc. 

5* Tribu des Truxalinœ : Stenobothrus lineaius (Panz.), 
Slenob. stigmatkus (Ramb.), Stenob. bkolor (Charp.), Sle- 
nohot. pulvinatiis (Fisch.), Slenob. longicornis (Latr.), Mecos- 
thetus grossus (Linné), Truxalis unguk'ulata{Hamb.), Truxalis 
nasuta (Lin.), Parapleurm a/liacetix (Germ.), Epacromia 
Ihalassina (Fabr.), Gomphocerus maculalus (Thumb.), etc. 

6* Famille des LocusTiDiE : 1" Tribu des Pseudophylli- 
nae : Cleandrus rex (Brun.). 

2" Tribu des Mecopodinœ : Platyphyllum giganteum ou 
Pseudophyllanax insularis (Walker). 

3° Tribu des Ephippigerinœ : Ephippiger bilteriensis cj* 
(Marq.), Orphania denticauda <S (Charp). 

4' Tribu des Phaneropterinœ : Phaneroplera falcala {Sco- 
poii), Aaidopeza reticulala (Guérin). 

5° Tribu des Conocephalin» : Salomona megacepkala (de 
Haan), Pseudorhynchus minor (Redlenbacher), Conocepka- 
lus mandibularis (Charp.) 



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6 li. B*BDAS. 

6° Tribu des LocusIîdsb on Beclicinœ : Decticus verrud- 
vorus (L.), Decticus albifrons (Fabr.), Platydeis grisea (Fabr.), 
PL iaticauda (Bpudd.), PL tessellata (Charp.), PL sepium 
[\QT^.),Locustaviridissima[L\Ti.),Locustacantans{Ç.\i^v^.)^eic. 

V Tribu des GrylIacriDx : Gryllacns auranliaca (Bruon.), 
Eremus spinulosus (Brunn.), etc. 

V Famille des GryllidjE : Gryllus campestris (Latr.). 
Gryîltis domesticus (Latr.), Nemobius syivestris (Fabr.), Bra- 
chytrypes ou Brachytrypus membranacetts (Drury). Gryllo- 
talpa vulgaris (Lalr.), etc. 

L'historique de !» question ayant été fait h. propos de 
chaque chapitre, nous nous contenterons, pour ne pas 
nous répéter, de signaler au passage les remarquables tra- 
vaux anatomiques de L. Dufour et de Blanchard, ceux de 
Basch, de Leydig, de Leuckart, de Schindier, de Ber- 
lese, de Heymons, etc., les recherches physiologiques de 
Plateau, de Cuénot, etc., et les études histologiques de 
C. Chun, de Frenzel, de Faussek, etc.. 



CHAPITKE PHEMIKK 

APPAREIL DIGESTIF DES KORFlCtlLID^. 

{V. PI. I, (ig. 1,2, 3,4, 5 et 6.) 

Les Forficiihdx constituent, parmi tes Ortboplères, une 
famille dont l'appareil digestif présente une grande simpli- 
cité. Cet oi^ane est, en effet, formé par un tube presque 
recliligne, traversant le corps de l'insecte suivant son axe, 
et ne présentant, sur tout son trajet, que trois renflements 
antérieurs et une légère circonvolution vers son extrémité 
terminale (V. PI. I, fig. \). Nous sommes loin ici de l'appa- 
reil si compliqué et si difTérencié que nous allons décrire 
chez les Locustidee et chez les Gryllidpe. Aussi, est-ce en 
suivant cet accroissement progressif de complexité que nous 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. ^ 

alloDs poursuivre Dotre travail et montrer que l'appareil de 
la digestion des Orthoptères constitue un organe de pre- 
mier ordre dont les caractères peuvent servir pour l'établis- 
sement d'une classification naturelle de ce groupe, l'un des 
plus importants des Hexapodes. 

Le tube digestif des Forficulid-e [Forficula auricutaria) 
peut être divisé en (rois parties en rapport avec le dévelop- 
pement embryogénique de cet organe. Ces diverses parties 
sont : Viiïtestin antérieur et Yinleslin postérieur d'origine 
ectodermique et Viniestin mot/en, d'origine endodermique. 
Dans l'intestin antérieur^ on peut faire, chez les Forficulidx, 
quatre divisions correspondant au pharynx^ à VœsopAage, au 
•0*0/ et au gésier (V. PI. I, Hg. i , 2, 3). 

Chez la Forficula auricularia, W pharynx est court, cylin- 
drique ou légèrement aplati horizontalement. Il commence à 
l'orifice buccal, de forme ovale, et se continue, en arrière, 
avec l'œsophage. Ses parois sont épaisses, musculaires et sa 
face interne présente de nombreuses stries longitudinales, 
peu profondes, parfois h peine indiquées et séparées par des 
bourrelets peu saillants, parallèles aux stries. Il repose, par 
sa face inférieure, sur une plaquette chitineuse, quadrangu- 
laire, en rapport, par ses angles latéraux, avec les parois 
internes des mandibules. Latéralement partent des faisceaux 
musculaires aplatis, dirigés obliquement vers l'extérieur et 
allant se confondre avec les muscles moteurs des mandi- 
bules et des mAchoires. 

Le pharynx se prolonge jusqu'à 1 millimètre environ de 
la face postérieure céphalique et se continue par Vœsophage. 
La ligne de démarcation entre ces deux parties est assez 
nette. On observe, en effet, en ce point, un léger sillon an- 
nulaire à la suite duquel se trouve un bourrelet de 
même forme, continué par un tube constituant Yœsopkage. 
Outre la séparation que nous venons de signaler, les deux 
organes se distinguent encore par leur structure. Les 
parois de l'œsophage sont minces, peu musculeuses et 
transparentes. Cet organe, qui se continue jusqu'au mi- 



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lieu du prolhorax, comprend de six à huit faisceaux de 
fîbrlUes disposées longitudinalement et une couche mus- 
culaire auDulaire. Aucune ligue de démarcation ne le 
sépare du jabot qui semble n'être que son prolongement 
normal, tant sont insensibles les transitions par les- 
quelles on passe d'un organe à l'aulre. Pourtant, vers le 
milieu du premier segment thoracique, le tube digestif pré- 
sente un léger coude vertical et & convexité dirigée vers le 
bas : c'est à partir de ce point que commence réellement le 
jabot. 

Lb jabot est un organe volumineux, conique ou fusiforme, 
très extensible et occupant la presque totalité du thorax et 
les deux premiers segments abdominaux. Chez un grand 
nombre d'individus, il présente deux replis circulaires, peu 
accentués, l'un antérieur et l'autre postérieur, déterminant 
trois légères boursouflures. Ses parois sont minces, transpa- 
rentes et présentent extérieurement des faisceaux muscu- 
laires qui ne sont que la continuation de ceux de l'œso- 
phage. Dans le deuxième segment abdominal, le jabot 
diminue progressivement de diamètre et va se mettre en 
rapport avec le gésier, organe qui présente ici un développe- 
ment très faible, mais qui est fort volumineux chez la plu- 
part des autres Orthoptères, où il joue un rôle considéra- 
ble dans l'accomplissement des fonctions digestives (V. PL 1, 

fig.i). 

Le gésier des Forficula awicularia {V. PI. 1, fig. 2}, de 
forme simple, est bien moins volumineux que celui des 
autres espèces d'Orthoptères, et en particulier des GryUidse 
et des Locustidx. 

Ici, en effet, les pièces masticatrices qui consliluent la 
partie essentielle de l'organe, sont réduites à leur minimum 
de développement et ne sont constituées que par de faibles 
lamelles chilineuses, proéminant légèrement dans le jabot 
et dans l'intestin et portant, sur leur face antérieure, un 
certain nombre de petites dents coniques, recourbées en 
arrière et allant progressivement en diminuant à mesure 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 9 

qu'on se rapproche de l'inteslJo moyen. On est encore loin 
du degré de complication que nous allons rencontrer chez 
les Locusia, les Decticus, les Grylltu, les Braehytry- 
pes, etc., où ro[:gane est hérissé intérieurement d'une 
série de dents chitiaeuâes très Tories, disposées suivant six 
colonnes longitudinales et constituant de la sorte un appa- 
reil masticateur d'une grande puissance, comparEd}le h celui 
de l'Écrevisse. 

Le gétier de la Forficule (V. PI. I, lig. 2) peut être subdi- 
visé en trois portions nettement distinctes : une portion 
médiane, sphérique, libre et deux autres parties, dont l'anté- 
rieure est incluse dans le jabot, et l'autre dans l'intestin 
moyen. 

La portion antérieure, très courte et étalée en éventail, 
présente l'aspect d'une corolle de fleur entourant l'orifice 
postérieur du jabot. Elle est formée de six lamelles arron- 
dies, sortes de pétales à bord libre recourbé et à face 
interne légèrement bombée ; le tout porte une série de 
petites dents chitineuses, coniques, disposées sans ordre et 
recourbées en arrière. Ces lames, en se resserrant, consti- 
tuent de la sorte six petites valvules fermant hermétique- 
ment l'orifice situé à leur centre. — La partie moyenne est 
libre et sert de trait d'union entre le jabot et l'inteslin. Elle 
présente la forme d'une petite masse sphéroïdale, à parois 
très épaisses. Sa surface externe est parcourue par un réseau 
de filaments trachéens dessinant de riches arborisations, 
tandis que sa face interne présente, au contraire, six co- 
lonnetles aplaties, peu saillantes, continuation des bourre- 
lets antérieurs, qui se prolongent jusque dans l'axe de l'in- 
testin moyen. Ces colonnettes sont séparées par de très 
légères dépressions longitudinales (V. PL I, fig. 2 et 3). — 
Enfin, la portion iotra-intestinale du gésier est encore assez 
courte et forme un petit appendice presque cylindrique, 
terminé par six languettes mobiles, rectangulaires, à 
extrémité arrondie et séparées les unes des autres par 
des sillons longitudinaux parallèles qui disparaissent quand 



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10 L. B*BDA«. 

ces appendices sont en contact (V. Pi. I, fîg. 3). La face 
externe des languettes est légèrement bombée et lisse, et 
l'interne faiblement excavée et munie, sur ses bords, de 
piquants blanchâtres. La partie supérieure de chaque lan- 
guette, située dans le jabot, a ses bords arrondis. Sa face 
interne est recouverte de piquants cbitineux, courts et ser- 
rés, donnant h. l'organe une coloration jaune clair. Les 
appendices postérieurs du gésier sont très mobiles et limi- 
tent l'oriBce terminal. Par l'eHet des contractions muscu- 
laires, ou bien encore sous l'effort d'une pression extérieure, 
ils se rapprochent, accolent leurs bords et ferment her- 
métiquement l'oriHce qu'ils limitent . C'est ce qui arrive 
quand les aliments sont parvenus dans l'intestin moyen. 
Sous l'action des mouvements péristaltiques des parois in- 
testinales, ils auraient une tendance à rétrograder vers le 
^^«ter; mais, les lamelles se rapprochant, produisent une fer- 
meture hermétique de l'oriHce et rendent, de la sorle, 
impossible le retour des aliments en arrière (V. PI. I, 
fig. 2 et 3). 

Les deux autres parties de l'appareil digestif qu'il nous 
reste encore à décrire ne présentent aucune particularité 
bien importante. Viniestin mot/en s'étend presque en ligne 
droite, sauf à sa partie lerminale, depuis le deuxième seg- 
ment abdominal jusqu'au quart postérieur du corps de 
l'insecte. C'est un tube cylindrique dans sa première partie, 
mais diminuant progressivement de diamèlre & mesure qu'il 
se rapproche de l'intestin terminal. Son extrémité antérieure 
est arrondie et se fixe à la portion réirécie du jabot. Elle 
ne présente aucun diverticule, aucune expansion latérale 
rappelant les poches venir ieul aires ou cascum.s intestinaux si 
développés chez les Locusiidx et les Gryllidx (V. PI. I, 
fig. \). Ses parois externes sont lisses, minces et transpa- 
rentes; elles sont dépourvues de toute trace de striations el 
de villosités. La portion postérieure de l'organe se recourbe 
en arc et présente, à son extrémité, un léger sillon circu- 
laire suivi d'un bourrelet ovoïde, origine de l'intestin lermi- 



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APPAREIL DIQESTIP DES ORTHOPTÈRES. I i 

nai.sur lequel viennent déboucheries tuàes deMai/iighi. Ces 
organes sont peu nombreux, contrairement à ce qui existe 
chez tous les autres Orthoptères. Au nombre d'une dizaine 
environ, ces appareils glandulaires sont constitués par de% 
tubes HUrormes, flexueux et à sommet arrondi. Us sont grou- 
pés eu deux faisceaux débouchant en deux points situés à 
distance l'un de l'autre ; pourtant, chez YAnechura, les em- 
bouchures sont assez rapprochées. Les portions libres des 
faisceaux sont appliquées à la surface externe de l'intestin 
moyen et s'étendent même jusqu'au ^#«er. 

h'inlestin postérieur, qui fait suite au précédent, a un 
diamètre sensiblement inférieur à celui de la portion termi- 
nale de t'inteslin moyen (V. PI. 1, fîg. 1). Il se recourbe légè- 
rement en S, puis se dirige en ligne droite vers l'extrémité 
du corps. Ses parois soot parcourues par six faisceaux lon- 
gitudinaux sinueux, dont la couleur blanchâtre ressort nette- 
ment sur la teinte sombre du reste de l'organe. Ces fais- 
ceaux ou bandelettes dont nous venons de parler sont dus 
uniquement à des replis et à des épaississemenls de la couche 
épithéliale interne. Après s'être légèrement rétréci, Yiniesiin 
postérieur se dilate progressivement en une poche, tantôt 
ovoïde, tantôt fusiforme, constituant le rectum. — Ce dernier 
est recouvert, à sa partie supérieure et sur ses parois laté- 
rales, par de gros faisceaux musculaires servant à faire mou- 
voir les deux branches de la pince qui termine le corps de 
l'insecte. A la suite du rectum vient un tube très court 
aboutissant à l'oriflce anal, situé au-dessous de la ligne d'in- 
sertion des branches de la pince. Sur les parois de l'organe 
on observe six masses blanchâtres, ovoïdes, alternes, dispo- 
sées suivant deux cercles et rappelant assez bien les glandes 
rectales que nous avons étudiées chez les Sphégiens et les 
fcAneumons. 

Vappareil digestif des autres espèces appartenant h la 
famille des Forficulidas, telles que XAnechura bipunctata et la 
Labidura riparia entre autres, présente à peu près les mêmes 
dispositions que celui des Forlîcules. 



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ÉTUDE HISTOLOGIQUE DE L APPAREIL DIGESTIF 
DES FORFICUUD*. 

(V. PI. I, fig. 4, 5 et 6, et FI. Il, %. 5.) 

Le pharynx et l'œsophage présentent, cheï les Forficulidm, 
la même structure; aussi, n'allons-nous décrire, chez la 
Forficula auricularia, que l'œsophage. 

L'œsophage afTecte, en coupe transversale, une Tonne 
circulaire avec une enveloppe très mince (V. PI. I, flg. 4). 
Ses parois internea présentent un oombre variable de replis, 
de 10 à 15 (Forficula), ou de 8 à 10 (Labidura). On trouve 
successivement, en allant de l'extérieur à l'intérieur : i' une 
enveloppe ou lunique périlonéale très mince ; f un certain 
nombre (12 à 18) de faisceaux musculaires longitudinaux es- 
pacés les uns des autres ; T une couche musculaire consti- 
tuée par des faisceaux circulaires striés et disposés en une 
ou rarement deux assises ; 4" une membrane cellulaire ne 
comprenant qu'une seule assise de cellules. Ces dernières 
sont généralement cubiques, rarement rectangulaires et 
renferment, à leur centre, un volumineux noyau sphérîque 
plurinucléolé. Ces cellules, génératrices de la couche interne 
chitineuse, peuvent être appelées cellit/es chilinogènex. Elles 
renferment un protoplasme sombre el granuleux, qui devient 
plus clair et plus transparent & mesure qu'il se rapproche 
du noyau. Enfin, 5* tout à fait à l'intérieur el recouvrant 
l'assise cellulaire, on constate l'existence d'une mince 
membrane chitineuse transparente, parfois régulière, mais 
souvent aussi munie de prolongements cornés très nombreux 
(V. PI. I, fig. 4). 

Le jabot de la Forficule présente la même structure que le 
gésier et l'œsophage : la seule difi'érence à signaler consiste 
dans la plus faible épaisseur de ses parois. 

Le gésier de la For/icula auricularia est un organe ovoïde, 
à parois très épaisses, compris entre le jabot et Tinlestin 
moyen (V. PI. Il, fig. 5). Il porte, à son intérieur, six replis 



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APPAREIL DIGESTIF DIS ORTHOPTÈRES. 13 

OU bourrelets affectaDt la forme de prismes triangulaires 
alloDgés, mais qui, vus sur une section transversale, pa- 
raissent cunéiformes. Les parois internes des replis sont re- 
couvertes par une membrane chilioeuse k faces parallèles 
portant, à son extrémité antérieure, de nombreuses pointes 
cornées dii-igéesen arrière, et, dans sa région médiane, des 
soies coniques de même nature et à large base. Au-dessous, 
vient l'assise chiiinogëne formée par des cellules cylindri- 
ques, allongées, étroites et h noyaux ovales nucléoles 
(V.PL II, lîg. 5). Extérieurement & cette dernière, se trouve 
la couche génératrice de l'assise chitinogène. L'espace 
compris entre deux bourrelets longitudinaux ou languettes 
est occupé par une profonde dépression. Enfin, le reste de 
la paroi comprend encore, en se dirigeant vers l'extérieur, 
une membrane musculaire circulaire, au-dessous de la- 
quelle existent les muscles longitudinaux disposés en fais- 
ceaux et la tunique péritonéale. 

L'intestin moyen (V. PI. Il, fîg. 5) est recouvert inté- 
rieurement d'un revêtement épithélial, caractérisé par son 
épaisseur, la longueur et la régularité de ses cellules. Une 
coupe faite dans sa région antérieure, non loin du gésier, 
nous présente à considérer : une tunique externe ou mem- 
brane péritonéale, une série de faisceaux musculaires lon- 
gitudinaux plus ou moins espacés, et intérieurement une 
couche comprenant deux ou trois assises de faisceaux mus- 
culaires annulaires striés. Vient ensuite l'épithélium intes- 
tinal. Celui-ci est disposé avec une régularité et une symé- 
trie presque parfaites et oe comprend qu'une assise unique 
de cellules. Pourtant, on dislingue parfois, de distance en 
distance, au-dessus des muscles circulaires, de petites cel- 
lules h noyau sphérique, destinées à remplacer les cellules 
épithéliales internes. Ces dernières, très régulières, affectent 
toutes une forme cylindrique. Parfois, leur région médiane 
est rétrécie et leur bord libre légèremenl élargi. Elles sont 
pourvues d'un noyau central volumineux, de forme ovaie et 
contenant deux ou trois nucléoles fortement colorés. Autour 



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14 . li. BABDAS. 

du Doyau exisie souvent une auréole blanchâtre ; parfois 
aussi, partent de ce noyau de nombreuses striations, don- 
nant b. l'ensemble de la cellule une apparence réticulée. Cet 
épiihélium est dépourvu d'un revêtement chilïneux analogue 
à celui que nous avons décrit dans le jabot et l'œsophage. 
Du' sommet de chaque cellule partent de nombreux bâton- 
nets ou cilschllineux très courts, lui donnant l'aspect d'une 
brosse (V. PI. Il, fig. 5). Ces divers Taisceaux clliaires, en se 
soudant au-dessus de l'assise cellulaire, fontparaltre celle-ci 
comme enveloppée par un revêtement cuticulaire continu. 
Une preuve évidente qu'on a alTaire à un épithétium cilié et 
à revêtement cellulaire indépendant, c'est que, si on vient, 
par hasard, à détacher une cellule, son faisceau se détache 
avec elle sans entraîner le revêlement de ses voisines. Dans 
la région postérieure de l'intestin, l'assise épiihéliale interne 
est moins régulière qu'en avant et présente de nombreux 
plissements longitudinaux. 

Vinleiiin terminai est pourvu de six replis internes hé- 
misphériques étendus sur toute la longueur de l'organe 
(V. PI. I, flg. 5). Ces replis soûl constitués par une assise de 
grosses cellules prismatiques ou tronconiques, h gros noyau 
presque basilaire contenant de nombreux nucléoles. Le pro- 
toplasme n'est nullement granuleux, mais présente une série 
de striations irrégulières partant d'une région incolore en- 
tourant le noyau. Les bourrelets épithéitaux sont séparés 
par d'étroites dépressions et recouverts par une mince mem- 
brane chitineuse. A l'extérieur existent les mêmes couches 
musculaires que dans l'intestin moyen. 

Le rectum (V. PI. I, lig. 6) présente six épaississements 
ovoïdes {glandes rectales), alternes et disposés suivant deux 
séries circulaires. Chaque bourrelet est constitué par de 
grosses cellules rectangulaires, à noyau spbérique ou ovoïde 
plurinucléolé et placé dans la région centrale. Le proto- 
plasme est surtout localisé vers leur surface. Il présente des 
striations nombreuses lui donnant une apparence réticulée et 
vacuolaire. Les striations profoplasmiques sont surtout bien 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 15 

accusées vers la face interne de la cellule. Dans les dépres- 
sions comprises entre les gros bourrelets du rectum {glandes 
rectales) existent de petites cellules cubiques, à gros noyaux 
sphériques, remplissant ta moitié de leur cavité. Elles con- 
Irasteot, par leur petitesse, avec les volumineuses cellules 
des bourrelets. Ces cellules constituent l'assise génératrice 
ou chilinogèoe. La couche épithéliale est recouverte par une 
membrane chitiueuse plissée (V. PI. I, fig. 6). 

KÉSUMÉ. — L'appareil digestif des Forficulid^ affecte la 
forme d'un tube presque recliligue, placé suivant l'axe du 
corps de l'insecte et ne présentant qu'une légère circonvolu- 
tion correspondant à l'intestin terminal. 

Le pharynx est court, cylindrique et parfois aplati trans- 
versalement. Ses parois sont épaisses et comprennent une 
couche interne chitineuse plissée, une assise de cellules chi- 
lioogènes et une enveloppe externe musculaire. 

L'œsophage est un organe tubuleux, légèrement plissé 
extérieurement et à parois minces et transparentes. Il se 
continue, sans ligne de démarcation, avec le jabot. Ce der- 
nier est volumineux, conique ou fusiforme, très extensible 
et occupe la presque totalité du thorax et les deux premiers 
segments abdominaux. Ses parois comprennent, en allant de 
l'extérieur h l'intérieur : une tunique péritonéale, des fais- 
ceaux musculaires longitudinaux, des muscles circulaires, une 
assise de cellules chilinogènes et une membrane chitineuse. 

Le gésier est un organe ovoide, compris entre le jabot et 
l'intestin moyen et à parois très épaisses. Il est muni inté- 
rieurement de six lamelles chilïneuses se prolongeant jusque 
dans le jabot et, en arrière, dans l'axe de l'intestin. Les la- 
melles portent, sur leur face autérieure, un certain nombre 
de petites dents coniques, recourbées en arrière et allant 
progressivement en diminuant à mesure qu'on se rapproche 
de ta région terminale. L'organe se prolonge, dans l'axe de 
l'intestin moyen, par une valvule conique, formée par six 
languettes mobiles, rectangulaires et séparées les unes des 
autres par des sillons longitudinaux. 



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16 L. ■•■■»««. 

L'intestin moyen est presque droit et caractérisé par la 
régularité et la symétrie de soo épilbélium cylindrique 
cilié. Les tubes de Malpighi, au nombre de 8 & 10 environ, 
vont s'ouvrir à l'origine de l'ialeslin terminal. Ce dernier, 
plus étroit que le précédent, décrit une courbe eu Torme 
de S. Le rectum est ovoïde et porte six glandes rectales, al- 
lernes et disposées suivant deux rangées circulaires. 



APPAREIL DIGESTIF DES PHASU1D£. 

(V. PI. I, fig. 7, 8, 9, iO, 1 i , et PI. Il, 6g. 1 , 2, 3, 4, 6, 7 et 8.) 

Peu d'entomologistes se sont occupés de l'appareil digestif 
des Phasmid^. Signalons pourtant les études de J. Mtiller 
(1825), de N. Joly (1871), etc., et surtout le remarquable 
mémoire du D' R. Heymons sur l'organisation et le dévelop- 
pement àa Bacilius rossii (Berlin, 1897). Nous avons étudié 
cet organe chez trois espèces, dont deux proviennent, l'une 
de la Nouvelle-Guinée et l'autre de Ceyian. Pour simplifier 
notre travail et rendre notre description plus claire, nous 
allons étudier cet appareil : 1° chez te Phibaloxoma pylho- 
nim (Weslw.), 2* chez V Acanthoderm spinosus (Gr.) et le 
Necroscia erechtheus (Weslw.). 

1<* Phibalosoha pythonius (1). — L'appareil digestif du 
/*AiAa/(M(»MopyMoniw*,commecelui de toutes les Phasmidw, 
est particulièrement intéressant el présente de notables 
différences avec celui des autres Orthoptères (V. PI. I, 
fig. 7 à 11). Ce qui frappe tout d'abord, c'est sa forme rec- 
liligneet l'absence complète de circonvolutions à l'intestin 
postérieur. Sa longueurest exactement égale àcelle du corps 

(I) L'espèce que nous avous disséquée, de taille giganlesque, mesurait 
ISt millimètres de longueur, sur 17 millimètres de largeur au premier seg- 
ment abdominal. Pour H. le D' Heymons, chez le Baeillus, comme proba- 
lilemenl cheï toutes les Puashid.e. l'intestin moyen, ainsi que l'inteslin 
antérieur et l'intestin postérieur, est de nature ectodermique. 



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APPAREIL DIGESTIF DES. ORTHOPTÈRES. 17 

de ranimai. Les autres caraclëres différentiels portent : 
i' sur l'énorme dévetoppement du jabot ; 2° sur l'atrophie 
et la disparition presque complète du gésier ; 3* sur 
l'absence de cœcums ou appendices intestinaux; 4° sur la 
grande épaisseur des parois de la première partie de l'in- 
testin, et 5' sur le mode d'insertion des tubes de Malpighi. 
Ces cinq caractères, absolument constants chez les Phat- 
midse, tes séparent, d'une façon très nette, de la plupart des 
autres ramilles de l'ordre des Orthoptères et les rapprochent 
des Mantidse. 

Le tube digestif du Phibalosoma pythonius (V. V\. I, fig. 7) 
débute par un pharynx court, cylindrique et à parois in- 
ternes striées. Sa face externe sert de point d'attache à de 
nombreux faisceaux musculaires qui vont se fixer aux parois 
latérales céphaiiques. L'œsophage qui vient ensuite affecte la 
forme d'un tube grêle et cylindrique occupant l'axe du pro- 
thorax. Ses parois, très épaisses, portent six bandelettes 
musculaires se continuant jusque vers le milieu da Jabot. 

Le Jabot, qui fait directement suite à l'œsophage, a la 
forme d'un sac allongé^ occupant la presque totalité du 
mésothorax et du métathorax. Il est pourvu de parois 
minces, transparentes, striées intérieurement, et se termine 
k son extrémité postérieure par un appendice conique qui 
se prolonge dans l'axe de l'intestin moyen. Cet appendice, 
qu'on peut considérer comme un vestige du puissant gésier 
des UryllidsB ut des Locmlidx, est totalement dépourvu d'ar- 
malure masticatrice et ne porte intérieurement qu'un petit 
nombre de replis striés limitant l'orifice postérieur ; de plus, 
ces replis existent sur toute la longueur de l'appendice co- 
nique terminal, contrairement à ce que nous avons constaté 
dans toutes les autres familles des Orthoptères. Quant à 
l'appendice, il pénètre dans l'axe de l'intestin moyeu sur 
une longueur d'environ 1 cenlimèlre. L'appareil digestif des 
Pha-tmidas, comme du reste celui des Forficulidœ, est totale- 
ment dépourvu de cxcums intestinaux: c'est là un caractère très 
intéressant parmi les Orthoptères et tout à fait eu rapport 

ANN. se. HAT. ZOOL. V. 3 



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18 Ma. ■•■bas. 

avec la structure de la première partie de Vinie-ilin moyen. 
Vinleslin mot/en {V. PI. 1, fig. 7, 8, 9, 10, il), eu effet, 
au lieu de débuter par une partie élargie et à parois minces, 
comprend un tube légèrement aplati et recouvert d'une 
puissante couche musculaire. Les muscles affectent une dis- 
position assez caractéristique : ils sont rangés en faisceaux 
circulaires tirant leur origine d'un sillon longitudino-dorsal. 
Les divers groupes ou faisceaux musculaires sont séparés 
par de profondes dépressions parallèles correspondant à des 
sillons annulaires de la paroi interne. Intérieurement, l'or- 
gane présente des parois aussi irrégulières qu'à l'extérieur, 
car les faisceaux musculaires, formant de gros paquets, se 
prolongent vers l'axe de l'organe, sous forme de bourrelets 
circulaires irréguliers. Il résulte de cette disposition, que la 
cavité de la moitié antérieure de l'intestin moyen est des 
plus irrégulières et présente une série de boursouflures 
annulaires correspondant aux épaississements musculaires 
externes, lesquels sont séparés par un nombre égal de 
rigoles circulaires parallèles, limitées par les bourrelets. 
Cette disposition n'occupe que la première moitié de l'in- 
testin; la deuxième est loutàfaildifTérenle. Celte dernière, 
dont la séparation avec la précédente se fait d'une façon 
brusque, est munie de parois minces et lisses tout d'abord, 
puis pourvues irrégulièrement et de distance en dislance de 
petits tubercules ovoïdes et acuminés, portant un prolonge- 
ment filiforme, analogue, par sa forme et sa structure, à un 
tube de iMalpighi. Il est bien évident que nous sommes là en 
présence d'un organe glandulaire dont le rôle dans l'accom- 
plissement des fonctions digestives nous échappe. En6n, la 
dernière portion de Vinleslin moyen est sillonnée longitudi- 
nalement par une série de stries régulières, peu profondes 
et séparées par autant de bourrelets parallèles et arrondis 
& leur surface libre. Chaque bourrelet porte, à son extré- 
mité postérieure, un petit tubercule à sommet émoussé sur 
lequel viennent déboucher un certain nombre de tubes de 
Malpighi. Los parois de cette seconde portion de Vinlextin 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 19 

moyen sont épaisses et comprennent, outre une double 
couche musculaire, une membrane épithéliale interne 
généralement lisse. 

C'est à l'extrémité antérieure de Vintestin terminal que 
viennent s'ouvrir les tubes de Malpighi, très nombreux 
dans l'espèce que nous étudions (V. PI. 1, fig. 9). Or, tandis 
que chez la plupart des Orlhoptères [Blattidx, Loaisti- 
dx, etc.), ces organes sont groupés en un petit nombre de 
faisceaux ou bien vont déboucher dans un réservoir collec- 
teur commun suivi d'un conduit excréteur unique {GryUi~ 
f/a?), chez les Phasmidœ, el en particulier chez le Phibalo~ 
soma /ii/lhonius, ils sont divisés en plusieurs faisceaux ou 
houppes arborescentes, s'ouvrant direclemenl au sommet 
d'un tubercule hémisphère ou conique très court. Ces tuber- 
cules, simples évaginations de la paroi intestinale interne, 
sont équidistants e( disposés en cercle le long de l'exlré- 
milé antérieure de l'intestin terminal. Leur nombre varie 
de 20 à 34; el, comme chacun d'eux reçoit environ une 
dizaine de tubes de Malpighi, il résulte que le nombre 
de ces derniers organes s'élève au moins à 200. On n'a, 
jusqu'à présent, relevé nulle part, chez les Insectes, une 
aussi grande quantité de ces tubes urinaires, attendu qu'on 
n'en compte, au maximum, qu'une centaine chez les Hymé- 
noptères et à peu près autant chez la plupart des Orthoptères. 

Vintestin postérieur, qui présente à peu près la même 
longueur el le même diamètre que l'intestin moyen, a une 
surface exierne presque lisse, tandis que l'interne présente 
un certain nombre de striations plus ou moins apparen- 
tes (V. PI. I, fïg. 8). Ses parois sont composées de deux 
épaisses couches musculaires sillonnées longitudinalement 
par six faisceaux de muscles très puissants. Son extrémilé 
postérieure porte un anneau très épais, correspondant <i 
un appareil valvulaire interne fort curieux et tout à fait 
caractéristique, comprenant six valvules. Chaque valvule, 
de structure musculaire, atîecte la forme d'une pyramide 
Iriangulaire, appliquée par l'une de sos faces sur les parois 



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20 L. BORBA». 

ioteslinales, et présentant une base légèrement excavée 
tournée vers le rectum. Ces six valvules, au moment de 
leur contraction, ferment hermétiquement l'extrémité fer- 
minale de l'intestin postérieur et ne laissent, & l'état 
d'orifice, qu'une étroite fenle étoilée {V. PI. I, fig. H). 

Le rectum (V. PI. 1, fig. 7, 8 et 11), ou portion terminale 
de l'appareil digestif, est une poche ovoïde, h parois min- 
ces, régulières, lisses et parcourues par six larges bande- 
lettes provenant d'un épaississement local de l'épilhélium 
interne. Il débouche au dehors par l'orifice anal. Ce dernier 
est irrégulier et présente six bourrelets confiuents, qui, au 
moment de leur relâchement, s'écarlent, permettant ainsi le 
passage des matières excrémentitieltes. 

2''AcAPn'H0DERUSSPIM0SUS,NECH0SCtAERBCHTHEUS(V. Pl.ll, 

fig. 1,3,4, 7, 8). — V appareil digestif àeV Acanthoderui spt- 
nosus présente à peu près les mêmes caractères que celui 
de l'espèce précédente : c'est un organe droit, dépourvu 
de gésier et d'appendices intestinaux. Cependant, il diffère 
de celui du Phibalosoma par l'énorme développement des 
glandes salivaires et surtout par le rfiode d'insertion des 
tubes de Malpighi. L'organe est en rapport avec la forme 
extérieure du corps de l'insecte qui est à peu près 
cylindrique. — Le tube digestif du Necroscia erechtheus dif- 
fère de celui de Y Acanthoderus par la forme du jabot et par 
la disposition des colonnes chitineuses dentifères qui limi- 
tent la dernière portion de l'organe (V. PI. II, fig. 1 et 4). 

Les glandes salivaires des Phasmid.*: sont bien dévelop- 
pées et occupent, avec le jabot, la plus grande partie des 
deux premiers segments thoraciques, ainsi que cela a lieu 
chez Y Acanthoderus spinosm que nous allons prendre 
comme type pour la description de ces organes (V. Pt. Il, 
fig. 1). Dans ce genre, les glandes salivaires comprennent 
plusieurs grappes localisées dans le prolhorax et le méso- 
thorax. Elles sont paires et disposées symétriquement par 
rapport à l'axe du corps de l'insecte. Chaque partie com- 
prend trois grappes principales : une grappe inférieure 



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API-AREIL DIGESTIF DES ORTBOPTËRES. 21 

placée sous le lube digestif, et deux grappes latérales, de 
dimcDsioDs inégales, directemenl appliquées sur le jabot. 
La grappe inférieure est aplatie, de forme rectangulaire et 
s'étend jusque vers la ligne médiane, oii elle se met en 
contact avec sa congénère du côlé opposé. Parmi les grap- 
pes latérales, l'une d'elles, la plus volumineuse, recouvre 
une partie du jabot. Quant h la plus petite, elle est située 
en avant de la précédente et s'applique sur la partie ter- 
minale de l'œsophage (V. PI. Il, fig. 1). La slruclure de ces 
glandes est la même que celle que nous avons décrite chez 
les autres Orthoptères. Elles sont constituées par un grand 
nombre d'acini sphériques, disposés sur un même plan et 
pourvus chacun d'un canalicule excréteur (V. PI. II, fig. 1). 
Ces canalicules, par leur convergence, finissent par for- 
mer un conduit excréteur commun qui monte le long des 
parois latéro-inférieures de l'œsophage et va s'ouvrir, non 
loin de son congénère du côté opposé, en avant et au- 
dessous de l'orifice buccal, près de l'origine de la lèvre 
inférieure (1) (V. PI. Il, fig. 8}. A ces glandes sont adjoints 
deux réservoirs salivaires, généralement courts, de forme 
ovoïde, renOés postérieiirftmenl et pourvus d'un conduit 
elTérent. Tous les conduits, canalicules et canaux excré- 
teurs, sont munis intérieurement d'un épaississement chi- 
tineux spirale, analogue h celui que présentent les trachées. 

Le pharynx de V Acanlhoderus est court, cylindrique et 
logé dans la région céphalique postérieure. Ses parois sont 
épaisses et reliées latéralement à la région basilaire de la 
tète par des faisceaux musculaires. A l'intérieur, existent 
de nombreux plissements longitudinaux et une valvule cir- 
culaire, tandis qu'à l'extérieur un repli de même forme le 
sépare de l'œsophage. Le pharynx du Necroseia erechtheus 
est identique à celui de l'espèce précédente. 

L'œsophage de VAcanthoderus est court, cylindrique et 

(1) C'estlà un c&ractëre important, aUeiidu quecbez la plupart des autres 
Ortboptëres tes deux canaux eiïérents vont s'ouvrir dans un large conduit 
impair, de longueur variable. 



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22 I.. BORDAS. 

se continue directement et sans ligne de démarcation avec 
le jabot. Ses parois externes sont lisses et les internes mu- 
nies de striations longitudinales. Les Necroscia ont un œso- 
phage allongé et cylindrique. 

Le Jabot est un organe presque tubuleux, parfois ohlong 
et fusiforme (V. PI. II, fig. 3). Il comprend deux parlies 
très différentes par leur apparence externe et surtout par 
leur slruclure intérieure [Acanthoderus). La portion anté- 
rieure, pourvue de parois transparentes et extensibles, com- 
prend deux couches de libres musculaires : des faisceaux 
internes circulaires et des faisceaux externes longitudinaux. 
A l'intérieur, les parois présentent, comme dans l'œso- 
phage, des sirialions parallèles à l'axe de l'organe. La por- 
tion terminale porte, à sa surface externe, de nombreux 
faisceaux musculaires longitudinaux très caractéristiques, 
séparés par de faibles dépressions parallèles; le tout est 
enveloppé par une mince membrane également muscu- 
laire. La face interne est recouverle par une mince lamelle 
cornée pourvue de nombreux plissements disposés dans le 
sens anléro-poslérieur el portant, à leur sommet, do petites 
denticulalions (V. PI. 11, fig. 3). Ces dernières font l'ofïice 
de râpe et servent à triturer les aliments. Les bourrelets 
ou replis longitudinaux ont à peu près de 5 à 6 millimètres 
de longueur et ?ont au nombre de cinquante environ. Les 
dépressions paralifcles qui les séparent portent, à leur par- 
tie inférieure, des ligelles rectangulaires cornées. Ces replis 
succèdent brusquement à la paroi lisse de la première par- 
tic du jabot, dont ils ne sont séparés que par un léger sil- 
lon circulaire. La surface libre des bourrelets est convexe 
el porte des dents cbitineuses, coniques, à base élargie, de 
dimensions variables et très irrégulièrement disposées. 
Certaines sont groupées au nombre de six à dix, tandis que 
d'autres sont espacées et séparées par de petits tubercules 
hémisphériques. Ces denticules cbitineuses ont, la plupart, 
une base épais<;e et élargie et un sommet parfois mousse, 
mais généralement aminci et acéré. Klles ne recouvrent pas 



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APPAREIL UIGESTIP DES OBTHOPTÈRES. 23 

toute la surface libre du bourrelet corné, mais sont géné- 
ralement localisées sur la partie la plus culminante et 
dirigent leur sommet vers i'orilice intestinal. Cette dispo- 
sition, très intéressante, ne se rencontre pas chez tes Pbi- 
balosoma. La porlion terminale du jabot peut facilement 
être bomologuée, au point de vue pliysiologique, au gésier 
des Biattids, des Gryllidse, etc., bien qu'elle en diffère au 
double point de vue de sa forme et de sa structure. 
L'extrémité postérieure de l'organe se rétrécit peu à peu 
et forme un bourrelet circulaire, à la suite duquel vient 
un appendice conique de 5 à 6 millimètres de longueur, 
pourvu à son origine de replis musculaires. Cet appendice 
se prolonge, comme dans l'espèce précédente, dans l'axe 
de la partie antérieure de l'intestin moyen. — Chez le Ne- 
troscia erechtheus, le Jabof, fusiforme et allongé, présente 
deux rendements, l'un dans le mésothorax et l'autre dans 
le mélathorax. Ce dernier est recouvert intérieurement 
d'une mince lamelle cornée, pourvue de replis longitudi- 
naux séparés par de larges, mais peu profondes dépres- 
sions (V. PI. II, lig. 6). Toute la surface interne porte de 
nombreuses dents chilineuses disposées très régulièrement, 
contrairement à ce qui existe chez ÏAcanlhodents. Ces 
dents, de forme conique, ont leur pointe tournée en ar- 
rière. Elles sont placées par rangées transversales à peu 
près équidistanles. Chaque rangée renferme de 3 à 5 dents. 
Grftce à cette disposition régulière, chaque colonne affecte 
l'apparence d'une brosse très allongée. 

L'intesiin mot/en des Acanthodenix, comme celui du Phi- 
balosoma, est divisé en deux parties très nettes. La por- 
tion antérieure est pourvue de parois très épaisses et d'une 
puissante couche musculaire, comprenant une quinzaine 
de gros faisceaux circulaires, partant d'une rainure longi- 
tudino-dorsaleet dirigés perpendiculairemeol à l'axe du corps. 
A 12 millimètres de leur origine, ces faisceaux transverses 
deviennent moins apparents et finissent par s'atténuer pro- 
gressivement, sans toutefois disparaître d'une façon com- 



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34 L. BOMDAS. 

plète. C'est dans la région médiane de la seconde partie de 
l'intestin que l'on constate l'existence d'un grand nombro 
de petites glandes coniques et pourvues d'un long appen- 
dice Hliforme, que nous avons signalées et décrites dans 
l'espèce précédeate. Elles sont au nombre d'une cinquan- 
taine environ et occupent un espace annulaire de 3 à 4 mil- 
limètres de hauteur. Leur portion basilaire a la Forme 
d'une ampoule conique qui se continue par un long appen- 
dice cylindrique, flexueux et d'un diamètre h peine égal 
à la moitié de celui d'un tube de Malpigfai. La portion 
vésiculaire terminale adhérente & l'intestin est creuse et 
doit remplir l'office de réservoir; quant au filament qui 
la prolonge, il comprend une cavité centrale très étroite, 
entourée d'un manchon dont la membrane interne est con- 
stituée par des cellules épithéliales rectangulaires, sécré- 
tant un suc qui doit, sans nul doute, agir sur la digestion, 
mais dont le rôle physiologique est encore inconnu. V in- 
testin mot/en du Necroscia erechtheus est recouvert d'une 
épaisse couche musculaire, ne présentant pas, comme dans 
les espèces précédentes, une disposition striée. Vers sa ré- 
gion médiane, on observe, çà et là, ainsi que nous l'avons 
constaté chez les autres Phasmidee, de nombreuses glandes, à 
base coniqueet élargie terminée parun long filament sinueux. 
Chez VAcanlkoderus, Vinleslin postérieur est droit et 
porte six larges bandelettes, étendues sur toute sa longueur 
et produites par des replis internes. A son origine, vien- 
nent déboucher les lu&es de Malpighi, groupés en plu- 
sieurs faisceaux et disposés en cercle autour de l'organe 
(V. PI. Il, fig. I). Chaque faisceau ne comprend que 3 ou 
4 tubes s'ouvrant dans un canal collecteur très court. Les 
parois de l'intestin terminal sont à peu près lisses; son 
e.Ytrémité postérieure, légèrement rétrécie, se continue par 
une poche ovoïde, le ivctum, sans présenter l'appareil 
valvulaire si développé du Phibalosoma. A la surface du 
rectum existent six bandelettes fusiformes, allongées et 
disposées symétriquement par rapport k l'axe de l'organe. 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 25 

Chez le Necrosda erechtheus, l'intestin postérieur et le rec- 
tum ne présentent aucune particularité intéressante. Les 
Itibes de Mttlpighi sont très nombreux et vont s'ouvrir en 
cercle à la partie antérieure de l'intestin terminal, après 
s'être fusionnés, au nombre de 2 ou 3, en un grand 
nombre de petits faisceaux. 

RÉSUMÉ. — Le Irait dominant de l'appareil digestif des 
PhasmidêB, c'est sa forme rectiligne, essentiellement en rap- 
port avec celle du corps. Mais ce qui caractérise surtout cet 
organe et le sépare de celui des autres Orthoptères, c'est 
l'absence de gésier et d'appendices intestinaux et la pré- 
sence de glandes filiformes sur le pourtour de la région mé- 
diane de l'intestin moyen. 

Le pkm'ynx est court, cylindrique ou légèrement aplati et 
logé dans la région céphalique. Vœsophage est cylindrique 
el de longueur variable suivant les genres. Le jaiot est 
allongé, volumineux et fusiforme. It comprend deux parties 
très nettes el à peu près d'égale longueur. La dernière partie 
se prolonge en cône dans t'axe de l'inleslin moyen et est 
recouverte intérieurement d'une série de bourrelets longitu- 
dinaux, pourvus de petites dents cornées servant à la masti- 
cation (Acauthoderus, Necroscia). L'intestin moyen est droit 
et comprend, à sa partie antérieure, une épaisse couche 
musculaire formée par des faisceaux disposés en anneaux 
volumineux, très apparents. La seconde partie porle.dans sa 
région médiane, une série de glandules, à base conique, 
prolongées par un long appendice filiforme, glandules que 
nous n'avons constatées nulle part chez les autres Orthoptè- 
res. Les tubes de Malpigki sont disposés en cercle à l'origine 
de l'intestin terminal. Ces organes sont groupés en nombreux 
faisceaux s'ouvrant chacun au sommet d'un bourrelet co- 
nique très court. L'intestin postérieur est droit el présente 
six longues bandeleltes longitudinales ; il est parfois séparé 
du rectum par six puissantes valvules pyramidales (l'hibalo- 
soma) ; parfois aussi, il n'existe, entre tes deux organes, 
qu'un faible bourrelet circulaire (Acanthoderus). 



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L BANDAS. 



CHAPITRE ni 



APPAREIL DIGESTIF DES MANTID^. 

(V. PI. Il, (ig. 2 et 9; PI. III, fig. 1,2, 3,4,5, 6 el7.) 

Conlinuanl à suivre le degré de complication croissante 
de l'appareil digestif, nous allons maintenanl étudier les 
Mantid-b. Dans cette famille, nous avons disséqué les es- 
pèces suivantes : Mantis religiosa (Linné), Tenodera auslrala- 
six (Leach), Hierodula àioculata (Burm.), Eremiaphila den- 
ticolli.1 (Lefebr.), Stagmatoptera predicaloria. St. annulata 
(Stoll), Empma pauperata (Lalr.), etc. — Parmi ces espèces, 
une seule, la Manlix re/igiosa, a été l'objet de très courtes 
descriptions de la part de Marcel de Serres et de L. Oufour 
(1834). Marcel de Serres a encore disséqué la Mantis ora- 
loria, dont l'appareil digestif est identique à celui de la 
M. religiosa. Aussi, on présence des études de ces deux cé- 
lèbres zoologistes, serons-nous bref au sujet de l'organe de 
la digestion de la Mante religieuse et nous bornerons-nous à 
relever certaines erreurs de Dufour et à compléter l'étude 
anatomique du gésier dont ta structure est très intéressante, 
ainsi que celle des intestins moyen et postérieur. EnBn, nous 
allons montrer que cet organe, par la conformation de cer- 
taines de ses parties, peut servir de terme de comparaison 
pour la famille tout entière. Nous avons, à cet effet, divisé 
notre chapitre en deux parties. 

] ° Mantis religiosa (Lin. ), Tenodera australasi^ (Leacb) 
(V. PI. Il, flg. 2 et 9, et PI. III, fig. 6). — Le tube digestif 
de la Manie l'eligieuse est rectiligne et ne présente aucune 
circonvolutioD, sauf l'intestin moyen qui a une légère cour- 
bure dans sa région médiane. Celui de la Tenodera au-sfm- 
/asije se rapproche de celui des Blattes, mais il en dilTère 
par l'énorme développement du jabot qui remplit tout le 
thorax et la moitié antérieure de l'abdomen et surtout par 



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APPAREIL OIOESTIf DES ORTHOPTÈRES. 27 

l'énorme rédiiclion des intestins moyen et postérieur. 
Chez la Mantis religiosa, les glandes salivaires sont bien 
développées et comprennent trois grappes, confluentes en 
plusieurs points, et s*étendant, du milieu du prothorax, 
jusqu'au tiers postérieur du mésolhorax. La grappe princi- 
pale a une forme rectangulaire et s'applique directemeut 
contre les parois de la première partie du jabot. Elle est 
séparée de la seconde grappe par un étroit espace comblé 
par plusieurs tubes trachéens. Cette dernière grappe est 
triangulaire et recouvre une partie des parois inférieures de 
la portion antérieure de l'intestin. Enfin, en avant de ces 
deux massifs glandulaires, en existe un troisième qui se pro- 
longe en arrière, s'applique sur le jabot, se dirige vers la face 
dorsale de ce dernier et se termine par une extrémité ob- 
tuse située à très peu de distance de sa congénère. La 
glande, remarquable par sa couleur d'un blanc mat, est 
constiluée par des acini sphériques et pluricellulaires. 
Chaque acinus se continue par un canalicule excréteur qui 
s'ouvre dans un conduit efférent d'un plus large calibre. Les 
canaux elTérents sont situés de chaque côté de l'œsophage, 
au-dessus de la chaîne nerveuse. Les canahcules et conduits 
excréteurs ont une siructure très simple. Leur enveloppe 
présente, en allant de dehors en dedans, une membrane 
musculaire externe très mince, une couche épitbéliale for- 
mée de cellules rectangulaires & gros noyaux et une mem- 
brane chitineuse interne pourvue d'arceaux spirales. Les 
cellules épithéliales déterminent, sur la couche externe, 
un contour sinueux qui apparaît sur les coupes d'une façon 
très nette. Les deux conduits efférents, après avoir traversé 
la partie antérieure du prolhorax et reçu le réservoir sali- 
vaire, pénètrent dans la région céphalique postérieure oti 
ils se fusionnent en un conduit excréteur impair très court 
qui va s'ouvrir, non pas dans la bouche comme l'a écrit 
bufour, mais à la base de la mâchoire inférieure, au-dessous 
do l'orifice buccal. C'est là, du reste, un mode d'embouchure 
constant chez tous les Orthoptères. — Les g/andes xafivaires 



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28 L. ■•■BAS. 

de la Tenodera sont divisées en deux groupes sïlués symé- 
Iriquemenl par rapport à l'axe du thorax (V. PI. Il, lig. 2). 
Chaque groupe comprend deux grappes principales : une 
antérieure recouvrant les parties latérales et supérieures du 
jabot et l'autre postérieure appliquée contre les parois infé- 
rieures de la seconde moitié du prothorax et de l'espace 
intersegmen taire compris entre les deux premiers mérides 
thoraciques. Le canal excréteur de la glande postérieure 
pénètre dans lagrappe antérieure qu'il traverse latéralement 
et va se fusionner avec le conduit efférent de cette dernière. 
De celle union résulte un conduit unique qui monte le long 
de l'oesophage, pénètre dans la tétc et s'unit à son congénère 
du côlé opposé pour former, comme dans l'espèce précé- 
dente, un canal impair. De chaque côlé des glandes sali- 
vaires existe un léxervoir, sorte de sac allongé, cylindrique 
et phssé longitudinalement. Ces glandes, ainsi que leurs 
canaux excréteurs, présentent la même slruclure que chez 
la Manlis re/iffiosa. 

Le pharynx des deux espèces esl court, lubuleux, à parois 
musculaires épaisses el striées longitudinalement. Il fait di- 
rectement suite à la bouche et se trouve entièrement logé 
dans la région céphalîque. 

L'œsopkat/e de la Mante, séparé du pharynx par une faîhle 
dépression circulaire, est un organe cylindrique, à parois 
minces et transparentes. Il parcourt l'axe du prothorax el 
se continue avec le jabot sans ligne de démarcation. 

Le jabot (Manie), de structure identique à celle de l'œso- 
phage, a la forme d'une longue poche fusiforme, très élas- 
tique et étendue, du milieu du mésolhorax, jusqu'aux pre- 
miers segments abdominaux. Ses parois internes présentent 
de légères striations longitudinales dues à de faibles 
épaississements musculaires. L'organe se continue directe- 
ment avec le gésier donl la structure est hien différente. — 
Le jabot de la Tenodera présente un développement consi- 
dérable et afTecte une forme qui ne se rencontre chez -au- 
cune espèce d'Orlhoptère. C'est un tube disposé en bissac, 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈHES. 29 

s'étendaDt du jabot jusqu'au qualrième anneau abdominal 
et occupant la presque totalilé de la cavité Ihoracique. II se 
rétrécit dans le mésotliorax et forme un étroit pédicule 
plissé et strié transversalement, unissant de la sorte les deux 
parties de Torgane. Ses parois sont minces, transparentes, 
et comprennent une double couche musculaire externe re- 
couverte, à l'intérieur, d'une mince enveloppe chitineuse. 
Le jabot et l'œsophage occupent les deux tiers environ de la 
longueur totale du tube dtgeslir, tandis que l'intestin moyen, 
l'intestin terminal et le rectum représentent à peine l'autre 
tiers. 

Le gésier de la Mante religieuse est tout à fait caractéris- 
tique et bien différent, comme puissance, de celui des 
GrylîidiB et des Locuslitùe (V. PI. III, fig. 6). Il présente quel- 
ques ressemblances avec celui des Forficules. C'est un or- 
gane conique, à base cylindrique, largement ouvert vers le 
jabot. Son exirémilé postérieure, courte et conique, se pro- 
longe^ dans l'axe de la partie antérieure de l'intestin moyen, 
par un pédoncule conique, également fort court. Ses parois 
sont épaisses et recouvertes d'une double couche muscu- 
laire qui supporte intérieurement de nombreuses colonnes 
cornées disposées en six séries. Chaque série est comprise 
entre deux dépressions latérales peu profondes renfermant 
une dent. Les dents, au nombre de six, sont placées circu- 
lairement autour de la paroi interne du gésier, dont elles 
occupent la partie postérieure. Elles sont courtes, chïti- 
neuses, à base élargie et triangulaire et h extrémité anté- 
rieure crochue el légèrement recourbée {V, PI. III, fig. 6}. 
La face supérieure des dénis est convexe et l'inférieure con- 
cave ; de plus, elles portent, sur les bords latéraux, de 
nombreuses el fines denliculations. Au-dessous d'elles, 
existe une zone sétigère demi-circulaire, bombée, hérissée de 
soies ou poils chitineux de formes et de dimensions très varia- 
bles : les uns sont coniques et h extrémité effilée, tandis que 
d'autres se terminent par une pointe bifide et parfois même 
trifide(V. PI. II, fig. 9). La portion de la paroi comprise entre 



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deux dents est légèrement bombée el porte une vingtaine de 
bandelettes chitineuses irrégulières et souvent même anas- 
tomosées entre elles. Leur face supérieure itrésenle de nom- 
breuses soies lrèscourle8(V. PI. III, fig. 6). Le reste de l'organe, 
situé en arrière de la partie masticatrice que nous venons de 
décrire, porte également uugrand nombre de piquants cornés, 
généralemeat fort courts. Enfin, la dernière partie du gésier 
se termine par six bourrelets aplatis, jouant le rôle de val- 
vules. — Le gésier de la Tenodera ausiralasiœ est tout à Tait 
rudimenlaire el présente à peu près la même disposilion 
interne que celui de la Mante religieuse (V. PI. Il, Tig. 2). Il 
en dilTère pourtant par la présence d'un court pédoncule qui 
le prolonge et le rattache à la partie antérieure de l'intestin 
moyen. C'est un organe conique, dont l'orilice antérieur 
présente six bourrelets valvulaires irréguliers. La cavité 
interne est en forme de demi-sphère et porte six épaississe- 
menls musculaires recouverts d'une lamelle cornée présen- 
tant de petits replis chitineux et irréguliers, la plupart anas- 
tomosés entre eux el recouverts de soies à leur surface 
libre. Ces bourrelets ou épaississements sont séparés par 
une dépression longitudinale, à l'extrémité de laquelle se 
dresse une dent à base élargie et à tige recourbée, cro- 
chue et denticulée sur ses bords. La suite de l'organe se 
continue par un tube à peu près cylindrique, hérissé inté- 
rieurement de nombreuses soies chitineuses (V. PI. Il, fig. 2). 
Vintextin moyen des Mantes est très réduit el ne présente 
qu'une légère courbure, fort peu accentuée. Son extrémité 
élargie reçoit les appendires hites finaux, sortes de doigts de 
gant cylindriques et à extrémité libre, terminée en cfecum. 
Ces appendices, au nombre de huit insérés suivant une ligne 
circulaire, ont une structure analogue à celle de l'intestin 
moyen et présentent la même forme et la même disposition 
que ceux des Bladùfas : caractère très important qui permet 
de placer les Manlidie à côté de cette famille. Le reste de 
l'organe est cylindrique et lisse extérieurement. Chez la 
Tenodera, Ymfes/in moyen est 1res court. Il débute par une 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 31 

extrémité élargie portant/t»t/ appendices inlesiînaux allongés, 
cylindriques et présentant les plus grandes analogies de 
formes avec ceux des Blattes, Ils s'ouvrent dans l'inlestin 
par un orifice circulaire. Les parois intestinales sont fort 
épaisses et portant de nombreuses stries transverses. L'or- 
gane se rétrécit à son extrémité postérieure, puis se dilate 
en un bourrelet annulaire, origine de l'intestin terminal, sur 
le pourtour duquel viennent s'ouvrir de 50 à 60 tubes de 
Malpighi localisés, comme chez la Mantis religiosa, en des 
points déterminés et non d'une façon uniformément circu- 
laire (V. PI.II, fig. 2). 

Vinlestin postérieur des Mantes religieuses est un tube 
droit et parcouru, sur toute sa longueur, par des bandelettes 
longitudinales dues à des replis épithéliaux internes. Il pré- 
sente, à son extrémité postérieure, un bourrelet valvulaire 
qui le sépare du rectum. Ce dernier organe, complètement 
enveloppé par les glandes génitales, se continue par un tube 
très court débouchant au dehors par l'orihce anal, de forme 
circulaire. — L'intestin terminal de la Tenodera a une lon- 
gueur un peu supérieure à celle de l'intestin moyen, mais 
son diamètre lui est bien inférieur. Il est pourvu de parois 
musculaires épaisses qui forment k l'intérieur six replis lon- 
gitudinaux, donnant à la lumière du canal une apparence 
éloilée. Enfin, une valvule terminale sépare cette dernière 
partie d'une poche ovoïde, le rectum, semblable à l'organe 
homologue décrit cheiXa Mante (\. PI. li, tig. 2). 

f HiERODULA B10CULATA, ErEMIAPHILA OGNTICOLLIS ET 
StAGMATOPTERA PREDICATORU (V. Fi. III, fig. 2, 3, 5, 7). — 

L'appareil digestif de YHierodula bioculata est remarquable 
par l'énorme développement de l'œsophage et du jabot qui 
s'étendent de la région céphalique jusqu'au quatrième 
segment abdominal. Le jabot, quand il est complètement 
distendu, mesure près de 12 millimètres de diamètre. En 
outre, nous constatons, chez cette espèce, un plus grand 
développement du tube intestinal que dans les deux espèces 
précédemment étudiées. Les intestins moyen et postérieur 



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décrivent deux demi-cercleB disposés en sens inverse et affec- 
tant la forme d'un S. Les Eremiaphila sont, de tous les 
genres appartenant à la famille des Mantids, ceux dont 
l'appareil digestif présente la plus grande complexité et l'in- 
testin le plus grand développement (V. Pt. III, tig. 3). L'or- 
gane, complètement étalé, atteint presque deux fois la lon- 
gueur de l'animal, tandis que chez les espèces précédentes 
il le dépasse à peine. Celte disposition, grâce aux circonvo- 
lutions et aux replis intestinaux, rappelle par plus d'un 
point celle que nous offrent les B/atlidœ. On le voit, notre 
étude sur les Mantidx nous permet de suivre les degrés de 
complication successifs de l'orgauc digestif et de placer celte 
famille près d'un groupe avec lequel elle a de grandes 
affinités. 

Les glandes salivaires des Bierodala sont très volumineuses 
et comprennent, de ctiaque côté de l'œsophage, deux grap- 
pes glandulaires, un canal excréteur et un réservoir sali- 
vaire (V. PI. III, tig. 2). La grappe principale est allongée 
et mesure près de fS millimètres de longueur. Elle est lé- 
gèrement concave et recouvre, dans sa région postérieure, 
presque complètement la première partie du jabot. Le canal 
excréteur, très allongé, la traverse dans toute sa longueur et 
reçoit, de part et d'autre, les canaux excréteurs des grappes 
secondaires. La seconde grappe est ovoïde, aplatie, recou- 
verte par l'œsophage et directement appliquée au-dessus du 
système nerveux. Les conduits excréteurs reçoivent, un peu 
en avant de la grande grappe, les réservoirs salivoires qui 
sont formés par des tubes cylindriques dirigés en arrière et 
appliqués sur les parois externes des glandes salivaires. Ces 
conduits, blancs, cylindriques, cheminent parallèlement 
l'un à l'autre, pénètrent dans la tête, se fusionnent en un 
canal impair au-dessous du ganglion sous-œsophagien et 
vont déboucher à la base de la languette. L'appareil sali- 
vaire est bien développé chez la Stagmatoplera predicator'ta 
et les diverses grappes glandulaires entourent complètement 
la premièie partie du jabot. 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 33 

Le pharynx de XHierodula bioculata est aplati et pourvu 
d'une épaisse membrane musculaire. Celui de V EremiapkUa 
est large, amiaci transversalement et à parois internes 
plissées longitudinalement. La voûte pharyngienne, de cou- 
leur jaune foncé, porte plusieurs bourrelets séparés par au- 
tant de replis transverses. Extérieurement, l'organe est relié 
aux parois céphaliques par de nombreux faisceaux muscu- 
laires aplatis horizontalement (V. PI. 111, tig. 3). 

Vœsophage de VHierodula bioculata est long, cylindrique 
et parcourt l'axe du prolhorax jusqu'à sa région postérieure 
(V. PI. III, fîg. 2, Œ). En ce point, il se dilate insensiblement 
et se continue par le jabot. Ses parois externes sont lisses et 
les internes plissées longitudinalement. L'œsophage de la 
Slagmatoptera est également très long et se continue, sans 
ligne de démarcation, avec le jabot. Celui de VEremiaphila 
denlkoUis, également très allongé, occupe les deux premiers 
segments thoraciques et est enveloppé, dans sa région pos- 
térieure, parles glandes salivaires. Sa surface interne, ainsi 
que celle du jabol, présente de nombreux replis irrégu- 
liers, disposés longitudinalement et séparés par des bour- 
relets parallèles. 

Les Hierodula possèdent un Jabot Irhi volumineux, aFTec- 
tant une forme ovoïde avec un rendement postérieur. Il 
occupe le mésothorax, le mélalhorax et les Iro'is ou quatre 
premiers segments abdominaux. Ses parois sont parcourues 
longitudinalement par de nombreux faisceaux musculaires 
dessinant à l'extérieur des stries irrégulières et des bourre- 
lets parallèles. L'organe s'unit directement au gésier. Le 
jabot de la Slagmaloplera est également fort volumineux et 
occupe, quand il est complètement distendu par les aliments, 
non seulement les deux derniers segmenls Ihoraciques, mais 
encordes quatre premiers anneaux de l'abdomen. Sou ori- 
fice postérieur est bordé par un épais bourrelet pourvu de 
six larges replis irréguliers fermant incomplètement l'entrée 
du gésier. VEremiaphila possède un jabot bien moins volu- 
mineux que celui des espèces précédentes : c'est un organe 

A»N. se. BAT. ZOOL. V, 3 



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M L. ■•BOAS. 

fusiforme qui occupe le mélalhorax, la première partie de 
l'abdomen el loge, dans sa région postérieure, un gésier ru- 
dimentaire. 

Le gésier deVffie/-oduiaôiocu/aia{\. PI. 111, fig. 2), comme 
celui de toutes les espèces appartenant à la famille des Man- 
lidie, est très atrophié et présente, presque partout, une 
structure h peu près uniforme. Chez l'espèce eu queslion, le 
bord antérieur de l'organe est irrégulier et porte six bourre- 
lets noirâlres dus à des replis chilineux parallèles et presque 
demi-circulaires, à la suite desquels viennent d'autres replis 
de même nature el analogues h ceux des Manies. Chaque 
massif ou bourrelet esl séparé de son voisin par une faible 
dépression longitudinale, au fond de laquelle existe une petite 
dent chitineuse recourbée en forme de hache. A la suite de la 
dent vient un petit tubercule hémisphérique recouvert par 
UQ épais massif de soies chilineuses. L'organe se continue 
par un pédoncule cylindrique très court qui le rattache à la 
partie antérieure de l'intestin moyen. — La Stagmaloplera 
possède un gésier (V. PI. III, fig. 7), bien plus développé que 
celui des espèces précédentes : les colonnes chilineuses y 
sont plus nettes et les dents plus apparentes. Sa face interne 
est séparée du jabot par un rebord annulaire pourvu de six 
bourrelets, subdivisés eux-mêmes en plusieurs replis secon- 
daires dont le nombre varie de quatre à six. Les bourrelets 
principaux sont séparés par des dépressions peu profondes, 
à base étroite, dépourvues de tigelles chilineuses et ne por- 
tant que de microscopiques soies cornées. Vers la partie 
moyenne de l'organe, dans la dépression dont nous venons 
de parler, se dresse une dent chitineuse, de même forme 
que celle des espèces précédentes, mais beaucoup plus forte. 
Elle est disposée en forme de hache et présente son bord 
tranchant vers l'axe du gésier. Son extrémité libre esl re- 
courbée en crochet très acéré et sa face inférieure concave 
porte, sur ses bords latéraux libres, de tînes denticulatîons 
chilineuses. A la suite de cette dent vient une plage sétigère, 
allongée parallèlement à l'axe du gésier, de forme rectan- 



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APPAREIL DIOESTIF DES ORTHOPTÈRES. 35 

gulaire et légèrement bombée. Elle est recouverle de longues 
soies chitiaeuses, simples ou bifides h leur sommet, étroite- 
meol serrées entre elles, parrois concrescentes et formant, 
dans ce cas, un tubercule analogue à une dent (V. PI. III, 
fig. 7). Ces soies, très nombreuses au-dessous et à peu de 
distance de chaque dent chitineuse, finissent par diminuer 
peu h peu et par disparaître au-dessus de chaque valvule qui 
Terme î'orilice intestinal de l'appendice du gésier. Au-dessus 
de la zone pilifère et dans l'espace compris entre deux dénis 
et les étroits sillons qui les surmontent exi.stent, avons- 
nous dit, de quatre k six bourrelets secondaires séparés par 
de faibles dépressions longitudinales. Ces bourrelets secon- 
daires sont parcourus par d'étroites baguettes chitineusi-s, 
analogues à celles des espèces précédentes, très irréguliferes, 
ramifiées dicbotomiquement et recouvertes de soies très 
courtes. Ces baguettes vont converger dans la dépression 
comprise enire chaque dent et ne forment bientôt plus que 
deux lamelles entourant une zone fusiforme portant de nom- 
breuses soies parfois libres, mais parfois soudées entre elles 
et formant, dans ce cas, une petite denlicute (a). Telle est, 
sommairement décrite, la structure interne du gésier des 
Stagmalop/era {\ . PI. III, fig. 7). Extérieurement, l'organe 
se confond avec le jabot, et rien n'indique la séparation de 
ces deux parties du tube digestif. L'organe se continue par 
un pédoncule très court, pourvu d'un bourrelet ovoïde trans- 
verse et s'unit à l'extrémilé antérieure de l'intestin moyen, 
dans l'axe duquel il se termine par un tubercule hémisphé- 
rique, muni à Kon sommet d'un orifice étoile limité pur 
six valvules. Au point où le pédoncule se détache du jabol, 
existe un ganglion du système stomato-gastnque, duquel 
partent de nombreux filaments qui vont se ramifier à la 
partie médio-supérieure de l'appareil digestif. 

Le géxier 6e VEremiaphila tleiUtcollis (V. PI. III, fig, 3) 
n'est représenté extérieurement que par un court pédoncule 
cylindrique allant se fixer h la partie antérieure de l'intestin 
moyen. Son origine, confondue avec l'extrémilé postérieure 



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du jabot, est munie d'uD orifice circulaire irrégulier, pourvu 
d'un bourrelet jouant le rôle de valvule. Les parois internes 
de ce gésier, de même que celles de son pédoncule posté- 
rieur, sont ii peu près semblables h celles que nous avons 
observées chez VHierodula, avec cette différence pourtant, 
que les dents sont un peu moins acérées, moins volumi- 
neuses, et que les colonnes sétigères sont moins étendues. 

L'inteslin moyen de VHierodula est court, légèrement 
courbé et porte, à son origine, huit longs appendices intes- 
tinaux cylindriques et flexueux, analogues à ceux des Bht- 
lidœ et en particulier de la Btabera (V. PI. III, fig. 2). L'or- 
gane, après avoir décrit un coude, présente à son extrémité 
un léger repli annulaire suivi d'un bourrelet. C'est sur ce 
bourrelet, origine de Vintestïn terminal oupostérîeur, que vien- 
nent déboucher de 70 à 80 tuàex de Malpighi. L'intestin ter- 
minais, un diamètre beaucoup plus étroit que Forgane pré- 
cédent; ses parois sont plus épaisses et parcourues par des 
replis longitudinaux internes. A sa partie terminale, un 
sphincter circulaire, généralement irrégulier, le sépare du 
rectum, expansion ovoïde ne présentant aucune particularité 
remarquable. 

Uintestin mot/en de la Slagmalojitera predicatoria présente 
à peu près la même l'orme extérieure que celui de l'espèce 
précédente, mais il en dtfTère par le mode d'embouchure 
des cxcumx intestinaux. Ces appendices, au nombre de huit, 
s'ouvrent dans de profonds diverticules séparés les uns des 
autres par des lamelles musculaires qui vont se perdre peu 
à peu au point où commence la portion cylindrique de l'in- 
testin. Le reste de l'appareil est de tout point semblable à 
celui de VHierodula (V. PI. Ml, fig. 5). 

V Eremiaphi/a denticollis possède un tube digestif cylin- 
drique, tlexueux, recevant à son origine les diverticules ou 
appendices intestinaux aa nombre de huit (V. PI. III, fig. 3). 
Ce sont des tubes longs, flexueux et irréguliers, disposés en 
couronne autour de la portion terminale du jabot. L'organe 
décrit une demi-circonvolution avant de s'unir à Vintestïn 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 37 

terminal, à l'origine duquel existe UQ bourrelet circulaire sur 
lequel viennent s'ouvrir les tudes de Malpigki. Ces glandes 
comprennent de 60 à 70 tubes filirormes qui s'insèrent tantôt 
régulièrement, tantôt, au contraire, se groupent en faisceaux 
de 3 ou 4 tubes. Chaque filament glandulaire présente un 
léger renflement ovoïde au moment de s'ouvrir sur le bour- 
relet compris entre les intestins moyen et postérieur. Ce 
renflement terminal des tubes de Malpighi de VEremiapkiia 
constitue une particularité que nous n'avons rencontrée 
encore chez aucune autre espèce d'Orthoptère. Vintestin 
postérieur^ séparé de l'intestin moyen par un bourrelet valvu- 
laire interne, décrit un tour complet et présente six bande- 
lettes longitudinales dues à des replis épithéliaux internes. 
Il se dilate à son extrémité postérieure pour former un 
reclum ovoïde, pourvu de six bandelettes fusiformes équi- 
distantes(V. PI. III, fig. 3, R). 

En RÉSUME, ra/);HzreiV(/i^?j///desMANTiD.E est caractérisé 
par sa forme rectiligne, en rapport avec celle du corps de 
l'insecte, par l'énorme développement du jabot et par la ré- 
duction considérable des intestins moyen et postérieur. Il 
n'y a d'exception que pour le genre Eremiaphila, dont l'in- 
testin est allongé et décrit une circonvolution complète. 
Chez toutes les espèces de cette famille, les glandes sali- 
vaires sont très développées et constituées par plusieurs 
grappes enveloppant complètement ou en partie la portion 
terminale de l'œsophage ou l'extrémtlé antérieure du jabot. 
Le gésier est un organe tout à fait rudimentaire présentant 
une structure interne très compliquée. Il porte, comme 
principaux appendices internes, six petites dents chitîneuses, 
aplaties et crochues. A l'origine de l'intestin moyen vien- 
nent déboucher hiiit cœcums ou appendices intestinaux. En 
un mot, l'appareil digestif des Muntid» présente, dans son 
ensemble, de nombreux rapports avec celui des Blattidse. 



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CHAPITRE IV 

APPAREIL DIGESTIF DES BLATTID.ï:. 

(V. PI. ni, fig. 1, 4 et 8; P). IV, fîg. 1 à 9; PI. V, fig. I 
et 4.) 

Beaucoup de zoologistes se sont occupés de Yappareil 
digestif des Blattid^. Sans aualyser leurs travaux d'une 
façon complète, nous allons signaler, en quelques mots, 
les principaux auteurs, avec les titres de leurs mémoires. 
Parmi les Entomologistes qui, à des points de vue diffé- 
rents et parfois d'une façon secondaire et accessoire, ont 
parlé de l'organe de la digestion des Blattes, nous ne pou- 
vons passer sous silence Bash (I) (1838), Chi'n (2) (1876), 
Plateau (3} (1874), Jousset de Bellesme (4) (1875), 
ScHiNDLER (5) (1878), Cholodkowsky (6) (1881), etc. Plus 
récemment encore, Miall et A. Denny (7) (1886), repre- 
nant les travaux de leurs devanciers et résumant les résul- 
tats de leurs recherches, ont fait une monographie très 
intéressante de la Periplamta orienlalis. Citons enfin les re- 
marquables et très importants travaux embryogéniques du 
0' R. Heymons concernant les Bîatta, les Perip/aneta, les 
/îariilus, les Gryllus, etc. 

Nous avons étudié un grand nombre d'espèces, tant 

(1) IJnteriuchimgen uber dai Chylopûftischc und Vrûpoétische System der 
Biatia nrientalis (Kais. Akad. der Wisseosch. Bd. X!(M[I, 1858). 

(2) Veber den Bau, die EtUwick., undpkysiol. Bede». der Reelaldrùsen lifi 
dm ImekUn [Abh. der Senkenb. Natarfors. Gesell. Bd. X, 1876). 

(3| Beeherches sur tes phénomines de la digestion chei (es Insectes (Méra. de 
l'Acad. roj. de Belgique, I. XL!, 1874). 

(4) Bectùrchei expérimentales tur la digestion den Insectes et en partieulie' 
•k la Blatte. <8T5. 

(3) Beitràge lur Kenntniss der Ualpigki'sckeii Gefâase der Insehien [Zeils. f. 
Wjss. Zool. Hd. XXX, 1878). 

(6) Ivr Frage iiber den Bau und Uber die Innenution drr SpeicheldrUsen dvr 
BlatUden (Hora; Soc. Entomol. Rossi, t. XVI, <S8t)- 
(") The structure and live-kistory of Ihe Cockroac/t, 1886. 



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APPAREIL DlGESTll' DES ORTHOPTÈRES. 39 

exotiques qu'indigènes, appartenant à la famille des Blat~ 
lidiB et avons, en outre, parmi les innombrables variétés de 
formes que présente l'appareil digestif, ramené cet organe 
à une forme type à laquelle se rattachent foules les autres. 
— Les principales espèces soumises à notre examen sont : 
Biatta germanka (L.), Bl. maderse (L.), Periptaneta onen- 
talù (L.), Per. americana{h.), Per. australasise (Fabr.), Epi~ 
lampra gracilis (Brunn.), Polyzosteria limbata (Burm,), 
Ptmesthia javanka fServ.), Heterogamia xgypiiaca (L.), 
Blabera gigantea {Sloll}, Blabera alropos (Stoll), etc. Le 
chapitre concernaol l'appareil digestif des Blattidx sera 
divisé en plusieurs sections et se terminera par des con- 
sidérations générales et comparatives de cet organe dans 
la famille tout entière. Dans nos divisions, nous suivrons les 
degrés successifs de complication de l'ensemble de l'appareil 
et du gésier en particulier. 



PREHI&RB SECTION. — Epilampra gracilis et Panesthia 

JavaDica. 
(V. PI. IV, llg. 9 ; PI. V, fig. 4 et 5.) 

Un des traits les plus caractéristiques de Vappareil diges- 
tif de VEpilampra, consiste dans le mode d'embouchure 
des tubes de Malpighi, la longueur considérable de l'œso- 
phage, la réduction du jabot, l'atrophie presque complète 
du gésier, la dilatation sphéroïdale du rectum et la forme 
boursouflée et plissée que présente la première partie de 
l'intestin postérieur (V. PI. V, fig. i). Tous ces caractères 
sont si particuliers et si différents de ceux que vont noue 
présenter les autres espèces, qu'il est nécessaire de don- 
ner, de chaque partie de l'organe, une description détail- 
lée. Parmi les modifications, celles qui dominent et impri- 
ment à l'appareil un cachet si particulier et si typique, 
c'est la forme atrophique du gésier et la disposition des 
tubes de Malpighi. Grâce aux caractères si nets que nous 
présentent ces deux sortes d'organes, nous avons le point 



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40 I.. m»MDA«. 

de départ et la série complète des modifications qu'éprou- 
vent ces deux parties de l'appareil digestif dans l'impor- 
tante famille des Blattidse. — La Paneslkia est pourvue 
d'un organe digestif présentant, dans son ensemble, à peu 
près les mêmes caractères que celui des Blaàera que nous 
allons décrire dans la suite, mais il en difTère pourtant 
par la forme du jabot et par l'atrophie h peu près com- 
plète du gésier. 

Le phari/nx de VEpilampra est court, aplati transver- 
salement et sert d'insertion à une série de faisceaux mus- 
culaires disposés symétriquement, par rapport à l'axe de 
l'organe, en deux séries allant se fixer aux parois latérales 
céphaliques. 

L'œsophage de la même espèce, contrairement à ce qui 
existe chez les Blattes et les Périplanètes, est excessive- 
ment allongé. Il alfecte la forme d'un tube cylindrique 
occupant, au-dessus de la chaîne nerveuse thoracique, le 
prothorax et le mésothorax. Vers sa partie antérieure, il 
est complètement enveloppé par de nombreux faisceaux 
glandulaires consliluaol les glandes saiwaires, lesquelles, 
par la disposition de leurs acini et la disiribulion de leurs 
canaux excréteurs, affectent des dispositions semblables à 
celles des autres Blaltidx (V. PI. V, fig. 4). L'organe s'élar- 
git progressivement et se continue, sana ligne de démarca- 
lion apparente, avec le Jabol. — L'œsophage de la Panes- 
thia, également fort long, s'étend jusqu'au tiers antérieur 
du mésothorax. 

Le jabot de VEpilampra est relativement restreint et 
n'occupe que les régions centrales du mélathorax et du 
premier segment abdominal. C'est un organe irrégulier et 
symétrique, présentant une large boursouflure latérale. 
Ses parois externes sont lisses, mais les internes sont mu- 
nies d'une séries de fines strialions longitudinales. Il se 
rétrécit ensuite progressivement et se continue par un 
pédoncule tronconique qu'on peut considérer comme le 
dernier vestige du gésier, — Le jabot de ta Panesthia java- 



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APPAREIL DIGËSTIK DES ORTHOPTÈRES. 41 

nica est large, aplati transversalement et présente, comme 
celui de l'espèce précédente, un volumineux renflement 
latéral. 

Le gésier de VEpilampra est lout à fait rudimentaire. 
Toute trace de denticulations chitineuses a disparu, et il 
ne reste plus, comme dernier vestige de l'armature masti- 
catrice, si développée chez les Blattes et les Périplanètes, 
que six colonnettes musculaires, très courtes, jouant le 
rôle de valvules à l'oriRce postérieur du jabot (V. PI. IV, 
Bg. 9). Ces colonneltes charnues parcourent le gésier dans 
toute sa longueur et vont même, en se resserrant à mesure 
qu'elles se rapprochent de l'orifice postérieur de l'organe, 
former une sorte de seconde valvule fermant l'extrémité 
terminale du très court appendice qui se prolonge dans 
l'axe de l'intestin moyen. Les Blatiidx constituent une 
famille très intéressante en ce sens qu'elles vont nous per- 
mettre de suivre les degrés successifs de complication du 
gésier et nous faire assister ainsi aux séries de transforma- 
tions par lesquelles passe cet organe pour arriver à la 
structure relativement compliquée qu'il présente chez les 
Périplanètes et les Blattes. — La forme du gésier des 
Panesthia est lout à fait caractéristique : c'est un organe 
présentant son maximum d'alrophie (V. PL V, fig. 5). Il 
n'existe pour ainsi dire plus, a presque totalement disparu, 
et le tube court et cylindro-conique qui unit l'intestin au 
jabot peut seul être considéré comme le dernier vestige de 
cette portion du tube digestif. Pourtant, un examen attentif 
nous permet de reconnaître les parties essentielles consti- 
tutives de l'organe. Ces parties consistent en un bourrelet 
annulaire antérieur et en plusieurs bandelettes musculo- 
chiiineuses dirigées d'avant en arrière et séparées par de 
larges sillons parallèles. Leurs parois, beaucoup plus épaisses 
que celles du jabot, sont constituées par deux couches mus- 
culaires superposées. Sur leur face interne, six bourrelets 
longitudinaux, derniers vestiges des colonnettes chitineuses 
de l'armature maslicatrice des autres Orthoptères, sont \k 



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42 !.. BOBDAS. 

pour altesler la nalure de l'organe. A l'origine de cha- 
cune d'elles, un peu en arrière de l'orifice postérieur du 
jabol, se dressent six petits tubercules coniques et pyra- 
midaux , restes des grosses dénis chilineuses que nous 
allons décrire chez les Blattes et les Périplanètes (V. PI. V, 
fig- 5)- 

Vinteslin moyen de VEpilampra débute par une portion 
élargie, ampullairc, à l'origine de laquelle viennent dé- 
boucher les appendices intestinaux. Jusqu'ici , nous n'en 
avons rencontré que huit, mais, chez l'espèce actuelle, on 
en compte neuf ou dix (1), de longueur variable. Ce sont 
des tubes cylindriques, dont certains atteignent 12 à 
13 millimètres de longueur, tandis que d'autres dépassent 
n peine 5 millimèlres. Ils sont terminés, à leur extrémité 
libre, les uns par un bourrelet arrondi, les autres par une 
pointe amincie et d'autres enfin, par un mince filament 
. recourbé. L'organe se continue ensuite en diminuant de 
diamètre et en décrivant deux circonvolutions. A l'origine 
de l'intestin terminal, viennent déboucher les tuàes de Mal- 
pighi qui, dans le genre que nous étudions. atTectent une 
disposition très caractéristique. Au lieu de s'ouvrir suivant 
une ligne circulaire, ils se disposent en trois touffes (2), 
espacées les unes des autres et débouchant au sommet de 
petits tubercules creux qui sont dus à des évaginations 
latérales internes de la portion antérieure de l'intestin ter- 
minal. Chaque tubercule correspond donc à un diverlicule in- 
testinal, de forme conique. Les faisceaux ou touffes compren- 
nent chacun de 30 à 40 tubes : ce qui porte leur nombre 
à 100 ou 120 environ. On peut, en outre, considérer cette forme 
comme une transition entre le mode d'embouchure que pré- 
sentent les tubes de Mnlpighi chez les GryUotalpa et celui 

(1) Ce nombre dj> n'est pas constant, car, sur d'autres échantillons sou- 
mis h. notre examen, nous en avons trouvé tanli^t huit et tantdt neuf. On 
peut donc dire que leur nombre, variable chez rRpilampra, est compris 
entre huit et dix. 

(2) Le nombre des touiïes est toujours Oxe : J'en ai constamment reucon- 
tré trois dans toutes les espèces que j'ai disséquées. 



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APPAREIL. DIGESTIK DBS ORTHOPTÈRES. 43 

qu'ils aflecteat chez les Blaltidœ. SupposoQs, en elTet, que 
le tube excréteur commun ou uretère des Gryllidie se ré- 
duise de plus eu plus, on arrivera Boalemeat à un court 
pédoncule, dilaté à son sommet, analogue à l'un quelconque 
des tubercules des Epilampra (V. PI. V, fîg. 4). 

A la suite de l'intestin moyen vient Vinteat'm postérieur, 
débutant par un tube cylindrique très court, lequel se di- 
late brusquement et forme une masse irrégulière,boursouflée, 
ptissée extérieurement et recourbée presque à angle droit. 
Ces boursouflures externes donnent à l'organe l'apparence 
qu'aiTecte le gros intestin des Vertébrés. Les plissements 
externes déterminent, à l'intérieur, des bourrelets presque 
circulaires, séparés par des sillons parallèles, correspondant 
aux bosselures externes. Le canal se continue par un tube 
légèrement plissé, dirigé d'avant en arrière, presque en 
ligne droite. Au dernier segment abdominal, l'organe se di- 
late brusquement en une masse sphérique constituant le rec- 
tum. Ce dernier porte, comme chez tes autres espèces, six 
replis ou épaississements longitudinaux très courts, ana- 
logues aux glandes rectales des Hyménoptères. Chez la 
Partesthia javanica, les intestins moyen et postérieur pré- 
sentent à peu près les mêmes caractères que chez l'espèce 
précédente, et sont remarquables par leur longueur et les 
circonvolutions qu'ils décrivent. 

DItUXiftMB SECTION. — Blabera gtgantca et Blabera atropos. 

(V, PI. m, flg. l,i et8; PI. IV, fig.2.) 

Les Blabera atropos possèdent des glandes sat'tvaires dont 
le développement est intermédiaire entre celui des Acridi'idie 
et celui des GryUidœ. Elles occupent la région médiane tho- 
racique. au-dessus des ganglions nerveux, s'étendent jusqu'à 
la partie antérieure du mélathorax et comprennent trois 
grappes glandulaires : une grappe' médiane, recouverte par 
le tube digestif, et deux grappes latérales, direclement appli- 
quées contre les parois de la première partie du pharynx. 



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La grappe médiane est étalée, peu compacte et formée d'un 
grand nombre de lobules espacés el muais de canaux excré- 
leurs qui longent la paroi laléro-inférieure de l'œsopbage. 
' La consUtution et la forme des acini sont analogues à ceites 
des Locustidx. Quant aux grappes latérales, elles sont encore 
moins volumineuses et moins compactes que la grappe in- 
férieure el leurs lobules moins espacés. Chacune d'elles 
est pourvue d'un canal excréteur qui, après avoir contourné 
l'œsophage, va s'ouvrir dans un des canaux inférieurs. Ces 
derniers finissent même par se fusionner en un seul conduit 
débouchant dans le réservoir salivatre. Celui-ci affecte la 
forme d'un long tube cylindrique plissé et à diamètre ir- 
régulier. Le reste de l'organe présente les mêmes carac- 
tères que ceux que nous allons décrire chez les Péripla- 
nètes. 

h'appareil digestif de la Blabera giganlea est caractérisé 
par l'énorme développement du jabot, ta réduction considé- 
rable et l'atrophie du gésier, ainsi que par la longueur et 
les nombreuses circonvolutions que présentent les intestins 
moyen et postérieur (V. PI. IV, fig. 2). Chez la Blabera 
atrofios, le tube digestif présente à peu près la même cou- 
formation que dans l'espèce précédente et les tubes de 
Malpighi sont groupés en un faisceau unique (V. PI. III, 

fig. 1). 

Le pharynx et Yœsophage des Blabera sont courts et cy- 
lindriques. Le dernier va progressivement en s'élargissant et 
passe ainsi au jabot sans transition et sans ligne de démar- 
cation apparente. 

La Blabera giganlea possède un jabot volumineux et sacci- 
forme, à parois minces et transparentes, occupant toute la 
région médiane du thorax et la partie antérieure de l'abdo- 
men, jusqu'au troisième segment. Il repose sur le système 
nerveux, dont les ganglions sont concentrés dans la région 
thoracique et sur la grappe médiane des glandes salivaires. 
La face interne de l'organe est généralement lisse ou par- 
courue par de fines slrialions longitudinales. — Chez la 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 45 

Slabera atropos, le jabot est sensiblement aplati et asymé- 
trique par rapport & l'axe du thorax . Il est déjeté sur le côté 
et présente un boursouflement latéral. Sa paroi externe est 
tisse, mais l'inlerne présente une série de bandelettes longi- 
tudinales irréguliéres, plissées transversalement, feelonnées 
et séparées les unes des autres par des sillons parallèles. 
L'extrémité postérieure de l'organe présente un léger 
bourrelet portant une série de replis limitant un orifice très 
étroit. Ce bourrelet annulaire, qui se contracte ou se dilate 
au gré de l'animal, joue le rôle de valvule et règle le passage 
des aliments du jabot dans le gésier. 

Le gésier, ainsi que nous l'avons déj& constaté chez plu- 
sieurs genres de la Tamille des Blatlidœ, est, chez ta Bla- 
bera gigantea, extrêmement simple {V. PI. IV, fig. 2). Il 
affecte la forme d'un petit corps ovoïde mesurant à peine 
3'*, 5 de diamètre et soudé directement à la partie posté- 
rieure du jabot. Les parois de l'organe sont peu épaisses 
comparativement à celles des aulres espèces de l'ordre des 
Orthoptères. Elles sont pourvues de deux couches muscu- 
laires et présentent, à leur intérieur, six plissements longi- 
tudinaux, de forme triangulaire, dirigés d'avant en arrière 
et séparés par de larges sillons parallèles. Le fond de ces 
sillons porte un bourrelet peu accentué. C'est au sommet 
des replis dont nous venons de parler que se dressent les 
dents destinées à effectuer la Irituralion des aliments. Cha- 
cune d'elles occupe l'origine du repli ou bourrelet musculeux 
que nous avons décrit et affecte la forme d'un petit tubercule 
cbilineux, légèrement concave, à pointe acérée, de couleur 
noir foncé et dirigée en arrière (V. PI. III, fig. 8). Laté- 
ralement, ce tubercule dentiforme présente quelques pointes 
très courtes. De chaque côté de la pointe médiane existent 
deux autres tubercules, généralement courts et de forme 
triangulaire. A la suite de chaque dent vient le repli rectan- 
gulaire dont nous avons parlé. Cetle armature masticatrice 
est tout à fait rudimenfaire comparativement à celle des 
Gryllidte et se rapproche, par plus d'un côlé, de celle que 



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46 Mi. BOBDA«. 

nous avoDs décrite chez les Ferficiila el les Anechura. L'ori- 
fice postérieur est très étroit et se trouve fermé par une 
valvule à six branches, dont chacune d'elles n'est que le 
prolongement d'un bourrelet du gésier. Ce dernier est 
rallaché à la partie antérieure de l'Inlestin moyen par un 
pédoncule cylindrique très court. Le génier de la Blabera 
alropos [V. PI. Ht, Bg. 4) est tout à fait rudimentaire. Il se 
confond avec la portion postérieure rétrécie du jabot et se 
présente sous forme de pédicule, légèrement ronflé en son 
milieu, servant ainsi de pont entre l'intestin moyen el le 
jabot. Au point de vue de sa structure, on constate pourlant 
une certaine différence avec ce dernier organe : ses parois, 
en effet, sont beaucoup plus épaisses et parcourues inté- 
rieurement, suivant sa longueur, par six colonnes ou replis 
musculaires épais, séparés les uns des autres par de larges 
dépressions. C'est à la partie antérieure do ces longs bourre- 
lets internes et tout près de la valvule circulaire qui limite 
rorifice postérieur du jabot, que se dressent six petites 
dents, une à l'origine de chaque bourrelet {V. Pi. 111, tig.4}. 
Ces petits tubercules chilineux sont encore moins développés 
que chez la Blabera gigantea. Ils affectent la forme d'une 
petite curette, concave en arrière, convexe en avant, munie 
d'une pointe médiane recourbée en crochet et de deux 
pointes latérales très coui'tes. A la partie antérieure du 
jabot, dans la large mais peu profonde dépression qui sé- 
pare deux bourrelels consécutifs, se dresse un bourrelet in- 
termédiaire dont la longueur atteint à peine la moitié de 
celle que présentent les six replis principaux dont nous ve- 
nons de parler. Enfin, comme dans l'espèce précédente, le 
gésier se prolonge, dans l'axe de l'intestin, par un pédun- 
cule, longde 2 à 3 millimètres, dont la disposition est de 
tout point comparable à celle des Blattes et des Péri- 
planètes. 

Les Blabera giganiea possèdent un intestin mogen unique- 
ment localisé dans une partie fort restreinte médio-abdomi- 
oale (V. PI. IV, fig. 2). C'est un organe cylindrique, lisse 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 47 

extérieurement el décrivant trois circonvolutions à direction 
presque perpendiculaire à l'axe du corps de l'insecte. C'est 
à son exlrémilé antérieure que viennent déboucher, suivant 
une ligne circulaire, huit appendices inteslinatix, fort longs, 
mais beaucoup plus étroits que ceux des Polyzosteria dont 
nous allons parler au paragraphe suivant. Leur longueur 
est des plus variables : les uns alteignenl jusqu'à 2 centi- 
mètres de long, tandis que d'autres mesurenf à peine 8 mil- 
limètres. Les circonvolutions intestinales sont très serrées, 
très compactes el n'occupent qu'un espace fort restreint de 
l'abdomen. De l'intestin moyen de la Blabera alropos, nous 
n'aurons que fort peu de chose à dire, attendu que sa 
structure et sa disposition sont à peu près identiques <i 
celles de l'intestin de la Blabera gigantea. Son exlrémilé 
antérieure est élargie et reçoit huit appendices intestinaux 
longs, minces et flexueux. L'organe décrit ensuite trois cir- 
convolutions et se trouve séparé de l'intestin postérieur par 
un bourrelet annulaire, jouant le rôle de valvule. 

Les tuàes de Malpighi de la Blabera t/igantea, au nombre 
de 50 à 60, viennent déboucher k l'extrémité antérieure de 
l'intestin lerminal et forment une touiïe très serrée enve- 
loppant la dernière partie des circonvolutions de cet organe 
(V. PI. IV, fig. 2). Leur mode d'embouchure dans l'intestin 
est lout à fait caractéristique et bien dilTérent de ce qui 
existe chez la plupart des autres Blattidœ. Ces organes, en 
effet, au lieu d'être disposésen plusieurs faisceaux, ont leurs 
points d'embouchure concentrés suivant une plage régulière, 
ne comprenant que les 2/5 environ de la circonférence in- 
testinale. — Chez les Blabera alropos, c'est sar une partie du 
bourrelel situé à l'origine de l'intestin terminal (V. PI. III, 
(ig. 1) et sur un espace ovoïde et très restreint que viennent 
déboucher les tubes de Matpighi. Or, dans ce genre, on 
peut constater deux dispositions qui sont également intéres- 
santes l'une et l'autre : tantôt, en effet, tous les tubes vont 
s'ouvrir directement sur un tubercule aplati et ovoïde, mais 
très court; tantôt, au contraire, on constate l'existence de 



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deux divertîcules, à sommet conique, sur les faces desquels 
débouchent les organes urinaires, disposés ainsi en un double 
faisceau. Quelquefois aussi, deux tubes de Malpighi, avant 
de s'ouvrir dans l'intestin, se soudent en un tube unique 
très court. Cette disposition, fort instruclive, peut être 
considérée comme une forme intermédiaire entre le mode 
d'embouchure qu'affectent les tubes uriques chez les Gryllidx 
et chez les Blattidx dont nous allons maintenant nous occuper 
(Blattes et Périplanèles). 

h'intestin postérieur de la Blabera gigantea, dont la lon- 
gueur est presque égale à celle de l'intestin moyen, com- 
prend trois parties nettement distinctes quant à leurs di- 
mensions, et qui sont : i' une partie antérieure, cylindrique 
et sinueuse ; t° une région médiane, faisant suite à la pre- 
mière, élargie, boursouflée extérieurement et plissée à l'in- 
térieur; et 3' une porlion terminale ovoïde, consliluanl le 
rectum. Ce dernier organe est précédé d'un pédoncule an- 
térieur très étroit qui se continue avec la région médio- 
intestinale boursouflée. A la surface du rectum exisleot six 
bandelettes longiludinales, fusiformes, qui sont, ainsi que 
nous l'avons déjà dit, les homologues des glandes rectales 
des Hyménoptères. 

En HËSUMÉ,ce qui caractérise l'appareil digestif des £/a- 
àera, c'est l'énorme développement du jabot, la forme simple 
el rudimenlaire du gésier, avec l'atrophie presque complète 
de l'appareil masticaleur ef les divisions très nettes qu'aifecte 
l'intestin terminal : portion antérieure, sinueuse, courte et 
rélrécie, el portion postérieure renflée, plissée et fusiforme. 

TROISIftHE SECTION, — Polrsosteria limbata. 

(V. PI. IV, flg. 1,5 et 8.) 

Nous avons également étudié Vappareil digestif d'une 
Blattid^, la Polyzosteria limbata, de taille gigantesque 
comparativement à nos espèces indigènes. Cet échantillon 
avait les dimensions suivantes : longueur, 62 millimètres ; 



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\PPAIIE(L DIGESTIF DBS ORTHOPTÈRES. 49 

largeur, prise au deuxième segment abdominal, 22 milli- 
mètres. Le tube digestif, complètement développé, mesurait 
127 milliraèlres de long. Chez cette espèce, l'organe de la 
digestion reproduit, dans ses grands traits, celui des Blat- 
lidœ en général et surtout des Blabera. Il ditîère pourtant 
de celui des Périplanèles par la longueur considérable de 
l'intestin moyen, la réduction de l'iatestin terminal et par la 
forme toute particulière qu'affectent les cœçums ou appen~ 
dicex intestinaux^ qui sont, en général, très longs et dont la 
plupart atteignent un diamètre égal aux 2/3 de celui de 
l'intestin moyen (V. PI. IV, fig. t). 

h&pharynx est excessivement réduit comparativement aux 
autres parties du tube digestif. C'est un organe aplati, de 
forme trapézoïdale, à parois épaisses et musculaires, sur 
lesquelles viennent s'insérer de nombreux muscles destinés 
& le maiotenir dans une position Hxe. 

'Uœsophage, comme dans toutes les autres espèces, est un 
tube court et peu apparent, compris entre le jabot et te 
pharynx. Sa structure est à peu près identique à celle de ce 
dernier. 

Le jabot atîecte la forme d'un vaste réservoir piriforme 
occupant les 2/3 antérieurs de la capacité Ihoracique. Il est 
situé au-dessus du système nerveux et de lagrappe médiane 
des glandes salivaires. Les gros faisceaux musculaires mo- 
teurs des appendices thoraciques l'entourent latéralement. 
Il se dilate progressivement d'avant en arrière et n'atteint 
son diamètre maximum qu'à l'origine du métathorax. Ses 
dimensions diminuent ensuite et l'organe finit par ne plus 
constituer qu'un court pédicule terminal se rattachant au 
gésier. Ses parois externes sont lisses et les internes pré- 
sentent une série de fines striations longitudinales irrégu- 
lières, anastomosées entre elles et séparées par des sillons 
parallèles peu 'profonds. 

A la suite du jabot vient le gésier, organe puissant et ad- 
mirablement conformé pour la mastication des aliments. 
{V. PI. IV, fig. 5). Il a, comme chez les espèces (Blattes et 

AUN, se. XAT. ZOOL. V, 4 



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SO !•■ BOBBAK. 

Périplanëles) que nous allons étudier maintenaol, la forme 
d'un cône à sommet dirigé en arrière. La base est irrégu- 
lièrement circulaire et légèrement concave. Sa face externe 
est à peu près lisse, mais présente, vers sa partie moyenue, 
un sillon circulaire peu profond qui semble la diviser 
en deux parties : l'une antérieure tronconique et l'autre 
postérieure conique. C'est au milieu de la base que vient 
s'insérer un court, mais large tubercule faisant suite au 
jabot. La paroi interne de ce pédoncule est pourvue d'une 
série de replis qui vont converger vers un bourrelet mar- 
quant l'origine du gésier. Cet organe est, chez la Polyzos' 
teria, bien plus développé et plus complexe que celui des 
Blabera ; il présente cependant un certain nombre de carac- 
tères qui, dans leur ensemble, rappellent ceux des Blattes, 
tnais qui en diffèrent pourtant par la puissance extraordi- 
naire et la conformation de leur armature masticatrice. Les 
parois du gésier comprennent une double couche très épaisse 
de libres musculaires, et c'est sur la coucbe interne que sont 
appliquées six fortes dents disposées en cercle suivant six 
séries longitudinales. Chaque dent affecte une forme pris- 
matique et est pourvue d'un bord tranchant, tourné vers 
l'axe du gésier. La forme de ce bord varie à l'infini et pré- 
sente, tantôt l'apparence d'une lame régulière et tranchante, 
tantôt celle d'une lame courbe ; tantôt, au contraire, ce bord 
est pourvu d'une série de tubercules droits, crochus ou re- 
courbés en forme de bec de perroquet. Ces dents reposent 
sur la paroi interne par une large base rectangulaire et sont 
recouvertes d'une épaisse couche chitineuse de couleur noir 
foncé. Au-dessous de chacune des dents que nous venons de 
décrire, et séparé d'elles par une profonde dépression trans- 
versale, existe de même un gros tubercule musculaire, à 
sommet élargi et plissé (V. PI. IV, fig. 5). Entre deux dents 
consécutives, la paroi interne supporte une Série de tigelles 
cornées, rectîlignes, non adjacentes les unes aux autres et 
comparables aux denlicules que nous allons décrire chez les 
Blaftes, mais beaucoup moins accentuées que chez ces der- 



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APPAREIL DIQBSTIF DES ORTHOPTÈRES. 51 

nières. En résumé, ce qui domine dans la structure du gé- 
sier des Polyzosleria et ce qui en fait un appareil masticateur 
et broyeur de premier ordre, c'est la présence et la confor- 
mation des six dents que nous venons de décrire. Grftce à 
elles et aux nombreux faisceaux musculaires qui constituent 
la paroi de l'organe, les substances alimentaires envoyées 
par le jabot sont triturées en menus morceaux et deviennent 
aptes k être imbibées par les sucs digestifs sécrétés par Tin- 
teslin moyen. Soumises aux actions chimiques de ces sucs, 
elles sont finalement absorbées. 

L'extrémité postérieure du gésier est pourvue d'une val- 
vule étoilée à six branches et se continue par un appendice 
cylindrique qui se prolonge dans l'axe de la partie antérieure 
de l'intestin moyen, affectant ainsi la forme d'un tube co- 
nique très court. Nous allons retrouver, chez les Péripia- 
nèles, cette disposition tout à fait remarquable. 

Le trait caractéristique de Vinlestin moyen des Polyzos~ 
leria limbala (V. PI. IV, fig. 1), c'est sa longueur, ses nom- 
breux replis et sa forme régulièrement cylindrique. A sa 
partie antérieure viennent déboucher les huit appendices in- 
testinaux, si typiques et si remarquables chez les Blattidae. 
Ceux de la Polyzosleria sont remarquables par leur longueur 
excessive, certains mesurant jusqu'à 3 ccntimëtres. Ils sont 
cylindriques, sinueux et d'inégale dimension. Leur embou- 
chure dans t'inleslin moyen se fait à la même hauteur et 
suivant une ligne circulaire. La structure de ces appendices 
est identique à celle de la première partie de l'intestin 
moyen. Ils comprennent deux couches musculaires el une 
membrane interne glandulaire. Leur face externe est par- 
courue par de nombreux faisceaux trachéens. Le reste de 
rinleslin moyen affecte la forme d'un lube à peu près uni- 
formément cylindrique et à parois lisses. Il décrit trois cir< 
convolulions, dont les deux dernières sont recouvertes par 
des touffes de tubes de Malpighi. Ces derniers, insérés & 
l'origine de l'inlestin terminal, sont généralement courts, 
minces, flexueux et groupés en six faisceaux disposés en 



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S2 1.. BMDAS. 

cercle autour de l'inlesUn. Cette disposition plurifaaciculée, 
que nous alloDs retrouver chez les Blattes et les Périplanètes, 
n'est pas constante dans la famille que nous étudions. Nous 
avons vu, en effet, que chez les Blabera, les Epilampra.etc, 
le nombre des faisceaux est beaucoup plus restreint. 

L'intesiin postérieur, séparé de l'intestin moyen par un 
bourrelet annulaire jouant le rûle de valvule, n'égale à peu 
près que le liera de ta longueur de ce dernier (V. PI. IV, 
fig. 1}. Sa première partie est cylindrique et étroite, mais 
elle ne tarde pas à se dilater et à former une masse ovoïde 
et courte où se rassemblent les détritus organiques destinés 
k être expulsés au dehors. C'est dans cette portion, au mi- 
lieu d'une masse de matières stercorales, que nous avons 
rencontré une grande quantité de Nématodes, longs de 12 à 
16 centimètres. L'organe se rétrécit de nouveau pour s'é- 
largir ensuite et former le rectum. Ce dernier, peu volumi- 
neux, va s'ouvrir au dehors par l'orifice anal, situé au-dessus 
de l'orifice génital et recouvert par une lamelle aplatie ter- 
minant le dernier segment abdominal. — En RÉSUME, ce qui 
caractérise l'appareil digestif des Polyzosteria, c'est la lon- 
gueur considérable de l'intestin moyen, de ses appendices 
antérieurs et la forme toute spéciale que présentent les 
dents du gésier, faisant de ce dernier organe un appareil 
masticateur d'une très grande puissance (V. PI. IV, 
fig. 1, Set 8). 

QDATRIÉHE SECTION. — Perlplaneta amerloana. 

P«r. orientalls. — P«r. atutraiftsi». — Blatta gaFinaittca. — 

Bl. madem, etc. 

(V. PI. IV, flg. 2, 3, 4, 6, -; PI. V, Hg. 1.) 

Glandes salivaires. — Plusieurs zoologisles, en faisant 
l'anatomie de quelques Orthoplères, ont décrit 1res succinc- 
tement les glandes salivaires des Blattidx. Pourtant, Ram- 
dohr et Marcel de Serres, qui les premiers ont publié des 
observations anatomiques sur la Blatta orientalix, ne parlent 
pas de ses organes salivaires. L. Dufour, en 1834 (V. M(- 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 53 

moires de r Académie des sciences, t. Vd, 1841) dit, en parlant 
(le la même espèce, que les glandes salîvaires consistent, 
pour chaque côté, en une double ou parfois triple grappe 
d'innombrables sachets ovataires d'un blanc opaloïde, plus 
ou moins conligus. De ces grappes, l'une, bien plus grande 
que l'autre, forme le corps principal de la glande et s'eo- 
foncejusque vers le milieu du thorax, au-dessous du canal 
alimentaire, of) elle est maintenue par d'innombrables tra- 
chées. Les canaux efTérenls se réunissent, avant de pénétrer 
dans la lêle, en un seul canal ou Ironc commun. 

Plus récemment encore, en 1887, Hofer Bruno a fait une 
étude très minutieuse de la structure des glaades salivaires 
do la Blatta germanica et de leur innervation. L'auteur a 
étudié, d'une façon toute spéciale, les muscles qui passent 
sous l'œsophage et servent k faire contracter les réservoirs 
salivaires. Il a fait ensuite, dans la seconde partie de son 
mémoire, l'histologie des glandes et cherché à connatlre le 
mécanisme intime de la sécrétion salivaire. 11 a consacré, 
en outre, plusieurs pages à l'étude de la distribution des 
nerfs dans les glandes et confirmé ainsi les observations de 
KupfTer, qui avait, le premier, constaté que les filets nerveux 
pénètrent réellement dans les cellules glandulaires. 

Dans l'étude que nous allons poursuivre, nous allons dé- 
crire sommairement les glandes salivaires de plusieurs es- 
pèces de Périplanèles {Periplanela ame/icana, Per. orienta^ 
lis, etc.), en nous attachant surlout à relever plusieurs 
erreurs, ainsi qu'un certain nombre de points d'anatomie, 
qui avaient échappé aux zoologistes précédents. 

Le% glandes sulicaires delà Periplanela americana{\ . PI. IV, 
(ig. 3) sont très volumineuses et acquièrent surtout leur 
maximum de développement chez les espèces femelles. 
Elles sont situées dans le thorax et forment trois faisceaux 
principaux entourant parfois complètement une portion de 
l'œsophage et l'extrémité antérieure du jabot. Parmi ces 
faisceaux ou groupes glandulaires, les plus importants sont 
ceux qui sont disposés latéralement et que nous allons tout 



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54 li. ■•HDAS. 

d'abord décrire. Les Faisceaux latéraux onl leur surface ex- 
terne légèrement convexe et ne présentant que fort peu 
d'irrégularités. Ils sont recouverls par du lissu adipeux et 
par les muscles moteurs des ailes et des pattes. Dans l'es- 
pace compris entre les deux premiers segments tboraciques 
{pro et mésot/torax), chacun d'eux émet un prolongement 
latéral passant au-dessus de l'œsophage et le recouvrant 
complètement sur une Taible étendue. La fusion des deux 
massifs glandulaires n'est jamais complète, attendu qu'il 
suffïl d'une légère traction pour les écarter. Les deux 
grappes glandulaires se séparent ensuite de nouveau, lais- 
sant encore à nu la face supérieure oesophagienne, et vont se 
terminer en languette à la partie antérieure du mélathorax. 
Il résulte de cette disposition que chaque lobe glandulaire, 
vu par sa face supérieure, présente la forme d'un losange 
très allongé. La face interne des grappes glandulaires laté- 
rales est concave et s'applique directement contre les parois 
de l'œsophage et celles du jabot. Cette face est lisse et ne pré- 
sente d'autres irrégularités que celles imprimées par les 
canaux excréteurs qui sont, sur ce côté, très apparents. Tous 
les conduits excréteurs partent du côté interne et vont s'ou- 
vrir directement dans un canal collecteur large et irrégulier. 
Ce dernier chemine sous le tube digestif, un peu au-dessus et 
sur le côté de la chaîne ganglionnaire nerveuse. Le côté in- 
terne du canal collecteur ne reçoit aucun conduit excréteur, 
sauf celui qui provient du lobule glandulaire médian, lequel 
va s'ouvrir à l'extrémité postérieure du canal, peu après sa 
sortie du massif sécréteur latéral. Les canaux collecteurs, 
au nombre de deux seulement, l'un droit et l'autre gauche, 
reçoivent^ chemin faisant, quatre ou cinq conduits efférents 
provenant des divers lobules de chaque grappe latérale. 
Arrivés dans la région médiane du prothorax, ils deviennent 
libres, prennent une forme régulièrement cylindrique et pé- 
nètrent dans la télé en passant sous un arceau cbitineux qui 
soulienll 'œsophage, lisse rapprochentensuitcl'un det'autre, 
se fusionnent et forment finalement un conduit unique très 



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APPAREIL DIGESTIF DBS ORTHOPTÈRES. 55 

court qui va s'ouvrir à la face supérieure du réservoir ou 
conduit elîérent impair, provenant de la fusion des deux ré- 
servoirs salivaires latéraux (V. Pi. IV, fig. 3). Les réservoirs 
salivaires sont constitués par des tubes allongés, tortueux, à 
parois minces et iransparenles, s'élendant au loin, en arrière, 
jusqu'au deuxième segment thoracique. Ils sont pourvus 
intérieurement d'une série d'anneaux chitineux qui leur don- 
nent l'apparence d'une grosse trachée. Liiurs dimensions 
sont plus ou moins considérables, suivant la quantité plus 
ou moins grande de salive qu'ils contiennent. Arrivés dans 
la région postérieure céphalique, ils se fusionnent et for- 
ment un réservoir unique qui va s'ouvrir en avant et à la 
partie inférieure de l'orilice buccal. 

Tube digestif {V. PI. V, fig. 1). — Le lube digestif Asi la 
Blaiia orientalis a déjà été très sommairement décrit par 
L. Dufour et par GrifGths. Ce dernier auteur s'est surtout 
occupé de la partie physiologique. La description qui va 
suivre, faite sur la Periplàneta americana et la Per. orien- 
tons, a pour but de rectifier certains points d'analomie qui 
ont échappé aux premiers zoologistes, et surtout de per- 
meltrede faire une étude d'ensemble de f organe de la di- 
gestion des Blaltidse. 

Le pharynx de la Periplàneta americana commence en 
avant des mandibules et présente la forme d'un lube cylin- 
drique, assez court, allant s'ouvrir dans l'œsophage, vers la 
partie postérieure de la tête. Ses parois sont épaisses, mus- 
culaires et présentent une face interne lisse en général, ou 
parfois parcourue par de légères stries longitudinales. La 
face externe est irrégulière et sert de point d'attache h. de 
nombreux muscles permettant d'effecluer facilement la con- 
traction ou la dilatation de l'organe. Les faisceaux muscu- 
laires postérieurs sont disposés circulairemenl sur une cer- 
taine étendue de la portion terminale du pharynx. L'appareil 
digestif de la Periplàneta orientalis présente à peu près la 
même disposition que celui de l'espèce précédente. Les 
glandes salivaires sont bien développées et constituées par 



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56 

deux grappes aplalies, ne recouvrant que les parois latérales 
de Tœsophage. Elles se réunissent sur la face inférieure du 
thorax, où elles forment une lamelle courbe, sur laquelle 
passe la portion antérieure du tube digestif. Ce qui caracté- 
rise surtout l'appareil salivaire de la Blatte, c'est l'énorme 
développement des réservoirs salivaires qui, chez l'espèce 
actuelle, présentent, à l'état de vacuité, la forme de deux 
tubes aplatis, à parois minces et transparentes. Leur extré- 
mité dislale, qui dépasse légèrement le bord postérieur des 
glandes, esl terminée par un cœcum iiémisphérique. 

Le pharynx et Vœsophage des Periplaneta orientalis ne 
présentent aucune particularité digne d'élre signalée. Ce 
dernier organe est pourtant, chez celle espèce, plus long 
que chez la Per. amerkana. 

h'œsophage de la Periplaneta amerkana est un tube court 
et cylindrique, servant de trait d'union entre le jabot et le 
pharynx. Sa paroi externe est lisse et recouverte par les 
faisceaux musculaires thoraciqueâ et par de nombreux tubes 
trachéens. Arrivé vers le tiers postérieur du prothorax, il 
s'élargit brusquement et se continue par le jabot. 

Le jabot est, sans conkredit, la partie la plus importanle 
et la plus volumineuse de l'appareil digestif des Péripla- 
nètes. C'est un sac allongé, piriforme. étalé latéralement et 
étendu du prothorax aux deux premiers segments abdomi- 
naux. Ses dimensions, variables suivant les individus, sont 
comprises entre 8 à 10 millimètres de longueur, sur 3 à 
5 millimètres de large. Son extrémité antérieure, dont le 
diamètre est tout d'abord le même que celui de l'œsophage, 
s'élargit brusquement et esl recouverle, de chaque côté, par 
les deux grappes latérales des glandes salivaires. Arrivé à la 
partie postérieure du mélalhorax, il se rétrécit brusquement 
et forme une sorte de pédoncule dont les dimensions sont 
égales au liers du plus grand diamètre du jabot. Ce pédon- 
cule, après un trajet de 2 à 3 millimètres, va s'unir à ta por- 
tion suivante du tube digestif appelée gésier. 

Les parois externes dujabot de la/*f/*. amerkana {V. PI. IV, 



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APPAREIL DIGESTIF DES OIlTHOPTÈRES. 57 

Bg. 4) sont lisses el parcourues par de nombreux tubes tra- 
chéens formant, à sa surface, une série souvent très étendue 
de riches arborisations. Indépendamment de sa couche épi- 
Ihéliale interne, la paroi comprend deux épaisseurs très 
nettes de fibres musculaires : une couche longitudinale et 
une couche circulaire, qu'on peut facilement séparer en 
laissant macérer l'organe dans l'eau pendant deux ou trois 
jours, ou bien en le faisant séjourner pendant quelque temps 
dans l'alcool. Mais, si la face externe est lisse et régulière, 
il n'en est pas de même de la face interne qui présente des 
irrégularités intéressantes à signaler (V. PL IV, fig. 4). Sa 
moitié supérieure est lisse et ne présente, en général, aucun 
repli, sauf dans sa moilié postérieure, où l'on voit apparaître 
quelques légers sillons longitudinaux, qui ne deviennent bien 
nets et apparents qu'à l'origine de la seconde moitié de l'or- 
gane. Ces plissements longitudinaux, au nombre de 60 à 80, 
s'accentuent de plus en plus à mesure qu'ils se rapprochent 
du gésier et vont confluer veri> un rebord circulaire qui 
marque l'extrémité postérieure du jabot (V. PI. IV, fig. 4). 
Les replis sont irréguliers, sinueux et présentent entre eux 
de nombreuses anastomoses. Entre deux replis ou bourrelets 
consécutifs existe un sillon longitudinal, également très 
irrégulier. Les bourrelets et les sillons se resserrent à mesure 
qu'ils se rapprochent du gésier. Ils vont se terminer sur un 
léger bourrelet annulaire, à la suite duquel vient une rigole 
circulaire. C'est à l'origine de celte dernière que sont im- 
plantées six fortes dents, allongées et chilineuses, consti- 
tuant l'armature masticatrice du gésier. Dans l'espace com~ 
pris entre deux dents, existeni deux denticules triangulaires, 
disposées parallèlement, el dont le rôle, dans l'acte delà mas- 
tication, me parait assez effacé. Les fonctions physiologiques 
du jabot sont très restreintes, et l'organe se borne presque uni- 
quement à emmagasiner les aliments au fur et à mesure qu'ils 
sont pris par l'insecte et à régler leur passage dans le gésier. 
C'est dans ce dernier organe qu'ils sont broyés et triturés par 
le puissant appareil masticateur qui revêt ses parois internes. 



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hejabol de )a Periplanela orimlalis est moi as développé 
que celui de l'espèce précédente. C'est un organe pirifurme, 
à pointe tournée en avant, et dont la grosse lubérosilé est 
dirigée en arrière. Il se continue par un très court, mais 
large pédoncule allant se fixer au gésier. Les parois externes 
du jabot sont tisses quand l'organe est distendu par les ali- 
ments ; mais, à l'état de vacuité, elles présentent une série 
de plisloDgiludinaux. La Tace interne est sinueuse et munie 
de nombreuses stries séparées par des bourrelets irrégu- 
liers et anastomosés entre eux. 

Le gésier de la Periplanela americana (V. PI. IV, fig. 4 
et 6), qui Tait directement suite au jabot, est un organe 
bien moins volumineux que ce dernier dont la sépare un 
sillon annulaire. Il est situé dans le troisième segment 
abdominal et présente les dimensions suivantes : longueur 
5 millimètres, et diamètre transversal de 4 à 5 millimètres. 
Sa forme est conique, avec base dirigée eu avant et som- 
met tourné en arrière. Ses parois sont épaisses, muscu- 
laires et leur face interne est garnie d'une puissante ar- 
mature masticatrice composée de six dents, dans les 
intervalles desquelles existent six paires de denticules apla- 
ties, accouplées deux à deux et soudées entre elles par 
leur bord interne. Chaque dent repose, sur les parois du 
gésier, par une base rectangulaire et porte, en général, sur 
son bord libre, trois tubercules. Chacune d'elles présente 
une coloration jaune pâle vers sa base; mais celte colora- 
tion s'accentue progressi vendent jusqu'à l'extrémité, où 
elle prend alors une teinte noir foncé. Ces dents, au nom- 
bre de six, sont disposées en couronne autour de l'or- 
gane. La forme de chacune d'elles est celle d'un tronc de 
prisme triangulaire, à face supérieure presque normale 
à la paroi interne du gésier et à face postérieure oblique 
h cette même paroi. Chaque dent a environ 1 millimètre 
de longueur sur trois quarts de millimètre de large. Elle 
présente, h sa partie supérieure, un long tubercule coni- 
que, large à sa base et poïotu à son sommet. Au-dessous 



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APPAREIL DIGESTIF DBS ORTHOPTÈRES. S9 

de ce dernier existent deux autres tubercules semblables, 
mais beaucoup plus petits. Ils lout situés dans un même 
plan antéro-postérieur que le premier et suivant une ligne 
extérieure à l'Iioriionlale passant par le sommet du gros 
tubercule. Les cinq autres dents sont de tout point sem- 
blables à celle que nous venons de décrire, et l'ensemble 
est disposé suivant un anneau circulaire, situé vers la base 
du gésier. La grosse dent chilineuse, dure et résistante, 
dont nous venons de parler, est séparée, par une profondi; 
dépression cunéiForme, d'un bourrelet conique, sorte de 
dent musculaire recouverte, sur sa face supérieure, d'une 
mince enveloppe cornée. Ce second tubercule a la forme 
d'une pyramide conique et présente à considérer trois 
faces : une face supérieure et deux faces latérales trian- 
gulaires. La première envoie vers le centre, ou axe du 
gésier, un petit appendice chitineux et recourbé en forme 
de bec de perroquet. Au-dessous de ce tubercule ou dent 
secondaire, existe une nouvelle dépression semblable à la 
précédente, mais bien moins profonde, suivie d'un nou- 
veau tubercule allongé, cunéiforme, présentant son bord 
tranchant vers l'axe du gésier e( disparaissant peu à peu 
à mesure qu'il se rapproche de l'appendice cylindrique 
qui se prolonge dans l'axe de la partie antérieure de l'in- 
testin moyen. II résulte, de cette disposition, que nous 
avons sur chaque rangée, en allant d'avant en arrière, 
trois sortes de dents, dont l'antérieure, extrêmement puis- 
sante, dépasse de beaucoup en dimension les deux sui- 
vantes, qui ne doivent jouer, dans l'exercice de la masti- 
cation, qu'un rôle tout à fait secondaire. Ces dents, séparées 
par de profondes dépressions, présentent, dans leur ensem- 
ble, la forme d'un coin allongé horizontalement et dont 
les dimensions vont en diminuant d'avant en arrière. De 
plus, le côté élargi du coin repose sur la face interne du 
gésier, tandis que l'angle dièdre opposé est tourné vers l'axe 
du même organe. 

Les denticules (V. PI. IV, fig. 6) n'ont, au point de vue 



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60 Ma. bordai». 

de la tnaslicalion, qu'une imporUnce tout à fait secondaire. 
Elles sonl accouplées deux par deux el placées daos les 
dépressions comprises entre deux dents. Elles sont consti- 
tuées par de petites lamelles chitineuses triangulaires, 
aplaties et accolées sur leur ligne médiane. Cliacune d'elles 
comprend de nombreuses lamelles soudées entre elles et 
présentant une série de dépressions longitudinales. Elles 
s'étendent du bourrelet circulaire supérieur à la dépression 
annulaire située au-dessous de la première dent chitineuse. 
li résulte de cette disposition si caractéristique que pré- 
sente le gésier, que cet organe porte, sur la totalité de sa 
paroi interne, une forte armature chilineuse, rappelant 
assez bien, par sa puissance masticatrice, le moulin gastri- 
que de l'Écrevisse. — Quand l'insecte est au repos, les di- 
verses pièces que nous venons de décrire et qui sont dis- 
posées suivant six rangées longitudinales, convergent vers 
l'axe de l'organe, de sorte que les dents ne laissent entre 
cites qu'un étroit espace limité extérieurement par les den- 
licules. Pendant la digestion, les masses chitineuses. mues 
par la puissante musculature du gésier, accomplissent di- 
vers mouvements (verticaux et transversaux) et triturent 
les substances alimentaires que déverse sans cesse le 
jabot. On peut, sans peine, assimiler les deux organes, 
jabot et gésier, à un moulin, le jabot représentant ta Iré- 
mie et le gésier la meule ou l'appareil mécanique des- 
tiné à écraser te grain. En un mot. le gésier constitue, chez 
Icâ Périplunètes, un puissant organe de mastication, don) 
le fond postérieur présente un orifice irrégulier, qui com- 
prend six tubercules, limitant une cavité étollée, par où 
les aliments, sullisauiment triturés, passent dans l'intestin 
moyen (V. PI. IV, fig. i et 6, et PI. V, lïg. i). 

La portion terminale du gésier se continue par un tube 
court, pénétrant dans l'axe de l'intestin moyen sur une 
longueur de S à 3 millimètres. Il constitue, de la sorte, une 
espèce d'appendice vermiforme, comparable à celui que 
nous avons décrit chez les Hyménoptères, et qui a pour 



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APPAREIL DIGESTIP DBS ORTHOPTÈRES. 61 

fonclion d'empêcher le retour en avant (du côté du jabot) 
des aliments qui ont pénélré dans t'inlcslin. L'appendice 
terminal du gésier s'engage dans Fiatestin absolument 
comme le col d'un enlonnoir dans le goulot d'une bou- 
leille. Cette comparaison, bien que paraissant vulgaire, 
rend cependant bien compte de la disposition anatomique 
dont nous parlons. L'appendice a des parois épaisses, 
composées de plusieurs couches, qui sont : une couche 
interne, qui n'est que le prolongement de celte du gésier, 
et une couche externe, continuation de la paroi interne de 
l'intestin moyen. Celle disposition apparaît très nettement 
quand on exerce une traction sur le gésier, l'intestin moyen 
étant fixé. Dans ce cas, on efTeclue une déchirure suivant 
ta ligne d'insertion du gésier. En continuant la traction, 
on amène la séparation des deux couches de l'appendice, 
et on produit un pédoncule, double du premier, rattachant 
le gésier & l'intestin moyen. L'orifice situé à l'extrémité 
de l'appendice n'est nullement circulaire, mais rectangu^ 
laire et terminé par quatre valves, étroitement appliquées 
contre l'ouverture centrale qu'elles ferment hermétique- 
ment. L'appendice n'adhère pas à la paroi interne de 
l'extrémité antérieure de l'intestin moyen et en est séparé 
par un espace annulaire. 

Le gésier de la Periplaneta ortentalis est à peu près sem- 
blable à celui que nous venons de décrire. C'est un organe 
conique, se continuant, dans l'axe de l'intestin, par un court 
appendice recliligne. L'appareil masticateur, sans être aussi 
puissant que celui de l'espèce précédente, présente néan- 
moins la même disposition anatomique. 

Vinlestin moyen débute, chez la Periplaneta anicricana, 
à l'extrémité postérieure du deuxième segment abdominal. 
Il se dirige d'abord de gauche à droite, revient ensuite 
vers son point de départ, en se dirigeant vers la région 
postérieure de l'abdomen et en décrivant une courbe assez 
régulière. Arrivé dans la région médiane du corps, il s'unit 
à l'intestin postérieur. C'est un organe cylindrique, à parois 



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musculaires «épaisses, lisses exiérieurement el glandulaires 
à rintérieur. Le lube esl maintenu en place par de nom- 
breux faisceaux trachéens qui vont recouvrir également 
les appendices intestinaux, le gésier et le jabot. 

A l'origine de l'intestin moyen viennent s'ouvrir huit 
longs appendices appelés par L. Durour bourses ventricu- 
laires, et aftpendices pyloriques par un certain nombre 
d'autres zoologistes (V. PI. V, Hg. 1). Ces dénominations me 
paraissent défectueuses, attendu que ni le jabot, ni le gésier 
ne doivent être considérés comme les homologues de l'esto- 
mac; aussi, pour ne préjuger en rien sur ta nature de 
leurs fonctions, les désignerons-nous sous les noms de csb- 
cums ou d'apoendices inteslinaux. Ces organes ne sont, en 
effet, que d'énormes diverticules de la partie antérieure de 
l'intestin moyen. Ils affectent la forme de tubes cylindri- 
ques, de longueur variable (6 à 10 millim.}, à sommet obtus, 
el parcourus, sur toute leur surface externe, par de nom- 
breuses arborisations trachéennes. Ils s'ouvrent, à l'extré- 
mité antérieure de l'intestin moyen, dans l'espace annulaire 
compris entre la paroi et l'appendice du gésier, par un ori- 
fice étroit et circulaire. Leurs parois sont épaisses et pré- 
sentent une structure identique à celle de l'inlesLin moyen. 
Leur contenu est le même que celui de ce dernier organe 
et leur fonction doit être, sans doute, outre leur rôle diges- 
tif, de recevoir le trop-plein du contenu intestinal. Quant 
h leur insertion, elle se fait en des points équidislants, situés 
en arrière du gésier. 

L'inlestin moyen, appelé aussi ventiicule chylifique par 
L. Dufour, présente une longueur de 14 b 16 millimètres 
environ. Il est conslilué par un tube uniformément cylin- 
drique, à parois externes lisses, mais recouvertes par du 
lissu adipeux et parcourues par de nombreuses ramifica- 
tions trachéennes. L'organe se dirige d'abord en arrière. 
puis se recourbe en prenant une direction verticale el ar- 
rive enfin jusqu'à la face dorsale des quatrième et cinquième 
segments abdominaux. Puis, après avoir décrit un demi- 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. &'i 

cercle, en restant presque constamment dans un même 
plan vertical, il revient vers la face ventrale de l'abdomen, 
tout en conservant à peu près son même diamètre. 

Winiestin mot/en de ta Periplaneta orienfalU est un tube 
étroit, cylindrique, long de 12 à 15 millimètres, qui décrit 
d'abord une circonvolution de gauche à droite, enveloppant 
ainsi la portion médiane de l'intestin postérieur. À 1 milli- 
mètre environ de son origine, en arrière du gésier, viennent 
déboucher les tubes intestinaux qui présentent, comme 
dans l'espèce précédente, la forme de doigts de gant ter- 
minés en cœcums à leur extrémité. Ces tubes, de longueur 
variable, vont s'ouvrir isolément dans l'espace annulaire 
compris entre les parois internes de l'intestin et l'appendice 
qai Tait suite au gésier. 

Les tuées de JUaipighi, courts, capillaires, cylindriques, 
viennent s'ouvrir à l'origine de l'intestin terminal. Ces or- 
ganes, au lieu de s'insérer isolément sur l'intestin, se dis- 
posent en six faisceaux^ comprenant chacun de 1 5 à 20 tubes 
s'ouvrant au sommet d'un petit tubercule conique. Les six 
tubercules sont courts, coniques, à base élargie et provien- 
nent d'invaginations intestinales. Ils sont à peu près équi- 
distants les uns des autres et disposés en cercle autour de 
l'inleslin. A chaque tubercule correspond une petite cavité 
intestinale conique, bien visible à un fort grossissement, 
mais que les coupes mettent nettement en évidence. Cette 
disposition, si caractéristique, se retrouve chez la plupart 
des Orthoptères. Les organes uriaaires forment par consé- 
quent plusieurs faisceaux, recouvrant les portions médio- 
postérieures de l'intestin moyen et l'extrémité antérieure de 
l'intestin terminal. Au point de vue du nombre et de la 
forme, les tubes de Malpigbi des Périptanètes présentent 
une certaine analogie avec ceux des Hyménoptères. Pour- 
tant, chez ces derniers insectes, les organes uriaaires sont 
plus longs, plus grêles, plus flexueux et insérés, à l'origine 
de l'intestin terminal, suivant une ligne circulaire. Les tuÙes 
de Malpigki de la Per. orientalis sont constitués, comme 



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04 ■<• BORDAS. 

ceux de l'espèce précédente, par des Blaments loogs, ténus, 
flcxueux et disposés en six touffes recouvrant une partie de 
l'intestin moyen, les appendices intestinaux, le gésier et la 
portion postérieure du jabot. 

Vinteslin terminal ou postérieur débute, chez les Per.ame- 
ricana, par une portion étroite, cylindrique et fort courte. 
Son diamètre est moindre que celui de l'intestin moyen, el 
8H structure est, de même, Tort difTéreote. Après un trajet 
de 2 à 3 millimètres, l'organe se dilate presque brusque- 
ment et atteint, quand il est distendu par les aliments, un 
diamètre variant de 4 à 6 millimètres. Il se dirige d'abord 
dorsalement, en décrivant une courbe très courte, puis re- 
vient ensuite vers la face ventrale, où il se rétrécit progressi- 
vement pour se continuer alors avec l'intestin terminal. La 
première partie de l'organe présente des parois lisses el est 
pourvue de deux couches musculaires très nettes. A l'extré- 
mité antérieure de la portion élargie on constate l'existence 
d'un bourrelet interne, sorte de valvule circulaire, limitant 
un orifice régulier, et empêchant le retour des aliments dans 
l'intestin moyen. Vers sa partie terminale, on observe de 
légères striations longitudinales qui s'arrêtent brusquement 
à un bourrelet silué à l'origine du pédoncule postérieur 
unissant l' organe aurectum. Cessillonsvontselerminerbrus- 
quement, en des points équidistants, sur le bourrelet annu- 
laire dont nous venons de parler. Ils se ramifient en avant 
et déterminent une série de plissements rectilignes d'abord, 
puis irréguliers et anastomosés, produisant ainsi de nom- 
breuses alvéoles qui disparaissent peu à peu au fur et à 
mesure qu'on se rapproche de la partie antérieure. L'organe 
est constamment rempli de détritus alimentaires, dont les 
principes actifs ont été en partie absorbés par l'intestin 
moyen. Pourtant, la présence des replis semble indiquer 
que l'absorption doit s'effectuer encore dans cet organe. Vers 
sa partie terminale, l'intestin postérieur se rétrécit progres- 
sivement d'abord, puis brusquement, et se continue avec le 
rectum par un tube étroit, généralement vide de tout déiri- 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 65 

lus alimentaire. A son origine, le tube étroit dont nous ve- 
nons de parler présente un bourrelet annulaire, constituant 
une ligne de démarcation très nette entre l'intestin terminal 
et le rectum. Vintestin terminal de la Periplanela orientalis 
débute par une portion élroile, courte et cylindrique. L'or- 
gane se dilate ensuite brusquement et constitue un tube 
large, légèrement boursouflé, dirigé en arrière et uni au 
rectum par un éli*oit pédoncule. 

Le rectum de la Periplanela americana (V. PI, V, (ig. i) 
est uo organe ovoïde ou légèrement tubuleux, h parois 
épaisses et musculaires. Il est parcouru, sur toute sa lon- 
gueur, par six bandelettes longitudinales, équidistantes, rec- 
tangulaires et k extrémités émoussées. L. DuPour les consi- 
dère comme des faisceaux musculaires, dont les contractions 
servent & expulser au dehors les matières fécales ; mais 
une étude bistologique nous a montré que nous n'avions 
uniquement aCTaire ici qu'à des épaississements épithéliaux 
internes, formant des massifs analogues aux ^/onf/es rectales 
des Hyménoptères. Vers sa partie terminale, le rectum se 
rétrécit brusquement et porte un bourrelet circulaire, sorte 
de sphincter pouvant se relâcher et se contracter au gré de 
l'animal. Le rectum se continue par un tube très court qui 
se termine à l'anus. Ce dernier est situé au-dessus de l'ori- 
fice de l'appareil génital et au-dessous d'un court appendice 
cbitineux qui fait suite au dernier segment abdominal. Le 
rectum de la Periplaneta orientalis présente à peu près la 
même conformation que celui de l'espèce précédente. Son 
appareil digestif reproduit, dans ses grands traits, celui de 
la P. americana. Les différences, fort légères du reste, ne 
portent que sur le gésier, les appendices intestinaux, l'in- 
testin postérieur et la dislribulion des tubes de Malpighi. 

Appareil DIGESTIF DE LA Periplaneta AUSTRALASi^(Pabr.]. 
— L'appareil digestif de la Periplaneta australasiœ diffère 
de celui des deux espèces précédentes par plusieurs carac- 
tères portant principalement sur le gésier, les appendices 
intestinaux et les tubes de Malpighi. 



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Le pharynx est court, lubuleux ou légèremenl aplati 
traDsversalement et porte, vers la région postérieure de la 
têle, une série de muscles servant h le maintenir dans uoe 
position Bxe. 

