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Full text of "Annales du Muse colonial de Marseille"

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INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



ANNALES 



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MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

FONDÉES KN 1 893 PAR EdOIARM HECKEL 
DLRIGÉES PAR 

M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté dos Sciences, 
Directeur <h\ Musée Colonial de Marseille 



Vingt-cinquième année, 3 série, 5' volume (1917). 

I er Fascicule. 

Catalogue descriptif des Collections Botaniques 
du Musée Colonial de Marseille : Afrique Occidentale Française 

par M. Henri JUMELLE. 



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MAHSEILLE 

MUSÉE COLONIAL 

5, Rue No villes, .') 



PARIS 
LIBRAIRIE CHALLAMEL 

17. RUE -I tCOB 1 I " 



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Principaux Mémoires parus antérieurement dans les 
ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

D 1 ' Heckel : Les Kolas africains. Année 1893. (Volume presque épuisé.) 

D r Rançon : Dans la Haute-Gambie. Année 1894. (Volume complètement épuisé.) 

li. P. Dùss : Flore phanérogamique des Antilles françaises. Année 1896. (Volume 
complètement épuisé.) 

E. Geoffroy : Rapport de Mission scientifique à la Martinique et à la Guyane. 
Année 1897. 

D l Heckel : Les Plantes médicinales et toxiques de la Guyane française. 
Année 1897. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 

Année 1897. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 

Année 1898. 

II. Jumelle : Le Cacaoyer. Année i 899. 

D v H. Jacob de Cordemoy : Gommes, gommes-résines et résines des colonies 
françaises. Année 1899. 

a 

L. Laurent : Le Tabac. Année 1900. 

I) 1 H. Jacob de Cordemoy : Les Soies dans l'Extrême-Orient et dans les colonies 
françaises. Année 1901. 

L. Laurent : L'Or dans les colonies françaises. Année 1901. 

A. Chevalier: Voyage scientifique au Sénégal, au Soudan et en Casamance. 

Année 1902. 

Gaffarel : L'Exposition d'Hanoï. Année 1903. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 
Année 1903. 

1> H. Jacob de Cordemoy : L'Ile de la Réunion. (Géographie physique ; richesses 
naturelles, cultures et industries.) Année 1904. 

Capitaine Maire : Étude ethnographique sur la race Man du Haut-Tonkin. 

Année 1904. 

E. Lefeuvre : Étude chimique sur les huiles de bois d'Indochine. Année 1905. 

H. Jumelle : Sur quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Notes sur la Flore du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Notes biologiques sur la végétation du 
Nord-Ouest de Madagascar; les Asclépiadées. Année 1908. 



ANNALES 



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MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 



Al) lice 1917 



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INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



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MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 



FONDÉES l\ 1893 l'\l! EdOUARII IIl'.'Kll 



DIRIGÉES l'AK 

M. Henri JUMELLE 

Professeur a la Faculté des Sciences, 
Directeur du Musée Colonial de Marseille 



Vingt-cinquième année. 3 série. 5 volume (491 

I" Fascicule. 






Catalogue descriptif des Collections Botaniques 
du Musée Colonial de Marseille : Afrique Occidentale Française 

par M. Henri JUMELLE. 



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MARSEILLE 
MUSEE COLONIAL 

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PARIS 
LIBRAIRIE (MALI. VMEI 



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AFRIQUE OCCIDENTALE 

FRANÇAISE 



I. _ PLANTES FECULENTES 
ET CÉRÉALES 

1. Tubercules d'igname. — Dioscoréacées. 

2. Tranches d'ignames desséchées. 

Les ignames dont les indigènes consomment en Afrique 
occidentale les tubercules souterrains appartiennent à plu- 
sieurs espèces de Dioscorca, parmi lesquelles les deux plus 
répandues sont le D. cayennensis, ou D. prehensilis, qui 
forme le fond de presque toutes les plantations, et le 
D. alata. Ces tubercules jouent un rôle important dans 
l'alimentation de plusieurs millions d'hommes ; c'est la 
nourriture presque exclusive de certaines peuplades comme 
les Baoulès, les Achantis, les populations du Nord du 
Dahomey, etc. Dans le Baoulé seulement on connaît 
plus de 30 variétés, ou races, de D. cayennensis, que les 
Noirs savent parfaitement distinguer et cultivent avec soin. 
La forme sauvage de ce D. cayennensis a de longs tuber- 
cules (parfois m. 70 à 1 mètre) dont le soinmel esl garni 
de rhizomes ligneux hérissés de grandes épines aiguisées. 
Une variété de D. alata peut produire en six mois 30 kil<>- 
de tubercules par touffe. 

Annules du Mutée colonial de Marseille. 3" série, 5* vol. 1917. 1 



2 H. JUMELLE 

On cultive également, dans la zone des savanes et dans 
celle des forêts, le D. dumetorum, dont les tubercules à 
l'état sauvage sont très toxiques et ne deviennent comes- 
tibles que lorsque les tranches ont macéré pendant toute 
une journée dans l'eau. 

(A. Chevalier : Sur les Dioscorea (ignames) cultivés en Afrique tropi- 
cale. Bulletin de la Société Nationale d'Acclimatation de France, 1910.) 

3. Racines de Pachyrhizus angulatus (Guinée Française). — 
Légumineuses. 

Cette Légumineuse a tubercules comestibles a déjà été 
citée dans le Catalogue de la Réunion (n° 26) ; elle ne 
semble que rarement cultivée en Afrique Occidentale Fran- 
çaise, et ne l'est guère que dans les Stations d'essais. 

(A. Chevalier : E 'numération des plantes cultivées par les indigènes en 
Afrique tropicale. Bulletin de la Société d'Acclimatation de France, 
1912.) 

i. Tubercules de Cyperus esculentus (Dahomey). — Cypéru- 

cées. 

Le souchet est une Cypéracée cosmopolite qu'on trouve 
dans presque dans toutes les régions tropicales, et qui croît 
même encore, en zone tempérée, jusque dans l'Europe 
méridionale. Les tubercules sont oléagineux (28 °/ d'huile 
environ) et sont consommés crus ou grillés, ou servent 
encore à la confection de sortes de gâteaux d'amandes ; ils 
sont employés aussi, en Espagne comme en Egypte, pour 
la préparation d'une sorte de sirop d'orgeat (chufa en 
Espagne). Les tubercules sont plus ou moins gros selon 
les variétés ; une forme à gros tubercules est cultivée en 
grand dans le Sud du Soudan, dans certaines parties de la 
Côte d'Ivoire et dans le Haut-Dahomey. 

(H. Jumelle : Les plantes à tubercules alimentaires. O. Doin, Paris, 
1910. — A. Chevalier : loc. cit.) 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 3 

5. Tubercules de Coleus rotundifolius. — Labiées. 

L'espèce comprend quatre grandes variétés culturales, 
parmi lesquelles la plus répandue au Soudan français est la 
variété nigra, qui est Youssounifmg des Bambaras. Les 
tubercules, qui contiennent, à l'état sec, 86 °/ environ 
d'amidon et au moins 5 °/ de matières azotées, sont com- 
parables, comme saveur, aux pommes de terre. Au Sou- 
dan, on les mange bouillis, ou bien encore on les fait 
. cuire, avec du poulet, dans du beurre ordinaire ou de la 
graisse de karité. 

(A. Chevalier et E. Perrot : Les Coleus à tubercules alimentaires. Les 
Végétaux utiles de l'Afrique tropicale française ; volume I, fasc. I, 190;>, 
Paris.) 

6. Tubercules de Nymphaea Lotus (Haut-Sénégal-Niger). 
Nymphéacées. 

Le Nymphéa, Lotus, qui était déjà bien connu des anciens 
et est un des lotos d'Egypte (le lotos sacré étant le Nelum- 
bium speciosum), croît en de nombreuses régions de 
l'Afrique tropicale et septentrionale, ainsi d'ailleurs que 
dans l'Inde, la Malaisie et aussi le Sud-Est de l'Europe. Il 
est très connu dans la zone d'inondation du Niger, près de 
Tombouctou ; et les indigènes Sonrhays font, d'après 
M. A. Chevalier, une grande consommation de son tuber- 
cule, qui est tous les jours vendu desséché sur le marché 
de Tombouctou. Voir plus loin, n° 75. 

7. Tiges d'Orobanche (Haut-Sénégal-Niger). — Orobanchacées. 

Cette espèce est peut-être YOrobanche lutea, qui serait 
parasite sur un Salvadora. Les habitants de Tombouctou, 
d'après M. A. Chevalier, dédaignent de se nourrir de ces 
tiges, qui sont, au contraire, consommées par les gens de 
Goundam et par les Touaregs du désert. Elles seraient tou- 
tefois toxiques quand elles n'ont pas 'suffisamment bouilli 
dans l'eau. 

10. Épis de mais, blancs et rouges Dahomey). — Graminées. 



4 il. JUmeLlE 

11. Maïs Guzco, dent de cheval. — Station agricole de Benty 
(Guinée Française). 

12. Maïs des pays soussous du littoral (Station agricole 
de Benty). 

13. Farine de maïs. 

Le mâ/s, qui est la céréale la plus cultivée à la surface 
du globe, est originaire d'Amérique ; on en connaît aujour- 
d'hui en Afrique, où presque toutes les peuplades noires 
le cultivent, de nombreuses variétés. Au Dahomey surtout, 
dans notre Afrique Occidentale Française, sa culture a pris 
depuis quelques années une assez grande extension en vue 
de l'exportation ; et Tune des meilleures variétés locales, 
à ce point de vue, serait le go e koun, qui est à grain blanc 
et aplati, demi dur. On le sème en avril-mai et en sep- 
tembre, et on récolte en août et en janvier. Le moli-koun 
est une variété qui sert plutôt pour la consommation des 
indigènes. En Guinée Française, le maïs est surtout cultivé 
dans le Fouta ; à la Côte d'Ivoire, il l'est dans la zone 
côtière, en même temps que le riz, et aussi à l'intérieur, 
notamment dans le Baoulé, avec le sorgho. 

14. Grappes et grains de sorgho ; Sorghum vulgare (Sénégal). 
— Graminées. 

Le sorgho, ou gros mil, est cultivé en grand dans tous 
les pays de savanes de l'Afrique tropicale. En Afrique Occi- 
dentale Française, les principales régions où cette culture 
prédomine sont le Sénégal, puis la partie du Soudan située 
au nord du 12° degré de latitude. Il y a cependant encore 
de grandes cultures de sorgho dans le Nord de la Côte 
d'Ivoire. La variété exposée sous le n° 9 a été rapportée du 
Soudan par le D r Rançon ; elle est à grappes lâches et à 
grains blancs, un peu piquetés de rouge, avec glumes (ou 
balles) ovales, brun noirâtre, ciliées sur les bords, un peu 
plus courtes ordinairement que ce grain . 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE ."» 

(André Rançon: Dans la Haute-Gambie. Annales du Musée Colonial 
de Marseille, 1894. — Dumas : Culture du sorgho dans les vallées du 
Niger et du Haut-Sénégal. Journal d'Agriculture des Pays chauds, 
1905.) 

15. Grappes et grains de sorgho (Sénégal] . 

Cette autre variété de sorgho provient encore de la mis- 
sion du O r Rançon. Elle est aussi à panicule très lâche et 
à grain blanc, mais avec glumes lancéolées-aiguës, de cou- 
leur puce, non ou faiblement ciliées, de même longueur ou 
un peu plus longues que le grain. 

16. Grappe de sorgho var. bimbiri-ba (Guinée Française). 

Cette variété, qui provient de Kankan, est à panicule 
lâche et à grain blanc grisâtre, un peu anguleux au sommet 
(3 mm. 5 sur 3 mm. , aussi long ou plus court que les glumes, 
qui sont ovales (3 mm. o sur 3 mm.) et brun noirâtre, 
sauf au sommet et sur les bords, où elles sont rougeàtres. 

II. Jumelle: Quelques variétés de sorghos de V Afrique Occidentale 
Française . Expansion coloniale, janvier 1912. 

17. Grappe de sorgho var. mengui foré (Guinée Française), 

Provient de la station agricole de Bentv. La panicule est 
lâche et à grain un peu elliptique, blanc (3 mm. 5 sur 
2 mm. 5j,. marqué parfois de quelques points rouges, un 
peu dépassé par les glumes lancéolées-aiguës, un peu plus 
noires que dans le n° 15, auquel cette variété ressemble 
beaucoup. 

1 8. Grappe de sorgho var. sula-oulenko (Guinée Française). 

Provient de Kankan. La panicule est lâche; le grain est 
ovoïde, blanc, de même longueur ou plus court que les 
glumes. Celles-ci sont lancéolées (6 mm. sur 1 mm.), 
acajou clair, un peu moins colorées et plutôt jaunes vers le 
sommet. 



6 H. JUMELLE 

19. Grappe de sorgho var. mengui-fi khé ( Guinée Française). 

Station agricole de Benty. Lapanicule est lâche ; le grain 
est blanc plus ou moins rosé, avec parfois un ou deux 
petits points rougeâtres vers le sommet, un peu elliptique, 
légèrement anguleux au sommet, plus court que les glumes, 
qui sont écartées, lancéolées, de couleur puce. 

20. Grappe de sorgho var. kamin-keudé (Guinée Française). 

Provient de Kankan. La panicule du kamin-keudé ', ou 
mil pintade, est lâche ; le grain est blanc, un peu ellip- 
tique (3 mm. sur 2), légèrement anguleux au sommet, un 
peu plus court que les glumes, qui sont ovales-aiguës 
(4 mm. sur 2 mm. 5), noires. 

21 . Grappe de sorgho var. sanko-ba (Guinée Française). 

Provient de Kankan. La panicule est lâche ; le grain est 
ovoïde, un peu anguleux au sommet (5 mm. suri mm.), 
blanc sale, un peu plus long que les glumes, qui sont 
ovales-obtuses, bicolores, la première étant le plus sou- 
vent entièrement jaune paille et la seconde ne Tétant que 
dans sa moitié supérieure, et rouge dans sa moitié infé- 
rieure. 

22. Grappe de sorgho var.mengui gbéli (Guinée Française). 

Cet échantillon de mil rouge provient de Kankan. La 
panicule est très lâche ; le grain est elliptique (4 mm. sur 
2 mm. 5), rouge, un peu dépassé par les glumes, qui sont 
brun foncé, lancéolées et aiguës (5 mm. sur 2 mm.). 

23. Grappe de sorgho var. figné (Sénégal). 

Provient du cercle de Siné-Saloum. La panicule est très 
lâche ; le grain est blanc rougeâtre (4 mm. sur 2 mm. 5), 
un peu dépassé par les glumes, qui sont noires, lancéolées 
et aiguës (5 mm. sur 2). 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 7 

2i. Grappe de sorgho var. bodéri (Sénégal). 

Provient de Saldé. La panicule est compacte, comme 
dans les douros ou durrhas de l'Afrique du Nord. Le grain 
est rougeâtre, surtout dans sa moitié supérieure, plutôt 
jaunâtre dans la partie cachée par les glumes, un peu plus 
long que large (6 mm. sur o) ; les glumes, qui sont plus 
courtes, sont de couleur paille, de 4 mm. de longueur et de 
largeur. Cette variété se sème après le retrait des eaux du 
Sénégal ; on récolte 5 ou 6 mois plus tard. Elle se plaît en 
sol argileux. C'est un mil de qualité ordinaire. 

[Catalogue de V Exposition des riz, maïs et sorghos de l'Institut colo- 
nial marseillais, août-octobre 1911. — H. Jumelle: loc. cit.) 

25. Grappe de sorgho var. bassi (Sénégal). 

Provient du Sine-Saloum. La panicule est compacte. Le 
grain est jaune sale, avec quelques piquetures rouges, et 
plus large (5 mm.) que long (4 mm.), avec un sommet 
peu convexe et presque droit. Les glumes, qu'il dépasse, 
sont rouge brique foncé, de 4 mm. sur 4. Cette variété, 
très cultivée, est semée à la fin de juin et récoltée en sep- 
tembre et octobre. 

26. Grappe de sorgho var. gadiaba (Sénégal). 

Provient de Saldé. La grappe est compacte. Le grain est 
à peu près aussi large que long (5 mm.), très arrondi au 
sommet, plus court que les glumes, qui sont brun noi- 
râtre et largement ovales (4 mm. o sur 4 mm.). C'est une 
variété de qualité ordinaire, bonne pour les sols argilo- 
siliceux ; on la sème après le retrait du fleuve et on récolte 
4 ou 3 mois plus tard. 

27. Grappe de sorgho var. pourdi (Sénégal). 

Provient de Saldé. La grappe est compacte. Le grain est 
blanc grisâtre, un peu plus long que large (6 mm. sur i mm.), 



8 H. JUMELLE 

arrondi au sommet, et dépasse les glumes, qui sont brun 
noirâtre et largement ovales (4 mm. o sur 4 mm.). La 
glume carénée, qui est la supérieure, est à sommet plus 
aigu que l'inférieure, qui est convexe et non carénée. Cette 
variété, très recherchée par les oiseaux, est semée en sol 
argilo-siliceux, après le retrait des eaux, et est récoltée 5 
ou 6 mois plus tard. 

28. Grappe de sorgho var. sevil (Sénégal). 

Provient de Saldé. La grappe est compacte. Le grain est 
blanc jaunâtre, un peu plus long que large (o mm. sur 
imm.o), comprimé, plus long que les glumes, qui sontrou- 
geâtre clair, presque arrondies (3 mm. o). C'est une variété 
d'une qualité ordinaire, qu'on sème en sol argileux, après 
le retrait des eaux ; on récolte o ou 6 mois plus tard. 

29. Grappe de sorgho var. savasouski (Sénégal). 

Provient de Saldé. La panicule est compacte. Le grain 
est jaune rougeâtre, comprimé, à peu près aussi long que 
large (o mm.), comme dans le gadiaba ; et les glumes sont 
rougeâtre clair, comme dans le sevil, de 3 mm. o de hauteur 
et de largeur. Cette variété est de même qualité que la pré- 
cédente et présente à peu près les mêmes conditions de végé- 
tation. 

30 et 31. Petit mil; Pennisetum typhoideum (Sénégal). — 
Graminées. 

32. Fécule de petit mil var. sanio. 

Le Pennisetum typhoideum, ou Penicillaria spicata, est le 
petit mil proprement dit, originaire d'Asie tropicale. Il est 
très cultivé encore, comme le sorgho, par beaucoup de peu- 
plades africaines. Sur la côte du Sénégal, sa culture alterne, 
dans les champs, avec celle de l'arachide. Dans l'intérieur, 
c'est la seule Graminée cultivée immédiatement en deçà du 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 9 

Sahara, dans la zone sahélienne, là où il ne tombe que 15 à 
30 cm. d'eau par an et où ne se font pas sentir les inondations 
du Sénégal ou duNiger. Certaines variétés à forts rendements 
sont aussi plus ou moins cultivées au Sénégal, dans le 
Niger, dans la Côte d'Ivoire et au Dahomey. La variété sanio, 
qui correspond aux n os 30 à 32, atteint jusqu'à 4 m. de hau- 
teur ; son épi a de 10 à 50 cm. de longueur. C'est une 
variété rustique et peu exigeante, se développant en 
o mois 1/2. Ce petit mil est un aliment très recherché des 
indigènes ; son prix est toujours supérieur à celui du gros 
mil. Au Sénégal, dans le cercle de Thiès, le sanio se plaît 
dans tous les terrains ; on sème en juillet et on récolte en 
novembre. 

(P. Dumas : L'agriculture dans la vallée du Niger. Agriculture pra- 
tique des pays chauds, 190;>. 

33. Petit mil var. souna (Sénégal). 

Celte seconde variété de Pennisetum typhoideum est 
plus petite que la précédente et de végétation plus rapide, 
car elle mûrit en trois mois ; mais elle est plus exigeante et 
son grain se conserve mal. Dans la vallée du Niger, on la 
sème le plus tôt possible, dès que les premières pluies ont 
détrempé le sol. Elle est très répandue dans le cercle de 
Siné-Saloum où elle se plaît en sols silico-argileux ; on la 
sème en juin et juillet et on récolte en octobre. 

34. Petit mil var. tengué (Guinée Française). 
Provient de la Station agricole de Bentv. 

35. Epis de fonio ; Digitaria exilis Sénégal). — Graminées. 

36. Grains de fonio non décortiqués. 

37. Grains de fonio décortiqués. 

Le Digitaria exilis, qui donne un petit mil, est une Gra- 
minée dune trentaine de centimètres de hauteur, très cul- 



10 H. JUMELLE 

tivée en Guinée Française, surtout au Fouta-Djalon, et 
dans diverses régions du Haut-Sénégal-Niger. On la retrouve 
çà et là dans la partie orientale du Sénégal, en Haute-Côte 
d'Ivoire et dans le Haut-Dahomey. Entre le Fouta et le 
douzième degré, MM. Renoux et Dumas estiment l'étendue 
des champs de fonio au tiers des surfaces cultivées. La 
décortication est faite dans des mortiers spéciaux ; le grain 
décortiqué est cuit à la vapeur, ou dans l'eau, ou torréfié. 

(A. Chevalier : loc . cit. — Renoux et Dumas : Culture du fonio dans les 
vallées du Sénégal et du Haut-Niger. Agriculture pratique des pays 
chauds ; second semestre, 1905.) 

38. Grappes de riz ; Oryza sativa (Sénégal). — Graminées. 

Le riz est très cultivé en beaucoup de régions de l'Afrique 
Occidentale Française, principalement en Gasamance, en 
Guinée Française, dans la vallée du Moyen-Niger, et, en 
Côte d'Ivoire, dans les vallées du Sassandra et du Cavallv. 
Il présente de nombreuses variétés, barbues ou sans 
barbes, 

(A. Chevalier: loc. cit.) 

39. Grappes de riz var. méréké (Guinée Française). 

La grappe de cette variété non barbue est tombante et 
très étalée, longue de 20 à 25 cm. ; le grain est elliptique, 
avec glumelles d'un jaune clair, à peu près de même couleur 
que les glumes. 

(L. Raybaud: Etude de quelques variétés de riz des colonies françaises . 
L'Expansion coloniale, I er août 1912.) 

40. Grappes de riz var. Port-Lokko (Guinée Française). 

Ainsi que son nom l'indique, cette variété de riz serait 
originaire de Sierra-Leone. Sa panicule est étalée, peu four- 
nie, grêle, longue de 12 à 18 cm. Le grain est elliptique, 
ramassé ; glumelles et glumes sont d'un jaune terne, sans 
barbes. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 11 

41. Grappes de riz var. Sakala (Guinée Française). 

Cette variété (de Sakala ?) a été récoltée à Bissidougou. 
La grappe est à axe rigide, contourné, avec rameaux très 
rapprochés de cet axe, et très sinueux. Le grain est rouge 
brique, elliptique, très aplati ; les glumelles sont le plus 
souvent jaunâtres, mais aussi brunâtres, et quelquefois 
noires ; les petites glumes, à la base, sont de teinte plus 
claire. 

i2. Grappe de riz var. kalimodia (Guinée Française). 

Cette variété, qui provient de la Station agricole de 
Benty, est à grappe tombante plus ou moins étalée et à 
grains rouges, mélangés de grains blancs, les premiers dans 
la proportion de 60 °/ . Les glumelles sont jaunes. 

43. Grappes de riz var. Ali-Toma (Guinée Française). 

Cette variété, qui provient de la Station agricole de 
Benty, est àpanicule tombante et peu étalée; le grain est 
d'un blanc très légèrement rouillé; les glumelles sont jaune 
brunâtre, assez velues. 

44. Grappes de riz var. denkétégny (Guinée Française). 

C'est un riz de colline, à grappe très rigide et à grain 
rouge brique, avec glumelles jaune brunâtre. 

45. Grappes de riz var. salifori (Guinée Française). 

C'est encore un riz de colline, à grappe rigide et à grain 
rouge brique, mais à glumelles généralement noires, avec 
glumes plus claires. 

46. Grappes de riz var. marara maro (Côte d'Ivoire . 

C'est une variété non barbue. La grappe, longue de 25 à 
28 cm., est étroite, à axe rigide, avec des rameaux plus ou 
moins contournés ; le grain est rouge brun et elliptique ; 



\2 H. JUMELLE 

les glumelles, très velues, sont les unes noires et les autres 
jaunes, celles-ci souvent stériles. 

47. Grappes de riz var. brai (Côte d'Ivoire). 

C'est un riz barbu. La panicule est tombante et étalée ; 
les grains sont d'un blanc jaunâtre ou verdàtre ; les glu- 
melles sont brun chocolat, velues, la supérieure avec une 
arête jaune qui peut atteindre 6 cm. de longueur ; les glumes 
sont blanches. 

48. Riz du Gavally (Côte d'Ivoire). 

Paz en paille et riz décortiqué par les indigènes. 

49. Riz vivace de Richard-Toll. 

Ce riz vivace et à rhizomes, qui est YOryza Barthii Chev., 
ou Oryza sy Ivestris var . Barthii Stapf, croît à l'état sauvage 
en Afrique occidentale, dans la partie Nord delà zone souda- 
naise, dans les dépressions qui sont inondées à la saison des 
pluies. On le trouve dans le Moyen et le Bas-Sénégal, notam- 
ment dans le Oualo ; il est très abondant dans tout le Moyen- 
Niger, de Segou à Tombouctou, et peut-être au delà ; il est 
également répandu dans le. haut de la boucle du Niger, dans 
certaines parties du Mossi, dans la pénéplaine de Gourma. 
Il reste en herbe pendant deux ou trois mois et transforme, 
dejuillet à septembre, certains marais en excellents pâtu- 
rages. Lestiges s'élèvent ensuite à 1 m. à 1 m. 50, et par- 
fois à une plus grande hauteur dans les eaux profondes. 
La grappe toutefois dépasse toujours de quelques déci- 
mètres le niveau de l'eau. La glumelle inférieure, de cou- 
leur variable, est terminée par une longue arête de 12 à 
18 cm. C'est un riz à grain très fin, et toujours vendu cher, 
mais qui ne donne que de faibles rendements, et dont la 
récolte est très laborieuse . Dans les régions où la plante 
mûrit mal, elle reste intéressante comme fourrage pour le 
bétail. 



Al-'RLOL'K OCCIDENTALE FRANÇAISE J3 

(A. Chevalier : Le riz sauvage de l'Afrique tropicale. Journal d'Agri- 
culture tropicale, 31 janvier 1911. — G.Henry : Notes sur le riz viva.ee. 
Agriculture pratique des pays chauds, 1911 e .) 



II. — GRAINES ALIMENTAIRES 

61. Voandzeia subterranea. —Légumineuses. 

62. Pois-arachides blancs (Dahomey). 

63. Pois-arachides mélangés (Dahomey). 

Le Voandzeia subterranea, ou pois-arachide, ou haricot 
des Bambaras, a déjà été mentionné dans le Catalogue de 
Madagascar (n° 21). Les fruits, qui mûrissent en terre, 
comme ceux de l'arachide, et comme ceux aussi du Kerstin- 
giella geocarpa, ou doï, autre Légumineuse africaine, sont 
des gousses globuleuses indéhiscentes, le plus souvent à 
une seule graine. La plante est cultivée chez presque toutes 
les peuplades de l'Afrique tropicale, surtout dans les régions 
de savanes. Les graines sont de diverses couleurs, jaunes, 
tachetées, rouges ou noires, selon les variétés. 

64. Gousses de Ganavalia ensiformis (Sénégal). — Légu- 
mineuses. 

Le Canavalia ensiformis, ou Canavalia gladiata, est une 
plante grimpante souvent cultivée en Afrique Occidentale 
Française autour des cases des indigènes. Ses graines sont 
blanches ou colorées; elles sont mangeables, mais de diges- 
tion difficile. 

65. Gousse de Canavalia obtusifolia (Sénégal). — Légumi- 
neuses. 

Cet autre Canavalia est, comme le précédent, appelé 
fanto au Sénégal. Les gousses sont moins comprimées que 



14 H. JUMELLE 

dans la première espèce, et les graines, qui sont tigrées sur 
toute la surface, sont de forme un peu différente, plus 
ovoïdes et plus grosses. La plante est cultivée autour des 
cases au Niocolo. Les graines dures et coriaces, de goût 
fade, et qu'il faut faire bouillir pendant des journées entières, 
sont peu appréciées des indigènes, qui ne les consomment 
guère qu'en temps de disette. Elles passent pour donner 
une maladie qui fait tomber les dents. Elles sont parfois 
considérées comme toxiques. 

(A. Rançon : loc. cit.) 

66. Graines de Ganavalia (Guinée Française). — Légumi- 
neuses. 

Ces graines données par des gousses beaucoup plus 
petites que les précédentes, et qui appartiendraient peut- 
être cependant au Canavalia ensiformis, sont considérées à 
Conakry comme toxiques. 

67. Gousses de Psophocarpus longepedunculatus. — Légu- 
mineuses. 

Le Psophocarpus longepedunculatus, ou Psophocarpus 
palmettorum, est voisin du Psophocarpus tetragonolohus, 
qui est le pois carré de la Réunion et de Maurice, où on con- 
somme les gousses vertes et les graines fraîches. Les deux 
espèces sont des plantes grimpantes, à racines tubéreuses 
et à fleurs bleuâtres ou lilas ; mais le Psophocarpus longe- 
pedunculatus, qui est plutôt l'espèce du continent africain, 
où elle s'est naturalisée, est à tige plus grosse et à gousses 
plus petites, avec graines moins nombreuses. Ces gousses, 
chezlesdeux espèces, sont tétragones, avecuneaile à chaque 
angle. 

68. Haricots rouges d'Europe (Dahomey). — Légumineuses. 

Cette variété de Phaseolus vulgaris provient du Dahomey, 
mais y a été importée d'Europe. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 1 b* 

69. Graines de Mucuna urens (Dahomey). — Légumineuses. 

70. Graines de Mucuna urens. 

71. Gousses de Mucuna flagellipes (Soudan). — Légumi- 
neuses. 

La détermination des gousses de Mucuna flagellipes a 
été faite avec quelques réserves. Cette espèce est africaine. 
Le Mucuna urens, qui est appelé pois à gratter, en raison 
des poils bruns brûlants qui, comme dans le M. flagellipes, 
couvrent ses gousses, ou encore œil de bourrique, en raison 
de la forme et de l'aspect de ses grosses graines, est d'ori- 
gine américaine et est donc introduit en Afrique comme en 
beaucoup d'autres pays chauds. A la Martinique, d'après 
le Père Duss, les graines de Mucuna urens seraient man- 
gées rôties, quoiqu'elles soient amères ; elles seraient diuré- 
tiques et excitantes. Peut-être cependant ne doivent-elles 
pas être consommées sans quelques précautions ; ce doit 
être, du reste, un médiocre aliment. 

72. Gousses de PterOCarpUS eSCUlentUS (Dahomey). — Légu- 
mineuses. 

Cette Légumineuse, appelée mengoun en certaines 
régions, est commune en Afrique tropicale le long des cours 
d'eau et est plantée dans quelques villages du Bas-Daho- 
mey. Ses graines sont comestibles, mais passent pour être 
toxiques lorsqu'elles sont crues. 

73. Rameaux et fruits de Blighia sapida (Dahomey). — Sapln- 
dacées. 

Ce grand arbre, qui est le finzan des Bambaras, est intro- 
duit aujourd'hui en beaucoup de pays tropicaux, mais est 
d'origine africaine ; il est commun à l'état spontané, d'après 
M. Chevalier, dans les forêts de la Côte d'Ivoire et du 
Congo. 11 est très cultivé autour des villages au Dahomey, 
dans le Baoulé et la Haute-Côte d'Ivoire, en Guinée Iran- 



16 H. JUMELLE 

çaise. Les fruits sont des capsules ovoïdes, rouges, s'ouvrant, 
par déhiscence loculicide, en trois valves. Les graines, dont 
il n'y a qu'une par loge, sont minces et brillantes, mais 
chacune est partiellement enveloppée par un arille épais, 
blanc jaunâtre, présentant des circonvolutions qui ont valu 
à la plante le nom vulgaire de ris de veau. Cet arille, qui a 
une saveur de noix fraîche, est mangé cuit à F eau ou frit. 
Cru, il passe pour toxique : il peut être également dange- 
reux lorsqu'il est consommé trop jeune ou, au contraire, 
trop avancé. 

74. Noix d'Anacardium occidentale. — Térébinthacées. 

Originaire de l'Afrique tropicale et cultivé aujourd'hui 
dans tous les pays chauds, Y acajou à pomme est très fré- 
quemment planté par les indigènes en Afrique occidentale. 
Voir le Catalogue de Madagascar, n° 22. 

75. Graines de nénuphar. — Nymphéacées. 

Ces graines de diahar, qui appartiennent à diverses 
espèces de Nympïiaea. notamment le Xymphaea stellata et 
le Nympjhaea Lotus, sont mangées en couscous par les 
Noirs. Les graines sont blanches ou rouges selon l'espèce ; 
les rouges seraient les meilleures. Voirn 6 de ce Catalogue. 

76. Graines de Cola cordifolia (Sénégal). — Sterculiacées. 

77. Arille de la graine de Cola cordifolia (Sénégal). 

78. Fruits, fleurs et feuilles de Cola cordifolia (Sénégal). 

Cet arbre à tronc énorme, indigène dans l'Ouest Africain, 
mais parfois aussi planté dans les villages soudanais comme 
arbre d'ombrage propre aux palabres, est le ntaha du Sou- 
dan, le ndimh des Ouolofs, le doula des Mandingues, le 
tabacklé du Cayor. On consomme l'arille jaunâtre et pul- 
peux, de saveur sucrée, qui enveloppe la base des graines. 

A. Rançon: loc. cit.. — A. Chevalier : loc. cit.). 



AFRIQUE OCdibËKÏALÊ FRANÇAIS!-; \ t 



III. — FRUITS ALIMENTAIRES 

91. Fruits de Balanites aegyptiaca (Haut-Sénégal-Niger). — 
Simaruhacées. 

Le Balanites aeyyptiaca, ou soump des Ouolofs, que nous 
citerons encore plus loin dans la section des Oléagineux, 
est abondant, à l'état spontané, dans le Nord du Sénégal 
et le Soudan, et il s'étend, à travers tout ce Soudan, jus- 
qu'en Abyssinie ; on le retrouve dans la région des Lacs. 
En Afrique Occidentale Française, du côté de Bobo-Diou- 
lasso et dans le Haut-Dahomey, il est planté. La pulpe de 
ses fruits est comestible ; et ces fruits, nommés garbay hon- 
non, ou « dattes amères », sont vendus sur le marché de 
Tombouctou. A haute dose, ils seraient purgatifs et pour- 
raient occasionner des diarrhées. Les racines, lécorce et les 
feuilles de la plante seraient purgatives et vermifuges, 
même à doses modérées. Les racines et l'écorce contiendraient 
de la saponine et pourraient, comme telles, être employées 
pour le nettoyage et le dégraissage des étoffes. 

(De Wildeman : Le Balanites aer/yptiaca. Notices sur îles plantes 
utiles ou intéressantes de la flore du Congo ; Bruxelles, 1903. — A. Che- 
valier : loc. cit.) 

92. Fruits deDiospyros mespiliformis (Haut-Sénégal-Niger). 
— Ebénacées. 

C'est Yébénier du Soudan, spontané en Afrique tropicale 
en dehors de la forêt, et cultivé en quelques villages. Bien 
que la pulpe des fruits soit très mince, ces fruits se trouvent 
couramment sur le marché de Tombouctou. 

(A. Chevalier: loc. cit. 

93. Graines de Gitrullus vulgaris. — Cucurbitacées. 

La pastèque est spontanée dans les terrains sablonneux 
Annales du Musée colonial de Marseille. -- 3* Bérie, 5' vol, l'.'IT. 2 



18 H. JUMELLE 

de la zone soudanienne et fréquemment cultivée en Afrique 
tropicale. Les fruits des formes cultivées sont souvent à 
saveur douce ; c'est le cas notamment de celles de ces 
formes à fruits moyens qu'on rencontre dans le Moyen-Ni- 
ger, en particulier autour de Tombouctou. Ces fruits mû- 
rissent de septembre à janvier ; les graines sèches tiennent 
aussi une grande place dans l'alimentation indigène de 
février à août. 

D'après les recherches faites à l'Impérial Institute de 
Londres, sur des graines provenant de la Nigérie méridionale, 
où la plante est appelée ikpan, ces graines se composent de 
36 °/ d'enveloppe et 64 °/ d'amande ; et cette amande 
donne 40,6 °/ d'une huile jaune pâle qui laisse déposer des 
flocons blanchâtres et a pour caractères : 

Densité 0,922 

Indice d'acidilé 1,4 

Indice d'iode 107 

Indice de saponification 196,5 

Pour la savonnerie, cette huile d'ikpan a été estimée à 
Londres à une valeur un peu moindre que l'huile de 
coton, mais ce serait peut-être une huile comestible, ce qui 
élèverait son prix. 

(A. Chevalier : loc. cit. — Bulletin of the Impérial Institute, 1908, n° 4.) 

94. Fruits d'Anona rauricata. — Anonacées. 

Le corossolier, originaire des Antilles, où c'est le cachi- 
man épineux, est depuis longtemps cultivé par les indigènes 
dans la région des sources du Niger et dans le Bas-Daho- 
mey. 

(A. Chevalier : loc. cit.) 

1)5-96. Fruits de Zizyphus orthacantha ; jujubier. — Rhamna- 

cées . 

Cette espèce de jujubier, voisine du Zizyphus Jujuha, 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 19 

est spontanée au Soudan et y est commune. Elle est quel- 
quefois cultivée plus au Sud. Les fruits sont comestibles ; 
fermentes dans l'eau, ils donnent aussi une boisson rafraî- 
chissante. Les feuilles nourrissent le Bombyx Faidherhii. 

(A. Chevalier : loc. cit.) 

97. Fruits de Passiflora foetida (Dahomey). — Passifloracées. 

Toutes les passiflores sont originaires de l'Amérique 
tropicale. Le Passiflora foetida, caractérisé par les trois 
feuilles involucrales très divisées qui accompagnent chaque 
fruit, est aujourd'hui naturalisé dans beaucoup de villages 
africains. Le fruit est comestible . 

(A. Chevalier : loc. cit.) 

98. Graines de Luff a cylindrica . — Cucurbitacées. 

C'est, au Soudan, le niahessé des indigènes, qui toutefois 
ne consomment guère les jeunes fruits, comme en certaines 
autres contrées, et n'utilisent en général que le réseau 
fibreux des fruits mûrs et secs . 

(A. Chevalier: loc. cit.) 



99. Fruits d'Hibiscus esculentus (Sénégal). — Malvacées. 

Le gombo, dont la culture est encore possible dans le 
Midi de la France, est aujourd'hui naturalisé dans tous les 
pays tropicaux; d'après Schweinfurth, il serait spontané 
en Abyssinie. On en connaît de nombreuses variétés en 
Afrique occidentale. On mange les fruits quand ils sont 
jeunes, comme légumes, avec du riz, du couscous, de la 
viande ou du poisson. C'est le guaniala des Bambaras, le 
gaou des Malinkès, le candie des Peulhs, le diakatamc des 
Sarracolés. 

(A. Rançon : loc, cit. — A. Chevalier : loc. cit.) 



20 H. jumelle 

100. Fragment de régime de Phoenix reclinata. — Palmiers, 

Cedattier, à tronc bas. dont on retrouve une A 7 ariété à 
Madagascar, est connu dans toute l'Afrique tropicale et 
même en Afrique du Sud, sur les côtes et dans l'intérieur ; 
il croît ordinairement sur les bords des cours d'eau. Les 
fruits sont mangeables. 

101. Fruits de Salvadora persica (Haut-Sénégal-Niger). — 

Salvadoracées. 

Ce petit arbre, qui pousse à l'état sauvage en diverses 
régions de l'Afrique tropicale, ainsi que dans l'Afrique du 
Nord, en Arabie et dans. l'Inde, donne de petits fruits dont 
le goût rappelle celui des raisins de Corinthe, et qui, d'après 
M. Chevalier, sont vendus en grande quantité à Tombouc- 
tou. 

Les graines, dont l'amande est amère, sont oléagineuses 
et fournissent 44,6 °/ d'une huile concrète jaune, à odeur 
désagréable, et qui a pour constantes, comparées à celles du 
Salvadora oleoides de l'Inde : 

S. persica S. oleoides 

Indice de saponification 245,2 242,4 

Indice d'iode 5,9 7,5 

Indice d'acidité 9,3 11,13 

Solidification des acides gras 30°4 40° 

Point de fusion 38° 41° 

Son haut point de fusion rendrait donc ce beurre intéres- 
sant pour la stéarinerie, et aussi peut-être, après purifica- 
tion, comme graisse alimentaire et « beurre à chocolat », au 
même titre que les beurres (tengkaicany) des Shorea de 
Bornéo. 

102. Gousses et graines de Parkia biglobosa ; nété (Séné- 
gal) . — Légumineuses. 

103. Jeunes gousses et inflorescences de Parkia biglobosa. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 21 

404. Gousses de Parkia biglobosa. 

105. Feuilles et fragments de tige de Parkia biglobosa. 

106. Écorces de Parkia biglobosa. 

Le Parkia, biglobosa, ou Parkia a f ricana, est un bel 
arbre de 12 à 15 mètres de hauteur, à feuilles deux fois 
composées et à fleurs rouges, disposées en boules. Les 
gousses noires, linéaires et un peu en faucille, de 27 à 40 
cm. de longueur sur 13 mm. de largeur, sont complètement 
remplies, dans les intervalles laissés par les graines, par 
une pulpe d'abord spongieuse et blanche, puis granuleuse 
et jaune clair. Les graines plongées dans cette pulpe sont 
elliptiques, comprimées, à épais tégument brun. Cette 
espèce est largement répartie dans toute la zone tropicale 
africaine ; on la retrouve dans le Haut-Nil et au Congo. En 
Afrique Occidentale Française, elle habite les zones souda- 
nienne etguinéenne. C'est le nété et le néré des Bambaras, 
le oulle des Ouolofs, le houlle et le néri des Soussous, le 
kombé des Bandas, etc. Il joue un rôle important dans l'ali- 
mentation indigène, soit par ses graines, qui, torréfiées et 
fermentées, donnent une sorte de fromage (sumbara) qu'on 
conserve en tablettes et qui sert de condiment, soit surtout 
par la pulpe de ses gousses. Cette pulpe (ou pain cVépice 
d* Afrique) réduite en farine se présente sous l'aspect d'une 
poudre jaune d'or, un peu humide au toucher, s'agglomé- 
rant facilement par pression, d'odeur douce et de saveur 
fortement sucrée et mucilagineuse. Elle contient, d'après 
des analyses de M. Crété, 25 °/ environ de saccharose, 
20 % de sucre réducteur, 1 à 1,30 °/ de substances 
grasses, et des matières pectiques correspondant à des pec- 
tanes et à des galactanes. La pulpe de nété, qui n'est donc 
pas amylacée, mais plutôt sucrée et mucilagineuse, a déjà 
été employée avec succès en Europe pour l'alimentation des 
jeunes enfants. Les graines plongées dans cette pulpe se 
composent de 33 °/ environ de tégument et 66 °/o d'amande, 
et celle-ci renferme près de 25 °/ d'une huile jaune paille 



22 H. JUMELLE 

qui a pour indice d'iode 82,8 Ji, et, pour indice de saponifi- 
cation, 192. Après torréfaction, les graines peuvent servir à 
préparer une infusion rappelant le café. Les enveloppes des 
gousses servent au Fouta-Djalon pour intoxiquer le pois - 
son. 

(Heckel et Schlag-denhauffeil : Du café du Soudan, Parkia biylobosa, 
au point de vue botanique et chimique . Journal de Pharmacie et de 
Chimie, 4887. — ■ A. Chevalier : Les Parkia de V Afrique occidentale. Bul- 
letin du Muséum d'Histoire naturelle, 1910. — L. Crété : Le nété et 
quelques autres Parkia de l'Afrique occidentale. Vigot, Paris, 1910.) 

107-108. Gousses de Dialium nitidum (Sénégal). — Légumi- 
neuses. 



109. Graines de Dialium nitidum. 

Le Dialium nitidum, ou tamarinier velouté, le solom des 
Ouolofs, le kocyto des Mandingues, est un arbre de taille 
moyenne, à petits fruits vaguement lenticulaires, noirs et 
veloutés, dont la pulpe acidulé est comestible et rafraîchis- 
sante. 

(P. Sébire: Les Plantes utiles du Sénégal. — Baillière, 1899.) 

110. Fruits de Parinarium senegalense. —Rosacées. 

111. Huile et graines de Parinarium senegalense . 

Le Parinarium senegalense, ou Parinarium macrophyl- 
lum, est le néou et le pommier du Cayor des colons. Les 
fruits globuleux, jaunâtres, avec noyau épais, bosselé et à 
surface anfractueuse, sont mangés par les indigènes, quoique 
la pulpe soit peu juteuse, farineuse et un peu âpre. C'est le 
gingcr-hread-plum des colons anglais de Sierra-Leone. Les 
graines contiennent une huile qui est parfois utilisée au 
Sénégal pour faire des savons. 

Le noyau se compose de 85,86 °/ de coque et 15,14 °/ de 
graine. Par le sulfure de carbone on obtient la substance 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 23 

grasse dans la proportion de 9,45 °/ du noyau et 62,40 °/ 
de la graine seule. Cette huile est liquide à la température 
ordinaire, légèrement jaunâtre, et d'une densité de 0,954 à 
15°. Elle rancit facilement, en s'épaississant. Elle est très 
siccative et rappelle, par ses propriétés, l'huile de bancoul. 
Le rendement en acides gras de saponification est de 92 °/ , 
et leur point de solidification est de 20°. Le rendement en 
acides gras de distillation est de 72,50 °/ , et le point de 
solidification de ces acides est de 32°. Le rendement en 
acides gras solides de saponification est de 10 °/ , et le point 
de solidification de ces acides est de 51 °7 . Le rendement en 
acides gras solides de distillation est de 25 °/ , et leur 
point de solidification est de 50°. Cette huile ne convien- 
drait ni en savonnerie ni en stéarinerie, mais serait utili- 
sable comme l'huile de lin. Le tourteau, de goût agréable, 
mais peu azoté, ne peut être employé que comme engrais. 

E. Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies fran- 
çaises. Annales de l'Institut Colonial de Marseille, 1898.) 

112. Fruits et feuilles de Parinarium excelsum. — Rosacées. 

113. Fruits de Parinarium excelsum. 

Les fruits de cette autre espèce, qui est le mampata des 
Ouolofs, sont plus petits que les précédents et à noyau 
moins anfractueux. Ils sont encore consommés par les indi- 
gènes et seraient de saveur plus douce et plus agréable que 
les fruits du néou. C'est le gray ou rough-skinned-plum de 
Sierra-Leone. 

114. Ampelocissus Lecardii. — Ampélidacées. 

Les « vignes » qui poussent à l'état spontané dans le 
Haut-Sénégal sont des espèces d' Ampelocissus et de Cissus. 
Leurs tiges herbacées ou suffrutescentes sont ordinairement 
couchées sur le sol. A la fin de l'hivernage, elles produisent 
des grappes de raisins qui ont parfois la grosseur d'une 
prune et sont rouge noirâtre, avec de volumineux pépins 



24 H. JL'MELLE 

recouverts d'une mince pulpe sucrée. Il est peu probable 
que, comme on y avait pensé jadis, on puisse réussir à hy- 
brider ou greffer ces vignes du Soudan avec les véritables 
vignes. 

(A. Chevalier: loc. cit. Une Mission au Sénégal. Challamel, Paris, 

1900.) 

115. Noyaux deXimenia sp. — Olacacées. 

Ce Ximenia, qui est voisin du Ximenia americana, et 
est le séno des Bambaras et des Malinkès, est un arbuste de 
3 mètres au plus de hauteur, assez commun dans le Foula- 
dougou, le Kita, le Manding, le Bambouck, le Denkilia et 
le Kuokodougou, où il croît sur les sols pauvres et dans les 
interstices des rochers. Les fruits ressemblent à des prunes 
mirabelles, mais parfaitement sphériques. La pulpe est 
peu abondante mais rafraîchissante, aigrelette, légèrement 
aromatique et très agréable. L'amande, contenue dans un 
noyau assez volumineux, a le goût de laurier- cerise et con- 
tient une assez forte proportion d'acide cyanhydrique pour 
que son ingestion soit dangereuse. 

(A. Rançon : loc. cil.) 

116. Fruits de Napoleona imperialis (Sénégal). — Myrtacées. 

La pulpe des fruits de cette Myrtacée est mangée comme 
rafraîchissante. 



IV. — PLANTES A SUCRE 

121. Tiges de Panicum stagninum; bourgou (Haut-Sénégal- 
Niger). — Graminées. 

Le bourgou, ou roseau à sucre du Soudan, est une Gra- 
minée qui pousse en abondance dans les terrains inondés 
par le Niger; il apparaît en juin, quand la crue fait débor- 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 25 

der le tleuve. Les tiges grandissent rapidement et atteignent 
en septembre jusqu'à 3 mètres. À la période des plus 
grandes pluies, en juillet, elles n'émergent parfois que de 
10 centimètres, et jamais de plus de 1 mètre. La plante ne 
se trouve plus qu'en petite quantité au sud du 13 e degré de 
latitude Nord, quoiqu'on la rencontre encore dans les lacs 
du Bas-Dahomey par exemple, mais elle est très abondante 
dans la région de Tombouctou et dans tout le Moyen-Niger ; 
son grand centre est le lac Débo, qui est le régulateur de 
l'inondation du fleuve. La surface de production s'étendrait 
sur 250.000 hectares. Si la récolte de riz est mauvaise, les 
indigènes utilisent les graines. Mais, d'autre part, c'est 
surtout comme plante à sucre que le bourgou est connu et 
utilisé autour de Tombouctou. Les tiges qui ont été fauchées 
sont écrasées, puis traitées par l'eau, et on obtient un sirop 
épais qui est le koundou-hari, boisson habituelle des Musul- 
mans de Tombouctou. Ce sirop doit être bien frais, car il 
fermente très vite ; il est de couleur caramel foncé, d'abord 
sucré, puis acre, très désagréable pour ceux qui n'y sont 
pas habitués. Concentré, il donne une mélasse qui, décou- 
pée comme du nougat, est le katou, vendu également sur 
le marché de Tombouctou. D'après les analyses de 
MM. Perrot et Tassilly, le bourgou contient 10 % de 
saccharose et 7 °/ de sucres réducteurs évalués en glucose. 
Sans être aussi riche que la canne à sucre, il pourrait donc 
être utilisé sur place pour la fabrication d'alcool. 

(A. Chevalier : Une nouvelle plante à sucre de l'Afrique Occidentale 
Française. Comptes rendus de l'Association française pour l'avancement 
des sciences, Congrès de Paris, 1900. — Perrot et Tassilly : Sur la 
composition chimique et Vutilisation possible du bourgou. Yigot, Paris, 
4910.) 

122-423. Vin de palme. — Palmiers. 

Le palmiste, surtout intéressant pour ses fruits et ses 
graines à substances grasses concrètes, et qui sera, comme 
tel, cité de nouveau dans la section des Oléagineux, est, en 
outre, pour les indigènes de l'Afrique occidentale, un palmier 



26 H. JUMELLE 

à vin. Des inflorescences mâles sectionnées de ce palmiste 
on retirerait par jour un demi-litre à un litre et demi de 
liquide. 



V. — CAFÉIQUES 

131. Fruits de caféier de Libéria. — Rubiacées. 

132. Café de Libéria. 

133. Caféine extraite du café de Libéria. 

Originaire de l'Angola, le caféier de Libéria a été intro- 
duit à une époque relativement récente sur la côte de 
Guinée ; en Afrique Occidentale Française, la seule colonie 
qui s'adonne quelque peu à sa culture est la Côte d'Ivoire, 
qui exportait en 1912, d'Assinie et de Bassam, 28.000 kilos 
environ. 

134. Café du Rio-Nunez (Guinée Française). — Ruhiacées. 

Le Coffea slenophylla, qui donne le café dit « du Rio- 
Nunez », est spontané dans la Basse-Guinée Française et à 
Sierra-Leone. Il croit entre 400 et 700 mètres d'altitude, à 
100 à 300 kilomètres de la mer, dans une contrée où il 
tombe de 1 m. 50 à 3 mètres d'eau. Plus près de la mer, 
au-dessous de 300 mètres, où les pluies sont plus abon- 
dantes, comme à Boké, sur le Rio-Nunez, il n'est que 
cultivé. Ce n'est que dans le Haut-Rio-Nunez qu'il rede- 
vient spontané. Le café, à petits grains, est d'arôme assez 
fin, mais avec un petit goût de vieux qui ne plaît pas 
toujours. 

(A. Chevalier : Les caféiers sauvages de la Guinée Française. Comptes 
rendus de l'Académie des Sciences, 22 mai 1905.) 

135. Gousses et graines de Cola nitida. — Sterculiacées, 



AFRUJUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 27 

136-137. Graines de Cola nitida. 

138. Feuilles de Cola nitida. 

139. Pâte des graines de kola. 

140. Pain avec poudre de kola et beurre de cacao. 

141. Kolanine des graines de Cola nitida. 

142-143. Caféine des graines de kola. 
144. Écorces de Cola nitida. 

Les noix de kola que consomment les indigènes de 
l'Afrique occidentale, et dont l'emploi est aujourd'hui cou- 
rant dans la thérapeutique européenne, sont les graines de 
plusieurs espèces de Cola, dont la meilleure est le Cola 
nitida. Les graines de ce Cola nitida seront toujours dis- 
tinguées de celles des autres espèces par ce caractère qu'elles 
sont à deux cotylédons, tandis qu'il y a plus de deux de ces 
cotylédons dans les autres espèces, et notamment dans le 
Cola acuminata, le Cola verticillata et le Cola Ballayi. 

Le Cola nitida est spontané dans la forêt vierge de la 
Côte d'Ivoire et du Libéria, mais ses diverses races sont 
aujourd'hui cultivées en grand en Afrique occidentale à 
partir de la Guinée Française. Il est bien reconnu en théra- 
peutique que les graines fraîches sont, comme l'ont toujours 
admis les Noirs, bien supérieures aux graines sèches. Ces 
graines fraîches n'agissent pas seulement par la caféine, 
mais encore par des catéchines, la kolatine et la kolatéine, 
qui solubilisent la caféine ; et, au cours de la dessiccation, 
ces catéchines, sous l'influence de diastases, telles que le 
kolooxydase, subissent des transformations, parmi les- 
quelles la plus importante est la mise en liberté de la 
caféine. Les effets de la noix sont ainsi considérablement 
atténués. 

(E. Ileckel : Los kolas africains. Annales du Musée Colonial de Mar- 
seille, 1893. — Chevalier et Perrot : Les kolêtlirè et les nota >/f kola. 



28 H. JUMELLE 

Les Végétaux utiles de l'Afrique tropicale française, 1911. — Goris et 
Arnould : Conservation et stérilisation des noix de kola fraîches. Bulletin 
des Sciences pharmacologiques, 1907.) 

135. Cacao de la Côte d'Ivoire. — Sterculiacées. 



La culture du cacaoyer s'est considérablement développée 
en ces dernières années à la Côte d'Ivoire. Les exportations 
de cacaos, qui n'étaient que de 7 tonnes en 1910, se sont 
élevées à 300 tonnes en 1916. En décembre 1915 on 
comptait 2.398 plantations indigènes, avec plus de 1.675.000 
arbres, et 13 exploitations européennes. 'Ces plantations se 
trouvent surtout dans les cercles du Bas-Cavallv, d'Assinie, 
de l'Agneby, de l'Indénié et des Lagunes. La qualité de ces 
cacaos de la Côte d'Ivoire a déjà été appréciée sur nos 
marchés. Les cacaos exposés appartiennent à une variété 
amelonaclo du groupe des forasteros. Ils ont été récoltés et 
préparés à la Station de Bingerville. La durée de la fermen- 
tation a été de 6 jours, avec brassage et changement de 
cuve tous les jours à partir du deuxième. Le séchage à l'air 
libre nécessite 10 à 15 jours, suivant la saison. En décembre 
1916, ces cacaos étaient vendus, pris en magasin, 1 fr. 72 
le kilo. 

(Développement delà culture du cacaoyer au 31 décembre 1591, à la 
Côte d'Ivoire. Bingerville, 1916.) 



VI. — CONDIMENTS ET AROMATES 

151. Poivre de Guinée. — Pipéracées. 

Le poivre de Guinée, ou poivre de Kissi, qui ressemble 
au poivre noir du Piper nigrum de l'Inde, est donné par le 
Piper guineense, plante grimpante spontanée dans les 
forêts et les galeries forestières de l'Afrique tropicale. Il 
n'est cultivé qu'au Kissi, en Guinée Française, où il donne 
lieu à un petit commerce. 

(A. Chevalier : loc. cit.) 



ÀftUQuË occidentale FRANÇAISE 29 

\Îj2. Poivre d'Ethiopie. — Anonacées. 

153. Racines de ndiar. 

154. Bois de ndiar. 

Le poivre d'Ethiopie, ou encore poivre de Sedhiou, sou- 
vent aussi appelé, comme le précédent, poivre de Guinée, et 
qui est le ndiar des Ouolofs, est un condiment à saveur 
piquante comme le véritable poivre, mais son origine bota- 
nique est toute différente de celle de ce poivre. La plante 
productrice est un arbre ; et le produit se présente sous la 
forme de bouquets de baies cylindriques, delà grosseur d une 
plume d'oie, avec de légers étranglements correspondant aux 
intervalles des graines qu elles contiennent. L'espèce est 
spontanée en quelques régions forestières de l'Afrique tropi- 
cale, mais cultivée ailleurs, notamment dans la région mari- 
time du Sénégal et dans le Bas-Dahomey. 

(A. Chevalier : loc. cit.) 

155. Fruits d'Aframomum Melegueta (Sénégal). — Zingibé- 

racées. 

Les graines de V Aframomum Melegueta sont la mani- 
guette, ou méléguette, ou graine de Paradis, ou Y alligator 
peper, le kisadji de Sierra-Leone. Elles sont utilisées, en 
Angleterre notamment, comme condiment, à la façon des 
cardamones de l'Inde ; la saveur en est brûlante et très 
piquante. La plante paraît spontanée en certaines parties 
des forêts de la Côte dlvoire et du Libéria, et est, en tous 
cas, très cultivée sur la côte du golfe de Guinée, en Guinée 
Française, à Sierra-Leone, à la Côte d'Ivoire, au Daho- 
mey, etc. 

loG. Fruits d'Aframomum sp. (Guinée Française). — Zingi- 
hé racées. 

Cet Aframomum, à plus petits fruits que le précédent, 



30 U. JUMELLE 

est nommé en soussou niohomi conkouri, ou « petit 
gingembre ». La graine est mangée par les Noirs comme 
condiment. C'est peut-être YAframomum Meleguetella K. 
Sch. 

157. Rhizome de gingembre. — Zingihéracées. 

Le Zingiber officinale, ou gingembre, niohoni en soussou, 
originaire de l'Asie tropicale, est introduit de longue date 
sur cette même côte du golfe de Guinée ; il est très cultivé 
notamment au Sierra-Leone. 

158. Vanille sauvage du Cavally(?) (Côte d'Ivoire). — Orchi- 

dacacées. 



VIL — PLANTES MÉDICINALES 
ET TOXIQUES 

171. Racines de Tinospora Bakis (Sénégal). — Ménisperma- 
cées. 

172. Rameaux floraux de Tinospora Bakis. 

173., Principes extraits des racines de Tinospora Bakis. 

Le Tinospora Bakis est une liane commune au Sénégal, 
dans le Oualo, le Cayor et la Gasamance, et qu'on retrouve 
encore plus à l'intérieur, dans les environs de Kayes. Les 
racines, qui sont amères, sont vendues sur les marchés de 
Saint-Louis, Dakar, Gorée, Rufîsque ; elles sont employées 
en décoction et en macération, et surtout par les Ouolofs et 
les Sérères, comme toniques, diurétiques et fébrifuges. 
Elles contiennent, comme principes actifs, de lacolombine, 
qui y est en proportion plus grande que dans la racine de 
Colombo [Cocculus palmatus) et deux alcaloïdes, la sango- 
line et la pélosine, cette dernière substance étant celle 



AFRKJUK OCCIDENTALE FRANÇAISE 31 

qu'on trouve dans les racines de perdra brava (Cocculus 
Chondodendron) . 

(Heckel et SchlagdenhaufTen : Sur le bakis (Tinospora Bakis) et le 
sangol (Cocculus Leaeha) du Sénégal et du Soudan. Annales du Musée 
Colonial de Marseille, 1895.) 

174. Racines de Cocculus Leaeba (Soudan). — Ménispcrma- 
cées. 

175-176. Rameaux de Cocculus Leaeba. 

177. Principes extraits des racines de sangol. 

Cette autre liane, de la même famille que la précédente, 
et qui est le sangol du Sénégal, est d'aire géographique très 
étendue, correspondant à toute la région aride comprise 
depuis l'Inde jusqu'aux îles du Gap Vert, à travers l'Afgha- 
nistan, l'Arabie et l'Egypte. Elle croit spontanément dans 
la zone sahélienne du Soudan et est plantée, autour des 
cases, au Sénégal, au Soudan et au Baguirmi. L'emploi des 
racines est plus limité que celui des racines de l'espèce 
précédente. Ces racines sont grattées, puis mises à macérer 
pendant quelques heures dans l'eau. Elles sont moins 
amères et moins diurétiques que celles de bakis. On les 
utilise contre les fièvres intermittentes invétérées. 

(Heckel et SchlagdenhaufTen : loc. cit.) 

178. Bois de faux-sangol (?) (Guinée Française). 

179. Feuilles d'Hibiscus Abelmoschus.. — Malvacées. 

Cette plante annuelle est le rjomho musqué, ou ambrclle, 
dont les graines sont utilisées pour leur forte odeur 
musquée (voir n° 386 de ce Catalogue), mais les feuilles 
seraient employées par les indigènes d'Afrique occidentale 
comme émollient contre les inflammations des yeux. 

180. Graines de Garcinia Kola. — Clusiacées. 



32 ri. iuMLLË 

181. Feuilles de Garcinia Kola. 

182. Racines de Garcinia Kola. 

183. Extrait de bitter-kola. 

Le Garcinia Kola est un arbre de 8 à 15 mètres de hau- 
teur, indigène à Sierra-Leone, au Dahomey et au 
Lagos. Au Bas-Dahomey, il est fréquemment cultivé autour 
des habitations. Les graines, qui sont le hitter-kola, ou kola 
mâle, sont vendues sur tous les marchés de l'Afrique occi- 
dentale depuis Saint-Louis jusque la Nigérie anglaise ; celles 
qui sont vendues au Sénégal et en Guinée Française pro- 
viennent de Sierra-Leone. L'amande est toujours mangée 
crue et fraîche. Les indigènes savent d'ailleurs fort bien 
qu'elle n'a pas les propriétés de la vraie kola, mais ils 
admettent que son ingestion facilite la dégustation de cette 
kola et la fait trouver plus agréable. Le hitter-kola arrête- 
rait les coliques ; et, après avoir croqué une graine, on 
peut manger une grande quantité de noix de kola sans 
être incommodé. D'après Heckel, il suffirait, d'autre part, 
de mâcher quelques graines pour guérir les rhumes. 

(Heckel et Schlag-denhauflen : Les kolas africains. Annales du Musée 
Colonial de Marseille, 1893. — A. Chevalier et E. Perrot : Les kolatiers 
et les noix de kola. Les Végétaux utiles de l'Afrique tropicale française, 
.1911.) 

184. Graines de Boscia senegalensis (Sénégal). — Cappa- 

ridacées. 

Ce petit arbre est le pois du Sénégal, le djandam des 
Sénégalais. Ses fleurs sont à odeur fétide. La vapeur de 
l'eau dans laquelle on fait bouillir les feuilles guérirait les 
maux de tête ; la racine passe pour vermifuge. Les graines 
torréfiées peuvent remplacer le café. 

185. Ecorces de koakandi (Guinée Française). — Ruta- 
cées. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 33 

Ces écorces arriéres et aromatiques, provenant de Boké, 
appartiennent peut-être à un Zanthoxylum. Les écorces de 
beaucoup de Zanlho.rylum sont toniques et fébrifuges. 

186. Ecorces de Khaya senegalensis . — Méliacées. 

187. Feuilles de Khaya senegalensis. 

188. Bois de Khaya senegalensis. 

189. Fleurs de Khaya senegalensis. 

190. Graines de Khaya senegalensis. 

Le Khaya senegalensis, ou cailcédrat, ou acajou du Séné- 
gal, le diala des Bambaras, est un très bel arbre du Séné- 
gal et du Haut-Sénégal-Niger, très rare en Guinée Fran- 
çaise. Son bois a été longtemps exporté comme une sorte 
d'acajou, quoiqu'il soit inférieur au véritable acajou améri- 
cain (donné par le Swietenia Mahagoni). La partie rouge 
de Técorce du Khaya senegalensis est fébrifuge et employée 
comme lécorce de quinquina ; elle contient 0,8 °/ de 
caïlcédrine. Quoique bien inférieure au quinquina, elle peut 
rendre quelques services dans les fièvres légères et comme 
tonique. Les graines sont très amères et ont les mêmes 
propriétés. 

191. Racines de Celastrus senegalensis (Sénégal). — Célas- 

t racées. 

Les racines de cet arbrisseau sont amères et astringentes ; 
elles sont indiquées comme purgatif léger et contre les 
diarrhées chroniques. 

192. Gousses de Gonnarus africanus (Guinée Française). — 
Connaracées. 

193. Fleurs et gousses de Gonnarus africanus. 
19i. Rameaux floraux de Connarus africanus. 

Annales du Musée colonial de Marseille. — 3* série, 5" vol. 1917. :* 



34 H. JUMELLE 

195. Tiges et rameaux de Gonnarus africanus. 

196. Racines de séribéli. 

197. Poudre des racines de séribéli. 

198. Principes extraits des graines et des racines de séri- 
béli. 

Le Connarus africanus, ou séribéli, est un arbre de 4 à 
5 mètres de hauteur, de la Sénégambie et de la Guinée 
Française. Les graines, au nombre de 1 à 2 dans de courtes 
gousses dont un bord est droit et l'autre convexe, sont 
munies, à la base, d'un arille charnu et rouge, odorant et 
de saveur astringente. L'amande de la graine contient 40 °/ 
au moins d'une substance grasse, composée de trois quarts 
de stéarine et d'un quart de palmitine ; cette amande ren- 
ferme en outre une matière colorante et du tannin. Les 
parties de la plante employées en médecine indigène sont 
les graines, et aussi, dans le Bramaya, les écorces de la 
racine, qui, comme les amandes, contiennent du tannin. 
Graines et écorces sont d'ailleurs usitées les unes et les 
autres comme vermifuge et taenicide. Les Soussous font 
sécher au soleil les graines pourvues de leur arille et les 
pulvérisent dans un mortier, puis ils font avaler au malade, 
à la dose de 30 à 50 grammes, la poudre arrosée de jus de 
citron, après l'avoir mélangée, sans autre apprêt, au riz 
qui compose le repas. Le malade vaque à ses occupations 
comme en temps normal et évacue assez vite le taenia ou 
les ascarides. L'écorce de la racine est pulvérisée comme 
les graines et administrée comme celles-ci. Des médecins 
français, à Conakry, ont employé le séribéli avec succès ; 
on fait bouillir dans un verre d'eau 25 grammes de poudre 
de graines ou de racines et on laisse ensuite macérer 
douze heures, après lesquelles on fait absorber à la fois au 
patient poudre et liquide. 

(E. Heckel et Schlagdenkauffen : Etude botanique, chimique et théra- 
peutique sur le Connarus africanus. Annales de la Faculté des Sciences 
de Marseille, tome VI, fasc. 2.) 



AFRIQUE OCCÎDEMALE FRANÇAISE 35 

199. Graines d'Abrus precatorius. — Légumineuses. 

200. Feuilles et racines d'Abrus precatorius. 

201. Cholestérine d'Abrus precatorius. 

Le jéquirity, à gousse oblongue, contenant des graines 
rondes d'un beau rouge avec une tache noire, est une liane 
bien connue dans tous les pays tropicaux, où elle est sau- 
vage et cultivée. Ses racines, employées comme succédané 
de la réglisse, lui font donner le nom de liane-réglisse. Ses 
graines, ainsi que les tiges et les feuilles, sont, en divers pays, 
employées en tisane contre les maladies des voies respira- 
toires. Les graines contiennent un principe actif, Vahrine, 
qui, comme la ricine des graines de ricin, appartient au 
groupe des albuminoïdes toxiques ; elles sont, pour cette 
raison, un des poisons d'épreuve de Java. Une macération 
de ces graines dans l'eau aurait quelquefois été employée 
avec succès, en Europe, contre la conjonctivite granuleuse 
chronique. 

202. Graines de Physostigma venenosum (Sénégal). — Légu- 
mineuses. 

Cette liane de la côte de Calabar, et dont la graine est 
bien connue sous le nom de fève du Calahar, ne paraît pas 
exister en Afrique Occidentale Française, mais les graines 
sont apportées au Sénégal jusque sur le marché de Saint- 
Louis, où, d'après M. Chevalier, elles sont vendues comme 
grigri. Ces graines servaient en Nigérie comme poison 
d'épreuve, dit eséré ; et l'éséré était une macération dès 
amandes pilées dans l'eau, ou simplement la fève, crue ou 
cuite. On l'administrait aussi sous la forme de lavement. 
Ses propriétés toxiques sont dues à plusieurs alcaloïdes, 
lésérine, l'éséridine, Féséramineet lacalabarine. L'ésérine a, 
d'une façon générale, une action paralysante sur le système 
nerveux moteur. Ses elfets sur la pupille, dont elle provoque 
le rétrécissement, sont bien connus; elle a des propriétés 



36 H. JUMELLE 

atrésiantes, alors que l'atropine a des propriétés mydria- 
tiques. 

(Perrot et Vogt : loc. cit.) 

203. Cholestérine des graines de bonduc. — Légumi- 
neuses. 

Le Caesalpinia Bonducella, ou bonduc, originaire des 

zones côtières tropicales des deux mondes, est naturalisé 

aujourd'hui, en Afrique occidentale, autour des villages de 

l'intérieur, spécialement à la Côte d'Ivoire et au Dahomey. 

M. Chevalier dit que la plante a été probablement répandue 

par les indigènes à cause de ses graines en forme de billes, 

qui servent à jouer. D'après MM. Heckel et Schlagdenhauf- 

fen, la composition des amandes de Caesalpinia Bondu- 

cella [bonduc gris) est sensiblement analogue à celle des 

amandes de Caesalpinia Bonduc [bonduc jaune) et est la 

suivante : 

Huile 25,130 

Bonducine 1,925 

Sucre 6,830 

Sels 3,791 

Albuminoïdes 20,490 

Hydrates de carbone 35,697 

Eau 5,800 

La bonducine est un principe amer qui agirait contre la 
fièvre intermittente à la façon du sulfate de quinine. Voir le 
Catalogue de la Réunion, n os 140 et 141. 

(Heckel et Schlagdenhauffen '.Recherches sur le bonduc et ses graines. 
Les Nouveaux remèdes. Doin, Paris, 1886.) 

204. Graines et gousses de Cassia occidentalis (Sénégal). — 
Légumineuses. 

205. Poudre de graines torréfiées de bentamaré. 

206. Feuilles et fleurs de Cassia occidentalis. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 37 

207. Rameaux et gousses de Cassia occidentalis. 

208- 209. Racines de Cassia occidentalis. 

Le Cassia occidentalis est un arbuste buissonnant, de 
80 cm. à 1 m. 50 de hauteur, à fleurs jaunes, à gousses 
arquées, longues de 7 à 12 cm. sur 5 à 7 mm. de largeur. 
L'espèce est cosmopolite dans toute la zone tropicale des 
deux mondes ; elle est appelée herhe puante par les colons 
français, fedegosa par les colons portugais, en raison de 
l'odeur de ses feuilles. C'est le hentarnaré du Sénégal. Les 
feuilles seraient purgatives, dépuratives et légèrement 
sudorifîques ; les racines, infusées dans l'eau tiède, seraient, 
en certaines régions, employées contre les maladies de la 
peau, l'hydropisie, l'enflure des jambes. Les graines, en 
teinture vineuse, sont usitées comme fébrifuges. La torré- 
faction détruit leur principe purgatif et leur donne un goût 
qui les fait souvent employer en infusion pour remplacer le 
café. D'où les noms de « caffé », café sauvage, café de 
Magdad, qu'on leur a encore donnés ; et elles ont été sou- 
vent importées en Europe et aux Etats-Unis pour être 
employées comme succédané du café, au même titre que la 
chicorée, à laquelle elles sont d'ailleurs inférieures. Mélangées 
à deux ou trois fois leur poids de café, elles donnent une 
boisson aromatique et fortifiante. Elles contiennent, pour 
100, d'après Koenig : 



Eau 11,09 

Matières azotées 15,03 

— grasses 2,">a 

— non azotées. 3,86 

Dextrines 35,60 

Tannin 5,23 

Cellulose 21,21 

Cendres fc,33 

(Ilekel et Schlagdenhauffen : Sur le ntbenlamuré nu fedegosa, Cassia 
occidentalis, au point de vue botanique, chimique et thérapeutique. 
Archives de Médecine navale, avril 1887. — De Wildeman : Les Cassia 
du Congo. Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la Bore du 
Congo belge, Bruxelles, 1903.) 



38 H. JUMELLE 

210. Gousses de Gassia Sieberiana (Guinée Française). — 
Légumineuses. 

211. Bois et écorces de Cassia Sieberiana (Sénégal) . 

Ce petit arbre du Sénégal et de la Guinée Française, qui est 
le sendiegne des Ouolofs, est très voisin du Cassia flstula, 
ou canéficier, des Antilles. Les gousses sont toutefois ordi- 
nairement plus petites que celles de la véritable casse, et 
les graines somt plus oblongues et moins aplaties. Les 
racines-, d'après le P. Sebire, sont employées en Afrique 
Occidentale Française contre les maladies vénériennes. La 
pulpe des gousses est un purgatif doux, comme celle du 
canéficier. 

212. Fruits et graines d'Afzelia africana; lengué (Dahomey). 

— Léfjum ineuses . 

213. Bois d "Afzelia africana . 

Les graines noires, avec arille rouge, de ce grand et bel 
arbre, qu'on trouve en Afrique occidentale depuis le Séné- 
gal jusqu'à l'Angola, sont très toxiques, d'après le P. 
Sébire. Pour tuer le ngal, ver gros et court qui pénètre 
sous la peau, on met du miel sur la plaie, et, dessus, de la 
poudre de ces graines de hol. Le ver, suivant le miel, 
mange cette poudre qui le tue. Guillemin et Perrottet 
disent que les Noirs et les singes sont très friands del'arille. 
Les indigènes attribuent aux graines la vertu d'écarter les 
mauvais sorts et font porter à leurs enfants ces graines 
enfilées en collier. Les gousses incinérées donnent une 
cendre riche en potasse, employée pour la fabrication d'un 
savon . 

214. Gousses de Bauhinia reticulata. — Légumineuses. 

Le Bauhinia reticulata. qui est un arbre de taille 
moyenne, de fi à 15 mètres, est surtout très répandu, en 
Afrique occidentale, dans les zones sahélienne et souda- 
nienne, et principalement au voisinage des marigots. Il est 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 39 

connu aussi en Guinée Française et à la Côte d'Ivoire. 
L'écorce est astringente ; et, pilée et macérée dans l'eau 
froide > elle est administrée, en médecine indigène, dans les 
cas de diarrhée et de dysenterie chroniques. 

Les jeunes feuilles, triturées et bouillies, servent en 
Guinée Française de coagulant pour le latex du Landolphia 
Heudelotii. Le bétail est très friand de ces feuilles, qui, en 
médecine indigène, seraient aussi utilisées comme expec- 
torant. L'écorce du tronc et des grosses branches, divisée 
en lanières, donne des liens solides pour la construction 
des cases. Enfin le bois, qui esta grain lin, serré, de struc- 
ture homogène, de couleur brun cannelle, et qui pèse 
690 kilos au mètre cube, est très résistant et se fend diffi- 
cilement, mais il passe pour être facilement attaqué par les 
vers et les termites. Il est néanmoins utilisable pour l'ébé- 
nisterie, la menuiserie, la charpente, le charronnage, les 
constructions de pirogues et pour la fabrication d'ustensiles 
courants, tels que mortiers et pilons. 

(De Wildeman : Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la 
flore du Congo, vol. II, fasc. I, nov. 1900. — Perrot et Gérard ; loe. cil. 

21 o. Pulpe de tamarinier, en boules (Sénégal). — Légumi- 
neuses. 

Le Tamarindus indica, ou tamarinier, le dakliar des 
Ouolofs, est un arbre assez élevé, disséminé aujourd'hui 
dans toute la zone tropicale. Il est indigène en Afrique, et 
notamment dans la zone soudanienne, mais il est souvent 
aussi planté près des villages ; il remonte jusqu'à Tombouc- 
tou. Les indigènes du Sénégal agglomèrent la pulpe des 
fruits sous forme de boules qui sont vendues sur les mar- 
chés. Cette pulpe est laxative. Gomme aliment, les Noirs 
la mélangent au riz. Elle donne aussi une infusion fraîche 
et agréable, usitée dans les fièvres, l'embarras gastrique et 
la dysenterie. L'écorce est astringente. Les feuilles sont 
aussi employées en médecine indigène ; en décoction ou 
pulvérisées, elles seraient un caustique analogue à la tein- 



40 H. JU3IELLE 

ture d'iode. Les fleurs pilées entrent dans la préparation du 
couscous. Le bois est dur, fibreux et difficilement travaillé, 
mais il n'est pas attaqué par les vers ou les termites ; le 
cœur est noir pourpre. Son poids au mètre cube est de 
627 kilos. Il est bon, comme le précédent, pour l'ébénis- 
terie, la menuiserie, la charpente, le charronnage, les con- 
structions de pirogues et la fabrication des mortiers. 

(De Wildeman : loc. cit. — Perrot et Girard : loc. cit. — D r Lasnet : 
loc. cit.) 

216. Écorces d'Erythrophloeum guineense (Sénégal). — 
Légumineuses. 

216 bis. Racines de tali. 

217. Rameaux de tali. 

218. Gousses, gomme et graines d'Erythrophloeum gui- 
neense. 

219. Graines d'Erythrophloeum guineense. 

L' Ery throphloeum guineense est un très grand et bel 
arbre de la Sénégambie, de la Guinée Française, de Sierra- 
Leone et de la Côte d'Ivoire, où il est reconnaissable à la 
couleur sombre de son feuillage et à ses larges gousses 
noires, dont les valves, en saison sèche, restent seulement 
adhérentes près de la base. C'est le téli ou tali des Ouolofs. 
Chez les Diolas, et surtout chez les Balantes, dès qu'un 
individu est soupçonné d'être sorcier, il doit absorber plu- 
sieurs calebasses (de 2o centilitres) de la décoction d'écorce 
de tali, dite « eau rouge ». Il commence souvent à vomir 
avant d'avoir tout bu, mais il doit continuer jusqu'à ce 
qu'il ait rendu, sur des feuilles de bananier, tout le riz ou 
toute la kola qu'on lui a fait manger antérieurement. S'il 
ne vomit pas et s'il est purgé, il est immédiatement déclaré 
coupable. S'il vomit, il peut se retirer, mais encore il n'est 
déclaré innocent que si, dans les 24 heures qui suivent, il 



AFRUJUK OCCIDENTALE FRANÇAISE 41 

n'a pas eu d'autres vomissements. Le maximum de calebasses 
absorbées est de seize ; certains patients meurent parfois 
après la quatrième calebasse. On a évalué à un quart des 
buveurs le nombre des victimes de cette coutume. Le prin- 
cipe actif est un alcaloïde, Yérythrophléine, qui détermine 
l'arrêt du cœur en systole ; il annihilerait les effets de la 
strvchine. L'écorce de Y Acacia Sieberiana est considérée 
comme contrepoison du tali, mais n'a sans doute pour 
action, d'après le D r Lasnet, que de provoquer des vomis- 
sements et l'évacuation du poison. 

(Heckel et SchlagdenhautYen : Du téli, poison d'épreuve de Sénégam- 
bie. Les Nouveaux remèdes. Paris, 1885. — Lasnet : loc. cit. — Perrot 
et Vogt : loc. cit. 

220-221. Fruits comestibles de Detarium senegalense (Séné- 
gal). — Légumineuses. 

222. Fruits vénéneux de Detarium senegalense. 

223. Rameaux de Detarium senegalense. 

224. Écorces toxiques; de Detarium senegalense. 

Le Detarium senegalense, ou Detarium Heudelotianum , 
est le clitah, ou detah des Ouolofs, le ndoy des Sérères, le 
detarr des Mandingues, le bodo des Malinkès. Il y aurait 
lieu de distinguer deux variétés : une variété à fruits doux 
et comestibles, et une variété {nyey data h, ou data h des 
éléphants) à fruits amers et toxiques. Les fruits doux, de 
la grosseur d'un abricot, sont mangés par les indigènes, 
après avoir été préalablement bouillis. D'après MM. Perrot 
et Gérard, ils sont employés pour soigner les rhumes et les 
maladies de poitrine, et on brûle les noyaux pour chasser 
les moustiques. Les racines, les écorces et le bois, en macé- 
ration, seraient un remède contre l'anémie. M. Chevalier 
dit encore que l'écorce est employée pour faire fermenter 
plus vite et rendre plus amer le vin de palme. On a pré- 
tendu pourtant aussi que cette écorce (ou celle de l'espèce 



42 H\ JUMELLE 

suivante) sert, comme celle de Y Erythrophloeum gui- 
rieense, et sous le même nom de téli, pour empoisonner les 
flèches. 

(Heckel et Schlagdenhauffen : Du téli, poison d'épreuve de Sénégam- 
bie. Les Nouveaux remèdes, Paris, 1885. — Id. : Sur deux variétés du 
Detarium senegalense aux points de vue botanique et chimique. Journal 
de Pharmacie et de Chimie, Paris, 1890. — Perrot et Vogt : Recherches 
sur les bois de différentes Légumineuses africaines. Les Végétaux utiles 
de l'Afrique tropicale française; Challamel, Paris, 1907.) 

22o-226. Fruits de Detarium microcarpum (Sénégal). — 
[légumineuses. 

227. Feuilles de Detarium microcarpum. 

Cette espèce, parfois réunie à la précédente, s'en dis- 
tingue cependant bien, notamment par son tronc plus 
droit, ses folioles toujours échancrées et ses fruits plus 
petits, de la grosseur d'une prune. La pulpe très douce est 
comestible. Lécorce serait peut-être, comme nous l'avons 
dit plus haut, employée pour empoisonner les flèches. 

(Perrot et Gérard : loc. cit. — Perrot et Vogt : loc. cit.) 

228. Gousses de Tetrapleura Thonningii (Dahomey). — Légu- 
mineuses. 

L'écorce de cet arbre, qu'on retrouve en Gasamance, est 
employée en décoction comme vomitif. 

(P. Sébire : Les Plantes utiles du Sénégal.) 

229. Racines de sandandour (Sénégal). — Légumineuses. 

230. Bois de sandandour. 

231. Rameaux de sandandour. 
232-233. Feuilles de sandandour. 
234. Fleurs et feuilles de sandandour. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 43 

235. Gousses de sandandour. 

Le sandandour des Ouolofs, yllaki des Toucouleurs 
serait, d'après Heckel, Y Acacia Sieberiana. La racine de cet 
arbre est taenifuge ; on en prend une décoction chaque 
matin pendant plusieurs jours jusqu'à expulsion du dernier 
anneau du ténia. La même racine est donnée en décoction 
aux enfants qui souffrent d'une incontinence d'urine. 

(P. Sebire : Les Plantes utiles du Sénégal, Baillière, Paris, 1899.) 

236. Graines d'Entada scandens. - — Légumineuses. 

L'écorce de cette liane contient du tannin, et la décoction 
est employée en certains pays comme astringente. 

237. Racines de Combretum micranthum (Sénégal). — 

Comhrétacées. 

238. Feuilles de Combretum micranthum. 

239. Extrémités des tiges de Combretum micranthum. 
2i0. Fruits de Combretum micranthum. 

241. Graines de Combretum micranthum. 

Le Combretum micranthum, ou kinkélibah en soussou, 
le séguéou des Ouolofs, le kofina des Bambaras, est un petit 
arbre plus ou moins touffu suivant l'âge, et dont la tige 
peut atteindre un décimètre de diamètre. Il devient alors 
tout blanc et tranche sur les arbres et les arbustes qui 
l'environnent. Les feuilles fraîches ou sèches, et celles-ci 
entières ou pulvérisées, sont employées avec succès contre 
les fièvres bilieuses, simples ou hématuriques. On les fait 
bouillir pendant un quart d'heure, à la dose de 16 grammes 
de poudre sèche pour \ litre ; la tisane doit être amère et 
jaunâtre. On en prend un verre le plus tôt possible, puis, 
après dix minutes de repos, un demi-verre, et, après un 



44 H. JUMELLE 

nouveau repos de même durée, encore un demi-verre. Le 
malade doit d'ailleurs en boire à sa soif pendant toute sa 
maladie, et pendant quatre jours au moins, sans toutefois 
dépasser un litre et demi par jour. 

(E. Heckel : De l'emploi des feuilles du Combretum Raimbaulti contre 
la fièvre bilieuse hématurique des pays chauds. Répertoire de Pharmacie, 
juin 1891.) 

242. Fruits de Terminalia avicennoides (Sénégal). — Com- 
brétacées. 

Ce petit arbre blanchâtre est le rebreb des Ouolofs. Les 
racines sont employées en infusion pour rendre l'appétit 
aux enfants. Les feuilles sont mises sur les plaies. 

243. Thé de Gambie; Lippia adoensis (Sénégal). — Verhe- 
nacées. 

C'est le rnborbor des Ouolofs, abondant en Casamance 
et dans le Bas-Sénégal. Avec ses feuilles, on prépare une 
infusion théiforme légèrement sudorilîque. 

(D r Lasnet : Plantes médicinales du Sénégal. Une Mission au Sénégal. 
Challamel, 1900.) 

244. Fruits de Solanum Duchartrei (Sénégal). — Solanacées. 

Ce Solanum, qui est le het-i-djan (ou œil de serpent) 
des Ouolofs, croît sur le plateau de Thiès, à Rufîsque, et 
probablement en d'autres points de l'Afrique occiden- 
tale ; il fleurit en mars et avril. Les indigènes emploient les 
feuilles pour le traitement empirique d'un grand nombre 
d'affections. 

(E. Heckel : Une nouvelle espèce de l'Afrique tropicale : Solanum 
Duchartrei. Revue générale de botanique, 1890.) 

245. Feuilles de Strychnos innocua. — Loganiacées. 

246. Fruits de Strychnos innocua. 



AFRIQUE OCClDENtALE FRANÇAISE 48 

Le Strychnos innocua, ou cantacoula, est un arbuste 
épineux commun au Sénégal et au Soudan, et qui, par son 
port et ses fruits jaune clair, ressemble beaucoup à l'oran- 
ger, quoiqu'il appartienne à une tout autre famille. Les 
fruits, qui sont à coque épaisse et ferme, et sont mûrs en 
janvier et février, contiennent de nombreuses graines, de 
forme discoïde, plongées dans une pulpe abondante et par- 
fumée, de saveur assez agréable. Cette pulpe est rafraîchis- 
sante ; elle aurait des vertus astringentes, car les indigènes 
l'utilisent contre certaines diarrhées rebelles. Si elle paraît 
inoffensive, comme celle des fruits de diverses autres 
espèces de Strychnos, il ne faut pas moins se méfier des 
graines qu'elle contient, et qu'il est prudent de rejeter, cas 
elles peuvent renfermer de la strychine. Avec la coque des 
fruits débarrassés de la pulpe, les indigènes fabriquent des 
tabatières, ou encore des boîtes à hammout. 

(A. Rançon : loc. cit. — Bâillon, in Adansonia, XII. — A. Chevalier : 
Géographie botanique et flore économique du Sénégal et du Soudan. Une 
Mission au Sénégal. Challamel, 1900.) 

247. Fruits de Strophantus hispidus (Sénégal). — Apo- 
cynacées. 

248. Graines de Strophantus hispidus. 

249. Fruits de Strophanthus sp. 

Le Strophanthus hispidus est spontané dans L'Ouest- 
Africain, mais est aussi cultivé dans les champs par les 
indigènes, au Soudan, dans le Haut-Dahomey, etc. Les 
graines pulvérisées entrent, au Soudan, dans la composi- 
tion du poison des flèches [kouno en Bambàra). Pour pré- 
parer ce poison, d'après Binger, on pile les graines bien 
sèches et on les laisse macérer dans l'urine pendant plu- 
sieurs jours ; le tout est ensuite cuit avec du mil et du 
maïs, jusqu'à ce que la préparation ail la consistance d une 
pâte ressemblant au goudron. On y trempe ensuite Les 
pointes des flèches, des lances et même les balles. Quand 



46 H. JUMELLE 

la préparation est fraîche, les blessures occasionnées par 
des armes enduites de kouno sont toutes mortelles ; quand 
le kouno est plus ancien, les indigènes combattent les effets 
toxiques en absorbant un antidote dont la composition 
reste inconnue des Européens. Les graines de la plupart 
des espèces de Strophanthus contiennent des glucosides qui 
agissent sur le cœur à la façon de la digitale. Les trois 
principaux Strophanthus du commerce sont africains ; et 
ce sont le Strophanthus Komhe de l'Afrique orientale, le 
Strophantus hispidus et le Strophanthus gratus (ou 
S. glaher) de l'Afrique occidentale. Le Strophanthus 
Komhe donne, la véritable strophantine, qui est une sub- 
stance amère, cristallisée, se colorant immédiatement en 
vert intense par l'acide sulfurique concentré, facilement 
soluble dans l'eau et fondant à 172° 5. Le Strophanthus 
hispidus donne une pseudo-stropjhantine , qui est un pro- 
duit microcristallin, blanc, neutre, très hygroscopique, 
fondant vers 179°, et ne se colorant pas instantanément en 
vert émeraude par l'acide sulfurique. Le Strophanthus 
glaher donne Youahaïne, déjà retirée d'une autre Apocy- 
nacée du Somaliland, VAcokantera Schimperi. Cette 
ouabaïne, bien distincte des deux glucosides précédents — 
qui sont très voisins, si même ils ne sont pas identiques — 
est très facilement obtenue a l'état cristallisé ; elle est 
levogyre, ne précipite pas le tannin, est soluble dans l'eau, 
se colore en rouge par l'acide sulfurique concentré, et 
fond vers 185°. Le Strophantus glaher étant surtout une 
espèce du Cameroun, tandis qu'on trouve plutôt en Afrique 
Occidentale Française le Strophanthus hispidus, la stro- 
phantine cristallisée des Allemands est, en réalité, 
Youahaïne. La strophantine proprement dite, ou strophan- 
tine pure, du commerce, qui se présente sous l'aspect d'une 
poudre jaune pâle, est préparée avec le Strophanthus 
Komhe, qui est le Strophanthus le plus abondant sur le 
marché anglais. Nous pourrions surtout préparer en France 
la pseudostrophantine, puisque l'espèce la plus commune 
de notre Ouest-Africain est le Strophanthus hispidus. Cette 



AFRlul'E OCCIDENTALE FRANÇAISE il 

espèce semblerait même, d'après M. Chevalier, la seule du 
genre au Dahomey et à la Côte d'Ivoire, quoique le S. gra- 
tus, d'après M. Stapf, apparaisse déjà au moins à Sierra- 
Leone. 

Le laboratoire de l'Impérial Institute de Londres, utili- 
sant la réaction de Fraser, a indiqué le procédé suivant pour 
aider à la détermination des graines de Strophanthus. Après 
que ces graines ont été laissées pendant un quart d'heure 
environ dans l'eau bouillante, on les décortique, et on plonge 
les amandes dans l'acide sulfurique à 80°/ o . Les amandes 
de Strophanthus hlspidus et de Strophanthus Komhe ver- 
dissent ; celles de Strophanthus gratus et de Strophanthus 
Nicholsoni rougissent. Par cette méthode, les graines du 
n° 219 et du n° 220 de nos collections ont verdi ; celles du 
n° 221 , qui sont d'ailleurs plus aplaties et plus larges, ont 
rougi et appartiennent donc bien à une autre espèce. 

Les graines de Strophanthus hispidus contiennent 22 °/ 
d'une huile qui est constituée par de l'oléine, de la palmi- 
tine, une petite quantité d'une essence volatile, de la cho- 
lestérine, de l'acide formique et de l'acide acétique. Ses 
caractéristiques sont, d'après Mjoen et d'après Bja- 
lobrsheski : 

Densité 0,9285 0,0249 

Indice d'acide 38,1.. 24,55 

Indice de saponification . . . 187,9 170,3 

Indice de Hehner 95,3 94,1 

Indice d'iode 73,02 101,6 

Indice de Reichert 0,5 0,9 

Indice de Koettstorfer — 104,6 

(A. Chevalier : loc. cit. Une Mission an Sénégal. — Goris et Vischniac: 
Sur la composition chimique des graisses de Slrophanlus. Bulletin des 
Sciences pharmacologiques, août, septembre 1912. — Perrot et Vogt : 
Poisons de flèche et poisons d'épreuve. Vigot, Paris, 1913.) 

2o0. Ecorces et racines de Sarcocephalus esculentus 
(Guinée Française). — Rubiacées. 

2.')l-2.')2. Bois de Sarcocephalus esculentus. 



48 H. JUMELLE 

253. Tiges de Sarcocephalus esculentus. 

254. Feuilles et fruits de Sarcocephalus esculentus. 

255. Feuilles, fleurs et fruits de Sarcocephalus esculentus. 

256. Feuilles de Sarcocephalus esculentus. 
257-258. Fruits de Sarcocephalus esculentus. 

Cet arbre du Sénégal et de la Guinée Française est le cloun- 
daké en soussou, le batio en mandingue, le bouribolou en 
diola, le diounk en portugais de Casamance, le nandok 
en ouolof. Le tronc atteint 6 à 8 mètres de hauteur, et est 
à branches sarmenteuses ; les fleurs sont en gros glomérules 
blancs, sphériques ; les fruits, de la grosseur d'un œuf, ont 
l'aspect de grosses fraises rouges, et sont comestibles. 
L'écorce, dont l'amertume et l'odeur rappellent la racine 
de gentiane, est considérée par les indigènes comme un bon 
remède contre le paludisme, et elle a été, en fait, employée 
dans quelques hôpitaux comme succédané du quinquina, 
dont elle n'a cependant pas la valeur. Elle contient, d'autre 
part, des matières colorantes qui donnent à la soie une 
belle couleur vieil or et à la laine une teinte jaune durable, 
résistant bien à la lumière et aux agents atmosphériques. 

(Heckelet Schlagdenhaufïen : Du doundaké et de son écorce, dite quin- 
quina africain ou quina du Rio-Nunez. Archives de médecine navale, 
décembre 1885 et janvier 1886. — Perrot et Vogt : loc. cit.) 

259. Racines de Vernonia nigritiana (Sénégal). — Composées. 

260. Feuilles, fleurs et principe actif de Vernonia nigritiana. 

C'est le batanjor des Ouolofs. Les racines sont douées de 
propriétés vomitiques comme celles de l'ipéca. L'infusion à 
faible dose purifie le sang, est diurétique et guérit certaines 
maladies. d'yeux. . 

(P. Sebire : loc, cit.) 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 49 

261. Tiges, feuilles et fleurs de Vernonia amygdalina 

(Sénégal). — Composées. 

Cet arbuste, spontané en Afrique tropicale, est souvent 
planté en haies et naturalisé autour des villages. C'est le 
longouty et le tondoatj du Sénégal. Les feuilles seraient 
employées en cataplasme et en frictions contre la fièvre jaune. 



VIII. — OLEAGINEUX 

275. Régime de palmiste (Dahomey). — Palmiers. 

276. Fruits de palmiste. 

277. Beurre de palme. 

278. Amandes de palmiste. 

\J Elaeis guinensis, ou palmiste, a, à 1 état spontané, une 
large aire de distribution en Afrique tropicale, mais il est 
surtout abondant à l'ouest des Grands Lacs, entre 13° lat. 
Nord et 6° lat. Sud ; et, en dehors de ces dernières limites, 
il est plutôt rare et ne joue qu'un rôle très secondaire dans 
l'alimentation. En Afrique orientaleonnele trouve pas, dans 
l'hémisphère Nord, au-dessus de 3° de latitude ; et, dans 
l'hémisphère Sud, il n'est connu qu'à Pemba et Zanzibar, 
où il a sans doute été planté. Nous avons dit, toutefois, dans 
le Catalogue de Madagascar, qu'il y a dans l'Ouest de la 
grande île une variété indigène madagascariensis . Dans 
l'Ouest Africain, le palmiste est cultivé sur une grande 
échelle depuis la Casamance jusqu'à l'Angola; et cette cul- 
ture a donné naissance à de très nombreuses variétés qui 
sont distinctes entre elles par la dimension du tronc, la 
grosseur et la couleur des fruits, les proportions relatives 
de la pulpe et du noyau, l'épaisseur plus ou moins grande 
de ce noyau, la proportion de substances grasses, etc. 

Annules du Musée colonial de Marseille. - 3' série, '■>* vol. 11*1 T . . 



50 H. JUMELLE 

Le palmiste fournit à l'industrie métropolitaine deux 
produits : Y huile de palme, ou beurre de palme] etl' huile de 
palmiste ou beurre de palmiste. Le beurre de palme est extrait 
sur place de la pulpe des fruits, soit par les méthodes indi- 
gènes, soit avec un outillage européen. Lorsque ce beurre 
de palme a été extrait, les noyaux sont brisés, et les graines, 
qui sont les amandes de palme, oupalmistes, sont exportées 
en Europe, où les usines extraient par pression le beurre 
de palmiste. Le beurre de palme est utilisé en savonnerie et 
en stéarinerie. Le beurre de palmiste est employé en savon- 
nerie ; il peut être aussi raffiné pour la préparation dune 
graisse végétale alimentaire, analogue au beurre de coco. 

Dans certaines variétés, la pulpe fraîche, ou, en tout cas, 
encore humide (13°/ d'eau), contient 69 °/ d'huile, et la 
pulpe sèche 80 °/ ; dans d'autres, la pulpe fraîche (24 °/ d'eau) 
a une teneur de 57 °/ , et la pulpe sèche une teneur de75°/ ; 
dans d'autres encore, des pulpes encore un peu humides (5,3 
à 6,9 °/ d'eau) ont donné de 58,5 à66,5 d'huile. On pourrait 
donc, en somme, admettre pour cette pulpe, qui repré- 
sente 40 à 50 °/ du fruit entier, une moyenne générale et 
très approximative de 60 °/ d'huile. A l'Impérial Institute 
de Londres, des fruits entiers ont fourni de 17 à 31 °/ d'huile, 
alors que, par les méthodes indigènes, ces mêmes fruits 
donnent 11,2 à 13,7 ; la proportion d'amandes y était de 
15 à 21 %• Les pulpes absolument fraîches ont certainement 
au moins 35 °/ d'humidité. 

Dans ces amandes, la teneur en huile de palmiste repré- 
sente 51 à 57 °/ de la substance complètement desséchée. 
Le poids des graines par rapport aux noyaux est aussi très 
variable ; les noyaux de certaines variétés seront composés 
de 25 °/ d'amande et de 75 °/ de coque, alors qu'on trou- 
vera pour d'autres 31 °/ d'amande et 69 de coque, et pour 
d'autres encore 40 % d'amande et 60 de coque. 

Les caractéristiques données pour le beurre de palme 
sont tout aussi variables, car, déterminées en Europe, elles 
dépendent encore de l'état plus ou moins grand d'ancien- 
neté, ainsi que du mode plus ou moins défectueux de pré- 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 51 

parution de l'échantillon. Le beurre de palme nous parvient 
ordinairement en Europe plus ou moins coloré, depuis le 
jaune orange jusqu'au rouge sombre ou au brun; et le blan- 
chiment ne s'opère pas toujours dans la suite avec la 
même facilité pour toutes les provenances. Le beurre de 
palme est essentiellement constitué par de lapalmitine et de 
l'oléine, avec une petite quantité de stéarine (0,53 à 0,72 °/ ) 
et de l'acide linoléique ; sa consistance est modifiée par la 
grande quantité d'acides gras libres (20 à 50 % et davan- 
tage) qu'il contient toujours. Les divers essais faits sur la 
substance ont donné notamment : 

Poids spécifique 0,893 (Allen) ; 0,9200 à 0,9245 (Impé- 
rial Institute). 

Point de solidification 31° à 39° > Fendler). 

Point de fusion , 27° à 42°5 (Impérial Institute). 

Indice d'acidité 10,4 (Impérial Institute . 

Indice de saponification 200,8 à 205,5 (Fendler) ; 196,3 à 205,5 

(Imper. Inst.). 

Indice d'iode 53,2 à 57,4 (Fendler) ; 51 (Imp. Inst.). 

Indice de Reichert-Meissl. . . 0,80 à 1,87 (Fendler). 

Indice de Hehner 94,2 à 97 (Tate). 

Solidification des acides gras. 35°5 à 45°5, et ordinairement 44° à45° 

(Lewkowitsch) ;43°5 (Imper. Inst. . 

Le beurre de palmiste retiré des graines a pour constantes: 

Poids spécifique 0,91 1 9 . 

Point de solidification 23° à 24°. 

Indice de saponification 242,4 à 254,8. 

Indice d'iode 10,3 à 17,5 (Imp. Inst.i : li. 9 à 16,8 

(Fendler) ; 15,4 à 18,5 (Bon toux . 

In<lice de Reichert-Meissl... 5 à 6,8. 

Indice de Hehner 91,1. 

Solidification des acides gras. 20° à 25°5. 

L'huile de palmiste est jaune, ou jaune paille, ou blanche; 
elle renferme toujours une assez grande quantité (5 à l-> 
d'acides gras libres, constitues surtout par de l'acide laurique 
60 ;i 1)5 °/ ), avec de moindres quantités d'acides mw 
tique, oléique, caprique et caprylique. 



r>2 H. JUMELLE 

Les tourteaux de palmiste sont utilisables pour l'alimen- 
tation du bétail et comme engrais. 

(A. Chevalier: Documents sur le palmier à huile. Les Végétaux utiles 
de l'Afrique Occidentale Française. Challamel, Paris, 1910. — Investiga- 
tions in connection with the African oil palm industry, dans le Bulletin 
of the Impérial Institute, 1909, n° 4. — Bontoux : Les Matières premières 
utilisées ou utilisables en savonnerie. Les Matières grasses, 1910.) 

279. Graine de Beilschmiedia sp. — Lauracées. 

280. Corps gras des graines de Beilschmiedia sp. 

281. Graines de Polygala butyracea. — Polygalacées. 

282. Rameaux et fleurs de Polygala butyracea. 

283. Corps gras de Polygala butyracea extrait par pression. 

284. Corps gras de Polygala butyracea extrait par les dis- 
solvants. 

Le Polygala butyracea, ou maloukany, ou ankalaki, et 
qui est très probablement la même espèce que le Polygala 
multiflora de Poiret, est un petit arbrisseau à feuilles lan- 
céolées très étroites, indigène à Sierra-Leone. Il ne semble 
que très rarement cultivé, si même il lest, en Afrique 
Occidentale Française. 

Les graines, petites et à tégument brillant et brunâtre, 
dur, ne contiennent que 17,55 °/ d'une huile concrète, de 
saveur agréable. Cette sorte de graisse a pour composi- 
tion : 

Oléine 31,5 

Palmitine 57,540 

Mvristine 6,165 

Acide palmitique libre 4,795 

Elle commence à s'empâter vers 28 à 30°, entre en fusion 
vers 35° mais n'est complètement fondue qu'à 52°. Elle se 
solidifie vers 33°. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 53 

Après quelques essais culturaux en diverses colonies, la 
plante a été délaissée, en raison principalement du faible 
rendement de ses graines. 

(E. Heckel : Recherches sur les graines grasses nouvelles ou peu 
connues des colonies françaises. Annales de l'Institut Colonial de Mar- 
seille, 5 e année, 4 e volume, 1897.) 

28o. Graines de coton . — Malvacées. 

Le cotonnier sera de nouveau cité plus loin, à propos des 
textiles. Les graines des diverses espèces de Gossypium 
cultivés contiennent de 18 à 24 °/ et rendent industrielle- 
ment 15 à 20 % dune huile qui, brute, est toujours très 
colorée et acide, mais, après neutralisation et blanchiment, 
devient alimentaire. Elle est utilisée en savonnerie, de même 
que les crasses de coton qui proviennent de sa neutralisation. 
Elle renferme, à l'état de glycérides, 20 à 2o °/ d'acides 
solides, 25 à 30 °/ d'acide linoléique, 45 à 50 % d'acide 
oléique, plus 0,73 à 1,64 °/ d'insaponifiables. 

Ses caractéristiques sont : 

Point de solidification 3° à 4° 

Indice de saponification 191 à 19C,;> 

Indice d'iode 100,9 à 116,9 

Indice de Hehner 59,9 

Solidification des acides gras 35°6 à 37°C 

La « stéarine de coton » qu'on obtient par refroidisse- 
ment de l'huile et iiltration est une masse blanc grisâtre 
avant la consistance du suif et utilisable en stéari- 
nerie. 

On indique pour cette oléarine: 

Solidification 40°8 

Indice d'iode 72,6 

Indice de saponification. . 204 

Indice d'acide 202,9 

Poids moléculaire 270 

(Bontoux : lor. cit. 



54 H. JUMELLE 

286. Graines de kapok (Guinée française). — Malvacées. 

Le Ceiha pentandra, ou Eriodendron anfractuosum, a été 
introduit en Afrique, mais la plupart des fromagers qui, 
dans notre Ouest- Africain, sont ordinairement considérés 
comme appartenant à cette espèce seraient, en réalité, 
YEriodendron guineense. 

L'huile des graines de kapok (Ceiba pentandra) a déjà 
été mentionnée dans le Catalogue de Madagascar (n° 204) ; 
elle est alimentaire et, comme l'huile de coton, utilisable 
en savonnerie, en mélange avec les huiles concrètes. Le 
rendement industriel des graines (dont la teneur est de 21 
à 24%) est de 17 à 18% d'huile. 

Les caractéristiques de cette huile sont : 

Point de solidification 29°6 

Indice de saponification 190 à 205 

Indice d'iode 68,5 à 119, selon les auteurs 

Indice de Hehner 95 

Solidification des acides gras. . 31°5 à 32° 

Il serait intéressant d'étudier comparativement l'huile 
des graines de YEriodendron guineense. 

(Bontoux : loc. cit. — A. Chevalier : Bois de la Cote d'Ivoire. Les 
Végétaux utiles de l'Afrique tropicale française, fasc. V,1909.) 

287. Graines d'Adansonia digitata . — Malvacées. 

288. Fruit d'Adansonia digitata. 

289. Bois de baobab. 

290-291. Rameaux, écorces et feuilles d'Adansonia digi- 
tata. 

292. Huile et tourteau de baobab. 

L Adansotiia digitata, ou baobab, est spontané dans les 
régions sèches du littoral de l'Afrique tropicale. Il est 
planté et souvent acclimaté autour des villages, dans les 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 55 

régions situées en dehors de la forêt vierge. Les graines 
de cette espèce seraient beaucoup moins riches en huile 
que celles de YAdansonia Grandidieri de Madagascar, car, 
d'après le Bulletin de l'Impérial Institute de Londres, elles 
ne contiendraient que 11,6 à 12,5 de substance grasse, au 
lieu de 42,6 °/ que contiennent les graines cortiquées de 
YAdansonia Grandidieri. Cette huile YAdansonia digitata, 
telle qu'on l'extrait par l'essence de pétrole, est un peu 
visqueuse, claire, jaune pâle, sans saveur ni odeur 
marquées. Les graines, avec leur épais tégument et leur 
faible rendement, ne paraissent pas très propres à une 
exportation en vue de l'extraction de cette huile. 

(A. Chevalier : loc. cit. — Baobab fruits and seecfa from the East 
Africa Protectorate, dans le Bulletin of the Impérial Institute, vol. XI, 
n° 4, oct.-déc. 1913.) 

293. Feuilles et fruits de Lophira alata. — Lophiracées. 

294. Fruits de Lophira alata . 

295. Huile semi-concrète et corps gras de mana. 

296-297. Tourteau et poudre de tourteau de mana. 

Le Lophira alata, ou mène, ou mana, est un arbre de 8 à 
10 mètres de hauteur, du Sénégal, de la Guinée Française 
et de Sierra-Leone. Tandis que le karité est un arbre de la 
zone soudanienne, et, comme tel, reste partout éloigné de 
la côte, le mana appartient à la zone guinéenne et se rap- 
proche du littoral ; en Guinée Française, il cesse au delà 
du Fouta, vers le Haut-Tinkisso, où apparaît le karité. Cet 
habitat du mana rend le transport de ses graines plus 
facile que celui des noix de karité. Les fruits, qui mûrissent 
vers mai, sont des akènes fusiformes, munis à la base de 
deux ailes inégales qui sont des sépales persistants ; ils con- 
tiennent chacun une seule graine sans albumen qui a la 
même forme. Par le sulfure de carbone, des fruits frais, qui 
se composent de 37 °/ de péricarpe et 63 °/ d'amande, 



56 H. JUMELLE 

donnent 15,85 °/ de substances grasses, et la graine seule 
27 °/ . Avec des fruits plus vieux, Heckelet Schlagdenhauf- 
fen ont trouvé 27,1 7°/ d'huile, et pour la graine seule 
41,54'. On a trouvé à peu près de même à l'Impérial Insti- 
tute de Londres 40°/ o pour les graines. Les constantes de la 
substance grasse sont : 

Poids spécifique à 15° 0,859 

à 40° 0,9.016 à 0, 9105 

Indice d'acide 18,54 à 48 

Indice de saponification 180,7 à 195,0 

Indice d'iode 68 à 72,5 

Insaponifiables 0,5 à 2,5 

Solidification des acides gras. . . 45° à 49° 

Cette substance — comme celle des graines plus riches 
(55°/ ) du kaku de la Gold Coast, qui est le Lophira pro- 
cera — convient comme l'huile de palme pour la savonne- 
rie. Les tourteaux ont une couleur brune, un goût amer et 
une saveur fortement astringente qui les rendent inutili- 
sables pour l'alimentation du bétail ; mais, quoique ils soient 
peu riches en azote (1,87 °/ ), ils peuvent être employés 
comme engrais, tout en valant moins que ceux de colza, de 
coton et de ricin . 

(Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies fran- 
çaises. Annales de l'Institut Colonial, année 1903. — A. Hébert : Sur 
quelques nouvelles graines oléagineuses colojriales. Journal d'Agriculture 
tropicale, déc. 1913. — Some African Oils and oil Seeds. Bulletin of the 
Impérial Institute, 1908, n° 4.) 

298. Graines de Pentadesma butyracea Guinée française). — 

Clusiacées. 

299. Graines et fruits de tama. 

300. Feuilles de Pentadesma butyracea. 

301. Substance grasse des graines de tama. 

302. Tourteau de tama. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 57 

Le Pentadesma butyraeea, ou lamy, ou tama, ou kanya, 
est un grand arbre de la Basse-Guinée Française, où il 
abonde près de tous les cours d'eau, de Sierra-Leone et de 
la Côte d'Ivoire. 

En Guinée Française, les fruits, qui sont de grosses baies 
pvriformes, mûrissent d'avril à juin. Les grosses graines 
qu'ils contiennent au nombre de 3 à 10, et qui ont servi 
parfois, en raison de leur forme, à frauder les noix de kola, 
donnent par le sulfure de carbone 46 °/ environ d'une sub- 
stance grasse de consistance butyreuse, jaunâtre, à saveur 
un peu fade, à odeur rappelant celle des graines. Elle a 
pour constantes, d'après Hébert : 

Densité à 15° 0,899 

Point de fusion 32° 

Point de solidification 20° 

Indice d'acide 16 (3, 1 à 3, 6, d'après d'autres auteurs : 

Indice de saponification 193 (186 à 190, d'après d'autres auteurs) 

Indice de Reichert 0,3 

Indice de Ilehner 95,2 

Indice d'iode 68,5 (41 ,8 à 4(3,5, d'après d'autres 

auteurs) . 

Après saponification, elle fournit des acides gras blancs 
qui se composent, pour 100, de 10 d'acides gras non 
saturés et 90 .d'acides saturés. Le point de fusion de ces 
acides gras est de 60°. Les acides non saturés correspondent 
à l'acide oléique ; les acides saturés, qui fondent à f)7°-G8 , 
sont de l'acide stéarique, dont le point de fusion est de G9°2, 
et de l'acide palmitique, fondant à 02°. Le beurre de tama 
se rapprocherait donc, par sa composition, des suifs ordi- 
naires ; ce qui permettrait de l'employer aux mêmes usages 
que la plupart des graisses animales. 

(E. Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues </>'* colonies 
françaises. Annales de l'Institut Colonial de Marseille, 1903. — Héberl : 
Sur la composition (h- diverses graines oléagineuses '/<• V Afrique Occi- 
dentale Française. Bulletin de laSociété chimique «le Paris, 2 mai 191 1. 

303. Fruits d'emblic Guinée Française). — l-Aiphorbiaece*. 



58 H. JUMELLE 

304. Corps gras de la graine d'emblic. 

Uemblic est le Phyllanthus Emhlica, ou Emhlica offici- 
nalis. Ses fruits sont les myroholans emblics, et, comme 
les autres myroholans, tels que les myroholans chehuhs 
(du Terminalia Chehnla), et les myroholans bellerics (du 
Terminalia Bellerica), sont riches en tannin ; d'où leurs 
emplois en thérapeutique indigène, en tannerie et en tein- 
turerie. Mais les graines de tous ces myrobolans sont, en 
outre, oléagineuses. 

305. Huile de Jatropha Curcas. — Euphorbiacées. 

Le Jatropha Curcas, ou pulghère, ou pignon d'Inde, 
déjà cité dans le Catalogue de la Réunion (n° 201), est 
originaire de l'Amérique du Sud, mais est introduit aujour- 
d'hui dans tous les pays chauds. Il s'est plus ou moins 
naturalisé en Afrique tropicale, où il sert souvent pour 
faire des clôtures. Les Noirs n'utilisent pas ses graines, 
dont on connaît les effets purgatifs très énergiques et dan- 
gereux. La teneur en huile de ces graines est de 35 °/ . 
L'huile renferme environ 1 °/ d'acides solides ; et les 
acides liquides se composent d'acides oléique et linoléique, 
en parties à peu près égales. Les caractéristiques, d'après 
Lewkowitsch, sont : 

Poinl de solidification 8° 

Indice de saponification 93,2 

Indice d'iode 98,3 

Indice de Hehner 95,1 

Solidification des acides gras 28°6 

L'huile de pulghère est appréciée en savonnerie; en 
raison de sa faible acidité, elle est utilisable pour le grais- 
sage et pour l'éclairage. Les importations des graines à 
Marseille se sont élevées, en ces dernières années, à un 
millier de tonnes environ. 

306. Fruits de ricin (Dahomey). — ■ Euphorbiacées. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 59 

Le ricin, peut-être originaire de l'Afrique orientale, est 
répandu, en tout cas, aujourd'hui à travers toute l'Afrique 
tropicale, comme il l'est en beaucoup d'autres pays chauds. 

307. Fruits de Balanites aegyptiaca. — Simaruhacées. 

308. Huile de Balanites aegyptiaca. 

Ce petit arbre épineux a déjà été mentionné dans la 
section des Fruits alimentaires, mais ses graines sont, en 
outre, oléagineuses. Elles contiennent, suivant les échan- 
tillons, il à o8,7 % d'une huile qui, extraite par les dissol- 
vants, est jaune pâle, transparente, sans saveur ni odeur 
marquées, ne se desséchant pas à l'air. Elle contient, à 
l'état de glycérides, 33 °/ d'acide oléique, 33 d'acide lino- 
léique, 34 °/o d'acides stéarique et palmitique. Elle se rap- 
proche, par ses caractères, de l'huile de coton et a pour 
caractéristiques, d'après diverses analyses : 

Densité 0,919 0,9187 

Indice d'acide 5 1,4 

Indice de saponification 196,7 194,2 198,5 

Indice d'iode 92,5 98,2 100 

Indice de Hehner 95,2 98,6 

Solidification des acides gras. 34°6 34° 

Une autre espèce voisine de Balanites, le Balanites 
Tieghemi, serait moins richement oléagineuse, d'après les 
recherches de Hébert, car les graines ne contiendraient que 
10 °/ de substance grasse, qui est une huile liquide, jaune 
foncé, dont Hébert dit d'ailleurs encore qu'elle se rapproche 
beaucoup de l'huile de coton. Elle est liquide au-dessus de 
— 3°, et son indice diode est de 121. Ses acides gras fondent 
à 3° et se composent de 63 °/ d'acides gras non saturés et 
37 °/ d'acides saturés. Les acides non saturés sont surtout 
de l'acide oléique ; les acides saturés fondent à 37°-38°. 
Elle peut convenir pour la savonnerie. 

(Sorne africa.ii Oih and oil Seeds. Bulletin of llie Impérial Instituts, 
1908, n° 4. — Hébert : loc. cit.) 



60 H. JUMELLE 

309. Graines de Carapa procera — Méliacées. 

310. Fruits de Carapa procera. 

311. Huile de touloucouna. 

Le Carapa procera, ou Carapa guineensis, ou Carapa 
touloucouna, est le touloucouna des Ouolofs. Il croît au 
Sénégal, ainsi que dans le Haut-Sénégal-Niger. Les indi- 
gènes, en certaines régions, se servent de l'huile comme 
de cosmétique ; en d'autres, on la considère comme bonne 
pour guérir les plaies ; elle serait aussi purgative et vermi- 
fuge. La graine se compose de 25 à 29 °/ environ de tégu- 
ment et 75 à 71 % d'amande ; et les amandes abandonnent 
aux dissolvants jusqu'à 57 °/ de substance grasse. Par 
pression on obtient 46 °/ environ. La substance est de 
saveur amère, d'une odeur caractéristique, plus ou moins 
colorée, plus ou moins consistante à la température ordi- 
naire. 

Suivant qu'elle a été extraite à froid ou à chaud, on a 
trouvé à l'Impérial Institute de Londres : 

Pressée à froid. Pressée à chaud. 

Densité à 15° 0,9272 0,9327 

— à 40° 0,9179 0,9174 

Indice de saponification 197,1 19G,4 

Indice d'iode 75,6 71 ,2 

Indice de Reichert-Meissl 3,5 3,1 

Solidification des acides gras 3:> 4 36°1 

Le tourteau, qui est amer, ne peut convenir pour l'ali- 
mentation du bétail ; sa teneur de 2,5 à 2,9 en azote ne lui 
donne aussi qu'une faible valeur comme engrais. 

(E. Heckel : Graines grasses nouvelles oupeu connues des colonies fran- 
çaises. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1898. — Some african 
O ils and oil Seeds. Bulletin of the Impérial Institute, 1908.) 

312. Graines de Trichilia emetica. — Méliacées. 

Le Trichilia emetica, ou mafoureire, est surtout un arbre 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 61 

de l'Afrique orientale ; et le principal pays exportateur de 
ses graines est l'Est- Africain Portugais. L'espèce est cepen- 
dant aussi signalée en Sénégambie et à Sierra-Leone. Les 
graines oblongues, contenues dans des capsules qui s'ouvrent 
en trois valves, sont entourées chacune d'un arille écarlate. 
Amande et arille sont oléagineux ; l'amande contient de 
54 à 68 °/ d'huile, et l'arille 50 °/ . Les deux substances 
grasses sont solides à la température ordinaire et ont pour 
caractères : 

Huile de l'amande. Huile de larille. 

Indice de saponification 2#0,3 209,7 

Indice d'iode 52,6 71,6 

Indice d'acidité 36,7 17,7 

Solidification des acides gras 53°2 45°4 

Insaponifiables 1,4 1,3 

Les graines de mafoureire sont donc intéressantes en 
stéarinerie et en savonnerie. 

(Mafoureira nuts fron Portuguese East African. Bulletin of the Impé- 
rial Institute, 1903. — Some african Oils and oïl Seeds, id., 1908). 

313-314. Huile et corps gras d'Anacardium occidentale. — 

Téréhinthacées . 

\S acajou a pomme a déjà été mentionné dans la section 
des Graines alimentaires. 

315. Gousses de Moringa pterygosperma. — Moringacées. 

316. Capsules et graines de ben. 

Le Moringa pterygosperma, qui est d'origine indienne, 
est en Afrique tropicale une espèce introduite, mais s'y est 
d'ailleurs bien naturalisé. L'espèce sauvage est le Moringa 
aptera. Les caractères de l'huile de ben sont donnés dans le 
Catalogue de la Réunion (n° 204). La plante est le nebredaï 
ou nevradaï des Ouolofs. 

317. Fruits de Gardiospermum halicababum — Sapindacées. 



62 H. JUMELLE 

Les graines de cette plante grimpante donnent une huile 
jaune pâle, de saveur assez prononcée, rappelant celle des 
huiles de Gucurbitacées, et dont l'odeur est celle de l'huile 
de noix. Elle se fige déjà à 14° et se solidifie à 10° ; elle est 
soluble dans l'alcool à 95°. Les feuilles donnent un bon 
fourrage. La racine est employée en médecine indigène 
comme émétique, laxatif, stomachique et rubéfiant. 

(De Wildeman : Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la 
flore du Congo, vol. II, fasc. 1.) 

318. Gousses d'arachide (Sénégal). Légumineuses. 

319. Huile d'arachide. 

L'arachide, en Afrique Occidentale Française, est surtout 
cultivée au Sénégal, qui exporte annuellement 240.000 tonnes 
de gousses, mais elle l'est aussi un peu dans le Haut-Séné- 
gal-Niger, dont les exportations étaient de 8.677 tonnes en 
1913, et en Guinée Française, qui exportait la même année 
3.546 tonnes. Ces arachides de l'Afrique occidentale nous 
sont importées à Marseille en coques, tandis que celles de 
l'Inde nous parviennent décortiquées. Sur le total de 
graines oléagineuses que reçoit annuellement Marseille, les 
arachides décortiquées ou en coques représentent 65 °/ 
environ, alors que déjà les coprahs, qui se placent au second 
rang* par ordre d'importance, ne représentent que 17 °/ , et 
les sésames, au troisième rang, 4 °/ . 

Les arachides en coques de l'Afrique occidentale se com- 
posent de 28 à 32 °/ de coques et 68 à 72 °/ de graines, 
qui renferment 50 °/ environ d'huile. Celte huile d'ara- 
chide est plus ou moins colorée suivant les provenances ; 
elle est composée d'oléine, d'hypogéine et de linoléine, qui 
sont liquides, et d'arachidine, qui est solide. Elle se soli- 
difie à 0° à 2°, et a pour indice de saponification 185,6 à 
194,8, et pour indice d'iode 92,4 à 100,8. Le point de con- 
gélation des acides gras, c'est-à-dire son titre, est de 28° 1 
à 29° 2. C'est une huile alimentaire et à savonnerie ; elle 
entre en grandes quantités, à Marseille, dans la fabrication 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 63 

des savons unicolores à base d'huile concrète. Le tour- 
teau d'arachide est bon pour l'alimentation. 

(Bontoux, loc. cit. — H. Jumelle : L'Industrie marseillaise des corps 
gras. La Nature, 16 sept. 1916.) 

320. Feuilles etfleursde Pentaclethra macrophylla. — Légu- 
mineuses. 

Le Pentaclethra macrophylla, ou oivala du Gabon, est 
surtout commun au Gabon et au Congo ; ses graines et son 
huile seront décrites dans le Catalogue de l'Afrique Equato- 
riale Française. Déjà, en Afrique occidentale, on trouve 
l'arbre en Casamance, en Guinée et a la Côte d'Ivoire ; les 
graines sont mangées grillées. 

(E. Heckel : Recherches sur les graines grasses nouvelles ou peu con- 
nues des colonies françaises. Annales du Musée Colonial de Marseille, 
5 e année, 4 e volume, 1897.) 

I 

321. Graines de sésame blanc. — Pédaliacées. 

322. Huile de sésame. 

Le Sesamum indicum, qui est une plante annuelle, de 
80 centimètres à 1 mètre de hauteur environ, est cultivé en 
Afrique Occidentale Française, en Guinée Française et un peu 
aussi dans le Haut-SénégaLNiger. C'est le héné des Bam- 
baras. Les nouveaux procédés de raffinage des huiles d'ara- 
chides de Coromandel ont, en ces dernières années, quelque 
peu diminué à Marseille l'importance des huiles de sésame 
comme huiles alimentaires. Ces huiles sont cependant tou- 
jours recherchées en hiver, de préférence aux huiles d'ara- 
chide, dans les pays à longue saison froide, en raison de 
l'infériorité de leur point de congélation ( — i° à — 6° . 

L'huile de sésame renferme 12 à 15 °/ de glycérides 
d'acides concrets ; le reste est formé d environ 25 " ,, de lino- 
Léine et (>0 °/ d'oléine. Le point de solidification des acides 
gras est de 23" environ. L'indice <!<■ saponification de 1 huile 



64 h. JUMELLE 

est de 188 à 192 ; l'indice d'iode est de 106 à 114,5. L'huile 
de sésame ordinaire est employée à Marseille dans la fabri- 
cation des savons incolores à base d'huile concrète ; l'huile 
sulfurée sert pour la préparation des savons marbrés. 

323. Graines de benefmg. — Labiées. 

L'Hyptis spicigei % a, ou benefing, ou « sésame noir », qui 
appartient d'ailleurs à une tout autre famille que le véritable 
sésame, croît spontanément ou est cultivé en diverses 
régions du Haut-Sénégal-Niger, de la Guinée Française et 
du Haut-Congo. C'est, comme le véritable sésame, une 
plante annuelle, de 80 cm. à 1 mètre de hauteur ; ses 
graines, brun tabac, sont plus petites que celles de sésame. 
Elles contiennent 20 à 23 °/ d'huile, quelquefois plus, mais 
rendent industriellement 13 à 14 °/ . Cette huile plus ou 
moins colorée, qui a pour indice d'iode 203 environ, est, par 
conséquent, très siccative. Sa siccativité est supérieure à 
celle de l'huile de lin ; on ne connaît actuellement, comme 
huile plus siccative, que celle du Perilla ocimoides (qui a 
pour indice d'iode 206), de la Chine et du Japon. Elle séche- 
rait, d'après M. Gastine, plus rapidement que l'huile de lin, 
mais les peintures dans la composition desquelles elle entre 
sont moins élastiques et plus friables que celles obtenues 
avec cette huile de lin. On peut lui reprocher également sa 
couleur et son odeur. D'autre part, les graines, petites, à 
tégument résistant et élastique, sont de broyage difficile, et 
leur rendement est bien faible. 

Le tourteau, de couleur rougeâtre, ne paraît pas toxique, 
mais il ne contient que 2,8 °/ d'azote; il est donc de 
médiocre valeur. 

(Gastine : Les graines de benefing. Expansion coloniale, Marseille, 
mars 1913.) 

324. Graines de karité (Soudan). — Sapotacées. 

325. Amandes de karité. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 65 

326. Pain de karité préparé par les indigènes. 

327. Beurre de karité purifié. 

328. Rameaux et feuilles de Karité. 

329. Bois de karité. 

Le Butyrospermum Parkii, ou karité, ou, encore, suivant 
les régions, tengha, giddauchi, eko, lulu, est 1' « arbre à 
beurre du Soudan » ; et c'est, en effet, un des arbres qui 
caractérisent essentiellement la région soudanienne, c'est-à- 
dire la zone qui comprend, en Afrique tropicale française: 1° 
une grande partie du Haut-Sénégal-Niger (dont la partie sep- 
tentrionale appartient, avec la Mauritanie, à la zone sahé- 
lienne) ; 2° la Haute-Guinée, en arrière du Fouta-Djalon; 3° le 
Haut-Dahomey ; i° en Afrique Equatoriale, le Territoire 
fétichiste du Tchad, entre le 10 e degré de latitude et Fort- 
Grampel. La variété du Haut-Sénégal-Niger et du Ghari est 
la variété mangifolium ; celle du Dahomey est la variété 
Poissoni. Le beurre que fournissent les graines est le beurre 
de karité, ou beurre de Galam,o\x beurre de ce, ou beurre de 
shea. Les indigènes le préparent pour leur propre consom- 
mation en torréfiant puis broyant les graines, qu'ils ont au 
préalable décortiquées, et en traitant cette pâte par l'eau 
chaude; ils écument l'huile, la font de nouveau bouillir pour 
la purifier, et, après solidification, la conservent en pains. 
D'après M. Chevalier, 36 kilos de fruits, traités ainsi sur 
place, ne donnentque 2 kilos de beurre; et 500 grammes de 
graines rendent 61 à 63 grammes, soit un peu plus de 12°/ . 
La proportion est faible, puisque, au laboratoire, l'Usine Roc- 
ca, Tassy et de Roux, a Marseille, a trouvé que les graines 
se composent de 33 °/ de tégument et 67 d'amande, et que 
ces amandes (avec 8,70 à 6,12 d'humidité donnent iH à 
50 °/ de substance grasse. A l'usine toutefois le rendement 
a été de 36°/ ; et il reste dans les tourteaux 9 à 10 ° d'huile. 
Un échantillon de beurre de karité étudié par Hébeii fon- 
Annales du Musée colonial do Marseille. — 3' série, '■->' vol. I0I T. f) 



66 



H. JUMELLE 



dait à 32°, se solidifiait à 19° et présentait les constantes 
suivantes : 



Indice de saponification 196 

Indice d'acidité 7,7 

Indice de Reichert 1,1 

Indice de Hehner 95,25 

Indice d'iode * 69,6 

Les acides gras non saturés sont de l'acide oléique. Les 
acides gras saturés fondent à 67°-68° et seraient composés 
d 1 acide arachidiqueet d'acide stéarique, avec un peu d'acide 
palmitique. 

La torréfaction, d'après Hébert, ne semble pas influer 
sensiblement sur la quantité ni sur la qualité de la matière 
grasse. Ce chimiste, en comparant des amandes fraîches 
(conservées dans le formol), des amandes séchées au soleil, 
mais non torréfiées, et des amandes torréfiées, a obtenu les 
résultats suivants : 



Poids moyen d'une amande. . . 

Rendement en graisse, % d'a- 
mandes 

Humidité des amandes 

Rendement en graisse °/o d'a- 
mandes supposées séchées.. 

Point de fusion du beurre 

Densité au point de fusion 

Indice d'acidité 

Indice de Reichert 

Indice de Hehner 

Indice de saponification 

Indice d'iode 

Fusion des acides gras 



Amandes 


Amandes 


Amandes 


fraiches 


séchées 


torréfiées 


llgr. 1 


5 gr.5 . . 


5 gr. 5 


10 


23 


. 25,4 


58 .... 


13,6 


. 14 


23,8 .... 


26,6 


. 29,5 


28° 


27° 


. 29° 


0,912 .... 


0.911 ... 


0,908 


9,1 .... 


5,6 


5,6 


3,8 .... 


2,4 


. 2,4 


jo,y ...» 


93,9 


93,9 


193,2 .... 


188,6 


188.5 


63 


62,2 


64,2 


44° 


53" 


53° 



A l'Impérial Institute de Londres, on a trouvé, comme 
pourcentage d'huile des amandes: 41, 4; 46,2 ; 48, 54,5. Et 
avec des beurres de diverses provenances, les résultats ont 
été: 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 67 

Lagos Gold Coast Nigérie Soudan 

du Nord 

Indice d'acidité 18 ... 10,3.... 18,2 

Indice de saponification 179 ... 181,7 182,8 184 

Indice d'iode 58,7 ... 54 .... 57,9 .... 62,9 

Indice de Hehner 96,5 94,6 91.9 

Indice de Reichert-Meissl .... 1,84 ... . 1,4 

Insaponifiables 1,7 .... 7 .... 4,3 

Solidification des acides gras. .. 52 ... 53° 

Le beurre de karité est apprécié en stéarinerie, mais l'ha- 
bitat de l'arbre, toujours éloigné du littoral, rend les trans- 
ports difficiles et coûteux ; et c'est la grande cause qui 
restreint l'utilisation delà substance grasse. C'est, en tout 
cas, cette substance même qu'il y a lieu d'exporter, plutôt 
que les graines; et il serait à désirer que, comme l'essai en 
a déjà été fait dans le Haut-Sénégal-Niger, le beurre fût 
extrait dans nos colonies par des maisons européennes qui 
achèteraient les graines aux indigènes. Le beurre, dans ces 
conditions, arriverait en France mieux préparé et plus pur 
que le produit indigène . 

(Vuillet : Etude du karité. André, Paris, 1901. — E. Perrot : Le karité 
et Vargan. Les Végétaux utiles de l'Afrique tropicale française. Chal- 
lamel, Paris, 1907. — A.Hébert : Sur la graisse de karité. Bulletin delà 
Société chimique de France, oct. 1911.) 

330. Graines de Dumoria Heckeli (Côte d'Ivoire). — Sapota- 
cées. 

331. Corps gras et dérivés des graines de Dumoria Heckeli. 

332. Tourteau pulvérisé de Dumoria Heckeli. 

Le Dumoria Heckeli, ou Ticyhemella Heckeliana, est Un 
arbre de 30 à 40 mètres de hauteur, de la Côte d'Ivoire, de 
la Gold Coast et du Libéria, où il vit dans la grande forêt, 
toujours en individus dispersés. C'est le duniori des Agnis, 
le makaru ou ma ko ri des Apolloniens, le mbahu des Attiés. 
Il est commun, en Cote d'Ivoire, dans l'Attié, l'Indénié, le 
Sanwi, la région de Dabou, les bassins du Sassandra et du 



68 H. JUMELLE 

Cavally. Les fruits, très gros et presque sphériques, et dont 
le poids varie de 175 grammes à 360 gr., sont des baies à 
chair jaune abricot, de saveur amère, contenant 1 à 3 graines. 
Celles-ci, qui pèsent de 25 à 55 grammes, sont ovoïdes 
allongées, à tégument dur et épais. L'amande fournit un 
beurre qui est estimé et très consommé par les peuplades de 
la forêt de la Côte d'Ivoire. La substance grasse, que les 
indigènes obtiennent en traitant par l'eau chaude la pâte 
de ces amandes préalablement desséchées au soleil, est 
conservée dans des bouteilles. Elle est jaunâtre, à demi 
fluide, moins concrète que le beurre de karité. Les Agnis, 
les Attiès et les Betès en font encore usage pour fabriquer 
leur savon. D'après M. Chevalier, un arbre adulte produit 
environ, par an, 3. 000 fruits, représentant i. 000 graines, soit, 
à raison de 8 grammes de graisse par graine, 30 kilos envi- 
ron de cette graisse. Une graine se compose d'environ 65 
parties de tégument et 35 parties d'amande, qui rend 40 °/ 
de beurre. 

Les principaux caractères de ce beurre sont : 

Densité à 15° 0,956 

Point de fusion 34° 

Indice d'acide 5,6 

Indice de saponification 188 

Indice de Reichert 0,8 

Indice de Hehner 96,8 

Indice d'iode 56,4 

Fusion des acides gras 60° 

Les acides gras sont composés de 33 °/ d'acides non satu- 
rés et 67 d'acides saturés. Les acides non saturés, liquides, 
sont jaunes et correspondent à l'acide oléique ; les acides 
saturés, concrets, fondent à 67°-68° et se composeraient 
d'acides stéarique et palmitique et d'un acide carnaubique 
ou cérotique. 

Le beurre de dumori peut servir pour l'alimentation et 
pour la fabrication des savons et des bougies. 

Le tourteau est relativement peu riche en matières azotées 
(12, 18 °/ )j même en hydrates de carbone (18 °/ environ); 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE G9 

il pourrait cependant être utilisé pour l'alimentation ou 
comme engrais. 

(A. Chevalier : Les bois delà Côte d'Ivoire. Les Végétaux utiles de 
l'Afrique tropicale française, fasc. V, 1909. — A. Hébert: Sur la compo- 
sition de diverses graines oléagineuses deV Afrique Occidentale Française. 
Bulletin de la Société chimique de Paris, 2 mai 19H.) 

333. Graines deGuizotia abyssinica. — Composées. 

Le Guizoiia abyssinica, ou Guizotia oleifera, est le neuk 
d'Abyssinie. 11 est peu cultivé, si même il l'est, en Afrique 
Occidentale Française. Les graines renferment 34 à 45 °/ 
d'une huile à saveur de noix, qui est comestible. C'est 
Yhuile de niger. Elle est bonne pour la savonnerie et est 
faiblement siccative. Ses constantes, d'après divers auteurs, 
sont : 

Point de solidification — 9° 

Indice de saponification 123,53 189,9 à 192,2 

Indice d'iode 126,6 à 133,5 

Indice d'acide 3,7 

Indice de Reichert-Meissl 0,88 

Insaponifiables 1,26 

Fusion des acides gras 28°2 

Indice d'iodede ces acides 113,87 

Une huile raffinée et blanchie a donné : 

Indice d'acide 0,45 

Indice de saponification 217,80 

Indice d'iode 114 

Indice de'Reichert-Meissl 3,85 

Fusion des acides gras 27°8 

Indice d'iode de ces acides 102,33 

334. Amandes de guélé iri (Cote d'Ivoire). 

335. Corps gras et dérivés de guélé iri. 

Les grosses amandes de cette plante encore indéterminée, 
et qui, dans le cercle de Kong, à la Cote d'Ivoire, est connue 
sous les noms de lama et de guélé iri, donnent une graisse. 



70 H. JUMELLE 



336. Graines d'ouanigny. 

Les graines de cette espèce indéterminée donnent une 
huile. 

337. Cendres de Graminées (Dahomey). 

Les cendres de Graminées servent au Dahomey pour la 
fabrication d'un savon indigène. 

