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INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE 



DU 



LUXEMBOURG. 



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ANNALES. 



N. B. L'institut n'est responsable d'aucune des idées et des opinions 
émises par ses membres : il se borne à les publier, lorsque les documents 
lui paraissent dignes de voir le jour. 



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26° FASCICULE. 



ARLON. 

TYPOGUAPHIE ET LITIIOCKAPHIE DK P. -A. niui<;K, 

1880. 



INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE 



DU 



LUXEMBOURG. 



c-^^ôKy<gitS)'^>*>'"^>^=' 



ANNALES. 



N. D. L'instilul n'est responsable d'aucune des idées et des opinions 
émises par ses membres : il se borne à les publier, lorsque les documents 
lui paraissent dignes de voir le jour. 



"UM^m^l!^: 



26"^ FASCICULE. 



AHLON. 

TYPOGUAPHIE ET LITIIOGKAPIIIE DE P. -A. nuilGK. 
1880, 



ASSEMBLEE ORDINAIRE 

DU 27 OCTOBRE 1879. 



Présenls : MM. HOURÏ, Président, ïandel, secrélaire-lrésorier, Dau- 
lUAC, conservateur, Clémem, Dasnoy, Goffinet, Houuy, Jilien, Leclekc, 
LoES, Maus et Van de Wyngaert. 

L'Institut nomme : membres effeclifs MM. Deldime, curé pensionné à 
Yiliers-la-loue et Van Assbroek, contrôleur des douanes à Ârlon ; membre 
correspondant, M. S. Bormans, archiviste de l'État à Namur. 

Il examine ensuite le projet dressé par M. l'architecte Van de Wyngaert, 
sur les indications de M. Tandel, pour la construction, au parc d'Arlon, 
d'un kiosque où l'on réunirait toutes les collections de la société. 

Ce projet est approuvé et le comité permanent est chargé d'entrer en 
négociations avec l'administration communale d'Arlon, la Province et l'État 
pour la cession du terrain et l'octroi de subsides. 

Après un échange d'observations et l'examen des comptes de l'exercice, 
l'assemblée se sépare. 



— >-&&^iÊ'%<e>o-î — 



LES 

COMTES DE CHINY. 

(Suite â: fin.) 

XIV. 

Thierry de Heinsberg, quatorzième comte de Chiny. 

133(i — 1350. 

Les trois frères du comte Louis VI n'avaient pas laissé d'enfants (1). 
Marie, leur sœur aînée, était restée stérile dans ses deux mariages ; mais 
Mathilde, dite de Vogelsang, leur seconde sœur, avait eu un grand nombre 
d'enfants de son mari Godefroid II, sire de Heinsberg, de Blanckenberg et 
de Wassenberg. Thierry, l'aîné de cette belle et puissante famille, était donc 
l'héritier ab intestat du comté de Chiny. 

Berlholet dit, il est vrai, que l'héritier le plus proche du comte Louis VI 
était « Jean d'Agimont, son neveu, seigneur d'une grande autorité à la 
cour du duc de Brabant et aussi renommé par ses faits guerriers que par 
son amour pour la paix (2). » Il y a la une grave erreur. Jean II d'Agimont 
n'était nullement le neveu de Louis VI, mais son demi-cousin germain (3). 
Dès lors il n'avait aucun droit à la succession du comte de Chiny, puisque 
celui-ci avait des neveux et des nièces (4). En affirmant le contraire (5), 
Bertholet ne se contente pas de s'appuyer sur la fausse qualité de neveii 
du comte défunt, mais il semble admettre que le comté de Chiny formait 
un fief salique. Ce serait là une seconde erreur, depuis longtemps rendue 
manifeste par la succession de la comtesse Jeanne à son père Louis le 
Jeune. Aussi l'héritier naturel et légal, Thierry de Heinsberg, fut-il reconnu 
sans opposition comme comte légitime de Chiny. 

(1) Sans cela la couronne conilale de Chiny n'aurait point passé dans une branche colla- 
térale féminine ; car II Fille mariée., ne peut venir à la succession de son frère, s'il y a 
d'autres frères, nu frère, ou neveu descendant de frère. » Coutumes générales de Luxembourg 
et de Chiny, titre Xll, IG. 

(2) Histoire du duché etc. de Lu.xembourg, tome IV, page 251. 

(3) En effet Arnulphe IV, père de Louis VI, et Jean I d'Agimont, père de Jean II d'Agimont, 
étaient fils de Jean I, comte de Looz, mais de deux lits. 

(4) « En ligne collatérale, les frères et les sontrs succéderont les premiers, etc. Coutum. 
générales, titre XI, G, 8. 

(5) Jean d'Agimont, dit-il, était « celui do la branche masculine à qui cette riche succes- 
sion était due incontestablement. » Ibidem. 

2 



LES 

COMTES DE CHINY. 

(Suite et fin.) 

XIV. 

Thierry de Heinsberg, quatorzième comte de Chiny. 

i33(i — 1350. 

Les trois frères du comte Louis VI n'avaient pas laissé d'enfants (1). 
Marie, leur sœur aînée, était restée stérile dans ses deux mariages ; mais 
Mathilde, dite de Vogelsang, leur seconde sœur, avait eu un grand nombre 
d'enfants de son mari Godefroid II, sire de Heinsberg, de Blanckenberg et 
de Wassenberg. Thierry, l'aîné de cette belle et puissante famille, était donc 
l'héritier ab intestat du comté de Chiny. 

Bertholet dit, il est vrai, que l'héritier le plus proche du comte Louis VI 
était « Jean d'Agimont, son neveu, seigneur d'une grande autorité à la 
cour du duc de Brabant et aussi renommé par ses faits guerriers que par 
son amour pour la paix (2). » Il y a la une grave erreur. Jean II d'Agimont 
n'était nullement le neveu de Louis VI, mais son demi-cousin germain (3). 
Dès lors il n'avait aucun droit à la succession du comte de Chiny, puisque 
celui-ci avait des neveux et des nièces (4). En affirmant le contraire (5), 
Bertholet ne se contente pas de s'appuyer sur la fausse qualité de neveu 
du comte défunt, mais il semble admettre que le comté de Chiny formait 
un fief salique. Ce serait là une seconde erreur, depuis longtemps rendue 
manifeste par la succession de la comtesse Jeanne à son père Louis le 
Jeune. Aussi l'héritier naturel et légal, Thierry de Heinsberg, fut-il reconnu 
sans opposition comme comte légitime de Chiny. 

(1) Sans cela la couronne conitalo de Chiny n'aurait point passé dans une branche colla- 
térale féminine ; car « Fille tnariée.. ne peut venir à la succession de son frère, s'il y a 
d'autres frères, nu frère, ou neveu descendant de frère. » Coutumes générales de Luxembourg 
et de Chiny, titre XII, IG. 

(2) Histoire du duché etc. de Luxembourg, tome IV, page 251. 

(3) En effet Arnulphe IV, père de Louis VI, et Jean I d'Agimont, père de Jean II d'Agimont, 
étaient fds de Jean I, comte de Looz, mais de deux lits. 

(i) « En ligne collatérale, les frères et les soMirs succéderont les premiers, etc. Coutum. 
générales, titre XI, 6, 8. 

(5) Jean d'Agimont, dit-il, était « celui de la branche masculine à qui cette riche succes- 
sion était due incontestablement. " Ibidem, 

2 



— 6 - 

De tous ses parents un seul avait des droits, au moins apparents, à cette 
partie de la succession de Louis VI ; c'était Arnulphe de Rummen, cousin 
germain de Thierry. Les mères de ces deux princes étaient sœurs. L'am- 
bition pouvait suggérer a Arnulphe le raisonnement que voici : après mon 
trisaïeul Arnulphe ill, le comté de Chiny fut séparé de celui de Looz et 
donné en partage à Louis V, fils puîné de ce comte. Pourquoi n'en serait- 
il pas aujourd'hui de même ? Or, je suis, moi, le représentant de la branche 
puînée. 

Ce raisonnement, Arnulphe de Rummen ne le fit pas, tant lui parurent 
incontestables les droits de son cousin Thierry de Heinsberg (I). 

Ce dernier du reste n'avait rien négligé pour se mettre a l'abri des exi- 
gences possibles ou même probables d'Arnulphe de Rummen. L'année 
précédente, il avait fait l'accord suivant avec son oncle et sa tante, père et 
mère d'Arnulphe : ceux-ci renonçaient, en faveur de leur neveu, à tous 
droits sur les comtés de Looz et de Chiny et recevaient en compensation 
le domaine de Vogelsang, avec les terres de Stapèle et de Zourle (2). 

Il existait dès lors des prétentions tout autrement graves, non sur le 
comté de Chiny, mais sur celui de Looz. Le comte défunt les avait pres- 
senties et, pour les conjurer, il avait, peu de temps avant sa mort, institué 
par acte public un légataire universel, à savoir son neveu Thierry de 
Heinsberg. Les prétendants n'étaient autres que les puissants chanoines 
tréfonciers de l'église de Liège. Dès qu'ils eurent connaissance du testament 
du comte Louis VI, ils s'assemblèrent pour délibérer. D'après eux le comté 
de Looz, étant un fief masculin de leur église, devait lui faire retour immé • 
diatement après la mort de Louis VI ; car telle était, disaient-ils, en vertu 
d'un privilège antique, la constitution de tout lîef masculin de l'église de 
Liège que, à défaut d'héritiers, issus du seigneur ou de ses frères, les en- 
fants mâles de la sœur sont inhabiles à lui succéder. Pour conclusion pra- 
tique ils décidèrent que le prince-évêque était obligé de se saisir du comté 
de Looz, dès que Louis VI aurait cessé de vivre. 

La mort ne les fit pas longtemps attendre. Les chanoines allèrent donc 
en toute hâte représenter à l'évêque Adolphe de la Marck, l'obligation où 
il était de faire immédiatement occuper toutes les places fortes du comté 

(1) Il est vrai de dire qu'il ne pouvait produire ces prétentions, sans renoncer par là même 
à ses droits éventuels sur le comté de Looz. JDautrc part le comté de Chiny n'échut vrai- 
semblablement à Louis V que par suite du contrat de mariage d'Arnulphe III avec l'héritière 
de ce comté. 

(2) Robins, Diplomata loss., p. 3G; Wolters, Codex diplom. loss,, p. 255. 



de Looz. A celle mise en demeure, le prélat leur répondit que déjk toutes 
ces places étaient au pouvoir de son beau-frère Thierry de Heinsberg, que 
l'évêché manquait de troupes pour les conquérir et que les caisses de l'État 
étaient vides. Cette réponse était un désaveu indirect, mais bien formel 
de la conduite des chanoines. Us le comprirent sans doute, mais n'en de- 
vinrent que plus obstinés. 

On vient de voir que le comte Thierry était parent de l'évoque. Il avait 
épousé, vers l'année 1316, la sœur de ce prince, Cunégondc de la Marck. 
Un seul enfant, nommé Godefroid, était né de ce mariage. La grande affec- 
tion que l'évêque portait à son jeune neveu avait alarmé les chanoines 
iréfonciers ; ils craignaient qu'elle ne l'emportât sur l'intérêt général du 
pays. De là les démarches que nous avons rapportées (1). 

(1) Quant au comte Thierry, il niait l'existence du prétendu privilège antique de l'église 
de Liège et défiait le chapitre d'en produire jamais le texte ou même d'en citer une seule 
application. Il alla plus loin. Voulant mettre les chanoines en contradiction avec eux-mêmes, 
il leur rappela qu'ils avaient reconnu même une fille pour légitime héritière de Bauduin VI, 
comte de Hainaut. Or, leur disait-il, le comté de Hainaut n'était-il pas un fief mouvant de 
l'église de Liège, tout comme celui de Looz ? A la vérité, ajoutait-il, vous avez essayé dans 
la suite de produire votre beau privilège antique. Mais était-ce donc pour avoir l'occasion 
de le répudier vous-mêmes ? Le fait est que, peu après, vous l'econnaissiez aussi la comtesse 
Marguerite comme légitime héritière de sa sœur Jeanne. 

Ces raisons n'avaient nullement convaincu le chapitre, mais elles eurent de l'influence 
sur le prince-évêque et le jetèrent tout au moins dans une grande indécision. Pour le rame- 
ner à leur sentiment, le chapitre lui offrit une somme de quatre mille livres, à condition 
qu'il l'emploierait à lever des troupes. L'évêque leur promit sous serment de ne pas donner 
à cette somme une autre destination. Dans l'entretcmps, il avait convoqué les trois États, 
lesquels se réunirent le 15 mars 133G. 

On reconnut, dès lespremières séances, que la grave question relative au comté de Looz 
ne pouvait être décidée que par une cour de justice compétente, et l'on résolut d'attraire 
Thierry de Heinsberg devant ses juges naturels. Celui-ci approuva la décision prise et 
déclara qu'il était prêt à se soumettre au jugement de la cour impériale ou à celui des 
douze pairs de Saint-Lambert. 

L'assemblée des États convint en second lieu (ju'il fallait lever dos troupes et que l'évêque 
devait immédiatement, en sa qualité de suzerain, prendre possession du comté de Looz, 
jusqu'au prononcé de la sentence. Cette seconde décision ne déplut pas à Thierry. Personne 
dans le comté de Looz ne s'opposa donc au gouverneur provisoire nommé par l'évêque, 
mais personne n'obéit à d'autres qu'au sire de Heinsberg. 

Cependant le chapitre des trèfonciers n'était nullement rassuré sur l'issue de cette 
afîaire. Persuadé que la cour impériale et celle des douze pairs donneraient gain de cause 
à Thierry, il prit le parti d'attraire ce prince devant le tribunal suprême du chef de l'Eglise 
et pria le pape Benoit XI de le faire ajourner. Le pape refusa d'abord. ^Mais, sur ces entre- 
faites, Thierry avait demandé à l'empereur Louis de Bavière l'investiture du comté de Looz 
(avril 1330). Or ce prince était excommunié, voire même déposé. Nul doute que le chapitre 
n'ait fait valoir à son pnMit une dêmarclie aussi compromettante. Toujours est-il que le 
pape, après avoir en vain essayé plusieurs moyens de conciliation, évocjua la cause à son 
tribunal d'Avignon. //ofic^t dans ChapeaviUe, tome II, ])age W!). .V partir de ce moment 
Thierry de Heinsberg comprit que les demi-mesures n'étaient plus de saison. Il fit donc de 
nouvelles levées de troupes et, pour se i)rocurer l'argent nécessaire, il se mit à déniembror 
et à vendre certaines parties de ses deux comtés. En outre, pour s'assurer le concours de 
son cousin Arnulphe de llummen ou Humigny, il lui céda les villages de Zolder et de 
Houthalen. Daris, page 540. 



— 8 - 

Mais laissons la guerre se préparer peu à peu dans le comté de Looz et 
rappelons ici les profondes raodiflcalions qui commençaient alors à s'opérer 
dans celui de Chioy. 

Immédiatement après la mort de Louis VI, quelques difficultés s'étaient 
élevées entre le nouveau comte et sa tante Marguerite de Lorraine, au sujet 
de la succession ; mais elles avaient disparu dès le 3 février 1336. Ce jour- 
là en effet l'accord suivant fut conclu, entre la tante et le neveu, dans le 
réfectoire des Augustins, à Hasselt. On venait sans doute de faire le service 
funèbre du comte défunt. 

Outre sa part dans la succession de son mari, la comtesse avait droit à 
un douaire de quatre mille livres. Thierry déclare qu'il assied le douaire 
de sa tante sur les prévôtés de Chiny, d'Ivoix, de Virton et d'Étalle et 
généralement sur toutes les terres du comté, à l'exception des prévôtés de 
Montmédy et de Neufcliâleau-en-Ardenne. Cette cession embrassait les 
prévôtés, les villes, les cbâtellenies, les seigneuries, les droits de justice 
et d'hommage, les rentes, les collations de bénélices et autres oftices ecclé- 
siastiques, en un mot tous les émoluments, quels qu'ils fussent. 

Une rente de trois cents livres tournois avait été hypothéquée par 
Louis VI en faveur de Louis d'Agimont et d'Arnoul, son frère, sur des 
terres situées dans la prévôté d'Ivoix et à Tingnies. Pour dégager ces terres 
désormais cédées a sa tante, le nouveau comte transporta les deux tiers de 
celte somme sur la terre de Neufchâleau et promit d'en faire autant pour 
l'autre tiers. Il déclara encore que sa tante était, non pas la dame douai- 
rière, mais la dame héritière des prévôtés, villes et châteaux de Florenne, 
d'Yve, de Pesche et deCuignies (I), y compris les dépendances et tous les 
droits seigneuriaux. En conséquence ni lui comte, ni ses descendants ne 
pourront jamais y rien réclamer. 

De son côté la comtesse Marguerite déclara qu'elle renonçait expressé- 
ment aux comtés de Looz et de Chiny, ainsi qu'à la terre de Corswarem. 

Enfin, pour garantie de ses promesses, le comte Thierry s'en remit 
entièrement au roi de Bohême, à l'évéque de Liège et au comte de Bar. 
De plus, pour que ces princes eussent intérêt à faire respecter les présentes 
stipulations, il laissa à chacun d'eux une somme de cent livres, que sa 
tante pouvait leur garantir à son gré. 

Thierry de Hcinsberg fit sceller cette charte, en son nom, par Gilson, 
dit de Ilemricourt, notaire impérial de la cour de Liège ; par Guillaume, 

<1) Tingnies? 



— 9 -. 

comte de Juliers, par Jean d^e Fauquemont, sire de Born ; par Arnoul, sire 
de Steyne ; par Wilte, sire de Pilterscm et par Arnoul d'Ordenge, che- 
valiers. 

I.a comtesse Marguerite y apposa ensuite son sceau et pria les person- 
nages suivants d'y joindre les leurs : Robert de Priney, abbé d'Orval ; 
Thomas de Vervins et Jean de Florenville, chevaliers. 

Les témoins sont, outre les personnages déjà nommés : Jean de Hainaut, 
comte de Soissons et de Beaumont ; Hugues, sire de Fagnelles ; Florent 
de Beaumont ; Henri de Kewenberg ; Othon d'Estewilhers ; Guillaume 
d'Oreye, sénéchal du comté de Looz, chevaliers ; Guillaume de Keriaupt ; 
Jeannin de Malgreit, bailli du comté de Chiny,.et plusieurs autres. 

On ne possède plus qu'un résumé, du reste fort complet, de ce remar- 
quable document. 

Accord entre Marguerite de Lorraine et Thierry de Heinsherg. 
Hasselt, le 3 février ISSG. 

<i Lettres de Thierry, sire de Heinsherg et de Blankonberg, chevalier, con- 
tenant que, — s'estant meu naguères question et débat entre luy, comme 
successeur des comtés de Loz et de Chiny par le trespas de feu noble et puissant 
prince, son cher et amé oncle monsr Louis, jadis comte desdits comtés, d'une 
part, et madame Marguerite de Lorraine, comtesse desdits comtés, femme et 
espouse dudit Louis, à l'occasion des quatre mille livrées de terre dont elle 
avoit esté douée et de tout ce qu'elle pouvait demander de la succession de 
sondit mari, — ils s'en sont accordés ensemble par le conseil de plusieurs de 
leurs amis ; et reconnoist luy avoir assis et assigné ligement et franchement, 
à sa vie seulement, les prévostés, chastellenies, villes, seigneuries, justices 
hautes et basses, fiefs, hommages, rentes, profits, revenus, collations, et 
bénéfices, et offices ecclésiastiques, gardes d'églises et tous autres émoluniens, 
quels qu'ils soient, de Chiny, d'Yvoix, de Virton et d'Estaules, et généralement 
toute la terre des autres villes et appartenances du comté de Chiny. Lesquels 
fiefs et hommages on doit, tant que le douaire aura lieu, excepté de ces lieux 
les chasteaux, villes prévostez de Montmédy et de Neufchastel en Ardenne, 
èsquels elle ne prendra rien. 

Toutes lesquelles choses il promet garantir à ladite dame, envers et contre 
tous, de toutes gagières, et facquitter aussy de trois cens Uvrées de terre (lue 
ledit feu comte Louis avoit assis, avant le mariage de ladite dame, à monsr 
Louis]d'Agimont et à monsr Arnoul son frère, en la terre d'Yvoy, (pii leur 
sont assises, seavoir : deux cens livres tournois sur la terre de Neufchastel en 



— 40 — 

Ardenne, et cent livres sur celle de Tingnies (1), et les quelles cent livres, il 
promet asseoir autre part, pour en descharger ladite terre de Tingnies ; pro- 
mettant de faire rendre à ladite dame les lettres que lesdits seigneurs d'Agi- 
mont ont sur Yvoy. 

Promet aussy de tenir la donation des meubles que sondit oncle a faite, de 
son vivant, au seigneur Jean de Blaigny, à sa vie, excepté de ceux qui sont à 
Montmédy et en la grange de Buisset, au pied du chasteau. 

Est encore convenu que ladite dame tiendra franchement et sans contredit 
les prévostés, villes et chasteau de Fleurines et Yve, de Peix et Cuignies, et 
leurs appartenances, en seigneuries, justices hautes et basses, cens, rentes, 
revenues, profits et émolumens, comme son héritage ; auxquels il ne peut ny 
ses hoirs rien demander. 

Et, moyennant ce, ladite dame renonce expressément èsdits comtés et à la 
terre de Corwarenne, avec tout le droit qu'elle y pourroit demander : et sera 
tenue de venir devant les seigneurs dont lesdits deux comtés meuvent, quand 
elle en sera requise, pour faire pareille renonciation. 

Et pour plus grande scureté de tenir par ledit Thierry et accomplir tout ce 
que dessus, il donne pouvoir et autorité à ladite dame qu'elle puisse assigner 
à très-haut et très-puissant prince monsr Jean, roy de Bohême, comte de 
Luxembourg, à monsr l'évesque de Liège, à monsr le comte de Bar, àchascun 
des trois seigneurs ou à l'un d'eux, cent livres de vies gros tournois sur ledit 
Thierry, ses hoirs et successeurs, pour l'obliger à tenir et accomplir ce que 
dessus ; se soumettant à la juridiction desdits trois seigneurs, les priant d'en 
donner leurs lettres à ladite comtesse, promettant de tout exécuter dans le 
jour de la St-Jean-Baptiste venant, et déclarant avoir fait écrire et signer le 
présent traité et accord par Gilechon, dit do Hemericourt, clerc ligeois, notaire 
impérial de la cour de Liège, et sceller de son sceau, avec ceux de nobles 
hommes monsr Guillaume, comte de JuUiers ; monsr Jean de Fauquemont, 

(1) Plus loin Cuignies ? Q^ant à la terre de Xeufchàteau-en-Ardcnne, il serait bien curieux, 
mais sans doute bien difficile de savoir ce qu'elle devint peu après cette époque. En ISiO, 
nous apprend Butkens dans ses Trophées du Brahant, tome I, page 430, Louis d'Agimont 
était sire de Ncufchàteau. Ce seigneur, descendant des comtes de Looz et de Cliiny, était 
cousin du roi de Bohème ,Iean l'Aveugle. Mon. de Saint- Génois, tome I, page DOi, etc. Cette 
terre n'entre pas dans le douaire de la comtesse Marguerite, ni dans celui de la comtesse 
Philippine de Fauquemont. .\\irait-elle été vendue comme Ivoix, Ktalle et Yirton, mais aux 
seigneurs d'Agimont? Pierret, dans ses manuscrits, tome I, 23, raconte que, l'an 1372, après 
la mort de la comtesse de Cliiny Marguerite, femme, dit-il, de .Tean duc de Lorraine, « la 
« moitié du comté de Chiny, avec ses appartenances et dépendances, comme Montmédy, 
« Etalle, .Tamoignc. Neufchàteau, l'abbaye d'Orval, etc., fut annexée au duché de Luxem- 
« bourg, en vertu de la cession qu'avait faite, en 13'if2, Henri, comte de Bar, à .Jean roi de 
• Bohême. " Que d'erreurs dans ce pou de mots ! Notons que dans cette cession de ISW 
(v. st.) il n'est pas question de Xoufchàteau, et que la réunion au duclié de Lu.xembourg 
s'est faite en vertu d'un tout autre contrat et à une autre date. 



— 11 ~ 

seigneur de Borne ; monsr Arnoul, seigneur de Steyne ; monsr Witte, seigneur 
de Pittersen ; monsr Arnoul d'Ordenge, chevalier. 

Et ladite Marguerite de Lorraine, comtesse de Loz et de Chiny, reconnaissant 
toutes les choses cy-dessus estre vraies, a fait aussy mettre son sceau aux 
dites lettres et a prié vénérable et discret monsr Robert de Priney, abbé 
d'Orvaux, ordre de Cisteaux ; nobles hommes monsr Thomas de Vervins, et 
monsr Jean de Florenville, chevaliers, d'y mettre pareillement leurs sceaux. 

Fait et passé au réfectoire de l'esglize des Augustins de la ville de Hasselte, 
diocèse de Liège, en présence dudit Thierry; de ladite comtesse; monsr Jean 
de Fauquemont ; monsr Willaume de Pitresen ; monsr Arnoul d'Ordenge ; 
monsr Robert de Priney, d'Orvaux; monsr Thomas de Vervins, et monsr Jean 
de Florenville, chevaliers ; haut homme et puissant Monsr Jean de Haynaut, 
comte de Soissons et de Beaumont ; monsr Huon, seigneur de Fagnelles ; 
monsieur Florent de Beaumont ; monsr Henry de Kewenbergk ; monsr 
Othon d'Estewilhers ; monsr Willaume d'Oreilhe, skenissal de la comté de 
Loz, chevaliers ; Willaume de Keriaupt ; Jeannins de Malgreit, bailly de la 
comté de Chiny ; Gérard de Malgreit esquier, et plusieurs autres, l'an 1336, 
le quatrième jour de février, indiction quatre. 

D'après une copie passée sous le scel du doyen et chapitre de Véglise de 
Notre-Dame d'Yvoy, le lundy jour de V Annonciation Notre-Seigneur, l'an 
i336. 

Compte rendu de la Commiss. d'Hist. IIP série, tome X, page 124. 

Ainsi la comtesse Marguerite de Lorraine garda l'adminislralion et la 
perception des revenus de la plus belle et de la plus riche partie du comté 
de Chiny. C'est là, selon toute apparence, ce qui a déroulé l'auteur de 
la fameuse épitaphe citée plus haut (1) et, à sa suite ou même avant lui, 
les historiens qui ont parlé de celte comtesse. La voyant agir dans ces 
contrées à la manière d'une vraie et légitime souveraine, ils auront perdu 
de vue sa qualité de douairière pour ne plus l'envisager que comme héritière 
directe du comté. 

Quant à son neveu, Thierry de Ileinsbcrg, il ne connaissait que trop 
bien ses droits de haut domaine sur ces mêmes contrées, puiscju'il va com- 
mencer h en faire de l'argent. Mais avant de venir à ce fatal marché, il 
importe de préciser encore davantage les faits qui en ont été la cause. 

Telle était donc la situation de ce prince peu de semaines a|)rès la mort 
de son oncle Louis VI : héritier incontesté du comté de Chiny, mailrc du 

(1) Vie de Louis VI, avant-dernière page. 



— 42 - 

comté de Looz qui, malgré les prétentions du chapitre de Saint-Lambert, 
le reconnaissait comme son légitime souverain, il ne doutait aucunement 
ni de son bon droit ni de son triomphe définitif. Mais ses espérances furent 
cruellement déçues. Après avoir sacrifié à des incerliludes les biens que 
personne ne lui disputait, il ne cessa plus d'affaiblir cl de désorganiser 
ceux qui lui restèrent, en sorte que, longtemps avant qu'il ne transmît 
son double héritage à ses successeurs, on pouvait en prévoir la ruine pro- 
chaine et complète. 

Que le lecteur veuille bien nous permettre de faire une course rapide 
aux pays de Liège et de Looz, pour y chercher l'explication de ce qui va 
se passer au comté de Chiny. 

Au commencement de son règne, Thierry s'était flatté de faire triompher 
sa cause dans la ville même de Liège, sans autres juges que les Liégeois. 
C'était trop se fier au désintéressement de la partie adverse. Dans ce but il 
écrivit, tout au commencement de l'année 1337, a chacune des villes du 
pays de Liège, ainsi qu'à chacun des nobles, tant écuyers que chevaliers, 
pour les convoquer à une assemblée générale qui se tiendrait a Liège, le 
lendemain de la Purification (3 février 1337). 

Vers ce même temps l'évêque de Liège s'était retiré dans sa patrie l'Alle- 
magne, pour échapper sans doute aux importunitès du chapitre, qui le 
pressait de se saisir effectivement du comté de Looz. Ce départ rendit plus 
libre et plus accentuée l'opposition des chanoines trcfonciers. Ils s'indi- 
gnèrent d'abord de la convocation faite par le comte et réussirent, on 
ignore comment, à empêcher la réunion fixée au 3 février (1). C'était, 
pour le comte, un premier échec. Peu après, les vingt-cinq chanoines ré- 
solurent de faire de nouvelles instances à la cour pontificale d'Avignon ; 
mais ne parvenant pas a formuler une lettre collective qui satisfit chacun 
d'eux, ils écrivirent séparément aux personnages les plus influents de l'en- 
tourage du pape. Hocsem cite une de ces lettres. Elle est adressée au car- 
dinal Bertrand, lequel était doyen du chapitre de Liège. L'auteur de cette 
lettre est vraisemblablement le vicaire du cardinal, c'est-a-dire le vice-doyen 
du chapitre. 11 eut à peine mieux réussi, s'il ne se fut proposé que de 
faire un modèle de boursouflure. L'évêque de Liège lui apparaît sous la 
figure de David, le comte Thierry sous celle d'Absalon, et le cardinal Ber- 
trand est un Joab, chargé d'enfoncer trois lances dans le cœur du prince 
rebelle, exploit qui va l'élever au-dessus du roi Salomon, puisqu'il lui 

([) Hocsem, dans Chapeaville, tome II, page 432. 



— «3 — 

procurera une gloire étrangère au fils de David, celle de la vaillance. Ce 
qu'il importe de constater au milieu de cet affreux pathos, c'est que le 
cardinal Bertrand avait lui-même écrit aux chanoines de Liège pour les 
engager à résister énergiquement aux prétentions du comte Thierry ; c'est 
encore que les chanoines n'étaient [las tous du même avis, quelques-uns 
craignant de faire de la peine au prince-évêque, d'autres étant les amis du 
comte ou ne pouvant se convaincre de l'injustice de ses prétentions. Au reste 
l'auteur de cette lettre avoue implicitement que la majorité du chapitre ne 
partage pas ses sentiments d'hostilité envers le comte Thierry, mais qu'ils 
suppléent au nombre par leur ardeur et par l'appui que leur prête le 
cardinal Bertrand, 

Cependant les instances du cardinal et des chanoines de Liège, ses par- 
tisans, avaient décidé Benoît XI à intervenir dans ce grave conflit. Connais- 
sant le faible du prince-évêque pour son beau-frère et d'autre part voyant 
percer la passion dans la partie remuante du chapitre, ce pape écrivit 
tout d'abord deux lettres datées du 22 juin 1337, l'une à l'évêque de 
Liège pour le prier, le conjurer même avec menaces, d'agir dans cette 
affaire sans connivence avec son beau-frère et de ne pas ternir son honneur 
et ses glorieux antécédents ; l'autre est adressée aux chanoines de Saint- 
Lambert. Le pape leur donne communication de la lettre écrite par lui au 
prince-évêque et leur rappelle l'obligation où ils sont de sauvegarder les 
droits de l'église de Liège, mais uniquement en vue du triomphe de la 
justice et sans aucune pensée de lucre ou d'ambition. Que sM surprenait 
chez eux d'autres sentiments, il ne leur épargnerait certainement pas un 
châtiment exemplaire (1). 

Le 13 août suivant Benoît XI constituait par une bulle solennelle l'évêque 
de Liège curateur et administrateur du comté de Looz, jusqu'à ce qu'il fut 
statué définitivement sur le fond du débat. 

Sur ces entrefaites la guerre éclata entre le prince-évêque et Jean III, 
duc de Brabant, et aussitôt le comte Thierry de Heinsberg prit fait et cause 
contre l'évêque, son beau-frère. En vain le roi de France lit-il offrir sa 
médiation. Pendant que les deux rivaux recrutaient des troupes et des 
alliés, le comte Thierry dépouillait de leurs charges tous les officiers pré- 
posés par l'évêque aux diverses administrations du comté de Looz et ras- 
semblait ses guerriers, afin d'opérer sa jonction avec l'armée du duc, dès 
les premiers jours du printemps. Ce fut le jeune Godefroid de Looz ipii 

(1) Hocsem, ibidem, pages 435 et 43(i. 



- 14 - 

ouvrit les hostilités. Plus impatient que son père et que le duc lui-même, 
il courut réduire en cendres cinq villages ou métairies appartenant au cha- 
pitre de Saint-Lambert. 

Le 3 avril, les deux armées étaient en présence. D'une part les Liégeois, 
soutenus par dix-huit cents chevaliers luxembourgeois ; de l'autre les Bra- 
bançons avec leurs très nombreux alliés. Non loin de la se trouvaient 
l'archevêque de (Cologne, le comte de Hainaut et le comte de Juliers, tous 
trois à la tête d'un corps de troupes, lis étaient venus pour empêcher 
l'effusion du sang. Ce ne lut pas bien difticile ; car, ayant fait savoir aux 
deux partis qu'ils allaient tourner leurs armes contre celui qui commen- 
cerait le combat, ils furent aussitôt choisis pour arbitres. Les préliminaires 
de la paix furent signés le 8 avril. Or, parmi les conditions admises par 
les arbitres se trouvait la reconnaissance de Thierry de Heinsbergen qualité 
de comte de Looz. Cette reconnaissance du reste n'entrait pas moins dans 
les vues du prince-é\ôque et de son allié le roi de Bohême que dans celles 
du duc et de ses nombreux partisans. Les tréfonciers eux-mêmes, à l'ex- 
ception de trois, en avaient reconnu la nécessité, mais plusieurs d'entre 
eux s'étaient bientôt dédits, les uns par crainte de désobéir au souverain 
pontife, les autres parce qu'ils n'étaient plus sous le coup du danger et 
qu'ils n'abandonnaient pas leur projet d'agrandissement de la principauté 
de Liège. 

Ici commence une véritable odyssée de tiraillements entre le roi de 
Bohême et les chanoines de Saint-Lambert. Le roi irrité de leur volte-face 
songea d'abord a les intimider. Il vint lui-même au chapitre et leur parla 
de la puissance du duc, de la nécessité de détacher de son parti le sire de 
Heinsberg et le comte de Gueidre, sous peine de voir anéantir l'armée lié- 
geoise et peut-être même ses chevaliers luxembourgeois. On partageait son 
avis, mais le lendemain tout était changé et l'on recommençait à parle- 
menter. 

Cependant l'archevêque de Cologne, le comte de Hainaut, le roi de 
Bohême et les seigneurs de Seraing, de Cuyck et de Diepcnbeck publièrent, 
le 18 mai, une sentence arbitrale qui adjugeait le comté de Looz au sire 
de Heinsberg, a charge d'en faire hommage à l'évêque de Liège. Le chapitre 
essaya de résister encore ; mais ce fut en vain. L'archevêque de Gênes, 
l'évêque de Laon et l'abbé de Saint-Iacqiics de Liège n'eurent pas plus de 
succès lorsqu'ils lancèrent l'excommunication contre Thierry de Heinsberg, 
contre Godefroid, son fils, et contre leurs lieutenants Guillaume de Cranen- 



— 15 — 

donck et Gérard a la Barbe, chevaliers. Ces prélats avaient, il est vrai, 
reçu du saint-siége une délégation relative a cette grave affaire, mais depuis 
lors la guerre avait tellement modifié les situations qu'on pouvait les croire 
toutes différentes. 

Tel est le résumé succinct et incomplet des nombreux détails fournis 
surtout par un auteur contemporain, lui-même chanoine de Saint-Lambert, 
l'un des ennemis les plus irréconciliables du comte Thierry (I). Comme il 
enveloppe d'un profond silence tout ce qui concerne ce prince pendant les 
cinq années suivantes, on est en droit de conclure que le comté de Looz 
obéissait exclusivement à l'héritier du comte Louis VL 

Toujours en lutte et toujours manquant d'argent, le comte Thierry vendit 
d'abord, pour cent mille réaux d'or, les prévôtés de Virton et d'Ivoix, dont 
la comtesse sa tante n'avait que la jouissance viagère. Celte vente devait 
rester secrète jusqu'à ce que les deux cinquièmes de la somme totale 
eussent été payés. La charte suivante relate cette condition, ainsi que les 
formalités a remplir au moment de la promulgation. 

Le comte Thierry de Hemsherg promet de notifier et de faire agréer aux 
habitants d'Ivoix et de Virton la vente de ces deux prévôtés. 

Arlon, le l'^'" septembre 1337. 

Nos Theodoricus, Lossensis etChy- Nous Thierry, comte de Looz et de 

nacensis cornes, acdominus de Heyns- Chiny, sire de Ileinsberg, faisons 

perch et Blankemberch, notum faci- savoir à tous que, immédiatement 

mus tenore prsesentium universis après avoir reçu de l'illustre prince 

quod, — postquam, per magnificum monseigneur Jean, roi de Bohême et 

principem et dominum, dominum comte de Luxembourg, un acompte 

Johannem, Bohemise regem et comi- de quarante mille réaux, monnaie lé- 

tem Lucemburgensem, de quadra- gale et de bon or, sur la vente conve- 

ginta millibus regalium, bonorum et nue des prévôtés d'Ivoix cl de Virlon, 

legalium, ac boni auri, in solulione nous serons obligés de faire ce qui 

nobis, provenditioneprœpositurarum suit, et nous le ferons loyalement et 

Yvodicnsis et Ferlonensis facienda, en toute bonne foi. Dans la quii)/.aine 

pagati et soluti fuerimus, - debemus (jui suivra la réquisition royale, nous 

ac bona fide promittimus omnique nous transporterons personnellement 

dolo et fraude exclusls, a die quo per dans le comté de Chiny, nous y con- 

ipsum dominum regem requisili fnc- vor^uerons tous les officiers, c'esl-à- 

(1) Hocsem, ibidem, pages 410 à 405. "Voir aussi Monum. de St-Genois, t. I. p. 'IIX: \V"I- 
ters, Codex, etc., page26;<; Schoonhroodt. chart. âr St,-Lambort. irfil*». 



- 16 - 



rimus ad quindenum, in comitatum 
Chynacensem personaliter venientes, 
omnes et singulos nostros officiales, 
castelJanos videlicet, preepositos, ju- 
stitiai ios, scabinos, cives, ac omnes et 
singulos homincs ad hoc opportunes, 
ad memoratas Yvodiensem et Ferto 
nensem prceposituras pertinentes, 
convosare, et eis omnes et singulos 
tractatus, conventiones ac ordinatio- 
nes, inter ipsum dominum regem et 
nos utrinque super prsedicta vendi- 
tione factas, de verbo ad verbum ex- 
ponere, et apud eos efficere et omni- 
bus modis procurare quod tune jurent 
et effectualiter promittant prsefato 
domino régi, aut suo substituto ad 
haec deputato, ut nobis per ipsum do- 
minum regem, vel ex parte sui, om- 
nibus solutionibus et promissis com- 
pletis et perfectis, per omnem modum 
et formam, sicut in his nostris super 
hoc confectis continetur, pra3fato 
domino régi, tanquam eorum vero et 
légitime domino, cum debitae fideli- 
tatis constantia, pareant perpétue, et 
intendant impleturi per omnia ea quse 
in hujusmodi litteris continentur, ha- 
rum testimonie litterarum. 

Datum Arluno, prima die mensis 
septembris, anne Domini millésime 
trecentesime tricesimo septimo (1). 



dire châtelains, prévôts, justiciers, 
échevins, bourgeois et autres, qu'il 
convient de convoquer, habitants des 
dites prévôtés d'Ivoix et de Virton ; 
nous leur exposerons le texte complet 
des conventions et stipulations quel- 
conques, faites entre Sa Majesté et 
nous relativement à la vente de ces 
prévôtés, et nous n'omettrons rien 
pour leur faire jurer et sincèrement 
promettre au roi ou à son lieutenant 
que, sitôt après le payement complet 
fait à nous, par le roi ou en son nom, 
selon la teneur du contrat de vente, 
ils le reconnaîtront peur leur vrai et 
légitime seigneur, lui rendront tous 
les devoirs de sujets toujours fidèles 
et obéissants, et s'efforceront de réa- 
liser tout ce qui est stipulé dans le 
contrat de vente. Tel est l'objet du 
présent écrit. 



Donné à Arlon, le l^'' septembre 
1337. 



Ce jour même, l'^'" septembre, Henri Wercq fit, au nom du roi de Bo- 
hême, un premier versement de 960 réaux, non pas entre les mains de 
Thierry de Heinsberg, mais, pour son compte, entre celles d'Arnoul d'Agi- 
monl, cousin et créancier du comte. La quittance qu'en donne Thierry 
nous apprend qu'un payement plus considérable devait se faire avant le 25 



(1) Wolters cod. dipl Loss. p. 272. 



— d7 — 

décembre de cette même année. Il n'eut pas lieu (i). La rareté du numé- 
raire fit dès lors traîner les choses en longueur, et il fallut au roi près de 
deux ans pour compléter ce premier payement de quarante mille réaux. 

Un autre acte daté du même jour nous apprend que le comte Thierry 
remit alors, non pas au lieutenant du roi, mais à trois seigneurs choisis 
comme dépositaires, le contrat de vente des deux prévôtés d'Ivoix et de 
Virton. Ces seigneurs étaient Arnould de Blanckenheim, Conrad de Scleide 
et Louis, sire de Randerode. Ils promirent au comte de ne pas donner 
cette pièce au roi, avant qu'il ne leur eût montré les quittances de quatre- 
vingt-quinze mille réaux payés au comte de Chiny. Leur écrit témoigne 
que (e contrat de vente portait les sceaux du comte Thierry, de la comtesse, 
sa femme, et de Godefroid, leur fils (2). Quant à ce contrat, il est proba- 
blement détruit. 

Onze jours plus tard le comte Thierry envoyait à Arlon, au receveur du 
comté de Luxembourg, nommé Caret (ailleurs Gauret et Garent), une quit- 
tance de quatre-vingt-cinq « livres gros, » avec prière de payer cette somme 
« aux lombards de Brie (3). » 

Seize mille réaux lui furent payés, le 23 octobre suivant, par Pierre de 
Waben, clerc du roi (4). 

Le 29 avril 1338, il reçut à Liège, bien que sa quittance soit datée de 
Hasselt, treize mille cinq cents réaux. Cette somme lui fut remise, au nom 
du roi, par Louis, sire de Randenrode, par Arnoul, sire de Steyne et par 
Lambert de Heinsberg, chevaliers (5). 

Cinq jours après il reconnaissait que le roi avait payé, pour son compte, 
à Louis d'Agimont, son cher cousin, la somme de cinq cents livres de noirs 



(1) Nous Tyris, contes de Los et de Cyni, seigneur de Heinsbergh et de Blanquenbergli, 
faisons savoir à tous que nous avons rechut de monsieur le roy de Boème, par la main de 
Henri Werch, noef cliens et soisante royals, en rabat de plus grant'somme, que 
monsieur le roy dessusdit nous doit ou Noël prochainement venant, pour l'achat qu'il a 
faictà nous de la terre d'Yvus et de Verton; les quels il a payés pour nous à nostre chier 
et amey cousin messire Ernould d'Agimont; de la quelc somme devant dite nous nous 
tenons pour assois et bien payés, et en quitons monsieur le roy dessusdit et tous clieus à 
qui quittance en puet ou doive appartenir. Par le tcsmoing de ces présentes lettres, saelées 
de nostre scel propre, données à Erlon, le 1 jour de septembre de l'an de grâce mil ccc et 
trente-sept. Wolters, Codex diplom. los. pag. 272. 

(2) Archives de l'État à Luxembourg, Cartulaii-e de 1546, fol. 19, verso ; Analyse des 
chartes, etc. de M. Wiirth, l'ublicat. histor. de Luxemb., t. XX, page 47. 

(3) Ibidem, cartuL, fol. 13; l'ublicat., page 48; Wolters, Cod. dipl., p. 274. 

(4) Wolters, ibidem, page 259. La date est in crastino B. Severini, confessons ; ce doit 
être S. Séverin, archev. de Cologne. 

(5) CartuL, ibidem ; Wolters, ibidem p. 275 ; Publicat. ibid. p. 55. 



— 18 — 

tournois, «: en raballanl (déduclion) de eliu que lydis roys, nos sires, nos 
doit (I). » Celle quittance est également datée de llasselt. 

Enlin, le 18 avril 1339, Gaureit, receveur du comté de Luxembourg, 
payant au nom du roi, remettait à Thierry la somme de dix-neuf mille 
florins d'or. Plusieurs nobles assistèrent comme témoins au payement de 
cette somme, mais le comte, dans sa quittance, ne nomma que les quatre 
suivants : Arnoul, sire de Pylling, Louis d'Agimont, Thomas de Septfon- 
taines et Waleran de Chein (2). 

Près de la moitié des cent mille florins d'or étaient payés au comte de 
Chiny. 11 devait donc, h la première réquisition du roi, accomplir sa pro- 
messe, en notihant la vente l'aile aux habitants des deux prévôtés ; mais Jean 
l'Aveugle ne se pressa pas de réclamer celte notification et dix-huit mois 
devaient encore s'écouler avant qu'elle n'eût lieu, du moins officiellement. 
Toutefois le secret ne parait pas avoir été gardé jusqu'à celte époque. En 
voici des indices, sinon des preuves. 

Jacques de Virton, chevalier, avait à se reprocher quelque grave méfait, 
commis au détriment de Bauduin de Luxembourg, archevêque de Trêves 
et frère du roi de Bohême. Il craignait sans doute que le roi, devenu 
maître du pays de Virlon, ne se mil en tête de venger l'injure faite à son 
frère, el, en homme prudent, il s'empressa de se réconcilier avec le prélat. 
Il existait alors un moyen toujours infaillible de gagner les bonnes grâces 
d'un prince, c'était de se faire son homme lige. Jacques de Virton et 
Marie d'Anon, sa femme, s'en allèrent donc faire leurs plus humbles ex- 
cuses à l'archevêque Bauduin et lui offrir de reprendre de lui en fief, une 
maison qu'ils possédaient à Elbe, entre Belmont et Hamawez, au pays de 
Chiny. Les témoins de cet hommage furent Jean de Clémency, prévôt de 
Montmédy ; Jacquemin le (ou de) Pailheret, son frère, et Colignon 
d'Ugny (3). Comme leur conduite envers l'archevêque n'avait pas été moins 

(1) Wolters, ibidem, p. 276. 

(2) Wolters, ibitl., p. 284. Il y a erreur d'un jour dans la date de cette pièce : MCCCXXX 
nono, dominica die ante festum sancti Georgli iiroxima, videlicet die XVII mensis aprilis. 
Ce dimanclie tombait le 18. 

(3) « Le 9 juillet V,i3[). Jacques de Vertonno, chevalier, et Marie de Anon, sa femme, font 
savoir que Bauduin, archevêque de Trêves, les a reçus en sa grâce, et leur a pardonné 
plusieurs méfaits, excès et injures, et que, pour ce, ils lui ont résigné pour dix livres de 
terre à Tourun (tournois), leur maison à Aitre, sise entre Beaumont et la grange de Ha- 
mawé, en la juridiction du comté de Chiny, qu'ils reprennent en fief dudit archevêque. 

Sceaux de Jean de Ciymencés, prévôt de Monmaidey ; de Jakemin le Pailheret, son frère, 
et de Colignon Dugney. 

Biblioth. de Trêves ; Publicat. hist. de Luxem'i. t. XX, p. 12. 

Le 4 août 1339, ils font une nouvelle déclaration de leur reprise en lief de « leur maison 
de la ville Dettrez (d' Etires] et dépendances. Témoins : Thierry, curé Dettrez, Jakemin de 
Bçlmont, et Jehan, sou fils, écuyers.» Ibidem, 



— 19 - 

coupable que celle de Jacques de Virton, ils eurent recours au même 
moyen pour obtenir aussi leur pardon (1). 

Le 11 novembre, jour de la iete de saint Martin, est encore, de notre 
temps, au pays de Chiny, une des principales époques d'échéance ou de 
prise de possession. C'est ce jour-la, en l'année 1340, que fut promulguée 
officiellement la vente des prévôtés et châtellenies d'Ivoix, de Virton et de 
Laferlé, pour la somme de cent mille réaux d'or (2). 

Pour passer cet acte, le comte Thierry et la comtesse Cunégonde, sa 
femme, se rendirent à Bastogne, oii les attendaient les personnages sui- 
vants : JeofTroid de Bertrange, chevalier et justicier des nobles au comté 
de Luxembourg ; Henri de Dune, maréchal du même comté ; Wautier de 
Clervaux, Wautier de Berledange, Godefroid de Wez (Wiltz?), Gérard 
d'Helperdange et Gérard de Ham, chevaliers, tous du comté de Luxem- 
bourg. 

Le justicier des nobles était chargé de représenter le roi de Bohême ; 
les autres chevaliers comparaissaient en qualité de témoins. 

Le comte et la comtesse déclarèrent d'abord, dans une longue charte 
latine, qu'ils ont réellement vendu au comte-roi les deux prévôtés susdites 
et toutes leurs dépendances (3). Après quoi ils écrivirent aux habitants de 
ces deux prévôtés la lettre que voici. 

TJiierry ordonne aux habitants des prévôtés d'Ivoix et de Virton de reconnaître 
le comte de Luxembourg pour leur légitime seigneur. 

Bastogne, le 11 novembre 1340. 

Nous Thiris, cuens de Lous et de Chinyt, sires de Henseberg et de Blanken- 
berch, à nous chiers et bien ameis chevaliers, escuiers et atres hommes de 
fies, des prévosteis et chasteleries de Yvois, de Verton, de Lafterteit et de 
toutes leurs appendices ; aus prévoz, maiours, escevins, jureis, justichiers, 
sergeans, bourgois, et toutes autres manières de gens, demorans et habitans 
en la ville de Yevus et de Verton et en la sengneurie desdittes prévosteis, tant 
en franchise, comme dehors, salut. 

(1) « Le 9 juillet 1309. Jehan de Clymency, prévôt de Monmaidey ; Jakemins de l'-aillieret, 
son frère, et Colignon Diigney, écuyers, etc. » Ils s'engagent à servir l'archevêque au be- 
soin, sous penie de cjuarante livres. Sceau de Jacques de Verton. Ibidem. 

(2) Castra, casteldias seu caul ellanias et praeposlturas de Yvodio, de Verton et de Feri- 
tale. Voir la charte que nous allons traduire. Les autres pièces relatives à cette vente ne 
citent pas LaCerté, parce qu'une simple cliâtollenie suivait naturellement le sort de la pré- 
vôté. Ce mot ici employé n'ajoute donc rien aux conditions primitives du contrat de vente. 
C'est un simple développement. 

(3J Cette pièce est reproduite, d'après une bonne copie, dans le Cartulaire d'Orval, p. 072. 



— 20 - 

Savoir vous taisons que, pour plus grans domaiges à eskieweir (i), nous 
avons vendut, à nostre très chier sangneur et cousin, le roy de Boëme et 
conte de Lucembourch, perpétuelement et hyrétaulment, pour nous et pour 
noz hoirs et successeurs, tout chu que nos aviens es dittes villes et prévosteis 
devant dittes, sens riens à retenir de par nos, ensi que il appeirt plus plaine- 
ment par noz autres lettres sur ce faittes, pour une chertainne somme d'argent, 
de la queille nos nos tenons pour soulz et por bien paiez. 

Nous vous mandons et comandons, tant et si estroittement comme nos 
poions, que, ces lettres veuwes, vous fachiés homaiges et féalteis à roy, nostre 
chier sangneur lige, et obéissies à lui et à ses commissaires qui li plairat 
establir ens es dis lies (2) de par lui, de cel jour en avant, ensi comvous aveis 
fait à nos et à noz subgès, le temps passeit. Car des homaiges, féalteis, sere- 
mens et promesses que vous avez faittes à noz, et estiés à nos tenus, nos vos 
en quitons, et quite clamons, bonnement, por nos et pour noz hoirs et suc- 
cesseurs, par le tesmoignage de ces présentes lettres u /'om^ aultres, saeléesde 
nostre propre saeal ; qui furent faictes et données à Bastoigne, l'an de grâce 
mil trois cent et quarante, le onziesme jour dou mois de novembre, qui fust 
le jour de la feste saint Martin (3). 

Dans les deux dociimenls de ce jour (1 1 mai 1340), le comte ella com- 
tesse déclarent qu'ils ont reçu le prix des prévôtés vendues (4). Il est bien 
certain cependant, et nous allons en voir la preuve évidente, que le roi 
Jean était loin d'avoir intégralement payé celle somme de cent mille réaux 
d'or. Pour s'expliquer celte double affirmation des vendeurs, il semble 
nécessaire d'admettre que l'on considérait alors de bonnes garanties comme 
un véritable payement. A la vérité on pourrait imaginer une autre explica- 
tion, en supposant que ces pièces n'ont été remises que plus tard aux 
agents du comte ; mais on ne voit aucune trace des personnes auxquelles 
elles auraient été provisoirement confiées. 

L'entrevue de Baslogne avait eu lieu un samedi. Le vendredi suivant, 17 
novembre, le comte Thierry était a Tournay, en compagnie du roi de 
Bohême et d'un grand nombre de gentilshommes, tous luxembourgeois. 
De ce nombre étaient quatre des témoins que nous avons vus, six jours 
auparavant, à Bastogne. Ils avaient probablement fait route avec Thierry de 
Ileinsberg. 

(1) Pour éviter de plus gra'nds dommages. 

(2) Dans lesdite^ localités. 

(3) Wolters cod. dipl. Loss, p. 297. 

(4) « De laquelle (somme) nos nos tenons pour soulz et por Inen p li^z. » Ailleurs « centum 
millium florenorum auri regalium, quos D. noster rex, nomine dicti pretii, nobis plenarie 
persolvit. » 



- 2f - 

La nombreuse réunion de Tournay semble n'avoir eu d'autre objet que 
de garantir au comte de Looz et de Chiny le payement d'une somme de 
seize mille cinquante-deux réaux d'or, toujours en déduction de la somme 
due pour la vente îles prévôtés d'Ivoix et de Virton. Tout se borne en effet 
à ces deux choses : d'abord Jean l'Aveugle reconnaît qu'il doit cette somme 
au comte Thierry, à titre d'achat des deux prévôtés; ensuite, comme si sa 
parole royale était insut'lisante, il fournit ses cautions, au nombre de dix- 
neuf. Nous ne pouvons nous dispenser d'en transcrire ici la liste dans 
l'ordre suivi par le document royal : 

« Arnold et Gérard, son frère, sires de Blanckenheim ; Louis d'Agimont ; 
Conrad, sire de SIeyden (von der SIeyden) ; Louis, sire de Randerode ; 
Thomas, sire de Septfontaines (Sevenborne) ; Jean, sire d'Useldange ; Jean, 
sire de Faickenstein ; Wautier, sire de Meisenbourg ; Frédéric, sire de 
Dune; Thomas, sire de Neuerbourg (Nomvilla)\ Godart (Godefroid), sire 
de Welz (Wiltz?) ; Jean, sire de JJeverort (Brewarl) ; Herman, sire de 
Brandeberg ; Henri, sire de Dune, maréchal du comté de Luxembourg ; 
Wautier, sire de Clervaux ; Jean, sire de la Rochette (von der Velz) ; 
Joffroid, sire de Kœrich, tous chevaliers ; Arnold d'Arlon et Nicolas de 
Gymnich, écuyers (1). 

On se demande nécessairement quelle pouvait être la cause d'un luxe 
aussi extraordinaire de garanties. La seule qui nous apparaisse comme 
probable, c'est que le comte Thierry avait un extrême besoin de celte 
somme de 10,052 réaux, et (jue le roi, son débiteur, était alors dans l'impos- 
sibilité de la lui fournir. Pour parer à cette double difficulté, on aura 
amené les créanciers du comte a se contenter momentanément d'une royale 
et solennelle promesse de payement. 

Nous connaissons deux autres (]uiltances partielles, l'une de mille florins 
de Florence, l'autre de mille huit cent quarante-et-un petits florins, égale- 
ment de Florence. Elles sont datées du 27 juin et du 4 aoiît 1341 (2). 

Près de six ans s'étaient écoulés depuis le premier contrat passé entre 
Jean l'Aveugle et le comte Thierry relativement à la vente de Virton et 
d'Ivoix et cependant le roi n'était pas encore le vrai propriétaire de ces 
deux prévôtés, car il n'en possédait pas l'acte authentique. On se rap- 
pelle en effet que cet acte, confié à trois chevaliers, ne devait être remis 

(1) Cette pièce est en langue allemande. Woltcrs, cod. dipl. loss., page 209; Piiblicat. 
histor. Luxemb., tome XX, page 86. 

(2) Wolters, ibidem, pages 301 et 302 ; Publicat. hist., ibidem, pages 92 et 95. 

3 



— 22 — 

au roi qu'après le payement de quatre-vingt-quinze mille réaux. Enfin, le 
ci juillet 1343, les divers payements partiels avaient atteint cette somme et 
aussitôt Thierry de Heinsberg le reconnut par l'acte suivant, qui dispense 
le roi de rechercher toutes les quittances particulières. 

Le 3 juillet 13i3 Ci). 

« Nous Thieris, etc., faisons savoir et cognoissant à tous, comme nos chiers 
sires et cousins li roys de Boême et conte de Lucembourch, ait acheté à nous 
la prévosté d'Yvuys, la prévosté de Verton et Laferté sur Chier, avecq touttes 
les appartenances d'icellés pour la somme de quatre vingts et quinse mile 
florins royauls, et comme plus plainement est contenu es lettres sur ce faittes, 
scachent tous que la somme des dessusdis quatre vint et quinse mille florins 
royaulz, de bon or et de bon poys, avons eu etreceu, etc. (2). 

Par le tesmoigna-ge de ces lettres saiellées de mon grant seiel, faittes et 
données à Liège le tiers jour de juingnet, l'an mil trois cent quarante et 
trois (3). 

On ne sait à quelle époque furent soldés les cinq mille réaux dont le roi 
était encore redevable. 

