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Full text of "Annales du Service des antiquités de l'Egypte"




/^ 












e 



AIVNALES 

DU SERVICE DES ANTIQUIT^S 
DE L'fiGYPTE 






SERVICE DES ANTIQUITES DE L'EGYPTE 

ANNALES 

DU SERVICE DES ANTIQUITES 

DE L'EGYPTE 



TOME XV 






LE CAIRE 

IMPRIMERIE DE L'lNSTITUT FRANCAIS 
D'ARCHEOLOGIE ORIENT ALE 



M DCGCC XV 



DT 
i'1 

Lb 



617233. 



ANNALES 

DU SERVICE DES ANTIQUITfiS 
DE L'EGYPTE. 



— >'S'<>- 



LES TOMBEAUX D'ASSOUAN 



PAR 



M. LE BARON FR. W. DE HISSING. 

Malgr6 toutes les descriptions que nous en possedons, les tombeaux 
d'Assouan sont loin d'etre connus h fond. Et pourtant ils m^ritent une 
notice descriptive plus peut-etre que beaucoup de monuments dont nous 
avons des publications soignees. Je commence par les deux tombes de 
Mekhou et de SAbni situ^es aux confins sud de la necropole jadis explor^e 
par le g^n^rai Grenfell. Je donnerai ensuite quelques notes sur les autres 
cbapelles fun^raires, pour finir avec une publication integrate de la tombe 
du nouvel empire d^couverte par Lady Cecil ^'^ 



^'' Voici la liste des descriptions et 
publications se r^f»^rant h la nt^cropole 
d'Assouan : a. Descriptions d'ensemble : 
Budge, Proceed. B. Arch. Soc, X, 1887, 
16 seq. ; J. de Morgan, Catalogue des mo- 
numents et inscriptions de rEgypte, I, 1 A3 
seq. ; Bodriant, Rec. de trav., X , 1 8 1 seq. ; 
Guide Joanne -Bcnedite, 567 seq.; Hall, 
Handbook for Egypt and the Sudan , 1910, 
5o3 seq.; B^deker-Steindorff, 1918, 
Zhh seq. ; Weigall, Guide to the antiquities 
of Upper Egypt, A 28 seq.; Lady W. Cecil 
and H. Carter , Report on the work done at 
Aswdn, Annales du Service, IV, p. 5 1 seq. , 
VI, p. 278 seq. b. Publications et discus- 

Annales du Service, 191 5. 



sions se referant aux inscriptions , surtout 
du tombeau d'Herikliouf : Schiaparelli , 
Una tomba egiiiana inedita della VI' dina- 
stia, Reale Accademia dei Lincei, 1892, 
22 seq. [Memorie della classe di scienze 
morali, storiche e flologiche , X]; Erman, 
Zeitschr. der Deulsch. Morgenldnd. Gesell- 
schafl, 1892, 57A seq.; Maspero, Etudes 
de mythologie (1892), VI, i5 seq.; Erman, 
jEg. Zeitschr., 1892, 78 seq., 1898, 65 
seq. ; Scheil , Rec. de trav. , XIV, 9 A seq. ; 
A. H. Gardiner, Inscriptions from the tomb 
of Si-renpowet I, ^Eg. Zeitschr., 1908, 
128 seq. 
II est peut-^tre int^ressant de raconter 



[2] 



— 2 



I. TOMBEAUX DE MEKHOU ET DE SABNI 

(N"' 25 ET 26). 

Vescalier partant de ia rive du Nil debouche dans une cour ouverte 
laillee dans le roc. II se compose d'une rampe lisse et de gradins d'une 
hauteur assez inegale a droite et a gauche. Bouriant a mesure la hauteur 
de certains gradins a o m. 20 cent, et d'autres a o m. 60 cent. Mais il a 




r£LsyniiD 

Destin dd D' Ortner 



^^^^f^^^^m^^ 



PLAN DES HOPES DES ORABES DES MECHU 



Fig. 1. 

tort de croire pour cela que Tescalier n'^tait pas contemporain des tombes 
de la VP dynastie. Probablement il ignorait encore que les deux tombeaux 
avaient chacun leur escalier aboutissant exactement en face de la porte de 
la chapelle. 

La cour de Mekhou (fig. 1) est quadrangulaire (5 m. x QO m.) et separee 
de la cour voisine de Sabni , tout aussi longue et etroite , par un petit mur 



d'apr^s ces sources I'histoire des fouiiles 
d' Assouan : en i885 un sieur Moustapha 
Shakir, agent consulaire ii Assouan, obtinl 
du Service des Antiquit^s la permission 
de fouiller la necropole; il travaiilait 
pour le major general Grenfell. En Jan- 
vier 1886 le g^n^rai Grenfell prit lui- 
m^me ia suite de ces fouiiles et d^blaya 



I'escaiier qui m^ne au tombeau de S^ni. 
On trouva dans le tombeau, fftons of 
fragments of coffins, the remains of burnt 
mummies, several small coarse earthen- 
ware pots, and some funeral tablets of 
stone; some were inscribed in hierogly- 
phics , some in demotic characters «. Envi- 
ron quarante stMes provenant de ces deux 



3 — 



[3] 



tres has, 6pais d'une pierre seulement, et arrondipar le haut. Ge mur, tout 
en conservant Tapparence des anciens murs d'enceinte , n'est qu'une borne- 
limite entre les deux sanctuaires qui n'empeche en rien la circulation. 
A I'entr^e de la cour de Mekhou se voient deux steles rectangulaires , a 
gauche celle de ^©^j a droite celle de P|Ja«-««a. Ces steles donnent le 
nom el les titres du defunt devant lequel un pretre bride de I'encens. Ainsi 
on lit sur la stMe de Mekhou r^^^^PTrthJ ^^:;^T; iT ^ > 
^^ ^ ^^ Jj 3^ l^|^o^,etle pretre est nomm^ P!®j|^^; 
les memes formules se rencontrent sur la stele de Sdbni : ;^^i^^)^ 
I' P f IT^ l™J!y''"'\*^^ <^1 1 P T J ""^ • ^^^ pretre , cette fois , se nomme 

Du c6t6 ouest de la cour une porte s'ouvre par laquelle on p^netre par 
deux gradins dans Tinterieur de la chapelle. A droite et a gauche de I'entr^e 
se trouvent, dans la cour m^me, les deux ob^lisques que j'ai publics dans le 
Recueilde iravaux, XXXIV, p- 1 9. Une table d'oflfrandes de petites dimensions 
est encastr^e dans le sol devant chaque obelisque. D'autres tables d'offran- 
des ^taient autrefois poshes pres de celle-ci, de petites stMes sont sculpt^es 



fouilles furent retenues par MM. Maspero 
et Gr^baut pour le Mus^e du Caire, d'au- 
lies resilient dans la maison dn sieur 
Moustaplia Sliaktr, Presque touies ces 
lableltes ^taient dedi^es k Chnoubis. 
Quelques centaines de masques en hois 
provenant de cercueils pourris et quel- 
ques fragments de sarcophages en pierre 
furent ^galement monlr^s k Budge chez 
Moustapha. EnGn on trouva quelques 
oushabtiou de tr^s basse ^poque. Une 
lombe pourlant ^cliappa aux soldats du 
g^n^ral Grenfell et du major de g^nie 
Plunkett qui pril la direction immediate 
de ia fouille : la chapelle fun^raire de 
Herikhouf ne fut d^blay^e qu'en 189 a 
par les soins de S. A. R. la princesse de 
Su^de (reine de Sukle acluellement) qui 
flt des fouilles k Assouan pendant I'hiver 



qu'elle y passa. Schiaparelliqui, heureu- 
sement, se trouva present eut le plaisir de 
donner le premier la copie des tr^s im- 
portantes inscriptions qui s'y trouvaient. 

Enfin Lady William Cecil, avec i'aide 
de M. H. Carter, travailla, par permission 
speciale du Service des Antiquit^s, en 
1909 et 1904 dans toute la n^cropole au 
sud et au nord des tombeaux d^j^ connus : 
elle publia dans les Annnles des plans, 
une partie des inscriptions et un href 
inventaire. C'est le meilleur rapport que 
nous ayons pour la plus importante n^- 
cropole de I'Egyple au sud de Thebes. 

^'' Le defunt v^tu du shenti porte 
le regard sur les deux stales vers Test; 
tandis que Mekhou tient d'une main le 
mouchoir et met i'autre sur la poitrine, 
Sdbni a les deux bras pendants. 



[U] -h- 

dans le mur de la cour de Mekhou comme de Stibni et devant elles gisent 
ou gisaient autrefois des tables d'offrandes. La cour m^me etait jadis pavee. 

Le mur est de la cour est en partie refait avec des fragments antiques : 
telle la t^te d'un homme au teint rouge, les cheveux courts et noirs, qu'on 
voit tournee a Tenvers en face de la porte du tombeau de Sabni^". 
Probablement d^ja dans I'antiquite ce mur n etait pas entierement taille 
dans le roc mais pare avec des pierres. 

Dans I'embrasure de la porte qui ne porte aucune decoration on voit 
au registre superieur a droite le ^^"'^ \H^ ^ P f ^ | => J ^ o ^ de- 
bout aA'ec son baton et en face de lui , plus petite , sa femme ^ <^ ■< — 
4- T n IS 1 ! I - !; Au regislrc inKrieur ie { fl] P t jH iS ! I T I J — 
^ H ^ M^ ^ ®_^ ^ brule du parfum et derri^re lui se tiennent ^ =^— ^ 
(J] ^ o ^ (avec des oiseaux) ^ Wi\ (avec un plat portant des gateaux 
pointus), ^''>— I \ ^ (avec un oiseau dans la main droite), s^'^ — ^^ 
^(««) (avec un gateau pointu). Le dessin chez M. de Morgan, p. ikk, 
est exact. Au registre superieur de Tembrasure gauche Mekhou se tient 
debout avec les titres et le costume usuels , le sceptre sekliem dans la main 
droite (le baton passe par devant Thabit); en face de lui ^"^ — ^ -=' \ \ 
"•^^ lift ^ p ¥ ^ ^ ^ n ^ ^ n I J 'Y^ ^ ( que Weigall a mal interprete 
comme ?s a male relation named Baa»). Lecroquis deM. de Morgan, p. ihli, 
est assez exact; il se pourrait que la repetition du titre P f^ , fut due a 
une restitution posterieure , le titre ^ ^ ayant et^ detruit. Mais il est 
impossible de se rendre compte de la lecture originale. La partie inferieure 
de I'embrasure, contre laquelle la porte en bois s'ouvrait, a et^ laissee, 
comme c'est si souvent le cas, sans decoration. 

Par la porte on penetre dans la salle aux dix-huk colonnes groupies par 
trois rangees de a x 3 colonnes a bases plates circulaires '^l Ges colonnes 
se contracturent par en haut, moins cependant qu'elles n'en ont I'air 
d'abord, parce qu'elles ne sont pas encore achevees par en has. L'^tat de 

'*' Ges restaurations sont dues , parait- reieve un croquis qui a ^t^ ^gare plus 

il, aux soldats anglais. tard avec quelques dessins de ma femme. 

^^^ Le plan du major Plunkett dans les Mais M. ie D' Ortner a eu Textr^me obii- 

Proceedings est plus exact sur ce point geance de dresser pour moi ie plan que 

que celui de M. de Morgan. Le plan de je publie (fig. i) et qui esttr^s superieur 

ia cour n'a jamais ^te public ; j'en avals au croquis perdu. 



- 5 - [5] 

perfection differe beaucoup. Les anneaux de decoration dont parle M. de 
Morgan sont des bandes de la pierre non poiie ^^\ Les abaques sont des 
dalles minces, carrees, au-dessous desquelles on a reserve dans le roc une 
architrave mince. Bouriant en a donne une esquisse suffisante dans le Re- 
cueil de travaux, 

Entre les deux colonnes centrales de la moyenne rangee se trouve une 
table-autel reposant sur trois dalles en pierre. Le profil en est tres simple 
— Bouriant en a public un croquis — : sur les deux cotes etroits on a 
ajoute une main courante en forme de bourrelet. La hauteur de la table 



n 








n- 






-^f 


II! 




= 


! 



b „. b 

Fig. 2. 



marches 



FiR. 3. 




mesure o m. 76 cent.; la bande h dans notre dessin et la dalle du milieu 
ont un retrait de m. 96 cent. (fig. 9). 

Juste en face de la porte d'entr^e, au milieu de la paroi ouest de la 
salle , est creusee dans le roc une chambre qu'on atteint par trois marches 
assez hautes. Le mur anlerieur, haut seulement de 1 m. ^5 cent., se ter- 
mine par un bourrelet. II est coupe en deux parties un pen inegales par 
une etroite issue : la partie de droite, qui grossit beaucoup par derriere 
(au nord), s'^tend toute droite du sud au nord tandis que du cote gauche 
une balustrade mince se rattache a un mur plus fort courant de Test 
a I'ouest (fig. S)^^\ 

La paroi du fond de la chambre est occup^e par une stMe tr^s large 



^'^ 11 s'ensuit qu'on polissait les co- 
lonnes par bandes horizontales. Comparez 
peut-^tre Lepsius, Denlctndler , I, 97, 
Grab 81. 

<*' La chambre est pour ainsi dire di- 



vis^e en deux parties : une chapelle et 
une petite cour, le mur ant^rieur n'arri- 
vant qu'i peu pr^s a la moiti^ de la hau- 
teur des autres. Je prie le iecteur de se 
r«^f(^rer aux publications cities. 



[6] - 6 - 

doiit M. de Morgan a copie les inscriptions (p. i/i/i). Sur le linleau se 
trouve la formule que voici : 

Sur le bandeau cylindrique de la porte : 

Dans la «fenetre v de la fausse porte le defunt est represente assis sur un 
siege a pieds de boeuf devant une table. II porte le pagne long et etroit, 
un collier et un bandeau dans la chevelure. Au-dessus de la table : (— *) 

!! in n 3* -^ 

Sur les montants de la porte, a droite et a gauche : 

^ p :f Pf 

Ml ^ ^ 
- X " ^ 

4° d \ ^'"" 

Les Goptes se sont installes dans cette chapelle : ils en ont noirci les 
parois, ils ont creuse une niche dans le mur gauche (meridional) pres du 
plafond et un trou s'avancant dans le rocher a Tangle gauche de la paroi 
du fond. La chambre indiquee sur le plan de M. de Morgan et designee 
sous le nom de serdab n'existe pas. 

Le long du mur du fond de la salle a colonnes s'ouvrent les orifices 
des puits ainsi que M. de Morgan les a dessin^s. Le puits principal semble 
Mre celui qui se trouve entre ies deux dernieres colonnes meridionales de 



— 7 



[7; 




la trolsieme rangee. Au-dessus de lui on a sculpte une stele. La surface 
est couverte d'une couche de stuc blanc tachete de rouge sur lecjuel les 
inscriptions sont dessinees en noir. Les feuil- 
les de la corniche sont peintes alternative- 
ment en rouge, noir et jaune. La Rfenetre?? 
au-dessus de la fausse porte est etroite, les 
proportions en sont plut6t mauvaises. Deja 
du temps de Bouriant il ne restait des ins- 
criptions que ce qu on y dechiffrc encore : 
^2^^, et quelques titres peu distincts d'un 
personnage inconnu (pi. I, i et fig. Zi). 

Une seconde stele inachev^e sans inscrip- 
tions est placee au-dessus du puits, entre la 
paroi sud de la salle et la derniere colonne. 

La salle aux colonnes a deux chambres 
annexes : celle a droite de la porte d'entree 
dans le coin nord-est est ornee d'une stele 

^galement inachevee, plac6e au-dessus d'un puits sur la paroi ouest. Au 
dehors, a gauche de Tentree, sur le mur nord de la grande salle, on voit 
une fausse porte tres large d'une forme assez rare (pi. I, a et fig. 5). 
Les inscriptions et les reliefs qu'elles accompagnent enlourent la porte 



FJg. 4. 






â–¡ D 



qui raene dans I'annexe. On y voit le \|^ 

^ P f i:; ^"'^ h J > f^> o^^^ ^ (..» en 
pagne long, le sceptre dans la main gau- 
che, le baton (simplement rendu par la 
couleur) dans la main droite; il est de- 
bout, et un pr^tre versant de I'eau se tient 
devant lui. L'inscription est congue comme 
suit : 



i^ 



^ If 



(«e) 



Fig. 5 
Ce dernier groupe est inscrit sous les bras du pr^tre et ne semble pas 



[8] 



— 8 



etre complet, il se rattache peut-elre au imird hm-ka. Au-dessus de la 
porte on lit en deux lignes : 

La seconde chambre annexe dont la porte se trouve dans le mur sud 
de la salle entre la deuxieme et la troisieme rangee de colonnes est vide 
et n'a jamais ete terminee. Cependant quelques inscriptions et bas-reliefs 
a cote et au-dessus de la porte sur le mur sud de la salle nous renseignent 
sur sa destination. Le 4^^ ^^^ /f^ X^ ( I <^ P ^^ L'" 1 1^ f T ^^ *^^"^ 
la, le baton et le sceptre a la main, et est accompagne de plusieurs 
femmes : 



^ (f% 



P=irf 



(2) 






(?) 



.(?) 






in 



le 



s graver 



,{3) 



Cette derniere porte un gateau jaune sur une coupe rouge : A . Quel- 
ques-uns des signes semblent avoir ete ajoutes apres coup en couleur, ou 
bien le sculpteur a oublie de 

Devant le mort on voit le 
^tre pour bruler de Tencens. 
unbomme|(]l[{i;|.^Jn^ 

A gauche de la porte d'en- 
trouve le relief dessine par M. 



qui etend les mains, peut- 
Dans un registre inferieur 
porte une cuisse. 
tree de la grande salle on 
de Morgan, p. i/i5, e ; deux 



porteurs d'offrandes males et trois femmes avec des gateaux arrivent : 

PTllllfll*"^^! {'^^'^^ u" oiseau), ® o ^ ^^ (avec une cuisse), i^-^ 

D'apres ce que dit M. de Morgan a la page i h 5 il admet un principe de 
decoration pour les tombes de I'ancien empire a Assouan difl'erent de celui 
des chapelles memphites : a Memphis les tableaux se continueraient sur 



*'^ Le dernier signe reste douteux. 
*'^ Dans la lacune vestiges d'un ^ 
ou plut6t d'un c=s. 



<'^ II ne resterait alors que ie trace ori- 
ginal. 



- 9 - [9] 

tous les murs tandis qu'a Assouan il n'y aurait que de petits tableaux dis- 
semines a droite et a gauche. II me semblc qu'il y a la une faute d'ap- 
precialion : nous avons deja trouve tant de marques de Tetat inaclieve de 
la chapelle qu'il n'est pas trop hasardeux de supposer que la mort de 
Mekhou a interrompu les travaux : alors on a poll dans la plus grande 
hate les champs pour quelques tableaux et inscriptions absolument neces- 




Fig. 6. 

saires; on les a presque toujours places Ji hauteur d'oeil ou m^me plus has; 
on a tcllement voulu epargner le travail qu'on a laisse par exemple entre 
deux reliefs de la paroi d'entr^e une bande Apre. Plusieurs tableaux n'ont 
jamais 6t6 ex^cut^s autrement qu'en peinture; pour d'autres le dessin et 
la couleur sont poses sur une rude silhouette en relief. Les representations 
du tombeau voisin de Sdbni sont bien sup^rieures comme travail. Le dessin 
que nous en donnons (fig. 6) rend mieux le style un peu brutal que les 
dessins mous public's par M. de Morgan ^'^ 



^'' II est du h ia plume de raa femme. Compaiez la i^le et les oiseaux de la sc^ne de 
chasse chez M. de Morgan, p. lAG, 



[10] — 10 — 

On a commence la decoration du tombeau de Mekhou par ie mur d'en- 
Iree a droite. La scene de recolte est suffisamment publiee dans ie Cata- 
logue; seulement la meuie de grains a ia forme ci-contre 
O \ (fig. 7) avee indication en rouge du cercle et des traits 
marquant la quantite. Les inscriptions sont executees 
en hieroglyphes blancs, rouges, jaunes (peinture tout 



'^' '^' a fait conventionnelle); on lit : 1^* — lll^°\' f fl] 

j^*=- (|] ^ IJ *~~^ "^ -â–  ^ . Ge dernier nom est ajoute encore trois fois 
(pour I'homme a Tencensoir, ie boucher et I'homme a la cuisse). Une fois 
il est ^crit sans ^ final. Le second boucher se nomme ^o\ • 

Plusieurs petits reliefs ont ete sculptes sur la surface des colonnes : 
un des reliefs publics sous la lettre g dans le Catalogue se trouve sur la 
deuxieme colonne du sud de la seconde rangee avec les inscriptions sui- 
vantes : 



I 



I \ ^s^t, * ° de i'encens. <* 

L f f ¥ \ ^ 



L'autre texte donne par le Catalogue sous la lettre g se lit sur la sixieme 
colonne de la derniere rangee : 

Le texteyde M. de Morgan est grave sur la sixieme colonne (du sud) de 
la seconde rangee : (jlllTinf^P^H' ^^^ » c6t6 se trouve de nouveau 
«son fils Sabniw. 



— 11 — [11] 

Enfin I'inscription h de M. de Morgan se lit sur la quatrieme coloiine de 
la premiere rangee : [j] "**" | | ^ j^ f]("e), sa femme P|''*~^ et son fils 

Sur la seconde colonne de la dernlere rangee il y a une figure d'homme 
en pagne demi-long'"', avec canne et sceptre, qui se nomme \|^'*^Pt 
2^ PIJ / — ^. Elle n'est que tracee a I'encre. Plus rude d'execution encore 
est la figure d'un homme gravee a la pointe sur un champ poli sur la 
cinquieme colonne de la premiere rangee. 

Voila toutes les inscriptions et representations que j'ai pu trouver dans 
la chapclle de Mekhou; une partie avait et6 publiee exactement par MM. de 
Morgan et Bouriant; mais Tensemble n'avait jamais et^ reuni et les copies 
imprimees nV-taient pas toujours sulfisamment fideles. J'ai copie et recopie, 
en me servant des travaux de mes devanciers, ces petits textes qui en eux- 
m^mes n'ont peut-^tre pas grande importance, mais qui nous donnent 
quelques noms nouveaux et quelques titres pen communs. J'ai indiqu^ 
soigneusement oil mes lectures 6taient incertaines, dans I'espoir que tei 
savant mieux renseigne pourra deviner la vraie lecture. 

La chapelle dc Sdbni se rattache immediatement a celle de Mekhou; je 
crois quo cela a ete toujours le cas; il est vrai que le tombeau de Ssibni 
avait son proprc escalier a lui^^', mais la porte n'a jamais ete achevee : on a 
beaucoup parle de la fen^tre ouverte au-dessus de la porte principale de 
la chapelle (pi. I, 3). M. Weigall s'est imagine que c'etait par la que Y^me 
du mort s'^chappait pour faire ses promenades sur terre. La solution est 
beaucoup plus simple : la fenetre servait pour laisser entrer le jour pendant 
le cours des travaux, une petite issue, (ju'on pouvait aisement fermer par 
une porte quelconque, suffisait pour la circulation des ouvriers. Si le tom- 
beau avait jamais 6i6 achev^ on aurait perc6 la dalle de pierre (A sur le 
croquis de Bouriant) ^'^ et obtenu une porte exactement de la grandeur de 



'"' C'est la forme ordinaire du moyen (vers ie sud) une petite stele, sans orne- 

empire avec une partie faisant fortement ments ni inscriptions, sculpt^e dans le roc. 
saillie. '•'') Un dessin tr^s instructif de cctle 

^*^ Au bout de cet escalier, i^ ou il porte se trouve dans Maspkro, Archeologie 

aboulit a la terrasse , on trouve ^ gauche egyptienne, 1907, fig. i54. 



[12] — 12 — 

celle de Mekhou. De beaux battants en bois d'ebene auraient ferme cette 
ouverture. Mais les travaux s'interrompirent soudainement comme chez 
Mekhou; seuls Ics champs pour les reliefs ont et6 lisses sur I'embra- 
sure de la porte : on a commence a une hauteur de o m. 4o cent, du 
sol et continue a travaiiler de has en haut selon I'habitude curieuse des 
Egyptiens. 

Dans la cour, devant I'entree, sont places deux obelisques, avec tables 
d'offrandes, et des steles sculptees dans le rocher. Sur le montant gauche 

deia porte on lit l^^Pfr1(-iUKfA<>f^"'>^1»B- 
Les inscriptions qui accompagnent les reliefs du montant de porte a droite 

(repr^sentant le deiunt en presence de quelqu'un des membres de sa famille) 
se d^chiffrent comme suit : ^\^^^^P f 71! "" J l<L ^T + >lv 
5ll •^PT JJ. Sabni se tient debout, le baton a la main; a ses pieds le 
^ ^ ^ /^«v«-i jj^ "^r <.__ P I [j] o ^ ^ brule de I'encens. Devant Sabni on voit 

son fils V^ /i w M i 7^''^ ^ 4^ P T n h J V^une ligne^ver- 
ticale s^pare les deux personnages : \ y ^ j^ ^ ^ ^ ^^ \^ ^ P j 
irll " JPT J"*^ ^* ^* ^^ Morgan, qui a donne un dessin du bas-relief 
qui parait etre exact , indique que la meme scene etait figuree sur le cote 
gauche. L'etat tres fruste de ces reliefs et le mauvais eclairage rendent 
difficile un jugement definitif ^^l 

Sur le linteau on d^couvre les restes de quelques groupes de person- 
nages reconverts en partie par le n" 26 que M. de Morgan y a fait peindre. 
Probablement ces reliefs incises sur la surface peu unie du rocher devaient 
^tre reconverts de stuc et enlumines par la couleur. Ge qu'on y dechiffre 
des inscriptions ne renferme que les titres usuels. 

A gauche de la porte , sur la paroi donnant sur la cour, deux inscriptions, 
Tune horizontale, I'autre verticale, mentionnaient autrefois la pyramide 
du roi Nofirkare. Au-dessous tons les titres de Sabni etaient inscrits et 



('' M. Budge a lu ff over the doorway « gauche «n [j|p^ | ■< — , personnage que 
ie texte suivant :J[V|^^]PT^ peut-^tre nous retrouvons plus loin. Pent- 



â– ji>-^>in^Jn:^ 



^tre toutes ces inscriptions sont-eiies plus 
nettes vers le coucher du soleil, et celui 
Ot Ja-x-a (je corrige quelques fautes d'im- qui aurait le temps pourrait alors les de- 
pression) et a mentionn^ sur le montant chiflfrer compl^tement. 



— 13 — [13] 

iui-meme est assis, tourne vers la droite, tandis que son fils(?) et deux 
pretres representes plus petits se tiennent devant lui. A droite de la porte 
se lit la grande inscription de M. de Morgan, p. 1^7, et par-dessous ^ 
jf\) \^ n (V) p IJ ' — V est assis le baton long dans la main droite , un sceptre 
dans la main gauche. Un pretre, plus petit, lui donne de I'encens. La 
grande biographie a ete edit^e par M. Sethe dans ses Urkunden;']^ n'ai pas 
besoin d'y revenir. 

A rinterieur du tombeau on se trouve dans une salle dont le toil est 
supporte par 2x8 piliers (fig. 8). Aux cot^s nord et sud ils 
sont munis d'un tres mince abaque tandis que des deux autres ~r ~T 
cot^s le pilier monte tout droit vers Tarchitrave ^troite qu'on 
a laiss6 subsister dans le roc. 

Sur le cote est du second pilier de la premiere rang^e (en 
commencant par le nord) est gravee Imscription a de M. de 

Morgan ;^(il|>f^>i:!:°>l'•'l.''n!* '"• Le P-^fe 
uu rouleau se nomme egalement o 1^ |, un garcon portant une botte(?) 
p^ J /«~«^ («■«). Sur le cote sud du second pilier de la meme rangee (en com- 
mencant par le sud) on lit le texte h de M. de Morgan ^ \|^ ^ P ^ '^^ | m J 
P y J A~-»A(»ic) et sur le m^me pilier ^ j^l ^ x 1^ ^ ^ ■< — i-"^ J ^ * — ^->- 
\y\' Ge personnage brule de I'encens (inscription c du Catalogue). Sur 
le mur du fond (ouest) on a commence a sculpter trois fausses portes. 
Sur celle du sud, qui paralt ^tre la principale, on lit dans la c^fen^trew : 



f— Tii'xtnn 






au-dessus de la table d'offrandes devant laquelle le d^funt est assis. 

Sur les montants ext^rieurs, plus larges, SAbni se tient debout, accom- 
pagne de ses titres; les montants int^rieurs renfermant la fausse porte 



''^ M. Biulgc ajoute ^^ et remarque giie. 
avec justesse que ces inscriptions sont ^*' Sur roriginal la gazelle n'a qu'une 

trac^es sur une couche de stuc assez fra- corne. 



[14] — 14 — 

m^me ne contiennent que les litres : ;::iVH^PT^{'°J PT J'"~*^ !' ^^ 
sur ie linteau on iit la formule : 

A c6t6 de cette stele, droit en face de la porte d'entr^e, il y a aux trois 
quarts environ de la hauteur une niche dont I'arriere partie a le plafond 
en voute. Evidemment les Goptes, qui ont erige les deux harrieres basses 
entre les deux piliers seplentrionaux de la premiere rangee, ont aussi 
amenage cette niche ^'^ Plus loin on a commence a menager deux steles 
plus simples sans inscriptions. 

Les inscriptions cjui accompagnent la scene de chasse ont la teneur sui- 

P f ^ I " J P T J ""^ \ ' ^^^ parents sont nomm^s d'un cote ^ "^ — P ^ ^^ 

^ * — 4^ ^ ^Zl ! r ! ' ^ w H IT' ^^ petite fille entre les jamhos de 
Sabni avait une inscription dont on ne dechiffre plus que ^ ^ Hw £' 
Le fils qui offre de Tencens avait un nom compost de | et faisait ^ | \ ^. 

Sur la paroi est, an sud de I'cntr^e, on a figure la presentation des bes- 
tiaux et au-dessus Sabni, avec le grand bAton et le mouchoir, se tourne 
vers la droite. Derriere lui un personnage plus petit P j ^ \'^ \m ^'^^^^^ 
les bras, tandis que devant Sabni un petit pretre fait des fumigations 
-«>-| f ^P^|. Un troisieme homme, plus grand, assiste a la scene. L'ins- 
cription -^ ]^ ^ ^^ p ^ ^ p |J a~-a se lit au-dessus de la scene. 

Enfm j'ai copie sur le linteau de la porte d'entr^e le texte que voici : 

[A suivre.) 

Fr. W. de Bissing. 



<'' Pourtant, commeiiatoujours fallu de Stibni, il existait probablement des 
avoir une separation entre le puils nord Taatiquite une cl6ture devant la st^e 
du tombeau de Mekhou et la st^le sud principale. 



FOUILLES A CHEIKH ZOUEDE 
(JANVIER-FfiVRIER 1913) 

PAR 

M. JEAN CL^DAT. 

I. — Les Arabes modernes, comme du reste ies anciens, donnent a 
ia bande de terre qui longe la mer, d'El-Arich k Gaza, le nom de Sahel; 
plus anciennement, a T^poque pharaonique, bien avant r^tabllssement 
des Idumeens, le pays semble avoir et^ celui de Tiba, mentionn^ dans 
rinscription d'Ouni (VI' dynastie)^'^ La partie explor^e de cette region 
ne s'etend que d'El-Arich a la limite actuelle de TEgypte, qui est Rafab. 
Dans I'antiquit^ ce territoire formait vraisemblablement .une vaste plaine 
cullivee et abondamment arrosee de deux a Irois kilometres de largeur; 
elle ^tait limit^e vers le sud par une region aride et inculte a laquelle 
les indigenes ont donne les noms de Roumilat du c6t^ de la Syrie, jus- 
qu'aux Ou^dy Rafab, et de Al-Gora pour toule la partie qui va du Rou- 
meiat au Ouady el-Aricb. La plupart des bc^douins qui occupenl le pays 
sont nomades; cependant quelques-uns ont forme de petites agglomera- 
tions, et certains, comme a Gheikh Zouede, ont construit un petit village 
en bordure de la grande route des caravanes — route du Sultan — 
dont les babitations ne different en rien de celles de la valine du Nil^^l Ge 



<'^ Maspero, Notes au jour le jour, 
dans Etudes de mythologie et d'archeologie 
egyptiennes, vol. V, p. 438. 

^'' La Jonqui^re {V Expedition dn- 
gypte, vol. IV, p. 2i3 note 2) rapporte 
que trpr^s tin clieikh est un village 
arabe compost de huttes souterraines ; 
en g^n^ral on va cliercher I'eau douce 
dans le voisinage de la mer«. Ce village 



souterrain n'existe plus aujourd'hui et a 
^l«^ remplace par celui plus moderne 
(jue j ai signal*^. Le puits vu par les sol- 
<lals de TExp^dition existe toujours; son 
eau est l^g^rement saumdtre et les be- 
douins pr^f^rent aller en qu^rir dans les 
dunes, du c6t6 de la mer, ou elle est 
plus douce et agreable h boire , et r^ser- 
vent celle du puits k la culture. 



[2] — 16 — 

village est entoure de vastes jardins, ou les gens cultivent principalement 
des fruits remarquables par leur grosseur et leur saveur douce et agreable. 

Depuis Tantiquite la constitution geographique du sol a notablement 
change; cette transformation est due surtout a renvahissement de la plaine 
par ies sables qui ont form6 des dunes dont la hauteur pent atteindre en- 
viron soixante a quatre-vingts metres et occupent a peu pr^s un bon tiers 
de la largeur de la plaine. La partie qui regarde la mer et qui pourrait etre 
soumise a I'agriculture ne montre de loin en loin que de petites palme- 
raies; au contraire, celle que traverse la grande route est riche en arbres 
fruitiers et aussi en orge, la principale des cultures; malheureusement 
cette c^r^ale, mal trait^e, ne donne que de m^diocres resultats. G'est dans 
ces regions que j'ai retrouve I'emploi de la charrue grecque qui est figur^e 
sur de nombreux monuments antiques et qu'Hesiode designait sous le nom 
de 7rt}XTov apoTpov c^ charrue compos^ew'^l Elle mesure actuellement et en 
moyenne o m. 90 cent, pour la hauteur et un metre pour la longueur. 

La plaine comprise entre Rafah et El-Arich etait, comme elle Test 
encore aujourd'hui, Tunique voie conduisant d'Egypte en Syrie; apres 
El-Arich les caravanes comme les troupes armees disposaient de plu- 
sieurs routes pour aboutir dans la valine d'Egypte : d'oii la difficulte d'en 
defendre I'entr^e; c'est ce que comprirent fortbien les Romains et, sans d^- 
garnir la frontiere orientale du Delta, ils pourvurent d'une organisation 
sp^ciale le Sahel quifut, du coup, entierement transforme. De nombreux 
postes militaires et forteresses furent crees. Jalonnes sur toute I'etendue 
de la plaine sur differentes lignes et a des intervalles r^guliers, ils assu- 
rerent par un systeme de defense a peu pres infranchissable la paix a 
I'Egypte du c6t6 de I'Asie. Ge nouvel ^tablissement produisit, semble-t-il, 
un r^eleffet; mais toutefois il dura peu, car toutes ces forteresses parais- 
sent avoir 6te abandonn^es avant le triomphe du christianisme, c'est-a- 
dire quelques siecles a peine apres leur construction. 

Tous ces edifices militaires , comme du reste les edifices civils , sont cle- 
vis en briques crues; la brique cuite est rarement employee et la pierre 
ne joue qu'un role insignifiant dans les constructions. Les briques, mal 

''' Daremberg et Saglio, Dictionnaire des Antiquites grecques et romatnes, au mot 
Aratrutn, fig. /i3i-/i33. 



- 17 - [3] 

pr^servees par suite meme de la nature des materiaux employes , sont par- 
fois a peine reconnaissables sur le sol , tant elles ont souffert des ravages 
de la guerre, du temps, et peut-etre encore plus des intemperies. Pour ces 
causes le plan des constructions est fort difficile a lever; seul un deblaie- 
ment methodique et ex(^cute avec beaucoup de soin sur les points princi- 
paux pourrait nous donner unc connaissance a peu pres complete sur cette 
nouvelle creation qui, a mon avis, doit etre rapportee a I'empereur Ha- 
drien ou an plus tot au regne de Trajan son predecesseur (n" siecle de 
L-C.y^K C'est I'epoque a laquelle peuvent ^tre attribues les monuments et 
objets divers recueillis au cours de mes fouilles. Fixer la date qui vit dis- 
paraitre cette organisation est assez difficile; mais, comme je I'ai dit plus 
haut, je crois devoir la rapporter ant^rieurement a la suprematie du 
christianisme , c'est-a-dire avant Tarriv^e de I'empereur Th^odose (an 378). 
Parmi les objets trouves, a I'exception de deux petites lampes ornees du 
chrisme constantinien , tons sont ant^rieurs a cette date. En outre, si 
je n'ai trouve aucun monument epigraphique, les monnaies recueillies en 
assez grand nombre peuvent, par contre, ^tre tres utiles pour limiter les 
recbercbes; ces monnaies, au nombre d'une cenlaine, s'espacent entre le 
regne d'Antoniu (an 1 38) et celui de Gonstantius II (an 3G 1)'^'. On remar- 
quera cependant, et Ton sera peut-^tre assez surpris, I'absence totale de 
monnaies appartenant aux regnes de Trajan et d'Hadrien; mais serail- 
ce une preuve suffisanlc pour faire descendre ces ^tablissements militaires 
jusqu'au regne d'Antonin, qui n'entreprit par lui-m^me aucune expedition 
vi dont les lieutenants ne livr^rent que des combats defensifs'^^? 

Ces forteresses ont ^te construites sans exception sur le sommet d'une 
dune de sable, de telle maniere que le soldat place au haut de la tour de 

^'' Nous Savons que Trajan avait or- en ^tat, au moins pour une bonne par- 

ganise en 106 la province d' Arable et tie, de la iigne%le defense construite par 

(|ue i'essentiel fut executed par Hadrien; Trajan et Hadrien. 

la province lui consacra des m^dailles '*^ Dans le nombre des monnaies trou- 

aveclai«^gende:^es/i7u/orii4r«Wa?. L'em- v^es je ne compte naturellement que 

pereur Diocl^tien, d'apr^s Malalas, avait celles qui ont resiste au travail du d^ca- 

construit une ligne de chateaux forts qui page. 

s'etendait de TBgypte h la Perse. 11 est ^"^ Durdy, Histoire des Romains, vol. 

probable que ce ne fut 1^ quune remise V, p. 160. 

Annalet du Service, 1915. 9 



[4] -18- 

Tunc d'ellcs pouvait voir et surveillcr les fortcresses avoisinantes (fig. i)^''. 
Prealablement le sommet de la dune en forme de mamelon etait aplani ; 
de grandes amphores, placecs sur certains points, pressees les unes 
centre les autres et souvent sur plusieurs etages, servaient, a la facon 
de pilotis, a assurer la stabilite de I'edifice qui sans cela n'eut pu tenir 
sur un terrain aussi meublc que le sable (pi. I, n" 2). Dans certains cas 
les amphores etaient liees et enveloppees dans une epaisse et compacte 

Mer Mediterranee 



T.CfieikhZoiiiJeA. •'''"'*' 'THrmeir 



t*^.'\To , *T Abau-Chanem 



n'r'^"'-^-/'"'' 



> r Cheilih ZtuidtM ^\ ' 



T Mi/umilat 



43 *Jfut'neJ 



• Jiulnei 



Fig. 1. 

couche de terre battue ou de briques crues, avec glacis a la face exte- 
rieure, prevenant ainsi les risques de la poussee des sables. 

Qiexkh Zoucde, qui a fait tout particulierement Tobjet de mes recherches, 
est I'une de ces forteresses. Le nom de Gheikb Zouede , applique a toute la 
region environnante , est celui d'un saint musulman tres venere des be- 
douins et mort, dit-on, de fievre en ce lieu. Son mausolee est a quelques 
metres au nord de la route et a Test du village. G'est une construction carr^e 
de six metres de cote surmontee d'une coupole. II est construit en briques 
crues et moellons melanges. La porte perc^e au centre de la face orientale 
a son linteau en marbre blanc portant une inscription arabe moderne 

^'' On peut comparer cette disposition k celle rapport^e par Maqrizi du Mur de la 
Vieille (trad. Bouiiant, p. 80 et p. Aid). 



— 19 — 



[5] 



tres mal graA^e, de deux lignes et demi(3. A Tinterieur il n'y a rien de 
remarquable a signaler. Ghaque annee a la fin de Tete ont lieu des fetes 
en i'honneur du saint, qui durent trois jours et rassemblent a ce moment 
un grand nombre de bedouins. Selon ce qui m'a ete raconte par les indi- 
genes, Zouede etait un compagnon de Mahomet ^^^ 

Dans ce territoire de Zouede nous trouvons, a trois cents metres a 
peine a I'ouest du village et proches de la Sabkhat , les vestiges de mines 
romaines en partie couvertes par les sables, que Ton designe sous le 
nom de Tell TSmilat. Ges ruines ne sont certainement pas celles d'un camp , 
mais bien celles d'une petite bourgade, car la dune sur laquelle sont 
dispos^es les constructions est basse, fortement encaiss^e, par conse- 
quent pen propre a remplir le role d'observation que Ton demandait alors 
aux constructions militaires. II n'en est pas de m^me des ruines que Ton 
pent voir plus au nord, ayant I'aspect d'un vaste cone noir emergeant du 
milieu des sables blonds et dominant tout le pays environnant; a ces rui- 
nes on donne le nom de Gheikh Zouede. Ge nom est encore attribu^ a 
un troisieme groupe de ruines situe sur le rivage de la mer a 1.9 oo me- 
tres environ de ce dernier point et qui ont fait Fobjet de mes recherches. 



''^ Doguereau (Journal de V Expedi- 
tion d'Egypte, p. i5i) fait un r»;cit bien 
(liflerent et je dois dire pen vraisem- 
l»lal)le. cfApr^s quatre on cinq lieues 
(le marclie (d'El-Arich) nous arriv^mes 
dans un fond que nous jugeAmcs hient6l 
dtre une habitation d'Arabes. II y avait 
une maison de santon; nous le trou- 
vames mort dedans, probablement de 
vieillesse et de peur h I'approche des 
Fran^^is.)? Le Journal de Detroye (dans 
La JoNQuiERE , lAirf. , IV, p. 91 3, note 9) 
ne confirme nuHenient ce recit. Les Jour- 
naux de Detroye (dans La Jonqui^re, 
IV, p. 9 1 3 note 9 ) et Doguereau donnent 
fautivement la distance de quatre k cinq 
iieues entre El-Arich et le Cheikh. L'er- 
reur a ^t(^ rectiQ^e sur la carle de I'Expe- 
dition, qui donne exactement la situa- 



tion et au lieu le nom de Zawi, sans toute- 
fois mentionner les ruines antiques. Les 
auteurs anciens n'ont laiss^ aucun ren- 
seignement sur loute cette region; ce- 
pendant, dans un Itin^raire postal de 
Masr (Le Caire) a Gaza (E. QoATREMfeRE, 
Histoire des Matnlouks, k' partie, p. 91, 
note) on trouve apr^s El-Arich la men- 
tion des stations de Kharroubah (nom 
(jui existe encore aujourd'hui), Zakah (or- 
thographic *±A-J\) et Rafab. Ce Zakali 
conviendrait fort bien h la situation de 
Cheikh Zouede, dont la position est k mi- 
distance de Kharroubah et Rafah; mais 
Edrisi (trad. Jaubert, p. 36o) rapporte 
que Zakah, qu'il Ccrit ly est la m^me 
chose que Rafah ly II est vrai qu'ainsi 
orthographies les deux noms ne different 
que par la ponctualion. 



[6; 



20 



Pour les distinguer, je leur attribue sur ma carte les lettres A et B. En- 
fin, non loin de la et a Test, une quatrleme ruine, restes probables d'un 
petit fortin , se voit a la limite des dunes qui ont vue du cote de la mer. 
Cette ruine est a inoitie ensevelie dans le sable et distante de 900 metres 
environ; on la nomme Tell Abou-Ghanem. Le tell B occupe I'emplacement 
d'un poste assez important qu'il serait certainement interessant d'etudier. 
Sa position elevee est parfaitement choisie. De son point culminant, encore 




»/ecrt/>tU» 



Fig. 2. 

que les tours soient entierement demolies, on domine toute la plaine envi- 
ronnante. Tres au loin vers Test on pent parcourir de I'oeil le littoral 
m^diterraneen jusqu'a Bafah; et vers I'occident, a plus dc trente kilome- 
tres, dans les lointains brumeux on distingue parfaitement par un temps 
clair la tres grande palmeraie d'El-Arich. Vers I'interieur des terres la situa- 
tion n'est pas tout a fait semblable ; les accidents divers du terrain ne per- 
mettaient pas d'exercei* aussi loin la surveillance , mais en multipliant les 
postes d'observation les Bomains racheterent amplement ce defaut. Les 
constructions de cet edifice sont marquees nettement sur le sol et les mu- 
railles paraissent mieux conservees que cclles du tell A. Le plan serait 
facile a suivre et la fouille probablement fructueuse. 

Le tell A'*^, qui fait I'objet de ce rapport, n'offrait pas les memes faci- 
lites de travail (pi. I, n° 1, et fig. 9); il est certainement le plus important 



'•' Un bedouin m'a dit que Ton d^si- 
gnait encore ces mines sous le nom de tell 
el-MahaiifUL^\jLX\ ; je ne donne cette nou- 



velle designation que sous toute reserve ; 
eile estpeu connue des gens du pays et je 
n'ai pu par ce fait en contr^ler i' exactitude. 



— 21 — [7] 

et aussi le plus interessant de la region. G'est a peine si quelques habi- 
tations se dessinaient en plan sur le sol; aucun mur n'etait apparent et le 
plus souvent, principalement dans les parties hautes, les murailles ecrou- 
lees, les briques mouillees ensuite diluees par les pluies, se sont peu a peu 
transformees en une epaisse couche de boue noire, consistante et difficile 
a penetrer a la pioche. 

Les ruines, assises sur une petite dune de sable elevee d'une quin- 
zaine de metres au maximum, se developpent parallelement a la mer, de 
I'ouest a Test. Les fouilles, qui ont dure deux mois entiers, ont eu pour 
resultat la decouverte de la forteresse, de thermes, d'un petit edifice que 
je n'ai pu identifier, et, en dernier lieu, de la necropole. Plus rien ne sub- 
siste du sanctuaire, ou du moins dans I'etat lamentable oil ont ete laissees 
les constructions je n'ai pu en constater I'emplacement; s'il est permis 
de supposcr qu'il occupait une place dans la forteresse, aucune trouvaille 
cependant n'a pu confirmer cette supposition. N'ayant trouv^ aucune trace 
de I'enceinte , il y a lieu de supposer que la ville Haii ouverte , les habi- 
tants se refugiant a Tinterieur de la forteresse dans les cas de danger. 
Dans mes recherches il y a beaucoup d'autres constructions qui ont ^te 
deblayees; quelques-unes m'ont paru appartenir a des magasins, mais a 
vrai dire la destination en demeure inconnue. 

IL La forteresse. — Elle etait etablie sur la partie la plus elevee de la 
dune, a son extremite nord-ouest, a dix ou douze metres au-dessus du ni- 
veau de la mer. G'est a peine si on peut aujourd'hui en saisir les contours ou 
meme en etudicr la terrasse sur laquelle elle reposait. Les murs sont en- 
tiercment detruits jusqu'a la base; quelquefois menie la couche de terre 
battue qui formait cette terrasse a ete emportee, ne laissant plus qu'un Irou 
b^ant, rempli peu a peu par le sable apporte par les vents. Aussi le plan 
n'a pas ete toujours facile a executer; il presente bien des lacunes que 
malheureusement il sera impossible de combler (fig. 3). La forteresse etait 
probablement entour^e dune forte muraille qu'il faut reconnaltre peut-etre 
dans ce debris situe du c6te nord, et se poursuivait sur les autres faces est et 
sud. La face occidentale etait d^fendue par un 6pais glacis en terre battue et 
a pente raide. La forteresse 6tait ^videmment rectangulaire , peut-^tre sans 
tours ou seulement avec un donjon. J'ai deja dit que je n'ai trouve aucune 



[8] 



22 



trace du sanctuaire, qui elait sans doute enferme dans son enceinte; je n'ai 
pu davantage determiner I'atrectation des salles deblayees. Aussi Tinleret 
de la fouille pratiquee en ce lieu est tout dans la decouverte d'une superbc 
mosaique , de statues ou de debris de statues qui ont echappe miraculeu- 
sement au pillage. L'etude du terrain ainsi que la fouille ont montre que 
plusieurs autres salles de cette forteresse etaient ornees de pavements en 
mosaiques, la plupart coloriees. Les debris de Tune d'elles, coloriees, ont 




Cheikh Zouede 

Plan Je /<r Ne'yien oufH 



f 



n 



t\ 



zxr 






^'^'■•^■fcw«iJ. L^—J 



LJ 



Fig. 3. 

ete recueillis au point x. 11 semble qu'elle ait ete coupee en morceaux 
puis transportee vers la mer. Sur le sol on pouvait en suivre les traces a 
plus de vingt metres de distance. Dans la region y le sol etait jonche egale- 
ment de petits cubes de mosaiques, de couleur blanche seulement. Enfin 
une troisieme a ete trouvee dans la salle a. Gelle-ci est interessante a plu- 
sieurs points de vue; d'abord elle nous est parvenue absolument intacte, 
fait assez rare etant donne ses dimensions; ensuite elle presente une s^rie 
de quatre tableaux, dont trois superposes : I'un de ces tableaux me semble 
nouveau comme sujet ou du moins je n'en connais aucun autre exem- 
ple; le quatrieme tableau est rejete a droite et au bas des trois autres 
(G du plan de la fig. 4); le reste de la salle 6tait entierement couvert par 



23 



[9] 



une mosaique blanche (fig. h). Cette mosaique n'etait protegee que par 
queiques centimetres de sable, o m. 3o cent, environ dans les parties les 
plus epaisses; c'est un hasard bien etrange et heureux a la fois qu'elle 
ait echappe a I'oeil exerce et fur^teur des bedouins, ou meme qu'elle 
n'ait pas ete mise a decouvert par les vents frequents qui regnent sur le 
bord de la mer. 

La salle qui renfermait cette mosaique est placee sur la partie la plus haute 










/ 






B 


C 


>i k 





Fig. 4. 



de la coUine de sable (pi. II); rcclangulaire, elle mesure 7 m. a5 cent, 
de longueur et 6 m. 60 cent, de largeur. On y penetrait par trois portes, 
dont deux, a et b, aux seuils de marbre, <^taient percees dans la paroi est. 
La porte b donnait acces dans une petite chambre de 3 m. 3o cent, de 
c6t^, dependante de la prec^dente et qui paratt avoir servi de vestibule a 
noire salle; elle etait pavee d'une mosaique blanche (pi. II, fig. 1, a gau- 
che). La porte a conduisait ^galement dans une autre chambre qui a ^te 
entierement detruite. La porte c, percee a I'extremite de la paroi nord, 
avait un seuil en teau porphyre rouge, Sur cette face comme sur la face 



[10] — 2/1 — 

opposee les constructions attenantes ont ete completement ravagees ; le sol 
des chambres ainsi que les fondations des murailles n'ont pas echappe a la 
destruction. Je n'ai releve aucune ouverture a la parol sud, pas plus du 
reste sur la face ouest dont la muraille reposait sur le glacis en terre 
battue qui servait a d^fendre la forteresse de ce cote (fig. 4). 

L'affectation de cette salle , qui appartenait incontestablement a la forte- 
resse, peut-Mre au temple, n'est pas absolument fixee. Le sol etait entie- 
rement pare d'une mosa'ique; la moitie environ etait blanche et sans 
dessin. L'autre partie, au contraire, etablie sur le c6te est, offrait une deco- 
ration particulierement riche. Elle se divise elle-meme en deux parties 
distinctes et d'interet inegal. 

L'une, G, comme rejetee au bas et a droite de B, est caracterisee par 
un decor purement ornemental cmprunte a celui de la tapisserie. Les 
combinaisons geometriques tres elegantes, les couleurs riches et variees 
attestent une forte influence orientale. Elle mesure en hauteur i m. 72 
cent, et en largeur 1 m. 65 cent. 

La seconde, B, est de beaucoup la plus importantc, non seulement par 
ses dimensions, hm. 'jb cent, x 3 metres, mais encore par les sujels varies 
qui la composent (pi. II et fig. 5). Trois tableaux superposes sont enfer- 
mes dans un cadre unique dans lequel se developpe entrelacee une double 
corde sertie de noir, l'une rouge, l'autre bleue. Ghacun des tableaux est 
lui-meme entoure d'un filet noir de deux rangs de cubes. De^ inscriptions 
grecques, en vers, dont l'une forme a elle seule un tableau, sont dans une 
certaine mesure le commentaire des representations qu'elles accom- 
pagnent. 

Dans cette mosaique Ton ressent naturellement la meme hate que Ton a 
mise a elever les Edifices. L'oeuvre, dans la composition et dans I'ordon- 
nance des scenes, est en general excellente, parce qu'elle est la reproduction 
probable d'un modele ancien execute par des artisans pen habiles, connais- 
sant mal le metier. Les defauts se revelent surtout dans I'execution, qui 
est Idchee et mediocre, et dans la plupart des figures qui sont hors de pro- 
portions; les attitudes egalement sont froides, seches et sans greice. Tou- 
tefois, a distance, ces defauts disparaissent sensiblement; les regards sont 
fort agreablement attires par la belle disposition des scenes et le charme 
du coloris. L'ensemble est imposant et d'un effet saisisSant. 




Fig. 



[12] — 26 — 

Lc premier tableau montre la legende de Phedre et d'Hippolyte (pi. III). 
Phedre <|)EAPA est assise sous un edicule a fronton triangulaire , supporte 
par deux colonnes. La tete tournee au dehors, elle suit des yeux Hippolyte 
innOAYTOC, arme d'une lance; il recoit une lettre de Phedre que lui 
remet la nourrice TPOOOC; un chien saute au-devant d'Hippolyte; au- 
dessus de la nourrice plane Eros EPCOC indiquant du doigt Hippolyte a la 
nourrice; a droite, deux chasseurs KYNAFOI, dont Tun, portant un bou- 
clier, tient par la bride le cheval d'Hippolyte. Des arbres dans le champ 
de la composition indiquent que la scene se passe dans une foret^^l 

Au-dessus du tableau, dans un cartouche que supportent deux amours, 
est rinscription suivante : 

NAOIC NeCTOPA TON <DIAOKAAON KTICTHN. 

Au-dessous du tableau, une autre inscription, en quatre vers, tracee sur 
deux lignes, louant I'art du mosaiste : 

(i) AEYPI AE TAC XAPITAC XAIPGJN (DIAEAC TINAI HMIN TEX- 
NHTAIC VHOOIC EMBAAE HHSAMENH 

(2) TON OeONON EKMECCOY KAI OMMATA BACKANIHC THC TaA- 
PHC TEXNHC nOAAAKIC EY5AMEN0C. 

Le tableau suivanl, plac6 immediatemenl au-dessous de Tinscriplion , 
represente les mysteres de Dionysos AIONYCOC TEAETH, ainsi que nous 
Tapprend I'inscription ecrite de chaque cote de la tete du dieu (pi. IV). 
Celui-ci, couronne de lierre, le thyrse dans la main gauche, est assis sur 
son char. II est vetu de I'himation jete sur Tepaule gauche et de la tunique 
visible en dessous; de la main droite il tient un lecythe dont il verse le 
contenu a terre. Au char conduit par Eros EPCOC, le fouet a la main, 
sont atteles un centaure et une centauresse jouant Tun de Taulos, I'autre 
de la lyre; derriere le char sont un pampre de vigne et une panthere cou- 
rant. Le dieu est precede de son cortege. C'est d'abord un silene monte 



''^ On peut comparer avantagense- ou les groupes de la m^me sc^ne sont 
ment ce tableau avec le bas-relief d'un disposes d'nne facon analogue (Doruy, 
sarcopliage du Mus^e de Latran, k Rome, Hisloire des Grecs, I, p. 89). 



— 27 — [13] 

sur son ane; il porte sur Tepaule gauche une besace et de la main droile 
line coupe. Viennent ensuite un satyre avec une peau de panthere attachee 
a la ceinture et une menade, tons les deux dansant CKIPTOC en s'accom- 
pagnant de crolales et de castagnettes. La scene se continue dans une 
deuxieme zone; Ton voit tout d'abord Heracles HPAKAHZ, sa massue a la 
main, alourdi par Tivresse; il est soutenu par un satyre arme du pedum 
qu'il brandit en Tair'". Derriere Heracles figure un canthare et devant lui 
une panthere qui, les deux pattes de devant posees sur un deuxieme can- 
thare, la tete retournee, grincant des dents, parait fort interessee par cet 
episode. Ensuite vient le dieu Pan, aux pieds de chevre, une grappe de 
raisin dans la main droite et le crotale dans la gauche; devant le dieu 
et dans le champ du tableau figurent la syrinx et le crotale. Apres figure 
un jeune satyre, avec sa peau de panthere passee sur Tepaule gauche; il 
porte dans la main droite le pedum et souffle dans une trompe. Enfin, 
pour terminer cette scene, Tartiste a figure une bacchante, vetue d'une 
tunique souple et leg^re, le thyrse dans la main droite et le tympanon 
dans la gauche; une guirlande de bacchante est plac^e devant elle. 

Le troisieme tableau (pi. V), qui occupe le has de la mosai'que, moins 
important que les precedents, offre cependant plus d'un int6ret. Autour 
d'un cartouche rectangulaire, dans le([uel est une longue inscription grec- 
que, sc developpe en haut et en has une zone d'oiseaux; ceux-ci sont 
disposes les uns derriere les autres et se dirigent vers la gauche. Une cor- 
beillc, une grenade, un roseau lleuri et diverses autres plantes remplis- 
sent les angles ou le champ non employ^. Les figures sont bien dessin^es, 
les caracteres generaux et particuliers de chacun de ces volatiles sont bien 
rendus et je crois qu'en general il serait facile de faire les identifications 
des especes representees. Les attitudes sont simples et naturelles; elles 
rappellent dans une certaine mesure les reproductions analogues que Ton 
rencontre sur les parois de murailles des vieilles tombes egyptiennes et 
qui se poursuivront a travers les oeuvres coptes. 



^'' On retrouve cette m^me pai'lie de i^ne ivre. Ne pourrait-on y voir, comme 

scene dans un sarcophage d^couvert pr^s sur notre mosaique , la figure d'Hf^ra- 

de Rome el que Ton interpr^e gen^- cles? (cf. Duruv, lltstoire des Grecs, I, 

lalement comme la representation de Si- p. 750-751). 



[ill] — 28 — 

L'inscrlption , de quatre lignes, est encore un eloge enthousiaste en 
faveur du mosaisle auquel I'auteur de ces vers rend hommage. Elle est 
ainsi concue : 

EIME (t)IAEI C(ON GPCOnE XAIPCON ERIBAINE MEAASPCON 
VYXHN TEPnOMENOC TEXNHMA CINOICIN nOOHMIN 
nEHAON IMEPO EN TA XAPITOJN KYHPIC YOANEN 
AEHTAAE H VH^IAI XAPIN AEN E0HKA TO HOAAHN. 

Pour I'etude paleographique de ces petits textes, il sera utile de se 
reporter aux planches, qui donnent les diverses formes des lettres mieux 
que ne sauraient le faire les caracteres typographiques. 

Pendant le deblaiement de cette salle il n'a ete trouve dans le sable 
qu'une petite lampe cliretienne, en terre rouge, d^coree a sa face supe- 
rieure du chrisme constantinien , et deux petites palettes en schiste a 
broyer les couleurs; Tune mesure o m. ii5 mill, x o m. 070 mill, et 
I'autre m. 122 mill, x o m. 080 mill. 

La petite chambrc contigue b (fig. 3) a fourni un fragment d'une 
lampe en terre rouge sur lequel figure en relief et entre les deux trous 
d'events, Zeus-Serapis, vu de profil; la tete radi^e est surmont^e du 
calathos, un petit vase de couleur grise, a la pause renflee, au col allonge 
avec ouverture evas(5e et au fond plat. Hauteur m. 019 mill., diametre 
le plus large, m. 080 mill. 

Ces divers documents sont d'un interet mediocre, mais j'ai ete plus lieu- 
reux tout pres de la, au point marque d sur le plan (fig. 3), et sur 
un espace relativement restreint j'ai trouv^ une serie de monuments, par- 
mi lesquels un certain nombre de raorceaux de statues de marbre, mal- 
heureusement bris^es, voire meme mutilees;.la conservation generale en 
est excellente. La plupart de ces debris, qui out pu etre reunis et assem- 
bles, offrent un certain interet artistique. 

Les pieces les plus importantes sont deux statues d' Aphrodite en marbre 
blanc (pi. VI et VII). Recueillies en plusieurs morceaux, elles ont pu 
fort heureusement etre reconstituees a pen pres entierement. La pose des 
deux statues est la m^me mais les mouvements sont contraires, c'est-a-dire 
que les mouvements qui sont a droite dans Tune des statues se montrent 



— 29 — [15] 

a gauche dans I'autre. Toutes les deux sont des descendantes de la Venus 
de Praxitele arrangees au gout romain et reproduites par un artiste assez 
mediocre. En effet, si Tensemble de la figure est harmonieux et les mou- 
vements du corps souples et expressifs, les details au contraire r^velent 
une execution maladroite : les contours en sont mous; certaines par- 
ties, comme les attaches des membres, sont lourdes; d'autres hors de 
proportions; d'autres enfin, comme le dos, sont a peine ebauchees; et 
ce qui est plus grave encore, c'est de constater dans ces deux statues 
une ignorance absolue de I'anatomie humaine chez le sculpteur. L'ceuvre 
— les deux statues sont peut-etre de la meme main — est le produit 
d'un artisan , habile il est vrai , qui a reproduit un modele tr^s r^pandu 
a cette 6poque. Les deux statues sont debout, elles mesurent Tune i m. 
08 cent, de hauteur, I'autre o m. 66 cent, seulement. Le corps est nu 
jusqu'a la hauteur des hanches; la tete, legerement relev^e, regarde a 
droite dans les deux cas; la partie inf^rieure s'enveloppe dans une dra- 
perie qui laisse a nu Tune des jambes; Tune des mains retienl la draperie 
fix^e sur les hanches en I'emp^chant de glisser et de devoiler le sexe; 
I'autre bras est replie sur la poitrine, la main appuy^e legerement sur le 
sein; une des jambes flechit legerement; un dauphin, le corps redresse, 
est figur^ sur le c6t6. Les t^tes ont 6t6 volontairement martel^es; le dos 
est traits fort simplement, comme si la statue ne devait ^tre vue que de 
face. Dans la grande statue il manque une partie du has de la figure, 
I'avant-bras avec la main droite, un morceau de la main gauche, ainsi que 
la queue du dauphin. Dans la petite nous n'avons a deplorer que la perte 
de quelques fragments du sein droit, les doigts de la main gauche et 
quelques morceaux des doigts du pied droit et du has de la draperie. 

Au m^me lieu ont 6t4 trouv^s : 

1" Torse de femme (probablement d'Aphrodite), en marbre blanc 
(pi. VIII, 3). Hauteur m. a 1 cent. Sur chacune des epaules on voit en- 
core I'extremitc^ d'une meche de la chevelure. Sur le sein gauche une mar- 
que de cassure, peut-^tre celle des doigts de la d^esse. Vers le milieu du 
bras droit venait s'appuyer quelque chose que je n'ai pu determiner. Le 
sein sur lequel reposait la main est a peine ebaucb^. L'ensemble de ce 
morceau de sculpture est fort bien traits et la facture en est meilleure que 
celle des statues precedentes. 



[16] _ 30 — 

9" Fragment de socle d'une statue d'enfant; il no reste que les pieds et 
une partie de la jambe gauche (pi. IX, i). Marbre blanc; haut. o m. 1 7 cent. 
A gauche de Tenfant 4tait une autre figure, peut-etre un quadrupede ou 
un oiseau , emporte par la cassure , qui a detruit encore I'autre partie de la 
base^^'. Le modele de la jambe est fort bien traite et Texecution en est excel- 
lente. Sur la face anterieure etait une inscription de deux lignes dont il ne 

reste que le debut : 

APICTGJNA 

BeAHCCTe<DA 



A la premiere ligne le second A est brise a moitie, mais n'est pas 
douteux. 

3° T^te de femme (pi. IX, /i). Marbre blanc; haut. m. 0G7 mill. Gette 
petite t^te d'un tres bel ovale , pas trop accentue , est admirable d'execution ; 
elle rappelle les belles oeuvres grecques du iv^ siecle dont elle semble la copie. 

Moins parfaites sont les deux autres petites tMes provenant egalement 
de la meme fouille. L'une d'elles surtout (pi. IX, 5), avec sa chevelure 
bouclee cachant les oreilles, se rapproche bien davantage des produits de 
Tart romain, du portrait par exemple. L'autre rappelle par la coiffure et 
m^me la physionomie de la face le portrait de I'imperatrice Sabina , femme 
d'Hadrien, qui est conserve au Mus6e des Thermes a Rome (pi. IX, 6). 

Je signalerai en dernier lieu un fragment de bas-relief en marbre 
blanc (haut. o m. 3i5 mill.), dont nous ne possedons que le has de la 
partie gauche. On y voit represente, a gauche. Pan, jouant de la syrinx, 
nu et vu de face. Les jambes a pieds de chevre sont croisees les unes sur 
les autres; sur le bras gauche il porte une peau d'animal et son bAton 
pastoral; la tete manque. Pres de lui, a gauche, est une nymphe, le 
corps legerement tourne vers le dieu ; elle est representee dans I'attitude 
de la danse; le pied droit, qui touche de sa pointe le sol, supporte tout 
le poids du corps; ia jambe gauche legerement pliee est rejetee en ar- 
riere. La deesse est vetue d'une longue tunique flottante agrafee sur les 
deuxepaules, une ceinture passe au-dessous des seins; sa main droite est 
appuy^c sur le bras gauche de Pan. La t^te de la nymphe est mutilee et le 
bras gauche qui s'^cartait du corps est perdu dans la cassure (pi. VIII, 1). 

^'^ On peut penser h une representation du dieu Aristee adolescent. 



- 31 - [17] 

HI. Les Thermes. — Ceux-ci s'elevaient a rextremite nord-est de la 
ville et pres du rivage de la mer (fig. 6). Une mosaique decouverte sur 
les iieux et portanl i'inscription grecque KaXtSSs Xovrf^^^ nous apprend qu ils 
etaient publics. J'ai pu constater que ces bains, qui a I'origine etaient 
luxueusement decores, ont ete remanies a diverses reprises a une epo- 




I g 



Fig. 6. 

que indetermin^e et leurs dimensions reduites chaque fois. L'edifice , qui 
avait deja beaucoup souffert par ces diverses transformations, ne fut pas 
davantage epargne par la suite. Tous les mat^riaux utilisables avaient ^te 
arraches et emportes, do telle sorte qu'il ne restait que peu de chose de 
cette construction lors de mon arrivee. C'est miracle que des restes du 
pavement en mosa'jquo soient arrives jusqu'a nous, car les destructeurs ont 
non seulement enleve les dallages, mais ont encore detruit entierement 



'*' C'est line annonce de bienvenue 
qui correspond exactement au : Bene 
laves I ffBon bain In lu sur une mosaique 



d'Alg^rie et trouv^e ^galement dans des 
bains (Gsell, Les monuments antiques de 
VAlgerie, vol. I, p. aSi). 



[18] — 32 — 

les hypocaustes, la canalisation et les conduiles d'eau, dont je n'ai re- 
trouve qu'une seule trace en/du plan. Malgre cet etat de delabrement 
oil il a 6t^ laisse, on pent cependant reconnaitre facilement les princi- 
pales parties qui composaient I'etablissement. L'entr^e demeure inconnue; 
cependant il est probable qu'elle se trouvait du cote de la facade qui 
avait vue sur la mer ou tout proche, sur Tune des parois est ou ouest, 
V etant certainement le vestibule. La salle F represente les restes dujrigi- 
darium orne de mosaiques , dessins geometriques en noir sur fond blanc , 
parmi lesquelles se trouvait la mosaique a inscription signalee plus haut : 

KAA 
COCA 
OYH. 

La disposition de ces dessins est sans ordre apparent; ils sont meme 
parfois places de travers; certaines parties brisees ont ete remplac^es par 
des dalles de calcaire blanc et quelquefois de terre cuite. Je croirais volon- 
tiers que cette mosaique, prise dans unc autre salle ou un autre edifice, a 
ete transportee par fragments, puis de nouveau rassemblee sans disposition 
speciale, en remplacement d'une mosaique plus ancienne, beaucoup plus 
ricbe, composee d'ornements geometriques de couleurs; a cette premiere 
mosaique appartiendrait, je crois, le beau morceau et le seul que j'ai trouv^ 
en c, decorant Tangle d'une salle qui devait dependre autrefois du vesti- 
bule Y; ce fragment mesure i m. 3o X i metre. 

Le systeme employe dans la construction des murailles a ete celui de la 
maconnerie sans compression, c'est-a-dire de murs a parements de briques 
cuites, quelquefois en pierres de taille, charges a Tint^rieur de morlier 
mel6 a des Eclats de pierre, briques, tessons de poteries, voire de sable 
pour remplir les vides laisses par cet amas de materiaux entasses (fig. 7). 
A Texterieur les murailles , fr^uemment remaniees , ne portaient plus que 
des revetements au platre, avec parfois un enduit rouge a la detrempe; 
cependant a la suite de quelques observations je crois pouvoir affirmer que 
ces parois, au moins pour les soubassements , avaient un revetement de 
marbre polychrome; la peinture, par consequent, n'aurait 6te que la 
deuxieme 6tape de cette ornementation, Les murs ne s'^levaient pas a plus 
d'un metre au-dessus du sol. 



33 — 



[19] 



Le vestibule tel qu'il existe aujourd'hui n'a plus qu'un pavage grossier 
en mosai'que blanche. De cette salle on accedait dans lejrigidarium F par 
un portique dont il ne reste plus que les bases carries de deux colonnes. 
Dans \e frigidarium j'ai trouv6 debout, comme en place, le tambour infe- 
rieur d'une colonne avec sa base a plan carr^ b. Je suppose que c'est par 
pur hasard que ce fragment architectural a ^t6 trouv6 dans cette position, 




-( ftet/J 



Fig. 7. 

car il reposait directement sur le dallage; a mon avis, comme pour les 
autres fragments de colonnes couches et r^unis ensemble en d sur le plan, 
il appartenait a une colonnade qui paratt avoir exists dans une partie de 
la construction d<^truite. Le fond de la salle est occupe par deux piscines 
rectangulaires, B, dont le fond est garni de plaques de marbre blanc. 
Toute cette partie des thermes ayant subi de fortes modifications , la des- 
tination de la salle A demeure incertaine; peut-Mre servait-elle de vestiaire. 
II faut reconnattre dans T le tepidarium, place, comme il convient, entre 
le frigidarium et le caldarium, ou Ton entretenait une chaleur douce et 
mod^r^e. II y avait deux caldaria, GG, de chaque c6t6 du sudatorium S; 

Annates du Set-vice , 1916. 3 



20 



34 — 



seul le caldarium droit comporte une baignoire maconnee, demi-circu- 
laire avec un fond en mosaique blanche et une piscine rectangulaire. 
Autour de ia salle du sudatorium et sur certaines parties du caldarium, on 
remarque les restes de conduites en terre cuite verticales, avec ouvertures 
lat^rales, qui servaient a r^pandre I'air chaud dans cette partie du bain 

(fig. 8). J'ai d^ja dit que je 
n'ai retrouve aucune trace des 
hypocaustes et que tout cela 
avait ^t^ d^truit; mais il est 
certain que les salles GG, S 
et peut-^tre T en etaient pour- 
vues. 

L'6tablissement, sans parler 
des parties nord et ouest enti^- 
rement detruites et remplac^es 
par des locaux qui n'ont rien a 
voir avec les thermes, s'^ten- 
dait encore bien plus loin sur 
les autres faces. II semble , d'a- 
pres le mur i qui coupe en 
deux le batiment, que du c6t^ 
sud les thermes aient form^ 
une seconde partie dont une 
etait reservee aux hommes et I'autre aux femmes , avec entrees indepen- 
dantes; I'etat des lieux, cependant, ne permet pas d'affirmer le fait. Quoi 
qu'il en soit, on y voit encore une salle E detruite du c6t^ sud -ouest, 
accompagn^e d'une baignoire maconnee avec un fond en mosaique blan- 
che. Du c6t6 est je n'ai retrouve que le plan d'une petite chambre carree 
de 1 m. /to cent, de cote; les murs avaient ete detruits entierement avec 
le dallage; il ne restait plus pour reconnaitre cette salle que le sol battu 
qui a permis d'en reconnaitre les dimensions. Du c6t6 ouest de cette 
chambre etait posee la base d'une colonne en calcaire de o m. Ac cent, 
de diametre et de o m. lo cent, de hauteur. Enfin/montre les derniers 
et les seuls vestiges d'une canalisation rectangulaire form^e de dalles en 
calcaire placees cote a c6te. 




Fig. 8. 