338. Fruits de Sapindus senegalensis — Sapindacécs. 

339. Fruits de Sapindus Saponaria. 

L'espèce de Sapindus indigène au Sénégal est le Sapin- 
dus senegalensis ; le Sapindus Saponaria, d'origine améri- 
caine, est introduit. Les fruits de ces Sapindus sont emplo} r és 
comme l'écorce de bois de Panama (Quillaia Smegmadermos) , 
car ils contiennent de la saponine, ou, plus exactement, 
d'après M. G. Masson, des saponoïdes. Les saponines sont 
blanches, très solubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool 
absolu et l'éther acétique ; le tannin est sans action. Les 
saponoïdes sont colorés, et, s'ils ne sont pas combinés avec 
un alcali, sont insolubles dans l'eau, mais solubles dans 
l'alcool absolu et l'éther acétique ; ils forment avec le tannin 
des combinaisons insolubles dans l'eau et solubles dans 
l'alcool. Ils sont d'ailleurs émulsifs et aphrogènes, comme 
les saponines. Tandis que le bois de Panama contient une 
saponine (la quillaiasaponine) et un saponoïde (l'acide quil- 
laique), le péricarpe des fruits de Sapindus Mukorossi con- 
tient, en même temps qu'une très petite quantité d'huile, 
deux saponoïdes, 1 acide sapindique et Y acide sapindétique . 

(G. Masson: Recherches sur quelques plantes à saponine. Thèse de 
pharmacie de Paris, 1910.) 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 71 



IX. — TEXTILES ET PAILLES 

361. Bourre de fromager (Haut-Sénégal-Niger). — Malva- 
cées . 

362. Bourre de dondol (Sénégal). 

Ainsi qu'il a été dit dans la section précédente, on désigne 
sous le nom de fromagers plusieurs espèces d'arbres à bois 
mou dont les fruits donnent une bourre (poils internes de 
ces fruits) qui est le kapok du commerce. Le véritable kapok 
est fourni par le Ceiba pentandra, peut-être originaire de 
l'Amérique, mais, en tout cas, introduit de longue date 
dans l'Inde et en Malaisie, et aussi en Afrique. En Malaisie, 
l'espèce est tellement acclimatée et répandue qu'elle y est 
souvent considérée comme indigène ; en tout cas, le kapok 
du commerce provient principalement des Indes Néerlan- 
daises. En Afrique, cette espèce est souvent confondue avec 
les espèces indigènes, plus ou moins voisines, qui sont 
YErioclendron guineense et le Bomba? buonopozensc , Il 
importerait donc de s'assurer, par l'étude d'échantillons 
d'origine précise, des valeurs respectives de toutes ces 
bourres, dont les bonnes sortes pourraient donner lieu à un 
commerce de quelque importance en Afrique Occidentale 
Française. 

On sait déjà qu'est d'assez bonne qualité la bourre du 
Bombax buonopozense, qui serait le dondol des Ouolofs. 

363. Coton non égrené du Soudan. — Malvacées. 

364. Coton égrené du Nunez (Guinée Française). 
965. Coton sauvage brut du Dahomey. 

366. Coton en bobines du Soudan. 



72 H. JUMELLE 

366 bis. Coton filé et en bobines du Dahomey. 
366 ter. Cotonnade blanche du Soudan. 

Le cotonnier est depuis longtemps cultivé par les indi- 
gènes en Afrique Occidentale Française ; et ces cotonniers 
cultivés appartiennent à plusieurs espèces du genre Gos- 
sypium. D'après M. Chevalier, l'espèce la plus cultivée en 
Afrique tropicale serait le Gossypium punctatum Sch. et 
Thon, (non Guill. et Perrot.) qui est une espèce souvent 
rattachée au Gossypium barbadense ; sa variété la plus 
répandue serait la variété Nigeria. On cultiverait aussi au 
Baoulé la variété religiosa (de couleur nankin), de la même 
espèce, et à la Côte d'Ivoire, dans le Bas et le Moyen- 
Dahomey, le Gossypium peruvianum Cav., autre espèce 
dont les graines ne portent que des poils longs, mais sont 
adhérentes entre elles. 

Les principaux essais faits en Afrique occidentale par 
l'Association cotonnière, en vue de la culture pour l'expor- 
tation, l'ont été dans le Haut-Sénégal-Niger (qui a exporté 
en 1 9 J 3 par la voie Kouroussa-Conakry 75 tonnes), dans 
les cercles du Nord et du Nord-Ouest de la Côte d'Ivoire 
(qui a exporté 100 tonnes en 191o) et dans le Moyen- 
Dahomey, notamment dans le cercle de Savalou (les expor- 
tations du Dahomey, en 1913, ayant été de 171 .193 kilos 
de coton brut et 37.740 kilos de coton égrené. 

(Yves Henri: La Question cotonnière. Ministère des Colonies, 1906. — 
A. Chevalier : loc. cit., dans le Bulletin delà Société Nationale d'Accli- 
matation de France, 1912.) 

367. Coton brut de la Côte d'Ivoire. — Malvacces. 

368. Coton égrené de la Côte d'Ivoire. 

Ces deux cotons de la Côte d'Ivoire, l'un brut et l'autre 
égrené, proviennent du cercle des Gouros, secteur de 
Zénoula. Leurs graines noires et indépendantes indique- 
raient qu'ils dérivent du Gossypium barbadense. Il n'y a 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 73 

pas à la Côte d'Ivoire de variétés pures ; toutes sont plus 
ou moins hybridées. On cherche à uniformiser le type cul- 
tivé dans le Baoulé en favorisant la multiplication de cette 
variété indéterminée et à courtes soies (2o à 26 mm.) de 
G. barbadense. Le rendement en coton [Vint index) est de 
30 à 31. 

369. Cordes faites avec les filaments fibreux de baobab. — 
Malvacées . 

Les indigènes utilisent fréquemment les filaments fibreux 
du liber du tronc de baobab pour en faire des cordes. Sur 
le baobab, voir n° 292. 

370. Fruits de Triumfetta rhomboidea. — Tiliacées. 

Cette petite plante herbacée ou semi-ligneuse (kotourni 
des indigènes) est répandue à l'état sauvage dans toute 
l'Afrique tropicale. Son liber donne une filasse ligneuse. 

371. Graines et fruits d'Hippocratea Richardiana. — Celas- 

tracées. 

Les filaments fibreux de cette liane, qui est le taf des 
Ouolofs, servent, au Sénégal, à entourer les calebasses 
avec lesquelles les indigènes puisent l'eau. 

(P. Sebire : loc. cit.) 

372. Feuilles et graines d'Entada africana. — Légumineuses. 

Les filaments fibreux de l'écorce de ce petit arbre servent 
quelquefois pour faire des cordes. 

373. Graines de Musa textilis (Dahomey). — Musacées. 

Le Musa textilis, ou abaca des Philippines, n'est qu'acci- 
dentellement introduit en Afrique Occidentale Française. 

374. Fruits d'Hyphaene thebaica. — Palmiers. 



74 H. JUMELLE 

La variété occidentalis de YHyphaene thebaica, ou doum, 
est spontanée dans la zone sahélienne, c'est-à-dire septen- 
trionale, de notre Afrique occidentale ; elle est plantée ou 
naturalisée dans les régions plus méridionales. Ses feuilles, 
comme celles de beaucoup d'autres Palmiers, sont em- 
ployées pour le tressage des nattes, et aussi pour la fabri- 
cation de cordes assez résistantes. L'albumen très dur de 
la graine peut être employé comme le corozo, ou ivoire 
végétal, qui est l'albumen d'un autre palmier, le Phytele- 
phas macrocarpa de l'Amérique tropicale. 

37o. Fruits de rônier (Dahomey). — Palmiers. 

Le Borassus Aethiopum, à l'état spontané ou planté, est 
commun en beaucoup de points de l'Afrique occidentale. 
Ses feuilles sont utilisées comme celles de l'espèce précé- 
dente. 

376. Fruits de raphia. — Palmiers. 

Ces fruits assez petits semblent ceux du Raphia gracilis, 
petit Palmier de la Guinée Française ne dépassant pas 3 à 
4 mètres de hauteur. Les feuilles de raphia conviennent aux 
mêmes usages que les précédentes. 



X. — BOIS 



Un Catalogue des Bois de l'Afrique Occidentale Française 
sera publié ultérieurement. 



XL— PLANTES A PARFUMS 



385. Tubercules de Cyperus sp. (Haut-Sénégal-Niger) 
Cypéracées. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 75 

Dans la région de Tombouctou, d'après M. Chevalier, les 
femmes pilent ces tubercules, puis les mélangent avec de 
la gomme et de la bouse de chameau, ou encore avec les 
crottes d'une espèce d'antilope ; et elles confectionnent ainsi 
de petites boules qu'elles enfilent en chapelets et qu'elles 
portent autour des reins. 

386. Fruits d'Hibiscus Abelmoschus . — Malvacées. 

Uambrette, ou gomho musqué (voir n° 179), dont les 
graines odorantes sont exportées des Antilles Françaises, est 
originaire d'Amérique. Les indigènes de l'Afrique tropicale 
la cultivent pour faire des colliers avec les graines. C'est 
le soumari des Soussous. 

L'essence de graine d'ambrette est solide. Un échantillon 
analvsé en 1 912 à l'Usine Roure-Bertrand, à Grasse, a 
donné : 

Poids spécifique à 30°. . . 0,8983 

— — à 43° 0,8883 

Déviation polarimétrique -f- 1°"24 

Indice de réfraction à 30° 1,4645 

Coefficient de neutralisation 47 

— de saponification 194,7 à 495,3. 

— de saponification 

après acétylation 213,7 

Cette essence est soluble dans 1 vol. d'alcool à 90°, mais 
il se produit un fort trouble par addition subséquente du 
même alcool. 

On peut distinguer dans l'essence d'ambrette lVs.se/ice 
normale, solide ou cireuse à la température ordinaire, et 
Vessence liquide, obtenue par l'élimination, à l'aide d'un 
traitement spécial, des acides gras, surtout de l'acide 
palmitique, de la précédente. A l'Usine Schimmel, on a 
trouvé pour ces deux essences : 

Kssenct: normale Essence liquida 

Densité à 15° 0,9088 & 0,9183 

— à 40° 0,891 à 0,892 



76 H. JUMELLE 

Déviation polarimétrique. . -+- 0°14à-j- 1°19 

Indice de réfraction à 20°. . 1,47421 à 1,47646 

Indice d'acidité 75 à 132 à 2,4 

Indice d'éther 66 à 113 167,7 à 180,5 

Solidification 38° à 39° 

L'essence normale est insoluble dans 1 parties d'alcool 
à 90° ; l'essence liquide est soluble dans 3 à 6 parties 
d'alcool à 80°. 

(Bulletin de la Maison Roure-Bertrand, oct. 1912.) 

387. Feuilles, fruits et graines de Copaifera Salikounda 
(Guinée Française). — Légumineuses. 

388. Feuilles de Copaifera Salikounda. 

389. Écorces de la tige de Copaifera Salikounda. 

390. Fleurs de Copaifera Salikounda. 

Le Copaifera Salikounda est un arbre de la Guinée 
Française, de 10 à lo mètres de hauteur. Les graines, 
comme d'ailleurs les gousses, répandent, lorsqu'elles sont 
desséchées, une forte odeur de coumarine. Dans le Rio- 
Pongo, les indigènes les emploient comme graines odo- 
rantes ; les femmes en font des colliers après les avoir 
cassées par petits fragments. Les mêmes graines sont uti- 
lisées contre les étourdissements et les vertiges ; on les 
met dans Feau froide et on boit cette macération à froid par 
petites verrées. La poudre sert à parfumer le tabac à prises. 
On en fait encore une pommade dont on s'enduit le corps. 
L'amande contient 0,08 °/ de coumarine et les téguments 
0,027. La fève de salikounda est ainsi 17 à 18 fois moins 
riche en cette coumarine que la fève Tonka (du Dipteryx 
odorata). 

(Heckel et Schlagdenhauffen: Sur le Copaifera Salikoundade l'Afrique 
tropicale et sur ses graines à coumarine. Annales de la Faculté des 
Sciences de Marseille, 1892.) 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 77 



XII. — GOMMES ET RÉSINES 



401. Graines d'Acacia Sénégal . — Légumineuses. 

la' Acacia Sénégal, ou Acacia Vereck, est le principal pro- 
ducteur de gomme arabique. Ce petit arbre des terrains 
secs, dunes et rochers, croît dans la zone sahélienne et sur 
les confins du Sahara, depuis la Mauritanie et la Sénégambie 
jusqu'à la Nubie. La gomme arabique que récoltent 
les Maures au nord du fleuve Sénégal se divise en : gommes 
du Bas-Fleuve, qui sont les sortes les plus claires, appor- 
tées à Dagana et à Podor ; et gommes du Haut-Fleuve, ou 
de Galam, qui sont plus colorées et traitées à Bakel, Nioro, 
Kayes et Médine. 

Le commerce annuel mondial de gomme arabique est de 
24 à 25 millions de kilos, dont la plus grande partie (20 à 
21 millions de kilos) vient d'Egypte. Le Sénégal exporte 
annuellement 2 millions 1/2 de kilos environ et le Haut- 
Sénégal-Niger oOO.OOO kilos à peu près ; mais toutes ces 
sortes, dont le principal marché français est Bordeaux, 
sont de plus en plus concurrencées par celles du Kordofan. 

Un échantillon de gomme du Bas-Fleuve analysé à 
Londres, en 1908, présentait comme caractères : 

Humidité 16,10 

Cendres 3,5 

Substance sèche soluble dans l'eau 82 

Acidité 1,9 

Viscosité d'une solution au dixième 22,!. 

Deux autres échantillons du Sénégal ont donné : 

Petite Blanche Grosse Blonde 

Humidité 16,1 16 

Cendres 3 3,1 

Substance sèche soluble dans l'eau 80,6 83 

\cidité 0,8 '■- 

Viscosité de la solution au dixième 32,4 28, 



78 H. JUMELLE 

(H. Jacob de Cordemoy : Les Plantes à gommes et à résines. Doin, 
Paris, 1911. — Perrot et Gérard: Recherches sur les bois de différentes 
espèces de Légumineuses africaines. Les Végétaux utiles de l'Afrique tro- 
picale Française, 1907.) 

402. Gousses d'Acacia arabica . — Légumineuses. 

403. Gomme d'Acacia arabica. 

L 1 Acacia arabica, ou encore Acacia Adansonii, est le 
gommier rouge, tandis que le précédent est le gommier 
blanc. C'est le neb-neb des Ouolofs. L'espèce a, sur tous 
les terrains, secs ou humides, une aire de distribution très 
large. Elle s'avance plus loin en Asie que Y Acacia Sénégal 
et est le principal gommier de l'Inde ; elle descend aussi 
plus bas que l'autre espèce en Afrique orientale, puisqu'on la 
retrouve jusqu'au Cap. Comme Y Acacia Sénégal, elle est con- 
nue dans l'Angola. La variété du Sénégal est la variété 
tomentosa. La gomme, rougeâtre et un peu tannifère, est 
bien inférieure à celle de Y Acacia Sénégal. 

(H. Jacob de Cordemoy : /oc. cit. — Perrot et Gérard : loc. cit.) 

404. Bois d'Acacia à gomme (?) — Légumineuses. 

40o. Gomme de Sterculia tomentosa. — Sterculiacées. 

406. Gomme de mbeppe rendue soluble. 

407. Fruits et graines de Sterculia tomentosa. 

Le Sterculia tomentosa, qu'on retrouve en Abyssinie et 
dans l'Angola, est, en Afrique occidentale, le platane du 
Sénégal des colons français. C'est au Sénégal le mbeppe des 
Ouolofs et le kongosita des Malinkès. La gomme qu'il four- 
nit est une sorte de gomme adragante, insoluble dans l'eau, 
mais gonflable. Les indigènes du Sénégal et du Soudan 
l'utilisent peu. Les Laobès cependant la mêlent au miel 
pour faire un couscous onctueux spécial ; les Peuhls la 
font entrer dans la fabrication d'une sorte Uniment employé 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 79 

pour panser les bestiaux ; les Ouolofs musulmans l'em- 
ploient pour préparer une encre qui est d'usage courant 
dans les écoles de talibé. Elle sert aussi parfois à apprêter 
les tissus pour la confection de pagnes recherchés. 

Gette gomme de tnbeppe a pour densité 1,416 ; elle con- 
tient 20 °/ environ d'eau et laisse, après incinération, 
7,249 °/ de cendres. Elle est de couleur blanc nacré et 
d'odeur acétique, et se présente en fragments dont l'aspect 
conchoïde mamelonné rappelle la gomme adragante en 
rubans, et aussi en masses friables informes. Le produit 
n'a reçu jusqu'alors aucun emploi dans l'industrie euro- 
péenne ; ses utilisations possibles semblent limitées. Le 
rendement de l'arbre est faible. 

(H. Heckel : Sur la gomme de m'beppe ou kongosita . Revue des cul- 
tures coloniales; déc. 1898 et janv. 1899.) 

408. Gomme de fromager. — Malvacées. 

Cette gomme, qui serait produite par le Ceiha pentandra 
ou YEriodendron guineense, se présente en grosses boules 
rougeâtres. La gomme de Ceiha pentandra se fonce à l'air; 
elle est astringente et insoluble. 

409. Gomme du Saloum. 

Gette gomme indéterminée ressemble beaucoup a la pré- 
cédente. 

410. Gomme de kori. 

411. Gomme de firia. 

Ces deux dernières gommes sont indéterminées. 

412-413. Rameaux et jeunes pousses de Daniella thurifera. 
— Légumineuses. 

414. Fleurs de Daniella thurifera. 



80 H. JUMELLE 

415. Feuilles de Daniella thurifera. 

416. Résine de santan. 

417. Boules de hammout dans des coques de cantacoula. 

418. Rameaux de l'arbre à hammout. 

Le Daniella thurifera, qui est le santan des Ouolofs et 
le hammout des Toucouleurs, est un grand arbre qui croît 
par individus isolés ou par futaies dans la zone soudanienne, 
et un peu aussi dans la zone guinéenne. On le rencontre 
notamment en Casamance, en Gambie, dans la boucle du 
Niger, dans le Fouta-Djalon, à Sierra-Leone, dans l'hinter- 
land de la Côte d'Ivoire et dans le Haut-Congo. C'est 
Y arbre à encens de Sierra-Leone. Les indigènes brûlent la 
résine dans leurs cases pour les parfumer. Sur les marchés 
du Soudan cette résine est vendue dans des coques de canta- 
coula (partie externe des fruits de Strychnos innocua ou dune 
espèce du même genre) ; après avoir été pilée, elle est ramol- 
lie à la chaleur solaire et pétrie en forme de boules dans 
ces coques. 

(Rançon: loc. cit. — Perrot et Gérard : loc. cit.) 

419. Mélange de résines odorantes. 

Ce mélange est vendu à Tombouctou; il est employé par 
les Musulmans pour parfumer leurs demeures. Les frag- 
ments à éclat rougeâtre appartiennent vraisemblablement, 
d'après M. Chevalier, qui a rapporté ce mélange, auBalsa- 
modendron africanum, ou Heudelotia afrieana, ou Commi- 
phora afrieana, qui est un arbre de la zone sahélienne. 

420. Encens du Dahomey. 

Cette résine est indéterminée. 

421. Résine de latié, 1 e qualité. 



AFRIQUE 0CC1DEMALE FRANÇAISE 8J 

422. Résine de latié, 2 e qualité. 

Cette résine a été achetée sur le marché de Kaves. 

423. Fruits de Gopaifera Guibourtiana. — Légumineuses. 

424. Résine copal (Casamance). 

Cette résine est sans doute donnée par le Copaifera Gui- 
bourtiana. 



XIII. — CAOUTCHOUCS ET GUTTOÏDES 

435. Caoutchouc en niggers de Landolphia Heudelotii. — 
Apocynacées. 

436-437. Niggers de toll de la Casamance (Sénégal). 

438. Twists de goïne (Soudan). 

439. Boule de caoutchouc du Soudan. 

UO. Boule de caoutchouc de 5 kilos de la Guinée Française. 

441. Fruits de Landolphia Heudelotii. 

442-443. Fruits jeunes et fruits mûrs de toll (Sénégal). 

Le Landolphia Heudelotii, ou toll, ou goïne, est la liane 
qui fournit presque tout le caoutchouc exporté du Sénégal, 
du Haut-Sénégal-Xiger et de la Guinée Française ; son aire 
de distribution est comprise approximativement entre le 
1*)" et le 10 e degré de latitude Nord. Le caoutchouc es! 
ordinairement préparé sous forme de niggers, de twists ou 
de plaques. Les niggers sont préparés en agglomérant en 
houles les larmes ou les petits fragments de caoutchouc 
récoltés sui- le tronc, et en enveloppant cette agglomération 

de Blâment S lins. Les (tris/s sont encore des houles, mais 
Annule du tàiutée colonial de Marseille. — &• BÔrie, ■>' vol. 1917. I 



82 H. JUMELLE 

formées par l'enroulement de lanières qu'on a obtenues 
en découpant le caoutchouc qui a été coagulé dans des 
récipients. 

444. Niggers du Dahomey. 

La liane productrice est probablement le Landolphia owa- 
riensis, qui, au-dessus du 10 e degré de latitude, remplace le 
Landolphia Heudelotii. 

445-446. Caoutchouc de dop. — Artocarpées. 

Le dop, ou doh, est le Ficus Vogelii, qu'on trouve dans 
l'Ouest-Africain, et surtout vers le littoral, depuis Dakar 
jusqu'à l'embouchure du Congo. Le caoutchouc de dop, 
qu'on reçoit de temps à autre en France, est une sorte très 
inférieure. L'arbre à caoutchouc intéressant en Afrique occi- 
dentale, à partir de Sierra-Leone, est le Funtumia elastica, 
qui sera mentionné dans le Catalogue d'Afrique équato- 
riale.De la Côte d'Ivoire, le caoutchouc de Funtumia elas- 
tica est exporté en masses qui sont des cakes ou des lump». 

447. Gros tronc de Landolphia senegalensis. — Apocynacées. 
448-449, Rameaux de Landolphia senegalensis. 
450-451 . Feuilles de Landolphia senegalensis. 
452-453. Fruits de Landolphia senegalensis. 

454. Fleurs de Landolphia senegalensis.. 

Le Landolphia senegalensis, qui est le mada des Ouolofs, 
le saba des Bambaras et le laré des Peuhls, est une liane 
très commune en Afrique occidentale, mais dont le latex 
est sans valeur. La pulpe des fruits est consommée par les 
indigènes. 

455. Fruits de Carpodinus sp. (Sénégal). — Apocynacées . 
Ces fruits sont peut-être ceux du Carpodinus hirsutus, 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 83 

liane de la Casamance, dont le latex très abondant ne donne 
qu'un produit très inférieur, gluant. 

4o6. Gutta de karité. — Sapotacées. 

456 bis. Produits divers extraits de la gutta de karité. 

Le latex du Butyrospermum Parkii, ou karité, déjà cité 
dans la section des Oléagineux (n° 329), donne une sub- 
stance qui a quelques propriétés de la gutta. Cette sub- 
stance, notamment, se ramollit dans l'eau chaude en 
devenant plastique sans viscosité. La possibilité d'une uti- 
lisation réelle est cependant restée jusqu'alors très douteuse. 

457. Latex de Calotropis procera. — Asclépiadacées. 

Le Calotropis procera, ou fafetone des Ouolol's, est un 
petit arbre commun en certaines régions de l'Afrique occi- 
dentale, notamment au Sénégal et dans le Haut-Sénégal- 
Niger, et qu'on retrouve d'ailleurs jusqu'en Arabie et dans 
l'Inde. Son latex est sans valeur. 

458. Coagulât de Funtumia africana. — Apocynacéea. 

Tandis que le Funtumia elastica, ou ofuntum, ou ireh, 
donne un bon caoutchouc, le Funtumia africana, qui croît 
à la Côte d'Ivoire comme ce Funtumia elastica, et y est 
même plus répandu, ne fournit qu'un coagulât visqueux 
inutilisable. Pour les indigènes, le Funtumia elastica est 
ïirch femelle, et le Funtumia africana est \ ireh nulle . 

i.') ( J. Latex concrète de yembé. 



XIV. — TANNINS ET COLORANTS 



471. Écorces de Cochlospermum tinctorium (Sénégal 
liix accès. 



84 H. J 131 ELLE 

La racine de ce petit arbre, qui est le tayar des Ouolofs 
et le faux-doundaké, donne une bonne teinture jaune. Les 
écorces sont emménagogues. 

472. Fruits et graines de rocou (Sénégal). — Bixacées. 

Les indigènes de l'Afrique tropicale utilisent peu pour la 
teinture les graines de Bixa Orellana. Voir le Catalogue de 
Madagascar, n° 407. 

473. Rouge de Pterocarpus sp. (Dahomey). — Légumineuses. 

Les bois de la racine ou de la tige de divers Pterocarpus 
donnent une matière colorante rouge. La poudre exposée a 
été obtenue par pilonnage de l'écorce ; les femmes, au 
Dahomey, s'en induisent le corps. 

474. Graines de Lonchocarpus sp. — Légumineuses. 

475. Indigo de Lonchocarpus cyanescens. 

Le Lonchocarpus cyanescens est un arbre des forêts et 
des galeries forestières de l'Afrique tropicale. C'est le 
robinier à indigo, le karaha des Bambaras. Les jeunes 
feuilles et les pousses, traitées comme celles des indigotiers, 
fournissent une belle teinture bleue que les indigènes 
apportent sur les marchés. Les Noirs préfèrent ce colorant 
à celui des véritables indigotiers. 

(A. Chevalier : loc. cit.) 

476-477. Feuilles et tiges d'indigotier (Soudan). — Légumi- 
neuses. 

478. Tiges et racines d'indigotier. 

479-480. Fruits et graines d'indigotier. 

481. Boules d'indigo. 

hlndigofera tinctoria, d'origine asiatique, et un peu 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 80 

aussi YIndigofera Anil, d'origine américaine, sont cultivés 
ou naturalisés en diverses régions de l'Afrique occidentale, 
notamment dans la région soudanienne. Nous avons dit 
que, au Sénégal, cet indigo est vendu moins cher sur les 
marchés que celui de karaha, ou Lonchocarpus cyanescens. 
Voir le Catalogue de Madagascar, n° 405. 

(A. Chevalier : loc. cit.) 

482. Écorces d'Acacia arabica. — Légumineuses. 

Les écorces de cet Acacia, qui est le goniaké des Ouolofs 
et le hani des Bambaras (voir n° 403), contiennent 13 à 
16 % de tannin. Mais la partie de la plante la plus 
employée en tannerie est la gousse. 

483. Gousses de Caesalpinia coriaria (Sénégal . — Légumi- 
neuses. 

Ces gousses de dividivi proviennent de Rufîsque. Le 
Caesalpinia coriaria est une espèce américaine, et les gousses 
employées en Europe pour la tannerie sont exportées de 
Colombie et des Guyanes. 

484. Rameaux et feuilles de Combretum glutinosum. — 

Comhrétacées. 

48o. Racines de Combretum glutinosum. 

Le Combretum glutinosum est le calama des Bambaras, 
le reliatt des Ouolofs. Les cendres du bois servent à fixer 
les couleurs d'indigo. Les Bambaras et les Malinkès retirent 
des feuilles une couleur qui leur sert à teindre en jaune sale 
et en rouge de rouille leurs boubous et leurs pagnes. Les 
cordonniers indigènes l'utilisent aussi pour teindre les sou- 
liers en jaune. Pour obtenir cette couleur, les indigènes 
font sécher les feuilles encore très vertes, les écrasent, puis 
traitent la poudre grossière par deux lois environ son poids 
d'eau. Ils laissent macérer pendant au moins vingt-quatre 
heures; l'étoffe à teindre est plongée ensuite dans ce liquide 



86 II. JUMELLE 

pendant environ douze heures, puis séchées. On fixe à l'aide 
des cendres du végétal lui-même. La teinte dépend de la 
concentration de la macération. On retire aussi la couleur 
des racines et de l'écorce. 

(A. Rançon : loc. cit., p. 409.) 

486. Poudre de henné. — Lythrariacées. 

Le Lawscnia alba, ou henné, est un petit arbre très cul- 
tivé en beaucoup de régions d'Afrique et d'Asie ; et c'est 
avec la poudre de ses feuilles que les indigènes se. teignent 
certaines parties du corps. Au Sénégal et au Soudan, où 
c'est le foundenn des Ouolofs, les Noirs s'en servent pour 
colorer leurs ongles, et aussi pour teindre la queue et la 
crinière des chevaux des chefs. En France, la poudre de 
henné entre dans la composition de diverses mixtures pour 
la coloration des cheveux. 

(H. Jumelle : Les cultures coloniales, fasc. VIII. Baillière, Paris, 1916.) 

487. Graines de Strephonema sericea. — Lythrariacées. 
Les graines de ce petit arbre sont très riches en tannin. 

488. Écorces de Morinda citrifolia. — Ruhiacées. 

Le Morinda citrifolia est un arbre indigène à la fois en 
Asie et en Afrique tropicales, peut-être même aussi dans les 
îles du Pacifique ; et cette large répartition s'expliquerait 
par la conformation des graines, qui, munies dune sorte de 
chambre à air, peuvent flotter et être transportées au loin 
par les courants marins. En Afrique tropicale, l'espèce est 
surtout commune dans l'Ouest, depuis la Sénégambie jus- 
qu'à l'Angola. Ce sont les racines qui servent principalement 
pour la teinture ; l'écorce donne une couleur rouge et le bois 
une couleur jaune. On a obtenu un pigment cristallisé, ou 
morindine, qui semble un glucoside et a pu être dédoublé 
en morindon et glucose. 

(De Wildeman : Notice sur des plantes utiles ou intéressantes de la 
Flore du Congo, vol. II, fasc. I. Spineux, Bruxelles, 1906.) 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 87 



XV. — TABACS 

499. Tabac en feuilles du Dahomey. — Solanacées. 

500. Tabac en feuilles de Bamako Haut-Sénégal-Niger). 

Deux espèces de Nicotiana sont surtout cultivées en 
Afrique Occidentale Française : le Nicotiana Tabacum et le 
Nicotiana rustica. La première est celle qu'on rencontre 
dans presque tous les villages de la zone des forêts ; et sa 
culture et sa préparation constituent une véritable industrie 
en beaucoup de régions, notamment au Baoulé, en Côte 
d'Ivoire et dans la région du Djougou au Dahomey. La 
seconde espèce est plus particulièrement celle de la zone 
soudanienne ; elle donne lieu à un grand commerce dans le 
Fouta-Djalon et dans la vallée du Moyen-Niger. 

(A. Chevalier : loc. cit.) 



INDEX DES COLLECTIONS BOTANIQUES 



DE 



L'AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 



Abaca, 373. 

Abrus precatorius, 199-201. 

Acacia Adansonii, 402-403. 

— arabica, 402-403; 482. 

— Sénégal, 401. 

— Sieheriana, 229-235. 

— Vereck, 401. 
Acajou à pomme, 174. 

— du Sénégal, 186-190. 
Adansonia digitata, 287-292 ; 

396. 
Aframomum Meleguela. 155. 

sp., 156. 
Afzelia a/ricana, 212-213. 
Alligator pepper, 155. 
Ambrette, 179; 38»'). 
Ampelocissus Lecardii, 1 14. 
Anacardium occidentale, 74; 

313-314. 
Ankalaki, 281-284. 
Anona muricata, 94 . 
Arachide, 318-319. 
Arbre à encens, il 2- il S. 



Bakis, 171-173. 

Balanites aegyptiaca, 91 ; 307- 

308. 
Bahamodendron africanum 

419. 
Bani, 482. 

Baobab, 287-292 ; 369. 
Batio, 250-258. 
Batanjor, 259-260. 
Bauhinia reticnlata, 21 i. 
Beilschmiedia sp., 279-280. 
Ben, 315-316. 
Bené, 321-322. 
Benefing, 323. 
Bentamaré, 204-209. 
Bet-i-djan, 244. 
Beurre de ce, 324-329. 
Beurre de Galam, 321-329. 
Beurre de shea, 324-329. 
Bitter-kola, 180-183. 
Bixa Orellana, 172. 
BUghi* sapida, 73. 



90 



II. JUMELLE 



Bodo, 220-224. 
Bomhax huonopozense, 362. 
Bonduc, 203. 
Borassus Aelhiopum, 375. 
Boscia senegalensis, 184. 
Bourgou, 121. 
Bouriboulou, 250-258. 
Butyrospermum Parkii, 324- 
329; 456. 



Cacao, 145. 

Cachiman épineux, 94. 
Caesalpinia Bonduc, 203. 

— coriaria, 483. 
Café de Libéria, 131-133. 
Café de Magdad, 204-209. 
Café du Rio-Nunez, 134. 
Café sauvage, 204-209. 
Gailcédrat, 186-190. 
Calama, 484-485. 
Calotropis procera, 457. 
Canavalia, 64-66. 
Canavalia ensiformis, 64. 

— gladiata, 64. 

— ohtusifolia, 65. 
Candie, 99. 
Canéfîcier, 211. 
Cantacoula, 245-246. 
Carapa guineensis, 309-311. 

— procera, 309-31 1 . 

Touloucouna, 309-311. 
Cardiospermum halicababum, 

317. 
Carpodinus sp., 455. 
Casse, 111. 
Cassia occidenlalis , 204-209. 

— fistula, 211. 

— Sieberiana, 210-211. 
Çé, 324-329. 



Ceiba pentandra, 286. 
Celastrus senegalensis, 191. 
Cissus, 114. 
Cilrullus vulgaris, 93. 
Cocculus Leaeha, 17 4-177. 
Cochlospermum linctorium,Ali. 
Coffea stenophylla, 134. 
Cola acuminata, 144. 

— Ballayi, 144. 

— cordifolia, 76-78. 

— nitida, 135-144. 

— verticillata, 144. 
Coleus rolundifolius, 5. 
Combretum glutinosum, 484- 

485. 
Combretum micranthum, 237- 

241. 
Commiphora af ricana, 419. 
Connarus africanus, 192-198. 
Copaifera Guihourtiana, 423. 

— Salikounda, 387-390. 
Copal, 423. 
Corossolier, 94. 
Coton, 285; 363-368. 
Cyperus sp. 385. 

— esculentus, 4. 



Dakhar, 215. 

Daniella thurifera, 412-418. 

Datah, 220-224. 

Dattes amères, 91 . 

Dattier, 100. 

Detah, 220-224. 

Detarium Heudelotianum, 220- 

224. 
Detarium microcarpum, 225- 

227. 
Detarium senegalense, 220- 

224. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 



91 



Detarr, 220-224. 

Diahar, 75. 

Diakatame, 99. 

Diala, 186-190. 

Dialium nitidum, 107*109. 

Digitaria exilis, 35-37. 

Diospyros mespiliformis, 92. 

Dioscorea alata, 2. 

— cayennensis, 2. 

— dumetorum, 2. 

— prehensilis, 2. 
Diounk, 250-258. 
Ditah, 220-224. 
Dividivi, 483. 
Djandam, 184. 

Dob, 445-446. 

Dor, 63. 

Dondol, 365-362. 

Dop, 445-446. 

Doula, 76-78. 

Doum, 374. 

Doundaké, 250-258. 

Doundaké (faux), 471. 

Dumori, 330-332. 

Dumoria Heckeli, 330-332. 



E 



Ebénier, 92. 

Eko, 324-329. 

Elaeis yuineensis, 275-278. 

Emblic, 303-304. 

Emblica officinalis, 303-301. 

Encens du Dahomey, 420. 

Entada a [ricana, 372. 

E ni ad a scandais, 231». 

Eriodendron an/i;tclu<muin, 

286; 362. 
EriodendrùU t/iiineense, 286- 

368. 



Erythrophloeum gûineense.2\5 

219. 
Eséré, 202. 

F 

Fafetone, 457. 
Fanto, 64-65. 
Fedegosa, 204-209. 
Fève du Galabar, 202. 
Ficus Vogelii, 445-446. 
Finzan, 73. 
Fonio, 35-37. 
Fromager, 286; 361. 
Foundenn, 497. 
Funtumia a f ricana, 458. 

G 

Gaou, 99. 

Garbay honnon, 91. 
Garcinia Kola, 180-183. 
Giddauchi, 324-329. 
Gingembre, 157. 
Gingembre (petit), 156. 
Ginger-bread-plum, 111. 
Go e koun, 13. 
Goïne, 435-443. 
Gombo, 99. 

— musqué, 179 ; 386. 
Gomme du Bas-Fleuve 101. 

de liria, 41 1 . 

de fromager, 408. 

de Galam, 401 . 
— du Haut-Fleuve, i<>i 

de kori, '» 10. 

de mbeppe, i'»~ . 

du Salouin, 109, 
( lommier blanc, loi . 
rouge, 4o3. 



92 

Goniaké, 403; 482. 
Gossypium, 285; 363-368. 
Graine de Paradis, 155. 
Gray-skinned plum. 113. 
Guaniala, 99. 
Guélé-iri, 334-335. 
Gnizotia ahyssinica, 333. 

— oleifera, 333. 
Gutta de karité, 456. 

H 



Hammout, 412-418. 

Haricots, 68. 

Haricot des Bambaras, 61-63. 

Henné, 486. 

Herbe puante, 204-209. 

Heudelolia a f ricana, 419. 

Hibiscus Abelmoschus, 179 

386. 
Hibiscus esculentus, 99. 
Hippocratea Richardiana, 371 
Huile de niger, 333. 
Hol, 213. 
Houlle, 102-106. 
Hyphaene thebaica, 374. 
Hyptis spiciyera, 323. 



H. JUMELLE 



Ignames, 1-2. 
ïkpan, 93. 
Indigo, 476-481. 
Ireh, 458. 



K 

Kanva, 298. 

Kapok, 361-362. 

Karaba, 475. 

Karité, 324-331 ; 456. 

Katou, 121. 

Khaya senegalensis, 186-190. 

Kinkélibah, 237-241. 

Kisadji, 155. 

Koakandi, 185. 

Kocyto, 107-109. 

Kofina, 237-241. 

Kola, 135-144. 

Kola mâle, 180-183. 

Kombé, 102-106. 

Kongosita, 405-407. 

Koundou-hari, 121. 

Kotourni, 370. 



Jatropka Curcas, 305. 
Jéquix-ity, 199-201. 
Jujubier, 95-96. 



Lamy, 298-302. 

Landolphia Heudelotii, 435-443. 

— owariensis, 444. 

Landolphia senegalensis, 447- 

454. 
Laré, 454. 
Latié, 421-422. 
Lawsonia alba, 486. 
Liane réglisse, 199-201. 
Lippia adoensis, 243. 
Lengué, 212-213. 
Lonchocarpus cyanescens, 475. 

— sp., 474. 

Longouty, 261. 
Lophira alata, 293-297. 

— procera, 297. 
Lotos. 6. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 



93 



Lu/fa cylindrica, 98. 
Lulu, 324-329. 

M 

Mada, 454. 
Mafoureire, 312. 
Maïs blanc, 10. 

— Cuzco, 11. 

— rouge, 10. 
Makaru, 330-332. 
Makori, 330-332. 
Maloukang, 281-284. 
Mampata, 112-113. 
Mana, 293-297. 
Maniguette, 152-154. 
Mbabu, 330-332. 
M'bentamaré, 204-209. 
M'beppe, 405-407. 
M'borbor, 243. 
Méléguette, 152-154. 
Mené, 293-297. 
Mengoun, 72. 

Mil (gros), 14-29. 
Mil (petit), 30-31. 
Mil — var. sanio, 32. 

— — — sonna, 33. 

— — — tengué, 34. 
Mil pintade, 20. 
Moli-koun, 13. 
Morinda citrifolia, 488. 
Moringa plerygosperma, 315- 

316. 
Mucuna flagellipes, 71. 

— urens, 69-70. 
Musa texlilis, 373. 
Myrobolans emblics, 303-304. 

N 
Nandok, 250-258. 



Napoleona imperialis, 1 16. 

Ndiar, 152-154. 

Ndimb, 76-78. 

N'doy, 220-224. 

Neb-neb, 402-403. 

Nebredaï, 315-316. 

Nénuphar, 75. 

Néou, 111. 

Néré, 102-106. 

Néri, 102-106. 

Nété, 102-106. 

Névradaï, 315-316. 

Niabessé, 98. 

Nicotiana Tahacum, 499-500. 

Niger, 333. 

Niohomi, 157. 

— conkouri, 156. 
Ntaba, 76-78. 
Nyey datah, 224. 
Nymphaea Lotus, 6, 75. 
— stellata, 75. 



Œil de bourrique, 69-70. 
Orohanche lutea, 7. 
Oryza Barthii, 49. 
Oryza sativa, 38-48. 
Ouanigny, 336. 
Oulle, 102-106. 
Oussounifing, 5. 
Owala, 320. 



Pachyrhizus angulatus, 3. 

Pain d'épice d'Afrique. 106. 
Palmiste, 275-27S. 
Panicam stagninum, 121. 
Parinarium excelsum^ 1 12-1 13. 
— macrophyllum, 1 1 1 . 



n 



H. JUMELLE 



Parinarium s eue galeuse, lll. 
Parkia a f ricana, 102-106. 

— higlohosa, 102-106, 
Passiflora foetida, 97, 
Pastèque, 93. 

Penicillaria spicata, 30-34. 
Pennisetum typhoideum, 30-34. 
Pentaclethra niacrophyUa y 320, 
Pentadesma butyracea y 298-302, 
Phaseolus vulgaris, 68, 
Phoenix reclinaia, 100, 
Phyllanthus Emblica, 303-304, 
Physostigma venenosum, 202. 
Pignon dinde, 305. 

Piper guineense, 151, 
Platane du Sénégal, 405-407. 
Pois arachides blancs, 62. 

— mélangés», 63. 
Pois à gratter, 69-71. 
Pois carré, 67. 
Pois du Sénégal, 184. 
Poivre d'Ethiopie, 152-154. 

— de Guinée, 151. 

— de Kissi, 151. 

— de Sedhiou, 152-154. 
Polygala hutyracea, 281-284. 

— multiflora, 281-284. 
Pommier du Gayor, 111. 
Psophocarpus palmettorum, 67. 
Psophocarpus telragonolobus y 

67. 
Pterocarpus esculentus , 72. 

— sp., 473. 

Pulghère, 305. 



R 



Raphia, 376. 
Rebreb, 242. 
Rehatt, 484-485. 



Ricin, 306, 

Ris de veau, 73. 

Riz, 38-49. 

Riz var. Ali-Toma, 43. 

brai, 47. 

Riz du Cavally, 48. 

Riz var. denkétégny, 41. 

— — kalimodia, 42. 

— — marara maro, 46. 

— — méréké, 39. 
Port-Lokko, 40. 

Riz de Richard-Toll, 49. 

•i- var. Sakala, 41. 

salifori, 45, 

Robinier à indigo, 475, 
Rocou, 472, 
Rônier, 375. 
Roseau à sucre, 121. 
Rough-skinned-pium, 113. 



S 



Saba, 454. 

Sali kounda, 387-390. 
Salvadora persica, 101, 
Sandandour, 229-235. 
Sangol, 174-177. 
Sangol (faux), 178. 
Sanio, 32. 
Santan, 412-418. 
Sapindus Saponaria, 339, 

— senegalensis, 338. 
Sarcocephalus esculentus, 250- 

258. 
Séguéou, 237-241 . 
Sendiègne, 210-2U. 
Séno, 115. 
Séribéli, 192-198. 
Sésame, 321-322. 
Solanum Duchartrei, 244. 



AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 



95 



Solom, 107-109. 

Sorgho, 14-29. 

— var. bassi, 25. 

— bimbiri-ba, 16. 

— bodéri, 24. 

— — figné, 23. 

— — gadiaba, 26. 

— — kamin-keudé, 20. 

— — mengui-fi khé, 19. 

— — mengui foré, 17. 

— — mengui gbéli, 22. 

— — pourdi, 27. 

— — sanko-ba, 21. 

— — savasouki, 29. 

— — sevil, 28. 

— — sula oulenko, 18. 
Sorghum vulgare, 14-29. 
Souchet, 4. 

Soumari, 386. 

Soump, 91. 

Souna, 33. 

Sterculia tomentosa, 405-407. 

Strephonema sericea, 487. 

Slrophanthus hispidus, 247-248. 

— sp., 249. 

Strophantine, 248. 
Strychnos innocua, 245-246. 



Tayar, 471. 

Tengba, 324-331. 

Téli, 216-219. 

Terminalia avicennoides, 242. 

Tetrapleura Tkonningii, 228. 

Thé de Gambie, 243. 

Tieghemella Heckeliana, 330- 

332. 
Tinospora Bakis, 171-173. 
Toll, 435-443. 
Tondoutj, 261. 
Touloucouna, 309-311. 
Trichilia emetica, 312. 
Triumfetta rhomboidea, 370. 



Vanille du Gavallv, 158. 
Vernonia arnygdalina, 261. 

— nigritiana, 259-260. 
Vin de palme, 122-123. 
Voandzeia subterranea, 61-63. 



X 



Xi me nia sp., 115, 



Tabac, 499-500. 
Tabacklé, 76-78. 
Taf, 371. 
Tali, 215-219. 
Tama, 298-302; 335. 
Tamarindus indica, 215. 
Tamarinier, 215. 

— velouté, 107-109. 



Yembé, 459. 
Yllaki, 229-235. 



Zingiber officinale, 157. 
Zizyphus orthacantha, 95-96. 



ERRATUM 



Dans le Catalogue de Madagascar, à la page 11, n° 64, au 
lieu de « Rhum de Toaka », lire : Rhu.m (Toaka). 



MAÇON, FROTAT FRERES, IMPRIMEURS 



Principaux Mémoires parus antérieurement dans les 
NNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 



IIeckel : Sur quelques plantes à graines grasses nouvelles ou peu connues 
les colonies françaises, et en particulier de Madagascar. Année L908. 

vVbrie : Contribution à l'étude anatomique et histologique des plantes textiles 
exotiques. Année 1000. 

/Vildeman : Notes sur des plantes largement cultivées par les indigènes en 
rique tropicale. Année 1009. 

Louis Plan* hon el Juillet : Étude sur quelques fécules coloniales. Année 1909. 

I) 1 lit Les Plantes utiles de Madagascar. Année 1910. 

II. Jumelle et 11. Perrier de la Bathie : Fragments biologiques de la flore de 
Madagascar. Année 1910. 

Guillaumin : Catalogue des Plantes phanérogames delà Nouvelle-Calédonie et 
dépendances. Année 1911. 

l)i iîaeiu : Les Sapotacées du groupe des Sidéroxylinées. Année 191*2. 

Haudon ; Sur quelques plantes alimentaires indigènes du Congo français. Ann 

1912. 

ii Wildemain : Les Bananiers : culture, exploitation, commerce ; systématique 
du genre Musa. Année 1012. 

II. Jumelle et II. Perrier de la Bathie : Palmiers de Madagascar Année 1913. 

P. Choux; : Études biologiques sur les Asclépiadacées de Madagascar. \m 

1914. 

II. Jumelle : Le D r Heckel. Année I91î». 

II. Hamet et II. Perrier de i..\ Bathie : Contribution à 1 étude des Crassulacées 
malgaches. Année 1915. 

A. P'auve.: Le Cocotier de Mer. Lodoiceq Sechellarum. Aimer 1915. 

II. Jumel . Les Recherches récentes sur les ressources des Colonies françaises 
et étrangères et des autres Pays chauds. Année 1916. 

Il Jumelle ; Catalogue descriptif des Collections botaniques du Musée Coloni.il 
de Marseille : Madagascar et Réunion. V.nnée 1916. 



MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE 



Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 1893, 
paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur importance, 
sont en vente chez M. Challamel, libraire, 17, rue Jacob, à Paris, à 
qui toutes les demandes de renseignements, au point de vue commer- 
cial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M. Henri 
Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, directeur du Musée 
Colonial, o, rue Noailles, à Marseille. 

Les auteurs des mémoires insérés dans les Annales ont droit gra- 
tuitement à vingt-cinq exemplaires en tirage à part. Ils peuvent, à 
leurs frais, demander vingt-cinq exemplaires supplémentaires, avec 
titre spécial sur la couverture. 

Les mémoires ou ouvrages dont un exemplaire sera envoyé au 
Directeur du Musée Colonial seront signalés chaque année en fin 
de volume dans les Annales. J 

Le 1 er fascicule de Tannée 1916 (Catalogue descriptif des Collections 
Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Madagascar et Réunion) 
et le 3 e fascicule de la même année (Recherches récentes sur les res- 
sources des Colonies françaises et étrangères et des autres Pays 
chauds) sont déjà parus. 

Le 2 e fascicule (Les hois utiles de la Guyane française, par M. H. 
Stone) sera publié ultérieurement. 

Les Annales publieront aussi prochainement des études de 
M. Pieraerts, conservateur du Musée du Congo Belge, sur des graines 
oléagineuses. 

MAÇON, PROTAT FRERES, IMPRIMEURS. 



INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 
M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences 
Directeur du Musée Colonial de Marseille. 



Vingt- cinquième année, 3 e série, 5e volume (1917) 

2e FASCICULE 

1° Notes statistiques sur les Plantations étrangères de Caoutchouc dans le 
Moyen-Orient, par M. Henri JUMELLE. 

2° Contribution à l'Etude chimique des Noix de Sanga-Sanga, ou Ricinodendron 
qfricanum, par M. PIERAERTS, Conservateur au Musée du Congo Belge. 

3° Les Variétés du Palmier à Huile, par M. Henri JUMELLE. 

4P Quelques données sur l'état actuel de la Culture cotonnière, par M. Henri 
JUMELLE. 



MARSEILLE 

MUSÉE COLONIAL 

5, Rue Noailles, 5 



PARIS 

LIBRAIRIE CHALLAMEL 

17, Rue Jacou, 17 



1917 



Revue Agricole et Vétérinaire 



DE 



Madagascar et Dépendances 



Diî*eeteat* : G. CfiRliE 



Sommaire du Numéro d'Août 1917 

Chronique agricole. 

Etudes et Recherches. — Madagascar. — Le prix des Riz. — Stocks de 
Riz et taxation de cette denrée. — Du crédit à Madagascar. 

Contribution à V Inventaire des Ressources de notre Colonie. — Bois de 
caisses. 



PARAIT TOUS LES MOIS 

Abonnement pour la France et les Colonies françaises : 10 francs. 



Imprimerie-Librairie LAVIGNE 

Rue Amiral-Pierre, à TANANARIVE (Madagascar) 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 



(Année 1917) 



ORLEANS, IMPRIMERIE H. TESSIER. 



INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 
M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences 
Directeur du Musée Colonial de Marseille. 



Vin t-cinquième année, 3 e série, 5 e volume (1917) 



2* FASCICULE 



L 

ao 

KL 



1° Notes statistiques sur les Plantations étrangères de Caoutchouc dans le 
Moyen-Orient, par M. Henri JUMELLE. 

2° Contribution à l'Etude chimique des Noix de Sanga-Sanga, ou Ricinixlaulron 
qfricanum, par M. PIERAERTS, Conservateur au Musée du Congo Belge. 

3° Les Variétés du Palmier à Huile, par M. Henri JUMELLE. 

4P Quelques données sur l'état actuel de la Culture cotonnière, par .M. HENRI 
JUMELLE. 



MARSEILLE 

MUSÉE COLONIAL 

5, Rue Noailles, 5 



PARIS 
LIBB URIE < Il ULLAMEL 

17, Rui J A« ob, 17 



l«il7 



Notes statistiques 
sur les Plantations étrangères de Caoutchouc 

dans le Moyen-Orient 



Il est convenu aujourd'hui d'appeler « Moyen-Orient » 
(le « Middle East » des Anglais) toute la région sud-asiatique 
et malaise qui comprend l'Inde, Ceylan, la Péninsule malaise, 
la Péninsule indochinoise et l'Insulinde. 

L' « Extrême-Orient » correspond à la Chine et au Japon. 

Or, c'est précisément dans le Moyen-Orient que s'est déve- 
loppée depuis moins de vingt ans, et avec une prodigieuse 
rapidité, la culture de l'hévéa brésilien (1). 

L'apparition du caoutchouc de plantation sur les marchés 
européens et américains ne date- que du commencement de 
ce siècle ; c'est donc en une quinzaine d'années que 1<>s plan- 
tations de caoutchoutiers ont pris une extension telle que 
non seulement, en ce court temps, les récoltes totales annuelles 
ont quadruplé, mais encore sont de plus en plus constituées par 
les sortes cultivées, devant lesquelles les caoutchoucs sauvages 
perdent chaque jour de leur importance. 

On en jugera par le tableau suivant, où l;i production est 
indiquée en tonnes. 



il) En dehors du Moyen-< ►rient, on oe i eu1 citer en Vsie, comme plan- 
tations de caoutchoutiers, que celles de l'île chinoise de Haïnan, où 
l'hévéa m été introduit en 1910 par deux So< iétés locales. 15.000 arl 
environ auraient été plantés, et 1.800 kilogrammes environ de caoul 
chouc ont été envoyés à Singapore dans l< >nd semestre <l 

Le produit était bon, mais mal préparé. 



- 



LES PLANTATIONS ETRANGERES DE CAOUTCHOUC 



ANNÉES 


Caoutchoucs sauvages 
dn Brésil 


1 Autres caoutchoucs 
sauvages 


CAOUTCHOUCS 

de plantation 


TOTAUX 


1900 


26.800 
29.000 
30 . 000 
36.000 
38 . 000 
39.000 
42.000 
40.800 
37.500 
42.400 
39.500 
37 . 000 
37.500 
36 . 500 


27.000 
23.500 
32.000 
29.000 
30.000 
24.500 
24.000 
21.000 
22.500 
27.000 
21.400 
18.000 
9 . 000 
10.000 


4 

8 

43 

510 

1 . 000 

1.800 

3.600 

8.200 

14.500 

28.600 

47.700 

71.500 

113. 400 

155.500 


53.804 

52.508 

62.043 

65.510 

69.000 

65.300 

69.600 

70.000 

74.500 

98.000 
108.600 
120.500 
159.900 
202.000(1) 


1902 


1904 


1906 


1907 


1908 


1909 


1910 


1911 


1912 


1913. 


1914 


1915 


1916 





Ainsi, en 1900, la proportion du caoutchouc de plantation 
dans la récolte mondiale était de 0,007 p. 100, et en 1916 elle 
était de 73 p. 100. 

On voit, en même temps, que la production des caoutchoucs 
de cueillette brésiliens se maintient à peu près constante, 
sans tendance sensible à une élévation, et que la production 
des autres caoutchoucs sauvages d'Amérique, d'Asie, d'Océa- 
nie ou d'Afrique s'est abaissée au tiers environ de ce qu'elle 
était il y a quinze ans. C'est donc bien le « Para de planta- 
tion » qui devient de plus en plus le maître du marché. 

En Asie et Malaisie, les plantations d'hévéas couvrent 
aujourd'hui approximativement 620.000 hectares ainsi répartis: 

Péninsule malaise 268 . 000 hectares 

Indes Néerlandaises 207 . 000 — 

Geylan 106.000 — 

Bornéo Britannique 12. 000 — 

Inde et Birmanie '. 16.000 — 

Cochinehine 17.000 — 



(1) Est-il besoin de faire remarquer que tous les chiffres que nous 
allons citer dans ce travail ne peuvent jamais être considérés que comme 
approximatifs ? Il y a toujours quelques écarts entre les nombres que 
donnent les diverses revues scientifiques ou commerciales. Nous avons 
adopté ceux qui, d'après les sources auxquelles nous les avons empruntés 



DANS LE MOYEN-ORIENT 3 

En ces quatre dernières années, il a été exporté en tonnes : 

1913 1914 1915 1916 

De la Péninsule malaise. 36.200 49.700 72.800 102.000 

De Ceylan et Inde 11.830 14.800 20.600 23.500 

Des Indes Néerlandaises. » » 20.100 30.000 

De 1908 à 1912, les capitaux chaque année placés dans ces 
plantations, ont été, en livres sterling : 

1908 2.010.000 

1909 12.008.000 

1910 38.841.500 

1911 6.619.000 

1912 2.242.000 

Soit un total de 61.721.000 livres sterling, c'est-à-dire 
1 milliard 543.025 francs. 

En 1916, on évaluait que ce total s'élevait à 100 millions 
de livres, c'est-à-dire 2 milliards et demi. 

Laissant de côté momentanément notre colonie de la 
Gochinchine, sur laquelle nous reviendrons spécialement plus 
tard avec plus de détails, voyons ce que sont actuellement, 
dans les autres contrées du Moven-Orient, l'état et les con- 
ditions de culture de ces caoutchoutiers. 

PÉNINSULE MALAISE 

La Péninsule malaise comprend : 

1° Les Straits Settlements, ou Etablissement des Détroits, qui, 
le long du détroit de Malacca, forment une colonie relevant 
directement de la Couronne ; 

2° Quatre Etats Fédérés Malais, qui sont des Protectorats 
occupant une grande partie de la péninsule, sur une surface 
de 73.500 kilomètres carrés environ ; 

3° Quatre Etats Protégés. 



ou après comparaison entre toutes [es statistiques, nous onl sembli 
rapprocher 1«* plus de 1;« iv;ilih'\ Ainsi 1»- total <pi»' nous donnons pour 
1916 esl un peu supérieur à celui que donnent les revues annuelles des 
courtiers anglais, mais les récoltes indiquées par ces revues pour les 
Indes Néerlandaises nous paraissent beaucoup trop faibl< 



4 LES PLANTATIONS ETRANGERES DE CAOUTCHOUC 

Les Straits Settlements comprennent : 

L'île de Singapore (525 kmq.) ; 

L'île de Penang (272 kmq.) ; 

La Province de Wellesley (688 kmq.), qui fait partie de 
l'Etablissement anglais de Penang ; 

Les Dindings, composés de l'île de Pangkor et de la partie 
de la côte voisine ; 

Mal ace a. 

Les Etats Fédérés Malais, d'un peu moins d'un milli n 
d'habitants (Malais, Chinois, Indiens, Européens et Améri- 
cains), comprennent : 

Dans l'Est : Pahang (36.465 kmq.) ; 

Dans l'Ouest : Perak (22.185 kmq.) ; 

Selangor (8.160 kmq.) ; 

Negri-Sembilan (6.630 kmq.). 

Les Etats Protégés sont : 

Au Sud : Le Sultanat de Johore (23.000 kmq.), de 200.000 ha- 
bitant s environ, surtout Chinois. 

Dans l'Est-: Kelantan (12.750 kmq.), de 300.000 habitants, 
transféré, ainsi que les Etats suivants, du Siam à l'Angleterre 
en 1910 ; 

Trengganu (15.300 kmq.), de 50.000 habitants ; 

Dans l'Ouest : Kédah (7.650 kmq.), de 200.000 habitants. 

C'est dès 1877 que les premiers hévéas furent apportés de 
Kew aux Jardins botaniques de Singapore et de Pérak ; 
quelques-uns de ces plants commencèrent à rapporter en 1881 
et se propagèrent si bien qu'en 1898 le seul Jardin Botanique 
de Singapore possédait près d'un millier de grands arbres. 
Mais, en dehors de ces essais officiels, c'est en 1897 seulement 
qu'un colon, M. W. Bailey, plantait environ 80 hectares dans 
l'Etat de Selangor, et c'est donc à cette date que commencent 
les vraies entreprises culturales de caoutchouc dans la 
péninsule. Depuis lors, en même temps que la culture se 
développait, les conditions économiques de la péninsule se 
sont progressivement et rapidement améliorées. Les anciennes 
forêts se sont transformées en plantations de caoutchoutiers, 
les voies ferrées de la partie occidentale, où se trouvent presque 



DANS LE MOYEN-ORIENT 5 

toutes ces plantations, se sont étendues (1), et la population, 
grâce à l'arrivée de milliers de coolies, tamils, chinois et 
javanais, a considérablement augmenté. 

En 1910, la surface couverte par les hévéas était de 158.878 
hectares, dont : 

Dans les Etats Fédérés Malais 98 . 310 hectares 

Straits Settlements 37 . 968 

Etats Protégés 22 . 600 

Les 98.310 hectares des Etats Fédérés étaient composés de : 

Selangor (190 plantations) 45.230 hectares 

Perak (155 plantations) 33. 550 — 

Xegri Sembilan (78 plantations) 17.940 — 

Pahang (12 plantations) 1 .560 — 

Les 37.968 hectares des Straits Settlements correspondaient 
à 109 plantations, dont : 

Singapore 5 . 600 hectares 

Malacca 22.000 

Penang 1.200 

Wellesley 9.168 

Enfin, les 22.600 hectares des Etats Protégés se composaient 
de : 

.lohore (44 plantations) 17. 100 hectares 

Kelantan et Kedah (44 plantations) .. . 5.200 



i 1 1 La grande voie ferrée dès maintenant en exploitation parcourt du 
Nord au Sud presque toute la partie occidentale de la péninsule, puisque, 
plus ou moins parallèlement à la côte, elle va d'Alor Star à Singapore. 
D'Alor Star une ligne est en projet vers Bangkok. La voie actuelle tra- 
verse doue l'Etat de Kedah, la province de Wellesley, les Etats de Perak, 
de Selangor, de Negri Sembilan, de Johore et l'île de Singapore. I >e petits 
tronçons aboutissenl à Penang, à Port-Weld, à Tehik Ajison, à Klang 
et port Swettenham, à Port-Dickson, à Malacca Town. Vers l'intérieur, 
un embranchement mené de Gemas à Kuala-Lipis, dans l'Etat de 
Pahang. Cette voie sera continuée, à travers Kelantan, Jusqu'à River- 
Bide, ou elle rejoindra la petite ligne actuelle de Rrverside à Tampat, sur 
la côte Ouest, i n peu avant Tampai. a Pasir Ma^. une ligne sera cons- 
truite dans la direction de Bangkok. 



6 LES PLANTATIONS ÉTRANGÈRES DE CAOUTCHOUC 

En 1912, la surface totale s'élevait à 248.640 hectares, et 
les ouvriers employés à l'exploitation étaient au nombre de 
255.912, dont 145.848 Tamils, 63.210 Chinois, 23.580 Javanais, 
19.425 Malais, 5.848 travailleurs d'autres races. 

En 1915, sur une surface approximative de 200.000 hec- 
tares de caoutchoutiers pour les seuls Etats Fédérés, on 
comptait dans l'Etat de Selangor 102.130 hectares, et dans 
l'Etat de Perak (dont les exportations étaient de 16.663 tonnes 
de caoutchouc brut) 66.400 hectares, dont une très faible 
partie seulement avec cultures intercalaires. 

Comme exportation totale de la Péninsule malaise en 
caoutchouc brut pour 1915, nous avons indiqué plus haut 
72.800 tonnes (d'après la feuille annuelle de MM. Figgis et C° 
de Londres). Le Times de décembre 1916 admet 79.415 tonnes. 

Dans les Etats Fédérés, le caoutchouc représente aujour- 
d'hui (1) plus de 40 p. 100 de toutes les exportations. De 
1890 à 1915, le commerce extérieur de ces Etat s s'est élevé 
de 5.714.187 livres sterling à 26.106.773 livres, et cette énorme 
augmentation est bien due essentiellement au caoutchouc, 
car l'importance des deux autres principaux articles d'expor- 
tation, rétain et le coprah, a peu varié ou tendrait même 
plutôt à diminuer (2). Telle est l'influence qu'a exercée sur la 
prospérité du pays l'introduction de l'hévéa (3). 

Parmi les Compagnies établies dans la Péninsule, et qui 
sont particulièrement nombreuses dans les Etats de Selangor 
et de Perak, quelques-unes portent des noms aujourd'hui 
bien connus. 

La « Pataling Rubber )> a été fondée en 1903 dans le Selangor. 



(1) D'après des renseignements récents, la valeur des exportations de 
ces Etats aurait été de 468.300.000 francs pour 1915. Dans les Etats 
Protégés, d'autre part, la valeur des exportations aurait été, toujours 
pour le seul caoutchouc, de 113 millions de francs, dont 90 millions 
pour le Sultanat de Johore et 17 millions pour Kedah. 

(2) Les exportations d'étain représentent cependant toujours une 
valeur d'environ 200 millions de francs. 

(3) Ajoutons encore que le port de Singapore a exporté pendant les 
sept premiers mois de 1914, 1915 et 1916, respectivement 16.821, 22.877 
ot 32.414 tonnes. 



DANS LE MOYEN-ORIENT 7 

La « Vallambrosa », dans le même Etat, district de Klang, 
date de 1904. Cette Société eut l'avantage d'acheter des ter- 
rains à un prix très bas, ce qui lui permit de distribuer des 
dividendes particulièrement élevés. 

L' « Anglo-Malay », constituée en octobre 1905. au capital 
de 150.000 livres sterling, a établi aussi des propriétés dans 
le Selangor. 

La « Highlands and Lowlands Para Rubber », toujours dans 
le même Etat, a été créée en juillet 1906, au capital de 
310.000 livres sterling. 

Dans le Selangor encore se trouvent les plantations de 
« Selangor Rubber », de « The Glenshiel Rubber », etc. En 
1916, la « Glenshiel Rubber » possédait 907 hectares, dont 
537 plantés et 490 en rapport : la production était estimée à 
163 tonnes. 

Dans l'Etat de Perak, d'importantes Compagnies avaient 
en 1916 la même situation prospère. On estimait pour 1916 
la production à : 

1.065 tonnes pour la « Straits Rubber », 906 tonnes pour 
les « Penang Rubber Estâtes » (qui ont également des plan- 
tations à Wellesley, dans les Straits), 317 tonnes pour les 
« Rubana Rubber Estâtes », 407 tonnes pour les « Tali Ayer 
Rubber Estâtes », 158 tonnes pour la « Bagan Serai », 
154 tonnes pour la « Batak Rabit Rubber », 145 tonn 
pour la « Kurau Rubber », 28 tonnes pour la « Merchiston 
Rubber ». 

Les surfaces totales de ces plantations étaient de : 

4.361 hectares pour la « Straits Rubber », avec 3.190 hec- 
tares en culture : 

1.960 hectares pour la « Rubana Rubber », avec L200hectare.s 
en culture ; 

1.900 hectares pour la « Tali Ayer Rubber , avec 1.520 hec- 
tares t'H cuit lire. 

555 hectares pour la o Bagan Serai . avec i68 hectares eu 

cuit ure ; 

714 hectares pour la Batak Rabii . avec 500 hectan 3 • □ 

Cuit ure ; 



8 



LES PLANTATIONS ETRANGERES DE CAOUTCHOUC 



900 hectares pour la « Glenshiel Rubber », avec 537 hectares 
en culture ; 

410 hectares pour la « Kurau Rubber », avec 369 hectares 
en culture ; 

488 hectares pour la « Merchiston », avec 336 hectares en 
culture. 

Dans le Sud du Sultanat de Johore, la « Mount Austin 
Rubber », qui distribuait en 1915 un dividende de 34 p. 100,. 
a 4.280 hectares entièrement plantés, et, après avoir exporté, 
en 1915, 460 tonnes, en espérait pour 1916 plus de 600. Le 
maximum prévu pour l'avenir est de 2.215 tonnes. 

On peut citer, comme dividendes pour 100, pour certaines 
de ces Sociétés, de 1909 à 1912 : 



Selangor 

Pataling 

Bukit Rajah 

Vallambrosa 

Batu Caves 

Anglo-Malay 

Linggi 

Cicely Rubber 

Kuala Selangor 

Higlands and Lowlands. 

Damansara 

Perak Rubber 

Seafield Rubber 

Glenshiel Rubber 



ANNEE 

de fondation 



1899 
1903 
1903 
1904 
1904 
1905 
1905 
1905 
1905 
1906 
1906 
1906 
1907 
1908 



Capital autorisé 
m francs 



750.000 

750.000 

1.750.000 

1.500.000 

750.000 

3.750.000 

2 . 500 . 000 

250.000 

7.750.000 
2.750.000 
2.125.000 
2.500.000 



1909 



287 
125 
150 
250 
150 
50 
165 
135 

35 
50 
42 
15 



1910 



375 

325 

150 

175 

150 

75 

237 

200 

30 

50 

75 

30 

40 

15 



1911 



275 
250 
150 
130 
140 

70 
193,75 
175 
107,5 

37,5 

60 

35 

45 

20 



1912 



250 

275 

125 

100 

220 

70 

143, 

155 

150 

40 

70 

35 

65 

25 



Ainsi, au total, en ces quatre années, la « Selangor Rubber » 
a donné, comme dividende, 1.187 p. 100 ; la « Pataling », 975 ; 
la « Linggi », 740 ; et la « Vallambrosa », 655. 

En 1915, les dividendes ont été de : 

Pour la « Pataling » 225 ° 

« Selangor » 162,5 ° 

« Linggi » 110 ° 

« Vallambrosa » 100 % 

En cette année 1915, rares ont été les Compagnies qui ont 



DANS LE MOYEN-ORIENT 9 

distribué des dividendes de moins de 10 p. 100 ; certaines 
Sociétés ont donné 160 p. 100 et davantage, et 100 p. 100 n'a 
pas été une exception. 

D'ailleurs, la consommation et la production augmentant , 
le coût de production diminue progressivement. Telle plan- 
tation où le prix de revient du kilogramme était encore de 
4 fr. 90 en 1913 l'obtenait, en 1915, à 3 francs. D'après les 
rapports des Compagnies malaises pour cette année 1915, le 
coût moyen du kilogramme f. o. b. était de 2 fr. 75, se répar- 
tissant approximativement en : 

Récolte et manufacture 1 fr. 30 

Charges générales d'administration fr. 60 

Dépréciation fr. 40 

Divers fr. 45 

Le prix de revient du caoutchouc amazonien étant de 
7 francs environ, tout l'avantage est donc dès maintenant, et 
largement, aux sortes de plantation, pour lesquelles le prix 
de vente de 9 fr. 50 à 10 francs est très rémunérateur, alors 
qu'il l'est peu pour le « Para » de cueillette brésilien. 

Actuellement, dans les Straits, la valeur d'un hévéa, aux 
différents âges, est la suivante en francs (1) : 

Age Incisé Non incisé Arbres par hectare 

3 mois 1 fr. 40 375 

6 — l fr. 70 575 

y — 2 fr. 375 

1 an 2 fr. 25 375 

2 ans 3 fr. 75 375 

3 — i fr. 25 5 fr. 65 375 
', — 6 fr. 60 7 fr. 55 375 
5 — L3 fr. 60 375 

5 — 13 fr. 60 312 

6 — \~ fr. 35 27.'. 

7 — 21 fr. 25 250 
s — 24 fr. 85 22.'. 
y — 30 fr. H» 200 

10 — 31 fr. 85 200 



(1) Nous convertissons en francs les chiffres indiqués en dollar- par 
VIndia Rubber World, e\ en admettanl qu'il s'agit du dollar américain 
(5 francs), et non du dollar de Singapore, qui vaut seulement 3 francs. 



10 LES PLANTATIONS ETRANGERES DE CAOUTCHOUC 

Vers la fin de 1908, le capital autorisé était, pour 68 Com- 
pagnies, de 1.300 francs par hectare environ ; en 1910, il était 
de 1.960 francs. Dans les bonnes plantations en plein rapport, 
le rendement est de 450 à 510 kilogrammes par hectare. En 
1915, la propriété « Seafield » récoltait même une moyenne 
de 773 kilogrammes à l'hectare, sur une surface de 50 hectares 
plantés en 1904 et dont les arbres étaient, par conséquent, 
âgés de 10 à 11 ans. Pour l'ensemble de la plantation, le ren- 
dement moyen était de 496 kilogrammes. En 1911, le prix de 
Tevient de la plantation jusqu'à la première récolte était 
évalué à 1.050 francs l'hectare pour une plantation de 1.500 
hectares. 

Les hévéas ont donc bien réellement trouvé en Péninsule 
malaise une de leurs grandes contrées de prédilection. Le sol 
latéritique n'est certes pas toujours de premier ordre : riche 
en fer, il est pauvre en potasse et en chaux. Mais le grand 
avantage du pays semble (1) son humidité constante à une tem- 
pérature modérément élevée ; les pluies sont peut-être moins 
abondantes qu'en certaines autres parties du globe, mais elles 
sont continues. Et ces conditions ne favorisent pas seulement 
la croissance des arbres, qui peuvent quelquefois atteindre 
plus de 30 mètres à 14 ans, et, en tout cas, au bout de 
trois ans peuvent déjà donner une petite récolte, mais, en 
outre, permettent l'exploitation pendant toute l'année. Une 
période de sécheresse arrêterait l'écoulement du latex ; de 
trop fortes pluies rendraient l'incision difficile, ou même im- 
possible. 

L'habileté des travailleurs tamils, chinois et javanais oc- 
cupés au travail des saignées est un des autres facteurs de 
succès. 

Et c'est grâce à toutes ces influences réunies que la Pénin- 
sule, qui n'exportait pas encore de caoutchouc il y a vingt 
ans, en produisait, en 1916, 102.000 tonnes. 



(1) A noter cependant qu'une petite saison sèche n'est peut-être pas 
aussi défavorable à l'hévéa qu'on a souvent tendance à le croire. 



DANS LE MOYEN-ORIENT 11 



Ceylan 



Tout comme la Péninsule malaise, les premiers hévéas ap- 
portés à Ceylan le furent par les soins du Jardin de Kew, et 
ils furent plantés en 1876. au Jardin d"Henaratgoda. Vers 
1887, quelque dix ans plus tard, les planteurs de la basse 
région du Sud-Ouest commencèrent à mettre quelques arbres 
autour de leurs champs de thé ou le long des routes, et en 
1890 il y avait 80 à 120 hectares de caoutchoutiers. qui. d'ail- 
leurs, étaient en grande partie des Castilloa et des Manihot. 
Mais, vers 1898. les prix du thé ayant baissé, les propriétaires 
furent amenés à songer à de nouvelles cultures, et ce fut alors 
que leur attention se porta sérieusement sur les hévéas. 
Ceux-ci furent d'abord cultivés en mélange avec les arbres à 
thé, puis les théiers furent supprimés et les caoutchoutiers 
restèrent seuls. L'hévéa a aussi, dans d'autres plantations, 
remplacé le cacaoyer. Enfin, il y a eu des plantations directes 
d'hévéas. 

De 1898 à 1906, 20.000 hectares environ furent plantés, 
puis de 1906 à 1916, 76.000 ; et nous avons admis plus haut, 
pour 1916, 100.000 hectares environ. 

Les exportations de 1916 ont été de 23.500 tonnes. 

Les plantations, dans le Sud-Ouest de Ceylan comme en 
Péninsule malaise, sont établies sur des sols latéritiques, for- 
més d'une argile sablonneuse rouge et rougeâtre. Les arbres 
peuvent à la rigueur pousser jusqu'à 800 mètres, mais c'est 
entre le niveau de la mer et 300 mètres qu'on obtient les 
résultats les meilleurs e1 les plus sûrs. Il y a d'ailleurs à tenir 
grand compte, en plus de l'altitude, de la plus ou moins grande 
exposition au veut. 

Les disl ri<t s septentrionaux de l'île, I ropsecs, ne conv iennent 
pas au caoutchoutier, même avec irrigation. 

En 1908, I" capital autorisé pour 71 Compagnies de Ceylan 
el de l'Inde étail de 2.312 francs par hectare; en 1910, ce 
capil al et ait de i.355 francs. 



12 



LES PLANTATIONS ETRANGERES DE CAOUTCHOUC 



De 1910 à 1912, quelques-unes des Sociétés de Geylan ont 
distribué les dividendes suivants, pour 100 : 



Ceylon Tea Plantations 

Eàstern Produce and Estâtes 

Bandarapola Ceylon 

Yativantota Tea 

Mahawale Rubber and Tea 

Pantiya Tea and Rubber 

General Cevlon Rubber and Estâtes 

Cevlon Rubber 

Panawatte Tea and Rubber 

Pelmadulla Rubber 

Rosehaugh Tea and Rubber 

Saint-George Rubber 

Dickella Rubber 



ANNEE 

de Fondation 



1886 
1888 
1892 
1896 
1897 
1900 
1904 
1904 
1905 
1905 
1907 
1908 
1909 



1910 



35 
20 
20 
15 

17,5 
10 
20 
>) 

17,5 
10 
25 
22.5 



1911 



\0 



22,5 

30 

25 

25 

30 

25 

10 

25 

22,5 

36 

30 

10 



1912 



50 

22 

45 

20 

25 

35 

32,5 

22,5 

32,5 

30 

36 

40 

30 



En 1911, d'après M. Wright, les frais d'exploitation d'un 
hectare, jusqu'à la sixième année, variaient de 1.000 à 
1.500 francs. 

Les travailleurs sont des Cinghalais, qui sont les meilleurs 
ouvriers, et les Tamils venus de la côte de Coromandel. De 
bons saigneurs parviennent à gagner 20 roupies (de 1 fr. 65 
environ) par mois. Les surveillants européens gagnent men- 
suellement de 250 à 300 roupies dans les petites plantations, 
500 roupies, plus 2 p. 100 de commission, dans les plantations 
moyennes, qui sont d'environ 250 hectares, et de 600 à 
1.000 roupies, plus le pourcentage, dans les plus grandes, qui 
sont de 400 à 800 hectares. Les employés venus comme crepers 
gagnent souvent 150 roupies la première année, 200 la seconde 
et 250 la troisième ; il est exceptionnel que leur paie mensuel'e 
s'élève à 400 roupies. 

La crêpe est la forme de caoutchouc la plus souvent pré- 
parée ; on prépare cependant aussi des feuilles fumées et des 
biscuits. 

La Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont les plus gros 
acheteurs. En 1914, 62,9 p. 100 de la récolte ont été livrés à 



DANS LE MOYEN-ORIENT 13 

la Grande-Bretagne et 23,19 à l'Amérique du Nord ; plus 
récemment, toutefois, les envois vers les Etats-Unis ont aug- 
menté (39,72 p. 100), pendant que diminuaient (55,12) les 
expéditions à destination de l'Angleterre. 



Birmanie et Sud de l'Inde 

Dès 1900, quelques hévéas étaient plantés dans l'île de 
Mergui (un peu au nord de Tenasserim), en Birmanie (1). Les 
progrès de la culture des caoutchoutiers dans cette partie tout 
à fait méridionale de la possession anglaise de l'est du golfe 
du Bengale ont néanmoins été lents, et la surface plantée 
-actuellement ne dépasse guère 12.000 hectares. Mais l'atten- 
tion semble se tourner vers certaines autres parties de la 
Birmanie méridionale où l'hévéa peut réussir; et onentrevoit 
d'ici à quelques années une sérieuse augmentation dans le 
nombre et la surface des plantations. De 140 tonnes en 1911- 
1912, la production est passée à 580 tonnes en 1915-1916. 

Sur les cultures du Sud de l'Inde, nous ne possédons per- 
sonnellement que d'assez vagues renseignements. Nous rele- 
vons seulement dans YIndia Rubber World d'août 1916 les 
noms de deux Sociétés. 

L'une, la « Pudukab Rubber », devait payer en L915 un 
dividende de 10 p. 100. La récolte de cette annêV étail de 
55.000 kilogrammes, provenant de 260 hectares, le rendement 
ayant été par arbre de 1 liv. 56, contre (> liv. 84 en 191 i. 



M) La Birmanie Anglaise a une superficie de 615.000 kilomètres 
carrés environ, avec seulement une population de 20 habitants par 
kilomètre (alors que, par exemple, dans l'Inde, dans le Gouvernement 
d'AUahabad, il y en a 167). Le pourcentage des forêts (riches en l>'.i-> 
'!•■ tffki H «1rs terres incultes, pour la surfin-. • totale, esi de 62,9 p. 100, 
alors qu'elle esi de -'i~ pour l'ensemble de l'Inde Britannique. I e grand 
produil de culture pour l'exportation esi le riz, <l<mt il esi sorti i million 
220.000 tonnes en 1915- 1916. Parmi les produits minéraux, la Birmanie 

a exporté 3.806 tonnes de wolfram en 1916 e1 282.250. gallonsde 

pél rôle en 1915, 



14 LES PLANTATIONS ETRANGERES DE CAOUTCHOUC 

L'autre Compagnie, la « Kilana Rubber », qui doit bientôt 
payer son premier dividende, a obtenu, sur des arbres de 
6 ans et moins, 10.190 kilogrammes. 



Indes Néerlandaises 



Les Indes Néerlandaises ont exporté, en 1915, 20.100 tonnes 
de caoutchouc ; et l'exportation de 1916 a dû être approxima- 
tivement de 30.000 tonnes (15.121 tonnes pendant les six 
premiers mois). 

Ces chiffres s'élèveront rapidement dans l'avenir, les Indes 
Néerlandaises ayant entrepris beaucoup plus tard que les 
colonies anglaises de l'Asie méridionale les plantations d'hé- 
véas. Pendant longtemps, la colonie hollandaise a persisté 
dans la culture du Ficus elastica, et c'est depuis cinq ou 
six ans seulement, vers 1911 et 1912, que l'ancien caout- 
choutier indigène a été définitivement délaissé pour l'espèce 
amazonienne. 

Au 1 er janvier 1913, il y avait à Java 332 plantations qui 
couvraient (en admettant que 1 bouw égale 71 ares), 88.322 hec- 
tares, dont : 22.933 hectares d'hévéas seuls ; 52.655 hectares 
d'hévéas mélangés ; 5.281 hectares de Ficus seuls ; 1.443 hec- 
tares de Ficus mélangés ; 66 hectares de Castilloa seuls ; 
2.174 hectares de Castilloa mélangés ; 1.858 hectares de 
Manihot seuls ; 1.908 hectares de Manihot mélangés. 

Dans les autres îles hollandaises, il y avait 91.082 hectares T 
dont : 67.890 hectares d'hévéas seuls ; 21.902 hectares d'hévéas 
mélangés; 1.166 hectares de Ficus seuls; 7 hectares de Ficus 
mélangés ; 112 hectares de Manihot seuls ; 4 hectares de 
Manihot mélangés. 

Donc les Ficus, les Castilloa et les Manihot disparaissent 
rapidement, remplacés par les hévéas. 

Au commencement de 1913, le capital nominal des plan- 
tations des Indes Néerlandaises était de 278.719.900 florins, 
soit 585.379.790 francs, dont environ : 



DANS LE MOYEN-ORIENT 15 

A Java : 

Capitaux anglais. 186 . 908 . 10C fr. 

hollandais 37 . 281 . 300 fr. 

— belges et français 13. 470. 000 fr. 

allemands 2 . 730 . 000 fr. 

A Sumatra : 

Capitaux anglais 150.612.840 fr. 

hollandais 98 . 273 . 700 fr. 

belges et français 17.598.000 fr. 

allemands 630 . 000 fr. 

— suédois 882 . 000 fr. 

A Bornéo : 

Capitaux anglais 29. 146.320 fr. 

hollandais \. 200 . 000 fr. 

A Riow : 

Capitaux anglais 9.379.230 fr. 

— belges et français 2. 100.000 fr. 

américains 2. 100.000 fr. 

Les capitaux anglais, qui, pour l'ensemble des plantations 
du Moyen-Orient, représentent les neuf dixièmes environ des 
deux milliards et demi placés dans cette culture, sont donc, 
même pour les Indes Néerlandaises, les plus importants, puis- 
que les capitaux nominaux sont respectivement de : 

Capitaux anglais 376.046.790 fr. 

hollandais 1 39 . 755 . 000 fr. 

belges et français 63. L68.000 fr. 

allemands 3.360.000 fr. 

suédois 882.000 IV. 

américains 2.100.000 fr. 

Avant 1908, le capital autorisé pour les Compagnies <! 
Indes Néerlandaises était de 592 francs par hectare : «mi 1910, 
il était de 885 francs. 

Java. — Les premiers hévéas envo i Java vers L8i 

ne réussirent pas. mais d'autres pieds venus de Perak en l v ^- 
furent plantés dans <!<■ meilleures conditions, et c'est là, en 
partie, l'origine 'les arbres aeti Vprès L907 seulement, les 

planteurs hollandais semblèrent commencer à comprendre la 



16 LES PLANTATIONS ETRANGERES DE CAOUTCHOUC 

valeur de l'espèce amazonienne, et encore n'est-ce qu'après 
1910 que les plantations ont été faites de façon courante, en 
même temps que, comme nous l'avons déjà dit, on se dé- 
tournait peu à peu du Ficus elastica. 

Les plantations d'hévéas s'étendent, dans l'île, de l'Ouest à 
l'Est, mais sont beaucoup plus nombreuses sur la côte Sud que 
dans le Nord, parce que la pluviosité y est plus forte et plus 
régulière. 

Les principaux districts caoutchoutiers sont ceux de Bui- 
tenzorg et de Krawang dans la province de Batavia, Rang- 
kasbidoeng et Menés dans le Bantam, Tjandjoer, jusqu'à 
Bandoeng et Bangar, dans le Préanger, Langen. Tjipari et 
Kiliminger dans le Banjoenas, Djember, Kalisat et Banjoe- 
wani dans le Besoeki. Le caoutchouc est encore cultivé en 
différents points des provinces de Kediri et de Soerabaja. 
Entre Batavia et Soerabaja les essais n'ont pas donné les 
résultats espérés. 

Alors qu'il y avait 63.000 hectares plantés en 1910, la sur- 
face s'est élevée à 92.000 en 1912 ; et cet accroissement, qui a 
été la conséquence du boom de 1909-1910, a surtout porté 
sur les districts orientaux des provinces de Besoeki, de Pa- 
soeran et de Keridi. A la fin de 1916, 45 Sociétés étaient ins- 
crites à Londres, avec un capital tôt al de 155 millions de francs; 
la surface plantée étant de 40.000 hectares, la moyenne de 
l'hectare était donc de 3.875 francs. 

Au point de vue de la main-d'œuvre, on pourrait croire que, 
avec la population indigène d'au moins 30 millions d'âmes 
que compte Java (dont la surface, y compris Madoura, est de 
127.500 kmq. environ), il n'y a aucune difficulté. Tel n'est 
cependant le cas, en raison des grandes superficies couvertes 
par les diverses cultures, puisqu'on estime qu'il y a dans l'île : 

Rizières ^.ÊOO.000 hectares 

Champs de sucre "140 . 000 

Champs de tabac 1 80 . 000 

Champs de thé 100 . 000 

Cocotiers 80 . 000 

Plantations de café et de cacao .... $00.000 — 

Autres cultures % 200.000 — 



DANS LE MOYEN-ORIENT 17 

Il faut par conséquent des travailleurs pour plus de *f mil- 
lions et demi d'hectares, et le nombre de ces travailleurs doit 
être d'autant plus grand que les machines sont peu employées. 

Il y a, en outre, chaque année, une forte émigration d'ou- 
vriers vers Sumatra et la Péninsule malaise. 

Dans l'Est de Java, les coolies viennent de l'île Madoura, qui 
•est voisine de la province de Soerabaja. 

Il n'y a pas, croyons-nous, de contrat de travail à Java, 
mais les planteurs donnent aux coolies qui restent longtemps 
sur leur domaine une augmentation de salaire et certains 
privilèges. 

Le travail des plantations d'hévéas est, en général, peu 
recherché, car il a lieu dans des contrées basses, peu saines et 
où la vie est chère. La paie des coolies varie dans chaque dis- 
trict, et souvent même de plantation à plantation. 

Pour le travail ordinaire, la paie moyenne était en 1913 
de 40 cents de florin pour les hommes, 30 cents pour les 
femmes et 13 pour les enfants. Les saigneurs sont naturelle- 
ment un peu plus payés ; les hommes touchent 45 cents et les 
femmes, 35. 

En cette année 1913, le coût de production f. o. b. était de 
3 fr. 20 environ le kilogramme. En 1916, divers rapports an- 
glais indiquaient 2 francs ; il est difficile de prévoir un prix 
plus faible. 

Les plantations ne comprennent guère plus aujourd'hui de 
250 arbres à l'hectare. 

Les propriétés anglaises sont à peu près régies de la même 
manière qu'en Péninsule malaise et à Ceylan. Chaque plan- 
tation a son régisseur et tout un personnel, sous le contrôle 
d'un agent inspecteur qui est en rapport immédiat avec les 
directeurs de la métropole. Le traitement du régisseur esl de 
500 a 750 livres sterling par an ; et. en général, au lieu de 
recevoir un pourcentage sur les bénéfices, cerégisseurtouche 
un eeni de florin par livre de caoutchouc récolté el un florin 
par picul de café, ce qui est le picul money . Dans les 
lu m nés années, les régisseurs doublent plus que leur traitement. 
Les ouvriers javanais sont payés an prix d< 8 penci (0 1 



18 LES PLANTATIONS ETRANGERES DE CAOUTCHOUC 

par jour pour les hommes, et 6 pence (Ofr. 60) pour les femmes ; 
ce qui concorde bien avec les tarifs déjà indiqués plus haut 
en cents de florin. 

Batavia et Soerabaja sont les principaux ports javanais 
d'embarquement du caoutchouc. Les ports de l'Est attirent 
de plus en plus les Américains. Alors que, en 1913, il était 
exporté de Java, en caoutchouc de Para, 1.006 tonnes pour 
tes Pays-Bas, 1.000 tonnes pour la Grande-Bretagne et 
339 tonnes seulement pour les autres pays, les Etats-Unis, en 
1915, ont acheté à Java 3.600.000 kilogrammes de caoutchouc 
brut, la Grande-Bretagne, 2.182.662 kilogrammes et la Hol- 
lande, 1.307.000 kilogrammes. La commodité et les facilités 
offertes par le canal de Panama, ainsi que les frets à meilleur 
marché et le tonnage plus fréquent font craindre à la Grande- 
Bretagne que l'Amérique du Nord n'enlève ainsi le commerce 
de Londres et de Liverpool. 

Sumatra. — Plus grande que Java, l'île de Sumatra 
(427.000 kmq.) est beaucoup moins peuplée, puisqu'on n'y 
compte guère que 4 millions d'habitants. 

La culture des caoutchoutiers n'y a pris de véritable impor- 
tance que depuis l'époque du boom, et les efforts des planteurs 
se sont particulièrement portés sur la partie septentrionale 
de la Résidence de la Côte Orientale. A la fin de 1912, il y 
avait dans cette Résidence 160 de ces plantations, qui cou- 
vraient de 90.000 à 100.000 hectares ; et le capital engagé était 
d'environ 250 millions de francs dont, en chiffres ronds : 

Angleterre 125 millions 

Hollande 89 

Belgique et France 9 

Allemagne 2 

Amérique 22 

Chine et Détroits 3 — 

Les Compagnies anglaises sont aujourd'hui au nombre de 
40, qui ont 44.000 hectares plantés en hévéas. 

La « Langkat Sumatra Rubber », fondée en 1908, a dis- 



DANS LE MOYEN-ORIENT 19 

tribué des dividendes de 15 p. 100 en 1910, 25 en 1911, 30 en 
1912. 

La « Lankat Rubber », fondée en 1910, a donné 10 p. 100 
en 1911 et 22,5 p. 100 en 1912. 

La « Sumatra Caoutchouc Plantagen » a été constituée 
en 1907 au capital de 2.100.000 francs. Formée à La Haye et 
soumise à la loi hollandaise, elle détient trois domaines d'une 
superficie totale de 10.000 hectares. La Société des Plantations 
de Tapanoeli, dont les propriétés, dans le district de ce nom, 
sont de 4.000 hectares, en est une filiale. 

Les concessions sont données par le Sultan, après appro- 
bation du Gouvernement hollandais, et ordinairement pour 
75 ans, avec droit au renouvellement pour 50 ans. Le bail 
annuel est souvent de 2 fr. 80 par hectare ; cependant, les plus 
récentes concessions ont été accordées au prix de 6 fr. 25. 

De très bons sols pour la culture sont ceux sur lesquels 
on a cultivé du tabac ou du riz sec. Quelques planteurs fument 
avec des scories. On plante souvent en mélange avec le Coffea 
robusta, ce qui peut alors retarder un peu l'époque de la pre- 
mière récolte (six ans au lieu de cinq). 

En 1914, sur des surfaces de 200 à 600 hectares, et à raison 
de 300 arbres par hectare, on obtenait annuellement, dans de 
très bonnes plantations : 

Sur arbre de 4 à 5 ans 1 livre 

5 à 6 — 2 — 

6 à 7 - .' 3 — 

7 à 8 — '. 

Et dans des plantations seulement bonnes : 

Sur arbres de '* à 5 ans 1 2 livre 

— 5 à 6 — I livre 

6 à 7 — 2 

7 à 8 3 

Sur une plantation d'arbres de 8 ans, on a obtenu jusqu 
7 livres par an. 

Pour sa main-d'œuvre, Sumatra-Esl dépend de la Chine e1 
de Java. Les Indigènes, qui appartiennent surtout aux tribus 



2<> LES PLANTATIONS ÉTRANGÈRES DE CAOUTCHOUC 

montagneuses éparses des Bataks, les survivants d'une des 
premières races du pays, ne sont guère agriculteurs et ne sont 
bons que pour le défrichement de la jungle ; ils sont du reste 
peu nombreux. Les planteurs engagent donc des Javanais et 
des Chinois. Il y a peu de Tamils, si nombreux dans les Etats 
Fédérés et les Straits. car, tandis que le Gouvernement 
anglais des Straits s'efforce de recruter pour ses possessions 
des Javanais et des Bandjais du sud de Bornéo, il interdit 
rigoureusement rémigration des Tamils vers les Indes Néer- 
landaises. Ceux de ces Tamils qui réussissent à émigrer sont 
recrutés par des moyens qui sont interdits dans les Straits. 

Au 1 er juillet 1912, il y avait sur la côte orientale de Sumatra 
186.556 coolies, dont 169.676 étaient liés par des contrats de 
trois ans, et 16.880 sans contrat. 

Des coolies engagés sous contrat, 110.541 étaient Javanais, 
54.783 Chinois, 3.747 Tamils; et 605 appartenaient à d'autres 
nationalités. 

Les Javanais arrivent souvent dans un état physique déplo- 
rable. Le prix de leur recrutement varie selon les circons- 
tances ; il était en ces derniers temps de 125 florins en moyenne, 
soit 262 francs. Cette somme comprend l'avance faite au 
coolie recruté, le prix du passage de Java à Deli, les frais de 
contrôle du Gouvernement (examen médical et autres forma- 
lités), le paiement des bureaux de recrutement et de leur per- 
sonnel, etc. 

Les gages des travailleurs, sur la plantation, sont ordinaire- 
ment de 42 cents de florin (0 fr. 85) pour les hommes, et 
32 cents (0 fr. 75) pour les femmes. 

Les frais de production, par kilogramme de caoutchouc sec, 
étaient les suivants en 1914 : 

Entretien de la plantation fr. 14 

Récolte fr. 55 

Outillage fr. 09 

Transport du latex à la manufacture 0- fr. 01 

Outillage et personnel à cette manufacture .... fr. 23 

Frais d'expédition fr. 16 

Soit un total de 1 fr. 18. 



DANS LE MOYEN-ORIENT 21 

Pour le calcul des frais d'entretien de la plantation, on admet 
qu'un hectare coûte 69 francs et donne de 350 à 450 kilo- 
grammes. 

Dans les prix de manufacture rentrent : le salaire du contre- 
maître, les salaires des coolies, le prix des substances chimiques, 
l'entretien du bâtiment et du matériel, l'éclairage et le chauf- 
fage, les faux-frais et les assurances. 

Les frais d'expédition se composent du salaire du personnel, 
du prix du magasin, de l'assurance du bâtiment, du transport 
à la gare, de l'embarquement et de l'assurance maritime. 

Mais, en plus de tous les frais précédents, il faut encore faire 
entrer en compte les charges générales (salaire des Européens, 
hôpital, assurances, téléphones, etc.), qui peuvent être" de 
fr. 65 par kilogramme, puis l'income-tax, la perte (2 p. 100) 
sur la dessiccation, le fret et les frais de vente. 

Il ne faut pas non plus oublier le eoût de la plantation jus- 
qu'au moment de la récolte, soit encore 3.150 francs par hec- 
tare (l),'plus le prix du terrain. 

Et, en définitive, à raison de 450 kilogrammes par hectare, 
le prix de revient du kilogramme serait à Sumatra de 2 fr. 30. 

Dans certaines Compagnies, le directeur reçoit 1.260 francs 
par mois, avec augmentation ensuite de 105 francs par mois, 
jusqu'à ce qu'il atteigne, dans la cinquième année, 1.680 fran s. 
Il touche, en outre, une indemnité de logement de 63 francs 
par mois et 5 p. 100 sur les bénéfices nets. 

Les exportations totales de Sumatra en caoutchouc de Para 
ont été : 

En 191 1 670 tonnes 

1912 1.381 

1918 2.982 — 

1914 1.790 

1915 9.295 

Elles étaient estimées à 12.000 tonnes pour L916. 



(1) <".«• chiffre («ion florins par acre), donné dans une communication du 
Congrès de Batavia de I9i'i, paraîl élevé, car il semble qu'on admette 
plus souvent, comme iï;iis totaux, jusqu'à la première récolte, en Malaisie, 
une somme deux fois moindre, soi! 1.500 Francs environ. 



22 LES PLANTATIONS ETRANGERES DE CAOUTCHOUC 

En 1913, il était envoyé : 

Pour les Pays-Bas 384 tonnes 

— la Grande-Bretagne 759 — 

— les autres pays 1 . 839 — 

La même année, Sumatra n'exportait que : 

Caoutchouc de Ficus 440 tonnes 

Autres sortes 6 — 

Bornéo Hollandais. — La culture des caoutchoutiers dans 
le Bornéo Hollandais est à peu près entre les mains de quatre 
grandes Sociétés. 

Dans le sud-est de l'île, les « Hayoep Rubber Estâtes », au 
capital de 4.788.000 francs, ont planté 535 hectares d'hévéas 
et 746 hectares de Ficus elastica, et ont récolté, en 1915, 
157.407 kilogrammes de caoutchouc. Le dividende moyen a 
été de 10 p. 100, et on espérait, pour 1916, une récolte de 
205 tonnes. 

Dans la même région, les « South East Bornéo Rubber Plan- 
tations », au capital de 1 million de francs, ont planté 344 hec- 
tares. 

Sur la côte Ouest, la « Kapoewas Rubber C° », au capital 
de 2 millions de francs, a planté 528 hectares, et les « Sahang 
Rubber Estâtes », au capital de 1.115.000 francs, possèdent 
470 hectares. 

Bornéo Britannique 

Le Bornéo Britannique comprend : 1° le Nord-Bornéo 
Britannique (79.400 kilomètres carrés et 160.000 habitants), 
protégé par l'Angleterre ; 2° les deux Sultanats de Brunei 
(7.500 kilomètres carrés et 25.000 habitants) et de Sarawak 
(132.000 kilomètres carrés et 500.000 habitants), placés sous 
le protectorat britannique depuis 1888. 

Déjà, en 1896, dans le Nord-Bornéo Britannique, quelques 
hévéas avaient été plantés dans la plantation de Sekong ; et, 



DANS LE MOYEN-ORIENT 23 

en 1898, il y avait 1 acre et demi dans la plantation de Pitas. 

Mais, en 1915, d'après un article d'un supplément du Times 
paru en décembre 1916, et auquel nous empruntons ces ren- 
seignements sur le Bornéo Britannique, 18 Sociétés (British 
Bornéo Para, Langkon, Kimanis, Sablas, New London Bornéo, 
Sapong, North-Borneo Trading C°, Marudu Rubber, etc.) 
s'occupaient de cette culture, avec un capital social de 56 mil- 
lions de francs. La surface plantée était de 11.930 hectares, 
si l'on ne tient pas compte des plantations de moins de 40 hec- 
tares qui élèveraient le total à plus de 12.000 hectares. La 
surface en pleine exploitation était de 3.920. hectares ; et 
570.000 arbres étaient, en outre, déjà saignés sur les planta- 
tions dont l'exploitation n'était pas encore complète. Certai- 
nes propriétés, dont les arbres les plus âgés ont 10 ans, ont 
déjà donné une moyenne de 450 kilogrammes par hectare. 

La main-d'œuvre est de recrutement assez facile. A la fin 
de 1915, le nombre des travailleurs qui étaient employés dans 
les plantations caoutchoutières était de 9.636, dont 4.065 
Chinois, 3.521 Javanais et 2.050 ouvriers d'autres races, sur- 
tout indigènes. 

Les concessions de terres ont été faites aux Compagnies 
pour 999 ans, sans redevance ni clause restrictive quelconque ; 
et le Gouvernement du Nord-Borneo Britannique s'est engagé 
pour 40 ans à ne pas imposer de droits d'exportation. 

Les exportations de caoutchouc ont été de : 

En 1914 613 tonnes 

1915 * 1 .050 

Les grandes propriétés ont été établies an voisinage de la: 
voie ferrée qui, sur la côte Ouest, va du port de Jesselton à 
Mflalap, dans l'intérieur, et à Weston. (hms la baie de Brunei ; 
il y a, d'autre part, un service maritime côtier, puis dés ser- 
vices hebdomadaires vers Singapore, et un service bimensui 1 
vers Hong-Kong. Toutes ces conditions favorisent singuliè- 
rement l'extension commerciale du Nord-Bornéo Britannique. 

Dans le I Votée i or;it de Uni ne i. t mis Compagnies s'occupent 
actuellement <lu caoutchouc : les » Brunei Estâtes . tes Li- 



24 LES PLANTATIONS ÉTRANGÈRES DE CAOUTCHOUC 

verpool (Brunei) Para Estâtes », et la « Brunei Rubber and 

Land C° ». 

Sur le territoire de Sarawak, les « Sarawak Rubber Estâtes » 
ont un capital de 5 millions de francs et ont planté 1.414 hec- 
tares, qui ont donné 190.356 kilogrammes de caoutchouc en 
1915. On espère 257.000 kilogrammes en 1916. Il y a encore 
au Sarawak une autre Compagnie, établie à Lawas. 



COMMERCE MONDIAL 

Si forte qu'ait été, en ces dernières années, l'augmentation 
annuelle de la production du caoutchouc de plantation en 
Moyen-Orient, la consommation a facilement absorbé cette 
production. 

L'Amérique du Nord est d'ailleurs la contrée qui utilise 
actuellement la plus forte partie (70 à 80 p. 100) de la récolte 
mondiale ; tous les autres pays réunis (Grande-Bretagne, 
France, Russie, Italie, Australie, Japon, Pays Scandinaves) 
ne reçoivent que les 20 à 30 p. 100 restants. 

La revue de MM. Figgis et G de Londres indique comme 
consommation pour 1916 : 

Amérique du Nord 114. 000 tonnes 

Angleterre 25 . 000 — 

Russie 20.000 — 

France 8 . 500 ' — 

Japon et Australie 5 . 000 

Italie, etc .' 5 . 000 — 

Empires centraux ( 1 ) 1 . 500 — 

Si donc la Grande-Bretagne est, à l'heure actuelle, par ses 
colonies, le grand producteur de caoutchouc, c'est l'Amérique 
du Nord qui est le grand consommateur et tend à accaparer 



(1) Ce caoutchouc est parvenu en partie en Allemagne dans les sacs 
postaux des vapeurs de pays neutres. Près de 3.000 paquets ont été ainsi 
saisis en 1916. Du caoutchouc a été aussi expédié sous la déclaration de 
« volumes de propagande ». Le kilogramme de caoutchouc brut valait, 
paraît-il, récemment en Allemagne, 137 francs. 



DANS LE MOYEN-ORIENT 25 

la production. Les Etats-Unis, qui recevaient 48.000 tonne» 
de caoutchouc en 1913, en importaient 61.250 en 1914, 96.792 
en 1915 et 66.397 dans le premier semestre de 1916. 

Presque toute l'augmentation de la production mondiale a 
été ainsi achetée en ces dernières années par les Etats-Unis. 

Mais, créée en partie par les circonstances présentes — 
quoique ce serait une erreur de croire que les besoins de la 
guerre expliquent seuls l'accroissement de l'industrie améri- 
caine — cette situation est vraisemblablement momentanée 
et, avec le retour à un commerce mondial plus normal, subira 
nécessairement de profondes modifications. Non seulement les 
Etats centraux, pour l'instant éliminés du marché, mais qui 
déjà avant les hostilités achetaient annuellement (1) plus de 
40.000 tonnes (contre 8.000 en France) apporteront les fortes 
commandes qu'exigera le rétablissement de leurs industries, 
mais il est à prévoir que la Grande-Bretagne, stimulée par la 
concurrence américaine, multipliera ses manufactures ; et il 
n'y a certainement pas lieu, dans ces conditions, de redouter 
de longtemps une surproduction. L'avenir reste donc plein 
d'espérances pour les plantations de caoutchoutiers. 

Henri Jumelle, 

Professeur u la Faculté des Scienc 
Directeur du Musée colonial de Marseille. 



(1) D'après le Kolonial Wi/thschaftlicher Komitee, il y avait en Alle- 
magne, en 1911, 100 importantes manufactures de caoutrhoin- ; le nom- 
bre des ouvriers était de 40.000 et la production représentait an minimum 
de 300 millions de marks. L'importation du caoutchouc brut, qui étail 
de 13.000 tonnes en 1890, atteignait 33.000 tonnes" en 191 L L'exportatio i 
des objets de caoutchouc manufacturés, qui étaii de 22.655.000 marks 
en 1890, dépassai! 66 millions en L910. 



Contribution à Y Etude chimique 

des Noix de Sanga-Sanga 

ou « Ricinodendron africanum » 

par M. le Professeur Pieraerts 

Conservateur au Musée du Congo Belge 



Sous le nom de sanga-sanga, nous avons reçu de Ganda- 
Sundi, localité du district du Bas-Congo située non loin de 
la frontière du Congo français, un lot de petites noix de la 
grosseur moyenne d'une noisette, à coque noire extrêmement 
•dure. 

La note explicative qui accompagnait cet envoi, fait en vue 
d'une étude chimique de ces graines, était ainsi rédigée : 

« Le sanga-sanga est un arbre de haute futaie pouvant 
atteindre de 25 à 30 mètres de hauteur et 3 mètres de circon- 
férence. Il est très répandu dans la région; on en compte 
parfois jusque dix pieds à l'hectare. Quoique d'une croissance 
très rapide et à couronne très étendue, le sanga-sanga n'est 
pas du tout exigeant quant à la qualité du sol : il croit dans 
n'importe quel terrain, même dans les plus pauvres. Le sanga- 
sanga fructifie très abondamment. Les fruits, qui mûrissent 
dans le courant du mois de mai, sont très coriaces. Pour en 
extraire aisément les noix, on met les fruits en tas et on 1rs 
abandonne à la fermentation. Les noix de sanga-sanga 
conservent durant de longs mois. Leur exportation serait 
très aisée. Jusqu'à préseul, les indigènes de la région ont 
laissé ces noix sans emploi. 

« Le bois du sanga-sanga est très poreux et de fort médiocre 



28 CONTRIBUTION A L ETUDE CHIMIQUE 

qualité. On ne lui prévoit aucune utilisation ; il ne convient 
même pas en guise de bois de chauffage. » 

C'était là, certes, des renseignements des plus utiles au 
point de vue de l'intérêt industriel et commercial que peut 
présenter le produit que nous avions à expertiser, mais la note 
ne nous fournissait pas la moindre indication concernant 
l'origine botanique des graines. On comprend cependant 
aisément que l'exacte connaissance de « l'état-civil» scien- 
tifique d'un produit naturel quelconque soit seul capable 
d'assurer un sérieux intérêt à l'étude de sa composition chi- 
mique, et cela quel que soit le mobile qui guide pareille étude. 

Que celle-ci n'envisage que le côté purement spéculatif, 
ou qu'elle soit exclusivement orientée vers la recherche d'ap- 
plications utilitaires éventuelles, l'effort qu'elle aura provoqué 
demeurera vain, et les résultats qu'on est en droit d'en es- 
compter resteront illusoires, tant que l'on ignorera le nom 
scientifique de l'espèce d'où provient la matière examinée. 
Non seulement pareille ignorance restreint énormément l'in- 
térêt et l'utilité de l'étude chimique d'un produit tiré du règne 
organique, mais elle peut conduire, au surplus, à des inter- 
prétations erronées et provoquer des discussions aussi stériles 
que superflues. Tout nom vernaculaire demeure toujours un 
pis-aller, qui ne mérite quelque crédit que pour autant qu'il 
soit unique, et réservé partout à la désignation d'une seule 
et même espèce (ou variété fixée). Malheureusement, c'est là 
précisément la grande exception. En effet, les espèces dont 
l'aire de dispersion géographique est quelque peu étendue ou 
qui sont plus ou moins ubiquistes dans l'une ou l'autre grande 
zone climatologique (et il en est généralement ainsi pour les 
plantes de grande utilité), portent plusieurs noms ethno- 
graphiques, qui changent non seulement de pays à pays, mais 
fréquemment aussi d'une peuplade à l'autre. Cette variation 
de nomenclature prête inévitablement à confusion et con- 
tribue, par ailleurs, à rendre très difficile la connaissance de 
l'origine botanique exacte d'un produit végétal. D'autant plus 
qu'en bien des cas la confusion déterminée par ces change- 
ments onomastiques se trouve encore compliquée du fait 



DES NOIX DE SANGA-SANGA 29 

qu'un nom vernaculaire donné s'applique, suivant les diverses 
contrées où il est en usage, à des végétaux spécifiquement 
différents et n'appartenant pas parfois aux mêmes genres, 
voire aux mêmes familles. 

Les considérations précédentes nous ont déterminé à sou- 
mettre les noix de sanga-sanga à l'appréciation d'un botaniste 
colonial de renom. Notre ami, M. D. Bois, assistant au Muséum 
d'Histoire naturelle, qui voulut bien se charger de cet examen 
avec son amabilité coutumière et à qui nous réitérons ici nos 
vifs remerciements, nous déclara que la noix de sanga-sanga 
provient d'une Euphorbiacée, le Ricinodendron africanum 
Mull. Arg., dont elle forme la graine, recouverte de son endo- 
carpe osseux. 

Un examen comparatif ultérieur de la production que nous 
eûmes entre les mains avec des spécimens authentiques de noix 
de Ricinodendron africanum, dusàl'obligeancedeM. H. Jumelle, 
directeur du Musée Colonial de Marseille, confirma absolument 
l'opinion du savant professeur de l'Ecole Coloniale. 

Le Ricinodendron semble assez fréquent sur la côte occi- 
dentale d'Afrique. Selon Ed. Heckel (1), cette Euphorbiacée 
est connue au Congo français et au Gabon sous les noms 
(Yessang, enguessang ou issanguila, appellations qui accusent 
manifestement la même origine que l'expression « sanga- 
sanga » usitée à Ganda-Sundi. Cette dernière désignation 
présente évidemment des relations dialectales des plus étroit. - 
avec le terme onomastique « nsa sana » que Ton réserve au 
Ricinodendron africanum en d'autres contrées de l'Afrique 
occidentale équatoriale (2). La noix du sanga-sanga, dont la 
surface externe porte des sillons très tourmentés, comporte : 
1° Vne coque (endocarpe), très dure, noire à l'extérieur et 
d'un blanc laiteux à l'intérieur; 2° une amande (graine pro- 
prement dite), qui remplit complètement la cavité de la coque 
«liez les spécimens sains. Le tégument séminal est mince el 
fortemenl appliqué contre la face interne de l'endocarpe. 



M) Ed. Heckel : Les Graines grasses <>u peu connues des Colonies fran- 
çaises. Paris, 1902, p. 'a». 

2 Bulletin <>j the Impérial Institute, Londres, 1907, p 



30 CONTRIBUTION A L ETUDE CHIMIQUE 

L'embryon, obovale, est muni de cotylédons cordiformes, à 
nervation palmée, que l'albumen, à aspect et à consistance 
de cire, ne dépasse que de quelques millimètres. 100 noix de 
san ga-sanga triées, c'est-à-dire contenant chacune une amande 
saine, pèsent 172 grammes en moyenne, tandis que 100 noix 
« tout venant » accusent un poids moyen de 170 gr. 5. Les 
noix triées comportent 66,5 p. 100 de coque et 33,5 p. 100 
d'amande. Les noix « tout venant » fournissent 72 p. 100 de 
coque et 28 p. 100 d'amande. 

Le poids minimum d'une noix est de 1 gr. 250 

Le poids maximum — — 2 gr. 400 

La longueur minima — — 12 mm. 5 

— maxima ■ — — 17 mm. 5 

La largeur minima — — 11 mm. 

— maxima — — 15 mm. 5 

L'amande dose notamment : 



O/ 

o 
o 
•o 



Humidité (à 100°) 17,64 

Matière sèche 82,36 

Matières minérales totales.. . 7,32 % de la matière sèche 

— — ■ insol. dans l'eau 6,70 % — — 

Soit donc, pour ces dernières, les 91,53 % de la totalité des cendres. 



Soumise à l'extraction par l'éther anhydre, l'amande donne 
55,29 p. 100 d'huile (soit 67,13 p. 100 de matière sèche) 
chiffre qui, rapporté à la noix entière, correspond à une teneur 
de 18,52 p. 100 sur noix triées, et de 15,48 sur noix « tout 
venant ». Dans le tourteau restant après l'élimination de 
l'huile, il fut trouvé : 



Humidité (à 100°) 9,16 ° 

Matière sèche 90 , 84 ° 

Matières minérales totales.. . 15,67 % de la matière sèche 

Azote total 10,01 ° 

Acide phosphorique (P 2 5 ) . 5,56 % 

Pentosanes 3,74 

Matière amylacée néant 

Alcalinité des matières miné- 
rales solubles dans l'eau, 
en K 2 G0 3 0,95 % des cendres 

Acide phosphorique (P 2 5 ). . 34,99 % 

Manganèse (Mn) (1) 0,056 % 



o 
o 



(1) Le manganèse fut déterminé par l'élégant procédé de G. Bertrand, 
qui permet d'obtenir des résultats d'une précision quasi-mathématique. 



DES NOIX DE SANGA-SANGA [{\ 



La coque (endocarpe) de la noix contient 



o 

o 
o/ 
/o 



Humidité (à 100°) 5,32 

Matière sèche 94 , 68 

Matières minérales totales... 9,89 ° de la matière sèche 

Azote total 0,55 % 

Pentosanes 1,76% — — 

Extrait éthéré 1 , 35 % — 

Alcalinité des matières miné- 
rales solubles dans l'eau, 
en K 2 C0 3 2 , 92 % des cendres. 

Manganèse 0,080 — 

L'huile extraite pas Téther est limpide, d'un jaune pâle et 
d'une saveur douce, à arrière-goût terreux ; elle ne présente 
pas d'odeur spéciale. Ses caractéristiques sont les suivantes : 

15° 

Poids spécifique à —=- , 9345 

r M 15° 

Température critique de dissolution dans 

l'alcool absolu (1) 90°, 2 

Indice de réïraction à 19°, 5 1 ,5028 

Examen polarimétrique (2) a D = -f- 0°,04 

Indice d'acidité 0,86 

(Soit en acide oléique = 0,43 %) 

Essai de Maumené 79° 

Bromures insolubles dans l'éther Néant 

Acides gras insolubles et insaponifiable . 95,85 ° 

Glycérine 9,77 % 

Indice de saponification 194,4 

Réaction de l'élaïdine (masse très vis- 
queuse d'un brun jaunâtre). 

Point de fusion 32°,3 (3) à 34°,5 \ 

Point de solidification (Les acides fondus restent en sur- 
fusion à la température du laboratoire (20°) et ne se 
resolidifient qu'au bout de deux heures.) 

Pour le mélange d'acides gras insolubles, il a été trouvé : 

Indice de neutralisation (poids iimhVulaiiv 

moyen correspondant = 323,3) 173,5 

Indice de saponification (poids moléculaire 

moyen correspondant = 26 1 , i ) 214, 8 

lndict' <lc saponification après acétylation 242 . '• 

Indice d'acétyle ' 27,6 

Indice d'iode 151,44 



(1) Un volume d'huile ••! deux volumes d'alcool absolu; opération 
effectuée en tube scellé. 

_ | i» gr. •':'»'.) d'huile furenl dissous dans du chloroforme : la solution 
fut portée au volume total de 25 centimètres cubes, puis examinée dans 
I- tube de 220 millimètn 

Température de fusion commençanU 
( 1 1 Température de fusion complète. 



32 CONTRIBUTION A L ETUDE CHIMIQUE 

Nous avons soumis en outre l'huile de sanga-sanga à deux 
essais spéciaux, savoir : l'essai de siccativité ; l'action de 
l'iode en solution chloroformique. 

Au point de vue de la siccativité, les expériences ont été 
tout d'abord effectuées à la température du laboratoire (15°). 

Des poids sensiblement égaux d'huile de sanga-sanga furent 
étalés en couches minces, et aussi uniformément que possible, 
sur des lames de verre, puis placés sous une cloche dans la- 
quelle l'air circulait librement. Du jour au lendemain, les 
prises d'essais se solidifièrent et donnèrent naissance à des 
pellicules peu élastiques et qui ne poissaient pas. Tant que ces 
pellicules restèrent transparentes, elles n'augmentèrent guère 
de poids, ce qui laisse présumer qu'un travail d'isomérisation 
ou de polymérisation précède l'oxydation. 

Dès que l'opacité eut gagné entièrement les pellicules, 
celles-ci se ridèrent et se gondolèrent en certaines portions de 
leur surface. Arrivées à ce stade, les pellicules produisent, 
au toucher, la même sensation que celle. que détermine la cire. 
Les tableaux suivants relatent les particularités les plus sail- 
lantes observées au cours des expériences. 

Première Expérience 

Temps écoulé Augmentation 

depuis le début Aspect de la pellicule de 

de l'opération poids 

1 jour Transparente 0,19 

2 — — 0,19 

3 — 0,19 

5 Très légère opacité sur les bords . . 1 ,27 

7 Opaque sur la moitié de son étendue 2,43 

9 — Opaque sur toute son étendue, sauf 

en quelques points très res- 
treints, disséminés dans la masse. 5,55 

12 ■■ — Opaque en toute sa surface 9,37 

15 — 10,76 

18 — 11,34 

19 — 11,34 

22 — 11,34 

26 — 11,45 

30 — 11,34 



DES NOIX DE SANGA-SANGA 33 

Seconde Expérience 

Temps écoulé Augmentation 

depuis le début Aspect de la pellicule de 

de l'opération poids 

1 jour Transparente Néant 

2 _ 

3— — — 

5 — — — 

7 — Rares petits points opaques a 

l'extrême périphérie 0,73 

9 — Opacité légèrement accentuée, 

mais restant limitée à l'extrême 

périphérie 0,89 

12 — Zone opaque sur tout le pourtour. 1 ,40 
15 — L'opacité atteint la moitié de la 

surface 2,49 

18 — Entièrement opaque, hormis en la 

portion centrale, restée transpa- 
rente 5,72 

19 — Petit point transparent au centre. 7,23 
22 — Opaque en toute sa surface 9,1.'! 

25 — — 10,10 

26 — — 10,60 

30 — — 10,60 

Une expérience, effectuée à 28°. donna : 

2 jours Entièrement opaque 2,96 

4 — Contractée en certains endroits, 

ridée et rugueuse au toucher. . . '♦ ,55 

Une expérience, exécutée à 50°, nous fit constater : 

2 jours ( >paque. 7,1* 

\ — Devient jaune, se ride el est ru- 

gueuse au toucher. 

Dans une expérience faite à 100°, au bout de deux jours 
la pellicule était opaque, d'un jaune brunâtre, e1 son poids 
n'avait augmenté que <le 0,57 p. 100. 

Toutes ces expériences démnntrenl que ['action de l'air 
(et peut-être aussi <!»■ la lumière) sur l'huile de Ricinodendron 
africanum constitue un processus chimique complexe dont 
un»- étude systématique seule pourrail expliquer le mécanisme. 

En ce qui concerne l'action de l'iode, la solution chlorofor 
mi que d'huile qui servit à l'examen poiarimétrique tut \ 

3 



34 CONTRIBUTION A L ETUDE CHIMIQUE 

peu à peu, tout en remuant, dans un égal volume d'une solu- 
tion saturée de cet iode dans le chloroforme. 

Le mélange se prit au bout de quelques instants en une 
masse gélatineuse d'une consistance telle que rien ne s'écou- 
lait du récipient quand on le retournait. 

Le caractère spécifique le plus saillant de l'huile de Ricino- 
dendron ajricaniim réside en son indice de réfraction, qui 
dépasse sensiblement celui de n'importe quelle huile végétale 
connue, l'huile d'abrasin exceptée. 

L'huile qui nous occupe présente d'autres points d'analogie 
avec l'huile à' Ahurit es cordata, car ces deux corps gras ont à 
peu près les mêmes indices d'iode et les mêmes poids spécifiques ; 
elles se comportent, en outre, d'une façon similaire lorsqu'on 
les expose à l'air ou qu'on les soumet à l'action d'une solution 
saturée d'iode dans le chloroforme. L'huile de sanga-sanga 
se distingue de l'huile d'abrasin par l'odeur ; alors que la pre- 
mière n'a d'autre odeur que celle que présente toute huile 
végétale, la seconde, par contre, possède une odeur pénétrante 
et désagréable. Il y a lieu de faire remarquer cependant que, 
selon Lewkowitsch, l'huile d'abrasin n'exhalerait c^tte odeur 
forte et caractéristique qu'au cas où l'on a négligé, lors de sa 
préparation, de séparer les graines saines de celles qui ont 
subi des altérations. Nous ignorons jusqu'à quel point cette 
assertion est fondée ; ce qui est certain (nous avons été en 
mesure de, constater le fait), c'est que les noix de sanga-sanga 
dont le contenu est avarié ont la paroi interne de leur coque 
recouverte d'une matière brune, à odeur résineuse très intense. 
L'huile de Ricinodendron africanum, à l'instar de l'huile 
d'abrasin, compte-t-elle l'acide oléomargarique parmi ses 
constituants ? 

Eu égard aux caractères analogiques signalés, auxquels il con- 
vient d'ajouter l'observation faite naguère par Ed. Heckel (1), 



(1) L'état physique de l'huile de Ricinodendron africanum dépend de 
la nature du dissolvant employé pour son extraction. Alors que l'huile 
obtenue par l'éther est liquide à la température ordinaire, celle laissée 
par le sulfure de carbone est solide. Cette curieuse particularité se cons- 
tate aussi chez l'huile d'abrasin. 



DES NOIX DE SANGA-SANGA 35 

il n'y aurait rien de bien surprenant que cet acide existât 
dans l'huile de sanga-sanga. Toutefois, les essais auxquels 
nous avons procédé ne nous mettent pas en mesure de 
répondre à la question posée. Pour l'élucider d'une manière 
satisfaisante, il s'agirait d'isoler le principe en cause et de 
contrôler ses propriétés. 

Nous nous réservons de procéder à ce travail complémen- 
taier dès que nous disposerons d'un copieux échantillon de 
matière première. Tenons-nous en, pour l'instant, à la stricte 
interprétation des données acquises et demandons-nous quelles 
sont les conclusions qui en découlent. 

Il est évident tout d'abord que l'huile de sanga-sanga appar- 
tient au groupe des huiles dites « siccatives ». Elle semble 
plus siccative que l'huile de lin, en ce sens qu'elle sèche, c'est 
à-dire qu'elle se solidifie beaucoup plus vite. Or la rapidité 
avec laquelle se forme la pellicule solide, au cours du processus 
complexe cause de la siccativité, constitue un facteur d'une 
importance plus considérable, au point de vue de certaines 
applications possibles d'une huile siccative, que l'intensité 
avec . laquelle se produit l'absorption de l'oxygène atmo- 
sphérique. 

Est-ce à dire qu'on soit autorisé à déduire de cette consta- 
tation que l'huile de sanga-sanga soit un réel succédané de 
l'huile de lin ? 

Nullement. De nombreuses expériences comparatives, réa- 
lisées dans des conditions rigoureusement déterminées, et 
exécutées à l'aide de produits soigneusement préparés et 
d'origine bien authentique, seraient peut-être de nature à 
solutionner convenablement ce problème. A notre avis, 
l'opacité, la consistance et le manque d'élasticité de la pelli- 
cule en laquelle se transforme l'huile de Ricinodendron afri- 
cannm lorsqu'on l'étalé à l'air en couche mine»-, constituent 
un obstacle insurmontable à son emploi à titre d'huile pour 
peinture ou d'huile à vernis. 1 /huile de sanga-sanga ne noi 
paraît pas apte davantage à remplacer l'huile de lin dans la 
fabrication des encres lit hographiques e1 des linoléums : n 
tout comme l'huile d'abrasin, elle servirai avantageusi m< ni 



36 CONTRIBUTION A L'ÉTUDE CHIMIQUE 

d'enduit imperméable, de mastic pour le calfatage des navires 
ou autres objets ayant des joints à rendre étanches, d'huile 
d'éclairage ou de mortier. Rien n'indique qu'elle ne convien- 
drait pas également à la préparation du noir de fumée pour 
l'encre de Chine. 

Si elle ne contient aucune substance toxique (ce qui est fort 
peu probable), l'huile de sanga-sanga constituerait une bonne 
huile alimentaire qui manifeste une grande résistance au 
rancissement. En stéarinerie, elle ne saurait trouver emploi ; 
les fabricants de savons mous pourraient l'utiliser à la condi- 
tion de prendre la précaution de l'associer à des matières 
grasses non siccatives. 

Il est certain, contrairement à l'opinion émise par Schlagden- 
hauffen (1) que l'huile de Ricinodendron africanum ne renferme 
pas de ricinoléine, du moins en quantité quelque peu notable. 
Son inactivité optique et son extrême insolubilité dans l'alcool 
absolu, pour ne s'en rapporter qu'à ces deux caractères, le 
prouvent formellement. 

Le tourteau d'amande de sanga-sanga accuse une teneur 
en azote vraiment exceptionnelle (2) ; sa richesse en acide 
phosphorique est également extrêmement élevée (3). Ce tour- 
teau ferait, indubitablement, merveille comme fumure pour 
pépinières, plantations vivrières et jardins. Il est regrettable 
que la noix deshuilée n'abandonne qu'une quantité relati- 
vement minime d'un aussi précieux engrais (4). Au cas où il 
n'y aurait pas de principe toxique ou nuisible, ce tourteau 
fournirait une nourriture de tout premier choix pour le bétail 
et pour la volaille. Il suffirait, pour en faire un aliment complet, 



(1) Ed. Heckel : loc. cit. 

(2) La teneur exceptionnellevemt élevée du tourteau en azote fait 
présumer qu'il renferme des quantités notables de composés autres que 
des matières protéiques. 

(3) La quantité de matières minérales révélée par l'analyse nous surprit 
tellement que nous crûmes à une erreur de manipulation. L~n dosage de 
contrôle effectué sur l'amande non déshuilée nous montra qu'il n'en 
était rien. 

(4) 100 parties en poids de noix triées correspondent en moyenne à 
15 parties de tourteau. 



DES NOIX DE SANGA-SANGA 37 

de le mélanger avec de la farine de manioc, du maïs ou toute 
autre denrée riche en matière amylacée ou en sucre. 

Il nous reste un mot à dire de la comestibilité de la noix du 
sanga-sanga, qui est une question encore controversée. 

D'après l'Impérial Institute (1), le tourteau est impropre à 
l'alimentation du bétail, probablement à cause de la présence 
d'un alcaloïde. Cette appréciation, que nous transcrivons 
textuellement telle que la cite Lewkowitsch (2), n'est pas 
exprimée bien catégoriquement, nous tenons à en faire la 
remarque. D'autre part, Ed. Heckel (3), dans son mémoire 
sur l'huile d'enguessang, dit que, suivant Joly, les indigènes 
du Gabon-Congo mangent la graine du Ricinodendron africa- 
num, et qu'à l'aide des amandes de cette plante ils confection- 
nent des colliers qu'ils suspendent dans leurs cases et qu'ils 
consomment en guise de friandise. L'assertion de Joly me fut 
confirmée par un missionnaire qui, avant de devenir, durant 
la présente guerre, aumônier dans l'héroïque corps Chaltin 
puis dans un groupe d'artillerie de l'armée belge sur l'Yser, 
résida pendant de longues années à Kangu (district du Bas- 
Congo, région du Mayombé, Congo belge). Voulant donner 
plus de poids à son affirmation et dissiper mes doutes, le 
brave aumônier joignit le geste à la parole et croqua, en nia 
présence, une bonne douzaine de noix. Il ne s'en est pas porto 
plus mal. 



(1) Bul. Imp. Inst., KHi;, p. 369. 

(2) Lewkowitsch traduit par Bontoux : Technologie et Analyst chi- 
mique des Huiles, Graisses et fins. Paris, 1910, tome III, p. 1909. 

(3) Ed. Heckel : loc. cit. 



Les Variétés du Palmier à Huile 

par M. Henri Jumelle. 



Nous ne saurions être dès maintenant trop documentés sur 
tout ce qui concerne et peut faciliter l'exploitation et la cul- 
ture du palmiste africain. Les deux produits du fruit de 
Y Elaeis guineensis, beurre de palme et beurre de palmiste, sont 
certes connus et largement utilisés de longue date, le premier 
en savonnerie et en stéarinerie, et le second en savonnerie, 
mais il semble que cette utilisation doive s'étendre encore 
dans l'avenir, et que le beurre de palmiste notamment occupe 
à l'avenir, dans les industries française et anglaise, une place 
plus importante que par le passé. Il est vraisemblable, en 
outre, que les deux substances ne tarderont pas à prendra 
rang parmi les graisses végétales de consommation, au même 
titre que le beurre de coprah. 

Pour le beurre ou huile de palme, en particulier, la question 
de l'emploi de cette substance, comme graisse alimentaire, 
était soulevée et sérieusement mise à l'étude, en Allemagn 
par le « Kolonial-Wirthschaftliche Komitee » de Berlin, à la 
fin de 1913. Ce Comité créait à cette époque une « Olrohstoff- 
Kommission », ou Commission des Oléagineux, et, dès la pre- 
mière réunion de décembre, cette Commission se préoccupait 
drs mesures à prendre pour obtenir à bon compte un beurre 
de palme qui pût devenir^ dans l'alimentation, !<• concurrent 
du beurre de coco. 

Trois causes, n priori, ainsi qu'il résultait de la discussion, 
pouvaient empêcher le beurre brut de palme d'être livré à la 
consommation : sa couleur, Ba saveur et sa forte acidité. Or, 
tandis qu'il n >'<\ ni bien difficile, ni très coûteux de décolorer 



40 LES VARIÉTÉS 

la substance et d'éliminer sa saveur, la forte acidité du beurre 
tel qu'il est exporté des colonies, après après avoir été préparé 
par les méthodes indigènes, est un inconvénient plus grave, 
car le degré de saponification nécessaire en ce cas pour la 
neutralisation a pour effet concomitant un dédoublement, et, 
par conséquent, une perte d'huile qui élève considérablement 
le prix du produit. Il faut donc — condition absolument indis- 
pensable — que le beurre brut importé et reçu par les usines 
ne dépasse déjà une certaine proportion d'acide, que les tech- 
niciens de la Commission estimaient à 8 p. 100, quoique certains 
fabricants prétendissent pouvoir travailler encore jusqu'à 
10 p. 100. 

Mais, en définitive, la Commission admettait que le beurre 
brut type, propre à la préparation de la « speisepalmôl », 
devait avoir comme teneur, au maximum, 8 p. 100 d'acidité, 
0,5 p. 100 d'impuretés et 0,5 p. 100 d'eau. 

Et, comme il n'est pas à espérer que les indigènes, par leurs 
procédés primitifs, puissent fournir une huile de palme qui 
satisfasse à ces conditions, il faut bien absolument s'efforcer 
de répandre et de généraliser, dans les colonies de l'Afrique 
occidentale, l'emploi des procédés et de l'outillage européens. 

Et cette nécessité s'impose de plus en plus au fur et à mesure 
que s'accroissent les exportations d'huile de palme et d'a- 
mandes. 

En 1915, la Grande-Bretagne a importé 67.369 tonnes 
d'huile de palme et 233.249 tonnes d'amandes. 

Sur ces 233.249 tonnes d'amandes, 195.389 tonnes sont 
venues des colonies anglaises et 37.860 tonnes des colonies 
étrangères. 

La même année, la Grande-Bretagne a produit 94.082 tonnes 
d'huile de palmiste, dont elle a employé 93.902 tonnes, n'en 
réexportant que 180. Si l'on remarque que, avant la guerre, 
les importations de palmistes pour l'Allemagne étaient de 
261.408 tonnes en 1912 et 235.917 tonnes en 1913, alors que 
les deux colonies allemandes du Cameroun et du Togo n'ex- 
portaient guère que 25.000 tonnes de ces palmistes (11.639 t. 
du Togo en 1912 et 15.742 tonnes du Cameroun, la même année), 



DU PALMIER A HUILE 41 

on voit comment la Grande-Bretagne a repris dès ajourd'hui 
une industrie qui était passée entre les mains de l'Allemagne. 
Il sera facile, d'ailleurs, au Royaume-Uni de la conserver 
puisqu'il lui suffira désormais de continuer à importer pour 
son propre compte la production de ses colonies. Les posses- 
sions britanniques de l'Afrique occidentale exportaient, en 
effet, en 1915, 197.719 tonnes de palmistes, contre 164.655 
en 1904, les exportations, pour ces deux années, se répar- 
tissant ainsi : 

1904 1915 

(En tonnes) 

Gambie 179 495 

Sierra-Leone 25 . 101 89 . 264 

Gold Goast 9.557 4.064 

Nigérie 129.818 153,900 

Les mêmes années, les exportations en huile de palme étaient 
de 76.245 tonnes, dont : 

1904 1915 

(En tonnes) 

Sierra-Leone 904 1.978 

Gold Coast 8.666 1.360 

Nigérie 53.000 72.09? 

La Nigérie et, en particulier, la Nigérie méridionale, est 
donc la grande colonie britannique à palmistes ; et la nou- 
velle voie ferrée orientale, en desservant la grande région des 
palmiers à huile, facilitera encore l'extension de ce com- 
merce (l), extension qui retentira sur V accroisse menl de 
l'industrie anglaise. 

Ce qu'il nous faut, toutefois, naturellement nous demander 
en France, c'est l'influence que pourrait avoir sur noi re propre 
industrie celte monopolisation par l'Angleterre des produits 
de ses colonies. 

Pour répondre ù cette question, comparons toul d'abord 



iii Avant l.i guerre, l'Allemagne absorbait '. '. \>. i lu commei 

de la Nigérie anglaise. 



(En tonnes) 




» 


374 


6.014 


4.983 


3.887 


9.597 


119 


84 



42 LES VARIÉTÉS 

nos chiffres d'importations métropolitaines et d'exportations 
coloniales. 

Avant la guerre, nous importions annuellement environ 
18.000 tonnes d'huile de palme et 3.000 tonnes de palmistes. 

Or nos colonies ont exporté, d'une part en 1904, et, d'autre 
part, en ces dernières années, tant en France qu'à l'étranger: 

En huile de palme : 

1904 1913 1915 



Guinée Française » 

Côte d'Ivoire 5.839 

Dahomey 8.368 

Afrique Equatoriale 152 

En palmistes : 

1904 1913 1915 

(En tonnes) 

Sénégal 902 1.901 1.723 

Guinée Française 2.855 5.172 5.829 

Côte d'Ivoire 3.365 6.949 6.112 

Dahomey 25.997 26.371 22.224 

Afrique Equatoriale 691 575 1.167 

Toutes ces exportations représentent, par conséquent, 
approximativement 15.000 tonnes d'huile de palme et 
35.000 tonnes de palmistes, c'est-à-dire une quantité d'huile 
de palme à peu près égale à nos besoins et, par contre, une 
quantité de palmistes qui paraît largement supérieure. Et la 
conclusion semblerait que, tout au moins au point de vue de 
notre industrie, nous n'avons nul souci à avoir au sujet de 
la production des amandes, non plus que pour notre appro- 
visionnement en ce qui concerne l'huile de palme. 

Mais, ainsi présenté, le problème est mal posé, parce que 
nous paraissons admettre : 1° que nous n'augmenterons pas 
notre consommation industrielle d'huile de palme ; 2° que 
nous délaisserons comme autrefois les palmistes que l'Aile- 



DU PALMIER A HUILE 43 

magne ne dédaignait pas et que l'Angleterre maintenant 
apprécie. 

Or ceci ne peut pas et ne doit pas être ; et voilà pourquoi 
il nous faut prévoir, pour nos industries, une plus forte pro- 
duction à la fois d'huile de palme et même d'amandes. 

Et est-ce à dire alors que des inquiétudes seraient jus- 
tifiées ? Non, certainement, si nous songeons aux faibles quan- 
tités qui, somme toute, nous manquent ou pourront nous 
manquer, car ces quantités, nous les obtiendrons très aisément 
dans nos possessions, à la condition que, ne perdant pas de 
vue nos possibilités coloniales, nous voulions bien faire un 
effort — mais effort indispensable — parallèle à celui de nos 
voisins (i). 

Et cet effort doit tout de suite consister : 

En premier lieu, dans le perfectionnement de l'outillage et 
■des procédés d'extraction de l'huile de palme ; 

En second lieu, dans l'aménagement cultural des palmeraies 
et l'accroissement des plantations. 

Or, sur ce dernier point, et si nous voulons nous livrer 
à une culture méthodique, il est une nécessité primordiale : 
bien connaître les diverses variétés de palmiste, pour ne mul- 
tiplier que celles qui, par leurs conditions de végétation et 
leur rendement, méritent d'être conservées et propagées. 

Et ce que nous voudrions tenter ici, c'est de résumer. dans 
une sorte de classement tout artificiel, les principales obser- 
vations déjà faites, au point de vue morphologique ou chi- 
mique, sur les fruits de quelques-unes de ces variétés . 