Pendant ces diverses négociations, Thierry de Heinsberg avait également 
vendu d'autres propriétés ; mais comme elles se rattachaient au comté de 
Looz et non à celui de Chiny, nous ne nous y arrêterons pas. Citons seu- 
lement la vente, qu'il fit à Jean III, duc de Brabant, de son avouerie de 
Liège, dont il avait peine a percevoir les revenus (4). 

Tant de dilliculiés et de soucis empêchaient nécessairement le comte 
Thierry de présider par lui-même au gouvernement du comté de Chiny. 
Rien donc d'étonnant (ju'il ne soit pas fait mention de lui dans les actes 
où son intervention n'était pas indispensable. On peut douter néanmoins 
que cette considération suffise pour expliquer la mention de la comtesse 
Marguerite dans l'acte dont nous allons parler et le silence qu'on y garde 
sur le compte de son neveu Thierry de Heinsberg. Peut-être y a-l-il là une 
protestation discrète contre la vente, déjà connue alors, des prévôtés de 
Yirton et divoi.\. 

(1) On trouve dans Du Cange, au mot Juignet, un exemple où ce mot a la signification de 
juillet. Njui'eUii édit. 7« volume. Au mot juillet, Littré en cite deux autres exemples. Dic- 
tion, franc. 

(2) Tout, dans cette reconnaissance, semble indiquer que le prix total des deux prévôtés 
est de 950(X) réaux, et cependant on sait d'ailleurs qu'il n'en est pas ainsi. Ces sortes d'affir- 
mations apparentes donnent lieu souvent à des méprises. 

(3) Woltcrs, Cod. dipl. loss., pag. 306. 

(4) Wollers, Cod. dipl. loss., pag. 285. 



23 

Quoi qu'il en soit, le 23 mars 1341, les nobles, les échevins et les bour- 
geois (le Virlon, ions diimenl convoqués, s'élaienl réunis en assemblée 
solennelle, pour passer, avec les religieux croisiers de Suxy et d'Ivoix, un 
contrat relatif à la Maison-Dieu de Virlon. 

A la têle des nobles étaient messires Jacques de Virlon et Jean, son fils, 
tous deux chevaliers. Venaient ensuite Jean d'Écouviez et Henrion de 
Iches, écuyers, puis d'autres également écuyers, clercs et francsbommes. Les 
deux derniers nommés parlageaienl avec Jean de Isches la charge de gardes 
du sceau de la prévôté. Les échevins étaient Georges Mares, Alexandre 
Pasceis, Fidons Andrues, Jean lUondel et Henrion, fils de Rouillon. Les 
ihu\ représentants des croisiers se nommaient Émeri et Germain ; le pre- 
mier était prieur d'Ivoix. 

il fut statué que la Maison-Dieu et toutes ses dépendances appartien- 
draient désormais en toute propriété aux religieux croisiers, aussi long- 
temps qu'ils y demeureront, a charge pour eux d'entretenir le taureau 
commun et d'héberger les pauvres, selon l'ancien usage. Ils devaient en- 
core faire le service divin, ce qui les obligeait à être toujours au moins à 
deux, dont l'un prêtre. 

Les habitants de Virlon promcliaiLMil en outre de protéger leurs biens et 
même leurs personnes, pourvu (pie ce ne lïil pas contre l'ordinaire. Enfin 
pour plus d'assurance, ils se soiimeltaienl d'avance h la décision que por- 
ti^ait leur chère et bien-aiméc dame, la comtesse de Chiny, et même aux 
peines qu'elle prononcerait contre eux. 

La Maison-Dieu de Virt07i. 

Lf 2o mars VAW (st. de Tivve.s ; n. st. l.'iil). 

Nou.s J(ihan d'Escoaviers, esquyers; Henrions et Jehan de Iches deVerton, 
gai-deurs du suiel de la prévosleit de Verlon, faisons (savoir) à tous que, par 
devant nous espéciamenl esLablit, (couii)ai-urent) en lors propres personnes : 
messires Jaickes de Verton et messire Jehan ses fis, chevaliers ; Jehan d'Es- 
couviers, Henrions Iches ; toit li escuiers, li clers et li franc homme Georges 
Mares, Alexandre Pasceis, Fidons Andrues, Jehannes Blonde!, et Henrions 
filz Rouillon, eschevins; et toute li communauteit de ladilte ville de Verton, 
espéciamenl (convocquée) pour ceste chose, (et) ont recognut et donné, pour 
Deu et en amoine, as freires de Xuxcy et de la maison d'Ivoix, de l'ordre de 
Sainte-Croix, la maison Deu de Verton et toutes appartenances, sans rins ai 
(à) retenir, tant pour le tems présent coma pour tems avenir, pour tous jours 



_- 24 — 

maix, perpétuelement, en héritaige, sans mais ai rappeller; fors que, tant 
que ledit freires (y demeureront), doient aides à tous jours songnier un taurel 
pour ladite ville de Verton, et hébergier les pauvres et (les) conforter, selon 
les us et les coutumes du tens de devant. 

Et est fait ci dons et octroies en telle manière que lidit freires doient faire 
le devin service pour les mors et pour les vif tous jours mais, en ladite mai- 
son, perpétuelement, et avoir sur le moins deux freires résidens en ladite 
maison, perpétuelement, dont ly uns soit prestres. 

Et lidite ville de Verton leur doit dclfendre et warentir ladite maison et les 
appartenances de tort et de force contre tous jusques ai droit, et lidit freires 
auci, exccpteis les ordinares. 

Et cest don et ceste grâce a receut freires Emeris, prioult de la maison 
d'Ivoix, et freires Germains, ses compans, pour Deu et en amoine, pour tous 
jours, tant pour eas com pour tous lors freires des leus devantdis ; et qui ont 
promis avoi que, sitost com il porront bonnement, il empliront les conve- 
nances qui lour touche, ainsi com devant sont escriptes. Et tuit cilz de la 
ditte ville de Verton dessus dénommeit ont promis, par lors fois donneies 
corporcment en nos mains, que le don des choses dessudites il ne rappelle- 
ront maix, ne feront rappeler par eas ne par autrui. 

Et pour plus faire tenir fermement, il s'en sont rabujé en U juridiccion et 
enconstregnement nostre chière et ameie Dame, la contesse de Chiney. 

Et pour que ce soit ferme chose et estable, nous Jehan d'Escouviers, Hen- 
rions et (Jehan de) Iches, gardeur, dou saiel desurdit, avons mis ledit saielou 
ces présentes lettres, sauf le droit nostre chière dame la contesse de Chiney 
et l'autruy. 

Ce fut fait et donneit l'an de grâce nostre Signour M. CGC. XL, le ven- 
dredy devant l'Annonciation Nostre-Dame, en mars (1). 

Au mois de mai suivant, rarchevéque de Trêves, Dauduin de Luxem- 
bourg, approuvait la convenlion faite à Virlon. La charte qu'il consacre k 
cet objet renvoie tout le mérite de la bonne œuvre à sa cousine la com- 
tesse Marguerite de Lorraine et a la communauté de Virton. Quant ii 
Thierry de Ileinsberg, il n'eu est fait aucune mention. 

LedO mai 4341. 

Baldewinus, Dei gratia sancta; trevirensis ecclesia^ archiepiscopus, sacri 
imperii per Galliam archicancellarius, dilectis in Christo priori et fratribus 
Sanctœ Crucis, ordinis Sancti Augustini, domus de Ivodio, nostrae diœcesis, 

(1) Mir. et Fopp. Diplom, BqIq. tom, IV,pag. 596. 



— 25 — 

salutem in Domino. Ut eo ferventius et devotius divino officio, receptioni pau- 
perum et operibus misericordicc intendere et insistere curetis, donationem 
vobis de domo Dei in Vertono, dictae nostrse diœcesis, per nobilem malronam 
dominam Margaretam, comitissam deChineyo, consanguineam nostram dile- 
ctam, etcommunitatem ejusdenivilla3 de Vertono, factam (prout inlilteris inde 
confectis quibus hsec littera nostra transfixa est latius apparet) et in quantum 
rite et juste facta est, nostro tamen ac matricis ecclesise salvo jure, ad preces 
dictae nostrse consanguineaî et strenui militis Jacobi de Vertono, fidelis nostri 
dilecti, quantum in nobis est, ratificamus, approbamus et ienore praesentium 
confirmamus. 

Datum Treviris nostro, sub secreto, anno Domini M.CCC.XLI, mensis maii 
décima (I). 

Vers celle époque, des préoccupalions beaucoup plus pénibles que celles 
dont nous avons parlé vinrent assaillir l'âme du comle Thierry de Ileins- 
berg : son fils unique, l'objet de tant d'espérances, semblait s'incliner peu 
à peu vers la tombe. Ce jeune prince n'était encore âgé que de vingl-et- 
un ans. Depuis trois ans il avait épousé Malhildo, (ille de Renaud, comte 
de Gueldre, et de Sophie, héritière de Florent de Berlhoul, sire de Malines, 
puis il s'était engagé à suivre son beau-père dans la guerre, dite de suc- 
cession, qui devint bientôt si fatale a la France. Qu'il suffise d'indiquer ici 
que le comte do Gueldre avait embrassé le parti d'Edouard ili, roi d'An- 
gleterre et que, pour déterminer son gendre à le suivre, il promit de 
l'indemniser des pertes que lui causerait celte guerre (2). Godefroid, qui 
était déjà chevalier et portait le litre de sire d'Eyck et de Millen, mourut 
en 1342. On remarquait dans son testament un legs en faveur de son fils 
naturel nommé GodefroiJ, et plusieurs autres en faveur de l'église deMae- 
seyck, où il avail probablement choisi sa sépulture. Sa veuve se remaria 
successivement à Jean, comte de Clèves, et h Jean, comte de Blois. De ses 
trois maris elle n'eut point d'enfants. 

Peu auparavant Thierry avait vu mourir son frère Jean, sire de Dalem- 
broeck, lequel laissait deux lils, dont l'un sera l'avant-dernier comte de 
Chiny. Catherine de Vocrne ou Verncnbourg, veuve de Jean, s'était rema- 
riée avec Jean de Fauquemonl, sire de Born et troisième lîls du fameux 
Waleram, dit le Roux, sire de Fauquemonl, Monijoie, Marville et Arrancy; 
elle devint ainsi belle-mère de Philippine de Fauquemont, avant-dernière 

(i) Miraei Diplom. Belgii, tom IV, pag. 597. 
(■2) Wolters, Codex diplom. loss., pag. 283. 



— 26 — 

comtesse de Chiny. Des difficultés survinrent, au sujet du douaire de Ca- 
tlicriiio, entre Jean de Fauquemont, son second man, ci Thierry de Heins- 
hcT" ; mais elles furent applanies amiahlement par l'arbitrage de Renaud, 
comte de Gucldre (I). 

Pendant que le comte Thierry, encore sous le coup du malheur qui le 
privait de postérité, voyait son comté de Looz frappé d'interdit et les éche- 
vins de ce comté en hutte aux procédures de ceux de Liège, il apprit que le 
roi de Bohême et le comte de Bar s'occupaient à Verdun de « certains 
traitlicz et convenances » relatifs au comté de Chiny. C'est qu'en effet 
Jean de Dohême semblait dédaigner de plus en plus sa couronne royale et 
ne songer qu'a embellir de quelques nouveaux fleurons celle qu'il tenait de 
ses ancêtres, comtes de Luxembourg. Successivement il avait acquis les 
seigneuries et les hommages de Dampvillers, de Bastogne, de Mirwart, de 
Nassogne, de Virton et d'Ivoix, sans j)arler de Manderscheidt et de bien 
d'autres (2), il allait de nouveau reculer vers l'ouest les limites de son 
vaste domaine. La convcniion de Verdun est un fait tellement considérable 
qu'il serait impossible de ne pas y voir une des causes déterminantes de 
l'absorption du comté de Chiny dans celui de Luxembourg. 

Associalion entre Jean, roi de Bohème, et Henri, comte de Bar, au sujet 
de la garde de Verdun et de la suzeraineté du comté de Chiny. 

10 mars 1343. 

Nous Jehan, par la grâce de Dieu roy de Bohême et conte de Luxembourg, 
et nous Henry, comte de Bar, faisons sçavoir et cognoissons à tous ceuJx qui 
ses présentes lettres verront et orront, que nous, par meur conseil et seine 
délibération, pour paix et amour nourir et estre entre nous, pour le prouffict 
commun de noz subjects, de nos terres et de noz paix, avons faict f t faisons 
perpétuellement, pour nous et pour noz hoirs, contes de Luxembourg d'une 
part, et contes de Bar d'aultre part, compaignic et communion des choses 
qui s'ensuivent, en la manière qu'il est cy dessoubz cscript ; lequel accom- 
paignenient nous Henry, cuens de Bar, avons faict audit roy, pour luy et pour 
ses hoirs contes de Luxembourg, tel comme cy après s'ensuit : 

Nous sommes accompaigné à tout ce que ]y dis roy avoit à Verdun, pour 
quelque manière que ce fut ; et ly devant dis roy accompaignié à tout ce que 
nous y avons, s'y comme plus clairement peult apparoir par lettres sur ce 
faictes. Nous Henry, cuens de Bar, au tiltre de la cause devant dite, l'avons 

(1) .Mir. ot Fojipens, toni. IV, p. 597. 

(2) Bertholet, tome VI, pages 50, 'J8, 99. I IS. 13-2. etc. 



— 27 — 

(accompaigné) et accompagnons à nous et à nos hoirs. (Et nous) Jean, roy de 
Bohême et conte de Luxembourg, pour nous et pour nos hoirs, contes de 
Luxembourg, avons prins et retenus les accompaignements en cesle manière, 
c'est à sçavoir : les fiez que le conle de Chiny tient de nous, comte de Bar, 
sera communs de moictié en moictié dores en avant à noz hoirs contes de 
Luxembourg et à noz hoirs contes de Bar ; c'est à savoir du chastel de Chiney 
et des appertenances, les fiefz du chastel de Montmady et des appertenances, 
les fiez du chastel d'Estaul et des appertenances, ensemble tous les fiefz 
appertenans ausdits chastelz, qui meuvent desdits lieux et que on tient du 
conté de Chiny. Et assavoir que nous Jehan, roy dessusdits, ne nostre hoir 
conte de Luxembourg ; ne nous Henry, conte de Bar, ne nous povons, ne devons 
aydierl'ung l'autre des fortresses, fiefz et arrier fiefz dessusdits, ne des apper- 
tenances, pour descort, ne pour guerre que nous, ne nostre hoir, ayons l'un 
contre l'aultre ; mais se ly uns de noz, ou aucuns de nos hoirs, avions guerre 
à un aultre, quel que ce fust, à ung ou plusieurs, cilz de nous qui guerre auroit 
se pourroit ayder des fortresses, fiefz et arrier fiefz et appertenances dessus 
nommez, en la manière que nous nous aydons et povons ayder de Marville, 
et de la terre et des appertenances qui est commune à nous. Dès maintenant 
le dit conte de Chiny devra reprendre les dits fiefz de nous, roy de Bohême 
et conte de Luxembourg, et (de nous) comte de Bar, et tuit ly aultres ensui- 
vans, de nous et de noz hoirs. Et [nous) contes dessusdits, promettons bonne- 
ment et loyaulement l'un envers l'aultre à ce que ly dit conte de Chiny ou cilz 
qui cause auroient de luy, facent la reprinse es mains de nous deux, roy et 
conte de Bar dessus dits, et aussy à ce qu'il promettent et tiengnent les choses 
devant accordées touchant lesdits fiefz en la manière que dessus est dict, et à 
ce faire l'hommaige, le service et tout ce qu'il debvra faire dudit fief et des 
appertenances. 

Et toutes les choses dessusdites et une chascune d'icelles, avons nous, roy 
de Bohème et conte de Luxembourg, pour nous et pour noz hoirs contes de 
Luxembourg, d'une part ; et nous Henry, conte de Bar, d'aultre part, promis, 
jurez sur saincte Evangelise, tenir, garder, faire, et accomplir tout entière- 
ment, sans nul mauviais engien ; et voulons et à ce nous obligons que, se 
aulcuns de nous ou de nos hoirs venoit contre les choses dessusdites, en tout 
ou en partie, il soit tenus pour parjur, et à rendre tous dommaiges, qui en 
venroient ou pourroient venir, à la partie de nous qui cest présent accord, et 
accompaignie, et communion aueroit tenus et guardei. Et pour ce obligons 
nous l'un à l'aultre tous noz biens meubles et non meubles, présens et advenir, 
où qu'ilz soient et pourroient eslre trouvez ; et avons renonchio, de certaine 
science, en ce faict, à toutes exemptions de mal, de fraude, de lésion, de cor 
ruption, de décevances, et à toutes aydes de faict et de droict escript et non 



— 28 - 

escript, à tous baras, defTences, quavillalions, aydes, et toutes constitutions 
et statutz, coustumes et usaiges, et à toutes aultres choses quelzconcques, 
que noz, ou nos hoirs, pourroient ayder et valoir à venir contre les choses 
dessusdites, ou aulcunes d'icelles, en tout ou en partie, espécialement au 
droict disant générale renunciation non valoir. 

En tesmoignaige des quelles choses, et pour ce qu'elles soient fermes et 
estaubles, nous, roy et conte de Bar devant dits, avons faict mectre noz grands 
seels en ces présentes lettres, qui furent faictes l'an de grâce mil IIl*=. XLII, 
le X" jour du mois de mars (1). 

Ainsi, à partir du 10 mars 134^^, les droits de Jean l'Aveugle et de 
Henri, comle de Bar, étaient égaux et communs, non seulement dans ce 
qu'ils possédaient a Verdun, mais encore dans la suzeraineté des châteaux 
de Cliiny, de iMontmédy et d'Étalle, y compris toutes leurs dépendances. 
Désormais les deux princes pouvaient en temps de guerre faire usage de 
ces châteaux, pourvu que la guerre ne fût pas entre eux deux. Quant au 
comte de Chiny, il était stipulé qu'il ferait hommage au roi pour la moitié 
de ces seigueuries. 

Outre l'acte qu'on vient de lire et qui est commnn aux deux contrac- 
tants, le comte de Bar remit le même jour au roi deux chartes où il n'est 
plus question de Verdun, mais seulement des fiefs de Chiny, de Montmédy 
et d'Étalle. Par la première il s'engage a communiquer au roi et à ses 
successeurs, dès qu'il en exprimerait le désir, tous les titres ou écrits 
quelconques qui concernent ces trois fiefs ; l'autre est une notification de 
l'accord fait entre les deux princes, avec injonction au comte Thierry de 
partager désormais entre le roi et le comte, les devoirs et les services 
résultant de ces fiefs. 

Nous avons promis, dit- il dans celle dernière charte, à notre cher sei- 
gneur et cousin, le roi de Bohême, l'hommage du comte de Looz et de 
Chiny ainsi que tous autres devoirs féodaux, mais seulement « pour moi- 
tié. » C'est pourquoi nous requérons notre bien -aimé cousin Thierry de 
Heinsbcrg de prêter foi et hommage au roi, de le reconnaître pour suze- 
rain, de tenir de lui ses châteaux, de le servir et de lui obéir comme h 
nous même, « pour moitié. » Voici ces deux chartes. 



(l) D'après deux copies assez anciennes sur papier, reposant aux Archives du Gouvern. 
à Arlon. Fonds I, et n" de l'inventaire 4292. 



— 29 — 

Le 10 mars 1343. 

Nous Henry, cuens de Bar, etc, faisons savoir que, - comme certain traitie 
et convenances faites entre nostre chier et amé signour et cousin ly roy de 
Bohême, conte de Lucembourg, pour ly et pour ses hoirs contes de Lucem- 
bourg, et nous, nous ayans accompagnie ledit roy et conte en toute la moitié 
des fiefz et arrière-fiiefz de Chiny, de Monlmadey, des Estaulles, et de toutes 
les appartenances, les quel lieu nous sont rendaubles ; et aussy en tout le 
service qui, pour raison des choses dessus dites nous^uet estre deu ; et il 
soit aussy que les privilèges anciens faiz sans (touchant ?) les dits fiefz et ar- 
rier-fiefz, mouvans de nous et de nos prédécesseurs, nous, conte de Bar 
dessus dit, ayons par devers nous, — nous recognoissons la moitié de toutes 
les dites privilèges et lettres que avoir poulront par devers nous, chevallier, 
les choses dessus dites estre et appartenir à mon dit signour et cousin, roy 
dessusdit, pour luy et pour ses hoirs contes de Lucembourg, par quelle ma- 
nière qu'elles soyent ou puissent estre faictes, ne en quy nom qu'elle fussent. 
Et prometz que touttes fois qu'il plarat à nostre dit signour et cousin, pour 
luy et pour ses hoirs comtes de Lucembourg, nous apporterons et sommes 
tenuz apporter toutes les lettres, privilèges quelzconcques, faites sur les 
choses dessus dites, toutes fois qu'il plaira audit roy, ou à ses hoirs contes de 
Lucembourg, et où qu'il leur plairat, devant quelle personne ce soit, sans nul 
eschuy, ne excuses quelconcques. Et ainsy le promettons nous à tenir et ac- 
complir fermement, soulz l'obligation de tous nos biens. Ce fut fait le ven- 
dredy (1), le X« jour de mars l'an de grâce mil III^ et XLIL Tiré des archives 
de Luxembourg (2). 

Même date. 

Nous Hanris, conte de Bar, faisons savoir à tous que, — comme, par cer- 
tains traittiez et convenances faictes entre nostre chier signeur et cousin le 
roy de Boeme d'une part, et nous d'aultre, nous aiens accompaignés pour 
toujours, awech nous, por luy et por ses hoirs, contes de Luccemborch, en 
tous les fiefs, arrier-fiefs et signories que nous avions et avoir pooiens en 
fiefs et arrier-fiets de Chigny, de Monmaydie, d'Estauble et des appartenances 
et appendances, li quelz lieus nous sont rendables, et, parmy le dit accom- 
paignement, aiens promit à nostre dit cousin, roy dessus dit, que le conte de 
Louz et de Chigny en enterat en sa foy et homaige, et l'en ferattout le service 
que le fieul requiert pour moitié, — si requérons, par la tenoure de ces lettres 

(1) Lisez : Ce fut fait à Verdun le X'' jour, etc., coinnu' d.iiis le traité (i(^ |i;)i.\ i.\\\\ [ii(m-piIo. 
D'ailleurs le 10 mar.s ne tombait pas un vendredi en V.ViW, ni en l.'iW. 

(2) Bertholet, preuves t. VI, p. XLLK, corrigé d'après une copie assez ancienne dnlT'' sicclc 
au dépôt du Gouvern. à Arlon, n" 4292, 3" pièce. 



— 30 - 

ad nostre amé cousin, Thiéry de Hynchberch, conte de Louz et de Chigny 
que, ces lettres veuwes, qu'il en entre ou fieul et en l'omaige de nostre dit 
cousin et roy et en devegne ses homme de fieul et d'omaige, et li tengne les 
chastels pour rendables, et, en toutes aultres manières quelconcques, li faire 
tous les services et obéissances, pour moitié, qu'il feroit, feisl, et fut tenut à 
faire à nous muème ; et dès maintenant tout ce que, en choses devant dittes, 
serat fait par nostre dit cusin, roy de Boéme et ses hoirs, contes de Lucem- 
borch, ou temps à venir, celle choise devant dittes nous volons estre valable 
à perpétuiteit ; recognissons et accordons que lidis nostre chier signeur et 
cusin, roy de Boêine, et si hoirs, contes de Lucemborch, aient toujours mais 
en choses devant dittes, toutes signouries et sovraineteit, pour moitié, cum 
nous miesme, et nous pour l'autre moitié. En tesmoignaige de la quelle choise, 
nous avons saiellées ces présentes de nostre grant saiel. Données et faites 
l'an de grâce mil trois cent quarante-deux, le diximejourdu mois de marche M). 

Avant de quitter Verdun le roi et le conile de Bar firent un traité de 
paix et d'amitié dont Berlholet nous a conservé le texte. Ils se pardonnent 
leurs loris mutuels et se promettent de vivre dans une concorde parfaite (2). 

Le duc de Bar attendit près d'un an avant de notifier officiellement au 
comte de Cliiny le traité de Verdun. 11 le fit enfin dans les termes sui- 
vants. 

Le 27 février 1344. 

Henry cuens de Bar à nostre bien amé Monsr Thiery de Henzeberch, conte 
de Chini. 

Comme nous ayons accompaingné avec nous nostre chier sr et cousin le 
roy de Bohême et conte de Luxembourg à la moictie dii tous les fiefz des 
chastelz de Chini, de Montmady, d'EstauUes et de toutes les appartenances, 
fiefz et arrière fiefz, c'est à sçavoir que, en tout ce et de quoy vous estiez 
nostre hoirs et quelconcques services que vous nous en deusiez, le dit roy ait 
et doit avoir la moictie, et nous l'autre, sy comme plus plainement peult 
apparoir par lettres de nojtre accompaignement. Pourquoynous vous mandons, 
et commandons, et requérons que, voues ces lettres, sans aultre mandement 
attendre, vous entrez en la foy et en l'hommaige de nostre dit bi' et cousin le 
roy de Bohême, de la moictie de tous les chastelz, appendices et apparte- 

(1) Wolt. cod. dipl. loss. p. 303. 

(2) Mais ils n'entendent pas régler parce traité de paix les différends de leurs sujets. < Et 
ce n'est mye de nos ententes que, ce aulcunes questions ou tliscors [suppléez existent entre 
nos sujets, elles) soient en rien comprins en ce présent accort. » Bertholet, tome VI, 
preuves, pages 48; pour la correction, comptes rendus de la Corn. d'Hist., IIP .série, t. X, 
page 120. 



- 31 - 

nances, fiefz et arrière fiefz dessusdits. Et tout ausy et entièrement comme 
vous estiez nostre hoirs, nostre sr et cousin (sera'}] pour moictie et nous pour 
l'autre. Et toutes redevances et autres services que vous debviez à nous seul 
pour raison des choses dessus dites, nous voulons estre par moictie entre 
nostre dit sr et cousin le roy de Bohème et nous. Des quelles choses, par la 
teneur de ses lettres, nous vous donnons povoir et auctorité de faire. En 
tesmoing de ce nous avons faict mectre noz seel en ces dittes lettres, qui 
furent faictes l'an mil III^ XLIII, le vendredy après les bures (1). 

Après cet avertissement, le comte Thierry devait, sous peine de dé- 
chéance, faire hommage h son nouveau suzerain, mais rien ne l'obligeait 
a payer une seconde fois la reprise des trois fiefs. Il était donc juste que 
le comte de Bar remboursât a celui de Chiny les frais de cette reprise. 
Voici comment la chose se fit. En intimant à son vassal l'ordre de trans- 
férer au roi de Dohême la moitié de son hommage, le comte de Bar lui 
promit de verser à la caisse des lombards de Slenay et d'Arrancy la somme 
de quinze cents livres, petits tournois, laquelle était due par le comte de 
Chiny. Concluons de là que le double de cette somme était très-vraisem- 
blablement le prix de la reprise totale des trois fiefs de Chiny, d'Êtalle et 
de iMontmédy, soit mille livres pour chacun de ces fiefs. 

Le 27 février 1344. 

Nous Henry, cuens de Bar, faisons savoir à tous présens et advenir que 
nous, — ayans fait accompaignie et accompaigne nostre chier sr et cousin le 
roy de Bohême, conte de Luxembourg, à toute la moitié entièrement de tous 
les fiefz et appartenances que tient de nous le conte de Ghini, c'est à savoir : 
le fiefz du chastel de Montmedey et des appartenances, le fit'!/, du chastel 
d'Estaulles et des appartenances, ensemble tous les fiefz et arrière fiefz appar- 
tenans ausdits chastelz qui meuvent de ces lieux, et à tous droiz quelconcques 
que nous avions et poions avoir en choses dessus dites, tout ainsy et en la 
manière que le dit conte de Ghini les tenoit de nous, si comme ledit accom- 
paignement et communion peult plus plainement apparoir par lettres sur ce 
faictes entre nostredit sr et cousin et par nous ; par les quelles lettres nous 
avons accordeit en.semblH que ledit conte de Ghini, repernant [repenrat ?) les 
choses devant nommées de nostre sr et cousin le roy de Bohême et de nous ; 
et ce fait pour le bien de paix ; et affin que ledit conte de Ghini ne peut myc^ 
dire que le contredissiens à tort, nous avons accordeit à nostre dit sr et 
cousin le roy de Bohème que, parmi ce .que ledit conte de Gliiny fera el 

(1) D'après une copie du W siècle cle.s nrcliiv. du (iouv. à Arloii. n. V2!h2. ;{•• |)ircc. 



— 32 — 

devera faire la reprinse de nostre dit sr et cousin et de nous, nous payerons 
et avons payé quinze cens livres petitz tournois, un florin à l'escu pour vingt 
solz, au lombars de Sathenay et d'Arrancey, à cuy ledit conte de Chiny est 
tenu, en acquitant et délivrant y celuy. Laquelle paye et délivrance nous 
aurons faict entliièrement dedens l'octave de mye karesme prochainement 
venant. Et à celluy conte de Chini aurons faict rendre ses obligations ou quie- 
tances en telle manière qu'il devera souffire àluy estre perpétuellement quic- 
tances des dites quinze cens livres, des quelles déjà nous nous chargons et en fai- 
sonsnostre propre debte, et en prenons la charge en noms et promettons loyale- 
ment et en bonne foy à tenii' et accomplir les choses dessusdites, et à rendre 
tous coustz, frais et despend que, par deffault de la paye non faicte des dits 
XVc livres dedens le terme dessus nommé, venroient. En tesmoing de vérité 
nous avons faict mectre nostre seel en ces présentes lettres, qui furent faictes 
l'an de grâce nostre Sr mil III^ XLIII, le vendredy après les bures (1). 

Le comte Thierry de Heinsberg avait, selon la coutume, un an et un 
jour pour satisfaire à ce devoir féodal. Il ne le (Jifféra que de trois à quatre 
mois. Le 14 juin 1344, se trouvant à Herck avec le roi de Bohème, il lui 
fit l'hommage voulu et en informa, le jour même, les hommes de fief, les 
bourgeois et les communautés des châleilenies et des prévôtés de Chiny, 
de Montmédy et d'Étalle. D'après le commandement exprès de haut et noble 
seigneur le comte de Bar, leur écrit-il, nous relevons et reprenons de 
notre très cher sire et cousin, monseigneur Jean, par la grâce de Dieu roi 
de Bohême et comte de Luxembourg, la moitié de ces trois châtellenies et 
prévôtés, y compris tous les fiefs et les arrière-fiefs qui en dépendent, de 
manière à les tenir, nous et nos successeurs, comtes de Luxembourg, du 
roi et du comte simultanément et de leurs successeurs. 

Le 14 juin 1344. 

Nous Thieris, contes etc, à tous noz homes de fies, borgois et autres com- 
munatez de nos chastelleries et prevostez de Chiney, de Momédy et d'Estales, 
salut et dilection. Savoir vous faisons que par la volenteit, consent, et exprès 
commandement de hait et noble home, monsr Hanri, conte de Bar, nous, 
pour nous, noz hoirs et successeurs, avons repris et reprendons, relevet et 
relevons de excellent prince, nostre très chier singneur et cousin, monsr 
Jehan, par la grâce de Dieu, rois de Boeme et conte de Luccembourch, 
de ses hoirs et sucesseurs contes de Luccembourch, la moitiet de toutes les 

M) Daprôs nue copie du 11' siècle, laquelle repose aux arcliivesdArlon. N" 4292, 2* pièce. 



— 33 — 

ditles trois chastelleries et prévostez, et tous les fiefz et arrier liez quy y 
appartiennent et en puelent movoir ou apartenir, à tenir de nostre dit 
signeur et cousin, le roy, et de ses hoirs et successeurs contes de Luc- 
cembourch. tout en tele manière comme nous la teniens de monsr le 
conte de Bar dessusdit. En tesmoignage des queles choses nous avons fait 
mettre nostre seel à ces présentes lettres, faittes en l'an de grâce mil trois 
cent quarante quatre, le mardi, quatorse jours au mois de juing (1). 

Le lendemain, 15 juin, le roi donnait acte de son relief au comte Thierry 
et déclarait que, en cas de guerre entre les deux suzerains, les gens de 
fief et d'arrière-fief ne seront pas obligés d'y prendre part, mais qu'ils 
devront rester loyalement en paix avec les deux partis ; car c'est avec cette 
restriction, ajoute-l-il, que doit être entendue la promesse, faite par le 
comte de Chiny, de rendre également au roi tous les devoirs dus au comte 
de Bar. 

Le 15 juin 13ii. 

Nous Johans, par la grâce de Dieu, etc, faisons savoir as tous, comment 
que nostre trèsciiiers cousins Thieris, le contes de Los et de Chiny, sires de 
Heynsbergh et de Blankenbergh, ait recheut de nous en homaige, par le con- 
sentement et par la volenteit nostre très chier cousin le conte de Bar, la moi- 
tyet du fief que le conte de Los devant dit tenoit, et tenir soloit, entièrement 
de nostre dii cousin le conte de Bar. Se volons et est nostre volenteis, avons 
octroyet et octroyons par ces présentes lettres, se guerre emi ninestes (2) se 
meust, ou fesist entre nous et entre le dit conte de Bar, (que ja n'aviegne), 
que les hommes fiéveis et arrière fiéveis, et toutes autres gens pertenans h 
dit fies, ne s'en melront, n'en seront tenus de soy meller ; mes s'en tenront 
en bonne pays envers nous et envers le conte de Bar dessus dit, sans nul ma- 
lengien ; non contre estant que le diz conte de Los nous a doneit ses lettres 
saiellées de son saiel, et premis de servir dou dit fies et de faire teil service, 
comme il, et ses prédécesseurs, ont fait au temps passeit au conte de Bar 
dessus dit et h se^ prédécesseurs, et comme li fies le doit sans fraude. 

Par le tesmoing de ces présentes lettres, saiellées de nostre saiel, faittes et 
données à Herke, le quinzième jour de mois de juing, l'an de grâce mil ccc 
quarante et quatre (3). 

(1) Wolters, cod, dipl. Loss. page 312. La date de cette pièce ne laisse aucun doute sur le 
style suivi dans la précédente. Ce style était nécessairement l'ancien. Autrement le comte 
Thierry n'aurait pas fait hommage dans le temps prescrit. 

(2) Emi ou emmi au milieu, entre ; ninestes ? Ne faut-il pas lire : se guerre, ennimistés, 
controverse ? 

(3) Wolters, Cod. dipl. Loss. p. 313. 



— 34 — 

Vingl-qnalro heures |»lus lard, mercredi 1(5 juin, le roi publiait une 
nouvelle cliarle, destinée sans doute à calmer les craintes de Thierry de 
lleinsberg. Au gré de ce comte, Jean l'Aveugle n'avait pas suffisamment 
garanti la transmission des trois fiefs aux héritiers du vassal, hommes ou 
femmes. H le fit de la manière que voici. 

Le 1() juin 1344. 

Nous Johans, elc, faisons savoir et connissant à tous que nous avons promiz 
et promettons, pour nous et pour noz hoirs, à nostre très chier cousin le conte 
de Loz et de Chiny, seigneur de Heinsbergh et de Blankenbergh, que nous 
presterons le fies qu'il a reclieut de nous, c'est assavoir la moitiet des fies de 
Chiny, de Momédy et d'Estaules, et tous leur appartenances et appendizes, 
aussy avant comme il mouvoit jadiz enlhièrement du conte de Bar, à tous 
hoirs ledit conte de Los, soit maies ou femelles, sans fraude et sans malengien, 
par le tesmoing de ces présentes lettres, faittes et données à Herke, le seiziesme 
jour du mois de juing, l'an de grâce mil CGC quarante-quatre (I). 

Les craintes de Thierry ne pouvaient guère être fondées en ce qui con- 
cerne le comté de Chiny, mais elles lui étaient inspirées sans doute par 
l'état de ses affaires au comté de Looz, Sa position y apparaissait de plus 
en plus semblable à celle d'un usurpateur, tellement les Liégeois s'habi- 
tuaient à agir et à parler comme si ce comté leur était incontestablement 
dévolu. Il est vrai que, l'année précédente {15 mai 1343), la peur des 
Hntois et du duc de Brabant avait décidé le chapitre de Saint-Lambert à 
oiïrir au comte l'investiture du pays de Looz, s'il consentait iï combattre le 
puissant duc. Des chevaliers vinrent même lui en faire la proposition de la 
part des chanoines; mais il se contenta de leur répondre que lui-même 
était l'allié du duc de Brabant (2). Ce fut comme un court triomphe. 

il y en eut un autre, qui ne fut guère plus long. Le voici. 

Tout à coup le bruit se répandit à Liège que les États de la principauté 
et le duc de Brabant s'étaient, en 1338, secrètement engagés h garantir au 
sire de Heinsberg la tranquille possession du comté de Looz. Cette révé- 
lation jeta l'évoque et le chapitre dans une grande perplexité ; mais 



(1) Wolters, Codex dipl.Loss., page 314. 

(2) Gestes des ducs de Brabant, tome II, page 458. 



— 35 — 

grâce h des concessions et à d'autres manœuvres habiles, ils parvinrent 
à détacher les États du parti de Thierry (1). 

Au mois de novembre iSi^, l'évoque Adolphe de la Marck mourait et, 
trois mois après, il était remplacé par son neveu Engelbert de la Marck. 

Le comte Thierry n'eut pas, même à cette occasion, un instant de repos, 
parce qu'il lui survint alors une nouvelle cause de sollicitude. L'archevêque 
de Cologne venait aussi de lui refuser l'investiture de la seigneurie de 
Honeffe. C'était un cas de guerre. En même temps qu'il faisait ses prépa- 
ratifs, Thierry rechercha l'alliance des comtes d'Aremberg, de la Marck et 
de Waldeck, tous trois ennemis de l'archevêque Waleran. Cela suffit heu- 
reusement pour forcer la main au prélat. Peu après, grâce a l'intervention 
de Thierry, la paix était également rétablie entre ces trois comtes et le 
même archevêque (2). 

Ces derniers préparatifs de guerre avaient de nouveau épuisé les caisses 
du comte Thierry. Aussi ne détourna-t-il sa vue des rives du Rhin qu'après 
avoir vendu à l'église de Cologne, pour trois mille cinq cents marcs, une 
rente annuelle de vingt-cinq foudres de vin, que cette église payait aux 
comtes de Looz, depuis Arnulphe, bisaïeul de Thierry. Il lui fit hommage 
en même temps du château de Gruitrode, y compris le village et la cour 
de justice (3). 

Après toutes ces transactions désastreuses et l'épuisement complet de 



(1) Ces deux petits triomphes furent suivis d'un troisième non moins inutile. 

Le comte de Hainaut et son oncle le sire de Beaumont, comte de Soissons, choisis pour 
arbitre entre le duc de Brabantet le prince-évêque de Liège, décidèrent, en. re autres choses, 
que le comté de Looz devait rester à Thierry de Heinsberg, que l'on cesserait désormais de 
publier l'excommunication portée contre lui et que l'on enverrait des députés au pape, pour 
le prier de lever celle peine canonique (8 août 1343) Mon. St-Genois, tome I, p. 279 ; Wol- 
ters, ibidem, parje 3ii. Cette nouvelle causa beaucoup d'émoi parmi les chanoines trèfon- 
ciers. Une première lettre partit immédiatement pour la cour pontificale. Elle se ressent de 
l'émotion du premier moment. 

On y parle des conspirations de Caïn contre Abel, d'Esaii contre .lacob, et l'on conjure le 
pape de confirmer et d'aggraver même la sentence d'excommunication. Dix jours plus tard 
une seconde lettre lut adressée aux cardinaux d'Avignon. Elle est mieux écrite et fort 
habile. Les arbitres, y est-il dit, ont outrepassé leurs pouvoirs, ensuite le bruit court que, 
si le comte Thierry réclame avec autant d'insistance le comté de Looz, c'est pour le vendre 
au duc de Brabant. 

Ces deux lettres restèrent sans effet, mais l'indomptable opposition des tréfonciers n'en 
tenait pas moins le comte en échec et dans l'impossibilité de mettre un terme à ses dépenses 
ruineuses. En vain les deux arbitres et le roi de Bohème se présentèrent-ils au chapitre 
pour demander la ratification de la sentence dans ses dispositoiis relatives au comté de 
Looz, la majorité s'y refusa et, après avoir protesté, se retira (17 juin 1344). 

(2l\Volters, ibidem, page 280; Lacomblet, Urkundenbuch fiir die Geschichte des Nie- 
derrheins, III, 418, 426. 
(3) Ibidem, page 428. 



— 36 - 

ses finances, Thierry de Ileinsberg put enfin se réconcilier avec le chapitre 
de Liège et recevoir l'investiture du comté de I.ooz. Cette négociation dif- 
ficile fut dirigée par l'abbé de Saint-.Nicaise, de Reims, agissant en qualité 
de légat au nom du pape Clément VF. La solennité de l'investiture et la 
levée par le légat de l'excommunication et de l'interdit eurent lieu a Frère, 
près de Tongres, en présence de six prévôts et de plus de vingt sei- 
gneurs (I). 

Il y avait dans le chapitre une minorité à jamais irréconciliable. Elle se 
hâta de [)rotester, sous prétexte que le légat avait outrepassé ses pouvoirs. 
Ce fut en vain pour le moment. Mais il n'en fallut pas davantage pour 
laisser planer sur la tête du comte Thierry comme un nuage de malédiction 
et pour exciter, quinze at»s plus tard, une nouvelle tourmente dans laquelle 
disparaîtra le comté de Looz, 

A la suite d'une exécution capitale, ordonnée directement par le bailli 
de Condroz au mépris de la coutume, les villes du pays de Liège, y com- 
pris la capitale, s'étaient confédérées pour venger et soutenir leurs droits. 
Kngelbert de la Marck vit dans cette ligue un acte de révolte. Après l'élec- 
tion de l'empereur Charles de Luxembourg, k laquelle il avait assisté près 
de Francfort, il invita une multitude de chevaliers à l'accompagner au pays 
de Liège pour faire rentrer dans le devoir ses sujets confédérés. Plus de 
sept mille chevaliers se rendirent à son appel. Le nouvel empereur lui- 
même, son père le roi de Bohême et une foule de princes, voulurent être 
de la partie, ne fût-ce que pour assister à l'attrayant spectacle d'une ba- 
taille. Le comte Thierry de Heinsberg y vint également, mais il ne com- 
battit pas. La victoire trompa l'attente des chevaliers, car « furent les Liégeois 
victorieus et les seigneurs devantdits déconfis et tournés en fuite (2). » 

Malgré le mauvais vouloir d'une partie du chapitre, qui ne cessait d'in- 
triguer à la cour d'Avignon pour faire réformer le jugement rendu par 
l'abbé de Saint-Nicaise, le comte Thierry vint au secours du prince-évêque 
et l'aida puissamment, d'abord à remporter la victoire de Walève qui le 
vengeait si bien de la déroute précédente, puis il contribua beaucoup à 
faire conclure la paix dite de Waroux. 

Le roi Jean l'Aveugle était mort l'année précédente à la façon des héros 
d'Homère. Bien que vassal de ce roi et son ami, Thierry de Heinsberg 
n'avait pas embrassé le parti de son fils, le jeune empereur ; mais il était 

(4) Hocsem, ibidem, page 480 ; Schoonbroodt, chai'tes de St-Lair:liort, 647-649. 
(2) Dynter., lib. V, cap. 157 ; Wauquelin, p. 820. 



- 37 — 

resté fidèle à l'empereur excommunié Louis de Bavière. Ce dernier le 
chargea de donner en son nom l'investilure du comté de Clèves au nouvel 
héritier, nommé Jean (1 septembre 1347) (1). 

Peu après (11 octobre) Louis de Bavière périssait misérablement et le 
comte Thierry, avec tous les grands de l'empire, se hâtait de faire hom- 
mage au jeune empereur Charles de Luxembourg, marquis de Moravie et 
roi de Bohême. 

Le nouvel empereur n'était pas comte de Luxembourg, mais en qualité 
de tuteur de son jeune frère Wenceslas, a qui le roi avait légué ce comté, 
il ne craignait pas d'agir comme s'il en eût été le maître absolu. Plus tard 
il fera voir que ce n'était nullement dans l'intention de dépouiller son frère. 
Charles avait emprunté des sommes considérables à son oncle Bauduin, 
archevêque de Trêves. Hors d'état de les lui rembourser, il lui vendit la 
ville de Yirton (18 avril 1349) et ordonna à tous les officiers, magistrats 
et habitants de cette ville, de transférer à leur nouveau seigneur l'hommage 
qu'ils avaient fait au roi, son père (15 avril 1349) (2). 

Une autre charte du roi des Romains prouve que, vers la même époque, 
la ville d'ivoix partagea le sort de celle de Virton. Elle nous apprend de 
plus que, à la date de sa confection, 12 septembre 1349, la comtesse Mar- 
guerite de Lorraine était encore en vie. Du reste rien ne précise le jour 
de la cession d'ivoix a l'église de Trêves. Nous n'avons.plus que le résumé 
suivant de cette charte. 

« Le même Charles, roi dos Romains, ordonne à tous les chevaliers, 
écuyers, châtelains, juges et habitants des villes et prévôtés d'Yvoi et de 
Virton, qu'après la mort de Marguerite de Lorraine, comtesse de Chiny, 
ils aient a obéir à son oncle l'archevêque Bauduin de Trêves. Il promet 
en même temps de confirmer tous les droits et privilèges du comté de 
Chiny. Donné a Spire, l'an de grâce 1349, le douzième jour du mois de 
septembre, de nos royaumes l'an quatrième (3). 

Thierry de Ilcinsbcrg était étranger sans doute aux modifications opérées 
dans des contrées qui avaient cessé de lui appartenir bien qu'elles fussent 
toujours soumises a sa tante la comtesse de Chiny. Pour lui il ne songeait 
alors qu'à défendre le marquis de Juliers dans la lutte que ce malheureux 

(l)Wolters, ibidem, page 321. V. Lacomblct, III, n. 480. 

(2) Compte rendu des séances, etc., I série, tome X, page 231. C'est à tort que l'auteur de 
l'analyse de cette charte traduit Vertonno par Verdun. 

(3) Compte rendu etc., page 234. 



— 38 ~ 

père soutenait contre ses propres fils. Lorsque la paix fut rétablie, il fit 
lui-môme un traité d'alliance avecles deux jeunes princes (lévrier 1350) (1). 

Aussi longtemps que Thierry s'était vu contester ses droits, il les déléndil 
avec une énergie invincible ; mais dès qu'il en eut la tranquille jouissance, 
il se mit à s'en dépouiller en faveur de ses parents. Au nombre des vastes 
domaines qui lui restaient encore, se trouvait la seigneurie de Lewenberg ; 
il en fit donation a son neveu Henri de Dalenbroeck, fils de feu Jean de 
Heinsberg, son frère puîné (2), Cela fait, il se substitua son frère, 
nommé Godefroid ou Godard, dans tous les droits, honoriliques ou autres 
quelconques, qu'il possédait encore au comté de Chiny ; de sorte que, à 
partir de ce moment, Godefroid y acquérait le titre et toute l'autorité de 
comte. 

Après cette cession, Thierry vécut encore onze ans, pendant lesquels il 
ne prit le titre de comte de Chiny que pour revendiquer ses droits, après 
la mort de son frère. 

Il ne reste donc qu'à résumer très sommairement celte dernière période 
de sa vie. 

Le 10 décembre 1351, il affranchit de toutes charges les personnes et 
les biens de l'abbaye d'Herckenrode. Deux cas sont exceptés : s'il rachetait 
un jour la terre de Monlenaeken, ou s'il perdait sa liberté et qu'il s'agirait 
de le délivrer, l'abbaye d'Herckenrode devrait, comme toutes celles du 
comté de Looz, contribuer à cette double dépense (3). 

Deux ans plus tard, il réconcilia Gerlache, sire d'ïsembourg, avec les 
archevêques de Cologne et de Trêves (4). 

En 1355, il prit les armes, en faveur du duc Wenceslas de Luxembourg, 
contre le comte de Flandre, lequel disputait à son beau-frère la succession 
de Jean III, duc de Brabant. Thierry eut ainsi part aux revers d'abord, 
puis au succès définitif de cette guerre. L'empereur Charles IV l'en re- 
compensa (1357), en lui accordant une charte confirmative de tous ses 
fiefs (5). 

Le duc de Juliers guerroyait contre le sire de Borne et le comte de 
Spanhcim, au sujet des seigneuries de Fauquemont et de Monljoie. Thierry 

(1) Lacomblet, ibidem, 480; Daris, Histoire de Looz, page 551. 

(2) AVoltcrs, ibidem, page 322. Celte charte est datée des irsten gudestarjs na Invocavit, 
in der vasten. Le mot rjudestags n'a pas la signification de dies bonus (V. Du Gange, Dies), 
mais celle de mercredi, wœnsdag, wodensdag, godenstag, godestag. 

(3) Daris, Histoire de Looz, page 554. 

(4) Lacomblet, ibidem, 522 ; Daris, 552. 

(5) Daris, 553 ; Ilinnisdael, manuscrit de l'Université de Liège, liv. IV, n. 20. 



— 39 - 

de Heinsberg el le duc Wenceslas, choisis pour arbitres (19 avril 1359), 
firent immédiatement cesser les hostilités et prononcèrent ensuite la sen- 
tence qui mit fin ou débat (1). 

Enfin, après avoir légué a son plus proche héritier, Godefroid de Dalen- 
broeck, les comtés de Looz et de Chiny, le comte Thierry mourut au châ- 
teau de Stockhem, le 19 ou le ^1 janvier 1361 (2). 

On crut généralement qu'il était mort excommunié. Aussi, quand son 
corps fut transporté h l'abbaye d'Herckenrode où il devait être inhumé, 
les religieuses refusèrent-elles de le recevoir {3). De là on le conduisit à 
Hasselt, pour le présenter au prieuré des Auguslins. Le prieur Régnier, 
qui avait été le confesseur de Thierry, fit déposer provisoirement le corps 
de ce prince dans un lieu profane appartenant à sa maison. Plus tard, 
lorsqu'il fut permis de l'inhumer en terre bénite, on lui érigea, au milieu 
du chœur, un mausolée en marbre d'environ onze pieds sur six. 11 portait 
cette épitaphe : 

D. 0. 31. 
MONUMENTUM IL L U S T K I S S J M I PRINCIPIS 

D. TiiEODOuici AB Heinsberg, 

UlTIMI S.ECULAUIS COMITIS LOSSENSIS, ETC. 

Obi iT 

ANNO DOMINI M. CGC. LXl, DIE XIX JANUARII. 

u. I. p. 

Cette épitaphe est évidemment postérieure aux règnes des deux succes- 
seurs du comte Thierry ; car, de leur temps, personne ne se serait avisé 
de le qualifier de dernier comte séculier de Looz. 

Bertholet nous apprend que l'opinion des religieuses d'Herckenrode 
louchant l'excommunication du comte défunt reposait, non sur l'ignorance 
où elles étaient de l'ahsolulion donnée par le nonce du saint-siége, mais 
sur la connaissance qu'elles avaient des grandes dettes contractées par lui (4). 
S'il eu est ainsi, il faut avouer (|ue beaucouj) d'autres princes ne méritaient 
pas plus que lui les honneurs de la sépulture religieuse. 

Le même historien ajoute que Thierry fut un prince vraiment grand et 
qu'il supporta avec courage et résignation les épreuves auxquelles il plut à 

(1) Publicat. histor. Luxcmb., lom. XXIV, pages (m, 70 ; Archiv. do Lille, B. 8Gi. 

(2) D'après l'épitaplie que l'on va lire, c'est le J'J janvier l.'JIJl ; mais d'après la Chronique 
de St-Trond, c'est le 21 janvier 1300, vieux style. Gest. abbat. TrtuL, MUjnc, col. Ai3. 

(3) Gesta abbat. Trud., ibidem. 

(4) llist, de Luxembourg, tome VI, p. 2CG. Voir aussi Mant(."llius, Ilistor. losscn., lib. \\. 



— 40 — 

Dieu de l'exposer Admettons volontiers qu'il ne manquait ni de foi ni 
peut-être même de piété ; son nom se trouvait inscrit sur la liste de la 
confrérie de Notre-Dame de Haï, à côté de ceux de l'empereur et de l'im- 
pératrice, du roi d'Angleterre et de la plupart des princes belges. Sa con- 
duite toutefois ne fut pas constamment d'accord avec ses principes religieux, 
car il eut un (ils naturel, nommé comme lui Thierry, à qui il donna des 
biens situés à Rothem (15 avril 1353) (I). Quant a sa femme Cunégonde 
de la Marck, elle mourut vraisemblablement avant lui. 



(1) Lacomblet, III, 533 ; Dans, p. 554. 



- 41 - 
XV. 

Gode FROID i, quinzième comte de Ciiiny, et Philippine 

DE FaUQUEMONT, sa FEMME. 

(1350 — 1355 — 1361). 

Au printemps de l'année 1350, Thierry de Heinsberg, imitant l'exemple 
donné quarante ans auparavant par son aïeul Arnulphe IV, cédait par anti- 
cipation le comté de Chiny a Godefroid I, son frère et son plus proche 
héritier (1). Aucun acte de cette cession ne paraît avoir été conservé, peut- 
être parce qu'on ne jugea pas nécessaire de donner à un arrangement fait 
en famille toute la solennité d'un contrat. 

Comme le comté de Chiny lui était échu du chef de sa mère, Mathilde 
de Looz, ce prince prenait ordinairement dans ses actes le nom de Gode- 
froid de Looz, sans mentionner celui de Heinsberg. 

Il commença son règne par la publication d'une charte d'affranchissement 
en faveur de « tous ceux et celles qui sont demeurans et viendront demeurer 
« dans la fermeté de son château de Montmédy ; en payant chaque bourgeois 
« douze vieux parisis de rente ; leur confirmant leurs chartes à la loy de 
« Beaumont (2). » 

D'après le traité du département de Metz en 1757, la ville de Damp- 
villers date de cette année 4350. L'abbé Bertels indique le même temps, 
mais d'une manière moins précise (3). Il y a là une erreur manifeste ; car, 
quatre ans auparavant, le comte de Luxembourg, élu roi des Romains, 
confirmait les franchises accordées par ses prédécesseurs aux habitants de 
Dampvillers (4). Mais si l'on rapproche cette affirmation d'une légende 

(1) En citant Godefroid en troisième lieu, Mantellius semble indiquer qu'il était le plus 
jeune des fils du sire de Heinsberg et de Matiiilde de Looz, Ilistor. lossen. p. 365. C'est 
probablement ce qui aura lait croire à M. Daris que ce prince n'a pas été comte de Chiny 
au même titre que ses ancêtres, mais seulement par suite d'une inféodation, Ilist. de Looz, 
p. 552. Tout indique que Godefroid l était l'héritier présomptif des comtés de Looz et de 
Chiny. Ni dans Wolters (n. 4.5(5), ni ailleurs, on ne voit qu'il ait fait acte de vassalité vis-à- 
vis de son frère Thierry, et dans son gouvernement au comté de Chiny, il agit en tout 
comme ses prédécesseurs. Il était donc, selon toute apparence, le second lils de Godefroid, 
sire de Heinsberg. Du reste MantelUus l'a peut-être nommé, ainsi que sa sa>ur, en dernier 
lieu, parce qu'ils étaient entrés tous deux dans lacléricature. 

('2) Compte rendu des séances de la com. d'Hist., Ill sér., t. \, p. 13.'). Ci>lIo cliarte est de 
l'an 1350, le mercredi après la St-,Lacques et St-Christopho, c'est-à-dire du 1S juillet. Elle fut 
scellée par les « obiers cousins « du comte, à savoir: Gérard, sire de Chauvancy, et Gode- 
froy, sire de Veel (il faut probablement lire Wiltz. V. Cartul. d'Orval, p. 074). Dans cette 
pièce le comte déclare qu'il agit en sou nom et au nom de ses hoirs, c'est-à-dire dans la jilé- 
nitude de l'autorité cointale; ce qui conlirme les réOcxions faites dans la noie précédente. 

(3) Ilistor. luxemb., p. 322, édit. 1H.5(). 

(4)Publicat. histor. de Luxem., t. XXIII, p. 11. 



~ 42 — 

racontée par M. Jeanlin (1), on conclura qu'à celte époque remontent les 
ronificalions de Dampvillers. C'est h tort [icul-clre qu'on fait intervenir le 
comte de Chiny, puisque Dampvillers appartenait au comte de Luxem- 
bourg ; aussi résumerons-nous cette légende en fort peu de mots. 

Deux tyrannaux, les sires de Mureau et de Caslelet, persécutaient ies 
religieux bénédictins d'un prieuré établi sur l'emplacement actuel de Damp- 
villers. Le comte de Chiny accorda à ces religieux un nouvel emplacement 
où ils allèrent se fixer. Plus tard il chassa les deux seigneurs et lit servir 
les pierres de l'ancien prieuré à la construction d'une citadelle. 

L'année suivante (17 mai 1351), le comte Godefroid était bien réelle- 
ment à Dampvillers, avec le jeune comte de Luxembourg et d'autres sei- 
gneurs, notamment Thibaut de Dar, sire de Pierrepont, Eudes, seigneur 
de Grancy, Gociïroid, seigneur d'Aspremont, Thierry, seigneur de IIoulTa- 
lize et Jacques d'Agimont, seigneur de Château-Thierry. Il s'agissait de 
régler le douaire de Jeanne de Brabant, femme du jeune Wenceslas, comte 
de Luxembourg. Celui-ci promit entre autres choses à sa femme une rente 
viagère de huit mille livres sur le comté de Laroche ou sur les terres voi- 
sines. Les six seigneurs dont on vient de lire les noms et qui tous étaient 
cousins de Wenceslas, se portèrent garants de sa parole et jurèrent d'ac- 
complir eux-mêmes, s'il en était besoin, les promesses faites a ia prin- 
cesse Jeanne, ou bien soit d'aller s'interner personnellement à Nivelles, 
soit de s'y faire représenter chacun par deux écuyers à quatre chevaux, jus- 
qu'à la complète réalisation des conventions du mariage. Trois autres 
seigneurs, également dits cousins de Wenceslas, contractèrent les mêmes 
engagements, avec celte différence que, à défaut de leurs personnes, le 
premier devait envoyer en fourrière à Nivelles deux chevaliers à six che- 
vaux ; le second, un chevalif^r et un écuyer à six chevaux ; le troisième, 
un chevalier et deux écuyers à quatre chevaux. Ces trois seigneurs étaient: 
Jean de Boulogne, Waleran de Ligny et Jean, son fils. La mère et les 
oncles de Wenceslas s'étaient aussi constitués ses cautions. A défaut de sa 
personne, la reine Béatrix devait fournir trois chevaliers à quinze chevaux ; 
Pierre de Bourbon, trois chevaliers à douze chevaux ; Jean de Hainaut, 
sire de Beaumonl, et aussi Jacques de Bourbon, comte de Ponthieu, cha- 
cun deux chevaliers à huit chevaux (2). 