— 35 



[21 



IV. — A rextr(5mite sud-ouest du tell se degageait du massif de ruines 
un c6ne de sable cachant un edifice isole, dont je n'ai pu preciser la 
nature ni la destination (fig. 9). G'est un massif de maconnerie en 
briques seches, ayant la forme d\me pyramide tronquee, ressemblant 
dans sa forme generale a un mastaha egyptien. Ses dimensions, prises a la 




J .5 



-il C 1 1« 



AJi 




Fig- 9- 

base, sont : longueur 9 m. 80 cent., largeur 6 m. 70 cent. La plate- 
forme mesure 7 m. 90 cent, de longueur et /i m. 76 cent, de largeur. 
La construction est directement posee sur le sol, sans autre assiette 
que r^paisseur des murs qui forment la structure g^n^rale de I'edifice. 
Ces murs ont une 6paisseur de pr^s d'un mMre; les briques a I'exterieur 
sont poshes en gradins, recouvertes d'un enduit de mortier de terre assez 
^pais formant un parement uni. Le vide interieur laisse par la maconnerie 
a et6 rempli de sable sur lequel a 6t6 etablie une plate-forme en terre 

3. 



[22] — 36 — 

battue de m. 9 cent, d'epaisseur seulement. Gelle-ci, suivant la lon- 
gueur, donne un profd a double plan incline ou en dos d'ane, indique 
suivant le profil c d, et dont le sommet est au centre de la construction et 
suivant I'axe a h. 

Au centre de la face orientale est un escalier etroit, o m. 6o cent, de 
large, aux marches en pierre calcaire, dont I'assise inferieure repose sur un 
dallage en terre battue de peu d'epaisseur. Get escalier conduit sur la ter- 
rasse, exactement a Tangle ouest d'un petit ^dicule, contre lequel il vient 
buter. Gette construction occupe la partie m^ridionale de la terrasse , lais- 
sant un 6troit passage sur les faces est et ouest. La face sud , avec une ouver- 
ture , qui ne pent ^tre la porte d'entr^e , surplombe directement le massif 
inferieur. La face riord, entierement d^truite, comme du reste la face ouest, 
devait avoir une autre porte qui donnait acces a I'int^rieur de I'Micule. 
Gette petite construction , qui ne comportait qu'une salle de 3 m. 2 o cent. 
X 2 m. 20 cent,, ne pouvait recevoir qu'un nombre tr^s restreint de per- 
sonnes. L'autre partie de la terrasse placee en avant de Tedicule ^tait 
demeur^e inoccupee. Le d^blaiement, qui eut pu fournir quelques ren- 
seignements sur la destination de cet edifice, n'a rien apport^. A ma con- 
naissance c'est la premiere fois que Ton rencontre un monument de cette 
nature et pour cela il ^tait interessant de le signaler en attendant que 
d'autres trouvailles viennent fixer I'emploi auquel il ^tait destine. 

V. La necropole. — Elle est situ^e a environ Ixoo metres au sud des 
Thermes. Ensevelie dans les sables, on ne voyait a mon arrivee qu'un 
grand mausol^e dont la coupole 6tait eventree et qui a dii ^tre viol^ tres 
probablement dans I'antiquit^. Aupres de ce monument j'eus I'occasion 
d'en d^blayer d'autres d'un moindre inter^t avec de nombreuses sepultures 
individuelles , ouvertes generalement, qui ne m'apporterent que peu de 
chose. Ges diverses sepultures se d^veloppaient dans la plaine autour du 
grand mausolee. 

Les sepultures individuelles sont de deux sortes : le mort est depose 
dans une simple fosse creus6e en plein sable et generalement a peu de 
profondeur; quelquefois les parois de la fosse etaient tapiss^es de dal- 
les d'un calcaire blanc et assez fin; souvent la cuve n'avait pas de cou- 
vercle, mais le plus generalement elle etait couverte de pierres plates, 



— 37 



[23] 



disposees les unes contre les autres. A ces sepultures il ny a jamais de 
fond; le mort qui repose directement sur le sol etait completement noye 
dans un lit de sable que Ton versait apres I'inhumation. Les dalles et le 
couvercle etaient lies ensemble a I'aide de platre. Aucune epitaphe accom- 
pagnant le mort n'a ete trouvee. 

II ne me reste qu'a decrire les monuments A-D, groupes ensemble et 
les seuls importants. 

Le mausolee A mesure 5 m. 90 cent, de longueur et /i m. 90 cent, de 





EJJ 




Fig. 10. 

largeur (fig. 10). Les murs en pierre de taille ont une epaisseur de m. 
70 cent. La coupole seule ^mergeait au-dessus du sol. Une seule porte, 
perc6e au centre de la paroi nord, donnait acc^s dans la chambre fun^raire 
qui 6tait creusee au-dessus du niveau du sol. On y accedait par un escalier de 
sept marches, maintenues par un double limon. La construction etait sur- 
montee d'une coupole sur pendentifs; elle 6tait egalement entouree et com- 
me noyee, sur presque toute la hauteur, d'une puissante muraille en terre 
battue indiquee en teinte grise sur le plan. A la naissance de la voute et au 
centre de chacune des faces est m^nag^e une petite ouverture rectangulairc 
en abat-jour, jetant la lumi^re a I'int^rieur. Les sarcophages sont disposes 




[24] — 38 — 

sur deux rang(5es de deux etages chacune (fig. 1 1). Entre chaque rangee 
et dans le centre du monument est un couloir de o m. 80 cent. La dispo- 
sition interieure a ete concue en meme temps que la construction de I'edi- 
fice. Les cuves sont formees de larges dalles, comme dans ies sepultures 

individuelles, liees ensemble, formant 

,-- -., un tout regulier et parfaitement uni. 

Le mort etait enferme dans un cercueil 
de plomb puis place dans Tune des cu- 
ves de pierres. Gelles-ci sont au nombre 
de vingt-huit, soit sept par etages et 
par rang^es. Toutes les cuves avaient 
ete ouvertes, le plomb emporte a des 
pjp jj_ epoques diverses et cela jusqu'a ccs 

temps derniers, car des fouillcurs re- 
cents m'ont dit en avoir pris. Moi-meme je recueillis les derniers vestiges 
avec quelques ossements. Aucun objet n'a ete trouv6. 

Trois cippes sont situes a Test du precedent (fig. 10). Les cippes B et 
C sont relies entre eux par une forte muraille en briques crues. lis n ont 
pas de caveaux; ce sont des constructions pleines, reposant sur une base 
carree. Tune B est polygonale, Tautre G est cylindrique. lis sont presque 
entierement detruits et les belles dalles de revetement ont ete enlevees ne 
laissant voir que le noyau en moellons. Tousles cercueils, sans exception, 
places sous la construction C ont 6te violes et brises. Sous B je n'ai trouve 
qu'un seul sarcophage (n" 1) contenant un cercueil de plomb, en tres 
mauvais etat de conservation. Ses dimensions sont : long. 1 m. 96 cent., 
larg. m. /i2 cent., prof. m. /i2 cent. Le mort etait reduit a Tetat de 
poussiere. Aucun objet n'a ete trouve. 

Le sarcophage n° 9 avait et6 viole. Une petite monnaie en bronze , tres 
oxyd^e , a ete trouvee. 

Le sarcophage n° li etait celui d'une femme. II etait construit comme 
le precedent. Le corps etait en tres mauvais etat. Mais j'ai retrouve a leur 
place primitive les bijoux funeraires en or que les parents avaient donnes 
a la morte; ce sont : 

1" Un frontal, mince lamelle d'or a stries obliques; long. m. 187 mill. , 
larg. o m. 02/i mill. 



— 39 — [25] 

a" Deux bracelets; diam. o m. 062 mill, environ. 

3° Deux bracelets de jambes; diam. m. o65 mill, environ. 

li° A Tannulaire de la main gauche ^tait une bague en or enchassee 
d'une petite intaille en pierre rouge, sur laquelle est grave en creux un 
jeune homme debout et nu, jouant avec un chien. Diam. m. 02k mill, 
environ. 

J'ai egalement recueilli dans cette tombe un petit vase en verre blanc 
pose sur la poitrine; un deuxieme etait pres de la main droite et un troi- 
sieme a c6t6 du pied droit. Dans Tangle droit de la cuve, du cot^ des pieds, 
etait plac6 et renverse un plat en terre cuite. 

Le mausol^e D, construction rectangulaire en bel appareil, n'avait au- 
dessous de lui qu'un seul sarcophage, non viole, mais n'ayant pour tout 
mobilier qu'un vase en terre a pause renflee , ayant la forme de la ballas 
actuelle. 

VI. Objets divers. — Les objets decrits ci-dessous proviennent de la loca- 
lity et ont ete trouves au hasard des fouilles et un pen partout; un certain 
nombre , comme les plombs phylacteres , proviennent d'habitations diverses 
situees au nord-est de la forteresse. D'autres Egalement ont 6t6 recueillis sur 
le sol; ce sont generalement des terres cuites, lesquelles, par suite d'un 
s6jour prolonge a Tair, sont Icgerement (^rodees et ont pris a cause de 
cela un ton legercmcnt metallique et ont acquis une tres grande durete. 

1 . Cachet en terre cuite, — Terre jaune legerement rosee. Forme co- 
nique. Diam. m. 06 5 mill., haut. o m. 091 mill. Sur 

la face plate on lit le nom : ZHNOBIC, profondement im- 
prime en creux. La lecture n'est pas douteuse, bien que 
certain defaut pourrait faire prendre le dernier caractere 
pour un omicron (fig. 12). 

2. Lampe. — Terre rouge. Long. cm. iSa mill. Ellc yIb. la. 
represente un phoque couche sur le dos. La tete, legerement 

redressee , sert de manche. Le trou d'aeration est place entre les membres 
superieurs; ils sont li^s au corps et simplement indiqu^s par un renflement 
de la pate , sans aucun detail dans la forme ; le bee est forme par la reu- 
nion des deux membres inf(^rieurs; un collier, simple bourrelet de glaise, 
est modele autour du cou. Les yeux, la gueule et les poils de I'animal sont 





[26] — 40 — 

indiques par des incisions profond^ment gravees dans Targile avant ia culs- 
son. La lampe, formce d'une seule piece, a ete modelee en plcine pdte. Bien 
(|u elle soit faconnee sommairement, le modeleur a admirablement rendu 

I'expression et le caractere de 
Tanimal (fig. i3). L'espece ici 
reproduite est probablement 
celle du phoque moine {niona- 
chus albiventer^ tres repandue 
dans la Mediterranee et surlout 
commune dans TAdriatique. 

Les objets les plus interes- 
sants ont et^ d^couverts dans 
p. o les constructions deblayees au 

nord-est de la forteresse. lis 
consistent en une serie fort nomb reuse d'objets en plomb (une centaine 
environ), d'ordres divers et dont la plupart ont tres surement un caractere 
magique. D'autres moins definis me semblent neanmoins pouvoir ^tre 
rapproches des precedents. Ainsi que je I'ai dit, ils n'ont pas ete trouves 
dans un lieu unique, mais un peu au hasard des fouilles dans des locaux 
divers et a tous les niveaux du sol. Ils ne peuvent Hre, par consequent, 
d'aucune utilite pour fixer la destination des lieux oil ils 
ont ^te recueillis. Cependant il est bon de remarquer 
que tous ces plombs proviennent de la meme region et 
d'un seul groupe d'habitations. On peut les repartir en 
plusieurs series dont les principales sont : les figurines , 
les bracelets et les tablettes. 




3. Plaque de plomb Mcoupee trh grossierement en forme 
de figure humaine (fig. ili). — Haut. o m. io3 mill. La 
plaque est legerement relevee sur les bords : cette bor- 
dure a ^te obtenue en frappant sur I'epaisseur du me- 
tal. Les membres sup^rieurs ne sont pas indiques; les membres inferieurs 
sont representes par la lame de plomb coupee en deux en laissant un 
vide triangulaire dont la base dessine le bassin ; celui-ci est figure par un 
arc auquel une large incision a fAe faite pour souligner I'aine. Le milieu 



— 41 — [27] 

du corps et de la tete sont egalement perces d'un trou. Enfin la plaque 
de metal a ete ployee longitudinalement de facon a former un angle tres 
accuse dont le sommet serait la partie mediane de la figurine. 

f\. Plaque de plomb dicoupie (fig. i5). — Elle rend, d'une facon tres 
schematique, la silhouette de la forme humaine. Haut. o m. oi5 mill., 
larg. m. o/i6 mill., epaisseur moyenne o m. oio mill. Le corps se pre- 
sente sous Taspect d'une sorte de navelte; la tete arrondie 
se degage du tronc par une pincee a la hauteur du cou; 
les jambes informes et soudees ensemble ne figurent que 
par un allongement reduit du has du corps. Les bras, 
comme dans Tautre statuette, n'existent pas; enfin aucun 
detail interieur n'est indique. La plaque de metal a ete 
martelee sur les cotes de facon a former un leger rebord 
autoui* de la statuette. On remarquera en outre vers le 
centre de la t^te un petit trou cylindrique qui traverse 
entierement la lame. Le milieu du corps sur la face ante- 
ricure est orne de deux cercles conccntriques en relief, 
frappes avec une matrice. Au dos et au sommet de la tete 
est la marque profonde d'une empreinte rectangulaire de 
o m. oil mill, x o m. o8 cent.; il semble qu'il y ait eu des caracteres 
en relief. Enfin toujours dans le dos on pent voir les traces d'une assez 
longue inscription moulee, ecrite transversalement et de bas en haut, rem- 
plissant toute la partie du corps entre les jambes et le cou ; soit mauvaise 
impression ou mauvaise conservation, I'inscription demeure illisible. 

5. Bracelet en plomb (fig. iG). — Long, o m. lya mill., larg. o m. 





Fig. i6. 

oSq mill. Plaque de metal tordue en forme de bracelet. La piece a ete 
moul(^e; les ornements et I'inscription sont en relief. L'inscription est 



[28] 



42 



de Irois lignes; Ics deux dernieres sont ecrites de droite a gauche; elle 
porte la formule de devotion suivante : 



CJZ e 

BAC 

KANOC 



^5 e ^acTHctvos 




Fig. 17. 



6. Bracelet en plomb. — Long. m. i55 mill., largeur moyenne m. 
25 mill. La piece a ete fondue d'une seule piece. Elle presente sur sa 
face exterieure une palme qui se developpe autour et sur la face exte- 
rieure du bracelet. Mauvaise conservation. 

7. Lames en plomb (fig. 17). — Gelles-ci, en assez grand nombre, se 
pr6sentent de diverses raanieres et sous divers aspects. Elles sont genera- 

lement unies et plates sans aucune sorte d'or- 
nements; quelquefois elles portent, moulee en 
relief, une palme; souvent elles sont roulees 
dans le sens de la longueur; d'autres fois, au 
contraire, elles sont pliees sur elles-memes 
deux ou trois fois dans Ic sens de la largeur. 
Les dimensions sont assez variables. Gelle que je donne est de dimensions 
movennes; elle mesure m. 088 mill, de longueur et m. o39 mill, de 
largeur. 

8. Plaque de plomb (fig. 18). — Haut. o m. ok cent., larg. m. 
019 mill., epaiss. m. oo3 mill. A chaque extremite se trouve une em- 
preinte ronde, de m. 1 3 mill, de diametre , impri- 

mee en creux avec un motif en relief. L'une d'elles, 

imprim^e un peu trop haut, ne donne que la moiti^ 

inferieure de Tempreinte; mais le motif figure est 

identique dans les deux cas; il s'oppose par les pieds. 

On y voil un enfant (?) vu de face a la tete fruste; il 

est debout, les jambes leg^rement ecart^es, les bras separes du corps; 

dans la main droite il tient une lyre et dans la gauche un objet indistinct. 

9. — Je signalerai encore dans la s^rie des plombs de petites plaques 
carrees de dimensions variables, presentant sur l'une des faces soil un 




— 43 



[29] 



long trait droit incise, aux extremites fourchues (fig. 19), soit encore 
une serie de trous graves ou imprimes. Sur les quatre 
plaques que je possede de ce dernier type, deux portent 
six points (fig. 90); une avee trois points et la derniere 
avec un seul point. Je doute fort que ces 
divers objets appartiennent a la s^rie des 
plombs phylacteres auxquels je les ai reu- 
nis; je ne puis, non plus, rn'arreter a la 
pensee que ces plombs peuvent etre des 
poids. Quoi qu'il en soit de leur usage, je donne pour plus 
de details les dimensions et le poids de chacun de ces objets 
avec le numero du registre d'inventaire du Mus^e d'Ismailiah oil ces objets 
sont conserves : 





Fig- 19- 



1" type n° 2869 Cotes: o'" oo5 Epaisseur: o'" 010 Poids: -igS gr. 



n 


2368 


V 


0'" 


o52 


f) 


2870 


T) 


0" 


000 


V 


9871 


T) 


0" 


0^2 


V 


2872 


n 


0" 


084 


v 


2878 


n 


o"" 


028 



O 010 

o" oo5 
o" 007 
o'" 006 
o'" 00/1 



200 -n 
160 y 



(Erosions i la \ 
face ant^rieurc. / 



70 11 

'S3 n (angle brise). 



10. Stialilc. — Haut. o ni. 07/j mill. Statuette represenlant Horus 
enfant assis sur une fleur de lotus (pi. IX, 3). Le dessous de la fleur est 
brise, ce qui montre qu'elle 6tait montee sur sa tige. La fleur et les extre- 
mites des pieds portent des marques de coups de ciseau qui ont abime la 
statuette; la partie posterieure de la tete est legerement rongec. Le dieu 
porte la main droite a la bouclie, tandis que la main gauche tient un 
petit vase appuye contre la cuisse. L'ex^cution, assez bonne, est d'un 
grand realisme. 

1 1 . Marhre blanc. — Haut. o m. 69 cent. Beau buste de femme, malgre 
les mutilations et les marques nombreuses d'erosions subies par un long 
sejour a I'air; il a ete trouve sur le sol un pen a Test de la n^cropole 
(pi. VIII, 9). La femme est vMue d'un ample manteau dont elle tient Tun 
des bouts dans la main droite appuy(5e contre la poitrine. Sous le man- 
teau se montre le haut de la tunique assez ouverte pour laisser voir le fin 



[30] — lili — 

modele de la gorge. Le bras gauche, cache sous le vetement, dtait pen- 
dant le long du corps. La facture dc ce morceau de sculpture est tres belle 
et les draperies ne manquent pas d'ampleur. On ne peut que regretter 
la perte des autres parties de ce marbre qui appartient a I'epoque des 
Antonins. 

12. Marbre blanc. — Fragment tres mutilc d'une representation de 
Ganymede avec Taigle (pi. IX, 2). II ne reste que la ike du jeune pdtre 

et de I'oiseau dont le bras droit 

leve au-dessus de la tete etreint 

^^ ^ ^^ le cou. La figure de Ganymede, 

^^^ £ ^ ^^ brisee du c6t6 droit, est en fort 

I ^^k M m ^^ mauvais etat. 

I ^^LM ^^M 13. — Parmi le grand nom- 

I ^^M w^ bre d'amphores trouvees dans 

â–  ^ les fouilles, deux seulement por- 

p. taient une marque peinte en 

rouge. Sur la premiere on lit : 
ZONAI; sur I'autre, les deux caracteres reproduits a la figure 21. 

\h. Fragment d'une plaque de marbre blanc sur laquelle itait gravie une 
inscription phinicienne (fig. 99). — Larg. m. 1 1 cent., haut. m. 07 cent. 
On ne reconnait avec surete que les deux derniers caracteres de la der- 
niere ligne inferieure : ... rn 



15. Bronze. — Haut. m. ii5 mill. Eros 
debout. La figure un peu trop mouvementee est 
comme longueur hors de proportion ; malgre ce de- 
faut, qui est un peu la caract^ristique de I'epoque, 
elle ne manque ni de grgice, ni d'^l^gance, ni de 
souplesse dans I'execution comme dans le modele. Le dieu , auquel etaient 
attachees deux ailes aux epaules — il n'en reste plus qu une — parait dans 
Taction du vol ou pret a prendre son vol. Le corps legerement penche en 
avant est vivement retourne a droite. La tete legerement relevee montre un 
visage souriant et plein de finesse. Les bras sont perdus ; celui de droite pa- 
ratt avoir et^ relev(5 tandis que Taulre abaisse passait probablement devant 




— 45 — [31] 

le corps. Le torse est entierement nu; les jambes sont voil^es par une 
draperie aux plis sobres et souples d'une tres belle iigne ^^'. 

16. Bronze. — Haut. o m. o38 mill. T^te du dieu S^rapis; elle est 
brisee a la naissance du cou. La tete est coiflFee du calathos orne sur la 
face ant^rieure d'un feuillage. La face du dieu est legerement applatie par 
suite d'un choc recu. Travail excellent. 

17. Inscription imprimie en creux sur le bord d^un plat. — Terre rouge. 
Long. m. oMi mill., larg. o m. 026 mill. Dans un cadre on lit le nom : 

ePMOr Ep(xoy 
eNOYCI ivovm 

Gette empreinte ^tait reproduite trois fois et a 6gale distance sur le 
bord du plat. Deux seulement nous sont parvenues. 

18. Inscription imprimie en creux sur le bord d'un plat. — Terre rouge. 
Long, o m. o54 mill., larg. m. oSa mill. Entre deux lignes horizon- 
tales on lit le nom : 

AIO0AN Ato(^dv 
TOYB^ 70V Bov 

Le nom ^tait suivi d'un titre mis en abr^g^ et commen^ant par Bou; 
peut-^tre celui de BovXevrtis « s^nateur ». 

19. Inscription imprimde en creuje sur le bord d^un plat. — Terre rouge. 
Long. m. 054 mill., larg. o m. o33 mill. Elle est inscrite entre deux 

traits horizontaux : 

AAAA 
TOCi 

20. Inscription imprimie en creux sur le bord dtun plat entre deux lignes 
horizontales. — Terre rouge. Long, o m. 06 cent., larg. m. 099 mill. 

On lit : 

eiPHNA 
eVTYXI 

Aprfes le mot Evtv^i est une petite plante k trois feuilles, mal 
imprimie. 



^'' La statuette n'^tant pas entierement d^capee, j'attends pour la donner que ce 
travail soit achev^. 



[32] — 46 — 

2 1 . Inscription imprimie en creux sur le bord d'un plat. — Terre brune. 
Larg. m. 028 mill. Elle est enferm^e dans un cadre : 

05A 
II n'y a que la partie gauche du A qui ait marqu^ sur la terre, Tem- 
preinte ayant ete pos^e un peu trop a droite ; la lettre n'est pas douteuse. 

22. Inscription imprimie en creux sur le bord d'un plat. — Terre brune. 
Long. m. 047 mill., larg. m. 097 mill. Elle est placee entre deux 

lignes horizontales : 

AAAM 

(sic) 

eSANM 
La fin du dernier caractfere n'est pas imprimee. 

23. Inscription troisfois r^pitie; elle est imprimee en creux sur le bord dun 
plat. — Terre brune. Larg. m. o48 mill., haut. m. 07 cent. : 

[ejYTYXI 
Au-dessous de chaque mot est un attribut que je ne puis distinguer, 
mais qui a Taspect d'une masse a^ec son manche. Chacun des mots est 
s6par6 par un trait. 

24. Anse d'amphore sur laquelle sont imprimees en relief et a rebours les trois 
lettres ASA. — Ge meme mot a et6 retrouve sur une autre anse. 

25. Col de vase. — On y voit grave un cercle, diam. o m. o3 cent., 
dans lequel s'inscrit un M traverse par I dont les extremites depassent les 
limites du cercle. Peut-^tre : <t>, M. 

26. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — Long. m. 028 mill., 
haut. o m. 01 5 mill. : 

Eni0EY<DANEYZ tm 6ei<^avsvs 
nEAATEITNYOY UehaystTviov 

27. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — Larg. m. o33 mill., 

haut. m. 1 5 mill. : 

EnmAY EiriUicv 
CAN I A (Tavia[s] 

28. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — Larg. o m. 099 mill., 
haut. m. 19 mill. : 

EniAr 

EMAXOY 



— 47 — [33] 

A gauche, tete radiee du soleil. Marque un peu fruste. 

29. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — Larg. o m. o/i^ mill., 
haut. m. 020 mill. Inscription fruste. Empreinte mal appliquee. Le 
haul des premieres lettres , ainsi que le has de celles de la troisieme ligne 
n'ont pas port^. Les caracteres sont inegaux : 

EiiAPICTO E{Tri) kpuTTo 
MAXOY iJiax,orj 

AAA 10 Y AoiXhv 

30. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — L'empreinte n'a pas port6 

sur toutes les parties, aussi est-elle incomplMe. Elle avait trois lignes : 

«AEYAI 
iOY 



31. Anse d'amphore rectangulaire. — Larg. m. o35 mill., haut. 

m. 017 mill. : 

AIZKOY A/o-xou 
A droite un cratere. 

32. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — Larg. m. o/i/i mill., haut. 
m. 1 9 mill. Empreinte mal imprimee. Le dehut et la fin sont illisihles : 

[EnmjPATO tiri npoLTo 

<t>ANeYZ (^ivevs 

ArPIANI[OY] kyptoLvl[orj] 

33. Anse d'amphore, timbre rond. — Diam. m. oaS mill. Au centre, 
une rose; autour : 

KAEIZIMBPOTIAAKAPNEIOY xAe«T«fx€poT/8a xoipveiov. 

3^. Anse d'amphore, timbre rond. — Diam. cm. o3o mill. Au centre, 
une rose; la legende tres fruste est enferm^e entre deux cercles : 
mnOKPATEYZ \inroxpirevs 

Le nom 6tait prohahlement suivi du mois; celui-ci est completement 
illisible. 

35. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — Larg. o m. 06 5 mill., 

haut. m. 1 5 mill. L'attrihut a droite est peu visible : 

• AZKAA A<7xAa 

niAAA iridha 



[34] — 48 — 

36. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — Larg. o m. o38 mill., 
haut. m. oih mill. : 

irAGOKAEYZ [k]yadoHX£vs 

II n'y a pas trace de I'A; toutefois il pourrait etre log6 dans Tespace 
vide compris entre la limite du timbre et Ic T. 

37. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — Mauvais 6tat de conserva- 
tion. II y avait deux lignes. On ne voit plus que : 

«YANO 



38. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — Larg. o m. o36 mill., 
haut. m. oi5 mill. : 

Eni<t>«MOAA tiTi (pmmohoi 

NOY vov 

nEAATEITNYOY nehayetTv<)ov 

39. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — L^rg- o m. o33 mill., 

haut. m. oi3 mill. : 

ATPI^NI kyptavl 

OYAPXEAA ov Apx^Aa[s] 

40. Col d'amphore avec ses deux anses. — Ghacune d'elles porte une 

estampille rectangulaire de o m. oaS mill, x o m. oi'y mill. : 

1" EniEPEQZ tTt'ispi(>)5 
2" nAYZA[NI]A nav(Ta[vi]<x 

41. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — A gauche, tete radiee du 
soleil. Long. cm. o34 mill., larg. o m. oi4 mill. : 

EniAI tiri Ai 

NHTOPOZ v^Topos 

42. Anse d'amphore, timbre rond. — Au centre une rose. Diam. o m. 
026 mill. 

43. Anse d'amphore, timbre rectangulaire. — Long, o m. 087 mill., 
larg. o m. 1 4 mill. : 

En I eEYAQPOY KTri Qevhebpov 
ATPIANIOY kypiavlov 

J. Glkdat. 



I 

TADEUSZ SMOLENSK! 



/ LES 

PEOPLES SEPTENTRIONAUX DE LA MER 
SOUS RAMStS II ET MINEPHTAH 

TRADUCTION DE 

TADEUSZ BRONISLAW WALEK. 



Note preliminaire. 

Le present m^moire a ^t^ ^crit par M. Smolensk! en 1909; une mort pr^matur^e 
a malheureusement emp^ch^ I'auteur d'y mettre la derni^re main et de le publier. 
Son travail ne parut que trois ans plus tard, en 1919, au tome LV des Memoires de 
la classe hislorique el philosophique de VAcademie des Sciences de Cracovie. J'en donne 
aujourd'hui une traduction fran^iise, qui reproduit fidMement le texte polonais sans 
y apporter des changements ou des complements quelconques, m^me en ce qui 
concerne la Mbliographie du sujet parue depuis lors. Cela me paralt plus conforme 
au respect du h I'oeuvre du df^fnnt. — T. B, Walek. 

I. 

Au d^but meme de ce remarquable monument de la Utt^rature ^gyp- 
tienne qu'on appelle, sans raison d'ailleurs, le poeme de Pentaour^'^ nous 
iisons : « Commencement de la victoire du roi Usermare Setepnere (Ram- 
ses II) , qu'il a remport^e au pays de Kh^ta et Naharin, au pays 

d'Arad, dans le Pidasa, dans le Dardni, au pays Masa, au pays Karkicha, 
Karkemich, Kode, au pays Kadech, au pays Akarit et Mouchanat^^'w. Seuls 

^'^ Pentaour est le copiste du papyrus pr^s la copied'Abydos, /?««;, egypl., t. IV, 

Sallier et non I'auteur de I'oeuvre (voir Tp. iak.Breasted,dansthe Battle of Kadesh 

Erman , Neudgyptische Grarnmatik , p. 7 ; ( Chicago 1 908 ) , ^crit : ff As J. de Rough's 

de m^me Maspeuo, Hist., t. II, p. 896). composite text omits all reference to the 

^'' Rev. egypt. , t. Ill , p. 1 5 1 ; les noms Abydos copy, I arranged all the texts », et 

d'Arad et de Kadech sont completes d'a- plus loin : w Although writing in i885, 

Annales du Service, 191 5. 4 



[2] 



50 



ies quatre noms que j'ai soulignes nous int^ressent dans le present travail; 
le reste ne designe pour la plupart que d'anciens ennemis syriens de 
I'Egypte. 

Un peu plus loin dans le m^me poeme'*^, nous trouvons la liste des 
peuples que le souverain hittite a rassembles des limites de la Mer, 
wNaharin et Arad, Masa, Pidasa, Kechkech, Ariwana, Karkicha^^\ Luka, 
Karawaden, Karkemich, etc.??. Enfin, dans la description de la bataille de 
Kadech , le poete cite pour la troisieme fois Ies allies des Hittites et nous 
donne de nouveau leurs noms, Masa, Pidasa, Kechkech, Ariwana, Luka 
et Karawaden ^". 

Nous avons ainsi huit noms, auxquels il nous faut nous arreter plus 
longtemps : Pidasa, Dardni, Masa, Karkicha, Kechkech, Louka, Ariwana 
et Karawaden. 



long after the publication of Marietta's 
Abydos, J. de Rouge makes no mention 
of the Abydos textn. De meme dans Ies 
Ancient Records of Egypt (t. Ill, p. i35), 
Breasted ^crit : ffThe texts were once 
similarly put together by E. de Rouge 
and published by J. de Roug4 {Rev. 
egypt. , t. IlI.-IX. = doit etre III.-X.), but 
without the Abydos copy^. Ce repro- 
che est injuste : J. de Roug^ a connu ie 
texte d' Abydos et il s'en est servi. II n'en 
parle pas en effet dans Tintroduction a 
son Edition au t. Ill, mais au t. IV de 
la Rev. egypt. (p. laA) nous lisons : 
ff J'ai omis de parier jusqu'ici d'un autre 
exemplaire du po^me de Penlaour grav^ 
sur ie mur ext^rieur nord du temple de 
Ramses II h Abydos; cependant ies frag- 
ments qui en subsistent peuvent servir 
a combler quelques lacunes, et je Ies cite- 
rai done a I'occasion. M. Mariette a public 
ces fragments en 1880 dans son second 
volume 6! Abydos (pl. IV et V) etc.». 
M. J. de Roug^ demontre ensuite centre 



M. Mariette, que ie texte est compiet 
quant au nombre des colonnes, et il 
donne cri'am^liorationn du d^but du poe- 
me. Nous retrouvons des references au 
texte d' Abydos dans la suite, t. VI, p. 87, 
86, 106, 111; t. VII, p. 25. 

'^' Rev. egypt., t. Ill, p. 169 et 160. 
L'expression en pa-iuma justifie jusqu'a 
un certain point I'opinion qui consid^re 
ces peuples comme tr peuples de la Mem, 
de m^me Ies peuples bien connus des 
temps de Min^phtah et de Ramses III. 

''^ Chez Breasted (Ancient Records of 
Egypt, t. Ill, p. 1 38) on lit d'une mani^re 
erronee K'-r'-ky-ks% qui a .ete corrig^ au 
t. V, p. 7, en K'-r'-ky-s. Soulignons que 
le premier K n'a pas de point, et qu'il a 
Ie m^me son que K dans Kechkech : cela 
modifie en partie I'aflirmation de M. 
Breasted, dirig^e contra M. W. M. Miillar , 
sur la diffi^rance du son K dans las deux 
noms. 

f*' Rev. egypt., t. IV, p. 129, au m^- 
moire cit^ de M. de Roug6. 



— 51 — 



[3] 



I. PiDASA. — • Deja Lauth en 1867''^ a rattache ce nom a la HrfSaa-oSy 
mentionnee par Homere ei auxIltiSa(Tdes cariens^^l E. de Roug6^^^ a ad- 
mis ia m^tathese du nom de Pisidie ; Maspero (*', en combattant cette opi- 
nion, releva de nouveau Pedasos independamment de Lauth. W. M. Miiller 
considere ce rapprochement comme trop hardi ^^^ et se demande avec hesi- 
tation si Pidasa n'est pas le nom perverti des Pisidiens; il ne voit pas 
que deja Rouge avail emis une telle proposition ^^l Flinders Petrie^'^^ne 
i'admet pas d'une maniere categorique; il envisage la possibilite de i'iden- 
tification avec P6dasa en Carie, mais il considere comme plus vrai- 
semblable le rapprochement avec ie fleuve P^dias a Ghypre. King et Hall^^^ 



^'^ Homer und Aegypten, p. 3i. Dans 
ce travail, que M. H. Brugsch (Die 
Aegyptologie , 1891, p. i^s) compte 
pairai ffden Verinungen auf dem Gebiete 
wissenscliaftiicher Forscliungenfl, nous 
trouvons la plupart des justes identifica- 
tions g^ograpliiques qu'on atlribuc coni- 
mun^ment a M. de Rouge. 

(') Cf. H^rodote, I, p. lyS : ffcrav 8^ 
Urjhucriss oixiovres virdp kXixapvrjcrffoii 
(i£(T6ya.iav . . . . ovTOi ruv irepi Kapirjv 
dvhpabv fiovvol re ivxiaypv y^pdvov kp- 
irayw (ed. Teubner, t. I, 1899, p. 99). 
Les m^mes Gariens p^dasiens sont men- 
tionnt^s chez H^rodote, VI, p. 20 (/. c, 
t. II, 1901, p. 75); la ITT^Sacros carienne 
est nomm^e au t. V, p. 121 (/. c. , p. 66 ) 
et le Pedasien lkpp.6Ttp.os apparait au 
t. VIII, p. toll (ib., II, p. 999). 

^'' Melanges d'arch. eg. el assyr. , t. II , 
1875, p. 267, d'apres les lemons de 
M. E. de Roug^ au College de France en 
1869, publi^es par F. Robioii. 

'*^ De Carcheniis oppidi situ, Paris 
1879, p. 87-89 : De Pedaso oppidi situ; 
dans le titre le nom hi^roglyphique est 
^crit d'une fa^on erron^e , Padapa au lieu 



de Padasa. Maspero laisse le clioix entre 
ie Padasa carien et la Pedasos troyenne. 
11 se declare contre la premiere identifica- 
tion , parce que le Padasa carien fut fond^ 
longtenips apr^s la guerre de Troie 
(Strabon, VIII, chap. 7). II reste alors la 
Pedasos honi^rique sur le fleuve Satnioeis, 
habitee par les L^l^ges (O 86, Strab., VII, 
7 : oi T^v Tpoiav iXdvres i^rjXatrav roxts 
AiXeyas roits ex T<yr irepi tyjv thrjv Tdireiyv 
Tccv xari Uifhoiaov xai Tdv 'SaTVioivra 
â– noTapdv). De m^me , Homere raentionne , 
O 86-87, ^1*^^^ comme regnant sur les 
L^i^ges k Pedasos. 

^*' Asten und Europa, p. 855 ff 

haben wir nicht den Mut « 

'*' Waldemar Sclimidt (Assyriens og 
Aegyplens Gamle Historic, Copenhague 
1879-1877) ^crit^ la page 577 : rPidasa 
liar man saalede antaget for Pisidia, idei 
dogs skulle vaere omsettan, mais il ne 
donne pas sa propre opinion. 

(') Hist, of Egypt from the XIX"' to the 
XXX"" dyn., p. 69. 

w L. W. King and H. R. Hall, Egypt 
and Western Asia in the light of recent 
discoveries, Londres 1907, p. 368. 

h. 



w 



— 52 — 



combattent ropinion de Petrie. Le nom wPMias » serait du a la corruption 
moderne de la forme antique Pediaeus (du grec ttsS^ov, fleuve traversant 
une plaine); si done Petrie fait des Pidasa des Chypriotes, il suppose 
eo ipso que Ton parlait en Chypre le grec pur iSoo^*^ ans avant J.-C, ce 
qui est absolument invraisemblable. D'apres King etHall, les Pidasa etaient, 
semble-t-il , des Leleges (Pedasiens), et le nom de Pisidie pent resulter 
d'une m^tathese. Le nom Pidasa se rattache partout aux Leleges, une 
tribu en migration, aussi bien en Laconie qu'en Asie Mineure. 

II. Dardni. — Brugsch fut le premier a qui le rapprochement avec 
AdpSavoi vint a la pens^e mais il n'osa pas I'admettre ^^\ Dans les Dardni 
ont vu les AdpSavoi Lauth'^^, E. de Rouge ''^', Ghabas^^', et avec hesita- 
tion Waldemar Schmidt ^^'. Brugsch ^^^ preferait les AapSavsts du Kur- 
distan mentionn^s chez Herodote^^l 

Du cote des AdpSavot incline aussi M. W. M. Miiller^'^, tout en faisant 
des reserves et en disant qu'il ne s'agit pas du petit pays sur I'Hellespont 



''^ /&eV/., p. 368 nousiisons : rr If then 
we make the Pidasa Cypriotes, we as- 
sume that pure Greek was spoken in 
Cyprus as early as 1 1 oo b. C. . . . « , mais 
les Pidasa sent mentionn^s sous Ramses 
II, par consequent i3oo ans avant J.-C. 
(Mever, Aeg. Chronologic, p. 68). La date 
1100 serait erron^e , m^me si King et Hall 
envisageaient les temps de Ramses III qui 
r^gnait environ 1 200-1 1 79 (Meyer, /. c.) 
ou 1 198-1 i67(Rreasted, Ancient Records 
of Egypt, 1. 1 , p. 4/j ) ; 1 1 00 c'est , semble- 
t-il, le r^gne de Ramses XII, dernier roi de 
la XX* dynastie (Rreasted, I.e., p. 45). 

('^ Geogr. Inschr., t. II, i858, p. 28 : 
Drdni, ffwie leicht konnte nichtdie blosse 
Lautahnlichkeit verfiihren, diesen Na- 
men mit den AapSaroj zusammenzustel- 
len, an die hier nicht im mindesten zu 
denken ist». 

''^ Homer und Aegypten, p. 3o. 



'*^ Extrail d'un meinoire, dans la Rev. 
arch., 1867, p. 36; cf. Melanges d'arch. 
eg. et assyr., t. II, 1876, p. 967. 

^'^ Eludes sur Vant. historique, p. i85; 
Recherches pour servir a I'histoire de la 
XIX' dynastie, 1878, p. 49 et 48. 

^*' Assyriens og Aegyptens Gamle His- 
toric, Copenhague 1872-1877, p. 677 : 
ffDardani, der minder om Dardanernen. 

^'^ Gesch. Aeg., ^91, p. 499. 

^'^ I, 189 : eirelTS Zi b KOpos iropevd- 
[Lsvos iirl Trfv Baft/A&iva eyivsTo eirt 
rivhrf TTOTafio) , toO «/ [liv irrjyai iv Ma- 
TitjvoTcri 6pe<Ti, psei hi hat Aaphavicov, 
exhthoi hi is ^Tspov Tiotayibv THyprjv, b 
hi irapac Ott/v itdXtv picov is Tr)v fipv- 
6pr)v OctXaatTctv ixhihoT, tovtov hif tbv 
Tivhriv Tfora.y.bv, etc. ed. Teubner, t. I, 
1899, p. 107. Cette mention des Dar- 
daniens du Tigre est isoiee. 

w L. c, p. 355. 



— 53 — 



[5] 



mais que «les Dardaniens furent a rorigine un important (pre-indo- 
europeen) peuple d'Asie Mineurew. II ecarte d'une facon categorique 
I'hypothese de Brugsch , car Tinfluence hetheenne ne s'etendrait pas aussi 
loin. Pour les Dardaniens sont aussi Hommel^^^ et Breasted ^^', mais Petrie 
considere comme probable que le nom des Dardni derive des monts 
Dardaniens, situes au nord d'lssos^^l 

III. Masa. — Lauth^*^ les a rapproches des Mviroi de Vlliade, mais avec 
des doutes. E. de Bouge a ete plus affirmatif'^^, et Gbabas^^^ consid^rait 
la connexion avec la Mysie comme indubitable, Waldemar Schmidt (''^ 
h^site, et Brugsch t^' a vu dans les Masa les habitants des monts Masius, 
tandis qu'Ed. Meyer ^^^ 6voque le souvenir des Mas dans le desert syro- 
arabe, mentionn^s par les inscriptions cun^iformes. M. W. M. Miiller^'^' 
voit des difficultes a I'identification avec la Mysie, parce que les Mysiens 
chez Homere habitent la Thrace; Hall^''' refuse toute valeur a cettc ob- 
jection, et, comme lui, Hommel^^^^ et Breasted''^' sont pour la Mysie. 
Petrie ^^*' prefere placer les Masa sur la c6te septentrionale de la Syrie 
et il trouve la confirmation de son hypothese dans le nom du Gebel Musa ! 

IV ET V. Karkisa et Keskes. — Lcs Karkistt , d'apres M. de Bouge ^^^^ 
seraient les Girgas^ens, une tribu chananeenne mentionn^e par la Bible. 
Brugsch avait des doutes a cc sujet"^'; il considerait Keskes comme une 



^'^ Grundrtss der Geogr. und Gescli. 
des alien Orients, tgo^, p. 28. 

(*5 A History of Egypt, New -York 
1905, p. U^k. 

''' L. c, p. 49. 

W I. c.,p. 3i. 

("' Extrait, p. 36. 

'*^ Etudes, p. 85; Recherches, p. 36, 
/»2 et /18. 

^'' Assyriens og Aegyptens Gamle His- 
torie, p. 577. 

''^ L. c. , p. /iga ; Maspero {Hist. , t. II , 
p. 367) cite par erreur les pages 678 
et 579. 

(•' Gesch.d. Alien., i884, p. 278. 



'"•' I.e., p. 355. 

'"^ Oldest Civilisation of Greece,^. 172. 

^"^ Grundriss der Geogr., I. c. 

("J A History of Egypt, New-York 
igoS, p. 424. 

<") L. c, p. 49. 

(•*) Rev. arch., N. S., t. XVI, 1867, 
p. 36 : ffXeta et Karkisa se trouvent 
r^unis comme dans ie livie de Josu^ , les 
Chitti et les Girgaschi». De m^me M. J.de 
Rouge (Rev. egypt., t III, p. i6o)r^p^te 
ie rapprochement de son p^re : (rKai-kisa 
r^pond au Girgascbi de la Bible, tribu 
chananeenne fl. 

('*' Dans la Gesch. Aeg., 1877, il 



[6] — 54 — 

variante de la forme Karkisa'^^^ et il cilait d'abord la province syrienne, qui 
s'appelait, d'apres Ptol^mee, Kasiotis^^)^ g^^ pgp i^ suite ^3)^ \q^ Gergithes de 
Troade. W. M. Miiller'''' donna a Tidenlite de ces deux noms une base 
plus sure en attirant Tattention sur Techange de s et r-l dans les langues 
assyrienne et neo-babylonienne, mais tandis qu'il le rapproche de celui 
des Giliciens^^', Hommel'^^ et Maspero''^ citent les Kaski des inscriptions 
cuneiformes et les Colchidiens. Breasted aifirme que les Karkisa et les Keski 
sont des peuples absolument differents, parce que dans le papyrus ces 
deux noms se trouvent ensemble I'un a c6te de I'autre; mais cette affir- 
mation me parait sans fondement^^l Petrie'^^ voit un lien, d'une part 
entre le nom de Keskes et celui du mont Kasios, d'autre part entre les 
Karkisa et Kirkhion sur I'Euphrate. II convient de ranges dans le domaine 
humoristique Topinion du professeur D"" Baranski*'^' : wKilikier wohnten 
in Nordeuropa am Rigaischen Meerbusenr. 

VI. LouKA. — Brugscb^"^ les consid^ra d'abord comme un peuple 



donne auprfes de Karkes le nom Girga- 
siter avec point d'interrogation. Dans ces 
conditions, il est difficile de dire — comme 
ie faitM. Maspero {Hist., t. II, p. 889) 
— qu'il identifiait ces deux peuples. 

('' L. c, p. 49-2 : Keschkesch oder 
Kerkesch. 

'"' Geogr. Inschr., t. II, Das Ausland 
(i858), p. 22 et 28. Les A'as^a*^ furent 
identifies avec la Kasi6tis aussi par Walde- 
mar Schmidt (/. c, p. 676 et 781). 

('' Dans ScHLiEMANN, Ilios, 1881, 
p. 828. 

'*^ Asien und Europa, p. 852 et 355. 

'*' li s'y rattache aussi Kiskisos en 
Cilicie , remarqu^ par Ramsay ( The Cities 
and Bishoprics of Phri/gia), et que cite 
Maspero, Hist., i. II, p. 889. 

'"' Gesch. des alien Morgenlandes ,1895, 
p. 86. 

(') Hist., t. II,p. 889. 



^'^ II ne pent s'agir que du passage 
du papyrus transcrit Rev. egypt., t. Ill, 
p. 160; mais 1^ on trouve a cot^ de Keskes 
non Karkisa mais Karkamasa avec ia re- 
marque : ffLe papyrus donne Karkamasa. 
Est-ce une erreur, ou est-ce Karkemisch 
que le scribe a voulu designer et qui est 
donne plus loin dans le texte monumen- 
tal ? Karkemisch s'^crit d' ordinaire avec 
un Kn. 

'°' L. c, p. /19 et 5o. 

('") Urgeschichte Nordeuropas , p. 85o. 

(''^ Hist, d'&gyple, 1869, p. 179. II 
y est question des guerres de Min^phlah. 
Plus tard, Brugscli en distingua les Leka 
des temps de Minephtah et les considera 
comme un peuple caucaso-colchidien ha- 
bitant en Libye. De m^me T. G. H. Wendel 
{Hist, of Egypt, 1890, p. 95), suivant 
en cela le pr^cMent de Brugsch , voyait 
en eux une tribu libyenne. 



— 55 



[7] 



libyen, et E. de Rouge ^^^ fut le premier qui les identifia avec les Lyciens, 
ce qui fut accepte par Fr. Lenormant^-', Ghabas^'^ et Lieblein^*l En 
meme temps Lauth ^^^ en rapprochait le fleuve Lykos , la Lucanie et meme 
la Ligurie. Halevy '^^ etait frappe par la ressemblance avec les noms libyens 
Laga et Lagou, mais bientot, ayant connu le poeme de Pentaour et ayant 
trouve les Louka parmi les nations de Syrie , il abandonna ses rapproclie- 
ments'^l M. Waldemar Schmidt hesitait entre un pays situe sur I'Euphrate 
et la Lycie, mais il inclinait plutot vers le second '*l Brugsch^^^ songea 
ensuite aux Ligyens mentionnes par Herodote ^^°^, puis il se rallia a Tiden- 
tification avec les Lyciens ^'''. Schrader indiqua le pays de Laki et le peuple 
des Laksi mentionne sur la rive droite de I'Euphrate par les inscriptions 



^'^ Exlrait, dans ia Rev. arch., 1867, 
t. II, p. 89 et 96 : ffL^ka, nom qui d^si- 
gne piobablement les Lyciens n (89). Son 
fils, J. de Roug^, dans I'^dition du po^me 
de Pentaour [Rev. egypt., t. Ill, i885, 
p. 160) qu'il publia d'apres les notes de 
son pere, ^crit : ffLa Lycie, mais c'est 
peut-^tre un peu loin«. 

'*' Man. d'hist., 1869, p. 4 19; mais 
aux pages ^29 et /i3o il en fait des crLa- 
coniens5». Dem^»rae Alfred vonGutschmidt 
consid^rait ffdie Lakonen fiir die laullich 
und geograpliisch am nachsten liegende 
Deutungn [Kleine Schriften, herausgeg. 
von Franz Rihl, t. I, Leipzig 1889, 
p. 3 1 1 , Uber Dunekers Geschichte des 
Altertums, imprime pour la premii^re 
fois dans les Jahrbiicher fiir Iclassische 
Pfiilologie, 1875). 

^â– ^^ Etudes sur I' ant. hist., p. i85; Re- 
cherches pour servir a Vhisloire de la XIX' 
dynastie, 1878, p. 86, 42, 68. 

'*^ Aegypien i dess Minnesmarlcen, Stock- 
holm 1877, p. 118. 

^'' Aegypt. Texte, dans la Z. d. deutsch. 
Morgenl. Ges., t. XXI, 1867, p. 663. 

'"' Etudes berberes, au Journ. asiatique. 



1876,7* s^rie, t. IV, p. 6 1 1 . Maspero place 
en premier lieu parmi les adversaires 
de la th^orie de Roug^ Brugsch (Hist., 
t. II, p. 359); mais Brugsch a pubiie sa 
Gesch. Aegyptens en 1877 et Halevy ses 
Etudes berberes en 187/i. linger, cit^ par 
Maspero [Manelho, p. 218), ne parle pas 
du tout des Lyciens. 

''' L. c, p. 4 16. Auparavant il con- 
naissait seulement les monuments de 
Min^phtah. II se peut cependant que 
certains noms ethniques, «^tant devenus 
typiques, aient designe vaguement des 
nations ennemies, sans impliquer une 
notion g^ographique d^termin^e. 

<*' (f Leka d. e. muligviis Lakiernes Land 
ved Euphrat, eller, som det antagcs af 
de fleste Aegyptologer, og masske med 
Rette, det billeasiatiske Landskab Lykien « 
(Assyriens og Aegyptens Gamle Historie , 
p. 576). Ibid., p. 577 : ff Leka de muligviis 
er Lykien 51. 

<'^ Gesch. Aeg., p. 691 et 678. 

<") VII, 72 : Myves (M. Teubner, 
1901, t. II, p. 174). 

<"' Dans SCHLIEMANN, Ilios, p. 828 : 
Liku = die Lycier. 



[8] 



— 56 — 



assyriennes; celul-ci avail ^te anterieurement mis en avant par M. Waldemar 
Schmidt ^'l La theorie de M. E. de Rouge a fini par prevaloir : Sayce, qui 
li^sitait encore a radmcttre '^^ s'est declare pour elle, ainsi que W. M. Miil- 
ler^^^, en invoquant a son appui non seulement le voisinage des Kalakisa, 
qui rappelaient les Giliciens, mais aussi les conclusions tirees du costume. 
De m^me MM. Maspero^*', Halite), Hommel'«\ PetrieC') et Breasted ^^l 

VII. Ariwana. — Le nom de ce peuple est lu d'une triple facon, sui- 
vant la valeur attribuee au premier signe du mot qui se presente a Toeil. 



^'^ Zeitschr. fur ag. Sprache, 1879, 
p. 47 et 48, reproduit par Ed. Meyer 
dans la Gesch. d. Alt., t. I, p. 978. Je ne 
cite pas Wiedemann; son travail, Die 
dltesten Beziehungen zwischen Aegypten 
und Griechenland (Leipzig i883), cite 
par Maspero, m'est inconnu. Maspero 
(Hist., t. II, p. 359) cite aussi Aeg. Gesch. 
de Wiedemann , p. 675 : mais ia, il n'y 
a pas d' objections explicites contre I'iden- 
tit6 des Loiika avec les Lyciens. 

(') A. H. Sayce, The Races of die Old 
Testament, Oxford 1891 , p. i5/». Sayce 
doute h cause de I'origine non-iycienne 
du nom Louka; c'est en effet Tramele 
qui est le nom autochtone. 

''5 Asien und Europa , p. 354. En 1887, 
le D' 0. Treuber ^crivait dans sa Geschichte 
der Lyicier : rr Ob die Lykier bei einem der, 
unter Ramses II, unter Menepbtah und un- 
ter Ramses III, von Haufen verschiedener 
Volkstamme gegen Syrien, beziehungs- 
weise Aegypten , unternommenen Raub- 
ziige beteiligt waren, von vorn herein 
zu leugnen erscheint uns unberechtigt?^. 

(') L. c, t. II, p. 359. 

^'^ Oldest Cioilisalion of Greece, p. 88. 

'*' Grundriss der Geogr. und Gesch. 
des alien Orients, 1904, p. 28. 



''^ History of Egypt, p. 5o et 5i. 

'*' Ancient Records of Egypt, t. Ill, 
p. 939. Raranski est d'avis que les Lika 
habitaient rram Rigaischen Meerbusenii 
(/. c, p. 96). Comme curiosity je cite le 
passage suivant : frim Mittelalter kannte 
der Araber Ibn Fouslan ein Kasalikenland 
in Nordrussland , offenbar am Rigaischen 
Meerbusen. Der Name eihiell sich noch 
heutzutage unter den Litliauern. Den 
russischen und polnischen Herrn nennt 
der Lithauer Rurlaks oder Rur-lokas, 
den Polen heisst er auch Leukas. Im X. 
Jahrh. nannte Widukind die Polen Liki- 
kacirci. Daraus ist es ersichtlich, dass in 
Nordeuropa der Name Luk (Lak, Lok, 
Lyk) sehr bekannt war« (p. 98). A la 
m^me ^cole que Raranski appartient 
i'abbe A. Szaniowski (Lech, Czech, ikus, 
Varsovie 1907, voir la recension d'U- 
taszyn dans la rrllsianzkan, 1908, n* 9, 
p. 364-365). Ge savant, lui aussi, consi- 
d^rant les formes Lig, Lik, Louk, Lak, 
affirme que la demeure primitive des 
Lach avait ^t^ la partie littorale m^ri- 
dionale de la Rabylonie, que vers 4ooo 
avant J.-G. une partie de la tribu de Lach 
occupa la c6te de la Louka = Syrie ; il voit 
des Lach dans les Paphlagoniens , etc. 



— 57 



[9; 



Ghampollion lisait Junan^*^ et traduisait trie pays des loniensw, en quoi 
Rosellini I'a approuve ^^^ E. de Rouge '^^ etait pour Iruna ou Irjuna ou lijuna 
(r = l), et supposait sous cette forme Ilion. Chabas'*^ etait du meme avis 
que Champollion mais il admettait la possibilite de la lecture Maouna 
(Maeonia)'^', et meme il la considerait comme plus probable ^"^l Brugsch 
proposa Malunna ' ''^ et plus tard Mauna^®'. M. Waldemar Schmidt supposa 
avec hesitation Ilion (^^, M. Lauth^'^^ etait arrive, on ne sait comment, a 
la lecture Valiuna, M. Maspero^*'^ appuie la th^orie de Rouge; M. W. M. 
Muller''^^ est pour la forme primitive de Ghampollion, en y voyant 
avec certitude des loniens; de meme M. Hommel '^^l M. Hall^^*^ considere 
la question comme provisoirement insoluble; de m^me M. Breasted '^^l 
M. Budge '^^^ reste fidele a Maunna. Enfm M. Petrie^^'^ juge probable 
le rapprochement d'Arwan (en grec Oroanda) au nord-ouest de la Gilicie. 

VIII. Kazauaden. — On s'est peu occupe de ce nom. M. de Rouge ^'^^ n'en 



'*' ffJounann : Gramm. egupl., p. i5i, 
cl Z)/c/. eg., p. 66. M.W, M. Miiller {Asien 
und Europa, 870) cite dans Tordre in- 
verse, mais le Dictionnaire avail pani 
seulement en i8/ii, la Grammaire d^s 
i836. Maspero aflirme a tort [Hist. , I. II , 
p. 367) que CliampoHion lisait Eionna. 

''' Mon. storici, I, III, 1, p. 4 26. 

^'' Becueil de traoaux, I. I, 1870, 
p. 8; Melanges d'arch. egypt. et assyr., 
1875, p. 367 (lerons de 1869 publi^es 
par F. Robiou). 

'*^ Etudes sur Vantiq. hist., p. i85. 

('' Ibid. 

'"^ Ibid., p. 287 ff . . . rionie ou mieux 
encore la Meonie«. Masna a la page i85 
est sans doute une erreur, au lieu de 
Mauna. 

''' Gesch. Aeg., p, 491. 

^'^ Dans ScHLiEMANN, Ilios, p. 894. 

'*' L. c, p. 677 : vAl-un eller Il-un, 
der minder om Ilion-Troia«. 



("5 Atis Aeg. Vorzeil, 1881, p. 3oi. 
C'esl semble-l-il , une faule d'impression , 
au lieu de Maliuna, mais dans ce cas, 
d'ou vient le rappi-ochemcnt d'llion ? 

'"' Les Ilim, dans le Becueil de tra- 
vaux, I. VIII, 1886, p. S[i,ci Hist., t. II, 
p. 367. Dans la petite Histoiro des peu- 
ples deVOrient, 6' ed., Paris 190^, a la 
[)age 263, Hiuna, faute «^vidente d'im- 
j)ression pour Iliuna. 

^'*' Asien und Europa, p. 368. 

*'*^ Gesch. des alien Morgenlandes , p. 86; 
Grundriss der Geogr. und Gesch. des alien 
Orients, 190^, p. 28. 

''*^ Oldest Cioilisalion of Greece, p. 1 29. 

<'*' i History of Egypt, New -York 
1906, p. 6a4. 

^"' ^SHV^ wnrfer Barneses the Great, 
p. 98. 

("' Hist., p. 49. 

^"^ Dans I'Mition du po^me de Pen- 
taour par son fils (Bev. egypt., t. Ill, 



10] 



— 58 



a rien pu tirer et M. Brugsch ^'^ s'altacha au Gossen biblique. M. W. M. Miil- 
ler^^^, ayant lu dans le papyrus Anastasi la mention d'un baume hetheen 
appele Ka-da-va-ira^^\ considere les Kazawaden comme une partie du pays 
hetheen ; d'autre part il apercoit dans le traite d'alliance la mention des 
dieux Kizawadana et de la princesse, fille de ce pays et pas un mot nuUe 
part sur le prince de Kazawaden, d'ou il conclut que ce pays, aupara- 
vant independant, etait alors en une etroite union (Personalunion) avec 
les H^theens. Petrie pense a la Kataonie'*^, Hommel^^^ a la Gappadoce, ce 
qui revient d'ailleurs au m^me. 



Gette revue historique des opinions de divers savants fait I'impression 
d'un chaos decourageant. N^anmoins on pent parvenir a certaines identi- 
fications et repandre de la lumiere sur ces peuples. En tout cas il faut 
renoncer a vouloir expliquer necessairement toutes les enigmes; dans 
cette voie on ne parvient qu'a de nouvelles confusions. II vaut done mieux 
ne pas avoir lionte des lacunes, ne pas essayer de dissiper toute I'obscu- 
rit6 , mais se bonier a etablir des bases solides , que les decouvertes futures 
pourront confirmer et continuer, sans qu'il y ait besoin de recommencer 



p, 160) on lit la remarque : rrKatuatan. 
Inconnu jusqu'a present". 

^'^ Dans ScHLiEMANN, lUos, 1881, 
p. 828. Brugsch transcrit Qazauanatan. 
Nous ne renconlrons cette forme nuUe 
part dans les documents , mais seulement 
Qazawana {Rec. egypt., t. Ill, p. 160) 
dans le papyrus Raifet, Qazawadn (ib.) 
k Louxor et Karnak, Qazawadana (Rev. 
egypt., t. IV, p. 129) dans le papyrus 
Sailier. La forme Qazouana ... au pa- 
pyrus Raifet a une lacune avant le signe 
d^terminatif g^ographique ; evidemment 
Brugsch I'avait compl^tee par tan. Budge 
{Egypt under Rameses the Great, 1902, 
p. 28) donne seulement la forme Qit- 
chaua(tan) , connue par le traite d'alliance 
(^gypto-h^th^en. 

<*' Asien und Europa, p. 335. 



''' D'apres W. Max Miiller, cette forme 
ffist sicher aus Ka-da-va-de-n korrum- 
piertn [ibid., p. 33 1). 

'*) Hist. o/Egyptfrom the XIX'" to the 
XXX"' dyn. , 1905, p. 5o : tfThe termi- 
nation -dana points rather to the Persian 
side than to the Greek, and the form 
Qazauo-ira for balsam from the Kheta 
shows that Kazana or Katana was the 
essential name. This people were outside 
of the Kheta, but closely connected, as 
the King swears by the gods of the Kheta 
and the gods of Qazauadana. The region of 
Kataonia well agrees to this in ail ways^. 
Lagrange tient de meme pour les Catao- 
niens [La Crete ancienne, 1908, p. 143). 

'^^ Grundriss der Geogr. und Geschichte 
des nlten Orients, t. I, Miinchen 1906, 
p. 47 el 5G. 



59 — 



[11] 



perpetuellement ia construction. Pour I'identification des Louka avec les 
Syriens nous avons de tres serieux arguments. 

A. Parmi les tablettes de Tell-el-Amarna nous avons une lettre du roi 
du pays d'Alasija a Amenophis III contenant le passage suivant : sPourquoi 
mon frere me dit-il de telles choses? Lorsque les liommes du pays de Loukki 
(lou-ouk-ki) font chaque annee leur expedition , je suis attriste dans mon 
pays(?)^". Mon bon frere, tu m'as fait dire : <sLes hommes de ton pays 
ont agi en commun avec eux», mais moi, mon frere, je ne sais pas s'ils 
avaient ete avec eux. Si ce sont des hommes de mon pays, dis-le-moi, et 
je ferai ce qu'il faut, tu ne connais pas I'affaire. Les hommes de mon 
pavs n'ont pas fait cela . . . w Le sens est clair : le peuple aventureux de 
Loukki a cause heaucoup d'ennuis a Amenophis IIL Celui-ci, soup^onnant 
— a tort ou a raison — que des sujets du roi d'Alasija y ont participe, 
fait des reclamations et il recoit une lettre d'excuses. La correspon- 
dance d'Amenophis III date d'environ 1870 avant J.-C.'^^, et la hataille de 
Kadech tombe vers 1290 avant J.-C. ^^^ : nous avons done I'intervalle d'envi- 
ron 80 annees. II est dilFicile d'admettre que les brigands mentionnes 
dans les textes cuneiformes de 1870 sous le nom de Loukki et les allies 



^'' ffAffligei : Halevy, La correspon- 
dance d'Amenophis III et d" Amenophis IV, 
Paris 1899, j). 87. Mais rfje suis inno- 
cents, seion A. J. Delattre, S. J., Leltres 
de Tell-el-Amarna, dans les Proc. Soc. Bihl. 
Arch., 1898, t. XV, p. 180. Cf, anssi 
WiNCKLER, Tell-el-Amarna Letters , 1896, 
p. 87 et 88. 

'*' Le r^gne de Thoutmosis III est 
fix^ aii point de vue aslronomicpie, grAce 
a la dale solhiaque cl a deux dates de 
calendricr dans les annales de Karnak. 
Mahler placait son avenement en i5o4, 
Lehmann en i5i5. Ed. Meyer (Aefr. 
Chronologie, Berlin 190/i, p. 5o) a 
adopt(^ la methode de Lehmann , mais il 
a d^monlr«5 que les calculs de ce dernier 



conlenaient une erreur, et il est parvenu 
pour le regne de Thoutmosis III, aux 
dales 8/V' 1501-17/III ihli'j. Les dales 
de ses successeurs ne peuvent ^tre ela- 
blies qu'approximativement; le r^gne 
d'Amenophis III , qui dura 86 ans, lorabe 
en 1411-1875 (Breasted, Ancient Re- 
cords of Egypt, 1. 1, p. 43), ou en i/ii5- 
i38o (Meyer, /. c, p. 68), ou en d'au- 
tres annees voisines de celles-li. 

^'^ Breasted (/. c, p. 44) adople pour 
le r^gne de Bamses II les dates 1292- 
12 25, et Meyer (/. c, p. 68) les dates 
1800-1234. La bataille de Kadech eut 
lieu dans la cinqui^me ann^e du r^gne 
de Bamses II, comme nous le savons par 
le frpoeme de Pentaourr, 



[12] 



— 60 — 



des Heth^ens dc 1^90 fussent deux peuples differents. II est beaucoup 
plus probable que nous avons la affaire a un meme peuple ^'l Du 
contenu de la lettre du roi d'Alasija il semble resulter que les Loukki 
etalent les voisins de celui-ci. Quest-ce quAlasija? M. W. M. Miiller^^) 
y voyait plut6t un pays sur le continent qu'une ile, et M. Maspero^^' un 
plateau a rembouchure de I'Oronte. M. Hall^*' est pour Ghypre, car on 
salt par les tablettes de Tell el-Amarna que Ton exportait le cuivre d'A- 
lasija en Egypte et que d'autre part c'^tait un pays commercant et ma- 
ritime, qui n'etait pas situ^ dans le Canaan. S'il en est ainsi, le voisinage 
de Ghypre avec le pays Loukki-Loukou repond tres bien a la Lycie et a 
ridentification des Luku avec les Lvciens. 



''^ cfLukki, welche zweifellos Lykien 
den Namen gegeben habenn : Winckler, 
Die Euphratldnder tind das Mittelmeer, 
Leipzig iQoS (dans Der alte Orient, 
t. VII, 2), p. 16. 

'*' Asien und Europa, p. 967. Cf. 
aussi Karl Niebuhr, Die Amarna-Zeit, 
Leipzig 1908, p- 17 : rfAus dem Lands 
Aleschja, das wohl an der kiiikischen 
Kiiste zu suchen istn. 

'^^ ff Que I'Alasia soil, comme je le crois, 
le massif montagneux situe a rembou- 
chure de rOronte, ou, comme d'autres 
Tont soutenu, la grande ile de Ghypre, 
ii importe peu . . . n [Conies populaires, 3° 
M., p. 188). A Texemple de M. Mas- 
pero, M. A. Morel place Alasija dans la 
carte de i'Asie occidentale jointe au livre 
Au temps des Pharaons, Paris 1908; cf, 
ibid., p. 69 (royaume d'Aiasia sur le has 
Oronte) et 79. Th. Noldeke [Zeitschr.fiir 
ag. Sprache, t. XXXVIII, 1900, p. iSa) 
doute qu'Alasiya soit Ghypre et pense 
qu'il est plul6t le pays fiAatoOo-o-a (d'apr^s 
Strabon , une ile h I'ouest de Tarsos) ; 
mais, Ou Allah 'allitn, ajoute-t-ii. 

^*^ Oldest Civilisation of Greece, p. 1 63 : 



crAlasa, a country which may be placed 
with great probability in Gyprusri. King 
and Hall , Egypt and Western Asia ,1907, 
p. ^29: rr Alashija or Gyprusi', mais ibid. , 
a la page 43 1 , 1'identification est de nou- 
veau limitee par ff probably n. Lichtenberg 
est decidement pour Ghypre (cf. Mitteit., 
der vorderasiat. Gesell. , etionische Sauk). 
En 1895, W. 'M. Miiller (Ze/fccAr. /ur 
Assyr., t. X, p. 267-26/1) identifie ffdas 
Land Alasian avec Ghypre. Le meme 
[Die alten Aegypter ah Krieger und Ero- 
berer in Asien , Leipzig 1908) : ffCypern 
Arasa , keilinschriftlich Alaschia genannti 
(p. 3i); cf. HoMMEL, Grundr., p. 62; 
Winckler, M«. d. deutsch. Orient. Gesell., 
n' 35, p. 4i. Pour Ghypre est aussi Ed. 
Meyer, Glossen zu den Thontafelbriefen von 
Tell -el-Amarna [Aegyptiaca, Festschrift 
fur Georg Ebers, 1897, p. 67). Le prof. 
D' Baranski place natureliement (/. c, 
]). 7/1) le pays en question dans I'Europe 
du Nord : ffHeutzutage giebt es noch 
eine Allaschstadt an der unteren Ost-Aa 
am Rigaischen Meerbusen. Der Name 
ffAlasfl war daher am Rigaischen Meer- 
busen seit eher gebraucht. « 



— 61 



[13] 



B. Parmi les allies hetheens figurent a c6t^ des Louka les Karkisa'^^, que 
M. W. M. MuUer a rapproches des Giliciens. La parente et le voisinage pro- 
bable des Louka et des Karkisa coincide avec la position geographique de la 
Lycie et de la Cilicie. Ce n'est pas un argument convaincant en soi-meme ^2^, 
mais avec les autres, il confirme I'identite des Loukou avec les Lyciens. 

C. Trhs important est I'argument de M. W. M. Muller tir^ du costu- 
me t^l Au temple de Louxor nous trouvons sur le pyl6ne ^*) une scene re- 
pr^sentant dans un groupe de dix guerriers divers types des ennemis 
coalis^s de I'Egypte^^'. 

II y a la des Semites et des Hittites, mais il y a aussi trois types 
differents (1, 6, 10) avec une coiffure caracteristique, a savoir une 
sorte de casquette ceinte d'une couronne de plumes (*^ Gela se rattache 



''^ Dans le lexte de Louxor du «po^me 
de Pentaourn {Rev. eg., t. Ill, p. 160), 
Karkisa et Louka figurent I'un k cdt^ de 
I'aulre. 

'*' II est donn^ par M. W. M. MiiUer 
{Asien und Europa, p. 355). 

(') Ibid., p. 36 1 et 36-2. 

^'' G. Daressv, Notice explicative des 
mines du temple de Louxor (Le Gaire 1893), 
p. 9 3 et 9/1. Roseiiini, dans I'index plac^ 
en t^te des Monumenti slorici, attribue h 
tort le pylone a Ramses III. Gf. Breasted, 
Ancient Records of Egypt, t. Ill, p. \hS. 

''^ RosELLiNi, Monumenti storici, pi. 
io4; Champoli.ion, Monuments , pi. 3 9/1. 
W. M. Miiller cite {Asien und Europa , 
p. 36 1) la planche 3i/i, mais dans IV*- 
dition de Champoliion il avait ^te com- 
mis une erreur corrig^e dans Texplica- 
tion introductive : ff Planches GGGXXIII 
et GGGXXIV (num^rot^es par erreur 
GGGXIV)». Le dessin de Roseiiini est 
reproduit par M. W. M. Miiller (/. c). 

(•) M. W. M. Miiller {I.e., p. 369) 



6crit : (rDer ponlische Schild und das 
rasierte Gesicht lehren, dass wir es mit 
Stanimen zu thun haben , die dem hethi- 
tischen Kulturkreise naliestehenrt. Mais le 
bouclier, nous le voyons seulement chez 
un (ie premier) des guerriers. Gela pour- 
rait s'expliquer si Ton supposait que les 
mains droites chez le sixi^me et dixi^me 
soldat sont cach^es , et que Tartiste ^gyp- 
tien ne sut pas vaincre la difficult^ tech- 
nique de representer une partie du 
bouclier. Mais on ne pent pas passer 
sous silence qu'aussi le huiti^me soldat 
(avec le type Semite) a la main gauche 
voil^e. Quant au rrrasiertes Gesicht «, on 
ne peut rien dire sur la moustache, k 
cause du caract^re d'esquisse que porte 
la sc^ne. Les barbes sont pai'faitement 
visibles, surtout chez Roseiiini, et le 
neuvi^me soldat qui a, chez Roseiiini, 
I'aspect d'un individu ras^ ou imberbe, 
fait chez GhampoUion egalement I'im- 
pression d'etre un homme barbu , ce qui 
d^truit I'argument de M. Max Miiller. 



[ill] — 62 — 

admirablement a rinformation transmise par Herodote, que les Lyciens 
marchant avec Xerxes contre la Grece avaient sur la tete des bonnets 
couronn^s de plumes (*l La coiffure representee dans les reliefs de 
Louxor du temps de Ramses II se repete sous Ramses III a M^dinet- 
Habou chez les peuples Danona, Pourasati, Sakarousa, Zakara'^^, d'oii la 
possibility de conclure que le nom Louka avait un caractere collectif. Les 
Egyptiens ayant affaire aux pirates sous Amenophis III ^^\ puis sous 
Ramses II a des allies heth(^ens, plumes eux aussi et d'un type appa- 
rente a ceux-la, ne s'attarderent pas a chercher des distinctions ethno- 
grapliiques exactes : ils les engloberent tous sous le nom des principaux 
parmi eux, des Louka ^*^ 

Ces Lyciens, qu'etaient-ils ? 

Herodote nous a conserve la legende d'apres laquelle les fds d'Eu- 
rope, Sarpedon et Minos, se seraient dispute la domination sur la Crete. 
Minos vainquit et chassa Sarp6don , qui alia avec ses adherents en Asie , 
«au pays de Milyas^^^??. crCe pays est maintenant habite paries Lyciens, 



('^ Aixioi. . . elypv . . . irepl Si Trf(Ti 
KS^(tk^(Ji iriXovs -nTspoTai TrepisaTspa,- 
vccfiivovs (VII, p. 72), ed. Tenbner, 
t. II, 1901, p. 179 et 180. 