En nous hasardant à cet essai, auquel une toute récente 
«'Inde botanique de M. Beccari (2), nous a semblé pouvoir 
servir de hase, il est bien entendu que nous ne lui attribuons 
qu'une valeur 1res provisoire; mais nous croyons qu il peul 
être utile, pour les recherches ultérieures, de rapprocher dès 



l) M. le Gouverneur Vngoulvant estimait récemment à 100.000 tonnes 
d'amandes et à 50.000 tonnes d'huile de palme les possibilités de pro 
duel ion de I' Afrique Equatoriale. 

(2) < ». Beccari : Contributo alla conoscenza délia Palmaaoh I 
1914. 



44 LES VARIÉTÉS 

maintenant des résultats qui, pour la plupart, ont été jus- 
qu'alors séparément mentionnés par divers auteurs (1). 

Nous avons dit classement et non classification ; et on ne 
pourrait, en effet, raisonnablement, à l'heure actuelle, pré- 
tendre établir une classification rationnelle des variétés de 
palmiste. Celles mêmes de ces variétés déjà connues le sont 
trop incomplètement ; nous sommes, en outre, trop peu ren- 
seignés sur le degré de fixité et les causes réelles des caractères 
différentiels qu'elles présentent. Beaucoup de particularités 
peuvent n'être que le résultat plus ou moins durable d'une 
amélioration culturale ou, au contraire, d'une dégénérescence 
pathologique. 

C'est, par exemple, au second de ces deux facteurs que' 
M. Beccari tend avec raison à attribuer les variétés ou formes 
que nous allons désigner sous les noms de pisifera, gracilinux, 
leacocarpa, albescens, spectabilis, idolatrica. 

Les variétés pisifera et gracilinux, dont le noyau, très réduit, 
est localisé dans la partie supérieure du fruit, représentent 
un état cary oly tique . 

Les variétés leucocarpa et albescens, à fruits blancs, peuvent 
correspondre à une décoloration qui est également l'indice 
d'un état morbide. 

Les variétés spectabilis et idolatrica, dont les segments 
foliaires ne se sont pas déchirés, ce qui donne à la feuille un 
aspect vaguement flabelliforme, constituent également des 
anomalies. 

La rareté de la plupart de ces variétés, dont les caractères 



(1) « Investigations in connection with the African palm oil industry ». 
Bulletin of the Impérial Institute, 1909. — J. Adam : « Le Palmier à 
huile en Afrique Occidentale ». Agriculture Pratique des Pays Chauds r 
1908 et 1909. Preuss : « Die wirthschaftliche Bedeutung der Ol- 
palme ». Der Tropenpflanzer, 1902. — Strunk : « Zur Olpalmenkultur. ». 
Der Tropenpflanzer, 1906. — A. Chevalier : Documents sur le Palmier à 
Huile. Challamel, 1910. 



DU PALMIER A HUILE 45 

semblent d'ailleurs devenus héréditaires, est certainement une 
confirmation de cette hypothèse. 

D'autre part, la similitude de caractères que semble relever 
M. Beccari entre des variétés qui ne sont distinctes que par 
la teinte noire ou verdâtre de leurs fruits non mûrs nous em- 
pêche de donner à cette couleur avant maturité l'importance 
que. lui a attribuée M. Chevalier en en faisant la base d'une 
subdivision en deux sous-espèces. 

M. Chevalier, en effet, groupe dans la sous-espèce nigrescens 
les variétés communis, sempernigra, Ceredia, macrophylla, etc., 
dont les jeunes fruits sont noirâtres, et dans la sous-espèce 
virescens les variétés repanda, intermedia, gracUinux et spec- 
tabilis, dont les jeunes fruits sont verdâtres. 

Or, pour M. Beccari, la variété repanda, sauf par cette 
teinte des fruits, ressemble à la variété dura ; Y intermedia se 
rapproche dans les mêmes conditions de la variété tenera : la 
gracUinux correspond de même à la pisijera, et la speetabilis 
ne serait, comme Y idolatriea, qu'un état symphyllique de la 
dura. 

Quant aux variétés macrocarpa et Ceredia (quand cette der- 
nière ne présente pas du moins la caryolyse). les dimensions 
de leurs fruits et l'abondance de la pulpe amènent tout natu- 
rellement à les considérer comme des formes fortement amé- 
liorées par la culture. 

Qu'on ajoute à cela que de nombreux types de transition 
relient toutes ces variétés et on se rendra compte qu'il sera 
peut-être bien difficile d'aboutir jamais à une classification 
systématique, à laquelle, au surplus, on n'est encore qu'im- 
parfaitement arrivé pour les variétés de nos espèces culturales 
françaises. 

Mais ce qui. heureusement, pour le palmiste, importe surtoul 
[M»nr le moment est moins l'établissemenl de cette classifi- 
cation rationnelle qu'un classement provisoire d'un provi- 
soire plus ou moins durable qui faciliterait, au point de vue 

pratique, la comparaison des variétés ou formes déjà connu* 
el un peu étudiées : et. à ce point de vue, il nous semble qu il 
'■-i possible, sans grand inconvénient, de ne pas nous attarda i 



46 LES VARIÉTÉS 

outre mesure à rechercher s'il s'agit dans chaque cas particulier 
d'une variété ou d'une forme. 

Nous placerons donc sur le même rang, dans la description 
qui va suivre, et en les désignant uniformément comme variétés, 
toutes les modifications au type spécifique guiiieensis sur 
lesquelles nous possédons, notamment en ce qui concerne les 
fruits, quelques données morphologiques ou chimiques. 

Sous ces réserves, et si nous faisons abstraction des causes 
naturelles, culturales ou pathologiques qui ont provoqué ces- 
modifications, pour n'envisager que les caractères acquis, nous 
pourrons établir le tableau suivant : 

I. — Noyau épais (de 2 à 4 millimètres d'épaisseur). 

A. — Fruits noirâtre» avant maturité et rouges après, au ?)ioins 

dans la partie inférieure. 

1° Fruits pesant ordinairement moins de 
10 grammes : 

a) Pulpe ordinairement de 2 à 3 mm. 
d'épaisseur. 

a') Fruits non anguleux, ou seulement 

dans le bas, de 35 à 40 mm var. dura 

&') Fruits très anguleux de 35 à 40 mm. var. angulosa 

b) Pulpe pouvant avoir 4 à 5 mm. d'épais, var. Ceredia 

c) Pulpe ordinairement de 1 mm. 5 à 2 mm. 5 

a) Fruits longs de 35 à 38 mm var. semidura 

(3) Fruits longs de 23 à 27 mm var. fatua 

2° Fruits ordinairement de plus de 10 gr. : 

a) Noyau obové, de 30 à 31 mm. de lon- 
gueur, à paroi de 3 à 4 mm var. macrocarpa. 

b) Noyau sphérique, à paroi de 3 mm. à 

3 mm. 5 var. macrophylla 

c) Noyau sphérique ou obové, à paroi de 

5 à 8 mm var. macrocarpa 

B. — Fruits verdâtres avant maturité, rouges après. 

1° Segments foliaires non soudés. Noyau 

irrégulièrement globuleux var. repanda 

2° Segments foliaires soudés. Noyau ovale, var. spectabilis 

C. — Fruits noirs avant et après maturité. . . . var. sempernigra 

D. — Fruits blanchâtres avant maturité; 

mésocarpe peu fibreux, noyau lisse, grand, var. albescens 



DU PALMIER A HUILE 47 

II. — Noyau mince (2 millimètres au plus d'épaisseur). 

A. — Fruits noirâtres avant maturité et rouges après, au moins 

dans la partie inférieure. 

1° Fruits non rostres au sommet. 

a) Segments foliaires non soudés. 

a') Fruit de 22 à 28 mm. sur 18 à 22 mm. 

\oyau dans toute la longueur du fruit, var. tenera 

V) Fruit de 23 à 28 mm. sur 16 à 19 mm. 
Noyau réduit, dans la moitié supé- 
rieure du fruit var. pisifera ( 1) 

b) Segments foliaires plus ou moins soudés. 

Fruit de 20 à 26 mm. sur 16 à 17 mm., var. idolatrica 
2° Fruits rostres au sommet (2), au moins 

à sec var. rostrata (2) 

B. — Fruits verdâtres avant maturité, rouges ensuite. 

1° Noyau dans toute la longueur du fruit. .. . var. intennedia 
2° Noyau réduit, dans la partie supérieure 

du fruit , . var. gracilinux 

('.. — Fruits blanchâtres avant maturité, rouges ensuite. 

Noyau réduit, dans la partie supérieure du 

fruit var. leucocarpa 



Nous ne saurions trop répéter que ce tableau peut donner 
prise à la critique. On pourrait nous reprocher, par exemple, 
d'avoir donné à des variétés qui, comme les deux dernièi 
ne sont peut-être que des états pathologiques, la même valeur 
qu'à d'autres variétés certainement plus réelles, comme la 
variété dura et«la variété Cerediu. Nous avons aussi éloigné 
des variétés qui. comme les variétés dura e1 tenera, sonl peut- 
être plus voisines que ne le sont entre elles la variété dura e1 
la variété ?nacrocar/>(i ou la variété macrophylla. 

Enfin le défaut général de ce tableau est d'être base sur d 



(l) Il y .i cependanl aussi un étal caryolytique de la variéti i ■ 'lia 
qui pourrail plus mi moins correspondre à i es i aractèn 

2) Cette variété rostrata esl placée ici sous la réserve que la i ouleur 
première du fruil esl ignorée. 



/. 



8 LES VARIÉTÉS 



caractères dont la constance n'est peut-être pas suffisamment 
assurée par les trop rares échantillons examinés jusqu'alors 
pour certaines variétés. Nous croyons cependant qu'il peut 
être utilisé pour les recherches ultérieures ; il montre aussi 
comment la repanda (à fruits verdâtres), la spectabilis (à 
segments foliaires soudés) et la sempernigra (à fruits toujours 
noirs) peuvent se rattacher à la dura, tandis que Y intermedia 
(à fruits verdâtres), Yidolatrica (à segments foliaires soudés) 
se rapprocheront peut-être plutôt de la tenera. Il montre bien 
aussi immédiatement comment la gracilinux se rapprocherait 
de Y intermedia dans la section des fruits à noyau mince, pen- 
dant que la pisifera (qui est un état caryolytique analogue) 
se rapprocherait de la tenera, mais, au reste, tenera et inter- 
media ne se séparant guère que par la couleur première des 
fruits. 

Nous résumerons maintenant, dans Tordre même du ta- 
bleau, quelques caractères morphologiques et chimiques de 
ces « variétés ». 

Variété DURA 



C'est Y Elaeis nigrescens var. communis de M. Chevalier, 
la variété communis forme dura de M. Beceari ; et c'est la 
variété la plus répandue en Afrique occidentale. Elle croît du 
Sénégal à la Guinée française, à l'exclusion de toutes les autres 
variétés, et elle est aussi la forme dominante depuis Sierra- 
Leone jusqu'à la Nigérie du Sud. C'est encore, d' après M. Bec- 
cari, la forme ordinaire du Congo Belge. 

D'après M. Chevalier, c'est le deyaya du Dahomey, et, 
d'après M. Beceari, Y abe-ba de la Gold Coast et peut-être 
Yafia ekpo oyop (dialecte ibibio) de l'Old Calabar, puis aussi, 
en Nigérie, Yiidin (dialecte du Bénin) de la Province centrale, 
Yak porro-jub (dialecte efik) de la Province orientale et Y ope 
pankora (dialecte yoruba) de la Province occidentale. Peut- 
être est-ce le dihoho de l'Angola (var. macrosperma de Wel- 
witsch). 



DU PALMIER A HUILE 49 

Lesfruits(Pl.I,fig.I;Pl.IIJig. IVetVIII;Pl.III,fig.I,XIV, 
XVII, XVIII), sont assez gros, ovales, quelquefois ventrus 
au milieu, rétrécis et anguleux, par suite de compression 
mutuelle, dans le bas. Ils sont longs de 35 à 38 millimètres 
et larges de 22 à 25 millimètres, et sont ou entièrement rouges, 
ou rouges dans la moitié ou le tiers inférieurs, noirs dans le 
reste. Pulpe de 2 à 3 millimètres d'épaisseur. Le noyau 
assez volumineux, obovale, arrondi en haut, occupe presque 
toute la longueur du fruit et a une paroi de 2 à 4 milli- 
mètres. 

Pour des fruits de la variété communis Ghev., qui corres- 
pond, croyons-nous, à cette variété, Hébert a trouvé : 

Pulpe 35 % 

Noyau et amande 65 % 

Amande seule 18 % 

Huile pour cent de pulpe 41 

— de fruit 22 

Fusion de l'huile de pulpe 42° 

Densité au point de fusion 0,882 

Indice de saponification 201 

— de Reichert 0,8 

— d'iode 43,8 

de Hehner 98 

Fusion des acides gras 46° 

D'autre part, c'est à cette même variété de Beccari que 
«doit sans doute aussi être rapportée une autre analyse de 
Hébert faite sur le deyaya du Dahomey, et dont les résultats 
sont les suivants : 



Pulpe 

Noyau et amande 






Huile pour cent de pulpe 

— de fruit 21 

Fusion de l'huile de pulpe 

Densité au point de fusion 0,881 

Indice de saponification 201 

— de Reichert 0,8 

— d'iode 

— de l lehner - 

Fusion des acides gras 



50 LES VARIÉTÉS 

Pour Vabe-pa, de la Gold Coast, le Bulletin of the Impérial 
Institute donne comme moyennes (1) : 

Dimensions du fruit 30 x 20 mm. 

Poids 7 gr. 

Pulpe 29 % 

Noix 71 % 

Humidité de la pulpe 16,3 % 

Huile pour cent de pulpe fraîche 65 

— de pulpe sèche 77,6 

— — du fruit entier 19 

Dimensions du noyau 27 x 17 mm. 

Poids du noyau 4 gr. 4 

Epaisseur de la coque 3 mm. 75 

Dimensions de l'amande 17,5 x 10 mm. 

Poids de l'amande 1 gr. 6 

Amande pour cent de fruit 22 

Humidité de l'amande 20 ° 

Huile pour cent d'amande fraîche 41 

— — d'amande sèche 51 

Pour des échantillons de la Nigérie, il a été trouvé : 

Ope-pankora Udin 



Pulpe 36 % 

Noyaux 64 % 

Humidité de la pulpe 25 ° 

Huile pour cent de pulpe hilmide. ... 54 

— de pulpe sèche 72 

Huile du fruit entier 19 

Amande — de novau 30 » 

Humidité de l'amande » 8,3 



25 


o/ 




75 


/o 


6, 


4 


66 




70, 


5 


16 





O' 
,0 



En employant à l'Impérial Institute les méthodes indi- 
gènes d'extraction avec les fruits tfabe-pa, de la Gold Coast. 
il a été obtenu 11,2 p. 100 d'huile, sur une teneur que nous 
avons dit être de 19 p. 100. 



(1) Tous les chiffres que nous donnerons pour la Gold Coast, dans ce 
tableau et dans les suivants, d'après le Bulletin of the Impérial Institute, 
se rapportent à des fruits qui ont été conservés dans de la sciure de bois 
humide. 



DU PALMIER A HUILE 5] 



Variété ANGULOSA 



Cette variété est Yokoro oyop, Yokporokpo et Yikrok eyod 
du Vieux-Calabar. 

Les fruits (PL II, fig. III; PL III, fig. XIII) ont, comme di- 
mensions, 30 à 35 millimètres sur 22 à 24 millimètres et sont très 
irréguliers et anguleux. La pulpe a 2 à 3 millimètres d'épaisseur. 
Le noyau, très variable, est globuleux ou turbiné, avec une 
paroi de 2 à 3 millimètres. 

Il est assez difficile de dire si c'est à cette variété que se 
rapportent réellement les nombres donnés par l'Impérial 
Institute pour Yok-po-ruk-pu, ou ak-por-ro-jub, delaNigérie, 
car, d'après M. Beccari, ces mêmes noms s'appliqueraient 
aussi à la variété dura. 

Ce n'est, par conséquent, qu'avec doute que nous plaçons 
ici des analyses qui se rapportent peut-être à la variété pré- 
cédente. 

Pulpe 45 ° 

Noyaux 55 % 

Humidité de la pulpe 29 , 8 % 

Huile pour cent de pulpe humide 58 ,2 

■ — de pulpe sèche s:; 

— — du noyau entier 26 

Amande pour cent de noyau 20 

— de fruit frais 11 

— de fruit sec 10,5 

Humidité de l'amande 20,2 

Cette variété angalosa serait assez voisin.' de la variété 
faiua que nous citerons plus loin, mais serait d'un meilleur 
rendement en huile, car sa pulpe es1 plus épais 



Variété CEREDIA Chev. 

C'est le rercdi et Vakiê nu sran de la Côte d' Ivoire, où, dans 
la région des Lagunes, les indigènes le considèrent, d'api 
M. Chevalier, comme le meilleur de t «ni- les palmistes. 



52 LES VARIÉTÉS 

D'après M. Beccari, c'est Vadi-be de la Golcl Goast et Vosok 
eyop du Vieux-Calabar. Ou du moins cet osok eyop serait 
intermédiaire entre la variété tenera et la variété Ceredia, mais 
en avoisinant surtout cette Ceredia. 

Les fruits (PL I, fig. VII et VIII ; PL II, fig. I et XIV, et 
PL III, fig. V, VI et XI') sont oblongs, ovales-oblongs ou ovales- 
elliptiques, de 30 à 50 millimètres de longueur sur 15 à 20 mil- 
limètres de largeur ; ils sont d'abord noirs, puis rougeâtres 
à la base et d'un pourpre noirâtre dans le haut. La pulpe est 
abondante, mais peu fibreuse, et a jusqu'à 4 et 5 millimètres 
d'épaisseur. Le noyau est de dimensions variables. Il peut 
même manquer, ou être tout au moins très réduit (état caryo- 
lytique). En général cependant il est assez gros, avec paroi 
mince, mais dure et bien sclérifiée. Il est souvent obové, la 
partie globuleuse correspondant à peu près au milieu du fruit. 
La graine est sphérique ou un peu ovoïde, de 7 à 12 millimètres 
de diamètre. 

Les individus sans noyau ou à noyau très réduit, qui cons- 
tituent la forme caryolytica Becc. (PL II, fig. XIII et 
PL III, fig. XXI) sont V abedam-adibe de la Gold Coast, qui 
ne serait toutefois pas à confondre avec Yabedam décrit plus 
loin comme variété fatua. Les fruits ont de 28 à 32 millimètres 
sur 15 à 20 millimètres ; et, dans la moitié supérieure du fruit, 
est une graine pisiforme, de 6 à 7 millimètres, avec noyau très 
mince. 

Evans dit que les fruits de Vadi-be, par les méthodes indi- 
gènes, donnent 25 à 28 p. 100 d'huile. 



Variété SEMIDURA Becc. 

M. Beccari considère cette variété comme intermédiaire 
entre la variété dura et la variété semidura. 

C'est Yabe-tuntum de la Gold Coast. 

Les fruits (PL II, fig. X et PL III, fig. XIX) sont 
assez gros, de 35 à 38 millimètres sur 20 à 27 millimètres, 
obovales ou globuleux-obovales, atténués, et plus ou moins 



DU PALMIER A HUILE 53 

obtusément anguleux en bas. La pulpe a 1 mm. 5 à 2 mm. 5 
d'épaisseur. Le noyau, assez gros, sphérique ou un peu turbiné, 
a une paroi qui varie de 2 à 4 millimètres ; il pèse de 5 à 
8 grammes. La graine est large de 15 à 16 millimètres, ou 
quelquefois seulement de 11 à 12 millimètres. 

Le Bulletin of the Impérial Institute donne pour cette variété 
les nombres suivants : 

Dimensions du fruit 31,25 X 20 mm. 

Poids 7 gr. 1 

Pulpe 36 % 

Noix 64 % 

Humidité de la pulpe 31,1 % 

Huile pour cent de pulpe fraîche 48,7 

— pour cent de pulpe sèche 70,5 

Dimensions du noyau 24 x 17 mm. 5 

Poids du noyau 4 gr. 5 

Epaisseur de la coque 3 mm. 75 

Dimensions de l'amande 15 X 10 mm. 

Poids de l'amande I gr. 2 

Amande pour cent de fruit 18 

Amande — de noyau 28 

Humidité de l'amande 22,6 % 

Huile pour cent d'amande fraîche \\ 

Huile — d'amande sèche 57 

Parla méthode indigène, on a obtenu, à Londivs. 13,7 p. 100 
d'huile, sur une teneur de 17 p. 100 (alors que, pour la variété 
dura, il a été obtenu 11,2 p. 100, sur une teneur de 19 p. 100). 



Variété FATUA Becc. 

M. Beccari pense que cette variété esl une forme sylvestre. 

C'est ïabe-dam de la Gold Coast . 

Les fruits (PI. II. fig. XV e1 PL III, fig XXIII) en 
sont plutôt petits (de 23 à 27 millimètres sur 19 à 22), ovales 
ou largement ovales, ventrus vers le milieu ou un peu au- 
dessous, plus ou moins anguleux ou comprimés. 

Le mésocarpe esl très mince (1 millimètre à 1 mm. •">)• I 
noyau est sphérique, mais un peu anguleux, non atténu 
la base, ave.- une paroi «le 2 à 3 millimètres. La grain 



54 LES VARIÉTÉS 

de 10 à 13 millimètres. On a trouvé à l'Impérial Institute : 

Dimensions du fruit 28,75 x 17 mm. 5 

Poids du fruit 5 gr. 3 

Pulpe 34 % 

\oix 66 % 

Humidité de la pulpe 13,5 % 

Huile pour cent de pulpe fraiche ... 68,6 

— — de pulpe sèche 79 

• Dimensions du novau 22,5 x 16 mm. 25 

Poids du noyau 3 gr. 4 

Epaisseur de la coque 3 mm. 25 

Dimensions de l'amande 13 x 10 mm. 

Poids de l'amande gr. 8 

Amande pour cent de fruit 15 

— — de noyau 23 

Humidité de l'amande 19,6 % 

Huile pour cent d'amande fraîche . . 43, 6 

— — d'amande sèche .... 54 

La méthode indigène d'extraction a donné 11,2 p. 100 
d'huile (comme pour la variété dura) sur une teneur de 23 p. 100 
contre 19 p. 100 dans la variété dura). 

Variété MAGROGARPA Chev. 

Cette variété se trouve à San Thomé et au Gabon. 

Les fruits (PI. I, fig. V), noirs avant maturité, sont' rouges 
lorsqu'ils sont mûrs ; ils sont ovoïdes et gros et pèsent en 
moyenne de 10 à 15 grammes, mais peuvent peser jusqu'à 
25 grammes. Des noyaux étudiés par M. Beccari pesaient 
l'un 12 gr. 3 et l'autre 17 gr. 3 ; la graine seule pesait 2 gr. 5. 
Ces noyaux sont obovales ou subclavés, de 30 à 35 millimètres 
sur 24 à 30 millimètres, avec une paroi de 2 à 3 millimètres ; 
la graine est globuleuse, de 15 à 17 millimètres de diamètre. 

Variété MAGROPHYLLA Chev. 

Les feuilles de cette variété de la Gold Coast, qui est 
Vakyenkié des Fantis et a été décrite par M. Chevalier, sont 
dressées et non étalées, très grandes ; elles ont une longueur 
de 5 à 8 mètres, avec 150 à 200 segments. 



DU PALMIER A HUILE 55 

D'après M. Chevalier, les fruits sont ovoïdes, de 30 milli- 
mètres sur 22 millimètres, d'abord noirâtres, puis d'un noir 
vineux à la base, ensuite rougeâtres, et à mésocarpe mince. 
Le noyau est gros, avec une paroi de 3 millimètres à 3 mm. 5 ; 
les graines ont 15 millimètres de diamètre. 

M. Chevalier ajoute que les indigènes consomment ces 
graines, mais n'extraient jamais l'huile de la pulpe, qui est 
mince et peu oléagineuse. 

Tout en admettant, d'après la plupart des caractères, que 
Yabiibube de la Gold Coast est aussi cette variété macrophylla, 
M. Beccari modifie sensiblement la description des fruits 
donnée par M. Chevalier. 

Les fruits de Yabubii-be (PI. II,fig.XVI et PI. III, fig. XXIV) 
sont régulièrement ovales, surtout larges dans leur parti»' 
médiane, terminés en pointe conique, de 28 à 32 millimètres 
sur 20 à 24 millimètres ; le mésocarpe est très pulpeux, de 
3 millimètres à 3 mm. 5 d'épaisseur, avec de nombreuses fibres 
adhérentes au noyau. Celui-ci est obové, atténué vers la base, 
avec une paroi assez mince, de 1 millimètre à 1 mm. 5. La 
graine est relativement volumineuse, de 13 à 15 millimètres 
de diamètre. 

M. Beccari décrit donc une pulpe plus épaisse et un noyau 
plus mince que ne l'indique M. Chevalier. 

L'Impérial Institute indique pour Vabubu-be : 

Dimensions du fruit 32,5 x 18 mm. 75 

Poids du fruit 5 <;r. 9 

Pulpe 50 



i^ 1 



Noix 5i) % 

Humidité de la pulpe 21,7 ",, 

Huile pour cent de pulpe fraîche. . . . 62, 1 

Huile <!<• pulpe sèche .... 79,3 

1 limensions du noyau 25 > 15 mm 

Poids «lu noyau 

Epaisseur de la coque 2 mm 

Dimensions de l'amande 15 il mm 

Poids «1'' l'amande I p\ 16 

\m;imle pour cenl de fruit 2 I 

— - - df noyau 10 

Humidité de L'amande -i ,5 

I [uile pour cent d'amande fraîche . . 14,4 

— d'amande sèche. . . . 55 



56 LES VARIÉTÉS 

La teneur en huile — qui concorde avec l'épaisseur de la- 
pulpe — est élevée (31 p. 100 du fruit) et le rendement par la 
méthode indigène serait assez fort (25 p. 100) ; mais, d'après 
une lettre du directeur de l'Agriculture d'Aburi adressée au 
Jardin de Kew, la brièveté des fibres de la pulpe et les dffi- 
cultes qu'on éprouve pour les séparer de l'huile empêchent 
les Noirs d'utiliser cette variété. 

Variété MAGROGARPA Becc. 

Cette variété, récoltée par Barter dans son expédrtion du 
Niger, se distingue par la grosseur de ses fruits qui, à juger 
du moins d'après les noyaux — qui sont la seule partie vue 
par M, Beccari — sont de la grosseur d'un abricot. 

Les noyaux sont très irréguliers, plus ou moins arrondis ou 
atténués vers la base, avec une paroi de 5 à 8 millimètres ; 
ceux examinés par M. Beccari pesaient de 23 à 54 grammes et 
avaient depuis 50 millimètres sur 45 millimètres jusqu'à 
53 millimètres sur 33 millimètres. La graine, cependant, pro- 
portionnellement au noyau, est petite ; elle peut avoir, par 
exemple, 25 millimètres. 

Variété REPANDA Ghev. 

C'est le sede ou kissede du Dahomey et du Togo, d'après 
M. Chevalier. D'après ce botaniste, ce serait aussi Yafia ekpo 
oyop et Yojima de la Nigérie méridionale, quoique nous ayons 
vu que M. Beccari rapporterait plutôt Yafia ekpo oyop à la 
variété dura. Mais, au reste, pour M. Beccari, la variété repanda 
ne différerait guère délabra que par la couleur des fruit s jeunes. 

La variété repanda se trouve aussi à la Côte d'Ivoire ; et ce 
serait peut-être, selon M. Chevalier, le dihusué de l'Angola. 

M. Beccari a étudié deux formes de cette variété. 

Dans celle qui, pour lui, est le type et provient d'Adjonaja, 
les fruits (PI. I, fig. X et PI. III, fig. IX) sont ovales, à base 
large, ventrus dans leur tiers inférieur, coniques dans la 
moitié supérieure, d'abord verdâtres, puis presque complè- 



DU PALMIER A HUILE 57 

tement rouges, sauf à la pointe, de 30 à 35 millimètres sur 
23 à 25 millimètres. Le mésocarpe est peu abondant (3 milli- 
mètres sur les côtés), avec des fibres peu nombreuses mais 
fortes. Le noyau, qui occupe presque toute la longueur du fruit, 
est irrégulièrement globuleux, de 18 à 20 millimètres de dia- 
mètre, avec une forte paroi de 2 mm. 5 à 4 millimètres. 

Danslaseconde forme, quiest de Niaouli, près Allada, les fruits 
(PI. I, fig. IX et PL III, fig. VIII) sont légèrement verdâtres à 
la pointe, ovales-elliptiques, ventrus au milieu, de 23 à 28 milli- 
mètres sur 16 à 19 millimètres ; le mésocarpe a 1 mm. 5 à 2 milli- 
mètres d'épaisseur. Les parois du noyau ont 2 à 3 millimètres. 

Pour des fruits récoltés par M. Chevalier, Hébert a trouvé : 

Pulpe 34,2 % 

Noyau et amande 65 , 8 % 

Amande seule 31 ° 

Huile pour cent de pulpe 63 

de fruit 32 

Fusion de l'huile de pulpe 43° 

Densité au point de fusion '». 884 

Indice de saponification 196 

— de Reichert ".8 

— d'iode 52,1 

— de Hehner 95 

Fusion des acides gras 44° 



Mais cette huile, qui est de couleur blonde, occasionnerait. 
paraît-il, des maux de tête et des nausées et. jusqu'à un cer- 
tain point, serait nocive. 

Nous rapprocherons cette remarque de M. Chevalier de 
celle du D r Gruner, qui, en décrivant, en 1904, le sedde (à fruit s 
verdâtres) de Misahôhe, au Togo, disait que l'huile en était 
réservée par les indigènes pour les usages médicinaux. 

Pour le sedde du Togo, Fendler mentionne : 

Poids d'un fruit : - gr. 20 

Pulpe 2:. 

Noyau et amande 

Coque pour cenl du noyau 56 

Amande seule pour cent de irait 18,5 

Humidité de pulpe 6 • 9 

1 1 uile pour cent de pulpe 

Résidu fibreux 1,9 

l [umidité d'amande 9 

Huile pour cenl d'amande «'•' . - 

Résidu — — • • ' 



58 LES VARIÉTÉS 

On remarquera la grande différence qu'il y a, relativement 
à la proportion d'amande, entre le chiffre de M. Hébert 
(31 p. 100) et celui de l'Impérial Institute (18,5 p. 100). La 
couleur verdâtre des fruits non mûrs indique cependant bien 
qu'il doit s'agir de la même variété. 

D'après M. Adam, « le kissede fournit, lorsque ses fruits 
sont traités seuls, une huile de qualité inférieure, à saveur 
acre et brûlante. Aussi mélange-t-on toujours le kissede et le 
de dans la fabrication de l'huile de palme du commerce ». 

Variété SPEGTABILIS Chev. 

C'est le sede-fade, et l'un des « palmiers-fétiches », du 
Dahomey, où M. Chevalier n'en connaît, du reste, qu'un 
exemplaire, dans la cour de la résidence d'Allada. 

Par la soudure des segments foliaires, il est, dans la caté- 
gorie des palmistes à jeunes fruits verdâtres, le correspondant 
du fade, ou variété idolatrica, dans la catégorie des fruits 
noirâtres. 

Ces fruits (PI. I, fig. XII et PI. III, fig. XI) sont ovales ou 
ovales elliptiques, surtout larges vers le milieu, coniques dans 
la moitié supérieure et mamelonnés au sommet, de 30 à 35 mil- 
limètres sur 18 à 20 millimètres. Le mésocarpe n'a que 1 mil- 
limètre d'épaisseur. Le noyau, par contre, est gros, ovale avec 
une paroi de 3 à 4 millimètres. La graine ail millimètres de 
diamètre. 

Pour M. Beccari, ce serait, sauf par la coloration des fruits, 
une forme symphyllique de la variété dura. 

Variété SEMPERNIGRA Chev. 

M. Chevalier signale cette variété à la Côte d'Ivoire et dans 
le Bas-Dahomey. 

A la Côte d'Ivoire, dans la région de Dabou, c'est le leguel 
hebebri. 

Les fruits ressemblent beaucoup à ceux de la variété dura, 



DU PALMIER A HUILE 59 

mais restent noirs à la maturité, au moins dans la moitié 
supérieure. 

Il y a des formes à coque épaisse (qui sont donc celles se 
rapprochant surtout de la variété dura) et aussi des formes 
à coque mince. 

Hébert a trouvé comme caractères des fruits et de l'huile : 



<> 





Pulpe 30 

Noyau et amande 70 

Amande seule 16, '* 

"Huile pour cent de la pulpe 52 

— — de fruit 16 

Fusion de l'huile de pulpe 44° 

Densité au point de fusion , 892 

Indice de saponification 196 

— de Reichert 0,9 

— d'iode 52,2 

— de Hehner 98 . 1 

Fusion des acides gras 47 ° 

Dans la région de Dabou, les indigènes préfèrent l'huile de 
•«jette variété à celle de la variété dura. 



Variété ALBESGENS Becc. 

C'est Yabe-fita ou abe-foufou de la Gold Goast, où il serait 
d'ailleurs assez rare. Parla couleur de ses fruits, c'est, comme 
la variété leucocarpa, un des palmiers blancs des colons. 

LesfruitsrPl.il. fig.XVIIÏet PL III, fig. XXVI) sont ovales 
ou ovales elliptiques, parfois allongés, la partie là plus large 
étant à peu près au milieu, blancs et plus ou moins anguleux 
dans la moitié ou le tiers inférieurs, noirs et régulièrement 
coniques dans la partie supérieure, de 30 à 34 millimètres sur 
20 à 23. La pulpe a 2 à 3 millimètres d'épaisseur et est presque 
dépourvue de filaments fibreux. L<- noyau, presque lisse, est 
globule ux-oblong, plus ou moins irrégulier, légèrement réti 
• •u haut, un peu plus on bas, mais non caudé ; la paroi a . 

millimètres. La graine a 12 à L3 millimètres de diamètre. 

L'Impérial Institute dil que les fruits ont, en moyenne, 
37 mm. 5 Bur 31 mm. 25, les noyaux 31 mm. 25 sur 17 mm. 5. 



60 LES VARIÉTÉS 

et l'amande 17 mm. 5 sur 8 mm. 7. L'épaisseur cb la coque 
est de 4 mm. 25. 

L'huile de la pulpe serait plus blanche que dans les autres 
variétés et bien distincte, en particulier, à cet égard, de l'huile 
de la variété leucocarpa. 

Variété TENERA 

C'est, pour M. Chevalier, une forme de YElœis nigrescens 
variété communis, et la variété communis forme tenera de 
M. Beccari. 

Cette variété, qu'on retrouve plus ou moins clairsemée dans 
toutes les régions où croît la variété dura, est Yakoi sran (en 
dialecte ébrié) de la Côte d'Ivoire, Yabobo-be de la Gold CoasL 
le debakui. ou de-debakui, et le dechla ou deula, du Togo (1), 
le degbakoum du Dahomey, Ya-sog-e-jub de la Province orien- 
tale de la Nigérie. Peut-être est-ce aussi — mais avec doute — 
en Nigérie, Y ivioronmila du Bénin, Yau-sii-ku et Yope-arunjo. 

Ce serait encore, d'après le Bulletin de Kew, le iisombo de 
l'Angola (variété microsperma Welw.) : et M. Beccari y rat- 
tacherait aussi volontiers le lisombe du Cameroun, qui est ? 
en effet, à coque mince. 

Dans la forme normale de cette variété — que M. Beccari 
décrit d'après des échantillons du Dahomey — les fruits 
(PL I, fig. II ; PL II, fig. VII ; PL III, fig. II et XVI), assez 
variables, ont de 22 à 28 millimètres sur 18 à 22 millimètres ; ils 
sont plus ou moins largement ovales, ventrus au milieu ou dans 
le tiers inférieur, se rétrécissant du milieu vers le haut en pointe 
conique, rouges lavés de noir vers la pointe. La pulpe a 3 mil- 
limètres d'épaisseur. Le noyau, de 12 à 13 millimètres de dia- 
mètre, est arrondi en haut, atténué vers le bas de 1 millimètre 
à 1 mm. 5 ; la paroi a de 1 millimètre à 1 mm. 5. 

D'autres fois, cependant, ce noyau peut être plus globuleux 
et sa paroi peut ne pas dépasser mm. 5 d'épaisseur. 



(1) Où il représenterait environ le quart des palmiers à huile. 



DU PALMIER A HUILE 61 

Pour le degbakoum du Dahomey, Hébert indique : 

Huile pour cent de pulpe 47 

— de fruit 29 

Fusion de l'huile de pulpe 43° 

Densité au point de fusion 0,888 

Indice de saponification 196 

— de Reichert 0,8 

— d'iode , 52,2 

— de Hehner 96,2 

Fusion des acides gras 48° 

Pour Yabobo-be de la Gold Coast, l'Impérial Institute donne : 

Dimensions du fruit 26,25x 16 mm. 25 

Poids du fruit 3 gr. 45 

Pulpe 69 % 

Noix 31 % 

Humidité de la pulpe 24,1 % 

Huile pour cent de pulpe fraîche . . 64, 1 

— — de pulpe sèche ... . 84,4 

— — du fruit entier 44 

Dimensions du noyau 12,5 x 10 mm. 5 

Poids du noyau 1 gr. 1 

Epaisseur de la coque I mm. 

Dimensions de l'amande 10x8 mm. 75 

Poids de l'amande gr. 45 

Amande pour cent de fruit 20 

— de novau 35 

Pour le de-debakui du Togo, M. Fendler indique : 

Poids moyen du fruit 3 gr. 65 

Pulpe pour cent de fruit 26,9 

Amande..., 24,4 % 

(^oque 48.7 % 

Humidité de pulpe 5,7 % 

Huile pour cent de pulpe 58,5 

Humidité d'amande., 6,5 

Huile pour cent d'amande 49. 1 

Pour le dechJa du Togo, qui serait la même variété, M. SI runk 

donne : 

Fruil S gr. '. S gr. 26 

Pulpe 2 gr. 75 gr. 10 

Graine I gr. 69 apr. 1 6 

Pulpe pour ••••ni de graine .... 1 62 1 13 

amande gr. 69 gi &7 

< loque i gr. i gi , 

Amande pou r cent de coque. . 69 



62 LES VARIÉTÉS 

Sur le lisombe du Cameroun, nous trouvons dans le Tropen- 
pflanzer d'octobre 1906, comme moyennes detroislots d'échan- 
tillons, dont les fruits étaient de grosseurs diverses : 

Fruit 5 gr. 5 7 gr. 41 10 gr. 

Pulpe 3 gr. 92 4 gr. 78 7 gr. 10 

Graine 1 gr. 58 2 gr. 63 2 gr. 90 

Pulpe pour cent de 

graine 248 148 244 

Amande gr. 52 1 gr. 28 1 gr. 25 

Coque 1 gr. 06 1 gr. 35 1 gr. 65 

Amande pour cent de 

coque 49 95 76 

Dans le Tropenpflanzer de 1902, M. Preuss avait déjà 
donné les nombres suivants pour trois échantillons, .dont le 
premier à petit noyau : 

Pulpe pour cent de 

fruit 71 71 64,5 

Noyau 29 ° 29 % 35,5 ° G 

Huile pour cent de 

pulpe 32,66 44,44 40,35 

Amande pour cent 

de noyau 9,54 12,5 17,27 

Coque 19,45 ° 16,5 ° 18,23 ° 

Huile pour cent d'a- 
mande 49,2 » « 

Pour le premier de ces trois échantillons, il a été en outre 
trouvé, comme point de fusion de l'huile de pulpe, 27°, et de 
l'huile d'amande 29°5. Le point de solidification de cette huile 
de palmiste a été de 23"*, l'indice d'acidité 26,5. 

M. Beccari a décrit après M. Chevalier un état caryolytique 
de cette variété tenera, qui passe ainsi à la variété pisifercu 

Les fruits de cette forme caryolytique (PI. I. fig. III), 
de 27 à 30 millimètres sur 17 à 21 millimètres, sont ovales, 
ventrus vers le milieu ou un peu au-dessus, rouges en bas et 
graduellement lavés de noir du tiers inférieur vers le haut. 
Le noyau, logé dans la moitié supérieure du fruit, a de 9 à 
16 millimètres de diamètre : il est globuleux en haut et brus- 
quement atténué vers le bas, où les filaments fibreux forment 
un prolongement. 



DU PALMIER A HUILE 63 

C'est pour ces fruits que Hébert a donné les nombres sui- 
vants : 

Pulpe 80 ° 

Noyau et amande , 20 ° 

Amande seule 3 ° 

Huile pour cent de pulpe 59 

Huile — de fruit 42 

Fusion de l'huile de pulpe 45° 

Densité au point de fusion 0,891 

Indice de saponification 197 

— de Reichert 1,3 

— d'iode 50,2 

— de Hehner 97 , 7 

Fusion des acides gras 47° 

M. Chevalier fait observer que ces variétés à coque mince 
sont celles sur lesquelles devraient porter principalement les 
sélections culturales. 

Cependant les variétés à petites graines et presque sans 
coque, malgré leur riche pourcentage en huile de palme, « ont 
l'inconvénient de priver le cultivateur de l'amande, qui est 
aussi un produit de valeur ». 

M. Adam dit que le degbakoum, ainsi que le votchi. qui est 
la variété suivante, « sont réputés comme donnant une huile 
excellente, douce et très agréable au goût. Quand on ne dispose 
que de petites quantités de fruits de ces variétés, on les con- 
somme soit à l'état naturel, soit frits avec un peu de sel. » 

En Nigérie méridionale, Yasogejub est, de tous les palmist» 
ôc la Province orientale, celui qui donne le meilleur rendement 
eu huile. 

Variété PISIFERA Chev. 



C'est le votchi du Bas-Dahomey, où il esl répandu «lin- 
tout. -s les palmeraies, mais seulement, d'après M. Chevalier, 
dans la proportion de I à lu p. I .<»<>'». 

Les fruits (l>|. I. fig, VI "t ri. III. fig. I\ ) sont obloi 
ou ovales-elliptiques, presque arrondis aux deux extrémil 
de 25 a 28 millimèt res but L6 à 18 millimèt res ; il- sont roui 



■ 



64 LES VARIÉTÉS 



en bas, lavés de noirâtre dans la moitié ou le tiers supérieurs. 
La pulpe est épaisse de 4 à 6 millimètres. Le noyau, très petit, 
se trouve seulement dans la moitié supérieure du fruit ; il est 
globuleux, a de 4 à 6 millimètres de diamètre ; la paroi, exces- 
sivement mince, a mm. 5 ; la graine est subsphérique. 
M. Savariau a trouvé, avec des fruits frais : 

Pulpe 79,5 % 

Noyau et amande '20,5 % 

Amande 12,6 % 

Et Hébert indique : 

Fusion de l'huile de pulpe 44° 

Densité au point de fusion , 889 

Indice de saponification 210 

— de Reichert 1,1 

d'iode 45,6 

— de Hehner 97,8 

Fusion des acides gras , 46°5 

La variété, tout comme l'état caryolytique de la précédente, 
n'est pas intéressante pour les amandes, qui sont trop petites, 
mais l'est pour sa pulpe, qui est épaisse et riche en huile. 



Variété IDOLATRIGA Chev. 

11 Elaeis Dybowskii Hua. 

C'est Yobe ohene de la Gold Coast, le fade du Dahomey, Yafa- 
de ou klude ou agode, du Togo et, en Nigérie, Y ope-if a, Yoge- 
dudin ou Yogiedi. C'est le palmier- fétiche des colons français, 
et le king-pahn (ou palmier royal) des colons anglais. 

Il est caractérisé, comme la variété spectabilis, par l'aspect 
flabelliforme des extrémités des feuilles, dont les segments 
sont soudés et apprimés. 

On le trouve depuis la Gold Coast jusqu'à la Nigérie. 

Les fruits (PL I, fig. XIII: PI. II. fig. VI ; et PI. III, 
fig. VII et XV), sont assez gros, d'abord noirs, puis rouges 
à maturité, sauf au sommet, où ils restent noirs. 



DU PALMIER A HUILE 65 

D'après Fendler, l'étude des fruits d'afa-de donne : 

Poids d'un fruit 5 gr. 15 

Pulpe 23,1 % 

Noyaux 76,0 % 

Amande 15,6 % 

Coque , 61 ,3 % 

Humidité de pulpe 5,6 % 

Huile pour cent de pulpe 62 , 9 

Humidité d'amande 6 , 5 % 

Huile pour cent d'amande 45,5 

Pour le klude, qui, au Togo, est le nom du même palmier à 
Misahôhe, M. Strunk indique : 

Fruit 3 gr. 92 

Pulpe 1 gr. 3 1 

Graine 2 gr. 61 

Pulpe pour cent de graine 50 

Amande 1 gr. 1 6 

Coque 1 gr. 45 

Amande pour cent de coque 80 

M. Chevalier dit que, au Dahomey, l'huile n'est pas con- 
sommée. Les féticheurs l'emploient comme offrande au 
dieu Fa. 

Variété ROSTRATA Becc. 



C'est le mbana eyop ou mfarta eyop ou ekucbuba ou ayaram- 
bana eyop du Vieux-Calabar. 

Les fruits (PI. II, fig.XIIetPl. III, fig. XII') sont ventrus 
vers If milieu ou au-dessous et se rétrécissent brusquement 
(hins la partie supérieure eu une sorte de gros bec : ils sont 
aussi plus ou moins al ténues à la base : \\> onl de 32 à 36 milïi 
mètres sur 18 à 21 millimètres. La pulpe a 2 à 3 millimèti 
Le noyau est irrégulièrement Bphérique, un peu rétréci vers 
la base, avec une paroi de 2 millimètres. La graine a 1" à 
12 millimèl res de diamèl re. 



66 LES VARIÉTÉS 

Variété INTERMEDIA Chev. 

Cette variété, appelée sede par les Dahoméens, comme la 
variété repanda, est propre à la Côte d'Ivoire et au Dahomey, 
où elle est mélangée à cette variété repanda. 

D'après M. Beccari, elle ne diffère guère de la variété tenera 
que par la couleur verte de ses jeunes fruits. 

Les fruits (PI. I, fig. XI et PI. III, fig. X), d'abord verdâtres 
comme dans la variété repanda, deviennent entièrement 
rouges à la maturité et sont plus oblongs que dans la repanda ; 
ils ont 35 à 40 millimètres sur 18 à 22 millimètres, ou encore 
28 à 30 millimètres sur 20 à 23 millimètres. La pulpe a 2 à 
3 millimètres d'épaisseur. Le noyau est oblong, avec une 
paroi de 1 mm. 5. 

Pour les fruits de cette variété, M. Chevalier a trouvé 
50 p. 100 de pulpe et 22,7 p. 100 d'amande. La pulpe est donc 
plus abondante que dans la variété repanda, et le rendement 
est supérieur à celui de cette variété. M. Chevalier ne dit pas 
si l'huile est nocive, comme celle de la variété repanda. 

Variété GRACILINUX Chev. 

C'est le sede-votchi du Dahomey et, à la Gold Coast, où il 
est rare comme au Dahomey, le shell-less et le soft nui des 
colons anglais. Peut-être est-ce le difumbe de l'Angola. 

Comme les variétés repanda et intermedia, la variété graci- 
linux est à fruits verdâtres avant maturité. Elle peut donc 
être un état caryolytique de ces variétés, mais en se rappro- 
chant surtout de Vintermedia, puisqu'elle est à coque mince. 

Les fruits, sauf par la couleur, rappellent beaucoup, d'autre 
part, ceux de la variété pisifera. Ils sont ovales ou oblongs- 
ovales (PL I, fig XIV ; PL II, fig. V et PI. III, fig. XII), de 
26 à 30 millimètres, sur 19 à 22 millimètres ; la pulpe a 4 
à 7 millimètres, d'épaisseur. Le petit noyau est logé dans la 
moitié supérieur du fruit ; il a 7 millimètres environ de diamètre 
et est à paroi très mince et molle. 



DU PALMIER A HUILE 67 

Hébert donne comme caractères des fruits : 

Pulpe ;;,: % 

Noyau et amande 22 , 3 % 

Amande seule 11,1 (, () 

Huile pour cent de pulpe 32 

— — de fruit 30 

Fusion de l'huile de pulpe 42° 

Densité au point de fusion 0,889 

Indice de saponification 198 

— de Reichert 1.1 

— d'iode 55 , 6 

de Hehner 97,6 

Fusion des acides gras 14° 

Peut-être est-ce à cette variété qu'il faut rapporter le seed- 
less mentionné par M. Evans à la Gold Coast. Sur 30 fruits 
examinés à l'Impérial Institute, 6 seulement contenaient des 
noyaux, dont le diamètre était d'environ 6 mm. 25 ; ce qui 
correspond assez bien à la description de M. Beccari. 

Pour ce seed-less, l'Impérial Institute donne : 

Dimensions du fruit 20 x l<> mm. 

Poids du fruit gr. 5 à 'i gr. 10 

Humidité de pulpe 11.1 % 

Huile pour cent de pulpe fraîche ... . 76 

— — de pulpe sèche 85 

Les amandes de cette variété sont trop petites pour avoir 
une valeur commerciale, mais la pulpe est richemenl oléa- 
gineuse. 

Variété LEUGOGARPA Becc. 

M. Chevalier considère cette variété comme une forme de 
Bon E. nigrescens var. communis, M. Beccari cependanl la 
rapproche de la variété Ceredia plutôl que «le la variété com- 
iti unis. 

C'esl le loufou ou le leguel «le la Côte d'Ivoire, où il est rar< 
el apprécié des indigènes. 

Les fruits (PL I, fig. [V el PI. III. fig. III) sonl allong 
nettemenl oblongs, de 35 à 10 millimètres sur 17 à -» 1 milli- 



68 LES VARIÉTÉS DU PALMIER A HUILE 

mètres, parfois atténués vers la base à partir de la moitié, 
rouges orangés à maturité, mais en grande partie blancs avant 
d'être mûrs. Le mésocarpe a de 3 à 4 millimètres d'épaisseur, 
mais est surtout abondant au-dessus du noyau. Celui-ci est 
capitellé, placé vers le milieu du fruit, plutôt petit, à paroi de 
1 millimètre d'épaisseur. 

C'est vraisemblablement de cette variété que parle M. Adam 
sous le nom de legble-au-fou, en disant « qu'elle donne une 
huile blonde très recherchée et est, en outre, employée de 
préférence à toute autre pour la fabrication d'une sorte de 
graisse que les indigènes obtiennent en laissant l'huile exposée 
au soleil dans des bassins pendant environ quinze jours ». 



EXPLICATION DES PLANCHES 

PL I. — Fruits de variétés de Palmiste 

(d'après les photographies de M. Beccari), 

I. — Dura d'Allada-Niaouli (Dahomey). 
IL — Tenera d'Allada-Niaouli. 

III. — Intermédiaire entre Tenera et Pisifera. 

IV. — Leucocarpa de Dabou. 
V. — Macrocarpa (noyau). 

VI. — Pisifera. 
MI et VIII. — Ceredia. 

IX. — Repanda de Niaouli. 
X. — Repanda d'Adjonaja. 
XI. — Inter média. 
XII. — Spectabilis. : 

XIII. — Idolatrica. 

XIV. — Gracilinux. 




Pl. I. - Fruits de variétés de palmiste. 
(d'après les photographies de M. Bi • i \ 



70 LES VARIÉTÉS DU PALMIER A HUILE 



PI. II. — Fruits et noyaux de variétés de Palmiste 

(d'après les photographies de M. Beccari). 

I. — Ceredia du Vieux-Calabar. 
II. — Rostrata du Vieux-Calabar. 

III. — Angulosa du Vieux-Calabar. 

IV. — Dura du Vieux-Calabar. 
V. — Gracilinux du Dahomey. 

VI. — Idolatrica de la Gold Coast. 
VII. — Tenera de la Cold Coast. 
VIII. — Dura de la Gold Coast (noyau). 
IX. — Dura du Congo belge. 
X. — Semidura de la Gold Coast (noyau). 
XI. — Compressa. 
XII. — Rostrata ? 

XIII. — Ceredia, forme caryolytica, de la Gold Coast. 

XIV. — Ceredia de la Gold Coast. 
XV. — Fatua. de la Gold Coast. 

XVI. — Macrophylla. 
XVII. — Virescens ? (Abedam-cross de la Gold Coast). 
XVIII. — • Albescens de la Gold Coast. 




l'i.. li. Frutti et noyaux de variétés de palmisU 
d'après les photographies de M. Bfci km. 



72 LES VARIÉTÉS DU PALMIER A HUILE 



PI. III. — Noyaux de variétés de Palmiste en section transversale 

(d'après les photographies de M. Beccari.) 

I. — Dura d'Allada-Xiaouli (Dahomey). 
II. — Tenera d'Allada-Xiaouli. 

III. — Leucocarpa de Dabou (Côte-d'Ivoire). 

IV. — Pisijera du Bas-Dahomey. 

V. — Ceredia de Bingerville. (Côte d'Ivoire) 
VI. — Ceredia. 
VII. ■ — Idolatrica du Dahomey. 
VIII. — Repanda de Niaouli (Dahomey). 
IX. — Repanda d'Adjonaja (Dahomey). 
X. — Intermedia d'Ouidah (Dahomey). 
XI. — Spectabilis du Dahomey. 
XI'. — Ceredia du Vieux-Cal abar. 
XII. — Gracilinux du Dahomey. 
XII'. — Rostrata du Vieux-Calabar. 

XIII. — Angulosa du Vieux-Calabar. 

XIV. — Dura du Vieux-Calabar. 
XV. — Idolatrica de la Gold Coast. 

XVI. — Tenera de la Gold Coast. 
XVII. — Dura de la Gold Coast. 
XVIII. — Dura du Congo belge. 
XIX. — Semidura de la Gold Coast. 
XX. ■ — ■ Compressa. 
XXI. — Rostrata ? de Buitenzorg. 
XXII. — Ceredia, forme caryolytica, de la Gold Coast. 
XXIII. — Fatua, de la Gold Coast. 

XXIV. — Macrophylla, de la Gold Coast. 

XXV. — - Abedam-cross de la Gold Coast. 
XXVI. — Albescens, de la Gold Coast. \ 




l'i. I I. Noyaux de variétés de palmiste en section ti 
(d'après les photographies d< Vf. Beccarî). 



Quelques données sur l'état actuel 
de la Culture cotonnière 



Ce ne sont pas les événements présents qui ont posé pour 
les Etats d'Europe le problème de la culture cotonnière dans 
les colonies ; ils en ont seulement rendu la solution plus 
urgente. « Il est naturel, écrivait en 1911 M. W. Dunstan. que 
toutes les grandes nations européennes soient actuellement 
préoccupées de l'avenir d'une de leurs plus importantes indus- 
tries manufacturières, dans laquelle sont engagés de nombreux 
millions de travailleurs. La possibilité d'un déficit imprévu 
dans les stocks de coton brut ou une hausse artificielle d*>* 
prix sont des événements touchant à des intérêts si nombreux 
et si considérables que cette question mérite de retenir ré- 
tention des hommes d'Etat du monde entier. » 

Les Etats-Unis, où 12 à 16 millions d'hectares sont con- 
sacrés, dans les Etats du Sud, à la culture du cotonnier, 
fournissent de longue date un peu plus des deux tiers des 
cotons bruts annuellement manufacturés. La production 
indienne égale à peine le quart de la production nord-améri- 
caine et l'Egypte, qui d'ailleurs s'est plutôl réservé jus 
qu'alors (1) la spécialité dc^ produits de haute qualité, a (!• 



i \) |] faut bien remarquer cependant que la qualité des cotons égyp- 
tiens paraît depuis quelque temps diminuer sensiblement, pendant que 
li cotons américains s'améliorent. Les filateurs du Lancashire -"fit 
unanimes ;'■ dire que les cotons égyptiens n'ont plus la même rinesse, la 
même résistance <•! la même longueur qu'autrefois : il- donnent plus de 
déchets. La coloration jaunâtre du Mit-. 1/7//. qui était si appréi iée, tend 
il ténuer. 

l..i culture des longue soie esl un problème aujourd'hui ;< l'i tude 
dans 1" I nde. 



76 QUELQUES DONNÉES 

récoltes qui n'atteignent même pas, en quantité, la moitié de- 
celle de l'Inde. Les planteurs européens sont donc inévitable- 
ment sous l'entière dépendance des envois que peuvent ou 
veulent bien faire les Etats-Unis. 

Or, d'une part, les dégât s que cause depuis déjàuncert ainnom- 
bre d'années le charançon de la capsule, Y Anthonomus grandis, 
puis aussi, semble -t -il, des méthodes de travail qui ne sont 
peut-être pas aussi perfectionnées qu'on pourrait le supposer 
ou le souhaiter, ainsi que, en tout cas, des difficultés certaines 
de main-d'œuvre et la faveur dont jouissent de plus en plus 
d'autres cultures, sous l'influence de nouvelles conditions 
économiques (progrès des transport s, industrie frigorifique, etc.) 
sont autant de causes qui font déjà obstacle à l'accroissement 
de la production nord-américaine. En ces dernières années, 
cette production (14.614.000 balles en 1913-1914, 15.905.840 
en 1914-1915 et 11.068.073 en 1915-1916) (1) ne s'est, au plus, 
que maintenue, quand encore elle n'a pas fléchi. 

D'autre part, les Etats-Unis, en multipliant leurs usines, 
manifestent de plus en plus leur intention de manufacturer 
eux-mêmes le produit qu'ils récoltent. Le nombre de leurs 
broches — nombre qui est de 56 millions environ en Angle- 
terre, dans le Lancashire (2) — serait aujourd'hui d'au moins 



(1) Les balles étant de 227 kilogrammes, la production a donc été de 
3.610.625 tonnes en 1914-1915 et 2.512.452 tonnes en 1916. Les mêmes 
années, elle a été respectivement de 949.273 tonnes et 668.958 tonnes 
dans l'Inde, et 314.496 tonnes et 218.485 tonnes en Egypte. Soit, au 
total, pour ces trois principaux pays cotonniers, 4.874.394 tonnes en 
1914-1915 et, par suite de l'avilissement des prix en cette année. 
3.399.895 tonnes seulement en 1915.-1916. 

Les ensemencements de 1916-1917 ayant été également insuffisants, 
et le temps, d'autre part, ayant été défavorable, on sait que ce fut cette 
raréfaction prévue de la matière première qui détermina à la fin de juin 
1917 une hausse exagérée des prix. Le Middling atteignit 19 d. 1/2 à 
Londres le 29 juin. Les grandes bourses du coton de Liverpool, du 
Havre et de New-York furent aussitôt momentanément fermées. 

Le 17 août, le prix à Londres était de nouveau de 20 pence, et il 
redescendait à 19 d. 1 /2 le 31. Il était de 17 d. le 14 septembre. 

(2) En 1907, le nombre des broches de l'Angleterre était de 50.679.640 
et celui des Etats-Unis 26.242.000, pendant qu'on en comptait en Aile- 



sur l'état actuel de la culture cotonnière 77 

33 millions (chiffre donné au 31 juillet 1916) ; et, alors que, 
en 1910-1911, la grande république américaine n'utilisait 
encore que 35,6 p. 100 de sa récolte, elle en a employé depuis 
lors, progressivement, 38,2 en 1912-1913, 37,8 en 19134914, 
40,2 en 1914-1915 et 58,3 p. 100 en 1915-1916. 

Enfin il faut bien dire encore que, indépendamment de 
toutes les causes précédentes, les Etats-Unis n'ont jamais 
semblé bien désireux, pour un autre motif, d'augmenter leurs 
récoltes. Profitant de la sorte de monopole qu'ils détiennnent 
sur les qualités courantes, les planteurs américains, représentés 
par leurs Associations, se sont toujours préoccupés de main- 
tenir les cours au mieux de leurs intérêts, sans se soucier outre 
mesure des nécessités mondiales. Et, dans ce but, non seule- 
ment leurs vastes entrepôts leur permettent de limiter la vente 
aussitôt que les prix tendent à baisser, mais, en outre, dès qn- 
cette baisse se manifeste, les ensemencements de Tannée sui- 
vante sont également réduits. C'est ce qui eut lieu, par exemple, 
après les années 1904, 1908 et 1912. 

Et c'est pour toutes ces raisons que l'Angleterre — qui dut 
déjà plusieurs fois, dans le passé, avoir recours au short time, 
c'est-à-dire à un chômage partiel — s'inquiète à bon droit «l»- 
l'avenir. Mais combien alors notre inquiétude, en Franc.-, 
doit-elle être plus grande encore ? 

A la rigueur, la Grande-Bretagne pourrait peut-être trouver 
dans ses possessions, sinon en qualité, du moins en quant il 
la matière première nécessaire àl'alimentation de ses fabriques. 
Si le Lancashire consomme annuellement un cinquième envi- 



magne 9.339.448, en France 6.800.000, en Russie, 6.500.000, aux Indes 
5.279.595, en Autriche 3.616.434, en Italie 3.500.000, en Espaj 
1.850.000, .-ii Suisse 1.484.000, au Japon L.483.497. 

Remarquons que non seulemenl ce nombre des broches augmente 
progressivement, mais qu'en outre ces broches tournenl aujourd'hui 
plus vite que jadis, et dans la proportion de 66 à 59, si l'on compare les 
années 1910 el 1896. En 1912, le nombre total des broches dans le monde 
étail de plus de 135 millions, dont 56.750.000 en Grande-Bretagne. 

Dans l'année qui précéda la guerre, la valeur des exportations 
tissus' de coton du Lancashire fut de 127 millions de li vi soil 

3 milliards 175 millions de francs. Surce total l'Inde importa 29,3 p : 



78 QUELQUES DOSÉES 

ron (1) de la récolte cotonnière mondiale (qui est de 20 à 
27 millions de balles), c'est cette quantité à peu près que pro- 
duit l'Empire Britannique ; et le Royaume-Uni, qui n'utilise 
pas la moitié de sa récolte coloniale, achète aux Etats-Unis 
du coton brut (40 à 50 millions de livres sterling par an), 
parce que ce coton est le seul qui convienne à certaines de ses 
usines. 

Tel n'est même pas notre cas. Indépendamment de toute con- 
sidération de qualité, toutes nos colonies réunies ne peuvent 
nous donner actuellement même le centième de la quantité 
de coton (plus d'un million de balles), qui nous était déjà 
indispensable avant la guerre. 

En quelle situation nous trouverons-nous donc demain, au 
milieu du bouleversement économique qui sera l'une des 
conséquences de la lutte en cours, si nous ne nous préoccupons 
pas dès maintenant de remédier aux éventualités qu'il est 
facile de prévoir ? 

Nous ne voulons même pas, d'ailleurs, envisager la question 
au point de vue des énormes besoins immédiats de la période 
d'après-guerre. A ces besoins tout momentanés il ne sera 
possible à aucune nation — en dehors des Etats-Unis, qui ont 
la ressource de se réserver leur production — de faire face 
dans des conditions autres que celles du passé ; aucun peuple 
n'a aujourd'hui le temps ni les moyens de modifier sensible- 
ment, dans le délai voulu, ces conditions anciennes. Mais le 
futur essor économique, et essor durable, que chacun se plaît 
actuellement à prédire à son propre pays — en admettant que 
les intentions que nous entendons partout si hautement ex- 
primer soient de notre part mieux que des mots — doit en- 
traîner un tel développement de nos manufactures, comme 
de celles de tous les autres Etats (2), qu'il nous faudra bien, 



(1) Quarante fois à peu près, fait remarquer la presse anglaise, ce qu'a 
réussi à produire annuellement (100.000 balles) la « British Cotton 
Growing Association », créée depuis une quinzaine d'années. 

(2) Parmi les pays où l'industrie cotonnière fera certainement de 
grands progrès dans un avenir prochain, il ne faut pas oublier la Chine, 
qui, déjà avant la guerre,^avait commencé à multiplier ses filatures de 



sur l'état actuel de la culture cotonnière 79 

de toute nécessité, trouver sur notre propre domaine les élé- 
ments qui nous permettront de participer à cette renaissance 
industrielle, dans l'effroyable, et, nous pourrions dire, l'im- 
pitoyable concurrence qui s'annonce. 

Et nous répétons que, pour l'industrie cotonnière, nous ne 
sommes pas assurés, faute de matière première, de maintenir 
— bien loin donc de l'étendre — notre activité manufacturière 
de jadis. Or, ainsi que le rappelait M. Audiffred à l'une des 
séances de mars 1917 de l'Académie d'Agriculture, les tisseurs 
et fileurs de coton sont, en France, au nombre de 300.000, 
« ce qui représente, en y comprenant les femmes et les enfant s. 
une population de 1.200.000 âmes vivant de l'industrie coton- 
nière. » 

Nous risquons ainsi à la fois de ne plus pouvoir fournir à 
plusieurs certaines de mille d'ouvriers le travail auquel ils 
sont habitués et d'être contraints d'acheter à l'étranger les 
tissus que nous ne serons plus à même de fabriquer. 

A un autre point de vue — qui a également son intérêt — 
M. Audiffred faisait encore remarquer, dans la même séance 
de l'Académie : « Nous manufacturions avant la guenv 
235 millions de kilogrammes de coton, qui nous coûtaient 
400 millions. Aujourd'hui, h» prix du kilogramme de coton -i 
plus que doublé et nous dépensons plus de 800 millions (2). 
Au lieu de porter cette somme aux Etats-1'nis, »ui Egypte ou 
dans l'Inde, si nous la portions dans nos colonies, nous aug- 
menterions dans une proportion considérable le bien-être d 



coton, surtoul après la guerre russo-japonaise. Il y aurail actuellement, 
dans l'Empire chinois, au moins :;i filatures, avec plus d'un million de 

broches el environ 1.500 métiers, alors qu'il n'y avail pas! .000 broches 

il y ;i vingt ans. La consommation totale de coton par toutes les filatun s 
réunies s'élèverait à au moins 120.000 tonnes. Ce sont donc de nouvelles 
quantités de coton qui se trouveront prises sur les exportations réduites 
des Etats-1 nis. 

2) 950 millions , a rectifié M. D) bowski. Et, puisque l'occasion s'en 
présente, nous notons i<i avec plaisir et confiance le haut intérêt que 
porte à cette si importante question cotonnière 1' \- adémie d 1 Vgrii ulturn 

de France. Puisse la voix si autorisée des personnalités qui h nposenl 

avoii sur les décisions gouvernementales l'influei lésirablel 



80 QUELQUES DONNÉES 

ces populations qui nous rendent à l'heure actuelle l'immense 
service de combattre dans les rangs des soldats de la métro- 
. pôle, ou qui travaillent dans nos usines de guerre ; en les enri- 
chissant de 400 millions par an, nous leur donnerions un 
pouvoir d'achat correspondant, en produits des industries 
françaises. » 

C'est donc bien pour de multiples et sérieuses raisons que 
la culture du cotonnier dans nos colonies est pour notre France 
une question d'une importance capitale. 

Voyons maintenant — car c'est un des facteurs de notre 
succès que nous ne perdions jamais de vue tous les efforts 
entrepris de divers côtés, et que nous nous tenions au courant 
de tous les progrès accomplis chez nous et ailleurs — ce qui 
s'est fait en ces dernières années, soit dans les grands pays 
cotonniers, soit en d'autres contrées où il semble que la culture 
du cotonnier puisse être étendue ou introduite. 

Algérie 

La culture du cotonnier a été pratiquée de tout temps en 
Algérie, dans le Tell et les Oasis, et, en 1866, l'Algérie exportait 
750 tonnes de cotons de toutes qualités. Mais, sous diverses 
influences, cette culture fut ensuite délaissée, et il n'y a guère 
que depuis une douzaine d'années, vers 1904, qu'elle a com- 
mencé à reprendre. 

La récolte commence à la fin de septembre ou au commen- 
cement d'octobre, et il y a quatre ou cinq cueillettes successives. 

Comme variétés, M. Trabut (1) recommande les cotons 

égyptiens, qui ont bien « une période de végétation un peu 

longue pour ces contrées ; mais, par une sélection attentive 

des races locales qui ne manquent pas de se manifester, il est 

possible d'atténuer ce défaut ». 



(1) Trabut. — « Instructions pour la Culture du Cotonnier en Algérie ». 
Bulletin des Informations agricoles du Gouvernement général de V Algérie, 
Alger, 1917. 



sur l'état actuel de la culture cotonmère 81 

« Les variétés égyptiennes Abassi, Mit-Afifi, Janovitch, 
Xoubari, dit encore M. Trabut, ont donné des résultats satis- 
faisants ; mais il convient de séparer de ces races les formes 
qui conviennent le mieux à la région, et obtenir des formes 
locales aussi pures que possible. » 

Le Noubari, par exemple, a donné de bons produits en 
Algérie. Depuis 1910, M. Colin, à l'Union du Sig, en Oranie, 
s'est attaché à le sélectionner et a obtenu le « Coton de 
l'L T nion du Sig », avec lequel on a obtenu, en 1916, 20 quintaux 
-de coton brut à l'hectare. 8.831 kilogrammes de cette récolte 
ont fourni à l'égrenage 2.600 kilogrammes de coton égrené, 
qui a été vendu à Marseille 500 francs le quintal. C'est donc 
un rendement de 3.000 francs à l'hectare. 

Dans la brochure à laquelle nous empruntons les renseigne- 
ments précédents, M. Trabut recommande la formation de 
groupements coopératifs, qui n'auraient pas seulement pour 
but d'aider les cultivateurs dans les travaux d'égrenage et de 
préparation de leurs cotons, mais qui exerceraient aussi une 
surveillance sur le choix des semences et faciliteraient la vente 
des récoltes dans les meilleures conditions. 

Des coopératives d'égrenage ont d'ailleurs été créées d 
1908 à Philippe ville, à Bône et à Orléansville. A Oran, l'As- 
sociation Cotonnière Coloniale a distribué des graines, installé 
une usine d'égrenage et créé des facilités pour la vente. 

La culture du cotonnier en Algérie, dit M. Trabut, doit 
être surtout développée dans les terres irrigables et acces- 
soirement dans des sols conservant assez d'humidité sans 
irrigation. L'Oranie, la plaine du Chélif, les plaines el Le 
littoral constantinois disposent du limât, du sol et de l'eau 
pour tirer de la culture du cotonnier de grands profit s 

L'irrigation, ajoute le même auteur, est généralement 
considérée comme indispensable; cependant, il n'est pas 
impossible d'obtenir, dans des sols profonds et Frais des 
plaines de l'Est . de bonnes récoltes sans irrigat ion ; mais cetti 
culture du cotonnier sans Irrigation demande encore des pré 
cisions •■! doit faire l'objet <\r nouvelles recheri hes et obs< 
vations avant d'être adoptée en grand. ajoutons que, en 



82 QUELQUES DONNÉES 

fait, des essais tentés en ce sens par M. F. Godard à l'Ecole 
d'Agriculture de Philippe ville ont déjà donné des résultats 
encourageants. 

Maroc 



Le Maroc parait bien appelé à devenir en certaines régions, 
telles que Colomb-Béchar, Rabat, Aïn-Zibet, Souk-el-Rabat, 
un pays cotonnier du plus haut intérêt ; et nous aurons cer- 
tainement l'occasion de donner dans la suite des renseigne- 
ments plus détaillés et plus précis. Pour l'instant, nous nous 
contentons de signaler les quelques essais déjà faits. 

Les surfaces ensemencées - en cotonniers étaient de 35 hec- 
tares en 1914, 12 hectares en 1915, 45 hectares en 1916. On 
signale les rendements, par hectare, de 1.000 kilogrammes 
(de coton brut évidemment) d'Abassi, et de la même quantité 
pour le Porto-Rico. 

Ce « Porto-Rico » a été apprécié par les experts et coté 
4 francs le kilogramme, pendant que d'autres variétés étaient 
cotées de 1 fr. 20 à 2 francs. 

En 1915, F hectare a rapporté 2.240 francs pour YAbassi et 
4.000 francs pour le Porto-Rico. 



Haut-Sénégal-Niger 

L'importance de la culture du cotonnier augmente peu à 
peu dans la colonie. Dans les seules régions (1) où l'Association 
Gotonnière exerce son action, les exportations sont passées de 
25 tonnes en 1907-1908 à 400 tonnes de coton brut en 1913- 
1914. La quantité cultivée sur place par les indigène's peut, 
en outre, être évaluée à 1.000 tonnes. 



(1) Annuaire du Gouvernement général de V Afrique Occidentale Fran- 
çaise, 1915-1916, Paris, Librairie Larose, 1916. 



sur l etat actuel de la culture cotonmère 83 

Cote d'Ivoire 

C'est vers 1908 (2) que, pour répondre à l'appel de l'Asso- 
ciation Cotonnière Coloniale, le gouverneur de la colonie a 
commencé à se préoccuper de développer la culture du coton- 
nier à la Côte d'Ivoire, en vue de l'exportation. 

Antérieurement, cette culture n'était faite parles indigènes, 
dans le Nord de la colonie, qu'en vue de l'industrie familiale ; 
et les quelques essais faits en 1902 pour introduire les variétés 
améliorées américaines ou égyptiennes n'avaient donné que 
de très médiocres résultats. 

Mais, vers 1908, aidé par l'Association Cotonnière. le 
Gouvernement local, pour lequel ce précédent échec était du 
moins une indication, porta plutôt son attention surles variétés 
indigènes, et s'attacha alors à cultiver celles de ces variétés 
les « mieux appropriées au sol et susceptibles d'être produites 
le plus facilement et le plus régulièrement en quantité com- 
merciale d'au moins 5.000 à 10.000 kilogrammes de fibres 
nettes ». En même temps, l'Association envoyait de petites 
égreneuses à bras à treize scies, pour la préparation des pre- 
mières récoltes. 

En 1912, au moment où le chemin de fer, après avoir tra- 
versé le sud du Baoulé, était sur le point d'atteindre, à Bouaké, 
la région cotonnière proprement dite, une usine d'égrenage 
et de pressage, destinée à remplacer les appareils à bras, de 
trop faible rendement, fut montée à Bouaké même. Kl. depuis 
lors, il a él é successivement exporté en coton égrené : 

1913 ih tonn 

1914 73 

1915 

1916 (estimation) 350 

Les 95 bonnes de L915 (exactemenl 94.848 kilogrammes) 
ont représenté une valeur de 35.419 fram s. 



2 Situation de la Culture du Cotonnier et de la Production du Coton 
à la Côte d'Ivoire au \~> octobre 1916. Bingerville, 1917. 



84 QUELQUES DONNÉES 

Pour 1916, la récolte de coton brut a été de 1.217.221 kilo- 
grammes, dont la production s'est ainsi répartie : 

Cercle du Baoulé 568 . 225 kgr. 

— des Tagouanas, district de Darako- 

londougou 122 . 196 kgr. 

— du Ouorodougou, district de Man- 

kono 28 . 699 kgr. 

— des Tagouanas, moins le district de 

Darakolondougou 30 . 000 kgr. 

— du Ouorodougou, district de Seguela 33.000 kgr. 

— du Ouorodougou, district de Man- 

kono 20 . 000 kgr. 

de Kong 90 . 000 kgr. 

— du N'zi, district de Yamoussoukro . 75.000 kgr. 

district de Ouellé 27 . 000 kgr. 

de Toumodi 96 . 000 kgr. 

de Bongouanou. ... 54 . 000 kgr. 
de Boca n'da et de 

Dimbokro 73 . 000 kgr. 

Tous ces cotons ont été égrenés à : 

Bouaké, pour les trois premières régions ; 
Dabakala, pour la quatrième ; 
Seguela, pour les deux suivantes ; 
Koroko, pour la septième ; 
Yamoussoukro, pour la huitième ; 

Dimbokro, pour les districts du cercle du N'zi autres que 
celui de Yamoussoukro. 

Mais, tandis qu'à Bouaké et Dimbokro, en raison de leur 
situation sur la voie ferrée, le travail est effectué dans des 
usines à vapeur, c'est encore le matériel à bras, constitué par 
des égreneuses à seize scies, qui est en usage dans les autres 
stations d'égrenage. 

Les cotonniers actuellement cultivés sont, les uns à graines 
indépendantes, lisses (espèce barbadense) ou vêtues (espèce 
hirsutum probablement), et les autres à graines à rognons 
(espèce peruçianum). 

En 1913, M. Raymond concluait de ses premières expé- 
riences, faites dans la région de Bouaké, que la multiplication 
la plus avantageuse était celle de la variété « à graines lisses 
et indépendantes ». 



sur l'état actuel de la culture cotonnière 85 

En 1915, où la hauteur totale des pluies fut de 1 m. 062, 
avec une période de sécheresse en juillet, les rendements 
de cette variété furent de 345 kilogrammes à l'hectare, avec, 
à l'égrenage, 32 p. 100 de poils de 25 à 26 millimètres de 
longueur. 

Ce type de coton peut être bisannuel, mais la seconde récolte 
est toujours plus faible que la première ; le rendement en poils 
est aussi moins élevé et ces poils sont plus irréguliers. 

Mais il semble établi que les bons cotons de la Côte d'Ivoire 
ont un écoulement assuré. Ils peuvent obtenir 3 ou 4 francs 
de prime sur le « Middling », qui est le type courant du coton 
américain ; ils sont à poils peut-être plus irréguliers, mais 
certainement plus longs que ceux de ce « Middling ». 

En 1916, à Bouaké, ces cotons égrenés et emballés étaient 
vendus, aux diverses adjudications, de 1.610 francs (28 juillet) 
à 1.700 francs (15 octobre) la tonne. 

Dahomey 

Nous avons dit l'année dernière (1) que c'est surtout dans le 
Moyen-Dahomey et, en particulier, dans le cercle de Savalou, 
qu'est cultivé le cotonnier. Savalou fournit 70 p. 100 de 
l'exportation générale ; c'est là que se trouvent les usines 
d'égrenage. 

Par suite de l'abaissement des cours et des difficultés d'ex- 
pédition, l'exportation n'a atteint, en 1915, que 68.297 kilo- 
grammes de coton égrené (85.372 francs), contre 134.586 kilo- 
grammes en 1914 (168.233 francs). 

Indochine 
La qualité du coton cambodgien, d'après M. Brenier (2), 



(1) il. Jumelle : Les Recherches récentes sur les Ressources des 
Colonies françaises <•! étrangères ••! des autres Pays chauds [nnales 
du Musée Colonial, 1916, 3 e Fascicule, p. 55 

il BrcnicT : ■ Les Ressources de l'Indochine el leur mise en valeur 
après la ( îuerre a [Bulletin de I" Socit té d'Encouragement /""//• VIndm 
national, . Paris, 19 H'»). 



86 QUELQUES DONNÉES 

serait bien supérieure à celle du coton indien. A la suite d'un 
essai industriel, M. Paul Ancel, de la maison Ancel-Leitz, 
écrivait dès 1904 que, quoique le coton du Cambodge n° 1 
soit d'une qualité inférieure au « Louisiane » comme résis- 
tance, et surtout comme longueur de poils, il est possible 
d'arriver, un peu au détriment de la production il est vrai, 
à faire le même genre de fils qu'avec ce dernier. Avec des 
machines appropriées, le travail serait certainement meilleur ; 
et ce genre de coton indochinois se travaille bien mieux aux 
machines étireuses que le Louisiane, par suite de la finesse des 
poils. 

M. Brenier rappelle que le Japon achète à bas prix tout ce 
que produit le Cambodge, soit de 3.000 à 5.000 tonnes actuel- 
lement ; et, en décembre 1911, le représentant des filateurs du 
Lancashire déclarait que ces filateurs étaient acheteurs de 
500.000 balles de coton du Cambodge, tel que commençait à 
le produire le Sud de l'Inde, si on pouvait le leur fournir. 

La superficie cultivée en cotonniers au Cambodge, qui est 
uniquement, à l'heure actuelle, celle que permettent les inon- 
dations du Mékong, pourrait être étendue par des travaux de 
colmatage qu'il faudrait obtenir de l'autorité locale. 

Possessions françaises d'Océanie 

Nous avons déjà dit dans ces Annales (1) qu'il était exporté 
en 1915 : 

De Nouvelle-Calédonie, 1.331.127 kilogrammes de coton 

non égrené ; 
Des Etablissements français d'Océanie, 8.485 kilogrammes 

de coton égrené. 

Une grande partie du coton exporté de Nouvelle-Calédonie 
est récolté aux Nouvelles-Hébrides, qui ont expédié dans 
notre vieille colonie, en coton brut r 



(1) H. Jumelle : « Les Recherches récentes sur les Ressources des 
Colonies françaises et étrangères » {Annales du Musée Colonial, 1916). 



sur l'état actuel de la culture cotonnière 87 

1911 197.685 kgr. 

1912 316.324 kgr. 

1913 846.097 kgr. 

1914 1.088.703 kgr. 

1915 1.638.801 kgr. 

1916 1.751.905 kgr. 

Il y a donc, de façon continue, léger progrès dans notre 
production cotonnière des Nouvelles- Hébrides. 

Les 1.751.905 kilogrammes de 1916 étaient évalués, au port 
d'embarquement, 875.930 francs. 

Les Etablissements Français d'Océanie, qui expédiaient 
8.485 kilogrammes de coton égrené en 1915, en avaient ex- 
porté 17.320 kilogrammes en 1914. 



Etats-Unis 

Malgré leur forte production cotonnière (tl millions 
191.820 balles) (1), les Etats-Unis sont tributaires de l'étran- 
ger pour les cotons « longue-soie ». Ces cotons à poils d'au 
moins 28 millimètres ne sont, en effet, récoltés, dans le Nord- 
Amérique, qu'en quantité relativement faible, et inférieure 
aux besoins des fabriques de fils, de tricots, de dentelles et 
surtout de bandes pour automobiles et bicyclettes. A elles 
seules, les manufactures américaines de pneumatiques et de 
bandes — qui ont produit en 1917 plus de 56.000 kilogrammes 
de ces articles — ont utilisé plus de 250.000 balles de < longue- 
soie . Or la récolte de 1915 en « Sea-Island » n'a été que de 
'91.844 balles, dont 57.572 de Géorgie, 28.094 de Floride et 
6.178 de la Caroline du Sud : et. au total, la production di 

long-si aple - aurait et e de 825.000 balles (2). Les El ;it B-l 'ni- 



(1) Nous avons «lit plus haut, d'après une autre statistique, il mil 
lions 068.073 balles. 

(2 La quantité de longue-soie récoltée en Egypte en 1915 aurait 
été, au plus, d'un million de balles; et ce serait approximativemenl 
total, - millions de balles de ces cotons qui auraient été produits, en 

: te année, dans le monde. 



88 QUELQUES DONNÉES 

ont donc dû importer de l'étranger 420.995 balles, dont 
350.796 balles de «longue-soie » d'Egypte ; et ainsi s'explique 
le désir qu'a la République nord-américaine d'étendre, dans 
les régions où le climat et le sol sont favorables, certaines 
variétés égyptiennes, ou des dérivés de ces variétés. 

Au nombre de ces régions serait notamment le « Grand 
Sud-Ouest », c'est-à-dire l' Arizona, le sud de la Californie et 
le nord du Mexique. De grands travaux d'irrigation ont été 
entrepris dans cette contrée pour la mise en valeur du Désert 
du Colorado, et déjà des résultats satisfaisants ont été obtenus, 
principalement avec le Durango, qui, provenant de l'Etat 
mexicain de ce nom, serait une excellente variété à longue 
soie des hautes terres. 

Le Durango s'est admirablemeat acclimaté dans 1" Impérial 
Valley de Californie. Dans cette vallée, où toute la culture 
(correspondant actuellement à 200.00(1 hectares) est due à 
l'irrigation, les cotonniers couvraient en ces derniers temps 
40.000 hectares, dont 18.000 sur le territoire des Etats-Unis 
et 22.000 au Mexique. Or, la récolte de 1916 a été de 40.000 
balles de « courte-soie » du type Big-boll et 30.000 balles de 
«longue-soie » Durango. On avait obtenu 5.986 balles en 1910, 
" 9.700 en 1911, 8.215 en 1912, 22,838 en 1913, 49.835 en 1914 
et 28.551 en 1915. 

Ces dernières statistiques comprennent, du moins, les cotons 
récoltés sur le territoire des Etats-Unis et ceux qui. récoltés 
au Mexique, ont été égrenés en Californie américaine (The 
India Rubber World, mars 1917). 

Si l'on songe qu'on évalue à près de 600.000 hectares la 
superficie qui peut être irriguée par le Colorado (280.000 dans 
l'Impérial Valley, 200.000 dans le delta du Colorado et 80.000 
au Mexique dans le Sonora, au-dessous de la vallée de Yuma), 
on voit qu'il y a place encore pour l'accroissement de la cul- 
ture des « longue-soie ». 

Dans l' Arizona, dans la Sait River Valley, il a été également 
obtenu des cotons qui ont la caractéristique des cotons égyp- 
tiens ; et sur sols irrigués, où de la luzerne a été cultivée, la_ 
moyenne de récolte est élevée. En ces dernières années, 



sur l'état actuel de la culture coto^nière 89 

l' Arizona a exporté 2.229 balles en 1912, 7.142 balles en 1914, 
1.981 balles seulement (par suite des bas prix de 1914) en 
1915, 4.000 balles en 1916. 

Egypte 

Nous avons déjà vu plus haut, en note, que la récolte du 
coton en Egypte, en 1915-1916 (du 1 er septembre 1915 au 
31 août 1916), a été très inférieure à celle de 1914-1915 
(218.485 tonnes, au lieu de 314.496). Il ne semble pas que la 
production doive s'élever beaucoup en 1916-1917, car la sur- 
face ensemencée en 1916 a été inférieure à celle prévue 
(1.655.512 feddans, au lieu de 1.750.000) ; et, au lieu de 
8 millions de kantars, on prévoit, à raison de 4 kantars par 
feddan, 6.622.048 kantars, soit 295.000 tonnes environ, c'est- 
à-dire quelque peu plus cependant qu'en 1915-1916 (1). 

La moins-value sur les prévisions n'est pas due seulement 
à la moindre surface ensemencée, mais aux dégâts que cause 
le « ver de la graine », ou « ver rose de la capsule », qui est 
le Gelechia gossypiella (2). 

En 1915-1916, la prime du coton égyptien (dont le prix 
moyen a été de 10 d. 42) sur le Middling américain (valant 
7 d. 51) a été de 39 p. 100, alors qu'elle était de 40 p. 100 en 
1914-1915. La moyenne, depuis 1899, avait été de 45 p. 101 ' 
(63 p. 100 en 1906-1907, 67 p. 100 en 1909- 1910) (3). 



il) Pour 1918, le Gouvernement égyptien a décidé de restreindre la 
surface <!•■ culture du cotonnier. Cette décision est la conséquence des 
difficultés de transport des «rivales de l'Inde .-t d'Australie. L'Egypte, 
qui risque de ne plus être suffisamment approvisionnée de ce i ôté, doit 
nécessairement accroître les surfaces de culture de réaies; et la 

culture <lu (<» ton est <lf celles qui <loivent être momentanément sacrifi 

2) Ce Gelechia gossypiella, on pink boll worm, qui, apporté vrai- 
semblablement de l'Inde, esl aujourd'hui un des plus redoutables 
ennemis du cotonnier en Egypte, n'y est apparu qu'en I9H. Pour le 
combattre, on chauffe les graines dans un appareil spécial à 50°, et on 
tue ainsi 98 p. 100 des larves qui se trouvent dans ces graines, où elles 

-<»nt installées pour passer l'hiver. 
; Malgré la supériorité <lu coton égyptien, c'est le coton américain 

hfiddling'l pland qui, en raison de la forte production des Et 



90 QUELQUES DONNÉES 

Au sujet des dates les plus favorables d'ensemencement 
en Egypte, il résulterait des recherches de MM. Balls et Holton 
que. sur le territoire de Gizeh tout au moins, la meilleure 
récolte est celle qui correspond à des semis du 15 mars. Ce 
qui concorde au reste avec les habitudes des cultivateurs 
égyptiens de la contrée, qui ont coutume d'ensemencer entre 
le 10 et le 15 de ce mois. 



Soudan Anglo-Egyptien 

Il était tout naturel que le Gouvernement Britannique 
songeât à mettre à profit, pour la culture du cotonnier, le 
Soudan égyptien placé sous son contrôle. Ainsi que l'écrivait, 
en 1911, M. Dunstan à propos de cette contrée, « de nombreux 
districts ont été cultivés en bon coton du type égyptien, et, 
de plus, il est reconnu qu'il existe, surtout dans la province 
de Berber, de très vastes étendues de terrain approprié ». 
« Mais, ajoutait M. Dunstan, il faut dans ces contrées, où il 
ne pleut jamais, disposer artificiellement d'une quantité 
suffisante d'eau et pouvoir se procurer la main-d'œuvre 
nécessaire. » 

Insuffisance d'eau et manque de main-d'œuvre étaient, en 
effet, déjà deux des difficultés auxquelles pouvait se heurter 
un projet de culture cotonnière au Soudan. Une troisième 
était l'état plus que précaire des communications aux débuts 
de l'occupation anglaise. Enfin de gros crédits étaient indis- 
pensables. 

Dans sa si intéressante notice sur Un voyage d 'Etudes au 



Unis, fournit la base des prix sur le marché. Dans les quinze années 
précédant la guerre, les prix de ce « Middling » avaient généralement 
varié, suivant les années, entre 3 et 6 ou 7 pence la livre à Manchester. 
Or, en 1917, les prix, qui n'étaient encore que de 9 pence à Londres au 
1 er septembre 1916, se sont élevés, à la fin de juin, à 12 d. 3/4 à New- 
Tork et 19 d. 1/2 à Londres. En mars 1917, lorsque le « Middling » 
valait à Londres 12 pence 1/2, le coton égyptien était coté jusqu'à 
22 pence 85. 



sur l'état actuel de la culture cotoxxière 91 

Soudan A nglo- Egyptien en 1913-1914, M. G. Foucart (1) a 
lumineusement exposé comment le Sudan-Government a su 
bravement aborder sans tarder toutes ces difficultés et a 
déjà commencé à les résoudre. 

Le problème des communications est même déjà à peu près 
résolu. Alors qu'en 1897, il n'y avait pas — en dehors de quel- 
ques tronçons de voies militaires — un kilomètre de rail au Sou- 
dan, en 1914 un réseau de 2.393 kilomètres était construit, dont 
toutes les maîtresses lignes étaient déjà régulièrement ex- 
ploitées ; et les ramifications secondaires étaient à l'étude. 
Le début du fonctionnement remonte à Tannée 1900; et 
aujourd'hui tout un système mi-fluvial, mi-ferré, achemine 
tous les produits du pays vers la Mer Rouge, c'est-à-dire, 
plus exactement, vers Port -Soudan, cette ville nouvelle surgie 
comme par enchantement à 40 kilomètres au nord de l'ancien 
port de Souakim. Commencé en 1905, Port-Soudan était 
inauguré quatre ans plus tard, en avril 1909, après 23 millions 
de dépenses. 

Le problème de la main-d'œuvre n'est pas le moins grave. 
Le Soudan égyptien renferme à peine deux millions d'habi- 
tants, pour une superficie qui équivaut à six ou sept fois celle 
de la France ; et beaucoup de ces populations, dans le Sud, 
vivent encore à l'état sauvage. D'autre part, la région n'esl 
pas de celles qui puissent convenir au travailleur- européen ; 
elle ne convient pas davantage à l'immigration indienne ou 
chinoise. Et c'est à trois éléments africains qu'il t'a ni surtoul 
s'adresser : aux Gallas d'Abvssinie, aux Noirs du sud du Bahr- 
el-Gazal, de l'Ouganda el du Congo belge, et aux races d< 
l'Afrique occidentale. M. Foucart dit qu'à Dueim le Qombn 
des immigrés de l'Ouest-Africain étan de 15.000 environ, d< 
1912 à 1914. S'il faul , au total, pour les dix prochaines ann< 
200.000 à 250.000 travailleurs, on peul raisonnablement ad- 
niri i iv que ers chiffres seront ai t einl s. 



il <;. Foucarl : Un voyage d'Etudes au Soudan Anglo-égyptu 
191 'i . Edité parla Chambre de commerce de Marseille en 1916. 



92 QUELQUES DONNÉES 

Quant aux travaux d 1 irrigation, ils sont aussi dès à présent 
entrés dans le plan d'exécution. Tels sont notamment ceux 
de la section nilotique du Dongola, des régions de Tokar et 
de Kassala, et surtout du Gezireh. Ces derniers, les plus im- 
portants de tous, « consistent essentiellement, dit M. Foueart. 
à élever sur le Nil Bleu, à 8 kilomètres au sud de Sennaar. 
un barrage ; la différence de la cote avec le Nil Blanc étant 
de 70 mètres, un canal transversal coupant le Gesireh du 
Nil Bleu au Nil Blanc amènera, par une série de dérivations 
Secondaires, l'irrigation nécessaire et transformera toutes ces 
régions en terres susceptibles de produire le coton. Sur le Nil 
Blanc lui-même, le barrage de Gebel Aouli constituera, et pour 
les terrains soudanais et pour l'Egypte elle-même, une im- 
mense réserve d'eau ». M. Foueart cite encore, comme tra- 
vaux secondaires, ceux de la Dinder, affluent du Nil Bleu. 

Et ce ne sont là que les travaux pour lesquels les fonds 
nécessaires sont dès maintenant disponibles. On songe pour 
plus tard à l'aménagement complet de TAtbara, à la régula- 
risation du lac Tana, au percement du canal rectiligne de Bor, 
dans les régions du Haut-Nil, à la construction de déversoirs 
aux chutes Ripon, à la sortie du lac Victoria, etc. 

Au point de vue financier, il est convenu que l'Egypte 
contribuera, de compte à demi avec le Gouvernement du 
Soudan, à certaines dépenses pour les grandes entreprises 
telles que le barrage du Nil Blanc. Un emprunt de 3 millions 
de livres a été, en outre, garanti par l'Angleterre pour ces 
mêmes entreprises. 

De l'exécution de tout ce grand plan de « remodelage » de 
la vallée du Nil et, en particulier, des travaux de barrage du 
Nil Blanc, du Nil Bleu et du canal de Gesireh dépend 
donc l'avenir de la culture cotonnière dans le pays. Au début 
de 1914, on admettait que les surfaces qui pouvaient être 
plantées en coton avant 1920 étaient de : 

Dans la province de Dongola 40.000 hectares 

Dans la région de Tokar 20.000 — 

Dans la région de Kassala 100.000 — 

Dans le Gezireh 400.000 — 



sur l'état actuel de la culture cotonnière 93 

Les événements présents doivent nous amener aujourd'hui 
à modifier les prévisions du commencement de 1914, mais 
au seul point de vue du laps de temps dans lesquelles les 
surfaces indiquées pourront être livrées à la culture : les 
nombres indiqués pour ces surfaces mêmes restent vrais. 
M. Foucart dit que, lors de son passage à Khartoun, on esti- 
mait alors devant lui à 800.000 hectares au moins la superficie 
des terres qui, dans les quatre régions mentionnées, pourraient 
convenir aux cotonniers lorsque seraient complètement achevés 
les travaux en cours. 

Sur ce total, on admettait 400.000 hectares pour le Gezireh 
(dont la superficie est d'environ 1.600.000 hectares), 200.000 
pour les vallées d'Atbara, autour et en aval de Kassala, 
80.000 dans le Dongola, 120.000 pour l'oasis de Tokar et la 
vallée en amont. 

Jusqu'alors, il a été produit (la livre égyptienne valant 
25 fr. 90) : 

En 1311... 270.000 livres égyptiennes, correspondant à 12.500 tonnes 

En 1912.. . 155. 000 8.000 

En 1915. .. 236.793 

En 1916 (l) 269.0'.):; 

Soit donc, pour cette année 1916, 6.970.000 francs environ. 

Ne négligeant aucun moyen d'étendre cette production, 
le Gouvernement du Soudan a fondé sur le Ni] Bleu, commi 
station d'essais pour la culture du cotonnier, (a station d»- 
Tayibah. 

Dans cette station, qui occupe une surface d'enviroi 
1.000 hectares el où les terres onl la composition ordinaire 
de celles du Gesireh, les champs, dit M. Foucart, onl nu 
lemenl triennal : une année de Légumineuses, un-' année de 



H Bn ces années 1915 -'l 1916, les exportations totales «lu Soudan 
égyptien uni été respectivement de 1.557.991 el 2.881 ijyp- 

tiennes. La contrée a notamment exporté, en plus 'lu i oton, 'I'- la gomme 
586.102 livres en 1916), du sésame 193.040 livi du son 
livres), des peaux, 'lu bétail, de l'ivoire 70.234 livi (■ . 



94 QUELQUES DONNÉES 

cotonnier et une année de céréales (2). Les semailles ont lieu 
en juillet, après trois labours. La récolte est faite en trois ou 
quatre cueillettes successives de janvier à avril, la première 
étant de beaucoup la meilleure. On irrigue immédiatement 
après le semis et on renouvelle l'irrigation suivant les besoins 
de la plante, mais en tous les cas après chaque cueillette. 

L'espèce sélectionnée pour les graines est le Mit-Afiji 
égyptien. L' Upland américain, essayé en 1912, a été abandonné. 

Comme salaires journaliers, M. Foucart indique 3 piastres 
(77 centimes) pour les hommes, 1 piastre 1 /2 pour les femmes 
et 1 piastre (25 centimes environ) pour les enfants. 

Gomme rendement, on admettait en 1914, à Tayibah, 
5 kantars 3 à 5 kantars 6 par feddan. Le feddan égalant à peu 
près l'acre anglais, exactement 42 ares, et le kantar étant de 
44 kgr. 500, c'est donc approximativement 560 à 595 kilo- 
grammes de coton égrené à l'hectare. 

C'est à peu près ce qu'on obtenait jadis en Egypte, où la 
production était de 6 kantars par feddan, alors qu'elle ne 
serait plus guère aujourd'hui que de 3 kantars 5, soit 320 kilo- 
grammes, à l'hectare. 

En 1915-1916, l'exportation du Soudan a été de plus de 
24.000 balles, d'une valeur d'environ 300.000 livres sterling. 

Australie 

Certaines régions de l'Australie, notamment dans le 
Territoire du Nord et au Queensland, sont favorables à la 
culture du cotonnier ; et, comme pour notre Algérie, il fut 



(2) Ce système d'assolement triennal est celui qui a été longtemps 
adopté en Egypte, où on faisait une culture d'été en coton, puis une 
culture d'hiver en fèves, trèfle et autres, et, pendant la troisième année, 
une culture d'hiver avec blé, puis sorgho à la crue, avec une coupe de 
trèfle ensuite. Mais aujourd'hui, beaucoup de propriétaires, désireux 
d'un plus grand rapport, ont pris l'habitude fâcheuse d'un assolement 
biennal, d'autant plus épuisant qu'il n'est pas compensé par un apport 
d'engrais suffisant. Voir à ce sujet un article de M. Dumont sur « L'Agri- 
culture en Egypte », dans la Vie Agricole et Rurale du 25 août 1917. 



sur l'état actuel de la culture coton^ière 95 

une époque où le Queensland exporta d'assez notables quan- 
tités de coton. En 1871, ces exportations furent de 1.133tonnes 
de coton égrené. Puis, pour diverses raisons, parmi lesquelles, 
au premier rang, la cherté de main-d'œuvre, cette industrie 
fut abandonnée, et, en 1897, l'usine d'égrenage d'Ipswich, 
qui avait été ouverte en 1890, fut fermée. 

Plus récemment, pourtant, le gouverneur a de nouveau 
poussé à cette culture, en distribuant des graines et en garan- 
tissant un prix minimum de vente de 6 d. 1/2. 320 hectares 
ont été ainsi ensemencés en 1916 au Queensland. 

Dans le Territoire du Nord, on ne comptait encore que 
6 hectares en 1912-1913 ; mais on espère que la culture s'y 
étendra, ainsi que dans certaines parties de l'Australie Occi- 
dentale et de la Nouvelle-Galles du Sud. 

Au commencement de 1917, quelques échantillons de ees 
cotons australiens ont été examinés à l'Impérial Institut.' 
de Londres. Les uns (du Queensland) provenaient de variétés 
égyptiennes ; les autres (de l'Australie Occidentale et de la 
Nouvelle-Galles du Sud) provenaient de variétés américaines. 
Les cotons égyptiens du Queensland ont semblé plutôt mé- 
diocres, mais les cotons américains ont paru de qualité suf- 
fisante. 

Autres Possessions Anglaises 

A la Gold Coast, les résultats obtenus dans le Territoire du 
Nord ont été si peu satisfaisants que l'Association a décidé 
d'abandonner ses essais. 

Kn Ni^érii". la production au Lagos a été affectée par la 
baisse de prix due à la guerre. En L915, la récolte n'a été que 
de 6.16J balles, au lieu de 13.547 en 1914 : mais, pour 1916, 
on espérait 10.000 balles. Dans le districl d'Illushi, des Pro- 
vinces du Sud, il y a eu de si faibles progrès que la Mai mu 
d'Illushi a été fermée. Mans les Provinces du Nord, aucon- 
traire, un coton longue-soie a été introduit ave< ~' : ' 
pendant le premier semestre de 1916, 10.000 balles ont 



96 QUELQUES DONNÉES 

mises en vente, alors qu'il n'y en avait eu que 1.128 pour 
toute l'année 1915. 

Dans l'Ouganda et dans le Nyassaland, dont nous avons 
parlé longuement dans notre précédente Revue (/oc, cit., p. 108), 
les bas prix dus à la guerre avaient momentanément découragé 
les indigènes, mais la confiance renaît, tout au moins au 
Nyassaland. Dans l'Ouganda, l'Impérial Institute craint 
quelques années difficiles. 



Brésil 

L'insuffisance qui est à prévoir après la guerre dans la pro- 
duction eotonnière, pour les raisons plus haut exposées, doit 
encourager le Brésil à étendre une culture qui, jusqu'alors, 
dans l'Amérique du Sud, est restée relativement restreinte. 
On admet ordinairement, dans les statistiques générales, que 
sur une production mondiale de 22 millions environ de balles 
(toutes rapportées à 227 kilogrammes), le Brésil apporte une 
contribution de 300. 000. balles. Ce chiffre même est exagéré si 
nous nous reportons à la statistique brésilienne de 1913, qui 
n'indique que 37.424 tonnes, au lieu des 68.100 que devraient 
représenter les 300.000 balles (1). 

En 1914, le Brésil a exporté 30.434 tonnes. 

Quant à l'année 1915, diverses raisons en ont rendu les 
exportations de coton tout à fait anormales. D'abord, la 
grande sécheresse de cette année-là, dans le Nord, a fortement 
diminué la production, puis les entraves apportées à la navi- 
gation ont encore naturellement exercé leur influence, et, 
enfin, le produit a été retenu sur place par les industries 
textiles, qui, en raison de la raréfaction et delà hausse énorme 
de la matière première, ont même demandé l'établissement 
d'un droit prohibitif de sortie. En définitive, le Brésil n'a 



(1) Le chiffre de 300.000 balles ne serait d'ailleurs pas encore exact 
si nous admettions qu'il s'agit de balles brésiliennes de 80 à 82 kilo- 



grammes. 



sur l'état actuel de la culture cotonnière 97 

livré, en cette année 1915, au commerce extérieur que 5.228 
tonnes de coton (1). 

En valeur, les exportations de coton de ces trois années 
1913, 1914 et 1915, ont été respectivement de 57, 36 et 7 mil- 
lions de francs. 

En 1913, les exportations totales du Brésil (2) étaient 
d : une valeur de 1.621.225.000 francs, sur lesquels le café 
(13.267.000 sacs de 60 kilogrammes) comptait pour un milliard 
19.450.000 francs et le caoutchouc pour 259.375.000 francs. 
Le coton se place au second rang en quantité, et au troisième 
en valeur. 

Que les Etats du Brésil, où le sol est favorable au cotonnier 
et où de grandes surfaces restent disponibles, s'adonnent à 
cette culture, et le Brésil pourrait devenir pour le coton un 
grand pays producteur. 

Au reste, les administrations locales s'en rendent parfai- 
tement compte, puisque, par décret en date du 5 août 1916, 
l'Etat de Bahia offre la disposition gratuite, pendant cinq 
années, de certaines terres domaniales à des planteurs de 
coton, brésiliens ou étrangers, ou aux personnes qui n'étanl 
pas elles-mêmes des agriculteurs, désirent fonder des colon;. - 
agricoles en vue de la culture du cotonnier. A la fin de ces 
cinq ans, la pleine possession de ces terrains sera acquise aux 
personnes qui ont cultivé ou qui ont fondé la «•.»!. .ni. •. Dans 
le cas, parcontre, où, à l'expiration des cinq années prévues, I< 
terres ne seraient pas en état de culture effective, elles ferai* ni 
retour à l'Etat de Bahia. Ce dernier offre également des faci- 
lités pour la distribution de la semence el s'engage à appointer 
un ou plusieurs spécialistes pour instruire les producteurs 
sur Les méthodes «le plantation et le traitemenl des maladii 



(1) D'après des renseignements tout récents, le Brésil produirai I 

actuellement 248 millions de francs environ de tissus d ton et en 

importerait d'Europe et des Etats-Unis 12 à 13 millions 

(2) Dans les statistiques "l'un précédenl fascicule de ces [m 

[:> c Bérie, 'r volume, :J e fascicule, p. 177), nous n'avons pas suffisamment 
précisé qui», dans 1<> tableau donné, les exportations cil taienl les 
exportations du Brésil pour 1" premier semestre de 1915. 



98 ÉTAT ACTUEL DE LA CULTURE COTONNIERE 

Pendant que, à Liverpool, le coton américain passait de 
7 d. 08 à 11 d. 17 la livre, celui de Pernambuco passait de 
7 d. 52 à 11 d. 92. Le produit brésilien est donc apprécié. 

Russie 

La Russie offre, au point de vue cotonnier, cet intérêt que 
ses manufactures — qui, en 1914, comprenaient 9.213.000 bro- 
ches et 224.000 métiers — sont pour la plus grande part, alimen- 
tées par les récoltes du pays. 

En 1906, le coton russe, qui provenait du Caucase et surtout 
du Turkestan, ne donnait que 38 p. 100 de la quantité em- 
ployée par les filatures ; en 1913, il donnait, 54 p. 100, et, en 
1915,74 p. 100.Surles26p. 100 qui manquaient encore, 8 p. 100 
provenaient des pays asiatiques limitrophes ; et l'étranger ne 
fournissait plus, en définitive, que 18 p. 100. 

En 1913, les usines de tissage ont produit 19.600.000 ponds, 
soit 321.048.000 kilogrammes de tissus. 

Henri Jumelle. 



ORLEANS, IMP. H. TESSIER. 



COLONIES ET MARINE 



Sommaire du Numéro de Novembre 1917 

Emile Ghautemps. — Quelques considérations sur le rôle de la Marine. 

O A. d'Arlincourt. — La question des Confins aîgéro-marocains. 

Gratien Candace. — Notre Marine marchande. 

Paul Bluysen. — Le problème dir Fret colonial. 

E. Ch. — La Conférence coloniale et son œuvre. — Le Comité général 
du Pétrole en France. 

Henry Bérenger. — L'Ile d'Emeraude. Notre belle Guadeloupe. 

Colonies. — Nouvelles-Hébrides : Le commerce d'exportation en 
1916. — Etablissements français de l'Océanie : Un exercice florissant. 
— Indochine : l 'ne belle année commerciale. — La santé aux Coloni- s. 

Bibliographie. — A travers Journaux et Revues. 



Le Numéro : 2 fr. 50. — Abonnements : Vn an. 10 francs. 

EN VENTE : 

11, Rue des Petits-Champs, PARIS 



MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE 



Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 1893, pa- 
raissent annuellement en un volume ou en plusieurs fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur importance, 
sont en vente chez M. Challamel, libraire, 17, rue Jacob, à Paris, à 
qui toutes les demandes de renseignements, au point de vue commer- 
cial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M. Henri 
Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, directeur du Musée 
Colonial, 5, rue Noailles, à Marseille. 

Les auteurs des mémoires insérés dans les Annales ont droit gra- 
tuitement à vingt-cinq exemplaires en tirage à part. Ils peuvent, à 
leurs frais, demander vingt-cinq exemplaires supplémentaires, avec 
titre spécial sur la couverture. 

Les mémoires ou ouvrages dont un exemplaire sera envoyé au 
Directeur du Musée Colonial seront signalés chaque année en fin de 
volume dans les Annales. 

Le 1 er fascicule de l'année 1916 (Catalogue descriptif des Collections 
Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Madagascar et Réunion) 
et le 3 e fascicule de la même année (Recherches récentes sur les Res- 
sources des Colonies françaises et étrangères et des autres Pays chauds) 
sont déjà parus, ainsi que le 1 er fascicule de l'année 1917 (Catalogue 
descriptif des Collections Botaniques du Musée Colonial de Marseille : 
Afrique Occidentale Française). 

Le 2 e fascicule de 1916 paraîtra le mois prochain et contiendra les 
mémoires suivants : 

1° Quelques Graines oléagineuses africaines, par M. Pieraerts, Con- 
servateur au Musée du Congo Belge. 

2° Les Monocotylédones aquatiques de Madagascar, par M. Henri 
Jumelle. 

3° Les Bois utiles de la Guyane Française, par M. Herbert Stone, 
de Birmingham. 



INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

FONDÉES EN J 893 PAR EDOUARD HeCKEL 
DIRIGÉES PAR 

M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences, 
Directeur du Musée Colonial de Marseille. 



Vingt-cinquième année, 3' série, 5 volume 1917). 

3 e Fascicule. 

Les Bois utiles de la Guyane Française Suite), 
par M. Herbert Stonè, de Birmingham. 



<±r.^ - 



MARSEILLE 

MUSEE COLONIAL 
5, Rui Noaii 1 1 s, 5 



PARIS 
LIBRAIRIE CHALLAMEL 

17. RUB Ja( "ii. 1 / 



l'.M 



Principaux Mémoires parus antérieurement dans les 
ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 



D r Heckel: Les Kolas africains. Année 1893. (Volume presque épuisé.) 

D r Rançon : Dans la Haute-Gambie. Année 1894. Volume complètement épuisé.) 

R. P. Duss: Flore phanérogamique des Antilles françaises. Année 1896. (Volume 
complètement épuisé.) 

E. Geoffroy : Rapport de Mission scientifique à la Martinique et à la Guyane. 

Année 1897. 

D r Heckel : Les Plantes médicinales et toxiques de la Guyane française. 

Année 1897. 

D p Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 

Année 1897. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 

Année 1898. 

H. Jumelle : Le Cacaoyer. Année 1899. 

D 1 H. Jacob de Cordemoy : Gommes, gommes-résines et résines des colonies 
françaises. Année 1899. 

L. Laurent : Le Tabac. Année 1900. 

D r .H. Jacob de Cordemoy : Les Soies dans l'Extrême-Orient et dans les colonies 
françaises. Année 1901 . 

L. Laurent : L'Or dans les colonies françaises. Année 1901. 

A. Chevalier; Voyage scientifique au Sénégal, au Soudan et en Casamance. 

Année 1902. 

Gaffarel : L'Exposition d'Hanoi. Année 1903. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 

Année 1903. 

D v H. Jacob de Cordemoy: L'Ile delà Réunion. (Géographie physique; richesses 
naturelles, cultures et industries.) Année 1904. 

Capitaine Maire : Étude ethnographique sur la race Man du Haut-Tonkin. 

Année 1904. 

E. Lefel -yre : Étude chimique sur les huiles de bois d'Indochine. Année 1905. 

H. Jumelle : Sur quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Notes sur la Flore du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Notes biologiques sur la végétation du 
Nord-Ouest de Madagascar ; les Asclépiadées. Année 1908. 



ANNALES 



D l 



MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

(Année 1917) 



MAÇON, PROTAT FRERES, IMPRIMEURS 



INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



ANNALES 

DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

FONDÉES EN 1893 PAR EDOUARD HeCKEL 
DIRIGÉES PAR 

M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences, 
Directeur du Musée Colonial de Marseille. 



Vingt-cinquième année, 3 f série. 5' volume (1917) . 

3 e Fascicule. 

Les Bois utiles de la Guyane Française Suite), 

par M. Herbert Stone, de Birmingham. 



^^j jOXa SSfey» 



MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

">. KlK NOAILLI s, ."> 



PARIS 
LIBRAIRIE CHALLAME1 

17. m i .1 m <>n. I 7 



LES BOIS UTILES 



DE LA GUYANE FRANÇAISE 



*<- 



par M. HERBERT STONE 

DE BIRMINGHAM 

(Suite). 



ÉTUDE DESCRIPTIVE 



DES BOIS DE LA GUYANE FRANÇAISE 



SECONDE PARTIE 



FAMILLE XL Y. — MÉLIACÉES 



TRIBU I. — MÉLIEES 

Melia Azedarach Lin. n° 1171. 

Synonyme : Azedarach deleteria Moench. 

Noms vulgaires : Lilas des Indes, Margousier, Faux-Syco- 
more, Arbre saint, Arbre à chapelets, Cinnamomo. Orte. 
Aariabapou au Malabar (Descourtilz). Laurier grec Wicsner). 
Pasilla, Lilaila (Ant. Urban). Lotier blanc (Hoquillon). Syco- 
moro batardo, Melia, Amargoseira, Conteira (Portug., Cou- 
tinho). Lilier à feuilles de Frêne, Kirîkohomba Ceylan . 
Lilas du pays (Guad. et Martin.) ; Kakera-kikera et Mimboo 
(Malaisie) ; Koekara-kaekeri (Sunda, Duss] : Voandelaka Mal- 
gache, Dandouau); Cinnamomo Esp., Wilkomm . ( !ay Sandau, 
Xuyen luyen, Xun lien Cnrliinehine, Loiireiro . Tira Tahiti : 
Lilas de Chine (Tahiti, fr.); Sau-dan (Annam, de Cordemoy 
Xoan-hà, La variété rougeâtre : Xoan-trang, la variété blan- 
châtre (Bulletin de l'Indochine). Salugueiro da [ndia, Lyrio 
do [ndia, Jasmin d<> soldado Brésil, Peckoll . Lien-moc 



4 H. STONE 

(Tonkin) ; Bois de lilas (Musée Colonial de Marseille) ; Bastard 
Gedar, Persian Lilac,Albero di Paternostri (Saint-Domingue), 
Albero délia pazienza, Siccomoro, Sicomoro, Zaccheo (Var- 
gioni). Xoan ou Souan, dont deux variétés, Xoan tia, rou- 
geâtre, et Xoan trang, blanc ; Maha Neem (Ind.). Zenzalaht 
(Egypte), Pride of India, China-berry, China tree, Bead tree, 
Paternosterbaum (Hough). Fico d'Egitto, Meliac, 'Agriaz, 
Arbol de Paraiso, Margosa (terme gén.) Lillock (Ant. Angl.); 
Nim (Inde) ; Paraiso (Argentine, Rolland) ; Cyronenne (Fr. 
du midi), Bombalo ià n'puto (Afr. Port.). Chaun mou, Hou- 
lieu, Xim lien, Yu-mou (Annam) ; Faux-Camphrier (Cochin.) ; 
Seun dau, Shien lien, Sen-yoo-si (Japon) ; Lila, Piocha, Pa- 
raiso morado (Mexique); Aleli (Venezuela, Grisard). So Do 
(Coch. Ch.), Lilas (Réu., Niederlein). Grand Lilas (Réunion : 
Cordemoy). Glatter Zedrach (Ail). Malevemboumaram 
(Tamoul ; Gaebelé). — Tjakri-tjikri (Batavia : Greshoff; voir 
aussi 1997 C). 

Provenance : Inde centrale, région de l'Himalaya, et cultivé 
dans tous les pays chauds. 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une 
dureté moyenne, ressemblant à l'acajou; de couleur rougeâtre- 
clair ou brun foncé, avec des raies plus claires et des stries 
noires, ou même fauves. Surface un peu luisante. Nuance de la 
coupe transversale beaucoup plus foncée que celle des autres 
sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,755 (Argentine, 0,939). 
D'après Mathey, 0,550 à 0,590 pour une provenance euro- 
péenne, et 0,572 à 0,589 pour une provenance exotique. Du- 
reté, entre le Tilleul et le Cerisier. 

Odeur, à sec, nulle ; humecté, odeur très légère, mais spé- 
ciale. Sans saveur, quoique, d'après le Bulletin de l'Indochine, 
saveur amère. 

Caractères de V écorce. — D'après Hough, écorce gris rou- 
geâtre, tombant avec l'âge en plaques fibreuses longitudinales. 
D'après Peckolt, écorce brun cannelle, inodore, d'une saveur 
amère et astringente. Verte, lisse, d'après Descourtilz. D'après 
le Catalogue de l'Argentine, épaisse de 3 à 5 mm. environ, 



ROIS L'TILES DE LA GUYANE FRANÇAISE B 

avec des rides assez saillantes et de couleur marron noirâtre. 

Lorsque l'écorce est jeune, elle est plutôt lisse, avec des 
rides réticulées ; dans chaque maille se trouve une petite len- 
ticelle. Plus tard, elle se gerce légèrement et tombe en plaques. 
Elle se divise en deux couches : une intérieure, qui est stra- 
tifiée, et jaune ou brune; et une extérieure, brune ou rouge. 
Au-dessous est une couche de liber mince comme du papier . 
Surface de la bûche lisse. 

Structure du bois. — L'aubier, bien distinct du cœur, est 
rougeâtre. D'après Hough, il n'aurait qu'une à deux couches, 
de couleur jaune clair ; blanc, au contraire, d'après le Catal. 
de l'Argentine ; jaune blanchâtre, d'après Wiesncr. 

Moelle. — 2 à 3 mm. de diamètre ; arrondie, brune. 
• La structure du bois ressemble à celle des Cedrela (voir 
Clef au n° 1198, et fïg. 15, pi. vi). 

Section transversale. — Couches très bien délimitées par 
une zone de bois plus dense, qui contraste avec un anneau de 
vaisseaux. Hough cite un échantillon des Etats-Unis qui pré- 
sente une couche de 5 cm. 4 d'épaisseur et qui, en neuf ans, 
a atteint le nombre de 16 couches. Le cas est remarquable au 
point de vue de la croissance anormale, puisque, en un an, 
le diamètre de l'arbre a augmenté de 10 cm. 8 environ et que 
cet arbre a produit plus d'une couche par an sous un climat 
tempéré. La section de Hough nous fournit, en outre, un 
exemple où la structure, peu développée dans les pays chauds, 
prend un caractère bien ditférent, en apparence, lorsque 
l'arbre est introduit dans un pays plus favorable à sa crois- 
sance. Moeller constate que, dans cette espèce, il n'y a pas de 
vaisseaux dans la zone d'automne, tandis que, dans la section 
de Hough, on les voit à l'œil nu à une distance de deux mètres. 
Or il est probable que la tige dont s'est servi Moeller n'avait 
pas encore sa couche d'automne. Notre figure l'"> ne montr 
qu'une partie d'une couche. 

Vaisseaux, visibles, souvent tirs apparents, d'un diamètre 

de mm. IS de diamètre en moyenne, diminuant sensiblement 
vers 1 extérieur de la couche. A l'intérieur, se trouve un 
anneau de grands vaisseaux, en dehors desquels les petit 



H. STONE 



sont disposés en festons qui deviennent de plus en plus appa- 
rents vers le bord extérieur. Les vaisseaux sont peu nom- 
breux, 1 à 13 par mm. q. ; plus clairs que les fibres ligneuses, 
les vaisseaux de l'anneau contiennent parfois une résine 



rouge. 



Rayons bien visibles, moyens, uniformes et plutôt réguliers, 
écartés les uns des autres d'une distance égale au diamètre 
d'un gros vaisseau, soit 7 par mm. environ. Denses, blan- 
châtres ou rougeâtres. 

Parenchvme a entourant les vaisseaux en les unissant aux 
festons. 

Section radiale. — Nuance un peu plus foncée que celle de 
la section tangentielle. Surface un peu luisante. Couches bien 
délimitées par l'anneau de vaisseaux, qui est bien apparent à 
cause de la grandeur et de la couleur noirâtre de ces vaisseaux. 
Rayons en raies brunâtres, assez apparents. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les couches 
sont encore plus apparentes à cause des longues franges qui 
sont souvent en zigzag. Les rayons, étant d'une couleur rou- 
geâtre, produisent parfois un effet moiré, mais pas dans tous 
les échantillons. 

Emplois. — Ce bois me semble être d'une utilité générale 
pour tous les cas où une longue durée n'est pas nécessaire ; il 
se travaille très facilement. 

Il résiste aux insectes à cause de son amertume ; il pourrait 
servir comme bois de chauffage à l'étranger (Bulletin de l'Indo- 
chine). 

D'après Pittier, il n'a pas d'utilité à Costa Rica ; peut servir 
pour instruments, d'après le Catal. de l'Argentine. 

A la CarDline, pour les roues batteuses des manufactures 
d'indigo, à cause de sa faible quantité de tannin d'après 
Grisard. 

Bois de chauffage aux Antilles. Les marchands chinois le 
font passer pour Bois de camphre après l'avoir imbibé d'essence 
de camphre. 

Bois très bon pour la construction, L'ébénisterie et le châr- 
ronnage à la Réunion, d'après Cordemoy. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 7 

Ech. types: Les sections de Hough, n° 105, partie V, et celle de 
Noerdlinger. Musée de Lyon, série II (Egypte), n° 285 (Nouvelle-Calé- 
donie), n° 450. Musée Colonial de Marseille, n° 65 delà Réunion. 

Références: Icônes lignorum, pi. 48, fig. 2. Moeller, pi. 5, fig. 60. 
Pittier, p. 123. Grisard, 1893,1, p. 124, et tirage à part, p. 299. Boquillon, 
partie III, description de l'écorce et du jeune bois, p. 68. Liste Argen- 
tine, p. 21. Bull, de l'Indoch., 1902, p. 830. Peckolt, 1901, p. 319. Aublet, 
p. 393. 

TRIBU II. — TRICHILIÉES 



Guarea trichilioides Lin., n° 1178. 

Synonyme: G. Aubletii A. Juss. ; Trichilia Guara Aubl. 

Aublet, p. 393 : Bois baie. 

Dumonteil, p. 156 (Est-ce bien cette espèce?) : Bois bâle. Densité, 
0,365; force, 95; élasticité, 147; flexibilité, 4-09 ; p. 163. Classe 6, qui 
est de très faible valeur. 

De Lanessan, p. 143 : Bon pour planches. 

Sagot, Catal. XII, p. 203 ; Bois-balle. 

Grisard, 1892, II, p. 39 : Bois à balles, Pistolet, Bois pistolet, Bois 
rouge de Saint-Domingue (Ant. et Guyane) ;Jito, Gito (Brésil); Guanco 
blanco, Mestigo (Colombie) ; Yamao, Gouare (Cuba) ; Musk-wood [Ja- 
maïque) ; Camboata, Pao de Sabao (Argentine); Trompillo, Trompito 
(Venezuela). Bois ordinairement rouge ou rougeâtre, d'élasticité assez 
grande, se travaillant facilement, inattaquable par les insectes; de 
conservation médiocre. Bon pour travaux d'intérieur. Densité, 0,500. 

Grisard cite par ailleurs les noms Trompillo et Trompito comme noms 
vulgaires de L&tiix hirtella (voir 503); et Sagot donne le nom Trompito 
au Cecropia (voir 6645). 

Rodriguès, 18'»3, p. 74 : Carrapeta, Bilreiro, Marinheiro (Brésil . 
Ecorce a m ère et résineuse. 



TRIBU III. — SWIETENIEES 

Garapa guianensis Aubl., n° 1192 A. 
Synonyme : C. latifolia Willd. ; Guarea Caoba C.DC. (qui 
n'est pas dans L'Index). Ce n'est pas Le Carapa gruineensiê 

Sw. 



8 H. STONE 

Peckolt a admis pour cette espèce trois variétés : Andiroba 
branca, de densité, 0,548 ; A. ferrea, 0,719, et A. vermelha, 
0,769. 

Dumonteil et Bell, d'autre part, en citent deux, quoique 
Spence, collecteur de Bell, ne voie pas la différence. 

En ce qui me concerne, je pencherai pour l'avis de Spence, 
car, si j'ai trouvé quelques petites dissemblances, c'est que 
l'aubier de la deuxième variété était plus nettement délimité 
du cœur que celui de la première. Au contraire, l'échantillon 
n° 4 du Brésil présente des différences plus accentuées ; à 
comparer entre la figure 4, pi. V et la fig. 26, pi. VIL Peut-être 
est-ce une question des conditions de croissance. Le bois de 
Martin-Lavigne présente quelques différences avec ceux de 
Bell et le n° 0466 de llmp. Institute ; l'écorce décrite par 
Guibourt, p. 538, diffère encore davantage. 

Vulgairement, cependant, il faut le remarquer, il y aurait 
bien une distinction qui correspondrait à une variété de mon- 
tagne et à une variété de plaine, car les noms coloniaux indi- 
gènes ne sont pas toujours les mêmes pour les deux. 

Noms vulgaires de la variété de montagne : Carapa (Ga- 
libis) ; Y-andiroba (Garipons) ; le Granatum littoreum de 
Rumphius (Aublet). Garapas, Karapa (Galib.), non Carapat 
qui est une racine (Préfontaine). Caraipa (v. 700), Crapo, 
Andiroba carapa (Guy. fr.) ; Highland Crabwood, Caraba 
(Guy. Angl. d'après Bell). Krapaboom (Debrot). Arbre à l'huile 
de la Guyane Fr. (Martin-Lavigne). Carapa rouge (Catal. des 
Colonies fr.). Yandiroba, Andirova, Nandirova (Brésil, d'après 
Rodriguès). N'est pas le Bois de Crabe, ni Crave (voir 6200 E), 
ni Crababalli, ni Caribaballi (6609 B), ni Carib-wood, ni le 
Crapaud de Dumonteil, qui le cite à part (voir partie III) ; 
ni le Krapholz de l'Icones lignorum. 

Noms vulgaires de la variété de plaine : White Crabwood 
(Bell). Andiroba branca, Caraipa (Brésil, d'après Miers). 
Lowland Crabwood, White Caraba (Laslett). Carapa blanc 
(Dumonteil). Caoba (Costa-Rica, Pittier). Bois caille (Cat. 
Expos. 1867). 

Provenance : Amérique trop., Antilles, Guyane. 



ROTS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 9 

Les échantillons de Bell ont été déterminés, d'après les 
feuilles et les fruits, par le D r Freeman. 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une 
dureté moyenne, ressemblant à l'acajou à meubles dans les 
qualités supérieures, et à l'acajou à planches (1198 A) dans les 
sortes inférieures. Peckolt indique une couleur brun jaunâtre, 
mais peut-être parle-t-il de la variété Andiroba amarella . 
Aublet et Miers l'indiquent blanchâtre, qui concorde peut-être 
avec la variété A. branca de Peckolt. En tout cas, pour notre 
variété n° 2, nous ne pouvons décrire ainsi ni le cœur, ni 
l'aubier. 

Surface brillante, satinée, fonçant très fortement à l'air; 
grain gros. Nuance de la coupe transversale plus foncée que 
celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,o40 à 0,739; dureté, 
celle du Faux-platane. Odeur faible, parfois nulle; saveur lé- 
gèrement astringente. La solution aqueuse est incolore, et la 
solution alcoolique est d'un brun très clair. 

Il se fend facilement ; les morceaux restent droits et lisses. 

Dumonteil, p. 154: Carapa blanc. Densité, 0,659; force, 171; élasti- 
cité, 177 ; flexibilité, 2,15 ; p. 160. Classe 3 qui est celle du Pin ; p. 16*2 . 
Classe 4, celle des bois à meubles. Son Bois Crapaud a une densité 
de 1,120. 

Caractères de ï écorcc. — De couleur brun foncé ou rouge : 
lisse, comme celle du Faux-platane ; épaisse de 3 à 5 mm. 
environ, dure, tenace, presque ligneuse. L'intérieur de l'écorce 
est aussi brun foncé et la couche de liber sous-jacente es1 
rouge. Surface de la bûche lisse. 

D'après Guibourt, l'écorce est épaisse, grise ei rugueus 
rouge foncé à L'intérieur; cassure assez nette, présentant «1 
couches concentriques, alternativement claires el plus foncées : 
de saveur amère. 

D'après Peckolt, couleur brun grisâtre, intérieurement 
rouge foncé : saveur amère. 

D'après Boquillon, La surface de L'écorce est rugueus 
cendrée. L'écorce est épaisse de 8 à 10 mm., à épiderme gris 



10 H. STONE 

blanchâtre, sous lequel elle est de couleur rouge, qui devient 
plus claire vers l'intérieur ; cassure grenue, légèrement lamel- 
leuse à l'extérieur ; près du liber se trouve une série de libres 
aplaties. 

Ecorce épaisse, grisâtre, d'après Aublet. 

Structure du bois. — L'aubier est épais de 2 à 6 cm. environ, 
d'une couleur écrue, bien délimité du cœur dans la variété I 
(rouge) et moins nettement dans la variété II (blanche). 

Moelle. — Diamètre de mm. 5 environ, rouge, molle, de 
grosses cellules. 

La structure est celle des Acajous et des Ceclrela. Voir la clef, au 
no 1198, la figure 4, pi. VII, de l'échantillon 0466, et la figure 26, pi. V, 
de la variété II (rouge) de l'échantillon 2671 de Bell. 

Section transversale. — Couches parfois bien délimitées. 
Mais est-ce une ligne de parenchyme (visible à la loupe), qui 
forme la limite ? 

Vaisseaux très variables, visibles comme des piqûres, soit à 
l'œil nu, soit au moins à la loupe. Ils ont de mm. 2 à mm. 33 
de diamètre, suivant l'âge ; mais entre les limites de chaque 
couche il y a peu de variations. Fortement isolés, ayant une 
tendance à se placer en lignes obliques, sans anneau de vais- 
seaux. Ils sont simples et quelquefois groupés par 2 ou 3. La 
matière qu'ils renferment est foncée. 

Rayons visibles à la loupe, écartés les uns des autres à une 
distance égale à celle du diamètre d'un gros vaisseau. 

Parenchyme a entourant les vaisseaux et s'étendant parfois 
en petites ailes tangentielles ; et Vh formant les lignes nom- 
breuses qui, en apparence, limitent les couches. 

Section radiale. — Nuance plus foncée que celle de la sec- 
tion tangentielle, à cause de la couleur foncée des rayons, qui 
sont, dans certains cas, très apparents, et dans d'autres, 
visibles seulement par réflexion. Vaisseaux apparents, souvent 
serrés côte à côte ; leur contenu est noir. Les rayons donnent 
souvent à la coupe un effet moiré. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais beaucoup 
moins poreuse, car la coupe ne traverse qu'un vaisseau par 



ROIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 11 

groupe. Les limites des couches sont indiquées par des lignes 
et des lacets foncés. Rayons minuscules, donnant aussi à cette 
section, grâce à leur nombre, un effet moiré qui n est ici visible 
qu'à la loupe, lorsque le bois est humecté. 

Emplois. — Bon pour l'architecture navale, pour la char- 
pente et pour les mats, à cause de sa résistance ; peut être 
obtenu jusqu'à 20 à 23 m. sur 1 m. à 1 m. 30 d'équarrissage 
(McTurk). D'après Thomas, bon pour bordages. Construction, 
menuiserie, d'après Silva. 

L'écorce est bonne pour le tannage des peaux, d'après 
Grisard. 

Bon bois très commode à travailler et propre à remplacer 
les acajous de qualité moyenne. 



Éch. types: Variété I (rouge): 15,2671 Bell; 0466 Imper. Inst.; 
2320, Laslett ; la section de Noerdlinger ; 4, Bur. des Rens. Brésil. 
Variété II (blanche): 16,2671 Bell. 

Icônes : Martin-Lavigne (est-ce cette espèce? , fig. 23 et 24. 

Stone et Fr., fig. 14 ; Stone, T. of C, pi. III, fig. 24. Icônes lignorum, 
pi. 45, fig. 8. 

Références : Spence ms. Bell, pp. 14 et 15 ; Miers, ms. ; Silva, ms. ; 
Grisard, 1892, II, p. 532; Peckolt, 1901, p. 353; Thomas, p. 157; 
Dumonteil, 1823, loc. cit.; Duchesne, p. 205; Boquillon, partie III, 
p. 71 ; Préfontaine, p. 163; Aublet, Suppl., p. 32. 



Koolishiri Bell), n° 1192 B. 

Espèce indéterminée, mais c'est une Méliacée voisine des 
Carapa. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, ayant quelques 
points de similitude avec l'acajou ; d'une couleur brun rou- 
geàtre à rose foncé, devenant un peu plus sombre à 1 air. 
Nuance de la coupe transversale légèrement plus foncée que 
celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,849; dureté, celle du 
Houx ou du Citronnier ; sans odeur; saveur astringente. 

Caractères de Vécorce. Ecorce épaisse de 6 ;'i 9 mm., 
li^sr ou ridée, très dure et Ligneuse, marquée, sur l.i sur! 
intérieure, de sillons fusif ormes. I .u section transvers il'- devient 



12 H. STONE 

cramoisie lorsqu'elle est humectée; pleine de sclérites blancs. 
Surface de la bûche profondément striée ou sillonnée. 

Moelle. — Diamètre de 3 mm. environ, molle, rouge. 

Structure du Lois. — L'aubier a 12 mm. d'épaisseur environ 
et est plus clair que le cœur. 

La structure est celle des Carapa 1192 A (Voir Clef au 
n° 1198), à part les différences suivantes : 

Couches bien délimitées ; la ligne de parenchyme à peine 
visible forme la limite. 

Les rayons sont tellement serrés que les intervalles entre 
eux sont à peine égaux à la largeur de ces rayons (caractère 
assez rare). 

Le parenchyme est comme celui du Carapa, mais ne s'étend 
pas en forme d'ailes. 

Section radiale. — Vaisseaux vides, rougeâtres. Rayons à 
peine apparents. 

Emplois. — Bon pour meubles. Peut être facilement obtenu 
jusqu'à 7 m. sur 15 à 22 cm. d'équarrissage (Bell). Se tra- 
vaille facilement et pourrait peut-être remplacer les sortes 
d'acajous claires et inférieures. 

Éch. type : 54,2710 Bell. 
Référence : Stone et Fr., p. 55. 

Killikowa (Bell) ; Kerekowa (Paul ?), n° 1192 G. 

Espèce indéterminée, mais voisine des Carapa. 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une 
dureté moyenne ; d'une couleur brun rougeâtre, fonçant légè- 
rement à l'air. Grain plutôt à rebours, avec des pores plus 
foncés. Surface brillante, chatoyante, soyeuse. Nuance de la 
coupe transversale plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,711. Dureté, celle du 
Cerisier. Sans odeur ni saveur. 

Caractères de ïécorce. — Ecorce épaisse de 4 à 5 mm. 
environ, légèrement gercée, fibreuse, d'une couleur rouge 
foncé. Les fibres brillent sur la section transversale. La sur- 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 13 

face de la bûche vue à la loupe est finement striée et micacée, 
à cause des perles de gomme. 

Structure du bois. — Dans une bûche de 23 cm. de dia- 
mètre, l'aubier n'est pas différent du cœur. 

La structure est celle des Cedrela (voir Clef, n° 1198), à 
part les différences suivantes : 

Section transversale . — Couches bien délimitées ; une 
mince ligne de parenchyme en forme la limite. 

Vaisseaux juste visibles comme des piqûres. Leur diamètre 
diminue légèrement vers l'extérieur de la couche, quoique, en 
apparence, il semble augmenter. 

Rayons visibles à l'œil nu lorsque le bois est humecté. 

Section radiale. — Vaisseaux petits, mais bien apparents ; 
foncés. Rayons étroits, bruns, très apparents sur le fond 
brillant. 

Section tangentielle. — Les rayons produisent un ell'et 
moiré ; hauteur de 2 mm. environ. 

Emplois. — Bon pour meubles ; peut être obtenu facile- 
ment jusqu'à 12 m. sur 20 à 3o cm. déquarrissage (Bell). 

Commode à travailler, peut remplacer l'érable ; charpente, 
menuiserie à couvert. 



Éch. type : 51,2707 Hell. 
Référence : Stone et Fr., p. 52. 



TRIBU IV. — CEDRELEES 

Les Acajous et Cèdres, n° H98. 

Le vrai Acajou à meubles, Sirietenia Mu/uujoni Lin., n est 
pas indigène de la Guyane. Les divers l><»is qui portent 
noms son! de trois catégories ; 1° certaines Méliacées, presque 
toujours rougeâtres ; 2" certaines Lauracées, qui <>nt des cou- 
leurs variées, blanc, brun, noirâtre, el même verdâtre, cette 
dernière couleur étant très répandue parmi les Vectandra 
voir n°" 6200 i I suivants ; 3° des bois appartenant à plusieurs 
familles et qui <>ni L'apparence de l'acajou ou 1 odeur des 



li i). STONh 

cèdres, tels que l'Acajou Bâtard {Curatella, 33), l'Acajou à 
pommes (Anacardium, 1509), le Cèdre basasse (Protium, 
1156 B), et le Cèdre blanc (Tecoma, 5467). 

Malheureusement nous n'avons guère de renseignements 
précis que sur le Cedrela odorata, ou Acajou femelle. 

L'Acajou veiné de Cayenne, de Varenne-Fenille, est très 
lourd, de densité 1,100. Il appartient probablement à une 
Légumineuse inconnue. J'ai vu un échantillon au Musée Colo- 
nial de Marseille étiqueté « Acajou » au n° 24 de la Guyane, 
qui pourrait être ce bois. Peut-être aussi est-ce le Wild Acajou 
d'Icônes lignorum (voir partie II). 

Clef pour les espèces qui /assemblent aux Cedrela. 

1 . La coupe transversale présente, au bord intérieur 

de chaque couche, un anneau de vaisseaux plus 
ou moins serrés. A comparer avec la lîg. 3, pi. V. 

1.1. Les vaisseaux en dehors de l'anneau, unis par le 

parenchyme, sont en festons très apparents. 
Melia Azedarach, 1171, fig. 15, pi. VI. 

1.2. Les vaisseaux sont ailés par le parenchyme, mais ils 

ne sont pas unis. Cedrela odorata, 1198 A; et 
peut-être C. guianensis, 1198 B. 