Au printemps de l'année suivante, la reine Béatrix quittait raomenlané- 

(1) Chroniq., t. II, p. 181. 

(2) Archiv. de l'État à Luxembourg, Copie des titres, t. II, fol. 52-74. 



_- 43 - 

ment Dampvillers, son séjour de prédilection, pour se rencontrer à Ivoix 
avec son voisin le nouveau comte de Chiny et d'autres personnages que 
nous nommerons bientôt. Elle était accompagnée de son fils Wenceslas et 
de sa belle-fille Jeanne de Brabant, comtesse de Luxembourg, de Hainaut 
et de Hollande. Béatrix se proposait d'accomplir à Ivoix un acte regardé 
par elle et par le duc de Brabant comme étant d'une baute importance ; 
aussi voulait-elle y mettre toute la solennité requise. Il s'agissait pour elle 
de déférer à la demande expresse du duc en confiant à la garde de Wen- 
ceslas et de Jeanne, quatre lettres originales concernant son mariage avec 
le roi de Bohême : la première de ces lettres scellée du sceau du roi, et 
de celui de son père à elle, Louis de Bourbon, comte de Clermont et de 
la Marche, et chambellan de France ; ia seconde, scellée du sceau de 
Charles, marquis de Moravie ; la troisième, du sceau de Jean, duc de 
Caiinlhie et comte de Tyrol, ces deux princes, fils du roi en son premier 
mariage ; la quatrième scellée des sceaux des nobles et des villes du comté 
de Luxembourg. Ces lettres furent en effet remises h Wenceslas et à 
Jeanne, sous diverses conditions réciproques, en présence de Godefroid de 
Looz, comte de Chiny ; de Jean, comte de Grandpré ; d'Eudes, sire de 
Grancy (1); de Gilles de Rodemacre, sire de Chassepierre ; de Henri de 
Granpré, sire de Busancy, et de Messire Gérard de Looz, sire de Chau- 
vancy. Tous apposèrent leurs sceaux à l'acte authentique qui fut dressé à 
celle occasion (20 avril 1352) (2). 

Le 4 juin 1353, Godefroid, comte de Chiny, céda le château de Herbeu- 
mont et ses dépendances à l'archevêque de Trêves, Bauduin de Luxem- 
bourg, oncle de l'empereur et du comte de Luxembourg. Il le reprii en- 
suite à titre de fief de cet illustre prélat et de son église (3). 

Le comte Godefroid apparaît pour la dernière fois, le 28 août de l'année 
suivante. A cette date il est mentionné, comme vivant encore, dans le tes- 
tament de son neveu Henri de Ileinsberg ou de Dalenbroeck, a qui le 
comte Thierry avait donnné, en 1350, la seigneurie de Lewenoerg. 

Ce jeune prince, sur le point de mourir, disposait de ses mens, avei; >e 
plein consentement, dit- il, de son frère bien-aimé, Godefroid de HeinsDerg, 
sire de Dalenbroeck ; de ses deux oncles les comtes de Looz et de tniny; 

(1) Eudes de Grancy, seconde mari de Béatrix, reine de iJohome. 

(2) Archiv. du Gouvern. à Luxembourg, Copie des titres If, !I1-!I7 ; Wiirlli-I'aiiuei, tuidem^ 
tome XXIV, page G. 

(3) Lib. copiai, aux Arcliives de Coblence, f. 7, v ; Wiirth-Paquet, l'ublieat. «istor. ue 
Luxemb., t. XXIV, p. 13. 



_ 41 - 

de leur sœur Marguerite, abbesse de Thorcn, sa bien-aimée tante mater- 
nelle, et de Lambert de Heinsberg, chevalier, diipifer de Blanckenberg (I). 

Godefroid I mourut entre le 28 août 1354, date du testament qui vient 
d'être cité, et le 22 mai 1355 on 1350, date du rcliel' qu'on va lire. 

Ce comte avait épouàé, on ignore à quelle é()0(]ue, Philippine de Fau- 
quemont, fille de Jean de Fauqucmont, sire de Borne, et de Marie, dame 
de Ravestein et de Herpen. Il n'en eut pas d'enfants. 

Jean, père de Philippine, était le troisième fils de Waleran II, dit le 
Roux, sire de Fauquemont, Marville, Arrancy et Montjoic. Sa mère se 
nommait aussi Philippine ; elle était sœur de llenaud, comte de Guehlre. 
Thierry et Renaud, frères de Jean, furent successivement sires de Fauque- 
mont. 

Le comte Godefroid avait établi le douaire de sa femme sur l'ensemble 
du comté de Chiny. C'est pourquoi celte princesse dut, la première année 
de son veuvage, se rendre à Luxembourg, pour faire hommage de son comté, 
en tant que douaire, au jeune Wenceslas, tout récemment crée duc par son 
frère, l'empereur Charles IV. Voici l'acte de son relief. 

Relief de Philippine de Fauquemont. 

Nous Philippe de Falckemont, comtesse de Chiney, faisons savoir à tous que 
(comme à jourd'huy nostre cher singneur, monsigneur le duc de Luccem- 
bourch, nous aie receut en foid et en hommage de nostredite conteit, tant 
comme de nostre doaire) nous, en la présence de nos hommes ci-après nom- 
meyz : messire Jacque de Verton, messire Jehan de Villemont, messire Jehan 
de Margny, chevahers ; Jehennin de Clémencey, à présent prévost d'Ivoix, 
Jehan d'Escovié, Jehan de Belvals, prévost de Chiney, et Colart Naivelot ('2), 
escuiers, hommes de fiez de laditte conteit, avons promis, etc., que, en toute 
nostre vie, ne metterons eu nulle manière laditte conteit, ne les forteresses et 
leur appartenances d'icelles, en main de nulle personne que soit ou puisse 
estre, sans le consentement et plaine volonteit de nostredit seigneur le duc ; 
par quoy laditte conteit, ses forteresses et appartenances puissent, après nostre 
décès, estre de riens empeschiez ne destourbiez de venir et cheoir à ceaulx 
où par droit doient parvenir ; ny aussy y tairons entreir, ne sustenterons nul 
qui grevable puisse estre, ou nuire veulle à nostredit singneur le duc, à ses 
hommes, ne à son pays ; par le témoing de ces lettres saellées de nostre sael. 

d) Wolters, Codex diplom.,parj. 527. « Anno M. CGC. quinquagesimo quarto, in die beati 
Augustini. » 
(2) Wiltheim : Namelot. 



— 45 — 

Donné à Luccembourch, le XXII«jour dou mois de may, l'an de grâce M. CGC. 
cinquante cincq (1). 

Après avoir, quelque temps, gouverné seule le comté de Chiny, Philip- 
pine convola en secondes noces avec Jean III, comte de Salm-en-Lorraine. 
Ce mariage donna lieu à un différend entre Thierry de Heinsberg et le 
nouveau mari de sa belle-sœur. Thierry, craignant sans doute que la mai- 
son de Heinsberg ne fût ainsi frustrée de ses droits sur le comté de Chiny, 
reprit aussitôt le titre de comte de Chiny et se mit à chercher dans la Cou- 
tume des dispositions propres à écarter le danger qu'il redoutait. Il crut 
l'avoir trouvé dans l'article qui prive la veuve remariée de son premier 
douaire. Ce point toutefois n'était pas incontestable, puisqu'on convint de 
s'en rapporter au jugement de Wenceslas, duc de Luxembourg et de Bra- 
bant (2). La suite des événements montre que la décision du duc fut favo- 
rable à la comtesse Philippine. 

Dès ce moment le comté de Chiny cesse de jouir des bienfaits d'un gou- 
vernement paternel, non pas que Philippine de Fauquemont et son mari 
ou leurs deux successeurs se soient rendus coupables de malversations et 
de tyrannie ; les documents qui nous restent ne justifieraient pas celle 
accusation ; mais pour eux, le comté de Chiny ne fut plus qu'une pro- 
priété purement vénale, une sorte d'exploitation, estimée a raison de la 
rente qui s'y prélevait ou du capital qu'elle garantissait hypothéquaircment. 
Qu'il y avait loin de là à ces temps fortunés où le pays de Chiny formait 
un état souverain, ou plutôt une grande famille, lière de son chef et dé- 
vouée à sa personne, comme à celle d'un bienfaiteur et d'un père ! 

On a du reste fort peu de données sur les cinq ou six années qui sui- 
virent la mort du comte Godefroid I. Peut-être est-ce en vue de la disso- 
lution dès lors probable du comté de Chiny, que l'empereur Charles IV, 
se trouvant a Metz, le 4 janvier 1357, confirma le traité d'accompagnement 
fait autrefois entre le roi de Bohême, son père, et Henri, comte de Bar. 
Par ce traité, dont il a déjà été question, le comte de Bar cédait au roi la 
moitié de l'hommage du comté de Chiny et quelques autres droits, tels 
que la moitié de la garde de Xivery-sur-Meuse et de Haudainville. En 
échange il recevait la garde de la ville de Verdun. Pour qu'on ne se mé- 

(1) N" 3930. Fonds. 22. Bertliolnt, loin. VI, p. «'(•. Loibnitz, Cod. ,1ur. Ront, p. II, p. 108, et 
Lunnig, cod. dipl. t. II, p. 1(k{S, domioiit ;ï cet acte la date du 22 mai IXA). Vid. \Viirlli-l\i- 
quot, Piibl. t. XXIV, p. 29. Ms. du I'. Wiltlit'ini, liibliothrquo do lîourgojino, n" (IST.,"), p. 2m 

(2) Archives de l'L]tat à Luxembourg, Cartul. lôW), i' H; l'ublicul. histor., loiiic .WIV, 
p. 35; Wolters, Codex diphm., p. 330. 



— 46 — 

prît pas sur la portée de ce contrat, l'empereur déclara formellement que 
la garde de Verdun n'a point cessé d'appartenir à l'empire, qu'il peut en 
conséquence, lui et ses successeurs empereurs, la retirer des mains de son 
cousin Robert, marquis du Pont et comte de Bar (I), ou des mains de ses 
successeurs qui, dès lors, seront en droit de rentrer dans la possession 
tant de l'hommage de Cliiny que de la garde de Xivery et de Haudelain- 
ville {sic). Il termine en défendant expressément sous une amende de cin- 
quante marcs d'argent, de contrevenir a ces dispositions (2). 

On conçoit sans peine pourquoi l'empereur appuie sur là clause relative 
à la révocation du contrai passé entre Jean l'Aveugle et le comte de Bar. 
D'une part le roi de Bohème ne possédait la garde de Verdun que comme 
fief do l'empire, il ne pouvait donc l'engager d'une manière définitive, 
sans le consentement de l'empereur. D'autre part, a cause de la décadence 
du comté de Chiny, les intérêts de la maison de Luxembourg s'amoindris- 
saient de jour en jour ; aussi l'empereur entend-il faire, rentrer son frère, 
le duc de Luxembourg, dans ses droits sur Verdun, dès qu'il le jugera 
convenable. 

Une autre preuve que le comté de Chiny était déjà tombé bien bas, lors 
du second mariage de Philippine de Fauquemont, c'est que les princes de 
Luxembourg et de Bar ont toléré que Jean de Salm se parât d'un titre qui 
ne lui appartenait nullement et que sa femme elle-même ne possédait que 
comme douairière du comte défunt. Bertholet affirme que quantité de 
chartes constatent cette prétention de Jean de Salm. Il en cite une de 
l'an 1354, le samedi après la Toussaint. Ce jour-là, dit-il, « Jacques de 
« Ilugnez, écuyer, vendit pardevant Jean, comte de Salm et de Chiny, et 
« Philippe de Fauquemont, comtesse de ces mêmes lieux, à Henri de Breux, 
« les rentes et revenus qui lui appartenaient a Breux, pour la somme de cent 
« petits florins de bon or (3). » Nous supposerons charitablement que Bertholet 
a mal lu la date de cette charte et qu'il s'agit de l'année 1355 ou même 
135G; car, puisque le premier mari de Philippine vivait encore, comme 
on l'a vu par le testament de Henri de Heinsberg, le 28 août 135i, il n'est 
pas croyable que la comtesse ait été remariée deux mois agiles. 

(1) L'empereur le nomme simplement comte de Bar, et non duc. 

(2) Compte rendu de la Commiss. d'IIist sér. III, tom. X, p. 118; WurUi-Pa(iue{. Publicat. 
de rinstit., tome XXIV. p. 45. 

(3) Ilist. de Luxembourg, tome VI, p. '■H'Ct. Ce même Henri, seigneur de Breux, écuyer, 
devenait vassal du château d'Ivoix, c'est-à-dire du duc de Luxembourg, le 13 décembre 
1359, pour une rente de quinze vieux petits llorins de bon or et de poids. Publicat. de l'Ins- 
titut de Luxemb. tom. XXIV, p. 07. 



- 47 — 

Bertholet cite une autre charte de l'année 1357. Il s'agit également d'une 
vente faite en présence du comte de Salm et de Chiny et de la comtesse 
de ces mêmes lieux. L'objet de cette charte est la cession faite par Jacque- 
min de Landenseicourt, par sa femme Alix et par Aubertin, son frère, 
à Raimond de Colomey et à Arnoux Marendals, pour le prix de trois cent 
et dix florins, de certains biens situés aux bans de Vans, de Chanlemelle, 
de Habay-la-Neuve et de Torterut(l). 

Longtemps après, Jean de Salm prenait encore imperturbablement le 
titre de comte de Chiny (2). Toutefois, dès qu'il se trouvait en rapport 
avec les héritiers naturels du premier mari de sa femme, force lui était 
de se contenter du litre de comte de Salm-en-Savoie ou en-Lorraine. C'était 
là sans doute un compromis tacite qui empêchait les deux prétendants (3) 
de rompre en visière avec le mari de la comtesse Philippine, leur tante. 

Ces égards permirent d'entamer des négociations. Le 18 novembre 1363, 
il fut décidé que ce qui restait encore du comté de Chiny devindrail la 
propriété incontestée soit d'Arnulphe de Rummen, soit du comte et de la 
comtesse de Salm. Inutile de développer ici, puisqu'il faudra nécessaire- 
ment y revenir dans la vie d'Arnulphe de Rummen, les minutieuses stipu- 
lations de ce long contrat. Disons seulement que le comte ot la comtesse 
de Salm mettaient leur désistement au prix de vingt mille florins d'or 
payables au jour de Pàcjues 1365, tandis que leur neveu n'évaluait le sien 
qu'à la moitié de cette somme. D'où l'on peut conclure que le lambeau, 
décoré encore du titre de comté de Chiny, n'avait plus qu'une valeur de 
trente mille florins d'or. Cette conclusion est légitime puisque, à celte 
époque, il ne restait plus que deux prétendants, le troisième, CodelVoid 1(, 
ayant, l'année précédente, cédé tous ses droits à son cousin Arnulphe de 
Rummen. 

Comme ce dernier seigneur accomplit ponctuellement les conditions du 
contrat, la comtesse Philippine et son mari n'eurent plus rien à prétendre 
sur la terre de Chiny. On ignore, dit Bertholet, l'année de leur mort (I). 
Les auteurs de l'Art de vérifier les dates se trompent doublement lorsqu'ils 
reprochent à cet historien d'avoir donné à la comtesse Philippine une 
fausse origine en la faisant sortir de la maison de Fauquemont, et lorsqu'ils 



(1) Bertholet, ibidem. 

(2) Charte du 5 février \:W)3, v. st. Bertholet, tome IV, pape 2^0. 

(3) Godefroid II et Arnulphe de lUimmeu. Ci-aprùs. 



— 48 -. 



la disent sœur utérine de Godefroid de Heinsberg (1). Cette double erreur 
a donné naissance à une troisième plus grave encore : sur la liste des 
comtes ot comtesses de Cbiny, ils ont inscrit la comtesse Philippine, non 
on qualité d'épouse ou de douairière, mais d'héritière naturelle du comté. 



(1) Tome XIV pn^e 27ri. Cependant M. Ernsl avoue que cette fille do Jean de Fauquemont 
épousa Jean iv', comte de Salm. Hisl. de Fauquemont, tome V de l'Hist. de Limbourg, p. 288. 



— 49 — 
XVI. 

GODEFROID II, SEIZIÈME COMTE DE ClIINY. 

i;]Gl — 13(33. 

A la mort du coinle Thierry II, en 1361, il ne restait plus qu'un seul 
descendant de Mathilde de Looz, fille aînée d'Arnulphe IV, et de son mari 
Godefroid, sire de Heinsberg. Cet unique rejeton se nommait (iodefroid, 
comme son aïeul ; il était lils de Jean de Heinsberg, sire de Dalenbroeck 
et de Catherine de Virnenbourg, neveu par conséquent des comtes Thierry 
et Godefroid I, et héritier légitime des deux comtés de Looz et de Chiny. 

Mais Arnulphe, sire de Uummen, lui aussi descendant d'Arnulphe IV 
par Jeanne de Looz, sa lille puînée, et femme de Guillaume, sire d'Oreye, 
crut que le temps était venu de revendiquer à son profit les droits de sa 
mère au comté de Chiny. 

A la vérité, Guillaume d'Oreye et sa femme avaient renoncé, en faveur 
de leur neveu Thierry de Hoinsberg, à toutes leurs prétentions sur les 
comtés de Looz ot de Chiny, et avaient reçu en échange les domaines de 
Vogelsang, de Stapèle et de Zourle ; mais rien n'était plus l'acile, ni plus 
ordinaire que la résiliation d'un contrat semblable ; il suffisait d'opérer ce 
qu'on appelait le retrait. 

C'est ce que lii, selon toute apparence, Arnulphe de Rummen ; car nous 
le voyons, la semaine qui suivit la mort de son cousin germain le comte 
Thierry, se rendre chez le duc de Luxembourg et de Brabaut, Wenceslas 
de Bohème, et relever de ce prince la moitié du comté de Chiny (1). Or, 
cet acte n'altéra pas les bonnes relations qui existaient entre Arnulphe et 
Godefroid II, son cousin sous-germain ; car, dès le mois d'avril suivant, ils 
se prêtaient un mutuel appui. Tout porte donc à croire qu'ils résolurent 
de parer de concert aux premières difticultés, sauf à s'entendre plus lard 
quant à la possession du comté de Chiny. 

On ne peut aflirmer, faute de documents, que Godefroid II se soit aussi 
présenté chez le duc Wenceslas pour faire un relief en tout semblable à 
celui d'Arnulphe de Rummen ; mais la chose est très vraisemblable. Les 
suzerains du reste étaient obligés, dans les cas litigieux, de recevoir ces 
sortes de reliefs et d'hommages, et de là vient que le vassal devait tou- 
jours y insérer la clause suivante : sauf le bon droit de chacun. 

(1) V. ci-après, Vie d'Arnulphe V, 



— 50 - 

Les deux prétendants durent naturellement remplir les mêmes formalités 
à la cour du duc de Bar. 

Quant à Godefroid II, il prit immédiatement possession du comté de 
Looz, s'y lit prêter serment de fidélité et se hâta de fortifier le château de 
Stockhem, où son oncle était mort. Il s'adressa ensuite au roi des Romains, 
Charles lY, pour obtenir l'investiture de ce comté (1). 

Bientôt l'attention de Godefroid II et d'Arnulphe de Rummen, à la fois 
son allié et son compétiteur, fut toute entière absorbée par le renouvelle- 
ment des prétentions liégeoises sur le comté de Looz. Dès ce moment le 
comté de Chiny fut mis au second plan et continua, comme pendant les 
cinq ou six années précédentes, à être administré, en qualité de douaire 
par la comtesse Philippine de Fauquemonl et par son second mari Jean, 
comte de Salm-en-Lorraine. 

Le prince-évêqne Engelbert de la Marck et le chapitre de Saint-Lambert 
étaient bien décidés à réunir enfin le comté de Looz à la principauté de 
Liège. Plus confiant dans la raison du fait accompli que dans les arguments 
dont on éiayait la prétendue loi de l'empire (2), Engelbert se mit à la tête 
d'une armée nombreuse, envahit sans peine le comté de Looz, s'y fît prêter 
serment de fidélité, et alla, le 27 mai 1361, mettre le siège devant le châ- 
teau de Stockhem. 

Godefroid s'y était relire avec l'élite de ses chevaliers, après avoir fait 
mettre à mort quatre-vingts explorateurs, envoyés par l'évêque pour étudier 
les lieux. Le siège dura vingt-sept jours. Pressé de toutes parts, ce mal- 
heureux prince dut céder à la force et se rendit, ne se réservant que la vie 
et sa liberté. 

Il se retira au château de ses ancêtres à Heinsberg et désespéra de 
reconquérir jamais le comté de Looz. Moins d'un mois plus tard, on le 

(1) Daris, ibidem, page 554. 

(2) Godefroid II et Ariiulphe de Uummen avaient proposé de déférer l'affaire à la cour 
des douze pairs de l'église de Liège et à la cour féodale du priuce. Leur proposition ne fut 
pas admise. L'évêque assembla les trois États (5 avril 1361) et leur soumit la question. 
L'État noble fut assez favorable à Godefroid, les deux autres réclamèrent l'annexion et dé- 
crétèrent une levée de troupes. Ce jour même l'évêque proclama que, Thierry de Heinsberg 
étant mort sans laisser d'enfants mâles, son comté de Looz devait, suivant les lois de l'em- 
pire, faire retour à l'église de Liège. C'était le principe très contestable qui avait tant as- 
sombri le règne de Thierry. Aussi les mêmes débats recommencèrent-ils à l'instant ; mais 
ils devaient avoir une issue bien différente. 

La cause fut aussitôt déférée au roi des Romains, qui délégua l'archevêque de Cologne 
pour entendre les parties et porter un jugement définitif; mois la raison du plus fort mit 
fin aux procédures. Schoonbroodt, Cartul. de St-Lambert, n. 775 ; Dnris, ibid., p. 555; Wol- 
ters, Codex, etc., p. 344. 



— 51 - 

trouve faisant un accord avec Agnès de Lewenberg. Dans cet acte, il est 
encore qualiMé, malgré son désastre, de « très puissant seigneur, comte de 
Looz et de Chiny, (sire de Heinsbcrg) et de Blanekenberg (1). » 

Le 18 mars 1362, il éiait à Cologne et concluait avec l'archevêque Guil- 
laume un nouvel accord relatif au lief de Hunf ou Honefîe. Dans la charte 
allemande faite à celle occasion, il prend les titres de « comte de Looz et 
de Chiny, sire de Heinsberg, Blanekenberg et Lewenberg (2). 

Il répugnait à Godefroid IF de consacrer sa vie à la pénible tâche de 
plaider et de combattre conlre l'évêque et la principauté de Liège. Eùt-il 
voulu d'ailleurs imiter en cela son oncle, le comte Thierry, force lui était 
de reconnaiire qu'il se trouvait dans des conditions beaucoup moins favo- 
rables ; car il ne touchait ni les revenus du comté de Chiny qui appartenaient 
à sa tante, la comtesse Philippine de Fauquemont, ni ceux du comté de 
Looz qui venaient de lui être enlevés par le prince-évêque. En outre il ne 
pouvait compter sur aucun puissant prince. Il prit donc la sage résolution 
de se contenter des anciens domaines de ses ancêtres, les sires de Heinsberg 
et de renoncer à ses deux comtés en faveur de son cousin et unique allié, 
Arnulphe de Run;men. 

Le prix de vente fut fixé a quatre-vingt mille livres. Pour celte somme 
Godefroid II renonçait à ses droits sur le comté de Looz et sur celui de 
Chiny. Ce marché fut conclu, le 25 janvier 1362, au château de Heinsberg (3). 

Le même jour Godefroid écrivit â ses deux suzerains, les ducs de Bar 
et de Luxembourg, de qui relevait le comté de Chiny, pour les informer 
de la dure nécessité où l'avaient réduit les violences du prince-évêque de 
Liège, avec prière d'apposer leurs sceaux à l'acte de vente et d'agréer 
l'hommage de son très cher cousin Arnulphe, seigneur de Rummen et de 
Quaebecke. Les deux lettres sont identiques pour le fond, mais l'une est 
en français du tenq)s, l'autre, destinée au duc VVenceslas, est en allemand. 
Voici la première et quelques lignes de la seconde : 



(1) Wolters, cod, dipl. Loss. page 3iG. 

(2). Wir Godert, grave van Loca ind van Ghynoi, lierre zo Heinsberg, zo Blanekenberg in 
zo Lewenberg, doin knnt etc. 

Zo Colne, iu dem jaer unss Ilerrn M. CGC. LXI, up den nyestcu irydacli nadem Sundage, 
in den Vasten, don man zo latine schryfi't Ocall rnei. Wolters, ibidem, p. 31-3. 

Wolters interprèltj mal cette date, de munie que celle de la ciiarte qui précède. V.w 1301, 
Pâques tombait le 2S mars. Le vendredi après Oculi ne pouvait donc tomber le 27 mars. 
D'ailleurs il s'agit pi-esque certainoineut de l'année 1301, vieu.K style, ou style de la cour de 
Cologne, qui comptait le jour de Pâques pour premier jour de l'année. 

(3) Schoonbroodt, cartul. de St-Lambert, nn. 780 à 788. 



— 5-2 — 

Le 25 janvier 13G2. 

A très haut, très noble et très puissant singneur monsingneur le ducq de 
Bar, nostre très chier singnour. Nos Godet'roid, contes de Lous et de Chiny, 
sires de Heynsberch, et de Blankenberch, et de Lewenberch, nos recomman- 
deit à vos, chirs sires (1), vous faisons savoir que, — par le grant tourt etcon- 
nissable forche que l'iveskes Engelbiers de Liège nous at faict, puis le mort 
nostre très chier singneur et oncle, monsingneur Thiri, de bonne mémoire, 
conte de Lous et de Chiny, nous at convenut vendre et susreporteir, par très 
apparent besogne et nécessiteit, et avons vendus et susreporteit, les dittes 
contées de Lous et de Chiny, à nostre très chier cousin monsieur Arnu, sin- 
gneur de Rumines et de Quaecbeke, pour ung certain somme d'argent, dont 
ilh nous a bien paiet et asseiz faict; et reportons sus, par ces présentes lettres, 
à vostre grant noblèche, tous les fies que nous, es dittes contées, astiens 
tenus à releveir de vos, en ajoue de nostre cousin monsieur Arnu, singneur 
de Rumines deseur dit ; et prions por chu à vostre grant noblèche que vous, 
ches meismes fies vuelhies rendre en fies à nostre dit cousin, et les dittes 
contes gréeir, ratefThier, et confermeir de vostre propre seal. 

En tesmongnage des couses desour dittes, nos avons faict pendre à ces pré- 
sentes lettres nostre propre seal. Faites et données l'an délie Nativiteit nostre 
Singneur mil trois cens sissant et deuz, le jour délie Conversion sain Pol (2). 

Le même jour, Godefroid écrivit une troisième lettre « à tous, seigneurs, 
bannerels, chevaliers, écuyers et hommes de fiefs; aux bonnes villes et aux 
franchises ; aux prévôts, mayeurs, échevins, sergents, et à tout le peuple 
du comté de Chiny, » pour les informer également des violences exercées 
contre lui par l'évêque Engelbert et de la nécessité où il se trouve de 
vendre « le conlcit de Chiny entièrement, seins riens ens retenir. » Il les 
prie en conséquence et les requiert de rendre à son très cher cousin lous 
les devoirs qui lui sont dûs a lui-même et de le tenir pour leur « droict 
singneur hyrelier. » 

Dans la crainte que les habitants du comté, touchés Je ses malheurs, ne 
refusent de reconnaître son successeur, il termine sa lettre par une menace; 

(1) Dans la charte toiU-à-fait semblable, mais allemande, adressée au duc de Luxem- 
bourg, Lotliier, Brabant, etc., deux mots seulement remplacent nos, recommandait à vos, 
c'est onsen diensl : notre service. V. infra. 

Cl) Woltors, Cûd. diplom. lossen., p. 353. La même lettre écrite en allemand est adres- 
sée, le même jour, au duc de Luxembourg, etc. : 

Deme hogeborenen, meclitegen, onsem lieven hem deme herzogen von Lucemburg, von 
Lothringen, von IJrabant, von Limburg, und marcggraven des heiligen Ryclis, ontbieden 
wir Goedart, grave von Loon und von Chiny, herr zu Ileinssberg, zu Blankenberg, und zu 
Lewenberg, onseu dienst, und lassen, onse lieve herr, wissen dat v- : •. umb die grosse kea- 
liche, etc. Ibidem, p. 352. 



— 53 — 

mais on sent que celte menace sort du cœur d'un père : Sachez, leur dit-il, 
que si tous, ou quelques-uns d'entre-vous, vous vous montriez rebelles, 
« noz n'en seiriens mie lies, et aussi nelle tenriens nos mie por boin. » 
Citons plutôt cette belle lettre tout entière : 

Le 25 janvier 1362. 

Nous Godefrois, contes de Lous et de Chiny, sires de Heinsberch, de Blanken- 
berch et de Lewenberch, faisons savoir à tous, seigneurs, banerèches, che- 
vailliers, escuirs et hommes de fiefs, bonnes vilhes, frankieses, prévos, 
mayeurs, eskevins, serjans, et à tout le commun pays délie conleit de Chiny, 
que nous, pour le très-grant tourl et connissable forche que li eveskes de Liège 
nous faict et a faict, puys la mort de nostre chier singneur et oncle, monsin- 
gneur Thiri de bonne mémoer, conte de Lous et de Chiny, et pour très-grant 
et apparant besogne et nécessiteit, nos convient avoir vendut et avons vendut 
et sus reporteit, à nostre très-chier cousin, monsr Arnou, singneur de Ru- 
mines et de Quaecbeke, le conteit de Chiny entièrement, seins riens ens à 
retenir, pour une summe d'argent dont ilh nous at faict pleine satisfaction, la 
queil somme nos avons convertie en nous propres nécessiteiz. Et renunchons 
et avons renonchiet aile dite conteit et à tous les droiz que nos y avions ou 
poiens avoir ; et, pour chu, nous prions et requérons à vos tous ensamble et 
à cascun de vos par lui, que, teil fealteit que vous nos déviés, et encores de- 
vriés se nous n'avions mi vendut la dite conteit de Chiny, vuelhiés faire à 
devant dit nostre cousin, et le vuelhiés tenir pour vostre droict singneur hy- 
retier. Et sachiés, se vos ou... asstiés rebelles en tout ou en partie, noz n'en 
seiriens mie liés, et aussi nelle tenriens nos mie por boin. 

En tesmoignaige des couses desour diltes, nos avons pendut à ces présentes 
lettres nostre propre seal, en singne et en tesmongnaige de vériteit. Faictes 
et données l'an de grâce délie Nativiteyt Nostre-Singneur, mil trois cent 
sissante-deux, le jour délie saint Pol (!]. 

Godefroid II avait épousé une princesse de Juliers qui, comme sa tante, 
la comtesse douairière de Chiny, portait le nom de Philippine. C'est ainsi 
qu'il y eut en même temps deux comtesses de Chiny portant le nom de 
Philippine, l'une et l'autre femme d'un comte nommé Godefroid. Aussi les 
auteurs ne se sont-ils pas fait faute de confondre et les deux comtes et les 
deux comtesses. 

En 1366, la ville de Heinsbcrg adressait des félicitations à Godefroid de 
Looz et à sa femme Philippine de Juliers. Ce fait, constaté par les archives 
ducales de Weilbourg, semble prouver que, retiré dans les terres patrimo- 
niales de ses ancêtres, l'ex-comte de Looz et de Chiny travailla non sans 
succès au bonheur de ses sujets (2). 

(DWolters, cod. dipl. Loss., p. 351, 

(2) Compte-rendu de la Commiss. d'Hist., t. XIV ; Wolters, ibidem, p. 380. 



— 55 - 
XVII. 

AUKULPHE V, DIT DE RUMMEN, DIX-SEPTIÈME COMTE DE ChINY. 

13G2 — 1365. 

On connaît déjà l'origine d'ArnuIphe d'Oreye, sirn de Rnmmen. Voici 
quelques autres renseignements fournis par Jacques d'Heniricourt, l'aulcur 
ingénu du Miroir des Nobles de la Hesbaye. L'aïeul d'ArnuIphe se nom- 
mait Jean d'Oreye. il était seigneur de Velleroux du chef de sa femme, 
laquelle était l'aînée des sept filles de Régnier, seigneur de Velleroux. Ce 
messire Jean d'Oreye portail les armes de Genefîe, à savoir : d'argent au 
lion de sable couronné di gueules. 11 eut deux fils : Guillaume, sire de Ro- 
niyne ou Rummen, et Renechon. 11 eut en outre trois filles, dont l'une 
épousa Rertrand de Liers. 

Messire Guillaume d'Oreye, fils aîné, fut d'abord écuyer de la dame de 
Quaebecke, c'est-à-dire de Jeanne, fille d'ArnuIphe IV, comte de Looz et 
de Chiny. Cette dame s'éprit d'amour pour son jeune écuyer et l'épousa, 
contre le gré de ses amis. Elle en eut un fils et une fille. Celle-ci fut 
mariée à messire Jean, seigneur de Ilermalle, qui passait pour le plus 
loyal chevalier et le plus parfait gentilhomme du pays. Quant au fils, mes- 
sire Arnulphe, il fut sire de Rummen, banneret et vraiment merveilleux 
pour la magnificence de sa maison (1). 

Il employa près de neuf ans à la reconstruction de son château de 
Rummen. 

Arnulphe avait épousé Isabelle, dame de Somergem, fille naturelle du 
comte de Flandre Louis de Maele, et veuve d'un opulent financier, nommé 
Simon van Halle, chevalier (2). Ce mariage, qui lui rapporta plus d'argent 
que d'honneur, peut aussi être rangé parmi les causes qui abrégèrent 
l'existence indépendante des comtés de Looz et de Chiny. 

Le sire de Rummen avait assisté, en 1350, à la célèbre assemblée des 
États de Brabant, à Corlenberg. Ciiuj ans plus tard (8 mars 1354, ancien 
style), lorsque plusieurs villes brabançonnes et limbourgeoises protesièrent 
qu'elles voulaient rester unies sous un seul souverain, le même sire de 
Rummen (Arndt van Urle, herc van Rumen) s'empressait d'adhérer h leur 
protestation et, avec lui, son cousin Jean de Looz, sire d'Agimont, ainsi 
que d'autres nobles. 

(1) Edition de Salbray, page 223. 

(2) Chroniq. belges, Gestes des ducs de Brab., t. II, pp. 473, 475. 



— 56 - 

On a \u qu'immédiatement après la mort du comte Thierry, Arnulphe 
se mit en devoir de faire reconnaître ses droits au comté de Cliiny. L'acte 
du relief qu'il fit alors à la cour de Wenceslas, duc de Luxembourg, existe 
encore et diffère probablement fort peu de celui qu'il ne manqua pas de 
faire à la cour de Bar ; car l'un était le pendant nécessaire de l'autre. Il 
suffit donc qu'un seul ait été conservé : 

Le 26 janvier i3GI. 

Wenceslaus de Boem, par la grâce de Dieu dus de Lucembourch, de Lothier, 
de Brabant, de Lymborch, et marchis du saint-Empire, faisons savoir à tous 
que, au jour de la date de ces présentes lettres, noz amés cousins et féalz 
messire Ernolz, sires de R^umines et de Quaecbeke, vient en sa propre per- 
sonne, par devant nous et noz hommes de fief, c'est à sçavoir : messire Reynard, 
seigneur de Scoinvorst ; messire Gérard Roidstock, chevailliers, et Herman 
d'Oye, qu'on dit de le Meuse, qui sont noz hommes de fief, de par nostre 
duchié de Lucenbourch, et releva de nous en fief et en homaige toutte le 
conté de Ghiny, avoecques ses appartenances et appendices, si avant qu'il 
dépendent de nous et de nostre duchié de Lucembourch en fief; et nous en 
fist homaige et sériment de foyt, par devant nos dis hommes, et tout ce que 
uns hom doit faire à son droit seigneurs ; et nous l'en avons recheu en nostre 
home de fief, saulveit le droict de chascun. 

Si mandons et commandons estroittement par ces lettres à tous chastellains, 
lieutenant et officiers, hommes de fief, eschevins, subgèsetsousmanans quel- 
conques, appartenants à la ditte conté de Chiny ou à ses appendices dessus 
nommées, qu'il rechoivent le dit messire Ernol, seigneur de Rumines, comme 
en leur seigneur héritier, et lui fâchent et obéissent en tous cas comme à leur 
seigneur faire et obéir doivent, en la manière qu'il faisoyent ou faire debvoient 
à nostre cousin le conte de Los et de Ghiny (cui Dieus fâche bonne merchit), 
jusques adonc que venus ou jectés en soit par devant nous et noz hommes 
de fief, par droit et loy. 

En tesmoing de queles choses, nous avons mis nostre seal à ces présentes 
lettres, avoecques les seaulz de noz hommes devant només, quy, à nostre 
pryère, ont à ces présentes lettres pendu leur seaulz. Données vint et syx 
jours en janvier, l'an mil CCG et sixante, selon le coustume de le diocèse de 
Gambray (c'est-à-dire le 26 janvier 1361). 

Wolters, cod. dipl. loss.,p. 339 ; Archiv. du Gouv. de Luxembourg, cartu- 
laire de 1 546, f" 11 ; Archives du Gouvern. à Arlon, feuille séparée. 

Il serait inutile de revenir ici sur l'achat fait par le sire de Rummen, 
des comtés de Looz et de Chiny. Par contre il vendit à Guillaume, comte 
de Namur, pour la somme de vingt-quatre mille florins d'or de Florence, 



— 57 — 

une rente annuelle de quinze cents îlorins, assise sur les domaines de 
Quaebecke, de Hcrscl, de Liessem, de Puchey et de Pellem. Les Monuments 
de St-Genois mentionnent plusieurs actes concernant celte affaire, entre 
autres, une attestation du duc Wenceslas, datée du 18 février 1362. 
Quelques semaines plus tard, Arnulphe vendait au même comte Guillaume 
une autre rente de trois cents florins pour la somme de cinq mille florins, 
ailleurs 4800 florins. Ces capitaux lui étaient nécessaires, soit pour payer 
los quatre-vingt mille florins qu'il devait à son cousin Godefroid, soit pour 
reconquérir le comté de Looz par les armes ou par des négociations à la 
cour impériale (1). 

Malheureusement il perdit le capital et ne put dans la suite payer la rente 
due au comte de Namur. De là bien des difficultés qui attristèrent les der- 
nières années de sa vie (2). 

Vers la fin de l'année 1362, tout semblait prospérer pour le nouveau 
comte de Looz et de Chiny. 

Le roi Charles IV, se trouvant à Aix-la Chapelle, lui avait conféré les 
fiefs et les vassaux nobles du comté de Looz et, par une lettre, datée du 
même jour, 23 décembre, il avait cité en cour impériale le prince-évêque 
de Liège, inculpé d'avoir saisi un comté légitimement dévolu a Arnulphe de 
Rummen (3). 

11 ne se trouva personne qui osât signifier a l'évêque la citation impé- 
riale • on craignait d'être maltraité par les Liégeois. Cette citation fut donc 
secrètement déposée sur un autel de la cathédrale. Engelbert de la Marck 
n'y répondit pas. 

La cour impériale passa outre et prononça en faveur d'Arnulphe. Alors 
le roi Charles IV délégua Mathias de Kesselt et Régnier van der Hallen 
pour donner à ce prince l'investiture du comté de Looz et de ses dépen- 
dances. Ils s'acquittèrent de leur commission, le 13 août 1363 (4). 

Le 11 octobre suivant, la cour impériale, non contente d'adjuger à Ar- 
nulphe le comté de Looz, condamnait, par contumace, le chapitre de 
Saint-Lambert à une amende, payable a Arnulphe, de dix mille marcs d'or, 
en dédommagement des frais qu'il avait dû faire ; en outre elle autorisait 
celui-ci a se saisir des biens du chapitre jusqu'à payement intégral de cette 
somme. Deux mois plus tard, le roi chargeait les archevêques de Cologne, 

(1) St-Genois t. I, pp. OTO, 0i5, 946 ; Wolters, ibidem, pp. 354, 355, 379. 

(2) Voir ibidem, pp. 384, 389 ; St-Gen., pp. 925, 9iO, 972. 

(3) Hinnisdael, II, n. 2:37 ; Schoonbroodt, ibidem, nn. 791, 793; Daris, ibidem, p. 557. 

(4) Schoonbroodt, n. 795. 



- 58 - 

de Trêves et de Mayence, ainsi que plusieurs autres princes et comtes, de 
tenir la main à l'exécution de cette sentence. 

Au milieu de ces succès, Arnnlplie prit une résolution qui précipita sa 
ruine, ou du moins la rendit coin|)lète et à jamais irréparable. Toujours 
pressé par le besoin d'argent, il sacrifia le comté de Chiny que personne 
ne lui disputait au vain espoir de reconquérir celui de Looz. 

D'abord il racheta, pour vingt mille petits florins vieux, dont soixante 
douze font un marc de Trèyes d'or lin, le douaire de sa tante la comtesse 
Philippine de Fauquemont. L'acte écrit stipule formellement que le paye- 
ment doit se faire à Namur et (|uc, s'il n'est pas effectué avant le jour de 
Pâques 1365 (1), le comte de Salm, mari de la comtesse douairière, devient 
lui-même acquéreur du comté do Chiny, à charge de payer dix mille florins 
de même monnaie à son neveu le comte Arnulphe de Rummen (2). 

L'acte mentionne encore bien clairement que l'entrée on jouissance devait 
être retardée jusqu'à l'époque du payement. Néanmoins, pour plus de 
garantie, le comte de Salm remit, dès le surlendemain, à son neveu une 
nouvelle promesse, plus explicite que la clause contenue dans le premier 
contrat. Par ce dernier écrit, Jean de Salm s'engage h livrer le comté de 
Chiny au jour fixé et sans aucun délai, pourvu que la condition du paye- 
ment soit remplie (3). 

(1) « Nous Ernovilz... sommes tenus de payer etc, dedens le jour des grandes Paskes, qui 
sera en l'an mil trois cent sissante et chincq, selon la coustume délie court à dyocèse de 
Liège, etc. i) Or, depuis l'année 1333, la cour de Liège faisait commencer l'année à Noël. 

(2) Hinnisdael, manuscrit IV, n. 2'i^, 145 ; Sclioonbroodt, n. 799; Daris, p. 559. On peut voir 
ce long contrat dans Wolters, ibidem, page 357, et aux Archives de Luxembourg, Carttd. 
de I5i6, f. 4. Il est du 18 novembre 13G3. 

(3) St-Genois, ibidem, page 932; Wolters, ibidem, p. 357. ,Te dois à l'obligeance de 
M. Stanislas Bormans, archiviste de l'État à Namur, une copie de la charte suivante. 

« Nous Jehan, conte de Salmes, faisons savoir à tous que, — comme par l'accord fait et 
traitiet entre noble homme messire Ernold, sire de Rumines et nous, tant que de la conteit 
de Chini, li dis messire Ernold ou suy hoirs nous doient et soient tenus de paier dedens le 
jour de Paisques, en lan sixante cinque, vint mille florins ; et, yceuls à nous ou à nos hoirs 
ensi paies, doiens et soiens tenus à dit messire Ernold ou à ses hoirs rendre et délivrer la 
dite conteit de Chini entièrement, et de ce li avons, avec autres nos amis, constitueit à droit 
plaiges messire Robert de Namur, li queils, se défallans estiens, deverat envoler en hos- 
taige, en la ville de Namur, un verleit à six chevals, iusques à tant que bien et deuwement 
aueriens tenut et accomplit les covenances contenues es lettres principales sur ce faicte, — 
nous, pour nous, nos hoirs et successeurs, promictons et avons enconvent les dites cove- 
nances bien et deuwement accomplir, et ledit messire Robert, ses hoirs et successeurs, 
loiaulment acquiter sens malengien ; et, si il, par men défaulte ou de nos hoirs, soutenoit 
ou encourriste cous, frais et damaige, nous, pour nous ou nos hoirs, li avons promis et, 
promictons icouls bien et entièrement rendre et restablir ; et en deveroit il ou suy hoirs 
eistre créas par leur simple parolle,sens autre prove avant traire. Et de ce li obligons tous 
nos biens et les biens de nos homes, mobles et nomobles, prèsens et advenir, pour les 
prendre et faire panre par iustice et sens iustice, et iceul.x saisier et retenir par tout où 



— 59 — 

On trouve dans les archives de l'état à Luxembourg un acte de relief fait 
par Arnulphe de Unmmen h Robert, duc do Bar et de Lorraine et marquis 
du Pont; il est daté du 15 mars 1302. Si l'on en interprête la date dans 
le style ancien, on peut le rattacher a l'achat du douaire de la comtesse 
Philippine. Mais si l'on suppose qu'il s'agit de l'année 1363, il faut admettre 
que le duc de Bar aurait accordé à Arnulphe une prolongation de temps, 
puisque, entre le 25 janvier 1362, date de l'achat fait au comte Godefroid IF, 
et le il mars 1363, il s'est écoulé plus « d'un an et jour, » terme fatal 
selon la loi ; ou bien il faut attribuer à une autre cause le relief fait par 
Arnulphe V, peut-être à la majorité du nouveau duc (1). 

Il est hors de doute que le rachat du douaire de la comtesse Philippine 
s'est fait uniquement en vue de la vente du comté de Chiny et que, dès 
lors, cette vente était un fait accompli ou sur le point de l'être. On peut 
aller plus loin et ne voir qu'une conséquence de celte vente dans le bien- 
veillant accueil fait par la cour impériale à la cause du sire de Rummen. 
Pour Charles IV en efïet, c'était une préoccupation constante et un point 
d'honneur que de relever sans cesse le lustre de sa maison originaire, 
d'autant plus qu'il pouvait dès lors espérer qu'un jour elle reviendrait à 
ses descendants. Rien donc de plus naturel que de le voir favoriser, dans 
les limites de la justice, un prince en train d'annexer son superbe comté 
aux états du duc Wenceslas. La Chronique de Saint-Trond mentionne uu 
fait qui donne à celte présomption beaucoup de vraisemblance. On rap- 
porte, dit-elle, que Charles IV étant venu à Aix-la-Chapelle, vers le temps 
de la Toussaint, Arnulphe de Rummen est allé lui faire hommage de son 
comté et en recevoir l'investiture ; en outre que, l'année suivante, une 
sentence fut portée à Prague en faveur d'Arnulphe et de ses hoirs, avant 
que ni l'évêque, ni lui, eussent comparu au tribunal de l'empereur (2). 
Quoi qu'il en soit, l'acte de vente ne fut rédigé que le 16 juin 1364 : 



troveir les porroient, iusqiicsàtant que l)ien et deuwement aueriens tenut et accomplit 
toutes les convenances dcssuditcs sens malengien. Tesmoing ces lettres saelées de nostre 
sael. Donné lan mil trois cent sixante trois, XX. jour en novembre. » 

Archives de l'Ktat à Namnr. Varia. Charles des comtes de Namur. Traces d'un sceau 
unique. 

Comment expliquer que Robert de Xamur doive envoyer ses otages non cliez un prince 
étranger, mais dans la ville même de Xamur ? A un autre de répondre. Du reste cette charte 
ne parait pas avoir oblige le prince namurois, puisqu'il n'y a trace que d'un seul sceau. 
C'est peut-être parce que la rédaction en était défectueuse. 

(1) Archiv. du Gouvern. de Luxembourg, Cartulairo de '!5iG, folio 316, verso. 

(2) Contin. III, p. II, chap. Id. 



- 60 — 

Vente du comté de Chiny. 

Nous Arnold, conte de Loz, seigneur de Rumines et de Quaecbeke, faisons 
scavoir à tous et cognoissons publiquement que par le conseil de nos amis, 
pour nostre évident pourfict, et pour eskiewir très grands griez dammages 
qui nous povoient advenir ; eu sur ce meure et déligente délibération, et 
aussy du consent de nostre très chière compaigne et espouse, dame Elisabeth, 
comtesse de Loz, dame de Rumine, et de Quaecbeke, fuermise, en ce cas et 
pour ce faire et gréer, à l'enseignement de droit, de nostre mambornie, en 
temps et en lieu que faire le povoit et debvoit ; — nous, pour nous, nos hoirs 
et successeurs, avons heritablement et à tous jours vendit et vendons, à hault 
et puissant prince, nostre très chier et redoublé seigneur, monseigneur 
Wenceslau de Boème, duc de Lucembourg, de Lothier, de Brabant, de Lem- 
bourg, et marchi dou Sainct Empire, ce achatant pour li, pour ses hoirs et 
successeurs, ducs de Lucembourg, nostre conteit de Chiny et tout ce que 
nous y aviens, avoir poiens et deviens, par quelconque raison qu'estre peust 
en ladite conteit et en touttes ses appendices et appartenances, tant de ce que 
nous y aviens, avoir poiens et deviens, par la succession de nostre très chier 
cousin, messire Thiry, devant nous conte de Loz et de Chiny, seigneur de 
Heinsberch, de Blanckenbergh et de Lewenberch, et de nos autres antéces- 
seurs, qui Dieux absoilhe, comme de la succession qui, doudit messire Thii'y, 
escheit à nostre ameit cousin, messire Godefroit, seigneur de Heinsberch et de 
Dolenbroech, son nepveu, la quelle succession nous, à nostredit messire Gode- 
froit, avons bien et loyaulement acheteit et acquis. 

C'est à scavoir les chastealx, fortereces de Chiny, de Monmaidy, d'Estable 
et de Buemunne (1), avec toutes villes et villeas, dépendans et appendans 
à la dite conteit de Chiny, et tout ce que appanre et appartenir y peut et doit, 
en seigneuries et justices haultes et moyennes ou basses, voweries, hom- 
maiges, fiez, arrière-fiez, reliez de fiez, terres arables et non arables, dymes 
grosses et menues, cens, rentes, deniers, bleidz, avoines, poiz, cire, pors, 
chapons, gelines, awes, molins molans, mouture, rivières, viviers, pesson- 
nerie, bois, forest, paisson, preis, chans, pasturaiges, méfiais, amendes, 
esplois de justice, tonnelz, vinaiges, passages, patronages et présentation de 
bénéfices ecclésiastiques, wardes d'églises, de tours, de maisons et de biens 
d'églises, waignages, tailles, demandes, proières, corrections, assises, seignoi- 
rie de monoier(2), et tous autres pourfict, honneurs et emolumens, à chans et 
à ville, en fons et en comble, en vert et en seiche, et en toutes autres chouses 
comment que on les puisse spécialement descrire ou appelleir, si avant que 
à nous povoient et dévoient appartenir par quelconque cause ou title que ce 

(\) Lisez Belmont ou Beaumont. 

(2) Notons ce droit de battre monnaie 



— 61 — 

soit ou estre puist, sans y excepter ou retenir aucune chouse pour nous, nos 
hoirs ou successeurs. 

Les quelz chastealx, forterecses, villes et villeaux de ladite conteit de Chiny, 
avecque toutes leurs appendices et appartenances, comme dessus dit est, 
nous à nostredit seigneur le duc avons vendut pour certaine somme de flo- 
rins, la quelle il, à nostre très grand nécessiteit, nous a bien payet et délivret, 
en derniers appareils, devant la confection de ces présentes lettres ; et l'avons 
mis et convertit en nostre évident pourfit et propres nécessaires usaiges. Si 
nous en tenons de nostredit seigneur le duc pour bien solz, contens et paies, 
et en quitons, pour nous, nos hoirs et successeurs, nostredit seigneur le duc, 
ses hoirs et successeurs et tous aultres asquelz quitance en doit ou puet par- 
tenir. Et sur ce nous avons dès maintenant en la main de nostredit seigneur 
le duc, pour lui, ses hoirs et successeurs, dux de Luxembourch, rendut et 

transporteit, etc Et nous enseiQble avons priet et requis très haut et 

très noble prince, monsieur Robiert, duc de Bar et marchis du Pont, nostre 
chier seigneur, de cui en partie ladite conteit muet, que, saufl" son droit, 
veulle gréer, confirmeir, consentir et approuveir ledit vendaige, et mettre son 
seel avec les nostres à ces lettres. 

Et nous, Robert, etc. Encores prions nous, contes etcontesse de Los dessus- 
dits, nos ameis cousins, messire Jehan, seigneur de Lamale (1), et messire 
Guillaume son fils, qu'il, en signe de plus grant mémoire, veuillent à ces 
présentes lettres mettre leur sayaulx, avec le .seel de nostre chier seigneur le 
duc de Bar, et les nostres, etc. 

Donneit l'an de grâce Nostre Seigneur M. CGC. LXIV, le seizisme jour du 
mois de juing (2). 

Le même jour Arnulphe nolifîe cette vente et s'engage à chevaucher avec 
le duc Wenceslas, pour aller rendre témoignage devant tout seigneur ou 
toute cour de justice dont relève le comté de Chiny et pour y attester sa 
complète renonciation a tous ses droits sur ce comté (3). Arnulphe déclare 
en même temps qu'il a déjà reçu du duc de Luxembourg le prix du comté 
vendu. Mais on sait qu'il ne faut pas prendre a la lelire de pareilles affir- 
mations. Trois payements au moins étaient encore à faire : l'un de cinq 
cents vieux florins, qui eut lieu à Liège, le 7 août suivant (4) ; un autre 
de seize raille florins, fait huit jours après (5), et un troisième de vingt 

(1) Lisez Hamale ou Hamal. 

(2) Tiré des archiv. de Luxembourg, Bertholet, tome VI, pr., p. 89. Archiv. du Gouv. de 
Luxb., cart. 15W3, f" 2 verso ; Wolters, ibidem, p. 370. 

(3) Wolters, ibidem, page 375. 

(4) Ibidem, page 370. 

(5) Ibidem, page 377 et Cartulaire de 1546, f. 9, verso. 



— 62 — 

mille florins, dont il sera bientôt parlé. 11 est regrettable qu'il n'ait pas 
indique le prix total. 

Une formalité restait h accomplir par rapport a la vente du comté de 
Cliiny. Le sire de Piummcn devait signifier aux habitants du comté le 
marciié dont ils venaient d'être l'objet, avec l'ordre de se soumettre a leur 
nouveau seigneur. Cette Ibrmalité fut diflerée jusqu'au 25 février 1365. On 
a conservé la lettre qu'ArnuIphe écrivit en celte circonstance a tous les 
ordres du comté : 

Le 25 février 130."). 

Nous Arnoult, conte de Lus, sires de Rummen et de Qaaebeke, faisons sa- 
voir à tous que, comme nous, — pour nostre très-grant nécesslteit, ayens vendul 
nostre contait de Ghiny et touttes ses appartenances à très-hault et très-puis- 
sant prince, nostre très-chier et rcdoubté signeur, monsieur Wenceslau, duc 
de Luccembourch et de Brabant, pour certaine somme de florins, si comme 
contenut est es lettres principales sur ce faittes, de la queille il nous at asseiz 
fait et bien payet et nous en tenons à bien content, — si prions et requérons 
à tous signeurs, banncrès, chevailliers, escuiers, hommes de fies, bonnes villes, 
franchises, officiers, prévos, sergens, rnaiours, eschevins, et à tous le com- 
mun pays de la dite conteit de Chiny, que vous et chascun de vous veuille 
faire teille feauteit que à nous devriez, se vendut ne vous avions à devant dit 
monsr le duc, et le veuillez tenir pour vostre droit signeur et héritier; car 
nous avons renunchiet et dez maintenant renunchons à la ditte conteit de 
Chiny, à toutes ses appartenances, à vous et à chascun de vous, sens ma- 
lengien. 

Tesmoing ces lettres saelées de nostre sael, données à Bruxelles, xxv« jours 
en février, l'an mil trois cent sixante quatre, selon la coustume de la diocèse 
de Cambray (1). 

Depuis que la vente du comté de Chiny était passée à l'état de fait irré- 
vocable, Arnulphe ne pouvait se dissimuler que les faveurs de la cour 
impériale lui échappaient pour s'en aller du côté de son ennemi (2). Il prit 

(1) Wolters, Cod. dipl. loss., page 362 ; Cart. de 1546, f» 12 verso. 

(2) Depuis loncrtemps révètine et le chapitre travaillaient à faire révoquer la sentence 
impériale. Le ciianoine Hoyh'aiie de Berglie, envoyé dans ce but à Prague, avait échoué 
(février V.iG'n. A cette nouvelle le prince-évèciue partit lui-même pour la il.ili.Mue avec une 
escorte de plus de soixante chevaliers. Il obtint un décret non de révocation, mais de sus- 
pension de la sentence, jusqu'à plus ample informé (Scliooidjroodt, ibidon, n. 802). Pendant 
ces négociations, Anndpiie avait levé des troupes. !-'év("'que Engelbert ayant été transféré 
à l'arciievéché de Cologne, le chapitre créa manihour ,h'an de llochcl'orl et lit également 
une levée de troupes. l'JUes livrèrent aux llaiiunes le village de Kummen cl le château de 
Hamal (Chroniq. de St-Trond, Cont. III, p. Il, c.-l2). L'einpereurallait sans doute intervenir; 
mais, à la prière de Jean d'Arkel, successeur du prince-évéque Engelbert de la Marck, le 
pape Urbain \^ obtint de l'ompereur un nouveau sursis de la sentence favorable à 
Arnulphe. Il est inexact de dire que « la cause fut agitée devant rempcrcur qui adjugea ce 
comté (de Looz) à l'église de Liège (Recueil herald, des bourgm. de Liège, p. Ul). » L'empe- 
reur se réserva l'examen de cette alîaire, pour le temps où il viendrait dans le pays du 
Rhin (Fisen, part. II, lib. V, n. 21). 



- 63 — 

donc la résolution de tenter une seconde fois le sort des armes. Mais il 
voulut avant tout satisfaire aux obligations contractées par lui envers sa 
tante, la comtesse de Salm. Dès le 22 mars, c'est-à-dire trois semaines 
avant l'éciiéance fixée au jour de Pâques (13 avril), une entrevue eut lieu 
h Thionville, enlre le comte de Salm et les qualr(; personnai;es que voici : 
Thierry do Welchenhausen, lieutenant et sénécli.il au duché de Luxem- 
bourg ; Claes ou Nicolas, prévôt de Louvain ; Thierry de lioncherange, et 
Claes de Wésele. Ce dernier était l'écuyer du sire de Rummen ; il était 
chargé par lui d'aller recevoir, des mains du sénéchal du duché de Luxem- 
bourg, la somme de vingt mille florins, et de payer immédiatement cette 
somme au comte et à la comtesse de Salm, Les deux autres avaient pro- 
bablement été convoqués pour servir de témoins. 