Vœsopkage est constitué par un tube cylindrique, d'un 
diamètre un peu inférieur à celui du pharynx. Arrivé vers 
le tiers postérieur du prothorax, l'organe se continue, avec 
le jabot, presque sans ligne de démarcaliân. 

Le jabol, par sa forme générale, diffère sensiblement de 
ceux de la Periplaneta americana et de la P. orientatis. 
C'est un organe allongé, fusiforme, à parois externes lisses 
et parcourues par de nombreux faisceaux Irachéens. La 
face interne est, comme celle des espèces précédentes, 
creusée de nombreux sillons longitudinaux, presque régu- 
liers en arrière, mais ramifiés et anastomosés en avant. Ici, 
on n'observe pas les légers renflements latéraux que nous a 
présentés le jabot de l'espèce précédente. Un pédicule 
large, mais très court, unit le jabot au gésier. 

Le gésier de la P. auslralasix, de forme conique, est situé 
dans le tiers antérieur de l'abdomen. Il est presque entière- 
ment enveloppé, soit par les appendices intestinaux, soit par 
les tubes de Malpighi. Ses parois externes sont épaisses et 
musculaires, et sa face interne est pourvue d'une puissante 
armature masticatrice formée de six rangées de dents cu- 
néiformes, présentant transversalement deux sillons circu- 
laires. Entre chaque rangée de dents existent deux denlicules 
triangulaires, aplaties et pourvues de plusieurs stries longi- 
tudinales. Ces denlicules sont soudées par leur bord interne. 
Le gésier, comme celui des espèces précédentes, constitue 
un appareil broyeur de premier ordre et bien supérieur, 
comme puissance, à celui que nous ont présenté la plupart 
des autres Orthoptères [ForficuUdx, Phasmidœ et Maniiilx). 

L'inleslin moyen des P. auslralasix est formé par un tube 
allongé, cylindrique, décrivant un cercle complet de gauche 
adroite et enveloppant ainsi l'intestin terminal. A son ori- 
gine, viennent s'ouvrir tes huit appendices intestinaux. 



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APPAREIL DIGESTIF DBS ORTHOPTÈRES. 67 

courts, tubuleux et terminés en cul-de-sac à leur extrémité 
libre. 

Les luèes de Malpighi^ qui débouchent à l'origine de l'in- 
testin terminal, sont beaucoup plus longs que ceux de la 
P. americana. Ils forment plusieurs faisceaux inextricables, 
recouvrant une partie du jabot, le gésier et les circonvolu- 
tions intestinales. 

L'intestin terminal ne présente aucune particularité. Seul, 
le rectum diffère sensiblement, par sa forme, de celui de 
l'espèce précédente. C'est un organe fusiforme, à parois 
épaisses parcourues par six bandelettes longitudinales cons- 
tituant les glandes rectales. 

Appareil digestif de la Blatta germanica (L.) et de la 
Bl. MADEBiE (L.). — L'appareil digestif des Blattes présente 
de grandes analogies avec celui des Périplanètes : il en dif- 
fère cependant par* un certain nombre de caractères qu'il 
est nécessaire de signaler et portant principalement sur le 
gésier, les appendices intestinaux et les tubes de Malpighi. 

Le pharynx et Vœsophage ont à peu près la même confor- 
mation que ceux des Périplanètes. Quant au jabot, il est, 
chez la Blatta germanica, très volumineux et occupe la plus 
grande partie du thorax. C'est un organe ovoïde et à parois 
minces. Il est presque cylindrique à son origine, mais il s'é- 
largit peu à peUj devient volumineux et remplit la presque 
totalité du métathorax. Ses dimensions diminuent ensuite 
progressivement au moment où l'organe va se fixer au gésier. 
Un sillon circulaire est compris entre les deux parties du 
tube digestif et indique leur ligne de séparation. La paroi 
externe du jabot est lisse et l'interne parcourue par de 
légères striatious longitudinales, moins nettes et moins ac- 
centuées que chez les Périplanètes. 

Le gésier des Blattes a la forme d'une cupule conique, à 
base élargie et à sommet dirigé vers la portion antérieure 
intestinale. Ses parois externes sont légèrement plissées et 
pourvues d'une puissante couche musculaire. A l'intérieur 
existent six grosses dents chitineuses, comparables de tout 



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poinl à celles des Périplanètes, mais beaucoup plus fortes, 
eu égard aux dimensions plus exiguës du corps de l'insecle. 
Ces dents onl la forme de prismes triangulaires à bord libre 
tourné vers le centre de l'organe, et présentant, d'avant en 
arrière, deux ou trois tubercules. Les grosses dents chiti- 
neuses, très acérées, jouent un rdle considérable dans l'acte 
de la mastication et sont uniquement chargées de broyer les 
aliments. Elles sont disposées circulairemenl vers la base 
du gésier et séparées l'une de l'autre par des dépressions 
longitudinales au fond desquelles existent des denticules 
aplaties et striées. A la suite de la première dent chitineuse 
vient, dans chaque colonne, un repli musculeux, recouvert 
d'une lamelle cornée, constituant, de la sorte, une dent se- 
condaire. EnHn, le gésier se continue, dans l'axe de l'intestin 
moyen, par un appendice cylindrique très court. 

Vinleslin moyen des Blattes est un organe tubuleux qui 
décrit une circonvolution complète et reçoit, à son origine, 
les orifices des huit appendices intestinaux. Ces derniers 
sont beaucoup moins réguliers, quant h leurs formes et à 
leurs dimensions, que ceux des espèces précédentes. Les 
parois externes de l'intestin sont lisses et les internes lé- 
gèrement plissées. 

Les iube-t de Malpighi sont, chez les Blattes, moins longs 
et moins nombreux que chez la Periplanela americana. Ce 
sont des tubes cylindriques, ténus, allongés, tlexueux. dis- 
posés en six faisceaux séparés et enveloppant une partie de 
l'intestin moyen et du gésier. 

Vinle-tiin terminal des Blattes comprend deux portions : 
une partie antérieure, étroite et cylindrique, faisant directe- 
ment suite à l'intestin moyen, et une partie postérieure, très 
élargie, boursouflée et plissée extérieurement. Elle est pres- 
que toujours remplie de détritus alimentaires qui lui 
donnent une coloration noir foncé. A la suile existe un nou- 
veau rétrécissement suivi d'une dilatation ovoïde, consti- 
tuant le rectum. 

Comme on vient de le voir, le tube digestif des Blattes est 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 69 

caractérisé par le volume considérable du jabot, par la dis- 
position des appendices intestinaux et surtout par les nom- 
breuses circonvolutions que présentent les intestins moyen 
et postérieur. L'organe, complètement élalé, dépasse deux 
fois la longueur du corps de l'insecte. 

RÉSUME. — L'appareil digestif des diverses Blatta et 
Periplaneta est surtout remarquable par ses circonvolutions 
et par sa longueur qui atteint ou dépasse même deux fois 
celle du corps de l'insecte. 

Les glandes salivaires sont formées par plusieurs grappes, 
entourant complètement ou en partie l'œsophage et la por- 
tion antérieure du jabot. Elles sont constituées par des acini 
sphériques qui comprennent, outre l'enveloppe extérieure, 
une coucbe épithéliale limitant une petite cavité interne. 
Chaque acinus se continue par un canalicule excréteur très 
court. Les canaux efTérents comprennent deux tubes cylin- 
driques, llexueux, qui vont s'ouvrir dans un large conduit 
commun, débouchant en avant de l'orifice buccal. De ces 
glandes, dépendent deux volumineux réservoirs salivaires. 
Les divers canaux eiîérenls, ainsi que les canalicules, sont 
pourvus à l'intérieur d'un épaississement cbitineux spirale. 

Le pharynx est court et légèrement aplati. Vœsophage est 
cylindrique et plus ou moins allongé suivant les diverses es- 
pèces. Le jabot a la forme d'un large sac, en général bour- 
souflé latéralement et étendu jusqu'à la partie antérieure de 
l'abdomen. Ses parois externes sont lisses et les internes 
plissées longiludinalemenl vers la partie postérieure. Cet 
organe s'unit au gésier par un pédoncule cylindrique très 
court. Le géùer est de forme conique, à base tournée en 
avant ; ses parois sont épaisses et revêtues intérieurement 
d'une puissante armature masticatrice chilineuse, compre- 
nant des dents très puissantes, disposées suivant six colonnes 
longitudinales. L'organe se continue, dans l'axe de l'inlestin, 
par un court pédoncule. Vinleslin moyen, qui porte à son 
origine fiuit longs appendices ou caecums intestinaux, est un 
tube cylindrique décrivant plusieurs circonvolutions. Les 



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tubes de Malpighi sont groupés en six faisceaux à l'origine de 
l'intestin terminal. Ce dernier, sinueux, comprend une partie 
antérieure étroite et cylindrique, une partie moyenne 
élargie et boursouflée et un rectum ovoïde. Sur les parois 
du rectum existent six épaississements épiihéliaux internes, 
disposés longitudinalemenl et constituant des organes ho- 
mologues aux glandes rectales des Hyménoptères. 



CHAPITRE V 

APPAREIL DIGESTIF DBS ORTROPTËRES DE LA FAMILLE DES 
ACRIOIID^. 

(V. PI. V. fig. 2, 3, 6, 7, 8 et 9; PI. VI, fig. \ à 10, 
et PI. VII, lig. \ à 6). 

Nous avons étudié Xappareil digestif d'environ vingt- 
cinq espèces appartenant à la famille des Acridiid^; el, 
bien que l'organe présente à peu près partout la même dis- 
position, il oiïre, d'une tribu à l'aulre, des différences 
assez considérables. Aussi, allons-nous diviser notre chapi- 
tre en cinq sections correspondant aux cinq principales 
tribus. Nous allons commencer par les espèces dont l'appa- 
reil est le plus simple pour arriver graduellement fi celles 
chez lesquelles il présente une plus grande complicallon. 

1' Tribu des Pyrgomorphin^. — Pxcilocerus (Serv.) et 
Pyrgomorpka grylloldes (Serv.) {V. PI. VI, (ig. 1). — L'ap- 
pareil digestif des Orthoptères composant la tribu des Pyr- 
gomorphinœ est très simple et présente les caractères sui- 
vants : lube droit, dépourvu de circonvolulions dans sa 
partie terminale, jabot fusiforme, cœcums intestinaux 
volumineux, intestin moyen court et cylindrique, tubes 
de Malpighi très nombreux, longs et capillaires, inteslin 
postérieur mince et droit et rectum à peu près ovoïde. Tous 
ces caractères se retrouvent dans les principales espèces 
composantcette tribu, les i**/r^omOTy)A(i, les /•««/()«««, etc.; 



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APPAREIL DIGESTIF DBS ORTHOPTÈBES. 71 

aussi, pour ne pas nous répéler, allons-nous prendre, 
comme type de notre description, l'appareil digestif de 
Psecilom-m (V. PI. VI, fig. i). 

Chez le Pxcilocerus, le lube digestif est rectiligne et par- 
court, sans circonvolutions, l'axe du corps de l'Insecte. 

Le pharynx est large et court. L'œsophage, également 
court et cylindrique, est localisé presque en totalité dans 
la région céplialique. Ses parois sont épaisses et striées 
longitndinalement h l'intérieur. L'organe présente, à sa ré- 
gion postérieure, un repli annulaire marquant sa limite de 
séparation avec le jabot. 

Lejaàol du PœcUocents est allongé, fusiforme et ne pré- 
sente, dans le mésothorax, qu'un léger renflement, à la 
suite duquel le reste de l'organe est légèrement conique. 
Ses parois internes portent à la face ventrale, deux 
longs replis longitudinaux, limitant entre eux un espace 
reclan^ulaire surmonté de deux bandelettes, desquelles 
parlent d'autres replis presque annulaires, situés dans des 
plans perpendiculaires à l'axe du corps. La membrane 
chitineuse interne est 1res mince et ne présente, le long des 
rephs, que des pointes cornées tout & fait rndimentaires 
et irrégulièrement disposées, tandis que chez les Œdipo- 
dinae les denticulations internes sont dures et très acérées. 
L'organe est maintenu en place par de nombreux fitets 
trachéens qui se ramifient & sa surface. Son extrémité pos- 
térieure porte un léger renflement hexagonal, dernier ves- 
tige du gésier. 

L'intestin moyen est court, droit et presque uniformé- 
ment cylindrique. Ses parois sont d'un blanc mat et consti- 
tuées par deux couches de fibres longitudinales et de fîbres 
circulaires. A l'exlrémilé antérieure de l'organe viennent 
s'ouvrir les cœcums intestinaux, qui, dans l'espèce actuelle, 
sont assez volumineux. La portion antérieure est fusiforme, 
à extrémité libre, amincie et arrondie, la moyenne est 
élai^ie et l'inférieure presque cyHndrique. Chaque c»cum 
«st parcouru, d'avant en arrière, par un nombre variable 



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72 b. IWBOAS. 

de bourrelets ou replis internes; de plus, chacun des cae- 
cums antérieurs se prolonge en arrière par un appendice 
cylindrique, mince, dont la longueur n'égale que les deux 
tiers environ de celle de l'appendice antérieur. Les deux 
appendices vont s'ouvrir dans une sorle de vestibule très 
court qui débouche à l'exlrémilé de l'inlestin moyen par 
UD orifice ovale, placé immédiatement au-dessous d'une val- 
vule séparant l'intestin du jabot. 

Vinleslin postérieur est mince, droit et a une longueur 
égale à celle du précédent. Ses parois sont épaisses et pré- 
sentent, à l'intérieur, de nombreux replia longitudinaux, 
laissant entre eux des sillons parallèles très étroits. Les 
tubes de Malpighi, au nombre de 100 à 120, forment plu- 
sieurs faisceaux dont les uns entourent presque complè- 
tement l'intestin moyen, tandis que les autres, moins nom- 
breux, courent le long des parois de l'intestin poslérieur 
(V. PI.Vl, rig. 1). 

Le rectum, séparé de l'organe précédent par une valvule 
annulaire, est ovale, à parois épaisses et présente six larges 
épaississements glandulaires, séparés les uns des aulres par 
des sillons très élroils. 

2' Tbebu des Acridun*. — Acridium peregrinum ou Sckis- 
tocerca peregr'ma (Oliv.), Acrtt/. spedosmn (Thumb.), Calop- 
tenus italiens (Lin.). — (V. PI. VI, (ig. 2, 3 et 4.) 

La structure et la forme de l'appareil digestif de VAai- 
dium peregrinum sont très simples. L'organe se rappro- 
che, par bon nombre de ses caractères, de celui des Œdi- 
poda, mais il en diffère cependant par la forme absolument 
droite de l'intestin terminal, par la disposition des tubes de 
Malpighi et celle des appendices intestinaux, et enfm par 
la structure interne du jabot. 

L^ pharynx et Vœsophage ne présentent aucune particu- 
larité et sont, de tout point, comparables à ceux des Œdi~ 
podinx (V. la suite du chapitre). 

Le j'aàot (V. PI. VI, (ig. 4) est allongé, fusiforme, ren- 
flé en avant et entouré, dans sa moitié postérieure, par 



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APPAREIL DIOBSTIF DES ORTHOPTÈRES. 73 

les ciecuma iolesUnaux. Ses parois sont épiiisses et pour- 
vues de deux couches musculaires très apparentes. A l'in- 
lérteur existe une membrane chitineuse présentant de nom- 
breux replis, à direction variable suivant la région de 
t'organe. Dans la moitié antérieure, il existe, k la face 
venlrale, une plage rectangulaire limitée de chaque côté 
par un sillon surmonté d'un bourrelet (V. PI. VI, fig. 4). 
Cette plage est sillonnée, d'avant en arrière, par des replis 
peu apparents et porte, en avant, un petit nombre de 
pointes chitineuses. Des bourrelets latéraux portent de 
nombreux replis, à direction transversale, à sommets min- 
ces et lamelleux, séparés par des sillons parallèles. Dans 
la région médiane du jabot, la direction de ces replis 
change brusquement et devient longitudinale, c'est-à-dire 
parallèle à l'axe de l'organe. Ces replis, après avoir pris 
leur nouvelle direction, deviennent plus nombreux, plus 
serrés et portent une multitude de pointes ou denticules 
chitineuses très acérées. Cette seconde partie du jabot, 
grâce à sa structure, joue le râle du gésier des autres 
Orthoptères et exerce sur les alimenls l'action d'un appa- 
reil triturant, d'une rftpe. Les divers bourrelets ou replis 
chilineux se groupent, à leur extrémité postérieure, en six 
faisceaux qui vont chacun converger entre les branches 
aniérieures d'une denticulation chilineuse disposée en forme 
de Y. Les trois branches de cette denticulation sont dues 
à des replis de la membrane interne. Quant aux branches 
posiérieures impaires de cette espèce de valvule, elles sont 
séparées par de larges dépressions parallèles. Telle est la 
structure interne que nous présente le Jabot de VAcridium 
peregrintim. Le reste de l'appareil digestif de cet Orthoptère 
(cfficums intestinaux, intestins moyen et postérieur, tubes 
de Malpighi et rectum) n'offre rien de particulier à signaler 
et afTecle la forme générale que nous allons décrire chez les 
Œdipodinx (V. la suite du chapitre). 

L'appareil digestif de la nymphe (jeune individu) d'Am- 
tHum peregrinum présente, avec celui de l'adulte, les plus 



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74 b. 

grandes analogies (V. PI. \l, fig. 2). Les seules dilTérences 
à signaler consistent dans la disposition des tubes de 
Malpighi, la forme de l'intestin postérieur et celle des 
cscums intestinaux. 

Vinteslin moyen est court, large et cylindrique. Il reçoit, 
à son extrémité antérieure, six cœcums intestinaux allon- 
gés, de forme conique et pourvus de plissements longitu- 
dinaux internes. Leur extrémité antérieure, qui est émous- 
sée et légèrement arrondie, porte un mince Blâment qui va 
se rattacher aux parois latérales du jabot, servant ainsi 
aux cKCums de tige fixatrice. Ce Blâment musculaire Bxa- 
teur, toujours accompagné d'un ou de plusieurs tubes tra- 
chéens, existe chez beaucoup d'Acridiens, mais n'est nulle 
part aussi nettement visible que chez les nymphes d'Acri- 
dium peregriiium (V. PI. VI, fig. 2). 

L'intestin postérieur comprend deux parties différentes 
de forme. La première est cylindrique et la deuxième, ré- 
trécîe et recourbée en demi-cercle, va rattacher l'organe 
au rectum. Cette différence morphologique correspond éga- 
lement h des différences de structure interne. La portion 
antérieure est pourvue d'une douzaine de bandelettes mus- 
culaires aplaties, tandis que la suivante porte des saillies 
bien accentuées, séparées par des sillons parallèles. 

Le rectum est ovoïde et assez semblable k celui de 
l'adulte. 

Vappareil digestif du Cahptenus ilalicm présente à peu 
près les mêmes caractères morphologiques que celui des 
Œdipoda, de r(£dipoda mlniata entre autres (V. la suite 
du chapitre). Les différences les plus importantes portent 
sur le jabot qui est plus court, sur les appendices intes- 
tinaux et sur l'intestin moyen, qui est droit et très mince 
{V. PI. VI, fig. 3). 

Le pharynx et VmopAage sont courts, épais, musculeux 
et striés intérieurement. 

ht jabot, ainsi que sa portion postérieure constituant un 
gésier rudimentaire, est localisé dans les deux premiers 



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APPAREIL DIOBSTIF DES ORTHOPTÈRES. 75 

segments Ihoracîques. Ses parois portent intérieurement de 
□ombreuses slrintions longitudinales et transversales, re- 
couverles par une membrane chitineuse, munie de petites 
pointes constituant des denticules cornées, tanlôt droites, 
tantôt crochues, à pointe dirigée en arrière. 

Les appendices intestinaux, au nombre de six, peuvent 
être considérés comme formés par des diverlicules de l'in- 
testin, de direction et de volume dilTérents. Les six prolon- 
gements antérieurs embrassent complètement l'extrémité 
terminale du jabot, et les six postérieurs recouvrent l'ori- 
gine de l'intestin moyen. Leur structure et leur forme sont 
à peu près identiques dans toutes les espèces, et leurs 
dimensions sont seules variables d'un individu à l'autre. 
Chaque diverticule antérieur est large à sa base, pointu et 
émoussé à son sommet et semblable à un doigt de gant, 
tandis que le diverticule postérieur, un peu moins long que 
l'antérieur, est beaucoup plus mince et plus flexucux que ce 
dernier. Les parois de ces appendices, pourvues de replis 
longitudinaux internes, présentent la même structure histo- 
logique que l'intestin moyen. 

Vinieslin moyen des Caloptenus (V. PI. VI, fig. 3) est 
court, tronconique, à parois minces, lisses extérieurement 
et plissées à l'intérieur. Un repli circulaire, correspondant 
à un bourrelet valvulaire interne, le sépare de l'intestin 
postérieur. C& dernier est long, mince et recliligne. Il 
porte h son origine de nombreux tubes de Malpighi, disposés 
en faisceaux formés par des tubes (itiformes, enveloppant 
de leurs replis tes diverses parties de l'appareil digestif. 

Quant au reclam, il est court, ovoïde et porte, à sa sur- 
face, six bandelettes musculo-épithéliales, constituant des 
bourrelets analogues aux glandes rectales des Hymé- 
noptères. 

3* Tribu des Pamphacin^ (V. Pi. V, fig. 6 et PI. VI, 
6g. 6 et 7). — Pamphagus elephas (Stâl). 

Vappareil digestif des Pamphagus diffère de ceux des 
Stenoboibrus et des Mecoslhetus par sa forme recliligne 



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76 L.. BOBDAS. 

el l'absence de courbure de l'inleslin postérieur ; mais, 
par contre, il se rapproche de celui des OËdipodina;. Des 
différences notables de structure, portant sur la portion 
terminale du jabot el sur celle du rectum, permellent cepen- 
dant de le séparer de celui de ces derniers et nous obligent 
d'en donner une description à part. 

Le pharynx et {'œsophage, qui font directement suite l'un 
à l'autre, ont la forme d'un tube à peu près cylindrique ou 
légèrement aplati transversalement, à parois musculaires 
fort épaisses. De leur surface externe se détachent de nom- 
breux faisceaux de muscles qui les maintiennent dans une 
position à peu près fixe et vont s'attacher aux parois laté- 
rales céphaliques. A l'intérieur existent de nombreux replis, 
disposés irrégulièrement el formant parfois des bourrelets 
qui, en pénétrant dans la partie antérieure du jabot, consti- 
tuent une valvule annulaire et lobée. 

Lejaèot qui commence vers la partie antérieure du pro- 
fhorax, un peu en arrière de la tète, se dilate brusquement 
el afTecle la forme d'un sac ovoïde présentant plusieurs 
plissements externes. Ses parois sont constituées par une 
couche externe de (ibres longitudinales el une membrane 
interne composée de fibres circulaires. Le tout est tapissé 
inlérieurement par une épaisse membrane cornée, plissée et 
hérissée d'innombrables pointes cbilineuses. La direction 
des replis varie suivant les régions considérées. A la face 
ventrale, existe une zone étroite composée uniquement de 
replis qui s'étendent tout le long du jabot el fonl suite & ceux 
de l'œsophage el du pharynx. — Dans le tiers antérieur, on 
voit se détacher, de la zone médiane, des replis ou petits 
bourrelets chitineux disposés transversalement. Vers la 
moitié postérieure, les bourrelets sont uniformément dirigés 
longiludinalemenl d'avant en arrière, l-lnfin, entre les deux 
régions que nous venons de décrire, existe un espace intei^ 
médiaire oCi les replis sont disposés suivant toules lesdirec- 
tions. La seconde partie du jabot, de forme tronconiquc, est 
enveloppée par les cscums intestinaux. Elle peut être con- 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 77 

sidérée, au pointde vue physiologique, comme l'Iiomologue 
du gésier des Locustidœ et des Gryllidse. Les bourrelets ou 
replis internes sont larges el portent sur leur crête de nom- 
breuses petites dénis, disposées en séries longitudinales, de 
forme triangulaire ou conique et à pointe recourbée en 
arrière. Dans la moitié antérieure du jabot, la Forme des 
dénis est, au contraire, bien différente. Elles sont moins 
puissantes et affectent la forme de petites aiguilles cylindri- 
ques, à pointe conique el acérée. Enfin, le jabot se termine 
par une portion lubuleuse, occupant l'axe de l'origine de 
l'intestin moyen (V. PI. VI, iig. 6 et 7). Celle portion ter- 
minale est séparée de ta précédente par un sillon circulaire 
marquant la ligne suivant laquelle se fait extérieurement 
l'iasertion de l'intestin. C'est dans cette partie qu'on cons- 
tate la présence des six bourrelets coniques, en forme de V, 
h bords épais, chitineux et présentant, en avant, une légère 
dépression triangulaire (V. PI. VI, fig. 7). Ces six pièces, 
beaucoup plus développées que celles des C£dipodin(e, nous 
permettent A' homologuer l'extrémité postérieure du jabot au 
gésier des autres Orthoptères. Du reste, le nombre prodigieux 
des denticules qui le garnissent intérieurement lui font jouer 
un rôle identique. 

Vinteslin moifen est court el, contrairement à ce qui a 
lieu chez les autres insectes, n'égale que la moitié environ 
de la longueur de l'inteslin terminal. Il affecte la forme d'un 
tronc de cône, f» base élargie tournée en avant. C'est à son 
origine qu'il émet six longs appendices intestinaux, h extré- 
mité antérieure cylindrique et amincie à son sommet. 
Chaque cscum présente, à l'intérieur, une série de replis 
longitudinaux et émet en arrière un appendice en forme de 
doigt de gant, dont la longueur n'égale que la moitié environ 
de celle du cxcum lui-même. 

Vinlestin terminal, à extrémité antérieure élargie, porte 
h son origine les tubes de Malpigbi. Ces derniers, au nombre 
de 60 û 80 environ, sont disposés en plusieurs toutfes, 
rangées eu cercle et laissant entre elles de courts inter- 



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78 

valles libi'es. L'organe porte six bandelelles longitudinales 
musculaires et se rétrécit à mesure qu'il s'éloigne de l'in- 
testin moyen. Il présente un étranglement dans sa région 
postérieure, en avant du rectum et porte, à sa Tace interne, 
une série de replis longitudinaux, qui soûl surtout très ac- 
cusés et nettement développés dans sa portion étroite. Ces 
replis sont sinueux et irréguliers vers leur extrémité termi- 
nale postérieure. A la suite de l'étranglement, l'organe se 
dilate brusquement pour former un rectum, volumineux et 
ovoïde, dont les parois sont parcourues longitudinalement 
par six bandelelles Tusiformes, presque confluentes. L'appa- 
reil se continue ensuite par un court pédoncule cylindrique 
et s'ouvre au dehors par l'orifice anal. 

4' Tribu des CEdipodin^. — Œdipoda cxrulescens (Lin.), 
Œdip. miniata (Pallas), Psopkus striduliis (Lin.), Pachytylux 
cinerascens {Fabr.}. — (V. PL V, fîg. 2, 3, 7, 8 et 9). 

L'appareii digestif àes Œdipodinx n'a encore été l'objet 
d'aucun travail d'ensemble. Depuis L. Dufour (1834), aucune 
élude générale n'a été faite sur ce sujet. Ces Acridiens pré- 
sentent cependant un intérêt considérable, tant par l'en- 
semble de leur organisation interne que par la conformation 
toute spéciale de leur tube digestif. Ce dernier organe est 
caractérisé par sa forme rectiligne, son absence à peu près 
complète de circonvolutions, la réduction du pharynx et de 
l'œsophage, l'atrophie du gésier, le nombre constant des 
csecums intestinaux, la longueur, la disposition et le nombre 
des tubes de Malpighi, et enlin par la forme simple et droite 
qu'affectent les intestins moyen et terminal. 

Parmi les CXidipodinx, nous avonsétudié successivement les 
espèces suivantes : Œdipoda miniata, Œd. cxrulescens, etc., 
très communes dans le plateau central de la France, et en 
particulier sur les montagnes granitiques de la Corrèze. 

Les glandes salivaîres de VŒdipoda miniata (Pal.)(V. PL V, 
fig. 3) sont tout à fait rudimentaires et se composent de 
deux petites grappes symétriques par rapport au plan mé- 
dian du corps de l'insecte. Chaque grappe est située au- 



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APPAREIL DIGESTIP DBS ORTHOPTÈRES. 79 

dessous du jabot et émet cinq ou six ramiPications ou 
grappes secondaires terminées par un petit nombre (3 ou 4) 
d'acini. Elles ne forment pas un massif épais et compact 
enveloppant la presque lolalité de la partie antérieure du 
tube digestif comme chez les Locustidœ (V. le chapitre 
suivant), mais constituent de petites lames glandulaires 
disséminées çà et là dans les régions médiane et antérieure 
du mésothorax. Les acinï glandulaires sont sphériques, pour- 
vus d'une cavité interne et d'un canalicule excréteur. Ce 
dernier présente, comme chez les autres Orthoptères, une 
couche épitbéliale, recouverte à l'intérieur par une mince 
membrane chitineuse pourvue d'anneaux spirales. Les divers 
canalicules vont s'ouvrir dans un conduit efTérent unique 
qui traverse la partie inférieure de la lêle, passe au-dessous 
des ganglions sous-oesophagiens et va s'ouvrir en avant de 
l'orifice buccal. Il n'y a pas ici fusion des deux conduits, et 
les orifices, bien qu'adjacents, sont néanmoins nettement 
séparés. Les réservoirs salkaires sont inconsfanls et tout à 
fait rudimentaires. — Chez l'Œdipoda cxrulescens (Lin.), les 
glandes salivaires sont un peu plus développées que chez 
l'espèce précédente et présentent, dans la partie antérieure 
du mésolhorax, un plus grand nombre de petites grappes. 
Les canalicules excréteurs et les deux canaux efTérents affec- 
tent à peu près la même forme et la même structure que 
chez rCEdipoda miniata. 

V appareil digestif des OKdipodinae est droit et placé suivant 
l'axe du corps de l'insecte qu'il ne dépasse pas. Sa forme 
générale rappelle assez bien celle de l'organe digestif des 
Phasmidee, dont elle diffère cependant par la présence de 
six cœcums intestinaux et par certains détails de structure 
interne (V. PI. V, fig. 3). L'appareil est maintenu dans une 
position Bxe par de nombreux faisceaux trachéens provenant 
de tubes respiratoires dirigés presque perpendiculairement 
nu plan vertical du corps. Les touffes trachéennes sont sur- 
tout abondantes vers la région médiane de l'organe. 

Le pharynx de l'Œdipoda miniata et celui de YŒd. cœrit- 



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80 !<■ B«m»AS. 

lescens sont très courts el situés dans la région cépbalique. 
Leurs parois sont épaisses et striées iotérieurement. 

Uœso/ihage est, de même, rudimentaire et réduit h un 
étranglement étroit compris entre le jabot et le pharynx. 

Lejaàot, contrairement à ce qui a lieu pour les deux pre- 
mières portions de l'appareil, est très volumineux et occupe 
la presque totalité du thorax. C'est un organe fiisiforoie, 
allongé, renflé en son milieu, rétréci à ses deux extrémités 
el recouvrant une partie des glandes salivaires, ainsi que le 
massif des muscles Ihoraciques, moteurs des appendices. 
La structure de cet organe est très remarquable et com- 
plètement dilTérenle de celle que nous présentent les autres 
Orthoptères. Ses parois offrent à considérer trois couches, 
dont deux sont musculaires et l'autre chitineuse. Les couches 
musculaires sont formées par deux assises de muscles, les 
uns disposés longiludinalemenl el les autres circulairement. 
La couche circulaire est de beaucoup la plus épaisse : elle 
atteint son maximum d'épaisseur vers la partie postérieure 
de l'organe, un peu au-dessus de la ligne d'insertion des cx- 
cums intestinaux (V. PL V, fig. 7). La lamelle chitineuse 
interne présente une structure variable suivant les régions 
considérées. Dans ses 2/5 antérieurs, elle est parcourue par 
une série de bandelettes sinueuses dues h un épaississement 
chilineux, dont le bord supérieur libre est hérissé de petites 
pointes ou dents coniques placées en séries transversales. 
Chaque bandelette interne ne porte qu'une seule ligne de 
pointes et est disposée circulairement dans un plan perpen- 
diculaire à l'axe du corps de l'iusecle. A la suite de cette 
première partie, existe une seconde région très étroite, à 
caractères intermédiaires entre ceux de la portion précé- 
dente et de la suivante. Dans celte région, en effet, on cons- 
tate la présence de bourrelets plissés, sinueux, dirigés en 
tous sens el limitant de la sorte des quadrilatères irrégu- 
hers de toutes dimensions. A la suite de cette zone intermé- 
diaire, vient la région postérieure à structure très caracté- 
ristique. Sa membrane chitineuse interne est parcourue par 



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APPAREIL DIGBSTIK DES ORTHOPTÈRES. 81 

de nombreux bourrelets à peu près rectilignes, mais par- 
fois sioiietix et à direction longitudinale. Entre chnque 
bourrelet existe un sillon, sorte de gouttière à fond légère^ 
ment plissé et parallèle aux bourrelets. Le nombre de ces 
derniers, convergeant vers la partie postérieure, est très 
variable : ainsi, j'en ai compté 82 dans la région mé- 
diane, 70 un peu au-dessus et enlin 50 seulement vers l'ex- 
Irémilé postérieure. Leur surface libre est hérissée de petites 
dents coniques, à base élargie, beaucoup plus puissantes que 
celles situées dans la région antérieure (V. PL V, tig. 2 et 7) . 
Ces dents, généralement isolées et disposées en séries lon- 
gitudinales, sont parfois accouplées par paires. Les divers 
replis de la face interne du jabot vont converger h la partie 
postérieure vers six lamelles chitineuses brunâtres, de forme 
triangulaire, à extrémité postérieure émoussée et à bords 
arrondis et disposés en V (V, PI. V, fig. 7). La portion mé- 
diane de ces lamelles est concave et va en se dilatant d'ar- 
rière en avant. Sur une coupe transversale elles affectent 
des formes variables suivant les régions observées : dans la 
partie antérieure elles présentent l'aspect de coupelles mu- 
nies d'une tige, tandis que dans la région postérieure, elles 
alTectent la forme soit de champignons, soit de clous à tige 
très courte. Entre chaque lamelle, qu'on peut homologuer 
aux colonnes masticatrices du gésier des Gryllidae et des 
LocustidsFï, mais qui en diffèrent complètement par leur 
forme, existe une dépression triangulaire, h base dirigée en 
arrière, vers l'origine de l'intestin. Celte concavité, aplatie 
en avant, présente, vers sa portion terminale, de faibles dé- 
pressions se terminant au bord sinueux delà valvule posté- 
rieure {V. PI. V, fig. 7). Les bords des lamelles chitineuses 
terminales sont arrondis et leur surface libre, ainsi que leur 
région médiane. Elles sont hérissées de petites pointes ou 
aspérités chitineuses coniques, très courtes, àexirémilé acérée 
et agissant sur les aliments comme une sorte de râpe. Cette 
portion terminale du jabol, de forme conique, peut donc 
être considérée comme l'homologutr du gésier des autres 

AVU, se. SAT. ZOOL. V, 6 



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8Z I(. BOBBAS. 

Orthoptères (V. PI. V, fig. 9). Elle en diiïère oepeDdaat par 
sa forme, sa structure et l'atrophie presque compicle de sud 
armature masticatrice, représentée seulement par les six 
petites lamelles chitineiises rudimentaires que nous venons 
de décrire. La portion terminale de l'organe est limitée par 
un bourrelet circulaire à bords sinueux, jouant le rôle de 
valvule, où viennent aboutir de légers replis partant de l'es- 
pace triangulaire compris entre les lamelles {V. PI. V, fig. 7 
et 9). Les callosités en forme de Y qui limitent l'orifice 
postérieur du jabot, dont parle L. Dufourà propos de l'ap- 
pareil digestif des Acridiens, ne sont donc point des dents, 
mais bien des lamelles chitineuses, de couleur brun foncé, 
triangulaires, à bords relevés, arrondis et hérissés de petites 
pointes cornées. 

Vinteslin mot/en est très court et égale à peine, comme 
étendue, le quart de la longueur totale de l'appareil digestif. 
C'est un tube droit, presque cylindrique el à diamètre an- 
térieur plus grand que le postérieur. Ses parois externes 
sont lisses et les internes présentent des replis épiihéliaux 
destinés h augmenter la surface digestive de l'organe. Elles 
comprennent deux couches musculaires, l'une longitudinale 
et l'autre annulaire et une membrane épilhéliale interne 
plissée et pourvue de cellules cylindriques. A son origine, 
viennent déboucher les caecums intestinaux, au nombre de 
six. Ces appendices ne sont que des dépendances de l'intes- 
tin moyen, ainsi que le prouvent leurstructure et leur mode 
d'insertion. Ces organes diffèrent par leur forme de ceux 
que nous avons décrits dans les autres familles de l'ordre 
des Orthoptères. Chez les Œd'tpoda cxmlexcens ci Œdip. nii- 
nwtto(V. PI. V.ilg. 3), ils affeclentlaformede tubes coniques, 
à sommet émoussé et aminci, à surface externe régulière ou 
légèrement sinueuse et à base inférieure élargie, s'ouvrant 
à l'extrémité antérieure de l'intestin moyen. Leur orifice, en 
forme de boutonnière ovale, est situé au-dessous de la val- 
vule annulaire qui termine le jabot. Les six orilîces, de 
même forme, sont disposés suivant une ligne circulaire et 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 83 

séparés l'un de Taulre par une cloison longitudinale trè& 
étroite {V. PI. V, fig. 2). Pourvoir très nettement tous ces 
orifices, il suffit de fendre l'organe suivant son axe antéro- 
postérieur. Les sLv cœcnms adhèrent aux parois du gosier 
grâce à de nombreux filaments trachéens et enveloppent la 
partie postérieure du jabot, comme le calice persistant d'une 
fleur enveloppe le fruit eu voie de maturité. L'examen ex- 
terne montre que les diverticules intestinaux sont parcourus 
longitudinalement par de faibles sillons correspondant à des 
bourrelets internes. Les coupes hislologiques prouvent, en 
effet, l'existence, à l'intérieur de chaque tube, d'une série 
de plissements épithéliaux très nombreux (de 6 à 15) et di- 
rigés, comme les rayons d'une roue, vers l'axe de l'organe 
{V. PI. V, fig, 2 et 8). A l'intérieur existe une double couche 
de fibres annulaires el longitudinales. Chacun de ces six 
excums est pourvu d'un appendice conique de même forme 
et de même structure, mais de longueur deux fois moindre 
que celle de ces derniers (V. Pi. V, fig. 2). Ils sont coniques 
comme les premiers et pourvus comme eux de replis épi- 
théliaux internes. Ils adhèrent, grâce à des faisceaux tra- 
chéens, à la partie antérieure de l'intestin moyen. lU com- 
muniquent directement avec les cœcums antérieurs et vont 
déloucher dans l'intestin par les mêmes orifices que ces 
derniers, contrairement à l'opinion émise par L. Dufour, 
qui a écrit que l'ouverture des bourses veniricutaires (cx- 
ciims ou appendices intestinaux) n'établit entre ces der- 
nières et leurs appendices aucune voie directe et immédiate. 
Au contraire, ainsi qu'on peut facilement s'en assurer, les 
orifices intestinaux sont communs aux cœcums antérieurs 
et à leurs appendices postérieurs (V. PI. V, fig. 2). 

Vintest'm postérieur est court et ne présente qu'une légère 
sinuosité un peu en avant du rectum. A son origine, existe 
une valvule circulaire, au-dessous de laquelle est situé un 
sillon peu profond où viennent déboucher les tubes de 
Malpighi. Ces glandes, au nombre de 80 à 100, sont grou- 
pées en un nombre variable de faisceaux, allant s'ouvrir 



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84 

au sommet de petits tubercules disposés circulairement 
{V. Pl.V, fig. 3). Leslubes uriques sont allongés, filiformes, 
sÏDueux el h sommet libre arrondi. Ils forment plusieurs 
touffes dirigées, les unes en avant, recouvrant en partie l'in- 
testin moyen et ses appendices, et lesautres en arrière, dis- 
posées sur les organes génitaux el le rectum. — Les parois 
internes de l'intestin terminal présenlent un certain nombre 
de bourrelets longitudinaux sinneux qui vont s'atlénuant 
peu à peu jusqu'au rétrécissement antéreclal. Avant 
d'arriver au rectum, l'organe diminue de diamètre et décrit 
une faible sinuosité. 11 se dilate ensuite en une ampoule rec- 
tale fusiforme, séparée du reste de l'organe par une valvule 
antérieure, formée par six bourrelets pyramidaux, à la suite 
desquels viennent six épaississements équidislants et ana- 
logues aux glandes rectales des Hyménoptères. Le rectum se 
continue par un court pédicule cylindrique, s'oiivrant au 
debors par l'orilice anal, situé au-dessus de l'ouverture 
génitale. 

h'appareil digestif de VŒdipoda cmrulescens présente des 
caractères à peu près identiques & ceux que nous avons dé- 
crits cbcz VŒdifiiida miniata. 

Le tube digestif Aa Psophus slridulus (Lin.) se rapprocbe 
beaucoup, par l'ensemble de ses caractères, de celui du 
Caloptenus. Le jabot est gros, volumineux et remplit la 
presque totalité du thorax. Les appendices intestinaux sont 
identiques, par leur forme et leur disposition, h ceux de 
l'espèce précédente. L'intestin moyen est court, cylindrique, 
plissé inlérieiiremenl et la structure de ses parois est à peu 
près analogue à celle des OlCdipodes. L'intestin posiérieur 
est mince ei son diamètre n'est égal qu'à la moitié environ 
de celui de l'intestin moyen. Ses parois présenlent six re- 
plis internes très accusés et semblables à ceux dt-s espèces 
précédentes. Cet organe est droit et se trouve placé suivant 
l'axe des deux tiers postérieurs de l'abdomen. C'est à son 
origine que viennent déboucber les lubes de Malpigbi. Ces 
glandes, très nombreuses {70 à 80). sont disposées en 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 85 

groupes ou faisceaux au nombre de cinq ou six. Elles sont en- 
chevêtrées entre elles et forment plusieurs louiïes, dont les 
unes recouvrent la partie postérieure de l'inteslia moyen, et 
les autres enveloppent l'inleslin terminal dans presque toute 
sa longueur. Le rectum est allongé, ovoïde et présente, 
dans son ensemble, l'apparence de celui des Caloplenus. 

Les Packytylus cinerascens (Fabr.), très voisins des Pso- 
plius, possèdent un appareil digestif h peu près semblable à 
celui de ces derniers. L'organe a, dans son ensemble, une 
formedroite.lejabotest court et enveloppé en gi-ande parlie 
par les capcums intestinaux. Ces derniers sont pourvus d'ap- 
pendices postérieurs très courts. L'inleslin moyen n'occupe 
que les deux ou trois premiers segments abdominaux. L'in- 
teslÎQ terminal esl mince el plissé intérieurement et les 
tubes de Malpighi, très nombreux, sont disposés circulaire- 
menl en plusieurs faisceaux enveloppantlaplusgrande parlie 
de l'organe. Le rectum esl identique à celui des Psophtis. 

5° Tribu des Thuxau.n.^ (1). — Les espèces indigènes de 
celle Iribu soûl très nombreuses; aussi, avons-nous pu en 
disséquer une grande variélé d'échantillons. Parmi les es- 
pèces que nous avons eues à notre disposition et que nous 
avons éludiées, noua pouvons citer les suivantes : Slenobo- 
thrus linealus (Panz.), Si. stigmaticus (Uamb.), St. bkolor 
(Charp.), St. puldnatm (Fisch.), St. longtconm (Lalr.), 
Meeosthelus grossus (Lin.), Tntxalis unguiculata (Ramb.), 
Truxalis nasuta (Fabr.), Parapleiirus alliacei/s (Germ.), 
Ëpacromia thalassina (Fabr.), Gomphocenis maculatus 
(Thumb.), etc. 

Nous avons étudié Vapparetl digestif {\. PI. VII, fig. 1), 
chez cinq espèces appartenant au genre Stenobotkrus et 
avons trouvé partout un organe ii peu près uniforme ou pré- 
seolanl, d'une espèce à l'autre, des différences tout à fait 
insigni fiantes ; aussi, pour ne pas nous répéter, allons-nous 

(1) Pour celte tribu, ainsi que pour toutes celles de la famille des Acri- 
iitcte, noai avons suivi la classification adoptée par M. Edm. Perrier dans 
»on TniUé de Znologit, p. 1337. 



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86 Xj. borda« 

décrire cet organe chez une espèce 1res commune dans le 
ceatre de la France, \e Stenoèolkrns lineatus. Chez cette es-- 
pèce, le tube digestif est presque droit et placé dans l'axe du 
corps de l'insecte (V. PL VH, fig. i). Il ne présente qu'une 
courbure peu accentuée dans sa dernière partie, c'esl-à-dire 
vers la région médiane rétrëcie de l'intestin postérieur, un 
peu en avant du rectum. Ses principaux caractères disllnclirs 
consistent en l'atrophie presque complète des appendices 
postérieurs des cœcums intestinaux, en le petit nombre et le 
mode d'inserlion des tubes de Malpighi et surtout en la pré- 
sence d'une Taible courbure h l'inlestin terminal. Ces di- 
verses particularités, plus ou moins accentuées, se retrouvent 
dans toutes l<?s espèces du genre Stenobolbrus. D'autre part, 
le gésier, si nettement limité et si caractéristique chez les 
Locustidat (V. le chapitre suivant), est ici peu apparent cl 
confondu avec la portion postérieure du jabot. 

Le pharynx du Stembothrvs lineatus est court, rectangu- 
laire, aplati transversalement el pourvu d'une enveloppe 
musculaire épaisse qui se prolonge jusqu'à la lèvre supé- 
rieure. A son entrée existent un certain nombre de stries, 
surtout abondantes vers la base de l'orifice. 

Vœ.Hophage qui fait suite au pharynx présente, comme ce 
dernier, la forme d'un tube cylindrique, à parois muscu- 
laires striées à l'intérieur dans le sens longitudinal el re- 
liées, par l'intermédiaire de muscles issus de la face externe, 
aux régions latérales céphaliques. A sa sortie de la tèle, l'or- 
gane présente une légère constriction, puis se dilate de 
nouveau progressivement pour se continuer, sans ligne de 
démarcation nette, avec le jabot. 

Le Jabot (V. PI. VI, fig. 5 et 8) est un organe volumineux, 
ovoïde, plissé extérieurement et à parois musculaires très 
épaisses. Sa région médiane est rentlée, puis déprimée et 
conique b. sa partie postérieure comprise entre les six appen- 
dices intestinaux. Ses parois sont très épaisses et composées 
de membranes musculaires dont la plus épaisse est la mem- 
brane annulaire. A l'intérieur, existe une couche chilineuse 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 87 

qui recouvre l'organe lout entier et présente une série de 
replis à direction variable. Les premiers sont disposés trans- 
versalement et tirent leur origine de deux bandelettes chili- 
neuses situées à la Face ventrale. Ces bandelettes, parallèles 
à leur origine, vonten divergeant vers leur partie postérieure 
et présentent une série de bourrelets recouverts de petites 
denticules coniques, aiguës et chilineuses. Les bandelettes 
transvjersales sont à peu près parallèles et situées dans des 
plans perpendiculaires à Taxe du corps de l'insecte. Elles 
sont légèrement convexes et recouvertes, les trois premières, 
par de nombreuses pointes cbitineuses coniques et à base 
élargie implantée dans la lamelle. Les suivantes, sortes de 
bourrelets annulaires, ne portent qu'une série unique de 
deolicules à extrémité tournée en arrière, vers l'intestin. 
Dans la région médio-interne, les bourrelets chitineux de- 
viennent irréguliers et forment une zone annulaire treillissée, 
à la suite de laquelle ils prennent une direction longitudinale 
{V. PI. VI, fig. 5 et 8). Cette seconde portion du jabot doit 
être considérée anatomiquement comme l'homologue du 
gésier des Locustidfe, car c'est à son origine que sont situés 
les ganglions ventraux du système sus-Jnlestinal. Chez les 
autres Orthoptères, ces mêmes ganglions occupent une po- 
sition fixe à l'origine du gésier ou de son pédoncule anté- 
rieur. Les bandelettes de la seconde portion du jabot sont 
hérissées de petites pointes chilineuses et vont converger 
vors six plaquettes disposées en V et analogues à celles que 
nous avons décrites chez les CMildipodinse. Donc, par la na- 
ture et la disposition de son enveloppe chitineuse interne, 
la partie postérieure du jabot joue, chez les Acridiid^, le 
même rôle que le gésier des Gryllides et des Locustes. Grâce 
à la présence de ses soies et pointes chitineuses multiples, 
le jabot râpe les aliments et exerce sur eux une action tritu- 
rante tout comme le font les dents acérées des plus puis- 
santes armatures de gésier. 

L'intestin mot/m, qui fait suite au jabot, est un tube cylin- 
drique très court, légèrement élargi à son origine où s'insèrent 



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88 iA. BORDAS. 

six cœcums inleslinaux (V. PI. VII, fig. 1). Ces organes, dont 
la structure hJslologique est identique à celle de l'intestin, 
sont des appendices lubuleux, régulièrement cylindriques eï 
terminés à leur extrémité antérieure libre par une pointe 
émoussée. Leur surface extérieure est lisse, mais l'intérieure 
présente une série de replis longitudinaux divisant la cavité 
centrale en plusieurs loges. Ils enveloppent, en l'embrassant 
étroitement, la portion terminale du jabol, celle qui, mor- 
phologiquement et physiologiquement, correspond au gésier 
des Grillons. Ils s'ouvrent, à l'origine de l'intestin moyen, 
par des orifices circulaires disposés symétriquement. Ces 
cœcums sont pourvus, vers leur point d'insertion au tube 
digestif, de petits appendices coniques 1res courts et i 
sommet dirigé en arrière. Chez tous les SIenobolhrus, ces 
appendices sont tout à fait rudimentaires et beaucoup plus 
courts que chez les Œdipodinse où ils atteignent parfois une 
longueur égale k la moitié de celle des caecums antérieurs. 
Les parois de l'intestin moyen comprennent une couche de 
fibres longitudinales disposées en une série de petits fais- 
ceaux de couleur blanchâtre, très visibles extérieurement, 
une couche de fibres circulaires plus épaisse que la précé- 
dente, et, tout^ fait à l'intérieur, une membrane épithéliale 
présentant de nombreux replis. 

L'iniestin postérieur, qui vient & la suite du précédent, a une 
longueur plus grande que celle de ce dernier cl présente 
une courbure en avant du rectum. Sa première partie est 
conique et porte de nombreux tubes de Malpighi disposés 
circuiairemenl k son origine. Ces organes, au lieu de dé- 
boucher séparément, se réunissent par touffes disposées à 
peu près h égale distance les unes des autres. Le nombre des 
tubes de Malpighi, moins élevé que chez les Locuslides, est 
compris entre 30 et 40. La première portion de l'intestin 
terminal, dont la structure est à peu près identique à celle 
de fintestin moyen, se rétrécit peu à peu et se continue 
par un tube droit qui décrit tout d'abord une courbe, 
Se relève vers la face dorsale, pour se diriger ensuite ea 



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APPAREIL DIGESTIF DES OtlTHOPTÈRES. 89 

arrière et se continuer par le rectum. La struclure interne 
de la portion rélrécie diffère de celle de la première partie 
de l'intestin : elle présente une série de bandelettes internes, 
au nombre de six à huit, plissées, sinueuses, irrégulières et 
lermioées, en avant du rectum, par six bourrelets coniques, 
constituant une sorte de valvule. Le rectum est un organe 
volumineux, fusiforme et placé entre les extrémités termi- 
nales des organes génitaux. Sa struclure, identique chez 
toutes les espèces de la Tamille, comprend six bandelettes 
longitudinales, dues à des épaississements épïthéliaux, 
presque coufluentes, ou séparées les unes des autres par 
des dépressions très étroites. 

Chez toutes les autres espèces du genre Stenoboihrus, l'ap- 
pareil digestif présente une forme et une structure 6 peu 
près identiques h celles que nous venons de décrire chez le 
Stenobothrus lineatus. 

L'appareil digestif du Mecost/ielus grossus (Linné) pré- 
sente les plus grandes ressemblances avec celui des Steno- 
bothrus (V. PI. VII, 6g. 3}. Comme celui de ces derniers, 
il est à peu près rectiligne et décrit, un peu avant le rec- 
tum, une courbe à direction verticale. La seule différence 
consiste dans la forme qu'affectent les caecums intestinaux. 
Chez les Mecosthelus, ces caecums sont beaucoup plus 
allongés que chez les Stenobothrus; ils sont renflés à leur 
base, puis vont en diminuant progressivement de diamètre 
à mesure qu'ils se dirigent en avant, de sorte que leur 
eitrémité antérieure présente la forme d'un tube conique 
à parois irrégulières et pourvues de nombreux replis in- 
ternes. D'autre part, les appendices postérieurs des cx- 
eums sont, de même, beaucoup plus développés que ceux 
des espèces précédentes (V. PI. VII, fig. 3). Une faible 
dépression circulaire externe marque leur origine et la 
ligne de séparation de leurs congénères antérieurs. Ils se 
dirigent en arrière et affectent la forme de petits tubes 
cylindro-coniques légèrement amincis à leur sommet. Les 
tubes de Malpighi sont constitués par de potits filaments 



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90 

flexueux et cylindriques, courls, réunis par groupes de qua- 
tre à sept el insérés circulairement à l'exlrémilé antérieure 
de l'inlestio lerminal. Leur nombre varie de 50 à 60, et celui 
de leurs faisceaux de neufà douze. 

Chez les Truxalis unguiculata (Ramb.), Tr. nasula 
(Fabr.), Xappareil digestif (V. pi. VII, fig. 2) a une 
conformalion très simple et difTère de celui des autres 
genres appartenant à la famille des Tkuxalin^ [StenohO' 
Ikrus, Parapleurus, EpncromUi, Gomphoceriis, elc...), par la 
forme cylindrique du jabot et la disposition allongée et fusi- 
forme du rectum. 

Le pharynx est très court et affecte l'apparence d'un en- 
tonnoir. L>x07>Aa^e, également très réduit, est au contraire 
cylindrique (V. PI. VU, fig. 2). 

Lq jabot f{\x\, chez la plupart des Acridiens, est fusiforme 
et renflé dans sa région médiane, est ici au contraire 
presque cylindrique. Il est placé dans l'ave du thorax, 
qu'il traverse dans presque toute sa longueur jusqu'à l'ori- 
gine de l'abdomen. Sa portion antérieure seule offre un 
léger rétrécissement et le reste de l'organe présente à peu 
près uniformément le même diamètre. Ses parois sont 
épaisses el pourvues d'une double couche musculaire. A 
l'intérieur existe une membrane chitineuse, pouvant faci- 
lement se séparer de la paroi et pourvue de nombreux plis- 
sements. Ces derniers sont dirigés, dans la partie posté- 
rieure, suivant l'axe de l'organe. Dans cette région, ils 
prennent une direction parallèle et sont munis, à leur face 
supérieure, de petites denticulalions coniques. C'est cette 
portion terminale dujabot qui joue le rôle de gésier au point 
de vue de la mastication des aliments. 

L'intestin moyen est droit et uniformément cylindrique. 
Il occupe l'axe des quatre premiers segments abdomi- 
naux et mesure environ le quart de la longueur totale 
de l'appareil digestif. A son origine, viennent s'ouvrir les 
six appendices intestinaux, amincis et cylindriques à leur 
partie antérieure, mais renflés à leur point d'insertion. 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 91 

Ces appendices porlenl, en arrière, six courts caecums. 
Vinleslin terminal comprend deux parlies très nettes : 
l'une antérieure, large et cylindrique, et l'autre posté- 
rieure, amincie et recourbée. La portion antérieure porte, 
h son origine, les tubes de Malpighi peu nombreux (40 à 50), 
allongés, flexueux, lîlirormes et disposés en faisceaux comme 
chez les autres Acridiens. La portion terminale de Tintes- 
4in est amincie et décrit une légère courbure; elle se dilate 
ensuite pour constituer le rectum. Celui-ci est très allongé 
comparativement ix celui des autres espèces. ïl est fusi- 
forme et porte, disposées longiludinalement, six longues 
bandelettes ou épaissi ssements glandulaires internes, ana- 
logues aux glandes rectales des Hyménoptères (V. pi. Vil, 
fig. 2}. 

HISTOLOGIE DE L'APPAREIL DIGESTIF DES 
ACRIDlIDyE. — RÉSUMÉ. 

(V. pour l'bislologie, les PI. V, fig. 8 et 9; PI. VI, 
(ig. 9 et 10, et PI. VII. fig. 4,5, 6). 

.Nous avons étudié la structure des difTérenles parties de 
Vap/mreil digestif chez quatre espèces appartenant à la fa- 
mille des AcRfDiiDiG, à savoir : YŒdipoda miniala, VŒd. 
cœrulescens, le Slenobothrm lineatus et le Mecosthettis 
grossus. 

La bouche est une cavité plus ou moins volumineuse, 
dirigée obliquement et en bas par rapport à l'axe du corps 
de l'insecte el limitée, en haut et en avant, par le labre ou 
lèvre supérieure, latéralement par les mandibules et les 
mâchoires aniérieures, el en bas par la lèvre inférieure. 

Le pharynx, très court chez tous les Orthoptères, com- 
prend trois couches : une couche musculaiie annulaire très 
épaisse, sur laquelle repose une assise de petites cellules 
rectangulaires, h. noyau central sphérique, génératrice de 
l'enveloppe chitineuse et qu'on peut appeler assise chiti- 
nogène. Le tout est enveloppé par une membrane chitineuse 



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92 

plissée. Celle struclure est commune à VŒdipoda, ainsi 
qo'ati Slenoàolkrus et au Mecosthetm. 

h'œsopk'ige unit le pharynx au jabot et présente à peu 
près la même sfruclure que le premier; il n'en diffère que 
par la présence d'une très mince couche de fibres muscu- 
laires longitudinales externes. 

Pour l'élude du jabot, nous allons considérer une par- 
lie antérieure et une région posiérieure. Celle dernière, en- 
tourée par les caecums intestinaux, peut être homologuée, 
au point de vue physiologique, au gésier des Locustîdse et 
des Oryllidœ (V. PI. VI, fig. 9 et 10). 

La première partie du jabot comprend, chez le Mecostbe* 
tus grossus : 

1° Une membrane enveloppante externe ou membrane 
périlonéale, très mince ; 

y Une couche également très mince défibres musculaires 
longitudinales ; 

3* Une couche beaucoup plus épaisse de fibres muscu- 
laires annulaires, renfermant trois ou quatre assises très 
nettes ; 

4' Une assise de cellules cubiques ou rectangulaires, par- 
fois légèrement allongées et à noyau sphérique. Ces cellules 
qui sécrètent la membrane chitineuse inierne peuvent être 
appelées cellules chilinogènes ; 

5* Enfin, vient h Tintérieur la membrane chitineuse, 
d'épaisseur à peu près uniforme, de couleur blanchâtre et 
généralement Iransparenle. Celle membrane forme des re- 
plis très nombreux (de 40 à 60) et présente, au sommet de 
chacun d'eux, de petites denlicules acérées et de couleur 
brumllre (V. PI. VI. fig. 10). 

La siruclure du jabol est identique chez tous les Acri- 
diens; pourtant, elle se modifie quant h l'épaisseur des 
couches musculaires et à la forme des replis chitineux 
internes. C'est ainsi que, vers le tiers poslérieur de l'or- 
gane, la couche musculaire annulaire est beaucoup plus 
épaisse et les bourrelets formés par la membrane chiti- 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 93 

neuse inlerne son), de même, plus réguliers et plus étroi- 
leDienl serrés les uns contre les autres. Ce qui caractérise 
encore celle régioD, c'est la parfaite régularité des cel< 
Iules chilinogènes qui sont devenues allongées, rectangu- 
laires ou ovoïdes. Les noyaux, généralement très volumi- 
neux:, occupent la moilié de la cellule, ont une Torme 
presque toujours sphériquc et renferment de nombreux 
nucléoles. Quant à l'assise génératrice des cellules cbiti- 
nogènes, elle est exlrfimement réduite. La couche muscu- 
laire annulaire est formée de gros faisceaux slnés, pres- 
que fusiformes et disposés circulairement en 4 ou 5 couches. 
Les noyaux, do forme ellipsoïdale, sont très visibles. Exlé- 
rieuremenl, sont les muscles longitudinaux, disposés en 
faisceaux de distance en distance. Le tout est enveloppé par 
une membrane externe tri^s mince. 

Les replis chitineux internes du jabot changent de forme 
à mesure qu'ils se rapprochent de l'intestin. Ih se grou- 
pent, chez le Stenobolhnts et VŒdipoda, en six faisceaux 
constituant des bourrelets claviformes munis d'un cour! 
pédoncule (V. PI. V, (ig, 9). L'extrémité libre de chaque 
bourrelet, examinée sur une coupe, apparaît hémisphéri- 
que et à bords denticulés. Le pédoncule, rétréci dans sa 
portion médiane, va se fixer aux parois latérales de l'organe. 
L'espace compris entre deux bourrelets est occupé par 
une large dépression longitudinale portant deux ou trois pe- 
tits replis courts et irréguhers (V. PI. V, (ig. 9). Les cellules 
chitinogènes affectent, au sommet de chacun des gros 
bourrelets du gésier, une forme allongée et conique. Leur 
noyau est sphérique, occupe presque la moitié du volume 
cellulaire el se trouve généralement appliqué contre le 
bord interne. Vers le milieu de la portion renflée des bour- 
relets, au-dessous de l'assise chilinogène, existent de petits 
faisceaux musculaires, disposés transversalement el unis 
par des |irolongemenls à la couche circulaire externe. Les 
cellules situées dans les dépressions comprises entre les 
replis longiludinaux ont des parois peu apparentes, leurs 



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noyaux seuls sont neltement visibles. Les faisceaux muscu- 
laires Iransversaux sont surtout très accusés chez les divers 
Œdipoda (V.PI. V, fig. 9). 

Chez X'Œdipoda miniaia, les six bourrelels longitudinaux 
situés à l'extrémité postérieure du jabot (gésier), vus en 
coupe transversale, présentent une extrémité libre élargie, 
disposée en forme de champignon, avec un pédoncule très 
court (V. PI. V, fig. 0). Les dépressions comprises enire 
deux bourrelels consécutifs portent de cinq à six replis 
secondaires beaucoup plus courts que les bourrelets. Ces 
derniers sont recouverts par une couche chilineuse pUssée 
décrivant, \ers leur extrémité libre arrondie, une série de 
fines denliciilattons. L'assise chitinogène ne comprend 
qu'une seule couche de cellules à peu près régulières, cubi- 
ques ou rectangulaires, à noyaux ovoïdes ou sphériques 
volumineux. Au-dessous existent plusieurs couches de mus- 
cles striés, parallèles et disposés transversalement {V. PI. V, 
fig. 9). Les noyaux de ces derniers, allongés et fusiformes, 
apparaissent 1res nettement. Enfin, tout à fait à l'extérieur 
existe la couche des muscles annulaires disposée comme 
dans les espèces précédentes. 

Les csËCums inlestinaux sont au nombre de six chez lous 
les Acridiens. Ce sont des tubescyliudriques, à extrémité libre 
conique et émoussée et à parois internes plissées. Le nombre 
des replis épithéliaux internes est variable suivant les espè- 
ces ; on en comple de quatre à huit chez les Stenobothrus, 
les Mecoslheliis et de dix à quinze chez les divers Œdipoda. 
Les patois de ces organes sont minces et comprennent, en 
allant de l'exlérieur à l'intérieur (V. PI. V, (ig. 8) : 

1" Une membrane propre ou membrane péritonéale, Irès 
mince ; 

2° line couche musculaire circuleire; 

3° Une membrane basilaire très miuce: 

Et 4' une couche épitliéliale ciliée. Celte dernière est 
constituée par de longues cellules cylindriques et recou- 
vertes, ù'ieur sommet, d'un revêtement cilié (rès courl. De 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 95 

plas, elles sont encore pourvues d'un gros noyau .spbé- 
rique ceniral nucléole (V. PI. VII, fig. 6). 

RÉSUMÉ. — L'appareil digestif des Acridiidae est caracté- 
risé par sa forme droite, par l'absence de circonvolutions 
intestinales, sauf dans l'intestin terminal qui, chez quelques 
espèces [Œdipoda, Slenobothnis), présente une légère cour- 
bure, et surtout par la présence de six appendices intexti- 
natix fusiformes et munis de cœcums postérieurs, plus ou 
moins allongés suivant les espèces. Un autre trait essen- 
tiellement caractéristique des Acridiens, c'est l'atrophie pres- 
que complète du gésier qui, chez toutes les espèces, n'est 
représenté que par une simple modification de structure de 
la région postérieure du jabol. 

Le pharynx est tantôt large et court {Pœcibcerus, Pyr- 
gomorpka), lanlôt aplati transversalement (Pampkagus); 
souvent aussi, Il est très réduit, situé complètement dans lu 
région céphalique et pourvu de parois épaisses et striées 
longiludinalemenl (Œdipoda miniata, Œd. caerulesrens). 

L'tESop/iage, qui fait directement suite au pharynx, est 
également court et cylindrique (Pyrgomorpha), à parois 
internes plissées et à repli postérieur annulaire, marquant 
sa séparation avec le jabot. Chez la plupart des espèces 
{Pamphaijtts, Œdipoda, Acridium, Cahplenus, etc.), il pré- 
sente à l'intérieur de nombreux replis disposés irrégulière- 
ment et formant parfois des bourrelels qui, en pénétrant 
dans la partie antérieure du jabot, constituent une sorte de 
valvule annulaire et lobée [Pamphagus elephas). A son 
extrémité postérieure, il présente une légère conslrlction, 
puis se dilate de nouveau pour se conlinner avec le jabot 
sans ligne de démarcation {Stenobothrus, Mecosthelus, etc.). 

Le jabol est allongé, fusiforme [PxcUocertts, Pyrgomor- 
pha), renflé en avant et entouré, dans sa moitié posté- 
rieure, par les csecums intestinaux [Caloptenus , Sckisto- 
cei'ca, clc). Son diamètre maximum est situé dans la 
région médiane; il se déprime ensuite et devient nette- 
ment conique à son extrémité postérieure [Mecosthelus^ 



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96 L. BOBOA». 

l'arapleurus, etc.}. Ses parois iolernes antérieures pré- 
sentent, à la face ventrale, deux longs replis longitudinaux, 
limitant cnlre eux un espace rectangulaire déprimé {Pœci- 
locerus). Cet espace est sillonné, d'avant en arrière, par 
■ des replis peu apparents et porte, en avant, un petit nom- 
bre de pointes chitineuses {Acridium, Caloptenus). Celte 
aire déprimée, limitée latéralement par deux bourrelets Ion* 
gitudinaux parallèles, est uniquement située dans la moi- 
tié antérieure de l'organe et se rencontre également chez 
les Slenobothrus, les Mecoslhelus, etc. De ces bourrelets 
parallèles partent une série de replis annulaires, légère- 
ment sinueux, situés dans des plans perpendiculaires à l'axe 
du corps de l'insecte et séparés par des sillons également 
parallèles. Ces replis, à direction transversale, sont unique- 
ment localisés dans la moitié antérieure du jabot. Leur 
surface libre est recouverte par une mince membrane clii- 
tineuse supportant de nombreuses petites pointes cornées 
[Acridium, Pampkagus, Œdtpoda, etc.}, ou des denlicules 
coniques, chitineuses, fi base élargie et à sommet légère- 
ment recourbé et très acéré {Stenobotkrm, Mecosthetus, 
Parapleurusy etc.). Dans la partie médiane du jabot, existe 
une région où les replis sont disposés irrégulièrement et 
dirigés dans tous les sens [Pamphagus, Œdipoda, Psophus, 
Pachytytus, etc.). Dans la seconde moitié de l'organe, les 
bourrelets ou replis chilineux internes, beaucoup plus 
accentués que les précédents, sont dirigés d'avant en ar- 
rière et recouverts, chez la plupart des espèces, par de 
petites dents chitineuses coniques, à base élargie et beau- 
coup plus puissantes que celles situées dans la région anté- 
rieure [Œdipoda, Psophus, Pamphagus, etc.). Ces bourre- 
lets longitudinaux, séparés par des dépressions parallèles, 
vont converger, ii la région postérieure du jabot, vers six 
lamelles cliitineuses, brunâtres, de forme triangulaire, à 
cxtrémilé postérieure émoussée, à bords arrondis et dis- 
posés en forme de V [Œdipoda, Pachylylm, Pamphagus, 
Slenobothrus, etc.}, ou de Y [Acridium, Caloptenus). La por- 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈBES. 97 

tion médiane de ces lamelles est coacave et va eu s'élar- 
gissant d'arrière en avant. Entre ces lamelles cornées, qu'on 
peut homologuer aux colonnes masticatrices des Locustidse, 
des Grytiida;, etc., mais qui en difTèrent complètement par 
leur forme, existent des dépressions triangulaires à base 
dirigée vers t'iuteslin. Cette portion terminale du jabot, 
de forme conique, peut ôtre considérée comme l'homologue 
du gésier des auti'es Orthoptères. Le jabot des Truxalis est 
presque uniformément cylindrique et traverse l'axe du tho- 
rax suivant toute sa longueur. Au point de vue histologi- 
que, !e jabot des Acridiens présente, en allant de l'extérieur 
h l'intérieur : une très mince tunique péritonéale envelop- 
pante, des faisceaux musculaires longitudinaux, une couche 
de fibres musculaires circulaires, une assise de cellules 
cubiques chitinogènes et enfin, à l'intérieur, une membrane 
chitineuse à surface plissée. 

L'inteslin moyen de tous les Acridiens est court, droit et 
cylindrique. Ses parois externes sont lisses et les internes 
présentent de nombreux replis épithéliaux. Chez la plu- 
part des espèces, il est élargi en avant et légèrement ré- 
tréci en arrière. Sa couclie épiihéliale interne est consti- 
tuée par une seule assise de cellules ciliées, cylindriques, 
allongées et remarquables par leur régularité et leur symé- 
trie. Extérieurement à l'épithélium, existent une couche de 
fibres musculaires annulaires, des faisceaux longitudinaux 
et une (unique péritonéale. 

A l'origine de l'intestin moyen viennent déboucher six 
cxcttms iniestinaui- qu'on peut considérer comme des évagi- 
nationa du tube digestif. Ces appendices atTectent la forme de 
tubes coniques, à sommet émoussé et aminci, h surface 
externe' régulière ou légèrement plissée et à hase inférieure 
élargie. Chez la plupart des espèces {Œdipoda^ Acri- 
dium, etc.), leur exirémilé antérieure porte un filament 
qui va se rattacher aux parois latérales du jabot et sert 
de lige fixatrice aux ca'cums. La surface interne de ces 
Qfganes est pourvue de nombreux replis longitudinaux 

AK». 8C. NAI. EOOl.. T, 7 



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98 

(de 10 à 15), divisant la cavité centrale en plusieurs loges. 
Ces divers organes enveloppent étroitement la partie ter- 
minale du jabot, celle qui morphologiquement correspond 
au gésier des autres Orthoptères. Vers son point d'inser- 
tion autour de l'intestin, chaque caecum est pourvu d'un 
prolongement en doigt de gant ou appendice postérieur, 
do même structure que le précédent et de forme conique. 
Sa longueur égale les deux lier% ■ {Pi/rgomorpha), la moitié 
environ [Acridhtm, Caloptenm) et quelquefois même le 
quart seulement [Œdipoda) de celle du csecum antérieur. 
Les six cœcums postérieurs des appendices intestinaux des 
Stenobolhrus, Mecosthetus, etc., sont tout à fait ludimcn- 
taires et beaucoup plus courts que ceux des autres Acri- 
diens. Ces deux groupes d'appendices intestinaux vont s'ou- 
vrir à l'extrémité antérieure de l'intestin moyen par six 
orifices de même forme, ovalaires, situés au-dessous de ta 
valvule qui termine le jabot, et séparés les uns des autres 
par une cloison longitudinale très étroite. La structure his- 
tologique de leurs parois est sensiblement la même que 
celle de l'intestin moyen. 

Vintestin postérieur oh terminal, plus étroit que le pré- 
cédent, est cylindrique, tantôt droit {Pxcihcerus, Pi/rgo" 
morj)/ia, Pamphayus), et tantôt légèrement recourbé en 
avant du rectum {Œdipoda, StenoboUirm, Meroslhetus, Pa- 
rapieiirus, Truxalis, etc.). Ses parois internes présentent 
un certain nombre de bourrelets longitudinaux sinueux 
qui vont s'alténuant peu à peu au rétrécissement anté-rec- 
tal, A son origine viennent déboucher les Uihes de JUalpiy/ii, 
qui sont quelquefois très nombreux (100 à 120 chez les 
Pyrffomorphinœ, 60 à 80 chez les Pamp/iayinœ, etc.), quel- 
quefois aussi bien plus rares (30 à 40 chez les Truxalime). 

Le rertum affecte, chez fous les Acridiens, une forme 
ovoïde. Cependant, il est très allongé chez les Truxalis. 
Cet organe porte, sur son pourtour, six renflements ovoïdes 
ou rectangulaires, équidistants et dus àdes replis épitbéliaux 
internes, analogues ^m\ glandes rectales des Hyménoptères. 



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Appareil digestif des orthoptèibes. 09 

Les ylaiides salivaires de tous les Acridiens sont loul à 
Tail rudimcDtaires. Elles se composent d'un très pefit nom- 
bre de grappes disposées syméiriquement par rapport au 
plan médian du corps de l'insecle. 



CHAPITRE V] 

appareil digestif des orthoptères de la famille 
des locustid^. 

Nous avons étudié, parmi les Locustid^, vingt-deux 
espèces réparties dans les sept principales tribus de cette 
famille. Ces espèces, tanl indigènes qu'exotiques, mais la 
plupart très intéressantes au point de vue morphologique, 
nous ont permis de rattacher les Locustidœ, d'une part aux 
Acridiidaj et de l'autre aux Gryllidae. Les PsEUDOPHVLLiNiE, 
par la forme du gésier et surtout par la structure toute par- 
ticulière des cecums intestinaux, se rapprochent des es- 
pèces appartenant à la tribu des Truxalinse. Chez les Steno- 
boihrus, en effet, les cxcums intestinaux sont libres et 
séparés, tandis que chez les Cleandrus, ils sont soudés et 
groupés en deux massifs simulant, par leur forme, les deux 
gros appendices des Locustes et des Dectiqucs. La ressem- 
blance se poursuit jusque dans la présence de diverticnles 
postérieurs qui existent au nombre de deux chez les Fseu- 
dophyllins. Le même caractère, et surtout la disposition des 
tubes de Malpighi, permet de rattacher, d'autre part, les 
Gryllacrinae aux Gryllidae, ainsi que nous te verrons dans la 
suite. Le reste de l'appareil digestif présente tous les degrés 
de complication intermédiaires entre ceux que nous avons 
rencontrés chez les Acridiens et ceux que nous décrirons, 
au chapitre suivant, chez les Gryllus et les Gryllotalpa. 

1° Tribu des Pseiidopmyllin^. — Cleandrus rex (t) 
(Brun.)- (V. PI. VII, lig. 7, 10, 11 et 12). 

[]) Ce Cleandrus rex (^ (Brunncr), qui m'a été donné par le Laboratoire 



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100 E- B*BD«S. 

Les PseudophyUinœ sont, de toutes les espèces apparte- 
nant & la ramiDe des Locustid^, celles dont l'appareil digestif 
oITre le plus d'intérêt, tant par sa forme que par les modifi- 
cations profondes que présentent certaines de ses parties. 
Les principales différences qu'offre cet organe, comparé à 
celui des autres genres de la famille que nous étudions ac< 
tuellemcnt, portent sur le gésier, les cscums intestinaux et 
les intestins moyen et postérieur. Le gésier, presque compa- 
rable à celui des Acridiens, est atrophié et muni d'une ar- 
mature masticatrice interne tout à fait rudimentaire ; les 
cxcums intestinaux sont disposés en deux groupes, dont le 
postérieur est formé par un tube unique et l'antérieur résulte 
de la soudure de 7 ou 8 tubes ; enfin, l'intestin proprement 
dit est très long et décrit quatre ou cinq circonvolutions 
dans la région médiane de l'abdomen. 

L'appareil digestif du Cleandms rex (Brunn.) atteint, 
quand il csl totalement développé, (rois fois la longueur du 
corps de l'insecte, tandis que chez les autres Locustides, il 
dépasse à peine une fois et demie cette longueur (V. PI. Vil, 
fig. 7). 

Le pharytix est court et ne présente rien de bien particu- 
lier, si ce n'est qu'il est pourvu d'épaisses parois musculaires 
striées intérieurement. 

Vasophage est très court et réduit h un simple tube cy- 
lindrique qui se continue directement avec le jabol. 

Le jabot a sensiblement le même volume que celui des 
Lormta (V. la suite du chapitre) et occupe la presque totalité 
du thorax. Il est enveloppé par de volumineuses glandes sa- 
livaires localisées surtout dans le mésolhorax. L'organe a 
une forme ovoïde, à extrémité postérieure renllée ; ses parois 
sont beaucoup plus épaisses que celles des autres genres de 
la famille et sont entourées par une puissante musculature 
comprenant des muscles circulaires et des muscles longitu- 

(l'Enlomologie, provenait de Luçon (Halaisie) et mesDrait les dimensions 
suivantes : longueur 51 milliniÈlres et largeur, au troisième segment abdo- 
mioal, lï millimélres. 



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APPAREtL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 101 

dinaux (V. PI. VU, fig. 7). A l'intérieur, existent des replis 
qui vont se fusionner à la partie postérieure et former six 
bourrelets se prolongeant dans le gésier. Ces bourrelets sont 
pourvus de petits tubercules jouant le rôle de dents. Cette 
armature du jabot, relativement puissante, doit suppléer 
celle du gésier dans l'acte de la mastication. 

Le gésier du Cleandrus, coDlraireinent à ce que vont nous 
présenter les autres Locustid^, est tout h fait rudimentaire. 
C'est un organe presque cylindrique, pourvu d'un pédoncule 
antérieur le rattachant au jabot et enveloppé de toutes parts 
par de volumineux CîBcums intestinaux {V. PI. VII, fig. 7). 
Ses parois musculaires sont assez épaisses, mais l'armalure 
masticatrice interne est presque complètement atrophiée. 
Le pédoncule antérieur est parcouru par les six bourrelets 
venant du jabot et portant de petits tubercules crochus et 
cornés, simulant des dents. Entre chaque bourrelet existe 
une large dépression hérissée de nombreux replis chitineux 
recouverts de soies sur leur pourtour. 

L'armature chitineuse interne du gésier est atrophiée et 
ne comprend que quelques plaques cornées, disposées sui- 
vant six bandelettes longitudinales, comme chez les autres 
Locusiidae. Chaque colonne ou bandelette comprend trois 
sortes de plaquettes ou denticules chilineuses. Les plaques 
médianes sont cordiformes et formées de deux parties ratta- 
chées par une lamelle intermédiaire (V. PI. VII, fig. t2). 
Les lames latérales, à bords réguliers, sont pourvues de 
longues soies cornées et portent, à leur face supérieure, de 
petits poils chitineux. Indépendamment de ces lamelles mé- 
dianes, il existe latéralement d'autres plaquettes losangiques 
ou ovales, imbriquées entre elles et portant, sur leurs bords 
réguliers, des soies chilineuses qui s'étendent également 
sur la face supérieure. Enfin, chaque colonne se termine 
postérieurement par une petite languette arrondie formant, 
avec les cinq autres, une valvule à six branches. 

Des diverses parties qui composent l'appareil digestif des 
Cleandru.i, les plus intéressantes cl surtout celles qui pré- 



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102 L. BORDAS. 

sentent les plus grandes différenccB avec les organes simi- 
laires des autres Locuslidae, sont certainement les cxcums 
intestinaux. {V. PI. VII, fig. 7, 10 et H). Ces organes, très 
volumineux, sont disposés en deux groupes de chaque côté 
du gésier. Le groupe inférieur, de beaucoup le moins impor- 
tant, n'est formé que par un diverllcule unique, à base élar- 
gie, cylindrique, présentant une courbure et se continuant 
en avant par un lube à diamètre à peu près uniforme et à 
sommet terminé en doigt de ganl. Le groupe supérieur pré- 
sente la forme d'une main dont les doigts seraient soudés 
entre eux. Sa face interne est concave et l'externe convexe. 
Elles portent l'une el l'autre, du sommet à la base, six ou 
sept sillons peu profonds, séparés par des bourrelets pa- 
rallèles. Chaque sillon correspond à une cloison interne, el 
il résulte de celte disposition que la cavité du cjecum anté- 
rieur se Irouve partagée en sept ou huit loges tubuleuses, 
s'ouvrant directement à l'extrémité antérieure de l'intestin el 
n'ayant entre elles aucune communication (V. PI. Vil, 
fig. 10 et II). Chaque lube est pourvu d'enveloppes propres 
et recouvert, à l'extérieur, par une membrane commune à 
tout l'appendice. Les parois lalérales portent, disposées 
longitudinalement, un petit nombre de replis sinueux. Celle 
dlspoxU'wn. si caraclérktique, nous ficrmet de considt'rer les 
cavités acralex internes comme un ensemble de tuées accolés et 
de rapprocher ainsi les PsEUDOi'HYLLiN.iî(/e.v Trl'xalin^. Celle 
manière de voir est d'autant plus plausible, qu'après avoir 
enlevé l'enveloppe commune externe, on peut facilement 
séparer chacun des tubes. Les caractères tirés de ce! organe 
permetlent donc de rattacher 1res facilement les Orthoptères à 
rxrums multiples aux Orthopihrex à civnimxjmrs, et de passer, 
par des transitions graduelles et insensibles, des Blultidwet des 
Acridiidin aux l^ot-iistidiv el aux Gnjttidx. V.n effet, chez, les 
Blattidx, les Mantid»>, les Acridiid^, les appendices intes- 
tinaux sont toujours séparés, tubuleux et au nombre de 
huit ou de six (Acridiens). Si ces organes se rapprochent, 
deviennent coalescents el se soudent par leurs faces lalérales, 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 103 

nous aurons exaclement la Torme qu'afTecteiil les appen- 
dices antérieurs des Cleandrus, attendu que les cloisons 
transversales divisent la cavité interne en de nombreuses 
lo^es distinctes, pouvant même se séparer l'une de l'autre 
quand l'enveloppe membraneuse externe a disparu. De 
plus, la présence d'un tube libre poslf'Tieur est une preuve 
évidente de l'indépendance primitive des sept ou huit pre- 
miers. Ce terme de passage nous permet également d'ex-* 
pliquer l'origine des cloisons plus ou moins nombreuses, 
mais incomplètes, que nous allons rencontrer dans les 
appendices intestinaux des autres Locustidje. Ces cloisons 
ou replis membraneux, qui partent de la paroi interne 
de la face en contact avec le gésier, sont plus ou moins 
longs suivant les espèces et divisent la cavité interne de 
chaque csecum en un certain nombre de loges incomplètes, 
qu'on peut considérer comme des vestige des appendices 
tubuleux libres et séparés des Mantidœ et des Acridiida".. 
Enfin, nous voyons les dernières traces de ces cloisons per- 
sister encore à l'état de rudiments chez la plupart des 
Gryllidae, où elles ne sont plus représentées que par de pe- 
tits bourrelets longitudinaux, parcourant de haut en bas la 
face interne des cxcums latéraux. 

Le reste de l'appareil digestif comprend Vinlestin moyenet 
Vinlestifi postérieur. Le premier est remarquable par son 
grand développement et dépasse même, quand il est corn- 
pli^temeot étalé, deux fois la longueur du corps de l'insecte. 
Il est cylindrique et décrit trois ou quatre circonvolutions 
localisées dans la région moyenne de l'abdomen, h'intesûn 
terminal est beaucoup plus court et porte, à son origine, 
six tubercules placés très irrégulièrement, mais générale- 
ment groupés par paires, au sommet desquels viennent dé- 
boucher de 20 à âa tubes de !^lalpiglii, ce qui porte de 
f iO à i 30 le nombre de ces organes. Ces tubes sont disposés 
en toufTes enchevêtrées, recouvrant en grande partie les re- 
plis intestinaux. Le reste de l'organe présente des boursou- 
flures el à l'intérieur six bourreletâ longitudinaux irrcguliers 



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104 

et sinueux. Le rectum, séparé de l'inleslin terminal par une 
valvule, est un organe ovoïde, portant à l'intérieur six ban- 
delelles glandulaires [(jlandes rectales). 

2' Tribu DBS Mecopodin^. ~~ Platyphyllum giganieum (I) 
(Lu.) ou Pseudophyllanax Jnsulam (Walker) (V. PI. VIII, 
fig. 4). 

L'appareil digestif du Pneudophyllanox iniularis (Walk.), 
que nous prenons comme type de notre description pour la 
tribu des Mecopodin^, présente des caractères qui le difTé- 
rencient nettement de celui de la plupart des autres Locus- 
tidse et eu font, comme les Cleandrus, une forme de passage 
entrelesAcridiidîeetlesLocuslidîe. Cette formeintermédiaire 
entre les deux groupes est cependant plus nettement mar- 
quée chez les Pseudophyllinœ. Mais, si la disposition externe 
du gésier et siM*ettUa présence d'appendices cœcaux posté- 
rieurs rapprocb<|aJ»s [}.midophyUanax'Aiii'k<Ts^fiï^\'c\- 
trème longueur des intestins moyen et terminal, leurs- nemr 
breuses circonvolutions, ^ipsi que le mode d'insertion des 
tubes deMalpighi en fon^nettemejitLun type, très voisin du 
genre Salomonaàe laitn:bu,des!CoNOM:PHA.uN^_.,. 

Les glandes salivaires sopt jtrès volumineusés'et rappelleni , 
par leur disposition, celles des Dectiques(V. PI. VIII, fig. 4). 
Elles s'étendent de la région postérieure céplialique, jusqu'à 
l'espace întersegmen taire compris entre les deux derniers mé- 
ridestboraciques,rormantainsi deux épaissesmasses compac- 
tes, situées au-dessous du jabot e( séparées par un étroit sillon 
médian. Dans ce massif glandulaire, on peut facilement sé- 
parer six à huit grappes secondaires, formées elles-mêmes 
par un assemblage de ramuscules que terminent des touffes 
d'acini. Ces acini sont sphériques, pluricellulaires et pour- 
vus d'uu canalicule excréteur très court. En arrière de la 
léte, on voit, des deux côtés, se détacher une grosse grappe 
qui va se fusionner à sa congénère du côté opposé et former, 

(1) CeUe espèce, qui mesurait 62 roillimètres de longueur sur 23 milli- 
mètres ile'lar(;e au troisième segment abdominal, provenait de la Nouvelle- 
Calédonie. 



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APPAREIL DIGESTIP DES ORTHOPTÈRES. 103 

de la sorte, un anneau au centre duquel passe l'œsophage. 
A ce système glandulaire, très volumineux et très compliqué, 
sont adjoints deux larges sacs glandulaires ovoïdes, à parois 
minces, transparentes et plissées, allant déboucher directe- 
ment dans tes canaux excréteurs. Ces derniers, comme ceux 
des Decticits, se fusionnent en un [conduit unique qui va 
s'ouvrir & la base de la languette, en avant et au-dessous de 
t'orifice buccal. 

Vappareil digestif du Pseudophyllanax est égal à trois 
fois et demie la longueur du corps de l'insecte (V. PI. VIII, 
(ig 4). Le phan/nx est un tube court, de forme trapézoïdale 
et h extrémité antérieure élargie. Vœsophage qui lui fait 
suite et qui natt dans la région postérieure céphalique est, 
de même, cylindrique. 11 traverse te massif antérieur des 
glandes salivaircs ; puis, arrivé vers le milieu du prolhorax, 
il se dilate progressivement et se continue/ par le jabot. Los 
parois pharyngiennes et œsophagiennes sont épaisses et 
servent extérieurement de points d'attache à de nombreux 
faisceaux musculaires destinés à maintenir les organes dans 
une position fixe. Leur face interne présente quelques re- 
plis longitudinaux. 

L&JaÔol est un organe fusiforme, aminci en avant et renflé 
à son extrémité postérieure. Il présente extérieurement de 
nombreuses botirsoutlures correspondant ii des cavités in- 
ternes. Ses parois musculaires sont très épaisses el possèdent 
deux couches, dunt la plus importante est la couche annu- 
laire interne, supportant une membrane chïlineuse. La paroi 
présente intérieurement de nombreux replis circulaires lon- 
gitudinaux. Ces derniers vont converger vers l'orifice posté- 
rieur, où ils forment six bourrelets irréguliers, jouant le 
rôle de valvule et se continuant dans le pédoncule antérieur 
du jabot (V. PI. VIII, fig. 4). 

Le gésier des MEcopooiNiE se rapproche, par sa forme, de 
celui des Decticinx el de celui des Ephippigerinœ. Il em- 
prunte au premier la disposition de son armature mastica- 
trice interne; mais, d'aulre part, il se rapproche du second 



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106 

par la nature cornéo-membraneuse de ses dents. Cet organe 
est allongé, presque cylindrique et complètement enveloppé 
par de volumineux appendices intestinaux, différant beau- 
coup, par leur forme, de ceux des aulrcs Orlhoplères. Il 
s'unit h la face postérieure du jabot par un pédoncule d« 
longueur égale à la sienne et pourvu d'une enveloppe nius- 
cuiaire externe très puissante. A l'intérieur, existent six 
bourrelets disposés longitudinalcmcnt et pourvus de nom- 
breux plissements très irréguliers, séparés par des dépres- 
sions longiludinales parallèles, dont le fond est parcouru par 
deux petits replis secondaires. Les bourrelets principaux 
s'élargissent h leur extrémité postérieure en formant une 
valvule annulaire, marquant l'origine du gésier proprement 
dit. Ce dernier organe, qui ne parati être que la continuation 
de son pédoncule antérieur, a une forme Ironconique 
(V. PI. Vin, fig. -i). Ses parois soni épaisses et recouverlos 
intérieurement d'une armature cliilineuse constituée par six 
colonnes dentifères. Cliaque colonne comprend, comme 
cbez tes Decliques, trois séries de dents. Celles de la série 
médiane, au nombre de 18 à 20, sont aplaties transversale- 
ment et pourvues de tubercules latéraux munis de soies. 
Les six ou huit premières présentent certaines analogies de 
forme avec celles de la Gryllotalpa (V. le cbapitre suivant), 
mais elles en diffèrent complètement par leur moindre 
durelé. Celles de la portion terminale, beaucoup moins 
puissantes que les premières, sont presque réduites à leurs 
appendices latéraux lamolleux. Y)e chaque côté de la série 
médiane existe une rangée longitudinale de denticules co- 
niques, à sommet chilineux e( à base musculaire recouverte 
de soies très courtes. L'ne dépression longitudinale, très 
étroite, sépare chacune des colonnes denlifèrcs. Ces der- 
nières se terminent par une languette membraneuse cordi- 
forme, et l'ensemble des six languettes constitue im cône 
valvulairc très court, pénétrant dans l'axe de l'intestin 
moyen. 

Vintestin moyen porte, i!i son origine, de volumineux cx- 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 107 

eiims intestinaux, présentant la forme de larges sacs, à base 
aplatie et à sommet renflé, enveloppant presque entièrement 
le gésier. De leur face en contact avec ce dernier se déta- 
chent de nombreux replis (6 à 8) de formes ot de dimensions 
variables, divisant la cavité interne en un certain nombre de 
chambres communiquant extérieurement entre elles. Ces 
CiTCums se prolongent en arrière par des appendices co- 
niques, striés transversalement, élargis à leur base et 
amincis à leur sommet, s'ouvrant, comme tes caecums eux- 
mêmes, dansl'intestin moyen par l'intermédiaire d'un orifice 
commun, ovale ou arrondi. Par le nombre de leurs replis et 
la présence de sillons externes, ces cîecums se rapprochent 
de ceux des Cleandrux, mais ils en diffèrent en ce que les 
cloisons internes sont incomplètes. D'autre part, l'existence 
d'appendices postérieurs, que nous n'avons rencontrés bien 
développés que chez les Pseudophyllinte et dont quelques 
vestiges seulement existent chez les Salomona, nous per- 
meltenl de rapprocher les Mecopodinae des Acridiida!. La 
structure hislologique de ces organes est la même que celle 
de i'Jnleslin moyen, preuve évidente qu'ils ne sont que des 
proliinffemeiits, des évaginations de ce dernier. L'intestin 
moyen, après avoir produit les deux diverticulcs que nous 
venons d'étudier, décrit dans l'abdomen un grand nombre 
de circonvolutions superposées les unes aux autres et for- 
mant une masse viscérale dilïïcile à démêler. Cette portion 
du tube digestif, élargie et légèrement aplatie à son origine, 
prend ensuite la forme cylindrique qu'elle conserve pendant 
tout son parcours. Ses parois sont épaisses et recouvertes 
extérieurement, soif par des faisceaux de tubes de Malpiglii, 
soil par des touffes trachéennes. IClles sont constituées par 
une couche de fibres longitudinales, une couche de fibres 
musculaires circulaires et une membrane épithéliale interne 
pourvue de nombreux replis destinés à augmenter la surfac« 
(l'absorption. Cette portion du Iub5 digestif, complèlcmenl 
clalée, est égale h environ deux fois la longueur du corps 
de l'insecte. 



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L'intestin postérieur est séparé de la portion précédente 
par un bourrelet annulaire irrégulier, jouant le rôle de val- 
vule. A son origine sont insérés les luàes de Malpighi, dont 
le nombre est constant et compris entre lOO et 130. Ces or- 
ganes glandulaires sont constitués par des lilamenlH cylin- 
driques, allongés, flexueux et groupés en six faisceaux 
allant s'ouvrir au sommet de petites évaginations hémisphé- 
riques, provenant de l'extrémité antérieure de l'inleslin 
terminal. Ce groupement des glandes urinaïres en six fais- 
ceaux est tout ft fait caractéristique et se rencontre chez la 
plupart des Locustides. Le reste de l'inleslin, doni la lon- 
gueur est fi peu près égale k celle du corps de l'insecte, se 
dirige en arrière en suivant un trajet sinueux, puis se ré- 
trécit pour se dilater ensuite et former le rectum. Ce dernier, 
(le forme ovoïde, porte de nombreux replis musculaires 
transverses et six bandelettes glandulaires longitudinales, 
anhiogucs aux glandes rectales que nous avons décrites chez 
les Ilyménoplëres. Ainsi ([ue nous l'avons dit au débul, l'ap- 
pareil digestif des Mecopodinii; mérite, par sa disposition, la 
siructurede plusieurs de ses parties et surtout sa longueur 
considérable, une description à part. De plus, il forme un 
des principaux anneaux de la cliatne qui rattache les Acri- 
DtiCiNs aux Locustides. 

3" TlUBO DES EpilIPPIGERlK^ (V. PI. VIII, fig. 1 Ct 3}. 

Parmi les Locustides que nous avons encore étudiées, 
nous pouvons citer, chez les Ei'hippigerin.«. les deux es- 
pèces suivantes : YE/ihi/ipii/er bitteriensis Ç (Marq.) et 
YOrfihania denlicauda (^ (Charp.). 

Chez toules les espèces de cette tribu, l'organe de la di- 
gestion présente de nombreuses différences avec celui des 
autres espèces appartenant à la famille des Locuslidse. Ces 
différences portent principalement sur la disposition des 
glandes salivaires, la forme du jabot, la réduction du gé- 
sier, le cloisonnement tout particulier des ca-cums intesti- 
naux et le mode d'embouchure des tubes de Malpighî 
(V. PI. VIII, fig. t). 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 109 

Ia% glandes salivaires de VEphippiger billeriensix sont très 
volumineuses el recouvrent non seulement toute la face in- 
férieure des trois segments thoraciques, mais s'étendent 
même jusque dans la région occipitale céphalique. Elles 
sont disposées en deux larges grappes placées au-dessus et 
sur les côtés du jabot. Chaque grappe comprend elle-même 
plusieurs faisceaux glandulaires, dont les nombreux acini 
vont s'ouvrir dans un canal excréteur, lequel va déboucher 
dans le conduit efférent de chaque grappe. La région post- 
cérébrale de la tête est elle-même enveloppée par iio massif 
glandulaire qui entoure l'œsophage et projette verticalement 
deux grappes situées sur la partie antérieure du jabot. 
Chaque grappe est constituée par des acini ovoïdes, pourvus 
d'une cavité centrale et d'un canalicule excréteur très court. 
La structure de ces diverses parties est la même que chez 
les Dectiques el les autres Orthoptères. A l'appareil glandu- 
laire sont rattachés deux volumineux réservoirs salivaircs, 
sortes de sacs très allongés, à parois transparentes et plis- 
sées, s'étendant, de chaque côté du jabot, jusqu'au méla- 
tborax, el allant déboucher dans chacun des canaux effé- 
rents des deux grappes. Ces canaux, au nombre de deux, un 
pour chaque grappe, se fusionnent finalement et constituent 
un tube impair très court, s'ouvrant & la base de la lèvre 
inférieure. 

Le pkargnx et Vœsophage sont très courts. Le premier 
affecte la forme d'un Ironc de cône légèrement aplati, à 
parois épaisses, musculaires et striées intérieurement. 

Le Jabot, par contre, est Irès volumineux et occupe, avec 
les glandes salivaires, la presque totalité de la cavité thora- 
cique. C'est un organe tronconique, à extrémité postérieure 
renflée et présentant, dans son tiers antérieur, un léger 
étranglement. Ses parois sont épaisses et pourvues de nom- 
breux faisceaux musculaires longitudinaux et annulaires 
très apparents. La face interne est recouverte par une mem- 
brane chitineuse transparente el hérissée de très fines soies 
cornées. Ces soies, plus ou moins développées, existent nor- 



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malement sur la membrane inleroe du jabot de tous les 
Orlhoplères, A ta face poslérieure^ les plissements de lu 
cavité dujabol sont beaucoup pttis accentués qu'fila partie 
antérieure et vont converger vers i'orilice terminal de l'or- 
gane. Avant d'arriver à cet orifice, les bourrelets, qui ne 
sont h ce moment qu'au nombre de six, changent de forme 
et augmentent de volume. Ils se disposent dans un plan ver- 
tical, constituant ainsi une sorte de tubercule, perforé à son 
centre et pourvu de six rayons épineux. On ne saurait mieux 
comparer le tubercule postérieur du jabot suivi du gésier 
qu'à une capsule de pavot vue par son extrémité stigma- 
tique. Chaque bourrelet, séparé de ses voisins par une large 
dépression triangulaire, porte à sa surface trois ou quatre 
dents crochues, recourbées et à sommet chitineux tourné 
vers l'orifice. Cette disposition présentée par l'orifice poslé- 
rieur du jabot des EpMpinger n'aflecte, chez aucun autre 
Locustide, une aussi grande complication. 

Le jabot de VOrphania dcntkauda est moins allongé que 
celui de l'Ëphippiger, et son extrémité postérieure plus 
arrondie. Ses parois sont épaisses et possèdent des faisceaux 
longitudinaux et circulaires très apparents à l'extérieur. La 
face interne est recouverte d'une membrane chitineuse trans- 
parente, striée et pourvue de Rues denticulations. Les replis 
postérieurs finissent par ne former que six gros bourrelela 
rectangulaires convergeant vers l'orifice du gésier et pour- 
vus de quatre petites pointes simulant des dents. Il n'existe 
pas ici de tubercule étoile, perforé à son centre, comme 
chez les Ephipniger. 

Le gésier des Ephippiger (V. PI. VIII, fig. 3) a une struc- 
ture toute différente de celle qu'il afi'ecte chez les autres 
Locustidie. Il présente la forme d'un tronc de cône à base 
élargie reliée au jabot, et à extrémité postérieure amincie 
en rapport avec l'intestin. Fixé un peu exceniriquement à la 
face postérieure du jabot, dont ie sépare un très étroit sillon 
circulaire, il est totalement dépourvu de pédoncule antérieur. 
Ses parois sont épaisses, formées par une forte couche de 



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APPAREIL DIGESTIF bES ORTHOPTÈRES. i 1 \ 

fibres musculaires anaulaires et sa face interne est garnie 
d'un appareil masticateur incomparablement plus faible que 
celui des Dectiques et des Locustes. Il est constitué par six 
bandelettes pyramidales, disposées longitudinalement et 
s'amincissant au fur et à mesure qu'elles se rapprocbeot de 
l'orifice inlestinal. (V. PI. VIH, fig. 3). Chaque bandelette 
porte sept dents triangulaires, dressées presque perpendi- 
culairement aux parois de l'organe et à sommet crochu, 
deoticulé, chitineux et légèrement recourbé en arrière. Les 
dénis, sauf la dernière, portent de larges expansions laté- 
rales, qui sont les homologues des tubercules latéraux des 
dents médianes du gésier des Dectiques, et dont les bords 
libres sont recouverts de longues soies cornées. De part et 
d'autre de la rangée médiane existe une série longitudinale 
de tubercules prismatiques et quadrangulaires, correspon- 
dant aux dents latérales des Decticinae, mais en différant 
complètement par leur forme et leur structure. La face su- 
périeure de chaque dont est cornée, légèrement bombée et 
sa base porte, sur sa face inlerne, une plage longitudinale 
séligère. Enfin, on constate, dans l'étroite dépression qui 
sépare chacune des séries de l'armature masticatrice, une 
ligelle cornée, allongée et rectangulaire. Cet organe, comme 
on peut le voir par l'examen de la figure 3, Planche VIII 
et par la description que nous venons d'en faire, est une 
forme atrophiée du gésier des Locuslinœ et des Declicinfe. 

Le gésier de VOrphania est encore beaucoup plus rudi- 
mentaire que celui de l'espèce précédente. Sa forme est 
presque cylindrique, mais à extrémité antérieure un peu 
plus large que la postérieure. 11 s'unit directement au jabot 
sans l'intermédiaire de pédoncule. Ses parois musculaires 
sont épaisses, mais son armature masticatrice inlerne esl 
très réduite et beaucoup plus atrophiée que celle de l'Ephip- 
piger. Elle est uniquement composée de six colonnes ou 
replis musculaires recouverts par une lamelle chitîneuse. 
Ces replis présentent une série de denticulations triangu- 
laires, disposées presque verticalement et séparées par des 



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112 L. BOBDAS. 

sillons transverses. Chaque colonne porle sept dents el se 
continue postérieurement par une lamelle rectangulaire 
aplatie, sorte de languette servant à former, avec ses cinq 
congénères, une valvule placée à l'entrée de l'inteslin 
moyen. Les replis du gésier sont séparés longitudînalement 
par de profondes dépressions parallèles. 

L'inteslin moyen de VEphippiyer bilteriensis est court el 
ne décrit qu'une seule circonvolution. Les appendices in- 
testinaux sont remarquables par leur forme et leurs nom- 
breux replis internos. A ce titre, on peut les placer à côté 
de ceux des Cleandrus. Ce sont deux caecums en forme de 
sac, légèrement recourbés et à face externe irrégulière et 
parcourue par de nombreux sillons allant du sommet fi la 
base. La cavilé inlerne est divisée en sept ou huit chambres 
nettement séparées les unes des autres et ne communiquant 
entre elles que par un espace très étroit. Ces chambres sont 
formées par un certain nombre de cloisons (6 ou 7) dues à 
un repli de la paroi interne du cœcum. De cette forme au 
cloisonnement complet des cavités, que nous avons déjà 
constaté chez les Cleandrus, il n'y a qu'un pas, el le passage 
se fait sans peine d'une espèce à l'autre. Le resie de l'in- 
testin moyen ne présente aucune particularité remarquable, 
sauf une circonvolution qu'il décrit avant de se souder k 
l'intestin postérieur. 

Les ciecums intexlinauj: de VOrphania denticauda forment 
deux sacs aplatis, légèrement recourbés el enveloppant 
complètement le gésier. Ils présentent, sur leurs deux faces, 
cinq ou six sillons longitudinaux correspondant à autant de 
cloisons internes qui partagent la cavité en plusieurs com- 
parlimenls incomplets. 

IS'mteiitln postérieur de V Ephippiger est presque droit el 
parcouru Eongitudinalement par six bourrelets internes mus- 
culo-glandulaires, comparables à ceux qui existent chez les 
Hyménoptères [Glandex rectaies). A son origine, l'intestin 
terminal porte un nombre variable (3 ou 4) de tubercules 
coniques, h extrémités arrondies, au sommet desquelles vicn- 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTËRGS. 113 

nent déboucher les lubes de Malpighi, disposés en faisceaux, 
mais enchevêtrés entre eux, de telle sorte qu'ils paraisseot 
s'insérer circulairement et sans ordre autour du tube digestif. 
Le nombre des cxcums est inférieur, chezïes Ephippigerina: 
à celui que nous trouverons chez les Locustes et tes Oec- 
liques. Les tubes de Malpighi de ÏOrphania sont moins nom- 
breux et moins allongés que cbez l'Ephippiger. Ils sont 
groupés en trois ou quatre faisceaux, allant s'ouvrir au 
sommet de petits tubercules qui sont des dépendances de 
l'intestin terminal. 

Le rec/u/n des Ephippigerinse, séparé du reste de l'organe 
par une valvule irrégulière, est ovoïde et parcouru longitu- 
dinalement par six bourrelets glandulaires, homologues des 
glandes rectales des Hyménoptères (V. PL VIII, fîg. 1). 

4* Tribu des Piianeropterin^. 

Parmi les Phaneropterin^, nous avons étudié les deux 
espèces suivantes : Phaneroptera falcata (Scopoli) et Acri- 
dopeza reticulata (Guérin). 

L'appareil digestif des espèces de cette tribu présente à 
peu près les mêmes caractères que chez les Locustid^, les 
Platycleis en particulier (V. la suite du chapitre et les 
ûgures 5 et 7 de la PI. VIII). Il en diffère cependant par la 
forme et la structure du gésier et par l'énorme développe- 
ment du rectum. 

Qi^iV Acridopeza^ cet organe est presque droit et les in- 
testins moyen et postérieur ne décrivent que deux courbures 
peu accentuées. 

Le pharynx est étroit, musculeuxel pourvu de nombreux 
replis internes, disposés longitudinalement. 

Vœsophage est court, cylindrique et n'occupe que le quart 
antérieur du prothorax. 

Le jabot est volumineux, ovoïde, à parois minces, trans- 
parentes et plissées intérieurement. II occupe la presque to- 
talité du thorax et repose sur les glandes salimifei, sembla- 
bles à celles des Locustides, et sur de gros faisceaux 
musculaires. La face interne porte de fines stries cbiti- 

«tm. se. HAT. ZOOL. V, 8 



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114 L. ■•■DAS. 

neuses longitudinales qui vont converger vers six bourrelets 
placés à l'origine du gésier. 

Le gésier est très caractéristique et difTère, par lu struc- 
ture de son appareil masticateur, de celui de toutes les autres 
Locustidœ. C'est un organe conique, à parois externes lisses 
et épaisses el dont la face interne est garnie de six bourre- 
lets portant de cinq à six dents chilineuses, triangulaires et 
à bords finement denticulés. Chaque colonne se continue par 
des lamelles transversales, qui vont en diminuant à mesure 
qu'on se rapproche de l'intestin moyen et se termine par une 
plaquette à bords libres émoussés. Les six plaquettesforment 
une sorte de valvule placée à l'extrémité postérieure du gésier. 

L'inteslin mot/en porte, fi son origine, deux cxcums cy- 
lindriques, légèrement aplatis sur leur face interne et di- 
visés, par des replis, en plusieurs compartiments communi- 
quant entre eux. 

làintestin terminal est court, large et coudé verticalement. 
11 est presque complètement enveloppé par les organes gé- 
nitaux, et porte, en avant, de nombreux tubes de Malpigbi, 
disposés comme chez les Locustinx. Il se termine par un 
rcrtum volmnineux et cylindrique, présentant à son origine 
une valvule lamelleuseet irrégulière. 

0° Tribc bes CoNOCEPHALiNvE. — Sa/omono megacephala 
(de Haan}, Pseudorhynchus minor (Redtenbacher), Conoce- 
p/iahis mandibularis (Charp.}. {V. PI. Vil, fig. 9; PI. VIII, 
fig. 2 ; PI. IX, fig. 2 ; PI. X, fig. 4.) 

L'appareil digeatif de la Salomona megacephala diffère 
do celui des-auttcs Locustidae par la localisation toute parti- 
culière de ïes glandes salivaires, par l'énorme développe- 
ment que pr«nd le jabot et par l'atrophie de l'intestin ter- 
minal. Chez le Pseudorhynchus, l'organe de la digestion est 
caractérisé « r par son grand développement, attendu que 
salongueur^lleint deux fois celle du corps de l'insccle ; 
2° parles nombreuses circonvolutions que présente l'inteslin 
terminal et T par le mode d'insertion des tubes de Mal- 
pigbi (V. PI. IX, fig. 2). 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. H 5 

A la bouche, de forme ovale, fail suîle, chez la Salo- 
mona, un pharynx aplalî et relié aux parois latérales de la 
tfclc par de nombreux faisceaux musculaires. Il repose, par 
sa face inférieure, sur une lamelle clutineuse provenant de 
la région occipitale de la tête. 

Vafxophage est très court et situé dans l'espace interseg- 
menlaire compris entre la tête et le prothorax. Il est cylin- 
drique et se continue avec le jabot sans ligne de démarcation. 
La face dorsale supporte une grappe médiane de glandes 
»:dîvaires, et les faces latérales sont recouvertes par deux 
prolongements glandulaires des mêmes organes. Enfin, la 
face inférieure repose sur une large grappe appliquée sur 
le premier segment thoracîque, au-dessus du système ner- 
veux. Le pharynx et l'œsophage du Pseudorliynchus sont 
courts, et le dernier dépasse à peine la moitié antérieure du 
prolhorax. La face interne du pharynx est parcourue par de 
nombreuses stries longitudinales. 

La jabot de la Salomona (1) fait suite à l'œsophage sans 
ligne de démarcation. C'est un organe volumineux, allongé, 
ovoïde, parcourantenlignedroitelethorax tout entier, dont il 
occupe la partie médiane, et s'iHendant jusqu'au tiers posté- 
rieur du premier segment abdominal. Il repose sur la chaîne 
nerveuse, et est recouvert latéralement par de gros faisceaux 
musculaires, moteurs des appendices. Ses parois antéiieures 
sonlptissées latéralement et transversalemeni , tandis que l'ex- 
trémité inférieure est lisse et présente une courbe régulière à 
convexité postérieure.SesparoisinternessonI également lisses 
dans lesdeux premiers segments thoraciques, mats présentent, 
vers le tiers postérieur, une série de plis longitudinaux qui 
vont converger vers l'orifice compris entre le jabot et le gé- 
sier. Entre les replis principaux, au nombre de six, existent 
également d'autres replis moins accusés qui se dichoto- 
mjsent et transforment la partie terminale du jabot en une 
surface irrégulière et de stiueture alvéolaire. Du fond du ja- 

>'() Pour l'ensemble Je l'uppareil liijiestif de la Salomona megaccpKala, 
vuy. lapl. VIII, lig. 2, et pour celui du fieudorhyHchui iiùnoe, la pi. IX, Og. 2. 



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H 6 Ma. bobdam. 

bot, on voit se détacher six colonnes ou bandeletles portant 
sur leur crête des dents à pointe acérée et chiliaeuse tour- 
née vers la région intestinale. Ces bandelettes vont conver- 
ger vers rorifice postérieur où elles formenl six replis, don- 
nant à l'ouverture une forme étoilée. Ces replis jouent le 
rôle de valvules et se conlinueol, à travers le court pédoncule 
postérieur, jusqu'au gésier. Pendant leur trajet, ils présen- 
tent une série de constrictions transversales, séparant ainsi 
àcs luberculcs denliformcs pyramidaux. Ces tubercules sont 
formés par des replis de la couche chittneuse qui déjfi re- 
couvre la face interne du court pédicule qui unit le jabot au 
gésier. 

Le jabot du Pseudorhynchts est piriforme, à extrémité 
postérieure arrondie et s'étend, dans la région médiane 
Ihoracîque, jusqu'à l'origine de l'abdomen. Ses parois soûl 
épaisses et parcourues antérieurement par de nombreuses 
bandelettes musculaires, parmi lesquelles on en distingue 
six principales, se prolongeant en arrière jusque dans te 
pédoncule. Ces bandeletles terminales portent de petites 
dents chitincuses disposées en palette et à bord libre cré- 
nelé. 

Le gésier de la Salomona est séparé du jabot par un repli 
circulaire profond. C'est un organe sphérique, présentant de 
5 à 7 millimètres de diamètre. Ses parois sont très épaisses, 
fortement musculaires et parcourues exférieuremenl par un 
réseau inextricable de filaments trachéens, très ténus, qui 
s'étendent même jusqu'au jabol. Les parois internes du gé- 
sier portent une armature cliilineuse fort compliquée et 
présentant les plus grands rapports avec celle des Decti- 
cinx et des Gryllidfc. Elle diffère cependant de celle des 
Grillons et des Gryllolalpa par la forme des dents médianes 
et la disposition des dents latérales. Comme chez les Gryl- 
lidœ, et en particulier chez le Bracbylrypus, l'armature in- 
terne est disposée suivant six colonnes lonj^itudinales, 
présentant chacune dans son ensemble la forme d'un prisme 
triangulaire dont une des faces est appliquée contre la paroi 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 117 

du gésier, et l'angle dièdre opposé dirigé vers l'axe de l'or- 
gane. Chaque colonne masticatrice est séparée de sa voisine 
par une longue tige chitineuse située dans une profonde dé- 
pression disposée d'avant en arrière. Comme chez tes Cryllida;, 
on observe, dans chacune des séries longitudinales, trois 
rangées de dents : une rangée médiane et deux rangées laté- 
rales (Voy. PI. VU, fig. 9, et Pl.X. fig. 4). 

La rangée médiane comprend de 16 à 18 dents chiti- 
neuses, 1res proéminentes et dont les dimensions vont pro- 
gressivement en diminuant depuis la région antérieure du 
gésier jusqu'à son exirémité inférieure. Ces dents compren- 
nent trois parties : une partie moyenne et deux appendices 
latéraux (Voy. PI. X, fig. 4). La portion médiane, qui fait 
forlement saillie dans l'intérieur du gésier, a la forme d'une 
palette h face interne concave et à face externe convexe; elle 
est légèrement inclinée en arrière et présente une pointe ou 
denticule antérieure et deux denlicules latérales. De chaque 
côté de la pointe médiane et séparées d'elle par une dépres- 
sion courbe, existent deux dents latérales, redressées verti- 
calement et à pointe légèrement mousse. La dent médiane 
dont nous venons de parler, contrairement h ce qui existe 
chez les Cryllids (Voy. le cbap. suiv.), est implantée presque 
obliquement dans les parois du gésier et sa racine, très 
courte, est double et en rapport avec des faisceaux muscu- 
laires qui lui permettent d'exécuter des mouvements d'avant 
en arrière (Voy. PL X, fig. 4). 

Les dents des rangées latérales, séparées de celles de la 
série médiane par un sillon longitudinal profond, sont en 
même nombre que ces dernières (de 16 à 18) et alTectent une 
forme pyramidale. Leur large base est constituée par de 
nombreux groupes de faisceaux musculaires; elle supporte 
une poinle chitineuse, élargie obliquement et alTectant la 
forme d'une palette à concavité externe (Vov. PI. Vil, 
Bg. 9). 

Chaque série de dents va progressivement en diminuant 
à mesure qu'elle se rapproche de l'orifice antérieur de l'in- 



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118 L. BOBDAM. 

leslin. Après la disparition des dents, chaque entonne se 
termine par un prolongemonl musculaire faisant l'oflice de 
valvule et limitant une ouverture très étroite qui ne laisse 
passer que les substances alimentaires suflisamment tri- 
turées. 

Le gésier du Pseudor/iync/iux est un organe ovoïde, pres- 
que entièrement recouvert extérieurement par les appen- 
dices intestinaux, et intéricuremont par une puissante arma- 
ture masticatrice, composée de six colonnes triturantes, 
disposées h peu près comme celles de l'espèce précédente. 
Les dents médianes présentent cependant une légère modi- 
fication consistant dans la forme de leur tubercule central 
qui est plus allongé et muni latéralement de tines denticiila- 
iions très acérées. 

Viniexlin moyen des Salomona décrit deux circonvolutions 
complètes. A son origine viennent s'ouvrir deux appendices 
intestinaux, analogues par leur forme à ceux des Locustes 
et des Dectiques. Ces organes, complètemenls indépendants 
du gésier, ne sont que des divcrticules latéraux de l'origine 
de l'inleslin. Ils présentent la forme de deux bourses arquées, 
à face Interne légèrement concave, embrassant les parois la- 
térales du gésier. Leur face externe est convexe. Ils se ter- 
minent antérieurement par une pointe cœcale et arrondie, 
en forme de doigt de gant, et vont s'ouvrir dans une portion 
élargie, sorte de vestibule, qui se continue par l'intestin 
moyen. Ce dernier est à peu près uniformément cylindrique 
et a, en moyenne, de 3 i 4 millimètres de diamètre, sur 20 à 
2."> millimètres de longueur. Il décrit deux circonvolutions 
complètes dirigées obliquemenl par rapport à l'axe du corp!=. 
Ses parois externes sont à peu près lisses à l'état de rcplé- 
lion de l'organe; maïs, quand ce dernier est vide, elles pré- 
sentent une série de plissements transversaux. 

h'mtpxlin »iot/pn du P.\etii/orhi/n^hm est allongé et décrit, 
à son exirémité postérieure, une circonvolution complète. 

Les tithriffe Malpifjhi vont s'ouvrir d'une façon assez irré- 
guliére à l'origine de l'intestin terminal. Ces glandes, au 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 119 

nombre de cent à cent vingt chez les Salomona, sont cons- 
tituées par des lilamenls courte', minces, flexueux et dispo- 
sés parfois en groupes peu nombreux. — L'intestin postérieur 
débute par une portion rétrécie qui, après avoir décrit une 
circoDTolulion, s'élargit brusquement en un organe ovo'fde, 
le rectum. Ce dernier se continue par un appendice fort court 
terminé h l'orifice anal, situé au-dessus du pore génilal et 
au-dessous d'une languette spatuliforme, chilineuse et con- 
cave à sa face supérieure. 

h'inteslin postérieur du Pxeudorhynchus décrit deux circon- 
volutions et porte, h son origine, six tubercules coniques ou 
parfois hémisphériques, au sommet desquels vienneni s'ou- 
vrir de 10 à 15 lubes de Malpighi, formant six touffes cn- 
chevêlrées enire elles et difficilement sépai'ables. Ces touffe? 
s'étendeni dans toutes les directions et recouvrent les organes 
génitaux ainsi que les circonvolutions intestinales. Les fais- 
ceaux antérieurs vont même jusqu'à coiffer le bord supérieur 
des appendices intestinaux, prenant ainsi l'aspect de tubes 
filiformes paraissant directement dépendre des cfecums la- 
téraux. La face interne de l'intestin postérieur est parcourue 
longitudinalement, comme chez les Locustes et les Dec- 
tiqucs, par six bandelettes musculaires, très sinueuses et ter- 
minées à un bourrelet valvulaire étoile, marquant l'origine 
du rectum. 

h' appareil digestif à\\ Conocephalus mandibutaris (Charp.) 
n'offre rien de particulier et présente ù peu prestes mêmes 
caractères que celui des espèces précédentes. 

6° TniBU DES KocusTiN-fi ou DECTiciN^(Voy. PI. VIl,fig. 8; 
Pl.VIlI.fig. 5à8;Pi.lX,fig. 1,3,4, 5,6, 7,8, 9,10; IM.X, 
fig. 5, 9et II}. 

Nous avons étudié, parmi les Locustin.e ou Decticin-ï, 
neuf espèces réparties en trois genres. Ces espèces, toutes 
indigènes et recueillies dans la Coriè/e, sont : Decticus ver- 
nirivorus(L.),Dec.alèifrons{FRhr.). Platgcleis gri.iea(Viihr.), 
PI. laticauda (Brunn.), PI. tesseltata (Charp.), PL se/ntim 
(Yers.), Locusta viridissima (L.), Loc. cantons (Charp.), etc. 



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120 li. ■•■DAS. 

Glandes salivaires (Voy. PI. IX, fig. 1). — Les glandes 
salivaires des Declicinse, celles, entre autres, du Decticm ver- 
rucivorus, sont très volumineuses, disposées en deux grappes 
situées dans les deux premiers segments thoraciques et cons- 
tituées par des follicules ou acini pluricellulaires, donnant à 
l'organe l'apparence d'un massif compact, mamelonné el 
granuleux. 

La région postérieure est constituée par deux grappes se- 
condaires, disposées symétriquement par rapport au tube 
digestif et situées sur les parois latéro-antérieures du méso- 
tliorax. Elles affectent la forme d'une petite masse lamel- 
leuse, mesurant de l^-àf-.Sen tous sens, à face supérieure 
légèrement concave -et à bords latéraux irréguliers et parfois 
denticulés. Les faces internes reposent sur la partie supé- 
rieure du second ganglion tboracique. La face inférieure est 
très irrégulière et présente, outre de nombreuses sinuosités, 
deux replis dirigés obliquement de dedans en dehors. Cette 
grappe ne comprend sur ses bords qu'une rangée unique de 
follicules sécréteurs et deux seulement dans sa région mé- 
diane. De chaque follicule part un canalicule excréteur, 
grêle, cylindrique et généralement fort court, qui s'unit 
h plusieurs de ses congénères pour constituer un canal de 
second ordre. Ces divers tubes, en se concentrant, finissent 
par ne former que le canal etTérent de la grappe, qui sort de 
la partie médiane de sa face supérieure. La grappe thoraco- 
céphalique est de beaucoup laptus volumineuse el forme, à 
elle seule, les 2/5 du volume de l'organe. Elle repose, par 
sa face inférieure, sur les connectifs et le premier ganglion 
tboracique, et émet latéralement deux prolongements glan- 
dulaires, interposés entre les faisceaux musculaires moteurs 
des appendices. Sa masse tout entière comprend plusieurs 
épaisseurs de follicules ou acini sécréteurs. La face supé- 
rieure de celte grappe est plane dans ses deux tiers anté- 
rieurs, mais présente en arrière un profond sillon qui sem- 
ble la diviser en deux parties. En avant, existe un léger 
rebord recourbé, s'atténuant peu à peu et Unissant par dis- 



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APPABEIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 121 

paraître sur la ligne médiane. La face aotérieure est arquée 
et pourvue d'un léger sillon médian ; la postérieure est peu 
étendue et rectangulaire. 

Les faces latérales sont légèrement incurvées vers le bas, 
s'appuient sur de gros faisceaux musculaires et envoient, de 
part et d'autre, deux prolongements irréguliers et cunéi- 
formes interposés entre la musculature thoracique. La face 
inférieure est plane ou légèrement bombée suivant la ligne 
médiane et repose sur le premier ganglion thoracique et les 
coDnectifs nerveux. En arrière, nous avons constaté l'exis- 
tence d'une étroite mais profonde échancrure séparant un 
petit massif glandulaire polygonal, pourvu latéralement de 
deux conduits excréteurs qui vont s'ouvrir dans le canal 
eftérent de la grappe mésotboracique. 

Les conduits excréteurs de la glande sont pairs et pren- 
nent naissance un peu en arrière de la région cépbalique. ils 
proviennent de ia fusion d'un nombre variable de canaux, 
cinq ordinairement, dont trois proviennent du massif mé- 
dian, et les deux autres des grappes appendiculaires laté- 
rales et postérieures et de la grappe mésotboracique. 

Ces conduits cheminent parallèlement au-dessus des ré- 
servoirs glandulaires et sur le côté externe des connectifs 
nerveux; ils passent ensuite au-dessoua d'un arc cbitineux, 
aplati dans sa partie médiane, mais bifide en avant et pro- 
venant d'un prolongement issu de la base des mandibules. 
De là, ces conduits s'engagent même au-dessous des gan- 
glions sous-œsophagiens, pour pénétrer ensuite dans la mus- 
culature du menton et de la base de la lèvre inférieure. 
Arrivés en ce point, les deux conduits se rapprochent et vont 
s'ouvrir à la face inférieure du réservoir commun. C'est de 
ce dernier que partent deux longs appendices latéraux, cy- 
lindriques et tubuleux, les réservoirs salivaires, qui passent 
au-dessous des canaux effércnts et vont se terminer en cfectim 
dans la région moyenne du prothorax. L'orifice des glandes 
sdivaires est situé à la base du labium, vers l'origine des lobes 
internes. 



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122 J,. BOBOAS. 

Vappareii digestif {V. PI. IX, fig. 1) du Decticus verru- 
cworus est bien développé el parcourt l'axe du corps de l'in- 
secte en ne décrivant, dans sa portion médiane, qu'une seule 
circonvolution. Les difTércntes parties qui le composent sont 
nettement séparées les unes des autres et complètement dif- 
férentes, tant par leur forme que par leur structure. Ce qui 
caractérise surloutcel appareil, ainsi que celui des P/atgcleis, 
c'est la forme du gésier, celles du reclum et des appendices 
intestinaux et surtout le mode d'embouchure des tubes de 
Malpiglii. Ces derniers, en effel, au lieu de s'ouvrir séparé- 
mont el en cercle h l'extrémité aniérieure de l'inlesHn ter- 
minal, sont disposés en trois groupes séparés par de larges 
inlervalles libres. Chaque groupe comprend deux lubercnles 
cylindro-coniques 1res courts, sortes de diverlicules intes- 
tinaux au sommet desquels viennent déboucher de 18 à 
25 lubes urinaires (V. PI. IX, fig. 3). Che/Aa Plali/c/eis ;fri- 
sea, le tube digestif décrit deux courbes el égale environ une 
fois et demie la longueur du corps de l'iusecle (V. PI. Vlll, 
fig. 7). 

Le pharynx du Decticus verrucivorus est très court el com- 
pris entre les bases des deux mandibules. Ses parois sont 
trt's épaisses, musculaires et plissées intérieurement; il re- 
pose sur une lamelle chitineuse, au-dessous de laquelle sont 
situés les canaux efférenis des glandes salivaires. Le pharynx 
des Plat i/clelt el celui des Loctixta sont également très courts, 
aplatis Iransversalemenl. à parois musculaires épaisses el a 
face interne striée d'avant en a^ri^re. V (Psop/iar/e est égale- 
mmlcour) ol ne forme qu'un Irait d'union enirele pharynx 
cl le jahol, avec lequel il se continue directement. 

V,e jahot des Dectiques est très volumineux et constitue, 
quand il est distendu par les aliments, une poclic ovoïde ou 
piriforme qui remplit presque complètement le thorax. Il 
est situé au-dessus des glandes salivaires et limité lulérale- 
ment par les gros faisceaux musculaires moteurs des appen- 
dices, ï"es parois, minces et transparentes, sont recouvertes 
d'une double couche musculaire, pouvant facilement se 



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APPAREIL DIGESTIF DES OnTHOPTÈHES. 123 

diviser et comprenani des faisceaux circulaires et des fais- 
ceaux longitudinaux. La région postérieure do l'organe pré- 
scnic six rangées de dents disposées en étoile et allant 
converger à l'orifice du gésier (V. PI. VIII, fig. 6). C'est là 
une disposition fréquente chez beaucoup d'Ortlioptcros, mais 
que nous n'avons rencontrée nulle pari aussi accentuée que 
chez les Declicus et quelques autres espaces de la famille des 
Locustidae. Chaque rangée comprend un nombre variable de 
dénis, de 4 à 6, dont les dernières, en se projetant vers l'axe 
de l'orifice, lui donnent l'apparence d'une étoile à six bran- 
ches (V. Pi. IX, fig. 8). Les donls de la région postérieuie 
du jabot on! une slruclure tout à fait caractéristique : elles 
sont produites par la coalescence de soies chitineuses, et 
leur disposition est telle qu'on peut suivre tous les passages 
entre les dents véritables et les touffes de poils plus ou moins 
compacles. La première dent de chaque rangée n'est consti- 
tuée que par une simple plaque chilineuse, de couleur jau- 
nâtre, portant sur ses bords de fines denliculalions(V. pi. IX, 
fig. 6). Les dénis suivantes ont la forme de lamelles dressées 
obliquement, à face concave dirigée en arrière, vers l'orifice 
du gésier, et présentant l'apparence de petites curettes. Leur 
bord libre postérieur est muni de nombreuses pointes coni- 
ques acérées et irrégulièrement espacées. Les dents situées 
sur le rebord de l'orifice postérieui' du jabot ont une slruc- 
lure toute différente : elles sont formées de deux parties, 
d'une partie médiane tamelleuse, cornée, à bord libre den- 
ticnlé et de deux parties latérales comprenant deux plages 
sétigères, constituées par des touffes de soies ou poils 
chilineux. Les poils de la région médiane sont courts et 
coniques, tandis que les plus externes sont longs et k extré- 
milé effilée. 

Enfin, des deux côtés de l'extrémité postérieure de chaque 
rangée, existent deux traînées de soies cornées, hyalines, 
courtes et transparentes. 

Le jabot de la Platyr.Ieh gmea est volumineux, ovoïde ou 
piriforme, à parois minces, transparentes et pourvues de 



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i24 L. BORDAS. 

deux couches musculaires facilement dissociables (Voyez 
FI. VHI, fig, 5). A l'intérieur, existe un revôlemenl chilineux 
assez épais et présenlant, de distance en dislance, de pelltcs 
aspérités. A son extrémité postérieure se trouvent, comme 
chez tes Decliques, six bourrelets disposés en étoile et allant 
converger à l'orifice terminal de l'organe. Chaque bourrelet 
porte quatre dents chitineuscs aplalies, concaves en arrière 
et plantées obliquement. Leur bord libre est profondément 
découpé en denlicules acérées. L'oritice postérieur est muni 
do six bourrelets recouverts de touffes de soies chilineuses 
très longues. Ces bourrelets sétigères, au nombre de trois oti 
quatre, se prolongent dans le pédoncule cylindrique très 
court qui unit le gésier A l'extrémité postérieure du jabot 
(V. PI. VIII, fig. o). Le jabot de la Locmta présente des plis- 
sements longitudinaux externes et est recouvert intérieure- 
ment d'une mince membrane chitineusc dont les bourrelets 
postérieurs denlifères sont plus accentués que ceux des Dec- 
tiques. 

Le gésier des Dectiques présente extérieurement les plus 
grandes analogies avec celui des Gryllidîe, bien qu'il en 
diffère essentiellement par la forme des dents constituant 
son armature masticatrice interne. 11 comprend deux par- 
lies : un pédoncule antérieur, court et cylindrique et une 
masse centrale sphéroïdale, formant l'appareil triluranl 
proprement dit. 

Le pédoncule est pourvu d'épaisses parois musculaii'es 
doublées intérieurement de six bourrelets cliitineux longitu- 
dinaux, continuation de ceux que nous venons de décrire à 
la face postcro-inlorne du jabot. Chaque bourrelet, limité 
latéralement par deux larges dépro.«sions, porte transversa- 
lement six tubercules recouverts de longues soies chili- 
neuses, de couleur jaune paille, à base élargie et à extré- 
mité mince et filiforme {V. PI. IX, fig. 8). Ces soies sonl 
parfois groupées en une masse plus ou moins compacte, par- 
fois aussi elles sont disposées en petites toufTcs. Elles s'ar- 
rêtent brusquement au rebord annulaire qui marque l'origine 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 125 

du gésier proprement dit, et sont alors remplacées par de 
larges dents chitineuses destinées à triturer les aliments et 
disposées en six séries longitudinales, faisant directement 
suite à celles du pédoncule antérieur. 

Le gésier proprement dit est un organe ovoïde, mesurant 
de 3 à 4 millimètres de longueur sur 2 à 2"", 5 de large. Ses 
parois sont très épaisses, entourées latéralement par les ap- 
pendices ou caecums intestinaux et revêtues, à l'intérieur, 
d'une large et puissante couche chitineusc, pourvue de dents 
très nombreuses disposées de façon à constituer un appareil 
masticateur d'une force comparable à celle de l'organe ho- 
mologue des GryllidîE. 

Les dents sont disposées en six séries ou colonnes longi- 
tudinales, séparées les unes des autres par autant de pro- 
fondes dépressions dont la partie inférieure est recouverte 
d'une baguette cliilineuse. Chaque colonne masticatrice 
comprend trois rangées de dents parallèles : une rangée 
médiane portant des dents très larges, et deux rangées 
latérales constituées par des pyramides chitineuses beau- 
coup moins fortes que les précédentes. Les dents de la 
rangée médiane sont au nombre de seize dont les treize pre- 
micres sont complètement ou en partie chitineuses, et les 
trois autres constituées par de faibles bourrelets recouverts 
de touffes de soies cornées. Les dents médianes ont une 
forme assez simple, comparativement au degré de compli- 
cation que vont nous présenter celles des GrylHdse (V. le cha- 
pitre suivant). Elles comprennent une large plaque médiane 
et deux tubercules latéraux (V. PI. IX, tîg. 7). La plaque a 
une forme triangulaire, à sommet pointu et à bords légère- 
ment denticulés. Elle est recourbée en arrière où elle forme 
une concavité peu accusée et s'implante obliquement par 
rapport aux parois du gésier. 11 résulte de cette disposition 
que les lames médianes, bien que séparées l'une de l'autre 
par un espace relativement large, se recouvrent en partie et 
paraissent imbriquées. Les bords latéraux de chaque lamelle 
se replient presque horizontalement et produisent deux lu- 



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126 

bercules coniques à bord supérieur aminci el à sommet 
tantôt légèrement émoussé, tantôt au contraire pointu. La 
base porte un épaississement musculaire dépassant le bord 
libre externe du tubercule, atteignant Sx peine la moitié de sa 
hauteur et recouvert, sur tout son pourtour, d'une loufrc de 
soies cornées. Cet épaississement musculaire, qui commence 
h faire son apparition chez les Locustids, atteint son maxi- 
mum de développement chez les Gryllidse, où il existe à l'étal 
de gros tubercule pyramidal, à sommet tronqué, compris 
entre les deux tubercules latéraux de la dent médiane. Les 
trois dernières dents postérieures ne sont plus représentées 
que par des plages sétigères disposées transversalement. Les 
dents latérales, beaucoup moins importantes pour la masti- 
cation que celles que nous venons de décrire, sont séparées 
de CCS dernières par un sillon longitudinal très étroit. Elles 
sont disposées en ligne droite, d'avant en arrière, et sont en 
même nombre que celles du milieu. KItes afTectent la forme 
de petites éminences prismatiques à base élargie el recou- 
vertes, sur leur pourtour, d'une touffe de soies cornées, sim- 
ples, très courtes el de couleur jaune pâle {V. PI. IX, fig. 7). 
Cette hase est surmontée d'un gros tubercule chitineux, de 
forme très variable, présentant plusieurs denticulcs. Le 
tubercule affecte souvent la forme d'une pyramide triangu- 
laire pourvue d'une pointe à son sommet et d'un petit bour- 
relet à chacun des angles de sa base; d'autres fois, au con- 
traire, il affecte l'apparence soil d'un cône régulier, soil celle 
d'un prisme quadrangulaire, à tubercules peu nombreux et 
disséminés à sa surface. Enfin, les dents les plus rappro- 
chées de l'orifice intestinal ne sont plus constituées que par 
de petites éminences quadrangulaires hérissées de poils chi- 
tineux. Les cinq autres colonnes masticatrices du gé.iier 
alTectent une structure identique. 