2. Pas d'anneau de vaisseaux. 

2.1. Sur la coupe transversale, les rayons sont excessi- 

vement serrés, les intervalles entre eux étant à 
peine égaux à la largeur de ces rayons. Koo- 
lishiri, 1192 B. 

2.2. Rayons écartés les uns des autres d'une distance 

égale à celle du diamètre d'un gros vaisseau. 

2.2.1. Sans saveur. La surface en coupe radiale est cha- 

tovanteet soveuse. Les ravons sont visibles à l'œil 
nu lorsqu'ils sont humectés. Killikowa, 1192 C. 

2.2.2. Saveur astringente. Surface seulement légèrement 

brillante. Les rayons ne sont visibles qu'à la 
loupe. Carapa guianensis, 1192 A. 

Cedrela Odorata Lin., n° 1198 A (non Schlecht, Blanco, 
Grisebach, Puiiz., Cham., Pav., Vell.). 



BOIS UTILES DP: LA fcUÏANE FRANÇAISE 18 

En plus de la confusion que présente la systématique, et 
que nous ont indiquée les réserves faites ci- dessus, il y a 
toute une série de bois de Cedrela qui sont tellement sem- 
blables qu'il est presque impossible de les séparer, même 
lorsqu'ils sont côte à côte. Ceci est surtout vrai des C. fissilis 
et hrasiliensis, qui ont une synonymie énormément embrouillée. 

Les échantillons qui vont être décrits sont déterminés avec 
quelque incertitude ; je crois néanmoins qu'ils appartiennent 
bien à cette espèce. 

Dumonteil cite un /Vcajou blanc de densité 0,424, et un 
Acajou bâtard de 0,349, dans la même liste. Je pense que le 
dernier est trop léger pour cette espèce et devrait être rap- 
porté au C. guianensis. J'ai eu quelques hésitations à propos 
des noms cités par Duss, mais je les admets, car il paraît 
qu'il n'y a qu'une seule espèce de Cedrela aux Antilles fran- 
çaises. 

Noms vulgaires : Acajou femelle ; Acajou à planches, Bois 
d'Acajou à planches, Cèdre acajou (Barbad.) ; Barbadoes 
bastard Cedar (Angl.) : Gedro (Am. mérid. Esp., d'après 
Stevenson). Havannah ou Havana cedar (Royle). Cuba, 
Mexican ou Honduras Cedar (Laslett). Zuckerkistenholz 
(Wiesneri. Jamaica ou \Yest Indian Cedar (Smith . Pfef- 
ferholz (Nemnichj. Cedro aromatico, Acajou amer. Cèdre 
(Brésil, da Gama). Cedrel, Cèdre odorant, Bois de Cedra 
(Beauverie). Cedro di Cuba, Cedro di Spagna (Fogli). Cedro 
mogani (Pereira, est-ce cette espèce?). Cedro dulce (Venez. : 
Snow). Cedro hembra (Urban). Caju senti (Niederlein . Cail- 
cedra, Calcedra, Calceida (souvent appliqués à Khaya scw- 
r/alensis)^ Cèdre de la Barbade ou de la M irtinique 
(Duchesnc . Acajou senti. Acajou du pays Guad. ; Duss 
Cedro macho Mexique; Grisard . Calentas, Gedro de! pais 
(Philip.; Valdez). Acajou cedrela, Bucabally Démarary; 
Brousseau). Cèdre acajou, Faux acajou (Martin-Lavign 

Provenance: Am. trop.; Ant. ; Mexique; Guyanes. 

Caractères généraux. — Bois léger «■! mou, d'une couleur 
brun rougeâtre, ou rouge brique clair, <>u brunâtre : uniforme 
Surface légèremenl brillante; Fonçanl légèrement è l'air; 



16 H. STONE 

grain plutôt gros. Il est bien connu comme bois pour boîte à 
cigares. Nuance de la coupe transversale un peu plus foncée 
que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,439 à 0,631. Le chiffre 
cité par de Lanessan (0,36o) me paraît trop faible, et même 
celui de Valdez (0,400) ; et le chiffre de Boulger (0,272) Test 
encore bien plus, puisque c'est à peu près la densité du liège ! 
(Est-ce une erreur d'impression?) Dureté, celle de l'Aune ou 
du Quassia. Odorant à sec,, mais légèrement. D'après Duss, 
odeur très agréable, surtout quand il est sec. D'après Valdez, 
celle du Genévrier. Le Règne Végétal exprime une opinion 
contraire : Lorsqu'on le frotte, il répand une odeur fétide et 
nauséabonde. Peut-être veut-on alors parler de lécorce? 

Saveur astringente plutôt qu'amère ; elle se développe len- 
tement au goût. Solution aqueuse rose clair avec un précipité 
abondant. 

Le bois brûle assez bien, sans odeur spéciale, en pétillant 
beaucoup. Il est très cassant et se fend facilement. 

D'après Valdez, il se casse avec de courtes fibres. 

Caractère de l'écorce. — D'après Berkhout, fortement 
odorante. 

Structure du bois. — L'aubier est étroit, blanc rougeâtre, 
d'après Boulger. 

Moelle. — Diamètre de 1 mm. 2, arrondie, rouge. Quelques 
cellules sont parfois remplies d'une matière foncée. 

Section transversale . — Couches très apparentes et bien 
délimitées. 

Vaisseaux bien visibles, à cause de leur grandeur, lorsque 
la surface est polie avec du papier verre, mais ils le sont peu 
lorsque la coupe est rabotée ; diamètre de mm. 2; disposés 
en un anneau concentrique, bien distinct, de grands vaisseaux 
non serrés, les petits, qui sont en dehors de cet anneau, étant 
fortement isolés, mais toujours avec une tendance à se dis- 
poser concentriquement ; peu nombreux, 1 à 6 par mm. q. 
Leur contenu est rarement visible à sec. 

Les rayons sont visibles à la loupe, lins, uniformes, régu- 
liers, écartés les uns des autres à une distance un eu moindre 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 17 

que celle du diamètre d'un gros vaisseau, soit 4 à 7 par mm. ; 
de couleur rouge brique. 

Parenchvme abondant. Pa entoure les vaisseaux et est 
visible à peine ; à l'extérieur de la couche, il s'étend tan- 
gentiellement en forme d'ailes ou d'arcs vagues ; Vh est très 
apparent, en lignes concentriques continues, beaucoup plus 
larges que les rayons et très écartées les unes des autres, 
souvent de 1 cm. Peut-être sont-elles les limites des couches. 

Section radiale. — Vaisseaux très apparents, légèrement 
plus foncés que les fibres ligneuses, vides pour la plupart, 
avec des cloisons qui, ordinairement, sont plus courtes que le 
diamètre de ces vaisseaux; dans ces vaisseaux, çà et là, se 
trouvent des perles de résine. Les rayons, grâce à leur nombre 
et à leur couleur, produisent un effet brillant et moiré, mais 
ne sont visibles que lorsque le bois est humecté. Le paren- 
chyme h est à peine apparent à l'œil nu. La surface de la 
coupe est souvent brillante et nacrée. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais la surface, 
tout étant brillante, n'est pas nacrée. Les limites des couches 
sont plus apparentes à cause des franges de l'anneau de 
vaisseaux. Rayons minuscules, bruns ou rouges, visibles à la 
loupe. 

Emplois . — Bon pour boîtes à cigares et articles du même 
genre. Peut être obtenu jusqu'à 6 à 13 m. sur 30 à 60 cm. 
d'équarrissage (Laslett). Cet auteur donne le résultat de ses 
essais au point de vue de la résistance de ce bois. 

D'après le « Guide de Kew », bois très bon pour la char- 
pente d'intérieur, colfres, garde-meubles, tiroirs, car il éloigne 
les insectes : pour les bardeaux, qui résistent de Longues 
années. 

Bon pour crayons, dit Duchesne, mais je trouve (jue le 
grain est bien trop gros pour cet usage. 

D'après Duss. L'extrait du bois est fébrifuge; lf bois donne 
une résine aromatique. 

Ech. types: 2 J 7 : » , Laslett ; 0882, Hughes ; a°13de La G 
Coloni.il de Marseille. 

AnnaUi du Musée colonial </<• Marseille. 3* série, ■'•* vol. I9i:. 



18 H. STONE 

Icônes : Moeller, VI, fig. 62 (fibres seulement). Martin-Lavigne, 
fig. 26 et 27. Icônes lignorum, pi. LXXIII, fig. 8; Wit Cederhout boom; 
mais est-ce bien cette espèce? 

Références : Aublet, p. 246; Varenne-Fenille, p. 147; Dumonteil, II, 
partie 2, p. 156 ; Duss, p. 129: Boulger, p. 186 ; Le Règne Végétal, 
partie médicale, I, p. 297; Valdez, ms.; Préfontaine, p. 139 ; de Lanessan, 
p. 143 ; Kew Guide, p. 62 ; Laslett, p. 269 ; Beauverie, p. 259 ; Duchesne, 
p. 205; Martin-Lavigne, p. 90: Grisard, 1893, I, p. 29; Berkhout, p. 25. 

Cedrela guianensis A. Juss, n° 1198 B. 

Je n'ai pas encore trouvé un échantillon bien déterminé de 
cette espèce; tous ceux que j'ai pu examiner ne m'ont pas 
semblé différents du C. odorata. 

Gomme l'odeur du bois de Préfontaine parait plus péné- 
trante que celle de l'espèce précédente, je cite ici l'espèce de 
Préfontaine. Dumonteil cite deux bois différents qui pourraient 
bien se rapporter au même arbre. La Commission de Brest, 
en donnant la description de l'Acajou ou Cèdre rouge, indique 
qu'il est de la même couleur que celle de l'Acajou femelle, ou 
Cèdre de Demararv. Le Cèdre rouge est peut-être le C. guia- 
nensis ; et le Cèdre de Demarary, le C. odorata. 

Préfontaine, p. 139 : Acajou à planches, Ooubouheri des femmes 
Caraibes, Iacaicachi des hommes; Cèdre, à Saint-Domingue. Odeur 
suave, qui est communiquée au linge, s'il est renfermé dans une armoire 
faite de ce bois. 

Aublet, p. 246 : Acafou, pour maisons, barriques et pirogues. 

Dumonteil, p. 158; Acajou bâtard. Densité, 0,3*9 ; force, 80; élasti- 
cité, 141 ; flexibilité, 4,73, p. 163. Classe 6 de faible valeur. Est-ce bien 
cette espèce? 

Commission de Brest, p. 166 : Acajou ou Cèdre rouge. Densité, 0,385 
à 0,466; force, 250 à 420; ce qui revient à 0,49, si le Chêne égale I, 
p. 174. Moitié moins fort que le Chêne, de deux cinquièmes plus léger, 
beaucoup moins élastique ; ordinairement de la couleur du Cèdre ou de 
l'Acajou femelle ; se travaille très bien et très bon pour la menuiserie. 
Tous les cabrions se sont cassés net sans le moindre avertissement, et 
la section de rupture était comme coupée ; le pied était probablement 
« en retour ». 

Autres essais sur les bois de Dumonteil, p. 190 : Pour des échantillons 
conservés à couvert : force, 320 à 495, 0,49 à 0,55 si le Chêne égale 1 ; 
élasticité, 1 à 27. Conservés à découvert : force, 320 à 500; élasticité, 
15 à 25 ; p. 197. Classe 2b. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 19 

Sagot, p. 914 : Acajou de la Guyane; léger, rouge, se sciant parfai- 
tement; l'arbre est monté sur des arcabas. Le même, Catalogue, XII, 
p. 205 : Acajou, bois blanc devenant rouge en se desséchant; il résiste 
aux termites. Le même encore, p. 924 : Acajou, Cedrela, Bucabally. 

Bassières, p. 102 : Acajou ; bon pour meubles et boites à cigares. 
Densité, 0,577. 

Pour d'autres références, voir l'espèce précédente. 
Acajou blanc, n° 1198 G. 

Dumonteil, p. 158 : Densité, 0,424; force, 111; élasticité, 134; flexi- 
bilité, 3,91. 

Du Tertre cite un autre Acajou blanc qui devient très dur 
en se desséchant. 

FAMILLE XLVII. — OLAGACÉES 

TRIBU I. — OLACÉES 

Ximenia americana Lin., n° 1208. 

Synonymes : X. multiflora Jacq. ; Hcijmassoli spinosa 
Aubl. 

Aublet, p. 324 : Heymassoli (Galibis) ; écorce brune, ridée, gercée ; 
bois blanchâtre. 

Grisard, 1893, I, p. 135 : Alvarillo del campo (Amer. Sud , Falsc 
Santal-vvood (Angl.), Muhinge (Angola), Caytao (Annam\ Ameixa 
(Brésil), et le fruit Alvarillo da terra; Gangi (Congo), Vana (lul>;i)j 
Oranger des falaises, Prunier épineux (Guadel.), Albaricoque, AJbarillo 
on Abriboquilla de campo (Argentine), Sea-side Plum (Trinité), 
Umpeque Zambèze) ; bois jaunâtre, dur, de très faible dimension, serré 
et odorant. I/écorce est bonne pour tannage. 

Niederlein, p. '.'> : Oranger montagne. 

TRIBU III. — IGAGINÉES 

Poraqueiba guianensis Aubl., q° 1240. 
Synonyme : P. surinamensis Miers. 

\ublet, p. 123 : Poraquébé Galibi tendrée; bois roussâtre, 

dur, sompact. 
Rodriguès, 1893, p. 50 : llmary amarello Brésil . 



20 H. STONE 

FAMILLE XLVIIL — ILICACÉES 

Ilex Macoucoua Pers., n° 1265. 

Synonyme : Macoucoua guianensis Aubl. 

Aublet, p. 88 : Macoucou (Galibis) ; écorce épaisse, dure, cassante et 
blanchâtre extérieurement ; employée par les Galibis pour cuire leurs 
poteries. 

Sagot, XIII, p. 283 : Un petit arbre. 



FAMILLE L. — CELASTRACEES 

N° 1309. Goupi, Coupi, Acioa, Saourari, Pekea et Kabu- 
calli. 

Tous ces noms se rapportent à trois genres ; je commence 
par éclaircir la synonymie systématique. 

1° Dans le genre Caryocar, n° G64 : 

C. hutyrosum Willd. Syn. : Pekea hutirosa Aubl. ; Pekea 
lentinos Aubl. 

C. glahrum Pers. ; Syn. : Saourari glahra Aubl. 

C. villosum Pers. ; Svn. : Saourari villosa Aubl. 

C. tomentosum Willd. ; Syn. : C. tuberculosum Baill. 

De Lanessan cite Caryocar tomentosum comme svnonvme 
de C. hutyrosum. 
■ 2° Dans le genre Couepia = Acioa, n° 2015. 

C. guianensis Aubl. ; Syn. : Acioa amara Steud. ; A. dulcis 
Steud. ; Acioa guianensis Aublet. 

Aublet décrit Couepia guianensis et Acioa guianensis comme 
deux espèces différentes, et Grisard en donne encore deux 
sous les synonymes de Couepia dulcis et C. guianensis. 

3° Dans le genre Goupia. n° 1309. 

G. glahra Aubl. ; et G. tomentosa Aublet. 

Noms vulgaires : Il y a ici tellement de confusion que j'ai 
jugé à propos de me servir de Pekea et Saourari pour Caryocar, 
de Coupi et de Acioa pour Couepia, et de Goupi pour Goupia. 
Cependant Pekea est un nom commun à plusieurs espèces. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 21 

Le bois que je vais décrire a une odeur nauséabonde et 
caractéristique, mais, dans les descriptions, on cite avec odeur 
désagréable le Couepia guianensis (Grisard) et le Goupia 
glahra. Tous les deux sont durs et lourds. 

L'échantillon de Bell est un Goupia ou un Caryocar ; 
malheureusement pour sa détermination, il avait été envoyé 
avec des feuilles de l'un et des fruits de l'autre ; ce n'est sûre- 
ment pas un Couepia. Ce n'est pas non plus le Caryocar 
butyrosum, qui a été bien déterminé (voir 664), et il ne peut 
pas être Goupia tomentosa, qui n'est qu'un petit arbre, selon 
Aublet. Berkhout, p. 2o, semble toutefois ne pas être du 
même avis sur ce G. tomentosa ; ce serait le Goupia glabra 
qui serait un mauvais petit arbre. 

Comme aucune espèce de Caryocar n'est citée comme 
malodorante, je pense que notre bois est bien Goupia glabra 
et que Grisard a eu tort d'adopter le nom de Gaboucalli pour 
Couepia. 

Aublet décrit le bois de Goupia glabra comme peu compact, 
mais je pense qu'il veut parler de l'aubier comme cela lui 
arrive parfois dans son ouvrage. En définitive, Berkhout pour- 
rait avoir raison. 

Goupia glabra Aubl., n° 1309 A. 

Mon échantillon est du même bois que ceux de Janssonius 
(1914, p. 16) et de Martin-La vigne (p. 91), autant qu'on peut 
en juger d'après leurs descriptions microscopiques ; cependant 
son parenchyme est beaucoup plus développé que l'indiquent 
les ligures fournies par ces auteurs. Je me demande si le bois 
de leurs échantillons n'était pas plus jeune que le mien. 

Dumonteil cite deux sortes de Goupia : Coupi noir, de den- 
sité 0,881 ; et Coupi, 0,819. La Commission de Bresi en cite 
encore deux qui ont une odeur fétide : Coupi blanc, de densité 
0,9.'{:2 ; et Coupi rouge. Mais, faute de renseignements précis, 
je ne me permets pas de prendre une décision pour indiquer 
si ces bois se rapportent à Goupia OU à Couepia voir 2013 

E.F.G.). 

Noms vulgaires : Goupi (Galibis, d'après Aublet ; K.iliu- 



22 H. STONE 

calli (Bell), mais non celui de Brousseau, qui est l'Angélique 
(voir 1927), ni le Kaboekalie de l'Icones Lignorum. Le Goupy 
franc de Michel peut être accepté, mais le Goupi jaune de 
Niederlein est plutôt l'espèce suivante. 

Caractères généraux. — Bois lourd, dur, d'une couleur 
brun rougeâtre ou gris et dune odeur répugnante de fromage 
en état de décomposition avancée. Surface mate fonçant beau- 
coup à l'air. Grain gros ou moyen suivant la coupe. 

Couleur blanche ; peu compact, d'après Aublet. 

Caractères physiques. — Densité, 0,833 à 0,913 (1,042 
d'après Martin-Lavigne). Dureté, celle du Charme. L'odeur 
s'efface avec le temps, mais la moindre entaille la fait réap- 
paraître. Saveur répugnante, qui n'est pas cependant celle du 
fromage décomposé. 

Solution aqueuse, « opalescente ». La solution alcoolique 
est d'une teinte acajou clair, donnant un précipité qui fait 
mousser l'eau abondamment. Ces deux solutions ont une odeur 
caractéristique (Martin-Lavigne) . 

Le bois brûle assez bien, avec beaucoup de flamme et peu 
de fumée ; odeur caractéristique, qui n'est pas désagréable. 

D'après Martin-Lavigne : odeur acre. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 3 à 4 mm., lisse ou 
légèrement ridée, tombant facilement en miettes. La surface 
de la bûche est lisse. 

Structure du bois. — L'aubier est de couleur grisâtre à 
blanc jaunâtre. 

Section transversale. — Couches variables, souvent mal 
délimitées ; les limites sont peut-être les zones de bois les 
plus denses. 

Vaisseaux visibles comme des piqûres lorsqu'ils sont grands, 
souvent très apparents à cause de leurs bords clairs. Ils 
semblent augmenter en diamètre vers l'extérieur de la couche, 
indépendamment de l'accroissement dû à l'âge de l'arbre ; et 
l'augmentation est de mm. 1 à mm. 2 de diamètre. Distri- 
bution assez régulière, avec tendance à se disposer en lignes 
obliques; peu nombreux, 1 à 10 par mm. q. ; pour la plupart 
simples, beaucoup par paires et rarement davantage. 



BOTS UTILES DR LA GUYANE FRANÇAISE 23 

Rayons visibles à la loupe, très fins, uniformes, presque 
réguliers, serrés, à intervalles d'une distance bien moindre 
que le diamètre d'un gros vaisseau et s'écartent largement au 
niveau de ces vaisseaux. Ils occupent un tiers de la surface 
environ ; 10 à 15 par mm. 

Parenchyme a entourant les vaisseaux et parfois s'étendant 
en forme d'ailes (souvent difficiles à voir dans les vieux échan- 
tillons), et Pb très variable, souvent très réduit, se montrant 
parfois en petits traits de la même couleur que les rayons 
auxquels ils sont attachés. La couleur est plus foncée que 
celle du parenchyme a. 

Section radiale. — Couches faiblement marquées. Vaisseaux 
gros ou moyens, renfermant parfois des perles de gomme et 
présentant les bords clairs du Pa. Rayons fins, obscurs, 
translucides. 

Section tangentielle. — Gomme la radiale, mais les rayons 
sont à peine visibles à l'œil nu ; cependant ils occupent une 
grande partie de la surface. 

Emplois. — Bon pour les planchers de fond de bateaux, 
pour traverses de chemin de fer ; peut être obtenu jusqu'à 
20 m. sur 30 à 40 cm. d'équarrissage, d'après McTurk. 

Les indigènes donnent la préférence aux pirogues faites avec 
ce bois, car elles ne se fendent pas au soleil, d'après Bell. 

Très dur à travailler ; son odeur empêche de l'employer 
même comme pavage. 

Éch. types: 44,2700 Bell ; 0065, Imp. Institute ; 2626, Berkhaut; n° 17. 
Coupi et n° 118, Goupi, Guyane, Musée Colonial de Marseille. Icon 
Lignorum : pi. 68, fig. 7, et pi. 72, fig. 7. Cabecalie; Martin-Lavigne, 
fig. 31 et 32. 

Références: Bell, p. G; Stone <-t Fr., p. '».•); de Lanessan, p. I 
McTurk, n° M). 

Goupia tomentosa Aubl, , n° 1309 B. 

Aulilci, p. 296: Petil arbre de 20 à 25 pieds; bois blanc, légèrement 
compact. Écorce ridée, noirâtre, tachetée de blanc. 
N iederlein, p. I : « Soupi jaune. 
Berkhout, p. 2:» !..• réi itable Koepie . odeur dés - !«■. 



24 H. STONE 

FAMILLE LV. — SAPINDAGÉES 

TRIBU III. — SAPINDÉES 
Toulicia guianensis Aubl., n° 1382. 

Aublet, p. 359 : Toulici (Galibis) ; écorce cendrée ; bois blanc, peu 
compact. 

Sagot, p. 914: Bois flambeau; coupé en petites lanières, il sert de 
torche dans les pêches de nuit. 

Description d'un échantillon, n° 148, Guyane (Mus. Col. 
Mars.). 

Caractères généraux. — Bois très dur et lourd ; grain gros 
et à rebours. Couleur d'un brun foncé rave de brun clair. 
Surface mate. Structure très visible en section transversale, 
dont la nuance est un peu plus foncée que celle des autres 
sections. 

Caractères physiques . — Densité: 1,017 ; dureté, celle du 
Chêne Yeuse. Sans odeur, saveur astringente. 

Caractères de V écorce. — De couleur brun foncé ; surface 
unie, mais couverte de tubercules arrondis comme des lenti- 
celles, et qui montrent la couleur rougeâtre de la couche 
sous-jacente. Epaisseur de 2 à 3 mm., d'une seule couche 
très dense. Extérieurement les écailles sont délimitées par des 
couches minces d'une couleur plus claire. L'écorce est très 
dure, ligneuse, cassante, inodore et sans saveur. Extérieur de 
la bûche finement strié. 

Structure du hois. — L'aubier est un peu plus clair que le 
cœur et est assez bien délimité. 

Section transversale. — Couches très bien définies à cause 
du changement d'orientation parmi les vaisseaux ; de contour 
régulier. 

Vaisseaux très visibles à cause de leur grandeur et de leur 
disposition en lignes obliques, qui penchent à gauche ou à 
droite dans les parties différentes de la même couche et qui 
sont rarement de la même orientation dans les couches voi- 



BOIS ITILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 25 

sines. Les vaisseaux sont très grands, mais ils varient beau- 
coup, très peu nombreux, fortement isolés, simples ou par 
paires; rarement par groupes de 3 à 4. 

Rayons visibles à la loupe, très fins, presque réguliers en 
largeur, mais à intervalles irréguliers, dune distance variant 
entre le diamètre et le 1/2 diamètre jd' un gros vaisseau; de 
couleur jaune. 

Parenchyme a très apparent et abondant, entourant les vais- 
seaux et sétendant en formant des ailes qui sont parfois dune 
longueur appréciable. Le Pa unit, çà et là, les vaisseaux 
aux lignes obliques qui sont très bien marquées. 

Section radiale. — Couches à peine marquées. Vaisseaux 
très ^ros, mais peu apparents, étant pour la plupart voilés par 
le Pa. Rayons à peine visibles, transparents. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons 
ne sont visibles qu'au micro (XlO), étant en minces lignes 
jaunes unicellulaires. Hauteur de mm. 3. 

Sapindus arborescens Aubl., n° 138L. 

Aublet, p. 357 : Macaca-apa-ipou, Maca-apa-ipou Galibis ; Savonnier 
à petit fruit ; écorce raboteuse, grisâtre; bois blanchâtre. 

TRIBU VI. — MÉLICOCCÉES 



Melicocca bijuga Lin., n° 1404. 

Grisard, 1893, I, p. 38 : Quenette, Knépier France : Honey-berry of 
Guiana (Angl.); Mamoncillo Cuba ; Knippa, (iénip Curac;a<>, voir 
:il« ; Kenep, Quenette (Guadel.) ; Genip tree Jamaïque ; Quenel 
Mail. Yba-pomo Tai'a-im\ : Quenepe France ; Guenepe Angl. : 
Maco Trinité, Esp.); M a mou Venez.). Bois de C( uleur jaune, parsemé 
<l<- veines très fines, qui tranchent agréablemenl sur le fond par leur 
ouance légèrement plus fonc< iuches peu distinctes. Le bois est dur, 

pesant, compact ; texture serrée. Densité 0,900 ; bon pour l'ébénisteri 

le tour. etc. 

[cônes lignorum : PI. LXXX, Dg. ( », Kneppie; couleur de pain 
présentant des lacets en ziyzag. 



26 H. STONE 



TRIBU (SOUS-TRIBU) IX. — CUPANÉES 

Matayba guianensis Aubl., n° 1433. 

Synonyme : Ratonia guianensis (non dans l'Index Kew). 

Aublet, p. 331 : Touaou, Atauaou (Galibis) ; écorce ridée, sillonnée, 
noirâtre. 

Je me demande si ce n'est pas le Taouin de Dumonteil (?) 
voir Pt. II. 



FAMILLE LXI. — ANAGARDIACÉES 

TRIBU I. — MANGIFÉRÉES 

Mangifera indica Lin., n° 1508. 

Noms vulgaires : Manguier, Mango, Mangotier, Mangueiro, 
Manga, Mangga, Manya, Itaparika, Itamaraka, Boceta, Cabeça 
da negro, Mango do mar grande, et plusieurs variétés (Brésil, 
d'après Rodriguès). Mangas d'après Dalechamp, Vipapa 
(Océanie et Tahiti : Xiederlein). Pour les autres noms, très 
nombreux dans le dialecte asiatique, voir Gamble et Grisard. 
Mais Grisard cite « Mango pickle » (Angl.) qui n'est pas un 
bois mais une conserve de Mango ! 

Provenance : Asie trop. (Cultivé dans tous les pays chauds). 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une 
dureté moyenne : couleur blanc grisâtre à brun clair. D'après 
de Lanessan, jaunâtre. Le Manguier des forêts, mauve foncé 
au moment de sectionner, prend une teinte d'un beau brun 
noir veiné de blanc ou de jaune en vieillissant. Le Manguier 
cultivé est de couleur grisâtre ou blanchâtre, mélangée de 
taches jaunes (Grisard). Fibres fortement entrecroisées. 

Caractères physiques. — Densité, 0,425 ; d'après Dumonteil, 
0,647; Manguier des forêts, 1,079, et M. cultivé, 0,680 d'après 
Grisard. Dureté très variable. Sans saveur ; légère odeur de 
cuir. Force, 120 ; élasticité, 215 ; flexibilité, 4,25. Classe 5, 
d'après Dumonteil. A la rupture par flexion, les couches se 



BOTS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 27 

séparent nettement les unes des autres. Le Manguier cultivé 
est assez liant (Grisard). 

Caractères de ïécorce. — Description de lécorce d'un échan- 
tillon n° 2, Majunga, Mad. (M. G. M.). 

Surface extérieure un peu rugueuse, légèrement fendillée, 
d'un brun rougeâtre ; épaisseur de 3 à 5 mm. La section, d'un 
brun foncé, se compose de deux couches ; l'interne, d'une struc- 
ture uniforme, est composée de fibres brunes, mélangées avec 
de grands sclérites ; texture dure, ligneuse; cassure grenue. 
La couche externe se compose d'écaillés qui sont plates, 
longues et presque lisses. Les côtes des écailles très faible- 
ment inclinées laissent à peine apercevoir la couche sous- 
jacente. Sans odeur ni saveur. 

L'échantillon n° loi, Antilles (Mus. Gol. Mars.), ne se rap- 
porte aucunement avec le précédent. 

D'après Diaz, Técorce est gercée, scabre et noirâtre. Elle 
ne concorde pas non plus avec les échantillons précédents. 

Structure du bois. — L'aubier est aussi dur que le bois ; 
très épais, jaune pâle avec de longues taches grises (Manguier 
des forêts, d'après Grisard). 

Section transversale. — Couches très apparentes, limitées 
par des lignes blanchâtres. Contour régulier. 

Vaisseaux visibles à cause de leur bord blanc et de leur 
aspect de piqûres; grandeur, mm. 25; diminuant vers l'exté- 
rieur de la couche ; peu nombreux, de 1 par 2 mm. q. à 6 
par mm. q. ; fortement isolés; la plupart simples, beaucoup 
par paires et quelques-uns par groupes de trois disposés en 
lignes obliques bien prononcées. 

Rayons à peine visibles, (ins, uniformes ; 2 à 3 correspon- 
dant au diamètre d'un gros vaisseau, niais très Irréguliers : 
10 a 16 par mm.; légèrement plus lunées en couleur que le 
parenchyme, mais beaucoup plus clairs que les libres Ligneus 
Ils paraissent être remplis «le gomme, qui leur donne une 

apparence pointillée. Ils occupenl un tiers de la surface du 
bois environ. 

Parenchyme a abondant, entourant les vaisseaux delars 

i 

bords qui s étendent parfois en petites ailes unissant rarement 



28 H. STONE 

deux groupes, sauf sur le bord extérieur des couches, où elles 
forment une ligne concentrique continue. 

Section radiale. — Couches indistinctes. Vaisseaux très 
apparents. Rayons très fins, visibles seulement par l'effet moiré 
qu'ils produisent. Pa d'une couleur rose, se gonfle beaucoup 
lorsqu'il est humecté. 

Section tangentielle. — Vaisseaux très apparents, sinueux et 
entrecroisés. Rayons visibles par leur effet moiré; même à la 
loupe, paraissent très petits. Ils sont composés de cellules 
rouges, mêlées à d'autres incolores; hauteur de 1 à 10 cellules 
sur 1 cellule de largeur. 

Emplois. — D'après Grisard, bon pour construction, outils 
de menuiserie; se travaille assez difficilement; résiste à la 
pourriture humide pendant de longues années. Manguier 
cultivé : texture assez grossière, de conservation très limitée 
et ne résistant ni à l'humidité, ni aux attaques des termites. 

D'après de Lanessan, bon pour caisses d'emballages, bour- 
rellerie, chauffage, charbon. Il serait d'un bon usage pour les 
pays froids. 

Un bon bois, d'après Rodriguès. 

Ech. type : N° 80 de la Guyane ; Musée Colonial de Marseille. 
Références : de Lanessan. p. 142 : Grisard, 1893, II, p. 324 ; Sagot, 
XIII, p. 288. 

Anacardium occidentale Lin., n° 1509. 

Noms vulgaires : Pomme d'acajou (Guy, d'après Sagot). 
Acajou à pommes. Acajou (Piso). Acajou-thea (Plumier). 
Caschou (Mer.). Cassuvium (Rumph.), Kapa-mava (Rheed, 
d'après Aublet). Aloi, Aloi-ichie (Caraib.), Auloui, Acajou- 
iba, Acaja-iba (Marcgr.), Acajuacaya. Ajacaté, Itimaboera, 
Gastanea (Brésil, d'après Préfontaine). Gaja, Gajueiro (Brésil), 
le fruit se nomme Matury lorsqu'il est vert (Rodriguès). Aca- 
joubaum (terme gén. Allem.), Cashew-nut tree, Malacca bean 
(Angl.), Acajou (Antilles), Gajueiro do mato (Brésil), Mara- 
non (Cuba, Solomon, Mexique) ; Anacardo occidental (Esp.), 
Gatsjoc-appelboom (Indes Néerl.), Kasjoeboom, Akajouboom 
(Holl.), Albero acaja (Italien), Anacardeiro (Portug.), Gashew 



■V 



BOISjUTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 2^ 

tree (Trinité j, Merei, Mères, Pauju (Venez., d'après Grisard). 
Mahabibo (Madagascar: Mus. Col. Mars.). Acajou à fruit 
(Niederlein). Non le Cacbouhout, ni le Kaschoe boom de 
l'Icones lignorum. Pour les noms asiatiques, voir Gamble et 
Grisard. 

Provenance : Inde occidentale ; et cultivé dans les pays 
chauds. 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une 
dureté moyenne, d'une couleur brun noisette foncé, ou brun 
rougeâtre uniforme, avec nuances claires et foncées. 

Brun, d'après Préfontaine. Rose, d après Rodriguès. D'après 
Grisard, blanc rougeâtre, ou plutôt rose moiré, quelquefois 
rouge pâle. 

Caractères physiques. — Densité, 0,o00 à 0,o70 ; d'après 
de Lanessan, 0,731. Dureté, celle de l'Aune. Saveur astrin- 
gente. Sans odeur. 

Structure du bois. — Section transversale. Couches non 
délimitées. 

Vaisseaux bien visibles, même très apparents à cause de 
leur bord clair; grands, très variables. Leur diamètre devient 
régulièrement plus petit vers l'extérieur de la couche. For- 
tement isolés, peu nombreux, de 1 à 6 par mm. q. ; simples, 
par paires, ou quelquefois par groupes de 3. Leur contenu est 
noir. 

Rayons à peine visibles, quoiqu'ils soient larges, car ils 
occupent jusqu'au tiers de la surface. Ils sont, à intervalles 
les uns des autres, d'une distance égale au diamètre d'un gros 
vaisseau, et s'écartent un peu au niveau de ces vaisseaux. Ils 
sont peu nombreux ; 4 à o par mm. ; de couleur brune, un peu 
plus foncée que celle du parenchyme. Les cellules sonl l 
grosses. 

Parenchyme très abondant. Va entoure Les vaisseaux en 
taches irrégulières, d'une couleur brun clair, et Vl> en Lignes 
minées, foncées, concentriques, de La Largeur environ i 
rayons, et de 2 à 3 par mm. Ces Lignes ne se montrent pas 
sur une surface polie au papier de verre, mais seulement 
lorsque le bois est coupé. 



30 H. STONE 

Section radiale. — Vaisseaux en forme de gros sillons, 
remplis de matière noire, luisants quand ils sont vides. Ils 
sont bordés par le Pa clair très apparent. Rayons petits, pro- 
duisant un effet moiré à cause de leur couleur foncée. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons 
se présentent en minuscules fuseaux brun foncé, qui sont très 
larges en proportion de leur hauteur. 

Emplois. — Bon pour colonnes de véranda, caisses d'embal- 
lage, menuiserie, petite construction ; résistant, quoique léger 
(Grisard). Il fournit beaucoup de potasse (Rodriguès). L'arbre 
est souvent tortueux (Préfontaine). 

Ech. type : N° 51 de la Guyane, Musée Colonial de Marseille. 
Références: Rodriguès, 1893, p. 98; Préfontaine, p. 139; Grisard, 
1893, II, p. 317 ; de Lanessan, p. 736 ; Sagot, XIII, p. 287. 

TRIBU IL — SPONDIÉES 

Spondias lutea Lin., non Roy en, n° loi 4. 
Synonyme : S. Monbin Jacq. non Lin. 

Préfontaine, p. 193 : Monbin. Oulou pour les hommes etMonben pour 
les femmes caraïbes. 

Aublet, p. 469: Monbin. 

Sagot, p. 918 : Monbin, Spondias Mauria. (Ne se trouve pas dans 
l'Index.) 

Pulle, p. 265 : Mopé (Surinam). 

Diaz, p. 270: Mombim, Ciruela de huesito, Spondias Japurea. (Ne se 
trouve pas dans l'Index.) 

Rodriguès, 1893, p. 103 : Caja pequeno; Acaya miri, Taperyba. Ecorce 
aromatique, émétique et astringente. 

Grisebach : Ilog Plum (Antilles ^glaises). 

Niederlein, p. 5 : Mombin jaune ; Prune d'Amérique (Guadel.), Jobo 
(Mart.). Non le Ooloo de Bell, n° 1156 B. 

Huber, p. 94 : Tapereba (Amazones). 

Spondias dulcis Forst, n° 1154 B. 
Synonyme : Sp. lutea Roy en (non Lin.). 

Sagot, XIII, p. 289 : Pomme Cythère. 
Pulle, 07, n° 99 : Fransi mopé (Surinam). 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 31 

Tapiriria guianensis Aubl., n° 1525 A. 

Aublet, p. 470 : Tapiriri (Galibis) ; écorce lisse roussâtre ; bois blanc 
peu compact. Ce n'est pas le bois Tapiré de Préfontaine (voir 1o2.j Ci 
ni celui de Sagot, ni celui de l'espèce suivante. 

Huber, p. 190 ; Pao Pombo. 

Tapiriria sp., n° 1525 B. 

Ce bois a été déterminé comme voisin de T. guianensis 
Aubl. par le D r Freeman, d'après les feuilles et les fruits. 

Nom vulgaire : Duka (Bell), Dooka(Cat. Expos. Paris 1867), 
non le Ducalaballi, ni Dukuria. 

Caractères généraux. — Bois mou, léger, d'une couleur 
rouge pâle ou rose brun, qui ressemble à l'acajou de qualité 
inférieure. Surface brillante, souvent mouchetée par la gomme 
que les pores laissent exsuder ; elle fonce légèrement à l'air. 
La nuance de la coupe transversale est plus foncée que celle 
des autres sections ;. celle de la coupe radiale est la plus 
brillante. 

Caractères physiques. — Densité, 0,564 à , 7 i 6 . Dureté, 
celle du Faux Platane. Sans odeur à sec, et saveur nulle. 

Caractères de V écorce — Ecorce lisse, avec des lenticel] 
saillantes ovales. Les fibres de l'intérieur sont feuillet»-. 
Epaisse de 2 à i mm. 

Structure du bois. — L'aubier, qui est de couleur écrue, 
passe graduellement au cœur; 5 à 6 cm. d'épaisseur. 

Section transversale. — Couches délimitées en apparent 
mais les limites exactes sont douteuses ; contour régulier. 

Vaisseaux visibles comme des piqûres, mais à peine; grands, 
avec beaucoup de variation; distribués régulièrement; peu 
nombreux. Ils sont fortements isolés ; simples ou par groupi - 
de 2 à 3. 

Hayons à peine visibles, lins, uniformes, irréguliers, a inter- 
valles d'une distance plus ou moins égale au diamètre <1 un 
gros vaisseau, et s'écartanl Légèrement au niveau de ces vais- 
seaux. Ils sont rougeâtres. 

Section radiale. — ■ Vaisseaux lins, bruns, plus foncés que 
les libres ligneuses. Rayons bien visibles, un peu plus bruns et 
plus rouges que les libres ligneuses. 



32 H. STONE 

Section tangentielle. — Comme la radiale, à part les mailles 
et son éclat brillant. 

Emplois. — Bon pour meubles et travaux d'intérieur, 
d'après McTurk, qui indique qu'il y a deux ou trois sortes de 
ce bois. 

Très abondant; peut être obtenu facilement jusqu'à 13 m. 
sur 45 cm. d'équarrissage ; ne résiste pas aux attaques d'in- 
sectes (Bell). 

Après avoir été essayé par des fabricants de boîtes à cigares, 
les uns l'ont trouvé bon pour boîtes de deuxième qualité, 
tandis que les autres l'ont déclaré impropre à cet usage (Imper, 
lnstit. 



Éch. type : 22,2678 Bell. 

Références : McTurk, p. 5; Bell, p. 5 ; Bull. Imper. Institute, XII, 
p. 369; Stone et Fr., p. 22. 

Bois Tapiré, n° 1525 G. 

Préfontaine, p. 156: Cœur mêlé de rouge et de jonquille; bon pour 
meubles; odeur agréable, qu'il communique au linge. 

Loxopterygium Sagoti Hook, n° 1553. 

Sagot, XIII, p. 288 : Grand arbre; bois d'une couleur noir brunâtre* 
dureté movenne. 



FAMILLE LXIV. — GONNARAGÉES 



TRIBU I. — CONNAREES 

Connarus guianensis Lamb., n° 1571 A. 

Synonyme : C. africanus Lamk. ; Omphalohium Lamhertii 
DC." 

Noms populaires : Hiawaoballi (Bell). Zebra-wood, Hiawa- 
balli (Boulger, voir 1156 A et C). Palmalatto (Laslett). (A 
comparer avec 1571 G.) Bois Serpent (terme gén.), Préfontaine 
mâle (Guyane. Niederlein). 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 33 

L'échantillon de Bell a été étudié, d'après les feuilles et les 
fruits, par le Dr Freeman, qui croit pouvoir l'attribuer à 
Connarus guianensis. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, compact, dune 
couleur acajou uniforme; grain fin. La surface est luisante, 
froide au toucher ; fonce beaucoup à l'air et, de ce fait, devient 
beaucoup plus belle. Nuance de la coupe transversale un peu 
plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 1 à 1,079. Dureté, celle 
du Cœur vert. Saveur faiblement aromatique. Odeur nulle. 

Caractères de lécorce. — Ecorce épaisse de o à 6 mm., 
tombant en plaques plus ou moins rectangulaires et cassantes, 
de couleur foncée, nettement délimitées en section. La surface 
de la bûche est ridée et striée. 

Section transversale. — Couches bien délimitées ; les zones 
plus foncées qui ont peu de vaisseaux en forment les limites. 
Contour régulier. 

Vaisseaux visibles (très apparents dans l'aubier), peu 
variables, sauf dans les groupes ; distribués régulièrement ; 
isolés, peu nombreux, simples pour La plupart et quelques- 
uns par groupes de 2 à 3. Plus clairs dans les zones foncées, 
mais souvent peu apparents. 

Hayons visibles à la loupe, fins, uniformes, également 
distants, et à intervalles égaux au diamètre d'un gros vaisseau, 
s'écartant à peine au niveau de ces vaisseaux ; un peu plus 
clairs que les lignes fibreuses. 

Parenchyme a entourant les vaisseaux très étroitement. 

Section radiale. — Nuance brillante, pins claire que celle 
de la section tangentielle ; couches non délimitées. \ aisseaux 
tins. Hayons petits et rouges Lorsqu'ils sont humectés. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons, 
en lignes minuscules rouges, sont à peine visibles : hauteur 
de mm. 2'» environ. 

Emplois. — Bon pour meubles; peut être obtenu jusqu'à 
20 m. sur 10 cm. d'équarrissage ; pas abondanl Bell . 

Très beau ; il donne une gomme poisseuse comme celle du 
Hoobooballi Lasletl . 

Annules ^du Musée coloniMl de Marseille.— IM7, <j 



34 ti. STONË 

Très dur à travailler ; se fend facilement et ne prend pas les 
clous. Il se polit bien et peut remplacer les qualités d'acajou 
à couleur inférieure. 

Éch. type : 33; 2689 Bell. 

Références : Bell, p. 5; Laslett, p. 451. 

Bois Préfontaine, n° 1571 B. 

Sous le nom de Bois Préfontaine, Niederlein cite des 
espèces de Connarus et Lonchocarpus : je crois donc bien 
faire en citant ici les Préfontaine des autres auteurs, quoique 
leur identité soit douteuse. 

Dumonteil, p. 154 : Densité, 0,827; force, 207; élasticité, 149; flexi- 
bilité, 2,23; p. 160. Classe 2, celle du Chêne. 

Sagot, p. 905 : Préfontaine, probablement une Légumineuse. 
De Lanessan, p. 135 : Préfontaine, une Dalbergiée. 

Le Préfontaine correspondant à l'échantillon n° 45 de la 
Guyane, au Musée Colonial de Marseille, n'a aucun rapport 
avec le Connarus précédent, et en a très peu avec les Légu- 
mineuses. Ses caractères sont les suivants : 

Caractères généraux. — Bois assez lourd, dur, d'une cou- 
leur brun clair uniforme ; grain moyen ; surface mate. Nuance 
de la coupe transversale un peu plus foncée que celle des 
autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,700 ; dureté, celle du 
Cerisier. Légère odeur de cuir. Très légère saveur. 

Structure du bois. — Section transversale. Couches en 
apparence délimitées ; les zones plus foncées en forment çà 
et là les limites. 

Vaisseaux bien visibles à cause de la couleur claire de leurs 
bords ; grands ; mm. 2 de diamètre ; fortement isolés, de 1 
par 2 mm. q. jusqu'à 8 par mm. q. Ils sont pour la plupart 
simples, mais quelquefois ils se trouvent par groupes radiaux, 
accouplés par deux, formés de 6 à 8 vaisseaux (caractère très 
rare). Souvent remplis d'une matière blanche. 

Rayons visibles. On en voit, en apparence, de deux sortes : 
les plus grands sont bruns, espacés irrégulièrement (2 à 3 par 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 35 

mm.) ; les petits sont excessivement lins, mais ils ont de 
grosses cellules; nombreux (6 à 8 par mm.). 

Parenchyme a entourant les vaisseaux et s'étendant en 
étroites ailes, qui unissent souvent quelques groupes de vais- 
seaux tangentiellement. De couleur plus claire que celle des 
rayons. 

Section radiale. — Vaisseaux peu nombreux, mais gros, 
renfermant de petits granules dune matière blanche. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais le grain est 
moins gros. Les larges rayons sont en fuseaux pointus, com- 
posés de cellules larges et plates, en une seule série. 

Connarus Sp., n° 1571 G. 

Sagot, p. 908 : Aiaoua (aon Aiouea d'Aublet), Connarus (voir 6184). Id., 
p. 920 : Aiaoua, Aioua icica, Connarus sp. 

Ridley, p. 31 : Hiawaballi : Bois de Zébra. Connarus guianensix. 

Les noms précédents égalent Hiawa et, avec Icica, res- 
semblent beaucoup à ceux des Protium ; voir 1156. A com- 
parer aussi à Hiawaballi, n° 1571 E. • 



FAMILLE LXV. — LÉGUMINEUSES 



SOUS-FAMILLE. — PAPILIOXACÉES 



TRIBU VIII. — PHASEOLÉES 

Erythrina corallodendron Lin. (non Herb. Madr., ni 
Lamk., ni Lour. |, n" I 793. 
Synonyme : E, $pino$a Mill. 

Loureiro, II, p. W7 : \rbor sebifcra, te Boatainkring <l<- Rumphiua. 
Boie blanc, extrêmement léger, d'aucune utilité pour la conatruction. 

Buchoi : li* Gelak littoral -le Rumphiua : Moui non. 

Dumonteil, p. 159 : immortel. Deneité, 0,^17 ; ton 
li.">. p. I63i Claaee 6, de très faible valeur. 



36 H. STONE 

Grisard, 1894, I, p. 198 : Immortel, Bois Immortel, Flamboyant, 
Arbre à cafres, Bois de corail (Antilles) ; Mulungu (Brésil) ; Pinon 
espinosa (Cuba); Arbre immortel (Guy. franc.); Baracara (Guy. angl.? 
voir 1876); Pito (Salvador); Pericoa, Pericoca (Venez.). Il y a encore 
beaucoup de nqms asiatiques. — Bois blanchâtre légèrement grisâtre, 
parsemé parfois de petites veines noires bien distinctes; très gros, très 
léger, et d'un tissu lâche et spongieux. Il ne présente aucun intérêt 
industriel. Sa densité est de 0,270. 

Le Musée Colonial de Marseille possède un bois étiqueté 
« Immortel ». Ce bois est dune couleur jaune brunâtre, légè- 
rement luisant, avec des pores très gros, mais rares ; les fibres 
sont entrecroisés; sa densité est de 0,880. Il n'a évidemment 
aucun rapport avec YErythrina. 

TRIBU IX. — DALBERGIÉES 

. Dalbergia caudata G. Don., n° 1828 A. 
Bois Saint-Martin ; échantillon d'écorce du n° 288 de la 
Guvane, au Musée Colonial de Marseille. Lécorce est unie, 
mais rugueuse ; se compose de l'épidémie et de deux couches. 
La cassure de la couche interne est fibreuse ; celle de la couche 
externe est grenue. Epaisseur de 1 à 2 mm. environ. Sans 
odeur ni saveur. 

Dalbergiée non déterminée, n° 1828 B. 
Sagot, p.. 905 : Bois Préfontaine (voir 1571 B). 

Macheerium Schomburgkii Bth, n° 1832 A. 

Laslett, p. 451 : Itikibouraballi ; de couleur brun foncé ou noirâtre; 
grain serré. Bois dur et résistant. 

De Lanessan, p. 135 : Bois de lettres marbré; dur et lourd. 

Grisard, 1894, I, p. 87 : Bois de lettres tigré ou moucheté (Guy. fr.); 
Itaka, Itiki, Itikibourabally (Guy. angl.); Tiger-wood (Angl.); de cou- 
leur brun rougeâtre foncé, parsemé de petites mouchetures noires irré- 
gulières, auxquelles il doit son nom de Bois de lettres. Cette essence 
offre la plus grande analogie avec le Piratinera guianensis. Sa densité 
est de 1,320. 



ROTS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 37 

Je pense que l'échantillon de Grisard est bien le Plratinera 
(Brosimum) (voir 6623), car les Machœrium sont bien diffé- 
rents. Je n'ai pas vu d'échantillon encore bien déterminé, mais 
je donne ici la description de l'Itikabounaballi (Bell), Itika- 
boura (Hawtayne), Ititriribouraballi (Dalton) de la Guyane 
anglaise et Tikiboure de Surinam de l'Icones lignorum. 

(Caractères généraux, — Rois dur et lourd, d'une couleur 
brun noisette foncé, uniforme ; surface de la coupe radiale 
brillante. Il fonce légèrement à l'air. 

Couleur presque noire, d'après McTurk. 

Caractères physiques. — Densité d'un échantillon composé 
en partie d'aubier, 0,809. Dureté, celle du Gampêche. Sans 
odeur ; saveur légèrement résineuse. 

Caractères de Vécorce. — Ecorce épaisse de 3 mm. environ, 
de couleur brun clair. Elle tombe en minces plaquettes stra- 
tifiées et cassantes, et montre la couche sous-jacente plus 
claire, qui est aussi stratifiée en présentant des lignes noires. 
La surface de la bûche est ridée en fines côtes. 

Structure du bois. — L'aubier est de couleur écrue, brus- 
quement délimité du cœur ; 6 à 9 cm. d'épaisseur environ. La 
structure est comme celle de Swartzia tomentosa (1896 A), à 
parties ditférences suivantes. 

Sec/ion transversale. — Vaisseaux très apparents, augmen- 
tant de diamètre avec l'âge. Je n'ai jamais vu une augmenta- 
tion aussi forte sur aucun autre bois. 

Parenchyme en lignes d'une largeur approximativement 
égale à celle des intervalles des rayons. 

Section radiale. — Nuance plus claire que celle de la sec- 
tion transversale, mais plus foncée que celle de la section tan- 
genticlle. Vaisseaux en sillons très apparents, bien visibles • 
cause du fond brillant. Parenchyme en ligues brunes, serrées, 
visibles à la loupe, donnant un effet satiné à la coup»-. I 
rayons sont visibles à la loupe. 

Emplois. — l>ois très beau, ressemblant au Noyer, mais 
avec plus d'éclat, li esl assez dur;» travailler; se fend facile- 
ment ; d'un polissage médiocre. Peui être obtenu jusqu à 
.">."> cm. d'équarrissage (McTurk). 



38 II. STONE 

Éch. types : 43,2699 Bell. 

Références : Bell, n° 43 ; McTurk, p. 3. Laslett, p. 421. Icônes ligno- 
rum (aubier seulement), pi. LXVI, fig-. 5. 

Machœrium sp., n° 1832 B. 

Niederlein, p. 5 : Palissandre du pays (Guyane). 

Irriariadanni (Bell), n° 1832 C. Irriaradan (Hawtayne). 

Ce bois est peut-être bien un Machœrium. Je le place ici 
sous réserves. 

Caractères généraux. — Bois plutôt lourd, dur, d'une cou- 
leur brun clair, striée de lignes rouges très apparentes; grain 
gros, ouvert. La nuance de la coupe transversale est légère- 
ment plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,771 ; dureté, celle du 
Hêtre. Odeur et saveur presque nulles. 

Caractères de Vécorce. — Ecorce épaisse de 3 mm. environ, 
brune, légèrement gercée; l'épidémie est formé d'une pellicule 
cassante. La couche extérieure est dure, brune, ligneuse ; 
celle de l'intérieur est grise, dune structure uniforme. La sur- 
face de la bûche présente à la loupe une apparence moirée 
produite par les rayons, qui sont saillants. Les fibres sont 
sinueuses. 

Structure du bois. — L'aubier est épais de 4 à 5 cm. envi- 
ron, d'une couleur grise très foncée et peu commune (due pro- 
bablement à un Champignon). 

Moelle. — 3 mm. de diamètre environ, brune, ligneuse. 

Section transversale. — Couches bien délimitées ; de fines 
lignes et une interruption dans la succession des bandes du 
parenchyme en forment les limites. 

Vaisseaux grands, visibles comme des piqûres, pouvant être 
comptés à l'œil nu dans les couches les plus externes du bois 
des arbres âgés. Ils deviennent plus grands avec l'âge de 
l'arbre, mais ceux qui sont entre les limites de la couche ne 
varient pas en grandeur, sauf dans les groupes. Ils sont forte- 
ment isolés, distribués régulièrement et contiennent de la 
gomme brillante. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 39 

Rayons légèrement visibles lorsqu'ils sont humectés, uni- 
formes, réguliers, ressemblant à des fils de soie légèrement 
ondulés; écartés les uns des autres dune distance égale à celle 
du diamètre d'un gros vaisseau et s'écartant au niveau de ces 
vaisseaux. Même couleur que celle du parenchyme. 

Parenchyme gros, d'une visibilité frappante, en larges 
bandes claires, concentriques, continues, serrées qui enve- 
loppent les vaisseaux. Ces bandes sont rompues dans les 
couches les plus internes du bois, dont la structure ressemble 
à celle du Peltogyne fig. 5, pi. IV). 

Section radiale. — Plus claire que la transversale, mais plus 
foncée que la tangentielle. Les vaisseaux se présentent en 
gros sillons, munis de cloisons visibles à l'œil nu. Ravons 
semi-translucides, peu visibles. Les couches sont à peine 
délimitées. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais la nuance 
est légèrement plus claire, à cause du parenchyme qui est beau- 
coup plus visible dans cette section. Les rayons, qui ont 
Omm. 25 de hauteur, sont extrêmement petits. 

Emplois. — Peut être facilement obtenu de 17 ni. de lon- 
gueur sur 30 cm. de largeur d'équarrissage ; de Longue durée ; 
supérieur au Cœur vert. 11 produit une gomme jaune, pois- 
seuse (McTurk). 

Kcii. type : fc2.2698 Bell. 

Références: McTurk, p. t; Stone cl IV., p. iJ. 

Moutouchi. rapporté par les auteurs à Pterocarpus Draco L. 
non Lamk. . n° 1837. 

On trouve cinq sortes, et même davantage, Bûil dans I 
Musées, soit citées par les autorités. Ces bois sonl très difl 
rents entre eux, et il esi évident qu'il règ ne une cei tune confu- 
sion plutôl entre les noms qu'entre les bois. 

Dans les cinq variétés décrites plu-- loin, je ne puis dir€ i 
Laquelle se rapporte le nom systématique de PterocMrpuê 
Draco \ y puis seulement affirmer que La varié! I ;» ^n 

peu l.i structure du genre Pterocarpus. 

Le Moutouchi «I.- Préfontaine est VInga ■tli>-> voii 2003 H ; 



40 H. STONE 

et le Moutouchiroa d'Aublet est le Crudia aromatica (voit 
1963 C). 

Selon les renseignements fournis par les auteurs, on peur 
distinguer les variétés suivantes : 

Variété 1. 

Préfontaine, p. 194 (non-celui de la page 198): Moutouchy, Palétuvier, 
Liège du pays. On prend le cœur du bois, qu'on amollit à coups de mar- 
teau, et dont on fait des bouchons. 

Sagot, 1869, p. 903 : Moutouchi suberosa Aubl. Bois blanc, sans 
dureté. 

Aublet, p. 748 : Moutouchi des Galibis, Garipons et Créoles. Ecorce 
lisse, grisâtre ; bois blanc peu compact. 

Variété 2. 

De Lanessan, p. 135 : Bois poreux, léger. Il donne la densité de 0,875, 
d'après Dumonteil, et continue par une description qui est, en réalité, 
celle de Guibourt. 

Guibourt, p. 322 : Aubier blanc ; cœur irrégulier, et dont la coupe 
transversale montre un dessin grossier de carte géographique ; il pré> 
sente toutes les couleurs, depuis le rouge vif jusqu'au violet, et depuis 
le châtain clair jusqu'au châtain noir. 

Variété 3. 

Grisard, 1894, I, p. 167: Sangre de Draco (Amer, espag.), Palétuviere 
Mangle médaille géant (Guadel.), Cartangenero, Iluamouchi (Mexique), 
Bois l'étang, Lagunera (Trinité), Bois de corail tendre, Bois chatousieux 
(Antil. Guadel.). Bois rouge clair, fibreux, léger, exhalant une faible 
odeur de campêche, lorsqu'on le râpe ; on le vend pour le Santal roug- 
de l'Inde. Il peut être employé en guise de liège, à cause de sa compres- 
sibilité. 

Si nous nous en rapportions à la citation précédente de 
Grisard, nous nous trouverions en présence d'un bois qui 
aurait la composition de trois bois différents, car son bois 
compressible est vraisemblablement le Pterocarpus Draco de 
Linné, celui vendu pour le Santal rouge est le P. Draco de 
Lamk. et son palétuvier est Xlnga alha 2005 B. 

Variété 4. 

La variété 4 est représentée par les échantillons n os 47 et 
119 du Musée Colon, de Mars, et des n os 97 et 119, série II 
du Musée de Lyon, et peut-être aussi par le bois de Bassières, 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 11 

qui dit, p. 104 : Veiné de violet pâle, de brun clair et de blanc; 
sa densité est de 0,87o à 1,018 ; il se débite bien et se laisse 
facilement travailler. 

Comme j'ai vu, de cette variété, quatre échantillons de pro- 
venances diverses, je crois qu'elle est le véritable Moutouchi 
du commerce, et peut-être le Pterocarpus Draco de Linné. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, d'une couleur 
brun noisette clair ou foncé, presque uniforme, mais avec, ça 
et là, quelques lignes pourpres ou noirâtres. Sur la coupe 
transversale, le parenchyme se montre comme un petit dessin 
en dentelle un peu plus clair que le fond. Les différences qui 
existent entre ces échantillons me paraissent dues à la crois- 
sance ; les n os 119 (Lyon) et 47 (Marseille) seraient des parties 
de bois d'un âge plus jeune que celles du n° 119 (Marseille). 

Surface mate ou légèrement luisante. La nuance de la coupe 
transversale est un peu plus foncée que celle des autres sec- 
tions. 

Caractères physiques. — Densité, 0,630 à plus de 1. Très 
faible odeur de cuir; sans saveur. 

Structure du bois. — Section transversale. Couches en 
apparence bien délimitées, mais non à la loupe. Il y a des zones 
de densité variable. 

Vaisseaux visibles, quelquefois très fortement apparents : 
mm. 1 à mm. 2 de diamètre; largement isolés, avec ten- 
dance à se placer en lignes obliques; simples pour la plupart, 
beaucoup de paires subdivisées et, plus rarement, des groupes 
radiaux de .'î à i. Ils sont peu nombreux, de 1 par '2 mm.q. 
à 8 par mm. q. 

Hayons visibles à la loupe, très lins, ir réguliers, '2 a i dans 
un intervalle égal au diamètre d'un gros vaisseau, ou I 1 a 16 
par mm. Ils sont à peu près droits: bruns. 

l'a rein divine très abondant : n en tour-' 1rs vaisseaux, es! h • 

mince et bien visible, brun clair; b esi visible dans les détails 
a la Loupe, mais dans L'ensemble à l'œil nu. 11 se compose de 

hé-, nombreuses lignes plus on moins continues, - & 

intervalles égaux au diamètre radial d'un gros vaisseau, ou 3 
à G par mm. ; leur Largeur est !«■ double environ de celle d< 



42 H. STONE 

rayons. Elles sont plus claires que les rayons, mais plus fon- 
cées que le Pa. 

Section radiale. — Couches à peine délimitées. Vaisseaux 
gros (119, Marseille) ou fins (47, Marseille; et 119, Lyon). 
Rayons visibles à la loupe, obscurs, translucides, bruns ou 
jaunes. Parenchyme h en très fines lignes parallèles, blan- 
châtres. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les couches 
sont quelquefois bien indiquées avec des franges en zigzag 
(119, Marseille) ou à peine indiquées (97, Lyon). Rayons 
obscurs, visibles à peine à la loupe, rangés pour la plupart en 
étages. 

Variétés insuffisamment décrites. 

Dumonteil, p. 154: Moutouclii ; densité de 0,875; force, 255; élasti- 
cité, 186 ; p. 612. Classe 4, celle des meubles. 

Sagot, 1869, p. 903 : Moutouchy grand bois; propre à l'ébénisterie* 
C'est probablement un Swarlzia. 

Huber, p. 174. Mututy da terr« firme: Moutouchi grand bois, proba- 
blement le Pterocarpus Rohrii. Vahl : le même, p. 212. Mututy de varzea 
(Para) Pterocarpus Draco L. 

Pulle, p. 228 : Bébé hoedoe (Surinam); Pterocarpus Draco Lin. 

Fuente, p. 205: Bébé (Surinam); Pterocarpus suberosus. 

Aramata (Bell), n° 1837 B. 

Armata (Cal. Expos. Paris 1867). Aroumatte (Icon., 
lignorum). 

Ce bois a une structure semblable aux Dalbergiées. Je le 
place ici sous réserves. 

Caractères généraux . — Bois plutôt dur et lourd, d'une 
couleur brun verdàtre légèrement rayé. La structure est bien 
visible. Surface mate, sauf en coupe radiale, fonçant beaucoup 
à l'air. La nuance de la coupe transversale est plus foncée que 
celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,805 ; dureté, celle du 
Charme. Odeur très faible. La saveur est un peu celle du 
cèdre pour boites à cigares. 

Caractères de ïécorce. — Ecorce épaisse de 1 cm. environ, 
dune couleur brun clair ou jaunâtre, plutôt lisse ; fibreuse 
intérieurement et devenant dure vers l'épiderme, au-dessous 



BOIS UTTCES DE LA GUYANE FRANÇAISE 43 

duquel se trouve une couche claire et blanchâtre. La surface 
de la bûche est lisse. 

Structure du bois. — L'aubier est couleur de pain bis ; 
bien distinct du cœur ; épais de 2 à 3 cm . 

Section transversale. — Couches en apparence bien délimi- 
tées, mais moins nettement à la loupe. Les zones moins 
poreuses seraient peut-être les limites. 

Vaisseaux bien visibles à cause de leur bord clair ; grands : 
peu variables, sauf dans les groupes, où les vaisseaux du 
milieu sont ordinairement beaucoup plus petits. Ils sont 
simples ou en groupes radiaux de 2 à 6 ; distribués régulière- 
ment ; peu nombreux, de 1 à 6 par mm. q. 

Rayons juste visibles, très fins, uniformes, réguliers, écartés 
les uns des autres à une distance à peu près égale à celle du 
diamètre d'un gros vaisseau, à 9 par mm. 

Parenchvme a entourant les vaisseaux et les unissant tan- 
gentiellement en lignes concentriques, continues, claires et 
légèrement ondulées ; un peu plus larges que les rayons. 

Section radiale. — Couches probablement délimitées par de 
vagues veines verticales. Vaisseaux se présentant en tins 
sillons incolores. Ravons minuscules, brillants. Parenchvme 
en lignes claires. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons 
sont beaucoup plus petits ; ils ont jusqu'à Omni. 25 de hauteur; 
blancs. 

Emplois. — Peut être facilement obtenu jusqu'à 10 m. sur 
27 à 30 d'équarrissage (Bell). 

Bon pour constructions, bateaux, et quelquefois pour 1 ébé- 
nisterie (McTurk). 

Bois assez dur, pas très beau, difficile à travailler. Il sa 
fend facilement et son polissage est médiocre. 

Éch. type : 1,2657 Bell. 

Références: McTurk, p. 6; Stone ei Fr., p. I: Icônes lignorum, 

pi, I.XXI. ûg. '»-. en couleur assez ma] réusi 

Ineeriballi (Bell), n° 1837 G. 

Ce bois, que je place ici sous réserves, a aussi la structure 
• les Dalbergiées 



44 II. STONE 

Caractères généraux. — Bois plutôt mou, léger, d'une cou- 
leur brun rougeâtre clair, parsemé de raies de la même 
couleur, mais plus foncées, grain gros et à rebours. Surface 
tour à tour brillante et mate, fonçant légèrement à l'air. La 
nuance de la coupe transversale est plus foncée que celle des 
autres sections. 

Caractères physiques. — Densité ? (échantillon vermoulu). 
Odeur légère ; saveur rappelant faiblement celle du Pin. 

Caractères de Vécorce. — Ecorce épaisse de 4 à 8 mm., 
rougeâtre, lisse, fibreuse à l'intérieur, avec une couche gra- 
nuleuse. La surface de la bûche est lisse. 

Structure du bois. — L'aubier n'est pas très nettement 
délimité du cœur ; il y a transformation graduelle. Son épais- 
seur est de 9 cm. environ, et sa couleur celle du pain bis. 

Section transversale. — Couches en apparence délimitées, 
mais les limites vraies sont douteuses. Les zones de couleur 
foncée n'ont aucun rapport avec la structure. 

Vaisseaux visibles, mais non trçs apparents, très variables ; 
semblant devenir plus larges vers l'extérieur de la couche. 
Ils sont toujours disposés en lignes obliques, mais qui, dans 
le bois dense, ne se composent pas plus de 10 à 15 vaisseaux 
étroitement serrés, ces vaisseaux étant au contraire largement 
isolés dans le bois de densité moindre. 

Rayons visibles à la loupe, écartés les uns des autres d'une 
distance moindre que celle du diamètre d'un gros vaisseau. 

Emplois. — Abondant, bon pour construction ; d'une durée 
peu commune ; peut être obtenu jusqu'à 13 m. sur 35 à 40 
cm. d'équarrissage (Bell). 

Il se travaille facilement, mais son polissage laisse fortement 
à désirer. 

Éch. type: 41,2697 Bell. 
Référence: Stone etFr., p. 41. 

Lonchocarpus sericeus H. B. & K., n° 1843 A. 
Synonymes : L. formosianus DC. ; Rohiniaviolacea Beauv., 
non Jacq. ; Dalhergia guineensis Spreng. 

Cette espèce, je crois, n'est pas de la Guyane, mais je la 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 45 

cite car il y a confusion entre les synonymes de cette espèce 
et d'autres espèces de la Guyane. 

Lonchocarpus rubiginosus Bth, n° 1843 B. 

Niederlein, p. 14: Saint-Martin rouge, Martin, Patacoa (Guyane). Le 
même, p. 14. Préfontaine, Préfontaine rouge (Guy.), Caconnier (Guad.). 

Lonchocarpus latifolius H. B. 6c K., n° 1843 C. 

Grisebach : Bitch-wood (Antilles anglaises). 

Sagot, p. 903. 

Niederlein, p. 14. Savonnette jaune (Mart.). 

Lonchocarpus rufescens Bth, n° 1843 D. 
Synonyme : Rohinia Nicou Aubl. 

Aublet, p. 771 : Un arbrisseau. 

Lonchocarpus sp., n° 1843 E. 

Niederlein, p. 4 : Saint-Martin soufré; Savonnette blanche. Le même, 
p. 13, 1902. Panacoco gris (Guad.). 

Derris (Pterocarpus ; guianensis Aubl., n° 1846. 

Synonyme: \ atairea guianensis Aubl. 

Noms vulgaires : Dartrier de la Guyane (Aublet). Graine à 
dartre, Ourisoura (Rodway). Coumati (Niederlein). Arisowroo 
(Bell). Arisower (Surinam, Icônes lignor. ). Faveira de empi- 
gem (Brésil, Amazones, Lluber). 

Léchantillon de Bell a été déterminé, d'après les feuilles cl 
les fruits, comme le Pterocarpus guianensis, mais une révision 
du genre a transféré cette espèce a celui de lier fis Index 
Kew, Suppl.). 

Caractères généraux. — Bois assez Lourd et dur : d'une cou- 
leur variant entre le jaune, le brun rougeâtre, b' brun foncé 
même le vert. Surface Luisante fonçant Légèrement ;• 1 air. La 
nuance de la coupe transversale est plus fonce que celle des 
autres sections. La coupe radiale est la plus claire <-t La plus 
brillante de toutes. Grain gros, ouvert. 

Caractères physiques. — Densité, 0,748 : dur* du 



46 h. sioM, 

Teck. Odeur, à sec, nulle; saveur très arrière, rappelant celle 
du cèdre pour boîtes à cigares. D'après Gamble, saveur comme 
le « Quina ». 

Caractères de Vécorce. — Ecorce blanchâtre, d'après Aublet. 
Épaisse de o mm. environ, lisse, se composant de deux 
couches ; celle de l'intérieur de 3 mm. environ est fibreuse 
comme du liber ; celle de l'extérieur sémiette et est remplie 
de scié rites durs et blanchâtres. La surface de la bûche est 
finement striée. 

Structure du bois. — Aubier de couleur écrue, épais de 3 
cm. o à o cm. environ ; nettement délimité du cœur. 

Section transversale. — Couches mal délimitées; les vraies 
limites sont douteuses. 

Vaisseaux très apparents, en grosses lignes ondulées, 
obliques, et ininterrompues sur une grande distance ; distribués 
régulièrement ; simples ou par groupes de 2 à 6. 

Rayons visibles à la loupe, fins, réguliers, écartés les uns 
des autres d'une distance égale à celle du diamètre d'un gros 
vaisseau et s'écartant à peine au niveau de ces vaisseaux. 

Parenchvme a entourant les vaisseaux et s'étendant en 
lignes concentriques, assez grosses et irrégulières : la ligne 
qui paraît être la limite de la couche serait peut-être le Pi). 

Section radiale. — Vaisseaux gros et luisants. 

Section tangentielle. — Rayons très petits, blanchâtres. 

Emplois. — Peut être obtenu jusqu'à 13 à 17 m. sur 20 
cm. d'équarrissage (Bell). 

D'une longue durée quand il est exposé aux intempéries ; 
il résiste aux vers (McTurk). 

Se fend facilement, cassant, et ne prend pas les clous. 

Éch. type : 3,2659 Bell ; 0370 Impér. Instit. 

Références : McTurk p. 5 ; Aublet, p. 755 ; Sagot, XIII, p w 307 ; Icônes 
lign., pi. 63. Stone et Fr., p. 3; Bell, p. 4. 

Piscidia Erythrina Lin., n° 1848. 

Niederlein, p. 12: Bois puant. 

Les Andira et les Wacapous, n° 1851 . 

Ces bois se rapportent à Andira excelsa H. B. & K., à 



BotS btlLES DE LA GLiA.NE FRANÇAISE 

A. Auhletii Bth et à A. inermis Sw. Toutes ces espèces sont 
bonnes d'après l'Index Kew. qui cite encore le Vouacapoua 
americana d'Aublet comme synonyme de A. excelsa ; d'après 
Steudel, ce Vouacapoua est synonyme de A. racemosa Lamk., 
qui est VA. Auhletii ; et enfin, d'après Grisebach, il serait 
synonyme de A. inermis. Pour ajouter à la confusion, Grise- 
bach cite encore A. racemosa, qui est le A. Auhletii, comme 
synonyme de A. inermis. 

Il me paraît que, si on peut confondre Vouacapoua avec trois 
espèces différentes, les différences entre elles ne doivent pas 
être très grandes. D'ailleurs les échantillons que j'ai vus sont 
tellement semblables que je puis à peine les distinguer les uns 
des autres, et j'adopte le Vouacapoua d'Aublet pour ces trois 
espèces. 

D'après Huber, p. 221, ce point a été éclairci par Bâillon 
dans VAdansonia, vol. IX, 1 8GS- 1 S7U ; le nom Vouacapoua 
americana est le bon. L'article de Bâillon est reproduit en 
entier dans l'appendice de « Mattas et Madeiras amazonas » 
d' Huber. 

Les échantillons ne présentent aucune différence, sauf le 
développement du parenchyme, qui est un tissu toujours 
capricieux . 

Je fais remarquer également que les bois de Bowdichia vir- 
yi/iuides et nitida sont aussi difficiles à distinguer des Waca- 
pous. Ils sont confondus certainement dans le commerce 

Les noms indigènes sont encore plus confus. Grisard cite 
Acapu (Brésil . Wacapou, Bois «le Vouacapoua, Epi de blé 
(Guyane ; Dacamabally (Arrhouages) ; Blackheart, Partrid- 
gewood Col. Angl, : Angelin grand bois Martinique et Tri- 
nité) et Pilon (Venezuela). Presque tous se rapportent à plu- 
sieurs bois, d. an moins, à sept espèces différentes. Berkhoui 
donne, en plus de Dacama el Wacapou, le nom Bruinhart qui 
se confond avec Brauna Melanoxylon Brauna I - noms ne 
doivent pas être regardés comme précis, car, chez tous I 
auteurs, ils ne sont jamais groupés de la même manière. Dans 
ce qui va suivre je rapporte pour les Andira la description 
des auteurs aux uoms spécifiques qu ils ont adoptés ; el tous 



48 H. STONE 

les échantillons de Wacapou vont être décrits sous le nom de 
Vouacapoua americana, n° 1851 D. 

Andira Aubletii Bth, n° 1851 A. 

Sagot, p. 224: Bois le meilleur et le plus classique de la Guyane ; 
assez rare. On le reconnaît à son tronc marqué de côtes saillantes et 
d'excavations. 

Bassières, p. 96 : Le meilleur de nos bois durs ; se travaille facile- 
ment, se durcit en vieillissant et se conserve indéfiniment. Ses fibres 
sont droites; bon pour charpentes, bardeaux. 

Grisard, 1893, II, p. 513: Bois d'une belle couleur brun foncé, quel- 
quefois presque noir. Aubier d'une faible épaisseur ; blanchâtre. 

Niederlein, p. 2 : Wacapou Giuliu (Guyane). 

Andira inermis Kunth., n° 1851 B. 

Noms vulgaires : Yaba (Cuba, Hawtayne). Bastard Cabban 
(Brésil, Miers). Angelin, Angelim, Cabbage-bark tree 
(Antilles), Lombriceiro (Brésil, da Gama). Bilge-water tree, 
Wormbark (Lindley). Wild Olive, Bastard Cabbage (Guy. 
Angl., Schomburgk). Bruinhart (Surinam, Pulle). Angileen 
(Antilles, Grisebach). Moca, Moca blanca (Antilles, Urban). 
Bois Olive (Guadel.), Pilon (Venez., Grisard). Bois palmiste 
(Guibourt). Morcagueira (Brésil, Peckolt). Morcegueira (Bré- 
sil, Huber). 

Ici je dois dire que j'ai reçu moi-même un échantillon sous 
le nom à' Andira inermis, et je l'ai décrit sous ce nom dans 
le Timbers of Commerce, page 93. J'ai cependant quelques 
doutes sur cette identification et j'ai mentionné l'espèce sous 
toutes réserves. 

Guibourt, II, p. 355 dans le titre de son article sur le Bois 
de Panacoco ajoute le nom de Bois de Perdrix (Partridge- 
wood) ; ce qui donnerait à penser que les deux bois sont les 
mêmes ; je tiens à signaler cette particularité, car la description 
du Bois de Perdrix qui suit celle du Panacoco se rapporte à 
un bois différent. 

Grisard, 1893, II, p. 514 : rouge brun, un peu noirâtre, assez dur et 
de bonne qualité ; il offre la plus grande analogie avec l'espèce précé- 



BUIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 49 

dente, A. Aubletii. Les bois de Saint-François et de Saint-Martin pré- 
sentent les mêmes dispositions fibreuses et ont la même couleur; den- 
sité de 0,900 à 1,113. 

Andira excelsa H. B. et K., n° 1851 C. 

Noms vulgaires. : Vouacapoua (Guy. angl., Miers). Cœur 
dehors (terme gén., Niederlein). Angelin à grappes (Musée 
Colon, de Marseille). 

Vouacapoua americana Aubl., n° 1851 D. 

Parmi les nombreux échantillons que je vais décrire, aucun 
n'est bien déterminé ; la plupart ne sont étiquetés que sous 
les noms indigènes. Le Bureau des Renseignements du 
Brésil à Paris m'a envové un échantillon sous le nom de 

«y 

V. americana, mais, comme les éditions publiées par ce 
Bureau contiennent certaines erreurs, ma confiance est très 
limitée dans ces déterminations. Je crois cependant que, dans 
ce cas, l'identification est juste. 

Saldanha da Gama cite un Angelim-pedra (Andira specta- 
bilis, qui ne se trouve pas dans l'Index). Ce bois, ayant un 
cœur qui devient noirâtre à l'air, est peut-être bien le V. ame- 
ricana, et aussi l'Epi de blé de Varenne-Fenille, le Palmiste 
de Guibourt, le Vouacapou holz, ou Wegaba holz de Wiesner, 
et le Bruinhart de Berkhout, mais non le Partridge-wood 'des 
Anglais, ni l'Œil de Perdrix de Roubo, ni le Partridge-wood 
de Grisard, que celui-ci cite sous le nom de Ifeisteria cocci- 
nea Jacq. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, d'une couleur 
brun foncé, strié de lignes brunâtres ou blanchâtres ti 
grosses ; il ressemble beaucoup au bois des Palmiers. La sur- 
face des fibres est légèrement luisante ; celle du parenchyme 
est mate. La nuance de la section transversale esi tantôl 
claire, tantôt foncée, suivanl le t L ■ \ < - 1 « » j > [ n • 1 1 1 « - n ( du paren- 
chyme, et, proportionnellement, plus mate <>u plus luisant 

Cœur rouge foncé, qui devient noir en se desséchant 
(Aublet). 

Caractères physiques. — Densité, 0,930 à 1,012. Dure! 

celle du Unis. Odeur, a sec, très Légère; mais il répand une 
Annules du Musée c<>i>>iu;ii ./-' èi*r$eille. v - • I H 7, 4 



50 ë. stoxe 

odeur de violette lorsqu'on le travaille. Saveur insipide. Solu- 
tion aqueuse incolore à l'eau froide. Il brûle assez bien en 
exhalant une faible odeur caractéristique. 

Caractères de Vécorce. — Je n'ai jamais eu l'occasion de 
voir, comme écorce, qu'un échantillon du Musée Colonial de 
Marseille, n° 2o0, Antilles, étiqueté Andira racemosa. Cette 
écorce a l'épidémie jaune blanchâtre, se détachant en plaques 
minces, qui laissent des empreintes peu profondes, comme 
celles des Platanes. Couche interne brun grisâtre. La surface 
intérieure présente (particularité spéciale) un effet moiré, pro- 
duit par les rayons, qui est à peine visible. 

Structure du bois. — Aubier bien délimité du cœur (voir 
pi. III et IV). Blanc jaunâtre., d'après Aublet. 

Moelle. — Diamètre de 7 mm. environ, brune, ayant o lobes. 
Section transversale. — Je trouve que les détails sont bien 
plus visibles sur une section polie au papier de verre crue sur 
une coupe faite au rabot. Couches bien délimitées ; les zones 
de bois presque dépourvues de vaisseaux en sont les limites. 
Les couches suivent le contour de la moelle pendant de 
longues années et finissent par produire des côtes et des 
excavations qu'on appelle « arcabas » à la Guyane et « saco- 
pembas » au Brésil (voir 1896). Da Gama dit que l'Angelim- 
pedra a cinq lobes, comme l'un de nos échantillons ; cependant 
la planche n° i n'en montre que 3 ou i. 

Vaisseaux très apparents, larges, diminuant beaucoup sur 
le bord externe de la couche, distribués régulièrement en 
lignes obliques très visibles, qui semblent former des festons. 
Xofe. — Près de la moelle, les vaisseaux sont ailés et isolés ; 
ce n'est que lorsque le bois devient plus âgé qu'ils s'unissent 
entre eux, sauf ceux du bord externe de chaque couche, qui 
restent toujours isolés pour la plupart. 

Rayons visibles à la loupe, fins, uniformes, réguliers, moins 
denses que les fibres, écartés les uns des autres d'une distance 
égale environ au diamètre d'un gros vaisseau, et ne s'écartant 
pas au niveau de ces vaisseaux. 

Parenchyme très apparent a, entourant les vaisseaux sous 
forme de larges bords qui s'étendent en ailes et souvent en 
lignes. 



nOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE Y) i 

Section radiale. — Couches assez bien délimitées, mais 
difficiles a suivre. Les vaisseaux, avec leur parenchyme, se 
présentent en lignes brunes ou blanchâtres, visibles d'une 
manière frappante, sauf dans les variétés où le parenchyme 
est de couleur foncée (voir pi. III). 

Section tangentielle. — Gomme la radiale, mais les couches 
formées en lignes et en lacets frangés sont un peu plus faciles 
à suivre. 

Emplois. — Bon pour constructions, palissades, cases de 
nègres, meubles, mortiers, pilons. Il se conserve assez bien 
(Aublet). 

Bon pour architecture navale, charpente, poutres, traverses 
de chemins de fer (Silva). 

Beau bois se travaillant bien malgré sa dureté. 

Éch. types : Musée Colonial de Marseille, n os 29, 48, 102 et 107 de 
la Guyane. Musée de Lyon, série II, n° 301, Guyane. Bureau des Ren- 
seignements du Brésil, n° 1. 

No 1851 E. 

Variété ou espèce très voisine de la précédente, différente 
en apparence. Le parenchyme peut être comparé aux extré- 
mités des poils d'une fourrure noire, pointillée de brun. 

Musée Colonial de 1 Marseille, échantillon n° 6 de la Guvane. 

Le Partridge-wood des Anglais, n° 1851 F. 

Noms vulgaires : Pheasant-wood ; Brown, Black ou Sweet 
Partridge-wood, Ang-elin, Rebhuhnerholz. 

C'est probablement le bois de Kousselet et le A.capu-rajada 
du Para de Miers et de Wiesner (cité comme And ira Aubletii 
B. et L. ; synonyme : Vouacapoua americana Aubl. . mais 
ce n est pas le bois de Guibourt, qui a uni' écorce fibreuse, e! 
encore moins un Wacapou. 

Caractères <f< : n<'>ruu.r. — Bois lourd et dur. d'une couleur 
brun foncé, qui l'ait ressortir souvent un joli dessin en den- 
telle sur la coupe tangentielle. Grain gros. La suri 
luisant^ «-t unie, car les pores s.ml remplis de résine. Il ne 
fonce que légèrement à l'air, au contraire des Wacapou 



52 H. STONE 

mais il est possible que ce bois, avant d'arriver à destination, 
ait déjà pris sa teinte foncée. 

Caractères physiques. — Densité, 0,900 à 1,230. Extrê- 
mement dur. Odeur, à sec, nulle. Saveur légère de noisette ; 
solution aqueuse de couleur brun rougeâtre foncé. Il est très 
difficile à allumer et brûle très mal. 

Caractères de Yécorce. — Ecorce très mince, ressemblant à 
une couche de laque brun foncé; de 1 mm. d'épaisseur environ. 
Elle est fortement adhérente et cassante. 

Mince, très dure et coriace, se fendant longitudinalement 
(Miers, pour Acapu-rajada). 

Structure du hois. — L'aubier a une épaisseur de 6 à 
20 mm., brun clair ou brun blanchâtre ; il est bien délimité 
du cœur, qui est d'un contour irrégulièrement ondulé (proba- 
blement un cas des « arcabas »). 

Section transversale. — Couches en apparence très bien 
délimitées, mais, en réalité, douteuses, car les lignes du 
parenchyme ne sont pas concentriques. 

Vaisseaux bien apparents, à cause de leur grandeur et de 
leurs bords clairs. Ils ont mm. 18 de diamètre ; peu 
variables ; irrégulièrement distribués, avec tendance à se dis- 
poser en zones. Les plus grands sont simples ; les petits sont 
subdivisés en groupes radiaux ou irréguliers, de 2 à 7 vais- 
seaux. Ils sont de forme ovale, assez nombreux, de 14 à 
50 par mmq.; ils contiennent de la gomme brune. 

Rayons visibles à la loupe, très fins, uniformes, écartés les 
uns des autres à une distance un peu moindre que le diamètre 
d'un gros vaisseau, et s'écartant au niveau de ces vaisseaux ; 
9 à 12 par mm. Ils sont de couleur blanchâtre ; mais, vus en 
section transparente, ils paraissent plus foncés que les fibres 
ligneuses ; composés de petites cellules. 

Parenchyme très abondant a, entourant incomplètement 
les vaisseaux et s'étendant en fines lignes concentriques blan- 
châtres, qui s'anastomosent, sont de 5 à 8 par mm. et sont 
de largeur variable et souvent interrompues ; contour plutôt 
irrégulier. 

Section radiale. — Vaisseaux bien visibles ; mais, étant 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 53 

remplis ordinairement de gomme noire, ils ne sont pas très 
apparents. Rayons très petits, luisants. Parenchyme a très 
apparent le long des bords des vaisseaux, et h visible à la 
loupe en fines lignes, comme des hachures. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons 
sont encore moins visibles, et le parenchyme est très variable ; 
parfois il apparaît en franges en zigzag ; d'autres fois il est à 
peine visible. 

No 1851 G. 

Cette variété a la structure des Wacapous ; mais, comme le 
parenchyme et les fibres ligneuses sont à peu près de la même 
couleur brun clair uni, elle perd toute ressemblance avec les 
bois de Palmiers. Les vaisseaux sont gros et se présentent 
comme des sillons qui deviennent noirs sur une surface vernie. 
La nuance de la coupe transversale est beaucoup plus claire 
que celle des autres sections. Sa densité est de 0,600 environ. 
Le parenchyme est abondant et compose la moitié du bois. 

Éch. type : Musée Colonial de Marseille, n° 25, Guyane. 

N° 1851 H. 

Ce bois est semblable au précédent sous tous les rapports, 
sauf le parenchyme, qui est très réduit et qui se montre très 
peu sur la coupe tangentielle, où il est plutôt visible par 
reflet. Lorsque le bois est sec, la nuance de La coupe transver- 
sale est beaucoup plus foncée que celle des autres sections, à 
cause de la prédominance des libres ligneuses foncées. Le 
parenchyme forme à peine la sixième partie du bois. Densité 
de 0,600 environ. 

Éch'. type : Musée Colonial de Marseille, n° k J<>, Guyane. 

No 1851 I. 

Le Wacapou de Dumonteil (peut-être une des variétés pri 

cédentes). 

Dumonteil, p. L54 : Densité, 0,900 ; force, 304 ; élasticité, I8t; p. 160. 
Classe 2, celle du ( ihêne. 



54 IT. STONE 

Bois Saint-Martin ou Saint-Martin rouge, no 1851 I. 

Les bois désignés sous ce nom sont tellement nombreux et 
différents que je suis forcé de conclure que, dans le commerce, 
le nom Saint-Martin est d'une application générale à tout bois 
non connu. Outre les deux échantillons que je vais décrire, 
j'ai vu au Musée Colonial de Marseille trois échantillons de la 
Guyane ; les n 09 102 et 107 sont certainement des Wacapous, 
et le n° 108 est de couleur rouge foncé. Au Jardin Botanique 
de Marseille, j'ai vu un quatrième échantillon, n° 23, de cou- 
leur rouge vermeil. Le nom Saint-Martin se rapporte à 
l'Ebène verte, au Bois de Campêche, au Bois amer, au Pana- 
coco, à un Lonchocarpus, à un Dalhergia et à deux espèces de 
Copaifera. (Voir Table des Matières.) 

Dumonteil, p. 152, Saint-Martin : Densité, 0,912; force, 229; élasti- 
cité, 127. 

La Commission de Brest, p. 162 : Saint-Martin rouge. Densité, 0,870 
à 0,922; force, 1130 à 1140 ou 1,70 si le Chêne = 1 ; élasticité, 25 à 30 ; 
p. 163. Il fait entendre des craquements longtemps avant de se rompre. 
Le même, p. 167 : 7/ 10 plus fort que le Chêne, 1/5 plus pesant, mais 
moins élastique ; rouge pâle agréable ; grain assez fin, mais les canaux 
sinueux sont aussi gros que dans le Chêne. i\ pourrait être assez avan- 
tageusement employé en varangues, genoux, quilles, etc. Dans l'eau, il 
a paru se conserver aussi bien que dans un magasin ; ne convient pas 
aux ouvrages de tour. Le même, p. 197 : Classe 1, celle du Chêne. Le 
même, p. 184 (essais sur des échantillons, sans doute ceux de Dumon- 
teil). Conservé à couvert : force, 800 à 1260 ou 1,58 si le Chêne — 1 ; 
élasticité, 10 à 25 ; à découvert : force, 1010 à 1410 ou 1,49 si le Chêne 
= 1 ; élasticité, 20 à 25. 

Si c'est le même bois que celui de l'échantillon de Mar- 
seille n° 188, il pourrait servir pour crosses de fusils. 

Saint-Martin blanc. — N° 1831 K. 

Commission de Brest, p. 162 : Deusité, 0,880 à 910; force, 1020 à 
1120 ou 1,58 si le Chêne = 1 ; élasticité, 20 à 25. Le même, p. 163 : 
Avant de se rompre, il produit déjà beaucoup d'éclats et de fentes lon- 
gitudinales ; cassures bien fibreuses. Le même, p. 171 : de couleur roux 
pâle. Densité, 0,830 à 0,9 J0 ; moitié plus fort que le Chêne, 1/5 plus lourd, 
mais beaucoup moins élastique : très rigide : grain assez fin; pourrait 



nOTS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 55 

être utilement employé comme bois courbant. Le même, p. 197; Classe 
le, celle du Chêne. 

Saint-Martin ou Saint- Martin gris, n° 1851 L. 

Description d'après les échantillons : X 130, série I I , Lyon 
(Saint-Martin), et n° 2, Guyane, Marseille (Saint-Martin gris). 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, rayé de lignes 
étroites brun clair et noires, ressemblant au Wacapou ou au 
bois des Palmiers. La surface est plutôt mate. En coupe trans- 
versale, ce bois présente le parenchyme en taches plus grandes 
quelles ne le sont sur les autres bois; et, en conséquence, la 
nuance de la coupe transversale est aussi claire, même plus 
claire que celle des autres sections. 

Structure du bois. — Section transversale. Couches mal 
délimitées. 

Vaisseaux visibles comme des piqûres ; très grands, dia- 
mètre de mm. 25 ; très rares, 1 à 5 par mm. q. Ils sont for- 
tement isolés, simples, quelquefois par paires, vides ou rem- 
plis de résine jaune. 

Rayons visibles à la loupe, fins comme de la soie, uni- 
formes, irréguliers ; 4 à 5 par mm. ; écartés les uns des autres 
à une distance égale environ au diamètre d'un gros vaisseau 
et s'écartant au niveau de ces vaisseaux ; incolores. 

Parenchyme visible d'une manière frappante, a, entourant 
les vaisseaux en grosses taches irrégulières, obliques ou con- 
centriques, souventanastomosees.il occupe le tiers ou la moitié 
de la surface; brun clair. 

Section radiale. — Vaisseaux très gros, rares d peu appa- 
rents. Rayons bruns, visibles à la loupe. Pa occupe la moitié 
de la surface en grosses lignes claires. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les payons 
sont beaucoup plus petits <-t visibles a la loupedans les ligni 
noirâtres des fibres ligneuses seulement. Ils sont invisibl 
dans le Vu <pii est, sur cette section, encore plus gros, plus 
abondant cl irrégulier. 

Clef pour fous les />'" 1851. 

A. Bois Insuffisamment décrits ou de couleur i I même 

blanchi 1 3 ;l ' J.& K 



56 II. STONE 

B. Bois de couleur brun foncé ou noirâtres, raves ou non, 
de couleurs plus claires. 

1 . Non rayé. Parenchyme de couleur foncée se 
montrant à peine. Les Wacapous 1851 G & H. 

2. Rayé. Parenchyme de couleur pain bis, très appa- 
rent en lignes claires sur la coupe longitudinale. 

2.1. En coupe transversale, le parenchyme est uni en 
lignes concentriques qui se rétrécissent entre les 
vaisseaux. 

2.1.1. Parenchyme réduit en fines lignes. Vaisseaux de 
14 à 50 par mmq., avec tendance à se disposer 
en zones. Partridge 1851 F. 

2.1.2. Parenchyme abondant, occupant du quart aux 
deux tiers de la coupe. Vaisseaux, jusqu'à 19 par 
mmq. (Voir Clef n° 1876.) 

2.2. Parenchvme entourant les vaisseaux, soit étroite- 
ment, soit en ailes, soit en taches unissant des 
groupes, mais non en lignes concentriques. 

2.2.1. Parenchvme entourant étroitement les vais- 
seaux sans ailes. 

2.2.1.1. Parenchyme, en coupe longitudinale, largement 
développé en grosses stries. Bowdickia nitida 
1880 C. 

2.2.1.2. Parenchyme brun se présentant en bords fins le 
long des vaisseaux moyens, ce qui donne à la 
coupe l'aspect dune fourrure. }Vacapou 1851 E. 

2.2.2. Parenchyme, en coupe transversale, entourant les 
vaisseaux, et s'étendant en ailes çà et là, formant 
souvent des lignes obliques, des angles et des arcs. 

2.2.2.1. Vaisseaux, en section transversale, ailés seule- 
ment dans la zone extérieure de la couche ou 
autour de la moelle. Bois très luisant. Vouacapoua 
1851 D. 

2.2.2.2. Vaisseaux ailés et parfois unis de groupe en 
groupe par le parenchyme. Boivdichia virr/ilioides 
1880 B. 

2.2.2.3. Vaisseaux ailés, mais le parenchyme se présente 
en grosses taches. Saint-Martin 1851 L. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE o7 

La ligure en couleur, n° 7, pi. XI, dans l'Icones lignorum, 
est beaucoup trop claire et trop unie pour qu'on puisse y recon- 
naître une de mes variétés; et la figure n° 2, pi. LXXYI, il me 
semble, est beaucoup trop noire. La planche LXXIII, fig. 7 
(Bruinhart) indique bien un Wacapou, bien qu'elle soit un 
peu claire en couleur. 

Références pour toutes les espèces précédentes relatives au n° 185 J : 
Silva, ms. ; Miers, ms.; Martin-Lavigne, p. 100; Saldanha da Gama, 
1825, p. 25; Aublet, Suppl., p. 9; Wiesner, II, p. 945; Sagot, p. 224; 
Dumonteil, 1823, II, partie 2; Comm. de Brest, 1826, partie 2 ; Grisard, 
1893, II, pp. 513 et 514; Roussell, I, p. 310 ; Bouverie, p. 150 ; McTurk, 
n° 35 ; Bassières, p. 96 ; Roubo, p. 777'; Stone, T. of C, p. 98 ; Berkhout, 
p. 25. 

Geoffraea spinosa Jacq., n° 1852 A. 

Synonyme : Geoffroy a spinosa Lin. (ne se trouve pas dans 
l'Index). 

Aublet, p. 760; Umari de Marcgraff. (Voir n° 907.) 

Grisard, 1894, II, p. 414: Chanar (Argentine). Le tronc vert se dé- 
pouille de son écorce au printemps ; plusieurs variétés, celles du Nord 
surtout, sont bonnes pour la charpente, d'après Martin de Moussy : ;< 

La variété la plus commune est un bois très dur qui ne peul guère 
servir qu'à la construction des ranchos ou chaumières de la campagne. 

Geoffraea violacea Pers., n° 1852 B. 
Svnonvme : Acourou violacea Aubl. 

Aublet, p. 753 : Lcorce roussàtre, ridée cl gercée. Bois blanchâtre, 
intérieur rou^eâlrc, dur et compact. 
Niederlein, p. \ : Amadou indien, Monsieur le Curé Guyane . 

Dipterix odorata Willd., d° 1853 A. 

Synonymes: Coumarouna odora Aubl. : C. odorata Aubl. : 
Baryosma Tongo Gaertn. ; Heinzia peregrina J. F. Gmel. 
Les genres Taralea et Bolduccia égalenl Dipterix. 

Noms vulgaires : Gayac (Dumonteil serait-ce bod Goyas 
p. \l\2 ? . Gayac mâle Musée C. Marseille . Tonka-bean 
tree, Kumara Bell). Tonkin-bean (McTurk). Curaaru, Cum- 
bari, Faver de Tonca, Tonga-bean Miers . Gouamara K« w . 



58 H. STONE 

Coumarue (Fr.); Koemarie (Holl.); Koemara (Angl.) ; Sarra- 
pia (se rapporte plutôt aux fèves qu'à l'arbre ; Cayenne) ; Bois 
de Savane, Gavas de Cayenne (Guyane Fr. d'après Martin- 
Lavigne). Cumary, Gamiri (Ital. Petrocehi). Quamary (Imp. 
Inst.). Lokus, Locus (Surinam, Berkhout). Comarre, Qua- 
mare, Groot Lokus, Tonka Boon (d'après l'Icones lignorum, 
son Coemarremara ne s'identifie pas avec cette espèce). Cum- 
baru, Cumbury et autres noms similaires s'appliquent aussi 
à Dipteryx oppositifolia ; et à une espèce de Torresia d'après 
Rodriguès. Gayac de Cayenne, Hivourae, Ibirae, Manlira 
(Caribes, d'après Préfontaine. Sont-ils bien de cette espèce ?) 
Le Tonga-bean wood de Lindley, Alyxia buxifolia, doit être 
différent. Le Coumarourana d'Aublet est l'espèce suivante. 

L'échantillon de Bell a été déterminé, d'après les feuilles et 
les fruits, par le Dr. Freeman. Ce bois correspond bien aux 
descriptions de Miers, Guibourt, Martin-La vigne et des autres 
auteurs cités ci-dessus ; c'est sans doute le bois de Dumonteil. 

Préfontaine dit que le Gayac de Cayenne est employé pour 
les maladies vénériennes ; cette application me fait supposer 
que son bois pourrait bien être le Guaiacum, qui n'est pas 
cependant indigène de la Guyane. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, d'une couleur 
brun rougeâtre, variant par places du ton clair au ton foncé. 
Brun, d'après Aublet. Brun rougeâtre rayé, d'après Miers. La 
surface, un peu luisante, fonce légèrement à l'air ; grain serré 
et fortement à rebours. 

Caractères physiques. — Densité, 1,030 à 1,080; 

D'après Dumonteil : Densité, 1,153 ; force, 385 ; élasticité, 
139. 

D'après Obreen : Force 1045 si le Chêne ss= 663. D'après 
Berkhout : force 2825 si le Teck de l re qualité = 1920 ; élas- 
ticité 4000 si le Teck = 2000. D'après de Lanessan : Densité, 
1153, résistance 385 kilos. 

Dureté, celle du Panacoco. Sans saveur ni odeur. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 3 mm. environ, pleine 
de sclérites blancs et durs, s'émiettant extérieurement en 
laissant apercevoir des couches de couleurs variées ; du brun 
au jaune pâle, 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE ">9 

D'après l'échantillon n° 311, Guyane, du Musée Col. de 
Mars. : Ecorce épaisse de 3 à 6 mm. laissant exsuder une 
gomme noire; épiderme blanchâtre ou gris jaunâtre. La sur- 
face intérieure est couverte de sillons en fuseaux, dans lesquels 
viennent s'adapter les saillies qui se trouvent sur la surface 
de la bûche. Lécorce entière est composée de ces fuseaux. 
Sans saveur ni odeur. Cette structure est rare et très curieuse ; 
ne l'ayant pas remarquée dans l'échantillon de Bell, je doute 
que cette écorce soit de notre espèce. 

Structure du bois. — La structure est comme celle du Pen- 
taclethra n° 1978 A, à part les différences suivantes : Aubier 
nettement délimité du cœur, brun pâle ou brun grisâtre ; 
épais dé 3 à 4 cm. environ ; blanc (Aublet). 

Section transversale. — A comparer avec la figure 5, pi. V. 

Couches en apparence délimitées ; les zones qui ont le 
moins de vaisseaux en sont peut-être les limites. 

Vaisseaux très apparents à cause de leur grandeur et de 
leur contenu blanc ; simples pour la plupart, et cependant 
beaucoup aussi de groupes de 2 à 5 (pas de groupes linéaires^. 

Rayons à peine visibles à la loupe, écartés les uns des 
autres à une distance moindre que celle du diamètre d'un 
gros vaisseau. 

Parenchyme a formant de larges bords clairs autour des 
vaisseaux, et unissant çà et là deux ou trois groupes. 

Section radiale. — Couches à peine délimitées. Les vais- 
seaux sont, pour la plupart, obscurcis par les bords glauques 
et sinueux du parenchyme a ; ils renferment souvent de la 
gomme et de la matière blanche. Hayons très petits, obscurs, 
semi-translucides. 

Sec/ ion tangentielle. — Comme l;i radiale, mais les rayons 
se trouvant en étages paraissent sur la surface comme de 
fines hachures. 

Emplois, — Bon pour moyeux, engrenages, brancards, 
plates-formes pour machines; exl rêmement tenace ei de longue 
durée. Hauteur moyenne de l'arbre, •*!'• mètres Miers . Peu! 
être obtenu à 60 cm, d'équarri M< rurk . D'apn 

Duchesne, le bois peut servir en médecine comme sudorifiqu 



60 H. STONE 

D'après la "Connu, de Brest: trop franc pour rouets de pou- 
lies ; se fend lorsqu'on met le dé ; pour cet usage, il est classé 
à la moitié de la valeur du Gaïac ordinaire. 

Éch. types: 57, 2712 Bell; n° 311 de la Guyane au Musée Col. Mars, 
(écorce). 

Icônes lignorum: pi. 69, fig. 2, et pi. 83, fig. 7; peut-être aussi la 
pi. 61, fig. 7, qui cependaut paraît trop noire. Martin-Lavigne : fig. 40 et 
41. 

Référencées: Rodriguès, p. 155; Aublet, Suppl., p. 7; McTurk, p. 5 ; 
Miers,ms. ; Duchesne,p. 266; Grisard, 1894, 1, p. 76 ; Dumonteil, 1823, 
II, partie 2; Comm. de Brest, 1826, II, partie 2; Stone et Fr., p. 57. 

Dipteryx oppositifolia Willd., n° 1853 B. 
Synonyme : Taralea oppositifolia Aubl. 

Aublet, p. 745 : Coumarourana (Garipons) Tarala (Galibis). Ecorce 
externe, membraneuse, blanche, se détachant naturellement et tombant 
en morceaux plus ou moins larges; bois blanc, dur, pesant et compact. 

Inocarpus prouacensis Aubl., n° 1856 A. 

Synonyme : /. guianensis Aubl. ; Bocoa prouacensis Aubl. : 
B. guianensis Steud. ; Etahallia prouacensis Bth. 

Le nom vulgaire Boco est attribué au moins à deux bois : 
l'un, de couleur gris brunâtre, a été décrit par de Lanessan ; 
Aublet, Sagot et Guibourt ont décrit le deuxième sous des 
couleurs diverses, qui cependant ne sont pas discordantes. 
Brun, mêlé de vert jaunâtre, d'après Aublet. Je pense qu'il 
peut varier jusqu'au brun noir. Guibourt dit que tous les 
échantillons de Boco qu'il a vus étaient le Panacoco. Je suis 
de son avis, car, après beaucoup de recherches, je n'ai trouvé 
que des différences très minimes dans le bois du cœur des 
deux espèces ; il y en a cependant de très grandes entre 
l'écorce et l'aubier des deux bois. Je crois que les échantillons 
que je vais décrire sont le Boco du commerce et le bois de 
Guibourt, mais je n'ose pas affirmer que ce soit YInocarpus 
prouacensis. 

Aublet, Suppl., p. 38 : Bocoa prouacensis, Bois Boco (Gaux) ; écorce 
lisse, grisâtre ; bois blanc à l'extérieur et brun mêlé de vert-jaunâtre à 
l'intérieur; dur et très compact ; bon pour poulies. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 01 

Dumonteil, p, 152: Bocco. Densité, 1,208; force, 402; élasticité, 135, 
p. 160. Classe 1 (plus lourd que le Chêne) et Classe 4 (meubles). 

Comm. de Brest ; p. 162 : Cèbre boco. Densité, 1,200; force, 880 à 
1220, ou 1,65 si le chêne = 1 ; élasticité, 5 à 10. Le même, p. 163 : cassé 
avec un seul éclat comme le Panacoco, ces deux espèces se ressemblent 
sous tous lés rapports. Le même ; p. 183 : rouets de poulies, valeur 
pour cet usage de la moitié du bois de Gaïac. Le même, p. 184 (essais 
sur le bois de Dumonteil . Conservé à couvert : force, 720 à 1,680 ou de 
1,65 à 2,56 si le chêne = 1 ; élasticité, 25 à 35; à découvert : force, 
1630 à 1690, ou 2,14 si le chêne = l ; élasticité 27 à 30 ; commence à cra- 
quer longtemps avant de rompre. Après s'être assez fortement courbé 

sous une charge de 1,510 kilos, il reprend sa forme primitive: Classe 1 . 

i 

On voit que ce bois a une force et une élasticité peu ordi- 
naires. Il pourrait servir pour rais de roues d'automobiles. 



Sagot, Richesses de la Guyane, p. 236 : Bocoa prouacensis ; d'un brun 
noir très foncé. Le même, Catal., p. 318 : Aubier jaune, cœur noir bru- 
nâtre. 

Guibourt, III, p. 354 : « Bois de Boco, Bois de coco, Bois de fer de 
commerce. Bocoa prouacensis. Ecorce grisâtre, lisse; aubier blanc; 
cœur brun, mêlé de vert jaunâtre. » Cette description nous paraît être 
celle d'Aublet, car plus loin, Guibourt ajoute : cœur gris brunâtre, uni- 
forme ; aubier jaune comme du buis ; contour régulier; section trans- 
versale pointillée de gris sur un fond brun ; rayons visibles ;« la loupe ; 
lignes de parenchyme en petite quantité, très unes, ondulées, blan- 
châtres. En section longitudinale, les vaisseaux sont remplis d'un suc 
rougeàtre. 

Grisard, 1893, II, p. 516: Bocoa prouacensis. Synonyme: Etaballia 
yuiaripnsis Bth. Pau ferro vermelho ou roxo Brésil : Bois de fer de la 
Guyane, Etabally (Guyane) ; de grande dimension. Aubier d'une très 
forte épaisseur, presque aussi dur cl compact que le bois. Cœur brun 
noir, très foncé, d'une teinte presque uniforme, et présentant sur la 
coupe transversale un cercle régulier qui tranche bien sur la dus 
claire de l'aubier. Lourd, compact, de texture Une. ^e travaillant bien 
en tons sens, malgré son excessive dureté ; employé pour ! ébénisterie 
deluxe, tour, instruments à vent, etc. : excellent pour étais, solives, etc. 

Bassières, p, 104: Etabally Demerarj . Densité, 1,208. Vubier de 
couleur jaune coi mue le buis ; le cœur brun noir très ton 

De Lanessan, p, LU : Bois de coco ou de fer, decouleu brunâtre 

presque uniforme. Aubier jaune. La couche longitudinale offre un 
très fin, gris brunâtre et jaunâtre, parsemé de petites tâches li 
brunes. Cœur concentrique régulier. 



62 il. STONE 

Miers, ms. Pao ferro vermelho. Densité, 1,086: de couleur brune 
Teiné de verl grisâtre. 

Michel, ms. : Bois marbré. 

Il ne faut pas confondre ce bois avec l'Etabally, ni l'Eda- 
balli de la Guyane Anglaise, ni le Bois de coco des Anglais. 
(Voirn 08 561 A ; 662 et 1745.) 

Résumé des différences entre Boco et Panacoco. 

1. En section transversale dans le Boco (1856), les lignes 
du parenchyme, sauf sur la limite de chaque couche, sont 
souvent interrompues et font de petites ondulations un peu 
angulaires. En section longitudinale, les vaisseaux sont très 
obscurs. L'aubier est jaune comme du buis. 

2. En section transversale, dans le Panacoco (1896), les 
lignes du parenchyme sont régulières et continues. En section 
longitudinale, les vaisseaux, quoique très petits, sont bien 
apparents. L'aubier est couleur de pain bis. 

Caractères généraux du Boco. — Ces caractères sont les 
mêmes que ceux déjà cités d'après Grisard, à part les diffé- 
rences suivantes. Surface luisante. La nuance de la coupe 
transversale, noir ou noir brunâtre uniforme, est plus foncée 
que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 1,208 environ. Dureté, 
celle de l'Ebène noire. Odeur, lorsqu'il est travaillé, légère de 
violette ; sans saveur. 

Caractères de Vécorce. — Couleur brun noirâtre, mais, là où 
l'écorce est rompue, la couche sous-jacente est d'un jaune 
brunâtre sale. La surface est plus ou moins lisse mais cou- 
verte de plaques très minces tendant à se détacher. Epaisseur de 
1 mm. environ, partagée en trois couches : l'interne est fibreuse, 
extrêmement mince et très foncée en section ; la médiane est 
jaune clair ; l'externe se compose d'écaillés noirâtres. Flexible, 
se détachant facilement ; sans saveur ni odeur. La surface 
interne montre, à la loupe, les impressions des rayons en 
palissade. 

Structure du bois. — L'aubier ressemble au Buis, mais de 
couleur plus foncée, striée de blanc ; il est bien délimité du 



MOIS UTILES DU LA UlYANE tHAX,AlàL 63 

cœur qui est, en apparence, régulier et circulaire, mais n'est 
pas concentrique avec les couches. Voir (1896 G.) 

Section transversale. — Couches, en apparence, bien déli- 
mitées. Les limites peuvent être les lignes du parenchyme, 
qui sont très minces et plus régulières dans leur périphérie 
que les autres lignes intermédiaires. 

Vaisseaux à peine visibles, même dans l'aubier. Ils sont 
ovales, assez grands, de mm. 2 de diamètre ; simples pour 
la plupart, beaucoup par paires subdivisées, rarement par 
groupes de 3, i, jusqu'à 8, en file radiale. Ils présentent le 
cas exceptionnel, d'être excessivement rares, depuis 1 par 3 
mm. q. jusqu'à 4 par mmq. Leur contenu est brun ou noir. 

Rayons à peine visibles à la loupe, très fins, uniform- 
réguliers dans leur largeur, écartés irrégulièrement les uns 
des autres à une distance égale ou inférieure au diamètre d'un 
gros vaisseau. Ils sont de 10 à 16 par mm., très courbés ou 
ondulés ; de même couleur que celle du parenchyme. 

Parenchyme a, abondant mais visible seulement à la loupe, 
sauf dans le bois clair, en très fines lignes concentriques, 
très irrégulières dans leur contour et souvent interrompues. 
Elles unissent les vaisseaux tangentiellement ; espacées irré- 
gulièrement, de 3 à 6 par mm. 

Section radiale. — Couches assez bien délimitées. Va ux 

très obscurs et à peine visibles ; ils sont beaucoup plus petits 
et beaucoup plus difficile à voir que dans le Panacoco. Le 
parenchyme forme des lignes brunes parallèles a peine visibl 
Rayons très petits, mais visibles à la loupe, bruns. 

Section tangentielle. — - Comme la radiale, mais Les couches 
sont souvent mieux délimitées. Le parenchyme forme des 
Lignes ou lacets en zigzag, donnant une nuance plu-- claire 
a l.i coupe. Rayons très petits, la plupart en et; srayons 

ont une hauteur de I mm. 25 environ, ou 15 cellules sur une 
de Largeur; ils sont étroits, aigus. Les vaisseaux sonl parfois 
remplis de noir. 

ih. types : N r-'.t .'" el I M de La Guyane Marseille ; u II 
Béi ie 2 Lyon . 



64 H. STOiNE 

Inocarpus edulis Forst., n° 1856 B. 

Synonyme : Etahallia macrophylla Bth. 

Dans l'Index Kewensis, la seule espèce d'Inocarpus citée 
est la présente ; mais sous le nom de Bocoa, synonyme d 1 Ino- 
carpus, il s'en trouve deux : B. edulis et B. prouacensis. 

Lescallier, p. 56 : Mapa ; ne convient pas pour la marine. 

Dumonteil, p. 156 : Mapa (Est-ce bien cette espèce?). Densité, 0,528 ; 
force, 159 ; élasticité, 157 ; flexibilité, 2,83, p. 160. Classe 3, celle des 
Pins. 

Biscbop-Grevelïnk, p. 231. Ghajam (Java). 

Moll et Janssonius, IV, p. 82, fig. 153. Les détails suivants proviennent 
de leur description. 

Structure du Lois. — Couches assez bien délimitées par 
une mince ligne du parenchyme. 

Vaisseaux fortement isolés, distribués irrégulièrement, de 5 
à 8 par mmq. et parfois davantage; la plupart simples, beau- 
coup par groupes de 2 à 3. 

Rayons de la largeur d'une cellule, rarement de 2, sur une 
hauteur de 4 à 16 ; parfois deux rayons se fondent l'un dans 
l'autre. 

Parenchyme entourant incomplètement les vaisseaux et 
s'étendant en de longues ailes à peu près parallèles. La lon- 
gueur des taches du parenchyme augmente vers le bord externe 
de la couche, tandis que leur largeur diminue. Il y a des taches 
complètement isolés des vaisseaux. Il est encore des lignes 
minces qui peuvent former les limites des couches. Ces lignes 
sont interrompues, à des intervalles d'ailleurs éloignés, et, 
de ce fait, ne sont pas continues ; leur largeur peut être de 2 
à 8 cellules, mais ordinairement de 3 à 4. 

Niederlein : Mapé. 

Il ne faut pas confondre ce bois avec le Mapou (Bombax, 
voir 771 A), qui est beaucoup plus léger, ni avec le Mapa de 
Fresneau. (Voir partie II.) 

TRIBU X. — SOPHORÉES 

Ormosia coccinea Jacq., n° 1876 A. 
Synonyme: Robinia coccinea Aubl, 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 65 

Noms vulgaires : Barracarra (ternie gén. Bell. y Panacoco 
(Sagotj. Ollio de cabra (Peckolt). Petit Panacoco, Petit Pana- 
coco de Cayenne (Aublet). Préfontaine dit que ce dernier 
nom se rapporte à une liane. 

Ce n'est pas le Barracarra du Brésil (v. 1793), non plus 
que le Bourracurra (v. 6623], le Baracara de Grisard, ni le 
Panacoco « proprement dit » de Guibourt et du commerce 
(v. 1896) ; mais ce pourrait être celui que Guibourt, III, p. 31, 
a décrit comme avant un cœur rougeàtre. Ce n est pas non 
plus le Panacoco de Dumonteil, mais il peut être bien son 
Panacoco à grandes feuilles, dont la densité est de 0,643 (v. 
1896 E). 

L'échantillon de Bell a été déterminé, d'après les feuilles et 
les fruits, par le D r Freeman. 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une 
dureté moyenne ; d'une couleur blanc rougeàtre, veinée de 
lignes et de taches d'un blanc de lait. Il ressemble à l'Acajou 
de qualité inférieure. Surface brillante, froide au toucher, fon- 
çant légèrement à l'air. La nuance de la coupe transversale est 
légèrement bigarrée et plus foncée que celle des autres sec- 
tions. 

Caractères physiques. — Densité, 0,712. Dureté, celle de 
l'Erable. Sans odeur ni saveur. 

Caractères de ïécorce. — Ecorce plutôt lisse, sillonnée et 
couverte de tubercules; 6 mm. d'épaisseur environ. La 
couche extérieure s'émiette ; celle de l'intérieur est dure et 
ligneuse. La surface de la bûche est striée. 

Structure du bois. — La structure est comme celle d 
Andira. (Voir Clef n° 1876 E.) Elle n'a rien de commun a\ 
7 ii) bin ia Pse u da ca c ia . 

L'aubier est blanc rougeàtre, bien délimité du cœur ; 3 cm. i .» 
environ d épaisseur. 

Section transversale — Couches mal délimitées : les limites 
pourraient être indiquées par les interruptions de la su< >n 

des bandes eoneent lit jues du parenchyme : contour régulier. 

Vaisseaux visibles à cause de leur grandeur et des I 
bords clairs du parenchyme ; peu variables : simples pour la 

Annale* du Musée colonial de Marseille. 3* léric 



66 H. STONE 

plupart, quelques-uns par paires. Ils sont distribués égale- 
ment ; ronds et très rares ; leur contenu est souvent brillant. 

Rayons visibles à la loupe, très fins, uniformes, réguliers, 
écartés les uns des autres d'une distance égale au diamètre 
d'un gros vaisseau ; leur couleur est plus claire que celle des 
fibres ligneuses. 

Parenchyme a entourant les vaisseaux en taches très appa- 
rentes, dune couleur claire, et en forme de losange lorsqu'ils 
sont isolés, ou en bandes concentriques qui se rétrécissent 
entre ces vaisseaux. Le parenchyme occupe les deux tiers du 
bois environ. 

Section radiale. — Vaisseaux gros, rouges, ouverts, bordés 
par le parenchyme blanchâtre. Rayons à peine visibles, petits, 
semi-translucides . 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais le Pa appa- 
raît en veines plus apparentes et plus blanches, donnant à 
la section un aspect laiteux. Rayons très petits, visibles à la 
loupe. 

Emplois. — Madriers, traverses de chemin de fer, pavage ; 
peut être facilement obtenu jusqu'à 20 m. sur 30 à 40 cm. 
d'équarrissage (Bell). Bois de valeur, d'après Miers. 

Il est facile à travailler, se fend facilement, se polit bien, 
mais ne se prête pas bien au clouage. 

Éch. type: 9,2665 Bell. 

Références : Bell, p. 3; Wiesner, p. 87; Stone et Fi\, p. 9. 

Kamarakata (Bell.), n° 1876 B. 

McTurk a décrit, sous ce nom, un bois de couleur brun 
foncé et d'une saveur amère, mais qui ne peut être cette espèce. 

L'échantillon de Bell n'est pas déterminé, mais, d'après sa 
structure, je puis affirmer que c'est une Légumineuse, voisine 
d'Ormosia. 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une 
dureté moyenne, de couleur jaune brunâtre uniforme. Sur la 
coupe transversale, la structure est très apparente. Surface 
légèrement luisante, fonçant un peu à l'air. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 67 

Caractères physiques. — Densité, 0,767 ; dureté, celle du 
Teck. Sans saveur ni odeur. 

Caractères de Vécorce. — 4 à 6 mm. d'épaisseur, légèrement 
gercée et ridée, très dure et granuleuse. La surface de la 
bûche est lisse ou striée. 

Structure du bois. — Gomme celle de YOrmosia n° 1876 
A. (Voir Clef, p. 57.) 

L'aubier est de couleur écrue, distinct du cœur, mais sans 
ligne de démarcation nette ; épaisseur de 7 cm. environ. 

Section transversale. — Vaisseaux visibles à l'œil nu, 
grands, peu variables, simples pour la plupart, et parfois 
quelques groupes de 2 à 4. 

Rayons à peine visibles. 

Le parenchyme occupe la moitié de la surface environ. 

Section radiale. — Rayons facilement visibles, quoique peu 
apparents. 

Emplois. — Bon pour moyeux, plates-formes des moulins, 
ayant les qualités du Kumara (1853 A ; très rare. 

Il se travaille bien; se fend facilement. 

Éch. type : 48,2704 Bell. 

Références: Bell, p. 7 ; McTurk, p. 5 ; Stone cl Fr., 40. 

Dakama (Bell) ; Dacama-Balli (Hawtayne), n° 1876 G. 

Ce n'est pas le Dacama cité parmi les noms des Wacapous 
(v. 1851) ni le Mclanoxylon Brauna Schott. 

L'échantillon de Bell n'est pas déterminé, mais, d'apn 
structure, je puis affirmer que c'est une Légumineuse voisine 
(YOrmosia. 

Caractères généraux. — lî<>is dur et Lourd, d'une belle cou- 
leur rouge uniforme, avec des stries fonc< 3. Surfa< e l< _• re- 
ment luisante, fonçant beaucoup à l'air, un peu froide au tou- 
cher. La nuance de la coupe radiale est beaucoup plus claire 
que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, de 1,040 à 1,061 : dui 
celle du Buis. Odeur à sec nulle ; saveur Insipide. 

Caractères de Vécorce. — De i à 6 mm, environ <l épaisseur ; 



6$ H. STONE 

rougeâtre ; présentant des larges lenticelles ovales. Elle tombe 
en plaques plutôt grandes et irrégulières, qui, en section, sont 
exceptionnellement bien délimitées. La couche intérieure est 
dure, fibreuse. L/écorce est fortement adhérente à la bûche, 
dont la surface est ridée. 

Structure du bois. — Comme celle de YOrmosia (V. Clef, 
n° 1876 E), à part les différences suivantes. 

L'aubier est de couleur brun clair et se transforme en cœur 
graduellement ; épais de 2 cm. 5 à 4 cm. 5 environ. 

Section transversale. — Les vaisseaux sont moins nombreux. 

Le parenchyme occupe beaucoup moins de surface, de 1/4 
à 3/8 ; la plus grande partie se présente en taches en forme 
de fuseaux ou de losanges entourant les vaisseaux. Lorsqu'il 
arrive à unir les vaisseaux en lignes, ces lignes tendent plutôt 
dans le sens oblique que concentrique. 

Section radiale. — Les vaisseaux sont bordés par le paren- 
chyme de couleur grise, qui est presque imperceptible. 

Emplois. — Un des meilleurs bois de construction, de plus 
longue durée que le Wallaba (v. 1948) ; peut être facilement 
obtenu jusqu'à 8 ou 10 m. sur 30 à 60 cm. d'équarrissage 
(Bell). 

Très dur à travailler, se fend facilement ; beau bois malgré 
la médiocrité de son polissage. 

Éch. type: 20,2676 Bell. 

Références : Bell, p. 4 ; Stone et Fr.,p. 20. 

Cœur dehors, n° 1876 D. 

Deux bois, paraît-il, sinon trois, portent ce nom, mais, sur 
six auteurs qui les citent, il n'y a que Martin-Lavigne qui 
indique une couleur brun marron dans sa description. Il n'est 
pas certain que son bois soit un Diplotropis. Eaute de ren- 
seignements précis, je préfère donner ici la description de 
l'échantillon, n° 103, du Musée Colonial de Marseille, qui con- 
corde assez bien avec Dacama (1876 C). Je donne, n° 1879, 
la citation de Martin-Lavigne et celle des auteurs qui désignent 
« Cœur dehors » sous le nom de Diplotropis guianensis. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 69 

Niederlein cite « Cœur dehors » comme Andira excelsa, qui 
est le Wacapou (v. 1851). Ce dernier est souvent de couleur 
brun marron mais est loin d'avoir la structure du bois de 
Martin-Lavigne. 

Caractères généraux. — (N° 103 de la Guyane, Marseille.) 

Bois dur et lourd, d'une couleur vermeil clair, vive, striée 
de blanc et ayant parfois des raies plus foncées ; surface mate ; 
grain gros, mais, par places, fin en apparence. La nuance de 
la coupe transversale est un peu plus foncée que celle des 
autres sections. 

Caractères physiques. — Densité de 0,990 ; dureté, celle du 
Buis. Odeur, à sec, nulle ; saveur insipide. Il se fend assez bien, 
brûle avec peu de flamme et peu de fumée, en pétillant beau- 
coup et exhalant une faible odeur agréable. 

Structure du Lois. — (A comparer avec la fig. 5, pi. V, et 
voir la Clefàn 1876 E.) 

Section transversale. — Couches en apparence délimitées. 
Les zones où les vaisseaux sont moins nombreux indiquent 
parfois les limites. 

Vaisseaux très apparents a cause des larges bords form^ js 
par le parenchyme ; de grandeur moyenne, jusqu'à 0mm. ! de 
diamètre ; plus petits dans le bois dense, mais augmentant 
beaucoup avec l'âge de l'arbre. Ils sont fortement isolés, dis- 
tribués également dans chaque couche, mais variant beaucoup 
en nombre dune couche à l'autre, de 1 par 2 mmq. jusqu'à 
4 par mmq. ; simples pour la plupart, avec tendance à se 
disposer en lignes obliques. Leur contenu est jaune. 

Bayons visibles à la loupe, très lins, uniformes, plutôt 
réguliers, écartés les uns des autres d'une distance égale au 
diamètre d'un gros vaisseau et ne s "écartant pas au niveau de 
ces vaisseaux. Ils Sont rouges et bien apparents sur le bois 
foncé. 

Parenchyme abondant H très apparent. Il se présente en 
taches fortement ailées, qui sont en Losange et qui entourent 
les vaisseaux. Il unit parfois deux groupes, même davantaj 
<lc vaisseaux entre Lesquels il s<' rétrécit : de couleur roug 
clair. 



70 H. STONE 

Section radiale. — Vaisseaux rares et peu apparents à 
cause du parenchyme qui les obscurcit. 

Section tangentielle. • — Très différente de la radiale. Le 
parenchyme se présente en lignes blanches très apparentes et 
en zigzag, parmi lesquelles on peut voir la gomme renfermée 
dans les vaisseaux comme de petits points jaunes. 

Rayons juste visibles à la loupe, se montrant en fuseaux 
blancs très petits ; hauteur de 1 mm. environ, largeur de 
trois rangées de petites cellules. 

N° 1876 E. Bois rouge ; Anacoucou (Caraïbes) ; Gabuiriba 

(Pison), d'après Préfontaine. 

Préfontaine dit, p. 155 : Bois très rouge, devenant plus clair 
et gris avec le temps. Ecorce grise, devenant rouge en séchant, 
aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. 

Cette citation rappelle le Dacama (1876 C) et le Panacoco, 
nom vulgaire à'Ormosia 1876 A). Préfontaine en cite un autre, 
sous le nom de Balata rouge ou Sapotillier marron, à Saint- 
Domingue, et dit, p. 146, que ce bois perd sa couleur et 
devient grisâtre ; il est un de ceux qui résistent le plus long- 
temps à l'air et dure indéfiniment lorsqu'il est a couvert . 

Diplotropis guianensis Bth., n° 1879. 

Synonyme : Tachigali paniculata Rich. (non Aublet). 

Préfontaine, p. 107 : Cœur dehors (v, 187G D . Il n'a pas un pouce 
d'aubier et c'est pourquoi on l'a surnommé. « Excellent pour bâtir en 
toute terre ». C'est le meilleur de tous les bois pour moyeux, pilotis, 
rouleaux et jantes de moulin, etc. 

Dumonteil, p. 152: Cœur dehors. Densité, 0,991 ; force, 283; élasti- 
cité. 108 ; flexibilité, 1,42. Le même. p. 156 : Classe 2, celle du Chêne. 

Sagot, p. 904, dit qu'il a prouvé que Cœur dehors est bien le Diplotro- 
pis guianensis, car il en a fait abattre un arbre ; malheureusement il ne 
le décrit pas ; et le nom commun se rapporte à plus d'une espèce. 
, De Lanessan, p. 186: Bon pour moyeux, corps de pompe, traverses 
et flasques d'affûts de canon. 

Grisard, 1894, II, p, 413: Solide et incorruptible ; n'est jamais droit. 
Densité. 1.100. 

Bassières, p. 96 : Se fend facilement: fibres flexueuses et croisées. 

Martiu-Lavio-ne schéma à la fin du volume) : Levarte Kabes (Surinam); 



ROIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 71 

de grande dureté; cœur brun marron ; aubier brun blanchâtre. Densité, 
0,940. 

Couches très bien délimitées en section transversale. 

Vaisseaux isolés ou groupés par 2 ; diamètre de 180 à 300 microns ; 
3 par mmq. 

Rayons ; hauteur de 300 à 600 microns sur i'.\ à 30 de largeur, ou de 
une à deux rangées de cellules. 

Parenchyme en faibles amas autour des vaisseaux. 

Clef pour Ormosia et les bois du même genre. 

1 . Couleur rouge ou blanc rougeâtre. 

1.1. Beau rouge. En coupe transversale, le parenchyme 

occupe de 1/4 à 3/8 de la surface. Dacama ; 

1876 G. 
1. 2. Blanc rougeâtre. Le Va occupe les deux tiers de 

la surface transversale. Ormosia ; 1876 A. 

1. 3. Vermeil clair. Le Pa unit à la fois 2 à 3 groupes 

de vaisseaux seulement. Les vaisseaux sont 
remplis d'une gomme jaune. Cœur dehors ; 
1876 D. 

2. Couleur jaune brunâtre. Le parenchyme occupe 

la moitié de la surface transversale. Kamarakata : 
1876 B. 

3. Couleur brun marron. Le parenchyme est en faibles 

amas autour des vaisseaux, d'après Martin- 
Lavigne. Diplotropis guianensis ; 1879. 

4. Couleur brun verdâtre. Aramata; 1837 B. 

Bowdichia virgilioides II. B. & K., n° 1880 A. 
Synonymes : B. major Mart. d'après L'Index Kew. Cité par 

Grisard comme une espèce à part ; Sepipira major Mart. 

Noms vulgaires: Sicupira assu, Sebipira b S Paulo 
(Pereira . A.loorneo Kunth). Suoupira parda Salaanha . 
Cortex alcorneo désignanl l'écorce : Alcornoque, Chaban 
(Planchon . Tataboo (Bel) . synonyme de notre échantillon. 

Il paraît qu'il y a beaucoup de variétés, ef même différent 
espèces de Sicupira. Pereira oite un Sucupira-mirim ou S. 



72 H. STOTS'E 

d'agua, d'un grain fin, et Rodriguès donne les nombreux noms 
suivants : Cicopira, Cebipyra, Sucopira, Sicupyra, Sipupira 
Sucupi, Sapupira (Para), Sepipira, Sebi-pira, Sapopira, Sepi- 
pirduna, Sepipera, en ajoutant que, dans le dialecte des indi- 
gènes du Brésil, ce mot est remplacé par n'importe quel 
nom précédent, suivant l'adjectif qui l'accompagne. 

Il cite encore : Sepipira-assu, qui est le Bowdichia virgi- 
lioides, var. glahrata, avec fibres foncées et luisantes ; le S.- 
preta, qui a les fibres presque noires ; le S.-vermelha, ou B. 
virgilioides var. ferruginea ; le S.-roxa, ou B. virgil. var. 
puhescens ; le S.-aquosa, ou B. nitida Mart. (v. 1880 C) du 
Rio negro ; et enfin le S.-amarella, ou Ferreira spectahilis 
Fr. Ail, que nous pouvons écarter. 

Saldanha da Gama cite S.-aquosa comme nom vulgaire de 
B. minor (qui n'est pas dans l'Index) et de B. nitida ; bois 
léger. (Peut-être est-ce celui de Rodriguès et le S.-d'agua de 
Pereira ?) 

Jeannenev ms. cite un Socopire qui serait le Peltophorum 
Vogelianum Bth. 

Les noms vulgaires associés avec B. nitida sont ordinaire- 
ment confondus avec les noms cités ci-dessus. 

L'échantillon de Tataboo de Bell a été déterminé, d'après 
les feuilles et les fruits, comme étant probablement le Boivdi- 
chia virgilioides H. B. & K. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur brun 
noisette ou brun doré, avec des raies claires et foncées. En 
coupe transversale, la structure est très apparente. Surface 
luisante à cause des fibres ligneuses. Il fonce légèrement à 
l'air. Les nuances des coupes sont à peu près les mêmes, mais 
celle de la coupe tangentielle est beaucoup plus brillante que 
celle la de coupe radiale. 

On le confond toujours avec le B. nitida et avec les Waca- 
pous, dont il est très difficile, sinon impossible, de le distin- 
guer. (Voir Clef, n° 1851.) 

Caractères pjhysiques. — Densité, de 0,948à 0,991 ; dureté, 
celle du Buis. Odeur, à sec, nulle. Saveur légère du Pin. 

Caractères de l'écorce de Tataboo : 10 à 12 mm. d'épaisseur 



BOTS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 73 

environ, légèrement gercée, tombant par plaques irrégulières ; 
elle est très dure et ligneuse, granuleuse lorsqu'elle est coupée. 

D'après Pereira, Fécorce de B. virrjilioides est mouchetée, 
très sillonnée, grosse et irrégulière. D'après Planchon, écorce 
épaisse de 1 cm. ; surface extérieure de couleur brun foncé, 
ayant des parties verruqueuses couleur de rouille. Ces parties 
se détachent par plaques, en laissant voir un tissu sous-jacent 
brunâtre ou rougeâtre. La face interne est jaunâtre. La cassure 
est grenue dans les trois-quarts de la partie extérieure ; dans 
l'autre quart, elle est fibreuse et feuilletée et est formée comme 
de longues et étroites plaques de liber appliquées les unes 
contre les autres. D'après da Gama, l'écorce estamère, médi- 
cinale. 

Structure du bois de Tataboo. — Gomme celle des Waca- 
pous. 

L'aubier est de couleur de pain bis ou de couleur grise, très 
bien délimité du cœur; épais de 2 cm. à 2 cm. o environ. 

Section transversale. — Gouches en apparence délimitées, 
mais les vraies limites sont douteuses. 

Vaisseaux très apparents, grands et très variables, ne 
diminuant pas régulièrement ; fortement isolés et distribués 
uniformément; la plupart simples, quelquefois par paires, et 
aussi des groupes de 3 ; souvent remplis de gomme ou d'une 
matière blanche. 

Rayons visibles à la loupe comme des fils de soie blan- 
châtres, très fins, pour ainsi dire réguliers, à intervalles égaux, 
au diamètre d'un gros vaisseau et ne s'écartant pas au niveau 
de ces vaisseaux. 

Parenchyme a très apparent, formant de larges bords quel- 
quefois ailés, autour des vaisseaux, et unissant parfois deux 
groupes et même davantage. 

Section radiale. — Vaisseaux très apparents, tan toi gros, 
tantôt fins, mais le parenchyme les entoure tous de ses bor- 
dures blanchâtres. Rayons assez apparents, <h' même couleur 
que 1<' parenchyme. 

Emplois. — (Bois de Tataboo : Plates-formes de moulin 
construction, bateaux ; peu abondant d'après McTurk. 



74 H. STONE 

Peut être obtenu jusqu'à 17 à 20 m. sur 30 à 60 cm. déquar- 
rissage (Bell). 

L'un des bois choisis à Deptford par le Gouvernement Bri- 
tannique comme pouvant être employé pour les constructions 
navales (Hawkes). 

Difficile à travailler ; se fend facilement. 

Emplois. — [B. virçfilioides) : Bon pour brancards, navires, 
ponts et travaux en submersion, reconnu comme ayant une 
grande durée. Les arbres peuvent atteindre une circonférence 
de 5 m. 94 (Saldanha da Gama). 

Bon pour roues de moulins, axes de presse (Guibourt). 

Ech. type : 85,2741 Bell. 

Références: Pereira, p. 72 ; Rodriguès, p. 149; McTurck, p. 3; Bell, 
p. 9 ;Grisard, 1893, II, p. 517; da Gama, 1865, p. 114, et 1867, p. 85 ; 
Guibourt, III, p. 305 ; Stone et Fr., p. 87, fig. 85. 

Bowdichia nitida Spr., n° 1880 C. 

Je ne sais si ce bois est indigène à la Guyane, mais je le 
cite à cause de l'espèce précédente. Je dois dire qu'il est 
très difficile de le distinguer de B. virgilioides et des Waca- 
pous. Sa surface est mate sur toutes les coupes ; et, en section 
transversale, le parenchyme qui entoure les vaisseaux n'est 
pas ailé. (Voir Clef, n° 1851.) 

TRIBU XL — SWARTZIÉES 

Panacoco, n° 1896. 

Il y aurait, paraît-il^ trois bois de Panacoco au moins, 
sans parler du Petit Panacoco, qui est une liane. Dumonteil 
en cite deux: un Panacoco dont la densité est de 1,181, et le 
Panacoco à grandes feuilles, dont la densité est de 0,643 ; mais 
leur couleur nous est inconnue. A Marseille, nous avons deux 
échantillons de Panacoco ; l'un presque noir et l'autre jaune 
rougeâtre. Dans la Guyane Anglaise se trouvent encore deux 
espèces, mai leurs bois sont tellement semlables qu'il est 
difficile de les distinguer lorsqu'ils ont été débités. Enfin il y 
a encore quelques espèces du genre Stvar^zia qui ressemblent 
au Panacoco et qui doivent être prises en considération. 



BOTS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 7o 

Le Boco ressemble aussi exactement au Panacoco noirâtre. 
Suivant les descriptions des auteurs, nous pouvons classer 
ces bois comme suit : 

1 . Bois lourds. 