Cette formalité remplie, il s'agissait pour le comie de Salm de transporter 
son trésor, de Thionville à Metz : or c'était là une entreprise tellement 
dangereuse qu'il jugea prudent de réclamer le concours des quatre person- 
nages dont on vient de lire les noms. Il n'est pas hors de propos dénoter 
ici que la charge de lieutenant et de sénéchal répond à celle de gouverneur, 
et que depuis deux ans environ Thierry de Web henhausen avait succédé 
dans cette dignité à Ilnart d'Autel. Quant à Thierry de Honcherange, il 
était ou du moins il d(vint peu après justicier des nobles au duché de 
Luxembourg, charge non moins éminente (i). 

Séance tenante, le comte de Salm proposa donc, au sénéchal et aux trois 
autres seigneurs de lui venir en aide dans son périlleux voyai'O et de lui 
garantir jusqu'à Metz la conservation de ses vingt mille florins. Ils y con- 
sentirent « par faveur et amitié, » l'histoire ne dit pas à quel prix ; mais 
elle nous apprend qu'ils partagèrent de moitié la responsabilité. La conven- 
tion écrite qui fut faite avant de se mettre en roule porte en elï'et que si 
celte somme venait à leur être enlevée ou à se perdre, n'importe comment, 
le duc de Luxembourg et le comte de Salm y seraient chacun pour dix 
mille florins. 

Ce n'était pas un excès de précaution (|ue de réquérir en celte circon- 
stance les secours des |)remiers dépositaires de l'autorité du itrince ; car 
les confins de la Lorraine étaient alors envahis |)ar une multitude de mal- 
faiteurs dont les bandes organisées ne ^ivaicnt (jue de brigandages : rxc- 
crabilù cl ejjrenala alqnc imnimcrai ilis muUiludo malorum. On peut s'en 

(t) Cf pour lo premier les tables de M. Wnrlli-Paquet, l'iibli(Mt. etc., tome XIV, pagp.s 
65, 67, 60, 8'2, 93, où l'on verra qu'il était daljord j)révùt d'Ardeune et de ]5aslognc ; pour le 
ueconô., page Hl. 



— 64 - 

faire une idée si l'on songe que, douze ans plus tard, le duc Wenceslas 
dut mettre sur pied une armée de dix mille hommes pour donner la chasse 
à ces troupes de vagabonds (1). 

Les quatre seigneurs partirent donc pour Metz où ils arrivèrent le même 
jour, sans encombre, « rue des Gronais, en l'hostcil qui fuit CoHignon 
Trouwelet. » 

La comtesse Philippine les y attendait. On ne voit pas du moins qu'elle 
ait accompagné son mari jusqu'à Thionville. Plusieurs pièces furent échan- 
gées ce jour même, entre autres la suivante, qui est la quittance destinée 
au sire de Rummen : 

Le 22 mars 1365. 

Nous Johans, conte de Salmes en Savoye, et Philippe de Falkemont, sa 
loyaule compaigne, hors mise de toute mamburnie en ce cas, faisons savoir à 
tous que nous avons eut et receut de noble homme, monsieur Arnold, conte 
de Los, sire de Rumynes et de Quaecbeke, (ce) qu'il nous devoit par accord 
faict à li, pour tout le droit, action et demande que nous ensamble, ou nous 
Philippe pour cause de douwaire, dons de nopces, ou pour quelconque autre 
raison ou manière, aviens, avoir poiens ou deviens en toute la conteit de 
Chiny, tant en fortresses Chiney, Momaydi, Estales, comme en touttes leur 
appartenances et pays quelcunques ; soyent vingt mille petits florins d'oir, etc. 

Suivent les renonciations. Philippine renonce en particuHer » à la loy de 
Valeriene qui est introducte en la faveur et devrance des femmes. » 

« Ces présentes lettres faittes le vingt deuz jours en mars en l'an de graice 
nostre Signeur mille trois cent sixante et quatre, selonc le style de la diochèse 
de Trêves. 

Wolters, Cod. dipl. loss., p. 366. 

Le lendemain, qui était le dimanche de la mi-carême, le comte et la 
comtesse de Salm liront un nouvel acte destiné tant aux personnes nobles 
et aux fonctionnaires, qu'aux villes, franchises, et communautés du comté 
de Chiny, pour les informer officiellement des faits qui venaient de s'ac- 
complir et, en même temps, pour les prier et les requérir d'obéir désor- 
mais au comte de Looz, de lui faire hommage et féauté, de lui livrer les 
forteresses et, « comme bonnes gens, » de lui rendre les devoirs qui lui 
sont dûs. 

On remarquera dans cette pièce que l'écuyer d'Arnulphe semble n'avoir 
été envoyé à Thionville que pour prendre acte de la remise des vingt mille 

(1) Wurth-Paquet, Publicat. ibidemp. p. 153, l&i. 



- 65 - 

florins à Jean de Salm. Ce qui prouve évidemment que le rachat du douaire 
de la comtesse Philippine fut d'abord décidé entre le duc Wenceslas et 
le comte Arnulphe V, comme condition de la vente du comté. 

Le 22 mars i365. 

« Nous Jehans, conte de Salmes en Savoy, et Philippe de Falquemont, sa 
femme, de pleine volontei, niant constraincte, hors mise de toute mambornie 
en ce quais, à tous nobles, bannières, cheveilliers, escuiers, bonnes villes, 
franchises, officiers, bailis, prévos, maiours, eschevins, grueiers, fourestiers, 
sergens, borgois et communaullés de la conteit de Chiney et de toutes les 
appartenances, noz bien ameiz, saluit et dilection. Gomme escordeiz eussons 
à noble home, monsignour Arnoul, conte de Los, sires de Rumines et de 
Quaecbeke, que, permy vint mille petit florins qu'il nous devoit donner, 11 
deveiriens donner et délivrer la dite conteit de Chiney, fortresses et toutes 
leurs appartenances et y renonchié purement ; saichent tuit que li diz conte 
de Los nous ait fait les dis vint mille florins paier par Claees de Wesele, son 
escuier, à ce comis par ses ouvertes lettres, li queils Claies les nos à entière- 
ment fait délivrer et bien payer par noble homme, monsignour Thierit de 
Welchinhusen, lieutenat et séneschalt du duchei de Lusamborch, etc. » 

Jean et sa femme renoncent ensuite à tous serments, hommages, etc. « en 
vous tous et chescun de vous priant et requérant que, à dit conte de Los, et 
son dit comis aient ses lettres, veuilliés obéir, faire bornage et fealteit, déli- 
vrer les fortresses et faire vostre devoir comme bonnes gens ; car, dès ores 
en avant, n'avons, h vous, à la ditte conteit,fortresses, et à leur appartenances, 
riens plux à clameir, par le tesmoingnaige de ces lettres. » 

L'an de grâce nostre signour mil trois cens soixante et quatre, lou vinte 
(troisième) jour dou moix de Mars (i). 

Restait une deriière formalité à remplir, elle fut remise au jour suivant, 
lundi 24 mars, à trois heures après-midi. En ce moment « hautes per- 
sonnes : puissant et noble messire Jehan, comte de Salm-cn-Savoie, et 
madame Philippe de Fauquemont, sa femme, comtesse de Salm, » renou- 
velèrent eu présence d'un notaire public et de quatre témoins la déclaration 
de son complet désistement en faveur de « noble homme, et puissant mon- 
sieur Arnoul, comte de Looz et sire de Uummen. » On remarquera que 
parmi les quatre témoins se trouve le comte Jean lui-même, sans doute 
en sa qualité de mambour de sa femme. 

(d) Wolters, ibidem, page 3G3. On y lit à la fin de cette charte : lou vinte doizième jour, c'est 
une erreur de lecture ; V. M. Wûrth-Paquet, ibidem XXIV, page 9G. Voir également sur cette 
affaire du payement des 20000 florins, ibidem, p. 95. 



— 66 — 

I.e 24 mars 1365. 

En nom de Nostre Signor, Amen. Par la tenour de cest présent publicque 
instrument, apparoice à tous que, en l'an de l'Incarnation nostre Signor 
mil trois cens sexante et quatre, en la tierce indiction, le vintequatrimejour 
dou mois de mars, environ houre de Nonne, au tiers an de la consécration et 
don ponlificat de très-saint Peire en Jhesu-Christ, seigneur Urbain, par la 
provéance de Deu, pape cincquime, en la présence de moi, notaire publicque 
et des tesmoignaiges ci desous noineis, à ce appelleis et requis, haultes per- 
sonnes, poissans et noble messire .Tehans, conte de Salmes en Savois, et ma- 
dame Philippe de Fakemont sa femme, contesse de Salmes, ont dit et recognut 
qu'ils ont eut certaines convenances à noble home et poissant monsieur 
Arnoul, conte de Los et sire de Remines, sor le fait de la conteit de Cheney, 
que la ditte madame Philippe, si comme il disoiet, tenoit en dov^aire dehault 
homme et noble signour Godefrois, jadit conte de Chinay, son premier mari 
qui fuit, que la ditte dame doit renuncier la ditte conteit de Chinay, etc. 

Suit la renonciation de sa pleine volonté etc. 

Ceu ait esté fait à Mes, en l'osteil qui fuit Collignon Trowelet, séant en la 
rue des Gronais, en l'an, indiction, au mois, etc, sus deviseis. 

Présens à ceu et pour tesmoignaiges appeleis ; Noble home signour Henri 
de Morhenges^ chevalier ; Signeur Henrit d'Albe, chapellain ; le dit signour 
Jehan, conte de Salme ; Et Perrin dit Vendehauex, chanone de Hombourch. 

Plus has estait escript : et je Symonas de Vendehauep de Mes, clers et no- 
taires publiques, de l'auctoriteit dou pape, de l'empereur et de la court de 
Mes, ai esteit présens, etc. 

Cod. dipl. los. Wolters p. 368. Pierret, t. I, page 370. 

A partir de ce moment, le comté de Chiny n'existait plus que de nom ; 
dans la réalité il était devenu partie intégrante du duché de Luxembourg. 
Seulement Wenceslas et tous ses successeurs, ducs, rois ou empereurs, 
ne cessèrent jusqu'à la grande révolution française de se parer du titre de 
comte de Chiny (1). 

(1) D'après la Coutume, titre VIII, art. 3, la duchesse Jeanne avait droit à la moitié de ce 
nouvel acquêt. Pour éviter que ses héritiers ne vinssent, après sa mort, réclam 3r cette part 
du comté de Chiny, elle se re.idit à Montmédy, où elle déclara devant la cour féodale qu'elle 
renonçait volontairement à tous les droits que lui conférait son mariage sur la propriété 
de ce comté (3 août 1306). Le lendemain, le duc son mari, déclara lui-même que, en retour 
de ce désistement, il abandoimait à la duchesse tous les revenus du comté. Après quoi, les 
hommes féodaux promirent de lui obéir, sa vie durant, comme à leur droiturière dame. 
Publicat. hist. Luxemb. tome XXIV, page 102. 

On ne songea guère, ce semble, à demander le consentement du suzerain, le duc de Bar. 
Ce n'est que plus de vingt ans plus tard que cette affaire paraît avoir été définitivement 
réglée. Manuscrits des Wiltheim, Bibl. royale, n. 6855, p. 255. 



— 67 -» 

Quant h Araulphe V, il fut, dès le 11 août 1365, assiégé dans son châ- 
teau de Rummen, par le prince-évêque Jean d'Arckel, à la tête d'une puis- 
sante armée. En vain le comte fit-il usage de canons et d'autres armes à 
feu, ses épaisses murailles et ses hautes tours ne purent tenir contre les 
énormes pierres que lanç.iii une machine monstrueuse fabriquée par le 
prince (I). 11 s'échappa avant la prise de la forteresse, mais bientôt, vaincu 
de toutes parts, il fat réduit à renoncer au comté de Looz, pour une rente 
viagère de mille florins, réversible sur son beau-frère Jean de Haraal et 
sur son fils Guillaume. Ârnulphe s'éteignit à Liège, vers le commencement 
de l'année 1373. Sa femme était morte de douleur peu de temps après la 
destruction du château de Rummen. 



*-<><9^/SV$>'S>'9h~o^ 



(1) Chroniq. de St-Trond, Addiment. chap., 13. 



ÉPILOGUE. 



Je n'ai pas expliqué qu'en maints sacrés parvis, 
Pour ses vieux bienfaiteurs, une foule unanime 
Immole, tous les ans, l'adorable Victime, 

Depuis cinq siècles accomplis. 
Est-il rien cependant, dans toute notre histoire, 

Qui soit plus digne de mémoire? 

Je n'ai pas révélé, ne l'osant pas encor. 

Que, dans son pur cristal, la Semois tortueuse 

Et, sur ses bords fleuris, la Chière bourbeuse 

Recèlent des pépites d'or. 
Dent sera décoré, par la Reconnaissance, 

l-e roc où Chiny prit naissance. 

Un autre le dira. Si les magiciens 

Donnent, quand bon leur semble, au plus hideux squelette 

Vigueur, charmes, jeunesse et brillante toilette. 

Ceux que l'on nomme historiens 
Pourraient-ils refuser à ma chétive prose 

Son entière métamorphose? 



TABLE DES MATIERES. 



Tome. Page. 

Introduction VIII, 255 

I. Arnulphe I (941-982), Son origine. Il épouse Mathilde, 
fille de Ricuin, fonde la ville et le comté de Chiny. Fut-il 

comte de Hainaut? Ses exploits. Sa mort . . . . VIII, 259 

II. Othon I (982-1013). Sa femme. Il construit la forteresse 
de Warcq ; y transfère le corps de saint Arnulphe. Ses 
démêlés avec Adalbéron, archevêque de Reims. Prise de 

Warcq. Troubles. Ivoix. Chauvancy. .... VIII, 285 

III. Louis I (1013-1030). L'empereur, le roi de France et un 
concile à Ivoix. Louis, vicomte de Verdun. La mort. Sa 

femme et ses enfants VIII, 299 

IV. Louis II (1030-1068) venge la mort de son père. Saint- 
Thibaut à Suxy. L'empereur et le roi de France à Ivoix. 

La comtesse Sophie et ses enfants ..... VIII, 309 

V. Arnulphe II (1068-1106), avoué de l'église de Longlier. 
Épouse Adélaïde de Montdidier etRoussy. Fonde le prieuré 
de Pries. Perd sa femme et son frère. Protège l'abbaye de 
St-Hubert. Fonde l'abbaye d'Orval. Mathilde de Toscane. 
Arnulphe se saisit de l'évêque de Liège. Intervention du 
pape Grégoire VII. Arnulphe arrête la comtesse de Hainaut. 
Il fait nommer abbé de Saint-Hubert, son cousin Ingobrand, 
mais le désavoue bientôt après. Arnulphe et Godefroid de 
Bouillon à Liège, à Reims. Nouvelles fondations pieuses ; 
prieuré de Chiny. Arnulphe prend l'habit religieux. Sa 

mort. Sa seconde et sa troisième femme. Ses enfants . VIII, 317 

VI. Otiion II (1106-1125) épouse Alix de Namur. Leurs 
enfants. Othon et l'empereur Henri IV. Il introduit h Orval 

des chanoines réguliers. Ses bienfaits, sa piété . . . IX, 17 

6 



— 70 — 



Tome. Page. 



VII. Albert (1125-HG2) épouse Agnès de Bar. Introduit à 
Orval des religieux cisterciens. Son dévouement aux maisons 
religieuses. Ses exploits en Palestine. Il revient mourir dans 
l'exercice de nouvelles bonnes œuvres. Sa femme. Ses 

enfants • . IX, 31 

VIII. Louis III (H 0-2-1189) se dévoue à toutes les bonnes 
œuvres. Diverses chartes. Suxy. Dudon de Malandry. 
Blanchampagne. Folmare, archevêque de Trêves et le con- 
cile de Mouzon. L'empereur et le roi de France à Ivoix. 
L'empereur et Bauduin, comte de Hainaut, à Virton. Louis 
prend la croix et meurt à Belgrade. La comtesse Sophie et 

ses enfants ......... IX, 57 

IX. Louis IV (1189-1227). Son tuteur Thierry de Mellier. Cure 
de Jamoigne. Prieuré de Vaux-les-Moines. Donations à 
l'ubbaye d'Orval. Hommage au comte de Bar. Louis épouse 
Mathilde d'Avesnes. Chartes. AfiVanchissement d'Avioth. 

Le comte ne laisse pour lui succéder qu'une fille . . IX, 111 

X. Seconde dynastie. Arnulpiie 111(12-27-1268). Son origine. 
Il épouse l'héritière du comté de Chiny. Bâtit Montmédy. 
Hommage au comte de Bar. Actes divers d'administration. 
Alliance avec le comte de Luxembourg. Affranchissement de 
Breux et d'Esclapi, de Montmédy. L'empereur Frédéric II, 
le duc de Brabant, elc . Projet d'alliance des familles de 
Chiny et de Lorraine. Élection de l'empereur Guillaume. 
Saint-Walfroy. Limes. Les d'Avesnes. Saint-Mard. Gérou- 

ville. Bellefontaine, etc. Enfants d'Arnulphe ... IX, 299 

XI. Louis V (1268-1299) épouse Jeanne de Bar, dite de Blâ- 
ment. Actes d'administration. Saint-Mard. Vaux-les- 
Moines, etc. Guy, comte de Flandre. Conflit avec le comte 
de Luxembourg Henri II. Convention de Louis V avec ses 
frères. Emprunts. Dénombrement et relief. Affranchisse- 
ment de Virton, Montlibert, etc. Chartes pour Orval. Chau- 
vancy. Marché hebdomadaire à Gérouville. Affranchissement 
de Florenville, de Vance. Prieuré de Suxy. Bouchard 
d'Avesnes, évoque de Metz. Mésintelligences avec le comte 
de Bar. Vaux-devant-Mouzon, non pas Vaux-les-Moines. 
Frénois-devant-Montmédy, etc. Le comte perd sa femme 

et ses enfants. Sa mort X, 209 

XII. Arnulphe IV (1299-4310) succède à son oncle. Il était 
comte de Looz et avait épousé Marguerite de Vianden . Le 



— 71 — 



Tome. Page. 



chapitre d'Ivoix . Emprunt. Orval. Affranchissement d'Ethe. 
Emprunt. Privilèges accordés aux bourgeois de Chiny. Vaux 
et Euilly . Affranchissement de Lacuisine . Arnulphe s'occupe 
du comté de Looz. Ses enfants. ..... XI, 469 

XIII. Louis VI (1310-1336). Exigences du roi Philippe-le-Bel. 
Louis épouse Marguerite de Lorraine, veuve de Guy de 
Flandre ou de Namur. Terre de Neufchâteau, de Melher et 
d'Orgeo. Louis va au secours de l'évèque de Liège. Irrita- 
tion des comtes de Flandre et de Namur. Villemont. La- 
mouilly. Aufflance. Orval. Jamoigne. Jacques de Luz. 
Bataille de Florenville. Nouveaux troubles à Liège. Ligue 
contre le duc de Brabant. Dot de la comtesse de Chiny. 
Projet d'établissement des frères Mineurs à Ivoix. Mort du 

comte et de la comtesse ....... XI, 199 

XIV. Thierry de Heinsberg (1336-1350), légitime héritier. 
Opposition du chapitre de Liège, quant au comté de Looz. 
Cunégonde de la Marck, femme de Thierry. Douaire de 
Marguerite de Lorraine. Difficultés croissantes au comté de 
Looz. Vente des prévôtés de Virton et d'Ivoix. LesCroisiers 
s'établissent à Virton. Thierry perd son fils. Jean de Bohême 
acquiert la moitié de la suzeraineté du comté de Chiny. 
Difficultés au sujet du comté de Looz. Thierry cède à son 

frère le comté de Chiny XII, 5 

XV. GoDEFROiD I (1350-1355-1361). Affranchissement de 
Montmèdy. Wenceslas de Luxembourg, Jeanne de Bra- 
bant, etc. à Dampvillers, à Ivoix. — Herbeumont. PhiUp- 

pine de Fauquemont, comtesse-douairière de Chiny . • XII, 41 

XVI. GoDEFROiD II (1361-1363) vend à Arnulphe de Rummen 

les comtés de Looz et de Chiny XII, 49 

XVII. Arnulphe V, dit de Rummen (1363-1365) fait recon- 
naître ses droits ; achète le douaire de sa tante Philippine 
de Fauquemont et vend le comté de Chiny à Wenceslas, 

duc de Luxembourg • é XII, 55 

Épilogue XII, 68 



— -l-ft^-WE^^ — 



VILLERS-LA-LOUE 



ET 

SES EMYIRÛMe, 



I]¥TR01>II€TI0]!¥. 



Les habitations qui composent le hameau de Villers-la-Loue 
s'étagent au revers du coteau qui, partant de la voie consulaire 
destinée à relier la villa de Luce (Gérouville) au castel de Verto- 
num (Majerou), grimpe vers le nord-ouest, jusqu'au diverticulum 
qui, de Montquintin, se dirige, en gardant les hauteurs, vers Luce, 
laissant à gauche cette station, pour rejoindre la voie impériale 
d'Ivoix à Trêves, sur le plateau de la Goue (Bellefontaine). 

Son nom (Villers) dit assez ses origines romaines. Au besoin, 
les substructions d'une villa agricole située sur un mamelon qui, 
au sud-ouest de Villers, dégorge ses eaux d'infiltration sous la 
ferme de Grihir, viendraient apporter, à l'appui de cette présomp- 
tion, le témoignage des débris de poterie, de tuiles et de briques, 
toutes de facture romaine, qui jonchent le sol. A cheval sur les 
deux voies romaines dont nous venons de parler, la villa de Villers 
a dû, pendant de longues années, servir d'habitation à la famille 
chargée de la surveillance et de l'entretien de ces voies. Les dé- 
penses qu'eussent nécessitées des fouilles, peut-être peu produc- 
tives au point de vue archéologique, ne nous ont permis ni de 
nous assurer de l'étendue de ces substructions, ni de constater 
l'existence d'appendices de nature à nous en révéler l'importance. 

7 



— 74 — 

Sous les Francs, Villers a dû cesser (si déjà il ne l'avait fait 
auparavant), d'être une simple villa, pour devenir un véritable 
hameau d'une certaine importance. 

En 1876, en effet, l'ouverture d'une carrière ayant mis à nu 
deux tombes franques dans un terrain en pente déclive, situé 
à environ deux cents mètres à l'ouest des dernières maisons de 
Villers, des fouilles exécutées au nom du Musée royal d'antiquités 
et d'armures de Bruxelles, ont mis à jour un véritable cimetière 
franc, avec ses tombes dallées, ses ossements, ses dents mousses, 
ses scramasaxes, ses pointes de framée, ses dards de javeline, ses 
poignées de bouclier et ses boucles de ceinture finement filigra- 
nées d'or et d'argent. Le Musée national s'est enrichi de ces 
trouvailles. 

A une époque plus moderne, les habitants de Villers cessent 
d'écrire leurs annales au sein de la terre, et tout devient ténèbres 
pour nous à travers les longs siècles qui, partant de l'invasion 
des Francs, traversent le moyen-àge, et finissent par nous laisser 
quelques documents écrits de nature à nous aider à reconstruire 
l'histoire de Villers à partir de l'année 1225. C'est en cette année 
qu'on trouve le nom de Villers, pour la première fois, dans l'acte 
d'accord entre les abbés de S^-Hubert et les seigneurs de Gons. 

Quelques notes obscures, disséminées çà et là, et que nous 
avons dû colliger et coordonner, des extraits d'archives reposant 
ailleurs, et que nous devons à la bienveillance de nos amis, des 
recherches consciencieuses, sinon intelligentes, dans les docu- 
ments des communes ou des paroisses voisines, quelques extraits 
des auteurs qui ont écrit sur le Luxembourg ; telles sont les 
sources où nous avons puisé et les éléments qui nous ont permis 
de tracer d'une main sûre cette petite notice sur des lieux qui 
nous sont chers à plus d'un titre. 

Ed DELDIME, 

Ancien curé de Villers-la-Loue. 



VILLERS-LA-LOUE (paroisse). 

La paroisse actuelle de Villers-la-Loue se compose de deux 
localités principales : Villers-la-Loue et Houdrigny ; elle comprend 
en outre une maison isolée, la ferme de Grihir. 

Autrefois la circonscription de Villers-la-Loue embrassait égale- 
ment le château de Beauregard et Berchiwé avec son aggloméra- 
tion de maisons, plus les fermes de Harpigny et du Verly. 

Avant la révolution française, ces localités formaient deux mai- 
ries séparées, et dépendant pour le spirituel de Thonne-la-Long, 
ancienne cure de l'évèché de Trêves et ressortissant de la chré- 
tienté de Longuion. 

Il y avait à Villers-la-Loue un vicaire résidant, à la nomination 
du curé de la paroisse. Ce vicaire, qui exerçait toutes les fonctions 
pastorales, jouissait du revenu des fondations, du casuel et du 
produit des terres annexées au vicariat, savoir treize journaux de 
terre et deux fauchées de pré. 

Quant à la dime, elle était répartie comme suit, entre le vicaire, 
le curé de la paroisse, l'évêque de Verdun, les moines de l'abbaye 
de S'-Hubert, l'instituteur du village et le sire curé de Rouvroy : 

Le vicaire et l'instituteur la percevaient des trois principaux 
cultivateurs de la paroisse, une année à Villers, l'autre à Hou- 
drigny ; le premier avait les deux plus fortes parts. 

Le curé percevait la dime sur le ban de Houdrigny seulement 
et, pour l'ordinaire, cédait son droit à quelque particuher, moyen- 
nant une redevance annuelle de huit louis d'or. 

Les obligations du curé étaient de contribuer à l'entretien de 
l'église et de la maison vicariale, de pourvoir aux frais du culte, 
conjointement avec l'évêque de Verdun et les religieux de S'-Hu- 
bert, qui tous partageaient avec lui les menues dimes. En outre, 
il était obligé de venir, chaque année, le jour de la fête de S'-Hu- 
bert, patron de la paroisse, chanter la messe en l'église de Villers. 

L'évêque de Verdun percevait la grosse dime sur le territoire 



- 76 — 

de Villers, les menues sur les terres de Villers et Houdrigny, de 
tous les habitants autres que ceux dont il a été fait mention plus 
haut. L'abbé de S^-Hnbert jouissait encore du droit de terrage ou 
de la 13e gerbe sur le ban de Villers. Comme il était seigneur de 
ce lieu, qu'il y possédait environ 40 journaux de terres et, près 
de l'église, une vaste maison où l'on voit encore, sur un contre-feu, 
en fer coulé, les armoiries de l'abbé avec cette devise : Amore 
non timoré 1736 ; il avait un achnodiateur résidant (1) chargé de 
percevoir les grosses et menues dîmes et le terrage, comme aussi 
de lever les contributions dues à l'abbaye, à laquelle chaque cul- 
tivateur était obligé de donner quatre bichets d'avoine, chaque 
particulier ou bourgeois deux bichets de même denrée, et tous 
un escalin ou une poule annuellement. 

Par suite de la révolution française, Villers-la-Loue fit partie du 
diocèse de Metz (15 octobre 1808), jusqu'à son annexion à l'évêché 
de Namur, sous l'administration de Ma"" de Pisani de la Gaude 
(20 septembre 1823). 

A la réorganisation des paroisses, on ajouta à la section et suc- 
cursale de Villers-la-Loue et au moulin de ladite localité, la censé 
ou ferme de Grihir, et on en retrancha Beauregard, qui fut réuni 
à la nouvelle succursale de Dampicourt. 

Sous l'ancien régime, il y avait à Houdrigny deux seigneurs 
dont l'un résidait au château de Beauregard, comme il conste 
par Vépitaphe gravée sur une pierre tombale, transférée de l'an- 
cienne église au cimetière paroissial y adjacent (2) ; l'autre avait 
sa résidence à Neufchàteau et était propriétaire de la ferme du 
Mont, sise sur une colline dominant le hameau de Houdrigny. 

Ces deux seigneurs n'avaient d'autres droits que celui du terrage, 
en partage avec l'abbé de S^-Hubert. 

Une cour de basse justice élective était établie dans chaque 
section. 

Lorsqu'il n'y avait que des amendes à infliger, quatre membres 
de la prévôté de Virton se transportaient sur les lieux, pour ter- 
ci) Le dernier admodiateur, avant la tourmente révolutionnaire, fut M. Dufort, qui occu- 
pait la maison en question, aujourd'hui habitée par la famille Gillet. 

(2) « Ici gist Alexandre Dalouise de Beauregard, seigneur de Houdrigny, lieutenant colonel 
« d'un régiment d'infanterie haut allemand, au service de Sa Majesté Catholique et Major 
« de Ville au duché de Luxembourg, comté de Ghini, décédé le 28 Décembre en Tan 1717. 
« P. Dieu p. s. âme. » 



- 77 — 

miner l'affaire. S'il s'agissait de causes majeures ou capitales, la 
cour se composait de neuf juges de la même prévôté. Après les 
procédures, on portait la sentence et, le cas échéant, on condam- 
nait le délinquant à certaines peines, d'après les lois et usages 
alors en vigueur. Quelques délits étaient punis du bannissement 
ou exil, et d'autres de la peine du carcan. Le coupable subissait 
cette flétrissure sur la place de Villers ou de Houdrigny. Quant 
à la peine capitale ou de la potence, c'était à Virton que le patient 
allait recevoir le châtiment de son crime. Aussi, chaque cultiva- 
teur était-il obligé de donner, tous les ans, à M^" le prévôt de Virton, 
quatre bichets d'avoine, les autres habitants deux bichets de même 
denrée, et tous un escalin ou une poule. 



QUELQUES DETAILS SUR CHAQUE SECTION. 



VILLERS-LA-LOUE. 

Donnons maintenant quelques détails concernant chacune des 
localités composant la paroisse. Commençons par Villers-la-Loue. 

On trouve le nom de Villers-la-Loue écrit de différentes manières: 

1° Villers-la-Loue (Goncordia inter abbatem S" Huberti et Dnm 
de Cons 1225). 

2° Vileir-la-luet (Donation à Orval, 1253). 

3o Viller-la-loux et Villez-la-loux (Actes de 1246—1296—1333— 
1562—1590—1621—1651—1681, archives de St-Hubert). 
, 4° Villers-la-loup (ibidem). 

5» Enfin on trouve écrit tantôt Villé-la-loue, tantôt Ville ou 
Willé-la-lou, Villers-la-louue, Villet-lo-lu, Viler la loù, Villers-lo-lu, 
Willet-lo-lu et Alody. 

Les vieux cartulaires portent Villare-allodium, d'où Villers, Ville 
du latin Villa, maison de campagne, ferme, exploitation rurale, 
sous les Romains et plus tard sous les Carlovingiens. 

Au moyen-âge, ce mot désignait un assemblage de plusieurs 
maisons, d'où village ou villani, et aussi vilains. 

Allodium, aleu ou alodes (vieux) est un mot gaulois (allodium, 
praedium immune, liberum, nihil pensitans). L'auteur de la vie 



— 78 — 

de saint Déïcole, qui vivait dans le dixième siècle, dit Alodus, 
qu'il fait féminin. Il est vrai que deux manuscrits écrivent AUo- 
dium. EoUandus, tom. II, pag. 568, l'explique ainsi : « est Allodium 
« prœdium seu quaîvis professio libéra, jurisque proprii, et non 
« in feudum clientelari onere accepta. » 

La loi salique dit Alode, aussi bien que les lois des Boïens ou 
Bavarois et les formules de Marculph. 

Après la conquête des Gaules, les terres furent partagées de 
trois manières à l'égard des particuliers : en alleux, en bénéfices, 
et en terres censitives ou tributaires. 

l" Les alleux ou terres libres, nommées Sortes Barharicso, résul- 
taient de la conquête ; il parait cependant que les propriétés ro- 
maines, franches de toute redevance, furent assimilées à ces 
domaines. 

2» Les bénéfices ou fiscs, que les rois détachaient du domaine 
public, pour en gratifier leurs Leudes ou fidèles, à titre révocable, 
viager ou héréditaire, en les obligeant à des devoirs particuliers 
ou à certaines charges. 

3» Les terres censitives ou tributaires, héréditaires de leur na- 
ture, mais subordonnées au payement annuel. C'était un reste 
des Romains. 

Dans la suite des temps et d'après une révolution dans la nature 
de ces trois propriétés, les terres libres furent soumises à des 
impôts et cédèrent le premier rang aux bénéfices qui, sous le nom 
de fiefs, furent affranchis des charges publiques. 

La prérogative des alleux sur les bénéfices dura jusqu'à la dé- 
cadence de la seconde race. Alors les alleux changèrent de nature: 
les seigneurs féodaux contraignirent les possesseurs des biens 
allodiaux à les tenir d'eux à l'avenir. Ce changement arriva en 
Allemagne aussi bien qu'en France. Il n'y eut que les villes qui 
se préservèrent un peu davantage de l'oppression ; c'est pourquoi 
on y trouve encore plus de francs-alleux. Ainsi Alodes ou les 
Alleuds, dans leur signification naturelle, n'étaient autre chose 
qu'une propriété héréditaire. Mais présentement ce mot n'est plus 
usité qu'en y ajoutant le mot franc ; et alors il signifie une terre 
seigneuriale, ou héritage, seigneurie, soit noble soit roturière, 
indépendante .de tout seigneur, qui ne doit aucune charge ni rede- 



— 79 — 

vance et qui n'est sujette à aucun droit ni devoir seigneurial ; il 
n'est sujet qu'à la Juridiction. 

L'usurpation des féodaux sur les biens allodiaux alla si loin, 
que presque tous les alleux, ou leur furent assujettis, ou furent 
même convertis en fiefs ; de là est venue la maxime : « nulle terre 
sans seigneur. » 



HOUDRIGNY. 

L'étymologie de ce mot est complètement inconnue. On le trouve 
écrit comme suit dans les anciens registres : 

Houdrigny, Hodrigny, Hodrigni, Hudrigny, Hautdrigny, Houl- 
drigny et Houdrigney. 



GRIHIRE (1). 

Cette ferme isolée faisait autrefois partie de la paroisse de Mont- 
quintin et appartenait, en 1793, à la famille seigneuriale des 
de Hontheim. 

Ce nom s'écrit de différentes manières, comme on le voit dans 
l'ancien cartulaire du vicariat de Villers-la-Loue : Grihir, Grihier, 
Grehir, Grieheir, Grihé. 

Nous lisons dans les archives de S'-Hubert : « Côte de Grihier, 
(1642). y> 

(( Sentence arbitrale » Grihier : Dénombrement. 

« De 1600 à 1624 Grihier. Dénombrement de 1603 Villers-la-loue, 
« Houdrigny, Berchivey, Harpigny, Grihier, Verly. » 

Jean Nicolas de Hontheim, propriétaire de Grihir, né à Trêves 
en 1701, doyen de S^-Simon, évêque de Myriophite in partihus, et 
suffragant de l'archevêque-électeur, mort en 1790, dans son châ- 
teau de Montquintin, s'est fait connaître par son goût pour l'éru- 
dition, et a publié plusieurs ouvrages dont le plus fameux est la 
compilation qui a paru sous le nom de Justinus Febronius, ayant 
pour titre : De praesenti statu Ecclesix, liber singularis... (Bouillon 
1763). 

(1) Grehire ou Grihir, comme lieu-dit, est employé assez souvent. La montagne que gravit 
la route de Marche vers Arlon, au sortir de Horteuville, se nomme Gréhé. 



— 80 — 

Peu de temps après sa mort, le corps de Mgr de Hontheim fut 
inhumé dans l'église de St-Laurent de Trêves. Voici néanmoins 
l'épitaphe qui se trouve sur un marbre noir, encastré dans un mur 
de la chapelle seigneuriale, en l'église de Montquintin : 

Hic, in Castro, obiit XI septembris anno MDCCXC Joannes Nico- 
laus ab Hontheim, Episcopus Myriophitanus sufîraganeus Trevi- 
rensis, Dominus in Montquintin, Gondominus in Dampicourt et 
Rouvroy, Treviris XXVH jan. MDCCI natus, ibidem biduo post 
mortem tumulatus. 

In prosperis et adversis semper sibi praesens, amicus constans, 
prudens et pius, pater suorum, pater pauperum. 

Patrue, 

Ave atque vafe. 

R. I. P. 



BEAUREGARD. 

Beauregard est situé le long de la route provinciale, entre Hou- 
drigny et Dampicourt. Disons un mot des dernières familles nobles 
qui ont habité ce castel. 

Nous lisons dans les annales de la société archéologique d'Ar- 
lon, année 1852 — 1853, page 44 : 

« Les châteaux de Dampicourt, Aigremont, Meix-d'-Virton et 
(( Beauregard (Houdrigny) sont cités parmi les châteaux anciens 
(( dont la date de fondation n'est pas précisée. » 

L'abbé de Feller nous apprend que, lors de ses excursions dans 
le pays de Luxembourg, il passait souvent chez sa cousine Pour- 
celle. Or il est rapporté dans l'ancien cartulaire des vicaires ou 
vice-curés de Villers-la-Loue, sous la date du 5 juin 1741, qu'Anne 
Marie Pourcelle, dame de Houdrigny, sa seigneurie, et de Beau- 
regard, était veuve de feu le baron de Pourcelle au service 

dans les troupes de Bavière. 

On lit dans le même cartulaire : 

(( An. 1747. Hâc 19 feb. subscriptus baptisavi Michaelem Strako- 
« vich, filium a pâtre Strakovich et a matre Anna Maria de Hankin 
« ortum. 



— 81 — 

« Pro patrino habuit dominum patrem Eucharium, pastoremde 
« Monquintin, et pro matrinà Dominam Annam de Pourcelle Da- 
« louise. Ita subsignavi : P. Tillement, vice pastor in Villers-la- 
(( Loue, die et anno ut suprà. » 

« Le 21 Mars 1760 est pieusement décédée de ce monde Anne 
ce Marie de Pourcelle de Beauregard, dame en partie de Houdrigny 
« paroysienne de Montquintin, administrée des derniers sacre- 
ce ments de notre mère la St^Eglise, inhumée dans la chapelle du 
« dit lieu par messire Gharle-Louis Bosch, curé de Montquintin 
« en ayant été prié par moi. (Signé) N. Villez, prêtre. » 

Une inscription gravée sur un des bancs de l'ancienne égUse 
de Villers-la-Loue nous porte à croire que le dernier châtelain de 
Beauregard fut, sur la fm du 18^ siècle, un sieur Thierri. 



BERGHIWÉ. 

Quoique Berchiwé avec son usine, ses maisons, son moulin, sa 
scierie dépende de la commune de Villers-la-Loue, il fait cepen- 
dant partie aujourd'hui de la paroisse de Meix-d^-Virton. 

Dans le vieux cartulaire de Villers et dans les archives, ce mot 
est écrit tantôt Berchiwée, Berchivez, Berchiwey, Berchivey (1), 
tantôt Berchu, Berchiwet et Berchiwez. 

(( Dans le dénombrement de 1656 (à l'article Meix) on lit : Jean 
Connerot, fondeur au fourneau de Berchu. » 

Le mot Berchiwé vient sans doute de Berchu, ruisseau guéable, 
de peu de profondeur, qu'on pourrait traverser à gué, comme l'in- 
dique assez la désinence Wez, Wé. 

Au cadastre d'un grand nombre de localités, Wez s'emploie seul 
et trouve son complément dans un lieu dit, accident de terrain 
ou circonstance remarquable. Wez des vaches, Wez des oiseaux, 
Vianwez, (via in wez,) chemin traversant un gué. Le plus souvent 
il arrive comme désinence. Rawez, Morlanwé, Mahawé. Dans le 
cas qui nous occupe, il semble venir, comme nous venons de le 
dire, de Berchu, ruisseau qui activait les anciennes forges, et de Wez. 

(1) « Decimo quinto Kalendas nov. Obiit. . . . Gerardus miles de Chaveney, qui dédit 
« nobis pro anniversario suo quatuor modios bladi super molendinum de Berchivey. Quae 
« posteà cornes de Chiney percepit. » (Nécrologe d'Orval). 



— 82 — 



A Berchiwé, au dix-septième siècle, existait une fonderie de 
canons fort célèbre. 



REDEVANCES. 



A] VILLERS-LA-LOUE. 

« Les habitants de A'illers-la-loue donnent annuellement, les 
(c jours des Innocents, au Prévôt de Virton, chacuns un quartelle 
« d'avoine et une poule, de laquelle la Justice du lieu est enfranchie 
« pour ses peines de la lever et renseigner. 

« Les jours du « Jugement de l'an 1723, ils ont renseigné par 
« mes ordres à Gérard Layon de Virton. — Le jour des Innocents 
« 1724, ils m'ont renseigné 12 poules et 12 quartelles pour la sus- 
ce dite rente. 

« Le jour des Innocents 1725 ils ont renseigné 11 quartes etau- 
« tant de poules; 1726, 1727, 1728 ils ont renseigné la même rente 
10 quart et 10 poules. 

« J'ai quitté par charité au marguiller, sans conséquence, et ai 
(( ordonné qu'on exécute le meunier, auquel j'ai ordonné surséance 
« d'un mois et en ai averti M"" de S'-Hubert. Ils ont payé pareille- 
û ment, en 1730, 15 poules. 

« Idem le jour des Innocents 1731, ils ont payé 14 quarts et 14 
« poules ; item pour les années 1732, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39. 

« Le 14 Décembre 1740, les gens de Justice de Villers-la-loue 
(( m'ont renseigné 14 quarts 1/2 et autant de poules, et m'ont dé- 
« clarés que leurs officiers ont encore établi un clercjuré et un 
« sergent d'office, qui ont refusé de payer, sur quoy je leur ai or- 
« donné, le 30 dito, de les exécuter et ensuite, sur ma sommation 
« du 30 Décembre 1740 signifiée le 7 Janvier 1741, les clercs jurés 
« et sergent ont payé chacuns 1/4 d'avoine et une poule, de sorte 
« que, cette année, 14 1/2 d'avoine et 14 1/2 poules. 

25 Décembre 1741 16 q. et 16 p. 

« » 42 17 q. » 17 p. 

€ » 43 17 1/2 q. » 17 p. 

« » 44 » » 11 p. 



83 — 



17 q. 

16 q. 
15 q. 

15 1/2 q. 

17 q. 
Idem. 

16 q. 
« Signé Baillet Latour. » 

« Déclaration de tous les bénéfices pécuniaires et autres, dont 
« chaque déclarant jouit du chef des biens-fonds qu'il possède, 
ce déduction des charges y inhérentes : 

« Relevé de la jointe administrative N» 246. 



« 


25 décembre 


45 


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17 p. 


» 


16 p. 


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15 p. 


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15 1/2 p 


> 


17 p. 


> 


17 p. 


9 


16 p. 



« J. François Jodenville 

« gentilhomme, ré- 

« sidant à Meix, Sei- 

cc gneur de Montquin- 

(( tin 8 4 

« Ch. Joseph de Morales, 

« écuyer, résidant à 

<L Meix 2 16 

« F. Joseph, comte de 

(c Sieys, demeurant à 

ce Chavancy (France) 2 
« Glaude Bernard, avo- 

« cat au parlement de 

« Paris, y résidant 
ce Jean Félix de Meix 
ce Charpentier Marie, de- 

« meurant à Villers- 

ce la-loue 
ce J. Roger, échevin, id. 
« F. Michel de Nicolay, 

«c évêque et comte de 

ce Verdun, prince de 

ce l'empire 51 7 

ce J.Nicolas de Hontheim, 

« évêque de Trêves 4 



51 


16 


3 02 


11 


2 


5 


16 



« Monastère de S^-Hu- 

« bert 478 19 

« J. François, curé de 

ce Thonne-la-long, Hou- 

« drigny, demeurant 

a à Thonne-la-long 75 3 

(( Ferdinand Dupont, 

« curé de Rouvroy 11 18 

(( J. B. Dumas, prêtre ré- 
« sidant à Vieux Virton, 2 
(( administrateur d'of- 

« fice de la succession 

« Surys 6 

« J. F. Lebrun, vicaire 

(( de Lamorteau p^" sa 

« mère, résidant à Vir- 

« ton 34 4 

ce Jean Henrion, prêtre, 

ce demeurant à Rossi- 

« gnol 3 16 

(( Evrard Lefort, vicaire 

(( à Vezin, avec ses 

<( frères 3 

ce Jean Jacques, à Meix 2 9 



— 84 — 



« Jean Henrion ancien, 

(( mayear de Meix 3 9 

« François Collet, mar- 
« chand, résidant à 
(( Neufchâteau 1 5 

« Madame Lacroix, à 

ce Longwy 22 17 

« Jean Jacques, maitre 
« d'école à Villers-la- 
(( loup 22 17 

(( Joseph Jacquemain, 

« bourgeois à Meix 9 18 

<( Jean Boquelle 4 

« Jacques Henrion 2 9 

(( Jeanne Roman 2 18 

(( Louis Rosset 4 13 

« Jean Henri 1 4 

(( Jean Noiset, à Harpi- 

« gny 12 13 

« Nicolas Thomas,bour- 

«geois, résidant à Meix 2 10 

« Jacques 15 

« Joseph Ferot 15 

« Jacques Jacques » 4 

« Joseph Servais » 10 

(( Jean Tavelet 8 

« Florent Lepage 3 1 

« Guillaume Didier 5 17 

« Jean Poncelet 9 

« Nicolas Delavalle 1 

(( Jean Gazron 6 

« Joseph Cholet 13 

« Roussel 10 

(( Nicolas Lepage 2 5 

« Jean Thomas 3 6 

« Joseph Serat 1 4 

(( Gilles Thomas 3 

« Henri Lepage 11 16 



a. Jacques Jacques 

« Pierre-Louis Lepage 

« Jean Henri 

<( Pierre Michel 

(( Louis Rosset, ^our 
(( deux enfants de 
« Jacques 

(( Jean-Jacques Minet 

(( Nicolas François 

(( Benoit Jacques 

« Thérèse Guillot 

(( Noel-Jacques Minn 

(( Henri Richard 

(( Ernest Watrin et Lan- 
ce rent Bravanne, de- 
« meurent à Mont- 
ce quintin 

« François Simon et 
(( Nicolas Watelet, de- 
ce meurant a Houdri- 
cc gny 

ce La mère Collard de 
ce Roumont ce J. F. de 
ce Virton 

ce La veuve Henge de 
ce Bellefontaine 

ce Madame Collard, belle- 
ce mère de M. Henri 
ce Ignace Casaquy 

ce Claude Lahure, démen- 
ce rant à Villers-la-loue 

ce Nicolas Enhin » 

ce Jean Toussaint déclare 
ce pour le fis de M. 
ce Dostin 
ce Jean Thiri de Mer- 
ce lande, bourgeois de 



2 14 


4 11 


3 




1 


1 


1 


7 


1 


13 




3 


2 13 


1 


13 


3 


5 


1 


15 



162 4 



14 14 



1 4 

3 14 

» » 

70 8 



85 — 



« Limes, seigneurie 

(( d'Orval 14 19 

« Gilles Martin, démen- 
ce rant à Dampicourt 11 13 
« Jean François Villers- 

(( la-loue 34 14 

« Joseph Henrion,éche- 

« vin 7 17 

« Jean Baptiste Bradfer 2 1 
« Jean Bourguignon 6 7 

« Jacques Bradfer 3 16 

« Jean Lalangue 13 18 

« Nicolas Pascal de Vir- 

« ton 3 15 

« Jean Maeser, Villers- 

« la-loue 20 2 

« Jean Toussaint 64 2 

« Joseph Marveilles, 

« Agnès et Anne les 

« Duchesne à Izel.... 

« François Dnchesne 
« Pierre Demarteau 
« Jean-Thomas Dicho- 

« nest, bourgeois de- 
ce meurant à Virton 
« Pierre Godfroid, Meix 
« Catherine Lejeune, 

ce Willancourt 
« Veuve Henri Goffinet, 

« Meix 
<c Jean Guillaiime de 

« Prouvy, baronne de 

(( Jamoigne 5 3 

(( Jeanne Le Bourgui- 

« gnon, demeurant 

<( terre de France 3 3 

ce Jean Forgeron, démen- 
ce rant audit Meix 13 



96 2 
14 


1 2 
)) 


1 02 


3 



(( Marie de Jenne Tho- 
« mas 2 10 

(( Anne Gérard 4 

« Maximilien Anthoine, 
« Moiiimont 5 14 

(( Marie d'Allaine Tho- 
« mas 4 

(( Jean Roussel 2 3 

(( Jean-Henri Bourgui- 
« gnon, Vance 1 » 

« Marie Lecoulon, veuve 
)) de Jean Guyot 1 9 

(c François Fontaine 3 

<( Jean Massin 3 

« Catherine Jacquemin, 
« à Robelmont 3 14 

« Georges Magin, à Vil- 
ce lers-sur-Semois 

« Hélène Cornet, Meix, 

(( Margueritte Servais, 
« épouse de Adam 
(( Claude 

« Jean François, Villers- 
(( la-loue 

« Joseph Henrion, éche- 
(( vin 

« Jean Baptiste Bradfer 

(( Gilles Martin, démen- 
ce rant à Dampicourt 

<c François Maréchal, de- 
ce meurant audit Meix 

ce Georges Didier, ma- 
ce nœuvre 

ce Jacques Toussaint, ré- 
ce sidant à Longuyon 8 

ce Michel Michel, menui- 
ec sier à Meix 2 15 

ce Margueritte Roussel 10 



19 

8 7 


2 


3 


34 14 


7 17 
2 1 


13 13 


2 


1 




5 



— 86 — 



« Thomas Lepage 
« Philippe Feri 
« Nicolas Gérard 
<( Marguerite Louis 
« François Magnette 
« Aaugustin Jadot 
» Barbe Fadcourt, à Vil- 

ft lers-la-loup 
« Elisabeth Adam 
a Jeanne Martin 
«Jean Baptiste Jeanjean, 

« dans la seigneurie 

« d'Orval 
« Jean François Noiset 

« pour sa mère, rési- 

cc dant à Gourcy 
« Henri Lalangue, meu- 

« nier à Torgny 



1 


00 





3 


1 


6 





1 


4 16 


9 12 


33 


» 


11 


8 


27 15 



95 OG 



17 



19 8 



« Françoise Lommelle, 
« veuve, à Villers-la- 
f loup 
« Jean Baptiste Lalangue 
« François Valnet 
« Marie Catherine Char- 
ce pentier 
« Jean Lalangue, le jeune 
« JeanBouriquet,àGhar- 

« bais (France) 
€ Les Maire et Justice, 
t pour la communauté 
« Bourguignon 
« Jacques Bradfer 
« Jean Lalange, bour- 
c sreois 



3 18 


1 


12 


28 19 


59 


4 


36 


6 



18 4 

218 5 
6 7 
3 16 

13 18 



François Michel de 
Nicolay, évêque de 
Verdun, comte. 



Monastère 
Hubert. 



de S'- 



1/4 de la grosse et menue 
dixme de Villers-la-loup, rap- 
portant annuellement 18 
écus 2 escalins 5 sols. . . . 

Le terrage seul et celui de 
la grosse et menue dixme 
de Villers-la-loup, rapportant 
suivant déclaration 118 écus 
et augmenté par la Justice 
à 54 qui se portent ici. . . . 

En écus et rentes et poules 
et deniers payables à diffé- 
rents termes tant par les 
habitants du lieu pour droits 
de bourgeoisie et arrente- 
ment des bois et moulin ba- 
nal que rentes cens affectés 



Total 2004 1 

linilicis qui résoltent it Total dei bénéfices {ii 
cbaqoe drtit od prrs- résolteot de Uni Iti 
titioD ei pirticulier. drtils ei prtilatiini 

conbioéii. 



51 



151 



51 



— 87 — 



François, curé de 
Thonne la long. 



Ferdinand Dupont, 
curé à Rouvroy. 



263 



05 



sur prés, masures, et droits 
d'onzaines, évalués à 28 écus 

1 sol 78 9 

Pour le quart des bois 
communaux en cas de vente 
et 4 portions bourgeoises de 
chauffage, estimés à 12 écus. 33 12 

1/3 dans la grosse dixme, 
rapportant année commune 
la même dixme 19 écus. . . 73 14 

Une petite partie de la 
même dixme montant à un 

écu 2 16 56 

1/12 dans la grosse et menue 
dixme, rapportant par bail 

5 écus 2 escalins 14 14 14 

perçoit la dixme sur un 
tiers du labour du lieu, de 
même que sur Houdrigny, 
alternativement faisant, pour 
la moitié, 4 écus 4 escalins 

3 sols 12 15 

On ne rapporte point ici les droits de juridiction et autres droits 
purement honorifiques ou le droit de chasse (1), de pêche, d'a- 
mende et confiscation, droits de première audience, droits d'é- 
paves et tous les droits purement casuels, qui pourraient ne 
donner aucuns produits pendant un très long espace de temps qui 
ne sont point de nature à estre rédimés par ceux qui en sont char- 
gés. Les grains provenants du produit des dixmes et rentes fon- 
cières sont estimés comme suit : 



Jean Jacques,en qua- 
lité de marguiller 



12 



10 



14 



15 



Le froment à fr. 


10 le maldere 


Le metillon et les pois 


8 103 


Le seigle 


7 10' 


Lavoine 


3 10^ 


Le mille de foin 


11 10^ 



(i) « Ord. du conseil de Luxembourg défendant la chasse partout dans le Duché » (ar- 
chives). 



— 88 — 

Un chapon" 10* 

Une poule 5» 

Le tout mesure de Luxembourg. 



B) HOUDRIGNY. 

« Recettes faites par Gérard de Thonne-le-til, prévôt pour le ducé 
« de Luxembourg, en 1382. 
« Reçu de Maillefer de Houdrigny, un chapon demy. 
« de Henri don Mont, 7 chapons. 
(( Les rentes à la Saint-Jehan, 7 sous parisis. » 

— 1384. — 

« Recettes faites par Jehenon de Montmorel, receveur de Virton 
(( pour et au nom de sage et discrète personne messire Henri de 
« Remagne Claude de Aie, receveur général du duché de Luxem- 
« bourg, au 17 Mai 1384 jusqu'au le"- Décembre 1384. 

(( Le franc compte pour 12 deniers parisis ; une livre parisis, pour 
« 12 sous parisis. 

« Recette totale en argent pour la prévosté : 48 livres 8 sous 9 
« deniers. » 

— 1526. — 

« Les rentes d'icelle ville se payent à la St-Jehan et à Noël 
« et sont telles que chaque bourgeois doit, à chacuns des 
(c dits temps, VI deniers pour la dite rente, HI deniers pour les 
« prés d'ycelle. 

« D'un petit fournel estant au long du waignagedu dit Houdrigny 
« auquel les waigniers cuyssent leur payn et en rendent, chacun 
« an, à mons>' iiij deniers, jusqu'à tant que le four bannal d'icelle 
<( ville soit refait, lequel est du tout destruit et ruiné par les 
« guerres et pour la cause que y ceux waigniers ne savoient en- 
« cuire leur pain qu'ils allassent hors la ville. » 

« Il est dû à l'Église de Villers-la-loue, sur un jour de terre situé 
« au ban de Houldrigny communément appelé le Champs du 
« St-Esprit, un sol, le dit champs royant du dessoub le sieur 
« Chamisson, du dessus les ceux du Mont Toullot, etc. 

« Item, sur le vieux fourneau proche du pont des Allemands. 



— so- 
ft Item un anniversaire fondé sur le preitz Torque doit au vicaire 

« ou curé, pour le pain et le vin, 8 francs faysant seizee scalins. » 

— 1451. — 

« Rapport du prévôt Cl. de Laittre. 

« Houdrigny a vingt deux bourgeois, selon la dénomination du 
(( mayeur. S. M. a toutes hautes et basses amendes de toutes 
« juridictions. 

« Ils sont bannaux comme ceulx de Robelmont et ont le ferrage, 
« possédé par les mêmes qui possèdent celui du-dit Robelmont. 
« Le ban est assez étendu et « bon terroir à orges. Ils n'ont guère 
« de bois d'aysances que les petits cantons que ceulx de Robel- 
« mont leur ont donné en partage, amendes, de même que les 
« dits de Houdrigny sont tenus leur dénoncer. » 

— 1305 — 1537. — 

« Jean de Wauldrey, prévôt. 

« Parmi les amendes de cette année figure, pour un haha fait 
« par la fille Guillem le Moine de Houdrigny, que Didier Brechebois 
« lui a fait faire. 

— 1794 — 

« Nous agent civil, chargé de la contribution au ci-devant duché 
(( de Luxembourg, reconnaissons avoir reçu de J.-B. Sabouret 
« bourgeois de Villers-la-Loue, pour la taille due par ladite com- 
<( mune, la somme de 1,000 liv. en numéraire, savoir : celle de 542 
« pour la taille due par la dite commune au soit disant empereur, 
« et celle de 458, pour ferme d'une terre appartenant ci-devant aux 
ce moines de St-Hubert, ensemble 2 chevaux 3 vaches appartenant 
« à la commune, à quoi se monte mon réquisitoire. 

« Montmédy, 9 Vendémiaire an III (30 sept. 1794). 
« signé Ponsard, agent civil. » 



État des biens du clergé en exécution des édits du 22 et 27 
MAI 1786, 4 et 20 JANVIER 1787. (Tome 51, 668.) 



VILLERS-LA-LOUP. 

« Maximilien Lebrun, originaire de Virton, vice-curé de Villers- 
« la-loup et Houdrigny, depuis onze ans. 