''' M. W. M. Miilier insiste sur ce 
point (/. c, p. 36a et 363) et M. Daressy, 
dans son Guide du temple de Louxor 
(1893), fait la m^me remarque. En 
d^crivant le pyl6ne de Ramses II, il 
reconnait rles peuples d'Asie Mineure : 
Sakalas, Tursa, Dsakari. . n, quoiqueces 
noms ne se trouvent point dans les textes 
relatif k la batailie de Kadech (Daressy, 

/. C, p. 9 4). 

^'^ Voir plus liaut. 

'*' W. M. MiJLLER, /. c. Je ne men- 
tionne pas pour i'instant Tinstinictive 
omission des Louka dans les comptes sta- 
tistiques de Mindphlah victorieux. 

(*) Herodote, I, p. 173, M. Teubner, 
t. I, 1899, p. 98 : isrr)v yrjv MiXviha. 



Dans un autre passage (IV, p. 45), 
Herodote raconte sur Europe que ksh 
rffs Acrirjs re (palvstai £o\i<ya xai ovx 
aTtiKOixivrj es t>;v yiiv Tcivryjv, ijris v\)v 
vTib T<wv hXhrfvoiv ECpd)TTrj xalierat, 
dAA' 6crov SK ^oivlxtjs is KptJTrjv ex 
KprJTtjs hi £5 Avxirjvv. Cette migration 
d' Europe, de la Cr^te en Syrie, r^pond 
a la legende ci-dessus sur la migration 
de Sarpedon; est-ce qu'Europe s'etait 
mise en route avec son fits? Dans VAus- 
fuhrliches Lexikon der gr. und rom. 
Mythologie de M. W. H. Roscher (Leip- 
zig chez Teubner, t. I, p. i/iio et seq.) 
la Lycie n'est point mentionnee dans 
Tarticle sur Europe. Dans le meme article 
nous iisons : crerhielt auch von dieser 
Europa ein Teil der Erde den Namenr), 
et en t^te des sources est cite Herodote. 
Cela conduit k la confusion, car preci- 
sement H(^rodote en doutait : ^ Se Sj) 



— 63 



[15] 



mais je dis que c'etait la Milyade et les Milyadiens s'appelaient alors 
Solymes. «Herodote ajoute que, sous Sarpedon, les Lyciens portaient le 
nom de Termiles et qu'aujourd'hui encore ils sont ainsi appel^s par leurs 
voisinsw. Le nom de Lyciens proviendrait de I'Ath^nien Lykos, fils de 
Pandion , qui, chasse par son frere Egee, s'etait refugie chez les Termiles ^^^ 
Les Lyciens — affirme toujours Herodote — sont pour les moeurs en 
partie cretois et en partie cariens. Mais ils ont une coutume propre et 
que Ton ne retrouve nulle part ailleurs : ils etablissent la descendance de 
leurs families en ligne maternelle et non paternelle. «Si Ton demande a 
quelqu'un a quelle famille il appartient, il donnera sa genealogie du 
c6t^ maternel et il citera les meres comme ses ancMres. Et si une femme 
libre se marie a un esclave, les enfants sont consider^s comme nobles; 
mais si un homme libre, et fut-il parmi les plus haut places, prend pour 
femme une etrangere ou une concubine, les enfants sont consid^res 
comme a.Ti(Xot ^^^ v 

Le lien entre les Lyciens et la Crete, sur lequel Herodote insiste, est 
vraisemblable ; le nom de Termiles est confirm^ par les inscriptions lyci- 
ennes^*'. La legende sur TAth^nlen Lykos est une reminiscence de Thell^- 
nisation des Termiles, qui a eu lieu de tres bonne beure. II est digne de 
remarque que ce peuple ne porte pas dans les monuments ^gyptiens son 
nom autochtone mais le nom soi-disant ath^nien, ce qui prouve de 
tr^s anciennes influences hell^niques ^*^ 



Eupe&Trr; oire ei ireplppvTds iari ytvco- 
(Txsrai irpds ouSa/xwv ivdpihnoyv, oirs 
bxddsv rd o()VO(jl<x &Xa.€e tovto, oire 
6<TTis ol ffv b diixsvos (poiivsrat , ei firf dird 
Trfs Tvplrjs ^<TO(xev XaSsiv rd ovvop.(X 
Tj)v X'^PW etc. (IV, p. 45, ^d. Teubner, 
t. I, p. 34o). 

<'> R^p^t^ chez Herodote (VII, p. 92 ; 
M. Teubner, t. II, 1901, p. 180) : Avxrot 
8^ Tepfi/Aaj ixaXiovTO ex Kpijnjs yeyo- 
vdres, iitl hi Xvxov tov UavZiovos dvhpds 
kdrjvaiov ia^ov Tr)v iiroiivvpiiijv. La notice 
d'H^rodote est reproduite par Strabon 
(Geographica,!^. 578 et 667, 6d. Teubner, 



t. II, 1899, p. 80/1, et t. Ill, 1898, 
p. 33o), qui compare son opinion sur les 
Solymes avec I'opinion d'Hom^re. 

«*) Ibid., I, p. 173 : Pareillement Ni- 
colas de Damas, un polygraphe grec 
du i" si^cle avant J.-G, : \()xiot tols yv- 
voLtxas fiaXXov i) toO? dcrSpa? riixoiai xal 
HaXovvTOLi (xrjTpddev ris re xXrjpovop.ias 
TaTs GvyarpitTi Xeiitorjaiv, oit rots vlots 
(hdiov (Tvvayooyrj , Historici Greeci mi- 
nores, ^d. Teubner 1870, t. I, p. 1/18). 

^'' Hall, The oldest Civilisation of 
Greece, p. 88 et seq. 

<') M. HaU (/. c.) ^crit : aThis partial 



[16] — 64 — 

Les droits 6minents de la femme, d^crits par H^rodote, peuvent t^moi- 
gner pour le caractere non-aryen des Lyciens^^', mais ils sont la propriety 
commune de divers peuples primilifs'^l Si les Lyciens etaient apparent^s 
aux Cretois autochtones ou Eteocretois, il faut nous demander ce qu'^tait 
ce dernier peuple. Les Grecs le consideraient toujours comme un peuple 
barbare, et la pierre de Praisos^^^, trouvee il y a une dizaine d'annees et 
conserv^e maintenant au Musee de Gandie'*', laisse supposer, par sa 
bizarre inscription , qu'il ne se rattachait ni aux Aryens ni aux Semites ^^\ 
Groyant a la parents entre les Lyciens et les Eteocretois, nous sommes 
obliges d'admettre que les Lyciens aussi n'etaient ni Aryens ni Se- 
mites. Gette hypothese trouve une pleine confirmation dans I'examen 



hellenization of the Lykians cannot have 
taken place till the Mycenaean period, if 
the prae-Mycenaean culture is prae-hel- 
lenic. Whether the mention of Luka 
(= Lykians) on Egyptian monuments 
of the fourteenth century B. C. proves it 
to have taken place before that date is 
doubtful. The name is mentionned in the 
preceding century, when the King of 
Alashiya, etc.". Si done I'hellenisation 
n'a pas encore eu lieu, comment le roi 
d'Alasija dans la correspondance cun^ifor- 
me et les monuments ^gyptiens appel- 
le-t-il les Termites par leur nom grec? 
D'ailleurs la chronologic de M. Hall est 
fausse ; Ramses II vivait au xni' et non 
au xiv' sifecle. 

('^ Comme le veut M. Hall (/. c, p. 88). 

'''' A. H. Sayce, The ancient Empires of 
the East, i883, p. 99 et 100 : ffit is 
the rule among primitive tribes to trace 
the descent through the mother and not 
through the father «. Sayce cite Lubbock 
et donne comme exemple les peuples de la 
c6te occidentale de I'Afrique, de I'Afrique 
centrale, du Congo, de Madagascar, des 
Indes, de Sumatra, de rAm^rique du Nord 



et meme de I'Australie. Quant h I'Egypte, 
M. Maspero (Contes populaires, 9' ed. , 
1 889, p. 6 ) dit : ff . . . La pres^ance accor- 
dee ici (Le conte des deux freres) h la mere 
sur le pere etait de droit commun en 
Egypte : nobles ou roturiers, chacun 
indiquait la filiation maternelle de prefe- 
rence a la paternelle. On s'intitulait : 
rr Ousirtasen , ne de la dame Monkhit « ou 
bien rr Sesousri , n^ de la dame Ta-Amon r>^ 
et on negligeait le plus souvent de citer 
le nom du p^re . . . « . 

''^ Hail (/. c.) ^ la page 87, ^crit cor- 
rectement Praisos; a la page 89, il ecrit 
par erreur Praistos. 

'*^ Arthur J. Evans, Primitive Picto- 
graphs, dans le Journal of Hellenic Stu- 
dies, t XIV, 189/j, p. 354 et 355. 

'â– ^^ Hall (/. c, p. 87) ecrit : rrA group 
of letters AN AIT, which occurs in it, 
might be taken to refer to the Semitic 
goddess Anait and so to be taken a Se- 
mitic origin for the Eteokretans«. Mais 
Evans (/. c. , p. 354) insiste avec raison sur 
la probability de I'influence phenicienne. 
L'inscription elle-meme ne parte nuile- 
ment en faveur du caractere semitique. 



65 — 



:i7] 



llnguistique des inscriptions lyciennes^^l Leur langue est ^troitement 
apparentee aux parlers de Garie, de Pisidie et de Cilicie. D'apres le 
temoignage des noms de localites et de personnes, une langue semblable 
etait parlee aussi par les plus anciens habitants de la Mysie , de la Lydie et 
de la Phrygie ^^l Gette race non-aryenne et non-semitique preceda les Grecs 
dans la possession des territoires depuis la Grete jusqu'a I'Asie Mineure. 
Selon toute vraisemblance c'est la meme race a laquelle appartenaient les 
Hittites, adversaires de I'Egypte, et peut-etre aussi les Etrusques^^l La 
communaute de sang unissait a Kadech les ennemis de Ramses II. 

A c6t6 des Louka nous avons sept autres peuples, Pidasa, Dardni, 
Masa, Karkisa, Keskes, Ariwana(?) et Kazauaden. M^me si nous laissons 
de c6t6 la metathese Pidasa -Pisidie, en tout cas douteuse, nous devons 
reconnaitre une grandc force aux arguments de Hall^*^, d'apres lesquels 
le nom P D S apparait si souvent en connexion avec les Lel^ges qu'il 
faut le considerer comme appartenant a cette race. Les L^leges 6taient 
membres du m^me groupe non-aryen et non-s6mite de peuples que les 
Lyciens et les Eteocr^tois. Les Dardni peuvent Mre les Dardaniens ; nous ne 
savons rien de certain sur leur race. Les Masa sont peut-etre les Mysiens. 
Hall affirme qu'ils etaient sans doute Aryens, mais il ne donne pas de 
preuves^^'. Les Karkisa = Kalkisa r^pondent tres bien aux Giliciens, vu 
surtout que rafiinite de la langue lycienne avec le dialecte de Gilicie est 
6tablie, comme je I'ai remarque plus haut; Keskes semble ^tre une forme 
corrompue du meme nom. Quant aux ^nigmatiques Ariwana (Junan? 
Iljuna? Mauna?), chacune des formes envisag^es pent donner lieu aux 



^'' HaW (I.e., p. 90) d'apres Kretsch- 
mer [Einleitung in die Geschichte der 
griechischen Sproche) et Kalinka. 

(*' Hall, p. 91. 

Cl Ibid., p. io3. 

'*' Ihid., p. 99 et 100. 

''^ ff Masa, Dardenni and Shardina, per- 
haps also Maunna , are menlionned among 
tlie tribes, who came into contact with 
the Egyptians about laoo B. C. They 
were quite possibly Mysians , Dardanians, 

Annates du Service, igiS. 



Sardians and Maeonians, but although 
the Mysians, who at a later date than 
this were still astride the Hellespont, 
were no doubt Aryans, there is nothing 
to show that the other tribes mentionned 
were..." (Ibid., p. 96). Une nouvelle 
inexactitude chronologique se fait jour 
dans ces quelques lignes : Masa, Dar- 
denni et Maounna (Ariwana) apparaissent 
seulement a la bataille de Kadech, qui 
fut livr^e peu de temps apr^s i3oo. 

5 



[18] 



— 66 — 



hypotheses. Je ne tente point la solution du probleme de ce peuple; je 
remarque uniquement que M. Maspero parait avoir raison en soutenant 
I'ancienne lecture de M. de Rouge du signe initial de I'ceil «ari» (=ili)'*'; 
mais si Ton doit en conclure qu'il s'agit d'llion, je n'oserais raffirmer. Sur 
les Kazauaden une lumi^re inesp^r^e a H^ repandue par les tablettes des 
archives heth^ennes de Boghaz-kieui, trouvees par M. Winckler. lis y 
figurent comme Kizwadna^^), et ils font Timpression d'etre de proches pa- 
rents des Mitani. On a retrouv^ le traite reglant les rapports du roi hetheen , 
Moursil et Hattousil, le Khatasar egyptien, avec Sounassoura de Kizwadna. 
Ge pays avait ete soumis a la suprematie hetheenne au temps du grand- 
p^re de Sounassoura; le peuple assujetti avait emigre au pays d'Isouna. La 
reine Pidoukhipa, femme de Hattousil et mere de Doudhalia, qui corres- 
pondait avec Naptera, femme de Ramses 11'^^, etait originaire de Kizwadna. 
Si done les Kazauaden -Kizwadna etaient du meme sang que les Mitani, 
ils seraient Aryens, comme I'indiquent les divinites de Mitani, Mithra, 
Varuna, Indra et Nasatja, les jumeaux connus par les V^das'^l Mais les 
archives de Winckler, d'une valeur immense, n'ont pas et6 encore explo- 
rees en entier d'une maniere approfondie et il s'ecoulera des annees avant 
qu'elles le soient. Winckler lui-meme exprime ses opinions avec de pru- 
dentes reserves, et il est juste que nous nous abstenions aussi d'un jugement 



''^ F. RoBioc, Legon de M. de Rouge, 
Melanges d'arch. eg. el assyr., 1876, 
p. 267. La ie^on de M. de Rouge, au Col- 
lege de France, est de 1869; cf. Maspero, 
Recueil de travaux , t. VIII, 1886, p. 84. 

''' Milteil. der deutschen Orient-Gesell- 
sehafi, n' 35, Berlin 1907, p. 33 et li8. 

W Ibid., p. 91. 

(*' M. Ed. Meyer (Das ersle Auftrelen 
der Arier in der Geschichte, dans les Sit- 
zungsberichte der Icon, preuss. Akad. d. 
Wissensch., 1908, I) souiigne Timpor- 
tance ^norme du fait que les m^mes 
dieux , que les habitants du Pendjab ven6- 
raient aux temps v^diques , se rencontrent 
en m^me temps 4oo miiles plus k I'ouest 



comme les dieux des Aryens de Mitani. 
Gela sert k M. Meyer pour confirmer 
sa theorie, d'apres laquelle la sortie 
des Aryens de leur patrie commune eut 
lieu dans les premiers siecles du second 
mill^naire avant J.-C, dans la direction 
sud-est, vers la valine de I'lnde , dans celle 
d'ouest vers I'lran , la Medie , la Perse et 
plus loin. La diff^renciation se serait 
accomplie plus tard, surtout a cause de 
I'apparition du proph^eZarathustra (/. c, 
p. 17 et 18). Mais si nous rencontrons 
chez les Mitani des dieux aryens, cela 
t^moigne pour la race de la dynastie 
regnante (Kherri?) mais non pour celle 
du peuple soumis. 



67 



[191 



definitif^^l Les tablettes de Boghaz-kieui donneront sans doute une 
quantite de documents qui ont echappe a I'attention de Winckler, quand 
il en passa la revue hdtive et tout a fait provisoire. On pent done nourrir 
I'esperance bien fondee que les etudes des annees prochaines sur les ar- 
chives hetheennes nous fourniront encore plusieurs details d'importance 
capitale sur les pcuples qui ont lutte contre Ramses II. 

Mais bien que nous restions dans Tincertitude sur les details, ce qui 
d'ailleurs vaut mieux que les hypotheses confuses et fragiles, le caractere 
general du groupe de peuples qui aiderent a Kadech les Hetheens contre 
les Egyptiens est clair. Nous y avons des tribus asiatiques non-aryennes, 
m^lang^es probablement avec des tribus grecques, et unies par la com- 
mune culture myc^nienne et le fond racial commun pelasgique ^^l 

II. LA GUERRE LIBYQUE SOUS MINEPHTAH. 

Les peuples septentrionaux de la Mer apparaissent sous Minephtah 
en une si etroite connexion avec I'invasion libyque, qu'il est impossible 
de separer ces deux faits et qu'il faut les trailer d'ensemble. Passons d'a- 
bord une revue des sources. 

I. LA GRANDE INSCRIPTION DE KARNAK. 

Gette inscription se composait a I'origine de quatre-vingts lignes gra- 
vies sur le c6t(^ int^rieur (occidental) du mur qui rallache a I'Est le 
temple principal de Karnak au pylone num^rote VII sur le plan de 
Baedeker, et qui est le plus septentrional des pyl6nes du nord ^^l La 
partie la plus haute du texte manque aujourd'hui. La grande inscription 



<"' M. J. Garstang , se r^f^rant k la bro- 
chure fie Winckler et en arrivant k ces 
dieux ff indo-gernianiques", ajoute : irThis 
portion of the report is the least satis- 
factory. There is a plunge into theories, 
which may indeed he based upon a clear 
judgment of all the evidence hefore the 
author, hut the materials are not all 
hefore the reader ; the arguments and the 



sequence of the dates are confused , and 
the conclusions liesitaling and obscured n 
(Annals of Archeeology and Anthropoloiry, 
issued l)y the Liverpool Institute of Ar- 
chaeology, 1908, p. 46). 

^'^ Hall, /. c, p. 217, 

^'^ Breasted, Ancient Records of Egypt, 
t. Ill, p. 9/1 o; B^DEKER, Egypte et Soudan, 
1908, oil le plan est intercal^ entre les 

5. 



[20] — 68 — 

de Karnak fut mentionn^e pour la premiere fois par ChampoUion , publi^e 
en partie par MM. Lepsius et Brugsch, en entier par MM. Diimichen, 
Mariette et de Roug^^''. Aucune de ces Editions nest exacte; M. Breasted 
les a compar^es et compl^tees toutes d'apres les photographies puis il 
les a traduites '2^, mais son travail n'est pas le dernier mot de la science. 
R^cemment M. W. M. Miiller a compare sur les lieux avec Toriginal ^^^ les 
textes de M. de Rouge, augmentes des variantes de MM. Diimichen et 
Mariette : c'est la meilleure edition ^*l 



pages 956 et 267, d'apres Mariette avec 
additions de Legrain. Mariette [Karnak, 
1875, pi. 55) donne les fins des lignes 
79 et 80, mais il n'a pu y reconnaitre 
aucun signe. Dans son texte explicatif 
(p. 75) nous iisons : rrll est bon de noter 
que I'inscription se termine avec la ligne 
79 et quau dela la muraiiie n'a re^u 
aucune decoration n. M. Max Miiiier {Egyp- 
tological Researches, Washington 1906, 
pi. 82) donne seuiement la fin de la 
ligne 79 et pas une trace de la ligne 
80. M. Breasted (/. c, p. 2 4o) ^crit que 
le nombre primitif est de 80, mais i 
la page 262 il termine sa traduction de 
i'inscription au d^but de la ligne 76, 
dont il note I'existence avec une barre 
seuiement, et il ajoute : ff These are the 
last two lines of text preserved ; they are 
too fragmentary for use here. Mariette 
(Karnak, texte p. 75) states that there are 
two more lines, but this plate (55) gives 
I. 78-80 without any visible signs, n II 
y a ici une petite inexactitude : chez 
Mariette les lignes 76 et 77 sont fragmen- 
taires mais elles conservent, la premiere 
surtout, un nombre considerable de si- 
gnes; apr^s la ligne 77 sont encore indi- 
qu^es les fins de trois lignes (78-80) et la 
ligne 78 a deux n visibles. M. Max Midler 



(/. c.) a reconnu en plus, k la fin de la 
ligne 79, le signe / et le d^terminatif de 
i'abstraction, 

^'^ Pour la bibliographie, voii- Breas- 
ted, I. c. , p. iho, etW. M. MiJLLER, /. c, 
p. 25 et 26. M. Breasted ^crit que le texte 
fut ff noted first by ChampoUion » , mais 
il ne cite pas I'ouvrage ; M. Miiller se re- 
f^re aux Notices manuseriles (t. I, p. 198) 
et il remarque : ffl have it not at the 
hand at this moment «. Le titre bizarre- 
ment cite se rapporte h. I'ouvrage Monu- 
ments de rSgypte et de la Nubie, Notices 
descriptives conformes aux manuscrits auto- 
graphes rediges sur les lieux (Paris i844- 
1875, I'autographe in-/i°). Get ouvrage 
se trouve entre autres au Mus^e du Caire , 
oil je i'ai connu. Dans le passage cite par 
M. W. M. Miiller, ChampoUion ecrit qu'il 
a reconnu la l^gende de Min^phtah , mais 
il n'a pas compris le contenu de I'inscrip- 
tion; dumoins il n'en donne rien. 

''' L. c, p. 2^1 et 252. 

('' Egyptological Researches , Results of 
a Journey in igo^, Washington 1906 : 
ffThe result will, I hope, establish a good 
basis for the text; only some minuties 
partly indicated in my marginal notes, 
may be decided by further examination?). 

<*' Les fragments de Legrain (Ann. du 



— 69 — 



[21 J 



La grande inscription de Karnak est un des plus longs documents 
conserves sur les parois des temples d'Egypte , et elle nous renseigne exac- 
tement sur les circonstances qui ont conduit a la bataille de Minephtah 
avec les peuples libyo-mediterraneens, et sur les consequences de la 
guerre. 

La preeminence accordec dans le texte au dieu Phtali pcrmet de conclure 
que I'original avait ete redige a Memphis, mais nous ne connaissons pas 
I'original. Le style emphatique et plein de metaphores rend la traduction 
difficile au plus haut degre^^l 

11. LA COLONNE DU GAIRE. 

Ge monument fut decouvert par M. Brugsch mais celui-ci ne Ta pas 
public (^l G'est un fragment d'une colonne de granit transfere par M. 
Maspero de la cour du Ministere de Tlnstruction publique au Musec 
du Gaire et public en i88i ^^'. L'importance de Tinscription consiste sur- 
tout dans I'indication de la date de Tinvasion libyque. Le texte conserve 
est tres exigu. Le dieu remettant le glaive a Minephtah dit : «Je te 
donne que tu coupes les tetes aux Libyens^*' et que tu repousses leur 
attaque ». Le fragment de Tinscription historique a la teneur suivante : 
«L'an 5, le second mois de la saison d'6t6 (^oom) on vint annoncer a Sa 



Service des Antiquiles, t. II et IV) sont 
sans importance. Breasted, /. c, p. 24o; 
W. M. MiJLLER, /. c, p. 97. 

"' Breasted, /. c, p. 94o et 261. 

'^' Geschtchte Aegyptens unter den Pha- 
raonen, Leipzig 1877, p. 677 : ffDiese 
Jahreszalii (5) ist durch ein von mir in 
Kairo entdecktes Denkraal ein fiir allemal 
feslgestelit. Sieh dariiber meine im Druck 
befindliche Arbeit, Ueber die Ubyschen 
Volker im 1 U mid i3 Jahrh. vor Chr. Geb.-n. 
Je ne sais si ce travail a jamais paru. 

^^^ Maspero , Notes sur quelques points de 
grammaire el d'histoire, dans la Zeitschr. 
fiir dg. Sprache, 1 88 1 , p. 1 1 8 , S 1 7 , /t. 



(*^ Breasted (Anc. Rec.,t III, p. 253) 
tiaduit : ffl cause that thou cut down the 
chiefs of Libya , whose invasion thou hast 
turned back". Par contre M. Maspero 
{Aeg. Zeitschr., 1881, p. ii8)traduit: 
ff Je donne que tu tranches les t^tes des 
Libou, que tu repousses leur assaut». 
Le fragment de la colonne, vu par moi 
au Mus6e, represente un dieu, mais ii 
ne nous indique par rien qui est ce dieu. 
La t^te manque, et le poing gauche 
tient le signe de la vie ankh. C'est 
certainementPhtah, qui, d'apr^s la grande 
inscription de Karnak, apparut h Mine- 
phtah avanl la bataille et lui inspira 



:22] 



70 — 



Majeste : rA fait I'incursion le miserable chef des Libyens avec 
hommes et femmes, Sakales... »t'\ 



des 



III. LA STELE D'ATHRIBIS. 

Cette stele fiit trouvee dans Ic Delta meridional par M. Maspero, qui 
en publia le texte d'apres estampage en 1 883^-1 Suivant la description 
de M. Maspero c'etait une stele de granit, haute de deux metres, endom- 
magee en bas et sur les cotes, fendue en deux parties; de chaque ligne il 
manquait un tiers. M. Maspero, publiant le texte d'apres estampage, ce 
qui est toujours incertain, annonca qu'il donnerait une description 
exacte de la stele aussitot que celle-ci aurait ete transferee au Musee du 
Caire. Malheureusement le monument fut detruit pendant le soulevement 
d'Arabi ; il est perdu et nous sommes obliges de nous contenter pour tou- 
jours de la copie, a moins qu'un hasard heureux ne nous donne un 
monument identique ^^\ La stele d'Athribis, contenant un recit de la 



la confiance. Phtah apparut avant la vic- 
toire de Minephtah; done la traduction 
de M. Breasted me semble inadmissible ; 
des chefs il n'en est pas question non 
plus. M. Breasted a pris la seconde partie 
de la phrase pom* le passe , en s'appuyant 
evidemment sur I'emploi de la forme n 
du verbe repousser. Mais cette difficult^ 
grammatical est aussi, il me semble, 
apparente seulement. M. Erman , dans sa 
Grammaire egyptienne, 189 4, p. 82, 
^crit : ffSeit dem m. R. wird die n-Form 
meist in ganz anderer Weise gebraucht; 
sie fiigt einem vorangehenden Satze oder 
Worte eine denselben naher ausfiilu'ende 
Nebenbemerkungn. Cela pent ^tre ap- 
pliqu^ pr^cisement au cas present. De 
meme le po^tique (xnepovTrpdrepov dans 
les paroles du dieu ne nous ^tonne pas; 
c'est ordinaire dans le style pompeux. La 



colonne du Caire se raltache etroilement 
a la pieuse legende qui courut sur la 
conversation de Phtah avec le Pharaon; la 
grande inscription de Karnak dit expres- 
sement que Phtah, dans une vision mira- 
culeuse, remit un glaive a Minephtah. 
C'est cette sc^ne qui est representee par 
notre fragment. 

(^^ En comparant I'edition de M. Mas- 
pero avec I'original, j'ai observ^ quelques 
fautes insignifiantes dans la transcription 
du protocole royal ; en outre, les restes de 
la seconde ligne de I'inscription historique 
sont dechilfres d'une fa(;on erronee. 

'*^ Notes sur quelques points de gram- 
maire et d'histoire, dans la Zeitschr. fur 
ag. Sprache, i883, S XXV, p. 65-67. 

^'^ Breasted, ignorant absolument le 
sort de la st^le, ^crit : ffAs Maspero has 
published only from the squeeze, his 



— 71 — [23] 

campagne libyque, est un complement precieux du grand texte de Karnak; 
elle nous donne la date exacte de la victoire de Min^phtah et una liste des 
tues, des prisonniers et du butin, qui pent servir a la comparaison et au 
contr61e des details contenus dans le premier document. 

IV. Li STELE DISRAEL. 

En 1896, M. Flinders Petrie d^couvrit parmi les mines du temple 
funeraire de Minephtah a Thebes une stele d'Amenophis III, au revers 
de laquelle se trouvait un hymne celebrant la victoire de Minephtah sur les 
Libyens. Gc document est devenu fameux a cause de la mention d'Israel , 
et, depuis le temps des premiers travaux de M. Petrie et de Spiegelberg^*^, 
il a suscit^ une litterature enorme^^l Pour notre but il est n^anmoins d'une 
importance tr^s restreinte, car il ne contient pas de faits qui ne soient 
mentionnes deja dans la grande inscription de Karnak; les allies septen- 
trionaux des Libyens n'y sont meme pas mentionnes d'un seul mot. 



text is sometimes uncertain and a col- 
lation with the original is much needed" 
(/. c, t. Ill, p. 953). Un voeu impossible 
a lealiser 1 L'information sur la peite 
infortun^e du monument, je la tiens de 
M. Maspero et de M. Daiessy, qui lui- 
m^me I'a re^ue de M. Maspero. 

^'^ Petrie , Egypt and Israel, dans ia 
Contemporary Review de mai 1896; Spie- 
GELBERG, Der Siegeshymnus des Meineptah 
(Zeitschr. fur dg. Sprache , t. XXXIV); le 
m^me chez Petrie, Six temples at Thebes, 
1897. Breasted cite inexactement parmi 
la hibliographie du texte de la stMe d'Is- 
rael : Griffith , Proceedings of the Soc. of 
Bibl. Arch., t. XIX, 1897, p. 293-800. 
Dans ces pages Griffith donne diverses 
Notes, mais h Minephtah se rapportent 
uniquement les pages 998 et 999, — 
the Israel Stele. 



La stele d'Israel devait ^tre, comme 
la grande inscription de Kainak, d'ori- 
gine memphite, vu 1' adoration du dieu 
Phtah h la ligne 19. II est digne d'alten- 
lion que le fragment de la copie de Kar- 
nak public par Dumichen, Hist. Inschr., 
rempiace Phtah par Ammon, ce qui 
indique, comme le remarque avec raison 
Spiegelberg (Zeitschr. fitr ag. Sprache, 
t. XXXIV, p. 90), la redaction des pr^tres 
th^bains. Breasted (t. Ill, p. 956) pre- 
tend que le fragment de Karnak fut ^dite 
de nouveau par Erman au tome XXXIV 
de la Zeitschr. fUr dg. Sprache; la , dans les 
pages 4 et 9 , le texte de Diimichen est 
reproduit dans le but d'une comparaison 
avec ia stele d'Israel , mais ce n'est pas 
une publication nouvelle. 

'*^ La bibliographic a et«^ donn^e en 
partie chez Breasted (/. c, I. Ill, p. 957). 



[24] 



— 72 



V. LES PAPYRUS 



H) 



Dans les papyrus Anaslasi conserves au British Museum, on Irouve 
quelques references, d'ailleurs tres vagues, a la guerre de Minephtah ^^^ 
Chabas^^^ a decouvert, dans un des papyrus du Musee de Berlin, la lettre 
d'une pretresse libanienne a une personne de sa connaissance habitant a 
Peluse ; cette lettre donne Tinformation que Minephtah appela la cavalerie 
syrienne pour vaincre les Libyens. 

En s'appuyant sur les donnees de la grande inscription de Karnak, et 
en les completant par celles des autres sources , on peut exposer le recit 
de la guerre libyque. 

La grande inscription de Karnak commence par un titre ou sont 
nommes les peuples vaincus par le Pharaon. Sont lisibles les noms : 

V « V 

Akaouasa, Tourousa, Roukou (ou Loukou), Saraden et Sakrousa (ou Sak- 
lousa)^*'. Ges peuples sont compris sous la rubrique generale de : «Les 
hommes du Nord, venant de tons les pays??. Les Loukou sont naturel- 
lement identiques avec les Louka de Ramses II ^^' ; les quatre autres peu- 
ples furent I'objet de longues dissertations et controverses savantes. 



^'5 Breasted, dans les Ancient Records 
of Egypt, n'en tientpresque pas compte; 
il cite seulement le journal du gai'dien de 
frontiere (Papyrus Anastasi III), t. Ill, 
p. 970 et 272. 

'*) Pap. Anastasi 11 etill, cf. Maspero, 
Du genre epislolatre, 1872, p. 82et77; 
Chabas , Recherches pour seroir a Vhistoire 
dela XIX' dynastic , p. 98, et Etudes sur 
Vantiq. hist., 2'M. ,p. 219; Lacth, Aeg. 
Texle, 1867, p. 664 et seq. 

^'^ Etudes sur Vantiq. hist. , p. 2 1 5-2 1 7. 

^'^ Devant Akaouasa on voit encore la 
fin d'un autre nom g^ographique , mais 
il est impossible d'en tirer quelque chose. 
Restent les traces de d ousa, i et le de- 
terminatif geographique (W. M. MiJL- 



LV^R , Egyptological Researches, pi. 1 7), On 
lit Akaouasa sur I'inscription de Karnak 
(1. i), Akajouasa(j^jW., 1. 54), Akouaisa 
sur la stele d'Athribis (1. i3). 

'"' Schrader {Zeitschr.fiirdg. Sprache, 
1879, p. 47) s'oppose a Tidentification 
des Louka de Ramses 11 avec les Loukou 
de Minephtah, en insistant sur la dilFi^ 
rence d'orthographe. Le nom des Louka 
de Minephtah s'ecrit, pretend-t-il , avecle 
signe des mains levees | | pour ka, celui 
des Louka de Ramses II , avec une coupe 
'^ pour /•;. La subtilit^ de M. Schrader 
est compl^tement sans fondement. Au 
d^but m^me de la grande inscription de 
Karnak, Louka est ^crit avec la coupe. 
Ou est done la difference d'orthographe? 



— 73 — 



[25] 



I. Akaouasa. — M. Brugsch^^^ les tenait pour Libyens, MM. Lauth^^^ 
et E. de Rouge '^^ y reconnurent en meme temps les Acheens et Waldemar 
Schmidt t^^, Ghabas'^', Lleblein^**' partagerent cet avis. M. de Rouge avait 
trouve une confirmation de ses vues dans ce qu'il croyait avoir distingue 
parmi le butin specific par ie document — des cnimides repondant admi- 
rablcment aux cnemides grecques. On a plus tard demontre que Ic signe 
sur lequel M. de Rouge avait attire I'attention n'a rien a faire avec les 
cnemides ('\ mais cela n'a pas influence la question de I'identite du peuple 
Akaouasa avec les Acheens. M. Hal^vy objecte centre elle que les Egyptiens 
n'appellent pas les Grecs Acheens dans les documents posterieurs, et il 
prefere rapprocher le nom hieroglyphique du libyen Agaouasa'^^ M. Max 
Duncker egalement doute fort de Tidentite avec les Acheens et porte ses 
regards vers la Libye'^l Ed. Meyer ^^^'^ s'oppose a I'identification a cause de 



^'^ Hist. d'Egyple, iSSg, p. 179 : 
Qawasa. Plus tard il les rangea paiini les 
caucaso-calchidiens circoncis, qui, k cette 
6poque, auraient immigr^ en Libye 
(Aqaouaslia) {Gesch. Aeg. unter den Pha- 
raonen, 1877, p. 667 et 577). 

''* Homer vnd Aegypten , 1867, p. i4; 
Aegyptische Texte aus der Zeil des Pharao 
Menephtah, dans laZ. d. deutsch. Morgenl. 
Ges., 1867, t. XXI, p. 66^. 

'^^ Reoue nrcheoL, 1867, t. II, p. (jS. 

'*' Assijriens og Aegi/plens Gamle His- 
torie, Gopenhague 1879, p. 5 18. Dans 
la suite de cet ouvrage, publi^e en 1877, 
M. W. Schmidt presume (p. 690) que 
les Ouasasa de Ramses III sont aussi des 
Acheens. 

'*^ Recherches pour servir a Vhistotre de 
la XIX' dynaslie, 1878, p. 36. 

^'^ Egyplen i dess minnesmdrken , Stock- 
holm 1877, p. 118. 

'') M. W. Pleyte (Zeitschr. fur dg. 
Spraehe) remarque que si ce signe repre- 
sentait la cn«^mide, il serait debout et 
non horizontal ; ce serait done plul6t une 



sorle de bracelet, pour quoi se (Kiclare 
aussi M.Wiedemann (/leg'. Gesch., ^i. ^J^)- 
M. Birch (Zeitschr., 187a, p. 98) a d^ 
montr^ que le signe repr^sente le rasoir, 
comme ie prouvent les specimens conser- 
ves au Mus^e Brilannique. Chabas acce[)te 
cette interpretation (Etudes sur Vaniiq. 
hist., 1873, p. 78); cf. enfin le monu- 
ment du Caire d^crit par M. Borcliardt 
(Zeitschr., 1906, p. 78-79). Probable- 
ment, dans la liste du butin, il n'est pas 
question de rasoirs, mais de couteaux 
ressembiant aux rasoirs et d^sign^s sous 
ce nom par les Egyptiens. 

'*^ Journal asiatique, iS'jU, 7' s^rie, 
t. IV, p. 4io. 

'*' Gesch. des Alterthums, 1. 1, 4" Aufl. , 
1874, p. 124, note. L'identit^ est d^- 
fenduepar Alfred von Gutsclimidt (/. c). 
M. Duncker, dans la cinqui^me Edition, 
s'affermit dans son opinion h cause de la 
pr^tendue circoncision des peuples sep- 
tentrionaux. 

'"^ Gesch. des Alterthums, i884, t. I, 
p. 3i3. 



[26] 



lU — 



la pretenduc circoncision du peuple Akaouasa , mais il concoit la question 
d'une maniere erron^e, comme jc le prouverai plus bas. De m^me M. Wen- 
del tient les Akaouasa pour une tribu libyenne ^^\ Sayce, tout en 
admettant qu'ils sont une tribu grecque, voit en eux les Hypacheens 
de Cilicie^'^'. M. W. M. Miiller^') approuvc M. de Rouge, de meme 
MM. Hommel^'^), Maspero^^), Krall^^^, Hall'^', Breasted («) ot Lagrange («). 



^'^ F. C. H. Wendel, History of Egypt, 
New- York 1890, p. qS. 

<*' ffin the ff Aqaiusha of llie scan ac- 
cordingly scholars have seen the Akhaeans 
of Greek history, and have pointed to 
the fact that, in the age of Ramses III, 
their name is replaced by that of the 
Daanau or Danaans. But the Daanau are 
already mentioned in the reign of Thot- 
mes III, to whom a poet declares that 
ffthe isles of the Daanau n shall be subject. 
If, therefore, the Aqaiusha are to be 
identified with the Akhaeans of the Greeks , 
it is better to see in them the Hyp- 
akhaeans of Kiiikia , or the Greek colonists 
in Cyprus , than the Akhaeans of Homeric 
legends" (A. H. Sayce, The Races of the 
Old Testament, Oxford 1891, p. iSa). A 
la page i53, M. Sayce se declare pour 
la c6te nord-est de Ghypre, que Strabon 
appelle (tla c6te des Ach^ens». 

''' Asien und Europa, p. 871. 

**' Gesch. d. alien Morgenlandes , 1898, 
p. 89; Grundriss der Geogr. und Gesch. 
des alien Orients, igo/j, p, 98. 

(*^ Hist., II, p. Zi39. M. Budge {Egypt 
under Rameses the Great, 1908, p. 99) 
6crit , on ne sait pas pourquoi — comme 
jadis M. Brugsch — Qaouasha ! M. de 
Rouge (Recue arch., I. c, p. 96) remar- 
que ; ff Notre grec A;^a«is ne venait pas 
des iles; le texte le fait originaire des 



pays de la mer, en se servant du carac- 
tere qui represente les regions mon- 
tueuses et qu'on oppose souvent au signe 
des plainest. II est vrai qu'au d^but de 
I'inscription de Karnak, les Akaouasa 
seulement (et un peuple illisible avant 
eux) ont le signe de la montagne, mais 
ce n'est pas intentionnel et important, vu 
que dans la meme inscription , h la ligne 
54 (MiJLLER, Egyptian Researches , pL 97), 
les Akajousa n'ont pas ce signe. Et au 
po^me de Pentaour le signe de la 
montagne est attribue aux Louka [Recue 
egypt., t. Ill, p. 160) qui en sont prives 
dans I'inscription de Karnak. Quant a la 
determination difFerente Akouaisa sur la 
stele d'Athribis (ligne 10), cf. W. M. 
MiJLLER, Asien und Europa, p. 358, et 
ce qui est dit plus loin dans le present 
travail. 

^"^ Grundriss der altortentalischen Ge- 
schichte, Vienne 1899, p. 84. 

''^ M. Hall ( Oldest Cioilisntion of Greece, 
p. 1 73) ajoute : alt is quite possihle, that 
these Achaians came from the Aegean, 
perhaps from Crete ; Prof. Sayce however 
prefers to regard them as Cypriotes n. 

^'^ Ancient Records of Egypt, t. Ill, 
p. 939 : ffnot impossibly. A History of 
Egypt, New- York igoS, p. 467 : ff pos- 
sibly t». 

**' La Crete ancienne, 1907, p. i43. 



75 



[27] 



M. Petrie'*^ en essayant d'identifier tous les allies des Libyens avec ies 
peuples de TAfrique du Nord ou des pays voisins, compare ie nom Aka- 
jouasa avec Agbia pres de Carthage (9" long, geogr.), Agabis (2 9" long.) 
etElAghwat(3''long.)('-l 

II. TouKOUsA. — M. Brugsch les considerait comme un peuple libyen^'^ 
MM. Lauth'*^ et E. de Rouge '^^ y reconnurent simultanement les Tyrse- 
n^ens-Etrusques. 

L'identit^ fut acceptee par MM. Waldemar Schmidt (*^\ Ghabas^'^ et Lieb- 
lein^^l E. de Rouge, en interpretant d'une facon erronee Tinscription de 
Karnak*^^, crut y decouvrir le fait important que les Etrusques tenterent de 
s'etablir en Egypte et qu'ils entreprirent la guerre a cette intention. Gette 
assertion fut reful^e par M. Ghabas'*"', et M. Hal^vy^**' prefera rapprocher 
le nom geographique libyen Toul-sa. M. Duncker avait d'abord seulement 



(') A History of Egypt from the XIX"' 
to the XXX"' dynasties, I^ondon igoS, 
p. 11 3. 

''^ Rien de plus comique que ce rap- 
procliement de Akajouasa avec Tarabe El 
Aghwat ou plut(M El Agliawat, qui signi- 
fie d'abord (rles eunuques», el ensuile, 
ies Turcs ne sachant ni lire ni ^crire , est 
devenu un t(MTne g(^ographique : i'ori- 
gine du nom geographique Aghawai 
s'explique parce que la localite avait ^t^ 
conf^r^e k Torigine h des eunuques quel- 
conques , comme me I'a explique Ahmed 
bey Kamal. Quel est done le lien possible 
entre ce nom purement arabe et les Aka- 
jouasa hieroglyphiques? Le D' Frassai'i 
Adamidi (Bull, de I' Inst, eff., i^O'j, Les 
Pelnsges et leurs descendants , les Albanais, 
p. 7) ^crit : ffLes Achaivi ou Abaousi'? 
(sic ! ). Le m^me auteur, trois ans plus lard 
{ibid. , 1905, Les invasions de races euro- 
peemies en Egypte dans les temps prehis- 
toriques, [>. 8(1), souticnl que les Egyplo- 



logues ont reconnu dans les hi^roglyphes 
le peuple trAchaious ou Abaious" (!). 

''^ Hist. d'Egypte, 1869, p. 179. 
Plus tai-d (Gesch. Aeg., 1877, p. 667 
et 577) il voyait en eux un peuple 
calcho-caucasien venu en Libye, enfin 
les Tpwes (Schmemamv, Ilios, p. 82/i). 

'*^ Aegyptische Texte, 1867, p. 663. 

'"' Reo. arch. , 1 867, t. II, p. 39, 93-95. 

'*) Assyriens og Aegyptens Gamle His- 
torie, p. 5i8 et 6ai. 

^'' Etudes svr Pantiq. hist., 2* ^d., 
p. 189. Recherches pour seroir a I'histoire 
de la XIX' dyn., 1873, p. 37. 

'*' Egypten i dess minnesmdrken , Stock- 
holm 1877, p. 118. 

''^ Reo. arch., 1867, t. 11, p. 39: wLc 
Tuirsha (rEtrusque) a pris toute Tini- 
tiative de la guerre «. 

''"^ Etudes sur Vantiquile hist., p. 209 
et 210. 

'"' Journal nsintique, 187/1, 7* s<^rie, 
t. IV, p. hio. 



[28] 



76 



doute de Tidentite avec les Tyrseniens ^'^ et s'etait declare pour Torigme 
libyque; ii s'est fortifie dans cot avis par la croyance en la pretendue cir- 
concision des peuples du Nord'^'. M. Ed. Meyer admit comrae possible 
que les Tourousa etaient les pirates tyrseniens bien connus par les legen- 
des grecques, mais non les Etrusques^^l M. Wendel les regarda comme 
une tribu libyenne^*^ M. W. M. Miiller^^^ ne rejette pas I'hypothese de 
M. de Rouge et considere Tidentification avec les Etrusques comme vrai- 
semblable. Mais ses preuves, que les Tourousa fussent venus de contrees 
plus lointaines que leurs compagnons d'Asie Mineure, sont fragiles^*^ 



(â– ) Gesch. des Alt. , 1. 1 , 4" Aufl. , 1 87/J, 
p. 194, note. L'identit^ est defendue 
par M. Alfred von Gutschmid dans la re- 
cension de I'ouvrage de Duncker (Kletne 
Schriften, t. I, 1889, p. 3 11). 

(') Gesch. des Alt., t. I, 5' ^d., 1878, 
p. l52. 

(') Gesch. des Alt., 1. 1, i884, p. 3i3. 
La plus ancienne mention des Tyrseniens 
se trouve dans I'hymne liomerique a 
Dionysos; iis y apparaissent comme pi- 
rates punis par ie dieu. Get hymne, 
d'apr^s la langue et le style, pent appar- 
tenir au vn' on au vi' siecle avant J.-G. 
D'autres l^gendes sur les Tyrseniens fii- 
rent recueillies par M. J. L. Myres (A 
History of the Pelasgian theory, au Journal 
oj Hellenic Studies, t. XXYII, 1907). 

'*> History of Egypt , 1890, p. 96. 

'*^ Asien und Europa, p. 371. Aussi 
Egyptological Researches, 1906, p. 27 : 
Etruscans (Tursha). 

'*^ La preuve en doit etre d'abord le 
costume different. Mais nous connaissons 
seulement le bonnet des Tourousa et M. 
Miiller iui-m^me (/. c. , p. 38 1) ^crit que : 
fflhre Kopftracht ist mit der kleinasia- 
tischen verwandtn. Ensuite M. Miiller 
invoque la planche 209 des Denkmnler 



de Lepsius , ou seulement chez les Sair- 
dana et les Tourasa se trouve dans I'an- 
notation hi^roglyphique le complement 
frde la mer n, tandis qu'il manque pour les 
Zakkara et les Poulousati. Done il serait 
certain que les Tourousa sont venus de 
loin (p. 379), et qu'ils appartiennent cer- 
tainement aux peuples de Textr^me ouest 
(p. 38 1 ). Regardons de plus pres la plan- 
clie 209 de Lepsius. Nous y voyons deux 
rangs de prisonniers du temple de Me- 
dinet Habou. Au deuxieme rang sont : 
un Hetheen , un Amorite, un Zakkara, un 
Sardana , un Bedouin , un Touirsa et un 
Poulousati. En effet, chez le Sardana et 
Toursa se trouve le complement n pa-ima 
(la mer), qui manque aux autres. Mais 
il faut remarquer qu'^ I'exception de 
rHeth^en etde I'Amorite, qui constituent 
k vrai dire le complement du premier 
rang et portent, comme les figures de 
celui-ci, le complement hieroglyphique 
ffcapitaine (pa ur)n etc., tout le reste 
porte tant6t le titre da^n- ( grand , scribe 
du peuple NN.), . . tant6t le nom seul. 
Done, le Grand du peuple Zakkara, le 
Sardana de la Mer, le Grand du peuple 
San (Bedouin), le Touirsa de la Mer, le 
Grand du peuple Pa (sic! le reste du nom 



— 11 — [29] 

M. Hall'^^ doute meme de I'existence des Tyrseniens orientaux; il ne veut 
decidement avoir rien a faire avec les Etrusques, mais il consid^re cette 
identification comme absolument invraisemblable et il pense qu'il s'agit de 
la tribu cilicienne habitant le pays de Tarse. MM. Hommel ^'^), Krall '^^ et 
Breasted ^*^tiennent fermement pour les Etrusques. M. Petrie, confor- 
mement a sa methode, cite Turuza pres de Carthage (10° long, geogr.) 
mais une position plus au nord lui parait plus probable ^^^. M. G. Konte 
essaye de demontrer la justesse de I'hypothese primitive de MM. Lauth et 
de Rouge t^l 

V V V 

III. Saraden (Sardana, Sardina). — Ge peuple apparatt d^j^ dans des 
documents plus anciens, pour la premiere fois, comme les Louka, dans les 
tablettes de Tell-el-Amarna. II s'y rencontre trois fois mais dans des 
lettres tellement difficiles a expliquer ou si fragmentaires que seulement 



lousali manque sur ie monument endom- 
mag^ et par consequent aussi chez 
Lepsius). L'artiste n'avait pas de place 
pour les litres les plus longs et il ^crivit 
tantdt Tun tant6t I'autre. Tout pent done 
^tre cxpliqu^ par la sym«^trie. Nous avons 
du reste un autre temoignage sur la plan- 
che 2 1 8 de Lepsius (et non 198, comme 
ie dit M. W. M. Miiller k ia page 879), 
oil sont cites les Poulasati (d'une ma- 
ni^re assez indistincte mais sure , comme 
le lit aussi M. Miiiler) et les Touirasa 
avec le complement v de la mer n (pa-ima). 
L'argument de M, Miiller tombe par con- 
sequent. Ce que nous lisons k la page 38 1 
( cf . . . gehorten unbedingt zu den Vol- 
kern des fernslen Westens. Darum fiihi-t 
sie die Abbildung achtungsvoil(?l) gleich 
liinter den beriihmten Scherdin und vor 
den breitkronigen Asiaten auf « ) m'est in- 
comprehensible. De quelle cfAbbildungr> 
s'agit-il ? de celle du Voyage de Mariette 
54? M. MuUer ecrit k la page 872 : 



(fCurtius. . iibergeht alle archaologischen 
Fragen und zeigt durcli Missverstand- 
nisse, dass er die aegyptologische Ober- 
setzungslitteratur nur iiberbiatterte. Die 
Forderung [Ae, Z., t. XXI, p. 83) der 
Frage ist sebr zweifelhaftn. Mais dans 
Ae. Z., i885, t, XXI, rien de celal 

'*^ Oldest Civilisation of Greece, p. 176. 

^'^ Gesch. des alien Morgenl., 1896, 
p. 89; Grundriss der Geogr. und Gesch. 
des Alt. Or., 190^, p. 64. 

^'^ Grund. der altor. Gesch., Vienne 
1899, p. 84. 

^*' Ancient Records of Egypt, t. Ill, 
p. 289; A Hist, of Egypt , New -York 
1905, p. 467.- 

''' L. c, p. 118. LeD'Adamidi [Les 
Pelasges et leurs descendants, les Albanais, 
dans le 6m//. de I' Inst, eg., 1902, p. 7) 
pervertit le nom en Tyrshi et Tidentifie 
avec les Etrusques. 

^*^ Pauly-Wissowa, Real-Encycl., XI 
Haibbd., Stuttgart 1907, col. 75oetseq. 



[30] 



78 — 



des hypotheses sont possibles. Comme Sirdana ils figurant sous Ameno- 
phis IV, done vers i38o, au nord de I'Egypte, et jouent quelque role 
dans les evenements syriens, 6tant mercenaires a la solde de Rib-Abdi a 
Gehal (Byhlos)^'l Ensuite il est question des Sirdana dans le Poeme de Pen- 
taour decrivant la victoire de Ramses II a Kadech ; ils y sont mercenaires du 
cote pharaonique et le poeme les appelle les wprisonniers de Sa Majestew^^l 
M. de Rouge ^'^ voyait dans cette expression le temoignage du premier conflit 
entre I'Egypte et les peuples de la Mer. Gelui-ci aurait eu lieu pro- 
bablement, a son avis, pendant la campagne de Seti I" contre les Li- 
byens : il suppose que cette campagne aurait ete commandee par Ramses II 
regnant en commun avec son pere vers la fin de la vie de celui-ci^^l 



^'^ WiNCKLER, Tell-el-Amama Letters, 
1896, p. 64, 16 (Sirdana), p. i/i3, 77, i5 
(Sirdanou), p. 169, 100, 35 (Sirdani), 
p. 209. 

'*' Revue egi/pt., t. Ill, p. i55. Des ex- 
pressions similaires sont employees deux 
fois dans le second papyrus Anastasi : 
I'Sardana maritimes, qui ^taient parmi 
les prisonniers de Sa Majesty (Select Pa- 
pyn,partll, Londres i842, pi. 70 verso); 
9° les Saradona amends par ton glaive 
faisaient ses compatriotes prisonniers 
[ib., pi. 67; Lauth, Aegyptische Texte, 
1867, p. 666; Maspero, Du genre episto- 
laire, 1872, p. 83). Cf. E. de Rouge, 
Rev. arch., 1867, t.II, p. 102, io3 et 97, 
et W. M. MiJLLER, Asien und Europa, 
p. 373. La premiere expression ressem- 
ble si fort a la phrase du Poeme de 
Pentaour qaeile est peut-^tre trans- 
crite de cette oeuvre ciassique; quant 
k la seconde, M. W. M. Miiller la rap- 
porte a Min^phtah. Les Sairdana sont 
mentionnes aussi dans le papyrus Anas- 
tasi n' I, p. 17, 1. 32 : cfSoldats merce- 
naires, qui sont pr^s de toi, 1900 Sair- 
dana, 620 Kahaka, 1600 Masaouasa, 



environ 800 negi'es, au total 5ooo» 
(E. DE Rouge J.c, p. 97). M. W. M. Miil- 
ler (/. c. , p. 372) lisait autrement les 
signes hi^ratiques , puisqu'il dit en invo- 
quant le m^me passage du papyrus 
Anastasi : ffBei einer (fingierten) Expe- 
dition werden 1900 agyptische Soldaten 
und 3 100 Fremde aufgefiihrt, darunler 
520 Scherdin. . .v. Les papyrus Anastasi 
sont, il ne faut pas I'oublier, une collec- 
tion d'exercices plut6t que de documents 
authentiques : cf. Maspero, Du genre 
epistolatre , p. 3. 

'^' Extrait, dans la Rev. arch., 1867, 
t. II, p. 37. 

'*' ff . . . La campagne de S^ti I" contre 
les Libyens fut probablement I'occasion de 
cette capture d'un corps de guerriers 
Sardaina. Cette campagne fut prohahle- 
ment dirigee par Ramses lui-meme, as- 
socie a la couronne ... II est certain qu'a 
I'occasion de sa victoire sur les Tahennu , 
les inscriptions du d^hut de son regne 
lui attribuent le triomphe sur les peuples 
de la Mer . . .n Je souligne avec inten- 
tion le rrprobablementw r^it^r^, pour 
marquer le caractere hypoth^tique de 



— 79 — 



[31] 



M. Ghabas'^^ inf^rait de la que Ramses II dut, au debut de son regne et avant 
ia campagne hittite de la cinquieme annee, vaincre les Sardina. M. Maspero'-^ 
en s'appuyant sur M. de Rouge, represente comme presque certain que vers la 
fin du regne de Seti I" des peuples d'Asie Mineure (Sardana, Toursa) auraient 
debarque sur la cote d'Afrique. Le jeune Ramses les aurait battus et il aurait 
incorpore leurs prisonniers a la garde royale ; le reste serait rentre en Asie 
Mineure a\ ec un tel souvenir de la defaite que I'Egypte fut libre de leurs 
incursions pour presque un siecle. M. W. M. Miiller s'oppose a la possi- 
bilite d'une invasion des peuples de la Mer sous Seti I" et raille c^l'imagi- 
nation exageree -n de M. de Rouge. II fait observer le silence g^n^ral des 



I'opinion de M. de Roug^. Dans les mo- 
numents relatifs aux Tahennou, ou les 
peuples de la Mer sont-ils meniionn^s? 
II s'agit sans doute des Sardina mention- 
n^s a Abydos (Mariette, Abydos, t. II, 
p. ii). 

('' Etudes sur Vanliq. hist., p. 186 et 
187, 9.' M. 

"^ llisto'irc anctenne des peuples de 
VOrient, 6* k\., Paris 190/1, p. 961. 
Egalemenl ibid., p. 965, M. Maspero 
aflirme que dans i'arm^e de Ramses II 
il y avait des Libyens et des Sardana, 
debris de I'invasion repouss^e victorieu- 
sement quelques ann^es auparavant. 
La r^Krence faite dans ce passage (voir 
plus haut, p. 918) est erron^e; peut-^tre 
s'agit-il de la page 961. M. Maspero 
est dans sa giande lustoire plus prudent 
que dans la petite, ff Ramses — lisons- 
nous — repoussa les incursions des Ti- 
lionou , et ii massacra celles de leurs hor- 
des, qui s'etaient aventurdes sur le ter- 
ritoire ^gyptien^ (t. II, p. 386). M. Mas- 
pero y cite pour la premiere partie de la 
phrase ci-dessus Mariette, Abydos, t. II, 
p. 1 3 et 1 5 ; pour ia deuxi^me partie les 
Monumenti storici de Roseliini , pi. LXiX- 



LXX. Dans {'Abydos il est question, il est 
vrai, de Libyens vaincus et m^me de 
Sardana auxiiiaires ( 1 1 ) , mais nous igno- 
rons complMement si ie temple de 
Ramses fut ^iev6 pendant sa cor^gence 
avec son p^re S^ti I", ou seulement apr^s 
la mort de celui-ci {ibid. , p. 8). Les plan- 
ches 69 et 70 de Roseliini se rappor- 
tent aux victoires de Ramses Ii, sur les 
peuples d'Asie et d'Afrique et proviennent 
du temple de Ret-Oualli, en Nubie. Sur 
la premiere pianche Ramses ^crase les 
Syriens et devant lui un prince royal, 
reconnaissabie k son costume, conduit 
un Libyen avec ies parties sexuelies ii^es 
d'une mani^re caract^ristique. C'est sans 
doute ie prince Amenhirounamef c^i^br^ 
sur ies planches 65, 66 et 7 1 de Roseliini ; 
cf. Rreasted, Ancient Records of Egypt, 
t. ill, p. 201. M. Petrie croit possible 
(pi'il s'agisse ici d'AmenhirkhopSef connu 
par ailleurs (History of Egypt from the 
XIX"' to the XXX"' dynasty). Sur la pian- 
che 70 nous voyons des Asiatiques quel- 
conques. Done ni Mariette ni Roseliini ne 
nous renseignent exactement sur quoi 
que ce soit, et ies citations de M. Mas- 
pero ne peuvent qu'induire en erreur. 



[32] 



— 80 — 



monuments sur cette campagne et, en la rayant de Thistoire, il considere 
I'expression du poeme de Pentaour comme un euphemlsme qu'il interprete 
moins litteralement ^^\ Les Egyptiens et le Pharaon auraient eu honte de se 
servir des mercenaires sardaniens et ils auraient mieux aime les repr^- 
senter comme des prisonniers. Quelques pirates auraient pu tomber deca 
et dela en captivite, mais cela ne pouvait pas suffire a former un grand 
corps dans Tarmee royale. Ayant recueiiii des voix pro et contra, il nous 
faut declarer que la question est obscure, que certains historiens, par 
exemple M. Maspero, sont alles trop loin dans leur fantaisie, que nean- 

^ V 

moins des combats avec les Sardana, peut-etre 6tablis d^ja en partie en 
Libye, n'ont pas probablement fait defaut sous Seti I" et Ramses II; les 
corps de troupes royales pouvaient se recruter en partie parmi les prison- 
niers de guerre en partie par la voie d'engagements. 

Chabas'^) a le premier admis la possibility que les Sardana soient les 



^'^ Max M, MiiLLER, Notes on the Peo- 
ples of the Sea of Merenptah, dans les 
Proc.Soc. Bibl. Arch., 1887-1888, t. X, 
p. 1 A7-1 48. GitantM. de Rouge , M. Miiller 
^crit : ff This expedition was led by Ramses 
himself n. Mais qu'est devenu le rr probable- 
ment n de Rouge? Cette omission enl^ve 
en partie a Topinion de M. de Rouge le 
caractere d'hypoth^se, et cela a son de- 
triment et au profit de M. Miiller. rrl have 
not — ^crit plus loin M. Miiller — so ex- 
travagant an imagination as the famous 
egyptologist , who makes Ramses as crown 
prince (at the age of about ten years) 
conduct this war. . . ^i En effet la stMe 
de Koubban, qui se trouve en posses- 
sion du comte S' Ferriol k Uriage, pr^s 
de Grenoble, atteste que Ramses g^rait 
une importante fonction k VAge de dix 
ans (Breasted, Ancient Records of Egypt , 
t. Ill, p. 117, 120 et i9i), mais rien ne 
nous autorise k soutenir que le prince 
royal ^tait si jeune au moment de la mort 



de son p^re : au contraire, il etait alors 
ag^ de dix-huit k vingt ans (Petrie, /. c. , 
p. 4 1 ). Gette question est traitee aussi par 
M. M. W. Miiller dans Asien und Europa, 
p. 873. Au debut du regne de Ramses II , 
des guerres plus dtendues sont frkaum 
denkbar^. M. de Rouge aurait construit 
tout un edifice de fantaisie ffPhantasie- 
gebaude», en s'appuyant sur deux mots 
de signification douteuse. 

''' En 1 866, dans le Voyage d'un Egyp- 
lien : crll y a quelque vraisemblance , que 
les Shardana sont les Sardes ou Sardi- 
niens , qui , au dire de Solin et de Strabon, 
quitterent la Libye sous ia conduite de 
Sardus, fils d'Hercule, et s'etablirent dans 
I'ile, qui , de leur nom , s'est ensuite appe- 
l^e Sardaigne (68)". Done la priorite de 
I'hypoth^se appartient a M. Ghabas et non 
k M, de Rouge, qui figure chez M. Mas- 
pero (Hist., t. II, p. 36o} en t^te des 
savants. M. Ghabas r^p^te Tidentification 
dans les Etudes sur Vantiq. hist, (a' ed., 



— 81 — [33] 

Sardes. M. Ghabas a trouv6 rassentiment de MM. Lauth^'^ etdeRoug^^^^ 
Gelui-ci confirma ridentification par rexpositlon de la cause pour laquelle 
les Egyptiens ont baptise ce peuple d'un nom commencant par s et non 
par s. Mais il parait qu'au cours des temps M. de Rouge abandonna 
son opinion et qu'il cbercha les Sardina plus au nord'^^. M. Georges 
Frederic Unger^'^^ placait les Sardana en Libye et il trouvait la confir- 
mation de son hypothese dans le nom des Xapravoi chez Ptolem^e. 
M. Waldemar Schmidt ^^^ soutint I'opinion de M. de Rouge f^^, mais 
M. Halevy, fidele a sa coutume, ne quitta pas la Libye. M. Duncker^^' 
considera la connexion des Sardana avec les Sardes comme tres incertaine ; 
il regardait vers la Libye pour y rester enfin d^finitivement, convaincu par 
I'argument de la pretendue circoncision des peuples de la Mer; lui aussi, 
il vit les Sardana dans les Xapraro/^^l Egalement M. Rrugsch^^'. Pour 



p. 186, 22 4, 298 et 817), et dans les 
Recherches pour servir a Vhisloire de la 
XIX' dynaslie, p. 36, il dit : (fll n'existe 
plus de doute possible. Dans le premier 
ouvrage (p. 296) il relive la resseniblance 
des casques sardaniens avec ceux des 
Sardes, mais il ajoule que la dilT^rence 
consisle en ceci , que le casque sardanien 
a toujours une boule entre les cornes : 
ffce detail ne manque jamais n. Nous ver- 
rons plus bas que M. Ghabas se Irompe. 
L'identification de M. Ghabas est r^p^t^e, 
d'apr^s les Eludes sur I'antlq. hist., par 
M. Giovanni Spano [Vocabolario Sardo, 
Cagliari 1878, p. 99). 

^*^ Aeg. Texle, p. 663 : crmit Ghabas 
einverstanden , der sie mit den Sardi- 
niern zusammenbringt". 

(') Rw. arch., 1866, t. II, p. 69. 

^'' Je I'inffere de notes au po^me de 
Pentaour dans T^dition de son fils, qui 
r^p^e avec pi^t^ les explications pater- 
nelles ff prises au cours de mon p^re au 
College de France « {Revue egyplol., t. Ill, 

Annalet du Service, 191 5. 



p. i5o). M. J. de Roug^ d^signe ses 
remarques k lui par ses lettres initiales. 
Puisqu'elles ne sont pas ajout^es k la 
note de la page i55, c'est que celle-ci 
appaitient k son p^re : trSartinau, peuple 
du nord de la mer M^diterran^e , vaincu 
par Ramses et employ^ comme auxiliaire 
dans son aimeen. 11 donne aussi le nom 
ph^nicien de la Sai'daigne, mais sans 
exprimer d'avis. 

^*' Chronologie des Manelho, Berlin 
1867, p. 218. 

'*' Assyriens og Aegypt. GamleHtslorte, 
Copenhague 1879-1877, p. 5i8 et 62. 

<*' Journal asiatique, 1874, h' s^rie, 
I. IV, p. 4 10. 

''' Geschichle des Alterthums, t. I, 
4" Aufl., 1874. 

C) Ibid., 5-^d., 1878, p. 162. 

'*' Geschichle Aegyptens unler den Pha- 
raonen, 1877, p. 578. Dix-huit ans plus 
tAt il rangeait parmi les peuples libyens 
les Qairdina ? (sans doute une faute d'im- 
pression) : Hist. d'Egypte, 1889, p. 179; 

6 



[U] — 82 — 

I'identification des Sardina avec les Sardes etaient M. Alfred von Gut- 
schmid") et Lieblein, qui s'est elev^ centre M. Hal^vy^^l M. Maspero^^' 
considere les Sardana comme des Asiatiques , comme une tribu meonienne 
qui aurait donn^ le nom a la ville de Sardes , et il rappelle — vu la ressem- 
blance de leur armure avec celle de figurines trouv^es en Sardaigne — la 
tradition de la colonisation de la Sardaigne partant de I'Orient avec Dedale 
et de I'Afrique avec lolaos (*l M. Robiou a essaye de prouver I'identite des 
Sardana avec les Sardes ^^\ En Italie la question des relations entre les 
Sardana et la Sardaigne a ete traitee par M. Pais '""^ en s'appuyant sur les 
monuments d'art. Ses arguments furent accueillis par M. Perrot ^'^j qui les 



c'est aussi i'opinion de M. \Nende\ (History 
of Egypt, New- York 1890, p. gS). 

^^' Recension de la Gesch. des Alt., de 
M. Duncker dans les Jahrb. fiir class. 
Philologie, 1876, r^imprimee dans Kleine 
Schrifien, hi'sg. von Franz Riihl, t. I, 
1889 p. 3i 1. 

'*' Egypten i dess minnesmdrken och i 
dess forhollanda till Palestina och Grek- 
land, Stockholm 1877, p. 118 et 19. 
Dans ce travail suedois, M, Lieblein 
considere les peuples Akawasa, Touirsa, 
Leka, Sartana, et Sikelsa comme gr^co- 
italiques; il aflirme qu'il y en a beau- 
coup de preuves iinguistiques , geogra- 
phiques et historiques. Que M. Hal^vy 
ait trouv6 des noms semblables chez les 
Berb^res , cela ne prouve rien : ce ne sont 
que des traces du s^jour des peupies 
allies chez les Libyens. Pour comprendre 
Lieblein, j'ai profit^ de i'aide du prof. 
Torlein Hannaas , deStort(Norv^ge), qui 
se trouvait au Caire en Janvier 1909. 

<'^ Revue critique, 1878, 1. 1, p. 820. 
Auparavant, dans la Rev. crit., 1878, 
t. I, p. 86, il d^signe I'Asie en general. 
M. Maspero r^p^te son opinion dans 
Hist., t. II, p. 36o. 



'*' Revue critique , 1880, p. 110. Sous 
I'influence de M. Maspero, aussi M. 
Brugsch, contrairement a son opinion 
ant^rieure , faisait des Sardana les Sardes 
de la viile de Sardes (Schliemann, Ilios, 
1881, p. 824 et 827). M. de Bissing 
(Sphinx, t. V, p. 167) ^crit : ffDass die 
Schardana nicht nach Aegypten aus Sar- 
dinien kommen konnten, hat, gleich- 
zeitig mit Maspero, Ulrich Kcehler (Berl. 
Sitzungsber. , 1897, p. 269) gezeigtw. Je 
ne connais pas ie travail de Koeliier. 

'*^ Gazette archeologique, t. VII , p. 1 SS- 
i/i/i. Ce travail m'est connu seulement 
par la mention qui en est faite dans le 
rapport annuel de M. J. Darmesteter 
(Journal asiatique, S' serie, II, p. 92, 
i883). 

(*^ Sardegna, le chapitre i et les Pa- 
polazioni egizie in Sardegna. Le second 
de ces travaux a paru dans ie Bollettino 
archeologico sardo, i884; tons les deux 
m'ont hi inaccessibles. La bibliographic 
archeologique et pr^historique de la Sar- 
daigne est donn^e par M. Ant. Taramelli 
dans Memnon, 1908, p. 2 et 3. 

^'^ Perrot et Chipiez, Histoire de Vart 
dans Vantiquite, t. IV, 1887, p. i5-i8. 



— 83 



35 



approuva complMement , tout en declarant que Tidentification '^^ a et aura 
vraisemblablement toujours le caractere d'hypothese, d'ailleurs possible. 
Sayce lui aussi se prononce categoriquement pour elle^'^l M. W. M. Miil- 
ler(3) a voulu absoiument faire venir ies Sardina, comme les Tourousa, 
de loin; j'ai deja presente plus haut ses arguments sous i'aspect qui leur 
convient. Les recherches archeologiques demontrent, selon M. Miiller, que 
i'hypothese de M. Ghabas est juste; M. Miiller t*', ayant connu I'ouvrage de 
M. Perrot et ayant regarde de pres les illustrations y contenues, identifie 
categoriquement les Sardina avec les Sardes contre MM. Pais et Perrot. 
La critique qu'il fait de M. Perrot est legere'^' et les illustrations aux- 
quelles il se r^fere ne convaincront pas beaucoup de personnes ^^K En dehors 



^'' Ibid., t. IV, p. 18. Voici en resum^ 
les dMuctions de M. Perrot, d'apr^s M. 
Pais. Les casques des figures sardes 
n'ont jamais entre les comes la boule, 
caract<^ristique des casques saidaniens. 
Chez ies Sardana les cornes sont presque 
horizontales , comme ies deux cAtes de 
ia iune ; cliez les guerriers sardes , ies cor- 
nes s'eni^vent dans ia direction verticaie 
et se rapprociient par ie somnict. L'or- 
nementation des casques avec ies cornes 
est connue ciiez divers peupies antiques , 
comme symboie de ia force. La ressem- 
blance des noms pent ^tre accidenteiie. 

^'^ A. H. Sayce, The Races of the Old 
Testament, Oxford 1891, p. i54 et i55. 

^â– ''' Asien und Europa, p. 871. 

^*' Ibid., p, 376 et seq. 

^'^ D'abord M. Miiiier combat unique- 
ment M. Perrot et ne mentionne nuiie 
part que ceiui-ci repute seuiement les 
arguments de M. Pais. Totaiement fausse 
est i'assertion que Perrot rrtritt jener 
Gieichsetzung de Roug«^'s entgegeufl 
(876); Perrot se borne seuiement k 
^mettre un doute vraiment scientifique 
(I.e., p. 18), (f Perrot's Behauptung, dass 



dieseibe Heimfonn in vieien Landern vor- 
liomme , ist faiscliT?, ^crit M. VV. M. Miiiier 
(/. c, p. 379). Mais M. Perrot ne i'a 
jamais affirm^; ii n'a pari^ que de ia 
coutume r^pandue de pianter des cornes 
sur ie casque! La remarque de M. Miiiier, 
que i'ilgyptien ne savait pas repr^senter 
ies cornes en perspective, pent ^tre juste : 
pourquoi done en ce cas M. Miiiier dit-il 
que ffjene abnorme Richtung der Horner 
ist nirgends sonst bekannt ais in itaiien^ 
(877)? Pourquoi tr abnorme n? M. Miiiier 
iui-m^me nous fait souvenir de i'hi^ro- 
glyphe de ia t^te de vache avec ies cornes 
dress^es d'une fa(;on identique; c'est la 
direction la plus ordinaire. Quant h la 
boule entre ies cornes, caract^ristique 
pour ies mercenaires sardaniens au ser- 
vice des pharaons, M. Chabas (Eludes sur 
I'ant. hist., p. 3o8) y voyait un signe 
distinctif des ennemis. M. Spinazzoia, et 
avec lui M. Tarameiii (/ problemi archeo- 
logici della Sardegna , dans Memnon, 1 908, 
p. 82), regarde ce ffboutonn comme ie 
disque soiaire connu dans i'art ^gyptien. 
^"^ M. Miiiier n'en a done r^p^t^ 
aucune dans son ouvrage. M. G. Korte 

6. 