1-1 . Bois noirâtres ou le devenant en se desséchant. Tel 
est le Sicartzia tomentosa DC, échantillon de 
Bell bien déterminé, et qu'il faut accepter comme 
tel, malgré les légères différences qu'on relève 
dans la description d'Aublet au sujet du Robinia 
Panacoco, svnonvme de Sicartzia tomentosa. 
Tels sont encore : le grand Panacoco de Préfon- 
taine, qui passe pour « l'Ebène noire » ; le Bois 
de fer de Cavenne, de Guibourt et de Varenne- 
Fenilie, rouge brun, se fonçant jusqu'à ce qu il 
paraisse noir ; le Panacoco de Dumonteil, den- 
sité de 1,208, qui est le même que celui de la 
Commission de Brest ; le Robinia Panacoco de 
Bassières, à cœur noir et de densité de 1.1 NI à 
1,231; le Bania et le Siribidanni de Bell ; les 
échantillons du Musée Colon, de Marseille, n° S. 
et ceux du Musée de Lyon, série II. n°" 101 H 
112. 

1 -2 . Bois jaunes ou bruns qui conservent leur couleur : 
Sicartzia triphylla Willd. ; synonyme : Possiria 
arborescens. Aublet ; jaunâtre, employé pour les 
pointes de flèches ; le Tounatea Panacoco cité par 
Lanessan, rougeâtre, densité de 1,208; le Pana- 
coco jaune de Cavenne de Varenne-Fenille, de cou- 
leur brune, avec aubier jaune, de densité de 1,480 
environ ; et l'échantillon n" 20 du Mu» ( 1. de 
Marseille. 

1-3. Bois rougeâtre : Le bois de Guibourt, vol. III. 
54. 

2. Dois d'un poids moyen : Le Pana andea 

feuilles de Dumonteil, densité de 0,64 
E. 

3. Bois mou, légèrement compact, blanchâtre; s 

zia data Willd, n° 1896 I 



76 H. RTONE 

Les deuxième et troisième classes ne présentent pas de 
difficultés. Dans la première (section 1-2), je crois que le bois 
de Lanessan et de V.-Fenille sont le Swartzia triphylla. La 
section 1-1 est tellement confuse que je me borne à décrire les 
échantillons en ajoutant la Clef suivante pour essayer de les 
différencier entre eux, et aussi du Partridge-wood des Anglais. 

1 . Dans la section tangentielle, le parenchyme est 
très apparent et produit un joli dessin jaune clair 
sur le fond. 

1-1. Fond noirâtre ou noir. Ech. n° 8, Musée G. M., 

1896 H. 
1-2. Fond brun foncé. Partridge, qui peut aussi être 

placé dans la section suivante. 

2. Dans la section tangentielle, le parenchyme est 
obscur. 

2-1 . Dans la section transversale, les lignes du paren- 

chyme sont peu visibles à la loupe et sont de la 
même largeur que celle des rayons. 

2-1-1. Aubier jaune comme le Buis. Siribidanni, 1896 

G, et peut-être le Boco de Guibourt, 1856. 

2-1-2. Aubier de couleur écrue, Bania, 1896 F. 

2-2. Dans la section transversale, les lignes du paren- 

chyme sont plus larges que • les rayons et sou- 
vent égales au semi-diamètre des gros vaisseaux. 

2-2-1 . L'aubier n'est pas différencié du cœur, Sikkisikki- 
danni, 1596 J. 
• 2-2-2. Aubier nettement délimité du cœur. 

2-2-2-1. Bois noirâtre. Moins de 14 vaisseaux par mmq. 
Sivartzia tomentosa, 1896 A. 

2-2-2-2. Bois brun foncé. De 14 à 50 vaisseaux par mmq. 
Partridge, 1851 F. 

Swartzia tomentosa DG., n° 1896 A. 

Synonyme: Rohinia Panacoco Aubl. ; R. tomentosa Willd. 
[Tounatea Panacoco H. Bn.?). 

Noms vulgaires: Wamara (Bell). Palo santo (term. gén. 
Portug.). Anacoco (Galibis). Bois de fer (Colons Guyane, 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 77 

d'après Aublet). Gran Panacoco (Préfontaine i. Bois de fer de 
Cayenne (Varenne-Fenille). Brown Ebony, Club-wood (Dal- 
ton). Pao de Remo (Para), Ironwood (Guy. Angl.,Hawtayne). 
Pferdefleischolz (terme gén. ?), Narangillo (terme gén.). 
Saint-Martin (terme gén.Guy.Fr.,Boulger). Apoetoe (Surinam, 
Berkhout). Hucuya, Anacoco wanebala (Brésil, da Gama). 
Legno ferro délia Guiana, Panacoco (Ital., Fogli). Bois de pa- 
gaie blanc (Guyane fr.), Boucara (Surinam), Bara carra des Gali- 
bis (Demerary). Wanebala, Bois de Perdrix (Grisard . Perdrix. 
Heistère rouge (Lyon). Presque tous ces noms ont une appli- 
cation générale, et surtout il ne faudrait pas confondre le 
Barracarra avec ÏOrmosia (1876), ou YErythrina (1793 ; le 
Wanabala avec le Wana-balli (6201); le Bois de Perdrix 
avec les Andira (1851 E), ni le Palo santo avec le vrai 
Guaiacum. 

Caractères généraux. — Bois dune dureté excessve, tri- 
lourd et de couleur pourpre foncé. 

D'après Aublet : Bois brun rougeàtre devenant noirâtre. 
D'après Fenille : Bois rouge brun devenant noir. D'après la 
Commission de Brest : couleur lie de vin. 

Surface un peu luisante, prenant un polissage naturel au 
fil des outils ; froide au toucher. La nuance de la coupe trans- 
versale est presque noire, et plus foncée que celle des autres 
sections. 

Caractères physiques. — Densité, de 1,1 60 à 1,481 1 >um.). 
Dureté, celle de l'Ebène noir. Odeur, à sec, nulle. Saveur 
légèrement astringente. Force, 400 ; élasticité, 115 Dumon- 
teil). 

Essais de la Commission de Brest sur le même bois de 
Dumonteil. Conservé a couvert; force, <l<- 1,440 à 1,760 ou 
2, 0(i à 2,42 si le Chêne = 1; élasticité de 15 à 20. Conservé 
à découvert : force de 1,1 10 à 1,7 M), ou 1 ,85 si le Chên I : 
élasticité de 20 à 25. La même sur un échantillon nouveau : 
force de 1 ..'{20 à 1,550, ou 2,00 si le Chêne I ; élasticité de 
12 à 15; Les cabrions onl donné un léger avertissemenl en 
cassant d'un seul éclat. D'après Obreen, force, I 6 u 2 
le Chêne = 1 ). 



78 H. STO^E 

Caractères de Vécorce. — L.'écorce des arcabas est cendrée 
et lisse ; l'écorce du tronc, épaisse, brune, gercée et raboteuse, 
laisse exsuder parfois une résine rougeâtre liquide, qui devient 
noirâtre en se desséchant (Aublet). D'après l'échantillon de 
Bell, l'écorce est épaisse de 1 à 2 mm. environ, brune, lisse 
et fibreuse ; la couche intérieure ressemble au liber. La sur- 
face de la bûche est lisse. 

Structure du bois. — L'aubier est de couleur écrue, brus- 
quement délimité du cœur, épais de 5 cm. 5 à 10 cm. Blanc, 
d'après Aublet. Abondant, jaunâtre, d'après la Gomm. de 
Brest. 

Au-dessus des arcabas, le contour du cœur est régulier ; au 
dessous, il est irrégulier et présente une section étoilée qui 
pénètre dans l'aubier. 

Section transversale. — Cette section est à comparer avec 
celle du Boco (1856 A). 

Couches mal délimitées; les zones des vaisseaux pourraient, 
à la rigueur, indiquer les limites ; le contour est régulier ou 
lobé. 

Vaisseaux visibles à cause de la couleur claire de leur 
parenchyme ; grands, jusqu'à mm. 25 de diamètre ; peu 
variables, diminuant légèrement vers l'extérieur de la couche. 
Ils sont peu nombreux; distribués régulièrement; fortement 
isolés ; simples pour la plupart, quelques groupes de 2, 4, et 
même jusqu'à 7. 

Rayons visibles à la loupe, très fins, uniformes, réguliers, 
à intervalles un peu moins larges que le diamètre d'un gros 
vaisseau et s'écartant légèrement au niveau de ces vaisseaux. 

Parenchvme a unissant les vaisseaux sans les entourer 
complètement. Il forme des lignes nombreuses, continues, 
concentriques, qui sont environ deux fois moins larges que le 
diamètre d'un gros vaisseau. 

Section radiale. — Vaisseaux très étroits, mais visibles à 
cause de leur contenu luisant. Rayons minuscules, à peine 
visibles. Parenchyme visible à la loupe. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons 
étant en étages, produisent un effet changeant et appa- 



ÊOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 79 

raissent comme des lignes qui, coupées à angle droit par les 
lignes du parenchyme, font ressortir une série de petits car- 
rés. Guibourt, ayant observé cette particularité, dit que la 
surface présente une véritable marqueterie de petits carrés 
diversement colorés et des lignes blanches très apparentes. 
Je suis bien de son avis, sauf sur la coloration, et je me 
demande si son échantillon n'était pas attaqué par un cham- 
pignon, source féconde de toutes sortes de couleurs et de des- 
sins bizarres. 

Emplois. — D'après x\ublet : Bon pour construction, 
réputé incorruptible. Il affirme avoir vu des pièces enfoncées 
en grande partie dans la terre et restées saines après plus de 
60 ans. D'après Miers : Avirons excellents : réputé incor- 
ruptible. Un des plus grands arbres de la Guyane, d'après 
Bulfon. 

La Comm. de Brest le classe comme suit : Classe 1 (plus 
lourd que le Chêne ). Classe 4, celle des meubles ; et a la moi- 
tié de la valeur du Gaiac pour rouets de poulies. 

Ech. types : 92,2748, Bell. ; 0,207, Imp. Inst. 

Références: Miers, ms. ; Grisard, 1894, I, j>. 311; Buffon Suite- . 
p. 122; Au blet, p. 768; Guibourt, II, p. 331 ; Préfontaine, p. 198; 
Varenne-Feuille, p. 145 ; S. da Gama, ts^<>; Bassières, p. 104; Duinonteil, 
1823, II, partie 2, Comm. de Brest, 1826, II, partie 2 ; «l»- Lanessan, 
p. 134; Sagot, Catal., XIII, p. 313; Stone el Fr., fig. 92, p. 94, Obreen 
cité par Berkliout, p. 35. 

Swartzia triphylla Willd. (non DC), n" 1896 B. 
Synonymes : Possira (Possiriu) arborescens Anbl. 

Aublet, p. 934: Bois dard. Bois à flèches. Ecorce lisse, mince, gri- 
sâtre; bois jaunâtre, dur, compact, employé par les indigènes pour les 
pointes des tirelire. 

Préfontaine, p. 198; Panacoco jaune : Gran Panacoco. Est-ce bien 
cet if espèce ".' 

De Lanessan, p. 134 : Tounatea panacoco II. B. el K. (non dans I In- 
dex). Synonyme : Robinia Panacoco \. 1896, A . Bois de Pan B i 
de Perdrix, Aubier blanc: bois rougeâtre, dur. Sur la section Ion. 
tudiuale, on remarque un dessin imitant Pailc '!<• perdrix. I 
bien cel if espèce .' 



80 H. STONE 

La description suivante est celle d'un échantillon qui est 
probablement le Swartzia triphylla, et que possède le Musée 
Colonial de Marseille (Guyane, n° 20). 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, brun clair ou 
jaunâtre, fonçant légèrement à l'air, La surface est un peu 
luisante, et froide au toucher comme du marbre. 

Caractères physiques. — Densité, 1,14. Dureté égale à celle 
d'Ebène. Sans odeur ni saveur. 

Structure du bois. — La même que celle de l'espèce précé- 
dente, à part les différences suivantes : 

Parenchyme. Les lignes concentriques sont souvent inter- 
rompues. 

Section radiale. — De couleur très uniforme. Le caractère 
le plus frappant consiste en ce que les rayons sont tellement 
serrés en lignes parallèles, verticalement et horizontalement, 
qu'ils couvrent la surface du bois en voilant presque toutes 
les fibres ligneuses. 

Swartzia alata W., n° 1896 G. 

Synonyme : Tournatea guianensis Aubl. 

Aublet, p. 550 ; Tounou (Galibis). Ecorce cendrée ; bois blanchâtre, 
peu compact. 
Sagot, Catal., XIII, p. 313. Pas commun. 

Swartzia polyphylla DC., n° 1896 D. 

Sagot, loc. cit. : Bois pagaie (terme gén.). Voir 1896, I. 

Panacoco à grandes feuilles, n° 1896 E. 

Dumonteil. p. 154: densité, 0,643 ; force, 154; élasticité, 139; flexibi- 
lité, 2,41, p. 163. Classe 5 (qualité inférieure) (v. 1876 A). 

D'après Sagot, loc. cit., le Swartzia alata a des feuilles plus 
grandes que le S. triphylla. Celles de S. polyphylla sont 
beaucoup plus petites, mais la seule espèce qu'il décrit 
comme ayant des grandes feuilles est le S. Benthaniiana 
Miq. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 81 

Bania (Bell), n° 1896 F. 

Caractères généraux. — Rois dur et lourd, de couleur 
pourpre foncé, très difficile à distinguer du Swartzia tomen- 
tosa (1896 A) ; cependant, en section transversale, les lignes 
du parenchyme sont interrompues, la largeur n'est pas beau- 
coup plus grande que celle des rayons et l'écorce est diffé- 
rente. Les dimensions de l'arbre et des feuilles diffèrent 
aussi. 

Caractères physiques. — Densité, de 1,230 à 1,350 ; dureté, 
celle à peu près du Bois de lettres. 

Caractères de Vécorce. — De couleur brune ; épaisse de 2 
à 3 mm. environ ; molle, avec des gerçures peu profondes et 
liégeuses. Elle se compose de deux couches : la couche externe 
est formée de plaques molles et plates, s'émiettant facilement; 
}a couche interne est dure, ligneuse et comprend la moitié de 
l'épaisseur totale. 

Structure du hois. — L'aubier est de couleur écrue, épais 
de 2 cm. o à i cm. 

Emplois. — Utile pour faire des cannes, des règles et de 
petits meubles de luxe ; il n'est pas abondant ; peut être 
obtenu jusqu'à 10 m. de longueur, mais il a peu d'épaisseur à 
cause de son tronc cannelé Bell). 

Il est bon pour la tabletterie et la marqueterie, malgré 
son polissage médiocre, mais très difficile à débiter a la scie. 

Ech. type : 0,20i'.2 Bell. 

Références: Bell, p. 3 ; Stone et Fr., p. 6. 

Siribidanni (Bell), n° 1896 G (non le Sebadanni pt IL 
ni le Sibbidanni U94 D). 

Bois semblable, sous tons les rapports, à l'espèce pré< 
dente et à Swartzia to ment osa , sauf L'aubier, qui est jaune 
comme du Buis, d'une épaisseur <!»• "> cm. 5 à l<> cm. I 
indices me portent a croire que c'esl le Boco 1856 . Le paren- 
chyme est visible par reflet en fines stries brunes, sur la 
coupe radiale. 

Ecorce inconnue. 

.{mules du Musée rnhiiit.il •!>■ Ifartat'Me, - o\. \o\ 



82 H*. STONE 

Emplois. — Bon pour meubles ; n'est pas abondant, et on 
ne l'obtient que par petites dimensions (Bell). 

D'après McTurk, il est abondant dans quelques localités; 
hauteur moyenne de 16 m. ; peut s'obtenir de 1 m. 25 à 2 m. 
d'équarrissage sans aubier. 

Dune qualité inférieure ; se travaille comme l'espèce pré- 
cédente. 

Ech. type: 82,2738. 

Références ; Bell, p. 9 ; Hawtayne, p. 386; McTurk, p. 5 ; Stone et Fr., 
p. 814. 

Swartzia sp., n° 1896 H. 

Le Musée Colonial de Marseille possède un échantillon, n° 8 
de la Guyane, étiqueté Féréol. C'est bien un Sicartzia, mal- 
gré quelques différences avec les autres espèces, mais qui 
peuvent provenir, je crois, des conditions de croissance. En 
coupe tangentielle, le parenchyme, se présentant en lignes et 
lacets bruns sur un fond noir d'ébène, produit un effet d'une 
richesse et dune beauté peu communes. 



Les Bois Pagaies, n° 1896 I. 






Sagot, p. 905; de divers Swartzia; bois blanc légèrement veiné. 

La couleur blanche paraît indiquer que la citation de Sagot porte- 
rait plutôt sur l'aubier (arcabas) d'une des espèces précédentes. 

Préfontaine, p. 197: Bois pagaye ; Yakelele (Caraïbes). 

Dumonteil, p. 154: Bois pagaye; densité, 0,800; force, 239; élasticité 5 
248; flexibilité, 2,01, p. 160. Classe 3. 

L'auteur cite ce bois à part des Panacoco. Voir aussi Cou- 
rimari, partie II. 

Sikkisikki-Danni (Bell), n° 1896 J. 

Noms vulgaires : Siki-siki-danna (Hawtayne). Ironwood 
(Laslett). 

Ce bois n'est pas un Panacoco, mais sa structure est sem- 
blable. 

Caractères généraux. — Bois très lourd, dur, d'une couleur 
brun terne ou grise, et dont les pores laissent voir beaucoup 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAIS 83 

de matière blanche. La surface est à peine luisante et fonce 
légèrement à l'air. 

Caractères physiques. — Densité, l,loO; dureté, celle de 
l'Ebène noire. Sans saveur ni odeur. 

Ecorce inconnue. La surface de la bûche est cannelée ou 
ridée. 

Structure du Lois. — L'aubier n'est pas distinct du cœur. 

Section transversale. — Couches en apparence délimitées; 
les zones ayant peu de vaisseaux pourraient être leurs limites. 
Le contour est presque régulier. 

Vaisseaux très apparents à cause de leur couleur blanche, 
grands, peu variables, ovales. Ils sont distribués irrégulière- 
ment par zones ; tous simples et remplis de matière blanche. 

Rayons juste visibles à la loupe, très lins, uniformes, plu- 
tôt irréguliers, à intervalles inférieurs au diamètre d'un gr< - 
vaisseau, très serrés, nombreux, et s'écartant a peine au 
niveau de ces vaisseaux ; de couleur d'or. 

Parenchyme a entourant les vaisseaux et s'étendant en 
fines lignes nombreuses, concentriques, irrégulières, ondulé» 
et d'une couleur semblable à celle des rayons, mais d'une lar- 
geur plus grande . 

Section radiale. — Vaisseaux en fins sillons, couleur de lait. 
Rayons presque imperceptibles. 

Emplois. — De petits arbres, bons pour pilotis, construc- 
tion (Bell). 

Très dur à travailler, se fend facilement. 

Kcli. type : 79,273b Bell. 
Référence : Stone et Fr., p. 80. 

SOUS-FAMILLE. — OESALPINIÉES 

TRIBU XIII. — EUCiESALPINIÉES 

Geesalpinia echinata Lam., d° 1910 \ 
La présence de cei échantillon 'lui-- l< illections »!<• la 
Guyane du Musée Colonial de Marseille étant la seule preuve 



8i H. STONE 

que ce bois puisse avoir cette provenance, je m'abstiens de 
m'en occuper longuement ici et je me borne à indiquer que 
les moyens de le distinguer du Gampêche sont cités aun° 1912. 
Les structures de ces deux bois se ressemblent beaucoup. On 
trouvera les renseignements les plus complets dans les 
ouvrages de Girardin, p. 540 ; Schutzenberger, II, p. 297 ; 
Planchon et Gollin, II, p. 486. 

Gaesalpinia (Guilandina) coccinea Aubl., n° 1910 B. 

N'est pas dans YIndex Kew. 

Aublet, p. 317 : Écorce gercée, roussâtre. Bois blanc, amer, peu com- 
pact. 

Haematoxylon campechianum Lin., n° 1912. 

Synonyme : H. Brasiletto Karst, d'après Urban (Flore des 
Antilles). 

Noms vulgaires : Gampêche, Laurier de Campêche, Laurier 
aromatique Bois dinde (Roubo). Cœur rouge (Dubard). Lignum 
Campechianum (Aublet). Campêche-Carmen (Pennetier). Bois 
de la Jamaïque, Bois de Nicaragua, Bois de sang, Bois san- 
glant ; Triam pangam (Malabar), Pao de Sapan ! (Descourtilz). 
Bois noir, Bois bleu, Ligno tauro (Nemnich). Blockwood 
(Napier). Le Lignum hœmatoxyle des droguistes, Campetch 
(Icônes lignorum). Campeggio (Petrocchi). Blauholz, Cam- 
peschenholz, Allerheiligenholz, Blankholz, Blutholz (Tol- 
hausen). Campeachy vvood, Mahogany (t. gén. da Gama). 
Gampêche rouge (Mackie). Bois de flambeau (Gde Encyclopé- 
die). Lignum insulœ, Bonaire, Nicaragua wood (Urban). Zapote 
(t. gén. à Costa- Rica, d'après Pittier). Bois noir, nom ancien; 
Bois de Campêche (Girardin). Logwood (Simmonds). Palo 
azul (Roussellet). Assourou (Caraïbe) ; Pao sanguinho (Port.) ; 
Palo de sangre (Esp. Régis). Lignum tinctile Campechense 
(Fluckiger). Le Lignum nephriticum d'Hernandez d'après 
Bâillon, non celui cité par Guibourt ou Planchon. 

Les différents noms attribués aux qualités et aux coupes 
diverses sont cités plus loin. (Voir Emplois.) 

Provenance : Amérique tropicale et centrale ; Antilles ; et 
cultivé dans la Guyane Française, d'après Sagot. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 85 

Caractères généraux. — Bois dur, pesant, de couleur rouge 
acajou, fonçant beaucoup à l'air jusqu'au brun foncé et même 
noirâtre. 

D'après Grisard, de couleur d'un beau rouge brunâtre pâle, 
parfois tacheté de noir très régulièrement ; il se distingue du 
Bois du Brésil par sa couleur extérieure tirant fortement sur 
le noir. Rouge glacé dejaune, d'après Roubo. Brun rougeâtre, 
ressemblant beaucoup au Partridge wood, d'après Miers. Cra- 
moisi, rayé de noir, d'après Beauverie. Rouge à l'extérieur, 
jaunâtre à l'intérieur, d'après Bassières. Jaunâtre, d'après Des- 
courtilz. Rouge brun à l'extérieur, moins foncé à l'intérieur, 
d'après Schutzenberger. 

La surface est mate ou légèrement luisante; grain forte- 
ment à rebours. 

Ce bois ne peut être confondu avec aucune autre espèce, 
sauf le Bois de Brésil [Cœsalpinia 1910) et le bois de Santal 
rouge, mais qu'on peut distinguer ainsi. 

Clef pour faciliter la distinction de ces trois espèces: 

t . La solution avec l'eau potable est Incolore, quoique 
fluorescente. Pterocarpus santalinus, ou Santal 
rouge. 
2. La solution avec l'eau potable est colorée. 

2, I. La solution aqueuse donne avec l'alun un précipité 
pourpre (Girardin) et avec la chaux un ppt. 
bleu (Charpentier). Campêche, n° 1912. 

2, 2. La solution aqueuse ne donne pas de précipité 
avec l'alun (Schutz.j, mais un ppt. rouge ai 
la chaux (Charpentier,!. Cœsalpinia, Unis de Bré- 
sil, n° 1910. 

Caractères physiques. — Densité, <l- 0,807 à I.07.I. Dure! 
celle du Palissandre ou du Bois de lance. Odeur à Be< presque 
nulle. 

D'après Roubo, lorsqu'on 1«' travaille, l'odeur esl ■ >le 
mais un peu forte : d'après Henkel, odeur <1«- violette, surtout 
lorsqu'on l« i râpe : d'après (i. Plançhon, ".leur trè ble, 



86 H. STONE 

rappelant à la fois légèrement l'anis et la violette ; d'après 
Guibourt, odeur d'iris très accentuée. 

Saveur douce et âpre à la fois (Planchon) ; légèrement 
arrière et parfumée (de Lanessan) ; sucrée, astringente, amère 
(Descourtilz) ; sucrée et parfumée (Guibourt). 

A mon avis, la saveur est caractéristique, mais ni sucrée ni 
amère. Toutes les solutions ont une odeur d'iris (Guibourt). 
Cette odeur est plus manifeste dans la décoction que dans le 
bois sec (Fluckiger) ; lorsque le bois est mâché, il donne à la 
salive une couleur rouge foncée (Schwartzkopf). Les opinions 
sont partagées au sujet de la couleur de la solution aqueuse. 
L'eau potable, contenant toujours une trace de chaux, donne 
une solution couleur vin de Porto ou rouge pourpre. D'après 
Wiesner, couleur violette, puis rouge carmin; rouge d'après 
Descourtilz ; rouge de sang foncé, l'eau pure, à l'abri de l'air, 
ne se colorant pas (Girardin) ; le bois ne colore pas l'eau 
(Pennetier). 

Chaude, la solution aqueuse distillée est jaune rougeâtre 
(Gir.). La matière colorante est peu soluble, même à l'eau 
chaude, qui ne prend que 3 %. Les râpures entassées sont 
arrosées avec de Teau de chaux ; et, après fermentation, la 
matière colorante est plus soluble (Fol.). 

La solution aqueuse donne les réactions suivantes : avec la 
potasse, couleur plus foncée ; avec les alcalis : bleue 
(Schwartz.) ; rouge puis violacée (Schutzenberger) ; rouge 
pourpre, puis violette, tout au moins bleue (Gît.) ; brune et 
rouge (Roussell). 

Avec l'alun : teinte violette (Henkel). 

Eau de chaux : précipité bleu ; solution jaune puis rouge 
(Schutz.) ; précipité pourpre, solution jaune, puis couleur de 
vin ou violette (Gir.). 

Sous-acétate de plomb : ppt. violet très foncé, fluorescent 
(Gir.). 

Oxydes métalliques : ppt. bleu (Gir. et Schutz.). 

Sels basiques : comme les alcalis. Sels neutres de magnésie, 
chaux et baryte : couleur pourpre ou violette (Gir.). 

Acides: rouge clair (Schw.) ; jaune rouge (Gir. et Schu.). 



BOTS UTILES DE T.A GUYANE FRANÇAISE 87 

Acides concentrés : rouge. Non concentrés : jaune, mais fina- 
lement décoloration de la solution (Schutz.) ; jaune, puis déco- 
loration (Gir.). Acides sulfhydrique, sulfureux et carbonique; 
réaction jaune (Schutz.). Sels acides : comme les acides (Gir.). 

Hydrate ouprotoxyde d'étain: laque violacée ; hydrate stan- 
nique : ppt. rouge (Schutz.). Chlorure d'étain : ppt. violet et 
bleu (Gir.). Perchlorure d'étain: ppt. violet (Schut.). 

Sels de fer : ppt. noir bleuâtre (Gir. et Schutz.). Sels de 
cuivre : ppt. bleu fSchutz.) ; ppt. bleu ou lie de vin foncé 
(Gir.). Sels d'or : ppt. orange (Gir.). Sels de zinc : ppt. 
pourpre foncé (Schutz.) ; pourpre rouge foncé (Gir. . Azotate 
de bismuth : Sol. d'un beau violet (Gir. et Schutz.). Aluminate 
de soude: ppt. abondant violacé ; en excès, insoluble (Gir. 
et Schutz.). Chlorure d'antimoine : ppt. cramoisi (Gir. et 
Schutz.). Sublimé corrosif : ppt. orange (Girardin et Schutz. . 

Gélatine : ppt. rouge (Gir.). 

Avec les acides et les alcalis, le Ca m pêche se comporte de 
la même manière que l'infusion du Bois de Brésil, mais avec 
les substances métalliques les effets sont différents Dingler). 

Solution avec l'alcool et l'éther : Beau jaune orange ou jaune 
verdàtre (Schutz.) ; rouge (Desc.) : rouge jaune (Planchon . 

Les ouvrages de Girardin et de Schutzenberger méritent 
d'être consultés sous le rapport de l'application du Campêche 
pour la teinture, car ils sont les plus détaillés. Le dernier de 
auteurs a adopté la plupart des renseignements de Girardin ; 
il signale cependant des réactions qui ne concordent pafl 
j'ai jugé utile de les citer ensemble pour permettre les com- 
paraisons. 

Le Bois de Campêche brûle bien, sans arôme spécial, en 
produisant beaucoup de cendres blanches. Il est très fort et 

résistant . On a de la peine a écraser entre les dents un petit 

éclat de 2 mmq. D'après Grisard : Bois élastique, mre 
fibreuse très Longue, produisant de gr< lata 

Caractères de l'écorce. — Écorce très mine.', unie. don. 
de couleur gris argenté ou jaune l'omet . Ilnni foncé : elle 
tombe en petites plaques Gamble : Yu\n\ brun noirâtre 
(Schutz.) : très m i. .ce et t. -es unie Diderot : noire KluJ. 



88 H. STONE 

Structure du bois. — Elle est très différente du Bois de Bré- 
sil à la loupe, mais non au microscope. 

L'aubier est blanc ou de couleur écrue, étroit, bien délimité 
du cœur. Ce dernier est excessivement irrég-ulier, avant sou- 
vent la forme étoilée. Le contour des bûches est d'une irrégu- 
larité fantastique ; elles sont formées dune petite partie cen- 
trale, avec des côtes d'une profondeur variant de plusieurs 
centimètres et d'une largeur de 3 à 4 cm. Cette forme me 
paraît si anormale que, malgré sa fréquence, je l'attribue à la 
larve d'un insecte, car j'ai toujours trouvé une altération au 
fond de chaque canal. Dans ce cas, ces côtes n'auraient donc 
rien d'analogue avec les arcabas du Panacoco et des Andira. 

Moelle cylindrique, de 2 mm. de diamètre, aussi dure que 
le bois. 

Section transversale . — La nuance est beaucoup plus foncée 
que celle des autres sections. 

Couches très bien délimitées par une variation de densité 
et une zone ayant peu de vaisseaux. 

Vaisseaux très apparents à cause de leur groupement en 
lignes concentriques ondulées, plus petits sur le bord extrême 
de la couche, ailleurs peu variables. Ils sont fortement isolés, 
mais unis par le parenchyme ; simples pour la plupart ; 
quelques paires et rarement des groupes ; peu nombreux, de 
7 à 26 par mmq. Ils ont une tendance à se disposer en un 
cercle concentrique sur le bord intérieur de la couche ; plu- 
sieurs sont remplis d'une matière blanche . 

Rayons visibles à la loupe, très fins, uniformes, de o à 9 
par mm., et écartés les uns des autres d'une distance égale 
environ au diamètre d'un gros vaisseau. Ils sont plus clairs 
que les fibres ligneuses, mais moins que le parenchyme. 

Parenchvme a entourant et unissant les vaisseaux en festons 
ou lignes ondulées qui s'anastomosent et se ramifient, mais 
tout en se séparant en fragments irréguliers. D'après Muller, 
le parenchyme contient de gros cristaux. 

Section radiale. — Vaisseaux très apparents, en sillons fon- 
cés et luisants lorsqu'ils sont vides, mais souvent remplis de 
matières blanches ou noirâtres. Ravons bien visibles, en fines 
lignes parallèles luisantes, produisant un effet agréable. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 89 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les ravons 
sont tout petits et ne sont visibles qu'à l'aide d'une forte 
loupe ; de 1 mm. 5 à 2 mm. de hauteur. 

Emplois. — Bois de teinture employé aussi pour la tablet- 
terie. Pour les teintes diverses on peut consulter Girardin et 
Schutzenberger, qui indiquent notamment : le bleu, le violet 
et le noir. Avec le fer : noir et gris. Avec l'alumine : violet 
grisâtre. Avec fer et alumine réunis : noir supérieur. Avec 
l'acide chromique : une belle laque. Avec le fer et la gomme, 
une belle encre noire. 

Au point de vue médicinal, le bois est stomachique et astrin- 
gent, il donne un principe antiputride (Sagot). Il produit une 
gomme-résine qui brûle comme le camphre (Duss). 

Il donne une encre rouge, et on l'emploie pour archets de 
violon. Incorruptible dans la terre ; bon pour traverses, poutres 
(Antilles) ; se fend rarement (Duchesne). 

« Quant à l'hœmatoxyline, qui a des propriétés excellentes 
et dont on se passerait difficilement, son prix de revient dans 
le bois de Gampèche est si bas, dit Noelting, que nous n'au- 
rons jamais aucune chance de préparer un produit synthé- 
tique à un prix pareil. Le Campèche gardera son emploi sur- 
tout dans la teinture de soie en noir. » Je pense que la Guyane 
devrait encourager la culture de cette essence si précieuse, 
d'autant plus qu'elle croit rapidement. 

Pennetier cite 13 qualités ou coupes de ce bois, parmi les- 
quelles je relève celles du Havre, de Bordeaux, de Marseille, 
de Campèche, de Sisal, de Haïti, de Saint-Domingue, de la 
Martinique, de la Guadeloupe et la coupe anglaise ou de la 
Jamaïque. 

Schûtzenberger en cite aussi 13 sortes : Campeachy, î qua- 
lités ; Honduras Blauholz, 2 qualités; Jamaica, 3 qualités : 
Domingo, i. 

Simmonds cite Jamaica, Saint-Domingo, Campeachy direct, 
G. indirecl «'t Tabasco, puis Nicaragua wood, avecles deu* 
variétés l«i<> de La 1 tacha el lama. 

Preuss eile pour Honduras Blauholz i sortes qui Bon! : 
Tinta Maria, Tinta negra, Tinta i m el 1 inl i amarella 
catzim. Il dit que La première se distii facilement par - 



90 H. STONE 

feuilles, ce qui semblerait indiquer qu'il y a une autre espèce 
d' Hsematoxylon (en plus de H. Brasiletto Karst qui ne se dis- 
tingue pas par ses feuilles d'H. Campechvianum). 

Roussel cite cinq coupes, qui sont la coupe anglaise et 
celles de Saint-Domingue, de la Martinique, de Campêche- 
Guadeloupe et d'Espagne. 

Girardin cite six coupes : la coupe anglaise et celles d'Es- 
pagne, de la Jamaïque, de Saint-Domingue d'Haïti, d'Hon- 
duras, de la Martinique et de la Guadeloupe. 

La coupe anglaise est bien taillée (transversalement à la 
scie) ; pas d'aubier, d'après Roussel. 

Les sortes de Honduras Blauholz et celle de la Jamaïque 
appartiennent à la coupe anglaise ; grandes dimensions. 

La coupe d'Espagne a un bout carré et l'autre oblique ; 
grandes dimensions, sans aubier et peu de cavités. Les 
planches du Yucatan, de 20 à 60 kilos, sont de cette coupe. 

La Saint-Domingue et de Haïti, la Martinique et la Cam- 
pêche-Guadeloupe sont en morceaux plus petits, plus gros- 
siers et de qualité inférieure. 

Ech. types: Musée Colon, de Marseille, n° 66, Guyane; Musée de 
Lyon, série II, n° 74, Antilles. 

Icônes: Planchon et Collin, II, fig. 1046, section transversale, fig. 
1047. Moeller, pi. VI, fi g. 73. Icônes lignorum, pi. V, fig. 1, en couleur. 

Références : Girardin, p. 532; Gamble, 2 e édition, p. 270 ; Schutzen- 
berger, p. 319 ; Fol., p. 305; Guibourt, III, pp. 317, 331 et 341; Plan- 
chon G., II, p. 85; Grisard, 1894, I, p. 80; Roubo, p. 769; Miers, ms. ; 
Beauverie, p. 371 ; Bassières,p. 116 ; Descourtilz, p. 174; de Lanessan, 
p. 154 ; Pennetier, pp. 498 et 501; Moeller, p. 410; Dingler, XVII, 
p. 324 ; Diderot, Encycl., II, p. 308 ; Henkel, partie IV, p. 312 ; Rous- 
sell, pp. 272 et 275 ; Duss, p. 227; Duchesne, p. 280; Noelting, p. 
589; Sagot, XXVII, p. 220 ; Id., Catal., XIII, p. 309 ; Simmonds, 
p. 445 ; Preuss, p. 39: Wiesner, p. 930 ; Léman, p. 19; Scwartzkopf, 
p. 81 ; Fluckiger et Hanbury, p. 384; Pomet, p. 121 ; Hollaud, Bull., 
Misc.,Inform., Kew\, 1916, p. 209; Charpentier, p. 383; Bâillon, vol. VI, 
p. 243. 

TRIBU XIV. — CASSIÉES 

Martia parvifolia Bth., n° 1925. 
Synonyme : Martiusia parvifolia Bth, 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 9i 

Ce bois m'est inconnu. Martin-Lavigne a adopté la descrip- 
tion de Guibourt pour le Bois d'Amarante rouge ; cependant 
ce dernier auteur avoue qu'il n'a aucune donnée sur l'origine 
de ce bois. D'autres espèces pourraient très bien concorder 
avec sa description. Il dit encore que son bois a une odeur et 
une saveur aromatique de Palissandre, tandis que Martin- 
Lavigne dans son schéma dit que son bois est inodore, ce qui 
laisserait supposer que, si le bois de Martin-Lavigne est le 
Martia parvifolia Bth., il ne peut être le bois d'Amarante de 
Guibourt. 

Les détails suivants proviennent de Martin-Lavigne : 

Nom vulgaire : Purpuurhart (Surinam). Bois d'Amarante 
rouge. 

Caractères généraux. — Bois dur et compact, de couleur 
rouge cochenille foncé, devenant plus claire et jaunâtre en 
pleine lumière ; grain plutôt fin. homogène; lourd. 

Caractères physiques. — Densité, 1 ,053 ; dureté très grande ; 
sans odeur. La solution aqueuse est de couleur jaune citron, 
légèrement trouble mais s'éclaircissant par addition d'alcool. 
Solution aie. jaune bichromate et limpide. 

Il brûle avec peu de flamme en pétillant. 

Caractères de Vécorce. — Ecorce compacte "très dure, unie, 
formée de deux couches distinctes ; celle de l'extérieur est 
grise et celle de l'intérieur brun très foncé. 

Structure du bois. — L'aubier est très mince, grisâtre, dur 
et compact. (D'après Guibourt, de 1 1 à 14 mm. d'épaisseur. 

Section transversale. — Les limites des couches sont les 
bandes les plus foncées et à peu près dépourvues de \ aisseaux. 

Vaisseaux isolés, visibles comme de petits points blancs : 
de 120 à 150 microns de diamètre; peu abondants, de '2 ,i .'{ 
par niinq. 

Rayons séparés par intervalles tics variables ; «le i .'i ."» par 
mm. 

Parenchyme très abondant, visible en lignes concentriqui 
ondulées, blanchâtres ; largeur de ion à 160 microns. 

Section radiale, i Cette section esl légèrement plu^ clai 
que la section transversale. Elle est parcouru* longitudinale- 



02 H. STONÉ 

ment par des lignes blanches assez régulièrement espacées, 
entrecoupées elles-mêmes par les lignes transversales des 
rayons sur un front rouge de feu, comme un dessin écossais 
rouge brun. 

Section tangentielle. — Gomme la radiale, les rayons sont 
d'une hauteur de 220 à 300 microns, sur une largeur de 20 
dans les fibres ligneuses et de 28 dans le parenchyme. Ils sont 
généralement bisériés. 

Références : Guibourt, vol. III, p. 346 ; Martin-Lavigne, p. 9G, fig. 34 
et 35 ; Sagot, p. 905. 

Angélique, n° 1927. 

L'Angélique se rapporte au Dicorynia paraensis Bth. — 
Synonyme: D. uapensis Spr. ; D. floribund a Spr. ; D. spru- 
ceana Bth. 

J'ai trouvé plusieurs bois d'Angélique et je ne sais auquel 
attribuer le nom systématique; mais, d'après la description de 
la Commission de Brest, je crois que la variété A décrite 
ci-dessous est le véritable Angélique du commerce et proba- 
blement celui de Dumonteil, de Sagot, de Lapparent, de 
Janssonius ; et celui de Martin-Lavigne se rapporte au 
Chêne-vert, n° 1927 C. Le bois de Préfontaine serait plutôt 
un Angelin [And ira) 1851 B, et celui de Grisard un Piptade- 
nia. Le nom Angélique est associé avec Dicorynia guianensis 
et avec Nectandra Wilde noiviana Nées. 

Préfontaine, p. 140 : Angélique. Grain grisâtre, filandreux, ressem- 
blant au Oouacapou. 

Dumonteil, p. 154: Angélique, densité: 0,74G ; force : 215; élasticité : 
207 ; p. 160. Classe 3, celle des Pins. 

Commission de Brest ; p. 165 : Angélique. Densité, 0,732 à 0,752 ; 
force, 900 à 960, ou 1,36 si le Chêne = 1 ; élasticité, 20 à 25 ; rupture 
annoncée par de nombreux éclats ; fibres bien déchirées. La même, 
p. 171 : A peu près du même poids et presque aussi élastique, mais un 
tiers plus fort que le Chêne, avec lequel il a quelques rapports pour le 
grain et la couleur ; ne convient pas pour le tour et Tébénisterie. 

De Lapparent, p. 579 : L'Angélique perdait 5 °/ par la pourriture, tan- 
dis que le Chêne, dans les mêmes conditions, perdait 30 1/2 °/ . Le 
même, p. 580 ; L'Angélique paraît principalement appelé à rendre les 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 93 

plus grands services aux constructions navales, parce que, indépendam- 
ment de ses qualités d'élasticité, de force et de durée, sa densité ne 
dépasse pas celle du Chêne ordinaire. 

Sagot,p. 956: Barklatfen Surinam). Bois rougeâtrede dureté moyenne. 
Le même, p. 226 : abondant, de grandes dimensions. Le même, 
p. 267 : rouge pâle, poids moyen, se conserve bien dans l'eau de mer, 
mais fait rouiller les clous. En le travaillant, il faut souvent limer les 
scies. 

Brousseau, p. 129 : Kabakally (en Demerary, 1309 A). 

Grisard, 1894, I, p. 459: Angico (Brésil); rougeiHre pale veiné de 
jaune et de rouge. 

Bassières, p. 98: rouge pâle ; bois de trois variétés: noir, rouge et 
blanc. 

Michel ras, : Angélique franc. 

Martin-Lavigne : BasraLokus (Surinam) 2° schéma de la fin 
du volume. L'auteur donne des détails qui ne s'accordent 
avec aucun de nos échantillons. On peut les résumer ainsi : 

Aubier blanc rougeàtre. Cœur rougeàtre clair d'aspect 
homogène ; grain fin, dureté moyenne, porosité faible ; den- 
sité : 0,812. Odeur nulle. 

Caractères de Vécorce. — Epaisseur de 2 mm., adhérence 
faible, d'une nature dure friable, couleur extérieure rougeàtre, 
et, en section, rougeàtre clair. 

Couches non indiquées : 

Structure du bois. — Vaisseaux isolés, 2 par mmq., de 
forme arrondie régulière. Rayons de 7 à 8 par mm. ; hauteur: 
700 à 1.000 microns. Parenchyme en bandes concentriques 
régulières. 

Janssonius (1914, p. 35, lig. 11 et 12) donne une descrip- 
tion encore plus détaillée, qui ne s'accorde pas avec celle de 
Martin-Lavigne, mais qui correspondrait assez 1>kmi avec DOS 
échantillons de la variété A. Son échantillon a été déterminé 
d'après des Heurs et des fruits conservés dans L'alcool. 

Résumé de sa description : Aubier dune largeur atteignant 
parfois l.'i cm. de couleur blanc brunâtre. Cœurbrun parsemé 
de petites taches d'un brun rougeàtre. Couches doii délimi- 
tées; mais, à l'œil nu. la présence «les lignes tangentielles, 

d'un brun foncé, plus OU moins distinctes el plus OU nue: 

régulières, paraissent indiquer Les Limites. Vaisseaux réguhè- 



94 M. stONÈ 

rement distribués, de 2 à 4 par mmq., simples ou pairs. 
Rayons, d'après la fîg. 11 : fins, nombreux, à intervalles 
moindres que le diamètre des vaisseaux, et s'écartant à leurs 
niveaux, de 7 à 9 environ par mm. 

Angélique, var. A. 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une 
dureté moyenne, grain très grossier et un peu à rebours. Cou- 
leur brun clair, striée d'un brun foncé, ressemblant à celle du 
Chêne, à part ses mailles, qui sont plus petites et plus obscures. 
Surface mate. La nuance de la section transversale est un peu 
plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,700 ; Dureté, celle 
du Chêne. Sans saveur ni odeur. 

Caractères de lécorce. — Surface inégale, à cause de l'irré- 
gularité de la chute des écailles, qui sont feuilletées et très 
minces. Couleur brune en nuances diverses. Epaisseur, 1 cm. 
environ. Couche intérieure d'un brun clair; texture ligneuse, 
dure; cassure grenue, présentant les rayons corticaux de cou- 
leur brune et visible à l'œil nu. Surface intérieure, lisse et 
micacée, présentant un effet moiré produit par les rayons mats 
parmi les fibres brillants et satinés. 

Structure du bois. — Aubier bien délimité du cœur et 
légèrement plus clair. 

Couches en apparences distinctes, mais non à la loupe, 
sauf dans le cas où les zones denses forment ou paraissent 
former les limites. 

Vaisseaux visibles, très grands, peu de variations, rangés en 
lignes obliques courbes qui laissent entre elles des espaces 
vides; fortement isolés, très peu nombreux; simples ou par 
deux. 

Rayons visibles à la loupe, très fins, réguliers en largeur, 
à intervalles égaux au diamètre d'un gros vaisseau et ne 
s'écartant pas au niveau des vaisseaux. Couleur brune. 

Parenchvme a visible, entourant les vaisseaux et s'éten- 
dant en lignes minces, unissant les vaisseaux tangentielle- 
ment. Ces lignes souvent s'anastomosent. Couleur brune, 
plus claire que celle des rayons. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 98 

Section radiale. — Couches non délimitées. Vaisseaux brun 
foncé tranchant sur le fond plus clair, luisants, vides. Rayons 
à peine visibles, en lignes minces légèrement plus foncées que 
les fibres ligneuses. Parenchyme visible à la loupe en minces 
lignes parallèles. 

Section taivjentielle. — Gomme la radiale, mais les vais- 
seaux occupent plus d'espace et forment des dessins en den- 
telle çà et là. Rayons visibles à la loupe, d'une hauteur de 
Omm. 2, en traits unicellulaires pas trop effilés ; couleur 
jaune. 

Emplois. — Ce bois paraît être dune utilité très grande. 
D'un tiers plus fort que le Chêne, il ne faudrait que les trois 
quarts de la quantité pour rendre les mêmes services. Je sup- 
pose qu'il pourrait être importé à vin prix qui permettrait de 
pouvoir faire concurrence au Chêne, d'autant plus qu'après la 
guerre le bois de ce dernier sera assez rare. 

Éch. types : N os 3, 23 et 145. Guyane, Musée Col. de Marseille. 

Angélique, variété B. 

Bois d'un poids moyen et d'une dureté moyenne, de couleur 
rose clair striée de minces lignes blanchâtres peu apparentes. 

Caractères physiques. — Densité, 0,560 environ : dureté, 
celle de l'Aune. Odeur légère de vinaigre, beaucoup plus forte 
lorsqu'on travaille le bois. Saveur nulle ou insipide. La solu- 
tion aqueuse est incolore à froid ; à chaud, d'un brun très clair. 
Solution aie. incolore. 

Le bois brûle mal en pétillant beaucoup : sans odeur spé- 
ciale. 

Structure du hois. — L'aubier est brun foncé, plus fon< 
même que le cœur : de 6 mm. environ d'épaisseur. Je me 
demande si cet échantillon n'était pas •■ en retour 

Section transversale. — La nuance de cette section es! plus 
foncée que celle des autres coupes. 

Couches très apparentes; les zones étroites du bois, sans 
vaisseaux, en forment Les limites. 

Vaisseaux visibles à caus • de leurs bords blan inds, 

distribués régulièrement, sauf sur le bord I 



% H. STONE 

Ils sont fortement isolés, simples pour la plupart, quelques- 
uns par paires ; peu nombreux, 20 par mmq. environ. 

Rayons à peine visibles à la loupe, uniformes, fins comme 
de la soie ; très réguliers, écartés les uns des autres d'une 
distance égale au diamètre d'un gros vaisseau ; de même cou- 
leur que le parenchyme. 

Parenchyme a très abondant, entourant les vaisseaux en 
forme de losange et s'étendant comme des ailes, qui unissent 
les vaisseaux tangentiellement dans la zone externe de la 
couche. Couleur presque blanche. 

Section radiale. — Les limites des couches sont difficiles à 
suivre, car elles sont en très fines lignes, plus foncées que le 
fond. Vaisseaux visibles et même très apparents à cause de 
leurs bords blanchâtres, qui les recouvrent pour la plupart ; 
çà et là se trouvent des perles luisantes. Rayons à peine 
visibles comme des ombres, par réflexion. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les limites 
des couches se présentent mieux. Les rayons sont à peine 
visibles à la loupe, en lignes blanches excessivement fines ; 
leur largeur est de 1 à 2 rangées de cellules. 

Ech. type: Musée Colon, de Marseille, n° 06, Guyane. 

Chêne vert. — N° 1927 C. Ce bois envoyé de Cavenne à 
l'Exposition de Marseille, en 1906, n'est pas naturellement un 
Quercus, ni le Chêne français, ainsi qu'on appelle à la 
Guyane le Terminalia Buceras, 2249 A. Je me demande s'il 
ne peut être Dicorynia guianensis. 

Caractères généraux. — Bois plutôt dur et lourd, de couleur 
brune ou d un brun grisâtre uniforme, ou avec des raies plus 
foncées. Il présente fort bien un eflet moiré sur la coupe tan- 
gentielle. Surface mate ou légèrement luisante; grain fin et 
serré. La nuance de la coupe transversale est un peu plus 
foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,687; dureté, celle de 
l'Erable. Odeur et saveur légères, même nulles. 

Structure du bois. — Aubier brun ou brun grisâtre; épais 
de 2 à 2 cm.o. L'effet moiré s'y présente bien mieux que dans 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 97 

le cœur. Les rayons prennent une couleur allant du brun au 



gris, 



Section transversale. — Couches en apparence bien déli- 
mitées, mais non à la loupe. 

Vaisseaux visibles à cause de leurs bords clairs ; on peut les 
compter à l'œil nu. Us sont moyens, de mm. de diamètre, 
uniformes ; simples pour la plupart, beaucoup par paires et 
quelques-uns par groupes de forme curieuse, droits et radiaux, 
de 3 à 8. Les vaisseaux sont distribués régulièrement et for- 
tement isolés, de 1 par 2 mmq. à 4 par mmq. Leur contenu 
est souvent noir. 

Rayons visibles à la loupe, très fins, obscurs, uniformes, un 
peu irréguliers. Ils sont de 8 à 10 par mm., à intervalles d'une 
distance égale au diamètre d'un gros vaisseau, et ne s f écartant 
pas au niveau de ces vaisseaux. Ils deviennent légèrement 
ondulés en croisant les lignes du parenchyme. 

Parenchyme très abondant, visible : Pa entoure les vais- 
seaux et est de couleur grise ; Pb se présente en lignes concen- 
triques, exceptionnellement nombreuses et gracieusement 
ondulées, et qui unissent les vaisseaux à de longs intervalles 
de 2 mm. environ. Elles sont en apparence continues mais 
sont souvent arrêtées par un vaisseau ; de couleur brune, bien 
distincte de celle du Pa, à cause de la présence de perles de 
résine. Ces perles donnent aux lignes L'aspecI «le chapelets. 
Les lignes sont environ de 4 par mm. et d'une largeur égale 
au semi-diamètre d'un gros vaisseau. 

Section radiale. — Vaisseaux peu apparents, rares : contenu 
noirâtre. Hayons k peine visibles. 1res étroits, bruns. PI> 
visible seulement à la loupe, mais occupant nue grande partie 
de la surface en lignes verticales 

Section tangentielle. — Comme La radiale, mais les rayons 

sont en 1res petits fuse;uix à peine visibles à la loupe ; h.ui- 

teur, jusqu'à 8 cellules sur 1 ou, parfois, - de largeur. 

J'ai remarqué que, dans l'aubier de notre échantillon, 1 
rayons étaient en étages, tandis qu'ils sonl en quinconce dans 
Le cœur; preuve de L'inconstance de ce caractère. 11 oe 

Annalet du Mutée colonial de \t*r teille, — y série, >• vol, 18 



98 H. STONE 

rait donc à rien pour la classification, contrairement à ce que 
prétendent quelques auteurs. 

Emplois. — Constructions, traverses de chemin de fer ; 
pourrait servir aussi pour crosses de fusils. 

Ech. type; Musée Colon, de Marseille, n° 101. Guyane. 

Cassia Apoucouita Aubl., n° 1929 A. 

Aublet, p. 379 ; Apoucouita (Galibis) ; Canéficier apoucouita. 

Cassia fistula Lin., n° 1929 B. 

Barrère, p. 33: Guabipocaiba ; Piso casse (Brésil). 

Aublet, p. 381 : Cultivé à la Guyane. 

Grisebach : Cassia stick tree (Antilles Anglaises). 

Moll. et Janssonius, IV, p. 104, donnent pour le Cassia 
javanica la figure 156 dont ils se servent pour toutes les 
espèces de Cassia. Les renseignements suivants proviennent 
de leur description. 

Cœur de couleur rougeâtre ; aubier jaune sale et quelquefois 
légèrement rougeâtre. 

Structure du bois. — Section transversale. Couches assez 
bien délimitées par une mince ligne du parenchyme. 

Vaisseaux grands, diminuant régulièrement vers le bord 
externe de la couche, mais parfois aussi les plus grands se 
trouvant dans la zone médiane. Us sont peu nombreux, de 6 par 
mmq. environ, et plus rares sur les deux bords de la couche 
qu'au milieu ; du moins ils ne sont pas plus nombreux qu'ail- 
leurs sur le bord de la couche interne. 

Rayons uniformes, ayant au plus la largeur de deux rangées 
de cellules sur 3 à 12 de hauteur, ordinairement 5. Ils sont 
ondulés et s'écartent légèrement au niveau des vaisseaux. 

Parenchyme visible, entourant les vaisseaux en larges 
taches irrégulières, qui s'étendent tangentiellement et unissent 
deux vaisseaux ou deux groupes de vaisseaux, même davan- 
tage. Le parenchyme se présente aussi en lignes d'une largeur 
souvent égale à celle des zones des fibres ligneuses. Ces zones 
sont d'une largeur de 4 à 5 cellules. Les lignes du parenchyme 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRAIS ÇAISL J)9 

sont relativement continues ; parfois elles s'interrompent et 
s'anastomosent çà et là. 

Gassia grandis Lin., n° 1929 G. 

Synonyme : C. javanica Aubl. (Voir espèce précédente.) 

Aublet, p. 382 : Casse de Para. Cassia javanica Lin. 

Gassia biflora Lin., non Griseb, ni Mill, n° 1929 D. 
Synonymes : C. Marimari Aubl. 

Aublet, p. 382 : Marimari (Galibis). 

Cassia bacillaris Lin., non Willd., n° 1929 E. 
Synonyme: Mimosa nodosa Lin. 

Aublet, p. 94u : Inga (terme gén. Caraïbes). 

Dialium divaricatum Vahl, n° 193:;. 
Synonyme : Arouna g uianensis Aubl. 

Aublet, p. 16 : Arouna (Galibis). Ecorce lisse, grisâtre ; bois blanc, 
peu compact. 

TRIBU XVI. — AMHERSTIÉES 



Macrolobium Vouapa G. F. Gmel, n° 1946 A. 

Synonymes : M. bifoliu m Pers. ; Vouapa bifolia Aubl. 

Noms vulgaires : Sereebebe (Guyane, d'après Bell . Sara- 
bebe, Eperua sec, Vouapa sec (Guyane : Ouapa Galibis : 
Bois caca, Palo machete (Grisard, probablement L'espèce pré- 
sente, non 1948 A). Wapa sec (Sagol . Vouapa blanc Mu 
Col. de Marseille], [pé verdadeiro (Amazones: Huber . 

L'échantillon de Bell a été (l«H«'rminé, d'après les feuilles et 
Les fruits, par Le Dr Freeman. 

Je crois que ce bois est le Wapa de la Commission de 
Bn-sl, employé dans La construction du navire Terpêicfn 
(voir P.JiN E . Si c'était VEperua falcata^ on aurai! parlé «!•' 
la nature huileuse de ce bois. Je ae sais rien de positif sur les 
bois de Dumonteil: Le Wapa à petites feuilles e( le W 



100 H. STONE 

grandes feuilles. A mon avis, ce sont des Macrolobium ; le 
premier serait l'espèce présente et le second le M. Simira, 
c'est-à-dire l'espèce suivante, si Ton peut en juger d'après les 
feuilles figurées par Aublet. Voir Eperua falcafa, n° 1948 A. 

Caractères généraux. — Bois dur assez lourd, d'une cou- 
leur ressemblant à l'Acajou (roussâtre, d'après Aublet) ; 
grain plutôt gros ; surface un peu luisante, fonçant légèrement 
à l'air. La nuance de toutes les coupes est pareille ; la section 
transversale est la plus mate. 

Caractères physiques. — Densité, 0,737. Dureté, celle de 
l'Erable. Odeur à sec nulle, d'après Grisard; odeur désa- 
gréable quand il est frais ou lorsqu'il est travaillé. (Est-ce 
bien cette espèce ?) Sans saveur. 

Dumonteil (Wapa à petites feuilles) : densité, 0,756 ; force, 
175; élasticité, 193. 

Caractères de Vécorce. — D'après l'échantillon de Bell, 
écorce épaisse de i à 6 mm., lisse, bien adhérente, plutôt 
ligneuse, remplie de sclérites granuleux. La surface de la 
bûche est lisse. 

D'après l'échantillon du Musée Col. de Mars., n° 315 
Guyane, écorce extérieurement brunâtre, rouge foncé à l'in- 
rieur, formée de deux couches, dont la plus interne présente 
des ravons corticaux, et l'externe tombe en miettes. Couche 
très mince de liber. Saveur légèrement amère. 

Structure du bois. — L'aubier est gris rose sale, ou, 
d'après Aublet, blanchâtre. 5 cm. d'épaisseur environ, très 
bien délimité du cœur. 

Section transversale. — Couches parfois délimitées ; les 
lignes très fines du parenchyme, visibles à la loupe, forment 
les limites ; contour régulier. 

Vaisseaux grands, visibles à cause de leur contenu blanc, 
légèrement variables, mais ne diminuant pas vers l'extérieur 
de la couche. Ils sont distribués également ; fortement iso- 
lés ; simples ou par groupes de 2 à 7 subdivisés ; contenant 
parfois des thylles. 

Rayons visibles à la loupe, écartés les uns des autres d'une 
distance égale au diamètre d'un gros vaisseau et semblant 



HOTS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 101 

parfois être interrompus par ces vaisseaux. Au microscope, 
les cellules paraissent être remplies d'une gomme rouge. 

Parenchyme visible à la loupe ; a en taches qui entourent 
presque les vaisseaux. 

Section radiale. — Couches délimitées par une fine ligne 
foncée ou blanchâtre. Vaisseaux gros, ouverts, remplis pour 
la plupart de matière blanche ou de th viles. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons 
sont seulement visibles à la loupe, montrant leurs cellules 
rouges. 

Emplois. — Peut être obtenu de 5 à 7 m. sur 40 à .*>."> cm. 
d'équarrissage (Bell). 

Dur à travailler, se fend facilement ; il pourrait remplacer 
les Acajous de qualité inférieure. 

Ech. types: 77, 2733, Bell; Musée Col. de Mars., n° 315 Guyane 
(écorce seulement). 

Références: Icônes lignorum, pi. LXV, fig. 6; Au blet, p. 25; et pi. 7 
et 8; Grisard, 1804, I, p. 543 ; Bell, p. 9 ; Stone et Fr., p. 78. 

Macrolobium Simira G. F. Gmel., n° 1946 B. 
Synonyme : Vouapa Simira Aubl. 

Aublet, p. 27 : Simira (Galibis) ; Bois Violet. Le Bois est dur, compact . 
de couleur bleuâtre; écorce rougeâtre, ridée, gercée et 1res épais 
Le nom Simira est général pour tous les bois qui donnent une teinture 
rouge ou violette. 

Brousseau : Wapa blanc, ressemblant à un Bois Violet ou Pur- 
puurhart. (Est-ce bien cette espèce ?) 

Macrolobium Utea J. F. Gmel., u° 1946 C. 
Synonyme : Outea guianensis Aubl. 

Aublet, p. 29; [ouiay (Galibis). Ecorce lisse, grisâtre; bois peu com- 
pact; aubier blanc, cœur rougeâtre. 

Eperua falcata Aubl. non Blanco, n" l ( .>is. 

Synonymes : E. rubiginosa Miq. ; Pangera falcata Willd 
Dimorpha falcata Sm. d'après Bâillon . 

Noms vulgaires : Wapa gras : Wallaba Bell . Jebaru-rana, 
Vouapa tabaca, Bainha de Espada Guy, Amas. Miers). 



102 TT. STONE 

Parive, Eperu, Wapa huileux (Aublet). Wapa patouvé (Gai. 
Brésil). Wouapa, Woapa, Bijlhout, Bylhout (Hawtayne). 
Roode Wallaba, Bierie hoedoe (Surinam. Pulle). Itoori Wal- 
laba, Pois sabre (McTurk). Ballaba (Imp. Inst.). Wallaha des 
Arrouhages (Lanessan). Espadeira (Correa). Vouapa, Vouapa 
gras (Sagot). Itoerie Ballaba (Surinam, Icon., lign.). Apazeiro 
(Amazones). Apa (Huber. Para): Etoorie ou Ituri Wallaba 
(Cat. Expos. Paris, 1867). Bijlhout: Bili hoedoe (Surinam: 
Greshofî). 

Il y a beaucoup de confusion dans la nomenclature de ce 
bois, quoiqu'on le distingue facilement. Il y a deux variétés, 
mais McTurk en fait quatre, dont on peut d'abord éliminer 
Sarabebe (v. 1941 A), et aussi Karabimiti, qui n'est jamais 
employé, dit-il. Il reste Bimiti Wallaba et Itoori Wallaba. 
McTurk englobe ces quatre variétés sous le nom d'E. falcata, 
ouE. Jenmani Oliv. Mais, dans une autre brochure, il dit que 
Itoori Wallaba est YE. Jenmani (qui ne se trouve pas dans 
l'Index), pendant que Bimiti Wallaba, arbre à fleurs blanches, 
est YE. Schomburgki Bth. et que Wallaba mou (Soft Wal- 
laba), est YE. falcata. Brousseau dit que le Vouapa gras a des 
fleurs rouges comme YE. falcata, d'après Aublet, et je con- 
clus que ce Vouapa est bien l'Itoori Wallaba, ainsi que 
l'échantillon de Bell. Les mots Wapa, Ouapa et Vouapa, etc., 
signifient un bois quelconque, bon pour la charpente ; de ce 
fait, il n'est pas étonnant d'en rencontrer partout. Les bota- 
nistes, en se servant de ces noms, augmentent encore la 
confusion . 

Dumonteil cite un Wapa Gourbaril (1948 D), probablement 
un Hymenaea, et un Wapa blanc (1948 G), d'une densité de 
0,912. Si l'adjectif « blanc » se rapporte aux fleurs, ce Wapa 
pourrait être le Bimiti Wallaba. Je ne connais pas d'Eperua 
a bois blanc ; tous sont à bois rouge. Dumonteil cite encore 
un Wapa huileux, sans doute le même que celui de Bell. 
Malheureuseme'nt les deux échantillons de Bell étaient étique- 
tés Bimiti-Itoori. Gomme Harrison et Bancroft indiquent que 
le Bimiti est employé seulement pour bois de chauffage, il est 
probable que c'est le Wallaba mou de McTurk, que nous pou- 



BOIS UTILES DE LA GDYANE FRANÇAISE 103 

vons encore éliminer. De ces quatre variétés il ne nous reste 
plus qu'Itoori qui corresponde au Wapa gras. 

Nous avons deux variétés d'Itoori, mais d'une différence si 
minime qu'elle peut être due à l'habitat. 

Caractères généraux de la variété A. — Bois lourd, d'une 
couleur rouge foncé, laissant exsuder une gomme rouge et 
adhérente qui altère la surface et retient les pou- s. La 

surface est mate lorsqu'elle vient d'être coupée, mais elle 
reprend vite son ancien aspect répugnant; elle fonce légère- 
ment à l'air. La nuance de la coupe transversale est plus fon- 
cée que celle des autres sections. Ce bois ne peut être confondu 
avec aucun autre, sauf avec la variété B. 

Caractères physiques. — Densité, de 0,920 à l,0iS. D'api 
Dumonteil, le « Wapa huileux » a pour densité, 0/930 : foi 
224; élasticité, 144. Dureté, celle du Buis. Odeur el saveur 
de créosote. Solution aqueuse, jaunâtre claire; sol. aie. cra- 
moisie. 11 est intéressant de constater que ces réactions sont 
l'opposé de celles du bois de Campêche et du Bois du Brésil. 

Ce bois brûle mal, en pétillant énormément ; se fend faci- 
lement et se retire beaucoup en se desséchant, ce qui es1 <lù 
probablement plutôt à la perte de la gomme qu'à celle de 
l'eau. D'après Dumonteil, ce rétrécissement serait de 294 sur 
1224, ou de 2ï %. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse environ de 7 a 12 min.. 
lisse, non gercée, semblant tomber en minces plaques. Elle 
très amère, de couleur grise ou noire (d'après Aublet, rous- 
sàtre). La surface de la bûche est striée. 

Structure du bois. — Aubier blanc sale, épais de -' i •"> om. 
environ ; bien délimité du cœur. 

Section transversale (h comparer avec la fig. 24, pi. NU. — 
Couches délimitées: une fine ligne du parenchyme, avec ou 
sans anneau de petits vaisseaux, peut indiquer les limite 
contour régulier. 

Vaisseau! très apparents, grands, jusqu'à <ï mm. 33 «1.- d: 
mètre, légèrement variables, distribués également, saui 1' 
qu'ils soni réunis en arcs et en lignes concentriques sur une 
seule rangée. Ils sont simples on par groupe liaui ; ; 



104 H. STONE 

nombreux, de 1 à 9 par mm. ; leurs bords sont de couleur 
rouge-clair, et leur contenu, qui est ambré ou cramoisi, 
s'échappe lorsque le bois est fraîchement coupé. 

Rayons bien visibles, moyens, uniformes, équidistants, écar- 
tés les uns des autres d'une distance moindre que le diamètre 
d'un gros vaisseau. Ils sont légèrement ondulés et s'écartent à 
peine au niveau des vaisseaux. Ils sont formés de cellules très 
grosses et sont de 7 à 8 par mm. 

Parenchyme a entourant étroitement les vaisseaux en taches 
isolées, irrégulières, et h en lignes concentriques, de la lar- 
geur environ des rayons. 

Section radiale. — Vaisseaux très apparents ; leurs cloisons 
sont visibles à l'œil nu, et ont mm. 5 de longueur environ. 
Rayons très apparents, pourpres, un peu plus foncés que le 
fond. 

Section transversale. — Comme la radiale, mais d'une 
nuance moins claire, et présentant des raies rouges. Rayons 
bruns, très minces, atteignant la hauteur de 15 mm. et même 
davantage, fait très rare parmi les Légumineuses. 

Emplois. — Bon pour bardeaux ; pouvant durer 40 ans. Il 
résiste aux intempéries en toutes circonstances. Peut être 
obtenu de 9 à 27 m. sur 40 à 70 cm. d'équarrissage sans 
aubier (McTurk). 

Très abondant à Gayenne, facile à travailler ; palissades, 
merrains ; très bon en sciage (Bassières). 

Il ne faut pas le couper mince pour bardeaux ; très abondant 
(Sagot). 

Bois se fendant facilement, droit et net, à la hache, mais 
ne se prêtant pas au clouage. Il est très difficile à polir, et 
impropre à l'ébénisterie à cause de sa nature poisseuse. 

Éch. types: 91 a, 2755 Bell ; 2638, Berkhout; 0578, Imp. Inst. ; Musée 
Col. de Mars. n° 38 Guyane ; la coupe de Noerdlinger. 

Icônes; Stone et Fr., fig. 91 a ; Stone, T. of C, pi. VI, fig. 48; Icônes 
lignorum, pi. 62, fig. 2, Bimittie Ballaba et fig. 6 Itoerie Ballaba, mais 
non le Valaba, pi. LX, fig. 4, en couleur. 

Références : McTurk, p. 180; Martin-Lavigne, schéma I ; Brousseau, 
p. 134 ; de Lanessan, p. 133 ; Miers, ms, ; Bell, p. 10 ; Bassières, p. 98; 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 40 



«-• 



Harrison et B. Bull., Imp. Inst., XIII, p. 230; Sagot, 1869, XXVII, 
p. 226; kl., Catal. XIII, p. 314; Aublet, p. 369. 

N° 1948 B. 

Très semblable à la variété A, à part les différences sui- 
vantes : 

Caractères de Vécorce. — Epaisse seulement de 2 mm. envi- 
ron, lisse, dure et ligneuse, dune seule couche, en plus de 
l'épiderme. Les rayons corticaux sont visibles sur les coupes. 

Le bois est beaucoup moins huileux et poisseux, et les pous- 
sières ne s'y attachent pas au même degré que sur le pré- 
cédent. 

Structure du Lois. — En section transversale : vaisseaux à 
peine visibles, plutôt petits, de mm. 23 de diamètre, Laissant 
exsuder très peu dégomme ; rayons visibles à la loupe. 

Section radiale. — Surface luisante. Vaisseaux se présen- 
tant en fins sillons, dont les cloisons sont visibles seulement à 
la loupe. 

Section tanyentielle. — Les rayons n'excèdent pas 1 mm. 
de hauteur. Cette différence entre les deux variétés es! la seule 
qui ait une valeur importante. 

Ech. type: 91, 2747 Bell. 

Wapa blanc, n° 1948 G. 

Dumonteil, p. 152 : Densité, 0,912; force, L95 ; élasticité, 136; ll«-\i- 
bilité, 2,10 ; p. 160. Classe 2, celle du Chêne. 

C'est peut-être le Bimiti Wallaba à (leurs blanches de 
McTurk (v. 1948). 

Wapa Gourbaril, n° 1948 1). 

Dumonteil, p. 154: Densité, 0,865 ; force, 228 ; élasticité, 122 : flexi- 
bilité, l , 82, p . 160. Classe 2; •■'•ll<- 'In < Ihêne. 

Wappa, q° 19 i s E. 

Co m m. de Brest, p. IT'.l : Deux pi< !"■!-, "ut ' 

pour la construction <l«' la frégate ferpsichort en ! v 
après elles paraissaient mieux i que lea pièces i qui 



106 H. STONE 

les entouraient. Il fournit de bonnes pièces de liaison. Il est aussi bon 
que le Balata pour les grandes constructions, et son poids, inférieur à 
ce dernier, rend son emploi plus général. La même, p. 190 : Densité, 
0,891 ; force, de 1150 à 1290, ou 1,82 si le Chêne = 1; élasticité, de 22 
à 27 ~ p. 197. Classe 1 c. 

Tamarin dus indica Lin., n° 1952. 

Sloane, p. 231 : Tamarin. Écorce brune, épaisse, très fendillée; bois 
dur et a gros grain. 

Aublet, p. 24 : le bois peut être employé aux mêmes usages que 
l'Orme. 

De Cordemoy, p. 389 : Tamarinier des bois (Réunion). 

Rodriguès, 1893, p. 150 : Tamarindo, Tamarino (Brésil) ; Tamarind 
(Angl.). 

Bischop, p. 41. Assam Djawa (Néerland). 

Moll et Janssonius, IV, p. 129, donnent une description très détaillée 
avec section transversale, fig. 161 . Ils constatent quela section de Noerd- 
linger, 1869, V, n° 33 de T. indica, n'est pas de cette espèce. Leur des- 
cription ne concorde pas non plus avec nos échantillons types que je 
décris plus loin sous leur nom vulgaire de Tamarinier. 

Gaebelé, p. 34. Poulia maram (Tamoul), bois dur, résistant, veiné. 
Il donne un charbon excellent que l'on utilise dans la préparation de la 
poudre. 

N° 1952 A (d'après Moll et Janssonius\ 

Structure du bois. — Section transversale. Couches non 
délimitées. Il y a des zones dépourvues de vaisseaux. Ceux- 
ci, dont le diamètre est de 45 à 85 microns, sont peu nombreux, 
de 9 par mmq. environ ; simples pour la plupart, les groupes 
de 2 à 3 étant plus rares ; leur distribution est régulière. 

Rayons de largeur variable, brusquement plus étroits sur la 
limite de la couche et devenant aussitôt plus larges graduelle- 
ment. Leur hauteur est de 2 à 18 cellules sur 1 à 3 de lar- 
geur. D'après la figure, ils sont écartés les uns des autres 
d'une distance égale au diamètre d'un gros vaisseau environ . 

Parenchyme. — A l'œil nu, il paraît formé de zones sem- 
blables aux couches, et écartées de 3 à 8 mm. ; mais, à la 
loupe, on voit qu'il entoure les vaisseaux en taches irrégu- 
lières qui ont jusqua 200 microns de largeur. Moll et Jans- 
sonius indiquent que le parenchyme est disposé de trois 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE i 07 

manières différentes : le « paratrachéal », le « métatrachéal », 
et celui qui est dispersé parmi les fibres ligneuses. Ils ajoutent 
que les deux premiers modes passent graduellement (imper- 
ceptiblement, « unmerklich ») l'un à l'autre. Comme, dans 
leurs descriptions, ils répètent souvent ce fait, je crois que 
ces deux termes représentent plutôt une variation qu'une dif- 
férence réelle. 

Description de l'aubier et de lécorce d'un échantillon n° 1, 
Majunga, Madagascar (Mus. Col. Mars.). 

Aubier blanc, largeur d'au moins 7 cm. ■'). 

Caractères de Vécorce. — Surface fendillée longitudinale- 
ment en côtes étroites et peu profondes et légèrement réti- 
culées ; de couleur brun argenté. La couche sous-jacente est 
d'un brun de rouille. Surface intérieure argentée, finement 
striée. Texture dure, ligneuse ; cassure grenue. Epaisseur de 
3 à 4 mm. Section de couleur brune composée de i couches, 
dont l'interne est très mince et se sépare en feuilles tenaces. 
La deuxième couche se compose de libres brunes, mélangées 
de petits sclérites plus clairs séparés en files radiales par 1 
rayons corticaux ; vers l'extérieur, les sclérites deviennent 
de plus en plus grands et composent la troisième couche qui 
est continue, bien visible à l'œil nu, de couleur blanche. C 
sclérites sont très grands et fortement serrés. La coiu In- 
externe est formée par des écailles qui sont finemenl strati- 
fiées de noir et de brun. 

N° 1952 B (Tamarinier). 

Description d'après les échantillons n° 89, Guyane, Musée 
Col. de Mars., et n° 228, série IL Lyon, qui ne sonl pas autre- 
ment déterminés : 

Caractères (je néraux. — Bois très Lourd ef de couleur brun 
pourpre foncé, ou comme L'Acajou lorsqu il » i >t poli. 11 a 
quelques analogies àvecle Bois pourpre. Grain très a rebours 

Caractères physiques. — La densité es! plus grande que 
l'eau, même si L'aubier fait partie de L'échantillon. Dureté 
plus forte que celle du Buis. S;ms odeur m saveur. Solution 
aie, faiblement rougeatre. 



1 08 H. STONË 

Structure du bois. — L'aubier est de couleur écrue, bien 
délimité du cœur. 

Section transversale. — Couches non délimitées, mais le 
changement d'orientation des lignes des vaisseaux doit pro- 
bablement indiquer les limites. 

Vaisseaux très apparents à cause de leur contenu blanc et 
de leurs bords grisâtres ; pas très grands, de mm. 065 de dia- 
mètre, presque uniformes ; la plupart simples, beaucoup par 
paires et quelques-uns par groupes radiaux de trois. Quand 
ils sont remplis de matière blanche, ils ont l'air de très petits 
œufs dans leur nid ; de 1 à 12 par mmq. Les groupes sont 
disposés en lignes obliques visibles, se dirigeant en général 
alternativement à droite dans une couche et à gauche dans 
l'autre. 

Rayons à peine visibles à la loupe ; très lins, uniformes, pas 
trop réguliers ; de 2 à 3 dans un espace égal au diamètre d'un 
gros vaisseau, ou de 15 à 17 par mm. Ils sont légèrement 
ondulés, s'écartant à peine au niveau des vaisseaux. Beaucoup 
d'entre eux sont interrompus par les vaisseaux. 

Parenchyme a très apparent en larges taches grises, arron- 
dies ou légèrement ailées, entourant les vaisseaux jusqu'à 
mm. 5 de diamètre. 

Section radiale. — Couches obscures. Vaisseaux visibles, 
mais fins et voilés par le parenchyme, qui cependant est très 
peu apparent. Fibres très entrecroisées. Rayons très petits, 
bruns. 

Tachigalia paniculata Aubl. (non Rich.), n° 1957. 
Synonyme : T. trigona Aubl. 

Aublet, p. 373 : Tachigali (Galibis) ; écorce cendrée, ridée ; bois dur, 
blanchâtre. 

Bois pourpre ou Bois violet, n° 1958. 

Sous le nom de bois pourpre et de bois violet, on confond 
souvent des bois très divers : 1° ceux dont le bois est de 
teinte pourpre ; 2° ceux qui sont à odeur de violette ; et 3° 
ceux qui, par eux-mêmes ou par leur écorce, donnent, comme 



H01S UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 109 

YInga alha n° 2005 B, un colorant pourpre. La détermination 
de l'espèce commerciale la plus connue a toujours été défec- 
tueuse ; en outre les synonymes indigènes, tels que Zapatero, 
Guarubu et Gonçalo Alves, sont d'une application plus ou 
moins générale. 

L'échantillon de Bell, qui est le bois le plus souvent ren- 
contré dans le commerce et dans les collections, a été déter- 
miné, d'après les feuilles et les fruits, par le b 1 ' Freeman, 
comme Peltogyne paniculata. Lorsque l'arbre vient d'être 
abattu, le bois a une couleur brun roux d'acajou 'grisâtre 
dans la coupe transversale), qui devient pourpre à vue d'œil. 
Ce changement s'opère beaucoup plus lentement lorsqu'il est 
sec. La couleur pourpre reste longtemps superficielle et est 
vite enlevée si on frotte avec du papier à verre : cependant 
de vieux échantillons sont pourpres même intérieurement. Ce 
phénomène assez curieux dépend, d'après Arnaudon, qui l'a 
bien étudié, de l'oxydation sous l'influence de la lumière : il 
ajoute que, sans l'action de cette dernière, ce phénomène 
n'existe pas. Cependant le bois a une transparence Limitée ; 
et il me semble que l'oxydation seule doive suffire. La chaleur, 
qui sans doute stimule cette oxydation, produit ce change- 
ment immédiat. Le polissage à base d'alcool enlève la cou- 
leur, si elle n'est pas trop profonde. Ce changement de cou- 
leur nous fait conclure que nous sommes en présence d'esp 
différentes à cause des opinions diverses des observateurs. 

Saldanha da Gama cite Peltogyne Guarubu de couleur 
pourpre, sans parler de changement. L'auteur de 1 article 
« Bois », dans le Dictionnaire de Roussel! évidemmenl un 
commerçant et homme expérimenté , parle de trois espèces : 
1° Bois violet, dont le vernis dure peu de temps, mais pour 
lequel il ne mentionne pas que le vernis enlève sa couleur; 
Bois de couleur violacée devenant rouge brunâtre ou noir 
lorsqu'il est poli. 3° Bois mou à fibres entrecroisées ( i la 
deuxième espèce qui s'accorde avec I échantillon de Bell. 
Brousseau cite un Bois Violel qui flotte Bur l'eau. Si, comme 
je crois l'interpréter, ce bois flotte lorsqu'on vient de l abatl 
il ne peut être notre espèce, ef peut-être est-ce le bois mou 
de Rousse 11, 



110 H. STONE 

Je crois que le Peltogyne paniculata est le bois de la 
deuxième variété de Roussell et le Bois Violet ou Bois Ama- 
rante de Varenne-Fenille (mais non son Bois Violet marbré), 
le Copaifera bracteata de Grisard, de Barrère, et de presque 
•tous les Musées, et aussi celui de ma citation qui, à cet égard, 
est erronée [T. of C, p. 84). Le Peltogyne venosa me paraît 
être le Bois de Roubo, ou mon Purpleheart (T. of C, p. 87). 
Comme souvent il est difficile de bien saisir ce qu'un auteur 
veut dire, je donne ici toutes les citations. 

Barrère, p. 105 : Bois Violet, de couleur violet clair, tirant sur la cou- 
leur purpurine, se ternissant facilement si on n'a pas le soin de le cirer 
de temps en temps. Spartium arboreum, trifolium ligno violaceo. 

Préfontaine, p. 156: L'arbre est monté sur des arcabas. Comme cet 
auteur s'est servi de Barrère, nous devons considérer les deux bois 
comme étant la même espèce. 

Roubo, p. 170: Amarante, Bois de la Chine. Avant d'avoir été tra- 
vaillé, de couleur violet gris, vineux ; bois brillant comme s'il avait été 
argenté. Lorsqu'il est poli, sa couleur change et devient d'un beau vio- 
let, qui, avec le temps, passe au noir. Dans la coupe transversale, il 
présente un grand nombre de petits points blancs. 

Il est fort probable que Roubo emploie le mot « poli » au lieu de 
« lisse »; en tous cas, les petits points blancs ndiquent plutôt le Pen- 
taclethra (v. 1978 A). 

Aublet, p. 27: Vouapa Simira (v. 1946 B). 

Varenne-Fenille, p. 150: Bois d'Amarante de Cayenne ; en coupe 
transversale, il présente des piqûres plus ou moins prononcées. Le 
même, p. 156: densité, 0,952. Le même auteur cite un Bois violet mar- 
bré de deux teintes: violet foncé et violet clair; mais le dernier devient 
jaune et le premier brun. Les couches sont très confuses et sont de 
plusieurs teintes variables; pores peu apparents ; densité de 1,050. 

Malonet, I, p. 382: Bois Bagot. Ce nom a été donné d'après un explo- 
rateur qui faisait un voyagea la Guyane Française en vue des ressources 
forestières. (Voir 1958 C.) 

Dumonteil, p. 154: Bois Violet. Densité de 0,771; force, 231 ; élasti- 
cité, 182, p. 160. Classe 3, celle des Pins, et Classe 4, celle des Meubles. 
Bois Bagot: densité, 1,032; force, 288 ; élasticité, 234; flexibilité, 1, 74. 
Classe 4. Paparout : densité, 0,655; force, 160 ; élasticité, 149 ; flexibi- 
lité, 2, 62. Classe 3. 

Le terme Paparout est probablement une variation du hol- 
landais Purpuurhout, qui signifie « Bois pourpre », ou de 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE lil 

l'anglais Purpleheart ; mais le nom provençal du Micocoulier, 
« Paparoutié », peut aussi être employé pour un arbre 
quelconque de la Guyane Française. 

Commission de Brest, p. 162: Bois violet. Résultats d'un essai sur 
l'échantillon de Dumonteil : force, de 863 à 1040, ou 1,64 si le Chêne = 
1 ; élasticité, de 20 à 30 ; s'est rompu d'un seul éelat et avec une partie 
des fibres déchirée. La même, p. 197 : Classe 1 c; couleur lie de vin, 
mais un peu plus claire. 

Guibourt, p. 346 : Bois d'Amarante violet; couleur d'abord grise, puis 
devenant immédiatement violette uniforme. Solution aqueuse incolore, 
même à l'eau chaude ; solution aie. donnant une belle teinture rouge. 
Le même, p. 348 : Autre variété, Bois Bagot (v. 1958 Cl, rosé avec des 
veines peu foncées; pourvu d'un aubier blanchâtre qui est traversé par 
des veines brunes comme celui du Palissandre dont il a légèrement 
l'odeur. Ce bois se rapporte à Peltogyne venosa. Le même, p. 3"'»<!: 
Autre variété, Bois Violet ou Kingwood: Odeur de rose ou du Palis- 
sandre lorsqu'il est râpé. (Voir Bois royal, partie II.) 

Sagot : Cynometra Hoslmanniana (v. 1971). 

Saldanha da Gama, 1863, p. 122: Peltogyne Guarubu; Guarubu ou 
Roxinho (Brésil) ; cœur pourpre. Ce bois résiste à une très forte pres- 
sion et ne peut être confondu avec n'importe quel autre. 

Comme le P. Guarabu n'est pas cité dans l'Index Kew, il 
est possible qu'il soit synonyme dune de nos deux espèces 
Peltogyne, de préférence le paniculata, qui est renommé pour 
sa résistance à la pression. 

Grisard cite Copaifcra bracteaia (v. 1967 et aussi Jeux 
espèces de Peltogyne. 

Bassières: Bois Violet, P. venosa, et Bois Bagot; ce dernier a ><>n 
aubier blanc et le cœur du plus beau pourpre. 

Bodriguès : Myracrodruon graveolens ; Guarubu-batata, Gonçalo 
Alves. 

A comparer avec Pentaclethra ftlamentc n" 1978 \), 
avec Kooroobovelli (1978 B et Martia parvifolia 1925 . 

Noms vulgaires associés avec le Copaifera bracteata x ainsi 
qu'avec sa var. pubiflora «>u C. pubiflon ' se rapportant 
probablement ;i Peltogyne : B<>i^ Violet, Amarante, Bois de 
Cœur pourpre, Purplewood da Gama . Bois Bag >l Dem 
rary ; Zudral Surinam, Brousseau Simirid ^rrouhaj 



112 H. STONE 

et Galibis (de Lanessan). Saka (Bell). Simiri (Bâillon). Zapa- 
ter (Grisard). Zaj3ateri (Catal. Kew). Guarubu, Guarubussu, 
Sapatero (Trinité ; Miers). Marawineroo, Marawayana du 
fleuve de ce nom, Purpleheart (Angl.); Purpuurhart (Holl.) ; 
Sacka (Surinam ; McTurk). Violetholz (Imp. Inst.). Zapatero 
morado, Z. negro, Saint-Martin soufré (Niederlein, v. 5467 
B). Bois Violet de la Chine (Régis). Hoepelhout (Surinam; 
Bremer). 

Noms vulgaires associés avec Peltogyne Guaruha Allem : 
Guarubu de deux variétés, le preto et le rajado (Brésil ; Rodri- 
guès). Bois Violet ; Pau ou Pâo roxo, Roxinho (Para ; Grisard). 

Résumé des bois Violet, Amarante et Bagot : 

1 . Couleur bleue (Aublet) : Vouapa Simira 1941 B. 

2. Couleur et odeur du Palissandre : Le Bois Violet de 

Guibourt. 
3 • Couleur pourpre marbré devenant avec le temps 

brune et jaune : Le Bois de Varenne-Fenille. 

4. Couleur de cochenille : Le Bois de Martin-Lavigne 

1925. 

5 . Couleur pourpre ou brune ; ou brune devenant 

pourpre. 

5.1. La coupe transversale présente une infinité de 

petits points blancs . Solution aqueuse brun 
foncé. Pentaclethra 1978, et peut-être le bois 
* de Roubo et l'Amarante de Cavenne de Varenne- 
Fenille. A comparer la fig. 19, pi. VIL 

5.2. Dans la coupe transversale, les vaisseaux sont 

entourés de taches claires du parenchyme. A 
comparer fig. 5, pi. V. Peltogyne 1958. 

5.2.1. Le parenchyme se présente en grandes taches en 

losange. Voir fig. 5. P. paniculata 1958 A. 

5.2.2. Le parenchyme n'entoure qu'imparfaitement les 

vaisseaux. P. venosa ? 1958 B. 

5.3. La coupe transversale présente le parenchyme en 

lignes ondulées, très serrées. 
5.3.1. Solution aqueuse incolore; sol. aie. belle teinte 
rouge. Bois d'Amarante violet de Guibourt. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 113 

o. 3. 2. Solution aqueuse incolore ; sol. aie, brune. Bagotte 
(éch. n° 107 Lyon) 1958 G. 

Peltogyne paniculata Bth., n° 1958 A. 

L'échantillon de Bell a été déterminé, d'après les feuilles et 
les fruits, parle D r Freeman. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd ; fraîchement 
coupé, de couleur brune passant vite au pourpre. Cette cou- 
leur, d'abord superficielle, peut être enlevée par des vernis à 
base d'alcool ; mais, à la longue, elle pénètre dans le bois. 
D'après Wiesner, la couleur passe au vert sale avec l'ammo- 
niaque. 

La surface est plutôt mate. La nuance de la coupe trans- 
versale est beaucoup plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité de 0,705 à 0,991 : dure! 
celle du Bois de lance. Sans odeur ni saveur. La soluti< n 
aqueuse est brune, et, après évaporation, le résidu est 
pourpre. Le bois brûle bien ; il passe du brun au pourpre 
sous l'influence de la chaleur ; très élastique, solide et résis- 
tant aux chocs. 

Caractères de Vécorce. — Ecorce dure, fortement adhérent 
unie, lisse comme celle du Hêtre, mais plus épaisse, pouvant 
avoir jusqu'à i cm. environ. Elle est de couleur rouge 1 »ri« ju. ■ . 
Au-dessous de lépiderme se trouve une mince couche blanche. 
La surface de la bûche est lisse, mais à la loupe die a 1 ap- 
parence d'être dentelée. 

Structure du bois. — Aubier d'un blanc sale, n «huit pas 
toujours bien délimité du cœur. 

Section transversale. — De minées Lignes blanchâti 
peuvent délimiter les couches. 

Vaisseaux visibles, même très apparents à cause d S{ 
taches du p.irenehvme qui les entourent : Omni. 13 de dia- 
mètre environ ; extrêmement variables suivant I âge de I arbre. 
Ils sont distribués régulièrement, de là I- par mm. «1 1 
à dans le bois ;i gros vaisseaux et de 2 à 12 dans le b< : 
pdils vaisseaux : simples ou par groupes de 2 11-* sonl 

souvent remplis de gomme. 

Annule* du Musée colonial d^ Marseille, •"'• !•! 



114 H. STONÉ 

Rayons bien visibles, lorsque le bois est humecté ; très fins, 
uniformes, presque équidistants, écartés les uns des autres 
d'une distance égale ou inférieure au diamètre d'un gros vais- 
seau ; de 5 à 7 par mm. Ils sont beaucoup plus denses que 
les fibres ligneuses ; de couleur blanchâtre ou brunâtre. 

Parenchyme abondant ; a très apparent, en grosses taches 
en fuseau ou en losange, entourant les vaisseaux et les unis- 
sant parfois ; h, avec de minces lignes concentriques qui 
pourraient être les limites des couches. 

Section radiale. — Vaisseaux peu apparents, bien qu'ils 
soient grands, car ils sont obscurcis par les bords grisâtres 
du parenchyme. Rayons très apparents malgré leur petitesse. 

Section tangentielle. — Nuancé un peu plus claire que celle 
de la radiale. Les couches sont parfois délimitées par des lacets 
blanchâtres. Rayons visibles à la loupe. Le parenchyme est 
bien plus largement étalé dans cette section. 

Emplois. — Bon pour plates-formes de moulins et de mor- 
tiers, et pour tous les usages exigeant beaucoup de résistance 
à la pression ; construction (Morris). Baguettes de fusils, mar- 
queterie, tour (Berkhout). Pourrissant moins facilement que 
le Kooroobovelli (1978 D ; peut être obtenu de 33 à 40 m. sur 
un 1 m. 10 d'équarrissage sans aubier (McTurkV 

11 se fend et se travaille facilement, quoique dur ; lorsqu'il 
est poli, il n'a rien de remarquable, mais c'est un bon bois 
d'ébénisterie. 

Éch. types: 74, 2730 Bell; 0099 dép. Agric. Guy. Angl. ; et le n° 
128 Guyane du Musée Col. de Marseille. 

Icônes : Stone, T. of C, pi. VI, fig. 47. Icônes lignorum, pi. 5, fîg. 3, 
pi. 35, fig. 4 et 5, et pi. 79, fîg. 1 en couleur. La pi. 77, fîg. 2, pourrait 
représenter l'aubier. 

Références non encore citées: McTurk, p. 6; Dumonteil, 1823, II, 
partie 2 ; Comm. de Brest, 1826, II, partie 2; Rodriguès, p. 161 ; Arnau- 
don (tirage à part), 1858 ; Grisard, 1894, I, p. 545 ; Stone et Fr., p. 74. 

Peltogyne venosa Vog. (Bth.?), n° 1958 B. 

Noms vulgaires : Purpuurhart (Demerary ; Sagot). Bois 
Violet de la Guyane, Bois Violet, Bois Bagot (Guy. Fr.) ; Pur- 
pleheart (Guy. Angl.). 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 118 

Sagot, p. 904 : Ce bois nouvellement travaillé a une teinte violette tr<-^ 
singulière. L'arbre a des feuilles comme celles du Courbaril. Le même, 
p. 226 : le bois se durcit beaucoup en vieillissant mais se travaille aisé- 
ment lorsqu'il est frais ; densité moyenne. 

Grisard, 1894, I, p. 544 : Aubier blanchâtre, quelquefois d'un blanc pur 
et souvent traversé par des veines brunes comme celles du Palissandre. 
Cœur du plus beau pourpre et devenant presque noir avec le temps. Bois 
de dureté moyenne, assez compact, légèrement odorant et ordinaire- 
ment très sain. Il a beaucoup d'analogie avec le Palissandre. Den-it 
0,875 (à comparer avec le Bagot de Guibourt cité p. 92 . 

Je n'ai aucune preuve de l'identité que j'admets pour ce 
bois. Comme la structure du Peltogyne est très caractéris- 
tique et que, à la Guyane, d'où viennent deux sortes de bois 
pourpre, se trouvent deux espèces de P. dont lune est bien 
déterminée sous le nom de P. paniculata, l'autre, à mon avis, 
doit être le P. venosa. Si je ne me trompe, le bois que j'ai 
décrit sous le nom de Demerara Purpleheart, T. ofC. 9 p. 87, 
doit être le P. venosa, qui se distingue du paniculata par 1 
différences suivantes : 

Dans la section transversale, les vaisseaux sont très appa- 
rents, non à cause de leur grandeur, mais à cause de leur 
quantité. 

Le parenchyme se présente en petites taches, à côté <1 
vaisseaux, en les entourant à peine. 

Dans la section radiale, le Pa est à peine visible, et dans la 
section tangentielle, il est un peu plus apparent. 

Bois Bagot, n° 1958 C. 

Le seul échantillon que j'aie vu de ce bois est celui de Lyon, 
série II, n° 107, étiqueté Bagotte ; malheureusement ce n'est 
qu'un placage avant l mm. d'épaisseur. Malgré cela, je mus 
arrivé à pouvoir démontrer que ce n-'est pas un Peltogyi 
quoique le phénomène du changement de couleur de brun en 
pourpre existe aussi dans ce Bois Bagot. La couleur pourp 
avait été presque enlevée |> tr 1<- |><>li— ig Ce n est pas 1<- 1" 
Bagot de Guibourt m le Jacarandatam. Voir n" 1958 ! I 
B, 1971.) 

Caractères généraux. — Bois dur «-t lourd, brun ! 



116 n. STONE 

de noir, devenant pourpre à l'air (cette dernière couleur légè- 
rement prononcée) ; grain gros, produisant de fines stries 
claires ; et sur la coupe tangentielle, les rayons produisent un 
effet moiré bien visible si l'on fait miroiter le bois à la lumière. 

Caractères physiques. — La solution aqueuse est incolore ; 
sol. aie. brun clair. 

Structure du bois. — Section transversale. Couches dou- 
teuses. (Voir Section tang.) 

Vaisseaux bien visibles à cause de leur grandeur et de leur 
couleur claire (rouge sur noir) ; diamètre de Omm. 1 à 
0mm. 125 ; distribués irrégulièrement. Ils sont fortement iso- 
lés, depuis 1 par 2 mmq. jusqu'à 10 par mmq. ; simples 
pour la plupart, quelques-uns par paires. Leur contenu est 
noirâtre. 

Rayons visibles à la loupe, très minces, uniformes, un peu 
irréguliers, de 14 à 17 par mm., écartés les uns des autres 
d'une distance égale au diamètre d'un gros vaisseau et d'une 
distance moindre entre ces vaisseaux. Ils sont de couleur rou- 
geàtre foncé, lorsqu'ils sont humectés. 

Parenchyme abondant, a, visible autour des vaisseaux, mais 
les ailes minces et longues qui s'étendent latéralement, en 
s'unissant aux lignes concentriques, sont visibles seulement à la 
loupe. Ces lignes concentriques sont ondulées et écartées dune 
distance égale au diamètre radial d'un gros vaisseau, lors- 
qu'elles sont étroitement serrées. Parfois, elles sont inter- 
rompues sur une distance radiale de 1 mm. et prennent la 
forme d'ailes unissant un ou deux vaisseaux. Les ailes ne sont 
pas en fuseau comme dans le Peltogyne paniculata. 

Section radiale. — Vaisseaux très gros, clairs, remplis de 
gomme claire ou foncée. Bayons obscurs, visibles à la loupe ; 
de couleur rouge, légèrement plus claire que le fond; environ 
mm. o de hauteur. Pa visible se présentant en bordures 
claires le long des vaisseaux. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les couches 
sont peut-être marquées par les zones ou les lignes du Pa 
lorsqu'elles sont étroitement serrées ; et elles paraissent en 
franges claires mais vagues. Les rayons, étant en étages, pro- 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 117 

duisent en eifet moiré, qui est visible sur une surface polie 
(vernie), mais à peine sur une surface humectée. 

Courbaril, n° 1959. 

Beaucoup de variétés de bois portent le nom de Courbaril 
et de Jatobâ ; plusieurs espèces d'Hymenœa produisent des 
bois qui ne sont pas ditférenciés dans le commerce. J'ai vu 
de nombreux échantillons où la structure varie beaucoup et 
je me vois forcé d'éliminer tous ceux qui ne sont pas, en 
quelque sorte, déterminés. Suivent les descriptions de l'échan- 
tillon de Bell, déterminé d'après les feuilles et les fruits p;ir 
le D r Freeman, comme étant probablement Vllymensea Cour- 
baril', la coupe de Noerdlinger et quelques autres concordent 
avec les précédents. 

Hymenaea Courbaril Lin. non. Mart., n° 1959 A. 

Synonymie : H. amini fera Sloke,s ; //. resinifera Salisb. Les 
noms génériques Courbari et Courbaril sont synonymes 
dHymcnsea. 

Noms vulgaires : Locustrier, Algarobba, dans la Province 
de Rio Janeiro (Kunth.) qui s'appliquent également aux Proso- 
pis dans la Rép. Arg. (Rodriguèsj. Simiri(v. 1941 B) et Kwan- 
nari(Galibis et Arr.) représentent deux variétés (Guy. Angl. ; 
Morris). Locust Gum (Boulger). Pois confiture, Gomme ani- 
mée, Courbaril Plum. Locust, Zapateri (Guy. Angl. ; Miers). 
Leathery-leaved Locust tree, West Indian Locust tree, Qua- 
pinol Animebaum, Henschreckenbaum (Wiesner). Bois Surin 
Teck (Surinam; Berkhout). Chimidida, Itaiba (Guy. IV.: 
Aublet). Goma anime (Descourtilz). Gitahy, Getaigba, Jetahj , 
Jutahy (Brésil sept.); Jetay, Jatay, Jataiba, Jatobâ Brésil 
mérid.) ; Yutahy (Para) ; avec Les variétés Catinga, peba, el 
assu (Rodriguès) et les variétés acu, cica, mirim el pororoca 
(Allemao). Lokus (Surinam ; Pulle . Bois de Courbaril, Cour- 
baril montagne (Gâtai. Expos. Chicago). Copalier d'Amé- 
rique, Caroubier de la Guyane, Cu'om raû Assam : Kraph 
mini tray Cambodge); Guapinol Guadeloupe ; Caouroubali 
Caraïbes), Coapinole Mexique), Avati ou Abati timbary 



118 H. STONE 

(Paraguay), Anime Copinol (Salvador), Corobore, Algarobbo 
(Venez. ; Grisard). Yatayba (Matto Grosso; Endlich). Sprui- 
khahnboom (Néerl., Bischop). 

Les auteurs ont des opinions diverses sur les caractères 
de ce bois. Préfontaine dit qu'il ressemble au Noyer. D'après 
Sagot : Brun rougeâtre, devenant plus foncé en vieillissant et 
parfois couleur de l'Acajou de qualité inférieure. De Lanessan 
dit qu'il y a deux variétés : la var. rouge à densité de 1,117, 
et la var. jaune de 1,107. D'après Descourtilz : Beau rouge. 
Guibourt : Rouge brun très uniforme. Bell : Rouge tirant sur 
l'orange. Bassières : Brun rougeâtre, mais le cœur a une cou- 
leur plus vive. 

Caractères physiques. — Les chiffres donnés par Dumon- 
teil pour son Courbaril sont : Densité, 0,904 ; force, 333 ; 
élast. 188. Classes 2 et 4. 

Ceux de la Comm. de Brest : Densité, 0,957 ; force, de 1089 
à 1110, ou 1,57 si le chêne = 1 ; élast. 25. Classe 1 c. 

Silva : Densité, 0,861 ; et da Gama : 0,982. 

D'après Descourtilz, écorce d'un roux noirâtre, épaisse, 
raboteuse et ridée. 

N° 1959 B. 

Description des échantillons: 81,2737 Bell; 0066 Imp. 
Instit. Guyane angl. ; 41 et 120, série II, Lyon, Guyane fr. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, brun rouge rayé 
d'une teinte plus foncée. Surface mate, fonçant à l'air ; grain 
plutôt gros et ouvert, mais la surface paraît unie, car les pores 
sont rares. La nuance de la coupe transversale est beaucoup 
plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, de 0,900 à 0,921 ; dureté, 

celle du Teck. Odeur à sec nulle ; saveur faiblement sucrée. 

Solution de couleur brun jaunâtre. Le bois est élastique, se 

fend facilement et brûle bien. 

i 

Caractères de V écorce (Echantillon Bell). — Ecorce épaisse 
de 6 mm. environ, brun foncé, légèrement gercée et presque 
aussi dure que Je bois. Elle est formée de trois couches : Tin- 
terne présente les rayons en section ; l'intermédiaire est 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 119 

blanche, mince, et est bien distincte des autres ; et l'externe se 
compose de plaques tombant à la longue. L'écorce peut se 
détacher d'une seule pièce et est employée par les indigènes 
pour faire des canots. La surface de la bûche est tout à fait 
lisse. 

Structurée du bois. — L'aubier est épais de 7 à 10 cm. envi- 
ron, jaunâtre ou blanc sale, assez bien délimité du cœur. 

Moelle petite, 1 mm. de diamètre environ, rougeâtre ou 
jaunâtre, lobée ou en forme de quatre ailes ou quatre coins. 

Section transversale. — Couches douteuses, mais (cas excep- 
tionnel) très bien marquées en apparence. (Voir parenchyme.) 

Vaisseaux facilement visibles, quoique petits, de mm. 13 
de diamètre; peu variables, distribués également. Ils sont peu 
nombreux, de 5 à 13 par mmq.; simples ou subdivisés par 2 
à 7 vaisseaux en groupes arrondis ou radiaux. Leur contenu 
est souvent rouge ou jaunâtre. 

Rayons à peine visibles, fins, uniformes, équidistants, écar- 
tés les uns des autres d'une distance égale au diamètre d'un 
gros vaisseau environ. En section transparente, ils sont un 
peu plus denses que les fibres. De couleur jaunâtre. 

Parenchyme abondant; a entourant les vaisseaux en s'éten- 
dant tangentiellement en ailes qui s'unissent parfois entre 
elles et forment des anneaux entiers qui sont le plus souvent 
interrompus en fragments. Le parenchyme est do largeur 
irrégulière, tantôt aussi mince que les rayons, et tantôt aussi 
large que les vaisseaux. Les anneaux pourraient être les 
limites des couches. 

Section radiale. — Vaisseaux plutôt gros, de couleur brun 
foncé. Hayons très apparents, surtout dans L'aubiei 
qu'ils sont humectés. 

Section tangentielle. — Comme la radiale maisl - u 

sont plus fins et les rayons donnent, à cause de leur nombn 
un effet moiré à La coupe, comme celui de I Acajou. 

Emplois. — Bon pour meubles, plates-formes de moulins, 
chevilles McTurk . N'est jamais attaqué par les vers ni par 
le champignon Merulius lacrymans Rodwa^ . Bon pour 
comptoirs dfl magasin; peul être obtenu facilement jusqv 



120 H. STONE 

13 à 17 m. sur 30 a 65 cm. d'équarrissage (Bell). Bon pour 
charpentes, machines ; résistant suffisamment dans tous les 
sens (Bassières). 

N° 1959 C. 

La coupe transversale de Noerdlinger et l'échantillon de 
Lyon, série II, n° 251. 

Caractères généraux. — Bois dun poids moyen et d'une 
dureté moyenne et de couleur (pour Téch. 251) brun grisâtre 
clair ; grain très gros. 

Ecorce. Aubier. Moelle ? 

Structure du hois. — Section transversale. 

Couches très bien délimitées par les lignes du parenchyme. 
(Ces lignes sont souvent répétées à de petits intervalles, et 
forment en apparence des limites doubles, mais c'est peut- 
être une particularité de l'échantillon de Lyon.) 

Vaisseaux facilement visibles, grands, jusqu'à mm. 2 de 
diamètre. 

Rayons plutôt larges pour un bois de Légumineuse ; écartés 
les uns des autres d'une distance inférieure au diamètre d'un 
gros vaisseau, parfois trois rayons se trouvant dans le même 
intervalle. Ils se courbent en traversant les limites des 
couches ; très effilés aux deux extrémités, où ils sont de cou- 
leur grisâtre comme les fibres ; mais au milieu où ils sont 
larges, ils ont une couleur rouge, ce qui leur donne un aspect 
bigarré. 

Parenchyme a visible, entourant les vaisseaux et s'étendant 
en ailes qui n'arrivent pas jusqu'aux lignes concentriques, et 
h très apparent simulant les limites des couches. 

Section radiale. — Vaisseaux blanchâtres, très gros. 

Section tangentielle. — Surface plus soyeuse que la radiale. 
Les vaisseaux sont encore plus gros, et les lignes du Ph très 
apparentes et d'un aspect curieux lorsqu'elles sont doubles. 
Les rayons, quoique très petits, sont tellement nombreux qu'ils 
produisent un effet moiré soyeux sur la coupe. 

Note. Plusieurs autres Hymensea non indigènes de la Guyane 
doivent être pris en considération lorsqu'on ne connaît pas la prove- 



BOIS T'TILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 121 

nance de l'échantillon, tels que: H. mirabilis, cité par da Gama ; H. 
stirjnocarpa Mart. non Ein. et H. stilbocarpa Hayne, cités par Pareira, 
pp. 54 et 55, et Grisard, 1894, I, p. 541. 

Références: Wiesner, p. 85 ; McTurk, n° 37 ; Bassières, p. 98; Des- 
courtilz, V, p. 208; Bell, p. 9 ; Miers, ms. ; Rodriguès, p. 158; Allemao, 
p. 27; Grisard, 1894, I, p. 541; Bull. Econom. Cochinchine, 1901. 
p. 712; Dumonteil, 1823, pp. 152 et 160; Comm. de Brest, p. 180; Sa- 
got, p. 227; Préfontaine, p. 169; de Lanessan, p. 546; Silva, ms. ; da 
Gaina, 1865, p. 118;Guibourt, III, p. 333; Stone et Fr., p. 82; Stone, T, 
ofC, pi. VII, fig. 56. 

Crudia grandiflora Bth., n° 1963 A. 

Synonyme : Eperua [Parivoa) grandiflora Aubl. 

Aublet, p. 757 : Parivoa grandiflora, Vouapa (Galibis). Ecorce épaisse, 
lisse, blanchâtre; bois rougeâtre, très solide et compact. Bon pour con- 
struction, pilotis ; de très grande durée. 

De Lanessan, p. 133 : Bois dur; employé par les Indiens pour instru- 
ments de musique. 

Crudia Parivoa DC, n° 1963 B. 
Synonyme : Parivoa tomentosa Aubl. 

Aublet, p. 759 : Vouapa; écorce lisse, grisâtre; bois rougeâtre. 
Iluber, p. 177 : Jutahyrana (Amazones, terme gén.). 

Crudia aromatica Willd, n° 1963 G. 

Svnonvme : Touchiroa aromatica Aubl. 

Aublet, p. 385: Moutouchiroa (Galibis); écorce grisâtre; bois blanc, 
peu compact, léger et un peu aromatique. 

Miers, ms. Peut être obtenu jusqu'à 17 m. sur 60 cm. de diamètre. 

Crudia Apalatoa Steud., n° 1963 D. 

Synonyme : Apalatoa spicata Aubl. 

Aublet, p. 383: Apalatoa Galibis : écorce lisse, grisâtre; bois blan- 
châtre. 

TRIBU XVII. — CYNOMÉTRÉES 

Copaifera, q° 1967. 

Les deux espèces suivantes Boni presque tou ours confon- 
dues SiveclePeltopyrie v. I 938 A el elles sonl souvent i 



1 22 H. STONE 

sous le nom de Copaifera bracteata var. pubifîora, syno- 
nyme qui ne se trouve pas dans l'Index. 

Copaifera bracteata Bth., n°1967 A. 

De Lanessan, p. 132 : Bois violet, Amarante, Simiridis des Galibis et 
des Ait. Ce bois est compact, pesant, d'une texture très fine disposée 
en lignes ondulées; nouvellement coupé, il est d'un gris foncé, qui 
passe rapidement, à l'air, au violet uniforme. Le véritable Bois violet 
est plus rare ; il s'en distingue par ses veines tranchées. 

Niederlein, p. 3 : Saint-Martin soufré (Guyane). 

Voir aussi des citations aun° 1958. 

Copaifera pubiflora Lindl., 1967 B. (Ne se trouve pas dans 
l'Index ; est-ce celui de Bth.) 

De Lanessan, p. 132; Bois Amarante d'une solidité et d'une élasticité 
à toute épreuve ; bon pour plates-formes de pièces d'artillerie, etc. 

Niederlein, p. 3 ; Saint-Martin, Bagot (Guyane, v. 1958 C), Zapotero 
morado, Z. Negro (Brésil). 

Copaifera guianensis Desf., n° 1967 G. 

Sagot, Catal., p. 319: Fréquent. 

Cynometra Hostmannii Tul., n° 1971. 

Sagot, p. 904: C. Hostmanniana Tul. Bois Bagot (v. 1958 C), Zeedrat 
(Surinam); aubier blanc; cœur beau pourpre. Le feuillage rappelle 
celui de Courbaril. 

Il faut noter que les feuilles du Peltogyne venosa (1958 B) 
ont aussi une grande ressemblance avec celle de cette espèce. 



TRIBU XVIII. — DIMORPHANDRÉES 

Dimorphandra Mora Bth. et Hook, n° 1975 A. 

Synonymie : D. excelsa Baill. ; D. guianensis Baill. ; Mora 
excelsa Baill. et Bth. 

Je ne puis affirmer que ce bois soit indigène de la Guyane 
Française. Grisard dit qu'il y est rare. Sagot déclare n'avoir 



BOTS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 123 

trouvé aucun échantillon dans les herbiers. Dans son Cata- 
logue, p. 321, il se borne à dire que cet arbre se trouve pro- 
bablement dans le haut des rivières. Niederlein, en revanche, 
le cite dans une liste d'échantillons de la Guyane envoyés à 
l'Exposition de BulTalo, en 1911. 

Noms vulgaires: Mora (Bell). Moreira (Amaz. : Miers). 
Moral (Boulger). Mahot rouge (Guyane; Niederlein). Peto 
(Surinam ; Berkhout). Muro (Trinité ; Devenish). Ce n'est pas 
le Mora-balli (4508 E), ni le Morabucquia (1975 B), mais ce 
dernier lui ressemble beaucoup. 

Je ne puis affirmer que le Moera de l'Icones lignorum, 
pi. LXIV, fig. 7, soit cette espèce. Presque tous ces noms 
sont dune application générale ; le mot Mora veut dire Mûrier 
pour la plupart, mais, comme cet arbre n'a rien de commun 
avec Dimorphandra, je pense qu'il se rapporte plutôt à Muira, 
qui veut dire bois dans le dialecte des indigènes du Brésil. 

L'échantillon de Bell a été déterminé d'après les feuilles et 
les fruits par le D r Freeman. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur 
brun rougeàtre, strié de lignes blanches et brunes ; grain gros ; 
surface un peu luisante, fonçant légèrement à l'air. La nuance 
de la section transversale est beaucoup plus foncée que celle 
des autres coupes. 

Caractères physiques. — Densité, de 0,91 1 à 1 ,096 : dureté, 
celle du Buis ; force, 3970 si le Chêne = 890 (Glavimans, 
cité par Berkhout). Odeur à sec nulle. Saveur extrêmement 
amère, astringente, se développant lentement sur la langue. 
Solution aqueuse de couleur brun foncé. Le l><>i^ brûle bien 
en pétillant beaucoup. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 3 mm. environ, dur 
brune et tombant en plaques arrondies. Lasurfacede labûche 
est lisse. 

Structure du bois. — Aubier de jaunâtre k brun clair; bien 
délimité du cœur ; épais dr •"> cm , em iron. 

Section transversale. -Couches bien délimitées, mais p 
très apparentes ; les fines lignes du parenchyme en sont les 
Limites 



124 H. STONE 

Vaisseaux très apparents, grands, de mm. 2o ; peu 
variables; distribués également sur toute la coupe, de 17 à 40 
par mm. Ils sont simples ou par groupes de 1 à 6, et peuvent 
contenir tour à tour soit de la gomme, soit une matière blanche 
ou des thvlles. 

Rayons visibles à la loupe, fins, uniformes, équidistants, 
écartés les uns des autres dune distance égale au diamètre 
d'un gros vaisseau ; de 5 à 7 par mm. Ils ont à peu près la 
même couleur que celle du Pa. 

Parenchyme très apparent ; a abondant, entourant les vais- 
seaux en larges taches et les unissant en lignes obliques ou 
concentriques ; b représenté par la fine ligne qui limite les 
couches. 

Le parenchyme de la partie de l'aubier la plus proche du 
cœur commence à se colorer avant les autres tissus. 

Section radiale. — Vaisseaux très apparents à cause des 
bordures d'un brun clair du Pa et de leur contenu blanc. 

Section tangentielle. — Gomme la radiale, mais les vaisseaux 
vus à la loupe donnent l'apparence du bois de Palmier. Le Pa 
est très apparent et occupe la moitié de la surface. 

Emplois. — L'un des bois les plus importants de la Guyane 
Anglaise. Schomburgh en fait les plus grands éloges. Miers 
cite deux variétés ; l'une rouge et l'autre blanche. Résistant 
et tenace, plus durable que le Teck ; architecture, navires, 
pilotis, d'après Laslett, qui donne des essais de résistance. Ne 
fait pas d'éclats et résiste au Merulius lacrymans (pourriture 
sèche, Miers). Cependant il ne résiste pas au T credo d'après 
l'échantillon n° 1 du Mus. de Kew. L'un des meilleurs bois 
pour traverses, pavages, etc. (Bell). Berkhout cite de très 
mauvaises expériences, mais je crois qu'elles ont été faites sur 
des espèces qui sont confondues avec le Mora. Peut être 
obtenu jusqu'à 6 à 12 m. sur 30 à 50 cm. d'équarrissage ; il 
peut atteindre une hauteur de oO m. (McTurk). Lorsqu'il est 
grand, il est souvent creux (Morris). 

Éch. types : 65, 2721 Bell ; 2312, 2564 Laslett ; 2632 Berkhout ; la sec- 
tion de Noerdlinger. 
Icônes : Stone, T. of C, pi. VI, fig. 52 et p. 94. 



MOIS UTILES DE f,A GUYANE FRANÇAISE 1 2o 

Références : Lasletl, p. 275; le même, p. 450 ; McTurk, n° 60; Bell, 
p. 8; Grisard, 1894, I, p. 463; Niederlein, p. 2; Sag-ot, Catal., p. 321 ; 
le même (Richesses), p. 924 ; Berkhout, p. 27; Stone et Fr., p. 66. 



Morabucquia, n° 1975 B. 

Ce bois ressemble beaucoup au Mora. Le D r Freeman a 
constaté la parenté des deux espèces, mais n'est pas arrivé à 
une détermination exacte, malgré les feuilles et les fruits qui 
accompagnaient l'échantillon de Bell. Sa structure a beaucoup 
de rapport avec celle du Peltogync, mais sa ressemblance 
superficielle avec le Mora est tellement frappante que, lors- 
qu'on se trouve en face de ces deux bois, on peut à peine les 
distinguer l'un de l'autre. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, d'une couleur 
rougeàtre, parfois rayée. 

Caractères physiques. — Densité, de 0,980 à 1 .072 ; dure!* 1 , 
celle du Buis. Odeur à sec nulle. Saveur extrêmement forte, 
amère, astringente. 

Caractères de Vècorce. — Ecorce épaisse de 2 à 3 mm. envi- 
ron, lisse, dure, ligneuse. En section transversale, elle est tra- 
versée par des corps triangulaires rouges dont les bases sont 
tournées vers l'extérieur et les sommets opposés aux extré- 
mités des rayons du bois. La partie extérieure de l'écorce 
tombe en plaques irrégulières, découvrant des taches rouges 
de la couche sous-jacenle. La surface de la bûche est fine- 
ment striée. 

Structure du bois. — Aubier brun clair, bien délimité du 
cœur, mais non brusquement; épais de '1 en». '» à i cm, envi- 
ron. 

La structure ressemble à celle du n° 1958 A. a part les 
différences suivantes : le parenchyme s.- présente en li_ - 
tangentielles s'anastomosanl çà e( la. Les vaisseaux son( 
souvent remplis de matière blanche. Sur la coupe radiale, les 
vaisseaux sont à peine visibles, saul Lorsqu ils sonl blancs : 
les rayons, parfois assez apparents, donnent un euel moucheb 

à la COUpe. 

Emplois. — Les mêmes que eux du Mora. D'api 



126 II. STONE 

McTurk, peut être obtenu jusqu'à 17 m. sur 55 cm. d'équar- 
rissage. D'après Laslett, non durable. 

Beau bois, se fend facilement ; dur à travailler. 

Éch. types: 67, 2728 Bell. 

Références : McTurk, p. 6; Laslett, p. 19; Stone et Fr., p. 68. 



SOUS-FAMILLE III. — MIMOSEES 



TRIBU XIX. — PARKIEES 
Pentaclethra filamentosa Bth., n° 1978 A. 

Synonyme: P. brevifolia Bth. 

Noms vulgaires : Bois mulâtre, Wild Tamarind à la Trinité, 
Palo mulato au Venez. (Grisard). Trysil, Koorooballi (Bell), 
non Kooroobovelli, qui est l'espèce suivante. Trisle (Rodway). 
Parana-cache au Brésil (Miers). Gavilan à Costa-Rica (Pit- 
tier). Paranachy, Paranakochy au Brésil (Rodriguès). Para- 
cachy (Amazones : Huber). 

Je suis porté à croire que le bois Amarante de Roubo (v. 
1958) est cette espèce, à cause des pores blancs qu'il présente 
et qui caractérisent l'espèce. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, rouge foncé. 
D'après Miers, brun rouge pourpre, bigarré de nombreuses 
taches foncées. D'après Bell, brun rouge bigarré. Surface un 
peu luisante, fonçant légèrement à l'air ; grain gros. La 
nuance de la coupe transversale est beaucoup plus foncée que 
celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,800 ; dureté, celle de 
l'Acajou. Sans odeur ; saveur astringente. 

Caractères de ïécorce. — Epaisse de 2 cm. 5 environ, 
d'après Miers. La surface de la bûche est finement ridée. 

Structure du bois. — Aubier blanc rougeâtre ou couleur de 
pain bis ; bien délimité du cœur. 

Section transversale. — Couches parfois délimitées ; les 
fines lignes du parenchyme pourraient être les limites. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 127 

Vaisseaux visibles, même très apparents à cause de leur 
grandeur et de leur contenu blanc ; la plupart simples, beau- 
coup par paires, et quelques-uns en groupes subdivisés irré- 
gulièrement de 4 à 5 vaisseaux ; mais pas de groupes linéaires. 

Ravons très difficiles à voir, même à la loupe, et écartés les 
uns des autres dune distance moindre que le diamètre d'un 
gros vaisseau. 

Parenchyme a entourant les vaisseaux ; les lignes limitant 
les couches pourraient être le P/>. 

Section radiale. — Vaisseaux en gros sillons plus foncés 
que le fond, souvent remplis de matière blanche, ou de 
gomme rouge ou foncée. 

Emplois. — Bon pour construction, mâts, chauffage, peut 
être obtenu jusqu'à 13 m. sur 30 cm. d'équarrissage (Bell). 

Beau bois se travaillant bien, quoique dur. 

Ech. type: 55, 2711 Bell. 

Références ; Bell, n° 55 ; Miers, ms. ; Stone et Fr., p. 56. 

Kooroobovelli (Bell), n° 1978 B. 

Non déterminé, mais très voisin du Pentaclethrn . quoique 
les feuilles et les fruits ne soient pas les mêmes. Quant au 
bois, la saveur seule peut indiquer une différence d'espèce. 
L'écorce est beaucoup plus mince. 

Noms vulgaires : Purpleheart(Bell). Kooroobovilli (McTurk 
Ces deux noms signifient « Cœur pourpre » . 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d une 
dureté moyenne, de couleur acajou. Malgré La signification 
des noms populaires, je n'ai pas remarqué de teinte pourpre. 
Surface luisante et mate, tour à tour par taches : grain el 

« à rebours ». 

Bois Légèrement imprégné de gomme-résine Bassières 
Mais est-ce cette espèce ? 

Caractères physiques. — Densité, 0,711 : «lui celle d 
L'Erable. Sans odeur ni saveur. S.- fend avec Facilité, dur - 

travailler et émousse les "utils. 

Caractères de l'écorce, —Semblable àcelledull 
de - a 3 mm. Elle est formée de l'épiderme el de deus i ouch 



128 H, STONE 

pouvant se séparer aisément. La couche interne est plutôt 
dure, fibreuse; l'externe, très dure. 

Structure du bois. — Comme celle de l'espèce précédente. 
L'aubier est de couleur de pain bis, épais de 2cm. 5 environ ; 
assez bien délimité du cœur. 

Éch. type : 55, 2729 Bell. 

Références : Bell, p. 9; Bassières, p. 96 ; Stone et Fr., 74. 

Hoobooballi var. 2 (Bell et McTurk), n° 1978 G. 

Voir Clef au n° 1984. Non déterminé. 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une 
dureté moyenne, de couleur brunâtre ou brun blanchâtre, 
rayée de noirâtre. La coupe transversale est traversée par des 
lignes noirâtres irrégulièrement concentriques et fortement 
ondulées. Surface brillante. La nuance de la coupe transver- 
sale est légèrement plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,651 ; dureté, celle du 
Cerisier. Sans odeur ni saveur. 

Caractères de l'écorce. — Epaisse de 3 à 7 mm. environ, 
formée de deux couches ; l'interne est de couleur brun cho- 
colat, plutôt ligneuse, présentant des fragments de rayons ; 
l'externe est mince, rugueuse, et tombe en petites écailles qui 
sont bien délimitées en section. D'après McTurk, elle contient 
une gomme poisseuse, qu on peut retrouver sèche sous l'écorce 
des vieux échantillons. 

Structure du bois. — La structure ressemble à celle du 
n° 1978 A, à part les différences suivantes : l'aubier est moins 
rougeâtre et légèrement plus clair que le cœur ; bien déli- 
mité ; épaisseur de 7 cm. 5 environ. 

Section transversale. — Couches très values. Les bandes 
noirâtres ne concordent pas avec la structure. 

Vaisseaux visibles à peine, comme des piqûres. 

Les lignes concentriques du parenchyme n'existent pas. 

Section radiale. — Les vaisseaux laissent exsuder de la 
gomme en petites gouttes. Rayons très étroits, et néanmoins 
très apparents. 

Emplois. — Peut être obtenu facilement jusqu'à 10 m. sur 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE: 1 2λ 

3o cm. d'équarrissage (Bell). Bon pour bordages sous l'eau, 
où il dure beaucoup plus longtemps que n'importe quel 
autre bois (McTurk). 

Éch. type: 35, 2691 bell. 

Références: McTurk, p. 5; Stone et Fr. , p. 35. 

HyariCalli (Bell), n° 1978 D. 

Ce bois a la structure du Pentaclelhra. Je le place ici sous 
réserves. 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une 
dureté moyenne ; de couleur brun noisette, quelquefois légè- 
rement rayée. Surface brillante, fonçant un peu à l'air. La 
nuance de la coupe transversale est tant soit peu plus foncée 
que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,750 ; dureté, celle du 
Teck. Sans odeur ni saveur. 

Ecorce inconnue. La surface de la bûche est lisse. 

Structure du bois. — La structure ressemble à celle du n* 
1978 A, à part les différences suivantes. (Voir Clef. p. lu et 
pi. VII, fig. 19.) 

L'aubier est très étroit et très brusquement délimité du 
cœur. 

Section transversale. — Couches bien délimitées par des 
zones de différentes densités; contour régulier. 

Vaisseaux visibles à cause de leurs bords clairs. 

Rayons à peine visibles. 

Section radiale. — Vaisseaux se présentant en lins sillons. 
Les rayons, quoique étroits, sont bien apparents, car ils 
tranchent bien sur le fond brillant. Couches indiqu par 
des raies en couleur. 

Emplois. — Bon bois pour meubles; peut êtn ilemeni 
obtenu jusqu'à 10 à 1 3 m. sur 20 à 22 cm. d'équarriss 
(Bell). 

Joli bois facile a travailler : mais, se fendanl facilement, il 
ne convient ni au rabot ni au tour. 

Annules du Musée cnloniul <h- \Lu*>-t[le. 3« êérit ' 9 



130 ti. STONE 

Éch. type ; 39, 2695 Bell. 
Référence ; Stone et Fr., p. 39. 



Fukadie, Phokadie (Bell), n° 1978 E. 

Ce bois a la structure de Penlaclethra. 

Caractères généraux. — Bois lourd et dur, de couleur 
brune. D'après Bell, de couleur brune et parfois déteinte verte. 

Grain gros, ouvert. Surface légèrement luisante. 

Caractères physiques. — Densité, 0,905 ; dureté, celle du 
Bois de Lance. Sans odeur ni saveur. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 8 à 10 mm., tombant 
en grandes plaques épaisses, irrégulières ; épidémie dur et 
cassant. L'intérieur est finement stratifié et se sépare facile- 
ment en fibres, comme du chanvre. La surface de la bûche 
est striée. 

Structure du bois. — La structure ressemble à celle du n° 
1978 A; à parties différences indiquées p. 132. 

Aubier brun, non différencié du cœur. 

Section transversale. — Couches bien délimitées ; les lignes 
visibles du parenchyme en forment les limites ; contour 
ondulé, irrégulier. 

Vaisseaux visibles comme de grandes piqûres ; leur gran- 
deur ne diminue pas dans l'intérieur de la couche, mais avec 
l'âge de l'arbre ; ils augmentent de diamètre suivant les 
couches. Ils sont distribués inégalement, et, dans les couches 
bien développées, ils ont une tendance à se disposer en lignes 
obliques ; simples ou en groupes ovales de 2 à 4 vaisseaux. 

Rayons à peine visibles, fins, clairs, uniformes, écartés les 
uns des autres d'une distance moindre que le diamètre d'un 
gros vaisseau et s'écartant au niveau de ces vaisseaux. 

Le parenchyme a se présente en taches à côté des vaisseaux. 
Section radiale. — Vaisseaux en gros sillons, avec cloisons 
bien visibles. Rayons fins, très peu apparents. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais le grain 
est beaucoup plus fin, car les groupes de vaisseaux sont cou- 
pés dans le sens du plus petit diamètre. Rayons très petits, 
mm. 5 de hauteur. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE l31 

Emplois. — Peut être obtenu facilement jusqu'à 10 m. sur 
30 cm. d'équarrissage (Bell). Se fend facilement et un peu dur 
à travailler ; polissage médiocre. 

Éch. type: 71, 2727 Bell. 
Référence: Stone et Fr., 72. 

Hooroowassa (Bell), n° 1978 F. 

Ce bois a encore la structure du Pentaclelhra. Ce n'est pas 
le Huruwassa ou Soapwood, qui est le Sapindus Saponaria 
cité dans le Catalogue de l'Exposition de Paris, 1867, p. 27. 

Caractères généraux. — Bois plutôt léger, mou, de couleur 
rouge clair ; surface brillante fonçant légèrement à l'air ; grain 
très gros. La structure est facilement visible. La nuance de la 
coupe transversale est légèrement plus foncée que celle des 
autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,643 ; dureté, celle du 
Cerisier. Sans odeur ni saveur. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 6 à 10 mm., tombant 
en plaques irrégulières, légères et très molles. L'intérieur est 
stratifié et ressemble au liber. La surface de la bûche est can- 
nelée en sillons peu profonds. 

Structure du bois. — La structure ressemble à celle du n° 
1978 A; à part les différences suivantes. (Voir Clef, p. 132.) 

L'aubier n'est pas bien différencié du cœur, de 2 cm. 5 à 
4 cm. 5 d'épaisseur ; couleur de pain bis. 

Section transversale. — Vaisseaux visibles et même très 
apparents, comme des piqûres; parfois les groupes peuvent se 
composer de lo vaisseaux, les parois qui subdivisent ces 
groupes se dirigeant dans tous Les sens : groupes radiaux rares. 
Les vaisseaux sont vides pour la plupart. 

Les fines lignes concentriques du parenchyme sont rares. 

Section radiale. — Vaisseaux eu gros sillons vides, «•! de 
même couleur que 1<- fond. Rayons à peine visibles Lorsqu'ils 
sont humectés. 

Emplois. — Sert aux mêmes os que Le Mora 1973 A 
peut être obtenu facilemenl jusqu'à lo m. sui 33 cm, 



132 H. STOîsE 

d'équarrissage. Les bûches de grandes dimensions sont ordi- 
nairement « en retour » (Bell). 

Éch. type : 37, 2693 Bell. 
Référence: StoneelFr., p. 38. 

Clef pour les bois qui ressemblent au Pentaclethra. 

A comparer avec la pi. VII, fig\ 19. 

1. Vaisseaux, çà et là, contenantune matière blanche. 

1.1. Saveur astringente. Pentaclethra fdamentosa, 

1978 A. 

1.2. Saveur nulle. Kooroohovelli, 1978 B. 

2. Vaisseaux sans matière blanche. 

2.1. Vaisseaux visibles à cause des bords clairs du 

parenchyme ; le bois est de couleur brun noi- 
sette rayé. En coupe radiale, les rayons 
tranchent bien sur le fond. Hyariballi, 1978 D. 

2.2. Vaisseaux visibles comme des piqûres. 

2.2.1. Bois blanchâtre avec zones noirâtres irrégulières. 

Hoobooballi, 1978 C. 

2.2.2. Bois brun quelquefois teinté de vert. Fukadie, 

1978 E. 

2.2.3. Bois rouge clair, surface brillante. Hooroowassa, 

1978 F. 

TRIBU XX. — P1PTADÉNIÉES 

Entada polystachya DC, n° 1980. 

Synonyme : Mimosa bipennata Aublet (p. 946). 

TRIBU XXI. — ADÉNANTHÉRÉES 
Stryphnodendron guianense Bth., n° 1984. 

Synonyme : Mimosa guianensis Aubl. 

Noms vulgaires : Gassie de la Guyane (Aublet). Boise Zébra 
(Musée de Lyon). Bois Serpent (Musée Colon, de Mars.). 
Hooboobally, Surinam Snakewood (Devenish). Pashaco (Cor- 



ROIS UTILES DE LA CUTANE FRANÇAISE 133 

rêa). Slang houdou, Sncki housou, Bousi tamarin (Surinam ; 
Bremer). Puta locus (Surinam : Fuente). Ce n'est pas le Hoo- 
booballi de Stone et Fr., p. 35 (v. 1978 C), ni de Stone, T. of 
67. , p. 98 (v. 2333 J), où le nom Cassie est cité par erreur. 
Ce n'est pas non plus le Bois Case (v. 2008), mais probable- 
ment le bois Casse de Dumonteil. 

Ces trois bois (les deux Hoobooballi et le Cassie), sans 
l'aide de la loupe, sont très difficiles à distinguer les uns des 
autres. J'ai déterminé l'espèce présente d'après le bois, 
l'écorce et les feuilles. Le Moutouchi de Guibourt (1837 var. 
2) pourrait appartenir à cette espèce, si toutefois il n'est pas 
trop léger. Je ne connais aucun autre bois qui corresponde- 
aussi bien avec la comparaison de Guibourt, « un dessin de 
carte géographique en couleur ». Varenne-Fenille cite un Bois 
Grenadille qui paraît être voisin de notre espèce, tandis que 
le Bois Serpent de Niederlein est un Clusia. 

Les trois Hoobooballi peuvent être distingués, comme suit : 
1 . En section transversale, le parenchyme se présente 
en lignes concentriques continues. 

1.1. Les lignes sont visibles, même très apparentes. 

Stryphnodendron cruianense, 1984. 

1.2. Les lignes sont excessivement fines et visibles 

seulement à la loupe. Lecythis sp., 2333 J. 
2. Pas de lignes concentriques du parenchyme. Hoo- 
booballi de Bell, 1978 C. 

Provenance : Guyane Française. 

V * 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur blan- 
châtre, jaune ou même brun foncé, largement rayée de bandes 
rougeàtres ou pourpres, d'une manière très curieuse ; grain 
très gros. Surface un peu luisante, fonçant légèrement à 1 air. 
La nuance de la coupe transversale est beaucoup plus fon< 
que celle des autres sections. Aublet dit que la couleur est 

blanche. Probablement sou échantillon était trop petit et les 
bandes.l.' couleur pouvaient très bien être absentes. 

Caractères physiques. — Densité, 0,783, «Tapies Dumon- 
teil ; dureté, celle du Charme. S.ms saveur ni odeur. 



134 H. STONE 

Essais de Dumonleil, p. 154 : Bois Casse, force, 190 ; élast., 405 ; 
flexib. , 3,38 ; p. 160. Classe 3, celle des Pins. 



Caractères de lécorce (d'après l'échantillon n° 124 Guyane, 
M. C. Marseille). — Epiderme grisâtre, tombant en feuilles, 
et découvrant une couche moyenne ligneuse, de couleur brun 
rougeâtre foncé; en section, la couche interne est de couleur 
brun clair ; fibreuse, ligneuse et d'une cassure nette. Elle 
montre les rayons en section. D'après^ Aublet, écorce lisse, 
grisâtre. 

Structure du bois. — L'aubier n'est pas différencié du 
cœur. 

Section transversale. — Couches délimitées; les zones 
sans vaisseaux, avec ou sans ligne de parenchyme, en sont les 
limites. Les zones noires, qui paraissent comme des raies ver- 
ticales dans la pi. 2, fig. 3, sont très bizarres et irrégulières ; 
elles n'ont aucun rapport avec la structure. 

Vaisseaux très apparents, grands, peu nombreux ; ils sont 
simples ou par groupes de 2 à 3 ; vides. 

Rayons visibles à la loupe, très fins, en lignes droites 
comme tracées à la règle ; très nombreux, 3 dans un espace 
égal au diamètre d'un gros vaisseau environ, mais ne sécar- 
tant pas au niveau de ces vaisseaux. 

Parenchyme d'un aspect particulier ; a entoure largement 
les vaisseaux en taches irrégulières, qui les unissent par 
groupes et forment des lignes concentriques entières sur le 
bord extérieur de la couche ; de couleur brun clair. 

Section radiale. — Couches difficiles à suivre. Vaisseaux 
gros, mais peu apparents. Rayons très obscurs, étroits, trans- 
lucides, visibles çà et là comme des ombres. Le parenchyme 
se présente (caractère important) en nombreuses lignes paral- 
lèles de couleur brun clair, très visibles (comme des stries 
blanches, sur la figure). 

Section tangentielle — Comme la radiale, mais, en appa- 
rence, beaucoup plus grosse, car il y a plus de parenchyme 
étalé. Les rayons ne sont visibles qu'au microscope. 

Emplois. — Bon pour construction, meubles de fantaisie. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANC USE 13S 

Éch. types: N 03 9 et 115 Guyane, Musée Col. Mars., n° 127, série 
II, Lyon. Ecorce, n° 124. Guyane, Musée Col. Mars. 

Références: Aublet, p. 938; Dumonteil, p. 4; Icônes lignorum. 

On ne peut reconnaître, ou on ne reconnaît que difficile- 
ment Tune ou l'autre de ces trois espèces sur les figures sans 
aubier de l'Icones lignorum, pi. LXX, ' fig. 6 ; pi. LXXI, 
fîg\ 1. Hoeboebalii, pi. XLIV, fïg. o. 

TRIBU XXII. — EUMIMOSÉES 
Mimosa viva Lin. non Vell., n° 1994 A. 

Aublet, p. 944. 

• Mimosa Geratonia Lin., n° 1994 B. 

Aublet, p. 945. 

Mimosa asperata Lin. ; non Blanco, n° 1994 C. 

Aublet, p. 945. 

Mimosa Pacay Aubl., n° 1994 D. 

Aublet, p. 946 : Pacay (terme gén.) Frezier. 

TRIBU XXIII. — ACACIÉES 

Acacia pennata Willd., n° 1997 A. 

Synonyme: Mimosa pennata Lin. non Poir., ni Roxb. ni 
Russ. 

Acacia Ouyrarema DC, n° 1997 r>. 
Synonyme: Mimosa Ouyrarema Aublet, p. '-'tO. 