8 



— 90 — 

« Le déclarant ne détente aucun bien seigneurial. 
« Il perçoit un tiers de la grosse et menue dixme sur fl. fl. 
« Villers-la-loue dont 1 1 

<( Le rapport annuel de 96 bichets divers peut être 
« évalué 57 00 

« Le rendement de 12 jours de terre et une fauchée de 
<k preix 17 18 

« Une prairie de 5/4 chargée de 12 messes basses à 
« dire le premier lundi de chaque mois, fondation de 
« Habel Gardeur et son épouse, située auprès de Rou- 
« vroy et le rendage annuel est de 5 » 

(( Un jardin loué 4 4 28 2 

(( Droit d'étole 17 

« Offrandes 2 2 

(( Messe haute après la dédicace de l'Église par 
(( les habitants de Houdrigny, pour le terme de 100 
« et un ans, assise sur 32 verges d'aisance, payable 
« par le maître de forges de Berchiwé à 19 sous de 
«L Brabant, dont 4 pour le^maître d'école, 2 pour le 
« luminaire, le reste pour l'Église 14 » 

(c Messe haute annuelle, le jour des petits Rois, sur 
« un jardin à Marie Jeanne Vilquin de Villers-la-loue, 
« payable à 20 sols, dent 4 pour le maître d'école, et 
« 2 pour le luminaire, reste 13 

(( Il y a, dans le cartulaire de tous les actes de fon- 
ce dation, 20 fl. 9^ 19 29 

« Le revenu de l'annexe de Villers-la-loup. . . . fl. s. 
«c 1/3 de la grosse et menue dixme de Villers-la-loup. 56 

ce 8 jours de terre de peu de rapport 13 10 

(( 2 prés 10 

<( Jardin 4 4 

Total. . . . 83 14 
« Le curé ne perçoit rien de Houdrigny, dont la dixme revient 
ce au curé de Thone-la-long (terre de France). » 

« Je soussigné, Max. le Brun, remphssant seul toutes les fonctions 
ce curiales, depuis 11 ans et plusieurs mois, dans l'annexe de Villers- 
(i, la-loue et Houdrigny, affirme que ma présente déclaration est 



— 91 — 

« vraie et exacte dans tous ses points et articles, que je l'ai rédigée 
« avec l'obéissance et la soumission que je dois à l'Empereur, mon 
« souverain. Je m'oblige à la justifier au besoin sur les comptes, 
« titres et documents que je suis en état de produire ; et au cas 
« que je serais convaincu, ce qu'a Dieu ne plaise, d'une réticence 
« ou d'une inexactitude préméditée, je me soumets d'avance à 
« toutes les peines d'un tel délit, en foi de quoi j'ai signé de ma 
« main la présente affirmation et j'ai apposé mon cachet. 
« Villers-la-loue, le 21 May 1787. 
« Maximilien le Brun, vice-curé de Villers-la-loup et Houdrigny. » 



DIMES. 



Le lecteur a compris, par la notice qui précède, de quelle ma- 
nière se partageait le produit de la dime. Les documents que nous 
allons mettre sous ses yeux ne feront que confirmer ces rensei- 
gnements, en les complétant par quelques autres détails sur la 
nature de ces redevances. 

Déclaration des biens que la Prioré de Cous peult avoir souhs 
le duché de Luxembourg. 

<( Villers-la-loux. La recepte de la grosse dixme au dit lieu que 
« la dite prioré possède et prend chacun an XIII muyds, moitié mé- 
« tillon, avône moty qu'il advienne avoir par voiture aux frais de 
« la dite abaye et prioré au dit lieu certaines rentes, moitié bled 
« et avône, qui vallent par commune année, mesure de Verton 
a moity VII m. 

« it. Il y a encore certaine redevabletez au profit du prioré : 1/3 
« bled et avône, mesure de Verton, lesquels pullent porter par 
« année commune à 10 franchars de bled moyti à voiture. 

ce item au dit lieu y a encore le dit prioré certains droits appelles 
« les quartiers, qui sont fixes, montant chacun an en bled mottié 
« que dessus dit et en avône VIII franchars (VII franchars voitures 
« comme dessus. 

ce Livre encore le dit prioré sur le mullin du dit lieu chacun an 
« II m VIII fauchars de bled à la mesure susdite et à voiture 
« comme dessus. 



— 92 — 

<( La dixme S* Mihiel qu'y a le dit prioré au dit lieu, laquelle 
« quand on y laboure y prend aucuns prouffit et de même aucune 
« fois deux ou trois ans sans y rien prendre, peut porter, par com- 
(( munes années, environ trois franchars, moity bled et avône, me- 
« sure de Verton, et X voitures. 

(( Mémoire que au dit lieu le dit prioré est tenu de livrer le 
« calice, missel, chappe, auble, couxchans (couxchins, coussin, 
Ci puluinar?) et tous autres accoutrements d'église et semblables 
(( choses y nécessaires. 

(( item en argent a le dit prioré en la seig"® de Villers-la-loue et 
« Thonne-la-long, pour menues dixmes, foins, préis, cens, feux, 
(( bourgeoisie, en tout environ de trois vingt dix huit francs barrois- 

« Fait en 1575—1576 par ordre du roi Philippe de Gastille et par 
« Monsieur Henri Dumont, doyen de la chretienneté de Longuion, 
« M'" Renauld Foulon et M^es Jean Molette, prestres à ce appeliez 
« par Mrcs Jean de Mercy, seig^" Clemençais, et Jean de Gobraiville, 
« délégués par S. M'^. » 

« Villers Lolu. 

(( Au lieu dit S^ Mard, avons, le 27 juillet 1575, fait assembler les 
ce doyens, curés, chapellains du déchanat de Longuion, lesquels 
(( après maintes difficultés, restrictions etc. nous ont neantmoins 
« donné déclaration comme suit : 

(( Sire Thiry, chapellain de la cure de Villers-lo-lu, au nom du curé 
(( de Thonne-la-long rapporte que la dite cure valait pour sa part, 
(( en la grosse dixme et par commune année, X muyds (mesure de 
(( Verton), soile et avoine ; en menues dixmes ; trois franchars, les 
« prédécesseurs accusaient xiii muyds et vi franchars. 

(( Dict n'avoir aulcuns gaignages, seulement quelque pièce de 
« terre qu'il fait labourer et dont il tire par an environ 3 franchars. 

« Se plaint du taux ; dict que l'abbé de S. Vanne à Verdun et la 
(c cure de Rouvroy (aux moines ad monachos) ont un tiers des 
(( dixmes, et le prieur de Cons l'autre tiers et est seigneur du lieu 
(( et collateur d'icelle cure, par où il a encore autres revenus et 
« prouffict que du tiers; et sont notez au dernier tout porté par 
(( ensemble en tout, au prouffict du d^ prieur, xxiiij muyds, moitié 
(( blés et en argent xxx francs. » 

On peut aussi quant à la question des dixmes et revenus du 



— 93 — 

vicariat de Villers-la-loue consulter le compte-rendu des visites 
de l'église dudit lieu par Mes^'s les doyens de Virton. 



QUELQUES DUGUMENTS. 



I. 

Droits et prérogatives d'un curé de Thone-la-Long. 

« Les villages de Villers-la-loup, dans la province de Luxembourg, 
(( sont annexes et dépendants de la cure de Thone-la-long, et il 
(c appartient au curé de mettre et installer un vicaire pour desservir, 
« et de le changer, quand bon lui semble, et pour la rétribution 
« dudit vicaire, le curé luy cède et abandonne le tiers de la dixme 
(( du ban de Villers-la-loup, grosse et menue, avec les douaires de 
ce la cure qui sont situés sur le ban du dit Villers-la-loup, et le curé 
(( se réserve le tiers de la dixme sur le ban et fmage de Houdrigny. — 
« Item, les sires curés ont droit, comme bourgeois, de mettre des 
ce porques au bois du dit Houdrigny, lorsqu'il y a glandée ; ce 
« droit est fondé en sentence arbitrôle rendue entre M. Guillaume 
« le Peugue et les habitants du dit Houdrigny. Le sieur Didier y 
« en a mis lorsqu'il y a eu de la glandée pendant son vivant. 

« Qoique le S»" curé perçoive la dixme dans le village de Hou- 
« drigny (grosse et menue), cependant il n'est point tenu de fournir 
« aucune nature, ce qui ne s'est trouvé nulle parte, ni son vicaire 
« à Villers-la-loup, pour sa parte et portion qu'il tire du consente- 
« ment du d^ S"" curé au dit Villé-la-loup. 

« Qant à la maison curiale de Ville la loup, les habitants tant de 
« Houdrigny que de Villé-la-loup, y sont obligés, et, quand elle est 
< en bon et suffisant état et reçue par le curé de Thone-la-long, 
« il est entendu que son vicaire au dit Villé-la-loup doit l'y main- 
ce tenir comme on luy a mis, parceque c'est le d^ vicaire qui y 
« habite. Cela s'entend quant aux menues réfections, et non au 
« vilain fondoir, pourvu qu'il n'arrive rien de la faute des dits 
« vicaires. Pour l'entretien du chœur, cela se devroit faire par 
« frais communs entre le curé et le vicaire, puisqu'ils tirent la 
« dixme des deux villages, le curé à Houdrigny et le vicaire à 
« Villé-la-loup. » 



— 94 — 

« Jointe administrative n» 256. 

(.(. Cadastre général de vers l'an 17G0. 

« Le bénéfice de la chapelle du St-Esprit à Villers-la-loue paye 
« 4 bichets d'avoine et une poule, par an, à St-Hubert. Sire Ferdi- 
« nand Dupont, curé de Rouvroy, chargé pour sa cote-part de 
« l'entretien de la nef de l'église de Villers-la-loup. » (Archives.) 

II 

Un document d'une grande importance, au point de vue de la 
perception des dîmes et des charges qui en résultent, se trouve 
au cartulaire de Thonne-la-Long. 

En 1716 l'église, tombant en ruine, fut rebâtie quant à la nef par 
l'abbé de S^-Hubert, pour moitié, les religieux de S^-Vanne de 
Verdun et le sire curé de Rouvroy, pour l'autre moitié, en qualité 
de décimateurs des deux tiers des dixmes. Le sire curé de Tonne- 
la-long, décimateur de l'autre tiers, n'étant tenu à rien, voulut 
bien contribuer spontanément à la restauration du chœur, 
incombant au communautés de Villers et Houdrigny. 



m. 

JUSTICE ET DROITS D'ICELLE. 

Nous prions le lecteur de se rappeler ce que nous avons dit de 
la cour de Justice de Houdrigny dans le cours de cette notice. 
Ajoutons ici que ces renseignements, qui ne s'appuient d'aucune 
pièce à notre connaissance, nous ont été transmis par le souvenir 
fort précis des anciens. Ils sont confirmés d'ailleurs par l'exis- 
tence, au commencement de ce siècle, audit Houdrigny, d'une 
potence et d'un carcan, garni encore de son collier. 

Voici en outre ce que nous apprend à ce sujet un inventaire des 
chartes, archives etc. du monastère de S^-Hubert. 



JURIDICTION. 

« Concordia inter abbatem S^-Huberti et dm de Cons, quâ expri- 
(( mitur quid jus habere debeat dictus de Cons in Villers-la-loux, 
«c ratione advocatise, 1225. » (litt. A). 



— 95 - 
LITT. D. 

« Rolle des causes démenées par devant la Justice de Villé-1-1, 
<( et qui doibvent être aux greffes de Villé-1-1 : un transport passé, 
« le 13 septembre 1749, par le sieur Lambert de Nonacourt, seig^ 
« de Houdrigny. de la moitié des biens que feu son père avait 
« vendus, à grâce de rachat et à titre d'engagère, au S"^ Henri 
« Rensimont, rétrocédé par son fils à la dame de Porcelle; la dite 
« moitié des biens consistant tant en haute, moyenne et basse 
« justice, au dit Houdrigny, que rentes et revenus, avec pouvoir et 
« faculté de dégager les dits biens. 

« Le dit transport au profit de S^ Gille François Jacques, escuyer 
« résident à Neufchâteau, pour la somme de 180 écus, outre le 
(( prix de l'engagère. 

« Un transport passé, le 27 novembre 1749, par Simon, ( Werner^) 
« Goffinet et D^i'e Marie de Nonancourt, de la seig"^ haute, moyenne 
« et basse, au dit Houdrigny et droits Seigneuriaux etc., euxobte- 
« nus. . . par retrait lignagère; et encore par le S^ Englebert de Walrant 
(( et la dame Petronille de Nonancourt, et de tous les droits, préten- 
« tions qu'ils pourraient avoir à une certaine part de la dite Seigle 
« haute, moyenne et basse justice du dit Houdrigny, au profit du 
(( S"* F. Collet, pour la somme de 840 écus. 

« Item le 21 mai 1753, par Lambert de Nonancourt, générale- 
ce ment de tous héritages, droits et actions sur la Seig"^ de Hou- 
« drigny, au profit de François Collet, pour la somme de 650 écus. 



IV. 

POLICE. 

« Visite faite en la paroisse de Thone la long, le 23 octobre 1685, 
(( par M^ Matthieu Rouelle, curé de Razeille et doyen de Juvigny, 
« à l'adjonction de M'' Jean Baslaire, curé de Gérouville, défmi- 
« teur, et du sieur François Thomas, curé de Margny, commis en 
(( l'absence de monsieur Jean François, curé de Thone, notre se- 
« crétaire. 

(( Ayant reconnu que notre précédente visite, faite en la dite 



— 96 — 

« église, l'an 1683, a esté en quelques chefs exécutée, à la réserve 

(( de etc. etc 

ce 

(( Ayant môme appris que les cabaretiers ne font aucune diffi- 
« culte ny scrupule de livrer toute sorte de boissons pendant les 
« services divins, nous leur défendons de ce faire à l'advenir, de 
« n'entretenir chez eux aucune personne, paroissiens ou autres, 
(( pendant les dits services, à peine d'une livre de cire d'amende, 
« au profit de l'Eglise, pour la première fois, de deux pour la se- 
« conde, de trois pour la troisième, et au cas de récidive être in- 
« terdit de l'entrée de l'église, jusqu'à récipiscence : à quoi veil- 
« leront les synodaux de la paroisse, pour nous en faire fidèle 
« repport. 

« Ils se souviendront aussi les synodaux de prendre soigneux 
« égard aux transgresseurs et violateurs des festes et dimanches, 
« pour, en décharge de leur serment, nous en faire rapport ou au 
« sieur Curé, et, après, être punis suivant leur délit. 

(( Était signé par ordonnance 
« Jean François, curé (1). » 



V. 

Notice sur don Martin. 

Jean-Baptiste Martin, religieux prémontré, ancien provicaire de 
Mg"^ l'évêque de Nancy pour le département de la Meuse, mort 
chanoine de la cathédrale et vicaire-général du diocèse de Verdun, 
naquit à Villers-la-Loue, le 15 janvier 1745. 

Pendant ses premières études, il montra beaucoup de goût 
pour l'architecture et la sculpture. Il entra jeune encore dans 
l'ordre des Prémontrés de la Réforme, et fit son noviciat à S^-Paul 
de Verdun, où l'attira son oncle, qui était un saint religieux de 
cette maison. Il se fit remarquer par la pénétration de son esprit 
et la rectitude de son jugement, par une connaissance profonde 
du cœur humain et surtout par une rare discrétion. 

(l) L'extrait ci dessus du cartulaire de Thonnc-la-long nous a paru offrir un certain in- 
térêt, à cause des détails qu'il donne sur les prérogatives des doyens et définiteurs en ma- 
tière de police locale. Nous le reproduisons à ce titre. 



— 97 — 

Les fonctions de prieur étant devenues vacantes, il fut appelé 
d'un commun accord à les remplir, et il put déployer tout son 
talent pour le bon gouvernement de la communauté. 

Mais un talent plus précieux du prieur était celui de la direc- 
tion des âmes. Sa sagesse et sa sagacité, sa circonspection et sa 
prudence, jointes à sa grande connaissance des hommes, lui 
furent très-utiles dans l'exercice du saint ministère, et un grand 
nombre de personnes lui durent leurs vertus et leur tranquillité. 

Tous ces soins réunis à la direction de la communauté ne l'em- 
pêchèrent pas de tenter une entreprise digne de son zèle et qui 
fit honneur à son génie. Il avait conçu depuis longtemps le pro- 
jet de construire une église qui pût être un monument d'archi- 
tecture et qui fit honneur à la ville de Verdun. 

Il prit pour modèle la fameuse cathédrale de S^-Paul, de Lon- 
dres, se proposant d'exécuter en petit une copie de ce magnifique 
édifice. L'œuvre était à hauteur des croisées, lorsque le décret de 
l'assemblée qui supprimait les ordres religieux en France, arrêta 
l'entreprise. 

Prévoyant les suites des premiers décrets de l'Assemblée con- 
stituante, il chercha à mettre à l'abri de la rapacité les fonds 
qu'il avait pour bâtir et les riches ornements qui servaient au 
culte dans son monastère ; puis il émigra pour ne pas être com- 
promis vis-à-vis des persécuteurs. Le prieur fit dire à ses reli- 
gieux d'être toujours fermes, courageux et fidèles à leur vocation, 
et qu'ils en seraient récompensés plus tard. En effet, il leur donna 
à chacun dix mille francs, ce qui fit qu'au retour de l'émigration, 
quand les prêtres eurent la liberté de rentrer en France et de 
rouvrir les églises au culte, les prémontrés de S^-Paul eurent beau- 
coup d'avance sur les autres prêtres qui avaient été entièrement dé- 
pouillés. Ils purent acheter des maisons de cure là où elles avaient 
été aliénées et se trouver dans une certaine aisance, fort utile à 
leur ministère. 

Quand, après la Terreur, l'ordre commença à se rétablir, le 
prieur de S^-Paul revint à Verdun, où il s'adonna aux bonnes 
œuvres. Il s'occupa d'abord de la restauration de la cathédrale ; 
monument, ornements, maitre-autel, sacristie, chapelles, chappes, 
lampes, marbres, dorure, tout fut réparé. Il s'occupa de ce tra- 



— 98 — 

vail pendant vingt ans. Il en fut de même des autres églises de la 
ville. Son active charité s'étendit aussi aux églises pauvres de la 
campagne. 

Mais il s'adonna principalement à la direction des consciences : 
Ce soin l'occupait continuellement et, Dieu bénissant abondam- 
ment ses efforts, il dirigea pendant 25 ans avec une haute sa- 
gesse les quatre maisons religieuses que possédait Verdun, tout 
en s'occupant à l'extérieur de la pratique d'une foule de bonnes 
œuvres. Il travailla aussi, conjointement avec M^" Moutardier, curé 
de la cathédrale et provicaire de Mo"" de Nancy, à établir un petit- 
séminaire à Verdun et, par là, il contribua puissamment au réta- 
blissement du siège épiscopal de ce diocèse, par la facilité qu'il 
lui procura d'ériger un grand-séminaire. 

Ml" Moutardier étant mort en 1816, le P. Martin lui succéda en 
qualité de provicaire. Il s'acquitta de ses fonctions jusqu'au réta- 
blissement du siège de Verdun. 

Le nouvel évêque le nomma chanoine, grand-vicaire et membre 
de son conseil ; et il conserva ces titres jusqu'à sa mort. Sentant 
ses forces l'abandonner, et pour se mieux préparer à sa fm, qu'il 
jugeait prochaine, il multiplia ses bonnes œuvres, et se dépouilla 
absolument de tout ce qu'il avait, en sorte qu'il ne possédait plus 
rien en propre. 



VI 

Nous reproduisons, comme intéressant à plus d'un titre, l'extrait 
suivant du manuscrit de M^ Delhotel, curé d'Avioth ; nous laissons 
à cette pièce toute sa naïveté. 

« Vous avez ouy, comme j'espère, ce grand désastre et incendie 
« qui ce fut passé en l'an susdit 1636 en l'église et village de Meix 
« proche Virton, causé par ces cruels tirants et barbares Granates 
« et Polaques attaquant et forçant les pauvres réfugiés dans ceste 
« église, qui se défendoient courageusement j'usqu'à la mort. 
« Jaçoit cependant impuissant contre un si grand nombre de cruels 
ce barbares enragés, convoqués de toute parte pour exercer les 
(c furies de leur rage, comestant une si mauvaise action que de 
(( brusler la dite église et village du dit Meix, encore assez estendu, 
« qu'at peine y at-il resté une maison en enthiere ; dans laquelle 



— 99 — 

« église les habitants et aultres c'étoient réfugiés. Et y sont esté 
«c bruslés et consumés plus de trois cents personnes, avec leur 
« commodités y réfugiées. Aucuns y réfugiés avec les aultres sont 
« estes délivré de ceste combustion ou péril tousiour de leur vie, 
(( reclamant la glorieuse V. N-Dame d'Avioth à secour, se jettant 
« par une fenêtre de la tour de hault en bas, passant au travers 
« et parmi ceste race maudite, et ont eue la vie réservée, aucuns 
« sans estre blessé, aultres blessés à mort ont esté depuis guéri, et 
« ont tous esté ici faire leurs actions de grâce, attribuant leur vie 
« à N-S., par les faveurs de la glorieuse V.N.-Dame d'Avioth, 
« tous lesquels j'ai veu, coignu et entendu dire véritable ce ci- 
« dessus. 

« Gruaulté admirable qu'en cette combustion ces enragés tirants 
« ont rostie en broche des personnes ! Quis unquam audiuit talia ! » 

Résumons deux autres passages du manuscrit de sire Delhotel 
concernant les Croates. 

ce L'an que nous disons de la mortalité, l'an des Granades Hon- 
(( grois et Polaques, l'an de Cruaulté des martirs exercés par ces 
« cruels barbares à l'endroit des créatures, séjournant si longtemps 
« dans ces pays, depuis la Noël jusqu'à la St-Jean. 

(( Poursuivis, chassés furieusement dans des trous, dans hayes, 
« bussons, bois, au grand péril de leurs corps, de leur vie. » 



VIL 

Mortalité de l'an 1709. 
[Extrait du cartulaire du vicariat de Villers-la-loiie.J 

« Remarque de l'année 1709 par P. Tillement, vicaire, prêtre du 
« diocèse de Trêves, natif de Grand-Verneuil. 

« Cette année la guerre, la famine ont régné tellement que l'on 
« peut dire Desolatio. Partout les grains ayant été gelés, le moyen 
(( peuple ne se nourissait que d'herbages, étant épuisé par la 
« durée d'une guerre très sanglante entre la France, pour l'Espagne, 
« contre l'Allemagne : Restât solummodo pestis. Nous avons eu les 
<( années suivantes, des malades de fiebvres et des maladies fré- 



— 100 — 

« quentes, qui ont régné dans ces contrées, et plusieurs sont morts 
« dans cette paroisse. 

« Il est à remarquer que, pendant le temps de cette famine, les 
ce hommes étaient à faire peur. On ne trouvoit du pain presque pour 
(( de l'argent, et cependant l'argent était rare. Le menu peuple 
« faisait peur, ils ressembloient à des morts tirés de terre. 

« Qui videbis haec, mirare quod qui scripsi hsec passus sum. 
« Haec, hsec omnia venerunt super nos. Induta jam est caro mea 
« putredine et sordibus et pulvere, ità et tua induetur. Dies mei 
(( transierunt, ità et tui transibunt. Mémento quod ventus estvita 
« mea, ità et tua. » 



VIII. 

« Rapport de M-- Claude de Laittes, prévost, 16 X^^^ 1626. 

« Villers-la-loue est possédé par le prélat de S^-Hubert qui y a 
« tous les droits de juridiction et domain' officiale, qui, lorsqu'il 
« est question de faire instruire par les juges au dit prélat, sont 
« tenus de libvrer le condamné au prévôt de Virton, qui en fait 
« faire exécution aux frais du dit prélat ; car les gens dits d'icelluy 
« sont tenus de suyvre le dit condamné j'usqu'à exécution, laquelle 
« achevée, ils renseignent les frais, et, si le prélat juge que le 
« prévenu a mérité la mort, la tenue de son siège n'est aux frais 
« du dit prélat. Je n'ai point fait faire justice des habitants d'illecq; 
(( mais les vieux officiers du dit Virton assurent que leur juridic- 
« tion est ainsi. Les habitants sont au nombre de vingt-cinq ; le 
« ban est grand et ample tant en campagnes que de bois, desquels, 
« parties sont aisance, parties propres au seigneur, et autres 
« arrentées aux habitants de Couvreux. » 

(Extrait des archives). 



IX. 

Souvenir d'un vieillard de S^-Mard. 

« A Iloudrigny, au miUeu du village, j'ai encore vu une potence 
« (pilori) de 5 à G pieds de haut, avec la chaîne et un coUier de 
« fer. On y attachait au carcan les maraudeurs de jardin et pil- 
« lards de campagne. » 



— 101 — 
X. 

Extrait des archives Rohelmont. 

« L'an 1677, une armée allemande, pendant le mois de May, firent 
« une course parmy cette province, et furent jusqu'aux frontières 
« de la France et repassèrent au mois d'aoust. Cette armée fit un 
« gros dégât et dérangèrent bien des pauvres habitans — de là la 
« dénomination de Pont des Allemands, entre les deux Berchiwez(l).)) 



XL 

« Le 11 février 1752, entre 7 et 8 heures du matin, il y eut un 
« tremblement de terre. » 



XIL 

Liste des vicaires et curés qui ont desservi l'annexe et la 

PAROISSE DE ViLLERS-LA-LoUE, DEPUIS L'AN 1663. 

Vicaires. 



Antoine PASCHAL 
Jean LECLERQZ. 
Jean LAMBERTL 
Jean PASCHAL. 
Guillaume LALLEMENT. 
Nicolas WAHA. 
Jean-Jacques DEVAIT. 
Pontian collet. 
Matthieu MALHERBES. 
Pierre TILLEMENT. 
Pierre-Jean JACQUES. 
Nicolas VILLEZ. 



(1) Cette dernière phrase ne peut pas inspirer grande confiance. Que les Allemands se 
soient signalés par leurs excès, en cet endroit, c'est possible ; mais que l'on ait alors im- 
posé ce nom, c'est moins que probable. En effet, plus d'un siècle auparavant, la forge 
de Berchiwez se nommait déjà la lorge des Allemands. C'est sous cette dénomination 
qu'elle figure dans le dénoml^rement des feux de l'année 1575. 



N" 

d'ordre 


Entrée 

en 
fonction 


1 


1663 


2 


1670 


3 


1672 


4 


1675 


5 


1683 


6 


1684 


7 


1685 


8 


1686 


9 


1700 


10 


1706 


11 


1750 


12 


1760 



13 


1767 


14 


1770 


15 


1776 


16 


1794 


17 


1794 


1 


1805 


2 


1813 


3 


1819 


4 


1825 


5 


1831 


6 


1837 


7 


1876 



— iÔ2 — 

Jean-François RENAULD. 
Jean-Baptiste FOULON. 
Maxlmilien LEBRUN. 
Antoine GILLE. 
Pierre PIERRE. 

Curés. 
Jean-Nicolas DAUPHIN. 
Paul GERARD. 
François-Joseph PIERRARD. 
François-Joseph HUBERT 
sébastien ïhill. 
Edouard DELDIME. 
François-Joseph OLIVIER. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Pages. 

Introduction 73 

Villers-la-Loue (paroisse) 75 

Quelques détails sur chaque section 77 

Houdrigny (A) . ^ 79 

Grihire 79 

Beauregard 80 

Berchiwé 81 

Redevances 82 

Houdrigny (B) 88 

Etat des biens du clergé 89 

Dîmes 91 

Villers Lolu 92 

Qellques documents 93 

Justice et droits d'Icelle 94 

Police 95 

Notice sur Don Martin 96 

Récit de M^ Delhotel sur l'incendie de l'église et du vil- 
lage de Meix-devant-Virton 98 

Mortalité de l'an 1709 99 

Documents divers 100 

Liste des vicaires et des curés de Villers-la-Loue, depuis 

l'an 1663 101 

Fin de la table. 



ARCHIVES 

DE MARCHES DE GUIRSCH. 

(suite). 



1. a. 1261. Échange de la vouerie de Longwy fait par Henri, duc 
de Lorraine, au profit de Wiry de Gori. 

Ancien Inventaire. 

2. a. 1369, 19 juin. Gerart de Blankenheim, seigneur de Gastil- 
berg, déclare que de l'assentiment de Jeannette de Sarbrûken, sa 
femme, et de Jean, Gérard et Arnolt, ses fils, il a permis à Gérard 
de Liessingen de faire le rachat, moyennant une somme de 40 
livres tournois noirs, d'un bien engagé à feu son père, et sis à 
Rockeykyle et à Pellem ; il garantit aussi le consentement de la 
dame de Boulch, sa sœur. 

Original. Parchemin. 

3. (a. 1371, 3 février, n. st.) a. 1370. Grastino festi purificationis 
be. Marie virginis. Franke, ancien prévôt à Bidbourg, et Jean Zick, 
échevins à Echternach, constatent que sire Nicolas, wilne Mathys 
noithelfers son, prêtre, a déclaré avoir vendu à Diederich de Sulme 
et à Agnès, sa femme, bourgeois d'Echternach, sa maison et ses 
biens sis in Wolffsgasse et autres héritages, pour un prix de 150 
livres de Trêves. 

Original. Parchemin. 

4. a. 1371 (27 octobre). Dominica prima ante festum omnium 
sanctorum. Gerlach von Lynss, cellerier à Schoneken, déclare que 
Henri Voyne de Wettelindorfî et Sara, sa femme, lui ont donné 
en engagère un demi journal de terre, pour une somme de 8 esca- 
lins et demi, rachetable après 20 ans. Heckin, fils de Henri, lui a 

8 



— 406 — 

aussi donné en engagère un demi journal de terre, pour un escalin 
et demi, rachetable dans le même délai. 

Original. Parchemin. 

5. a. 1372 (4 octobre). Die beati Francisci confessons. Franke, 
ancien prévôt de Bidebourg et Jean Franke, frères, échevins à 
Echternach, constatent que Pierre, fils de feu Marie, la bouchère, 
et Else, sa femme, ont déclaré avoir vendu à Dederich de Sulmen 
et à Agnès, sa femme, bourgeois d'Echternach, leur maison sise 
in Wolnisgasse pour un prix de 21 livres. 

Original. Parchemin. 

6. (a. 1375, 2 février n. st.) a. 1374. Ufî unser frauwen tag Kerch- 
misse. Jean, seigneur de Wiltz, et Gerart, son frère, reconnaissent 
devoir à Michel de Sasselten et à Jean Kaldman d'Urspelt, la somme 
de 25 florins Robertus, leur prêtée. 

Original. Parchemin. 

7. a. 1395. Obligation de Henry d'Orley pour une somme de cent 
florins, au profit de Giltz d'Autel, pour intérêts desquels il lui 
assigne 4 maldres de froment, autant de seigle et 30 escallins en 
argent. 

Ancien Inventaire. 

8. a. 1401. Dénombrement de la terre de Kœrich. 

Ancien Inventaire. 

9. a. 1419. Burgfried zwischen dem fûrsten von Nassau-Saar- 
brûck, und den herren von Rollingen und Grichingen. Sur par- 
chemin. 

Ancien Inventaire. 

10. (a. 1425, 24 février n. st.) a. 1424. Uff sent Mathysdach des 
heihgen apostelen. st. de Trêves. Jean de Nyederwiltz reconnaît 
devoir à Thielen de Heiderscheit etàSuntgin, sa femme, la somme 
de 20 florins du Rhin en or, pour argent lui prêté ; en assurance, 
il leur donne en engagère sa part d'un bien sis à Berlar, qu'il 
tient en indivis avec Gerhart et Jean Rutart, ses oncles et Elsen, 
sa tante. Il tient le dit bien en fief de Jean de Brandenbourg, sei- 
gneur d'Esch. 

Original. Parchemin. 



11. (a. 1439, 5 février n. st.) a. 1438. Uff donnerstag nest na 
unser lieven frauven dage gênant zu latine purificatio. more 
Trever. Jean Joist et Jean Hilissman, échevins à Echternach, 
constatent que Jean Hachelstorfî et Grete, sa femme, ont déclaré 
avoir vendu à Jean Kauffmann, prêtre, un champ sis : hinder thoille, 
pour un prix non indiqué ; l'acquéreur KafTmann vend ce même 
champ à Jean von Rular et à Alaitte, sa femme. 

Original. Parchemin. 

12. (a. 1440 ?) Convention faite entre Gihe d'Autel, seigneur de 
Kœrich, et le duc de Saxe, de se secourir et se donner main forte, 
l'un à l'autre, étant attaqué. 

Ancien Inventaire. 

13. a. 1447 (22 septembre). UfT sent Mauritius dach des heiligen 
herzochs und synre geselschafît. Reynar von dem Berge dispose 
par son testament en faveur de ses enfants qu'il a eus de ses deux 
femmes ; de la première Alayde d'Asselborn il a eu deux filles ; 
il en a marié une à Jean de Glymbach, dit Wolf ; elle s'appelle 
Tryne ; l'autre appelée Grete a épousé Jean de Gressenich. De sa 
seconde femme Elsin von Enswilre il avait également des enfants. 
Ses nombreux biens sont situés dans les Ardennes, près de Die- 
kerich, Pratz, etc. Sceaux de Jean de Schoneck, curé à Nieder- 
wiltz, de Jean de Schweirtzen, manrichter à Wiltz, de Gonrard von 
Berge, dit Kesseler. Les biens donnés relevant en fief de Arnoult 
de Kerpen, doyen du couvent du st. Sauveur à Pruni^ de Jean, 
chevalier, seigneur de Beffort, de Gérard seigneur de Wiltz, de 
Frédéric de Brandenbourg seigneur de Clervaux et de Schiltz de 
Grumelscheit, ceux-ci donnent leur assentiment. 

Original. Parchemin. 

14. a. 1456. Cession de Weymar et Guillaume d'Autel de tous 
les biens qu'ils avaient, au profit de Jean Bildstein. 

Ancien Inventaire. 

15. a. 1456, 8 mai. Schyltz von dem berge et Agnès, sa femme, 
déclarent avoir donné en engagère leurs biens de Maeldingen, 
leur obvenus par succession de feu leur oncle et beau-frère Schyltz 
de Lanscheit, à leur beau-frère Aelbrecht von Ruelshusen, dit 
Holtzappel, et à Beyllen, sa femme, pour une somme de 74 fl. du 



— 108 — 

Rhin. Les dits biens relevant en fief du château de Rulant, daem 
von Brandenburg dit : dusynck, manrichter des hommes féodaux 
de Rulandt, Wynant von den Mecheren et Schyltz de Lanscheyt, 
manne segeler des dits hommes féodaux et autres, ont apposé le 
sceau de la seigneurie. 

Original. Parchemin. 

16. a. 1461 (24 juin). Uf st. Johans dach baptiste. Baldewin de 
Monstereyffeln et Else, sa femme, reconnaissent devoir à Claes de 
Bentzenraet, la somme de 95 florins du Rhin, remboursable à 
Schonenberg ; en assurance ils lui donnent en engagère, une mai- 
son avec dépendances à Prûme ; daem von Gonderstorf, Peter von 
der hart, Johan von Bausburg et Claes de Grymelschyt ont apposé 
le sceau de la justice féodale de Schonecken. 

Original. Parchemin. 

17. a. 1464. Vente de deux septièmes de la dîme de Koerich 
faite par Pierre de Clemency à la confrérie de N. D. et de st. Remy 
et aux paroissiens de Koerich, Goblingen et Gitzingen. 

Ancien Inventaire. 

18. (a. 1465, 24 février, n. st.) a. 1464. UfT st. Matheiss dag des 
heiligen apostel, more Trever. Peter de Clemency, écuyer, déclare 
avoir vendu le 12 août 1438 à la confrérie de st. Remy de l'église 
mère de Koerich, ses deux parts dans la grosse et la menue dime 
de Koerich, dite : dime de Clemency, pour un prix de 310 florins 
du Rhin lui payé ; il confirme cette vente devant sire Gobel, seigneur 
d'Autel et de Sterpenich, chevalier justicier des nobles du duché 
de Luxembourg, présents : Jean de Messancy et Godert de Bilstein, 
qui ont apposé leurs sceaux ; Jean de Raville, sgr de Septfontaines, 
chevalier, Giltz d'Autel, sgr [de Koerich, Diedrich d'Autel, sgr de 
Holveltz, Dieterich de Brandenburg, sgrdeStolzemburch, Gerhart 
sgr de Wiltz et Coneman de Weiler dit de Wolkringen, assesseurs 
du siège des nobles. 

Parchemin. 

19. (a. 1467, 8 février n. st.) a. 1466. Uf sant Sebastians tage des 
hiUigen ritters. Schiltz van biedeberch et n. sa femme aussi Go- 
dart de Bassehem. . . . Acte ilUsible, écriture effacée par l'hu- 
midité. 

Original. Parchemin. 



— ^09 — 

20. a. 1467 (31 mars). Tertia feria post annuntiationem béate 
Marie virginis. Johan von honichhuysen dit von Kerpen, et Glais 
de Rular, échevins à Echternach, attestent que sire Glais Pawel- 
gessoin Zo hoeneloch, prêtre, a déclaré avoir vendu à Peter Gon- 
raitson et à Glergen, sa femme, un jardin sis : uff der oirbach et 
un vignoble pour un prix non indiqué. 

Original, Parchemin. 

21. a. 1467, 1er septembre. Gerhart, seigneur de Rodemachern, 
Gronenburg et Nuwerburch, déclare avoir donné en fief à sire Gilz 
de Busleiden, échevin à Arlon, une rente de dix florins du Rhin 
sur ses revenus dans la maierie de Redingen sur l'Attert, la dite 
rente rachetable par une somme de 110 fl. du Rhin. 

Original. Parchemin. 

22. a. 1468 (19 avril). Uff dinstag nest na dem heiligen Oister- 
dage. Jean de Tintingen et KetteUn de Survelt, conjoints, et Henri 
de Tintingen, frère du dit Jean et Hélène de Boendorff, sa femme, 
déclarent vendre à Peter von Auwe et à Schennette de Schiren, 
conjoints, leurs biens, mouvant en fief de la seigneurie de Wiltz, 
et sis à Saisselen, avec dépendances, pour un prix de 17 florins 
et demi du Rhin. Gerhart, seigneur de Wiltz, donne son assenti- 
ment à cette vente faite devant la cour féodale de Wiltz. 

Original. Parchemin. 

23. a. 1468 (6 juin). Uff maindag nest na dem heiligen pinxstage. 
Jean de Tintingen et Kettelin de Survelt (Strainchamps), conjoints, 
Henri de Tintingen, frère de Jean et Elene de Bondorff, sa femme, 
déclarent vendre à Peter von Auwe et à Schenette de Schiren, sa 
femme, leurs biens sis au village, aux ban et terres (gewanden) de 
Orspelt, ces biens dits : Colmans erbschafft, dépendants en fief de 
Frédéric, seigneur de Glervaux et de Meisenburch, pour un prix 
de 17 florins du Rhin. Sceau du sgr de Glervaux. 

Original. Parchemin. 

24. a. 1469 (22 juin). Uff der tziehen dusent Merteler dach. 
Jacob von Tintingen et Marie von Hollingen, sa femme, déclarent 
avoir vendu à Peter von Auwe et à Schenette de Schiren, sa 
femme, leurs biens mouvant en fief de la seigneurie de Wiltz et 
sis à Saisselen, pour un prix de 14 fl. du Rhin. Gerhart, seigneur 



— 110 — 

de Wiltz, donne son assentiment à cette vente ; le transport des 
biens a été fait devant la cour féodale de Wiltz. 

Original. Parchemin, 

25. a. 1472, 16 octobre. Sentence du magistrat d'Arlon au profit 
de Gille d'Autel, seigneur de Koerich, et de Théodore d'Autel, 
seigneur de Hollenfeltz, par laquelle les manans d'Ober-Elter sont 
condamnés à continuer à livrer aux dits seigneurs deux maldres 
de seigle, autant d'avoine et dix escalins pour cens héréditaire. 

Ancien Inventaire. 

26. a. 1473 (30 juin). Des mitwochs nest na sente Peters und 
Paulus dage der hilligen apostelen. Peter Buch de Esche ; Peter 
de Busleyden et Grete d'Esche, conjoints, cette dernière sœur du 
prédit Peter ; Nickel de Busleiden et Trine d'Esche, conjoints, 
cette dernière sœur du prédit Peter Buch ; Sluchs Clais de Ma- 
cheren et Else d'Esche, conjoints, cette dernière sœur du prédit 
Peter Buch, déclarent avoir adhérité leur frère et beau-frère, 
Thilen Buch de Esche et Grette de LeUich, conjoints, des biens qui 
leur sont obvenus par le décès de leurs parents, et qui sont sis au 
ban de Sassel et ailleurs, dépendants en fief de la seigneurie de 
Wiltz ; le transport a été fait devant la cour féodale de Wiltz. Ger- 
hart, seigneur de Wiltz, donne son assentiment à ce transport. 

Original. Parchemin. 

27. (a. 1474, n. st.) a. 1473, 6 février, st. de Trêves. Jehan de 
Chivery, Prévôt de Montmédy et st. Mard pour le seigneur de 
Rodemach, Cronenbourg et Neufchastel, reçoit le dénombrement 
des biens du sire de Rivière, sgr de Ruette et Villecloye. 

Copie certifiée d'un extrait. 

28. a. 1482 (1er avril). Uff maendach neste na dem heylgen pal- 
medage. Clais von Hupperdingen dit : Pick, et Ydelet von der 
Kapungen, sa femme, et consorts, déclarent avoir vendu à Peter 
von Auwe, leurs biens sis à Kaworen (?) et environs, mouvant en 
fief de sire Damen de Malberch, seigneur de Ouren, pour un prix 
de 41 fl. Le dit seigneur donne son assentiment à cette vente. 

Original. Parchemin. 

Je lis Kaworen ou Craworen ; quelle est cette localité ? 

29. (a. 1483, 2 mars, n. st.) a. 1482. Ufî sondach ocuh. Aleph de 
Monstereyffelen reconnaît devoir aux fabriciens (kirchenmomper) 



— 411 — 

de l'église de Wettelendorff, la somme de 31 fl. du Rhin, à 24 
weyspennink pièce, cours de Schoneck ; il leur fait une rente an- 
nuelle de deux maldres de bled, moitié épeautre et moitié avoine, 
sur sa censé dite Bollershoff. Sceaux de Bernhart von der Hart et 
de Jean de Grumelscheit. 

Original. Parchemin. 

30. a. 1486. Collation de l'autel de ste Catherine et de ste Barbe 
dans la chapelle de Keil, faite à Martin de Kœrich, par Engelbert, 
Rugrave, seigneur de Hollenfeltz, Gille et Jean d'Autel, et Angé- 
lique de Fischbach. 

Ancien Inventaire. 

31. a. 1488. Gerhart, seigneur de Wiltz, déclare avoir donné en 
fief à Jean de Breitscheit, la maison de Eschewiller et dépendances, 
tels que le père de Jean de Breitscheit tenait ces biens des anciens 
seigneurs de Wiltz. Feu Kointge de Breitscheit, père du dit Jean, 
a vendu le moulin de Eschewiller à Jean Geburgin, seigneur de 
Reynerstein ; Jean de Breitscheit a consenti à ce que Jean Gebur- 
gin fit le relief de ce bien. 

Original. Parchemin. 

32. a. 1490 (25 juillet). Uff santé Jacops dage apostel. Thomas 
de Byrsdorff, dit von Beshng, déclare permettre à Jean, à Schieltz 
et à Marguerite, frères et sœur de Breitscheit, de racheter par une 
somme de 200 fl. les biens d'Eschweiler, engagés en 1409, le 13 
mai, de l'assentiment de feu Jean, seigneur de Wiltz. Sceau de 
Peter von Auwe. 

Original. Parchemin. 

33. a. 1491, 13 novembre. Thona von Vaulx, Poncin de Coppoingne 
et Kathelynne de Vaulx, sa femme, déclarant avoir vendu à Giltze 
de Bussleiden, conseiller du duc de Luxembourg, la part leur 
échue par le décès de sire Lamprecht von Vaulx, curé à Wolfel- 
dingen, dans les biens aux village, ban et terres (gewanden) de 
Parrette, et ailleurs dans le prévôté d'Arlon, pour un prix de 55 fl. 
à 32 gros de Luxbg. pièce. Sceau de Henri de Raville, seigneur de 
Septfontaines, mayeur héréditaire de Bastogne ; aussi celui de la 
prévôté d'Arlon. 

Original. Parchemin. 



— H2 — 

34. a. 1492 (2G décembre). Uff sent Steffens dags des hyligen 
Mertelers. Alefî Roir de Monstereyffcll déclare avoir vendu à Jean 
de Bentzenroide, une rente annuelle de 5 maldres et 4 bicliets de 
bled, moitié épeautre, moitié avoine, mesure de Prume, pour un 
prix de 45 fl. du Rhin, à 24 albus pièce. Les biens étant fiefs de 
l'abbaye de Prum, Roprecht van Virnen (?) abbé de Prum, a 
apposé son sceau. 

Original. Parchemin. 

35. a. 1494, 12 décembre. Wolkringen. Contrat de mariage entre 
Jean de Lellich et Anna, fille de Gerlach de Wolkringen, à 
l'assistance de Jean de Lellich, de Louis de Ghivery, seigneur de 
Lagrange, de Guillaume de Lellich, frère du futur, de Jacques 
Schaifi" de Thionvile, échevin de cette ville, et de Wynnant de 
Rumlingen, clerc juré de Thionvile — puis de Gerlach de Wol- 
kringen, frère du dit Gerlach, et de George de Schiff'eldingen, sous- 
prévôt à Thionvile. Le douaire de la future est assuré sur le 
château de Berpurch avec une rente de 40 fl. à 32 gros de Luxbg. 
pièce, et d'autres rentes en nature. Moyennant la somme de 900 
fl. donnés en dot à Anna de Wolkringen, celle-ci renonce à toute 
succession pater- et maternelle. 

Expédition authentique. 

36. a. 1496 (25 juillet). Up sent Jacobs dag apostels. Engelbrecht 
Hurte von Schœneck, maréchal héréditaire du pays de Juliers, 
seigneur de Beffort et de Esch etc. déclare donner en fief à Jean 
de Bentzsenraede, une maison sise à Schœneck, binnen dem daele 
avec dépendances. 

Original. Parchemin. 

37. a. 1496 (30 novembre). Uff sent Andréas tag des heilligen 
apostelen. Louis de Ghivery, seigneur de Lagrange et Catherine 
de Raville, sa femme, déclarent avoir vendu à Giltz deBusleiden, 
conseiller du seigneur du pays de Luxembourg, une rente annuelle 
de dix florins du Rhin en or, payable à Arlon, sur les revenus de 
leur mairie et village de Buffingen près Arlon. Engelbrecht Hurten, 
seigneur de Befi"ort, prévôt à Arlon, a apposé le sceau de la prévôté, 
en présence de Jean d'Autel, seigneur de Kœrich, de Bernart de 
Hondelingen, vassaux, de Henri de Nothem et de Pierre de 
Totterait, échevins à Arlon. 

Original. Parchemin. 



— 413 — 

38. a. 1497. Gerhart, seigneur de Wiltz, déclare avoir donné en 
fief à Glaiss von Auwe des biens sis à Saissel et à Hueperdingen. 

Original. Parchemin. 

39. a. 15... Maria von der Heiden, veuve de Jean de Grumelscheit, 
reconnaît devoir à Adam de Bentzeradt, son cousin, la somme de 
208 écus, à 30 sols pièce, pour argent lui prêté ; en assurance elle 
lui engage ses biens sis à Eussenbach. Sceau de Guillaume de 
Breitscheit. 

Parchemin. 

40. a. 1501. Relief de Jean d'Autel, sgr de Kœrich, de la terre 
de Gouwy et autres biens qu'il avait en Lorraine. 

Ancien Inventaire. 

41. a. 1503 (3 octobre). Ufî dienstag nae sant Remeissdag des 
helgen Bisschoffs. AlefT Roir de Munstereifîell et Catherine, sa 
femme, déclarent que feu leur père et respectivement beau-père, 
Balwyn Roir de MunstereifTell, a engagé leur maison avec dépen- 
dances à Prum, à feu Glaiss Bentzeroidt, qui a laissé cet héritage 
à son fils Jean de Bentzeroidt, auquel les déclarants vendent ledit 
bien héréditairement, à lui et à sa femme Odillie de Vinstingen, 
pour un prix de 400 fl. du Rhin, à 24 albus pièce. Les dits biens 
dépendent pour moitié de la seigneurie de Schoneck ; Jacques, 
archevêque de Trêves, agrée la vente. 

Copie authentique. , 

42. a. 1505 (13 décembre). Uf samstag sant Lucientag. Contrat 
de mariage entre Giltz de Jngenheim, dit Wentzen, fils de feu Jean 
de Jngenheim et de Anne de Portzich, fille de Bernhard de Portzich. 
Dederich de Portzich, frère de Anne, lui donne en dot une rente 
annuelle de 15 florins, moitié sur ses biens de Kentzwech et moitié 
sur ses cens de Hoffscheit, seigneurie de Bourscheit, ou bien un 
capital de 300 fl. Sceau de Bernhard, seigneur de Bourscheid, che- 
valier, justicier des nobles. 

Original. Parchemin. 

43. a. 1508 (30 mai). Uf dinstagh nach dem sontagh vocem 
Jucunditatis. Nach schreibung Trierscher wysse. Laurens von 
Saissen et Johanna von Berghaim, conjoints, déclarent avoir 
été en procès avec leur beau-frère Johan von Benstraide, 



— iU — 

au sujet des biens échus à la dite Jeanne par le décès de son 
ayeul, Baldewin von Monster et de son ayeule Anna von Waver ; 
il y a eu un arrangement. Sceau de sire Wirgen von Homburch, 
doyen du couvent de st Sauveur à Prûm. 

Original. Parchemin. 

44. a. 1511, 10 mai. Thilman Barnaige de Birtringen et Elss de 
Besslingen, conjoints, déclarent avoir vendu à Jean de Breitscheit, 
et à Catherine de Tratten, sa femme, leurs biens sis à Eschweiler 
près de Wiltz, fief de BefTort, pour un prix de 60 petits florins de 
Luxembourg. Engelbert Hurtten de Schoeneck, seigneur d'Esch 
et de Befîort, a apposé son sceau. 

Original, Parchemin. 

45. a. 1512. Donation par laquelle Jean de Gondersdorff aban- 
donne et transporte à Jean d'Autel, son beau-frère, et à Lise de 
Gondersdorf, sa sœur, la part et portion qui pouvait lui appartenir 
dans tous les biens de ses père et mère situés en ce pays. 

Ancien Inventaire. 

46. a. 1513, 2 mai. Partage fait par Dietherich Ropricht et André 
de Bentzerat, fils de Enttgen de Portzich d'une part, et Gerhardt 
et Adam, fils de Otiligen de Vinstingen, tous frères et fils de feu 
Jean de Bentzeradt. 

Copie certifiée. 

47. a. 1514. Partage de la seigneurie d'Autel entre George, sei- 
gneur d'Autel, et Guillaume d'Argenteau, seigneur d'Esneux, 
beaux-frères. 

Ancien Inventaire. 

48. a. 1515. Vente d'une rente de 20 fl. par Jean d'Autel et Eli- 
sabeth de Gondersdorf, sa femme, au profit de N. Failly, de 
Luxembourg, à tirer des cens et rentes qu'ils avaient à Weyler- 
la-Tour et dans la mairie de Bivingen. 

Ancien Inventaire. 

49. a. 1520, 15 novembre. Claude d'Orley, seigneur de Lintzeren 
et de Montquintin, chevalier, justicier des nobles du duché de 
Luxembourg, constate que ont comparu maitre Nicolas de Naves, 
seigneur de Vance, licentié en droit et conseiller à Luxembourg, 
et Jean François de Marville, receveur à Arlon, comme fondés de 



— 415 ~ 

pouvoir de Giltz de Busleiden, seigneur de Heymbeck, président 
de la chambre des comptes à Bruxelles, et d' Adriane de Gondinal, 
conjoints, d'une part, et Anna von Keynich, veuve de Valerian de 
Busleyden, frère du dit Giltz de Busleiden, seigneur de Girsche 
et d'Aspelt, d'autre part, demandant la confirmation de deux con- 
trats passés entre eux le 14 février 1519, stile de Trêves, par les- 
quels Anna de Keynich cède à son beau-frère la seigneurie de 
Girsch, tandis que Giltz de Busleyden cède à sa belle-sœur la 
moitié de la seigneurie d'Aspelt avec les serfs habitant Aspelt, 
Frisingen, Wormeringen, Gryfeldingen et Munespach, la dite moitié 
échue au dit Giltz par le décès de François de Busleiden, fils du dit 
Valerian, mort après son père. Transport fait en présence de Hans 
de Schauwenbourg, hoffmeister, seigneur de Preisch ; Frédéric de 
Milborch, sgr de Hamm, George de Brandenbourg, sgr de Cler- 
vaux; Guillaume de Malborgh, seigneur de ste Marie ; Phihppede 
Sirck, sgr de Larochette et Henri de SchifTeldingen, sgr de Dies- 
torf. — Le 18 février 1521, st. de Trêves, Salentin, sgr d'Ysenburg, 
Hoensteyn, Neumagen et du Mont st Jean, chevalier, justicier des 
nobles, scelle l'acte ci-dessus, parce que il n'a pas pu l'être plus 
tôt à cause du décès de Claude d'Orley, 

Originaux Parchemin. 

50. a. 1523, 3 décembre. Jean d'Autel, seigneur de Kœrich et Lyse 
de Gonnerstorff, sa femme, déclarent avoir engagé un tiers de leur 
bois dit : le Gechen près Eischen, à Pierre Gryhen, vivant échevin 
à Arlon, pour une somme de 60 fl. à 21 sols de Luxembourg et 4 
pfenning pièce ; ils permettent à Anne von Kennisch, veuve de 
Girsch et dame d'Aispelt, d'en faire le rachat. Sceau de George de 
Portzheim, échevin à Arlon. Alexandre Waldecker, prévôt d' Arlon, 
a apposé le sceau de la prévôté. 

Deux copies certifiées. 

51. (a. 1526, 16 février n. st.) a. 1525. Uf fritag, seszhienten dag 
spurkels. Thielman Bernaige de Birtringen et Else de Beslingen, 
sa femme, d'une part, et Probsts Claus de Kunigsmacheren, éche- 
vin dans ce lieu, et Marguerite de Beslingen, sa femme, beaux- 
frères et soeurs, d'autre part, déclarent vendre à sire Courait de 
Breitscheit, curé â BettesdorfT, en sa qualité de tuteur de Paul et 
de Jean, frères, fils de Jean de Breitscheit, son frère, une rente 



— 416 — 

annuelle de deux maldres de bled, moitié seigle et moitié avoine, 
obvenue aux vendeurs par le décès de leur soeur Catherine de 
Beslingen, femme de Dietherich Flessers, sur un bien sis à Esch- 
weiler près Wiltz, fief de la seigneurie de Befîort, pour un prix de 
38 petits florins à 21 gros de Luxbg et 4 pfennig pièce. 

Original. Parchemin. 

52. a. 1532, 29 février. Information et enqueste faicte et tenue 
par Philippe de la Ballée, notaire, huissier ordinaire du Conseil de 
l'Empereur à Luxembourg, au lieu de Vance, sur la possession et 
jouissance des droits du curé de Vance. 

Original. Papier. 

53. a. 1534, 4 juillet. Weyrich de st Vith, manrichter à Wiltz, 
Gerhartz Hantz d'Aix, Jacques de Cronenberg, hommes féodaux 
et Evardtz Michel, huissier féodal juré à Wiltz, constatent que 
sire Vincentius Melchior de Tratten, prêtre, a cédé et transporté 
à son parent Paul Breitscheit d'Eschweiler, ses droits et préten- 
tions à Heynstorf, fief de sire Hartardt, sgr de Wiltz. Présent 
Reynardt von dem Berge, burgrave à Wiltz. 

Original. Parchemin. 

54. a. 1539, 28 juin. Sentence du Conseil de Malines au profit de 
Jean Schmidt, habitant de Koerich, contre Valérien Fock de Hu- 
bing. 

Ancien Inventaire. 

55. a. 1540 (9 décembre). Uff donnerstaige na conceptionis Marie. 
Thys der smidt, justicier, Crutz Thais, Hupprecht am Berge et 
Clais Fasbender, membres de la justice à Beckerich, constatent 
que KUnckers Thonnis de Beckerich et Ailheit, sa femme, ont dé- 
claré avoir vendu à sire Clais Scheiffort, curé à Anssler (Anliers) 
et doyen à Arlon, et à sire Bernhart Eberlingen, échevin àArlon, 
administrateurs de l'hospice de ste Catherine à Arlon, un cens 
annuel d'un florin en or, à 28 sols Bbt pièce, et ce sur leurs biens 
libres qu'ils possèdent dans la justice, les ban et terres (richterien, 
banne und gewanden) à Beckerich, pour en avoir reçu 20 des 
dits florins. Henri Bernart et George de Portzheim, échevins à 
Arlon, ont opposé leurs sceaux. 

Original. Parchemin. 



— 117 — 

56. a. 1543, 5 mai. Adam de Bentzeroidt, licentié en droits, dé- 
clare avoir donné en fief à Jacob in der burg à Lunebach et à sa 
femme Merghen, fille de Heynen Bernardt, de Prum, un bien sis à 
Prûm, dit : Zickelen erbschafft, maison, jardin et dépendances, 
héritage dépendant en fief de la seigneurie de Schoeneck. 

Original. Papier. 

57. a. 1546, 16 mai. Gerhardt de Bentzenroidt, bailli à Bergburck, 
et Marguerite Plattyn deLongwich, sa femme, déclarent avoir vendu 
à Adam von Bentzenroidt, conseiller de S. M. à Luxembourg, et à 
Anne de Waver, sa femme, leur frère et beau-frère etc., leur part 
dans la maison de Schoneck dans l'Eiffel, avec dépendances dites : 
Hûrtten-hauss, telle qu'ils l'ont héritée de leurs père et mère Jean 
de Bentzenroidt et Odile de Vinstingen, pour un prix de cent florins 
en or. Le dit bien étant fief de Schoneck, Andres de Bentzenroidt, 
leur frère et beau-frère, lieutenant de la cour féodale de Schoneck, 
a apposé le sceau de cette cour. 

Original. Parchemin. 

58. a. 1549, 19 octobre. Hantz von dem steyn et Else de Gru- 
melscheyt, sa femme, déclarent relaisser leur voueried'Eschweiler 
abandonnée, à Paulus de Breytscheyt et à Ketly de Powyly, con- 
joints, contre un rendage annuel en argent et en grains. Sceau de 
Nicolas Basem, curé à Pinsche. 

Original. Parchemin. 

59. (a. 1550, n. st.) a. 1549, 14 janvier, st. Trêves. Christophe 
de Manderscheit, abbé de Prum et de Stavelot, déclare donner en 
fief à Adam de Bentzenradt, licentié en droit, conseiller de S. M. 
à Luxembourg, sa censé de Wolckenradt avec dépendances, sise 
dans le ressort de la cour de Gondenbrecht, aussi la censé de 
Bollershoff à Romershem. 

Original. Parchemin. 