Chaque colonne dentifère se prolonge postérieurement par 
un petit appendice cordiformo cl lamellcux, et l'ensemble 
des six appendices forme, à l'orifice antérieur intestinal, une 
valvule étoilée à six branches. 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 127 

Le gésier du Plattjcleis présente à peu près ta même con- 
rormalioninlcrneque celle du Dcctique: seules la forme de ses 
donls médianes et celle des dents lalérales sont un peudilTé- 
rcntes (V. PI. IX, fig. 4 et 9). Les dents de la région moyenne 
de chaque colonne masticatrice présentent un tubercule 
triangulaire et deux latéraux, beaucoup plus petits que le 
|)rcmier et à sommet émoussé. Le tubercule médian est trian- 
gulaire, aplati, légèrement convexe en arrière el muni laté- 
ralement de nombreuses denticules à sommet tronqué 
(V. PI. IX, fig. 4). Cette partie de la dent forme une sorte de 
palette allongée, recouvrant, saus s'y appliquer, la région si- 
milaire de la dent suivante. Los dents lalérales sont, eu 
égard au volume du corps de l'insecte, beaucoup plus volu- 
mineuses que celles du Dcctique. Elles atTectent la forme de 
gros tubercules pyramidaux, à sommet irrégulicr et tronqué. 
La base est élargie, musculaire et recouverte de longues 
soies cornées, tandis que le sommet est chitineux et de cou- 
leur jaune foncé {V. PI. IX, fig. 9). 

Le gésier des Locustes est un organe ovoïde et pourvu, 
en avant, d'un pédoncule très court, dont l'oriiice antérieur 
présente la forme d'une étoile à six branches, très caracté- 
ristique chez les Locuslidœ. 11 est presque entièrement en- 
veloppé par de volumineux caicuras intestinaux el revêlu 
intérieurement d'une puissante armature masticatrice chili- 
neuse. Cette dernière, disposée comme chez les Uecticuâ, ne 
comprend, sur chaque colonne longitudinale, que dix dents, 
suivies postérieurement d'un petit nombre de plages deuli- 
fères placées transversalement. 

Les appendices ou aecum-t intestinaux sont au nombre de 
deux, comme chez les Gryllidœ. Ce sont deux larges poches, 
légèrement arquées et entourant la moitié des parois laté- 
rales du gésier. Elles sont situées h l'extrémité d'un même 
diamètre et disposées, chez le Declicm verni/ivonix, dans 
un plan sensiblement vertical. Leur extrémité libre, termi- 
née en caecum, est légèrement boursouilée, arrondie et re- 
couverte par des faisceaux de tubes de Malpighi qui y 



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128 li. BORBAM. 

adhèrent pour la plupart et paraissent dépendre direcle- 
menl de cet organe. Celte disposition, qui se rencontre chez 
un certain nombre d'Orthoptères, avait induit en erreur 
Marcel de Serres. Ce zoologiste, en étudiant le Grillon, pen- 
sait que les loutTes de tubes dont nous venons de parler 
s'ouvraient directement au sommet des cxcums intestinaux 
el, comme il leur attribuait une fonction hépatique, il les 
désignait sous le nom de vaisseaux biUaiies supérieurs. Le 
côté des appendices intestinaux, en rapport avec le gésier, est 
légèrement concave et leur cavité est divisée en cinq ou six 
compartiments par quatre ou cinq lamelles musculaires qui, 
partant de lu face interne, vont flotter librement du côté 
opposé (V. PI. IX,ng. 10). 

Cette disposition très caractéristique se retrouve, avec des 
variantes plus ou moins nombreuses, chez les Locustiihe et 
les Gryllidœ. 

Vintestin moyen est un lube large à son origine et cylin- 
drique dans le reste de son parcours. Ses parois sont minces, 
transparentes et pourvues de deux couches musculaires 
comprenant des muscles longitudinaux et des muscles cir- 
culaires ; leur face interne, ainsi que l'externe, est lisse; 
mais cette dernière est recouverte, soit par les tubes de 
Malpîghi,soitparde nombreuses ramifications trachéennes. 
L'organe est entouré, suivant les genres, par les ovaires ou 
les appendices des organes reproducteurs m&les. 11 décrit, 
avant de se fusionner ft l'intestin postérieur, une demi-circon- 
volulion dirigée de droite <i gauche. A son exlrcmité termi- 
nale existe un orifice irn'-gtilier, muni d'un écran valvulaire 
à six bourrelets provenant des terminaisons des replis mus- 
culaires qui parcourent l'intestin postérieur. L'intestin 
moyen des Platydeîs est droit el directement appliqué contre 
la face inférieure de l'abdomen. Ses appendices latéraux an- 
térieurs sont volumineux et enveloppent la presque totalité 
dos parois latérales du gosier. Ils sont disposés dans un plan 
veitical et présonlent une série de lamelles qui, parlant de la 
face en rapport avec le gésier, divisent la cavité interne en 



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APPAREIL DIGE9TII' DES ORTHOPTÈRES. itQ 

plusieurs loges incomplètes, communiquant entre elles. Leur 
structure est à peu près identique à celle de l'intestin moyens 
Les cmcums intestinaux des ]..ocusta sont relativement volu- 
mineux et coifTés à leur sommet d'tme touffe de tubes de 
Malpighî qui y adhèrent parfois très étroitement, grâce aa 
concours de nombreux filaments trachéens. Leur cavité 
interne est divisée en plusieurs compartiments incomplets 
par cinq ou six lames musculaires qui émanent de la face 
en contact avec le gésier. 

V intestin poslérifur des Dectiques est un organe à peu près 
régulièrement cylindrique et à diamètre inférieur à celui de 
la portion précédente. C'est à son origine que viennent dé - 
boucher les tubes de Malpighi. Ces glandes sont constituées 
par des tubes allongés, flexueux, filiformes et de couleur 
d'un blanc mat; elles forment plusieurs faisceaux dont les 
uns, dirigés en avant, recouvrent comme d'un réseau l'in- 
testin moyen, les appendices intestinaux et le gésier, tandiâ 
que les autres s'avancent en arrière, au-dessus des organes 
génitaux. Certains tubes du faisceau antérieur vont même 
adhérer, au moyen de hlaments trachéens, au sommet des 
caecums et semblent, de cette façon, être une dépendance de 
ces derniers organes. Le mode d'embouchure des tubes de 
Malpighi présente une disposition intermédiaire entre celle 
que nous offrent certains Orthoptères et les Gryllidae. Chez 
la plupart des Orthoptères, en etîel, les tuhes de Malpighi 
sont groupés en faisceaux s'ouvrant séparément, suivant une 
ligne circulaire, à l'origine de l'intestin, tandis que chez les 
Gryllides, les mêmes organes, réunis en un faisceau unique, 
vont déboucher séparément dans l'extrémité élargie d'un 
conduit efTérent unique qui joue te rôle d'welêre. Or, chez 
les LocusTiD^e, et en particulier chez le Der/icus veirucivo- 
rui, les organes urinaires, réunis en six groupes ou faisceaux 
formés chacun de 20 à 2S tubes blanchâtres et filiformes, vont 
déboucher au sommet arrondi de petits diverticules cylin- 
driques provenant d'évaginations de l'extrémité antérieure de 
l'intestin terminal (V. PI. IX, fig. 3). Ces diverticules s'ou- 

ATO. se. SAT. ZOUL. T, 9 



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130 

vrent par de petits orifices irréguliers ou légèrement ovoïdes, 
dans des dépressions situées sous la valvule séparant les 
deux portions intestinales. Les six tubercules sont réunis 
par paires, et deux tubercules formant un f^oupe sont rap- 
prochés l'un de l'autre, tandis qu'ils sont séparés du groupe 
voisin par un plus large espace. 

Chez le Decticus verrucivorus, chaque paire de diverticules 
est placée à peu près à égale distance sur le pourtour de 
Torigiae de l'intestin terminal, tandis que chez le Decticm 
albifrons, les tubercules sont situés en des points & peu près 
équidislants. Le reste de l'intestin terminal, dont la longueur 
est h peu près égale à celle de l'intestin moyen, décrit une 
circonvolution à direction inverse de celle du premier et se 
dilate, à sa partie terminale, pour constituer le rectum. Ses 
parois sont épaisses, pourvues de deux couches musculaires 
et leur face interne parcourue, d'avant eu arrière, par six 
longues bandes musculaires, sinueuses et plissées transver- 
salement : elles se prolongent jusqu'au rectum et y consti- 
tuent un large et épais bourrelet valvulaire à six côtés. Le 
rectum est allongé, ovoïde et parcouru longiludinalement par 
six bandelettes glandulaires que nous avons rencoDlrées 
chez tous les Orthoptères et décrites, chez les Hyménoptères, 
sous le nom de glandes rectales (1) (V. PI. IX, fig. 5). 

L'appareil digestif du Decticus albifrons (Fabr.), que nous 
avons également étudié, présente une disposition analomique 
analogue à celle de l'espèce précédente. 

L'intestin postérieur des Platycleîs a un diamètre infé- 
rieur à celui de l'intestin moyen et porte, à son origine, six 
tubercules arrondis, régulièrement disposés chez la plupart 
des espèces, mais sensiblement équidislants chez les Platy- 
rleis grisea et PI. sepium (V. PI. VIII, fig. 7). Au sommet de 
chaque tubercule viennent déboucher de 8 à 15 tubes de 
Malpighi. Celle disposition est un peu différente de celle 
que nous ont présentée les Decliques, chez lesquels les 

;i) V. Appareil glandulaire des Byménoptiies ^tn Ann. des Se. natar., 
Zool.,7'série,t. XIX, 189i). 



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APPAREIL DEGESTIK DES ORTHOPTÈRES. I31 

tubercules, groupés au nombre de deux, ont une tendance 
à se fusionner. Celle fusion est, du reste, un fait accompli 
rhez les Gryllacris. Le reste du tube, entouré par les 
organes génitaux, décrit deux courbes disposées en sens 
inverse, puis se dilate pour former un rectum, conformé 
comme celui des Decliques. 

L'intestin terminal des Locustes présente à son origine 
six tubercules ou bourrelets, au sommet desquels viennent 
déboucher de 15 à 20 tubes de Malpighi, longs, (lexueux et 
de couleur d'un blanc mat. Cesorganes forment, de la sorte, 
six faisceaux étroitement enchevêtrés entre eux. D'après 
Marcel de Serres, on rencontre, chez les Locustides et d'au- 
tres insectes voisins, deux catégories de vaisseaux de Mal- 
pigbi, dont l'une déboucherait dans Vestomac chylifîque, au 
sommet des cscums intestinaux, et l'autre, en arrière, dans 
le tube digestif. C'est Ramdohr qui a décrit le mode d'inser- 
tion en cercle des organes de Malpighi, à l'origine du rectum 
(intestin terminal). Ces deux interprétations sont également 
erronées. La suite de l'intestin postérieur décrit deux circon- 
volutions, l'une transversale et l'autre verticale et présente, 
à l'intérieur, six bandelettes ou épaissi ssements musculaires 
longitudinaux, produisant à leur extrémité six bourrelets 
valvulaircs placés à l'origine du rectum. Ce dernier organe 
est semblable, de tout point, à celui des Dectiques. 

7" Tribu des Gryllacrin.e. — (V. PI. IX, tig. H et 12 ; 
PI. X, fig. 1, 3, 6, 7 et 8). 

Les deux espèces, appartenant à la tribu des Gryllacrin.£, 
soumises à notre étude sont exotiques. La première, Gryl- 
larris auran/iflca (Brunn.), provenait des Nouvelles-Hébrides 
et la deuxième, VEremus spinulosus (Brunn. ) était originaire 
de la Tasmanie. 

Tous les Gryllacrides sont caractérisés par un tube diges- 
tif relativement court, atteignant à peine une fois et demie 
la longueur du corps de l'animal, et par la localisation des 
lubesde Malpighi en un très petit nombre de faisceaux, 
s'ouvrant au sommet de petits tubercules cylindro-coniques. 



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132 L. 

qu'on peut considérer comme leâ homologues du conduil 
excréteur impair, souvent très long, des vaisseaux uri- 
naires des GryllidiB. 

'L'appareil digestif des Gryllacris aiiranttaca nous offre, 
au point de vue anatomique, un intérêt de premier ordre, 
puisqu'il nous permet d'établir un terme de passage entre 
les Locustides et les Gryllides. Cet organe, par sa confor- 
mation générale, est analogue à celui de la plupart des 
espèces de la tribu des Decticinx ; mais la forme externe du- 
gésier, avec son prolongement cylindrique antérieur et 
surtout le mode d'Insertion des tubes de Malpighi, nous 
autorisent à affirmer la parenté de ces insectes avec les 
divers Gryllus. 

Le pharynx est légèrement aplati, à parois épaisses el 
maintenu sur les côtés de la tète par de nombreux faisceaux 
musculaires. Sa face interne est parcourue par 4 à 6 replis 
longitudinaux (V. PI. X, Hg. I). 

L'œsophage de la Gryllacris afîecle la forme d'un tube 
cylindrique dont la face inférieure et interne présente un 
épaississement musculaire pourvu d'une di/aine de bourre- 
lets transverses, sépari^s par des replis parallèles. 

Le jabot, par sa forme et sa structure interne, est nelle- 
menl un organe de Gryllidœ. Il est ovoïde, allongé et renflé 
à sa partie postérieure. Ses parois externes sont lisses, mais 
les internes sont parcourues longiludinalement par de nom- 
breux bourrelets rectilignes, séparés par de larges mais peu 
profondes dépressions. Ces bourrelets sont surtout abondants 
vers la face inférieure. L'onHce postérieur du jabot est 
excentrique par rapport à l'organe et rejeté sur l'un des 
côtés. Celte disposition rappelle exactement celle que nous 
présentent tes Gryllus et les Nemobius. L'oriflce est limité 
par six bourrelets jouant le rôle de valvules et pourvus eux* 
mêmes de trois replis séparés par deux sillons. Les bourre- 
lets, plus développés que ceux des Gryllides, se continuent, 
comme cbez ces derniers, dans le pédoncule qui relie le 
jabot au gésier (V. PI. X, fig. I). 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 133 

Le pharynx et Vœsophage des Eremus sont à peu près 
semblables à ceux des Gryllaci-is. Le jabol, au contraire, 
esl très volumineux relativement au resle de l'appareil 
digestif et occupe le presque totalité du thorax. Ses parois 
sont épaisses et pourvues d'une forte musculature dont la 
couche annulaire interne est la plus puissante. A sa face 
postérieure, existent six faisceaux constitués chacun par 
trois replis, dont le médian est pourvu de fines denticula- 
tions. Ces six faisceaux vont converger & l'orifice antérieur 
du gésier qui esl légèrement déjeté sur le c6té. 

Le gésier de la Gryllacris aurantiaca rappelle, par sa 
forme extérieure, celui des Gryllus. C'est un organe ovoïde, 
pourvu en avant d'un col cylindrique à parois épaisses et 
munies intérieurement de six bandelettes musculaires sé- 
parées par autant d'étroites dépressions parallèles. Chaque 
bandelette, amincie à son extrémité autérieure, joue le rôle 
de valvule et présente trois bourrelets longitudinaux séparés 
par deux sillons parallèles. Les deux bourrelets latéraux 
sont larges et à surface supérieure arrondie ; le bourrelet 
médian est au contraire mince, plus haut que les précédents 
el présente, tout le long de son bord libre, une série de dé- 
coupures simulant, soit des franges, soit des dents de scie. 
Vers l'extrémité postérieure du col, c'est-à-dire à peu de dis- 
tance de la portion arrondie de l'organe, les bourrelets laté- 
raux s'effacent et disparaissent peu à peu, tandis que le mé- 
dian s'élargit cl sesdenticulalions deviennent plus accentuées 
el plus puissantes jusqu'au bourrelet valvulaire qui limite 
la cavité du gésier proprement dit (V. PI. X, fig. 3 et 8). 

Ces denticulations terminales sont recouvertes d'une mince 
couche cornée et portent & leur sommet une toufTe de soies 
chilineuses, à base élargie el à sommet aminci et filiforme 
(V. PI. X, fig. 8). La paroi interne du gésier esl recouverte 
d'une armature chitineuse beaucoup moins puissante que 
c«lle des Gryllidse el disposée en six colonnes, séparées les 
unes des autres par des dépressions parallèles au fond des- 
quelles est placée une baguette chitineuse. Chaque colonne 



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134 

comprend trois rangées de dents, en contenant chacune de 
douze à quatorze (V. PI. X, Bg. 6). Les dents médianes, à 
racine très courte, portent trois tubercules, un médian et 
deux laléraux (V. PI. X, fîg. 7). Le tubercule médian est 
large, triangulaire, lamelleux, aplati, légèrement incliné en 
avant et muni latéralement de nombreuses denliculalions 
semblables à celles d'une scie. Les tubercules latéraux, 
beaucoup plus couris que le médian, ont leur pointe supé- 
rieure mousse et prolongée en avant parallèlement à l'axe 
de la rangée moyenne. Ce qui distingue, et c'est là un point 
important à signaler, chaque colonne masticatrice des 
Gryllacris de celle des Gryllid*, c'est l'absence de lubercule 
muacuteux conique ou dent accessoire comprise entre les 
deux prolongements latéraux des dents de la rangée mé- 
diane. Les dents latérales (V. PI. IX, ftg. ii) sont en même 
nombre que les médianes et séparées de ces dernières par 
une étroite mais profonde dépression longitudinale. Elles 
afTectenl une forme conique ou légèrement pyramidale, à 
sommet mousse, arrondi et pourvu, sur sa face supérieure, 
d'une légère dépression circulaire, entourée d'un rebord 
saillant, lui donnant, vue d'en haut, la forme d'une petite 
cupule. L'extrémité supérieure est cbitineuse, tandis que la 
base est musculaire et recouverte d'une mince pellicule 
cornée. Le tout est hérissé de soies chitineuses, générale- 
ment très courtes. Chaque colonne se termine, comme chez 
les Gryllotalpa, par un petit appendice lamelleux. Les six 
appendices, par leur confluence, forment une valvule co- 
nique, empêchant la marche rétrograde des aliments de 
l'intestin vers le gésier. 

Les appendices inlestinaiix sont volumineux et, en général, 
de dimensions égales. Ils sont aplatis dans le sens vertical, 
légèrement recourbés, enveloppent presque complètement 
les parois du gésier et vont s'ouvrir k la partie antérieure 
dilatée de l'intestin moyen. Un certain nombre de cloisons 
internes les divisent en plusieurs compartiments incom- 
plets fV. PI. X, fig. I). 



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APPAHEIL DIGRSTIF DBS ORTHOPTËRKS. 13S 

Le géxier de VEremus spmuloxus difTëre complètement, par 
sa forme, de celui des Gryllacris. C'est un orgaoe ovoïde et 
pourvu en avant d'un court pédoncule cylindrique recourbé. 
Ses parois, bien qu'assez épaisses, ne sont recouvertes que 
d'une armature chitlneuse beaucoup moins puissante que 
celle des autres Gryllacris. On y constate l'existence de six 
colonnes longitudinales, séparées par des dépressions peu 
profondes, renfermant une tigelle rectangulaire cornée. 
Chaque colonne porte trois rangées de dents. Les rangées 
latérales comprennent chacune huit dénis, sortes de tuber- 
cules prismatiques, à base élargie et recouverte de longues 
soies, et à sommet chKineux émoussé. Les dents médianes, 
au nombre de dix à douze, sont constituées par des tuber- 
cules triangulaires recouverts d'une lamelle cornée. Elles 
portent deux tubercules latéraux et un tubercule médian h 
pointe mousse. 

Les appendices intestinaux (V. PI. IX, fig. 1 1), moins 
volumineux que ceux des Gryllacris, ont la forme de deux 
petits sacs presque cylindriques, légèrement recourbés et 
entourant le gésier. Ils présentent intérieurement deux replis 
divisant la cavité centrale en trois compartiments communi- 
quant extérieurement entre eux (V. PI. iX, fig. 11). 

L'intestin moyen des Gryllacrii, beaucoup plus court que 
celui des Cryllid»*, est dépourvu de papilles coniques in- 
ternes. Les parois externes sont lisses et les internes pré- 
sentent seules de légères striations irrégiilières. Enfin, une 
valvule postérieure le sépare de l'intestin terminal. Les 
tubes de Malpigki, qui sont au nombre de 80 à 100, for- 
ment quelquefois deux touffes s'ouvranl au sommet de deux 
bourrelets arqués qui entourent en partie l'origine de l'intestin 
postérieur. Dans la plupart des cas cependant, ces organes 
débouchent au sommet d'un tubercule hémisphérique unique 
fV. PI. X, fig. \). Ce tubercule, qui n'esl qu'une simple évagina- 
lion intestinale, nous conduit immédiatement au canal commun. 
ou uretère que ton constate chez les Gryllidie. 11 suffit, en 
effet, de supposer que l'évagination conique des Gryllacris 



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136 !<■ miRDAS. 

s'allonge progressivement jusqu'à arriver h la formatioa du 
canal impair des Grytlotalpa. L'intestin moyen des Eremus 
est droit et très court. Vintett'tn terminal est également rec- 
tiligne et reçoit, à son origine, tes tubes de Malpighi, dis- 
posés en quatre ou cinq groupes, attanl déboucher au som- 
met de petits tubercules, produits par des évaginatious en 
doigt de gant de l'iotestiD. Cette disposition es! un peu dif- 
férenle de celle que nous offrent les Gryllacris. qui ne pos- 
sèdent généralement qu'un faisceau unique de tubes urinaires. 
La surface externe de l'organe est lisse, tandis que l'iDlerne 
présente de nombreuses strialions (Gryllacris). L'intestin se 
termine par une valvule irrégulière due à la juxtaposition 
de plusieurs bourrelets. 

Le rectum est très volumineux, allongé, fusiforme (Grylla- 
cris, Eremus) et parcouru longitudinatement par six ban- 
delettes ovoïdes, sortes de glandes rectales, analogues h 
celles des Hyménoptères. Son extrémité postérieure se pro- 
longe par un court pédicule cylindrique, légèrement recourbé 
et' allant s'ouvrir au dehors par l'orifice anal (Eremus). 

HISTOLOGIE DE L'APPAREIL DIGESTIF 
DES LOCUSTID^. 

(V. PL VII, tig. 9; PI. VIII, fig. 6 et 8 ; PI. IX, fig. 3, 10 
elll; PL X, fig. 5, Oetll). 

L'œsophage et le jabol présentent, chez les Locustid^, à 
peu près la même structure histologique. 

Le jabot est un volumineux organe à parois minces, 
pourvu intérieurement de nombreux plissements longitudi- 
naux. Une membrane chitineuse^ transparente et égale en 
épaisseur èi la moitié de la paroi, recouvre toute sa surface 
interne. Elle porte de fines denticulations coniques, à pointe 
recourbée en arrière, abondantes surtout au sommet des 
bourrelets. Au-dessous de cette membrane, existe la couche 
des cellules chitinogènes. Ces dernières, à contours peu 
apparents, sont les unes aplaties et les autres cubiques. 



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APPAREIL DIQESTIF DES ORTHOPTÈRES. 137 

Elles renfermeot uo gros noyau piurioucléolé et ud proto- 
plasme sombre et granuleux. Vient ensuite la couche mw- 
culaire circulaire ne renrermant que deux assises de muscles. 
Les muscles longitudinaux, extérieurs aux précédents, ne 
comprennent qu'un très petit nombre de faisceaux. Enfin, 
le tout est recouvert par une très mince hinique péritonéale 
(V. PI. Vlll, fig. 6). 

Le gésier des Locustid^, de forme ovoïde, est remar- 
quable par l'épaisseur de ses parois et la puissance de son 
armature chitineuse interne. Une coupe transversale faite 
dans la région médiane de l'organe, chez le Décrus albi- 
frons, présenle à considérer, en allant de l'extérieur à l'in- 
térieur (V. PI. VU, fig. 9): 

1' Une tunique ou membrane péritonéale externe, très 
mince; 

2* L'ne couche musculaire, formée par une série de fais- 
ceaux disposés longitudinalement et placés à peu de distance 
les uns des autres; 

3* Des faisceaux musculaires annulaires, comprenant 6 
ou 7 assises disposées parallèlement les unes au-dessous 
des autres el constituant, de la sorte, l'enveloppe la plus 
puissante et la plus épaisse de toutes celles qui entourent 
le gésier. Chaque assise est très nettement visible sur les 
coupeset porte, de distance en distance, de nombreux noyaux 
ovalaires. Un certain nombre de ces faisceaux se prolon- 
gent jusque dans les dents médianes ; 

4* L'assise des cellules chilinogènes. Celles-ci sont cubi- 
ques ou aplaties dans tes dépressions comprises enb'e les 
colonnes dentifères, mais deviennent coniques ou cylin- 
driques au-dessous des dents el des denticules. Les noyaux 
sont volumineux, sphériques, granuleux et appliqués contre 
la face interne ; 

5* La couche chitineuse interne, épaisse, transparente, 
irrégulière et deoticulée au sommet des grosses dents mé> 
dianes. Sur les dents latérales, elle se prolonge en longues 
soies cornées dirigées en arrière. Elle augmente considé- 



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138 

rublemeot d'épaisseur sur les côtés et au sommet des deals 
médianes. Dans ces régions, elle prend une cotoralion jau- 
nâlre et émel des denlelures puissantes et à pointe acérée. 
Sur les lamelles chitineuses situées au Tond des dépres- 
sions comprises entre deux bandelettes masticatrices, elle 
s'épaissit et présente de légères sinuosités. 

Les appendices ou oEcvms intesùnaux {V. PI. VIII, fig. 8 
et PI. IX, fig. 10) des Locistid^ aPTectent la forme de 
larges expansions saccirormcs insérées à l'origine de l'in- 
testin moyen et entourant les bords latéraux du gésier. 
Leurs parois sont minces et d'apparence bluuchâlre et leur 
face interne est des plus irrégulières. Extérieurement, on 
aperçoit une série de côtes longitudinales très sinueuses. 
De la face interne de la paroi en contact avec le gésier, 
parlent une série de replis, eu nombre variable suivant 
les espèces (5 chez le Derticus veirucivorus), plus ou moins 
allongés, sinueux et divisant la cavité interne en un cer- 
tain nombre de loges ou cbarobres incomplètes communi- 
quant toutes entre elles par leur côté externe (V, PI. IX, 
fig. 10). L'épilhélium de ces replis, ainsi que celui du reste 
de l'organe, est. de tout point, identique à celui de l'intes- 
tin moyen. Aussi, nous basant sur l'identité de structure 
épithéliale et sur la présence de semblables replis, consi- 
dérons-nous les appendices latéraux des Orthoptères comme 
de simples diveiiiculex f/landulaires de finteslin moyen. Gra- 
ber et Plateau, s'appuyanl sur des considérations d'un tout 
autre ordre, les regardent, au contraire, comme des organes 
sécrétoires à grande surface, produisant un liquide par- 
ticulier jouant probablement un certain rôle dans la diges- 
tion intestinale. 

Au point de vue histologique, ces appendices compren- 
nent, de dehors en dedans : 

r Une tunique péritonéale ou enveloppe externe, très 
mince; 

t" Une couche, également fort mince, constituée par une 
série de faisceaux musculaires longitudinaux ; 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 139 

3* Une membrane formée par une ou deux assises seule- 
ment de muscles circulaires; 

4' Une couche basilaire très ténue, servant de support 
à l'épithéliuia glandulaire cilié (V. PI. VIII, (ig. 8). Ce dernier 
présente, sur chacun des prolongements internes ou bourre- 
lets longitudinaux, une série de petits replis séparés par des 
dépressions peu apparentes, au fond desquelles existent plu- 
sieurs assises cellulaires superposées. Partout ailleurs, l'épi- 
thélinm ne comprend, en général, qu'une couche unique de 
longues cellules cylindriques, légèrement élargies à leur 
extrémité libre, renflées vers leur milieu el amincies à leur 
base. Leur sommet est recouverl par une couche rectan- 
gulaire de cils courts et serrés, affectant, grftce à leur dis- 
position régulière et symétrique, la forme d'un pinceau ou 
d'une brosse. Un examen rapide pourrait faire confondre 
facilement le revêtement cilié avec un plateau strié; mais 
l'observation des cellules isolées fait, de suite, rejeter l'idée 
d'un plateau. Si l'on avait, en effet, affaire à ce dernier, 
chaque cellule, en se séparant de ses voisines, entraînerait 
une partie du revêtement chitineux général. Tandis que, 
dans t'épithéllum des ciecums intestinaux, rien de pareil i 
chaque cellule détachée accidentellement de l'assise em- 
porte son revêtement cilié propre, à limites latérales très 
nettes. Le noyau cellulaire est spbérique, volumineux et 
contient plusieurs nucléoles, dont l'un dépasse de beaucoup 
en volume ses congénères (V. PI. X, fig. 11). Le proto- 
plasme est finement granuleux autour du noyau et réticulé 
dans le reste de la cellule. On ne constate, en général, 
qu'une assise cellulaire unique. Pourtant, on observe par- 
fois, surtout dans les dépressions comprises entre les replis 
secondaires, deux et quelquefois même trois couches de 
cellules. Ces dernières, à différents stades de leur évolu- 
tion, servent h remplacer tes cellules externes au fur et à 
mesure de leur disparition. Ces cellules externes, qui 
m'ont semblé nettement sécrétantes, s'ouvrent à un mo- 
ment donné, versent leur contenu dans la cavité du ciecum 



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f40 II. ■•RDAfl. 

et sont remplacées par les cellules de l'assise soiiï-jaceole 
(V. Pi. IX, fig. 10 et PL X, fig. 11). 

L'inlestin moyen a uoe structure caraclérisée par l'épais- 
seur de ses parois musculaires et la présence de bourrelets 
épithéliaux internes. L'organe tout entier est enveloppé 
par une membrane ou tunique périlonéale. Au-dessous de 
cette dernière, se trouvent disposés en contact une série 
de faisceaux musculaires longitudinaux, constituant une 
assise continue. Viennent ensuite les muscles circulaires 
rangés suivant plusieurs couches el envoyant des prolon- 
gements dans l'axe des replis épithéliaux internes. Ces der- 
niers sont constitués par de nombreuses cellules cylindri- 
ques entre les replis et légèrement coniques à leur sommet. 
Au fond des bourrelets, existent plusieurs assises cellulaires 
dont les inférieures servent à régénérer les plus externes. 
La surface libre des cellules est recouverte d'une assise 
ciliée. Enfin, séparée de t'épithélium par un espace plus 
ou moins lar^e et irrégulier, existe la coupe de la mem- 
brane périirophique, signalée par Schneider chez certains 
Arthropodes. La section de celle membrane est sinueuse 
elplissée(V. PI. X, fig.9). 

L'intestin terminal est surtout caraclérisé par ses six 
replis longitudinaux internes et par la régularité de son 
épithélium. Ce dernier est constitué par une assise unique 
de cellules rectangulaires à gros noyau sphérique pluri- 
nucléolé. Le protoplasme, très clair dans la zone péri- 
nucléaire, présente une série de stnations très irrégulières 
vers te bord externe de la cellule. L'épilhélium est recou- 
vert d'une épaisse membrane chilineuse. transparente, à 
bords parallèles el parfois sinueux. A l'exlérieur, vienl une 
couche musculaire annulaire très mince, enveloppée elle- 
même par la couche musculaire longitudinale. Cette der- 
nière ne comprend qu'un pelit nombre de faisceaux grou- 
pés en face des dépressions comprises entre les bourrelets 
internes. Eurtn, le tout est recouvert par la membrane péri- 
lonéale externe, très mince. On rencontre parfois de nom- 



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APPAREIL DIGESTIF DES UnTHOPTËBES. 141 

breux tubes trachéens entre les bourrelets et les parois 
externes (V. PI. X, fig. 5). 

RECTUM ET GLANDES RECTALES 

{V. PI. IX, fig. 5). 

Le rectum du Decticus verrucivorm, de forme ovale, porte 
six longs bourrelets fusiforoies, très apparents extérieure- 
ment, que nous avons désignés sous le nom de glandes 
reclaies. Ces organes sont constants chez tous les Orthoptères 
et présentent, dans les diverses Tamilles de cet ordre, à peu 
près ta même disposition, sauf chez les Forficulidœ, où ils 
afTectenl une forme sphérique, sont placés suivant deux ran~ 
gées circulaires et alternent d'une rangée à l'autre. Ils sont 
équidistants et occupent, en général, toute la longueur du 
rectum. Chez les Truxalis, ils sont remarquables par leur 
longueur considérable, f^es glandes rectales sont caractéri- 
sées par l'énorme développement de l'assise épilhéliale for- 
mée par de grosses cellules rectangulaires, à volumineux 
noyau central plurinucléolé. Leur protoplasme est peu gra- 
nuleux et présente une apparence réticulée ; parfois, autour 
du Doyau, existe une auréole blanchâtre. Sur une coupe 
transversale, ces glandes se présentent généralement sous 
une forme conique (Dectkinx) ou légèrement arrondie [For- 
(ieulidx). Entre l'assise épilhéhale et la couche musculaire 
externe, existe un espace triangulaire ou demi- circulaire 
contenant de nombreuses ramifications trachéennes et quel- 
ques fins filets nerveux. Les cellules sont recouvertes par 
une membrane chilineuse, généralement unie et à faces 
parallèles (V. PI. IX. fig. 5). 

Ces organes, dont la signification morphologique et sur- 
tout les fonctions sont encore énigmatiques, ont été aper- 
çus et décrits pour la première fois, chez l'Abeille, par 
J. Svammerdan (1). Suckow (2) les a désignés, chez la 

(l)fli6eI(fcrWarur.,Taf. XVIII, ng. I. 
(2) fl«iuintrcr's Zeitschrift, Bd. III. 



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142 L. ■•HDAIl. 

Vespa crabro. sous le nom de gonflemenls calleux. Brandt 
el Ratzeburg (1), Burmeisler (2), etc.... n'en parlent que 
d'une façon accidentelle. Léon DuFour (3) cile ces organes 
chez les Hyménoptères, les Orthoptères, etc., et les dési- 
gne sous les noms de boutons charnus et de bandes muscu- 
laires. Treviranus (4) etNewport{5) les appellent iesprotu- 
héranres glandulaires. Le premier avait constaté leur présence 
chez les Papillons. 

Les divers auteurs que nous venons de citer n'avaient 
décrit les bourrelets du rectum que d'une façon fortuite el 
tout à fait accessoire ; mais Leuckarl (6) reprend plus com- 
plètement celte étude, constate la présence des replis rec- 
taux chez la plupart des Insectes, les considère comme de 
nature glandulaire et les désigne sous le nom de if landes 
re''l(tlex. 

Leydig (7) est le premier zoologiste qui se soit occupé de 
l'étude histologique des papilles rectales des Insectes, en 
prenant comme type la Mmra vom'ttaria. Continuant ses 
recherches sur le même sujet, il a étudié, dans la suite, 
les replis du rectum chez beaucoup d'autres Hexapodes. Cet 
auteur attribue h ces replis ou bourrelets une fonction res- 
piratoire ; puis, frappé par certains rapports de structure 
histologique, il les compare aux replis épîthéliaux [bran- 
vhiex trachéennes) des larves de Libellules. 

Weismann (8), dans son étude sur le développement de 
la Muxcti voniitoriti et de la Sairophaga rarnaria, se pro- 
nonce contre la nature glandulaire des replis du rectum de 
la plupart des Insectes, sans cependant faire la moindre 
hypothèse sur leurs fonctions. 

1 1 j ïuùlog. medic, Hd. 11, von iler llonigbiene. 
.-2| Handbueh, Hd. I. 

(3) Rccherehes analomiquen sur les Orthoptères, présentées à rAcadémie des 
sciences le ;i mars IS34. 
{+) Verm. SchrifUn, lld. 11. 
^J) Cyclop., Vol. II. p. 170. 
[Gj Lehrhttch der Zoùtomie. 
(7) LekrbiKh der Histologie, S. 3:n 
(»; Eulivickhing der Dipterm. 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTËRES. t i3 

Gegenbaur (t) considère les glandes rectales comme des 
rudiments, des vesliges de branchies trachéennes. Il pense 
que les bourrelets rectaux respiratoires des larves de Libel- 
lules et les bourrelets non fonctionnels des Insectes terres- 
Ires, sont les derniers vestiges, les formes atrophiques des 
branchies trachéennes, qui étaient les seuls organes primi- 
tifs de la respiralion des Insectes. Pourtant, si la théorie 
de Gegenbaur était exacte, si les glandes rectales n'étaient 
4]ue des rudiments de trachées branchiales, on devrait trou- 
ver ces organes beaucoup plus répandus chez les larves que 
chez les Insectes parfaits. 

(^rl Chun (2), dans sa très intéressante étude sur les 
glandes rectales des Insectes, constate que les très nom- 
breuses ramifications trachéennes qu'on rencontre autour 
des bourrelets rectaux ne peuvent servir à étayer une théo- 
rie sur la respiralion du rectum, attendu qu'on observe, 
autour des conduits ovariens et de certains cxcums intes- 
tinaux, d'aussi nombreux tubes respiratoires. Au con- 
traire, dit-il, la présence de ramificalions trachéennes et 
de filets nerveux semble indiquer une plus grande acti- 
vité sécrétrice. Pour cet auteur, les bourrelets du rectum 
sont des glandes unicellulaires groupées, intermédiaires, 
par leur forme, entre les vraies glandes et tes surfaces glan- 
dulaires planes. Pour notre part, l'élude histologique que 
nous avons faite de ces organes sur de nombreux types 
d'Orthoptères (For/îcula, Mecosthetvs, Stenobothrus, Decti- 
rus, Gryllus, Gryllolalpa, etc.), nous fait ranger de son avis 
et accepter son hypothèse. 

Les glandes rectales du Dec/kiis verntcivonis, vues en 
coupe transversale, présentent une forme triangulaire et 
comprennent une assise de grosses cellules rectangulaires, 
il noyau centra! sphérique ou légèrement allongé et conte- 
nant de nombreux nucléoles très apparents (V. PI. IX, fîg. ■">). 

(1) Vergl, Anatomîe. 

(2) Veber den Bau, die Etitiricklung uud physiol. Bedeunlung der Reclal- 
driiten f-ei dm Ineekten ; in Abhand. Senckenb. Nalurfor, liesell. 10, 1870. 



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144 

Ces noyaux sont géoéralemenl entourés d'une auréole blan- 
châtre. Le protoplasme cellulaire présente, vers le bord ex-- 
tcrne de chaque cellule, une structure réticulée, et forme, 
en avant, une série de striations irrégulières et arbores- 
centes, laissant entre elles des espaces vides. L'assise cellu- 
laire est recouverte par une membrane ou intima chitineuse, 
généralement mince, peu sinueuse et à Faces parallèles. On 
compte en moyenne, sur une section transversale, de 40 à 
50 cellules entrant dans la constitution d'une glande rectale 
Dans les aillons compris entre deux bourrelets, la hauteur 
des cellules diminue brusquement, et ces dernières consti- 
tuent alors l'assise chitinogène. Dans l'espace angulaire 
limité, des deux c<Més, par les cellules des glandes rectales, 
on constate, au milieu du tissu conjonclif, un réseau très 
compact de filaments trachéens de différents diamètres, 
dont les dernières ramifications pénètrent même jusqu'à la 
base des cellules. ËnBn, l'ensemble de l'organe est enveloppé 
par une couche de fibres musculaires circulaires très minces 
et, à l'exiérieur, par des muscles longitudinaux, localisés 
surtout en face des sillons interglandulaires. 

En résumé, le rectum présente à considérer, en allant de 
l'intérieur à l'extérieur : 1* une membrane ou intima chiti- 
neuse ; V une assise cellulaire ; 3° du tissu conjonclif et des 
faisceaux trachéens : 4* des muscles circulaires, et 5* des 
faisceaux musculaires longitudinaux et une membrane ou 
tunique péritonéale externe très mince. 

RÉSUMÉ. — Vappareii digestif des Locustid^e est sur- 
tout caractérisé par ses nombreuses circonvolutions, sa lon- 
gueur, l'énorme développement du jabot et la forme toute 
particulière qu'atîectent les csecums intestinaux, qui sont 
pairs et donnent, h la région médiane de l'organe, uoe 
apparence cordiforme. 

hes giandes salivaires sont, chez toutes les espèces, très 
volumineuses, mais acquièrent surtout leur maximum de 
développement chez les Declicina?. Biles sont paires et cons- 
tituées par une série de grappes localisées dans tes deux 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 145 

premiers segments Ihoraciques, de part el d'autre du jabot. 
Chaque grappe comprend un grand nombre d'acini glandu- 
laires sphériques, recouverts intérieurement par une couche 
de cellules sécrétrices limitant une cavité centrale qui se con- 
tinue par le lumen du canalicule excréteur. Chaque grappe 
so prolonge par un canal excréteur qui monte parallèlement 
à l'œsophage el va se fusionner à son congénère pour cons- 
tituer un conduit efTérenl, large el court, allant s'ouvrir en 
avant de la bouche, vers la base de la lèvre inrérieure. 
Aux glandes salivaires sont adjoints deux réservoirs sali- 
vaires, sortes de sacs plus ou moins volumineux qu'on 
trouve chez toutes les espèces. 

Le jabot et Vœsopkage afTeclenl la même forme et pré- 
sentent la même structure dans toutes les tribus de la fa- 
mille des Locustids. Ce sont deux organes tubuleux, courts, 
unissant le pharynx au jabot. 

Le jabot est remarquable par son énorme développement. 
C'est un organe sacciforme, volumineux, remplissant la 
plus grande partie de la cavité (boracique. Ses parois ex- 
ternes sont minces, tantôt lisses et tantôt plissées suivant 
son état de réplélion ou de vacuité. Elles sont recouvertes 
intérieurement par une membrane chilineuse présentant une 
série de plis longitudinaux et portant de petites denticules 
coniques à sommet dirigé en arrière. L'orifice terminal est 
généralement situé au milieu de la face postérieure et n'est 
légèrement excentrique que chez quelques Gryllacrinae. Le 
jabot est uni au gésier par un pédoncule plus ou moins 
long suivant les espèces. Il est très court chez la Salomona. 

ht gésier est un organe dont la forme et surtout la struc- 
ture interne sont très variables chez les Lociistidee. Il est 
rudimenlaire chez les Pseudophyllinœ et les Ephippigerinw, 
où il affecte la forme d'une masse presque cyUndrique, 
pourvue d'un pédoncule antérieur ta rattachant au jabot et 
enveloppée de toutes parts par de volumineux csecums intes- 
tinaux. Le pédoncule est pourvu intérieurement de six 
bourrelets longitudinaux venant du jabot et portant de 

ASN. 8C. ^AT. ZOOL, V, 10 



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146 

petits tubercules crochus et cornés, simulant des dents. L'ar- 
mature chitincuse inleroe du gésier est composée de six 
baudeletlcs parallèles portant chacune trois rangées longi- 
ludinalos de plaquettes ou denticules chitineuses. Chez tes 
Ephippigerinœ, les plaquettes cornées sont remplacées par 
de véritables dents. Le gésier des Mecopodinïe occupe une 
position intermédiaire entre celui des Ephippigers et celui 
des Dectiques. Son armature chiiineuse interne comprend 
six colonnes dentifères portant chacune trois séries de 
dents. Mais, c'est surtout chez les Lorustinx, tes Conocepha- 
linse et les Gryllacrinx que le gésier atteint son maximum 
de développement et de complexité. Le pédoncule antérieur 
du gésier du Dectinis est doublé intérieurement de ^ïx 
bourrelets chitineux, continuation de ceux de la face posté- 
rieure du jabot, portant chacun six tubercules recouverts de 
nombreuses soiea sur leur pourtour. Les parois de la région 
médiane de l'organe sont très épaisses et portent intérieure- 
ment de puissantes dents chitineuses disposées suivant six 
séries ou colonnes longitudinales, séparées les unes des 
autres par autant de profondes dépressions. Les dents de la 
région médiane de chaque colonne sont triangulaires et den- 
ticulées sur leur bord ; celles des deux rangées -latérales 
sont tronconiques et pourvues de nombreuses soies basi- 
laires. 

Les appendices intestinaux, qu'on peut considérer comme 
des diverticules latéraux de l'extrémité antérieure de l'in- 
testin moyen, sont des organes pairs, saccirormes. légère- 
ment recourbés, dirigés en avant et entourant les parois 
latérales du gésier. Leur morphologie externe présente peu 
de variétés chez les Locuslidx. Pourtant, ces organes sont 
caractérisés, chez les Cleandrus et les Platyphyllum, par la 
présence de deux prolongements postérieurs qui manquent 
complètement chez les autres espèces de la famille, sauf 
cependant chez la Salomona, ofi l'on constate l'existence 
de deux petites évaginalions hémisphériques à l'extrémité 
postérieure des deux appendices normaux. Les appendices 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 147 

■Dieslinaux des PseuaophyUinx affectent la forme d'une main 
dont les doigts seraient soudés entre eux. Chacun d'eux est 
parcouru, d'avant en arrière, par six ou sept sillons séparés 
par des bourrelets parallèles. Chaque sillon correspond à 
une cloison interne. Il résulte, de ce cloisonnement, que la 
cavité de chaque ' appendice est partagée en sept ou huit 
loges tubuleuses. Cette disposition si singulière permet de 
rattacher les Orthoptères à cxcums multiples, comme les' 
Acridiens, les Blatlides, etc., aux Orthoptères à caecums 
pairs, tels que les Decticinae, les Gryllidae, etc. Chez toutes 
les autres Locustidae, les appendices ne présentent qu'une 
cavité unique partagée par des cloisons internes plus ou 
moins développées. 

L'inteslin moyen et \'inle'<iin terminal ne présentent aucun 
caractère bien saillant. Ce sont des tubes cylindriques, à 
parois internes plissées, portant des bourrelets épithéliaux 
disposés longiludinalement et pourvus de circonvolutions 
plus ou moins nombreuses suivant les espèces. 

Lea tubes de Malpigki sont très nombreux chez tous les 
Locustidiens. On en compte ordinairement de 100 à 130. 
(^ sont des organes allongés, cylindriques, filiformes et 
disposés en plusieurs faisceaux recouvrant une partie des 
organes internes abdominaux. Chez certaines espèces (Dec- 
liques. Locustes, Conocephalus, elc), ils forment deux 
touffes fixées au sommet des appendices intestinaux. Ils vont 
déboucher à l'origine de l'intestin terminal par l'intermé- 
diaire de six tubercules coniques, plus ou moins courts sui- 
vant les espèces. Les Grt/ltacnruE n'ont qu'un ou deux tu- 
bercules, et ce caractère permet de rattacher les Locustidae 
aux Gryllidae. 

Le rectum est un organe ovoïde, à parois épaisses et pour- 
vues intérieurement de six bourrelets longitudinaux fusi- 
formes, dus à desépaississementsde l'épithélium et compa- 
rables, par là même, aux glandes rectales des Hyménoptères. 



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L. II*BDAS. 



CHAPITRE VU 



APPAREIL Dir.esTIF DES ORTHOPTÈRES DE LA FAMILLE 
DES GRYLLID,E. 

iV. Pi. X, fig. 10, 12 et !3; PI. XI, fig. 1 à 12 et PI. XII.) 

Marcel de Serres (I) et Léon Dufour (2) ont étudié, d'une 
façon très sommaire, l'appareil digestif des Gryllus rant- 
pestris. Mais leur desiTiplion, fort incomplète, présente 
quelques erreurs. Plus récemment, une très bonne étude 
unatomique du Grillon des champs a été faite par Berlese (3). 

Dans notre élude d'ensemble, nous nous sommes surtout 
attaché h. montrer les rapports que l'organe de la digestion 
présente avec celui des autres Orthoptères. 

Nous avons divisé notre chapitre sur la famille des 
Ghyllid^ en trois parties et étudié successivement tes cinq 
espèces suivantes : Gryllus rampestris [hs\r.), Gryllus do- 
mestkus (Latr.), JSemobiuii sylveslrLi (Fahr.), Brachytrypes ou 
Brac/iylrypus membranaceus (Urury) et Gryllotalpa vulgarix 
(Latr.). 

Première partie. — Gryllus eampeulris (Latr.), Grylliix 
domeslicus (Latr.), Nenwbius sylvextris (Fabr.). — (V. PI. X, 
(ig. 2, 10 et 13; PI. XI, fig. 2, 4, 6, 7, (Cet 11.) 

L'appareil digestif du Gryllus rampeslrù et celui du 
Gr. domeslicus présentent, au point de vue morphologique, 
des caractères à part et fort différents de ceux du Brachy- 
trypes et de la Gryllotalpa. Ces différences portent princi- 
palement sur la forme du jahol, la structure du gésier et 
colle des intestins moyen et terminal. Les Nemobius, très 
voisins des Gryllus, possèdent un appareil digestif qui pré- 

(1) Obtervationt $ttr tes mages des dkersn parties du lube inteslinal des 
Insettet, in Ann. du Muséum, 1813. 

(Sj Conptes rendus de l'Académie des sciences, 1834. 

(3) Otstnaùoni sulUs analomia dtscrittiva del Gri/llus campeilrh, in Atti 
Soc. Ven-Trent. Padoïa. Vol. VII. fuse. II. 



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APPAREIL DIGESTIF DES OltTHOPTÈRËS. 149 

sente, avec celui de ces derniers, les plus grandes analogies. 

Les gfandes salivaires du Grt/llus campestns{\ . PI. XI, fig.2) 
sonl bien développées et s'étendent, de la régionoccipilale delà 
lêlejusqu'au milieu du métalhora\. KUa* sonl construites sur 
le typegénéral des glandfïs salivaires des autres Gryllidx, mais 
elles en difTêrent cependant par la forme et la disposition 
des réservoirs salivaires. L'organe comprend deux grappes 
volumineuses, formant deux massifs principaux, localisées 
aux régions médianes du protliorax et du mésolhorax. Les 
deux grappes sont symétriques par rapport h l'axe du corps 
et reposent directement sur la paroi inférieure thoracique, 
au-dessus du système nerveux. La partie postérieure de 
chaque glande est massive, épaisse, amincie sur ses bords 
et émet deux prolongements glandulaires, l'un sur les pa- 
rois latérales du jabot et l'autre jusque dans le tiers anté- 
rieur du métalhorax. Les acini terminaux consistent en une 
masse ovoïde, creuse à l'intérieur et tapissée, sur ses parois 
latérales, par une couche unique de cellules sécrétantes 
cylindriques. De chaque acinus part un canalicnle excréteur 
très court. C'est de la réunion de tous les canalicules que 
résultent les deux conduits efTérents de la glande. Ces con- 
duits vont déboucher dans les réservoirs salivaires. Ces der- 
niers sont pairs et affectent la forme de deux sacs volumineux 
très allongés. Leurs parois externes sont lisses, mais pré- 
seolent parfois une série de boursouflures, donnant ainsi k 
l'organe une apparence irrégulière. A l'intérieur existent 
des anneaux chitineux spirales, analogues à ceux des con- 
duits trachéens. Les deux réservoirs vont déboucher dans 
un conduit unique fort court, s'ouvrant à la base de la lèvre 
inférieure, en avant de l'orifice buccal (V. PI. XI, fig. t). 

Le pharynx du Gryllus campestris et celui du Gr. domes- 
tivus sont des organes lubuleux, à parois plissées, entière- 
ment logés dans la région cépbalique. Ils commencent à la 
bouche, cavité ovale limitée en haut par le labre et latérale- 
ment par les mandibules et les mâchoires, et se continuent 
jusqu'à l'œsophage. Leur face inférieure repose directement 



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I.SO L. BOBDAS. 

sur une lamelle chitioetise, concave supérieurement el ti- 
rant son origine de la région postérieure céphaliquc. Leurs 
parois sont très épaisses et servent d'insertion à de nooi- 
breux faisceaux musculaires qui vont se fixer, soit aux parois 
latérales, soit aux parois postérieures céphaliquea. C'est à 
la face supérieure que les muscles sont le plus nombreux. 
La face interne est parcourue par des bourrelets longitudi- 
naux , séparés par des sillons parallèles. Le pharynx des 
Nemobim est beaucoup plus court que crlui des Grytlus. Il 
est logé dans les deux liers antérieurs de la région cépha- 
lique e( rattaché aux parois latérales par de nombreux 
faisceaux musculaires. 

Chez les Gryllus, Yœsophage fait direclement suite au 
pharynx sans ligne de démarcation bien nette. Il est entière- 
ment localisé dans le prothorax. Ses parois externes, comme 
celles du pharynx, sont lisses et recouvertes par de nom- 
breuses ramifications trachéennes, tandis que tes internes 
présentent de légers plissements. L'œsophage du Nemobim 
xi/lvestris est long, cylindrique, sinueux et s'étend jusqu'à la 
partie antérieure du mésothorax. Il se dilate ensuite peu k 
peu et se continue avec le jabot, presque sans ligne de dé- 
marcation (V. PI. X,fig. 2}. 

Le jabot du Grillon des champs est un organe volumineux, 
piriforme, occupant la presque totalité de la région médiane 
des deux derniers segments Ihoraciques. L'organe est légè- 
rement asymétrique et présente latéralement un cul-de-sac 
ou boursouflure plus ou moins prononcée. Pareille disposi- 
tion n'existe ni chez la Gryllotalpa, ni chez la plupart des 
autres Gryllides, \e Brachytrypes membranaceus^^9.T ^.\^xn^\t. 
Chez lu Gryllotalpa, on observe une panse, de forme ovoïde 
ou hémisphérique, paraissant comme suspendue aux parois 
de l'œsophage. Chez la plupart des autres GryUidx, l'organe 
est symétrique par rapport à l'axe du corps de l'insecte, et 
l'orifice terminal est situé au centre de la face postérieure. 
Le jabot est placé au-dessus du système nerveux et repose 
sur le faisceau médian des glandes salivaires, tandis que ses 



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AI'PAREIL DIGESTFP DBS ORTHUPTËRES. 151 

pM'ois latérales sont recouvertes par les gros muscles tho- 
raciques, moteurs des ailes et des pattes. Dans l'état de ré- 
piétion de l'organe, la bosselure latérale est bien accusée et 
l'oQ peut facilement reconnatire que le pédicule qui l'unit 
au gésier se détache d'un point excentrique de sa face posté- 
rieure. Les parois externes du jabot sont à peu près lisses 
et sillonnées par d'innombrables rameaux trachéens, tandis 
que les internes sont parcourues par de nombreux replis. 
Ces derniers, étroits et peu accusés dans la région anté- 
rieure, vont s'élargissant peu à peu et convergent de façon à 
ne former qu'un petit nombre de plissements allant aboutir 
à l'orifice postérieur. Ce dernier communique, non pas 
directement avec le gésier, mais avec un pédoncule cylin- 
drique, légèrement recourbé et long de 5 à 7 millimètres. 
Ce pédoncule peut donc être considéré comme un prolonge- 
ment antérieur du gésier. Les parois du pédoncule soni 
épaisses, musculaires et lisses extérieurement. A l'intérieur, 
elles présentent une série de replis longitudipaux, irrégu- 
liers et portant, disposées transversalement, des touffes de 
poils chilineux. Ces derniers, vus à un fort grossissement 
microscopique, affectent l'apparence de denticules aplaties. 
On compte, sur chaque repli longitudinal, de six à huit 
touffes semblables et chaque toulîe présente trois régions, 
une médiane et deux latérales, où les soies sont plus spé- 
cialement concentrées. Dans la partie médiane, elles sont 
disposées suivant un espace triangulaire, et sur les côtés 
très irrégulièrement. Les soies chitineuses sont générale- 
ment courtes, amincies au sommet et dirigées vers le jabot. 
Parfois, dans la touffe médiane, un certain nombre de soies 
se soudent entre elles et constituent, de la sorte, une lan- 
guette aplatie, échancrée vers sa base et denticulée latérale- 
ment (V. PI. XI, fig. 10). Ces plages transversales sétigères 
s'élargissent à mesure qu'on se rapproche du gésier et dis- 
paraissent totalement vers le bourrelet terminal qui limite 
la portion antérieure de ce dernier organe. Cet orifice est 
étroit, irrégulier et bordé par six bandelettes coniques pro- 



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duites par les extrémités teriniDales des replis que nous 
venons de décrire. Ce pédoncule, par sa slruclure et la pré- 
sence de replis longitudinaux, doit élre considéré comme 
une dépendance, non pas du jabot, mais du gésier. 

Le jabot du Grt/llus domesticus aflecte à peu près tes 
mêmes dispositions que celui du Gr. campesim. L'organe 
est volumineux, piriforme, allongé et occupe la presque to- 
talité des deux derniers segments Ihoraciques. Ses parois 
externes sont lisses et recouvertes dorsalement et latérale- 
ment par quelques grappes des glandes salivaires. La face 
interne présente une série de plis longitudinaux qui vont en 
s'accenluant de plus en plus dans la région postérieure. 
Chez le Nemobius sybesiris (t), le jabot, quand il est com- 
plèlement distendu par les matières alimentaires, s'étend 
jusquedans les deux premiers segments abdominaux. Comme 
chez l'espèce précédente, on rencontre à l'intérieur de l'or- 
gane une série de plissements longitudinaux qui vont con- 
verger vers t'pritice postérieur, déjeté sur le côté. Un peu 
avant cet orifice, les divers replis se fusionnent pour former 
Eînalemenl six bourrelets, pourvus de deux ou trois petites 
pointes chitineuses qu'on peut considérer comme les pre- 
miers degrés de l'armature masticatrice si puissante du 
gésier. L'orifice, grâce à cette disposition, est pourvu d'une 
valvule étoilée à six branches. 

Le gésier des Gryllus catnpestris présente, quant k ses 
dispositions générales, à peu près les mêmes caractères 
que celui de la Gryllolalpa ou du Brachylrypus. Il afîeete 
une forme ovoïde ou légèrement'sphérique et est enveloppé, 
à sa base et sur ses côtés, par les deux larges appendices 
intestinaux. Ses parois sont musculaires et très épaisses ; sa 
face externe est lisse, mais parcourue par de nombreux 
faisceaux trachéens ; sur l'interne repose une puissante 
armature cbitineuse, dont l'ensemble rappelle celle du Bra- 
chylrypus, avec cette différence que les dents médianes sont 

[0 Pour rensemble de l'appareil digestif du Kemùbius sylveslris, V. H. X, 
0({. 2. 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 153 

un peu moins volumineuses et un peu moins inclinées en 
arrière. Celte puissante armature exerce une action tritu- 
rante sur les aliments et agit, h la façon d'une râpe, pour 
les broyer et les pulvériser. On conslate, comme chez les 
autres Gryllidfp, l'existence de six colonnes, séparées les 
unes des autres par des ligellf s ou baguettes chitineuses, loca- 
lisées au fond de gouttières longitudinales profondes. Chaque 
colonne comprend trois rangées de dents (V. PI. XI, fig. 7).Le5 
dents médianes sont formées de deux parties : d'une racine, 
généralement courte, bifide et implantée presque perpendi- 
culairement aux parois du gésier et d'une tige munie de 
cinq pointes, dont une médiane et quatre disposées latérale- 
ment. La pointe médiane est triangulaire et chitineuse vers 
son extrémité terminale oti elle porte, de chaque côté, de 
trois à cinq denticules pointues et acérées. Elle est légère- 
ment recourbée en arrière, c'est-à-dire dans le sens de la 
progression des aliments. Des deux paires de pointes laté- 
rales, l'antérieure (celle tournée vers l'intestin) est oblique 
et terminée, à son extrémité, par une lame chitineuse et 
acérée ; elle se prolonge jusqu'à la racine, dont elle cons- 
titue l'une des branches. La pointe latérale postérieure est 
formée, au contraire, par une lame courbe qui va se fixer à 
la face postérieure de la dent (celle dirigée vers la bouche), 
el se termine, à son extrémité libre, par une lame chitineuse 
et acérée. De plus, elle se continue jusqu'à la racine dont 
elle forme une des branches. La pointe latérale posté- 
rieure, au contraire, est constituée par une lamelle courbe, 
allant se lîxer à la face postérieure de la dent (celle tournée 
vers ta bouche) et se termine, à son extrémité, par une la- 
melle à bord libre recourbé et portant des denliculalions 
très pointues. Entre les deux extrémités existe, dressée per- 
pendiculairement à la paroi du gésier, une masse musculaire, 
à bord libre courbe et chitineux, jouant le rôle de dent 
accessoire ou de support, et portant de nombreuses soies 
cornées sur son bord tourné vers l'intestin. Quant aux dents 
latérales (V. PI. X, (ig. 13), elles affectent la forme de luber- 



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134 L. IMmOA». 

cules coniques et chiUneux à leur sommet où exisle uoe 
pointe légèrement recourbée. En résumé, nous voyons que 
l'appareil masticateur des Grt/Uits est très compliqué et 
caractérisé par la présence de six colonnex longitudinales den- 
///■^rw très puissantes (V. PI. XI, fig. 7). 

Le gésier n'est relié à l'intestin moyen que par le prolon- 
gement de ses parois musculaires externes. Quant à l'orifice 
postérieur, il est muni de six lobes arrondis, blancs et mus- 
culeux, séparés par des sillons ou gouttières et Taisant suite 
aux colonnes masticatrices. 

Le gésier du Gryllus domesliais est à peu près semblable 
au précédent, avec cette difTérence que la dent médiane 
porte des tubercules latéraux munis de lamelles beaucoup 
plus fortes que chez le Gr. rampexin.\ . Il en est de même de 
la pointe médiane, qui est beaucoup plus large à son som- 
met et munie de denticulalions latérales. 

Chez le Nemobius, le gésier est muni d'un court et étroit 
pédoncule antérieur séparé du jabot par un repli circulaire 
externe peu profond, correspondant à une valvule interne 
munie de six replisdus aux prolongements des bandelettes 
du col{V.Pl.X,fig.2). La face interne de ce dernier présente 
six longsbourrelelsmusculaires.dépourvusde plages sétigéres 
transversales, contrairement à ce qui a lieu chez le Gryllus 
campestris. Chaque bourrelet présente une série de striations 
transverses, divisant la colonne musculaire en un nombre de 
prismes ou denlicules coniques, variant de huit à dix, dont 
la surface est recouverte d'une mince lamelle chitineuse. Les 
colonnes dentifères du gésier sont analogues à celles des 
Gryllus ; pourtant, les pointes médianes des dents centrales 
sont plus larges et munies d'un plus grand nombre de tu- 
bercules que celles de l'espèce précédente. 

Vinleslin mot/en des Grylhix (ventricule chyliliquc de Du- 
four) est bien développé et décrit dans l'abdomen deux 
demi-circonvolutions, dirigées en sens contraire et afTeclant 
la forme d'un S. On peut le diviser en deu.\ régions nette- 
ment distinctes par leur conformation analomique et leur 



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APPAREIL DtGESTlK DE5i OBTHOPTÈRES. 155 

structure : une région antérieure en rapport avecle gésier et 
une région postérieure communiquant avec l'inleslin termi- 
nal. L'intestin moyen émet, à son origine, deux volumineux 
appendices latéraux, sous forme de poclies allongées eu doigts 
de gant, terminés en cœcums à leur extrémité libre (V. PI. XI, 
Tig. 11). Leur surface externe est lisse, mais parcourue par 
de nombreux faisceaux trachéens. De la face interne se dé- 
tachent des replis latéraux falciformes, divisant la cavilé 
centrale en compartiments incomplets. Ces appendices 
ipoches ventriculaires de Durour)vont s'ouvrir dans un ves- 
tibule situéà l'origine de l'intestin moyen et limité, en arrière, 
par une valvule courbe marquant le point où vient s'attacher 
la portion cylindrique de l'intestin moyen (V. PI. XI, fig. 11). 
Les deux cscums intestinaux qui entourent le gésier ne sont 
nullement comparables, ainsi que le prétend L. Dufour, aux 
diverses pièces de l'estomac multiple des Ruminants, au 
feuillet et à la caillette entre autres. Il n'y a nulle compa- 
raison à établir entre les organes de certains Mammifères et 
ceux des Insectes, et les deux appendices en question ne sont 
que dettx dwerticules latéraux de Pinteslin moyen. La pre- 
mière partie de l'intestin, d'une longueur de 9 à tl milli- 
mètres, présente, dans sa structure et sa configuration, des 
caractères qui la différencienl nettement de la portion termi- 
nale. Ses parois sont lisses et ne portent, tant à l'inté- 
rieur qu'à l'extérieur, ni papilles ni plissements. Elle atîecte 
une forme cylindrique, et ses dimensions varient suivant son 
état de vacuité ou de réplélion. De nombreux tubes tra- 
chéens vont se ramilier à sa surface et la maintiennent, de 
la sorte, dans une position fixe. Enfin, à son extrémité ter- 
minale existe un léger bourrelet qui la sépare de la seconde 
portion de l'intestin. 

La deuxième partie de Yinlestîn moyen présente, par sa 
forme et surtout par sa structure, des caractères que nous 
n'avons encore rencontrés chez aucune autre espèce d'Or- 
fhoptère. Ses parois sont beaucoup plus épaisses que celles 
de la portion précédente ; elles affectent une configuration 



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IbO L. BORDAS. 

irréguliëre et boursouflée et ofTrent une organisation toute 
différente. La membrane interne présente, sur les deux cin- 
quièmes environ de sa surface, une série de plis tantôt obli- 
ques et tantôt perpendiculaires à l'axe longitudinal de l'or- 
gane. Sur les Irois autres cinquièmes, elle est recouverte 
d'une série de papilles cylindriques, à sommet émoussé el 
disposées d'une façon irrégulière (V. PI. XI, lig. 4). Ces pa~ 
pilles, au nombre de 60 à 80, affectent quelque ressem- 
blance avec les villosilés de l'intestin des Mammifères el 
doivent jouer un grand rôle dans l'accomplissement des 
fonctions digestives. Ëiies sont nettement séparées les unes 
des autres, disposées irrégulièrement, peuvent facllemenl se 
détacher de la membrane adjacente et reposent, par leur base 
élargie, sur la paroi interne de l'organe, dans de petites dé- 
pressions peu profondes, semblables à des alvéoles. Ces 
papilles disparaissent complètement vers la portion terminale 
de l'intestin moyen, lequel porte en ce point un léger bour- 
relet circulaire marquant sa séparation avec l'intestin ter- 
minal. Ce bourrelet présente six replis longiludinaux, jouant 
le rôle de valvule, et séparés par un nombre égal de sillons 
parallèles. 

Les cscums intestinaux des Gr. domesticus sont aplatis et 
légèrement concaves sur leur face interne. La seconde par- 
lie de Vintestin moyen présente une série de boursouflures 
ressemblant à celles du gros intestin des Vertébrés. Les pa- 
rois internes sont recouvertes de nombreuses villosités ana- 
logues & celles des Gr. campestris, avec cette différence 
qu'elles sont moins nombreuses et disséminées sur la moitié 
seulement de la face interne. Chez le Nemobius, les appen- 
dices intestinaux sont recourbés en arc et entourent en partie 
le gésier. La cavité interne est très irrégulière et présente 
une série de replis longitudinaux la divisant en un certain 
nombre de petits compartiments incomplets (V. PI. X, 
(ig. JO). Ces plissements flexueux, au nombre de 4 à 6, se 
dressent perpendiculairement à la face interne de chaque 
appendice, se dirigent extérieurement el rappellent assez 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 157 

bien, quand ils sont légèremenl comprimés, l'apparence des 
divers feuillets d'un livre. Vinteslin moyen comprend deux 
portions très nettes ; une antérieure, lisse et cylindrique, en 
rapport avec les appendices intestinaux, et une postérieure, 
recourbée en demi-cercle. Les deux parties sont séparées 
par un repli circulaire correspondant à une valvule annu- 
laire interne (V. PI. X, Hg. â). La seconde partie de l'organe 
est pourvue de nombreuses boursouflures et de plissements 
disposés perpendiculairement à l'axe. Sa paroi interne est 
garnie, sur la moitié environ de sa surlace, d'une série de 
villosilés ou papilles en doigts de ganl, analogues à celles 
que nous allons décrire chez les Gryllolalpa. 

Les tubes de Malpigki de tous les Cryllidee vont déboucher 
dans un canal collecteur commun (V. PI. XI, Ptg. 6). Cette 
disposition est générale dans cette famille, et nulle part, chez 
les autres Insectes, ces organes n'affecleni un mode d'em- 
bouchure aussi net et aussi caractéristique. 

Chez les Gryllus campestris, les organes urinaircs sont très 
nombreux (100 à \iO) et mesurent chacun de 9 à 12 milli- 
mètres de longueur. Ils sont cylindriques, fl^-xueux et termi- 
nés, h leur extrémité libre, par une pointe effilée, h sommet 
arrondi. Leur cavité centrale renferme un contenu jaunfttre 
el granuleux, au milieu duquel on peu! facilement trouver 
en abondance des cristaux prismatiques durate de chaux, 
tl'ttrate de soude et d'aride urique. Ces lubfs vont s'ouvrir dans 
un réservoir commun assez volumineux qu'on peut compa- 
rer au bassinet de l'appareil rénal des Vertébrés (V. PI. XI, 
fig. 6). Le réservoir collecteur est à parois minces, transpa- 
rentes et & contours très nets. 

Il porte, en outre, des diverlicules latéraux qui ne laissent 
pas de présenter quelque analogie avec les calices de l'appa- 
reil urinaire des animaux supérieurs. De ce réservoir com- 
mun part un conduit eiïérent unique, à parois musculaires, 
qu'on peut homologuer à l'uretère des Vertébrés. Ce con- 
duit, après un trajet flexueux de 12 à 1& millimèlrcs, va 
déboucher à l'extrémité postérieure de l'inleslin moyen, 



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158 li. BORDAS. 

entre ce deraier et rintesUn terminal. L'excrétion de l'urine 
doit être intenu, car l'organe forme, dans son ensemble. 
une énorme touffe de tubes qui remplit une partie de la ré- 
gion moyenne de Tabdomen et couvre de ses filaments la 
plus grande portion de l'intestin moyen et du gésier. Quand 
l'organe tout entier est étalé au milieu de l'eau, il présente 
l'aspect d'une large houppe llabelli forme. Les organes uri- 
naires du Gr. domesticus et du Nemoèias /ti/lvextris présentent 
à peu près les mêmes caractères. 

Vinlestin postérieur est relativement court [Gryltm) et dé- 
passe à peine le tiers de la longueur de l'inlestin moyen, il 
décrit une demi -circonvolution et porte, sur sa face interne. 
une série de plissements longitudinaux très irréguliers. 
L'organe se renfle à son extrémité postérieure pour consti- 
tuer une poche ovale, le rerium, présentant six longues co- 
lonnes, dues à un énorme épaississement épithélial. Au centrt- 
de ces colonnes existe un vasie réseau trachéen, indiquant 
que dans celte partie de l'appareil digeslif les fonctions res- 
piratoires doivent élre particulièrement intenses. L'intestin 
terminal du Nemnbkis n'offre rien de particulier. 

Deuxième partie. — Brachytrypes ou Brapbylrypits mem- 
branaf.eus (Drury). (V. PI. X, lig. 12; PI. XI, fig. 1, 3, 5, 8 
et ii.) 

Va/ifMfeil digestif du Brarhytrypu.s inembranaceus (1) se 
rapproche, par bo|i nombre de caraclères, de celui de la 
Gryllotnlpa. Il en diffère pourtant par l'atrophie de l'œso- 
phage, l'énorme volume du jabot, la réduction des appen- 
<lices intestinaux et surtout par la longueur et les circonvo- 
lutions de l'intestin moyen. 

Le pharynx est court, cylindrique et repose, par sa face 
inférieure, sur une lamelle chitineuse, concave vers le haut, 
dirigée en avant et dépendant de la région postérieure de 
la tête. Les parois de l'organe sont épaisses et présentent 
intérieurement une série de six à huit plis longitudinaux, 

(1) Pour l'ensemble de l'appareil ditjestif du ftrachytnjpus membranaceus, 
V. PI. XI, flg. I. 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 159 

séparés par des bourrelets parallèles (V. PI. XI, fig. 3). Les 
faces latérales et dorsales du pharynx reçoivent l'insertion 
d'un grand nombre de faisceaux musculaires, allant se Hxer 
sur les parois postérieures de la tèle. 

En pénétrant dans le premier segment thoracique, l'or- 
gane change brusquement de forme et de calibre : ses replis 
longitudinaux internes s'arrêtent brusquement et produisent 
un bourrelet circulaire auquel fait suite Yœsophage. Ce der- 
nier est 1res court et constitue une sorte d'isthme fort étroit, 
unissant le pharynx au jabot. 

Lejaèoi des Brachytrypwi est très volumineux et constitue 
un organe allongé, cylindrique à son origine, puis dilaté 
dans la suile et afîectant alors la forme d'un tronc de cône. 
Il commence dans le quart antérieur du prothorax et s'étend 
jusqu'au premier segment abdominal. Situé dans l'axe du 
thorax, au-dessus du système nerveux, il est recouvert, à sa 
face supérieure, par une épaisse couche de lissu adipeux et 
des fibrilles musculaires. Au contact des parois latérales, sont 
de gros faisceaux de muscles destinés à mouvoir des ailes 
puissantes et des pattes de dimensions énormes (la der- 
nière surtout). Les parois du jabot sont minces, transpa- 
rentes, très élastiques et constituées par deux couches mus- 
culaires dont l'interne est la plus épaisse. Ses parois sont 
lisses extérieurement et recouvertes â l'intérieur par une 
membrane chitineuse pourvue de stries longitudinales. La 
portion terminale du jabot se rétrécit brusquement et s'unit 
au gésier par un étroit pédoncule qu'on peut considérer 
comme une dépendance de ce dernier. 

Le gésier, qui est situé dans l'axe des deux premiers seg- 
ments abdominaux, présente de grandes analogies avec 
celui de la Gryllotalpa. Il est légèrement incliné sur le 
plan de symétrie du corps de l'insecte et affecte une forme 
ovoïde 1res régulière. En avant, il se continue par un court 
appendice tubuleux qui le rattache au jabot. Le pédicule 
antérieur est muni, à son origine, d'un oritice étoile à six 
branches séparées par autant de valves qui, en s'appliquant 



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160 1^. HomoAS. 

l'une contre l'aulre, t'erment hermétiquement l'oriBce. Des 
muscles latéraux efTectuent le redressement des valves pour 
permettre le passage des aliments du jabot dans le gésier. 
A partir de rorilice, on voit apparaître six bandelettes longi- 
tudinales, striées transversalement et affectant de la sorte 
l'apparence d'une scie. Ces bandelettes acquièrent dans le 
gésier proprement dit une structure très compliquée. La 
partie centrale de l'organe mérite de nous arrêter un ins- 
tant, tant à cause de son importance que de sa complication 
anatomique. Sa forme est celle d'un ellipsoïde, à grand axe 
dirigé d'avanl en arrière, dont la paroi interne est recou- 
verte d'une armature chilineuse très compliquée, et que 
nous n'avons trouvée nulle part chez, les autres Orthoptères, 
sauf chez la Courtilière, aussi complète et aussi propre à 
efTectuer la trituration des ahmenis. En outre, la dispo- 
sition symétrique des faisceaux masticateurs par rapport à 
l'axe de l'organe, la façon élégante dont ils sont découpés, 
les fines dentelures latérales qu'ils présentent, en font un des 
appareils les plus curieux et les plus intéressants à étu- 
dier. 

A la suite du court pédoncule antérieur qui fixe le gésier 
au jabot, on observe une brusque dilatation circulaire sur- 
montée par le rebord que produit le pédoncule (V. PI. XI, 
fig. \). On arrive alors dans la cavité centrale, irrégulière à 
l'état normal, mais dolioliforme quand elle est débarrassée 
de son armature cliifineuse. Cette dernière comprend six 
longues séries longitudinales de dents étroitement imbri- 
quées entre elles. Chaque série est séparée de sa voisine par 
une mince lamelle chilineuse parcourant l'oi-gane dans toute 
sa longueur. Comme toutes les séries de dents sont iden- 
tiques, nous allons borner notre étude à la description de 
l'une d'elles. 

Chaque groupe ou série longitudinale, de forme triangu- 
laire, allongée, élargie antérieurement et rétrécie en arrière, 
est formée par un grand nombre de dents juxtaposées entre 
elles. On distingue deux sortes de dents disposées en trois 



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APPAREIL DIGESTIF' DES ORTHOPTÈRES. 161 

rangi^es longitudinales et parallèles : une rangée médiane, la 
plus large et de beaucoup la plus importante, et deux ran- 
gées latérales, dont les faces internes sont en partie recou- 
vertes par la série médiane et comprennent des dents de 
même forme. 

Les dents de la file médiane sont larges, fortes, résis- 
tantes, chitineuses, légèrement inclinées et à pointe dirigée 
en arrière, c'est-à-dire vers l'orifice intestinal (V. PI. XI, 
fig. 5, 8 et 12). Elles commencent immédiatement en ar- 
rière du rebord qui fait suite au pédoncule et s'étendent 
jusqu'à l'extrémité postérieure réirécie du gésier. Le nom- 
bre des dents médianes que renferme chacune des séries 
longitudinales varie de seize à dix-huit. Chaque dent, à ra- 
cine double et à pointe tricuspide, est profondément enfon- 
cée dans un treillis alvéolaire reposant sur la couche 
musculaire externe. La racine a uue direction presque 
horizontale et présente deux prolongements chitineux laté- 
raux, obliquement implantés dans les parois du gésier et 
réunis entre eux par de nombreux faisceaux musculaires. 
Chaque racine est recouverte par la suivante et présente, 
de la sorte, un remarquable degré de solidité. La cou- 
ronne ou parlie libre de la dent chitineuse est inclinée à 
angle obtus sur la racine et comprend trois pointes, une 
médiane et deux latérales. La pointe médiane, tout entière 
de nature chitineuse, est dure, résistante, de forme trian- 
gulaire et porte, sur ses bords latéraux, une série de 3 
a 6 dcnticutations disposées comme les dents d'une scie. 
Celte partie médiane est légèrement recourbée en arrière, 
c'est-à-dire vers l'orifice intestinal et recouvre en parlie, 
sans toutefois s'appliquer sur elle, la portion correspon- 
dante de la dent suivante. Chaque rangée ou série médiane 
se prolonge par un appendice musculaire, cunéiforme, 
aminci et terminé en pointe libre h son extrémité posté- 
rieure. Son bord anlérïi'ur, irrégulier et presque tranchant, 
s'avance jusque vers l'oritice commun au gésier et à l'in- 
testin. L'ensemble des six appendices cornéo-lamelleux con- 

ANK. se NAT. ZOOL. T, 11 



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162 L. B^nDAB. 

stitue une valvule conique qui pénètre dans l'axe de l'exlré- 
mité antérieure de l'inlestin moyen. 

Quant aux appendices latéraux des dents centrales, ils 
sont au nombre de deux, Tua situé en arrière et l'autre en 
avant de la pointe médiane antérieure que nous venons de 
décrire. Le tubercule chitineux postérieur est de beaucoup 
le plus puissant; il a la forme d'une lame d'abord aplatie 
et appliquée contre la face dorsale ou externe de la racine 
de la dent ; mais, arrivé sur le bord externe de celle der- 
nière, il se dilate, se recourbe en forme de demi-cornet et 
émet deux pointes acérées et séparées l'une de l'autre par 
une échancrure demi-circulaire. Le tubercule ou appen- 
dice antérieur est beaucoup moins volumineux que le pré- 
cédent. Il se compose uniquement d'une lamelle chitineusc 
aplatie obliquement et détachée du bord latéral de la racine 
de la denl à peu près vers l'origine de la pointe médiane. 
Son bord antérieur est tranchant et se termine en pointe 
dirigée vers un tubercule de la lamelle postérieure. 

Le bord libre des deux appendices latéraux que nous 
venons de décrire enveloppe un tubercule conique, recou- 
vert à son sommet par une membrane chilineuse, mais 
fflusculeux vers sa région centrale et Hxé aux parois laté- 
rales du gésier. Ce tubercule peut être considéré comme 
une denl accessoire, jouant un certain râle dans l'acte de 
la mastication, attendu que son extrémité libre se termine 
en pointe et porte une série de soies courtes et raides, 
disposées en cercle autour du sommet. Parfois le cercle 
est incomplet, et la louiïe des soies chilineuses est simple- 
ment disposée en arc. Un sillon longitudinal profond sé- 
pare la rangée des dents médianes des dents latérales. Ce 
sillon est purement virtuel quand le gésier est à l'état de 
repos, attendu qu'il est alors recouvert par la rangée 
médiane. 

Les dents des séries latérales (V. PI. X, fig. 12), recou- 
vertes sur leur face interne par celles de la colonne cen- 
trale, affectent la forme d'un tronc de prisme triangulaire, 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 463 

reposant, par sa base élargie, sur la paroi înlcrno du 
gi!'sicr. Elles présenlent à considérer deux faces, l'une in- 
terne el l'aulre externe. Cette dernière est oblique, lisse, 
régulière et dirigée vers la lamelle longitudinale chitincuse 
qui sépare chaque série de denticulations. Une mince mem- 
brane cornée et triangulaire la recouvre en partie. La face 
interne, moins oblique que la précédente, a une direction 
presque peipendiculaire; elle est légèrement concave et 
irréguliëre vers sa base. Le sommet de la dent porte deux 
pointes, dont l'une large, aplatie d'avant en arrière, si- 
nueuse, est recouverte d'une couche de chitine. La seconde 
pointe, beaucoup plus petite que la première, est mousse 
el porte de petits appendices courts, ressemblant à des bâ- 
tonnets cornés. Les cinq autres colonnes dentifères de l'ar- 
mature interne du gésier sont morphologiquement identiques 
à celle que nous venons de décrire. 

L'oriBce compris entre l'intestin moyen et le gésier est 
irrégulier, étoile et fermé, à l'état de repos, par le rappro- 
chement des six valvules formées par les appendices lamel- 
leux dont nous avons déjà parlé et qui ne sont que la 
continuation de la rangée médiane de chaque colonne lon- 
gitudinale. 

Après le gésier vient une sorte de vestibule intestinal, 
court et cyhndrique, sur les faces latérales duquel s'ou- 
vrent deux appendices inleslinau.r, assez semblables k ceux 
des Grylloialpa, mais en différant cependant par leur vo~ 
lume, leur hauteur moins considérable et leur forme légè- 
rement aplatie. Ces appendices ou cxcums se terminent, 
à leur extrémité supérieure, par une pointe mousse. Us 
sont légèrement recourbés en arc et embrassent la pres- 
que totalité du gésier, sauf sa partie antérieure. Leur face 
interne est légèrement concave et l'externe présente une 
convexité très apparente. De plus, on constate, vers l'extré- 
mité inférieure de l'appendice droit, la présence de deux 
diverlicules hémisphériques très courts. Ces évaginations 
latérales, généralement paires, sont tout h fait constantes : 



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164 

je les ai toujours rencontrées chez plusieurs échantillons 
soumis à mon examen. Partout, elles m'ont apparu sous la 
Torme de deux petites proéminences cylindro-coniques, 1res 
courtes, de structure analogue à celle de l'appendice dont 
elles dépendent. Dans quelques cas, les deux appendices 
cscaux sont pourvus chacun d'un petit diverticule posté- 
rieur (V. Pi. XI, fig. I). Un peu au-dessous des orifices des 
deux cœcums intestinaux, on constate la présence d'une val- 
vule circulaire, peu apparente, produite par un repli interne 
de la paroi intestinale. 

Le reste de l'intestin Faisant suite au gésier est égal, quand 
il est complètement développé, à une fois et quart la lon- 
gueur totale du corps de l'insecte. 

L'intestin mot/en du Brachylrypiis est un tube cylindri- 
que, présentant, de distance en distance, de nombreuses 
boursouflures. Il décrit trois circonvolutions et reçoit, à 
son extrémité postérieure, le canal excréteur impair des 
tubes de Malpighi. Les organes urinaires sont composés 
de 100 à 120 filaments très ténus, enchevêtrés entre eux, 
mais pouvant facilement s'étaler en un faisceau élargi et 
montrer ainsi leur mode d'embouchure. Ils vont s'ouvrir, 
en effet, dans un réservoir commun situé h l'exlrémilé 
antérieure d'un conduit collecteur unique. Ce dernier est 
cylindrique et allongé; il mesure, chez certaines espèces, 
jusqu'à i centimètre ou 1",50 de longueur et va s'ouvrir, 
après un trajet flexueux, vers l'extrémité postérieure de 
l'intestin moyen. 

Vinlestin terminal est & peu près égal au quart de la 
longueur du précédent. Il affecte une forme cylindrique et 
est parcouru transversalement par une série de stries cir- 
culaires séparées par des bourrelets parallèles. Le tube se 
renfle, k son extrémité terminale, et forme un organe ovoïde, 
constituant le rectum. Ce dernier se termine par un prolon- 
gement tubuleux très court, s'ouvrant à l'orifice anal situé 
au-dessus du pore génital. 



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APPAREIL DIGRST[P DES ORTHOPTÈRES. 165 

Troisième partie. — Gryltotalpa milgaris (Latr.) (V. 
PI. XI. fig. 9, el PI. XII tout onlière). 

Vappareil digestif de la Gryllotalpa vulgaris a été suc- 
cessivement décrit par Marcel de Serres (1813) et Léon 
Dufour (1834); et, si nous reprenons aujourd'hui cftle 
élude, c'est afin : 1° de faire un rapprochement entre l'ap- 
pareil de cet Insecte et celui des autres Gryllidx ; t° d'ajou- 
ter de nombreux el de nouveaux délails anatomiques com- 
plémentaires, et 3° de décrire sa structure hislologique. 
Dans la description qui va suivre, nous serons très bref et 
nous nous contenterons de mettre en relief les faits nou- 
veaux, tout en faisant les rapprochements nécessaires pour 
montrer l'unité du plan de composition du tube digestif chez 
toutes les Gryllidse. 

Les glandes salivaires de la Gryllotalpa sont uniquement 
localisées dans le thorax el composées de deux paires de 
grappps. Elles comprennent, en outre, deux longs conduits 
excréteurs et deux réservoirs salivaires situés, d'une part, 
entre les deux conduits efférents, et de l'autre, entre les 
grappes sécrétrices. Quant aux massifs glandulaires, ils sont 
situés, le postérieur, dans la région médiane du métatho- 
rax, et l'antérieur, dans le mésothorax el le quart posté- 
rieur du proUiorax. 

Les grappes métal horaciques sont de beaucoup les plus 
volumineuses du système et séparées l'une de l'autre par 
l'œsophage cl la partie antérieure du jabot. Leur forme 
est légèrement ovale, à grand axe antéro-postérieur et à 
face interne régulière et concave. La glande est composée 
d'une série de canalicules el d'acini sphériques ou ovoïdes, 
pourvus de deux enveloppes supportant l'épithélium sécré- 
teur. Ce dernier limite une cavité centrale qui se continue 
avec la lumière interne des canalicules efTéreDls. Les grap- 
pes mésothoraciques ont un volume à peine égal à la moi- 
tié de celui des précédentes. Elles sont lanlôl allongées, 
tantôt rectangulaires ou réniformes et aplaties verticale- 
ment. Les réservoirs salivaires ont la forme de deux sacs 



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166 L. BOKDAS. 

allongés, peu sinueux, plissés et aplalis à l'élal de vacuité, 
mais régulièremenl cylindriques et terminés par une pointe 
conique à l'état de réplétion. Leurs parois sont transpa- 
rentes et présentent h peu près la même structure que celle 
des conduits excréteurs. Ces derniers sont cylindriques, 
très longs, flexiieux et parfois plissés transversalement. 
Ils cheminent parallèlement à l'œsophage, au-dessus d»'s 
conoeclifs nerveux. Arrivés dans la région antérieure 
céphalique, ils passent au-dessous des ganglions sous-œso- 
phagiens, convergent l'un vers l'autre et se fusionnent en 
un conduit unique aplati, très court, qui s'ouvre en avant 
de la bouche, à la base et un peu en arrière de la lèvre 
inférieure. 

Le pharynx (1) est court, aplati, à parois épaisses et à 
face interne munie de plissements longitudinaux. Il est rat- 
taché aux parois thoraciques par de nombreux faisceaux 
musculaires. 

h'cEsophage présente la forme d'un tube droit, cylindrique, 
plus ou moins plissé extérieurement suivant son étal de va- 
cuité ou de réplétion, et traversant le thorax au-dessus de la 
chaîne nerveuse. Sa portion médiane est recouverte, en par- 
tie, par les grappes salivaires et par là même se trouve en 
contact, sur une portion de son étendue, avec les deux réser- 
voirs glandulaires. Clie/ la plupart des Gryllid%, nous avons 
constaté l'existence d'un «nsoplinge généralement court et se 
continuant, sans ligne de démarcation bien nette, avec le ja- 
bot. Or, l'inverse a lieu chez la Gryllolalpa et, contrairement 
à l'opinion de Dufour, la séparation entre le jabot et l'œso- 
phage est des plus nettes, el l'orifice antérieur du premier 
organe est muni d'une valvule 1res apparenic. L'extrémilé 
postérieure de l'œsophage se rétrécit peu h. peu et porte 
intérieurement une série de plissements longitudinaux, pen- 
dant qu'à l'extrémité postérieure existe un rebord annulaire 
marquant sa ligne de séparation avec le jabot. Au repli cir- 

(i) Pour l'ensemble de l'appareil digestif de la Gryllolalpa vu(gari%. 
V. PI. XII, fig. 1. 



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APPAREIL DIGESTIF DBS ORTHOPTÈRES. 167 

culaire correspond intérieiirement un bourrelet annulaire 
irrégulier, portant des bosselures jouant le rôle de valvules. 
Ces dernières peuvent être considérées comme l'extrémité 
postérieure des plissements loDgitudinaux du jabot. De cet 
anneau valvulatre partent, en rayonnant de l'orifice comme 
d'un centre, un certain nombre de replis qui ne tardent pas 
& disparaître sur les parois internes du jabot (V. Pi. XII, 
fig.3). 

Le jabot affecte la forme d'une grande poche ovoïde, pla- 
cée sur le côté de l'œsophage, puisque ce dernier vient se 
fixer à l'une de ses extrémités. Ses parois sont minces, lisses 
extérieurement et transparentes. Son orifice postérieur est 
situé à peu de distance de l'orifice œsophagien et du même 
côté que ce dernier. Il occupe, une profonde dépression de la 
face latéro-inférieure du jabot. Le rebord inférieur de la 
dépression est surélevé, irrégulier, cratériforme et constitue 
un bourrelet, disposé en arc, dont les branches vont s'alté- 
nuant pour disparaître complètement vers la face supérieure 
de la dépression (V. PI. XII, fig. 1 et 3). Des bords de ce 
bourrelet partent une ?érie de replis irréguliers qui s'amin- 
cissent et se divisent peu à peu pour former, vers la face in- 
férieure de l'organe, une série de stries très fines, disposées 
en faisceau. Le reste de la paroi interne du jabot est égale- 
ment parcouru par de légères striations transversales. En 
résumé, ce qui caractérise le jabot de la Gryllotalpa et le dis- 
tingue de celui des autres Oryllidœ, c'est sa position excen- 
trique par rapport à l'axe du tube digestif et le mode d'in- 
sertion latérale de l'œsophage et du col ou pédoncule 
antérieur du gésier. 

Comme chez toutes les Gryllid^, le gésier constitue, chez 
la Grylloial/ta, une des pièces les plus importantes de l'ap- 
pareil digestif. Il affecte une forme ovoïde ou légèrement 
spbéroldale, à parois musculaires très épaisses. Un col ou 
pédoncule antérieur le rattache au jabot. Ce col, lubuteux et 
cylindrique, est muni de six bandelettes longitudinales très 
apparentes h l'origine, près de l'orifice postérieur du jabot, 



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168 li. BomDAii. 

Elles vont peu à peu en diminuant pour s'élever de nouveau 
& mesure qu'on se rapproche du gésier. Sur leur parcours, 
on observe, de distance en dislance, de légers renflemeols 
coniques, portant à leur surface de nombreuses pointes 
chitineuses et acérées, sortes de piquants à extrémilé 
dirigée en arrière. Ces reoflements, vus à un Taible grossis- 
sement microscopique, simulent une production dentaire. 
Les bourrelets musculaires longitudinaux et irréguliers de- 
viennent, h partir du milieu du col, de plus en plus appa- 
rents et portent, vers leur partie terminale, de trois à cinq 
petits tubercules hémisphériques, chitineux à leur sommet, 
qu'on peut considérer comme le premier terme de l'appareil 
masticateur (V. PI. XK, fig. 2). Enfin, le pédoncule se ter- 
mine par un rebord circulaire portant six petits bourrelets 
bruns et chitineux, constituant, de la sorte, une valvule an- 
nulaire, à la suite de laquelle se trouve la cavité du gésier pro- 
prement dit. Les parois externes de ce dernier sont lisses. 
Mais, ce qui fait surtout du gésier un organe de première 
importance, c'est son armature masticatrice interne. 

Cette armature est composée d'une série de dents chiti- 
neuses mobiles et disposées, comme chez les autres Gryl- 
lidie, en six colonnes longitudinales, séparées par de pro- 
fonds sillons, au fond desquels existe une lamelle cornée, 
formée de deux pièces soudées entre elles. Chaque colonne 
masticatrice (I) comprend trois rangées de dents, une mé- 
diane el deux latérales, séparées par deux dépressions pa- 
rallèles très apparentes quand on exerce sur l'organe une 
traction transversale. L'armature tout entière, par sa dispo- 
sition, le nombre, la forme et la puissance de ses dents, doit 
constituer un organe de première importance pour la mas- 
tication (V. PI. XII, (ig. 2). 

Les dents de la rangée médiane sont bien plus fortes et 
différemment conformées que celles des autres Gryllidœ. 

(1) Pour avoir une idée exacte de la structure d'une des six colonnes 
longitudinales de l'armature cbitineuse interne du gésier de la (i>T/llo{al}>a 
luli/arit, V. PI. XII, flg. 2. 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 169 

Biles possèdent une racine double, dirigée obliquement par 
rapport aux parois de l'organe et trois tubercules (V. PI. XII, 
fig. 6 et 7). Le tubercule médian a la Forme d'une palette fi 
bord tranchant dirigé en arrière, à surface supérieure rec- 
tangulaire, légèrement concave et portant latéralement deux 
cornes denticuiées à leur sommet. Vue par sa face supé- 
rieure, la partie centrale de la dent médiane présente i'as- 
pecl de ce petit oulil tranchant, à deux poignées, dont se 
servent les charrons et tes tonneliers pour polir le bois et 
qu'ils désignent sous le nom de plane. Le tubercule médian 
correspond bien à la lame tranchante, tandis que tes tuber- 
cules latéraux de la dent sont assez exactement représentés 
par les deux poignées de l'instrument (V. PI. XII, lig. 7). 

La forme des dénis médianes est si caractéristique et si cons- 
tante chez chaque individu que leur examen attentif peut per- 
mettre au zoologiste de déterminer avec exactitude Cesphe de 
Gryllidœ à laquelle il a affaire. Ce moyen de diagnostic est 
aussi sur que celui tiré des caractères de la morphologie externe. 
En etTel, tandis que chez toutes les autres espèces que nous 
avons étudiées, Gryllus, Nemobius, Brachytrypus, etc., le 
tubercule médian est triangulaire, acuminé, denliculé laté- 
ralement et recourbé en arrière, chez la Gryllotalpa, il est 
rectangulaire, tranchant, recourbé en arrière et muni, de 
part et d'autre, de deux tubercules & bords dentelés. Celte 
simple considération nous montre toute l'importance, au 
point de vue de la classification, du gésier et de sa puis* 
sanle armature chitineuse interne. 

Les dents médianes de chacune des six colonnes étant 
toutes semblables, il va nous suffire de décrire l'une d'elles 
et d'appliquer à l'ensemble les résultats de notre étude. Dans 
la description qui va suivre, nous allons parler successive- 
ment du tubercule médian, des tubercules latéraux et des 
denticules adhérant à ces derniers. 

Le tubercule médian présente une forme rectangulaire 
terminée par deux appendices latéraux. Sa face supérieure 
est concave de droite à gauche et d'avant en arrière, pré- 



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170 11. BORDAS. 

sentant, delà sorte, nne dépression en forme de selle. Son 
bord antérieur est tranchant, arqué et recourbé en arrière, 
vers l'oriOce postérieur du gésier (V. l'I. XII, fig. 2, (i et 7). 
La face inférieure est, conime la supérieure, légèrement 
creuse, à concavité dirigée vers le bas. De chaque côté et en 
avant existent deux appendices, prolongements du bord an- 
térieur, portant à leur sommet trois ou quatre fines denticu- 
lations. De chaque côté du tubercule médian existe un second 
tubercule ou appendice latéral, recourbé en arc, pourvu 
d'un mince pédicule à sa base, mais large à son sommet et 
denticulé tout le long de son bord terminal libre, de forme 
triangulaire. L'espace limité par le rebord triangulaire et 
excavé porte, de même, de nombreux petits tubercules 
arrondis ou légèrement acuminés à leur sommet. Enfin, 
de chaque côté de la dent médiane et faisant corps avec 
elle, existe une dent accessoire, à base musculaire et à 
sommet compris entre le tubercule latéral cbitineux dont 
nous venons de parler et les pointes latérales de la lame 
médiane. Le sommet, légèrement émoussé, présente en son 
milieu une faible dépression oblique, bordée par un bourre- 
let arrondi. Ce dernier, disposé en forme de fer à cheval, 
légèrement surélevé, est recouvert, sur tout sou pourtour, de 
nombreuses soies chitineuses. Le nombre des dents médianes 
varie de quinze à dix-sept; il est liabituellement de seize. 

Les dentx latérales (V. PI. XI, fig. 9) sont en même nombre 
(15-17) que les dents médianes. Elles affectent la forme de 
tubercules pyramidaux, à sommet émoussé et recouvert de 
fines soies chitineuseS'. La face externe de chacune d'elles, 
inclinée obliquement par rapport aux parois du gésier, 
est presque plane et se termine par une sorte de tuber- 
cule de forme spbérique, portant des soies sur tout son 
pourtour. La face interne est légèrement oblique par rapport 
aux parois du gésier et présente, vers son sommet, une lé- 
gère excavation bordée de soies chitineuses. Elle porte, vers 
sa partie médiane, une lamelle chitineuse disposée en forme 
de Y. Quant à la portion terminale, elle est légèrement 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 171 

■ arrondie ou munie d'une pointe mousse dirigée vers l'orifice 
inli'slinal; de plus, on constale encore la présence, d'une 
dé)iression Iriangulaiie peu profonde donnant, au premier 
abord, l'apparence d'une double dent. 

La profonde dépression comprise entre deux colonnes de 
l'ftrmalure loge, dans sa profondeur, une longue baguette 
chilineuse, ovoïde à ses deux bouls, rectangulaire dans sa 
partie médiane et munie latéralement de deux liges jaunâtres 
dues h des épaississemenls cliilineu\ séparés par un espace 
beaucoup plus clair, faisant paraître la lamelle comme for- 
mée par deux lames cliitineuses accolées par leur face 
interne. La cavité centrale de cette lige est remplie par un 
faisceau musculaire longitudinal. En enlevant la tige, on par- 
vient à laisser en place le filet musculaire et on a alors une 
sorte de demi-cylindre creux à l'intérieur. 

La presque totalité des colonnes dentifères que nous venons 
de décrire se prolongent, dans l'axe de la partie antérieure 
de l'intestin moyen, sous forme de languettes. On constate, 
chez la Grylloialpa, la présence de quatre languettes plissées. 
blanclies, transparentes, cornéo-membraneuses, amincies à 
leur extrémité libre et formant, par leur accolement, une 
valvule conique très caractéristique. Chaque languette pré- 
sente, dans sa partie médiane, une sorte de bourrelet longi- 
tudinal qui va s'alténuanl peu à peu vers son sommet. Ces 
appendices foliacés, prolongements des rangées médianes de 
quatre colonnes de l'armature, par leur juxtaposition, fer- 
ment hermétiquement l'orifice postérieur du gésier et em- 
pêchent la marche rétrograde des aliments contenus dans 
l'intestin moyen. Dans la plupart des cas, deux des colonnes 
du gésier, dont la situation est quelconque parmi leurs con- 
génères, ne se prolongent pas par des languettes valvulaires 
et se terminent simplement par des appendices foliacés 
ovoïdes, très courts. 

Les a/ipCH'/ires intestinaux affectent & peu près les mêmes 
formes que dans les espèces précédentes. Ce sont deux grosses 
poches paires, latérales, oblongues, légèrement conrnv<'s, à 



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i72 

surfaces antérieure et postérieure plissées et enveloppant 
laléralement la plus grande partie des parois du gésier. Ils 
sont parcourus extérieurement par de nombreux faisceaux 
trachéens. Leur cavité interne présente, comme chez les Bra- 
cki/trt/pus, «ne série de cloisons incomplètes, Irrégulières, 
sinueuses, parlant de la face en contact avec le gésier et 
divisant l'organe en un certain nombre de compartiments 
communiquant entre eux du côté externe. Les doux appen- 
dices vont s'ouvrir à la partie antérieure de l'intestin moyen 
par deux orifices ellipliques, situés de chaque côlé de la val- 
vule conique formée par la confluence des quatre languelles 
dues aux prolongements intestinaux des colonnes mastica- 
trices du gésier. 

L'intestin moyen des Gryllotalpa est bien différent, par sa 
forme et sa siructure, de celui des aulres Gryllidœ. Cet or- 
gane comprend doux parties hien dislinctespar leurs dimen- 
sions et surtout leur conformalion interne. (I commence au 
gésier et se termine, après avoir décrit deux circonvolutions, 
par un bourrelet irrégulier, jouant le rôle de valvule. Un peu 
au-dessous de cette derni&re vient s'ouvrir le canal effércnt 
impair des tubes de Malpighi. La première portion est très 
courte et n'a environ que le quart de la longueur que pré- 
sente la seconde. Elle débute par une portion élargie, tron- 
conique, à base soudée au gésier, et loge dans son axe les 
prolongements foliacés et valvulaires de ce dernier orgaue. 
Le reste de cette première partie est cylindrique, lisse exté- 
rieurement et recouvert, en grande partie, par les premiers 
tours de spire de la seconde partie de l'intestin. Les parois 
internes présenlont une série de plissements longitudinaux, 
dus à des bandelettes muscuio-épithéliales au nombre de 
six à huit, étendus du gésier à un boiirrclel irrégulier et pré- 
sentant, de distance en distance, de petits tubercules mus- 
culeux, correspondant à une dépression annulaire externe 
très apparente. Les aliments ne font que traverser celle pre- 
mière portion du tube digestif et séjournent bien plus long- 
temps dans la seconde. 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 173 

Vers l'origine de l'ialestin moyen viennent déboucher les 
quatre canaux excréteurs de deux paires de pelits massifs 
glandulaires, signalés pour la première fois par L. Dufour 
((834) et comparés par ce dernier auteur à l'organe splé- 
nique. Nous n'avons rencontré ces glandes chez aucun autre 
Orthoplëre. Elles sont constituées par une série de petits 
tubes cylindriques, de couleur d'un blanc mat et présentant 
toute l'apparence, au point de vue histologique, des tubes 
de Malpighi. Les grosses cellules qui tapissent leurs parois 
internes ont, en efTel, les plus grandes ressemblances avec 
celles des organes urinaires. Chaque tube se ramifie dichoto- 
miquement en donnant latéralement de courts rameaux 
cylindriques. Ces derniers produisent encore de nouvelles 
divisions terminées par un sommet arrondi. Toutes ces ra- 
miOcatioDS présentent très exactement l'apparence d'un petit 
arbuscule rameux, dont les diverses branches, en se concen- 
trant, finissent par ne plus former que quatre tubes effé- 
rents, une paire dorsale et une paire ventrale, qui vont s'ou- 
vrir un peu au-dessous de l'origine de l'intestin moyen, en 
face de la région médiane de la valvule postérieure du gésier. 
Les foDCtions de ces organes sont encore fort problématiques, 
mais, vu leur position et leur structure, on peut admettre 
qu'ils sécrètent certains sucs agissant sur la digestion. 
Cependant quelques auteurs, frappés de leur ressemblance 
avec les tubes de Malpighi, leur attribuent une fonction pro- 
bablement excrétrice. En présence de telles incertitudes sur 
les fonctions de ces glandes, et pour rendre hommage au 
célèbre entomologiste qui les a décrites le premier, nous les 
désignerons sous le nom de Glandes de Dufour. 

La seconde portion de l'intestin moyen a un diamètre su- 
périeur à celui de la première et affecte la forme d'un sac 
à parois externes généralement boursouflées et pourvues de 
plusieurs séries de petits tubercules arrondis, disposés sui- 
vant des bandes longitudinales srparécs les unes des autres 
par des lames musculaires plus ou moins apparentes. La 
paroi interne est des plus irrégulières et présente de oom- 



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tli t.. ft*ltDAS. 

breux plissements longitudinaux et transversaux. A la partie 
antérieure, suivant une zone annulaire presque compIMe, 
existe nue surface couverte de papilles courtes, coniques et 
terminées par une poinle arrondie (V. PI. XII, fig. 4). Ces 
petits organes tubuleux, à fonctions sans doute absorbantes, 
sont de même nature et présentent absolument la même 
structure que ceux que nous avons di^crils avec détail cbez 
les divers Grelins. La seule différence qui existe dans les 
deux genres, c'est que, chez les Gryl/us, ils sont plus nom- 
breux et deux fois plus volumineux que chez la Gryllotalpa. 
Du mamelon supérieur partent deux, quelquefois trois ban- 
deleltes longitudinales, de forme rectangulaire, recouvertes 
par ces mêmes papilles. Vers le tiers postérieur, apparaissent 
de nouvelles zones papillaires (de 4à5] formées, soitdirecte- 
ment, soit par simple division des premières. Elles vont en 
se rétrécissant peu à peu et se terminent en pointe & une 
valvule irrégutière et plissée, marquant la lin de l'intestin 
moyen {V. PI. XII, fig. 4). 

Les Uibes de Malpighi (V. PI. XII, fig. \ et 5) affectent une 
disposition semblable à celle que nous avons décrite chez 
les autres Gryllidaî. Ce sont des filaments tubuleux, longs, 
cylindriques, flexueux, au nombre de 100 à 120, allant 
déboucher dans un réservoir collecteur commun, duquel part 
un conduit efférent impair, l'uretère, qui va s'ouvrir un peu 
au-dessous de la limite de séparation de l'intestin moyen et 
de l'intestin terminal. C'est Leydîg qui le premier a constaté, 
cbez la Gryllotalpa, l'existence de deux sortes de tubes de 
Malpighi, les uns jaunes, extrêmement nombreux, et les au- 
tres blancs, 1res rares. Ces derniers doivent en grande partie 
leur coloration blancbâlre à une multitude de concrétions 
prismatiques et ovoïdes, formées par de l'acide urique. 

Le mode d'cmboucbure de l'uretère des tubes de Malpighi 
est tout à fait caractéristique cl bien différenl de ce que l'on 
observe chez les autres cspôccs. Au lieu de se ii\cr simple- 
ment à la paroi intestinale, le tube se prolonge h l'intérieur, 
pour se terminer par une papille ou tubercule tronconique, 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 175 

parfois doliolirorme. Ce tubercule, 1res court, est percé à 
son sommet d'un orifice irrégulier et étoile, limité par 
quatre valves disposées en croix. Ces valves sont en contact 
par leurs parois et terminées, à leur extrémité libre, par une 
pointe mousse et recourbée (V. PI. XII, fig. 5}. 

h'inleslin postérieur succède à l'intestin moyen, presque 
sans ligne de démarcation externe : seul un bourrelet val- 
vulaire intérieur marque la séparation des deux portions de 
l'organe. Le tube débute par une portion étroite qui s'élargit 
peu h peu et décrit de nombreuses sinuosités. Sa surface 
externe est boursouflée et couverte de granulations coniques 
ou hémisphériques plus ou moins apparentes et disposées 
par paires le long de trois à cinq bandelettes. Ces dernières 
sont placées longitudinalement et séparées par des lamelles 
musculaires parallèles. La surface interne est plissée et des 
plus irrégulières. A l'origine, on constate l'existence de cinq 
à sept lamelles musculaires qui vont en s'élargissant pro- 
gressivement et prennent peu à peu des caractères particu- 
liers : tes unes sont lisses et les autres paraissent perforées 
d'une série de petits pertuis irréguliers. Ces pertuis con- 
duisent dans des infandibuta ou cavités microscopiques, les- 
quelles correspondent aux tubercules dont nous venons de 
parler à propos de la surface exleroe. Après un léger rétré- 
cissement, apparaît un organe ovoïde, volumineux, plissé, 
le rectum, présentant extérieurement une série de rubans 
épilhélio-musculaires longitudinaux, correspondant à des 
replis inlernes (glandes rerta'es). Entre chacun des rubans 
musculaires existe un bourrelet nntéro-postérieur portant, 
transversalement disposés, des tubercules groupés, soit par 
paires, soit d'une façon irrégulière. Ces derniers corres- 
pondent à des dépressions de la face interne ouvertes dans 
la cavité du rectum. La paroi intérieure est très irrégulière 
et présente une série de replis ou bandelettes longitudi- 
nales {glandes rectales), i bonis plissés liiiusversalcuient et 
franges, divisant l'organe en un certain nombre de comparti- 
ments qui communiquent entre eux dans la région centrale. 



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176 

En RÉSUMÉ, ce qui caractérise Vappareil digestif de la 
Gryllotalpa, c'est la forme toute parliculièrfi du jabot, dont 
les deux orifices sont situés à l'une de ses extrémités et la 
puissante armature masticatrice dont est pourvu le gésier. 
De plus, l'intestin moyen porte, à son origine, deux paires 
de toulîes glandulaires, les glandes de Du four. Il présente, 
en outre, intérieurement, une série de papilles ou villosilés, 
très courtes et analogues à celles des Gryllus. Enfin, l'in- 
testin terminal est pourvu extérieurement d'une série de 
petits tubercules, coniques ou sphériques, disposés suivant 
plusieurs bandelettes et correspondant à des dépressions in- 
ternes. Le rectum est assez volumineux, ovoïde, et porte à 
sa surface des tubercules ou papilles externes disposées par 
paires le long d'un certain nombre de lamelles longitudi- 
nales et séparées par des bandelettes ou épaîssissemenls 
épithéliaux internes fusiformes {glandes rectales). 

ÉTUDE HISTOLOGIQUE DE L'APPAREIL DIGESTIP 

DES GRYLLID^. 

(V. P!. XII, fig. 8, 9, 10 et 11.) 

L'étude histologique de l'appareil digestif des Orthoptères 
ayant été faîte avec détail au sujet des Locustidœ et des 
Acridiidœ, nous serons très bref pour les Gryllides et ne 
ferons que signaler les différences que ces insectes présen- 
tent avec ceux des familles précédentes. 

Vœsophage et \e jabot des Gryllus domeslicus et des Gryl- 
lotatpa vulgaris ont une structure & peu près identique. 
Pourtant, les parois du premier sont beaucoup plus minces 
que celles du second. Chez les deux, on constate la présence 
d'un nombre variable de replis longiludinaux, séparés par 
des dépressions parallèles. 

Sur une coupe transversale perpendiculaire à l'axe de 
l'organe, on trouve, en allant de dehors en dedans (V. Pi. XII, 
fig. 10) : 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 177 

r Quelques rares Hbres musculaires disséminées et ne 
formanl pas une membrane continue. 

2" Une couche constituée par des fibres musculaires annu- 
laires. Cette couche, très mince à l'œsophage, est beaucoup 
plus épaisse au jabot. Les faisceaux externes sont légère- 
ment obliques, tandis que les internes, en rapport avec les 
cellules chitinogèoes, sont nettement circulaires. 

3* Une assise de petites cellules cubiques, à noyau central 
sphérique, contenant un petit nombre de nucléoles (S-8} et 
constituant les cellules génératrices [couche chitinogène) de 
la membrane chitineuse interne. 

4* Enfin, (oui à fait à l'intérieur de l'organe, existe une 
membrane chitineuse, sur laquelle sont implantées de nom- 
breuses soies cornées. Cette structure est peu dilîérente, 
comme on le voit, de celle que nous ont présentée les organes 
similaires des Forficulidae, des .\cridiidse et des Locusfidx. 

Le gésier, Vintest'm, le rectum et les glandes rectales des 
Gryu.id.£ ne présentant aucune particularité intéressante 
et offrant à peu près les mêmes caractères que chez les Lo- 
custidip, nous nous abstiendrons de les décrire, et n'étudie- 
rons que les glandes arborescentes ou glandes de Dufour el 
l'uretère ou canal excréteur impair des tubes de Malpighi. 

1' Glandes arborescentes (V. PI. XII, fig. 8 et 9). La struc- 
lure de ces glandes est fort simple et présente les plus 
grandes analogies avec celle des tubes de Malpighi. Sur une 
coupe transversale, on trouve successivement, en allant de 
dehors en dedans, une membrane basilaire, ou membrane 
enveloppante externe, très mince. Sur cette dernière repose 
une assise épithéliale comprenant de 6 à 10 grosses cellules 
renfermant chacune un volumineux noyau plurinucléolé. 
Le protoplasme cellulaire est granuleux. Enfin, répilhélium 
glandulaire limite un lumen central, étroit et irrégulier. 

Le canal excréteur des glandes de Dufour (glandes arbo- 
rescentes) est cylindrique et a ses parois externes lisses. 
Mais à l'intérieur, il présente une série de replis, déformes 
et de dimensions très variables. On comple ordinairement 

ANK. se, NAT. ZOOL. V, 12 



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178 Ki. BORDAM. 

de dix à quinze de ces replis. Les parois du canal sont assez 
minces et comprennent exlérjeureinent quelques faisceaux 
de muscles longitudinaux et une assise très nette, maïs fort 
étroite de muscles circulaires. Sur l'assise musculaire repose 
la couche épilhéliale. Cette dernière ne comprend qu'une 
seule épaisseur de grosses cellules cubiques ou rectangu- 
laires, à noyaux sphériques, très réguliers et occupant géné- 
ralement le centre des cellules. Le protoplasme cellulaire 
est strié, localisé surtout en avant des noyaux et présente 
de larges vacuoles. Le tout est recouvert par une épaisse 
membrane chitineuse supportant de nombreuses soies cor- 
nées. La présence d'un revêtement chilineux nous fait sup- 
poser que les glandes arborescentes doivent être des dépen- 
dances de l'extrémité postérieure du gésier. 

2° Canal excréteur des tubts de Malpighi (V. PL XII, 
tig. 11). Le canal excréteur (uretère) des tubes de Malpiglii 
est un tube cylindrique, comme celui des glandes de Dufour. 
Il est surtout caractérisé par l'épaisseur considérable de ses 
parois et par ta présence de replis épithéliaux internes. On 
compte six replis principaux, de forme triangulaire, dans 
l'axe desquels pénètrent de fins prolongements musculaires. 
L'assise épithéliale est constituée par des cellules rectangu- 
laires à parois latérales peu apparentes. Au centre de chaque 
cellule existe un gros noyau sphérique, pourvu de nombreux 
nucléoles. Le protoplasme, finement strié, est surtout localisé 
vers la face interne de la cellule, tandis que du côlé externe 
existe une large vacuole. Le tout est recouvert par une 
membrane chitineuse, analogue à celle que l'on constate 
dans l'intestin terminal. L'existence de cette membrane re- 
couvrante est une nouvelle preuve que les tubes de Malpighi 
ne sont que des dïverlicules, minces et lubuleux, de l'inleslin 
postérieur. 

RÉSUMÉ. — Les glandes salivaires sont très développées 
chez les Gbylud^. Elles s'étendent de la région occipitale 
de la tête jusqu'au tiers antérieur du mélalliorax [Gryllus^ 
Nemobins). L'organe tout entier comprend deux grappes vo- 



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APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 179 

lumineuses, pourvues de deux canaux efTéreats se fusionnant 
pour constituer un conduit collecteur commun impair. 11 
existe deux réservoirs salivairesfGry/Zuj, Grj^tlotalpa,e\.c.)^ 
affectant la forme de deux sacs volumineux, très allongés et 
étendus jusqu'au deuxième segment thoracique. 

L'ensemble du tube digestif est caractérisé par un volu- 
mineux jabot à orifice postérieur généralement excentrique 
{Gryllus, Nemobius, Grylloialpa), «n puissant gésier, un io- 
teslin sinueux et un canal urinaire efférent impair. 

Le pharynx el Vœsophage, identiques de formes, chez 
foules les espèces, sont, le premier légèrement aplati trans* 
versalement, el le second cylindrique et uniquement localisé 
dans le prolhorax. 

hejaàol est, chez toutes tes espèces, volumineux, piriforme 
et occupe la presque totalité de la région médiane des 
deux derniers segments tfaoraciques. L'organe est légère- 
ment asymétrique el présente latéralement un cul-de-sac ou 
boursouflure plus ou moins prononcée {Gryllm). Chez le 
Brachytrypus, le jabot, très volumineux, est à peu près ré- 
gulièrement conique. Celui de la Grylloialpa affecte la forme 
d'une grande poche ovoïde, placée en dehors de l'cesophage 
el à grand axe transversal. Ses parois sont minces, transpa- 
rentes el lisses extérieurement. Son orifice postérieur est 
silué & peu de distance de l'ouverture œsophagienne, tou- 
jours vers la même extrémité du jabot et au fond d'une 
dépression de la face inférieure de ce dernier organe. Le 
jabot est uni au sommet antérieur du gésier par un pédon- 
cule large et court {Nemoèius, Brachytrypus) ou bien allongé, 
cylindrique et recourbé [Gri^//(M, Grylloialpa, etc.). 

Le gésier de presque toutes les Gryllidie alTecte une forme 
ovoïde ou légèrement sphérique el est enveloppé, à sa base 
et sur ses côtés, par les deux appendices intestinaux. Ses 
parois sont très épaisses et musculaires. Sa face externe est 
lisse, mais parcourue par de nombreux faisceaux trachéens ; 
sur l'interne repose une puissante armature chitioeuse, donl 
les traits généraux se retrouvent chez toutes les GrylUdœ. 



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180 li- BOBDAa. 

Cette puissante armature, sorte d'appareil trituraot, est 
composée de six coloones deolifëres, séparées les unes des 
autres par des tigelles ou baguettes chitioeuses, placées au 
fond- de sillons longitudinaux profonds. Chaque colonne 
comprend trois rangées de dents. Les dents médianes sont 
variables suivant chaque espèce. Leurs formes sont si tran- 
chées qu'elles pourraient, tout aussi bien que la morphologie 
externe, servir à caraotériser et à différencier les divers 
genres. Elles sont triangulaires et à bords denliculés chez 
les Brackylrypus, rectangulaires, tranchantes et en forme de 
plane chez les Gryllotalpa. Chez ces dernières, le gésier se 
prolonge, dans l'axe de la partie antérieure de l'intestio 
moyen, par une valvule conique formée par ta confluence 
de quatre lamelles foliacées. 

L'intestin moyen des Nemoèius comprend deux parties 
très nettes : une antérieure, lisse et cylindrique, en rapport 
avec les appendices intestinaux et une postérieure, re- 
courbée en demi-cercle. Les deux portions sont séparées 
par un repli circulaire correspondant à une valvule interne. 
La dernière partie présente de nombreux replis et porte à 
l'intérieur, sur la moitié environ de sa surface, une série 
de villosités ou papilles en forme de doigt de gant. Parfois 
ces villosités, au nombre de 60 è 80, sont disposées, à l'iu- 
térieurde l'intestin, d'une façon irrégulière (6ry//w). 1>hez 
la Gryllotalpa, on constate l'existence de tubercules internes, 
cylindriques, h sommet arrondi, disposés suivant des 
bandes longitudinales séparées les unes des autres par des 
lame» musculaires plus ou moins apparentes. Ces tubercules 
intestinaux sont deux fois moins volumineux que ceux des 
Gryllus et des Nemoèius. 

Les appendices ou csecums intestinaux afTeclentla forme de 
sacs volumineux, légèrement recourbés et pourvus d'un 
petit nombre de replis inlernes (2-3) très courts et sinueux. 
Leur surface externe est lisse et recouverte par des tubes 
de Malpighi et de nombreux faisceaux trachéens. Ces or- 
ganes vont s'ouvrir dans un vestibule situé à l'origine de 



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APPAREIL DIOESTIF DES ORTHOPTËRES. 181 

l'JDtestio moyen el limité, en arrière, par une valvule 
courbe, marquant le point où l'intestin devient uDiformé- 
ment cylindrique [Gryllus). 

Les tubes de Malpighi sont très nombreux : on en compte 
généralement de 100 à 120 [Gryllus, Nemobius. Brachy- 
trypus, Gryltotalfia), etc. Ce sont des organes cylindriques, 
flexueuxetà pointe arrondie ou légëremeol elTilée. Ils vont 
s'ouvrir à l'extrémité dilatée d'un conduit efTérent unique 
el tubuleux débouchant dans Yintestin terminal. Ce dernier, 
beaucoup plus court que le précédent, porte une série de 
plissements longitudinaux très irréguliers. H se rétrécit tout 
d'abord, puis se dilate ensuite pour constituer le rectum, 
organe ovoïde el portant six bourrelets longitudinaux fusi- 
formes, constituant des glandes analogues aux glandes rec- 
tales des Hyménoptères. 

CONCLUSIONS. 

Nous allons, dans ces conclusions générales, résumer 
l'ensemble de nos recherches sur V Appareil digestif des Or- 
thoptères el essayer à' élabHr uneclassificationdeces Insectes 
basée sur les mocU/ications éprouvées, dans les diverses 
familles, par l'organe de la digestion. 

Glandes salivaires. — Les glandes salivatres sont, en 
général, bien développées chez tous les Orthoptères. EUes 
sont constituées par une série de grappes, formées chacune 
de nombreux acini glandulaires munis de canalicules excré- 
teurs. Des réservoirs salivaires existent chez la plupart des 
espèces. 

Les glande/s salivaires des Forficulidœ sont rudimentaires. 
Par contre, celles des Pkasmidœ sont bien développées et 
occupent, avec le jabot, la presque totalité des segments 
thoraciques. Celles de V Acanlhoderus sont paires et disposées 
symétriquement par rapport au jabot. Les réservoirs sali- 
vaires vont déboucher dans les canaux efférents. Ces derniers, 
au nombre de deux, s'ouvrent, sans se fusionner, en avant 



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183 Ij- bobdas. 

de l'orifice buccal. — On trouve chez certaines Maniidie 
(Hierodula bioculata) uo appareil salivaire très volumineux, 
comprenant deux grappes glandulaires, deux canaux excré- 
teurs et deux réservoirs salivaires tubuleux, plissés et irrégu- 
liers- Les Blatlidœ possèdent des glandes salivaires très 
volumineuses munies de deux réservoirs. Celles des Péripta- 
nêtes sont situées dans le thorax et forment trois faisceaux 
principaux entourant parfois complètement une portion de 
l'œsophage et l'extrémité antérieure du jabot. — he» Acri- 
diens, contrairement à ce que nous ont présenté ta plupart 
des familles précédentes, ont un appareil salivaire tout à fait 
rudimentaire. Il se compose, chez les Œdipoda et]es Sleno- 
boihrus, de deux petites grappes symétriques par rapport à 
l'axe du corps de l'Insecte et situées au-dessous du jabot. 
Chaque grappe principale émet cinq ou six grappes secon- 
daires terminées par un petit nombre d'acini. C'est surtout 
chez les Locuslidx et les Gryllidse que les glandes salivaires 
acquièrent leur maximum de développement. Elles forment 
deux volumineuses grappes localisées dans les deux pre- 
miers segments thoraciques. 

Chaque acinus glandulaire est pourvu d'une enveloppe 
externe^ d'une membrane basilaire très mince et d'une assise 
épilhéliale formée par de grosses cellules entourant une cavité 
centrale spfaérique. De chaque acinus part un canalicule 
excréteur très court et pourvu intérieurement d'un revêtement 
chitineux spirale, analogue à celui des trachées. 

Pharynx. — Le pharynx présente à peu près la même 
forme cheztousles Orthoptères. C'est un organe court, cyhn- 
drique ou légèrement aplati horizontalement. Ses parois, 
plus ou moins épaisses suivant les familles, sont muscu- 
laires et plissées inlérieurement. 

(EsopHAGE. — L'œsophage est un tube à peu près cylin- 
drique unissant le pharynx au jabot. Il est généralement 
situé dans le premier ou les deux premiers segments thora- 
ciques et est, chez la plupart des espèces, enveloppé par les 
glandes salivaires. Ses parois internes sont, en général, plis- 



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APPABBIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈBBS. 183 

séeft longitudioalement. L'œsophage de la Gryllotalpa est 
très altoDgé. 

Jabot. — Le jabot des Forficulidœ est un organe relative- 
ment volumineux, conique ou fusiforme, très extensible et 
occupant la presque totalité du thorax et les deux premiers 
segments abdominaux. Celui des Phasmidx est presque tubu- 
leux, parfois oblong ou fusiforme et comprend deux parties 
très diflërenles par leur apparence externe et surtout par 
leur structure intérieure [Acanthoderus). 

Les Acridtidx possèdent un jabot volumineux, fusiforme 
et occupant la presque totalité du thorax. Ses paroisinlernes 
sont parcourues par des bandelettes sinueuses, hérissées de 
petites dents ou pointes chittneuses. Sa portion terminale, de 
forme conique, peut être considérée comme l'homologue du 
gésier des autres Orthoptères. Enfin, chez les Gryllotalpa, 
le jabot affecte la forme d'une grande poche ovoïde, placée 
sur lecôté de l'œsophage, à parois extensibles, minces, trans- 
parentes et lisses extérieurement. 

Gésier. — Le ffésier existe chez tous les Orthoptères : il 
n'est atrophié et rudimenlaire que chez les PhasmJdes et les 
Acridiens. Partout ailleurs, il affecte la forme d'un organe 
ovoïde, compris entre le jabot et l'intestin moyen et pourvu 
intérieurement d'une armature chittneuse, plus ou moins 
puissante suivant les familles. Les dents qui composent Tar- 
mature interne, disposées suivant six rangées longitudinales, 
sont généralement fortes, puissantes, crochues, à pointe 
dirigée en arrière et pourvues de plusieurs tubercules (Blat- 
tidse, Locustidse, Gryllidse, etc.). Chez les Acridiidx, l'extré- 
mité postérieure du jabot, de forme conique, pourvue de six 
lamelles chitineuses brunâtres, triangulaires, h bords arron- 
dis, peut être considérée comme l'homologue du gésier des 
autres Orthoptères. 

Au point de vue physiologique, le gésier des Orthoptères 
a deux fonctions. Il sert: i*« broyer et à triturer les matières 
alimentaires incompièlement divisées par les mandibules et les 
mâchoires, et 2° à emoêcher, par son extrémité postérieure 



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184 I.. BOBIkAS. 

rauaie de valvules de diverses formes, la marche rétrograde 
du bol alimentaire de finieslin vers le jabot. Telle n'est pour- 
tant point l'opinion de Plateau. D'après ce savant entomolo- 
giste, le gésier des Orthoptères, pas plus que celui des 
Coléoptères carnassiers, n'est un appareil Irituraleur auxi- 
liaire des pièces buccales (V. Hecherches sur les phénomènes 
de la digestion des Insectes, p. 74, 1874). La forme du gésier, 
sa structure, la puissante armature chitïneuse qui recouvre 
sa race interne (V. les chapitres relatifs aux Mantidai, Lo- 
custidœ et Gryllidœ) et surtout nos observation» physiolo- 
giques nous ont conduit à des conclusions tout opposées. 
Le GËsiER sert à régler le passage des aliments du jabot dans 
l'intestin et à empêcher leur marche rétrograde j)endant les 
mouvements intestinaux. Mais, sa fonction principale consiste 
surtout à compléter l'action mécanique de Fannature buccale, 
à broyer et à triturer les substances nutritives. 

Du reste, la forme et la puissance de l'armature interne 
sont en rapport presque constant avec le genre de vie de 
l'animal. D'autre part, la structure des dénis, leurs nombreux 
tubercules latéraux, la bouillie végétale et les débris tri- 
turés qui emplissent les interstices séparant chaque dent ou 
comblent les dépressions longitudinales situées entre les ran- 
gées, et surtout la nature de la masse alimentaire intesti- 
nale, totalement différente de celle du jabot, sont des preuves 
irréfragables de l'action triturante et masticatrice que le 
gésier exerce sur les aliments. Le gésier est donc un apjmretl 
masticateur très puissant, destiné à compléter Faction des man- 
dibules et des mâchoires. D'autre part, ses valvules, en s'ac- 
colant et ^'affrontant, empêchent le retour des aliments en 
arrière pendantlescontractions intestinales. Pour le prouver, 
il suffît d'exercer une pression sur l'intestin moyen à l'état 
de plénitude : on constate alors que tout retour des aliments 
vers le jabot est impossible. 

Chez les Gryllidse, le gésier est uni à l'exlrémité posté- 
rieure du jabot par un pédoncule plus ou moins long [Gryl- 
lotalpa, Gryllus, Nemobius, etc.}. 



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APPAREIL DIGESTIF DBS ORTHOPTÈRES. 1H5 

Appendices INTESTINAUX. — Tous les Orthoplères, sauf les 
Forficulidœ et les Phasmidx, porlenl, à l'origine de l'intestin 
moyen, desappendices ou cœcums plus ou moins volumineux, 
de formes très variables d'une famille à l'autre et dont le 
nombre est toujours compris entre deux et huit. La présence 
ou l'absence de ces appendices permet de diviser les Orthop- 
tères en deux sections très nettes, comprenant des espèces 
dont la structure des organes internes correspond & des 
caractères morphologiques externes différents. Les Mantidx 
et les Blatûdx sonlpourvues de huii appendices intestinaux, 
longs, flexueux, cylindriques et insérés à l'origine de l'in- 
testin moyen. Les Acridiidx n'en possèdent que six, munis 
chacun d'un petit diverticule conique, à pointe dirigée en 
arrière. Chez les Locusiidas et les Gryllidx, les cxcuma 
intestinaux sont pairs et affectent la forme de larges sacs. 
Les appendices des PseudophyUinœ permettent de relier les 
Acridiens aux Locustides. 

En effet, chez le Cleandrus, les appendices intestinaux 
sont disposés, de chaque côté du gésier, en deux groupes. 
Le groupe postérieur, de beaucoup le moins important, n'est 
formé que par un cscum unique, sinueux, élargi à sa base 
et aminci à son sommet. Le groupe antérieur est large, 
aplati, à face interne concave et présente, du sommet à la 
base, six ou sept sillons peu profonds, séparés par des bour- 
relets parallèles. Chaque sillon correspond à une cloison 
interne divisant la cavité cxcale en une série de logetles, 
nettement séparées les unes des autres et s'ouvrant directe- 
ment à l'exlrémilé antérieure de l'intestin moyen. — Cette 
disposition permet de rattacher très facilementles Orthoptères 
à cœcums multiples aux Orthoptères à caecums pairs, et de 
passer ainsi, par des transitions graduelles et insensibles, 
des Mantidx, Biattidx, Acridiidie aux Locustidœ et aux 
Gryllidœ. Ces appendices ont été considérés, par la plupart 
des Zoologistes, comme des glandes analogues soit au foie, 
soit au pancréas. Pour Cuvier, la sécrétion des appendices 
intestinaux est analogue au suc gastrique. Elle est ou biliaire 



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186 li. BORDAS. 

OU identique au suc pancréalique pour Marcel de Serres et 
Diiméril. Newport, Burtneister et Lacordaire comparent les 
divertkules de l'extrémité aolérieure de l'inteslin moyen au 
pancréas et leur sécrétion au suc pancréalique, tandis que 
Latreille, Dugès et J. Mùller les considèrent comme les 
homologues de la glande hépatique. D'après nos recherches 
et nous basant sur l'identité de structure hislologique de ces 
organes avec l'intestin, sur leur forme, leur disposition, leur 
mode d'insertion, la nature de leur contenu, etc., nous les 
considérons comme de simples cœcums, des diverticu/es 
glandulaires de Vextrémité antérieure de Cinlestin moyen 
(V. p. 138). 

Intestin uoyen. — Vinleslin moyen est un organe h peu 
près cylindrique et plus ou moins long suivant les diverses 
familles. Chez les Forficulidse, il est presque droit et carac- 
térisé par la régularité et la symétrie de son épilhéltum cilié. 
Celui des Pftasmidx est droit et comprend, à sa partie 
antérieure, une épaisse couche musculaire formée par des 
faisceaux disposés en anneaux très apparents; la seconde 
partie porte, dans sa région médiane, une série Ab glandules, 
à base conique, prolongées par un long appendice filiforme. 
Rectiiigne chez les Mantidœ (sauf le genre Eremiaphila) et 
les Acridiidœ, l'intestin moyen des Blaitidae, Locustidx et 
GryiUdœ est un tube cylindrique, plus ou moins long, & 
parois internes plissées et décrivant une ou plusieurs circon- 
volutions. Chez les Gryllm, Nemobim, Gryllotalpa, etc., 
l'intestin moyen comprend deux régions différentes par leur 
structure et présente, à la face interne de sa seconde partie, 
une série de replis irréguliers et de nombreuses papilles 
cylindriques, h sommet émoussé, assez analogues aux villo- 
sites intestinales. De plus, chez la Gryllota/pa, l'intestin 
moyen porte, h son origine, deux paires de toutfes glandu- 
laires, les glandes de Dufour (V. p. (73). 

Intestin postérieur. — L'intestin postérieur des Acridiens 
est rectiiigne, étroit et court ; il en est de même de celui des 
PAasmidas, mais, dans cette dernière famille, l'organe pré- 



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APPAREIL DIGESTIF DBS ORTHOPTÈRES. 187 

senle six longues bandelettes longitudinales. Chez les autres 
Orthoptères, l'intestin terminal, plus ou moins allongé, est 
généralement sinueux. Chez les Gryllotalpa^ la surface 
externe de l'organe est boursouflée et couverte de granula- 
tions coniques ou hémisphériques, plus ou moins apparentes 
et disposées par paires le long de trois à cinq bandelettes. 
C'est à l'origine de l'intestin terminal que viennent débou- 
cher les tubes de Malpighi. 

Tubes de halpigh[. — Les tubes ae Malpighi ou organes 
urinaires des Orthoptères présentent, quant à leur nombre 
et leur longueur, une grande ressemblance avec ceux des 
Hyménoptères, mais ils en diiîèrenl essentiellement par leur 
disposition et leur mode d'embouchure. Ce sont, en général, 
de petits tubes capillaires, cylindriques, flexueux, disposés 
en plusieurs Faisceaux allant déboucher, dans la plupart des 
espèces, au sommet de six petits tubercules coniques prove- 
nant d'évaginations de l'extrémité antérieure de l'intestin 
terminal. Pourtant, chez les ForficuHdœ, les Phasmidse et les 
Gryilidx, le rapport de ces glandes avec l'intestin est tout 
à l'ail différent. — Au point de vue histologique, ces organes 
sont constitués par une tunique périlonéale externe très 
mioce et par un épithélium interne reposant sur une mem- 
brane basale très ténue. L'épithélium, comprenant un nombre 
de cellules excrétrices variable suivant les espèces, entoure 
un lumen central très étroit. — Parmi les contenus d'excré- 
tion de ces glandes, nous avons trouvé en abondance: de 
l'urale de soude et de l'urate de chaux chez les Gryllus; de 
l'acide unique chez la Gryllotalpa, sous forme de concrétions 
irréguUères sphériques et de cristaux prismatiques ; de 
l'urate de soude et de l'acide urique chez les Blattes et les 
Périptanètes. Grâce aux nombreux types que nous avons eus 
à notre disposition, il nous a été possible de suivre tous les 
termes de passage entre les divers modes d'embouchure des 
tubes uriques. — Chez les ForficuHdœ, les tubes de Malpighi 
sont peu nombreux (huit à dix environ) et groupés en deux 
faisceaux. Beaucoup plus abondants chez les Phasmidx, ces 



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188 !.. BOMDAS. 

organes vonl s'ouvrir au sommet de nombreux lubercules 
coniques très courts, disposés en cercle à l'origine de l'in- 
testin lennloal. Les Périplanètes et les Blattes possèdent un 
grand nombre de tubes uniques disposés en six faisceaux. Il 
en est de même cbez les Locuslidx. Enfin, par les Grytlacm 
qui ne possèdent, en général, qu'un seul tubercule collecleur 
au sommet duquel viennent déboucher de 80 à 100 tubes de 
Malpighi, nous passons aux GrylHdx. Chez ces derniers, les 
tubes urinaires, très nombreux, longs et flexueux, vont 
déboucher à l'extrémité élargie d'un canal collecteur unique 
(uretère) . 