Acacia Farnesiana Willd., n° 1997 C. 

- _<»i. Catal., XIII, p. 322: Cultivé à la Guyane, 
!>.■ Willeman, II, p. 106: Boia d'une couleur rouge; il \ iviron 

v i tga . par pied cul 
De Laneaean, p. 136: Bon poui rouea< 



d 36 H. STONE 

Cordemoy, II., p. 385 : Cassie, Cassie jaune, Epinard (Réunion) pour 
menuiserie, etc. 

Greshoff, p. 147 : Au Java, Djepoen (j), Nagasar (non Nagasari qui 
est le Mesua ferrea); Tjakra-tjikri (Batavia), terme commun aussi pour 
Melia Azedarach. Sario sit ? (j), Kembang nagaseri(m), Garoet ? (S). A 
Sumatra côte Ouest, Boenga bandara ; à Banda, Boenga rnakasa. Au 
Timor, Boenga samarang ; aux Philippines, Aroma (sp.). Welriekende 
Acacia, West-Indische Stuîpboom (Holl.), Acacie (Cassie) odorant 
(Français) Cassie flower (Angl.), Antillen-Cassie, Farnesische Akazie 
(Ail.), Wabi, Hoebada (Indes Occ. Holl.), Dead finish (Australie). 

Bois blanc, lourd, serré, résistant, se prêtant bien au polissage; 
employé dans l'Inde pour piquets, courbes de navires, etc. Poids = la 
densité, 0,785. 

Bischop, p. 3. Wabbi (Curaçoa). 



On le considère comme un « Bois puant 



». 



TRIBU XXIV. — INGÉES 

Lysiloma latisiliqua Bth., n° 1998. 
Synonyme : Mimosa latisiliqua Aublet, p. 945. 

Pithecolobium Unguis-cati Bth., n° 2001 A. 

Synonyme : Mimosa Unguiscati Lin. (non Blanco,niForsk). 

Aublet, p. 944. 

Pithecolobium trapezifolium Bth., n° 2001 B. 
Synonyme : Mimosa vagra Aubl. non Lin. ; ni Vell. 

Aublet, p. 945 : Guaiba-pocacabiba (Brésil, d'après Marcg.). 
De Lanessan, p. 136 : moins dur que les P. Schomhurgkii et parvi- 
folium. 

Pithecolobium parvifolium Bth., n°2001 C. 

De Lanessan, loc. cit. comme P. trapezifolium. 

Pithecolobium pedicellare Bth., n° 2001 D. 

De Lanessan: loc. cit. 

Pulle, 1907, p. 90. Plokoni (Surinam : gén. aussi In a l'uga alba). 



HOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 137 

Pithecolobium corymbosum Bth.,n° 2001 E. 

De Lanessan, loc. cit. 

Pithecolobium, n° 2001 F. (Espèces diverses non déter- 
minées.) 

Sagot, p. 229; Bois macaque acacia. 
Bassières, p. 100: Bois macaque. 

Martin-Lavigne, p. 111, ûg. 42 et 4-3 ; Plokoni, peut-être Pithecolo- 
bium. 

Sa description et ses figures concordent bien avec celles de 
Moll et Janssonius, au sujet des diverses espèces de Pitheco- 
lobium. Les détails suivants proviennent de Martin-Lavigne. 
Le nom indigène Plokoni cité par cet auteur se rapporte à 
nos 2001 D et 2005 B. 

Caractères généraux. — Bois de couleur blanc rougeâtre et 
d'une dureté moyenne, fibreux et à grain gros et ouvert. 

Caractères physiques. — Densité de 0,783 pour l'aubier et 
de 0,814 pour le cœur. Dureté, celle du Châtaignier. Le bois 
est peu élastique, car il a des fibres courtes ; peu tenace, se 
fendant bien à la hache, peu homogène et assez poreux, mais 
cependant d'une force de résistance moyenne. Sans odeur. 

Décoction aqueuse et macération alcoolique à peine colorées 
en jaune clair et limpides. 

Le bois brûle avec une fumée assez abondante et donne 
une flamme médiocre. 

Caractères de ïécorce. — L'écorce, peu adhérente au bois, et 
de couleur rou^eàtre extérieurement, conserve de nombreuses 
traces de périderme exfolié par plaques plus ou moins lai- 
et épaisses. Sa cassure est rougeàtre, un peu plus foncée et 
homogène. Elle est tendre et dune épaisseur de i à ."> mm. 
Elle est pourvue d'un liège externe, « très épais, dont 
quelques bandes avec éléments à parois fortement épaissies. 
La plus grande partie de IVcorce est occupée par un liber 
divisé par des rayons. Klle renferme dans sa moitié externe 
des paquets de fibres et de cellules scléreuses, disposés sans 
ordre, et présente dans sa moitié interne une structure strati- 



138 H. STONE 

fiée plus régulière, formée par bandes alternatives de tissu 
parenchymateux et de fibres; couleur rougeàtre à l'extérieur 
et à l'intérieur. 

Structure du bois. — L'aubier est de couleur jaune rou- 
ge âtre. 

Moelle. — Elle renferme de larges massifs de cellules sclé- 
reuses. 

Section transversale. — Couches très confusément indiquées 
par des zones de tissu plus compact, dont la nuance plus 
foncée diminue graduellement vers le centre jusqu'à la zone 
suivante. 

Vaisseaux généralement isolés et situés surtout dans des 
amas de tissu plus clair, formant de petites traînées ondulées 
et disposées en tous sens. Ils sont quelquefois groupés par 
deux ou plus. Diamètre variable, de 120 à 250 microns. 3 par 
mmq. 

Rayons de dimensions et forme très variables, irrégulière- 
ment espacés, au nombre de o à 9 par mm. Ils sont unisériés 
et souvent même bi ou tri-sériés. 

Parenchyme. — En dehors de l'espace occupé par les vais- 
seaux, le Pa forme à peu près la moitié de la masse ligneuse. 
Il est disposé en bandes tangentielles, courtes, anastomosées, 
très irrégulières et toujours plus abondantes autour des vais- 
seaux. 

Section radiale et tangentielle. — Ces sections sont par- 
courues en longueur par de larges sillons irréguliers, surtout 
dans l'aubier, donnant au bois un aspect rugueux. Les couches 
y sont invisibles et les rayons irréguliers, peu apparents, 
même sur la section radiale. Dans les régions du cœur, on 
distingue quelques veines jaunes qui donnent à cette partie 
du bois un léger reflet doré. Hauteur des ravons, de 100 à 
400 microns sur 20 à 40 de largeur. 

Enterolobium Schomburgkii Bth., n° 2002. 
Synonymie : Pithecolobium Schomburgkii Bth. 

Sagot, p. 1 : Bois macaque ; dur ou demi-dur. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 139 

Inga Bourgoni DC, n° 2005 A. 
Synonyme : Mimosa Bourgoni Aubl. 

Aublet, p. 941 : Palétuvier sauvage ; Bourgoni (terme gén.) ; Inga 
(noiragues) ; écorce grisâtre, épaisse; bois blanchâtre, peu compact. 
Préfontaine, p. 198, mentionne 3 variétés. [V. l'espèce suivante.) 
Dumonteil, p. 156: Bourgoni ; densité, 0,758 ; force, 230; élasticité, 
225; flexib., 2,09; p. 160. Classe 3. 

Il ne faut pas confondre ce bois avec le « Pois sucre », ni 
avec le « Bois Crapaud » du même auteur, qu'il cite séparé- 
ment et dont les densités sont bien différentes. Voir 2005 F 
et partie IL 

Sagot, p. 924: Bourgouny, Inga Bourgoni. 

Cat. Expos. Univ., 1867, p. 42. Palétuvier grand bois de montagne. 
Pérépéré (Galibis) Acouribroad de Demérary ; Arrahonée des Galibis : 
Marsiballi des Arrougues. 

Niederlein, p. 7, cite un Bougoué, ou Bois Crapaud. 

Cette espèce n'est pas le Bourgoni des teinturiers. Voir 
2005 B. 

Caractères de Vécorce d'après l'échantillon n° 33 Guyane 
Mus. CM. Epidémie jaune clair ou brun, lisse avec des im- 
pressions semblables à celles qu'on voit sur l'écorce des Pla- 
tanes. L/écorce est épaisse de 2 à 3 mm. ; sa structure est très 
apparente, surtout en section longitudinale ; elle est ligneuse, 
et se compose, moitié de fibres blanches et moitié de fibres 
brunes ; une seule couche sous l'épidémie. La surface interne 
est couverte de grosses stries. 

Description d'un échantillon de bois, n° 141, Guyane(Mus. 
Col. Mars.). Ce bois concorde avec la description d* Aublet, 
mais il est beaucoup trop léger pour être celui de Dumonteil. 

(Caractères généraux. — Bois léger et mou. grain g lier 
et un peu à rebours. Couleur grise légèrement olivâtre uni- 
forme. Surface mate et luisante par place. Structure obscure 
en section transversale, dont la nuance est beaucoup plus 
foncée que celle des autres sections, 

Caractères physiques* — Densité, 0,528 : dureté, celle 
de l'Aune. S;ms odeur; saveur un peu astringente. 



140 TI. STQNE 

Structure du bois. — Notre échantillon se compose d'une 
bûche de 20 cm. tout en aubier. 

Section transversale. — Couches en apparence délimitées ; 
les vaisseaux disposés en anneaux pourraient indiquer les 
limites. 

Vaisseaux à peine visibles malgré leur grandeur, peu de 
variation, disposés irrégulièrement, fortement isolés, peu 
nombreux, simples ou par groupes radiaux de 2 à 4. 

Rayons visibles à la loupe, très (ins, réguliers en largeur, et 
à intervalles égaux d'un diamètre d'un gros vaisseau, ne 
s'écartant pas au niveau de ces vaisseaux. Couleur jaune ou 
orangée. 

Parenchyme a, entourant les vaisseaux, peu abondant. 

Section radiale. — Vaisseaux visibles en fins sillons vides 
et un peu plus foncés que les libres. Rayons visibles et très 
apparents lorsqu'ils sont humectés, formant des lignes minces 
brunes. Au microscope (x 10), ils présentent beaucoup de 
cellules noires qui produisent un effet moiré. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons 
se présentent en petits fuseaux jaunes pas trop effilés, avec 
cellules noires. Hauteur jusqu'à 1 mm. 

Inga alba Willd., n° 2005 B. 

Barrère, p. 74: Palétuvier violet; pour teinture en violet et noir. 

Préfontaine, p. 198: Palétuvier, Parétuvier, Moutouchi (Caraïbes, 
voir 1837), trois variétés : blanche, rouge et violette. L'écorce de la 
variété violette sert pour la teinture en violet et en noir, et pour tan- 
nage. Bois bon pour chauffage. Ce n'est ni le Palétuvier blanc, qui est 
le véritable Cereiba de Marcgraff, ni le Mangles de Piso. 

Sagot, Catal., XIII, p. 329 : le Bougoni employé par les teinturiers 
n'est pas YInga Bougoni, mais Y Inga. alba Willd. Assez abondant, don- 
nant des couleurs durables. 

Huber, p. 177 : Inga chichi (Amazones). 

Pulle, 1907, p. 90 : Plokoni (Surinam, gén. aussi à 2001 D). 

Inga vera Willd., non H. B. et K., n° 2005 C. 
Synonyme : Mimosa Inga Lin., non Vell. 

Aublet, p. 944 : Inga, Pois sucre. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 141 

Bischop, p. 23 : Zoete Tamarind ; Suikerpaulanboom ; Gris Gris. 
Wiesner, II, p. 950: Cocusholz ; Cuba Grenadille. (Voir partie II.) 

C'est Wiesner qui donne les détails suivants : 

Caractères généraux. — Cœur brun foncé ou brun clair, ou 
plutôt brun rougeàtre (parfois tirant sur le pourpre dans les 
vieilles coupes). 

Caractères physiques. — Densité, 0,970 ; dureté, celle du 
métal, mais se fend facilement. 

Section transversale. — Vaisseaux presque toujours visibles, 
remplis de la matière du cœur de l'arbre (Kernstotï) et, dans 
l'aubier, remplis de matière rouge jaunâtre; 10 à 12 mm. de 
diamètre. Ils sont distribués également ; simples ou en groupes 
de 2 à 7, souvent 4, radiaux ou arrondis. 

Rayons en étages visibles seulement à la loupe. 

Parenchyme en lignes claires concentriques, de 1 à 3 ran- 
gées de cellules, à peine plus larges que les rayons et plus 
ou moins visibles à l'œil nu. 

Ce n'est pas le Cocus des Anglais que Wiesner décrit 
p. 925. 

Inga angustifolia Willd., n° 2005 D. 

Synonyme : Mimosa sinemarensis Aubl. ; Inga Fenillei DC. 

Aublet, p. 946: Pacay (t. gén.). 

Inga fagifolia Willd., non D. Don., n° 2005 E. 
Synonyme : Mimosa fagifolia Lin., non Jacq. 
Aublet, p. 945: Inga (terme gén. Caraïbes). 

Inga n° 2005 F (espèces diverses non déterminées et dou- 
teuses). 

Dumonteil, p. 156: Bois sucre. Densité, 0,i>65 ; force, 169; élasticité, 
173; flexibilité, 2,48; p. 10.'!. Classe '■> dé qualité inférieure. 

SagOt, p. 906: Pois-sucre, mou ou demi-dur. 

De Lanessan, p. 136: Palétuvier de montagne; Inga Burgoni. Peu de 
ténacité ei sans valeur. 

Bremer, p. 204: Switi bonki, Inga ingoides Surinam . 



lia 11. STONË 

FAMILLE LXVI. — ROSACÉES 

TRIBU I. — GHRYSOBALANÉES 

Licania heteromorpha Bth., n° 2008 A. 
Synonyme: L. guianensis Klotz. 

Préfontaine, p. 2: Bois à gauleltes. (Est-ce bien cette espèce ?) 
Dumonteil, p. 156: Anaoura (Est-ce bien cette espèce?) Densité, 
0,938 ; force, 272; élast., 173; p. 160. Classe 2, celle du Chêne. 

Il cite aussi le Bois rouge Tisane comme une espèce diffé- 
rente, mais comme ce nom est d'une application générale, 
tandis que Anaoura est moins connu, je le place ici. Je tiens à 
faire remarquer qu'il existe encore un arbrisseau portant le 
nom de Anaoura, qui est YAllamanda cathartica Lin. 

Sagot,p. 906 : Le Licania, heteromorpha et les autres espèces de Lica- 
nia, ou Bois rouge Tisane, sont de couleur rougeàtre, très compacts, 
durs ou assez durs. 

Grisard, 1895, p. 627 : L. guianensis Klotz. ; Bois gaulettes; Bois 
rougeàtre, lourd, flexible, de conservation médiocre; bon pour menui- 
serie d'intérieur, clayonnages et jantes de roues. 

Pulle, 1907, p. 85, Anaura: Ingie borkie. 

Niederlein, p. 5 : Gaulette rouge. 

Huber, p. 176, Macucu (terme gén. , Amazones) ; p. 204, Anauera 
(Para). Licania macrophylla. 

Martin-Lavigne, p. 115 ; fîg. 44 et 46 : « Anaoura ». Les 
détails suivants proviennent de sa description. 

Caractères généraux. — Bois lourd, assez compact, quoique 
fibreux. En section transversale, de couleur marron rougeàtre 
uniforme. 

Caractères physiques. — Densité, 1,116; dureté, celle du 
Frêne ou du Sureau. Solution aqueuse ou alcoolique à peine 
colorée. Le bois brûle avec une flamme médiocre et une fumée 
abondante. Elastique. 

Caractères de ïécorce. — Epaisse de 8 mm. en moyenne, 
assez adhérente, de couleur blanchâtre et rosée extérieure- 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 143 

ment. Elle présente une cassure rougeâtre et est assez dure et 
homogène. Liège mince, liber très développé, avec paquets 
scléreux dans la zone extérieure et surtout parenchvmateux 
dans la zone interne. 

Structure du bois. — Section transversale. Au sujet des 
couches, on distingue à peine les bandes concentriques du 
tissu compact qui forme le bord externe. 

Vaisseaux pointillés de blanc, peu nombreux, de 2 à 4 par 
mmq. ; diamètre de 200 à 300 microns environ. 

Rayons de 15 à 20 par mm. ; à intervalles de 100 à 300 
microns et de 10 à 20 microns de largeur. 

Parenchyme en étroites bandes concentriques, de 50 microns 
environ de largeur. 

Bois rouge Tisane, n° 2008 B. 

Dumonteil, p. lo4: densité, 0,852 ; force, 237 ; élast., 231; flexibilité, 
1,91, p. 160. Classe 2, celle du Chêne. 

Sagot, p. 226 : Humirium et diverses Chrysobalanées. Le même : p. 
906, Licania heteromorpha et d autres Licania. (Voir l'espèce précé- 
dente.) 

Echantillon n° 44, Guyane, Musée Colon, de Mars. : étiqueté 
Rustisane. Espèce non déterminée, mais ce n'est ni un Humi- 
rium, ni un Licania. 

Bois à gaulettes, n° 2008 G. 

Ce nom est adapté à beaucoup de bois. Voir /Egiphila, 
5700; Vismea, 635 ; >Hirtella, 20 1 î ; Licania, 2008 A et I 

Miconia, 2462; et Ilenrietella, 2470. 

Préfontaine, p. 150: Coubouliroua Caraïbes . Ou peut eu faire des 
gaulettes de trois lignes d'épaisseur. Les gaul sonl vert< 

Sagot, p. Oui;: Diverses Chrysobalanées. Ils onl l'éi i verte de 

petites tubérosités pustuleuses qui les rendenl faciles .'i reconnaître. I-«- 
même, p. 910; Bois gaulette Miconia el Henriette : très dur. 

Licania incana Aubl. non Bth., a a 2008 I». 
Synonyme! /.. membranaa S trot, 



144 H. STONE 

Aublet, p. 119: Caligni (Galibis). Ecorce cendrée, membrane fort 
mince qui tombe par lambeaux et se renouvelle chaque année. Bois dur, 
blanchâtre, exhalant une odeur d'huile rance, lorsqu'on le scie. (Voir 
n° 2008 F à ce sujet.) 

Grisard, 1896, p. 627 : Bois gris, Case (Trinité); Icaquito (Venez.). 
Bois lourd, de couleur rougeâtre veinée de brun foncé ; bon pour 
poutres et constructions. 

Rodriguès, 1893, p. 164 : Caligni (Guyane). Bon bois quelque peu 
noirâtre. 

Huber, p. 203. Ajuru (Para: terme gén.). 

Pereira, o e édition, p. 98. Milho cosido : bois jaune ; densité, 0,823 à 
0,971. 

Dumonleil, p. 162: Bois goélette; densité, 1,196; force, 303 ; élasti- 
cité, 120; p. 162. Classe I. (Est-ce bien cette espèce?) Il cite ce bois 
à part de « Ànaoura » et « du Bois rouge tisane », n° 2008 A et B. 

De Lanessan, p. 130: Bois gaulette. Bois rougeâtre, très compact, 
dur, assez flexible, pouvant arriver à de grandes dimensions. Bon pour 
clayonnages de palissades, jantes de roues, etc. 

Licania sp., n° 2008 E (KautabalH de Bell). 

Laslett cite un bois sous ce nom comme Hirtella americana 
(v. 2014). 

L'espèce présente a été déterminée, d'après les feuilles et 
les fruits, par le D r Freeman, comme étant probablement le 
Licania triandra ou mollis. Je me demande si ce n'est pas 
Caligni 2008 D, à cause de son odeur. 

Caractères généraux. — Bois très lourd, dur et compact, 
de couleur brunâtre légèrement rayée, ressemblant au Kake- 
ralli. Surface fonçant légèrement à l'air. La nuance de la 
coupe transversale est plus foncée que celle des autres sec- 
tions. 

Caractères physiques. — Densité, i,02o ; dureté, celle du 
Buis. Odeur désagréable lorsque le bois est travaillé. Sans 
saveur. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 7 à 14 mm. environ, 
presque lisse, tombant en plaques. Couche extérieure très 
dure, ligneuse et cassante, brune ; couche intérieure mince et 
fibreuse. Lenticelles grandes. Surface de la bûche lisse et 
striée. 

Structure du hois. — L'aubier est à peine différent du 
cœur ; le bois extérieur est légèrement plus clair. 



BOiS UTILES DE) LA GUYANE FRANÇAISE 143 

Section transversale. — Malgré la détermination du 
D r Freeman, je trouve que ce bois ressemble énormément aux 
Lecythis, avec lesquels il doit être comparé (voir 2333), à 
part les différences suivantes. 

Vaisseaux visibles, même très apparents, très variables, 
sans ordre spécial ; ils sont simples pour la plupart, parfois 
en groupes de 2 à 3, rarement plus. 

Parenchyme comme celui du Lecythis, mais sans la régu- 
larité exquise de ce genre. Il est irrégulier en largeur, et son 
contour est grossièrement creusé et ondulé. 

Section radiale. — Vaisseaux très apparents, vides. 

Section tangentielle. ■ — Les rayons ne sont visibles qu'au 
microscope, en cellules exceptionnellement grosses, remplies 
de gomme rouge. 

Éch. type : 49,2705 Bell. 
Références : Bell, p. 7 ; Stoneet Fr., p. 50. 

Icônes lignorum: Le Cauta, pi. LXX, fig\ 8, ne ressemble que vague- 
ment à cette espèce. 

Moquilea guianensis Aubl., n° 2009. 

Aublet, p. 521: Ecorce roussâtre, épaisse; bois blanc, peu compact. 

Féroles, n° 2011. 

Ce bois, qui se rapporte au Parinarium (Ferolia) guianen- 
sis, est confondu avec le Bois de lettres (Brosimum 6623), 
avec Amanoa rjuianensis (6392), et avec le Washiba (201 I F). 

Après un examen très rigoureux, je crois que nous nous 
trouvons en face de quatre sortes de bois au moins, tous ayant 
beaucoup d'éclat lorsqu'ils sont polis. Le Washiba a une 
structure ressemblant énormément à celle des Légumineus 
et plus particulièrement des Dalbergiées, fait qui n'est pas 
rare parmi les Chrysobalanées ; mais tous l«s Satinés que j'ai 
vus ont la structure des Brosimum. Je ne connais pas 1 Am.i- 
noa, mais, étant une Ephorbiacée, il esi facile <lr Le distinguer 
des autres, et Aublet dit qu'il a un bois blanc 

Quanl au Satiné rouge du commerce, il a la structure «1 
Brosimum et un éclat extraordinaire. (Voir 2(M I A. 

Annules du Hâtée colonial de Marteiifo. * vol. 191 lu 



146 H. ST0N1-J 

Aublet dit qu'il n'a jamais vu ni l'arbre ni les fleurs, et que 
les Créoles qui recherchent ce bois ne connaissent pas l'arbre 
sur pied. Ils trouvent des morceaux par terre dans les vieilles 
forêts, avec l'aubier entièrement détruit. 

Sagot dit presque la même chose du Bois de lettres et 
Barrère dit que le bois de Féroles a été trouvé pour la pre- 
mière fois dans la propriété du Gouverneur Féroles ; il veut 
sans doute parler des troncs enterrés. 

Ni Aublet, ni Sagot n'avaient les moyens de rapporter un 
bois inconnu à un arbre quelconque, et je crois qu'ils ont tort 
tous les deux. Aublet a adopté le nom « Féroles » de Barrère 
pour le joindre par erreur au genre Ferolia et au « Bois 
Satiné ». Barrère, p. 51, quia été le premier à décrire le 
Féroles, et qui ne se sert pas du mot Satiné, dit que ce bois 
est parsemé de taches ressemblant à celles d'un marbre qui 
serait veiné de rouge, de blanc et de jaune ; et il cite les noms 
additionnels de « Bois marbré » et « Bois coloré ». Aublet 
dit, au contraire, qu'il est d'un beau rouge panaché de jaune, 
ressemblant au satin. Roubo décrit trois échantillons : 1° bois 
blanc tacheté de rouge ; 2° blanc veiné ou tacheté de rouge ; 
3° jaune foncé avec des raies étroites de couleur brune tirant 
sur le violet. Dans les descriptions de Barrère et de Roubo, 
le blanc et le jaune prédominent toujours, ce qui s'accorde 
avec le « Satiné rubané », tandis que le rouge est la couleur 
prédominante dans le bois d'Aublet. On peut conclure qu'on 
peut trouver à terre plusieurs bois sans aubier, et, comme les 
feuilles figurées par Aublet pour Ferolia ressemblent exacte- 
ment à celles du Brosimum, la confusion est très facile. Sagot, 
p. 236, dit que, de tous les Satinés, c'est le Satiné rouge qui 
a le plus d'éclat et que ce n'est pas le même arbre que celui 
du Satiné rubané. 11 cite les noms de Bois de Féroles, de Sa- 
tiné et de Washiba pour le même bois, mais dans son Cata- 
logue il ne cite ni Féroles, ni le Parinarium guianensis, 
Brousseau dit que le Satiné rouge est de couleur rouge, mais 
que le Satiné rubané est plus pâle, avec des veines ondulées 
et un reflet miroitant. Grisard lui donne une belle couleur 
jaune et rouge et dit qu'il présente des veines longues et 



BOIS UTILES DE LA GLTA>E 11! A M AISE lil 

fines dont la nuance varie du rouge brun à l'écarlate ou au 
gris jaunâtre ou verdâtre, mais ajoute que le Satiné rouge a 
une teinte uniforme. On peut donc conclure que la première 
partie de sa description se rapporte au Satiné rubané. 

Enfin je crois que le Féroles est le Satiné rubané, que le 
<< bois )> d'Aublet est le Satiné rouge, et que tous deux sont 
des Brosimum; le Washiba serait une espèce à part du genre 
Parinarium [Ferolia Aubl.) et est probablement ï « arbre » 
qu'Aublet a décrit en l'associant avec le Féroles. 

N° 2011 A. (Variété.) 

Aublet, Supp., p. 7: Ferolia guianensis, Bois satiné, Bois de Féroles. 
Ecorce lisse, cendrée, suc laiteux. Aubier large, deux pieds de dia- 
mètre sur un tronc de trois pieds, blanc, dur, compact. Bois interne 
lourd, d'un beau rouge panaché de jaune, beau polissage et ressemble 
au satin. 

Saldanha da Gama, p. 2^6 : Voir Amanoa 6392. 

Dumonteil Est-ce bien cette espèce ?), p. 154 : Densité, 0.N77; force, 
21G ; élast., 123; flexib., 1,90. Le même, p. 102 : Classe 4, celle des 
Meubles. Sa valeur, comme bois pour rouets de poulies, égale la moitié 
de celle du Gaïac. 

Sagot, p. 236: Ce bois a plus d'éclat que tous les autres Satinés et sa 
nuance est peut-être plus vive que n'importe quel autre bois. Sagot 
ajoute, p, 913, que c'est V Amanoa guianensis. 

Brousseau, II, p. 138: Bois de lettres rouge, de couleur brun rouge 
clair, avec quelques veines noirâtres faiblement accusées. 

Ilohnel, p. 43: Ficatin, Kônigsholz. 

Grisard, p. 313 : Bois de Garenne. Bois Baroit (Guy. Fr. ), Mouron Sal- 
vador); d'une très belle couleur rouge, d'une teinte uniforme; c'est Le 
Satiné qui a la nuance la plus vive et qui possède le plus d'éclat. 

Ech. types: N° 60, Guyane, Musée Col. de Mars. ; n° 123, série II. 
Lyon. 

Satiné gris, n o 2011 B. (Voir20U D.) 

D'après l'échantillon n° 31 du Musée Colon, de Mus. : Bois 
(Tune couleur brun foncé, tirant un peu sur le rouge. Loi 
qu'il est humecté ou poli, ses pore rient el lui donnent 

une apparence pointillée d'hermine. J'ai constaté le même 
ellet sur la coupe tangentielle «1 hantillons du n" joli A. 

qui étaient d'une qualité inférieure, et je pense que le Satiné 
gris que je décris pourrait en être une vari( I 



448 H.' 8T0NE 

Satiné rubané, n° 2011 G. 

Roubo, p. 769: Bois marbré de Cayenne ; Bois de lettres satiné. 

Descourtilz, p. 456 : Bois de Féroles marbré ; Feroliava riegata. Syno- 
nymie: F. guianensis Aubl. 

Sagot, p. 913: Plus pâle que le Satiné rouge. 

Brousseau, p. 138: Bois de lettres rubané, de couleur rouge pâle, 
avec des veines ondulées et un éclat miroitant. 

Grisard, p. 313 : Veiné de rouge et de jaune ; remarquable surtout par 
ses gracieux dessins ondulés et par son miroitement lorsqu'il est poli. 

Je cite ici ces deux derniers auteurs car leurs citations ne 
concordent pas avec la variété n° 2011 A. 

Les échantillons n os 12, 18, 110 du Musée Col. de Mars, 
sont d'une couleur rouge ou rouge brunâtre, rayée d'étroites 
lignes noires. Il se produit un effet moiré en coupe tangen- 
tielle, mais l'éclat est loin de ressembler à celui de la var. A, 
et il n'y a pas de dessins ondulés. L'aubier est strié de sillons 
rouges. (Voirplus loin la description complète delà stuucture.) 

Satiné gris. n°2011 D. 

D'après l'échantillon n° 122, série II, Lyon: Bois ressem- 
blant superficiellement au Bois de Rose ou Bois Tulipe [Phy- 
socallyma). De couleur jaune ou blanche, rayée d'étroites 
lignes rouges carmin et de zones excentriques de couleur noi- 
râtre, mais il n'y a pas de miroitement. 

N° 2011 E. (Satinés dont les descriptions sont incomplètes.) 

Dumonteil, p. 154: Satiné brun; densité, 0,825; force, 247; élast., 
134; flexib., 1,78; p. 162. Classe 4, celle des Meubles. Sa valeur pour 
rouets de poulies est la moitié de celle du Gaïac. 

Miers, ms. Pao setim (Brésil). 

Description de la variété C, et celle également de toutes les 
var. du n° 2011, sauf les différences données dans la Clef. 

Caractères généraux. — Surface froide au toucher ; couleur 
fonçant légèrement à l'air. Les fibres sont fortement entre- 
croisées, et la nuance de la coupe transversale est beaucoup 
plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, de 0,850 à 0,877 ; dureté, 
celle du Charme. Odeur de cuir très légère ou nulle. Sans 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 149 

saveur. Solution alcoolique brune abondante. Le bois est cas- 
sant, mais se fend peu. 

Structure du bois. — L'aubier est de couleur pain bis et 
nettement délimité du cœur. 

Section transversale. — Couches non apparentes. Ordinai- 
rement les indications pour les limites manquent, quoiqu'il y 
ait parfois des zones plus ou moins foncées. 

Vaisseaux facilement visibles à cause de leurs bords rouges ; 
grands ou petits, car ils augmentent de beaucoup en grandeur 
suivant l'âge de la couche. Ils sont peu nombreux, de 1 à 8 
par mm. ; fortement isolés, se présentant souvent en lignes 
qui forment fer à cheval, en laissant des espaces arrondis 
vides (ce qui n'est pas le cas dans le Bois de lettres). Leur 
couleur est rose. Ils contiennent des th viles. 

%J 

Rayons facilement visibles à la loupe, fins, uniformes, de 
4 à 5 par mm. Ils sont droits et ne s'écartent pas au niveau 
des vaisseaux. Leur couleur, variant du rouge clair au noir, 
est toujours plus foncée que celle du parenchyme, dont la 
teinte se modifie aussi suivant les variétés. 

Parenchyme a visible, abondant, entourant les vaisseaux 
en taches qui s'étendent en minces ailes. Ces dernières 
s'unissent entre elles, formant des lignes plus ou moins con- 
tinues suivant les variétés. (Voir Clef, p. 1o2.) Sa largeur 
égale environ celle des rayons. 

Section radiale. — • Vaisseaux visibles, en lignes foncées. 
Rayons très apparents, en petits flocons foncés, pourpres ou 
noirs. Parenchyme à peine visible, et seulement lorsqu'il est 
humecté ; il se présente en fines lignes noires. 

Section fanr/entielle. — Comme la radiale, mais les couches 
sont faciles à suivre çà et là. Les vaisseaux sont très apparents 
à cause du parenchyme. Rayons très petits, comme des len- 
tilles, obtus, non en étages, et donnant à la coupe un effet moiré. 

Emplois : Bon pour meubles de luxe, tabletterie, tour. 

Parinarium sp., q° 12<) 1 1 F. 

Washiba Bell). Ce bois bien connu ;'» La Guyane Anglaise 
est souvent rapporté au Parinarium (Ferolia guianensis 
Aiibl. Ge n'est pas le Wachiba de da Gama, ni de Lanessan, 



150 H. STONE 

mais je crois, à cause de son emploi, que c'est le bois cité 
par Bassières. 

Noms vulgaires: Waciba Bow-wood(Bell), et tous les noms 
déjà cités aux n os 2011 A et E. 

Caractères généraux. — Bois assez lourd et dur, de couleur 
brun rougeâtre. Surface légèrement luisante, prenant un 
beau polissage ; grain ouvert, plutôt fin. Le bois fonce légè- 
rement à l'air. 

Caractères physiques. — Densité, 0,880 ; dureté, celle du 
Charme ou du Carapa. Sans odeur ni saveur. Solutions de 
couleur brun clair. 

Structure du bois. — L'aubier est de couleur brunâtre ou 
blanc jaunâtre. 

Section transversale. — Couches douteuses. Vaisseaux très 
apparents, grands, de mm. 25 de diamètre, peu variables, 
régulièrement distribués et fortement isolés. Ils sont simples 
ou subdivisés en groupes de 2 à 3, même jusqu'à 7 ; peu nom- 
breux, 10 par mmq. ; ovales ; beaucoup sont remplis d'une 
gomme rouge. Rayons visibles à la loupe, très fins, uniformes, 
équidistants, souvent interrompus par les vaisseaux, écartés 
les uns des autres dune distance bien inférieure au diamètre 
d'un gros vaisseau, et parfois se trouvant au nombre de trois 
dans cet intervalle. Ils sont denses, très nombreux, de 11 à 
13 par mm. Leur couleur est la même que celle des fibres 
ligneuses, mais plus claire. 

Parenchyme abondant, très apparent, et caractéristique ; a 
entourant les vaisseaux en s'étendant en lignes concentriques 
continues, irrégulières. Ces lignes sont toujours fines, et 
même parfois excessivement minces, de 4 à 5 par mm. envi- 
ron ; de couleur brune ; composées de cellules grossières. 

Section radiale. — Vaisseaux très apparents, quoique rares, 
souvent remplis de perles de gomme. Rayons très petits, 
mats, difficilement visibles ; de couleur claire. Pa visible en 
fines lignes blanchâtres très serrées. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les vais- 
seaux sont plus étroits et les rayons à peine visibles. Les 
lignes du Va sont plus fines et moins serrées. 



P.OTS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 151 

Emplois. — Bon pour arcs, gaules de pêche ; très résistant 
et élastique ; peut être obtenu en billots carrés de 80 cm. 
d'équarrissage sur 38 m. de longueur (Miers). 

Ces grandes dimensions prouvent qu'il est d'une espèce 
différente du Satiné. 

D'après Bassières, il se travaille bien et est ordinairement 
sain ; il fait peu de déchets ; on peut en fabriquer des meubles 
magnifiques. 

Éch. type: 0360 Imp. Instit. 

Références : McTurk, p. 4; Bassières, p. 103; Miers, ms. ; Stone T. 
ofC, pi. VII, fig. 57, p. 101. 

Parinarium campestre Aubl., n° 2011 G. 

Noms vulgaires: Petit Parinari des Garipons (Guy. fr. ; 
Aubletj. Parinari ftermegén. ; Brésil; Miers). Gri-gri (Sagot). 
Boohoorada (Arawak : Guy. angl. ; Bell). Beurata, Buirata 
(Surinam; Pulle), mais non Burada, ni Buradeah (v° 6201 B). 

L'échantillon de Bell a été déterminé d'après les feuilles et 
les fruits par le Dr Freeman. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur jau- 
nâtre uniforme. D'après Bell, couleur d'acajou clair ; d'après 
Aublet, de couleur jaunâtre. Surface un peu luisante fonçant 
légèrement à l'air. 

Caractères physiques. — Densité, 0,863 ; dureté, celle du 
Charme. Sans odeur. Saveur très légère du Cèdre. Se fend faci- 
lement. 

Caractères de ïécorce. — Ecorce grise, gercée et ridée 
(Aublet). 

La surface de la bâche est lisse, légèrement striée. 

Structure du bois. — Comme l'espèce précédente, à part 
les légères différences suivantes. L'échantillon de Bell, pro- 
venant d'un arbre de 29 cm. de diamètre, est tout en aubier. 

Section transversale. — Vaisseaux facilement visibles, 
comme des pi (pire s : leur grandeur en diamètre est très 
variable. Ils sont régulièrement distribués, mais leur variation 
en grandeur les rend plus serrés dans quelques zones ; prrsque 
tous simples, quelques paires seulement; ils contiennent sou- 
venl une gomme claire, 



lo2 H. STONE 

Éch. type: il, 2607 Bell. 

Références : Icônes lignorum, pi. 65, en couleur; Bell, p. 4; Aublet, 
p. 517; Sagot (Richesses), p. 8, et Catal,, 1883, p. 309; Stone et Fr., 
p. 11. 

Parinarium montanum AubL, n° 2011 H. 

Synonyme : Parinari montana AubL 

Aublet, p. 514 : Ouroucou-merepa galibis) ; Parinari (Garipons). 
Écorce épaisse, grisâtre, ridée, gercée ; bois jaunâtre, très dur, com- 
pact. 

Huber, p. 176. Pajura (Amazones). 

Clef pour les Satinés, Bois de lettres et les espèces confon- 
dues. 

1 . Parenchyme entourant les vaisseaux en taches 

en forme de losange. Vaisseaux très réguliè- 
rement distribués dans chaque couche. Bois 
excessivement lourd. Brosimum 6623. 

2 . Parenchyme entourant les vaisseaux en petites 

ailes latérales très minces et linéaires, non en 
forme de losange. Vaisseaux irrégulièrement 
distribués en lion es courbes en fer à cheval 
laissant des vides arrondis. Poids pas exces- 
sivement lourd. 

2.1. Parenchyme formant de courtes ailes qui 

n'unissent pas les groupes de vaisseaux. 
Mailles très petites, à peine visibles. 

2.1.1. La surface du bois poli ou humecté a un éclat 

extraordinaire comme s'il était incandescent 
à l'intérieur. Couleur rouge uniforme ou 
panachée de jaune. (Voir Satiné rouge, n° 
2011 A). 

2.1.2. Eclat moyen; couleur brun rougeâtre striée 

de gros pores qui lui enlèvent sa beauté. 

Satiné gris, 2011 B. 

2.2. Parenchyme des ailes s'allongeant tangen- 

tiellement en unissant des groupes de vais- 
seaux voisins et même formant des lignes 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 153 

concentriques, Mailles soit apparentes, soit 
obscures. 

2.2.1. Lignes du parenchyme interrompues le plus 

souvent ; rares et parfois absentes. Bois de 
couleur panachée de rouge, jaune et blanc. 
Mailles de 1 mm. de largeur très appa- 
rentes. Satiné rubané, 2011 C. 

2.2.2. Lignes du parenchyme toujours présentes, 

très fines, souvent plusieurs réunies en- 
semble, et parfois manquant dans certaines 
zones. Pa se présentant en franges très 
apparentes, en section tangentielle. Bois 
de couleur jaune rayé de carmin. Mailles 
obscures. Satiné gris, 2011 D. 

2.2.3. Lignes du parenchyme toujours présentes, 

mais irrégulières en largeur, souvent assez 
larges pour contenir un gros vaisseau. 

2.2.3.1. Bois de couleur brun rougeâtre uniforme. 

Washiba de la Guyane Anglaise, 2011 B. 

2.2.3.2. Bois de couleur jaune uniforme, 201 1 CetD. 

2.2.3.3. Bois de couleur passant du blanc rougeâtre 

au brun clair rayé ; en coupe radiale, le 
bois est strié par les lignes rouges du 
parenchyme. Vaisseaux groupés radiale- 
ment jusqu'au nombre de 22 par groupe. 

Pakoori, 2011 E. 

Clef pour les bois pouvant être confondus par leur structure 
avec Parinariutn. 

1 . . Bois possédant une saveur : 

1.1. Saveur du Cèdre. 

1.1.1. Couleur jaune uniforme. Vaisseaux visibles 

comme des piqûres. Parinarium campestre, 
2011 G. 

1.1.2. Couleur brun verdàlre. Vaisseaux visibles à 

cause de leurs bords clairs. . iramata, 1 837 B. 

1.2. Saveur résineuse. 



154 H. STONE 

1.2.1. Couleur brun noisette foncé. Coupe radiale 

brillante, Itikabouraballi, 1832 A. 

1.2.2. Couleur brun rougeâtre clair rayée. Surface 

brillante et mate tour à tour, à cause du 
grain à rebours. Ineeriballi, 1837 C. 

2. Sans saveur : 

2.1. Rayons au nombre de plus de 2, parfois 4, 

dans un intervalle égalant le diamètre d'un 
gros vaisseau. 
2.1.1. Lignes du parenchyme très apparentes en 

coupe transversale : 

2.1.1.1. Couleur brun rougeâtre. Parinarium sp., 

2011 F. 

2.1.1.2. Couleur de brun rougeâtre à brun clair, striée 

de lignes rouges du parenchyme en coupe 
radiale. Pakoori, 2011 I. 

2.2. Rayons au nombre de deux, ou moins, dans un 

intervalle égalant le diamètre d'un gros 
vaisseau. De couleur brun clair striée de 
fines lignes très apparentes. Irriariadanni, 
1832 C. 

Hirtella americana Lin. nonJacq., n°2014. 

Aublet, p. 247 : Bois de gaulette. Nom général pour tous les bois qui- 
se fendent très facilement et régulièrement à la hache. Bois cassant, 
blanchâtre. 

Sagot, Catal., 1883, p. 303: Hirtella racemosa Lamk. ; Syn. : H. ame- 
ricana Aubl. 

Laslett, p. 450 : H. americana, Kautaballi (v. 2008 D, et pour les autres 
Bois Gaulettes, v. 2008). 

Huber, p. 203. Ajuru (Para : terme gén.). 

Couepia guianensis Aubl., n° 2015 A. 

Synonyme: Acioa amara Willd. Steud ; A. guianensis Aubl. 

Aublet considère cependant ces deux synonymes comme 
deux espèces différentes. Voir les remarques sur Goupy, n° 
1309. 

Le nom Couepi (Galibis, d'après Préfontaine) veut dire 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 155 

« pesant » et est, par conséquent, d'une application générale. 
On doit bien faire attention pour ne pas confondre l'espèce 
présente avec Goupy, Goupaia et Copaia (voir 5489), Coupoui 
(4569), Coa-opia ou Coopia (635), Cupey, Copey ou Cupay 
(638), Coupi fou (503), Goopa (638 B), et avec les autres 
espèces suivantes de Couepia. Comme je n'ai pas vu d'échan- 
tillon bien déterminé, je ne puis donner que des citations. 

Dalechamp, II, p. 727, cite un Copey avec des feuilles 
rondes sur lesquelles on peut écrire avec une épingle. 

Aublet, p. 519 : Couepia guianensis, Couepi (Galibis) ; écorce grise, 
lisse; bois rougeâtre, dur et pesant. Le même, p. 699: Acioa guianensis 
Acioua (Galibis, ; Coupi (Créoles) ; écorce grise, lisse; bois blanc, très 
dur et pesant. 

Sagot, p. 906: Couepia guianensis, Acioa, Water-ropie, Bois rouge, 
assez dur; ne résiste pas aux termites. Le même, p. 922 : Acioa guia- 
nensis ; Coupi, Caméra (Demerary); Kopie des Galibis, Cabucalli des 
Arrouhages. Bois rouge, assez dur; odeur désagréable. Densité, 0,819. 
Il a l'écorce caractéristique des Cbrysobalanées. Dans son Catalogue, 
1883, p. 309, Sagot décrit le bois mais ne parle pas de l'odeur. 

Grisard et de Lanessan donnent les mêmes noms vulgaires 
que Sagot, mais Grisard adopte le Couepia dulcis (syn. Acioa 
guianensis Aubl.) et décrit à part le Couepia guianensis. 

D'après llndex Kewensis il n'y a qu'une seule espèce de 
Couepia à la Guyane. Les noms ressemblant à Cabukalli ne 
doivent pas être appliqués à cette espèce. Je crois que Sagot a 
tort en assimilant Cabucalli avec Coupi et en attribuant à 
Acioa une couleur rougre et une mauvaise odeur. 



'O 



Goupaya, n° 2015 B. 

Préfontaine, p. 170 : Un faux Simaruba. 

Dumonteil, p. 158 : densité. o,:\~ | : force ; 83, élast., 166 : Qexib., 1 . 61, 
p. 163. Classe 6, de Lrès faible valeur. 

Couipo, q° 20121 C. 

Préfontaine, p. 170: Ce noni Bignifie Cœur de roche . car il se 
trouve dans le cœur du bois de petites pierres, is a deui rariél 

uni- rouge el L'autre blanche La var. rouge est la plus dure; elle»' cale •> 
«■i h. Mil l'eau, Employé pour pirogues. Il i le grain du Courbaril. 



136 H. STONE 

Coupi, n° 20! oD. 

Dumonteil, p. 158: Densité, 0,819 ; force, 179; élast., 143, p. 163. 
Classe 2, celle du Chêne. 

Coupi blanc, n° 2015 E. 

Cc-mm. de Brest, p. 188 (Essais sur un échantillon de Dumonteil) : 
densité, 0,932 ; force, de 750 à 850; ou 1,20 si le Chêne égale 1 ; élast., 
25. Le même, p. 197: Il a les mêmes qualités que le Coupi rouge ; 
Classe 1 ; mais son odeur fétide doit en restreindre l'emploi. 

Coupi noir, n° 2015 F. 

Dumonteil, p. 154: densité, 0,881 ; force, 216; élast., 123; flexib., 
1,90, classe 2. 

Comm. de Brest : densité, de 0,869 à 0,915; force de 740 à 940, ou 
1,24 si le Chêne égale I ; élast. de 25 à 30. 

Coupi rouge, n° 2015 G. 

Les mêmes qualités que le Coupi blanc; Classe 1, d'après 
la Comm. de Brest, qui ne donne pas dessais ; mais je suis 
porté à croire que c'est le Coupi de Dumonteil, n° 2015 D. 

Je crois bien que les quatre Coupi cités par la Comm. de 
Brest et par Dumonteil sont tous le Couepia glahran 1309 A, 
mais je les place ici, faute de renseignements précis. 

Coupy, n°2015H. 

Préfontaine, p. 170: Peut être obtenu en dalles jusqu'à 50 pieds de 
longueur. Les indigotiers s'en servent de préférence pour amener leur 
produit à « caler » ou à se précipiter. C'est une de ses propriétés parti- 
culières. 

Copey, n° 2015 1. 

Du Tertre, p. 248 : Raisinier, ou d'après Balechamp : Copey, Guiabaran 
ou Peuplier d'Amérique. L'auteur donne les figures des feuilles et les 
décrit. 

FAMILLE LXXIII. — RHIZOPHORÉES 

TRIBU I. — RHIZOPHORÉES 

Rhizophora Mangle Lin., n° 2232. 

Synonyme : R. americana Nutt. ; B. racemosa Meyer. 



SOIS UTILES DE LA GUVANE FRANÇAISE 157 

Hopkinson en donne des figures et le décrit p. iol (fig. la, 
en section transversale). Il parle bien des petites lignes concen- 
triques du parenchyme, mais sa figure ne les montre pas. Je 
crois que c est un des cas où le parenchyme n'est pas diffé- 
rencié en coupe transparente. 

Les citations suivantes se rapportent probablement à l'espèce 
suivante : 

Dumonteil, p. 152 : Palétuvier rouge. Densité, 1,017 ; force, 317 ; élast., 
168; flexib., 1,48. Le même, p. 160. Classe 2, celle du Chêne. 

Sagot, 1869, II, p. 911 : Bois rougeâtre; écoree riche en tannin. Le 
môme, Catal., 1883, p. 314: Palétuvier rouge; très abondant. 

Lanessan, p. 146: de petites dimensions, dur serré, rougeâtre, inat- 
taquable par l'eau de mer; bon pour palissades. 

Planchon et Collin, II, p. 356 : Description de l'écorce avec la figure 
n° 926 en section transversale. 

Grisard, 1896, p. 357 : Manglier, Mangue roxo, Mangue de Praia (Afr. 
Portug.) ; M angle Colorado (Amer, trop.); Mangrove tree (Angl.); Apa- 
reiba, Guapariba ( v. 5467), Mepareyba (Brésil); Duoc, Kegiungua (An- 
nam, vulg.) ; Balso, Manggi, Api-opi, Tandjau (Java) ; Upoo-panna 
(Telenga , Manglier rouge (Trinité) ; Red Mangrove (Trinité Angl.). Le 
Kino de la Colombie est le nom de la gomme; l'écorce est connue U 
Marseille sous le nom de Cascalolé et Mangrove bark (Angl.). Bois 
rouge ou brun rougeâtre plus ou moins foncé ; très lourd, dur et com- 
pact ; grain lin incorruptible dans l'eau et d'une grande résistance à la 
rupture. Bon pour constructions sous-marines, courbes d'embarcation, 
bardeaux, formes de cordonnier; peut être obtenu de 6 à 7 m. sur 12 à 
isem. d'équarrissage. Densité: 1,120; rupture, 297. L'écorce sert pour 
le tannage des cuirs et la teinture des étoffes. 

Niederlein, p. 15: Mangottier, Mango (Guadeloupe); Vipapa Tahiti 
et Océanie). 

Iluber, p. 196: Mangue vermelho (Amazones), bois de couleur rouge. 

Guillemot, p. 150 : [tanda des Gabonais \ N 'tan des Pahouins Cong 

Pereira, 5' édition, p. 96, cite une écoree très riche en tannin qui 
provient du Mangue secco ou Mangue do brejo qui, cependant, .'< un 
bois jaune ou jaunâtre et ne peut être cette espèce. 

Antran, p. 571 : Bois rougeâtre, très dur. Densité: 1,020. Inattaquable 
par l'eau de mer. Les indigènes du Gabon débarrassent la bille du Palé- 
tuvier de son aubier, La Laissant séjourner dans ta vase pendant une 
quinzaine «le jours. Après ce laps de temps, ta Mlle prend une teinte 
noire, ce < j ui permet aui fraudeurs de la vendre pour de l'ébène. 
L'arbre est très droit et a Bouvent i" mètres de hauteur. 

Cette hauteur indique que ce bois est Lien différent du Pal 
tuvier de La Guyane, 



158 H. StoNe 

Les descriptions suivantes sont faites d'après les échantil- 
lons n os 138 et 266 bis Guvane (Mus. Col. Mars.). 

Caractères généraux de n° 266 bis. — Bois dur et lourd, de 
couleur brun chocolat uniforme. La coupe longitudinale pré- 
sente la surface légèrement brillante, micacée. La nuance de 
toutes les coupes est à peu près semblable ; grain très lin. 

Caractères physiques.. — La densité est légèrement plus 
forte que celle de l'eau; dureté, celle du Cœur vert ou du 
Quebracho. Sans odeur. La solution aqueuse chaude est inco- 
lore ; solution alcoolique légèrement brunâtre. Le bois brûle 
sans arôme spécial en pétillant beaucoup. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 3 mm. environ ; la 
surface externe est rougeâtre ou brun jaunâtre, gercée, mais 
lisse sur les côtes, qui sont formées par des plaques larges et 
plates, superposées et séparées par une mince coupe blanche 
argentée. 

Structure du bois. — Section transversale. Couches dou- 
teuses ; les zones sans lignes du parenchyme pourraient être 
les limites. 

Vaisseaux visibles à la loupe, moyens, peu nombreux, for- 
tement isolés, simples ou par paires, beaucoup de groupes 
radiaux de 3 et même de 4 ; vides. 

Rayons très obscurs, même à la loupe, lins, écartés les uns 
des autres d'une distance égale au diamètre d'un gros vaisseau. 

Parenchyme a à peine visible, entourant incomplètement les 
vaisseaux et h s'étendant en lignes continues, concentriques, 
régulières, d'une largeur égale au diamètre radial d'un gros 
vaisseau et écartées dune distance de deux à quatre fois plus 
grande ; il est de couleur brun clair sur un fond rouge foncé. 

Section radiale. — - Vaisseaux visibles à la loupe. Rayons à 
peine visibles, même sur une surface fendue ; de couleur rou- 
geâtre. Parenchyme obscur. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les lignes 
du Pa sont légèrement visibles par réflexion. Rayons obscurs. 

Palétuvier. Échantillon n° 138. 

Le bois correspond au précédent, sauf les différences 



HUIS UTILES DE LA GL'VANE FRANÇAISE 



183 



suivantes. De couleur brun clair uniforme. Densité, 0,819 ; 
dureté, celle du Charme. Sans saveur ni odeur. 

Structure du bois. — Section transversale. Vaisseaux bien 
visibles à l'œil nu à cause de leur couleur claire, simples ordi- 
nairement et rarement par groupes. 

Ravons nombreux, au moins 3 dans une distance é^ale au 
diamètre d'un gros vaisseau. 

Parenchyme' h visible à la loupe, en lignes légèrement plus 
larges que les ravons et formant avec eux un filet presque 
régulier. Couleur brune comme celle des ravons. 

Section radiale. — Vaisseaux gros, bien apparents à l'œil 
nu. Rayons transparents à peine visibles à cause de leur cou- 
leur se confondant avec celle des fibres ligneuses. 

Section tangentielle. — Les lignes du Ph sont visibles 
seulement au microscope. 

Caractères de Vécorce. — Couleur externe d'un srisarg-enté « 
surface unie, mais fendillée en petites plaques très minces. 
Ces plaques tombant facilement ; notre échantillon en est 
presque privé. La surface sous-jacente est d'un brun rou- 
geàtre. Epaisseur de 8 à 10 mm. La section gris brunâtre, 
d'une structure assez uniforme, est composée de grands scié- 
rites disposés à peu près en couches qui sont séparées par de 
très minces feuilles d'un rouge foncé. Vers l'extérieur, les scié- 
rites sont plus grands, nombreux et serrés. A L'intérieur ils se 
séparent en longues grosses fibres brunes. Texture très dure, 
ligneuse, fibreuse. Sans odeur ni saveur. 

TRIBU IL — LÉGNOTIDÉES 

Gassipourea guianensis Aubl., n° 2246. 

Aublet, p. 529 : écorce grisâtre; bois blanc. 



MAÇON, PROTA1 FRERES, IMPRIMEURS 







PI. III. - Vouacapoua americana Aubl. 
Cylindre de 1><h^ fail au tour, ri montra ni la section tangentielle 








té 





4 

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PI, l\. - — Vouacapoua atnericana Aubl, 
I ion i rnns> ersale 



Fig. 1 



Fig. * 




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Fig. 2 




Fig. 5 







Fig. 3 





Fig. 7 Fi 9- 8 Fig . 

PI. V. — Sections transversales de l>i>i~>, vues à la loupe 




Fig. 10 






Fig. 11 




Fig. 14 



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Fig. 12 



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Fig. 15 




Fi«. 1e Fig. 17 Fig. 18 

!•!_ \l. Sections transversales de bois, vues à la loupe 





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Fig. 19 



Fig. 20 



Fig. 21 






Fig. 22 



Fig. 23 



Fig. 24 











Fig. 25 Fig. 26 F1 9- 27 

PI. \ II. Sections transversales de bois, vues h la loupe 



Principaux Mémoires parus antérieurement dans les 
ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

D r Heckel : Sur quelques plantes à graines grasses nouvelles ou peu connues 
des colonies françaises, et en particulier de Madagascar. Année 1908. 

Claverie : Contribution à l'étude anatomique et histologique des plantes textiles 
exotiques. Année 1909. 

de Wildeman : Notes sur des plantes largement cultivées par les indigènes en 
Afrique tropicale. Année 1909. 

D r Heckel : Les Plantes utiles de Madagascar. Année 1910. 

H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Fragments biologiques de la flore de 
Madagascar. Année 1910. 

Gi illaumin : Catalogue des Plantes phanérogames de la Nouvelle-Calédonie et 
dépendances. Année 1911. 

Dubard : Les Sapotacées du groupe des Sidéroxylinées. Année 1912. 

Baudon : Sur quelques plantes alimentaires indigènes du Congo français. Année 
1912. 

de Wildeman : Les Bananiers ; culture, exploitation, commerce ; systématique 
du genre Musa. Année 1912. 

H. Jumelle et II. Perrier de la Bathie : Palmiers de Madagascar. Année 1913. 

P. Choux : Études biologiques sur les Asclépiadacées de Madagascar. Année 
1914. 

H. Jumelle : Le D r Heckel. Année 1915. 

R. Hamet et II. Perrier de la Bathie : Contribution à l'étude des Crassulacées 
malgaches. Année 1915. 

A. Fauvel: Le Cocotier de Mer, Lodoicea Sechellarum. Année 1915. 

11. Jumelle : Les Recherches récentes sur les ressources des Colonies françaises 
et étrangères et des autres Pays chauds. Année \'Hi'>. 

Il Jumelle : Catalogue descriptif des Collections botaniques du Musée Colonial 
de Marseille : Madagascar et Réunion. Année 1916. 

II. Jumelle: Catalogue descriptif des collections botaniques du Musée Colonial 
de Marseille : Afrique Occidentale Française. Année 1911 

H. Jumelle : Notes statistiques sur les Plantations étrangères de caoutchouc 
dans le Moyen-Orient. Année 1917. 

II.. h mi mi : Les variétés du Palmier à huile. Année 1917. 

11. li mi i i i : Quelques données sur l'état actuel de la culture cotonnière. Ani 
1917. 



MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE 



Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 1893, 
paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur importance, 
sont en vente chez M. Challamel, libraire, 17, rue Jacob, à Paris, à 
qui toutes les demandes de renseignements, au point de vue commer- 
cial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M. Henri 
Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, directeur du Musée 
Colonial, 5, rue Noailles, à Marseille. 

Les auteurs des mémoires insérés dans les Annales ont droit gra- 
tuitement à vingt-cinq exemplaires en tirage à part. Ils peuvent, à 
leurs irais, demander vingt-cinq exemplaires supplémentaires, avec 
titre spécial sur la couverture. 

La suite du travail de M. H. Stone sur Les hois utiles de la Guyane 
Française paraîtra dans le second fascicule de 1918. 



MAÇON. PROTAT FRERES. IMPRIMEIRS. 



INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 
M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences 
Directeur du Musée Colonial de Marseille. 



Vingt- sixième année, 3 e série, 6 e volume (1918) 

1" FASCICULE 

1° Essais de Fabrication de Papier avec la Passerine hirsute et d'autres Thyméléacées, par 
MM. E. DOURON et L. VIDAL, professeurs à l'Ecole Française de Papeterie. . . 1 

2° Essais de Fabrication de Papier avec le Bois-touchon de la Guyane Française, par 
MM. E. DOURON et L. VIDAL 11 

3° Nouvelles observations sur les Mascarenhasia de l'Est de Madagascar, par MM. H. JUMELLE 
et H. PERRIER DE LA BATHIE 15 

4° Les Dypsis de Madagascar, par M. H. JUMELLE 21 

5° L'Elevage à Madagascar, par M. Georges CARLE, chef du Service de Colonisation à Ma- 
dagascar 39 

6° L'Elevage et le Commerce des Viandes dans nos Colonies et quelques autres Pays, pa r 
M. H. JUMELLE 57 

7° Palmistes et Noix de Bancoul de Madagascar, par M. Louis RACINE, chimiste à la Stéari- 
nerie Fournier, de Marseille 112 



X 



MARSEILLE 

MUSÉE COLONIAL 

5, Rue Noailles, 5 



PARIS 

LIBRAIRIE CHALLAMEL 

17, Rue Jacoh, 17 



1918 



Revue Agricole et Vétérinaire 



DE 



Madagascar et Dépendances 



DiFeeteat* : G. CA^LiE 



PARAIT TOUS LES MOIS 

Abonnement pour la France et les Colonies françaises : 10 francs 



Imprimerie-Librairie LAVÎGNE 

Rue Amiral-Pierre, à TANANARIVE (Madagascar) 



COLONIES ET MARINE 

*?ue des PetitsnChamps, 11. — PAt^IS 



PARAIT TOUS LES MOIS 

Abonnements : 

Un an : France 36 francs. 

— Etranger 40 francs. 

Prix du numéro : 3 francs. 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 



(Année 1918) 



ORLÉANS. IMPRIMERIE 11. 1ESSIEU 



INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



ANNALES 



DU 



MUSËE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 
M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences 
Directeur du Musée Colonial de Marseille. 



Vingt- sixième année, 3< série, 6 e volume (191 S) 

le* FASCICULE 

1° Essais de Fabrication de Papier avec la Passerine hirsute et d'autres Thyméléacées, par 
.MM. ]•:. DOl RON el L. VIDAL, professeurs à l'Ecole Française de Papeterie. .. 1 

2° Essais de Fabrication de Papier avec le Bois-bouchon de la Guyane Française, par 
MM. ]•]. DOl l:<>\ et, L, VIDAL Il 

3° Nouvelles observations sur les Mascarenhasia de l'Est de Madagascar, par MM. H. .11 MELLE 
.•t II. PERRIER DE LA B \TIIII-: 15 

4° Les Dypsis de Madagascar, par M. H. JUMELLE 21 

5° L'Elevage à Madagascar, par M. < ceorges ÇA I : I . I ■'.. i lief du Service de « lolonisation ;"> Ma- 
dagascar 



•-■ 



6° L'Elevage et le Commerce des Viandes dans nos Colonies et quelques autres Pays, pa r 
M. II. .Il MELLE 

7° Palmistes et Noix de Bancoul de Madagascar, par M. Louis RACINE, i himiste à la Stéari- 
nerie Fournier, de Marseille 112 



MARSEILLE 

MUSÉE Colonial 

5, hv\ Noau i ES, 5 



PARIS 
LIBF URIE CHAL1 A M KL 

17. Ri e .1 a. ob, 17 



1918 



Essais de Fabrication de Papier 

avec la 

Passerine hirsute et d'autres Thyméléacées 

Par MM. E. Douron et L. Vidal 

Professeurs à V Ecole Française de Papeterie 



La disette des matières premières propres à la fabrication 
du papier fait en ce moment envisager l'utilisation des Passe- 
rines, arbustes buissonnants de la région méditerranéenne, 
très communs dans certaines régions du Maroc et de l'Algérie. 
L'espèce la plus intéressante tant par son abondance que par 
sa taille est le Passerina hirsuta L. (Thymelsea hirsuta Endl.), 
plante touffue, très rameuse, atteignant 1 m. 50 environ (1). 
Des échantillons ont été envoyés du Maroc à M. le professeur 
H. Jumelle qui, après les avoir déterminés d'une façon précise, 
a bien voulu en confier l'étude technique au Laboratoire des 
3S ais de l'Ecole française de Papeterie. Le directeur de cette 
Ecole, M. Barbillion, nous ayant chargés de l'exécution de ce 
travail, nous allons le résumer brièvement. 



il) Cette espèce un peu polymorphe, bien connut- en effel dans la 
/ion méditerranéenne — on la trouve, par exemple, aux environs de 
Marseille, dans le Var, etc. — ne nous semble guère avoir été signalée 
jusqu'ici au Maroc, «>ù on mentionne plus souvent la Passerina 
canescens. Les premiers échantillons nous furent envoyés par M. Perrier 
de la Bâthie, doril l'attention avail été attirée sur cette piaule qui 
couvre en peuplements serrés presque tous les sables que l'on voit autour 
de la forêt de Mamora, soit une superficie de plus de 100.000 hectares 
D'autre part, le service de I* agriculture du Maroc, auquel nous devons 
I - lots de tiges sur lesquels li lis de l'Ecole de Papeterie de Grenoble 

«mi été faits, nous indique que i ette plant.- pousse en abondance dans 
tout is les terres siliceuses de la zone littorale maro< aine, et particuliè- 

ii -ni dans la formation des sables mio< ô tes situés ai rd et au sud 

le la forêt d • Mamora 1 1. J 



2 ESSAIS DE FABRICATION DE PAPIER 

On peut sans doute songer à utiliser la Passerine tout 
comme on le ferait d'un Genêt quelconque, puisqu'il est pos- 
sible de faire du papier avec n'importe quelle plante ligneuse. 
Mais ce qui rend ce végétal plus particulièrement intéressant, 
c'est qu'il appartient à la famille des Thyméléacées, c'est-à- 
dire à une famille illustre dans le monde de la papeterie : le 
papier impérial du Japon, le vrai « Japon », et c'est tout dire, 
est fabriqué avec l'écorce d'une Thyméléacée, Y Edgeworthia, 

L' Edgeworthia papy rijera est un petit arbre d'environ 2 mètres 
que l'on cultive tout exprès pour la papeterie. Son nom japo- 
nais, Mitsumata (trois fourchettes), lui vient de ses rameaux 
trifurqués. Son écorce, extérieurement noirâtre, est très épaisse. 
On la détache régulièrement par un écorçage méthodique et' 
on la traite par des procédés spéciaux tenus jalousement 
secrets. On sait seulement que la base du traitement est un 
lessivage avec des cendres. Quoiqu'ils altèrent bien davantage 
les fibres, on peut aussi employer les procédés ordinaires de 
lessivage à la soude, et c'est ce que l'on fait dans les papeteries 
modernes, outillées à l'européenne. Avec Y Edgeworthia on 
fabrique des papiers variés et très estimés, depuis ces embal- 
lages écrus, curieusement mouchetés de points noirs, si extra- 
ordinairement solides qu'ils sont presque indéchirables, jus- 
qu'aux délicieux papiers pelures ornés de fleurs et d'hiéro- 
glyphes, jusqu'aux somptueux papiers blancs, au magnifique 
éclat nacré caractéristique, réservés aux impressions de luxe. 

D'autres Thyméléacées asiatiques sont employées en pape- 
terie, mais d'une façon plus restreinte. 

Le Wickstroemia canescens, en japonais le Gampi, fournit 
une sorte de Japon supérieur. Il n'est guère utilisé qu'au 
Japon, bien qu'on le trouve aussi en Chine et dans l'Inde. La 
production est faible, parce que l'arbuste est petit et diffi- 
cile à cultiver. Cette matière, de toute beauté, est extrêmement 
chère. On la réserve au papier-monnaie et on ne l'exporte pas 
en Europe. 

Nous possédons au Tonkin une espèce voisine, le Wickstroe- 
mia Balansœ Drake (Journal de Botanique, 1889). Il est spon- 
tané dans les bois de la région montagneuse, et il est cultivé 



. AVEC LA PASSERINE HIRSUTE 3 

depuis longtemps par les indigènes pour la fabrication du pa- 
pier dit de Caj-djo. C'est un excellent papier, assez fortement 
teinté, mais très résistant. 

Le Lagetta lintearia Lam. (Daphne Lagetta Sw.) est origi- 
naire du Népaul. On le cultive dans l'Inde, à la Jamaïque et au 
Brésil. C'est le bois-dentelle, ou plante à papier du Népaul, 
dont l'écorce très fibreuse donne un papier bien connu. 

Le Daphne cannabina Wall., également du Népaul, est sou- 
vent confondu avec le précédent sous le nom de Népal papier 
plant. 

Enfin le Daphne Pseudo- Mezereum est spontané et cultivé 
dans le Japon méridional. 

Les Thyméléacées de l'Extrême-Orient étant donc des plantes 
à papier de premier ordre, il était tout naturel d'examiner si nos 
espèces indigènes ne pourraient pas fournir une matière uti- 
lisable, fût-elle même un peu coûteuse. 

Nous nous en étions occupés bien avant qu'on vînt nous 
proposer la Passerine. Il y a cinq ou six ans, à un moment où la 
question des celluloses de remplacement, quoi qu'on en parlât 
déjà beaucoup, ne se posait certes pas d'une façon aussi pres- 
sante qu'aujourd'hui, nous avons étudié à ce point de vue nos 
principales espèces françaises : les Daphne Laureola, Mezereum 
et Gnidium. Nous avions reconnu que leur écorce donne un 
produit assez remarquable, encore qu'inférieur à celui des 
espèces asiatiques, mais nous avions reconnu aussi, et même 
bien vite, que le prix de revient en serait tout simplement 
exorbitant. La guerre survenue là-dessus nous empêcha de 
publier ces résultats qui paraissaient de pure curiosité. Nous 
les aurions oubliés nous-mêmes si l'étude de la Passerine ne 
nous les avait pas fait exhumer. 

Essais sur la Passerink [Passerina kirsiUa) 

La Passerine, d'après <■«• que nous venons <!<> voir, pourrail 
êï re employée à la façon « I « * VEdgeworthia »•! de Ses succédanés, 
c'est-à-dire en n'en utilisant quel'écorce. Ç'esl là la première 
pensée, la plus naturelle, mais il faul l'abandonner i»>nt de 



4 ESSAIS DE FABRICATION DE PAPIER 

suite. En effet les rameaux de Passerine sont menus : ils 
ont au maximum la grosseur du doigt, plus souvent celle d'un 
crayon. Dès le premier coup d'œil on voit quel'écorce, qui ne 
forme qu'une faible partie* de l'ensemble, est bien trop mince 
pour être exploitable seule : le rendement serait dérisoire. 

Dans ces conditions nous avons dû traiter la tige tout en- 
tière, écorce et bois. Il est bon d'enlever les feuilles, qui tombent 
du reste facilement. De plus il vaut mieux rejeter les extré- 
mités des pousses, trop molles et trop menues. 

La matière, telle qu'elle nous a été expédiée, c'est-à-dire 
séchée à l'air, renfermait environ 12 p. 100 d'eau. 

Nous avons effectué le dosage de la cellulose pure par la 
méthode de Cross et Bevan, dite par chloruration. 

La tige entière (bois et écorce) renferme 32 p. 100 de son 
poids de cellulose. 

Le bois en contient 36 p. 100. 

L'écorce en renferme 24 p. 100 seulement. 

Ces notions, indispensables pour le calcul du rendement, 
montrent combien il serait faible si, on n'utilisait quel'écorce. 
En effet, l'écorce ne représente qu'environ le tiers du poids 
total. Il s'en suit que 100 kilogrammes de tiges, qui donnent 

24 
33 kilogrammes d' écorce, fournissent seulement : 33 X t-^. 

— 7 kgr. 92 de pâte à papier. 

Si on emploie toute la tige on a le rendement acceptable de 
32 kilogrammes de pâte pour 100 kilogrammes de matière. 

Voici le traitement que nous avons appliqué. 

Les tiges ont été débitées au hache-paille, en fragments de 
3 à 4 centimètres, puis ont été soumises à un lessivage alcalin, 
effectué à l'autoclave dans les conditions suivantes, fixées 
après plusieurs tâtonnements :, \ 

Matière première 2 kgr. 

Soude (en NaOH pur) 20 p. 100 kgr. 400 

Concentration de la liqueur 5° Baume 

Pression 3 atmosph. 

Durée de la cuisson ' 14 heures 

Le lessivage s'avère ainsi comme long et dispendieux. 




Explication de la Planche I 



Cellulose de Passerine. 
Pâte à papier obtenue parle traitement de la tige du Passerlna hirsutah. 

I'. éc. — Fibres corticales ; l'une d'elles est presque toute entière dans le 

champ, il n'en manque ^ r uùre que le quart. 
f. lig. — Fibres ligneuses, 
se. — Cellules scléreuses. 
p. — Cellules parenchymateuses corticales, 
v. — Vaisseaux. 



AVEC LA PASSERINE HIRSUTE 5 

La matière lessivée, puis bien lavée, a été défibrée dans une 
pile d'essai. La pâte obtenue, relavée, est d'un brun clair ; 
elle constitue la cellulose écrue. Nous en avons gardé une par- 
tie pour en tirer quelques feuilles par le procédé à la cuve et 
nous avons blanchi le reste. 

Le blanchiment a été effectué au chlorure de chaux dans une 
solution à 10° Baume. Nous avons enfin tiré quelques feuilles 
de cette pâte définitive, qui est la cellulose blanchie. 

Le papier obtenu, blanchi ou même écru, est d'une très 
médiocre- ténacité ; sa résistance à la déchirure est faible» 
Malgré le pourcentage élevé de chlore employé, le blanchiment 
est resté un peu insuffisant. 

Examinée au microscope, la pâte se montre composée, ainsi 
que le montre la planche I, d'un mélange, en proportions 
fort inégales, de deux sortes de fibres : les unes très longues, 
provenant de l'écorce, les autres très courtes, du bois. 

Les fibres corticales (péricycliques et libériennes pour em- 
ployer un langage plus rigoureusement scientifique) sont à la 
fois très longues et très fines. Elles mesurent de 2 à 4 milli- 
mètres et ont un diamètre de mm. 010 environ. Elles ont 
la même longueur que celles de YEdgeworthia, mais avec une 
finesse plus grande. Comme celles de toutes les Thyméléacées. 
elles sont caractérisées par un renflement allongé en am- 
poule, situé à peu près au milieu de la longueur. Outre ce 
gros renflement ampullaire, il y en a souvent d'autres, plus 
petits, qui rendent la fibre comme noueuse. La paroi est 
épaisse et le lumen assez réduit, mais très irrégulièrement 
dilaté dans les nœuds, et surtout danslerenflementampnll.iire, 
où il s'élargit beaucoup. Les extrémités sont très variées de 
forme : elles sont souvent dilatées en spatule, ou munies de 
bourgeons latéraux disposas tous du même côté, ou bifurqué* 
ou capricieusement ramifiées. Toutes ces particularités se 
retrouvenl dans YEdgeworthia »'t onl été décrites • ■! figuré» 
minutieusement par plusieurs auteurs (1). 



i s.iiin : Anatomische Studien ûber wichtige Faserpflanzen Japa 
mit besonderer Berticksichtigung der Bastzeîlen. Tokio, Jour. Coll. 

1901. 



6 ESSAIS DE FABRICATION DE PAPIER 

Ces fibres ont un pouvoir feutrant considérable. Leur lon- 
gueur absolue (3 millimètres en moyenne) et relative (le 

10 1 

rapport du diamètre à la longueur est égal à : = ~— 

~ o . UUU oUU 

leur donnent en effet une grande capacité d'enchevêtrement. 

Quoique suffisante, la ténacité est bien moindre que celle 
du Mitsumata ou du Gampi, parce que la fibre est beaucoup 
plus menue. En outre le lessivage assez sévère qu'elle a subi 
n'est pas sans en avoir diminué la résistance d'une façon très 
sensible. 

Au total, ces fibres sont tout de même très bonnes, et, s'il y 
en avait beaucoup, nous serions fort satisfaits. Mais que repré- 
sentent-elles par rapport à l'ensemble ? Peu de chose: 15 p. 100, 
20 p. 100 peut-être. Tout le reste est formé par les fibres 
ligneuses. 

Comme les peuples heureux, celles-ci n'ont pas d'histoire. 
C'est qu'on avait estimé jusqu'ici qu'elles ne pouvaient servir 
à rien ; en quoi du reste on ne se trompait pas. 

Ces fibres ligneuses sont en effet extrêmement courtes, 
au point d'en être curieuses. Elles ont à peine 1/2 millimètre 
en moyenne. Si on considère que 1 millimètre est un mini- 
mum pour les fibres utilisables en papeterie, on voit que nous 
sommes loin de compte. 

Les fibres ligneuses de la Passerine sont donc très menues ; 
leur diamètre est de mm. 015 en moyenne. Le rapport du dia- 

15 1 

mètre à la longueur, qui est de — - == ^, est très mauvais. En 

sorte que le pouvoir feutrant est très faible, pratiquement nul. 
La paroi de la fibre est mince, et par conséquent peu tenace. 
Mais ceci est accessoire, et la brièveté domine tout : cette pâte 



Jencic : Bastfasern der Thymeleaceen. Œester. bot. Zéitschi-., 1902. 

Wiesner: Rohstoffe des Pflajizenreiches ; 2 e édition, 1903. Donne. mil 
résumé très complet, avec figures, du travail de Jencic, son élève. 

Yogi : Anatomische Studien ùber Blatt und Achse der einheimischen 
Daphne-Arten, mit besonderer Berùcksichtigung der Bastfasern. 1910. 
Traite plutôt de la distribution topographique des fibres que de leur 
structure. 



AVEC LA PASSERINE HIRSUTE 7 

n'est pas Ain lacis, ce n'est à proprement parler qu : une pous- 
sière de fibres. 

En plus des fibres, on trouve dans la cellulose de Passerine 
les éléments variés que l'on rencontre dans toutes les pâtes de 
bois. Ce sont des cellules scléreuses, des cellules parenchyma- 
teuses et des vaisseaux. Il serait oiseux de les décrire. 

En résumé la pâte à papier de tige de Passerine renferme 
quelques bons éléments, malheureusement trop peu nom- 
breux, noyés dans une masse de fibres sans valeur. Sa ténacité 
et son pouvoir feutrant sont, au total, franchement mauvais. 

Aussi bien de l'étude micrographique que de l'examen du 
papier fabriqué il ressort que la Passerine n'est pas susceptible 
de trouver un emploi pratique en papeterie. 

Essais sur les Daphne 

Les trois plus grandes espèces de nos pays sont les Daphne 
Laureola, Mezereum et Gnidium. Ce sont les seules à considérer, 
les autres étant beaucoup trop petites pour qu'on puisse envi- 
sager une utilisation quelconque. 

Elles ont à peu près la même structure, et le produit obtenu 
est sensiblement identique pour toutes les trois. 

La plus intéressante est le Daphne Laureola, arbrisseau 
d'environ 1 mètre, à longues tiges peu rameuses, de la gros- 
seur du doigt, ou même du pouce. Son écorce est très épaisse. 
Il est assez commun dans les bois frais et ombragés. En Algé- 
rie on ne le trouve que dans la région montagneuse. 

Le Daphne Mezereum, ou Bois-gentil, est un peu plus petit. 
C'esl mie plante <]<"> montagnes, et qui n'est abondante nulle 
part. 

Le Daphne Gnidium, ou Garou, donl l'écorceesl employi 
.■ii médecine comme vésictfnl . esl assez commun dans le Midi 
de la France et tyien plus en Algérie. Il ait ci ni 1 m. 50 et môme 
1 mètres, mais ses rameaux sont givlrs ri effilés. En outre il 

a plus fortement lignifié, que les précédent qui rend Bon 
lessivage plus difficile et plus coûteux. 



8 ESSAIS DE FABRICATION DE PAPIER 

En reprenant la question, nous nous sommes occupés seule- 
ment de l'espèce la plus convenable, qui est le D. Laureola. 

Dans cette plante, l'écorce est, soit d'une manière absolue, 
soit proportionnellement au bois, bien plus développée que 
dans la Passerine. En poids, elle représente à peu près la 
moitié de l'ensemble. Dans un premier lot d'échantillons, 
récoltés aux environs de Grenoble, nous avons trouvé que 
l'écorce formait les 45 p. 100 du poids total ; dans un autre lot r 
également du Dauphiné, mais provenant d'une autre localité,, 
nous avons trouvé 51 p. 100. 

Fraîchement récoltée, la tige contient 32 p. 100 d'eau. 

La teneur en cellulose de la tige entière (non écorcée) est 
en moyenne de 28 p. 100. 

A la rigueur, on pourrait envisager l'utilisation de la seule 
écorce. Elle est assez épaisse et s'enlève facilement. La cellu- 
lose qu'on peut en retirer (nous avons fait l'expérience sur 
quelques grammes) est très fibreuse. 

Toutefois, le rendement étant faible, pratiquement trop 
faible, il nous a paru nécessaire, bien que ce ne soit pas aussi 
indispensable que pour la Passerine, d'y joindre le bois. 

Nous avons donc traité la tige non écorcée, sectionnée en 
morceaux de 3 à 4 centimètres, et en rejetant seulement les 
extrémités qui sont vertes et encore molles. 

Nous avons lessivé à l'autoclave et dans les conditions 
suivantes : 



Matière sèche 2 kgr. 

Soude, calculée en NaOH, 20 p. 100 kgr. 400 

Concentration de la liqueur 5° Baume 

Pression 3 atmosph. 

Durée de la cuisson 10 heures 



On voit que le lessivage a été intentionnellement abrégé ; 
c'était afin d'altérer les fibres le moins possible. 

Mais, s'il était suffisant pour les fibres de l'écorce, qui sont 
peu lignifiées, il ne l'était pas pour celles du bois, qui le sont 
davantage. Et on voit là le gros inconvénient qu'il y a à traiter 
ensemble deux matières d'une inégale dureté. 



AVEC LA PASSE RINE HIRSUTE 9 

Avec ce lessivage peu poussé, le blanchiment devient très 
. difficile. Effectué dans les mêmes conditions que celui de la 
Passerine, il n'a donné qu'une pâte verdâtre et d'un aspect 
peu satisfaisant. 

Evidemment un lessivage plus énergique aurait facilité 
l'action du -chlore et aurait permis d'obtenir un produit 
final au moins égal, sinon supérieur, au papier de Passerine. 

Quoi qu'il en soit, les. papiers de Daphne, écrus ou plus ou 
moins blanchis, sont notablement plus solides que ceux de 
Passerine. La résistance à la déchirure est meilleure; le papier 
est plus nerveux et a du sonnant. L'aspect pourtant n'en est 
pas satisfaisant : il est déparé par des taches d'un jaune- ver- 
dâtre et par des incuits. A noter également la présence de 
matières gommeuses, qui le rendent fortement parcheminé. 

L'examen microscopique de la pâte montre, mais avec une 
proportion plus élevée de fibres corticales, la même structure 
que dans la Passerine. 

On peut estimer que les fibres corticales forment ici 25 
à 30 p. 100 du poids de la pâte, et les fibres ligneuses le reste. 
Si les fibres corticales ne constituent pas, et il s'en faut de 
beaucoup, la moitié du poids de la pâte, bien que l'écorce re- 
présente la moitié du poids de la tige, c'est parce que le rende- 
ment de l'écorce est moindre que celui du boisi Nous ne l'avons 
pas déterminé exactement pour le Daphne, mais on peut s'en 
faire une idée par les dosages de Passerine que nous avons 
rapportés plus haut. 

Nous ne décrirons pas la cellulose de Daphne puisqu'elle esl 
semblable à celle de Passerine. Qu'il nous suffise <!•• dire que 
les fibres du bois y sont tout aussi courtes, tout aussi mau- 
vaises, mais qu'au total la pâte, renfermant davanl ç de 
fibres longues, esl toûl <!•■ même plus tena'ce. Il n'est pas éton- 
nant qu'elle donne un papier plus résistant. 

Néanmoins l'utilisation dn Daphne n'esl pas .'i envisager 
Le rendement est faible, I'- traitement difficile, le produit 
médiocre, En outre le tonnage nécessaire à l'alimçntation d'une 
usine serait impossible ;'i réaliser, la plante n'< tant nulle pari 
t rès abondant •'. 



10 FABRICATION DE PAPIER AVEC LA PASSERINE HIRSUTE 

En résumé, ni la Passerine ni les autres Thyméléacées de nos 
pays ne justifient les espoirs qu'avaient fait naître de falla- 
cieuses analogies. 

D'abord ce ne sont que de petits arbrisseaux, et c'est déjà 
un gros inconvénient. 

Ensuite l'écorce, quoique relativement épaisse, est, étant 
donné les faibles dimensions de la tige, d'un rendement trop 
faible pour être employée seule. 

Enfin le bois, qu'il serait indispensable de traiter pour 
augmenter la production, est formé de fibres si courtes qu'il 
ne vaut absolument rien. 

Ces plantes ne sont pas utilisables en papeterie. 

Telle est la conclusion brutale et fort claire de cette étude. 
Nous la publions malgré ses résultats négatifs afin d'éviter 
à d'autres chercheurs , des tentatives aussi vaines que coû- 
teuses. 



Essais de Fabrication de Papier 
avec le Bois-bouchon de la Guyane Française 

Par MM. E. Douron et L. Vidal 

Professeurs à VEcole Française de Papeterie 



Le bois-bouchon de la Guyane (1) est, comme son nom 
l'indique, remarquable par sa légèreté. Sa densité est de 0,60 
seulement. Il est très peu coloré, blanc même, et à cet égard 
paraît convenir pour la papeterie. Par contre, il est loin d'être 
particulièrement tendre et ne se laisse couper qu'assez diffi- 
cilement. 

L'échantillon qui nous a été soumis était un gros billot de 
bois séché, contenant seulement 8 p. 100 d'humidité. 

Le dosage de la cellulose a été effectué par la méthode par 
< liloruration, et nous a donné une teneur de 31 p. 100. Ce 
chiffre est peu élevé. IÎ est dû à ce que le bois renferme beau- 
coup de lignine combinée à la cellulose. Nous allons voir 
que c'est uniquement à cette haute teneur en lignine qu'il 
doit sa dureté. 

Comme traitement, on peut employer soit le procédé au 
bisulfite, soit celui à la soude. Nous avons donné la préfé- 



i Nous M'' pouvons malheureusement donner une détermination 
botanique précise de <•,• bois-bouchon, M. II. Stone, de Birmingham, 
spécialiste réputé des bois exotiques, qui avait remarqué dans la 
collection du Musée colonial de Marseille les échantillons i< i étudiés, 

h. m- 'lif <| '«-i arbre est parfois rapportée une Légumineuse, VInga alba 

Willd., mais sans doute à tort, caria structure du l>"i^ serait plutôt celle 
«l'un.' Euphorbiacée. D'autre part, alors que Ylnga >>lf>u ,i une écorce qui 
donne une teinture violette ■•! noire, l'écorce «lu bois-bouchon est d'une 
mil m .in extrême <•! réduite à quelque llulairesqui ne dépassent 

1ère L'épaisseur 'l'un ôpiderme M. J.). 



12 ESSAIS DE FABRICATION DE PAPIER 

rence au second procédé, qui, en général, convient mieux 
aux bois feuillus. 

Le bois, préalablement écorcé, puis^réduit en fragments 
de 2 à 3 centimètres, a été lessivé comme suit : 

Matière première sèche 200 gr. 

Soude calculée en NaOH pur, 20 p. 100 40 gr. 

Concentration de la lessive 5° Baume 

Pression 3 atmosph. 

Durée de la cuisson 15 heures 

Ce traitement est onéreux, tant par la grande quantité de 
soude nécessaire que par sa longue durée. 

Après un lavage énergique et un défibrage judicieux, la 
pâte écrue obtenue a été blanchie dans une solution de chlo- 
rure de chaux pesant 10° Baume. Le blanchiment est mé- 
diocre : malgré l'action prolongée du chlore la pâte conserve 
une couleur jaunâtre. 

Les pâtes écrue et blanchie ainsi obtenues ont été tirées par 
le procédé à la cuve et ont fourni divers échantillons de papier. 

Ces papiers sont loin d'être satisfaisants: ils sont peu tenaces, 
et c'est leur plus grand défaut; en outre leur aspect est bien 
médiocre. 

Examinée au microscope (pi. II), la cellulose de bois-bouchon 
se montre formée de fibres ligneuses ayant de 1 millimètre à 
1 mm. 1 /2, en moyenne 1 mm. 20, de longueur. Leur diamètre 
est de m. 025 environ. Assez larges en leur milieu et sur à 
peu près la moitié de leur longueur, elles se rétrécissent forte- 
ment aux deux extrémités, qui forment de longues pointes 
très effilées ; souvent elles sont terminées en baïonnette. La 
paroi de la fibre est toujours très mince ; elle est, par places, 
amincie en larges ponctuations transversales. Ainsi que cela 
arrive souvent chez les essences tropicales à croissance rapide 
et continue, il n'y a pour ainsi dire pas de fibres à parois 
épaisses et à lumen réduit. 

Les éléments non fibreux consistent en vaisseaux et rayons 
médullaires. Les vaisseaux sont peu abondants. Leur taille 
est médiocre ; leur diamètre moyen est de mm. 20 à mm. 25. 




IMPLICATION DE LA PLANCHE II 



Cellulose de Bois-bouchon 



f. lig. - - Fibres ligneuses. 
m. — Rayons médullaii 

v. — Vaisseau. 



AVEC LE BOIS-BOUCHON DE LA GUYANE 13 

Ce sont des vaisseaux ponctués, ouverts, à trou terminal non 
grillagé, à appendice court ou nul. Les rayons médullaires sont, 
pour la plupart, rectangulaires, quelques-uns carrés. 

Au point de vue de la longueur des fibres, cette cellulose 
est tout à fait comparable à celle des bois feuillus employés 
en papeterie, en particulier à celle du tremble. 

Le rapport de la longueur de la fibre à son diamètre est : 

25 1 



1200 48 

Cette longueur relative, 48 fois le diamètre, et la longueur 
absolue, 1 mm. 20, indiquent un pouvoir feutrant, ou capacité 
d'enchevêtrement, médiocre, passable cependant, à peu près 
égal à celui de la cellulose de tremble. 

La longueur serait donc suffisante, mais la solidité ne l'est 
pas. Le principal défaut réside dans la minceur de la paroi 
de la fibre, qui cause le déplorable manque de ténacité signalé 
plus haut. 

Le fait le plus saillant, et qui caractérise essentiellement le 
bois-bouchon, est donc d'être formé par des fibres à paroi 
mince. Sa légèreté ne vient même que de là. Sa porosité est 
due à la spacieuse cavité des fibres, et non point aux vaisseaux, 
qui ne sont ni grands, ni nombreux. 

La dureté enfin serait très faible dans le bois naturel, si la 
haute teneur en lignine ne contrebalançait pas le peu d'épais- 
seur de la paroi. Au point de vue biologique, il y a là un- 
efficace compensation : le végétal économise les matériaux 
• ■il lés employant plus résistants. A notre point de vue tri 
spécial, la combinaison est fort mauvaise: nous sommes oblig» 
d'éliminer la lignine, qui rend ta fibre inutilisable parce que 
rigide. Nous avons d'autant plus de mal à noua en débarrasser 
qu'elle est plus abondante. Quant elle es1 supprimée, il nerest< 

qu'ui tnbre de paroi. El voilà comment le bois-bouchon ne 

donne qu'une cellulose peu tenace, inférieure lie du 

i reiribL 

Résumons-nous. 



14 FABRICATION DE PAPIER AVEC LE BOIS-BOUCHON 

En dépit des apparences, le bois-bouchon ne convient pas 
à la papeterie. 

C'est, il est vrai, un bois blanc et léger. Mais il renferme 
beaucoup de lignine, il est difficile à traiter, il a un rendement 
faible. Enfin le produit obtenu est, sinon mauvais, du moins 
très médiocre. Tout au plus pourrait-on l'utiliser comme une 
pâte de remplissage sans grande valeur. 

A notre avis ce n'est donc pas à la fabrication du papier 
qu'il faut employer ce bois si particulier. 



Nouvelles Observations 
sur les Mascarenhasia de l'Est de Madagascar 

* 

Par MM. H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie 



Dans une précédente note sur les Mascarenhasia du ver- 
sant oriental de Madagascar (1) nous avons signalé sur ce ver- 
sant la présence de cinq espèces du genre. 

Au nord de Vohémar, où la végétation reste sensiblement 

celle du Nord-Ouest et, en particulier, du Sambirano, les trois 

espèces qui croissent en même temps que le Landolphia Per- 

rieri sont le Mascarenhasia arborescens, le Mascarenhasia 

' angustifolia et le Mascarenhasia lanceolata. 

Au sud de Vohémar apparaît, au contraire, la végétation 
spéciale du versant Est ; et, entre Tamatave et Farafangana 
notamment, nous avons mentionné : 

1° La variété à gros follicules (var. coriacea) du Mascaren- 
hasia arborescens, qui d'ailleurs se présente, comme le type, 
sous les deux grandes formes anceps et longifolia, appelées l'une 
et l'autre, suivant les régions, herotrahazo, ou bobo, ou hazon- 
drano des vallées ; 

2° Le Mascarenhasia mangorensis, qui est encore un babo : • t 
à Analamazaotra ïhazondrano des hauts; 

3° Une espèce qui est encore nommée herotrahazo et que — 
n'en connaissant pas les fleurs — nous n'avons jusqu'alors, 
décrite que sous la vague et provisoire dénomination de 
« Mascarenhasia i\ grandes feuilles de Mahazoaiivo >\ 

\u sujet <lu Mascarenfyàsia arborescens nons ne pouvons 



(1) il. Jumelle et H. Perrier de la Bâthie: Les Mascarenhasia de l'Est 
de Madaga» ar. Agriculture des Pays Chauds, 1913. 



16 NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LES MASCARENHASIA 

que continuer à confirmer ce que nous avons déjà dit à maintes 
reprises. Il nous est toujours impossible d'établir une délimi- 
tation entre l'espèce de l'Ouest et le Mascarenhasia coriacea 
Dub., que nous ne considérons que comme une variété, tout 
au plus, du Mascarenhasia arborescens de l'Est. Nous avons 
déjà représenté diverses formes de follicules de ce Mascarenhasia 
arborescens de l'Est, et on a pu ainsi se rendre compte que ces 
follicules ne sont pas constamment trapus ; nous pourrions 
encore citer aujourd'hui d'autres cas analogues, qui nous 
seraient fournis par divers rameaux fructifères provenant 
d'un seul et même individu, par exemple pour certains pieds 
récoltés à Analamazaotra. Il ne nous semble pas qu'aucun 
doute puisse subsister. 

Dans les environs de la baie d'Antongil, à Rantabé, vers 
500 mètres d'altitude, l'arbre qui est appelé là barabanjafotsy 
ou gidroafotsy est à follicules courts (6 à 7 centimètres) mais a 
bien les feuilles de la forme longifolia. Les noms de baraban- 
jafotsy et gidroafotsy sont dus à la teinte blanche de l'écorce 
que présente aussi parfois dans l'Ouest, par exemple dans 
le Sambirano, cette même forme sylvicole. 

Ces Mascarenhasia de Rantabé, qui étaient de grands et 
beaux arbres, se trouvaient en forêt encore vierge ; et comme 
à l'ordinaire, les pieds qui, croissant ainsi sous une ombre 
épaisse, avaient été coupés, n'avaient pas donné de rejets 
et étaient morts. Le latex était blanc et caoutchoutifère 
jusque dans les rameaux du sommet. 

Plus au Nord, entre Antalaha et le Sambava, toutes les 
plaines sablonneuses sont couvertes de la forme recépée anceps, 
et les follicules sont tantôt épais et récurvés, tantôt, et plus 
ouvent, grêles et dressés. Plus au Nord encore, vers le Bemarivo 
du Nord-Est, sur les collines dénudées, c'est cette même forme " 
avec des follicules trapus, tandis que, au bord des lacs de la 
base d*i mont Ambohibé, sur le Bemarivo, on retrouve la 
forme longifolia. 

C'est donc bien toujours, au-dessous de Vohémar et jusque 
dans le Sud, le même Mascarenhasia arborescens, très rustique, 
s'adaptant à tous les climats pourtant si variables sous les- 



DÉ L'EST DE MADAGASCAR 17 

quels il pousse, et même — ce qui est rare pour une espèce 
indigène — au régime des feux de brousse. 

Une des plus grande variations que nous ayons constatée, 
et qui pourrait être quelque peu troublante, c'est celle des 
formes des lagunes, dont le latex, dans les jeunes rameaux, au 
lieu d'être blanc, est hyalin .et incolore. Mais à Sambava l'un 
de nous a pu encore constater que ce caractère, s'il est très 
fréquent, n'est pas absolument constant. Sur la limite de la 
mangrove, et sur 1 mètre carré environ de superficie, étaient 
cinq Mascarenhasia jeunes, mais déjà recépés, et dont les 
pousses ne dépassaient pas 1 mètre de hauteur ; trois étaient 
à feuilles obtuses et deux à feuilles acuminées. Or les deux pieds 
à feuilles acuminées et un des pieds à feuilles obtuses étaient 
bien à latex hyalin, mais les deux autres individus étaient, dans 
toutes leurs parties, à latex blanc et caoutchoutifère. 

Il n'y a donc pas lieu encore d'attacher une importance parti- 
culière à ce caractère, qui serait dû à une influence de milieu 
(influence saline sans doute) s' exerçant plus ou moins réguliè- 
rement. 

Et la faible valeur de toutes ces petites variations d'ordres 
divers se manifeste surtout bien quand on compare ces mi- 
nimes différences à celles, beaucoup plus nettes, que pré- 
sentent entre eux les Mascarenhasia qui sont réellement d'autres 
espèces. 

Si ces nombreuses formes que nous réunissons sous le nom 
de Mascarenhasia arborescens ne nous offrent, sous leurs mul- 
tiples changements, aucun caractère qui, par sa constance 
puisse nous permettre de les bien séparer, nous n'avons plus 
la même impression dès que nous considérons un autre Masca- 
renhasiatel, par exemple, que le Mascarenhasia mangorensis. Ni 
les feuilles ni les fleurs ne nous laissent ici longtemps Inciter. On 
es1 tout de suite bien convaincu qu'il s 'agit d'une autre espèce. 

!)<• niriiii'. nous pensions tout de suite, dans notre pi 
dente note, que le « Mascarenhasia à grandes feuilles de Maha- 
zoarivo », dont les fleurs n<>w< étaienl cependant inconnues, 

ut vraisemblablement, malgré l'atténuation fréquente • !»' 
la base du limbe vers !•• pétiole, comme dans !»■ Mascarenhasia 



18 NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LES MASCARENHASIA 

arborescens, une tout autre espèce. Aujourd'hui que les fleurs 
nous en sont connues, notre opinion se trouve justifiée, et 
nous pouvons donner une description complète de cet autre 
herotrahazo. 

C'est, comme nous l'avons déjà indiqué, un grand arbre 
de 15 à 25 mètres de hauteur. Le tronc, très droit et lisse, est 
à écorce d'un rouge cannelle. La souche ne paraît pas émettre 
de rejets. 

Quoique les feuilles, très coriaces, soient souvent un peu 
atténuées vers le pétiole, la forme générale est plus régulière- 
ment ovale ou elliptique que dans le Mascarenhasiaarborescens. 
Parfois, d'ailleurs, elles sont plus larges dans la moitié supé- 
rieure. Le pétiole est court et épais (5 à 10 millimètres). Le 
limbe, glabre, peut avoir 17 centimètres de longueur sur 8 de 
largeur, ou 20 à 22 sur 7 à 9. Le sommet en est arrondi et 
échancré ou, au contraire, brusquement acuminé ; mais il peut 
être aussi un peu anguleux, légèrement acuminé ou non. Les 
bords sont un peu repliés sur la face inférieure. Les nervures 
secondaires, au nombre de 8 à 10 de chaque côté, sont très 
espacées et un peu arquées vers le haut ; les nervures tertiaires 
ne sont pas apparentes. 

Les fleurs sont par 3 à 5, en inflorescences terminales ou sur 
de très courts rameaux axillaires. Elles sont pédicellées 
(25 millimètres), grandes (5 à 6 centimètres en bouton). Non 
encore ouvertes, elles sont d'un rouge vif," sauf à la base du 
tube, qui est verdâtre. Epanouies, elles sont d'un blanc légè- 
rement rosé ; la teinte rouge ne persiste que sur les parties 
qui étaient extérieures dans le bouton, ainsi que dans les deux 
tiers supérieur du tube. Les sépales sont rougeâtres. 

Ces sépales sont épais, lancéolés (13 millimètres sur 4), aigus ; 
ils sont glabres sur les deux faces, et leur nervure médiane est 
saillante sur la face inférieure. 

Le tube de la corolle, épais, glabre extérieurement, est 
composé d'une partie inférieure étroite, longue de 12 à 13 milli- 
mètres, et d'une partie supérieure brusquement élargie, longue 
de 30 millimètres environ, assez régulièrement cylindrique et 
ne s'évasant que dans les cinq derniers millimètres. Les lobes, 



DE L'EST DE MADAGASCAR 19 

de 40 millimètres sur 22, sont ovales, aigus, contournés, pubéru- 
lents extérieurement, brièvement pubescents intérieurement. 

Les anthères sont insérées à la base même de la partie élar- 
gie du tube, qui porte intérieurement de nombreux poils bruns. 

Le style est un peu plus long seulement que la partie étroite 
basilaire du tube corollaire ; le stigmate est au niveau des 
anthères, qui F entourent.. Le disque est sensiblement de la 
hauteur de l'ovaire. 

Les follicules sont dressés ou étalés ; ils sont très longs (20 à 
27 centimètres), grêles (5 millimètres au plus), aigus ou un peu 
obtus. Les graines (10 millimètres sur 2) sont surmontées d'une 
aigrette brune, de 18 à 20 millimètres de longueur. 

Le latex est blanc, même dans les jeunes rameaux; il donne 
partout et jusque dans les follicules un bon caoutchouc qui, 
d'après les Betsimisaraka, est très abondant. 

Nous avons déjà signalé autrefois cette intéressante espèce 
à Mahazoarivo, dans le bassin du Matitana, vers 175 mètres 
d'altitude, mais On la retrouve bien plus au Nord, dans les bois 
du bassin de l'Anove, où elle est appelée gidroamena et barn- 
banjamena, puis à Marambo (Masoala), sur le versant d'Anta- 
laha, où c'est le barabanjantanetij, ou « baranbaja <\r> collines ». 

Nous la nommerons Mascarenhasia rubra. 

Elle semble croître, d'ordinaire, jusque vers 200 mètres d'al- 
titude, dans les bois plutôt secs, et elle n'a voisine ni les bords 
des coins d'eau, ni les terrains marécageux. 

Les feuilles sont d'autant plus épaisses et coriaces que l'arbre 
a poussé dans des endroits plus découverts. Son état naturel 
étant la pleine forêt, il doit, lorsque cette forêt disparait, 
s'adapter aux nouvelles conditions de milieu que l'homme lui 
crée, c'est -à -dinde grand soleil, unacertaine sécheresse et le vent. 
D'autre part, quand les pieds on1 grandi bous la futaie mais l'onl 
dépassée, les feuilles du faite deviennent coriaces,- tout en étant 
plus petites que celles des individus vivanl en endroits dénudés. 

De là, pour ce Mascarenhasia comme pour tant d'auti 
espèces du genre, un grand polymorphisme foliaire. 

Qiiiini .ni latex, ses variations, dans* ea plant» aoutchouc 
de Madagascar, sonl bellement complexes que chaque < onstata- 



20 NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LES MASCARENHASIA 

tion nouvelle obscurcit plutôt le problème qu'elle ne l'éclairé, 
et nous en avons la preuve dans le dernier fait que nous signa- 
lerons ici. 

Nous ne sommes pas absolument sûrs, au reste, que la plante 
sur laquelle ce fait a été remarqué soit bien un Mascarenhasia, 
car nous n'en connaissons pas les fleurs. 

C'est un arbre de 10 à 15 mètres de hauteur, à écorce bru- 
nâtre. Les feuilles, persistantes et glabres, ont un court pétiole 
de 5 millimètres. Le limbe, de forme générale ovale (4 à 7 centi- 
mètres sur 2 à 3), est atténué vers ce pétiole et généralement 
un peu plus large dans la moitié supérieure que dans la moitié 
inférieure ; il s'arrondit assez fortement vers le sommet, qui 
se termine en un long acumen (12 millimètres) un peu obtus. 
La nervation est surtout visible sur la face inférieure. Entre 
quelques nervures plus fortes en sont d'autres plus fines, toutes 
étant reliées par des nervures transversales en réseau assez 
apparentes. 

Les fruits sont des follicules extrêmement grêles et à péri- 
carpe très mince, atteignant jusqu'à 40 centimètres de longueur 
sur 2 millimètres seulement de largeur ; ils contiennent une 
rangée de graines de 10 millimètres de longueur sur 1 millimètre 
de largeur avec une aigrette brune de 15 millimètres environ. 

L'espèce croît à 500 mètres d'altitude dans les bois de la 
baie d'Antongil. C'est là que l'un de nous a pu observer la 
curieuse particularité de son latex. 

Dans toute la partie aérienne de la plante, le liquide qu'on 
recueille ne laisse par évaporation qu'une matière brune soluble 
dans l'eau, mousseuse comme du savon, et plus ou moins 
analogue à celle qu'on trouve dans le lait des Alafia. Mais, dans 
les racines et dans la partie de l&souche située au-dessous du 
sol, le latex est blanc comme celui des Mascarenhasia, et il 
donne un bon caoutchouc, qui, au reste, n'est pas exploité. 

Et nous ne connaissons pas jusqu'alors d'autre exemple d'une 
plante dont les parties souterraines contiennent du caoutchouc, 
alors que la partie aérienne en est dépourvue et est cependant 
représentée par un tronc de 10 à 15 mètres de hauteur. 



Les Dypsis de Madagascar 

par M. Henri Jumelle 



Les Dypsis, qui constituent un genre d'Arécées spécial à 
Madagascar, sont presque toujours de petits Palmiers grêles, 
dont la hauteur ne dépasse guère 1 ou 2 mètres, avec un tronc 
dont le diamètre est de 10 à 25 millimètres au plus. Par excep- 
tion, le Dypsis major, le Dypsis procera et le Dypsis fascicalata 
atteignent entre 3 et 4 mètres de hauteur, et le Dypsis gracilis 
peut avoir jusqu'à 5 mètres. 

Par l'aspect général comme par les dimensions, les Dypsis 
sont très voisins des Neophloga, genre également malgache, 
mais l'androcée fournit entre ces deux groupes génériques 
des caractères distinctifs bien marqués. 

Il y a six étamines dans la fleur mâle des Neophloga ; il n'y 
en a que trois dans la fleur mâle des Dypsis. En outre, chez 
les Neophloga, le connectif est étroit et de même longueur à peu 
près que les loges polliniques, qui sont elliptiques, allongé* 
rapprochées, presque parallèles ou légèrement divergentes à 
la base, puis l'anthère est dorsifixe, le filet étant inséré plus ou 
moins haut au-dessus delà base du conneotif; dans les Dypsis, 
leconnectif est large et court, et les loges, ellipl iques ou souvenl 
presque globuleuses, y sont accolées latéralement ou bien Boni 
nettement pendant 

Dans les Neophloga, d'autre part, l'épi (i -t parfois simpli 
dans les Dypsis nous ne connaissons que deux esp< où l'in- 
florescence ne soit pas ramifiée. 

Enfin, ojiez certains Dypsis, la bractée axillante oommui 
de chaque glomérule floral esl à bords frangés, alors qu'elle ne 
l'est jamais cher aucun des Neophloga jusqu'alors décrit s. 



22 LES DYPSIS DE MADAGASCAR 

Mais ces deux derniers caractères n'ont donc qu'une valeur 
très relative puisqu'ils ne sont ni constants, ni absolument ex- 
clusifs. 

Pour les Dypsis comme pour les Neophloga, l'une des diffi- 
cultés de leur étude et de leur détermination spécifique réside 
dans leur polymorphisme foliaire. 

Souvent — et peut-être même toujours — les pieds jeunes 
ont des feuilles à limbe formé d'une seule lame obtriangulaire 
plus ou moins échancrée (forme simplicifrons), tandis que, 
dans les pieds plus âgés, les feuilles sont penniséquées ; et l'on 
est alors d'autant plus exposé, en certain cas, à admettre deux 
espèces que les pieds fleurissent déjà lorsque les limbes sont 
encore simples. Evidemment l'examen attentif des inflo- 
rescences peut bien être un premier moyen d'identification des 
deux formes, mais ces inflorescences, chez des espèces dis- 
tinctes, sont souvent tellement voisines, par l'aspect comme par 
l'organisation florale, qu'il peut parfois rester quelque doute ; 
et ce n'est aussi qu'assez rarement qu'on peut avoir la bonne 
fortune, comme nous l'avons eue pour le Neophloga Catatiana, 
de posséder des échantillons qui présentent, réunies sur le 
même pied, les deux formes de limbe, ou bien encore de pou- 
voir, comme pour le Dypsis forficifolia (pi. III), examiner ces 
deux formes sur deux tiges d'une même touffe. Le critérium le 
plus sûr est souvent, dès lors, la structure anatomique de la 
gaine et du limbe ; et c'est, en particulier, l'étude de cette struc- 
ture qui nous a fait ramener au Neophloga concinna notre ancien 
Neophloga triangularis, de même que cette structure, même 
si nous n'avions pas connu le pied polymorphe auquel nous 
venons de faire allusion, eût suffi pour nous faire rattacher 
au Neophloga Catatiana notre ancien Neophloga indivisa. 

Dans une note ultérieure nous tenterons d'ailleurs, pour le 
genre Neophloga, une étude analogue à celle que nous allons 
donner pour les Dypsis, mais nous ne nous occuperons aujour- 
d'hui que de ce dernier genre. Huit espèces en étaient jusqu'alors 
connues, mais nos dernières recherches, grâce aux collections 
de M. Perrier de la Bâthie, nous font porter le nombre à dix-neuf. 

Nous avons déjà rappelé plus haut la faible taille de la plu- 



LES DYPSIS DE MADAGASCAR 23 

part de ces Palmiers à trois étamines. Leurs feuilles, lorsqu'elles 
ne sont pas formées d'une seule lame obtriangulaire plus ou 
moins échanerée, sont composées d'un plus ou moins grand 
nombre de segments, lancéolés ou ovales, larges ou étroits, de 
longueur très variable, acuminés, ordinairement plus ou moins 
décurrents sur le rachis, à nervures principales ordinairement 
saillantes sur la face supérieure, isolés ou groupés, et opposés 
ou alternes, les deux segments du sommet étant souvent con- 
crescents par leurs bases, à l'extrémité du rachis, en une sorte 
de flabellum terminal, plus ou moins profondément bifide. Le 
pétiole est de longueur variable; et la gaine tubuleuse, striée, 
est tronquée au sommet, ou présente une ou deux languettes 
oppositipétioles. Les inflorescences sont très rarement des 
épis simples, et presque toujours des grappes une ou deux fois 
ramifiées, et à très nombreux rameaux grêles (plus grêles que 
ceux des Neophloga) ; l'axe principal est enveloppé de deux 
longues spathes, glabres, glabrescentes ou duveteuses, ouvertes 
seulement au sommet ; cet axe et les épis sont rarement gla- 
brescents, plus fréquemment parsemés ou même abondamment 
revêtus de squamules laciniées roussâtres. Sur les épis. I 
fleurs, qui sont généralement minuscules, sont par glomérul 
de trois, plus ou moins espacés ; et chaque glomérule, situé 
à l'aisselle d'une bractée dont le bord est frangé ou non. es1 
composé d'une fleur médiane femelle et de deux fleurs latérales 
mâles. Dans les fleurs mâles, les sépales sont ordinairement 
suborbiculaires, plus ou moins carénés et éperonnés, imbriqués : 
les pétales, deux ou trois fois plus longs, sont valvaires, on- 
caves, ovales, striés ; les trois étamines ont les caractères plus 
haut mentionnés, et leurs filets, sont, ou non, souder à la base 
en une cupule ; il y a ou il n'y a pas trois étamine< ; l'ovaire es1 
rudimentaire, conique. 

Dans la fleur femelle, qui se développe ordinairement api 
les fleurs mâles, les sépales s<ml arrondis, non ou peu carén< -. 
les pétales Boni ovales, deux à i rois fois plus longs : il y a »i\ I i 
petits staminodes dentiformes ; l'ovaire esl asymétriquemenl 
globuleux ou globuleux gibbeux, avec trois Btigmates Bubult 
excentriques ou latéraux. 



24 LES DYPSIS DE MADAGASCAR 

Les fruits, ordinairement rouges quand ils sont frais et 
mûrs, sont des baies oblongues ou ovoïdes, souvent un peu 
incurvées, surtout lorsqu'elles sont desséchées, à résidus stig- 
matiques tout à fait basilaires. La graine est à albumen homo- 
gène. 

Ainsi défini, le genre Dypsis englobe non seulement l'ancien 
genre Dypsis Noronha, mais encore les deux genres Tricho- 
dypsis Bâillon et Adelodypsis Beccari. Mais déjà M. Beccari, 
dans ses Palme del Madagascar de 1912, n'admet plus qu'un seul 
genre Dypsis, avec les trois sous-genres Eudypsis, Trichodypsis, 
et Adelodypsis, qu'il différencie ainsi : 

Les trois étamines fertiles sont alternipétales, avec filets 
connés à la base, et il n'y a pas de staminodes, dans les Eudypsis. 

Les trois étamines fertiles sont oppositipétales, avec filets 
coudés à la base en une cupule, et il y a trois staminodes plus 
ou moins rudimentaires, dans les Trichodypsis. 

Les trois étamines fertiles sont alternipétales, avec filets 
libres à la base, et il n'y a pas de staminodes, dans les Adelo- 
dypsis. 

Tout en reconnaissant que cette subdivision peut se justifier, 
nous n'avons pas cru nécessaire d'en faire état. Il n'y a vrai- 
ment pas de délimitation générale bien nette surtout entre les 
Eudypsis et les Trichodypsis et il faut avouer que, dans des 
fleurs aussi minuscules que celles de ces Dypsis, fleurs qu'on ne 
peut, en outre, bien souvent, examiner qu'à l'état jeune sur des 
spécimens desséchés, il devient en certains cas très délicat de 
décider si les étamines sont alternipétales ou oppositipétales, et 
s'il y a ou non des staminodes. On peut donc parfois rester 
fortement embarrassé pour quelques espèces. Voilà pourquoi 
nous ne tiendrons pas compte de ces caractères, non plus que 
de la subdivision qui en résulte, dans le tableau dichotomique 
que nous allons établir. Nous décrirons ensuite rapidement, 
jusqu'à ce que paraisse une étude plus complète, ceux de ces 
Dypsis qui sont nouveaux. 

Nous avons admis plus haut, pour le genre, un total actuel 
de dix-neuf espèces; et ceci semblerait supposer dix espèces 
nouvelles, puisque M. Beccari, en 1912, dans son travail sur 



LES DYPSIS DE MADAGASCAR 25 

les Palmiers de Madagascar, en mentionne déjà neuf. En réa- 
lité, nos Dypsis nouveaux sont au nombre de onze, car nous 
croyons devoir laisser de côté, tout au moins momentané- 
ment, le Dypsis (Adelodypsis) Boiviniana Bâillon. 

Ainsi que l'explique M. Beccari, les exemplaires avec 
lesquels Bâillon créa cette espèce furent récoltés par Boivin 
dans l'île Sainte-Marie, forêt de Ravinetsara, mais sont mélan- 
gés, dans l'herbier du Muséum de Paris, avec des spécimens du 
Chrysalidocarpus oligostachya ; et la description de Bâillon 
porte donc sur le mélange de ces deux Palmiers, dont les inflo- 
rescences sont assez semblables. En rapportant l'un des frag- 
ments de ces inflorescences (avec des fleurs à trois étamines) 
au Dypsis Boiviniana, M. Beccari laisse ainsi l'espèce unique- 
ment fondée sur ce petit spécimen ; et ce n'est, d'autre part, 
qu'avec quelque « probabilité » qu'il réunit à ce morceau de 
spadice des fragments de feuilles trouvés dans le même herbier, 
mais avec une étiquette de Boivin (en provenance de la forêt 
deTafondro, à Sainte-Marie). Certes, la compétence toute spé- 
ciale de M. Beccari et sa profonde connaissance des Palmiers sont 
une garantie de l'exactitude de son rapprochement, mais h 
plante n'en reste pas moins, au total, si mal connue que 
description ne peut trouver place à côté des descriptions bien 
plus complètes que nous pouvons donner pour les autres espèe- 

En plus de nos onze Dypsis nouveaux, nous avons, en effet, 
retrouvé dans l'herbier de M. de la Bâthie six des huit autr 

pèces déjà décrites ; et les renseignements qui accompagnent 
tous ces échantillons nous permettront de donner pour tous 
Palmiers, en ce qui concerne notamment leurs dimensions ••( 
leur port, mieux que les vagues indications dont on doit trop 

uvent se contenter à cet égard, d'après les notes des herbiei 

Deux seulement de tous ces Dypsis nous resteni inconnus. 

L'un est le Dypsis kirtula, ([ni n'esl jusqu'alors représenté 
dans les collections que par deux rameaux de spadi n- 

pvés dans l'herbier de Munich et nu spécimen pin- complet 
appartenant à LTierbïer dé Hambourg. Noua n'avons pu 
retrouver dans L'herbier de M. de La Bâthie aucun exemplair* 
qui corresponde a La diagn donnée par M. Beccari; noua 



26 LES DYPSIS DE MADAGASCAR 

ne pouvons donc, pour cette espèce, que nous reporter à la des- 
cription du botaniste italien. 

Le Dypsis hirtula étant à limbe simple, il ne serait pas impos- 
sible, au surplus, d'après la remarque faite plus haut, que ce 
fût uneiorme jeune d'une de nos nouvelles espèces, mais nous 
n'avons aucun moyen de le reconnaître puisque nous ne pou- 
vons recourir au critérium anatomique (1). 

Le second Dypsis que nous n'avons pu voir est le Dypsis 
Mocquerysiana, qui n'est représenté que dans l'herbier de 
Candolle. L'espèce est à feuilles simples ou à quatre segments. 

En ce qui concerne les espèces dont, en plus du D. hirtula, 
nous ne connaissons que les feuilles simples, nous croyons pou- 
voir dire, toujours en nous basant sur la morphologie foliaire 
interne, que celles que nous décrivons ici, si elles sont des états 
jeunes, ne sont pas, du moins, des états qui correspondent 
à nos autres Dypsis à feuilles penniséquées. 

Et nous classerons, en définitive, dans le tableau suivant, 
toutes les espèces actuelles de ce genre Dypsis. 

I. — Feuilles penniséquées, a segments disposés isolément 

DE CHAQUE COTÉ DU RACHIS 

A. — Feuilles le plus souvent à quatre segments, en deux paires opposées. 

a) Segments ordinairement de 10 à 20 centi- 
mètres de longueur. Bractée axillante de 

chaque glomérule floral à bord frangé .... D.Hildebrandtii 

b) Segments ordinairement de 35 à 50 centi- 
mètres de longueur. Bractée axillante du 
glomérule à bord entier. 

a') Bractées florales propres laciniées .... D. Mocquerysiana 
&') Bractées florales propres non laciniées.. D. manaranensis 

B. — Feuilles à 6 ou, quelquefois, 8 segments. 

a) Les deux segments inférieurs ou les deux 
paires inférieures sont nettement moins 
larges que les quatre segments supérieurs ; 
segments médians larges d'au moins 3 cen- 
timètres. 



(1) Ce pourrait être également la forme jeune du Dypsis forficifolia, 
car les feuilles photographiées par M. Beccari offrent une grande resems- 
blance avec la forme simplicifrons de ce Dypsis que nous trouvons dans 
l'herbier Perrier de la Bâthie. 



LES DYPSIS DE MADAGASCAR 27 

«') Pétiole d'au moins 15 centimètres. 
Segments foliaires latéraux d'au moins 

40 centimètres de longueur, D. procera 

V) Pétiole de moins de 10 centimètres. 
a") Bractée axillante de chaque glomé- 

rule floral frangée D. Laneeana 

fc") Bractée axillante non frangée. 
1° Segments foliaires terminaux unis 

à la base en une lame flabelliforme . D. forficifolia 
2° Segments foliaires terminaux à peu 

près semblables aux latéraux D. littoralis 

b) Les deux segments foliaires inférieurs de 
même largeur à peu près ou à peine moins 
larges que les segments supérieurs, 
a') Segments médians de 20 millimètres au 
plus de largeur. Bractée axillante du 
glomérule floral non frangée. 
a") Inflorescence atteignant 35 centi- 
mètres, à nombreux rameaux grêles, 
de 5 à 6 centimètres, glabrescents, 

ainsi que l'axe D. glabrescens 

b") Inflorescence de 15 à 17 centimètres, 
avec quelques rameaux espacés, courts 
(2 centimètres), et couverts, ainsi que 

l'axe, d'un duvet roussâtre D. angusta 

b') Segments foliaires médians de 25 milli- 
mètres au moins de largeur. Bractée axil- 
lante du glomérule floral frangée D. viridis 

C. — Feuilles à 8 segments et davantage. 

a) Bractée axillante du glomérule floral à 
bord non frangé. 

a') Segments foliaires très étroits ( 10 milli- 
mètres), non décurrents à la base ; pé- 
tiole de 9 à 1 3 centimètres D. linearis 

b') SegmentsfoliairesdelOà 18 millimètres, 

décurrents à la base; pétiole presque nul. D. plurisecta 

b) Bractée axillante du glomérule floral à 
bord frangé. 

a') Epi simple D. n -hua 

//) Inflorescence ramifiée D. masoalet 

II. — Feuilles pbnniséqj ées, a segments disposes par groupes 

i.| en \Oj r COTÉ Dl B 1CHIS, 
LES DEUX TERMINAI X NON DÉC1 RRENTS \ IV I Lî 

l. — Segments ovales, acuminés, de 30 centi- 
mètres sur 3 à '• centimètres. Pétiole de 
centimètres, i "ti\ ex< nrles deui fa< i 
Bract'»' axillante de chaque glomérule 
floral sans poil terminal D. gra* 



28 LES DYPSIS DE MADAGASCAR 

B. — Segments lancéolés, étroits, de 20 centi- 
mètres sur 10 à 15 millimètres. Bractée 
axillante de chaque glomérule floral ter- 
minée par une squamule en forme de poil 
simple ou ramifié D. fasciculata 

III. — Feuilles a limbe simple 

PLUS OU MOINS PROFONDÉMENT ÉCHANCRÉ 

A. — Un long pétiole (15 centimètres) D.longipes 

B. — Pas de pétiole ou pétiole court (15 à 
20 millimètres). 

a) Limbe de 28 à 35 centimètres, échancré 
jusque vers le milieu de sa longueur, sur 

14 à 18 centimètres D. Louvelii 

b) Limbe de 12 centimètres environ, 
échancré seulement au sommet, sur 

4 à 5 centimètres D. hirtula 

Ce premier tableau peut être complété par le suivant, que 
nous baserons sur les caractères anatomiques de la gaine 
et du limbe. 

Gaine sans lacunes. Faisceaux libéro-ligneux 
sur un seul rang. Limbe à parenchyme 
palissadique net D. Hildebrandtii 

Gaine avec quelques rares lacunes dissémi- 
nées dans la moitié supérieure du méso- 
phylle. Sclérenchyme extralibérien de la 
méristèle principale en demi-cercle plutôt 
qu'en arc. Limbe sans parenchyme palis- 
sadique. Méristèles des nervures du limbe 
assez régulièrement ovales, arrondies aux 
deux extrémités, et seulement un peu plus 
longues que larges D. viridis 

Gaine avec un rang de lacunes assez espacées 
sur toute la face supérieure, au-dessous du 
collenchyme. Sclérenchyme extra-libérien 
de la méristèle principale en demi-cercle. 
Méristèles des nervures du limbe ovales, 
notablement plus longues que larges, ou 
vaguement losangiques, avec plusieurs 
faisceaux. Pas de parenchyme palissadique D.linearis 

Gaine avec quelques petites lacunes, sur 
deux ou trois rangs, localisées au fond de la 
concavité de cette gaine. Sclérenchyme ex- 
tra-libérien de la méristèle principale en for- 
me d'arc épais et court. Limbe sans paren- 
chyme palissadique. Méristèles des ner- 



LES DYPSIS DE MADAGASCAR 29 

vures vaguement piriformes, avec un ou 
deux faisceaux libéro-ligneux, ces méris- 
tèles se prolongeant en pointe au sommet, et 
brièvement et largement anguleuses dans la 
partie scléreuse extra-libérienne D. angusta 

Gaine avec deux ou trois rangées de petites 
lacunes rapprochées au-dessous du collen- 
chyme. Sclérenchyme extra-libérien de la 
méristèle principale en forme de gouttière. 
Pas de parenchyme palissadique dans le 
limbe. Méristèles des nervures du limbe 
vaguement losangiques, avec un ou deux 
faisceaux. Nervures saillantes D. monostachya 

Gaine avec trois ou quatre rangées de plus 
grandes lacunes, allongées, rapprochées, au- 
dessous du collenchyme. Sclérenchyme 
extra-libérien de la méristèle* principale 
large et bas, à bords à peine relevés. Pas 
de parenchyme palissadique. Méristèles 
des nervures du limbe ovales, légèrement 
plus longues que larges, à faisceau unique D. plurisecta 

Lacunes plus ou moins arrondies, très nom- 
breuses au fond de la concavité de la gaine, 
où leur ensemble a, sur la coupe, une 
forme triangulaire ; un ou deux rangs de 
ces lacunes au-dessous du collenchyme, 
sur les parois de la gaine, de part et d'autre 
du fond de cette gaine. Sclérenchyme extra- 
libérien de la méristèle principale en forme 
d'arc épais et court. Pas de parenchyme 
palissadique net dans le limbe. Méristèles 
des nervures très allongées, elliptiques, 
avec nombreux faisceaux, arrondies au 
sommet de la nervure et nettement angu- 
leuses dans la partie scléreuse inférieure 
extra-libérienne D. manaranensis 

Gaine avec nombreuses petites lacunes plus 
ou moins arrondies, disséminées dans la 
moitié supérieure du mésophylle, plus 
nombreuses et sur une plus grande profon- 
deur au fond de la concavité de la gouttière. 
Sclérenchyme large et bas, en forme <V.u 
et renfermant quelques faisceaux libéro- 
Kgnoux. Limbe sans parenchyme pâli 
sadique. Méristèles des nervures piri- 
formes, avec nombreux faisceaux libéro- 
ligneux, terminées en pointe .m Bommel 
et anguleuses dans la partie scléreuse exti 
libérienne l> l uvelii 



30 LES DYPSIS DE MADAGASCAR 

Gaine avec nombreuses et grandes la- 
cunes allongées, souvent séparées seule- 
ment par une ou deux assises de cellules, 
au-dessous du collenchyme. Jlots fibreux 
interposés àces lacunes. Petits îlots fibreux, 
à peu près tous au même niveau, sous 
l'épiderme inférieur. Sclérenchyme de 
la principale méristèle nettement en gout- 
tière. Pas de parenchyme palissadique dans 
le limbe. Méristèles des nervures piriformes, 
avec peu de faisceaux, terminées en pointe 
au sommet et arrondies dans la partie 
scléreuse extra-libérienne D. Lanceana 

Gaine sensiblement de même structure que 
celle de l'espèce précédente, mais lacunes 
plus grandes encore et moins allongées et 
plus arrondies. Limbe sans parenchyme pa- 
lissadique net. Méristèles ovales ou vague- 
ment losangiques, avec un petit prolonge- 
ment scléreux au sommet, et anguleuses 
dans la partie scléreuse extra-libérienne. D.forficifolia 

Gaine sensiblement de même structure que 
les deux précédentes, à grandes et nom- 
breuses lacunes allongées. Limbe à paren- 
chyme palissadique. Méristèles des nervures 
piriformes, avec peu de faisceaux, termi- 
nées en pointe au sommet et arrondies 
dans la partie scléreuse extra-libérienne . . D. littoralis 

Gaine encore sensiblement de même struc- 
ture que les trois précédentes, à lacunes 
presque arrondies ou allongées. Limbe 
sans parenchyme palissadique net. Mé- 
ristèles des nervures piriformes, avec 
peu de faisceaux, présentant un petit pro- 
longement scléreux au sommet aminci, va- 
guement anguleuses dans la partie scléreuse 
extra-libérienne D. glabrescens 

Gaine avec très nombreuses lacunes allon- 
gées dans la moitié au moins de l'épais- 
seur du mésophylle, et presque jusqu'au 
sommet de la méristèle principale. Sclé- 
renchyme extra-libérien de cette méristèle 
très large, contenant des faisceaux libéro- 
ligneux, et formant une gouttière dont les 
bords s'incurvent vers l'intérieur. Ilots 
fibreux dans le collenchyme. Pas de paren- 
chyme palissadique dans le limbe. Méris- 
tèles des nervures ovales, anguleuses au 
sommet, arrondies à la base D. procera. 



LES. DYPSIS DE MADAGASCAR 31 

On voit qu'au point de vue anatomique les quatre espèces 
Lanceana, forficifolia, littoralis et glabrescens forment un groupe 
bien net. Nous pourrions même y faire rentrer encore, d'autre 
part, un très petit Palmier de la Haute-Sahanany, à limbe 
simple et brièvement échancré au sommet, que nous laissons 
de côté pour l'instant. L'anatomie foliaire rapprocherait sur- 
tout cette forme du Dypsis forficifolia. 

Il est à remarquer que, chez les Dypsis Lanceana, forficifolia, 
littoralis et glabrescens", les feuilles ont toutes le caractère com- 
mun d'avoir ordinairement six segments, dont les deux infé- 
rieurs sont nettement plus étroits que les autres. 

Tout différents, par contre, sont les limbes du Dypsis procera, 
espèce qui, par le nombre et la disposition des lacunes de la 
gaine, pourrait cependant se rapprocher de ce groupe. Mais 
certains autres caractères anatomiques, tels que la forme du 
sclérenchyme extra-libérien de la méristèle principale de la 
gaine et les nombreux îlots fibreux du collenchyme, l'en 
séparent aussi très franchement. 

Parmi les autres espèces, le Dypsis H ildebrandtii se place tout 
à fait à part ; le Dypsis masoalensis et le Dypsis monostachya. 
dissemblables morphologiquement, présentent, au contraire, 
une grande similitude anatomique; le Dypsis manaranensis 
et le Dypsis Louvelii, tout en se distinguant aisément, mit quel- 
ques affinités. 

Quant au D. longipes, dont nous n'avons pas étudié la gaine,, 
la structure anatomique du limbe avoisinerait un peu celli 
de la gaine de Dypsis linearis. 

Enfin, chez le Dypsis gracilis, donl la gainé es! beaucoup 
trop forte pour pouvoir être utilement comparée aux autr< 
le limbe, sans parenchyme palissadiqjae, es1 bien différenl 
detousles précédents, surtoul parles méristèles deses nervun 
qui sonl à conjonctif totalemenl el fortement sclérifié et sont 
ovales, arrondies en l>;<s. plus étroites au sommet. 

Tous ces principaux caractères distinctifs ainBi établis, nous 
ne redonnerons pas ici la description des espèces déjà i onnui 
pour lesquelles i - indiquerons seulement les localités où 



32 LES DYPSIS DE MADAGASCAR 

elles ont été signalées par les divers collecteurs, mais non:- 
donnerons une courte diagnose — latine, puisqu'elle nous est 
ainsi imposée — de nos espèces nouvelles. 

L'ordre sera celui de notre tableau dichotomique. 

1. — DYPSIS HILDEBRANDTII Beccari. 

Ce Palmier, d'après M. Ch. d'Alleizette, est appelé tsirika 
dans le Mandraka. 

On le trouve dans la forêt orientale, vers les limites du Centre. 

7 

Sous-bois d'Ambatolava, vers 500 mètres d'altitude (P. B. r 
11989). ' 

Bois des collines d'Analamazaotra, vers 800 mètres (P. B., 
11957, 11963, 11990). 

Forêt de Mandraka (d'Alleizette, août 1906, 1061). 

L'espèce est à rejets, et, par conséquent, pousse en touffes. 

2. — DYPSIS MOGQUERYSIANA Beccari. 

Forêt de l'intérieur de la baie d'Antongil (Mocquerys, 333, x 
herbier de Candolle, d'après M. Beccari). 

Nosy Mangabé, au fond de la baie d'Antongil (Id. 419, 
même herbier, d'après M. Beccari). 

3. — DYPSIS MANARANENSIS nov. sp. 

Gracilis, usque ad 2 m. alta, caudice 7-9 mm. diam. Folia 
simplicia (lamina 35-40 cm. longa, 10-18 cm. apice lata, 
alte furcata usque ad 27-34 cm.) vel 4 segmentis, quorum 
inferiora 45 cm. longa et 3 cm. 5 lata, et superiora angustiora, 
40 cm. longa et 2 cm. lata. Spadix gracilis, 35-45 cm. longus, 
plerumque simpliciter ramosus, raro basi duplo-ramosus ; 
ramulis 3 cm. 5-5 cm. longis. Florum glomeruli bractea com- 
munis bracteolœque integrœ. Floris masculi 3 stamina brevi 
filamento, lato connectivo, brevibus appensis loculis. 

Prsecedenti affinis, a qua tamen differt segmentis minus 
decurrentibus prœsertimque bracteolis integris, haud barbato- 
ciliatis. 




Planche III. — Feuille (si raple) d'un pied jeune 
et feuille penniséquée) d*un pied adulte de Dypt | 



LES DYPSIS DE MADAGASCAR 33 

Forêt orientale, près de la Manarana,à 200 mètres d'altitude 
(P. B., oct. 1912, 12064 et 12067). 
Espèce à rejets. 

4. — D YPSIS PROGERA no v. sp. 

Gracilis, 4-5 m. alta, sed caudice 15 mm. diam. haud superan- 
ti. Longissimum (18 cm), petiolum, 7 mm. latum, subtus 
convexum, supra 1 éviter concavum, marginibus acutis ; 
4-8 segmenta, 40 cm. longa (35-45 mm. lata), basi decurrentia, 
terminalia lateralibus plus minus similia. Spadix80 cm. longus, 
simplieiter vel duplo ramosus, ramulis 30 cm. et plus longis. 
Bractea communis intégra. Floris masculi 3 stamina filamen- 
to lato, connectivo brevi latoque, loculis oblongis pendentibu-. 

Forêt orientale, à Fananehana. dans les environs de la baie 
d'Antongil, vers 400 mètres (P. B., oct. 1912, 12089). 

5. — DYPSIS LANGE ANA Baill. 

Nosy Mangabé, dans le fond delà baie d'Antongil (Mocque- 
rys, 1897, 412, 418, 420, dans l'herbier de Gandolle, d'après 
M. Beccari). 

Bois des environs de la baie d'Antongil, à 100 mètres «l'alti- 
tude (P. B., oct. 1912, 12048). 

Espèce à rejets. * 

- 6. _ DYPSIS FORFIGIFOLIA Mai Uns. 

Sainte-Marie (Boivin, 1847-1852, herbier du Muséum de 
Paris). 

Environs de lé baie d'Antongil, à Fananehana, vers * < >* » 1 1 1 ♦:- - 
très d'altitude (P. B., oct. L912, 12027 el L2091). 

Peut-être faut-il rattacher à cette esp& e, malgré Bon inflo- 

scence beaucoup plus réduite, un Palmier dp la Haute-Saha- 
nanydonl les feuilles sont formées de limbes simples, d< nti- 

mètres de longueur sur 7 centimètres de largeur, écham 
sur 5 centimètres seulement. En l<»ut cas, la structure anato- 



34 LES DYPSIS DE MADAGASCAR 

mique de ces feuilles est celle des feuilles du Dypsis forficifolia. 
Croît dans la Haute-Sahanany, Sakaleone, vers 600 mètres 
d'altitude (P. B., nov. 1911, 11962). 

7. — DYPSIS LITTORALIS nov. sp. 

Gracilis, usque ad 4 m. alta, caudice usque ad 2 cm. diam. 
Folia breviter petiolata (5 cm.), limbo 40 cm. longo, 6 seg- 
mentis distantibus, basi decurrentibus, 2 inferioribus angustis 
(2 cm.), 2 medianis, 25-30 cm. longis, 3-4 cm. latis, binis ter- 
minalibus fere similibus, 18 cm. longis, 3 cm. 5-4 cm. latis. 
Spadix pendens, amplus, 1 m. et plus longus, simpliciter vel 
duplo ramosus, ramulis gracillimis, 10-25 cm. longis. Florum 
glomeruli bractea communis triangularis ; floris masculi ala- 
bastrum globosum. Fructus irregulariter ovatus, 10-11 mm. 
longus, 5-6 mm. latus, stigmatum residuis basilaribus. 

Bois littoraux du Mananara, sur la côte Est (P. B., oct. 1912, 
12056). 

8. — DYPSIS GLABRESCENS Beccari. 

Forêt de Tafondro, à Sainte-Marie (Boivin, déc. 1849, 1705, 
herbier du Muséum de Paris, d'après M. Beccari). 

Bois de Masoala, vers 500 mètres d'altitude (P. B., oct. 1912, 
12037). Espèce à rejets. 

9. — DYPSIS ANGUSTA nov. sp. 

Parvula, 1-2 m. alta, caudice 1 cm. diam. haud superanti. 
Folia petiolata (3-6 cm.), 6 segmentis 20-25 cm. longis, 1-2 cm. 
latis, lateralibus acuminatis, terminalibus similibus vel vix 
latioribus, basi breviter (3 cm.) decurrentibus. Spadix brevis, 
simpliciter ramosus, squamulis laciniatis fuscis dense hirtus, 
paucis ramulis distantibus, brevibus (2 cm.), crassis. Florum 
glomeruli bractea communis concava, lateraliter adnata, inté- 
gra. Flos masculus 3 staminibus. 

Mont Vatovavy, dans la forêt orientale, vers 500 mètres 
(P. B., oct. 1911, 11976). 



LES DYPSIS DE MADAGASCAR 35 

10. —r DYPSIS VIRIDIS nov. sp. 

Gracillima, caudice5-7 mm. diam., internodiis 1 cm. 5-2 cm. 
diam. Folia viridia diluta, petiolata (5-6 cm.), segmentis fere 
aequalibus, vel interdum 8-10, quorum nonnulla angustiora, 
lateralibus ovatis, leviter sigmoideis, acuminatis, 2 cm. 5-3 cm. 5 
latis, longe decurrentibus, terminalibus aliquid latioribus. in 
flabellum 14-15 cm. longum, 8 cm. latum, alte (8 cm.) 
furcatum, basi conlfa^ntibus. Spadix folia sequans, pen- 
dens, simpliciter vel c^ w) ramosus, squamulis laciniatis 
plus minus rapide caducis^idutus. Florum glomeruli bractea 
communis triangularis, laciniato-barbata. Flos masculus 3 sta- 
minibus, lato filamento, connectivo crasso, loculis lateralibus. 