[36] 



8/i — 



du casque il ne trouve pas de preuves serieuses ; il est lui-m^me d'avis que 
le costume des Sardana est semblable a celui des peuples d'Asie Mineure>'l 
M. W. M. Miiller n'a pas change d'opinion jusqu'a present ^^l M. HommeU^' 
accepte ridentification avec les Sardes comnie certaine. M. Hall'*' consid^re 
le rattachement aux Sardiens d'Asie Mineure, propose par M. Maspero, 
comme «incontestablement le meilleur » ; il reconnatt des m^rites a M. W. M. 
Miiller, mais il ne lui promet pas beaucoup de partisans. M. de Bissing'^' 
voit egalement dans les Sardana les habitants de Sardes, qui ont donn6 
plus tard leur nom a la Sardaigne. M. Breasted'^' se declare absolument 
convaincu par les arguments de M. W. M. Miiller; quant a M. Petrie^'^, il 
consent a reconnaitre des rapports entre les Sardana et la Sardaigne, 
mais il admet leur arriv^e posterieure en cette tie. 

M. Lagrange'^' exprime une opinion pareille a celle de MM. de Bissing 
et Petrie. M. Winckler'^' regarde les rapports avec la Sardaigne comme 
obscurs. Le dernier qui ait ecrit sur les Sardana, M. Ant. Taramelli '^''', 
s'appuyant sur le travail de M. Spinazzola''^', considere la ressemblance 



(Pauly-Wissowa, Real-Encydopddie , XI 
Halbbd., Stuttgart 1907, col. 783) dit : 
ffDie sardinischenBronzefigiirchen zeigen 
niclit eine schlagende Uebereinstimmung 
mit den agyptischen Abbildungen, 
sondern sogar erhebliche Abweicli- 
ungenn. 

(•) L. c, p. 374. 

''' ffThe Italian pirates called 

Sardinians (Shardina)n (^Egyptol. Res., 
1906, p. 27). 

''' Geschichte des alien Morgenlandes , 
Stuttgart 1896, p. 89. 

^'' Oldest Civilisation of Greece, 1901, 
p. XXVII. M. Hall, parlant de I'identification 
de M. Maspero, cite la Revue critique, 1880, 
p. 109. II est Evident qu'il cite au petit 
bonheur et qu'il ne I'a pas regard^e du 
tout. ffLes Shardanes, la tribu qui donna 
son nom h la ville de Sardes n , M. Mas- 
pero avait ^crit ces mots dans la Revue cri- 



tique, 1878, 1. 1, p. 390. Ibid., en 1880, 
a la page 109 commence la critique de 
Touvrage de Brugscli et k la page 110 
il est question des Sardana mais pas de 
Sardes. M. Hall se declare pour Topinion 
de M. Maspero aussi /. c, p. 173. 

'*' Sphinx, t. V, p. 167, 1902. 

'*' Ancient Records of Egypt, t. Ill, 
p. 239. 

('' History of Egypt from the XIX"' to 
the XXX"' dyn., p. 111. 

''' La Crete ancienne, 1907, p. i43. 

'*' Die Euphratlander und das Mittel- 
meer, Leipzig 1908 [Der Alte Orient) 
p. 1 6 : ff In welchem Verhaltniss sie (Scher- 
dan) zu Sardinien stehen, ob sie diesem 
oder dieses ihnen den Namen gegeben, 
ist noch unklar". 

^'"^ / problemi archeologici della Sarde- 
gna, dans Memnon, 1908, p. 3i et 33. 

^"' / bronzi Sardi e la civiltd antica 



— 85 — 



[37] 



des figures sardiniennes avec les representations egyptiennes des Sardana 
comme decisive; done il se declare categoriquement pour I'identite. 
M. Korte^*^ n'admet a aucun prix que les Sardana vinrent de la loin- 
taine Sardaigne non plus que les Tourousa de I'Etrurie. 

V V V * 

IV. Sakrousa (Saklousa, Sakalsa, Sakalasa). — M. Brugsch^'^Mes consi- 
dera au d^but comme un peuple libyen, et plus tard^^^ comme des cir- 
concis caucaso-calchidiens venus en Libye, habitants de Zagylis. Les Sa- 
krousa furent rapproches des Sicules en meme temps par MM. de Rouge'*' 
et Lauth(5), plus tard par MM. Waldemar Schmidt (^' et Ghabas^'l 
M. Halevy'*' les place en Libye en rapprochant leur nom de Saqar-sa. 
M. Duncker'^) douta d'abord de I'identificalion avec les Sicules et prefera 
I'origine libyque, puis il rejeta completement Thypoth^se de M. de Roug^ 
sur la foi de la pretendue circoncision des Sakalousa '^°l M. Maspero'"' 
voit en eux un peuple d'Asie Mineure et leur souvenir dans la ville de 



della Sardegna , Napoli 1908. Enfin une 
plaisanterie : le D' F. Adamidi soutient 
que les savants ont ffieconnu sur les 
monuraents le peuple Shardanes ou 
Dardanesn (Le* invasions europeennes en 
Egypte dans les temps prehisloriques , dans 
ie Bull, de I'lnst. eg., igoS, p. 86, deux 
fois). 

''^ Pauly-Wissowa , Renl-Encyclopddie 
(ut supra), col. ySS. 

<'' Hist. d'Egypte, iSSg, p. 179. 

''' Gesch. Aeg. unter den Pharaonen, 
1877, p. 567 et 578. 

'*' Revue archeoL, 1867, t. II, p. 99. 

'*' Homer und Aegypten , 1867, p. \h. 
Aeg. Texte, 1867, p. 663 : ffp]s scheint 
mir, dass der Name SjxeAcis. . von dem 
der Schakaiusha nicht zu trennen ist'i. 

'*^ Assyriens og Aeg. Gamle Historie, 
Copenhague 1872-1877, p. 5i8 et62o. 

''' Etudes sur Vantiq. hist., 9,' M. , 



p. 292, Recherches pour servir a Vhis- 
toire de la XIX' dynastic, p. 36 et 89 : cf II 
n'existe plus de doute possible n (36). 

^'^ Journal asiatique, 187^, 7* s^rie, 
t. IV, p. /ill. 

(•) Gesch. des Alt. , 187/* , 1. 1, /i" Aufl. , 

p. 12 4. 

(") Ibid., 5- ed., 1878, p. i52. L'i- 
dentite est d^fendue par M. Gutschmidt 
(/. c, p. 3ii). G'^tait ^galement un 
peuple libyen pour M. Wendel [History 
of Egypt, 1890, p. 95, — Shereshka). 

^"' Revue critique, 1878, t. I, p. 320. 
(tLcs Shakalash des monuments egyp- 
tiens repr^sentent la ville de Sagalas- 
sos. . . â– " Hist., t. II, p. /j32 : ff . . .sont 
un peuple d'Asie Mineure , dont la posi- 
tion approximative nous est probable- 
ment indiqu^e par le site qu'occupait 
la ville de Sagalassos, nomm^e d'apr^s 
eux". 



[38: 



86 



Sagalassos, en quoi il est approuve par M. Sayce^'^ malgre la ressem- 
blance avec ies Romains remarquee par lui. 

M. W. M. Miiller^^^ n'admet a aucune condition Tidentite avec Ies 
Siculi-2/xeXo/. En revanche, M. Hommel'^^ est partisan de I'identite, vu ia 
certitude que Ies Sardina sont Sardes. MM. Krall'*' et Hall, avec M. Mas- 
pero^^^, considerent Ies Sakarousa comme Sagalassiens; de m^me M. de 
Bissing'^', qui ne veut pas admettre la comparaison avec Ies Sicules^'l Le 
D' Abbate pacha a confondu Ies Sakalousa avec Ies Sardana et a attribue aux 
premiers Ies cornes , qui sur Ies monuments ne reviennent qu'aux seconds ; 
il nie leur origine asiatique. M. Petrie^*^ est pour Ies Sicules en admettant 
la possibility de Texistence d'une branche de ce peuple entre la Gyrenaique 
et I'Egypte, a Zagylis et Zygris'^'. M. Breasted ne rejette pas I'identite 
avec Ies Sicules ^^°'. 



^'^ A. H. Sayce, The Races of the Old 
Testament, Oxford 1891 , p. i53 et i54. 

^*' Asien und Europa, p. SSy rr . .iasst 
sich allerdings die Gieichsetzung mit den 
Siculi nicht lialten , sie sind Kleinasiatenfl. 
Ibid, p. 368 : rrDie Sakarusa sind sicher 
keineS(KeA(is(!)n. D'ou ces rrallerdings, 
sicher n et Tinterjection ? Le meme W. M. 
Miiller ne combat pas I'identificalion des 
Akajouasa avec ies Acheens (/. c, p. 871), 
pourquoi prend-t-il done une attitude 
diff(6rente a propos des Sicules ? 

^'' Gesch. des alten Morgenl, 1896, 

p. 89. 

^*' Grundriss der alten Geschichte, 
Vienna 1899, p. 84. 

'"^ Oldest Civilisation of Greece, p. 178; 
a la page 1 79 M. Hall cite Maspero d'apres 
la Revue critique, 1880, mais M. Maspero 
avait exprime sonhypoth^se d^j^ en 1 878. 

''^ Sphinx, t. V, p. 169 : ffSakalsa, die 
Maspero mit Recht zu Sagalassos und 
nicht zu den Sikulern stellt». 

*'' L'Egitto e la Sicilia nei loro antichi 



rapporti, Nuove ricerche (Conferenza data 
alia Societa di Storia Patria, Palermo 
1899) • "^ Siculi hanno navi proprie e 
portano come distintivo le due corna 
laterali sul capon (p. 90). Idem, Les 
cornes ou la coiffure guerriere des Siciliens 
centre les hgyptiens, Notes elhnographi- 
ques, dans le Bull, de I'lnst. egyptien, 
1907, p. 59 1-598 : ffLes guerriers 
sicules, conf6der^s des Libyens, portent 
une coiffure avec deux cornes iaterales^ 
(p. 59 9 et 594). M. Abbate compare ces 
cornes aux amulettes contre le mauvais 
oeil (jettatura) usites en Sicile et dans 
ritalie m^ridionale. 

W Hist., I.e.,]). 11 3. 

^'' M. Petrie cite ici M. Brugscli, mais 
celui-ci (Gesch. Aeg. unler den Pharaonen, 
1877, p. 578) rattachait les Sakalasa a 
Zagylis, et les Zakkara k Zygris. 

<'"' Ancient Records of Egypt, t. Ill, 
p. 289 : fflf s be an ethnic termination 
in these western names tj. Mais au t. IV, 
p. 34, il dit des Thekel (Takkara) sous 



87 



[39] 



Laissant de cote le peuple Akaouasa, sur lequel aujourd'hui Taccord 
presque general s'est etabli , en ce sens qu il faut voir en eux les Acheens 
grecs^^^, trois autres peuples, Tourousa, Sardana et Saklousa, ont donne 
lieu a trois opinions differentes. 

1 " Une fraction de savants , Lauth , E. de Rouge , Ghabas , W. M. Miiller '^^\ 
Breasted, voient dans les Tourousa les Etrusques, dans les Sardana les 
Sardes et dans les Saklousa les Sicules. lis supposent une grande expedi- 
tion de peuples europeens contre TEgypte, une migration de TOuest vers 
I'Est. 2° Une seconde fraction, Unger^^', Hal^vy, Brugscli, Duncker, Wiede- 
mann '*), ne pent croire a une si lointaine origine des ennemis de Mi- 
nephtah et les considere simplement comme des membres de la nation 



Ramses III qu'ils sont : rrmay be Sikeli, 
later of Sicily i ; cf. aussi History of Egypt , 
New- York 1905, p. A67. 

''' MM. Brugsch, Duncker et Ed. Meyer 
(voir plus haut) ne s'y opposent que parce 
qu'ils croient k la circoncision de ces 
peuples. Gette question sera trait^e plus 
has, ou Ton verra que ces savants ont 
eu tort. Parmi les plus r^cents, tous, a 
Texception de M. Pelrie, sont pour les 
Acheens : M. W. M. Miiller, Hommel, 
Maspero, Breasted, Hail, Lagrange. 

'*' Pour les Tourousa et Sardana seuls ; 
quant k la Sicile , on ne sail pas pourquoi 
il i'a trait^e autrement. 

'*' ff . . . Dort , in dem nachmals agyp- 
tischen Libyen suchen wir diese see- 
fahrenden Stamme, niclit, wie die Er- 
klarer der Denkmalei', auf den giossen 
europaischen und asiatischen Inscln'^ 
[Chronologie des Manelho, Berlin 1867, 
p. 218). 

'*' Aeg. Gesch., p. AyS : « Charakteris- 
tisch in der Namenbiidung der Stamjne 
ist das schliessende scha, welches uns in 
dem sicher libyschen Namen der Mascha- 



uascha begegnet und es so wahrscliein- 
lich maclit, dass wir audi in den anderen 
analog gebildeten Naraen libysche Stam- 
me zu suchen haben-^. Mais nous devons 
^ Hall {Old. Civil., p. 178 et 179) une 
lout autre explication de ce suffixe. Dans 
la langue lycienne les deux suffixes no- 
minaux les plus frequents sont : azi ou 
dzi et una ou nni. Les noms lyciens en 
azi ou similaires se terminent dans la 
tianscription grecque k -aaais, -ouris, 
-crcros (cf. le rapprochement propose par 
M. Maspero des Sakalsa k Sagdassos), 
-(T<Ta etc. Akajouasa, Korkisa, Sakalosa, 
Touir§a, Sardina, sont tous des formes 
linguistiques de I'ancienne population 
pelasgique en Asie Mineure, seulement 
un peu ^gyptianisees. En original elles 
auraient k peu pr^s I'aspect Akajouazi, 
Sakalazi , Touirazi, Sardinna. Que la tribu 
certainement libyenne des Masaouasa pos- 
s^de cette terminaison sa, frmay be due 
to their being confused with them by the 
Egyptians, or may show that the name 
reached the Egyptians llu-ough a klein- 
asiatisch medium « (Hall, /. c, p. 179). 



[40] 



— 88 



libyenne. Brugsch^'' et avec iui Duncker'^' et Ed. Meyer voyaient dans les 
peuples du Nord des circoncis, en interpretant faussement le passage de 
la grande inscription de Karnak relatif aux bras coupes des ennemis 
morts au lieu des phalli coupes des Libyens^^l Gontre Brugsch se sont 
61ev«^s MM. Bobiou(*\ Lauth'^) et W. M. Miillerf^'. 



M. Wiedemann dit plus Ipin : rcDie von 
de Rouge vorgeschlagenen Identifikatio- 
nen sind durchgehend gezwungen ... In 
Bewaffnung, Kleidungund Kampfweise, 
ebenso wie in den verschiedenen wis uber- 
lieferten Eigennamen der Fuhrer entspre- 
chen diese Volker vollstandig den iiby- 
schen Gegnern der Aegyptem. Ou M. 
Wiedemann a-t-il trouve ces noms de 
chefs? Pas un seul d'entre eux ne nous est 
connu. ff Aus alien diesen Griinden kon- 
nen wir denn auch uns nicht der de 
Roug^'schen Ansicht anschliessen und 
konnen in den von Merenptali besiegten 
Volkerschaften nichts sehen als eine Ver- 
bindung libyscher Stamme, M^elche es 
versuchten sich im Nillande bessere und 
fruchtbarere Wohnsitze zu gewinnen. 
Eine Erwahnung graco-italischer Stamme 
in der Inschrift zu finden scheint dage- 
gen unmoglich zu seinr? (/. c. , p. iyS). 

^'^ Zeitschr. fur ag. Sprache, 1876, 
p. i27-i5i, et Gescli. Aeg., 1887, 
p. 577 et .078. 

^"'^ Mais celui-ci consid^re comme ff geo- 
graphisch unmogliche Ansicht n, que les 
peuples du Nord fussent des tribus libyen- 
nes [Gesch. des All. , iSSh, t. I, p. 3i3). 

^'' II s'agit du mot kmt, d'apres M. 
Brugsch , preeputimn. 

^^' F^iix RoBiou , Les peuples de la mer, 
confederes contre VEgypte, au temps de 
Meri-en-phtah (Reponse k une objection 
contre i'interpr^tation ethnographique 



de ce texte), dans le Recueil de Iramux , 
t. II, 1880, p. 56-59. M- F- Bobiou 
invoque le recit dTIerodote (II, p. 102), 
d'apres lequel Sesostris caracterisait dans 
ses inscriptions ses ennemis vaillants 
comme hommes, et ies laches comme 
femmes. ff II s'agit done dans I'inscription 
de Merienplitah d'une difference dans 
le traitement exerc^ sur les cadavres, et 
non d'une difference d'etat entre les 
corps d'ennemis vivants. On inscrivait 
ainsi dans le bulletin de la victoire que 
les uns etaient des hommes et les autres 
n'en etaient pas; ce sens m^taphorique 
est surtout celui de la ligne 52^1 (non 
illis praeputia) (/. c, p. 69). 

''^ Aus Aeg. Vorzeit, 1881, p. 826 
et 827. II presume I'existence cliez les 
Libyens des phalli comuti. 

'°^ Notes, dans les Proceedings of the 
Soc. of Bihl. Arch., 1888, p. ih^-xhh; 
Asien und Europa, p. 357 et 358. D'apres 
M. Midler, les Egyptiens avaient horreur 
des phalli non circoncis et ne les tou- 
chaient pas pour cette raison. M. Breasted 
{Ancient Records of Egypt, t. Ill, p. 247) 
traduitArn^par/ores/irmet combat M. Miil- 
ier: ffit seems to me the rendering fore- 
skin is very probable. The question of the 
homes of these people is in greater un- 
certainty than the rendering of Arrn/, and 
should be decided by this rendering ra- 
ther than the reverse ". 11 est difficile d'y 
consentir. 



— 89 — 



[41] 



Si cette question ingrate ne fut pas completement eclaircie , en tout cas 
il est impossible de prouver avec son aide quelque chose. Enfin 3" la 
troisieme fraction de savants, Maspero, Hall, Bissing, Hommel, place 
ces peuples en Asie Mineure ; elle est sans doute la plus proche de la v^rite , 
bien que quelques-uns parmi ses partisans pechent par Texclusivite^^l 

II faut d'abord constater que, contre ridentification des Tourousa avec 
les Etrusques proposee par MM. Lauth et E. de Roug^ deja en 1867, au- 
cune objection serieuse ne fut soulevee par personne parmi les savants ^-^ 
On ne pent pas evidemment parler d'une expedition de I'ouest vers Test, 
comme le soutient par exemple M. Breasted, — mais au contraire de Test 
vers I'ouest. Nous devons limiter Tidentification a Tunite de nationalite, 
mais distinguer les demeures. Les Touirsa ce sont les Etrusques, non pas 
les habitants de I'Etrurie, mais leurs ancetres habitant encore dans TOrient. 
Gela agree avec les plus recentes recherches sur la question ^trusque^^l 
La th^orie de I'arrivee des Etrusques du Nord par les Alpes, defendue 



^'^ Par exemple, M. Hall dans la ques- 
tion des Etrusques ct M. de Bissing dans 
celie de ia Sicile (voir phis haut). Un 
quatri^me groupe est constitu^ en quel- 
que mani^re par les sceptiques , qui pr^- 
ferent ne pas remplacer ces doutes par 
quelque chose de nouveau , par exenq)le 
M. Lepage-Renouf : rrDie Identification 
dieser fremden Eindringlinge mit den 
Achaern, Tyrrheniern, Sardiniern und 
Sicilianern ist mir immer hochst un- 
wahrscheinlich vorgekoramen . . v (Varies, 
uber Ursprunir und Entwickelungen der Re- 
ligion der alien Aegypter, Leipzig 1882, 

p. 91). 

^*^ Ceux ({ui se sont decides pour la 
Libye, comme M, Halevy, ne I'ont fail 
que parce qu ils n'osaient alter aussi loin 
que i'ltalie. Plus tard la question de la 
circoncision cr^a une confusion. M. Hall 
enfin est capable de s^duire le lecteur, 
mais il ne connait pas exactement le 



problems ^trusque dans I'^tat recent 
des recherches. II ^crit par exemple : 
(tA migration from Lydia is rendered 
doubtful by the fact . . . that the descent 
of the Etruscans from Central Europa 
across the Po valley is said to be plainly 
traceable 1 (Oldest Cicilisation , p. 17^, 
cf. aussi p. io3). Cependant cette theorie 
appartient aujourd'hui d^ji au pass^. De 
m^me M. Hall a absolument tort quand 
il refuse tout caract^re ^trusque h I'ins- 
cription de Lemnos (ibid., p. 176). 

^'' F. Hommel , Grundriss der Geogr. und 
Gesch. des alien Orients, t. I, Miinchen 
1906, p. 68-70. A la page 67nouslisons: 
ffDer belreffende Artikel in der neuen 
Auflage von Pauly-Wissowas (Real-Encycl.) 
steht leider noch aus^. Get article, un 
excellent r^sum^ de M. G. Korte , a paru 
en 1907 (XI Halbbd., Stuttgart 1907, 
col. 780 et 770). Ibid., Etruskische 
Spraclie von Skutsch (col. 770-806). 



[/.2] 



— 90 



jadis par B. G. Niebuhr et aux temps plus recents par M. W. Helbig, 
n'a pu se maintenir. Elle ne s'appuie sur aucune tradition antique 
mais exclusivement sur les noms de localites dans les Alpes Rhetiques et 
sur les inscriptions ^trusques qui y ont et6 trouv^es. Or celles-ci sont relati- 
vement tardives et datent pour la plupart du ii* siecle avant J.-G. ; eiles n'au- 
torisent done en aucun cas la conclusion qu'elles sont les dernieres traces 
d'un peuple venu du nord. On pent admettre seulement qu'au peuple 
etrusque s'est confondu au cours des siecles un autre peuple, immigr^ 
du nord'^'. Au contraire beaucoup parlent en faveur de Torigine orientale 
des Etrusques, surtout la tradition antique. Herodote nous a transmis 
la legende lydienne, d'apres laquelle sous le regne du roi Ates la moitie 
du peuple lydien se serait aventuree , a cause d'une famine , sur la mer avec 
le prince Tyrsenos comme chef et se serait etablie au pays des O^^pixoi 
(Ombres) (2'; tous adopterent d'apres le nom de leur chef I'appellation de 
Tyrseniens (^Tupurjvoi). Oil Herodote a-t-il pris cette information? De 
son temps il y avait au nord de la mer Eg^e des debris de population 
tyrsenienne, c'est-a-dire etrusque, qui parlaient une langue apparentee a 
celle de leurs cousins italiens. Ge point de vue trouve sa confirmation 
dans la celebre inscription trouvee a Lemnos, dont la langue n'est pas 
a vrai dire identique avec I'etrusque mais lui ressemble d'une telle fa^on 
qu'il est impossible d'en nier la parente^^'. Pour I'origine orientale des 



'"' KoRTE, /. c, p. 735 et 789. 

'^^ I, p. 94, M. Hommel (/. c, p. 3) 
cite aussi Hesiode {Theogonie , p. 1011 ss). 
Kirk^, la personnification de la Gilicie, 
enfanta d'Odysseus Agrios et Latinos, 
qui regn^rent ensuite sur les Tyrseniens. 

w Gontre M. Hail (/. c, p. 176); 
M. Korte est sans doute en cette question 
une autorite superieure (/. c, p. 782). 
L'inscription de Lemnos provient de la fin 
du vii' siecle avant J.-C. (Hommel, I. c, 
p. 68); ff schwerlich unter die Mitte des 
VI Jahrhdts. herabzudatieren « (Korte, 
/. c, p. 733). La pierre fut d^couverte 
par les savants fran^is Cousin et Diirr- 



bacli et publiee en 1886 au Bull, de 
Corresp. HelUnique. Alf. Torp [Die vor- 
griechische Inschrlft von Lemnos. Chris- 
tiana. Videnskabs-Selskabs Skrifter, t. II , 
hist, filos. Klasse 1908, n' h) ecrit que 
cette edition est notre source unique , par- 
ce que la pierre est perdue et se trouve 
on ne sait pas oii. Cependant elle est au 
Musee d'Athenes. La date est, d'apres 
M. Torp, 600 avant J.-C. A la page 7 
nous trouvons dans cet article un re- 
proche s^v^re a ladresse de M. Hall pour 
traitement a la ieg^re de toute la question. 
Selon M. Hall, la pierre fut d^couverte 
par M. Pauli ( ! ) et ^inscription elle-m^me 



— 91 — 



m 



Etrusques parlent et leur religion , et rarrangement de leurs maisons , et 
leur armure, tout le materiel archeologique en general, tandis que rien 
ne temoigne contre^^'. II est vrai que, d'apres les recherches dans les necro- 
poles, ce peuple n'apparait sur la cote d'Etrurie qu'au vni' siecle avant 
J.-C, mais, d'abord, cette date n'est qu'approximative, ensuite il faut 
remarquer que rien ne nous autorise a croire que Timmigration des Tou- 
rousa-Tyrs6niens en Italie eut lieu immediatement apres la defaite libyenne. 
Quant aux Sardana, il est difficile de nier que ni I'argument tire de la 
communaute du caractere archeologique avec la Sardaigne ni la similitude 
frappante des noms ne constituent des preuves definitives; elles ne nous 
donnent que la possibilite de parent^ avec la Sardaigne. En aucun cas — 
comme chez les Etrusques — nous ne supposerons une migration de 
I'ouest vers Test, mais celle dans la direction inverse; cela n'exclut pas 
un lien avec la ville de Sardes. Peut-etre ces Sardiens-Sardaniens , men- 
tionnes deja par les tablettes de Tell-el-Amarna , sont-ils venus, apres de 
longues migrations et un sejour en Libye, dans I'tle italienne. Nous devons 
respecter plus qu'il ne se fait souvent la tradition antique, qui est tr^s 
instructive. Pausanias nous parle d'une tribu libyenne conduite par Sardos, 
qui s'etait etablie en Sardaigne ^'^^; cette tradition nous indique en quelque 



serait frnon ^tiusqiie mais plirygienne i 
(Hall, /. c, p. 17^1). M. Hall invoque 
dans celte declaration cati^gorique les 
Etudes de M. Kirclihoff, mais au passage 
indique il est seulement expose que les 
inscriptions Icmniaques et phrygiennes 
sont ecrites avec un m^me alphabet. Est-ce 
que cela suffit k M. Hall pour identifier 
les langues? M. Torp consid^re la langue 
de la pierre non comme ^trusque, ainsi 
que le croyaient E. Meyer, Beloch et 
W. M. MiiUer, mais comme tr^s rappro- 
ch^e de I'etrusque. 

''' M. Hommel (/. c, p. 64) trouve 
une preuve directe dans les noms indi- 
viduels et les gentilices des Romains, 
d'origine non indo-europ^enne mais e- 



trusjjuc : ainsi Manlius, Lucius, Lucul- 
lus, Tarquinius, Metellus, Mucius, etc. 
D'apres M. Hommel ces noms et leurs 
semhlables non indo-eui'op^ens d'oi'igine 
etrusque indi<|uent le sud et le sud-est. 
Mais M. Korte (p. 780) remarque que 
la linguistique moderne jusqu'a present 
n'a pas determine la parente linguistique 
de I'i^lrusque; M. Skutsch, dans I'article 
de la m^me Real-Encycl. sur la langue 
etrusque (col. 8o5), ne pent, apr^s un 
long examen , que se rallier a Tancien ju- 
gement de Denis d'Halicarnasse : ovhevi 
(iAA(w idvsi b(i6yX<t)(T(Tov. 

''* Pausanias, Descriplio Greeciee, X, 
17, 2, t. II, ^d. Teubner 1900, p. 3o4. 
lolaos ^migi'e ^galement en Sardaigne 



[44] 



— 92 — 



maniere la direction de la migration des Sardana. Pausanias est, il 
est vrai, un auteur tardif, ecrivant au n* siecle apres J.-C, mais cela 
ne prouve pas que nous devions refuser a sa legende toute valeur^'l 
Les Sardana habitaient peut-etre en Libye deja depuis quelque temps avant 
la guerre sous Minephtah, vu que sous Ramses II, comme le prouve 
le premier papyrus Anastasi, il y avait, a cote de 620 Kehaka libyens ct 
1600 Masaouasa egalement libyens, 1900 Sardana'^'. II est digne d'atten- 
tion qu'apres Ramses III les Sardana n'apparaissent plus dans I'histoire ; 
peut-Mre se sont-ils fixes quelque part, comme les Poulousata-Philistins^^l 
II est Strange que les memes savants critiques, qui ont admis la pos- 
sibilite du rapport des Sardana avec la Sardaigne, en placant seulement 
leur etablissement dans I'ile a une epoque posterieure, ne veulent pas 
admettre de relations des Saklousa avec la Sicile ^'^K Tout de meme celles-ci 
sont plus vraisemblables que I'eventualite du rapprochement fortuit de 
deux noms si frappants. Est-ce que Ton pent oublier le voisinage de la 
Sardaigne et de la Sicile ? 



( VII , 9 , 9 et X , 1 7 , 4 ; ia m^me ed., II , 
p. 3 et 3o5). Gf. E. de Rouge, Rev. arch., 
1866, t. I, p. 89. 

(•) Comme le'fait M. W. M. MiiUer 
(Asien und Europa, p. 384). . : ffBe- 
stimmt iasst sich sagen , dass der Kunst- 
typus der Libyer so grundverschieden 
ist, dass man nicht die werthlose, spate 
Angabe (Pausanias) iiber libysche (= pu- 
nische?) Abkunft der Sarden hervor- 
suchen darf». Nicolas de Damas, un 
polygraphe grec du i" siecle avant J.-C, 
mentionne les Sardes libyens : SapSoi 
Aleves ovhev xixTtjvrai (txsvos el (i9/ xti- 
Ajxas xai fia;^a/pas (Edvav avvoLyuyij , 
Historici Greed minores, ed. Dindorf, 
Leipzig chez Teubner 1870, 1. 1, p. 149). 

''^ Wiedemann, Aeg. Gesch., p, 476 : 
ffDie hohe Zahl beweist mit Sicherlieit, 
dass das Volk in der Nahe der agyp- 
tischen Grenze ansassig gewesen sein 



muss und nicht nur zuweilen in der 
Gestalt von Seeraubern die Kiiste des 
Deltas heimgesucht haben kannn. 

('^ Maspebo, Hist., t. II, p. 766. 

''^ M. W. M. MiJLLER, Asien und Eu- 
r<^a, 1^.3 5 '];BissiJiG, Sphinx, t.V, p. 169. 
M. Maspero : rr . . . Si I'on ne voit plus 
dans les Shakalasha les Sicules mais les 
Sagalasses d'Asie Mineure, les autres 
rapprochements proposes par Roug^ ont 
et^ approu\es par I'ecole, avec cette 
modification pourtant que, au lieu de 
consid^rer les Shardanes et les Tourshas 
comme des Sardes et des Etrusques ^ta- 
blis d^j^ en Italic, on y prefere voii- les 
anc^tres asiatiques de ces peuples chasses 
de leur patrie orientale par I'invasion 
plirygienne et en quete de terres nou- 
vellesn [Notice biographique du vicomte 
E. de Rouge, Bibl. egyptol. , t. XXI , 1 907 , 
p. cxxv). 



— 93 



[45] 



L'affinite de race contribua probablement a I'alliance des peuples de la 
Mer avec les Libyans; mais c'est la une question obscure, qui ne depasse 
pas le cadre de I'hypothese ^^\ Egalement obscure est la cause de la marche 
de ces peuples du nord : peut-etre est-ce la pression phrygienne ^'^^j peut- 
^tre fut-ce une famine ^^^ qui les chassa de leurs demeures. 

T. Smolenski. 



''' Voir Arthur J. Evans, Further dis- 
coveries of Cretan and Aegean Script with 
Libyan and Proto-Egyptians comparisons, 
from the Journal of Hellenic Studies, 
t. XVII, Londres 1898, p. 874 et 875, 
ou sont donn^es diverses traditions an- 
tiques sur ies rapports entre la Libye 
et la Gr^ce. M. Hommel (Grundriss der 
Geogr. und Gesch. des alten Orients, 1906, 
p. 70-76) attire I'attention sur ce que 
les anciens rangeaient les Sai'des et les 
Sicules parmi les Ib^res. II consid^re les 
Lyciens et les Tyrs^niens comme parents 
des H^th^ens, el il voudrait r«5unir tous 
ces peuples dans un groupe appele par lui 
alarodien , h^th^o-p^iasgien par le j^suite 
de Gara. Pour raffinite des peuples dc 
la Mer avec les Libyens tient aussi M. La- 
grange (La Crhte ancienne, 1908, p. i/»6 
et 147). Au lieu de disculer sur ces ge- 
neralisations , fragiles mais donn^es h^las ! 
m^me dans des manuels r^dig^s pour la 



grande partie par de non-sp^cialistes , il 
vaut mieux se borner aux faits. 

''' Cette pens^e fut jet^e par M, Mas- 
pero (Revue critique, 1878, p. 828) 
ff . . . des peuples de I'Asie Mineure, qu'une 
cause inconnue, peut-4tre Tarrivee des 
Phrygiens , des Bithyniens , des Maryan- 
diniens et des autres peuplades d'origine 
thrace, contraignit, pendant plus de 
deux si^cles k chercher fortune en pays 
lointains, en Syrie, en Egypte ou en 
Italic. Egalement Hist., t. II, p. 46 1 : 
ff Ge fut probablement I'irruption des 
Phrygiens sur les hauls plateaux qui 
occasionna le depart en masse. . . etcw. 
M. Maspero cite ici par erreur la Revue 
critique de 1877 au lieu de 1878. 

''^ W. M. Miilier (Asien und Europa, 
p. 359) pense k la famine, pendant 
laquelle Minephtah fournit du bl^ aux 
Hittites. 



CYLINDRE EN BRONZE 
DE L'ANCIEN EMPIRE 

PAR 

M. GEORGES DARESSY. 



Parmi les menus objets recueillis cette annee a Mit Rahineh pendant 
Tenlevement du sdbakh se trouve un cylindre a sceller en bronze, datant 
de I'Ancien Empire et offrant un interet particulier a cause du nom royal 
qu'ii porte ^^K 

Sa hauteur est de o m. 062 mill.; ses parois, peu epaisses, legerement 
concaves, car la fleche ne depasse guere un millimetre et demi, se recour- 
bent a angle droit aux extremites, formant d'etroites rondelles d'un dia- 
metre de m. 019 mill, avec une ouverture 
centrale de m. oi3 mill, de diametre. 

Le pourtour du cylindre a quatre colonnes 
d'inscriptions gravees en creux, qui donnent 
sur I'empreinte : 

Le nom de cet inspecteur des sceaux n'est 
pas donne, mais le nom de ka du roi au service duquel il ^tait attache 
est repete deux fois et Ton est encore incer- 
tain sur Tidentite du souverain qui avait 
pris ce titre de | <» _^ . Je ne connais 
que deux autres exemples de ce nom de 
ka, imprimes sur des scelles en argile 
au moyen sans doute de cylindres en 
bronze ou en pierre semblables a celui-ci. 

L'une des empreintes se trouve au Musee de Berlin ^'^ oii elle porte le 
n° 16977. 



1 


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3 















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^'^ Musee du Caire. Journal d' entree, 

'*' Je dois des remercieraents k M. Bur- 
chardt , qui a bien vouiu m'en envoy er la 



photographie et la copie. Le croquis porte 
en plus au-dessus de \/ une fin de car- 

W/M. 

touche \}it J <iui nie parait douteuse. 



— 95 



[2] 



Elle donne les litres d'un scribe de la chancellerie , secretaire en chef, 
fonctionnaire d'une administration et pretre (?) d'Ap-uatu. M. Ed. Meyer (*' 
avait attribue le titre d'Horus | <» ^ au pharaon o | '^. — de la V" dynastie ; 
ceci est contredit par I'inscription d'un cylindre en bronze ^^^ qui porte a 
la fois le titre |'**^ et le cartouche 1="^ — MM. Sethe et Moller pre- 
ferent y voir un roi du commencement de la VP dynastie ^^K 

La seconde empreinte nous guidera dans le choix de la place a attri- 
buer a cette banniere. Elle fait partie de la collection de M, Flinders Petrie 
qui en a donne un croquis dans son Histoire d'Egypte ^*l 



'/^ 



1** 



1 



(5) 



^L ITA Ji 



Les titres du fonctionnaire qui apposa ce cachet sont analogues a ceux 
des inscriptions prec^dentes, mais ici nous avons la mention pr^cieuse 
qu'il etait prophete de Re dans |^. Or ce dernier nom est celui du 

temple solaire funeraire construit par ( ©I^^^IJ 1 '» Saqqarah. On sait 

que ce roi a pour titre d'Horus "| ** ^ ; ce n'est done pas de lui qu'il est 
question dans nos inscriptions. Les textes de Saqqarah nous montrent que 
le cultc des rois defunts dans leur temple solaire durait bien pendant 
deux ou trois generations, ou tout au moins ceux qui etaient nomina- 
iement attaches a ces edifices se paraient de leur titre pendant cette 
p^riode. Justement pour le successeur imm^diat de o | "*>- |J , qui s'ap- 
pelait o '^ P (l U , le nom de ka nous est encore inconnu , tandis que nous 
avons celui de tous les autres rois de la dynastie. J'assignerai done sans 
h(^sitation -f ^ss* ^ commc titre de ® ')i P P jj| j ce souverain eph^mere qui 



^'' Aegyplische Chronologic, p. lig. 
''^ Gauthier, Liore des rois, 1. 1, p. i ao. 
^'' Sethe, liin ubersehener Konig des 
alien Reichs, dans Zeilschrift, 1912, vol. L . 



'*' A History of Egypt, U' edition, 
1899, I, p. 94, fig. S. 

'"^ Le vrai signe est ^ retourne ; le 
nom est probablement i lire "l | *=*. 



:3] 



— 96 — 



n'est gu^re mentionn^ que par la Table de Saqqarah, et cette determi- 
nation montre que j'avais eu raison d'appliquer le nom fit »u ^00 U 
de la IV' dynastie (*l 

Le tableau de nos connaissances sur la V' dynastie peut done se dresser 
ainsi actuellement : 



O a 

« S 
^W g 

S ? 

a a 

1 


NOM 

DE KA. 


CARTO 

PRKNOM. 


UCIIES 

NOM. 


PYR AMIDE 

â–² 


TEMPLE 

SOLAIRE 


NOM 

UELLRMSE. 


-Jr -. 


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Ov(T£pyipr}? 


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Ovvos 



L'accord des monuments avec la liste de TAfricain est done aussi satis- 
faisant que possible pour cette periode. 



G. D 



ARESSY. 



^'^ Fragments de Decrets de rAncien Empire, dans Annates, t. XIII, p. 1 1 



Annates du S&rvice des Antiquites. T. XV. 



PI. 




E ._• 



3 c/5 



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E 
2 6 




Annales du Service des Anliqiiites. T. XV. 



PL I 




I. — Cheikh Zoukde. — Vue prise du sud-ouest. 




\ 




u 4 ] 









2. — Vases servant d'assises a la forteresse. 



Annales dii Service des Antiquiles. T. XV. 



PL II 




I. — Salles pavies de mosa'ique. 








m 



2. — Disposition dans Tune des salles de la grande mosaique. 



Aniiales du Service des Anliquites. T. XV. 



PL III 




Annales dii Service ties Anliqnilcs. T. XV. 



PL IV 




o 
U 



33 



Annales du Service des Anliqiiiles. T. XV 



PL V 




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CSl 

X 

u 

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Annales dii Service des Antiqiiiles. T. XV. 



PI. VI 




Cheikh Zoukde. — Aphrodite. 



Annates dii Service des Anliquites. T. XV. 



PI. VII 




Cheikh Zouede. — Aphrodite. 



Annales dii Service des Anliqiiilcs. T. XV. 



PL vni 




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O 

N 

X 

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Annales dii Service des Antiquites. T. XV. 



PL IX 





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« 



J 







A BUILDING OF MERENPTAH 
AT MIT RAHINEH 



BY 



M. G. C. EDGAR. 



In the first week of March 191/1 a gang of sebbakhin working in the 
middle of Tell el Qala at Mit Rahineh came upon some fragments of 
limestone columns and door-jambs inscribed with the names of Merenptah. 
On examining the stones I found that the hieroglyphics had been originally 
inlaid in green faience and that here and there the glaze was still fairly 
well preserved. This peculiar technique recalled the decoration of the 
chambers of Ramses III at Medinet Habou and Tell el Yahoudieh and 
suggested that the newly found stones belonged to a palace or sacristy of 
Merenptah. The place of the find was a little south-east of the temple 
excavated by M. Petrie in 1909. 

Having received permission from the Director General to dig out the 
columns and doorways and send them to the Museum we began work on 
the 9"" of March. My object was merely to extract the stones, which would 
certainly have been stolen or damaged if left to the mercy of the inhabi- 
tants, and to record on a plan the position in which they were found. 
Reis Mohamed Shehata brought a railway and two waggons and conveyed 
the stones to Redrashein station, the journey having to be made three 
times. The Inspector of Gizeh stayed at Mit Rahineh during the whole of 
the work and superintended the excavating party. 

The space which we had to clear in order to remove the stones is shown 
on the plan (fig. 1). The floor-level was about six metres below the present 
surface of the kom. The larger part of the excavated area consists of a hall , 
9 m. 26 cent, x G m. iB cent., with two fine columns in the middle. 
The main doorway, or the entrance proper, is on the north side. In each 

Annates du Sei-vice , 191 5. 7 



[2] — 98 ~ 

of the side-walls is a rather smaller doorway leading out of the hall. The 
antechamber from which the hall is entered has a second doorway on the 
east side, leading outwards, and a wide entrance from the north which 
may possibly have a stone doorway at the farther end. The west side of 
the antechamber was not cleared out, and the north wall was found to 





(o) © (5) 



i^«« 



-J ^ ' ' 5 M. 

Fig. 1. 



be partly destroyed by a well of later period which had been sunk right 
through it. It was evident that we might have gone on working in every 
direction with good prospects, but for several reasons it was not advisable 
to proceed any farther. As soon as we had cleared the area in which the 
inscribed fragments lay we stopped work at once, without attempting to 
enter the neighbouring rooms. 

The walls, which are made of crude brick, are still standing to a fair 
height above the pavement. They had all been painted, but (as was only 



— 99 — 



[3; 




:^^|^;.;'%f||^|^ ,. 



A ^ 







A 



Fig. a. 



to be expected in the thick damp soil of Tell el Qala) scarcely a fragment 
of design could be recognized. On the west side of the entrance into the 
columned hall are faint traces of three similar friezes, separated by bands 

with red, white and blue colouring. I could make out | \\^m\\ \'^mi, 

' |, the cartouches being of Merenptah. The sceptres were 

white, the cartouches red with blue borders and white hieroglyphics. On 
the east side of the north en- 
trance into the antechamber 
are some traces of a similar 
pattern, roughly copied in the 
accompanying sketch (fig, *^). 

There were also unmis- 
takable traces of paint on the 
floor of the main room , but in 
still worse preservation than 
the paint on the walls. Below 
the paint was a layer of what in its present condition looked like brown 
earthen paste; and below this, when removing the bases of the columns, 
we found a bed of sand. The circular object shown in the plan between 
the two columns is a deep bowl or socket of limestone sunk in the floor. 
The floor was little more than half a metre above water-level (March 
191/1) and was very damp. All the doorways and entrances were paved 
with large slabs of limestone. On the floor-level of the antechamber we 
found a nuud)cr of red bricks measuring o m. 3y cent. X o m. kj cent, x 
m. 08 cent. They were laid side by side and seemed to be the remains of 
a brick pavement. 

The height of the ceiling of the main room has been rather more than 
five and a half metres. The columns, without base and capital, are h m. 
5o cent, high, their diameter being o m. /i5 cent, at the top and m. 
59 cent, at the foot. The capitals, which are about o m. Go cent, high, 
are bell -shaped with a ring of sepals in relief round the lower part and 
bear traces of blue, red and yellow paint. The inscriptions on the columns 
are inlaid with faience, while those on the base are merely in intaglio, 

7- 



[4] 



— 100 — 



painted blue. In the middle of each column is a representation in relief 
of the king coming out of his palace ; and on each of these scenes are 
some remains of yellow and red colouring. The inscriptions and orna- 
mentation on the front of the west column are shown below : the other 
column is almost identical. 



On upper part 
of column. 



Middle. 



On lower part 
of column. 









£ I 

— H — 



^ 

O I 



t*^m^;= 



p 



N 



Kinr 



holding 1 and scourge 
and crook; wears hel- 
met, kilt and garment 



Represen- 
tation of 



^ A H ^caching to ankles 

J vV 



o 
1 



t 



S 



(2) 



Round the foot (inlaid). 



1 



1 



+!i; 



s^^ 



^ 



V^ 






There is also a vertical line of inscription down the back of each. 
East column: ]^ H ^ >^- C^ ilS [73 Wf ^ '^ iS^ T 



West column : ^^^; 






<'^ ^ y on the other column after 



(') * V ^ "' j \^ on the other column. 



101 — 



^^ tmum ' 



Oil 



■ JT A««»«A V^^ y •III \ ^ 



->1 



^ i^M 



[5] 



i' 



On the front of each base are the two cartouches, 



^ 



t 



and on each side of them is the protocol , between two horizontal lines : 

base the left-hand titulary is followed by (— *) ' f'^ W\'-> while on the 
west base the right-hand titulary is followed by (*— ) "f ^ I ' I ^ ^"^ ^^^^ 

other by (^);ftU- 

All the doorways are of similar form , though they differ in size. They 

are each made of three blocks of limestone, i. e. two jambs and a lintel. 
The upper part of the lintel consists of an Egyptian cornice containing a 
winged disk, which like the rest of the ornamentation is inlaid in faience. 
The main doorway was the largest, the opening being 2 m. 96 cent, high 
and 1 m. i5 cent, wide and the lintel 1 m. i5 cent. high. The east door- 
way of the antechamber was a little less both in height and width, and 
the other two doorways were still smaller. The inner sides of the jambs of 
the two larger doorways have a slight convex curve. 

No traces were found of the doors themselves except a piece of bronze 
in the socket of the main door (marked in the plan). On the front of one 
jamb of each doorway is a circular, or nearly circular, sinking, about 
m. 08 cent, in diameter and about 1 m. 35 cent, above the pavement, 
and down the middle of this sinking is a deep vertical slit, probably for 
some practical purpose in connection with the door. 

The west doorway of the main room is preserved almost entire, though 
broken into many pieces. The inscriptions on the lintel and jambs are 
shown below. 



[6] 



— 102 — 




West doorway of main room. 



The corresponding door on the east side is not so well preserved. In 
the centre of the lintel are the two cartouches , and helow them is a kneel- 
ing female figure holding -^^ and ^ in each hand. On the south side of 
the cartouches is part of a figure wearing '^ and holding out ^ | and ^ , 
one above the other : above is a vulture with Q. The north side of the 
lintel is destroyed. The vertical inscription on the south jamb is as follows : 



''^ With human arms, pouring a libation over the Horus-name. 



— 103 — 



:7] 



companion inscription ends fj^^^ ^, but the beginning is destroyed. 

The inscriptions on the main doorway leading into the columned cham- 
ber are reproduced below. The Horus-names.are different on every door- 
way, but there is no variation in the cartouches. 




o 



M 



LJ 



N 

LJ 






AIN DOORWAY, 



^'^ Wearing lioins and disk. '^' q and ^ surmounted l)y palm- 

'^' Two arms, holding various symbols, branch. 



[8] _ 104 — 

The lintel of the east door of the antechamber contains the usual car- 



Â¥^. 



V— I 



iiiiiiiii 



On the south 
two j : the 
side is an u- 
The vertical 

correspond - 
the upper 



touches , on each side of which is the Horus-name 
side of the lintel is part of a figure carrying j and 
ornamentation above is indistinct. On the north 
raeus at the top, but the part below is destroyed, 
inscription on the south jamb is as follows : i |J 

= ( P j ^r: ( N j f ^. The 
ing inscription on the opposite jamb ends ^ ^, but 
part is destroyed. 

As was said before, what gives a peculiar interest to the find is the 
fact that nearly all the decoration on the columns and doorwavs is inlaid 
in faience. Rarely, if ever, in Egypt has so much stone-work been found 
with the inlay still in place. The faience consists of a gritty paste, white 
as a rule but yellow in places , with a glazed surface of pale green vary- 
ing to pale blue. When the hieroglyphics are of simple shape, such as -^, 
they are usually made in a single piece; in other cases they are composed 
of several pieces neatly joined together. Long lines such as those which 
border the inscriptions are made of a number of narrow strips laid end 
to end. The fragile faience has of course suffered greatly and it is only 
here and there that the glazed surface is preserved intact; but enough 
remains to give a good idea of the original appearance of the decoration. 

The excavation of which these are the results was not intended to be 
more than a work of salvage. At present the site is in no immediate 
danger ; but , if left alone , it is fated sooner or later, like the rest of Tell 
el Qala , to be cut to pieces by the sebakh-diggers. It is much to be hoped 
that the place will be properly excavated while there is yet time. From 
what has been already found there seems good reason to believe that the 
brick walls and stone-work have not been badly destroyed and that the 
plan of the whole building may be brought to light. 

Mansourah, May iG*** 191^. 



C. C. Edgar. 



SOME GREEK INSCRIPTIONS 



BY 



M. G. G. EDGAR. 



I publish below a few of the inscriptions which I have come across, 
in the last few years, in the course of inspection in the provinces. The 
copies are my own; but while n"' h-a are merely reproduced from my 
note-book, n"' i-3 are fairly careful facsimiles made from squeezes. 

No 1 . — Seen in Aswan in 191 3 in the office of our Inspector, and said 
to come from Philae. The stone measures m. 3o cent, by m. 32 cent. 




TOVTCov TiHv\ojv Trji yLsyicTTrji ^eai IcriSi 
KOii To7s iv tSji Al^ctTooi BsoTs 6 SsTva. 

TlkoLTCOVOS XtJVsllOS 

5 H.a] crTpaTtjybs [xa} xa) 

01 TOVTOv vio) [6 §s7va xa\ 

AyadTvoe t6ov it^pooTwv (pfXcov sv^rfv. 

The lettering is of the second or first century B. G. As the beginning 



[2] — 106 — 

is lost, it is not clear to what reign the inscription belongs : the names of 
Philometor and Kleopatra would perhaps fdl the gap as well as any. In 
1. 3 k^arrwi is probable, and I have therefore restored 1. 2-3 in accordance 
with Letronne, n" CV. In 1. k Tjrjvsios seems fairly certain : it is the name of 
an Alexandrian dcme (see Breccia in B. S. A., X, p. 189). lAtiveios was no 
doubt followed by an honorary title, adequate to the office of strategos : 
the only objection to b crvyyevrfs is that it leaves the line rather short. In 
1. 5 we cannot restore rrfs Srj^d'i^os, as the first letter after crrpaTtiySs is 
certainly not t; perhaps xa) eTticnpch'nyos. The missing portion of 1. 6 pro- 
bably contained the name of the eldest son , followed by an honorary title. 

No 2. — On the front of a red granite base found at Tell Timai, in 
the southern mound called Ibn el Salaam, in i()i3. It is a scjuare block, 
o m. 20 cent, high and m. 56 cent, in length and breadth. On the top 
are four holes for the attachment of a statue, which was probably of 
bronze : one of the holes still contains its filling of lead. The inscription 
itself measures m. 17 cent, x m. 5o cent. 

H^OAlI:AEONT^^E0NT0I /^than 

TKrKHnONEarTO-^XHGLKW 
TAfO^TH EnPo^TMKinOAlNiEVKio| 

AZKAl^^lAAPAOlAi: XAflN 

rj TioXis Aeovra S.iovios, ap^av- 
10. rrjs TrSXecos to ^' t]' 6' L Ka/- 
aapos, Trjs itpos irjv nokiv euvoi- 
as xcu (pikayaOiOLS X'^P'^' 
5 L i^^ Kaicrapos, M.£a-opri\t\ X'. 

In the second line there are two slanting strokes between to and the 
following numbers. I take the date in the last line to be d'y but the 
second letter is not quite certain. 



— 107 — 



3] 



The Inscription tells us that the statue on the pedestal was a portrait 
of Leon, son of Leon, and that it was erected by the city, which he had 
administered for three years, out of gratitude for his kindness and love of 
goodness. The years in which he held office were the seventh , eighth and 
ninth of Caesar Augustus, that is from a/j/aS to 29/21 B. C; and the 
statue was erected on the last day of the month Mesore in the year 18 
B. C, or just three years after he had quitted office. 

It is unfortunate that the inscription is not more explicit in two points. 
It is not certain , though it seems probable , that the city mentioned is the 
city of Thmouis in which the statue-base was found and in which presu- 
mably the statue stood ; for the term -nhXis is as a rule confined , in epi- 
graphy of this period , to the self-governing cities of Alexandria , Naukratis 
and Ptoleniais'''. -Ap^avra again is a word of general signification, and 
the particular office which Leon held is not stated. His term of service, 
like that of a strategos in Roman times , was for three years , being the 
third triennial period from the beginning of the reign of Augustus. 

No 3. — On a block of limestone at Koptos, built into the foundations 
of a great wall on the west side of the village in the fields near the police 
station. 



ITH 



^Af^OYlo; 

A X otrio: 
TIlMAxo; 

A dedication to one of the gods of Koptos by certain inhabitants of the 



AutTtyijoi^ou vlbs 

5 ]0S KoTTTSTs. 



^'^ See Jour.uET, La Vie muntcipale, in certain dedications the nome-capitals 
p. /i8 and o.Ho. His conclusion is that may have usurped the title of polls. 



[4; 



108 



town, perhaps a father and sons. The name in the second Hne is not 
clear, but OXaovios seems probable. 

The limestone stelae on which the following five inscriptions are 
engraved were found some years ago at Kom Abou Billou (Tercnouthis) 
along with a metrical epitaph commemorating the career of a soldier of 
fortune , of late Ptolemaic times , who bore the Thracian name of Diazelmis. 
The verses were published in facsimile in the Annates, vol. XI, p. i; and 
as the other inscriptions, though more commonplace, are not devoid of 
interest, I have thought it worth while to reproduce the rough copies 
which I made at the time of the discovery. All the stones were sent to 
the Cairo Museum. 

No /i. — Gut on a plain slab without sculpture. 



eAtoiop4>6 

uj c A"J P 6 
A AYn E 

xph<:th 

XAI P6 
L K Toyt 
en€\<^ Re 



\ 



ws aojps 

d'XuTre 

XpV(^Tv 

Xctips 

L x' tov e' 



The second last line must be understood as ecjuivalent to hovs x! tov 
xa) s', that is the 9 0*'' year of Cleopatra and the fifth of Antony, or 



— 109 — [5] 

33 B. G. The tcai is similarly omitted in a well-known inscription in 
Alexandria (Breccia, Iscrizioni greche e latine, n° I12). 

There is a good example of the same double date on a tombstone from 
Dahshour (de Morgan, Fouilles i8g^-i8g5, p. 110), the year being irj' rov 
xa) rpiTov. I would also call attention to an epitaph in the Cairo Museum, 
very similar to ours in form and lettering (Milne, Greek Inscr., p. 53, 

n" 27661; Edgar, Greek Sculpture, p. 46, with facsimile). It ends thus Lx 

TvSi I , the missing letters having been intentionally erased in ancient 
times; and a comparison with the present stele suggests that the part 
erased was very probably the date of Antony, {ho\)i) a' rov (xa)) e'. 

No 5. — Bepresentation of a mummy lying to right; below, the 
inscription. 



AAE=ANAPOC :,,, , 

AXsc^avdpoi 

|\C X YPIujnoCEujC i^x^cro, ^cs 



L fZjS' a(cojps oiXvne 
Xpvarrk yoTipz 



Ln&AOPEA AYriE_ 
XPHCTEXAIP E * Lvn«.-«^'(?). 

LKHHAYNB 



The high figure of twenty eight years, combined with the form of the 
letters, makes it evident that this inscription belongs to the reign of 
Augustus. The date then is 27''' (?) May, 2 B. C. 

No 6. — Bepresentation of a mummy lying on a bier, with Anubis to 
right; below, the inscription. 

Ti FAKAEIAKlA-^^Tpe ^ w,!,-, 

— 5=-=^ — . — _ — ___ — . — __^ — up(x.Kkzidr]\t\ acope 



m C- K /////////////////M ^'^ ' 



ts X e' 



[6] — 110 — 

The name is in the vocative, as in the case of n" /i. In i. 9 I have 
restored iXstvi or i\{^8Jeivi in preference to xXsive, which is a less likely 
epithet for a child of four. In the last line the most probable restoration, 
as it seems to me , is Kaia^apos) , followed by the month : in that case the 
date would be 16-1 5 B. C. 



No 7. — The upper part of the stele is broken, but the inscription is 
intact. 



LHAAYn^XPHCTt 



XAIP€ 



SsSSojpo^ llpa}iXsiS{ov) 
L f ' aXuTre y^prjcrtk 
Xctpe. 

No 8. — Representation of a figure on a couch; below, the inscription. 

TPYftoNTPYt^NoC 
€BI^C6LnA 



TpVipMV Tpv(pCt)VOS 



The following inscriptions also come from Abou Billou, but do not 
belong to the same group as the preceding ones. They were not found 
together, but were dug up at different times. 



— Ill — [7] 

No 9. — A plain slab of limestone, o m. i/i cent, x o m. 20 cent. 



oaokaa e 

l<:oA-^YtXA| 
p 6 1-H 



MapKlMV 

6X6xaXs 
stt) ^ivtjs 

p£ L t]'. 



To judge by tbe lettering this little stele is probably pre-Augustan. 
For the name MapKicov at this period cf. KatcrtxpiMv , and also Taicov son 
of Faib? in Letronne, n° GVIII. 



No 10. — Limestone stele. A female figure stands to front in an 
aedicula of Graeco-Egyptian style; long drapery, right arm against bosom; 
vessel by left side. Below, the inscription. 

GAHCIC H////A\\ CW//QAAm 

XPHCTHXAIP^6Tl>oM 
1111/ //O M H M CUM <:-M////(- K A 
/////lAAQYPIA 



Qafjerts ij [xja) l(7is SaXd- 
f/o[y] Xptj(Tiyi.ov [aXJuTre 

[L] ia' A% la'. 



[8] 



— 112 — 



In 1. li Svo seems the most probable restoration, though it is true that 
the girl in the aedicula looks more than three years old. 

I(7is as an alternative to Sa.r}cris (= devotee of Isis) is noteworthy : 
perhaps it was merely the pet name of the child. 

No 11. — Limestone tablet, o m. 21 cent, high and m. fio cent, 
long. Presumably from the cemetery like the other inscriptions. 



ANNAIoNenA't'po 
Aei ToN<^TATe| 

AlAeniKTHCk 

H FYNH-^ 



SsiTOV 2TaT£i- 

Xia K-TTiHrria-is 
rj yvvrf. 



G. C. Edgar. 



EGYPTE CHRETIENNE 



(1) 



PAR 
M. GUSTAVE LEFEBVRE 

INSPECTEUR EN CHEF DU SERVICE DES ANTIQUITES. 



V 
NOUVELLE SERIE D'HVSCRIPTIONS COPIES ET GRECQUES. 

La plupart des inscriptions que je public aujourd'hui — exactement 
vingt-sept sur trente-deux — provicnnent des recentes fouilles d'Antinoe, 
executees cet liiver (fevrier-mars 191/1), en Tabsence de M. Gayet, par 
le comte Jean de Beaucorps. li faut remonter a douze ans en arri^re, a 
la campagne de lyoa'^', pour trouver Tequivalent de cette fructueuse 
moisson epigraphi(|ue. En felicitant M. de Beaucorps de ses belles trou- 
vailles, je tiens a le remercier de m'avoir autorise a etudier ces nouveaux 
textes et a les presenter au public qu'interesse I'Egypte chretienne. 

L'une de ces inscriptions est datee : c'est, a ma connaissance, la pre- 
miere inscription d'Antinoe (du moins de provenance bien attest^e), qui 
porte une date autre que celle d'un vague cycle d'indictions. Le titulus 
n" 5 de notre petite collection est en efTet dat4 du 5 Tybi de Tannee 336 
(des Martyrs), c'est-a-dire du 3i decembre 690 de I'ere chretienne. Le 
cimetiere fouille par M. de Beaucorps est done du debut du vn' siecle, des 
derniers temps d'Antinoe. II est vraisemblable que toutes les inscriptions 
recueillies dans ce coin de la necropole sont contemporaines : etant donne 
que I'ann^e 620 est la huitieme d'un cycle, il serait extremement facile, 
si cela en valait la peine, de les dater toutes d'apres le chiffre de I'indictlon 
mentionne sur chacune d'elles, entre les annees Gi3 et Gay. 



^'' Voir les paragraphes I, II, III, IV que grecques, publi^es — tiop sommai- 

decetteseriedanslesy4n«a/e.«, IX, p. 179; rement, h. mon gre — par S. de Ricci, 

X, p. 5o et p. 960; XI, p. 938. Annales du Musee Guimet, XXX, 1908, 

'*' Vingt-lmit inscriptions , tant copies p. 1 A 1 . 

Annales du Service, 191 5. 8 



m 



— lU 



On notera la stele d'un higoumene, Tun des derniers superieurs, pro- 
bablement, d'un des couvents de la montagne (n" 83/i). Remarquables 
aussi les stMes de deux hommes et de deux femmes, originaires du bourg 
de Tsesi6 (n°' 5, 6, 7), celle d'un Perse, Andreas (n" 8/10), et cette 
autre de Macrina, qui, morte a Babylone (d'Egypte), voulut que sa 
momie reposat sous les sables d'Antinoe. 

J'ai signals au passage, comme de coutume, les noms propres interes- 
sants, et bon nombre de curieux phenomenes de phonetique et de lin- 
guistique grecque ou copte. 

Aux vingt-sept inscriptions trouvees par M. de Beaucorps j'ai ajoute 
deux tituli saisis a Rodah, et provenant certainement d'Antinoe, un autre 
de Bosra, un autre encore d'Assiout; enfin, j'ai donne le texte d'une belle 
inscription que j'ai copiee jadis au Deir el-Moharraq, sur la pierre d'autel 
de r^glise de la Vierge Marie, inscription datee du 1 1 decembre 7^7- 

Ges steles sont conservees, quelques-unes au Musee du Gaire, la plu- 
part au nouveau Musee Municipal de Minieh ^^K 

I. INSCRIPTIONS COPIES. 
A. Antinoe. 

1° Gheikh Abadeh, n^cropole antique d'Antinooupolis, 1918 (stele vol^e 
puis saisie par nos agents). — : Stele rectangulaire , brisee en deux frag- 
ments qui se raccordent. Lettres pass^es au rouge. — Galcaire 0"' 3A x 
0-" 3^. — Musee de Minieh. 



^ fc xc n6(NOY)'i* 

T6 AX6 CJDNA. 

MTIMAKA 
'i< piA e60A.CD 
>i« PA NTACMTON 
MMOC NCa):5CCD 

CDT NecDe 




^'' Ges dernieres recevront un numero 
de classement dans quelque temps, iors 



de i'instaliation definitive de ce nouveau 
Mus^e. 



— 115 



[3] 



1, TCNOY'T'e doit evidemment etre corrige en neNOYT'e, nNOYTe. — 3, lire 
MN, au lieu de m, devant timakxpia.. 

J^sus- Christ, Dieu, fais mis^ncorde a la Menheureuse Tlihddra, qui est 
entree dans le repos le ao de Thdt. 

En dehors des fautes, purement materielles, signalees a I'apparat cri- 
tique ci-dessus, on notera dans cette inscription cinq phenomenes ortho- 
graphiques et phonetiques, particulierement interessants : d'abord (1. a) 
XX6, pour Afi (x substitue a p, comme dans le dialecte fayoumique^*^); 
puis, et surtout, la substitution de cd a oy dans les mots cd = oy 
(1. 9, cuMx), CO) = coy (1. 6, nccd), xcdcdt ==xoycDT (1. 6-7, 
nccdxcdcdt). 

9" Gheikh Abadeh(?), necropole antique d'Antinooupolis, 191^ (stele 
saisie chez un marchand d'antiquites de Rodah). — Stele rectangulaire. — 
Galcaire : 0'" 39 X 0'" 3o. — Musee de Minieh. 



ttNov-t^ -tt ia)-r 
MTO M MMo 

ccoylr_opyN 

T0b"fee2NHpH 

NH2tAMHN<><TrcJL 

P0C2CA.MM N + 



0"30 



nMOyTG nicDT 
xpi nneye ux 

N6MON NTAC 
MTON MMO 

c coy RTOoy n 

TCD86 2N UpH 
NH 2AMHN AHA 
MIXAIIX BCDIOIG 6 
POC 2XMHN *j* 



9-3 , le nom propre f^minin xngmon m'est inconnu : je le crois d'origine grecqiie 
(deformation d'un nom comme kv6e(xdvt}, par exemple^'^). — 5, btooy = mtooy 
(pour B = q, cf. n" 3). — 8, bcdigig est le grec ^oijdei (suivi de la proposition 
epo + suffixe fOm. c). 



^'' Cf. Lefebvre, Annalcs , X, 1910, 
p. 971-979. (insciiption copte de Kom- 
Demou [Fayoum]). 

^*' Ou peut-^tre du nom de fleur avs- 



[xuyvri ff anemone". A lavOritO, ce nom n'est 
pas connu comme nom propre, mais il 
n'est pas impossible. Gf. Becutel-Fick , 
Die Griech. Personnennmnen , p. 395-399. 

8. 



[4] 



— 116 



Dieu le Pere, souvenez-vous (V Animone ij^ qui est enirie dam le repos le 4 
de Tybi, enpaix, amen. Saint Michel, secourez-la, amen. 

3" Gheikh Abadeh, necropole antique d'AnlinooupoHs, 1 9 1 4 (fouilles 
de M. de Beaucorps; inv. 9). — Stele rectangulaire. Lettres passees au 
rouge. — Galcaire o" 33 X 0" 2/i. — Mus6e de Minieh. 



ntabmto 



â– â– â– a^Vt 



*i* fc XC A.p 

I oyNx hTn 
C96NOYT6 

NTABMTO 
N NMOq <]> 
AMHNCOe 
KH • A, IN A,/ 



9, le trait au-dessus de mn est peint, non grave. — 7, la derni^re lettre de 
<)>XMHNCue a 6t6 gravee o (non pas e) : ii semble, sans que cela soit certain, 
qu'on a ensuite trac6 au pinceau une barre au milieu de o. 

J^sus- Christ, fais mis^ricorde a I'dme de Schenoudi, qui. est eniri dam le 
repos le a8 de Phain^noth, 4' indiction. 

NTABMTON (1. 5)==NTAqMTON : la coufusion entre les labiales 
fricatives b et q est une des caracteristiques des diaiectes coptes de 
Moyenne-Egypte ^'^ : a Antinoe nieme, j'ai deja eu I'occasion de signaler 
Bi pour qi ('-', et ntabmton pour NTxqMTON^^l 

MMoq — MMOq (n initial, au lieu de m, sous Tinfluence de n final 
du mot qui precede). 

li" M^me provenance que la pr^c^dente [inv. 9 3]. — Stele rectangu- 

^'' STEKti, Koptische Grammattk,^. ih- 61 (inscription copte n° 3, ligne 3), 
i5, n" i3, et p. 27, n" 3o. ''^ Id., ibid.,^. 27/1 (inscription copte 

<'^ Lefebvre, i4nna/es,X, 1910, p. 60- n" 5, ligne 3). 



— 117 — 

laire. Traces de. rouge dans les lettres. — Calcaire : o™ 3o x o'" 26. 
Musee de Minieh. 



[5] 



-V TT Movre 



a6 



Hh nNOYTG 

Api oyNA M 

N TG-^^HXH N 
^OIBAMMCDN 
NTABMTON 6 
MOB : <^AM6NCDG 
KG : A. IN A.// XMT 

2AMHN qe qe 



5, N final de ntxbmton semble avoir 6t6 regrave siir un m. 

Dieu, fais nusdricorde a I'dme de Phoibammon , qui est enlri dans le repos 
le ag de Phaminoth, h' indiction. xmt, amen, amen, amen. 

J'ai deja eii Toccasion, ci-dessus, n"* 9 et 3 , de signaler la substitu- 
tion de B a q dans ces textes redig^s en dialecte de Moyenne-Egypte : ce 
phenom^ne de phonetique s'obscrve deux fois dans I'expression ntab- 

MTON 6MOB, lignes 5-6 (=NTAqMTON MMOq). 

Jc ne traduis pas xMr a desscin, ce sigle ayant donn^ lieu a une 
foule d'interpretations, dont chacunc a sa valeur propre et n'exclut sans 
doute pas les autres^'l Ce symbole, assez frequent sur les steles grecques- 
chretiennes d'Egypte, est beaucoup plus rare sur les stMes coptes^^l 

qe est g^neralement considere comme un crvptogramme num^rique 
equivalent a ^^ = a.(xtjv. La curieuse succession amhn qe qe=af/>/r, 
afjt>/v, dyirfv se rencontre sur une stele grecque de Nubie, conserv^e au 
Mus^e de Turin (^Recueil, n° 659). 

5" Meme provenance que la precedente [inv. 6]. — Stele rectangulaire : 
dans le champ, un fronton semi-circulaire, reposant sur deux colonnettes. 



''^ Perdrizet, dans Rev. des Et. Gr., 
XVII, 1904, p. 357-860. 

^'' Recueil, Inlrod., p. xxxii. — A 



Antinoe, nous trouvons xmt sur une 
stMe cople que j'ai publiee il y a quatre 
ans {Annales, X, 1910, p. 27/1,1. 1); voir 



[6] — 118 — 

Dans le fronton, une coqiiille ornee d'une croix; entre les colonnctlcs, 
rinscription, dont les ligncs sont passees les unes au rouge (i, 3, 5, 8, 
11, iq), les autres au noir (/i , 7, 10), les autres au blanc (9 , 6, 9). — 
Calcaire : 0™ 5 A X 0'" /i3. — Musee du Cairo, n" ABoGy (voir pi. I). 

Nous donnons une photographie de cette stele parliculierement inte- 
ressante par son texte, son ornementation et le fait quW/e est datie. 

Au-dessus du texte grave, ces lettres peintes en noir : 



Pui 



UlS 



IC xc + 
*b neicDT najHpe n 

6nM(6YM)A GTOY^AB X 

pi oyNA. m\i Te -^y 

XM M nAXAZOTG 

5 mTj nccDx NpTiTcy 

CICD NTAYMTON M 

Mooy ncOYTiOY 

NTYB' " OrjS^OHC 
INA.IKTIONOC \ 
10 no KAHA.IANOY 
TX;;- // 2XMh(n) 
2XMHN // 2XMHN 

7, NCOY'noY = Ncoy-j-oy. — 10, lire (a,io)kxh(t)ixnoy- 

Pere, Fils, Saint-Esprit, faites mishicorde a I'dme de Palazotc et (« celle) 
de Bgol, originaires de Tscsio, qui sont cnlris dans le repos le 5 de Tybi, 
8' indiction, annh 336 de I'ire DiocUtiennc (^= 3 1 ddcembre 620 apres J.-C). 
Amen, amen, amen. 

Lignes 5-6, npmtcycicUj habitants, originaires de tcycicd : sur 
ces composes avec pTi (^status constr. de pcDMe), cf. Stern, Kopt. Gramm,, 
n° 182^''. Nous retrouvei'ons , aux n"' 6 et 7, le nom de ce bourg, 

aussi le m^me sigle sur une stMe copte — . . . In den nisbeh der Stadlenamcn 
d'Akhmimdans/l;i«rt/es,XI, 191 1, p. 9,63. vgebuftig nus, ivohnfiflim> hal pen regel- 
<*' tr . . . Diesc Compost ta sind gen. com. indssig kein w.-n 



— 119 



[7] 



tanlot ecrit comme ici TcycicD, tantot ecrit tcgcicd, qui parait etre 
sa veritable orthographe : c'esl du moins sous cctte derniere forme qu'il 
s'etait deja rencontre dans des papyrus ('^, sans quon eut pu d'ailleurs, et 
sans que nous pussions davantagc nous-memes, identifier cette localite. 
Le 5 de Tybi de Tannee 336 des Martyrs correspond au 3 1 decembre de 
I'annee 620 apres J.-G. Notons qu'en appliquant la regie du calcul des in- 
dictions, indiquee par Pez^^^ (wswme annos Domini etc. vj, nous trouvons que 
I'annee 620 de notre ere est bien la huitieme dun cycle d'indictions ^^\ 

6" Meme provenance que la precedente [inv. 11]. — Stele rectangu- 
laire. Lettres des lignes impaires pass^es au rouge. — Calcaire : o" Sy X 
0™ 9 1 . — Mus^e de Minieh. 



A?\OrNAMNTet 
/fXHN'2H0YTP<Ar 

hofNfoY^ioYToYENf 
\Ye'Pw^JNlA^JHN?0^ 



•OJI 



^ nicDT no^Hpe 
nenNGYMA gt 
OY-^>>B <|>A,rioc 

ABBA aCUpiCDN 
5 Api OyNA MN T6^ 
yXH N2HOY TpCDM 
TCGCICD NTAC6m(t}oN 

(m)moc NCOY^oyToyc ng 
nnn ina,ik/ 2: : 2n o 

10 Y^'PHMH 2AMHN MO + 



7-8, NTxceNo"^ (oil NTA.ceMo'^, sans tenir compte de la confusion que fait 
plusieurs fois le graveur (cf. 1. 10) entre m et n) : en tout cas, t manque. Au debut 
de la ligne 8, un m manque ^galement : lire ntacmion mmoc. — 10, mg final, 
tr^s douteux. — Noter que les lignes impaires sent pass^es au rouge. 