Rectum. — Cet organe, bien que variable dans ses formes 
suivant les espèces, présente néanmoins des différences assez 
notables d'une famille à l'autre. C'est une poche ovoïde ou 
fusiforme séparée de la portion terminale de l'inleslin posté- 
rieur, soit parun bourrelet annulaire, soit par six puissantes 
Talvules pyramidales [Phibalosoma]. Le rectum des GryHo- 
taf/ia porte à sa surface des tubercules on papilles externes, 
disposées par paires sur un certain nombre de lamelles lon- 
gitudinales. Lesglandes rer/a/e^ sont constituées, chez presque 
tous les Orthoptères, par six bandelettes fusiformes et dis- 
posées circulairement à égale dislance le long du rectum. 
Celles des ForficuUdx sont ovales, alternes et placées sur 
deux rangées circulaires. 

Histologie de l'appareil digestif. — Vœsophage et le 
jabot présentent à peu près la même structure hislologique. 
Ils comprennent, en allant de l'intérieur à l'exlérieur : une 
membrane chitmeuse^ transparente et portant de fines denti- 
culations coniques, à pointe dirigée en arrière ; une aisixe de 
cellules chitinogènes ; une rouche musculaire circulaire, très 
mince; quelques muscles longitudinaux; enfin, le tout est 
recouvert extérieurement par une tunique péritonéale très 
ténue. 

Le gésier est formé par une série de membranes qui sont : 
une tunique péritonéale externe, très mince; une couche mus~ 
culaire longitudinale; des faisceaux musculaires annulaires. 



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APPAREIL DIGESTIP DES ORTHOPTÈRES. 189 

comprenant six ou sept assises disposées parallèlement les 
unes au-dessous des autres; l'assise des cellules chitinogènes, 
et enBn la couche chitineuse interne, épaisse, transparente, 
irrégulière, et constituant lasubstance des dents de l'appareil 
masticateur. 

La alruclnre histologîque des cxcums ou appendices intesti- 
naux est des plus caractéristiques. Ces organes comprennent, 
en allant de l'extérieur à l'intérieur : une tunique ou enve- 
loppe périlonéale ; une très mince couche musculaire cons- 
tituée par quelques faisceaux longitudinaux ; des muscles 
circulaires, et enfin une couche basilaire, très ténue, servant 
de support à ïépithélium glandulaire cilié. La présence d'une 
assise ciliée revêtant la face interne de l'intestin moyen et 
des cœcums des Orthoptères n'a rien qui doive nous sur- 
prendre, puisque Frenzel (1) a également observé, sur les 
cellules de l'intestin moyen des Insectes, des cils raides et 
immobiles. La même constatation a été faite par Leydig sur 
la Chenille de la Noctua aceris. D'autre part, nous sommes 
arrivé à un semblable résultat dans notre étude sur le tube 
digestif des Hyménoptères (2). Vintesiin moyen présente à 
peu près lamème structure histologique, avec celte différence 
que les couches musculaires longitudinales et circulaires sont 
beaucoup plus épaisses que dons l'organe précédent. — 
Vintesiin postérieur est surtout caractérisé par ses six replis 
longitudinaux internes et surtout par la régularité de son 
épithélium. Ce dernier est constitué par une assise unique'de 
cellules rectangulaires à gros noyau sphérique plurinucléolé. 
Il est recouvert d'une épaisse membrane chitineuse, transpa- 
rente, àhords parallèles et parfois sinueux. Viennent ensuite 
les muscles circulaires, les muscles longitudinaux et la mem- 
brane péritonéale. — Le rectum porte une série d'épaîssis- 
sements ou boun'elets longitudinaux constituant les glandes 
rectales. Ces dernières présentent, en coupe transversale, une 

(1) Der UiUeldarm dei- InsecUn (Arcli. fur Mikros. Anat., I88C). 

(2) Appartil glandulaire des HymétiopUres fAna. des Sciences iiatur. Zool., 
1894). 



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190 L. KOKDAS. 

forme Iriangulaire et coaiprenneni une assise de grosses 
cellules reclangulaires, à noyau ceulral sphérique ou légère- 
meol allongé et contenant de nombreux nucléoles très 
apparents. Une intima chtlineuse recouvre cette assise épl- 
Ihé)iale(l). 

CLASSIFICATION DES ORTHOPTÈRES D'APRÈS LES 
CARACTÈRES TIRÉS DE L'APPAREIL DIGESTIF 

Les Orthoptères, d'après la conformation de leur appareil 
digestif, peuvent être divisés en deux sous-ordres, caractérisés 
principalement par la présence ou l'absence de diverlicules 
intestinaux. De plus, le nombre et la disposition des tubes 
de Malptghi, de même que la forme et la structure interne 
du gésier, permettent de subdiviser chaque sous-ordre en un 
certain nombre de familles nettement séparées les unes des 
autres, mais présentant entre elles certains rapports ratta- 
chant une famille à l'autre et servant de transition entre 
chacune d'elles. 

Aussi, grâce aux nombreuses variétés déstructure qu'affecte 
le gésieret aux divers degrés de complication morphologique 
qu'offre son armature masticatrice interne, grâce surtout à 
l'absence ou à la présence de aecums ou appendices intestinaux, 
avons-nous partagé l'ordre des Orlhoptferes en deux sous- 
ordres : les ACOLOTAsiA ou Orthoptères sans appendices 
intestinaux, et les colotasia, comprenant les Orthopth-es à 
appendices intestinaux plus ou moins nombreux. Cette classifi- 
cation, basée uniquement sur des caractères de morphologie 
interne, a, en oulre, l'avantage de grouper les Orthoptères 
dans un ordre à peu près parallèle à celui de l'apparition 
de ces Insectes dans les temps géologiques. 

PREMIER SOLS-ORDRE: ACOLOTASIA. 

Les Acolotasia sont des Orthoptères dont l'appareil 

(I) Pour l'élude hisloio^ique de l'Appareil digestif des Orthoptères, \oiT\Ëi 
p. (2. 13, 14; 91, 92,9*; 136 à Ub et 176 à 180. 



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APPAREIL DIGBSTIP DK5 ORTHOPTÈRES. 191 

digestif, pourvu de six parties très nettes, ne présente aucune 
trace de dicerticules ou appendices à textrémilé antérieure de 
l'intestin mot/en. GlaRdes salivaires assez développées; tubes 
de Malpighi plus ou moins nombreux et déboucbaut {Phas- 
miàx) au sommet de petits tubercules coniques; gésier rudi- 
mentaire. 

1" Familie : Pbasmid^. — Les, F/iasmidx sont caractérisées 
par un tube digestif presque droit, sans circonvolulion et 
par l'alrophie du gésier. La première partie de l'inteslin 
moyen est recouverte d'une épaisse couche musculaire, 
dont les différents faisceaux son! dirigés transversalement, 
tandis que la seconde présente, sur son pourtour, de nom- 
breuses glandules à base élargie el conique et à sommet 
filiforme. Les tubes de Malpighi sont nombreux, disposés en 
faisceaux et vont s'ouvrir au sommet de tubercules cylindre- 
coniques. 

V Famille :¥oRFicvLWM. — Ces Insectes ont l'intestin 
légèrement sinueux à sa partie terminale, un gésier globu- 
leux et des tubes de Malpighi, au nombre de huit à dix, 
groupés en deux faisceaux. 

DEUXIÈME socs-ordre: COLOTASIA. 

Orthoptères dont l'appareil digestif, long et sinueux, 
dépasse généralement une fois et demie la longueur du corps 
de l'insecte el dont textrémité antérieure de l'intestin moyen 
est pourvue d'un plus ou moins gra/id nombre d'appendices 
tubideux, clos à leur extrémité libre . Ces appendices ou diver- 
licules sont au nombre de huit chez les Mantidœ el les Blat- 
lidx, de sir chez les Acridiidie el de deux seulement chez 
les Locustidœ el les Gryllidx. 

\" Famille: Blattid*. — Caractères : tube digestif long 
et sinueux, jabot volumineux, gésier pourvu d'une armature 
masticatrice très puissante, huit appendices intestinaux el 
tubes de Malpighi nombreux et groupés en six faisceaux. 

2* Famille: Mantid.«. — Glandes salivaires volumineuses 
et comprenant plusieurs grappes, jabot très développé, 



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192 I.. BORDAtt. 

gésier rudimentaire, huit appendices ou csecums intestinaux. 

3° Famille: Acridiid^. - — Tube digestif droit, dod 
sinueux; glandes salivaires rudimentaires; gésier nul ou 
atrophié; intestin moyea plissé longitudinalemeot ; tubes 
de Malpighi peu nombreux et groupés en faisceaux; six 
appendices intestinaux, coniques et pourvus d'un nombre égal 
de diverticules postérieurs, généralement très courts. 

4' Famille: Locustid^. — Caraclères: tube digestif long 
et sinueux; jabot très développé; gésier volumineux et 
pourvu d'une 1res puissante armature chilineuse interne, & 
dents très fortes et disposées en six rangées; deux larges 
appendices intestinaux entourant les parois latérales du gésier; 
tubes de Malpighi nombreux, longs et filiformes, allant s'ou- 
vrir au sommet de petits tubercules cylindro-coniques. 

5' Famille : Gkyllidm. — Caractères: lube digestif long 
et sinueux ; gésier large et volumineux, recouvert intérieu- 
rement d'une très puissante armature chitineuse. Les tubes 
de Malpighi, groupés en un large faisceau, vont s'ouvrir à 
l'extrémité élargie d'un canal afférent cylindrique jouant le 
rôle d'uretère. Ces Insectes, comme les Locustides, n'ont que 
deux appendices intestinaux. 



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EXPLICATION DES PLANCHES 



PLANCHE I 
Appareil digestif des Forjlculidx et des fhaimidx. 

Fig. 1. — Tube digestif de la PorJlcuIanuricuiaria.MJ, mandibules; Ph, pha- 
rynx; CE, Œsophage; Jubjabot; G, gésier; I. m, intestin moyen, et [.p. in- 
testin postérieur ; T. M, tubes de Ualpighi, peu nombreux et groupés en 
deuE faisceaux ; R, rectum; g. r, glandes rectales et A, orifice anal. 

Fig. %. — Gésier de la Porficuia auricularia. Dans cette Qgure, on a représenté 
également l'origine de l'intestin moyen et la portion terminale du jabot. 
Ja, portion terminale du jabot; p, prolongements des six languettes du 
gésier dans le jabot ; G, gésier de forme ovoïde ; 1. m, intestin moyen ; 
p, g, prolongements des lamelles du gésier dans l'axe de l'intestin moyen. 

Fig. 3. — Disposition de l'une des six colonnettes longitudinales du gésier. 
Cette colonnette ou languette est détachée et vue par sa face înlerne pour 
montrer les nombreux piquants situéi enaet b;a, portion supérieure de 
la languette contenue dans le jabot ; c, région médiane de la languette; 
b, eilrémité inférieure de la languette placée dans l'axe de l'intestin 
moyen. 

Fig. 4. — Coupe de l'œsophage de la Forficula auricularia. g. m, couche muscu- 
laire formée par des faisceaux annulaires peu épais. A l'extérieur existe 
quelques rares libres longitudinales, recouvertes par une membrane très 
mince mp; ce, couche épitbéliale constituée par une seule assise de 
cellules cliilinogènes, de forme cubique, avec un gros noyau central n; 
eh, couche chitineuse mince, recouvrant l'épithéliuro. Cette couche se 
détache facilement des cellules sous-jacentes ; 0, cavité centrale de 
l'œsophage; R, un des nombreux replis que forme la couche interne; 
mp, membrane péritonéale très mince. 

La structure du jabot est identique à celle de l'atopkage, avec cette diffé- 
rence toutefois que les replis sont plus nombreux, plus accentués et que 
la couche musculaire enveloppante est plus épaisse. 

Fig. 5. — Coupe de l'intestin postérieur de Formula aurieularia. M, mem- 
brane enveloppante externe, très mince. Ff, Taisceaux musculaires longi- 
tudinaux, peu nombreux; ce, couche ëpilbéliale présentant six replis 
longitudinaux R, tr^s apparents extérieurement sous forme de bande- 
lettes blanchâtres; ck, enveloppe chitineuse interne recouvrant la mem- 
brane épitbéliale; o, cavité centrale; Fc, couche musculaire, constituée 
par des faisceaux annulaires. 

Fig. 6. — Coupe transversale d'une glande rectale B de la Forficula auricu- 

ANI». se. NAT. ZOOL. V, 13 



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vu L- BORDAS. 

taria. Le rectum présente six bourrelets semblables. D.R, sillons latéraux 
compris entre deux glandes rectales; ce, intima ou couche chitineuse; 
ac, matrice de l'inlima chitineuse ou assise chitino^ène; E, assise épi* 
Ihéliale, formée par de grosses cellules rectangulaires, à noyau central 
ovale pourvu de nombreuses granulations nucléolaires. Chaque bourrelet 
ou repli glandulaire renferme environ de 10 à 12 cellules semblables. Le 
protoplasme cellulaire pressente de nombreuses stria lions, bien accentuées 
surtout vers le bord interne; Tr, filaments trachéens vus en coupe; 
kg, assise génératrice épithéliale i Te, tissu conjonctif ; cl, faisceaux mus- 
culaires longitudinaux ; cnic, couche musculaire circulaire, généralement 
très mince. 

Fig. 7. — Ensemble de l'appareil di^eal\(daPhilialosomapylhonius{V/eniv.). 
tid, mandibules; m, faisceaux musculaires rattachant le pharynx aux 
parois latérales céphaliques; Œ, cesophage: ja, jabol; Im,, portion antë* 
rieure de l'intestin moyen avec ses gros bourrelets musculaires annu- 
laires; Irn,, deuxième portion de l'intestin moyen, portant un certain 
nombre de gtandules gl, à base ovoïde et terminées par un lllomenl 
grêle et flexueux; Tm, tubes de Malpighi, groupés en plusieurs (aisci'aux 
s'ouvrant au sommet de petits tubercules coniques ; Ip, intestin terminal; 
R, rectum, présentant six bourrelets longitudinaux a correspondant à des 
replis épithéliuux internes (glandes rectaln) ; Ag, armature génitale. 

Fig. 8. — Bourrelet valvulaire llu, de l'extrémité postérieure Ip, de l'intestin 
terminal de Phibaloioma. Ces bourrelets, de forme pyramidale, sont au 
nombre de six. It, bandelette interne du rectum. 

Fig. 9. — Portion terminale de l'intestin moyen Im' de Pktbalosoma, avec 
ses replis longitudinaux séparant des bourrelets parallèles R. Tm, tubes 
de Ualpighi, groupés en plusieurs faisceaux s'ouvrant au sommet de 
petits tubercules coniques a. 

Pig. 10. — Portion terminale de l'abdomen de Phibalosoma pyfAontuj; 
a et D, deux derniers segments abdominaux ; A, armature génitale. 

Fig. M. — Orillce antérieur du rectum de Plâbatosoma, avec ses six val- 
vules V, limitant un orifice étoile 0; \'e, enveloppe musculaire du rétré- 
cissement postérieur de l'intestin terminal. 

PLANCHE 11, 

Appareil digestif des Forliculidin [For/kula], des Phasmidtc {Àcanlhoderut, 
Necroscia) et des Mantida» {Tenodera). 

Fig. I. — Appareil digestif de V AcantkoJcrus spinosus. MlI, mandibules; 
H, faisceaux musculaires rattacliatit le pharjnx l'k aux parois latérales 
céphaliques; PA, pharynx; (£, œsophage; Its, réservoirs salfvaires de 
forme ovoïde; Gs, friandes salivaires avec leurs canaux excréteurs ce, 
Ja, jabot; Im,, portion antérieure de l'intestin moyen; lin,, portion 
terminale du même organe; CI, glandules filiformes dépendant de l'in- 
testin moyen; Tm, tubes de Ualpighi groupés en nombreux faisceaux; 
Ip, intestin postérieur ou terminal ; R, rectum et glandes rectales Gr. 

Fig. 2. — Appareil digestif de la Tenodern Austmlasix. CkI ovgtne eil remar- 
quable par l'énorme développement du Jabot qui remplit tout le thorax 
et la moitié antérieure de l'abdomen et par la grande réduction des 
intestins moyen et postérieur. Ud, mandibules ; Œ, oesophage ; Rs, réser- 
voirs salivaires; Gs, glandes salivaires et canaux excréteurs ce; la, ta,, 



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EXPLICATION DES PLANCHES. 195 

portion antérieure et portion postérieure Ja jabut ; Qe, Rosier «tropliië ; 
Ai, appendices intestinaux; Im et Ip, intestins moyen et postérieur; 
Tm, tubes de Haipighi; R, rectum; Gr, glandes rectales; Ag, armure 
fïénitale. 

Pig. 3. — Structure des colonnes cbilineuses, arec denticulations, de la 
partie posléro-inteme du jabot de l'Acantkoderut spinosus. R, bandelette 
eoraée recouverte de dents cbilineuses d et limitée par une dépression 
longitudinale S. 

Fig. i. — Portion terminale de l'intestin moyen de VAcanthoderus, avec ses 
bourrelets transversaui. gl. glandules à base conique et A extrémité fili- 
forme ; Tm, tubes de Ualpigbi allant s'ouvrir au sommet de petits diver- 
licules coniques. 

Ftg.S. — Section transversale du gésier et de la partie antérieure de l'intestin 
moyen de la Forficula auricularia. M, membrane enveloppante externe ou 
tunique péritonéale. F', libres musculaires longitudinales; Fc, couche 
musculaire annulaire ; ce, membrane épitfaéliale interne de la portion 
antérieure de l'intestin mojen, L'épitbélium esl constitué par une assise 
unique de hautes cellules cylindriques, alignées en ordre et symétriqne- 
ment dispo3é<;s. Ces cellules sont pourvues de gros noyaux cylindriques 
ou ovales présentant, à leur intérieur, de nombreuses granulations nu- 
cléolaires; elles sont, en outre, surmontées d'un plateau chitineux strié 
et ciliK A. Gi, épitbélium interne, appartenant à la surface externe du 
gésier, de même structure >\ae l'épilhéliiim ce. A, revêtement cilié épi- 
tbélial; B, cavité interne de l'intestin; La, replis internes (lamelles) du 
gésier avec leurs cellules chitinogAnes, leur revêtement corné et leurs 
denticulations ; Gn, cavité centrale du gésier. 

Fig. 6. — Replis chitineux île la face interne de la région postérieure du 
jaboi, chez la Kecrusi^ia treclUheus. R, larges bandelettes cornées recou- 
vertes de dents cbilineuses d, disposées régulièrement; S, dépression 
longitudinale séparant deux bandelettes. 

Fig. t. — L'ne des (ilandules externes de l'intestin moyen de ï'Acanthoderv», 
vue 4 un fort grossissement. R, réservoir, de forme conique; ca, portion 
filiforme de la glande, 

Fig. 8. — Caniiux escréteurs des glandes salivaires de VAcanthoderus; 
c, canalicules eicré leurs ; ce, canaux efférents, s'accolant en E, au moment 
de s'ouvrir au ilulioi'S. 

Fig. 9. — l'ne portion de la rtiembrant chilineuse Ich qui recouvre t<>s bour- 
relets situés au-dessous des dents du gésier de la Manlis religiosa; d, dents 
on soies chitineuses, à sommet simple ou bilide. 



Appareil digestif des Mantidtp {Uier.iiUtla, Slagmaloptera, Mantà, 
Ertmiaphila) cl des Rlattidto (Blaliera otropus, 0(. giganlea). 

Fig. I. — Portion terminale de l'appareil digestif de Biabera atropof. 

im, intestin moyen ; ip, intestin postérieur ; Tm, tubes de Halpighi groupés 

en un large faisceau j R, renflement de l'intestin postérieur on terminai ; 

H«, rectum. 
Fig. 2. — Appareil digestif de VHierodula biocalala. Cet organe présente nn 

œsophage très allongé. HJ, mandibules; PA, pharynx; flE, œsophage; 

G*, glandes salivaires ; Rs, réservoirs et ce, canaux excréteurs ; Jo, jabot 



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106 L. 

très vûtumineux ; Ge, géaier presque atrophié ; At, nppendic«s intestïnanz, 
longsetflexueux;Im, iatestÎD moyen ;Tfn, tubes de Malpighi; tp, inlestio 
postérieur ; R, rectum et glandes reclales Gr. 

Fîg. 3. — Appaxe'il Aigeslit d'Eremiaphila denticotlis. tid, mandibules; PJi, pb&- 
ryns ; Gs, glandes salitaires avec leurs réservoirs R et leurs canaux excré- 
teursc; CE, œsophage; Ja, jabol; Ai,appeDdices inteslinaux; Im, intestin 
mojren; Ip, intestin postérieur; Tm, tubes de Malpighi; H, rectum el 
glandes reclales Gr. 

Fig. 4. — Portion interne du gésier de Blabej-a atropoi, montrant les repHs 
et lesdentioules;Ja, portion inférieure et interne du jabot avec ses replis; 
d, denticules du gésier. Ces denticules sont les derniers vestiges de l'arma- 
ture chitineuse si développée chez les Blattes. Ge, replis du gésier. 

Fig. S. —Mode d'insertion des appendices intestinaux à l'origine de l'iDlestin 
moytn chmlti Stagmalopterapredicatoria. n, nerf sympathique sus-intesti- 
nal, avec ganglion intestinal gs ; Ja, jabot ; Ai, cajcums inlestinaui ; Ap, ren- 
flement du gésier; Im, extrémité anléro-iuteme de l'intestin moyen, pré- 
sentant une série de dépressions ea, eu sommet desquelles se voient les 
oriltces o des cncums intestinaux. 

Fig. 6. — Vue interrte du gésier de la Maitti$ religiosa. Bo, une des six colonnes 
cornées internes, bombées, avec ses bandeletUs longiludinales cbiti- 
neuses, irréguliéres, souvent même anastomosées entre elles et portant, 
& leur surface libre, de nombreuses soies très courtes; S, dépression lon- 
gitudinale, peu profonde, comprise entre deux colonnes cornées; d, une 
des dents cbitineuses, recourbées en arrière et situées k l'extrémii^ des 
dépressions S; B. zone séligére, demi-circulaire, liombée et hérissée de 
soies ou poils chitineux, de formes et de dimensions variables; p, pédi- 
cule cylindrique qui se prolonge dans l'axe de l'intestin moyen. 

Fig. 7. — Colonnes chitineuses B du gésier de la Slagmatoptara predica- 
toria ; B', légers bourrelets cbitineux, surmontant les colonnes et séparés 
par des dépressions; d, dent chitineuse ; a, zone fusiforme pitifère portant 
des soies lantél libres, et tantôt soudées, formant alors une sorte de 
denlicule; S, région pilifère située à l'extrémité postéiieure du gésier. 

Fig. 8. — Une des six colonnes masticatrices du gésier de la Btabera 
giganlea. L'armature masticatrice, bien développée chez les Périplaaétes, 
est à peu prés atrophiée chez les Blabera; D, dent de l'armature an- 
dessous de laquelle sont de légers replis c disposés longitudinalement. 

PLANCHE IV. 

Appareil digestif des Blattidœ (Periptiinela, BUtbera, Bpilampra, 
Polywsteria, etc..) 

Fig. 1. - Appareil digestif de la Polyiosteria iimbata. L'échantillon soumis 
à notre examen avait les dimensions suivantes : longueur, 62 millim., 
et largeur, prise au 2' segment abdominal, 22 millim. Quant au tube 
digestif, il mesurait, complètement développé, 127 millim. PA, pharynx; 
QC, œsophage ; Ja, jabot el gésier Ge ; At, appendices ou uecums intesti- 
naux au nombre de huit. La figure n'en représente que six; Im, iotestie 
moyen, fleiufuz et très long; Tm, tubes de Malpighi gronpés en si( 
faisceaux autour de l'intestin; Ip, intestin terminal avec un renflement 
médian R; Re, rectum et glandes rectales âr. 

fig, 2. — Ensemble de l'appareil digestif de la Blabtra gigmUa. Celte espèce 



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EXPLICATION DES PLANCHES. 197 

avait les dimensions suivantes : longueur, 61 naillim., et largeur, au 
4*segmen(abdominai, 25 millim.jPA, pharynx; CE, œsophage; Jn, jabot; 
Gc, gésier; At, appendices inteslinaux; Im, intestin moyen; Ip, intestin 
terminal avec les tubes de Malpighi Tm groupés suivant une plage irré- 
guliire ne comprenant que les deux cinquièmes environ de la circonfé- 
rence intestinale ; Re, renflement de l'inleslin postérieur; R, rectum et 
glandes recinles Gr. 

Fig. 3. — Clandes salivaires de la Periphnela amerieana. Gs, massif salivaîre 
formé par l'agglomération de plusieurs grappes ; ea, canaux excréteurs 
des acini glandulaires; a, canaux efTérents et réservoirs salivaires lU; 
ce, canal excréteur commua, formé par la fusion des deux réservoirs 
glandulaires Rs et des canaux efférents r. 

Fig. 4. — Jabot et gésier de la Periptaneta amerieana ouverts el montrant une 
partie de l'armature masticatrice, ia, cavilé interne du jabot, avec ses 
bourrelets internes R séparés par de nombreux replis longitudinaux; 
Ge, gésier ouvert et montrant trois colonnes de l'armature masticatrice; 
p, pédoncule du gésier pénétrant dans l'aie de la partie antérieure de 
l'intestin moyen. 

Fig. 5. — Une des colonnes masticatrices du gésier de la Poljfzosteria limbata. 
ia, portion interne du jabot avec ses replis; dd, dents du gésier disposées 
en séries longitudinales. Le gésier est composé de six rangées identiques 
h celle de la figure; R, replis longitudinaux de l'appendice qui pénétre 
dans l'axe de la partie antérieure de l'intestin moyen. 

Fig. 6. — Une des six colonnes qui constituent l'armature interne du gésier 
de la Pmplonela ameiicana (vue de profil), ta, extrémité inférieure du 
jabot; D, première dent chitineuse très forte et pourvue de plusieurs 
tubercules coniques; I, dépression cunéiforme située au-dessous de la 
première dent; D,, deuxième dent de la colonne, coiffée d'une mince 
couche de chitine; I,, deuxième dépression transversale; D,„ repli mus- 
culaire dentiforme, recouvert d'une mince couche cornée et se prolon- 
geant dans le pédoncule postérieur du gésier; d, denticule formée par 
une série de lamelles chitineuses soudées. 

Pig. 7. — Partie anlérienre de l'intestin de la Peripiaticta amerieana. OE, œso- 
phage; Jd, jabot; Ge, gésier; Im, extrémité antérieure de l'intestin moyen, 
avec trois appendices intestinaux At. Les trois autres ne sont pas repré- 
sentés. 

Fig. 8. — Portion terminale du segment postérieur abdominal de la Poly- 
totUria limbata. 

Fig. 6. — Face interne du gésier et de l'extrémité inférieure du jabot de 
l'Epffompni j;riii:ifû. ce', colonnes chitino-musculaires du gésier. Cet or- 
gane, atrophié et rudimentaire, est complètement dépourvu de dents. 

PLANCHE V. 
Appareil digestif des BlatiiJx et des Acridiidx. 

Fig, 1. — Ensemble de l'appareil digestif de la Pefiplantta amerieana. fh, 
pharynx ;0E, œsophage ;ja, jabot; Ge, gésier; Ai, appendices intestinaux, 
an nombre de huit. La figure n'en représente que sept. Im, intestin 
moyen; Ip, intestin postérieur; Tm, tubes de Halpi|;hi disposés en six 
faisceaux, «'ouvrant au sommet de six tubercules disposés circulairement 
& l'origine de l'intestin terminal ; R, rectum avec sii épaississe me nia 



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J98 L. BORDAS. 

loDgiludinaux Gr, analogues aux glandes rectales des Uyménoplâies ; 
A, o['iflc« anal. 

Vig. 2. — Face iniprne Je la portion terminale du .jalmL el de i'extrémité 
antérieure <te t'inteslin moyen chez VCEdipoda viiniiita. ex, caecum intesti- 
nal antérieur, avec sou appendice postérieur «t ; iii, face interne du jaliot 
avec ses replis longitudinaux et ses piquants chitineux ; Im, face interne 
de l'intestin moyen ; a. valvule circulaire s^parnnt le jabot de l'intestin 
moyen l'o, orilice commun du ctecum intestinal el de sou appendice pof- 
teneur ci ; V, épaississement chitineux Iriantiukire. représentant le der- 
nier vesti(;e de l'armature masticatrice du ^vsier. On compte, à l'exlré- 
mité du jabot, six épaississemenls semblahlcs, disposés circulairemeul. 

Fig. 3. — Ensemble de j'iippareil digestif de l'Œdipodii miniata. Hd, mau- 
dibules ; PA, pharynx ; (J-:, tesopbage ; la, jabot volumineux et de forme 
ovoïde; Gs, glandes salivaires peu dOveloppies el formées par un petit 
nombre de grappes à acini sphériques^ ci, ciccums ou appendices inlesti- 
naai, au nombre de six, disposés circulairement autour de la partie 
antérieure de l'intestin moyen et enveloppant l'exlrémité postérieure du 
jabot. Ces appendices soni pourvus de prolongements i, en général assez 
courts ; Tm, tuhes de Malpighi disposés en plusieurs faisceaux, insérés à 
l'origine de l'intestin postérieur Ip ; Im, intestin moyen; R, rectum avec 
les glandes rectales lir. Ag, eitréniilé postérieure de l'abdomen avtc 
l'armature génitale. 

Fig. 4. — Appareil digestif d'Epilampra graeilii. PA, pliaryni ; Œ, ibso- 
pbage ; Gs, glandes salivaires ; Jn, jabot ; Ge, gésier presque atrophié ; 
Ip, intestin poslèrieur; Tm, tubes de Malpighi disposés en trois touffes 
[la ligure n'eu représente que deux) équidistantes, s'ouvrant au sommet 
de petits tubercules coniques t dus à des évaginalions latérales de la 
partie antérieure de l'intestin terminal. R, rectum el glandes rectales Gr ; 
et, CfBcnms intestinaux, au nombre de huit à dix chei VEpiUtmpra. 

Fig. G. — Paces internes du jabot Ja et du gésier G de la PonestAùt java- 
niea. On remarque les replis longitudinaux R du gésier G avec les petites 
deniiculations d. La ligne de séparation l entre le jabot et le gésier est 
indiquée par un faible sillon annulaire. 

Fig. 6. — A, portion d'un bourrelet circulaire de la première partie du 
jabot du Patnphagus eUphas, avec de nombreuses soies chilineases. B, la- 
melle cbitineuse reci>uverte de dents d et située à la panie postérieure 
du jabot du Piimphagus eteplias. Cette partie du jabot correspond as 
gésier des autres Orthoptères. 

Fig. 7. — Face interne de la partie postérieure du jabot de l'CËdipoda 
emrulacens et de l'OE. miniata. La portion terminale L est l'homologue do 
gésier des Gryllide, des Blallida-, etc. Ja, face interne do l'extrémité 
postérieure du jabot, avec ses replis longitudinaux R surmontés de peti- 
tes pointes chitiueuses coniques P : L, lamelles chitineuses disposées en 
V, à bords épais, représentant les derniers vestiges de l'armature masti- 
catrice des Locuslidu) et des Gryllidœ. Il existe six lamelles semblables, 
disposées en cercle autour de l'extrémité postérieure du jabot ; B, bord 
postérieur du jabot, formant une valvule circulaire, i la suite de laquelle 
commence l'iniestiD moyen. 

Fig. 8. — Coupe transversale d'un cœcum intestinal d'CBdipoda eirruteS' 
cent, avec ses nombreux replis internes. P, paroi externe avec ses mus- 
elés circulaires me ; E, épilhélium constitué par de longues cellule» 
cylindriques ciliées, h gros noyan ovale. 



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BXPLtCATION DES PLANCHES. 199 

Kig. 9. — Un des sixbourrelets chitineax du gésier (extrémité postérieure 
du JNbot) de VCBdipoda miniata. Ce bourrelet B, d'apparence fongiforme, 
est plus aplati que ceux des Stenobotlirus et des Mecoslhelus. Son pé- 
doncule est, de même, plus court. Hn, faisceaux musculaires circulaires. 
La musculature n'est pas entièrement représentée ; M, faisceaux muscu- 
laires situés dans l'intérieur du bourrelet B. e, assise des cellules chiti- 
nogénes ; ce, membrane chitineuse munie, au sommet des bourrelets 
longiludinaui, de nombreuses et tines denticulalions. 

PLANCHE VI. 
Appareil digestif des Acridiidx (Suite). 

Fig. 1. — Ensemble de l'appareil iligeslif du Pireilncerus (famille des 
P/r);omorphinffl). PA, pbaiynx; Œ, œsophage; Ja, jabot; ci, ciecunis 
intestinaux, au nombre de six, pourvus de sirialions longitudinales et 
d'appendices postérieurs a; Ttn, tubes de Malpighi groupés en plusieurs 
faisceaux; IrR, inlestin moyen; Ip, intestin postérieur, avec rectum R et 
glandes rectales Gr. 

Fip. 8. — Appareil digestif (sauf le jabot et l'œsophage] de la nymphe 
d'^cn'ilium peregrinum. 

ci, ciccums intestinaux arec leurs prolongements musculaires filifor- 
mes a les rattachant aux parois latérales du Jabot ; 6, appendices posté- 
rieurs des cœcums intestinaux; Im, intestin moyen; Tm, tubes de 
Halpigbi, très nombreux et disposés en toulTes s'ouvrant au sommet de 
petits tubercules coniques placés à l'orif^ine de l'intestin terminal ; Ip. in- 
testin postérieur avec le rétrécissement R et le rectum Re. Autour du 
rectum, on remarque des bandelettes fusiformes et longitudinales, consti- 
tuant les glandes rectales Gr, analot;ues, comme structure histologique, 
& celles que nous avons étudiées chez les Hyménoptères. 

Fig, 3. — Porlion médiane de l'appareil digestif do Caloptenus ilalicus. 
Iif), intestin moyen; ci, cscums intestinaux, au nombre de sii, avec 
leurs appendices postérieurs cp ; Tm, tubes de Malpigbi, minces et fili- 
formes, disposés en six toutîes à l'origine de l'intestin terminal Ip. 

Fig. t. — Fnce interne du jabot de l'Atridiiim pertgrinum adulte; S, plage 
rectangulaire de la face ventrale, limitée de chaque c6(é par un sillon 
surmonté d'un bourrelet. Celte plafje est sillonnée par des replis peu 
apparents; P, replis transverses de la moitié antérieure du jabot; B et 6, 
bourrelets longitudrnaux de la région postérieure du jabot. Ces bourre- 
let*, très serrés, sont surmontés de denticules chitineuses. Ils se grou- 
pent peu à peu en six faisceaux allant converger entre les branches 
antérieures d'une denliculalion L, disposée en forme de Y. Celte portion 
terminale du Jabot joue le râle de gésier. 

Fig. 3. — Paroi interne de la portion terminale du jabot (gésier} du Sténo- 
hothria litieatus, B, bourrelets longitudinaux limitant un large sillon 
ventral s; B, bandelettes circulaires transversales, parallèles et situées 
dans des plans perpendiculaires à l'axe du corps de l'insecte; RI, bande- 
lettes longitudinales, hérissées de petites pointes chitineuses. Celte por- 
tion du jnbot correspond au gésier de la plupart des autres Orthoptères. 

Fig. B. — Mode d'embouchure des cœcums intestinaux dans l'intestin 
moyen, chez le Pamphagus elephas. ca, ciecum intestinal avec son appen- 
dice postérieur a; B, portion terminale de la face interne du jabot. 



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200 !.. BOBDA». 

ivconverte d'une membrane chitineuse pourvue de bourrelets longitudi- 
naux denticulés ; Bo, large bourrelé! terminal du jabot pénétrant dans 
l'aie de l'intestin moyen ; o, orillce de communication des «ecums iotes- 
tinaux en et a avec l'intestin moyen V. 

Fig. 7. — Face interne de la partie postérieure du jabot du Pampkagus 
eZepAiM. Cette région peut être considérée comme l'homologue du gésitr 
do la plupart des auEres Orthoptères ; B, bandelettes longitudinales por- 
tant sur leur crête de Dombreuses petites dents chilineus^s; L, lamelle 
chitineuse à bords épais, correspondant h l'armature masticatrice du 
gésier des Blattid», des Gryllidœ, etc. 

Fig. 6. — Bourrelels chitineui, arec dents d, de la face posté ro- interne 
du jabot du Stenobothna lirteatus. 

Fig. 9. — Coupe transversale faite au tiers postérieur du jabot du SUno- 
bothrai tongkornis ; R, replis chitîneux internes; Me, membrane envelop- 
pante eiterne ; FI, libres musculaires looftitudinales ; Fa, faisceaox 
annulaires ou circulaires ; ce, assise cellulaire cbitinogène ; eh, membrane 
enveloppante, chitineuse interne. 

Fig. tO. — Coupe d'une portion de la région médîo-antérieuredu jabot 'tu 
Mecotlhelus grosiits. Dans la ligure, on n'a indiqué que quatre replis K, 
mais le nombre de ces derniers est compris entre quarante et soixante. 
(Les lettres représentent les mêmes parties que dans la figure précé- 
dente.) 

PLANCHE VII. 
Appareil digestif des Acridiidx et des Locusltdx. 

Fig. I. — Appareil digestif du Stenobollirus Unealus. PA, pharynx ; (E, Œso- 
phage; H, faisceaux musculaires reliant le pharynx aux parois latérales 
cépbaliques ; gs, glandes salivaires avec canaux excréteurs ce; îa, jabot; 
CI, appendices intestinaux antérieurs avec leurs prolongements posté> 
rieurs a ; Im, inlestin moyen et Ip, intestin terminal avec son étrangle- 
ment Ha ; R, reclum avec g'andes rectales Re. 

Fig. 2. — Ensemble de l'appareil digestif de la Truxatii uoguiculata (les 
lettres sont les mêmes que dans la figure précédente et désignent les 
mêmes parties). Le rectum H est allongé et fusiforme et les glandes rec- 
tales lt« affectent la forme de six longues bandelettes longitudinales. 

Fig. 3. — Portion médiane du tube digestif du Mecoslhetus gronut, avec la 
disposition des tubes de Malpighi et celle des caicums intestinaux ; Jo, 
jabot ; Cl, appendices intpstinnux avec leurs prolongements postérieurs a ; 
Im, inlestin moyen et tubes de Malpighi 7m, 

Fig. 4. — Section faite h l'extrémité postérieure du jabot (gésier) chez le 
Stenobolhrus lineatus, pour montrer le mode d'embouchure des cscums 
intestinaux. (Figure d'ensemble et demi-schématique.) eg, caviié posté- 
rieure du gésier ; F, parois et bourrelets longitudinaux B du gésier; ce, 
cavité terminale (emboacbure) des caecums intestinaux; c,, caacums 
intestinaux avec leui-s replis internes R. 

Fig. S. — Coupe du gésier (portion postérieure du jabot) un peu au-dessus 
de l'insertion des caecums intestinaui, chez le Stenobolhrus lineatus. Les 
replis internes du jabot se sont modifiés et groupés en six larges bourre- 
lets claviformes B, dont deux sont représentés dans la figure. Chaque 
bourrelet, à sommet élargi, porte de Unes denticulations et est relié aux 



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EXPLICATION DES PLANCHES. 201 

paroJB par no court pédoncule. Entre deux bourrelets conitécDlifs existent 
dem ou trois petits replis secondaires b. B, bourrelets et 6, replis inler- 
médiaires recouverts d'une membrane chîlineuse a ; ce, assise des cellules 
chîliiiogënes ; Fc, faisceaux musculaires circulaires. 

Fig. 6. — Cellules de l'épilhélium des cœcums intestinaui da StenoboHirus 
longicomU. b, membrane basale ; p, protoplasme granuleux ; n, noyaux 
spbériques, très volumineui, pourvus de nombreux nucléoles ; c, cils très 
courts et très nombreux, recouvrant la face stipérienre des cellules et 
simulant un plateau eu tien lai re strié. Ces cils, en forme de bâtonnets, 
très serrés, sont emportés par la cellule quand cette dernière se détacbe. 

Fig. 7. — Gésier, appendices intestinaux et partie anlérieure de l'intestin 
moyen du CUandrus rex (Brum). 

Jo, extrémité postérieure du jabot; Ge, gésier avec son pédoncule an* 
teneur Pa; Ai, appendices ou ciccums Intestinaux du Cteandrus. Ces 
caecums, très caractéristiques, comprennent, de chaque cAté du gésier, 
deux groupes dont l'inférieur n'est constitué que par un seul organe et 
l'antérieur U e^t formé par l'accolement de sept ou huit tubes. Ce der- 
nier massif H a la forme d'une main dont tous les doigts seraient soudés. 
11 est enveloppé par une membrane commune externe et la cavité centrale 
est partagée en plusieurs loges par des cloisons perpendiculaires aux 
faces. Ces loges internes, correspondant chacune à un cœcum, vont s'ou- 
vrir séparément à la partie antérieure de l'Intestin moyen. Celte disposi- 
tion, très importante et très instructive, est intermédiaire entre celle que 
présentent les cœcums intesiiiiaux cbezies Blatiids, les Mantid», etc., et 
celte qu'ils affectent cbez les Locustidœ et les Gryllidse. Im, intestin 
moven. 

Fig. 8. — Dent latérale d'une colonne masticatrice du gésier de la Salotnona 
ntigaeephnia ; ch, sommet chitineux et élargi de la dent; B, portion basi- 
laire, de nature musculaire. 

Fig. 9. — Coupe transversale du gésier [région médiane) du Dwtieui albi- 
fnnt. Tp, membrane ou tunique péritonéale enveloppante; Hf, faisceaux 
musculaires longttudinaui ; Hc, couche musculaire circulaire dont cer- 
tains faisceaux cr pénètrent même jusque dans les dents médianes Dm; 
ci, assise cellulaire chitinogène; ce, membrane chitineuse, très épaisse 
surtout au sommet et sur les cdtés des dents médianes Dm; D(, dents 
latérales de chaque colonne masticatrice, dont le sommet est recouvert 
de longs poils chitineux; L, languette chilineuse loneitudiiiale située 
dans les profondes dépressions comprises entre les colonnes mastica- 
trices; Dm, dents médianes, très fortes, de la région centrale de chaque 
colonne masticatrice. Chacune de ces dents, recouverte d'une épaisse 
couche chilineuse, porte de nombreuses deuticulatlons t son sommet et 
sur ses c4lés. 

Fig. 10. — Coupe transversale des appendices intestinaux antérieurs du 
Cleandna rex, montrant les diverses cavités ca correspondant à chacun 
des cncums des Hlattidie, Mantidœ, etc. ; cl, cloisons perpendiculaires 
aux parois de l'organe ; d, coupe transversale des bourrelets lungiludinaux 
des cloisons. 

Fig. t1. — Coupe transversale d'une des cavités des appendices antérieurs 
du Cleandnu rex. Eu, membrane recouvrante externe des cœcums intes- 
tinaux ; ca, cavité ; cl, cloison latérale d'une cavité avec la coupe des 
replis longitudinaux d. 

Fig. 12. — Une des colonnes masticatrices du gésier du Cteandrta rex. 



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ZUZ I.. ■•■•«•. 

AA' et BB', limites latËrales d'une portion de colonne ; Dm, dénis médii- 
nes, en forme de lamelles foliacées, portant des soies cbitineuseï sur 
leur bord ; dl, dents latérales, de forme ovoïde. 

PLANCHE VIII. 
I Appareil digettif des Loetulida:, 

Fig. I. — Ensemble de l'appareil digestif d'une Ephippiserinœ, VEphlppi- 
gei- bilUrimsis. Tid, mandibules ; pk, pharynx ; Œ, œsophage très court ; 
Jii, jabot avfc son rétrécissement antérieor Ja'; Ce, gésier, organe beau- 
coup plus réduitque celui des autres Locustid» et dépourvu d'un pédon- 
cule antérieur. 11 s'insère un peu eicentriquemenl sur la face postérieure 
du jabot ; At, coicums intestinaux, divisés en sept ou huit chambres par 
de lar(;es cloisons internes ; Tm, tubes de Malpighi dont les extrémités 
antérieures forment deux grosses touffes ( Dxées au sommet des coHiums 
intestinaux. Ces organes sont disposés en trois ou quatre faisceaux 
facilement séparables et allant s'ouvrir au sommet de courts diverli- 
Gules cyltndro-coniques Bo; Fm, faisceau postérieur; lin, intestin moyen; 
Ip, inteslin postérieur; R, rectum et glandes rectales Gr; Ag, armature 
génitale avec une plaque 0, recouvrant l'orifice nnal. 

Fig. 2. — Appareil digestif de la Salomona megacephala. 0», glandes sali- 
vaires avec canaux excréteurs re. Les autres lettres représentent les 
mêmes parties que dans la Qgure 1. 

Fig. 3. — Deux rangées transversales de dents de chaque colonne masti- 
catrice rudimenlaJre du gésier de l'EpAippi^erbiffn-iVnm.Ctinque colonne 
est pourvue de sept rangées semblables, sanf la dernière qui est un peu 
atrophiée ; /, lamelles chilineuses séparant les colonnes masticatrices ; 
D, dents médianes et d dents latérales de chaque colonne. 

Fig. 4. — Appareil digestif du Platyphytlum niganUum. Cet appareil est 
un terme de passage entre celui des Acridiidte et celui des Locustidot. 
Les glandes salivaires Gs, sont très volumineuses, pourvues de canaux ex* 
créteurs cylindriques ce et de réservoirs R. Les autres lettres de la ligure 
représentent les mêmes parties que celles de la ligure 1. 

Fig. 5. — Un des six bourrelets dentifâres situés à l'extrémité postérieure 
du jabot de la Plalijcieis g}isea; De, dent chittneuse à bords crénelés ; H, 
replis de la membrane chitineuse interne du jabot ; D, tubercule recou- 
vert de nombreuses soies comités et situé à l'origine du pédoncule anté- 
rieur du gésier; P, double bourrelet chitine ux recouvert desoies cornées 
très courtes. 

Fig. 6. — Coupe transversale du jabot (ri^gion médiane) du Deetkus 
veirutivorus. R, replis internes que forme la membrane chitineuse recou- 
vrante cr. Cette membrane porte de nombreuses petites denticulations 
surtout abondantes et bien développées au sommet des bourrelets; cg, 
assise cellulaire chilinogëne formée par de petites, cellules cubiques & 
gros noyaux; cm, couche musculaire circulaire. La musculature longitu- 
dinale et la tunique péritoiiéale n'ont pas été représentées. 

Fig. T. — Insertion des tubes de Malpighi chez la PlatyeUis grisea ; Im, in- 
testin moyen ; Iji, intestin postérieur et tubes de Mulpighi Tm; B, bourre- 
lets provenant de diverticules de l'origine de l'intestin postérieur et au 
sommet desquels viennent s'ouvrir de nombreux tubes de Malpighi. Il 
existestxbourrelelssemblabtesautour de l'intestin terminal ou postérieur. 



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EXPLICATION DBS. PLANCHES. 203 

Fig. 8. — Deux cellules épilh^liales ciliées A des appendices intestinaux 
de Dcclicinie {Declieus trerrucruorus) ; b, couche basilaire ; n, noyau conte- 
naot plusieurs nucléoles', c, revêtement cilié, formé par une assise de 
cils très courts et très serrés, dont l'eusemble alTecle l'apparence d'an 
pinceau ou d'une brosse ; ce, cellule interne on de remplacement. 

PLANCHE IX. 
Appareil digestif des Locustidx (Suite). 

Fig. i. — Ensemble de l'appareil digestif du Declieus verrucivonis ç^. tid, 
mandibules ; PA, pbarynx ; Œ, lEsopbage ; M, muscles; la, jabot; Ge, 
gésier avec son pé<lonciile antérieur p ; Ai, caacums ou appendices intes- 
tinaux ; Im, intestin moyen et Ip, intestin postérieur ou terminal ; H, rec- 
tum et glandes rectales Gr;T»i,lubes de Malpighi.Cea glandes tubuleuses 
ionl disposées en six touffes s'ouvrant au sommet de six ctecums très 
courts. Ces eiBCums sont disposés par paires en trois groupes. Dans la 
ûgure, on n'a représenté que deux fai.<ceaux séparés par un intervalle 
libre. 

Fig. 3. — Appareil digestif d'une Conocepbalinat {Pseudorhynckus mr'nor, 
Itedtenb.). Les lettres représentent les mêmes parties que dans la figure 
précédente. Les tubes de Malpigbi Im sont groupés en six toulfes allant 
déboucher chacune au sommet d'un tubercule situé à l'ori^iine de l'intes- 
tin postérieur. Dans la lljfure, on n'a représenté que quatre tubercules 
réunis deux à deni. Chez tes Conocéphalides, ces diverlicules ou bourre- 
lets de l'intestin postérieur sont, lantât irrégulièrement disposés, tantAt, 
au contraire, ils sont réunis par paires. 

Fig. 3. — Insertion des tubes de Malpighi Tm, chez le Deiticus vei-rucivo- 
rus; (, Inbercules coniques au sommet desquels viennent dûboucber les 
tubes de Malpigbi. 

Fig. 4. — Dent de la rangée médiane de chaque colonne masticatrce du 
gésier de Ptulydeis grisea; H, racines de la dent; Tm, tubercule médian à 
denticules latérales d ; a, tubercule latéral. 

Fig. 5, — Coupe transversale du rectum (glandes rectales) du Dectictn 
Vfrruciiiorus. Dans la tlgure, on n'a représenté qu'un seul bourrelet B; 
l'oreaae tout enlieren possède six. Ces six bourrelets, allongés, fusifor- 
mes, à section triangulaire, placés à égale distance les uns des autres, 
constituent les glandei rectales, ce, couche ou intima cbilineuse; E, épi- 
tbélium constitué par de longues cellules cylindrique?, à gros noyau 
central multinucléolé : tcb, tissu conjonctif; cb, couche génératrice ; Tr, 
conpe de tubes trachéens ; cg, coucbe génératrice de ta membrane chiti- 
neuse recouvrante ce; B, une des glandes rectales qui, en coupe, aiïecle 
une forme triangulaire; It, repli compris entre deux glandes rectales; 
Fc, coucbe musculaire circulaire (interne) ; ¥1, faisceaux de muscles lon- 
gitudinaux (externes), localisés surtout entre chaque glande rectale, en 
face des dépressions R; mp, membrane ou tunique péritonéale recou- 
vrante externe, très mince. 
Fig. 6. — Une des six rangées de dents de la région postérieure du jabot 
du i^eclicus verruciKorus ; UD, dents en forme de curette, à bord posté- 
rieur libre et crénelé ; R, replis transversaux de la membrane cbitineusa 
interne; De, dents et plages sétigëres situées à l'oridce postérieur du 
jabot ; Ba, double rangée de soies chilineuses minces et transparentes. 



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204 L. BOBDA«. 

Fig. 7. — Dent médiane, Tue verticalement par sa face posiérieure, d'nae 
des six colonnes longitudinales masticatrices qui recouvrent la Tace in- 
terne du gésier, chez le Declicmverrucivoms; dm, dent médiane avec sa 
lame moyenne triangulaire tm et ses deux tubercules lal<>ranx tU; bl, 
bourrelet latéral sétigèro situé & la base du tubercule dl; te, dont laté- 
rale séparée de la médiane dm par un sillon longitudinal ; Do, base de la 
dent latérale recouverte de longues soies cbilineuses ; a, tubercule cbili- 
neui surmontant la dent latérale. 

Fig. 8. — Une des six colonnes chitîneuses qui revêtent la face interne du 
pédoncule antérieur du gésier du Ceettcus albifrons. d, petit tubercule 
chitineux provenant de l'agglutination d'un certain nombre de soies ; de, 
bourrelet séligére portant a sa surrace des toufTes de soies cornées et 
filiformes. 

Fig. 9. — Face externe d'une des dents latérales de chacune des six colon- 
nes masticatrices du gésier de la FlalycUU gi-isea. T, tubercule chitineux 
supérieur ; B, base de la dent recouverte par de nombreuses soies cor- 
nées très longues. 

Fig. 10. — Coupe transversale de la région médiane d'un des caKums 
intestinaux du Declkus lerrurivorus. La cavité centrale est divisée par 
cinq longs replis irréguliers L, en six loges ou chambres incomplètes ec. 
L'épithëlium glandulaire n'a été représenté que sur un seul repli Le ; 
pe, parois externes du cœcum ; pi, parois internes légèrement concaves. 
L'épîthélium interne Le est cylindrique et cilié. 

Fig. a. — Coupe transversale d'un cœcum intestinal de VEitmui spinulo- 
sus (BrOn). In, face interne ; Ex, face externe ; cl, cloison provenant d'un 
repli de la membrane interne de l'appendice ; E, enveloppe externe com- 
mune. 

Fig. 12. — Une des dents de la rangée latérale des colonnes masUcatrices 
do gésier de la Gïyllacris auratitiaca. B, base et sommet s de la dent. 

PLAKCHD X. 
Appareil digtUif des Locuslidw et des Gryllidx. 

Fig. I. — Ensemble de l'appareil digestif de la Gryllacrit awaiitiaea. Ph, 
pharyni ; CE, cesopbage ; ia, jabot ; Ge, gésier avec son pédoncule anté- 
rieur p ; Ap, appendices ou ctecums intestinaux ; Im, intestin moyen ; Ip, 
intestin postérieur ou terminal; Tm, tubes de Halpigbi généralement 
groupés en un faisceau unique allant déboucher au sommet d'un tuber- 
cule impair ; R. rectum et glandes rectales Gr ; Ag, armure génitale. 

Fig. 2. — Ensemble de l'appareil digestif du Hemobius sylveitri». Cet organe 
présente à peu prés les mêmes caractères que celui des Gryllns, les 
seules dilTérences portent sur les formes du gésier et de l'intestin moyen. 
Md, mandibules ; nr, filet nerveux sympathique avec ganglion P; n, pé- 
doncule antérieur du gésier Ge;Iffl, etlm,, première et douiième portion 
de l'intestin moyen; Tm, tubes de Halpighi avec leur canal excréteur 
impair a. 

Fig. 3. — Deux bourrelets B6 contenus dans le pédoncule antérieur p du 
gésier de la GryUitcTis auranliaca. Chaque bourrelet est divisé en trois 
replis secondaires et séparé de son voisin par une large dépression D; 
r, replis de l'extrémité postérieure du jabot. 

Fig. 4. — Dent médiane d'une colonne masticatrice du gésier de ItSahmona 



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EXPLICATION DES PLANCHES. 205 

megaeephnia; p, tubercule médian, acnaliné et légèrement recourbé en 
arrière ; dl, dentîcale latér&le ; Pm, porlion musculaire de la racine. 

Fi^. 5. — Coupe trans?ersale d'une portion d'intestin postérieur du Decti- 
cta verrucitiorus. Cet organe présente six bourrelets disposés longiludi- 
iinlement ; mais, dans la figure S, on n'a représenté qu'un seul de ces 
bourrelels avec les dépressions latérales DD ; mp, membrane ou enveloppe 
péritonéaJe ; c', Taisceaux musculaires longitudinaux principalement 
concentrés en regard des dépressions DD ; cm, mince couche musculaire 
circulaire ; E, assise épithéliale constituée par de grosses cellules rectan- 
gulaires, régulières, à uojaux sphériques très volumineux; ec, cuticule 
cbitineuse interne. 

Fig. 9. — Portion d'une colonne masticatrice du gésier delà Grv'facrùauran- 
tiaca, avec les dents lalérales, les dénis médianes et les sillons séparant 
chaque colonne. L'armature du gésier comprend si* colonnes sembla- 
bles. D, dent médiane avec son tubercule médian Im 6 bords denticulés 
et ses tubercules latéraux al ; D', dénis latérales, de Forme tronconique ; 
dt, dépression latérale séparant chaque bandelette el portant une lamelle 
cornée t. 

Fig. 7. — Face antérieure d'une dent médiane de cbaque colonne masti- 
catrice du gésier de \aGryllacris auranfincu; tm, tubercule médian à bords 
denticulés d; b, base; tl, lubercule latéral. 

Fig. 8. — Vue latérale des dents (V. Pj. X, Og. 3), situées k l'eitrémilé 
des bourrelets longitudinaux BB du pédoncule du jabot de la Gryllaimt 
«uranltaca ; d, dent vue par sa face latérale eL surmontée d'une toufTe de 
soies >. 

Fig. 9. — Coupe transversale d'une portion d'intestin moyen du Deeticus 
Vfrnieivorus. B, bourrelets nombreux provenant des replis de l'épithélium 
interne ; Mp, membrane péritonéale externe ; FI, faisceaux de libres lon- 
gitudinales ; Etn, faisceaux musculaires circulaires disposés en plusieurs 
assises; E, membrane épitbéliale ciliée reposant sur une couche de cel- 
lules génératrices basilaires. Cette membrane présente de nombreux 
replis au centre desquels pénètrent des prolongements musculaires P de 
l'assise moyenne ; c, assise ciliée. 

Fig. tO. — Replis internes R des appendices intestinaux Ai du Nemobius 
$ylotttris. 

Fig. 11. — Extrémité libre d'un des replis qui divisent la cavité interne des 
cacnras intestinaux en un certain nombre de loges incomplètes {Deetieus 
nlbi/Wm* (V. Pt. IX, fig. 10]. FI, prolongements musculaires des parois 
avec l'assise basilaire; R, replis êpitbéliaux secondaires; E, épithélium 
cylindrique cilié c, constitué par des cellules cylindriques disposées par- 
fois en deux assises. Chaque cellule porte, sur son bord libre, un faisceau 
de cils courts c ayant l'apparence d'une brosse. 

Fig. 13- — DenI de lu rangée latérale d'une colonne masticatrice du gésier 
de SrocAyfrypui memhranaeeus (face interne). B, base de la dent fixée aux 
parob du gésier; Fm, faisceaux musculaires de la racine: P, une des 
pointes, large, aplatie el crénelée de la denl; p, petite pointe, mousse et 
recouverte de bâtonnets chitineux c. 

Fig. 13. — Face externe d'une dent latérale de colonne masticatrice du 
gésier du Qrj/Uus campestris ; pc, porlion cbitineuse, conique et recour- 
bée ; ba, base. 



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PLANCHE XI. 
Appareil digestif des Grytlida. 

Fig. 1. — Appareil dÎRealif du Brackylrypus membranaceus. PA, pharjnx; 
CE, (Bsophoge; ta, jabot; Ge, gésier avec son pédoncule antérieur p; 
Im, inlestin moyen; Ip, intestin terminât ; It, rectum et glandes rectales 
Gr; Tm, tubes de Halpïghi groupés en un faisceau unique; ce, canal 
excréteur commun on uretère ; et, appendices intesLineuz. 
Fig, 2. — Glandes salivaires du Gryllus campeitris. p, palpes; Gs, glandes 
salivaires disposées en grappes ; c, canaux elTérents; Rs, réservoirs sali- 
vaires : a, conduits excréteurs pairs ; A, conduit impair. 
Fig. 3. — Face interne du pharynx du Brachytrypus. PA, pharynx avecaes 

replis internes R ; OE, face supéro-interne de l'œsophage. 
Fig. 4. — Villosités de ta seconde partie de l'intestin moyen du GryUut 
campestris. tib, membrane sur laquelle reposent les papilles internes ; 
p, papilles cylinclro-cooiques. Ces papilles, au nombre de soixante à 
quatre- vingt, irréculièrement disposées, sont cylindriques vers leur base, 
amincies ou renllées vers leur sommet et présentent certaines analogies 
avec les villosités intestinales du tube digestif des Hammirères. 
Fig. S. — Face posiérieure de dent médiane d'une des colonnes mastica- 
trices du gésier du Brackylri/pus mtmhraniKeat. m, faisceau musculaire 
servant fi fixer la dent ; Vm, points médiane de la dent ; PI, tubercules 
latéraux. 
Fig. 6. — Mode d'embouchure des (ubes de Malpighi chez le Gryllus cam- 
peslris. Ce« tubes, au nombre de cent à cent vingt, sont longs, cylindri- 
ques et flexueux. Ils vont déboucher dans un large réservoir collecteur 
R, comparable au bassinet de l'appareil uHnaire des Verlébr<^s. Ce réser- 
voir présente parfois des diverticules latéraux et se continue par un con- 
duit elTérent unique ce (ureMre), débouchant dans l'intestin. 
Fig. 7. - Portion de colonne longitudinale de l'armature masticatrice du 
gésier chez le Gryllus campestris. L, ligelles ou baguettes chitineuses 
situées au fond de sillons longitudinaux et séparant les colonnes masti- 
catrices; Dm, dent médiane d'une colonne masticatrice vue par sa Tace 
supérieure ; tm, pointe médiane de la dent médiane Dm pourvue de trois 
k cinq dentlcules pointues et acérées ; (/, pointes latérales de la dent mé- 
diane, constituées par deux luinelles chitineuses courbes et crénelées & 
leur extrémité ; d, tubercule musculaire ironconique, à sommet recou- 
vert de soies cornées, compris entre les deux pointes latérales de la dent 
médiane; dl, dents latérales k pointe émoussée. 
Fig. 8. — Dent (vue de cdtë) de ta rangée médiane d'une colonne mastica- 
trice du gésier du Brachytrypus membranaceus. Il, base; Pm, tubercule 
médian; PI, tubercule latéral. 
Fig. 0. — Dents latérales de chaque colonne du gésier chez la Gj'yUoUitpa 
vulgaris. Ces dents, au nombre de quinze h dix-sept environ, alTectent la 
forme de petits tubercules arrondis ou pyramidaux, recouverts de soies c; 
a, sommet de la dent avec la base H. 
Fig. 10. — Une des colonnes transverses des bourrelets longitudinaux de la 
faceinterne du gésier (Gr^l/us campestris). Ces colonnes portent des toufles 
de poils chitineux disposés en séries longitudinales a et transversales b. 
Fig. 11, — Cavité interne des appendices intestinaux du Grgllus camptsti-it 



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EXPLICATION DES PLANCHES. 207 

avec les replis interaes II ; Ge, gésier ; V, valvule courbe située à l'origine 
de l'intestin moyen Im. 
Fig. 12. — Dent médiane (fikce antérieure) d'une colonne masticatrice du 
gésier du Brachj/lrypm membranaccus. Pm, tubercule médian, à bords 
latéraux denliculés; PI, tubercule latéral; d, denticnle cornéo-rau sca- 
laire située de chaque côté des pointes latérales, à toinmet a recouvert 
par une mince membrane clillineuse portant de nombreuses soies 
cornées. 

PLANCHE Xll. 
Appareil digestif des Gryltidx. 

Fig. I- — Ensemble de l'appareil digestif (moins le pharynx et l*cesophage) 
de la Gryllotalpa vulgaris. Œ, partie inférieure de l'cesophage allant dé- 
boucher sur le cfllé externe du jabot Ga ; Ga, jabot, en forme de grosse 
pocbe ovoïde, à parois lisses et placé en dehors de l'axe du tube digestif; 
oa, orifice Œsophagien du Jabot entouré d'un anneau valvulaire, duquel 
partent, en rayonnant, un certain nombre de replis qui ne tardent pas à 
s'eiïacer peu à peu ; op, orilice postérieur du jabot placii au fond d'une 
prolonde dépression de la paroi intérieure de l'organe ; Ge, gésier, en- 
touré par de volumineux appendices intestinaux Ai ; gar, glandes arbo- 
rescentes (2 paires) situées en arrière du gésier; Im, portion antérieure 
et lm„ portion postérieure de l'intestin moyen ; Ip, înleslin terminal ; R, 
rectum et glandes rectales; Ttn, lubes de Ualpighi, groupés en un large 
faisceau, s'ouvrant à l'eilrémité élargie d'un uretère ou canal excréteur 

Fig. 2. — Une des six colonnes dentifères (masticatrices) qui recouvrent la 
face interne du gésier de la Gryllotalpa vulgaHs. Les colonnes de l'arma- 
ture interne du gésier des autres Gryllid») et des Locusiidm présentent 
une disposition générale à peu près semblable. Chaque colonne comprend 
trois rangées longitudinales de dents: une rangée médiane (m et deux 
rangées latérales dl séparées par deux dépressions parallèles dp, très 
apparentes quand on exerce sur l'organe une traction transversale; tm, 
dents de la rangée médiane, très puissantes, comprenant trois tubercules. 
Le tubercule médian (m, rectangulaire, a la forme d'une palette ou d'une 
plane, ù bord tranchant dirigé en arrière ; II, tubercule latéral des 
dents médianes, recourbé en arc, à bord terminal triangulaire, eicavé et 
denticulé; du, denticule, à base musculaire, comprise de chaque ce té 
des tubercules latéraux des dents médianes; dl, dents latérales, à som- 
met émoussé et recouvert de flnes suies chitineuses; dp, dépressions 
comprises entre les dents médianes et les dents latérales ; le, tiges chiti- 
neuses remplissant le fond des dépressions comprises entre deux colon- 
nes dentifères ou masticatrices ; pa, parois internes du pédoncule anté- 
rieur du gésier portant de petits tubercules chilineux d. 
Fig. 3. — Portion interne du jabot de la Gryllotalpa vulgaris, montrant ses 
deux orifices situés sur le cdté ; CE, extrémité inférieure de l'œsophage; 
oa, orîOce œsophagien du jabot. Ur cet orilice partent, en rayonnant, un 
certain nombre de replis ; op, orilice postérieur correspondant au pédon- 
cule du gésier. Les deux orifices sont situés à peu de distance l'un de 
l'autre. K, nombreux replis de la lace interne du jaboL Ces replis sont 
surtout localisés au voisinage des oriflces. 



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208 

Fig, 4. — Face interne de l'eilrémité postérieure de l'inieslin moyen et de 
l'origine de l'intestin postérieur ou terminal de la Grsllotalpa vuigarit. 
Im, face interne de l'intestin moyen ; Ip, face interne de l'origine de l'in- 
testin terminal ; S6, bandelettes longitudinales recouvertes de nombreuses 
papilles; Si, dépressions séparant les bourrelets à papilles; Ce, canal 
eiïérent impair (uretère) des tubes de Halpighi. 

Fig. 5. — Embouchure du canal excréteur impair b des tubes de Halpighi. 
Ce canal se prolonge dans l'intérieur de l'intestin terminal Ira, sous 
forme de tubercule ou papille tronconique à quatre Talves. 0, oriflca du 
canal limité par quatre valves. 

F'm- 0. — Dent médiane d'une des colonnes de l'armature du gésier de la 
Gryllotalpa {voe du cdté Je l'intestin moyen). Tm, tubercule médian de la 
dent, avec deux cornes latérales dentîculées 6 ; al, tubercules ou appen- 
dices latéraux ; R, racine de la dent ; M, faisceaux musculaires ; B, den- 
ticule latérale accessoire comprise entre les tubercules latéraux b et ai. 

Fig. 7. — Dent de la rangée médiane d'une des colonnes masticatrices de 
l'armature interne du gésier de la Grytlotalpa vulgarU (vue par sa face 
supérieure); Im, tubercule médian en forme de palette ou de plane; 
11, tubercule latéral à extrémité triangulaire ; A.denticule ou dent acces- 
soire 4 pourtour recouvert de soies chilineuses. 

Fig. S. — Coupe transversale d'une des branches des glandes arborescentes 
(glandes de Dufour) de la Gryllotalpa vuigarit ; mb, membrane basilaire ; 
n, gros noyau cellulaire plurinucléolé ; c, cellules de l'épithélium glan- 
dulaire; a, cavité centrale. 

Fig. 0. — Coupe transversale du canal excréteur des glandes arborescentes 
ou de Dufour de la Gryllotalpa. R, replis êpittaéliaui internes. Ou compte 
de dix à quinze de ces replis; Ml, faisceaux musculaires longitudinaux, 
peu nombreux et ne formant qu'une assise très mince ; Me, musclfs cir- 
culaires ; E, épithélium formé par des cellules cubiques à gros noyaux ; 
ce, membrane chitineuse recouvrante. 

Fig. 10. — Coupe transversale d'une portion de jabot du Gi-yllus domeUicut; 
cm, couche musculaire annulaire; ce, assise cbitinogène formée par de 
petites cellules cubiques; me, membrane chitineuse interne recouverte 
de nombreuses soies cornées. 

Fig. 41. — Coupe transversale du canal efférent impair des tubes de UaU 
pighi {Gryllotalpa vulgaris] ; Me, couche musculaire très épaisse, envoyant 
des prolongements p dans l'axe des replis RR ; E, assise épilhéliale cons- 
tituée par des cellules à gros noyaux et recouverte d'une mince couche 
chitineuse ce. Ou compte six replis R. 



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ANNELIDES POLYCHETES 

DES COTES DE FRANCE (MANCHE ET OCÉAN) 
Par m. le Baron de SAIKT-JOSEPU 



INTRODUCTION. 

Pour faire suite à mon mémoire sur les Annélides Poly- 
chfetes des côtes de Dioard (1), j'ai réuni, pendant plusieurs 
excursions sur les côtes de France (Manche et Océan), 
quelques matériaux auxquels il est possible que j'en 
ajoute d'aulres plus tard. Les séjours que j'ai faits dans 
chacun des endroits que j'ai visités n'ont pas élé d'assez 
longue durée pour me permellre d'en donner une faune 
détaillée. Mon but est de compléter mes descriptions de 
quelques espèces déjà trouvées à Dinard antérieurement, 
de décrire toutes celles que je n'y avais pas rencontrées, et 
d'étendre davantage les rapprochements que j'avais faits 
entre ta faune des mers Françaises et celle d'autres mers. 

Mes recherches ont porté sur les côtes de Villerville, 
Saint-Vaast-la-Hougue, Concarneau, du Croisic, d'Arca- 
choQ et Saint- Jean-de-Luz. N'ayant passé que quelques 
heures à Saint-Pol-de-Léon (Penpoull), Brignogan, Porsal, 
le Conquet et Saint-Guénolé, avec des marées peu favo- 

()) Voir 1" partie, Ann. des m. nat., T"" série, t. I, 1887, p. 127 à 2"0. et 
pi. Vil à XII. — 2-' partie, IWd., l. V, 1888, p. 141 à 338, et pi. VI à XIII. 
— 3— partie, Ibid., t. XVII en entier, J804, p. 1 i 3'J!>. et pi. I à XIII. — 
4» partie, Ibid., t. X\, 1895, p. I8S à 272, et pi. XI à XIII. 

ANN, se. NAT. ZOOL. V, 14 



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210 



DE aAINT-JOIIEVfl. 



rables, je n'ai eu qu'un aperçu absolument insurfisanl de 
ces localités. 

Les Annétides polychètes dont il sera question ont été 
trouvés par moi et examinés, à peu d'exceptions près, vi- 
vants, sauf ceux de Villers dont M. Adrien Dollfus a bien 
voulu me donner à déterminer une collection qu'il en avait 
rapportée. 

Avant de commencer la description des espèces, je vais 
en établir la liste pour chacun des points d'où elles pro- 
viennent (1). 

VILLERVILLE. 

La côle très vaseuse est pauvre en AnnéUdes; on y 
récolterait surtout des Hydroides et des Bryozoaires le plus 
souvent fixés aux Algues et aux tubes de Chxtopierus vario- 
pedatus Ren. rejetés par la mer; ils sont aussi attachés aux 
pieux des parcs à moules [Tubularia indivisa L. eu grand 
nombre). De véritables champs de Lanice conckUega Pall. 
s'étendent entre Villerville et Trouville. 



Syllis (Typoij/UU) variegata Gr. 

— graeilit Gr. 
AphrodiU acuUata L. 
Lapidonotua aqnunatnt L. 
Nyckia cirrota Pall. 
Slhenelaii Idanœ Elatbkp. 
HsantliM Fenisri N. S. 
Rersti pelagica L. 

Enneraii longiBilma JohoBt. (jeune). 
Plalynei-tit Uumerilii And. et Edw. 
FliylUidoce pulchtlla Mgr. 
Eulalia otn'dit Mflll. 
Glycera convoltUa Ket. 

(I] Les noms de ces es|>èceB déjà examinées dans les Aanélidet polgchêln 
des côtes de Dinard Bont imprimés en caractères ilaliquti lorsque je n'ajoute 
rien & leur description. 

Les noms des espèces de Dinard dont je complète l'élude, et ceux des 
espèces étrangères à Dinard dont je parle ici pour la première fois, sont 
imprimés en caractères gras. 

Tous les Annûlidcs énumérès dans les listes qui vont suivra sont donc 
décrits, soit dans tes Annrlides polychètes dn côtes de Dinard, suit dans le 
Mémoire acluel. 



Potydora eiliata Jotiost. (et embryon i 

la pècbc pélagique). 
Embryon de Serine (pèche pélagique). 
Chxtoplerui variopedatut Rea. (tuliei 

très nombreux rejetéa tur tacAte. vidc^ 

on ne coDlenant que des anioiaui 

morts on mutités). 
SaMUtria apinuiosa Leuck. 
Lanice conchilega Pall. 
Sabelta pavonina Sav. (petits inbes lîi^ 

sur des tube» de Chmloplerm). 
Serpula vertaicularit L. 



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ANNÉUDES P0LYCHËTB5 DES COTES DE FRANCE. 



Stftli*(rgpo$jfllit) aUtrnoMtota St-Jos. 

— — variegala Gr. 
Lcpidonotnt npianuitiu L. 

JVj^Aia nrrota l'aU. 

Htrmotfaoe impar Johnil. 
Lagiica «itsmiBU Gr. 
l'olynoe tcoloptndrina Sav. 
Sigalion aquamatum D. Ch. 
Neantha* Perrieri N. S. 
Heraii palagica L. 

— diTenicolor O.-F. Hûll. 
Eimaraif longitiimn Jobnet. (Jeune). 
Psrineraia cultrilera Gr. (rorme liétéro- 

uériiJieuae femelle). 
Flatynertù Dumeritn Aud. et Edw. 
PbjUodoM gromlandica 08nt 



Eutaiia viridii O.-P. MUll. 
Sephlyi Hombergii Aud. et Edw. 

— etsea Fabr. 

— cirroaa Ehl. 
Glycera tvnvolula Kef. 
Iferina cimtnliu D. Ch. 
ChiFlopleruîvariopaialiaRtu. (don 

tube rejeté par la mer, mutilé). 
Sabtllaria spinuloia Leuck. 
Lagia Kor«ni .Mgr. 
Lanice eonchilega Pall. 
Nicolea vemitlula Mont. 
ThtUpai Kloita QTg. 
Datyeluine bombyx Dalyell. 
Serpula vermicularù L. 
Pomalocero$ Irigueltr L. 



SAINT-VAAST-LA-HOUGUE. 

Grflce à l'accueil aimable el cordial de M. le professeur 
Perrier, directeur du laboratoire maritime du Muséum, et 
de M. Malard, le sous-directeur, j'ai employé de la ma- 
DiÈre la plus intéressante les di\ jours que j'ai passés à 
Saint-Vaast à la fin d'août 1894. 

Les plages de sable du Fort de la Hougue et de l'Ile de 
Tatihou ()), les parcs à huîtres du Rhtin, la vase de l'exiré- 
mité de la jetée à Sainl-Vaast sont très riches en Annélides, 
plus que les rochers de la pointe Dranguet et de la pointe 
de Saire qui, comme ceux du S. et de l'E. de Tatihou, ont 
rinconvénient d'être par trop surchargés de fucus. 

Les dragages au Petit et au Grand Nord et à l'Est (10 à 
3o mètres de profondeur), sont d'une richesse exception- 
oetle noD seulement en Annélides, presque tous semblables 
à ceux des dragages de Dinard, mais en animaux de toute 
sorte : Échinodermes, Némertiens, Nudibranches, etc. 
Dans la direction des lies Saint-Marcouf, la drague ramène 

(t) Outre de nombreux Annélides, on trouve, dan^ les Fables de l'Ile de 
Tatihou, la Convotuta Schutnii 0. Sclim., l'Eçkiurus Pallasii Ouérin et 
VOphiocitiiia Ivngobrachiata Mont. 



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212 DE SAINT-40SEVH. 

une quantité de Chxtopterus variopedatvs plutôt de petite 
taille. 

Les Annélides si abondants de Saint-Vaast ont été l'ob- 
jet de nombreux travaux [Keferstein (1), Claparède (2), 
Quatrerages (3), Grube (4)]. Depuis la Tondatiou du labora- 
toire marilime, M. Maiard, M. Fauvel (5), M. Gravier (6) 
s'en sont également occupés et M. Fauvel (7) en a donne 
une liste i\ laquelle je renvoie pour l'énumération complète 
des Annélides connus jusqu'à présent à Saint-Vaast. M. Ma- 
lard (8) pour les Poissons et leurs parasites, MM. Clievreux 
et Bouvier (9) pour les Ampliipodes, ont aussi publié un cata- 
logue raisonné. Il serait bien à. désirer qu'on complél&t cet 
inventaire zoologique et que pour servir aux progrès de la 
zoogéographie, tous les laboratoires du monde entier ea 
fissent autant. 

Syliù [Tijpotgltit] alleniaetoia St-Jo». I Sylli* {Tj/potyllà) varieifaUi Gr. {idem . 
(dragages). — — Krotinii EU. (Poinle 

— — proliféra Kr. {idem). \ de Saire). 

(1) Kererslein,Untersi(cAun[;en ûbarniedere Seethiere [Zeits. fûrwUs.Zool., 
L XII, 1862, 145 p. et II pi.). 

(2) Claparède, Beob. ûbar Anat. und Enlwtekl. viirbellostr Thiere an der 
KUitevon Normandie angestetll. Leipzig, in-fol., 1863. 

(3) Quatrerages, Hist. nat. des Annet., 2 vol. in-8, 1865, patsim. 

(4) Grube, Milth. iiber Sl-Vaast-la-Uougue und teine Meeres-heionders ieùw 
Anneliden Fauna {Abluind. der Schhi. GeielU., 1868-1860, p. 91-128, el 
1 Pl-). 

(5) Fauve], Sur la prisenee de l'AmphicleU Gunneri Sara sur let côtet de la 
Manche {Bull. Soc. Linn. de Normandie, i"' série, l. IX, 1895). — Confributiotu 
d Citudc des AntphartUeiu français [Uém. Soc. nat. des se. na(. ri malh. de 
Cherbourg, t. XXIX, 1895). — Sur tes différences anal, des genres ATnphartte 
et AmjAicteis (Bull. Soc. Linn. de Normandie, l. X, 1896].— Influence de l'hi- 
ver 4894-95 sur la Faune marine (Comptes rendus Acad. des sr., 9 sept. 1895). 

— Homologie des segments antirieurs des Ampharéliens {Vnd., 2 nov. 1896!. 

— Recherches sur les Amphartiliens (Butl. scT de la France et de la Belgique, 
t. XXX, 1891, 213 p. et 11 pl.). 

<6) Gravier, Recherches sur les Phyltodociens (Bull. se. de ta FrtMOtet dt la 
Belgique, t. XXIX, 1897. p. 293 à 389, elpl. XVI-XXIII). 

(7) Fauvel, Catalogue des Annil. polyeh.de St-Vaast-la-Bou{iue [Butl. See. 
Linn. de Normandie, t. IX, 1895, p. I2l-lt6). 

(6) Maiard, Catalogue des Poissons des côtes de la Manche {Bull, de la Soc. 
phil., 9"' strie, l. 11. 1890). 

(9) Chevreux el Bouvier, les Amphipodei de Sl-\'aatt-la Hnugue, t- liât* 
{Ann. des se. nat., 7"= série, t. XV, I89a, p. lOw-l M, el pl. U,tig. 1-12). 



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ANNÉUDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 



213 



OdùntoniUi* gibba Clpd. {dragages et 

Pointn Je Sairo). 
Odontoii/llù clenasluma C\pi. (dragages'. 
Plerolyllil iptclabili* Johnst. {i</em). 
Tri/panoiyUa Krohnii Clpd. (cominiiai- 

qu£c par H. Adrien Dolltus;. 
Trypanotyll'u exiiaca Clpd. (dragages), 
ûnàbea c'atala ClpJ. (l'ointe de Sairc'. 
Aulolglut pictus Ebl. (dragngei). 

— omalui Mar. et Bobr. (idtmi. 

— •nacrophthaliiiaMBteui.{ideiit). 

— EhbttBji* St-Jos. {idem). 
Aphrodite uculeala L. {idem}. 
BaraoUia* impar Johnst. (commuDi- 

qute par M. Adrien Dolirus). 
Banaotiioa caitanea Hclot. (dragages, 

«iirle5>'a/(ingiupiii7>ur(iuO.-F.Mrill.) 
Barmotboe longiietii c,r. (dragages). 
Lagitca eitranata Gr. (dragages et 

Pointe Uranguet). 
Poti/noe ic'ilopendrina Sav. (dragages). 
Phelae ignophlfia/miea Clpd. [idem). 
Slgalion «tnamatam D. Cb. (Ile de Ta- 

tibon et fort de ta Hougue). 
Marphyia tanguinea Mont. (Le Clieval). 
Lyndite Ninella Aud. et Edw. (dragages). 
LÔmbriconereù Latreilll Aud. et Edw. 

<plagi;e de sable au N.-E. du labora- 

Paracliia mutubilà SI- Jos. (dragages). 
Ltplonmit Vaillanli St-Jos. (Fort de la 

Hoiigoe). 
K«raia tncaU Sav. (dragages). 

— irrorata et sa forme hétéronë- 

rJidieDQe uiùlc (Le Chuval). 
Bnnareii longitiima Jolmst. (Jetie de 

St-Vaast et forme Jeune au fort de la 

Hougue)- 
PlatyntreU Dumtrilii Aud. et Edw. (dra- 

Phyllodoce lamiaoïa Sav. (dragages). 

— mucoia CErst. (communiquée 
par U. Malurd). 

Btdatia viridit Q.-V. MQIL (dragages). 

— punttifrra Gr. (idem). 

— putilta OËTSt. [idem). 
Plerocirrut "lacrocerot Gr. [idtm). 
£tanu foliota Qfg. (fort de la Hougae et 

plage* de sable au N.-E. du labora- 
toire). 



Kefei-Utinia cirrala Kef. (dragages). 
Nepktyi lloinbergii Aud. et Edw. (jcicc 

de St-Vaast). 
Narine cirratntna D. Ch. (dans le saliJe 

au N.-E. du laboratoire]. 
Nerine foliota Aud. et Edw. (jetée de Sl- 

Vaast). 
:Ve''ine [Scoltlepi»?) Girardi Qfg. (Le 

ChcTal). 
Spiophanea Bombyx Clpd. (tort de la 

Huugue). 
Miigttona papillicornii Vr. Mail. 
Aricia MSlIeri Rathke (fort de la Uongue 

et plages de sable au N.-E. du labora- 

Si'IeTneheiltu minulut Gr. (dragages). 
Travliia Forbesii Johnst. (Ile de Tatihou) 

communiquée par M. Fauvel. 
SotomoMtvs laltriceus Sers (fort de la 

Hougue 1 Jetée de St-Vaaat ; plaines au 

N.-E. du laboratoire). 
Clymene lumbrieoidn Qfg. (plages au 

N.-E. du laboratoire). 
Leiockant cli/peala St-Jos. {idem). 
Pttatoproclui terricola Qfg. (1) (Le Che- 



.riopedalue Ren. (draga- 



fal). 
Chalopteru 

ges). 

Ftabelligera affinis Sara {idem). 
Stylarioldei plnmoia O.-F. Mdll. (Le 

Cbeval et dragages). 
AmpMtriU Edma-êi Qfg. (plage un peu 

vaseuse au S--0. du laboratoire). 
Amphilrite graciUe Gr. ILe Cheval). 
Folymnia Nnidensit D. Ch. (Pointe Dran- 

guel). 
Nieolea venmlula Mont. (Pointe Dran- 

guet; Points de Saire; dragages). 
Thekpus selosui Qfg. (dragages). 
Polyàma kamalodet CEpd. (idem). 
Brancliiomma tfaicuteaunt Mont. (Pointe 

Dranguet el dragages). 
PotamUla renifoi-mH O.-P. Mûll, (Le 

Cbeval). 
Dasychone Hombyx Dalyell [le Cheval et 

dragages). 
Myxieota Uinardtntit St.-Jos. (dragages], 
Jatmineira elegatu St-Jas. [idem). 
Serpula verinicularit L. [idem). 
PomaloctTos triqueter L. (idem}. 



(1) La Clj/ment spatutata Gr. est probablement ideolique au P. terricola, 
mai* Gnibe a établi son espèce d'après une partie postérieure insuflisante 
pour une détermination exacte. Il a admis lui-même la dénomination de 
UuaLrefagea. 



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DINARD. 

3 espèces trouvées depuis la publicalion de mon mé- 
moire sur les Annélides de Dinard, ce qui en porlc le 
nombre à 210 que j'y aurai rencontrées. 

Hirmothoa impar far. Fagmiltcherî i PbjUodoce ptpuloia N. S. (Plage de) 

Micb. (St-Luoalre). Boioa]. 

Lnmbriconerais coccinea Ren. (dragages). I 

SAINT-POL-l)E-LÉON (Penpoutl}. 

La plage de Peapoull, où je n'ai pas^é que quelques 
heures en juillet 1895, me parait devoir être riche eu 
Annélides comme l'a indiqué M. le professeur de Lacaze- 
Duthiers (\). C'est là qu'il a signalé pour la première fois la 
présence de la Myxicola infundibulum Ren. qui ne me 
semble pas avoir été rencontrée jusqu'ici sur un aulre 
point des côtes de France (Manche et Océan). 

La partie de la plage que j'ai parcourue s'élend de Pen- 
poull à rile Blanche. C'est auprès de l'tlot qui précède l'tle 
Blanche que j'ai trouvé les Myxicoles. 



Slhenetai! Id unie Rathke. 
Marpbyta Bellii Aud. et Edw 
Perinertit cuUrifera Gr. 
TUtphtys cteea Fabr. 
Glyctra convoluta Kef. 
Noiomaâtui laltriceus Sara. 



Clyniene lumbrkoidei Qfg. 
Leiochone clypeata St-Joa. 
Pelaloproclaa lerricola Qfg. 
Sabella paoonina Sav. 
Hysicola inhudlbnlum Heu. 



Brignogan. Pobsal. Le Conouet. Saint-Guénolé. 

Dans ces localités, que je n'ai fait que traverser, les ro- 
chers et les plages sont battus par une mer eu général si 
violente que les animaux ne peuvent guère s'y développer. 

;i)De LacBze-Uuthiers, i4 propos de la station desChéloplires et des Myxi- 
coles sur (a plage de Roseoff et de St-Pol-deLfon {Archiret de ZooL erpér.. 
l. I, i8"2, p. «m. — Laboratoire de Zool. expér. (kimple rendu i^Arch. dt 
ZooL expèr., t. VI, 1871, p. 333). 



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ANNÉLIDES POLVCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 2tS 

BRIGNOGAN. 

Eulalia niridù O.-F. Mail. (Beg u Scaf 1 Audouinia lenlaeulola Mont. {ibid.). 
« port de PoDtuiTol). | Terebella lapidana (Kehier) L. (ibid.). 

PORSAL. 

(Sroou-Bras et Smod-Bihn.) 
Ptrintrtit cutlrifera Gr. 

LB CONQUET. 

Mnrphyta tanguinta Mont, (rsdei. i Rarafl trroraU Mgr. (ibid.). 

MacloTia gigantM Gr. (ibi<l.). \ 



SAÏNT-GUÉNOLÉ. 



Balotydna gelalinosa Sers (Bochen ta 
S. du port et pingw au-desioua de 
.Votre-Uame de ta Joie). 

Lagiaca eztantuta Gr. (ibiit.). 

Stiitmiaii Idunm Rathke (iUd.). 



Perintrtii cvltriftra Gr. (ilid.). 
Gtycera giganlea Ofg. (ibid.). 
Audouinia lenlacutata Uont. (iliid.). 
Terebtlla tapidaria (Rtehler) L. (ii.td.). 



CONCARNEAU. 

Goncarneau, où j'ai séjourné peodanl trois semaines en 
août 1892, est un des points les plus intéressants de nos 
eûtes de l'Océan (1) et il le serait encore bien davantage si 
le laboratoire maritime disposait d'un bateau à vapeur pour 
des excursions et des dragages aux lies de Glenan. Je recom- 
manderai pour la reclierche des Annélides, la bette plage 
du cap Goz où il y a aussi de nombreux Sipnnndus nudiis L. , 
des Synajila rn/nere/if O.-F. Mull., des Synapta digUala 
Mont-, des Synapta digitata var. Thorapsoni-Herapalh, et 
des Erhinocavdïum cordalum Gray, l'anse de Porzou et sur- 
tout la pointe de la Jument au-dessous de Pendruck, d'où 
j'ai rapporté une partie antérieure de Ptychodera Sarniensis 
}\oAï\. (Balanoghxsm Salmoneus {î\M'A)(\Won n'avait encore 

(1) Voir De Guerne el Barrois, Faune littorale de Concameau [Revm irnen- 
tilU/ue, 3" série, t. J, 1881 , p. 25-27). 



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216 DE «AINT-44MBPH. 

rencontrée qu'à l'tle du Loch et à l'Ile de Herm. Les sables 
de la côte depuis la pointe de Benodet jusqu^à Beg-Meil 
el ceux qui sont à l'E. de la pointe de Trévignon (1), soni au 
contraire entièrement stériles, comme il n'arrive que Irop 
souveul sur nos côtes de l'Océan et comme je l'ai constaté à 
l'E. du Morbihan dans l'anse de Succinio el dans beaucoup 
d'autres endroits; on n"y trouve même pas VArenicola ma- 
rina L. quej'ai vue partout sauf dans ces sables si peu favo- 
rables à la vie des animaux et desplanles. J'ai Tait plusieurs 
bons dragages dans l'anse de la Forest par 3 à 10 mètres de 
profondeur et il n'est pas douteux qu'il y en aurait de bien 
meilleurs à faire à l'Ile aux Moutons el aux lies de Glenan. 
La pèche pélagique (2) est abondante, en Péridiniens sur- 
tout, dès qu'on sort du port. 

Si les travaux zoologiques sont nombreux sur la faune 
de Concarneau (3), l'élude des Annélidcs Polycliètes y a élé 
presque complfelemenl négligée el je ne vois guère sur 
ce sujet que les descriptions données par M. Giard, de 
VOpkiodromus Hermanni Giard (4), commensal du Btdano- 
glossus Salmoneus, de la Lœnilla castanea Me Int., com- 
mensale du Spalangus purpureus O.-F. Mûll., comme jo l'ai 
trouvée h Saint-Vaast (5), de VHermadion Echini (îiard (6), 



(1) Je n'en ai rapporté que des Pollicipes comucopia Cm., rejetés par la 
mer el venant probHblement dea Iles de Glenan. 

(2) Biétrix, Rapport sur ta pfcke pélagique jitJuiant l'été de i888. Annexe A 
du Happort de M. Georges Pouchel sur le laboratoire de Cortcameau en 1888 
(Journal d'anal, et de physiol., 1. XXV, 18S8, p. 399-409). 

(3) Sans parler de Cfux de Coste, de Georges Pouchel sur les Péridi- 
niens, de Itobin et Fabre-Domergue sur les Infusoires, on peut citer 
entre autres ; Barrais, Catalogue des Crustacés Podnptithalmaircs et Echinn- 
dermes recueillis A Concarneau en i880. Lille, <88â, in'S (avec une carte utile 
pour les dragages], — Bonnier, Catalogue des Crustacés Ualacoslracé» de Con- 
carneau {Bull. se. du Nord de la France et de la Belt/ique, iO"' série, 1887, 
p. 199-262 et 296-35G). — Giard et Bonnier, Contributions d l'étude des Bopy- 
riens, in-*, 1881. 

(4) Sur la f^une profonde de Cuncarneau (Astoe. franc, pour iavanc. des c. 
La Rochelle, 1882, p. 526 et 571]. — Bull, tcient. du départ. duNord, 1886, 
n°2|. 

(5) Sur quelques Polynoidiens (/6«J., n» 1 , p. 3}. 
{6)Ibid., n°l, p. e. 



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ANNÉUDES POLTCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 217 

commensal de VErMnus Melo Lmck. et de VEchimis 
esrulenlus Dub. el Kor. De plus M. Giard mentionne simple- 
ment la présence des Polyophthalmus {\) à Concarneau et 
MM . de Guerne el Bonnier celle de la Pectinaria Belgica Pall. 
Je n'ai retrouvé aucune de ces espèces. 



SyllU {Typotyllii] proliféra Kr. (dn 

Sytiii {TypoigUa) KroKnii Ehl. (irlem). 
FiooOBjIliB pnltigara Kr. [idtm). 
Odontotgtlit gibba Ctpd. (idem). 
Tr]/pano$ytlU rmliaea l:lpd. {idtm). 
SptimriaylIU Ayifiù Ctpd. (i'Iem). 
làpidonotni iquanatuf L. {idem). 
LapidODotus claTa Mont, (poiute de la 

Juuieat). 
Balosydtvi gelalinosa Sari (poiote dâ la 

Jument el dragages). 
Nychia cirrota Pall. (dragages). 
Barmnlhoe cmtiaca Sl-Joa. [idem). 
Hannothoe picta Sl-Joe, (pointe de la 

Jumeot). 
Barmolkot $pinifera Ehl. lidem). 
Lagiica azUnuta Gr. iidem). 
Polgnoe indéterminée. La've (pSche pé- 
lagique). 
Pholoe tynopktlialmica Clpd. (dragages). 
Evnice vltUU 0. Ch. {idtm). 
Marphyta ia»gaineai,aase AeTrkiigaoa). 
Lytidict Ninetla Aud. et Edw. (aaae de 

Ponou ; pointe de la Jument). 
tnsiliriooiiaraia Latreilli Aud. et Edw. 

(poiule de la Jumeut). 
tltmatonertii unicornis Gr. {idem et dra- 

gagee). 
■aolovia giganl«a Gr. (pointe de la Ju- 
ment). 
Peiinenli cnltrilara Gr. (cap Coi; aaae 

de TrtvignooK 
Flalyntrtii Dumertlii Aud. el Edw. 

Forme bétéronâréîdteiiue mile (pointe 

de la Jument t;l dragBgea|. 
Phyllodoce tplendens SUJoa. (poiole de 

la Jument). 
Pbyttodoct rubiginota St-Jos. (dragagea). 
HutaUa viridh O.-F. Mail, (pololo de la 

Jumeni). 
BulaUapiait/aCEm. (dragages). 

— pallida Clpd. {i'Iem). 
EnlaUa qudrilinaata N. S. {idem). 
Eutalia ptmetifera Gr. (poiole de la 

Jument). 



Plerocirrus macrocerai Gr. (dragagea). 
Podarke pallida Clpd. {idem). 
Ophiodromui fleiuoaaa D. Cb. (cap Coi). 
Nepfilys liombergii Aud. et Edw. (anse 

de Ponou ; cap Coi). 
Glycrra coamiula Ket. (acae de Trévi- 

gnon; cap Coz). 
Audouinia tmlaculata Mont, (cap Coi). 
Saococirrus papillocarcaa Bohr. Larve 

(pEche pélagique). 
Neriae {ScoMeiih?) Girardi Qtg. [pointe 

de la Jumeut>. 
Serine. Larve (pEcbe pélagique). 
Hagelona papilUcorni* Fr. MQU. Larve 

{idem). 
Aricin Lalreilli Aud. et Edw. (cap Coz). 
Plabellign-a affinii Sars (dragagea). 
Solomaaliu latrrieeu» Sars iidfnt). 
Dasybranchua eadacua Or. (pointe de la 

Jumeot). 
Artnicola marina L. (anse de Ponou ; 

anse de Tréiiguon). 
Clymene lumbrieoide» Qtg. (pointe de la 

Jument]. 
Clymene Oinledii Clpd. (anse de Porzou). 
Leiachone elypeala Sl-Jos. [auae de Por- 

zou; anae de Keraos; pointe de la 

Jument). 
Jobnttonia cljmonoldM Qtg. (cap Coi ; 

puiute de la Jumeut). 
Pelaloproclu! Itrricola Qfg. (anse de 

Ponou ; poiote de la Jument). 
Owania Inailormia D. Cti. |ause de Ker- 

lOBj cap Co:). 
Amphitrile grucili» Gr. (anse de Ponou; 

pointe de la Jument; ani<e de Trévi- 

gnon). 
Terebelta lapidaria (Kiebler) L. (cap 

Coi). 
Polymnia Neatdeiui» D. Cb. (poiote de la 

Jument ei dragages). 
Lanice conMUga Pall. (pointe de la 

Jument). 
NicoUa i-enuiluta Mont, (dragagaa). 
Polyeirras hamatodes Clpd. (pointe de la 

Jument). 



(i) Comptes rendus de l'Acad. des se., t. XCI, 1680. 



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DF. «AINT-40SBPH. 



LE CROISIC. 



Les endroits qui me paraissent les meilleurs pour la ré- 
colte des Annélides qui y abondent, sont, dans le port, 
le banc du port Ciguel, puis l'estacade' el le côté de la jetée 
qui y fait suite, Pen-Bron, quelques parties du Grand-Trait 
et, dans les environs, la plage de sable du Banc des Chiens 
au Pouliguen (1) et le plateau du Four. Port-Val, hi'O. de 
la chapelle de Saint-Gousian, m'a paru en septembre 1895 
appauvri depuis le mois d'aoflt 1880, où j'y étais allé 
pour la première fois. Les marais salants avec leur faune 
si considérable de Protozoaires, de Turbellariés, de Néma- 
loïdes libres et de petits Crustacés sont un des points qu'il 
convient le plus d'explorer au Croisic ; mais les Annélides 
y sont rares, comme ils le sont aussi dans les dragages qui 
au contraire procurent de nombreux Amphîpodes et Iso- 
podes (2). 



OdontotyUit gibba Clpd. (Pen-Bron). 
OdonlosyUia cUnotloma Clpd. [idem). 
Aphrodite aeultala L. (B&dc desChipDi). 
LepîdODOtQI diTS Moût, (plateau du 

LepidODOtna iqaainati» L. {idem). 
Halotydna getalinoia Sors (Port-Val; 

Pea-Bron). 
Nj/cltia cirrosa Pall. [cslacade, daos une 

galerie creusée par une Ampkilriie 

EdwarH Qfg.). 
Hannottaoo Impar JohusI. (dragage à 

Peu-Brou). 
LagiRoa exttnnata ilr. (ptateaa du Four). 
Slgalion sqnainatuiii I). i:h, (Badc des 

Eunicf llarattii Aud. el Edw. (Port- Val; 

plateau du Four). 
Uarphyia langainea Mont, (estacade). 



Marphyia Bellii Aud. et Edw. (Pori- 

LnmbricoDArais LitnlUi (Port-Val ; 
estacade; Peu-BroD). 

LnmbrioonereU impatitni Opd. (Pea- 
Bron). 

L'jsidice Ninetia Aud. et Edw. (Port-Val; 
plateau du Four). 

Nemalonereit unteonti* Gr. (Port- Val ; 
estacade). 

NaraÎB pelagica L. [estacade; plateau du 
Four). 

Ner«ii diTwsicolor O.-F. Mail. (Grand- 
Trait; marais salants). 

NBroisfacataSav.. dans une coquille de 
Buecinurrt undntum L. (dragage daus 
la haie). 

Nareii irrorata Mgr. (estacade)- 

Periii«r«i> coltrUera Gr. (Pen-Bron: 



(1) Jousset de Bellesmc, Carie zoologique et Faune de la bait du Pouligutn 
{Assoc. franc, pour/'auonc. des se, l* Rochelle, 1882. p. 563). 

[i] Chevreux, Cruslaiéfi Amphipodes et hopodes des environs du Croisie 
{Assoc, franc, pour favanc. des se., Itouen, 1883, p. 517, et Blois, 1884, 
p. 312). 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 



Banc de* Chienat plateau du Four). 

Flalynereia Dumeritii Aud. et Rdw. For- 
me DéréidleDas dam un tube de Spi- 
rographii Spallanianii. Forme hétéro- 
Dé réidienoe mâle (Pen-Bron). 

Phyllodoet iaminoau Sav. (Port-Val ; 
estacodei Pen-BroD). 

nijUadoce tp. (plateau du Four). 

Phsl'o^oct ipltndau St-io». (eslacade). 

Eulalia viridit O.-F. Milll. (Port- Val; 
plateau du Four). 

erroné incita Sl-Jos. (Pen-Bron) 

Ktfmsleinia ei'Tata Ket. (Porl-VHl ; Pcu- 
Bron). 

Magaiia ptrarmata Har. et Bobr. (Pun- 
BroD). 

yepMyt Hombergii Aud. et Edw. (Banc 
dea Cbient). 

Sepfili/* cirroia Ebl. [idtm). 

Blyctn alba Rathke {idtm]. 

Glyctra cnnvolula Kcf. (Pen-Broii). 

Oljceri HfliBill N. S. (eatacade; Pcu- 
Bron). 

Aiidotiinia lenlacvlala itonl. (Port-Laiii; 
Port-Val; eitncode; Pen-Bron). 

Epbasia graciUs Ratbke (plateau du 
Four) . 

Dait«c«ceri> concharum GEi^t. (Pco- 
Broo). 

AHcia lAititiUi Aud. et Edw. <Banc de» 

Ancia HflUeri Ratbke (Grand- Trait). 

l'oii/itora ciliala Johnst. (produisant n 
maladie dea bultrea dant les parcs de 
SisMble enlre le Grand et le Petit. 
Trait). 

Nrrine foliota Aud. et Edw. (estacodo). 



Aonidta {Herinr) oxyecpliala Sars (1) 
(Peu-Brou). 

Serine {Scoleltpit?) iJira,-di Qfg. (Port- 
Val). 

FlaMligera affiais Sarg (Pen-Bron). 

Ophtlla bioorni* Sav. nec D. Ch., née 
cent., nec Cosmov. (Banc de Port- 
Ciguet). 

Opbalia ovglecta Aimé Scbn. (Banc des 

Traviiia Forbetii Jobnst. {idem). 

Notomastui laterkrui Sars (Porl-LaîD; 
ealacadc; Pen-Bron). 

Arenicola marina L. (Pen-Bron). 

Clymenr lumbricoidn Qfg. (eiUcade). 

Petatoproelu» terricola Qlg. (Pen-Bron). 

Owenia huiformii D. Ch, (Port-Lain; 
estacarte). 

Ampbitrit* Johnitonl Mgr. (estacadp). 

Amphitvile Edwarat Qfg. [idtm). 

Amphitrile aracilii Gr. (Port-Val). 

Tertbella lapidnria (Kiebler) L. (Port- 
Val; Pen-Bron). 

Polymnia nebulosa .Uoot. née Johnsl. 
(Pen-Bron). 

Poli/mnia Setidenût D. Cb, (Pen-Bron) . 

Saôetia Pavonina Sav. (dragage au Nord 
de la Bas^e-naatouillet. par 13 mètres 
de tond). 

Spirograpbj* SpalImuDii Vit. (Pen- 
Bron; dragage h l'Ik Uumet). 

Serpula vermicularii L. (dragages i la 
BoBBC-llergo, à la Basse-Ruelle et i la 
Basie-Castouillet]. 

Pomatocerot IriqueUr L. (Pen-Bron). 

Dltrupa arietina O.-K. MUII, (dragage au 

, S.-0. de Belle-lsle). 



ARCACHON. 

La meilleure parlic de la côte du bassia s'étend de 
l'établi ssemeol des Bains d'Eyrac jnsqu'un peu au delà 
du grand hôtel; de là jusqu'à Moullau la côle devient très 
pauvre. Auprès d'Eyrac, le Trincat de Gentil est riche en 
Amphitrile Edwarsi et en' traversant le bassin, on trouve 
entre le cap Ferrel et l'embarcadère des bateaux à vapeur, le 



(1) A cause du pelil nombre de s< 
dans le genre Aoni'ki Clpd. nfc Lei 
nidiem <lei cùta de lu Manche [Bull, i 
1896, p. 242). 



i branchies, cette espèce de Sars renlre 
, comme le pense M, Mesnil, tes Spin- 
. de hi France et de la Belgique, t. XXIX, 



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220 



DB SAINT'JOMEI'B. 



long des parcs àhultres, de belles Ûw^ïfl/raiVea/Jo/i/anaD.Ch. 
et des Cerianthus membranaceus Haime, plus gros que ceux 
de ia plage d'Eyrac. Presque partout les bords du bassin sont 
vaseux et pauvres comme le fond, mais je sui» loiu de 
les avoir tous parcourus, n'élant resté que six jours à Arca- 
clion il la fin de septembre (893. Les dragages de la C" des 
bateaux de pèche à vapeur faits au large, souvent à des 
profondeurs de 80 à 100 mètres, seraient une précieuse res- 
source. Je n'ai pu m'en procurer qu'un seul. 



^yltit (Typosytlii) proliféra Rr. (liragago 

<iii Inrge]. 
H;aliDaciB tiU)icoU O.-K. Miill. [i'itm). 
Diopatra Hoapolitana U. i:))- (cap Kerret; 

plage d'Arcaclioii). 
Marphyia mnguinea Mont. (Trincal de 

tientll). 
Harflia Incita Sht. {dragui^e ou large de 

(:oi'douaD.comniuui<|utcparM. Adrien 

DolUufll. 
PtiinarsU cultrilera Gr. (Triucat de 

(îeDiil; pla^c d'Eyrac). 
Plalyntrtia Duiiierilii Aud, et Edw. {plage 

d'Arcachon). 
Phyllodoca braneo-viridii N. S. (plage 

d'Arcacbooj. 
Eiilalia Biridis 0.-¥. MUII. (plage â'Ey- 



.c). 
Neplilyi llom'iergii Aud. et Ed' 

d'Arcacbon). 
Glycera eonvoluta Kef. (Triacat de 



(plai 



Aricia fœlidu Clpd. (plage d'Eyrac]. 
Leioclione clyptata Sl-Jos. [idem). 
Arrnieola miifina L. (partout). 
Lagia Koreni Mgr. (plagea d'Eyrac et 

d'Arcacboul- 
Sabeilaria ^pinulota Leuck. (dragage au 

large). 
Saitltana alveolata L. (dragage devant 

Amphilrile tdaarti Qtg. (Triacat de 

GcnUI). 
TerebtUa lapidaria (Rœbler] L. (plage 

d'Eyraci. 
Lanice conchilega Pall. {idem). 
Tlielapus ciacinnatus Fabr. (dragage au 

large). 
Datychont tombyi Dalyelt [idem), 
tierpula verinicutarit L. (idem). 
Bydroides Norvegica Guna. (idem). 
.liera piailla St-Jos. (dragage devant 

l'Aquariuai). 
Pomalocero» triqueler L. {idem). 



Dans son mémoire sur la faune d'Arcachou, Lafonl (I) 
donne une liste d'Ann<5lides où je relbve quelques espèces 
que je n'ai pas trouvées : Nereis fallax Qfg., Chœlopteru.'i 
Valenc'miï Qfg., Arenicola eraudala Jobnst., Serpula oclo- 
coslalaQfg., Serpula Monfagui Qfg., Vermilia humilis Qfg., 
Vermilia pmUla Qfg. Je ne fais que citer sans garantir 
l'exactitude des déterminations. 

(1) Sole •pour servir à la faune de lu Gironde, conlenaul la liste dei animaux 
marmi dont la priscnce a été cimstatée à Arcachon en 4867 et 1868 (Actes de 
la Soc. linn. de Bordeaux, l. XXVI. lbG8, el l. XXVIII, 1870). 



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ANNËUDES POLYCHÈTBS DBS COTES DE KRAMCE. 221 

SAINT-JEAN-DE-LUZ. 

PendaDt trois séjours de huit jours chacun que j'ai faits 
à Saint- Jean-de-Luz en mars 1892, avril et septembre 1897, 
j'ai parcouru avec grand intérêt les roches calcaires en- 
tre Biarritz et Hendaye. Les grandes plages di; sables sont 
rares sur la côte et quand il y en a, comme k Biarritz, dans 
la baie de Saiut-Jean-de-Luz, aux bains d'Hendaye et sur 
la rive Espagnole de la Bidassoa, le sable y est stérile. 

J'indiquerai comme endroits favorables à la récolte des 
Annélides, les roches de la Goureppe près de Biarritz, 
les rochers de Guéthary, mais encore plus ceux en 
dedans de la pointe de Sainte-Barbe dans la baie de 
Saint-Jean-de-Luz et ceux au N. de la pointe de Sainte- 
Anne, au-dessous d'Abbadia. Dans le port de Socoa.j'ai 
trouvé des Viopalra Neapolilana. A Bemardy, au-dessous 
de la croix d'Archiloa, les roches calcaires sont pavées de 
Strogylocentriis Uvidas Lmck. qui les perforent, d'Aj/era- 
ca/iMiort ^/aciWû O.-F. Mull. et d'Holol/iiiria lubuiosa Gm.; 
les Annélides qui s'y rencontraient en abondance en 1892 
y avaient presque disparu en 1897. On a fait la même re- 
marque pour Guéthary. Il faut peut-être attribuer ce chan- 
gement aux grosses mers qui n'ont cessé de balayer, du 
mois d'août 1896 au mois de septembre 1897, cette côte 
très exposée. 



SjfUt» [Typoiyllis) proliféra Kr. (Ste- 

%l(u graeilii Gr. {idm), 
Otionlotalli» clenotloma CApà.{idem). 
AuMylia piclui Eht. {idem). 
Tryfianoiyllii Krohnii Clpd. (Goélhary). 
Lspidonota* cUva Mont. (Ste-Bsrbe). 
HatatydMa gelalinota Sars (Reiiiardjr, 

Reodaye). 
Hamothoe plcta St-Joi. (Remardj, Ste- 

LagUca tatanvata Gr. (Remarily, Sle- 

barbe). 
Slhtnfiait filiitur Rathke(Ste -Barbe, Sle- 



Euphrotync foliota Aud. el Edw. (Sle- 

Diopatra Neapolitana D. Cb. (port de 

SÔcoa). 
EoDico Kinbergi Ehl. Forme Jeune et 

adulte (Ste-Anne, Ste- Barbe, BîarriU). 
Ennice torqaata Qfg. (liiiétbary, Be- 
rnard;, Stu-Barbe, Ste-Aune). 
Lnmbriconarai* coccinea Reu. (Ste- 

Barbe). 
LumbricDDaraii impaUoDi Clpd. (rochrg 

rniru Guf'thary et Saiut-JeaD-de-Luz, 

Ste- Barbe). 
Lymdice Siavlla Aud. et Ëdw. (Sto-Bar- 

be). 



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222 



BE SAniT-JOSEPH. 



HadoTia 0gautM Gr. (Guétbarj, Re- 

raardy, Sle-Barbe, Ste-Anae). 
NtreÎB pflUgica L. (Guélhar}'). 
ll«reU irrorau Mgr. iSle-Barbe). 
Perinaraii oliT«lra Horst (roches entre 

Gut'thar; et St-Jeau-de-Luz, Ste-Barbe, 

Ste-ÀDDe). 
Fflriasreia loogipaaN- S. (GiiÉtbary, âle- 

Barbe, Ste-Aone!. 
Perinaraia caltrifara Gr-FormesbëtÉro- 

n^rèidicnnes mile et Temellc (Gué- 

thary, Remardy, Ste-Aniie). 
Flalynereis Dunerilii Aud. et Edw. 

(Guéthiry). 
PAyllodoce taminota Sav. (9U-Barbe\ 
Fh'jllodoce splendeni ât-Joe. (Stc-Ann(^'<. 
PbYUodocabimacnlaUN. S.(St(r-Barbe). 
Euialia viridis O.-F. MUll. (Guélhary, 

Ste-Anae). 
Euialia pnnctilara Gr. [Ste-Aonc). 
Euialia puailla Œrit. (Ste-Anne). 
Pterocirrut maeroceros Gr. (Ste-Bafbp). 
Hesiona pantherina RImo [Guétbary, 

Bemardy, Ste-Barbe). 
Audouinia tmiaculata Mont. (Gufthary, 

Rfuardy, Stu-Barbe, Ste-Aone). 
Aricia lavigata Gr. (Sle-Anoe^. 
Aricia Cuvieri Aud. et Edw. (Ste-Barbe). 



Quatrerages, datiR son Histoire naturelle des Annelés 
(passim), décrit des espèces qui ne sont pas énumérées 
dans ma liste et qui appartiennent à Guélhary : Polynoe 
iœvis Aud. et Edw., Lepidonotus brevicornis Qfg., Eunke 
heleroc/iœtaQîg.,LinnàriconereiscOfitorlaQ(g.,Liim6ncoiiereiii 
Vauro Qfg., Cirr/ùnereis DlainviUu Qfg., PkyUodoce Kln- 
bergii Qfg., Phyllodoce Ratlikei Qfg., Phyllodoce brevire- 
mis Qfg., CAietopterux Sarsu Boeck, Spirorbis lievis Q(g.,Ver- 
mU'ui pimlla Qfg., Vermiiia prodilrir Qfg. Comme pour 
Arcaclion, je ne fais que citer saus garantir la détermination. 



FlabaUigara Claparedil N. S. (Remardy). 

PolTOpbttaalmna pictna Du]. (Gnéthary). 

Duybrancliiu cadncui Gr. (Remardy, 
Sle-Barbe, Sle-AnoeJ. 

Aranîcola brancbialis Aud. et Edw. 
(Sle-Barbe;. 

Clymene lumbi-icoidei Qtg. [Rocbea entre 
Guélhary et St-Jcau-de-LuiiReiuardy). 

Johuitonia djBWDoidu Qtg. (Sle- 
Barbe). 

Pelahproelia terricola Qfg. {ûltm). 

Leiochone etyptala St-Jo3. {idem). 

Sabellaria alveolaU L. iRocbes cnlre 
Guélhary cl SI.Jeao-de-Lui; Remar- 
dy). 

Amphitrile gracHis Gr. (Ste-Barbe). 

TerebeUa lapidaria (Kaehler) L. [Ste- 
Barbe, Sle-Anne). 

Foli/mnia nebuloia Mont, rue Jobnal. 
[Remardy, Ste-Anoe). 

Fifta cretaoaaGr. (Remardy, Ste-Barbe, 
Ste-Aaue]. 

Polamilla i-eniformU G. -F. MOU. (Ste- 
Barbe). 

Safmacina Dyileri HuzI. (Ste-Anne). 

Pomaloctroi triqueter L. (Bemardy, 
HeDdaye). 



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ANNÉLIDES POLYCHÈfES DBS COTES DE FRANCE. 223 

VAIIII.I.E DBS SVLUDIBfllS Gr. 

Genre PIONOSYLLIS Mgr. Laog. char, entend. 

PiONOSVLUS PUUiGERA Krobn (I). 

Stludu puluoeh Claparède, Glanur€S zool. parmi Ua Aanél. de Porl-Vendrti, 

18G4, p. 81, el pi. VI, flg. G. — Annél. du golfe de Niipfej, 

ISBg, p. 309. 
— — Viguier, Éludée aur lei animaui: infirieur» de la baie d'Alger 

[Arch. de lûot. expér., S°» «ér., t. II, 1B84, p. 99, et pi. V, 

flg. bl-U). 
PtoiioiTLLiB PULUOBHA Robin, Oburv. nir quelques Annél. de l'étang de Tkau 

[Bull. Soe. phil., 7-« êér., 1. VII, ISSS, p. 3!). 

PI. XIII, flg. I. 

Deux exemplaires dans un dragage à la baie de la Forest, 
à Concarneau. 

Le corps incolore a 2"°',50 de long sur 0'",32 de large, 
rames comprises sans les soies. La tête ronde a 2 palpes 
massirs trfes divergents, une longue antenne médiane et 
4 gros yeux avec cristallins dirigés en avant, précédés de 
2 taches oculiformes. Tous les appendices du corps sont 
inarticulés et hérissés de poils tactiles. Le i" cirre dorsal 
est plus long que les cirres tentaculaires et il y a alternance 
de longueur enire les cirres dorsaux suivants. La trompe 
courte a une petite dent placée tout à fait en avant. Le pro- 
ventricule qui ta suit avec ses rangées transversales de 
points gris occupe les segments sétigères 3 el 4 ; il a des 
mouvements de contraction et d'expansion. Le ventricule et 
ses glandes latérales sont très petits. La figure 50 de 
M. Viguier, qui représente la partie antérieure de l'animal, 

(1} Krobn, Ueber Syllis pulligera eine neue Art (Archiv fûrNaturg., (852, 
p. Kl, et pi. X). — Pour ne pas allonger démesurément la bibliographie, 
il ne nera ritli dans ce mémoire, & chaque espèce, (jue les travaux ijui ont 
un inlérêl descriptif ou anatomique el il ne sera pas fait menlion de ceux 
où l'espèce est simplement nommée ou catatogaée. 



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iîi DK «AlNT-d(MBPH. 

est exacte. Il en est de même de sa Bgure 53 pour les soies 
à article unidenté et l'acicule de forme particulière; mais 
aux soies h article unidenté il s'en mêle d'autres à article 
bidenté qu'on ne voit bien qu'avec les plus forts grossisse- 
ments. Je ne trouve la soie simple qu'aux 5 derniers seg- 
ments. 

L'un de ces exemplaires a 23 segments sétîgëres avec 

2 gros œufs, à chacun des segments 8-16, renfermés dans 
l'intérieur du corps. 

L'autre a 21 segments sétigères et porte 24 embryons qui 
me paraissent couchés sur le venlre deux par deux à ta partie 
dorsale de chaque pied de la mère à partir du 7" segment 
sétîgère. Ils sont beaucoup moins bien fixés que les embryons 
des Ëxogonés et se détachent trop facilement pour que je 
puisse être absolument certain de la position exacte qu'ils 
occupent sur le pied. Ils ont 0"", 25 de longsurO™", 08 de large, 

3 antennes dont la médiane plus longue fO'°'°,07) que les deux 
latérales (0"",0ji), 4 pelils yeux rangés sur une seule ligne, 
un )" segment achète avec 2 paires de cirres tentaculaires 
dont une rudimenlairc, 3 segmenis séligères dont le 1" et 
le 3"' ont seuls un cirre dorsal long de ©■■,05 qui manque 
au 2"' segment, puis vient un 4"" segment achète avec un 
rudiment de cirres dorsaux et le î»"' l'I dernier avec 2 cirres 
terminaux longs de 0°'°'.0â. A chacun des segmenis sélîgèrej 
il y a une et rarement deux soies h article unidenté à laquelle 
il se joint quelquefois une soie simple. Il ne se dessine au- 
cune trace du canal digestif {fig. IJ. Vus de côté, les em- 
bryons ont bien la forme indiquée par Claparède {/or. rit., 
pi. VI, fig. 6 £). Aucun de ces deux exemplaires n'a de soies 
natatoires. 

Cette espèce a un mode de reproduction bien différent des 
autres Pionosyliis connues et se rapproche sous ce rapport 
des Ëxogonés. 

Méditerranée, étang i\f Thau ; mer Noire (Bobrclzky d'a- 
près Cziernawski}, Pas de Calais (M. tîiard). 



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ANNÉLIDES POLYCUËTES DES COTES DE PttAHCE. 



TBiniJ DES POLVNOIXA Gr. 



Genre LEPIDONOTUS Leach, s. sir. Kbg. 
Lepidonotus clava HoDt. (1). 



trniu Gr. Gnibe, Zur Anal, und Physiol. der Kiemen- 
Kûraitr. KooigBborg, 1838, ÎD-t, p. 60. — Aclinien, 
Erhinodermtn und Wiirmer dtt Adriat. und Miliel' 
meerei. KOiii«»berg, IMO, iii-1, p. 87. 

Gr. Grube, Uesclir. neuer oder wenig beliniinl. Annel. 
[Archiv fUi- Naturg., IHGO, p. 71 et pi. III, fig. 1). - 
liie ijuet Lussin und iliit Meert* fauna. Breslau, ISGi, 
in-8, p. Tl. 

Valciicienoe». QiiatrefageB, fli«<. nal. des Annel., t. I, 
p. S45. 

ModI, JohnatoD, Catalogue of Brilisk non parasil. Wormi, 



a-S, I86ù, ] 



III. 



— — .Malujgreii, Ann. palycA., p. lîO. 

— — VoD Jlarenieller, Zur Kennl. drr Adriat. Annel. Il"' bei- 

Irag (Sihb. de,- K. Akad.der iciM. :u IV'ien. l. LXXII, 
ISTi, S. A. p. 1). 

— — Bournc, On certain pointe in Ihe Anat. of l'olynçina 

{Trans. of Ihe Un». Soc, î— série, l. II. iii-4, l«8:|, 
p. 3lH,etpl. XXXIV. Qg. I-G,pl. XXXV. flg. S, II, 13, 
el i>L XXXVI, Gg. le-lSi :î). 

— — var. I.an(r, Langerliant, l>ie Wurmfauna non Madeira 

II"-- beilrag {Zeits. far viiee. lool.. t. XXXIII, ISl'J, 
p. 213, Btp[. XIV, Cg. î). 
PuLTuoc GmtiAriA Clpd. Cloparède, SuppI, aiu: Annél. du golfe de Naples, 

p. et pi. I, Qg. 2. 

— — JourdiD, ^Iriiclure det ttytret de quelques Polt/noe.' 

[Zcol. anx., U Vlll, 1S8S. p. 1Î8 et Dg. I-Î). — Struc- 
ture hisloioi/ique dei légu"-ente el appendices temilift 
de i'Hermione hgilrij: et de la Potynoe Gruhiana {Ar- 
chiretde iool. exfér., 3"" eérie, l. V, 1887, p. II&-130, 
et pi. IV, Ûg. M, 1?, IG. 17). 
Lï'iiKj^OTus WAHLBKnai Kbg. Ktnberg. Eageniet Reta. Zoologi : Annulala,p, 1! 
el pi. IV, lig. i. Stockbolm, IBJG. iu-4. 

— — Ml- liilosh, lieport on Ihe Annel. l'oiycfi, cotlecled by 

II. M. S. Vh'ilienger (Heporta, etc., t. XII, 1885, p. m 
et pi. XI, ng. I : pi. XVUI, fig. 8; pi. X .V, % I^IG). 

— — Voyage île la géoliille Metita sur les côtes occiilentales 

lie l'ucéau .Ulautique. Annél. polgch., par Malaquiu. 

(I ) Aphroiiite clava. Monlagu, Dffaiption of seiertil marine animais found 
on //le .SouiA coast of Ùcvunshire {Trans. of the Linn. Soe.,L IX, IS08,p. 108, 
et [il. VII, lig. 3). 

(2f Bonnes fiifures de l'animal entier. 

is». 6C. .\AT. ZOOL. V, 15 



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226 DE IKAINT-40aEPH. 

{Revue biol. du Nord de la France, t. V[, 1893-9*, 

p. 411-118). 
TPoi-Tnoi THOCniKOraoHjt Schmarila. Scbmarda, Neur airbell. Ihiere beoè. und 
gesammelt atif einer rtise uni dît trde, elc. Leipiig. 
IB6I, iD-fol. p. 151 et pi. XXXVr, fig. 310. 

PI. Xlll, fig. 2 8. 

Trouvé sous les pierres à Concarneau à la pointe de la 
Jument, à Sainl-Jean-de-Luz près de Sainte-Barbe, el au 
Croisic au plateau du Four. 

Le corps plat, presque partout de même largeur, est 
long de 27 à 30 millimètres sur 8 millimètres de large, soies 
comprises, et compte en tout 27 segments dont 25 sétigèrcs. 
Le ventre est pâle, te dos coloré en brun, eoUèrement aux 
segments antérieurs el seulement par places aux suivants. 
Les élytres sont pigmentés çà et là de rose, de brun, verl 
ou violât foncés, avec une grosse lâche blanche au-dessus 
de l'élytrophore. Les parties pigmentées se composent de 
cellules roses, brunes, violettes, polygonales, à noyau central 
incolore. La I" paire est plus claire que les autres; il en 
est de même des deux tiers antérieurs de la 2'* paire. 

La tête bilobée a 4 yeux dont les 2 antérieurs placés 
latéralement assez en avant, et les 2 postérieurs tout k fait 
en arrière, recouverts quelquefois par un repli du segment 
suivant. Chacun des lobes se prolonge pour former, comme 
d'ordinaire dans le genre Lepidonotus, la base des antennes 
latérales longues de 0"°',90 et enserrer la base de l'antenne 
médiane longue de ("«SO; les 3 bases se terminent au 
même niveau. Les 2 palpes épais, triangulaires, plus longs 
(â'^ilO) que l'antenne médiane, sont garnis de 5 rangées 
longitudinales parallèles de papilles longues de 0"'°,05, ter- 
minées chacune par un poil tactile. Je donne la longueur la 
plus ordinaire pour les palpes, mais ces organes sont tel- 
lement contractiles que quelquefois ils sont plus courts que 
l'antenne médiane. 

Les cirres tenlaculaires placés par paire de chaque côté 
du 1" segment, l'un derrière l'autre, ont chacun leur base 



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ANNÉLIDES POLTCHËTES DES COTES DE FRANCE. 227 

sortant d'un (ronc commun ; de la base du cîrre tentaculaire 
dorsal, un peu plus court que le ventral et de même (aille 
que l'antenne médiane, émerge un aciculc accompagné de 4 
ou 5 soies de même forme que tes dorsales les plus courtes 
du segment suivant. 

Quant aux cirres ventraux du 2"' segment {cirres buc- 
caux), ils ont 1"',44 de long. Les palpes incolores s'amin- 
cissent à l'exirémitéet Bnissenl en pointe assez Bne, mais 
moins 6ne que celle des autres appendices de la tête. Ceux-ci, 
comme les cirres tentaculaires et les cirres buccaux, soûl 
terminés par une massue surmontée d'une pointe Bne et 
entourés d'un anneau de pigment brun au-dessus de leur 
base et au-dessous de la massue. 

Les 12 paires d'élytres sont réparties sur les seg- 
ments 2, 4, 5, 7... 23. Aux autres segments il y a un cirre 
dorsal glabre long de l",70, de même forme et de même 
coloration que les cirres tentaculaires, précédé sur le dos 
d'un tubercule dorsal peu distinct. Les pieds sont très épais 

(fie- S)- 

La rame supérieure est un petit mamelon rond d'où sortent 
un gros acicule brun et un faisceau d'environ 24 soies dor- 
sales, presque toujours recouvertes d'algues et de vase, dis- 
posées en rangées superposées; les soies supérieures du 
faisceau sont près de moitié plus courtes que les inférieures 
qui, longues de 0"°',25 sur 0"'',027 de large, un peu recour- 
bées en arrière et se terminant en pointe obtuse, sont gar- 
nies jusqu'en liant d'une cenlaine de rangées transversales 
de dentelures (fig. 3). La rame inférieure massive et presque 
rectangulaire contient aussi un gros acicule brun qui fait 
un peu saillie au dehors. Les soies ventrales droites, 
jaunes et robustes, au nombre de 18, dont 6 entre l'acicule 
et la rame dorsale, et 12 de l'autre côté de l'acicule, sont 
près de (rois fois plus grosses que les soies dorsales et deux 
fois plus longues. Elles se terminent par une forte pointe 
recourbée, creusée d'une goutlière en dessous, et sont gar- 
nies de 7 à 10 plaques de denlicules superposées, précédées 



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228 DB S«INT-J*SEPH. 

en avant par 4 ou 5 grosses épines (I). Au f* segment, par 
exception, elles ont à peu près la forme des soies dorsales; 
il en est de même au 3"° segment, mais les rangées trans- 
versales de dentelures y sont beaucoup moins nombreuses; 
c'est au 4°" segment qu'elles ont leur forme définllive. Le 
cirre ventral glabre, incolore, ou teinté d'un brun diffus, 
long de O'^'.ÔS, se termine brusquement en une pointe 
efBlée non précédée d'une massue. Les papilles ventrales 
(papilles néphridiennes de Bourne), cylindriques, longues 
deO"",27 sur O"', 15 de large, qu'on rencontre à l'avant- 
dernier segment, sont faciles à reconnaître, étant souvent 
colorées en brun ou en vert sombre ; leur orifice est qua- 
drilobé. 

Les plis de t'orîfïce anal comniencent à se dessiner au 
dos du dernier segment sétigfereell'anus s'ouvre au dos du 
segment anal qui est très étroit et se termine par 1 cirres 
anaux glabres, longs de l'"°,38, dont la petite pointe effilée 
est précédée d'une grosse massue (2). Les 2 cirres dorsaux 
du segment pcécédent sont rabattus vers le bas, de sorte 
qu'il semble y avoir 4 cirres anaux. Les 3 derniers segments 
sétigëres et le segment anal sont nus. 

I-esélytres assez caduques, à bords unis, suborbiculaires 
ou ovales, sauf à la 1'" paire, recouvrent le dos aux t'" seg- 
ments, puis s'écartent un peu et, vers le milieu du corps, 
laissent une petite partie du dos à découvert, pour se re- 
joindre et se recouvrir aux derniers segments; mais il n'y 
a pas de règle fixe et quelquefois ils recouvrent le dos par- 
tout, tout en étant moins imbriqués que chez le Lepidonolus 
sqttamatiis. Tout dépend du degré de contraction de l'animal. 
Les élyfres de la 1" paire orbiculaires et plus petits que 
les autres {1"'°,90 de diamètre) sont couverts de protubé- 
rances cliilineuses jaunes de tailles différentes, depuis 0", 02 
de haut sur û"",016 de large jusqu'à 0''",18 de haut sur 

(I) Voir Bourne. toc. cit.. pi. XXXV, Rg. 13. 

(2| Voir, pour cette dernière portion du corps, Mac latosh.loe. cit., pi. \l, 

ni;. 1. 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FHAMCE. 229 

Û'^iH de large (tig. 4). Les protubérances les plus petites 
sont rangées fout autour des bords de l'élyfre qu'elles dé- 
passent un peu, comme une très petite frange, du côté qui 
est tourné vers la partie extérieure du corps ; les plus grosses 
se trouvent au centre et à la partie la plus rapprochée de la 
ligne médiane dorsale. Toutes sont recouvertes de petites 
écailles, derrière chacune desquelles sort une épine cliiti- 
Dcuse, longue de O^'iOIS, dont la base est cachée par l'é- 
caille (fig. 5). 11 se mêle à ces protubérances, du côté externe 
surtout, de petites papilles (O'^.OIG de haut) incolores et 
transparentes en forme de calice(fig. 6), dont quelques-unes 
(fig. 7} sont surmontées d'un prolongement légèrement bi- 
lobé; on y distingue nettement le filet nerveux décrit par 
M. Jourdan. Cette fibre existe aussi dans les protubérances 
chilineuses où on la découvre par transparence lorsqu'elles 
sont inclinées sur le côté. Les mêmes dispositions se retrou- 
vent aux élytres plus grands (S'^.OO sur 1"",90) et ovales 
de la t" paire. Quant aux élytres suivants, ils ofTrent quel- 
ques cliangemenls : aucune protubérance ne dépasse le bord 
qui est complètement lisse, et les plus grosses me parais- 
sent devenir des verrues convexes en forme de verre de 
montre dont la circonférence seule est cliilineuse; elles 
sont composées de grosses cellules, comme l'avait remarqué 
Kinberg (fig. 8). Mac Inlosb donne une figure exacle faible- 
ment grossie de ces élytres (1). 

La trompe descend jusqu'au 12°" segment sétigère. 
Elle est couronnée de 16 papilles en cône obtus longues 
de 0"°',42 et renferme 2 paires de mâchoires de Polynoïde 
d'un brun assez clair n'oflranl rien de remarquable. 

Grube a décrit le L. clava sous le nom de Polyiioe sqiia- 
mata el de Polynoe clypeata ; j'ai pu m'assurer dans la col- 
lection du Muséum que la Polynoe dorsalis de Marseille doit 
aussi lui être assimilée. Langerhans en a trouvé à Madère 
des exemplaires dont il a fait une variété, parce qu'ils n'ont 

(1) IM. cit., pi. XV1[I, Og. 6. 



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230 DE SAINT-dOSEPH. 

de rangées de papilles aux palpes qu'& la moitié supérieure. 
La Polynoe sqiiamala sensu Gr., le Lepuhnotus Wahl- 
bergi ( I ) el la Polynoe Grubiana dont les palpes sont partout 
couverts de papilles devraient être aussi une autre variété. 
Nous avons vu plus haut que les palpes en se contractant 
diminuent beaucoup de longueur. Il en est de même pour 
leurs papilles, surlout dans l'alcool, ce qui en rend la déler- 
mioation souvent difficile (2). Il me paraîtrait donc peut-être 
préférable de ne pas y attacher une grande imporlance et de 
s'en tenir à une seule espèce. Sinon on devra distinguer le 
L. clava avec 5 rangées de papilles aux palpes, le L. clara 
var. Lang., avec papilles à la moitié supérieure des palpes 
seulement, le L. clava var. Gr. [Polynoe squamata sensu Gr.. 
Lepidonotus Wahlbergt, Polynoe Grubiuna), avec de nom- 
breuses papilles sur toute leur bauteur, et enfin le L. clava 
v'ir. Kbg., avec palpes lisses, en admettant que Mac Inlosb 
ait inexactement reclifié Kinberg. 

La description de la Lepidonote semilecla Stimps. (3) est si 
incomplète que je n'ose pas, comme le voudrait von Maren- 
zeller (4), l'assimiler au Lepidonotus Wahlbergi, avec lequel 
au contraire on pourrait peut-être identifier la Polynoe Tro- 
chiscopAora trouvée aussi au Cap. 

Mancbe, Atlantique, Méditerranée, Mer des Indes. 

Lepidonotus souamatus L. (5). 
PI. Xm.fig. 9-13. 

Commun sous les pierres tout le long des côtes, au Havro, 

(1) Mac Intosh a observé les papilles des palpes qui avaient sans doute 
échappé à Kinberg. 

(2) Voir plus loin, p. 23T, à propos de la Lagisca extatuata. 

(3) Slimpaon, Description of some of the netr invertebrates ftom tke Chintse 
and Japonese seas (Procced. Acad. itat. se. of Pliiladelphia, t. VII, IBâO. m-8, 
p. 393). 

(4) Polyehaeîen der Angra Peqitena Bucht (Zool. Jahrb. ablh, fur System., 
t. m, p. 3). 

(5) Voir Annél. polych. des eôte$ de Dinard, 2"" partie (Ann. des se. nal,, 
-— série, t. V, 1888, p. t5l). 



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ANNÉLIDES POLVOHÈTES DES COTES DE FRANCE. 231 

à Villerville, à Villers, à Luc-sur-Mer, à Saint-Vaast, à Con- 
carneau, au Croisic. 

Les élylres ((ig. 9) bruns, larges de 4 millimètres environ 
sur 2"*,40 de haut, presque toujours couverts de vase et 
de petites algueg incolores, sont bordés du côté externe 
d'une frange de papilles minces et longues (0'°'°,60). Ces 
papilles sont suivies de tubercules chitineux jaunes en cône 
arrondi [lig. 10), hautsdeO'°°',t, revêtus de petites écailles im- 
briquées ; en se rapprochant du centre, ces tubercules gros- 
sissent et s'aplatissent, n'ayant plus que 0'",063 de haut et 
prenant la Forme de grosses verrues brunes (fig. tl) garnies 
de rangées concentriques d'écaillés légèrement découpées au 
bord supérieur et larges de Q-^iOOTS (fig. 12). La partie de 
l'élylre la plus rapprochée de la ligne médiane dorsale, de- 
venue plus claire, est parsemée de mamelons porifères inco- 
lores (fig. 13). Enfin, sur toute la surface de l'élytre, mais 
principalement du côté externe, il y a des papilles en calice 
de mêmes formes, mais peut-être un peu plus grosses que 
celles qiii ont été figurées pour le Lepidonotus clava (voir 
pi. I, fig. 6 et 7). 

Les élylres de la 1" paire, orbiculaires, d'un diamètre de 
2"',40, ont les papilles des franges moins longues (0",084) 
et les petites papilles en calice plus abondantes. 

Genre HARMOTIIOE Kbg. Mgr. s. ext. 

Habhotude imcad var. Pagemstecheri Mich. (1). 
PI. XIEl, rig. (4-20. 

S), comme il est probable, on attache à l'avenir, dans la 
classification des Polynoïdes, plus d'importance à la forme, 

— r.'est à tort que j'y indique la Polynoe squamata, décrite par Grube, 
riimme étant le véritable L. squamatus. Il a été dit plus haut que c'était le 
Li'pi'Ionotuti clava. 

(I) Uichoelsen, Die Polychteten fauna der Deutsehen Meere {Wiss. Unleri. 
ffiT Komm. sur Wiis. uni. der Deutsehen Meere inKiel und <fer biol. anslall auf 
IlelgolanJ, t. II, heft I. 19%, in-ful., p. 7, et pi. I, (ig. t). 