60. a. 1555, 16 juillet. Accord passé entre Jacques de Raville et 
le sr Pallant. 

Ancien Inventaire. 

61. (a. 1558, n. st.) a. 1557, 15 mars, st. de Trêves. Actum Arle. 
Reinhart von Bergh et Elisabeth von Seyn, conjoints, déclarent 
que Niclois Warck, clerc juré à Arlon, et Johannet von dem Bergh, 



— 418 — 

sa femme, leur gendre et fille, leur ont prêté 170 couronnes au 
soleil et 120 fl. du Rhin, en or, au moyen desquelles sommes ils 
ont racheté quelques biens engagés. Ils leur payeront un intérêt 
annuel de 52 petits florins à 10 sols bbt pièce. Sceau de Johan 
Runssen, sgr de Volkendingen, bailli à Esch. 

Original. Parchemin. 

62. a. 1559, 24 avril. Brandenbourg. Contrat de mariage entre 
Diederich de Berg, fils de Reinhart de Berg, seigneur de Golpach 
et de feu Elisabeth de Sein, d'une part, et Anna de Bettingen dite 
Hupgin, fille de feu Jean de Bettingen, dit Hupgin, sgr de Berg, et 
de feu Barbara von Mullen, conjoints, d'autre part ; Jean de Bet- 
tingen, frère aîné de la future, payera à celle-ci une dot de 1500 
francs de Lorraine ; elle aura, en cas de veuvage, la jouissance 
de la maison sise à Useldange, dans la franchise. Sceaux de Bern- 
hart de Gunderstorf, seigneur de Nodlingen, Jean Runssen, sei- 
gneur de Volkendingen, bailli à Esch ; Frantz von Baden, bailli à 
Useldingen, aussi de dame Ludovica von Staivill (?) veuve, com- 
tesse de Salm, dame de Viviers ; de Reinhart de BouUich, sgr 
d'Erpeldingen, Guillaume de Lusingen, dit Hack. 

Original. Parchemin. 

63. (a. 1560 circa). Dénombrement de la terre et seigneurie de 
Kœrich et dépendances, fait par Jean de Steinach, dit Brantscheidt, 
seigneur de Kœrich, du temps du Président Keck (de Luxembourg). 

Ancien Inventaire. 

64. a. 1500, 4 juillet. Jean, seigneur de Wiltz, déclare donner en 
fief à sire Paul de Breitscheit, une rente de 4 fl. d'or, sur divers 
de Brachtenbach et de Heymstorfî. 

Original. Parchemin. 

65. a. 1560, l^r août. Paul de Breitscheit, baiUi à Clervaux, fait 
un arrangement avec Elsabet de LelUch, veuve de V^alde, sur 
l'avis de Henri Wolfflinger, échevin à Luxembourg, Jean Bartt, 
échevin à Echternach, et Mathess Printz, curé et maître de l'hos- 
pice d'Echternach, au sujet d'un différent relatif à une maison et 
dépendances à Echternach. 

Original. Parchemin. 

66. a. 1561 (8 avril). Uff dinstag nae oistertagc. George Remme 
de Steinbach et Marguerite de Grumelscheit, sa femme, déclarent 



- 419 — 

avoir donné en engagère à Paulus de Breitscheit et à Catherine 
de Powily, conjoints, leur dime de Wycherdingen, pour une somme 
de 250 florins Bbt. à 20 sols Bbt. pièce. Sceau de Dietherich de 
Grumelscheit. — A cet acte est transfixé un autre du dernier juin 
1575 par lequel les prévôt et hommes de la salle de Bastogne 
constatent que George Bamel de Estembay (Steinbach) et Margue- 
rite de Grumelscheidt, son épouse, en présence de Quelin de 
Houfî'alize, sergeant, constitué mambourg de celle-ci, ont reconnu 
avoir encore emprunté des mêmes la somme de 30 florins et 13 
patars et demi. 

Original. Parchemin. 

67. a. 1561, vendredi 15 août, Weyrich, seigneur de Criechingen 
et de Pittingen, reconnaît que les frères Jean et Cristophe Landts- 
chodt de Steinach et George de Kallenbach, leur beau-frère, héri- 
tiers de George d'Autel, en son vivant seigneur de Kœrich, l'ont 
autorisé à faire le retrait de la Gechell, engagée par leur ayeul 
(ahnherr) Jean d'Autel et Elisabeth de Gonderstorff, à Gylz et à 
Valerian de Bauschleiden ; il promet la restitution du dit bien, 
aussitôt que la somme déboursée lui sera payée. 

Copie certifiée. 

68. a. 1561, 24 octobre. Christophe de Manderscheidt, abbé de 
Prum et de SLavelot, déclare avoir donné en fief à Adam de 
Bentzeradt, en son vivant licentié en droit et conseiller à Luxem- 
bourg, la censé de Walckenrodt avec dépendances, sise dans le 
ressort de la cour de Gundenbrecht, aussi le Bellershof à Romer- 
schen et environs, la moitié de la dime de Tontorff. 

Original. Parchemin. 

69. a. 1562. Hespringen. Contrat de mariage entre Henri de 
Nassau et Hilgart de LelUch, fille de feu Claude de Lellich et de 
Madelaine de ^lonreal, à l'assistance de Bernhard de Gunderstorf, 
sgr de Noedlingen, baiUi à Pittingen, DiederichSyburch deNuerburg, 
coseigneur à Diestorf, Christophe de Wiler, capitaine au service 
d'Espagne, Nicolas de Gressenich, Frédéric de Zievel, Wolfgang 
de Bettembourg, prévôt et capitaine à Luxembourg, et Laudolf de 
Bidtbourg. Le futur époux assigne à sa future pour don de noces 
(morgengabe) la somme de cent florins bbt. sur ses dimes de 
Birstorf et un douaire sur sa maison de Vianden. 

Original. Papier. 



— 120 — 

70. a. 1562, 20 mars. Circuit de la terre et seigneurie de Kœrich. 

Ancien inventaire. 

71. a. 1563(21 mars). Uf sontag Laetare. Johan Lanschadt von 
Steinach, seigneur de Kœrich, déclare avoir relaissé à Hansen 
Schmidt de Mersch et à Marie, sa femme, la censé dite : uf der 
schleyden, under Crochten, an der Alsat gelegen, telle que l'avait 
déjà relaissée feu George d'Autel, seigneur de Kœrich, son cousin 
(vettern), aux conditions de payer : meyschaft drithalben gulden 
und herbschafft drithalben gulden, à 18 sols pièce, un chariot de 
foin (fuder hews). 

Deux copies certifiées. 

72. a. 1563, 1er avril. Jean, seigneur de Wiltz, Stadtbrednis etc., 
déclare avoir donné en engagère à Paul de Breitscheit et à Catherine 
de Powyli, conjoints, une rente annuelle de 2 maldres de seigle et 
de 2 maldres d'avoine, mesure de Wiltz, sur les dîmes de Constum, 
pour une somme de cent écus (bescheidener thaler). 

Original. Parchemin. 

73. a. 1563, 18 mai. Les écoutète et échevins de la cour de 
Fouren le comte (s'greven vœren) attestent que le 8 avril 1563, 
Rd Piere Liezius, alias Cœlen, abbé de Munster à Luxembourg, a 
déclaré avoir fait au nom de son couvent un arrangement avec 
Jean von Somme, commissaire des fortifications de Kaerlenberch, 
au sujet des cens, rentes et revenus revenant au dit couvent dans 
le ressort de la cour de Fourren le comte. Les écoutète et échevins 
susdits reçoivent le transport des dits biens en faveur de Jean 
von Somme. 

Original. Papier. 

74. a. 1564, 20 avril. Hans Conradt serrer de Colmar et Irmgart 
de Baden, sa femme, déclarent avoir vendu à Dietherich von 
Lantscheit et à Anne Thahen, conjoints, demt. à Luxembourg, 
leur beau-frère, des biens à Wiltz, des rentes àNochern etc., leur 
ob venus par le décès de Marguerithe de Baden, née von Nomeren, 
leur mère, pour un prix de 200 ^écus (bescheiden teutsch thaler). 
Henri Wolfflinger, échevin à Luxembourg, a apposé son sceau. 

Original. Parchemin. 

75. a. 1565,4 mars. Diethrich von WaifTer, le jeun f>, de Daisburch, 
et Eiffa de Linster, sa femme, reconnaissent avoir reçu de Jean 



— 421 — 

Gloden de Linster, manrichter à Reulandt, et de Marie de Grahain, 
sa femme, leur frère et beau-frère, la somme de 400 fl. (rader- 
gulden), dot de la dite Eifîa de Linster. 

Original. Papier. 

76. (a. 1565, n. st.) a. 1564, 12 mars, st. Trêves. Bernhart von 
Everlingen, échevin et sous-prévôt à Arlon, constate qu'en 
présence de Bernhard de Gunderstorff, seigneur de Nodlingen, 
sire Frantz de Baden, bailli à Unseldingen, homme féodal, sire 
Hans de Nothum, et sire Jean Schockweiler, échevins de la prévôté 
d'Arlon, Octor Matheus de Gellen, uff der nyede, tuteur de Osias 
Bourell, receveur et bailli à Berlye, près Metz, et de Catherine, sa 
femme, a déclaré avoir vendu à Diederich von Bergh, sgr de 
Niedercolpach, et à Anna de Bettingen, dite Hepgen, conjoints, à 
Nicolas Warck, clerc juré à Arlon, et à Jeannette, sa femme, ses 
biens et rentes à Golpach et environs, pour une somme de 60 écus 
à 30 sols Bbt. pièce. 

Original. Parchemin. 

77. a. 1566, 18 juillet. Jean, seigneur de Wiltz et Stadtbredimus, 
déclare avoir donné en fief à Dederich de Lanscheit, demeurant à 
Luxembourg, et à son beau-fils (stiefson) Niclais de Portzem, 
demeurant à Rursspelt, la moitié de la maison dite Eullenhauss à 
Wiltz et les biens et rentes y afi'ectés, ce dont ils lui ont fait foi 
et hommage. 

Original. Parchemin. 

78. a. 1567, 28 mai. Georges Renning de Steinbach et Marguerite 
de Gruemelscheit, sa femme, déclarent avoir donné en engagère 
à Paul de Breitscheit et à Catherine de Pouwily, sa femme, une 
rente d'un demi maldre de seigle et d'un florin et demi, à 10 sols 
bbt. pièce, sur la maison Peters à Wicherdingen, pour une somme 
de 26 écus à 30 sols bbt. pièce. Sceau de Frédéric de Grumel- 
scheidt, père de la dite Marguerite. 

Original. Parchemin. 

79. a. 1567, 28 octobre. Theodorich et Henri de Metternich, 
frères, seigneurs de Bourscheit, et Paul de Breitscheit et Cathe- 
rine de Pouwyly, conjoints, déclarent avoir fait un échange ; les 
premiers obtiennent le mompersgut à Hoschet et environs, sei- 

9 



— 422 — 

gneurie de Bourscheit ; les époux Breitscheit obtiennent les biens 
de Eschweiler, seigneurie de Wiltz, et la censé de Meisenburg, à 
Hosy (Hosingen) en payant une soulte de 400 fl. à 10 sols Bbt. 
pièce. Sceaux de Henri de Metzenhausen, seigneur de Linster, et 
de Guillaume de Lommessweiler. 

Original. Parchemin. 

80. a. 1568, 24 mai. Jean, seigneur de Wiltz et de Stadebredeniss, 
et Claudia Beyer de Boppart, sa femme, déclarent avoir donné en 
engagère à Catherine de Pouwyly, veuve de Paul de Breitscheit, 
une rente annuelle de 4 maldres et demi de seigle, mesure de 
Wiltz, sur leur dime de Helzingen et de Weyler près Asselborn, 
pour en avoir reçu la somme de 200 écus, à 30 sols brabt. pièce. 

Original. Parchemin. 

81. a. 1569, 7 mai. Jean d'Ecry, sgr de Harnoncourt, prévôt de 
Montmédy et de St. Mard, Claude de Beauchamp, écuyer, sgr de 
Ayoncqmine et de haulte Molainville en partie, et Jean Rouelbe, 
clerc juré des dites Prévostés, gardes du scel et tabellions de 
Montmédy, attestent que Adam de Malmedy, sgr de Bazeille et 
Laval en partie, âgé d'environ 25 ans, a vendu à Godefroid de 
Pouilly, écuyer, sgr de ce lieu en partie, et à Claude de Malmedy, 
sa femme, ses beau-frère et sœur, son droit lui échu par le tré- 
pas de Jean de Malmedy, son père, en la maison neuve de Laval, 
fief et prévôté de St. Mard, pour un prix de 200 écus. 

Copie. 

82. a. l'569, 31 décembre. Clemens Mutsch et Bernart de Rover, 
échevins à Echternach, attestent que Fremans Reyner et Barbell, 
sa femme, ont fait un échange de biens avec Keiffers Jacques et 
Marguerite sa femme ; les premiers obtiennent un jardin sis in 
Wolfsgass, et les seconds une cote au lieu dit : Wyndt, avec une 
soulte de 20 petits florins. 

Original. Parchemin. 

83. a. 1570, l^r avril. Déclaration de tout ce qui appartient au 
curé de Mussy-la-ville, tant en dimes, grosses et menues etc. 

Simple copie. 

84. a. 1570, 20 septembre. Clauss Hosinger de Nurtringen, 
manrichtev à Clervaux, Peter de Wiler, Jacob von Dayneuden, 



— 423 — 

hommes féodaux et Kariger George, huissier demt. à Clervaux, con- 
statent que George Remmerey de Steinbach et Marguerite de 
Grumelscheidt, conjoints, ont déclaré avoir vendu leurs droits et 
dimes à Wicherdingen et environs, leur héritage à Steinbach etc. 
à Jean de Breitscheidt, et à Anne de Rochefort, conjoints, à Guil- 
laume de Breitscheit, à Adam de Bentzeraidt et à Jeannette de 
Breitscheit, conjoints, pour un prix de 733 fl. à 10 sols pièce. Sceaux 
de Jean, seigneur de Wiltz et de Stadtbredmes, Bussy, coseigneur 
à Clervaux, et de Godtfridt, sgr d'Eltz, Walmeringen, Undreich, 
coseigneur à Clervaux. 

Original. Parchemin. 

85. a. 1571, 1er juin. Dietherich von Bergen et Anna de Bettin- 
gen, conjoints, déclarent que Marie de Bettingen, soeur de la dite 
Anne, est décédée sans laisser des enfants ; ils cèdent leurs droits 
à sa succession à Guillaume von Justen et à Catherine de Bettin- 
gen, leur beau-frère et soeur, pour en jouir leur vie durant ; les 
biens hérités sont la maison de Bergen, celle de Bolchen et la 
censé de Himmerstorfï. 

Original. Parchemin. 

86. a. 1571, 22 juin. Jean Landolfî et Clemens Mutsch, échevins 
à Echternach, constatent que Jean Breidschedt, en sa quahté de 
fondé de pouvoir de sa mère Catherine Powely, a fait un échange 
de biens avec Claus Kratsch, bourgeois d' Echternach, et Elss, sa 
femme ; la première obtient un champ, gelegen obent clen siechhus- 
sern, de la contenance d'un journal ; les seconds obtiennent un 
champ gelegen vnder den siechhusser, de la contenance d'un demi 
journal, avec une soulte de 14 petits florins. 

Original, parchemin. 

87. a. 1571, 2 juillet. Traité de mariage entre Thiedry Fouq de 
Hubin, seigneur de Koerich, et de Marguerite le bouteilhère de 
SanUer, fille de Gérard le bouteillier et de Barbe de Housse. 

Acte incomplet. 

88. a. 1573, 28 avril. Joachim von Schœnenburgh, seigneur de 
Hartelstein, bailli électoral de Trêves à Schoneck, Schœnbergh et 
Hillessheim, et Hanss Tholoss von Ediger, cellerier à Schoneck, 
déclarent qu'il a existé un difl'érent entre Adam de Bentzeradt, 
demeurant à Portzig, d'une part, et la communauté et franchise 



— 124 — 

de Schoneck, d'autre part,au sujet d'une place sise à Schœneck; 
il est intervenu une transaction en vertu de laquelle le premier a 
payé à la dite communauté la somme de 33 écus dits : Joachims- 
daller ; la femme de Adam de Bentzeradt était Jeannette de 
Breitscheidt. Sceaux des hommes féodaux de Schoneck. 

Original. Parchemin. 

89. (a. 1575, n. st.) a. 1574, 8 mars, st. Trêves. Diedrich Pfock 
von Hubin, seigneur de Bereldingen et de Kœrich, déclare avoir 
relaissé à Jean Oberhausen et à Sunnen, sa femme, la censé de 
Schlindermanderscheid avec dépendances, contre un rendage 
annuel de quatre maldres de bled, mesure d'Arlon, moitié seigle 
et moitié avoine, une mesure de beurre, etc. etc. 

Copie certifiée. 

90. a. 1577, 12 octobre. Maître Henry de Humin, Lieutenant 
prévôt de Bastoigne, Robert de Vaulx, écuyer, sgr de Sibré, Jacques 
Dawan, Jehan de Cobreville, Gilles d'Awiscourt et Guillaume 
Warck, tous hommes jugeables de la salle à Bastogne etc., attestent 
que George Ramey de Stembay et Marguerite de Grumelscheit, sa 
compagne, ont reconnu avoir vendu une rente de 24 pattars, deux 
poules et 50 œufs sur l'héritage Bartas au ban et fmage de 
Stockem, à Jean de Breytscheydt, écuyer, maire de Bastogne, et 
à Anne de Rochefort, sa femme, à Guillaume de Breitscheit et à 
Adam Bentzerodt, comme mari et bail de Jeanne de Breitscheit, 
frères et beaufrères, pour le prix de 25 thallers à 30 sols pièce. 

Copie certifiée. 

91. a. 1577, 18 octobre. Jehan de Gorcey, seigneur de ce Ueu, et 
Claude de Lehich, son épouse, déclarent avoir vendu les biens et 
droits leur échus par le trépas de Jean de Lelhch, en son vivant 
seigneur de Reistorf, Villette, etc., leur beau-père et père ; les 
dits biens sis es villages de Reistorf, Eppeldorf, Burselbach, 
Folkendingen, à Osweiler et Hongerhof; leurs cosuccesseurs sont 
Jean de Lellich et Claude de Custine, leur beau-frère et frère. Le 
prix de vente est de 850 francs 10 pattars, monnaie présentement 
courante en la duché de Luxembourg. « Et cestuy vendaige avons 
« fait pour et au prouffict de Jehan de Breitscheit, escuier, mayeur 
(( de Bastoingne, dem^ne Anne de Rochefort, son épouse, de 
(c Guilllaume de Breitscheit et de Adam de Bentzerodt comme 



— 125 — 

« mari et bail de démolie Jehanne de Breitscheit, noz cousins et 
« cousines. y> Jean de Lellich et Claude de Gustines, frère et 
beau-frère de Claude de Lellich. 

Original. Parchemin. 

92. a. 1578, 6 février. Bernhardt Bousz de Ehnen, bourgeois 
d'Echternach, et Engell, sa femme, reconnaissent devoir à Jean 
Breitscheit et à Anne de Rochefordt, conjoints, à Guillaume de 
Breitscheit, à Adam de Bentzeraith et à Jeanne de Breitscheit, 
conjoints, la somme de 1900 petits florins de Luxembourg, à 10 
sols pièce ; en assurance du capital et des intérêts, ils leur hypo- 
thèquent une maison avec dépendances, sise place du marché, 
acquise des dits créanciers. Jean Laudolf et Sifridt Kannengiesser, 
justicier et échevins à Echternach, apposent leurs sceaux. A cet 
acte est transfixé un autre de l'année 1596, 22 novembre, par 
lequel Bernhard Boiss de Ehnen, bourgeois d'Echternach, et 
Catherine, sa femme, reconnaissent encore devoir au sire de 
Breitscheidt la somme de mille florins ; ils payeront pour ce restant 
de dette une somme de 62 fl. 1/2 pour intérêt. Mathis GobeUnus, 
échevin à Echternach, a apposé son sceau. 

Originaux. Parchemins. 

93. a. 1578, 4 juin. Jean Laudolfî, justicier, et Sifridt Kannen- 
giesser, échevins à Echternach, constatent que Henri de Lachen 
dit Wampach, comme fondé de pouvoir de Johan de Menthet et 
de Marie de Breitscheit, conjoints, a déclaré avoir vendu les droits 
de ceux-ci dans la succession de leurs père et mère, à Jean Breit- 
scheit et à Anne de Rocheforte, conjoints, à Adam de Bentzenraith 
et à Jeannette de Breitscheit, conjoints, et à Guillaume de Breit- 
scheit, leurs beaufrères, pour une somme de 6000 francs de 
Lorraine. 

Original. Parchemin. 

94. a. 1578, 10 septembre. Nicolas Loutterborn, Bernhardt Piecken, 
Jacob Metzler, Wulffardt de Lupperscheidt, Wulffardt de Basten- 
dorff, Guillaume de Blankenheim, Johan Apferdt de Biedbourg, 
tous échevins (gerichtsschefîen) de la ville de Diekirch, constatent 
que Henri de Lachen dit : Wampach, comme fondé de pouvoir de 
Antoine de Menthett et de Marie de Breitscheit, a déclaré avoir 
cédé à Jean, à Guillaume, et à Jeannette, frères et sœur de Breit- 



— 126 — 

scheyt, tous les droits de la dite Marie de Breitscheidt à la suc- 
cession de ses père et mère, contre une certaine somme d'argent 
reçue en dot. L'acte a été passé à Ristorf vnder dem hoychen 
himmel. 

Original. Parchemin. 

95. a 1579, 15 mai. Peter von Munden, mayeur haut justicier à 
Oisswiller, sous prévôt àEchternacli, et Bell Hans, mayeur à BoUen- 
dorff, échevins de la prévôté d'Echternach, attestent que Bernhard 
Boss de Ehnen, bourgeois à Echternach, comme fondé de pouvoir 
de Jean de Gorcy, sgr de ce lieu, et de Claude de Lellich, con- 
joints, a fait le transport à Jean de Breitscheit et à Anne de Ro- 
chefort, conjoints, à Guillaume de Breitscheit, à Adam de Bentze- 
roidt et à Jeannette de Breitscheit, conjoints, de tous les biens 
leur vendus par ses commettants, et qui sont situés im hofî Reis- 
dorf, Eppeldorf, zu der Veltz, Oissweiller et hungerschhoff, biens 
obvenus aux vendeurs par le décès de leur père et beau-frère Jean 
de Lellich, leur beau-frère Guillaume de Lellich et leur tante 
EUsabeth de LelUch. 

Original. Parchemin. 

96. a. 1579, 20 mai. Longwy. Le prévôt de Longwy et les com- 
mis à la garde du scel du Tabellion de la dite ville, attestent que 
Pierre de la Mouillye, écuyer, lieutenant du Gouverneur de la 
ville et de la garnison deDampvillers, assisté de Jean de la Mouillye, 
écuyer, seigneur De la heuille (?) Henry de Sterpigny, écuyer, 
sgr de Gorcy et Bled, Gabriel et Gilles de Manteville, écuyers, sgrs 
de ce lieu et Villers etc., ont déclaré avoir négocié le contrat de 
mariage entre le dit Pierre de la Mouilly et Françoise de Lombart, 
fille de feu Marc le Lombart, écuyer. 

Original. Parchemin. 

97. a. 1580, 18 avril. Transport de la terre et seigneurie de Kœrich. 

Grand parchemin. 

98. a. 1580, 12 juin. Achapt de la terre de Kœrich au profit de 
Jacques de Raville. 

Parchemin. 

99. a 1580, 19 juillet. Ratification originels de la vente de Kœrich. 

Ancien inventaire. 



— 127 — 

100. a. 1580, 19 octobre. Jean, baron et seigneur de Wiltz, 
Stadtbredniss, Bussy, Clervaux, prévôt d'Ardenne, Adam de 
Bentzerath, Henri de Humin, Walerian de Troul, Jean de Vaulx, 
et Henri de Laval, tous hommes jugeables de la salle de Bastogne, 
constatent que les héritiers de feu George de Brandenbourg, vivant 
époux de Marie Schellart, ont déclaré avoir vendu les droits et 
jurisdictions qu'ils ont hérité de feu leur oncle de Brandenbourg, 
et qui sont sis à Enscheringen et ailleurs dans la prévôté de Bas- 
togne, pour un prix^de 440 couronnes à 40 sols pièce. 

Traduction en allemand non certifiée. 

101. a. 1580, 19 octobre. Jean de Wiltz, baron et seigneur de ce 
lieu, de Stattbrednis, Bussy, Clerval etc., grand prévôt d'Ardenne, 
Adam de Bentzerad, Henri de Humin, etc., hommes jugeables de 
la salle de S. M. à Bastogne, attestent que les héritiers de feu 
George de Brandenborg, jadis mari de feu Marie Schellart, assavoir: 
Jehan, fils de feu Jehan Enscheringen, et Marie, sa femme, résidant 
à Esch auf der Alset, George d'Enscheringen, demt. à Copstein, 
et Oestgen, sa femme, George Teusch, et Marguerite Enschringen, 
sa femme, Volvertz Michel d'Enschringen, et Eltz d'Enschringen, 
sa femme, Michel Jong aussi d'Enschringen, et Barbelle d'Ensch- 
ringen, sa femme, ont déclaré avoir vendu les biens leur échus 
par le trépas de George de Brandeborg, leur oncle, et sis à 
Enschringen et par toute la prévôté de Bastogne, à Frederick de 
Grumelscheit, écuyer, pour un prix de 440 écus à 40 patars pièce. 

Original. Parchemin. 

102. a. 1581. Renonciation de Claude Marguerite de Raville, 
épouse de Wolfgang de Cronenbourg, à tous biens pater- et ma- 
ternels, moyennant une somme de 20,000 francs de Lorraine. 

Ancien inventrire. 

103. a. 1581, 7 avril. Thionville. Testament de Madelaine de 
Monreal, veuve de Claude de Lellich, dame de Puppelsdorf, fait en 
tems d'épidémie (in dieser gefahrlicher regierender pestilentzzeit); 
elle partage ses biens entre ses enfants George, Hillegart veuve de 
Nassau, frère et sœur de LelUch ; et sa fille Catherine de Lellich, 
épouse de Gillaume Mohr de Wald, étant décédée, à Dietherich, 
Paul et Madelaine Mohr de Waldt ; ses enfants auront une part de 
ses biens, de môme que sa fille Eve, sœur de la dite Hillegart ; 



— 128 — 

elle déshérite ses fils George et Jean, qui lui ont fait des procès 
injustes. Sont exécuteurs testamentaires : Jœst von Bechell, 
coseigneur à Wolckringen, son beau-frère et Hans Balthasar de 
Monreall, seigneur de Nauman (?) son cousin. 

Deux expéditions authentiques. 

104. (a. 1582). Sentence rendue au Grand Conseil de Matines 
entre feu George Fock de Hubin et Jacques de Raville, appelant 
et impétrant lettres de réduction d'un appointement du 17 mai 
1582, au sujet de la haute justice de Kcerich, par laquelle parties 
sont condamnées à se conformer ponctuellement au dit appointe- 
ment. 

Ancien inventaire. 

105. a. 1582, 26 mai. Actum Diethenhoben. Testament de Wil- 
helm von Justen et de Catherine de Bettingen, conjoints, en faveur 
de leurs parents et collatéraux. Ont été nommés exécuteurs tes- 
tamentaires leurs beaux-frères Christophe de Weiller, seigneur de 
WoUckringen, et Dietherich de Berg, dit Kolbach. Témoins : Jean 
de Mercy, seigneur de ce lieu et Clemera, conseiller à Luxem- 
bourg, Gouverneur et Prévôt à Thionville, Nicolas Francequin, 
receveur à Thionville et bailli de la seigneurie de Floerchingen, 
Christophe de Weiller, sgr de Wolkringen, Frantz de Ham, etc. 

Original. Grand parchemin. 

106. a. 1582, 11 novembre. Engagère dans laquelle George Fock 
de Hubing, seig^ de Heistorfî, et Marguerite de Bouteltere, per- 
mettent à Henry Mœnners de Kœrich et à sa femme, d'engager à 
Jacques de Raville, trois pièces de pachis en Hargard à Kœrich. 

Ancien inventaire. 

107. a. 1582, 23 décembre. Antique stilo. Fait à Kettenhoben. 
Contrat de mariage entre Jacques de Ville sur Yron, receveur de 
Lorraine à Sierck d'une part, et Agnès, fille de Nicolas France- 
quin, bailU à Floerchingen et receveur à Thionville et de Anna de 
Ham. La future apporte en dot des biens à Hebingen sous Bett- 
stein. Témoins : Hindt Richtpadt, Johan Mone, tous deux sei- 
gneurs à Luchtingen, Alexandre Musset, seigneur de Fetz, et 
Albert de Bassy, receveur de Lorraine à Hombourg et st. Nabor, 
Frantz de Ham, Hans George de Manderscheit, Abraham du Mont, 
sgr de Breuville, et Jean de Nidbrûcken. 

Original. Parchemin. 



— -129 — 

408. a. 4585, 44 février. Longuion. Les doyen et chapitre de 
l'église collégiale de ste Agathe à Longuyon, déclarent vendre à 
Biaise Jacquot, marchand bourgeois de Marville, sujet de Son 
Altesse de Lorraine, un bois près de Montmédy, pour un prix de 
250 francs de bar et 50 francs pour la couppe. 

Original. Parchemin. 

409. a. 4585, 4er mai. Luxembourg. Nicolas de Pfortzem et 
Adolffa de Baden, sa femme, demeurant à Luxembourg, déclarent 
avoir relaissé à Weyskerffers Weynandt et à Treynen, sa femme, 
de Wiltz, leur héritage sis à Wiltz (unser IrfTgutt gelegen zu Wiltz, 
das zum burchhaus das binnendt dem schloss Wiltz gelegen, ge- 
hordt haett) avec dépendances, contre un rendage annuel de 8 écus 
à 30 sols pièce. 

Original. Signature. 

440. a. 4585, 29 juillet. Sarbourg. Contrat de mariage entre 
Jacques de Ville sur Yron, bailli et receveur de Lorraine à Sierck, 
d'une part, et Anne, fille de Diederich de Bergh et d'Anna de 
Bettingen. Témoins : Guillaume Justen, capitaine au service de 
l'Electeur de Trêves, Adam Sibrich von der Neuwerburch, sgr de 
Diestorfî, Jean Kesten, bourgmaitre à Trêves, Heidt Richart, Jo- 
han Monetz, seigneurs de Luchtingen, Alexandre Musset, seigneur 
de Vetz. 

Original. Parchemin. 

444. a. 4586, 8 février. Maître Jean, TabelUon es baillages de 
Nancy et d'Allemagne, constate que Pierre Manceau et Margue- 
rite, sa femme, demeurant à Callembourg, d'une part, et Girardin 
de la porte et Péronne, sa femme, demt. à Chevery la neuve, 
d'autre part, ont fait un échange de biens, sis au ban de Callem- 
bourg etc. 

Original. Parchemin. 

442. a. 4587, 44 mai. Catherine de Breitscheidt, veuve Christophe 
de Hausen, seigneur de Rehngen, déclare, du consentement de 
son fils Alexandre de Haussen, avoir vendu à Adam de Bentzeroidt 
et à Jeannette de Breitscheidt, conjoints, et à Guillaume de Breit- 
scheidt, ses biens, cens et rentes à Eyssenbach, Bockholtz, Clerff, 
Fispaich, Nocheren, Scheidellet Kemelloben, Burschett, Hosingen, 
Nithaussen, Dorschett, Stolzenburgh et Sevenalder, pour un prix 



— 130 — 

de 2300 florins à 10 sols pièce. Les vendeurs chargent Henri de 
Lachen dit Wampach, de faire le transport. Sceau d'Alexandre de 
Musset, gendre de la venderesse. 

Simple copie. 

113. a. 1587, 3 décembre. Syfridt Kannengiesser et Hans Kochen- 
becker, échevins à Echternach, constatent que Schnider Endriss, 
bourgeois d'Echternach, et Eve sa femme, ont déclaré avoir vendu 
à Guillaume Breitscheit une grange et un pressoir auff clem fieren- 
marckt pour un prix de 160 fl. de Luxembourg, puis un jardin im 
Breulgass pour un prix de 24 fl., puis un jardin pour 66 petits 
florins. 

Original. Parchemin. 

114. a. 1588, 15 janvier. Johan Landolf de Biedbourg, écoutête, 
et Mathias Gubellius, échevins à Echternach, constatent que Hans 
Michel de Kressenich etEva de Breidscheit, conjoints, Hans Her- 
man de Breidtscheidt, Bernhardt de Breidscheit et Anne Laudolff 
de Biedbourg, sa femme, tous parents, frères, sœur, etc., ont 
vendu à Guillaume de Breidtscheidt, leur cousin, une maison avec 
dépendances, prés, jardins, vignobles, etc., à Echternach et envi- 
rons, aussi sis au ban de Oissweiller, pour 1050 petits florins de 
Luxembourg. 

Original. Parchemin. 

115. a. 1589, 18 novembre. Mathias Gubellius et Peter Fremman, 
échevins à Echternach, constatent que Guillaume de Breidscheidt 
et Theis Schnider de Grochten, et Barbara, sa femme, ont fait un 
échange de biens ; le premier obtient un jardin in Wolfsgas et les 
autres un jardin in Erstrass. 

Original. Parchemin. 

116. (a. 1590, n. st.) a. 1589, 27 janvier. More Treverensi. Adam 
de Bentzenradt déclare avoir donné en fief à Herman Kristen et 
à Mergen, sa femme, un héritage sis à Prum dit : Schimpfererb- 
schaft. 

Original. Parchemin. 

117. a. 1590, 1" février. Adam von Bentzeradt dePfortzig recon- 
naît avoir emprunté de sire Bartholomé Rulandt, curé à Prunsfeldt, 
la somme de 208 écus de Luxembourg, puis cent écus à 31 albus 



— d31 — 

pièce ; il payera pour intérêts 6 p. c. et un ort. Il lui donne en 
hypothèque la censé de Romershem. Sceaux de Dietherich de 
Metternich, sgr de Bourscheidt, conseiller électoral de Trêves et 
Manrichter de l'abbaye de Prum. 

Original. Parchemin. 

118. a. 1590, Décembre. Virton. Adrian de Perceval, écuyer, et 
Marguerite de la Vaulx, sa femme, déclarent vendre à Anthoine de 
Malmedy, sgr de Lavaulx et de Bazailles, en partie, le gagnage des 
seigneurs à Bazailles pour un prix de 1200 francs. 

Original. Parchemin. 

119. a. 1592. Achat d'un bien nommé Leyendeckersgut à Kcerich 
au profit du sgr Jacques de Raville. 

Ancien Inventaire. 

120. a. 1593. Procure de Jean de Raville, donnée à son épouse 
Marguerite de Bassompierre, à l'effet de recevoir les créances qui 
leur étaient dues en Lorraine, et de demander compte et reliquat, 
comme aussi à l'effet de poursuivre les débiteurs en justice. 

Ancien Inventaire. 

121. a. 1593, 9 mars. Jean Laudolf, écoutète et Jean Hadamar, 
échevins à Ecternach, constatent que Guillaume Mohr de Waldt 
a fait un échange de biens avec Guillaume de Breitscheit, son 
cousin ; le premier obtient une grange sise près de sa maison, 
contre une rente annuelle de 18 francs, à 9 sols pièce, payable à 
Rystorff ; Guillaume de Breitscheidt reçoit encore 25 écus à 30 
sols pièce. 

Original. Parchemin. 

122. a. 1593, 18 juillet. Koerich. Le notaire Gabriel Sourfelt 
constate les fiançailles entre Louis de Nassauw, coseigneur à 
Wolckringen, et Claude de Hubin, à l'assistance de Guillaume de 
Lontzen dit Roben, coseigneur à Hondtlingen, et de Guillaume 
Roben, sgr de Sinsfelt, devant sire Henri Sterpenich, curé à Koe- 
rich. 

Original. Papier. 

123. a. 1593, 26 octobre. Koerich. Contrat de mariage entre sire 
Louis de Nassau et Claudine Fock de Ilubin, en présence de Guil- 
laume Mohr de Walt, Diederich Boullich et Guillaume de Lontzen 



— 132 — 

dit Roben, aussi de Hans" Guillaume de Lontzen dit Roben ; le 
futur époux assigne pour douaire à la future épouse sa maison 
féodale à Vianden avec dépendances, comme vignobles, champs, 
près, jardins et meix. 

Simple extrait. 

124. a. 1594, 21 février. Syffrit Kannengiesser et Peter Freman, 
échevins à Echternach, constatent que Bernard Boys, bourgeois 
d'Echternach, et Catherine, sa femme, et Peter Kornungh de Oss- 
weyler, et Catherine, sa femme, ont déclaré avoir vendu à Guil- 
laume de Breytscheyt, demt. à Echternach, une pièce de terre 
sise vor der Brûcken, pour un prix de 63 fl. de Luxembourg, aussi 
un petit vignoble sis in munderley pour 36 fl. de Luxbg. 

Original. Parchemin. 

125. a. 1595, 9 décembre. Guillaume de Breitscheit fait un échange 
de biens avec Matheis Lebkuecker et Engell Huwartt, conjoints ; 
le premier obtient un jardin sis vor der Brûcken dit : hinder Saur 
Mûllen, et les seconds obtiennent une place vague sise à côté de 
leur maison d'habitation. 

Original. Parchemin. 

126. a. 1596, 15 juin. Coblence. Jean, archevêque de Trêves, etc., 
déclare donner en fief à Burkhart Wimpfehng, docteur es droits, 
pour Guillaume de Bentzeradt, la censé de Welkenradt avec dé- 
pendances, du ressort de la cour de Gundenbrecht et le Bollershof 
à Romersheim. 

Original. Parchemin. 

127. a. 1597, 22 avril. Les Gouverneur, Président et conseillers 
du Conseil provincial à Luxembourg, ordonnent une enquête dans 
une question de propriété, les héritiers de Adam de Bentzeradt sou- 
tenant avoir des droits sur le bien Schmaler de Eschweiler, détenu 
par Torners Vaes ; une note au bas de l'arrêt porte que Torners 
Vaes s'est soumis à faire les corvées demandées. 

Original. Parchemin. 

128. a. 1597, 26 novembre. Egidius Macs et Matheis Lebkuecker, 
échevins à Echternach, attestent que Christofïel Weywerts, bour- 
geois d'Echternach, et Griett, sa femme, ont reconnu avoir vendu 
à Guillaume Bentzeradt, et à Catherine Laudolff, sa femme, deux 



— 133 — 

champs, sis : hinder Beidtlingen et in der Cronen, pour un prix de 
309 fl, 5 sols petits de Luxbg. 

Original. Parchemin. 

129. a. 1598, 14 avril. Relief d'une partie duterrage deHoldange 
qui est fief de Kœrich. 

Ancien Inventaire. 

130. a. 1598. Dame Marie de Liefïeldt et le sire de Gobreville, 
seigneur et dame comparsonniers de Guirsch, érigent en fief le 
bien de Kocksvogtey ou Kosvogtey, à charge par le possesseur de 
s'acquitter des devoirs de franchomme ce qui est une obligation 
« de faire garde des prisonniers et d'accompagner à pied ou à 
« cheval en temps de guerre le seigneur de Guirsch. » 

Mémoires du mois de mai 4780. 

131. a. 1599, 27 avril. Johannes Hadamar et Mattheis Lebkuecker, 
échevins à Echternach, constatent que Trappen Gangolff, bour- 
geois d'Echternach, et Marie, sa femme, ont déclaré avoir vendu 
à Guillaume de Bentzeradt et à Catherine, sa femme, un champ 
(ein veldt sampt seinem zubehœrigen reiss, gelegen uf der Luten- 
bach) pour un prix de 160 petits florins de Luxemb. 

Original. Parchemin. 

132. a. 1599, 20 mai. Le capitaine Englebert du Chasteaux, maieur 
de la haute cour et mairie de Hœfîelt et les échevins de cette 
cour, constatent que le s»" Thomas d'Ouseldenge, et Ane (?) de 
Berilz (?), sa femme, ont déclaré avoir emprunté du maieur Thiess 
de Vintrange et de Marie, sa femme, la somme de 112 dallers, à 
30 patars pièce, cours de Luxembourg ; ils leur donnent pour ce 
en engagère la dime de Lulenge ; Sceau du capitaine Englebert. 

Original. Parchemin. 

133. a. 1600 (30 juin). Andern tags nach Pétri und Pauli. Mathias 
Gubellinus et Peter Freman, échevins à Echternach, constatent 
que Nobes Bartz, bourgeois d'Echternach, et Barbe, sa femme, 
ont déclaré avoir vendu à Guillaume de Bentzeroidt et à Catherine, 
sa femme, un champ sis îiff Laiitenhach (gehet langs die bach ufî, 
vermitz seinem darin stehenden Reiss) ; aussi un champ vor der 
Brûcken, pour un prix de 179 11. petits de Luxembourg. 

Original. Parchemin. 



— 134 — 

134. a. 1000, 19 juillet. Nancy. Charles, duc de Lorraine, à la 
requête de son vassal Hartard de Bergh, seigneur de Colpach, 
enseigne d'une compagnie de hauts allemands hors régiment sous 
la charge du colonel de Munichausen en la garnison de Luxem- 
bourg, déclare confirmer les acquisitions qu'il a faites par achat 
ou donation de certaines portions de seigneurie au village de 
Châtillon, prévôté de Longwy, à savoir du comte de Vaudemont, 
de Claude de Beauchamps, etc. Hartard de Bergh avait dit dans 
sa requête ne pas avoir plutôt pu faire ses reprises à l'occasion 
des guerres et courses des Hollandais. 

Copie certifiée. 

135. a. 1600, 22 septembre. Peter Freeman etMatheis Lebkuecker, 
échevins à Echternach, constatent que Clais Weynandt, bourgeois 
d'Echternach, et Griett, sa femme, ont déclaré avoir vendu à 
Guillaume de Bentzeradt et à Catherine, sa femme, un champ sis 
vor der Brûcken pour un prix de 80 petits florins de Luxembourg 
et 7 sols. 

Original. Parchemin. 

136. a. 1601. Appointement entre Jacques de Raville et Louis de 
Nassau touchant la jurisdiction de Kœrich. 

Ancien inventaire. 

137. a. 1601, dernier mars. Bastogne. De Montmédy, échevin à 
Bastogne, certifie que Marie von der Heyden a approuvé l'appoin- 
tement fait entre elle et sire Jehan de Bondorff, par son commis 
Nicolas Bechet, dit La Mock, écuyer, voué de Vescuville et les 
arbitres Jehan de Breidtscheidt, écuyer et Guillaume d'Orthol, 
échevins de Bastogne. 

Original. Papier. 

138. a. 100^1, 10 mai. Trêves. Lotharius, archevêque de Trêves, 
déclare avoir donné en fief à Guillaume de Bentzeradt des biens 
relevant de l'abbaye de Prum, à scavoir la censé de Wolckenradt 
et dépendances sous la cour de Gundesbrecht et le Bollershove à 
Romersheim. 

Original. Parchemin. 

139. a. 1601, 11 mai. Trêves. Lotharius, archevôque de Trêves, 
déclare avoir donné en fief à Guillaume de Bentzerodt un bien 



— 135 — 

castrai à Schoenecken im Dali, cédé dans le tems aux ancêtres de 
Guillaume de Berodt par Engelbert Hurtte de Schoenecken, des 
rentes en vin à Pfalzel, etc. 

Original. Parchemin. 

140. a. 1601, 16 juin. Transaction entre Frédéric Francequin,' 
receveur à Thionville et bailli de la seigneurie de Florange, et 
Anne de Bentzeraith, sa femme, d'une part, et Guillaume de 
Bentzeraith, frère de la dite Anne, au nom de Catherine Laudolff, 
sa femme, de sa sœur Catherine Bentzeraith, et Jeannette de 
Bortzigh, d'autre part, au sujet de la succession pater- et mater- 
nelle ; les premiers reçoivent une somme de 1100 écus et demi de 
Luxbg à 30 sols pièce. 

Original. Signatures. 

141. a. 1601, 23 juin. Trêves. Lothaire, archevêque de Trêves, 
déclare avoir donné en fief à Claude de Linster des biens relevant 
du couvent de Prum et sis à Alff, Schweich, Igelscheidt, etc. 

Copie certifiée. 

142. a. 1603, 14 août. Egidius Maess et Mattheis Lebkuecher, 
échevins à Echternach, constatent que Jean Hoscheit, bourgeois 
d'Echternach, et Griett, sa femme, ont déclaré avoir vendu à 
Guillaume Bentzeraidt et à Catherine Laudolff, sa femme, un 
champ sis : obent dem Erellberg, pour un prix de 36 petits florins. 

Original. Parchemin. 

143. a. 1604, 8 avril. Arlon. George d'Everlenge, Lieutenant prévost 
(en l'absence de M. de Raville) et échevin à Arlon, Guillaume Lon- 
sem, dit Roben, George Friederich d'Enschringen, tous deux sei- 
gneurs d'Elle et de Hondelange, hommes de fief, Michel Warck et 
Nicolas Kerschen, échevins de la Prévôté, constatent que François 
de Weinville, officier et féodal de la seigneurie de Witry, à ce auto- 
risé par décret du Conseil Provincial de Luxembourg en date du 20 
février 1604, a reconnu, comme père et tuteur de Thiery de Wein- 
ville, son fils mineur d'ans, avoir délaissé par échange, la part et 
partie qui peut obvenir à son dit fils à Colpach, Grendel et ailleurs, 
après le décès de Thiery de Berg, dit de Colpach, son grand père, 
encore vivant, contre certains biens féodaux sis au ban et finage 
de Weinville. 

Original. Parchemin. 



— 436 — 

144. a. 1605, dernier juin. Verton. Claude de Laittres, seigneur 
de la Malmaison, capitaine et Prévôt de Virton et St Mard, et les 
gardes du scel du tabellion de Virton, constatent que Adam de 
Malmedy, seigneur de Busailles en partie, a vendu à Nicolle de 
Gustine, veuve du s"" Gratian de Laval, des héritages sis aux bans 
et fmages de Busailles et Villonne, pour un prix de 210 francs, à 
12 patars le franc, monnaie courante au pays de Luxembourg. 

Original. Parchemin. 

145. a. 1600,18 décembre. Kœrich. Louis de Nassau, coseigneur 
à Kœrich et Wolkringen, et Glaude Fock de Hubingen, sa femme, 
déclarent relaisser leur mouhn de Kœrich à Hippert de Dallent 
pour un terme de 12 ans, contre un rendage annuel de 12 maldres 
de bled, mesure d'Arlon, etc. 

Copie simple. 

146. a. 1607, 25 juin. Louis de Gustine, baron et seigneur de 
Goncs, Villy, etc., conseiller d'état, chambellan de Son Altesse, 
capitaine et prévôt de Longwy, garde du scel du tabellionage du 
dit lieu, déclare que, devant Delot et Gérard, notaires jurez à Longwy, 
furent présents Jean Hannegain et Zune Démange, sa femme, 
demt à Ragecourt, reconnaissant à Jean Noël, mayeur à Battain- 
court, et à Gatherine, sa femme, mère de la dite Zune, le tiers en 
la moitié d'une maison et dépendances à Battaincourt. — A cet 
acte est transfixé un autre du 29 décembre 1618 par lequel Peter 
Ernest de Mercy, baron et seigneur du dit lieu, Mandre, Ghàtillon, 
conseiller d'état, gentilhomme ordinaire de la Ghambre de S. A., 
capitaine et prévôt de Longwy, garde du scel du tabellionage du 
dit lieu, constate que Domenge Noël de Battaincourt a vendu à 
François Mathis, demt. à Aix, une maison avec dépendances à 
Battaincourt pour 2300 francs monnaie de Brabant. 

Original. Parchemin. 

147. a. 1607, 28 octobre. Theodorich et Henrich, frères, de 
Metternich, seigneurs de Bourscheidt, et Paully de Breidtscheidt 
et Gatherine de Pauwyly, conjoints, reconnaissent avoir fait un 
échange de biens ; les premiers obtiennent un bien dit : Mainpars, 
sis à Hoscheit et environs, seigneurie de Bourscheidt ; les der- 
niers obtiennent des biens à Eschweiler, seigneurie de Wiltz, et 
dans le Meysenburgerhof à Hosingen, contre une soulte de 400 fl. 



— 437 — 

à 10 sols bbt pièce, payable aux premiers. Sceaux de Henri de 
Metzenhausen, seig^ de Linster, et de Guillaume de Lommesweiler. 

Simple copie. 

148. a. 1608, 18 mai. Wiltz. Jean, baron de Wiltz, seigneur de 
Stattbrednus, Bussy, Clervaux, Gouverneur, Capitaine et prévôt à 
Thionville, déclare avoir donné en fief à Nicolas de Portzem, ca- 
pitaine, burgrave et intendant à Vianden, et markvogt à Diekirch, 
la moitié de la maison dite Eullenhaus à Wiltz et les rentes en 
dépendantes, aussi d'autres biens y spécifiés. Reversailles. 

Original. Parchemin. 

149. a. 1608, 27 octobre. Hans de Birsdorfi", dit Bondorf, et Anne 
Marie de Breyderbach, sa femme, demeurant à Niederwampach, 
reconnaissent devoir à Roprecht de Moulton de Bastogne, curé à 
Dielhenbergh, la somme de 50 petits écus, à 30 sols pièce, em- 
ployée à la construction du moulin de Bondorf ; en assurance ils 
affectent leur dime du ban de Diedenbergh. 

Original. Parchemin. 

150. a. 1611, 17 mai. Le grand conseil de Malines accorde des 
lettres de relief d'apael à Louis de Nassau, seigneur en partie de 
Kœrich, contre une sentence du Conseil provincial de Luxem- 
bourg, dans une affaire contre la veuve de Jean de Gobreville, 
relativement au moulin de Kœrich. 

Copie certifiée. 

151. a. 1612, 7 février. Longuyon. Le sieur de Manteville, lieute- 
nant gouverneur à Dampvillers, donne procuration à l'effet de 
relever pour lui en fief de Son Altesse de Lorraine, les biens 
mouvant de Sa dite Altesse. 

Original. Parchemin. 

152. a. 1612, 6 novembre. Reulandt Balthazar, baron de Pallandt, 
Reulandt, burgrave et seigneur à Alpen, sgr de Thommen et Bess- 
liegh, chambellan héréditaire du duché de Luxembourg et comté 
de Chiny, atteste que Claude de Linster est fils de Claude de Lins- 
ter, le jeune, et de Johannet von der Foë, décédés pendant le 
jeune âge du dit Claude de Linster ; que son grand père était 
Jean Claude de Linster, et manrichter de la Seigneurie de Reu- 



— 138 — 

landt, et sa grand'mère Marie de Granchamps ; son aieul s'appe- 
lait Claude de Linster et son ayeule Marguerite de Landtscheidt, 
tous d'origine noble. 

Copie certifiée. 

153. a. 1613, 24 mai. George de Beckart, sous-prévôt à Echter- 
nach, Michels Yalentin, Sébastian Weber, Hans Starlc et Endres 
Theis, mayeurs haut justiciers, déclarent que : In Egidy Masy 
Behausung , hinden im hoff, under dem blauwen Rimmel, Guillaume 
de Bentzeradt, demeurant à Echternach, agissant pour lui et 
pour Jean de Lellich et Villette et Philippe de Povilly, seigneur 
de Grand Clery, Villette et Civiet, d'une part, et Guillaume de 
Breitscheit, écoutête de l'abbaye de st. Willibrord à Echternach, 
d'autre part, ont vendu les premiers au second leurs droits et pré- 
tentions sur les deux tiers des biens sis à Reysdorf, Burselbach, 
Veltz et environs, ces droits et prétentions échus aux vendeurs par 
le décès de EUsabeth de Lelhch, veuve de George d'Autel, seigneur 
de Kœrich. 

Original. Parchemin. 

154. a. 1617, 19 juin. Datum Treveris. Le judex curise de sire 
Theodoric de Horst, chanoine et archidiacre de l'éghse métropo- 
litaine de Trêves, au titre de St Agathe à Longuion, déclare que 
Pierre Ernest, seigneur de Raville, Ansemburg, Dallembroch, Dags- 
tuU, Siebenborn, Kœrich, chevalier, maréchal héréditaire, justicier 
des nobles, conseiller, et lieutenant gouverneur du duché de Lu- 
xembourg et comté de Chiny, lui a présenté Conrad Ottweiler, curé 
à Hobscheidt, pour deservir l'autel du st sacrement dans l'église 
paroissiale de Kœrich, office vacant par le décès de Michel de 
HondUngen ; il lui donne l'investiture. 

Original. Parchemin. 

155. a. 1618, 3 août. Wiltz. Jean, baron de Wiltz, Beric, Sa- 
ralbe, Bussy et Clervaux, gouverneur, capitaine et prévôt de la 
ville et forteresse de Tliionville, déclare donner en fief à Hans 
Conrad von dem Berge, seigneur de Kolbach, les cens et rentes 
acquis par lui à Kauchendorff, et dépendant en fief de Wiltz. 

Original. Parchemin. 

156. a. 1619, 21 janvier. Bruxelles. Lettres patentes par lesquelles 



— 439 — 

les archiducs Albert et Isabelle accordent au sgr de Raville, 
chevalier, maréchal héréditaire et justicier des nobles, leurs droits 
et actions éventuels de pouvoir répéter par retenue et retraite féo- 
dale et autrement contre les manans et habitans de Kœrich, la 
dime et la collation de la cour de Kœrich, acquise dans le temps 
des seigneurs de Glemency et d'Autel, acquisition non suivie de 
transport et restée par suite simple engagère. 

Copie simple. 

157. a. 1619, 3juin. Mathias Lebkucher et Hieronymus Botzongh, 
échevins à Echternach, constatent que Jacques de Monsay, et 
Adriane de Breitscheit, seigneur et dame de BoUium, ont vendu à 
Guillaume de Bentzeradt, et à Catherine Laudolff de Biedthourg, 
sa femme, leur sixième part dans une maison appt. à leur oncle 
Guillaume de Breydtcheidt etc. pour un prix de 333 écus et 10 
sols de Luxbg. 

Original. Parchemin. 

158. a. 1619, 17 juin. Aegidius Masius et Hyeromimus Bodsong, 
échevins à Echternach, constatent que Jean Guillaume Sybrecht 
de Neuerbourg et Anna de Breitscheit, sa femme, ont vendu à 
Guillaume de Bentzeradt et à Catherine Laudolff de Biedtbourg, 
conjoints, leur sixième part dans la succession de leur oncle 
Guillaume de Breidscheit, pour un prix de 333 écus et 10 sols de 
Luxembourg. 

Original. Parchemin. 

159. a. 1619, 8 juillet. Mathias Lebkucher et Hyeronimus Bot- 
zong, échevins à Echternach, constatent que Richard Goers, de- 
meurant à Bastogne, fondé de pouvoir de Paul de Breitscheidt, 
seigneur de Naomé, Pouilly et Sens, a déclaré avoir vendu à 
Guillaume de Bentzeradt et à Catherine Laudolff de Biedtbourg sa 
femme, leur cousin et nièce, sa part d'une maison avec dépen- 
dances à Echternach uff dem Vyrnenmarckt, pour un prix de mille 
florins à 10 sols pièce. 

Original. Parchemin. 

160. a. 1619, 19 novembre. Transaction entre Henri Ernest, sgr 
de Raville, d'une part, et les anciens et mambours, ainsi que tous 
les paroissiens de Kœrich, d'autre part, au sujet de la collation 



— uo — 

de la cure de Kœrich, et les trois septièmes de la dîme, ensuite 
des lettres patentes des archiducs Albert et Isabelle, en date du 
21 janvier 1619, par lesquelles ces trois septièmes et la collation 
furent cédés au dit sgr de Raville. Témoin : Florent, comte de 
Berlaymont etc., gouverneur du pays de Luxembourg. 

Original. Parchemin. 

161. a. 1620, 27 février. Echternach. Hans Peter Laudolfî de 
Biedbourg et Egidius Maess, échevins à Echternach, constatent 
que Hans Wilhelm de Manderscheydt, résidant à Volkendingen, et 
Catherine de Bentzeraidt, sa femme, ont vendu à Guillaume de 
Bentzeraidt, demt. à Echternach, et à Catherine Laudolfî, sa femme, 
leur frère et beau-frère, leurs droits héréditaires (sauf les cens et 
rentes) sur la succession de leur oncle et beau-frère Guillaume de 
Bentzeraidt, et de celle de Guillaume de Breitscheidt, pour un 
prix de 450 écus à 30 sols de Luxgb. pièce. 

Original. Parchemin. 

162. a. 1621, 28 juillet. Kœrich. Pierre Ernest, seigneur de Ra- 
ville, Ansembourg, SeptfontaineSjMeilbourg, Dallembroch, Kœrich, 
etc., chevalier, maréchal héréditaire, conseiller justicier des nobles 
dans le duché de Luxbg. et le comté de Chiny, déclare, en sa qua- 
lité de patron de l'église paroissiale de Kœrich et de l'autel du 
st. sacrement dans la dite église, unir les revenus de l'église et de 
l'autel, en faveur de Léonard Ottweiler, prêtre et maitre es arts, 
durant la vie de celui-ci. 

Simple copie. 

163. a. 1622, 27 décembre. Uhren, château. Martin de Gilsingen 
seigneur d'Uhren, déclare que Charles Diederich de Portzheim a 
reçu de lui en fief, une troisième part des biens sis au Katzenberg, 
les prés de Kalborn, ufî der Schleiden etc. 

Copie certifiée. 

164. a. 1623, 19 août. Piera, alias Farinel, à la requête de M. de 
Raville, seigneur de Cœurich, fait la description et indique la 
contenance du bois de Casselsbusch, ban d'Olm, du bois dit 
Hœltzgen, ban de Kehlen, et du bois de la Geichel. 

Original. 



— 141 — 

165. a. 1623, 4 octobre. Partage fait entre les enfans de feu Pierre 
Ernest de Raville, homologué par le Conseil provincial de Luxl3g. 

Parchemin. Ancien Inventaire. 

166. a. 1623, 11 décembre. Partage entre les enfants de Pierre 
Ernest de Raville et d'Anne de Pallant, en vertu duquel la terre 
de Kœrich est obvenue à Jean François de Raville, la terre de 
Mylbourg à Otto Hartard, celle d'Ansembourg, à Florent, et celle 
de Septfontaines à Pierre Ernest de Raville, tréfoncier à Trêves. 