Pere, Fils, Saint- Esprit, saint pire Horidn, faites mis^ricorde a lame de 



^'' Crum, Catal. of the Copt. Mss. in the 
Rylands Library, p. 84, n" 169 (avec 
note i5), et p. i83, n° 4oi. 

^^^ Pez, Thesaurus anecdotorum , II, 5!, 



d'Epigraphie grecque, p. ^77). 

<'' 620 + 3 = 623; 623 divis^ par i5 
donne un reste de 8 ; 620 est done la 8* 
indiclion d'une des p^iiodes de i5 ans 



p. 208 (cit6 par S. Reinach, Traile mentionn^es par le Code Theodosien. 



[8] — 120 — 

Heou, originaire de Tsesio, qui est entree dans le repos le ai d'Epiphi, j' m- 
diction. En paix, amen, amen. 

Saint Horion (<j)Arioc abba ou aha) est egalement invoque au ri" 7. 

TpcD'^TCGCiCD, Thabitantc, I'originaire de Tsesio (cf. n"' 5 et 7). La 
position et Ja taillc de m dans TpcD*^ indiquent-elles que le mot est 
abrege, et qu'il faut lire TpcDM6? Je ne le pense pas. Je croirais plutot 
que pcDM est employe ici, par erreur ou negligence, au lieu de la forme 
peM(pTi), de meme que dans I'un des papyrus precites de Crum ('', n" 1 69 
(biktcdp npcDMTcecicD). 

7° Meme provenance que la precedente [inv. 17]. — Stele rectangu- 
laire. Lettres pass6es au rouge. — Calcaire : 0'" 27 X o"" 20 — 0'" 18. 
— Musee de Minieh. 



M<\PI 0VN^t^€N 

BAHTfuJMTCVCI 

ON CM C 6 N 
COV ^COT^CH 

HoK^^HN K 



o.\i 



^ UUOyTG. FJCJ)AK 
IOC AHA SCUpiCD 
N API OyNA M6N 

tyI'ixh cn CI 

BAH TpCDHTCyCI 
CD 6NTAC 6MT 
ON GMOC GN 
COY^<i>TACH 
6N <|)ApMOYTI 
N OKA,' HNA. 



La lig-ne 1 o doit renfermer la mention et ie chiffre de Tindiction , et il faut lire , 
je crois, n oka.' [= d{y)h[6rj5) —'\ hna [— ina/]. 

Dieu du saint pere Horidn, fais misiricorde a I'amc de Sivli, originaire de 
Tsesio, qui est entree dans le repos le 26 de Pkarmoulhi, 8' indiction. 

Pour gcDpicDN et tcycicd, voir les n"' 5 et 6. Pour TpcDM , cf. 
le numero precedent. 

On notera I'adjonction de 6 a la consonne n dans plusieurs des cas 



(•^ Voir plus haut, p. 119, note 1. 



121 



[9] 



oil cette consonne se prononcait ^w, adjonction d'ailleurs inutile et irre- 
guliere : m6n = mn (1. 3), gn = n (1. k, 7, 9), gntac 6mton 

6MOC=NTXC MTON m(m)oC (1. 6-7). 

Dans <|)AKioc (= n 2Arioc), et probablement dans oka.' (1. lo), 
confusion interessantc entre k et r. Si r sc substitue souvent, comme 
Ton sail, a k ''\ la substitution de k a r est plus rare et se produit 
surtout, comme c'est ici ie cas, dans des mots grecs^^'. 

Pour :2CCDT == X-OyT 6t la substitution de cd a oy? cf. ci-dessus n° i. 



8" Meme provenance que la precedente [inv. i3]. — Stele rectangu- 
laire. Lettres pass^es au rouge. — Calcaire : o™ 37x0™ 26. — Musee 
de Minieh. 



1 TrM^TjTvyHo^ 



Hh n'icuT ncpupG 

(n6)nN(GYM)A GTOYAAR 
Afl OY^A M6T6 
'4'*hx(h) h •'{• 

5 AHK : NTACM 

t(om)6moc : nxY 
Ni : z : js. Vna,/ 

2AMHN 6KG 
0)0)116 -^ J 



24 



5k. A f 0> i 

L'inscription est d'une faclure assez negligee : le noni propre est d'une lecture 
difficile, et m'echappe. 

Pere, Fils, Saint-Esprit , faitcs misSricorde a lame de qui est 

entree dans le repos le 7 de Paiini, 4' indiclion. Amen, amen. 

Nous avons deja rencontre et expli(|ue des exemples de divers pheno- 
menes phonetiques, m6 pour tTu (I. 3), gmoc pour mmoc (1. 5-6), 
GB60)0)nG pour gmgo^ojrg (1. 8). — gbgojo^hg =-^flf, amen, comme 
2AMHN ou qo. 



^'' Cf. Maspero, dans Rev. Arch., t883, I, p. 9o3. — ''' Stern, Kopt. Gramm., 
p. 18, n" 20. 



[10] 



— 122 — 



OC MCOYCf 



^AMHN 



9° Meme provenance que la precedente [inv. yy]. — Stele rectangu- 
laire. Traces de rouge dans les lettrcs. — Galcaire : o'" 29 x 0'" ^iC^. — 
Musee de Minieh. 

*b nia)T na)Hp6 
(n6)ri7j(GYM)A gtoyaxb 

AMA HC6 N 
TACMTON MM 
OC NCOY • • 
• Gni^ GIN A 
2XMHN 

7, je ne vois pas quel est ie quanti^me : les lettres c^ sont suffisamment lisibles 
apr^s Ncoy, et il y avait, je crois, une troisi^me lettre en t^te de la ligne 8 : ie 
chiffre serait plut6t cooy (^crit cey ?) que CNxy ou cxajq. — 8, eiN x ^qui- 
vaut, je pense, h in(a.ikt/) x. 

Pere, Fils, Saint- Esprit, fakes misiricorde a I'dme d'ama hi, qui est entrie 
dans Ie repos Ie 6 [t) d'Epiphi, 1" indiclion, amen. 

10" Meme provenance que la precedente [inv. 28]. — Stele rectangu- 
laire. Lettres passees au rouge. — Galcaire : 0'" 2/1 x 0"' 22. — Musee 
de Minieh. 

^ nxoGic ntNioy 
TG Api oyNA. 

MN TG-^^Y^H ^ 
BlKTClJp [sic) MN MA, 
P12A MTGqClJG 
Gp NTAYMTON 

NMOOy Ncoy ^ 

N<}>ApMOYQI 
NnpCDTHC IN 

A./ >h 

5, lire NTeMcyeepe. — .7, apr^s coy, un 
10, je ne suis pas absolument sui' de ^/ (ina./). 



o.u 1 

4, BIKTOJF pour BIKTCOp. — 

caract^re peu net : \ est possible. — 



10 



— 123 — [11] 

Seigneur Dieu,fais misSricorde a I'dme de Victor el de Maria sajille, qui 
sonl entrh dans le repos le i"' de Pharmoulhi , i" indiclion. 

Noter le mot grcc TTpwTrjSj \. 9. Cf. n" 7, 1. 10 : n b[y)S[6t]s) (i)na./. 

11" Meme provenance que la precedente [inv. 12]. — Stele rectangu- 
laire. Lettres passees au rouge. — Galcaire : 0™ 5o X o"" 22. — Musee 
de Minieh (voir pi. I). 

TABIKTCDp 
ACMTON 6 

Moc : enxojo 
5 ric : K : A. : IN A./ 
nVcDT na)Hp(e) 
(n6)n7i(6YM) gtoyaab 

eKpOyNA. M6T 

'^hx(h) 2n oyeipH 

10 NH NT6nNOY 
Te 2AM HN J 
M6MAPI2A.M k/ 
^ A 'i« CD J 

3-4, eMOC = MMOC, cf. ci-dessus n" 7. — 4-5, enxq^ONC pour NnxcyoNC : 
ia forme nxq^ONC = nxxcDN est attestee''^ — 8, MeT = MNTe. — 9, 2n = n. — 
19, MeMApi2XM = MNMxpi2XM. Jc HB comprends pas ie k/ final. 

La bienheureuse Tavictor (BiXTwp/a?) est entree dans le repos, le ao de 
Pachdn, h" indiction. Phe, Fils, Saint-Espril, vous ferez misdricorde a son 
ame, dans la paix de Dieu, amen. Marie {^fais-lui aussi misiricorde') . a "i* CD. 

Le nom propre ta8IKTcdp=ta biktcdp, celle de (ta) Victor, 
expression pouvant signifier la pie de Victor, ou etre, lout simplemenl, 
le feminin de Victor (grec : Bixrwp/a). — m6 (=mn) MApiZAM : la 
Vierge Marie est invoquee en meme temps (mn) que la Sainte Trinite. 

<'' nxcijOMC est la vraie forme du dieu Ghons. Cf. Tarabe j-i-a-? — Stern, 
nom de ce mois : rix cyoNC, le moisdu Kopt. Gratnm., n"' aSo et 990. 



12 



124 — 



19" Meme provenance que la precedente [inv. 29]. — Stele rectangu- 
laire. Lettres passees au rouge. — Calcairc : 0™ i85 x 0" 996. — Musee 
de Minieh. 




nCKTHp 
TABMTON 
MOB COY 
A RAP *b 
MOYT6 



Lire : neKTHp xbmton mmob (ou bien ntabmton mmob) Ncoy x (ou 
bien ncoy[oy]*-) NnxpHOYTe. II est difficile de decider, 1. 9, si n a ete oubli^ 
devant tabmton, ou si t est en trop. Pour b = m, cf. les nombreux exemples 
ci-dessus. — x, 1. 4, est-il le chiffre grec, ou bien ia finale de oy^, dont les lettres 
de debut oy se seraient confondues avec la finale de coy ? 

Pekler (Moo-;;^©?) est enlrS dans le repos le 1" de Pharmoulhi. 

Qu'est-ce que nGKTHp? Tres probablement un nom proprc, forme, 
semble-t-il , du nom commun kthp ct de iarticle ne : KTHp correspond 
au grec ^ihcryos^ au latin vitulus. M.6(7)(^os est, on le salt, employe comme 
nom propre, en grec; on trouve de meme un diminutif tres frequent 
Mo(7)(^iMv (=\o latin Vitelliusy Le nom propre copte nGKTHp, que je 
ne connais pas par ailleurs, est done tres admissible. 



iS" Meme provenance que la precedente [inv. 9 5]. — Petite stele rec- 
tangulaire. Lettres passees au rouge. — Galcaire : 0™ iG x o"" 19. — 
Musee de Minieh. 



niujTnuy HP 







0* 19 



nicDT nujHp 
6 nenNGMA 
6toy-^ab Api OY 

NA MH BIKTCd[p] 
NTABm[t]on N6M 

oq ncoy[^]oyth n 



] 



9, lire nenNGYMx. — h, lire mn. — 5-6, lire NTx(q)MTON mmom. — 6-7, 



— 125 



[13] 



apr^s xoyxH, on attend iin nom de mois, que je ne reconnais pas dans les restes 
de la ligne 7. 

Pere, Fils, Saint- Esprit, faites misiricorde a Victor, qui est entree dans le 
repos le aS de 

1/1" Meme provenance que la precedente [inv. 18]. — Stele rectangu- 
iaire, en forme de brique. — Galcaire : 0™ 126 x 0" aSo. — Musee de 
Minieh. 



|u:iSAHHC 



or« 



ICU2ANHC 



Le hori est retourn^. 



i5° Meme provenance que ia precedente [inv. 10]. — Stele rectangu- 
laire. — Galcaire : 0™ 39 X 0™ ^0. — Musee du Gaire, n° A 5 06 9. 



iVTroA^TTT 



nA)HrTTv\tAH 



HMTOyv/U^UTUJ 



RNCO^Q'^^VM^ 



6-71 K6f<^JUH4> 



^OjixAK^PioCA'nt 



Ni'MC-A/IAK^/TK 



< ©■♦o- 



Inscription ^nig-niatique, dont je ne saisis pas Tensemble. II me semble lire, 1. 3-5 : 

NTAB I HMTON MCOCU | B NCOy .... (= NTXM MTON MMOM NCOy • • .), et 

1. 6-7 : sxefxrj(pe (xaxixptoa [— iHotfxrjdrf b (jLaxiptos . . .). 



B. Autre provenance. 

16" BosRA, 1913. — StMe rectangulaire dont les lettres ont ele pas- 
sees au rouge. Elle est ornee, au centre, d'une croix inscrite dans un 
cercle : une inscription au-dessus de la croix; une autre au-dessous, 



[U] 

perpendlculaire a la premiere. 
Mus(5e de Minleh. 



— 126 



Galcaire : o™ AG x o™ a/t — o™ 2 5. — 




1) 6MMA 
NOyHX 

2) 6IC eeoc 

O BOHOCD 
N CJ^XHX 
6.XCDN 



Emmanuel. II ny a quun Dieu, i^qui est) notre aide. Priez pour nous ! 

Emmanuel (Ef/|^tavoy^A), nom propre (probablementle nom du defunt). 
Puis vient la formule frequente sis Osos b ^otjOoSv. Les mots copies qui 
suivent cgxHX 6;>ccdn s'adressent aux lecteurs de I'epitaphe, aux passants, 
a tous ceux qui sont susceptibles de prier pour le defunt (e.xcuN pent 
^tre un pluriel emphatique pour G-XcdV). 

[BosRA (»/^) et Deir Bosra^'^ sont situ^s un peu au sud de El Wasta 
(^Contra Lycopolis^, sur la rive Est du Nil, presque en face Sliotb i^Iiypse- 
lisY'-K Le nom originel etait probablement 'R6crrpa.^^\ dont les Arabes 
ont fait Bosra (sur la transformation de (tt en s egyptien ou semitique, 
cf. Sethe, Sesostris, p. 8, et note /i). G'est dans les ruines qui entourent 
le Deir qu'a ete trouvee cette stele, avec les restes peu importants d'une 
douzaine d'autres : toutes avaient du etre enlevees a un cimetiere chr^tien, 
brisees et remployees par les Arabes.] 



<"' Je ne comprends pas comment 
Am^lineau (La Geographic de VEffyptc, 
p. 3o5) pent ecrire : cr , . . [Quatrem^re] 
a identifie [Paphor] avec le viHajje appele 
Bosra par Vansleb [car] ce nom de 



Bosra ne se trouve pas en Bgyple (sicl)?). 

'^^ Moiulirit^li d'Asslout, markaz d'Ab- 
noub. Cf. Atlas of Egypt, Upper Egypt, 
(1919), map i3o. 

<'' Cf. Bostra, en Palestine. 



— 127 — [15] 

II. INSCRIPTIONS GRECQUES. 
A. Antinoe. 

834'" 

Gheikh Abadeh, necropole antique d'Antlnooupolis , 191^ (fouilles de 
M. (le Beaucorps; inv. 1). — Stele rectangulaire. Lettres passees au 
rouge. — Marbre : 0™ /ii x 0™ 3/i. — Musee du Gaire, n" /j5o68 (voir 

pi. II). 

Inedit; ma copie : 

Hf* sxoi(JLe6oi 
ytaxapioa- a^€a 
avaviaa sv\a€o 
vs Trpea-^vTeploaj xai 
5 t]yov{isv07 sv (XYj 
VI (paci)(pi X£ rj IV 
Six\tici)vO(t\ b 6soa tov 
TravroxpaTop av 
avaitavaov 
10 tnv -^vyjnv 
avTOv fi* 

h , TTpsa^vTsp/. — 6-7, ivhtx/. — 7, le trait au-tlessus de est peint, non grav^. — 
8, av final est h supprimer (ou simpiement v final, s'il faut lire iravroxpaTopa). 

Lire : ixoi^iridr} b (xaxiptos dSSa kvuvlas 6 svXa.Sr)s Trpso-^urepos xai rj-^ovfisvos, 
iv (XYjvi (paw<pl xe', rj' ivhiXTiwvos- b debs b TravTOKparcop dviiravaov Tr}v ipvxv^ 
aOroC. S'est endormi [dans le Seigneur) le bienheureux abbe Ananias, prelre et liigou- 
mhie plein de piele, le 28 de phaophi, 8' indiction. Dieu tout-puissant, donne le repos a 
son dme! 

EvXaSrls est Tadjectif employe dans les Ecritures pour designer un 
hommc ([ui a la crainte de Dieu (ainsi : ^a-av S^ els lepovcraXriyi xanoixovv- 
^es lou^ctioij avSpes eCkaSsTs . . . (^Actus Ap., 9, 5). — Le titre d'riyovyisvos 

<"' Le dernier num^ro de la derni^re s^rie grecque est 833 (Annates, XI, 1911, 
p. 248). 



16 



128 



s'applique, conime on salt, en Orient, au superieur d'une communaute 
religieuse : c'est la premiere fois que j'ai I'occasion cle le rencontrer dans 
les inscriptions grecques de I'Egypte chretienne. — La formule 6 Sehs b 
TravTon pixTcop, dont I'origine doit etre cherchee dans V Apocalypse (^passim) 
et Paul, Corinth., II, G, i8, n'est pas des plus frequentes : je I'ai relev^e 
trois fois dans les textes du Recueil, n°' -48 , 64i , 5^1 . — La formule finale 
avchravvov ... est, par contre, tout a fait courante en Egypte. 



835 



Meme provenance que la precedente [inv. a]. — Stele legerement 
arrondie en haut et a droite. Lettres passees au rouge. — Marbre ; 
o" 5o X 0™ ho. — Musee de Minieh. 

Ine'dit; ma copie : 



»J» SXOlfJLtl 

Br) yLOLHo. 

pioa- (poiSa^x 
fict)v sv ^r]vi 
5 "ncLy^wv : Xr] : ap 
yij)cf t] ivSix{Ticovoaj 
6 6sos avanav 

(TOV TiJV V^U 

^t]v avTOV 




0.4-0- 



6, ivhiK/. — 7, 0(7. — Noler les points et trails, aux iignes 2, 5, 6, 7. 

Lire : ^KOturjdr) b fxandptos OotSinawv iv (xtjvl irap^iv trj', dp^rf rj' hZixrt&vos' b 
debs ivditcfuaov t>)v i/'vp^^v auTou. 



Apyrii (lire oi.pxv) ^' '*'^-> ^^- ^^^ inscription n" 83 1 (^Annales, XI, 



— 129 — 



[17] 



i^ii, p- 9/»5-9/l6 : iv fJLtjv) yLsa-copy} tg OLp^V "^^^^ ^^^ Ssxckrjs IvSutiSj- 
vos). — La meme formule finale qu'au numero precedent, mais sans les 
mots 6 navroxpaTcop. Disons, a ce propos, que dans cette formule o deSs, 
dvdn(xv(70v etc., les mots o deos ont une valeur exclamative, 6s6s ^tant 
ici reellement un vocatif '*l Le mot o, qui precede ce vocatif, n'est done 
pas I'article masculin 6, mais bien Tinterjection w, que nos chretiens, 
tromp(^s par la forme 6s6s, qu'ils prenaient a tort pour un nominatif, 
ont confondue avec I'article et transcrile 6. 



836 

M^me provenance que le precedent [inv. 3]. — Stele rectangulaire. 
Lettres passees au rouge. — Calcaire : o™ 53 x o™ 37. — Mus^e de 
Mini^h (voir pi. II). 



Inedit; ma copie 



»i< £KOl^t]Qt] 

[xetKotpt 
07 Tray Xo(<t) 
SfZ \i.r]vi 
5 (pap[jiOv9t 
jiS SsTap 

Tt]S tvS(^l>tTiajVO(TJ 

Beo<T ava 
Ttavcjov Tnv 
10 vf^yp^r/v auTOU 



3, irauXo, — 9, tj; 



(») 



^'^ Gomme le latin Deus, le grec debs 
a en effet — les composes exceptes — le 
vocatif semblable au nominatif : Deus, 
voc. Dews; Beds, voc. debs (ce qui n'em- 

Annalei du Service, 1916. 



p^clie d'ailieurs que nous trouvons, par 
exempie, au n° 743 du Recueil, le vocatif 
dsi.) 

<'^ Je rappelle, h ce propos, que, dans 

9 



[18] 



— 130 — 



On notera, 1. 4, sjm pour ev, et, 1. 6, heTsipTrjs pom- TSTaprr;?. A part ces deux 
pli^nom^nes phon^tiques, le texte est absolument correct. 

Meme formule 6 6sos avditavcrov . . . que ci-dessus, n"' 8 3 4 et 835. 



837 

M^me provenance que la precedente [inv. 8]. — Stele rectangulaire. 
Lettres passees au rouge. — Galcaire : o™ 34 x o™ 98. — Musee deMinieh. 



Ine'dit; ma copie : 



+ ۥ1^01 MH 

i\uAnNov „, 

TApTHClNi^ 

oe-e c anX 

TT>^Y COM TM 
TOY ^f 



^CfXCtpiOS 

i'ojavvov 
{jtoy0< : is / (J'e 

TOtpTtJCT tvS(lKTlCi)V0(7J 

9 so a- ava. 
Tcavcrov rrjv 

TOV *i* 



h, p simplement peint, non grav^. — 6, tvh/. — 8, rrj. 

Lire : iMavvtjs (i. 3), ev pour sfx (1. 4), TSTaprv? pour hsTaprrjs (1. 5-6); 
cf. n" 836, 1. 4 et 6. Pour ie reste, texte correct. 

Encore la formule finale 6 6sos avditctvcrov . . . 



838 

Meme provenance que la precedente [inv. 7]. — Stele rectangulaire. 
Lettres passees au rouge. — Calcaire 0'" Ao x o™ 29. — Musee de Minieh. 



ie texte , nous resolvons sans parentheses 
ies abr^viations tachygraphiques, par 
exemple ~ remplacant v :Trj^=rijv (i. 9) ; 
mais lorsque ie trait sup^rieur rempiace 



une iettre autre que v, ou sii esti'^qui- 
vaient d'une abreviation quelconque, 
nous empioyons ies parentheses : irawAo 

= •Trail Xo(«t) (i. 3). 



131 — 



[19] 



Ine'dil; ma copie : 



\ 



COM THr^ 



li 



1, *eKot(ir}dtj. 



â–ºi< exoivrjOrj" 

{<t)7i'< (pa 
Osoa- a 

VCLTVaV 



Lire : av pour efx (1. 3); cf, n" 836 et SSy, 1. li; 8/jo, 1. 6; 848, 1. 8; et avryjs 
pour ai»T)7 (i. 9-10). Le texte est, pour ie reste, correctement orlliographie. 

Toujours la formule finale dshs avd-rtavdov ... 



839 

Meme provenance que la prec6dente [inv. ^]. — Stele rectangulaire. 
Lettres passees au rouge, — Calcaire : o'" /jiG x 0'" 3o. — Musee du 
Caire, n" /iSoyo. 

Inedil; ma copie : 



-e-HOMAK 
ApiocTieT 
pOCMHNI 

0-6-CANATT 
AVcoMTHN 



Bn {JLOLX 

apioy TTsr 
poa- ^^t}vt 

apyjrn) ly ivSUkticiJvoitj 

OsOS CLVOLTT 

avcTOv Ttjv 



1, la croix du d^but, comme ceiio de la fin, ont piutot I'air de croix iatincs. 

9- 



[20J 



— 132 — 



2 , le trait au-dessus de o est peint, non grave. — 6 , apx/' '^'V- — 7' ^^- — 9 ' ""^'^Z- 
On voit deux trous, traversant la pierre, au-dessus des lettres hN. 

Le premier mot doit se lire, natureliement : sHoinrjdt}. 
Pour dpxfi hS., cf. n"' 835 et 8/17. 



WXIPOC 
TUO nttHP 
CWNeNHt 



V 



840 

Meme provenance que la prec^dente [inv. 16]. — Stele rectangulaire. 
Lettres pass^es au rouge. — Galcaire : 0"' 5 1 x o™ 36. — Musee de Mini^h. 

Ine'dil; ma copie : 

â–º{< SKVfxOl W 

^axapiocr 
avSpea 
Vvx,ipoa- 

5 TCi)V 7Tt]p 
(JOOV S(l ^S 

9 y ivSU}iTtCi)voe7j tj 

8 , /9 7, en place de trois lettres effac^^es on modifi^es ; <v§/. 

Lire : exoi[Xijdr} b (xaxapios ArSpeas 6 &y)(U)pos x&v Hepa&v iv \irjvl <pa,(isvi)d y' 
iv^[iKTtcbvos) Yi' . S'est endormi [dans le Seigneur) le bienheureux Andre, habdant [on 
originaire) de la Perse, le 3 du mots de Phamenolh, 8' indiclion. 

G'est sous toutes reserves que je propose pour les lignes 3-6 la tran- 
scription 6 iyywpos t63v Uspa-dSv; ^y)(^eopos est une forme po^tique, bien 
allestee, pour iy/wpios, lequel, adjectif et substantif, signifie indigene, 
habitant clun pays. Quant a oi Uipaai, ces mots sont frequemment em- * 
ployes, m^me a la bonne ^poque, pour ^ Tlspcris : on trouve en effet, de 
facon courante, chez Herodote, Xenophon, Platon, ies expressions ev 
Uipa-ais, els Hipcrixs, sk Jlepcx&v, <xen Perse », c^de Perse??. On est done 
admis a traduire ^yyojpos (^iy-^wpios) rtSv UspcT6Sv par ^I'habitant, le 
natif de Perse », ou simpiement ^le Perse ». 



— 133 — 



[21] 



841 



Mome provenance que la precedente [inv. 21]. — Stele rectangulaire. 
Traces de rouge dans les lettres. — Calcaire : 0™ 3/i x C" 26. — Musee 
de Minieh. 



Imdit; ma copie 



fel^0IMH6hH 

N<\6NMHNirrA 
VNJlirff^^// 

eNlBA&VAooN 
jATTM0^\NHfsj 

l<G6.N^n Av CO 

NTHSitVXH^W 



0.9« 



fxaxapia (xaxpi 

VOL £v [xtivi Tra 

vvt ig- iviSiKTiwvocrj e // 

ev €a^vXci}v 

I aTTociOavtiv 

XV pie avaTzav<TO 

V Tr]v ^V)(^t] av 



h, IV. — 7, xe. — H n'y a pas h tenir compte des trails, qu'on voit h diffi^renles 
places, nolammcnt aux lignes 2, 3, 4, 6 : ils sont dus k la maladicssc du gravenr. 

Lire : SKOifirjdr} r) fxaKcipia. Maxp/va iv firjvi iraijvi i5' ivhxTiuvos e' ' ev Ba^i/Acovi 
iiridavsv • xvpie, dvcnravaov t))v ^v)(r)v avrrfs fxsd' dylcov, dfxrjv. S'est endormie 
[dans Ic Seigneur) la bienheureuse Macrina, le 16 du mots de Paynt, 5' indiclion; die 
est morte a Babylone. Seigneur, donne le repos a son dme avec les saints. Amen. 

La mention dv Ba^yXoJv/ omiBavev est int^ressante : etant morte a Ba- 
bylone, son corps fut done ramen^ et inhum^ a Antinoe; il est peu 
vraisemblable qu'il s'agisse de BabylAne de Gbaldee, la Babyl6ne en 
question doit etre celle d'Egypte (Habenben) *'l 

La formule \xeO' aylwv s'est d^ja rencontree sous la forme o . . . (/era 
^(Sv ayiwv dvaTtavcrd^evos (^Recueil, n° 655). Cf. une expression un peu 



^'^ Cf. une mention de la BabylAne 
d'Egypte, dans un manuscrit copte sai- 



dique du Mus^e du Caire (Crdm, Catal. 
gener., Coptic Monutn., p. 18, n" 8062). 



[22] — 134 — 

difle rente 6 iv ayiois [Annates, XI, 1911, p. 2/17, ri" 882, et Revue Epi- 
graphique, I, p. 169, n" i3, Seymour de Ricci). 



842 

Meme provenance que la pr^cedente [inv. 2/1]. — Stele en forme de 
croix. Lettres passees au rouge. — Galcaire : 0™ /ii x 0™ 27. — Musee 
de Minieh. 



Ine'dit; ma copie 



rQ\K 



»i« otxe 

10. Ovyapi 

aticta V yit] 

VI iravvi ly 

ivSelKTiuvoa-) ^ = 

avanav 

asi au TT 6 e 



A-5, * svx^apKTTicKT (pour le nominatif Evx^apitTTta). 
lire av(Tr}v) U (copte = 6) ds{6s)1 



5 , * er. — 9 , * faut-ii 



Lire Tensemble : exotinjdrf ^ ixaxapla Ewp^apicT/a iv p.r]vi isavvi ly' ivhxTi&vos !'• 
dv(XTrav(T£i (= ara7rau<T0i' ?) auT^r 6 ^e(is(?). 

Je ne crois pas qu'il y ait de doute sur la necessite de corriger ©yp^a- 
picma.7 en ^v^ctpiaTictcr : les noms masculins Ss6)(^apis, Seo^dprjSy 0eo- 
ydpioTos sont connus sans doute, mais non pas un feminin correspondant 
comme serait SeoyapKnta., surtout sous la forme 0y (^= @sov))(^apiaTta. 



843 

Meme provenance que la pr^c^dente [inv. 1 fi*"']. — Stele rectangulaire, 
mal gravee. — Galcaire : o"' 5o x 0"' 35. — Mus^e de Minieh. 



135 — 



Inedil; ma copie : 






rj (laxapia 



[23] 



9 , lire probablement (i)x(ot)(irj(dYf) : pour oj = e, cf. n" 8^2 , 1. i . — 4 , je ne sais 
ce que signifie ^uxa(?); on h^site k y voir un nom propre, la st^le semblant ^tre 
au nom de MxpizxM (= Map/a, ou plutdt Maptdtf*) (1. i). 



Meme provenance que ia precedente [inv. i/i]. — Stele rectangulaire, 
d^form^e a la partie inf^rieure. Lettres pass^es au rouge. — Galcaire : 
0'" 6o X 0™ 53. — Mus^e de Mini^h. 

Inedit; ma copie : 



^, 



AovpoN 



<TOV TMV 

Sovpov 
^apia 



1, noter, en t^te, le chrisme orn^ d'un appendice. — 1-9, * ava-rawo-ov : I'oubli 
de au parait ^tre une erreur toute materielle , due a la negligence du graveur. — 
3, hovXov (twv hovpov = Tr)v hovXrjv). 

Lire I'ensemble : Is. Xs. aviiroivaov rrfv hoiXtfv Maplav. 
Le seul point int^ressant h noter est la substitution de p a X dans SovXov. 



[U] 



— 136 



Meme provenance que la precedenlc [inv. i5]. — Stele rectangulaire. 
Letlres passees au rouge. — Calcaire : o'" 7/1 X o"" 4 9. — Musee de Minieh. 



Inedit; ma copie : 



THNT^XHN 
TOVAOVAOV 
(OV yA^- - 

AMHnahhn 



^ sxot^t]9rj 

\xa.Ka.piO(7 nci^A 

xvpte 9eo(T trjcTOva- )(^pi<no<T 
avoiTravyov 

10V SovXov 

(70V -^A // — 
OLfJLtJV a.[itjv 



â–  0"^) 



3 , lire ^a(«t))^/. — k, ks Oa i<t )((t. 

Le nom propre nujA. est ecrit, 1. 8, -^a, a la grecque, sans qu'il 
soil tenu compte do la valeur exacle du u) copte ^'l 

II me parait d'ailleurs probable que nci^A et >|/a sont des abreviations 
des noms bien connus no^Ai et "^dis, qui sont I'un et I'autre des trans- 
criptions du nom d'un dieu de la vegetation llM^ W^ (^^- Spiegelberg, 
Aeg. und Gr. Eigennamen, p. 57*-59*). 



8/46 
Meme provenance que la precedente [inv. 5]. — Stele legerement cintree 
a la partie superieure. Lettres passees au rouge : le texte est entoure 



^'^ II est curieux de constater que ies 
Grecs d'aujoiird'hui, du moins ceux r^- 
sidant en Haule-Egypte . remplacent tou- 
jours dans ia prononciation Ji par o-, et 



disent par exemple el sams au lieu de 
el sams (le soleil), el santali au lieu de 
elsan'ah (ia valise), la chuintante n'exis- 
tant pas dans leur langue. 



— 137 — 



[25] 



d'une bordure peinte et surmonte de trois croix ^galement peintes. 
Galcaire : o™ 63 x o'" ho. — Musee de Minieh. 



Inedit; ma copte : 



+ 



\ 



MM Oh 

N • 9APM0>f 

CONTHNfY 

AH N f>^Yi or 



o%0 



>i* SKOt 

(laxapi 
0(7 aSpaza. 
5 \j.i07 V fxrj 
VI (papyiov 
Oi tS tvStixTtcovoa) 
s xvptoo" avaizav 
aov Tr]v \|/u 
10 ^ijv avTOV 
ayiijv ^ 



5, *ev (cf. n" 842, i. 5). — 8, k(t (pour xs). 



8^7 

Meme provenance que la precedente [inv. 19]. — Stele rcciangulaire, 
brisee en trois morceaux. — Galcaire : o'" 38 x o™ 3o. — Musee de 
Minieh. 



Inedit; ma copie : 






Y\^ 



tt 



^^ 1^ (=K'7*"))- — 6' ^^^)- 



Hh sxoiyLtjdt) 
{iixHapioa- 
Xeovocr ev 
fJ.(rjvij navvi 
17 apXV<T 
tj ivSUxTtojvoa-) »i< 



Xsovos pour A/wv (gen. X^ovtos, AicovroSy h.iavosV peut-etre; ou 
abreviation d'un nom derive comme Ke6vnoSj Keowchos etc. 
Pour ipx- '^'^•j cf. n"' 835 et 839. 



[26] 



— 138 — 



B. AUTRES PROVENANCES. 



848 



AssiouT. — Stele trouvee dans une maison d'Assiout : saisie par la 
police, elle me fut aussitot remise (i i avril 191^). Elle est brisee, dans 
le sens de la longueur, en deux morceaux a peu pres egaux. — Calcaire : 
o'" 98x0" li(). — Musee de Mini^h. 

Inedil; ma copie : 

6r]a afia 
X&» ovTia- 
yap aOa 

5 varoiT It 



+ MH\YnH 
AcoOYT\C 

"TRbiMH-eH 



.0^4J 



SHOiyL-nBn) 
01 fxaxapia 
a^a Xco Cfi : 

^ lvSlx(TlOt)VO!TJ ^ »i« 



y, o<==v, phenomene d'itacisme. — 8, efx = £i>, phenomene d'assimiialion (ef* 
(Jirjvl), comme ci-dessus, n" 836, 887, 8/io. — 10, ivhixf. 

G'est la seconde fois que se rencontre ce nom etrange de \c6. Je Tai 
signale deja (precede, comme ici, du titre dfid'j sur une stele d'Antinoe 
{^Annales, X, 1910, p. 61, n° 81/i) : dans les deux cas, la lecture est 
absolument certaine. 



849 

Deir-el-Moharraq. — J'ai copie, il y a trois ans, une inscription dont 
je n'ai pu prendre malheureusement ni I'estampage, ni la photographie. 
Elle est grav^e sur une pierre d'autel, en forme de fer a cheval^'^, laquelle 



<•> Gf. Butler, Ancient Coptic Churches, 11, p. 8, fig. 9. 



— 139 — [27] 

se trouve dans I'antique egllse dediee a la Vierge Marie. Les dimensions 
de la dalle sont o'" 7/1 X oâ„¢ 75. 

Formes des lettres : A, 6, 6, C, V, +, Cl). 

Inedil; ma copie : 

dso(7 avaTTdv 
asoos rt]<T ^v)(^tiT 
Tov [/.axapirov 

XoXkovBoV £KOl 

5 (irjOr] sv yir]vi ypiax. 

IS ivS(^iHTicovo<TJ le srova- vqy *b 

1 , dcr. — 6 , «rSy. 

La formule o Oebs dvanavaecjs Tfjs ^vx,vs est bien connue : elle 6qui- 
vaut a dvoLTiavaov Trjv ^vytfv. 

Le i5 de Khoiak de Tannee /iG3 des Martyrs = le 11 d^cembre 747. 
11 est exact que I'annee 7/17 est la quinzieme d'un cycle d'indictions. 

G. Lefebvre. 
Assiout, mai 191^. 



TROIS STELES 
DE LA PERIODE BUBASTITE 

PAR 

M. GEORGES DARESSY. 



Les trois steles dont je vais donner la description sont entrt^es r^cem- 
ment dans les collections du Mus^e du Caire; toutes trois, en calcaire tendre 
et provenant de la partie nord de I'Egypte, sont relatives a des terrains 
constitues en wakfs. Les documents de ce genre appartiennent en majorite 
a I'epoque bubastite et ethiopienne, de la XXIP au commencement de la 
XXVP dynastie; ces contrats etant passes comme actes officiels avec date 
certaine, il y a toujours a glaner quelque renseignement historique dans 
leur texte. 

A. La premiere stMe provient du Tell el Minieh et el Shorafa, qui se 
trouve dans la province de Gizeh, sur la rive est du Nil a une quinzaine 
de kilometres au sud d'Helouan^^l Elle mesure o m. 86 cent, de hauteur, 
les cotes sont legerement inclines, si bien que la largeur de o m. 53 cent, 
a la base se reduit a o m. /»() cent, a la naissance du cintre. 

La pierre a quelque peu souffert : la partie superieure a ^t6 detruite 
et vers le milieu la surface s'est ecaillee detruisant une partie du texte. 

Dans le tableau qui occupe le liaut du monument on voit a gauche 
Ptah debout dans son naos, tenant le sceptre compose des emblemes \y\-> 
suivi de Sekhmet dont la tete de lionne est surmontee du disque et qui porte 
en guise de sceptre Tembleme de Nefertoum •[•. Le dieu a dans sa legende : 

■ T ■?• !E 11; la d^esse est intitulee t * T 1 1 ^ "^ ^ I T 1 
i "^^ , Tenumeration de ses dons est iilisible sauf la fin : ^^^'^' 



mM' 



L'offrande a ces divinites est faite par : i" le roi H !^^. M\^. 



^'' Trouv^e dans le s^bakh en mars 191 5. N° d'entr^e 45827. 



— U\ — 



[2] 



v^tu d'une chenti empesee, coifFe du capuchon royal nemes, qui presente 
la Verite j a Ptah en disant :^^J^^-^T2jX"^.^j^XP' 
2° un personnage debout vetu d'une longue robe, portantperruque couple 
carrement au-dessus du cou, le bras gauche leve dans la pose d'adoration; 
il reste de sa legende trois lignes verticales : | ^ ^ ^ | ^ 4" I I '~~^ 
^1 iH^^tI' ^" ""^ personnage debout, la tete rasee, vetu d'une 
longue robe, saluant de la main droite et tenant de la gauche le flabellum 
|; la legende au-dessus de sa tete est detruite, mals devant lui on lit ver- 

llcalement : il *1 Kl ^ ~ ! ! â– ? "1 ! I Q â– ? i I- 

Au-dessous du tableau le texte du contrat est grave en neuf lignes 

horizontales, de gauche h. droite : | {o ! I !,2,!Ji^^(f1ii^^ 

I 1 I » I ^ 'A* "^ 1 I 1 'n* "*" <^ » n n .^-i i~A I --^ / — V /I* '"^ JK 1 1 A««H 

.^ jcSS; A I I I 1 1^ 1 1 j^ Jfct t""^ ^P. ^ \ -» X ^m. ^1 1 ^1 1 1 1 ■/—«*■ A X r»l I DJ 

i!ii:^-]ki,iAAHuii';i!fi;^:iHiiE]Ki %;:::!} 

Les lacunes nous empechent de saisir le dispositif de I'acte de donation 



[3] _ 1/12 — 

fait par ce Zod-ptah-auf-ankh en faveur de Ptali et de connaitre les dimen- 
sions de la piece de terre offerte a ce dieu : un total de /la coudees 
semble indiquer que le domaine n'etait pas tr^s etendu. A la ligne k on 
voit une mention des c? champs des Ghardannes, en possession du prophete 
Hora??. Malgre le redoublement de Vn, je ne pense pas qu'on puisse hesiter 
a reconnaitre ici les Mil ^ "r* "*^ ^ i^ li^^i' ^^ peuple etranger qui 
formait des troupes mercenaires aussi bien en Syrie (lettres de Tell el 
Amarna) qu'en Egypte. Mais on n'avait pas jusqu'a pr<5sent de mention de 
ces guerriers posterieurement a Ramses III : cette inscription montre que 
si les Chardanes ne formaient plus sous Osarkon II la majorite des troupes 
auxiliaires (ce role etait joue alors par les Machauachas), tout au moins 
on avait garde souvenir de leurs campements en Egypte. 

Le donateur a comme premier titre (1. /i et 7) ^ ^ '^. Je n'ai pas 
encore rencontre cette epithete de «divin pere du divin pere?? et je ne 
me charge pas de I'expliquer; elle est sans doute purement religieuse et 
sans rapport avec la parente royale. 

Zod-plah-auf-ankh est le fils d'un personnage dont je ne donne le nom 
' ^ !!!!!!!I! ] 4*^'^ ^^^^ toules reserves, tant la lecture est pen certaine; il 
semble avoir acquis le terrain d'un certain ^' et le consigne au prince 
qui figure dans le tableau de tete : Nemrat, « premier prophete d'Harsa- 
phes roi des deux pays, grand chef de Sekhem-kheper ^'), general et 
gouverneur ??. La mention qu'il est fils d'Osarkon II ne laisse subsister 
aucun doute sur I'identite de ce prince deja connu par plusieurs monu- 
ments de Karnak ainsi que par la stele de \^^| du Serapeum'-l Si 
Ton fait attention que Nemrat n'est pas cit6 ici avec la dignite de Premier 
Prophete d'Amon, la conclusion s'impose qu'en I'an XVI de son regne, 
Osarkon II n'etait plus souverain que du nord de I'Egypte, que son fils 
avait du resigner la Grande Pretrise d'Amon et se contenter d'etre chef du 
sacerdoce d'H^racleopolis, puisque le plus haut poste a Memphis etait deja 
pris par le fils auie du roi, Ghechanq^^'; c'est une confirmation de mes 

*"' I w est probablement identique i par Osarkon I". 
•y^oII, ville forte qui commandait ^*^ GkVTmm, Liore des Rois d' Egypte, 

I'entr^e du Fayoum selon la stMe de t. Ill, p. 345. 
Piankbi et qui fut apparemment fondle ^^' Id., p. 34/i. 



— U3 — [4] 

vues sur la XXIP dynastie^*^ mais une modification est toutefois a ap- 
porter au tableau d'ensemble : si Nemrat a reellement 6te Grand Pretre 
d'Amon, ce ne pent avoir ete qu'avant Harsiesi, soit a la fin du regne 
d'Osarkon P^ 

La fin de la ligne 5 est detruite, mais je crois que le sens general 
appelle ici la mention de la mere ;^ de Nemrat (.^f i^^^t^- C'est 
une variante a la donnee de la stele genealogique d'Harpason qui nomme 
^ I _T_ la mere du prince. 

La fin de Tinscription est en meilleur etat et se laisse traduire sans 
difficulte : «I1 repeta ceci devant Ptah, le dieu grand, en disant : «0 
mon bon maitre! recois cette donation de terrain que t'offre le. . . divin 
pere du divin pere, prophete, maitre des mysteres de Ptah, scribe du 
temple, scribe comptable des bestiaux du domaine de Ptah, le prophete 
Zod-ptah-auf-ankh ; en la recevant gracieusement de ma main, donne-moi 
en echange vie, sante et force, dur^e d'existence, longue vieillesse le faisant 
descendre vers le commencement d'une eternite perpetuelle??. Voici que 
le dieu grand approuva fortement. A nouveau il dit : «0 mon bon maitre! 
s^vis contre tout homme de toutc condition, tout. . . de la terre entiere 
qui porterait atteinte a ma donation des le commencement de I'^ternit^, 
perp^tuellement. Retranche leur nom de la terre entiere, que Sekhmet 
soit derriere (leurs) femmes et Nefertoum derriere (leurs) enfants. w Voici 
que le dieu grand approuva fortement??. 

A la ligne 6 on notera que cette constitution de waq^f est designee par 
j|] ^ j ; aux lignes 6 et 8 on trouve la tournure pen commune ^ M "^ • 

B. La deuxieme stele, dont j'ignore le lieu de provenance ^'^^, est incom- 
plete : il lui manque la majeure partie du tableau et Tangle inferieur 
droit; elle na plus ainsi au maximum que o m. 38 cent, de hauteur et 
o m. 98 cent, de largeur. Elle etait soigneusement grav^e. 

En t^te un roi suivi d'un homme faisait olTrande a une deesse, Bast 
selon toute probability. De ces personnages il ne reste que les jambes, et 
devant la deesse subsiste un gros vase pos6 sur un support has. 



<*' Gf. Uecueil de tmvaux, t. XXXV, ''^ II est presque certain, d'aprfes le 

1918, p. i5 et 18. contexte, quelle provient de Tell Basta. 



[5] — U4 — 

Le texte est trace de droite a gauche; les lignes ont o m. 097 mill. 5 
de hauteur. Avec les restitutions ^videntes il se lit ainsi : 

; r?s;vi "■ •" ^ * T ~ T « V I * ^^ " ".- 

![.^]T:iT:-PTJv::3T:3;;^Xf!P 
UM-]i;K=3'"r;T:<LPn/jTS,'»,T 
]K]ri:ii,!:ii:!s^(iiPi)iiw=;° 

I LJT I bJ I I I I III I A--.A III I I I I I 1"'^ JT I s 

i[prr;j>pn]/iT^,#,Tm5^ii::s 




«L'Hor-ra tres vaillant, maitre des diademes tres vaillant, Horus d'or 
tres vaillant, roi des deux regions Ad-kheper-re, fils du soleil CliSchanq 
I I'a fait en fondation pour sa mere Bastit, maitresse de Bubastis : une 
terre de /i2 feddans, dans | de Bastit, dont le revenu sera em- 
ploy^ a ce qu'un hin de biere soit servi | quotidiennement pour que 
Sa Saintet^ en soit satisfaite, par les soins des gens du temple ^ de Bast; 
de par Du-Bastit-pa-senb, fils de Nes-Bastit et de la maitresse de maison, 
superieure des chanteuses ^ de Bubastis Ta-denat-n- Bastit. Que tout fonc- 
tionnaire, tout homme | qui maintiendra ce revenu sacre d'un Inn de biere 
de la Sainte de Bubastis ait ses enfants maintenus ^ en leurs places, les 
enfants de ses enfants maintenus en leurs places; | que tout fonctionnaire, 

^'^ Le signe grav^ sur la st^le est une imitation de la forme hi^ratique de ZH- 



l/i5 — 



[6] 



tout liomme qui portera atteinte a ce revenu sacr^ '" d'un kin de biere 
pour la Saintete de Bastit, maitresse de Bubastis, la boisson lui soit 

retiree, que sa faim y (ne puisse etre apaisee, que ) lui soit 

opposee par Bastit maitresse ^ de Bubastis eternellement a 

toujours, annee, mois ou jour.?? 

Le renseignement important a tirer de ce texte est la titulature com- 
plete du Chechanq roi de la Basse-Egypte que les steles du Serapeum nous 
avaient fait connaitre comme fds et successeur de Pama'i. 

J'avais dernierement^'' propose d'attribuer a N^pherites de la XXIX' dy- 

nastie la banniere ^ "j 1 !| ::zz ^^^ sur un bloc de pierre recueilli 



jadis a Tell el Yahoudi; ma conjecture se trouve etre fausse et il faut 
rendre ce titre non au probl^matique Chechanq ©-f ^^'"^^ fils d'Osarkon II, 
mais au dernier Chechanq qui ait regne avant I'avenement des Saites et 
des Ethiopiens. 

L'evidence de la provenance bubastite de cette stele, jointe a celle que 
la stele Daninos '^^ a du etre trouvee a Toccident du Delta , probablement 
a Tell Abou-Billouh (Atarb^chis) et que les premiers monuments connus 
de ce roi sont sortis du Serapeum de Memphis indiquent que ce Chechanq 
etait tout au moins nominalement souverain de tout le sud du Delta, mais 
que les princes de Sai's ^taient deja maitres du nord-ouest de la Basse- 
Egypte et prets a rejeter la suzerainete des Bubastites. 

On remarquera que les trois premiers termes du protocole sont iden- 
tiques, ^P J : peu apr^s I'Ethiopien Chabaka agira de memo en ^tablissant 
sa titulature. 

C. La troisieme stele , mesurant o m. 6 5 cent, de hauteur et o m. 2 3 cent, 
de largeur, provient de Tell Basta. Elle laisse fort a desirer sous le rap- 
port de la gravure, car les hi^roglyphes sont mal formes et le texte peu 



'"' Recueil de traoaux, t. XX.XV, p. 8. 

'*' Dans son Litre des Rois d'Egypte, 
t. Ill, p. 35 1 , M. Gauthier m'accuse d'avoir 
voulu reconnaitre ce Chechanq II 0^» 
sur plusieurs monuments. Je suis telle- 
ment persuade que le prenom donn^ par 
Berend r^sulte d'une erreur de lecture 

Annales du Service , 1916. 



que je n'ai mentionn^ nuUe part ce roi. 
Mon Chechanq II est tout autre puisqu'il 

a pour prenom | M ^^ " et que 
je persiste k ie distinguer du Chechanq 

'^' Recueil detraDauw,W, 1893, p. 8/i. 



[7] — 1^6 — 

correct, et aussi sous le rapport de la conservation : le calcaire est devenu 
pulverulent et les contours de certains signes sont indecis. 

Dans le cintre s'^tend un disque aile; au-dessous un ciel '— ^ surmonte 
le tableau. Un roi dont les cartouches sont places c6te a c6te, verti- 

calement | -"i^ ( ® i J "C^ j '^^ ( J » coiffe du pchent, vetu de 

la chenti empesee, est debout pres d'un autel; il presente Tembl^me "1 ^ ^'^ 
a deux divinites qui lui font face : i" Bastit a t^te de lionne (non de 
chatte), coiffee du disque, tenant le sceptre papyriforme et le signe de la 
vie; devant elle on lit verticalement : ?n ^ T*^^? et sous son bras : 
^'•^ @ gO Jjarsi^si hieracocephale coift'e du pchent, ?~1 ! \? 

jj^; il est tres difficile de lire le don de ce dieu : ^''"^^vZj ^^ parait 
I'interpretation la plus plausible des traits qui subsistent. 

Le texte occupe six lignes horizontales, ecrites de droite a gauche : 

i:;;:v!^¥4-^r^ (°lid1 i( 1 g«"'>!<'>- 

^^1|[^â„¢|_U_. II n'y a pas lieu, je crois, de chercher le sens exact 
d'un texte aussi corrompu. Tout I'int^ret de ce monument reside dans les 
cartouches qui y sont graves deux fois. Le prenom royal se peut lire sans 
aucunc difficult^ ©"j^^? muh il n'en est pas de meme du nom, que 
j'ai laisse en blanc plus haut. Le cartouche commence certainement par 
^â„¢, mais le reste est indechiffrable aussi bien dans le tableau que dans 
le texte. La silhouette des signes est a peu pres [ ^| j. Deux hypotheses 
peuvent ^tre emises : ou bien les deux traits repr^sentent ^j, titre des 
rois bubastites de la Basse-Egypte , et alors il reste pour le nom f (') ^ , 
ce qui est un vocable inconnu; ou bien ce qui a I'apparencc de ^ est 
une deformation de ^ , et alors en admettant que le signe qui precede soit 
le residu d'un ^ mal grav^ on arriverait a etablir ^ 2 ! ! ' '^^ ^'^^ Pamai 
a sur les stMes du Serap^um o "j ^ ^ | â„¢ comme prenom; une stele qui 

''^ Au lieu du symbole ordinaire III toire du XVIII' noma de la Basse-Egypte , 
on a ici "^ .^ , qui est ie nom du terri- le Bubastite. 



— 147 — [8] 

est maintenant au Louvre est datee de Tan VI d'un X^ qui a o"|^-!^ comme 
premier cartouche ^'l L'identite de ces rois peut preter a quelque doute; 
s'il y a lieu de les distinguer, c'est au second d'entre eux que notre stele 
devrait etre attribuee, avec une lecture possible '2! ^' J'^vais toujours 
con^u des doutes sur I'exactitude de la reproduction donnee par M. Legrain 
en 1896 de Tinscription n" ^h du quai de Karnak. II me semblait impos- 
sible, selon la theorie que j'ai developpee dernierement ^'^^, qu'on ait pu 
trouver a Thebes une inscription de Pima'i, dans lequel je vois un roi du 
Nord , qui se serait intitule J % « fils d'Isis v , attribut a cette epoque des 
rois du Sud. Sur ma demande de verification M. Legrain a bien voulu me 

repondre : «ce n'est pas Pima'i, mais le Padoubast ( |^^X2^T'* ^^ 
Karnak dont le cartouche est grave la; je crois avoir indique cette cor- 
rection dans un de mes articles, mais je ne sais plus trop lequel ». Ma 
supposition se trouve done confirmee et les observations de M. Gauthier 
dans son Livre des Rois d'Egypte^^^ perdant de Icur importance, je ne serais 
pas etonne qu'il faille distinguer un Q "j ^ ^ — [ ' ] 2 M ^'^ "'^ ® H M 'H!!!!!^ 
^^^~^ — ^2 \ \ ' ^y^"^ regn6 tous deux en Basse-Egypte; il faudra d'autres 
decouvertes pour permettre d'elucider cette question. 



G. Da 



RESSY. 



''^ BijiEDnE,(\ans\a Gazelle des Beaux- dynasties, dans ie Recueil de travauw, 
Arls, 1908, p. 3 16. t. XXXV, 1918, p. 14 et 17. 

(') Notes sur lesXXIl%XXIir el XXIV ''' Tome III, p. 872, notes 1 et 2. 



RAPPORTS 

SUR LES 

TRAVAUX EXl^CUTfiS AU TEMPLE DE Sfill T 

A GOURNAH DE 1910 A 1913 

PAR 

M. ALEXANDRE BARSANTI 

DIRFXTEUR DES TRAVAUX. 

Monsieur le Directeur general, 

Le dehlaiement et la refection des parties conservees du temple de 
Seti P"", a Gournah, ont dure deux liivers, le premier du 26 decembre 
1910 au 18 mars 1911, le second du 9 Janvier au 2 avril 1910. 

SI. 

Le 26 decembre 1910 au soir, je partis du Gaire avec le personnel 
du Service et, des le lendemain matin 27, je commencai le transport du 
materiel que j'avais expedie du Caire quatre jours auparavant, L'operation 
ne fut termin^e que le 3 1 decembre au soir, vu les difficultes qu'opposaient 
au transport des longues poutres les transbordements necessaires de la 
gare de Louxor au fleuve, puis de la rive Est a la rive Quest, et enfin de 
la rive Quest au village de Gournab. En attendant qu'elle fut termin^e, 
j'expliquai au clief menuisier Mahmoud Mohamed le plan de T^chafaudage 
qui devait etayer toute la partie nord-ouest du plafond de la grande salle 
hypostyle. II se mit aussitot a I'oeuvre avec un grand zele, mais vous 
connaissez aussi bien que moi Tetat oil se trouvaient I'architrave nord-ouest 
et toutes les dalles du plafond de la travee nord. La tache n'etait pas tres 
rassurante et les ouvriers ne I'entamerent qu'a contre-coeur. Le dan- 
ger 6tait d'ailleurs si evident que les touristes attires par la curiosity se 
retiraient aussit6t, craignant la chute de toute cette partie. Les pieces de 
Tecbafaudage une fois taill^es, puis rassembl^es a terre, le chef menuisier 



— U9 — [2] 

commenca le montage. Le point principal etait qu'aucune des poutres 
qu'il fallait dresser pour en etablir la carcasse ne touchat les blocs sus- 
pendus au-dessus de nos tetes et qui ne semblaient tenir que par habitude. 
Aucun accident n'arriva grace a une vigilance de tons les moments, et 
Techafaudage monte, I'ecroulement du plafond ne fut plus a craindre. 
Toutefois, avant d'en remettre les elements en place, il fallait enlever et 
relever les blocs qui, en echappant, s'etaient coinces les uns les autres. La 
besogne, pour presenter desormais moins de danger, n'en etait pas pour 
cela moins difficile. II fallait d'ailleurs, en meme temps que nous agissions 
en cet endroit, debarrasser le sol de la salle des blocs qui Tencombralent 
et qui ne nous permettaient pas de circuler librement. 

Salle uypostyle. — Le desordre y etait terrible, ainsi que je viens de 
le dire. Golonnes, plafonds, murs, pavement, partout la destruction avait 
fait son oeuvre : de la porte centrale jusqu'a celle du sanctuaire, ce n'etait 
qu'un chaos d'enormes architraves brisees et de dalles du plafond. 11 me 
fallut etudier chaque bloc isolement pour en retrouver pr^cis^ment la 
place ancienne et pour ne pas presenter Tun a la place d'un autre. Py reussis 
non sans peine, tant pour les blocs charges d'inscriptions ou de figures que 
pour ceux qui ne portaient rien. C'est ainsi que I'architrave de la colonne 
est-nord, qui s'appuyait jadis sur le mur est de la salle, s'etant fendue 
horizontalement en deux gros morceaux, toute sa partic inferieurc s'etait 
detachee, et dans la chute les inscriptions s'etaient brisees : je remis m 
situ tous ceux qui navaient pas et^ reduits en poussiere. Enfin, grAce a 
Techafaudage , j'ai sans retard releve les grosses dalles du plafond, etay6 
et rajust^ les deux enormes fragments de I'architrave et les ai soutenus par 
le moyen de quatre poutrelles en fer encastr^es. Une fausse manoeuvre a 
I'un des v^rins aurait suffi a precipiter sur le sol Tun des fragments soit 
de I'architrave, soit des dalles, dont plusieurs etaient fendues sans que 
nous nous en fussions apercus jusqu'alors, la fumee des foyers allumes par 
les habitants ayant bouch6 les fissures, lorsque le temple fut trans- 
forme en un centre de reunions pour les violateurs de s6pultures — rou- 
hiighis — qui lui ont valu son nom actuel — Qasr er-roub^ighi. 

Facade. — La neuvi^me colonne a partir du sud a ete completement 
reconstruite : les deux ou trois petits fragments que nous n'avons pas 



[3] _ 150 — 

retrouves ont et6 remplaces par unc maconnerie au ciment que j'ai recou- 
verte d'un enduit compose de ciment et de gres piie. 

Le soubassement du cote nord a ete repris depuis les fondations et 
consolide jusqu'a la quatrieme assise. 

La grande architrave centrale etait brisee en deux morceaux, et les 
cinq grosses dalles du plafond avaienl flechi de o m. 3o cent. J'ai du 
construire la un ^chafaudage tres solide pour empecher la partie interieure 
de tomber pendant les travaux, au cas oil Tun de ces blocs serait venu a 
tomber. Grace a cette precaution , Tarchitrave a pu etre soulevee au moven 
de verins par notre menuisier, puis, le niveau une fois constat^, soutenue 
par quatre poutres en fer, deux de chaque cote. Quant aux cinq dalles 
centrales du plafond, elles furent soulevees d'abord pour faciliter la remise 
en place de Tarchitrave, puis remises en place et consolidees avec des pou- 
trelles de fer, celles du moins qui presentaient quelques fissures. Les 
poutrelles une fois posees partout, j'ai coule du ciment tres liquide dans 
les parties brisees et dans les fentes pour former du tout un seul bloc. 
Les poutrelles , ainsi masquees et placees a Tabri de I'air, se conserveront 
indefiniment, sans se dilater pendant les fortes chaleurs, et par consequent 
sans risquer d'abimer les pierres qu'elles supportent. 

Grande porte centrale. — Le linteau etait brise transversalement dans 
sa longueur et les deux extremites reposaient a peine sur des blocs, qui 
eux-memes demeuraient en porte a faux, par suite de la destruction par- 
tielle des montants. Le linteau correspondant a Tinterieur etait brise de la 
meme maniere. Enfin, I'architrave qui surmontait ce linteau interieur n'etait 
plus en place, et j'en ai retrouve les deux morceaux dans le tas enormc 
de blocs qui fermait la baie et empechait les voyageurs d'entrer. J'ai com- 
mence par consolider les deux montants, ce qui demanda beaucoup de 
temps a I'un de nos meilleurs masons amenes expres du Gaire a cette 
occasion : il a saisi les blocs avec des crampons en fer, noyes dans la 
maconnerie. Les montants ainsi consolides ont tres bien supporte depuis 
lors la charge enorme qui s'appuie sur eux. Les assises situees au-dessus 
du linteau ont ^t^ rcnforcees de poutrelles en fer, et du ciment coule dans 
les interstices en a lie solidement les parties. 

La deuxieme architrave a partir de Test avail relativement peu souffert 



— 151 — [/»] 

et deux poutrelles de fer ont sufli a I'etayer, mais la troisieme architrave 
etait en tres mauvais etat. 11 a fallu pour lui rendre sa force passer sous 
elle trois poutrelles longitudinales en fer et des barres de fer transversales, 
qui elles-memes furent reliees par des baguettes de fer scellees au platre. 
Ge bati servit d'appui a une maconnerie de ciment, chakfs, pierres et 
caillasse, bien melanges, qui retablit la partie manquante de Tarchitrave 
et qui permit de remonter en place le gros fragment que j'en trouvai a 
terre. Le tout maintenant n'est plus qu'un seul bloc. 

La quatrieme des architraves du cote nord, celle qui posait ancien- 
nement sur la troisieme colonne nord-ouest et sur le mur ouest, avait ete 
brisee en deux par quelque choc formidable, et, cedant, elle avait entrain^ 
avec elle dans sa descente les cinq grosses dalles du plafond qui posaient 
sur elle. J'en suis a me demander encore maintenant par quel hasard 
incroyable cette masse gigantesque de blocs endommages se tenait en 
equilibre au-dessus de la tete des visiteurs : ceux qui viendront apres nous 
ne se rendront pas compte de la situation s'ils ne se reportent a la pho- 
tographic ci-jointe, que j'ai eu le soin de prendre avant la restauration 
(cf. pi. III). Le tout ^tait si instable que la moindre secousse produite 
par la maladresse des ouvriers pendant la construction de notre grand 
echafaudage aurait pu en entraincr la chute et probablcment la ruine du 
temple entier par contre-coup. Comme c'etaient les cinq grosses dalles du 
plafond qui maintenaient par leur poids les fragments de I'architrave, 
j'etablis un echafaudage qui put etayer a la fois les deux fragments et les 
cinq dalles. Je construisis, sous les dalles memes, un plateau en poutres 
oil installer les verins, dont I'effort, combing avec celui de nos palans dif- 
ferentiels etablis au-dessus des cinq dalles, devait aider a les ramener a 
leur place premiere. Je procedai par echelons a cette operation. Tandis que 
les verins soutenaient les dalles du plafond par-dessous, les palans les rele- 
vaient une a une de o m. /to cent, environ. Le fragment est de Tarchi- 
trave, qui etait le moins incline, fut le premier ramene a Thorizontale. Le 
fragment ouest, le plus pesant des deux, s'echappa d^s qu'il ne fut plus 
maintenu par Tautre, mais saisi qu'il etait par les palans il ne glissa que de 
m. o5 cent, a o m. o6 cent.; apres quoi il fut hausse progressivement et 
ajust6 a son voisin. J'avoue que je fus bien aise quand cette op(^ration fut 
terminee. En effet, comme tous ces blocs ont souffert beaucoup au cours 



[5] — 152 — 

des dges, on ne salt jamais s'ils r^sisteront a la pression des engins que 
nous employons pour les manier. Aussi, par surcroit de precaution, fis-je 
etendre au-dessous de chaque bloc un lit epais en bois et, sous les bois, 
je mis les v^rins en batterie. Les deux fragments ramenes a leur place 
ancienne, je les pris entre des poutres en fer, quatre dans la partie supe- 
rieure, quatre a I'inferieure, et je scellai le tout avec du platre du pays, 
puis je coulai un ciment tres liquide dans les fissures interieures, de 
maniere a constituer un seul bloc des deux morceaux d'architrave et des 
poutrelles. Gela fait, je redescendis les cinq dalles du plafond a leur place 
ancienne. Par la meme occasion, je redressai tous les blocs superieurs de 
la parol nord voisine, qui s'etaient deplaces de o m. 18 cent, vers le nord. 
J'ai achev^ ainsi de consolider Tangle nord-ouest de la salle depuis les 
fondations jusqu'au sommet des murailles, puis j'ai demont6 I'ecbafaudage 
et je I'ai remonte du cote sud-ouest, afm de remettre en place les trois 
gros fragments de Tarchitrave sud-ouest qui gisaient sur le sol. 

Ces architraves finies, j'attaquai la travee nord et la travee centrale de 
rhvpostyle. Au moment oil se produisit la catastrophe qui ruina le temple, 
le plafond de cette hypostyle subit la poussee vers le nord , de sorte que 
les dalles et les blocs correspondants du mur nord furent deplaces du sud 
au nord. II me fallut done en premier lieu soulever toutes les dalles subsis- 
tantes du plafond et consolider par des poutrelles en fer plusieurs d'entre 
elles c|ui etaient fendues; apres quoi, je ramenai en arriere ceux des blocs de 
la muraille qui s'etaient deplaces. Lorsque les chretiens s'etaient installes 
dans le temple, ils avaient pratiqu^ en haut de cette muraille, sous les 
dalles, de grandes ouvertures qui devaient leur servir de fenelres, ne se 
doutant point du danger qu'il y avait pour eux a laisser plusieurs des 
dalles du plafond sans aucun appui. Je remplis ces vides de maconnerie, 
restituant ainsi au plafond la stabilite qui lui faisait defaut. Je rassemblai 
6galement et je remis en place les fragments de trois dalles qui Etaient 
tombees naguere, mais je ne pus completer la couverture de la travee 
centrale. Six dalles manquent encore, qui ont du etre brisees par les habi- 
tants en qu^te de pierres pour balir leurs maisons. 

J'ai retrouve pourtant, vers le nord-ouest, quelques fragments qui ap- 
partiennent au commencement de I'inscription qui ^tait grav^e au pla- 
fond. Quand nos travaux seront plus avances j'essaierai de les remettre en 



— 153 — [6] 

place, bien que la plerre soil devenue tres friable et retourne au sable ca 
et la. 

L'angle sad-est de la salle hypostyle, sans avoir souffert autant que 
Tangle nord-ouest, etait fort endommage. J'ai du remonter Tarcbitrave 
brisee en deux, la soutenir, puis reprendre Tune apres I'autre, de la meme 
maniere, toutes les architraves de la colonnade sud de I'hypostyle jusqu'a 
ce que nous eussions atteint la derniere architrave qui avail ete repar^e 
precedemment. En deblayant le sol, j'avais retrouve parmi les decombres 
deux beaux fragments d'inscriptions apparlenant Tun a la paroi sud et 
Tautre a la paroi ouest , puis deux fragments de bas-reliefs , dont j'ai pu 
determiner la place ancienne vers Tangle sud-ouest. Je les ai remis in 
situ completant avec de la maconnerie les parties manquantes des blocs, 
puis j'ai remonte deux des larges dalles du plafond de la travee sud, qui 
gisaient pele-mele sur le sol. Enfin, j'ai consolide le haut de la paroi sud 
et j'ai bouche les grandes ouvertures que les Coptes y avaient pratiquees 
comme a la paroi nord; mais, comme la maconnerie nouvelle de la 
partie superieure de cette paroi sud, sur laquelle les dalles du plafond 
doivent poser, n'etait pas encore assez seche pour pouvoir supporter leur 
poids, j'ai remis cette partie de notre restauration a la prochaine cam- 
pagne. 

Les soubassements des murs out du etre renforces avec pierres et 
ciment sur toutc leur longueur. Les six colonnes ont ete consolidees a 
partir de la base et leurs parties inferieures refaites avec des blocs taill^s, 
de telle sorte que chacune d'elles representait a peu pres le cinquieme 
de la circonference totale de la colonne. II ne restait plus, en effet, dans 
chaque base qu'un noyau de pierre saine, d'une vingtaine de centimetres 
environ, qui servait de point d'appui au fut entier, au chapiteau, aux ar- 
chitraves, aux dalles du plafond, href au poids enorme des mat^riaux 
accumules dans les regions superieures. Le corps m^me des colonnes ^tait 
en assez bon etat et il n'a exige que quelques retouches insignifiantes. 

En dernier lieu, la paroi ouest a ^te consolidee et repar^e partout oil 
se trouvent des inscriptions ou des bas-reliefs. Les qualre portes qui y 
sont pratiquees etaient endommagees et tons les blocs qui les composcnt 
disloques par le tremblement de terre, cause principale de la ruine du 
temple. Je les ai reprises en sous-oeuvre et remises en bon etat. 



[7] _ 154 — 

Chapelle H. — Afin de donner aux visiteurs I'id^e de ce que le temple 
sera apres sa remise en etat, j'ai tenu a terminer au cours de cette cam- 
pagne ia restauration de Tune des chapeiles laterales : une porte avec 
grillage en fd de fer, semblable a celles que j'ai faites a Edfou naguere, 
empechera les chauves-souris d'y pen^trer et de la salir. 

Avant tout, j'ai repris en sous-oeuvre les quatre parois, refaisant leurs 
fondations, remontant les deux dalles du plafond qui gisaient a terre, et 
remplacant le dallage, qui avail disparu depuis longtemps, par un cail- 
loutis epais forme de galets du desert sur lesquels on a verse un melange 
de homra et de chaux liquide, le tout dame consciencieusement et recon- 
vert d'une couche de chaux et de homra bien unie. Lorsque les travaux 
seront termines, partout, je superposerai a ce premier lit une nappe de 
ciment et de gros graviers, jusqu'au niveau qu'atteignit I'ancien dallage 
du temple. 

Chapelles D et E. — Je me suis born^ pour le moment a y etayer 
les dalles du plafond qui menacaient de tomber, et j'ai remis la suite des 
travaux a la prochaine campagne. 

Salle I. Vestibule. — Je I'ai trouve dans un etat lamentable, encombre 
de blocs salp^tres sur lesquels on ne discernait d'abord aucune trace d'ins- 
cription ou de bas-relief. Les quatre piliers, tres inclines, qui s'y trou- 
vaient, ne lui appartenaient pas a I'origine. lis etaient batis, en effet, 
de blocs provenant du mur sud du sanctuaire que les chretiens avaient 
demoli; ils etaient destines surement a soutenir le plafond de la piece qui 
menacait ruine, ainsi que nous I'avions deja vu au Mammisi d'Edfou. Les 
pierres avaient ete retaillees a I'exterieur et les inscriptions qu'elles por- 
taient enlevees, mais, dans la suite des temps, elles s'etaient toutes fendues 
et leurs angles s'etaient ebreches. De m^me, le mur qui barrait la porte 
de fond vers I'ouest n'appartenait pas au plan primitif, mais il avail ete 
bali par les Copies pour fermer leur ^glise de ce cot^. J'ai demoli piliers 
et murs et j'ai remis en position ceux de leurs blocs dont j'ai pu retrouver 
la place, ainsi qu'on le verra. Enfm, les quelques dalles qui subsistaient 
ca et la sur le sol n'^taienl pas du dallage ancien : c'etait un pave refait 
par les Copies au moment oil ils transformerent le vestibule en ^glise. 
J'en ai fait enlever les restes el, par la m^me occasion, le sebakh el les 



— 155 — [8] 

pierrailles qui ^taient tellement imbibes de salpetre qu'ils avaient entie- 
rement pourri les fondations et le bas des parois. Pour faire disparaitre 
le sel,j'aidii laver les parois a plusieurs reprises, puis retaiiier dans les 
fondations les mauvais blocs et les remplacer par de nouvelles pierres : 
petit a petit j'ai refait en entier les soubassements. 

Aucune des dalles du plafond n'etait demeuree en place, mais elles 
etaient toutes a terre et, comme je I'ai dit plus haut, si endommagees qu'en 
ies touchant elles tombaient en poussiere. Meme si elles avaient ete en 
bon etat, j'aurais ete tres embarrasse pour les remonter. En eflet, les 
murs ont tous perdu les blocs de Icurs rangees superieures, si bien que 
nous ne pouvons connattre exactement quelle etait leur bauteur. J'ai done 
pense qu'il etait preferable de ne pas essayer de retablir la toiture. Gela 
dit, ce qui reste des parois a ete repare soigneusement, le pave a ete 
refait avec un melange de cailloux du desert, de homra, de cbaux et de 
sable, ^tendu coucbe par coucbe et bien pilonn^. 

Enfin, les deux petites portes laterales qui ouvrent. Tune au nord et 
I'autre au sud, sur les deux petites pieces laterales, ont ete consolidees et 
ieurs linteaux soutenus de poutrelles en fer. De ces deux pieces meme, il ne 
subsiste pour chacune que deux parois tres endommagees. Le dallage en 
avait ete defonce anciennement et j'ai du le refaire comme celui du vesti- 
bule, avec un melange de cailloux, de bomra et de cbaux dame soigneuse- 
ment. Au cours de la prochaine canqiagne, quand les travaux scront termi- 
nes , je ferai couler une nappe de ciment et de gravier meles sur ces couches 
de bomra , pour obtenir un plancher a la fois solide et tres propre. 

Je ferai observer, en passant, que les Guides et les touristes ont Thabi- 
tude de considerer cette salle comme etant le sanctuaire : c'est une erreur, 
elle n'etait que le vestibule du sanctuaire. Gelui-ci, qui est a peu pres 
d^truit aujourd'hui, repondait a la salle J du plan. 