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232 DB SAI 

non seulement des i^lylros mêmes, mais surtout de leur^ 
excroissances, il sera difficile de donnera VH. iitipar JoIiDsI. 
nne place bien déterminéo. Chez celte espèce, dans tous les 
cas, tous les élytres sont parsemés di^ mamelons ronds trans- 
parents d'où sortent de petits tubercules incolores qui, vus 
de côlé, ont la forme d epinos creuses et molles. Ces tuber- 
cules plus gros au centre et près du bord externe (llg. 14) 
sont beaucoup plus petits au bord antérieur (fig. 15). .Mais 
cbez le même individu, tantôt il n'y a que des tubercules do 
cette sorte à quelques élytres, tantôt à d'autres élylres il s'y 
joint Sais protubérances nues, d'un brun foncé, les unes 
rondes, les autres cylindriques, hautes de O""",!. Dans les 
deux cas, le bord externe de l'élytre est frangé de papilles très 
courtes {0'°",08). C'est la forme que j'ai trouvée à l'tle de 
Koclieforl près des Ehbiens (1). 

Chez d'autres exemplaires, au contraire, les élytres sont 
garnis, au bord externe et sur une partie du bord posté- 
rieur, d'une frange de papilles atteignant jusqu'à 0'°'',âl, 
dont on retrouve quelques-unes très transparentes et moitié 
plus courtes, sur toute la surface de l'élytre, et au bord pos- 
térieur il y a de grosses protubérances toutes nues, au nombre 
de 4 à 6, les unes sphériques sur un court pédoncule, les 
autres en massue dont une est plus importante que les autres. 
C'est la forme que j'ai rencontri'e h Grosse-lloche près de 
Saint-Jacul(2).En(iniIyaune3"'' forme que j'ai observée sur 
un exemplaire incom|)lct de Saint-Lunuire et que semblent 
aussi avoir décrite Mainquin cl llornell. La frange des pa- 
pilles et les protubérances sont les mêmes que dans la forme 
précédente, mais les s|)lières (fig. Ifi) et les massues (lig. I7i 
sont couvertes, à leur exirémité antérieure seulement, d'é- 
pines les unes simples, les autres sortant au nombre de i 
(fig. IH), 3 ou i (fig. 19) d'une base commune. La plus grosse 
massue flig. 20) dont il a été question à propos de la forme 

(1) Annéi. poiyçh. ifes câtes de Dînant, *■• partie (.4nii. des sviences nat , 
7"" série, t. XX, p. 202, et pi. XI, Kg. 19). 
(2)H.Hi.,%. 20. 



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AN.NÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 233 

précédente est seule nue; elle mesure 0"°',63 de haut sur 
0""°.:I0 de large au sommet. Les autres massues ont 0*"°,33 
de linnl sur O^'ilô de large et les sphères ont un diamètre 
detr-.àa. 

Celle forme des élytres me parait être celle de VH. impar 
var. Pagcnslcchei'i, et comme je ne vois pas de différences 
notables pour les aulres raraclëres indiqués par Micliaelsen, 
je rapporle cet exemplaire de Sainl-Lunaire à la variété qu'il 
a établie. 

Manche. Mer du Nord. 

Uarmotuob picta St-Jos. (1). 

Je trouve sous les pierres à Saint-Jean-de-Luz, dans les ro- 
chers de llcmardy, et près de Hendaye, à la poinle de Sainte- 
Anne, cette espèce que je n'avais rencontrée à Dinard que 
dans les tubes de Lanice conchilega. 

Ces beaux Polynoïdes sonl plus grands que ceux de Di- 
nard, mesurant 33 millimètres de long sur 7 millimètres de 
large, soies comprises. Ils ont 37 segments sétigères au lieu 
de 36. 

La 1" paire d'élylres orbiculaire a 2 millimètres de dia- 
mètre; les élylres suivants sont moins réniformes que dans 
les exemplaires de Dinard et vers la fin du corps deviennent 
presque ovales (4°"°, 20 sur 3"'", 24). La dernière paire placée 
sur le 32"°° segment recouvre le 33*" et le 34'' et laisse 
à nu les 35"' à 37°". A ce dernier fait suite un segment 
anal étroit avec 2 ctrres anaux longs de 2 millimètres. Les 
cirres dorsaux, précédés d'un gros tubercule dorsal, ont 
2 millimèlres de long et finissent au même niveau que les 
soies ventrales. La rame dorsale qui contient un gros aciculc 
brun est peu accusée el il on sort seulement 1 à 4 soies 
dorsales 1res courtes, tandis que les exemplaires de Dinard 

1 1) Voir Annil. polgch. des côtes de Dinard, S"* partie [Ann. des se. nal., 
-"«éric, t. V, 1888, p. 172, et pi. VIII, fig.4447)et4-par[ie [lùiU. l. XX, 
189:;, p. 203). 



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234 DE SAlnjT-tlOWEPH. 

en ont jusqu'à H) beaucoup plus longues. Les cirres veulraux 
ont 0°"°,i8 (le long. 

Un exemplaire que je ramasse à CoDcarneau à la Poiule 
de la Jument est de même taille que celui de Saint-Jean-de- 
Luz. La trompe a une couronne de 18 papilles eo cône 
obtus hautes de 0"'",30 sur 0"°',092 de large; je vois sortir 
des œufs gris (0""',084 de diamètre) des papilles ventrales. 

HaRMOTBOE LONGISETIS Gr. (1). 

LsMiLLA OLABRA M^. Maloigren. Nurd. hafs Annul., p. 73 et pi. IX, Hg. &. 

— Annut. l'olychsla, p. 136. 
Hahmotboi MALiGiiini Ra; Link. Ray Lankester, On tome nno British Anntlidt 

{Trans. Linman Soc., t. XXV, 1800, in-*, p. 31S, et pi. Ll, 

lig. Il,3â, ÎS). 
PoLTNOE LONGiSETis Mc Inloïh, On Ihe struelurt of Ihe Brilis/i Ni-mfrteatu and 

tome nttn Brit. Atinet, {Tram. Edinb. Soc., t. XKV, ISC9, 

in-f, p. WS, et pi. XV, Gg. 3 et 3'}. 
IlAKaaTHOE OLABBA Bideiikap, UndersSgclaer over Annut. Polych. omkring Itar^ 

dangei-fjordeni udioh aomrneren 1S9S. KrliliaDiii, IKM. 

iil-3, p. 5. 

PI. xiit, lig.ai. 

Un exemplaire jeune de 15 millimèlres de long sur 3'", 60 
de large, pieds compris sans les soies, avec 36 segmenis, 
trouvé dans un dragage à Saint-Vaast. 

Le corps aplati diminue insensiblement de largeur d'a- 
vant en arrière. II y a sur chaque segment du côté dorsal 
une barre brune transversale assez foncée qui se prolonge sur 
les 2 élytrophores aux segmenis élytrigères. Le ventre est 
d'un blanc argenté. Les élytres imbriqués, recouvrant tout 
le dos, ont le bord interne le plus rapproché de la ligne 
médiane dorsale, coloré en brun jaunâtre clair. 

La tète, colorée en brun foncé, consiste en 2 lobes juxta- 
posés, échancrés en avant, séparés l'un de l'autre par un 
sillon étroit, portant chacun une pitire d'yeux dont les anté- 
rieurs, de mftme taille que les postérieurs, sont latéraux 
(fig. 21). L'antenne médiane a 1°"°,82 de long, les deux laté- 

(1) Polyitoe longiselif. Crubc, Borbr. nciirr odir wenig lekattnt. Amul. 
{Areh. fin- naturg., 1B63. t. 1, p. 37, cl pi. IV, lig. )), 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 235 

raies 0"", 48, les deux palpes ]'°'',68, les deuv cirres tenta- 
culaires tes plus longs de chaque paire du ]" segment 
("".ii. Tous ces appendices sont effilés, sans renflement, 
et ont des papilles courtes (C^.Oîe), peu nombreuses ; les 
palpes sont garnis de très petits mamelons ayant chacun un 
poil tactile. Les trois antennes, y compris leur base, sont d'un 
brun foncé, les palpes et les tentacules incolores. 

Il y a 1 9 paires d'élylres très caduques, distribuées comme 
h l'ordinaire. Sauf les élytres de la I" paire qui sont orbi- 
culaires et plus pctils, les autres sont réniformes (3 milli- 
mètres sur 1"",80) ou subréniformes, et unis au bord à part 
quelques très rares papilles de 0°"°,026 de long au bord 
externe. Ils sont parlout couverts de petits tubercules inco- 
lores, cylindriques. 

Lesdeuxcirres tentaculaires de chaque côté, quoique ayant 
chacun leur base, ont un Ironc commun ; de la base du cirre 
tcntaculaire dorsal sortent un acîcule et quatre très petites 
soies, diminutif des soies dorsales des segments suivants. 

La rame supérieure des pieds porte un éventail de soies 
dorsales presque complètement droites, terminées en pointe 
obtuse, couvertes de nombreuses rangées transversales de 
denlicules superposées, comme les figure Malmgren pour le 
Lxniila glabra (loc. cit., fig. 5 D'). Les cirres dorsaux des 
pieds sans élytres ont l'°'°,80 ^^ ''^ngi ^o"' incolores et 
munis de quelques papilles de 0°'°',026 de long. La rame in- 
férieure se termine par un long prolongement digitiforme ; 
les soies ventrales, très nombreuses, minces, bidentées, 
exactement figurées par Mac Intosh (1), trois fois moins larges 
et un tiers plus longues que les dorsales, sont garnies de 
plus de iO rangées transversales de denlicules et termi- 
nées par une longue dent fine légèrement recourbée, au-des- 
sous de laquelle se dresse une épine droite ; elles atteignent 
l^iTOde long, ce qui équivaut à la largeur du corps, rames 
non comprises. Toutes ces soies ventrales et dorsales sont 

(l)Loc. cit.,iig. 3. 



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236 OE «AIST-JOSEPH. 

pAIes et brillantes. Les cirres vt^nlraux, iocolores, subtiles, 
avec quelques rares papilles, ont 0"'°',60 de long, sauf ceux 
du !"■ segment stHigère (cirres buccaux) qui sont d'un tiers 
plus longs. Les papilles vcnlralcs 1res petites manquonl aux 
quatre derniers segments el me paraissent commencer au 8°". 
Le corps se termine par un segment anal achète avec 2 cir- 
res anaux, incolores, à petites papilles, longs de â°"*,60. 

Ce Polyuoïde me paraît répondre à peu près exactement 
à la Polynoe longisetis et à la Lœnilla glabra, saurqnelcs an- 
gles antérieurs de la lële sont moins accusés. Mais ils ne le 
sont pas davantage cIiezi'//a/7HO//(oe Malmgrem que je crois, 
comme Mac Intosh et Giard, identique à la P. longiselix. Ma- 
laquin ( I ) a constaté de même chez la Nychia cin-osa que la 
tèlc pouvait être plus ou moins arrondie. Je ne pense pas 
pouvoir assimiler la P. longisetis à la Polynoe lœvigata Clpd., 
i'i rexemplo de Mac In tosli et de Giard, ni, comme le voudraient 
ces deux auteurs, lui donner le nom de Lœnilla xelosissima 
Sav., dont Savigay n'a vu ni les cirres, ni les élytros et qui 
csl trop imparfaitement connue. 

L'/y. longiselix aurait donc, comme la Nychia ciirosa. la 
tête tantôt arrondie en avant, tantôt avec deux petits pro- 
longements antérieurs el vivrait aussi comme la N. rirrosa, 
soit dans les lubes de ChéloptÈres, soit en liberté. 

Mers du Nord. Manclie (tie de Herm). Méditerranée. 

HaRMOTUOE CASTAMIA Hc Int. (2). 

Giard, Sur quelques Polynoiiliens (Bull, acient. du déparle- 
ment du Xoi-d, î"» lérie, 9"' anuée, I8H6, p. 3 i 0, av«: 
figures). 

Hsrïey Gibaon, Notes on joHie of Ihe Votychrla eolttcted b^ 
Ihe L. M. B. V. [The fii;l rt/ioit upait llie f-iuna of U- 
cerpool Ba-j by Ihe Mrrmbers "f tlie lii-n-poiil Mmine Bioluiti/ 
commiltre, LuuJod, IHSC, )u-8, p. »lj, et pi. VU;. 

Je la trouve dans les dragages à Sainl-VaasI sur les S/m- 

'l) Malaquîn, Les Annél. polych. des côtes du Boulouniiis {Revue Viol, du 
A<m/ lie la Fiance, t. I[, I8B8-30. Tirage à pari, p. 17, ci pi. VI, lig. 3). 

(3) Siutmgrtnia canlanea. Mac luloab. On llritùh AnnetiiU iTram. Zool. Soc. 
Lmdvn, i. IX, )«T0, p. 376, et pi. LXVU, lig. lU-IB). 



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ANNÉUDES POLYCHhTES DES COTEb ÛE FRANCE. 237 

tangin piirpureusO. F. Mull., comme Mac IntoshelM. Giard. 
Je n'ai rien h changer h la descripUon de M. Giard qui est 
1res exacte. Un pelit exemplaire do 7 millimètres de long 
a 32 segmenta sétigères et 15 paires d'élyhes ; le ventre est 
d'un brun Foncé surtout aux 14 premiers segments el ledo3 
est partout d'un brun clair. 
Mers du Nord. Atlantique. 



Genre LAGISC.\ Mgr. 

LaGISCA eXTEMUATA Gr. (1). 
LiPiDONorrs Litcnu Qtg. Quairerage», iliil. nal. dfs Annel., t. 1, p. ^ôS. 

Depuis 1888, j'ai trouvé à Dinard un exemplaire do 
40 millimclrcs de long avec 43 segmeols sétigères, le plus 
grand que j'aie encore rencontré. J'ai trouvé aussi à Sainl- 
Vaasl, à Saint-Guénolé, au Croisic et à Sainl-Jean-de-Luz 
des exemplaires de 20 à 30 millimètres de long. 

Voici quelquesdélailsàajouter àceuxquej'ai déjà donnés 
sur cette espèce. 

Le corps à son extrémité Inférieure est presque cinq fois 
moins large qu'à la partie antérieure. Le 1" segment invi- 
sible du côté dorsal a de chaque côté une paire de cirres 
tentaculaires superposés ayant chacun sa base propre ; de la 
base du cii-re tentaculaire dorsal, entre ce cirre et le palpe, 
sort un acicule avec 2 soies semblables aux soies dorsales les 
plus courtes des segments suivants. 

Les petits mamelons des palpes sont quelquefois à peine 
visibles, peut-être même absents. Les trois antennes et les 
4cirres tentaculaires ont des papilles très courtes (U°'",029) ; 
celles des cirres dorsaux ont 0°°',0i2 et celles assez rares des 
cirres anaux 0°"°,025. Le cirre ventral du 2°" segment, deux 

(1) Voir Annil. polycft. des côtes de Dinard, 2"' partie [Aitn. des se. nat, 
1" série, t. V, 1888, p. 180, etpl.VlK, flg. 52-5i). 



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238 UB SAINT-JOSEPH. 

foispluslong que les suivants, mesure 0'"',90. La papille vcd- 
Irale qui apparaît au 3"' segment manque aux deux derniers. 
Les soies ventrales dépassent les dorsales de O'^fSS. 

Les élytres recouvrent les soies dorsales à peine jusqu'à 
la moitié de leur longueur. La 1" paire est orbiculaire. La 
dernière paire est toujours au 3â°" segment et tous les seg- 
ments suivants sont nus. La trompe est couronnée de 18 pa- 
pilles et non de 17. Comme Langerhans, je suis disposé à 
croire que la Lagisca rarispina Mgr. et la L. propinqua Mgr. 
ne sont que des variétés de la L. extcnuata. Quant au Lepi- 
donolus Leachii Qfg. et au Lepv/onoliis dumefostis Qfg., j'ai 
pu les identifier, d'aprbs les exemplaires du Muséum, avec la 
Lagisca exlenuala. 

Manclie. Atlantique. Méditerranée. 



TBIBtJ DES alClALIONI.'VA Gr. 



Genre PHOLOE Johnsl. 

PUOLOF. SYNOPBTBAUllGA Clpd. tior. DlNAHDENSIS (1). 

Commune dans les dragages de la baie de la Forest. Ayant 
en général 3" ,80 et 12 segments. La hampe des soies à 
long article cilié et à court article non cilié est garnie comme 
citez les Polynoïdes avant son extrémité antérieure de 3 ou 4 
rangées de denlicules semblables à celles qu'indique von ,Ma- 
renzeller cliez la Pholoe ilorsipapiltala von Marenz. (2), mais 
moins nombreuses. 

()) Voir les Annd. polych. des côtes de Dinard, 2"" partie (^nn. des si:, nul., 
I" sérii!, l. V, 1888, p. (80). 

(2) Btr, der comm. fiir Etforseh. der Œst. Uittelm. VI, Zool. Eryebn. Il, 
PotychxlendeiiGrund(:a{Denkick.derK. Akad.der Wisi.iu WieR,t-LX, IS93, 
pi. 1, «g. ao b). 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE KRA.NCE. 



Genre SIGALION Aud. el Edw. Kbg. j. str. nec Ehl, nec Mgr. 

SlGALION SQUAMATUM D. Ch. (1). 

StOALiON MATaiLDS Aud. et Edn. AudouÎD et MilDC-Edwardi, Recherchet pour 
>ei-vir à l'hUt. nal. du littoral de ta France, t. H. 1831, p. lOS, 
«tpl. Il, ùg. 1-10. 

— — Quatrefagea, Hiit. nat. dei ânnet., l. I, 186S, p. ÎBO. 

— — Grube, Btmerk. ùber die familie der Aphrodileen. (Iruppe 

Bermûmea und Sigalionina {Ja/ireib. der Schlei. gettUe. fOr 
IBT4. Brcïlau, tSIS, p. 12). 

PI. Xlll. Mg. 22-29. 

Trouvé dans le sable au Pouliguen, à SaioUVaast (tle de 
Tatihou el près du fort de la Hougue), à Villers (M. Adrien 
DoIKus). 

J'aurais quelques additions et modifications à faire à ma 
précédente descriptioa. 

Les 4 yeux ont chacun 0"',Û25 de diamètre et les an- 
tennes 0'"',12 de long. Les 2 palpes paraissent bien placés 
entre le t" el le V pied, mais en réalité ils naissent à la 
partie inférieure de la tête du côté ventral et la \" paire de 
pieds vient s'intercaler entre leur base et la tète. L'entrée 
de la trompe est couronnée de 10 à 12 papilles de cha- 
que côté. 

Les soies de la rame dorsale, simples, toutes de même 
forme, nombreuses (80 à \ 00) el plus ou moins recourbées en 
arrière^ sont réparties en deux faisceaux peu distincts. Elles 
sont couvertes de rangées transversales serrées de denti- 
cules (fig. 22) et se terminent par une petite fourche très 
fine dont une des branches est un peu plus courte que l'autre 
(lig. 23). Celles qui appartiennent au faisceau supérieur ont 
l"°',20 de long sur C'.OOOS de large non loin de la base et 
seulemeni 0"",0023 au sommet ; celles du faisceau inférieur 

(i) Voir Annil. potyck. des côtes de Dinard, 4»« partie {Ann. des «e. nat., 
T— série, t. XX, 1805, p. 203; pi. XI, fig. 21-24, el pi. XIE, fig. 27). Une 
Taule d'impression m'y fait dire que le S. squamatum a 18 segments; c'est 
180 qu'il faut lire. 



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240 DB «AIIVT-40«BPH. 

sont d'un liers plus courtes et plus de moitié plus rioes. 

Les soies de la rame ventrale forment 2 faisceaux trèsnels. 

Le faisceau supérieur comprend à partir du haut et dans 
l'ordre suivant : 1° i ou 5 soies simples terminées en pointe 
unie et garnies de rangées de denticules en spirale faisant 
saillie des deux côlés;unpeu avant la pointe, les denticules 
devenus plus petits sont disposés en rangées parallèles 
transversales el non plus en spirale el ne dépassent le bord 
que d'un seul côté (fig. 24). Ces soies sont les plus courtes 
de tout le pied, ne mesurant que 0'"°,42 de long ; 2° 2 ou 
3 soies composées dont la hampe est garnie de 1 à 1 2 ran- 
gées transversales de denticules assez saillants au-dessous de 
l'article terminal long de O^^iSS, qui est divisé en articula- 
lions indiquées non par des séparations Iransversales, mais 
par des renflements el des amincissements du bord qui simu- 
lent des cassures (fig. 25). Ici comme dans les autres soies 
à article articulé dont il nous reste à parler, les 1"* articu- 
lations sont plus longues que les autres, et la dernière se 
termine par une dent recourbée au-dessous de laquelle se 
dresse une épine droile (voir plus loin pour cette disposi- 
lion la figure 29) ; 3' 4 ou 5 soies composées h article aiii- 
cuté dont la liampe se termine au-dessous de l'article par un 
renflement garni de 8 à Orangées parallèles Iransversales de 
denticules exirfimement fins (fig, 26) ; 4° 9 à 10 soies com- 
posées à article articulé dont la hampe est lisse parloul 
(flg. 27). 

Le faisceau inférieur commence par 2 soies composées 
dont l'article est une grosse serpe {0°'°,10 de haut sur 
0°"",O22 de large) avec épine sous-jacenle (fig. 28) ; la serpe 
s'allonge (0"',33) aux 4 ou 5 soies suivantes, puis !os soies 
de la forme n* 4 du faisceau supérieur reparaissent avec des 
articles deux fois plus longs; ces articles deviennent même 
trois fois plus longs aux soies les plus rapprochées du ventre 
qui, très nombreuses, moitié moins fortes, molles et inco- 
lores, ont une apparence d'algues filamenleuses. La dent re- 
courbée et la petite épine sous-jacente de l'extrémité de 



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ANNÉUDES POLYCHËTES DES COTES DE FEIANCE. 241 

toutes les soies du faisceau inférieur ont progressivement 
diminué de taille et sont devenues excessivement fines aux 
soies les plus ventrales [Og. 29). 

Chez les 2 exemplaires du Sigalion Mathildm qui font partie 
de la collection du Muséum, j'ai pu reconnaître le cirre 
dorsal des pieds et toutes les formes de soies qui viennent 
d'être décrites en détail. Il oe me semble donc plus y avoir 
de raison pour eu faire une espèce distincte du S. squama- 
lum. Reste la question des yeux. Audouin et Milne Edwards 
n'en ont pas trouvé, Grube en a observé 2 ; quant à moi, il 
m'a été impossible de rien distinguer, la partie antérieure 
des 2 exemplaires étant en très mauvais état. Dans tous 
les cas, il n'y aurait pas là matière à faire 2 espèces dif- 
férentes. 

Dragué dans l'expédition du Porcupine sur les côtes d'Al- 
gérie par 12 à 93 mètres de profondeur. 

VAHILLK DBS EUNICICNII (Kniu Gr.)- 
VMIBU DEM LABIBOfiWATHA Ehl. s. ttr. Gr. 

Genre HYALINOECIA Mgr. 

HVAUMCECIA TUBICOLA 0. P. MUll. (t). 

UmiFniB TuaicoLA Eblers, Die BortlenuOrmer, p. 39T, et pi. XI[, flg. 31-14, et 
pi. XIII, flg I-U (î). 

— — Quatre[age«, Hùl. nat. dei Annti., t. I, p. 3&I. 

— — Scbmiedberg. Veber die ehemitche luiamnteniritung dtr 

WobnrShren von O. tubicola {Ititth. aua der Zool. ttal. zu 
Neaptl, t. Ul, p. 3T3, ISS}]. 
HTJLtMOUUit — Gmbe, Pamilit Eanicea {Jafirtêb.der ScMet. gtulU. fur 1877. 
Breilau, 1S7g, p. 91). 

— '- LaogerbaDi, Die Wurmfama non Madeira Ih" Btilrag 

[Ztili. flir WUt. Zool., t. XXXIU, I87B, p. 191, et pi. XV, 
flg- 2B). 

— — PruTol, SysUme nerveux de» Annil. polyeh. {Areh. de toot, 

expérim., !■» «iric, L m, 18S&, p. 356, et pi. XUI, Bg. 1-&). 

(1) IVereit lubicota 0. F. M ùll u r, Zooi. Danica, ilBè.l. I. P- IS.etpl.XVllI, 
(ig. 1-6. 

(2) A consulter pour la bibliographie et y ajouter les ouvrages ri- 
dessous. 

AMN. se. NAT. ZOOL. V, 16 



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m DE «Ainrr-JiMiEPtf. 

HiALiNoaA TOBicoL* Hc lototb, Report on Iht Annel. polyeA. cotUcled by B. U. S 
Challenger {Reporta, etc., t. XII, p. SU). 

PI. XIU, flg. 30. 



Sur trois H. tubkola, à peu près de même taille, prove- 
nant de dragages au large d'Arcachon, et conservés dans 
l'alcool, j'en examine un de 95 millimètres de long sur 
2 millimèlres de large dont le corps rosé, à reflets irisés, 
rond en avant, plus aplati en arrière, compte 130 segments. 

Les tubes transparents de la grosseur d'une plume d'oie, 
dont Schmiedberg a étudié la composition chimique, ont 
13 centimètres de long (I). 

Je note seulement quelques points, 1'^. tubîcola ayant 
déjà été décrite en détail. 

L'antenne ta plus longue atteint le 10" segment. Les 
2 petites antennes frontales ne sont pas des antennes mais 
des palpes comme l'ont établi Claparède et Pruvot. Le 
cirre ventral qui est assez fort aux 5 premiers segments, 
n'est plus qu'un mamelon aux 4 suivants et disparaît ensuite. 
La l^branchie se montre au 25" segment sétigèreet per- 
siste jusqu'au 3"* avant-dernier, consistant en une simple 
lanière qui atteint sa plus grande taille (3 millimètres) au 
commencement du dernier tiers du corps. Les 2 cirres 
anaux filiformes ont 1 centimètre de long. On retrouve les 
soies limbées et pcclinées figurées par Ehlers et les 5 ou 6 
acicules très fins de la base du cirre dorsal. Les gros aci- 
cules encapuchonnés qu'il représente {loc. cit., fig. 9) ne sont 
pas des acicules, mais des soies aciculaires qui font saillie 
hors du corps autant que les autres soies. Il yen a en général 
I ou 2 en voie de développement dans l'intérieur du pied 
qui n'ont pas encore de capuchon. Les véritables acicules se 
terminent en pointe fine dont l'extrémité seule émerge au 
dehors. La mftchoire supérieure est telle que la représente 
Ehlers ; mais la mâchoire inférieure est de forme un peu 

(I) D'après Pruvol, ranimai, comme une larve de Phrygaoe, traîne son 
tube après lui. 



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ANNÉLIDES POLTCaÈTÉS DES COTES DE FRANCE. 243 

difTérente avec i ailerons antérieurs blaocs plus pointus 
(Hg. 30). 

Plusieurs exemplaires venant de Naples, longs de 50 milli- 
-mëtres, sont semblables à ceux d'Ârcachon; mais un autre 
plus petit, de 30 millimètres a, comme Langerhans l'a déjà 
signalé chez des exemplaires de petite taille, des soies 
pseudo-articulées au 1" segmeut et des soies en serpe com- 
posée à capuchoD aux 8 derniers. Il semblerait que ces 
2 formes de soies dont Ëblers ne fait pas mention ne se 
rencontrent que chez les jeunes. 

Mers du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, Mers 
du Japon {Ckailenger). Draguée dans l'expédition de la Pola 
h 390 mètres et dans celle du Challenger à 1033 mètres de 
profondeur. 

Gbnrk DIOPATRA Aud. et Edw. $. sir. 

Malgré l'opinion de Quatrefages, Ehlers et Von Marenzel- 
1er (I ), qui rangent dans le genre Dtopatra tous les Onuphi- 
des k cirres tenlaculaires, je crois, comme Kinberg, Malm- 
gren, Claparède et Langerhans, qu'il faut distinguer les 
espèces à cirres tentaculuircs avec les branchies en spirale 
si caractéristiques (genre Diopaira Aud. et Edw. s. str.) et 
celles avec branchies pectinées oucirriformes(genre Onuphis 
Aud. et Edw., Kbg.), les espèces sans cirres tentaculaîres 
formant le genre Hyalinœcia Mgr. 

DioPATRA Neapoutaha D. Gh. (2). 

DioPATBA GOPiKA D. Ch. Don Bogc. Délie Cbiaje, Memorie tu gli anmaii laïai 
BtrUbn dtl rtgno di Napoli, t. 11, liU, p. 391,' 413, et 
pi. XVII, flg. B-I6, et pi. XXVni bu, flg. 1-7, fide Eiùen. 

— — Audouiu et Miloe Edwarda, Rrchercha pour ttnir A CMtl, 

nat. da tiUoral de la France, t II, lS3i, p. 1&1. 

_ OAUrcA Qfg. Quatretages, Bûl. tuU. des Annel., t. I, p. 338, et 
pi. XVll, flg. 1-3. — Noiti sur quelques fl-" ' 



\\\ Spitibergische Anneliden [Archiv fur Ifaturg., 1889, t. !, p. 129). 
[i) DelleCaûaje, i>«cri2. enotomia, elc.,184i,t. Ill,p. U7, ut t. V, p. 104; 
pi. XCVII, lig. 9-12, et pi. ai, tig. 1-1, fide Ëhlers. 



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m DE KAimrJOSEPH. 

tibrét du basiin tFArcaehon {Àitoe. française pour Cavan 
cernent du teience», I» aesnon. Borduui, 1811, p. 651). 
DioPÀTH* NlAPOUTAflA Ehler», Die Borslenmdrmer, p. ISS, Bt pi. X[l, flg. 6-30. 

— — a&parédt, Armel, du golfe de NaiOet, p. 113, et pi. VI, 0^.4. 

-~ Suppl. aux Annil. de Naplet, p. 16. 

— — GTatie,FamilieEu3iicea{Ja/ireib.deTSchlei.geteUt.fDrlVn. 

Bredau, 1B7B, p. 86). 

— — Cori, délier anomalien drr segmentirung bei Annel. und 

dertn bedeutung fur die Théorie der SIetamerit (Zeitt. 
fur Wui. Zool,, t. UV, 1S93, p. &T3, 516, et pi. .\XV, 
flg. 10-11). 
T — Bairi Gr. Grube, Aelinien, Behinod. und WBrmer dei AdriatitcktK 

und Miltetmeert. KOoigaberg, 1840, in-t, p. 80 et fkg. lU. 

PI. XIII, flg. 31-33, et pi. XIV, fig. 34-39. 



Trouvée daos le bassin d'Arcachon ealre le phare et le 
cap Ferret et sur la plage d'Arcachon, et aussi dans le port 
de Socoa, près de Saiol-Jeao-de-Luz. Habitant un tube long 
de 1 mètre environ qui s'enfonce perpendiculairenientdansle 
sable demi-vaseux ; l'entrée ronde, d'un diamètre de 1 cen- 
timètre, dépassant le sol de 1 ou 12 centimètres au plus est 
obliquement inclinée, de sorte que l'animal en sortant se 
trouve au niveau du sable sur lequel il se met h. ramper. 
L'intérieur du tube lisse consiste en une couche de mucus 
solidifiée recouverte à l'extérieur de sable et de vase hérissés 
de débris de coquilles et de zostères. La 1" portion du tube 
(10 à it centimètres) est coriace et très épaisse, puis les 
parois deviennent progressivement plus minces pour finir 
par être diaphanes h l'extrémité inférieure. 

LaD. Neapolilana nage en décrivant une hélice. Il est 
extrêmement difficile de l'obtenir entière. A la moindre 
alerte, elle s'enfonce jusqu'en bas du tube qui est noyé dans 
l'eau et qu'on ne peut atteindre. Un coup de bêche donné 
aussi rapidement que possible pour lui couper la retraite 
permet quelquefois seulement de s'emparer d'un fragment 
en général assez court de la portion antérieure du corps. 
En versant du sel dans le tube, le marin attaché à la station 
zoologique d'Arcachon a pu cependant prendre sur la plage 
d'Arcachon quelques exemplaires entiers, en plusieurs mor- 
ceaux, de hO centimètres de long sur 1 centimètre de large et 



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ANNËLIDBS POLYCHËTES DBS COTES DE FRANCE. 24o 

280 segments, l'animal sortantalors en grande partie du tube. 
Les exemplaires du cap Ferret, à ea juger par la grosseur 
du tube, doivent être de taille plus considérable, mais je n'ai 
jamais pu en prendre que des parties antérieures dont la 
plus longue avait 28 centimètres et 135 segments. A Socoa 
oft le .sable n'est pas envahi par l'eau comme h Arcachon, 
ce qui permet de creuser tout autour du tube, j'ai eu 
2 exemplaires bien entiers et intacts loogs chacun de 
28 centimètres, l'un de 250 et l'autre de 269 segments. 

Le corps très fragile est rond en avant pendant les 6 seg- 
ments qui renferment le pharynx en baril ; puis il devient 
plat comme celui d'une Marphysa sanguinea. Aux 5 ou 6 
l"'segments,ile3t plus étroit qu'aux suivants et atteint toute 
sa largeur vers le 30" segment, puis après les segments 
branchifères il diminue progressivement de largeur jusqu'à 
l'extrémité inférieure qui n'a plus-que 3 à 4 millimètres. H 
est recouvert d'une cuticule transparente se détachant faci- 
lement quand l'animal dépérît et s'irisant de superbes reflets 
bleus ou verts (I}. Couverte de stries se coupant à angle droit 
et percée de nombreux pores très fins, elle se dissout dans 
la potasse. Au-dessous de la cuticule, l'hypoderme est coloré 
en brun diffus assez foncé dans les six à sept 1" segments, 
puis la coloration s'éclaircit et aux segments 8-29 apparaît 
une courte raie transversale d'un brun foncé au milieu du 
dos. Partout le dos et les pieds sont pointillés de blanc. 
L'extrémité inférieure du corps est d'un jaune p&le sur 
lequel vient trancher au segment anal un vaisseau rouge 
qui entoure l'anus. Le ventre est incolore, sauf quelquefois 
aux six à sept 1" segments qui sont d'un brun diffus plus 
clair qu'au dos; le pointillé blanc y est assez distinct, et 
l'irisation moins brillante que du côté dorsal. Les exemplai- 
res de Socoa sont d'une couleur verte beaucoup plus intense 
que ceux d'Arcachon et qui s'étend jusqu'à l'extrémité infé- 
rieure du corps. 

(t) Voir Ift figura de Qafttrefages(toc. cil.,flg. 1), qui est à conaolter aussi 
pour la tAte. 



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246 DE lUINV-JOSKPII. 

La têle a sur te I" plan du côté dorsal 3 longues antennes, 
sur le 2" plan 2 antennes moins longues {I), sur le 3"* plan 
2 palpes frontaux beaucoup plus courts placés au-dessus 
des 2 gros palpes qui dominent la bouche. Les 3 longues 
antennes h peu près de même taille (13 millimètres en 
tout) ont une large base à 1 3 anneaux bruns dont le supé- 
rieur plus baut que les autres ; souvent la couleur brune des 
anneaux n'est bien accusée que du côté qui regarde le ven- 
tre. La portion plus mince des aniennes qui en sort est légè- 
rement colorée en brun par des raies brunes longitudinales 
interrompues et sa cuticule est couverte de rangées de gros 
pores en forme de stigmates ellipsoïdaux bien décrits et 
figurés par Claparëde (2). Sur les coupes transversales 
(Og. 31), on voit que d'un nerf central parlent des nerfs 
disposés en rayon, se terminant par une houppe de fila- 
ments très fins qui s'épanouissent au-dessous des stigmates 
sans sortir au dehors. Dans la base annelée il n'y a que le 
nerf central et les stigmates manquent. 

Les deux antennes suivantes un peu plus claires ont le 
même nombre d'anneaux à la base et seulement 8 millimètres 
de long. Quant aux 2 palpes frontaux, très rapprochés l'un 
de l'autre et divergents, ils n'ont que 2 millimètres de long 
et sont d'un brun uniforme avec extrémité blanche sans base 
annelée. Les deux gros palpes bruns ou incolores placés au- 
dessous des palpes frontaux et dominant la bouche ont la 
forme d'un sein de femme et le petit bouton blanc qui les 
termine peut se rabattre sur la bouche comme les 2 palpes 
frontaux, qui s'intercalent alors entre les 2 boutons pour 
faire entrer la nourriture. Entre la base de la grande antenne 
médiane et de chacune des aniennes latérales du 1" plan, on 
aperçoit de chaque côté un disque convexe au-dessous 
duquel les cellules épithéliales sont souvent colorées en brun. 

(I) Un exemplaire de Socoa s 6 antennes; l'antenne surnuméraire de 
même taille que les grandes du premier plan est placée & droite entre 
celles-ci et les antennes moins longues du deuxième plan. 

i2) Loc.àt., fig. 4u 



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ANNÉLIDES POLTCHÈTBS DES COTES DE FRANCE. 247 

Il est entouré presque complètement par une petite fosse 
garnie de cils vibratiles, indiquée, comme il arrive souvent 
chez les Polychfeles pour les organes de la nuque {Nereis 
cultrifera, Hesione Pantherma, Maldaniem, etc.), par une 
dépression de la cuticule et semblant creusée entre deux 
bords brillants. Quairefages, Ehlers et Grube considèrent 
ces disques comme des yeux. Claparède n'y trouvant pas de 
cristallin plus que moi est d'un avis contraire. Spengel (1) 
et Andrews (2) les regardent avec raison comme des organes 
de la nuque. Ici ils sont placés comme chez les Lumbri- 
conereis, à la partie occipitale dorsale de la tète. 

Le segment buccal achète entourant la tète comme un 
bourrelet du côté dorsal, forme une grosse lèvre inférieure 
à 6 ou 8 gros plis longitudinaux du c6té veniral. Sur le bord 
antérieur du segment au-dessous de la base des 2 longues an- 
tennes latérales, et de même longueur que cette base (2°™, 64 
à 3 millimètres) naissent 2 cirres tenlaculaires entièrement 
bruns ou légèrement colorés en brun h. leur extrémité. Chez 
un exemplaire, le cirre tentaculaire de gauche est bifurqué. 

Le f" segment sétigère qui fait suite a un cirre dorsal 
massif, un cirre ventral et, entre les deux, un prolonge- 
ment du pied en forme de cirre {cirre terminal). Le pied 
est tourné vers la tête. Les soies sortent entre une lèvre 
supérieure, languette basse et arrondie plus rapprochée de 
la tête, et le cirre terminal qui peut êlre interprété comme 
étant une lèvre inférieure élevée et pointue. La cuticule du 
cirre dorsal est percée de pores assez semblables aux stig- 
mates des antennes, au-dessous de chacun desquels il y a 
un peloton de petits boyaux contournés qui y débouchent 
probablement. Les 3 segments suivants sont semblables. Le 
cirre dorsal du 3°° segment a 2 millimètres de long, le pro- 
longement du pied 1 miUimètre et le cirre ventral ("jSO 

(1) Spengel, Oligofinathus Bonelli» {Mitth. aus der Zoot. stat. lu Neapel, 
t. III, 1831, p. 33, et pi. IV, fig. 48 et 49). 

(2) Andrews, On tht «y» of Polychifiota Annelids {Jotirn. 6f Morphohgy, 
U VU, 1892, p. 184). 



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248 DE «auvt-josefh. 

(fîg. 32). A ces quatre 1'" segmenls séligères, les pieds placés 
presque sous le ventre se rapprochenl de la ligne médiane 
ventrale et semblent devoir servir & l'animal à grimper dans 
son tube, et surtout à ramper sur le sol quand il sort du 
tube. Us ne deviennent latéraux qu'au 5" segment, où appa- 
raît la 1" paire de branchies. Mais plus souvent (7 fois sur 
12 par exemple) la 1" paire de branchies commence dès le 
4" segment sétigère où le cirre ventral conserve cependant 
sa forme ordinaire. 

Les branchies non ciliées, encore un peu petites au 
1" segment branchifère, atteignent déjà au segment suivant 
presque toute leur taille (6 millimètres de haut non compris 
la base) qu'elles conservent jusqu'au 25'"-27"' segment. 
Leur base à 11 ou 12 petits anneaux moins marqués que 
ceux de la base des antennes est haute de 1",5 à 2 milli- 
mètres sur 0",84 de large, légèrement brune et irisée. 
Au-dessus de la base s'enroule autour du tronc branchial une 
raie verte en spirale senestre ascendante décrivant 17 tours 
de spire (il y en a déjà 12 au 2" segment branchifère), 
le long de laquelle se rangent les filaments branchiaux, 
s'élevant jusqu'au nombre de 140 à 150, longs de 1"",64 et 
dont les derniers couronnent le sommet du tronc branchial 
d'une houppe terminale. Tous ces filaments ont 2 raies vertes 
longitudinales. Un gros vaisseau (artère] s'élève eo spirale 
jusqu'au haut du tronc branchial et en redescend comme 
veine par une spirale en sens inverse. Il distribue dans chaque 
filament un vaisseau qui s'y recourbe et redescend dans la 
veine et dont les 2 anses sont reliées par des anses transver- 
sales. La raie verte en spirale du tronc branchial dont nous 
avons parlé est placée au-dessus du vaisseau ascendant. 
une raie verte plus mince au-dessus du vaisseau descendant 
et les deux raies vertes des filaments au-dessus du vaisseau 
en anse; mais ces raies ne masquent pas la coloration rouge 
donnée par te sang. Chez quelques individus cependant, les 
raies vertes sont beaucoup plus importantes que chez les 
autres, ce qui coïncide avec une coloration verte plus accen- 



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ANNËLIDES POLTCHËTES DES COTBS DE FRANCE. 249 

luée du reste du corps rappelant par ses admirables reflets 
ceux des plumes de certains Trochilidés. Rien ne peut 
rendre l'élégance de ces branchies si caractéristiques en 
panaches plumeux se dressant de chaque côté du dos de la 
D. Neapolitana, et il me semble difHcile de confondre dans 
un même genre tes animaux qui en sont ornés et ceux qui 
n'ont que des branchies peclinées ou cirriFormes, si simples 
et si ternes à côlé des autres. Elles persistent jusqu'aux 
60"'-66"' segments, allant en diminuant progressivement du 
27" au 48'*, décroissant alors rapidement, n'ayant plus que 
3, 2 ou 1 spire, puis une seule branche et enfin finissant par 
n'élre qu'un simple filament. Quelquefois on en observe de 
derniers vestiges jusqu'au 80" segment. 

Au 5"* segment apparaît, sous le ventre, faisant suite au 
pied, un bourrelet blanc transversal qui ne se prolonge pas 
jusqu'à la ligne médiane ventrale et qui va en décroissant 
progressivement de longueur aux derniers segments bran- 
chifères pour disparaître ensuite. Le cirre ventral qui jus- 
que-là était très développé ne mesure plus que 0"°,42 de 
long sur 0",24 de large. Il continue ainsi jusqu'au tS^'-lO"' 
segment sétigère, puis il prend la forme d'un bourrelet 
aplati adhérent au corps et à partir du 22'*-25"' segment il 
n'y en a plus de trace. Entre le cirre dorsal et le prolonge- 
ment du pied, à la base du prolongement du pied et à la 
base du cirre ventral, il y a dans l'intérieur du corps 3 amas 
de grosses cellules glandulaires probablement muqueuses 
dont je ne découvre pas les pores de sortie, remplies de 
tubes transparents (1). 

Après les segments à branchies normales, c'est-à-dire vers 
le 49" segment, le cirre dorsal ayant atteint jusqu'à 3'°",5 
delong, qui, jusque-là, semblait sortir de la base de la bran- 
chie et qui avait encore 2"",5 au 30'' segment, diminue de 
laille tout en devenant plus important, car maintenant c'est 
la braochie qui semble sortir de la b^se du cirre et celui-ci 

(1) Ehlersen représente de semblables pour rOnupAts(HyaJtncecùi)(ubtcafa 
O. F. Mùllcr (Die BorUmwûrmer, pi. XIII, fig. 4}. 



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250 DB SAIKT^OSBPH. 

est appelé à la remplacer. Comme dans un Hlament bran- 
chial, il y péDëlre un vaisseau recourbé dont les anses sont 
reliées par des anses transversales et le cirre est rougi par le 
sang qui le parcourt. A partir du dernier segment brancbi- 
fère jusqu'à la fin du corps, tes pieds simpiiliés sont tous 
semblables, ayant un cirre dorsal respiratoire et un pro- 
longement (cirre terminal) riche en vaisseaux. Le cirre dor- 
sal devient de plus en plus court (1") et de plus en plus 
mince vers l'extrémité inférieure du corps. L'anus à bords 
légèrement festonnés est dorsal et le segment anal achète se 
termine par 2 cirrea dorsaux longs de 3°",72 à 4",60 et 
2 cirres ventraux plus courts (0'°",80} (fig. 33). 

Pour compléter la description des pieds, il reste h parler 
des soies et des acicules et de leur répartition. Au l"pied 
il y a des acicules fins, droits et incolores à la base du cirre 
dorsal, ce qui indique bien un rudiment de rame dorsale. 
D'autres acicules d'un jaune d'or mat, plus gros et à pointe 
fine recourbée en arrière existent à la base du prolonge- 
ment du pied (fig. 34). Entre le cirre dorsal et le prolon- 
gement du pied sortent du corps 2 à 4 soies plates d'un 
jaune clair à peine limbées finissant en pointe fine recourbée 
en arrière (fig. 32), puis, entre le prolongement du pied et 
le cirre ventral, des soies pseudo-articulées à lame dissec- 
trice dont une ou deux sont quelquefois bidentées (fig. 35). 
Vues dans une certaine position, elles ont l'apparence de la 
figure 4 B de Claparède, mais il ne me semble pas qu'il 
s'agisse de soies de forme différente, comme il le pense. 
Les soies sont réparties de même aux segments 2, 3 et 4; à. 
ce dernier il y a environ 15 acicules fins à la base du cirre 
dorsal, 4 gros h la base du cirre terminal, 9 à 10 soies 
pseudo-articulées et 4 soies limbées. Au 5"°° segment (i" bran- 
chifère) les soies pseudo-articulées disparaissent pour ne 
plus reparaître et il ne reste que des soies limbées; deve- 
nues plus foncées, munies de 2 limbes assez larges, elles sont 
couvertes de petites fibres chilineuses débordant comme des 
denticules de chaque côté des limbes, lorsqu'on regarde la 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 251 

soie de face, distribuées d'abord en rangées transversales 
régulières, puis ensuite plus inégalement réparties (1). Lors- 
que les branchies comraencenl au i"" segment, les soies 
pseudo-articulées, qui ne semblent p^s coexister avec les 
brancliies, y disparaissent. 

Au 6"' segment (quelquefois môme dès le 4°"') il se montre 
(levant les soiei^ limbées, entre le cirre dorsal et le prolon- 
gement du pied, 2 ou 3 soles en forme de fourchette plate 
à 6 dents terminées en pointe filiforme courte. Elles per- 
sistent jusqu'à la lin du corps, augmentant progressivement 
de nombre (8 à 11} pour décroître ensuite jusqu'à 2 et 1, 
le nombre des dents suivant la même marche, s'élevant jus- 
qu'à 12, mais ne descendant pas au-dessous de 6. Ces soies 
sont incolores, tandis que les autres sont d'un jaune doré 
et leur tige est trois fois plus mince. 

Au IQ^'-âS"' segment, il se joint aux soies limbées et en 
fourchette, 2 soies aciculaires très grosses en croc bifurqué 
d'un jaune foncé, à lame dissectrice, et dont la large base 
est couverte de stries (fig. 37). Elles sortent du pied, l'extré- 
mité dirigée vers le bas du corps en faisant un angle droit 
avec les autres soies. Elles persistent jusqu'à l'avanl-dernier 
segment et souvent il y en a 3, mais alors 1 ou 2 restent 
noyées dans le pied. 

Vers le 40'' segment, les soies limbées sont d'un jaune 
plus foncé. Les acicules droits et fins qui jusque-là restaient 
à la base du cirre dorsal y pénètrent au nombre de 4 à 6 et 
s'y enfoncent jusqu'aux deux tiers de sa longueur. Au 
80"* segment, on compte 4 de ces acicules, 6 gros acicules 
à pointe fine recourbée en arrière, 15 soies limbées dispo- 
sées en 2 faisceaux superposés, 5 à 6 soies en fourchette 
devant le faisceau supérieur, et enfin 3 grosses soies acicu- 
laires ventrales en croc bifurqué. Aux derniers segments du 
corps, ces soies et acicules sont les mêmes, mais de moindre 
laille et en très petit nombre. 

(1) Voir Clapu-ède, Içe. cit., fig. 4c. 



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252 DE MAINT^OSEPH. 

Le pharynx long de 5 millimètres contient les mftchoires 
qui sortent de la bouche mais ne sont pas projetées au loin 
comme lorsqu'il s'agit d'une trompe. La mâchoire inférieure 
est formée de 2 lamelles chilineuses parallèles très minces. 
longues de 3 millimètres, se rapprochant l'une de l'autre en 
avant, s'élargissant à partir de leur point de contact et se 
terminant chacune par 2 dents blanches (fig. 38). Elle reste 
en place pendant que la mâchoire supérieure est projetée 
hors de la bouche. Le système maxillaire supérieur se com- 
pose : 1' d'un support long de 1 millimètre, consistant en 
2 petites plaques noires juxtaposées, arrondies partout, sauf 
à leurs points de contact entre elles et avec la I" paire de 
mâchoires (1); 2' d'une i" paire de mâchoires en forme de 
grossepincc noire longue de2millimèlres; 3* d'une 2"° paire 
ayant 1 dents à droite et 8 à gauche ; 4' d'une pièce impaire 
gauche à 7 dents ; 5" d'une 3"° paire de mâchoires blanches 
en dessus et noires en dessous ayant 10 dents à droite et 7 h 
gauche ; le tissu où elle est fixée est coloré en noir au-dessus 
et semble former un capuchon noir; 6° d'une 4'' paire con- 
sistant en une petite écaille noire placée à l'extérieur des 
2 pièces de la S""' paire, ayant h sa partie supérieure une dent 
recourbée en avant comme une griffe. Chez un autre exem- 
plaire il ya 8 dents à droite et 7 à gauche à la 2"°' paire, 
8 dents à la pièce surnuméraire, 8 dents ii chacune des 
pièces de la 3"° paire. Le nombre des dents de chaque 
pièce est variable selon les individus. 

Le pharynx est placé du côté ventral au-dessous de l'œso- 
phage avec lequel il communique et qui a 4 gros replis 
longitudinaux intérieurs. Dans le 7"' segment, à l'œsophage 
snccéde l'estomac avec 15, puis plus loin avec 24 à 28 replis; 
il s'ouvre dans l'intestin au 24°"'-27"° segment. Jusque-là le 
canal digestif à parois épaisses est jaune. L'intestin monili- 
forme, à parois minces, étranglé à chaque dissépiment, 

(1 ) Ehlers les représente avec Irois petits dentirules i la pu-lie inférieure. 
Sauf ce détail, la figure Hoc. cit., lig. i9) qu'il donne de la m&choire supé- 
rieure esl exacle, el je ne pourrais que la reproduire. 



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AKNÉLIDES POLYCHÈTËS DES COTES DE FRANCE. 253 

est tapissé de bandes longitudinales de glandes d'un brun 
foncé. II est en général rempli de débris de zoslères, à'uiva 
iatissima el de fucus souvent recouverts de bryozoaires. 

La chaîne nerveuse ventrale plus large que haute {O-'jâO 
sur 0°",20), reposant sur les muscles circulaires est traversée 
dans sa partie inférieure par une grosse fibre lubulaire 
de O'",04 de diamètre. 

Outre les cellules glandulaires des pieds dont il a été 
parlé plus haut, il y a dans l'intérieur du corps & la base de 
chaque pied, à partir du 3"' ou 4"° segment, un amas de 
glandes en forme de massue d'abord légèrement rosées, 
puis ensuite d'un blanc crayeux, renfermant des cellules 
rondes, incolores, à noyau, d'un diamètre deC^.OÎ à 0"°,0i 
qui me paraissent être des ovules à divers degrés de dévelop- 
pement. Ces glandes sont indiquées à l'extérieur du corps 
par le bourrelet blanc qui fait suite à chaque pied du côté 
ventral à partir du 4*°° segment. Ce sont probablement des 
glandes génitales. Je ne trouve d'œufs chez le D. Neapolitana 
qu'en septembre. D'un diamètre de O'^^IS, gris, peu nom- 
breux, isolés, ils ne sont pas accompagnés des cordons de 
cellules vertes qu'Andrews observe chez la Diopatra cuprsea 
Bosc et la D. magna Andr. (I). 

Les organes segmentaires longs de l'"°,50 à {'"(TO qui 
commencent vers le iO"'-t2'"' segment sont colorés en vert 
(lig. 39). Ils ont un pavillon vibratile large de 0°"°,21, placé 
sur la partie antérieure de chaque dissépiment et viennent, 
après l'avoir traversé, déboucher à la base du pied du seg- 
ment suivant par un canal dirigé obliquement. 

Chez un exemplaire, le pied gauche du 3°" segment séti- 
gfere répond aux 2"" el 4°" pieds de droite et de ce côté le 
segment est biannelé. Cori avait déjà signalé un cas sem- 
blable. Chez un autre exemplaire, te 3°" pied de gauche 
répond à 3 pieds plus petits de droite et le segment plus large 
de ce côté a un anneau pour chacun des 3 pieds. Au segment 

(1 ) Andrews, Repnduelive organs of Diopatra {Journ. of Morphology, t V, 
1691, Boston, p. 113-134, el pi. VII et Vlll). 



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254 BB SAlMT^ASBPtf. 

suivanl la branchie normale de gaucbe répond à une bran- 
cbie de droite beaucoup moins grande qui semble régénérée 
et de chaque côté de laquelle il y a un petit cirre dorsal et 
un très petit pied. Il est probable que la partie droite de ces 
3"' et 4'' segments a été détruite et se régénère. 

Pour 3 exemplaires de D. Neapolilana venant de Naples, 
dont le plus long a 1 centimètres et 1 78 segments, je trouve 
la i" paire de branchies, chez i au i" segment séligère el 
chez l'antre au 5"*. Sauf la dimension du corps, ils sont 
absolument semblables aux animaux d'Arcaclion, et on peut 
leur appliquer la description donnée ci-dessus. Je ne suis 
pas d'accord avec Claparède qui trouve aux animaux de 
Naples des soies pseudo-arliculées àplusieurs segments après 
le 4'°* et qui ne voit de soies en fourchette qu'à partir de la 
partie moyenne du corps, ni avec Elilers qui ne parle pas de 
soies pseudo-articulées et qui n'observe pas de soies mais 
seulement des acicules au 1" segment après le segment 
buccal. Tout cela peut tenir à ce que ces soies pseudo-articu- 
lées sont souvent brisées, et surtout à ce qu'elles sont 
presque toujours rétractées dans l'intérieur du pied. Les 
animaux de Naples doivent atteindre la même taille que 
ceux d'Arcachon, puisque Délie Chiaje en cite comme ayant 
un pied et demi et Cori comme ayant 35 centimètres. 

Méditerranée. 



Genre EUNICE Cuv. {incl. ERIPHYLE Kbg). 

EUNICE KiNBERGI Ehl. 



Eunici KuiBUOi Ebl. (1) lEriphy/e Captnsii Kbg.) (t). 

NmKis oiuARTEA I). Ch. Délie Chiaje, Memorie $alla iloria t notomia, tic, t. il, 

IKîâ, p. 389 et «M, et pi. XXVII, Ùg. 1-g. 
Euxici — I>. Ch. Uclle Chiaje, lletcrii. t nolomia digli animali ineerte- 

(i) Ehlcrs, Die Bor^tcnwUnner, p. 300. 

(2) K'tnberg, AnnulatanovalOfvers. af K.vetmsk. Akad. F^>rh.,^S6^,p.M^). 
— Fregallen Eugmm Rtsa. 'loolasi. AnnuUtta, pi. XV, ilg. 16b-g. 



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ANNËUDES POLTCUËTES DES COTES DE FRANCE. 25S 

brati, elc, I8U, 1. 111. p. 93, t V, p. 100, et pi. XCVIl, 
Qg. 1-à, 7, 14, IS, et pi. CXLll, fig. M>, 13. 
Eorao RoDMCEi Qtg. Quatrerageg, Hitl. nal. ilea Anntl., t. I, p. 309 et pi. X, 
lig. 1-t (I). 

— — Grube, Bemtrk. ilber Annel. dtt Parûtr Muséum* {Arehie fUr 

Nalui-g., 1870, p. 398). — Familit Eunicta {Jakresb. derSchla. 
SetclU. fur 1877. Brcslau, 1878, p. 98). 

— — Pruvot et IlacovîtzB. Matériaux pour ta faune de» Annél. de 

Banyult {Archiva de tool. expérim., i"' e£rie, t. Itl, I89S, 
p. 407 et pi. XVr, Sg. 38-47). 

— >ÀiiHt Qfg. Ilisl. nat. des Anntl., t. 1, p. 330. 

— — Ehlera, Die BontenwSrmer. p. 310 el pi. XV, &g. 30-34. 

— VAUDissuiA tir. Grube, Rrsuilale einer révision der Euniceen {Jahreib. der 

Schlea. geselU. far 1868. Breslau, 1867, p. 67). 
EaiFHYU Capkusu Kbg. Von HareDzeller, Polt/chselen der Angra Pegutna-Bucht 
{Zool. Jahrb. Abiheil. fur tystem, I. tll, 1888, p. 7, el pL 1, 
fig. 3). 

Fous JBURB. 

EuNtu WBFOHii Gr. Grube, ResuUaU einer revitUm der Euniceen {Jahrab. der 
Schles. gesetis. fur 1866. Breslaa, 1867, p. 68). 

— UNDOlAT* Clpd. Claparède, Annél. du golfe de Naple», p. 134, et pi. Vil, 

flg. I (I). — Si^ipl. aux Annél. du golfe de Naplet, p. 36. 

PI. XIV, fig. 40-44. 

Partageant l'opinion d'EhIers, de Pruvot el Racovitza, et non 
celle de Grube el de Von Marenzeller, je ne pense pas que le 
genre Eriphijle établi par Kïnberg pour les Eunices ayant 
4 lobes à la lête doive élre maintenu. Les % lobes supérieurs 
qui sont très apparents chez les Eunke géantes {E. Kinèergi, 
E. Apkroditois Pall.) à cause de leur grande taille existent 
aussi plus ou moins nets chez les autres Eunke de moindres 
dimensions [E. torquata Qfg-, E. purpurea Gr., E. vUtata 
D. Ch., E. Harassii Aud. et Edw., etc.). II en résulte que 
VEriphyle Capensis^h^. 1864, considérée avec raison, selon 
moi, par Von Marenzeller comme identique à VEunice 
Roussm Qfg., devient VEunke Capensis; mais comme ce 
nom avait déjà été employé par Schmarda en 1861, il faut 
adopter celui A' Eunke Kinbergi que pour ce motif Ehlers lui 
donna plus tard. 

(1) Lu flgure l coloriée donne une idée assez exacte de r&nimal vivant, 
dont la couleur marron est un peu moins foncée. 

12) Claparède lionne une bonnetière de la partie antérieure de l'animal 
et de sa coloration. 



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256 DE SAUvr-JAtiEPa. 

VE. Kinbergi est, avec 1'^. Aphrodilois, le plus grand 
Aonélide Folychèle connu. 

Trouvée en avril 1897, sur !a côle enlre SainL-Jean-de- 
Luz et les bains d'Hendaye, à 400 mètres environ au nord de 
la Pointe de Sainte-Anne, au-dessous d'un poste de doua- 
niers que domine le château d'Abbadia. 

Elle se tient dans les grosses pierres entre les interstices 
desquelles elle se fraie un passage qu'elle revêt d'une mince 
pellicule transparente. Sur les 2 exemplaires que j'ai ren- 
contrés montrant leur lèle au dehors, c'est avec la plus 
grande diflicnlté qu'en faisant briser les pierres à coups de 
pioche par les deux marins qui m'accompagnaient, j'ai pu 
me procurer une partie antérieure longue de iO centimètres 
sur 2 centimètres de large, avec le? pieds, comptant 145 seg- 
ments. La partie postérieure s'enfonçant sous un gros 
rocher, il me fut impossible de m'en emparer. 

A en juger d'après la description donnée par Pruvot et 
Racovitza de l'exemplaire entier de 3", 32 dont M. de La- 
caze-Dulhiers avait signalé précédemment la capture à 
Banyuls, mon exemplaire devait atteindre à peu près la 
mfime taille. 

Chez l'animal vivant, qui s'enroule comme un ressort de 
montre, la teinte générale, du côté dorsal qui est arrondi, eât 
d'un brun marron très chaud, comme le dit Quatrefages, 
avec reflets irisés. La partie antérieure de chaque segment 
est d'un brun marron foncé légèrement rougeâtre et parsemé 
de taches blanches, et la partie postérieure moins hante et 
moins foncée est azurée. Le 6°" segment seul tout entier 
azuré tranche sur les autres par une teinte plus claire et 
forme collier du côté dorsal seulement. La tête plus claire 
que le reste du corps est aussi tout entière azurée avec des 
reflels superbes. Les 5 antennes sont d'un marron foncé 
avec 5 anneaux blancs et les 2 cirres tentaculaires de même 
couleur avec 3 anneaux blancs. Les cirres dorsaux sont d'un 
brun uniforme peu foncé, sauf aux deux 1"* segments sélî- 
gères où ils sonibruns avec 2 anneaux blancs; les cirres ven- 



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ANNÉLIOES POLYCIIÈTES DES COTES DE FRANCE. 257 

treux sont blnncs. Les branchies très rouges (devenant grises 
dans l'alcool), sonlrecourbées en arrière en forme de crosse. 
Du c6Lé ventral qui est presque plat, la coloration est d'un 
brun marron uni beaucoup plus clair que du côlé dorsal et 
l'irisallon est générale. 

Les six 1"* segments ont près d'un quart de largeur de 
moins que les suivants. La télé, dont la partie postérieure 
est cacbée par le bord antérieur du l"" segment, a 5 an- 
tennes inarticulées, sans hase distincte, disposées en demi- 
luue. L'antenne impaire est un peu moins longue que les 
deux moyennes comme Kinborg l'a figurée et comme l'ont 
observé aussi Pruvof et Racovilza. Les 2 externes ont i milli- 
mètre de moins que les moyennes qui ont 9 millimètres de 
long. Les 2 yeux petits et noirs à reflet métallique sont 
placés de chaque côté entre l'antenne moyenne et l'externe. 

Le bord antérieur de la léte a 4 lobes dont 2 plus petits, 
piriformes 'palpes frontaux do Pruvot et Racovilza), séparés 
par un sillon et superposés aux deux autres (palpes labiaux 
de Pruvot et Racovitza) qui, beaucoup plus gros, sont rabat- 
tus sur la bouche et servent de lèvres supérieures. Ils sont 
séparéâ par un sillon profond sur lequel débordent les 2 lobes 
supérieurs qu'on peut alors apercevoir même en regardant 
la tête en dessous. 

Le I " segment achète et nu (segment buccal) est aussi haut 
(9 m illi mètres) que les quatre suivants. Du côté ventral, à 
son bord antérieur qui forme lèvre inférieure, s'ouvre la bou- 
che aussi large que le segment. I) est parcouru par 14 gros 
plislongiludinaux qui s'élendentde la bouche presque jus- 
qu'à la limite du 2°" segment lui permettant de se dilater 
pour livrer passage aux mâchoires. 

Le 2"' segment achète, beaucoup plus bas que tous les au- 
tres, bien noilement marqué sur le dos i^t sous le veni re, est 
interrompu sur les côtés. Il porte du côté dorsal 2 cirres 
tenlaculaires inarticulés et subulés, sans base distincte. 
longs de 6 millimètres, moins hauls par conséquent que le 
I" segment. 

AJIN. ST.. NAT. ZOOL. T, 17 



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2S8 I 

Les segments suivants ont tous des pieds qui se compo- 
sent : 

1" D'un cirre dorsal inarticulé long de 5 à 6 millimètres 
dans les segments antérieurs et de 4"'*, 50 seulement vers le 
130"*. La base légèrement renflée n'est en rien séparée du 
reste du cirre qui diminue progressivement d'épaisseur et 
finit en pointe subulée. Ces cirres ont à leur base 8 à 10 aci- 
cules minces, jaunes et flexibles, qui s'y enfoncenl, et un 
amas pigmentaire Toncé, qui n'est pas apparent au dehors. 
Partout sauf aux trois i '" segments branchirères, ils sont plus 
courts que tes branchies ; 

2* D'un mameloD sétigère qui, excepté au 1" segment oij 
il est à peine indiqué, est rond et creux, à bords saillants 
entourant S faisceaux de soies accompagnés de 2 ou le plus 
souvent 3 gros acicules noirs juxtaposés qui émergent plus 
ou moins hors du pied. Les soies du faisceau dorsal sont 
de deux formes. Les plus dorsales sont plus minces et plus 
courtes que les autres, incolores, transparentes, en forme 
de ciseau à bord antérieur large de O^^-O?, découpé en 
8-12 lanières dont l'extrémité s'enroule pour former un 
filament long de 0°"°,0I6; la dernière lanière d'un seul côté 
est plate, beaucoup plus forle et plus longue (O^jO? en 
tout) que les autres, et sans filament terminal enroulé (t). 
Les autres soles dorsales plus longues, jaunes, en forme 
de cimeterre ont un liogbe assez indistinct couvert de plis 
obliques très fins simulant des dents à leur bord convexe. 
Les soies du faisceau ventral sont d'une seule sorte : com- 
posées avec un article en serpe bifide dont te croc supérieur 
est moins fort que le croc sous-jacent et qui est recouvert 
d'un capuchon à stries fines obliques (fig. 40]. A partir 
du 85" segment, au-dessous de ce faisceau ventral, formant 
un angle aigu avec lui, émergeant hors du pied, et dirigée 
vers l'extrémité inférieure du corps, apparaît une grosse 
soie aciculaire noire terminée par un double croc dont le 

(I ) Voir PruTot et ttacovitia, loe. cit., fig, 42. Ces deax auteurs figareat 
les soies do ceUe sorte chei VE. Kinbergi. 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTBS DES COTES DE FRANCE. 259 

poslérieur est moins accusé que l'antérieur. En général, il y 
en a une 2" un peu plus petite, plus jeune, légèrement 
jaune en avant et chez laquelle le croc antérieur est entouré 
d'un capuchon mince et transparent à fines stries longitu- 
dinales (fig. 41); 

3° D'un cirre ventral qui a la forme d'une languette mas- 
sive, sans article, bien détachée du corps, aux trois 1'" seg- 
ments séligères. Aux segments suivants, il a une base en 
forme de coussin épais et oblong appliqué contre le corps, 
long de 2", 5, dans l'intérieur duquel on voit par transpa- 
rence un amas pigmenlaire composé, comme celui de la 
base des acicules des cirres dorsaux, de granules jaunes 
foncésdeO'"',003 de diamètre, et il se termine par un petit ar- 
licleencône obtuslongde 0°"°,72à i millimètre et seul libre. 

Les pieds antérieurs ne sont pas plus rapprochés du ven- 
tre que les autres, contrairement à ce qui existe chez la 
Dhpatra Neapolitana et en général chez les Eunice [E. tor- 
qttata, Harassu, vittata, Siciliensis, etc.). 

Les branchies peclinées, toujours en mouvcmeni, appa- 
raissent au 13"' segment {11"" sétigère) à droile et à gau- 
che, ayantdéjà 14 à 16 Olaments branchiaux massifs sans 
cils vibrati les, mais auparavant il y a à droile au 11" seg- 
ment seulement un très petit rudiment de branchie sans 
Blâment qu'on retrouve à gauche au 11"" et au 12"'. Les fila- 
menUbranchiauxsonl au nombre de 32 ou33 au 30"' segment, 
puis ils s'élèvent jusqu'à 39 ou 40 et retombent h 32 au 
I43"' segment. Au 136"* segment, la branchie a 8 millimè- 
tres de haut sur i millimètre de large à la base, et les fila- 
ments les plus développés ont 2", 20 de long sur 0"",27 de 
large ; ils diminuent de longueur à la partie supérieure de la 
branchie. Lorsque l'animal a été mis dans l'alcool, il se pro- 
duit à la base de chaque filament un amas de sang coagulé 
qui a l'apparence d'un point noir. La base du cirre dorsal 
rO",78 de large) semble sorlir de la base de la branchie qui 
est plus rapprochée du dos. 

La mâchoire inférieure consiste en 2 piècesnoires, chitineu- 



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260 DB SAlNT-JOSBPn. 

ses,aIIongée?, longues de 13 millimètres.d'abord juxtaposées, 
puis divergentes et se terminant en arrière en pointe amin- 
cie. L'extrémité antérieure de chacune est couronnée d'une 
plaque elliptique calcaire, blanche, non dentelée au bord, 
1res apparente sur la face la plus rapprochée du venire 
(fig. 42) et moins sur l'autre face (fîg. 43), où chaque pièce 
est parcourue par un repli diagonal saillant et couverte 
de raies formant des cônes emboîtés qui indiquent les 
accroissements successifs. 

A la mâchoire supérieure, le support a 3°"°,oO de haut 
et Iapince(r' paire de mAchoires) 11 millimètres. Sa hase 
présente 2 creux h droite et I à gauche. La 2"° paire de 
mftchoires (dent d'Ehlers}, a 6 dents obtuses à droite et à 
gauche dont les 3 supérieures sont blanches à leur extrémilë. 
La pièce impaire de gauche (fig. 44, a) qui est au même 
niveau que la mâchoire de droite de la 3"' paire a 8 dénis. 
La 3"° paire de mâchoires dont la surface externe est io- 
crusti'iede calcaire blanc (I) a 8 dents à droite et 4 à gauche; 
la mâchoire de gauche est soudée à la face externe de la 
pièce impaire. Au-dessus de cette 3"' paire, le tissu très 
résistant, dans lequel le système maxillaire est Hxé, est 
coloré en noir suivant un cône pointu dont la base part 
de la mâchoire. Le 1" paragnathe de chaque côlé, trian- 
gulaire, se termine par une seule dent pointue, rabattue en 
avant comme une grilfe. Le 2"° pai'agnuthe de chaque côté 
est une petite plaque dont un des boi'ds est comme festonné 
de rudiments de 7 à 8 denticules obtus ((ig. 44). 

L'espèce de Saint-Jean-de-Luz esl la même que celle de 
Banyuls et d'après les descri|)tions et les figures de Kin- 
berg et de Von .Marenzeller, doit être aussi la même que 
VEunke Kinhergi [Eriphyle Capensis), sauf que chez celle-ci, 
d'après Vo» Marenzeller, les 2 crocs de la soie aciculaire 
sont peut-être plus netlement accusés. 

(I) Les aulre» pièces de la mâchoire supérieure légèrement incrustées d« 
calraire ne sonl pas d'un noir foncé, mais pluldt de la couleur de l'ar- 
doise. 



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ANNÈLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 261 

En coroparanl VE. KinbergihXE. aphroditois Pall. {1 ), de la 
mer des Indes, de la merde Chine, de l'océan Pacifique et de 
la Marliiiique, Von iMaronzeller (/oc, ck.) observe que chez 
celte dernière les soies en ciseau laciuié sont moins larges 
et n'ont pas une lanitie 1res longue d'un seul côté, que les 
soies ventrales ont à l'article en serpe la dent terminale plus 
forlo que l'inférieure, que le cirre ventral est moins large 
et finit en pointe moins distincte, que tantôt il y a ou il n'y 
a pas de soie aciculaire, ce qu'il remarque aussi chez 
\'E. Kinbergi, que le numéro du segment où commencent 
les branchies el que le nombre des filaments branchiaux 
De sont pas des caractères stables dans les 2 espèces. 

Voici ce que je relève chez 4 exemplaires incomplets 
à'E. aphroditois du Muséum dont l'un classé comme 
E. Boussœi\%naa\ de la Martinique, long de 70 centimètres 
sur 22 millimètres de large, et les 3 autres dénommés 
E. giganlea, le f" long de 24 ceiilimèlres sur 2 centi- 
mètres de large, venant de Poulo Condor, donné par 
M. Harmanden 1877, le 2°" de la Nouvelle-Calédonie, 1868, 
long de I°',60 sur 12 millimètres de hirge, le 3"° de Cocliin- 
chine donné par M. German en 18t)8, long de l°',30 sur 
2 centimètres de large. 

Ces 4 exemplaires ont les caractères communs suivants 
qui les disUnguent de VE. Kinbergi : 

1° Les soies composées ont la dent supérieure de la serpe 
plus grosse que la dent sous-jacenIe{2); 

2° Lf.s soies en ciseau lacinié sont moins larges à la partie 
antérieure (O^-iOi et 0°"°,0a au lieu de Q'"^,(il) et ont des 
lanières plus nombreuses [16 à 18), moins hautes, avec 

(1) Sereû aphroditoif. Pallas, Marina varia nova et rariori (Xovii acta Aead. 
PeUopoL, 1. Il, 1788. in-4, p. 239, et pi. V, fig. (-7).— Leorftce giganlea Sav. 
Savigny. StjsUme des Aniiâl., p. 49. — Euiikegiijanleii. Milne Edwards, Jl^l^ne 
animal iltuilr., pi. X ; Grube, Bemerk. itber Anncl. des ParisiT MuMums lAr- 
rhiv. fur Natvrg., 1870, p. 207); Uualrcfages, Hist. nat. des Annel., t. I, 
p. 311, — Eunire aphroditois. Ehlers, Die borftenwvrmer, p. 306, et pi. XV, 
tàg. 23-29-, Me [ntosh. Challenger, pic, p. 382; pi. XXVIII, fig. 16-17, et 
pi. XX*, lig. 8-10. 

(2) Voir Von Marenieller, toc. cil., iig. *a. 



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ZOZ DE SAINT-JeSBPH. 

niameats moins longs. La lanière plus longue d'un côté 
manque ; 

3' Pas de soie acîculaire ; 

4° Les antennes sont plus longues (jusqu'à 21 millimfetres 
cliez l'exemplaire de la Cochinchine, le seul où l'anleone 
médiane soit un peu plus courte que les â moyennes) ; 

0° Les cirres lentaculaires sont plu<i courts (4 millimèlres 
pour l'exemplaire de ta Cochinchine ); 

6' Les cirres dorsaux sont un peu moins longs ; 

7° Le cirre ventral est moins épais et moins massif el se 
termine par un article épaté, très indistinct, qui fait suile 
à la base sans étranglement ; 

8' Les branchies commencent à un segment plus rappro- 
ché de la tête, au 8°" segment {6"* sétigère) et même 
au 7"° chez l'exemplaire de la Cochinchine, ayant tout de 
suile 42 filaments chez celui-ci. Celui de Poulo Condor en 
a 50 au 29- pied ; 

9° Je ne puis distinguer de collier à un des segments an- 
térieurs, peut-être à cause du mauvais état de conserva- 
tion des animaux; mais aucun auteur n'en a signalé non 
plus chez d'autres exemplaires d'E.aphrodiiois. 

Tantôt la séparation entre le 1" et le 2"' segment n'exis- 
tant que du côté dorsal est interrompue du côté ventral 
(La Martinique), tantôt elle Tait le tour du corps (Nouvelle- 
Calédonie). 

Atlantique (Le Cap, Angra Peqnena, La Martinique, 
Saint-Jean-de-Luz). Méditerranée (Trieste, Naples, Mar- 
seille) (1). 

L'Etinice purptirea avait d'abord (2) été assimilée par 
Grube à son Eunice ciolacfa de Punta Arenas (3) ; elle est 
la même que \'E. cingulala comme Claparède l'a reconnu 
lui-même. En réalité c'est VE. Kinbergi à l'état jeune. 

(1) Remy Sainl-Loup, Sur U folyodoniet maxillosus {Comptes rendus, etc., 
l.CDi., t8H9, p. 412). 

(2) Crube, Ausflug naeh Triest und dem Quarnero. Berlin, 1801, p.frO. 

(3) Crube, Annul. Ctrsttdiana {Viden^k. Meddels. Copenhague, 1857, 
p. 55). 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FBANCB. 263 

J'en trouve sur le sable sous les pierres 3 exemplaires : 

I aux rochers de la Goureppe et 2 à Sainle-Barbe dont un 
incoroplel auquel manque la partie postérieure du corps. 
Les 2 exemplaires complets ont l'un 150 millimètres de long 
et 177 segments el l'autre 175 millimètres et 168 segments. 
La largeurest de 4 millimèires aux 7 1"* segments, puis de 
5 millimètres el de 3*°", 5 seulement à l'extrémité inférieure. 

Le corps, arrondi du côté dorsal et plat du côté ventral, 
est d'un beau violet foncé sur chaque face, aans aucune 
irisation. Le 6"* segment seul est tout entier blanc du côté 
dorsal seulement. Les antennes et cirres tentaculaires sont 
violets avec 3 anneaux blancs pour les 1"*, un anneau blanc 
et l'extrémilé blanche pour les seconds. Les cirres dorsaux 
sont violets avec pointe terminale subulée d'un blanc jau- 
nâtre, les cirres veniraux blancs avec traces de violet, les 
branchies entièrement violettes, et toujours en mouvement, 
recourbées en crosse en arrière. L'animal nage en hélice. 

II sécrète des mucosités, s'enroule comme un ressort de 
montre et devient alors très cassant. 

Le bord antérieur de la tête a 4 lobes, dont les 2 supé- 
rieurs bien apparents et les 2 inférieurs blancs et massifs 
séparés par un profond sillon. A la partie postérieure, les 
5 antennes inarticulées, sans base, sont disposées en demi- 
lune, la médiane de 6 millimètres de long dépassant à 
peine les 2 moyennes qui sont deux fois plus longues que 
les externes. Les 2 yeux sont placés de chaque côté entre 
l'anlenne moyenne et l'antenne externe. 

Le 1" segment (segment buccal) achète et nu, est aussi 
haut que les 4 suivants (2"°,75) ; son bord antérieur re- 
couvre le bord postérieur de la tête. Le 2°" segment achète, 
plus bas que tous les autres, est interrompu sur les côtésdu 
corps seulement. De son bord postérieur, du côté dorsal 
s'élèvent 2 cirres tentaculaires inarticulés sans base, longs 
de l'"",7o, moins hauts donc que le 1" segmenl. 

Les segments suivants ont tous des pieds qui se com- 
posent : 



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1° D'un cirre dorsal inarticulé, subulé, dont la base indis- 
tincte et un peu renflée est commune avec celle de la bran- 
chie aux segments branchifères. Ces cirres out h leur base 
5 ou 6 acicules jaunes, minces et flexibles qui s'y enfon- 
cent, et un amas de granules pigmenlaires d'un brun 
foncé ; 

f D'un mamelon sétigëre aplati à i lèvres, l'antérieure 
plus basse que la postérieure, entre lesquelles sortent les 
% faisceaux de soies accompagnés de 2 ou 3 acicules noirs 
juxtaposés émergeant hors du pied. Les soies sont absolu- 
ment semblables, sauf la taille, à celles de VEunice Kin- 
bergi adulte, et je ne puis que renvoyer à la description et 
aux figures que j'en ai données. Les soies dorsales en ciseau 
à bord antérieur lacinié large de 0"°'.027 ont 8 à 10 la- 
nières outre la longue lanière d'un seulcôté. Au 1" segment 
sétigère, le mamelon séligère est à peine indiqué et les soies 
sont beaucoup plus petites. Les soies aciculaires, en général 
au nombre de 2, commencent au Sô"' segment séligère ; 

3' D'un cirre ventral à base épaisse appliquée contre le 
corps se terminant par un petit article en cône obtus long 
de 0°',30. Ces cirres ont la forme de languette bien déta- 
chée du corps el sans article aux trois 1*" segments sé- 
ligères seulement. Les pieds des trois 1"* segments sé- 
tigères ne sont pas plus rapprochés du ventre que les 
suivants. 

Aux segments 8, 9, 10, 11, un petit Hlet, rudiment de 
brancbie, sort de ta base du cirre dorsal. Mais les brau- 
cliies pectinées n'apparaissent qu'au 12" segment (1) 
ayant déjà 13 filaments non ciliés, dont les plus longs attei- 
gnent 0"",36;Ia branchie elle-même a I"",80 de long et 
le cirre dorsal 2°"°,40. Au 30"° segment jusqu'au 46"', la 
branchie a 19 filaments et devient un peu plus longue que 
le cirre dorsal qui a 2*"°, 60. Au 66"° segment, elle a 3 milU- 

(I) Chez un des e.iemplaires, les branchies peclinées n'apparaissent qa'ku 
I3** segment; rhezun autre, il y a au lt°" segment 15 lllaments i la 
branchie de droite et sculeineni 3 à celle de gauche. 



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ANNÉLIDES P01.YCI1ËTB.S DES COTES OE FRANCE. 26o 

mètres de long avec 20 filaments dont les plus longs de 
0"",84 et le cirre dorsal a 2"", 50. Au 88"° segment, elle n'a 
plus que 2"",50 et le cirre dorsal 1"",80. 

Le Dombre des filaments branchiaux va en diminuant 
peu à peu; il se réduil à 2 et enfin il ne resie plus qu'un 
seul petit filet aux 19 segments qui précèdent les 6 h 
7 derniers où ce filet lui-même disparaît. Le corps se ter- 
mine par un segment anal avec anus dorsal très large 
et 2 cirres anaux ventraux, longs de 4"°',5, violets, à pointe 
blanche. 

Les 2 pièces de la mâchoire inférieure longues de 4 milti- 
mètres, semblables comme forme à celles de VE. Kinbergi, 
se terminent en avant par une pièce calcaire blanche, sans 
dents, non arrondie, mais droite du côté externe d'où elle 
va en s'abaissant jusqu'au côlé interne. Quant à la mâciioire 
supérieure, tout y est semblable, sauf la dimension, à ce qui a 
été dit et figuré pour \'E. Kinbergi ; seulement le 2°" para- 
gnathe légèrement teinté en jaune est presque incolore. 

I2elle description de X'E.purpurea concorde complète- 
ment (1) avec celle que je donne de \E. Kinbergi, à part la 
taille. Déplus cette Eunice n'aété renconlrée jusqu'à présent 
que sur des points où vil VE. Kinbergi (â). J'élais donc très 
disposé & y voir l'état jeune de cette dernière. La différence 
de coloration seule m'arrêtait et encore le microscope per- 
meltail-il de reconnaître sous le violet un subsiratum marron. 

Un 4" exemplaire d'£. fiurpurea, plus grand que les pré- 
cédents, que j'ai trouvé en septembre 1897, exactement au 
même endroit que l'exemplaire d'E. Kinbergi du mois 
d'avril, a levé tous mes doutes. 

Cet exemplaire de 250 segments environ, long de 200 millî- 
mèlres, a 6 millimètres de large sans les pieds, excepté aux 

(I) Je n'ai p&s vu la fin du corps de IX Kinbergi, mais Pnivot et Raco- 
vilza ont conslaté sur leur exemplaire complet que les branchies allaient 
jusqu'aux derniers segment», ce que j'ai observé aussi, comme on l'a vu, 
chez VE. purpuren. 

(2j Adriatique (Porlore), Méditerranée ^Naples), Atlantique (Saint-Jcan- 
de-Luz). 



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266 DE •AINT-JOSEPn. 

6 r" segmenis où il n'a que 4 millimètres. La parlie anté- 
rieure, sauf le collier blanc dorsal du 6"" segment, est vio- 
lette jusqu'au 8°" segment ; puis la coloration du dos devient 
semblable à celle de 1'.^. Kinbergi adulte : marron avec 
taches blanches. La couleur violette reprend vers le 90"* seg- 
ment pour persister jusqu'à la fin du corps. Il semble donc 
que la teinte violette superficielle et provisoire tend k dispa- 
raître peu à peu avec l'âge. Les branchies sont violettes, 
mais deviennent grises dans l'alcool. Le ventre est violet avec 
une raie blanche transversale reliant les pieds de chaque 
segment. 

Il y a seulement un petit filet branchial aux segmenis 
7, 8, 9, 10 et les branchies pectinées commencent au il"* ; 
elles atteignent leur plus grande taille vers le 49"' segment 
où elles ont 3"", 60 de long et 30 & 32 filaments dont les 
plus développés ont 1 millimètre. Les soies aciculaires pa- 
raissent au 37"' segment. Les cirres anaux ventraux violets 
ont 8 millimètres de long. L'intestin est rempli de fucus. 
Pour tout le reste la description des 3 autres exemplaires 
est applicable à celui-ci . 

EuNtCB TOHOUATA Qfg. nec Ptuv. el Racov. (1). 
PI. XIV. (ig. 45-54. 

J'en trouve en avril 1897, sous les pierres, à Guethary, 
dans la baie de Saint-Jean de Luz près de Sainte-Barbe, el 
au N. de la pointe de Sainte-Anne, de nombreux exemplaires 
en général à peu près de même laillc, de 16 & 20 centimètres 
de long sur 6 & 7 millimèlres de large en avant sans les 
pieds et comptant de 177 à 180 segmenis. 

Un exemplaire femelle avec des œufs verts de 0"",2I de 
diamètre a 25 centimètres de long; un autre, mftle, conte- 
nant des plaques de cellules spermatogènes hautes de 0"°',21 

(1) QufttrerAges, Hkt. nat, des Anntl., t. I, I8C5, p. 312. 



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AN.NËLIDES POLVCHÈTES DBS COTES DE FRANCE. 267 

sur 0"',14 de large a 27 cenlimèlres de long el 185 seg- 
ments. Enfin, le plus long que j'aie rencontré a 35 centi- 
mèlres de long et 200 segmeats. 

Le corps rond du côté dorsal el plat du côté ventral 
s'amincit progressivement jusqu'à l'extrémité postérieure où 
il u'a plus que 2 millimètres de large. Il est coloré eo rouge 
brun foncé métallique avec un large collier blanc qui occupe 
toujours la moilié postérieure du G" segmeat (4°" sétigère) 
el qui fait le tour du corps. Les segments suivants ont une 
tache blanclie h peu près ronde de chaque côlé près du 
cirre dorsal et, à partir du 57"* environ, une raie blanche 
mince relie ces 2 taches, s'élargissant en un petit écusson 
blanc sur la ligne médiane dorsale. Partout la peau est cou- 
verte de points blancs de C^jOl 26 de diamètre. La léte est un 
peu plus claire que le corps avec une tache blanche au bas 
du sillon qui sépare les 2 lobes supérieurs. Les antennes, 
les cirres lentaculaires, dorsaux, etauaux, tous moniliformes 
ou articulés, sont blancs avec aoneau d'un rouge brun à la 
séparation de chaque article ; les cirres ventraux sont blancs. 
Le vende de l'animal est d'un brun clair uniforme avec une 
ligne blanche très mince, transversale, au bas de chaque 
segment. 

La léte (Hg. 45^ a 4 lobes dont les 2 supérieurs plus petits, 
arrondis en avant, moins saillants que chez VEunice Kin- 
èergi, séparés l'un de l'autre par un sillon qui a le tiers de 
la, hauteur de la léte et soudés aux 2 lobes inférieurs qui les 
débordent de côlé el en dessous. Ceux-ci sont beaucoup 
plus gros, de couleur blanche du côté ventral et divisés par 
un long et profond sillon qui descend jusqu'à la bouche. 
Sur la partie postérieure de la télé el disposées en demi-lune 
s'élèvent 5 antennes à base à peine indiquée, très monili- 
formes, dont la médiane entourée de blanc à sa base, à 
17-24 articles, altoignant au plus 7 millimètres de long, 
recouvre les cinq 1"* segments lorsqu'elle est rabattue sur le 
dos. Il y a un œil noir assez gros de chaque côté entre l'an- 
tenne moyenne et l'antenne externe qui sont moins longues 



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±98 I 

que l'antenne médiane. Le bord postérieur de la tète est 
caché presque toujours sous la partie antérieure du segment 
buccal dont le bord blanc rabattu entre le dos de l'animal 
et la léte est rarement visible (i). 

Le segment buccal entièrement nu est aussi haut que 
les 3 suivants et, du côté ventral, à son bord antérieur 
indistinctement festonné, s'ouvre la bouche aussi large que 
laléle. Le 2"' segment apode et achète, moitié moins haut 
que les suivants, porte de chaque côté un cirre tentaculaire 
dorsal sans base, ayant au plus 11 articles un peu moins 
moniliformes que ceux des antennes, dépassant légèrement 
en hauteur le segment buccal et atteignant i millimètres de 
long au plus. 

Tous les autres segments, sauf l'anal, ont des pieds qui 
se composent : 

1* D'un cirre dorsal sans base apparente ayant au plus 
3 millimètres de long et? articles allongés non moniliformes. 
Le nombre de ces articles est très irrégulier; il y en a 5, 
6 ou 7 RU cirre dorsal du 1" pied. Ils diminuent progressi- 
vement de taille dans les deux derniers tiers du corps, 
n'ayant plus que 2 articles etO°'",48 de long à l'avant-dcrnicr 
segment. Plusieurs acicules jaunfs, minces, indiquant les 
vestiges d'une rame dorsale, et ne faisant pus suiltie hors du 
corps, pt'-nèlrent dans !a base très indistincte du cirre dorsal 
où ils se recourbent. Ils sortent d'un amas pigmenlaire de 
granules bruns qui n'est pas apparent au dehors; 

2° D'un mamelon séligère rond et creux d'où émergent 
2 faisceaux de soies accompagnés de 2 gros acicules subulés 
jaunes et renrermés dans le corps au I" segment seulement, 
noirs et sortant du corps à tous les autres; il y a 3 de ces 
acicules aux segments médians et 1 seul à la lin du corps 
où il devient rudimenlaire au dernier segment. Les soies du 
faisceau supérieur sont des soies simples de deux sortes : les 

il) Voir pour les organes de la nuque : Jourdan, Étudix hittlohyiques sur 
ilfuj' espèces ilu otnre Euiiicc ( \nH. 'les se. iint., 7"' série, t. II. 4887, p. 378. 
et flg. iO et 26). 



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A>Î(ÉLIDES POLTCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 269 

unes se trouvant à lous les segments sans exception, en 
forme de cimeterre, non limbées, plissi^es sur leur bord 
convexe et couvertes de petits poils cliilineux (fig. i6) ; les 
autres, ne manquant qu'au dernier segment, placées devant 
les précédentes, beaucoup plus courtes, transparentes et 
incolores, en forme de ciseau dont le bord antérieur large 
de 0'"',027 est découpé en lanières se terminant par un 
mince filament. D'un seul côté la dernière lanière est beau- 
coup plus longue et plus forte que les autres (fig. i7). Chez 
l'E. lorquala, les lanières ne me paraissent pas s'enrouler à 
l'extrémité comme chez. \'E. Kinàergi, et la soie vue bien de 
face et & plat a tout à fait l'apparence figurée par Von Maren- 
zeller pour \'E:Ftoriilana Pourt. fl). Le nombre des lanières 
qui est de 9 aux segments antérieurs va en augmentant sans 
qu'il y en ait plus de 14 et à la fin du corps il n'en reste 
que 7 ou 8. Au 1" segment séligère il n'y a qu'une seule de 
ces soles, puis leur nombre s'élève jusqu'à 5 ou 6 au milieu 
du corps et il n'en subsiste que 2 à l'avant-dernier segment. 
Les soies du faisceau inférieur sont composées et foules 
d'une seule sorte avec une serpe bifide recouverte d'un capu- 
chon diaphane à stries fines obliques; le croc terminal de la 
serpe est moins fort que le croc sous-jacent (fig, 48). Au- 
dessous de ce faisceau inférieur, formant un angle droit avec 
lui et dirigée vers l'extrémité inférieure du corps, apparaît 
au 34"', 36"', 37"' ou 38"" segmentpersistant jusqu'à 1 avant- 
dernier et sortant du corps, une grosse soie noire aciculaire, 
bifide, sans capuchon (fig. 49) (2); 

3" D'un cirre ventral qui a la forme d'une languette mas- 
sive (fig. 50) aux segments 3-7 {cinq l'" sétigères), s'étran- 
glanl au boni aux 36 à 40 segments suivants, ayant alors une 
grosse base arrondie et un petit article terminal (lig. 51). 

(1) Ber. der Cwnm. fiir Erfonrh. der (Est. UiUdm. VI, Zool. Eryebn. II. 
Polych. dei Grundes {Denks. der K. Akad. der Wiss. tu Wien, t. LX, 4893, et 
pl.n,pg. S Aci!(d). 

(2) D'après Pruvot et Racovilza lous les auteurs auraient considéré à tort 
celte soie romme un acicule. Voir cependant entre autres Claparède, et 
déjk j'aTtis employé le terme de soie aciculaire. 



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270 DB SAIKT-aoSEPO. 

puis reprenant à partir de là sa première forme, mais beau- 
coup moins massive et s'amincissant de plus en plus à 
mesure qu'elle se rapproche de la fin du corps [fig. o2). Cette 
disposition qui existe aussi chez YEtmke Harassii parait 
assez générale chez les Eunice. Les 3 ou 4 pieds antérieurs 
sont plus rapprochés du ventre que les suivants et les cirres 
ventraux qui y sont plus forts semblent devoir aider à la 
progression. Nous avons vu qu'il en était ainsi et d'une ma- 
nière plus accusée chez la Diopalra Neapolitana. Les cirres 
dorsaux y sont aussi longs qu'aux segments suivants, avec 
les soies moins fortes et moins nombreuses, et au I" segment 
sétigère le mamelon sétigère est à peine indiqué. 

Les branchies apparaissent invariablement au 5" segment 
{3"' sétigère) à la base des cirres dorsaux. Elles ont tout de 
suite de 3 à 6 filaments à cils vibratiles très fins et atteignent 
leur plus grand développement du 7" au 37°" à 40°" seg- 
ment (une seule fois jusqu'au 32°") ayant d'abord dans cette 
région 10, puis 13 et rarement 14 et de nouveau 10 fila- 
ments et y dépassant alors seulement un peu les cirres dor- 
saux qui ailleurs sont plus longs qu'elles. A partir de là le 
nombre des filaments décroît, celte diminution paraissant 
coinciiler à peu près avec l'apparition de la soie aciculaire 
ventrale. Dans les 8 à 10 derniers segments branciiifères, il 
n'y a plus que 2, puis un seul filament. Les 3 ou 4 derniers 
segments du corps seuls manquent de branchies. 

Le corps se termine par un segment anal apode et achète, 
avec anus dorsal plissé et 2 cirres ventraux de 3"', 60 au 
plus avec 6 à tO arlicles peut-être moins longs qu'aux cirres 
dorsaux. 

La mâchoire inférieure (fig. 53) consiste en 2 pièces noires 
cliitineuses allongées, divergentes h leur partie postérieure 
qui finit en pointe et juxtaposées à leur partie antérieure 
plus large à laquelle est soudée une lame calcaire blanche 
plus ou moins dentelée. A la mâcboire supérieure (fig. 54) le 
support esl 3 fois moins long que la pince très noire l'I " paire 
de mâchoires); la 2" paire (dent d'EhIers) a 5 ou 6 dents 



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ANNÉLIDES POLYCHfcTES DES COTES DE FRANCE. 271 

à droite el 6 à gauche ; la pièce impaire a 5 ou C dents; la 
3"° paire qui est, comoae à l'ordinaire, coiffée d'une sorte de 
capuchon de tissu noir a 8 ou 10 dents k droite et 8 ou 9 
(ou 6) à gauche. En résumé, le nombre des dents de la 2°", 
de la 3"°' paire et de la pièce impaire est irrégulier comme 
il arrive très souvent chez les Eunke. Le f *' paragnalhe de 
chaque côlé est triangulaire avec une dent en forme de griffe 
rabattue en avant et le 2" en demi-lune ou triangulaire. 

Un exemplaire dont les 12 derniers segments sont régé- 
nérés a déjà le segment anal de la l'orme normale avec ses 
2 cirres de la longueur ordinaire, mais aux f I segments 
qui le précèdent, les 3 qui sont le plus rapprochés de la t6(e 
ont seuls un rudiment de cirre dorsal, I acicule et quelques 
soies en voie de développement dans l'intérieur du corps et 
les autres n'ont encore ni appendices, ni soies. 

Comme Von Marenzeller (I), mais pour d'autres raisons, 
je pense que YEunice lorquata Qfg. de Saint- Jean- de-Luz, 
bien évidemment distincte de VE. Harassu Aud. et Edw. de 
la Manche, de l'Océan et de la Méditerranée, n'est pas la 
même que YE. Clapared'ù Qfg. de la Méditerranée. Elle 
serait intermédiaire entre ces 2 espèces, mais plus voisine 
de YE. Claparedii. 

Elle diffère de YE. Harassu par ses mouvements moins 
violents, par sa coloration (2), par ses appendices monili- 
formes ou nettement articulés, par la couleur des acicules 
et de la soie aciculaire qui sont noirs et non jaunes, par la 
forme de la soie aciculaire qui manque de capuchon, par la 
longueur des cirres dorsaux qui sont presque aussi longs que 
les branchies les plus développées, tandis que chez YE. 
Harassii ils le sont près de moitié moins. Eniio, les 4 lobes 
céphaliques sont plus accusés, le 1" segment branchifère 
est toujours le 5"" et non pas tantôt le 5"°, tantôt le 6"', le 

(1) Zur Kennl. der Adriat. Armel. (SUtb. der K. Aknd. der Wûj. su Wten, 
in-8, S.A., ISTi.p. 57). 

(2) Voir pour Ift coloration de i'£. llarassii {Annét. poiych. des côtti de 
Diaard, S" psrtie, Ann. det se. nui., 7"* térie, I. V, 4888, p. 498). 



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372 DE SA! 

nombre des tilaments de la {" paire des branchies est plus 
élevé [de 3 à 6 au lieu d'un seul) et le plus grand développe- 
menl des brancliies commence au 7" segmeni et non au 1 4". 

Elle diffère de VE. Claparedii {!) par les caractères sui- 
vants : 1" elle a une large bande blanche à un seul segment 
aniérieur, tandis que VE. Claparedii peui en avoir I, 2 ou 3 ; 
f elle a au moins 3 et au plus 6 Hlaments à la T' paire de 
branchies et non pas seulement 1 ou 2 ; 3" tes branchies 
persistent jusqu'au 3" ou 4"* avant-dernier segment au lieu 
de s'arrêler au 25 à '30"' avant-dernier; V elle n'a que 
2 cirres anaux et non 4; 3° la soie en ciseau pectine n'a de 
long filament que d'un seul côté du peigne et non pas des 
deux côlés comme YE. Clapnredii. Par ces trois derniers 
caractères, YE. lorguata se rapproche de YE. HaraxsU. 

VE. torquata se rattache à YE. Kinbergi par ses 2 lobes 
supérieurs céphaliques nettement marqués, parla forme de 
ses soies et par la présence d'un collier blanc au 6"* segment. 

Atlantique (Saint-Jean-de-Luz). 

EusrCE VITTATA D. Ch. (2). 



(!) L'£. Claparedii a été décrile sous le nom de d'E. Harasf.i\ pv Grube 
(Zur Anat. <Ur Kientenibùrmer. Konigsberg, (838, in-t, p. 35, e1 pi. Il, Hf. i, 
4, 6, 8. 0) ; par Claparède. Gianures, laotomiquei parmi Ui .\nnfl. Je Port- 
Vendres llUém. de la Soe. dt phijs. et d'hist. nat. dt tienne, l. XVII, p. 5"8. 
et pi. II, tig. S); par Ehlei-s, Die Borstenwùrmer, p. 312, el pi. XIII, 
lig. 15-21 ; pt. \[V en entier; pi. \V, flg. 1-3 et sous le nom de fi. torqiiala 
par Pruvot el Itacovilza, Faune des Aimél. de Banyuh {Arch. de lool. exper., 
3- série, t. III, 4895, p. 389 ; pi. XVH, fig. 63-67, et pi. XVIH, fig. 70-75). 
Ces deux auteurs s' en sont rapportés à lîrube qui a examiné superflctelle- 
menl l'exemplaire type d'E. torquata de Quatrefages [Bemerk. iiber Annel. 
des Pariser Muséums, Arch. fur Naturg., IS'ÎO. p. 39:i)et qui a décrit sous le 
nom d'E. toTfi«ata, lUiilh. iibrr St-Mal'y und Hosroff {Abhnndl. dn tiehtes. Gf- 
tetU. inm-iH'i, p. m) VE. Clapar,dii de la Méditerranée. En touN cas. iden- 
tifiant sou E. torquula à Ja Leudlce tEuniee) fasriuta Hisso, Grube aurait dû 
maintenir ce nom qui était antérieur, comme t'a remarqué avec raison 
Ehlers, Zur Kemit. der Ostafrikanhchen Bonteniviirmer {Nachr. von der K. 
GeselU. der Wissens. su Gôttingen, 1897, p. 168), 

(2) Nereis viitata. Délie Chiaje, Memorie tugli animait itma vert., IV, 
p. iVS.etpl. LXIV, fig. 12-13. 



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AHHËLIDES POLYCHËTES DES COTES DE FRANCE. 273 

Euiiu viTTATA Claparidc, Annél. lia golfe de Napla, p. 133, et pi. VI, flg. 8. — 
Supfl. aux Annét, du golfe de Napit>, p. 3i. 

— — Harîoii et Uobrcliky, Élude det Annél. du golfe de MarieilU (Jna. 

de» te. aat., 6" série, t. Il, IS7&, p. II]. 

— — LsogerhBDe, Die Wurmfavna von MadHra, W" Ueilrag {Zeils. fur 

WUi. Zool., t. XXXHl, 1811), p. 393). 

— — Mac Intosh, Heport on the Annel. polycA. eolleele I tiy H. M. S. 

. Challenger . {ReporU, etc., Zooloqy, t. XII, p, ns; pi. XXXIX, 
6ft. 18, etpl. XXI A, Sg. ID-II). 

— UMMA Ebl. Ehlen, Vie ttorsUntetirmer, p. 3fS, et pi. XV, fig. IS-IZ 

PI. XIV, fig. 53-59. 

Trois exemplaires incomplets et deux complets recueillis 
h Concarneau dans les dragages à la Baie de la Forest par 
5 à 6 mètres de fond. 

Les 2 exemplaires complets ont : l'un 9 centimètres de long 
sur 4 millimètres de large en avant avec les pieds et 
1 1 î segments, l'autre 7 cenlimëlres de long et 123 segments. 

Le corps rond en dessus et plat en dessous, aminci en 
avant et en arrière, a sa plus grande largeur (4"'* avec les 
pieds) vers te 30*°° segment. Chaque segment a du côté dorsal 
une raie transversale antérieure rouge et 2 bandes rosées 
plus larges postérieures. Le côté ventral est d'un blanc 
nacré sauf au premier tiers qui est brunâtre. 

La partie antérieure de la tête auneéchancrure et 2 lobes 
supérieurs peu marqués; les 2 lobes inférieurs épais sont 
séparés l'un de l'antre du côté ventral par un sillon profond. 
Les o antennes h base très courte sont très indistinctement 
articulées ; la médiane lorsqu'elle est rabattue sur le dos, 
atteint le 6*" segment dont elle recouvre la moitié. Elle a 
4 millimètres de long; les 2 antennes moyennes sont pres- 
que de même taille et les 2 externes plus de moitié plus 
courtes. Les yeux sont placés de chaque côté entre les bases 
de l'antenne moyenne et de l'externe. 

Le segment buccal nu est aussi haut que les 2 segments 
suivants. Le 2°" segment apode et achète, de même dimen- 
sion que le 3°", porte une paire de cirres tentaculaires 
longs de l'"',50, un peu plus hauts que le segment buccal, 
sans base et vaguement articulés. 

ANN. se. HAT. lOOL. V, 18 



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â74 DB SAINT-JOKEPH. 

Les segments suivants ont des pieds avec cirre dorsal, 
mamelon séligère, et cirre ventral. Les cirres dorsaux longs 
def^t^O sont lisses sauT à quelques segments antérieurs, 
où ils ont des articles à peine indiqu£>s; 3 à'iacicules minces 
jaunes sont renTermésdans leur base qui n'est pas apparente 
au dehors. Les soies simples de deux sortes du faisceau 
supérieur sont de même forme que chez VEtmire torçuala. 
Les soies en ciseau qui ont échappé à Claparède et dont le 
bord antérieur large de O'^iOlS est découpé en 7 lanières, 
n'ayant que d'un seul côté une lanière plus longue, se 
retrouvent à tous les segments jusqu'à l'avant-dernier; it y 
en a d'abord une seule, puis 4 à 5 et de nouveau une à la 
fin du corps. Les soies composées du faisceau inférieur à 
serpe bidentée {fig. 55) ont un capuchon pointu dont le bord 
opposé au dos de la serpe est plissé. A partir des 3 ou 

4 avant-derniers segments branchifères jusqu'à l'avant-der- 
nier segment du corps, il y a 2 ou 3 grosses soies aciculaires 
ventrales jaunes tridentées à capuchon arrondi (fig. 56), sor- 
tant du corps comme les 2 ou 3 acicules jaunes à pointe 
légèrement courbe (fig. 57) qui accompagnent les faisceaux 
de soies. Le cirre ventral, qui est une grosse languette aux 

5 à 6 1"* pieds, prend la forme d'une sphère surmontée d'un 
petit article aux 32 segments suivants et redevient ensuite 
une languette, mais beaucoup plus mince qu'aux segments 
antérieurs. 

Les branchies ciliées, plus longues que les cirres dorsaux, 
mesurent 2 millimètres de long, commencent au 5"' segment 
(3"" sétigère) ayant à ce segmnnt i à 3 filaments et attei- 
gnant leur plus grand développement (jusqu'à 1 i filaments) 
du 12"' au 36"'. Elles cessent brusquement au iO" k 49"' 
et ont encore 4 filaments au dernier segment branchifère. 

Le corps se termine par un segment anal avec anus dor- 
sal, s'ouvranl entre 2 papilles comme le ligure Claparède(l) 
et 4 cirres anaux ventraux inarticulés doiit les 2 les plus 

(l)Loc, cit.,iig. 3 e. 



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ANNËLIDES POLYUHÈTES DES COTES DE FRANCE. 275 

rapprochés du ventre n'ool que 0"",27 de long et les 

2 autres! ",80. 

La mâchoire inrérJeure (lîg. 58) se compose de 2 pièces 
atlongées, juxtaposées, longues de 2 millimètres, s'élargis- 
sant en ailerons dans la partie antérieure qui a 2 ou plu- 
sieurs dents. Bile est en chitine d'un jaune très clair et 
presque partout incrustée de calcaire sauf sur un petit espace 
qui précède la partie antérieure élargie. 

La mâchoire supérieure (fig. 59) comprend : 1" un support 
composé de 2 larges plaques arrondies en bas deux fois 
moins hautes que la pince; 2* la 1" paire de mâchoires 
f pince}; 3' la?"' paire (dent d'Ehlers)qui a 10 dents à droite 
et 9 à gauche; i° la pièce impaire gauche à 9 dénis; 5" la 
3" paire de mâchoires surmontée d'un capuchon de (issu noir 
avec 13 dents à droite et 10 à gauche; 6° un seul paragnalhe 
de cliaque côté, triangulaire, avec une seule dent rabattue 
en avant comme une grifTe. Toute cetle mâchoire est en 
chitine d'un jaune plus foncé que le labre, et presque par- 
tout aussi incrustée de calcaire. Les 2 plaques du support 
ne sont foncées que le long de leur point de contact entre 
elles et avec la pince; les 2 pièces de la pince ne sont fon- 
céesqu'à leur bord Interne. Aux autres paires de mâchoires, les 
dents seules le sont et encore leur extrémité est-elle blanche. 

Des exemplaires de Naples que j'examine sont plus petits 
que ceux de Concarneau, ayant 35 milHmètres de long sur 

3 millimètres de large dans l'alcool et 9i à 96 segments. 
Les branchies cessent au 30"' f» 33"' segment et la 1" paire 
a déjà 6 filaments. 

Je ne retrouve pas plus sur ces exemplaires, que sur ceux 
de Concarneau, ni les 2 petits yeux frontaux signalés par 
Langei'hans, ni tes yeux de la base des derniers pieds dont 
parle Claparëde. 

VE. viflala ne me parait pas devoir être confondue, 
comme le voudraient (trube(1] et Marion et Bobretzky (2), 

.1) Bemerk. uber Annel.desFariser Museums[Arehiv fur Nattirg.,iH~0,p.29'i]. 
2) Loc. cit. 



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2(6 DB SAiivr-jMitrtt. 

divec VEuniceruhrocinctaEhl.qai est la même que VE. Bissai 
Val. Qfg. d'après Grube. Celte espèce d'Elilers ne manque 
de branchies qu'aux derniers segments ; le nombre des fila- 
ments branchiaux y est moindre; la soie acicuiaire est 
bifide et non Irifide et les soies composées n'ont pas un 
capuchon aussi pointu que VE. vittata en dessus de la 
serpe. 

J'ai constaté ces diiTérents caractères chez un des 3 exem- 
plaires de VE. Hissoi du Muséum. 

Méditerranée, Atlantique, Détroit de ^9s%{ChaUenger],k 
69 mètres de profondeur. 



VBIBU DKS LUHBBICVNBBHDEA Schmarda. 

(seruu Gr.). 

Genre LUMBRICONEREISBIv.,Gr.m-.(mc/.Zyyo/oA(MGr.). 

LUHBBicoKERets Latrbilu Aud. et Edw,{l]. 

LuaMicofliNus LiinKU-Lii Quatretagea, UUf. nal. <Ui Annel., i. I, p. 164. 

— — Grube, Bemerk. ùber Annel. dt* Panter Mu-tumi 

{Ai-chivfar Nalurg.. (870, p. 301). 

— — HarioD, Étude dtt AnMl. du golfe de MarttilU (AitH. 

det te. nal., 6» R^rie, t. Il, p. IS). 

— Nahpokib Cr. Grube, ÀcUnien, Echinodermen und Wtlrmer de* 

Adriat. und MiUelmeerei, KOnlgiberg, iD-4, IStO. p. 79. 
— — Ehlert, Uit BoTttenvi&rmrr, p. SKO: pi. XVI, Bg. 33-30, 

«t pi. XVtl, Sg. 1-1. 

— — ÎCIapwède, Annél. du golfe de Naplei, p. 147, et pi. IX, 

fig. 3. 

— — Grutie, FamilU Eunieea t" Ahth. [Jaliretb. der Sehlet. 

Geietlt. fUr 1818. Breilau, 1879, p. 90). 

— Enwjinsi Clpil. Claparède, Beob. ûber Anal., ele., 1881, iD-fol., 

p. SB. Bt pi. XIV, flg. H-W. 
Ztooloiui — Claparède, Glanuit» toot. parmi ht Annit. de Port* 

Vetidrel, p. lit. 
LuvenicoNraiti nnauis Ke(. Kefenteîn, Unlen. ûber niedere Stelhitre {Zril4. 

far IV'iM. Zool., t. XII, I8U1, p. 101, et pi. IX, flg. l-fl). 

— — Ehlen, Uie Borileimiarmer, p. aOI, et pi. XVII, flg. 11-14. 

— — Grube, Familie Eanicta, vide lupra, p. 91. 

(1) Litmbrineris LatreilU. Audouin et Milne Edwards, Recherches pour wr> 
vir à rttUtoire naturelle du littoral de ta Frante, t. Il, p, 168, et pi. III ■, 
«g. 13-15. 



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AMNÉLIDES POLTCHÈTES DES COTES DE FBANCE. 277 

Ll'HBRiCMiRiu TUoim Saiot-Josepb, Ui Anaél. polj/ch. dei dlet de Dinard, 
i"' partie (^nn. dei ac. nai-, ^^* térie, t. V, p. !ll, 
et pi. VI[I, flg. Gl-et). 

PI. XV, fig. 60-61. 

Grube ayant rencontré un LombriDérien qui ne difTérail 
de la Lumhriconereis Lalreilli que par la présence de soies 
composées non signalées par .\udouin et Milne Edwards en 
fil la L. Nardonis. Depuis lors, il observa ces soies aux seg- 
menls antérieurs chez l'exemplaire du Muséum de la L. La- 
freilli; il n'y avait donc plus lieu de mainlenir la L. Nar- 
donis (I). De mdaie Keferstein ne trouvant que des soies 
simples à un Lombrinérien semblable h la L. Nardonis qui 
a en outre des soies composées, en Bt la L. tingens et Cla- 
parêde n'y conslatanl que des soies composées, en fil la 
L. Edwarsi. Mois Claparède n'avail examiné que les soies des 
segmentsanlérieursetKeferslein celles des segments suivanls. 
En rectifiant cette double erreur, il ne resterait comme dir- 
férence entre la L. Nardonis et la L. tingens que tes dente- 
lures plus ou moins variables des pièces calcaires anté- 
rieures du labre chez la L. tingens. Ces dentelures pouvant 
résulter d'accidents ou d'usure, il n'y a pas là de caractère 
spécifique bien accusé. Il ne !>emble donc pas qu'il y ail lieu 
de distinguer la L. tingens de la L. Nardonis, ni celle der- 
nière de la L. Lalreilli qui demeure l'espèce type. Sur 
l'exemplaire unique du Muséum examiné par Grube, je 
Irouve 42 segments avec soies limbées dont les 20 antérieurs 
ayant en outre des soies composées et les 22 suivanls des 
soies simples à crochet. Toutes ces soies et les mâchoires 
sont semblables à celles qui ont été décrites depuis lors 
pour la L. Nardonis et la Z.. tingens. 

J'en ramasse au Croisic près de l'estacade et & Pen-bron 

(I) Les rourtes notices consacrées par Grube i la L. NurdonU et à I& 
L. Latreilli en I8TS, el qui sont en cootradictiou avec ce qu il en av&il dit 
en 18T0, doivent avoir été rédigées avant cette dernière date et n'avoir pas 
été corn((ées depuis. 



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278 uc s.4i»T-40SEPn. 

2 exemplaires de couleur rose doni l'un de 251 segments et 
15 centimèlres de long sur 3 millimètres de large sans les 
pieds ayant les 54 I*" segments avec soles limbées accompa- 
gnées aux 3o segments antérieurs de soies composées à lon- 
gue serpe terminée par 4 dentlcules et eniourt^e d'une valve 
comme la partie antérieure de la hampe (fig. 60). Les 29 seg- 
ments suivants ont avec les soios limbées, des soies simples à 
crochet (fig. 61), qui persistent seules à partir du 55'' seg- 
ment jusqu'à la fin du corps. L'autre exemplaire de 262 seg- 
ments a des soies limbées seulement aux 31 1*" segments 
dont 21 avec soies composées et 1 avec soies à crochet. 

Près deConcarneau à la Pointe de la Jument, je trouve 
sous les pierres 2 exemplaires d'un brun rose avec reflets 
métalliques. L'un a 14 centimètres de long sur 2"', 5 de 
large sans les pieds et 235 segments dont les 48 1'" avec 
soies limbées accompagnées pendant les 24 antérieurs de 
soies composées et pendant les 2i suivants de soies simples 
k crochet qui persistent ensuite seules. 

L'autre exemplaire, incomplet, à tête un peu plus ronde, 
long de 9 centimètres dans l'alcool sur 3 millimètres de 
large sans les pieds, n'ayant conservé que 150 segments, a 
des soies limbées aux 121 1'" segmenis dont les 25 anté- 
rieurs avec soies composées el les suivants avec des soies 
simples à crochet. 

Ces 4 exemplaires du Croisic et de Concarneau, même le 
dernier qui a un nnmhro si considérable de segments avec 
soies limbées, sont tout à fait semblables entre eux au 
point de vue de la forme des soies et des mâchoires. 

Je trouve aussi la L. Latreilli à Saint -Vaast dans les 
plages de sable de l'ile de Tatihou au N.-Ë. du laboratoire. 

Manche. Atlantique. Méditerranée. Draguée dans le golfe 
de Gascogne à 400 mèircs de profondeur par le Caudan. 



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AN.NÉI.roES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 



LUHBRICONEBEIS COCCINEA RCD. (1). 

J'en recolle à SaiaUJean-de-Luz sous une pierre près de 
Sainte-Barbe un seul exemplaire incomplet de 168 segments 
long de 75 millimètres sur {""jS de large, rcconnaissable à 
sa tète globuleuse et à la serpe courle et massive des soies 
composées. Les 38 I*" segments sétigères ont des soies lim- 
bées accompagnées jusqu'au SI" inclusivemeni de soies 
composées, puis du 21"" au 38°" de soies simples à crochet 
qui persistent seules après que les soies limbées ont disparu. 

Les dragages, à Dinard, m'en procurent 4 exemplaires 
tous jeunes et de petite taille. L'un d'eux a 15 millimètres de 
long et 88 segments sur lesquels les 31 1"' sétigères avec 
soles limbées accompagnées aux 13 antérieurs de soies 
composées et aux 18 suivants de soies simples à crochet 
qu'on retrouve seules ensuite jusqu'à la Bn du corps. D'au- 
tres provenant aussi de dragages ont de 3 à 7 centimètres 
de long. L'un d'eux long de 65 millimètres, comptant 
141 segments en tout, a les 39 1"* segments sétigères avec 
soies limbées accompagnées aux 32 antérieurs de soies 
composées et aux 27 suivants de soies simples en croc. 

Manche. Atlantique. Méditerranée. 

LUHBRICONEREIS IMPATIENS Clpd. (2). 

Llibbicus thacilis D. Cil. nec O.-P. HUller. Délie Chiaje, Mtm. tulla tloria 

e nolomia.elc, I. U, p. 1!S. 
LumfiiNKiius — Délie Chiaje, Deterisione t notomia, etc., i. III, p. S3, 

et l. V, p. 97, pi. m, Bg. g-M. 
?Lnll■Hlco^KllBls brivicifh Ehl. Die Bortleaw&rmer, p. 3gS. 

— IMPATIENS PruTot, Hecheixhtt lur le tystime nemtux dei Attnil. 

lArchives de tool. expêrim., 1885, S»* (èrie, t. tll, 

p. S79; pi. XI, Qg. S, et pi. XIV, flg. 1-3). 

PI. XV, Qg. 62-08. 

(1) Voir, pour la description et la synonymie, Pnivot et Racovitza, Faune 
det Annél. de Btmyuls (Arch. de tool. expirim., 3"* série, t. 111, p. 314, el 
pi. XVI, «g. 21-37). 

(2) aaparède. Annil. du golfe de Naples, p. 145, el pi. IX, Dg. 2. — Stip- 
pli'mtnt aux Annél. de JVaptes, p. 24, et pi. V, fig. 4. 



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280 I 

Au Croisic dans le sable vaseux, sur la côle de Pen-Bron. 

Quoique l'exemplaire que je recueille soit incomplet et 
que la partie postérieure manque, il mesure 50 centimètres 
de long el compte 664 segments. 

Le corps rond, à peu près partout de même largeur 
(S^jS), est de couleur rose pâle. La cuticule est couverte de 
très petits pores qui semblent fermés par un clapet fendu 
en 4 parties égales el faisant légèrement saillie au-dessus 
du pore (fig. 62). 

Lalèfecylindro-conique sans yeux, haute de l"",5(fig. 631, 
porte à sa partie postérieure du côté dorsal de chaque côté 
de la ligne médiane une petite fossette ronde vibratile 
(organe de la nuque), cachée le plus souvent par le bord 
antérieur du 1" segment. Elle est suivie de 2 segment» 
achètes dont le 1" plus haut que le t". Du côté ventral le 
1" segment est interrompu et le â"' pousse jusqu'à l'entrée de 
la bouche un prolougement qui a 4 sillons longitudinaux ( I ); 
il émerge de la. bouche deux grosses papilles arrondies 
{Mundpolster d'EhIers). 

Les pieds, partout semblables, mais plus pefits dans la 
partie antérieure du corps, consistent en un petit mamelon 
séligère avec cirre dorsal rudimcnlaire el processus digi- 
tiforme ventral contenant un riche réseau vasculaire; 
4 ou 5 acicules fins recourbés entrent dans la base des clrres 
dorsaux. Aux 75 à 83 V segments, il y a des soies à large 
limbe placées au-dessus de soies simples coudées entourées 
d'une longue lame dissecirîce striée à partir du coude jus- 
qu'à l'extrémité antérieure qui se termine par un large cro- 
chet dont le bord incliné est garni de 3 fi 4 denlicules (tig. 64). 
Ces soies à partir du 45°" segment environ sont remplacées 
par des soies simples à crochet de forme différente dont le 
sommet à peu près rectiligne et hérissé de 4 à 5 petites 
dénis pointues est entouré de 3 valves plus rondes, plus lar- 
ges el un tiers moins longues que celles de la forme précé- 

(1) Ehlers figure une disposition semblable cliez le I.. qradlà Ehl. {Bort' 
ttnwûrmer, pi. XVI], lig. 8). 



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ANNÉLItlES POLVCHËTES DES COTES DE FRANCE. 281 

dente (fig. 65). Lorsque les soies limbées odI disparu, elles 
pcrsislenl saules jusqu'à la fin du corps. Parlout le faisceau 
de soies esl accompagné de 2, 3 ou 4 acicules jaunes, poin- 
tus, légèrement bruns à leur extrémité et ne faisant pas sail- 
lie hors du corps. 

Le labre, long de 1"",82. est en forme de corset 
ilig. C6) (I). Légèrement concave du côté qui est enfoui dans 
le (issu musculaire de la trompe, il esl un peu convexe en 
dessus et formé de deux moitiés semblables, ce qu'on ne 
reconnaît qu'à une mince ligne de soudure qui les unil. 
S'élargissanl en avant et se terminant un peu en fer achevai, 
il esl couvert de stries parallèles noirâtres, disposées en demi- 
cercle, puis il se réi récit au milieu pour se terminer en arrière 
par deux pointes courtes obtuses que sépare une échancrure. 
Des coucbes chilioeuses superposées, en forme d'écaillés 
oblongues, partent de l'échancrure inférieure se dirigeant 
la pointe tournée vers le haut jusqu'auprès du fer à cheval, 
auquel sont soudées 2 plaques calcaires blanches antérieures 
unies ou le plus souvent dentelées. 

Le système maxillaire supérieur (fig. 67) se compose 
d'un support et de 4 pièces. Le support allongé, à deux ren- 
flements successifs, et se terminant dans le 8" segment par 
une pointe presque filiforme est beaucoup plus long que 
celui que figure Claparède (Su/tpl. pi. V. Og. 4). Ce support 
me semble être ime transition entre la forme courte ordi- 
naire du genre Ijnnbriconereis et la forme filiforme du genre 
Arabella. Les autres pièces de la mâchoire sont bien celles 
propres au genre Lumbriconereis. La pince assez étroite 
contient la pièce dentaire qui a 5 denlicules à droite et 4 à 
gauche. La plaque ou 3" paire qui est au-dessus est bidentée 
et enfin la 4"' paire en plaque est unidentée. Toutes ces 

(I) Horst, Oie Ai.neliden gesammelt uâknnd des Fahrien der j Wilkm Ba- 
rtnli » in 1878-79 [Siederi. Archiv fur Zool. Supplementarband, l, liv, I, 
lig. 3 b), Rftire un labre à peu près semblable pour la Lumbriconereix fragi- 
lia MùW. — Voir aussi le labre rte la L. Sarsi Kbg. (Etiijrnies Sesa. pi. XIX, 
tig. 38 e) et celui de l'Àrabella dubia Hansen, Recherches sur tes AmM. liu 
Britil(Mém. cowonn^s AcaJ. de Sclgi^ie, t- Xl.tV, 1881, in-t, pi. Il, lig. 18}. 



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iSi DE aAiwr-'osepn. 

pièces sonl très noires, mais l'exlrémîté de In pince et des 
denticules des autres mâchoires est blanche comme Ciapa- 
rèdel'a déjà remarqué. La base des %"', 3"° el ^'" paires est 
formée de tissu râpeux. 

A Guéthary et à Sainl-Jean-de-Luz près de Saiote- 
Barbe, je trouve plusieurs L. impatiens de couleur rose 
dont 5 bien entières. La phis longue a 25 centimètres de 
long sur 3 millimètres de large sans les pieds el 4 milli- 
mètres avec les pieds et compte 345 segments. A» 238"' il y 
a 2 pieds à gauche oix te segment est dédoublé et 1 pied 
à droite. Une autre a 18 centimètres de long sur 3 millimè- 
tres de large tout compris et 358 segments. Le corps de 
celle-ci finit par un segment anal de 0°"*,30 de haut avec un 
anus terminal s'ouvrant entre 4 cirres dont t ventraux et 
2 dorsaux de 0'°",30 de long (fig. 68j. 

Dans un de ces exemplaires je trouve une grégarine grise 
monocystidée avec noyau central et 2 bandes claires trans- 
versales à la partie aalérieure. Elle a 0'",4â de long sur 
0°",062 de large. 

Je dois à l'obligeance de M. Pierre Fauvel un exemplaire 
venant de Saînt-Vaast, long de 34 cenlimëlres dans l'alcool 
et comptant 535 segments dont tes derniers régénérés. 

J'ai aussi un exemplaire de Naples mesurant 31 centimè- 
tres, avec la Hn du corps régénérée. Il est en tout sembla- 
ble à ceux du Croisic, de Saint-Jean-de-Luz et de Saint-Vaast : 
la télé, les soies, le labre sont les mêmes el le support du 
système maxillaire supérieur est relativement aussi long. 

Manche, Atlantique, Méditerranée. 

Genre ARABELLA Gr. char, entend. 
Sous-CENBB M.^CLOVIA Gp. 
Haclovia gigantea Gr. (1). 
Dans la baie de Saint- Jean-de-Luz, je trouve plusieurs 

(1) Voir Annét. polj/ch, dai côtti de Dinard, 2"* partie (Ann. de* te. aal.. 



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An.VËLlDES POLVCHËTES DES COTES DE FIIAN'CE. 283 

M. gigantea de 280 segments environ longues de 17 centi- 
inèlres sur 2 millimèlres de large, pieds compris, se rappro- 
chant donc par le peu de largeur ducorps de YArabella genini- 
lata lelle que la décrit Grube (1 ). Mais elles en diffèrent par 
le cirre dorsal qui est peu développé et par le système maxil- 
laire qui a 3 supports et la 1" paire de mâchoires en forme 
de pinces, tandis que chez l'A. geniculata d'aprfesMarion(â), 
il n'y a que 2 supports et une )" paire de mâchoires en 
forme de plaque dentelée et non de pinces. D'un autre côté, 
chez quelques exemplaires de M. gigantea de grande taille 
recueillis par moi dans le sable à Dinard, à Sainl-Jean-de- 
Luz et au Conquet, le cirre dorsal plus développé dans les 
segments antérieurs que celui que j'ai décrit pour un gros 
exemplaire do Dinard, a la forme de bonnet phrygien que 
lui atlribue CIaparède(3), chez YArabella geniculata. Il faut 
en conclure que ces deux espèces dont la tète a 4 yeux en 
rangée transversale est semblable sont très voisines. 



FAMILLE DBS LYCOMIDIE.'VS Gr. (.VÉBÉIUlENflt Qfg. 
Mgr. nec Kbg.\ 

La classification des Lycoridiens est difficile à établir 
d'après les différences qui existent dans le plus ou moins 
grand développement de la languette dorsale des pieds (4) 
ou le nombre des languetles de la rame dorsale ou ta posi- 
tion plus ou moins terminale occupi5e par le cirre dorsal au- 
dessus de la languette supérieure de la rame dorsale. Il y a là 
des caractères souvent bien incertains sur lesquels il est 

"■' série, t. V, p. 230), el 4"' partie (Ann. des se. nat„ 7°" série, t. XX, 
p. 209). 

(t) Pamilie Eunicea. 2'' Abtheilung {Jahreib. der Schles. Gesells. fur 1878. 
Bresiftu, 1879, p. 10-2). 

(â) Anntl. du golfe de Marseille [Ann. des se. nat., ù"' série, t. Il, 18~!i, 
p. ir>, el pi. I, rig. 3). 

(3) Jfoloàrrus geniculatus [Annél. du golfe de Naitles, p. 149, el pi. VI, 
Hg. 8). 

{*) Voir pluMbasp. 291. 



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284 DE SAIMV-JOHBPIfl. 

presque impossible de s'entendre, qui varienl jusque dans 
le même individu et se modifîeut au moment de la matu- 
rité où les cirres dorsaux et ventraux eux-mêmes peuvent 
subir des changements. It me parait donc préférable, dans 
l'élal actuel, pour la Bxatioa des genres, de s'en tenir à ta 
classification de Kinberg (1) au moyen des paragnalhes, 
selon qu'ils sont absents ou présents, et dans ce dernier cas 
selon leur nature, leur forme el l'existence de tous leurs 
gi'oupes ou de quelques-uns seulement. Le nombre el quel- 
quefois la taille des paragnalhes composant chaque groupe 
son) variables. Ils n'occupent pas non plus toujours une place 
identique dans chaque groupe comme on peut en voir un 
exemple chez VEunereis iongissima (PI. XVI, fig. 94-96). Mais 
il y a une grande stabiUlé dans le nombre des groupes. Leur 
présence ou leur absence dans la même espèce sont suffisam- 
ment constants et il n'y a guère d'cxceplion à faire que pour 
le groupe maxillaire médian dorsal (1), qui existe ou manque 
chez des individiisdelamèmeespèce, surtout lorsque celle-ci 
manque déjà du groupe basilaire médian dorsal {V}. 

Les différences dans la forme des rames et de leurs 
appendices, dans la forme des soies surtout lorsqu'il 
s'agit de soies particulières (Voy. plus loin Nereis 
diversirolor, Nereis pelag'ica, Eunereis longissima), dans 
la longueur des cirres lentaculaires, des antennes, et 
des palpes serviront de caractères spécifiques. En ce qui 
concerne les appendices des pieds, je ne ferai d'exception, 
au point de vue générique, que pour les branchies dendriti- 
quos, ce qui ne peut donner lieu ft aucune confusion. 

Voici donc comment je classerais, pour le momeni, les 
genres de la famille des Lycoridiens en supprimant les 
familles de Kinberg et en ne donnant que la valeur de sous- 
genres à plusieurs de ses genres et à ceux de Malmgren. 

(I) Kinberg, Annulala nma {Ofveniql af K. vcl. .ikad, Fùrh., Stock* 
bolm 1865. p. 167). 



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ANNÉLIDES FOLYCHÈTES DES COTES DE FRAKCE. 285 

A. Branchies dendri tiques à quelques segments aotérieura. 

Pas de paragaathes. Dendrooereis Peters. 

B. Pas de branchies dendriliques. 

i. Pas de paragnathes. 

a. Pieds uniramés : Lycastis (Sav.) Aud, et Edw. 

b. Pieds biramés : 

a, Segment buccal avec pieds et soies : MicronereU Clpd. 
^. Segment buccal apode et achète : Leptonereîs Kbg. 
{incl. Nicon Kbg., Ntcomedes Kbg.). 

2. Rien que des paragnathes mous : Ceratocephala Mgr. 

3. Rien que des paragnathes calleux : Tylonynchas Gr. 
4- Paragnathes mous et cornés : Leoniiates Kbg. 

5. Paragnathes cornés séparés et coniques : Nerels <■ tli\ L. 

Cuv. {Lycoris Sav.). 

a. Tous les groupes de paragnathes au complet : S. G. Naan* 
thés Kbg. [ind. Alilta Kbg. Mgr., Heditte Mgr., p. p.) char, 
emend. 

b. Le groupe V ou les groupes V et VI manquent : S. G. Ne- 
reis t. tir. Kbg. {incl. Masligonereis (Schmard'a) Kbg., 
Thoosa Kbg., A'em/epas (Blv.) ïcniu Kbg., A'erei/e^aï (Blv.) 
lensu Johnst. Hgr.,nec ÛCrst-, necQrg., rier Kbg., p.p., A'e- 
rcM M^r., Bediate Mgr. p. p., Praxithea Mgr.}. 

0. Les groupes I, II, V manquent : 
S. G. drronereis Kbg. 

d. Les groupes V, VI, VII, VIII manquent : 

S. G. Ceratonereis Kbg. 

e. Tous les groupes, sauf VI, manquent : 

S. G. Eunareis Mgr. char. mut. 

6. Paragnathes cornés coniques et transversaux séparés : 

a. Tous les groupes au complet : 

PerinereisKbg. [incl. NaumachiusKitg., Lipepkile Mgr., 
Hedyle Mgr., Hedisie Mgr. p. p., Slfalonice Mgi-., Nerei- 
lepas (BIv.) sensu Johnst., Mgr., nec Œrst-, nec Qfg., née 
Kbg.p p.). 

b. Lu groupe V manque : 

S. G. Arête Kbg. 

7. Paragnathes cornés de trois formes : coniques, transver- 

saux et pec Uni formes. 
Tous les groupes au complet : 
Fseudonereis Kbg. (incl. Paranereis Kbg.). 

8. Paragnathes cornés très petits, trës serrés, rangés en lignes 

pectinées : 



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28R DE SAINT-JOSEPH. 

a. Le groupe I manque : 

Piaenoe Kbg. 

b. Les groupes 1, II, V manquent (et quelquefois VI, VII, 

VIII) : 

S. G. Platynereia Kbg. (ind. Leonlis K^T.,lphinereit 
Mgr). 

Je n'ai pas faîl figurer dans ce lableau les genres Nossis 
Kbg., Typhtonereis Haiis. Norske NorJb. exped., Phyllone- 
reis Hans. Brésil, trop Jncomplëlement connus, ni le 
genre Heieronereis OErsI. Kbg. Mgr. qu'il faut entièrement 
supprimer, cbaque forme Hétéronéréidiennc devant être 
ramenée dans le genre auquel appartient sa forme Néréi- 
dienne, ce qui sera facile, comme le remarque justement 
Ilorst, avec la classification par les paragnalhes. 

Les genres Hedyle Mgr. et Naumachiiis Kbg. avaient été 
établis pour des formes (Iéléronéréidie;ines appartenant au 
genre Peiinereii et le genre Ip/iinereis Mgr. pour une 
forme Uétéronéréidienne du sous-genre Platynereis. J'ai dû 
modifier la diagnose du sous-genre Eunereis faite par Malm- 
gren pour la forme Hétéronéréidienne de VEuneretx long'ts- 
sima Jobnst. 

Le genre Perhiereis a la priorité sur le genre Lipephiie 
Mgr. et le genre Platynereia sur le genre Leonlis Mgr. 

Quant aux genres Prcuithen, Masliyonereis, Hediste, Xerei- 
/cpas, Thoosa, Alilla, Sh'alonice qui étaient fondés le f'sur 
(les différences peu importantes dans la forme des rames et 
sur la longueur des cirres tentaculaires, le f sur la posi- 
tion terminale du eirre dorsal, le 3"" sur la présence de 
;t languettes à la rame dorsale et les 4 autres sur le déve- 
loppement plus ou moins grand de la partie supérieure de la 
rame dorsale et de la languette dorsale supérieure, je Icis 
ai versés dans les genres ou sous-genres que leur attribuent 
leurs paragnalhes. 

De nolnl)reu^ Lycuridiens sont trop imparfailcinent décrits 
pour être dislt'iluiés avec certitude dans les genres et sou^- 
genrcs tels qu'ils sont établis ci-dessus. Mais même pour 



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AIS.NÉLIUES POLVCHÈTES DBS COTES DE FRANCE. 287 

ceux qui semblent suflîsamincnl éludiés, it y en a pluiïieurs 
qui y trouveraient difficilement place. 