Forêt orientale, à 400 mètres d'altitude, dans les environs 
de la baie d'Antongil (P. B., oct, 1912, 12057). 

Forêt de Fananehana, environs de la baie d'Antongil (P. B., 
12031.) Espèce à rejets. 

11. — DYPSIS LINEARIS nov. sp. 

Gracilis, usque ad 2 m. alta, caudice usque ad 3 cm. diam. 
Folia longe (9-13 cm.) petiolata; 6-9 segmentis, lateralibus non 
decurrentibus, 15-23 cm. longis, 1 cm. latis, terminalibus fere 
similibus, basi vix (1 cm.) decurrentibus. Spadix simpliciter 
ramosus, 45 cm. longus, indumento paleaceo-ramentaceo lu 
liirtus, ramulis 2-3 cm. longis. Bractea communis margine 
haud laciniato-barbato. Flos masculus 3 staminihus. connec- 
tivo crasso loculisque pendentibus. Floris fteminei ovarium 
initio subglobulosurn vel turbina tu m, deindeque gibbosum, 
st igmatibus lateralibus. 

Foivt orieulab', près «le la rivière Anove, à J"'» mè1 res d'al- 
titude (P. B., sept. 1912, 12066). 

12. — DYPSIS PLURISECTA imv. >p. 

Gracilis, caudice 7-8 min. diam. Folia petiolo subnullo, 
8-10 segmentis plus minus inœqualibus, lateralibus Ianc< 



36 LES DYPSIS DE MADAGASCAR 

latis,' angustis, 10-11 cm. longis, 17 mm. latis, longe acumi- 
natis, basi decurrentibus (2-3 cm.), binis terminalibus leviter 
latioribus, 10 cm. longis, 20 mm. latis, basi (3 cm. 5, 4 cm.) 
in flabellum alte furcatum confluentibns. Spadix simpliciter 
ramosus, 8-10 ramulis gracilibus, pnberulentis, 2-3 cm. longis. 
Florum glomeruli bractea communis intégra ; floris masculi 
3 stamina brevi filamento, lato connectivo, loculis pendentibus. 
Environ de Maroantsetra (P. B., 11966). 

13. — DYPSIS MONOSTAGHYA nov. sp. 

Gracilis, foliis longe (8 cm.) petiolatis, 8-10 segmentis, 
quorum bina terminalia truncata subduplo vel duplo latera- 
libus latiora, basi decurrentia (3 cm. -3 cm. 5), lateralia angusta 
(12 mm.), acuminata, basi haud vel vix decurrentia. Spadix 
foliis brevior (25 cm.), indivisus, squamulis laciniatis consper- 
sus ; flos masculus 3 staminibus, filamentis latis, in cupulam 
brevem basi connatis. 

Bois des environs de Rantabé, dans la baie d'Antongil, vers 
500 mètres d'altitude (P. B., oct. 1912. 12047). Espèce à rejets. 

14. — DYPSIS MASOALENSIS nov. sp. 

Gracillima, 1 m. 50 alta, caudice 5-6 mm. diam., internodiis 
2 cm. -2 cm. 5 longis. Folia breviter (3 cm.) petiolata, 10-12 
segmentis ovatis-sigmoideis, insequaliter latis, valde decurren- 
tibus, acuminatis, binis terminalibus apice truncatis, ibique 
extra denticulatis, in flabellum basi confluentibus. Spadix 
simpliciter vel duplo-ramosus, numerosis squamulis laciniatis 
vestitus, paucis ramulis sparsis, 3-4 cm. longis ; florum glo- 
meruli bractea triangularis, margine laciniato-barbato. 

Forêt de Masoala, vers 300 mètres (P. B., oct. 1912, 12034). 

Espèce à rejets. 

15. — DYPSIS GRACILIS Bory 

Hauteurs de Tanambo, à Sainte-Marie (Boivin, 1851, 
herbier du Muséum de Paris, d'après M. Beccari). 



LES DYPSIS DE MADAGASCAR 37 

Fort- Dauphin (Scott EJliot, 2419, 4190, herbier de Kew, 
d'après M. Beccari). 

Sur les gneiss des bois du Bas-Biennana, dans le bassin du 
Matitana, vers 175 mètres (P. B., oct. 1911, 12059). 

Amalamazaotra, vers 800 mètres (P. B.. 12010, 12092), 

Gneiss des bois du Faraony, vers 400 mètres (P. B.. déc. 
1911, 11934). 

Gneiss des forêts du Ramena et bois d'Ambaliha (Sambirano), 
vers 400 mètres (P. B., 11955). Ce Palmier abonde dans les 
forêts du Sambirano entre 300 et 600 mètres, et il est, en cette 
région du Nord-Ouest, plus robuste et plus élevé que dans l'Est. 

Dans le Sambirano, le Dypsis gracilis est le tsingovatrovatra 
des indigènes ; dans l'Est, les Tanala le nomment hova et 
tsobolo. 

C'est une espèce sans rejets. 

16. — DYPSIS FASGIGULATA nov. sp. 

Gracilis, 3-4 m. alta, caudice 15-20 mm. diam., internodiis 
15 mm. longis. Folia 80 cm. minimum longa, breviter petio- 
lata, sgementis numerosis, solis, vel 2-4 fasciculatis, lanceolatis. 
angustis (10-15 mm.), acuminatis, basi non decurrentibus, 
etiam binis terminalibus. Spadix 70 cm. et plus longus, cluplo- 
ramosus, indumentopaleaceo-ramentaceofusco vesl it us. ra nui- 
lis- filiformibus, 20 cm. longis. Flores minimi; masculus3 stami- 
nibus filamento crasso, loculis fere globosis, pendent ibn s. 

Colline des environs d'Antalaha, sur la côte Nord-Est, 
vers 50 mètres d'altitude (P. B., nov.1912, 12042). 

Espèce à rejets. 

17. — DYPSIS LONGIPES nov. sp. 

Graeillima, Eoliis simplicibus, longe cuneatis, 40cm. lundis. 
profiimlc hircato-bifidis, petiolo 15 cm. longo; Spadix itidi- 
visus, squamulis laciniaiie oigrescentibus vestitus. Glomeruli 
bractea communia concava, intégra. Floris masculi 3 stamina 
loculis ellipticis, lato brëvique connectivo appensis. 



38 LES DYPSIS DE MADAGASCAR 

Forêt orientale des environs de Rantabé, dans la baie d'An- 
tongil, vers 300 mètres (P. B., oct. 1912, 12030). 
Espèce à rejets. 

18. — DYPSIS LOUVELII Jum. et Perr. 

Bois humides d'Analamazoatra, vers 800 mètres d'altitude 
(P. B., février 1912, août 1912 et septembre 1913, 11968, 
11969, 12017). 

L'espèce est sans rejets. 

19. — DYPSIS HIRTULA Martius. 

Sans indication de localité (herbier de Munich, d'après 
M. Beccari). 

Nous avons fait remarquer plus haut, en note, que les 
feuilles du pied photographié par M. Beccari ressemblent 
énormément aux feuilles à limbe simple du Dypsis forficifolia. 

On remarquera que, de ces dix-neuf Dypsis, dix-huit appar- 
tiennent exclusivement au versant oriental de Madagascar ; 
un seul, le Dypsis gracilis, tout en étant encore une espèce de 
l'Est, où elle redescend même jusqu'à Fort-Dauphin, se 
retrouve dans le Nord-Ouest, dans l'Ankaizina et le Sambirano. 



L'Elevage à Madagascar 

Par M. Georges Carle 

Chef du Service de Colonisation à Madagascar, 



Tous ceux qui se sont attachés au problème de l'alimenta- 
tion de la nation ont reconnu qu'en ce qui concerne la viande, 
le moyen le plus efficace de remédier à la rareté du bétail 
était de recourir, dans la plus large mesure possible, à l'intro- 
duction en France de bétail sur pied ou de viandes abattues. 
L'attention s'est donc portée sur le bétail des pays étrangers 
et plus particulièrement des colonies. Parmi celles-ci, Mada- 
gascar, avec ses 7.000.000 de têtes de bétail, a été reconnue 
une des plus intéressantes, des plus riches, celle qui pourrait 
dès maintenant apporter une aide efficace à la métropole. 

Toutes les études, tous les documents pouvant préciser la 
situation de l'élevage bovin dans notre colonie de l'Océan 
Indien paraissent donc venir à leur heure; c'est le but pra- 
tique que se propose ce travail. 

I. — Les Conditions de l'Elevage 

La grande île de Madagascar, avec ses immenses steppi 
sa brousse herbeuse sur collines de terre rouge ou rocaiUèuf 
qui couvrent les 9/10 de sa superficie, représente un type de 
pays à élevage pastoral extensif. L'élevage en parc ou à 
r •'■table est encore l'exception ; il n'esl pratiqué que dans 
plantations pour l'entretien du bétail de I r.i\ ail. 

Régions et (nuis d? élevage. — Vu pays d'élevage est une 
'•nntrée de prairies nnturelles : il ne dépend que d'elles, il • 



40 ' l'élevage 

d'autant plus rémunérateur, plus prospère que la qualité de 
ses prairies est plus grande. 

Les prairies naturelles de la Grande Ile peuvent se classer 
de différentes façons, suivant les sols qui les portent ou leur 
composition botanique. Mais, quelque classification qu'on 
adopte, le caractère prédominant de la steppe malgache résulte 
du petit nombre d'espèces qui la composent, espèces pour la 
plupart cosmopolites. Mais cette uniformité, à quoi est-elle due ? 
Quelle a été la cause originelle et assez persistante pour main- 
tenir, malgré des différences de sol, malgré le temps, ce même 
caractère à cette formation ? Pourquoi nous semble-t-il, au 
contraire^ voir partout une rareté progressive de l'herbe, une 
progression encore croissante des terrains nus ? C'est ce que 
nous explique l'origine de la steppe. 

La venue de l'homme dans la Grande Ile a été marquée par 
une déforestation intense et continue ; la forêt disparaissant 
a été remplacée par une prairie qui, en séchant chaque année, 
a provoqué l'extension des incendies ; l'extension des surfaces 
déboisées a été suivie par l'extension de la zone des herbes et, 
par suite, par celle des incendies. C'est le feu qui a p.èrmis à la 
brousse d'occuper actuellement les 9/10 de l'île ; c'est lui qui 
maintient cette composition spéciale, si pauvre en espèces. 
Seules ont résisté au feu les plantes qui sont aptes à supporter 
sans souffrir la destruction de toutes leurs parties aériennes 
et qui sont capables de se multiplier sans graines ou, du moins, 
de vivre et de se reproduire en ne se resemant qu'à de longs 
intervalles ; les espèces delà prairie ont donc été toutes choisies, 
triées par le feu. 

Des observations précises nous permettent d'avancer 
que : 

1° Partout où l'herbe a été pâturée ou coupée en fin de 
saison des pluies, notamment le long des chemins suivis par 
les troupeaux en transhumance, l'herbe repousse dès le com- 
mencement de la saison sèche. 

2° Certaines prairies que les indigènes soignent spécialement, 
et qui, sans être attribuées individuellement, sont la jouis- 
sance collective de villages bien déterminés, ne sont pas brû- 



A MADAGASCAR 41 

lées ; et un feu mis accidentellement est souvent éteint par 
les habitants des villages eux-mêmes. 

3° Le feu est le seul moyen de régénérer des prairies sans 
maître et sans usage défini. Tout autre moyen d'amélioration 
nécessiterait de la part des villageois pasteurs des travaux 
plus difficiles, spéciaux, exigeant plus de peine. Or, ces tra- 
vaux, à qui profiteront-ils ? Certainement à ceux qui les 
auront effectués. Mais rien ne le dit en l'état actuel de notre 
législation malgache ; et il faut donc commencer, avant tout, 
par approprier, attribuer les pâturages. C'est une opération 
préalable, nécessaire à toute tentative d'amélioration de la 
prairie malgache. 

Régions et pays de culture. — Par opposition avec la forma- 
tion précédente, les régions où se pratique l'élevage intensif 
sont k avant tout des régions de culture, c'est-à-dire celles où 
la main-d'œuvre et les frais généraux, pour une surface déter- 
minée, sont élevés. Les animaux y sont rarement élevé.-, mais 
le plus souvent exploités pour toutes les ressources qu'ils 
peuvent procurer, engraissement, travail, lait. L'herbe ne 
pourrait suffire à elle seule comme alimentation; d'où la née 
site de produire des aliments plus riches, plus concentrés, tels 
que le manioc, le maïs, le pois, arachide, riz, etc. 

Les animaux élevés. — On rencontre dans l'île tous les ani- 
maux domestiques, mais c'est le bœuf qui restera enc< >re long- 
temps l'animal le plus répandu, le plus intéressant. l< i plus 
apte à utiliser cette brousse spéciale de la Grande Ile. 

Le bœuf malgache est, en réalité, un zébu ; peut-ètiv pour- 
rait-on en faire une espèce particulière, bien que a'étanl pas 
autochtone dans l'île. C'est un animal de formai ion au-dessous 
de la moyenne. Il est brachycéphale et p de sur le garrol 
une bosse plus ou moins volumineuse : il a des cornes longui 
en forme delyre; l'encolure esl mince, le fanon I rôe dévelop] 
le tronc a «les proporl ions raccourcies : le train antérieur i si 
ample, le postérieur un peu défectueux, étroit, maia les 
membres Boni fins et lé s<pielette léger. La robe est fauve plus 



42 l'élevage 

ou moins foncée, souvent pie noire ; la peau est épaisse, le 
poil dur. 

Au point de vue morphologique, la race malgache, par la 
petitesse de sa taille, s'éloigne beaucoup de nos races d'Europe. 
La taille moyenne est, chez la vache, de 1 m. 20, avec variations 
de 1 m. il à 1 m. 24 ; ehez le mâle, de 1 m. 24 en moyenne, 
avec variation jusqu'à 1 m. 93 et plus. Des géniteurs de faible 
corpulence ne peuvent donner naturellement que des coupés 
de faible poids. 

Etudions maintenant les qualités du bœuf malgache ; elles 
résident toutes dans le tronc, et, pour plus de précision, dans 
l' avant-train. 

Le train antérieur présente un beau développement; la poi- 
trine est ample et bien descendue entre les membres, les côtes 
sont bien arquées, les épaules très écartées, le périmètre tho- 
racique suffisamment long, le dos bien horizontal. Les membres 
sont parfois courts, ce qui est une qualité absolue, puisque ce 
sont des régions sans valeur commerciale. 

Quant aux défauts, étudions-les avec soin,, puisqu'il faut 
exactement les connaître si nous voulons les faire disparaître 
dans l'élevage de l'avenir. 

Laissons de côté les défectuosités insignifiantes, telles que 
le trop grand développement des cornes et la trop grande im- 
portance du cou ; indiquons les défauts indéniables. 

Les animaux malgaches ont le tronc trop court, la croupe 
trop développée et parfois les membres trop peu longs. 

Un bœuf de boucherie doit avoir le tronc aussi long que 
possible, la croupe très longue et large; les membres doivent 
être réduits au strict minimum. Les chiffres qui vont suivre 
montreront que ces caractères, ne se rencontrant pas sur les 
deux géniteurs, ne sauraient être réalisés sur les coupés. 

La longueur du tronc, mesurée par la distance qui sépare 
la pointe de l'épaule de la pointe de la fesse, mesure 1 m. 25 
à 1 m. 63 chez le taureau, avec une moyenne de 1 m. 45, et 
chez là vache de 1 m. 23 à 1 m. 48, avec une moyenne de 1 m. 34, 
soit dans les deux sexes 1,12 à 1,13 p. 100 de la taille. 

Mais le défaut capital réside dans le défaut de développe- 



A MADAGASCAR 43 

ment delà croupe. Cette dernière est trop courte, trop étroite ; 
le sacrum est trop surélevé, ce qui donne une croupe tran- 
chante ; les cuisses sont trop rapprochées et trop peu musclées. 
Aucune race d'Europe n'a la croupe aussi courte que les 
représentants de la race malgache. 

Taille Longueur 

moyenne de la croupe 

Vache malgache 1 m. 20 m. 44 

— Tarentaise 1 m. 95 m. 53 

— Durham 1 m. 96 m. 67 

Quant à la largeur de la croupe, disons que cette dernière 
atteint en moyenne 86 p. 100 de la longueur chez le mâle et 
91 p. 100 chez la vache. 

T7 u i u largeur C A ft/1 

Vache malgache : — E -r = 0,91. 

longueur L 

Vache Tarentaise — = 0,94. 

Vache Durham — = 0,98. 

et pour certaines vaches, de 100 à 110 p. 100. 

En conclusion, les reproducteurs malgaches ne possédant 
ni tronc allongé, ni croupe longue ^t large, les bœufs qui en 
résultent ne sauraient être pourvus de ces qualités. Or la 
viande de première qualité est presque entièrement située au 
niveau de la croupe, au dos et aux reins. Les animaux mal- 
gaches en possèdent donc moins que les races d'Europe et 
. 'est là leur grande défaut. 

\u point de vue physique, les animaux malgaches pos- 

dent des propriétés indéniables et absolument remarquabli 
Leur facilité à l'engraissement est étonnante, ainsi que leur 
résistance aux intempéries et à la sécheresse. C'esl un fait 
qu'il est inutile d'exposer, car tout le monde a vu fe troupeau 
résister aux tempêtes de la saison des pluies, el on sait que, 
pendahl les deux derniers mois de sécheresse, ils se main- 
tiennent en étal pourvu qu'ils aient à leur disposition I eau 
courante en abondance, les chaumes desséchés des haut 
graminées » i t quelques très rares pâturages rerdoyants, I 
Tv-i-tance de la race malgache compense largement les d 
tuositéa morphologiques, défectuosités amendables du reste. 



44 l'élevage 

Pour augmenter la production laitière, des croisements ont 
été tentés avec des animaux d'Europe ; ils ont donné un 
bétail sans bosse. Ces animaux se rencontrent aux environs 
de Tananarive et des villes du Centre. 

Les porcs sont très nombreux sur les Hauts-Plateaux, prin- 
cipalement dans les régions où le climat et le sol permettent la 
culture de la pomme de terre. 

Le mouton de Madagascar appartient au type « à grosse 
queue » que l'on rencontre en Asie et en Afrique. Ces animaux 
n'ont pas de laine et sont recouverts d'un poil plus ou moins 
long. 

Les croisements continus, effectués à Tuléar, entre des bre- 
bis du pays et des béliers mérinos, ont montré que l'améliora- 
tion ex la transformation de la race est rapide et peut s'effec- 
tuer dans de bonnes conditions. 

Les conditions climatériques du Sud de l'île, l'absence ou la 
douceur de l'hiver, la rareté des pluies sont favorables à l'éle- 
vage du mouton. 

Il existe également un élevage du cheval, principalement 
sur les Hauts-Plateaux. Il est le résultat de l'action du Service 
Vétérinaire. Elle a permis de développer, dans les environs des 
principales villes du Centre, quelques milliers de chevaux qui 
sont employés pour le transport des hommes. Nous ne dirons 
rien de cet élevage, pas plus que de celui de l'autruche ; il 
s'agit d'espèces importées, dont l'acclimatement est encore à 
faire, et dont la réussite est sous la dépendance immédiate 
de l'intensivité des cultures qu'on peut entreprendre. 

C'est l'élevage du bœuf qui est, et restera pendant longtemps 
encore, la base de la richesse de l'île de Madagascar. 

II. — Mise en Valeur des Pâturages et des Steppes 

par les Bœufs 

Les procédés de V élevage indigène. — Décrire les procédés, 
les méthodes du pasteur indigène, ses habitudes, ses croyances, 
est chose difficile ; fort peu s'y sont essayés. Il est certain que 



A MADAGASCAR 45 

les' troupeaux paraissent venir à l'abandon, avec le minimum 
de soins ; cependant certaines croyances, certaines coutumes, 
que l'indigène respecte et suit sans les comprendre peut-être, 
sont favorables au bon entretien du troupeau. D'une façon 
générale, la constitution d'un troupeau est pour le Malgache 
un moyen de placer son argent. Le principal du bénéfice, c'est 
à-dire le croît du troupeau, est consommé dans les réjouissances 
et les fêtes de famille. 

Comment les troupeaux sont-ils appropriés ? Comment s'ef- 
fectue leur gardiennage ? Quel est exactement le croît des 
troupeaux chez les indigènes ? Nous sommes peu renseignés 
sur ces questions D'une façon générale, on s'accorde à recon- 
naître que le rendement d'un troupeau est peu élevé ; cela 
tient principalement aux pertes éprouvées pendant le jeune 
âge des animaux et au manque de précocité. 

Diverses évaluations sont d'accord pour arrêter à 7.000.000 
le nombre de têtes de bœufs, donnant un effectif annuel dispo- 
nible de 420.000 têtes, dont 300.000 seraient consommées 
par la population de l'île. 

Le disponible de 120.000 têtes est actuellement utilisé par 
5 usines qui fabriquent des conserves et préparent des viandes 
frigorifiées. 

Ce disponible augmentera avec l'accroissement du troupeau. 
Un admet que cet accroissement peut atteindre le 3 p. 100 de 
l'effectif total ; il serait donc possible d'utiliser pour I» 
s< uns de la Métropole 200.000 têtes par an. 

Les usines d'utilisation du bétail sont réparties eu différents 
points de l'île. Deux sont à Diego, àl'Extrême-NorddtTilr. une 
près «I»' Majunga, àl'embouclnire du grand fleuve, la Betsiboka, 
une à Tamatave, une pics deTananarh r e, une à Antsirabi 

Le nombre des bœufs abattus par les usines, qui était de 

14.8 ii 191 I. a passé a 109.691 .m, 1916 et a été de 140.000 

en 1017. 

L'état sanitaire du troupeau est, «'ii général assez bon. On 
n'a pas a lutter contre les grandes épidémies qui ont dévasté 
ootamment les troupeaux «lu Sud Africain. LatubercuL 
fréquente dans les troupeaux du Sud de l'Ile; •'!!«• y sévit à 



46 l'élevage 

l'état endémique. Le charbon bactéridien cause plus de pertes. 
On y remédie par la vaccination anticharboneuse avec le 
sérum Chauveau, qui a donné dans ces dernières années de très 
bons résultats. 

Nous pouvons essayer de définir par quelques chiffres les 
résultats obtenus par l'élevage indigène. Ils constituent une 
sorte de point de comparaison qui nous fera mieux comprendre 
ce que nous devons éviter et le mieux auquel nous pouvons 
arriver par des méthodes. plus raisonnées. Les dénombrements 
que nous rapportons ont été effectués par le vétérinaire 
Rouquette ; ils ont porté sur 41 villages, dont 14 possédaient 
des troupeaux de 50 à 100 bœufs, 14 de 100 à 200, 9 de 100 
à 300, 4 de 300 à 400. 

Vaches et génisses 7 . 108 

Veaux de moins d'un an 2.814 

Veaux de 1 à 2 ans 1 . 926 

Taureaux de 2 ans 1 . 097 

de 3 ans 703 

de 4 ans 298 

— de 5 ans 36 

' — de 6 ans ". . . 8 

Coupés 1 . 062 

Total 15.112 

Pourcentage des taureaux de 2 ans 7 , 25 % 

Pourcentage des coupés 7 , 00 % 

Pourcentage des taureaux reportés au nombre 
de 2 ans et au-dessus : 

Taureaux 2 ans 15,4 % 

3 ans 10 ° 

4 ans 4 ° 

— 5 ans 0,5% 

— 6 ans 0,1% 

Ce tableau montre d'abord que la mortalité est, chez les 
jeunes, plus intense qu'on ne le croit habituellement. Sur 
7.108 vaches ou génisses, on a 2.874 jeunes ; or, sur ce nombre 
de vaches, 1.000 génisses environ n'ont pas donné de jeunes. 
Il reste donc 5.000 à 6.000 vaches, donnant 2.874 jeunes. Les 
vaches de plus de 2 ans donnent un pourcentage de naissance 



A MADAGASCAR 47 

égal à 80 p. 100 ; on a donc à peu près 30 p. 100 de décès chez 
les jeunes, avant l'âge d'un an. 

Ces décès sont occasionnés, en saison des pluies, par des sep- 
ticémies d'origine ombilicale. En saison sèche, les décès 
s'observent sur les jeunes nés de mai à novembre. 

Ces naissances, à pareille époque, sont, en effet, une calamité 
pour l'élevage malgache. On a alors des veaux squelettes, 
envahis par les parasites et les gales. 

Le même tableau montre également le nombre exagéré de 
taurillons et taureaux comparé au nombre des vaches : 
30 p. 100 environ. Mais le nombre de taureaux de 5 et 6 ans est 
dérisoire. Si l'on songe que le recensement a été t'ait avant 
l'époque de la castration, on voit qu'au moment de la saillie, 
c'est-à-dire en décembre-janvier, les taureaux de 5 à 6 ans 
seront castrés ; de même à peu près tous ceux de 4 et de 3 ans 
(taureaux de 3 ans, 10 p. 100 ; taureaux de 4 ans, 4 p. 100), 
Il ne restera donc que les taureaux de 2 ans et un nombre déri- 
soire de taureaux de 3 et 4 ans. 

Les taureaux qui restent ne sont pas habituellement les plus 
beaux. L'élevage malgache souffre donc du manque de tau- 
reaux adultes, du manque de sélection des reproducteur-. 
enfin des désordres énormes que cause la saison sèche sur les 
jeunes. Des concours de taureaux ayant atteint ou dépassé 
5 ans seraient plus utiles que les concours d'animaux gras 
qu'on organise partout. Le Malgache se procure de beaux cou- 
pés en coupant de beaux taureaux, ce qui constitue une 
véritable aberration. Au contraire, celui qui a de beaux tau- 
reaux pourra sûrement avoir plus tard de beaux coupés 
Toutes les exhortations, tous les discours ne changeront en rien 
cet état de choses. 11 faut partir, dès le début, avec de bonn< 
bases, ({n'admettront toujours difficilenuMil les éleveurs indi- 
gènes. Les indigènes pourront-ils améliorer leurs troupeaux 
dans mi délai prochain ? 11 ne faut pas y penser, notre action 
sur eux et a ni l»'nt<> et ne pouvant être efficace que si nous 
prêchons par l'exemple. S'ils onl l'attrail du bénéfice, qu'ils 
désirenl . cerl es, le plus grand possible, 3s n'ont pas à courir le 
risque de perdre leur capital, car le capital <' : pai eux est 



48 l'éleva.ge 

très peu élevé. Leurs pertes sont plutôt un manque à gagner. 
Déjà, dans certaines régions, où la culture est plus déve- 
loppée, l'élevage intensif par l'indigène a pris une certaine 
importance^ Les animaux, généralement en petit nombre, 
sont élevés dans des fosses où ils restent jusqu'à ce qu'ils aient 
atteint un embonpoint suffisant pour la vente. Ils sont nourris 
avec les produits ou sous-produits des cultures des indigènes 
(feuilles et tubercules de manioc, de patate, feuillage de hari- 
cots, etc.). 

Les procédés de Vélevage européen. — Notre action sur 
l'élevage indigène ne peut être qu'à échéance lointaine; on 
obtiendra un changement plus sûr et plus rapide avec l'inter- 
vention des Européens. Seuls, ceux-ci peuvent pratiquer le 
nombre d'expériences et d'essais infructueux nécessaires pour 
bien connaître et bien définir les méthodes de l'élevage exten- 
sif, car c'est bien de l'élevage extensif qu'il s'agit ; c'est le seul 
procédé qui permettra d'utiliser les immenses espaces, relati- 
vement pauvres et d'accès difficile, qui couvrent les huit dixiè- 
mes de l'île de Madagascar. 

Qu'entend-on par élevage extensif ou élevage en liberté ? 

C'est l'élevage d'un animal qu'on maintient le plus possible 
dans son milieu naturel, dans son habitat ; il se développe 
naturellement aux points où la race considérée est susceptible 
de prospérer le mieux dans, les conditions de vie en liberté. Ces 
points sont les régions à prairies naturelles. La difficulté, 
pour nous autres Européens, qui n'avons pas l'esprit d'observa- 
tion aussi développé que l'indigène éleveur, Sakalave ou Tsimi- 
hety, ou du moins qui n'avons pu l'exercer dans le temps comme 
eux, est de choisir convenablement ce milieu, de bien délimiter 
les points qui y répondent. 

Cet élevage en liberté est celui de tous les pays à faible den- 
sité de population, où la valeur du terrain et celle des autres 
produits animaux, lait, travail, sont peu élevées. Il est carac- 
térisé par une main-d'œuvre très réduite. C'est l'exploitation 
d'une richesse naturelle, la prairie, de valeur variable, par une 
machine susceptible de l'utiliser plus ou moins bien (bœuf, 



A MAGAGASCAR 49 

mouton), au moyen de dépenses (main-d'œuvre, frais généraux) 
extrêmement réduites par rapport au produit brut. Le pro- 
duit net doit donc être très élevé par rapport à la dépense, 
mais seulement si l'on a pu choisir convenablement les facteurs 
de l'entreprise, c'est-à-dire la prairie et le bétail. Or le choix 
du bétail est presque toujours l'animal autochtone ; c'est, en 
somme, du choix de la prairie que dépend le résultat de l'af- 
faire. Mais encore faut-il réduire la dépense de main-d'œuvre; 
* ? est une seconde difficulté pour nous Européens, qui avons à 
lutter avec l'indigène. 

En résumé, la question de l'élevage extensif se ramène à : 

1° Choix du pâturage ; 

2° Possibilité d'opérer avec une main-d'œuvre réduite (1). 

Cet élevage extensif se trouve donc nettement différencié des 
spéculations intéressant le bétail que peuvent entreprendre les 
agriculteurs. Pour ceux-ci, les races élevées en liberté et four- 
nissant des animaux de boucherie peuvent donner des animaux 
ne leur convenant pas pour le travail, par-suite de leur confor- 
mation (cas du zébu). L'agriculteur peut ainsi avoir avantage 
à élever un type d'animal qui répondra à ses exigences bien qu'il 
doive lui revenir plus cher qu'un animal élevé en liberté. 

Un autre facteur qui intéresse au plus haut point l'agricul- 



1 1 1 Actuellement, nos études sur l'alimentation et les rations peuvent 
à peine intéresser une telle spéculation. La création de pâturages art i- 
fîcîels ne peut, en effet, que difficilement être une opération économique. 
Si on appelle^ = produit brut. \ 

b = bénéfice. ( pour une surface S 

/ == frais généraux. \ On a b = p — (/ -f- m). 
— m =3 main-d'œuvre. / 
Par la création de ces prairies, on augmente considérablement / et 

/n. On doit augmenter p. I >r, il faudrait qm- le i veau bénéfice b' soit 

plus grand que b puisque le capital engagé devient plus grand. Dans 
ïé premier cas, et, dans les coaditions actuelles à Madagascar, on i>»ut 
toujours rendre p — p'. 

Il suffit d'avoir S suffisamment grand, tandis que ce n'est pas toujours 
possible d'agrandir s indéfiniment dans I de prairies artificielles. 

irl»' que, même si la créât ion de prairies artificielles était rémuné- 

ratri I possible, elle ne présenterait au. un avantage dans un début 

d'une affaire d'élevage tant que la densité du bétail a'est pas devenue 
trop forte par rapport à la surface dont dispose l'affair( 



50 L ÉLEVAGE 

teur est le fumier. Pendant longtemps, on considérait le bétaiL 
dans les exploitations agricoles d'Europe, comme un « mal 
nécessaire » pour la production du fumier ; on ne le considérait 
pas par lui-même comme une source de bénéfices pour l'exploi- 
tation. Les prix peu élevés des produits (lait, viande) et aussi 
la méconnaissance des méthodes rationnelles d'exploitation 
du bétail faisaient que le compte bétail se traduisait par une 
perte que la valeur du fumier balançait. 

Aujourd'hui il n'en est plus de même, et toute exploitation 
du bétail, choisie et pratiquée rationnellement, en dehors du 
fumier qu'elle procure, est une source de bénéfices. 

A Madagascar, nous avons tout à apprendre et tout à faire 
au point de vue bétail ; il est des exploitations sur lesquelles le 
bétail est considéré comme le « mal nécessaire » pour la pro- 
duction des fumiers qui est le plus souvent très négligée. 
Dans d'autres, le bétail est un auxiliaire précieux quand on 
l'utilise pour la traction; c'est le cas des propriétés à culture 
mécanique, à charrois, etc. (Mangoro, Sambirano). Sur ces pro- 
priétés, le bétail de trait nécessaire représente une telle valeur 
qu'il est susceptible de payer des cultures spéciales fait es pour 
son alimentation ; souvent il utilise les déchets de la culture 
ou des industries agricoles qu'elle alimente, susceptibles d'assu- 
rer une partie de l'alimentation du bétail et qui n'auraient 
aucune valeur dans ce cas. Mais ces opérations sont du do- 
maine de la culture intensive, à produit brut élevé à l'hectare. 
Cette longue digression a pour but de montrer que les deux 
systèmes d'élevage, élevage extensif pastoral et élevage inten- 
sif, et tous leurs stades intermédiaires, ont place à Madagascar. 
L'un et l'autre peuvent être la source de bénéfices ; et le choix 
de l'un ou de l'autre système dépend de certaines conditions, 
dont les principales sont certainement les voies de commu- 
nication, puis la main-d'œuvre. Mais ce ne sont pas deux sys- 
tèmes différents entre lesquels le spéculateur peut choisirais 
ne sont que les résultats de conditions de milieu bien déter- 
minées. 

Le jour où les régions diverses de Madagascar viendront à 
être également avantagées par une répartition sensiblement 



A MADAGASCAR 51 

égale des voies de communication, le facteur dominant, pour la 
localisation de pays d'élevage, serait celui de la possibilité de 
prairies naturelles fertiles résultant du terrain et de la situation 
géographique. 

Une des premières conditions pour permettre l'établissement 
d'une affaire payante est de posséder de vastes superficies : nous 
entendons pour faire de l'élevage et non de l'engraissement. 

Une affaire de 5.000 têtes de bétail nécessite un capital de 
200.000 francs, soit 100.000 francs pour l'achat des vaches et 
100.000 francs pour la constitution du pâturage et les frais 
nécessités par les cinq premières années. Une superficie de 
12.000 hectares de prairies sera indispensable. 

La superficie étant déterminée suivant la valeur du pâturage, 
on peut en déduire le nombre de têtes de vaches qu'on peut 
acquérir. Ce nombre constituera un nombre de têtes inférieur 
à celui que le pâturage peut supporter, puisque celui-ci es1 
prévu pour l'entretien des vaches et du produit des vaches. 

Dans les premières années, l'entreprise pourra donc utiliser 
ses herbages pour l'engraissement avec des bêtes plus ou moins 
jeunes, achetées aux propriétaires indigènes. 

Le domaine étant peuplé, les constructions à prévoir seront 
simples ; en dehors du logement du chef du domaine, ce seront 
les habitations pour le personnel indigène, un bain pour la 
destruction des tiques, des abreuvoirs. 

L'étude de la conduite du troupeau pourrait donner lieu à de 
longues dissertations. Nous la résumerons ainsi: parcage inutil < 
isolement des vaches après la part urit ion; division en troupeau 
ne comprenant que des bêtes sensiblement du même agi 
sélection des reproducteurs par la castration des mâles; main- 
tien, dans les troupeaux de vaches, d'un nombre de taureaux 
déterminé (un taureau pour 50 vaches environ) : et, si possible, 
éviter les naissances pendant les mois de lin de saison sèche, 
août-novembre. 

L'amélioration du troupeau peut résulter de la sélection et 
du croisement. 

L'importation «l'un sang nouveau doil être-prévue comme 
une opération coûteuse e1 délicate. Le mieux serait de pn 



52 L ÉLEVAGE 

voir la préparation de bêtes de demi-sang dans un domaine 
à part, où les taureaux importés seraient tenus en stabulation 
avec une nourriture appropriée. Les produits demi-sang seraient 
seuls livrés aux troupeaux en liberté. Mais ce sont des questions 
sur lesquelles il sera utile de revenir. 

Une bonne conduite du troupeau et l'infusion d'un sang 
nouveau doivent avoir pour premier résultat d'accroître 
la précocité. Ce caractère ne pourra être maintenu et fixé 
qu'autant que nous arriverons à supprimer la période d,'arrêt 
de croissance due à une alimentation insuffisante du 15 juin 
au 15 octobre. Nous y arriverons par l'amélioration des pâtu- 
rages et la constitution de réserves de saison sèche. , 

L'amélioration des pâturages est toute dans unmot,lafau- 
chaison. Fauchaison effectuée, par qui ? Par l'a dent des ani- 
maux. 

Actuellement, les pâturages sont brûlés ; et si nous revenons 
sur cette question des feux de brousse, c'est parce qu'elle n'est 
pas encore comprise par tout le monde et que nous-même, à 
force d'en parler, nous arriverons peut-être à l'exposer plus 
clairement. 

Les feux de brousse sont actuellement nécessaires. Il est 
certain que, pour les 9/10 de nos pâturages, s'ils n'étaient 
brûlés, l'herbe ne repousserait plus ; ou tout au moins la coupe 
parla dent des animaux serait impossible, à cause des chaumes 
trop durs et inalibiles. D'autre part, les feux peuvent dé- 
truire un certain nombre d'insectes et, notamment de tiques 
qui se placent à une certaine époque de l'année (juillet-août) 
sur le sommet des herbes, dans l'attente du mammifère 
(hommes, chiens, bœufs) sur lequel ils pourront s'accrocher. 

Mais tant que les pâturages seront brûlés, leur composition 
botanique ne pourra s'améliorer. Les Légumineuses, notam- 
ment, qu'on trouve dans la brousse épineuse rabougrie, ne 
peuvent se multiplier, car leur appareil végétatif ne peut, 
comme celui de certaines Graminées, s'adapter au régime des 
feux. Les chiendents eux-mêmes disparaissent devant les feux. 

La fauchaison, en empêchant la formation des chaumes, 
permet donc la repousse des herbes et le pâturage ; elle donne 



\ 



A MADAGASCAR . 53 

les mêmes résultats que les feux et permet la multiplication et 
dissémination d'autres espèces, l'amélioration de nos pâturages. 

Evidemment on ne peut songer à la fauchaison par des 
moyens mécaniques sur des immenses pâturages; on la fait 
effectuer par la dent des animaux, en divisant le pâturage en 
parcelles, dans lesquelles on fait passer successivement les 
troupeaux, au fur et à mesure que l'herbe est coupée au ras 
du sol. D'où la nécessité de diviser le pâturage en champs 
limités par des barrières. C'est là tout le système des éleveurs 
de, l'Afrique du Sud et de l'Australie. Ce sera celui des éleveurs 
malgaches. 

Ce système a pour avantage de permettre la transformation 
en viande de tout le fourrage qui pousse sur nos prairies, au 
lieu de laisser cette matière végétale se perdre en fumée. A la 
pâture méthodique doivent s'ajouter, sur une petite échelle, 
dans les débuts de l'opération, la fauchaison par la main de 
l'homme et la constitution par ensilage d'une réserve de ma- 
tière alimentaire ; l'opération est simple et économique 

La destruction systématique des tiques par les bains, telle 
que nous l'avons décrite ailleurs {Bulletin Economique cU 
Madagascar, 2 e semestre 1912), est une opération qui s'impose. 
On compte en Afrique du Sud, dans les grands troupeaux, 
ir. 05 par tête et par bain. 

Toutes les opérations qui font le travail et la vie de l'éle- 
veur mériteraient de plus amples développements qui n'entrent 
pas dans le cadre de cette étude, mais nous avons tenu à I 
résumer pour montrer qu'elles constituent un ensemble de tra- 
vaux nécessitant une grande habitude du t mupeau, beaucoup 
d'observation et de raisonnement. Peut-on les demandei 

»res et déjà à l'éleveur indigène ? Certainement non. 

III. — Des encouragements a donner \ l'Elevagi 

Il tant donc chercher à utiliser le mieux ]><>ssiM.' ««'tir ri- 
chesse que constitua actuellemen.1 le troupeau malgache; il 
faut intensifier la production ded indigènes, créer la production 



54 L ELEVAGE 

par l'Européen. Nous pouvons par suite classer en trois sortes 
les mesures qu'il conviendrait de prendre pour la meilleure 
utilisation du cheptel malgache. 

1° Utilisation du bétail existant. — Actuellement, le bétail 
est acheté un peu partout sur les Hauts-Plateaux, soit par 
les commissionnaires des usines, soit par des intermédiaires 
qui l'amènent aux usiniers. Qu'importe-t-il dans ces trans- 
actions pour que le but que nous cherchons actuellement soit 
atteint ? 

D'une part que le producteur indigène reçoive une juste rétri- 
bution de la marchandise qu'il cède ; d'autre part, que le bétail, 
acheté par ou pour l'usine, effectue le trajet du lieu d'achat 
(généralement les Hauts-Plateaux) au lieu d'utilisation (les 
usines de la côte) dans les meilleures conditions possibles, 
c'est-à-dire en évitant les pertes et la diminution de poids pour 
les animaux vivants ; enfin que l'usinier reçoive le plus grand 
nombre de bêtes et le plus régulièrement possible. 

Ces conditions pourraient être réalisées par l'action combinée 
de l'administration et des industriels, et elle pourraient se 
résumer ainsi : 

Achat aux indigènes producteurs (soit par l'Administration, 
soit par des commissionnaires) et concentration des bêtes 
achetées dans des pâturages d'élevage spécialement choisis. 
Dans ces pâturages aménagés à cet effet, les troupeaux atten- 
dront l'époque où les transports peuvent s'effectuer dans des 
conditions convenables. On sait, en effet, que le voyage par 
terre, pour des bêtes en état, ne peut être effectué que du mois 
de mars à juin, par suite de l'état des rivières en saison des pluies 
et des pâturages en saison sèche. 

Les bêtes seront, pour une part, envoyées directement à 
l'usine ; les autres séjourneront dans des domaines côtiers et 
y attendront l'époque où les usines pourront les sacrifier. Ces 
domaines côtiers seront choisis aussi près que possible des 
usines, mais en tenant compte toutefois qu'il est toujours pos- 
sible, en quelques heures, d'amener un chargement de boeufs, 
d'un point quelconque de la côte à l'un des deux ports (Ma- 



A MADAGASCAR 55 

junga ou Diego) où se trouvent les plus importants centres 
de consommation. 

Ces domaines seront choisis surtout dans certaines vallées 
de la côte Ouest inondées en saison des pluies, et qui se couvrent 
d'un herbage abondant aussitôt que les eaux se retirent. Ces 
pâturages restent verts pendant toute la saison sèche, surtout 
s'ils sont broutés. 

L'entretien du troupeau dans ces domaines, le transport des 
animaux par certaines voies, spécialement aménagées en ré- 
serves de fourrage principalement, incomberont à l'adminis- 
tration. Celle-ci rendra ainsi un très important service aux 
industriels, puisque ceux-ci trouveront désormais à leur portée 
le moyen d'alimenter régulièrement leurs usines. 

Ce projet n'est indiqué que dans ses grandes lignes ; il pourra 
être modifié par tout ce que pourra suggérer sa mise en pra- 
tique. 

2° Encouragement à V élevage indigène. — Le meilleur encou- 
ragement, le plus sûr, le plus efficace, sera donné par l'augmen- 
tation du prix d'achat du bétail, par la sécurité dans les trans- 
actions, qui sont naturellement faussées par les trop nombreux 
intermédiaires qui se sont introduits dans ce commerce, et 
enfin par la suppression des pertes et dépréciation du bétail 
résultant des transports. 

Toutes les mesures qui tendront à donner à l'indigène de 
meilleures habitudes, relativement aux soins à donner au bétail, 
à l'amélioration de la race par la sélection des animaux, la 
castration des jeunes, seront du meilleur effet. 

Ces mesures seront l'œuvre des vétérinaires, chefs de cir- 
conscription, au cours des tournées de démonstration et de 
vulgarisation qu'ils entreprennent dans les régions d'élevage. 

3° Encouragement à V élevage européen. — La conclusion des 
observations précédentes tend à montrer que les affaires d'éle- 
vage sont, par suite du bas prix du bétail, des affaires peu 
Lucratives pour les Européens. Cependant les colons Beula 

pourront assurer aux usiniers une production constant e, en 



56 L'ÉLEVAGE A MADAGASCAR 

quantité et en qualité, dans l'avenir. Il faut donc faciliter 
l'installation et l'organisation des affaires d'élevage en mettant 
à la disposition des Européens les terres nécessaires. 

Les méthodes pratiquées par ces affaires devront s'inspirer 
de ce qui a été fait dans les pays similaires, mais également 
des coutumes du pays, de la mentalité des habitants. A ce' 
point de vue, la collaboration dé l'Administration leur sera 
nécessaire. 



L'Elevage et le Commerce des Viandes 
dans nos Colonies et quelques autres Pays 



Quelque hésitation que nous éprouvions encore en France 
pour la consommation des viandes frigorifiées, il est indu- 
bitable que, dans les années qui suivront la conclusion de la 
paix, et pendant une période plus ou moins longue, le com- 
merce de ces viandes, que toutes les tentatives d'avant-guerre 
n'avaient pu réussir à nous faire accepter, sera une nécessité. 
La démonstration en a été nettement faite dès juin 1915 dans 
le rapport que M. Maurice Quentin présentait à cette époque 
(Journal Officiel du 5 juin 1915) au Ministre de l'Agriculture, 
au nom de la Commission des Viandes frigorifiées. 

Cette nécessité résultera : 

1° De la perte du bétail des régions envahies, perte qui, 
pour les seuls bovins, est estimée à 759.000 têtes (1) ; 

2° De la consommation supplémentaire de viande, résul- 
tant des besoins de la guerre, ce dépassement annuel ayant 
été estimé en 1915 par M. Quentin à 170.000 tonnes (550,000 
t<Hes) pour les bovins et 325.000 tonnes pour l'ensemble des 
viandes ; 

3° Du ralentissement de l'élevage ; 



(1) Ce chiffre est celui donné par M. L. Dumont (La reconstitution 
<Ju cheptel des régions envahies, dans la Vie agricole du 17 février i"i~ 
Sur 759.140 têtes, on admet 3.500 taureaux flamand, LOO0 holland 
3.000 rnontlx'liards et 5.<'.«xi ardennais, so.ooo vaches flamand 
40.000 hollandaises, 50.000 montbétiardes el j7<umhi ardennab 
40.000 élèves <■! veaui flamands, 25.000 hollandais, 30.000 montbéliaras 
et 160.000 ardennais. 



58 l'élevage et le commerce des viandes 

4° Des habitudes nouvelles d'alimentation acquises par 
une partie de la population qui jadis consommait peu de 
viande. 

Avant la guerre, on abattait annuellement en France — en 
plus d'une exportation de 100.000 têtes — 1.900.000 bovins, 
soit 700.000 bœufs d'un poids net moyen de 350 kilogrammes, 
100.000 taureaux d'une moyenne de 400 kilogrammes et 
1.100.000 vaches de 275 kilogrammes. Ce chiffre approximatif 
de 590.000 tonnes sera certainement dépassé à l'avenir, et 
lorsque précisément notre cheptel aura considérablement 
diminué. 

Notre troupeau bovin, qui était de 14.807.383 animaux 
en 1913, était tombé à 12.723.946 au 1« juillet 1916 (1). 

Notre troupeau ovin, qui était de 16.131.340 têtes en 1913, 
n'était plus que de 12.079.211 à cette même date de 1916 (2). 

Plus forte encore est la diminution en porcins, dont nous 
possédions 7.035.850 têtes en 1913 et 4.448.366 seulement en 
juillet 1916. 

La diminution ne suivra pas heureusement, dans l'avenir, 
même pendant la durée de la guerre, une marche descendante 
progressive. Après le désarroi des premiers temps, l'élevage 
reprend peu à peu, et déjà, pour l'espèce bovine, le chiffre 
de 12.723.946 de 1916 est supérieur à celui de 12.286.849 de 
juillet 1915. 

Un temps assez long sera cependant nécessaire (3) avant 
que nous remontions aux chiffres de 1913 — d'autant plus 
qu'il nous faudra aider à la reconstitution des troupeaux belges 



(1) Ces chiffres sont donnés par M. Massé, dans « Le Troupeau français 
après deux années de guerre », C. R. des Séances de l'Académie d'Agri- 
culture de France, 19 juillet 1916. 

(2) Il y a, au reste, longtemps que notre troupeau ovin français n'est 
plus ce qu'il a été autrefois, puisqu'il était de plus de 33 millions de têtes 
en 1852. Le troupeau bovin, au contraire, qui était de 9.160.632 têtes 
en 1830, et de 12.811.589 en 1862, s'est toujours accru, abstraction faite 
de la pénurie de 1870 à 1882. 

(3) M. Hitier, dans les Annales de Géographie du 15 mars 1916, rappelle 
qu'il nous fallut dix ans, après 1870, pour reconstituer notre troupeau 
bovin; et en 1882 l'effectif obtenu (12.997.054 têtes) n'était guère 
supérieur à celui de 1862. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 59 

— et nous répétons que, d'autre part, les besoins de l'alimen- 
tation seront plus élevés qu'autrefois. 

C'est dans ces conditions que, bon gré, mal gré, il nous fau- 
dra bien recourir, au moins momentanément, à ces viandes 
réfrigérées ou congelées (1) qui sont, de longue date déjà, 
si largement consommées en Grande-Bretagne. 

Nos voisins et alliés recevaient, par exemple, en 1914: 

Bœuf congelé 200 . 875 tonnes 

Bœuf réfrigéré 241.090 — 

Moutons et agneaux congelés 252.500 — 

et, en outre pour : 

Porc fumé 18 . 225 . 560 liv. st. 

Jambon 3 . 063 . 078 — 

Porc frais 2.307.108 — 

Porc salé 302 . 477 — 

Porc congelé 53 . 614 — 

Mouton frais 396 . 240 — 

Lapins gelés dans leurs peaux (2) ... . 663.783 — 

Nous n'aurons jamais les mêmes raisons que la Grande- 
Bretagne pour faire, et surtout de façon régulière et perma- 
nente, d'aussi forts emprunts aux cheptels extérieurs ; mais, 
puisque néanmoins nous devrons, au moins pendant quelque 
temps, mettre ces cheptels à contribution, dans la mesure où 
ces apports du dehors ne porteront point préjudice à nos éle- 
veurs et n'auront d'autre effet que d'assurer un approvision- 
nement indispensable et de régulariser les prix du marché, 
voyons quelles sont les ressources que peuvent et pourront 
nous offrir, en premier lieu nos colonies, en second lieu 
quelques pays étrangers. 

Comme pour notre étude précédente sur la Culture du 
cotonnier (3), nous n'avons pas d'ailleurs L'intention d'entre- 



il) M. Quentin admet qu'un minimum annurl de 150.000 tonnes de 
viandes sera nércssaiiv. 

2) Sur ces 663.783 livres sterling, il esl venu 539.064 livres de V Aus- 
tralie et 124.892 de Nouvelle-Zélande. 

(3) II. Jumelle : Quelques données sur l'étal actuel «l»- la Culture du 
Cotonnier ». Annales du Musée Colonial de Marseille, 1917, 2 e fascicule. 



60 l'élevage et le commerce des viandes 

prendre une histoire complète de l'élevage et du commerce des 
viandes dans les pays producteurs, mais seulement de réunir 
quelques renseignements sur un certain nombre de ces pays, 
d'après des données récentes (2). Et tout d'abord quelques gé- 
néralités sur la répartition du bétail dans le monde et sur la 
consommation et le commerce des viandes ne seront peut-être 
pas sans intérêt. 

LE TROUPEAU MONDIAL 

Consommation et Commerce des Viandes 

Dans les années qui ont précédé la guerre, les pays où le 
bétail est soumis au recensement possédaient au total, à peu 
près : 

Bovins. 435 millions 

Ovins 615 — 

Porcins 165 — 

Sur les 435 millions de bovins, on comptait, à peu près : 

En Europe 130 millions 

Dans les possessions britanniques 124 — 

Aux Etats-Unis 64 — 

En Angleterre . 31 — 

Au Brésil : . . . 31 — 

Dans les possessions françaises 16 — 

Sur les 130 millions d'Europe il y avait : 

En Russie d'Europe 37 millions 

En Allemagne 20 — 

En Autriche- Hongrie 15 — 

En France 15 — 

En Grande-Bretagne 7 — 

En Irlande 5 — 



(2) Quoique cette étude se rapporte essentiellement au commerce des 
viandes, nous donnerons à l'occasion, à propos du bétail ovin, quelques 
indications sur le commerce des laines. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 61 

Sur les 124 millions des possessions britanniques, on admet- 
tait : 

Dans l'Inde britannique 84 millions 

En Australie 11 — 

Au Canada 6 — 

Dans l'Union Sud-Africaine 5 — 

En'Nouvelle-Zélande 2 — 

Sur les 615 millions d'ovins, il y avait : 

En Europe 193 millions 

Dans les possessions britanniques 189 — 

En Argentine 81 — 

Aux Etats-Unis 53 — 

En Uruguay 35 — 

Dans les possessions françaises 14 — 

Sur les 193 millions d'Europe, les recensements indiquaient : 

En Russie d'Europe 43 millions (1) 

Turquie 27 — 

En Grande-Bretagne 24 

En Autriche-Hongrie 10 — 

En Irlande 3 

En France 16 

En Espagne 16 — 

En Italie 14 

En Bulgarie 8 

En Allemagne 6 

Sur les 189 millions des possessions britanniques, il y avait : 

En Australie 85 millions 

Dans l'Union Sud- Africaine 36 — 

En Nouvelle-Zélande 24 

Dans T Inde Britannique 23 

En Afrique Orientale Anglaise 6 

Au Canada 2 

Sur les 165 millions du troupeau porcin mondial, on relevait : 

En Europe 77 millions 

Dans Les possessions britanniques 5 

Aux Etats-Unis 60 — 

Au Brésil 18 

Dans les possessions françaises ï — 

1 1) Y compris Les caprin-. 



62 l'élevage et le commerce des viandes 

Sur les 77 millions du troupeau d'Europe, il y avait : 

En Allemagne 22 millions 

En Autriche- Hongrie 13 — 

En Russie d'Europe 12 — 

En France 7 — 

En Espagne 3 — 

En Italie 3 

En Grande-Bretagne 2 — 

En Irlande 1 — 

Sur les 5 millions de porcins des possessions britanniques, 
plus de 3 millions et demi appartiennent au Canada ; et sur 
les 4 millions des possessions françaises, plus de 2 millions 
et demi appartiennent à l'Indochine. 

Le pays le plus grand importateur de viandes (1) est le 
Royaume-Uni, qui tire de l'exportation 40 p. 100 de ses besoins. 
Au second rang, avant 1914, se plaçait l'Allemagne, où la con- 
sommation totale de viande était à peu près de 3.400.000 tonnes. 

Le troisième rang est occupé par la Hollande. 

On estime enfin que la production totale annuelle de viande 
abattue, dans les pays pour lesquels des statistiques sont éta- 
blies, est de 21 à 23 millions de tonnes ; ce qui, pour 500 mil- 
lions d'habitants qui font usage de cette viande, représente 
une moyenne générale annuelle de consommation de 42 à 
46 kilogrammes par habitant. 

En dehors de l'Europe, cette moyenne est d'ailleurs dépas- 
sée, en Australie (119 kilogrammes), en Nouvelle-Zélande 
(96 kilogrammes) et aux Etats-Unis (70 kilogrammes). En 
Europe, elle l'est aussi en Grande-Bretagne (58 kilogrammes) 
et en Allemagne (49 kilogrammes) ; elle n'est pas atteinte en 
France, puisque la consommation moyenne individuelle était, 
avant la guerre, de 35 kilogrammes. Elle ne l'est pas non plus 
en Suisse (39 kgr. 500), ni en Danemark (38 kilogrammes). 

Parmi les pays exportateurs, ceux qui produisent des quan- 
tités plus ou moins supérieures à leurs besoins sont surtout 
l'Argentine, l'Australie, le Canada, le Danemark, le Mexique. 

(1) Holmes, dans « United States Department of Agriculture, Office 
of the Secretary » Report 109. Washington 1916 (d'après le Bulletin 
International d Agriculture de Rome). 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 63 

la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis et l'Uruguay ; et, en 1912, 
sur les exportations des neuf principaux pays exportateurs, 
exportations s'élevant à 1.649.000 tonnes, et représentant 7 à 
8 p. 100 de la production mondiale, 226.500 tonnes étaient de 
la viande de mouton ; le reste était réparti entre les viandes 
de bœuf et de porc, à raison de 32 p. 100 pour les premières 
et 48 p. 100 pour les secondes. 

Les trois cinquièmes du commerce d'exportation de la 
viande de bœuf étaient dus en 1912 à l'Argentine, et le reste 
surtout à l'Australasie et aux Etats-Unis. 

Les trois quarts des exportations de viande de mouton 
provenaient de l'Australasie et le reste de l'Argentine. 

Les trois quarts des exportations de viande de porc prove- 
naient des Etats-Unis, et le reste surtout du Danemark et du 
Canada. Pour la Grande-Bretagne seule, nous avons vu plus 
haut quelles ont été en 1914 les quantités totales de bœufs et 
de nïbutons frigorifiés importés. Ajoutons, pour indiquer les 
origines de ces importations, que : sur 2.923.125 quartiers de 
bœuf 1.236.466 sont venus d'Australie, 321.784 de Nouvelle- 
Zélande, 852.612 d'Argentine, 456.256 de l'Uruguay et du 
Venezuela, 55.307 des Etats-Unis, 700 de l'Afrique du Sud; 
sur 6.746.801 moutons, 2.088.222 sont venus d'Australie, 
2.616.650 de Nouvelle-Zélande, 1.489.812 d'Argentine, 552.1 17 
d'Uruguay et de Patagonie, et il y a eu aussi quelques expor- 
tations du Chili; sur 6.042.038 agneaux, il a été reçu 1.634.608 
d'Australie, 3.564.434 de Nouvelle-Zélande, 599.044 d'Argen- 
tine, 243.852 d'Uruguay et de Patagonie. Le porc congelé esl 
principalement provenu des Etats-Unis et un peu de Chine. 

NOS COLONIES (1) 

Algérie 

Il y avait en Algérie, eu 1907. 8.799.000 moutons, L078.000 
bœufs, 3.959.000 chèvres, soit au total 13.837.000 bête 



(l) La rédaction de ce travail esl antérieure au Congrès d'Agriculture 
Coloniale qui s'est t « - 1 ï i j à Paria en mai dernier ; bous renvoyons, pour 



64 l'élevage et le commerce des viandes 

auxquelles il fallait ajouter 201.000 dromadaires et 96.000 porcs, 
les premiers entièrement entre les mains des indigènes du Sud, 
et les seconds exclusivement élevés par les Européens, la pro- 
duction en étant d'ailleurs inférieure à la consommation (1). 

Le recensement de 1910-1911 indique : 

8.528.610 ovins, dont 2.802.486 dans le département de 
Constantine, 2.413.104 dans celui d'Oran, 1.802.421 dans 
celui d'Alger et 1.510.595 dans les Territoires du Sud. 

1.113.952 bovins, dont 470.649 dans le département de 
Constantine, 329.892 dans celui d'Alger, 293.806 dans celui 
d'Oran et 19.605 dans les Territoires du Sud. 

Enfin, il y avait en 1913 : 

1.107.593 bovins, dont 937.845 aux indigènes et 170.108 
aux Européens ; 

8.810.739 ovins, dont 8.038.725 aux indigènes et 772.014 
aux Européens,; 

3.847.801 caprins, dont 3.758.202 aux indigènes ; 

184.818 chameaux, dont 184.578 aux indigènes ; 

112.010 porcins, dont 111.995 aux Européens. 

Rappelons quela population ovine est composéede trois races: 

1° La race des oasis ou des Hauts- Plateaux, ou race arabe, 
qui n'a qu'une faible valeur pour la boucherie et a une valeur 
encore moindre comme laine ; 

2° La race barbarine, à grosse queue, avec poches adipeuses, 
qui forme une grande partie du troupeau tunisien et se re- 
trouve en Algérie jusque vers Sétif (les métis barbarins-berbères 
du département de Constantine étant les « demi-queues »); 

3° La race berbère ou algérienne, qui forme le fond des trou- 
peaux d'exportation et qui peuple toute la région depuis Sétif 
jusqu'au Maroc. 

L'élevage de ces moutons est sédentaire ou nomade : il 
est sédentaire dans le Tell ; il est nomade sur les Hauts-Pla- 
teaux et à la lisière méridionale du Tell. 



nos colonies, aux mémoires publiés à cette occasion, et que nous n'avons 
pu utiliser. 

(1) Roger Mares : L'Elevage en Algérie; son état actuel et son avenir. 
Congrès de l'Afrique du Nord, Paris, 1909. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 65 

La population bovine de l'Afrique du Nord comprend deux 
principales races : la race de Guelma qui peuple une grande 
partie de la Tunisie et tout le massif montagneux de la province 
de Constantine et du département d'Alger ; 

La race marocaine, qui peuple la vallée du Chéliff et tout le 
département d'Oran. 

C'est cette dernière race qu'on retrouve dans les vallé 
du Maroc, d'où des exportations ont lieu chaque année ver> ]• 
marchés frontières d'Algérie. 

La race de Guelma est considérée comme une bonne ra< 
de boucherie. Le poids moyen de ces bœufs, que M. Bonnefoy a 
définis de « véritables miniatures de Durham », est de 250 kilo- 
grammes et celui des vaches 210, le rendement moyen étant 
de 50 p. 100. Très sobre, le bœuf de Guelma est un bœuf de 
montagne et de pays secs, malheureusement sujet à la pjro- 
plasmose. Le bœuf marocain est plus rebelle à cette maladie, 
mais est moins apte à l'engraissement. 

La plus grande partie des troupeaux bovin et ovin d'Algérie 
est entre les mains des indigènes, comme l'indiquent les chiffres 
donnés plus haut. Seuls les porcins sont entièrement entre 1 
mains des Européens, les prescriptions coraniques en inter- 
disant l'élevage aux indigènes. 

En 1913, les exportations algériennes étaient de : 44.711 
bovins, 1.190.348 ovins, 8.246 porcins, 6 t. 800 de viande 
fraîche, 118 tonnes de viande salée, 260 tonnes de graisse el 
9.789 tonnes de laine en masse (y compris les peaux ene< 
recouvertes de leur toison). 

Tunisii 

Nous venons de dire, à propos de l'Algérie, à quelles prin- 
cipales races appartiennent 1rs Imupeaux OVÛl • •! bovil) de 

Tunisie. Ces troupeaux Décessitenl de sérieuses améliorations, 
dont, du reste, on se préoccupe. 

Les bovins, qui, au 30 juillet L915, étaient au nombre de 
12* i* *. l r>ii têt< ;it surtoul élevés dans le V rd -•( le Centre de 



66 l'élevage et le commerce des viandes 

la Régence. La race de Guelma, la plus répandue, serait (i) 
une des meilleures variétés de la race brune de l'Atlas, qu'on 
retrouve en certaines régions à l'état de pureté. Une autre 
sous-race serait celle de Djerba, qu'on trouve dans le Sud. 
Les races de Mateur, du Cap Bon, etc., seraient des métisses, 
provenant du croisement de la race de l'Atlas avec des races 
européennes. Dans le nord de la Tunisie, on rencontre égale- 
ment des croisements de la sous-race de Guelma avec des 
races françaises ou suisses, ainsi que des races italiennes, pures 
ou mélangées. 

Le troupeau bovin tunisien n'augmente que lentement, 
puisqu'il était en 1898 de 210.161 animaux. 

-Le troupeau ovin comprenait 1.119.310 têtes en juillet 1915. 
Nous avons vu encore, au chapitre de l'Algérie, que la race 
dominante est la barbarine, ou race syrienne, à grosse queue, 
dont le centre de dispersion serait le Turkestan, et qui occupe 
toute l'Asie, depuis les mers de Chine jusqu'à la frontière 
russe. C'est une des plus anciennes races connues. 

La race berbère, ou algérienne, n'a été tout d'abord élevée, 
en Tunisie, que dans l'Ouest ; mais elle se substitue peu à peu 
à la barbarine dans le Nord. 

Dans le Sud de la Régence, on trouve la race du Soudan, à 
viande grossière, et dont la laine est rare et remplacée par du 
jarre. 

Au 31 juillet 1915, il y avait 449.164 caprins (race de Nubie 
sur le littoral, et race naine d'Afrique dans l'Extrême-Sud) 
et 12.255 porcins, de plus en plus nombreux dans le Nord, 
là où l'élément européen s'est installé (5.211 seulement en 
1898). 

Toujours à la même date, on comptait 123.915 chameaux 
(148.339 en 1898), 38.000 chevaux, 30.250 mulets et 86.240 
ânes. 

En 1912, la Tunisie exportait 26.996 bovins, dont 11.383 
bœufs, 2.591 taureaux et 3.583 vaches, et 88.037 ovins. 



(1) La Tunisie; Agriculture, Industrie, Commerce. Tome I, Berger- 
Levrault, 1900. 



dans nos colonies et quelques autres pays 67 

Maroc 

Le recensement provisoire des animaux, effectué au Maroc 
en 1914 (1), indiquait 568.525 bovins et 2.561.989 ovins. Plus 
récemment. M. Chailley (2) admet 430.000 bœufs et 3 millions 
de moutons. Dans la Statistique agricole publiée par l'Institut 
International d'Agriculture de Rome, les nombres donnés pour 
1914-1915 sont de: 697.166 bovins, dont 21.719 pour le Maroc 
oriental ; 3.839.684 ovins, dont 664.483 pour le Maroc orien- 
tal ; et 15.955 porcins dans le Maroc occidental. 

L'élevage est, on le sait, avec la culture des céréales, une des 
grandes ressources d'avenir de notre nouveau Protectorat de 
l'Afrique du Nord. 

D'après M. de Montalembert (3), le Rarb, c'est-à-dire la 
partie la plus 'septentrionale, se prêterait tout spécialement. 
el surtout dans sa zone littorale, à l'élevage bovin (4), de même 
que c'est une excellente région pour l'élevage du mouton en 
vue de la laine. Il est à remarquer que. plus on descend vers le 
Sud, et plus la qualité de cette laine diminue, à tel point 
qu'entre Larache et Mogador la différence est d'au moins 
20 p. 100. Pour la viande de boucherie, le mouton du Haouz, 
au contraire, serait supérieur à celui du Rarb. 

Dans la Chaouia, le Sahel. qui est peu arrosé, constitue en été 
de mauvais pâturages pour le mouton ; et c'est pourquoi les 
Arabes, en saison sèche, dirigent toujours leurs troupeaux vers 



il) Rapport Général sur la situation du Protectorat du Maroc au 31 mil- 
H 1 91 '*. Rabat. 

(2) Chailley : « L'Agriculture au Maroc ». C. II. des Séances de V Aca- 
démie oV Agriculture t \2 janvier 19t6. — Voir aussi le rapport de mission 
de M. Geoffroy-Saint-Hilaire dans le Bulletin de l'Afrique Française <!»> 
juillel r.»12. 

À. de Montalembert : V Agriculture et VE %e au Maroc. Rapport 
au Comité du .Mante, 1907. 

'. | M. Chailley, dans l'article plus haul cité, écrit de son côté I 
bœuf s, sont en partie, dans le Sud, semblables aux petits boeufs d'Algérie, 
maia il y a dam le Centre ei le Nord une race très bail ntre 

el 500 kilogrammes, avec une production de viande d 
du poids vif. < Mi voit déjà de ces bœufs 3ur le mari hé de la \ illette, où 
ils sont très appréciés. » 



68 l'élevage et le commerce des viandes 

le Tirs. L'inconvénient n'est pas le même pour les bœufs, qui 
trouvent en outre dans le Sahel, moins cultivé et moins mor- 
celé que le Tirs (1), de plus grands terrains de parcours. Dans 
l'Aaloua, il y a de beaux pâturages pour le gros bétail et pour 
le mouton ; et la laine de cette provenance est très belle (2). 

Au sud de la Chaouia, le pays des Doukkala peut rivaliser, 
pour la culture avec la Chaouia et lui serait même supérieur 
pour l'élevage. Les animaux de toutes races y sont plus grands 
et plus forts. Le mouton, dans le Sahel, n'y souffre pas autant 
de la sécheresse, en été, que dans la région précédente ; les 
pâturages y sont bons toute l'année, Mazagan, le débouché 
naturel delà contrée, est le port le plus important de la côte pour 
l'exportation des bœufs qui sont de belle qualité. La laine 
fournie n'est, par contre, que de la beldia. 

Dans les Rehamna et les Seraghana, au-delà du Tirs, il y 
a encore de très beaux pâturages, d'où proviennent de très 
bons bœufs. 

En 1913, il était exporté du Maroc 3.647 tonnes de laine en 
suint, 221 tonnes de laine lavée, 1.554 tonnes de peaux de 
bœufs, 1.792 tonnes de peaux de moutons et 1.660- tonnes de 
peaux de chèvres. 

Afrique Occidentale Française 

Nous avons déjà précédemment (3) fourni quelques rensei- 
gnements sur l'élevage et le commerce de la viande dans nos 



(1) On trouvera des analyses de terres du Tirs dans Une Croisière 
au Maroc, par M. Edouard Carlo (Chambre de Commerce de Marseille. 
1912). 

(2) 11 est au Maroc deux qualités de laines : la beldia et l'urdigia. La 
première est donnée par les districts de Médiouna, Zenata, Oulad-Saïd, 
Oulad-Harriz, Medakra et Mzamza. La seconde, plus fine et de qualité 
supérieure à la précédente, provient de la région de Tadla, et surtout de 
PUrdegha (ou Ourdira) ; sur les hauts plateaux, entre Tadla et les 
Zemmourn. D'autres tribus, comme les Oulad bou Ziri, fournissent une 
laine mélangée. 

(3) H. Jumelle : « Les Recherches récentes sur les Ressources des 
Colonies françaises et étrangères et des autres Pays chauds ». Annales 
du Musée Colonial, 1916, 3 e fascicule, pages 31, 38 et 42. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 69 

colonies du Sénégal, du Haut-Sénégal et de la Guinée Fran- 
çaise ; et nous avons cité au Sénégal, près de Kaolak, dans 
le Sine-Saloum, l'usine de Lyndiane dont la réussite semble défi- 
nitivement assurée. D'après M. Chudeau (1), cette usine occupe 
aujourd'hui un millier de Noirs et est en pleine production (2). 

Certains esprits timorés, ajoute M. Chudeau, redoutent 
toutefois que le troupeau des bovidés de l'Afrique Occidentale 
ne soit rapidement ruiné par cette nouvelle industrie; mais les 
données statistiques permettent de bannir cette crainte. 

Le premier recensement de 1905 a donné pour l'Afrique 
Occidentale 1.500.000 bovins; en 1912, le nombre montait 
à 5 millions. Et, dans ce dernier accroissement, le Haut-Sénégal- 
Niger figure pour 600.000 et le Sénégal pour 200.000. Mais, 
si l'on remarque que, pour la Mauritanie et le territoire du 
Niger (région de Zinder), les chiffres même approximatifs 
font complètement défaut, il est permis de tabler sur un total 
d'au moins 6 millions. 

On sait (3) que les bovidés de l'Afrique Occidentale Fran- 
çaise peuvent se ramener à deux grands types : 

Le type zébu, ou bœuf à bosse ; 

Le type taurin, sans bosse sur le garrot. 

Et chacun de ces deux types — qui sont l'un et l'autre d'ori- 



1 1) René Chudeau : «Quelques progrès en Afrique Occidentale en 1915 
et 1916. » Renseignements coloniaux publiés pur le Comité de V Afrique 
Française, n os 10 à 12, oct.-déc. 1916. 

(2) D'après le discours de M. le Lieutenant-Gouverneur du Sénégal 
à la session de novembre 1916, l'usine de Lyndiane exportait, en 1915, 
en France : 837.000 kilogrammes de viande frigorifiée, 215.000 kilogram- 
mes de conserves, 3.700 kilogrammes de gibier, 17.500 kilogrammes de 
boyaux salés, 34.000 kilogrammes de suif, 1.600 kilogrammes de volailles 
mortes, 1.000 kilogrammes de queues de bœuf, 17.<>00 kilogrammes d'os 
et sabots, 11.000 kilogrammes de cornes et 3.000 kilogrammes d'autres 
produits et dépouilles. 

•I. de Cordemoy : « Remarques sur l'origine et la dispersion d 
bovines de l'Afrique Occidentale Française » [Agriculture Pra* 
tique des Pays Chauds, janvier 1914). Voir aussi: Pierre, VElei 
en Afrique Occidentale Française, Challamel, Paris, 1906 ; Adam: l'Ele- 
; 1*' » '.'.mini'iv,- d.-s Bovidés au Sénégal », Agr\ uiiure Pratique des 
Pays Chauds, fôv. 1914 ; Pierre, hes produits de VElei n Afrique 

Occidentale Française, Challamel, 1918. 



70 l'élevage et le commerce des viandes 

gine asiatique, comme l'a bien établi M. J. de Cordemoy — 
a une aire de dispersion assez bien déterminée, car le type 
zébu, peu résistant aux trypanosomases, occupe surtout 
les régions situées au, nord du 13 e parallèle, c'est-à-dire le 
bassin du Niger Moyen et Supérieur et celui du Sénégal, tandis 
que le type taurin, plus réfractaire, a plutôt pour l'habitat r 
au-dessous du 13 e parallèle, la Guinée Française et le Dahomey. 

Vers les limites des deux aires, des croisements se sont pro- 
duits, et il s'est ainsi constitué, dans certaines régions, des 
variétés ou races métisses. 

Au Sénégal, conformément à cette répartition générale, les 
bœufs à bosse, ou gobra, qui sont de grande taille et pèsent 
jusqu'à 400 à 600 kilogrammes, sont surtout nombreux dans 
le Ouab, le Djoloff, le Cayor et le Baol ; au contraire, le bœuf 
sans bosse ou n'dama, de plus petite taille, est élevé principale- 
ment dans le Sud. Dans le Sine-Saloum, immédiatement au- 
dessous du 14 e parallèle, les indigènes recherchent particu- 
lirèement les ouarlé, qui sont le croisement des deux races. 

Ce sont les Peulhs, les Toucouleurs et les Sérères qui pos- 
sèdent les plus beaux troupeaux, et ils en prennent le plus 
grand soin, car ils estiment leur richesse au nombre de têtes 
de bétail (100 francs comme prix moyen d'un bœuf) qu'ils 
possèdent (1). 

En 1912, on recensait au Sénégal 60.000 taureaux, 128.000 
bœufs et 395.000 vaches ; et l'accroissement était estimé 
à 132.000, soit environ le cinquième. La consommation locale 
est faible. Les éleveurs, Peulhs, Maures et Touaregs, mangent 
peu de viande, et les agriculteurs sédentaires en sont bien 
friands, mais, obligés de l'acheter, doivent se restreindre. 
En 1912, on admettait que la consommation annuelle des 
1.250.000 habitants du Sénégal était d'environ 20.000 bœufs r 
dont 5.000 pour Dakar, Saint-Louis et Rufisque. 

Dakar expédiait vers Bordeaux et les îles du Cap Vert 
et les Canaries : 248 bœufs en 1910, 11.810 en 1911, 12.580 en 
1912 et 20.545 en 1913. Mais, cette exportation sur pied 

(1) Annuaire du Gouvernement Général de VAjrique Occidentale Fran- 
çaise, 1915-1916. Em. Larose, Paris, 1916. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 71 

n'ayant donné jusqu'alors que des résultats médiocres, l'avenir 
semble bien plutôt favorable aux fabriques de conserves et 
de viandes frigorifiées, comme celle de Lyndiane. 

Dans le Haut-Sénégal et Niger, que nous avons déjà dit 
(loc. cit.) être le grand réservoir de bétail et de chevaux de 
l'Afrique Occidentale Française, on admettait en 1916 que 
le cheptel se composait de 2 millions environ de bœufs ou 
vaches et 3 millions de moutons et chèvres, représentant un 
capital de plus de 100 millions de francs. 60.000 à 70.000 
bœufs et 100.000 à 120.000 moutons sont livrés annuellement 
à l'exportation, la plus grande partie s'écoulant vers la Gold 
Coast. D'autre part, les peaux et la laine font l'objet d'un 
important commerce. Nous avons déjà vu qu'il était expédié 
en 1913, par Kayes et Kouroussa-Konakry, 660 tonnes de 
peaux et 325 tonnes de laines. Mais la plus grande partie de 
la laine produite est utilisée dans la colonie. La bergerie de 
Xiafunké, que nous avons citée autrefois, s'efforce d'améliorer, 
par la sélection et par croisement avec le mérinos algérien, 
la race de moutons à laine de la région nigérienne. 

Sur le territoire militaire du Niger, l'élevage est pratiqué 
par tous les indigènes, mais surtout par les Peulhs. 

En Guinée Française, le petit ndama du Fouta-Djalon, 
dont l'élevage est de longue date pratiqué avec soin par les 
Foulas, s'est répandu dans la colonie tout entière ; et aujour- 
d'hui, en Basse-Guinée, tout comme dans le haut pays, et 
même dans /la région militaire, on trouve de nombreux el 
riches troupeaux, La race est particulièrement résistante aux 
maladies exotiques. Sa viande, d'après le dernier rapport de 
la colonie, « est bonne, mais manque d'infiltration . I 
vaches sont faibles laitières. Il n'y a pas en Guinée de grands 
troupeaux «If moutons ou de chèvres. 

En Côte d'Ivoire, ['élevage ne tient qu'une place secondai] 
La fcone sylvestre se prèle peu à la production et à l'entretien 
des bœufs «'t «les chevaux : plus favorable es1 la zone décou- 
verte 'In Baoulé ei des pays Gouros, «»ù le troupeau commence 
,i 3e reformer. Dans les cercles du Nord, les camp; 
Samoçy et les maladies eut provoqué de grands vides, que 



72 l'élevage et le commerce des viandes 

l'application de mesures d'hygiène commence à combler. 
Actuellement, les bœufs exportés proviennent pour la plus 
grande partie du Haut-Sénégal-Niger. 

Au Dahomey, les troupeaux, qui appartiennent spécialement 
aux Peulhs, sont nombreux dans le haut pays. Les bœufs sont 
en général de taille moyenne ; beaucoup sont à bosse, et leur 
poids moyen est de 250 kilogrammes. Le Haut-Dahomey possé- 
derait un peu plus de 100.000 bœufs (117.000 en 1913) ; il en 
exporte annuellement 5.000 à 6.000 vers le Togo et la Nigérie (1 ). 

Les deux épizooties les plus meurtrières pour tout le grou- 
pement de l'Afrique Occidentale Française sont le charbon 
et la péripneumonie. Les services zootechniques sont heureu- 
sement armés contre ces deux maladies ; il n'y qu'à souhaiter 
le renforcement du personnel vétérinaire. 

Afrique Equatoriale 

M. le capitaine Lemoigne (2) estimait récemment à 700.000 
têtes le troupeau de bovidés existant actuellement sur le 
territoire du Tchad. 11 y aurait 500.000 adultes, dont 150.000 
mâles et 350.000 femelles. 

Le recensement de 1915, évidemment très approximatif, 
n'indique toutefois que 393.210 têtes ainsi réparties : 

Kanem 105 . 355 

Batha inférieur '. 62.936 

Ouadaï 29.582 

Moyen Batha 28 . 455 

Bas Chari '. 55.720 

Baguirmi 94 . 475 

Salamat 16.687 



( l ) M. Canning estime à 5 millions de têtes la réserve bovine de la Nigé- 
rie ; et il fait remarquer qu'on pourrait facilement acheter ces bœufs 
dans la province de Bornou et les amener jusqu'à Kano ; de là ils seraient 
transportés par chemin de fer jusqu'à Lagos, d'où ils seraient embarqués 
pour l'Europe. La qualité de la viande de ces bovins serait souvent corn- 
parable à celle des bovins anglais. Il y a déjà un petit établissement frigo- 
rifique à Lagos. 

(2) Capitaine Lemoigne : « L'Elevage des Bovidés au Territoire du 
Tchad». Renseignements coloniaux publiés par le Comité de V Afrique fran- 
çaise ; n° 3, mars 1917. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 73 

Tous ces bœufs sont des zébus (variété arabe, variété peulhe, 
variété bororo, variété du Logone) et des bœufs sans bosse 
(variété des Kouris et race ouadaïenne). 

La zone qu'ils occupent s'étend sur toute la largeur du terri- 
toire, mais est étroite en latitude, car elle est comprise entre 
la lisière désertique (variable chaque année suivant l'abon- 
dance des pluies) et la limite septentrionale de la tsé-tsé (elle- 
même un peu variable suivant les pluies, entre le 11 e et le 
12 e degrés). Les éleveurs sont des nomades, des semi-nomades et 
des sédentaires. Il n'y a guère lieu, au surplus, de songer à une 
sérieuse exportation. La plupart des animaux mâles sont 
dressés comme bœufs porteurs ; et, si on défalque le bétail 
exporté dans les colonies voisines ou consommé sur place, la 
quantité disponible reste très faible. 

L'exportation de cette petite quantité ne pourrait être faite 
sur pied ; il reste donc le commerce de la viande frigorifiée. 
Mais l'installation d'une usine frigorifique n'est possible qu'au 
terminus du chemin de fer, actuellement Kano. Or, « le 
nombre restreint d'animaux exportables, leur médiocre rende- 
ment en viande, les frais d'installation d'une ferme, ne per- 
mettent pas de penser qu'une entreprise d'exportation de 
viande frigorifiée soit susceptible de réussir actuellement. 

( Il ne faut par conséquent point, dit encore M. Lemoigne, trop 
espérer de l'avenir de l'élevage au territoire du Tchad. Certes 
le cheptel bovin constitue une réelle richesse, qui peut être 
nie par doublement du troupeau et amélioration de la race 
à la suite de sélection, mais richesse forcément limitée par 
les conditions mêmes du pays. » 

Madagascar 

Ainsi que nous l'indiquions en 1911 au Congrès de l'Afrique 
Orientale (1) «au I er janvier 1909 la population bovine recensée 
"i soumise à l'impôl était, dans Plie, de 3.418.774 têtes, donl 



l) II. Jumelle : l.' agriculture à Madagascar , Comptes rendus du 
de V Afrique Orientale ; Paris, 9 .» 1 '• octobre 1911; 



74 l'élevage et le commerce des viandes 

885.097 sur les Hauts-Plateaux, 1.073.743 dans l'Ouest, 
793.688 dans le Sud, 666.247 dans l'Est ». Et nous ajoutions 
alors (octobre 1911) : « Actuellement on peut évaluer à 

4.200.000 têtes le cheptel de l'île ; et il y aurait environ 2.200.000 
vaches, 1.000.000 de jeunes sujets et autant de bœufs de 
3 à 6 ans, sur lesquels, même en admettant une large réserve 
de taureaux reproducteurs, on trouverait peut-être 500.000 
à 600.000 bœufs de boucherie. La consommation locale étant 
d'environ 200.000 têtes, il reste annuellement, par suite, un 
disponible de 300.000 à 400.000 bœufs, soit environ le dixième 
de tout le cheptel. » 

En ces toutes dernières années, le nombre des bovidés n'a 
cessé de s'accroître, puisqu'il était estimé en 1915 à 6.606.000 
têtes (1). 

En cette année 1915, il était exporté de la colonie 9.618 
bœufs et 9.174 tonnes de viandes frigorifiées, salées ou conser- 
vées. 

Les bœufs ont surtout été expédiés vers Maurice (6.335) 
et la Réunion (2.487). Une cinquantaine seulement a été em- 
barquée pour la France, et autant respectivement pour Zanzi- 
bar et pour Mombassa. La diminution sur l'exportation de 
1914 (qui était de 11.123 têtes) est due à l'interdiction du 
commerce avec le Mozambique. 

Pour le fonctionnement des usines frigorifiques et des fa- 
briques de conserves de.viande, le nombre des animaux abattus 
aurait été de 100.000. 

Il y avait, en 1917, dans l'île, cinq usines de conserves et 
de frigorifiques. 

Celle de la Compagnie Générale Frigorifique de Boana- 
mary (Majunga) prépare à la fois les viandes frigorifiées et 
les conserves. 

La Société Rochefortaise, deTamatave, n'a préparé jusqu'en 
ces derniers temps que des viandes frigorifiées, mais doit se 
livrer aussi dans l'avenir à la fabrication des conserves. 



(1) Rapport sur la situation économique de Madagascar en 1915. 
Bulletin de l'Office Colonial, juillet-août 1916. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 75 

Sont exclusivement des usines de conserves les usines 
d'Antongombato et de Scama (Diego-Suarez) et celle de la 
Société d'alimentation de l'Emyrne, de Tananarive. 




Fig. 1. — Deux zébus tués ;i L'usine de Soanierana, près de Tananarive, 

le 30 novembre 1916. 

L'usine de Boanamary, créée en 1910 à l'embouchure de 
la Betsiboka, s'esl progressivement agrandie, et sa capacité 
de production en ;i\iil I ( il7 était d'environ 15.000 tonnes de 
viandes congelées par an. L'approvisionnement en bétail est 



76 l'élevage et le commerce des viandes 

assuré par un service d'achat qui a des délégués dans les prin- 
cipaux centres de production du Centre et du Nord-Ouest de 
la colonie. La Société possède en outre des chalands remorqués 
qui vont chercher le bétail dans tous les ports de la côte Ouest. 
L'insuffisance des quantités disponibles limite pour le moment 
sa capacité de production, qui pourrait être plus grande. 

Les cinq usines de Madagascar ayant, en effet, actuellement 
des marchés avec l'Intendance militaire, et les achats de 
bétail ayant sensiblement augmenté depuis deux ans, il en est 
résulté dans toute l'île une élévation importante du prix des 
animaux, en même temps qu'une certaine difficulté à réunir 
les quantités nécessaires. Il est vrai que cette situation favorise 
les indigènes, qui trouvent aujourd'hui dans l'élevage un élé- 
ment de richesse inconnu jusqu'alors. 

Le remède à l'état actuel, nous écrit la Société de Boanamary, 
« consisterait à faciliter la création d'entreprise d'élevage 
moderne, tendant non seulement à augmenter la production, 
mais surtout à améliorer la race, car l'expérience a démontré 
que l'amélioration du troupeau ne peut être attendue de 
l'élevage indigène, quelles que soient les mesures prises par 
les Services vétérinaires de la colonie. Il semble donc que l'ad- 
ministration coloniale devrait encourager par tous les moyens 
l'installation, à Madagascar, d'éleveurs qui posséderaient les 
moyens d'action et les connaissances nécessaires, pour créer 
dans la Grande Ile des exploitations analogues à celles qui ont 
fait la fortune de l'Argentine et de l'Australie. » 

Actuellement les principales circonscriptions de l'île sont 
celles de Tamatave, de Vohémar, de Diégo-Suarez, d'Analalava, 
de Majunga et de Mevatanana. 

La circonscription de Tuléar se préoccupe essentiellement 
de l'élevage de l'autruche. 

Dans la circonscription de Tamatave, l'excellente réputation 
de l'élevage du district de Sianaka a été l'une des causes qui, 
avec les demandes de plus en plus grandes de la métropole 
en viande de boucherie, ont le plus contribué à attirer les 
industriels désireux d'entreprendre le commerce des viandes ; 
aussi est-ce à Tamatave que s'est installée, à la fin de 1913, 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 



77 



l'usine frigorifique delà Société Rochefortaise. Dans les districts 
côtiers, d'ailleurs, où, dans l'ensemble (Fénérive, Tamatave, 
Andevorante, Anivorano, Vatomandry et Mahanoro), la popu- 
lation bovine est d'environ 175.000 tètes, le commerce des 
bœufs est infime et reste localisé à la consommation de chaque 




Fig. 2. — Bœuf noir tuo à l'usine de Soanierana le 30 novembre 191»'». 



Poids net : 462 kilogrammes. 



région. Quelques villes elles-mêmes, comme Vatomandry et 
Andevorante, doivent compléter, par des importations de 
Tananarive et de Moramanga, le ravitaillement de leur bou- 
cliciie. De même l'abattoir de Tamatave doit s'adresser 
presque entièrement, pour les besoins .!.■ -*,i consommation, 
à l'Imerina et au distriçl de Sianaka. Dans ce dernier district, 
h population bovine était, en 1915, de 265.240 têtes e1 n'a 
donc guère varié depuis L911, où elle «'tait de 220.000 têti 
i raison en esl que la densité du troupeau a atteint a peu près 



78 l'élevage et le commerce des viandes 

son maximum dans les conditions actuelles d'élevage et qu'il 
s'établit, par suite, un roulement entre les naissances et les 
ventes. Seule, une amélioration des pâturages actuels permet- 
tra d'accroître le cheptel, en même temps qu'il conviendrait 
d'améliorer la race, qui est de taille médiocre et n'a jamais 
été sélectionnée. A l'abattoir municipal de Tamatave, ravi- 
taillé, ainsi que nous venons de le dire, par Tananarive et le 
district de Sihanaka, il était abattu en 1915 — pour une popu- 
lation de 5.000 âmes — 2.712 bœufs, 187 veaux, 146 moutons, 
932 porcs,' correspondant à un total de 553 tonnes. La con- 
sommation aurait donc été, cette année-là, de 110 kilogrammes 
par habitant. En réalité, la population, que la guerre a un peu 
réduite, ayant peut-être été, cette année, quelque peu infé- 
rieure au chiffre de 5.000 habitants que nous venons de donner, 
la consommation moyenne serait plutôt — d'après les chiffres 
des années antérieures — de 90 kilogrammes, soit sensiblement 
celle des grandes villes d'Europe. 

Les exportations de bœuf par mer, de la circonscription de 
Tamatave, ont essentiellement lieu vers la Réunion. 

Celles de la circonscription de Vohémar sont à destination de 
Maurice et de la Réunion. D'autre part, par voie de terre, les 
usines de conserves de Diégo-Suarez puisent largement dans 
la province. L'élevage de toute cette contrée ne se modifie 
guère ; les indigènes — entre les mains de qui se trouve presque 
entièrement l'élevage à Madagascar (1) — ont intégralement 
conservé jusqu'alors leurs habitudes ancestrales. 

Dans la circonscription de Diégo-Suarez il n'y a pas plus 
de progrès. Il faut toujours lutter contre l'inertie héréditaire 
del'Antakarana, et les quelques Européens qui s'étaient inté- 
ressés à la question l'ont complètement abandonnée comme trop 
aléatoire. Cependant, avec les nouvelles usines de conserves 



(1) « Les quelques milliers de têtes qu'ont dans l'Antsihanaka la Com- 
pagnie Lyonnaise et la Compagnie du Lac Alaotra et les quelques trou- 
peaux qu'ont plusieurs Européens dans le Nord-Ouest ou dans l'Ouest 
sont négligeables, écrit M. G. Grandidier, en regard des troupeaux mal 
gaChes. » G. Grandidier : L'Elevage à Madagascar (Etude présentée au 
Congrès d'Agriculture Coloniale, 1918). 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 



79 



installées à Diégo-Suarez, l'élevage mériterait bien, dans cette 
région, de fixer l'attention. Actuellement les deux usines d'An- 
tongombato et de la Montagne-d'Ambre drainent tout le bétail 
disponible. 

Dans la circonscription d'Analalava, où, tous les ans, de 




Fie 0. — Bœuf caille tué à l'usine do Soanieranale 3<» novembre 1916. 

Poids net : V27 kilogrammes. 



juin à décembre, une forte mortalité, due au charbon, frappe 
les troupeaux <!<■ bœufs amenés à Boanamary, on s'occupe 
nctivt'uu'iii uV la vaccination, La région la plus contaminée 

celle d'Antsohihy ; Les 11.000 bœufs dil district ont 
vaccinés. Il reste à pratiquer la même opération, soit I"». 1 
doses, sur les troupeaux des vallées de la Droa el de l'Antsin- 
jomoro. 

L.-i srpi ii'-nu' cirronsrripi inn n »ni]»r a ond les provinces de 
Ma j un g a et de Mevatanana. 



80 l'élevage et le commerce des viandes 

En 1914, la province de Majunga comptait : 

District de Marovoay : 49 . 986 bœufs 

District de Majunga ; 65 . 640 — 

District de Mevatanana . . . . 313 . 505 — 

Et la province de Mevatanana : 

District de Tsaratanana 230 . 851 bœufs 

District d'Ambato 135 . 906 — 

District de Mevatanana 124 . 040 — 

Secteur de Kandreho 53.588 — 

On ne constate aucun progrès, en poids ni en qualité, dans 
le bétail de la circonscription. Les propriétaires sont surtout 
des Sakalaves dans les districts de Soalala, Besalampy et 
Sitampily ; dans les autres districts, les Sakalaves sont peu à peu 
supplantés par les Hova. Les 68.000 bœufs abattus, en 1915, 
à l'usine de Boanamary, provenaient surtout de la circons- 
cription ; et les districts de Tsaratanana et de Port-Bergère 
sont ceux qui ont le plus fourni. 

Comme porcins, il y a environ 5.000 têtes dans la province 
de Majunga et 13.000 dans celle de Mevatanana (1). 

Au sujet des moutons qui sont, à Madagascar, de l'espèce 
à grosse queue, M. G. Grandidier, dans l'étude plus haut citée 
en note, écrit : 

« Ils sont, dit-on, du type des moutons persans. D'après 
les Vazimba de l'Ouest, ils n'auraient été introduits à Mada- 
gascar qu'au cours du xv e siècle. Ils ont la tête fine, les oreilles 
tombantes, le corps mince, la croupe inclinée, la queue volu- 
mineuse et les membres longs ; leur pelage n'est pas laineux 
comme celui de nos moutons d'Europe, mais formé de pcils 
semblables à ceux des chèvres ; et, quoiqu'il y ait quelques 
animaux d'un brun rougeâtre, la majorité a la tête et le cou 



(1) Sur les conditions actuelles de l'élevage à Madagascar et sur les 
méthodes à préconiser, d'intéressantes données sont fournies sous le 
titre « Considérations sur l'Elevage à Madagascar », dans le numéro 
d'octobre 1917 de la Revue Agricole et Vétérinaire de Madagascar et 
Dépendances. 



\ 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 81 

noirs et le corps blanc. Leur énorme queue contient une réserve 
de graisse qui leur permet de vivre pendant les mauvais mois 
de l'année ; elle est, comme celle des moutons d'Egypte et du 
pays des Somalis, conique, à forme différente de celle des 
moutons barbarins du Nord de l'Afrique, qui est triangulaire 
et longue, et de celle des moutons du Cap, qui est cylindrique, 
et qui ont un plus grand nombre de vertèbres. 

« Maigres et chétifs sur le plateau central, ils atteignent 
. dans le Sud de l'île, où les conditions de vie et de climat, qui est 
plus sec, sont meilleures, une taille plus grande et un poids 
plus considérable, souvent le double. Tandis que les moutons 
du Centre pèsent de 25 à 30 kilogrammes, ceux de la région 
méridionale atteignent 40 et plus, 55 et 60, dit-on, dans l'An- 
droy. 

« L'élevage du mouton n'est possible, à Madagascar, que 
dans le Sud, où la partie occidentale de l'Anosy et surtout 
l'Androy et le pays Mahafaly sont les plus riches en trou- 
peaux de moutons, dans l'Ouest, où ils vivent bien et où le 
climat leur convient, quoique à partir de l'Onihaly, ou rivière 
de Saint- Augustin, les Sakalava n'en élèvent pas par super- 
stition, et ce n'est que par hasard qu'on en trouve quelques-uns 
çà et là, enfin dans la plus grande partie du Centre, surtout 
dans le Vakinankaratra (notamment dans le cercle d'Arivani- 
mano où, en 1897, on en a compté 23.642), dans le sud du 
Betsileo (vallée du Mananantana}, où il y en avait en 1897 
de 20 à 25.000 et dans le pays Bara où il y en a partout, niais 
en petit nombre ; au contraire, il ne réussit pas dans les régions 
<lu Nord et de l'Est, où le climat est chaud et humide el où 
il y a trop de |>i;nn<'s basses »'t niarécn^ciiscs .-i où ils meurent 
de cachexie aqueuse, ni dans nue partie du Centre, ;'< cause du 
sol ingrat; il l'.uil en effet aux moutons des pays secs, î\ -<»l 
calcaire. 

« En L 905, on a f ail lé recensement des moutons dans toute 
l'Ile et «»n en m i rouvé 264.083, ^,,ii ; 71 dans !•■ Nord, 3.283 dans 
l'Est, 30Î38J «l.-.ns L'Ouest, ss.l 17 dans I.- Sud et 142.231 dans 
l' 1 Centre; « i « * | » 1 1 i ^ luis leur nombre s'esl accru •■! M es1 maint» - 
nant. en I!'I7. de 295.000. o 

6 



82 l'élevage et le commerce des viandes 

M. G. Grandidier ajoute plus loin : 

« On s'est occupé de créer une race à laine, mais il n'y a pas 
lieu de substituer l'une à l'autre, et il semble préférable de 
les élever concurremment, car si le mouton malgache ne donne 
pas de laine, il peut être livré à la boucherie dès l'âge de 
9 mois, tandis que le mérinos ne peut l'être qu'à 18 mois, 
même 2 ans, et les prix sont les mêmes malgré la différence 
d'âge. » 

Indochine 

L'Indochine, dit M. le vétérinaire Sarazin (1), « possède 
tous les éléments nécessaires pour devenir un grand pays 
d'élevage et devrait, en raison même de ce fait, pouvoir un 
jour concurrencer très avantageusement ses rivaux sur le 
marché du bétail d'Extrême-Orient. » 

D'après la statistique de 1916, il y avait alors en Indochine : 

Bovins Buffles Porcs 

Cochinchine 135.730 297.525 414.174 

Tonkin 190.946 370.998 1.050.987 

Annam 259 . 801 179 . 027 328 . 723 

Laos 339.091 365.729 282.150 

Cambodge 582 . 449 366 . 333 586 . 500 

Il n'y aurait donc, au total, dans un pays de 720.000 kilo- 
mètres carrés, avec une population de 15 millions d'habitants, 
que 1.500.000 têtes de bovins ; et le cheptel bubalin, qui cons- 
titue l'instrument de travail par excellence, n'est guère plus 
riche, puisque le total est de 1.583.712 têtes. 

Depuis 1906, c'est-à-dire en dix ans, l'augmentation totale 
du cheptel bovin et bubalin de la Cochinchine, du Cambodge 
et du Tonkin aurait été de 69,1 p. 100. 

Toute cette population bovine et bubaline de l'Indochine 
est très inégalement répartie sur toute l'étendue de notre grande 



(1) Sarazin : « Le Bétail indochinois sur les Marchés de France et 
d'Extrême-Orient ». Bulletin Economique de VIndochine, septembre- 
octobre 1916, n° 121. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 83 

possession. Les pays les plus peuplés sont les moins riches en 
bétail. Les deux deltas, celui du Mékong et celui du Fleuve 
Rouge, qui couvrent une superficie de 60.000 kilomètres carrés 
et comptent 7.500.000 habitants, soit la moitié de la population 
totale de la colonie, ne possèdent guère que 700.000 têtes, 
contre 2.300.000 pour le reste du pays. 

Si nous considérons maintenant successivement chaque 
région, l'état actuel est le suivant, d'après l'étude de M. Sarazin. 

Au Tonkin, dans le Delta, le cultivateur annamite essaie 
de produire pour satisfaire ses propres besoins et n'y arrive 
qu'à grand'peine. La majeure partie des provinces de cette 
■contrée est obligée d'importer des animaux de travail et de 
boucherie. Par contre les moyenne et Jiaute régions devraient, 
dans presque tout leur ensemble, devenir de gros producteurs 
de bétail, pouvant subvenir, non seulement aux demandes 
des pays de grande culture, mais fournir encore un contingent 
pour l'exportation. Cette partie de l'Union possède tous les 
•éléments nécessaires au développement de l'élevage et devrait, 
par conséquent, être un centre de vente important. 

Le Laos, d'une superficie de 220.000 kilomètres carrés et 
-avec 630.000 habitants, est un abondant réservoir de gros 
bétail ; et ses disponibilités peuvent être plus fortes que celles 
de tous les autres pays de la colonie, car c'est la contrée la 
moins peuplée et la moins cultivée, la riziculture ne couvrant 
que 134.000 hectares. La difficulté des moyens de communi- 
cation est la principale cause qui, à l'heure actuelle, restreint 
une exportation qui se fait déjà vers le Cambodge, l'Annam, 
Je Tonkin et le Siam.- 

l/Annam, d'une superficie de 150.000 kilomètres carrés, et 
avec une population de 5 millions d'habitants, esl moins riche 
que le Laos en gros bétail; et le troupeau a été malheureuse- 
rnenl décimé plusieurs fois par les épizootics. \a> Nord com- 
merce avec le Tonkin, et feSud a ver la (]<»<• lune lune ; le Centre 
esl la partie la plus pauvre. 

Le Cambodge, d'une superficie de L 75.000 kilomètres carrés, 
et avec une population de L.600.000 habitants, a toujours été 
lr _ r i - exportateur de l'Indochine. Déjà riche par lui-même 



84 l'élevage et le commerce des viandes 

en bétail, il voisine avec le Bas-Laos, qui possède des troupeaux 
immenses, hors de proportions avec ses besoins, et dont il 
est le débouché naturel. De plus, il a le gros avantage d'être 
traversé par le Mékong, que les navires de tonnage moyen 
peuvent remonter facilement. Et c'est sur presque toute 
l'étendue du territoire que l'élevage est pratiqué. 

Quant à la Gochinchine, elle ne peut évidemment, par la 
nature même de son sol, par le développement de son agricul- 
ture, par la densité de sa population, être un centre de produc- 
tion du bétail ; elle achète donc et continuera à acheter ses 
animaux de boucherie et de travail au Laos, à l'Annam et au 
Cambodge, principalement à ce dernier. 

Mais, en définitive, pour l'ensemble de notre Indochine, on 
voit que, d'une part, le Nord-Annam et le Nord-Laos, et, 
d'autre part, le Sud-Annam, le Sud-Laos et le Cambodge 
doivent pouvoir nous fournir les ressources suffisantes pour 
lutter contre la Chine et le Siam sur les marchés d'Extrême- 
Orient. De nombreuses améliorations administratives (régle- 
mentation du commerce de boucherie, organisation de con- 
cours régionaux, immatriculation de tous les animaux, facili- 
tement des échanges et des transports, etc.) doivent toutefois 
être apportées, en même temps qu'il est urgent d'établir un 
service vétérinaire bien outillé. Les graves épizooties qui ont 
frappé le bétail indochinois ont été la cause de l'interdiction 
dont a été frappée, aux Philippines, l'entrée des animaux de 
travail provenant de notre colonie ; et cependant les Philippines, 
qui ont un grand besoin de ces animaux, seraient certaine- 
ment, pour le bétail sur pied, le plus gros Glient de nos éleveurs 
indochinois. Le Siam, où la possession américaine s'approvi- 
sionne, surtout actuellement, étend de plus en plus sa culture 
du riz ; ses besoins en animaux de travail deviendront donc, 
par là même, plus grands, et ses disponibilités se restreindront. 
C'est à notre colonie qu'il appartient tout naturellement de 
reprendre ce commerce, qui 's'établirait plus facilement et plus 
rapidement sur une large échelle que le commerce des viandes 
de boucherie vers la France. 

A cet autre point de vue, M. Sarazin passe en revue les di- 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 85 

verses difficultés auxquelles se heurterait notre colonie. La 
durée du voyage ne permet pas de penser un seul instant au 
transport des animaux vivants ; la même raison s'oppose à 
l'envoi de viande réfrigérée ; l'installation de frigorifiques pour 
les viandes congelées serait fort coûteux et apparaît, dans les cir- 
constances actuelles, comme quelque peu aléatoire, surtout en 
raison de la grande concurrence sud et nord-américaine. Les 
chances seraient plus grandes pour le commerce des conserves, 
surtout si nos colons s'attachaient à trouver des débouchés non 
seulement en France, mais dans les autres pays importateurs. 

Nouvelle-Calédonie 

Le gros bétail néo-calédonien, d'après M. Lafforgue (1), 
a pour origine des reproducteurs « Hereford », « Durham », 
« Devon », « Angus », et c'est, le plus souvent, des croisements 
de toutes ces races. 

Nous ne connaissons pas de recensement général de ce bétail. 
D'après seulement les estimations faites en 1909, sur la de- 
mande de M. Lafforgue, par deux éleveurs de la colonie, on 
pourrait admettre un minimum de 50.000 bovins, M. Lafforgm- 
considérait en 1904 qu'il y avait donc comme viande livrable 
2.020 tonnes, constituées par 5.000 bœufs de 250 kilogrammes 
(1300 tonnes) et 4.000 vaches de 180 kilogrammes (720 tonnes). 
En réalité, en 1898, l'abatage total avait atteint 2.366 tonnes, 
soit un excès de 346 tonnes. .Mais il y avait alors l'usine de 
Ouaco, qui préparait des conserves de viande et abattait pour 
son industrie 1.100 tonnes. Cette usine ayant fermé ses port es en 
1900, il ne reste plus que l'abatage pour la consommation 
immédiate, qui était, vers 1900, de 1.100 à 1.300 tonn 
(460 à Nouméa, 200 dans l'intérieur, 655 pour les services 
administratifs et l'administration pénitentiaire) (2). Il y a. par 
conséquent, une petite surproduction qui pourrait s'accentuer. 



(1) Lafforgue : a L'Elevage à la Nouvelle-Calédonie . L'Agriculture 

Pratique (1rs Pays Chainls, L904. 

2) La consommation de &60 tonnes pour Nouméa représente la f< «rt * - 
moyenne de 1 00 kilogrammes par habitant. 



86 l'élevage et le commerce des viandes 

POSSESSIONS BRITANNIQUES 

Australie 

Le Commonwealth Australien (y compris la Tasnianie) pos- 
sède environ actuellement 11 millions 1 /2 de bovins et il 
se place au premier rang, parmi tous les pays producteurs 
d'ovins, avec 85 millions de têtes. 

D'après les plus récentes statistiques que nous connaissions T 
on peut admettre 39.436.118 ovins pour la Nouvelle-Galles 
du Sud, 20.248.580 au Queensland, 11.892.224 dans l'Etat 
de Victoria, 5.481.487 en Australie du Sud et 4.593.458 en 
Australie Occidentale. Il faut ajouter 1.800.000 têtes pour la 
Tasmanie. A toutes époques, c'est la Nouvelle-Galles du Sud 
qui a eu la plus forte population ovine, égalant presque ou 
même parfois dépassant la moitié du troupeau de toute l'île 
australienne. Déjà en 1880, où ce troupeau total était d'environ 
60 millions de têtes, le cheptel de la Nouvelle-Galles était de 
plus de 35 millions ; en 1911, où le troupeau total était de 
90 millions, le cheptel de la Nouvelle-Galles était de 45 millions. 

Jusque vers 1880, c'était aussi la Nouvelle-Galles du Sud 
qui possédait le plus fort troupeau bovin ; mais, en 1880, le 
Queensland a pris le premier rang, avec 3.162.752 têtes, contre 
2.580.040 en Nouvelle-Galles et 1.285.481 dans l'Etat de Vie-' 
toria. L'Australie du Sud avait alors 307.000 têtes seulement 
et l'Australie Occidentale 63.000. Au Queensland, il y avait, 
au 31 décembre 1915, 4.780.893 bovins (1). 

Cet élevage des bovins dans le Commonwealth est fait 
partie en vue de la boucherie et partie pour la laiterie. Le 
commerce d'exportation du beurre australien a eu pour effet 
d'accroître le nombre des vaches laitières dans les Etats de 
Victoria et de la Nouvelle-Galles du Sud et dans le Queensland 
méridional. Les meilleurs bœufs pour la boucherie proviennent 



(1) Et 117.787 porcins. En 1880, le nombre de ces porcins pour toute 
l'Australie était de 771.000 environ. Nous ne connaissons pas le chiffre 
actuel. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 87 

plutôt, par contre, des régions plus tropicales, comme le 
Queensland septentrional, le Territoire du Nord et le nord de 
P Australie occidentale. 

Pour l'élevage du bœuf comme pour celui du mouton, les 
vastes superficies dont disposent les fermiers australiens, la 
douceur du climat, la rareté des animaux prédateurs sont 
autant de conditions particulièrement favorables. Le plus 
grand danger réside dans les sécheresses extrêmes, qui sont 
assez fréquentes dans l'île. En 1915, par exemple, c'est une 
de ces longues périodes de sécheresse qui a été la cause des 
énormes pertes qu'ont subies les troupeaux bovin et ovin. 
Dans le seul Queensland occidental, certains centres d'élevage 
ont perdu jusqu'à 75 p. 100 de leurs bœufs et 25 p. 100 de leurs 
moutons. Un grand éleveur a perdu 60.000 bovins. On ne sauva 
certains troupeaux du Queensland qu'en les transportant dans 
les pâturages de la Nouvelle-Galles du Sud. 

On compte aujourd'hui en Australienne quarantaine d'éta- 
blissements frigorifiques, dont 12 en Nouvelle-Galles du Sud, 
11 au Queensland, 13 dans l'Etat de Victoria, 1 en Australie 
Occidentale et 2 en Australie du Sud. En Nouvelle-Galles, une 
usine abat jusqu'à 24.000 moutons par jour, d'après M. Quentin. 
Dans certains établissements du Queensland, on peut emma- 
gasiner aisément plus de 32.000 quartiers de bœufs à la lois. 
Dans l'Etat de Victoria, l'usine la plus importante traite par jour 
7.500 agneaux et 4.000 moutons. En Australie du Sud un établis- 
sement peut frigorifier 6.000 carcasses en vingt-quatre heures. 

L'Australie n'importe pas d'ailleurs seulement en Gram If- 
Bretagne ; elle expédie aussi quelque peu vers l'Amérique 
du Sud. Ses plus forts envois sont cependant bien pour le 
Royaume-Uni, puisqu'ils étaient, en 1914. de L43.853 tonm 
de bœuf, mouton et agneau congelés, alors que La quantité 
exportée ailleurs n'était que de 2T.437 tnnins. suit h> p. 100 
environ. Ces 143.853 tonnes se composaient de 77.550 tojmi 
de bœuj el 66.303 bonnes de mouton et agneau; et sur l< 
200.875 bonnes de bœuf congelé que nous avons dit plus liant 
avoir été importées en cette année 191 S en Angleterre, 77.550 
venaient d'Australie. Sur !••> 252.500 bonnes de moutons et 



88 l'élevage et le commerce des viandes 

agneaux congelés, 66.303 tonnes étaient de cette même prove- 
nance. 

Au Queensland et en Nouvelle-Galles du Sud, il convient 
de signaler encore, parallèlement à l'industrie de congélation, 
le grand et rapide développement des manufactures de con- 
serves. D'après le rapport de H. A. W. Pearse au congrès de 
Chicago de 1913, l'Australie exportait, en 1912, pour plus de 
1.630.000 livres de conserves de bœuf. 

On ne peut, d'autre part, parler de l'élevage australien sans 
rappeler que l'Australasie, c'est-à-dire non seulement l'Aus- 
tralie, mais la Nouvelle-Zélande, dont nous allons nous occuper 
dans le chapitre suivant, représente la plus forte région produc- 
trice lainière du monde. En 1913-14, où la production mondiale 
de la laine a été de 1.272.000 tonnes environ, celle de l'Austra- 
lasie a été de 415.000 tonnes, dont 322.000 pour F Australie et 
93.000 pour la Nouvelle-Zélande, soit, pour toute l'Australasie, 
30 p. 100 de la production totale. La production des Etats- 
Unis, la même année, a été de 132.000 tonnes à peu près, soit 
10 p. 100, celle de l'Argentine 123.000, soit presque la même 
proportion, celle de l'Afrique du Sud 80.000, soit 6,3 p. 100, 
et celle de l'Uruguay 71.000, soit 5,6 p. 100. La production 
européenne était, la même année, de 272.000 tonnes, soit 
21,4 p. 100 (1). 



(1) Sur ce total européen de 272.000 tonnes de laine, la Russie d'Eu- 
rope compte pour 69.000 tonnes, le Royaume-Uni pour 55.000 et la 
France pour 34.000. 

Au point de vue de l'utilisation, en cette année 1913-1914, le Royaume- 
Uni absorbait 21 p. 100 de la production, la France 19 p. 100, les Empires 
Centraux 18 p. 100, les Etats-Unis 17 p. 100. 

Depuis la guerre, naturellement, ces proportions se sont considérable- 
ment modifiées. En 1915, le Royaume-Uni consommait (y compris l'al- 
paga et le mohair) 386.000 tonnes, au lieu de 242.000 environ en 1913. 
En 1916, une forte diminution est survenue, avec 268.000 tonnes, pendant 
que inversement, aux Etats-Unis, la consommation, qui était de 111.000 
tonnes de laine importée avant la guerre, s'élevait à 241.000 tonnes. 

Ajoutons que, pendant les trois premières années de guerre, au Royau- 
me-Uni, l'Office de la Guerre a passé des contrats pour 100 millions 
d'yards de laine et de tissus de laine, 115 millions d'yards de flanelle, 
20.000 de couvertures, 25 millions de paires de caleçons de laine, 60 mil- 
lions de paires de chaussettes et 10 millions de gilets également en laine. 



dans nos colonies et quelques autres pays 89 

Nouvelle-Zélande 

La Nouvelle-Zélande (1) est plus encore un pays d'élevage 
qu'un pays de culture. Sur 15 millions environ d'hectares de 
terrain qui étaient en exploitation en 1908, il y en avait à peu 
près 306.000 en Légumineuses, 5.382.000 en Graminées ense- 
mencées et 8.893.000 en Graminées spontanées. 

Le troupeau bovin était de 1.816.000 têtes en 1907-1908 
et de 2 millions environ en 1916. Les trois quarts de ce total 
se trouvent dans l'île du Nord, dans les districts (que nous 
citons suivant l'ordre d'importance) d'Auckland, de Welling- 
ton, de Hawke's Bay, de Taranaki et d'Otago. 

Le troupeau ovin était, en 1907, de 20.983.772 têtes, et, en 
1916, de 24.607.688. Les principales races sont les « Mérinoss » 
et les « Lincoln ». Tous ces animaux sont répartis dans les 
districts (par ordre d'importance) de Canterbury, Hawke's Bay, 
Wellington, Otago, Auckland, Marlborough, Nelson, Taranaki 
et Westland. 

Les porcins étaient au nombre de 241.000 en 1907-1908, 
e1 surtout élevés dans les districts de Wellington, Canterbury 
et Auckland, un peu également dans celui de Taranaki. 

Le nombre des bœufs abattus pour l'exportation était 
de 106.679 en 1913-1914 (l'année finissant au 31 mai), 182.120 
en 1914-1915, et 211.331 en 1915-1916. 

Celui des moutons abattus, dont la chair a une saveur tout 
particulièrement appréciée à Londres, était de 3.085.351 on 
1914-1915 et 3.147.915 en 1915-1916, et celui des agneaux 
£.356.151 en 1914-1915. 

Il y a déjà plus d'une trentaine d'établissements frigori- 
fiques, el de nouvelles usines sont en construction ou en projet. 
Une des usines actuelles traite quotidienrieinenl s. (ion car 
- s de moutons, el ses entrepôts peuvenl en emmagasiner 
180.< 



i \u 31 décembre L915, la population «lu Dominion était de 1.165.26? 
habitants, y compris 19.84 » Ifaoi 



90 l'élevage et le commerce des viandes 

Du 1 er avril 1916 au 31 mai 1917, il a été exporté envirou de 
la colonie 46.000 tonnes de bœuf, 64.000 tonnes de mouton 
et 38.000 tonnes d'agneau. 

Nous avons donné plus haut, à propos de l'Australie, les 
chiffres relatifs à la production lainière en Nouvelle-Zélande. 

D'autre part, les exportations de beurre, dont les grandes 
régions de fabrication sont Auckland, Otago, Wellington, 
Marlborough et Nelson, ont représenté en 1916 une valeur 
de 2.632.293 livres sterling (au lieu de 1.615.345 en 1907) ; et 
les exportations de fromages, dont les principales régions pro- 
ductrices sont Taranaki et Southland, ont correspondu à 
3.514.310 livres sterling en 1916 (au lieu de 662.555 seulement 
en 1907). Au total, l'industrie laitière, en Nouvelle-Zélande, 
y compris la consommation locale, représente en moyenne, 
actuellement, 8.500.000 livres sterling, soit 212.500.000 francs. 

Canada 

A l'inverse de la Nouvelle-Zélande, le Canada a toujours été 
un pays de culture, beaucoup plus que d'élevage. Au fur et à 
mesure cependant des progrès de la colonisation dans ce Domi- 
nion, dont la superficie d'environ 9 millions de kilomètres car- 
rés, — pour une population d'à peine 8 millions d'habitants — 
est à peu près celle des Etats-Unis ou de l'Europe, les effectifs 
du bétail, dans l'ensemble, s'accroissent. Cet accroissement, 
du reste, est surtout dû au Canada central (Manitoba, Saskat- 
chewan et Alberta) et au Canada occidental (ou Colombie 
britannique), car il a été faible et la' production ne s'est guère 
que maintenue, du moins pour les bovins, dans le Canada 
oriental (partie occidentale de la province de Québec et la 
province d'Ontario), et il y a eu plutôt un léger fléchissement 
dans le Canada maritime (partie orientale de Québec, Nouvelle- 
Ecosse, Nouveau-Brunswick et île du Prince-Edouard). 

L'augmentation de la production animale parait avoir sur- 
tout pour cause l'importance chaque jour plus grande que prend 
au Canada lemixedfarming, c'est-à-dire l'exploitation combinée 
de la culture des céréales et de l'élevage, contrairement à la 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 91 

culture exclusive des céréales qui a été longtemps le carac- 
tère dominant de l'agriculture du pays. 

Le rancher fait place peu à peu au homesteader; et à l'élevage 
extensif (ranching) des grands troupeaux libres sur de vastes 
espaces se substitue l'élevage intensif des petits troupeaux 
du homestead (1). 

Contrairement à ce qu'il serait permis de supposer, cette 
transformation dans le mode d'exploitation a bien pour consé- 
quence d'accroître le troupeau, car là où le rancher possédait 
un seul animal pour plusieurs acres, l'homesteader élève 
sur un seul acre plusiers animaux améliorés. 

En 1911, il y avait au Canada 6.533.436 bovins (au lieu 
de 5.576.451 en 1901 et 4.120.586 en 1891) et 3.610.428 porcins 
(au lieu de 2.353.828 en 1901 et 1.733.850 en 189*). Actuelle- 
ment, il y a 2.250.000 ovins. 

En 1912, le Canada exportait 61.517 bovins et 430 tonnes 
de viande et importait 2.976 bovins et 896 tonnes de viande. 
L'exportation des bœufs vivants se faisait alors surtout vers 
l'Angleterre. Mais en 1913, lorsque les droits de douane d> 
produits de boucherie ont 'été supprimés aux Etats-Unis, 
le commerce s'est détourné vers ces Etats, et il a même pris 
tout de suite une importance telle (216.295 bœufs exportés 
cette année-là) que la consommation locale a diminué, en 
même temps que les prix de la viande se sont élevés. En prou- 
vant l'insuffisance de la production bovine au Canada, le fait 
est un stimulant pour l'expansion de l'élevage dans le Dominion. 

Pour les ovins, la production a déjà augmenté depuis la 
g uerre, puisque le troupeau n'était que de 2.050.U'" I „en L914 ; 
et l'on prévoit que cette augmentation continuera, car, apr» - 



1 1) Le homestead est une concession de 65 Hectares que I»' < rouvernemenl 
«anadien accord»' aux colons d'au moins 18 ans, sous la condition de 
trois années de résidence (avec six mois »!•• résidence effe< tive chaque 
année), de la mise en culture d'un minimum de I- hectares, de la cons- 
truction d'une maison valant au moins L515 francs, el d'un paiement 
de 10 dollars. Le possesseur d'un premier homestead peut, à de nouvelles 
conditions, acquérir 1»- <ln»it de prélation pour un autre homestead. 
Quatre homesteade forment an niill<- carré 260 hectares on ; 

• •I 36 sections constituent untownship. 



92 l'élevage et le commerce des viandes 

n'avoir longtemps considéré l'élevage du mouton que comme 
une branche très accessoire de leur agriculture, les fermiers 
canadiens ont aujourd'hui- changé d'avis. 

Normalement le Canada a produit jusqu'alors 75 p. 100 
seulement de la viande de mouton nécessaire à sa consomma- 
tion ; le reste venait principalement de l'Australie et la Nou- 
velle-Zélande. On pressent, au contraire, aujourd'hui, le mo- 
ment où la colonie non seulement se suffira à elle-même, mais 
encore pourra pratiquer l'exportation en grand. 

Comme conséquence, alors que la production de la laine 
n'égale, à peu près, à l'heure présente, que la moitié de la quan- 
tité nécessaire au pays, cette production, dans la suite, devien- 
dra aussi assez grande pour permettre l'exportation tout au 
moins des qualités moyenne et grossière. Les qualités fines 
seules continueront à être importées, les conditions agricoles 
rendant le Canada plus apte à l'élevage d'un type de bouche- 
rie qu'à celui de « Mérinos » ou d'autres races à laine fine. 

Pour l'instant, le fond du bétail ovin canadien est constitué 
par le groupe des « Downs ». On emploie seulement le « Che- 
viot », d'origine écossaise, dans les régions des collines rocheuses 
de l'Ontario-Nord et de la province de Québec, là où l'élevage 
est encore extensif. La race « Mérinos », type Rambouillet 
ou type Delaine, ne sert de même qu'à des croisements avec 
les ovins de boucherie des grands troupeaux qui paissent dans 
les dry fanning belts (ou zones des terrains arides) du Saskawet- 
chan, de l'Alberta et de la Colombie Britannique, et le but de 
ces croisements est de donner à ces troupeaux plus de rusticité. 

Ainsi qu'il en est résulté pour les bovins, comme nous l'avons 
vu plus haut, à la suite du « tarif Wilson-Underwood », qui 
a établi, en septembre 1913, l'entrée libre de droits des pro- 
duits de boucherie, les exportations de viande de porc, qui 
avaient lieu surtout antérieurement vers le Royaume-Uni, 
se sont également détournées maintenant, au moins en partie, 
vers les Etats-Unis. Au reste, l'accroissement de la consomma- 
tion locale a déjà, depuis 1905, diminué les exportations du 
Canada, autrefois assez fortes, puisque le Dominion fournissait 
à la mère-patrie 20 p. 100 du lard importé. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 93 

En 1900, il était exporté, au total, du Canada, en lard, jam- 
bon et viande de porc, 61.752 tonnes ; en 1913, il n'en était 
plus expédié que 17.785. 

Mais des provinces qui, comme celles des Prairies, ont pen- 
dant longtemps élevé peu le porc — surtout produit dans 
l'Ontario — s'attachent aujourd'hui davantage à cet élevage ; 
et il y a encore là certainement pour le Canada un commerce 
d'avenir. 

Grâce à l'activité de ses nombreuses Sociétés d'Agriculture ( 1 ), 
qui, de longue date, se préoccupent de l'instruction agricole 
et ont institué des concours et des primes, grâce aussi à l'orga- 
nisation de ses Coopératives, comme il en existe déjà depuis 
longtemps dans l'Est, le Dominion canadien peut devenir très 
rapidement un très grand pays d'élevage, et d'élevage rationnel 
et perfectionné. Il convient de rappeler les paroles de Sir Wilfrid 
Laurier : « De même que le xix e siècle a été, en Amérique, le 
siècle des Etats-Unis, le vingtième sera celui du Canada. » 



(1) En Nouvelle-Ecosse il y avait, en 1912, 164 Sociétés d'Agricul- 
ture, comprenant 8.576 membres, et subventionnées par le Gouverne- 
ment. Au Nouveau-Brunswick, en 1901, 60 sociétés instituaient des 
concours et facilitaient l'introduction de bon matériel ; il y a 3 Ecoles 
d'Agriculture. En 1898, il se fondait dans l'île du Prince-Edouard une 
Association de laitiers ; et en 1902-1903 il se fondait à Charlottetown une 
Ecole de Laiterie. En 1915-1916, plus de 1.000 étudiants étaient inscrits 
dans les trois Ecoles d'Agriculture de la province de Québec ; ei il s'était 
organisé dans cette province 162 Coopératives agricoles, 85 Sociétés 
d'Agriculture et 710 Cercles d'Agriculteurs. La province d'Ontario possède 
un plus grand nombre encore d'institutions agricoles ; le Manitoba a d 
" fermes de démonstration » et des « trains-écoles », i'Alberta a 6 ferra 
analogues et une Ecole d'Agriculture, la Colombie anglaise a institué 
des concours. Dans l'Est, les efforts de beaucoup de sociétés ont depuis 
longtemps porté sur l'industrie laitière. En 1913, il y avait en NouvelL 
Ecosse 33 fabriques de beurre et de fromages, qui produisaient près de 
350.000 francs de beurre et 300.000 francs de fromages. Au Nouveau- 
Brunswick, on comptait, en 1901, 68 de ces fabriques, qui produisaient 
pour plus de 1 million de francs de beurre et 950.000 francs de fromage. 
Dans l'île du Prime Edouard en 1913, le nombre des froifiageri lit 
d'environ 50. Dans la province de Québec, il y a actuellement 585 beur* 
reries, 883 fromageries ei 528 établissements mixtes, qui produisent pour 
plus de 100 ruinions de francs de beurre ei de fromages les i Kportationa 
de lait et de crème vers les Etats- 1 nisétaienl récemment de 7 millions i 2 
de francs, alors qu'elles étaient inférieures à i million en 1910. 



94 l'élevage et le commerce des viandes 

Union Sud-Africaine et Rhodésie 

L'Union Sud-Africaine (Le Gap, Natal, Transvaal et Orange) 
et le Protectorat de la Rhodésie sont encore une vaste région 
où les conditions économiques mondiales actuelles et celles 
qui sont à prévoir pour l'avenir sont un encouragement pour 
l'élevage. L'industrie moutonnière est de longue date une des 
plus importantes sources de revenus de l'Union, qui possédait, 
en 1911, 30.656.659 bovins, dont 21.842.000 pour la laine ; un 
accroissement de la population bovine, qui était de 5.797.000 
en 1911, est aussi possible. La Rhodésie, d'autre part, est, grâce 
à ses pâturages, particulièrement favorable à l'élevage de ces 
bovins. 

Jusqu'alors les bœufs du Sud-Africain ont été surtout des 
animaux de trait ; et la race indigène « Afrikander » est, en 
effet, excellente pour la traction. 

Mais l'Afrikander, sans doute à cause de son origine — s'il 
est vrai qu'il provient du croisement des « Devonshire » avec 
des vaches jadis introduites par les Portugais, et de race 
espagnole — se croise très bien avec le bétail européen. On 
peut donc s'en servir pour une amélioration du troupeau sud- 
africain. On a déjà recommandé, en vue de production de la 
viande, son croisement avec les « North Devon ». les « Here- 
ford », les « Sussex », les « Angus » ou les « Shorthorn », et en 
vue de la production du lait, avec les « Simmenthal » et les 
« Ayrshire ». Le croisement avec les « Lincoln » ou les « Frisons » 
convient pour les deux sortes de production (1). Les avantages 
de « l'Afrikander » sont sa taille, sa couleur rouge sombre ou 
noire, sa parfaite adaptation au climat. 



(1) D'après les renseignements récents, les « Frisons »,. qui ont 
tout d'abord été recherchés dans l'Union, n'ont pas cependant, en défi- 
nitive, donné les résultats espérés ; la race s'est déformée et détériorée. 
Au contraire, les « Ayrshire » se sont bien acclimatés. Les « Jersey » 
sont aussi appréciés. Pour la boucherie, le « North Devon » est délaissé ; 
et on adopte le « Shorthorn » dans les pâturages luxuriants et les « Here- 
ford », « Sussex », et « Aberdeen-Angus » sur les sols plus pauvres et 
dans les contrées plus sèches. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 95 

Dans les premiers mois de 1916, le bétail bovin de l'Union 
était de 8 millions de têtes ; et en 1915 il fut exporté 32.897 
quartiers de bœuf. La viande fut payée à Londres de 1 fr. 17 
à 1 fr. 73 le kilogramme. Le coût d'exportation, en tenant 
compte de la valeur des sous-produits, serait d'environ fr. 35 
le kilogramme. L'industrie frigorifique, en tout cas, commence 
bien à se développer ; et ce développement a surtout été rapide 
en 1916. Les conditions de la frigorification se sont améliorées 
à Pretoria, Bloemfontein, Maritzburg et Durban ; et l'Admi- 
nistration des Chemins de fer et des Ports coopère à l'organi- 
sation du service d'exportation. Les municipalités, en même 
temps, perfectionnent leurs abattoirs. 

Pour l'élevage du mouton, M. Ch. Mallinson, expert en 
laines et moutons de l'Union, fait remarquer (1) que l'Afrique 
du Sud ne possède pas de régions bien délimitées sur lesquelles 
l'élevage ovin puisse être considéré comme profitable, et en 
dehors desquelles il doive être déconseillé. Presque partout il y 
a des fermes où l'industrie pastorale réussit, et à proximité 
desquelles elle est cependant complètement impossible. Si 
le territoire de l'Union du Sud-Africain possède encore de 
vastes surfaces où l'élevage du mouton, d'après les méthodes 
modernes, n'a pas encore été expérimenté, on peut dire que, 
d'une manière générale, le pays convient à cet élevage < i t 
que, sur certains points, le « Mérinos » y prospère excel- 
lemment. Cependant le succès dépend de facteurs multiples, 
tels que les conditions de sol et de climat, les ressources en 
eau, les moyens de transport, etc. 

Les localités les mieux appropriées à l'élevage du mouton 
se trouvent précisément dans les provinces où les troupeaux 
-«•ut encore les moins importants, notamment dand l'ouest 
<lu Transvaal et de l'Orange el dans le Béchuanaland. On 
trouve actuellement de vastes troupeaux dans les régions 
orientale el centrale du Cap, et dans le Veld supérieur du 
Transvaal. Le Natal et le Nord-Ouest du Cap Bont aussi d'eicel- 



lj Dans The Agricultural Xownalof tte Union of South ' i, d'api 
(i Bulletin du Gouvernement Général de. l'Algérie , du 15 février 1914, 



96 l'élevage et le commerce des viandes 

lentes contrées moutonnières, mais la seconde de ces deux 
régions surtout est peuplée de moutons « Afrikander » bâtards, 
au lieu de vrais « Mérinos » . 

Dans les essais d'exportation de viande faits à Londres en 1914 
la viande d'agneau a été plus goûtée que celle de mouton. Il 
aurait été établi aussi que, les races anglaises ne réussissant 
pas bien dans l'Afrique du Sud, l'Union ne pourrait produire 
des moutons d'égale qualité à ceux de l'Australasie ; le mérinos 
de l'Afrique du Sud ne trouverait de débouchés que comme 
viande de seconde qualité. 

11 est d'ailleurs à noter que, le nombre des moutons à laine 
étant en décroissance dans les autres pays du monde, l'Afrique 
du Sud n'a peut-être pas intérêt à abandonner son élevage 
de mérinos. Alors que, en 1908, l'Union exportait 104.252.696 
livres de laines et 19.283.396 livres de peaux de mouton, ses 
expéditions, en 1913, étaient de 176.971.865 livres de laine 
et 32.196.400 livres de peaux. 

Maurice 

r 

Il y avait, au total, à Maurice, en 1913, 41.301 bovins, 
2.030 ovins et 16.378 porcins. Le nombre total des bœufs 
importés dans l'île et venant de Madagascar, de 1909 à 1913, 
a été (1) de 36.861, soit une moyenne de 7.372 par an. 70 à 80 
sont, en outre, apportés chaque année de Rodrigues, qui, 
d'autre part, envoie annuellement les petites quantités de porcs 
(930 en moyenne) et de moutons (rarement plus de 200) 
que reçoit la colonie. 

On abat annuellement à Maurice environ 12.000 bovins, 
5.000 à 6.000 porcs et 500 moutons. 

La consommation annuelle de viande dans l'île est de 
4 kgr. 900 par habitant. 

En 1914, M. Robert remarquait que le « taux d'accroisse- 
ment du nombre des bovidés dans le pays est de près de 



(1) Henri Robert, Live Stock Statistics, 1914. Department of Agricul- 
ture, Mauritius, n° 1, 1915. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 97 

18 p. 100 par an ; ce qui signifie que, si le courant d'importation 
de Madagascar et la consommation de viande du pays de- 
meurent dans la normale, et qu'aucune épizootie n'éclate, 
le chiffre total des bovidés en ce pays atteindra 65.000 en 
1917». 

M. Robert disait encore : « Le rapport entre le nombre total 
des vaches et le nombre total des bovidés est une indication 
de l'augmentation qui se produit dans les troupeaux d'un 
pays ; et la proportion présentée par Maurice (39,4 p. 100) 
peut se comparer favorablement à celle de l'Inde (36 p. 100) 
et du Royaume-Uni (37 p. 100) ». 



AUTRES PAYS ÉTRANGERS 
Etats-Unis 

Avec leur troupeau bovin, qui était de 72.534.000 têtes 
en 1907 et de 61.441.000 en 1916, les Etats-Unis se placent, 
darîs cette branche de l'élevage, au second rang de tous les 
pays du monde, derrière l'Inde Anglaise, qui (y compris, il 
est vrai, les buffles et les zébus) possède un chiffre sensible- 
ment double (137 millions environ). Avec leurs ovins, qui 
étaient de 49.200.000 en 1916, les Etats-Unis occupent le 
troisième rang, après. l'Australie (85 millions) et l'Argentine 
(83 millions). 

Avec les porcins (68 millions en 1916) ils détiennent le 
premier rang, le second revenant au Brésil, avec l7.32 ( J.2ln 
tel es. 

Au l'' r janvier 1916, la valeur totale de ces trois troupeaux 
de la Confédération .\ord-Améric;iin.' éinil de plus de 17 mil- 
liards de francs. 

Comparativement aux années antérieures, le troupeau bovin 
i |>"ii modifié, car les 72 millions de têtes de l'année l (,,| 7 
peuvent être considérés comme un j >« • u exceptionnels, puis- 
qu'on comptail 61.424,599 bêtes à corne en 1902, 61.241.907 
• ■u 1905 «'i 56.527.000 en 1913. Le troupeau ovin s nettemenl 



98 l'élevage et le commerce des viandes 

beaucoup plus diminué, car il était de 62.039.091 en 1902, 
63.964.876 en 1903, 52.500.000 en 1910. 

Au contraire, les porcins, dont le nombre était de 48.698.850 
en 1902, 46.320.511 en 1905, 52.100.000 en 1910, sont en forte 
augmentation. 

Le faible accroissement du gros bétail et la diminution des 
ovins s'expliquent par des causes diverses, telles qu'intem- 
péries, maladies, augmentation de valeur des terrains et des 
produits de laiterie, amélioration de la quantité et du poids 
au détriment du nombre ; mais la situation doit d'autant plus 
attirer l'attention du Gouvernement des Etats-Unis que, 
pendant que le nombre des animaux de boucherie décroissait 
de 51.566.000, en 1907, à 36.030.000, en 1913, l'a population 
humaine, au contraire, s'élevait de 87.321.000 individus à 
96.496.000 (dont un tiers environ représenté par la population 
agricole). Aussi un membre du Congrès de la Boucherie 
déclarait-il que « si* un remède n'était pas prochainement 
apporté à cette situation, la viande de bœuf se vendrait dans 
dix ans au moins un dollar la livre, et que, de ce côté de l'Atlan- 
tique, on devrait, à l'instar de ce qui se passe en Europe, 
créer des boucheries hippophagiques. » 

En 1909, la production totale de viande aux Etats-Unis 
était évaluée à 76.700.000 quintaux, et la consomma- 
tion à 70 millions. En 1915, l'excédent total des viandes et de 
leurs produits dans la République nord-américaine était de 
5.900.000 quintaux et les importations en viandes bovine 
et ovine étaient 2, 7 p. 100 de la consommation totale. 

Nous avons vu à propos du Canada que, en 1913, la sup- 
pression des droits d'entrée a favorisé l'importation des ani- 
maux vivants et des viandes du Dominion. 

De tout cela ressort bien, en tout cas, le fait que les Etats- 
Unis peuvent être facilement exportateurs de viande de porc 
(qui fournit plus des 60 p. 100 de la viande du pays), mais ne 
sont pas aussi à même d'exporter les viandes de bœuf et de 
mouton. Et, en effet, leurs exportations de viandes de bœuf 
ne représentaient en 1912 que le septième des exportations 
mondiales, tandis que celles de porc représentaient les trois 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 99 

quarts. En 1913, d'autre part, les Etats-Unis se plaçaient 
au quatrième rang des pays importateurs de viandes, et ils 
devaient surtout ce rang à leurs importations de viande de bœuf. 
Ils reçoivent beaucoup moins de viande de mouton, que leur 
envoient principalement l'Amérique du Sud et l'Australasie. 