Salle J. Sanctuaire. — Les murs ouest et sud en sont presque tota- 
lement detruits. Je me suis contente d'apporter quelques retouches aux 
parties qui necessitaient une reparation urgente. J'ai remis en place 
quelques-uns des blocs de la petite portc du sud-est. Lorsqu'ils seront 
bien sees, au cours de la campagne prochaine, je remonterai sur les 
montants repares le gros linteau qui est coucbe a terre non loin de la. 



[9] — 156 — 

Chapelle 0. — On se rendra compte de I'^tat oil elle se trouvait en se 
reportant a notre planclie VIII. Le linteau enorme de la porte nord-ouest 
avail glisse, le montant nord ayant cede d'environ o m. aS cent., et un 
seul eclat de pierre le maintenait encore en place, lui et I'amas de blocs 
qui dependait de lui et qui representait un poids d'environ 26 tonnes. 
Si les dalles du plafond , que le linteau avait entrainees avec lui , n'avaient 
pas fait contrepoids, le inur entier se serait abattu et avec lui proba- 
blement toute Taile sud du temple. J'ai done tout de suite fait etayer 
par-dessous et sur les cotes cet ensemble de mines, puis j'ai eleve un 
ecbafaudage tres simple, avec lequel j'ai depose les grosses dalles du pla- 
fond et retire les blocs du mur I'un apres I'autre. Ce premier degagement 
opere, j'ai enveloppe le montant mine d'une robe epaisse de maconnerie 
bien cimentee, puis j'ai repris en sous-oeuvre toutes les fondations, lant 
a I'exterieur qu'a I'interieur de la chambre. Des que le tout fut bien sec, 
je commencai a reconstmire la porte meme et les parties hautes du mur. 
Gela termine, j'ai remonte les deux grosses dalles du plafond et je les ai 
saisies dans de gros crampons en fer. Gomme I'une d'elles etait fort usee, 
j'ai coule sur elle une couche de ciment. 

Terrasses. — Le toit de la salle hypostyle etait fort endommage par 
places, partie a cause des fortes chaleui-s de I'ete, partie par la main de 
I'homme. J'en ai done relie les dalles les unes aux autres par de gros 
crampons en fer, puis, apres avoir bien nettoy^ les interstices du salp^tre 
et des impuretes qui les remplissaient, j'ai mouille, puis reconvert de 
ciment les portions faibles, comblant les joints jusqu'au niveau du toit. 
Le tout est tres solide presentement et ne forme qu'un seul bloc. 

Travavx faits a l'exterievb. — Tout en poursuivant la consolidation 
du temple meme et de ses parties, j'ai fait deblayer jusqu'a la distance 
de quinze metres au dela du mur nord les edifices en pierre et en briques 
qui constituaient la ville, et j'en ai agi de meme a I'ouest. Gomme vous 
m'aviez donn6 pour instruction de clore le tout par un mur d'enceinte 
semblable a celui qui a 6te etabli autour du Ramesseum, j'ai trace avec 
les d^blais provenant de ces deux endroits, en commencant a I'ouest, 
une lev^e Epaisse, a pente normale, surmont^e d'un large chernin de 
ronde. J'y ai r^serv^ dans I'axe du temple une large ouverture, oii je 



— 157 — [10] 

placeral plus tard une porte pour les visiteurs. De plus, et toujours pour 
la commodite de ceux-ci, j'ai fait egaliser le terrain entre la facade et les 
ruines du premier pylone, et j'ai etabli ainsi une esplanade oil peuvent 
tenir deux cents aniers avee leurs betes, sans ^tre entasses les uns sur les 
autres et sans encombrer I'acces du monument. 

Au commencement des travaux, desireux d'obtenir au mcilleur compte 
possible les quantites d'eau qu'ils necessitaient, j'avais cherche I'emplace- 
ment du puits ancien, mais le manque d'hommes disponibles m'a empeche 
de donner suite a cette idee et je n'ai pu trouver ce puits qu'assez tard 
en Janvier. Les traces qu'il a laissees sur le sol sont assez enigmatiques 
et peut-etre nous reserve -t-il des surprises. La liauteur de Teau m'a 
empeche malheureusement de pousser I'exploration jusqu'au fond; si Ton 
veut en avoir le coeur net, il faudra entreprendre la fouille pendant la 
saison d'ete, au moment de I'etiage, soit en mai et juin. Autant que nous 
pouvons en juger des a present, le monument a 6ie repare aux basses 
epoques, car on y voit des constructions en briques cuites et crues, qui 
ne peuvent etre anterieures a la fin des temps romains. 

La depense totale pour les quatre-vingt-trois jours de travail effectif, 
sans un seul jour de repos, a 6t6 de L. E. io85, G56 Mill., ainsi reparties : 



L.E. MILL. 

Ouvriers macons, menuisiers, forgerons, scieurs, cr^pis- 
seiirs, portefaix, terrassiers, et cliemin de fer pour les 
ouvriers venus du Caiie , . . . . 548, igS 

Depense pour mat^riaux achet^s au Caire : ciment, bois, 

pMtre et autres /»95,i3i 

Transport du materiel /i2,33o 



Total L.E. io85,656 



Permettez-moi, Monsieur le Directeur general , de vous signaler tout spe- 
cialemcnt notre chef menuisier Mahmoud Mohamed, qui n'a recule devant 
aucune fatigue ni aucun danger pour me seconder. Vous connaissez mieux 
que personne Tetat dans lequel se trouvait ce temple avant nos travaux : 
le danger qu'il presentait est maintenant conjure et ce qu'il me reste a 
faire est peu de chose a cote de ce qui a 6t6 fait. Je suis heureux de 



[11] — 158 — 

pouvoir declarer, en terminant, quau cours de ces travaux si durs et si 
perilleux, aucun accident d'hommes ou de materiel ne s'est produit. 

Agreez, je vous prie, Monsieur le Directeur general, i'assurance de 
mon entier d^vouement. 

Le Gaire, i3 juin 1911. 

S 11. 

Le 9 Janvier 1918 les travaux interrompus depuis le 20 mars 1911 
recommencerent. L'echafaudage (5rige au cote sud-ouest de la salle hy- 
postyle avait bien tenu (pi. X), malgre les fortes chaleurs de deux 6t6s : 
je le fis done, le jour meme de notre arrlvee, garnir de cordes et de pou- 
lies, pour hisser et pour remettre en place les cinq grosses dalles du 
plafond de la travee sud. Sitot ces dalles plac(^es, je le d^montai et je 
degageai des decombres tout le palier superieur de la salle hypoStyle 
(Plan, salle VI). En vue de consolider les murs et les six colonnes qui 
le decorent, je menai entre chaque colonne, puis de chaque colonne aux 
murs voisins, des murettes en pierre larges de cm. 70 cent, et epaisses 
de o m. 60 cent., de maniere a former dans le sous-sol une sorte de 
grand damier. Ce fut un travail long et penible; en effet, comme les blocs 
qui composaient les fondations de chaque colonne et de chaque mur 
avaient ^te entierement rong^s par le salpetre, il fallut les remplacer par 
des blocs nouveaux de forte taille. La moindre distraction du surveillant 
ou la moindre maladresse de Touvrier pendant la substitution des mate- 
riaux neufs aux vieux materiaux, aurait pu amener la chute de la colonne 
et par suite Tecroulement de la salle entiere : tout marcha aussi bien que 
possible, tant qu'enfin, pour completer la consolidation, je remplis les 
cases du damier d'un beton m^lang^ a des cailloux du desert, avec chaux, 
homra et sable a gros grains, le tout plus fort que le beton ordinaire. 
D'autre part, les murettes avaient ete baties au ciment pour leur donner 
plus de solidite; Toperation terminee, I'aire entiere de la salle se trouva 
transform^e en un seul bloc compact d'une resistance a toute ^preuve. 
Apres en avoir bien pilonn^ la surface, je la recouvris, surune ^paisseur 
de o m. o3 cent., d'une couche de ciment oil ^taient incorpores de tr^s 
petits Eclats de chakfs, broy^s et lav^s plusieurs fois afin d'en enlever le 



— 159 — [12] 

salpMre et, par-dessus, d'une seconde couche de ciment et de sable, 
melange avec de la poudre des pierres jaunatres qui abondent a la sur- 
face du desert, de facon a simuler la couleur des dalles anciennes. 

Au centre, entre les deux colonnes ouest, je fixai avec du ciment un 
gros bloc en gres, puis j'y taillai trois marches longues de trois metres 
environ et hautes chacune de o m. 08 cent, d'^paisseur sur m. 3o cent, 
de largeur. Je reconstituai ainsi I'escalier en suivant les traces, tres visi- 
bles encore, que I'escalier ancien avait laissees sur les bases des deux 
colonnes. Aux cotes nord et sud et sur le meme alignement que I'escalier, 
j'ai refait les deux murettes, beities sur le palier qui se trouve au niveau 
de la porle d'entree; la hauteur de ce palier etait d'environ m. 82 cent, 
et un morceau de I'un des blocs anciens etait encore a sa place primitive, 
ce qui m'a permis d'aller a coup sur. G'est la meme disposition qu'au 
temple de Seti P"" a Abydos. Ce n'a et6 la toutefois qu'un travail insigni- 
fiant aupres de celui qu'il m'a fallu executer dans les six chapelles lat6- 
rales (n"' III, IV, V, VII, VIII, IX) de la salle hypostyle. J'ai du, avant tout, 
enlever les dalles tombees des plafonds, apres quoi j'ai repris a neuf les 
fondations rongees par le salpetre. J'ai cnsuite retabli en ciment tous les 
soubassements et substitue au dallage detruit un beton de plus de m. 
60 cent, d'epaisseur. II m'a fallu, de meme, consolider les quatre parois 
oil tous les bas-reliefs mena9aient de tomber, et, pour terminer, j'ai 
remonte oil je I'ai pu, les dalles du plafond, dont la plupart etaient bris^es 
en deux ou trois morceaux : je n'ai pas rencontre de difTiculte pour cette 
operation dans cinq des chambres, mais dans celle qui occupe le milieu 
au cote nord, j'ai du me contenter de remettre en place deux seulement 
des dalles du plafond, les deux autres etant en si mauvais 6tat que j'ai 
juge dangcreux de les retablir. Dans cette salle, afin d'empecher les 
chauves-souris d'envahir et de tout salir, j'ai encastre au vide du plafond 
un cadre en fer avec grillage; la lumiere qui tombe h travers met admi- 
rablement en relief les inscriptions et les bas-reliefs de cette pi^ce. Des 
portes munies de fils de fer nous ont permis d'en completer la defense. 
Les moineaux, toujours imprudents, venaient auparavant installer leurs 
nids partout comme dans un asile sur, mais ils avaient compte sans les ser- 
pents. Geux-ci s'introduisaient par les fissures des murs et d^voraient les 
moineaux. J'ai bouch^ toules les fissures et j'ai delivre ainsi les chambres 



[13] — 160 — 

de ces holes incommodes, oiseaux et reptiles, tout en leur rendant autant 
que possible leur aspect primitif. 

La grande porte d'entr^e m'a donne beaucoup de peine, tant elle 6tait 
encombree par i'amas des architraves qui, ainsi que je I'ai dit dans mon 
rapport precedent, gisaient sur le sol pour la plupart. On a vu comment 
j'ai r^ussi a tout restaurer : aujourd'hui personne, voyant Tetat actuel, ne 
soupconnerait ce qu'etait le temple de Gournah. Le palier superieur de 
cette salle etait sur^leve, comme je Tai dit plus haut, et la plupart des 
dalles subsistaient encore, mais elles 6taient completement imbibees de 
salpetre et fondaient en poussiere des qu'on y touchait; j'ai du les enle- 
ver toutes et les remplacer par un solide beton , consolidant ainsi , par la 
meme occasion, les murs et les bases des colonnes ouest. A I'extremite 
ouest, la grande porte qui donne acces au pronaos a ete consolidee et son 
linteau soutenu par deux poutrelles en fer; le seuil a ete refait en pierre 
de taille. Les deux autres portes qui donnent sur ce meme palier au cote 
nord et au cote sud ont ete trailees de la meme maniere. Le mur qui le 
borne au sud a ete refait presque a moitie, afin de renforcer en meme 
temps une partie des parois qui limilent la partie du temple consacree a 
Ramses I". J'ai, de meme, remis a la porte de la seconde des chapelles, 
qui entourent le pronaos du cote sud, un des blocs qui composaient la 
frise superieure, et a la parol sud, sur le mur neuf, j'ai pose le frag- 
ment du registre superieur que j'ai trouve a terre. Le plafond du cote 
ouest a ete aussi retabli partie en ciment et partie en fragments anciens. 
Afin de fixer chaque fragment a sa place antique, j'ai du combler au 
ciment les vides entre un fragment et ses voisins; cela a ete fait tres 
solidement, de maniere a ce que les visiteurs n'aient a craindre aucun 
danger. 

J'ai execute quelques reparations sommaires aux quatre chapelles lat^- 
rales du pronaos. Comme malheureusement les murs manquaient, j'ai 
align6 a terre sur tranche, dans la piece ou ils gisaient avant nos travaux, 
les fragments des architraves du plafond. Dans la salle du pronaos (n" XII) 
j'ai refait le pav6, apres avoir demonte le mur ouest, qui avait ete bati aux 
basses ^poques en travers de la grande porte du vrai sanctuaire; j'ai aussi 
repare les parois. II n'y a eu que tres peu a faire dans les deux toutes 
petites pieces, a moitie detruites, qui flanquent le pronaos au nord et au 



— 161 — [ill] 

sud. Dans le sanctuaire, j'ai consolide la base des trois murs qui seuls 
subsislent en partie et que le salpetre nWait pas epargnes. J'ai opere quel- 
ques retouches aux parois et aux quatre piliers ainsi qu'aux architraves. 
Les deux linteaux des deux portes du nord et du sud ont ete I'objet d'un 
travail special. Je n'ai pu sauver celui du nord qu'en I'etayant de trois 
poutrelles en fer tant il etait endommage; quant a celui du sud, qui etait 
a terre et tres mutile, j'ai eu beaucoup de peine a le retablir en sa place. 
Enfin j'ai renforce au beton quelques-unes des plaques du dallage. 

PoRTiQUE EST («° 1 du plaii). — II etait ext^rieurement en tres mauvaise 
condition; j'ai du passer des poutrelles en fer sous presque toutes les archi- 
traves , puis reparer individuellement chaque colonne. Sur I'avant-derniere 
du cote nord, j'ai remonte un fragment d'architrave consolide par un 
fort crampon en fer. De nieme pour les six dalles du plafond; j'ai fait 
placer sous elles des poutrelles en fer encastrees et bien cimentees. Sur 
la neuvieme colonne, que j'ai reconstruite de toutes pieces, j'ai pose le 
grand fragment d'architrave qui gisait a terre non loin de la base. Enfin , 
j'ai consolide les pierres des fondations sous les bases des colonnes et j'ai 
refait ensuite le dallage. 

La paroi ext^rieure de Test a ete fortifiee avec soin , ainsi que tous ses 
bas-reliefs et j'ai construit une longue banquette entre les colonnes sur 
toute la ligne de la facade. EHe marque le niveau ancien du portique et 
elle met en relief le soubassement du temple de ce c6t^ , comme le faisait 
le dallage antique, lequel devait s'etendre a travers la cour jusqu'au 
pylone dont quelques restes subsistent. 

Chapelles de Ramses I'\ — Le vestibule presentait un vrai chaos 
lorsque j'entrepris les travaux. Le sol avail ^te bouleverse et retourn^ 
sens dessus dessous par les chercheurs de tresors, et, sous les bases des 
deux colonnes qui s'elfevent au centre de la salle , il y avait des trous 
enormes qui rendaient leur equilibre des plus precaires. Jo n'avais jamais 
vu pire condition dans aucun monument. Le montant droit de la grande 
porte d'entree avait glisse de haut en has de plus de o m. 20 cent, et 
le has en etait totalement gate par le contact du salpetre, qui foisonne 
dans cette partie du temple. Par bonheur I'architrave qui sert de lin- 
teau n'avait pas suivi le mouvement du montant. Je comprends d'autant 

Annales du Service, 191 5. 11 



[15] _ 162 — 

moins que celui-ci se soil maintenu debout jusqu'a nos jours, que son 
poids n'est pas moindre de quatre tonnes. Je commencai par I'etayer, puis 
avec beaucoup de precaution, je fis pratiquer en dessous de la partie 
solide une entaille, assez large pour qu'on y pass^t une poutrelle en fer 
destin^e a tout soutenir; cela ne s'acheva pas sans me causer bien des 
emotions, car malgre la solidite des etais, les bois craquaient sous ie 
poids du bloc. Petit a petit, j'armai deux verins de chaque cote de la 
porte, a I'interieur et a Texterieur, puis je fixai le tout avec des cales et 
tres doucement je soulevai le montant jusqu'a sa place primitive contre 
le linteau. Celui-ci avait du etre etaye d'urgence, car il etait fendu du 
cote sud. Pour cela, j'elargis Tentaille que j'avais pratiquee anterieurement, 
j'y inserai deux pieces de pitchpin sur tranche qui supporterent le bloc, 
puis j'en enlevai toute la partie desagregee, je maintins le reste avec de 
gros crampons en fer fix^s au platre, je glissai un bloc de gres neuf au- 
dessous et enfin, au platre d'abord et plus tard au ciment, je saisis les 
deux parties , la vieille et la neuve , entre deux poutrelles en fer soigneu- 
sement etablies sur une base bien solide. Je remplis avec un belon de 
ciment tons les Aides qui subsistaient entre les elements divers de ce 
bati; sur ce bloc composite je posai un second bloc bien ajuste, que je 
reliai au premier avec du ciment, si bien qu'aujourd'hui le tout constitue 
un seul bloc compact; puis, apres enlevement des etais, je jetai un crepi 
sur les portions reparees. Actuellement, personne ne soupconnerait en 
quel ^tat dangereux se trouvait cet endroit avant nos travaux. Cela fini, 
j'encastrai une poutrelle en fer sous Tarchitrave de la porte et je I'ap- 
puyai sur les deux parois interieures des jambages : malgre que le lin- 
teau soit fendu, je suis sur que le tout tiendra longtemps apres nous. 

Interievr. — La parol est du cote nord qui fait retour d'angle avec 
la porte, a exige une restauration des plus delicates : car, a toucher sans 
assez de soin aux blocs dont elle se composait, on risquait de faire tout 
ebouler, la muraille, le plafond et peut-^tre aussi les deux colonnes du 
milieu de la salle. La premiere precaution a prendre 6tait d'assurer une 
base resistante a nos verins : je construisis done, au lieu des anciennes 
fondations, un soubassement nouveau en grosses pierres bien unies qui 
nous servit de point d'appui, et j'arrimai les verins sous I'enorme bloc 



— 163 — [16] 

qui, ainsi que je I'ai dit pius haul, n'etait plus maintenu que sur une 
pointe de pierre. Gelie-ci s'est ecrasee des que nous I'avons touchee, mais 
comme les verins etaient en place, aucun accident ne s'est produit et j'ai 
pu proceder au nettoyage en toute securite. Nous avons enlev^ d'abord 
le platre, les cailloux, les mille immondices sans nom qui s'etaient accu- 
mules derriere ce bloc et ses voisins, puis, manceuvrant les verins, j'ai 
extrait le gros bloc de la meme maniere qu'on tire un tiroir de meuble, 
je I'ai degage de toutes les saletes qui lui adheraient, je I'ai repousse a 
sa place premiere et j'ai construit au-dessous, entre les deux verins, un 
fort pilier en maconnerie. Gela fait, j'ai retire les verins et j'ai b^ti deux 
piliers de meme hauteur de chaque cote du premier. Le montant gauche 
de la porte a exige moins de peine : j'ai du pourtant le relier par des 
crampons de fer a la paroi interieure. La reparation a ete plus simple a 
la partie gauche de la paroi est. J'ai substitue une maconnerie en gros 
moellons aux blocs inferieurs que le salpetre avait delites et par un bon 
crepissage j'ai rendu a ce soubassement son aspect primitif. Dans la paroi 
sud, je n'ai eu qu'a boucher au ciment les trous que les habitants de 
jadis y avaient crouses et qui etaient devenus, comme je I'ai dit, de veri- 
tables nids a serpents. La paroi ouest nous a pris plus de temps, car 
nous avons du refaire une bonne partie des montants des trois portes qui 
la percent. 

Les deux colonnes centrales avaient la base et le fut tres endommag^s. 
J'ai nettoye les joints, puis j'ai rtHabli leurs fondations qui, je Tai dit plus 
haut, avaient ete detruites par les cherchours de tresors. Quant a la paroi 
nord, deux blocs seulement du registre superieur s'en etaient echappes a 
moitie; bien certainement on les avait repousses naguere pour pouvoir 
enlever le bas-relief du milieu de la paroi. Je les ai replaces et j'ai repare 
le reste de la paroi. Enlin, le linteau de la porte qui conduit a la chambre 
n" IX du plan, etait completement brise : je I'ai soutenu de deux pou- 
trelles en fer et j'en ai reconstruit la partie superieure en pierre et ciment. 
J'en ai refait de m^me le montant droit tout entier. J'aurais prefer^ m'abs- 
tenir, mais si je n'avais pas renforce cet endroit, qui etait tres faible, 
j'aurais risque de compromettre la stabilite de tout le reste. 

Le plancher a 6t^ refait a I'epaisseur de o m. 60 cent, et plus par 
endroits, avec un beton compose de homra, chaux, sable et cailloux du 



[17] — 164 — 

desert, formant une grande nappe dans laquelle sont saisies les bases des 
colonnes. J'ai reconvert ce premier lit d'une couche epaisse de o m. o/i cent, 
de ciment mele de chakfs et de sable, recouverte elle-meme d'un enduit 
mince de ciment et de sable. 

Sanctuaire (w' XXXI du plan). — II avait souffert beaucoup du fait 
des bommes et du temps; les beaux bas-reliefs et les inscriptions en 
sont tres mutiles et le salpetre a ronge non seulement les blocs des 
fondations mais ceux de la premiere rangee des blocs du soubassement. 
J'ai dii refaire tout le plancber en beton afin de consolider les murs. J'ai, 
du reste, dit plus haut comment j'ai traite les superstructures. 

Les deux petites pieces n"' XXX et XXXII etaient en une condition detes- 
table : leurs fondations et leurs murs Etaient perces et Ton voyait le jour 
au travers. La dislocation etait de telle nature que je ne puis croire qu'elle 
ait ete I'oeuvre des bommes : la cause en doit etre attribuee a un trem- 
blement de terre. Quoi qu'il en soit de ce point, j'ai remis ces deux pieces 
en bon etat, et j'ai remonte les dalles du plafond qui (Etaient a terre, 
puis j'ai refait le plancber. Au dela, j'ai consolide le couloir sud, surtout 
dans sa partie posterieure, dont les fondations se decomposaient sous Tac- 
tion du salpetre. 

La pi^ce n° XXXIV qui ouvre au bout de ce couloir 6tait dans un etat 
indescriptible de ruine. Et d'abord, le linteau de la porte sud, brise a 
I'exterieur et a I'interieur, avait cede de plus de o m. ao cent. J'ai du le 
soutenir de poutrelles en fer et remplacer les parties manquantes par de 
la bonne maconnerie au ciment. Les trois portes de I'ouest etaient presque 
aussi mauvaises; il m'a fallu passer sous tous leurs linteaux des poutrenes 
en fer, reparer tous leurs montants et consolider les murs a I'exterieur 
par des contreforts en maconnerie, car toute cette muraille ouest avait 
ete fort eprouvee. Pour le detail de la reparation op^r^e a la troisieme 
porte ouest-nord, je renvoie a la premiere partie de ce rapport. J'ai 
refait a moitie le mur du nord et consolide celui de lest du baut en bas. 
Enfin, j'ai pass6 des poutrelles de fer sous les quatre dalles du plafond 
et j'en ai rempli toutes les fissures avec du ciment tres liquide. 

Les salles qui occupaient I'espace actuellement vide au sud -ouest 
(n" XXXVIII du plan) ont ^t^ d^molies metbodiquement par les Goptes 



— 165 — [18] 

iorsqu'ils s'installerent dans cc tempie. Les blocs memes des fondations 
ont disparu, et c'est a peine si Ton distingue aujourd'hui le trace de 
I'angle exterieur. Au nord-ouest, j'ai sonde le sol pour tacher d'y recon- 
naitre quelques restes de fondations et de determiner remplacement des 
pieces disparues. Le resultat a ete partout negatif ; je me suis done resign^ 
a niveler le terrain et a repandre une couche epaisse de sable sur le sol. 

Cbapelle de Ramses II. — C'est la chapelle que vous avez appelee 
chapelle solaire, a cause du culte qui y etait rendu au soleil. La porte 
d'entree ouvre sous le portique de la facade principale a I'extremite nord 
et elle donne acces non pas a une salle couverte, ainsi que raffirment 
les Guides, mais a une grande cour. J'en ai repare les deux montants et 
je les ai relies par deux crampons en fer aux parois interieures. J'ai sou- 
tenu les deux linteaux par deux barres de fer. La cour elle-raeme avail 
en son milieu un autel semblable a celui de Deir-el-Bahari ou de la petite 
cbapelle decouverte par moi a Ipsamboul. Elle n'etait pas bordee d'un 
rang de colonnes , comme le pretendent tous les Guides se copiant I'un 
I'autre, et vous me I'aviez dit. Afin de verifier votre assertion, j'ai enleve 
la terre qui remplissait la salle jusqu'au rocher et je n'y ai trouve rien 
qui ressemblat a des fondations de colonnes. J'ai ensuite refait entierement 
le plancber en belon de homra a plus de o m. Go cent, d'epaisseur et j'ai 
etendu au-dessus une couche de gros sable (pi. XI). J'ai aussi repare 
toutes les fissures des parois et j'ai remis en leur place premiere plusieurs 
blocs de la frise sup^rieure, un au nord et deux au sud. 

Le couloir qui longeait la partie meridionale de cette cour et qui ser- 
vait aux processions lorsqu'elles sortaient de la chapelle n° III conduisait 
a I'escalier qui menait a la terrasse et dont on voit encore les marches. 
Les fondations de ses deux murs nord et sud, aujourd'hui detruits, etaient 
dans un etat pitoyable. Je les ai consolidees avec du beton bicn pile sur 
lequel j'ai pose une couche de ciment mele de chakfs. Dans les chambres 
n"' XXIV et XXV, situees a I'ouest de la cour solaire, j'ai consolide les trois 
linteaux de portes avec des poutrelles en fer, j'ai repare 9a et la les parois 
et j'ai refait le dallage au beton, C'a ete mon dernier travail de ce cote; 
partout ailleurs les murs manquaient et je me suis borne a d^barrasser 
le sol des eclats de pierre et des immondices qui le recouvraient. 



[19] _ 166 — 

NiLOMETRE-ciTERNE. — J'ai dit flans mon dernier rapport comment 
j'avais decouvert cet etrange monument, qui est jusqu'a present unique 
dans son genre. Le couloir a plan incline, sans toit actuellement, qui des- 
cend assez rapidement du nord au sud, ouvre juste en face de la porte 
de la salle n" XXIX. II est large de i m. 60 cent. On y accedait par un 
palier dont quelques debris subsistent et d'ou partent deux escaliers, Tun 
a droite et Tautre a gauche. Notre planche IX permettra mieux qu'une 
description de comprendre la disposition generale. J'ajoute que la pre- 
sence de I'eau m'a force de m'arreter avant d'etre arrive jusqu'au bas. 
Pour en avoir le coeur net, il faudrait revenir travailler ici au temps de 
I'etiage. En attendant qu'il put en etre ainsi, j'ai construit contre les 
quatre parois un grand mur destine a retenir les terres debtees par les 
eaux d'infiltration. La depense a etc de L. E. ho. J'ai dresse tout autour 
de I'excavation une barriere en bois, pour empecher les touristes impru- 
dents de risquer une chute qui pourrait etre mortelle. 

CouR ET PYLdNES. — Tout I'espace compris entre la facade du temple 
et la porte du premier pylone a ete degage des monticules de terre, cail- 
loux et poteries qui I'obstruaient. 

On ne voit plus que les deux premieres assises du pylone. La porte 
centrale du premier est completement demolie; on voit pourtant encore a 
terre les grandes architraves qui ont peu souffert dans leur chute. En 
deblayant les arasements des deux massifs du pylone, j'ai trouve pres de la 
porte, du cote de la cour, la coiffure d'un colosse en gres qui ne doit pas 
avoir mesure moins de sept metres de hauteur. Les morceaux en sont pro- 
bablement ensevelis sous les maisons du village a Test; mais comme il 
nous en aurait coute trop cher d'exproprier celles-ci, j'ai du en remettre 
la recherche a plus tard. Pour bien nous delimiter de ce c6te et pour 
pr^venir tout empietement des habitants, j'ai construit, selon vos ordres, 
un mur en pierre qui cloture notre terrain a Test, puis se relourne a ses 
deux angles nord-est et sud-est et va courant vers I'ouest. Dans Tangle 
nord-est j'ai bati une porte large de quatre metres qui sert d'entree gene- 
rale au public. Les boiseries en ont ete confectionnees par nos menui- 
siers. 

C6te nord. — De ce c6t^ le d^blaiement a et^ long, car il a fallu 



— 167 — [20] 

degager tous les magasins anciens du temple, dont une bonne partie avail 
ete deja fouillee par M. Fl. Petrie. J'ai trouve dans plusieurs d'entre eux 
des cruches, des pots, des vases en terre cuite d'une forme assez belle, 
et, dans la masse, les fragments d'un vase grec de style corinthien, convert 
de dessins d'animaux en rouge et noir. line partie de ces vases est allee 
au Musee, le reste a ete emmagasine dans la maison du Service a Gournah. 
Les briques employees dans la construction portaient, pour la plupart, les 
deux cartouches de Seti I". Dans le sol de ces magasins etaient creus^es 
ca et la les tombes des pretres du temple, qui ont ete violees paries cher- 
cheurs de sebakh : neanmoins plusieurs d'entre elles contenaient encore des 
poteries de forme assez elegante, que j'ai remises au Musee. 

Cote ovest. — En le d6blayant, j'ai trouve les restes d'un mur d'en- 
ceinte en briques crues, qui faisait suite a celui du nord. J'ai prolonge la 
levee du nord a I'ouest jusqu'a la porte de sortie construite a I'ouest du 
temple et qui est munie d'une claire-voie de pitchpin confectionn^e par 
nos hommes. 

CdiE suD. — J'y ai continue la levee jusqu'a la rencontre du mur en 
pierre dont j'ai indiqu^ plus haul la construction. Grace a cet ensemble 
de levees en terre et de murs en pierre, le temenos est protege contre 
les empietements des fellahs et les visiteurs sont a I'abri des mendiants. 
Le temple repare a maintenant grande tournure, et prendra un bon rang 
dans I'esprit des archeologues et des artistes. 

La depense de cette annee a ete de L. E. 870,802 Mill., y compris les 
achats fails au Gaire et I'acquisition des terrains el des mat^riaux neces- 
saires a la construction du mur d'enceinle el du grand puits. Tout le 
materiel, moins la portion que j'ai exp^di^e a Kom-Ombo pour la cam- 
pagne prochaine, a 6le consigne a I'lnspecteur de Louxor, ainsi que les 
clefs des deux portes du mur d'enceinle. 

Agreez, je vous prie, Monsieur le Directeur general, I'assurance de 
mon respectueux devouemenl. 

Le Gaire, le 29 avril 1918. 

A. Barsanti. 



RAPPORT 

sua LES TRAVAUX DE CONSOLIDATION 

EXECUTES A KOM OMBO 

PENDANT L'HIVER DE 1913-191/i 

PAR 

M. ALEXANDRE BARSANTI 

DIRECTEUR DES TRAVAUX. 



Grande Porte d Entree, cote svd. — La base en etait tres abimee du 
cote Slid et elle exigeait une consolidation d'urgence; je Tai reprise en 
pierre et en ciment, depuis les fondations jusqu'a la hauteur de quatre 
metres passes au-dessus du sol. De plus, la face sud etait tout entiere dans 
un etat dangereux et plusieurs blocs en etaient descelles : je les ai fixes 
sans retard afin de prevenir une chute certaine, qui aurait pu entrainer la 
destruction de Tensemble et en precipiter les morceaux dans le fleuve, lequel 
a deja emporte le cote ouest il y a un siecle. J'ai refait en partie le socle 
de la grille, et j'ai construit une petite plate-forme devant la petite porte 
en fer par laquelle entrent les touristes. 

MuR exterievr, c6te ovest. — II avait beaucoup souffert, et les^bakh 
avait ronge presque tons les blocs de la premiere assise. lis ont et^ net- 
toyes et les fragments detaches ont ete remis en place avec du ciment et 
des crampons en fer. 

CovR A. — Les seize colonnes qui s'y trouvent etaient tres endom- 
magees. Je les ai soigneusement reparees avec du ciment et des crampons 
en fer, et j'ai remis plusieurs fragments en place. Les soubassements des 
mors ouest et sud qui bornent la cour ont ete retouches la oii il le fallait. 



— 169 — [2] 

Facade de la gbande Salle iiypostyle. — Elle avail ete mutilee en dif- 
ferents endroits et les beaux bas-reliefs qui la decorent avaient beaucoup 
souffert de la barbaric des Copies. J'y ai rebouche les Irous qu'ils avaienl 
praliques pour y enfoncer les poulres de leurs maisons, el les fissures des 
blocs : j'ai du reunir les morceaux de plusieurs d'enlre eux avec des cram- 
pons en fer (pi. II). 

La grande archilrave de la porte sud du c6l6 Sebek a et^ soulenue par 
Irois solides poulrelles en fer, remplacanl les pieces de bois que M. Carler 
avail placees sous elle, pour soutenir provisoiremenl les deux enormes 
fragmenls du poids lolal de Irenle-huil lonnes en lesquels elle s'elail se- 
paree. L'echafaudage n^cessaire conslruit, j'ai conslale qu'elles ne soule- 
naienl plus rien , el que la moindre poussee aurail pu precipiler les debris 
de la pierre sur la lele des visiteurs. Les Irois poulrelles en fer onl ete 
encaslrees dans les blocs memes, afin d'empeclier le contacl de Tair qui 
dans un climal aussi chaud auraienl inevilablemenl produil le phenomene 
de bruils au malin que j'avais conslale au lemple d'Edfou. 

Grande Salle uypostyle B. — Presque toules les architraves y elaient 
en mauvais elal; j'ai commence par Stayer la Iravee cenlrale (pi. Ill) sur 
son c6le nord, c6te d'Horus. La grande dalle du plafond avail gliss6 el 
posail sur rarcliilravc du cole nord de la Iravee nord. Aulant que j'ai pu 
le conslaler, celle architrave elait deja bris^e lorsque la dalle s'echappa 
de sa place : elle ne lenail plus sur ses supports que par une prise de 
deux centimetres h peine, sur une longueur d'unedizaine de centimetres, 
et c'esl miracle qu'elle ne soil pas lomb^e depuis le deblaiemenl. Le peu 
de ciment que M. de Morgan y avail appliqu^, croyant ainsi emp^cher 
la chute, avail ete place sans qu'on cut au prealable nelloy(5 les cassures, 
lesquelles elaient remplies d'excremenls de chauves-souris melanges a du 
s^bakh : ce n'elait (ju'un poids inutile ajoute a celui de la pierre. Avanl 
de toucher a Tarchitrave, j'ai du consolider la brisure, afin d'cmpecher 
une catastrophe certaine, puis, a mesure que je passais en dessous les pou- 
lrelles de fer, je demontai les pieces de bois de la consolidation anle- 
rieure, qui masquaienl le danger sans y remedier en rien. Je n'y parvins 
qu'en construisanl un solide echafaudagc en bois, qui supporla pendant 
I'operation I'ensemble des architraves superposees , et me permit de monter 



[3] _ 170 — 

quatre solides verlns, grace auxqueis je pus en une heure de temps relever 
et remettre au niveau des autres dalles la grosse dalle echappee qui ne 
pesait pas moins de dix-huit tonnes. La pose de poutrelles dura plus de 
huit jours ensuite a cause de la durete de la picrrc oil il fallut en encas- 
trer les extremites; lorsqu'ellc fut terminee, le ma^on coula sur la pierre 
et sur le fer du ciment qui reunit le tout en une seule masse compacte. 
II fallut recommencer le meme travail pour toutes les autres architraves 
qui, sans qu'il y pariit autant, n'^taient pas en moins mauvais etat que 
celle-la : tout compris, j'ai du placer pres de quatre-vingts poutrelles en 
fer a une hauteur de i5 metres. Faute de hois en quantite suffisante, j'ai 
du remonter a chaque fois les echaffiudages , ce qui m'a occasionne une 
perte de temps enorme. 

A la travee du centre du cote Sebek et sur la travee sud, j'ai place de 
la m^me maniere neuf poutrelles en fer, pour soutenir les architraves du 
plafond qui etaient brisees en differents endroits. J'ai dans le meme temps 
bouche au ciment les trous et les fentes des chapiteaux , et j'en ai relie les 
blocs les uns aux autres avec de solides crampons en fer. J'ai egalement 
retouchi^ les trois parois de la Salle et les dix colonnes partout ou c'etait 
necessaire. Enfin , j'ai remis a leur place premiere quatre blocs tombes aux 
deux piliers nord et sud du mur ouest. 

Salle C. — Le linteau de la porte nord-est, cote Horus, a ete refait en 
poutrelles de fer, platre et ciment, ce qui m'a permis de soutenir ce qui 
restait de I'architrave qui le surmontait. J'ai aussi consolide les montants 
ainsi que les embrasures des deux portes avec de la pierre taill^e et du 
ciment, puis j'ai soutenu avec des poutrelles en fer toutes les architraves 
des colonnes, qui avaient ete etayees avec des pieces de hois. J'ai rejoin- 
toye au ciment les parois et j'ai supporte avec des poutrelles en fer les 
quatre grosses dalles qui subsistent du plafond; elles Etaient brisees en 
plusieurs endroits, mais leurs fractures etaient invisibles d'en has. Six des 
chapiteaux ont ^t^ repar^s. 

Salle D. — On n'y voit plus qu'une seule dalle au plafond, qui pa- 
raissait 6tre en bon etat; un examen minutieux m'a montr6 qu'elle etait 
fendue en deux parties, et j'ai du placer des poutrelles sous elle. J'ai 



— 171 — [h] 

refait les linteaux des deux portes chacuri avec quatre poutrelles, et j'ai 
consolide les montants et les embrasures, dont les blocs avaient soufFert 
et menacaient de tomber. 

Salle E. — Les petites pieces qui sont au sud de cette salle ont ete 
reparees, ainsi que le linteau de la petite porte sud. Les deux grosses 
dalles du plafond du c6te nord, qui etaient en trois morceaux et qui te- 
naient on ne sait comment, ont ete etayees de quatre grosses poutrelles 
apres que chaque fragment eut ete replace horizontalement. 

La porte nord-est a eu son linteau repare completement ainsi que les 
montants et Tembrasure; il a fallu saisir avec de gros crampons en fer 
le fragment d'architrave qui surmontait la porte sud-est et qui penchait 
dans le vide au-dessus de la place oii jadis avait etc le linteau. On se 
demande par quel hasard d'equilibre ce gros fragment a pu tenir en place 
jusqu'a present; il n aurait pas ^te prudent de le laisser en I'etat, la pierre 
commencant a se fendre horizontalement. Enfin j'ai fait quelques retou- 
ches aux deux parois. 

Salle F. — Le linteau de la porte sud-est 6tait effrit^ et des qu'on y 
touchait il en tombait des eclats. J'ai pass^ sous lui quatre poutrelles et 
un arc en maconnerie solide, puis j'ai rempli les creux de ciment, de ma- 
niere a former du tout un bloc compact. J'ai place egalement quatre pou- 
trelles au linteau de la porte nord-est et j'ai consolide le tout avec du platre 
et du ciment. Enfin j'ai revise soigneusement les deux parois est et ouest. 

Sanctvaires. — Je n'ai eu que quelques trous insignifiants a y boucher. 

Cbapelle du fond, mur est. — Les plafonds des deux chapelles nord et 
sud menacaient de s'ecrouler; ils ont ^t6 soutenus de poutrelles en fer 
comme a Tordinaire, et les linteaux des portes ont et^ consolides par de 
grosses barres de fer. J'ai opere de menues reparations aux quatre autres 
chapelles ainsi qu'a I'escalier qui conduit a I'^tage superieur. 

Couloir interieur, cote est. — II n'avait subi aucun dommage serieux 
et je n'ai eu a y faire que quelques retouches au ciment. 

Mammisi. — Le peu qui en reste est en assez bon etat et je n'ai eu h 



[5] — 172 — 

y operer que quelques retouches preventives en ciment. J'ai repris en sous- 
oeuvre ce qui reste du plafond et consolid^ fortement le mur sur lequel il 
s'appuiedu cote nord; en effet, au moment de la crue, les tourbillons qui 
se ferment en cet endroit couraient risc|ue de demolir et d'emporter le si 
joli et si interessant tableau de la chasse royale qui fait I'admiration de 
tons les visiteurs. 

CSte nord du Grand Temple. — II n'y avait la qu'un amas de mines et 
de decombres bouleverse par les chercheurs de sebakb, des trous enormes, 
des tas immenses de moellons , des amoncellements de pierres brisees et de 
briques, le tout pele-mele, sans aucun indice qui me permit de retrouver 
le niveau du sol ancien; je me suis done arr^t^, ainsi que vous me I'aviez 
conseill^, a prendre pour niveau moyen de cet endroit celui du grand 
temple, et aujourd'hui toute cette esplanade, qui mesure environ Zi4oo 
metres carres de surface, se trouve presque de plain-pied avec le dallage 
du sanctuaire. Le deblaiement y fut execute tandis que les consolidations 
progressaient a I'interieur, ce qui n'a pas ete sans me faliguer extr^me- 
ment. La tacbe etait d'ailleurs fort ingrate, car la pose de tant de poutres 
en fer fut pour moi jusqu'au dernier jour un sujet de craintes, et afin de 
me rassurer autant que pour prevenir toute imprudence de la part des 
ouvriers occupes a la restauration des architraves, j'etais oblige vingt fois 
par jour de courir du chantier exterieur aux echafaudages etablis a I'inte- 
rieur du temple. 

Porte Romaine, ouest nord. — Elle sortait d'un tas de debris sans nom 
el elle ne tenait debout pour ainsi dire que par habitude. J'ai commence 
par Tetayer, puis j'en ai depose Tarchitrave qui s'appuyait encore sur les 
montants, mais qui les entrainait vers le sud par son poids; je reconnus 
alors qu'elle etait en deux fragments que j'ai rapproches et soutenus d'une 
poutrelle en fer. Apr^s I'avoir ainsi remise en 6tat, j'ai reconstruit la 
plate-forme sur laquelle elle s'^levait et dont les fondations etaient visibles 
encore ainsi que deux fragments de mur. Elle supportait, outre la porte, 
des colonnes, dont deux seulement avaient encore leur base en place et 
ont pu (^tre reconstruites en partie avec les tambours que nous retrouvAmes 
pres d'elle. Enfin j'ai rebati, avec les marches en pierre qui gisaient non 



— 173 — [6] 

loin de la, le petit escalier qui menait a la plate-forme. II m'est impossible 
de dire quels etaient la destination et I'aspect de ce monument. 

Pdits. — Au commencement des travaux il etait encore plein de terre, 
de pierres et de toute sorte de debris : je I'ai entierement deblay^ jusqu'au 
niveau du fleuve, et, par parenthese, cela nous fut tres utile pour la four- 
niture d'eau qu'exigeaient nos travaux de maconnerie et d'arrosage. Je Tai 
repare a mesure qu'on le deblayait, et aujourd'hui les visiteurs peuvent 
avec toute surete y descendre jusqu'a la derniere marche qui se trouve 
au niveau du liquide. 

Ge grand puits est en communication directe avec un autre puits plus 
petit, et cela par le moyen d'un couloir bas au bout duquel etait installee 
une poulie ou une chadouf qui servait a le remplir : probablement servait-il 
au moment de I'etiage. A deux metres et demi de Tembouchure du petit 
puits, aux cotes est et sud, une lucarne ouvre sur Tescalier qui conduit au 
grand puits; elle eclaire suffisamment I'escalier qui sans elle seraitplonge 
dans une obscurite presque complete. Une partie du parapet circulaire 
qui borde I'ouverturc du grand puits a ete enlevee par les Goptes, pour 
permettre I'^tablissement d'un escalier exterieur qui permettait aux femmes 
de descendre au niveau de I'eau pendant la crue. Tout le long de cette 
breche et autour de Torifice du petit puits j'ai plante une barri^re en 
fer a I'intention des visiteurs imprudents qui s'approchant trop pres au- 
raient pu faire une chute mortelle. Enfm, pres de Torifice du petit puits, 
j'ai trouv^ renversee une pierre oil est creuse un bassin, qui, se r6tr6- 
cissant, distribuait I'eau a deux petites rigoles taillees dans des blocs en 
pierre; I'une de celles-ci se dirige vers une sorte de piscine a degres pra- 
tiquee tout pres de I'entree de I'escalier du grand puits ptolemaique, et 
qui, je pense, servait k I'^levage des petits crocodiles sacr^s qui venaient 
de sortir de I'oeuf. 

Maison Copte. — Au fond, du c6te est et pres de Tangle exterieur du 
grand temple, j'ai retrouv^ les arasements d'une maison d'epoque copte, 
construite en pierre et en torchis, mais qui, par son originalite, m^rite 
d'etre conserv^e. J'ai d'ailleurs recueilli dans le petit couloir qui la par- 
court un panier, qui renfermait sur une litiere de roseaux pourris tout un 



[7] ~ 174 — 

materiel d'eglise en bronze, croix processionnelles, calices, lampes, plus 
quelques petits fragments d'ustensiles aujourd'hui detruits. Comme une 
(^glise n'^tait pas loin, j'imagine que c'etait peut-etre la le presbytere. 

Eglise Copte. — II ne reste aujourd'hui de celle-ci qu'une seule colonne, 
que j'ai relevee a sa place ancienne; la base etait encore debout in silu, et 
le fut de la colonne ainsi que le chapiteau gisaient tout pres de la dans 
les d^combres. Les bases des autres colonnes retrouvees pendant le d6- 
blaiement ont ete align^es sur le sol mais non fix6es. 

Cbapelle PA'isNfiE DEPGQVE ROMAiNE. — Eutre I'eglise et son presby- 
tere s'etendent les mines d'une cbapelle d'epoque romaine dedi^e au dieu 
Sebek par Garacalla. Les deux montants de la porte exterieure, dont un 
fragment etait encore en place, ont ete consolides par de solides cram- 
pons en fer, non sans peine. A droite de la porte sont encore a leur place 
trois petits sieges en pierre et tout a cote une base de colonne; je crois 
que ces sieges servaient soit a deposer les offrandes, soit a asseoir des 
mendiants attaches a la cbapelle. Parmi les fragments trouves dans le d^- 
blaiement, j'ai recueilli un buste de reine en granit rose, puis un mois 
plus tard, deux fragments du siege oil on lit sur le cote droit le cartoucbe 
de Tbotmes III (pi. V); par malheur, la partie gauche du socle est muti- 
l^e, ce qui nous prive de connaitre le nom de la reine. La face de celle-ci 
(a qui le nez manque) est tout a fait jolie, encadree qu'elle est par sa grande 
perruque de ceremonie. En m^me temps que cette statue, nous avons re- 
cueilli deux montants de porte d'une chapelle de Ptolemee VII , ainsi qu'un 
linteau en plusieurs morceaux representant Ptolemee XIII en offrande 
devant diff6rentes divinites, enfm quelques chapiteaux la plupart d'epoque 
byzantine, une colonnette en quatre morceaux d'epoque ptol^maique, et 
d'autres pieces de moindre importance. 

Cbapelle u'Hathor. — Je I'ai close d'une porte en fer qui I'a transformee 
en magasin pour les fragments avec inscriptions. Comme la partie centrale 
du toit manque, je I'ai remplac^e par un grillage en fil de fer blanc, puis 
sous les fragments des dalles restantes j'ai pass6 des poutrelies en fer 
qui empecheront la chute certaine de ce qui subsiste du plafond. Les 
deux fen^tres pratiqu^es par les Copies, dans les parois nord et est avaient 



— 175 — [8j 

dechausse plusieurs blocs qui, se trouvant sans appui, allaient tomber en 
entrainant la partie superieure de ces murs : je les ai remplies d'une macon- 
nerie solide. Enfin j'ai opere quelques retouches aux murs sud et ouest, 
specialement a celui de I'ouest dans lequel est perc^e la porte d'entree. 

Muit D>ENCEiNTE, COTE OUEST. — Dcpuis Ic Mamuiisi jusqu'a Tangle nord- 
est, puis de cet angle en courant vers le sud, j'ai construit un mur d'en- 
ceinte en pierre et en briques crues bien ma^onnees avec de i'argile m^lee 
de sable. Sur le cote ouest et partiellement au nord , il est en contre-bas 
et, prenant pied sur le sol de la ville ancienne, il ne depasse le niveau du 
sol du Grand Temple que de o m. 80 cent, a peine sur une longueur de 
67 m. 76 cent., de facon a ce que les voyageurs qui arriventdu nord par 
le fleuve apercoivent le temple en entier sur toute sa hauteur. Pour com- 
pleter I'effet, j'aiabattu, sur I'ordrede M. Maspero, I'epais mur en briques 
crues qui avait ^te construit il y a vingt-deux ans par M. de Morgan : a pre- 
sent toute cette partie est degagee completement (pi. VI). A partir des deux 
puits jusqu'a Tangle nord-est le mur a ete construit en hauteur, afm d'em- 
pecher le sable d'cnvahir le temple, car le vent cesse rarement de souf- 
fler de ce cote. La hauteur est de 9 m. 3o cent., sur une longueur de 
4 9 m. 75 cent. A Tangle nord-est j'ai menage une porte qui regarde le 
nord afm de pouvoir installer, en cas de n^cessite, une voie Decauville 
qui, partant de Tinterieur du mur d'enceinte est, va jeter tres loin au nord 
les decombres qui recouvrent cette portion de la ville ancienne. Enfin, 
pour proteger le dernier couloir du grand temple j'ai 6lev6 tout contre 
le l>om un mur colossal de 67 metres do long sur 3 m. 85 cent, de haut. 
II est flanque tons les trois metres vingt par un pilier de contrefort de 
m. 80 cent, de largeur sur o m. 5o cent, de profondeur sur 3 m. 
5o cent, de hauteur. L'epaisseur en est h. la base de 9 m. 5o cent., mais 
h un metre du sol elle se reduit a 1 m. 5o cent. En arriere, vers Tendroit 
ou ce mur, comme la butte de decombres, atteint une hauteur d'environ 
onze metres, j'ai construit un second mur de 1 m. 90 cent, de hauteur, 
sur une longueur totale de /i/i m. 20 cent. Je me permets de faire obser- 
ver ici que, pour tons ces travaux, j'ai achete a peine quelques sacs de 
pl^tre du pays et un metre cube de chaux; le reste des materiaux em- 
ployes a ete pris sur place parmi les decombres. Pour les reparations du 



[9] — 176 — 

temple j'ai utilise les cent barils de ciment que j'avais apportes de Gournah 
Tan dernier et qui restaient de la restauration du temple de S^ti I". 

Voici, pour terminer, la liste des objets antiques trouv^s au cours des 
travaux parmi les decombres : 

i" line statue de reine assise, en granit rose, portant sur le cote 
droit du siege le cartouche du roi Thotmes III (cf. p. 17^); 

9° Une tete de lion en gres; 

3° Un naos en granit rose, sans inscriptions; 

A" Deux montants de portc de Ptolem^e VII en gr^s (cf. p. 17'^); 

5" Un linteau de porte de Ptolemee XIII en gres (cf. p. 17^); 

6° Une absidiole copte; 

7° Un socle de statue en gres avec inscription grecque; 

8" Une colonnette en gres d'epoque ptolemaique (cf. p. 17 '4); 

9" Divers fragments d'inscriptions grecques; 

10° Vingt chapiteaux de formes dijfferentes ; 



ces derniers objeis 



11° Deux croix processionnelles en bronze; 

1 a" {]n plat en bronze; 111 i v 

„ TT I 1 I dans le presbvtere, 

10 Une iampe en bronze; ) . . \ ;, 

, T\ I- i ( amsi cfu il a ete dit 

1 a Deux caiices en bronze ; \ , 

1 5° Un petit calice en verre dont le pied manque 



h. 



La depense pour tons ces travaux a ^te de L. E. 70/1,716 Mill., ainsi 

r^partie : 

L.E. Mill. 

Achat fait au Caire par ie Mus(^e 8i,/i57 

Ouvriers et menus frais 6^0,544 

Chemin de fer pour le transport du personnel 36,955 

Noiis d'une barque pour le transport du materiel i6,46o 

Total L.E. 754,716 

Les plans, coupes et elevations ont ^t^ ex^cut^s avec le plus grand soin 
et la plus grande exactitude par M. Edouard Barsanti, qui, tout en les des- 
sinant, n'a cess^ de m'aider dans la direction des travaux. 

Veuillez agr^er. Monsieur le Directeur general, Tassurance de mon 
respectueux devouement, 

A. Barsanti. 



RAPPORT 

SUR LES FOUILLES EXECUTEES DANS LA ZONE COMPRISE 

ENTRE 
DEIROUT, AU NORD ET D^IR-EL-GANADLAH, AU SUD 

PAR 

M. AHMED BEY KAMAL. 

(Suite) ('). 

Sayved bey Khachaba, qui avail obtenu depuis environ quatre ans de 
la Direction G^neraie du Service des Antiquites I'autorisation de faire des 
fouiiies sous ma surveillance dans une vaste zone comprise a droite et a 
gauche du Nil entre Baouit au nord «t El-Ghanaim au sud, avail eu 
d'abord Tintention de livrer au commerce les antiquites qui lui revenaient 
dans le partage des objets provenant des fouiiies. Pendant deux ans il 
s'en tint a cette resolution; mais, la troisieme ann^e, je lui conseillai 
pour son bon renom a I'^tranger et particulierement pour sa situation et 
ses bonnes oeuvres dans son pays, de doter sa ville d'une collection qui 
formerait plus lard le noyau d'un grand mus^e provincial. L'an dernier, 
il se d^cida a r^aliser ce projel et il ne tarda pas a construire dans sa pro- 
priety un local convenable pour y exposer des antiquites. Gelte ann^e-ci 
s'accrurent ses d^sirs de completer sa collection dans un int^ret public. 
De mon c6t6, ce projet concordait trop bien avec mes propres vues et avec 
le vif d^sir d'etre utile a ma patrie pour ne pas collaborer a cette oeuvre 
nouvelle. J'ai done travaille cette annee pendant six mois, depuis decem- 
bre 191a jusqua fin mai 1918, depensant tout mon temps et toute mon 
activity a classer dans le nouveau local les monuments trouv^s ou achet^s 
par Sayyed bey Khachaba et a diriger les fouiiies qui avaient ^t^ entrepri- 
ses d'abord aManqabad, puis transferees a Sherife, a Meir, aTt*talie, pour 
revenir ensuite a M^ir. Chaquc semaine ou chaque quinzaineje transpor- 
tais dans le local tons les objets provenant des recherches en cours, en ayant 
soin de ne pas priver notre Musee du Caire des pieces rares qui doivent lui 

''' Voir Annales du Seroice, t. XI, p. 3; t. XII, p. 97, et t. XIV, p. 45. 
Annales du Service ,1916. 1 a 



[2] — 178 — 

revenir. Encourage par notre Directeur g^n^ral, je suis arrive a former ic 
premier noyau de la collection et a obtenir de Sayyed bey Khachaba un acte 
officiel ^tablissant que cette collection devenait propri^te publique sous la 
surveillance de M. le Directeur general du Service des Antiquites. 

A peine avais-je transports les premiers objets et les avais-je exposes 
que Son Excellence Lord Kitchener honora de sa visite le nouveau local et 
manifesta a Sayyed bey Khachaba sa grande satisfaction de cette bonne 
oeuvre envers le pays. M. Maspero, qui desirait ardemment creer plusieurs 
musees provinciaux, et qui avail deja commence depuis quelques annees en 
poussant a la fondation du Musee d'Ismailiah , et Tannee derniere a celle 
du Musee d' Assouan, n'a jamais cessS d'encourager Sayyed bey a completer 
sa collection et a la mettre au niveau des autres collections crSSes dans le 
pays. L'Egypte doit done etre reconnaissante a Toeuvre de notre savant 
egyptologue M. Maspero, qui a appuye dans la mesure de ses moyens 
plusieurs projets relatifs a Textension de la science et particulierement de 
I'egyptologie; les grandes publications du Musee du Cairo, la restau- 
ration des monuments de la Nubie et de la Haute-Egypte, I'activite qu'il 
a depensee pour les fouilles, sa collaboration dans le Gomite du Musee 
de I'Art arabe et a I'Universite egyptienne sont des titres eminents qui le 
classent parmi nos plus grands renovateurs de I'Egypte. 

En plus de la collection que je viens de mentionner, les fouilles de 
cette annee ont mis au jour plusieurs objets qui interessent au plus 
haul point I'art et les coutumes du pays. A Manqabad on a recueilli 
plusieurs bijoux d'une grande valeur artistique. La decouverte du tombeau 
de Pepi-6nkh-her-ab a Meir donnera aussi par ses jolis bas-reliefs une 
grande quantity de details curieux pour la civilisation egyptienne. 

J'ai I'espoir que Tannee ffrochaine, grace a Tappui de M. Maspero et au 
concours de Sayyed bey Khachaba , le Musee provincial de Siout mettra a la 
disposition du monde entier une belle collection d'antiquites et ne tardera 
pas, souhaitons-le, a acquerir une grande importance grace a Tapport 
incessant des fouilles fructueuses executSes dans le nome d'Anubis'''. 



''^ Get espoir a 6t6 differ^ maiheu- tiques qui ont rempli ies six derniers 
reusement h cause de la retraite de M. mois de Tann^e igiA et forc^ k suspen- 
Maspero et surtout des ^vSnements poli- dre tous ies travaux. 



— 179 — [3J 

Objets recueilUs a Manqahad. 

Ostracon portant le texte suivant : 

^nxY : IB : xint/ km 

ZAHMAnOX— CDN 
AMA.5. ; ilXI^ X6 

I- pp. 

Graffito trac6 sur un raur b^ti en briques crues et badigeonn^ : 
â– ^ nicDT MN nci^Hpe mn nenFTA 6toya.ab 

T6qpTlCN20cigOY CION6TA.qK6BOx// 
nSNICDT MIXAHX nGNICDT rxMpiHx 
n6NJ)C06IC NICDT xnx lepHMIXC' n6N 
:>C06IC NICDT xnx 6NOX ("«) TMMXXyMXpiX 

exnx xMxciBY>>xx : poeicenxicDTn -nxnx 
recDpre- mT\i nxcon cepr* mn nxcon- 
nnxnx iepHMixc- iav\ nxcon ncpx : m^ nxcON . 
xnxKipe. . . \\Qy xpinxM60Y6 N*k ne xnok 

niexxxiCTOCIBCDNX 2N r6nNOYT66NTX2XH6BOX 
2N TMHT6nTj6CNHY* XY^ NT N26eYNX26MnHf 
m1^ NOYT6 . 2N OYeTpHNH 6 NOYT6 ZXMHn// 

A droite de ce texte on lit I'inscription suivante en une seule ligne que 
je donne ici : 

-f npocGY^xcee nepi thci gphnihc thc xnxc monicW 

KXeOXIKHC KG XNOCTOXIKHC OpOOTOiOY GKKXHCfxC 

Graffito a I'encre noire sur Ic corps d'une amphore : 

nicDT ncynpe neriTTx 
6TOYXXB xnx lepHMixc 
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[U] — 180 



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62pA.i N COY^ 

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Restes d'un graffito trace a I'encre noire sur un ostracon 



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CNOOYCM . C 

e A. NRHGN . cniANqe nzcyoqyn ? 

AGANATOC 

Ostraca avec inscriptions a I'encre noire : 

i" mmrexoc 2° agar a 

wm.Te-\-Hx\ xnoyAEMPxp m. 

mmuce2K*AK\ coy cooy nenn m. 

WMX^oyT 2N eipHNe 

mM.&\H\-JI 2^MHu m x.ejs^ 

Sur un petit fragment d'ostracon , a Fencre noire : 

mmmmGxff\2mMmm 
mmmmM e e k i n mmm 

On lit sur deux fragments en calcaire le reste d'une inscription grav^e 
en creux et rehauss^e de rouge : 

mwrnwrnmuxf 1 emm. 
mmmmmm. GoxMmm 



StMe en calcaire, longueur m. i/i5 mill., largeur m. 35 cent. 
EUe est bris^e en plusieurs morceaux, mais encastr^e dans le sol d'une 
tombe d^truite : 



N^OyAABTH 

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PO^KA TA 

Hcvwm croix cda 

X,\CmU 2MOT 

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— 181 — [5] 

NONK'^6NlA6M 

T0NM'^M02NC0Y 
:)COXTA^n6NKlA 
2KX2^nOY6ip 
NH2AMN ^ 

La croix grav^e au milieu de la stele a ses extremites bilobees. 

Stele carree en calcaire brisee en plusieurs fragments; elle est ^crite 
en creux et rehaussee de rouge; longueur o m. 3o cent., largeur o m. 
9^5 mill. Elle etait encastr^e dans le sol de la tombe precedente : 



(Tnci^Hp 
'^nenNAYMA 

GTOYAABAnx 
^pe Ml AC 

AHA rosace 6IM02 

epOYM AM6N 

ApiAMGMnAY-^ 

26NOY6ipHN2AMH'^ 

Au centre de la stele, une rosace a quatre feuilles. 

Epitaphe en calcaire brisee en quatre fragments; elle est grav^e en 
creux et rehaussee de rouge; le coin gauche d'en bas manque. Longueur 
m. qS cent., largeur m. 298 mill. 

nia)Tn 
qjHpenen 

NAG TOY 

AABHN^ 

eioTAn^ 

Fragment d'une epitaphe en calcaire, gravee en creux et rehaussee de 
rouge; longueur m. 34 cent., largeur m. 29 cent. 



â–ºTn< 

WWM\K^VWKm. 



[6] — 182 



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mmx^oiKWQ) 

Y/mmmmwMMm. 



Sur des fragments de calcaire on lit 



9 ^^^MACl^AA,^^ 

oxmm wMMHiDx xpi. nM 

enDM 

Sur un fragment en calcaire, reste d'une inscription gravee en creux : 

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XflUMM 
Tp6MT^ 

Bijoux et autres objets recueillts dans la mime nScropole. 

Une paire de boucles d'oreilles, en cuivre, coraposee de deux anneaux 
superposes : I'anneau d'en haut est plus petit que celui d'en has. Ce dernier 
est orne a Imt^rieur d'une sorte de croix; les extremites des quatre 
branches sont termin^es par deux ronds (fig. i, n" i). 

Boucle d'oreille en cuivre (?) formee d'un grand anneau dans lequel a 
et4 sonde un cercle ovale garni a Tint^rieur de deux perles et a Texterieur 
de six. Ges perles sont bigarrees (fig. i, n° 2). 

Boucle d'oreille en cuivre composee d'un anneau auquel est suspendue 
une croix (fig. 1, n" 3). 

Boucle d'oreille en cuivre composee d'un anneau muni d'une seule 
pendeloque (fig. 1, n° h). 

Boucle d'oreille en or orn^e de petites perles (fig. 1, n° 5). 

Boucle d'oreille, anneau en cuivre et perles en terre ^maill^e bleue 

(fig. ., n" G)- 

Deux boucles d'oreilles en cuivre form^es de cercles (fig. 1, n° 7). 







11 






19 

Fig. 1. 



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10 11 




\-\^^(^<>(^<^^Qr(Mh}Q^(M^<^m^m 



[8] — 184 — 

Une boucle d'oreille en cuivre ayant la forme d'un cadenas (fig. i, 
n»8). 

Boucle d'oreille, anneau en cuivre et pendeloque en terre emaillee 
bleue (fig. 1, n" 9). 

Plusieurs boucles d'oreilles en cuivre fornixes de deux anneaux super- 
poses a peu pr^s semblables a ceux du n" 1 de la figure 1 . Dans celle-ci 
la croix est faite de quatre pieces bouclees (fig. 1, n" 10). 

Boucle d'oreille en cuivre de la forme reproduite a la figure 1, n° 11. 

Boucle d'oreille en cuivre formee d'une croix, laquelle est garnie a 
chaque extremite par un anneau, mais les trois anneaux pendants ont 
chacun pour pendeloque une petite croix bouclee (fig. 1, n" 19). 

Bracelet en cuivre, diametre m. 06 cent., le fermoir est form6 de 
trois ronds dans deux triangles; le bracelet meme est fait de trois cer- 
cles paralleles unis par deux rang^es de plaquettes demi-rondes (fig. 1, 
n''i3). 

Deux bagues avec chaton portant une figure. Quelques petits anneaux 
qui servaient de bagues : ils sont tous en cuivre. 

Petit pectoral carr^ en cuivre (fig. 1, n" ih). 

Amulette en nacre (fig. 1, n" i5). 

Une amulette en cuivre : la partie superieure oil I'anneau est fix^ repre- 
sente deux tetes de cliameaux adossees. Elle est garnie au milieu par trois 
pendeloques en forme de clochettes (fig. 1, n" 16). 

Deux bracelets en argent faits de boules graduees comme on le voit 
a la figure 1, n" 17. 

Reste d'un bracelet en cuivre. Voir la reconstitution figure 1, n° 18. 

Un collier en perles fausses disposees comme I'indique la fig. 1 , n" 1 9 , 
a ete recueilli aEl-Atamne. Les pendeloques en sont en albdtre; une seule, 
qui est au milieu, est en ivoire. Bon travail, Ancien Empire. 

Six pendeloques en cuiyre(?) : le dos est plat et la face bombee : 

Collier imitation d'agate au milieu duquel on voit trois gros grains 
imitant les perles fines. 

Collier en coquillages du Nil. 

Deux colliers en verre imitant les perles fines. 

Trois colliers en perles coloriees; elles sont de formes varices. 

Collier de perles en verre, forme allong^e. 



— 185 — [9] 

Quantity de perles de diff^rentes formes et de diff^rentes matleres. 
Deux petites croix ansees, en cuivre. 

Mommies. — Sept pieces de monnaie en cuivre de Tepoque musuimane 
portant sur Tune de leur face : 

tiO<s^^ aM 

Sur i'autre face : 

MS 
Une autre piece de monnaie en cuivre portant sur une face : 

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Sur Tautre face : 

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Une piece de monnaie byzantine en cuivre. 

Un peigne en bois dont ies dents sont cassees; longueur y compris le 
reste du manchc cm. i/i cent., largeur o m. i 2 cent. 

Deux crotales en cuivre avec rebord repli^; diametre ni. o65 mill, 
et o m. 06 cent. 

Quatre crotales en cuivre de m. 06 cent, de diametre; elles sont 
trouees au centre et ont le rebord replie. 

Un petit flacon en verre. 

Ohjels recueillis dans la nicropole d'El-AtamnS. 

El-Atamne est un petit village situ6 a six kilometres au sud de Darali 
et a une houre et quart a Touest de Manfalout. II a une grande necropole 
oil Ies anciens Egyptiens avaient creuse leurs tombes dans Ies coUines 



[10] 



— 186 — 



situees a I'ouest, et oii les Greco-Romains avaient enlerrc leurs morls dans 
ia partie orientale. Les anciennes tombes sont taillees dans le rocher sans 
aucune batisse ext^rieilre; mais elles ne sont pas profondes. On les trouve 
parsem^es autour des collines clairsem^es dans le desert, et Ton v entre 
soit par un puits desservant un seul caveau, soit par un couloir en pente 
rarement muni d'escalier. Tous les bois provenant d'un appareil funeraire, 
ou d'un coffret, etc., ont ete pourris par Thumidit^. 

On a recueilli dans le couloir d'une tombe de I'Ancien Empire : 

i" Une petite stMe en calcaire (haut. o m. /i/i cent. , larg. o m. aSB mill.) 
au nom de ^ "| P <=», qui avait le titre de | ZB J P f ]|[*7; elle est acluel- 
lement conservee au Musee de Siout. 



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Palmes. 



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Le d^funt assis devant 
une table f. 



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187 — 



11] 



Dans le tableau le defunt est assis sur un faiiteuii a pleds de lion, le 
bras appuye sur le dossier, devant la table ^^. 

2° Le collier dont j'ai donne le fac-simile dans la partie bijoux (p. i8/i 
etfig. 1, n" 19). 

3" Une grenouille couchee; sur le dos figure un personnage accroupi 
et decapite, qui leve le bras droit. 

li° Petit vase en albatre de la forme ^; hauteur m. 06 cent. 

5" Vase a collyre ^ moins beau que le precedent, egalement en albatre; 
hauteur m. o55 mill. 

6° Vase a collyre ^ en albatre, a pause ronde, forme elegante; hauteur 
o m. 06 cent. 

7" Un chevet en albatre forme de trois pieces : la base, le fut cannele 
et le chevet en demi-lune; hauteur o m. 18 cent. Aucune inscription. 

8° Une base mm et un fut de chevet en albatre cannele ; le fut porte 
cette inscription en creux qui 6tait rehauss^e de bleu : [ P f "^ I ^ J 

9° Petit sceau en ivoire forme bouton dont le dos est perc^. 

1 0" Petite statuette en calcaire dont la partie sup^rieure a H^ brisee 
recemment; la partie inferieure est intacte. Mauvaise facture. Ancien 
Empire. 

1 1" Petit pot a collyre en albatre ^; hauteur o m. 08 cent. 

Dans une tombe creus^e a meme le rocher, j'ai recueilli un cercueil 
pourri dont il ne reste que quelques planches en tres mauvais 6tat. 
Voici ce que j'ai pu copier : (•"— ) 

"1 1 ■!! ^ \ !^ ■'^ ^ ^ i ■'^^ P f Z!~i ^ J1 4 • ^^^' ^^ ^^^ ^^ ^'^^^^ planchc 
on lit : 



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— 188 — 



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Sur un autre panneau du meme cercueil on lit : (*— ) ^ ^ ^ j^(»'«) 
lHT-^"=-i-°^P^B^Pl^S- Sur une troisieme planche on 

voit:(H+:Liivffiiiiki:LTrPiPUUUPt^ig**» 

Jr'^!cl>^>i.ltTf^-T-l>f^->+:^a■• 

Sur une quatrieme planche on lit : (■'— ) 4= _^ l\ \ '^ [Jlff] 1 I ^ i ^ 

sp1<li,"u"y^sITT!=^>*^>i^lâ– ^^f^>J.i- 
p/(-)jTEt:^i>-^>Tr;%:i- 

Sur une planchette du cote de la tete : ("— *) 4= .T- A i ^1 A ! '"■T * 

L'interieur du cote lateral de droite porte les inscriptions suivantes, 
qui courent au-dessus de la facade d'une maison : ("— ) 4^ 7 A 7 j^^^ 

f^i.i-p?r;PJlEI%:^ 



189 — 



[13] 






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190 - 



Tableau trace a I'encre noire et orne de portraits dessines a Tocre avec 
perruques et barbes en noir, haut. o m. Ba cent., larg. o m. 71 cent. 
II porte le nom de • ^^ ^ et de ses parents ^p ^ et ^ j^ surnomme 
^nj. II est actuellement conserv6 au Musee de Siout. Khoua est 
peut-Mre I'un des parents du roi f ® j^ ^ (cf. Annates du Serv. des Antiq., 
t. XII, p. 128). Mauvaise facture. VP dynastie. 





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Les personnages debout, occupant toute la hauteur de leur comparti- 
ment, la longue canne a la main, ont une shenti empes^e a pan rabattu, 
semblable au croquis n" 368 de MM. Lange et Schafer dans leur cata- 
logue des steles du Moyen Empire. 

Disque ovale de miroir en bronze affect^ au Musee de Siout. — Diametre 
m. 07 cent., du c6t^ du manclie m. o55 mill. 



— 191 — [15] 

Vase en tcrre cuite de cette forme j| ne portant pas de decor; hau- 
teur m, 2 2 cent. Musee de Siout. 

Table d'offrandes en calcaire de ia forme Hotep, avec deux bassins. 
Travail grossier; aucune inscription. Longueur o m. US cent., largeur 
m. 'dh cent. Musee de Siout. 

Les deux objets suivants faisant actuellement partie du Musee de Siout, 
ont ete recueillis dans une seuie tombe. Ce sont un petit vase de cette 
forme W ne portant aucune inscription, hauteur o m. 126 mill., et un 
pot a coUyre '"l^ de m. 07 cent, de hauteur. De meme cinq vases, d'un 
travail grossier et de terre cuite, ont ete ramasses dans une seule tombe, 
avec deux coquilles nacrees. 

Un fuseau en bois, qui differe de celui de nos jours par la grandeur de 
son disque et par son manche court. Le disque est orne de deux cercles 
et ie manche est termine par une sorte de gland : longueur cm. ik cent. 
Mus^e de Siout. 

Palette de scribe en morceaux, mais complete. Elle est en bois d'ebene 
et de forme ordinaire. Musee de Siout. 

Une grande cruche ^ mais a deux anses, couverte avec un vase en 
terre cuite. Musee de Siout. 

Ghevet en albatre sans inscriptions, et forme de trois pieces : la partie 
courbe, la colonnette qui est cannelee et la base. Hauteur m. 17,5 mill. 
Ancien Empire. Mus^e de Siout. 