Ce sonl par exemple la Nereis artiarlata Ehl. Florida, 
contre-partie des Ceratonereis qui a une ceinture de para- 
gnathes en cône oblns h peine colorés à la partie basilaire 
dorsale el ventrale et en manque à la partie maxillaire; 
la Nereit citlveri Websl. New-Jersey, plus rapprochée du 
genre Tylorrynchus que d'un autre genre, ayant des touffes 
do papilles sur le bord de la région maxillaire dorsale el 
ventrale et 5 mamelons calleux à la région basilaire ventrale. 
Il \ aurail encore : la Nereis tridentata Webst. New-Jersey, 
qui a en tout 3 paragnathes cornés à la partie basilaire ven- 
trale (Vil et VIll) ; la N. debiiis Gr. OErst. qui n'a que les 
2 groupes latéraux de la partie maxillaire dorsale (11) ; la 
iV. Ehlerxiana Gr. Semper., à laquelle manquenl les groupes 1, 
V, VI ; ]a.jy. /lavipes Ehl. qui n'a ni le groupe IIÏ ni le groupe 
V; la iV./p/»/M Websl. elBenedict, Provincetown, qui manque 
des groupes 1 et VI; enfinlaiV.î^no/aQfg. qui est très voisine 
de la N. arlkulata et n'a pas de paragnathes à la partie 
maxillaire, mais seulement les groupes de la partie basilaire 
au complet. Ces 6 espèces appartiennent toutes au genre 
Mereis et il faudrait soit ea faire de nouveaux sous-genres de 
ce genre, soit les verser dans des sous-genres dV^jà existants 
en en modiGant la diagnose comme Kinberg l'a fait pour le 
sous-genre Platynerein dont les espèces manquent en général 
des groupes 1, 11, V, el qu'il n'a pas voulu scinder en deux 
pour quelques autres espèces non décrites auxquelles man- 
quent en plus les groupes V(, VII, VIll (1 ). 

Les copépodes parasites de Lycoridiens sont peu nom- 
breux. Ce sont : i* l&Ncreirola ovala Kef. (2), dont Keferstein 
n'a vu que la femelle et dont M. Inlosh (3) a probablement 

(r [l faudrait peut-Olre encore élargir ce sous-genre pour la Plalynereis 
Afafurensis Me Int. « Challenger " qui manque des groupes I, II, III. V. 

i;3) Keferstein, Vber einm neucn Sckmaroticrkrebse [Nerekola ovata Kef.) von 
eintr Anntnde\leitt.(ùrWm.looL,\.. XII, 1862, p. 461. et pi. XLII, flg. 1-4). 

i'3j Hc Inlosh, fiole on a Cmstacean parasite of Sefcis cultrifrra {Quart, 
mirros. Joutn., janvier 1810. p. 35, et pi. V). 



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288 I 

rencontré aussi le mftle ; 2° la Nereidicola bipartita <îr. 
(femelle seulement) {\). Ces deux espèces n'ont été observées 
que chez la Perinereû cK/^rf/fra à la base des pieds. Je ne 
les y ai jamais trouvées. 



Genre NEREISCuv. 

Socs-GBSBE NEANTHES Kbg. {/ne/. ALITTA Kbg. Mgr., HEDISTE 
Mgr. p.p.) char, emend. 

Paragnalhes cornés, coniques, séparéâ dont tous \es 
groupes sont au complet. 

NbAMTRER PERBtEni N. S. 

PI. XV, fig. m-ii. 

Plusieurs exemplaires retirés du sable vaseux {i Viller- 
ville et un exemplaire incomplet en mauvais étal venant de 
Villers. 

Le corps composé de 124 segments, long de II centimètres 
sur 9 millimètres de large en avant, rames comprises, va 
en diminuant progressivement de largeur et en s'aplatissant 
en arrière. 

La télé, les palpes et la partie antérieure du corps jus- 
qu'au 40"' segment environ sont, comme chez la N trei 
paraiielogramma Clpd. (i) [N. faha Q(g.), colorés en brun 
verdàtre bronzé parsemé de points blancs asser. indistincts. 

La partie postérieure est, sur les côtés, simplement colorée 
en rouge par le sang qui afflue surtout dans les languettes 
supérieures des pieds. 

La tête (lig. 69) qui s'amincit en avant, devenant un peu 
rectangulaire, a î longs palpes ovoïdes qui dominent les 

(1) Grube, Mi((A. iibei- St-Vaast-la-Houyue und sHnc Mcerti.besondtrs teint 
Anntl. fauna (Abhand. der Schlet. Goeth., 1868-60, p. 123, el pi. Il, fig. S!. 

(2) Annit. du golfe de Naples, pi. X, iïg. i. 



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ANNËLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 389 

2 peliles antennes Trontales. Les 4 yeux disposés en trapèze 
sont de dimension moyenne. 

Comme cliez ies autres Lycoridîens, les 8 cirres tentacu- 
laires sont rt^partis en deux paires de chaque côté de la 
tète, la paire antérieure plus courte sur un pli antérieur du 
segment buccal qu'on peut regarder comme un petit seg- 
ment fusionné et la paire postérieure plus longue sur le 
segment buccal achète proprement dit qui est à peine plus 
haul que les suivants. A la paire postérieure des cirres ten- 
laculaires, il y en a un plus long que l'autre (S""), attei- 
gnant, rabattu sur le dos, le?"* segment séU gère. 

La rame dorsale des 2 1"' segments séligères a une seule 
languette plus longue que le cirre dorsal et manque d'aci- 
cule et de soies. A la rame ventrale, il y a un acicule noir et 
i faisceaux de soies composés chacun de soies en arêle 
homogomphe et en serpe hétérogomphe sortant entre 
t lèvres pointues aussi longues que la languette ventrale qui 
est suivie d'un cirre ventral plus court qu'elle. 

Les pieds suivants (fig. 70) ont un cirre dorsal dépassant 
à peine la languette supérieure de la rame dorsale qui est 
suivie d'une languette beaucoup plus petite au-dessous de 
laquelle sort un faisceau de soies en arête homogomphe (1), 
accompagné d'un acicule noir (il y en a quelquefois 2 dans 
les segments antérieurs), et enfin d'une languette inférieure 
presque aussi grosse que la supérieure. Ces 3 languettes de 
la rame supérieure sont triangulaires. La rame inférieure, 
qui fait suite.a 2 faisceaux de soies : les supérieures, eu 
arête homogomphe avec 2 ou 3 soies (fîg. 71) en serpe hété- 
rogomphe mince et allongée, qui me paraissent manquer aux 
segments antérieurs; les inférieures, en arête hétérogomphe 
et en serpe hélérogompbe. Ces 2 faisceaux sortent entre une 
lèvre supérieure obtuse et une lèvre inférieure plus pointue, 

(l| Celle languette qu'on retrouve chez plusieurs espèces de Lycoridiens, 
pour lesquels Matmgren voulut élabltr te genre Hediale, me parait être 
plutôt une lèvre triangulaire comme celle de la rame ventrale. Elle est 
plar^c juste au-dessous d'une lèvre beaucoup plus courte à bords arrondis, 
et les soies sortent entre les deui. 

ANN. se. NAT. ZOOL. V, 19 



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290 DB HAinii^osEpa. 

un peu moins haute, et sont accompagnés d'un acicule noir 
(il y en a quelquefois 2 ou 3 dans les segments antérieurs). 
La languette ventrale, plus cylindrique que la languette 
supérieure dorsale, mais se terminant aussi en pointe, est 
suivie d'un cirre ventral moins long qu'elle. 

Cette disposition persiste jusqu'au SB"" segment environ. 
Alors la partie dorsale de la rame supérieure et la languetle 
supérieure commencent à prendre un développement qui ne 
fait que s'accentuer peu à peu. Le cirre dorsal est comme 
poussé en avant et dépasse davantage la languetle (fig. 73). 
Le tout Terme une haute languette fmissant en pointe et par- 
courue par 2 gros vaisseaux, l'un dans la partie dorsale de 
la rame et l'autre dans la languette proprement dite. Ils se 
réunissent au-dessous du cirre dorsal, communiquent ensem- 
ble par des anses transversales et alimentent tout le long de 
leur trajet un réseau capillaire très riche qui sert à la res- 
piration. Vers le lOO"' segment et jusqu'à la fin du corps, le 
cirre dorsal est poussé presque jusqu'à l'extrémité de la lan- 
guette (fig. 73), sans être cependant tout à fait terminal. A 
mesure que la languetle supérieure dorsale se développe 
ainsi, la 2'' languette (lèvre) décroît et diminue peu à peu 
d'importance et disparaît. Itien ne change à la S^'languelie 
dorsale ni à la languette ventrale, mais elles sont parcourues 
par un plus grand nombre de vaisseaux recourbés en anse. 
La lèvre supérieure de la rame ventrale depuis le 40"' seg- 
ment est devenue plus pointue et est légèrement dépassée 
pas la lèvre inférieure, ce qui ne fait que s'accentuer plus 
ioin. Les languettes supérieures dorsales larges et plates se 
recouvrent les unes les autres à la lin du corps comme des 
cirres dorsaux de Phyllodociens. 

Le segment anal, aussi long que lesS segmenis anleanaux. 
-se termine par uu anus dorsal et :f cirres anaux longs de 
3 millimètres. Chez un exemplaire, Il y a du côté dorsal, de 
chaque côté de l'anus, 4 fiUiments minces de l**".') de long 
(lîg. 74) qui ne ressemblent en rien aux cxcums plus 
épais et moins longs qui entourent l'anus dans la forme 



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ANNÉLIDES POLTCBËTES DES COTES DE FRANCE. 291 

béléronéréidjeane mftie de la plupart des Lycor:diens. 

Les mftchojres d'un jaune ambré ont 4 à 5 deats à la 
partie basilaire dorsale (fig. 75)de la trompe exlroversée, les 
i groupes laléraux de paragnalhes (VI) sont composés de 
C à 7 paragnathes entourant un paragnathe central ; le 
groupe médian (V) est de 2 ou 3. A la partie maxillaire dor- 
sale, il yen a 2 groupes latéraux (II) de iù en rangée obli- 
que et un médian (I) de 3 superposés. A la partie basilaire 
ventrale (fig. 77) les groupes VII et VIII fusionnés forment 
une triple ceinture à rangs peu serrés. Ala partie maxillaire , 
ventrale, les 2 groupes latéraux (IV) se composent chacun 
de 23 à 2i paragnalhes en rangées obliques cl le groupe 
médian (III) de 20 h 30 disposés en rectangle. Tous ces para- 
gnathes sont coniques, noirs et bien séparés les uns des 
autres; les plus gros ont 0'"°,096 de haut (fig. 77). Aucun des 
exemplaires n'a d'éléments sexuels et je ne trouve pas la 
forme bétéronéréidienne. Les muscles longitudinaux ven- 
traux se composent de 3 faisceaux comme chez VEunereis 
longissima (voir pi. IV, fig, 97). 

L'espèce qui vient d'être décrite fait partie du groupe de 
Lycoridiens établi par Qualrefages et Ehlers, chez lesquels 
la partie supérieure de la rame dorsale et la languette supé- 
rieure plus ou moins fusionnées ensemble se développent en 
une large palette aplatie. Mais faut-il maintenir ce groupe 
pour lequel on a créé les genres Alitta, Thoosa, Mastigo- 
nereis, Nereiiepas, Stratonicel Nous avons déjà dit plus 
baul pourquoi nous ne le pensions pas. Notre espèce sérail 
à la fois une Hediste Mgr. puisqu'elle a 3 languettes à la 
rame supérieure et une Stralonice Mgr. puisqu'elle a une 
languette supérieure dorsale qui devient peu à peu foliacée. 
Il en serait de même de la Nereis Marionii Aud. et Edw., de 
la iV. caudata D. Ch., de la N. succinea Leuck., de la N. ia- 
mellosa Ehl., de la JV. oxypodn Von Marenz. (I). Mais le 
genre Hedhtene doit pas être conservé, ni le genre Slr/ito- 

(1) La Hareis putsatoria Aud. el Ëdw. qui est une Htanlhes est sussi une 
Utdisle, mois n'a pas de languette dorsale foliacée. 



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292 1 

nice, pas plus que les autres du grand groupe dont uous 
avons parlé. Alors chacune des espèces faisant partie de ce 
groupe serait versée dans le genre que lui assigneraient la 
forme et la répartition de ses paragnatlies. Pour ne parler 
que des plus connues, la N. Marionii, la N. Stimjaoni Gr. 
IS'ovare, la N. matropus Clpd., la iV. ferox Hans., la iV. me- 
lanocephala Me. Int. «Challenger », laiV. Oliveirx Honi, qui 
ont des paragnathes allongés transversaux à la partie basi- 
laire dorsale de la trompe, appartiendraient au genre Péri' 
nereis Kbg. ; la N. fucata Sav., la N. vexiilosa Gr., chez 
lesquelles manque le groupe médian basilaire dorsal (V), 
rentreraient dans le sous-genre Nereis s. sir. Kbg. Quant à 
notre espèce, comme la JV. caudata, la JV. virens Sars, la 
JV. succinea, la N. lameUosa, la N. Brandti Mgr., la JV. lim- 
bata Ehl., la N. Verriliii Gr. Seœper., la N. oxypoda, qui 
ont aussi tous leurs groupes de paragnathes coniques au 
complet, elle serait versée avec ces espèces dans le sous- 
genre Neanthes Kbg. {incl. Alitia Kbg. Mgr.) tel que je l'ai 
modifié en ne tenant compte ni de la forme et de la distri- 
bution des soies, ni du changement de la forme des pieds, 
qui seraient des caractères spécifiques. 

La Neanthes Perrierî dilfère de la Neanthes virens, de la 
N. Brandti et la N. oxypoda qui ont de grosses languettes 
supérieuresdépassant beaucoup te cirre dorsal et des soies en 
arftte seulement, de la Neanthes limhataqai a les cirres dor- 
saux plus courts, du moins d'après Ehlers, et des dents plus 
nombreuses & la mftchoire, de la Neant/ws caudata qui a 
des soies en serpe mêlées partout dans les 2 rames aux soies 
en arête, et des paragnathes disposés d'une manière diffé- 
rente, à la partie basilaire dorsale et ventrale, de la Neanthes 
Verriliii qui n'a que des soies en arête boniogomphe, de la 
Neanthes succinea qui a des cirres teolaculaires plus courts, 
des dents plus nombreuses à la mâchoire, ot moins de seg- 
ments, de la Neanthes lamellosa qui, outre les mêmes diffé 
rences, a des soies en serpe mêlées aux soies en arête à la 
rame supérieure des segments poslêrieurs. 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 293 



Sotis-GBNRB NEREIS S. sir. Kbg. {incl. MASTIGONEREIS (Schmarda) 
Kbg., THOOSA Kbg., NBHEILEPAS (BW.) sernu Kbg., NEREU 
LEPAS (BIt.) seiwu Johnst. Mgr., nec CErsL, nec Qfg., nec Kbg. 
p. p., NEREIS Mgr., HEDISTE Mgr. p. p., PRAXITHEA Mgr.). 

NeHEIS PELAGICA L. (I). 

.NiDEiS rnaahA Ehl. Langertians, Die Wurmfaima von lladeim (Ztilt. fur WUt. 
Zool., Il»' Dcilrag, t. MXIII. ISiS, p. nh, et pi. XV, fl^. 3(). 
— — Si-Joseph, Annit. potych. des c6Ua de Dinard, ï"* ptriie {Ann, 
da K. nat., I— série, t. V, 1888, p. Î6G, et pl. XI. flg. I3Î). 
* — — Eblera, Dit BorsIenvÛTiner, p. 557, et pl. XXIil, Ùg. I. 

Dans la descriptioo que j'ai donnée de la N. pelagka^ 
d'après des matériaux tout à Tait iosulïisants et que je ne 
fais que compléter ici, j'ai omis d'Indiquer un caractère 
importanl. J'ai pu le constater depuis sur de nombreux 
exemplaires que j'ai trouvés à Villervlile et au Croisic, sur 
d'autres que M. Adrien Dollfus m'a rapportés de Villerset 
du Havre dans l'alcool, que 'M. Matard m'a envoyés de 
Sainl-Vaasl elenfin sur les exemplaires du Groenland faisant 
partie de la collection du Muséum, dont celui de Steenslrup 
qui a 20 centimètres de long sur i cenlimètre de large. A 
partir du 23"' à 25"' segment, il se montre à la rame dor- 
sale une soie homogomphe dont l'article terminal est une 
dent obtuse d'un jaune Foncé que j'ai déjà figurée vue de 
face (2) et qui, examinée de côté, paraît moins épaisse et 
montre 4 ou 5 cils qu'on n'aperçoit qu'avec de forts gros- 
sissements. Une 2°"* soie semblable vient se joindre à la i" 
dès le 2o"° à 27"°° segmeni, puis il y en a 3 ou 4 en tout et 
on en observe jusqu'à 5 chez les exemplaires du Groenland. 
A côté de ces soies, il en persiste encore quelques-unes en 
arête homogomphe dans les 4 segments qui suivent celui où 
elles ont apparu, puis elles restent seules jusqu'à la fm du 
corps. 

(1) Voir Annél. polyeh. des côtes de Dinard, i"' partie (Ann. des se. nat. 
7— série, (. XX, 1895, p. 221. et pl. XIII. (ig. WJ. 

(2) Lût. cit., 2<" partie, ISUi, pl. XI, fig. 132. 



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294 nv. SAiNT-4osepn. 

Les animaux du Croisic provenant du sable soil de l'Esta- 
cade, soit'du Plateau du Four, sont colorés en rouge brun 
diffus peu accentué et ont en général 60 k 80 millimètres 
de long sur 4 à 5 millimètres de large, rames comprises. Tous 
ont, comme ceux de Saint- Vaasl, 2 paragnathes superposés 
au groupe médian (I) de la partie maxillaire dorsale de la 
(rompe. Sur ceux de Villers et du Havre, longs de 30 à 
75 miliimëlres sur 3 à 5 millimètres de large, rames 
comprises, le nombre en est de 1, 2 ou 3 et quelquefois, 
mais rarement, le groupe manque, ce qui arrive plutôt chez 
les jeunes. 

Les autres paragnathes sont ainsi distribués à la trompe : 
Partie basilalre dorsale : 4 à 8 de chaque côté (VI); le 
groupe V manque. Maxillaire dorsale : 8 à 12 de chaque 
côté en rangées obliques (H). Partie basilRire ventrale : B k 
9 gros paragnathes en 1" ligne formant ceintura suivis d'un 
pavé irrégulier de très petits atteignant quelquefois jus- 
qu'au nombre de 200 ou 250" (VII et VIII). Maxillaire ven- 
trale : 15 à 24 de chaque côté en rangées obliques (IV) et 
groupe médian (III) de 16 à 20 en rangées transversales 
superposées formant rectangle. 

Les cirres tentaculaires les plus longs recouvrent les 
4 1°" segments. Dans le dernier tiers du corps, la rame 
ventrale devient moins saillante que la rame dorsale ; le cirre 
dorsal (^"iSO de loug) et le cirre ventral (0"",65 de long), 
ce dernier dépassant légèrement la rame ventrale, sont 
plus longs que dans la partie antérieure du corps, mais 
moins que je ne Fai indiqué pour l'exemplaire unique 
de 1895 où cette proportion était exceptionnellement plus 
grande. 

Maintenant que la présence des soies particulières à arti- 
cle en forme de dent massive est constatée chez la N. pela- 
yka, il est certain qu'elle ne diffère pas des jeunes Nereit 
jtrorera que Langerhans et moi avions décrites et qu'il y a 
concordance sur tous les points. Quant k la Nereis proféra 
d'Ehlers, chez laqucllt^ il avait observé pour la 1" fois cette 



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ANNÉLIDES POLYCHËTES DBS COTES DE FRAItCE. l^OS 

soie parlir.ulière encore inconnue chez la N. pelagica, il est 
assez probable que c'est une iV. pelagica de grande taille, 
(juoiqu'il y ait quelques différences : les palpes semblent 
plus courts, les cirres tenlaculaires plus longs, les soies en 
serpe hélérogomphe plus longues dans les segments anté- 
rieurs; le groupe médian dorsal (Ij manque; mais il a été 
dit plus haut qu'il en était quelquefois de même chez la 
iV. pelagica et Langerhans le remarque aussi chez les 
jeunes. 

A rénumération que j'ai donnée des mers habitées par la 
N. pelagica W Faut ajouter la mer du Japon et le détroit de 
Davis. 

NeHBIS DIVEHSICOLOIl O.-F. Mull. {!). 

Nrhem DiVERStcoLon ifa\Scbii\tze,UeberdieEnlV!icMungvonArenicolapiicalorum 
nelitt Bemerk. Uberdie Enltc. atidcrer Kiemenwarmtr. Halle 
in-4, ISS6, p. 3. 

— — Qualrerag«s, Hi»l. nat. de» Anntl., t. I, p. 308. 

— — Voii Marenzeller, Zur Kennl. der Adriat. Annel. {SiUh. der 

k. Akad. der Wiis. lu Wien, t. LX1X, 1871. p. 60. S.-A., 
et pi. V[[, fig. 3). — Sadjapanische Annel. IDenii. der k. 
Akad. dei- WU>. zu Wien, l. XL). 1879, p. 1*. S.-A.). 

— — Levinaen, S'/sl. qeogr. Overiigt ovtr de Nordifka Annul. 

.. Vi'Ieiat. MeddeU. fur IgNI. CopenliBKue, I8S3, p. 236). 

— — Schriider, AnaloiHiscii-/iislolo/ii'che Untersvchang von Herrit 

diversicolor. Hathciiow. 1886, ID-S. 

— — Mcndthal, Vninnucliuifi'-rt liher die Moltutlien ui\d Annetiden 

det frist-hen llaffi : IV, aher die CetchUeliUvei-haUnisse 
der N. dxversicolor . KOnIgsberg, 1889, in-4, p. 8, et pi. 
fin. LX. 
HmiiïTe — Molmureti, Ann. potych., p. 165, et pi. V, Br- Ï8. 

— — Malaquio, tes Anail. jinli/i-h. dts cilei du Houlortnain IHeviie 

biol. du Nord de la France, t. Il, 1889-90. Tirage à part, 
p. ai). 
_ _ Giard, l.r Inboraloirf de Wirnereiix. Rerherrlies faunique». 

(Bull, acifnt. de la France et de lu Belgique, t. XXII, IS90, 
p. 37i). 



Trouvée au Croisic dans le sable non loin des marais 
salants dans ie Grand Trait. Lt; corps est coloré en vert 

[I) Die buntf Xereidt, O.-F, Millier, Von Wiirmem d« srtssen uni* nitlûgen 
Wanscrs. ('Atpenhefae, 1771. in-4, p, IC4, pI pi. VI. — Voir la hibliographie 
dans Ehlers, bit Horstenwiirmer, p. oj4, et y ajouter le» ouvrages indiqués 
ci-dessous. 



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296 DE «AMT-JrOSEPH. 

sale UD peu mélangé de brun. Quelquefois il y a 1 raie 
brune longitudinale peu accusée de chaque côlé de la 
ligne médiane dorsale. Un exemplaire femelle avec des 
œufs a 5 cenlimèlres de long et 95 segments séligères. 
M. le professeur Henneguy a bien voulu m'en remelire 
plusieurs qu'il a ramassés dans les marais salanls (1 ) et 
qui sont colorés en brun rouge difTus aves 1 bandes lon- 
gitudinales plus foncées. 

J'examine aussi 2 exemplaires dans l'alcool : l'un de 
89 segments séligères venant de Sainl-Vaast, communi- 
qué par M. Malard, mesurant 8 centimètres de long sur 
6 millimètres de large en avant, avec la plus longue paire 
de tentacules atteignant le T° segment sétigère et des rirres 
anaux de 2",^ de long, femelle mûre contenant des œufs 
de 0",14 de diamètre; l'autre de 112 segments séligères, 
communiqué par M. Adrien Dollfus, venant de Vilters, 
de tO centimètres de long sur 6'",5 en avant, avec le plus 
long tentacule atteignant le 5°" segment sétigëre et des cirres 
anaux de 3",60 de long. 

La tête, teintée par 2 bandes longitudinales parallèles 
d'un rouge brun, plus large que haute avec les â anlenncs 
plus courtes que les palpes et 4 yeux disposés en trapèze, 
est exactement figurée par Ehlers {/or cit., pi. XXII, fig. 5). 
Le segment buccal est une fois et demie plus haut que 1e<; 
suivants. Les m&choires ont 8 dents dont les deux plus 
basses sont encastrées dans une lame chilineuse. 

Ces exemplaires ont les groupes de paragnalhes dis- 
posés comme les figure blhlers (2). A la partie ïasilaire dor- 
sale les 2 groupes latéraux (VI) se composent de para- 
gnalhes à gauche et de 5 à droite chez l'exemplaire de 
Villers, de 5 à gauche et de 2 adroite chez celui de Sainl- 
Vaast et de 4 àgauche et 3 à droile chez un de ceux du Croisic; 
à tous le groupe médian (Y) manque. A la partie maxil- 

(1) La N. diversieotoT s'accommode donc bien &ux différenU degrés de 
MUure de l'eau. 

(2) Loc. at., pi. XXII, «g. 6. 



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ANNËLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 297 

taire dorsale, il y a aux i groupes latéraux (II), 6 pa- 
ragnathes en rangée oblique de chaque côté et 2 paragna- 
thes isolés superposés au groupe médian (I) (Villers), 11 à 
gauche et 7 à droite en carré et 1 seul paragnathe médian 
(Sninl-Vaast), 10 & gauche et 9 à droite eu rangées obliques 
et 1 ou 2 médians (Le Croisic). A la partie basilaire ventrale, 
les groupes VII et VIII fusionnés forment une double ou 
triple ceinture de petils paragnathes précédée de quelques 
paragnalhes plus gros isolés. Il y en a 15 gros de i" rang et 
25 petits de 2*°° rang (Le Croisic). A la partie maxillaire 
ventrale les 2 groupes latéraux (IV) se composent de 
16 paragnathes à gaucbe et 14 à droite en rangées obli- 
ques et le groupe médiaa (III), de 30 disposés en rectangle 
sur plusieurs rangées (Villers). de 17 paragnatbes de 
chaque côté et de 13 médians (Saint-VaasI), de 17 à gauche, 
19 à droite et 24 médians (Le Croisic). La disposition des 
paragnathes est presque entièrement semblable à celle de la 
Nereis pelagica L., maïs chez cette dernière, les para- 
gnathes des groupes VII et VIII sont sensiblement plus 
nombreux. 

Chaque pied (sauf le 1" et le 2"° qui n'ont à la rame dor- 
sale qu'une seule languelle sans soies ni acicule) a 3 lan- 
guettes h la rame dorsale, la 2°' languette (lèvre supérieure) 
étant plus nette à la partie antérieure du corps qu'à la 
fin où elle diminue beaucoup. En dessous d'elle il y a 
une lèvre inférieure arrondie au bord, mince et très peu 
proéminente, qui livre passage à une partie du faisceau de 
soies en arête homogomphe ; le reste du faisceau sort entre 
celle lèvre mince et une 2" lèvri; (médiane) semhlable(fig. 78). 
A la rame ventrale la lèvre inférieure, oîi il y a 3 acicules, 
est proéminente et cache une partie de la lèvre supérieure. 
Je la représente vue sur ses deux faces (fig. 78 el 79), 
mais à la fin du corps, elle s'arrondit el les 2 lèvres sont de 
même taille. La languette de la rame ventrale est partout 
moins longue que les dorsales. 

Malmgren avait établi pour cette espèce le genre Hedisle à 



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298 DE f«AINT-40SePH. 

cause des 3 languettes dorsales, mais nous avons vu que ce 
caractère assez Tréqueut chez les Lycoridiens ne suffifiail pas 
pour créer un genre à part. La iV. dwerxicolor chez laquelle 
manque le groupe de paragnathes médian basilalre dorsal (V) 
rentre bien dans le sous-genre Nereis s. sir. Kbg. 

Ce qui distingue surtout cette espèce, c'est que les 
cirres dorsaux et ventraux de très petite taille sont de 
beaucoup dépassés par les languettes auprès desquelles 
ils sont placés, et que, comme l'a remarqué Von iMaronzeller 
[Sadjapanische Annel.,^. H), !e faisceau supérieur de la rame 
inférieure renferme de grosses soies particulières un peu 
jaunes. Je ne les observe que dans la dernière moitié du 
corps (vers le 45"' pied chez les exemplaires du Croisic). 
Ces soies vues de côlé {(ig. 80) semblent être simples; en les 
examinant en dessous (lig. 81] on s'aperqoit que ce sont des 
soies homogomphes dont l'article terminal est une dent mas- 
sive lisse ou très indistinctement ciliée, rappelant les soies 
de la rame supérieure de la Nereis pelagka, mais & pointe 
plus allongée. Voici comment sont réparties les diverses 
sortes de soies: A la rame supérieure, soies en arête homo- 
gomphe ; au faisceau supérieur de la rame inférieure, soies 
en arête bomogompho et en serpe hélérogomphe; ces der- 
nières, dont la serpe est plus courte que celle des soies de 
même forme du faisceau inférieur, font place dans la der- 
nière moitié du corps aux soies parlicnlières décrites plus 
haut; il n'y en a d'abord qu'une mêlée aux soies en serpe 
liétérogoraphe, puis 2 et enlin 3 ; au faisceau inférieur de 
la rame inférieure, soies en arête hélérogomphe et en 
serpe hélérogomphe, ces dernières assez nombreuses, 
sauf à la lin du corps, et à serpe mince et incolore. 

Dans la saison o\\ j'examine la N. d'wersicolor, elle ne 
contient pas d'éléments sexuels. Je ne puis donc vérifier si 
elle est hermaphrodite comme le dit Mendthal. 

Mers du Nord. I*as de Calais. Manche. Méditerranée. 
Mers du Japon. 



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ANNÉLIDES POLTCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 299 

NeBEIS IRHORATA Mgr. (l). 
PI. XVI, ng. 82. 

Trouvée dans la rade du Conquet, au Croisic dans le 
sable enlre l'extréroité de l'cslacade et la jeîtîe, et à Sainl- 
Jean-de-Luz. 

A la rame dorsale des pieds dans la partie antérieure du 
corps, il y a 3 languettes dont la 2"', moins nette que chez 
la yereii diversirolor, est presque fusionnée avec la 3"° qui 
paraît alors bilobée (fig. 82)elau-dessous d'elle il existe une 
liîvre basse et arrondie qui livre passage au faisceau de soies 
en arête homogomphe et ne se prolonge pas sous la 
3"' languette. Dans la partie médiane du corps, la 2°'° lan- 
guette devient plus courte que la S™*, puis peu à peu elle 
(inît par disparaître comme l'indique ma figure 131 [loc. 
cil.). A lîi rame ventrale, les soies sortent enlre 2 lèvres de 
méine dimension, l'inférieure moins arrondie en avant que 
la supérieure. 

J'observe 5 dénis aux mjlchoires d'un exemplaire du Con- 
quet et 10 ficelles d'un exemplaire du Croisic. Le l"a unpa- 
ragnatbe médian (I) à la partie maxillaire dorsale ; le 2"° en 
manque. Voici quelle est la répartition et le nombre des 
paragnaUies chez un individu du Croisic : Partie basi- 
laire dorsale : 10 de chaque côté (VI), le groupe médian (V) 
manque. Partie maxillaire dorsale : 9 à gauche et 7 i\ 
droite en rangées obliques (II) ; le groupe médian (I) man- 
que. Partie basilairc ventrale : 11 paragnnlltes plus gros 
en 1" ligne formant ceinture et 38 à 40 plus pctils en 
2"' ligne (VII et VIII). Partie maxillaire ventrale : 20 à 
gauche et à droite en rangées obliques (IV); 21 disposés en 
r*!Clanglcau milieu (III). L'exemplaire de Saint-Jean-de-Luz 

(i) Voir PraxUhea irrornta dans : Annél. polijch. rfes côten de Dinaril, 
2" partie {Ann. des se. nat.,1— série, L V, t»8H. p. 203, et pi. XI, fi|î. Kll) 
el 4*' partie [Ihvl., t. .\\, 1895, p. 2IS ; pi. Ml, Tig. 33-36, et pi. Mil. 
lig. 37-39). 



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n'a pas non plus de paragnalhe médian (I) à la partie maxil- 
laire dorsale. 



Nereis fucata Sav. (I). - 

Nerbis FircATA AuiloiiJD et Milne Edward», Reditrcht* pour itretr à Chitt. 

nal. du littoral de la Fronce, t. Il, 1834, p. I»8. 

— — Quatreta<;es, Hitt. nal. dn Anntl., t. I, I86&, p. StT. 

— — Ehlcn, Die Baritenwanner. p. 5)6, et pi. XXI. flg. «1-4*. 

— — Grube, Miltk. aber Sl-Vaasl-la-Houifiie und irine Meertt. 

besonders seine Annelîdrnfuuna (Abh, der Schlet. iietetU. 
far ISe8-69, p. lUetnC). 

— — Levinseo, Overaigt over de \ord. Annul. {Videnak. Meddel». 

far 18Bt. Copenhague, 1883. p. Ki). 

— — Wiren, Om en hot eremilkrûfloT Ufoande Annelid {Bihang 

un k. Sven,. Vtl. Akad. Handl.. t. XIV. Stockholm, ISSU. 
AtJ. IV, D" 5, p. l-n, et pi. I à lll|. 

— — p i!iQi[Li>A Wir. Wiren, /oc. «i(. 

— BiLiNEATA JohiiBl. JohnstOD, JUijce/toiwo zoologica (Ann. ofSal. hitt., 

t. III, 1839, p. 195, et pi. VI. fig. 4). 
NtfiEn.iiPAS FUCATA JoliD&t. JobostoD, Colalogue of Orit. non paraiH. Wornu, 
18^9, p. lis. et pi. XV, ùg. 4. 

— — Malingrcn, Annul. iiolych., p. IG9, et pi. IV, flg, 1B. 

— — MalaquiD. Quelques commemauz du Bernard l'Hermileifietite 

biot. du Nord de It France, t. Il, 1888-90. Tirage i part, 
p. !). — Les Annél. polyeh. de» ciilet du BoulonnaiM (Ibid., 
Th'fljje à. part, p. 30). 

— - Honipll. ll.;.ort on the Poli/c/: unnel. of Hie l. M. B. C. 

.lisirict i3"' vol. of Rei>ort$ upon Ihe Faurta of Litxrpool 
Bui/. Uverpool, I89Î, p. I4S). 
— Couptn, Vn ver commensal du Bernai-d l'Ermite [La Salure, 
J" Bemeatrc 1895, p. Î9). 

PI. XVI, Hg. 83-87. 

Je ne reiiconl repas celle jolie espèce en liberlé, mais seii- 
k'tnenlen compagnie du Pagiinis Benihardus L. dans des 
coquilles de Buccinum undaluin L., à Arcachon, à Saint- 
VuasU'lauCroisic. Wiren lui Irouvanl dans ce cas la culicule 
beaucoup plus mince el les muscles longitudinaux 1res pen 
développés au moins dans le dernier tiers du corps, pense 
qu'étant ninsî adaptée ti celle vie casanière, elle ne prend 
pas la forme Hélérouéréidienne, difTérant par là de l'espèce 
libre, el il lui donne le nom de Nereis fucata p ingvilina. 

Le corps est bordé de chaque côté, à la partie dorsale, 



(1) Lycoris fucata. Savigny, Système des Annéliiies, p. 31. 



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ANNËUOES POLTCQÈTES DES COTES DE FRANCE. 301 

d'une large bande lougitudinale d'un brun demi-roncé et 
le milieu du dos esl occupé par une bande blanche sur 
laquelle le vaisseau dorsal se détache en rouge. Celle bande 
se prolonge sur la tète qui est brune, sauf les palpes qui 
sont blancs. Les pieds aussi sont blancs, mais les languettes 
des 2 rames légèrement foncées. Chez un exemplaire du 
Croisic qui est une Temelle longue de 17 cenlimèlres sur 
10 millimètres de large, rames comprises, dans la partie la 
plus large, avec 104 segments en tout, la coloration dis- 
paraît dans les deux derniers tiers du corps qui est bourré 
d'ceufs gris. Un exemplaire de Saint-Vaast sans éléments 
sexuels, la conserve, au contraire, jusqu'à l'extrémilé du 
corps qui a 115 segments et 12 cenlimèlres de long sur 
i",5 de large, rames comprises. C'est ce dernier que je 
vais décrire. 

La lête, exactement figurée par Wiren (1) avec 4 yeux 
disposés en carré, est aussi large k la base que haute. Les 
antennes et les palpes sont de même longueur (1",5). Le 
segment buccal est deux fois aussi haut que les suivants. La 
paire de cirres tentaculaires la plus longue atteint le 5"° seg- 
ment sétigëre. 

Le i" et le 2°"' sétigères ont k la rame supérieure qui 
manque d'acicule et de soies, une seule languette arrondie 
au bout, deux fois moins longue que le cirre dorsal. A la 
rame ventrale, entre les 2 lèvres, l'une supérieure arrondie, 
Paulre inférieure triangulaire et plus proémineole, sorteni, 
accompagnés d'un acicule noir, 2 faisceaux de soies, le 
supérieur composé de soies en arête homogomphe et en 
serpe courte et massive hétérogomphe, et l'inférieur de 
soies en arête homogomphe et en serpe longue et amincie 
hétérogomphe, puis vient la languette ventrale cylindrique et 
le cirre ventral un peu moins long qu'elle (fig. 83). 

Les pieds suivants ont à la rame dorsale un cirre dorsal 
plus long que lu languette supérieure qui devient plus triangu - 

(1) Loc. cit., pi. 1, flg. 2. 



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302 DE SAII 

laire vers le milieu du corps et qui est suivie de la languette 
inférieure beaucoup plus petite et se rapprochant de la 
forme cylindrique. Un faisceau de soies en arête homo- 
gomphe accompagné d'un acicule noir sort entre les deux. 
A la rame ventrale où on retrouve aussi un acicule, les 
2 lèvres de même forme qu'aux i V" segments laissent 
passer un faisceau de soies supérieures en arête homo- 
gompbe avec 2 ou 3 soies en serpe hélérugomphe courte, 
et un faisceau inférieur de soies en serpe hélérogomplie 
mince et allongée dans la partie antérieure du corps et plus 
courte ensulle; elles sont précédées de quelques soies peu 
nombreuses en arête hélérogomplie. La languette ventrale 
cylindrique est suivie du cirre ventral d'abord plus court et 
ensuite plus long qu'elle. 

Dans les deux derniers tiers du corps surtout, la parlie 
dorsale de ta rame supérieure se développe peu à peu en 
hauteur, dominant de plus en plus le cirre dorsal, et la lan- 
guette supérieure augmente de volume. C'est ce qui a amené 
Johnston à créer le genre Nereilepas pour la iV. fucata. U 
a été dit plus haut pourquoi ce genre me paraissait inutile. 

Le segment anal plus étroit que les autres, apode el achète, 
avec anus central, a 2 cirres ventraux longs de % milli- 
mètres. 

Les mâchoires ont chacune 14 à 16 dents. A la partie 
basilaire dorsale de la trompe extroversée, les paragnathes 
des 2 groupes latéraux (VI) sont au nombre de 4. Le groupe 
du milieu (V) manque. A la partie maxillaire dorsale, il y a 
8 paragnathes à chacun des 2 groupes laléraux (11) et 4 très 
petits au groupe médian (I) (chez un exemplaire d'Arcachon 
de 65 miUimèlres et 94 segments, il n'y en a qu'un seul). A la 
partie basilaire ventrale, les groupes VII et Vlll fusionnés 
forment une ceinture de 7 paragnathes plus gros suivis chacun 
de 4 à 8 beaucoup plus petits. A la partie maxillaire ven- 
trale, les 2 groupes latéraux (IV) se composent chacun de 
12 paragnathes en rangée oblique et le groupe médian (III) 
de 5 plus petits. 



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A.VNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FHANCE. 303 

L'exemplaire femelle du Croisic a les yeux plus gros et, 
surlout à partir du âO"" segmeot environ, la partie supé- 
rieure de la rame dorsale gonflée d'œufs d'un diamètre 
de 0'°,15 et la languette supérieure beaucoup plus dévelop- 
pée que chez les animaux sans éléments sexuels ((ig. 8i). A 
la fia du corps, le cirre dorsal a 2 miilimèlres de long et le 
cirre ventral 1 millimètre, dépassant la languette ventrale 
(fig. 85), tandis qu'aux segments antérieurs c'est l'inverse. 
Les soies ne sont pas distribuées comme dans l'autre 
exemplaire. Dans les 2 V" tiers du corps, il n'y a pas 
de soies en arête hétérogomphe au faisceau inférieur de 
la rame ventrale, mais elles apparaissent dans le dernier 
tiers. Au contraire, chez un exemplaire femelle mûr dra- 
gué par M. Adrien Dollfus à l'embouciiure de la Gironde, 
ces soies existent partout. Wiren, dont la description 
est très exacte, ne représente que des soies en arête 
liomogomphe et en serpe hétérogomphe et ne parle pas 
de soies en arête hétérogomphe, et cependant il a ob- 
servé des animaux sans éléments sexuels et â l'état de 
maturité. Il semble donc que dans cette espèce il n'y pas de 
fixité pour la forme des soies. 

Quant aux paragnalhes de la trompe, à la partie basilaire 
dorsale, les t groupes latéraux (VI) en ont 5 à gauche et 
4 à droite ; le groupe médian (V) manque. A la partie maxil- 
laire dorsale, il y a 5 paragnalhes à gauche et 8 à droite 
aux 2 groupes latéraux (11) et un seul au groupe médian (1) 
(Hg. 86); il y en a 2 dans l'exemplaire de Cordouan. A la 
partie basilaire ventrale, la ceinture des 2 groupes VII et VIII 
se compose de 8 gros paragnathes ; au-dessous de chacun de 
ceux qui occupent les 2 extrémités, il n'y a rien, mais au- 
dessous de chacun des autres il y a à partir de la gauche 6, 
9, 13, 13 et 7 paragnathes très petits. A la partie maxillaire 
ventrale, les 2 groupes latéraux (IV) se composent de 8 pa- 
ragnathes à gauche et 7 à droite et lo groupe médian (III) 
d'un seul surmonté d'un très petit (fig. 87); il y en a dans 
l'exemplaire de Cordouan. On voit donc que pour la N. fucata 



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304 OK «AiMT-«eiKEPH. 

comme pour tant d'autres, si le nombre des groupes che/ les 
■individus de la même espèce esl fixe, celui des paragnathes 
ne l'esl pas. 

Tout ce qui a rapport aux moeurs de la N. fucata a été 
décrit par M. Coupin {loc. cit.). 

iMers du Nord. Manche. Àllantique. 

SO":s-GENRE EUNEREIS Mgr. char, emend. 

Hien que les deux amas latéraux (VI) de paragnathes 
à la partie basiiaire dorsale de la trompe extroversée. Tous 
les autres pai'agnathes manquent. 

ElM^HEtS LONGiSSlHA Johost. (1). 

Forme NËBtioii?(?ni. 

NinuB mou Qfx. Quatrprage<>, Mémoire sur le stjiltnie nerveiti det 

AnnU. (Anii. ties te. nat.. 2<-, g^ri?, t. XIV, IBSO, p. 33!t). 
— liât. mit. rf™ AnneL, l. I, 1865, p. &1I. 

— — Grube, Uilllt, ùber St-Vautt-la-liouiiue und seine Ueertt, 

beaonders seine Annelidenfauna{Abh.derSclilei.GeselU,, 
1B6K-Ë0. p. 100). — Die Familie der Lycorideen und die 
Aufalelluiig vonGruppen l'n der <ialiang Streia {Jahreëb. 
der Sclilei. Gesel/s. fur 1873. Breslnu, ISIi, p. (19). 

— KDUiTiccLATA Qff. Quatrefages, Hitl. nat. riei Annel., t. I, p. &S8, tt 

pi. VII, fig. 1-1. 
CBli«ToninElsLo.ioiaHiii,i Maluquio. Les Annél. polych. det etiUi du Boulonnait {Re- 
vue biol. du N-rd dt la France, t. Il, 18M. Tirage à part, 
p. ÎS). 

KohSE HËTÉIinri£BÉrDlK^HE. 

HGTEKO.iEiir.is FAEADOIA OErst. OËrsted, GrOnl. Annut. doriibranchiata, io-t, I8tl, 

p. n:, el flK. hO. fin, 6*. 66. 
EtMiHEis LONGissiiiA Mgr. Msliiigreo, .Voi'tf. Hafi Annul., p. 183. — Annul, 

Polycb., p. ns, et pi. VI, Gg. il. 

FOEHE XlnflDIENNE ET Ill^TtHOIIËnÉlDlKIIIIE. 

Nereis longissima Johost. Elili!», Die Boritenifûrmer, p. &3S. 

— — Levinscn, Overs. airr de Noid. Annul. {Videnti. Mtddeb. 

for IHB3. Lopenhague, 1883, p. !I33). 

PI. XVI, lig. 8H-t00, et pi. XVII, fig. )0I. 

(0 Jitreis Imyissima. Jolniston, MisceUmiea zuologica on Ihe Irhh Anneltdi 
lAnn. ofnal. hiat., l. V, ISIO. p. I7K). — Heteronerfis longiisima. Calai, of 
Hrit. non parasit. Worms, 1865, p. 16t. Ces deux fonnes sont llétéro- 
nérÉi (tiennes. 



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ANNÊLIDES POLYCHËTES DES COTES DE FRANCE. 305 

L'Eunereis longissima se tient profoadément eofoncée 
dans la vase à l'extrémilé de la jetée de Sainl-Vaasl. 

Forme Néréidienne. — La taille ordinaire des exemplaires 
qui sont mûrs de septembre à mars est de 17 à 20 centi- 
mètres sur 4 à 5 millimètres de large. Il y en a de beau- 
coup plus graods dont je n'ai pu obtenir aucun entier, mais 
seulement plusieurs portions antérieures de 29 à 47 centi- 
mètres de long sur 8 à 9 millimètres de large, rames com- 
prises. Les exemplaires ordinaires sont de couleur rouge 
plus ou moins claire et comptent 170 segments. Quant aux 
plus grands, ils ont une belle irisation d'un bleu foncé au 
milieu du dos; leurs segments sont beaucoup plus hauts 
puisqu'un tronçon de 47 centimètres n'a que 197 segments. 

C'est un exemplaire entier de 17 centimètres que je dé- 
crirai. La tête (fig 88) presque carrée à la base, va en s'effi- 
lant en avant et porte au bord frontal 2 petites antennes. 
Les i palpes épais naissant sous la tète et, terminés par un 
bouton rétractile, dépassent les antennes. Les 4 yeux disposés 
en trapèze sur la moitié postérieure de la léte ont un dia- 
mètre de Q-'ita; les 4 paires de cirres tentaculaîres sont 
courtes; la plus longue paire rabattue sur le dos n'atteint 
pas le 3"' segment. Le segment buccal nu est un peu moins 
large et plus haut que le 1" segment sétigère. 

Tous les pieds ont la même forme (fIg. 89), sauf les 2 T" 
qui n'ont qu'une languette et ni soies ni acicule à la rame 
dorsale. Le cirre dorsal est h peu près de la longueur de la 
languette supérieure de la rame dorsale et un peu moins long 
que la languette inférieure de cette rame. Entre ces 2 lan- 
guettes allongées et pointues une petite lèvre donne passage 
k un faisceau de soies accompagnées d'un acicule noir ter- 
miné en pointe fine légèrement recourbée en crochet. Ces 
soies, au nombre de 5 à 10. sont en arête homogomphe den- 
telée au bord. Il s'y joint à partir du 65"'-70~* segment jus- 
qu'à la lin du corps 1 ou 2 soies bomogompbes dont l'article 
terminal est une grosse dent d'un jaune foncé qui, vue de 
côté, présente à cheval sur un de ses bords 8 à 10 petites 

km. se. HAT. ZOOL. V, 20 



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306 DE SAINT-JO»EPH. 

écailles (fig. 90) qu'on découvre neltemeot sur la dent vue 
de face (fig. 91) (I). 

La rame inférieure a : 1* 3 lèvres superposées ; une grande 
lèvre arrondie inférieure, une médiane et une supérieure plus 
pelites qui la dépassent du côté dorsal. EDlrelalëvreintérieure 
et la médiane sort un faisceau inférieur de soies en aréle 
homogomphe au nombre de 20 environ et de 3 grosses soies 
en serpe bélérogomphe dont l'article terminal court et den- 
telé au bord a 0'"',QSi de long. Le faisceau supérieur qui sort 
entre la lèvre supérieure et la lèvre inférieure se compose de 
1 5 à 1 6 soies en arête bétérogomphe et de 1 ou 3 soies en serpe 
bélérogomphe. Toutes ces soies en serpe bétérogomphe me 
semblent manquer aux derniers segments; l'article terminal 
est fragile et se détache facilement. Le double faisceau de 
soies est accompagné d'un acicule noir; 2° une languette ven- 
trale de la même longueur que le cirre dorsal et plus massive 
que les 1 languettes de la rame dorsale ; 3' un cirre ventral qui 
n'a pas tout à fait les 2 tiers de la longueur de la languette. 

Dans la dernière moitié du corps, les 3 languettes des 
pieds sont très ricbemeni vascularisées. Le segment anal 
nu a un anus dorsal festonné au bord et i cirres anaux 
ventraux minces, longs de 4 à 5 millimètres. 

Les mâcboires (fig. 92) ont 9 dents, dont les o le plus 
rapprocbées de la base sont noyées daus une bande chilineuse 
jaune. La trompe extroversée n'a pas d'autres paragnathes 
que ceux des 2 amas latéraux de la partie basilaire dorsale 
(VI) placés sur 2 petits mamelons k peine saillants. Je ne vois 
ces 2 amas manquer à aucun des exemplaires assez nom- 
breux que j'examine. Les paragnathes qui les composent 
sont de petite dimension et souvent difliciles à découvrir. 
D'un jaune transparent, ils sont à peine coniques, mais 
plutôt en forme de petites écailles où le jaune devient sou- 
vent foncé dans la partie antérieure (fig. 93). Leur nombre 
et leur position sont très variables dans chaque amas, 

(I) Je retrouve cette soie particulière chez la JV. regia de la collection du 
HuBéum. 



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ANNËLIDES POLTCHÈTES DBS COTES DE FRANCE. 307 

comme on pourra s'en convaincre d'après lesTigures 9ia-h, 
95 i-n et 96. L'âge et la taille de l'animal ne semblent avoir 
aucune influence ici sur ces variations. 

Les jeunes exemplaires, colorés en rose, dont j'en trouve 
2 à Sainl-Vaast dans le sable demi-vaseux au-dessous de la 
plage des Bains et 1 à Villerville, onl 9 centimètres de long 
sur 2°"*, 5 k 4 millimètres de large, rames comprises, avec 
174 à 177 segments. Ils sont semblables aux adultes, sauf 
que les soies en serpe homogomphe caractéristiques com- 
mencent au 37°", 42"°' ou 50'° segment et que les mâchoires 
ont 11 à 12 dents. Les paragnalhes sont disposés de même, 
mais très difîiciles à découvrir. A première vue on croirait 
avoir atTaire à une espèce du genre Nicon Kbg. sans para- 
gnathes, avec dents nombreuses aux ra&choires et pieds 
partout semblables à languettes triangulaires. 

VEunereis longissima ne me parait pas se construire de 
tube. Aussi les grosses glandes des pieds [Spinndriisen) sont- 
elles peu développées. 

L'intestin est d'un vert clair. Au mois de mars les femelles 
renferment des œufs gris de 0"'',084 de diamètre qui attei- 
gnent 0"'°,t2 chez les gros exemplaires. Les mâles n'ont 
encore que quelques plaques de cellules spermatogèues. 

Les muscles longitudinaux ventraux ont une disposition 
qui paraît être générale chez les Lycoridiens. Il y en a un 
faisceau très mince au-dessus ((îg. 97 a) et 3 faisceaux super- 
posés de chaque côté de la chaîne nerveuse (Â). Celui de 
ces 3 faisceaux j[]ui est le plus rapproché de la paroi ventrale 
du corps (Hg. 97 ff) est un peu plus large que les 2 autres 
réunis (ff) qui, recourbés au-dessus du 1" et moins larges, 
ne sont séparés l'un de l'autre que par une bande très mince 
{0",01 2} de tissu conjonctif (?). Cette bande (e) borde la base 
du faisceau inférieur et pénètre entre les 2 faisceaux supé- 
rieurs après s'être réunie à une bande de même tissu venant 
du dos et bordant la couche des muscles circulaires {d). Les 
muscles obliques (c) allant aux pieds sont fixés à la couche 
des muscles circulaires au-dessous de la chaîne nerveuse. 



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308 DE SAINT-JOSEPa. 

Forme Hétéronéréidienne mâle. — Un exemplaire de 
181 segmenis, que M. Malarda bien voulu m'envoyer de 
Sainl-Vaasl, Irouvé en mai dans la vase, comme la forme 
Néréidienne, mesure 28 centimètres de long. Il se compose 
de 2 régions bien distinctes : la 1" de 39 segments, y com- 
pris le segment buccal, longue de 7 centimètres sur 9 millî- 
mèlres de large, la â°" de 14S segments dont l'anal, longue 
de âl centimètres sur 11 millimètres de large, chaque rame 
ayant 1 millimètre de largeur de plus que dans la 1" région. 
Le corps s'y amincissant progressivement et finissant par 
n'avoir plus que 3 millimètres de large a le milieu du dos 
a/uré avec une coloration rose de chaque côté. Il y a égale- 
ment une bande ventrale azurée h celte t*' région où les 
pieds sont d'un rouge très vif. Œrsted représente exacte- 
ment l'animal entier (I). 

Première région. — La lêle est semblable à celle de la 
forme .Nércidienne avec les yeux plus gros (O'^iSO de dia- 
mètre) mais non coalescents. Les appendices de la lèle, les 
cirres lentaculaires, le segment buccal achète plus haut que 
le suivant, les 2 1"' segments séligères n'ayant qu'une lan- 
guette dorsale et pas de soies à la rame dorsale, les pieds et 
les soies sont les mêmes que dans la forme Néréidienne. 
Seulement aux \tV" segments sétigères le cirre dorsal gros 
et cylindrique se termine brusquement par une pointe tine, 
et il en est de même du cirre ventral; au 32" séligère. 
un petit lobe réniforme se montre au-dessus du cirre dorsal 
et se retrouve à tous les derniers segments dtja région. 

Seconde région. — Au iO'" segment, et il en esl ainsi dans 
toute cède partie du corps, les pieds sont plus aplatis et 
moins charnus que dans la 1" région ; au \'i°" apparaît une 
lamelle mince foliacée au-dessous de la base du cirre ventral; 
au M~\ les t languettes de la rame dorsale deviennent lé- 
gèrement foliacées et le grand lobe foliacé de la rame ven- 
trale commence à se montrer; au 48"', les pieds hétéro- 

(H Loc. cit., iig. SO. 



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AN.NÉLIDES POLYCHÈTES DES COTBS DE FRANCE. 309 

iiL-rétdiens sont bien formés : le lobe épais et rénifortne placé 
au-dessus du cirrc dorsal esl devenu plus grand, le cirre 
dorsal a 5 ou 6 créoelures, faiblement marquées, du côté 
interne, les 2 languettes foliacées de la rame dorsale et le 
grand lobe foliacé de la rame ventrale atteignent leur laille 
définitive, puis vient la languette massive de la rame ventrale 
qui n'a pas subi de changement, et le cirre ventral entouré 
à sa base par un lobe supérieur en massue el une lamelle 
foliacée suborbiculaire inférieure (Hg. 101). Aux 2 rames il 
y a un éventail de soies natatoires au milieu desquelles per- 
sistent, h. la rame inférieure, 2 ou 3 soies en arête bomo- 
^'omplie (!}. Vers le 70"" segment, presque jusqu'à la fin du 
corps, il se mêle aux soies natatoires de la rame dorsale, 
1 ou 2 soies en serpe homogomplie comme celle qui a été 
décrite pour la forme IS'ëréidienne. Peu à peu les soies en 
arèle bomogomphe deviennent plus nombreuses à la rame 
inférieure ; il y en a 22 au 97°*° segment, et juâqu'à 45 au 
iH". Puis le nombre en diminue (22 au 150"° segment} el 
elles disparaissent aux derniers segments où il n'y a plus que 
des soies natatoires aux 2 rames. Le corps se termine par un 
segment anteanal rudimentaire et par un segment anal nu 
avec 2 cirres ventraux longs de 5 mitlimëlres et un anus 
terminal entouré d'une houppe de nombreux caecums cylin- 
driques (Bg. 98). 

Le sang alTlue dans les vaisseaux et les cscums des la- 
melles foliacées des 2 rames qu'il colore en rouge. 

Les dents des mâchoires très émoussées sont à peine dis- 
tinctes. Quant aux paragnathes, ils sont disposés comme 
dans la forme Néréidienne : il y en a 4 de chaque côlé. 

Les spermatozoïdes très petits (fig. 99) remplissent la 
cavité du corps dans la 2"° région. Ils ont en avant une 
petite dent semblable à celle que figure Claparêde pour les 

(1) Les soies iiftUtoires dans les formes hétéronéréidîennes, quoiqu'il y 
en ait aun deux rames, ne sufiîsent pas comme chez les Syllidiens, où il n'y 
en a môme qu'i une rame nouvellement formée, pour assurer la locomo- 
lion rapide d'un animal beaucoup plus gros qu'un Sytlidieu. Les grands 
lobes foliacés des pieds viennent s'y joindre, servant de nageoires. 



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310 DE SAnW-JttSBPU. 

spermatozoïdes de la forme Héléronéréidienne de la Pla- 
tynereis Dumerilii et de la Per'merein cullrifera. 

Comme dans ta forme Néréidienne, il y a aussi 3 fais- 
ceaux laléraux de muscles longiludinaux ventraux, mais ici 
les 2 faisceaux supérieurs sont devenus très petits, tandis 
que les muscles obliques allant aux pieds, et parlant des 
2 côtés de la chaîne nerveuse et non en dessous, ont pris 
une importance considérable en rapport avec les fonctions 
natatoires de l'animal transformé (fig. 100). 

Manche (Saint-VaasI, Saint-Malo d'après Grube, Viller- 
ville) (1). Pas-de-Calais (Boulogne). Mers du Nord. Dra> 
guée à 2 304 mètres de profondeur dans l'expédition du Por- 
cupine (Ehlers). 

Genre PERINEREISKbg. {incl. NAUMACHIUS Kbg.. LIPE- 
PHILE Mgr., HEDYLE Mgr., HEDISTE Mgr. ;/. /,., 
STR.\TONICE Mgr.. NEREILEPAS (Blv.) sensu Johnst. 
Mgr., nec OErst., nec Qfg., nec Kbg. p. p.). 

Dans mon travail sur les .\nnélides Polychètes des côtes 
de Dinard, j'avais adopté le genre Lipepkile Mgr. comme 
sous-genre pour les espèces n'ayant qu'un seul paragnatlie 
linéaire de chaque côté de la partie basilaire dorsale de la 
trompe extroversée, mais il est préférable de s'attacher à la 
forme plutôt qu'au nombre de ces paragnathes et de faire 
rentrer dans le sous-genre Perinereis Kbg. toutes les espèces 
ayant un nombre quelconque de paragnathes de cette sorte. 

FeRIKEREIS OUVKIRiE HOFSt (2), 

PI.Wll, eg. I0M06. 

Je trouve la P. Oliveirs entre les feuillets des roches cal- 
caires à Saint- Jean-de-Luz près de Sainte-Barbe et dans les 

(1) Heard«r {TAe Zoologist.t. XXlll, 1863, p.9R30) cile la forme liétéroné- 
réidienne comme apparaissant par millions à Plymouth et disparai saint 
rapidemcnl, poursuivie et dévorée par le Gadus Pollachiu» L. 

(2) Horst, ContrS>utions totoards Ihe Knowledge of ihe Annelida polychxta. 
ni. On spteies of iïereif belonging lo tht iub-genus Perinereis (JVotet from Uu 
Leyden Muséum, t. XI, I88>,p. I6i, et pi. VII, f^. 1-5). 



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ANNÉLIDES POLYCBËTES DES COTES DB FRANCE. 311 

JI/tf/<9^^»'a«e(/arid/b''mM, entre Saiot-Jean-de-Luz et GuéLhary, 
et à la pointe de Sainte-Anne, près d'Hendaye. 

Forme Néréidienne. — Le corps coloré en vert ou en 
brun verdâtre, quelquefois avec 2 raies transversales bru- 
nes à chaque segment de la partie antérieure, a 9 ou 
10 centimètres de long sur 4 millimètres de large en avant 
et 120 segments. Quelques exemplaires, tout en ayant le 
même nombre de segments, atteignent une plus grande (aille 
(14 cent, de long sur 5 mill. de large en avant). 

La tête (fig. 102) a une base large et arrondie, sur 
laquelle sont placés les 4 yeux disposés en carré et se ler> 
mine par une partie rectangulaire avec 2 courtes antennes 
& l'exlrémité antérieure; les 2 gros palpes dépassent beau- 
coup les anlennes. La paire de cirres lentaculaires la plus 
longue atteint le î"' ou 3°" segment sétigère. Le segment 
buccal n'est pas tout à fait deux fois plus haut que les 
suivants. Le 1" et le 2"° segment sétigère n'ont, comme 
à l'ordinaire, qu'une seule languette dorsale et manquent 
de soies et d'acicule à la rame dorsale. 

Les pieds des segments suivants sont tels que les figure 
Horst (1), avec le cirre dorsal un peu plus court que la lan- 
guette supérieure dorsale en cône obtus, la 2'" languette 
dorsale un peu plus arrondie en avant que la supérieure, 
la languette ventrale plus cylindrique et le cirre ventral 
court ; souvent cependant le cirre dorsal dépasse la lan- 
guette dorsale supérieure. La rame ventrale a 3 lèvres 
superposées : une inférieure ronde, large et peu saillante, 
une médiane petite, et une supérieure plus grosse et plus 
saillante que la médiane. Il y a des soies en arfile homo- 
gomphe seulement k la rame dorsale, des soies en arête 
homogomphe et 2 ou 3 soies en serpe bétérogomphe au 
faisceau supérieur de la rame ventrale sortant entre la 
lèvre inférieure et la lèvre médiane, et rien que des soies 
en serpe bétérogomphe au faisceau inférieur, entre la lèvre 

(1) Loc. cit., fig. I. 



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312 DE sAi.vr-«««ePH. 

inférieuFe et la lèvre supérieure. Vers le 8"' à 10"' seg- 
menl, apparaît à la rame dorsale une tacbe brune à laquelle 
il vient s'en joindre peu à peu plusieurs autres surtout au 
bord supérieur de la rame. Dans les deux derniers tiers du 
corps, la partie supérieure de la rame dorsale (fig. 103) 
grossit comme chez la Nereis fiicala Sav., et la languette 
dorsale supérieure devient plus pointue. Les cirres anaux 
ventraux sont longs de â millimètres. 

Les mâcboires très noires ont 5 dénis. A la parlie basi- 
laîre dorsale de la trompe exiroversée (fig. 104), les 2 grou- 
pes latéraux (VI) se composent de paragnathes transver- 
saux linéaires un peu ébréchés au bord inférieur et dont 
le nombre, comme l'avait déjà indiqué Horst, est très varia- 
ble, ce qui me paratl assez caractéristique de l'espèce. 
Tantôt il y en a 1 ou 2 de chaque côté, tantôt 4 à gauche, 
et 3 à droite ou réciproquement, tantôt 3 à droite et 2 à 
gauche ou 7 à gauche et 5 à droite. Au-dessous de ces para- 
gnathes transversaux, se trouve 1 paragnathe isolé médiau 
conique (V). A la partie maxillaire dorsale, il y a 2 groupes 
latéraux (II) de 10 à 16 paragnathes coniques sur 3 rangées 
obliques et un médian (I) de 2 ou 3 paragnathes isolés super- 
posés. Ala partie basilaire ventrale (fig. 105), les groupes VII 
et VIII fusionnés font une double ceinture d'environ 40 
à 46 paragnathes en tout, tous de même taille. A la partie 
maxillaire, les 2 groupes latéraux (IV) se composent cha- 
cun de 38 à 46 petits paragnathes sur 5 à 9 rangées 
obliques, et le groupe médian (III) de 25 à 27 forme un 
rectangle flanqué de chaque côté de 3 ou 4 paragnathes qui 
en sont isolés. 

Forme Héléronéréidienne femeUe. — Le corps de I H seg- 
ments séligères a 10 centimètres de long sur 6 millimètres 
de large dans la 1" région et 7 millimètres dans la 2"'. La 
tôle a de chaque côté 2 yeux énormes et presque coa- 
lescenls. La \'° région, qui comprend les 20 1*" segments, 
est parsemée de vert ; à la 2"% il ne reste plus qu'un point 
noir à la base de chaque pied et tout le dos est rosé comme 



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ANNÉLIDES POLYCUËTES DBS COTES DE FRANCE. 313 

les pieds. Les pieds de la I" région sont néréidiens, sauf 
aux 6 1"* segmenls sétigères où le cirre dorsal cylin- 
drique épais se lermiue brusquement en poiale 1res One, 
tout comme le cirre venlral. La 2°" région commence 
au 21°" segment (20°"° sétigère} où les pieds prennent la 
Torme héléronéréidienne, exactement figurée par Horst (I). 
Les 35 à 39 derniers segments sétigères et le segment 
anal qu'on pourrait presque regarder comme une 3" ré- 
gion ont la forme néréidienne. Mais il faut admettre 
plutôt que la transformation ne s'y est pas encore pro- 
duite. Aux derniers segmenls, le cirre dorsal sortant de 
la partie dorsale renflée de la rame dépasse la languette 
supérieure dorsale de 0'"',i4. Les œufs gris ont 0",30 
de diamètre. 

Forme Hétéronéréidienne mâle. — Horst n'avait pas ren- 
contré cette forme qui est plus petite et plus mince que 
ta forme hétéronéréidienne femelle, ayant 107 segments, 
6 centimètres de long sur 4 millimètres de large dans la 
1 " région, 5",o dans la 2*" et 2°"", 5 à la fin du corps. 

Les yeux sont devenus énormes. La 1" région est restée 
verle,el à la 2"* région qui est rosée, il n'y a plus que des 
traînées ou un seul point d'un vert sombre à la base de 
chaque pied. A ta 1" région les pieds ont la forme néréi- 
dienne, sauf aux 6 1'" qui ont im cirre dorsal et un cirre 
ventral particuliers semblables à ceux des 6 1"* de la forme 
hétéronéréidienne femelle. Au 17°" sétigère, il se forme un 
petit lobe arrondi foliacé au-dessus du cirre dorsal, qui de- 
vient légèrement crénelé sur le bord interne. Au 20°" séti- 
gère, où commence la 2" région, le pied hétéronéréidien 
prend sa forme définitive (fig. 106) : sauf le cirre dorsal 
crénelé, toutes les parties sont semblables à celles de la 
forme hétéronéréidienne femelle et elles persistent, quoique 
le pied devienne beaucoup plus petit, jusqu'au segment 
aoleanal. Lorsque la transformation n'est pas encore 

(1) Lot. cit., fig. 3. 



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314 DB ««IMT-JOSePH. 

complète, il n'y a de soies natatoires à aucun des seg- 
ments de la 2"* région et les 17 derniers ont la forme 
oéréidienne. 

Le segment anal est précédé d'un anleanal rudimentaire, 
et l'anus central est entouré d'une houppe de caecums 
moitié moins longs (0",24) que ceux que j'ai figurés 
pour la forme hétéronéréidieune mâle de la P. cuUrifera 
(Bg. 114). Les 2 cirres anaux placés du côté venlral sous la 
houppe ont 1 "",60 de long. 

Dans les deux Ibrmes hétéronéréidiennes mâle et femelle, 
les m&choires et les piiragnathes sont semblables à ceux de 
la forme néréidienoe. Les muscles ont un axe pointillé. 

Atlantique [côtes du Portugal). 

Perikereis longipes N. s. 

* KiHfts cnjtsBiPES Qtft. Quatrehges, Hi$i. nat. iltt Annel., t. I, p. &50. 
— — Grube, Bemtrk. iibte Annel. da Pariier Muaeurm (Archiv 

fur Saturg., 1870, p. 300). 

PI. XVII, ng. 101-112. 

A Guéthary et h Sainle-Barbe dans la baie de Saint-Jean- 
de-Luz, sous les pierres ; à la pointe de Sainle-Aone près 
d'Hendaye, dans les Melobesia agariciformis. 

Le corps d'un verl assez foncé uniforme du côté dorsal 
est blanc du côté ventral. Les plus petits exemplaires ont 
25 millimètres de long sur l'"*,75 de large, rames compri- 
ses, les plus grands déjà mûrs, contenant des éléments 
sexuels, 6 centimètres de long sur 3", 5 à 4 millimètres de 
large, rames comprises, avec 96 à 100 segments. 

La télé se rapproche beaucoup de celle que figure Clapa- 
rède pour la Perinereis macropux Clp. (1). La base très large, 
arrondie sur les côtés, avec 4 yeux disposés en carré, est sur- 
montée d'une partie antérieure allongée et plus étroite dont 
le bord frontal porte 2 courtes antennes dominées par 2 gros 
palpes massifs plus de deux fois plus hauts que les antennes. 

(1) Suppl. aux Annél. du golfe de KapUt, pi. VUl, Gg. I a. 



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ANNÉLIDES fOLYCBÈTES DBS COTES DE FRANCE. 315 

Un organe Ducal est au-dessous de chacun des 2 yeux 
inférieurs, semblable à celui de la P. cullrifera (voir p. 317), 
confinant à )a limile antérieure du segment buccal achète. 

Ce segment deux fois plus haut que les suivants, a des 
cirrcs tentaculaires courts dont la plus longue paire dépasse 
les palpes de 0"™,% et rabattue sur le dos, recouvre les 
3 ]"* segments. Aux 2 l°" segments sétigères, la rame 
supérieure des pieds, comme à l'ordinaire, n'a qu'une lan- 
guette dorsale et manque de soies et d'acicule. 

Aux 38 à 40 segments suivants (Ug. 107), le cirre dorsal 
dépasse légèrement la rame supérieure qui a 2 languettes. 
La rame ventrale a 3 lèvres superposées semblables à celles 
déjà décrites pour la Perinerm Oliceirx; elles sont suivies 
d'une languette ventrale peu imposante et d'un cirre ven- 
tral près demoitié plus court que le dorsal. Du 40 au 42°"seg- 
ment jusqu'au 60 ou 62", la rame supérieure parcourue 
par un vaisseau recourbé dont les 2 branches sont reliées 
par de nombreuses anses transversales, grossit beaucoup et 
pousse en avant le cirre dorsal et la languette supérieure dor- 
sale (lig. 108). Du 60 au 62°" segment jusqu'à la fm du corps, 
les segments sont moins hauts et plus serrés et le corps 
diminue progressivement de largeur et s'aplatit ; la rame 
supérieure toujours [tarcourue par un vaisseau en anse 
devient beaucoup plus longue et plus mince, et à son extré- 
mité antérieure le cirre dorsal presque terminal domine la 
languette dorsale extrêmement réduite (fig. 109). Dans tout 
le corps c'est la rame supérieure et la languette supérieure 
dorsale qui seules ont été successivement modifiées, les 
autres parties du pied n'ayant pas varié. 

Partout il y a à la rame dorsale un faisceau de soies en 
arête homogomphe, et à la rame ventrale un faisceau su- 
périeur de soies en arête homogomphe et de soies en serpe 
hétérogomphe très courte, et un faisceau inférieur de soies 
en serpe hétérogomphe seulement. 

Le segment anal se termine par 2 cirres ventraux courts 
n'atteignant que 0'"*,54 chez les gros exemplaires. 



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316 1 

Les i mâchoires ont 8 à 1 2 denU dont les 4 à 5 infi^rieures 
noyées dans une lame de chitine mince et transparente. A la 
partie hasilaire dorsale de la trompe extroversée (lig. (10), 
le groupe VI est représenlé de chaque cMé par- un gros 
paragnathe transversal (lig. 111), le groupe médian ^' par 
un gros paragnathe conique relié de chaque côté au paragaa' 
the transversal par 5 à 7 paragnalhes coniques moins gros, 
au-dessous desquels sont placés de très nomhreux paragna- 
tlies extrêmement petits. A la parlie maxillaire dorsale, il 
a 13 paragnalhes à gauche et 10 à droite rangés en lignes 
obliques parallèles, ou 18 à gauche et 20 à droite, ou 13 de 
chaque côté aux deux groupes latéraux(ll) et t gros paragna- 
lhes superposés au goupe médian (I). 

A la partie hasilaire ventrale (lîg. 112), la ceinture de 
paragnalhes des groupes VII et VIII forme plusieurs zigzags 
où les paragnalhes du 1" rang, surtout celui du sommet de 
chaque angle, sont plus gros que les très fins et excessive- 
ment nombreux paragnalhes parsemés en dessous. Ce groupe 
s'élend jusqu'aux gros paragnalhes transversaux delà partie 
hasilaire dorsale. A la partie maxillaire ventrale, les i grou- 
pes latéraux (IV) se composent de 40à 46 paragnalhes envi- 
ron de chaque côté répartis sur 4 ù 5 rangées obliques 
parallèles, et le groupe médian (11) de 25 à â7 paragnalhes 
disposés en rectangle sur 4 fi 5 rangées transversales parallè- 
les, ttanquées de chaque côté de 2 ou 3 paragnalhes isolés 
superposés. 

Les femelles ont des œufs gris de O^'.SO de diamètre el 
les mâles sont remplis de plaques de cellules spermalogènes 
et de spermatozoïdes. Je ne rencontre pas de forme hété- 
ronéréidienne. 

Celle espèce esl voisine de la P. macropus Clpd. qui lui 
ressemble par la coloration, la forme delatèle, des soies et 
des pieds de la région antérieure et postérieure. Mais elle 
en diffère par la taille qui est plus petite, les exemplaire» 
mûrs n'ayant que 100 segments au lieu de 160 ; les pieds 
de la région moyenne dont Claparëde ne parle pas ont la 



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ANNËLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 317 

rame supérieure plus haute et plus renllée; enfin les paragna- 
Ihcs du groupe V el ceux des groupes VII et VIII ne ressem- 
blent en rieD à ceux que représente Claparède. 

La trompe de la P. longipes se rapprocherait plutôt de 
celle de la Perinereli Marioini Aud. et Edw. sur laquelle 
règne toutefois une certuine ob^curilé, la trompe de l'exem- 
plaire type d'Audouin et Milne Edwards ayant disparu. Mais la 
P.Marioniia 3 langueties dorsales, est de taille plus considé- 
rable et les rames supérieures y forment presque sur tout le 
corps de larges palettes qui ne s'allongent pas comme chez 
la P. longipes. 

Celle-ci pourrait plutôt se confondre avec la Nereis aas- 
xipes Qfg. que j'ai examinée dans la collection du Muséum et 
dont Quatrefages donne une description exacte (I). Elle a la 
même tête, les mêmes mâchoires à 8 dents, les soies de même 
forme et distribuées de même, la même languette dorsale à 
ta fin du corps, moins développée toutefois que chez la P. 
/ongipeî. Mais je n'ai pu vérifier les paragnathes de la trompe 
qui, d'après Quatrefages, snnt en petit nombre, et d'après 
Grube (2), ressemblent à ceux de la P. Marionii. 

J'ai examiné aussi dans la collection du Muséum 4 tubes 
renfermant des Nereia miavcera Qfg. Celle d'un de ces tubes 
est une iV. crassipes et celles de 3 autres (ubes, dont un 
venant de Guéthary, sont des Nereis pelagka. Cette espèce 
de Quatrefages me semble donc devoir disparaître. 

Perinereis cultrifeeia Gr. (3). 
L'organe de la nuque est indiqué de chaque côté de la 
base de la tête, au-dessous de la paire d'yeux inférieure, par 

{t) Hisl. nal. des Annel, t. I, p. ^^iO. 

(21 Grube, Btmerk. liber Atmel. des Pariser Muséums {Archiv fur Naturg., 
11)70, p. 305). — JenepeDse pas, comme le voudrait Grube, que la .V. cru.i- 
iipei soit la P. Marionii jeune. La forme de la rame supérieure colossale de 
la P. iVnnonit n'est pas la même <)ue celle de la iV. erassipes, qui n'a pas les 
trois languettes dorsales de la P. Marionii, comme il a été dit plus haut. 

13} Voir Lip^hile cuUrifera : Les Annél. polyck. dvi côtes de Dinard, 
2" partie (^n>i. des ic. nat.. 7<°* série, l. V, ISSa, p. 260, et pi. M, Tig. ISS- 
ISS) et 4-' partie {Ibid., t. XX, 1893, p. 215). 



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DE SAINV-^eXEPn. 



UDe fossette oblongue gnrnie de cils vibratiles et bordée tout 
autour par un repli de la cuticule. 



FORHI HÏTtoO.ltHËiriKIIXB. 



PI. XVll, lig. 1i3-iU. etpl. XVm, fig. HB-iiO. 

Sous les pierres à Sain(-Jean-de-Luz près de Sainte-Barbe 
al dans les Melobesia agariàformia à la pointe de Sainle-Anne 
prèsd'Hendaye,jetrouveau mois d'avril 1897 plusieurs exem- 
plaires des formes hétéronéréidiennes mâle et remclle de la 
/*.cu//ri/era, auxquels je puis en joindre un de laforme hélé- 
ronéréidienne femelle rapporté de Villers par M. Adrien 
Dollfus. 

Forme Hétéronéréidienne femelle. — Le corps composé 
de 96 segments en tout est long de 8 centimètres sur 6 mil- 
limètres de large dans la T* région el 7 millimètres dans la t" 
qui n'a plus que 3 millimètres à la fm. La transition se fuit 
assez insensiblement entre les 2 régions. 

Lalèle(2),oùles2ycux de chaquecôté sont devenus énormes 
et presque coalescents, est d'un vert sombre comme les 3 ou 
^ segments suivants. Dans le reste de la 1 " région, il n'ya plus 
de chaque côté des segments qu'une raie transversale pres- 
que noire devenant de plus en plus mince; à la 2"' région 
qui est rosée, celte raie n'est plus qu'un point noir à la 
base de chaque pied. Le plus long des cirres lenlaculaires 
rabattu sur le dos atteint le 5" segment sétigère. La m&choire 
et les paragnatbes de la trompe sont semblables à ceux de 
la forme néréidienoe. Les œufs gris qui remplissent tout te 
corps ont O^'iSO de diamètre. 

Le segment buccal est deux fois plus haut que tes autres. 
Les 19 segmenta qui le suivent ont la forme néréidienne 
sauf qu'aux 6 I'" le cirre dorsal cylindrique est pincé brus- 

(1) On trouvera ta bibliographie de la forme kiiirmériiàitnne i la 
page la du Mémoire de Olaparède. 
(â) Voir Claparède, foc. cil., lig. I d. 



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ANNÉLIDES POLYCUÈTES DES COTES DE FRANCE. 319 

quement avant son exlréraité antérieure pour linir en pointe 
Hne et qu'il en est de même au cîrre ventral où toutefois la 
pointe fine terminale est beaucoup plus courte qu'au dorsal. 
Le 1" el le 2"" de ces segments n'ont qu'une languette dor- 
sale à la rame supérieure qui manque d'acicule et de soies. 
Aux ^O"' et 21*°* segments séti gères, un petit lobe foliacé 
apparaît au-dessus du cirre dorsal et 2 lobes foliacés entou- 
rent le cirre ventral. Au 22" sétigère, la forme héléronérél- 
dieoneavec les soies natatoires est complète et il n'y reste plus 
comme aux suivants, que 2 ou 3 soies en arête homogompbe 
au faisceau inférieur de la rame ventrale (fig. 115). C'est là 
que commence réellement la 2°" région. La forme néréi- 
dienne reparaît aux 9 ou 10 segments postérieurs, qui 
sont déjà précédés de 5 ou 6 segments hétéronéréidiens 
sans soies natatoires. Le cirre dorsal mince et subuté a 
0"-,60 de long. 

Le segment anal cylindrique hautde 0'°'°,48,el moins large 
que les autres, précédé d'un petit segment anleanal sçligère 
rudimentaire, a de chaque côté 3 bourrelets qui sont peut- 
être des ébauches de segments. L'anus terminal est fes- 
tonné au bord avec 2 cirres anaux longs de 3"*, 60 qui ont à 
leur base une tache brune (fig. 113). 

Forme Hétéronéréidienne mdle. — Le corps a 7 centimè- 
tres de long sur 6 millimètres de large dans la 1" région el 
8 millimètres dans la 2°"; d'où il résulte que les 2 régions 
sont plus tranchées que dans la forme précédente, avec une 
coloration semblable, mais un peu plus foncée. La têle, les 
cirres tentaculaires, les paragnalhes et la i" région sont les 
mêmes, seulement les cirres dorsaux des 6 1"* segments 
séligères ont une base cylindrique plus massive avant la 
pointe elfilée (fig. 116). 

La 2°" région remplie de spermatozoïdes commence avec 
le 20'°* segment sétigère où les pieds ont la forme hétéroné- 
réidienne qu'ils conservent jusqu'au segment anteanal. Cette 
forme est toute semblable à celle de la figure 115, avec 
cette seule diftérence que le cirre dorsal est crénelé du côté 



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320 I 

interne. Le segmenf aual deux fois moins large que les autres 
et précédé d'un segment anteanal séligère rudimentaire, 
est hérissé de 40 à 50 cïecums cylindriques longs de 0''",48, 
Taisant houppe autour de l'anus terminal ; i cirres anaux 
ventraux longs de 3°"° ,60 sont placés au- dessous de la houppe 
{fig. 114). 

FAMILLE DES rHVLLODOCIEKS Gr. 

Genre PHYLLODOCE Sav. 
Pbvllodoce PAPUiosA N. s. 

PI. xvm,(iR. HT-iai. 

Caractère distinctif : rangées longitudinales de papules 
d'un rouge brun caractéristiques à la partie antérieure de la 
trompe extroversée. 

Plusieurs exemplaires trouvés à Dinard dans le sable à la 
plage des Bains. 

L'un d'eux incomplet a 37 centimètres de long; les autres 
complets, 17 à 24 cenlimètres sur 3 millimètres de large en 
avant, rames comprises, et4 millimètres au milieu du corps. 
Les segments sont extrêmement serrés et un exemplaire de 
24 centimètres en a plus de 700. Le corps mince et plat est 
de couleur pftie avec des raies transversales très Hues, 
brunes ou bleues au dos de chaque segment [fïg. 117). La 
tête cordiforme échancrée en arrière a 4 très petites anten- 
nes (fig. 1 18). La 1" paire de cirres lentaculaires est placée 
nu-dessous d'elle sur le segment buccal invisible du côté 
dorsal ; la 2°*" et la 3"' paire, cette dernière qui est la plus 
longue (4'°°') et recouvre les 18 segments suivants, sont 
placées sur le 2" segment: elles ont chacune un acicule 
dans leur base, mais je ne découvre pas de soies entre les 
deux; elles sout peut-être tombées. La 4*°' paire est au 
3** segment accompagnée d'un rudiment de pied avec aci- 



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ANHÉUDES POLYCBÈTES DES COTES DE FBANCE. 321 

culeet soies et d'un pelîlcirre ventral. Celle répartition des 
cirres lenlaculaires est semblable cbezlAPh.splendens^.S. 
où elle est très difficile à démêler. Il faut rectifier dans ce 
sens la description que j'en ai donnée (1). Tous les seg- 
ments suivants ont des cirres dorsaux foliacés, obliquement 
cordiformes, de 1 millimètre de diamètre environ en avant 
devenant deux fois plus grands dans la partie médiane du 
corps où ils ont une bande de longs cils vibraliles.à la face 
ventrale (fig. 119). Ces cils disparaissent aux cirres dorsaux 
de l'extrémité inférieure du corps qui deviennent ovales 
(fig. 120). Entre les 2 mamelons terminaux du pied qui con- 
tient un acicule sort un éventait de 20 h 25 soies composées, 
semblables à celles de beaucoup de Phyllodoces avec hampe 
garnie à son extrémité antérieure de petites épines et article 
terminal mince finement dentelé long de O'^^SS. 

Les cirres ventraux foliacés sont plus ou moins lancéolés 
(fig. 12t). Tout le canal digestif est droit. Les cirres 
anaux sont lombes. 

La trompe (gaine pharyngienne de M. Gravier) (2) au repos 
descend jusqu'au 28°" segment et l'estomac (trompe pharyn- 
gienne de M. Gravier) qui y fait suite s'ouvre dans le ven- 
tricule au 48"'. Elle se divise en 2 parties. La partie anté- 
rieure, la plus rapprochée de la bouche, estcouverlede petites 
papilles rondes distribuées en 24 à 30 rangées longitudinales 
qui finissent par n'être plus qu'au nombre de 12 (6 de cha- 
que côté) ayant chacune 3 ou 4 papilles trois fois plus 
grosses que les précédentes. La partie postérieure qui suit 
immédialement ces grosses papilles a 6 rangées longitudi- 
nales de 7 à 9 papules se3siles> oblongues, espacées, colo> 
rées en rouge brun et renfermant chacune une grande 
quantité de bâionnetsde même couleur, longs de O^iOoG. 
L'estomac dont l'entrée est couronnée de 16 papilles est un 

(1) Annél. potyeh. des côtes de Dinard, S"* partie [Atm. des k. nat., 
7»' série, l. V, 1888, p. 279). 

(2) Voir l'intéressant mémoire de M. Gravier, Reekercket sur Us Phylio- 
doctmi (Butl. Kient. de la France et de la Belgique, t. XXIX, 1897, p. 293 à 
38«,etpl. XVIàXXIll). 

AMK. se. NAT. ZOOL. V, SI 



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322 BC «AMT-#OSEPB. 

long tube rond à muscles circulaires puissants, lisse à l'ex- 
térieur et dans l'inlérieur duquel font saillie 6 bourrelets 
longitudinaux équidislants rormés, d'après M. Gravier, de 
lissu coQJonctir recouvert de bautes cellules épithélialei. 
Lorsque la (rompe est exlroversée, les 16 papilles de l'en- 
trée de l'estomac sont projetées en avant, l'estomac est 
coifTé par la partie postérieure de la trompe avec ses papules, 
puis par sa parlie antérieure qui se trouve alors la deraière 
(Hg. 118). 

M. Gravier insiste avec raison sur la présence du ventri- 
cule chez les Pbyllodociens où elle avait déjà été signalée 
par Claparède pour son Eulalia pallida et son AnattU 
lineata. On le confond souvent facilement avec l'intestin, 
mais c'est à sa paroi extérieure que sont fixés les muscles 
protracteurs et rétracteurs qui font saillir ou rentrer la 
trompe et l'estomac ; de plus, il est uni, tandis que l'intestin 
est étranglé à chaque dissépiment. Chez la Ph. papulosa, I'id- 
térieur en est tapissé de papilles glanduleuses plus basses, 
plus serrées et moins colorées en jaune bruu que celles de 
l'intestin. 11 occupe les segments 48 à 62. L'intestin s'étend 
du 63"* segment au segment anal où il déboucbe par un 
anus dorsal. 

PhVLLODOCE BRUKEOVIRIDIS N. S. 

PI. xvur.ng. 122-123. 

Un seul exemplaire trouvé sur la plage d'Arcacbon. 

Le corps, de couleur vert brunâtre, a 8 centimètres de 
long sur 2 millimètres de large, cirres compris, et compte 
188 segments ; il se termine par 2 cirres anaux cylindriques 
longs de ï"",30. 

La télé à 4 antennes est arrondie avec une échancrure pos- 
térieure peu marquée (lîg. 122). Le segment buccal invisible 
du côté dorsal porte la 1" paire de cirres tenlaculaires lon- 
gue de (r",84 ; au 2"* segment se trouvent la 2" et la 
3°" paire, entre lesquelles je ne vois pae de soies, la 2" ayant 



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ANNÉUDES POLYCHÈTES IlES COTES DE FRANCE. 323 

0",84 de long et la 3"* 1"',30; la 4"' paire accompagnée 
d'un rudiment de pied et d'un cirre ventral est au 3"' seg- 
ment. Les cirres dorsaux en ovale allongé terminés en pointe 
obtuse remplis de granules verts et bruns (lîg. 123), com- 
mençant au i"' segment, mesurent l"",12de long sur 0",65 
de large ; à partir du 30"° à 32" segment, ils ont une bande de 
cils vibratiles longitudinale en dessous. Les cirres ventraux 
sont semblables aux cirres dorsaux, mais moitié plus petits. 

La hampe des soiesest garnie de petites épines et l'article 
terminal long de 0", 1 3. 

La trompe au repos a G rangées (3 de chaque côté) longi- 
tudinales d'environ 30 petites papilles rondes. L'estomac 
qui y fait suite dans le 13"' segment est couronné de 16 
ou 17 papilles rondes plus grosses auxquelles correspon- 
dent autant de bourrelets longitudinaux, les uns très minces, 
les autres plus épais. Les plus minces disparaissent bientôt 
et à l'extrémité inférieure de l'estomac it n'en reste plus 
que 6 gros. Lorsque la trompe est extroversée (Rg. 122), la 
couronne des papilles de l'estomac est en avant, suivie des 
6 rangées longitudinales de petites papilles de la trompe. 
Le ventricule occupe 10 segments du 28"° au 37"" où com- 
mence l'intestin qui est tapissé intérieurement de papilles 
plus longues et plus floconneuses que celles du ventricule. 

Chez cette espèce, la trompe proprement dite est courte 
et n'a qu'une seule région à rangées de papilles à laquelle 
l'estomac fait suite immédiatement. 

PUYLLODOCE Bl MACULAT A N. S. 

PI. XVIH,lig. 123Aet I23B. 

Cette Phyllodoce, queje ramasse à Saint-Jean-de-Luz près 
de Sainte-Barbe, a 12 centimètres de long sur 2 millimètres 
-de large en avant sans les rames et 3 millimètres avec les 
rames et 259 segments. 

La tète est jaune avec 2 taches noires superposées à la 
partie antérieure, et le corps d'un brun jaunâtre a de 



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beaux reflets azurés dus aux raies transversales fines du dos 
de chaque segment; le venire jaune brun, moins brillant 
que le dos, a une lâche noire à la base de chaque pied. Les 
cirres tentaculaires incolores ont de courtes raies longitu- 
dinales noires interrompues et les cirres dorsaux des traî- 
nées noirâtres en éventail, ce qui donne aux deux côtés 
de l'animal une apparence cendrée. 

La tète à i petites antennes renflées est fortement échan- 
crée en arrière avec un bouton occipital assez indistinct 
(Bg. 123 A). Les 4 paires de cirres tentaculaires sont distri- 
buées comme dans l'espèce précédente, la plus longue attei- 
gnant l-^iSe. Les cirres dorsaux ovales à pointe moins 
obluse que chez le Ph. bruneoviridis ont 1",44 de haut sur 
0'°',84 de large (iig. 123 B), les cirres ventraux de même 
forme 0'°'°,84 de haut sur 0°"°,36 de large. Les 2 cirres anaux 
sont cylindriques. La hampe des soies garnie de petites 
épines à sou renilemenl antérieur est surmontée d'un article 
terminal finement dentelé au bord de 0°"", 168 de long. 

La trompe au repos a 8 rangées longitudinales (4 de cha- 
que côté) d'environ tl petites papilles plutôt rectangulaires 
que rondes. L'estomac qui y fait suite directement du 
1 5°*° segment au 35*°° est couronné de 16 (?) papilles rondes. 
Le ventricule presque lisse occupe les segments 36 à 44 
et l'intestin revêtu intérieurement de rangées transversales 
de grosses papilles carrées commence au 45"*. 

Une Phyllodoce du Plateau du Four près du Croisic dont 
je n'ai que la partie antérieure longue deSOcenlimèlres sur 
2°"°, 20 de large en avant, rames comprises, avec 297 seg- 
ments, se rapproche sous bien des rapports de la Ph. bima- 
cutata. Le corps mince et plat a 2 raies transversales brunes 
superposées au dos de chaque segment, l'une beaucoup plus 
longue que l'autre. La tète échancrée en arrière n'a pas de 
bouton occipital. Les cirres tentaculaires sont répartis comme 
chez la Ph. bimaculata \ les cirres dorsaux sont cordîformes, 
longs de 2°"',40 sur 1",80 de large. Quant à la trompe au 
repos, elle est semblable à celle de la Ph. bimaculata, s'éten- 



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ANNÉLIDES POLYCH&TES DES COTES DE FRANCE. 325 

dani jusqu'au 14" segment avec 8 rangées longitudinales de 
20 à 22 papilles assez peu dislioctes. L'estomac est couronné 
de 12 papilles et s'étend du 14"° au 39°" segment. 

Cliez la Pk. bimaculata, comme chez la Ph. ùruneoviridis 
el chez la Phyllodoce du Croisic, la trompe proprement dile 
est courte et n'a qu'une seule région à rangées de papilles k 
laijuelle l'estomac fait suite immédiatement. 

C'est là un caractère dont il faudra tenir compte si on 
arrive à classer les Ptiyllodoces d'après la forme de la 
trompe : trompe courte à une seule région dont les papilles 
ne sont pas séparées de l'entrée de reslomac par une 2"' ré- 
gion nue, ou à plis rugueux, ou à grosses papules. 

. Pyliodoce Groenlandica CËrsL (1). 

PaYLLODOct GnoENLAniiicA OErst. «Juatrefagea, IIUI. nal. des Annti., t. U, IBCG, 
p. Ul. 

— — Malmgrea, Nmd. Hafi Annul., 186S, p. 96. — Ann. 

poli/ch., 1867, p. H3, et pi. m, fig. 9. 

— — G. G. Baira, Bidrag lit itmdskab om Chriitianiafjordent 

fauna [Ni/t. Ma;/., t. XIX, 1873, p. Î33). 

— — Tnuber, Ann. Danica. Copenhague, 1879, p. 87. 

— — Tbeel, Annil. de$>ner$dtlaSouvetU-ZembU{K. Sventka 

Vêlent. Akad. Handlingar, t XVI, □• 3, 1879, p. 3(). 

— — Grube, Millh. Ubtr die Familie der Phyllodoeeen und 

Hetioneen {Jahrei. der SekUi. GeielU. fur 1879. Brealaa, 
1880, p. JI4}. 

— — Wireo, Chatopoder fraa Sibiriska ithafttt och Beringstutf 

insantlode under Vega expcd. {Vega-Exped. Vel. Jakl- 
lag,t. Il, 1883, p. MO). 

— — Michaelaeo. Die Polyc/istenfauna der Deuischen Meere 

{WUt. Vnten. der Komm. der Deuttchen Meere und der 
biol. Anilall auf Htigoland, t. Il, Heft I, 1896, in-tol., 
p. 3Î). 

PI. .YVII1, lig. 124126. 

Cette espèce semble être assez commune & Villers où 
M. Adrien Dollfus la trouve dans le sable. 

Le corps a 13 à 18 centimètres de long dans l'alcool sur 
5 à 7 millimètres de large, rames comprises, et332segments. 
Le dos de chaque segment a une jolie coloration se rappro- 

(1) <Ented, GrAiIandt Annulata (torsibrdTicAiafa. Copenhague, 1843, in-i, 
p. 192ettig. 19, 21,22,39-32. 



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326 DE SAIKT-JOSEPB. 

chant de celle de la Phyllodoce papulosa : 3 raies transver- 
sales parallèles, les 2 inférieures plus longues d'un brun clair, 
la supérieure plus courte et bleue (fîg. 124j. Tous les cirres 
parsemés de taches foncées étant devenus uniformément 
bruns dans l'alcool, je ne puis dire quelle en est la couleur 
chez l'animal vivant. 

La tête cordiforme un peu plus large que haute est très 
échancrée en arrière avec un bouton occipital placé dans 
l'échancrure. Les cirres tentaculaires sont répartis comme 
chez la Phyllodoce papulosa. Von Marenzeller avait déjà 
constaté celle répartition che/ la Ph. Groenltmdica (I). La 
paire la plus longue recouvre les 8 ou 9 V" segments. 

Les piedsottlétéexactement représentés parMalmgren.Les 
cirres dorsaux se dressent tout droits de chaque côté danï^ 
la partie antérieure du corps et y sont plutôt cordiformes. 
A partir du 30°" segment, devenus plus grands et subrec- 
tangnlaires, ils se rabattent sur le dos ; ils sont alors garnis 
d'une bande de cils vibratiles du côté ventral (Bg. t25); à la 
partie postérieure du corps, tout en restant légèrement sub- 
rectangulaires, ils se rapprochent de la forme de ceux des 
1'" segments (fig. 126). Les cirres ventraux me paraissent 
être partout à peu près semblables et se terminent en 
pointe acuminée. Entre les 2 lobes du pied, sort un 
éventail de soies au nombre de '6'à ii 60 dans la région 
médiane et de 25 environ dans la région postérieure. 
Ces soies sont semblables à celles de la Ph. papulosa 
et de beaucoup d'autres Pbyllodoces.- Les cirres anaux 
cylindriques ont i'"','iO de long. 

La trompe extroversée, exactement figurée par OErsled 
{lor. cit., Hg. 21), a en avant les 17 papilles qui couronnent 
l'entrée de l'estomac. Elles sont suivies de 6 colonnes longi- 
tudinales longues de l'^itO, composées de 6 à 7 grosses 
protubérances rectangulaires blanches aplaties, quelquefois 
partiellement fendues en 2 dans le sens transversal, comme 

(< ) Die folyehxten tkr A'em«r Expeditùm nach OîUpiUbergen {Zool. Jahrh. 
Abih. fur Sytlem., l. V(, 1893, p. WT). 



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ANNËLIDES POLYCHËTES DES COTES DE FRAJ4CE. 327 

rindique (£rsted, empilées les unes au-dessus des autres, 
ayant 0",^ de large, auxquelles Tont suite ii rangées 
loDgiludinales parallèles (6 de chaque côté) composées 
chacune de 12 à 15 petites papilles ovirormes d'un diamètre 
de 0",060. Lorsque la trompe est au repos, elle s'étend 
jusqu'au 12"° segment où commence l'estomac qui commu- 
nique avec le ventricule au 37°" ou 38"° segment ; il est garni 
intérieurement de 17 bourrelets minces longitudinaux pa- 
rallèles. Ici la trompe quoique courte, a 2 régions. 

Ces exemplaires de Villers sont de moindre dimension, 
surtout en largeur, que certains de l'extrême Nord et chez 
eux la coloration du dos se rapproche de celle de la P/it/i- 
iodoce macuiata 0. F. Miill. ; mais cette dernière a un nom- 
bre moins considérable de papilles à la trompe, les cirres 
ventraux arrondis et sa taille estmoinsconsidérable dans les 
mêmes mers. Aussi je ne crois pas devoir suivre Tauber 
dans son assimilation des 2 espèces. 

Océan Glacial arctique. Mers du Nord. Draguée à 
225 mètres de profondeur dans l'Expédition autrichienne au 
Pôle Nord (1). Détroit de Davis (Expédition du Valorous). 

Genre EULALIA OErst. 

EULAUA OUADBILIKEATA N. S. 
PI. XVin, iig. 127-130. 

Caractères distinctifs : coloration particuhêre rappelant 
un peu celle de VAulolytus pktus Ehl., yeux de grosse di- 
mension, articles des soies très courts. 

Cette jolie Eulalia se trouve k Concarneau dans les dra- 
gages près du cap Coz. Un exemplaire de 17 millimètres de 
long a 129 segments, un autre de 18 millimètres en a 96, et 
uo 3"'mûrlongde22°'",20ena t41. 

(!) VonUurBJiteHeT,DieCœtenteraten, Eehinodermen tmd Wûrmer derK. K. 
OEtter. Vngar. Sordpot-Exped. [Dtnktch. der K. Alad. der Vfiit. tu Wim, 
I. XXXV, in-*, 1877, p. .19 s. a.). 



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328 DE SAINT-JttSEPn. 

Le corps large de 0",56 sans les cirres a, sur le dos, 
î raies longitudinales violettes et k chaque segment 2 raies 
transversales d'un vert jaunfiLre coupant les autres à angle 
droit ; enfin le bord des segments au-dessus des pieds est 
coloré en violet (fig. 127). La tête arrondie en avant, uussi 
largequeliaute,a 5 antennes dont iantérieures et I impaire 
placée un peu en avant des 2 yeux qui ont un diamètre 
de O^.Oo avec un cristallin entouré de bâtonnets piquetés 
de brun plus foncé à la base qu'au sommet (fig. 128). 

Le segment buccal, moins large quelessuivants, porte la 
i" paire de cirres lenlaculaires longue de 0"",3 ; le 2'' seg- 
ment, la 2"' et la 3'' paire dont la supérieure ayant 0"",6 est 
moitié moins longue que l'inférieure; entre ces 2 paires, un 
rudiment de pied est accompagné de quelques petites soies. 
Au 3"° segment la 4°" paire, aussi longue que la plus longue 
delà 3"' paire, est accompagnée de soies et d'un ci rre ven- 
tral. Les cirres dorsaux d'un vert jaunâtre, foliacés et lan- 
céolés, qui commencent au 4*°* segment, sont un peu plus 
forts (0",18 de haut) au milieu du corps qu'à ses deux 
extrémités. Le cirre ventral ovale n'a que 0",06 de haut. 
Les soies (fig. 129) ont un article très court (0'"°,028J, courbe, 
à stries obliques et finement pectine, ce qui ne se voit qu'en 
employant les plus forts grossissements. Le corps se termine 
par un segment anal achète avec 2 gros cirres anaux foliacés 
longs de 0'"',25, sans appendice impair (fig. 130). 

La trompe longue- est couverte de papilles en cône obtus 
hautes de 0"'',02 et l'entrée de l'estomac, qui commence 
au 34" segment pour se recourber en anse, est couronnée 
de 14 papilles plus grosses et plus arrondies. Le ventricule 
lui fait suite au 48"' segment. 

Chez l'exemplaire mùr de 142 segments, les œufs d'un 
diamètre de 0"°',082 occupent les segments 68 k 125. 
Serrés dans le corps, ils y prennent une forme polyédrique. 



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ANNËLIDBS POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 



EuLALiA Pu^CTIFeilA Gr. {{). 

Un exemplaire trouvé près d"Hendaye à la poînle de 
Saiute-AnDe. 

Long de 35 millimètres sur 2 millimètres de large y com- 
pris les larges cirres cordiformes, avec 83 segments ; la fin 
du corps comprend en outre 6 petits segments régénérés. 
Ici les 2 points en avant de la tète sont bruns, mais ceux du 
dos des segments sont d'un vert sombre sur fond jaun&lre. 

FAMILLE DES nÉSIONICVS Gr. 

Genre HESIONE Sav. sensu Gr. (2) {incl. FALLAOIA Qtg., 
TELAMONECIpd.). 

HeSIONE PANTHBRtNA RIsSO (3). 

HuionE PAmBEniNA Audouia el Milue Edwards, Htcherchet pour itrvir à VhUI. 
nal. du litloial de la France, t. U, p. tU, et pi. V, fig. 4. 
— Rigae animal, pi. XIV, Rg. t. 
-- — Griibe, DU Intel Lusiin und îhre Uerretfauna. Breslsu, 1864, 

p. 83, 

— — Mac iDtoBb, Report on Ihe Aitnel. Polych, coUecled by H. 

M. S. « Challenger ■■ (fleporU, etc. Zoology, t. XII, p. t85 ; 
pi. XXIX, %. 1. pi. XXXIl, llg. 6, et pi. XV A, ûg. lOj. 
_ — Voyage de la goélette Uelila sur les eûtes occidentales de 

l'océan Atlantique. Annilidei potyehètes, par Malaquio 
(Revue biol. t/u Nord de la France, I. VI, 1893-81, p. tll- 
418). 

— Fici'i.A D. Ch, Délie Cbiaje, Deacrizione e nolomia, etc., t. lU, p. 95, 

t. V, p. \tn, t. VII, pi. CUl, llg. 1, el pi. CLV, flg. 24. 

— — Eisig, Ùeber dat Vorkommen einei ichwimntblatenâhnliehen 

Organs bei Annel. (Mitlh. avi der Zool. Stal. tu Neapel, 
t. Il, 1881, p.3â7-!6B et 298-300; pi. XII, flg. 1-3, el pi. XIU, 
eu eolier). 

— — JourdsD, Étude tur Us épilhéliumi teruilifs de quelque! tiert 

anneUê {Ann. de» >c. nat, 7°» sirie, t. Xltl, 1893, p. 243. 
el pi. VI, fig. 9). 

— — lioodrich. On fhe nepkridia of Polychaeta. Part 1. On He- 

tione. Tyrrhena and Hephiys [Quart, mierotc. Journal, 
a- IS7, STril 1897,:p. 185, et pi. Vl-IX). 

(1) V. Annél. polych. du c6tet de Dinard, 2'*° partie (Ann. des se. nat., 
7" série, t. V, p. 289, et pi. Xir. Og. 153-157). 

(3) Onibe, Die Pamilie der Heêioneen {Jahreib. der Schte». Geselb. fur 1876. 
Breslau, 1880, p. 221). 

(3) Risso, Hiit. nat. des prindpaUt produetvms de FEurape méridionale, 
t. IV, 1826, p. 418. 



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KesionK di Saviout Coita. Co«t&, Dttcripiion de qaelquei Anntl. ntnivelUi du 
golfe de Napla {Aan. de* se. nat., V" série, t. XVI, IMI. 
p. 268, etpl. X[, fig. 3). 

Fallacia pa:(tiiehina Quatrefagei, Hiat. nol. du Atmel-, t. Il, p. 98. 

Tel*>diie îicl'la Clpd. Claparède, Annil, du golfe de Naplet. p. lil, et 
pi. XVIII, Sg. i. 

— — Grube, «I aufiTù. 

Kallacia — Mariou el BobreUlty, Élude det Annél. du golfe de Martille, 

iAnn. des »c. nat.. «■• série, t. 1!, p. <G, el pi. XII, Bg. ÎS). 

HE5lu^E Stiui»rupii Qtg. Qiiatrefages, Hisl. nal. det Annet., t. Il, p. 90, el pi. IX, 
flg. 17. 

— — Fabre Uomergiie, Sur un orgnniime parasite de CH. Slren' 

alrupii [Complet rendus de la Soe. de biol., I8V0, p. 87). 

PI. XIX, fig. I3M44. 

Assez nombreux exemplaires trouvés sous les pierres dans 
la baie de Saint-Jean-de-Luz, près de Sainle-Barbe, et h la 
plage de Remardy, près de Saint- Jean-de-Luz, au-dessous 
de la croix d'Archiloa. 

Sauf aux 2 derniers segments où il est sensiblement 
atténué, te corps long de-5 à 7 cenlimfelres est à peu près 
partout de même largeur (6 à 7 millimètres sans les pieds. 
H i 13 millimfetres avec les pieds et les soies au 9"° seg- 
ment); le segment anteanal n'a que 3 mîllimèlres de large 
el le segment anal 1 millimètre. Le côté dorsal d'un brun 
rougeâlre est parcouru par 8 fi 10 raies longitudinales 
blanches qui sont 'coupées à angle droit par de nombreuses 
raies blanches transversales, de sorte que le corps paraît 
moucheté de brun et réticulé de blanc. Grube avait déjà 
relevé cette apparence réticulée. Quatre bandes blanches 
transversales assez larges relient l'un à l'autre les pieds des 
segments 2 à 5, el quelquefois ceux de presque tous les 
autres. Toutes ces raies et bandes blanches ne sont ni par- 
faitement droites, ni parfaitement unies sur leurs bords. 
Knfin, quelques exemplaires ont une grosse tache blanche 
au milieu du dos de chaque segment. Souvent la cuti- 
cule a des reflets irisés. La partie médiane dorsale rendue 
très convexe par la trompe, l'œsophage et l'intestin, n'offre 
aucune séparation entre les segments ; cette séparation au 
contraire est profondément indiquée sur un gros bourrelet 



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ANSÉUDES POLYCIIÈTES DES COTES DE FRANCE. 331 

portant les pieds de chaque côté de la proéminence dorsale'. 
Le dos parait alors partagé en 3 parties : la médiane convexe 
et lisse, et les â latérales avec tes bourrelets incisés entre 
chaque segment. 

Du c61é ventral, le corps presque aplati, d'un blanc nacré, 
est parcouru par 3 bandes longitudinales : les 2 latérales 
saillantes produites par les faisceaux des muscles longitudi- 
naux ventraux, et la médiane plane renfermée entre les deux 
autres, placée au-dessous de la chaîne nerveuse ventrale et 
dont la cuticule est parsemée d'tlols de gros pores. Ces divi- 
sions longitudinales du côté dorsal et du côté ventral s'ac- 
centuent beaucoup chez les animaux conservés dans l'alcool. 

La tête un peu moins brune que le corps est écbancrée 
en arrière en forme de cœur comme chez certaines espèces de 
Phyllodoces {lïg. 131). Un sillon peu profond qui va de celte 
échancrure jusqu'au bord frontal la divise en 2 parties égales. 
Au-dessous de l'échancrure, il y a une marque triangulaire 
d'un rouge brun (Bg. 133,^). De chaque côté du fronlen angle 
obtus se dresse une très petite antenne incolore, biarticulée, 
non ciliée, haute de 0",31o sur 0"", 09 de large (fig. 132). 
Les 4 yeux, tous avec cristallin, sont disposés en trapèze, les 
2antérieur3ayant0'°",30dediamètreetles postérieurs O", la. 
L'organe de la nuque indiqué par un sillon ciUé bordé par 
2 replis de la cuticule s'étend de chaque côté de la tête depuis 
l'échaucrure occipitale jusqu'à la base de l'antenne (fig. 133, 
o, a). Sur l'animal vivant, les cils du sillon, fins et courts, ont 
un mouvement très actif. La lèle repose en entier sur le dos 
du segment buccal qui la dépasse en avant et qui porte de 
chaque côté 4 paires de cirres lentaculaires (16 cirres en 
tout). Comme l'ont remarqué Audouin et Milne Edwards, ils 
sont disposés en 3 rangées obliques superposées : 3, 3, 2 
(fig. 134). Ils ont une base anneléedans laquelle pénètrent 
i à 5 acicules jaunes assez fins, et ils sont composés de nom- 
breux articles bien figurés par Claparède (1). Le plus long 

(1) Loe. cit., pi. XVm, Hg. i H. 



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332 DE «AIHT-JASEVII. 

de ces cirres lenlaculaires qui esl l'inférieur de la 2"' ran- 
gée (Rg. 134, a) mesure 13 millimèlres de long cl atteint 
le 7°" segment séligère cliez les exemplaires de 5 centi- 
mèlres, et le 5*°* chez ceux de 7 centimètres qui ont leurs 
segments plus hauts; les moins longs ont 6 el 8 millimètres. 

Au segment buccal apode et achète font suite 16 seg- 
ments sétigères hauts de 3"",« du 9"° au H"° segment chez 
les exemplaires de 5 centimètres et de 4"",5, chez ceux de 
7 centimètres. Chacun des pieds (Bg. 135) se compose : 
l' d"un cirre dorsal, long de 1 centimètre dès le 1" seg- 
ment sétigère, à nombreux articles el à large base haute de 
0'"^, à 12 ou 13 annelures, renfermant 3 ou 4 acicule» 
minces d'un jaune pâle; 2* d'un gros cylindre creux annelé, 
le pied proprement dit, d'où sortent les soies et dont l'entrée 
est dominée, du côlé dorsal, par une papille bilobée (fîg. 1 35, 
a); ce cylindre formant angle droit avec le corps, long de 
i"',^ chez les animaux de 5 centimètres, et de 2 millimètres 
chez ceux de 7 centimètres,est moins important aux21'"8eg- 
ments, et surtout au I" qu'aux suivants; 3* d'un cirre ven- 
tral très vaguement articulé, sans base, long de i millimè- 
tres h 2"",iO, moins etïilé au bout que le cirre dorsal. 

Les soies sont toutes d'une seule forme : composées à 
serpe bidentée finement plissée au bord; une petite épine 
se détachant de ta serpe se dirige à rencontre el au-dessous 
de la dent la plus basse ((îg. 136). La serpe est jaune et la 
hampe verdâtre. Un acicule d'un vert très sombre dont la 
poinleeslentouréed'une massue légèrement épineuse, accom- 
pagne le faisceau des soies el pénèlrejusqu'àla base de la pa- 
pille bilobée dorsale du pied sans sortir du corps (fig. 137). 

Après les 16 segments sétigères vient un segment ante- 
anal apode et achète, moitié moins haut que le précédent 
et moins large, n'ayant qu'un cirre dorsal et un ventral de 
taille ordinaire. Le segment anal qui y fait suite est un gros 
mamelon cylindrique avec anus terminal entouré de 6 petits 
lobes, et 2 cirres anaux ventraux articulés à courte base 
longs de 13 millimètres (Bg. 138). 



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ANNËLIDES POLVCQÈTES DES COTES DE FRANCE. 333 

La bouche a 7 ou 8 festons du côlé ventral. Toul près 
d'elle, à l'entrée du pharynx du côté dorsal, il y a une grosse 
papille en Torme de mamelon (Bg. 139, b) déjà constatée et 
figurée par Audouin etMilne Edwards chez V H . pantherina. 
Le pharynx (ftg. 139, a), fîxé par des mésentères (c), long de 
5 millimètres, à parois minces, est suivi de la trompe [d) 
proprement dite dont les parois sont au contraire très 
épaisses et inusculeuses et dont l'entrée lisse, ronde et co- 
lorée en orangé s'ouvre à peu près au milieu du 1" segment 
séligère. Longue de 5 millimètres, s'étendant jusqu'à la limite 
postérieure du i" segment sétigère, elle est recouverte à 
l'extérieur par une gaine de muscles longitudinaux plats 
bien détachés les uns des autres et fixés seulement à leur 
partie antérieure au pharynx et à leur partie postérieure à 
la limite inrérieure de la trompe. C'est là que du côté 
droit et du côté gauche, viennent sHnsércr plusieurs muscles 
plats rétracteurs puissants [e], deux fois plus gros que ceux 
de la gaine et qui sont insérés à leur autre extrémité dans 
les parois du corps au 5"° segment séligère. 

L'œsophage, qui est fixé de loin en loin à l'enveloppe du 
corps par des mésentères plus fins que ces muscles rétrac- 
leurs, est, comme la trompe, un gros tube cylindrique de 
4 millimètres de diamètre (/*), dans l'intérieur des parois 
duquel la séparation d'avec la trompe est indiquée par un 
sillon circulaire profond. L'intérieur du tube de l'œsophage 
est légèrement bosselé tandis que celui de la trompe est 
lisse. .\ l'extérieur il n'est pas recouvert, comme la trompe, 
d'une gaine de muscles flottants, mais il est entièrement 
lisse, sauf une large bande musculaire longitudinale qui fait 
saillie sur la ligne médiane dorsale et ventrale et qui se pro- 
longe sur la trompe {^). L'œsophage s'étend jusqu'au 12"' seg- 
ment séligère oiï il communique avec le ventricule aplati et 
extensible (1) qui remonte jusqu'au 10"' segment séligère. 
Là commence l'intestin tapissé de glandes brunes qui des- 

(1) Voir Eisig, loc. cit., pi. T, flg. 1 et 2. 



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334 BE SAiNT-JMiepa. 

cend jusqu'à l'anus, d'abord large, puis plus étroit et main- 
lenu en place par des Irgamenls mésentérlques. 

Lorsque la trompe est exlroversée, elle est coiffée pw le 
pharynx qui recouvre la gaine des muscles flollant!? dont il a 
élé question plus haut. Alors la grosse papille dorsale de 
l'entrée du pharynx se trouve maintenant tout à fait on 
arrière et à peu de distance en avant de la tèle ffig. 131). 
Il en résulte que lorsque la trompe n'est pas enlièroment 
evtroversée, la papille reste cachée dans le corps, comme je 
l'ai observé plusieurs fois, ce qui explique pourquoi taiilôton 
l'ii décrite, tantôt on n'en a pas parlé. La trompe proprement 
dite est seule projetée hors de la bouche el l'œsophage qui 
la suit ne sort pas du corps. Le ventricule, qui est de ta lon- 
gueur de la trompe extroversée et qui remonte le long de 
l'ursophage lorsqu'elle es l au repos, est maintenant enlratné 
en avant et permet le jeu de l'extroversion sans que l'intesLin 
maintenu en place par les mésentères ait & y remplir aucun 
rôle. Au moment de Texlroversion, tout l'appareil digestif 
est en ligne droite. 

Dans le ventricule, du côté ventral, tout près de son poiat 
de jonction avec l'œsophage, viennent déboucher 2 longs 
tubes formés par une membrane assez mince, fixés h l'œso- 
phage par de courts mésentères, et se prolongeant en avant jus- 
qu'au 6"* segment séligère ofi ils finissent chacun en un cul- 
de-aac qu'un long mésentère attache à l'œsophage, dans la 
partie antérieure du 3"* segment sétigère, un peu au-dessous 
de la gaine de muscles de la trompe (fig. 139, h). Ce sont 
les organes découverts par Eisig et qu'il compare à des ves- 
sies natatoires (t). 

Lorsqu'on met VH. pantherina hors de l'eau peudant une 
minute à peine, elle avale de l'air que je vois passer par la 
bouche, l'œsophage et le ventricule dans les vessies nata- 
toires, et lorsqu'on la replace dans l'eau, elle surnage comme 
un bouchon et ne peut retomber au fond qu'au bout de fort 

|1) Voir Eisig, toc. cit., pi. 1, fig. I. 



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A1<INÉLIDES POLTCBËTBS DBS COTES DE FRANCE. 335 

loDgtemps, après avoir expulsé par la bouche et aussi un peu 
par l'anus des quanti tés de grosses bulles d'air qui l'entourent 
comme de l'écume. Les vessies natatoires, très distendues et 
transparentes lorsqu'elles contiennent de l'air, longues de 
25 millimëtiessur 4 millimèlres de large, pendent flasques et 
pitssées quand elles sont vides; elles sont parsemées de cor- 
puscules d'un vert foncé. 

Les Sconnectifs œsophagiens, qui ont chacun un gros gan- 
glion dans le dernier tiers de leur parcours du cerveau au 
1" ganglion de la chaîne nerveuse ventrale, sont colorés en 
rouge vif comme ce ganglion. Il en est de même pour le 
I" ganglion de la chaîne nerveuse placé sur la limite du t" 
et du 3" segment et pour le ganglion de chacun des seg- 
ments suivants. 

Le cordon nerveux ventral double renfermant plusieurs 
fibres nerveuses colossales est placé, comme il a été dit plus 
haut, au-dessus de la partie plane médiane ventrale du corps. 
Il est séparé des 2 faisceaux de muscles longitudinaux ven- 
traux et de la cuticule épaisse de 0",01 1 par de I rfes nom- 
breux boyaux contournés renfermant des corpuscules bacil- 
laires (fig. 140). Ces boyaux sont disposés en 5 groupes : 
I médian composé de boyaux courts placés entre le cordon 
nerveux et la cuticule et % latéraux de chaque côté du cordon 
nerveux. Chacun de ces groupes a au-dessous de lui un 
groupe de' gros pores ovales à bords plissés bien figurés par 
Claparëde (I ). La plupart des boyaux, mais pas tous, débou- 
chent dans un pore (fig. 141). 

La circulation du sang a été décrite en détail parEisig. Il 
a décrit aussi les glandes génitales hermaphrodites. Ces 
glandes (Hg. 1 i2) entourent les nombreux vaisseaux en 
cscum disposés en houppes autour de la base des pieds de- 
puis le 6°" jusqu'au 16"° segment sétigère. Formées par l'en- 
veloppe périlonéale des vaisseaux, elles conliennent de nom- 
breuses cellules spermatogènes très petites de 0",(i(H^ de 

(i)Loc. ei(., pi. XVm, %. 4, D. 



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336 BE SAINT-JtOSEPH. 

diamètre (flg. 143) qui entourenl des ovules ronds, incolores, 
de O^'.Oie h 0"°',050 de diamètre ou des œufs mûrs, violets 
(Hg. 1 44), piriformes, de O",084 de diamètre, fixés par leur 
extrémité pointue ati vaisseau central. Lorsqu'on ouvre l'ani- 
mal vivant, ces innombrables peliles bandelettes violettes 
sont du plus joli eiTel. 

Je trouve sur l'animal vivant les organes segmentaires, 
signalés pour ta première Tois par Goodrich, à tous les seg- 
ments, sauf les 3 T", et placés comme il l'indique. L'organe 
cilié^ qui peut être considéré comme un pavillon vibratile 
de forme particulière, est une bandelette incolore, haute de 
0"",2t, à cheval sur les muscles obliques qui se dirigent de 
ta chaîne nerveuse ventrale aux parois du corps, à peu près 
au milieu de chaque segment. Du côté qui enserre les mus- 
cles, elle est lisse ; de l'autre côté, qui est tourné vers la ca- 
vité du corps, elle est couverte d'environ 80 plis bien figurés 
par Goodrich et séparés les uns des autres par un sillon 
large de O'^jOâ garni de cils vibraliles très fins. Au-dessous 
des muscles obliques, du côté le plus rapproché des parois 
du corps, l'organe cilié entoure ToriBce cilié (O^.OS de 
diamètre) de l'organe segmenlaire. Ce dernier assez massif, 
de couleur grisâtre, où je ne parviens pas à découvrir les 
nombreuses circonvolutions figurées par Goodrich, débouche 
par un assez gros pore cilié au-dessous du pied. 

VHesione sicula, d'après des exemplaires venant de 
Naples^ me paraît élre absolument la même que l'espèce de 
Sainl-Jean-de-Luz, ayaut aussi une papille dorsale à l'en- 
trée du pharynx et une papille bilobée dorsale à chaque pied. 
Il en est de même de VHesione Steenstrupii, comme j'ai pu m'en 
assurer sur l'exemplaire de Quatrefages cooservéau Muséum. 

VHesione retiadala Von Marenz. (1) en est bien voisine. 

Malaquin pense que VH. Pantkenna diflëre de VH. sicula 
parce qu'elle est de plus petite taille et qu'elle a des bandes 
dorsales jaunes transversales. Mais l'exemplaire d'^. Pan- 

(1) Von Marenzeller, SdctjapatiiKhe Annel. I. Beitrag {Denkt- <fcr E. Acad. 
dei WiK. tu Wien, t. XLI, 1879, in-4, p. 21, et pi. Ul, Rg. i s. *.}. 



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ANNÉLIDBS POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 337 

thmina d'Audouin et Mitne Edwards est de la même taille 
que plusieurs des miens et je retrouve aussi souvent des 
bandes transversales. 
Atlantique. Méditerranée. 

Genre PODARKE Ehl. 

PODARBE PALLIDA Clpd. (1). 

PonAHKB TALLIDA VoD MareDzellcr, Zur Ktnni. der Adriai. Annel. I'" Beilr. {Siltb. 

der k. AkaJ. der Win. lu tfien, in-S, t. LXIX, 1874, p. M S.A.)- 

— — Pruïot et Racovitia, Matériaux pour la faune des Annél. dt 

Banyult {Ardiioea de lool. exp&im., 3"" série, t. III, I8U5, 

p. «3, et pi. XVII], fig. T7-83). 

PI. XlX.fig. 145. 

Un seul exemplaire m&le trouvé dans un dragage à la baie 
de La Forest à Concarneau. par 5 à 6 mètres de fond ; inco- 
lore comme l'exemplaire mâle de Claparède, long de 3", 30 
sur O^^.eO de large, pieds compris sans les soies, el comp- 
lanl en tout 18 segments dont 14 sétigëres. 

La tète, plus large (0"",27)que haute (O"", 15), avec4yeux 
disposés en (rapè/e, a 3 antennes frontales sans base dont 
la médiane plus courte (O^'iOT) et lisse et les 2 latérales plus 
de moitié plus longues (O"",!?») et articulées; les 2 palpes, 
dont la base assez large est placée sous la lèle, sont de la 
même longueur que les antennes latérales, plus externes 
qu'elles, et me paraissent vaguement articulés. Après la tête 
viennent 3 segments apodes, le 1" et le V" moins hauts que 
le 3"* qui est de la taille des suivants, ayant chacun 2 paires 
de cirres lentaculaires articulés (12 cinesen tout) avec base 
où pénètre un acicule incolore très tin ; le plus long de ces 
cirres tcntaculaires, qui est le cirre le plus dorsal de la 
3"' paire, a (¥"',% de long. Comme chez les autres l'odarke, 
ces 3 segments étant très distincts, les cirres lentaculaires 
ne sont pas entassés les uns sur les autres ainsi qu'il arrive 

(l)Oa!ydronii(SpaHidiis. (Claparède, Glanures Zool. parmi tes Annél. de Port- 
Vendres, p. 61-62, el pi. IV, %. 1. 

AHN. se. NAT. ZOOL. V, 22 



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338 I 

si souvent cbez les Hésioniens. Us sont suivis de 14 segments 
sétigères avec cirre dorsal articulé à base peu élevée, dont le 
plus long esl celui du 1" segment (©"".S), pied conique et 
cirre ventral lisse, subulé, sans base, long de O^'iOQ. 

Enlre le cirre dorsal et le mamelon séligère, et ne péné- 
trant pas dans la base du cirre, un acicule l!n incolore, dont 
la pointe esl recourbée vers la tête, est accompagné d'une 
soie unique simple, bifide, avec une brancbe plus fine et 
plus courte que l'autre. C'est un vestige de rame dorsale. Un 
gros acicule droit et pointu pénètre dans le mamelon séti- 
gère conique, ne faisant pas saillie bors du corps et entouré 
d'un éventail de 12 à 22 soles composées dont la serpe non 
bidentée, de longueur très inégale fO^-jlS à 0"-,091), est 
finement dentelée au bord. Ces acicules et ces soies sont 
exactement figurés par Pruvoi et Racovifza. 

Le corps finit par un segment anal apode et achè(e(fig. i 45), 
deux fois plus large que haut, ayant de chaque côté un petit 
mamelon qui est peut-être un rudiment de pied, et terminé 
par 2 longs {0'"°,52} cirres anaux vaguement articulés. 

La trompe proprement dite, que je ne voispasextroversée, 
occupant les 2 1"* segments, est suivie de ra?sophage mus- 
culeux s' étendant dans les 5 suivants et l'intestin commence 
au 8"' segment. 

Les pieds des 5 derniers segments sétigères sont remplis 
de cellules spermatogènes dont les plus grosses ont 0"",()1 35 
de diamètre. 

Cette Podarkc qui, d'après Pruvot et Racovit/a, a une 
teinte verdâlre, du moins cbez les femelles, esl voisine de la 
P. pîridescens Ehl. (t), qui esl aussi une femelle, surtout si 
l'on admet comme Marion et Bobrelzky (2) que ta P. virides- 
ccns a quelquefois une rame dorsale rudimentaire repré- 
sentée par des soies simples accompagnant l'acicule dorsal. 

Méditerranée. 

(1) Die BortUnwùrmer, p. 194, et pi. V[[l, fig. 6-8. 

(2) Étude des Annél. du gotfe de Marseille (An», des se. not., 6"' série, 
t. U, p. 49). 



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ANNÉLIDES t>OLTCHÈTES t>ES COTES DE FflANCE. 339 

Genre OPHIODROMUS Sars {Stephania Clpd.). 
Ophiodkoxus plbsuosus D. Ch. (1). 

J'en trouve un exemplaire & Concarneau, au cap Coz,dans 
une galerie creusée par une Synapta dans le sable vaseux 
compact. Il a 35 millimètres de longsur 4 millimètres de large 
y compris les pieds sans les soies dans ta partie la plus 
large et la coloration caractéristique du corps avec 3 bandes 
blancbes larges occupant tout le dos aux segments séti- 
gères 6, 9 et 14. 

Mancbe. Atlantique. Méditerranée. 

FAMILLE BES «LVCÉKIENK Gr. 

Genre GLYCERA Sav. {Gr. char, entend.). 

GLycERA Meswli N. s. 
PI. XIX, fig. IM-148,etpl. XX, fig. '149-157. 

Deux exemplaires trouvés au Croisic dans le sable vaseux 
près de l'Eslacade et à Pen-bron. 

Le corps de même couleur que celui de la Glyceracort' 
volula Kef., a 12 centimètres de long dans l'alcool sur 
3"', 5 de large sans les pieds et 5 millimètres avec les 
pieds à la Bn du 1" tiers. Il va en s'amincissant progressi- 
vement en arrière et n'a plus à la fin que 2", 5 de large 
dont O"",^ pour le corps et 2 millimètres pour les pieds, 
qui sont toujours à peu près aussi longs, tandis que le 
corps devient presque filiforme. Les 262 segments sont 
biaimelés, sauf les 3 1""; les tO antérieurs, sont très bas et 
très serrés et ceux de l'extrémité inférieure du corps plus 
hauts et plus espacés. La lêle, conique, pointue, terminée 

(I) Voir Annél. polyeh. des eâtts de Dinard, 2'* parité (Ann. des se. nat., 
1" série, t. V, p. 326). 



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340 DE SAUVr-dOWBPH. 

par de petites antennes, longue de i'"',iO sur 0"~,60 «le 
large à la base, a 12 pseudo-segments non biannelés. 

Les pieds, portés sur un pédicule, sonlbiramés. La rame 
dorsale {flg. 149,150, 151} comprend un cirre dorsal court, 
massif et arrondi, placé très en arrière, un mamelon 
antérieur triangulaire et un mamelon postérieur de même 
forme, mais à base plus large et un tiers moins long. 
Entre les 2 mamelons sort un faisceau supérieur et un 
inférieur de soies simples finissant en pointe fine, légè- 
rement recourbée en avant, très finement mouchetées, et 
crénelées au bord intérieur, au nombre de tl à 13 en (oui; 
un acicule droit et fragile pénètre dans le mamelon an- 
térieur. 

La rame ventrale comprend un mamelon antérieuravcc base 
plus large que chez celui de la ramedorsale (fig. 1 50, i 51 ), un 
mamelon postérieur près de moitié plus court que ce ma- 
melon antérieur et un groscirre ventral poliiciforme aussi 
long que le mamelon postérieur dans la partie antérieure du 
corps (fig. 149} et moins long dans la partie médiane (lig. 150, 
151). Entre les deux mamelons sortent un faisceau supé- 
rieur et un faisceau inférieur de soies composées au nombre 
de 14 à 17 en tout, avec article légèrement recourbé en 
avant, finement moucheté et crénelé au bord (fig 140). Lors- 
qu'on regarde de face ce bord crénelé, on voit qu'il n'est 
pas tranchant, mais qu'il est d'une certaine épaisseur, qu'il 
est crénelé de chaque côté et que les crénelurcs d'un côté 
sont reliées à celles de l'autre par une rangée tranversale 
d'épines très fines (fî g. 147). La même disposition existe 
pour les soies simples de la rame dorsale. Les 2 branchos 
qui terminent la hampe sont de même hauteur, mais la 
lamelle chitineuse, mince, transparente, à stries longitudi- 
nales fines qui les relie n'est pas rectiligne comme cliez la 
Gli/cera g'igantea Qfg. (1), la G. convn/uia Kef. et la G. alfia 
Itiillikc; elle est taillée en biseau (lig. 148). l'n ucicule fin 

(Ij Voir Ai\nél. jxilych. dei cûlet de Dinard, 3™° parlïe (Ann. des se. nal., 
•7-«B«rie,t. XVU, pi. Il, «g. 22 a). 



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ANXËLIDES POLYCRÈTES DBS COTES DE FRANCE. 341 

un peu recourbé h l'extrâmilé pénètre dfuis le mamelon 
antérieur. 

A partir du 20"' segment sétigère environ jusqu'aux 30 
it 35 avant-derniers environ, une branchic simple non bifur- 
quée est placée à la face antérieure du pied, à peu près à la 
commissure des 2 mamelons antérieurs (fî^. ISI).EIle a la 
forme d'un sac allongé de tissu mince, transparent, se plis- 
sant lorsqu'il n'est pas distendu. Elle est rélractile et l'orifice 
qui lui livre passage est entouré de plis (fig. 150). Lors- 
qu'elle est rentrée dans l'intérieur du corps, les pieds sem- 
blent être abranches. Il en résulte qu'il est difficile de dire 
exaclement pendant combien de segmenta elle existe, el il est 
probable que quelques Glycériens, décrits comme n'ayant pas 
de branchies, surtout lorsqu'on les a examinés après conser- 
vation dans l'alcoot, sont des animaux dont les branchies 
rétractilessont toutes rentrées dans le corps, comme je l'ai 
observé chez quelques Glacera gigantea mises dans l'alcool. 

A la région postérieure du corps, les pieds abranches 
sont plus amincis et paraissent tridaclyles (tig. 132). Le 
mamelon postérieur de la rame ventrale est plus court que 
dans les segments précédents et te cirre ventral est aussi 
long que les mamelons antérieurs des t rames. 

Par exception les pieds des 2 1'" segments séligères n'ont 
pas de rame dorsale el n'ont qu'une rame ventrale avec des 
soies composées. 

Le corps se termine par un segment anal achète et 
apode deux fois plus haut que le précédent, avec 2 cirres 
anaux minces longs de 0'°'°,84. 

La bouche s'ouvre sous les 4 1"* segments en arrière de 
la léte. La partie antérieure de la trompe (au repos) qui y 
fait suite (fig. 153) a 1 centimètre de long sur 3"", 30 de 
large. Sur sa paroi extérieure qui est lisse, on voit par 
transparence 18 cordons nerveux longitudinaux paral- 
lèles (fig. 153, a.); la paroi intérieure (fig. 154, a) est cou- 
verte de très nombreuses papilles, les unes en cône très obtirs 
(fig. 155), les autres pins basses, plus larges et plus ar- 



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342 I 

roDdies(fîg. 1 56). L'entrée de la partie postérieure de la (rompe 
(fig. 154, b) est armée de 4 mâchoires très noires (fig. 157), 
ayaat chacune un arc-boutant, disposées en croix grecque, 
moins recourbées que chez la Glycera convoluta, et placées 
au-dessus de 4 grosses glandes blanches qui font saillie à 
l'intérieur et surtout à l'extérieur oîi elles sont adhérentes 
aux parois {fig. 153, i, et 154, i). Celte partie postérieure delà 
trompe, longue de 5 millimëtres, débouche par un sphincter 
dans l'estomac (fig. 1 53, c, 1S4, c)long de 5 millimètres comme 
chez la G. convoluta (1), à parois épaisses, lisses à l'exté- 
rieur et garnies intérieurement d'environ 30 replis trans- 
versaux parallèles, d'un tissu grisâtre rempli de granula- 
tions fines. Il communique avec l'intestin (fig. 153,(/) A parois 
plus minces, garni intérieurement d'environ 12 replis lon- 
gitudinaux parallèles sur lesquels sont rangés des crêtes on 
des papilles irrégulières remplies de granulations grises 
(fig. 154, rf). 

Lorsque la trompe est extroversée, elle a la forme d'une 
massue terminée en avant par les 4 mâchoires. La partie 
antérieure, couverte intérieurement de papilles devient 
extérieure, couvrant comme d'un doigt de gant (â) la por- 
tion postérieure de la trompe et l'estomac, qui à eux deux 
sont de même longueur qu'elle, et l'intestin se Irouve alors 
& la hauteur de l'entrée de la bouche. 

Parmi les Glycériens à branchies simples, la G. Mesnili 
se rapproche surtout de la G. fallax Qfg., qui a aussi 
une branchie simple rétractile à la face antérieure du pied, 
mais qui est si imparfaitement décrite qu'il est impossible 
de faire une comparaison exacte. La G. fuUkulosa Ehl. a 
également une branchie simple rétraclile, mais placée sur 
le bord supérieur de la rame dorsale ; de plus ta taille (fe 
l'animal est beaucoup plus grande et le mamelon posté- 

(1) C'est pu suite d'une erreur d'impression que l'eslomac de 1& G. con- 
voluta est donné dans la J*" partie de mon travail sur lea Anntlides de Di- 
n&rd, p. 29, comme ayant ^ centimètres de long. 

(2) Je trouve à celte partie de la trompe sur un des 2 exemplaires <juel- 
i|ues nématocysles d'AclJnic. 



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ANNÉLIDES POLVCHÈTBS DES COTES DB FRANCE. 343 

rieur de la rame dorsale est plus court el plus arrondi. 

Je reçois de la station zoologique de Naples, sous le nom 
de Glycera Siphonostoma D. Ch., un Glycérien conservé 
dans l'alcool, de 240 segmente, long de 17 centimètres sur 
4 millimètres de large sans les pieds et 7 millimètres 
avec les pieds dans sa partie la plus large (4 milli- 
mètres à la fin du corps dont i°°',5 pour les pieds}, qui a 
aussi une branchie sur la face antérieure des pieds; mais 
cette branchie, qui existe du 20"°' segment au 26"' à 
30"' avant-dernier, estbifurquée (fig. 158). Comme elle est 
rétractile, quelquefois il n'y en a pas trace ou il ne sort du 
corps qu'une des 2 branches en forme de sac allongé. Les 
mamelons antérieurs, surtout celui de la rame dorsale, 
ont une large base el finissent en pointe; les 2 mamelons 
postérieurs (Ijg. 159) ont, celui de la rame dorsale, un tiers 
de longueur de moins que le mamelon antérieur correspon- 
dant, celui de la rame ventrale moitié moins. Le cirre ven- 
tral est aussi long que le mamelon postérieur de la rame 
ventrale. Les soies sont entièrement les mêmes que chez la 
G. Mesnili. 