Ancien Inventaire. 

167. a. 1624, 6 mars. Echternach. Aegidius Masius et Hyeronimus 
Botzong, échevins à Echternach, constatent que Clais Clauss, 
bourgeois d'Echternach, et sa femme, ont déclaré avoir vendu à 
Guillaume de Bentzeradt, aussi échevin à Echternach, et à Cathe- 
rine Laudolfî de Bidbourg, sa femme, un jardin sis in Bruelsgassen, 
à condition que les époux Bentzeradt leur cèdent un autre jardin 
à Echternach. 

Original. Parchemin. 

168. a. 1624, 22 avril. Echange du village d'Olm contre celui de 
Calenbach, le premier au profit du s^ de Raville, sgr de Kœrich, 
le second au profit du s^ de Tyner, sgr de Holenfeltz. 

Ancien Inventaire. 

169. a. 1624, 27 juillet. Jean Benninck, Président du Conseil pro- 
vincial de Luxembourg et garde des Chartres, reconnaît avoir reçu 
le dénombrement des fiefs que Hartard de Bergh, seigneur de 
Colpach, Ghastillon et Vance en partie, a relevé de sire Florent 
comte de Berlaymont et de Lalaing etc., gouverneur et capitaine 
général du pays duché de Luxbg. et comté de Chiny ; les dits biens 
féodaux lui sont obvenus de sa femme Jeanne de Chasnoy, fille de 
feu Nicolas de Chasnoy. 

Extrait certifié. 

170. a. 1624, 29 novembre. Trêves. Philippe Christophe, arche- 
vêque de Trêves, déclare avoir donné en fief à Guillaume de Bent- 
zerath, la censé de Walckenradt avec dépendances, sises dans la 
cour de Gundelbrecht, et le Bollershove à Rommersheim, biens 
relevant de l'abbaye de Prûm et possédés jadis par Adollï Bourde 



— 442 — 

Munstereiffel et par son frère Gérardt, ayeul de Guillaume de 
Bentzeradt susdit. 

Copie authentique. 

171. a. 1624, 13 décembre. Les mayeur et échevins deChâtillon 
reconnaissent que sire Hartard de Bergh, seigneur de Chàtillon, 
leur a accordé la permission de vendre un certain canton de bois 
dans le bois communal, moyennant payement d'une part du prix 
de vente. 

Original. Papier. 

172. a. 1625, l^r juin. Château de Kœrich. Jean François, baron 
de Raville, maréchal héréditaire, seigneur de Kœrich et Dalberg, 
et Marguerite de Dodenbergh, sa femme, déclarent avoir relaissé 
à SchiefTers Heinen, leur serf, et à Sunnen, sa femme, de Kruch- 
ten, une vouerie délaissée (pfleglos), avec dépendances, dite : uff 
der Schleiden, contre un cens (schafft) annuel de deux florins d'or, à 
20 sols pièce, 4 chapons etc. 

Copie certifiée. 

173. a. 1627, 3 mars. Sirck. Arendt Behr, tailleur, bourgeois de 
Sirck, et Odilia, sa femme, reconnaissent devoir à Anna von 
Berg, veuve de Jacques de Ville sur Yron, vivant, receveur à 
Sierck, la somme de 600 francs de Lorraine. Acte notarié. 

Original. Parchemin. 

174. a. 1628, 19 juin. Echternach. Le notaire Gerlach Breydt, 
notaire et secrétaire de la ville d'Echternach, constate que Guil- 
laume de Bentzeradt et Catherine LaudolfTde Biedtbourg, conjoints, 
ont déclaré avoir eu de leur mariage deux garçons et deux filles ; 
ils attribuent la propriété de leur maison à Echternach à Hans 
Wilhelm de Bentzeradt, leur fils aîné, de même que leurs biens 
aux environs d'Echternach, lui imposant la charge de doter leurs 
autres enfants Jean de Bentzeradt et Anne Catherine de Bent- 
zeraedt, et de payer chaque année à leur seconde fille Anne Mar- 
guerite de B., religieuse au couvent de ste Claire à Echternach, 
les intérêts d'une somme de 500 écus de Luxbg. Témoins : Hye- 
ronimus Botzongh et Claudius Reygersberger, échevins à Echter- 
nach. 

Original. Parchemin. 



— 143 — 

175. a. 1628, 12 décembre. Peter Laudolff de Biedtbourg et Ma- 
thias Lebkuecher, échevins à Echternach, constatent que Frédéric 
de Francequin, résidant à Florcliingen, et Anna de Bentzerait, sa 
femme, ont vendu à Guillaume de Bentzerait et à Catherine Lau- 
dolff de Biedbourg, sa femme, demt. à Echternach, leur frère et 
beau-frère, leurs droits héréditaires sur les biens leur échus par 
le décès de leur oncle Guillaume de Bentzeraidt, pour un prix de 
416 écus et 20 sols à 30 sols par écu. 

Original. Parchemin. 

176. a. 1629, 11 décembre. Les justicier et hommes de fief de la 
seigneurie de Clervaux constatent que Martin de Steinbach, a de- 
mandé à pouvoir relever en fief de Guillaume de Bentzeradt la 
moitié d'un tiers de la dime de Weigerdingen et des rentes à Sto- 
ckem, possédés à ce titre de ses prédécesseurs et relevés en fief 
de la seigneurie de Clervaux. 

Original. Papier. 

177. a. 1630, 4 février. Meix. Antoine Arnoult et Sunne, sa 
femme, reconnaissent tenir à titre d'admodiation, les maisons, 
terres et prés, par eux vendus ci-devant à sire Hartard de Berg, 
écuyer, sgr de Chatillon, Vance, Chantemelle, et à dame de Chai- 
noy, son épouse ; ils leur fourniront annuellement sept maldres 
de grains, mesure d'Arlon, moitié seigle, et moitié avoine. 

Original. Papier. 

178. a. 1634 (24 juin). Jour de st. Jean Baptiste. Charles Diede- 
rich von Portzem et Elisabeth von dem Bergh, conjoints, résidant 
à Orsplet, reconnaissent devoir à Jean Diets de Fischbach, éche- 
vin de la haute cour de Clervaux, et à Suzanne, sa femme, la 
somme de 450 dalers de Luxembg. à 30 sols pièce, pour quoi ils 
leur mettent en gage leur rente annuelle de Stockem sur la hrmjère, 
portant annuellement un muid et demi de seigle et autant d'avoine et 
16 sols en argent, aussi leur dime de Lulenge. — Dette remboursée 
le 15 janvier 1675. signé Diedrich Bocholtz. 

Traduction en français. 

179. a. 1634, 11 décembre. Michel Collignon, bourgeois d'Ethe, 
reconnait devoir à sire Jean de Wopersnow et à Nicolle de la 



— 444 — 

Moulie, son épouse, dame ^de Vaulx, Bazeille, la somme de dix 
écus, à 5 francs pour l'écu, monnaie conrsable en ce duché de 
Luxembourg, pour argent lui prêté. 

Original. Papier. 

480. a. 1635, 24 novembre. Sentence rendue par le grand Con- 
seil de Malines contre Jean François de Raville, au profit de ses 
frères Florent, Otto et Hartard de Raville. 

Ancien Inventaire. 

181. a. 1636, 21 juillet. Robert de la Mocq, alphère d'une com- 
pagnie d'élus au quartier d'Yvoix, et autres, attestent que N. de 
Berghes, frère de Pierre Ernest de Berghes-Golpach, comman- 
dant à Yvoix, a été fait prisonnier au moulin de Longchamps, près 
Yvoix, par des Croates, qui l'ont rançonné pour 150 patagons. 

Original. Papier. 

182. a. 1638, 19 mai. Sentence du Conseil provincial de Luxem- 
bourg dans une affaire entre Pierre Ernest de Cobreville, sgr de 
ce lieu, et Louys de Nassau, seigneur en partie de Kœrich ; décidé 
que le sgr de Cobreville jouira par provision de la 8^ part du re- 
venu et du profit de certain moulin, dat Vockische miielle. 

Simples copies. 

183. a. 1639, 2 janvier. Pierre Ernest de Berg, seigf de Chatillon, 
etc.. assisté de Nicolas de Berg, sgr de Vans et Chanttenel, son 
frère, et Marie Elisabeth de Nassaw, dame de Wolcrange, assistée 
de Anne Beatrix de Nassaw, dame de Kœrich, veuve de Roben, 
sa cousine, et de Claude de Beauchamp, sgr de Tonne-la-longue 
son cousin, reconnaissent que pour parvenir au mariage projeté 
entre eux, ils ont arrêté leur contrat. 

Original. Signatures. 

184. a. 1640, 4 février. Reulandt. Odiliana, baronne de Pallandt 
et Reulandt, vicomtesse d'Alleux, dame de Thommen, Beslinck, 
etc., déclare que Marie Reulandt, veuve de Claude de Linster, a 
été considérée comme noble vassale de la maison de Reulandt, 
et a été exempte de toutes charges de guerre. 

Original. Papier. 

185. a. 1640, mars. Engagère de la terre de Kœrich à Ernest, 
comte de Suyse, par Jean François, baron de Raville, Marguerite 



— 145 — 

de Dattembourg, (Battemburg ?), son épouse, Otho, baron de Gim- 
nich, et Adolphe, baron de Gimnich, comme tuteurs de Florent, 
baron de Raville, et de Marie Catherine, sa sœur. 

Ancien Inventaire. 

486. a. 4641, 47 janvier. Clervaux. Charles Diederich de Portz- 
heim et Elisabeth de Bergh, sa femme, déclarent avoir relaissé 
leur vouerie de Nocher à Weynants Johan de Kauttenbach et à 
Elisabeth, sa femme, contre un rendage annuel de 6 fl. petits, un 
maldre de bled, moitié seigle et moitié avoine, mesure de Wiltz, 
et 3 chapons. 

Copie simple. 

487. a. 4644, 9 avril. Echternach. Contrat de mariage entre Jost 
Hans de Geissitzheim, seigneur de ce lieu, fils de feu George 
Philippe de Geissitzheim et d'Anne Christine de Frettenheim, con- 
joints, d'une part, et Anne Madelaine Laudolfî de Bitbourg, fille 
de feu Hans Diederich Laudolfî de Biedtbourg et de Marie de 
Schmitbourg. La future épouse recevra comme don de noces, la 
somme de 200 écus de Luxbg. à 30 sols pièce. Témoins : Wolf 
Heinrich von Stein Callenfeltz, Johan Diedrich von Enschringen, 
Johan Philippe von Geissitzheim, Christophe de ReifTenberg, Hans 
Wilhelm de Bentzeradt, Jean Bernard de Lellig. 

Original. Signatures. 

488. a. 4644, 8 juin. Sentence d'adjudication de la terre de 
Kœrich rendue par le Conseil prov. de Luxbg. 

Ancien Inventaire. 

489. a. 4644, 5 décembre (ou octobre ?) Convention entre le 
comte de Suys et les tuteurs des enfants mineurs de Pierre Ernest 
de Raville, au sujet du retrait de la terre et seigneurie de Kœrich. 

Ancien Inventaire. 

490. a. 4642, 30 septembre. Mandement d'informer au sujet de 
la garde, que les sujets et manans des villages de Kœrich, Gœve- 
lingen et Gitzingen sont obligés de faire au château de Kœrich. 
Enquêtes. 

Ancien Inventaire. 

494. a. 4644, 46 janvier. Château de Kœrich. Testament de Anna 
Béatrix Fock de Hubingen, née de Nassau, dame de Kœrich, et 



— 146 — 

de Bereldingen, reçu par le notaire P. Strall. La testatrice lègue à 
l'église paroissiale ou à sa chapelle devant le château de Kœrich 
400 écus, monnaie de Luxbg., à charge d'anniversaire; elle lègue 
aux capucins et carmes d'Arlon, dix dalers simples pour messes ; 
idem aux capucins, recollets et dominicains de Luxbg. ; elle lègue 
à son époux, Gérard Jacques Fock de Hubingen, seigneur de 
Reckingen etc. les biens lui obvenus de ses père et mère etc. 

Simple copie. 

492. a. 1648, 29 aoùî. Wiltz. André Eschet, freyheits Meijer à 
Wiltz, et Pierre Gilgen, curé à Eschweiler, constatent le relaisse- 
ment à Preusch Paulus, d'une vouerie à Eschweiler, nunmehr 
vielle jar pflegloss, verfallen, gantz in abgang gerathen, pour en 
jouir aussi longtemps que le propriétaire Hans Guillaume de Bent- 
zeradt n'aura pas relevé sa maison. 

Original. 

193. a. 1652. Spécification des droits et rentes de la seigneurie 
de Kœrich. 

Ancien Inventaire. 

194. a. 1655, 16 juin. Description, consistance et contenance de 
la censé de Schleiden, près de Cruchten, dépendance du Château 
de Kœrich dit : Grsevenschloss, pendant la minorité du comte de 
Suys, seigneur de Kœrich. 

Original. Papier. 

195. a. 1657, 10 mars. Collation de la cure d'Arlon, faite par 
Florent Hartard de Raville, auquel la terre de Kœrich était ob- 
venue par le partage fait avec les frères de feu son père Jean 
François de Raville, au profit de sire Augustin RumUng. 

Ancien Inventaire. 

196. a. 1661, 21 avril. Vianden. Acte contresigné J. J. Herman, 
par lequel il est ordonné au bailli de st. Vith, ou à l'écoutête de 
Pronsfeldt, au nom du bailli en chef, de faire rendre justice à 
Jean Guillaume de Bentzeradt, demeurant à Echternach, au su- 
jet de certaine censé et dépendances sises àEyschet, dépendance 
de St. Vith, relaissée jadis à Louis Theis de Eyschet. 

Copie certifiée. 



— 147 — 

197. a. 1661, 19 juin. Châtillon. Les mayeur el, échevins de la 
justice de Châtillon attestent que Pierre Ernest de Bergh, seigneur 
de Châtillon, et Marie EUsabeth de Nassau, dame de Wolkrange, 
sa femme, ont déclaré être leur volonté, que le survivant d'entre eux 
héritera de tous les biens du prémourant, tant en meubles qu'im- 
meubles, à charge de payer 4000 écus donnés et légués par leur 
testament du 15 novembre 1654, pour ériger un couvent des frè- 
res Carmes dans la province Belgique, et 50 écus à la chapelle de 
st. Michel proche Wolckrenge, pour y faire les réfections néces- 
saires. 

Original. 

198. 1661, 8 août. Pierre Ernest de Colpach reconnaît avoir reçu 
en dépôt de M. de Moiville, son beau frère, cent ducats en espè- 
ces, avec une grande pièce d'or et une bague, 86 pistoles avec 
trois souverains d'or et demi etc. 

Original. Signature. 

199. a. 1662, 30 octobre. Echternach. Jean Guillaume de Bent- 
zeradt, écoutête à Echternach, déclare avoir constitué Reinard 
Guillaume de Brochausen, son cousin, comme procureur, à l'effet 
de percevoir les cens et rentes, umb grosspruerens Eyscheidt und 
Rommerscheim. 

Original. Signature, 

200. a. 1663, 19 janvier. Maximilien de Fienne, seigneur de Lum- 
bres, maître de camp, et dame Jeanne Catherine Cécile de Guer- 
noval, sa compagne, ont reconnu devoir à sire Adrien de Berlo, 
baron de ce lieu, capitaine de cavalerie, et à Anne Lienine (?) de 
Guernoval, sa femme, la somme de 11 mille florins. 

Original. Parchemin. 

201. a. 1603, 21 juin. Décret du Conseil Provincial de Luxem- 
bourg, rendu sur une requête de Charles Diederich de Portzem, 
seigneur de Colpach, sur une plainte de celui-ci, contre la veuve 
Caspars Heinen de Colpach, qui avait marié un de ses fils dans 
sa vouerie, sans le consentement de lui seigneur. Pièces de pro- 
cédure. 

Originaux. 

202. a. 1663, 10 septembre. Schitbourg. Cari Diederich de Man- 



— 148 — 

derscheidt et Marie Catherine de Manderscheidt, sa sœur, décla- 
rent que Jean Bockoltz, bailli à Schitbourg, et Marie, sa femme, 
leiu- ont prêté la somme de IGOO écus de Luxembourg, à 30 sols 
pièce, pourquoi ils leur engagent leur part de la cour d'Eschwei- 
1er, zu dem schlimmen thorn, aussi leur part dans leurs biens et 
rentes aux environs d'Echweiler. Au dos il est dit que Jean Guil- 
laume de Manderscheidt était marié avec Catherine de Bentzeradt. 

2 copies certifiées. 

203. a. 1664, 10 juillet. Bruxelles. Les Président et les gens des 
comptes à Bruxelles, sur la requête de Jacques Claude de Long- 
val, sgr de st. Pancré, et sur l'avis de Augustin Lanser, conseiller 
et Procureur général du Conseil Provincial à Luxembourg, accor- 
dent au suppliant la faculté d'ériger un colombier à Mousson, à 
condition de payer annuellement au profit de S. M. es mains du 
receveur des domaines, au quartier de Virton, un cens de six 
sols. Signé ; de Backer. 

Original. Parchemin. 

204. a. 1666, 22 septembre. Namur. Les provincial et définiteurs 
de la province Gallo-Belgique de l'ordre des frères de Notre 
dame du mont Carmel, déclarent accepter la donation de 4000 
patacons, faite à leur province par Monsieur de Colpach et sa 
femme dans leur testament. 

Original. Papier. 

205. a 1669, 14 juillet. Echternach. Madelaine de Bentzeradt, 
née de Villesuriron, vend sa part (anderthalb viertheil) de ses 
cens et rentes de Monhoffen (Monhoffener schafîts), à son frère 
François Diederich de Villesuriron, pour un prix de 300 écus. Si- 
gnatures de Hans Heinrich de Portzem, gendre de la venderessse, 
et de ses deux filles : Anne Catherine de Bentzeradt et de Marie 
Ehsabeth de Bentzeradt, épouse von Portzem. Aussi signature de 
D. Lebkuecher, notaire. On y lit : demnach ich Magdalena von 
Bentzeradt, geboren von Villesuriron, durch das Kriegswesen und 
meinem lieben Junkern zugestandener stettiger Krankheit, dass 
er seinem Hausstadt nicht mehr vorstehen kan, noch einigeNach- 
richtung seiner sachen, als redens und scheibens beraubt, zu geben 
nicht vermag. 

Original. Papier. 



— 149 — 

206. a. 1670, l^r avril. Kolbach. Charles Theodor de Portzem 
et Elisabeth de Colpach, conjoints, déclarent vendre à grâce de 
rachat, leur dime de Holler , dite part des Portzem, leurs cens de 
Wiltz à Crendall, à Jean Henricy, officier d'Everlange, et à Cathe- 
rine, sa compagne, pour un prix de 350 patagons, à 48 sols pièce. 
Acte reçu par Jean Eccardt, notaire à Wiltz. Témoin : Schleich, 
curéàKolpach. 

Traduction française ancienne. 

207. a. 1671, 14 octobre. Déclaration des sujets de la seigneurie 
de Kœrich, du nombre, des noms et surnoms d'iceux, combien 
un chacun a payé dans le dernier jet et répartition, comme aussi 
de quel style, métier ou labeur il subsiste et s'entretient, et ce en- 
suite de l'ordre de Son Exc^ Msgr le Prince de Ghymai du 14 oc- 
tobre 1671. 

Ancien Inventaire. 

208. a. 1672, 19 janvier, Girsch. Le notaire Redingh reçoit le tes- 
tament de Gabriel Alexis de la Ville-au-bois, écuyer, seigneur de 
Girsch, qui dispose entr'autres, que Marie de Reiffemberg, sa 
femme, aura la garde noble des enfants procréés par eux, avec 
pouvoir de disposer des biens, de l'avis et consentement de sire 
Augustin Rumling, curé et doyen d'Arlon, et de Nicolas Souvet, 
dit Coiglet, capitaine au service de S. M. Gath. à charge de remploi. 

Original. Papier. 

209. a. 1672, 21 juillet. Sentence du Conseil Provincial de Lu- 
xembourg, portant que Jacob Johan de Stefîenhausen, possesseur 
du Stoupersgut à Arlon, doit aux héritiers de Charles Diederich, 
de Portzem, une rente annuelle de six livres de lin, de deux pou- 
les et de 50 œufs, et à cause de la maison Jacobs à Stefîenhausen, 
une rente de 25 œufs et une poule. 

Expédition authentique. 

210. a. 1677, 2 mars. Echternach. Le notaire J. Faber constate 
que Hans Heiniich de Portzem et Marie Elisabeth de Bentzeradt, 
sa femme, ont reconnu que Hans Heinrich Schenck de Nideggen 
et AnnaGertrud, conjoints, leur ont prêté la somme de 65 écus, à 
48 sols pièce ; en assurance ils leur cèdent, pour un terme de 9 



— 150 — 

ans, diverses pièces de terre, entr'autres, un jardin près de la 
chapelle et un journal de terre sis : bey der Geissbriicken. 

Expédition authentique. 

211. a. 1677, 9 avril. Kœrich. Le notaire Meinertzhagen constate 
un arrangement entre Ernest Ferdinand Léopold, comte de Suys, 
seigneur de Kœrich, d'une part, et les administrateurs de la con- 
frérie de st. Rémy à Kœrich, d'autre part ; Ces derniers se sou- 
mettent à une sentence du Conseil Provincial de Luxembourg du 
5 octobre 1674, qui adjuge au premier les deux septièmes parts 
des grosses et menues dimes de Kœrich et le droit de collation 
de la cure de Kœrich, moyennant paiement d'une somme de 310 
fl. du Rhin, le dit droit de collation donné aux administrateurs 
susdits par Pierre de Glemency, seigneur de Kœrich en 1474. 

Original. Parchemin. 

212. a. 1677, 10 avril. Ernest Ferdinand Léopold, comte de Suys, 
seigneur de Kœrich, déclare que par transaction en date de la 
veille, les administrateurs de la confrérie de st. Remy à Kœrich, 
se sont soumis à exécuter la sentence du Conseil prov. de Luxbg. 
du 5 octobre 1674 ; et que depuis les mêmes l'ont solUcité de les 
gratifier derechef de 2/7es de la grosse et menue dime et de leur 
remettre les frais du procès, ce qu'il leur accorde, ce Als haben 
« wir hiemit nicht allein Ihnen brûdern, meistern vnd briider ge- 
(c melde processe Kosten nachgelassen, sondern auch vergunstiget 
« dass die bemelte zwo theilen grossen vnd kleinen zehendten by 
« der bruderschafft verbleiben, vnd zu dero vortheil vnd zu ab- 
« stattung dero anhangenden pflichten angewendet werden sollen, 
« vorbehalten jedoch dass gem. bruderschafft vnd bruder keinen 
(( kleinen zehendten im schloss haben sollen, wij auch nicht ahn 
« der herrn grafen zustehend halben siebenten theil, oder 14^ theil 
(( am Landtrecht ebenmsessig nichts zu fordern. » Signé : E. F. L. 
grafî von Suys. Clara Francisca greeffm von Suys, geborne grseffm 
von Thun. Homologué par le Cons. prov. de Luxbg. le 9 octobre 
1677. 

Copie certifiée. 

213. a. 1679, 16 avril. Bourscheid. Le notaire Klein constate que 
Hans Heinrich de Portzeim, cornette d'une coui.):isînie à cheval 



~ 151 — 

sous le baron de Metternich, et demeurant à Echternach, et Marie 
Elisabeth de Bentzeradt, sa femme, ont emprunté de Jean Bocholtz, 
demeurant à Dhall, la somme de cent écus, à 48 sols pièce, avec 
affection de leur censé de Eschweiler et leurs rentes à Hosingen 
et environs. 

Original. 

214. a. 1679, 29 décembre. Marguerite de la Margelle et Robert 
de Dave reconnaissent avoir emprunté de Bockoltz et de Marie, 
sa femme, demt. à Dabi, comté de Wiltz, la somme de cent pata- 
gons, à 48 sols pièce, sur leurs censés d'Eschweiler et de Hosingen. 

Cahier. Copie. 

215. a. 1680. Notes de sire Jean Georges de Portzheim, seigneur 
de Colpach, au sujet de la maison dite : Focken de Wincherange. 
Certifiées le 20 mai 1742 par P. G. de Portzheim. 

Originaux. 

216. a. 1680, 28 décembre. Rutgerus de Linster, demt. à Reu- 
land, déclare que Guillaume Mannard de Lengler et Susanne, sa 
femme, lui ont prêté la somme de 20 écus à 48 sols pièce ; ceux-ci 
ne seront plus obligés de payer au déclarant un cens annuel de 4 
poules, cent œufs et 4 sols et demi. 

Copie authenthique. Papier. 

217. a. 1681. Relief de la terre de Kœrich fait par ordonnance 
de la Ghambre royale de Metz. 

Ancien Inventaire. 

218. a. 1681, 25 octobre. Dénombrement des droits apparte- 
nant à un seigneur de Koerich. 

Ancien Inventaire. 

219. a 1681, 3 novembre. Rogier de Linster, écuyer, reconnaît 
tenir du roi de France, son souverain seigneur, le fief du bourg 
de Rulandt, relevant du vicomte de Berghes, seigneur de Rulandt, 
situé dans le comté de Ghiny, diocèse de Liège ; ce fief consiste 
en une maison noble et dépendances. 

Papier. Copie. 

220. a. 1681, 4 novembre. Metz. La Chambre Royale établie 
à Metz, déclare que Jean Henri de Portzheim, écuyer, a, en exé- 
cution de la déclaration du Roi du 17 octobre 1680, fait foi et hom- 



— 152 — 

mage à raison d'un fief d'Eschweiler enclavé dans la seigneurie 
de Wiltz et dépendant du comté du Chinij, et d'une maison située à 
Epternach avec ses appartenances, le tout mouvant du Roi de 
France. 

Original. Parchemin. 

221. a. 1G81, 20 décembre. Jean de Waupersnou, chevalier, re- 
connaît tenir du Roi de France, les terres et seigneuries de Ra- 
zeilles, Laval, Vilonne et Villers Gloye, et lui rendre pour ce ses 
foi et hommage, en exécution de l'arrêt du Conseil du 24 juillet 
1680 et de la déclaration du Roy du 17 octobre suivant; il déclare 
tenir les dits biens à cause de feu dame Marguerite de Manteville, 
son épouse, et de Louise de Manteville, sa sœur. 

Copie certifiée. 

222. a. 1682, 26 septembre. Hans Georg de Portzheim ; N. de 
Portzheim ; H. de Portzheim ; Cl. von Portzheim, et Albert von 
Portzheim, font le partage de la succession de leur grand'mère, 
Marie Elisabeth de Portzheim, née de Rergh, dame deColpach. — 
Le 23 septembre 1682, Philippe Ernest de Portzheim, Charles, 
François et leur soeur Elisabeth, donnent pouvoir à leur frère 
Albert von Portzheim et à leur oncle, Hans George de Portzheim 
de les représenter au dit partage. 

Copie volante. 

223. a. 1683. Relief de la terre de Koerich, dressé par le notaire 
Lucius. 

Ancien Inventaire. 

224. a. 1683, 10 janvier. Echternach. Hanz Heinrich de Portzen- 
heim et Marie Elisabeth de Rentzerath, conjointfs, reconnaissent 
avoir emprunté de Marth de Everhng, abbesse du couvent de ste 
Marie à Echternach, la somme de 30 écus, avec engagère d'une 
pièce de jardin devant la porte de Trêves. 

Simple copie. 

225. a. 1683, dernier juillet. Metz. Gabriel Lefebvre, écuyer, sei- 
gneur de Rierbois et de Ghevillers, conseiller du Roi Cathohque 
et de sire Jean de Gand, de Mérode et de Mommorancy, Prince, 
Comte d'Issenghien, Prince de Mamines, comte de Mildebourg, 
s'oblige au nom de celui-ci et consent à ce que Gérard Jacques 



— 453 — 

de Hubing, chevalier, seigneur de Berelding et en partie de Kœ- 
rich , soit colloque pour la continuation de la perception de ses 
droits, conformément à ses anciens titres et reprises, préférable- 
ment au dit Prince d'Isenghien, ces titres concernant des biens 
repris en fief des Princes d'Orange, comtes de Vianden. Le con- 
trat a été ratifié à Lille le 17 août 1683 par Jean de Gand, de Mé- 
rode et de Montmorency, Prince d'Isenghien et de Mamines, 
comte de Mildebourg, d'Oignies et de Vianden et autres lieux. 

Expédition certifiée. 

226. a. 1683, 4 octobre. Clervaux. H. de Portzheim et Marie 
Elisabeth de Bentzeradt, sa femme, reconnaissent avoir emprunté 
de André Bockoltz, bailli de la seigneurie de Clervaux, et de Mar- 
guerite BrouUois, sa femme, la somme de cent écus, à 48 sols 
pièce, pourquoi les premiers engagent aux derniers leurs dîmes 
de Weicherdingen, dites : das Bentzeradt geliedt. 

Original. Signatures. 

227. a. 1684, 10 septembre. Echternach. Hans Heinrich de Portz- 
heim et Marie Elisabeth de Bentzeradt, conjoints, reconnaissent 
avoir emprunté de dame Marthe de Everling, abbesse du couvent 
de Ste-Marie à Echternach et de tout le couvent, la somme de 37 
écus, avec engagère d'un verger à Echternach. 

Copie certifiée. 

228. a. 1685. Registre des recettes et des dépenses. 

Caliier de 42 feuillets. 

229. a. 1685, 13 avril. Le s"" Gérard Jacques Fock de Hubin, sei- 
gneur de Requain (V) est mort et le 26 du dit mois, j'ay pris pos- 
session de la succession de dame Anne Beatrix de Nassaux, dame 
de Kœurich, son épouse, dont le dit sieur de Hubain avoit la 
jouissance de la dite succession sa vie durant. 

Le 2 mai 1686 nous avons été à Luxembourg avec mon frère 
pour faire accord avec le s"" de Failly pour la maison de Luxem- 
bourg. Nous avons fait accord avec lui ; il at cédé et transporté 
la maison de Luxembourg moyennant cent dallers que nous lui 
avons donné en présence du s»" Bel va, greffier commis du Conseil. 

Ancien registre. Extrait. 

230; a. 1685, 18 octobre. Wiltz. H. de Portzheim déclare avoir 

11 



vendu sa part des biens situés au village d'Eschweiler et autres 
rentes en dépendantes, à son cousin Jean Henry de Portzheim, 
pour un prix de 610 patacons. Signé : H. de Portzheim et Martin 
de Dave. 

Original. 

231. a. 1686, 28 janvier. Eschweiler. Jean Henri de Portzheim 
déclare, tant pour lui que pour Marie Elisabeth de Bentzeradt, sa 
femme, que André Bockoltz, admodiateur de la seigneurie de 
Clervaux, leur a prêté la somme de 120 écus à 48 sols Bbt. pièce, 
pourquoi ils lui engagent leur 3^ part des cens de Weicherdingen. 

Cahier. Copie. 

232. a. 1686, 15 juin. Wiltz. Charles Nicolas de Portzheim, com- 
mis justicier féodal des nobles fiefvez de la maison de Wiltz, Fran- 
çois Chavancy dit d'Aix et Jean Mathieu Daumer, échevins féodaux 
et Gille Bernard, commis clerc juré, attestent que Martin de Dave, 
écuyer, seigneur propriétaire de Bodange et gentilhomme de la 
salle de S. M. à Bastogne, tant en son nom qu'en ceux de Mar- 
guerite de la Margelle, veuve de Arnould Bernard de Dave, vivant, 
seig*" de Bodange, sa mère, et de Anne Marie deRifflart, sa femme, 
a vendu à Anne Elisabeth de Portzheim, fille de Jean Henri de 
Portzheim, écuyer, résidant à Eschweiller, et de Marie Elisabeth 
de Bentzeradt, ses père et mère, les biens d'Eschweiller, Fischbach, 
Weicherdingen, Gemun et ailleurs, pour un prix de 200 patagons 
de Luxbg. à 48 sols pièce, faisant en monnaie de France 600 
livres. 

Original. Papier. 

233. a 1686, 18 novembre. Circuit de la terre et seigneurie de 
Kœrich, dressé par le notaire Lucius. 

Ancien Inventaire. 

234. a. 1687, 14 août. Charles de st. Beausant, seigneur de Chas- 
tillon et Kœrich etc. déclare avoir relaissé des biens à Dominique 
Steinmetzer, barbier à Kœrich, contre une rente annuelle, etc. 

Original. Papier. 

235. a. 1687, 22 septembre. Actum Eschweiler. Le notaire Bergh 
de Wiltz constate que Marie Elisabeth de Portzheim, née de 
Bentzeradt, donne pouvoir à son mari Hans Heinrich de Portz- 
heim, d'administrer les biens qu'elle possède à Eschweiller, à 



;^ 455 — 

Echternach et environs, de les vendre, ou engager. Le 22 février 
1689, Marie Elisabeth de Bentzeradt, épouse de Jean Henri de 
Portzheim, résidant à Eschweiler, écuyer, renouvelle la procura- 
tion ci-dessus. 

Originaux, papier. 

236. a. 1687, 19 octobre. Actum Echternach. Le notaire Leb- 
kuecher atteste que Hans Heinrich de Portzem, résidant à Esch- 
weiler, comté de Wiltz, autorisé à ce par Marie Elisabeth de Bentze- 
radt, sa femme, a reconnu avoir emprunté de Arnoldt Hardt, 
bourgeois d'Echternach, et d'Elisabeth, sa femme, la somme de 
40 écus pour doter sa fille, qui a pris le voile au couvent de Ho- 
singen. Il engage à ses créanciers des champs près Echternach. 

Copie certifiée. 

237. a. 1688, 7 juillet. Sentence du Conseil provincial de Luxem- 
bourg, entre la veuve et les héritiers de feu Jean Warck, en ma- 
tière d'interposition, d'une part et les héritiers de feu Pierre Ernest 
de Raville, sçavoir : Anne Marguerite de la Roche, veuve de feu 
Florent de Raville, Honoré Henri Hartard de Ravihe, chanoine de 
l'éghse cathédrale à Trêves, Jean Jacques_de Raville, chanoine et 
écolàtre, etc. condamnés. 

Ancien Inventaire. 

238. a. 1689, 20 février. Kœrich. Marguerite de Berg, dame de 
Chastillon, Meix, déclare, qu'étant en procès avec Philippe de 
Portzem, et dans la crainte de perdre ses biens, elle fait donation 
à ses fils Charles et Nicolas de st. Baussant, chevaliers, seigneurs 
de Kœrich, et aux enfants de sa fiUe Eléonore de St. Baussant, du 
château de Chastillon avec dépendances et de Meix-le-Tige, de la 
manière dont son grand père Hartard de Berg en a joui, à condi- 
tion d'entretien viager. 

Original. Papier. 

239. a. 1690, 26 mai. Partage des bois communaux fait entre les 
communs habitans des villages de Kœrich, GœvelingenetGitzingen. 

Ancien Inventaire. 

240. a. 1690, 19 décembre. Jean Henri de Portzheim et Marie 
Elisabeth de Bentzerad, conjoints, déclarent que Jean Bockoltz, 
curé à Eschweiler, leur a prêté la somme de 50 écus à 48 sols 



— 156 — 

pièce, pourquoi ils lui donnent en engagère leurs rentes à Nocher, 
à Berll, à Stockem, Weicherdingen, Hoschet et Felchet. 

Cahier. Copies. 

241. a. 1691, 17 novembre. Versailles. Lettres patentes par les- 
quelles Louis XIV, roi de France, donne au capitaine Maneras la 
charge de commander une compagnie de cavalerie dans le régi- 
ment du chevaUer de Tessé. 

Original. Parchemin. 

242. a. 169^1, 10 décembre. Acte d' engagère de la terre et sei- 
gneurie de Kœrich au profit du comte de Suys. En original. 

Ancien Inventaire. 

243. a. 1691, 23 décembre. Jean Henri de Portzheim et Marie 
Elisabeth de Bentzeradt, conjoints, demeurant à Eschweiller, dans 
la maison appellée Bourghaus, comté de Wiltz, confessent avoir 
reçu en prêt de Jean Bockoltz, curé à Eschweiller, la somme de 
40 écus à 48 sols pièce, pourquoi ils lui donnent en engagère leurs 
rentes de Eschweiller. 

Copie. Cahier. 

244. a. 1692, 22 juin. Testament de Anne Catherine Louise, ba- 
ronne de Raville, née baronne de Harff à Drimborn. 

Ancien Inventaire. 

245. a. 1694, 31 mars. Kœrich. Partage fait entre les enfants 
mineurs du s"" Jacques de St. Baussant, seigneur de Moiville, et 
de la dame Marguerite de Bergh, des biens à eux échus de la suc- 
cession du dit seigneur leur père et de celle de Pierre Ernest de 
Bergh, leur oncle, vivant seigneur de Chàtillon, à l'assistance de 
Jean de Vaux, seigneur de Sibrey et de s^ de Beauchamps, seigneur 
de Tonlalon. Ont signé : de st. Baussant, le chevalier de st. Baus- 
sant, Marguerite de Bergh, P. G. de ReifTemberg. 

Copie certifiée. 

246. a. 1694, 25 avril. M. E. von Portzheim, née de Bentzeradt, 
reconnaît devoir après compte fait, à Jean Bockoltz, curé à Esch- 
weiler, la somme de 107 écus et 30 sols. 

Original. Signature. 

247. a. 1694, 23 mai. Eschweiller. Jean Henri de Portzheim et 
Marie Ehsabeth de Bentzeradt, sa femme, reconnaissent avoir reçu 



— 157 — 

de Jean Bockoltz, curé à Eschweiler, la somme de 28 écus, 3 sols, 
l'écu de 48 sols bbt., avec engagère de leur part des rentes dites 
schafft en argent, grains et poules. 

Cahier, copie. 

248. a. 1694, 1 et 3 septembre. Echternach. H. de Portzheim 
déclare avoir emprunté de Nicolas Herrich, sous prévôt à Echter- 
nach, la somme de 16 écus à 60 albus pièce, pour sûreté de la- 
quelle il lui engage un journal de terre sis îndenKronen. Témoin: 
Jean Ohnger, justicier à Echternach. 

Original. Papier. 

249. a. 1694, 31 octobre. Château de Frimersdorff. Contrat de 
mariage entre Jean Henri de Oberhausen, fils de Jean Paul de 
Oberhausen, coseigneur de ce lieu, et de Anne Marie de Crum- 
mel, conjoints, d'une part, et Marie Elisabeth von der Hardt, fille 
de Henri Hartardt von der Haardt, sgr de Frimmersdorf, et de 
Françoise de Schonville, conjoints, d'autre part. Dot de la future 
fixée à 600 écus à 3 livres tournois pièce. Témoins : Jean Jacques 
Orley de Linster. Anne Marie de Ghoiseul, baronne de Beau- 
prez, etc. 

Original. Papier. 

250. a. 1695, 6 avril. Le notaire Theodor D'hall d'Arlon constate 
que sires Charles et Nicolas de saint Baussan, chevaliers, sei- 
gneurs hauts justiciers de Molavilet, Mussot, Vance et Kœrich en 
partie, ont vendu à grâce de rachat, à Paul Sunnen et à Pierre 
Lanner de Kœrich, maîtres de la confrérie de st. Remy de l'église 
paroissiale de Kœrich, assistés de sire Jean Rautgen, curé, et des 
anciens jurés mambours de la dite église, une censé dite Gross- 
Bewing avec dépendances, pour un prix de mille écus « portés 
(( par le testament de feu dame Anne Beatrix de Nassau de 1643, 
« au payement desquels les dits vendeurs furent le 25 juillet 1682 
« condamnés comme héritiers de la dite dame de Nassau. » 

Copie simple. 

251. a. 1696, 14 mai. Baseille. Sire Albert du Hautoy, chevalier, 
seigneur à Vaudoncourt, Flassignée la petite et la grande, déclare 
avoir vendu à sire FaiUie et à Anne de la Cour, son épouse, ses 
droits, rentes et revenus, dans les lieux, ban et finage de Villecoy, 



— 458 — 

Baseille, Sapoigne et Vellone, pour un prix de 36 écus à 3 livres 
pièce. 

Original. 

252. a. 1696, 3 décembre. Bazeille. Maurice deFailly et Anne de 
la Court, conjoints, reconnaissent avoir reçu la somme de 108 
livres 15 sols, portée dans un contrat de vente fait à leur profit 
par le sieur Albert du Hautoy, chevalier, seigneur de Waudon- 
court, des droits qui leur appartenaient au village de Villonne, 
à Bazeille et à Sapogne, contrat daté du 14 mai 1696 ; la dite 
somme leur a été payée par sire Jean Michel de Vaupersnow, 
seigneur de Laval. 

Original. 

253. (ad actes 14 mai et 3 décembre 1696). Louis du Haultoy, 
chevalier seigneur de Bleid, déclare agréer le contrat de vente fait 
par Albert du Haultoy, vivant, chevalier, seigneur de Vaudoncourt, 
Flacigny-la-petite et la grande, son frère, à sire Failly et à Anne 
de la Court, son épouse, de tous les droits qu'il avait avec le dit 
Albert dans les biens, cens et rentes de Viller-Cloye, Bazaille, 
Vellonne et Sapoigne, comme est plus amplement repris par le 
contrat daté du 14 mai 1696, lesquels biens ont été retraits 
par feu messire Michel de Wapernouw, vivant, chevalier de Ba- 
zailles, Laval et autres lieux, comme le porte l'acte du 3 dé- 
cembre 1696. 

Original. 

254. a. 1697, 21 mai. Eschweiller. Le notaire J. Berg, résidant à 
Wiltz, constate que Jean Henri de Portzheim, résidant à Esch- 
weiler, a déclaré pour lui et Marie Elisabeth de Bentzeradt, sa 
femme, avoir emprunté de Jean Bockoltz, curé à Eschweiller, la 
somme de 108 écus, 22 sols, employée au payement de sa contri- 
bution à l'ennemi, pour quoi il engage à son créancier sa part des 
rentes d' Eschweiller. 

Cahier. Copie. 

255. a. 1697, 10 décembre. Wiltz. Le notaire J. Berg, résidant à 
Wiltz, constate que Jean Henri de Portzheim, résidant à Esch- 
weiller, a reconnu avoir reçu en prêt de Jean Bockoltz, curé à 
Eschweiller, la somme de 25 écus à 8 escaUns pièce, pourquoi il 



— 159 — 

lui engage la 3e part des rentes et revenus de la vouerie Ludges 
à Eschweiller. 

Cahier. Copie. 

256. a. 1698, 42 février. Charles et Nicolas de st. Baussant, che- 
valiers, seigneurs de Kœrich, Ghastillon et autres lieux, déclarent 
avoir, de l'avis de leurs parens et amis, fait une fondation en 
l'église paroissiale de Ghastillon, heu de sépulture de leurs pa- 
rents ; la fondation consiste : « en deux messes basses par se- 
« maine ; la présente fondation estant au lieu et place des légats 
« pieux que la dame Beatrix de Nassaux avaitCfait par son testa- 
« ment aux couvents du st Esprit et de la Congrégation de la ville 
« de Luxembourg, de chacun mille dallers, qu'iceux couvents n'ont 
« voulu accepter et nous l'ayant remis pour en disposer à nostre 
ce volonté. » 

Original. Signatures. 

257. a. 1699, 18 décembre. Nancy. La Chambre des comptes de 
Léopold, duc de Lorraine, etc., sur la requête de Philippe Duhan 
de Martigny, écuyer, entérine des lettres 'patentes d'une charge de 
chambellan pour jouir du bénéfice d'icelles. 

Original. Parchemin. 

258. a. 1700, 11 février. Nancy. Léopold, duc de Lorraine, etc., 
déclare confirmer les acquisitions faites par le sieur du Han et la 
dame Philbert du Rivers, des parts et portions qui appartenaient 
au s*" Boulet en la terre et seigneurie de Colmet. 

Original. Parchemin. 

259. a. 1701, 13 janvier. Wiltz. Le notaire J. Berg, résidant à 
Wiltz, constate que Jean Henry de Portzheim, résidant à Esch- 
weiller, a reconnu devoir à Jean Bockoltz, curé à Eschweiller, 
tout compte fait, la somme de 149 écus 29 sols, pourquoi il lui 
hypothèque ses biens d' Eschweiller. 

Cahier. Copie. 

260. a. 1702, 7 mars. Ordonnance du Conseil Provincial de 
Luxembourg, rendue à la requête de Philippe Ernest de Reifi'en- 
berg, et de Christophe de Reiffenberg, son fils, portant nomination 
de commissaire devant lequel il sera procédé, avec Charles et 
Nicolas de St. Baussant, au partage de la succession de leur grand 
père et de leur grand' mère. 

Original. 



— 160 — 

261. a. 1703, 23 février. Koeurich. Le chevalier de Reifïenberg 
déclare avoir cédé à sire de st. Baussant, son oncle, seigneur de 
Koeurich, la somme de 42 écus, argent fort, due par le s^ Herrich, 
lieutenant prévôt d'Echternach, au s-" de Reifïenberg, oncle du dé- 
clarant, conformément à la procuration qu'il a de son dit oncle. 

Original. Papier. 

262. a. 1703, 8 mars. Jean Henri de Portzheim, écuyer du Roy, 
et Marie Elisabeth de Bentzeradt, sa femme, déclarent avoir fait 
démission de leurs biens en faveur de leur fils Philippe Charles de 
Portzheim, prêtre, les dits biens sis à Eschweiler et environs, à 
condition de rembourser les dettes dont ces biens sont chargés. 

Original. 

263. a. 1704, 5 juin. Echternach. Jean Mathias Masius, sous 
écoutête, et Nicolas Wagener, tous deux échevins, et Jean Olinger, 
aussi échevin et notaire, attestent que Jean Henri de Portzen- 
heim et son fils Jean Philippe Charles Portzenheim, prêtre, ont 
reconnu avoir emprunté de Henri Merjay, aussi échevin à Echter- 
nach, et de Susanne, sa femme, une somme de 200 écus à 8 esca- 
lins pièce, avec engagère de leur maison à Echternach près du 
couvent des Clarisses. 

Copie certifiée. 

264. a. 1705, 20 janvier. Inventaire des meubles, que la dame 
Madelaine de Sterpenich, épouse du sieur Nicolas Dazoville, che- 
valier, seigneur de Chàtillon, a au château de Chàtillon. Signé le 
chlr de st. Baussan. Madelena von Sterpenich. 

Original Parchemin. 

265. a. 1705, 27 mars. Lunéville. Léopold, duc de Lorraine, etc., 
déclare conférer l'état et office de grand veneur dans les duchés 
de Lorraine et de Bar à Philippe Duhan de Martigny, son cham- 
bellan. Par lettres patentes, du l^r juillet 1705, Léopold duc de 
Lorraine, attribue au sieur de Martigny, son grand veneur, une 
pension de 1800 livres par an. 

Original. Parchemin. 

266. a. 1706, 15 juin. Nancy. A la requête de Philippe Duhan 
de Martigny, l'un de ses chambellans, Léopold, duc de Lorraine, 
etc., fait entériner par la Chambre des comptes les lettres pa- 



— 161 — 

tentes obtenues par le dit Philippe de l'état et office de grandve- 
neur. 

Original. Parciiemin. 

267. a. 1707, 4 mai. Metz. Transaction entre Charles et Nicolas 
de St. Baussan, chevaliers, seigneurs de Kœrich et autres lieux, 
d'une part, et Charles Christophe de ReifTenberg, chevalier, sei- 
gneur d'Esch (Aix sur Cloix) et autres lieux, d'autre part, au sujet 
des successions de Pierre Ernest de Colpach, du s^ Jacques de 
st. Baussan, père et ayeul des parties etc. 

Copie certifiée. 

268. a. 1709, 24 mai. Au château de Colmeiz. Philippe Louis du 
Han, chevalier, comte de Martigny, grand veneur de Lorraine, et 
Jean Bapt. du Han, son frère, chevaher, seigneur de Mussot, 
chambellan de S. A. R., se portant fort pour Catherine Françoise 
Puidebar de Rochfeuille, épouse du dit Phihppe, et pour Anne 
Ursule de Reifïemberg, épouse du dit Jean Bapt., assistés de Jean 
Michel de Wopersnow, chevalier, seigneur de Laval et Bazeille, 
leur cousin, de Henry de Gorcey, chev. et sgr de Wachemont, 
aussi leur cousin, procèdent au partage de la succession de feu 
Gabriel du Han de Martigny et de Philberte de Rivers, leurs père 
et mère. 

Original. Parchemin. 

269. a. 1710, 2 novembre. Lunéville. Léopold, duc de Lorraine, 
etc., concède à Phihppe du Han de Martigny, l'un de ses cham- 
bellans et grand veneur, un quart et demi en la haute justice, 
moyenne et basse du village de Villacourt, ensemble de tous les 
droits, cens et rentes en dépendant. 

Copie certifiée. 

270. a. 1711, 21 septembre. Testament de Lothaire Frédéric, 
baron de Piaville, fils d'Anne Catherine Louyse, baronne de Ra- 
ville, née Harff de Drymborn, en faveur de son épouse, dame 
Hélène Charlotte de Raville, née baronne de Chievges (?). 

a. 1735, 20 avril. Codicile de Lothaire Frédéric, baron de Raville, 
qui confirme son testament. 

Ancien Inventaire. 

271. a. 1711, 17 décembre. Reulandt. Les écoutète et échevins 
de la terre et seigneurie de Reulandt, au pays de Luxembourg, 



— 162 — 

donnent un sauf conduit à Jean Jacques d'Ohrley, dit de Linster, 
s'en allant à Coblence, etc. 

Original. Papier. 

272. a. 1712, 14 mars. Le notaire Gilles Rainson de Habay la 
neuve constate que sire Nicolas de st. Baussant d'Arouville, sgr 
de Ghàtillon, etc., se portant fort pour son frère Charles de st. 
Baussant, a permis à Jean Creslot, bourgeois de Chàtilion, de 
construire une forgette, etc. 

Copie auth. 

273. a 1712, 3 septembre. Accord entre les quatre frères de 
Raville, par lequel les trois cadets cèdent à leur frère aine, 
Lothaire Frédéric, baron de Raville, tous les biens pater-et mater- 
nels, avec leurs droits, actions et prétentions, moyennant certaine 
somme, que ce dernier leur a payée, et en se chargeant de toutes 
les dettes. — Quittances de payement, a. 1712. 

Ancien Inventaire. 

274. a. 1712, 17 décembre. Lunéville. Lettres patentes par 
lesquelles Léopold, duc de Lorraine, confère à Louis Ferdinand 
Philippe, comte du Han de Martigny, seigneur de Villacourt et 
grand veneur, l'état et office de conseiller en ses Conseils d'Etat 
et privé. Entériné le 16 mars 1713, en la Chambre des comptes. 

Original. Parchemin. 

275. a. 1714, 27 mars. Reulandt. J. J. von Ohrley, genandt 
Linster, et Maria Angelavon Ohrley, gebohrne von Stein, déclarent 
donner en hypothèque leur part dans les maisons in der Aspen 
gelegen. 

Original. Papier. 

276. a. 1714, 22 décembre. Acte par lequel Jean Ernest de 
Raville, sgr de Dahlembrouck, cède au baron Lothaire Frédéric 
de Raville, son droit de retrait de la terre de Kœrich. 

Ancien Inventaire. 

277. a. 1715. Compte rendu par Collignon Claude, mayeur du 
Masuage, étabU par les seigneurs de Laval, seigneurs fonciers de 
Vellone, prévôté de St. Mard, pour les droits et rentes qui lui sont 
dus par les habitans du dit lieu. 

Cahier. Signature. 



— 163 — 

278. a. 1716, 22 février. Enquête faite par devant la Chambre des 
comptes de Lorraine, de laquelle il résulte que sire Gabriel Duhan 
était frère de sire Charles du Han, général de cavalerie pour le 
service de l'Empereur. 

Cahier. Signature. 

279. a. 1719, 13 mai. Verschreibung eines geistlichen Beneficii 
zu nutz Martin Seyler von Kœrich und zu belast der gantzen 
gemeinde daselbsten. 

Ancien Inventaire. 

280. a. 1720, 19 décembre. Sur la requête présentée par Louis 
Philippe, chevalier, comte du Han de Martigny, conseiller d'Etat, 
grand veneur de Lorraine, la Chambre des comptes de Lorraine 
entérine les lettres patentes de Léopold, duc de Lorraine, en date 
du 3 décembre 1720, par lesquelles il a été autorisé à faire ses 
reprises, foi et hommages des terres et seigneuries de Frouville, 
d'un quart et demi de la seigneurie de Villacourt, dépendant de 
Frouville, et d'un quart et demi de la seigneurie de Villacourt lui 
accordée par le duc pour services rendus. 

Original. Parchemin. 

281. a. 1721, 2 avril. Nancy. Sur la requête de Louis Philippe, 
chevaUer, comte du Han de Martigny, conseiller d'Etat, grand 
veneur de Lorraine, la Chambre des comptes reçoit le dénombre- 
ment des biens relevés en fief du duc de Lorraine. Estjoint le dé- 
nombrement. 

Original. Parchemin. 

282. a. 1721, 2 septembre. Château de Colpach. Le notaire For- 
ron d'Arlon, reçoit le testament de Louis Charles de Portzheim, 
seigneur de Colpach, y résidant; du consentement de son épouse 
Marie Marguerite Koller, il institue comme curateur ad haec le s»" 
Jean Nicolas Perlé, échevin de la ville, prévôté et marquisat d'Ar- 
lon ; celui-ci aura soin de l'éducation de son fils Philippe Charles 
de Portzeim, âgé d'environ six ans et demi, et de celle de sa fille 
Anne Françoise de Portzheim, âgée d'environ six mois ; des biens 
immeubles, lettres et documents ; de s'entendre avec Jean Henry 
de Portzheim, frère du testateur, au sujet des biens engagés de 
Schœnecken et de Bailer, paroisse de Weiswampach etc. 

Expédition certifiée. 



— 164 — 

283. a. 1722, 17 février. Oberhausen. Contrat de mariage entre 
François Charles de Portzenheim, seigneur de Ober et Nieder- 
colpach, fils de Hans Heinrich de Portzenheim et de feu Marie 
Elisabeth de Bentzeradt, d'une part, et Marie Madelaine de Ober- 
hausen, fille de Hans Heinrich de Oberhausen, et de Marie Elisa- 
beth von der Sadert ou Hardt (.?). Il y est dit que François Char- 
les de Portzheim a été marié une 1^ fois et a procréé quatre en- 
fans de son premier mariage. La dot de la future est de 400 écus 
de Luxembourg. Témoins : Philippe Charles de Portzenheim, curé 
à Colbach; JeanFrançois de Oberhausen, coseigneur àFalkenstein; 
Jean Jacques d'Orley ; Jean Henri Hartard de Oberhausen et 
Jean Nicolas de Oberhausen. 

Original. Papier. 

284. a. 1722, 12 novembre. Le notaire Dupont de Virton constate 
que Mathias le Comle, écuyer, ci-devant capitaine aux gardes du 
Prince de I^iége, et ses frères et sœur, ont déclaré avoir vendu à 
sire Jean Michel, de Wopersnoe, chevalier, seigneur de Laval et 
autres lieux, résidant à Laval, et à Anne Béatrice de Heiden, sa 
femme, les droits leur competant en la seigneurie foncière de Vel- 
lonne lez Laval et au village de Ville Cloye, de plus un bois à 
Busillon, ban de Bazeille, pour un prix de 145 fl. Bbt. et 5 sols. 

Expéditions authentiques. 

285. a. 1722. Transaction dressée par le notaire Bodé et faite 
entre la comtesse douairière de Thun, d'une part, et les seigneurs 
barons de Raville, d'autre, touchant la seigneurie de Kœrich. 

Ancien Inventaire. 

286. a. 1722, l^i" décembre. Ratification de la transaction passée 
entre la comtesse de Lagnasco, née comtesse de Wallenstein, 
ayant cause des comtes de Suys, et feu le baron Lothaire Frédéric 
de Raville, auquel la dite dame cède et abandonne la terre de 
Kœrich. 

Ancien Inventaire. 

287. a. 1723, 28 mai. Château de Kœrich. Lothaire Frédéric, 
baron de Raville, seigneur de Dahlembrouck et Kœrich, maréchal 
héréditaire du duché de Luxembourg et comté de Chiny, conseiller 
intime de S. A. E. de Mayence, son grand écuyer, commandant 
de ses gardes à cheval, déclare admodier à Catherine Giot, demt. 



— 165 — 

à Arlon, veuve André Dondlinger, vivant, bourgeois à Arlon, de 
tirer dans les bois, liayes et bois communaux de ses sujets du 
village de Tœrnicli, et proche la montagne dite Hirtzenbergh, de 
l'ocre jaune, parmi une rente annuelle de 3 écus et demi, à 2 fl. 
bbt. et 16 sols pièce, à payer au mayeur de Tœrnich. 

Copie authentique. 

288. a. 1723, l^r septembre. Lunéville. Lettres patentes par 
lesquelles Léopold, duc de Lorraine etc., donne à Philippe Louis, 
comte du Han de Martigny, conseiller d'Etat, grand veneur de 
Lorraine, tous les droits de haute justice et dépendances dans le 
village de Flabeville etc. 

Original. Parchemin. 

289. a. 1724, 2i février. Lunéville. Louis Philippe, comte du Han 
de Martigny, conseiller d'Etat, chambellan et grand veneur de 
Lorraine, autorise Catherine Françoise de Roquefeuille, de Puid, 
de Bar, sa femme, d'admodier, engager etc. ses biens immeubles. 
Acte notarié. 

Original. Papier. 

290. a. 1724, octobre. Rescription de la veuve de feu sire Nicolas 
de st. Beausain, vivant, chevalier, seigneur de ChâtiUon et de 
Vance en partie, dans un procès contre Jean Henri Joseph de 
Reyffenberg, se disant chevalier, seigneur d'Aix (sur Cloie), et 
Marie Salomé de Reyffemberg, sa sœur. Succession ; partage. 

Expédition certifiée. 

291. a. 1725, 25 janvier. Lunéville. Lettres patentes par lesquelles 
Léopold, duc de Lorraine etc., déclare que Philippe Louis du Han, 
comte de Martigny, conseiller d'Etat, grand veneur, a acquis le 
5 juin 1723 de Louis Claude Dautrecourt, et de Eve Catherine de 
ïhuret, sa mère, les parts et portions qui leur appartenaient dans 
la terre et seigneurie de Flabeville, prévôté de Longuyon, et qu'il 
lui accorde le droit de retrait féodal. Entérinement. 