FOUILLES A SHERIFl 

Le grand cimetierc qui porte actuellement ce nom, et oil nous avons 
deja fait dcs fouilles, se trouve a une heure de distance vers Touest de la 
gare de Beni-Hoss6tn. II s'etend du nord au sud, sur la lisiere libyque, a 
Touest de Mesra\ ^y^, et de Beni-Ghalib. Les tombeaux de ce cimetiere 
sont, comme ailleurs, ou de simples fosses ou batis en briques crues. 
G'est sans doute I'ancienne n^cropole de tons les villages antiques de ce 
canton. Meme de nos jours les villages environnants s'en servent pour 
enterrer leurs morls, parce que Tinondation submerge toute la region et ne 
respecte que la lisiere de la montagne occidentale. 



[16] — 192 — 

Voici le peu d'objets recueillis dans cette n^cropole : 

Pot a collyre en albAtre avec couvercle, contenant un peu de collyre. 
En bonne conservation. Hauteur o m. o55 mill. 

Pot a collyre en albatre, de la meme forme que le precedent, mais 
plus petit et 6breche. 

Deux pots a collyre en albtitre, goulots casses. 

Petit vase ans^ et noir ^; il est orn6 de lignes pointillees en spirale. 
Terre cuite, hauteur o m. 09 cent. 

Vase en terre cuite d'une forme elegante "J. 

Pot a collyre en albatre, forme commune, *d'une bonne conservation: 
hauteur m. 0^5 mill. 

Pot a collyre en albatre ^ avec couvercle, la partie superieure est 
6br^chee; hauteur m. 096 mill. 

Trois petits pots a collyre en albatre avec couvercle et de forme commune, 
lis renferment encore un peu de collyre. Hauteur m. o55 mill.; m. 
o/i5 mill.; m. o5 cent. Mus6e de Siout. 

Six pots a collyre en albatre de forme commune ; la plupart des goulots 
sont ou casses ou ^br^ch^s. Pas de couvercle. 

Petite gargoulette a anse, cuisson rouge, terre cuite; hauteur m. 07 c. 

Trois pincettes en bronze dont deux sont de cette forme []; la troisieme, 
qui mesure m. 08 cent, de longueur, a les deux extremites largement 
aplaties pour bien saisir. 

Cinq scarabees en terre emaillee avec ornements. 

Un mauvais scarabee en agate. 

Un scarabee en terre emaillee '^^. 

V 

Deux scarabees en agate d'une forme simple sans d^cor. 

Quatre amandes en terre emaillee avec ornements. 

Joli vase, forme de cartouche en terre cuite verniss^e bleu fonce et 
d'une bonne facture; sans inscription. II etait place sur un support en 
ivoire orne de petits cercles. 

Pot a collyre en albatre ^ avec couvercle. Bonne conservation. Hau- 
teur m. 069 mill. 

Petit pot a collyre en albatre avec couvercle; forme commune. Hau- 
teur m. o35 mill. 



— 193 — [17] 

Pot a collyre en plerre simulant une petite jarre portee sur une table _#_ . 

Quelques scarabees de forme ordinaire. 

Scarabee portant cette legende : fit 

Pendeloque en terre emaillee portant : Qj I f 1 1 iR . 'T' f "^ 

^"^ T — T 

Petite balance en bronze : diametre des plateaux o m. o5 cent., fleau 
en ebene; long, o m. igS mill. 

Deux petits plateaux de balance en bronze; diametre o m. o5 cent. 

Petit vase en terre cuite a goulot elance et corps piriforme, avec anse; 
cuisson noire. Hauteur cm. ili cent. 

Petit vase en terre cuite noire ^ ; la pause en est orn6e de lignes en 
zigzag et pointillees. Hauteur o m. 1 1 5 mill. 

Gouteau dont la lame, d'une forme curieuse, est en bronze et le mancbe 




Fig. 2. 

en ^bene. Gelui-ci est brise en morceaux, mais on peut le reconstituer 
en entier (fig. a). 

Pot a collyre en albatre; goulot ebreche. Hauteur o m. oyS mill. 

Pot a collyre en albatre; goulot ebreche. Hauteur o m. o6 cent. 

Deux petites grenades. 

Une aiguille en metal; longueur o m. o85 mill. 

Baguette a collyre en bronze; longueur o m. o85 mill. 

Petite cuiller en bois dont le mancbe est brise. On y voit a I'int^rieur 
et a Texterieur un ovale sur un croissant, converts de quadrillages. 

Pendeloque en terre emaillee : sur le revers il y a quatre uraeus dessinees 
dos a dos et sur la face une grande uraeus lovee. 

Dieu Bk en agate; hauteur o m. 02 cent. 

Pot a collyre en albatre avec couvercle, forme commune; hauteur 
m. o55 mill. 

Annates du Service, igiB. i3 



[18] _ 194 — 

Pot a collyre en alb^tre. Le goulot est 6breche. Hauteur o m. o5 cent. 

Six petits anneaux en agate. 

Une colonnette en terre emaillee |. 

Scarabee en calcaire sur lequel on voit : Ir 1 1 f IT . 

Cinq scarabees en terre emaillee : 

Q Irait ondule. 

m fI5 ^"f \^ m]^ 



Hamecon en bronze de la forme ordinaire , tete a boucle. 

Pointe de flecbe en bronze, tige pleine. 

Un rasoir en bronze dont voici la forme (fig. 3). 

Pot a collyre en alb^tre avec 
couvercle de meme matiere; hau- 
teur m. o5 cent. 

Pot a collyre en albatre, bris6 

d'en haut; hauteur o m. o6 cent. 

Petit vase en terre cuite de cette 

forme ^; couleur noire; hauteur 

m. 095 mill. 

Petit simulacre d'autel en terre 




Fig. 3. 



cuite -^ portant un pain de forme conique; hauteur o m. o5 cent. 

Grand coquillage naturel perc^ au fond. 

Grand coquillage intact. 

Deux couvercles d'albatre pour des pots a collyre; diametre m. 
o55 mill, et m. o/i5 mill. 

Petite croix en bronze â–ºi*. 

Sur Ic fragment d'un couvercle mince se trouve dessine un poisson 
entre deux branches feuillues. 

Aiguille en hois pour le kohol; longueur m. 07 cent. 

Trois bracelets en ivoire ont ete trouves avec une momie de femme : 
diametre m. 06 cent. lis sont a section triangulaire avec cotes plus ou 
moins curvilignes. Moyen Empire. 

Bras en hois compact, ^—1. 

Petite statuette en hois repr^sentant un homme v^tu d'un pagne em- 
pes6; les bras ballants; hauteur m. 19 cent. 



— 195 — [19] 

Deux vases en terre cuite de cette forme f , bonne cuisson. 

Cercueil en bois au noni de \ * — \ , qui avail le litre de Q | ^ "] | . 
II esl orne a I'exterieur des proscynemes communs el n'a aucune inscriplion 
ni ornemenlalion a I'inlerieur. On a recueilli avec lui une chemise inlacte 
en toiie. 

FOUILLES 
DANS UNE NEGROPOLE SITUEE EN FACE DE TITALIEH. 

Les fouilles dans celle necropole, qui onl dure quelques jours a parlir du 
1 5 avril 1918, onl amene la decouverle des objels suivanls, qui remonlenl 
a Tepoque greco-romaine : 

Cinq slaluelles fun^raires en terre emaiiiee sans inscriptions. 

Un pot a collyre en terre cuite, brise en plusieurs morceaux qui ont 
ete recoli^s; il manque quelques fragments. Hauteur o m. 20 cent. 

Neuf scarabees ailes, en terre emaillec. 

Trenle-six signes j, grands el petils, en terre emaiiiee. 

Douze colonnettes |, de diverses tailles, en terre (Emaiiiee. 

Vingt ccBurs de differentes dimensions, en terre emaiiiee. 

Vingt-huil signes ^, grands et petils, en terre emaiiiee. 

Quarante-neuf Anubis accroupis, en terre emaiiiee. 

Trenle-cinq Qobhsennouf, en terre emaiiiee. 

Trois oudja |^[ , en terre emaiiiee. 

Vingl-cinq Amset, en terre emaiiiee. 

Trenle-six Anubis, tele de chacal el corps humain, en terre Emaiiiee. 

Trenle-cinq Horus, tele de faucon et corps humain, en terre emaiiiee. 

Trois teles d'Horus, en terre emaiiiee. 

Onze scarabees sans inscriptions, en terre emaiiiee. 

Qualre scarabees ail^s. 

Une piece repr^sentant deux doigls en schiste. 

Cercueil en calcaire de forme humaine, au nom de '•^^ tj[,var. : 

Le couvercle porle, Iracees a I'ocre, trois lignes verlicales, flanqu^es a 
droile et a gauche des genies funeraires. 

i3. 



[20] 



— 196 — 



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Dieu k tke humaine , 
forme de momie. 



if- 



Dieu h t^te de cliacal, 
forme de momie. 



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Dieu k tele de faucon , 
forme de momie. 

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(sic) 



<'^ Ce signs devrait ^tre tourn^ en sens inverse. 



— 197 



[21] 



GUVE. 

Sar le dos trois llgnes verticales sont tracees a Tocre : 

I /A .^1 J % .=. I Jl 10 1 ^ z f"^ III i i © . . . ll/>~w~\ I © J 

Sur le dessus des pieds on lit : 



Sous la l^gende est 

iin chacal coxiche 

de cette forme : 



n 



^ 



v-A 



ili 



Sous la legende est 
un chacal couclie 
de cette forme : 



Sur les pieds memes : 






AwvmA I ^ ttt*f*t\ I I AwvwA f I ^k lA >^K I L iV 



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[22] — 198 — 

Dans la meme tombe on a recueilli un autre cercuell en calcaire dont 
le couvercle est brise en deux fragments. Sur le dos de la cuve on lit, ecrite 
a Tencre noire, cette legende en une ligne verticale, courant de droite a 
gauche : (•-^) lj[Pi ^ -^^^ UZ^^i^iwiJU?^!!!!!!^ 
^ ^— ^ J ^ ^ I '^ "1 ^ f ^ • -S. ^ ^Zl • L'iiiscription tracee sur le cou- 
vercle a ete effacee, mais elle laisse voir le nom du d^funt ainsi ecrit a 

I'encre noire : ^ jf ^ 1 ^ ^ l^''"^ ^ Ut- ^'*^^^ done le fds de ia femme, 
maitresse du cercueil precedent. Epoque greccpe. 

Deux petites tables d'offrandes en calcaire de forme Hotep avec deux 
bassins. Sur le dos de Tun de ces deux monuments on lit : 

Quinze scarabees ail6s sans inscription, en terre emaillee. 

Petite table d'offrandes en calcaire, forme Holep. Elle represente deux 

carres dessines en creux Tun a droite et I'autre a gauche. Dans celui de 

1 • • • • V , ••• 

droite sont representes cmq pams amsi disposes : o , 

FOUILLES A MEIR (4 MAI 1913). 

Cette fois, les fouilles ont ete transferees dans la region meridionale 
de Metr, ou Ton a decouvert les monuments suivants : 

Deux caisses embottees au nom de -^jj. — Bois. — Longueur i m. 
87 cent. 

COUVERCLE. 

Dkor. Un grand collier ousekh suivi de la deesse Nout ailee; vient 
ensuite la momie sur le lit funebre accotee d'Isis et de Nephthys. Anubis 
est en train de la momifier, et, au-dessous, ce dieu meme en forme de 
chacal est accroupi sur un coffret et arme de ce fouet t\. Devant et 
derriere lui sont representes six genies funeraires, et plus has ces signes : 

III- 

Tout ce decor est flanque de deux lignes verticales negligemment tracees. 
Je les reproduis ici sous toute reserve : 

Ligne de droite :(-^)i;7;\—pj-:?J^ff|p^j;^Vri^S% J 



— 199 — [23] 

^ <=.-*- W 1 1 ==> ". — iAw»«\<=»^^ J|.!-^%il <=>_»-(«";) 11^ '^_^-*t»- 

IZI ^ 1? 1^''"^ ''** ^ w '^ ^^ '^ ^"^^ ^ J I ' ^ • ^® ^^^*^*^ ^^ ^^ ligne 
est illisible. 

Ligne de gauche : (^) j!^ T 11 -» J ffl PC JS^® >S; 

^ V-i "^ "^(sic) J -VT^l?). 

Sur les pieds on iit en cinq courtes lignes verticales : (*— ) 

iu\ZiVJ£;i-(fipT'i^=?^-:^;tf5^rM« 

dos de la cuvc il y a trois lignes verticales pleines de lacunes. Epoque 
grecque. 

Trois cent cinquante statuettes funeraires sans legende, en terre 
emaill^e. 

Deux oeufs de pigeon de I'epoque grecque. 

Un brancard en bois :â– : (longueur i m. 20 cent., largeur m. o3 c. ; 
longueur de chaque manche m. 36 cent.). Les manches sont ronds, 
la partie oil sont emboitees les planches est carree, les planches com- 
mencent par une partie legerement ronde d'un seul cote. Cest proba- 
blement un brancard qui servait a porter la pate ou quelque chose de 
semblable. 

Cercueil en bois, orn^ de figures dorees, au nom de \^V^, JlVlji'^ 
fils de 1 ^ ^ ^ et de la dame ] | 7^iJ[. — Long, a m. 3o cent. 

COUVERCLE. 

Le couvercle, qui est orne d'ousekh et qui commence par le ciel ^toile, 
porte trois lignes verticales flanqu^es de quatre genies funeraires. Je les 
reproduis ici selon la disposition de I'original. Elles conliennent des 



[U] 



— 200 — 



formules magiques destinees a assurer la conservation eternelle du corps 
du defunt; deja gravees dans les pyramides de la V* dynastie, elles ont 
ete r^p^tees jusqu'a I'^poque ptolemaique au milieu de textes empruntes 
au Ltvre des Morts. 



'k i< -k :k 






Morale h t^te humaine f \ 
debout. 1^^ 



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' d Morale a tete de singe 
^^ debout. 



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201 



[25] 



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Neplidiys accroupie sur 





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t t t JS^ ^^^^ accroupie sni- ram. 



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■•<3g>^ ^i^ 



^'^ Le signe typographique en sens inverse n'existe pas. 



I L _1 yWn^r^r^ 



f 



Chacal /^ tenant * — = 

le sceptre ] conti-e _ ^_^ 
Tepauie. q 



m 
n 

9 5? 



[26] - 202 — 

Sur les pieds on lit egalement ces deux legendes : 

1 ■ C— D 

i L 

p1 a 

mm '-p 



i1 ^ 



Chacal ^\ tenant 

le sceptre [ centre 

r^paule. 



I I I 



)«i| 



O 






4^' 



Sur la cuve sont tracees trois lignes verticales : (■'— ) J \\\ ' — ^ J*^ 
I A « A ^^ /MMw^ •— T "^"^ /~«.»«A .^V T ■^^^ /»M««A ^^ -1 .aI. I -««>- J^ *.— ^ I jRi .Ml 

Vient ensuite ce proscyneme : (^^) =^ i ^ ^ J*l fUll f IaI « a 

lirtJZ.n.- Kpoque grecquc. 



— 203 



[27; 



Gercueil de I'epoque grecqiie, en Ires mauvais etat, longueur a m. 
9 3 cent. II est en bois et renferme une momie en bonne conservation et 
dont les parures sont intactes. Ges parures consistent en un masque dore, 
un ousekli, une Isis ailee, et une longue bande sur laquelle on voit : 

1° Isis et Nephthys escortant le mort etendu sur le lit funebre et 
qu'Anubis est occupe a momifier; 

2" Quatre divinites de cette forme '^; 

3° Scarabee aile au-dessus de deux serpents ^ v ,; 

lx° Les quatre genies funeraires entre lesquels cette ligne est tracee 
verticalement a I'encre noire : 

(")inifi.it::T 

La gaine des pieds est bien 
conservee. On y reconnait deux 
prisonniers asiatiques coiffes de 
grandes chevelures, barbus, ve- 
tus du pagne, cbausses, et dont 
les bras sont attacbes avec une 
corde derriere le dos (fig. /i). 
Le linceul est teint de rouge 
clair. 

Sur la cuve de ce cercueil 




Fig. /(. 



sont ecrites trois lignes verticales dont voici la copie : (*-^) f fe)^i"l 



II est tres probable que le cercueil avait ^te fait pour un individu 
indetermine ^JJUUiJ jf) "^un tel??, ct qu'd fut ensuite attribue a ^T^O^^^^' 



[28] _ 204 — 

Cercueil en bois de T^poque grecque ayant la figure doree. Le cou- 
vercle est en mauvais etat et porte les memes decors en couleur que ie 
cercueil de ^LfxJ^. II est au nom de "^^J? fils de la dame '^^ J- 
Les deux lignes qui accompaguent le decor sont mal ecrites, ainsi que 
les cinq courtes lignes qui couvrent les pieds et qui finissent par les 
figures des deux chacals accroupis et armes de ^\^. Entre eux figure 
le signe â– ^. 

Sur la momie, qui est enveloppee dans un linceul rougeatre, se trouvent 
les memes parures que sur les momies precedentes, c'est-a-dire un 

masque dore, un large collier, 
Nephthys ailee, etc. Labande 
tracee entre les quatre genies 
funeraires est ainsi concue : 

sont conserves dans une gaine 
sur laquelle sont dessinees 
deux sandales ornees chacune 
dun prisonnier asiatiquc que 
nous reproduisons ci-contre 
(fig. 5). 

Petit cercueil en bois de 
I'epoque grecque, decore en 
couleur; longueur i metre. II contient la momie d'un enfant age a peine 
d'une annee et bien conserve dans ses bandelettes. Le linceul est teint en 
rouge clair, et, sur le dos de la cuve peint en blanc est tracee I'image 
d'une deesse debout sur le support t^-, coiffee ® comme les Heures. 

Sur chaque cote de la cuve est dessinee une couleuvre dressee : celle de 
droite est couronnee ^ et celle de gaucbe porte la mitre 4| . Ge sont les 
deux signes qui symbolisent le nord et le sud. 

Cercueil en bois de forme anthropoide, peint en couleur; longueur 
9 m. o3 cent. 




Fig. 5. 



— 205 



:29] 



GOUVERCLE. 



Decors, i" Masque barbu, coiffe d'une perruque; 

2" Le grand collier ousekh; 

3" Le dieu Ra aile et tenant les deux plumes ^, dont chacune est 



accompagn<'e 



de ^; legende : ^ 



li° Anubis jT| p~*, a corps humain, occupe a preparer la momie, 
etendue sur un lit funebre. A droite du lit, le dieu Horus j^^^ a tete 
de faucon verse I'eau sur la tete de la momie. Derriere lui, la deesse 
Nephthys j^'"~^ y ^ accroupie sur une corbeille en damier. A gauche 
du lit figure le genie funeraire J^a-««-a ^^*^ tenant une bandelette °\; 
il est a corps humain et a t^te de cynocephale. Derriere lui Isis i^'"~*^J^ 
est agenouillee sur une corbeille en damier; 

5" Trois lignes en hieroglyphes multicolores dont quelques signes sont 
renvers^s : 



/v 

debout et 
tenant une 
bandelette. 



PL 



tenant une 
bandelette. 



N^bride attach^e k une 
colonne T. 



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et tenant 


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Imndplptfp 


une 




bandelette 



N^bride altach^e \ une 
colonne |. 



[30] — 206 — 

Sur les pieds sont representes deux Anubis accroupis chacun sur le 
coffret, surmonle d'un fouet K^ et accompagn^ de celte legende : f^fv- 

Sur le cote gauche de la cuve , vers la tete 1^ et plus has au cote gauche : 

j^A^f5^^1|^"|-jS;^^^^f|,auc6t^ droit: 1^--^ 

^"^^ T © I ■*■ I Lisj HI 1 1 •«>- 1,.,^ ^=. \\ I • 

A. Kamal. 



UNE 

STELE DE L'ANCIEN EMPIRE 
MAINTEINANT DETRUITE 

PAR 

M. GEORGES DARESSY. 

M. Maspero avail rapport^ en 1918 de son voyage d'inspection en 
Haute -Egypte une stele rectangulaire de m. 36 cent, de hauteur et 
m. 5o cent, de largeur, dans le plus triste etat de conservation, la 
pierre etant entierement crevassee et fendillee comme de la chaux vive 
qui a recu de I'eau. Malgr^ les essais de 
sauvetage elle est tombee entierement 
en miettes; j'ai pu a peine en copier le 
texte que je donne ici. 

La disposition etait la suivante : 

A. Ginq lignes d'hieroglyphes dont 
deux occupent toute la largeur de la 
pierre et les autres seulement un pen 

plus de la moitie. La premiere ligne a m. o55 mill, de hauteur, la 
seconde m. o5o mill., les autres entre m. okb mill, et m. oh 6 mill.; 
les signes de la premiere ligne sont plus gros que les autres. Tons sont 
graves gauchement et un peu en desordre ; le sens est de droite a gauche : 

B. Le d6funt est debout, tenant la haute canne et horizontalement 
le \. VMu de la chenti, il a un large collier; ses cheveux sont separes en 







B 


A 






C 



[2] — 208 — 

rang^es superpos^es de petites boucles triangulalres. Un petit personnage 
grave devant lui, en liaut, lui tend un bol. 

La femme du mort est debout derriere lui, ia main gauche pos^e sur 
son epaule, vetue de la longue robe, paree d'un collier, la coilFure for- 
mant de petits carreaux. C'est ]|[^>^4"*ii^^^ J"^!* A ses pieds 
est un coffre JJ; derriere elle sc superposent un miroir dans son etui en 
vannerie et deux vases, | et •. 

G. A Textremite droite une femme agenouill^e 6crase du grain sur une 
pierre; autour d'elle sont figures des pains et des gateaux. Quatre vases | 
sont poses sur une sellette sous laquelle est gravee une feuille (?) -•-«. Plus 
loin viennent des cotes et un os ^ au-dessus d'une grande corbeille % , 
puis une oie et, sans doute, la cuisse et la tete d'un boeuf, qui n'etaient 
plus reconnaissables. 

Le style de la gravure indiquait pour epoque de la stele la VI' dynastie 
ou la p^riode suivante, anterieure a la X* dynastie tliebaine. 

G. Daressy. 



Annales dii Service des Antiquites. T. XV. 








I. West side of entrance into the main room, showing traces 

of painting on the wall. 
2. East doorway of main room, showing the jambs in situ. 






C ^ 'â– :â– â–  



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CO 













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Annales du Service des Antiquites. T. XV. 



PI. in 




Photograpliie Piromali. 



L'architrave brisee de la Salle Hypostyle, le 3 Janvier 191 2. Vue du Slid 



Annales da Service des Antiquites. T. XV. 



PL IV 




Photographic Piromali. 



L'architrave brisee de la Salle Hypostyle. Vuc du Nord 



Annales dii Service des Antiqiiites T. XV. 



PI. V 




Photographic Piromali. 

L'architrave de la Salle Hypostyle redressee le 22 Janvier 191 2. 



Annales (in Service des Antiquites. T. XV. 



PL VI 




l'hotogr;ipliic Pii-riniali. 



L'architrave de la Salle Hypostyle, debarassee de ses echafaudages, le 4 Mars 19 12. 



Annales du Service des Anliquites. T. X V. 



PI. VII 




La Salle Hypostyle, vue a travers la porte du Sanctuaire, le 22 Janvier 1912. 



Annales dii Service des Anliqiiites. T. KV. 



PL VIII 




La Chapelle Sud-Oucst, vuc du Nord, avant les travaux. 



Annates du Service des Antiquites. T. XY. 



PL IX 




Pliotographie Pirom 



L'escalier du puits, le 4 Mars 1912. 




•A 




V5 




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Annales dii Service des Antiquites. T. XV. 



PL I 




Pholographie Edouard Baisanti. 



Aspect de la Salle Hypostylc pendant les travaux. 
(F^vrier 19 14). 



Annales dii Service des Antiquites. T. XV. 



PL II 




A 





Photographic EJouard B.irs.uni 



B 




La porte romaine dans les ruines de la ville. 

A. Avant le deblaiement. — B. Apres le deblaiement. 

(Dcccmbrc 191 3 — Janvier 1914). 



Annales dii Service des Antiquites. T. XV. 



PL in 




h- 



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1 









I I 




B 

A. Le puits et la porte romaine repares. 
B. Le presbytere, remplacement de I'eglise copte ct le mur de protection. 

(Mars 19 14). 



Annates du Service des Antiquites. T. XV. 



PL IV 






Photographic lidouard Barsanti. 



B 



A. La nouvelle enceinte sur le front Est. 

B. La chapelle de Caracalla. 

(Fcvrier-Mars 1914). 



Annales dn Service des Anliqnites. T. XV. 



PL V 




Statue d'une des femmes de Thoutmosis III. 



'/ 



Annales du Service des Antiqiiites. T. XV. 



PI VI 










Photographie Edouard Baisanti. 



Pbototypie BerUiatul, Parlg 



Le cote Nord du grand temple apies la demolition du mur de Morgan. 
A. Partie Nord-Ouest. — B. Partie Nord-Est. 



LE 

TOMBEAU NOUVEAU DE MEIR 



PAR 



M. AHMED BEY KAMAL. 



Le 1 h mars 1 9 1 3 un coup heureux a amen^ la decouverte d'un hypogee 
de la VP dynastie appartenant : 1" au prophete d'Hathor maitresse de 

Gusa; ( 1 ^ ^ J "^ '©^ J» surnomme | ^ \ \^^\ fils de | ^, surnomme 
I ■ I , et de la dame ^ | '^ , surnommee J J | ; 2° a sa femme ^ ^ | Q 7' 
surnommee [3 "* ^- H 'Jvait trois fds, le 4= '* JI^ !^ '***' J^ Hi S^ ' — ^' ^^ 

et deux freres qui sont : ^-5 et ® j^ f) ® ^ • L^ figure 1 donne le plan de 
cet hypogee. 

Son hypogee contient d'abord une cour reclangulaire (A) qui etait 
couverte par des dalles appuyees sur de petits piliers dont il reste quel- 
ques assises. A cot^ de Tangle nord-ouest s'ouvre une porte basse 
donnant acc^s a une petite chambre s^pulcrale a ciel actuellement ou- 
vert en grande partie. EUe est bAtie sur le niveau m^me de la cour, 
et elle a recu la momie d'un parent du defunt qui a ^te vol^e des I'anti- 
quite (B). 

En face de Tenlree principale de la cour ouverte a Test, on voit la porte 
de la chambre fun^raire (G) qui renferme deux puits creus^s dans le 
rocher : dans I'un, qui est a Tangle nord-ouest, etait inhumes la momie de 
Pepi-6nkh-her-ab; dans Tautre, qui est a Tangle sud-est, reposait celle 
de sa femme. Toutes deux out ete violees dans Tantiquite, mais des 



'"' Les inscriptions ornant le c6t^ gau- fun^raire donnent au defunt le surnom 
che de la fa^de de la grande chambre de I {j . 

Annalei du Service, 1916. l4 



[2] — 210 — 

reclierches minutieuses ont permis de ramasser quelques objets leur ap- 
partenant, dont on verra la listo plus loin. Dans la paroi ouest de cetle 
chambre s'ouvrc a la hauteur de un metre du sol une petite porte donnant 
acces a un serclah d'une forme irreguliere (D) ou etait un groupe de deux 
statues en calcaire representant le defunt et sa femme; ce groupe sera 
mentionne dans la liste des objets trouves. 



GOUR A. 

La rour mesure du sud au nord k m. 89 cent, et de Test a Touest 
5 m. i5 cent, de longueur. Elle est actuellement a ciel ouvert, mais 
elle etait a I'origine couverte a la hauteur de 2 m. 82 cent, avec de 
longues dalles, soutenues par quatre petits piliers dont il reste aujourd'hui 
quelques assises. L'entree principale, Cjui s'ouvrait a Test, a completement 
disparu avec ses inscriptions, mais sur la paroi du nord on voit deux 
petites representations superposees et suivies a gauche d'une troisieme. 
Ces representations consistent en trois figures humaines dont deux sont 
dessin^es sur un contrefort et la troisieme sur le mur meme. La premiere 
d'entre elles nous montre p \ [|]^ | \ -^ ^ 3^ 1p debout, coiffe d'un 
bonnet, vetu du pagne, offrant f de la main gauche et ayant le bras 
droit ballant. La seconde figure, dessinee au-dessous de la premiere, est 
P I El ^ «^ ^ j4 ^ \ ^' "^'*^^ ^'* main droite pliee et pos^e sur la 
poitrine. La troisieme, placee sur le mur meme a gauche de la precedente, 

debout, la main gauche posee sur la poitrine; derriere lui un petit portrait 
du serviteur PtlJllX^^ portant une oie troussee. Sur la paroi sud on 
trouve deux tableaux semblables aux precedents; ils consistent cbacun en 
un portrait d'homme grave en creux, fun a la suite de I'autre, sur une 
seule pierre de taille encastr^e dans le mur a m. 90 cent, de distance de 
Tangle sud -ouest. Le premier est celui du P | ^ ^ | ^ \ — debout, 
portant une oie troussee sur la main droite et posant sa main gauche sur 
la poitrine; le second appartient au P| [J| ^ ^ | \ debout, portant sur sa 
main gauche une oie troussee dans un plateau. Une pierre de m. /i 1 cent, 
de longueur sur m. 27 cent, de largeur a ete detach^e de cette paroi. 
On y voit un homme debout, vetu d'une shenti, posant la main gauche 



— 211 — 



[3; 



sur la poitrine en signe de respect et tenant de la main droite une oie. 
II est accompagne de cette legende : ^ JJ zn ^ ^, -^ *^ \ . 




Fig. .. 

La parol ouest, au milieu de laquelle est une porte dont le tambour a 

14. 



[4] 



— 212 



le nom du defunt Pf^i^ "llfSMl'?'®^*!!'^^^ entierement cou- 
verte d'inscriptions et de tableaux dont voici la disposition : 



c 


A 


C 


D 


B 




B' 


D' 


Porte 



A. Inscription horizontale de trois lignes : f ^ _2_ ^ ^ <, (^j|| '^ "1 Q f 

A Textremite gauche le defunt est assis, la grande canne a la main; il 
est d^sign6 p ^ ]^ ( ■ M "f" '©^ 1 5 derriere lui se tient debout sa femme , 
respirant une fleur de lotus : l^^^^^fQ"*- 

B. Texte en colonnes, de droite a gauche : J ]I^ f ^ ^ ]!!^ ^ <-L. /^ ^ 



— 213 — [5] 

— " — I "^-^^ ' — * 4 9 w "w w " * ^ "v w 4ii4^ '~~*A Q ** " *~^ g ' 1 *" '***^ 

:st J-riPI V !>BHPBPrsT+zsiP»>r\^ 

B'. Texte en colonnes, de gauche a droite : [ ^^^Z^f^hifo^ii 

'-HTllf°P>VtHTm©t:iivP'»3;P!^^i^l> 
!!}-U^j:i;M~I-:stJ^?>^r;!l^^*X/*:stP 
IV->f^Bn>V-^->^:slSP="^Tl^lP 

r;;p*ns:»Bi'»jTiJHXT~iikTir~-A 

C. Petit tableau. Le defunt P f 71 ( â–  ! ! ] â– ?â–  I et sa femme ^^ 
^ ! ^ I Q ^®"* ^^^^^ devant une table "J" sous laquelle sont places deux 
bassins avec aigui^res, et au dela de laquelle on lit : ^ ^ 1 ^ V 



[6] — 214 — 

C. Une legende, — ^P i i^? est trac^e verticalement devant six bceufs 
sacrifies couches sur le dos, une patte decoupee pos^e sur le corps, places 
sur deux rangs superposes. 

D. Le defunt, vetu dune shenti empesee, est debout, la grande canne 
et le ^- a la main, accompagne de sa femme qui lui pose la main sur 
Tepaule; tons deux sont graves en relief dans le creux. Leurs legendes 
sont comme suit, gravees au-dessus d'eux (A) : | Pf ^f^sj^^^j 

#uni+:"ViTr^>=in^i!-HTtif®(fTCI 

D'. Tableau symetrique du precedent. Les titres sont (A) : f ^ J [^ "] J 

GHAMBRE FUNERAIRE C. 

Cette chambre n'a pas une forme reguliere; elle mesure lo m. /io cent, 
du sud au nord sur 5 m. 117 mill, de Test a I'ouest au cote nord et 
4 m. 2 5 cent, de Test a I'ouest au cote sud; sa hauteur est de 2 m. 82 cent. 
Les parois sont decorees de hauts-reliefs en couleurs mais le plafond, 
qui n'est pas haut, est a peine degrossi. On a menage la deux puits fune- 
raires : le premier, a droite, a ete consacre au maitre du tombeau et le 
second, a gauche, etait destine a sa femme. Nous laisserons ces deux puits, 
dont nous parlerons plus loin, et nous commencerons par decrire en detail 
les scenes qui ornent Tepaisseur de la porte d'entree et les parois inte- 
rieures de la chambre. 

Les deux flancs interieurs de la porte sont decores chacun du portrait 
du defunt. II est la debout, la figure tourn^e vers le dehors, coiffe du 
bonnet court, vetu de la shenti, tenant de la main droite le baton de 
commandement et le bras gauche ballant. Chaque portrait est accompagne 
de deux colonnes en gros caracteres citant les titres, le nom et le prenom 



— 215 — [7] 

du defiint. La legende Iracee sur le flanc droit est faite soigneusemeiit, 

tandis que celle qui lui fait vis-a-vis est, au contraire, gravee negligcmment. 

Sur la paroi de gauche les tit(res sont donnes ainsi : (w) j^^^ SJ 

Sur la paroi de drolle on iit : (i') 1 r?4- J ©i1 ^ 'J ° ^■^Pf I^ 

Entre la jambe et le baton du d^funt un petit personnage est repre- 
sente debout, jetant de I'encens sur un brasier \ qu'il tient a la main. 

DECOR DE LA PAROI EST. 

Le decor de cette paroi, qui s'etend sur une longueur de lo m. /lo cent, 
et sur une hauteur de a m. 82 cent., consiste en quatre scenes, deux a 
droite de la porte d'entree et deux a gauche. Nous commencerons par 
decrire cellcs du cote droit. 

La premiere scene, voisine de la porte, represente le defunt debout 
dans une nacelle, tourne vers la porte, les jambes ecartees, vetu de la 
shenli, coiffe de la perruque ^ et fai- 
sant la chasse aux oiseaux aquatiques. 
II tient de la main droite un boume- 
rang et de la main gauche trois oiseaux 
groupes pour lui servir a attirer les 
autres. Devant lui, on voit une oie 
volant a travers trois ran gees de tiges 
de lotus superposees et terminees par p,v 3. 

des fleurs epanouies, puis quatre oies 

deployant les ailes mais perchees sur une grande corbeille, sous laquelle 
s'allonge une tige de lotus pliee et terminee par une fleur epanouie. Sur la 
poupe de la nacelle il y a un fouet, un noeud et une sorte de caisse(?) 
posers I'un sur Tautre (fig. a). 




[8] — 216 — 

Au-dessiis du portrait du defunt court cette l^gende Pf^^lJ 
' — *S(i!! }^ '©^ ♦? ecrite en gros caracteres tres en relief, et, devant 
lui, dans la meme direction, sa femme est assise, flairant un bouquet de 
fleurs, et tenant a la main gauche fine fleur de lotus; sa legende est 
ainsi concue : ^ ^^ [^ 11! ^ I "*• I^^vant elle court le nomme 
• 5Z 1 J ^ Kl U "^ ^ r T ' '^6'^'^''^*^ ^'^^^ s^ main trois oies qu il offre 
au defunt. Derriere ce dernier il y a neuf hommes debout et classes trois 
par trois en trois registres superposes. Les trois premiers sont 5Z < <. 
f VfPV^ ^I^i *i<^"^ "" boumerang, H " Tt* ^ T <'^ Ptl I ^ ® 
fl V H d ^""^ • ^^^^ ^^^ ^^^ ^^^^^ suivants, dont le premier ^ T^ *--^ 
tient deux levriers et porte un singe grimpant sur une corde qu'il tient 
avec ses deux mains, le second ] ^ * a deux rouleaux dans la main droite 
et deux autres dans la main gauche , tandis que le troisieme ^ | (»>«) f ^^ 
porte un sac sur son epaule et un grand baton a la main. Les trois der- 
niers sont ^ :^ J ZE | â–  ^ Mk , qui brandit un boumerang, ^ ^ I ' !' 
qui brandit egalement un boumerang ct a Tautre bras ballant, enfm 
i*©*® ^ ® ^ '~^/^: qui a les deux bras ballants. 

La deuxieme scene debute a droite par un grand portrait du ^P j^ , 
( â– !! J T* debout, barbu, coiffe d'une perruque evasee, v^tu de la 
shenti, pare d'un collier avec les larges bracelets et appuye de ses deux 
mains sur un long baton. II inspecte ses animaux et ses bateaux, qui lui 
amenent les produits de ses fiefs, en remontant et en descendant le Nil. 
Devant lui, entre le long baton et sa jambe, est represente son fils aine 
"in |4^-JI^^'W'^©|@^'^--^ debout, les bras ballants, et, der- 
riere lui quatre personnages sont superposes. lis sont debout, les bras 
ballants, except^ le premier qui tient un grand baton. Au-dessus du 
premier est 6crit ^Z ^ HBB ^ ' ^^ devant lui en sens inverse p | ^ 
^ !lv ! ' ^^ second est ^ ^ zn • ^ ^ ^ , le troisieme est P f 1 { ^ "^ f -, 
et le qualrieme est ^ | ^ 1 • 

On voit en haut-relief egalement devant le meme portrait du defunt 
trois registres superposes qui debutent par une ligne verticale gravee en 

relief : r!T:i;:^ftfTi:-i!kkia*«+^*»; 

Dans le premier registre du haut on voit a gauche huit bneufs a 
longues cornes, deux a deux, pouss^s par un bouvier, et, devant cux, 



— 217 — 



[9] 



figurent Irois hommes : les deux de gauche sont opposes mais celui qui est 
a droite ^^jjff]^:^ 'eve le bras, en fermant les doigls mais ouvrant 
rindex et Ic pouce vers son compagnon pour lui dire \ ^ ^ , le second 
homme, ^ '^ ^ ^ ® I' tourne la figure vers les betes. Le scribe ^f| 
P'jp, tourne vers le maitre du tombeau, est occupe a ecrire, avec Ten- 




Fig. 3. 

crier devant lui. Au-dessus de cctte representation on lit : (— ♦) l\-^jf 
'^iJ)k^^^\^'^t^^~'\li^^^ iW.^^^ '''"^^ 4"*^ ^^^ cbifFres mar- 
quant le nombre des betes : (^"j 11111111 ii. V^^lW" 

Le second regislre debute par un commis, ^^'•l^i^PtllBv 4*^^^ 
presente a Pepi-onkh-her-ab le compte ecrit sur un rouleau de papyrus. 

Devant lui on voit ( J | ^ J P 'jf dessine au-dessus de I'encrier. Derriere 
le commis un homme, ^J~^-="— ' V^ tournanl le dos et faisant I'appel des 



[10] — 218 — 

doigts, puis un bouvier qui conduit quatre boeufs | ^ deux a deux, A leur 
suite il y en a quatre autres de Tespece * Y»^°^i^' ^^^"^ ^^ dernier, 
dessine en miniature, monte sur I'avant-dernier pour s'accoupler avec iui. 
Le troisieme registre represente quatre barques, dont deux a gauche 
naviguent a ia voile, Tune a la suite de I'autre, pour remonter le Nil et deux 
a droite superposees naviguent a la rame pour descendre le lleuve. La pre- 
miere barque a voile (fig. 3) a la proue en tete d'oie et la poupe en tete 
d'animal; elle a une grande voile fixee au sommet d'un haut mat et se 
manceuvrant par quatre bras attaches deux a droite et deux a gauche a 
Textremite de la vergue, qui sont les deux bras de tribord et les deux de 
babord. Le gabier est sur la cabine et il tient les deux cables qui partent 
de I'extremit^ droite du mat pour diriger la voile. Le mat est fixe en 
avant par dix cables qui partent du sommet vers la poupe, et par quatre 
autres y compris les deux drisses : elles partent egalement du sommet 
pour se fixer en sens oppose aux deux bords vis-a-vis le mat; enfin trois 
autres partent vers la proue. Sur la poupe se trouve la cabine. L'equipage 
qui fait la manoeuvre se compose d'un timonier, d'un gabier assis sur le 
toit de la cabine pour s'occuper de la voile, d'un assistant ^''^ ^j^ ^ °^r. 
qui porte une cruche vers sa bouche pour boire, et d'un pilote. Viennent 
ensuite a cote du mat deux matelots qui s'occupent du mat et qui sont 
suivis de six personnes : des trois premieres on n'apercoit que la tete, 

tandis que les trois autres sont 
assises. Devant cet equipage, le 
rais debout tourne la tete et 
tend la main vers le pilote pour 
Iui indiquer une manoeuvre a 
faire. 

La seconde barque a voile a 
une forme tres commune, la 
poupe et la proue etant simple- 
ment recourbees (fig. h ). Le pi- 
lote est debout et tient la voile de 




Fig. it. 



la main gauche; derriere Iui, sous le toit, il y a deux matelots tenant chacun 
une des cordes qui fixent la vergue au m^t. Devant le m^t, le maitre de 
la tombe assis sur une chaise a devant Iui un scribe, qui Iui presente 




Fig. 5. 



— 219 — [H] 

un rouleau de papyrus. Derriere le maitre il y a dix personnages dont 
on ne voit que les tetes. Au-dessus du toit un gabier tient les deux 
drisses. Une cassure a fait dispa- 
raitre le portrait du tinionier. 
La legende explicative gravee au- 
dessus des deux barques a voile 
suit comme direction le niouve- 
ment de ces barques : (•>— ) t -^ 

1 \ / I W////A 

Les deux barques a rames sont d'une forme commune (fig. 5 et 6). 

On n'y voit que des matelots, soit 
debout et manoeuvrant, soit assis 
et ramant. Leur greement est de- 
monte et pose au-dessus du pont 
suivant Tusage actuei des mate- 
lots du Nil. Au-dessus de la pre- 
miere barque court une legende 
de gaucbe a droite suivant la di- 
rection de sa marcbe j*^ j ^ f^ ^^\^ ^ ^, et au-dessus de la 
seconde M ^,1 I I' J * X i 1 • I ^• 




c6te gauche de la paroi est. 



II commence a gauche pres de Tangle nord-ouest par un grand por- 
trait du defunt en marche vers la porte d'en- 
tree. II est coiffe d'une perruque evasee, bar- —-•I T -> i x ^ J 
bu, portant la peau de pantherc au-dessus ^ '^ zn 1 Kl """' ®'-' ♦ 
du pagne, tenant de la main gauche le long 

baton et de la main droite le sceptre -♦- , ■■ V "1 f ^ ■ I I 1 fi * 
pare d'un large collier et de bracelets. 

Derriere le portrait sont, trois par trois et sur quatre registres super- 
poses, neuf personnages debout. Le premier est ^ 1 f J !li -^ 



12 



— 220 — 



I 



I 



'I 

*i 

® Tl ® 






I 



qui tient un grand bAton; les noms des deux autres personnages sont 
effaces. Les trois suivants sont detruils a I'exception du premier qu'on lit 
devant iui, ^^^Z' — ^S'~*~^'¥'' 4^^ ^'^"*' ^^ grand bAton. Les trois au- 
tres (i , 2, 3) ont les bras ballants, excepte 
le premier qui tient de la main droite Ic 
bras du defunt, et les trois derniers (4, 
5, 6) qui tiennent chacun un long baton. 
Devant le grand portrait du defunt 
court, en une ligne verticale allant de 
droite a gauche, une legende explicative 
des divers dessins repr^sentant la chasse 
aux oiseaux aquatiques, la peche au filet, 
la preparation des oies , etc. :(--)H^UJ)PfUiPf--"VW 
IX'k'^^^Ili- Devant cette 
ligne figurent quatre registres super- 
poses. Le premier comprend quatre •£» ^ i. H^ 
individus couches sur le dos et tirant 
le fdet d'un cote et quatre autres ega- 
lement couches et le tirant de Tautre 
cote. Le deuxieme contient cinq por- 
teurs d'oies, dont le premier |J ^ I ^ 

fl - est intitule ^ | J P t KUTI' *^^^ 

le deuxieme ^^^^^ @ est intitule ^Z ^5 ^^ troisieme, dont le nom a et^ 
effac^, est intitule Pt*^> le quatrieme et le cinquieme n'ont pas de le- 
gende. Devant I'avant-dernier, a gauche, on lit ecrit a Tencre noire : \ jp 
l.+ = l~!JPTni>lk^C.i.?l|-C'estletitredutroi- 
sieme registre qui comprend sept chasseurs tirant un filet de cette forme 
pour prendre des oies sauvages marchant ou volant a travers un 
bosquet de papyrus fleuri. Le quatrieme registre representc la peche aux 

poissons:tQLiiiA~i^-iwii#/y:ri*rr 

'Ip^. On voit au-dessus de ces deux legendes, cinq pecheurs a droite et 
cinq a gauche tirant le fdet pour attraper des poissons du Nil, sous 
la surveillance d'un chef debout au milieu et appuye sur un long ba- 
ton. Sa legende est ainsi 6crite a I'encre noire : (*— ) 5Z 4" • ^ Kl 



5 4 






— 221 — [13] 

Parmi ces polssons on peut distinguer les especes ci-dessous (fig. 7) : 









jf^ 









Fig. 7. 

Enfin deux cuisiniers r6tissant deux oles embrochees et tenant chacun 
par la main droite un eventail pour activer le feu : c'est la maniere actuel- 
lement en usage chez les rotisseurs egyptiens; un troisieme accroche 
dans un morceau de bois pendu quatre oies, deux quarliers de viande et 
un morceau de cette forme H. 



[14] — 222 — 

A droite de cette grande representation que nous venons de decrlre 
une grande scene occupe le resle de la paroi jusqu'a la porle d'entree. 
Elle rcpresenle le di-funl (— )iPfr:PTk^ir*n;^:^'v' 
"Vi^vlM ] "f"^* debout sur une nacelle de chasse, dans le meme 
costume et la niemc parure qu'il porte a la premiere scene de celte paroi; 
il tient cette fois un long harpon avec lequel il perce deux grands poissons 
du Nil de Tespece serrasnlme cilharine. Devant lui est sa femme : (— •) 

^ I 1S4^->1 l!:XinZPIBi «^^'s^ ^t ^tendant 



^-sc 



I- Pf 



m I 



ies deux bras. Elle tient la iambe de 

12 3 

son maride la main droite et elle tend ^ -^ ^ -^ o k i m 
la main gaucbe vers un ichneumon ^^.^^H^a ^ ^ a i JTT 

qui grimpe sur une tige de lotus. n j| ^ ^^^ ^ <=* 

Derriere le maitre sont represen- 11 g . J^n I 

t^s trois de ses parents (•^-^) qui " ' H J Oil 

sont debout, coiffes de perruques ^ " " 

courtes, vetus du pagne, tenant cba- 
cun un long baton a la main gaucbe 
et.un boumerang a la main droite. 
Au-dessus de la porte d'entree est dessinee une barque aux longs avirons 
manies par quatre bateliers, ayant a bord un grand veau coucbe sur la 
poupe et un bomme tenant trois oiseaux dans cbacune de ses deux mains. 
Les legcndes qui accompagnent Ies deux premiers bateliers sont ainsi 
concues:+^j^pt1!!^et+^jj^>®^@>: 

PAROI SUD. 

Cette paroi est decoree de deux scenes principales, une a gaucbe qui 
en occupe les deux tiers, et une a droite. 

Premiere scene. Cette scene tres deterioree represente dans une sorte 
de cadre le maitre de I'hypogee pose a Torientale, en pliant le pied gaucbe 
sous lui et en s'agenouillant sur la jambe droite. II est coiffe d'une per- 
ruque evasee, v^tu du pagne, tenant a deux mains un long rouleau de 
papyrus qu'il lit. Son scribe se tient debout et courbe respectueusement 
devant lui pour lui offrir un compte sur un autre rouleau. 



223 — 



[15] 



Derriere le maitre se suivent : i" un petit homme debout, les bras 
bailanls et, sur sa tete, cette legende ^ ^"^ J ^ ^ i' 2° sa femme 
debout; elie a souffert a tel point qu'il ne reste plus d'elle que la partie 

inferieure. Devant elle s'avance son fds ^'^^l \^ ^ jj^ \ fflj ^ debout 

et tourne vers son frere. Derriere elle, dans le meme encadrement, se 
tient un homme 



iH iLf^lk^! • '^uste et legende deleriores. Derriere 
cet ensemble que nous venons de decrire, on voit pres de Tangle sud-est 
quelques registres superposes dont il ne reste que trois. Dans le premier 
figurent deux hommes agenouill^s, le premier efface, le second ^ J^ 
occup<^, semble-t-il, a presenter des offrandes sur un gueridon. Plus bas 
se trouvent deux personnages agenouilles et surmontes de cette legende 
4" ^ ^ ^ "1 I T^m O' ^^ premier | ^ \ \\ a devant lui une table 
chargee d'offrandes; le second 4^ ^ Dj^ ^ P^ ^ '^ meme attitude et 
fait egalement des offrandes sur un gueridon en faveur du defunt. Au- 
dessous on voit deux autres hommes 
agenouilles dans la meme attitude que 
les precedents : 

Us offrent chacun au defunt une 
table chargee d'offrandes. La partie 
superieurc au-dessus de cette scene 
est entierement detruite. Devant le 
grand portrait de Pepi-onkh-her-ab 

qui commence ce registre, et malgre la destruction, quatre bandes de 
personnages superpos^es sont visibles encore; elles sont en tres mauvais 
etat, pourtant on pourra y distinguer que le premier homme qui reste 
du premier registre porte cette legende (|)^<^. Dans le second registre 
on voit d'abord deux gardiens debout devant le maltre, tenant chacun 
un grand baton; devant eux deux hommes dont les l^gendes sont d^- 
truites sont courbes en signe de respect. Du troisieme registre il reste 
encore visible en partie trois hommes assis a Torientale. Ge sont des 
scribes. La legende du premier, a gauche, est effacee; celle du second 



Ti 



il ^ 



f 



'^^t+^KIlZlK^KlUVSB' e^ celle du troisieme \^ ^| 



i^. 



^Kl' ^'^ quatrieme registre nous montre six paysans courbes en signe 
de respect, et derriere eux un homme debout qui parait etre le chef : 
legendes d^truites. Le cinquieme registre occupe toute la longueur de la 



[16] 



22/i 



porte. II debute a gauche : i" par trois hommes courbes en signe de 



respect, et tendant les deux bras; 9" par ^ "-^ ^ HS i 
H* ^ V ~"^ ^ ^'- "**" B^B fjui se tiennent debout, la main droite 
sur la poitrine et la main gauche ballante; 3" vingt-quatre personnages, 
douze en haut et douze en bas, les six premiers superposes tournes a 
droite, les autres a gauche. Gommencons par reproduire les legendes des 
vingt-quatre personnages occupant la premiere et la seconde rangee : 



HI 

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ff^m I ff?/^^ 



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WWMMMHiH^. 



m 



m 



Wm\Sy 



Ces deux rangees se continuent par d'autres figures assises, dont la 
plupart posent la main droite sur la poitrine et la main gauche sur le 
genou. Voici les noms des personnages qui occupent la premiere rangee : 






wmM 



WfM\tf 



h 

WM 






5 



WMM. 



^9f 



.^=2^ 






ffi 



PJ 



A â–  



9 

m 

(sic) 



1 o 






f 



— 225 — 

Voici ceux qui occupent la deuxieme rangee : 
1 i23/i56789 



[17] 



iL 



m 

mm 



I 



•"'1 



^ I /y/ v/,''// I 



tL\ 






â–  â– I 



f 



â–  

rwRn(?) 



10 11 12 



«<^-;i /'/v/ 4'a,y///'/// ', y '////y.^ 



Deuxihie scene. Cette scene commence h gauche par la legende de 
P^pi-6nkh-her-ab faisant en-tete : (— — ) 



\\^ 



rtkl^i^-^Kl 



m. 



VM\-VT\mM 



\>\B^^1\(M\^ 






suivie en has de son portrait qui le repr^sente assis devant une table 
d'offrandes, sous laquelle figure, d'un c6t^ une aiguiere dans une cuvette, 
et de I'autre cAt^ une sellette portant deux hes, J entre lesquels est placee 
une cruche ^ a bouchon conique. Sous la chaise on voit la tete d'un 
levrier dont le corps a disparu dans la cassure. Au-dessus il ne reste qu'un 
seul signe. 

En face de la legende de P^pi-6nkh-her-ab est represent^ en premiere 
ligne son p^re : 



jj|i*i>1!B^I:^ 



\>^r%lBlM 



Annalet du Service, 191 5. 



i5 



[18] — 226 — 

il est assis sur une chaise devant un« table sous laquelle on voit une 
aiguiere et une table basse portant des vases ^T»««. Au-dessous du 
portrait du p^re et en face de celui du fds la mere est assise sur une 
chaise devant une petite table d'offrandes, accompagnee de cette legende 

grav^e devant elle:1^^4.^Hlli I >*^^t!P^?itr 

^»MMvl w Jl A I 

PAROI QUEST. 

Cette paroi, qui a 9 m. 34 cent, de longueur sur 2 m. 82 cent, de 
hauteur, se divise en trois parties : la premiere s'etend de Tangle sud- 
ouest, sur une longueur de 3 m. 97 cent., jusqu'a la porte du serdah et 
une hauteur de 2 m. 82 cent., la seconde comprend le retour du mur, 
qui mesure m. 98 cent, de largeur, et la troisieme atteint A m. 67 cent, 
de longueur. La premiere partie, celle qui est comprise entre Tangle sud- 
ouest et la porte du serdab, offre deux scenes principales : la premiere 
represente le defunt et sa femme, derriere eux leur entourage et devant 
eux leurs gens agricoles, le tout entoure de cinq bandes superposees. 

Les personnages des deux premieres bandes sont assis, la main gauche 
sur la poitrine et la main droite sur la jambe pliee. Nous les donnons 
ici dans leur ordre : (•-^) 



homme 
homme 

ptr, 



femme 



^<^1 






homme 

tu 



femme 

1 ® m. 



homme 



^iU^! 



femme 






— 227 — 



[19] 



Ceux de la troisieme bande sont au nombre de trois, accroupis : (— -) 
homme homme femme 






Q 



Ceux de la quatrieme sont dans la meme attitude que les pr^c^dents : (•— ) 
femme homme effac^ 



ml t^ Q!- 



n 



fm 

La cinquieme bande ne renferme qu'une femme et un homme, 6gale- 
ment assis : (•— *) 

femme homme 



V-^T^- ^j^OEl^ 



Devant les personnages de ces cinq bandes, a la partie sup^rieure, 
Pepi-6nkh-her-ab peint, assis par terre, les genoux lev^s et sur lesquels 
la main gauche, tenant le pinceau, est appuyee pour ecrire la ligne ver- 
ticale trac^e devant lui qu'on verra plus loin. L'^tui des pinceaux est 
attache a I'extremit^ de son pagne sur le pied gauche. La t^te est coifTee 
de la courte perruque, le cou est orne d'un collier, les poignets sont 
par^s de bracelets, et il est v^tu de la shenti. Au-dessus de lui court cette 
legende:(H^fmJ:( T7n'^ f-:. 

Vient ensuite, au-dessous, le portrait de sa femme, assise sur une 
chaise devant un gueridon et surmont^e de sa l^gende : (— ») 

i5. 



[20] — 228 — 

Devant le gu^ridon, une sellette porte une aiguiere dans une cuvette, 
et au-dessous on apercoit un homme â– =^-^^'^^> qui pose sa main 
droite sur une tablette ||| et porte sur sa main gauche un godet *. 

Enfin devant le defunt et sa femme court cette l^gende ^crite en une 
ligne verticaie et dont nous avons fait mention plus haut : (— •) 

Elle est suivie de cinq registres superposes qui terminent la scene. 
Dans le premier on voit d'abord six personnages, dont quatre sont occupes 
a deraciner des tiges et deux, Tun au milieu et Tautre a la fin, tiennent J de 
la main droite et approchent la main gauche pour prendre les tiges avec les 
deux doigts ; derriere eux deux cailles sont couchees a terre. Aucune legende. 

Dans le deuxieme registre figurent trois moissonneurs au-dessus 
desquels on lit (•— ) | ^ t ^ *=* " J "^ ^^ ils moissonnent avec 
leurs faucilles le hie et le lin. Dans les plantes se trouvent quatre 
cailles hecquetant par terre, et, devant les moissonneurs, un homme 



•^ '^ tient de la main droite deux oies et de la gauche une 



*4\\ 

cruche pendue a une corde pliee. Derriere lui un autre homme ^ jj^ 
^ ^ fait couler un vase. 

Le troisieme registre represente a droite : i" trois haudets de la race 
soudanaise charges d'epis; 2° deux autres haudets de la meme race, ega- 
lement charges : "^"^ ^W T P^^, et, derriere eux, le scribe presente 
une palette 1 1 a Pepi-6nkh-her-ab. 

Le quatrieme registre contient deux hommes debout : le premier tient 
dans chacune de ses deux mains un bAton, le second conduit devant 
lui quatre haudets en marche qu'il frappe avec une canne. On lit au-dessus 
des haudets, entre les deux hommes mentionnes plus haut, •«>- "^ "^^ 

\ Ikv' — ^* 

Dans le cinquieme registre, representation 1" du transport des epis; 

2° d'un homme qui a devant lui un monceau tres haut d'epis; 3° de 

deux hommes soutenant la charge d'unbaudet; U" d'un homme qui sou- 

tient la charge d'un troisieme baudet. Ges charges consistent en 6pis et 



— 229 — [21] 

en lin, comme il resulte de la legende qui precede la scene. Aucune 
legende. 

Deuxieme scene. Elle commence a gauche par un grand portrait du 

(*— ) ^|fliJlPTl^r»"|| J"??^ flebout et appuye sur un long 
baton, le pied gauche leve un peu et pose sur le pied droit; il est coiffe 
d'un bonnet court avec echarpe flottante, orne d'un collier et de brace- 
lets, et vetu de la peau de panthere au-dessus du pagne. Devant Pepi- 
6nkh-her-ab, juste au-dessus du pagne, figure son fils aine accompagne 
de sa legende explicative tracee en une ligne verticale de droite a gauche : 
(•— )^^| ^* — Pf !I*l<^1!f ' ^ "'^ ^* derriere lui, en face du pagne, 
on voit successivement un scribe tenant le rouleau et accompagne de sa le- 
gende ecrite devant lui en une ligne verticale («i— ) ^Z i m "1 1 P t ,^ j ® Tl 

Devant la figure du maitre est tracee une ligne verticale expliquant les 
divers tableaux representes en six registres superposes : ;^ j^ jy^ P [J 

Premier regislre. Le premier registre est un paysage de campagne, ou 
Ton voit a gauche un homme (— *) PtKI'^'^cT^kv jouant de la flute, devant 
un bouvier assis et regardant deux veaux : Tun saute devant un grand 
arbre en tournant sa face, tandis que Tautre met ses pieds de devant sur 
le bras gauche du bouvier et regarde le premier veau. Vient a la suite 
un bucheron qui, tourne vers le joueur de flute, une hache a la main, 
abat Tarbre precedent dont il a deja fait tomber une branche. Derriere 
cette scene sont representes deux oryx suivis d'une troisieme qui allaite 
son petit et qui joue avec une quatri^me a c6te d'un arbre. 

Deuxieme registre. Labourage : une vache qui se gralte le museau avec 
le pied de derriere est suivie dune charrue trainee par deux vaches et 
guid^e par un laboureur : un assistant presse I'attelage. Devant ce dernier 
un veau sautille en avant de sa mere; il est suivi de P | JH w T^^ ]^^^^ ^^ 
semence de la main droite et tient le sac de la main gauche. 

Troisieme regislre. Suite du labourage : deux charrues trainees chacune 



[22] — 230 — 

par deux vaches et guidees par deux laboureurs, la premiere par les 
nomm^s f i i et i^H? la seconde par •*--. 8 /j5Lv et HI. 

Quatrieme registre. Suite du labourage : a gauche, un paysan ^ ^ 
pique deux vaches avec un aiguillon qu'il tient a deux mains; une autre 
charrue est trainee par deux vaches et guidee par le laboureur ^ ^ . A 
c6te de I'attelage un autre paysan ^ ^ '^ ' — ^ brandit en I'air a deux 
mains un grand bAton pour presser les betes, dont Tune est menee par 
une corde tenue par un troisieme paysan qui dresse, semble-t-il, 
I'animal. 

Cinquieme registre. Suite du labourage : on y voit a droite deux vaches 
pretes a etre attelees, puis une charrue trainee par deux vaches et guidee 
par I ^"^ ^ . A cote de I'attelage ^''= j^ f \ pique les betes avec un aiguillon 
qu'il tient a deux mains. Un troisieme paysan ^ \ ^ traine I'attelage par 
une corde attachee aux bouches des betes. 

Sixieme registre. line bande de six boeufs, dont cinq a cornes marchant 
a la file; le premier boeuf a droite est le seul qui soil sans cornes, et le 
dernier saute sur I'avant-derniere vache pour s'accoupler avec elle. Pas 
d'inscription. 

RETOUR DU MOR. 

La paroi ouest fait un coude de o m. 96 cent, de largeur pres de la 
porte du serdah, apres laquelle elle reprend sa principale direction. Ge 
retour, dont la partie superieure manque, est convert de tableaux disposes 
sur trois registres superposes. 

Premier registre. Fabrication de la biere : deux hommes a droite bras- 
sent la pate dans un grand petrin, et un troisieme verse la biere fabri- 
quee dans une grande cruche; deux rangees de petites amphores sont 
placees cinq en haut et quatre en has sur deux tables basses, devant un 
homme assis a terre la jambc droite allong^e et la main droite dans une 
amphore couch^e qu'il tient de la main gauche; un autre homme verse 



— 231 — 



23 



egalement de la biere dans des amphores superposees, trois en haul et 
quatre en has. Legende disparue. 

Second regislre. Preparation de la pate par deux ouvriers; le premier a 
droite a la legende ^i J""" jy. 6t le second P-^-* j^^!I; ils ont cliacun 
un morceau de pate en forme d'cpuf et Ton voit entre eux un tas de 
pate JIKk. Derriere eux deux autres hommes debout s'adressant des 
paroles, a en juger d'apres la mimique de leurs mains, avec la legende 
"^ I *' 6t entre eux un grand morceau de pate ^1^. Ils sont suivis dun 
cinquieme ouvrier assis et tenant a cbaque main un morceau de pate 
rond devant un tas j^^. Au-dessus de sa tete on lit : (*— ) | J^ ^ P n 

Troisieme regislre. On y voit a droite deux cuisiniers assis autour d'une 
chaudiere plac^e sur le feu et surmont^e de "^ ^ ^ 5 1^ premier a droite 




Fig. 8. 



remue la masse avec une sorte de louche, le second active le feu. Plus 
bas, on lit au-dessus de deux hommes Tun a gauche : ^| "^ et Tautre 
a droite : \ [1*'»|^^- A gauche, derriere les cuisiniers, on voit une oie et 
des quartiers de viande suspendus et, au-dessous, deux hommes Tun assis, 
Tautre debout qui ont devant eux des pains accumules. A Icur suite se 
trouve un ouvrier assis et, devant lui, des pains accumules; au-dessus de 
lui il y a deux cruches (fig. 8). 



[24] 



— 232 — 



SUITE DE LA PAROI QUEST APRES LE RETOUR. 

Sur cette partie de la parol, qui mesurc /i m. 76 cent, de longueur, se 
trouvent trois tableaux allant de gauche a droite. 

Le premier a gauche represente assis sur une chaise le (— -^) 






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et a droite, egalement assis sur une chaise, le ("— ) 



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derriere lui son fils ^ \ ^ ^ ® j[) ^ ® -^ ^ se tenant debout posant la 
main gauche sur la poitrine et tenant avec Tautre main hh. Ces deux 
grands personnages ont devant eux de la volaille et un gueridon charge 
d'offrandes; sous chacune de leur chaise un levrier est accroupi, et sous 
le gueridon, a droite, sont deux sellettes dont Tune porte quatre vases 
lies J et Tautre une aiguiere dans une cuvette, puis, a gauche, une autre 
sellette portant une aiguiere dans une cuvette. Entre le premier per- 
sonnage a gauche et le gueridon on voit pres du plafond, accompagnes 
de ces legendes, les trois personnages suivants : (— •) 



C—J 



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1^ 

De ces trois personnages le premier est assis et ieve un objet indistinct 



233 — 



:25] 



sur un vase »; ie second se tient debout derriere le premier et lui verse 
de I'eau par-dessus la tete; le troisieme tient un long morceau de bois \ . 
Sous ces personnages on voit une table basse chargee de pains, de paniers, 
de fruits, etc. A droite de ces aliments, deux gerbes vegetales de cette 
forme J sont peintes en noir, et a gauche il y en a une seule de la meme 
espece. Au-dessus du gueridon est gravee une longue liste d'offrandes 
dont nous donnons ici la reproduction : (— *) 

1 2 3 4 5 6 7 8 9101113 



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— 234 — 



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Derriere le grand personnage de gauche il y avail une serie de figures 
detruites, mais il en reste quelques-unes avec leurs legendes. La premiere 
est assise : ("— *) ^Mfc*?^''? *^^, Iji seconde est eealement assise et 

porte le nom de : f J ^ ^ J ' — ^ '?'"@^ | ■ ^ Mi . 

Au-dessous de celte scene filent en marche dans le soubassement 



[28] 



— 236 — 



huit porteurs d'offrandes portant chacun une cuisse. lis sont precedes de 
cette legende verticale (•— ^) P i ^ P ^^ Tt^i ^^ accompagnes de leurs 
noms que nous donnons ici dans leur ordre : 






m 



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PtT^TA PtllT 



Vient ensuite cette legende : {*—*) P ' "^P ' ' ^^^ *'T^ 1 ""^ (l) j^ 
^ A»^C?l' ^*^^^ laquelle on voit un homme "] J ^"^ J P J^ conduisant un 
grand veau, de I'espece blanche tachetee de noir et sans cornes ^ | ^ , 
et un oryx ^ ^ | ^ , puis un autre conduisant une gazelle "^ ® | P 5w • 

Le second tableau mesure i m. 62 cent, de largeur; il consiste en une 
grande stele gravee sur le rocher en face du puits sepulcral , et contenant 
des prieres adressees a Anubis et a Osiris pour accorder les dons funeraires 
a Pepi-6nkh-her-ab, le chef prophete d'Hathor, maitresse de Gusae^'l 

La stele, en relief sur la paroi, est encadree d'un boudin enrubanne et 
surmontee d'une corniche a palmettes multicolores. 

Bandeau supSrieur. Le d^funt est represente a Textremite gauche, la 
grande canne a la main, assis sur une chaise a pieds de lion. Devant lui, 
inscription horizontale de droite a gauche : \ ^ ^ j^ ^ .^^__ ^ ^ ,<^__ ^ 



^'^ Le cercueil de P6pi-6nkh-her-ab rep^t^e dans ies proscyn^mes qui cou- 

nous donne pour la ville de iuAsyi, outre vrent les planches du cercueil romain 

le nom [^ ^, tS^^, connu d^jli, la dans le puits du d^funt, comme on le 

variante -• ^ P©. Cette denomination est verra plus loin. 



— 237 — [29J 

fb^rCDSfVif iZfrtrHETllfSdMl^Vl- 

Tableau. Le defunt est assis devant une table ^ au-dessus de laquelle 
on lit P f ^^ I ^ J I "u*' ^^ ^^^^ laquelle sont deux aiguieres avec leur 
bassin. Au dela de la table on lit : 

Bandeau infirieur : ^f^-^imZWZ (WU ^,4- 
Colonnes extirieures. Gauche : j ^ ^ '^ ^ ^ f^ ^ ^ P f ^ | 'u* 

i^>f^>i-n^^l-(Tnlf'i^^Droite:;|>^>i.1J 

iPfrti7n>^>i.n^il(TTni> 

Colonnes inUr'ieures. Gauche : j 4=_^ ' A T" — CT'lli^ Q lis ( ■ ! ! J 

■^?f:CinifVi;fn;ATg*»CD^-t7- 

Au-dessous de chaque colonne le defunt est represente debout, tenant 
la grande canne et le|, vetu dune shenli a tablier triangulaire empese. 

Enfin cette paroi ouest se termine, a droite de la stele precedente, 
par un tableau mesurant o m. By cent, de largeur, et donnant les essences 
canoniques rang^es en six registres superposes dont voici copie : (— *) 

• IT 7 7Tf T T ^ f ^ 



[30] 



238 — 



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PAROl NORD. 

Gette paroi, qui mesure 5 m. 117 mill, de longueur, consiste en un 
grand tableau qui represente a gauche pres de 
Tangle nord-est, le defunt (— >) assis sur une 
chaise devant un gueridon charge d'offrandes. 
II est coiffe d'une perruque evasee, barbu, par^ 
d'un large collier et de larges bracelets, v^tu 
d'un pagne; il pose la main gauche sur la poi- 
trine et il tend la main droite vers le gueridon. 
Sa femme est egalement assise sur une chaise 
plac^e en face de lui et surmontee de la legende 
ci-contre (— )• Elle 
tient a la main gau- 
che une fleur de lotus epanoui avec longue 

tige et a la main droite une autre fleur qu'elle 

flaire. Elle est coifl'^e de la perruque ^, 

paree d'un large collier, de bracelets, d'an- 

neaux aux pieds, et vetue d'une robe etroite. 

Elle est de belle taille et elle a le corps 

bien modele, sein arrondi, taille grele, et 

ses traits sont gracieux. Sous sa chaise se 

tiennent, traces a I'ocre, trois hommes debout, les bras ballants; celui 

du milieu depasse les deux autres en hauteur. II ne reste des noms que 



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^'^ Sur le monument la femme, qui a les bras ^cart^s, tient un sistre dans chaque 
main. 



— 239 — 



[31] 



Sous le gueridon dress^ entre le defunt et sa femme sont plac^es deux 
tabies basses : la premiere a droite porte deux aiguieres dans des cuvettes, 
la seconde a gauche quatre vases lies j . L'espace au-dessus du gueridon , 
entre les deux grands personnages mentionnes plus haut, est occupe par 
une longue liste d'offrandes dont voici copie : (•— ) 



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— 241 — 

25 a6 37 38 29 3o 3i 3a 33 34 



[33] 




Derriere cette scene, a droite et faisant suite, sont ranges cinq registres 
superposes, occupant en longueur ie reste de ia parol; les deux premiers 
comprennent les objets d'offrandes, les trois autres des porteurs d'offrandes 
marchant a la file. Gommencons par decrire les objets d'offrandes. Derriere 
la legende de la femme, pres du plafond, sont disposees deux rangees 
d'objets d'offrandes superposes. Dans la premiere on apercoit : 1" deux 
cboux sauvages entourant trois vases; 2° une table basse portant deux 

Annales du Service, 191 5. 16 



[34] — 2/12 — 

paniers ronds, fermes par des couvercles egalement ronds, et, sous la 
table, une cuisse; 3" des fruits dans des paniers, des figues dans un 
large panier et des choux sauvages. Dans la seconde rangee il y a : i° un 




Fig- 9- 

chou sauvage; a" une table basse portant deux paniers cbarges de fruits; 
3" trois vases J J J suivis d'un cbou sauvage; li° des fleurs et des boutons 
de lotus alternes, avec des objets d'offrandes (fig. 9). 

Entre la figure de la femme et le bandeau de sa coiffure on lit la 
legende | '^ f ^ J ^ \ ^ trac^e en couleurs devant le portrait d'un 
scribe qui tient une tablette. A la suite vient le | ffl J |J ^ ^ 4" 4" '*' ^1"^ 
apporte des oies et un cone de fruits, et qui amene un boeuf sans cornes; 
devant lui se dresse une tige de lotus terminee par un fleur ^panouie. 
Pres de cet bomme et lui tournant le dos, un autre homme, accompagne 
de cette legende (^— ) ^^'S^ \ !!l^ W ' ^^^^^ ^^^ deux cornes et la boucbe 
d'un oryx ^--p| lequel est pousse par un troisieme bomme. Derriere celui- 
ci il Y a un boeuf conduit par ^^ *7 HB et surmonte d'une leeende 

dont il no reste,|ue V^A^ -'nlW^B,. (V\\ ^\l- 

Plus bas se trouve une bande de porteurs d'offrandes marcbant a la file 
et qui commence apr^s la cassure signalee plus baut. Nous les indiquons 
ici dans leur ordre : 1° un bomme portant une oie, tenant le sceptre J, 
et qui a en plus trois vases pendus au bras gaucbe; 9' un bomme portant 
une gazelle et tenant a la main droite une cruche et un sac attacbe par 



— 2/(3 



[35] 



une corde au bras gauche; 3° un homme :^ -* jj|| ■ ^ portant un mor- 
ceau de bois au bout duquel est suspendue une tete de gazelle; il tient a 
la main gauche une cruche attachee par une corde et au bras droit trois 
vases egalement attaches; k° un homme 4^ -* jj? f^ portant un panier • 
a la main droite et une fleur ficelee sur le meme bras, puis un grand 
morceau de bois a la main gauche et un sac attache a son bras gauche; 
5" un homme portant un veau et une cruche a la main droite, et levant 
trois vases attaches avec son bras gauche; G" un homme portant une oie 
ainsi qu'une fleur attachees a son bras droit, et tenant une cruche a sa 
main gauche; 7" un homme portant une cuisse surfepaule droite et tenant 
egalement une cruche a la main gauche; 8° deux bouchers, le premier 
Jl I ^ -^ tenant a deux mains la jambe d'un boeuf et le second depecant 
Tanimal. 