La trompe et l'estomac sont semblables à ceux de 
la 6. Memili comme structure intérieure et extérieure; 
seulement ils sont deux fois plus longs et l'entrée de la 
région postérieure de la trompe avant les 4 mâchoires est 
couronnée de grosses papilles rondes. Us occupent le quart 
antérieur du corps el s'étendent jusqu'au 52"* segment où 
commence l'intestin. 

Celte Glycera n'est pas la G. siphonostoma qui, d'après 
Claparêde, n'a pas de branchies, el même en admettant qu'on 
y aitretrouvé depuis des branchies rétractilesquilui auraient 
échappé, la slruclure des pieds tels qu'il les représente (1) 
est toule difTérenle. Celle espèce de Naples, à branchies bi- 
furquées sur la face antérieure du pied, me parait se rap- 
procher de ta Glycera unkomis Sav. el surtout de la Giy- 

(1) Amil. du golfe de Naptts.pi. Wl.tig. 2 el2 A, 



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344 DE SAINT^OSEPH. 

cera Meckelu Aud. et Edw. qui a les 2 branches de la 
braochie disposées comme les figurent ces auteurs (1) cl 
non comme les figure Grube (2) pour ta G. Meckelii ? qui 
doit être une autre espèce. 

ÛLVCERA ALBA Rattike (3). 

Gi.ycsn* alia OGrsted, Annul. Dan. consp., IStS.p. .13, elfig,14, 10». Ita, MO. 

— — Grube, fin Aaspug nack Trial unddem (Juamero. Berlin, ISOI, lo-S, 

p. 80 et 00. 

— — Qu&lrehges, Hisl. nal. da Annel.. t. H, p. IRC. 

— - Malmgren, Ann. polych., p. 183, et pi. XV, Bg. «1. 

— — Ehleri, Dit Boralmwûrmtr, p. 660. 

— — Grubf, IHt Familie der Glycereen (Jakmb. dtr ScIkUi. GettlU. far 

Ig69..Bre8lau, 1S70, p. » et 8, S. A.). 

— — Willemues Suhm, Vtbei- die Annel. der FSrSr Imeln {Zeits. fir 

wis». zooi., t. Win, m%. p. US, et pt. xvm, ûg. 1-3). 

— — Arwidssoii, Zur Kennt. der Gallungen Glgcera urtd Goniada {Bihang 

un Stentka Vet. Àtad. Handligar{\. XXm, afd. IV, n" 6, 30 p. 
et 1 pi.). 

Deux exemplaires incomplets dans le sable au Banc des 
Chiens près le Pouliguen. 

Le corps d'un blanc laiteux, long de 7 centimètres sur 
2",5 de large (S^'.S avec les pieds) en avant, chez l'exem- 
plaire le plus long, diminue progressivement de largeur, mais 
n'est pas aussi effilé à la fin que chez la Glacera Bouxii. 

Cet exemplaire a 1 42 segments, dont les 1 2 derniers n'ont 
plus de branchies. Si, comme le dit Ehlers, les 12 der- 
niers segments sont abranches chez la G. alba, il est à pré- 
sumer que l'individu dont il est question ici est à peu prés 
complet et qu'il ne doit guère lui manquer de segments. 

Ehlers et Grube ont déjà remarqué une 1res grande res- 
semblance, que je ne puis que confirmer, entre la Ghjcera 
convoluta Kef. et la G. alba. Je renvoie donc pour la des- 
'Cription de la G. alba à celle que j'ni donnée de la G. con' 
voluia (4), notant seulement ici les caractères propres à la 

(1) ReckerchetpovT servir à rhist. natw. du liUoraldela France, ^\.\\,fi%.'S. 

(2) Btickr. neuer oder wenig bekannt, Atmet. {Archiv fur Halurg., 1855. 
pl.lV,ng.3). 

(3) Beitr. tw Pauna Narwegens (ffotiii acla Aead. L ۥ Mat. curios., t. XX, 
1840, p. 173, et pi. tX.fig. 9). 

{4) Les Annél. polych. des càtes de Dinard, i<" partie (.Inn. deâ se. mI.. 
7" série, t. XV|[, p. 27, et pi. U, lig. 30-3fi). 



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ANNÉUDES POLYCBÈTES DES COTES DE FRANCE. 345 

G. alba : les pieds sont semblables à ceux de la G. convoluta 
avec le mamelon postérieur inférieur court el arrondi ; les 
3 autres mamelons sont seulement plus triangulaires. Malm- 
gren {/oc. cit.^ fig. 82, D) en donne une figure très exacte ; les 
petits boutons qu'il représente entre le cirre dorsal et la 
branchie et que j'observe aussi quelquefois chez la G. con- 
voluta sont probablement des renflements de la base de la 
branchie comme le pense Quati-efagcs. Les branchies qui 
commencent au 14'"* ou lô"* segment sont moins longues 
que chez la G. convoluta; elles manquent aux 12 derniers 
segments, d'après Ehlers, comme il a été déjà dît, et, chez la 
G. convoluta, aux 6 derniers seulement ; les soies sont un peu 
plus Unes, cl du reste entièrement semblables à celles que 
j'ai figurées pour la Glyceragigantea (1), qui sont les mêmes 
que chez la G. convoluta. Les papilles de la trompe sont 
plus courtes {0",042 au lieu de 0",071) que celles de la 
G. convoluta et plus larges, et il s'y mêle Qà el là quelques 
papilles rondes plus grosses. 

D'après Bidenkap (2) la Glycera alba Sars est la même 
que la G. capitula Œrsl . 

Mers du Nord. Atlantique. Méditerranée. 

FAIIILLE DES SPHABRODO BIDES Mgr. 

Genre EPHESIA Rathke, Lev. rev. 
EPHEStA. GRACius Rathke (3). 

Un exemplaire venant du Plateau du Four, long de 3 cen- 
timètres sur 1 millimètre de large avec 94 segments en tout 
dont chacun a 3 raies jaunes transversales dorsales super- 
posées. 

(1) AnTiél. Polych. des cites de IHnard, 3" partie (Ann. de$ Se. luil., 
7"* sËrie, t. XVII, p. 24, et pi. Il, lig. 22). 

(2) Syst. ùvers. over Sorges Aunui. Polych. {Chrislianta vidensk. Setsk 
Forhand., 1694, p. 77). 

(It) Voir Annél. polych. des côtes de Dinard ^" paKIe {Ann. des se, nat., 
7" série, l. XVII, p. 38, el pl. III, lig. 51-541. 



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346 DE «AEVT-JOSBPD. 

PAHIIXE DES CIBRATULIENS V. Carus. 

Genre DODECACERIA OErst. Lang. rev. 

DODECACEHIA CONCBARUH CErsl (1). 

TniMLLA oiTHEX Oaly. Dalyell. Poweri o/ llte Creator, etc., t. Il, p. a», H 

pi. XXVI. fig. 10. 
DODsucMiit concHARUa JohnetOD, Calai, af Brii. non parant. Worvtt, 1865, p. VXt, 

et ùg. XXXVIII. 

— — Me Intoeb. On Ihe boring o( ctrtain Annelids lAnn. ofnal. 

hiît., t» e«rie, 1808, 1. Il, p. 38fl, et pi. XX. flg. 1-t). 

— — LaoKerbana, Die Wurmfauna von Madeira. III '" Beitmg 

[ZeiU. fur Wm. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 96, et pi. IV. 
flg. 8). 
->- — Cuuaingbam et Ramage, Potych. tfdent. of the Firlh af 

Forlh {Trani. R. Soc. of Edinburgh, 1. XXXIII, 1RS8. 
p. G47, et pi. XXXIX. Ûg. 13). 

— — MoDticelli. Sulla fauna di Porto Torrei (Sardegna) (Boi- 

Ml. délia Soe. di Salue, in Napoli, I. IX, 1B9&, publié 
en IMîHS, p. 81-8^). 

— — HesDil et Ciuller;. Sur rexitlence de» formet éfiilogutu chei 

Iti Annélidea dr la famille des Cirratulitnt {Comptée 
rendut de VAcad. des se, !8 lept. rSW), 
? HiTRnounxuB atih (jfg. Quatrefa^es, //ùJ. tutl. de» Annel., t. I, p. tSâ, «t 
pi. X, &g. 13-n. 

— sAxicOLA Gr. Grutie, Betchr. neuer ader wentij bekannl. Annel- {Arthiv 

far Nalurg., I35&, p. 109, et pi. Iv.Bg. 11). — Die Familie 
der Cirraluliden (Jahreib. der Schles. GeselU. fur I8;i. 
Breslau, 1873, p. 7. S. A). 

— — MarioD et Bobretiky, Étude tur te» Annél, du golfe dt 

MarteilU {Anii. det ic, nat., 6" ïérie, t. Il, p. 97). 

PI. X.X, lig. 160-161. 

Un seul exemplaire femelle mûr trouvé dans le sable va- 
seux à Pen-bron, examiné après plusieurs années de conser- 
vation dans l'alcool. 

Le corps, coloré en vert Toncé chez l'animal vivant, est 
long de 1 S"", 5 sur i°'",2i> de large dans l'alcool, avec 59 seg- 
ments en tout. 

La tète, sans yeux, est allongée en cône très obtus; la 
bouche s'ouvre près de son extrémité antérieure du côté ven- 
tral. Le segment buccal, achète, porte 2 gros tentacules lalé- 

(t) (»:i>l(>.l, .1".!. Dui"-- •■oi'fprcluf, iii-8. I8i3,p. 44pt (ig-9'J. 



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AKNËLIDES POLVCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 347 

raux et 2 branchies dorsales moins longues et plus minces. 
Ces dernières existent aussi aux 4 segments suivants. Il y a 
donc 12 appendices en loul, y compris les cirres tentacu- 
laires; le reste du corps en manque. Les 6 segments qui 
suivent le segment buccal ont chacun un mametoo dorsal 
et un ventral avec un faisceau de soies capillaires, les unes 
plus minces et moins longues que les autres, toutes fine- 
ment dentelées au bord. Aux 22 segments suivants, ces soies 
sont remplacées par des crochets qui, au 20" segment, 
sont au nombre de 8 ou 9 au mamelon supérieur et de 5 ou 6 
au mamelon inférieur. Ils ont une petite pointe précédant 
le croc terminal (fig. 160) qui, vu de face, est creusé en 
forme de cuiller (fig. 161). Puis, du 29°" au 41'" segment 
sétigëre, les soies simples reparaissent au mamelon dorsal 
où il ne reste plus qu'un ou 2 crochets, rien n'étant changé 
nux crochets du mamelon ventral; enfin les 16 derniers 
segments sétigères n'ont plus de nouveau que des croclielâ 
aux 2 mamelons. 

Le corps qui s'élargit aux 10 avant^derniers segments, se 
rétrécit de nouveau aux 4 derniers et finit par un segment 
anal achète avec mamelon bilobé terminal dans lequel 
s'ouvre l'anus. 

A partir du 11°"' ou 12'' segment séligère, le corps esl 
rempli d'œufs ayant 0°'°',042 de diamètre. 

MM. Mesnil et Caullery ont observé chez des exemplaires 
complètement mûrs de la D. concharum une forme épitoque 
caractérisée surtout par la modification de l'appareil visuel et 
musculaire, et par l'apparition de soies uatatoires( 1 ). L'exem- 
plaire femelle que je viens de décrire et l'exemplaire femelle 
décrit par Langerhaus n'offrent pas de caractères épitoques. 

D'après .VIonlicclli, la D. concharum serait hermaphrodil e. 

(t) J'avais déjà signalé l 'apparition de ces soius chez un autre Cirratulien, 
YHettToeirrm caput csoeis St-Jos., lorsqu'il conliunt des éléments sexuels 
(Anni>(. tfcii raies de Dimrd, G"* partit', p. 34). MM. Mesnil et Caullery les 
retrouvent également chez Vlleterocirrun /îaio-tiriJi* Sl-Jos. Ces observa- 
lionn peruieltraiont peut-être d'établir que ces formes épitoques sont assez 
s chei les Cirratuliens. 



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DE flAlMT-^OaiEPH. 



Mers du Nord. Manche. AllanUque (Madère, Élals-Uois). 
Méditerranée. 



FAMILLE »e!l SACtWCIRHIEniS Bobr. 

Genre SACCOCTRRUS Bobr. 

Saccocirrcs papillocehcus Bobr. (f }. 

Succocmiits l'^riLLOCBHCUS HaHoD el BobreUky, Elude du Annél. du golfe île 
Marteille (^nn. det jc. tint., «°" série, t. U, 187», 
p. Gtl, et pi. IX elX, ùg. 19). 

— — Laugerhsne, Die Wurmfauna von Madtira (Zàtt. far 

Wist. Zûol.. t. SXXIV, 1880, p. lOl.etpl. IV, «g. n). 

— — CzierDavsky, Mafeno/ia ad faunan Ponltcam compara- 

lam (Bull, de la Soc. de* Salur. de Motcou, IHSI, 
p. »5C|. 

PI, XX, flg. 162-163. 

lieux fois, à la pèche pélagique, je trouve à Concarneau 
une larve télotroque observée pour la première fois par .Milne 
Edwards (2), dans le délroil de Messine, et attribuée par lui 
à un Amphinooaien de la Méditerranée. 

Claparède et Mecznikow (3) qui l'ont retrouvée à Naples 
et dans la mer Noire, pensent que c'est peut-être une larve 
de Spionidien, mais n'appartenant pas au genre Spio. 

Le corps, massiTet opaque, est long deP'iâO surO"",40de 
large dans la partie médiane (fig. 162). La télé, marbrée do 
brun, arrondie en avant, avec 4 gros yeux disposés en tra- 
pèze, porte de chaque côté un lobe membraneux incolore. 
A la limite de la tète et du segment buccal achète, il y a 
une couronne de longs flagellum au-dessous de laquelle 
s'ouvre de cliaque côté une large fossette vibratile. Le seg- 
ment buccal est suivi de 15 segments sétigères apodes, 

(1) BobreUky, S. Papitlocercus. Type d'un nouveau genre d'Annilide (en 
langue rus^e) {Mémoires de ta Société desNalur.dt Kiew, t. U, < 87 1-72, p. 311- 
250, el pi. IV el V, fide Ciiern.). 

(2) Voyage en Sicile. Développement des Annélides, l. 1, 1X49, in-4, p. 3H, «t 
pi. III. (iR. 41. 

(3) Beitr. zuiKmnt. der Eniwick. derChxlop.(Zeits. fur Wiss.Z»/., t. Xl.\, 
1869, p. ("a, et pi. XIII, tig. I). 



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ANNÉLEDES POLYCBÈTES DES COTES DE FRANCE. 349 

vaguement indiqaés, colorés en brun verdftlre et de chacun 
desquels sort de chaque côté un faisceau de 3 ou 4 soies sim- 
ples d'une seule sorte ayant une Torme très particulière 
(fig. 163), s'élargissant en avant avec une cannelure latérale 
longitudinale de chaque côté. Elles sont plutôt courtes. Le 
segment anal, coloré en brun foncé, est légèrement bilobé. Il 
est précédé d'un bourrelet avec une couronne de longs flagel- 
lum comme ceux de la base de la tête. 

La bouche ventrale est bordée de 2 longues lèvres longi- 
tudinales colorées d'un pigment foncé presque noir. 

Ces longues lèvres, les 2 lobes membraneux de la tèle qui 
sont les rudiments des 2 gros cirres tenlaculaires de l'adulte, 
les fossettes vibratiles du segment buccal et surtout la forme 
1res particulière des soies, me paraissent indiquer claire- 
ment, comme c'est aussi l'avis de Bobreizky (I) que cette 
larve est celle du Saccocirrus papiUocercus. 

Méditerranée. Mer Noire. Atlantique (Madère). 

VAMILLB DES KPIONIDIBNS Sars. 

Genre NERINE Johnst. Mesn. rev. 

Nerine cirratulus D. Ch. (2). 

NsntNB cmnATULOs Claparède, Annil. du golft de Naplts, p. 3ÎG, et pi. XXIV, 
flg. I. — Recherches sur la structure des AnniUdet séden- 
taires [Mém, de la Soc. de phys. et d'hist. tiat. de Genève, 
l. XXII. iD-i«, 1873 p. IS. 24, 53, 64, 70. 71, 100, lOÎ, 107, 
no, et pi. XV). 

— — CuBnÎDgbdm et Ramage, Polffch. sedent. of the FirCh of 

Forfi {Trans. Bdinb. Soc, l. XXXIII, 1888, in-4, p. 637, 
et pi. XXXVl, ûg. ■>). 

— Lo Bïanco, Uli Annei. lubicoli Irovati nel gotfo di Napolî 

{Atti deW Accad. detU icienie di Xapoli, i" strie, t V, 
iD-4, 1803, p. n). 

— — Mcsnil, Étiidet de morphologie externe chei tes Annilides. 

l. Les Spionidiejts des côtes de la Manche {Bull, scient. delà 
France et de la Belgique, t. XXIX, 1B!IS, p. 1£3.et pi. IX 
CD eotier). 

(1) Marîon et Bobretzky, Étude des Annit. du golfe de Marseille {Ann. des 
se. nat., 6-* s'érie.l. Il, 187.Ï, p. 70). 

(2) Lumbricus eirratulus. Dclle Chiaje, Ment, su gli Anim. senta vertèbre, 
1.1V, p. 196, fide Clpa. 



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3S0 De MAiwr-JASEPB. 

NiMHB A0ILI3 Verr. Venill, Interlthrùte animali of Vineyard Sound 

(U. 5. co'nm. of fiihfries, I, WafhingloD, 1873, p. 318 

etGUO). 
ScoLECOLiPi» suutJiATA Mull. Michaelseo, Die PolychmUnffiuna dei- Dtulêchen 

Meere. tic. (IVûï. Meeresunlert. hrrauig. von iler Kirnim. 

zur Vidtrs. der Deulic/ien Meere in KM und der biol. 

Aiatalt aitf Hetgoland. Ncue Folge. U Band, Hftt I, I89T, 

p. «). 

PI. XX, fig. 16*. 

Je la trouve en asseï; grand nombre à l'Ile de Talihou dans 
le sable découvert à toutes les marées, au aord du labo- 
ratoire. M. Adrien Dollfus m'en communique 2 exemplaires 
venant de Villers. 

Le corps légèrement verdâtre, composé de 120 à 130 seg- 
ments, est long de 5 à 6 centimètres, sur 2'"°,4 de large à 
la partie antérieure et postérieure, et 4 millimètres au plus 
dans la région moyenne. 

La tête, aussi pointue en avant qu'une tète de Glycère, se 
prolonge en arrière par une carène que termine un tentacule 
occipital aussi pointu que la tête et atteignant la limite entre 
le 2"° et le 3°" sétigères. Les 4 yeux sont disposés comme 
l'indiquent Cunningham et Kamage, 2 de chaque côté Tor- 
manl une sorte de demi-cercle. Les 2 tentacules, longs de 
9 millimètres et recouvrant les 24 1'" segments sétigères 
lorsqu'ils sont rabattus sur le dos, ce qui est leur position 
habituelle au repos, sont placés sur te segment buccal apode 
et achète. 

Le 2°" segment a une rame supérieure et une rame infé- 
rieure sétigères ayant chacune une lamelle. Au 3"' segment 
{2"°' sétigère), il s'y joint, à la rame supérieure, une branchie 
dorsale qui persiste à tous les segments jusqu'à l'anleanal 
inclusivement et quelquefois seulement jusqu'au 3*" ou 
4"* avant-dernier. Les branchies des 2 pieds, colorées en 
rouge par le sang, sont couchées sur le dos (1). Elles sont 
garnies d'une rangée de cils vibratiles du côté qui n'est 

(1) Pour le vaisseau unique en anse de la branchie et le glomérule qui 
esti la base, voir Claparède, loc. ci(.,lig. lA. 



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ANNÉLIDES POLTCHËTES DES COTES DE FRANCE. 351 

pas bordé par la lamelle postérieure de la rame supérieure 
et ces cils forment sur le dos de l'animal une ligne qui re- 
joint les cils de l'autre brancliie. De plus, il y en a aussi sur 
la partie externe au-dessus de la lamelle. Des deux côtés de 
la branchie ces cils s'arrêtent avant l'extrémité supérieure. 
Tandis que pour l'espèce de Naples, la lamelle borde la 
branchie presque jusqu'en haut (1), ici elle n'arrive pour les 
branchies antérieures qu'à 0'°'°,60 de l'extrémité (chez quel- 
ques exemplaires cependant jusqu'à 0'",30), pour les bran- 
chies de la région moyenne à 0'°'°,8'4 et pour les postérieures 
à O^iiO. Quant à la lamelle ventrale, vers le 36"'-40"' seg- 
ment, elle devient moins arrondie et plus allongée et elle est 
suivie d'un petit mamelon (cirre ventral de Quatrefages) haut 
de 0'°'°,â que M. Mesnil pense encore appartenir à la lamelle 
dont il serait la partie inFérieure, séparée de la partie supé- 
rieure par une échancrure où sont placées les soies. 

Dans les segments antérieurs, les soies des 2 rames sont 
des soies très faiblement limbées plus ou moins recourbées, 
finement mouchetées (2), terminées brusquement par une 
pointe très mince. II y en a 40 à 45 à la rame supérieure, les 
unes plus courtes, les autres plus longues. Plus près du dos, 
il y en a 4 longues placées en avant des aulres. La rame ven- 
trale a un nombre un peu moindre de soies un peu moins 
longues, dont les 2 ou 3 dernières placées en arrière des 
autres. Vers le 40°"-42"' segment, les soies antérieures de 
la rame ventrale sont remplacées presque complètement par 
5, 6, 7 puis 9 crochets encapuchonnés à pointe mousse 
accompagnée d'un denticnle (tig. 164) qui disparaît aux 
50 derniers segments environ, comme l'indique M. Mesnil. 
Bientôt il n'y a plus que 3 ou 4 soies antérieures, et les 2 soies 
inférieures persistent. A partir du eO-'-OS"' segment, 2, 3, 
puis 4 à 5 crochets semblables apparaissent à la rame dorsale 
remplaçant les soies postérieures jusqu'au segment anteanal ; 

(1) Voir Claparède, lor.. cil., fig. I A. 

{•i) Toutes ces soies ne sont plu^^ mouchetées à partir du 42"* segment 
environ. 



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352 DE HAINT-JOMEPU. 

il y a encore 3 soies supérieures et quelques soies anté- 
rieures. 

Le segment anal apode et achète se termine du côté ven- 
tral par un disque membraneux mince, légèrement festonoé, 
qui dépasse l'anus s'ouvrant du côté dorsal. 

L'intestin est rempli de gros morceaux de fucus non 



Dans un seul exemplaire je trouve des œufs tels que les 
figurent Claparède, Cunningham et Ramage. En forme de dis- 
ques elliptiques, mesurant O"™, 17 sur 0'°'°,10, ils renferment 
un vitellus d'un brun clair, et leur enveloppe épaisse est cou- 
verte de papilles reliées entre elles par un réseau hexagonal. 

Manche. Mer du Nord. Méditerranée. 

Genre SPIOPHANES Gr. 

Malmgren ayant observé des crochets ventraux chez la 
Spiophanes Krôyeri Gr. espèce type du genre, et ces crochets 
ayant aussi été constatés chez les autres espèces : la Spio- 
phanes cirraia Sars, la S. Vernllii Webst. et Benedict, el la 
S. bombyx Clpd. ()), on ne doit pas conserver l'absence de 
crochets comme un des caractères du genre ; mais il fau- 
drait faire ressortir que l'absence des branchies en est un. 
Claparède, il est vrai, indique vaguement des branchies & 
quelques segments delà S. bombyx. Ni M. Mesnil, ni moi, 
n'en avons observé. 

Spiopiianes bohbyi Clpd. {2}. 

SpiopHANBs Ronen Mesnil, Éludti de morphologie exitrnt cket ht Annél. I. t^ 
S/iionidiem des Mes de la Manche {Bull, trient, de la Frantt 
el de la Belgique, t. XXIX, 1896, p. ItO. et pi. XV en entii^rl. 
— 11. Èladet complémenlav-ei mr UiSpionidieiu (Wd ., L XXI, 
I89T. p. «0- 

(1) H. Mcsnil a vf^rsf avec raixoo, selon moi, le Spto Bonhyx Clpd. dans 
le ^enrc SptOfjAarieii, 

(2) Spio-bombyx. Claparède, Supv\. amsAmUl. du golfe de SapUi.p, 131, 
etpl. XII, fig.2. 



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ANNËI.IDRS POLYCHËTES DES COTES DE FRANCE. 353 

Spio cnmaticornis Giard, Sur un curieux phénomine de préféamdation ehtt un 
Spionide {Complet rendus de l'Acad. dei îc, t. XCMI, ISSI, 
p. 600). 

PI. XX, flg. 165. 

Dans le sable au-dessous des bains, près du fort de la 
Hougue, j'en trouve, dans un petit lube de sable flexible, un 
seul exemplaire ÏDComplet de 52 segments, long de 15 milli- 
mètres sur t millimètre de large, que je ne parviens à reti- 
rer du tube qu'en assez mauvais étal. 

Le corps rouge, légèrement convexe du côlé ventral, esta 
peu près aplati du côté dorsal pendant les 16 T" segments ; 
à partir de là le dos devient un peu convexe avec un pli 
transversal reliant tes 2 rames dorsales de chaque segment 
comme Sars le figure pour la Spiophanes citrata Sars (1). 

La léte allongée, qui n'a que t yeux, se prolonge en 2 cor- 
nes latérales longues chacune de 0",48 ; elle est suivie d'un 
segment buccal achète d'où les 2 tentacules sont tombés et 
en dessous duquel s'ouvre la bouche livrant passage à une 
trompe cylindrique. Aux 4 1°" segments sétigères, le corps 
est un peu plus étroit et semble former une région distincte; 
la rame dorsale, sans être aussi rapprochée de la ligne mé- 
diane dorsale que chez les autres espèces Aq Spiophanes, en 
est cependant plus près qu'aux autres segments. A ces 4 seg- 
ments comme aux 10 suivants il y a un faisceau de soies 
dorsales capillaires assez nombreuses (20 à 25), faiblement 
limbées et non mouchetées, sortant devant une lamelle dor- 
sale se terminant en pointe cirriforme, et un faisceau de 
soies ventrales semblables aux dorsales mais mouchetées à 
l'extrémilé, comme l'a remarqué M. Mesnil, sortant devant 
une lamelle ventrale qui est un peu plus large à la base que 
la dorsale et qui prend la forme d'un large disque (2), à 
partir du 5°" sétigère. Les soies ventrales du 1" segment 
séligère sont accompagnées d'une grosse soie jaune carac- 

(1) Bidran (il Kumlskab om Chrtstianiafjordens fauna. Annelida [Nyt MO' 
gaànfor Naltiriid.. t. XIX, 1893. Christiania, pl.XVIIl, fig. S). 

(2) Mesnil, 'nc. cit., pi. XV.tig. l. 

ABH. se. NAT. ZOOL. V, 23 



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354 DE SAINT-JASBPa. 

lérislique (fig. ï6o) recourbée en un croc vigoureux, signalée 
par Claparède ; il y en a une seule d'un côlé ei 2 de l'autre. 

Au 5"' segment sétigère et aux 9 suivants, près de la base 
du pied, une grosse glande transparente à peu près ronde 
sécrète un écheveau de longs filaments soyeux, flexibles, sor- 
tant du corps en forme de houppes ou de flocons ne ressem- 
blant en rien aux soies capillaires droites et très fines sécré- 
tées par les glandes de la Polydora piailla N. S. (1) ou de la 
Spiophanes cirrata (2). Après ces segments h glandes sérici- 
gènes, c'est-à-dire au 15"" sétigère et aux suivants, les soies 
capillaires Hmbées de la rame ventrale sont remplacées par 
5 à 9 petits crochets bifides encapuchonnés, suivis d'une 
forte soie ventrale inférieure arquée vers le bas et finement 
mouchetée à l'extrémité. M. Mesnil donne des figures exacles 
de cette soie et des crochets {loc. cit., fig. 20 et 21). Je ne 
trouve nulle part de branchies. 

Méditerranée. 



Genre MAOELONA Fr. MûlI. 

Hagelona papilucornis Fr. Hntl. (3). 

Me lutosh. A contributiùn to oar knoicUdge of Annelida : 
on certain j/oung tiagea of Magelona {Quart. Micmtr, 
Journal, Q° Ml, apHl isnt, p. 16, el pi. VIII, lift. M). 

MU« BDCbaDan, On a blood-forming organ m Ihe larta of 
Magftona {Rep. Mttl. Brit. Aisoc. al Ipiicich, ItttSi. 

Beuhaui, The bliiod of Uagelona (Qaarl. Uicrotc. Journal, 
a- I&3. miii I89G). 

MeBDÏI, Éludei de morphologie externe ehet le$ Annil. 
I. Let Spionidieru dei cites de la Hanche iButl te. dt 
la France ri de la Belgique, t. XXIX, 1896. p. ^^T, et 
pi.X[V, Qg. 27-3.1). 



La larve de Magelona papillicomis que je trouve une fois 

(1) .^nné^. polych. des dtes de Dinard, 3-' partie (Ann. dessc. luK., T*si- 
rie, t. XVU, p. 6e. et pi. HI, fig. 74-77}. 

(2) Sara, loc. cit., pi. XVII. tig. 9. 

(3) Voir AnnH. polych. des cilles (if Dinard, 3<" partie (Ann. det se. nat., 
7-" série, t. XVU, p. 83, el pi. IV, lig. lUi), el ajouter a la bibliogra|ihie les 
ouvraf;et ci-dessous. 



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ANNÉLIDES POLTCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 35S 

à la pêche pélagique à Concarneâu ressemble complèteuieot 
à la larve de Prionospio tennis Verr., ta plus jeune figurée par 
Fewkes (/oc. ct7.,pl.l, Hg. 1), et qui n'est autre chose, comme 
l'a établi avec raison M. Giard, qu'une larve de Magelona. 
Mon exemplaire a 0",80 de long sur 0°'°',t2 de large dans 
la partie médiane du corps. La lêle, ronde et grosse, a 
3 yeux dont 2 sur les côtés et 1 au milieu un peu en arrière. 
En regard des yeux est implantée une paire de gros tenta- 
cules longs de 0*"',42, garnis en dessous de nombreuses 
papilles minces ayant C'jOS de long (lig. 166). La tête est 
suivie d'un segment dans l'intérieur duquel est placé un 
pharynx inerme et qui a de chaque côté un faisceau de soies 
capillaires unies extrêmement fines et très longues (0'",46). 
Après un espace nu et non segmenté long de O'^jOâS, qui 
fait suite au 1"' segment, viennent 9 à 10 segments peu dis- 
tincts avec des soies capillaires moins longues que 
celles du 1" segment. Le corps se termine brusque- 
ment par 3 ou 4 petits segments achètes beaucoup plus 
étroits que les précédents. Nulle part il n'y a de crochets 
ni de couronnes de cils vibratiles, et le corps, à peine coloré 
en brun très clair, n'a pas de taches comme celles des larves 
de Claparëde. 

Je trouve dans le sable lin à l'Ile de Tatihou plusieurs 
exemplaires adultes deitf. papttlicomis, dont 2 complets. 

Le corps d'un de ces exemplaires complets, couvert de 
grains de sable fin agglulinés mais ne formant pas tube, a 
7 centimètres de long sur 0°"°,60 de large dans la région 
antérieure et 0",72 dans la 2"° région, sauf aux derniers 
segmenis où il n'a plus que O^'^âS ; il se termine par un 
segment anal achète avec 2 petits appendices aplatis, longs 
de 0°'",21. La tête, longue de 1",20, est suivie du segment 
buccal achète avec 2 tentacules qui ont 9 millimètres de long 
et atteignent le 20"* segment. Les segments sont au nom- 
bre de 129 en tout. La 1" région est plus musculeuse, plus 
aplatie, un peu plus étroite, et avec des segmenis plus hauts que 
le 2"*. Il y a déjà au 8"°* segment, ce que je n'observe pas 



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356 DE MAlIvr-JOSUPIf. 

aux autres exemplaires, quelques-unes des soies parlicuHëres 
au 9"' segnieot où elles sonten nombre trèsconsidérable, plus 
de 100. Ces soies du 8°' segment et quelques-unes des soies 
les plus dorsales du 9°' ont le disque moins rond et la pointe 
qui le surmonte plus longue que les autres. Aux V" seg- 
ments de la 2"' région, il y a 13 crochets au mamelon dorsal 
et 10 au venlral ; le nombre en est moitié moindre aux 2 ma- 
melons dans le dernier tiers du corps. M. Mesnil constate, 
comme je l'ai vérifié, que la dent supérieure des crochets est 
double {toc. cil., fig. 33). L'bypoderme est bourré de glandes 
bacillipares d'un diamètre moyen de 0°"",03 décrites et figu- 
rées par Me Intosh. 

Le second exemplaire complet, plus petit, n'a que 45 Riil- 
limètres de long et 83 segments en tout. 

VAHICiCiB DES ARICIENS Aud. et Edw. (Sars, Mgr. rev.). 

Genre ARICIA Sav. (Aud. et Edw. rev.). 

Aricia HUllbri Rathke (1). 

Fi. Dan. consp., p. 31, Rg. 9, 100. 107. 109. 
dorsib.,p.m,Ûg. 113, in, lis, fiileC.Tubt, 
Demerh. ùber Annel. des Panser tiuatumi {Archiv lûr Sa- 
turg., 1870, p. 317). 
Quatretagcs, H<il. nul. des Annti., t. U, p. Igâ. 
CunniDghatD et Ramage, The Polyeli. sedent. of Ihe Firth of 
Forth {Trant. of the fl. Societu of Edinb-, t. XXXIIJ, i.i-t. 
IS8B, p. 6», et pi. XXXVIIE, fig. 7). 
SaiDl-Joeeph. Les Annét. polych. des cales de Dinard, i" pnrt. 
{Ann. des se. nal., 7'°* série, l. XVII, 1891, p. 91, et pi. V, 
Cg. II9-I10) (!). 
Qtg. Qualreragei, Iliat. nal. des Annét., t. U, p. Mi. 
~- — Grube {loc. cit. taprà, p. 31C<). 

Ahicu arctic* HaDs. Haosen, l'en Norske Nordhavs expédition. Zoologi. Anm- 
Itda. Chrïstiauia, \Wt, in-fol., p. 34, et pi. V, Gg. 30-3C. 

PI. XX, fig. 167. 

Plusieurs exemplaires, trouvés dans le sable à Saint-VaasI , 

(i) fleilr. zwFauna]:ioTUiegms{JiowiActaAca'l.L.C.nat.cur.,\. XX, 1840, 
p. ne, elpl. Vni, fig. n-lS). Bonnes n;;urps. 

(2) Dans la bibliographie que j'y ai donnée, il faut sllribuer au véritable 
Se. armigtr les tnivaun de Mau el de Levinsea et probablement aussi ceun 
de SaTK et de Theel. 



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ANNÉLIDES POLTCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 357 

près du fort de la Hougue et dans l'Ile de Tatihou, et un 
exemplaire du Grand-Trait, au Croisic, me permettent de 
compléter et de modifier sur quelques points, dont un très 
important, la description que j'ai donnée de l'A. Mûtîeri 
sous le nom de Scoloplos armiger, d'après des matériaux 
tout & fait insurHsanIs. 

Dans la région antérieure il y a, dès le \" segment séti- 
gèro, à la rame dorsale, un très petit cirre devant lequel 
s'élèvent des soies annelées, minces, longues, incolores, 
comme celles que j'ai déjà décrites, et à la rame ventrale un 
1res petit cirre ventral devant lequel se déploient plusieurs 
rangées de soies. Les 2 ou 3 rangées supérieures, composées 
de longues soies semblables àcelles de larame dorsale, sont 
suivies de ± rangées de soies courtes aciculaires, puis de 1 
ou t rangées de soies longues. Cachées entre 2 couches 
de soies longues, les soies courtes sont souvent difficiles à 
découvrir. Elles sont courbes et jaunes, avec 12 à 13 rangées 
transversales superposées de très fins denticules au bord 
convexe; un petit bec transparent dépasse un peu l'extré- 
mité de la soie du côté concave (fig. 167). Cette disposition 
existe k lous les segments de la 1" région, et la rame ven- 
trale s'y détache très nettement sur les côtés du corps. 

S. la région postérieure, elle est ramenée plus près du dos 
et alors elle est reliée au ventre par un bourrelet incolore 
en forme de demi-lune. Les soies aciculaires courbes y ont 
disparu, et il ne reste plus aux2 rames que les longues soies 
mÎDces incolores (1). 3 ou 4 acicules minces, subulés, pénè- 
trent dans la base du cirre dorsal. Aux 6 premiers segments 
de la région postérieure, et disparaissant ensuite, il y a au- 
dessous de la rame ventrale à 2 protubérances, et, placé 
tout contre, un très petit mamelon baut de 0'",6, suivi à 
0"',t3 de dislance, du côté ventral, d'une papille conique 
haute de 0'°'°,I2. C'est une région intermédiaire comme j'en 
ai signalé chez d'autres Ariciens. 

(I) Voir une bonne R^niredu milieu de cette région dans Cunningham el 
Kainage (hc. cit., lig. 1 cf. 



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358 DR MAnrr-JosEPB. 

Un riche réseau vasculaire parcourt la base des 2 rames, 
et le sang qui pénètre dans les branchies est 1res rouge. 
Celles-ci commencent au lo"', iG"', 17°" ou 18"' segment. 

La trompe extroversée a 8 ou 1 gros lobules arrondis, ce 
qui doit faire penser, comme l'a du reste indiqué'Sars (I), 
que le genre Anthosloma Schmarda et peut-être le genre 
Tkeodisca Fr. MUlI. doivent être supprimés. Ces lobules 
nombreux delà trompe existent probablement chez tous les 
Anciens, etClaparède les figure chezl'AnWa/bî/if/aCIpd. (2). 

Les soies courtes delarameventraledela partie aniérieure 
du corps m'avaient échappé dans mes 2 exemplaires df 
Dinard,oiijeles ai retrouvées depuis comme à ceux deSainl- 
Vaast et du Crolsic. Il n'est donc plus possible de leur 
donner le nom de Se. nrmiger^ espèce à laquelle on n'attribue 
que des soies longues et minces de même sorte à toutes les 
rames du corps {Man, Levinsen, etc.}, ce qui est bien conforme 
à la diagnose d'fflîrstedpour le genre et pour l'espèce; mais 
Grube {loc. cit.), qui avait entre les mains les exemplaires 
originaux d'OErsted, ydécouvritdes soies courtes mêlées aux 
soies longues de la rame ventrale de la région antérieure. 
Il en résulte que le Se. armiger d'OErsted 1843 est YAriria 
Miilleri décrite par Rathke en 1840. 

L'espèce qui a des soies longues à toutes les rames du corps 
existe cependant, et comme COrsted, qui croyait la connaître, 
lui avait donné le nom de Se. armiger^ on le lui maintînt, l'ob- 
servation de Grube ayant passé inaperçue. En même temps, 
par une vraie contradiction, on l'identifia presque constam- 
ment (Quatrefages, Malmgren, Tauber, Mau, Cziernavski. 
Webster et Benedict, Wiren, Michaelsen), avec l'A. Miitleri 
qui se trouve aussi dans la mer du Nord et l'océan Glacial 
arctique. Il est impossible de savoir combien de fois on aura 
pris des A. MvUeti pour des Se. armiger, comme il m'est 
arrivé à moi-même faute d'avoir su trouver les soies courtes 

(1) Lidrag til Kmdsk. om Christ, fauna [JVyt Hagazin for Sfaturv., t. XIX, 
1873, p. 2H). 

(2) Annél. du golfe de Naplet, pi. XX, liç. 2k. 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 359 

de la ramevenirale delà régionaotérieure, tant les 2 espèces 
se ressemblent, h pari ce caranlère distlnctif. 

Tous les exemplaires de la collection du Muséum indiqués 
comme étant des Se. armiger provenant du Groenland 
(Steenslrup),de NorwègeoudeSainl-Vaast, sont des A. Mùl- 
leri. Seuls, les exemplaires de l'expédilion suédoise de Nor- 
denskiold dans la mer de Kara, en 1876, otTerts au Muséum 
parLoven, sontdevériiablcs 5c.arm^er. Ils ont 1& à 22 milli- 
mètres de loDg sur 1 millimètre à 1 °"°,5 de large et 1 40 seg- 
ments, des soies longues el minces annelées à toutes les rames 
du corps, sans aucune soie courte ; les branchies apparaissent 
au tl"', ta"' ou 16°' segment, et la 2"' région commence en 
général au 16"°. La trompe extroversée a plusieurs lobules 
arrondis. 

Il est donc bien constaté qu'il y a 2 espèces distinctes qui 
ont été confondues la plupart du temps sous te même nom. 
Pour l'une, celui ^''Aricia Mùlleri, exact et bien donné, doit 
Être maintenu. Pour l'autre, qui se trouverait sans nom 
puisque le Se. armiger d'OErsIed est VA. Mùlleri, je propose 
do s'en référer au Lumhricus armiger Ô'O. F. Mtiller, que je 
supposerai ne pas être une A. Mùlleri, quoiqu'on n'en ait pas 
de preuve, et de lui conserver, sans tenir compte d'OKrsted, 
le nom de Se. armiger. Mais il faudrait alors rayer de la dia- 
gnose du genre Sco/o/ï/oj CErst. « setœ omnes subulatœ », 
comme il l'avait presque fait lui-même en indiquant des soies 
courtes aciculaires aux 15 premiers segments chez le Scolo- 
plon qtiadriruspida Fabr. {t}. 

Le Scoloplos elongatus, que j'examine dans la collection 
du Muséum, est une A. Mùlleri. Il en est de même de l'A. 
aretica, du Se. armiger de Cunntngham et Ramage, de celui 
de Saint- Vaast, et probablement aussi de celui de Hosco(T(2), 

(1} Deox Giemplaires de Scolnplos quadricuf^pida de I& collection du Mu~ 
séum venanl du (Groenland ont la télé arrondie, des branchies très petites 
commençant au 5°" segment séligiTR et laissant le dos bien k découvert 
dans )a i " région, des soies courtes, jaunes, aciculaires. mâlOes dans les 1 1 
k i-2 premiers srgments aux soies longues et minces dt- la ranu: ventrale. 

(â) Crube, MiUb. Mer St-Mnlo mil IVifcoff; etc. {Abkan'l. der Schles. Ge- 
r.clls., Itt69-T3, p. 109, HS). 



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360 1 

Grube ayant dû être ioduit en erreur par ses exemplaires 
d'OErsted. Le véritable Se. armiger n'aurait donc pas élé 
signalé jusqu'ici sur les côtes de France. 
Océan Glacial arctique. Mer du Nord. Manche. Atlanlîque. 



Aricia laevigata Gr. (1). 



H. XXI, fig. 168-175. 

Un seul exemplaire trouvé sous des pierres près de ta 
pointe Sainte-Anne, au-dessous d'Abbadia. 

Le corps, à 2 régions, long de 12 centimètres sur 4 milli- 
mètres de large en avani, se rétrécit peu à peu dans le der- 
nier tiers du corps et n'a plus que 2 millimètres de large À 
la fin. D'un blanc jaunâtre, il est légèrement rosé à la partie 
antérieure et se compose de 402 segments très bas. II est 
convexe du côlé ventral ; du côté dorsal, il est aplali dans 
la région antérieure et légèrement convexe dans la région 
postérieure. 

La 1" région comprend la partie antérieure du corps jus- 
qu'au 29"' segment inclusivemenl. Les segments y sont d'un 
tiers plus hauts que ceux de la 2°" région. 

La tête (Hg. 168) en cône très obtus est suivie du sognicnt 
buccal achète, plus large qu'elle, et à la partie antérieure 
duquel s'ouvre du côlé ventral la bouche d'où je ne vois pas 
sortir la trompe. 

Le 1" e( le 2" segments, plus larges que le buccal, ont 
un cirre dorsal haut de O"",*! et un cirre ventral plus de 
moitié plus petit (fig. 169). Au 3°" segment et aux suivants 
de la 1" région, la base du cirre venira! s'élai^it du cùXi- 
ventral, formant une sorte de pinnule à bords lisses devant 
laquelle s'étalent de nombreuses soies presque toutes jaunes 

(1) Grobe, hetchr. neuer oder teenig bekannt. Annel. [Arch. fiir Satur-j., 
1855, p. 412). 



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ANNËLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 361 

doDt Dous parlerons plus loin, ce qui donne une apparence 
parliculière à la 1" région lorsqu'on regarde l'animal de 
côté (fig. 170). Les branchies apparaissent au 6"" segment 
(o'" séligëre) tout près ducirre dorsal, laissant le dos bien à 
découvert. Ce ne sont d'abord que de petites lanières hautes 
deO-'jâl, tandis que lecirre dorsal a O^'iOe. Peu à peu elles 
grandissent (au 13°" segment elles sont légèrement plus 
longues que le cirre dorsal), leur extrémité devient triangu- 
laire et, sauf .'i cette partie, elles sont garnies de longs cils 
vibratiles du côté interne. Elles renferment un vaisseau en 
anse dont les S branches sont reliées par de nombreuses anses 
transversales. Le cirre dorsal contient aussi un vaisseau en 
anse, mais sans anses transversales. Le sang est faiblement' 
coloré en rouge, 

La 2"° région comprend tous les segments à partir du 30"'. 
La rame inférieure est ramenée plus haut sur les côtés du 
corps qui sont entièrement lisses, et elle n'a plus la même 
forme ni la même apparence, les soies jaunes ayant disparu. 
Lecirre v<'ntral,liaul en tout de 0""°, 27, a une base épatée rap- 
pelant la pinnulc, mais se termine en cône pointu. Les bran- 
chies ont alors 1°'°',32 de long et, deux fois ptushautes que le 
cirre dorsal (lig. 171), elles se rejoignent sur le dos, qu'elles 
recouvrent complèlemenl. Diminuant progressivement de 
taille, elles disparaissent aux 8 segments anteanaux où le 
dos reste à découvert comme aux segments antérieurs delà 
1 " région et où les 2 rames devenues très petites sont repous- 
sé<>s sur les côtés du corps. Dans le segment anal aussi haut 
que les 7 anteanaux s'ouvre un anus terminal festonné au 
bord. Les cirres anaux manquent. 

Partout les soies sortant du corps s'élèvent à la rame ven- 
trale devant le cirre ventral et à la rame dorsale devant le 
cirre dorsal. Dans les 2 régions, les soies de la rame supé- 
rieure sont de 2 sortes: 1' les unes, en forme de fourche 
ciliée intérieurement, dont les 2 branches de hauteur inégale 
sont légèrement renflées à leur extrémité (fig. 172). Il y en 
a une au l*** segment sétigère, puis 2 et enfin 3 dans le der- 



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362 me «Anvr-aosEPH. 

nier tiers du corps; 2" les autres, nombreuses dans la 
i" région (30 à 40) et moins dans la 2°", droites, minces, 
incolores, terminées en pointe très fine, anoelées, paraissent 
crénelées au bord, quand on les examine de côté. Elles sont 
accompagnées de 4 à 6 acicules assez fins, subulés, pénéirani 
dans la base du cirre dorsal et qui apparaissent moins nelte- 

■ ment dans la 1" région. 

Les soies de la rame inférieure sont de 3 formes dans la 
1" région dès le 1" segment séligère : i' soies fines, inco- 
lores, crénelées, semblables à celles de la rame supérieure, 
mais un peu courbes ; 2' soies jaunes, fonci'^es, recourbées 
en arrière, moins longues que les précédentes, ayant une 

.large base qui se rétrécit brusquement pour finir par une 
longue pointe de plus en plus étroite. Vues de côté, elles sont 
crénelées au bord (fig. 173). Vues de face, elles sont creu- 
ses en dessous, et cbacun des 2 bords, tant de la partie 
supérieure de la base que de la pointe, sont crénelés 
(fig. 174) ; 3' grosses soies aciculaires jaunes recourbées en 
arrière, ayant avant leur extrémité supérieure 8 à 10 ran- 
gées transversales de fins denlicules à peineindiqués(fig.l75). 
Elles ne dépassent pas le bord de la pinnule, tandis que les 
2 autres formes se prolongent au-dessus. On les voit beau- 
coup plus nettement à partir du 10"' segment. A la 2"' région, 
les soies de la rame inférieure sont beaucoup moins nom- 
breuses, 11 ne reste plus que les longues soies minces inco- 
lores annelées; les deux autres formes ont disparu. 

Outre les soies dont il vient d'être question, il y a à la 
rame inférieure, du côté le plus rapproché du ventre, des 
acicules incolores, unis, à pointe obtuse, très légèrement 
courbes, qui sont un (îers plus minces que les grosses 
soies aciculaires de la T" région et deux fois plus gros que 
les acicules de la rame dorsale. Il y en a 4 dès le 1" ser- 
ment, puis .H, 4, '6 el 4 jusqu'à la fin du corps. Mais, dans 
la 2"' région, au lieu d'être tous groupés du côlé le plus 
rapprocbcdu ventre, comme dans lai", ils sont distribués en 
évenluil dans la base du cirre ventral d'une manière carac- 



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ANNÉLIDES POLYCHfcTES DES COTES DE FRANCE, 363 

léristiqtie, comme le seraient des crocitels de Cirratuliens. 

V A . Isevïgata , avec ses branchies anU^iieures si pelites, 
laissant le dos à découvert, et avec les deux cùlés du corps 
bien lisses, est à rapprocher, sauT sous te rapport de la taille, 
du Scoloplox armiger, du Scoloplos Kerfiuelenx'm Me Int., 
Chall-, du Scoloplox (/itadrirux/iida Fabr., de VAriria Miilleri 
et de VArina Œrxtedii Clpd. 11 y a dans la colleclion du Mu- 
séum un exemplaire complet à'A. Ixmgala, provenant de 
la Méditerranée. Plus petit que le mien, il a 37 millimètres 
de long dans l'alcool sur 3 millimètres Ac large en avant, plus 
de 250 segments, la tète arrondie, une rrgion antérieure de 
21 segments, des branchies très pelites commençant au 
10"' segment et laissant le dos bien à découvert jusqu'au 
18°". Les soies et acicules sont partout semblables i\ ceux 
que j'ai décrits ci-dessus. 

Méditerranée. 



PAMILbR DE» FIj«BGI^I.ICR RIENS (PIIEHlI*iK« Gr., 
CHIjORÉlllRlI<i( Qfg., NIPnONO!«TOII«€E«K Johniit.). 

(ÎENBE FLABELLIGElîA Sars [Siphoxtomum Otlo, Sipho- 
noxtoma Rathke, Chlorœma Duj.). 

Flabelligera Claparedii N. s. 
PL XXI, fig. 176-179. 

Deux exemplaires trouvés dans les rochers de Remardy, 
près do Saint-Jcan-de-Luz. 

Le corps d'un jaune clair, entouré d'une couche épaisse 
de mucus mélangi'C de sable et de vase, à peine aminci 
en arrière, mesure 40 à 60 millimètres de long sur 
9 de large, et comple 3t à 40 segments. De très nombreu- 
ses soies simples cloisonnées forment la cage céphalique 
qui entoure la tète avec ses 2 gros palpes jaunes et ses 



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364 DE SAINT-^OliEPn. 

branchies nombreuses comme celles de la FlabeUigera diplo- 
chaitos Otio (1). 

La rame supérieure a 23-25 soies simples cloisonnées sem- 
blables à celles de la cage céphalique, mais plus minces ; à 
ces soies, les anneaux les plus hauts (0"'°,06) sont à l'exlré- 
mité aniérieure et deviennent de plus en plus bas. A la rame 
intérieure, il y a 1 ou 2 soies composées avec un article 
en forme de crochet 1res recourbé ; la hampe, aprJ's cet 
article, a 77 à 80 anneaux moins serrés que chez la Fl.di- 
plochdito-t ; ici les anneaux les plus bas sont les plus rappro- 
chés de l'extrémité aniérieure de la hampe; peu à peu ils 
deviennent plus hauts (O-^.Ol 68) et sont suivis de 5 anneaux 
beaucoup plus espacés (0°"°,063j après lesquels en viennent 
bO aussi serrés que les 80 1*", mais là ce sont les anneaux 
les plus hauts qui sont les 1"* et les plus bas sont les 
derniers. Celte soie longue de 4""°, 80, soit un quart do 
plus que rlie/. la FI. diplorha'Uos, est entourée à sa ba«e. 
comme chez celle-ci, d'une botte de 6 soies longut^s 
de l'°°',40, dont la pointe niiforme excessivement fine sort 
seule du pied. Les papilles qui accompagnent les soies sont 
lagf^niforines (fig. 176); les aulresont 3 formes dilTérentes : 
1° en massue (fig. 1 77) ; 2° sphérique (lig. 1 78) ; 3° sphérï- 
que surmontée d'une pointe cylindrique (fig. 179). 

Ainsi celle espèce a les soies dorsales beaucoup plus nom- 
breuses que la FI. diplochdilos et avec moins d'anneaux, les 
soies ventrales moins nombreuses, plus longues et avec plus 
d'anneaux, et enfin deux formes de papilles qui n'exi.'ilenl 
pas chez la FI. diptochàitos. 

Claparède dans ses Aimélides de Na/iles (p. 373) signale 
sans la décrire compiclement et sans la dénommer, une 
FlabeUigera voisine de la F. di/doc/idito" de tapies, dont 
la mucosité est souillée de substances étrangères et dont 
les papilles sphériques ont un prolongemenl cylindrique. Il 



(!) Voir Annél. polych. des côtes de DinarU, "J"' parlit- (Afin, des Se. Sal., 
7~' série, t. XVII, 18'Ji, p. ICU;. 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE KKANCE. 365 

est possible qu'il s'agisse là de noire espèce de Saint-Jean- 
de-Luz. 

Méditerranée? 

Genre STYLARIOIDES D. Ch. {Pherusa Okeo, Blv., 
Tropkonia Aud. et Edw., Lophiocephala Costa). 

Je comprends provisoirement dans le genre St^larioides, 
comme l'a fail Von Marenzeller{l). les espèces appartenant à 
ce genre et au genre Trophonia, mais ce dernier, créé pos- 
térieurement à l'autre, par Audouîn et Milne Edwards pour 
la Tropkonia barbata, qui est le Stylarioides momUfe- 
nis D. Ch., doit disparaître. C'est à tort que Malmgren, 
Ctaparède et Grube l'ont fait revivre pour des espèces qui 
ne rentrent pas exactement dans le genre Stylarioides, et 
pour lesquelles il sera nécessaire d'établir un genre avec 
un nom nouveau, en y ajoutant peut-être d'autres genres 
ou sous-genres. 

Le genre Stylarioides comprend les espèces à corps en 
général long, beaucoup moins large à la partie postérieure 
qu'à la partie antérieure, avec soies des \'" segments très 
longues, droites, fortes, peu nombreuses, irisées, dirigées 
en avant et formant cage céphalique, soies dorsales des 
segments suivants très fines et en petit nombre, soies ven- 
trales en crochet recourbé, partie antérieure du corps 
formant siphon exsertile et rétractile d'où sort et dans 
lequel rentre une bouche, en général trilobée, derrière 
laquelle s'élèvent 2 très gros tentacules placés à la base 
d'un pédoncule membraneux, épais, demi-circulaire, servant 
de support à de nombreuses branchies disposées comme 
chez les Serpuliens, mais sur plusieurs rangées parallèles, 
papilles le plus souvent rares et petites ; St. moniliferus D. Ch., 
St. kirsutifs Lo Bianco, Lophiocephalus grandit Ofg-, Styla- 
rioides parmalus Gr. Semper, 

(I) Beitrâge zur fauna Spitiber^Gns. Etesultate einer im Jahre 1886 
unternommenem Heiee vonD'Willy Kiikenlhal. Spitzbergische Anneliden 
von D' Von Marenseller (ArtMu. fiir naturg., 188», p. 131). 



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366 DE SAIXT-JOSEPH. 

Les espèces voisines du genre Stylarioides, mais qui n'y 
rentrent pas exactement, ont pour caraclères communs : 
un corps plus court et relativement moins aminci à l'extré- 
mité postérieure que chez les Slylarioides, les soies de la 
cage céphalique moins fortes, plus nombreuses et en géné- 
ral moins brillantes, des soies, dorsales plus fortes et plus 
nombreuses, des soies ventrales n'étant pas toujours en 
forme de crochet recourbé, la portion antérieure du corps ne 
formant pas siphon (1), mais invaginant ou dévaginant une 
bouche derrière laquelle s'élèvent 2 tentacules plus gros que 
les branchies placées en arrière d'eux, moins nombreuses 
que chez les Stylar'ioides, bien séparées les unes des autres, 
rarement plantées dans une plaque membraneuse verti- 
cale, des papilles en général plus nombreuses et plus dé- 
veloppées. 

Ces espèces formeraient un genre où il faudrait distin- 
guer, comme le pense Von Marenzeller, plusieurs groupes 
d'après la forme des soies des segments qui suivent ceux 
portant les soies céphaliques et d'après les branchies. Mats 
si les soies sont assez bien connues, il n'en est pas de même 
des branchies qui, la plupart du temps, sont incomplète- 
ment décrites ou même passées sous silence. On comprend 
donc que lesgroupements suivants ne soient qu'une ébauche : 

1" groupe. — Soies dorsales et ventrales effilées : 

a. 8 branchies, dont 4 plus grosses et 4 plus minces 
s'élcvant en arrière de la bouche derrière les tentacules. 
Trophonia glauca Mgr. — Trofthonia kirsuta llans., chez la- 
quelle les séparations des anneaux des soies sont saillantes. 
— Slylarioides lonyisetosus Von Marenz. 

b. Branchies? Trophonia Kerguelarum Gr. Gazelle, chez 
laquelle, d'après Me Intosb Chall., les séparations des an- 
neaux sont saillantes aux soies dorsales seulement. — Tro- 
phonia Wyvillei Me Inl. Chall. 

{1) llhez la Trophonia pnbetlala Aars, la partie anlérl<;ure du coi^ est plus 
saillante en avant <|ue clitz d'autres espèces, mai» je ne cruis pas qu'il 
^'agisse d'un véritable sipliOD. 



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ANNÉLIDES POLYCHËTES DES COTES DE PBA.NCE. 367 

2"' groupe. — Soies dorsales effilées et soies ventrales 
recourbées en forme de crochet : 

a. 8 ou 10 branchies de grosseur égale disposées comme 
dans la division a du groupe précédent : Slylarioides plumosa 
0. F. Miill. {Trophonia arctica Hans. ?, borealh Hans. ?, 
rugosa Hans.?, d'après Levinsen). — Trophonia a f finis 
Verr. — Stytarioides lenera, Gr. ?. — Trophonia ftabellaia 
Sars. — Sfylarioides cinclm Hasw.? 

b. Branchies nombreuses, de grosseur égale, supportées 
par une plaque membraneuse dressée verticalement der- 
rière les tentacules et la bouche : Siphonostomttm cari- 
boum Gr. OErst. (1). — Siphonoxlomum cingulatum Gr. 
Kr.?{2). — Stglarioidex rudh, Gr. Fr. Mull.?— Trophonia 
capensis Me Inl. Chall. 

c. Branchies? Slylarioides scutiger Ehl. Flor. ? — Styla- 
rtoides Horstii, Hasw.? 

3"° groupe. — Soies dorsales effilées et soies ventrales 
recourbées avec une fine épine sous-rostrale : 

a. Branchies disposées en fer à cheval : Trophonia eruca 
Qpd. 

b. Branchies nombreuses : Trophonia arenosa Webst. 

■i"' groupe. — Soies dorsales effilées. Soies ventrales arti- 
culées à quelques segments. Branchies? Stylariotdes collari- 
/cr Ehl. Flor. 

5°" groupe. — Soies dorsales effilées; soies ventrales, les 
unes effilées plus ou moins épaisses, les autres recourbées 
en crochet plus ou moins épaisses. Branchies? Trophonia 
xanthotricha Schmarda. 

Stvurioides plumosa 0. F. Haller (3). 
PI. XXI, Rg. 180. 

(1) Voir Ehlers, Viorida Anneliden (Mem. of the Muséum of compar. zool. at 
Harvard coUegê, t. XV, 1887, io-i, pi. XLll, fig. 7). 

{£] Je place ici le S. cini/tilalum, Grube, dans sa description Incomplète 
{ innul. (Ers/. Vidensk. Meddelu, 18.^8) semblant assimiler le système bran- 
chial de celte espèce à celui du S. cariboum élucidé depuis par Elilers. 

(3) Voir Annéi. polgch. des côtes de Dinard, 3*°* partie {Ann. des se. nat.. 



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368 DE SAINT-JOSliPII. 

Trois exemplaires adultes recueillis dans un dragage au 
Nord de Saint-Vaast par 30 mètres de fond environ, me 
permettent d'ajouler quelques délaîls & la description que 
j'ai déjà donnée d'un individu jeune. 

Ces exemplaires ont de 55 à 60 millimètres de long sur 
4 à 5 millimëfres de large en avant et 2 à 3 millimètres en 
arrière, et 60 à 66 segments en tout. Le corps est d'un 
gris sale avec des particules de vase et des grains de sable 
agglutinés aux papilles surtout du côté dorsal, où elles sont 
beaucoup plus nombreuses et plus fortes (©""je de haut 
sur 0'°'°,04 de large) (iig. 1 80) que du côté ventral. 

La partie <inléricure du corps, qui est rélraclile jusque 
dans le 4"° segment séligère et qui n'a pas de siphon exser- 
tile, a derrière la bouche ventrale 2 gros palpes d'un rose 
orangé parcourus en dessous par un sillon cilié, longs 
de 2""°,25 sur 0°"",5 de large, et en arrière des tenlacules 
8 branchies vertes ciliées de grosseur égale, moitié moins 
larges que les tentacules, longues de 4°"", 75, et placées sur 
2 rangées parallèles de 4 chacune l'une derrière l'autre. 

Les 3 i'" segments séligères ont aux 2 rames des soies 
simples, droites, non brillantes, plus fortes que celles des 
segments suivants et formant cage cépbalique pour protéger 
les tentacules et les branchies qui sont très caduques, lors- 
qu'elles sont sorties de l'intérieur du corps. Ces soies ont 
O^^jOeS de large dans la parlie la plus large et leurs an- 
neaux d'égale hauteur 0"',029 de haut. Celles du i" seg- 
ment, longues de I centimètre sont au nombre de 16 envi- 
ron à la rame dorsale et 8 à la rame ventrale de chaque 
côté. Celles du 2°' segment sont moitié moins longues et 
moins nombreuses, et il est de même des soies du S"' seg- 
ment par rapport à celles du 2'°. Aux segments suivants, 
il y a à la rame dorsale des soies simples au nombre 
de 10 à 7, ayant l'°'°,5 de long sur 0"",033 de large dans la 
parlie la phis large, et des anneaux égaux de 0",025 de 

7"« série, I. XVII. p. 101 el pi. V, flg. (23). — Un a vu plus haut que ce 
n'est pa» un véritable aiytanoides. 



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ANNÉLIDBS POLYCHÈTES DBS COTES DE PBANCE. 369 

haut. A la rame ventrale, les soies, jaunes et Diassives, au 
Qombre de 4 ou 3, sont en forme de crochet recourbé (1), 
larges de O°"°,084 dans ta partie la plus large, avec des 
anneaux hauts de O'^iO^I près de la base et de O^jOlO à 
la partie antérieure avant la courbure du crochet. Les 
soies effilées qui accompagnent chacune des soies ven- 
trales ne sont pas annelées et ne font pas saillie hors du 
corps. Elles ont une base assez large {O'"',0ii), et Ctapa- 
rède, chez la Trophonia eruca Clpd., les regarde comme des 
acicules. 

L'anus terminal s'ouvre dans un très petit segment anal 
achète. 

FAIIILI.B DBS OPHAlIEIVS Gr. 
{incl. POIiVOPBTHALMlBN» Qrg.). 

GENRE OPHËLIA Sav., (Drst. rev. {Ammotrypam 
Rathke p. p.). 

Ofheua neglecta Aimé Schaeider (2). 
PI. XXi, Qg. 18t-l»5,etpl. XXII, fig. 19S-199. 

Au banc des Chiens près le Pouliguen. 

.\nimal à mouvements lents vivant dans le sable. 

Le corps composé de 33 segments dont 32 sétigères, cou- 
leur de chair avec reflets nacrés irisés, long de 52 à 60 mil- 
limètres pour les grands exemplaires et large de 4 à 5 mil- 
limètres dans la partie antérieure, comprend deux régions 
bien distinctes de longueur inégale : la première cylindrique 
et renflée finissant en avant en cône pointu, de 9 segments 
sétigères; la deuxième plus étroite, plus longue des deux 
tiers que la précédente, de 24 segments (y compris l'anal) 
dont les 18 1'" branchifères, encore convexe du côté 
dorsal, comme tal" région, mais aplatie du côté ventral et 

(I) Loc. cit. .{A. V, lig. 12fi. 

{%) Aimé Sclitieider, SurrOphilie du Pouliguen [Tablettes xoologiq»tes,l.li, 
ISill.p. 1-9, et pi. XIV). 

AHN. se. NAT. ZOOL. V, 24 



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370 I 

divisée en deux par un profond sillon longitudinal de chaque 
côlé duquel règne un gros repli creux el Iransparenl oii l'on 
voit circuler le liquide cavitaire. 

Sur le dos, les segments sont partout très indislincls el 
chacun d'eux, sauf le 1", est divisé en 5 petits anneaux sans 
compter celui sur lequel sont placées les soies. Ces anneaux 
sont formés chacun par un repli circulaire de la cuticule 
dentelé à un de ses bords dans l'intérieur du corps (fig. 181). 
Sous le venireles segments, qui à la I" région élaientaussi 
peu marqués que du côté dorsal, deviennent plus distincts 
dans la 2'°* région, surtout à l'extrémité du corps, mais les 
petits anneaux sont moins nets. 

La cuticule, épaisse de 0°"',022, se dissout dans la po- 
tasse et n'est donc pas chitineuse. Couverte de stries 
très Unes longitudinales et transversales se coupant à angle 
droit et produisant l'irisation, elle est percée de pores de 
©"".OOi de diamètre irrégulièrement répartis sur tout le 
corps. A chacuu des segments branchifères, il y a environ 
25 rangées transversales régulières, plus ou moins droites ou 
obliques, deSO à 100 pores d'un diamètrede0'°",006 àO"",010 
(fig. 182 et 183). Ce sont les orifices de petits entonnoirs 
renfermant une substance granuleuse (peut-être des organes 
du tact, d'après Von Marenzeller) {l).Ces rangées s'étendent 
depuis le niveau des branchies, sur une longueur de 1 milli- 
mèlre, uniquement du côté du dos dont le reste est occupé 
par des pores ordinaires plus petits distribués çà et là. 

La tête, très petite, longue de 0°'",90, est en forme de 
cône pointu riche en tissu musculaire (fig. 184). Elle est 
creuse el le liquide cavitaire qui y pénètre, y apportant quel- 
quefois des œufs, peut la rendre très rigide, ce qui est utile à 
l'animal pour fouir le sable. A la base du cône, le cerveau 
hilubc porte à sa surface 4 yeux disposés en carré. Les 
2 yeux antérieurs et l'œil postérieurde gaucho, d'un diamètre 
de O'^.OÎ, ont un cristallin enchâssé dans une masse pigmen- 

(1) Die Polychxtcn der Bremer Expédition naeh Ost^îtiàtergen {Zoot, Jahrb., 
t. VI, l8M,p. t2o). 



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ANNÉI.IDES POLYCHËTES DES COTES DE FRANCE. 371 

laire noire; quant à l'œi! poslérieur de droite, il est pure- 
ment rudimenlaire consiataot en quelques granules pigmen- 
taires. De chaque côté du cerveau, la cuticule est percée 
d'une fenle de 0'",3 de diamètre d'oii sort un organe rétrac- 
lile vibratile, arrondi (Bg 185 et 186) (organe de la nuque], 
qui est un organe des sens el qu'on a signalé souvent chez 
d'autres Annélides polychètes sans qu'on soit d'accord sur 
ses Fonctions. M. Racovilza l'a étudié spécialement dans 
plusieurs familles (t). 

Le 1" segment, qui fait suite à la tète, va en s'élargissant 
peu & peu jusqu'à la bouche placée à sa limite inférieure 
i^t se compose de 20 à ^t petits anneaux sur le 15"° et le 
16'°* desquels, en comptant à partir de la tête, on observe 
de chaque côté du dos une fossette produite, comme le dit 
Claparède, pour VOphelia radiala D. Cb., par la traction 
des muscles labiaux. Exactement sur la même ligne que 
la'fente buccale, il y a de chaque côté t faisceaux de soies, 
l'un plus rapproché du dos, l'autre plus rapproché du ventre, 
sortant entre 2 lèvres béantes arrondies, et séparés l'un de 
l'autre par un pore ovale de 0'',060sur ©""".OiS qui traverse 
la cuticule sous la forme d'un gobelet vide au fond duquel 
se dressent de petites fibrilles droites (fig. 187, e). Ce pore 
existe à tous les segments sauf l'anteanal. Quant aux soies, 
elles sont partout d'une seule sorte, tiucs et capillaires, les 
dorsales plus longues que les ventrales ; à chaque faisceau 
il y en a quelques-unes plus courtes que les autres. Comme, 
chez les Ophélies, les soies sont placées à la limite inférieure 
des segments, te segment buccal est donc séligère. Il est suivi 
de 8 autres beaucoup moins hauts et divisés, comme nous 
l'avons dit, en 5 petits anneaux. Le 9"* segment, qui est le 
dernier do la 1 " région, est terminé du côté du dos par 2 ma- 
melons arrondis qui dominent les 2 faisceaux de soies places 
au-dessous d'eux. 

Au lO"' segment sétigère commence la 2°" région et appa- 

(1) Le lobe cijihali<jue et VencêpkaU des Annélide» polychèta {Arch, deiQoi, 
expérim.,i»' série, t. IV, I89fi). 



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372 

ratt juste en arrière du faisceau de soies supérieur, qui en 
recouvre la base, une branciiie ligulée, rouge, à cils vibra- 
liles courts et lins, parcourue dans toute sa longueur par 
une anse vasculaire dont les deux branches sont reliées par 
un grand nombre de petites anses transversales (lîg. IB7, b). 

Au 12"° segment, un gros pore de 0"",i de diamètre c]ul 
sert de débouché à uu organe segmentaire s'ouvre en avant 
du faisceau sétigère ventral vers le milieu du segment et on 
le retrouve aux 5 segments suivants (fig. 188, d). Les pre- 
mières et les dernières branchies sont moins longues que 
celles du milieu qui alleignent jusqu'à 7 millimètres de long. 
II y a constamment âi tous les exemplaires 18 segmenis 
branchil'ères qui sont suivis de 5 segments abranclies bien 
marqués; les faisceaux de soies y sont semblables à ceux de 
la \" région, mais au dernier des 5, il n'y a pas de pore 
entre les 2 faisceaux. Le sillon ventral, qui s'était élargi aux 
3 1'" de ces 5 segments, se rétrécit brusquement aux 
2 derniers, qui sont plus étroits et où les soies plus longues 
que celles des autres segmenis, dépassent le segment anal et 
lui font une sorte de cage. 

Le segment anal consiste en une membrane d'un gris sale 
qui paraît être un segment dégénéré à 7 ou 8 anneaux. 
Celte membrane semi-circulaire flotte autour de l'anus ter- 
minal et l'entoure, sauf du cdié ventral où elle est beauté; 
elle est frangée au bord de 18 papilles digitiformes ayant 
0'°°',66 de long sur 0'"'°,36 de large à la base. Ces 1 8 papilles 
s'étalent entre 2 prolongements papilliformes, deux fois 
plus longs et plus larges qu'elles, qui terminent les 2 replis 
ventraux delà 2°" région et où circule le liquide cavitatre; 
ce ne sont pas à proprement parler des papilles, quoi- 
que les auteurs les aient fait entrer en ligne de compte 
comme papilles. 

La bouche, qui s'ouvre sous le ventre loin en arrière de la 
tète, consiste en une fente transversale large de 1"°',20 pré- 
cédée d'une lèvre supérieure saillante, non fendue sur les 
côtés, se prolongeant en un long cône presque jusqu'à la 



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AN^ÉLIDES POLYCRËTES DES COTBS DE PRANCE. 373 

têtp (fig. 189, z:);!» lèvre inférieure, beaucoup plus courte et 
arrondie en arrière, est sillonnée de plis longitudinaux 
{lig. 189, d). La bouche est suivie d'une trompe exsertile, 
rouge et mulMlobée, puis d'un œsophage courl, tapissé de 
nombreux replis, où pénëlre le sang contenu dans le sinus 
périnpsophagien. L'œsopiiage passe au-dessous de l'organe 
problématique particulier aux Ophélies, pris par Délie 
Chiaje (1) pour une double vésicule respiraloire, par (»- 
sied (2) pour une glande sallvaire, par G. Costa (3) pour un 
cœur charnu, parN. Wagner (4) pour uncapuchon destiné h 
recouvrir la partie antérieure du canal digestif et à fouir le 
sable, par Qualrefages (5) pour un large entonnoir plissé 
exsertile, enlin parClaparède (6) et par Pruvot (7) pour un 
organe injecteur. C'est un sac conique très musculeux, bien 
indépendant du canal digestif, placé au-dessus de l'œso^ 
phage au milieu du dos et qui n'est que la dépression d'une 
membrane musculaire fixée aux parois du corps comme un 
diaphragme en regard du 3"' faisceau sétigère et se laissant 
traverser néanmoins par l'œsophage et le liquide cavitajre 
(fig. 190). Un second sac plus petit, disposé de même, placé 
au-dessus, vient s'emboîter dans le l" sans le remplir. Ces 
deux sacs sont creux et contiennent du liquide cavitaire. Il 
me parait probable, comme à Claparède qui en indique le 
foncUonoemcnl, que cet organe, occupant les 4°" et 5"' seg- 
ments, sert à injecter le liquide cavitaire dans le petit lobe 
céphalique. C'est la trompe qui est évaginée et non pas lui. 
Il esta rapprocher, comme je t'ai déjà fait (S), du diaphragme 
œsophagien des Térébelliens, 

( I ) Batrizione t ffofomt'a, t. Ul, p. 89. 

(3) GronUinds Ann. dorsih., p. ÎDi, et pi. VIll, fig. lOS. 

(3) Annali di Acead. d. aspir. nalur.. Il, p. 83, fide l'Apd. 

( l) Wagner, f>ie Wirbellosen des Weissen Heeres. in-tol., 1883, p. 5!i. 

(;i) Sur i/uelques invertébrés marins d'Arcachon {Assoc. ffranç. potir l'avance- 
ment des teienees, 1. I, 1873, session de Bordeaui, p. ti33). 

(Il) Annil. du golfe de tapies, p. 291 , el pi. XXVI, fi({- ' B 6, 6', c, c'. 

(") Pnivot, Syslime nerveux des Annél. polych. (Arch. de wot. expérim., 
2»« série, l. III, iSm, p. 309, et pi. XV. fig. 1). 

[H) L«s Annil. polyeh. des cotes de Uinard, 3"' partie (.4Rn. des se. nat., 
T" série, t. XVII, 189*. p. 192, et pi. VUI, fifi. SIS). 



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374 DB SARVT-aOSBPH. 

A peu près au milieu du 6"° segment, l'estomac succède 
i\ l'œsophage. D'un diamètre beaucoup plus grand, il est 
entouré d'un sinus qui apporte le sang dans des replis sinueux 
et dendritiques les plus développés que je connaisse pour le 
canal digestif d'un Annélide polychètc. Ils forment 3 grou- 
pes : % latéraux assez bas et 1 ventral beaucoup plus impor- 
tant, piriforme, s'élevant presque jusqu'à la paroi dorsale de 
l'estomac, qu'il remplit en grande partie, el communiquant 
par un pédoncule avec le sinus périslomacal. Il est possible, 
comme le pense Schaeppi, que ces replis si importants où cir- 
cule le sang servent à une respiration intestinale dans une 
région où manquent les branchies. 

Au commencement de la région abdominale, après le dis- 
sépiment entre le 9"° el le lO"' segment, l'intcslin fait suite 
à l'estomac. II est de même diamètre, mais les replis moins 
importants, sont seulement sinueux el non dendrilicpies. Il v 
a aussi un repli ventral, moins volumineux que celui de l'es- 
tomac et où pénètre le sang du sinus péri-inleslimd. A cha- 
que segment, l'inteslin est étranglé par les dissé|)iments, qui 
sont beaucoup plus marqués que dans la région thorarîquc. 

Tout le canal digestif est rectiligiie et ne décrit pas de 
sinuosités. Au 3°" avant-dernier segment, le repli ventral de 
l'intestin est suivi de 2 valvules superposées, la supérieuri> 
avec 9 papilles digitiformes et l'inférieure avec 6 (fig. 10] ). 
Tout cet appareil, en général rétracté dans l'intérieur du 
corps, pend quelquefois hors de l'aniis. 

Ladescriplionde la circulation du sang donnée par Clupa- 
rède est inexacte sur bien des points. Wiren (t ] avait décou- 
vert une circulation lacunaire autour du canal digestif 
depuis l'anus jusqu'à la base do la trompe chez i'Op/telitia 
acuminata <Mrsi. {Ammolry/iaiieau/ogaslerHnl\i\ie).yencon- 
slate une semblable chez ÏO. neglecta comme Scliaeppi (2) 

(1) Beifr. lur Annt. wn-i Histxl. der Umv-oren Annel. (K. Smutn yetensk. 
Ahad. Handtiuyar, l. XXI[, ISk:. p. 4->). 

(2) Dos thlorai)'<gen von OpMia radiiita iJenaische Znls. fiîT Mtdiein uml 
yatuTV:, t. XXVdl, 1893, |.. m, à 213, el |>l. .\iX). 



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ANNÉLIDES POLYCBËTES DES COTES DE FRANCE. 375 

chez VOpheUa radiata. Tous les détails qu'il donne sur la 
circulalion du sang et sur le corps cardiaque dans son inté- 
ret-sant Mémoii-e sur ciHIe esjifece sont applicables à XO. ne- 
glecta et je ne puis qu'y renvoyer. Le sang contient de nom- 
breux globules sanguins. 

Le cerveau dont il a été question plus haut est relié \ la 
chaîne nerveuse ventrale par 2 longs conneclifs œsophagiens 
qui se réunissent en arrière de la bouche après avoir suivi 
dans leur trajet les deux côtés du long triangle formé par la 
lèvre supérieure {fig. 189, c). Le cordon nerveux ventral 
décrit exactement par Claparède (1), plat et large de 0°"',36, 
se dessine comme une bandelette blanche placée au-dessus 
des muscles obliques sur la ligne médiane ventrale et qu'on 
enlève facilement (2). Je n'y vois pas de fibre tubulaire 
colossale. 

L'O. neglecta n'a pas de couche de muscles circulaires. 
De nombreux faisceaux de muscles longitudinaux dorsaux 
parallèles et juxtaposés occupent tout le dos jusqu'au point 
d'inserlion des muscles obliques qui se détachent de chaque 
côté de la ligne médiane ventrale et au-dessous desquels sont 
placés de chaque côté du corps les faisceaux musculaires 
longitudinaux ventraux, beaucoup moins nombreux que les 
dorsaux. Les muscles obliques sont plus importants dans la 
région abdominale et c'est dans la chambre qui les sépare 
des muscles longitudinaux veniraux que sont logés la base 
des faisceaux de soies avec leurs muscles rélracteurs, el les 
organes segmentaires dans les segmenis où ils existent. 

Il y a 6 paires d'organes segmentaires colorés en brun 
aux segments 12-17. Ciiacun d'eux renferme un canal peu 
sinueux, non recourbé, débouchant à l'extérieur par le gros 
pore dont il a été queslion plus haut et à l'intérieur par un 
pavillon vibralile dentelé au bord et dominé par 2 languettes 

{{)Ue: n(..pl.XXVI,(i){. I e. 

(i) Voir, sur !« système nt-iveux des Ophélies, Kiikenlhal. Veber das Xerven- 
ïj/siem der Opheliareen{Jciuii!'i:hc '/.cils, fiir Mti/ict" iind Saturai. , l. XX, IRS7, 
p. Sll-580. et pi. XXXII-XXXIV], 



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376 DK SAIMT-^OSEPa. 

ciliées (fig. 192). Le pavillon de l'organe qui aboutit au gros 
pore dul2"' segmentselrouvedaosle H°", et ainsi de suite. 

Les femelles et les mâles sont mûrs au mois d'avril. Les 
femelles ont des ovaires avec des œufs à lous les états de 
développement comme le figure Claparède pour VOivenia 
fmiformis D. Cb. (]); lorsqu'ils sont entièrement formés, 
lesœufs, légèrement bruns, ellipsoïdaux, mesurant 0""°, 20 
dansle sens de la longueur (fig. 193), tombent dans la cavité 
du corps. Les mâles, que leur couleur blanchâtre distingue 
des femelles, sont remplis d'un nombre énorme de sperma- 
tozoïdes très petits, soit isolés (fig. 194), soit en régimes 
(fig. 195). 

Dans le liquide cavitaire, j'observe des corpuscules lym- 
phatiques incolores à prolongements pseudopodiques figurés 
et décrits par Claparède pour VO. radiala (2); mais j'y 
trouve surtout en grande quantité les corps bizarres vus 
pour la première fois par G. Costa chez la JSeomeris uro- 
pky ila Costa, {O.radiata) (3) puis par KowaIewsky(4) chez une 
Ophélie qu'il ne nomme pas, par Claparède (5) chez VO. ra^ 
diala, par N. Wagner (6) chez VO. aulogaster {0. Hmacinaf), 
par Kiinslier{7) chez VO. bicornis Sav. et enfin par Schaeppi (8) 
chez VO. radiata. Pour Costa ce sont des caillots sanguins, 
pour Kowalewsky des amas de corpuscules lymphatiques, 
pour Claparède peut-être des substances excrétionnelles, ce 
qu'admet aussi Eisig (9), pour Schaeppi des cellules lym- 

(1 ) Amél. du golfe de JfapUt, pi. XWl, Rg. 5 d. 

(2) Annél. du golfe de HapleSy p. 287, et pi. XXIX, fig. 1. 

(3) Arm. d. Accad. d. aspir. Natur., II, p. 84, fide Clpd. 

(4) Entwickelungsgeschichte der Rippenquallert [Mim. de rAcad. dts tir. de 
St-Pétersbrmrg, 7°" série, t. X, 1886, p. 404. Introituction, p, vi), 

{S) Annél. du golfe de Naples, p. 288, et pi. XXIX, fig. (a, I b, le. 
16) Die Wirbelhien des Weissen Meeres, in-fol., 1685, p. .H5. 

(7) Kùnstler, Sur un llhhopode {Comptes rendus du 18 aoilt 1884). — Du- 
montia Opheliarum {Bull, de la Soc. de tool , t. X, 1885, p, 309-330, et pi, IV, 
fig. 1-41). — Sur la Uruclure réticulée des Proloioaires {Comptes rendus du 
4 avril 4887). 

(8) Bas ChUiragogen von Ophelia radiata {Jenaiseke Zeib. fiir Mediein und 
Ifatvrw., t. XXVIII. 1893, p. 247 à 296, el pi. XVI-XVlll). 

(9) Monographie der Capileltidm des Golfes von neapel, In-fol., 1887, p. 689. 



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ANNËLIDBS POLTCHÈTBS DBS COTES DE FRANCE. 377 

phatiques renfermant des amas de coqiuscules de chlora- 
gogène en forme de bàlonnel, opinion à laquelle je me range. 
Quand à M. Ktinstler, il pense que ce sont des protozoaires 
de la classe des Sarcodines, intermédiaires entre les Rhizo- 
podes et les Itadiolaires ; tl leur donne le nom de Dumontia 
Opkelioi'um. 

Les concrétions bruoes, produits excrétionnels qu'on 
observe chez VO. neglecta, comme chez tant d'autres Anné- 
lides polychètes, sont surtout abondantes dans le tissu pérï- 
lonéal externe et dans le tissu épittiélial interne du canal 
digestif et des organes segmentaires de l'animal. Tombant 
dans le liquide cavitaire, ils y sont englobés par les cellules 
lymphatiques dont nous avons parlé plus haut; Schaeppi 
décrit en détail la manière dont, entourés chacun 
d'une vacuole, ils se juxtaposent dans la cellule lympha- 
tique en prenant la forme d'un bâtonnet brun plus ou 
moins coudé dans sa région médiane, la cellule augmen- 
tant peu à peu de volume en même temps que le bâ- 
tonnet. 

On les retrouve partout où pénètre le liquide cavitaire : 
dans les 2 prolongements des sillons ventraux qui font partie 
du segment anal, autour du canal digestif, dans l'organe 
injecteur el jusqu'autour du cerveau. 

Dans sa forme la plus simple (lig. 196), la cellule à 
bâionnet a un bAlonnet axial presque central long de 0'°°',03 
ft 0°"°,0o, d'un brun clair avec un noyau placé en regard de 
la concavité de la partie courbe (ce qu'on observe à tous les 
états de développement) dans le protoplasma granuleux qui 
a de chaque côté et perpendiculairement à l'axe 3 pseudo- 
podes très nets Uns et pointus. 

Dans la forme la plus avancée de la cellule (Hg. 197) qui 
se développe surtout en largeur, le bâtonnet atteignant 
0"",32 de long, devenu plus foncé, renflé à ses deux extrémi- 
tés en massue ou le plus souvent en palette, s'est accru en Ion- 
gueuret eulargeuraumoyen de couches successives indiquées 
par deslignes de croissance très fines qu'on peut suivre jusque 



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378 DE HtllIT-JOMePII. 

dans les paletles (1). Le profoplasma qui entoure immédia- 
temeat le bitloniiel el ses exlrémités est tlnemonl granuleux 
comme dans la forme moins avancée, m:tis le resle se 
modlRe. De chaque côlé du bâtonnet, et deux fois plus large 
du côté concave de la courbure, il s'esl formé une couche 
relativement épaisse de vacuoles, ayant l'aspect d'un lissu 
aréolaire, à laquelle succède une couche de protoplasmn 
étalée comme une membrane très mince, presque diaphane, 
finement pointillée, se plissant facileraciil. Celte couche se 
découpe en nombreux pseudopodes plais, légèrement renflés 
à leur extrémité, remplis de proloplasma granuleux entre- 
mêlé de quelques vacuoles, dans lequel on ne peul aperce- 
voir le moindre courant. Lorsqu'il se trouve des vacuoles à 
leur extrémité, ils semblent avoir des suQoirs. Je ue leur 
vois jamais exécuter aucun mouvement et c'est inutilement 
que j'essaie de leur faire saisir de petites Paramécies que je 
dirigea leur portée. C'est donc en apparence seulement 
qu'il y a quelque ressemblance avec un Rhizopode. Lors- 
que ces cellules à bâtonnet sont roulées dans le liquide ca- 
vitairepar les contractions du corps de l'Ophélie el qu'elles 
se présentent non pas de face mais du côté de la tranche, 
on constate que la partie vacuolaire du protoplasma forme 
un disque aplati autour du bâtonnet et que les pseudopodes 
et la couche protoplasmique très mince dont ils dépendent 
s'emmêlent les uns dans les autres tout en flottant. 

Ces cellules singulières sont les seules de cette forme 
qu'on ail observées jusqu'à présent el on comprend qu'on 
ail pu au premier aspect les prendre pour des protozoaires, 
comme il est arrivé pour les urnes du Si/itinailus nudm. 

Outre les cellules lymphatiques avec ou sans bAlonnel, je 
rencontre dans le liquide cavilaire des corps incolores, non 
chitineux, d'une forme particulière dont j'ignore la nulure 
et la fonction (fig. 198el 199). Je n'y retrouve pas le lÂtho- 



(1) Dan!' ma figure, il y a trois amas roads de concrétions brunes en 
debor» du blilonnvl el le plus ^ros masque le nuyau. 



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ANNÉLIDES POLTCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 379 

rystis OpheVix Giard(l) signalé par M.Oiard dans une Ophf^lie 
du Pouliyuen qni est probablement \'0. nrglerta. 

VO.iiet/ler/a a. donc 9 segments anlérioiirs, 18 segments 
brnneliifères, 5 postérieurs, 20 papilles anales y compris les 
2 prolongemenls papilliformes de laparlîcveniraledu corps, 
un pore entre les faisceaux de soies aux 2 nagions, des lignes 
transversales ri''gnltôres de pores aux segments branchifères, 
i valvuli-s anales superposées avec des papilles en nombre 
plus élevé que cbez VO. radiata el \'0. hknrnis. 

VO. radiala, comme j'ai pu m'en assurer par des exem- 
plaires de Naples et de Marseille, ces derniers dus à l'obli- 
geance de M. Mesnil, a 10 segments antérieurs, 14 branchi- 
fères el 7 postérieurs, 10 pupilles anales y compris les 
i prolongements papilliformes, pas de pores entre !es fais- 
ceaux de soies, pas de lignes de pores aux segments bran- 
chifères, une valvule anale supérieure avec 2 papilles el une 
inférieure avec i, figurées par Dclle Chiaje(2). VO. Umarina 
[Amitwlrypaue Imaciiia) Ualhke a d'après Hatbke et Grube 
10 segments anlérJeurs, 23 branchifères, i postérieurs, 
12 papilles anales y compris les 2 prolongements papilli- 
t'ormes, un pore entre les faisceaux de soies el des lignes de 
pores aux segments branchifères. 

L'O. himmis'! <ft'.v9\.. (0. horealix Qfg.) a, d'après OKrsted, 
H segments antérieurs, 21 branchifères, 4 postérieurs et 
14 papilles à l'anus y compris les prolongements papilli- 
formes. 

L'O. Aifom/'îSav., décrite ci-après, diffère aussi, comme 

on le verra, del'O. npylecta bien distincte des autres espèces. 

M. Fanvel m'a donné une Ophélie de l'embouchure de la 

rivière de Lannion (l'Yaudetj qui est exactement la même 

que \'0. netjhcta du Pouligueii. 

Manche. Atlantique. 

(I) Giard, Les habitants if une plagf sahlonneitse {Rull. sdent. du départ, du 
Sord, 2" série, 9"" année, 1886, p. IWi., 
(â) Daeriz. e nolomia, eU., iSH, l. VII. pi. C. flg. i>. 



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Opdelia BtcoRNis Sav. (1) nec D. Ch., nec OErsL, nec Cosmov. 

Opheua «rcoiiiiis Audouin el Miloe Eilwards, Hechtrehti pour *ervir à rhitl. nal. 

du littoral de la Francr. t. », p. 207. el pi. V B, Dg. 7-n. 
~ — QuilrEfagei, Hiat. nat. de» Anne/., t. Il, p. Î13. — Sur qutlfvrâ 

inverlibrti marins d'Aicachon {Atioc. franc, pour l'aoojuem. 

(f«i jC, t. I, lH7;t. Seesion de Bordesui, p. 633). 
î — — Pruvot, Système nerveux des Annél. polych. {Archicei de taol. 

expér., î"» série, t. 111, 1887, p. 308. et pi, XV. Bg. I-!). 

Trouvée au Banc du Port Ciguet au Croisic, par M. le 
Professeur Henneguy qui a bien voulu m'enremetlre 3 exem- 
plaires conservés dans l'alcool. 

L'O. bkornis est de même taille que l'O. negtecla, mais de 
couleur plus rosée. Le corps de forme semblable a 31 seg- 
ments en tout dont 9 sétigères pour ta 1" région, 21 séti- 
gères et l'anal achète pour la 2°". Les i'ô V" segments de la 
2"° région sont branchifères, avec des branchies plus courtes 
que chez l'O. mglecla, les médianes qui sont les plus lou> 
gués n'atteignant que 5 millimètres au lieu de 7. Les 6 seg- 
ments suivante sont semblables à ceux de la \'° région et le 
segment nnal achète entoure l'anus terminal de 15 papilles 
y compris les t prolongements de la partie ventrale du 
corps. 

C'est seulement aux segments branchifères qu'il y a un 
pore entre les faisceaux de soies. Les rangées transversales 
de pores, qui existent à ces si>gmenls clioz l'O. neylecta, 
manquent ici. Les faisceaux desoiesdu ("segment (segment 
buccal), sont placés en arrière de la bouche. La valvule 
anale, qui me semble unique, a 6 papilles. Cet appareil val- 
vulaire, qui existe probablement chez toutes les Ophéliet;, 
a été décrit par Savigny el ligure par Audouin et Milne 
Edwards, chez l'O. birornis, mais ces auteurs ayant pria la 
queue pour la lèle en faisaient la crête membraneuse den- 
telée de la trompe. 

Sur tous les autres points, les délails que j'ai donnés 

(<) Savigny, Système des AnnéUdes, p. 3S. 



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ANNÉLIDES POLYCBËTBS DES COTES DE FRANCE. 381 

sur VO. neglecta sont applicables à VO. b'tcomis chez la- 
quelle on retrouve aussi dans le liquide cavitaire les cellules 
lymphatiques à Mtonnet. 

L'exemplaire type de Savigny, recueilli par d'Orbigny à 
La Itochelle et Taisant partie de lu coUeclion du Muséum, 
est maintenant en Irop mauvais état pour êlre consulté uti- 
lement. Je m'en suis donc référé à la description qui en a 
été donnée par Quairefages à une époque où il était encore 
possible de l'examiner. Elle me permet d'établir que l'espèce 
du Croisic est bien celle de Savigny. Quairefages a trouvé 
plus tard à Arcachon une 0. àicornis qui dilîère sur quel- 
ques points de VO. àicornis de Savigny telle qu'il l'avait dé- 
crite. Est-ce la même espèce? 

Atlantique. 

Genre TRAVISIA Johnsl. (Ammotrtpanb Rathke p. p.). 

Tbavisia FoRBESti Johnst. (1). 

î Ajéhothi PANis aniRolDB!! Ralh. Ratbke, Beîlr. lur Fauna Nonotgeiu {Nova aela 

nat. cur. etc., I8t0, p. m et 195, et pi. X, fig. »-l8). 

— — Pruvol, Recherches sur le syilime nerveux des Annél. 

(Archives de zool. expérim., 1B8S, 1>°* sérÎE, t. Ul, 

p. 303; i>l. Xl,fig. S, et pi. XV, fig. 3-11). 

?Ophblu HAaiLLATA <X.T»l. (Ersted, GrBnI. Ànaul. dorsib., 1843, p. &3, 

et pi. Vl[l. Gr. 103, 113, tu. 119, liO. — Zur Clauif. 
der Annul. (Archiv fur Katurg., Iglt, l. 1", p. 110, 
et pi. ni, fig. ïl-23) 

Thavibii Fohbmu LeTJDsen. Overs. over de Nord. Annul. {Videtisk. 

Ueddelser, ISHt. in-8, p. 1 19]. 
— — KOkenthal, i'eber dos Nei-venayslem der Opheliaceen 

[Jenaiscke Zeilt. far MediHn und Nalwa., t. XX, 
I88J, p. 5ie-&!7, et pi. XXXU, fig. 1-U). 

PI. XXH, Ûg. 200. 

Au banc des Chiens, près le Pouliguen, dans le sable 
(in, avec les Opkelia neglecta; animal à mouvements lents, 
ayant une odeur forte et désagréable rappelant celle de 
certains Anciens. 

(I) Ann. ofnal. hisl., t. IV, 1840, p. 373, et pi. XI, fig. 11-48. — Cat. of 
Brit. non parasit. Worms, p. 220, et pl,X]X, lig. 11-18, où Johnston donne 
une bonne ligure de l'&niiotU entier. 



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382 I 

Le corps, d'une jolie couleur rouge tendre comme celle des 
Ariciens, a 28 segments el mesure au plus 25 millimëlrea de 
long sur 5 millimètres de large dans la parlie médiane. Il 
se divise en deux régions : la 1" plus large, cylindrique, en 
forme de fuseau, comprenant les deux f" tiers; la 2"', beau- 
coup plus étroite, formant comme une queue rectangulaire 
et garnie de chaque côté de grosses papilles dont il sera 
question plus loin. 

Les segments, assez indistincts dans la 1" région, sont 
plus distincts que chez VOphelianeglecta dans la partie pos- 
lérieure où ils sont comme imbriqués, ainsi que l'indique 
Johnston [loc. cit., pi. XIX, fig. 12). 

Le 1" segment n'a pas d'anneau; le 2"' en a un seule- 
mont du cAlé dorsal ; le 3"' et les suivants en ont cha- 
cun 3 qui font le tour du corps el du dernier desquels 
sortent les soies. A la 2"' région du corps ces anneaux ne 
sont pas circulaires ; ils ne sont marqués que sur le dos et 
sous le ventre el non sur les côtés. Aux 5 derniers segments, 
il ne semble plus y en avoir que 2. 

La surface du corps qui agglutine le sable est couverte 
de grosses cellules polyédriques (fig. 200} saillantes, remplies 
de granulations incolores, séparées les unes des autres par 
un petit sillon où, d'après M. Pruvol, apparaît la cuticule qui 
partout ailleurs est cachée par les cellules. Cette cuticule 
est couverte, comme chez rO.ne^/fffCa, de stries se coupant 
à angle droit; elle est irisée et parsemée de pores très Hns. 

En bas de la tête en pointe mousse, dont le cerveau man- 
que d'yeux, il y a de chaque côté à la limite antérieure du 
1" segment, qui est achète, un organe vibratile exsertile 
de même forme que celui de VO. neglecta [voir PI. XXI, 
fig. 186) et d'un diamètre de 0", 16. 

La bouche s'ouvre sur la limite du i"' et du 3" seg- 
ment, entre 2 lèvres dont la supérieure avec 3 plis lon- 
gitudinaux s'élendaut sous tout le 2"* segment et Tin- 
férleure avec 3 plis semblables s'c'Iendant sur une parlie 
du 3". Au 2"' segment, comme aux suivants, il y a de 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 383 

chaque cdlé du corps un faisceau de soies dorsales capil- 
laires non limbées, plus longues, et un faisceau de soies 
ventrales semblables mais plus courtes, séparés l'un de 
l'autre par un pore que M. Pruvot croit être un organe des 
sens. Au 2"' segment apparaît une petite branchie longue 
de 0'°°',6 au-dessous du faisceau dorsal. Les branchies, 
creuses comme celles des Glycériens et tapissées intérieu- 
rement de cils vibraliles, se plissent souvent dans le sens 
transversal; elles communiquent avec le corps par uo large 
orifice qui permet au liquide cavUaire d'y venir respirer. 
Les plus longues atteignent l'"°,80. Au 4"' segment, un gros 
pore qui sert d'ouverture externe à un organe segmentaire 
vient se placer sous le ventre, un peu en arrière du faisceau 
des soies ventrales sur l'anneau qui précède celui d'où elles 
sortent (I). Ce pore se retrouve aux 11 segments suivants, 
toujours accompagné d'un organe segmentaire très légère- 
ment coloré en brun, s'ouvranl dans le corps par un large 
pavillon vibratile et se terminant, comme le figure Rathke, 
par un petit canal recourbé qui débouche a» dehors par 
le pore. C'est ensuite que commence la 2°" région. Elle se 
compose des 12 derniers segments qui précèdent le segment 
anal. De chaque côté du corps il y a alors ft chaque seg- 
ment, deux grosses papilles charnues qui rendent les seg- 
ments 1res distincts et sous lesquelles sont placés les fais- 
ceaux desoieset lesbranchicsdorsales, qui persistent pendant 
7 segments de cette région et disparaissent ensuite. Le seg- 
ment anteanal n'a plus qu'une ou deux soies k chaque 
faisceau el le pore intermédiaire n'existe plus. 

Le segment anal achète, beaucoup plus étroit que les pré- 
cédents et qui entoure l'anus terminal, est bordé h sa partie 
Inférieur*; de 8 à 10 festons placés chacun entre 2 raies lon- 
gitudinales superficielles qui remontent jusqu'en haut du 

(I I M. Pmvot donne une figure exacle d'un des segments branchifères de 
la première rù^inn avec ce porc, el d'un des segments branrhjrèi-ea de la 
dcnxièmc région sans ce porc {tw. cit., pi. XV, fig. 4 et 5). Ces 2 ligures 
donnée» pour VAmmotTyputic œslroidis sont applicables à la T. Forbesii, en 
su|>|K):iaut que ces 2 espèces ne doivent pas ne confondre. 



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384 WB SAINT' JOSE 1»II. 

segment. II n'y a donc pas là de véritables papilles déta- 
chées les unes des autres comme chez les Ophélies. 

Ainsi, en résumé, il y a en tout 28 segments dont les 
21'" sans branchies, 20 avec branchies, 5 de nouveau sans 
branchies, et le segment anal. Il existe partout un pore 
entre Ies2 faisceaux desoies, sauTau 27"' segment, etil ya 
de plus un pore segmenlaire aux ^''-i^"' segments. 

Il sort de la bouche quelquefois une trompe courte et 
rouge, multilobée, semblable à celle del'O. neglecta. L'in- 
testin, contenant du sable, est en spirale et plus long que le 
corps; il est entouré d'un sinus sanguin. Les globules du 
sang sont très rouges. 

Chez les femelles, qui sont mûres au moisd'avril, les œufs 
gris et ronds, d'un diamètre de 0"",24, se voient par trans- 
parence et le corps parait piqueté de blanc. 

Il existe au banc des Chiens une autre variété de Travisia 
Forbesii de couleur blanche. La peau, qui est constituée de 
même, agglutine davantage le sable ; mais pour tout le reste 
je ne constate aucune différence avec la variété rouge dé- 
crite ci-dessus. 

M. Fauvela bien voulu m' offrir une Travisia Forbesii pro- 
venant de l'Ile Talihou et qui est entièrement semblable à 
l'espèce du Pouliguen. 

L'Ophelia mamillata est-elle la même que la T. Forbesii ? 
OErsted n'en donne qu'une description incomplète. Il en 
trouve des exemplaires de 25 à 28 segments, ayant des bran- 
chies, soit à tous les segments (Oresund), soil aux segments 
médians seulement (Groenland); quelques segments posté- 
rieurs dont il ne donne pas le nombre ont des mamelons 
lalt^raux. Une 0. mamillata du Kaltcgat, donnée par Stecus- 
trup à la collection du Muséum, a 25 segments en tout 
dont les 2 1'" sans branchies, les 17 suivants avec bran- 
chies, 5 de nouveau sans branchies et I segment anal. 
La 2"' région n'a que 9 segments avec mamelons laté- 
raux dont 4 branchifèrcs faisant suite aux 13 branchifères 
de la 1" région. Les pores des organes segmentaires n'exis- 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 385 

lent qu'aux segments 8 à 15 inclusivement, le dernier se 
se trouvant comme chez le T. Forhesii au dernier segment 
de la 1" région. 

Cette description s'applique beaucoup mieux à l'Ammo- 
Ir^pane œxtro'ides Kathke, qui a aussi 25 segments et 
17 paires de branchies, et il me paraît douteux que YO.ma- 
millata et l'A. œslroïdes doivent être assimilées à la Travisia 
Forbexii. 

Mers du Nord, Mauche, Atlantique. 

Genre POLYOPHTHALM US Qfg. 

POLVOPHTHALmiS RICTUS Duj. (1), 

PoLYOPHTiiALavs piCTUfi Quatreragci, Mimoire fur la fami/ledes Potyophthalmietu 
(Ann. de» te. nat., S»' série, t. XIll, IIUO, p. II). — llitl. 
nat. des Annel., 1. M, p. iOi. 

— — Grube, Ein Aui/Iug naeh Triett und dem Quarnero, In-S. 

Berlin. 1801, p. 49. -~ Annulala Semptriana (Mim. de 
fArad. Jm j.-. H'-Sainl-P^ersbouyg.t. XXV, IBJH.p. 191). 

— — Claparède, Glanuret zootomiqutt parmi Ut Annélides de 

Port- Vendra (Mitn. de In Soc. de Phyt. et d'HUl. nat. de 
Oettère, t. XVII, 1864. Ilrage à part, p. &-31, et pi. I, 
Bg. I et 1). 

— — Lao^tcrhaus. Die Wurmf^auna von Madeira, IW' Beilrag 

(Zcid. far Wiii. Zool., t. XXXIV, I8«0, p. 1001. 

— — Meyer, Zur Anat. und Hiaiol. von Polyopltlhalmut pittut 

{Archio far Mikrot. Anat., t. XXI. 1881, p. 7G9-333, et 
pi. .XXXil el XXXIII). 

— - Lc8*oii«, Soif amt. <Ui Polioftalmi (Mem. delr Aeead. di 

ïoiia-, î"" sf rie. t. XXXV, I88(, \nA. p. :(09-3î&, cl 1 pi.). 

— — Ktikeothal, (Jeter das Neruentytlem der Opheliareen {Je- 

nauche ZeiU. fur lledicin und Nalurw., L XX, 1887. 
p. &4;-ââ8, et pi. XXXIV, fig. ÏO-tî). 

— — Cuènot, Elude» lur le tang et let glandes lymphatique» 

daiu la série animale : lurerlibréi' (Arenives de tool. expé- 
rim., î°" iitif:. l. IX. lalll, p. t«. et pi. XVn, %. S). 

— — Lo Biaituo, lUi Annel. tubîi: trovali nel goifo di Sapoli 

{Atli delta A. Accad. délie icienie di Napoti, l" térie, 
t. V, IB93. p. 8). 

— — Moaticelli, Oiservazioni aui Polyophthalmu» [Boll. Soc. 

Satur.di Napoli, t. X, 1896, p. 3S-J0, el pi. I). 

Trois exemplaires trouvés par .M. Adrien Dollfusà Gué- 
thary et conservés dans le formol. 

(I ) Jfaïjt pictit. Dujarrlîii. OÈ.ic ici (ions sw i/uel-fue» A nnélides miirines {Ann. 
de) .K. mu., 2"" sÎTie, t. XI, 1839, p. 293, et pi. Vil, Hg. 912). 

ABU. se. NAT. ZOOL. V, 33 



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386 DE «AIIW-40SEPU. 

Ils ont 17 millimètres de longsur l'^^^O de large dans la 
partie la plus large, 28 segments sétigères et t segment 
anal achète. Le corps, atténué h ses deux extrémités, arrondi 
du cài^ dorsal, est aplati du côté ventral qui est divisé en 
deux par un sillon longitudinal. H y a sur le dos une large 
raie transversale brune h chaque segment : il n'y en a pas 
sur les côtés. Chaque segment se compose de plusieurs 
anneaux, mais dans l'étal de conservation où sont les animaux 
je ne puis les discerner assez nettement pour en fixer exacte- 
ment le nombre. 

En bas de la tête qui est arrondie en avant et sur la 
limite antérieure du segment buccal, s'ouvrent 2 larges fos- 
settes d'oïl sortent 2 gros organes vibraliles. Le cerveau 
placé en avant des fossettes renferme 3 yeux dont 1 anté- 
rieur el 2 postérieurs. La bouche triangulaire qui livre pas- 
sage à une trompe globuleuse, s'ouvre sous le ventre en 
arrière des 2 organes vibratiles et un peu en avant des 2 pre- 
miers faisceaux de soies. Comme les soies sont placées h la 
limite inférieure de chaque segment, le segment buccal est 
donc sétigère. 

Les segments sont indiqués seulement par 2 faisceaux 
de soies capillaires très fines ci peu nombreuses sor- 
tant de chaque côté du corps, celles du faisceau supé- 
rieur plus longues que celles du faisceau inférieur ; elles 
sont séparées par un petit mamelon que Meyer re- 
garde comme un organe latéral, el elles ne sont pas plus 
longues aux derniers segments qu'aux autres. Du 7°" seg- 
ment inclusivement au I7°" inclusivement apparaît de 
chaque côté du corps, en avant des faisceaux de soies el 
sur la même hgne qu'eux, une tache rouge en forme de 
demi-lune de 0"",10 de large sur 0"",05 de haut. Ce 
sont les yeux latéraux où je ne puis découvrir de cristallin. 
Benham (1) est disposé à y voir des organes phologènps. 
Le segment anal est une membrane pluriannclée, asst-/ 

[i] The Cambridge nalural hhtory, U II, 1896. Loiidon, Macmillati : Poly 
citxtous Wormn by Benhajn, p. 20C. 



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ANNÉLIDES POLVCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 387 

mince, feodue du côté dorsal et bordée de 12 papilles lan- 
céolées de grandeur inégale. 

Il est probable, comme l'a encore indiqué dernièrement 
Monticelli, que le P.pictus, le P. Ehrenbergi Qfg., le P. 
dubius Qfg. et le P. pallidus Clpd. ne sont qu'une seule 
et même espèce. 

Méditerranée, Atlantique. 



FAHIK.LE BEI* CAPITELblENIi Gr. (HAIiELHlNTHEA 

V. Carus). 

Genre DASYBRANCHUS Gr. (DASYîHALLUS Gr.). 
Dasybrancsus caducus Gr. (1). 

DABiBiiAiiCHDa UDUCDS Quatrefagcs. Hùl. nal. det AimH., t. \\, p. 1S8. 

— — Eisigi Monographie der CapiUlUden dit Gatft* von 

Neaptt, BerUn. iD-rol., 1887, p. ISS 4 303, 8!1 à 828. 
et pi. XVI à XXUI. 
-~ — Anilrews, Report upon Ihe Annel, polych. of Beaafort, 

Norlh Caivlina {Proceed. U. S. National Muséum, 
t. XIV, 1891, p. W3). 

— — CutDOt, Èludet sur ie sang de* Invertébré! {Archives 

de lool. «jpA-., 2°» série, t. IX, I8t»i, p. ilS et «&, 
et p!. XVI, fig. la-H). 

— — Lo Biujco, GU Anntlidi tubicoli trovali nel golfo di 

NapoU {Alli deW Accad. délie svienze di Sapoli, 
ï— férié, t. V, in-4, 1893, p. 15). 
NoTAMASTUS HOSEUS Lsngerhans, Die Wurmfauna non Madeira, Ul'"' Beitrag 

{Zeili. fur Wiss. Zool., l. XXXIV. 1880, p. 99, et 
pi. IV, fig. M). 
tDAStBHAiiCBus ciHRATDs Gr. Grube, Heise der ŒsUrr. Fregatle Novara, etc., 
Zool. T/ieil., t. Il, I[l>° Abtb,, AnneliJen. Wien, 1807, 
iD-1, p. 38, et pi. Ul, Dg, 4. 
Gr. Grube, Annul. Semperiana {Mém. Acad. de Saint- 
Fitwibourg. t. XXV, 1878, p. 189). 
s Gr. Grube, Ibid., p. 190, et pi. X, fig. 4. 



Trouvé en assez grande quantité près de 5aint-Jean-de-Luz 
à Itemardy et près d'Hendaye à la pointe de Sainte-Anne, 
dans les fentes de rocliers brisés à coups de piocbe. 

Eisig a donné tant de détails sur cette espèce dans sa belle 

(I) Dasymallus cadacus. Grabe, Beschr. neuer oder wtnig behannt. Annel. 
{Areh. fur Naturg., 1840, 1. 1, p. 166, cl pi. V, Kg. 3 et 4). 



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d88 DU SAIMI^OSEPD. 

mo0Ographie des Capitellides qu'il ne m'en reste que peu de 
choses à dire. 

Les exemplaires de Saint-Jean-de-Luz ont presque tous 27 
à 30 centimètres de long sur 10 à 12 millimètres de large (1) 
et 275 segments environ. Mais quelques-uns ont jusqu'à 
50 centimètres de long sur 13 à 14 millimètres de large et 
380 segments au moins. La tête en forme de cône oblus est 
rétractile dans le segment buccal. Le corps d'un brun gris 
sale devenant plus clair dans les derniers segments seule- 
ment, a une forme subrectangulaire, et comme les 2 régions 
sont très peu tranchées, il a une apparence lombricienne (i). 
Il sécrète une quantité considérable de mucus Comme la 
Maclovia gigantea par exemple. Tous les segments sont bian- 
nelés, ceux du thorax ayant 2 millimètres de haut et ceux 
de l'abdomen moitié moins. Le thorax se compose de 14 seg- 
ments dont le 1" (buccal) achèle aussi haut que les sui- 
vants, et les 13 autres ayant de chaque côté un faisceau 
dorsal et un ventral de soies simples limbées réfractiles, 
comme celles du Notomastus latericeus Sars, mais deux fois 
plus grandes et au nombre de plus de 100. La peau du 
thorax qui est quadrillée et parsemée de petites verrues 
creusées au centre d'où sortent des poils tactiles {becherfor- 
mige Organe d'Eisig), l'est beaucoup moins aux 3 ou 4 der- 
niers segments, ce qui rend plus insensible la transition du 
thorax à l'abdomen où la peau est unie. L'abdomen comprend 
tous les autres segments du corps, où les soies limbées dis- 
paraissent et qui ont 2 tores dorsaux largement séparés 
l'un de l'autre du côté dorsal et 2 tores ventraux plus longs 
et assez rapprochés l'un de l'aulre sous le ventre. Tous sont 
peu saillants. A mesure qu'on se rapproche de l'extrémité 
inférieure du corps, les tores, diminuant de longueur, sont 
de plus en plus séparés du côté dorsal et du côté ventral. 

- {I) Eisigel Lo Itianro rocucillenl à Naplcs (tes<^\emplair<'S])ynnl jilus de 
4 lïiùlre sur (S niillinx-ti-rs de larf,'c. 

[•1) Ëixig trouve à Naples des individus de celte forme el d'autres dont les 
deux régions sont beaucoup plus distinctes. 



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ANNËLIDES POLYCHËTES DES COTES DE FRANCE. 389 

Au il"' segmeol abdominal, chaque tore dorsal a 112 cro- 
chets et chaque tore ventral 210. Ces crochets encapuchon- 
nés, deux fois plus considérables que ceux ^u Nolomastus la- 
terkeus, ont 3 petites dents en arrière de la dent principale, 
un rehnemenl dans la partie de la tige qui suit les dents, et 
un autre renllement peu marqué à une partie de ta tige 
l)lus éloignée. Les 3 petites dénis du veriex vues de face 
sn montrent chacune composées d'une rangée transversale 
de dcnticules (Eisig, loc. cit., pi. XXXII, fig. 3-4). A l'extré- 
mité du tore ventral du côté le plus rapproché du dos, la 
rangée de crochets décrit une spire où les 10 à 12 derniers 
crochets en voie de formation n'ont encore que leur partie 
antérieure {Ibid., pi. XXII, fig. 7). L'anus terminal est ré- 
Iracttle dans le segment anteanal. 

Il sort de la bouche au-dessous du segment buccal une 
trompe globuleuse courte et inerme couverte de petites pa- 
pilles, dont chacune se termine par une verrue à poils tac- 
tiles. L'intestin accessoire [Nebendarm) droit et un peu ovale 
accolé du côté ventral à l'intestin principal, a en général 
une largeur de 0",36 sur une hauteur de 0'°",24; son canal 
intérieur est bordé de plusieurs replis comme celui de l'in- 
testin et contient par places une sorte de bouillie blanche. 
L'intestin principal, énorme en comparaison de l'autre, et 
moniliforme, est remph de vase, de sable, de débris de 
Bryozoaires et de petits Zoanthaires. 

La peau et les couches musculaires sont tellement épaisses 
qu'on ne voit pas rougir la partie antérieure comme chez 
d'autres Capitelliens par suite de l'afflux du sang dont les 
globules d'un diamètre de 0"°',021 à 0'°",024, remplis de con- 
crétions rouges, circulent librement dans la cavité du corps 
anangien. Aux 20-24 1'" segments abdominaux en général, 
le sang vient respirer à l'extrémité des tores ventraux du côté 
dorsal, mais il n'y a pas de languette respiratoire accusée 
comme chez le N. lalericeus. A partir du 20-24"°* segment 
en général, à l'extrémité dorsale de chaque tore ventral, y 
compris ceux du segment anteanal, il s'ouvre une bouton- 



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390 DE «AmT-«*NBi>n. 

nière d'où sort une branchie exserlile que l'animal fait sortir 
ou rentrer constammenl comme les Glycériens à branchies 
rélractiles. Ces branchies non ciliées, plus élégantes que celles 
des Glycériens, véritables sacs creux dont le tissu très mince 
est la continuation de la peau, bien figurées par Eisig [lor. 
cil., pi. XVII, fig. 6), ont plusieurs branches, le plus souvent 
bifurquées, qui, moins nombreuses aux 1 '" segments branchi- 
fères, atteignent plus loin le nombre de 12 h 16. Ou elles 
sont rentrées et alors la boutonnière est à peine visible, ou 
la boutonnière est enlr'ouverte et ne laisse sortir que l'extré- 
mité des branches presque incolore, ou tout d'un coup elles 
sont toutes projetées brusquement, et le sang y afflue. A l.i 
moindre alerte elles disparaissent dans l'intérieur du corps 
où elles sont ramenées par un muscle rétracteur qu'on voit 
très nettement en ouvrant l'animal. M. Perrier {i) leur 
donne avec raison le nom de branchies cœliaqucs. 

La fibre nerveuse colossale de la chaîne ventrale a un 
diamètre de 0-°,048. 

Les sacs génitaux n'existent qu'aux segments antérieurs 
de l'abdomen ; ils s'ouvrent à l'extérieur sur la ligne latérale 
par un pore génital en haut du segment. Au-dessous de ce 
pore et sur la même ligne vient le pore beaucoup plus petit 
qui sert de débouché à l'organe segmenlaire. Ces organes 
existent à tous les segments abdominaux seulement (Eisig. 
loc. cit., pi. XVI, fig. 10 Nm, et pi. XXXIV, fig. 18), colo- 
rés en brun foncé par les concrétions qu'ils renferment. Ils 
ne sont pas fixés aux parois du corps, sauf par leur canal 
de sortie presque transparent où je vois des œufs engagés. 
Au-dessous du pore segmentaire où ils débouchent, et tou- 
jours sur la même ligne, s'élève entre le tore dorsal et le 
tore ventral, un petit mamelon qui est l'organe latéral. Cet 
organe existe à tous les segments du corps, mais aux seg- 
ments tboraciques, il est rétractile. Tous ces porcs et ma- 
melons sont beaucoup moins nets que chez le N. latericewt. 

(I) TraiM de ioologie, 18%, p. IS54. 



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ANNÉLIDES POLTCRËTBS DES COTES DE FRANCE. 391 

Le» exemplaires qun j'examine à la Bn de mars sont à 
lï-lat do maturité. Ia>s œufs d'un gris jaune ont un diamèlre 
de 0°-,16. 

Je trouve aussi h Concarneau h la pointe de la Jument 
plusieurs exemplaires de I)- f^dums àonl un de 22U milli- 
mètres de long a Ifis branchies couvertes de Rhabdostyla 
Arenkolie Pabre Homcrgue. 

Près d'Ilondayc h la pointe do Sainte-Anne, je recueille 
aussi, en brisant les grosses pierres, des exemplaires plus 
longs, plus minces (4 à 6""°), plus fragiles, et de coulenr 
beaucoup plus claire que les exemplaires décrits ci-dessus. 
Je ne puis en obtenir que des parties postérieures incom- 
plètes dont la plus longue a 80 centimètres et 592 segments. 
Est-ce une variété? 

Le D. caducus décrit par Claparède dans ses Annélidex 
dp Porl-Vendrex paraît être le Dasyhranchus Gajolse Kisig. 

Méditerranée, Atlantique (Heaufort, Madère, Sainl-Jean- 
de-Luz, Concarneau, Kérity), Océan Indien? Mer de Chine? 

FAlili.i<E DES abéiiicoi.ib:vs Aud. et Edw. 

(TÉLÉTHKJSlEXfl Sav.). 

Genre AREMCOLA Lmck. 

Aremcola branchiaus Aod. et Edw. (1). 

AHENrciiLA HRjiNcniAi.is Von MarpDzcller, Polgeh. der Angrn Pequtna Biicht (looL 
Jakrb., t. III, ISItS. Abih. fur syHem., etc.. p. 1.11. 

— Rdtcxii Rnthke. Ralhke. Beilr. zur Pauna Sorweijmi {Noua ada,elr., 

t. XX, IBIO, p. ISl, et pi. VUI, Bg. I9-2Î}. 

— eciiDAT* Johnsl. JohoeloD, Lnndon') Mag. ofNiil. Au/., 1. VIU, 18S5, 

p. âliG, el Gg, àt. — Catalogue ofBril. non paras. Worm», 
I8GÔ, p. 332. et Dg. XLII. 

— — .MalmgreD, /Inn. pof^cA.. p. 189. 

— — (juntrc rages. Hîit. nat. rf« Anntt.. t. Il, p. îflS. 

— — LevingfD. Ovrrsigt ovrr df Nord. Annut. { Virieiuk. Meddela. 

for IHN:I. Copeiihafiiie. IHHt, p. I.lt). 

— — jp. Gr. Gnibe. Zur Anat. und l'hys. dtr Kiementcarmer. 

KJ>Dig«bi.'rg, iD-4. 1838, p. 3. 

(l) licchurr/ies pour sen-fr ri rkistoire naturetU des côtes de la France, t. Il, 
1834. p. 287, cl pi. VIII. lig. 13. 



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LuHBHicuB «KiiruB iNOTHKK gpecîei DaJy. Dalyell, Powert of tht Creator, elc., t. II, 
1853, iu-4, p. 137, et pi. XIX, Bg. i-T. 

Anrnicola GnuBii Clpd. CUpurode, Ânnéi. chétup. du galfe de ya/iUit, p. ï96, 
et pi. XIX. fig. a. 

— — Horat, Oit Arenicola sptcimen$ from thv guif o( Xaplfi 

{Notes from Ike htyden lltutum, t. XI, I8K9, p. t-1, el 

pi. m. ùg. 12-ià). 

— — JourdftD, Epithfimm sentilif det Veri annelet iAnn. d-i » 

nal., 7-° iérïe, t. XIII. IR91, p. 2tS, et pi. VI, lig. lO-l? 

— — Ehlers, Die GekBrorgant der Arenicola (Zeitt. fOr WU 

Zool-.U Lin. SuppUment, isn, p. n»; pi. XIII. eg.33-s: 
el pi. XIV, fig. 3X-M). 

— — Lo Biaocfl, Gli Annetidï tabicoii trovati net golfti di Xapoli 

{Atti delf Accad. délie tcitnze di Napoli,i«'' (érie, t. V 
IS»;l, iu-4, p. 10, el pl. Il, fig. !). 

— ctANB* Cxier. Ciiernavalti, Malerialiaad :,oo3raphinmFonticam eom- 

paratam. Kawicule 111. Verme) (BuUetin de la Soc. iln 
mtur. dt Moscou. 1881 , n* 1, p. Zbi). 

— nioBCURicA CxierD., liid., p. 3&5. 

— BoBHBTHn Cdern., Ibid., p. 3Si. 

Pl. XXII, fig. 201-202. 

Trouvée dans la baie de Saint-Jean-de-Luz près de Sainte- 
Barbe, se creusant une galerie en U dans le sable comme 
VArenicûla marina. 

Le corps rond, vert très foncé, presque noir, à peine 
renllé en avant, se compose de t régions: l'une de 12 ou 
13 segments, dont le buccal achète et 11 ou 12 sétigères, 
l'autre séligère el branchifère formée d'un nombre variable 
de segments. Ainsi sur 5 exemplaires, l'un de 140 millimè- 
tres de long sur 7 millimètres de large dans la partie la plus 
large et 3 millimètres k la tin du corps, a 26 segments bran- 
chifères; l'autre de 70 millimètres sur S"', 5 de large, dans ta 
partie la plus large, en a 1 8 ; le 3°" de 60 millimèlres en a 24 ; 
le 4°" et le 5"" de 45 millimètres en ont l'un 19, l'autre 20. 
La partie caudale si importante chez l'A. marina manque. 

Le segment buccal allongé, sur lequel on ne distingue pas 
de tète comme chez VArcnicola marina, va en s'amincissanl 
vers l'extrémité antérieure. Il se compose de 8 ou 9 an- 
neaux peu distincts dans le 1" desquels s'ouvre la bouche 
terminale qui livre passage k une trompe globuleuse couver! c 
de petites papilles coniques. Au centre de la trompe est l'en- 
trée du canal digestif qui n'est pas la bouche proprement 
dite, comme je l'avais avancé à propos de l'A. marina, sui- 



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ANNÉLIDBS POLTCHËTES DES COTES DE FRANCE. 393 

vaut ropinion de Grube. Le i " segment séligère a 3 anneaux, 
dont le 1 " perle les ^ '" faisceaux de soies ; le 2"' séligère en 
a 4 el les suivant? 5, sauf les 8 avant-derniers qui n'en ont 
que 4. Quant au dernier qui est interrompu brusquement, il 
n'en a que 2,3 ou 4 mesurant en tout i'"°,6 à 2 millimètres 
de haut, et c'est dans le dernier que s'ouvre l'anus terminal ; 
on peut donc dire qu'il n'y a pas de région caudale. Partout 
l'anneau qui porte les soies est plus saillant que les autres. 

Tous les segments sétigères ont 2 faisceaux do soies dor- 
sales (lig. 201) au nombre de 14 à 16 en moyenne, sembla- 
bles à celles de l'A. marina, mais trois fois plus minces, 
bordées aussi de très Unes épines de chaque côté ; elles sor- 
tent entre 2 valves qui terminent le pied. Les soies et les 
pieds sont très petits aux 3 1°" segments, surtout au 1" où 
ils échappent facilement à l'observation. A tous les pieds dor- 
saux font suite sur la même ligne transversale 2 longs tores 
ventraux qui se rejoignent presque sous le ventre, n'étant 
séparés que par un intervalle de 0°"",24. Chacun d'eux est 
garni de nombreux crochets (122 au 7*°* segment sétigère) 
dont le croc terminal est précédé d'un denticule nettement 
marqué (fig. 202). Au 1 2"°* ou 1 3°" segment séligère, derrière 
les pieds, apparaît une paire de branchies très petites, deve- 
nant de plus grande taille aux segments suivants pour dimi- 
nuer progressivement aux derniers. Elles sont formées de 
3 branches distinctes arborescentes à nombreux rameaux (I) 
et parcourues par une anse vasculaire longitudinale dont 
les 2 branches sont reliées l'une à l'autre par des anses 
transversales. Chez un exemplaire, il n'y a de branchies que 
d'un côté au dernier segment branchifère, ce que Von 
Marenzeller avait déjà signalé. 

Ehters (loc. cit.) décrit longuement les otocysles et les 
nombreux otolithes de taille différente qu'ils renferment. 

L'Arenicola Gntbii de Naples est semblable à l'espèce de 
Saint-Jean-de-Luz. Sur 4 exemplaires que j'examine et qui 

(I) Voir lloral, loc. cit., pi. III, lig. <2. 



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394 I 

onl 1 1 segments sétigères précédant les segments branchî- 
fères, 2 ont 00 millimètres de long, un segment anal ù 4 an- 
neaux terminaux atteignant 4 millimètres de long, et l'un 
a 14 segments branchifères, l'autre 9 ; le 3"" exemplaire de 
70 millimètres a 29 segments branchifères, le 4"' long de 
80 millimèlresen a 19; tous les deux ont au dernier segment 
2 anneaux terminaux mesurant en tout 2 millimètres <io haut. 

D'après ce qui précède, on voit que le nombre des seg- 
ments, surtout celui des segments branchifères, est variable 
et ne peut servir à établir des espèces différentes. Aussi 
faut-iljoindreànotre espèce les Aienkofa cyanea, diosriirka 
Q.\. Bobrelzkii Cziern. qui ont il segments sétigères abran- 
clies antérieurs et ne diffèrent les unes des autres que par 
un nombre variable de branchies. 11 faut y joindre aussi 
l'A. branchialit qui a 12 ou 13 segments sétigères antérieurs 
abranches et 19 à 20 branchifères, l'A. Boeckii qui en a 
16 sétigères antérieurs abranches et 40 branchifères, l'A. 
eraudatn qui a 14 i 15 segments sétigères abranches el 17 à 
27 branchifères. 

Toutes ces espèces doivent être réunies sous le nom d'A;e- 
nicola branckialix qui est le plus ancien. Elles ont pour carac- 
tères communs une région antérieure moins renflée que chex 
l'A. marina, un nombre de segments sétigères et branchi- 
fères plus considérable, très variable pour les segmenls bran- 
chifères surtout, tandis que chez l'A. marina il est fixe, enfin 
principalement l'absence de la région caudale si développée 
chez l'A. marina et qui manque complètement chez l'A. 
branc/iia/is. A ces dilTérences avec l'A. marina, on peut 
ajouter qu'ici la peau n'a pas de verrues, qu'il n'y a pas de 
tète distincte, que les crochets ventraux onl avant le croc 
terminal un denticule dorsal très net, qu'ils sont plus nom- 
breux et que les tores sont plus développés. 

Mers du Nord, Manche (1), Atlantique, Méditerranée, 
Mer Noire. 

(i) r.rnhe et Von Marpnzeller trouvent VA. branchialis à Sainl-Malo, cl 
.M. Mcsnil à l'anse de Âaint-Martin, pK'» du cap de la Hague. 



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ANHÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 395 
riHILLE DEM MA1,D«.\1K.\M Sby. 

Genre JOHNSTONtA Qfg. 

Jtil]?(ST0r4U CLYMENOIDES Q(g. (I), 

JnnriSTONi.t cLvuEKoinrs Grube. Mitth. Slber SI Unlo uni! RonritlT, etc. (A'-hand. rlir 
fchfeich. Gmtlt., l86n-IH7->, p. Illl. — Bemerk. aher 
Annet. drs Pariier Muaeumt (Arcliiv fur Niiliirg., IS7I), 
p. 3Î01. 

Je trouve la J. ch/mfinoUks à Sainl-Jean-de-Liiz prf-s de 
Saillie-Barbe, entre les feuillets des roche? calcaires, en- 
louD^e d'une 1res mince couche de sable. 

Le corps assez muqueux, long de 90 millimètres sur 
i. millimèlres dans sa partie antérieure la plus large, est de 
couleur verdâtre avec raies longitudinales blanches sous le 
ventre et sur les côtés, et se compose de 24 segments dont 
22 sétigères. Il y a une bande circulaire rougo aux 3°", 4°", 
5"' el 6"" segments sétigères et une large bande brune au 8™°. 
Les \ premiers segments sétigères ont 1 millimètre de haut 
chacun, le 5"° r-.S, le 6"" 2 millimètres, le 7" 1 milli- 
mètre, le 8°" et le 9"* 4 millimètres, les 10-12°"° 5 millimètres, 
les i3-19"" 6 millimètres, les 20°"' et 21"" 3 millimètres, le 
22*°° 2 millimètres, et le segment anat 2 millimètres (2). C'est 
au 7°" segment sétigère que les pieds commencent à être 
placés k la partie inférieure du segment. 

La tête sans yeux, fusionnée avec le segmentbuccal achète, 
est recouverte d'une plaque tégèremenl inclinée du côté du 
dos, bordée tout autour d'un limbe incisé seulement en 
avant pour livrer passage à une papille obtuse. Une 
carène longitudinale accompagnée d'un sillon de chaque 
côté parcourt les 2/3 de la longueur de la plaque cépha- 

(1) Quatrefaffes, ttiit. nal. des Annét., t. II. p. îi^ et pi. XI, fig. IO-l.->. 

(2) Ces meî'ures de la longueur des secmenU sunl prises sur l'animal 
conservé dans l'alfool qui n'a plus que 8a inillimélreK au lieu de 9ti. 



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396 I 

lique et vieol se terminer au-dessous de la papille. Cette 
carène et les sillons sont la créle et les sillons de l'organe 
nucal comme l'a établi M. Hacovitza. Celte disposilioa du 
lobe céphalique est assex semblable à celle du lobe ct^plia- 
lique de la Clymene lumbrkoides (1), sauf qiie chez celle-ci 
la cnrène et les sîltons sont moins longs et que la partie 
dorsale du limbe de la plaque est dentelée. 

Le segment buccal qui est comme enchâssé dans le 
t" segment sétigère est triannelé seulement du côté ventral 
où ta bouche s'ouvre à la partie antérieure du 1" anneau. 

Les 3 1"' segments séligères ont une rame dorsale com- 
posée d'un mamelon d'où sortent des soies faiblement lim- 
bées, et la rame venirale n'est représentée que par un gros 
croc tout à fait semblable h celui de la Leiochone clyneala {t). 
Aux segments suivants, il se joint aux soies Umbées de la 
l'amc dorsale des soies pennées transparentes et fragiles 
comme celles de la Leiochone cli/peala (3), et la rame ventrale 
se compose d'un tore coloré en blanc garni d'une rangée 
simple transversale de crochets absolument semblables à 
ceux (ie la Clymene lombricoides avec 4 à 5 crêtes au vertex et 
liarbules sous-rostrales (4). Presque partout les soies sont 
accompagnées de petites algues filamenteuses incolores. 

Sur les 6 segments anleanaux {\T" à 22°" sétigères) appa- 
raissent des caecums respiratoires non ciliés, petites papilles 
rougies par un vaisseau en anse qui y pénètre, marbrées de 
brun et longues de 0'°°',36 sur 0'',096 de large. En petit 
nombre aux 17'' et 22"° segments séligères, elles sont dispo- 
sées de chaque côté du corps en 2 rangées longitudinales 
parallèles du 18"' au 21"'. Le segment anal achète se ter- 
mine par un entonnoir garni de 22 petites dents de longueur 
égale el au centre duquel s'ouvre l'anus entouré de 20 papilles. 

(t) Itarovitza, Lobe céphalique el encéphale des Polychètes (ArcA. dt zool. 
ea^perim.. 3— série, l. IV, 1800, p. 2;!i-237, et pi. V, lig. 40-i1). 

(2) Voir A-mél. pulyck. des eûtes de DinarU, 3" partie (Ann. des se. nui,, 
7" série, l. .VVII. 1894, pi. VI, fig. )T3). 

(3) Voir loc. cil., pi. VI, lig. m. 

(4) Voir loc. cil., pi. VI, fig. <G3 et 164. 



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ANNÉLIDES POLYaiÈTKS DES COTES DE rBANCK. 397 

A Concarneau, où la J. clymenoides est plus commune, 
j'en trouve à la pointe de la Jument 8 exemplaires de 9 à 
20 centimètres de long. Chez celui de 20 centimètres qui est 
une femelle mûre contenant des œufs gris de O'^.IG de dia- 
mètre, les segments du milieu du corps atteignent une très 
grande hauteur (le 15°" a 3 cenlimètres). Eu général, il y a 
22 à 32 dents à l'entonnoir anal, et 42 à 50 crochets aux 
tores UQcinigères. 

Manche [HoscotT). Atlantique. 

VAllIIil.E DE» AMHOCHAKICN» Mgr. 

Genre OWËNIA D. Ch. (Ammochares Gr.) (1). 

OWENÎA FUSIFORHIS D. Ch. (2). 

Owuiu rU-troHMis D. Ch. (3). Claparède, Annél, du golfe de Naples, p. HO, et 
pi. XXVI. fig. à. 

— — Draache, Beiir. zur feineren Anal, der Polych. Anatomte von 

0. ftliformii D. Ch. WiSD, 188S, )a-S, 11 pages et ! planchn. 

— " Cimninghiiai and Itamage, Potych. itdenlarîa of tht Firlh of 

ForlA {Irani. Edinb. Soe.. in-f, I88S, I. XXXIII, p. 65C]. 

— — UichaelieD, Die Fotychsetenfauna d'r Deuticbea Mtere, etc. 

( Wiss. Ueei-esunUri. keraxag. von der Komm. iur Unleri. der 
Deutsckea Meere in Kielund der biol. Anslalt auf Helgoland. 
Neue Folge, Il Band, llett I, IS97, p. tO, et pi. I, fig. 18). 

— FueiFOiiMis D. Ch. Qaparëde, Recherchtt tur la ilruclum des Annél. 

lédentairea [Ment, de la Soc. de phyiique et d'hiil. nat. de 
Geniee. t XXII, 1873, p. 8S, 1(17, Iï9, el pi. VIII, fig. g-lî]. 