Les moyens, d'ailleurs, ne manquent pas à la Confédération 
pour remédier à la situation actuelle ; le raisonnement que 
nous avons fait antérieurement au sujet de la transformation 
progressive du ranching, au Canada, en exploitations fer- 
mières, s'applique tout aussi bien, pour les Etats-Unis, aux 
Etats du Far- West. Les pâturages, ou ranches, exclusivement 
réservés jadis à l'élevage extensif des bovins et des ovins, 
sont progressivement colonisés ; et, si cette transformation a 
eu pour conséquence immédiate la diminution du troupeau, 
il n'en résultera pas moins, vraisemblablement, à la longue, 
avec le système du « mixed farming », une diminution de la 
surface nécessaire par tête de bétail, en même temps qu'une 
augmentation de l'élevage d'hiver à l'étable. Les méthodes 
d'élevage, dans ces conditions, se perfectionnent également. 
Enfin, la construction de puits, de routes et de ponts, doit 
provoquer aussi une augmentatian du nombre des exploitants 
se livrant à l'élevage extensif. Ainsi que le font remarquer 
MM. Barnes Will et Jardine, « dans les 11 Etats d'Arizona, 
Californie, Colorado, Idaho, Montana, Nevada, New-Mexico, 
Orégon, Utah, Washington et Wyoming. il y a encore environ 
114 millions d'hectares de terrains nationaux non encore attri- 
bués ou réservés, et dont 100 millions environ sont essentiel- 
lement des terrains à pâturages. Si l'on adoptait une politique 
opportune pour le développement de la production animale 
dans ces zones, ces terrains pourraient, dans dix ans, arriver* 
à tenir 30 p. ion <le bétail de plus qu'ad uellemenl 

La production uotammenl des ovins peut aussi, d'ailleur 
être considérablement accrue en beaucoup d'autres régions de 
la République. MM. Marshall ei Millin oitent toul particu- 
lièrement, lout le long de la chaîne des monts Vpalaches, 
les Etats de Pensylvanie, Maryland, Virginie, Wes1 Virginia, 
K-'iit lu-ky. Tenni et la Caroline «In Nord, ainsi que 1< 



100 l'élevage et le commerce des viandes 

régions ondulées du nord de l'Arkansas et du sud du Missouri, 
et encore les parties déboisées des Etats du Golfe du Mexique'. 
Toute momentanée peut donc être, dans ces conditions, la 
crise qu'ont subie depuis quelques années, sous plusieurs 
influences, dont en partie celle déjà indiquée plus haut pour les 
pâturages de l'Ouest, l'élevage des moutons et l'industrie de 
la laine, surtout de la laine fine, aux Etats-Unis. Alors que, 
en 1900, le troupeau ovin américain était de 61 millions 1 /2 
de têtes, il était en 1910 de 52 millions 1 /2 ; il diminuait encore 
de 2.238.500 têtes en 1911, et on constatait en 1914 une nou- 
velle diminution de 7 p. 100. Lorsque le revirement que les 
spécialistes compétents laissent pressentir se sera produit en 
faveur de l'industrie moutonnière, il est probable qu'il ne se 
réalisera pas seulement dans le sens de la production lainière, 
comme c'était le cas de jadis, mais aussi en vue de la production 
de viande de boucherie. Déjà des stations comme celle de 
l'Idaho ont entrepris des essais significatifs. 



République Argentine 






Lorsqu'en 1866 la « Sociedad Rural Argentina », qui est 
à la fois une Société agricole d'encouragement et une sorte 
de Chambre consultative d'agriculture, fut organisée en Argen- 
tine, le troupeau de ce pays se composait de 12 millions de 
bovins, 60 millions d'animaux à laine et 3 millions de chevaux. 
Il y avait peu de porcs et de chèvres et encore moins de mulets. 
, Aujourd'hui les statistiques donnent, en chiffres ronds : 

Bovins 3o . ooo . ooo 

Ovins 8o . ooo . ooo 

Caprins 4 . 5oo . ooo 

Porcins 3.200.000 

Mulets 900 . 000 

• 

Tout ce troupeau représente approximativement 5.600.000* 
contos. 

Pour le cheptel bovin, le recensement de 1908 accusait déjà 
exactement 29.124.336 bovins ; mais de 1908 à 1915 la 
moyenne annuelle d'abatage aurait été de 7.184.704 têtes, et 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 101 

le total des animaux est resté sensiblement le même, avec 
30.706.447 têtes en 1913 (1). 

Les premiers bovins de l'Argentine sont descendus de la 
race andalouse importée par les Espagnols au début de leur 
conquête ; et cette race créole parut sufisante, non seulement 
pour le travail, mais même pour la consommation, tant que le 
commerce d'exportation fut limité à la vente des peaux, des 
suifs et du tasajo (2). Ce fut seulement à dater du moment où 
commença l'expédition des animaux qu'apparut la nécessité 
d'une amélioration du bétail ; la République importait alors 
de plus en plus des reproducteurs de diverses races britanniques, 
hollandaises, suisses et françaises, avec toujours toutefois une 
préférence marquée pour les races britanniques, et en parti- 
culier pour la « Shorthorn ». Ces « Shorthorn » prédominent 
surtout dans les zones les plus riches et les plus tempérées de 
l'Argentine, alors que les « Hereford » et les « Aberdeen 
Angus » ont été surtout introduits dans les régions plus chaudes 
ou plus froides, où les fromages sont moins abondants et moins 
bons. 

C'est vers 1905 à 1906 que les totaux d'exportation des 
viandes réfrigérées et congelées ont commencé à surpasser les 
exportations des bœufs vivants et du tasajo. 

En 1902, l'Argentine expédiait, en effet : 

Bœufs vivants 118.303 tonnes 

Tasajo 330.600 

Viandes congelées ou réfrigérées 207 . 553 — 



(1) Ce nombre est donné par le Bulletin de V Institut International 
d'Agriculture d'aoûl 1917. Le journal Le Brésil du 23 septembre 1917 
admet, par contrej que l'abatage trop élevé de cesdemières années au- 
rail réduil le troupeau bovin à ~2*2 millions de têto 

2) Le tasajo est, en Argentine, ta viande salée ei conservée dans La 
saumure, tandis que te xarque brésilien est la viande en lanières <|" 1 a été 
salée, puis séchée. La préparation du tasajo pour l'exportation a lieu 
dans les saladeros, qui ne correspondent donc peut-être pas aussi exa< - 
temenl aux tarqueadas du Brésil qu'on l'admel généralement, non seu- 
lement parc- que le mode de préparation de la viande n'esl pas tout à 
fait le même, mais aussi parce que, toul au moins pendant longtemps, 
[e travail principal des saiaderos argentins n'a p I i préparation de 

1 1 viande, mais plutôt celle des peaux conservi 



102 l'élevage et le commerce des viandes 

Mais, en 1906, les expéditions étaient de : 

Bœufs vivants 71 . 106 tonnes 

Tasajo 106.800 — 

Viandes congelées ou réfrigérées 500 . 027 — 

Et, en 1913, elles étaient de : 

Bœufs vivants 224.911 tonnes 

Tasajo 24 . 000 

Viandes congelées ou réfrigérées ..... 1 . 023 . 186 — 

Il faut ajouter à ce commerce celui des extraits et conserves 
de viande, qui a été de 237.200 tonnes en 1913. 

Les bœufs vivants sont surtout dirigés vers les marchés des 
Républiques sud-américaines (Uruguay, Chili, Brésil, Bolivie, 
Paraguay), tandis que le tasajo est exporté principalement à 
Cuba et au Brésil et que les viandes congelées ou réfrigérées 
sont embarquées pour le Royaume-Uni (1). 

La Grande-Bretagne ne reçoit guère d'ailleurs que de l'Amé- 
rique du Sud le bœuf réfrigéré (chilled beef), car toutes les 
viandes qui lui sont importées d'Australasie sont congelées 
(frozen méat). 

En 1911, la République Argentine exportait, en poids 
312.834 tonnes de bœuf congelé ; et en 1912 ses exportations 
étaient, en morceaux, de 2.086.780 quartiers de bœuf congelé 
et 2.269.474 quartiers de bœuf réfrigéré. 

Pour les bouvillons métis destinés aux frigorifiques, on 
obtiendrait, paraît-il, un poids de 600 à 650 kilogrammes 
à l'âge de 3 ans (alors que des créoles de 4 ans 1 /2 à 5 ans pèsent 
rarement plus de 300 à 350 kilogrammes). 

Tout comme -les bovins, les moutons de l'Argentine 
(81.485.149 en 1914) tirent leur origine des races espagnoles qui 
furent introduites à l'origine (2). Abandonnés à eux-mêmes, 



(1) Gaetano Martinoli : « Etat actuel de la production bovine dans 
l'Argentine ». Bulletin mensuel de V Institut International d'Agriculture, 
Rome, août 1917. 

(2) Gaetano Martinoli : « Etat actuel de la production ovine et porcine 
dans la République Argentine ». Bulletin mensuel de Y Institut Interna- 
tional d'Agriculture, Rome, septembre 1917. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 103 

les « Churra » et les « Mérinos » engendrèrent les deux races 
locales « Pampa » et « Criolla ». Les premiers essais de croise- 
ment (avec des « Mérinos de Rambouillet » ) furent entrepris lors- 
que le commerce de la laine se développa ; d'autres essais furent 
entrepris (avec les « Lincoln ») lorsque l'industrie frigorifique 
s'établit. Actuellement les deux groupes d'ovins anglais qui 
ont pris une grande importance sont les « Romney Marsh » 
et les « Downs ». 

De 1911 à 1915 il a été exporté 480.000 ovins vivants 
(envoyés en grande partie en Belgique, Uruguay et Bolivie) 
et 12.217.901 ovins congelés (presque tous pour le Royaume- 
Uni). 

En 1912, il sortait de la République 3.266.755 carcasses. 

En 1914, le nombre total des ovins abattus, pour la consom- 
mation locale et l'exportation, a été de 4.519.352 (1). 

D'après M. Maurice Quentin (loc. cit.) dix Compagnies 
frigorifiques se sont successivement montées de 1882 à 1907. 
Trois d'entre elles ont disparu ou ont été absorbées ; une, 
la « Burzaco Packing », s'est spécialisée dans la fabrication 
des conserves, que son outillage spécial lui permet de livrer 
à raison de 75.000 boîtes par jour (viande conservée de porc, 
jambon, corned beef et mouton). Les Argentins rangent les 
autres en deux catégories : 1° les établissement fonctionnant 
avec un capital nord-américain, et qui, après avoir dépendu 
du « Beef Trust » sont restés, lors de sa dissolution, aux mains 
des citoyens ou des firmes du même pays (« Blanca »e1 The 
Plata Gold Storage ») ; 2° les établissements ariglorargentins, 
qui sont : « The River Plate» , aujourd'hui « Bril ish and Argen- 
tineMeatC », « The Las Palmas Produce »et « The Smithfield 
■ikI Argentine Méat » et les établissements argentins Com- 
pania Sansinena » et « Frigorifico Argentino . 

\ <ui.'' «1rs éh'va^tvs du bœuf e1 «lu mouton, celui des porcins, 
< i n Argentine, es1 de bien faible importance ; et l'exportation 
des porcs congelés a même été ;'• peu près nulle de 1905 à L91 \. 
Cependant, depuis qu< I fondé à La Plata l'établissement' 



(l) Il était exporté cette ànnée-lè 117.270 tonnes de laû 



104 l'élevage et le commerce des viandes 

« Armour », où 2.000 porcs peuvent être préparés par jour, et 
depuis aussi que s'est établie à Rosario la firme « The Argentine 
Bacon Curing C° Limited », cette industrie paraît reprendre. 
Des débouchés avantageux semblent probables vers^FEurope 
et les Etats-Unis et il faut remarquer que l'élevage extensif 
du porc avec pâturage et maïs, tel qu'on le pratique en Argen- 
tine, en rend la production facile et peu coûteuse. 

Tous les élevages, au reste, peuvent encore considérable- 
ment s'étendre dans la République, en raison de vastes surfaces 
d'excellents pâturages qui ne sont pas encore utilisées. 

Uruguay 



, 



Le troupeau bovin de l'Uruguay est évalué actuellement 
à 9 millions de têtes environ. Le troupeau ovin était en 1908 
de 26 millions, et, en ces derniers temps, de 35 millions; 
et les exportations de laine, en 1915, étaient de 70.000 tonnes 
environ. On ne compte que 200.000 porcins. 

L'amélioration de la race bovine a commencé en 1860 par 
l'importation de quelques « Durham » ; en 1864 furent importés 
les premiers « Hereford », puis en 1874 les premiers « Devon ». 
Ultérieurement ont été introduits les « Polled Angus » et 
autres races, britanniques, hollandaises et normandes. Les 
bovins atteignent leur développement complet (1) entre 4 ans 
et demi et 5 ans quand il s'agit de métis améliorés, et entre 
7 ans et 7 ans et demi s'il s'agit de créoles. Les « Hereford », 
qui constituent les deux tiers du cheptel, pèsent en moyenne, 
400 kilogrammes à deux ans, 520 à 550 kilogrammes à 4 ans, 
et 560 à 570 kilogrammes à 5 ans. Les « Shorthorn» pèsent 
460 à 480 kilogrammes à 2 ans et 560 à 580 kilogrammes à 
5 ans. 

Deux Compagnies argentines^ celle de « La Plata » et 
celle de « La Sansinena », ont des frigorifiques à Montevideo. 



(1) Enrique José Rovira, « Conditions de l'agriculture et de l'élevage 
dans l'Uruguay. ». Bulletin de V Institut International d'Agriculture, 
Rome, juin 1917. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 105 

i 

Dans le premier semestre de 1913, ces deux frigorifiques 
ont réfrigéré 7.780 quartiers et congelé 200.842 quartiers et 
245.744 carcasses. Une partie de cette viande a été expédiée 
en France, ou sa qualité a été appréciée et a rendu son écoule- 
ment facile. 

Brésil 

Le commerce d'exportation des viandes congelées est, pour 
le Brésil, un commerce tout récent, puisqu'il ne date que des 
premiers mois de la guerre. 

C'est en novembre 1914 qu'un premier envoi de 1.415 kilo- 
grammes de ces viandes congelées était fait, à titre d'essai, vers 
l'Angleterre par le port de Santos, dans l'Etat de Sao Paulo. 
Peu après, une Société dite « Société des Installations frigori- 
fiques du Port de Rio de Janeiro » se fondait à Rio, dans l'Etat 
voisin ; et en 1915 il était expédié, au total, du Sud du Brésil, 
8.513.970 kilogrammes de viandes, dont 7.946.745 kilogramme 
de Santos et 563.633 kilogrammes de Rio. Les pays impor-. 
tatejirs furent alors, par ordre d'importance, l'Angleterre 
(4.360.284 kilogrammes), l'Italie (2.055.414 kilogrammes), les 
Etats-Unis (1.996.949 kilogrammes) et la France (101.323 kilo- 
grammes). 

En 1916, les exportations s'élevaient à 33.000 tonnes ; et 
"lies étaient estimées pour 1917 à 75.000 tonnes, ce qui repré- 
sente environ 300.000 têtes. L'Egypte est venue s'ajouter aux 
précédentes contrées d'importation. Rio, d'ailleurs, contraire; 
ment à ce qui a eu lieu la première année, exporte aujourd'hui 
de plus fortes quantités queSantos, puisque, pendanl le premier 
semestre de 1917, ses expéditions <mt été de 19.474 bonnes, 
alors que celles de Santos n'ont été que de 1(>. 189. 

En Ces tout derniers temps, un troisième Etat, celui du l\i<> 
Grande do Sul. a suivi l'exemple donné par Sao Pauloel Rio 
de Janeiro. ( fa pouvail un peu le prévoir si l'on songe à l'im- 
portance qu'a depuis longtemps l'élevage du bœuf dans cet 
Etat. Le Rio Grande d<> Sul es1 comme le prolongement lé 
rement vallonné des grandes prairies d'élevage du Rio de la 



106 l'élevage et le commerce des viandes 

Plata, et les troupeaux y sont en groupements plus denses que 
dans les autres contrées brésiliennes. Aussi est-ce tout parti- 
culièrement dans cet Etat que se sont établies depuis long- 
temps les xarqueadas où est préparé le xarque, c'est-à-dire la 
viande salée et séchée (1). En 1910, il y avait, dans le Rio 
Grande, 24 de ces xarqueadas, qui occupaient près de 4.000 
ouvriers et abattaient annuellement plus de 600.000 bœufs. 
On conçoit que, dans ces conditions, des capitalistes nord- 
américains, en constatant l'essor que commence à prendre 
le nouveau commerce des viandes congelées dans le Sud du 
Brésil, aient tout naturellement pensé à installer, dans cet 
Etat, des frigorifiques et c'est ainsi que les maisons « Armour 
et C° » de Chicago et du Rio de la Plata, et « Swift et C° », ont 
décidé de faire construire dans la région de vastes établisse- 
ments (2). La Société «Armour »a déjà fait choix àCampinas 
d'une grande surface de terrain où sera établie une usine modèle 
qui comportera abattoirs, magasins, dépôt» frigorifiques, ate- 
liers de mise en boîtes et soudage, et qui sera desservie par une 



(1) Quelques-uns de ces établissements se trouvent aussi dans l'Etat 
de Matto-Grosso, mais le grand centre de l'industrie est Vraiment le 
Rio Grande. Les viandes salées consommées au Brésil provenaient jadis 
de l'Argentine, de l'Uruguay et du Paraguay, mais cette importation a 
diminué depuis que les xarqueadas se sont multipliées au Rio Grande ; 
et, alors que les exportations du xarque étaient pour l'Etat de 12.540 
contos en 1903, elles étaient de 31.751 contos en 1913. Elles n'étaient 
plus, par contre, que de 29.624 contos en 1916, et cette diminution est due 
en grande partie précisément à la transformation de certaines xarqueadas 
en frigorifiques. Sur l'organisation et l'industrie de ces xarqueadas du 
Rio Grande, on trouvera d'intéressants renseignements dans un article 
de M. Paul Walle, « A travers le Sud Brésilien », publié dans le Bulletin 
de la Société de Géographie Commerciale de Paris d'avril 1910. A cette 
époque, l'exportation du xarque du Rio Grande vers le nord du Brésil 
s'élevait annuellement à 45.500 tonnes, auxquelles venaient s'ajouter 
34.000 tonnes de l'Argentine et de l'Uruguay, soit une consommation to- 
tale, pour ces Etats du Nord, de presque 80.000 tonnes de carne seca. 
Nous avons indiqué, en note, à propos de l'Argentine, les différences entre 
le xarque et le tasajo, et entre les xarqueadas du Brésil et les saladeros 
de l'Argentine et de l'Uruguay. 

(2) Le frigorifique Swift du Rio Grande a été rapidement installé, 
puisque depuis que nous avons écrit ces lignes, nous apprenons que tout 
récemment (mars 1918) un incendie l'a déjà complètement détruit. 
Les pertes sont évaluées à 1.600 contos. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 107 

voie ferrée. Ces projets, il faut l'ajouter, inquiètent d'ailleurs 
quelque peu les riograndenses, au point que la presse de TEtat 
entreprit, au commencement de 1917, une vive campagne 
en vue de démontrer le danger qu'il y avait pour les éleveurs 
et les capitalistes du pays à laisser des capitaux étrangers 
s'immiscer dans la nouvelle industrie. Répondant à cet appel, 
les capitalistes de Pelotas, en commun accord avec les éleveurs 
de l'Etat, manifestèrent tout de suite l'intention de fonder 
une grande entreprise dans laquelle n'entreraient que des 
capitaux de l'Etat (1). 

Cette lutte prouve bien tous les espoirs que fonde le Brésil 
<nr l'avenir du commerce des viandes. 

Actuellement, tout ce commerce porte exclusivement sur 
la viande de bœuf. L'usine créée à Porto-Alegre, dans le Rio 
Grande-, a cependant le projet de traiter également les viandes 
de mouton et de porc (2), et il est fort possible que pour la viande 
de porc surtout l'industrie se développe à brève échéance. 

Le Brésil, en effet, ne semble pas encore bien préparé pour 
l'exportation des viandes de mouton. Son troupeau de 7 mil- 
lions de ces animaux (7.204.920 en 1916) se compose, paraît- 
il, de bêtes assez maigres, en même temps que pauvres en laine ; 
mais le nombre de ses porcins (17.329.210 en 1916) le place, 
dans cette branche de l'élevage, au second rang parmi les 
pays producteurs, immédiatement après les Etats-Unis (où 
le nombre des porcins serait, avons-nous dit plus haut, de 
68 millions). 

Quoi qu'il en soit, c'est surtout pour l'instant sur le commerce 
du bœuf que s'est portée l'attention de la grande République 
sud-américaine. 



(1) A la première réunion des souscripteurs on s'aperçut qu'il restait 
environ 2.000 contos à souscrire; une Compagnie argentine, qui a une 
succursale à Pelotas, voulut apporter 1»' complément, mais M. Alberto 
Roberto Rovas, président de La Banque de Pelotas, déclara que cette 
somme était- déjà souscrite en son nom personnel, el que, par conséquent, 
<!»* l'argent étranger étart inutile. 

2] I :»■! !>■ usine <!<• Porto-Alegre doit avoir 2.500 ouvriers, el -;< < apai ité 
de production journalière correspondra ;■ 2.000 bœufs, LOO0 p<uvset 
3.000 moutons. 



108 l'élevage et le commerce des viandes 

Le nombre des bovins y est actuellement de 30 millions 
environ (28.962.180 en 1916), répartis sur une surface de 
prairies que, dans ce pays de plus de 8.500.000 kilomètres car- 
rés) (1) on évalue approximativement à 200 millions d'hectares. 
Pour la zone méridionale d'élevage, qui comprend le Rio 
Grande do Sul, Santa Catarina et Parana, où les conditions 
sont à peu près celles de l'Argentine, on admettait, en 1916, 
7.808.130 têtes, dont 6.657.940 pour le seul Rio Grande (2). 
Pour la zone centrale, qui correspond aux Etats de Goyas, 
de Matto-Grosso, de Minas-Geraes, de Sao Paulo, de Bahia, 
de Piauhy et de Maranhao (3), le troupeau est de 17 millions 
environ. Le reste du cheptel se répartit entre les Etats du Nord. 

Dans le Rio Grande do Sul, il y a déjà un certain nombre 
d'années que les éleveurs ont commencé à comprendre l'utilité 
de méthodes rationnelles et ont importé, en vue des croisements, 
des races perfectionnées comme les « Durham », les « Jersey », 
les « Hereford » et les « Simmenthal ». 

Dans l'ensemble, cependant, le troupeau brésilien reste 
encore trop un bétail métissé des diverses races nationales. 
Parmi ces races, la principale est le Caracu (qui s'est formé 
dans l'Etat de Goyas, mais proviendrait peut-être de races 
portugaises et françaises jadis introduites) ; et il y a eu de 
nombreux croisements entre ces races du pays et le zébu. 
L'introduction de nouvelles races françaises, anglaises, suisses 



(1) Il est possible que, avec les territoires provenant des contestations 
de frontières réglées en faveur du Brésil, la surface soit de 9 millions 
de kilomètres carrés, c'est-à-dire à peu près celle des Etats-Unis, y 
compris l'Alaska. La population, d'après les divers recensements plus 
ou moins précis effectués depuis 1872, était de 10.112.061 âmes en 1872, 
17.371.069 en 1900 et 24.618.429 en 1912. 

(2) Ces nombres ne concordent pas avec une autre statistique d'après 
laquelle le troupeau du Rio Grande do Sul serait passé de 6.199.140 têtes 
en 1907 à 8.057.062 en 1916. 

(3) Plus exactement, la zone centrale d'élevage, au Brésil, ne compren- 
drait, en plus des trois premiers Etats, que la partie occidentale de 
l'Etat de Sao Paulo et les hauts plateaux de Bahia, de Piauhy et de Ma- 
ranhao, mais nous ne saurions préciser la population bovine de la région 
ainsi délimitée. Pour les seuls Etats de Minas Geraes, Matto-Grosso, 
Goyas et Sao Paulo, on admet 13 millions de bovins environ. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 109 

ou argentines s'impose donc ; et les éleveurs brésiliens s'en 
occupent, croyons-nous, activement, en même temps qu'ils 
désirent la création de Stations zootechniques. 

Le poids moyen actuel des bœufs traités, et qui sont âgés de 
5 ans environ, est de 280 kilogrammes, le poids minimum 
spécifié aux contrats d'achat étant de 260 kilogrammes 
seulement ; ce poids est nettement inférieur, par conséquent, au 
poids moyen du bœuf argentin (1). 

Dans l'Etat de Sao Paulo, les deux grands établissements 
frigorifiques déjà en fonctionnement sont l'Établissement de 
Barretos, de la « Companhia Frigorifiée Pastoril » du conseiller 
Prado, et le Frigorifique d'Osasco, de la «Continental Products 
C° )>, filiale de la « Brazil Railwav ». 

A Rio de Janeiro, nous avons cité plus haut la «Société des 
Installations frigorifiques de Rio de Janeiro ». Cette Société 
s'est affranchie de tout intermédiaire et reçoit directement 
les animaux des éleveurs ; elle perçoit uniquement des taxes 
d'entrepôt et de congélation et assume toutes les responsabilités 
relatives à la conservation du produit. Le bétail est tué aux 
abattoirs de Santa-Cruz (2). La viande est. après lavage, 
transportée aux frigorifiques dans des wagons-glacières. Un 
premier rail aérien la conduit à la chambre de refroidissement 
où elle séjourne pendant 36 heures entre — 2° et + -° \ puis 
un second rail, également aérien, la transporte de là dans une 
des trois chambres de congélation (d'une contenance do 
40 tonnes chacune) où la température est de — 11° à — 13°. Le 
séjour dans ces chambres est de quatre jours environ, après 



(1) Le poids moyen des animaux abattus jusqu'alors à Santa-C.ru/. 
est de 2:<o kilogrammes ; il est de 2 in kilogrammes à Sao Paulo et il ne 
doit pas dépasser 150 kilogrammes pour toul l'ensemble «lu bétail bré- 
silien, y coin pris les vaches et les animaux de moins de 2 ans. 

(2) On abat lait annuellement jusqu'alors, dans les abattoirs de Santa- 
Gmz, une moyenne de 200.000 bœufs, d'un poids de 230 kilogrammes I .a 
consommation de viande, par habitant, ;• Rio-de-Janeiro, qui compte 
i million d'habitants est, par conséquent, de '•<> kilogrammes. ^ Sao Paulo 
ou la population esl de 180.000 âmes, le chiffre admis est de 37 kilogram- 
mes ; ce serait le même pour Santos. Pour les Etats de Ifatto-G 

< ; «vas, Parana, Minas < freraes el Sao Paulo, la consommation moyenne 
totale serait de 20 kilogramm< 



110 «l'élevage et le commerce des viandes 

lesquels a lieu la mise en sacs. L'animal est coupé en quatre quar- 
tiers, dont chacun est, après un minutieux examen, placé, 
s'il est bien sain, dans un premier sac en stcckinette blanche, 
qui est lui-même mis dans un autre sac en jute ordinaire. 
Tous les sacs sont finalement transportés dans les chambres 
d'emmagasinage où le durcissement se complète jusqu'au 
moment de l'embarquement. 

Dans les conditions actuelles, tout ce travail s'effectue trop 
lentement (1) ; aussi des transformations profondes sont-elles 
déjà prévues, aux abattoirs de Santa-Cruz, pour y remédier, 
ainsi que pour améliorer les procédés employés. 

Lorsque tous les établissements construits ou prévus fonc- 
tionneront dans les trois Etats que nous avons cités, l'expor- 
tation des viandes de bœuf réfrigérées du Brésil pourra atteindre 
240.000 tonnes, ce qui correspondra presque à un million tle 
têtes. On s'est naturellement demandé si ces grosses exportations 
n'auraient pas pour effet de compromettre l'avenir du cheptel 
brésilien. Il ne semble pas qu'une telle crainte soit fondée. Sur 
les 30 millions dé bœufs que nous avons admis plus haut, le 
pourcentage des abatages ne serait que de 3 à 4. C'est une pro- 
portion qui ne peut inquiéter ; et le Brésil, qui n'abat aujour- 
d'hui que 300.000 bœufs, pourra facilement tripler ou quadru- 
pler ses exportations actuelles. 

Japon 

Le Japonais, qui consomme peu de viande, s'est encore peu 
adonné à l'élevage. Dans ce pays d'une superficie de 445.000 



(1) D'autant plus lentement que l'abatage et la congélation constituent 
deux services distincts ; et les abattoirs ne sont pas à même de satisfaire 
aux exigences des exportateurs. La Société des Installations Frigorifiques 
en éprouve un préjudice, puisque ses frais généraux sont sensiblement 
es mêmes que si un nombre plus considérable d'animaux lui était remis. 
L'abattoir de Santa-Cruz devrait fournir dès maintenant à l'usine 
505 têtes de bétail par jour (600 lorsque toutes les chambres fonctionne- 
ront) et son maximum a été de 485, qui encore n'a été atteint que certains 
jours de la semaine; le samedi, l'abatage ne dépasse pas 125 têtes. Les 
wagons envoyés par l'usine reviennent ainsi parfois à vide, dans le convoi 
dont ils font partie. 



DANS NOS COLONIES ET QUELQUES AUTRES PAYS 111 

kilomètres carrés, avec une population de 55 millions d'habi- 
tants, qui s'accroît chaque année de 1 p. 100 à peu près, 
et dont plus de la moitié (25 millions sur 43 millions en 1898) 
est une population agricole, il n'y a guère plus d'un million de 
bovins (1.241. 159 en 1900 et 1.009.000 en 1916), 315.000 
porcins et 40.000 caprins environ. Le nombre des ovins est 
minime. Celui des chevaux était de 1.592.871 en 1900 et 
M. Larue (1) n'en admet que 1.204.000 en 1916. 

D'après les chiffres des statistiques de 1900, 1.000 habitants 
possèdent 65 bêtes, et 100 familles en possèdent 135. 

Les vaches sont surtout utilisées pour le trait, et on ne 
compte que 40.000 laitières fournissant chacune 900 litres 
de lait. Le beurre et le fromage sont importés. 

D'après M. Larue la sélection et le nombre des porcs sont 
en progrès. 



(1) Larue : « L'Agriculture au Japon à la veille de la guerre ». La Vie 
Agricole et Rurale, 18 août 1917 . 

Henri Jumelle 



Palmistes et Noix de Bancoul de Madagascar 

Par M. Louis Racine 



M. Louis Racine, chimiste à la Stéarinerie Fournier, à Mar- 
seille, a bien voulu analyser, pour le Musée Colonial de Mar- 
seille, des graines de palmiste et des noix de bancoul qui ont 
été récoltées par le Service de Colonisation de Madagascar sur 
des arbres cultivés dans la colonie. On remarquera que ces ana- 
lyses se rapprochent sensiblement de celles qui ont déjà été 
plusieurs fois données pour ces deux sortes de graines. 

1° Palmiste cultivé à Madagascar 

Rendement en huile par le sulfure de carbone ... 49 % 

Poids spécifique de l'huile à 15° , 902 

Point de fusion de l'huile 25°50 

Point de solidification 22°75 

Indice de saponification 251 

Indice d'iode 18,30 

Indice de Reichert 7,20 

Rendement en acides gras insolubles (plus insa- 

ponifiable) 90,8% 

Point de fusion des acides gras 28° 

Indice de neutralisation des acides gras 257 , 6 

Poids moléculaire moyen 217 

2° Bancoulier cultivé à Madagascar 
La noix se compose de 66 % de coque et 34 % d'amande. 

Rendement en huile de l'amande par le sulfure 

de carbone 66 % 

Rendement en huile de la noix par le sulfure de 

carbone 22 , 44 % 

Poids spécifique de l'huile à 1 5° 0,920 

Point de fusion Liquide à — 10° 

Indice de saponification 186 

Indice d'iode 137 

'Indice de Reichert 1 , 62 

Rendement en huile des insolubles (plus insapo- 

nifiable) 95,7 % 

Point de fusion des acides gras 9°50 

Indice de neutralisation 198 

Poids moléculaire moyen 283 

ORLÉANS, I.MP. H. TESSIER 



Estimation d'Échantillons de Textiles 

reçus par le Musée Colonial de Marseille 



FIBRES D'ABAGA, DE MADAGASCAR 

L'Abaca est de vente courante. Valeur actuelle : 250 francs environ 
les 100 kilogrammes. Aujourd'hui fob. Londres ; en temps normal, fob. 
Marseille. 

FIBRES DE SISAL, DE MADAGASCAR 

Le Sisal est de vente courante. Valeur actuelle : 225 francs environ 
les 100 kilogrammes. Mêmes conditions que ci-dessus. 

FIBRES D'ALOÈS, DE MADAGASCAR 

Cette sorte d'Aloès est de vente assez courante. Valeur actuelle : 
200 francs environ les 100 kilogrammes. Mêmes conditions. 

FIBRES DE SANSEVIÈRE, DE MADAGASCAR 

La Sansevière est de vente peu courante. Valeur actuelle : 200 francs 
environ les 100 kilogrammes. Mêmes conditions. 

FIBRES D'URENA LOBATA, DE MADAGASCAR 

Ces fibres sont de vente peu courante. Se traitaient autr< ! à Cal- 
cutta à 100 francs les L 00 kilogrammes, fob. Mai eille. 

(Appréciations de la Ma Benet-Duboul de Marseill ■ 1918) 



MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE 



Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 1893, pa- 
raissent annuelle ment en un volume ou en plusieurs fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur importance, 
sont en vente chez M. Challamel, libraire, 17, rue Jacob, à Paris, à 
qui toutes les demandes de renseignements, au point de vue commer- 
cial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M. Henri 
Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, directeur du Musée 
Colonial, 5, rue Noailles, à Marseille. 

Les auteurs des mémoires insérés dans les Annales ont droit gra- 
tuitement à vingt-cinq exemplaires en tirage à part. Ils peuvent, à 
leurs frais, demander vingt-cinq exemplaires supplémentaires, avec 
titre spécial sur la couverture. 

Le 3 e fascicule de 1917 (Les Bois utiles de. la Guyane Française, 
suite, par M. Herbert Stone) paraîtra prochainement. 

Le 2 e fascicule de 1918 sera consacré à la suite du même travail. 

Le 1 er fascicule de 1919 paraîtra au cours des premiers mois de cette 
année 1919. 



-y^ 



INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

FONDÉES EN 1893 PAR EDOUARD HeCKEL 
DIRIGÉES PAR 

M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences, 
Directeur du Musée Colonial de Marseille. 



Vingt-sixième année, 3' série, 6' volume 1 1918) . 

2 e Fascicule. 

Les Bois utiles de la Guyane Française (Suite 
par M. Herbert Stone, de Birmingham. 



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MARSEILLE 

MUSÉE COLONIAL 

5, Ki i Noaij 1 1 -, "> 



PARIS 
LIBRAIRIE CHALLAMEL 

17, Kl ! .1 \< OB, 17 



1918 



Principaux Mémoires parus antérieurement dans les 
ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

D r Heckel : Les Kolas africains. Année 1893. (Volume presque épuisé.) 

D r Rançon : Dans la Haute-Gambie. Année 1894. Volume complètement épuisé. 

R. P. Dûss : Flore phanérogamique des Antilles françaises. Année 1896. (Volume 
complètement épuisé.) 

E. Geoffroy : Rapport de Mission scientifique à la Martinique et à la Guyane. 

Année 1897. 

D r Heckel : Les Plantes médicinales et toxiques de la Guyane française. 

Année 1897. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 

Année 1897. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 
Année 1898. 

H. Jumelle : Le Cacaoyer. Année 1899. 

D 1 ' H. Jacob de Cordemoy : Gommes, gommes-résines et résines des colonies 
françaises. Année 1899. 

L. Laurent : Le Tabac. Année 1900. 

D r H. Jacob de Cordemoy : Les Soies dans l'Extrême-Orient et dans les colonies 
françaises. Année 1901. 

L. Laurent : L'Or dans les colonies françaises. Année 1901. 

9 

A. Chevalier : Voyage scientifique au Sénégal, au Soudan et en Casamance. 

Année 1902. 

Gaffarel : LExposition d'Hanoï. Année 1903. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 
Année 1903. 

D 1 ' H. Jacob de Cordemoy : L'Ile de la Réunion. Géographie physique ; richesses 
naturelles, cultures et industries.) Année 190t. 

Capitaine Maire : Étude ethnographique sur la race Man du Haut-Tonkin. 
Année 1904. 

E. Lefeivre : Étude chimique sur les huiles de bois d'Indochine. Année 1905. 

H. Jumelle : Sur quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

H. Jumelle et IL Perrier de la Bathie : Notes sur la Flore du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

H. Jumelle et IL Perrier de la Bathie : Notes biologiques sur la végétation du 
Nord-Ouest de Madagascar; les Asclépiadées. Année 1908. 



ANNALES 



DU 



MUSEE COLONIAL DE MARSEILLE 

(Année 1918) 



MAÇON, PROTAT FRERES, IMPRIMEURS. 



INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



ANNALES 



DU 



MUSÉE 




DE MARSEILLE 

FONDÉES EN 1898 PAR EDOUARD HECKEL 
DIRIGÉES PAR 

M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences, 
Directeur du Musée Colonial de Marseille. 



Vingt-sixième année, 3" série. 6' volume r»18). 

2 e Fascicule. 

Les Bois utiles de la Guyane Française Suite 
par M. Herbert Stone, de Birmingham. 



<^gj «3Ee» 9^> 



MARSEILLE 
MUSÉE COLON1 \\ 



PARIS 
LlBfi v 1 1 ; 1 1 : CHALL VMEI 

1 ', . RI I .1 M < >B, I - 



1918 



LES BOIS UTILES 



DE LA GUYANE FRANÇAISE 



.> 



par M. IIEKBEHT STONE 

JJt: BIRMINGHAM 

Suite). 



' 



ÉTUDE DESCRIPTIVE 



DES BOIS DE LA GUYANE FRANÇAISE 



SKCONDE PARTIE 



FAMILLE LXXIV. — COMBRÉTACÉES 



SOUS-FAMILLE. - COMBRÉTÉES 

Grignon, n° 2249. 

Je nai vu, sous ce nom, aucun échantillon bien déterminé: 
cependant j'en connais deux à Marseille et un autre à Lyon, 
tous les trois de même structure, étiquetés sous le nom de 
Grignon et de provenances diverses. Sans pouvoir L'affirmer^ 
il me semble qu'ils sont bien le véritable Grignon et qu'ils 
peuvent se rapporter au Terminalia Huceras. 

Préfontaine p. i~0 : Grignon de deux sottes. 

.!<■ crois que sa deuxième sorte est le Grignon Fou, 559 A. 

Thomas, p, 1'»' : lion pour bordages. 

Dumonteil, p. 154: Grignon; densité, 0,714 ; force, 172; élast., 150; 
p. 180. I liasse 3, celle des Pins. 

i .mm. de Brest, p. 173 : Bois de couleur rousse : la sciure exhale une 
odeur agréable. La même, p. 165: casse net, Bans craquement avertis- 
seur ; l'une des deux moitiés de la section de rupture est comme coupée. 
La même, p. 166*: densité, de 0,598 ■• 0,650 . force, de W0 ou 0, 

si le Chêneégale 1 : élast., de . 58. La même, p. 190 I sur des 

hantillons de Dumonteil conservés ï couverl : force, de 19 M), ou 
de 0,62 i 0.7ÎJ si !<• Chêne égale I : élast. de ! I 10. C >nserv< »u- 



4 H. STONE 

vert : force, de 410 à 660, ou 0,70 si le chêne égale 1 ; élast. de 20 à 37. 
La même, p. 197 : Classe 2a (inférieure au Sapin du Nord). 

On voit que, conservé a découvert, le bois a augmenté en 
force. 

Malonet, III, p. 169: Le Grignon et les bois gommeux devraient être 
trempés dans l'eau jusqu'à ce qu'Usaient perdu leur gomme. 

Peut-être est-ce la raison pour laquelle le bois s'améliore à 
découvert. 

Terminalia Buceras Wright, n° 2249 A. 
Synonymie : Bucida Buceras Lin. ; B. angustifolia DC. 
(non Sieber ni Vell). 

Aublet, p. 399: Grignon (Cayenne) ; Chêne français (Ant. Angl.); Dra- 
co (Maurice) ; le Terminalia angustifolia de Rumphius. Bon pour char- 
pente, menuiserie, armoires, garde-meubles ; rarement attaqué par les 
vers. C'est l'un des plus grands arbres de la Guyane. 

Sagot, p. 910 : Wane (Demerary). Très voisin du Bucida Buceras 
des Antilles ; bois rougeâtre, pâle; dureté à peine moyenne, mais très 
sain et très propre à débiter en planches. Le même, p. 231 : Wane (Su- 
rinam). Bois rougeâtre très pâle, de longue durée à l'abri. Le même, 
Catal. 1883, p. 310: Buchenavia capitata; syn. : Bucida capitata DC. 
Grignon. L'auteur dit qu'il n'a jamais rencontré le Bucida angustifolia 
à la Guyane Française. 

Iinp. Inst, Journ. III. 308. Olivier (Trinité): de longue durée à l'eau 
et on en fait de bons bardeaux. Le bois s'allume difficilement et ne 
donne pas de flamme. 

Grisebach : French Oak, Wild Olive, Olive-bark tree (Ant. Angl.). 

Grisard, 1826, p. 363: Kâtschentragende Mangle (Allemand), Black 
Olive, Mangrove-tree terme gén. Angl.) ; Bois Gli-gli, Bois gris-gris 
(Guadeloupe) ; Leerlouwarsboom (Holl.) ; Mangle bastarda (Port.) ; Olivo 
negro, Aceitunillo (Esp.). Bois d'une texture homogène, à fibres longues 
et droites, de couleur uniforme un peu terne. C'est le bois de sciage 
par excellence, à la Guyane. Densité, 0,82">. L'écorce est bonne pour le 
tannage. 

Cat. Expos. Univ. 1867, p. 40. Vanou (Galibis) ; Determa (Arrouagues). 
Densité: 0,714. 

Martin-Lavigne, p. 136, donne une description et des figures 
concordant avec nos échantillons-types. 



BOîS UTILES DE l,A GUYANE FRANÇAISE ;» 

Stone et Fr., p. 21: Description du Determavqui concorde 
pour le bois, mais une petite différence existe pour l'écorce 
vis-à-vis de celle des échantillons d'autres provenances 
décrits ci-dessous. 

Echantillons (ïécorces sans bois. 

Musée Colonial de Marseille, n° 287 bis, Guvane : Bucicla 
Buceras Lin. Epidémie lisse, blanc argenté, qui, en tombant, 
laisse voir une couche d'une couleur de rouille. En dedans de 
Tépiderme, l'écorce est formée de deux couches: l'interne, 
grossièrement fibreuse, produit un eifet brillant et micacé : 
celle du milieu est grenue. Epaisseur de 2 à 3 mm. environ. 

Musée Col. de Marseille, n° 102, Guyane : Bucida angus- 
tifolia Plane. Cet échantillon ressemble au précédent, mais 
l'épidémie est plus mat et les couches moins distinctes. 
L'écorce est épaisse de 4 mm. environ : la couche fibreuse 
occupe la plus grande partie de cette épaisseur. 

Echantillon de Bell, 2777: Determa. Ecorce épaisse de 1<> 
à 12 mm. environ, ligneuse, uniforme en structure et remplie 
de sclérites clairs. 

Description des échantillons n ^ I (S et 39, Guvane, Musée 
Col. de Marseille « Grignon », et le n° 40 - Chêne Kermès », 
et le n° 91, série II, Lyon, « Cailcedra delà Havane ». 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et dune 
dureté moyenne, de couleur rouge pâle ou brunâtre, fonçant 
très fortement à l'air. Surface très mate: mais, humectée ou 
polie, elle prend un peu d'éclat : grain gros et ouvert. La 
nuance de la coupe transversale est beaucoup plus claire que 
celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, de 0,515 à 0,523; dureté, 
celle de 1 Aune. Sans odeur. 

Structure du huis. — Section transversale. Couches très 
apparentes, çà el là, ;< cause «lu changement de I orientation 
des lignes des \ aisseaux . 

Vaisseaux très visibles, grands, peu variables; « l i*-t n i m 
presque uniformément en lignes qui forment un angle aigu en 
se rencontran! avec les lignes des couches voisin* >s, celles 



H H. STONE 

se dirigeant en .sens contraire. Ce degré d'obliquité est rare. 
Vaisseaux peu nombreux, de 4 à 10 par mm. q., en groupes ou 
en chapelets, dans lesquels peuvent se trouver jusqu'à 23 
vaisseaux sans interruption. 

Rayons visibles à la loupe, fins, uniformes, irréguliers, à 
intervalles les uns des autres dune distance égale au diamètre 
d'un gros vaisseau et ne s'écartant pas au niveau de ces vais- 
seaux; de o à 14 par mm. Ils sont plus foncés ou plutôt 
plus jaunes que le parenchyme. 

Parenchyme très apparent, a. entourant les vaisseaux, en 
les unissant aux lignes obliques. De couleur brun grisâtre clair 
à brun foncé. 

Section radiale. — Couche difficiles à suivre. Vaisseaux gros 
et ouverts, bruns, renfermant quelques perles de gomme. 
Rayons très petits, jaunâtres. Le parenchyme se présente le 
long des vaisseaux en bordures blanchâtres, peu apparentes. 

Seclion tangentielle. — Gomme la radiale, mais les rayons 
sont visibles seulement à la loupe. Ils sont plutôt longs par 
rapport à leur largeur, qui est de I à 2 rangées de cellules 
sur 2 mm. de hauteur. Ils donnent à la surface un effet moiré, 
quoiqu'ils ne soient pas disposés en étages ; ils contiennent 
des perles rouges. 

Icônes Lignorum : la pi. IX, fig. 6, en couleur, me paraît trop foncée 
pour pouvoir rire cette espèce. 

Terminalia Tanibouca Sm., n° 2249 B. 
Synonymes: T. guianensis Aubl. ; Catappa guianensis 
Gaertn. partim. 

Aublet, p. 448: Tanibouca (Galibisj : écorce- cendrée : bois blan- 
châtre, cassant et peu compact. 

Dumonteil, p. 152: Nangocy : densité, 0.022; force, 2r>9 ; élast.. 162. 
flexib., 4,72, p. 160. Classe 2, celle du (mène. 

Sagot, p. 910: Langoussi ; bois médiocre. 

Lanessan, p. 14o:Nagossi, Nagosse ; densité, 0,922. 

Grisard, 1896, p. 369: Bon pour embarcation, courbes; densité, 0,922. 

Bassières, p. 100: Bon pour coques de pirogues, belles courbes ; den- 
sité, 0,922. 

Iluber. p. 196: Cuiarana Brésil . 



Unis UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE i 

Terminalia Pamea DC, n° 2249 G. 

Synonymes : T. Pamea Steiul. ; Pamea f/uianensis Aubl. 

Aublet, p; 946 : Adamaram, Catappu Bumphius . Badamier I Réunion) ; 
écorce grisâtre, lisse, gercée; bois blanc, cassant. 

Terminalia Gatappa var. r/labra Sagot, n° 2249 1). 

Synonyme : T. paraensis Mart. 

Sag-ot, Catal. 1883, p. 313: Amandier. 

Niederlein: T. Catappa Lin. ; Grignon franc ('Guyane et Guad. , 
Amandier créole, Amandier du pays Martinique), Murobolan (Guad.). 
Singam marom Indes). 

Est-ce la var. gla.hr a de Sag-ot, car l'espèce est asiatique 
(cultivée ? 

Laguncularia racemosa Gaertn.. n° 2259 A. 

Synonyme : (Innoearpus racemnsus Lin. 

Grisard, 1826, p. 362: Mangue branco (Brésil), Canapa uba Toupi), 
White Bullon wood, White Mangrove [Etats-Unis , Mangle blanc 
(Guadel.), White Mangrove (Trinité). Bois brun jaunâtre ou gris, ordi- 
nairement parsemé de veines plus foncées et de très nombreux points 
presque noirs, qui lui donnent un aspect tout particulier et bien carac- 
téristique. Rayons peu distincts. Bois dur, assez lourd, de texture com- 
pacte et fibreuse ; grain (in ; bon pour manches d'outils, instrumenta 
agricoles et chauffage. 

Ilubcr, 1910, p. 93. Tinteira Brésil : terme gén. . 

Laguncularia sp., n° 2559 H. 

Sagot, p. 924 : Petit Palétuvier. 



FAMILLE LXXV. — MYRTACÉES 

TRIBU III. — MYRTÉES 

Campomanesia aromatica Griseb., n 2312. 

Synonymes: Pêidium àromaticum Auld. non Blanoo. m 

* > 

Descourt, ni 1>. Don.), P, gràndiflorum Vuhl, n<>n Ruix, 



8 H. STOKE 

Au blet, p. 483 : Psidium grand ; Goyavier sauvage. Ecorce roussâtre 
dont il se détache annuellement des lames ; bois dur, blanc, compact ; 
centre rouge. Le même, p. 485 : Psidium aromaticurn, écorce roussâtre 
dont il se détache annuellement des lames ; bois jaunâtre, dur, compact 
et aromatique. 

La différence entre un bois rouge, apparemment sans odeur, 
et un autre jaunâtre et aromatique prouve qu'Aublet a raison 
de séparer les deux espèces. 

Psidium Guajava Lin., n° 2314 A. 

Synonymes : P. pomiferum Lin. ; P. pyriferum Lin. 

Noms vulg\ : Goyavier porte-poires (Lyon). Pela (Rheed, ex 
Desc). Watra g-ouaba (Surinam ; Bremer). Un échantillon de 
Lyon datant de 1656, n° 233. série II; aubier seulement : de 
couleur jaune ou brunâtre uniforme, qui ressemble à celle du 
Bois de Lance. Surface mate, très dense; grain fin. La nuance 
de toutes les coupes est à peu près semblable. La coupe trans- 
versale a les poils soyeux et est difficile à lisser. 

Caractères physiques. — Densité, 0,600 ; dureté, celle du 
Bouleau. On a de la peine à y pratiquer une impression avec 
Tongle. Bois très absorbant. 

Caractères de V écorce. — Ecorce composée d'une mince 
peau rouge brunâtre, de mm. 5 environ, lisse, fortement 
adhérente. En section transversale, elle est stratifiée, avec 5 
à 6 minces couches de fibres brunes alternant avec des scié- 
rites clairs. Ces couches ne sont pas tout à fait concen- 
triques ; leurs extrémités se rapprochent de la périphérie en 
séparant des plaques, qui se détachent les unes après les 
autres. Ces plaques ont la même apparence que celles du 
Platane, mais sont infiniment plus minces; elles laissent à la 
surface du tronc les mêmes impressions, mais à peine visibles. 

D'après Descourtilz, l'écorce est unie, lisse, vert rougeâtre 
et odorante ; très mince ^t adhérente lorsque l'arbre est sur 
pied, mais se détachant facilement quand cet arbre est abattu. 

Structure du bois. — Section transversale. Couches bien 
délimitées par une ligne brune et un chang-ement de densité. 

Vaisseaux visibles à la loupe, moyens, de mm. 65 de dia- 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE ( .l 

mètre, peu variables ; simples et par groupes de 2, presque 
aussi nombreux que les groupes de 3, et quelques rares groupes 
de i, tous subdivisés. Les vaisseaux sont fortement isolés. 
peu nombreux, de 30 à 40 par mm. q. ; ils contiennent des 
thylles, qui proéminent lorsqu'elles sont humectées. Les vais- 
seaux tendent à se disposer en lignes obliques. 

Rayons visibles à la loupe, excessivement fins, d'une lar- 
geur irrégulière, qui laisse supposer qu'il y en a de deiix sortes. 
Ils sont très nombreux, de 15 à 18 par mm. ; légèrement 
sinueux, en lignes presque droites, ne s'écartant pas au niveau 
des vaisseaux ; de couleur rougeàtre. 

Le parenchvme a entoure étroitement les vaisseaux. 

Section radiale. Compacte et très unie. Rayons et vaisseaux 
sont presque imperceptibles. 

X°2314B. 

Un échantillon non déterminé du Musée Colonial de Mar- 
seille, n° 90 [Guyane, étiqueté Goyavier (une petite tige . 
ressemble à l'échantillon précédent, à part les différences sui- 
vantes. 

Les vaisseaux sont plus grands, de 0mm. 1, et moins nom- 
breux, de 1 à I) par mm. Rayons blancs, visibles malgré leur 
finesse, de 3 à G p;tr mm. 

Références : Descourtilz, II, p. 22. 

Goyaviers (non déterminés), n° 231 l C. 

Sagot, |). 72V: Divers Psidiwn, Eugenia el Myrcia. 

Dumonteil, p. L52 : Goyavier blanc, densité, 0,957; fou " : élasti- 

cité, 219 ; p. 162. Sa valeur égale la moitié '!•> celle du Gaiac pour faire 
• le-, rouets de poulies. 

Le m«'' loc. cit. : Goyavier, dentité, 1.165; force, ;s ~ : élast., 152. 

< liasse i. celle «1rs Meubles. 

[cônes lignorum, pi. IAYII. fig. B: Guyave, «'n couleur fauve pâle, 
sque uniforme. 

Myrcia Coumetalxi.. d° 2322 A 

Synonymes: Euqenia Cou me te Aubl. ; E. Cou meta l>( 



10 II. STONE 

Aublet, p. 497 : Coumété (Galibis) ; écôrce roussàtre ; bois dur blan- 
châtre. 

Description d'un échantillon étiqueté: Couina te n° 140, 
Guvane M. C. M. 

Caractères généraux. — Bois plutôt k dur et lourd ; grain 
gros et un peu à rebours. Couleur blanche grisâtre, striée de 
brunâtre, Surface mate. Structure obscure en section trans- 
versale, dont la nuance est légèrement plus foncée que celle 
des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité. 0,580; dureté, celle du 
Tilleul. Sans odeur ni saveur. 

Caractères de Vécorce. — Surface lisse, d'une couleur jau- 
nâtre foncé. Où l'épiderme est tombé, la couche sous-jacente 
est de couleur brune. Texture dure et ligneuse, cassure gre- 
nue. Fortement adhérente. Surface intérieure d'un gris bru- 
nâtre finement strié. En section, l'écorce est d'un brun foncé, 
à fibres très denses parsemées de groupes de vaisseaux sécré- 
toires qui forment de petits traits disposés concentriquement. 

Structure du Lois. — L'aubier n'est pas différencié du 
cœur. 

Section transversale. — Couches en apparence bien délimi- 
tées. A la loupe, les lignes du parenchyme pourraient indi- 
quer les limites. 

Vaisseaux juste visibles à cause de leur couleur claire, 
grands, peu de variation, disposés irrégulièrement, peu nom- 
breux, fortement isolés, simples ou en groupes radiaux de 2 
à 5, et même au delà. Ces groupes sont très caractéristiques, 
le premier et le dernier vaisseau étant très grands, tandis que 
les intermédiaires sont petits et fortement aplatis. 

Rayons visibles à peine à la loupe, excessivement fins, étant 
unicellulaires, très nombreux, souvent 3 dans une distance 
égale au diamètre d'un gros vaisseau ; de couleur blanchâtre. 

Parenchvme a entourant les vaisseaux : de couleur blan- 
châtre. 

Parenchvme h en lignes concentriques très minces, quatre 
fois plus larges environ que les rayons, nombreuses, 3 à 5 par 
mm., plutôt irrégulièrement espacées. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 11 

Il arrive souvent qu'un groupe radial de vaisseaux s'étend 
juste entre deux lignes du PL. 

Section radiale. — Vaisseaux bien distincts, de couleur brune. 
Rayons transparents, minces, visibles à peine à la loupe. 

Section tangentielle. — Gomme la radiale, mais les rayons 
sont difficiles à voir même au microscope ' X iO) et les lig-nes 
du Ph forment un dessin de couleur brune en forme de 
dentelle. 

Emploi. — Rois facile à travailler et assez solide pour les 
usages temporaires. 

Myrcia Mini Sw., n° 2322 B. 

Svnonvme : Euqenia Mini Aubl. non Mart. ni Willd. . 

Aublet, j). 493: Mini (Galibis ; écorce cendrée, bois très dur, com- 
pact et jaunâtre. 

Myrcia sp., n° 2322 G. 

Sagot, p. 724: Goyavier, Bois goyave. 

Eugenia fragrans Willd., n° 2327 A. 
Synonyme : E. montana Aubl. 

Aublet, p. ï'Xi : écorce cendrée, bois dur, compact, blanc. 

Eugenia Catinga Baill., n° 2327 B. 
Synonyme : Catinga moschata Aubl. 

Vublet, p. .'ilt : [va-catinga Garipons . 

Eugenia sp.. n° 2327 G. 

l 'i . |>. 72 'i : ( royavier, l J >ni«, u<>\ ;<\ e. 

TRIBCJ IV. - LECYTHIDÉES 

Gustavia fastuosa Willd. non Spr. ni Mart. ni Ber£. • "" 
2330 A. 

Synonyme: Pirigara hcxapetala \ubl. Ne se trouve pas 

dans rind<-\ . 



42 ÏI. STONE 

Aublet, p. 490 : P. hexapetaln, Pirigaramépé (Galibisj ; écorce rabo- 
teuse, roussàtre en dehors et foncée en dedans ; bois dur, jaunâtre, 
d'une odeur cadavéreuse lorsqu'il est scié ou râpé. 

Sagot, XV, p. 198 : Gustavia sp. [Pirigara, Aublet). Bois puant ou 
pian (v. 6609 A.) 

Gustavia tetrapetala Lin. (non dans l'Index), n° 2330 B. 
Le G. tetrapetala de Raensch égale le Grias Aubletiana ; et 
celui de Stokes égale Gustavia augusta Lin. (non Ruiz). 

Lanessan, p. 146 : Bois puant ou piant. 

Pulle : Gustavia augusta, Stinkhout, "Watra marna bobbie, Aripawana. 

Rodriguès : G. augusta, Paô Geniparana. 

Gustavia pterocarpa Poit., n° 2330 C. 

Sagot, p. 909 : Bois assez résistant. 

Couroupita guianensis Aubl. (non Hook;. n°2331. 
Svnonvme : Lecythis bracteata Willd. 

Barrère, p. 92 : Kouroupitoutoumou, Boulet de canon, le Pekea fructu 
maximo globoso de Marcgraff. 

Aublet, p. 708: Couroupitoutoumou, non le Pekea de Marcgraff: 
écorce épaisse gercée, raboteuse ; bois blanc, rougeàtre à l'intérieur, 
rarement employé, n'ayant pas une grande solidité. 

Lanessan, p. 147: Boulet de canon, Abricot de singe. Calebasse colin. 

Lecythis, n° 2333. 

Une grande confusion règne parmi les synonymes et aussi 
parmi les bois de ce genre. D'une part, quoiqu'on ait le maté- 
riel d'herbier voulu, la détermination est difficile ; d'autre 
part, les bois sont tellement semblables qu il est presque 
1 mpossible, pour la plupart, de les distinguer. Le Lecythis 
corrugata a été déterminé, d'après les feuilles et les fruits, 
par le D r Freeman ; je m'en sers comme type pour la descrip- 
tion des Lecythis que je donne plus loin ; pour les autres 
espèces, je donne seulement les différences. 

Je dois avouer ici que j'ai moi-même aidé à la confusion en 
donnant la description, sous le nom de L. Ollaria. d'un bois 
semblable, mais qui n'était pas de cette espèce. 



MOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 13 

A cause de toutes ces similitudes, les différences données 
dans la Clef sont souvent de peu de valeur. 

Noms vulgaires des Lecythis. 

Ceux du L. corrugata : Kakeralli (Guyane Angl. ; Bell.). 
Mahot, Kakerally (Surinam ; Sagotj. 

Ceux du L. Ollaria : Manbarklak (Berkhout). Gockeralli 
(Dalton). White Kakeralli (Hawtayne). Monkey-pot, Sapucaia- 
nut (Guy. Angl. ; McTurk). Sapucaia-pilao (Prbv. Rio Jan. ; 
Miers). Barklak (Surinam), 011a de Mono (Boulger). Sapucaia 
grande (Corréa). Jacapucaya (Brésil; Peckolt). Quatélé (de 
Lanessan). Canari-macaque (Créole; Sagot). Sapucaia-mirim, 
Lecythis minor de Jacq., Sapucaia castanha da Gama). 
Cacaralli (Cat. Expos. Paris 1867). 

Ceux de L. grand iflora : Cuvas de macaco (Amaz. ; 
Wallace). Canari-macaca, Pao macaco (Brésil; Miers), Sapu- 
caia, Monkey-pot (Obreen). Quatélé à grandes fleurs. Canari- 
makaque Galibis), Marmite de singe (Guyane; Aublel . 
Wadaduri (Guy. Angl. ; McTurk). 

Celui de L. longipes : Manbarklat (Puile . 

Lecythis Chytroma corrugata Poir, n° 2333 A. 

Synonyme : Eschweilera corrugata Miers. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur 
rougeàtre ou brun grisâtre ; grain fin, uni et dense. Surface 
un peu luisante, fonçant légèrement à l'air, froide au toucher. 
D'après da Gama, de couleur jaunâtre, devenant blanchâtre 
avec le temps. 

Caractères physiques. — Densité, de (I. 852 à 0,992 ; dureté, 
celle du Bois de Lance. D'après Da Gama, il devient plus 
dur avec le temps. Odeur un peu spéciale lorsqu'il est tra- 
vaillé. Sans saveur. Solution aqueuse, brune. Le bois brûle 
bien, sans arôme spécial ; il esl extrêmement résistant et diffi- 
cile à rompre : la fracture est fibreuse comme celle dune canne 
ou d'un bâton vert. 11 se fend droil et facilement à la hache. 

Caractères de Vécorce. — De couleur gris clair, d'après 
Berkhout. Le liber est long et filandreux comme celui du 
filleul. La surface de la bûche estcannelée çà el là. 



14 



11. stom-: 



Structure du bois. — L'aubier est brun clair, bien délimité 
du cœur, mais pas brusquement; de 3 cm. 5 à i cm. environ 
d'épaisseur. D'après Da Gama, un pouce d'épaisseur. 

Structure du bois. — Section transversale. Couches dou- 
teuses ; les zones plus denses, où les lignes du parenchyme 
sont plus serrées, pourraient en être les limites. 

Vaisseaux très apparents, grands, de mm. 25 de diamètre, en 
groupes irrégulièrement subdivisés de 2 à 22 (plus de 10 pour 
la plupart], qui ont l'aspect curieux de bulles de savon. Les 
groupes sont parfois, en apparence, unis radialement. Les 
vaisseaux sont de couleur claire, et de forme ovale lorsqu'ils 
sont simples : leur contenu est rouge. 

Rayons visibles à la loupe, fins, de mm. 06 environ de 
largeur, uniformes, plutôt irréguliers, à intervalles moindres 
que le diamètre d'un gros vaisseau, et s'écartant au niveau 
de ces vaisseaux. Les rayons sont courbés très irrégulièrement, 
plus clairs et plus denses que les fibres ligneuses. 

Parenchvme très abondant ; a entoure les vaisseaux, et b se 
présente (caractère important) en fines lignes innombrables, 
concentriques, continues, ondulées, un peu plus larges que 
les ravons. mais de même couleur, formant avec ceux-ci un 
filet assez régulier; ces lignes sont de 7 a 11 par mm. Leur 
contour est régulièrement créné; grosses cellules. 

Taches médullaires çà et là, causées par les larves d'insectes, 
remplies de cal ; ces taches sont linéaires et de la couleur des 
rayons. 

Section radiale. — Vaisseaux gros, mais peu apparents. 
Rayons très petits, cristallins. Le parenchyme se présente en 
fines lignes nombreuses, striées, obscures, mais bien carac- 
téristiques. 

Section tangentielle . — Comme la radiale, mais les rayons 
ne sont visibles qu a la loupe. Ils montrent parfois, sur du 
bois foncé humecte, des perles minuscules de résine rouge. 

Emplois. — Bon pour constructions, embarcadères, écluses; 
réputé comme résistant aux tarets et aux anatiies; plus 
durable que le Cœur Vert McTurk . 

Berkhout indique que. d'après les recherches faites en 



J50IS UTILES m: LA GUYANE FRANÇAISE 1 ."> 

Hollande, ce bois ne résisterait pas aux tarets, mais il ne 
considère pas ces expériences comme définitives. Je suppose 
qu il y a eu confusion entre les espèces. 

Assez abondant ; peut être obtenu de 1 I à 13 ni. sur 30 cm. 
d'équarissage 'Bell . 

Dur à travailler, ne prend pas les clous ; c est un des plus 
forts bois que je connaisse II devrait être employé pour rais 
de roues d'automobiles. 

Éch. types: 45, 2701 Bell; 0180 ïmp. lnstil.: 2633 Berkhout. 

Icônes. Stonc. T. of C pi. IX, ûg. 73, servant pour toutes les espèi es 
«le Lecythis, excepté pour celles qui ont de Longe groùpesde vaisseaux. 
Icônes lio-norum, pi. LXV, fi^. :\en couleur. 

Références. Berkhout, p. 28; Bell, p. 10; Hawlayne, pp. 385, 386, 381 ; 
Moue el Fr., p. 91 ; Sagot, p. 909; I<1.. Catal., XX. p. 203; DaGama, 186:», 
p. 70; Id.. 1867, p. 175; McTurk, p. 22. Calai. Exposition de Paris 1867, 
p. 15. 

Lecythis Ollaria Lin., n° 2333 B. non da Gaina, ni Spr. ni 
Vell . 

Synonymes: L. fninor Aubl. ; d'après Rodriguès, L. Pisoniè 
( iabm. 

Je n'ai pus beaucoup de confiance dans la détermination 
des nombreux échantillons que j ai déjà vus. Je donne la 
description suivante d'après l'échantillon n° il. Sapucaia, du 
Bureau «le Renseignements du Brésil a Paris ei «I après le 
n° .'{Il , série 1 1 . Lvon. 

Caractères généraux. — !><>is dur. 1res lourd, de couleur 
brun noisette uniforme : grain 1res lin : surface froide au tou- 
cher. Les couper Longitudinales sont maies, mais la coupe 
transversale est légèremenl luisante. 

Caractères physiques, — Densité. 1,100; dureté, celle du 
Cœur Vert, Odeur de cuir lorsqu il est humecté, el nulle ù sec. 
S.uis. saveur, Solutions incolores. 1) après Berkhout: Force, 
I ."(Kl. ou 7.(i I si le Pin égale I . 

Caractères de lécorce, D'après da Gaina, p. 170; IV 

fonde nient t i avec des CÔtes droites ou plus OU moins 

sinueuses.; très mince, Rllc est délimitée par une couche 



16 H. STUNE 

légèrement bleuâtre, appartenant au liber. Cette couche 
fournit une matière colorante pour le coton. 

Structure du bois. — Comme celle de l'espèce précédente, 
mais elle présente une particularité que je n'avais jamais 
encore observée dans mes études sur les autres bois. Les 
vaisseaux sont toujours par groupes de 2 à 3; ces groupes 
sont subdivisés, linéaires, droits comme des traits clairs 
pareils aux autres espèces, mais ils sont tellement serrés, 
dans la zone intérieure de la couche, qu'ils forment un « anneau 
de groupes en palissade ». 

Aubier blanc brunâtre, bien délimité du cœur, mais non 
brusquement. D'après da Gama, le centre de l'arbre pourrit 
ordinairement et devient creux, en donnant asile à une espèce 
d'abeille très petite. 

Emplois. — Employé pour constructions, charpente, 
menuiserie, traverses de chemin de fer, au Brésil (Silva). 
Pour quilles (da Gama). 

Il pourrait servir pour les mêmes usages que ceux du 
Kakeralli. Il est parfois atteint de gommose. L'écorce fournit 
le Winna fibre (Cat. Expos. Paris 1867). 



Lecythis grandiflora Aubl., n° 2333 C. 

Aublet, p. 712. 

Cette espèce pourrait bien être le Black Kakeralli de 
Hawtayne, p. 285, et le Maho noir de Dumonteil (v. 2333 L). 

Lecythis sp., n° 2333 D voisin de /.. lacunosa Miers, 
d'après le D'Freeman. Je crois que ce bois est celui que j'ai 
cité T. of C, p. 136, sous le nom de L. grandiflora. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur 
rouge orangé clair : grain gros, mais uni et dense ; surface 
moins froide au toucher que celle du n° 2333 A ; elle est un 
peu luisante, fonçant légèrement à l'air, et prend comme un 
polissage naturel au fil des outils. Les copeaux sont poisseux 
et conservent la forme qu'on leur donne en les comprimant à 
la main. Ce bois serait peut-être le Maho rouge de Dumonteil. 
n° 2333 M! 



KOlS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 1" 

Caractères physiques. — Densité, de 0,8o2 à 1 ,184 : dureté, 
celle du Rois de Lance. Odeur, à sec. nulle ; saveur légère, 
même nulle. Solutions incolores. Le bois brûle bien, avec un 
arôme de colophane; il est très résistant, mais se fend faci- 
lement à la hache. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 3 à 15 mm., très 
rugueuse, profondément gercée longïtudinalement, tombant 
en plaques stratifiées et très résistantes, qu'on peut séparer 
facilement. Dans les coupes, deux couches sont bien délimitées 
à la loupe ; la couche interne est molle et ressemble au liber. 
La surface de la bûche est finement striée. 

Structure du bois. — Gomme celle du n° 2333 A, a part 
les différences suivantes, qui n'ont pas cependant grande 
valeur spécifique. 

L'aubier n'est épais que de 6 mm. environ, plus clair et 
plus blanchâtre que le cœur. 

Section transversale. — Les rayons sont plus nombreux, 
de 13 à 20 par mm. Les lignes du Y*b sont un peu plus larges 
que les rayons. 

Section radiale. — Vaisseaux difficilement visibles. Légè- 
rement plus clairs que le fond, blanchâtres et remplis de 
thvlles. 

%J 

Section tangentielle. — Les conches se présentent en lacets 
obscurs, angulaires, blanchâtres, donnant à la coupe une 
nuance laiteuse. 

Emplois. — Bon pour tour, meubles et merrains McTurk . 
Peut être obtenu jusqu'à "<> cm. d'équarrissage Bell . De 
très grande résistance transversale. 

Ech. types: 90, 2746 Bell; 0186 Imp. Instil. 

Lecythis longipes Poit. Miers n° 2333 E. 

Synonyme : Eschweilera longipes Miers. 

Les détails suivants sonl tirés de la description de Marlin- 
La\ i - 1 m • , )>. I :{(>. fîg. *»."> el 56. 

Caractères généraux. Bois dur «•! lourd, légèrement 
roux, non différencié el a grains plutôt gros e( fibreux. La 
coupe transversale est roussâtre. 



18 H. STONE 

Caractères physiques. — Densité, 0,947 ; dureté, celle du 
Châtaignier; se laisse rayer facilement par l'ongle. Solution 
aqueuse, couleur acajou clair; solution alcoolique jaune 
citron, qui se trouble légèrement par addition d'eau et mousse 
abondamment. Il brûle avec une légère fumée, en donnant 
une flamme clair. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de ii mm. environ, adhé- 
rente, fibreuse, assez compacte, lisse, dune couleur blan- 
châtre extérieurement ; cassure de couleur jaune brun; stra- 
tification régulière, partagée par des rayons. Dans les régions 
externes, il se forme des péridermes qui exfolient la partie 
externe du liber ; liège peu épais. 

Structure du hois. — Section transversale. Couches déli- 
mitées par d'étroites bandes concentriques de tissu légèrement 
plus clair (très peu marquées, voir le schéma). 

Vaisseaux en gros points blancs isolés ou en séries radiales 
de 2 à 3 ; de 120 à 250 microns de diamètre, le plus souvent 
isolés, quelquefois par groupes de 2, rarement de 3. Ils sont 
de 3 à 6 par mmq. 

Hayons de grandes dimensions, d'une rangée de cellules, 
le plus souvent unisériés, rarement bisériés (v. schéma). Ils 
sont de 10 à 14 par mmq., el écartés de 100 à 150 microns 
environ. 

Parenchyme en très fines lignes concentriques, parallèles, 
de 20 à 30 microns de largeur. Ces lignes forment avec les 
rayons de petits rectangles. 

Section radiale. — - Cette section est sillonnée de grosses 
lignes brunes, résineuses. Hayons peu marqués, ne modifiant 
pas l'aspect de la coupe; de 200 à 1.200 microns de hauteur, 
sur 1 o à 30 de largeur. 

Lecythis parviflora Aubl. et Sagot, n° 2333 F. 
D'après l'Index Kew.. les deux seraient de bonnes espèces, 
car ils sont imprimés en caractères romains. 

Aublet, p. 717 : Qualélé à petites lleur jaune. Petite marmite de 
singe. 
Sagol, p. 90.9: Mahot Lerme gén. ; Kokeralli (Surinam . 



BOIS UTILES Dl^ LA Gl ï \.Mi FRANÇAISE l'.l 

Lecythis Idatimon Aubl., n° 2333 G. 

Aublet, p. 721 : Idatimon (Galibis). Quatélé idatimon-. 

Lecythis Zabucayo Aubl. mon Hook), n° 2333 H. 

Aublet, p. 718 : Quatélé zabucaie, Canari macaque, Marmite de singe, 
Zabucayo et Jaeapucayo 'Piso . Ecorce gercée, raboteuse ; bois blanc, 
rougeâtre au centre. L'écorce sert à faire des bretelles et à lier des 
fardeaux. 

Lecythis sp., n° 2333 1. Houbooballi (Imp. Institut . 

Dans mon T. of C, p. 98, j'avais confondu ce bois avec 
THoobooballi de Bell et le Cassie dAublet ; mais aujourd'hui 
j'ai réussi à distinguer nettement les trois variétés v. t. 1984). 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur 
brun blanchâtre, en coupe transversale, présentant des lignes 
brunâtres et noirâtres ondulées. Surface luisante, fonçant 
légèrement à Fair ; grain moyen et ouvert. 

Caractères physiques. — Densité, 0,891; dureté, celle du 
Bois de Lance. Odeur nulle; saveur astringente. Solutions de 
•couleur brun rouge clair. Le bois brûle bien, en laissant, à 
l'état de cendres, une sorte de squelette du parenchyme. 

La surface de la bûche est striée. 

Structure du bois. — Gomme celle du n° 2333 A, à pari 
les différence suivantes : 

L'aubier est épais de 2 à S cm. environ, blanc, bien déli- 
mité du cœur. 

Section transversale. — Couches non délimitées. Les zones 
noirâtres ne suivent pas les couches. 

Vaisseaux par groupes, pouvant Be composer de 33 vaisseaux. 
Ces groupes sont disposés radialement, parfois en double 
rangée. Les vaisseaux sont peu nombreux; ils peuvent 
atteindre le nombre de 38 par mm q., mais il y a des espaces 
vides de plus de I mm. q. 

Le parenchyme se présente en cellules ti osses, de 

couleur brunâtre, pareille à celle des rayons. 

Section radiale. Ce bois se distingue de ceux de (<>u^ les 



20 II. STOtNE 

Lecythis par ses raies noirâtres. Parenchyme visible en fines 
lignes blanches. 

Section tangentielle. — Bien différente de la radiale à cause 
des raies noirâtres qui perdent leur caractère. 

Emplois. — Bon pour l'ébénisterie ; bois de bonne qualité, 
prenant un très beau polissage. 

Ech. type : 0.408. Imp. Institute. 

Références. Stone, T. of. C, p. 88, pi. VII; fig. 55. Icônes lignorum, 
pi. LXIV, fig. 7. Houbou. Pourrait être cette espèce, mais n'est sûrement 
pas le n° 1984. 

Maho noir, n° 2333 K. 

Dumonteil, p. 152. Densité, 0,926; force, 27a-; élast., 178, p. 160. 
Classe 1 (v. 2333 C). 

Maho rouge, n° 2333 L. 

Dumonteil, loc. cit. Densité, 1,126; force, 262 ; élast., 169. Classe 2 (v. 
2333 D). 

Les deux bois précédents peuvent bien être des espèces de 
Lecythis, mais leur force ne me paraît pas assez élevée ; elle 
devrait, à mon avis, dépasser celle du Balata, qui, dans la 
liste de Dumonteil, est de 352. 

Marciballi (Bell), n° 2333 M. 

Ce n'est pas le Marsiballi se rapportant à l'Ebène Verte de 
Da Gama. L'échantillon de Bell n'est pas déterminé, mais sa 
structure se rapproche de celle des Lecythis. 

Caractères généraux, — Bois dur et lourd, de couleur 
brun noisette uniforme. Surface presque mate, fonçant 
légèrement à l'air. La nuance de la coupe transversale est 
plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,985 ; dureté, celle du 
Buis. Sans odeur ni saveur. 

Caractères de ïécorce. — Gomme celle du Faux-Platane: 
formée de deux couches, l'interne, qui est brune avec des 
fibres très rudes, et l'externe, qui est dure et ligneuse, et la 
plus épaisse des deux. La surface de la bûche est striée. 



MOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 21 

Structure du bois. - — Gomme celle du n° 2333 A, à part 
les différences suivantes. 

L'aubier n'est pas différent du cœur. 

Section transversale. — Vaisseaux ordinairement visibles à 
cause de leur couleur claire ; ils sont presque tous simples. 

Les rayons sont à peine visibles à l'œil nu. 

Section radiale. — Rayons petits, mais bien visibles, plus 
clairs que le fond. 

Emplois. — De longue durée; n'est pas attaqué par les 
insectes. Peut être obtenu facilement jusqu'à 13 m. sur 22 à 
30 cm. d'équarrissage (Bell). Si sa résistance aux intempéries 
est hors de doute, il serait bon pour pavage et pour traverses 
de chemin de 1er. , 

Ech. type : 64, 2720 Bell. 

Références: Stone et Fr., p. 64; Bell p. 8. 

Clef pour les espèces de Lecyêhis et autres bois semblables. 

A. Parenchyme/) en lignes concentriques irrégulières, 

tant en largeur que suivant le contour, qui est 
grossièrement crénelé et ondulé. Kautaballi 
2008 E. 

B. Parenchyme b en lignes concentriques parfaitement 

régulières, tant en largeur que suivant le contour, 
qui est ondulé ou irrégulier. 

I . Couleur du bois blanchâtre, traversée de raies noi- 
râtres à ondulations bizarres. Hoobooballi 2333 J. 

2. Couleur uniforme. Les vaisseaux peuvent être soit 
simples, soit par groupes,, subdivisés el radiaux. 
en palissade, soit isolés. 

2.1. Vaisseaux presque Ions simples. Marciballi 2333 M. 

2.2. Vaisseaux se présentant, sur la coupe transversale, 

en anneau de groupes radiaux très serrés, dispo- 
sés t-n palissade. Lecythis sp., 2.'U."{ B. 

2.3. Vaisseaux en groupes radiaux isolés 
2.3.1. Raremenl pins de ;i vaisseaux par groupes. 

2.3.1.1. Les groupes sonl disposés en lignes obliques. 



22 h. stom: 

Surface du bois brillante e£ satinée. Chœtocarpus 
6538. 
2.3.1.2. Les groupes ne sont pas en lignes obliques. Sur- 
face peu luisante. Lecythis longipes 2333 E. 
2.3.2. Souvent 10 vaisseaux par groupes, et parfois 
jusqu à 28. 

2.3.2.1. Vaisseaux très apparents en coupe radiale. L. cor- 

ruffata 2333 A. 

2.3.2.2. Vaisseaux peu apparents en coupe radiale. L. sp. 

2333 D. 

Gouratari n° 2335. 

Je crois que nous sommes ici en présence :1e trois bois, 
sinon quatre : 

1° Barrère cite une liane sous ce nom. Préfontaine cite un 
bois propre à faire des cercles de barriques, et qui me paraît 
être le même que celui de Barrère. Sagot cite encore l'Ingi- 
pipa ; et comme ce nom, dans le dialecte des Galibis, signifie 
« barrique », il est à supposer que c'est le même que les 
précédents . 

2° Il y a le Gouratari à bois rouge d'Aublet, qui est proba- 
blement le Maho Gouratari de Dumonteil et de la Gomm. de 
Brest. 

3° Le Gouratari de Dumonteil. 

Dumonteil considère son Gouratari comme une espèce à 
part. Ses bois de Mabo rouge et Maho noir sont probablement 
des espèces de Lecythis (v. 2333 k. et L.). 

Sagot confond Gourimari avec Couratari (v. partie II). 

Couratari guianensis Aubl., n° 2335 A. 
Synonyme : Lecythis Couratari Spr. 

Barrère, p. 15: Kouratary, Malpighia asperrima ; feuilles très rudes 
servant pour polissage. Il produit un-bon tannage. 

Préfontaine, p. 171 : Couratari, une très grosse liane ; Balalaboué, 
Caouroubara (Caraïbes) ; bon pour cercles de barrique. Le bois se fend 
par quartiers. (Est-ce bien cette espèce ?) 

Aublet, p. 724: Couratari. Balata blanc, Maou nègres); écorce exté- 
rieure gercée, l'interne se composant de plusieurs plaques très minces 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 23 

qui sa détachent. En se desséchant elles deviennent de couleur can- 
nelle; bois blanchâtre, rouge vers le centre. 

Sagot, 1869, p. 900 : Q. guianensis, Ingipipa Surinam) ; bois médiocre, 
blanc et à peine demi-dur, tout au moins dans les arbres jeunes. 

Dumonteil, p. 152: Cou rata ri : densité. 1,054 ; force, 318; élast., 210. 
Maho Couratari : densité, 1,094 ; force, 249 ; élast., 118. Classe I, plus 
lourd que le Chêne. 

Commission de Brest, p. 188 : Maho Couratari ; essais sur les échan- 
tillons de Dumonteil. Conservés à couvert : force de 730 à 800, ou 1,1 i à 
1,18 si le Chêne égale 1 ; élast., de 40 à 42. Conservés à découvert : force 
de 830 à 880, ou 1,10 si le Chêne égale 1 ; élast., de 43 à 47. Bois supé- 
rieur en apparence à ceux de laclasse.2, mais jugé moins favorablement, 
à cause du peu de consistance de sa résine, qui l'abandonne facilement 
en laissant les fibres sans appui et sans adhérence, ce qui doit provo- 
quer une prompte détérioration. Un dixième plus for! que le Chêne, 
presque un cinquième plus lourd : moins élastique; de couleur rousse 
plus rouge que l'Angélique ; grain fin; le bois paraît avoir du nerf. 
Toutes les crevasses sont remplies de gomme noirâtre, avec laquelle on 
peut écrire en rouge comme avec la sanguine. Le même, p, 163: cette 
gomme peut remplacer le crayon rouge. 

Je ne suis pas de l'avis de la Gomm. de Brest au sujet de 
la détérioration provoquée par le manque de résine, car on 
sait depuis long-temps que beaucoup de bois sont plus résis- 
tants à la pourriture lorsqu'ils sont débarrassés de cette subs- 
tance fv. Genipa3183 A et Grignon 2240). Ensuite les chill'ivs 
donnés par la Commission même démontrent que la force et 
l'élasticité du bois onl augmenté lorsqu'il était conservé à 
découvert ; et, dans ce cas. la gomme disparaît par suite des 
intempéries, 

LRnessan, p. I * T : Couratari, Mahol Couratari; de grandes dimen- 
sions ; bois blanc, demi-dur, de qualité médiocre, mais devenant BSSea 
dur en vieillissant ; densité, 1,054. 

On voit que l'auteur a mélangé les deux espèces que Dumon- 
teil a traitées séparément. 

leanneney, ms. : Clous de Jésus-Christ (Guyane 

Martin-La vigne, p. (25: Kigures, <•! une description dans laquelle je 
puise les indications suivantes. Je ne connaispat 4ebois, mais la struc- 
ture indiquée esl celle du genre Lecytkis, L'échantillon consistai! seu- 
lement en aubier. 



24 H. STONE 

Caractères généraux. — Bois assez lourd, compact et homo- 
gène, de couleur blanche légèrement jaunâtre. 

Caractères physiques. — Densité, 0,886 ; dureté, celle du 
Hêtre ; le bois se laisse facilement rayer par l'ongle. Odeur 
nulle. Solutions aqueuse et alcoolique peu colorées, avec légère 
odeur de tan. 11 brûle avec peu de fumée, donnant une 
flamme vive et répandant une odeur désagréable. 

Caractères de lécorce. — Adhérente au bois, dune épais- 
seur très minime, gercée extérieusement et stratifiée intérieu- 
rement. A l'extérieur, la couleur est rougeâtre; en section,' 
brun rougeâtre ; le liège externe est peu développé. 

Structure du hois. — Section transversale. Couches à peine 
délimitées, ou l'étant en apparence seulement, à cause du 
grand nombre de vaisseaux, qui forment des lignes plus claires, 
espacées environ de 3 mm. 

Vaisseaux visibles comme de petits points blancs ; le plus 
souvent isolés, quelquefois par groupes de 2, rarement davan- 
tage ; peu nombreux de 2 à 4 par mm. q. ; diamètre de 100 à 
180 microns. 

Rayons visibles, de 5 à 6 par mm., à intervalles de 100 à 
150 microns. 

Parenchyme visible, en assises concentriques unisériées, qui 
alternent avec des bandes de tissus fibreux de 150 microns de 
largeur environ, ce qui lui donne un aspect particulier, en 
forme de petits rectangles limités par les rayons. 

Section radiale. — Cette section est sillonnée par les vais- 
seaux ; plus brillante que la section tangentielle ; on y dis- 
tingue assez nettement des lignes longitudinales, tantôt claires, 
tantôt foncées, qui alternent entre elles et qui représentent les 
couches. La section est parsemée de fines mouchetures blanches, 
dues au tissu parenchymateux. 

Section tangentielle. — Hauteur des rayons de 150 à 500 
microns sur 2 rangées de cellules de largeur, rarement de 3. 

Grias sp., n° 2337. 

Warananaballi (Bell), non Waranana (v. 6201 K). Le genre 
de cet échantillon a été déterminé par le D r Freeman, qui a 
constaté que ce n'était pas le Grias Auhletiana. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 2"> 

Caractères généraux. — Bois plutôt lourd et dur, de cou- 
leur rougeâtre ou brun sale uniforme. Surface brillante. 

Caractères physiques. — Densité, 0,703 ; dureté, celle de 
l'Erable. Odeur nulle. Légère saveur du Cèdre (pour boites à 
cigares). 

Caractères de Vécorce. — Epaisse environ de 2 à 3 mm., 
ressemblant à une peau lisse, fibreuse à l'intérieur: de couleur 
rouge vif. La surface de la bûche est finement striée. 

Structui*e du Lois. — L'aubier passe graduellement à l'état 
de cœur, mais il est un peu plus clair et plus rouge que ce 
dernier. 

Section transversale. — Couches non délimitées. 

Vaisseaux à peine visibles comme des piqûres, quelque peu 
variables; la plupart simples, beaucoup par paires, et plus rare- 
ment par groupes de 3 à 4. Les parois sont orientées irrégu- 
lièrement. Les groupes sont régulièrement distribués, mais ont 
une forte tendance à se disposer en lignes obliques. 

Hayons visibles à la loupe, uniformes, ondulés, nombreux 
et très serrés, irréguliers, à intervalles beaucoup plus grands 
que le diamètre d'un gros vaisseau, et s'écartant fortement 
au niveau de ces vaisseaux. 

Parenchyme en cellules dispersées sans ordre. 

Section radiale. — Les vaisseaux occupent environ le quart 
de la surface. Rayons peu apparents, rougeàtres. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais plus bril- 
lante. Les rayons sont visibles à la loupe et paraissent au 
microscope remplis de gomme rouge vif. Hauteur de 1 à 
2 mm. 

Emplois. — Bon bois, facile à travailler: doit être très 
utile dans la colonie. 

Éch. type : '.»i. 2750. Bell. 
Référence : Stone ei Fr., |». 96. 



26 H. STONK 



FAMILLE LXXVI. — MÉLASTOMACÉES 



TRIBU X. — MICONIÉES 

IVTiconia (Fotherfjillia) mirabilis Aubl., n° 2462. 
Le genre Miconia égale le FothergilUa et le Tamonea d'Au- 
blet. 

Aublet, p. 441 : Ecorce grise ; bois blanc cassant. 

Je me demande si ce n'est pas le Bois gaulette Miconia de 
Sagot. 

Clidemia dependens I). Don, n° 2470. 

Synonyme : Mêlas toma spicata Aubl. 
Aublet, p. 423 : Arbrisseau. 

Bellucia Aubletii Naud. mon Seem), n° 2472. 
Synonyme: Blakea quinque nervis Aubl. 

Aublet, p. 525: Mêle, Corme, Ecorce lisse, bois récent, blanc, et 
deveuaut roussàtre en se desséchant ; dur. 
Sagot, p. 910: Bois Mêle. 
Catalogue Exposition de Paris, 1867, p. 24: Mess-apple bark (ecorce). 

Loreya arborescens DC, n° 2473. 
Svnonvme : Melastoma arborescens Aubl. 

Aublet, p. 420 : Mêle (fruit ; ecorce des arcabas cendrée, lisse; ecorce 
du tronc cendrée légèrement roussàtre, inégale, gercée. Bois blanchâtre, 
compact et devenant roussàtre avec le temps. 

Henriettella flavescens Triana, n° 2475. 

Synonyme : Melastoma flavescens Aubl. 
Aublet, p. 423: Bois blanc, très dur. 

Je me demande si ce n'est pas le Bois gaulette Henrietta 
de Sagot. p. 910. 



MOIS UTILES DE LA. GUYANE FRANÇAISE 27 



TRIBU XIII. — MEMEGYLEES 
Mouriria guianensis Poir. (non Miq. ni Sagot), n° 2484 A. 

Aublet, p. 453 : Mouriricheira (Galibis ; écorce grisâtre ; bois blan- 
châtre, dur et compact. 

Huber, p. 197. Mur ta : Urury Amazone . Govabarana Par;i . 

Mouriria Sideroxylon Sagot, n° 2484 B. 

Sagot, datai.. XV. p. 33b : Petit arbre assez abondant, bois très dur. 

Mouriria sp.. n° 2484 C. 

Sagot, p. 909: Diverses espèces; bois brun ou rouge excessivement 
dur et très sain; sans aubier. On prétend dans la colonie qu'il ne se 
conserve pas aussi longtemps (pie sa dureté et son poids pourraient le 
faire supposer. Le même, p. 929: Mouriria, Bois de fer. 



FAMILLE LXXIX. — SAMYDACEES 

TRIBU I. — CASÉARIÉES 

Casearia dentata Moc, n° 2543. 
Synonyme : Piparea dentata Aubl. 

Aublet, Suppl., p. 37 : écorce roussàtre. ridée, chagrinée, âpre au 
toucher; bois dur, compact, blanchâtre. 

9 

TRIBU II. — BANARÉES 

Banara guianensis Aubl., n° 2548. 

Aublet, p. 548: Écorce grisâtre ; bois blanchâtre, peu compact. 
MuIut. p. 240: Lacre hranco terme gén., Para 

TRIBU IV. HOMALIÉES 

Homalium Napimoga Spr., n° l'-'y-'M. 
Synonyme: \apimoga gnianPnsis Aubl. 



28 II . STON E 

Aublet, p. 592 : Napimogal (Galibis) ; écorce roussàtre, ridée, gercée, 
bois blanchâtre, peu compact. 



FAMILLE LXXXII. — PASSIFLORAGEES 



TRIBU V. — PAPAYAGEES 



Carica spinosa Aubl., n° 2605. 

Aublet, p. 908 : Papayer sauvage (nègres) ; écorce rougeâtre, mince, 
lisse, couverte d'épines ; bois blanc spongieux, rempli d'un suc blan- 
châtre et acre qui cause sur la peau une inflammation érysipélateuse. 



FAMILLE LXXXIX. — ARALIAGEES 



SERIE III. — PANACEES 



Didymopanax Morototoni Aubl., n° 2941. 

Svnonvme : Panax Morototoni Decne. 

Barrère, p. 61 : Arbre de Saint-Jean, May; bois blanc ; Jacaranda 
polyphylla brasiliensibus de Marcg. ; bois léger; pour chèvres, grues, 
échelles. 

Sagot, p. 924: Bois de Saint-Jean. 

Niederlein cite p. i un Saint-Jean, Coccoloba sp. (y. 6091 D). 

Huber, p. 198 : Morototo Amazone), bois blanc, très léger. Il est 
vendu parfois comme le Simaruba . 



FAMILLE XGIL — RUBIAGEES 

TRIBU X. — GARDÉNIÉES 
Genipa americana Lin., n° 3183 A. 

Noms vulgaires : Genipat (Dalechamp) ; Genipa (Guyane 



HUIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 29 

Française; Préfontaine). Lana (Aiken), Bois Je fer (FenilleV 
Nandipé, Nandipé guazu (Brésil ; Endlicher). Genipapeiro 
(Br. ; Silva). Genipo (Guyane; Bassières). Nandipa, Genipa- 
paba (Br. ; Rodriguès). Genipapo-da-matta ou roxo (Bahia) ; 
Hagna, Jagna (Argentine) ; Janipha, Junipa, Genipayer (An- 
tilles; Urban). Xag-na (Caraïbes, Antilles; Descourtilz). Tapoe- 
riba ^Surinam ; Pulle). Le Janipaba de Pison (Barrère). 

Ce n'est pas le Lanabally (v. partie II), ni le Pau Genipa- 
rana (v. 2330 B;. 

L'échantillon n'est pas déterminé, mais je le crois bien de 
cette espèce. 

Caractères généraux. — Bois plutôt dur, lourd, de couleur 
rougeàtre ou blanc grisâtre. Blanc, d'après Rodriguès ; gris 
perle, d'après Fenille ; jaune clair, d'après Pereira ; gris jau- 
nâtre et ayant quelques rapports avec le -Hêtre, d'après la 
Comm. de Brest. Le Catalogue des Bois de la République 
Argentine le décrit comme violet foncé. Toutes ces couleurs 
ne concordent guère. Surface mate; grain fin et droit. La 
nuance de la coupe transversale est légèrement plus foncée 
que celle des autres sections. 

Caractères physiques . — Densité, de 0,670 à 0,850 i Pe- 
reira) ; dureté, celle du Teck. Sans odeur ni saveur. Solutions 
incolores . 

Commissions de Brest. Essais sur des échantillons con- 
servés de la même manière que ceux de Dumonteil, quoique 
je ne trouve pas le Genipa dans sa liste. Conservé à couvert : 
force, de 610 à 860, ou de 1,12 à 1,13 si le Chêne égale 1 ; 
élasticité, de 25 à 40. Conservé à découvert ; force, de 780 à 
860, ou 1,06 si le Chêne égale 1 ; élasl.. de 35* à o0. Un autre 
échantillon ; force, de 720 à 810, ou 1,11 si le Chêne égale I : 
élast.j de 20 a 30. Extrêmement élastique; la déchirure des 
fibres est assez longue. Les cahiions se cassenl après un loi 
avertissement. Sa flexibilité est très élevée. 

,Je liens ;i l'aiif remarquer encore ici que les pitres con- 
servées ;i découverl donnent le meilleur résultat. 

Caractères de Vécorce. — De couleur gris foncé; de i 
6 mm. d'épaisseur, d'après le Catalogue de la Rép. Argen- 



30 H. STÔNE 

tine. Semblable à celle du Hêtre, d'après la Comm . de Brest. 
Grise, massive et épaisse d'un pouce, d'après Du Tertre. 
Aubier blanc, d'après le Catal. de la Rép. Argentine. Une 
petite couche, d'après Pereira. 

Structure du bols. — Section transversale. Couches non 
délimitées. Elles le sont en apparence à i œil nu ; mais, à la 
loupe, les limites deviennent vagues ; contour bien arrondi. 

Vaisseaux à peine visibles lorsqu'ils sont humectés ; peu 
variables, moyens ; distribués régulièrement et fortement iso- 
lés ; blancs. 

Rayons à peine visibles, mais très apparents à la loupe ; 
fins, uniformes, presque équidistaiits. à intervalles d'une dis- 
tance égale au diamètre d'un gros vaisseau environ ; moins 
denses que les libres ligneuses. Ils sont blancs et très effilés 
aux extrémités. 

Parenchyme a visible à la loupe, entourant étroitement les 
vaisseaux. Ph difficile à voir, même à la loupe, se présentant 
en lignes extrêmement fines ; on dirait plutôt des traits tangen- 
tiels, de rayon en ravon. 

Section radiale. — Couches non délimitées, mais indi- 
quées parfois par des lignes vagues. Vaisseaux très fins. 
Rayons très petits, luisants, visibles sur une surface coupée, 
qui n a pas été rendue lisse par le papier de verre. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les couches 
sont assez apparentes en lignes et lacets. Rayons visibles au 
microscope seulement. 

Emplois. — Bon pour construction, menuiserie, traverses 
de chemin de fer (Brésil, Silva). Instruments agricoles et in- 
dustriels ; d'une grande flexibilité et élasticité (Pereira). 
Crosses de fusils, formes de cordonnier, cylindres de moulins 
à sucre (Rod.). Filières de cafés ; mais les fourmis le détruisent 
en peu de temps (Préfontaine). Brancards (Feuille). Il se tra- 
vaille bien au rabot, au ciseau et au tour, se sculpte aussi bien 
que le Tilleul, quoique plus dur Commission de Brest). 

Éch. type: X° 18, Bureau de Renseignements du Brésil; n" 318, série 
II, Lyon; n° 3026, Aiken. 

Références : Rodriguès, 1895, p. :?'.>: le même, 1881, p. t;5S ; Pareira, 



MOIS UTILES L>K LA GUYANE FRANÇAISE Ô* I 

p. 112: Silva, ms. : République Argentine, p. 20; Descourtilz, II, p. 81 ; 
Endliger, cité par Engler, p. 42; Feuille, p. 2N9 ; Connu, de Brest, 1826, 
II, partie 2, p. 168; Préfontaine, p. 17.*>; Dalechamp, p. 721. 

Icônes lignoruui : Fig. I ; pi. XXX, •< Genipa ». La fig. :>. pi. LXI, 
porte la description suivante : « Lauahout ; les nègres se teignent avec 
le finit de cet arbre. » 

Ce fait est bien réel au sujet du Genipa, mais la ligure '■> 
concorde mieux avec notre Lanaballi. (Voir partie III, n° 35.) 

TRIBU XXI. — KSYCHOTRIÉES 

Psychotria parviflora Wilkl. nonSpan;, n° 3285. 
Svnonyme : Si mira tincloria Auld. 

Aublet. p. 171 : Simira Galibis : écorce épaisse roussâtre. L'écorce 
trempée dans l'eau lui communique bientôt une couleur d'un beau rouge. 
Bois blanchâtre. 



FAMILLE CX. — SAPOTAGEES 



TRIBU II. — CHRYSOPHYLLEES 

Ghrysophyllum Macoucou Aubl., d° 1489. 

Aublet p. 233 : Cainitier Macoucou; écorce lisse, grisâtre; bois 
blanc dur t;t cassant. 

Dubard, 1912, p. 39: Sarcaulus macrophyllu* Radl.; syix. Ghrysophyl- 
lum bragilience. A. 1 >( ',, 



TRIBU IV. - POUTERIÉES 

Luculla mammosaGaertn., n° \V.)\ A. 

Synonymes: Sapota rnammosa Gaertn. ; Achras mamnwsa 
Gaertn., non Des court. • A. Lucuma Blan< 

Noms vulgaires; Barataballi Bell , Salie Berkhoul . 
Mammee sapote, Marmalade Plum Gâtai. Kew. Marmelade 
naturelle, ï>eucome Debrof . Mamev coloradi Sapote 



32 H. STONE 

(Hawtayne). Sapotille mamniee (Guibourt). Beko, Kurok, 
Konkia, Fiu Zepote (vernaculaire Nahuatl, en Costa-Rica ; 
Pittierj. Uique vern. Typu), Sapote-assu, Palata (Brésil ; 
Peckolt). 

L'échantillon de Bell a été déterminé, d'après les feuilles et 
les fruits, pur le D 1 Freeman. 

Caractères généraux. — Bois lourd et dur, d'une couleur 
rougeàtre uniforme. Surface à peine luisante, fonçant légère- 
rement à l'air. La nuance de la coupe transversale est plus 
foncée que celle des autres sections ; grain fin. Lorsqu'elles 
sont polies ou trempées, les mailles sont très apparentes. 

Caractères physiques. — Densité, 0,904 : dureté, celle du 
Bois de Lance. Odeur à sec et saveur nulles. 

Caractères de l'écorce. — Epaisse de 3 mm. environ, dure, 
ligneuse ; l'intérieur est brun et plein de sclérites blanchâtres, 
La surface de la bûche est finement striée. 

Structure du bois. 

L'échantillon pris d'un arbre de 20 cm. de diamètre était 
tout en aubier. 

Section transversale. — Couches en apparence délimitées, 
mais à limites en réalité douteuses; contour régulier. 

Vaisseaux visibles, petits, quelque peu variables, mais non 
régulièrement ; distribués également et fortement isolés. Ils 
semblent être attachés aux rayons. 

t. 

Rayons visibles, fins, uniformes, réguliers, équidistants, à 
intervalles d'une distance plus grande que le diamètre d'un 
gros vaisseau et s'écartant au niveau de ces vaisseaux. 

Parenchvme a entourant les vaisseaux. 

Section radiale. — Vaisseaux fins, souvent remplis de 
perles de gomme rouge. Rayons petits, mais très apparents 
lorsqu'ils sont humectés. 

Emplois. — Bon pour planches, portes, meubles, cloisons; 
s obtenant facilement jusqu'à 30 m. sur 5o cm. d'équarrissage 
McTurk . Il est facile à travailler, de bonne qualité et assez 
joli ; se fend facilement. 

Éch. typos : 8.2664 BpJI ; 263 i Berkhout ; Icônes lio-norum, pî. 69, 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 33 

fig-. 8 en couleur, el pi. <)2, fig. 5. Marmelade bout ou Coemare. Est-ce 
bien cette espèce?) 

Références : McTurk, p. 4; Stone et Fr. p. 8. 

Lucuma rivicoa Gaertn., n° 4494 B. 

Noms vulgaires: Jaune d œuf (terme gén.) (Musée Colonial 
de Marseille.) Prunier jaune d'œuf (Préfontaine). Balata 
jaune d'œuf. Pomme de Pin (Xiederleiii). Cutitiriba (Huber). 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur jaune 
brunâtre striée de blanc. Surface plutôt mate ; grain fin. La 
nuance de la coupe transversale est plus foncée que celle des 
autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,843 (d'après Dumon- 
teil, 0,946). Dureté, celle du Palissandre ou du Campêche. 
Odeur faible, comme celle du blé. Le bois est cassant et se 
fend assez facilement. D'après Dumonteil, force 267 ; élasti- 
cité, 173. D'après Huber, p. 199, le bois est très léger et plus 
poreux que celui des Mimusops. 

Structure du hois. — Comme celle des Mimusops (v. Clef 
et n° 4508), à part les différences suivantes. 

L'échantillon, pris sur un arbre de 15 cm. de diamètre, 
était tout en aubier. 

Section transversale. — Couches en apparence délimitées : 
mais à la loupe les limites ne sont pas évidentes. 

Vaisseaux en lignes radiales irrégulières, légèrement den- 
dritiques, visibles à cause de leur couleur. Ils forment des 
groupes radiaux de 2 à 13 vaisseaux; peu nombreux, de 1 à 
.") par mm q. ; blanchâtres. 

1 lavons jaunes, irréguliers. 

Parenchyme jaune. 

Section radiale. Bavons à peine visibles à la loupe, 

même lorsqu'ils sont humectés ; blanchâtres, translucides. 
Parenchyme en lies grande quantité, donnant à la surface 
une nuance claire. 

Section tangentielle . Rayons blanc jaunâtre. 

Emplois. — Bon pour charpente, traverses <1<' chemin de 
1er Lanessan . Peu employé Sagol . Les chiffres deDunion- 
leil indiquent un bois de bonne qualité. 



34 H. SIGNE 

Éch. types: n° 134, Guyane, Musée Colonial de Marseille. 
Références: Dumonteil, p. lo2 et 160; Sag-ot, p. 911 ; de Lanessan, 
p. 157 et 917. 

Lucuma psammophila A. DC., n° 4494 G. 

Synonymes : Pouteria guianensis Aubl. (partim) non Gri- 
seb. Dubard, 1912, p. 38, considère ce synonyme comme iden- 
tique avec Lahatia macrocarpa Mart. ; voir 4496. 

Aublet, p. 87 : Pourouma Pouteri Galibis) : iécorce gercée et ridée, 
roussâtre ; bois blanchâtre, dur, compact. 

Lanessan: Bon pour traverses de chemin de fer. 

Dubard, p. 32 : Pouieriapsammophila Radl., syn. Lucuma psammopliila 
A. DC, Bapebassu (Brésil). 

Sibbidanni (Bell), n° 4494 D. 

Ce n'est pas le Sibbi-sibbi ou Hatti, YHeveasp. de Rodwav, 
ni Sebadanni (partie II, 47), ni Siribidanni (1896 G). 

Caractères généraux. — Bois très dur et lourd, de couleur 
jaune brunâtre uniforme, ressemblant au Buis. Surface un 
peu luisante, fonçant légèrement à l'air. La nuance de la coupe 
transversale est aussi claire, sinon plus, que celle des autres 
sections. Il a quelques rapports avec Lucuma mamrnosa. 

Caractères physiques. — Densité, 0,983 ; dureté, celle du 
Buis. Odeur et saveur nulles. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 10 mm. environ, de 
couleur brun clair, rugueuse, légèrement gercée. Elle est 
formée de deux couches : l'interne s'émiette et occupe les 
deux tiers de l'épaisseur totale ; l'externe est assez dure. La 
surface de la bûche est lisse ou striée. 

Structure du bois. — Comme celle du n° 4494 A, à part 
les différences suivantes. 

L'aubier est à peine distinct du cœur. 

Les vaisseaux contiennent parfois des perles de gomme 
rouge qui scintillent. 

Emplois. — Bon pour constructions ; les arbres sont 
petits ; peut être obtenu jusqu'à 22 cm. d'équarrissage 
(Bell). 

Dura travailler, cassant et se fend facilement. 



BOIS UTILES DE LA GLYANE FRANÇAISE 



35 



Ech. type : 78,2664 Bell. 
Référence : Stone et Fr., p. 79. 

Labatia macrocarpa Mart. non Panch), n° 4490. 

Les deux espèces sont imprimées en caractères romains 
dans l'Index Kewensis. Dubard cite la première avec Pouteria 
g uia ne ns is Aubl. comme synonyme. Voir 4494 ('.. 

Sagot, p. 917 : Balata indien. 

Dubard, 1912, p. 38: Balata singe rouge. Wapi (Guyane . (Voir t508J. 

TBIBU V. — SlDEROXYLÉES 
Sapotillier, n° 4501 A. 

Je donne les citations suivantes qui semblent se rapporter 
au genre A c liras (Sapota). 

Barrère, p. 101 : Maritambour, Sapota multiflora. 

Préfontaine, p. 208 : Sapotiller, mais non le Maritambour de Barrère, 

qui est « une espèce de fleur de la Passion ». 

Dumonteil, p. 152: Sapotiller; densité, 0,968; force, loi : élast., 261 : 
flexibilité, 4,84 ; p. 160. Classe 4, celle des Meubles. 

La très grande flexibilité et la faible force de ce bois me 
portent à croire qu'il n'est pas voisin des Mimusops. 

D'après L'échantillon indéterminé, n" ^'2. Guyane, du 
Musée Colonial de Marseille: De couleur brun noisette fonce, 
uniforme. Il ressemble beaucoup à l'Acouma des [les v. t507 . 
La nuance de La coupe transversale est beaucoup plus foncée 
que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,680 environ (l'échan- 
tillon est en grande partie de l'aubier . Odeur Légère, ineine 
nulle; saveur Légèrement astringente. 

Structure du bois. Comme celle des Mimusops^ à part 
les différences suivantes : 

L aubier est bien délimité «lu cœur l'ait qui arrive rarement 
parmi les Sapotacées : sa couleur est un peu plus claire que 
celle «lu cœur, tout en étant foncée. 

Section transversale. — Vaisseaux visibles, mais peu 
apparents : plus petits que ceux d'Acouma. 



36 H. STONE 

Parenchyme b: Ses lignes ne sont pas en petits traits, 
mais presque continues, avec interruptions çà et là ; de 4 à 7 
par mm. 

Section radiale. — Ravons très obscurs. 

Section tangentielle. — De couleur laiteuse. Vaisseaux 
assez apparents. 

11 se distingue d'Acouma par le parenchyme h et d'Assa- 
pookoo (4508 F) par la nuance de la coupe transversale. 

Sideroxylon inerme, n°4503. 

Guibourt, II, p. 589: Bois de fer de Cayenne ; dune couleur rou- 
geâtre moins prononcée que celle du Bois de chair (4508 A) ; très dur 
et très lourd ; se gerce facilement en séchant. 

Ce n'est pas le Bois de fer de Cayenne de Varenne-Fenille 
(y. 111), qui a une couleur trop foncée. 

TRIBU VI. — BUMÉLIÉES 

Acouma, n°4507. 

Ce bois est rapporté ordinairement à Dipholis salicifolia 
A. DC, non Miq. 

Synonyme : Bumelia salicifolia Sw. (non Bert. 



Du Tertre en cite trois sortes : 1° Bois jaune, dur et plus lourd que 
l'eau. 2° Acoma bastard, inférieur au précédent pour constructions. 
3° Bois rouge comme le Bois du Brésil. 

Grisebach: Pigeon-wood, Galimeta wood (Ant. Anglaise). 

Dubard 1912, p. 79: Wild canada, Bustic (Bahamas; Jocuma, Jocuma 
blanca, Almendre silvestre, Cuya (Cuba), White Bully tree, Red bully 
tree (Jamaïque). Acomat bâtard (Haïti), Almendron, Tabloncillo (Porto 
Rico), Mastick tree (Sainte-Croix), Acomat ou A. bâtard (Guadeloupe). 

Il existe trois autres Acouma : le Sideroxylon Acouma 
DC. des Antilles ; 1 Homalium racemosum Jacq., et l'Acajou 
de l'Afrique bien connu ; mais ni les uns ni les autres ne 
sont de l'espèce présente. 

Je donne la description suivante d'après l'échantillon n° 83, 
Guyane, du Musée Colonial de Marseille, qui a la structure 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 37 

des Spotacécs et est voisine des Mirnusops, mais n'est pas 
déterminé. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur brun 
clair ou khaki, avec de rares raies de couleur plus foncée. La 
nuance de la coupe transversale est beaucoup plus claire que 
celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,980 environ ; dureté, 
celle du Buis. Odeur à sec nulle; saveur très amère. 

Structure du bois. — Aubier brun, légèrement plus clair 
que le cœur, dont il n'est pas très bien délimité. La structure 
est celle des Mirnusops (v. 4o08). 

Section transversale. — Couches en apparence bien déli- 
mitées par des zones de bois plus ou moins denses. 

Vaisseaux très apparents, à cause de leurs bords blancs et 
de leur groupement en lignes radiales, visibles à l'œil nu. 
Ils sont de grandeur moyenne, très uniformes, de mm. 12 
de diamètre, rarement simples, beaucoup par groupes de 2 à 8, 
et même davantage. Ces groupes sont unis en échelons 
entre eux et forment de longues files. Les vaisseaux sont peu 
nombreux, de 1 à 20 par mm q. ; la plupart ronds, et rare- 
ment aplatis. 

Rayons à peine visibles à la loupe, très fins, uniformes, 
droits, à intervalles d'une distance égale au diamètre d un 
gros vaisseau et ne s'écartant pas au niveau de ces vaisseaux. 
Les rayons sont presque réguliers ; de 7 à 1) par mm. : de 
couleur jaune clair, mais plus foncés que le parenchyme h. 

Parenchyme a entourant les vaisseaux et les unissant aux 
files radiales ; plus clair que le Pb. Ce dernier est le plus 
important comme caractère, mais il est à peine visible à la 
loupe. Au microscope, il parait excessivement abondanl en 

traits tangentiels qui unissent les payons «t qui tonnent (le 

courtes lignes concentriques ondulées. Ces lignes sont aussi 
larges que les rayons mais plus serrées; «le 10 à \'2 par mm. 
11 occupe nn cinquième du l»<>is environ. 

Section radiale. Couches délimitées par les 1 i n n « *- plus 
denses et plus foncées. Vaisseaux ;■ peine visibles, à cause des 
bords «lu Pa qui les voilenl : ils sont rarement ouverts. 



.38 H. STONE 

Rayons translucides, très obscurs. P/> visible au microscope, 
en fines lignes blanches. 



Mimusops globosa Gaertn. (non Griseb.), n° 4508 A. 

Synonymes : M . Balata Crueg. (non Gaertn. ni le M. Balata 
de Blume). Achras Balata Aubl. D'après Dubard, 1916, p. 
19, cette espèce est maintenant Manilkara Balata. 

Xoms vulgaires : Bolllitree, Bulêtre, Melkout, Balata et 
Bois rouge, probablement aussi Pferdefleisch holz (terme gén. 
Débrot). Balata saignant Balata des Galibis (Charpentier). 
Beef-wood (terme gén . , Wiesner) . Manil-kara, Bois de nate 
(Aublet) . Belletree (Surinam), Pardenvleesh (J)alton), Bully 
tree (terme gén.. Ant. ; Grisebach) . L'Abeille (Beauverie). 
Bois dechair (terme gén., Grande encyclopédie). Bois de natte 
Duehesne). Buruea (Demerary ; Sagot). Balata franc Musée 
Col. de Marseille). Sapotillier marron (Saint-Domingue ; 
Préfontaine). Mimusops (fr. Inde), Pala maroni iTamoul-Gae- 
belé). (Voir aussi 1 espèce suivante.) 

Je crois que l'échantillon-type de Bell, quia été déterminé 
d'après les feuilles et les fruits par le D r Freeman, est le bois 
de Peckolt, deDumonteil. de la Comm. de Brest, de Bassières, 
probablement celui de Préfontaine et lAcoma rouge, qui 
ressemblent au Bois du Brésil de Du Tertre. Le bois de 
Sagot, au contraire, est plutôt le Mimusops Kauki. D'après 
Hubert, p. 199, le véritable Balata (le Bullet-Avood des 
Anglais) est Mimusops hidentata DG . 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, d'une couleur 
rouge uniforme ou couleur chair. Surface légèrement luisante, 
fonçant un peu à l'air; grain moyen. La nuance de la coupe 
transversale est beaucoup plus foncée que celle des autres 
sections. 

Caractères physiques. — Densité, de 0,869 à 1,109 ; dureté, 
celle du Buis ou du Wallaba. Odeur à sec nulle ; légère, mais 
spéciale, lorsque le bois est travaillé ou humecté. Saveur nulle. 
Solutions d'un cramoisi foncé. Le bois brûle bien sans arôme 
spécial et se fend facilement. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 39 



/ 



D'après Dumonteil, force, 353 ; élast. 188. D'après la Comm. 
de Brest, force de 1 100 à loi 0, ou 1,94 si le Chêne égale 1 ; 
élast., 25; Classe 1 c. D'après Berkhout, force, 3150 si le Teck 
de première qualité égale 1920 ; élast.. 3328 si le Teck égale 
2000. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 3 à i mm* d'épaisseur, 
de couleur rougeàtre, ligneuse, se détachant en plaques 
longues et étroites; liber fibreux. La surface de la bûche est 
striée. 

D'après Berkhout, l'écorce est formée de trois couches : 
l'externe est liégeuse, lactescente, d'une épaisseur de 3mm.; 
l'intermédiaire est libérienne, d'une épaisseur de 8 mm. et 
de couleur rouge carmin, qui devient rouge pâle à l'air ; l'interne 
est de couleur blanche, et épaisse de 2 mm. 

Structure du bois. — L'aubier est brun, nettement délimi- 
mité du cœur ; épais de 4 à 6 cm . 

Section transversale. — A comparer avec la fig. 2, pi. B. 
Couches non définies ; les lignes du parenchyme pourraient 
en être les limites. 

Vaisseaux très apparents, à cause de leur nombre et de leur 
contenu blanc. Ils sont peu variables, petits, de mm.l, 
irrégulièrement distribués, et ils forment de longues lignes 
dendritiques. Les groupes individuels sont compacts, radiaux. 
et se composent de 2 à 17 vaisseaux. Ces derniers sont assez 
nombreux, de 20 à 25 par mm. 

Bavons visibles à la loupe, fins, uniformes, équidistants. à 
intervalles d'une distance égale environ au diamètre d'un 
gros vaisseau. Ils sont beaucoup plus denses que les fibres 
ligneuses, presque droits, mais Légèrement ondulés; de 10 à 
1 5 par mm. 

Le parenchyme a entoure les vaisseaux . I #e l'A se présente en 
de nombreuses lignes brunes, concentriques, onduh es, irré- 
gulières et interrompues, souvent brisées, en formant alors 
des arcs ou des angles. Ces lignes sont de i à •"> par mm., et 
aussi Larges que les rayons; leur couleur est plus foncée que 
celle du Pa . 

Section radiale. - Vaisseaux en apparence sinueux. Rayons 



40 H. STONE 

très petits, luisants^ ayant à peu près la même couleur que 
les fibres ligneuses. 

Section tangentielle . — Gomme la radiale, mais les rayons 
ne sont visibles au microscope que lorsqu'ils sont humectés ; 
ils se présentent en lignes brunes, dune seule rangée de 
cellules. 

Emplois. — Bon pour constructions, moulins à vent, poutres, 
de très longue durée, résistant bien aux intempéries mais pas 
aux tarets (McTurk). Bon pour pilotis; rare à la Guyane 
Anglaise (Bell). Archets de violons (Beauverie). Balata franc, 
très employé à Gayenne, plus lourd et plus compact que le 
Wacapou ; assez abondant à la Guyane Française (Bassières). 
L'un des bois qui dure le plus à l'air et « est sans fin » lorsqu'il 
est à couvert; avec le temps, il perd sa couleur et devient 
grisâtre (Préfontaine). L'une des espèces convenant le mieux 
aux grandes constructions navales ; son poids, d'un tiers plus 
grand que celui du Chêne, en restreint l'emploi aux parties 
basses des bâtiments fComm. de Brest). 

Ech. types: 42, 2668 Bell; 2311 Laslett ; 0151 Imp. Institut, 2624 
Berkhout (Est-ce cette espèce?) ; N os 7 et 71, Guyane, du Musée Colonial 
de Marseille (écorce et bois). 

Icônes : Stone, T. of C, pi. X, fîg\ 83. Icônes lignorum, pi. 8, 67 et 
77. C'est probablement cette espèce, mais non la fig. 8, pi. 74. 

Références: McTurk, p. 4; Bell, p. 4 ; Beauverie, p. 332; Catal. des 
Colonies Françaises, p. 26 et 148; Stone et Fr., p. 12. 

Mimusops Kauki Lin. (non Boj. ni Willd.) n° 4508 B. 

Synonymes : M. Balata Gaertn. (non Crueg.); M. Balata 
Blume ; Sapota MuellcriYÀnàl. ; Manilkara Kauki Dubard, qui 
ne cite pas les mêmes synonymes que l'Index Kewensis. 

Noms vulgaires : Balata rouge, Balata (Galibis) ; Boromé 
(Arr. ; de Lanessam. Muira piranga; Moira-piranga (terme 
général, Brésil) ;Rotesholz (x\llemand; Peckolt). Probablement 
beaucoup de noms vulgaires de l'espèce précédente pourraient 
s'appliquer ici. Peckolt cite Mimusops Balata Gaertn., de 
couleur rouge violet ; densité, de 1.062 à 1,109. Cette cita- 
tion, me semble-t-il, conviendrait au Mimusops Balata de 
Crueg. 



BOTS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE il 

Le Balata franc de Bassières me paraît trop lourd ; je l'ai 
cité dans l'espèce précédente. Le Balata de Préfontaine, qui 
est rougeàtre, pourrait bien être l'espèce présente. A comparer 
avec les n os 4508 C. E. F. et 4604 A et D. 

Caractères r/ènéraux. — Bois d un poids moyen et d'une 
dureté moyenne, de couleur chocolat délayé, présentant, en 
coupe tangentielle, des lacets, ou des lignes plus claires, en 
zigzag 1 . Le parenchyme longeant les vaisseaux très lins produit 
l'effet d'un grain plutôt filandreux. La nuance de la coupe 
transversale est légèrement plus foncée que celle des autres 
sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0.4o0 (cette évaluation 
est trop faible, et l'échantillon n'était probablement composé 
que d'aubier;. D'après de Lanessan : densité, 1 .100 ; dureté, 
celle du Chêne. Odeur nulle ou légère de tan. 

Structure du bois. — La moelle a 2 mm. de diamètre envi- 
ron, est à peu près ronde, et se compose de grosses cellules 
de trois couleurs différentes: brun clair, rouge et noire. 

Section transversale. — Couches tantôt obscures, tantôt 
très apparentes. Si elles sont délimitées, la limite serait une 
mince ligne claire; si elles ne le sont pas. la limite sérail 
indiquée par une variation dans le nombre des vaisseaux. 

Vaisseaux très apparents, à cause de leur parenchyme clair; 
plutôt petits, de mm. 1 de diamètre, distribués irrégulière- 
ment dans des zones où ils sont plus ou moins serrés et dis- 
posés en lignes radiales irrégulières. Ils sont peu nombreux, 
de 3 à 8 par mm q., simples ou par groupes de '1 a .*!. I 
groupes sont unis aux lignes radiales par le parenchyme. 

Hayons visibles à la loupe, mais plus nettement sur La 
limite de la couche, très lins, uniformes, à intervalles d'une 
distance égalé environ au diamètre d'un gros vaisseau et ne 
s'écartant pas au niveau de ces vaisseaux ; ils son! de In ;i 12 
par mm., et forment un lilel régulieravec les Lignes du paren- 
chyme : couleur blanchâtre. 

Parenchyme tics abondant : a entouranl et unissant par- 
fois radialement les groupes «le vaisseaux : l> visible ;« la loupe. 
présentant en «le très nombreuses Lignes concentriques 



42 H. STONE 

continues qui sont écartées les unes des autres dune distance 
égale au diamètre le plus grand d'un gros vaisseau, et de la 
même largeur environ. Ces lignes sont toujours un peu plus 
larges à l'entrecroisement des rayons ; de o à 7 par mm. Elles 
sont formées de grosses cellules et sont à contour irrégulier. 
Leur couleur est légèrement plus claire que le fond, mais 
beaucoup plus foncées que le parenchyme a. 

Section tangentielle. — Les limites des couches sont très 
apparentes, en lacets presque blanc. Vaisseaux visibles, même 
très apparents à cause de leur parenchyme a, de couleur 
blanche à sec, et rouge lorsqu'ils sont humectés. Ils sont, 
pour la plupart, remplis de gomme de la même couleur que le 
fond. Le parenchyme h se présente en taches indéfinies, qui, 
par leur abondance, donnent à la coupe une nuance plus 
claire. Les rayons ne sont visibles qu au microscope; leur 
hauteur peut atteindre jusqu'à 8 cellules sur 1 de largeur. 
Leur contenu est rouge. 

Emplois. — Bon pour construction, mais très inférieur à 
l'espèce précédente. 

Ech. type : N° "»6 Guyane. Musée Colonial de Marseille. 

Mamooriballi (Bell), n°4508 G. 

Caractères généraux. — Bois plutôt lourd et dur, de couleur 
rouge brunâtre terne ; grain fin, compact. Surface mate fon- 
çant légèrement à 1 air. La nuance de la coupe transversale 
est plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,623 ; dureté, celle du 
Bouleau. Odeur nulle. Saveur insipide et désagréable.' 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 3 à 6 mm. ; se déta- 
chant en plaques très minces comme du papier. La couche 
interne est brune et ligneuse ; l'externe est composée de fibres 
molles ressemblant aux soies de porc. La surface de la bûche 
est striée. 

Structure du hois. — Gomme celle des Mimusops, à part 
les différences suivantes. 

L'aubier n'est pas bien distinct du cœur. 

Section transversale. — Vaisseaux très apparents, ressor- 



ROtS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 13 

tant très nettement sur le fond. Contenu brillant et non rouge. 

Emplois. — Bon pour constructions ; lés Indiens en font 
des pointes de flèches. L'arbre n'a pas un grand diamètre 
mais peut arriver à une hauteur de 17 m. (Bell). D'après 
McTurk. la hauteur moyenne serait de 23 m. ; peut être 
obtenu a iO cm. d équarrissage. 

Assez dur à travailler ; se fend facilement. 

Écb. type: 61,2717 Bell. 

Héféiences: Bell, p. S; McTurk, p. 3; Stone et Fr., p. 62. 

Hymarikushi (Bell), n* 4508 D. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, compact, de 
couleur brun noisette ou rougeatre. En coupe transversale, 
la structure est parfaitement visible. Surface légèrement lui- 
sante, froide au toucher, fonçant beaucoup à l'air. La nuance 
de la coupe transversale est semblable à celle des autres sec- 
tions. 

Caractères physiques. — Densité, 1,260; dureté, celle du 
Cœur vert. Odeur et saveur légères ou nulles. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 6 mm. environ, presque 
lisse, se détachant en minces plaques plates ; de couleur rou^e. 
Un peu de liber fibreux. 

Structure du hnis. — Comme celle des Mimusops, à part les 
différences suivantes. 

Aubier. L'échantillon (tige de 1S cm. de diamètre était 
tout en aubier d'une couleur foncée. 

Couches bien délimitées si les lignes du parenchyme forment 
les limites ; contour régulier. 

Vaisseaux ressortant bien sur le fond. Car ils son! beaucoup 
plus clairs; les lignes dend ri tiques s.. ni bien apparentes, mais 
moins que celles des Mimusops. 

Li îs rayons siwit ;i intervalles d'une distance égale au dia- 
mètre «l'iin gros vaisseau, mais ne s'écartenl pas au niveau de 

s \ aisseaux, étant plutôt droits. 

Section radiale. — Les vaisseaux contiennent très peu de 
gomme rouge »'t sont quelquefois vides. Le parenchyme b ^ , 
nrésen te en lignes régulières comme de fines hachures 



44 H. STONE 

Emplois. — Peut difficilement s'obtenir jusqu'à 15 m. sur 
55 cm. d'équarrissage (Bell). 

Il pourrait servir aux mêmes usages que le Balata auquel il 
ressemble . 

Éch. type : 40,2696 Bell. 
Référence: Stone et Fr., p. 40. 

Mora-Balli (Bell), n° 4508 E. 

Il ne faut pas le confondre avec le Mora (v. 1975 A). 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur brun 
rougeâtre uniforme. Surface légèrement micacée, fonçant un 
peu a l'air. La nuance de la coupe transversale est un peu plus 
foncée que celle des autres sections. 

Caractères physique*. — Densité, 1,097 ; dureté, celle du 
Cœur vert. Odeur et saveur nulles. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 6 mm. environ, 
presque lisse, dure et ligneuse à l'extérieur, fibreuse à l'inté- 
rieur. La surface de la bûche est lisse. 

Structure du hois. — Comme celle des Mimusops, à part les 
dilférences suivantes. 

L'aubier n'est pas différent du cœur, mais sa couleur est 
un peu moins rouge. 

Vaisseaux facilement visibles, disposés en lignes dendri- 
tiques. qui sont très apparentes dans le bois foncé ; elles le 
sont moins lorsque le bois est humecté et occupent moins 
d'espace sur la coupe que dans les Mimusops. 

Emplois. — Peut s'obtenir facilement et mérite d'être em- 
ployé autant que le Mora. Les Indiens en font des pointes de 
flèches (Bell). 

Il pourrait servir pour le pavage et les traverses de chemins 
de fer, si du moins il résiste aux intempéries. 

Éch. type : 66,6722 Bell. 

Références : Bell, p. 8 : Stone et Fr. , p. 67. 

Assapookoo (Bell), n° 4508 F. 

Assapaka (Hawtayne). Ce n'est pas le Sapahaka d'Aublet. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur brun 



BOIS UTILES DP: LA GUYANE FRANÇAISE 45 

jaunâtre ; grain fin, compact ; surface un peu luisante, fonçant 
légèrement à l'air. La nuance de toutes les coupes est à peu 
près semblable. 

Caractères physiques. — Densité. 1,010 ; dureté, celle du 
Buis. Odeur légère lorsqu'il est travaillé; saveur nulle. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de 2 à 3 mm., se déta- 
chant en minces plaques. La surface de la bûche est striée. 

Structure du bois. — Comme celle des Mimusops, à part les 
différences suivantes : 

L'aubier n'est pas différent du cœur, du moins dans l'échan- 
tillon, qui n'avait que 22 cm. ode diamètre. 

Section transversale. — Couches mal délimitées, contour 
régulier. 

Vaisseaux à peine visibles, petits, tant soit peu variables ; 
distribués également en groupes radiaux de 2 à i vaisseaux, 
qui sont ronds, non subdivisés. 

Rayons à peine visibles, très fins, uniformes, réguliers, 
faibles, ondulés, à intervalles dune distance égale au diamètre 
d'un gros vaisseau environ et s'écartant légèrement au niveau 
de ces vaisseaux ; couleur claire. 

Parenchyme a entourant les vaisseaux et les unissant aux 
files radiales, qui n'ont pas la longueur de celles des Mimusopjs, 
car le parenchyme n'est pas assez développé. 

Section radiale. — Vaisseaux se présentant en fins sillons 
contenant des perles brillantes de gomme. Rayons blan- 
châtres, translucides, visibles, très brillants, ce qui donne à 
la coupe un éclat beaucoup plus vif que celui des autres sec- 
tions. 

Section tangentielle . — Comme la radiale, mais les rayons 
ne sont visibles qu'à la loupe ; ils sont très petits, blancs, 
d'une hauteur de Omm. ~2V) environ. 

Emplois. — l>on pour construction : peu! s'obtenir facile- 
ment jusqu'à 10 in. sur i0 à \\\ cm. d'équarrissage Bell . 
Réputé tics vénéneux (Barham). 

Bois de bonne qualité, se travaille bien et se fend facile- 
ment. 

Éch. type 5,2661 Bell. 

Références : Bell, p. 3 ; Barham, p. 150 ; Stone el Ki\, p. 5. 



W) H. STONE 

Fogle-Kop (Bell;, n° 4508 G. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur brun 
clair, fonçant légèrement à l'air. Surface un peu luisante. La 
nuance de la coupe transversale est un peu plus claire que 
celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,790 : dureté, celle du 
Hêtre. Sans odeur ni saveur. 

Caractères de lécorce. — Epaisse de 4 mm. environ, lisse 
comme celle du Hêtre, intérieur fibreux, rouge et rempli de 
sclérites clairs; la couche externe est cassante. Surface de la 
bûche lisse ou striée. 

Structure du bois (a comparer avec la fig. 10, pi. B;. — 
La structure n'est visible que lorsque le bois est humecté. 

L'aubier n'est pas différent du cœur. 

Section transversale. — Couches non délimitées, avec des 
zones de nuance variable et de contour régulier qui pourraient 
indiquer les limites. 

Vaisseaux à peine visibles, même à la loupe ; petits, peu 
nombreux, fortement isolés et tant soit peu variables ; leur 
contenu est noir. 

Ravons à peine visibles, serrés et nombreux ; fins, uniformes, 
équidistants, légèrement ondulés, à intervalles d'une distance 
égale au diamètre d'un gros vaisseau environ et ne s écartant 
pas au niveau de ces vaisseaux. 

Parenchyme h se présentant en lignes concentriques conti- 
nues qui forment un filet avec les rayons. 

Section radiale. — Vaisseaux en fins sillons peu apparents, 
Ravons obscurs, étroits. 

Emplois. — Bon pour avirons ; peut s'obtenir facilement 
jusqu'à 12 m. sur 40 à 55 cm. d'équarrissage (Bell). 

Commode à travailler, quoique un peu dur ; se fend facile- 
ment. 

Éch. type : 28,2084 Bell. 

Références : Bell, p. 5 ; McTurk, p. 5 ; Slone et Fr., p. 28. 

Morakokuru ou Mamushi (Bell), n° 4508 H. 

(Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur brun 



MOIS UTJLKS DK LA GUYANE FRANÇAISE 47 

foncé. Surface légèrement micacée, fonçant légèrement à l'air. 
La nuance de la coupe transversale est légèrement plus foncée 
que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,950 ; dureté, celle du 
Cœur vert ; sans odeur ni saveur. 

Caractères de Vécorce. — Epaisse de G mm. environ, 
presque lisse, dure et ligneuse à l'extérieur, fibreuse à Tinté- 
rieur. La surface de la bûche est lisse. 

Structure du bois. — Comme celle de Mimusops, à part 
les différences suivantes : 

L'aubier est à peine différent du cœur, mais peut-être un 
peu moins rougeàtre. 

Section transversale. — Vaisseaux facilement visibles ; les 
groupements de ndri tiques n'occupent pas aussi largement la 
section; ils sont très apparents dans le bois foncé, mais le 
sont beaucoup moins lorsque le bois est humecté. 

Emplois. — Les Indiens en font des pointes de tlèches . 
peut facilement s'obtenir et mérite d'être employé comme le 
Mora(Bell). 

Il pourrait servir pour pavage et traverses de chemin de 
fer s'il résiste aux intempéries. 

Éch. type: 66;2722 Bell. 

Référence : Stone et Fr., p. 68. 

Dukuria (Bell), n" &508 I. 

Caractères </< : n< : rau.r. — Bois mou et léger, ressemblant au 
Sapin ; de couleur jaune blanchâtre. Surface légèrement lui- 
sante. La nuance de la coupe transversale est un peu plus fon- 
cée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,531; dureté, celle de 
1 Aune Sans odeur ni saveur. 

Caractères </<• /<■, >orce. — Epaisse de 7 mm. environ, 
rugueuse ou légèremenl gercée e1 tuberculeuse ; dure, ligneuse. 
En section transversale, l'écorce es1 de couleur brun clair : 
Lorsque les plaques irrégulières se ^<>ni détachées, la couche 
sous-jacente est de couleur rouge !..< surface de la bûche est 
I issr ou s| niée 



48 11. STOxNE 

Structure du bois. — Comme celle des Sapotacées. 

L'aubier n'est pas différent du cœur, du moins dans l'échan- 
tillon, qui avait 54 cm. de diamètre. 

Section transversale. — Couches mal délimitées ; les zones 
de bois plus ou moins denses, à contour régulier, pourraient en 
être les limites. 

Vaisseaux à peine visibles, peu variables, distribués égale- 
ment, simples ou par groupes de 2 à 7. Ils sont fortement iso- 
lés, mais avec une tendance à se disposer en lignes obliques. 

Rayons juste visibles, à intervalles d'une distance égale au 
diamètre d'un gros vaisseau et s'écartant à peine au niveau 
de ces vaisseaux. 

Parenchyme b visible au microscope en petits traits situés 
entre les rayons. Ces traits sont disposés concentriquement, 
mais non en lignes continues. 

Section radiale. — Légèrement plus claire que la transver- 
sale. Vaisseaux en fins sillons incolores. Ravons translucides 
presque incolores. Couches non délimitées. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons, 
étant en fuseaux minuscules composés de grosses cellules, ne 
sont visibles qu'à la loupe ; hauteur de 1 mm. environ. 

Emplois. — Bon pour charpente d'intérieur ; grands arbres ; 
le bois peut être obtenu jusqu'à 40 cm. déquarnssage (Bell). 

Éch. type: 24,2680 Bell. 
Références : Stone et Fr., p. 24.- 

Balata singe rouge, n° 4508 J. 

Dumonteil, p. 160, Densité, 1,038 ; force, 317; élasticité, 168 ; flexi 
bilité, 1,48. Classe 2, celle du Chêne. 

Je me demande si ce n est pas Labatia niacrocarpa Mart., 
non Paneh., voir 4491». 

Balata à grosse écorce, n° 4508 K. 
Préfontaine, p. 45. 



HUIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 49 



FAMILLE CXI. — ÉBENACEES 

Les Ébènes, n° 4324. 

Au sujet des Ebènes de la Guyane, je n'ai trouvé aucune 
description, sauf celles de Dumonteil, de la Comm. de Brest 
et une citation de Niederlein. Les évaluations de leurs densités 
données par les auteurs précédents me portent à croire que ces 
bois pourraient bien être des Diospyros, mais je suppose qu'ils 
proviennent d'ailleurs, et passent par Cayenne. 

Diospyros Paralea Steud., n° 4524 A. 

Svnonvme : Paralea quiancnsis Aubl. 
Aublet, p. 576 : Parala Galibis ; bois blanc dur. 

Diospyros cayennensis A. DC. n° 4-524 B. 

Sagot, p. 918 : Bois inconnu. 

Ébène, n° 4524 G. 

Dumonteil. p. 152. Densité, 1,211 ; force, 4SI ; élast., 160, p. 160. 
Classe 1. 

Ébène noire, n° 4524 D. 

Comm. de Brest, p. 190. Densité, 1,226 ; force, de 1 120 à 1560, ou 2.12 
si le Chêne égale 1; élast., de 15 à 25. Il reprend sa première forme 
après avoir été soumis à une charge de 1420 kilos. La même, p. 183 : sa 
valeur, pour faire des rouets de poulies, est la moitié de celle du Gaïac. 

Ébène rouge, n° 4524 E. 

Comm. de Brest, p. 190. Densité, 1,003 ; force, de 800 à 1100 ou I 
si le Chêne égale 1 ; élast., de 15 à 22; p. 197. Classe 1. 

FAMILLE CXII. — STYRACÉES 

Symplocos Ciponima 1/ lient.. n° 1527. 
Synonymes : Ciponimë guianensis Aubl. ; C. scabridula 
Miers. 

Aublet, p. 5t»7 ; bcorce grise; bois blanc assez compact. 



50 H. STONÉ 



FAMILLE CXIII. — OLEACÉES 



TRIBU IV. — OLEINEES 
Linociera tetrandra R. Br., n° 4547. 

Synonyme: Mayepea guia nensis Aubl. 
Aublet, p. 77: Mayépé ; écorce et bois blanchâtres 



FAMILLE CXV. — APOGYNACEES 



ÏHIBUI. — CARISSEES 
Gouma guianensis Aubl., n° 4566. 

Aublet, Suppl., p. 39: Couma (Galibis), Poirier (Français). Écorce 
grise, épaisse, rendant par incision un suc raiteux a))ondant qui se fige 
et durcit en peu de temps. 

Sagot, p. 916: Bois blanc, mou. 

Huber, p. 215 : Sorva (Para). 

Ambelania acida Aubl., n° 4568. 

Aublet, p. 266 : Ambelani, Paraveris Galibis) ; Quienbiendent 
(Créoles); bois blanchâtre et peu compact. 

Coupoui aquatica Aubl.. n° 4569. 

D'après Durand, c'est le Cupirana de Miers. 

Aublet, p. 17 : Coupoui-rana (Galibis) ; écorce verdâtre, bois mou et 
blanc. 

TRIBU Iï. — PLUMÉRIEES 

Plumeria articulata Wahl., n° 4604 A. 
Les b