Plus has figure une autre bande C|ui commence a gauche par un joueur 
de flute, 4" Jl4^^~T^^'^l'^' ^" ^^^^ ^^ trouvent deux harpistes 
femmes accompagnees chacune d'une legende exphcative : 1° ^^ ^^Z 







Fig. 1 o. 

y 1^- Chacune d'elles porte une chevelure noire finissant par une 
meche pendante et terminee par une boule de terre. A la suite il y a deux 
hommes assis et jouant aux dames; le damier porte des pions de deux 
formes difTerentes (fig. 10). 

Viennent a la suite sept hommes portant des oft'randes, dont le premier, 
qui parait ^tre le chef, tourne la face vers les autres; au-dessus court 
cette legende : ^^^^^^^, ' — ^i^TllSI'^S^i- ^^ premier 



^'' Le d^terminatif est un homme jouant de la longue flute. Ce signe manque. 

16. 



[36] — 2/i4 — 

tient trois oies de la main droite et un seau attache au bras gauche; le 

second ? 4^ "• jj^ | !^ ( ■ M J "?■ ' ^^^"^ ^'^^ ^^8^ ^^ ^^^^^ I ' ^^^^^ vases 
attaches a son bras droit, et il porte un panier a la main gauche; le 
troisieme, 4= '^ JI? 1 CT ® ^ f ® ^ ' P^'"'^*^ ^^ panier, une tige de lotus |, 
trois vases, unefleur; le quatrieme, ^ 'y' ' | jj^ â–  pp, porte deux paniers, 
trois vases et une fleur; le cinquieme, Pt *7" ^"^^ porte une gaxelle par le 
cou; lesixieme, ^^ ^ P^' poJ'te une gazelle, un panier et une fleur; 
le septieme, l^^^~^ ^ porte une boite. Derriere cette bande d'hommes 
on voit trois bouchers surmontes de cette legende : (*— ) ^ ■ <M,^'*^| 
ffij*^®, Le premier, ■ffTl^^I^'in? tient a deux mains un grand cou- 
teau; le second, IfTl^ T'j depece un boeuf et le troisieme, "f fTlP @ •> 
tient la jambe de cet animal. 

La derniere bande des porteurs d'ofTrandes est precedee de la legende 
ecrite en une ligne verticale : Pf'^^'^'^^- Nous les donnons en ordre : 

Le premier homme , ^ 4= # ^ P f Z^ I ' ! ^ ' P^i'te une cuisse ; le 
deuxieme, 5H4= # ^Pf Z^l^' ''^"^ "" panier; le troisieme, 4=/^* 
-kfiv-BlwIIIl' porte une cuisse; le quatrieme, 4. ^ffl "^p p, 
porte une cuisse; le cinquieme, 53 1h^ ^ 1 C!^ _jl_ â–  ' P^i'te une cuisse; 
le sixieme, | " J 5Z ^ ^ ^^ porte une cuisse; le septieme, 4= '^ JI^ 
2^, porte une cuisse; le huitieme, 4" "* ^iCT ® ^ f ® J^' P^^te une 
cuisse; le neuvieme, 4" "^ JtI ^ 'n'l I ""^ \'> poi'te une oie; le dixieme, 
+ ^JJ?ii^UJ'kl' PO»*te une oie; ^ onzieme, 4= ^ Jl? ^ ^ H' 
porte une oie ; le douzieme , 4=** jr?5l^niPfil«^lI5^®f®5^' P^^*^ 
une oie; le treizieme, 4='-'ji| ^ ^ !^H' P^rte une gazelle; le qua- 
torzieme, ^ | , tient un papyrus | a la main droite et un seau a la gauche; 
le quinzieme, ^ || ^ '^, porte une grue. Au-dessus des six hommes qui 
suivent on^hVcette legende :j||TlSTVW"^J^jii^^ 
■^^-•^'ST- ^^^ seizieme, ^'v^t^P^? porte dans sa main droite 
un panier de fruits et tient a la main gauche un fouet y\ ; le dix-septieme 
porte trois oies, un panier de fruits et un sac pendu au bras gauche; le 
dix-huitieme porte une oie et tient ^ a la main gauche; le dix-neuvieme , 
4= jj^ W ^ \ 1 porte sur ses epaules une gazelle et tient a la main droite 
une cruche attachee par une corde; le vingtieme, ^ "v" ^' porte un 
fouet, trois oies et un sac pendu au bras gauche; le vingt et unieme, 



— 245 — [37] 

^^p • ' porte une oie; le vingt-deaxi^me porte trois oies, un sceptre 
et trois vases pendus au bras gauche; le vingt-troisieme est un homme 
debout levant la main droite pour faire signe aux bouchers dont mention 
sera faite plus bas, et laissant retomber la main gauche. Cette bande 
d'hommes se termine par deux bouchers dont les noms manquent, mais 
au-dessus d'eux court cette legende : j^^ ^ \,~^ "^ \ "^ /"^-^ . Le premier 
tient dune main la victime et de I'autre un couteau, en tournant la face 
vers I'homme. Le second met le pied sur la victime et lui tient le cou a 
deux mains. 

LE SERDAB D. 

Au milieu de la paroi ouest et a un metre environ de hauteur, on a 
evide grossierement une espece de grand serdab d'un plan irregulier^^l On 
y a depose en face de la porte un groupe de deux statues en calcaire, 
representant ( 5 ^ ^ -^ ' et sa femme [^ ^ \^ , et dont nous parlerons 
plus loin (voir p. 268). 

LE PUITS FUNERAIRE DE PEPIONKHHER-Ib. 

Dans le coin nord-ouest on a creuse un puits qui mesure 1 m. /lo cent, 
de largeur sur 1 m. /|9 cent, de lon- 
gueur et 10 metres do profondeur. II 
dessert un caveau d'une forme irregu- 
li^re : on y avait creuse d'abord dans 
le sol , en face Tentr^e , une cavite rec- 
tangulaire pour recevoir le cercueil du 
defunt, mais lorsqu'on a vu que le pla- 
fond avait dans la masse rocbeuse une 
grande crevasse qui pouvait menacer 
Tappareil funeraire d'ecrasement en cas 
d'^boulement, on a menage une autre 
niche dans le rocher, au cote ouest de 




Fig. 11. 



la premiere cavity, et on y a depose le cercueil du defunt. Les trois parois 



'"' Ce «er«?ai mesure 9 m. accent, de porte a o m. 60 cent, de largeur sur 
longueur sur 2 m. 78 cent, de largeur; la 1 m. 25 cent, de hauteur au dehors, 



[38] — 246 — 

nord, ouest, sud de la niche prepares d'abord au-dessus de la cavite qui 
a re^u le cercueil, ont ^te ornees de tableaux, apres avoir ete couvertes 
d'une couche de stuc. Nous en donnons ici la description. 

PAROI SUD DE LA NICHE. 

Gette parol est ornee, a droite comme a gauche, d'une facade de maison, 
et Ton trouve trois registres superposes dans Tintervalle compris entre 
les deux : au rcgistre superieur qui est en haut, on voit, a droite, une 
cuisse sur une table basse, une table _t_ portant deux vases et posee sur 
une sellette, puis cinq vases allonges de formes varices. Au second registre 
sont inclus, a droite, quatre vases suivis d'une sellette, puis cinq vases 
ayant la meme forme que les cinq precedents et un grand pain ^1^ au- 
dessus de deux cuisses. Le troisieme rcgistre commence a droite par un 
gueridon portant un pain conique entre deux tetes de bceufs; il est suivi 
de cinq autrcs vases, puis dune table basse portant trois pains, enlin d'un 
panier contenant deux pains coniques et une tete de veau, au-dessous 
duquel est figuree une cuisse. 

PAROI OUEST. 

Au registre superieur on voit des amas de matieres |||, dans lesquelles 
sont gravees des inscriptions mi-hieroglyphiques, mi-hieratiques, alternant 
avcc d'autres noms de substances, toutes marquees du chiffre [£]. Le 
tout est pen net; on distingue ^™= et ®^ U ^ • Vers la gauche est 
trac^e une grande table _ji_ au-dessus de laqucHc est inscrit : P *^ ^ 2.' 
^^-'^., j~(l *? I j^ ^'»' egalement avec le nombrc [£]. Au-dessous 
s'alignent six coffres ]fi^ et quatre tas ^. 

Trois bandes rouge, blanche et noire ornent le soubassement. 

PAROI NORD. 

L'inscription +JLA!V;^t>S^VSri!l^!!est suiyie 
de trois tables basses p=^ au-dessus desquelles etaient tracees des inscrip- 
tions hieratiqucs comprenant surtout des chiffres. D'autres series de 

1 m. 10 cent, ^ I'inteiieur; ii ressemble cassure deni^re ie montanl de la porte 
a unfond de carri^re. L'ouvertiue de ia est large de 2 m. Aq cent. 



— 247 



[39] 



nombres accompagnent trois piles de sept pieces d'etoffe â– ^; sur les cotes 
on voit deux facades de maison. 



LE PUITS FUNERAIRE DE ^;^|E1*, 
FEMME DE PEPI-6nKH-HER-AB. 

Le puits a ete pratique dans le coin sud-est de la chanibre funeraire; il a 
1 m. 3o cent, de longueur sur i m. ao cent, de largeur et 5 m. 64 cent. 




Fig. la. 

de profondeur. II dessert un seul caveau dans le sol duquel on a creuse 
au cote ouest une niche, puis une cavite rectangulaire oii Ton a depose le 
cercueil de la dame. Les parois de la niche sont ornees de dessins et 
d'inscriptions comme pour le mari (fig. 12). 



PAROI OUEST. 



Cette paroi est ornee a droite et a gauche dune facade de maison 
coloriee. On lit sous les deux le proscvn^me : (— *) 4= ^ L \ '"■T A k 

Au-dessous, sur une meme ligne, on voit de gauche a droite : deux 
piles de six paquets d'etoffes •-■, deux tabliers 2? une paire de sandales, 
un bracelet en forme d'anneau fendu, deux objets J,. Les inscriptions 
numeriques accompagnant ces dessins ne sont pas nettes. 



[hO] 



— 2/18 



PAROI SUD. 

Un texte vertical :+:Li!Vi^!>^>i1t!T--H 
precede quatre grands coffres |j et huit tas ^ accompagnes dc Icgendes 
explicatives en hieratique. 

PAROI INORD. 

Les tableaux qui ornent cette paroi sont ranges sur deux registres su- 
perposes sans etre accompagnes d'aucune legende. 

Dans le premier registre on voit des vases portant des offrandes et des 
liquides, des quartiers de viande, un gueridon charge d'offrandes et enfm 





Fig. i3. 

deux t^tes de boeufs placees au-dessous du gueridon. Dans le second registre 
est figure egalement un gueridon charge d'offrandes et suivi des vases ainsi 
que d'une table basse portant trois pains et un panier. Sur le cote est de la 
cavite oil etait depose le cercueil on voit tracee a I'encre noire cette priere 
adress6e a Anubis : ^ ^ + _I_ i | V w t ^ » It: V>' 3^ ,Ti ! iX 
TtQB- Enfin, on a d^cor^ la paroi est du caveau d'une inscription 



— 249 



[41J 



comprenant la grande liste d'oftVandes qui commence par cette priere 

+ :L n V i r:^ I ^ -JK -> i. 1 1 1 :^j -. I^T'elle esl suivie a 
gauche des boeufs, des fruits dans leurs paniers, des vases, et a droite 

des cuisses de victimes. 

Voici la liste des offrandes : 



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— 251 — [43; 



LISTE DES OBJETS TROUVES 
DANS LE PUITS DE PEPI-6nKH-HER-AB. 

Vingt pains conserves dans des soucoupes rondes en bronze, objets 
rares. Six vases en albalre dont cinq sont de cette forme J (trois ont o m. 
1 1 cent, de hauteur et deux o m. i a cent, de hauteur) et un de cette 
forme 'Tl[ qui a o m. o65 mill, de hauteur. Douze vases en terre cuile de 
la forme |, dont quelques-uns sont encore bouches avec un morceau de 
terre cuite fixe avec de la glaise, tandis que d'autrcs ont ete debouches 
deja dans I'antiquite. lis portent ecrites a Tencre noire des legendes hie- 
ratiques, et ils contiennent Tespece d'orge connue en arabe sous le nom 
de <^^ vAx^. Ils varient comme hauteur entre o m. ^^ cent, et o m. 
2() cent, y compris les bouchons. 

Quinze vases de la meme forme que les precedents, variant entre 
o m. 26 cent, et m. 38 cent, de hauteur, lis renferment une espece 

de farine petrie appelee ¥ . Elle ressemble au pain de Nebak ou a celui 

I I I 
de Doum. 

Huit vases en terre cuite de la meme forme que les precedents; ils 
varient de hauteur entre o m. 97 cent, et cm. 3o cent, et contiennent 
une matiere appelee P ,^ , qui ressemble au pain de graine de lin ou de 
sesame. 

Sept vases en terre cuite, m^me forme que les precedents et dont 
quelques-uns sont bouches et portent le nom repete sur chaque vase 
en hieratique. Ils varient comme hauteur entre o m. 2/i cent, et o m. 
29 cent. 

Deux vases en terre cuite : Tun est de cette forme w et servait de 
soucoupe a Tautre qui est en forme de coquille. 

Une grande cruche en terre cuite de m. 5o cent, de hauteur. 

Quelques planches du cercueil de ce defunt, brise par les anciens vo- 
leurs, subsistent encore. Sur une planche detachee d'un des cotes lateraux 



[44] _ 252 — 

"^k^^HIXT'^^P® r®^Tl •?■ V I • ^'^ pi'oscyneme nous 
donne le prenom du roi Pepi a la place de son noni et ■« ^ P © comme 
variante de ^^q Cusae'^l Sur la face interne de cette planche on lit : 



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<'^ On remarquera que dans les ca- 
veaux funeraires on evite de faire figurer 
dans les inscriptions des personnages 



entiers; g^n^ralement on n'en repr^sente 
que la tete et les bras, ainsi que la 
signal^ derni^rement M. Lacau. C'est 



253 



[/i5] 



12 i3 i4 i5 16 17 18 19 20 



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par line preoccupation de cet ordre que 
pour eviter de reproduire le signe rtj 

on en a donne la lecture -"IP, et de 
m^nie dans le nom defjM JT©* 



le cartouche renfermant le nom terrestre 
Pepi a ^te remplac^ par le pr^noni O *<s;r 
^ I d'assimilation au soleil, qui ne pent 
porter aucun mal^fice. 

G. D. 



[46] 



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— 254 — 

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— 255 — [47] 
Sur une autre planche on lit a Texterieur : (*-*) 4^ _^ i | V^ i ,< 

A rint.5rieur on lit : (— ) + JL i i TiT V ffil- f V^ f J o" 

> T ^ r; :r; =^ f 1*.^+ -Kii^s ; ; ; I -ht+vi:;.!. 

A rinterieur sur la face d'une planche laterale on lit : (-'—•) 4^ _^ ^ \ 

vrj'tsiiffi-3:i^^Pi»(::^ip»i:i:i'S'^fi./^ 
Pi^^ii^iis.p^i®^Vipf:^!H^in>f.>i. 



Ici I'image de 
deux colliers 



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— 256 — 

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A Texterieur d'une planche du c6t6 des pieds on voit : (•— ) ;^|ffij 
Sur le cole interieur de la meine planclie : (*— *) ^ 4" P f Z!~i f ^ J 



Inscriptions 

en creux 

rehauss^es de bleu. 



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A rexteri eur du co te de la tele : (— )r?«^ + mmmT 

I J ^"^ I ( ® '"'^ ! ! J "f" T*V* ^ I'interieur de celte planche est peinte 

une facade de maison en couleurs sans etre accompagnee d'une inscription. 



LISTE DES OBJETS TROUVES 
DANS LE PUITS DE LA FEMME DE PEPI-61SKH-HER-AB. 

Un disque de miroir en bronze avec le haul du manche en forme de 
fleur -fK. 

Deux bras de statuette, en mauvais ^tat; longueur m. qA cent. 



-^ 257 — [^9] 

Deux couteaux en silex, tallies a grands eclats; I'un a o m. 17 cent, 
de longueur et I'autre o m. laB mill. 

Pot a colly re en albatre de la forme |; hauteur m. 08 cent. 

Un vase en albatre de la forme ^, m. 10 cent. Le bord en est ebre- 
che, mais il est de bonne execution. 

Onze petites soucoupes rondes de m. o5 cent, de diametre chacune; 
elles contenaient des pains, comme les grandes soucoupes ramassees dans 
le puits du mari et dont mention a ete faite plus haut. 

Un pot a coUyre en bronze, avec baguette egalement en bronze, forme 
cylindrique ^; hauteur o m. o65 mill. 

Cinq lames de baches en bronze de la forme 9. 

Sept lames de couteaux ou de lances; longueur cm. 192 mill. 

Sept lames de ciseaux en bronze; longueur m. 089 mill. 

Sept autres lames de ciseaux en bronze; longueur m. 09 cent. 

Huit lames droites en bronze; longueur m. 079 mill. 

Onze pointes mousses a coUyre; longueur m. 08 5 mill. 

On a recueilli egalement dans ce puits funeraire quelques planches du 
cercueil qui nous donnent les formules ecrites sur les c6tes des pieds et 
de la tete : 

Une seule planche pourrie provenant du cote longitudinal du cercueil 
de cette dame subsiste encore. Elle est decoree d'une seule ligne de gros 
caracteres rehausses de bleu : 4-_I_i|Vljiiffitl-1It^S^V-^ 

Le cercueil etait en bois mince et dur, mais celui de son mari etait en 
bois dur et epais. La gravure etait dans I'un et Tautre soigneusement faite 
en creux et rehaussee de bleu. Les voleurs, qui ont viole ces deux puits, 
y ont d^truit tous les objets de valeur et nV ont laisse que ceux que nous 
avons notes plus haut. 

Annales du Service, 191 5. 17 



[50] _ 258 — 

LES STATUES DU SERDAB D. 

Dans le serdab ou niche de forme irreguli^re D, place en arri^re de la 
salle C, se trouvait a i m. 80 cent, en face et a 1 m. 80 cent, de I'ouverture 
un groupe de deux statues en calcaire (hauteur de la chaise m. 97 cent., 
longueur m. 63 cent.; hauteur du groupe au-dessus de la chaise m. 
67 cent.), representant, assis sur une meme chaise, Pepi-6nkh-her-ab 
et sa femme | "^ | S ^* ^^^ niari est coiffe de ^, vetu du pagne et il pose 
les mains sur les genoux; la femme, qui est grasse de corps, passe le bras 
droit derriere le dos de son mari pour Tembrasser, tandis que le bras 
gauche est plie et que la main tient le bras gauche du mari afin de lui 
temoigner son tendre amour. Elle est coiffee d'une perruque ^vasee et 
v^tue d'une robe etroite, a la mode des dames egyptiennes. Les seins sont 
ronds et la figure est gracieuse, mais les traits du mari sont serieux. II a 
recu une petite cassure au genou droit. Aucune inscription. YP dynastie. 

Ahmed bey Kamal. 



UN 

MONUMENT DU TEMPS DES HYKSOS 

PAR 
M. GEORGES DARESSY. 

Parnii les objets sortis des fouilles de M. Naville a Teil el Maskhouta 
en i883 figure un monument qu'il a mentionne comme suit dans son 
memoire The Slore-Cily of Pilhom^^^ : «It does not appear that the kings 
of the twentieth dynasty did anything for Pithom. It is possible, however, 
that to the reign of one of these sovereigns we may attribute a calcareous 
stone with three faces on which there is represented a king worshipping 
Horus. This king had evidently returned from a successful campaign, for 
on one side he is seen bearing his mace and his bow, while, on the other, 
he holds by the hair a prisoner with his hands tied behind his back. The 
two broken cartouches, traces of which are still visible, are impossible 
to decipher, v 

Je ne suis pas d'accord avec Tauteur de la decouverte sur I'epoque a 
attribuer a cette pierre a laquelle je reconnais un interet bien plus consi- 
derable que celui que lui-meme y avait attache. 

II est assez difllcile de definir le monument, qui est en calcaire blanc 
assez tendre et dont, la partie sup^rieure etant bris^e, la hauteur maximum 
est de o m. 3/i cent. C'est une sorle de borne dont la face principale (A), 
verticale, mesure o m. 3(|5 mill, de largeur a la base et o m. 98 cent, 
vers le haut; les aretes lat^rales B et (1 ne sont done pas parallMes : 
elles presentent une inclinaison telle que si elles se prolongeaient en ligne 
droite elles se rejoindraient a environ 1 m. 10 cent, de hauteur. La face 
post^rieure est a peu pres parallMe a la face anterieure, mais n'a que m. 
1 15 mill, de largeur a la base; quant aux c6les ils n'offrent pas des plans 
reguliers, comme dans les steles ^gyptiennes de type courant : un panneau 
de o m. 18 cent, de largeur est contigu a la face principale et rejoint 
Tarriere par des pans tailles irregulierement en forme de triangles, de 

^'^ 1" edition, p. 1 1 ; ^' Edition, p, li, pi. VI. 

" 17- 



[2] — 260 — 

trapezes, etc. II est regrettable que la partie sup^rieure du monument soit 
d^trulte et n'ait laisse aucune indication sur la mani^re dont elle 6tait 
comprise. M^me en admettant qu'un cintre s'arrondissait au-dessus de ce 
qui nous reste, I'epaisseur de la pierre, o m. aS cent., nous defend de la 
placer a c6t(5 des steles ordinaires et si les faces laterales montaient jusqu'a 
se rejoindrc, ce monument a front triangulaire n'en offrirait pas moins 
un aspect insolite en archeologie nilotique. 

Trois c6tes seulement sont sculpt^s : les planches I et II donnent la 
reproduction photographique des scenes qu'on y voit actuellement. A pre- 
miere vue on apercoit en A un roi faisant offrande a un Horus hi^raco- 
cephale couronne du pchent; en B et G le souverain est debout, tourne 
vers la face principale; en pr^tant un peu d'attention on remarque que le 
trace n'est pas net dans aucun des tableaux; les membres paraissent dou- 
bles, les attributs sont confus et Ton reconnait vite que tons les person- 
nages ont ete retouches; on avait sans doute rempli de platre les traits 
inutiles qui n'avaient pas ete grattes, mais le masticage est tombe et les 
traces s'enchevetrent actuellement. Si Ton cherche a reconstituer les sujets 
tels qu'ils ^taient primitivement et apres les modifications, on retrouve les 
marques de deux epoques differentes et je vais indiquer les resultats de 
cette etude d'un veritable palimpseste. Les croquis qui accompagnent le 
texte permettront de se rendre compte des transformations subies. 

TABLEAU A. 

Etat ancien. — A droite un roi est debout, adorant une divinity qui lui 
fait face. II a la tete nue et les cheveux ras, ou bien est coiff^ d'un serre- 
tete; son costume est une ch'enli doni I'etofl'e transparente laisse voir les 
jambes; un grand poignard a large pommeau plat est passe presque hori- 
zontalemenl dans la ceinture. Le mauvais ^tat de la pierre ne permet pas 
de determiner exactement ce que tenait la main droite : quelques traits, 
dont ceux caracteristiques d'une base, semblent indiquer que le roi pr^- 
sentait un brasier J. La main droite ramen^e sur la poitrine serrait un 
objet a long manche qui me parait avoir ^te une rame dont des vestiges de 
la pale subsistent devant la chenti. La rame se voit frequemment tenue dans 
cette m^me position par le roi sur les bas-reliefs representant la course 



— 261 — 



[3; 



traditionnelle du souverain autour du terrain des edifices a fonder (''; le 
brasier ne m'est pas connu comme figurant dans les memes scenes mais 
ceci rappelle le sceau (?) \ que les pharaons tiennent parfois dans les 
memes occasions; si Ton veut admettre qu'au lieu du brasier on avait sur 
notre pierre un vase { , au lieu d'etre lenu par le pied comme d'babitude 




Fig. ,. 

ce vase aurait du ^tre tenu par la partie la plus large ou par le col. line 
autre difference entre noire tableau et ces representations c'est que le roi n'y 
est pas figure courant, mais marchant simplement a grands pas (fig. i). 
La taille du dieu est un peu superieure a celle du roi; comme lui il 
est vetu d'une chenii legere, il tient en mains le sceptre ] et le signe de 
la vie •^. Ce dieu a une tete de faucon, mais je crois que le pchent qui la 
surmonte n'appartient pas a I'image premiere; au-dessus de la tete on 



''^ Cf. A. MoRET, Du caraclere religieux de la royaute pharaontque , p. 262 ; H. Kees, 
Der Opfertanz des agyptischen Konigs. 



[U] _ 262 — 

reconnait les traces de deux lignes droites formant un angle : je crois 
qu'ii y avail la une figuration dc Hor-Soupti, qui est en effet represents 
coifTe ^. Le dieu Soupti, protecteur du W" nome de la Basse-Egypte et 
vainqueur des Asiatiqucs, avail comme symbole une figure triangulaire 
dont la nature n'avait pas ete determinee jusqu'a present; ii est possible 




Fi{r, 2. 

que ce symbole, qui Stait conserve dans le Serap6um du nome Arabique, 
ait ete une pierre sacree, vaguement pyramidale, sur le modele de laquelle 
aurait ete taillS le monument qui nous occupe. 

Etat recent. — La chevelure du roi est retoucbee de maniere a former 
une perruque coupee droit en dessous pour dSgager le cou; le profil du 
visage est probablement modifie : un leger encroutement salin de la pierre 
empeche la verification. La clienti est prolongee en avant en un tablier 
empesS, en utilisant une partie du trac6 dc la rame. Les jambes sont 
rapprochSes, rendues moins Spaisses et farriere de I'ancienne jambe 



— 263 



[5] 



devient la queue appendue a la clienti du souverain. Les deux bras sont 
refails; ils sont releves et porles en avant : la main droite presente une 
fleur de lotus tandis que la gauche fait un geste d'ado ration. Devant le 
roi on grave tres legerement un 
vase a eau lustrale ^ pose sur un 
autel et surmonte d'une fleur de 
lotus (fig. 2). 

L'etat du monument laisse diffi- 
cilement reconnattre les modifica- 
tions subies par I'image du dieu; 
il me semble y distinguer quel- 
ques elements, menton, ceil, dune 
figure humaine. 

Le bas-relief qui avait ete scul- 
pte, peut-etre a Saft el Henneh, 
avec representation du dieu Sou- 
pti protecteur du XX* nome, au- 
rait ete change , apres son trans- 
port a Tell el Maskhouta , pour se 
rapporter a Toum, le dieu du 
VIII* nome, et c'est pourquoi Ton 
aurait la tete humaine coifTee du pclienl f". En meme temps on allegea les 
membres, on rapprocha du corps le bras droit tenant le •^, et le sceptre ] , 
qui ^tait tres incline, fut rapproche de la verticalc. 

Jc reviendrai plus loin sur les fragments de legcnde graves vers le haut 
du tableau. 

TABLEAU B. 

Etat ancien. — Personnage debout tourne vers la droite; le haut de la 
t^te, qui etait rasee ou couverte d'un serre-tete, est brise (fig. 3). La clienli 
semble avoir ^te tripartite; dans la ceinture devait etre passe un poignard 




t'^ Le transfert du monument n'est 
cependant pas certain : le culte d'Hor- 



Soupti s'eiait r^pandu dans le Ouady Tou- 
milat comme le prouve la statue trouv^e 



[6] 



264 



dont la moitie sup^rieure a ete eft'acee plus tard; la main gauche tient 

par le milieu un boumerang — • 
ou casse-tete, la droite serre un 
baton. 

Etat regent. — La tete est tra- 
vaillee de facon a ce que le roi 
paraisse coiffe du nemes dont la 
patte tombe sur la poitrine; la 
ceinture de la chenti est elargie de 
Tarriere; les jambes qui etaient 
tres fortes et ecartees sont amin- 
cies et rapprochees. Le casse-tete 
que tenait la main gauche est 
elargi et devient un lien '^ pour 
attacher des prisonniers; quant au 
bras gauche, il est legerement al- 
longe et au baton primitif on subs- 
titue une massue. 

Devant le roi il ne subsiste de 




Fig. h. 



la legende que le signe final |; derriere lui on lit verticalement : [{(f ] 

TABLEAU C. 

Etat ancien. — La tete du roi, qui ne semble pas avoir ete retouchee 
depuis, est d'apparence tres energique et depourvue de coiffure. La chenti 
a fente verticale et en etoffe transparente a une ceinture assez large dans 
laquelle est passe un poignard a pommeau plat. La main droite tient une 
longue canne et en meme temps saisit par une meche de cheveux un pri- 
sonnier qui est souleve de terre, la pointe du pied touchant a peine le sol, 
dont les bras sont lies derriere le dos f - On ne peut distinguer les carac- 
teres ethniques de ce captif dont le cr^ne est tres d^veloppe en arriere 



a Tell el Maskhouta par M. Naviile (pi. 5) 
portant des inscriptions d^montrant que 



le prince .^ ^tait chef des proph^tes de 
ces deux divinit^s h la fois. 



— 265 — 



[7] 



et qui est vetu d'une chenti. II se pourrait que cette scene appartint seu- 
lement au second etat et que le roi eut tenu primitivement une simple 
canne; pourtant le groupe du roi et du prisonnier tenu par la chevelure 
est d'origine si ancienne, puisqu'on le voit deja ligurer dans les bas-reliefs 




Fig. 5. 



Fig. 6. 



de Snefrou au Ouady Maghara^'^ que je ne trouve aucune difficulte a 
I'attribuer au sculpteur originel du monument (fig. 5). 

La main gauche tenait obliquemenl une arme, baton ou casse-tete, 
dont, a part le mancbe, il ne subsisle que de faibles traces. 

Etat recent. — La coilTure est modifi^e pour representer une masse 
de cheveux tombant sur le con; le buste et les bras sont amincis; les 
jambes sont rendues moins massives et celle en arriere est legerement 
avancee. Le bras gauche est allonge et la main serre une hache dont la 
lame se profile sur la pointe empesee qui a ete ajoutee a la clienli (fig. G). 



^'^ Ges bas-reliefs du Sinai sont maintenant au Mus^e du Caire. 



[8] _ 266 — 

De la legende qui fut Inscrite devant le rol il ne siibsiste que ^ ^ ^ 
] V^, tandis que derriere lui on ilt la formule ^^'filf'^TS!!*!! u* 

II est Ires regrettable que ce monument ne nous soit pas parvenu dans 
son etat primitif ; cependant les restes de la gravure originale sont assez 
nombreux pour nous permettre de retablir dans ses grandes ligncs le 
premier aspect et nous montrer que le roi ici figure avait tons les attributs 
caracteristiques des oeuvres du Moyen Empire post^rieures a la XII' dy- 
nastie. Bien plus, si au lieu d'Hor-Soupti j'avais pu distinguer parmi les 
images divines des traces de I'animal symbolique du dieu Set ou Soutekh , 
je n'aurais pas besite, etant donne surtout la provenance du monument, 
a Tattribuer a I'un des rois Hyksos. 

Si Ton compare les tableaux avec les figures d'immigranls asiatiques 
des tombes de Beni Hassan ou avec celles gravees sur le poignard de ^ 
,||^A-p(,) ^^ ^^ p^^^ manquer d'etre frappe de la similitude des details : 
la coifl'ure et le vetement sont les memes, le bounierang, qu'on ne voit 
guere dans les mains des rois purement egyptiens , est represents dans les 
deux cas : ce que j'avais pris pour un carquois est manifestement un poi- 
gnard porte de la meme facon en travers de la ceinture. 

II ne subsiste rien des inscriptions primitives : celles qui restent datent 
de la refection du monument. La legende du dieu est totalement detruite; 
quant a celle du roi, qui est tres fruste, comme en fait foi le croquis de 

M'°' Naville , il n y a aucun doute qu'elle ne doive se completer I ^ (o^ Miiiiij 

I H (TliTT^jl I A "f"!- ^'^^^ *^^"^ ^ ^^^^ ^'' 4"*^ ^'°" ^^^* ^^ ^'^*°"" 
cbe du monument; il semble, du reste, que sur le tableau A on ait alors 
tents de donner au souverain le profil bien caracterise de ce roi, tout en 
lui ajustant la coiffure a la mode de son temps. 

Si done il nous est interdit d'attribuer carrement la pierre a un roi 
Hyksos, il est a pen pres certain qu'on doit la reporter a une epoque ou 
la population asiatique etait preponderante dans la Basse-Egypte a un tel 
point qu'on n'hesitait pas a representer le Pharaon avec les attributs des 
princes Strangers. 

'"' Daressy, Un poignard du temps des rois Pasteurs, dans ies Aniiales, t. \II, p. 1 15, 



— 267 — [9] 

Sur ia face principale a defaut de texte oiTiciel on peut distinguer avec 
quelque attention des graffiti : un certain T ilf ''^'~~ jfi Y ^ trace legere- 
ment son noni a deux reprises. Malheureusement ce nom n'est accom- 
pagne d'aucun titre et Ion ne sait s'il a ete mis pen apres la dedicace du 
monument : on peut seulement remarquer qu'ii a ete porte au Moyen 
Empire et sembie n'etre qu'une variante de celui du Divin Pere '^ ^ * — 
qui fut pere de Neferhotep-o A^ et de Sebekhotep-o J^|. Les noms 
des Pharaons de la XIIP a la XVIP dvnastie recueillis dans le nord de 
TEgypte sont tres peu nombreux; or parmi eux se remarque justement 
ce Sebekhotep dont on connait un sphinx trouve a Atfieh ''^, une pierre 
provenant apparemment d'Heliopolis '-', et une grande statue enlevee a 
Tanis t^l L'hypothese serait-elle trop bardie de supposer que la pierre de 
Tell el Maskhouta a ete sculptee en Thonneur de ce roi, a la suite d'une 
campagne dans laquelle il aurait refoule les Hyksos deja maitres des fron- 
tieres orientales du Delta et reuni tout le pays sous son sceptre? Mais alors 
pourquoi Sebekhotep se fait-il representer sous les apparences d'un de ces 
etrangers abhorres? Tout ce qui concerne les Pasteurs est encore entour^ 
de mystere et ce serait un point historique important qui serait fixe si 
Ton pouvait etre certain qu'a Tepoque de Sebekhotep-o •! les marches 
nord-est de I'Egypte etaient d^ja sous Tinfluence des Asiatiques. 

On voit sur les planches representant les faces gravees de grandes 
lignes sans rapport avec les scenes en travers desquelles elles sont tracees 
tres legerement; ce sont des marques faites par des visiteurs antiques. 
Sur les cotes non decores Ic nombre de lignes ainsi creusees au hasard 
est bien plus grand encore et la pierre en est eraillee en tons sens. Au 
milieu de cet cnchevetrement on peut cependant reconnaitre quelques 
veritables dessins. Sur le c6t6 adjacent a la face B une sorte de damier 
dont les cases sont alternativement unies et marquees d'unc croix x sembie 
etre la robe d'un personnage phalhque d'un trace tres primitif, dont nous 



.<') Musee du Gaire, Guide igio, g ■"•^ * : ie bloc employ^ dans ia 

n" 263. muraille du Cah'e est a reslituer a Aah- 

'*' Annales, t. XII, p. 285. Dans le m6s I", 
meme article, c'est par un facheux lapsus t"^' Mus^e du Caire, Guide igi5, 



que J 



'ai attribu^ a Ramsfes I" le cartouche n" 622. 



[10] — 268 — 

n'avons pas la partie sup^rieure. A c6te on voit le croquls d'un homme 
debout, une grande canne a la main droite et une massue (?) dans la 
gauche : ce serait une imitation du tableau G. 

Dans le voisinage du tableau C sont groupees trois esquisses aussi sim- 
plistes (fig. 7). En bas un homme tenant un baton et une massue (?) 

tourne a gauche : juste au-dessus on a 
figure un quadrupede qu'a sa queue tom- 
bante et a sa criniere herissee on ne pent 
hesiter a prendre pour un cheval; le 
profil de la tete est du reste assez bien 
rendu, tandis que les sabots sont mar- 
ques par de simples traits en spirale. De 
la tete du cheval partent deux trails qui, 
s'ils ne sont pas accidentels, figureraient 
des renes venant se reunir dans la main 
d'un autre personnage place un pen au- 
dessus et en arriere, qui ne semble pas 
avoir 6te termine; on ne distingue rien 
qui puisse faire supposer Texistence d'un 
char. 

Si Ton songe que Tintroduction ou tout au moins la multiplication du 
cheval en Egypte est generalement attribuee aux Pasteurs, on conviendra 
que c'est une coincidence etrange que celle de la representation de cet 
animal sur un monument orn^ de figures offrant les attributs caracteris- 
tiques des conquerants asiatiques. Jc crois done pouvoir affirmer que si 
cette pierre n'a pas ele faite pour un roi Hyksos, elle a ete sculptee a une 
6poque oil TEgypte luttait pour maintenir son independance contre le Hot 
des populations etrangeres venues de TOrient. 




G. Daressy. 



LE 

PREMIER PROPHfeTE D'AMON 
AP-OUAITOU-MES 

PAR 

M. GEORGES LEGRAIN. 

En mars 191 A, je denichai chez un marchand d'antiquites de Louq- 
sor, le bon vieux Haggi Mohammed Moasseb, quatre petits morceaux de 
bois dont il me fit cadeau «pour ma collection ». N'ayant jamais eu la 
moindre collection , je ne puis mieux faire que de les offrir, au nom de 
Mohammed Moasseb, au Musee du Gaire''l 

Ges quatre morceaux sont tailles dans un bois ires dur, brun fonce, qui 
parait etre de Tacacia. Je ne suis pas botaniste. 

Le plus grand est brise et ne mesure plus que m. 186 mill, de lon- 
gueur, m. 087 mill, de largeur et m. oo/i mill, d'epaisseur. 

Une inscription horizontale dont les hi^roglyphes graves en creux sont 
encore remplis d'un mastic qui, jadis jaune, est aujourd'hui blanchatre, 
montre que le morceau A doit etre place horizontalement. 

Les morceaux B, C et D mesurent o m. 078 mill, de hauteur et m. 
019 mill, de largeur; leur epaisseur (o m. ooli mill.) est la meme que 
celle de A. 

Une inscription verticale gravee sur la face exterieure des morceaux B, 
C et D montre qu'ils devaient etre places verticalement par rapport a A. 
Les hieroglyphes sont graves en creux et remplis du meme mastic que 
ceux de I'inscription de A. 

Le morceau D a gard^ sur ses tranches laterales des traces de sciage 
qui ne se retrouvent plus sur les autres morceaux. Ges traces sont visibles 

(•) Num^ro d'entr^e 45386. 



[2] — 270 — 

sur ies deux tranches : elles sont obliques et font, avec rhorizontale, un 
angle d'environ 60 degres. Leur parall^lisme est parfait et nos machines 
perfectionnees d'aujourd'hui ne feraient pas mieux. Elles sont plus rap- 
prochees sur la tranche gauche que sur celle de droite. A gauche, on 
compte environ dix traits par centimetre et, a droite, moins de huit. L'in- 
clinaison va de has en haut, de la face exterieure vers Tint^rieure. Ge travail 
est si parfait que nous aurions pu croirc a une retouche moderne a la 
lime ou a la scie si ces vieux morceaux dc hois ne gardaient encore des 
morceaux de paille tres fine (morceau B) ou des residus provenant de la 
decomposition de matieres organiques putrescibles. 

Si nous cherchons a reconstituer I'objet dont firent parlie ces quatre 
morceaux de hois, nous aurons hientot I'idee qu'il s'agit d'un coffret con- 
struit avec quatre angles verticaux relies entre eux par des handes hori- 
zontales semblables a A. Les pieces B, G, D, convenahlement espacees, 
sont placees verticalement entre ces handes horizontales. Nous ohtenons 
ainsi une sorte de silhouette, de carcasse a claire-voie, qui ne peut ^tre 
qu'un meuhle inacheve. 

Geux qui s'occupent d'archeologie egyptienne savent que les traces de 
travail telles que les traits de scie ne restent pas visihles a la surface d'un 
monument pharaonique achev^. Nous concluons de ceci que, entre les 
pieces verticales B, G, D, epaisses de o m. 00 li mill., il dut exister des 
panneaux intermediaires de meme epaisseur que les montants verticaux 
et hauts comme eux de o m, 078 mill., dont la face exterieure s'alignait 
avec la face exterieure des montants verticaux dont ils cachaient les tran- 
ches laterales et les traces de fabrication que nous y avons constatees. 

Ges panneaux ne peuvent pas avoir ete du meme hois que les montants. 
Aprk avoir vu et etudie les meuhles qui sont gardes dans nos Musees, je 
ne crois pas me tromper en pensant que, selon la mode de la XVIII* 
dynastie, ces panneaux intermediaires etaient en verre, en email ou en 
terre ^maill^e. 

Si, d'autre part, nous examinons la tranche de la piece A superieure et 
les tranches sup^rieures et inferieures des montants B, G, D, nous ne 
trouvons ni tenons ni mortaises, d'ou nous concluons que handes hori- 
zontales, montants et panneaux Etaient places les uns contre les autres 
formant ainsi une sorte de mosaique. Mais, si hien qu'aient ete collies par 



271 — 



[3] 



leurs tranches les pieces de cette mosaique , elie etait trop grande en m^me 
temps que trop mince pour pouvoir durer quelque temps. Comme toute 
mosaique, elle devait etre appliquee sur un fond plus solide et, dans I'occur- 
rence, celui-ci etait compose des planches formant I'interieur du coffre dont 
la mosaique etait le revetement exterieur et la decoration. Des meubles 
et des fragments de meubles nous ont appris que le platre fin servait de 
liaison entre les pieces de la mosaique et le support. 

Ces fails etant acquis, pouvons-nous savoir quelle etait la destination 
et la forme de ce cofl'ret? 

On remarquera que les textes verticaux font toujours precMer les titres 
et le nom du proprietaire du cofFret du titre funeraire entre tons : wL'Osi- 
risw auquel en B vient s'adjoindre celui non moins funeraire de Makli^rou 
« Juste de voixw. 

L'inscription de A vient confirmer rindication fournie par les textes de 
B, G et D : wProscyneme a Ptah-Sokar-Osiris dans le sarcophage et aux 
dieux qui sont dans la necropole thebaine. . . ». 

Si, maintenant, nous mettons les quatre pieces a la place qu'elles occu- 
perent probablement jadis (toutefois I'^cartement des montants et la largeur 
des panneaux est arbitraire sur notre dessin) nous obtenons le resultat 
suivant : 



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Nous observons alors que les quatre textes se lisent dans le meme sens, 
de gauche a droite, ce qui indique qu'ils proviennent d'une seule paroi 
du coffre, probablement la gauche. 

La disposition obtenue par le r^tablissement de cette paroi nous fait 



[It] — 272 - 

penser a celles des grands sarcophages de Youa et de Malierpra qui 
comprennent cinq panneaux divises par quatre montants dores. II nous 
manquerait done un des petits montanis pour avoir ia serie complete 
formant la paroi gauche de ce sarcophage votif qui, si nous prenons le 
texte au pied de la lettre, renferma peut-^tre(?) une image de Ptah-Sokar- 
Osiris ou quelque offrande. 

Nous avons remarque deja deux fois que ce monument devait dater de 
la XVIIP dynastie par certaines particularites archeologiques que nous 
y avons relevees. Le style des hi^roglyphes, le mastic jaune qui les remplit 
jadis, indiquent encore cette epoque el le tout fait penser a ce coffret 
d'Amenophis III dont Mariette Irouva les fragments dans la Vallee des 
Rois et qu'il publia dans ses Monument divers , pi. 36, a. 

Tons ces faits permettent de penser que le propri^taire du petit sarco- 
phage votif dont il nous reste a nous occuper vecut a la fin de la XVIIP 
dynastie et probablement avant la revolution atonienne. 

Les textes B, G et D sont ainsi concus : 



Texte B. 


.<«>- .=»_-l % ,=—1 11 1 yw«~A f=*# III •— 


Texte G. 


^iii^rF;r;i!i-|-Vftif. 


Texte D. 


^iM-ltlli~l=i^ffi1- 



Piece B. r^L'Osiris, Prince hereditaire. Premier Prophete d'Amon AP- 
OUAITOU-MES, juste de voix. v 

Piece G. (^L'Osiris, chef des Prophetes des Maitres de Thebes, Premier 
Proph^e d'Amon AP-OUAITOU-MES. v 

Piece D. wL'Osiris, favori du dieu hon, Premier Prophete d'Amon 
AP-OUAITOU-MES. r, 

Voila, pensons-nous, une titulature reguliere qui donne plein droit a 
rinconnu AP-OUAITOU-MES de prendre rang dans la liste deja longue 
et toujours incomplete des Premiers prophetes d'Amon. 

M. Daressy a bien signale dans le Recueil de Iravaux (19-90) un Pre- 
mier prophete d'Amon Api-Mes qui paratt avoir vecu sous la XIX" dynastie. 
II ne peut ^tre confondu avec Ap-ouaitou-mes que nous croyons ^tre le 
premier a signaler au monde savant. 

G. Legrain. 



LA LITANIE DE OUASIT 

PAR 

M. GEORGES LEGRAIN. 

Jusqu'en 1909, le sol antique sltue a Tangle sud-est de la Salle Hy- 
postyle du temple d'Amon de Karnak etait convert d'une couche de decom- 
bres qui, en quelques endroits, atteignait jusqu'a sept metres de hauteur. 
Une serie de photographies faites a cette date et avant, le lisere hrun^tre 
qui court encore sur les murailles me rappellent et montrent I'etat dans 
lequel se trouvaient alors ce chaos et ces hautes buttes de decombres sous 
lesquelles je devais decouvrir, en 190/1, la cachette de Karnak. 

Sur et dans les decombres gisaient des blocs provenant des murs ecrou- 
les aujourd'hui. Geux du nord avaient jadis surmonte le texte fameux du 
Poeme de Pentaour qu'illustra M . le vicomte Emmanuel de Rouge. Ceux 
provenant du mur de I'ouest qui rejoint la Salle Hypostyle avec I'aile 
ouest du septieme pylAne furent decouverts Tun apres Tautre. 

Tons furent transportes dans un magasin provisoire d'ou ils reviendront 
en temps voulu reprendre la place qu'ils occupaient jadis dans le monu- 
ment. Je ne traiterai aujourd'hui que de ceux du mur ouest. 

Je remarquai, parmi ces blocs, quelques-uns qui, sur leur face exte- 
rieure, gardaient graves des fragments d'une litanie dans laquelle ^taient 
^num^rees de nombreuses deesses egyptiennes et le lieu oii elles recevaient 
un culte. Je classai ces blocs et, grace a ce travail, ingrat entre tons, je 
rebatis le pan de mur detruit comme j'en ai rebati bien d'autres non 
moins interessants. 

En copiant et traduisant les textes graves sur ces blocs alors epars, 
je m'etais apercu qu'ils n'etaient autres que des fragments d'une litanie 
recitee par la d^esse ^ponyme thebaine Ouasit. Elle datait de Ramses II, 
mais elle avait ete usurpee, quant au cartouche, par Seti II. Je m'a- 
percus aussi qu'elle se retrouvait presque enti^rement dans le sanctuaire- 
reposoir de la barque sacree d'Amon dans le temple de Ramses III du 
grand temple d'Amon a Karnak. Nous possedions ainsi deux Editions d'un 

Annates du Service, tgiS. 18 



[2] — 274 — 

texte dont si i'une 6tait d^ja connue et publi^e^^^, I'autre 6tait digne de 
I'^tre aussi. La comparaison des deux textes me permit de constater que le 
texte de Ramses II, tout incomplet qu'ii fut, combiait en piusieurs endroits 
quelques-unes des lacunes de celui de Ramses III. G'est pourquoi nous 
avons pens^ qu'il ^tait utile de les editer paraHeiement. Ges genres de 
travaux apprennent toujours quelque chose de nouveau'^^ 

Les deux editions sont sensiblement semblables comme redaction et 
comme orthographe, mais I'edition de Ramses II donne toujours 0^^ 
quand celie de Ramses III fournit ia formule abregee P^. Une legere 
defaillance de memoire du scribe -graveur de Ramses II est corrigee par 

celui de Ramses III et le texte original de la premiere edition ^^^ ^ 

, , , ,^ ^ \ -^ "I ^ retrouve sa forme premiere dans celui de Ramses III, 
retabli grace au precedent : ,,^^ ,^^^ ^ , , , '^^ ^__j .^ 1 1 -^ | ^ ,^ 
«tu lui donnes toutes les victoires, tons les glaives, toutes les vaillances, 
toutes les forces??. 

Dans I'enum^ration des noms des dresses et des lieux oil elles sont ven^- 
r^es, 1° """"l"^ J a tete de lionne, la deesse d'Esneh, reprend son deter- 
minatif de serpent jJjJJjJJJ | ■* pj ; 2° Gebelein est ecrit ^ ^ |[J^ d'un cote et de 
I'autre ^^^"» montrant ainsi que «les deux montagnes, Gebelein 
(jvXAa.??, n'est que la traduction du vieux nom pharaonique : \ ^ ^ r:les 
deux pierres?) ou «les deux montagnes?? d'oii Ton extrait les pierres 
qui serviront a I'edification des monuments du Pharaon. Plus loin, le 
texte lacuneux ^B'^'Se complete heureusement enj^*']^^ wllathor, 
qui domine a Thebes ?? et la lacune du texte de Ramses III est comblee 
par la mention de ^ T^^""" «Hathor, dame dela necropole thebainc?. 



Plus loin encore, le texte lacuneux ^^ est retabli [^ '^.^â– Qr<;IIathor, 
dame d'Egypte??, et la localite ^f J©6st orthographiee ^^^J© ^^ 
la d6esse ^ ■ )^ f ^ J « 1« t^te leonine est^l^^j'^'Jli!!©" Apoui , 
dame de Khait??, et le site de t^S ^^^ ^*^'''^ t^M©* 

Si Ton suit le texte de Ramses II on s'apercoit ensuite qu'un des versets 
fut oubli6 a cette epoque ou ajoute sous le regne de Ramses III, car la 



^'J H. Brugsch, Recueil de Monuments '*' Ces textes sont publics pages .276 

egypttens, III; Dumichkn, Geographische et 277. 
Inschriften , I , pi. XCIII. 



— 275 — [3] 

iitanie de Ouasit, qui commence par la forinule P^^ <^te rend favorable, 
propicew, eta son coroUaire par ^^^ ^fit t'adorew, ne se juxtapose plus 
exactement dans les deux editions, Entre les deux dynasties, une deesse 
oubliee ou negligee a repris place dans le cortege des devotes d'Amon et 
a detruit les repons de la Iitanie. Ainsi quand le vieux texte donne ^H 

TH'^^HI' ^^^"^ ^^ Ramses III fournit : P^ t IS TTUl tcx' ^* 
d^sormais la juxtaposition est rompue, et elle continuerait de cette ma- 
niere si, apres une mention iraportante qui ne se trouve pas dans le texte 
de Ramses III, cclle de ^-=[|g23 * ^ ® trMaout dans Hat-Shet- 
Abotw oil fut decouvert I'Apis IV de la XXII* dynastie en I'an 2 de Pimai, 
le texte de Ramses II ne s'interrompait brusquement et ne reprenait qu'a 
la formule finale : r<;Ils le disent : Adorations de propitiation, Amon, chef 
de la Compagnie des dieuxw. 

Les quelques mentions qu'ajoute le texte de Ramses II a celui de 
Ramses III permettent, on le voit, de publier un texte presque definitif et 
assurement plus complet que celui qui fut copie et public avant nous. 

Le tableau du mur au sud de THypostyle contenant ce texte represente 
Ramses II apporlant des ofl'randes a Amon. Le roi est suivi d'une sistro- 
phore, d'une 1 1 ^ f ■* f «/<'^ paree des insignes qui caracterisent la deesse 
Ouasit : le 'j^ sur la tete, la hache »— ., Tare et les fleches dans la main 
gauche. Dans le temple de Ramses III nous la retrouvons encore derriere 
le roi qui brule de Tencens et verse une libation devant la barque sacr^e 
d'Amon. Ce tableau ne reprc^sente pas des choses fictives mais reelles. La 
pretresse (qui dans I'occurrence semble avoir et6 la "]]![ femme du dieu) 
est toule aussi rcelle que le roi officiant. Dans la ceremonie qui s'accom- 
plit, aWe joiie le role de la deesse Ouasit dont elle porte les insignes, et 
c'est elle qui recite la Iitanie. L'introduction a la Iitanie est ainsi concue : 
^^Discours de Ouasit, la forte, la maitresse du glaive, la regente du dis- 
trict : Toute ville plie (?) sous toi, Maitre des dieux, Amon-Ra, maitre 
des trones des deux mondes. La compagnie (Paout) des dieux en entier 
te rend propice. Leurs deux bras sont levels en adoration a ton apparition, 
lis font tinter les sistres a ta belle face. Je viens courbee (?) pour rendre 
propices les beaut^s de Ta Majeste. Tu proteges ton fils Oiisirmara^^^ en 

(') Ramses IIL 

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[6] — 278 — 

vie, stability, ser^nit^ : tu lui donnes toutes les victoires, tousies glaives, 
toutes les vaiUances, toutes les forces. » 

Est-ce par une simple coincidence que, sur le mur oppose oil le roi 
est represente, comme surle mur ouest, venerant la barque sacree d'Amon, 
Tendroit ou etait representee Ouasit et grav^e la litanie, est occupe par 
quinze dieux et deesses en trois registres de cinq chacun, dont, comme 
dit le texte, ales deux bras sont leves en adoration » , lendant vers la barque 
sacree ? 

Ges quinze divinites composcntTassemblee (la grande ® Paoul) d'Amon. 

Cesont : g, &^f>, ^I' VJ'^%'n' jl%' i' ¥' V H' 
P J^j, g=i|^^'^^, jl^l^, Montou et Toum, Shou et Tefnout, Geb et 
Nouit, Osiris et Isis, Set et Nephthys, Horus et Hathor, Sebek avcc Tanent 
et Anit. On rencontre ces divinites rassemblecs dans de certaines circons- 
tances. Elles paraissent soit assises et momiformes, soit anthropomorphcs, 
soit, enfin, avec le corps humain, tete animale et emblemes typiques. G'est 
ce dernier cas qui s'observe ici : Montou et Horus ont la tete d'epervier, 
Sebek celle d'un crocodile. Gette constatation ne m'empeche nullement de 
reconnaitre dans ces quinze personnages composant la Paout, quinze 
officiants, portant masques s'il est necessaire, qui jouent le role des 
membres de la Paout, qui levent reellement les mains pour adorer Amon. 
Les murs des temples avec leurs bas-reliefs et les textes qui les expliquent 
ont garde, pour nos generations, le souvenir exact, le croquis des cere- 
monies qui se celebraient devant eux et recueilli les paroles liturgiques, 
hymnes, louanges, litanies qui firent vibrer leurs parois. Us ont vu et 
entendu et n'ont pas oublie. lis nous les redisent aujourd'liui. 

Tons ces rois, femme du dieu, sistrophores, prelres jouant leur role 
dans les mysteres et placant devant leurs figures bumaines les masques 
qu'Us transmettront aux Grecs tout d'abord pour la celebration des 
mysteres de Bacchus, puis pour les tragedies oil les h^ros grecs sont can- 
didats a un etat superieur qui les rapproche des dieux, ont existe reelle- 
ment jadis. S'il etait permis de parodier ici ce qui exista reellement jadis 
dans ce sancluaire, nous pourrions tres facilement reconstituer le dais a 
la frise d'ura;us, la barque avec la chasse dans laquelle etait gardee pieu- 
sement la relique du dieu, le mobilier, les hauts bouquets factices, les 
vases oil s'entassent les concombres, les raisins, les figues et les grenades 



— 279 — [7] 

dont la reiique n'a que faire, mais dont les porteurs de la barque sacree, 
buveurs de vin rouge, fcront ripaille. Uu figurant remplacerait le Pharaon 
brulant Tencens; derriere lui, une femme, dont les insignes indiqueraient 
qu'elle represente la deesse eponyme Ouasit, au moment voulu, reciterait 
la litanie, et les repons, commc de nos jours encore, seraient entonnes 
a I'octave par les quinze choristes masques selon leur role et leur fonction. 
Quoique I'endroit s'y prete le mieux du monde, nous nous contenterons 
de faire descendre des parois des murs tons ces personnages assez sem- 
blables aujourd'hui a ces genies qu'un conteur nous revele compresses et 
gardes entre les pages d'un vieux grimoire magique. Je ne crois pas faire 
acte d'imagination en voyant le roi, pontife, accomplissant les rites de 
Tencensement et de la libation devant la barque sacree. Pendant ce temps, 
les pretres-porteurs, las de Tavoir cliarriee du sanctuaire jusqu'a ce reposoir, 
boivent autant qu'il leur plait, ainsi qu'il est accoutume, en attendant 
qu'ils la recbargent sur leurs robustes epaules pour aller la deposer dans 
la cabine de la grand'nef Ouser Hat. Gelle-ci, amarree au quai, Tattend pour 
la mener, par les canaux, au temple de Louxor et aux autres reposoirs oii 
elle sera veneree. En attendant, la pretresse qui represente la deesse 
Ouasit entonne la litanie que les quinze cboristes representant les dieux 
de la Paout amonienne, adorateurs d'Amon, reprennent a leur tour. Les 
textes hieroglypbiques, grecs et latins et les representations nous autorisent 
largement et abondamment a faire revivre ainsi la representation du 
mystere qui, comme ceux des Grecs, des Remains et du moyen age, 
etait reellement joue en cet endroit. En Egypte il n'exista pas de mysteres 
au sens catholique, on en joua, on en representa et la tradition se pro- 
pagea jusqu'au jour ou les tragedies et comedies les rendirent laiques. 
Dans sa litanie, Ouasit enumere longuement les deesses qui rendront 
Amon propice et celles (jui levent les bras vers lui pour Tadorer. Ce n'est 
pas phraseologie creuse oil s'accumulent des noms bizarres a souhait, 
mais une liste geographique indiquant, depuis la premiere cataracte jus- 
qu'au Delta , les deesses qui cberissent Amon et constituent peut-etre son 
harem de Karnak, les Apitou celebres oil vivait une epouse humaine du dieu. 
Parfois la localite oil ces deesses sont venerees est indiquee. Quelque 
progres qu'ait fait I'^tude de la geograpbie pbaraonique, je ne me flatte 
pas, quant a moi, d'identifier exactement tons ces noms de localites. 



[8] — 280 — 

D'autres le feront assurement mieux que moi qui me suis encore peu 
occup^ de ce genre d'etudes, mais on peut constater facilement, au 
moins pour la Haute-Egyple, que des reperes certains se trouvent assez 
souvent dans la liste et en conclure que, les sites non encore identifies 
exactement peuvent et doivent se trouver entre ces deux reperes. Ce sera 
aux fouilleurs futurs qu'appartiendra de retrouver sur les monuments 
qu'ils decouvriront le nom des localites que nous ne pouvons identifier 
exactement aujourd'hui. 

Je n'ai, pas plus que d'habitude, d'autre but que de publier un docu- 
ment qui pourra etre utilise par d'autres que moi. Je me contente faci- 
lement du role d'^diteur. 

LITANIE DE OUASIT. 

1 . Te rend propice ta fdle auguste Maout, dame d'Asherlou ( Karnak). 
T'adorent Satit et Anoukit (^Cataracte), 

2. Te rend propice Nekhabit. 

T 'adore la dame de Ro-anti (^El-Kah). 

3. Te rend propice Anoukit dans Pa-mer (^Koum Merreh?). 
T 'adore Menhit, dame de la salle de preeminence. 

h. Te rend propice la fdle du Soleil, dame de Agni. 
T'adore Hathor, dame de Anerti [GSSleiny 

5. Te rend propice Ra-tooui. 
T'adorent Tanent et Anit. 

6. Te rend propice Amonit dans les Apitou (^Karnak). 
T'adore Hathor qui commande Thebes. 

7. Te rend propice Hathor, dame de la necropole thebaine. 
T'adorent les seigneurs de la montagne de I'ouest. 

8. Te rend propice Heqit. 
T'adore Isis de Coptos (^Qoufl). 

9. Te rend propice Hathor, dame de Anti (^Denderahy 
T'adore Hathor, dame de Hatsheshesou (//oom). 



— 281 — [9] 

10. Te rend propice Isis 

[T 'adore] Tefnout dans Abydos. 

1 1 . Te rend propice Hathor, dame des Arbres. 
T 'adore Isis de Panopolis [Akhmimy 

12. Te rend propice Hatbor, dame de Paoudj (Aphrodilopolisy 
T 'adore Hathor, dame des poissons(?). 

13. Te rend propice Hafbor, dame d'Egypte. 

T adore Maout, dame d'Emgabit (^Manqabad?y 

1^. Te rend propice Ouadjit, dame des offrandes. 
T 'adore Hatbor de Uadj. 

15. Te rend propice Apoui, dame de Khait. 

T 'adore Hathor, dame de Qesni (^Qousieh-Cusee). 

16. Te pacifie Nohemaoui. 

T 'adore Safkhit, dame des ecritures. 

17. Te rend propice Heqit, dame de Hat-our. 
T 'adore Pekbit, dame de I'^toile Orion. 

18. Te rend propice Hathor, dame de Ro-anit {Tourak). 
T 'adore Hatbor, dame de Aakhi. 

19. Te rend propice Hatbor, dame de Tep-neb i^Batn el-Daqarah). 
T 'adore Hatbor, dame du Sycomore {^Saqqarah). 

20. Te rend propice Hatbor dans Memphis. 
T'adorent Bastit et Ouadjit les preeminenles. 

21. Te rend propice Hatbor, regente de ? 

T 'adore Maout qui predomine dans ie temple de Ptab. 

22. Te rend propice 

T'adore Maout dans ie temple des dieux. 

23. Te rend propice Hathor, dame des Champs de Ra. 
T'adore Maout, maitresse des trones des deux mondes. 

2A. [Le verset «Te rend propice w manque.] 
T'adore Maout dans Hatsbetabot. 



[10] _ 282 — 

25. Te rend propice Aqtait dans Memphis. 

T 'adore Sokhmit, mattresse de toute d^esse solaire(?). 

26. Te rend propice Maout de 

T 'adore lousaas. 

27. Te rend propice Nebithotepit, regenle d'HeiiopoHs^". 

lis le disent : Adorations en paix, 6 Amon-Ra prince de Tassemblee 
(Paout) des dieux. 

Ce texte fournit le nom de cinquanle-cinq divinites se decomposant 

ainsi : 

Halhors 1 8 

Maout 7 

Isis 3 

Deesses diverses 96 

U" n^ f Li _^ 

Total 55 

Aux 18 Hathors on pourrait ajouter ia «Dame de Roanitw, qui est una 
Hathor (verset 2), et la «fille du Soleib? qui est dans Agni (verset /i), 
car d'aulres textes nous font connaitre une [^'^"q'^x© ^{^^ parait etre 
la meme. 

Gette petite statistique permet de constater combien le culte d'Halhor 
fut populaire en Egypte : sous les Ramessides, c'est elle la deesse mere 
par excellence, bien plus que Maout et Isis. Ce n'cst qua I'epoque greco- 
romaine quTsis Teclipsera et pourra dire : ^Je suis la Nature, mere des 
choses, maitresse de tous les elements, origine et principe des siecles, 
divinity supreme, reine des Manes, premiere entre les habitants du ciel, 
type uniforme des dieux et des deesses. C'est moi dont la volonte gou- 
verne les voutes lumineuses du ciel, les souffles salutaires de TOcean, le 
silence lugubre des enfers. Puissance unique, je suis par Tunivers entier 
ador^e sous plusieurs formes, avec des ceremonies diverses, avec mille 
noms difTerentsw (Apllee, Mdtamorphoses , XI). Elle est la deesse de Pessi- 
monte et mere des dieux, Minerve Gecropienne, Venus do Paphos, Diane 

'"^ Le verset nT'adore» manque. 



— 283 — [11] 

Dictynne, Proserpine Slygienne, Ceres, Junon, Bellone, Hecate, Rliam- 
nusie, mais seuls les Egyptiens connaissent son veritable nom : la reine Isis. 

Sous les Ramessides, Isis n'est qu'une deesse locale, tout comme Maout 
et les autres diviniles enumerees, mais a Thebes meme, Hatbor est la 
deesse la plus puissante, la ^ • f^, celle qui est a la tcte de Tbebes. 
Elle est adjointe avec Horus, Sebek, Tanent et Anit a la grande Paout, 
oil se trouve Isis, mais dont Maout est exclue. Moins ancienne qu'Isis, 
elle est cependant celle qui est veneree partout et par tons a cette epoque, 
presque unc deesse nalionale. 

La litanie de Ouasit est pour Tbistoire du culte d'Halbor un document 
curieux qu'il nous a paru interessant de publier en la completant avec 
une nouvelle version. 

Karnak, 26 mai 1910. 

G. Legrain. 



LA 

DEESSEMilc^TTMr^ SHAHDIDIIT 

PAR 

M. GEORGES LEGRAIN. 

La deesse Mil «" ^^ x\ ! ! % J Shahdidiit ne nous est encore connue 
que par les noms theophores. Elle n'a joue, que je sache, aucun role 
important dans I'histoire religieuse d'Egypte. Elle n'est interessanle que 
par son nom bizarre qui serable indiquer une origine etrangere. Peut-etre 
quelque philologue pourra-t-il la rencontrer dans quelquc autre pantheon 
que celui des bords du Nil et nous dira son pays. C'est dans ce but que 
je r^unis ici ces notes qui la concernent. 

1. La collection Posno renfermait (n" By) une tres belle statuette en 
diorite representant un homme accroupi ^ , les bras croises sur les ge- 
noux. La tete est chargee d'une perruque rejetee derriere les epaules; par- 
dessus est une etoffe lisse qui couvre la plus grande partie du front et la 
moitie superieure des oreilles. Les yeux et les sourcils sont rubanes. Une 
barbiche courte, trapezoidale, pend au menton. Un jupon a ceinture large 
couvre le bas du corps, des bandies aux chevilles. Les bras, le torse et 
les pieds sont nus. 

Ces caracteristiques sont celles que presentent les statues des parti- 
culiers qui v^curent a I'epoque de Montouembat et au debut de la XXVI* dy- 
nastic, sous Psametique I"" et ses premiers successeurs. 

Un texte de six lignes horizontales est grave sur Tavant du jupon, des 
genoux jusqu'au bas du vetement : j 4= i ]i^' f^J '*)'^— H ^^ \* 



— 285 — [2] 

wProscyneme a Ptah sous son arbre^'^, Anubis sur sa colline, le secre- 
taire preeminent dans la salle du dieu : miile pains et boissons, mille 
boeufs et oies, mille etoffes et tissus, mille parfums et onguents, mille 
choses bonnes, pures et agr^ables dont vit un dieu pour ie double du 
prince hereditaire, chancelier, ami unique, general en chef des archers 
de Sa Majeste Petshahdidiit (Le don de la dSesse Shahdidnt), juste de voix. 55 

On voit que le scribe graveur pour transcrire le nom de Shahdidtit s'y 
est applique comme s'il s'agissait d'un nom geographique et, comme plus 
tard, quand il faudra transcrire les noms grecs et romains. Geci indique 
la nouveaute de ce nom de deesse pour une oreille egyptienne. 

Le fait certain que les statues telles que celle de Petshahdidiit ne se 
trouvent a la mode qu'aux debuts de la XXVP dynastie, me fait penser 
a ces mercenaires ioniens et cariens que Psametique I" prit a sa solde. 
II leur donna des terres et remplit les magnifiques promesses qu'il leur 
avait faites (Herodote, II, i52-i5/i). Ne serait-ce pas dans ces regions 
dlonie et de Garie que se trouverait le culte primitif de la deesse Shah- 
didiit? II etait facile de cr^er un nom egyptien theophore pour un nou- 
veau venu en faisant preceder le nom de la deesse vener^e dans son pays 
d'origine de la formule J^ r^le don de» et ainsi s'obtient le nom v^Le don 
de Shahdidiitv, comme nous furent crees Padoubastit, Petisis, etc. «le don 
de Bastit, le don d'Isis (Isidore), etc. ^. 

2. Le nom de Petshahdidiit se relrouve aussi sur une petite statuette 
en pierre saponaire, haute de o m. 3o cent., d'^poque saite tardive, que 
j'ai copiee au Musee de Naples. 

Elle represente un homme agenouille, tenant un scarab^e sur ses cuis- 
ses. Get homme s'appelle : "j^^"^^^^' — ^JLi^""!.!^ c^Psien- 
maout, fils de Petshahdidiit ». 

3. Une statuette de Khonsou du Musee du Gaire fut dedi^e par un 

''^ ZE J ■« j"^ lin genie fun^raire un qualificatif de Ptah. Le J ^ | seiait 

portant ce nom est parfois represent^ sur la Moriiiga aptera (Loret, Flore pharao- 
les saicophages. Ici ia formule parait ^tre nique, S i45). 



[3] — 286 — 

' hlA^ ] ] *^'\^^ i ^' Petshahdidiit dont le pere portait un nom pu- 
rement egyplien, Horoudja^". 

/|. La stele C. 1 13 du Louvre me parait devoir ^tre transcrite ainsi : 

funeraire donne la vie h Petshahdid fils de Hor, fait par Ptarna'i??. 

M. Pierret'^', qui Lt publia, observe, comrne nous, que Polisahatet est 
un wnom propre d'origine etrangere??. Je remarquerai, de plus, que M. de 
Roug^'^' classa la stele 1 13 dans les dernieres de la serie : t Steles entre la 
XIX* dynastie et les Ptolemeesw, qui comporte les n"' 109 a 1 18. D'apres 
la disposition anormale du texte, nous la placons apres la XXVP dynastie. 

5. Nous croyons pouvoir encore retrouver le nom do la deesse, mais sans 
Tra, qui est une des caracteristiques de ce nom, sur un oushebti du Musee 
du Vatican emaille de vert, pouvant etre date entre la XXVP et la XXX' 
dynastie. Gette statuette funeraire est celle du ^f^j (variante ^,^,) 
^1 ^ capitaine Pakhtis fils de --'^ Mil -*»■ \ \ "■*• Ut (variante ■•^ 
Itttt I â– -^) Tasbadid^*^ Ce nom do Pakhlis est, je crois, a rotenir lui aussi, 
car il semble n'etre qu'une transcription ^''^ 

Telles sont les pieces qui peuvent etre versees au dossier de la deesse 
Shabdidiit. 

On remarquora cjue tous les documents ou parait ce nom sont ou sa'i- 
tes ou posterieurs a la XXVP dynastie. Cost, faute de documents ante- 
rieurs, ce qui me fait croire, comme je le disais au document n" 1, que 
cette deesse serait d'origine ionienne ou carienne et qu'ello fut importee 
en Egypte par les mercenaires de Psamelique I*'. 

G. Legrain. 
Karnak, 98 mai 1915. 



'*' DwiESSY, Catalogue general , Statues ^'^ Notice des monuments , p. 120. 

de dioinites , n" 3 8 1 8 9 . '*^ Marucchi, Museo egiz.Vatic, p. 1 8 1 . 

'*' PiERRET, Recueil d' inscriptions ine- ^'^ Serait-ce la transciiption de Ua- 

dites du Musee du Louvre, p. 36 et i/j8. X'^'^^^^> V'^^^^ prepaisseur, grosseur, em- 

Ge document m'aet^rappel^ par MM. Da- bonpoint, corpulencei et, au figure, 

ressy et Munier. rrlourdeur d'esprit, stupidit^n? 



TABLE DES MATIERES. 



Fr. W. de Bissing. Les tombeaux d' Assouan (avec une planche) i-i4 

J. Clkdat, Fouilies h Gheikh ZouMe (janvier-f^viier 191 3) (avec 9 planches). i5-/i8 
T. Smolenski. Les peuples septentrionaux de ia mer sous Ramses II et Min^- 

phtah, traduction de T. B. Walek ^9-93 

G. Daressv. Cyiindi'e en bronze de I'Ancien Empire 9^-96 

G. G. Edgar. A building of Merenptah at Mit Rahineh (avec 1 planche) ... 97-104 

— Some Greek inscriptions 1 o5- 1 1 a 

G. Lefervre. Egyple chr^tienne, 8 V (avec 9 planches) 11 3- 189 

G. Daressy. Trois stales de la p^riode Bubastite 1 4o- 1 Ay 

A. Barsanti. Rapports sur les travaux ex^cut^s au temple de Seli I" a 

Gournah de 1910 h 1918 (avec 19 planches) 1/18-167 

— Rapport sur les travaux de consolidation executes a Kom 

Ombo pendant I'hiver de 191 8-191 4 (avec 6 planches).. 168-176 
Ahmed rev Kamal. Rapport sur les fouilies ex^cutees dans la zone com- 
prise entre Deirout, au nord, et D^u--ei-Ganadlah, au sud 

(suite) 177-906 

G. Daressy. Une stMe de I'Ancien Empire maintenant detruite 907-908 

Ahmed hey Kamal. Le tombeau nouveau de M^lv 909-968 

G. Daressy. Un monument du temps des Hyksos (avec 9 planches) 969-968 

G. Legrain. Le premier prophMe d'Amon Ap-ouaitou-mes , \\\ ""^ \ ^^._^^^ 

\/***[tn 969-979 

— La litanie de Ouasit 978-988 

— La d^esse liM ^ "^"^^^ \ ^ J Shahdidiit 984-986 




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Egypt. Maglahat al-Athir 
Annales 




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