— — Eitigi Monographie der Capiietliden des Golfei von Neapel, 

BerliD, 1HHT, m-[ol., p. 33G. 

— — Lo Bianco. Gli Annel. lubie, del golfo di Napoli {AtU dttC 

Accad. dtlU icienie di Napoli,  strie, t. V, 18fl3, n* II, 
p. Sî). 

— — GilsoD, Le* glande) filUra de l'O. fusiformis {La Cellule, t. X, 

Igllt, p. 3!KI A 330, et I planche). — The nrphridial duel of 
Owenia [Analom. Anzeig., I. X, lB9f. p. 191, el j figures). — 
On Ihe leptal organe of O. fiitiformU (BrUith A>$oeial. 
Ipswicb, 1895). — Organes septaux de fOioenia {Complet 
rendus du 3"' congrèi iulem. de Zool, Lejrde, IH9G, Id-S, 

(!) Délie Chiajc a créé le genre Owctiia en 18*2. Depuis lors Prosch a 
attribué ce nom, en I)t47,à un genre de CéphatopodeselKrilliker.en 1H.H3, 
à un genre de Cténophores. Le genre Ammochares de Grubc ne date que 
de <ft4tl et dnit diNparaltn>. 

(2) Desah. e notomi'i, etc., pi. 17.1, IIr. I-i'., ((de Clpd. 

(a) C'est k tort, comme il Ta reconnu depuis lui-même, que Claparôde 
a donné le nom de filiformit à l'espèce de Dellc Chiaje, 



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398 Uli KAINT-JOHEPII. 

p. JiOf et âO!)]. — l.ti valvft scptala de l'Oioenia (La Cellule, 
l. XII, 1807, p. .177-416, el pi. I-UI}. 
AsaoCHAnES OnoNis Gr. Grube, Beiclir. neuer oder ajeaig bekannl. Annel. [Arthie 
fur Naturg., lltUi, p. IM, et pi. V, flg. t). 

— — Kdlliker, Kùner BtrieM ûttr einige im Herbit ISM an Her 

WeiltUsIe fon Scliollland ansgeiltllie vergt. Antit.Vnter*. 
(Wanb. Salurw. Zeits., t. V. 1861, p. aU)(l). 

— — Me Iuloib, On Ihe alruelure of ttie Uni. Nemtrt, and «imr 

new Hrit. Armel. IJrana. Sdinb. Soc., lo-t, 1869, 1. XXV, 
p. 42Î, et pi. XV, «g. 14). 
OwENiA BHACUTCEHA Mwîoii. AlarioD, Sur les Atmél. de Uarteille {Revue det te. nal, 
.Montpellier, t. IV, 1875). 

PI. XXII, fis- 203-208. 

Trouvée par des martres moyennes au Croisic près de l'Es- 
lacade, et à Concarneau à l'entrée de Tause de Kersos au 
bord d'uD ruisseau qui vient s'y jeter. Habitant à peu de pro- 
fondeur, dans le sable demi- vaseux, un petit tube qui y est 
placé horizontalement ou verlicalemeat, ouvert et pinceaux 
deux bouts, formé d'un tissu transparent assez épais, résis- 
tant, recouvert de grains de sable agglutinés et quelquefois 
de débris de coquilles fixés dans le tissu à angle droit par 
la tranche. Les lubes les plus considérables ont 3 milli- 
mètres de diamètre extérieur el tO centimètres de long; en 
général, ils n'ont que 2 millimètres de diamètre et i à 
5 centimètres de long. 11 est assez difficile d'en extraire 
bion intacts les animaux qui y sont très à l'étroit et qui ont 
de 30 à 30 millimètres de long sur I millimètre à i"",3 do 
large el 22 à 27 segments sétigèrcs. 

Le corps cylindrique, rigide, atténué seulement aux der- 
niers segments, teignant l'alcool en vert, est coloré en vert 
à la partie thoracique, puis en vert et acajou. Le segment 
buccal très peu élevé supporte une couronne de branchies 
plates, laciniées, ciliées du côté qui est tourné vers la bouche, 
el au nombre de 6 (3 de chaque côlé du corps). Chacune 
d'elles, haute de 0'°'",C0 environ, a une base large et très 
basse d'où s'élèvent 3 ou 4 branches subdivisées elles-mêmes 
en 7 à 8 rameaiiv terminés chacun par 2 petits lobes arrondifï. 

(I) D'après Drasclit:, il s'agit ptiut-ëtre là de l'Owenia ammiUs S&rs. 



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ANSÉUUKS POLYCHETES DES COTKS DE TRANCE. 399 

Tout ce syslcme, où |)éiièlre le liquide cavitaire, esl plus ou 
moins complëtemcnt coloré en rouge brun, sauf les 2 lobes 
terminaux, parcouru par de nombreux vaisseaux capillaires, 
et s'enroule, à l'exception de la base, du cfllé intérieur de 
la couronne. Aussi les coupes transversales des branches et 
des rameaux ont-elles la forme de fer à cheval, comme je 
l'ai constaté après Drasche. La couronne des branchies est 
interrompue du côté dorsal et du côté ventral. Du côté 
dorsal, les branchies sont séparées par un lobe en demi- 
lune de 0"",54 de large sur O^^iSO de haut qui semble 
être la tête contenant le cerveau d'après Drasche. La partie 
terminale anlérieure du corps entouiée par la couronne des 
branchies, forme un plan légèrement incliné vers le côté ven- 
tral. Sur ce plan, s'ouvre, au-dessous de la lêle et rappro- 
chée du dos, la bouche, simple fente transversale de 0"'°,i8 
de large ci se dressent, entre la bouche et la partie ventrale, 
i li'vri's massives bilobées signalées poui' la première fois 
par Drasche. Elles se font face l'une à l'autre, et celle qui est 
la plus rapprochée de la bouche est plus forle que l'autre. 
Ne communiquant pas avec le canal digestif et bien séparées 
de la bouche, elles semblent être un appareil préhenseur 
rappelant les aviculaires des Bryozoaires (t). 

La région thoracique qui est en général moitié ou même 
quelquefois deux fois moins longue que le I" segment de 
la région abdominale, est bordée en avant, du côté dorsal, 
par un repli peu saillant coloré en rouge brun. Deux lignes 
minces de même couleur se dessinent sur le corps i peu de 
distance de ce repli et se rejoignent sous le ventre en formant 
un angle aigu. La région thoracique se compose, outre le 
segment buccal achète, de 3 segments fusionnés ensemble et 
qui ne sont indiqués que par 3 faisceaux de soies simples de 
couleur jaune ocre, sortant de chaque côté du corps et cou- 
vertes de fines épines opposées dépassant à peine le bord de 

(1) Draalif {lof. d(.. jil. l, lit;, l tl 'i) demie dotix lirs l«»iiiies ligures .le 
la partie antérieure de \'0. fitiiformis et des trois premiers »cgmenLs abdu- 
iiiinauxi je ne pourrais (|ue les rp)>ioduJrc. 



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400 DE flAINT-JmiePH. 

la soie (fig. 203). Les faisceaux des 2 l*" segments com- 
posés chacun de plus de 100 soies longues de 0°"',92, sont 
tout à fait latéraux ; ceux du 3°" segment, formés de 35 à 
40 soies longues seulement de 0'°'',2I, très voisins de la 
région abdominale, sont plus rapprochés de la ligne médiane 
dorsale que ceux des 2 i'" segments. Ce 3°" segment qui a 
échappé à Claparède et ù Lo Bianco chez l'espèce de Naples 
y a été constaté par Drasche et aussi par moi : il avait déjà 
été reconnu par Kôlliker et Me Intosh chez ÏAmmockares 
Otlonis qui est le môme que VO. fi/iformis, et chez lequel 
Grube ne l'avait pas distingué. Le 1" faisceau est à O'^.OO 
de distance du segment buccal, le 2°" àO°"°,30 du 1", le 3°" 
à O'-.eO du 2"° et à 0"~,30dii 1" segment abdominal. 

La région abdominale, assez transparente, comprend 
21 à24 segments sétigères sans compter l'anal. Les 4 1"* seg- 
ments abdominaux sont plus hauts que les suivants. Chez les 
exemplaires de grande (aille, le i" a 4 millimètres, le i" 
o°"°,50, le 3"" 4 millimètres, le 4"° 3 millimètres, et les sui- 
vants vont toujours en décroissant jusqu'aux derniers qui 
n'ont plus que 0'°°',24, puis 0°'°',12. Chaque segment, sauf 
ce qui sera dit plus loin, a, à sa partie antérieure, deux fais- 
ceaux de soies dorsales au nombre de 50 à 60 environ, sem- 
blables à celles des faisceaux thoraciques, rapprochées de la 
ligne médiane dorsale et colorées en jaune ocre seulement 
aux 3 )'" segments. A mesure qu'on approche de la lin du 
corps, les 2 faisceaux s'écartent progressivement de la ligne 
médiane dorsale, les soies y devenant moins nombreuses, 
mais conservant leur taille. Chaque faisceau est suivi presque 
immédiatement d'un tore haut de 0'"",15 et long de 1"",80 
dans les segments antérieurs, n'ayant plus que 0°"°,0i2 de 
haut el 0°'",30 de long dans les derniers. Les 2 tores se re- 
joignent presque sous le ventre où ils ne sont séparés l'un de 
l'autre que de 0°"°,33. De chacun d'eux sort un nombre 
exlrêmcmniit considérable de petits crochets disposés par 
rangées verticales de 24 au i"' segment abdominal, de 3ii 
au 3°", puis le nombre va en décroissant et il n'y en a plus 



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AMNÉLIDES POLYCHËTKS DE.S COTES DE FRANCE. 401 

que Oaux rangées des segments qui précèdent les anteanaux. 
Les i extrémités du tore étant arrondies et moins larges, 
les 5 ou 6 dernières rangées sont moins hautes avec 2 ou 
\i Tois moins de crochets. Le nombre de ces rangées verti- 
cales est variable; il y en a jusqu'à 225 au 3°"° segment 
abdominal (ce qui donne environ 7600 crochets par tore) et 
50 seulement aux derniers qui précèdent les anteanaux. Les 
crochets vus de proPU semblent n'avoir qu'un croc (fig. 20-i); 
mais on en distingue im 2°" (fig. 205) lorsqu'on les examine 
de trois quaris ou de face, el, dans ce dernier cas, les bases 
des 2 crocs apparaissent comme 2 points brillants (fig. 206). 
La partie antérieure du crochet est précédée d'un renflement 
qui s'oppose à sa sortie de l'hypoderme où sa tige est 
plongfie. Celte lige plate et droite, longue de 0'°",052, est 
suivie d'un prolongement filiforme assez semblable aux soies 
de soutien des Térébelliens, long de 0°"",12, fortement re- 
courbé en arrière, qui pénètre dans la membrane basale assez 
transparente, parsemée de quelques noyaux et placée au- 
dessous de l'hypoderme. Les crochets sont tous disposés la 
tête renversée en arrière vers le dos et les 2 crocs dirigés en 
l'air; l'animal, en gonflant son corps, peut les faire piquer 
dans l'enveloppe membraneuse du tube, ce qui explique qu'il 
est difficile de l'en arracher puisqu'il s'y cramponne par plus 
de 450000 crocs. Les tores des 3 I'" segments sont colorés 
en rouge par le sang. 

Les segments abdominaux normaux, qui ont des soies dor- 
sales et des crochets ventraux, sont suivis de 2 petits segments 
anteanaux qui n'ont pas de soies dorsales, mais seulement 
32 crochets en tout au 1" de ces segments et 25 au 2"°'. 
Ainsi les segments thoraciques n'ont pas de crochets ven- 
traux et les derniers segments abdominaux manquent de 
soies dorsales. Le segment ana! achète se termine par 2 pe- 
tits lobes avec anus central (fig. 207). 

Au-dessous de la cuticule, de l'hypoderme et de la couche 
des muscles circulaires qui n'existe que dans le thorax, l'en- 
vt'loppe du corps est tapissée d'une couche continue de 

AHN. se. HAT. ZOOL. V, ffî 



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402 I 

muscles longitudinaux puissants qui n'est interrompue que 
par le mésentère dorsal et le mésentère ventral du canal 
digestif. C'est à celle couche que le corps doit sa résistance, 
qui est moins grande aux derniers segments oîi la couche est 
moins épaisse. 

Une paire de glandes filières pend dans la cavité du corps, 
de chaque côlé de l'intestin, aux 1*'' et 2"°' segments thora- 
ciqucs (I) et aux 4 1"* segments abdominaux, ce qui fait 
6 paires en tout. Ce sont des tubes cylindriques, transpa- 
rents, d'un diamètre de O"", 1 2, se recourbant quelquefois en 
deux, et communiquant avec l'extérieur par un petit pore de 
0°"*,022 de diamètre qui s'ouvre à la base du faisceau des 
soies dorsales du segment auquel ils appartiennent (fig. 20K). 
Ceux du 1" segment thoracique sont 2 fois plus longs que 
ceux du 2"'. Le plus long est cehii du l" segment abdominal, 
qui atteint 4 millimètres de long sur 0°"°,16 de large. Ces 
glandes, longuement étudiées parCilson, contiennent un éclMï- 
veau de filaments visqueux, incolores, excessivement lins, 
insolubles dans l'eau, exsudés par les cellules épilhéliales de 
l'enveloppe de la glande et qui forment la membrane du tube 
dans laquelle ou les retrouve juxtaposés et simulant des 
stries. Beaucoup de ces filaments sont entremêlés aux grains 
de sable du tubeel les maintiennent en place. Très rigides, 
les glandes font saillie en dehors lorsque l'enveloppe du 
corps est endommagée. C'est probablement un accident de 
celle sorte qui a fail croire h. Grube qu'il y avait des appen- 
dices en forme de massue aux 2 V" segments thoraciques. 
Je trouve une fois un petit dislome fixé sur une glande. 

Il y a un dissépiment entre le segment buccal et le 1 " seg- 
ment thoracique, puisentre le dernier segment thoraciquecf le 
1" abdominal au-dessus des 2 faisceaux de soies dorsales et 
des tores, et entre chacun des segments abdominaux suivants, 
sauf cuire le I" et le 2"'. Le tissu de ces dissépiments est 
entremêlé de muscles finsqu'on dislingue bien surlcscoupes. 

(I) (.iilsun signale en plus une paire de glandes Irès rudimenlureti, et 
qui n'e\iste pas toujours, dans le Iroisièine segiuenl tboraciquo. 



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ANNËLIDES POLYCHËTES DES COTES DE FRANCE. 403 

La bouche est suivie dans toule la région thoracique par 
l'œsophage, d'un diamètre deO'"°',72, rectiligne et maintenu 
en place, comme le reste du canal digestif, par un mésentère 
dorsal et un ventral. L'intestin droit, mais formant de nom- 
breux renflements et étranglements, va du t " segment abdo- 
minal jusqu'à l'anus; dans les 3*°* et 4*°' segments abdomi- 
naux, il est d'une belle couleur verle, due à de petites 
glandes qui l'y tapissent. Partout il est entouré par le vais- 
seau dorsal qui forme sinus péri-intestinal et qui se bifurque 
à l'entrée de la région thoracique, s' écartant de l'œsophage. 
Chacune de ces branches se ramifie en vaisseaux capillaires 
qui, après avoir parcouru les branchies, redescendent pour 
former le vaisseau ventral. De chaque côté de ce vaisseau se 
détacbent de nombreux caecums courts, formant des am- 
poules rondes dont j'ai pu compter jusqu'à 40 dans le 
'i"' segment abdominal. Le sang est rouge. 

Drasche décrit en détail le cerveau, les conneclifs œsopha- 
giens et les ganglions sous-œsophagiens. Le cordon nerveux 
ventral, très peu apparent, consiste en une bandelette noyée 
dans l'hypoderme, large de 0'°",168 sur O'-.Oâl de haut, de 
tissu ponctué sans ganglions et sans fibres nerveuses, colos- 
sales. 

Au dos de la région thoracique et des 4 1"" segments 
abdominaux, Drasche a observé deux bandes de couleur 
claire qui, quoique bien nettes, n'avaient pas été signalées 
avant lui, et qui sont des épaississements de l'hypoderme. 
Chacune d'elles décrit un arc de chaque côté du corps, 
reliant le segment buccal au faisceau dorsal de soies du 
I" segment abdominal, puis cet arc se répète à chacun des 
segments abdominaux antérieurs reliant les uns aux autres les 
faisceaux de soies des 5 1'" segments. C'est dans l'épaisseur 
de chacune des 2 bandes qui s'étendent sur le 2"' segment 
abdominal que se dessine un canal très étroit coloré en rouge 
brun formant de nombreux lacets, et figure mats non décrit 
par Drasche. Je pense, comme Gitson, que c'est un organe 
segmentaire. Un pavillon vibralile eu forme d'entonnoir 



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qu'on voit par transparence dans l'intérieur du corps, de- 
bouclie dans le canal (1) à l'extrémité po<itérieure du 2" seg- 
ment abdominal contre le dissépiment qui le sépare du 3". 
Le canal, où je ne distingue pointde cils vibratiles, se lermïne 
un peu avant l'exlrémité antérieure du 2°" segment par une 
gouttière & ciel ouvert sans pore distinct. 

Je trouve un mftic long de 5 centimètres, rempli de sper- 
matozoïdes, et plusieurs Femelles dont la plus petite a 3 cen- 
timètres, contenant des œufs gris de O^^^OSi à 0"",IO de 
diamètre. 

L'espèce de Naples, comme j'ai pu le constater sur des 
exemplaires conservés à l'alcool, quoique de taille plus con- 
sidf^rable (8 à 9 centimètres sur 3 millimètres de large) est 
bien ta même que celle du Croisic et de Concarneau qui se 
rapproche comme taille de celle observée par Kôlliker et 
Me Inlosb dans la mer du Nord et par Drasche dans 
l'Adriatique. 

L'O. fusiformis tient à la fois des Maldanîens et des Serpu- 
liens. Comme la plupart des Maldanîens, elle a le corps 
cylindrique, plusieurs .segments beaucoup plus hauts que les 
autres, des soies dorsales épineuses qui ne sont pas accom- 
pagnées de crochets aux segments antérieurs, des crochets 
de forme assez semblable à ceux des Maldaniens, sauf ft leur 
partie postérieure qui donne l'impression de soies de sou- 
tien de Térébelliens. Comme les Sabellides, elle a un lubc 
membraneux, des branchies, mais de forme différente {%), 
un sinus péri-intestinal, de nombreux cxcums. Le nombre 
de ses crochets la rapproche des Serpulides. Ce qui lui est 
surtout propre, ce sont ses glandes filières, qu'on ne re- 
trouve, ni chez les Maldaniens, ni chez les Serpuliens. 

(1) Gilflon. La Cellule, l. XII, pi. Il, fîg. 13. 

(2) Cunningham el Itamage constatent que chez les jeune» len hrancliies 
ruinifiëes n'existent pas et qu'il n'y a qu'une membrane en forme d'en- 
tonnoir «lui se iliTonjre pins tard en laniires. I)e,plus, In rinulalion y est 
l>iii't;<ncnt capillaice. Il rst iluiir assez, prulmble qu'il s'a;;il iruni^ meni- 
brane plus ou moins laciniée surmontant le serment buccal cl non de vé- 
ritables brancLie^. 



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AI4NÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 405 

L'O. fusi/ormit a une aire fort étendue : Mers du Nord. 
Atlantique, Méditerranée, Adriatique, Détroit de Davis où 
elle a été draguée dans l'expédition du Valorous & 32f)4 mètres 
tie profondttur, Mers du Japon? (Drasche.) 

rAHILIiB DES «ABELLABIEXS [UERMELLIEWS Qfg)' 

Genre SABELLABIA Lmck. [Hermella Sav.). 

Sabeluru alveolata L. (1). 

Trouvée dans des tubes de sable, soit isolés près de Sainl- 
JcaU'de-Luz, à Remardy, soit agglomérés en masses consi- 
dérables sur la côte entre Saint-Jean-de-Luz et Guélhary. 
L'entrée du tube est entourée d'un godet sablonneux. Les 
animaux les plus longs atteignent jusqu'à 50 millimètres 
dont 10 millimètres pour la partie caudale. Le corps est 
rou^o, les branchies et les tentacules verdfltres. 

FAMIIiLB DES AMPHICTÉMIEKS Mgr. 

Genre LAGIS Mgr. 

Lagis Koreki Mgr. (2). 

PEcrmAiirA NKAPOLtrAHA Gpd. Claparèile, AnneL du golfe de NapUs, p. 113, et 

pi. XXVUI, Qg, 1. 
— MALHOHEm Gr. Grubc, Bemerk. Uber die Amphicieneen und Am- 

phareleea [Jahreab. der SchUt. Getetli. ftir 1870. Breslau, 

ISII. S. A., p. 1). 
Laois Koheri Vod Marcnzeller, Oler Lauis (PscnnAiiA) Kohbhi Mgr. 

au» dem MitUlmeere und die llakenboralen der Amphir. 

leneen {Verh. der k. k. Zoot. ImI. GeielU. in Wien, 

t. XXIV, 1874, p. înt. — Zur Kennt. der Adriat. Anncl. 

{Silib. der. k. Akad. der Wiu. in Wien, t. LXIX, I87t, 

p. 66, et pi. VII, fig. S). 

(1) Voir : Annél. polych. des cilet de Dinard, 3"' partie {Ann. des se. 
nnl.. 7— série, t. XVII, 1R94, p. )6Û). 

(2) M&lmgren, Nord. Bafs Annut., p. 360. — Ann. polych., p. 2i3, el 
pi. XIV, lig. 74. 



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406 DE SARVT-JOaEPH. 

Laqis KoTiKNi Me iDtosh, On ctriain homa or tubes forined ty Annelid* 

[Ann. ofNal. hisl., 6"« airie, t, XIII, 189*. p. 15,, 
— — Fauvel, Obnnatioiu sur la cireulotion ite$ Ampkiciéniejii 

{Comptes rendus de l'Académie des sciences, du Î6 octo- 
bre 1891, p. 616). 
PiCTUiARU KoHENi LevinseD, Sysl. geogr. Overs. over de Nord. Anaul. 
* {Vidensk. IleddeU. for 18X3. Copenhague, 1881, p. IM). 

— Del Vùtensk. udbytte af Kanonenbaaden - Bauchs • 
logler, 1883-1886. Leviosen, Amtulala, etc., p. 3UI. 
CopeDbague, in-4, IS90. 

— — Bidenkap, Undenàgelser over Annulala Polychmta om- 

kring Hardanger/joriiens udUib sonnnrren I8!H. Kri»- 
tiania, 1BB4, in-S, p. 9. Tirage à part. — Syit. Overi, 
over Norges Annul. P<ilyck. [Christiania Vidtntk. seltk. 
Forh., 189t,p. 119). 

— — MichacUeD, Die Pott/chmtenfauna der Deulschen Meere, etc, 

(WiM. Viiters. herausg. von dtr komm, sur Uniers, der 
Deiittc/ien Meere in Kiel und der fiiol. Antlall anfllelgn- 
land. Neue folge, II Band, llcR 1, 1897, p, U). 

PI. XXII, fig. 209-222, et pi. XXlll, flg. 223-235, 



A la superlicie du sable vaseux devant l'aquarium d'Arca- 
chon et à la plage d'Eyrac. 

La Lagis Koreni habile un tube conique très légèremonl 
courbe, percé aux deux bouts, qu'elle abandonne seulement 
lorsqu'elle commence à dépérir ; il se compose d'une cou- 
che unique de grains de sable généralement clairs et trans- 
parents, que l'animal agglutine les uns aux autres, au moyen 
desea tentacules péribuccaux, avec un ciment incolore et opa- 
que, ce qui oiTre une certaine ressemblance avec des loges 
de Bryozoaires. Cette élégante mosaïque est revêtue inté- 
rieurement d'une pellicule muqueuse très mince presque 
toujours incolore et quelquefois pigmentée de rouge brun. 
Les plus grands lubes ont 60 millimètres de long sur 7 milli- 
mètres de large à l'extrémité antérieure et 0°"", 5 à l'extré- 
mité postérieure, souvent colorée en noir par les excréments 
qui s'y accumulent avant d'en sortir. M. Adrien Dollfus me 
communique des tubes renfermant des L. Koreni provenant 
de Scheveningen et de Bénerville, ces derniers ayant 9 ceu- 
timètresde long sur 9 millimètres de large à l'exlréniilé 
antérieure. Tous ils sont presque absolument droits et cons- 
truits avec des grains de sables noirs, blancs, jaunes el 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 407 

bruns, réunis par un ciment incolore. Les animaux qu'ils 
renfermeni sont semblables & ceux d'Arcachon. 

Le corps Iransparent sauf à la partie ventrale des 6 1"' 
segments, se contractant quand on le touctie, est blanc irisé 
de rose el mesure, cbez les animaux à l'état de maturité, 
de 15 à 37 millimètres de long, sur 5 à 7 millimètres de 
large en avant. Il va en s'amincissant peu à peu vers l'extré- 
mité inférieure où il n'a plus que 3 millimètres de large. Il 
se compose de 2 régions, l'une très longue, ou Ihoracique, 
l'autre très courte, abdominale ou scaptie. II serait peut-être 
préférable de compter 3 régions : la 1" Ihoracique s'arrëlant 
au 7"" segment; ta â"" abdominale commençant au 8"° seg- 
ment oîi apparaissent les plaques oncialeset la 3"' post-abdo- 
minale ou caudale comprenant la scaphe. 

La tête plate, charnue, inclinée obliquement vers le dos, 
est arrondie en arrière et sur les côtés où elle est bordée par 
un limbe mince, saillant et uni, se terminant sur chacun des 
côtés du corps par un prolongement cirriforme long de 
3 millimètres, renfermant un vaisseau aveugle en spirale. 
La partie antérieure ou frontale de la Icte forme un angle 
rentrant très obtus dont le sommet est occupé par un petit 
cirre long de 0"",24 sur 0'"',i'iàe large {fig. 209j. Sur cha- 
que côté de l'angle s'élèvent 10 à 13 palées dorées rangées 
en ligne. Bien figurées par Malmgren, elles ont une large 
base et Hnissenl en pointe fine recourbée vers le dos. Elles 
font saillie sur une longueur de 3 millimètres, et leur base 
inclinée obliquement s'enfonce jusque dans le 2*°° segment. 
D'après M. Watson, elles servent à fouir le sable (I). Derrière 
les palées, du côté ventral, il y a un voile céplialique très 
mince demi-circulaire rattaché à ses deux extrémités au 
limbe céphalique. Ses tissus sont décrits et figurés exacte- 
ment par Claparède(/oc. a/..p. 375. el pi. XXVIII, fig.l, I). 
fl est découpé au bord en 20 à 26 digitations de taille 
inégale garnies à leur extrémité de poils tactiles; les 

(1} WaUon. On the liabils q{ the Amphtctenida: {Ann. of nal. Itisl., C™' se' 
rie, t. XIV, 1804, p. 43). 



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408 DE SAiivT-j*serH. 

plus longues ont O^'J^ et les plus courtes moitié moins. 

Le segment buccal, fusionné avec la tête, est dominé du 
côté dorsal par le petit rebord du limbe céphalique et porte 
de chaque côté un cime tenluculaire long de 4"", 20 sur 
0''°',084 de large &la base, renTermant un vaisseau aveugle 
en spirale ; ce cirre est suivi d'un petit mamelon rond d'un 
blanc mat, du côté ventral où s'ouvre la bouche rondo 
entourée d'environ 32 tentacules parcourus par un vaisseau 
aveugle (tig. 210) (1). Ils sont ciliés en dessous et de ce 
côté leurs bords peuvent se rapprocher l'un de l'autre nt 
former gouttière. Très extensibles, ils mesurent de 1 à 
12 millimètres de long ; lorsqu'ils sont très étendus, la gout- 
tière disparaît. 

Ils sont protégés par le voile céphalique qui peut se 
rabattre pour les couvrir. Aussi ne sont-ils pas rélractiles 
dans l'intérieur du canal digestif comme chez les Ampha- 
rétiens, qui manquent de voile céphalique. Quand l'animal 
sort la tête de son tube, les tentacules distendus se pn'-sen- 
tent en avant, le voile céphalique s'étendant en dessus d'eux 
et les deux faisceaux de palées se déploient gracieusement 
en éventail. 

Le 2*" segment, le seul qui soit bien marqué du côté dor- 
sal, est indiqué par 2 bourrelets minces d'un blanc mat qui 
00 se rejoignent pas au milieu du dos (lig. 209). Chacun de 
ces bourrelets est suivi de chaque côté du corps d'un lobe 
en forme de gousset très échancré du côté ventral au-des- 
sous de la bouche. Le 3" et le 4°" segments portent chacun 
sur les côtés une paire de branchies falciformes sur les- 
quelles j'observe quelquefois des Vorlicelles. Ces branchies 
se composent d'une lige dans laquelle s'implantent des dis- 
ques membraneux plats, au nombre de 25 à 38, rangés comme 
les feuillets d'un livre. Jusque-là tous les segments sont 
achètes. C'est au 5" segment seulement qu'apparaissent tes 

(1) H. Fauvet eu donne une bonne coupe dans se» imporlontes Reehfrcfurs 
SUT les Ampharéliens (Bull, sciejit. de la France et de la Btlgiifue, t. X\\, 
1897, pi. XXV, fig. 171). 



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AMNÉLIDE5 POLYCHÈTES DE.S COTES DE FRANCE. 409 

soies dorsales sur un mamelon conique. Les segmenls 3 à 6 
ont chacun un bourrelet ventral interrompu sur la ligne 
médiane ventrale par un petit écussou (fig. 210) ; le bourre- 
let du 4" segment(2'"braDChifère] se termine de chaque côlé 
au-dessous des branchies par un prolongement triangulaire 
charnu dont la pointe est dirigée vers la tète. Au 7°' seg- 
ment (3°" séligère), le bourrelet ventral est interrompu au 
milieu du ventre et l'écusson disparaît. Ces 7 l°" segments 
peu élevés et serrés forment une région à part que nous 
avons plus haut désignée sous le nom de Ihoracique. Aux 
4 ou 5 segments sétigères suivants, les bourrelets ventraux 
ne sont plus représentés que par un petit écusson latéral long 
de 0°"°, 60 sur 0—, 25 de large placé du côté ventral, à la suite 
de chaque pied. C'est au 8"°° segment {4"° sétigère) que se 
montre la pinnule ventrale avec une rangée transversale de 
plaques onciales; elle est en forme de croissant dont la con- 
cavité est tournée vers le corps de l'animal. Se rattachant au 
mamelon porteur des soies dorsales, au-dessous desquelles 
elle flotte, elle persiste avec celles-ci aux 11 segments 
suivants. Il y a donc en tout 13 segments sétigères dont 
12 uncinigères. 

Les soies dorsales des 3 1'" segments qui sont au nombre 
de 8 à 10, et celles des 3 derniers sont plus petites 
qu'aux auLres segments où il y en a 12 à 13 par faisceau. 
Toutes ces soies sont légèrement limbées, avec le limbe 
couvert de stries obliques et la hampe ponctuée d'un 
pointillé très fin ; mais les unes se terminent en pointe 
droite (Mgr., loc. r.it., fig. 74 D,a) et les autres sont cou- 
dées à l'exlrémilé. La parlie coudée, longue de 0'°",2, est 
dentelée au bord el le pointillé n'y existe plus (Mgr., /oc. a/., 
fig. 74 D, b) ; lorsqu'on l'incline légèrement, le bord semble 
entaillé plutôt que dentelé (Clpd., loc. cit., fig. 1, D'à). Quant 
aux plaques onciales (fig. 211 et 212), hautes de 0°'",030 à 
0°'",035 selon les exemplaires, disposées en une rangée uni- 
que réirogressive, elles sont au nombre de 200 environ au 
1" segment uncinigëre et de 160 au dernier. Vues de côté, 



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410 DB SAINT-JOIfEPn. 

elles ont une base massive donl la partie antérieure est en 
forme de gouge et leur vertex est garni de 7 à 8 grosses 
dents recourbées vers le Las, suivies de 4 denticules non 
recourbés, très Uns et peu distincts. Vues de face, elles ont, 
à partir du haut, 7 à 8 rangées superposées de 3 denU cha- 
cune, puis i rangées superposées de 4 denticules et enfio 
un large derai-cerclc terminal qui est la gouge de la partie 
antérieure de la base {!). 

Le 15"°" segment sétigère est suivi de 2 segments apodes 
(Bg. 223) dont le 1" n'a ni soie ni plaques onciales; le i" 
moins large a, du côté dorsal, au-dessous d'une échancrure 
entourée de 2 lobes, une sorte de mamelon rectangulaire 
qui a de chaque côté un prolongement cylindrique A'in^é 
vers le bas du corps. De ce mamelon, de chaque côté de la 
ligne dorsale médiane, sort un faisceau de grosses soies 
comparables aux palées céphatiques mais moins dorées, 
beaucoup plus courtes (0°"*,29) et se terminant par une 
pointe recourbée plus massive (Mgr., loc. cit., fig. 74 E), 
dirigée vers le dos (2). Ces soies sont en nombre très varia- 
ble : 4 de chaque côté, 4 d'un côté et 5 de l'autre, 5 ou 6 de 
chaque côté, 6 d'un côté et 7 de l'autre. Les plus extérieu- 
res sont plus fortes que les intérieures, à la suite desquelles 
il y en a souvent de petites en voie de formation. Elles domi- 
nent le 1" segment de la scaphe creuse qui fait suite à ce 
dernier segment de l'abdomen proprement dit. 

La scaphe (fig. 223) est séparée de l'abdomen par une 
constriction. Longue de 2 millimètres sur (""iSS de large, 

(!) Che7. une Amphictene aitricoma O.-K. Millier, de Naples, les plaque» 
onciales, hautes de O™'' ,042, vues de câté, ont 6 grosses dénis suivie» de 
S denticules; la partie antérieure de la base est eu forme de goug<!. Vue.* 
de face, elles ont une preiniùrc rangée (la plus haute) de i dents parallèlt-s. 
une deuxiùme de 3 dents, les trois suivantes de 2 dents et enfin la dent la 
plus grosse et la plus basse est unique; 18 denticutcs très distincts sont 
disposés en deux rangi'es parallèles de 9 chacune en Turine de V i puis la 
gouge placée au-de.ssous a l'apparence d'un demi-cercle. 

(2) iJevinsen les figure aussi {Dijmphna-Togtets Zool. butan. lfi(6y«e : Kara- 
Havelf Ledormr, Copenhague, t886, pi. XXV, fig. 10). Il les altribua d'abord 
à la Peclinaria Belijica, mais rcrlilîa ensuite son erreur en IS90 {loc. cit. 
suprâ}. 



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ANNÉLIDES P0LYCHËTE5 DES COTES DE FRANCE. 411 

elle pst d'une «épaisseur bien moindre r|iift le reste du corps. 
Composé»? (le a segments apodes et aciièles, elle est concave 
du côté dorsal et coDvexe du côté ventral, et ses bords sont 
raballns sur la concavité dorsale (Mgr., loc. cit., fig. 74 B). 
Les trois 1"' segments ont chacun de chaque côté un petit 
cirre dorsal en massue long de 0°"", 07 2, d'où sort un bouquet 
terminal de poils tactiles très courts, précédé de 2 bouquets 
latéraux semblables. Les cirres du 1" et du 2"' segment 
scaphal sortent de 2 protubérances; ceux du 3"" sortent de 
la paroi même du corps. Tous les segments de la scaplie 
f^ont séparés les uns des antres par des dlssépiments ; on y 
observe, entre l'intestin et les parois du corps, de chaque 
côté, des glandes grises en forme de massue contenant des 
corps sphériques grisâtres très petits et des cellules réfrin- 
gentes plus grosses à noyau. Un voile membraneux mince et 
diaphane (fig. 223) est fixé au dos de la scaphe un peu avant 
son extrémité inférieure, recouvrant l'anus qui s'ouvre en 
dessous. Ce voile, haut de 0""", 84, estbordéde 2aà28 petits 
festons ; avant son extrémité inférieure, sur la ligne médiane 
dorsale, il s'y élève un petit cirre long de 0°"°,084, de même 
forme et avec les mêmes poils tactiles que les cirres laté- 
raux des trois 1'" segments de la scapIie. Au-dessous du 
voile, celle-ci se termine recliligne et comme tronquée, ce 
qu'indique bien Claparëde dans sa figure 1. 

La cuticule très mince, irisée, est couverte de stries fines 
se coupant k angle droit. 

Le canal digestif cilié intérieurement comprend : 1° l'œso- 
phage incolore allant de la bouche à l'estomac ; d'abord 
étroifjils'élargit peu à peu; 2° l'estomacd'nnjaunevif commen- 
çant au 4"° segment sétigère, descendant jusqu'au 5"" avanl- 
dernier segment sétigère pour se recourber et remonter en 
arrière ; la portion descendante est moins large et moins 
jaune que l'ascendante; 3' l'inlcstin, étroit, incolore et en 
général rempli de sable, qui fait snile à la branche ascen- 
dante de l'estomac et remonte encore lui-même jusqu'en 
haut de l'œsophage pour redescendre tout droit Jusqu'à 



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Ait DE SAWV-JOaEPH. 

l'anus eo traversant la scaphe. Des ligamenls mésentériques 
très fins insérés sur ta ligne médiane dorsale des parois du 
corps, mainlienneat l'estomac en place. 

Le système circulatoire demande quelques développe- 
ments. Il y a 2 vaisseaux latéraux dorsaux, mais pas de vais- 
seau dorsal médian, comme Rathke (1) pensait qu'il en exis- 
tait un chez VAmp/nlrite (Amphiclene) auricoma O.-F. Mull. 
Je suis là-dessus du même avis que Claparède (2) pour notre 
espèce et que Wlren (3} pour la Pectinaria ùelgica Pallas 
Johnst. Ce qui a pu donner lieu à l'erreur de Rathke, c'est 
que chez les Amphiclene auricoma, comme chez les Lagi» 
Koreni conservés dans l'alcool, il se dessine sur le dos une 
ligne droite longitudinale médiane somhre simulant un gros 
vaisseau. Les 2 faisceaux musculaires longitudinaux dor- 
saux étant séparés l'un de l'autre sur la ligne médiane dor- 
sale, il en résulte que la paroi du corps y est très mince cl 
que cet espace est sombre, ses 2 bords étant colorés en blanc 
par les muscles longitudinaux. De plus, à chaque segment, 
il se détache des 2 vaisseaux latéraux dorsaux 2 branches, 
l'une adroite et l'autre fi gauche, qui, après avoir chacune 
sur leur parcours distribué de nombreux ramuscules dans les 
parois dorsales du corps se rejoignent au milieu du dos en 
formant des anastomoses très fines. Ces anastomoses se diri- 
gent vers l'extrémité inférieure du corps, communiquent 
entre elles el prennent l'apparence d'un petit vaisseau dor- 
sal. Les 2 vaisseaux latéraux dorsaux me paraissent com- 
mencer aux segments 3 et 4, où, bifurques à leur extrémité 
antérieure, ils envoient une branche à chacun des 2 vais- 
seaux latéraux qui, comme on le verra, relient te vaisseau 
ventral aux 2 branchies. De là ils descendeut jusqu'au ^eg- 

(1) Beitrùge lur vergteichcnden Anatomk und Physiologie. Rtisebemerkun- 
gen aus Skandinavien lubst einem Ankange iiber die rûcischreitende MtlainvT' 
phase der Thiere. Dsnzig, in-i, 1842, p. 16. 

(2) Loc. cit., p. 378. 

(3) Om Virkulations-oeh Diyestions-organen hos Anneiider af {amiljmia 
AmphaTetidx, Terebpltidx urh Amphintenidx (K. Svfttëka Viieiak, Ak-nl. 
Handt., in-*, l. XXI, n" 7. 1885, p. 23). 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 413 

ment antéscaphal qui porte les grosses soies dorsales. Outre 
les 2 vaisseaux qu'ils envoient h angle droit vers le dos de 
chaque segment, et dont il a été question plus haut, ils en 
détachent 2 autres ventraux qui se rendent aux pieds. 

Le vaisseau ventral, qui occupe la ligne médiane ventrale, 
sort du plexus circumoral formé par la réunion des petits 
vaisseaux qui parcourent la tête, les tentacules, les cirres 
tentaculatrcs et les glandes ventrales ; il se termine au 
i" des 2 segments achètes qui précèdent la scaphe. Là il se 
divise en 2 branches latérales qui rejoignent les 2 vaisseaux 
latéraux dorsaux dans le segment antéscaphal. Sur son 
parcours, il communique de chaque côté, d'abord dans les 
3"" et 4"' segments, par un vaisseau latéral avec les bran- 
chies, puis à tous les segments suivants, il envoie une branche 
latérale ventrale qui, après avoir, par de petits rameaux, 
fourni du sang aux parois ventrales du corps, se termine 
dans chaque pied où elle communique avec le vaisseau 
pédieux venant du vaisseau latérsd dorsal. De celte branche 
pédieuse du vaisseau ventral se détache un vaisseau aveugle 
qui pénètre dans la pinnule, sous la rangée des plaques 
onciales. Sur les branches du 5°' et du 6°" segment qui, en 
se rendant aux pieds, alimentent le pavillon vibratile des 
2 dernières paires d'organes segmentaires, il s'élève 4 à 
10 petits cœcums hauts de 0°"°,13 sur 0°"°, 048 de large, 
remplis de sang, comme Ralhke en avait vu chez l'^m- 
ji/iiclene auricoma. Outre ces branches latérales, il se dé- 
tache du vaisseau ventral, au 7°" segment (3"' sétigère), 
un vaisseau communiquant avec le sinus péri-intestinal. 
Mais la principale communication existe au 9*°° segment 
(5°" sétigère) où vient se jeter dans le vaisseau ventral un 
gros vaisseau de même calibre, libre et flottant dans le corps, 
qui part du sinus péri-inlestinal à peu près h l'endroit 
où la partie descendante de l'estomac se recourbe avant de 
remonter vers le haut. 

l-'our rendre compte du système circulatoire intestinal, 
je prendrai le canal intestinal dans le sens contraire à celui 



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Ai* DE «Ainii'-J*SGrn. 

qui a été décrit plus haut. A partir de l'anus jusqu'au point 
où, après être remonté vers la partie antérieure du corps, 
il aboutit à l'eslomac, l'intestin contient dans ses parois 
deux lacunes où circule le sang, simulant 2 vaisseaux 
minces juxtaposés parallèles qui fusionnent à l'entrée de 
l'estomac pour former une lacune unique, sous-iolesli- 
nale, plus ou moins grosse et plus ou moins apparente, 
simulant plus ou moins un gros vaisseau et accompagnée 
par places d'un réseau très fin d'anastomoses lacunaires. 
C'est de ce gros sinus sanguin que se détache, à peu de 
distance de l'anse décrite par l'estomac pour remonter vers 
la tête, la branche longue de 5 à 6 millimètres qui l'unil au 
vaisseau ventral au 9"°' segment. A partir de là, le sinus en 
forme de vaisseau est bordé d'un gros cordon composé de 
cellules brunes (chloragogènes?) décrit et figuré par Clapa- 
rède {loc. cit., fig. 1 K). Il remonte vers la tête et, de sous- 
intestinal qu'il était jusque-là, devient latéral et passe sur le 
côté gauche du dos au H"' segment {7°' sétigère), où il a 
O""",-^ de diamètre. Dans le lO"" segment (6"" sétigère), il 
en sort un cœur libre, 1res rouge, long de 3 millimètres sur 

1 millimètre de large, contenant un corps cardiaque d'un 
brun foncé. Passant à gauche de l'œsophage, et inclinant 
ensuite sur la droite, il parvient sur ta ligne médiane dorsale 
dans le ("segment sétigère, puis dans le 2"" branchiffere 
où il se termine. Dans le 1" segment sétigère, il envoie 

2 branches à la 2"" paire de branchies, et dans le t" bran- 
chifère 2 branches à la 1" paire. Wiren donne une figure 
exacte de cette disposition chez la Pectinaria Belgka [loc. 
cit., pi. VI, fig. 9). 

Au-dessus du point où le cœur s'est détaché de l'estomac, 
celui-ci est entouré d'un anneau rose, formé par le sinus, 
auquel fait suite un vaisseau annulaire bien distinct, entou- 
rant la base de l'œsophage à l'endroit où il communique 
avec l'estomac dans le 4°" segment sétigère. De ce vaisseau 
annulaire sort un vaisseau mince ventral et un autre dontal 
plus gros, s'éluvant le long de l'oesophage et tlottant sur la 



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ANNÉUDES POLVCHÈTES DES COTES DE FRANCK. 41 H 

gauche de cel organe, an-dpssus du cœur. lis poursuivent 
leur course dans la direction de la tête, se divisant en petites 
branches qui, aprfes avoir alimenté le segment buccal, la 
bouche, les tentacules, les cirres tentaculaires et le pavillon 
vibralilede la 1" paire d'organes segmentaires, redescendent 
dans le plexus circutnoral d'où sort le vaisseau ventral. 

Ce qui est particulièrement intéressant dans le système 
circulatoire de la L. Koreni, c'est te mode de circulation du 
sang. La transparence des parois du corps, h partir du 
3°" segment sétigère, la couleur très rouge du sang et la 
contractilité de ta plupart des vaisseaux, permettent de 
l'observer sans compression. Les contractions du cœur 
varient de II à 28 par minute, selon les individus ; mais en 
général elles sont de 15 très bien rythmées. Le vaisseau 
ventral a presque toujours 1 1 contractions, et les vaisseaux 
latéraux 6 à 8 par minute. Il n'y a donc pas synchronisme. 
Il est de règle que le sang va d'arrière en avant dans le 
sinus péri-inteslinal, le cœur et les vaisseaux œsophagiens, 
mais contrairement h ce qui se passe dans les autres familles 
d'.\nnélides polychèles (I}, d'avant en arrière dans les deux 
vaisseaux latéraux dorsaux et d'arri^ire en avant dans le 
vaisseau ventral, comme l'a vu Claparède. Au 9°" segment 
sétigère, le sang, poussé d'arrière en avant dans le vaisseau 
ventral, passe en partie dans la branche détachée du sinus 
pérl-intestinal et y descend d'avant en arrière. Au-dessus 
de ce segment, le vaisseau ventral ne se contracte pas, et 
son calibre diminue légèrement puisqu'il contient maintenant 
moins do sang; il diminue encore un peu après l'anastomose 
du 7°" segment (2). 

[)) M. Gravier (Reckerches sur les Phyllodocitns, Bull. se. de la France et de 
la Belgique, l. XXIX, 1697. Tirage k part, p. 6S) observe cependant que, 
chez les Phyllodociens, le sang se meut d'arrière en avant dans le vaisseau 
ventral et en sens Inverse dans le vaisseau dorsal. 

(2) M. Fauvel, dont je ne lj« la nott; à l'Académie des sciences qu'au, mo- 
ment où je donne mon travail & l'impression, pense que la circulalioii se 
fait d'avant en arrière et non d'arrière en avant dans la partie antérieure 
du vaisseau ventral jusqu'à la branche du 9°" segment qui le relie au sinus 
péri-intestinal. 



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4t6 I 

Très souvent, chez des animaux observés sans aucune 
compression, je vois le sang arriver d'arrière en avant au 
cœur qui le repousse par des contractions énergiques d'avant 
en arrière. Quelquefois alors, la direction s'établit dans ce 
sens pendant un certain temps ; mais j'observe qu'à ce 
moment aucun renversement ne se produit ni dans les 
vaisseaux latéraux dorsaux, ni dans le vaisseau ventral. Ce 
phénomène de changement de direction dans les battemimls 
du cœur rappelle ce qui se passe chez les Ascidies. Rathke 
et Claparède avaient déjà remarqué des alternances très 
fugitives, que ce dernier attribuait à la compression. Wiren 
garde le silence sur cette question. 

En résumé, le sang est poussé d'arrière en avant : 1" par 
le sinus péri-inteslinal et le cœur dans les branchies; 2* par 
les 2 vaisseaux œsophagiens dans le réseau des 2 i'" 
segments et de la tête. Il redescend par les 2 vaisseaux 
latéraux dorsaux avec lesquels il est mis en communi- 
cation parles branches latérales branchiales du vaisseau ven- 
tral ; il remonte ensuite dans le vaisseau ventral qui, au 
9"' segment et au 7"', le renvoie en partie dans le sinus 
péri-intestinal où il se dirige vers le cœur. Mais comment 
sera alimenté le sinus péri-intestinal de la partie inférieure 
du canal digestif ? Il est probable que les contractions vio- 
lentes du cœur en sens inverse que nous avons signalées ont 
pour fonctions d'injecter le sang jusque-là. Ce qui semble 
l'indiquer, c'est que le renversement ne se fait sentir que 
dans la circulation intestinale. 

Lorsque l'animal dépérit, la circulation se ralentît cl le 
sang se coagule plus ou moins dans les vaisseaux dont la 
cootractililé diminue. Le sang s'y fractionne alors quelquefois 
en petites colonnettes, comme celles de la colonne de mercurv 
d'un thermomètre qui a reçu un choc. 

La chaîne nerveuse ventrale se voit bien par transparence 
à partir du C"' segment. Non adhérente à la paroi ventrale 
du corps, elle est formée de 2 cordons longitudinaux paral- 
lèles qui s'écarteul un peu l'un de l'autre en truv^rsanl 



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ANNÉLIDES POLYCHËTES DES COTES DE FRANCE. 417 

les ganglions. Dans chaque segment (sauf dans la partie 
antérieure du corps où il n'y en a qu'un), on observe 2 gan- 
glions en avanl et 1 en arrière. De chacun des ganglions 
et duconneclifinlerganglionnairequiles réunit, il se détache 
de chaque côté une branche nerveuse (i). Les ganglions ont 
O'-.lSde largeetleconnectif 0'°~,12. Le ganglion antérieur, 
d'où partent les 2 connectifs œsophagiens, est plus gros 
que les autres. Ces connectifs, longs de 0", 60 sur 0°"°, 096 
de large, se rendent au cerveau bilobé très petit, semblable 
à celui que figure RathkepourrAm/?^(c/e/ieauricoma (/oc. cit., 
PI. V, (ig. 14). Toute cette partie du système nerveux traver- 
sant les muscles longitudinaux et circulaires est dilTicile ù 
suivre. 

Il y a 3 paires d'organes segmentaires. La première, très 
grosse, s'ouvre par un large pavillon vibratite, parcouru par 
des vaisseaux, au-dessus du diaphragme œsophagien qui 
sépare le 1" et le 2°" segment. Ce pavillon est suivi 
d'un canal cilié incolore, long de0'",60, traversant le dia- 
phragme et pénétrant dans la plus grosse branche de l'or- 
gane segmentaire proprement dit. Cetle branche, pendant 
jusque dans le 3°* segment, longue de l'°",20, se recourbe 
en U et débouche à l'extérieur par un canal étroit au-dessous 
de la i" paire de branchies. La 2"°° paire d'organes segmen- 
taires, beaucoup plus petite que la 1", a son pavillon vibra- 
lile fixé à une membrane mince qui est un dissépimcnt 
rudimentaire.il s'ouvre dans le 5" segment (l"sétigère) et le 
«analde sortie aboutit au dehors sous le faisceau de soies du 
6'' segment (2"sétigère) (lig. 213). La 3°" paire, semblable 
à la 2"', a son pavillon dans le 6°" segment et son canal de 
sortie dans le 7*". C'est par les pores auxquels aboutissent 
les canaux de ces 2 paires que je vois sortir les produits 
sexuels. Dans les 3 paires, le pavillon vibratile est inci;- 
iore; dans les i dernières, il est bordé de franges ciliées, 

(1) Claparède [loe. cit., t\g. 1 m) donne une Dgure exacte de la chaîne 
neneuse venlnale d'un st-gment; mais il ne représente pas les brandies 
nerveuiies du connectif inlerganglionnaire. 

AMi. se. NAT. ZOOL. V, 27 



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418 DB UAtnTSftKPU. 

longues au plus de 0°"°,2 et parcourues par un vaisseau en 
anse. Le reste des organes est coloré en brun foncé par des 
cellules de différentes tailles renrermani une ou plusieurs 
concrétions brunes. Les plus petites (fig. 214} ont O^^OId de 
diamètre et la concrétion brune polyédrique centrale a 
0"°',0096 de diamètre. D'autres (fig. 215 et 216) renferment 
2 ou 3 concrétions. Enfin, il y a des cellules beaucoup plu«. 
grosses (fig. âl7) qui contiennent 7 à 8 cellules à une seule 
concrétion. Je vois souvent l'enveloppe de cette grosse cellule 
crever et laisser sortir les petites. 

Entre le diaphragme œsophagien et la scaphe, il n'y a pa» 
dedissépimentet le liquide cavilaire circule librement dan«: 
e corps. Ce liquide contient des corpuscules lymphatiques 
de 0°'",0î35 poussant de fins prolongements pseudopodi- 
ques (fig. 218). Chez les femelles, il s'y ajoute des ovules 
incolores de 0"'°,018 de diam(;tre et des œufs de O^'.O^G 
à C'^tOeS ; chez les mâles, des spermatogonies isolées 
formant bientôt des amas framboises (fig. 219), pnis des 
plaques de spermalocytes grises dt> 0"'°,0(i7 (fig. 220), des 
régimes de spermatozoïdes de 0*°°',OoO à 0—,072 (fig. 221 ■ 
et des spermatozoïdes isolés (fig. 222) dont la lèle a 
0*''.003o. 

Dans les trois 1 '" segments, lorsqu'on ouvre l'animal par le 
dos on observe au-dessous de la chaîne nerveuse ventrale 
une plaque carrée de 1°"°, 5 composée de nombreuses glîindes 
ventrales blanches en forme de massue ou se termioaiil par 
2 on 3 digitations (fig. 224). Les plus grosses, ont 0"".ii de 
haut sur 0'°"°,18 de large. Tout l'amas est parcouru par de 
petits vaisseaux. Ces glandes contiennent un nombre oonsi- 
dérablo de cellules réfringentes ayant 0"'°,020 à 0"",070 de 
diamètre avec un amas protoplasmîque central (fig. 22.i'. 

Deux grosses glandes blanches (fig. 226) se terminant en 
cul-de-sac, longues de 3 à 4 millimètres sur f",» h l'°",20 
de large, flottent dans le corps, au-dessous de la )" paire 
d'organes segmentaires, du côté ventral, débouchant au 
dehors par un pore placé dans le 1" segment branchifère 



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ANNËUDES POLTCHËTES DES COTES DE FRANCE. 419 

en arrière de celui de l'organe segmeolaire. Leurs parois, 
parcourues par de fins vaisseaux, sont formées de fibres 
conjonctives incolores entre-croisées qui sont légèrement 
brunes seulement dans la partie plus étroite de la glande 
(fig. 226, a) qui communique avec le pore externe et par 
laquelle la glande est fixée à la paroi du corps. Elles renfer- 
ment des acioi (Hg. 227) dont les plus long?; mesurent O'^.IS 
de long sur 0"',0o6 de large et des cellules muqueuses, 
incolores, transparentes, sans noyau, de tailles dilTérenles 
(fig. 228, 229, 230), sorlîesdes acini. Ces deux grosses glan- 
des me paraissent donc destinées à sécréter le mucus inco- 
lore et filant dans lequel est baigné en général le corps de 
l'animal. 

Enfin, dans l'intérieur du corps, de chaque côté du 
2" segment branchifère(4°" segment), auprès delà base de 
la branchie et juste au-dessous du petit prolongement trian* 
gulaire ventral dont il a été question plus haut, on dislingue 
une grappe de 6 à 8 glandes incolores ovales ayant cha- 
cune 0'",33 de haut, sur O", 16 de large, renfermant des 
éléments sexuels à divers degrés de développement. Ce sont 
les glandes génitales. 

De la fin de septembre au commencement de mars, épo- 
que où j'ai examiné la fjogis Koreni, presque tous les ani- 
maux sont mûrs et les mflles sont plus nombreux que les 
femelles. 

Je trouve dans la partie antérieure chez deux exemplaires, 
dans l'inlérieur du 2°" segment, un Distome enkysté dont 
la membrane d'enveloppe est épaisse. L'un de ces kystes a 
un diamètre de 0"",23 et conlieiit un embryon recourbé sur 
lui-même ayant des corpuscules calcaires dans ses tégu- 
ments et une couronne de 23 petites dents pointues, d'une 
largeur de 0°'°,00bG à la base et d'une longueur de 0'°",21 
(fig. 231 et 23i). L'autre kysle, plus gros, a un diamètre de 
O^iGS el l'embryon a 28 dents. Ces 2 embryons non ciliés, 
comme ceux du Distoma teretkolle Kud. ou du Neinafobo- 
thrium filarina Van Ben. me paraissaient appartenir a u genre 



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420 I 

Echinostomum Rud. et rappellent soit le D. tcreticolle ((), 
soit le D. bicoronatmn Stoss. (2). 

Je n'observe jamais de Grégannes libres ni dans Tinteslin 
ni dans la cavilé du corps des Lagis Koreni; mais chez 
5 exemplaires je rencontre, dans les 3'* et 5"" segments, fixé 
par un petit pédoncule à la paroi extérieure de l'inleslia, un 
kyste de Grégarine cœlomîque, rond, blanc, d'un diamètre 
de O-^iSB àO^'iTS d'où je fais sortir par compression des 
corpuscules ronds d'un diamètre de O^^jOâl à 0"°',0i2 ren- 
fermant de très petits granules réfringents de 0"",0021. Le 
kyste a une paroi double : l'interne, qui est son enveloppe 
propre et l'externe qui est la tunique de l'intestin. Un de ces 
kystes, d'un noir luisant, est atteint de la décomposition 
charbonneuse signalée par I^ger (3) pour les kystes de 
Grégarines de Si/iunculus nudus\ les corpuscules ronds n'y 
ont plus que 0'",0082 de diamètre et contiennent moins de 
granules. Deux autres fois je trouve fixés, comme les kystes 
précédents, 2 kystes à double paroi qui me paraissent se 
rapprocher de ceux de l'Uros/iora SipuncuH Léger et de 
VÙrospora Synaptx Léger (fig. 233 et 234), atteignant i mil- 
limèlredediamêtre(4) ; ils renferment d'innombrables spores 
ovales immobiles qui ont en avant un prolongement diaphane 
rectangulaire terminé par 2 cornes divergentes et en arrière 
un appendice caudal également diaphane, devenant très liu 
et difficile à apercevoir, environ trois fois plus long que la 
spore proprement dite qui mesure 0",0096 sur 0"',0066 
(fig. 235). Celle-ci a un enlocyte composé de granules 
gris extrêmement fins et nombreux et une double paroi : 
épispore et endospore. L'épispore, mince et transparente. 

(l)Wagener, Beitr. lur Entwkk. der EinijewriilewiiriiuT [yatunrt. Vnh. 
ran de Hvllandsche Maatschappij der Welteiixchappen le Harlem, l. Xltl. I8jT. 
p. 25, et pi. XX, fig. i-51. 

(2) Sloasi»ch, Brani di Etminloloo'H Tergestina (Bolttt. delta Soe. Adrii- 
ticadisciemt natur.in Trieste,l. Vll[, 18SU, p. 113, et pi. [I, lig. t-3;. 

(3) Recherche* sur les Gréjarines {TabUtlts iaotogiquei publiées par 
A. Schneider, t. III. Polliers, 1893, p. 48). 

(4) D'après M. Léger, les kystes de VVrospora SiputKuU ont 2 millimètre» 
de diamètre (toc. cit., p. 46). 



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ANNËLIDES POLYCHËTES DES COTES DE FRANCE. 421 

participe seule aux prolongements aniérieur et postérieur. 

Un de ces kystes a une lâche d'un gris foncé de 0"',i± 
de diamfeire assez semblable à celle que figure Buischli (1} 
pour le kyste du Monocystis du Lombric. C'est peut-être un 
commencement de décomposition c barbon n eu se. Je propose 
d'appeler cette forme de kyste cœlomique pur de drégarine, 
Uros/)ora Lagidis (2). Tous ces kystes, encore adhérents à 
l'intestin, ne sont pas complètement mûrs. Les S premiers, 
dans un état moins avancé que les 2 aulres, ne renfer- 
ment pas encore de spores et les 2 autres en contiennent 
chez lesquelles les sporozoïtes ne sont pas encore déve- 
loppés. Cette Urospora est la 1" qui ail élé signalée chez 
un Annélidc polychèle. 

Levinsenvoudraitdistinguer de l'espèce de Malmgren celle 
de Von Marenzeller et lui donner le nom de Pectinaria robusta. 
Mais les diiïérences qu'il indique, portant sur le nombre et 
le plus ou moins d'épaisseur des palées et des soies anales, 
mo paraissent insutTisantes pour créer une espèce nouvelle. 

Mers du Nord. Manche. Atlantique. Méditerranée. 

FAIBILI.lt WtTM TÉU.'ÈnWil.f.W.K* Gr. Mgr. rev. 

Sons-ramiile des Amphltrltea Mgr. ( Ter ébel liens branchies 
et Bétérotérébelllens Qfg ). 

Genre AMPHITRITE 0. F. Miill. Mgr. jïu., Von Marenz. 
char. auct. 

Ahpuitbite Joiinstom Mgr. (3). 



(I) Bronn. Proloioa, L. 1, 1880-<662,p. S41, etpI.XXXUI, lîg. 43. 

(2i Le genre Vrosporii a été éUblt par Aimé Schneider en ie7!i pour la 
Gieg-irina Xtmertis Kùll. ; peut-être faudrait-il en changer le nom, déjà 
employé par J.-Ë. Areschoug en 1366 pour un genre d'Algue marine de la 
famille des Ulotrichiacées (J.-E. Areschoug. Observatwnes phycotogicx. 1. 
De Confervaceis rtonnullU. Jïoiia Acla Soc. Scienl. Upsata, t. VI). 

(3) Xord. hafs Ann., p. 377, et pi. XXI, Hg. 51. 



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432 DE SAIMT-JOSEPB. 

Trouvée au Croisic, en bas de l'estacade, se creusant des 
galeries dans le sable demi-vaseux. 

Le corps, donl Malmgren donne une très bonne figure, 
long de a centimètres au plus sur 12 millimètres de large 
en avant, est de couleur gris&tre et légèrement teinté de 
jaune chamois. 

Derrière la tête du côté dorsal sortent du sillon tentacuU- 
fère de nombreux tentacules blancs assez courts. La région 
thoracique qui y fait suite comprend le segment buccal 
achète, puis t segments achètes et 24 sétigères (un exem- 
plaire en a 25). Au 5°" segment (2°" sétigère} commencent 
les tores ventraux uncinigères qui ne sont pas rougis par 
le sang chez l'animal vivant. Aux segments 3-20, soit à 
18 segments, on distingue de chaque côté du corps une 
papille disposée comme chez VAmpMtrile Edu-arsi Qrg. (1). 
II y a 13 écussoas ventraux rectangulaires et 3 paires de 
branchies très rouges semblables à celles de l'A. Edwarsi. 

Les soies dorsales des 24 segments séligères thoraciques 
sont lesmëmes que celles quej'ai figurées pour l'A . Edwarsi 
avec le limbe strié un peu moins large auquel succède une 
pointe mince finement dentîculée. Les plaques onciales sont 
en rangée unique rétrogressive aux 6 1"* segments uncini> 
gères et en rangée double engrenante aux suivants jusqu'à 
l'abdomen. Ellles ont chacune un ligament fixateur et la 
forme en est la même que chez l'A. Edwarsi. 

La région abdominale se compose de 87 segments et du 
segment anal achète avec anus terminal. Les soies dorsales 
disparaissent et il n'y a plus, comme chez l'A. Edwarsi, que 
des pinnules ventrales avec une seule rangée rétrogressive 
de plaques onciales plus pelites qu'au thorax ayant un liga- 
ment fixateur et des soies de soutien. 

Les organes segmentaires sont en même nombre que les 
papilles. 

(1) Voir sur Y A. Edwnni : Ànnêl. polych, des cales de Dinard, 3" partie 
(^nn. des se. nat., 7°" série, t. W'Il, p. 166 à 198; pi. Vil, fig. SO'-âUS, et 
pi. VIII, fig. 209-223). 



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ANNËLIDES POLYCHËTBS DES COTES DE FRANCE. 423 

Sauf tes poials indiqués ci-dessus, tout ce que j'ai dit de 
l'A. Edaarsi s'applique à l'A. Johnstoni. 

Je rencontre une fois une Nychta cirrosa dans la galerie 
d'une A. Johnstoni. 

Mers du Nord. Manche. Méditerranée (1). 



Genre PISTA Mgr,, Von Marenz. char. auct. 
Pista cretacea Gr. (2). 

PUTA CRETACBA VoB Mareoieller, Zur Kenntnin Adriatacher Anneliden 
IW^ Beitmg : Ttrtbellen {Silt. der k. Aka-K der Wu». :a 
VUen, t. LXXXIX, ISHt, p. ISg, et pi. It, Bg. I). 

— — Meyer, Sliidi'n Uber dtn KOrperbau der Anneliden {ilillh. au* 

der Zool. ital. lu Neapel, t. Vil, I8«T, p. IU3, C31, 637, ftSB). 

— — Lo Biaoco. Gli Annelidi tubicoli trovali nel gotfo di Napoli 

iAUi deU Aecad.delU leitnze di Napoli, in-t, I393,)>" sèri«, 
t. V, p. 63}. 
TmiBELLAEHUALiitA Q[g.'Quatrcragei>, llùl. nal. de* Antul.. LH. p. 3ài, et pi. XIV, 
flg. 1-9. 
— — Grube, Bemerk. ilber Annel. dei Pariser !llii*eunu '.AreMv /Dr 

Nalurg.. 1370, p. 3Î3). 

PI. XXIll.rig. 236-2:49. 

J'en trouve plusieurs exemplaires complets à Saint-Jean- 
de-Luz près de Saiote-Barbe el à la pointe de Saiote-Anne, 
habitant, entre les pierres, des tubes de sable h peine con- 
sistant entremêlé de petites coquilles. 

Le corps des animaux adultes a 180 segments en tout, 
25 centimètres de long sur 5 millimètres de large dans la 
partie antérieure du thorax, puis 4, 3, 2 et {"".SDàla fin de 
l'abdomen où s'ouvre un anus terminal dans le dernier seg- 
ment. Un exemplaire atteint 35 centimètres avec 183 seg- 
ments. La région thoracique est d'un superbe rouge vio- 
lacé sur lequel tranchent du côté ventral 17 gros écussons 
rectangulaires d'un blanc crayeux, plus larges que hauts. 

(1| OrUndi, Dialcuni Annelidi del lUediterratuo {Attidtlla Soe. Ligvstieadi 
sciente nalur. e geogr., t. VII, 1896. p. 14iS-162). 

(2) Tercbetla aetacea. Grube, fiMcAr. neuer oder wenig bekajmt. Annel. 
{.\reh. fiir fialurg., 1860, p, 95, el pi. IV, fig. 5). — Ein am/btg naeh Trieit 
und dem Quantero. Berlin, 1861, p. 8S. 



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424 DF, «AINT-JMEPH. 

La partie antérieure de l'abdomen esl grise sur le dos et sur 
les côtés cl brune sous le ventre où viennent aussi trancber 
des écussons rectangulaires d'un blanc crayeux (I) très 
étroits, beaucoup pins hauts que larges, faisant suite à ceux 
du thorax et superposés les uns au-dessus des aulres, un 
par segment, dans un canalicule veniral élroK. La fin du 
corps est d'un rouge pâle el tous les pieds des 2 régions 
d'un rouge très viT. Partout la peau du dos est crevassée. 

Le lobe céphalique se prolonge en une lèvre supérieure 
élevée derrière laquelle naissent de nombreux tentacules 
jaun&lres ciliés, suivis du repli postérieur de la tète sans 
yeux. Les 3 i"* segments sont achètes. Le 1" (buccal) très 
étroit, forme lèvre inférieure du côlé ventral; le 2"' a 2 lobes 
ventraux presque triangulaires qui se dressent devant la 
bouche; le 3°" a aussi 2 lobes qui sont en demi-lune el 
s'avancent beaucoup moins sous le ventre. 

Il y a 3 paires de branchies dorsales d'un rouge vif ciliées. 
La I" paire, qui est de beaucoup ta plus imporlanle, 
s'élève sur le 2°" segment. Ayant l'apparence d'une houppe, 
elle a S millimètres de haut, dont 3 millimèlres pour le 
pédoncule qui se bifurque en 2 grosses branches se subdivi- 
sant elles-mêmes en 3 rameaux dont l^s très nombreux 
ramuscules dichotomiques se terminent par une rourch& 
courte el tronquée. Ou bien avant l'extrémité bifurquée du 
pédoncule, il sort de celui-ci 2 grosses branches avec 
rameaux et ramuscules. La 2°" paire, plus courte, esl placée 
au dos du 3"°' segment (2) et la 3"' paire, encore plus courte, 
au dos du 4*°' où commencent les soies. 

Au 5"° segment apparaît la 1" rangée de plaques onciales 
placée sur une ligne transversale blanche entourée d'un 
limbe brun foncé. 

(I] C'est A cette coloration «les écussons que la Pista crelacfa me sem- 
blerait devoir mériter son nom, Grube le lui avait donné parce que le dos 
de !ton exemplaire unique, incomplet, était couvert accidentellement de 
mucus solidifié blanchâtre. 

(2) A l'un des exemplaires, une des branchies de cette paire est en voie 
de réd intégration. 



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ANNÉLIDBS POLYCRËTES DES COTES DE FRAiNCE. 425 

Od observe 13 paires de papilles du 3"* au I5°" segment 
dont les 3 t'", surtout la 3"*, beaucoup plus petites que les 
autres. La 1" et la 2"' sont placées aux 3" et 4"' segments 
sous la tige des branchies ; la 3°" el les suivantes, sous les 
faisceaux de soies. Les plus fortes ont un diamètre de 0"",39 
el sont parcourues par un canal de 0°",020de diamètre qui 
sert de débouché aux organes segmenlaires. 

Il y a 17 segments séligères au thorax dont 16 uncini- 
gères. Les soies sont en général au nombre de 34 à chaque 
faisceau, toutes limbées, dont 17 grosses, larges et légère- 
ment courbes, et 17 beaucoup plus courtes el plus fines. 
Les plaques onciales des 3 1°" segments uncinigères ont un 
très long prolongement chitineux, fragile et strié à la partie 
postérieure de la base. Ce prolongement va progressivement 
en diminuant de longueur pour disparaître à peu près com- 
plètement aux derniers segments (horaciques. De la saillie 
latérale qui est très marquée, part un ligament fixateur épais 
sur lequel se distingue bien l'impression en fer à cheval et 
qu'on retrouve à toutes tes plaques des segments thoraci- 
ques. Vues de côlé, les plaques onciales tboraciques ont 
2 crêles au verlex ; vues de face elles oui, au-dessus du 
croc principal, une 1" rangée transversale de 3 dents, puis 
une i" de 7 à 8 denticules et une 3°" de 12 à 14 plus petits. 

Aux segments abdominaux, les pinnules sont moins sail- 
lantes que les mamelons des faisceaux séligères de la région 
thoracique. Les plaques onciales, qui n'onl plus de ligament 
fixateur el manquent complètement de prolongement pos- 
lérîeur à la base, sont accompagnées de soies de soutien ; le 
nombre des dents et denlicules y augmente progressivement 
à mesure qu'on se rapproche de l'exlrémilé du corps où elles 
ont, vues de face, une 1" rangée do 6 dents el 5 à 6 
rangées superposées de denticules en quantité trop considé- 
rable pour qu'on puisse les résoudre d'une manière cer- 
taine (I). 

[l]VonMarenzeller([oc.ci'f.,pl. Il,rig. < b, 1 c, I ») ligure trèsexactement 
les plaques onciales tboraciques et abdominales et je ne pourrais que re- 



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426 DE SAINT-JOSEPH. 

Les plaques onciales thoraciques sont disposées en rangée 
simple rélrogressive aux sept \"' segments uacinigères, 
ce qui est une particularité très exceptionnelle et doit Taire 
changer la diagnose de l'espèce. Les segments uncinigères 
9-16 ont tous une rangée alternante très faiblement en- 
grenante. Mais le segment uncinigère 8 offre une grande 
irrégularité. Ainsi chez un exemplaire il y a 1 rangée 
simple au tore gauche et 1 rangée alternante au lore 
droit, ce qui est un cas de croissance asymétrique, el chez 
un autre il y a 1 rangée simple au lore gauche, tandis qu'au 
tore droit, en voie de formation, une partie seulement de 
la rangée des plaques est restée simple, et le reste de la 
rangée est allernante. Les plaques onciales abdominales 
sont en rangée simple rétrogressive. 

Le tissu clypéal s'arrête au 1 3"' segment sétigère. Le dia- 
phragme œsophagien est appliqué contre les parois du corps 
entre le 5" et le 6'' segment {V et 3"' séligères). 

L'œsophage a'élend du l"au )0°" segment sétigère, 1*68- 
lomac glandulaire du 1 0°" au 1 7*" et l'estomac cbitineux du 
17"* (dernier Ihoracique) au 4"°' abdominal, où commence 
l'intestin. Je ne vois pas d'anneau vasculaire au point de 
jonction entre l'œsophage ef l'estomac glandulaire; la base 
du cœur est appliquée directement sur la partie inférieure 
de l'œsophage. 

Les organes segmenlaires sont au nombre de 13 paires 
dont 3 petites, surtout la 3"', en avant du diaphragme 
œsophagien, aux 3"', 4"" et 5"°' segments, et les 10 autres 
aux segments 6-1 5. Ces dernières, de grande taille, en forme 
de poche {(îg. 236}, se terminent à l'extrémité antérieure par 
un canal entouré probablement d'un pavillon vîbratile que 
je ne découvre pas et s'onfonçenl par leur exlrétuilé posté- 
rieure dans les parois du corps pour déboucher au dehors 
à la base du pied dans les papilles dont il a été question plus 
haut. La grosseur de ces papilles répond bien & l'Impor- 

produire ses dessins, en ajoutant toutefois un li);anient fixateur à U 
figure 1 c représentant une plaque du 7"* segment sétigère. 



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ANNËLIDB5 POLTCHÈTBS DES COTES DE PBANCE. 427 

lance de chacun des organes segmenlaires. Les œufs sont 
rouges. 

Dans le liquide cavitaire, circulent des amas d'amibocyles 
incolores (I) qui se détacheol les uns des autres, ayant alors 
environ ©""jOOTS de diamètre et contenant des granules io- 
CDlores(fîg. 237). Ils émettent des p&eudopodes{fig.238)etme 
paraissent jouer un rôle phagocylaire, englobant de gros 
granules bruns réfringents qui sont probablement des pro- 
duits d'excrétion ; h cet état, ils ont un diamètre de O^'iOS 
(fig. 239). 

La Terebella Emmalina Qfg., trouvée par Qualrefages à 
Guéthary répond, sauf quelques détails de coloration, à la 
description que j'ai donnée ci-dessus de la Pista avtacea. 
J'ai constaté, sur l'exemplaire du Muséum, le long pro- 
longement de la partie postérieure des plaques onciales an- 
térieures propre au genre Pista. 

Méditerranée. 



«ENBE THELEPUS Leuck. Mgr., sensu ampl. Gr. (LUMARA 
Stimps., VENUSIA Johnst.. NEOTTIS Mgr., PHENAC.IA 
Qfg., HETEROPHENACÏA Qrg., TIIELEPODOPSIS Sars). 

Tdelepus ciNCiNNATus Fabp. (2). 
PI. XXIII, ng. 240. 

Dans des paquels d'AvicuIes dragués au large de Cor- 
douan par 70 à 80 mètres de fond. 

Le tube sinueux est formé d'une membrane jaunâtre, co- 
riace, recouverte de sable et de vase. Le corps lisse, très 
fra^le, d'un rose orangé plus clair sous le ventre, sans au- 
cun dessin sur la peau, comme l'avait constaté Langerhans 

(1) Voir pi. XXII, fig. 219. 

(2) Voir pour la bibliographie et la synonymie : Von Marenzeller, Zur 
Kenntnif* der Adrialisehen Annetiden, lll^' Beitrag : Terebellen {Sitib. der K. 
Akad. der Witi. tu Wien, 1B84, t. 89, p. Î05). — Y «jouler : Lo Bisnco, G/i 
Annelidi tubicoli Irwati net golfo di .\apoli (Atti delV Aecad. dette tciense Ji 
Xapoli, 2« série, l. V, 1893, in-4, p. 57). 



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428 DE SAIN1--40aEPH. 

chez la Phenacia terebelîoides Qfg. {T. cincinnatus), se rompt 
racilement el je ne puis avoir qu'un exemplaire complet 
de 20 millimètres de long sur 2 millimètres de large ; c'est 
uo jeune. Pour les autres, qui onl 5 milllmèlres de large eo 
avant, je n'en obtiens que la partie antérieure longue de 
8 centimètres environ avec 30 segments sétigères, les seg- 
ments suivants manquant. Ils renrerment de gros osufs rouges 
d'un diamètre de 0"°,38. 

Les tentacules, épais el longs (4 à 5 cent.), au nombre de 
30 environ, sont parsemés de points rouges ainsi que l'indi- 
quent Dalyell pour la Terehelta conchilega [Thelepus cincin- 
nalus) el Jolmston pour la Venusia punctata iohti&i. [T. cin- 
cinnatus). Les yeux, très nombreux sont disposés sur 2 ran- 
gées. Le r'et le 2°" segments sont achètes; le 2"' porte 
la l'° paire de branchies cirriformçs plus rapprochée du 
ventre que la V" paire, qui est placée sur le 3°" segment 
(f'sétigèrej.'Les branchies, moins épaissesque les tentacules, 
sont de longues lanières colorées en rouge vif par le sang. 
A la 2" paire, il y en a environ 20 de chaque côté séparées 
par un petit intervalle au milieu du dos. Chez l'exemplaire 
jeune, elles sont très petites et en nombre peu élevé (2 ou 3 
de chaque côté fi ctiaque paire). Les soies dorsales, toutes 
limbées, persistent pendant 32 segments cliez le petit exem- 
plaire et sont suivies de 42 segments non séligères. Le 
4°" segment n'a plus de branchies et n'a encore que des 
soies dorsales. Les lores uncinigères apparaissent au 5°" seg- 
ment (3"* sétigère) pour persister jusqu'à la fm du corps. 
Les plaques onciales sont disposées à tous les segments un- 
cinigères en rangée unique rétrogressive. Vues de côté, 
elles ont la forme propre au genre : base très massive en 
forme de sabot terminée en avant par un bouton arrondi, 
2 crêtes au vertex. Von Marenzeller en donne une bonne 
figure [loc. cit., pi. 1, fig. 6). Vues de face (fig. 240), elles 
ont 2 deots supplémentaires dominant la dent principale 
et surmontées elles-mêmes d'une dent médiane assez forte 
accompagnée de 2 petits dcnticules latéraux au-dessus 



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ANNÉUDUS POLYCHËTES DES COTBS DE FRANCE. 42!) 

desquels il y a une 3°" rangée de 4 ou 5 denlicules 
Irop petits pour former une 3"° crèle au vertex lorsqu'on 
examine la plaque de côté. Dans les segments qui font suite 
aux segments sétigères, les tores uncinigères sont portés sur 
des pinnules saillantes et les plaques onciales ont des soies 
de soutien. Les écussons ventraux sont très indistincts. 

Il y a une petite papille percée d'un pore de sortie pour 
les organes segmentaires au segment 4 en dessous du 
faisceau sétigère et aux segments 5, 6 et 7 entre le faisceau 
séligére et le tore uncinigère. 

Océan Glacial Arctique, Mers du Nord, Manche, Atlanti- 
que, détroit de Davis, Méditerranée. Dragué par le Knigkt 
en-ant à 987 mètres de profondeur, et par le Caudan h 
400 mètres dans le golfe de Gascogne. 

FAHIE.L.E DE» SEKPULIENii Burm. (Gr. Annul. Semper. 
char, emend.). 

TBIBU ne» SABBLLIDES. 

Genre SPlfiOGRAPHIS Viv. Qfg. rev. Clpd. char. aucl. 

Smrograpuis Spallanzanh Viv. (1), 

ScmCHiiijtrias Spallanianii VIt. ClaparèJe, Suppl. aux Annd. du golfe de NapUi, 
p. I3U. — llecherclies sur la tlruclure de» Annél. 
aédentairet, 1871, îd-I, p. 10, 13, 19, 3I-3.1, 47, t9, 61. 
â4,â7, :>S, 611, 7n,7B,9t, 90,97,101, 103, 108, 113, 130, 133, 
133, el pi. 1 à V. 

— — Grube, tiemerk. ûber Annel. da Pariser Mtiteumt 

{Archiv far Salurg., 1870, p. 339i. 

— — Mariou, Élude des Annel. du golfe de Mantille {Ann. 

des te. nal.. G°» série, t. U, tS7j, p. 01). 

— — Jaquet, Reeherehea $ur le système vasculaire des Annét. 

IMilth. uus der Zool. tlal. lu Keapel. t. VI, Iggà, 
p. a:.9, et pi. XXr, fi^. 67-70). 
_ — May er, S (udirn Mer denKOrptriau der Annel. /'"-Beitrag 

(MiHh. aus der Zool. stat. zu Neapet, t. VU, 1887, 

{!) Viviani, Phosphoreseentia maris, eU., Gennx, in-4, 1803, p. 14, el pi. IV 
el V. — Voir pour la bibUoj^raphie : Claparède, Annét. chétopode» du 
S/olfe de Saples, p. H'6, et pi. X.\.X, lig. 2, el y ajouter les ouvrages ci- 



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430 DK «Ainrr-josBPB. 

p. 7lft, et pi XXll, lig. IM!. pi. \X[\\, ûg. 0, pi- XXVI, 
Bg. 16-11). — II"' Beitratlttid., t. Vlll, I8S8. p. t7K, 
485. toi. &I0, 611, Sn. hiO, UO, iH. 547, âSI, &ST. 
S74, OU), el pi. XXV, Qg. U-19). 
Spinoqrapbis SPALLitniAint Chigi, Organi eicrelori e glanilole lubipw^ itVtStipu- 
tacet, Foligno, IS90, IdS, p. ÎS-31, 69-71 ; pi. III. 
IV. X ea EUlier et pi. XIV, ag. 4-6. 

— — SoulUr, Ètudfs tm- qaelqur* point* dr Panatomit ém 

Annél. tideiUairet d^ la région de Cellt, 1891, iii4. 
p, Î9, 34, 47. SI, G4. 67. 107, ISS, 140, 1»0, Î3S ; 
pi. I. eD entier, pi. II. Hr. i-J.6. Il, 16. 17. 18, pi. III 
et IV, ea eutier, pi. V, ùg. 1, pi. VI, tlg. 4, 1, 9, 11, 13, 
pi. VII, fig. 1-g, pi. X, Or. 3, b. 10. 11. 

— — Lo Bianco. Gli Annel. lubtcoli trovati ntl çolfa rfi Napoli 

[Alti delTAccad. délit acîeuse di Napoli, !■• iér., t. V. 
1893. p. 73). 

Trois exemplaires entiers trouvés au Croisic, à Pen-bron 
et un incomplet dans un dragage, près de l'Ue Dumet. 

Ceux de Pen-bron habitent des tubes semblables aux tubes 
de la Sabella Pavonina Sav. sortant du sol entre les pierres, 
se dressant tout droits et n'émergeant pas en entier hors 
de l'eau aux plus fortes marées. Le plus long de ces tubes 
mesure 60 centimètres de long sur 1 centimèfre de large 
à l'entrée, el renferme un animal de 26 cenlimèlres de long 
en tout dont 6 centimètres pour les branchies sur 8 milli- 
mètres de large au thorax el 1 centimètre h la région abdo- 
minale. Les segments sétigères thoraciques sont au nom- 
bre de 7 (1) el il y en a 151 à l'abdomen, qui se termine par 
une partie régénérée longue seulement de 3 millimètres 
avec 45 segments très serrés, et n'ayant plus que 3 milli- 
mètres, puis 2 millimètres, puis 1 millimètre, et enfin 0",5 
de large. Au 125°" segment abdominal, il y a 1 seul pied 
& gauche et 2 à droite. 

Le corps est d'un brun sombre du côté ventral et gris 
du côté dorsal. La collerette quadrilobée est d'un beau 
violet foncé; les 2 lobes ventraux sont blancs en dessous 
avec quelques papilles blanches disséminées du côté qui est 
rabattu sur le ventre. Les 2 lobes latéraux se relient du côté 

(0 Des exemplaires d'Alger, de la collection du Muséum, ont presque 
tous 8 segmenU thoraciques comme les exemplaires de Olap&rède du 
golfe de Naples. 



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ANNÉLIDES POLYCUÈTES DES COTES DE FBANCE. 431 

dorsal à 2 gros soutiens de branchies, colorés en violet, 
beaucoup plus importants que chez la S. Pavonina, s'éten- 
dant de la base de chacun des lobes branchiaux, de chaque 
côté de la ligue médiane dorsale, jusque sur le 1" segment 
séligère thoracique. 

Les branchies des 2 lobes branchiaux sont colorées en 
brun, blanc, violet et orangé, formant des zones successives 
superposées; les barbules ont la coloration de la zone dont 
elles dépendent. Le lobe branchial droil ressemble à celui 
d'une Sabella, et décrit à peine un commencement de spire, 
il se compose de 54 branchies. Le lobe branchial gauche, 
qui en a 260, décrit 5 leurs de spire. La lèvre inrérieure 
accompagne la base du lobe au-dessous des bourrelets bran- 
chiaux et de la membrant^ palmaire, jusqu'en haut de la 
dernière spire. Les branchies du lobe branchial simple sont 
aussi longues que celles qui partent de la base de l'autre 
lobe branchial avant qu'il ait commencé à décrire ses 
spires. Chaque branchie a un axe de 4 cellules cartilagi- 
neuses, et chaque barbule un axe d'une seule cellule de 
même sorte, comme chez la S. pavonina. Longues de 6 cen- 
timètres, garnies d'environ 720 paires de barbules ciliées 
de 1°"°,20 en moyenne, les branchies se terminent par une 
partie nue, longue de 0°'°',35 à O^-tÔO avant laquelle les bar- 
bules sont plus courtes. Il y a donc environ 1440 barbules 
par branchie, aoil pour 314 branchies, un total de plus 
de 4oO 000, et, comme chaque barbule a au moins 2 400 cils 
vibraliles longs de 0°"",03, le nombre de ces cils, sans comp- 
ter ceux des lèvres, des palpes, des bourrelets branchiaux 
de la membrane palmaire, de la rainure intérieure des 
branchies de chaque côlé de laquelle s'élèvent les barbules 
branchiales, dépasse un milliard. On comprend donc la puis- 
sauce de tout cet appareil vibratile. 

Loeb (1) a observé que l'animal tournait l'axe dcsonen- 

(1) Loeb, On Ihe in/luence of txght on the periodical depth-emigration of pe- 
iagic imimati {Buli. of the V. S. commission of fish and Htheriei, l. Xllt for 
181)3. Washington, 1894, p. 66). 



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432 DE SAIlVl-dOSEPa. 

loDnoir branchial parallèlemeat aux rayons de lumière. 

Les palpes, plus courts que chez la S. pavonina, mesurent 
seulemeul 4 millimètres de long. 

Le 1'' segment thoracique n'a que des soies dorsales à 
large limbe, finissaol en pointe fine, 100 environ à chaque 
faisceau; les 6 autres segmenis Ihoraciques ont en outre 
des tores uncinigëres ventraux avec 80 à 85 crochets avi- 
culaires hauts deO*"*,12 accompagnés chacun d'une soie ea 
pioche. Il y a uqc tache pigmenlaire violette à l'extrémité 
de chaque lore du côté ventral. L'interversion se produit au 
1" segment abdominal où les soies limbées deviennent ven- 
trales, et les crochets aviculaires, au nombre de 55 à 60, de- 
viennent dorsaux et sont suivis d'une tache violette du côté 
dorsal. 

Sauf au 1" segment thoracique, les segmenis Ihoraci- 
ques ont un écusson ventral, épais, rectangulaire, large de 
7 millimètres sur i-",25 à i-'°,50 de haut. A l'abdomen 
ces écussons sont partagés en i parties égales de 3"'',5 cha- 
cune par le sillon copragogue qui, partant de l'extrémité infé- 
rieure du corps, s'arrête avant le 1" segment abdominal qu'il 
coupe obliquement sur la droite pour passer du cAlé dorsal 
où il n'est plus apparent. 

Le S. Spallanzanii a été décrit si souvent que Je n'entre 
pas dans d'autres détails, pour lesquels je renvoie à ceux 
donnés par tant d'auteurs, et à ceux que j'ai donnés moi- 
même pour la S. pavonina (1), qui ofTre tellement de res- 
semblance avec le S. Spallanzanii. J'ai voulu seulement, par 
cette note sommaire, montrer que l'espèce de l'Océan ne dif- 
fère pas de celle de la Méditerranée. 

Uu autre exemplaire a 24 centimètres de long dont 4 pour 
les branchies sur 8 millimètres de large, 9 segments Iho- 
raciques et 242 abdominaux. Le lobe branchial gauche dé- 
crit 4 tours de spire. Le 45"° segment abdominal de gau- 

(i) Le* Annéf. polijch. des côtes de Dinard, 3"' partie (Ann. des k. nal.. 
7» série, t. XVtt, p. 261 à 283 ; pi. X, lig. 279-282, et pi. XI, lig. ^3- 



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ANNËLlDeS POLYCHËTBS DBS COTES DE FRANCE. 433 

che répond aux 45°" et 46"' de droile el le 134"* de droite 
aux 134- el Ï35"' de gauche. 

Un exemplaire plus petit a 14 centimètres de long dont 
3 centimèlres et demi pour les brancliios sur 5 millimètres 
de large, 8 segments Ihoraciqucs et 195 segments abdomi- 
naux. Le lobe branchial droit décrit 3 tours de spire. 

L'exemplaire incomplet de l'Ile Dumet a 8 segments tho- 
raciques et 4 tours de spire au lobe branchial gauche. 

Chez ces 3 exemplaires le sillon copragogue s'arrête avant 
le 1" segment abdominal. 

On voit que dans cette espèce, comme on l'avait déjà cons- 
staté, il y a variation dans le nombre des segments thora- 
ciques, dans la position du lobe branchial en spirale et dans 
le nombre des spires. 

Sur les branchies d'un des exemplaires, je trouve un Sabel- 
iip/ii/tis Sarsii C[pii . {!). 

Méditerranée. Atlantique. 

Genre MYXICOLA H. Koch (fide Gr. et Clpd.) [Eriogra- 
phis Gr., Arippasa Johnsl.) char, emend. [ind. Leplochone 
Clpd.). 

Hyxicola iNFu^DiBULUK Renier (2). 

Jlï.itcoLAinpuNDiBiii.Dit Renier. Grjbe, DieiiaelLuisin \mdihreMeeretfauna.^re>\a\i, 
ISfif, iD-8, p. 89. — Milth. ûber SI Malo und liotci-ff uail 
die dorlige Heeres-beaondeit die Anntlidenfaunn {Abhand. 
der SchUi. gaeUs.. I8S9-:!, p. 1 13). 

— — De Lacaie-Dulbterr, A propos de la ilalioti des Chslaplires 

el de» Myxicolei tur la plage de Rotcoff el de Sl-Poi-de- 
léon {Arch. de xool. expinm., t. 1, 1872, p. KXiii). 

— — Clapdrède, Recherchée lur la ilructure dta Annét. Hdfnt, 

in-t, 1873, p. tS, 31. Ki, 69, 73, Sa, 94, 96, 97, 100, 101, 103. 
117, I30-I3t, et pi. VI vt VU, eo entier. 

— — -Me Intosh, On the arrangement and relation» of Ike great 

(1) Voir Annél. potych. des côtes de Dinard, 3" partie {Ann. des se. nat,, 
■;■" série, t. XVll, p. 266). 

(2) Terebella infundibutum Renier, Tav. alf. d. Conch. adriat., pi. XIII, 
n» 379,18(14 {ftde Meneghini) — (/We Clpd.). —Je regrelle de ne pas atlribun- 
cette espèce à Montagu, qui le premier l'a bien décrite, et de donner In 
priorité à Renier sur des indications bien insuffisantes. — Voir pour la 
bibliographie : Claparède, Suppl. aux .\nnél. du golfe de Naples, 187< . 
p. 141, et pi. XIV, 11g. 2, et y ajouter les ouvrages ci-joints. 

.»HN. se. SAT. ZOOL. V, 28 



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Ai* DF. KAlNT-JOSEPa. 

ntrve cards in Vie marine Annel. [l'rocted. ofthi R. Soe. of 
Edinburgh. 1816-*:, p, .180). 
MTX'COLJti\rL*M>tBDU:aCo»mo«ici, Glandes génilalei et organa itgmentairei de* 
Atmél. poUjcIi. \Arch. de tool. expirim., t. Vllt, \Vi9m. 
p. 3», et pi. XXVU, ng. I). 

— — Pruvot, Reelùicliet anal, tt morph. sur U tyil. nerveux da 

Annel. poli/ch. {Aich. de %oot. expérim., 1"° strie, 1. III. 
I8S&, p. 318, et pi. XVI, Gg. i-8]. 

— — <:unoiogham. On tcnt points in the onaL of Polych. [Qaait. 

micros, journ.. dot. 1887, p. 27Î). 

— — Meyer, Sludien aber den Kôrperbau dtr Anntl. IViilh. aui 

lier ZooL slal. :u Seapel, t. VII, 1881, p. Il», pi- XXII, 
Bg. 13-H, pi. XXIII, fig. 10, {.1. XXIV, ng. e, pi. XXVI. 
Bg. 18-îl. - Ibid.. t. VIII, 1888, p. il», 485, (01, 403, MO. 
&I4, 517, S1D, b3». S3.i, 538, 530, 5(5, 5(7, .'Vôl-55.1, 559, 561, 
570, 571, 57(, 378, 581, 585, 587, et pi. XXV, &g. 3, 31-1(). 

— — BeauDif. L'évolution du systhne neroeux {hevue tcient.. 

3<°* lërie, t. XVI. ISBg, p. 367,. 

— ~ Cbigi, Orguni eiti-etori e gtandoU tubipart délie Srrpulacee, 

PoligDO, T890, iB-8, p. 43-(9, 75-T6, et pi. VI co entier, 
pi. XII, fig. 1-7, pi. XIV, flg. 1-3. 

— — Soulier, Éludes iur quelques pointa de ranat. des Annil. 

tubicoUs de la région de Celle, 1801, in-B, p. 48. 71. 1(0. 

— — Cuèitot, Études tur te sang el les glandes tgmfjhatiquri dont 

ta série animale : Invertébrés {Arch, de zool, erptrim.. 
S" »*rie, t. IX, 1891, p. 417). 

— — Lo BisDCO, au Annel. lubicoli troeali ntl golfo di Kapoli 

{Alli deir Accad. délie acienxe di Napoli, î»' série, t. V, 
IHOit, p. 79). 

PI. XXm, fig. 241-247. 

Grube signala le premier la présence de la M. infundibu~ 
lum à Penpoull où iVI. de Lacaze-Duthiers lui en donna uu 
exemplaire. Presque en même temps, M. de Lacaze-Duthiers 
donna d'intéressants détails sur le gite et les habitudes de 
ce bel Annélide que j'ai retrouvé sur la même plage, dans 
du gros subie coquillier un peu vaseux, près de l'Ile Blan- 
che, à 40 ou 50 centimètres de profondeur, pendant quelques 
heures passées à Penpoull en 1693. 

Les exemplaires les plus grands, lien étendus, ont 22 cen- 
timètres de long, dont 2 à 2 cenlimèlres el demi pour les 
branchies; la largeur, qui est de 8 à 10 millimètres en avant, 
diminue progressivement dans le dernier liera du corps pour 
n'avoir plus que 2 à 3 miUimètres à l'extrémité. Mais les 
brusques et fréquentes contractions de la M. 'mfundibitlam 
lui font quelquefois perdre la moitié de sa longueur et alors 
lu largeur peut atteindre 12 ii 14 millimètres, ce qui est 



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ANNËLIDES POLYCHËTBS DES COTES DE FRAHCE. 435 

souvent le cas lorsqu'on la conserve dans le formol ou dans 
l'alcool. Elle liabilc un lube glaireux, transparent, rappe- 
lant, comme le remarque justement M. de Lacaze-Duthiers, 
les pontes de certains Mollusques. La masse glaireuse 
«(leignaDl quelquefois 28 centimètres de long a un dia- 
mètre environ trois fois plus grand que celui de l'animal 
qui en occupe Je centre formant le tube proprement dit. Ce 
tube, dont l'entrée est colorée en jaune et noir, est de la 
même largeur que la Myxicole, ce qui n'empêche pas celle- 
ci de s'y retourner complètement de bout en bout. Lors- 
qu'on louche la masse glaireuse, l'animal a une contraction 
soudaine indiquant une grande sensibilité nerveuse. 

Le corps de la M. infundibulum, en forme de cylindre 
aplati, devenant rond dans l'alcool, est d'une belle couleur 
orangée foncée ; quand il s'étend, il s'y dessine des anneaux 
plus clairs et d'autres de couleur plus accusée. Le dos et le 
ventre ont à peu près le même aspect. 

Le segment buccal achète forme une collerette quadri- 
lobée basse, se dressant droite, ne se rabattant pas en arrière 
et entourant complètement de très près la base des bran- 
chies. Les 2 lobes dorsaux, très rapprochés l'un de l'autre 
sur la ligne médiane dorsale (iîg. 2i2, a), sont interprétés 
par .Meyer comme étant des soutiens de branchies; mais 
leur forme, leur couleur plus claire que celle du reste du 
corps et semblable à celle des lobes ventraux me semblent 
bien indiquer qu'il s'agit d'une collerette qui étant très ser- 
rée contre les branchies peut, il est vrai, leur servir en 
même temps de soutien. Ces 2 lobes dorsaux sont séparés 
des lobes ventraux de la collerette de chaque côté du corps 
ilig. 241, b), par une échancrure qui se trouve juste au- 
dessus des faisceaux séligères du segment suivant (l" séti- 
gère). Les 2 lobes veniraux sont soudés l'un à l'autre, ce 
qui n'est indiqué que par un sillon peu marqué au dos de 
la pointe triangulaire par laquelle ils se terminent sur la 
ligne médiane ventrale, et qui s'insère entre les 2 moitiés de 
l'entonnoir branchial (fig. 242, a). 



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436 I 

Les branchies, longues Me 20 h 25 millimètres, reposant 
aur une base très peu élevée (2 millimètres au plus), sont dis- 
posées en 2 demi-cercles de 30 à 38 branchies chacun (1), 
séparéâ l'un de l'autre sur la ligne médiane dorsale, et sur 
la ligne médiane ventrale, et forment un entonnoir régu- 
lier. Les branchies de chaque demi-cercle sont réunies le» 
unes aux autres par une membrane palmaire qui s'étend sur 
toute leur hauteur; la partie terminale, lancéolée, ciliée, 
longue de 4 millimètres à 4"°', 5, recourbée souvent vers 
l'entrée de l'enlonnoir, est seule libre. Elle est nue, tandis 
que le reste de la branchie, sauf à la partie qui est Insérée 
dans la base, a de chaque côté du sillon longitudinal cilié, 
large de 0°"°,024 qui la parcourt en dessous, des barbules 
ciliées au nombre de 182 environ, soit 364 en tout. Aug- 
mentant progressivement de longueur à partir de la base 
de la branchie, ces barbules atteignent 3 millimètres de 
long vers l'exlrémilé antérieure et décroissent brusquement 
pour n'avoir plus dans les 20 dernières paires que 1"',50 et 
enfin 0'°'',18. La membrane palmaire, incolore et ciliée du 
côté extérieur, est violette du côté intérieur de l'entonnoir 
(fîg. 243, a). Il en est de même des branchies, dont la pointe 
terminale, nue, est d'un violet beaucoup plus foncé que tout 
le reste ; les barbules sont violettes. Lorsque l'entonnoir 
se dilate, le sang, quoique vert, y affluant, le fait paraître 
légèrement rosé par un phénomène de dichroïsme; mais 
quand l'&ntonnoir se referme, les granules pigmentaires 
violets de la surface des tissus se rapprochent, el tout l'ap- 
pareil est coloré en violet assez foncé ; les barbules conver- 
gent vers le centre, el comme elles sont longues, elles s'en- 
chevêtrent les unes dans les autres el forment un lacis 
inextricable que l'animal démêle en écarlanl les 2 côtés de 
l'enlonnoir. 

Chaque branchie est parcourue par un axe longitudinal 

(1) Le plus souvent, le lobe branchial gauche, qui décril un commence- 
menl de spire du côté ventral, a deux ou trois branchies de plus tjue le 
lobe droit. 



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ANNÉLIDES POLTCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 437 

de 2 cellules carlilagineuses (fig. 243, b) juxtaposées, sur la 
face interne desquelles s'applique au niveau de la naissance 
de cbaque barbule une grosse cellule cartilagineuse ronde 
(0"",080 de diamèlre) (fig. 243, c) un liers plus petite que 
celles de l'axe branchial. De celle grosse cellule part 
l'axe longitudinal des cellules carlilagineuses de la barbule 
(fig. 243, d). qui sont longues et minces el comme emboîtées 
les unes dans les autres (fig. 244) et dont il n'y a qu'une 
rangée. Il n'y en a non plus qu'une à l'extrémilé des 
branchies. 

Les 2 lobes branchiaux formant l'entonnoir entourent: 
V la bouche (Og. 245, ft)^ située beaucoup plus près du 
ventre que du dos presque au pîed de la face interne de la 
languette triangulaire des lobes ventraux de la collerette, 
cette languette pouvant être considérée comme représentant 
les ampoules labiales des Sabelles et tenant lieu de lëvre 
ventrale (fig. 245, a) ; 2' la lèvre dorsale bîlobée, charnue, 
reposant sur la base dés branchies médianes de chaque 
demi-cercle. Les 2 lobes de la lèvre séparés l'un de l'autre 
sur la ligne médiane dorso-ventrale (fig. 245, c), laissant 
libre le passage entre te dos el la bouche qui est placée 
derrière eux, sont blancs sur la face qui est tournée vers le 
cerveau, et d'un violet foncé sur la face supérieure. C'est sur 
cette face et du centre de chaque lobe que s'élève un palpe 
triangulaire violet de 2 millimètres de haut sur l",25 de 
large à la base (fig. 245, d); 3° une petite papille conique 
(fig. 245, e) placée sur la ligne médiane dorsale, entre l'ouver- 
ture qui sépare les 2 lobes dorsaux de la collerette (fig. 245,/) 
et celle qui sépare les 2 lobes branchiaux de l'entonnoir ; elle 
est percée d'un pore par où débouche le canal commue des 
2 organes excréteurs Ihoraciques. Après le segment buccal 
viennent environ i25 segments sétigères biannelés assez 
peu tranchés, dont 8 thoraciques(iinseul exemplaire en a 9), 
ayant de chaque côté du dos un mamelon bas d'où sort un 
faisceau de plus de 200 petites soies, courtes, incolores, lan- 
céolées, finement striées (fig. 246), se dressant en buisson. 



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438 »E <iAI!«V-4«SBPO. 

suivies du côlé ventral de 4 ou 5 crochels h long manubrium, 
dirnciles à distinguer, et que j'ai déjà figurés (I). A l'abdo- 
men, les soies sont semblables à celles du thorax, mais pro- 
gressivement moins rapprochées du dos : au-dessous d'elles, 
sur le 2"' anneau du segment, une ceinture presque com- 
plète, non saillaute, de plaques oncîales bidentées (lig. 247), 
entoure le ventre et presque complètement le dos. Derrière 
chaque buisson de soies, il y a quelques taches pigmentaire» 
très petites avec cristallin. Le corps se termine par un seg- 
ment aual achète où l'anus terminal ne me parait pas en- 
touré de taches oculaires . 

Il n'y a pas d'écussons ventraux. Le sillon copragogue 
placé sur la ligne médiane ventrale de la partie abdominale, 
passe obliquement au 1" segment abdominal sur ta partie 
dorsale du thorax où il est aussi marqué qu'à la partie ven- 
trale de l'abdomen. 

Claparède et Meyer ont décrit en détail tout ce qui a rap- 
port aux tissus de l'enveloppe du corps, aux systèmes mus- 
culaire, digcstir, circulatoire et nerveux. Aussi netrailerai-je 
que sommairement de quelques points. 

Ainsi que je l'ai déjà dît à propos de la Sabella jtaeo- 
nina (2), la confection du tube est dévolue non aux organes 
thoraciques, comme le croyait Claparède, mais au tissu glan- 
dulaire qui, chez la M. infiindièiilum, entoure tout le corps 
extérieurement à l'hypodermeetsuppléeplus que largement 
à l'absence des écussons ventraux. C'est ce tissu qui fournil 
la quantité si considérable de mucus nécessaire à l'animal 
pour construire son tube et qui lui permet de le quitter 
comme it lui arrive si souvent, pour s'en refaire eusuite un 
autre avec une grande rapidité. J'ai trouvé h Penpoull bien 
des tubes abandonnés, surtout ceux qui affleuraient à la sur- 
face du sol. 

La bouche, qui ne s'ouvre pas dans l'axe du corps, mais 

(t) Les Annét. pnlycli. des côtes de Dinard, 3"° partie {Ann. des te. nat, 
1"' série, t. XVll, pi. XII, fïg. 349). 
(S) Loc. cit., p. 279. 



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ANNÉLtDES POLYCHËTES DES COTES DE FRANCB. 439 

plus près du ventre, esl suivie dans les i'" segments Ihora- 
ciques d'un œsophage qui est accolé & rhypoderme du côlé 
ventral ; l'estomac ovale el plus large qui lui succède re- 
monte du côié dorsal el bientôt occupe l'axe du corps où il 
se maintient el où se maintient ensuite l'intestin rond qui 
parcourt en droite ligne la région abdominale. 

Les organes excréteurs Iboraciques sont, comme leur 
canal de sortie commun, colorés en brun très foncé proba- 
blement par tes produits d'excrélion; ils présentent de 
nombreux replis, se terminent dans le S*" segment Ihora- 
cique et occupent une place considérable, surtout dans les 
3"' et 4" segments. 

Les muscles longitudinaux Forment, dans la région tho- 
racique, 4 Taîsceaux dont 2 dorsaux séparés par le mésentère 
dorsal de l'estomac et 2 ventraux séparés par la chaîne ner- 
veuse ventrale. Dans l'abdomen, les t faisceaux dorsaux 
réunis n'en font plus qu'un et tout ce système musculaire 
prend une grande importance. Rangés comme les feuillets 
d'un livre, les éléments musculaires des faisceaux présen- 
tent, dans les coupes transversales, l'apparence pennée la 
plus accusée qu'on puisse observer dans la famille des Serr 
puliens (1). 

La chaîne nerveuse ventrale est double dans la partie 
antérieure du corps. En est-il de même ensuite? Meyer 
donne l'historique de cette question sur laquelle tes auteurs 
ne sont pas d'accord. Je crois reconnaître sur les coupes, 
comme Meyer, qu'il y a partout 2 cordons ainsi que l'avait vu 
le premier Quatrefages (2) à propos du Leiobranchus modeslt/s 
[Myxkola modesta). Entre le double cordon et le vaisseau 
ventral, il y a une fibre tubulaire colossale de taille plus 
considérable que chez aucun autre Annélide Polychèle 
(0'",33 de diamè(re) qui gêne beaucoup pour l'observation 
de la chaîne nerveuse. Pour moi, les contractions subites si 

(1) Voir Claparède, Annil. sédmt., pi. VU, fig. 10 et H . 

(2) Quatrerages, Mémoire sw le syitémt nerveux des Annêl. [Ann. des M. 
aût., 3- série, U XIV, 1850, p. 3H). 



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440 



DB SAinPT-JOSErn. 



énergiques de ta M. infundibulum me paraissent dues, 
comme pour la fiw/jira volutacornis}Aon{., àlafibre tubulaïre 
colossale et comme chez la 1" cette fibre est près de trois 
fois plus grosse que chez la 2"', les conlraclions sont aussi 
proportionnellement presque trois fois plus fortes. 

L'espèce des côte? du Devonshire décrite pour la IToïs 
par Monlagu est bien la même que celle de Punpoull. Elle 
est semblable aussi à celle de Naples, mais atleial une taille 
plus considérable, 17 à 22 centimètres au lieu de 10 à 12 
(Grube en cile même un individu de 27 centimètres), et a un 
nombre de branchies presque double. 

Méditerranée. Manche. 

tbibu des sbbpuiiides. 

Genre SERPULA L. 

Sous-CEBHE HYDROIDES Gunn. (EUPOMATUS Phil., EUCARPHUS 
MOrcli, POLYPHRAGHAQrg.). 

HVDROtDES NORVBGICA GUOII. (1). 

HTDROtDis .NoHVEoic* MOrch. Revaio crilica Strpulidarum {Saturh.Tidi-k. Co~ 
penhague, 1803, 3°>' «érie,t. III, p. )Tt)(l). 

— — Heuseo, Ovtrtigt ovtr de Nortke Strputa-arUr {Arehiv for 

Mnthem. og Nature., t. III, IK18. Chrlslisuii, p. 41, et 
pi. Il, H(t. 1-7). 

— ~ Von Marenzeller. Ber. der eomm. /ùr rrfoiicli. Un ûii, 

Mittelm. VI. Zool. Eri/tlm. II. PoljichmUn det Ommle* 

(Oenii. derk.Akad.dtrWiai.iuWien.1. LX, I«33, p. 19 

et pi. IV, fig. 18). 
TSmpULA vERiiiccLAiiii] O. K. MOU., Zootogia Danica, 1. 111, pi. LXXXVl «t Bg. 1-9. 
ÎEOPOVATra PicTrKATi'i Pbil. Phitippi. Emige bemtrk. ùbtr die gatlang Str/iula 

{Archiv fur N«lurg., ISt(, p. I9&«t fig. R). 

— — Grube, Mitth. ûber die Serpuitti, ele. {,Jaliie$ti. der SdUti. 

geatlli. fur I8ti1. Bredau, tSCl, p. C3}. 
TSiilPULA inVERSA Mout. JohoBtOD, Catal. of Bn'l. non paralil. IV'onnf, p.lTO, 

cl pi. XX, Qg. 8, 
TEvpOHATL'B TRTptno.i Clp<l. Glaparùilc. Suppl. aux Anaél. du galft de Saplet, 

p. 163, et pi. XIV, lig. 4. 

PI. xxiii. fig. -m. 

(I) Gunnerus, Om nogU Sorske Coraller(K. Xorske Videiuk. SeUk. Skrifler, 
t. tV, l^es, p. :->2, et pi. Il, fig 11-13). 
(S) Môrch donne U bibliographie jusqu'en 1863. 



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ANNÉLIDES POLYUHÈTES DES COTBS DE FRANCB. 441 

Trouvée dans les dragages à la baie de la Forest sur les 
vieilles coquilles, habitant un lube calcaire lisse, soit sem- 
blable à celui de la Serpula vermkularis L., soit enroulé 
comme une coquille de Planorbe, ce que Môrch avait 
déjà remarqué. Dans les deux cas, l'entrée du lube est 
ronde. 

Le corps, plus ou moins rouge, mesure 20 millimètres de 
long, dont 5 millimètres pour les brancliies, sur 1 milli- 
mètres de large et compte 82 à 92 segments y compris les 
7 Ihoraciques. Comme le (borax représente un tiers de la 
longueur du corps, il en résulte que les segments abdomi- 
naux sont beaucoup moins hauts que les thoraciques. 

Les branchies au nombre de 15 k 17 de chaque côté sont 
rouges à la base, puis ensuite d'un vert p&te ou à zones alter- 
natives blanches et rouges; elles manquent de taches ocu- 
laires. Les barbules dont il y a 35 paires à chaque hranchie 
ont O-'jSO de long. Avant la 1" branchie, du côté dorsal, 
soit & droite, soit à gauche, s'élève l'opercule dépassant les 
branchies de 1 millimètre et porté sur un pédoncule rouge 
à la base; en regard se trouve un pseudopercule court en 
forme de massue comme celui de la Serpula vermkularis. 
L'opercule se compose d'un entonnoir bordé de 22 & 36 fes- 
tons arrondis, du centre duquel partent 16 & 17 épines diver- 
gentes, plates, cornées, de couleur légèrement jaune, hautes 
de 0'°",72, formant une couronne superposée à l'entonnoir. 
Le plus souvent recouvertes de vase et de petites algues, 
elles sont garnies de chaque côté de 4 denticules presque 
opposés, de longueur trfes inégale ; quelquefois il y en a 3 d'un 
côlé et 4 de l'autre. Enfin, sur le côté plat de l'épine qui est 
tourné vers l'intérieur de la couronne sont disposés en ligne 
au-dessus les uns des autres 3 petits crochets recourbés 
vers le bas dont le I" placé à la base même de l'épine et le 
dernier à la hauteur de la 2*" paire de denticules (Hg. 248). 
A la base de l'opercule, le vaisseau vert qui parcourt le 
pédoncule forme un glomérule d'où se détachent des vais- 
seaux qui parvienneni jusqu'à l'extrémilé des épines. 



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442 DE SAI.W-JMlKFa. 

La bouche terminale s'ouvre entre deux plis transversaux 
parallèles ciliés rouges qui sont les deux lèTres. La lèvre 
inférieure s'appuie comme chez la S. vermieularis sur une 
pièce rectangulaire ventrale qui sépare les bases des 2 lobes 
branchiaux; mais ici cette pièce est rouge et non blanche. 
Au-dessous de chacun des lobes branchiaux, du cAté dorsal, 
il y a une tache oculaire sur le segment buccal achète 
fusionné avec le 1" segment séligère et entouré d'une colle- 
rette entière très largement ouverte du côté dorsal. Cette 
collerette est soudée à la membrane thoracique. 

Les soies dorsales du I" segment séligère ont la forme 
propre au genre Serpula; il y en a 8 minces, légèrement 
arquées, à peine limbées, finement dentelées au bord et 
8 grosses jaunes se terminant par 2 moignons sans mame- 
lons latéraux comme ceux de la S. vermictiiarig et une longue 
pointe fine arquée légèrement dentelée au bord. Les soies 
des 6 autres segments thoraciques sont de deux sortes : 6 à 
8 semblables aux minces du 1" segment et 6 à 8 plus large- 
ment limbées avec très fins denticules. Les plaques onciales 
au nombre de 85 environ se montrent au 2"* segment séli- 
gère thoracique; de même forme que celles de la 5. vermi- 
eularis, hautes de 0°"°,018, elles ont 7 dents. Le thorax est 
séparé de l'abdomen par un intervalle achète de 0",3 de 
long. Les 4 premiers segments abdominaux sont deux ou 
trois fois plus hauts que les suivants qui deviennent de plus 
en plus bas et serrés à mesure qu'on approche de l'extré- 
mité inférieure du corps. A l'abdomen les soies passent du 
côté ventral et les plaques onciales du côté dorsal. Les soies 
très courtes au nombre de 6 à 7 & chaque rame ont la forme 
de calice comprimé dentelé au bord comme dans le genre 
Serpula; elles sont accompagnées de 1 ou 2 longues soies 
iînes purement capillaires aux 15-17 derniers segments. Les 
plaques onciales, dont il y a 70 aux )"* segments abdomi- 
naux, de même forme, mais plus petites qu'au thorax, n'ont 
plus que 0'°",12 de haut et 5 dents. Le segment anal est ter- 
miné par 2 petites palettes aplaties. 



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ANNÉL1DES POLYCHËTES DBS COTES DE FRAKCE. 443 

Les œufs sont rouges et les spermatozoïdes très petits ont 
une tête réfringente. 

Chez un petit exemplaire habitant un tube droit et qui n'a 
que 7 millimètres de long en tout, 8 paires de branchies et 
55 segments, j'observe 2 opercules, dont l'un a 12 épines et 
l'autre 6. Celte duplicité de l'opercule se rencontre plus sou- 
vent chez les Hydroides que chez les autres Serpulides 
{Hydro'uhs dipoma Schmarda, H. peclmala Phil. et H. tnj- 
panon Clpd., si ces 2 dernières espèces ne sont pas les 
mêmes que la nôtre, H. lunuli/er Clpd., H, dy^nw Marion, 
H. minax Or. Semper., H. miiUispinosa Von Marenz., 
H. exallata Von Marenz.). 

Quoiqu'il soit délicat de se prononcer en présence de des- 
criptions incomplètes, il me semble que cetle Hydroides à& 
Concarneau est bien VH. Norvegica. Elle est très voisine de 
VH. trypanon Clpd. qui a aussi le tube enroulé, mais des 
épines moins nombreuses et moins denticulées à l'opercule. 
VH. peclinata Phil. qui s'en rapproche également a des 
épines moins nombreuses, une collerette lacinée et des 
ocelles au dos des branchies. Celles que j'examine, venant de 
Naples habitant des tubes droits agglomérés, conservées 
dans l'alcool et avec les branchies décolorées, onl un oper- 
cule à 14 épines avec 2 denlicules de chaque côlé sans cro- 
chets sur la face plane; le bord de l'entonnoir a 30 festons. 

Mers du Nord. Atlantique (1). Méditerranée. 

Genre DITRUPA Berk. 

DlTRL'PA ARIETINA 0. F. Mdll. (2). 



(1) J'en trouve deux pelits exemplaire!! dans un dragage fail au large (te 
Cordouan. L'un de ces exemplaires a sii segmenls thoradques d'un calé 
et sept de l'autre. 

(2) Denlalium urietinum. 0. F. Millier, Prodromus Zool. Dan., ITT6,. 
p. S36. 



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*** DE ■AiNT-.fosern. 

UiTRUPA AHiGNTiNt Jobuston, Culalogue of Brit. non pa<-a»il. Womu, I86&, p. V.i 
et 3«. 

— — llanaeD, Ovtnigl oeer de Korikt Strpula-arler {Archiv for' 

Malhem. og Satunid., t. 111, 1B78. Chriatiaoia, p. K, et 
pi. 111, Dg, Ml). 

— — Langerhaos, Die Wurmfauna von Madeira IIP" Beitrag 

{Zeilt. filr V'iti. Zool.. t. XXXIV, I8B0. p. lîl , et pi. V, llg. 39,. 

— — LeviDsen. Syat. gtogr. Overgigl over dt Nord, annul. fVidenik. 

Meddeli. for ISS3. Copenhague, ISSi, p. I9g}. 

— — Mac Intosh, Report an the Annel. Po/y/i. collecied by II. M. S. 

Challenger (Brporls, etc., Zootogv, t. XII, I8R&, p. Ml, et 
pi. LIV, flg. 6). 

— — Ko^bler, RiiulloU tcienlifiquet de la campagne du t Caudan » 

dant le golfe fie Gascogne: Annèlide$. par Roule, 1896, 

p. 463, et pi. XXII et XXV, flg. H, 13, U, 15, 31, 33. 
UMTAUL-HSiiBDLiTUHDesb. Deiha jet, Atial. elmonogr.du genre Dentale {Mém. de 

ta Soc. tChht. nat. de Paru, Igti, io-t, p. S13, et pi. XVI, 

fig- 39). 
DiTHL-ri EDBUI.ATA Desb. Berkeley, Obiervatiom upon the Denlalium tubulalum 

of Desliayes (Zool. jouin. ediled by Vigort. LondoD, t. V, 

IS3S, p. 4», et pi. XIX. flg. 1). 

— — Lo SiaDCO, Gli Annel. tubic, delgotfu di NapolHtoe.cit..p.i'\. 
SiRPiLA LiBEiu Sar». Sort, Beikr. og Jagllag. over nogle mai'keiige eller wje i havel 

vedden Bergemke Icgtt levende dgr, Bergen, 1835, pet. in-t. 
p. 5!, et pi. XII, flg. 33a, b,c. 
DiTHYi'A oRAciLLiait Gr. Grube. Annvlata Semperiana [Uém. de CAcad. de» ic. de 
Sainl-Htertbourg, t. XXV, I87B, p. 37»), 

PI. Wlll, ftg. 249-2S4. 

M. le professeur Henneguy a bien voulu me donner plu- 
sieurs exemplaires de D. arietina provenant d'un dragage 
qu'il avait Tail avec le bateau de M. Chevreux â 60 milles au 
S.-O. de Belle-Isie, par 46° 40' de latitude dans des fonda 
de pointes d'alêne de 158 mètres. 

Ces pointes d'alèue sont les tubes calcaires de la D. arie- 
tina. Ouverts aux 2 bouts, formés d'une couche extérieure 
transparente et d'une couche interne d'un blanc opaquo. 
courbés presque en arc de cercle, libres, ce qui permet à 
l'animal de se trafner en se balant avec sou opercule, ils ont 
de 32 à 37 millimètres de long avec une entrée de 1 milli- 
mètre de diamètre etun orifice postérieur de C'iîJ (fig. 249}. 
La partie antérieure, qui paraît être de formation récente, 
est plus blanche et un peu plus étroite sur une longueur de 
1 millimètre seulement. Sur plusieurs des tubes sont fixées 
des Anomalina variolala d'Orb. 

Le corps entiëremenl décoloré par l'alcool a 13 à 16 mil- 



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ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 445 

limèlres de long dont 2",6 k 3 millimètres pour les bran- 
chies, sur 1"~,20 de large à la région thoracique et 0"",70 à 
l'extrémité inférieure qui est scapholde du côté ventral aux 
12-14 derniers segments et comme tronquée (fig. 250). 

La collerette, entière, largement ouverte du c6té dorsal, 
très délicate et diaphane, dentelée au bord, entoure et suit 
la base des branchies qu'elle ne dépasse pas en hauteur 
(fig. 251, a, b). Celles-ci sont disposées en 2 demi-cercles, 
l'un de 12 à droite, l'autre de 11 à gauche, ofi elles sont 
précédées du côté dorsal par le pédoncule operculaire 
rond placé sur la même ligne qu'elles et qui lient lieu de 
1" branchie. L'opercule qu'il supporte est de tissu mou et a 
la forme d'un gobelet recouvert d'une plaque plate, épaisse, 
chitineuse, d'un jaune brun, ayant un diamètre de {"".SO, 
incrustée de calcaire avec des mailles polygonales non sail- 
lantes, vaguement disposées en rangées concentriques 
(lig. 252). Les branchies (loconneuses, sans cellules cartila- 
gineuses comme il en est chez les autres Sserpulides, réunies 
k leur base seulement par une membrane palmaire, sont gar- 
nies d'une double rangée de barbules ciliées, au nombre de 
33 h 35 paires, longues de 0'**,lâ, ne persistant pas jusqu'à 
l'exlrémité qui resie nue sur une longueur de O'^^iî. 

La membrane thoracique diaphane débordant à peine le 
corps (fig. 251, ej, se reliant à la collerelle, très largement 
ouverte du côté dorsal, se termine du côté ventral par 2 peti- 
tes basques ù peine séparées l'une de l'autre et à peine arron- 
dies. Le thorax long de 3"°',85 à 4 millimètres se compose 
de 7 segments dont I achète et 6 séligéres. Les 2 1*" sont 
beaucoup plus hauts que les autres. Dans le 1" segment 
achète on voit par transparence, de chaque côté du corps, les 
2 organes excréteurs Ihoraciques (fig. 251, d), bosselés, d'un 
jaune brun, longs de 0'°',72 sur 0"",30 de large, se termi- 
nant chacun en avant par un petit canal d'un diamètre 
de 0°"',030; les 2 canaux viennent se réunir sur la ligne 
médiane dorsale en un canal commun qui débouche entre 
les 2 lobes branchiaux (lîg. 251, c). 



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446 1 

. Le 2"' segment (l"séligère), haut de I^.ÎO, ce qui équi- 
vaut à la hauteur des 4 suivants, a déjà, comme les 5 autres 
segments sétigères thoraciques, des soies dorsales et des pla- 
ques onciales ventrales. Les soies dorsales toutes semblables 
entre elles & tous les segments, les unes plus largement 
linibées (fig. 253), les autres presque capillaires, sont au 
nombre de 30 à 35. Quant aux plaques onciales ventrales, 
disposées sur un tore long de 0"',80, hautes de 0°"°,06, elles 
sont au nombre de plus de 220. Chacune est garnie de 20 â 
22 dcnlicules superposés suivis, du côté le plus rapproché 
de la léle de l'animal, d'un prolongement convexe en dessus 
et creusé en dessous comme une gouge (fig. 254). Cette 
forme de plaque appartient donc au S"" type de plaques 
onciales de Serpulides et non au 2°" type ainsi que je l'avais 
dit avec doute (I); par le nombre des denticules, elle se 
rapproche surtout des plaques plus massives de Spirobran- 
ckus giganteus Pall. comme j'ai pu m'en assurer sur un des 
exemplaires rapportés de la mer Rouge par le D' Jous- 
seaume et que M. Malard a eu l'obligeance de me commU' 
niquer. 

La région abdominale de 8°"°, 5 de long se compose de 
50 à 55 segments dont les 2 1'" sont achètes. Les autres ont 
des (ores dorsaux avec plaques onciales , moitié moins 
hautes que celles du thorax, au nombre de 9 à 12 dans les 
)"* segments, de 20 à 40 dans les suivants, puis de 30, 15 
et 10 dans les derniers. Les soies ventrales manquent, sauf 
aux 20-25 derniers segments dont chacun a 1 ou 2 soles 
capillaires de chaque côté. 

La D. nrietina, la />. subulata, la D. libéra et la D. grar'U- 
lima me paraissent ne différer les unes des autres que par la 
taille et ne former qu'une seule espèce, comme le pensent 
aussi Langerhans et Me Intosh. 

Mers du Nord. Atlantique. Méditerranée. Mer des Phi- 
lippines. Draguée par Berkeley près des eûtes d'Irlande, 

(1) Les Annil. polj/ch. des côles de Dinard, 3" parlie {.inn, des se. nat., 
7— série, l. XVII. p. 25t). 



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ANMÉLIDBS POLYCHËTBS DES COTRS DE FRANCE. 447 

dans des Tonds de sable fîn de 115 à 314 mètres, et par l'ex- 
pédition du Caudan dans le golfe de Gascogne ii 180-500 mè- 
tres. L'expédition du Challenger a trouvé & 823 mètres de 
profondeur près des Açores des tubes vides habités par des 
Géphyriens. 



DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. 

La distribution géographique a déjà été indiquée (1) pour 
les espèces de Diaard portées sur les listes données au 
commencement du présent mémoire. Quant à celles que je 
décris ici pour la première Tois, voici quelle en est la ré- 
partition dans les mers. 

Sont jusqu'à présent propres à la localité où je les ai dé- 
couvertes, 8 espèces nouvelles : 

Heantkes Perrieri (Villerville). Phyllodoce biinaculata (Saint-Jean- 

Perinertù longipci (Samt-Jeaii-de- de-Luz). 

Luz). Eulalia quodrilineala (Concarneau). 

Pkyllodoce papulosa (Dinard). Glyeera Mesnili [Le Croisic). 

Phyllodoce bruneO'Vtridis (Arca- Flabelligera Claparedii (Sainl-Jean- 

chon). de- Luz). 

Pour les autres espèces qui étaient déjà connues, il y 
en a : 

1 dans l'Océan glacial arctique, les mers du Nord et 
la Manche : 

l'hyllodoce groenlandica CErat. 

i dans les mers du Nord et la Manche : 

Bunereis tongiisima Johnst. 



2 dans les mers du Nord, la Manche et la Méditer- 
ranée : 

Strine eirratulas D. Ch. Hai-molhoe longisetit Gr. 

[I) Antiil. potyeh. îles côtes de Dinard, 4°" partie (.Inn. des se. nat., 
7» Bérie, t. XX, 1895, p. 2â»-241). 



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448 DB SAINT-JMIBPB. 

1 dans la mer du Nord et l'Allantique : 

Harmothoe castanea Me Int. 

3 dans l'Allanlique seulement : 

Peritureit Otiveirae Horst. Ophelia bicomit Sav, 

Eunice tor quota Qlg. 

9 dans l'Atlantique et la Méditerranée : 

DiopatTO Nenpolitana D. Ch. Polyophthalmui pielut Ouj. 

Eunice Kinbergi Ehl. Dasybranchus caducus Gr. 

Hetione Pantherina Risso. Pista crelacea tir. 

Podarke pallida Clpd. Sinrographis Spallanianii Vir, 
Aricia lœvigata Gr. 

â dans la Manche et rAllanliqne : 

Ophelia neglecta Aimé Schn. Johnslonia dymenoides Qfg. 

2 dans la Manche et la Mi^diterranée : 

Spiopkanes bombyx Clpd. Myxifola infundibulum Ren. 

3 dans la Manche, l'Atlantique el la Méditerranée : 

Lumbriconereis LalreiiliAai. et Edw. Lumbriconereis impatiens Clpd. 
LumMconercis cocrinea tien. 



2 dans les mers du Nord, l'Allanlique el la Méditer- 
ranée : 

GSyctra atba Rathke. HydroUtes Norvcgtca Guon. 

3 dans les mers du Nord, la Manche et l'Atlantique 

Traviiia Forbetii Johnst. 

2 dans les mers du Nord, la Manche, l'Atlantique el la 
Médilerranée : 

tagis Koreni Mgr. Amphitritt Johnitoni Mgr. 



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ANSÉLIDBS POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 449 

1 dans les mers du Nord, l'Atlantique, la Méditerranée, 
et la mer des Philippines : 

Ditrupa arietina 0. F. Hitll. 

1 dans la Manche, l'Allanlique, la Méditerranée et la 
mer des Indes : 

Lepidonolus clam Mont. 

2 dans l'Atlantique, la Méditerranée et la mer iNoire : 

Pwnosj/ltù puUigera Kr. Bobr. 

Larve de Saccocirrus papUioi-.ereui . 

\ dans l'Allanlique, la Méditerranée et l'Océan Paci- 
fique : 

Euniee vittala D. Ch. 

2 dans les mers du Nord, la Manche, l'Atlantique, la 
Méditerranée et la mer.du Japon : 

Hyalinœda tubkola 0. F, Uull. Nereis dheTsi'-otur 0. F. Uiil). 

1 dans les mers du Nord, la Manche, l'Atlantique, la 
Méditerranée et la mer Noire ; 

Arenicola branckialis Aud, et Edw. 

1 dans l'Océan glacial arctique, les mers du Nord, la 
Manche, l'Atlantique et la Méditerranée : 

Theiepus cincinnatus f-abr. 

i dans l'Océan glacial arctique, les mers du Nord, la 
Manche et l'Atlantique : 



1 dans les mers du Nord, l'Atlantique, la Méditerranée, 
l'Adriatique, le détroit de Davis et la mer du Japon : 

Oicenia fusifurmis D. Ch. 

ANX. se. HAT- ZOOL. V, 29 



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450 DE SAIKT-<IO«EI>U. 

Quelques-unes ont été draguées à de grandes profon- 
deurs : 

Hyalinacia lubkola 0. F. Miill., par 336t m êtres ; 

le Challeni/er, à 1033 mètres près Thetepm rincinnutus Fabr., par le 

du Japon; Knight Errant, à 08' mèlres; 

Lumbriconereis LalreilliKaà. elV.iw., Ditrupa arietina 0. F. Miill., par le 

par le Cattdan, dans le golfe de Challenger, à 823 mètres, aui 

Gascogne, à 400 mètres. Açores, et par le Caudnn dans le 

Oipenia fusiformis D. Ch., par le l'a- golfe de Gascogne, à ^00 mètres. 
/(>r0ti.«, dans le déiroit de Davis à 

Le tableau précédent établit que pour les espèces de 
l'Atlantique, sauf 3 qui lui sont propres, il y en a 9 qui 
relient l'Atlantique, la mer du Nord et la Méditerranée, 
9 qui relient l'Atlantique et les mers du Nord et 1 i qui relient 
l'Atlantique et la Méditerranée. Nos côtes de l'Océan sont 
donc un trait d'union entre les mers du Nord et la .Médi- 
terranée. 



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EXPLICATION DKS PLANCHES 



Planche XIII. 

l'i^. i. Pianosyllis palUgera Kr. 
l'i^'. I. Kmbryon. X t^C. 

Fig. 2-8. Lepidonotus data Monl. 
Kig. 2. Douzième pied vu par devant : a, papille ventrale. X 9- 
Cig. 3. Extrémité d'une soie dorsale. X 166. 
Fig. 4. Protubérance de moyenne taille du I*' élytre. X 1^0. 
Fig. b. Lne partie de celte protubérance grossie davantage. X 830. 
Fig. 6. Papille du 1" élytre. X 600. 
Fig. T. Papille surmontée d'un couvercle. X 600. 
Fig. 8. Crosse verrue d'un élytre du milieu du corps. X >36- 

Fig. 9-13. Ltpidonotus iquamatm L. 
Fig. 9. Élytre du milieu du corps. X 6. 
Fig- 10. Tubercule chitineux faisant suite à la frange de papilles du bord 

externe. X 130, 
Fig. 11. t'.rosse verrue de l'élytre. X 1*0. 

Fig. 12. Quelques-unes des écailles recouvrant cette verrue. X -'30. 
Fig- 13- Tubercule porifère de la partie interne de l'élytre. X '-. 

Fig. li-20. — Harmothoe impar var. Fagenstechtri Mich. 

Fig. 14. Mamelon et tubercule transparent du bord externe et du centre de 
lélytre. X 107. 

Fig. 15. Idem du bord antérieur. X â'ia. 

Fig. 16. Sphère épineuse du bord postérieur. X 32. 

Fig. 17. Massue épineuse idem. X 33. 

Fig. 18. Deux épines de la sphère ou de la massue ayant une base com- 
mune. X 30O. 

Fig. 19. Quatre épines, idem. X 300. 

Fig, 20. Grande massue lisse du bord postérieur, X 40. 

Fig. 21. Harmothoe longisetis (îr. 
Fig. 21. Tète: X 20. 

Fig. 22-29. Sigalion squamatam D. Ch. 
Fig. 22. Fragment d'une soie de la rame dorsale. X 463. 
Fig. 23. Terminaison de cette soie. X 465. 
Fig. 24, Soie simple du faisceau supérieur de la rame ventrale. X 500. 



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452 »E SAI.1IT-40SBPH. 

Fig, 25. Soie composée du faisceau supérieur de la rame ventrale, à hampe 
garoie, avant l'article, de 4 à 1& rangées de denticules (l'extrémité de 
l'article n'est pas représentée). X 413- 

Pig. 26. Idem à hampe renflée en avant, x 303. 

Fig. 27. Itkm à hampe lisse. X S44. 

Fig. 28. Soie composée du faisceau inférieur de la rame ventrale. X 200, 

Fig. 29. Extrémité de l'article d'une des soies les plus ventrales du faisceau 
inférieur de la rame ventrale. X 500. 

Fig. 30. Byatinfr.cia lubicola 0. F. .MOll. 

Pig. 30. Mâchoire inférieure. X 20. 

Fig. 31-33. Diopatra Seapolitana D. Ch. 

Fig. 31. Coupe transversale de la partie moyenne d'une des longues an- 
tennes : a, stigmate. X 55. 

Fig. 32. Troisième pied vu par devant. X 20. 

Fig. 33. Derniers segments du corps vus du côté dorsal. L'anus remonte 
sur le dos de l'avanl-demier segment). X 1> 

PUNCUE MV. 
Fig. 34-39. Diopatra NeapoUtatui U. Ch. 
Fig. 34. Acicule de la base du prolongement da pied, x 100. 
Fig. 35, Soie pseudo-articulée à lame dissectrice. X 120. 
fig. 36. Soie en fourchette du e»" segment. X 190, 
Fig. 37. Soie aci cul aire. X 140. 
Fig. 38. MAchoire inférieure. X '^. 
Fig. 39, Urgane segmentaire. X 4a. 

Fig. 40-44. Eunice Kinbeigi Fhl. 
Fig, 40. Soie composée du faisceau ventral. X 144. 
Fig. 41. Soie aciculaire. X 150. 
Fig. 42. MAchoire inférieure vue sur la face la plus rapprochée du ventrv. 

X 2 3/4. 
Pig. 43. likm vue sur la face ta plus rapprochée du dos. X 2 3/4. 
Fig. 44. Mâchoire supérieure vue sur la