Original. Parchemin. 

292. a. 1725, 20 juin. Le notaire Rochefort, résidant à Vieil-Virton, 
constate que Mathieu Chenet et consorts de Otte, terre de Lor- 
raine, ont vendu à sire Jean Michel de Wospersnow, chevalier, 
seigneur de Laval et autres lieux, et à Anne Béatrix de Heyden, 



— 166 — 

sa femme, leurs droits en la seigneurie de Velonne, lez Laval, et 
au village de Ville Cloy etc., pour 200 livres, argent de France. 

Expédition authentique. 

293. a. 1727, 31 mars. Eschweiler. Le notaire Bernard, résidant 
à Wiltz, constate que François Charles de Portzheim, seigneur 
foncier et moyen, à haut et bas Colpach, a reconnu que Jean Ni- 
colas Neuman de Beugen lui a prêté la somme de 490 écus, 5 
escalins et 4 sols, l'écu compté à 56 sols bbt., employée au rachat 
de la dime de Weycherdingen, dite d'Ave, et Bentzerode etc. et 
de rentes à Eschweiler, pourquoi il lui engage des rentes à Weicher- 
ding, à Stockem etc. Témoin : Henri Severin, curé à Eschweiler. 

Copie certifiée. 

294. a. 1727, 31 mars. Eschweiller. Le notaire Bernard de Wiltz 
constate que François Charles de Portzheim, seigneur foncier et 
moyen à Ober- et à Niedercolpach, a reconnu avoir reçu de sire 
Henri Severin, curé à Eschweiller, la somme de cent écus à 8 
escalins pièce, pourquoi il lui engage une rente de 20 bichets de 
seigle à Eschweiler. 

Copie certifiée. 

295. a. 1727, 9 décembre. Léopold, duc de Lorraine, déclare que 
Philippe Louis, comte du Han et de.Martigny, a donné sa démis- 
sion de l'état et office de grand veneur, et qu'il lui accorde une pen- 
sion de 6000 hvres par an. 

Original. Parchemin. 

296. a. 1730, 7 février. Anne Françoise du Hautoy, veuve de sire 
François le Camus, vivant, seigneur du Rebulle et autres lieux, 
reconnaît avoir agréé la vente faite à sire Maurice de Failly et à 
Anne de la Cour, son épouse, par feu sire Albert du Hautoy, sei- 
gneur de Vaudoncour, son frère, le 14 mai 1696, des droits appt. 
avant le dit temps à la famille du Hautoy. 

Original. Signature. 

297. a. 1732, 14 février. Bettentorfî. P. G. de Portzenheim, curé 
à Colbach, M. P. de Portzenheim, Ma. M. de Portzenheim, Anna 
Philippine de Portzenheim, . . . von BoulUch, fï. de Heisgen, 
enfants et héritiers de Hans Heinrich de Portzenheim et de Marie 
de Bentzerat, conjoints, vivants, sgr et dame de Colbach, relais- 
sent leurs biens d'Eschweiller, pour un terme de 20 ans, contre 



— 167 — 

un rendage de onze maldres de bled, dont moitié avoine, mesure 
de Wilz, onze écus, à 8 escalins pièce. 

Copie défectueuse. 

298. a. 1733, 18 juin. Hosingen. Le notaire Franck de Beslingen 
constate que Philippe de Portzem, assisté de son cousin et héri- 
tier, le sgr Jean Henri de Bourcy, ont engagé à Jean MoUtor, curé 
à Artzfeldt, leurs cens et rentes à Pintersfeldt, Lauperath, Artzfeldt, 
Kessfeldt etc., pour une somme de 750 écus à 35 sols pièce. 

Expédition authentique. 

299. a. 1734, 6 avril. Wilwerwiltz. La dame de Portzheim, dame 
de Colpach, y résidant, déclare relaisser à Nicolas Muller de 
Niederwampach, sa censé d'Eschweiler, zum schlimmen Thorn 
gelegen, contre un rendage annuel de onze maldres de bled, moitié 
seigle et moitié avoine, et onze écus etc. 

Simple copie. 

300. a. 1735, 18 janvier. La justice de Baseilles constate que 
Me Albert François Floncel, avocat à Paris, a vendu ses droits, 
cens et rentes à Baseille, à dame Anne Beatrix de Heyden, veuve 
de sire Jean Michell de Wopersnow, pour un prix de 60 livres. 

Copie volante. 

301. a. 1735, 30 avril. Acte de prise de possession de la terre et 
seigneurie de Kœrich au nom et de la part de feu dame Hélène 
Charlotte, baronne douairière de Raville, née baronne de Thungen. 

Ancien Inventaire. 

302. a. 1735, l'^"" novembre. Accord entre les communs habitans 
du village de Gitzingen au sujet de leur étang communal retiré des 
mains du seigneur. 

Ancien Inventaire. 

303. a. 1735, 2 novembre. Accord fait entre les communs habi- 
tans du village de Gœvelingen au sujet de leur étang communal 
retiré des mains du seigneur auquel ils l'avaient engagé. 

Ancien Inventaire. 

304. a. 1737, 4 novembre. Château de Kœrich. Hélène Charlotte, 
baronne de Raville, née baronne de Thungen, veuve, dame de 
Kœrich, Hamm et Berianen etc., déclare que comme dame de 
Kœrich, elle a relaissé héréditairement à Jean Mathaei, gemeinds- 



— 168 — 

man à Kœrich, et à Anne Schwartz, sa femme (in besonderer Be- 
trachtung der von ihrem sohn dem dermaliligen Churmayntzischen 
Regierungs secretario Petro Mathaei, mir und meiner famille 
geleisteten trewe und erspriessllcher diensten) un journal de terre 
sis dernière l'église paroissiale à Kœrich, contre un cens annuel 
de 3 escalins à 7 sols de Luxbg pièce. 

Original. Papier. 

305. a. 1738, 3 juin. Acte par lequel les barons de Pœlnitz ont 
renoncé à la succession de la dame Hélène Charlotte, baronne 
douairière de Raville. 

Ancien Inventaire. 

306. a. 1738, 28 octobre. Acte par lequel le baron de Waldecker, 
en sa qualité de tuteur, consent à ce que les chefs élus de la no- 
blesse immédiate au cercle du haut Rhin, députent quelqu'un 
aux Pais Bas, pour pousser et régler les affaires de la maison 
mortuaire et hoirie de Mad^ la^baronne douairière de Raville. 

Ancien Inventaire. 

307. a. 1738, M novembre. Commission et autorisation de la 
noblesse immédiate au cercle du haut Rhin, sur la personne de 
Pierre Mathaei, à l'effet de faire tous les devoirs nécessaires pour 
l'arrangement de la succession de feu la dame douairière de 
Raville. 

Ancien Inventaire. 

308. a. 1738, 24 décembre. Commission et déclaration par la- 
quelle le baron de Waldecker, en qualité de tuteur des enfants 
mineurs du baron de Schliderer à Lachen, accepte la succession 
de feu dame Hélène Charlotte, baronne douairière de Raville, sous 
bénéfice d'inventaire. 

Ancien Inventaire. 

309. a. 1739, 27 mars. Consentement de Madame la baronne 
Knebel de Catzenellenbogen, et de M^" son frère, à l'effet de lever 
3500 pattacons sur la terre de Kœrich. 

Ancien Inventaire. ^ 

310. a. 1739, 24 avril. Consentement de Mad^ la baronne Knebel 
de Catzenellenbogen pour l'aUénation de la terre de Kœrich. 

Anrien Inventaire. 



— 469 — 

311. a. 1739, 10 mai. Transaction au sujet de la moitié de la terre 
de Kœrich, appartenant à la famille de Raville, au sujet de Mons^ 
le baron de Marchant et d'Ansembourg. — a. 1740, 27 juillet. Prise 
de possession de la dite moitié. 

Ancien Inventaire. 

312. (a. 174...) Autorisation de l'Etat noble du Haut Rhin et 
autres, donnée à M. de Thier, pour passer les comptes avec M. le 
baron de Marchant et d'Ansembourg, des deniers payés pour 
l'achat de la moitié de la terre de Kœrich, nommée Grsewenschloss, 
ou la part appartenant à la famille de Raville. 

Ancien Inventaire. 

313. a. 1740, 21 mai. Sentence d'ordre des créanciers et ayans 
cause ou prétendants droit à la succession de feu dame Hélène 
Charlotte, baronne douairière de Raville, en son vivant dame de 
Kœrich. 

Ancien Inventaire. 

314. a. 1740, 5 décembre. Hubert Joseph, baron de Marchant et 
d'Ansembourg, seigneur de Septfontaines, Kœrig etc. déclare re- 
laisser à divers habitans du village d'Eyschen, les biens dits : 
Gœcher, appt. au château de Kœrich, pour un terme de 16 ans, 
contre un rendage annuel de dix maldres, moitié seigle et moitié 
avoine, et de onze maldres les 5 dernières années. Présents : 
André Reuter, officier de la seige d'Ansembourg, N. Klein, cha- 
pelain à Ansembourg etc. 

Original. 

315. (a. 1741 ?) Déclaration pertinente de tous les habitants et 
sujets de la terre et seigneurie de Kœrich et du produit des grains 
d'une année commune, conft à l'ord^ du 5 août 1741, dressée par 
l'officier de Kœrich. 

Ancien Inventaire. 

316. a. 1741. Bail au profit de Jean Antoine Boch maître des 
hautes et basses œuvres, par lequel il lui est permis de faire 
les fonctions de maître des basses œuvres dans la terre et sei- 
gneurie de Kœrich pour un terme de dix ans, qui ont commencé 
le 10 février 1741. 

Ancien Inventaire. 

12 



— 170 — 

317. a. 1741, 14 et 17 mai. Accord et convention entre le baron 
de Waldecker, comme tuteur des enfants mineurs de feu le baron 
de Schliderer à Lachen, le chapitre de Spiere, la dame douairière, 
baronne de Rollingen, pour la poursuite des affaires de la maison 
mortuaire de feu dame Hélène Charlotte, baronne douairière de 
Raville. 

Ancien Inventaire. 

318. a. 1745. Accord fait entre messire André, baron de Mar- 
ches et de Guirsch, d'une part, et les manans de Guirsch, d'après 
lequel ceux-ci s'obligent envers le premier, à lui payer le dixième 
droit des bois pris dans les bois de communauté et vendus par 
eux. 

•Mémoires du mois de mai 1780. 

319. a. 1750 (?). Requête adressée au baron de Marchant et An- 
sembourg, seigneur haut justicier de Kœrich, par Nicolas Schweit- 
zer de Tœrnich, qui sollicite la permission de pouvoir marier son 
fils aîné dans sa maison à Tœrnich. 

Original. Papier. 

320. a. 1750, 3 juillet. François Jacques van Overstraten, con- 
seiller, receveur général des finances et domaines de S. M. l'Im- 
pératrice Reine, confesse avoir reçu de Gilles François de Zasse, 
la somme de mille écus de Navarre, en considération de la mer- 
cede lui faite de haut forestier de Chiny. 

Original. Parchemin. 

321. a. 1751, 14 janvier. Le notaire Becker de Dudeldorf constate 
que Jacques Bour et Marie de Miersbach, sa femme, ont reconnu 
que N. Recht, bailli des seigneuries de Bruch et Scharfbillig, leur 
a prêté la somme de cent écus à 54 petermentger de Trêves la 
pièce ; ils lui donnent en hypothèque leur bien de Mirsbach. 

Original. Papier. 

322. a. 1753, 20 mai. Colpach. Le notaire Dengler de Wiltz con- 
state que Jean François de Portzheim, seigneur de haut-et bas 
Colpach, à ce autorisé par sa mère Marie Madelaine de Oberhau- 
sen, veuve de Portzheim, a déclaré que Nicolas Neuman, mayeur 
de Ilofïelt, Wiltzer theils, demeurant à Boegen, lui a prêté la somme 
de 50 écus, à 8 escalins pièce, pourquoi il lui engage ses rentes 
de Wintger, vouerie Focken. 

Expédition authentique. 



— 171 — 

323. a. 1754. Inventaire des biens et rentes dressé en exécution 
de l'ordonnance de S. M. en date du 22 avril 1754, par Marie Ca- 
therine de Nonancourt, abbesse et les dames religieuses de Ho- 
singen, en présence aussi de dame Anne Pliilippe de Steinbach, 
prieure. On y lit : « de plus nous déclarons que nous ne trouvons 
entre nos papiers, après exacte recherche, ni fondation, ni dénom- 
brement, ni lettres de don ni de consentement ; on ne peut pas 
savoir en quelle année le couvent a esté fondé, quoiqu'on sache 
que c'a esté d'un comte Gérard de Spanheim, et que sa fille a 
esté sa première abbesse ; la charte de fondation a été perdue par 
les fréquents incendies que les guerres, y ont occasionnés. » 

Projet et notes. 

324. a. 1757, 1er juillet. Le notaire Kieller d'Arlon constate que 
Jean François de Portzheim, seigneur d'Ober- et de Nidercolpach, 
et Anne Lucie de Portzheim, résidants à Nidercolpach, tant pour 
eux que comme fondés de pouvoir de Marie Madelaine d'Ober- 
hausen, veuve de François Charles de Portzheim, leur mère, ont 
déclaré avoir vendu à Marie Claire, marquise de la Rosée, résidant 
à Munin, en Bavière, une rente annuelle de 56 fl. bbt. à 20 sols 
pièce, payable entre les mains du s'" Neunheuser, haut forestier et 
échevin à Arlon, pour un prix de 1120 fl. Bbt., avec hypothèque 
de la vouerie Engels à Nidercolpach. 

Expéd. authentique. 

325. a. 1758, 26 septembre. Wiltz. Théodore François de Paul 
de Custine, seigneur et comte de Wiltz et de Loupy, baron de 
Meissembourg etc., déclare que Charles de Portzenheim, seigneur 
de Ober- et Niedercolbach, a relevé de lui en fief, sa portion de 
dime dans la paroisse de Kaundorf, dont il tient une moitié en 
toute propriété et l'autre par engagère de ses cousins de Portzen- 
heim ; deux voueries à Nocher, la moitié du bien dit Reiner à 
Wiltz. 

Original. Papier. 

326. a. 1765, 24 avril. Kœrich. Les mayeur, échevins et anciens 
de Kœrich donnent une description du Greivenschloss et dépen- 
dances de Kœrich. On y lit : Erstiich ist Grœwenschloss gelegen 
im dorff Korig, zwischen dem wasser und dem gemeinen weg, im 
ort, in der stehing gênant, ziemlich der sonnen geniessend ; ist 



— 172"— 

rings herum mit einer ungleich grosser und hoher mauer von 12, 
15, 20 und auch biss auf 30 Lambertinisclie schuhe in die hohe 
umgeben ; ermelte mauer ist ait und in vielen œrtern baufellig, in 
etlichen auch erneuert ; ermelte mauer um gemeltes schloss vnd 
vorhoff rings herum gemessen, inhaltet 1350 lambertinische schuhe 
in die Isenge ; . . . suit la description de la porte, de la maison 
du portier, de l'avant cour, des jardins, du pigeonnier, de la 
grange, de l'écurie, de l'étable, du poulailler, de la boulangerie, 
de la chapelle st. Michel, du château même etc. 

Acte signé. 

327. a. 1765, 26 juillet. Sentence du Conseil Provincial de Luxem- 
bourg, rendue entre Lambert Joseph, comte de Marchant et d'An- 
sembourg, seigneur de Kœrich, suppliant et sire Jean Pierre 
Kengels, curé de la paroisse de Kœrich et consorts, mambours 
et sinodaux de la dite paroisse, rescribens, et portant que ceux-ci, 
les rescribens, auront à faire rebâtir aux deux côtés de la nef 
joignant le chœur de l'église de Kœrich, les chapelles, dans les- 
quelles les familles de Rollingen et Fock de Hubingen ont eu 
leurs tombeaux, pierres sépulchrales, blasons et sièges, et y faire 
remettre le tout en l'état qu'il étoit lors de la démolition, qu'ils 
ont fait faire des dits chapelles, si mieux ils n'aiment de faire 
mettre dans les murs latéraux de la nef de l'éghse et joignant le 
chœur d'icelle, les dites pierres sépulchrales, épitaphes, quartiers 
et blasons, et assigner au supliant une place dans le chœur à l'un 
des côtés du maître autel. 

Copie authentique. 

328. a. 1769, 26 juillet. Le notaire Defer d'Echternach constate 
que Philippe Charles de Portzenheim, seigneur de Colbach, y ré- 
sidant, a déclaré que ses deux filles Lucie et Marie Joséphine de 
Portzenheim ont pris le voile dans le couvent de ste Claire à Ech- 
ternach, et qu'il leur a assigné une rente viagère annuelle de 
5 écus à 56 sols pièce pour chacune d'elles, sur la dime de la 
paroisse de Colbach. Témoins : Wolfgang Kaufîman, director 
sanctae Crucis, et Jean Mathias Bodson, directeur de l'hospice 
st. George à E( hternach. 

Expédition authentique. 

329. a. 1772, 1er septembre. Le notaire Servais de Reulandt con- 



— 173 — 

State que Jean Grégoire Majerus de Reulandt a déclaré que Jean 
Mauricius d'Orley, seigneur de Falclvenstein, résidant à Reulandt, 
et Herman Fecqs, du même lieu, lui ont engagé certains biens ; 
à son décès ces biens leur seront restitués. 

Original. Papier. 

330. a. 1776, 1er j^in. Anne Marie de Senocq, abbesse, Marie 
Anne de Valensart, prieure, et tout le couvent du noble monastère 
de ste Claire à Echternach, s'engagent à recevoir dans leur cou- 
vent Christine de Portzenheim, sœur de Philippe Charles de Port- 
zenheim, née au château de Colbach, et de l'entretenir sa vie 
durant, moyennant une somme de 400 écus, à 56 sols pièce, 
leur payée par le dit Ph. Charles de Portzenheim, major au ser- 
vice de S. M. apostolique, seigneur haut et moyen et foncier de 
la seigneurie de Colbach. Le sieur de Portzenheim s'oblige encore 
de payer à sa sœur une somme annuelle de 12 écus neufs pour 
épingles (spingelgeld). Ont signé les abbesses et prieuse susdites, 
puis MM. de Balonfeaux et de Bourcy. Acte reçu par le not^ 
Defer. 

Copie authentique. 

331. a. 1777. Déclaration faite parMathias Dysbourg, bailU delà 
seigneurie de Stolzembourg, et receveur établi par feu le baron 
comte de Marchand et d'Ansembourg, seigneur de Kœrich, des 
biens ayant appartenu à celui-ci à Vianden, Eppeldorf, à Bugel- 
bach, paroisse d' Eppeldorf, à Bettendorf, Angeldorff, paroisse de 
Diekirch, à Herbstmûhlen et Berscheid, paroisse de Carlshausen 
ou Olmscheidt, à Rodershausen, paroisse de Rodt près Vianden, 
à Scheytenkorb, paroisse de Carlshausen ou Olmscheidt, à Diekirch, 
Geichlingen, etc. 

Expédition authentique. 

332. a. 1777, 12 février. Kœrich. ^^Spécification faite en exécution 
d'un décret du Conseil Provincial de Luxembourg en date du 14 
août 1776, des biens sis à Sepfontaines et au ban, dépendants de 
la seigneurie de Kœrich. Il y est dit : dass die herren von Grewen- 
und Fockenschloss zu Kœrich, hochheit und heiiichkeit auf dem 
siebenbornerbahn haben, aber nurn anderseits der Eischen aida. 

Expédition authentique. 

333. a. 1777, 21 février. Kœrich. Spécification des biens sis à 



— 174 — 

Hobscheidt et dépendant de la seigneurie de Kœrich, et faite en 
vertu d'un décret du Conseil Prov. de Luxembourg en date du 14 
août 1776, la dite seigneurie (Grœwenschloss) ayant appartenu à 
feu le comte de Marchant et d'Ansembourg. Aussi spécification 
des biens dépendant du bénéfice de l'autel du st. sacrement à 
Kœrich et sis à Hobsclieit ; les coUateurs de ce bénéfice étaient 
le seigneur du Greiuenschloss et aussi le seigneur du Fockenschloss 
à Kœrich. 

Expédition authentique. 

334. a. 1777, 22 février. Kœrich. Spécification des biens sis à 
Kahler, dépendants de la seigneurie de Kœrich, et faite en exécu- 
tion d'un décret du Conseil Prov. de Luxbg., en date du 14 août 
1776. Le seigneur du Greiuenschloss et celui du Fockenschloss n'a- 
vaient aucune juridiction à Kahler, mais seulement des biens 
fonds et des rentes. 

Expédition auth. 

335. a. 1777, 3 mars. Le notaire Martiny de Wiltz constate que 
Jean Mock d'Eschweiler a vendu à Nicolas Guires du même lieu, 
une pièce de jardin pour un prix de quatre pistolles, moins une 
couronne, ou 15 couronnes à 72 sols pièce ; le s^" de Portzhem, 
seigneur de Kolbach, prévôt à Durbuy, agrée la vente le 25 no- 
vembre 1782 à Schopach. 

Copie authentique. 

336. a. 1777, 5 mars. Luxembourg. Spécification faite en vertu 
d'un décret du Conseil Prov. de Luxembourg, des biens à Lorentz- 
weiler et au ban, dépendants de la seigneurie de Kœrich. 

Expédition authentique. 

337. a. 1777, 8 mars. Graewenschloss à Kœrich. Les mayeur et 
échevins de la Cour de Bereldingen font la spécification des biens, 
cens et rentes dûs par les manans de Bereldingen au château dit 
Fockenschloss à Kœrich, et ce en exécution d'un décret du Conseil 
Provincial de Luxembourg en date du 14 août 1776. On y lit : wir 
gerichtsleuth vnd aile Inwohner zu Bereldingen haben fur unsern 
Grundgerichtsherrn und alleinig einen fockenschlossherr von Kœ- 
rich ; ihm gehœren der grosse und kleine zehende ; outre ce ils 
doivent au curé de Steinsel 2 maldres de froment, aux P.P. Do- 
minicains à Luxembg. 2 maldres de seigle, et au couvent du st. 



— 175 — 

Esprit à Luxbg. 2 maldres de seigle, mesure de Luxbg. L'altariste 
de st. Nicolas à Luxbg. reçoit la 12° gerbe des bleds, le 12e tas de 
foin et la 12<5 part du lin, du chanvre (hanfî), des petits cochons 
(fercklen) et des abeilles. 

Expédition auth. 

338. a. 1777, 49 mars. Vianden. Spécification des biens sis à 
Stoltzembourg et dépendants de la seigneurie de Kœrich, saisis 
suivant décret du Conseil Provincial de Luxembourg en date du 
14 août 1776. Il y est dit que le seul bien sis à Stolzembourg et 
dépendant de la seigneurie de Kœrich, ayant appartenu à feu le 
baron comte de Marchant et d'Ansembourg et autres lieux, est un 
bois d'une contenance d'environ 30 journaux. 

Expédition auth. 

339. a. 1777, 21 mars. Spécification des biens de la Cour de Be- 
ringen près Mersch, dépendants de la seigneurie de Kœrich, faite 
en exécution d'un arrêt du Conseil Provincial de Luxembourg en 
date du 14 août 1776, décrétant la saisie de la seigneurie de Kœ- 
rich. Il y est dit : dass ein Herr des Grewenschloss zu Kœrich, 
hoch mittel und grundher des hoffs Beringen naechst Mersch sey. 

Acte authentique. 

340. a. 1777, 24 mars. Kehlen. Spécification des biens sis à 
Kehlen, faite en exécution d'un décret du Conseil Prov. de 
Luxembg. en date du 14 mars 1776, appartenant à feu le comte 
de Marchant et d'Ansembourg, comme seigneur de Kœrich, et saisis 
sur celui-ci ; les rentes énumérées sont livrables au Grewenschloss 
à Kœrich ; parmi les biens saisis se trouve le Bramerbusch. 

Copie authentique. 

341. a. 1777, 26 mars. Spécification des biens sis à 01m et dé- 
pendants du Grewenschloss à Kœrich, faite en exécution d'un 
décret du Conseil Prov. de Luxbg. du 24 août 1776, les dits biens 
ayant appartenu à feu le comte de Marchant et d'Ansembourg, 
comme seigneur de Kœrich. Il est question de voueries à 01m, de 
rentes et de bois. 

Expédition authentique. 

342. a. 1777, 26 mars. Kehlen. Le mayeur foncier et l'échevin 
foncier de Nospelt font la spécification des biens, cens et rentes 



— 176 — 

dus à Nospelt à feu le comte de Marchant et Ansembourg en sa 
qualité de seigneur de Kœricli, et ce en exécution du décret du 
Conseil Prov. de Luxbg. en date du 14 août 177G, qui a déclaré la 
saisie de la dite seigneurie. On y lit : Erstlich seye ein Herr von 
Kœrich nur ein Vogtherr oder Schutzherr der st. Maximinischer 
mittel- und grundgerichts zu Nospelt. Les rentes sont en partie 
livrables dans le château dit Grewenschloss à Kœrich. 

Expédition auth. 

343. a. 1777, 27 mars. Steinfort. Spécification des biens sis à 
Sterpenich et dépendant de la seigneurie de Kœrich, saisis par 
décret du Conseil prov. de Luxbg., en date du 14 août 1776, ayant 
appartenu à feu le comte de Marchant et d'Ansembourg, seigneur 
de Kœrich. 

Original. 

344. a. 1777, 29 mars. Martelingen. Spécification des biens sis 
à Martelingen, faite en exécution d'un décret du Conseil Prov. de 
Luxbg. en date du 14 août 1776, et ayant appartenu à feu le comte 
de Marchant et d'Ansembourg, comme seigneur de Kœrich. On 
y lit : Item seye der oberm. Herr Graff von Marchant und Ansem- 
bourg mit colator der pfar Martelingen mit dem Hochw. herrn 
Praelaten von st. Hubert. Itemerm. herr Graff als herr zu Kœrich, 
seye Zehendherr der gantzen pfarrei MarteUngen, fiir eine sechste 
theil, ausser welcher Q^ theil der herr Kuborn von MarteUngen 
die achte theil ziehet, laut Kauf von 20 msertz 1700 von seiten des 
adlichen herrn Johan von Nollette, mitherr zu Vance etc. und 
desso gemahlin Anne Marie de Warck. 

Expédition authentique. 

345. a. 1777, 27 septembre. Le notaire Mohy d'Arlon constate 
que Philippe Charles de Pfortzheim, major à la suite des armées 
de S. M., sgr d'Ober- et de Nider-Colpach, a déclaré avoir con- 
stitué à M. van Overstraten, sgr de Evelden, conseiller receveur 
général des finances à Bruxelles, une rente annuelle de 224 fl. 
pour en avoir reçu 5600 fl. Pour assurance Henri de Pfortzheim, 
seigneur de Colpach, Schœnecken, Vance etc., se constitue cau- 
tion. 

Expéditions authentiques. 

346. a. 1777, 31 décembre. Visite faite dans le bois communal 



— 177 — 

de Bereldange par J. M. Schanus, accompagné du garde forestier, 
et ce à la demande de la baronne de Lefebve, née de Henron, 
dame de Sterpenich et de Kœrich, résidant à Luxembourg ; assi- 
gnation du bois de chauffage à la commune de Bereldange. 

Original. 

347. a. 1778, 17 juin. Le notaire Reulandt constate que Hubert 
Meyers de Liège, a cédé à Jean George de Pfortzheim, seigneur 
en partie de Falkenstein, résidant à Reulandt, ses droits à la suc- 
cession de feu son oncle Michel Meyers, vicaire à Hoscheit, pour 
un prix de 500 écus. 

Expédition authentique. 

348. a. 1778, 28 décembre. Rentes payées à Bereldange le jour 
de la St. Jean. 

Cahier non signé. 

349. a. 1778, 31 décembre. Plaid annal dans la Cour de Berel- 
dange, à la requête de la baronne de Lefebve, née de Henron, 
dame de Sterpenich et de Kœrich. 

Expédition auth. 

350. a. 1779, 8 mai. Le notaire François de Luxb. constate que 
la dame Anne Elisabeth, baronne de Lefebve, née de Henron, 
dame de Kœrich et autres lieux, a relaissé à titre de bail pour un 
terme de trois ans, à Jean Pierre Simon, mayeur d'Eich, la juris- 
diction foncière dans la Cour de Bereldange, appartenant à un 
seigneur du château de Kœrich, dit Fockenschloss ; Rem la grosse 
et menue dime dans la dite Cour, portant annuellement environ 
30 maldres etc. 

Expédition authentique. 

351. a. 1780, mai. Mémoire concernant la terre de Guirche. Con- 
tient des renseignements sur la chapelle de Guirsch et sur les 
relations des seigneurs avec leurs sujets, l'administration sous 
l'ancien régime etc. 

Mémoire non signé. 

352. a. 1781, 26 janvier. Le notaire François de Luxembourg 
constate que Anne Elisabeth, baronne de Lefebve, née de Henron, 
dame de Kœrig, a relaissé le moulin de Grewen, près de Kœrig, 
pour le terme de 9 ans, à Henri Ewen, moyennant un rendage 



— ilH — 

annuel d'un maldre de froment, 19 maldres de seigle, mesure 
d'Arlon, et un écu en argent. 

Expédition autiientique. 

353. a. 1782, 15 janvier. Le notaire François de Luxembourg 
constate que dame Anne Elisabeth, baronne de Lefebve, née 
d'Henron, dame de Kœrig et autres lieux, a relaissé à Christophe 
Ewert de Bereldange, pour un terme de six ans, la jurisdiction 
foncière lui appartenant en la Cour de Bereldange, comme dame 
du château de Foken de Kœrig, aussi différents biens pour un 
cens annuel de cent écus. 

Dans un acte du 14 mai 1786, la douairière baronne de Lefebve 
née d'Henron, dame de Sterpeny et Bereldange, prolonge le dit 
bail pour un terme de trois ans. 

Expéd. auth. 

354. a. 1785, 22 juillet et 10 décembre. Schopach. De Portzheim, 
seigneur d'Ober- et Nider-Colpach et Vance en partie, héritier de 
feu Jean Henry de Portzheim et de Marie Ehsabeth de Benzerat, 
ses grand'père et grand' mère, donne plein pouvoir à sa cousine 
Marie Joseph de Portzheim, ex-religieuse du noble couvent d'Ech- 
ternach, de dégager en son nom différents héritages sis à Echter- 
nach et environs, engagés par ses prédécesseurs ; il prie aussi sire 
Mathias Bodson, prêtre, et administrateur de l'hôpital à Echter- 
nach, de seconder sa dite cousine à l'occasion des dits dégage- 
ments. 

Original. Papier. 

355. a. 1785, 5 septembre. Schopach. De Pfortzheim, seigneur 
d'Ober-et Niedercolpach et Vance en partie, autorise son cousin 
Philippe Charles de Pfortzheim, major de cavalerie à la suite des 
armées de S. M. l'Empereur et Roi, à dégager en son nom tous 
les biens, cens et rentes, situés à Echternach et environs, prove- 
nant de feu sa grand'mère, Marie Elisabeth de Bentzoradt. 

Original. Signature. 

356. a. 1787, 5 juillet. Luxembourg. Requête par laquelle l'As- 
semblée générale des trois Etats de Luxembourg prie LL. AA. RR. 
les Gouverneurs généraux des Pays-Bas, de faire agréer par l'Em- 
pereur Joseph II le projet de destiner les biens et revenus des 
maisons religieuses, qui ont été supprimées, à la fondation d'un 



— i79 — 

chapitre pour les filles nobles, aussi en faveur des filles d'hon- 
nêtes familles de la province. 

Copie simple. 

357. a. 1788, 8 février. Le notaire Thull de Wiltz constate que 
Jean Lutgen de Eschweiler a vendu à Marie Catherine Pon- 
ciany du même lieu, un champ pour un prix de 9 pistoUes neuves, 
à 5 écus et 8 sols pièce. Le sire von Portzheim, sgr de Col- 
bach, Schopach et Vance en partie, agrée la vente sous la date 
du 14 février 1788. 

Copie certifiée. 

358. a 1788, 14 mars. Bruxelles. Lettres patentes par lesquelles 
l'Empereur Joseph II commet Philippe Charles de Phortzheim, 
ci-devant major de cavalerie à son service, à l'état et office de 
haut forestier de la gruerie d'Arlon, vacant par le départ de Fran- 
çois Henri d'Anethan, à charge de demeurer à Habay-la-neuve ou 
autre endroit le plus près des forêts du département d'Arlon, aux 
gages annuels de 250. fl. deLuxbg. et aux vacations ordinaires etc. 

Copie simple. 

359. a. 1788. 19 avril. Bruxelles. Lettre par laquelle LL. AA. 
RR. les Lieutenants Gouverneurs et Capitaines généraux des Pays- 
Bas répondent aux Etats de la province de Luxembourg, que leur 
requête tendante à ce que les couvents supprimés de Marienthal 
et de Hosingen, avec les biens en dépendants, soient convertis en 
chapitre des filles nobles et respectivement en azile pour les filles 
roturières, a été soumise à l'Empereur. 

Copie certifiée. 

360. a. 1789. Revenus de l'abbaye supprimée à Hosingen. 

Original. 

361. a. 1789. Montant des revenus annuels et des charges du 
couvent des Urbanistes à Echternach supprimé. 

Originaux. 

362. a. 1789, 30 juillet. Bracht. Jean Georges de Pfortzem, 
seigneur de Colbach, etc., déclare que George Friderich Auguste, 
baron de Montigny, seigneur de la Cour et seigneurie de Thommen, 
etc., résidant à Bracht, lui a prêté la somme de 88 louis neufs de 



— i80 — 

France, à 5 éciis 8 sols pièce, faisant 452 écus, 32 sols, à 56 sols 
pièce au cours de Luxembourg, pour dégager une dime à Bronsfeld. 

Original. Signature. 

363. a. 1790, 16 mai. Conditions sous lesquelles Jean Théodore, 
baron de Tornaco, seigneur de Kœrich et autres lieux, met en 
adjudication au plus offrant, le bail du tiers appartenant à la 
seigneurie de Kœrig dans la grande dime de Rollingen, en durs 
grains, marsages, foins, lin et chanvre. 

Expédition authentique. 

364. a. 1790, 31 juillet. Emmanuel, abbé d'Echternach, le baron 
du Prel, et J. Nothomb, commissaires des trois Etats du pays de 
Luxembourg, reconnaissent avoir reçu du sieur Mûller, membre 
de la Commission Royale établie à Luxembourg, les pièces et 
documents relatifs aux couvents supprimés des Urbanistes à 
Echternach, des Trinitaires à Vianden, des Dominicaines à Ma- 
rienthal, des Urbanistes à Luxembourg et des Chanoinesses à 
Hosingen, ensuite de l'Edit du 17 mars 1783, pour être ces biens 
administrés à l'avenir par les Etats. 

Original. Signature. 

365. a. 1794, 14 avril. Le notaire François de Luxembourg 
constate que Jean Théodore, baron de Tornaco, seigneur de Vervox 
et autres lieux, a relaissé à Henry Ewen le moulin de Grewen près 
de Kœrig, avec dépendances, pour un terme de trois ans, contre 
un rendage annuel de un maldre de froment, 22 maldres de seigle, 
mesure d'Arlon, et un écu en argent. 

Exp. authentique. 

366. an VIII, 11 messidor. Rapport du s"" François Louis Tinant, 
sous-inspecteur des bois delà division de Diekirch, au sujet d'une 
pétition du citoyen Jean Georges Pfortzheim, de la commune de 
Kolbach, tendante à être maintenu dans le droit de faire couper, 
à chaque quatre temps, dans le bois national dit hœrh, commune 
d'Everlange, provenant de la ci-devant marquise de Rachecourt, 
émigrée, quatre voitures de bois. 

Original. 

367. année XIII, 15 ventôse. Colbach. Jean Georges Pfortzheim, 
propriétaire à Colbach, au canton d'Osperen, commet Nicolas 



— J81 — 

Muller, journalier à haut Colbach, à l'effet de le représenter en 
justice. 

Original. 

368. a. 1805, 5 novembre. Le notaire Stevens de Bruxelles, au 
nom des héritiers de feu François Jacques van Overstraeten, vi- 
vant, seigneur de Welder, reconnaît avoir reçu de M. Jean Théo- 
dore de Tornaco de Vervox et à la décharge de M. de Pfortzenlieim 
et de la dame de Pfortzenlieim, née de Tornaco, sa fille et son gendre, 
la somme de 2595 et deux tiers écus de Luxembourg, ou 12,113 
livres tournois, 2 sols, 3 deniers, en remboursement d'un emprunt 
fait le 27 septembre 1777. 

Original. 

369. a. 1805, 5 novembre. Le notaire Stevens de Bruxelles con- 
state que J. L. lernau, pour et au nom de Marie Catherine Colette, 
Scholastique Helman Termeeren, épouse de Christophe Jean de 
Bartenstein ; Isabelle Claire Eugénie Helman Termeeren, épouse 
de Jean Gislain de Bartenstein ; Sophie Françoise Thérèse Helman 
Termeeren, épouse de Jean Bapt. Thuillier-Beaufort ; Marie Thérèse 
Joséphine Fabithe Helman Termeeren, épouse de François Marie 
Joseph Hubert Secus, et de Marie Françoise Rosalie de Feltz, 
épouse de Philippe Ferdinand Marie de Mozet de Pinchart de 
Grune, et de Sophie Louise Zoe de Feltz, épouse de Philippe Louis 
Vilain XIV, enfans de feu la dame Rosalie Mechtilde Lucie Helman 
Termeeren et de N. Guillaume Antoine de Feltz, toutes héritières 
de Marie Christine van Overstraten, douairière dePh. J. H. Helman 
Termeeren, leur mère et aieule respectivement, a consenti à la 
radiation d'une inscription hypothécaire contre Madel. d'Ober- 
hausen, veuve de François Charles Portzheim, Jean Fr. Portzheim 
et Anne Lucie Portzheim, ses deux enfants à Nidercolpach, sur 
des immeubles en ce lieu. 

Exp. au th. 

370. a. 1812, 29 juillet. Le notaire J. N. Reding d'Arlon con- 
state que le sr Jean George Pfortzheim, propriétaire à Bas Col- 
pach, a relaissô sa ferme de Kœrich, pour un terme de trois ans, 
à Nie. Kuevel. 

Acte incomplet. 



— i82 — 

371. a. 1812, 18 août. Bordereau de créance au profit de Jean 
George de Pfortzheim, propriétaire demt. à Golpach, canton d'Os- 
pern, contre divers demt. à Ourth, canton de st. Vith. 

Original. 

372. a. 1816, 13 avril. Jugement rendu par M. Pierson, juge de 
paix à Arlon, dans une affaire entre la dame Anne Elisabetli de 
Tornaco, douairière de N. Jean George de Pfortzheim, rentière 
demt. au château de Golpach, contre divers. 

Expéd. auth. 

373. a. 1818, 15 mai. Bordereau de créances au profit de la 
dame Anne Elisabeth de Tornaco, dame douairière de Jean George 
de Pfortzheim, tutrice de sa fille Justine de Pfortzheim, proprié- 
taire demt. à Niedercolpach, contre Lamperts de Weyspeler, 
commune de Lommerweiler, cercle de st. Vith, 

Original. 

374. Inventaire des papiers, titres et documents dans le Château 
de Kœrich par l'huissier Puilly. A la fin on lit : « Je soussigné, 
« premier officiai au greffe du Conseil Prov. de Luxbg., déclare 
« et certifie que les papiers, titres et documents repris et numé- 
« rotés dans l'Inventaire ci-dessus, ont cejourd'hui été consignés 
« au greffe du Conseil de la part de la dame douairière de Waldt, 
<( née de Washerg, et de ses enfants, et ce en exécution de l'arrêt 
« du grand Conseil de Malines, du 26 août dernier, et en satisfac- 
« tion de la sommation leur faite le jour d'hier par l'huissier Si- 
« monis, à la réquisition de messire Charles Christophe de Reif- 
« fenberg. Luxbg. 23 déc. 1738. (Signé) Leonardy. » 

Gros cahier in folio. 

375. Inventaire général des papiers, titres et documents concer- 
nant Kœrich, pour la part de Fock. 

Gros cahier in folio. 

376. Arbre généalogique de la famille Cob de Nuding, extrait du 
livre intitulé R. P. F. Gabri Bucelini Germanise Tapo-Chrono- 
stemmatographicae sacrae et profanae. Pars quarta etc, n» 52. 



— 183 — 

Il y est dit : Joannes Krohe, Joannis coeci Régis Bohemiae Da- 
pifer, a rege arce Nuding in ducatu Luzenburgi donatus, vulgo 
Cob dictus est. 

Extrait certifié. 

377. Armoiries des cauchons de la tour, de Crumelle et de Ke- 
verbergh. 



ANALECTES 

POUR SERVIR A L'HISTOIRE D'ARLON. 



I. 

LES CARMES D'ARLON. 

L'histoire du Garmel d'Arlon est obscure. Elle l'était déjà au 
xviP siècle. Les guerres avaient dès cette époque fait disparaître 
une multitude d'archives, et les Français de Louis XIV avaient 
commencé, dans notre pays, la besogne que devaient achever les 
Vandales de 1793. En 4675, quand le gouvernement demanda aux 
Carmes leurs titres de fondation, ils répondirent que ce la ville 
d'Arlon ayant par plusieurs fois esté réduite par le feu, tant par les 
Hollandais qu'autres meschefs, les documents et tiltres du couvent 
sont aussi péris. » 

Aussi les Carmes n'avaient-ils plus, à cette date, qu'un ancien 
cartulaire rehé en rouge, contenant des titres écrits la plupart en 
allemand et quelques-uns en latin, et duquel ils ne purent extraire 
qu'un seul document relatif à leur installation : c'était la lettre 
de licence délivrée par l'archevêque de Trêves en 4293. Les autres 
pièces qui concernaient l'origine de leur établissement à Arlon leur 
manquaient donc, ce qui permet de conclure que leur cartulaire avait 
été composé à une époque assez récente. J'en ai une autre preuve. 
Avant le xv^ siècle, l'immense majorité des documents officiels 
dans le pays d'Arlon est rédigée en langue française : ce fait, quel- 
que étrange qu'il puisse paraître, et dont je donnerai quelque jour 
l'explication, est incontestable et a toute la valeur d'un phénomène 
ethnographique. Si donc le cartulaire des Carmes ne contenait 
pas de diplômes écrits en français, c'est qu'il n'en avait pas d'an- 
térieurs au xv« siècle ; car on ne supposera pas que ces quelques 
titres écrits en latin aient été précisément du xiii» ou du xiv^ ; 

s'il en avait été ainsi, ils auraient été exhibés en 1675. 

13 



— 486 — 

Je puis faire un pas de plus et préciser davantage encore 
l'époque approximative où dut être compilé le cartulaire présenté 
en 1675. Les documents que j'analyse plus loin établissent qu'en 
1527, les Carmes avaient encore plusieurs de leurs titres de fon- 
dation, et qu'ils les avaient fait confirmer en 1438, en 1441, en 1480. 
C'est donc à une époque postérieure à 1527 qu'ils les perdirent, 
sans doute pendant un des nombreux désastres qui, entre cette 
année et ^675, accablèrent la malheureuse ville d'Arlon. Ici, nous 
n'avons que l'embarras du choix, comme on peut le voir dans le 
petit tableau suivant : 

1542. Le duc d'Orléans saccage et brûle Arlon en partie. 

1558. Arlon est pris et incendié par les Français. Le couvent des 
Carmes est brûlé avec son église et les édifices publics, et les murailles 
de la ville sont renversées. 

1562. Nouveau sac par les Français. 

1563. Incendie partiel. 

1568. Nouveau sac par les Français. 

1569. Nouvel incendie. 

1604. Sac d'Arlon par les Hollandais. 

1651. Nouveau sac par les Français. 

1661. Incendie du couvent des Carmes avec la plus grande partie 
de la ville. 

D'après les indications contenues sous les dates de 1558 et de 
1661, il semble que ce soit à l'une ou à l'autre de ces deux 
époques que les titres des Carmes auront été détruits. Et ce fut 
plus probablement en 1558, car la déclaration de 1675 parle du 
cartulaire existant alors comme étant déjà ancien, qualification 
qui ne pouvait guère s'appliquer à un recueil composé après 1661. 

Voilà comme quoi, à la fin du xvii° siècle, les Carmes d'Arlon 
ne possédaient plus d'autre titre plus ou moins antique, que la 
lettre de licence délivrée en 1293 par l'archevêque de Trêves. Il 
est probable qu'après la perte de leur cartulaire primitif ils s'en 
étaient fait délivrer un double à l'archevêché, et c'est ainsi qu'ils 
purent faire figurer cette pièce dans le recueil qu'ils compilèrent 
après le désastre de 1558. 

Cette lettre nous apprend que la ville d'Arlon a cédé aux Carmes 
un terrain pour y bâtir un couvent avec une église et un cimetière. 
Et une note ad calcem ajoute que la donation fut faite par la ville 



^ 487 - 

en 1291, et approuvée par la comtesse Béatrix de Luxembourg 
dans une assemblée où figuraient des nobles et la justice d'Arlon. 

L'authenticité de ce document isolé, et privé des autres pièces 
contemporaines qui auraient pu l'appuyer, a été mise en question 
pour des raisons entièrement futiles. Soit ignorance, soitétourderie, 
soit peut-être antipathie d'ordre, le Capucin qui s'en est fait l'ad- 
versaire a confondu la Béatrix dont il y est question avec la veuve 
de Jean l'Aveugle, qui en effet a fait du bien au couvent des 
Carmes, et a cherché à reculer jusqu'en 1342 l'acte de fondation. 
Or en réalité, la dame qui assiste à la cession du terrain faite par 
la justice d'Arlon n'est autre que Béatrix d'Avesnes, veuve du 
comte Henri III tué à Wœringen en 1288, et mère du comte 
Henri IV qui fut depuis empereur sous le nom de Henri VII ; elle 
vécut jusqu'en 1320 et n'a rien de commun avec Béatrix de Bour- 
bon, femme du brave et généreux roi chevalier. Quant à l'arche- 
vêque, c'est Baudouin de Warnesbourg, qui occupa le siège 
archiépiscopal de 1287 à 1299, et sous lequel les Carmes s'établirent 
à Trêves et dans plusieurs autres villes du diocèse (1). Il n'y a 
donc dans ce document rien qui soit en contradiction avec les 
faits les mieux établis, et, au demeurant, M. Prat, qui se donne 
beaucoup de peine pour le défendre, rapporte dans son histoire 
d'Arlon un fait qui peut tenir lieu de tout autre argument : en 
1327, un Jacques de Luz fait par testament un legs aux Carmes 
d'Arlon (2). 

Quelques documents découverts par moi dans les archives de 
la Chambre des Comptes à Bruxelles (3) me permettent de com- 
pléter cette partie de l'histoire religieuse d'Arlon : j'en présente 
ici une analyse succincte. 

Le 21 septembre 1337, un vendredi, le roi Jean de Bohême, avec le 
consentement de sa femme Béatrix de Bourbon, et par le conseil 
de son confesseur, gardien des Mineurs de Luxembourg, « considé- 
« rant que nostre chapelle d'Arlon n'estoit mies bien arrentée ne avoit 
« terre souffisante pour un chapelain » déclare accorder à la cha- 
pelle « nostre terrage de Diedenhurch gissant en nostre prevosteit 
d'Arlon tout entièrement sans reins excepteir ni fourmettre. » Il dé- 

(1) V. Masenius p. 490. 

(2) Prat. Histoire d'Arlon. 

(3) Chambre des Comptes 157 hi$ fol. 10 sq. 



— 188 — 

clare en outre assigner au chapelain actuel, nommé Symon, et 
à ses successeurs, huit livres de tournois petis un écu pour vingt 
sols, à prendre sur ses droitures dessus d'Arlon à Maich. Il con- 
stitue cette rente pour les roubes du chapelain, lesquelles lui ont 
toujours été payées par les comtes de Luxembourg ; le chapelain et 
ses successeurs continueront d'ailleurs de jouir de toutes les 
rentes jusqu'ici affectées à leur emploi. Ils pourront aussi prendre 
« six charrées de lengne (bois, lignum) par samaie en nostre bois 
de Beinart, et, à défaut dans tout autre bois comtal aux environs 
d'Arlon. Par contre et en échange du terrage de Diedenburch, 
le comte reprend à la chapelle la rente annuelle de cinq muids 
de soille (seigle) et de dix muids d'avoine que jusqu'ici le chape- 
lain percevait « sur nostre grenier en nostre chastel d'Arlon. » 

Cette donation de Jean l'Aveugle fut confirmée, le 9 septembre 
1373, àBruxelles, par son fils Wenceslas, duc de Luxembourg et de 
Brabant. J'extrais de l'acte dé confirmation le passage suivant, qui 
sert à compléter et à éclaircir quelques-uns des points spécifiés 
plus haut : 

« Huit livres de petis tournois, un écus conteit pour vint sols pour 
une robe chascun an a prenre a nostre droiture des feux de nostre 
ville d'Arlon, laquelle robe les chapelains de la dicte chapelle av oient 
taudis eut dou temps passé, mais pour la plus grande segurteit il l'as- 
sennat nommément et perpétuellement à prende sur le droiture des- 
seurdicte, et avec ce donnât perpétuellement au chapelain de la dicte 
chapelle a don présent et a tout aultres avenir auctoriteit que chaque 
sepmaine il puist prende ou faire prende six charrées de legne en 
nostre bois de Beinart.-» 

La chapelle du château, dont il est question dans ces deux do- 
cuments, était consacrée à St Biaise, et remontait à une haute an- 
tiquité. Selon Bertels, elle aurait été fondée sur les ruines de l'Ara 
Lunae, par les Arlonais convertis au christianisme. 

Ce sont là de simples conjectures ou tout au plus des traditions 
dénuées de valeur : où Bertels a-t-il vu qu'il existât un Ara Lunx 
à Arlon, et que les Arlonais l'aient détruit à un moment donné 
pour le remplacer pai* une chapelle ? Ce qui est assez probable, 
c'est que la chapelle devait son origine au château et était à peu 
près contemporaine de celui-ci ; elle servait d'oratoire privé aux 
marquis d'Arlon, tandis que l'église paroissiale de la ville était 



^ 189 - 

située en dehors de l'enceinte muraillée. Dès 1279, on voit un 
Hugues, chapelain de la chapelle du château d'Arlon, léguer des 
biens à l'abbaye de Clairefontaine (1). Dans l'état des revenus du 
marquisat en 1309, notre chapelle est mentionnée en ces termes : 

« On doibt a chapelain de la chapelle dou chastel Derlons sur le 
terraige et as rentes de Hercy (Hachy) par. XVI s. avoine VIII 
muids. (2) 

Jusqu'ici il n'a été question que de la chapelle du château, et 
nullement des Carmes. Les documents qui suivent nous feront 
voir l'origine et la nature des relations entre ceux-ci et la chapelle. 
Voici d'abord un acte daté du3'' jour avant les calendes d'octobre 
1384 (29 septembre) par lequell'empereur et roi Wenceslas, neveu 
du précédent, à la requête des frères Carmes d'Arlon, leur confirme 
la rente annuelle de six maldres de blé (pensionem annuam sex 
maldrorum, bladij qui leur a été accordée sur les revenus du 
château d'Arlon par son oncle Wenceslas : il confirme également 
tous les autres privilèges dont ils jouissent, et afin qu'ils ne cessent 
de prier pour lui et pour les siens, il leur accorde le droit de tirer 
leur bois de chauffage et leur bois à bâtir de ses forêts de la prévôté 
d'Arlon (quod ligna constructibilia parîter et combustibilia pro usu 
et necessitate monasterii et conventus sui in nemoribus prepositurx 
Arlunensis recipere valeant. 

Comme on le voit par ce diplôme, le duc Wenceslas avait fait 
aux Carmes d'Arlon diverses largesses : mais la charte qui en 
contenait l'indication est perdue et l'était bien certainement dès 
1527, autrement on n'aurait pas manqué de l'exhiber en même 
temps que celle qui la confirmait. 

Enfin le 8 mai 1438, Elisabeth de Gorlitz céda aux Carmes la 
chapelle S'-Blaise établie dans le château d'Arlon. Par affection 
pour ces religieux, est-t-il dit dans l'acte, et pour réparer le dom- 
mage qu'ils avaient subi dans l'incendie d'Arlon (3), la comtesse leur 
cède à perpétuité la dite chapelle « avec toutes telles rentes revenus 
prof fis et fruits qu'ils lui seront annexés, ensemble l'écolatrie, tellement 
que les frères dudit couvent auront et tiendront la chapelle en subside, 
après le décès de notre chapelain d'illecq, messire Jacq. Kauartz. » 

(1) Voyez le Cartulaire de Clairefontaine publié par le R. P. Goffinet, p. 72. 

(2) Prat, Histoire d'Arlon I, p. 272 cf. 271. 

(3) Il s'agit sans doute de l'incendie de 1427. 



— 490 — 

La condition mise par la donatrice à cette libéralité, c'est que les 
Carmes célébreront annuellement aux Quatre temps, pour elle et 
ses successeurs, un service de vigile avec messe chantée, et le lu- 
minaire comme il est convenable. La souveraine commande de plus 
à ses officiers de laisser les moines entrer en jouissance aussitôt 
après la mort de Kauartz, et à son cellerier de ne pas mettre 
d'obstacle à ce qu'ils perçoivent librement les revenus auxquels 
ils ont droit. 

Arrêtons-nous quelques instants devant ce document remar- 
quable. Pour l'histoire d'Arlon, il est hautement significatif. On 
y voit la dernière souveraine de Luxembourg, au moment où ce 
duché va entrer dans le patrimoine de la maison de Bourgogne, 
faire comme le mélancolique testament de la famille luxembour- 
geoise. La cession de la chapellenie du château ne signifie autre 
chose en effet que la fin du marquisat d'Arlon. Arlon ne sera plus 
habité par ses souverains : voilà pourquoi ils n'ont plus besoin d'y 
entretenir un chapelain spécial, voilà pourquoi les fonctions reli- 
gieuses y peuvent être confiées aux moines, qui desserviront la gar- 
nison et une partie de la ville. Avant cette époque, la ville, même 
depuis qu'elle avait été englobée dans le duché de Luxembourg, 
avait plus d'une fois vu ses souverains dans ses murs. Jean l'Aveugle 
et Wenceslas y avaient séjourné, Elisabeth elle-même y avait réuni 
les Etats du Luxembourg le 43 août 1430, et, en 1436, elle y avait 
reçu la fausse Jeanne d'Arc. Les fonctions de chapelain avaient leur 
raison d'être alors, et contribuaient à maintenir vivant le souvenir 
du temps où Arlon était la capitale d'un petit pays indépendant. 
Mais désormais toute cette organisation primitive et féodale va dis- 
paraître. Ce n'est pas seulement le marquisat d'Arlon, c'est le du- 
ché tout entier qui va, quelques années plus tard, perdre son exis- 
tence indépendante pour ne plus être qu'un appoint dans le 
patrimoine de souverains étrangers. Et ceux-ci, qui ont la triste 
gloire d'avoir les premiers introduit au milieu de la société chré- 
tienne le luxe écoeurant et le faste corrupteur des cours, mépri- 
seront nos humbles villes ardennaises et attireront vers quelque 
centre opulent la vitalité et la richesse du pays. Ainsi Arlon est 
condamné à décliner, et nul doute qu'à cette occasion elle n'ait 
perdu une partie de sa prospérité. Mais le culte divin ne sera pas 
interrompu sur les hauteurs dont il a pris possession depuis des 



— 491 — 

siècles : la religion est plus durable que les institutions politiques, 
et n'est pas atteinte par les vicissitudes qui les frappent. Les 
Carmes substitués au chapelain, feront désormais le service reli- 
gieux pour la garnison du château et probablement aussi pour 
une partie de la ville haute. 

La lettre d'ÉHsabeth présente encore de l'intérêt sous un autre 
point de vue : c'est le premier document qui nous renseigne sur 
l'histoire de l'instruction publique à Arlon. Nous y voyons que 
parmi les attributions du chapelain figurait le rôle de maitre 
d'école. C'était la règle. Au moyen-âge, les noms de chapelain ou 
vicaire et de maitre d'école sont presque synonymes : partout, 
c'est au clergé que nos ancêtres ont dû la connaissance des lettres 
humaines non moins que des vérités célestes. Arlon ne fait pas 
exception à cette loi générale : et il est utile de constater par un 
exemple de plus, en regard de la hardiesse et de l'ignorance avec 
lesquelles on affirme le contraire de nos jours, à quelle antiquité 
remonte parmi nous l'organisation de l'instruction publique. 

Encore un mot sur ce précieux diplôme. Dans le registre dont 
je l'extrais, il est signalé comme copié sur la translation de l'alle- 
mand en langue française. Au contraire, les diplômes de Jean 
l'Aveugle et de son fils Wenceslas, qui portent les dates de 1337 
et de 1373, sont en français, et celui de l'empereur Wenceslas en 
latin. Le lecteur a ici l'occasion de vérifier ce que je disais plus 
haut sur l'emploi des langues dans notre pays. Le renouveau de 
l'idiome germanique commence au xv^ siècle, et à partir de cette 
époque, l'allemand reste maître du terrain dans le pays d' Arlon 
jusqu'à nos jours. 

Je ne veux pas faire ici la lamentable histoire des causes qui 
ont amené sa dégénérescence à partir de 1830 : cela m'entraîne- 
rait trop loin de mon sujet : que la responsabilité d'un pareil 
crime contre leur pays retombe sur ceux qui en ont été les com- 
plices et les instruments ! 

On vient de voir comment les Carmes ont été installés défini- 
tivement dans le château d'Arlon par l'acte d'Elisabeth de Gorlitz. 
Cependant cette princesse ne tenait le duché de Luxembourg qu'en 
engagère, et sa donation devait être ratifiée par le souverain du 
pays. Celui-ci était alors Ladislas le Posthume, représenté pendan^ 
sa minorité par sa mère ÉUsabeth de Hongrie. Le frère Herman, 



— 492 — 

SOUS prieur de la maison d'Arlon, alla trouver cette princesse à 
Neiistadt. Il était muni d'une lettre par laquelle Elisabeth de Gorlitz 
priait la reine mère d'accueillir favorablement sa demande, et en 
effet, le dimanche après la Saint-Mathias 1441, Elisabeth de Hon- 
grie ratifiait et confirmait la donation analysée ci-dessus. 

A partir de cette époque, les Carmes restèrent en paisible 
possession de la chapelle et des revenus qui y étaient attachés. 
Suivant la coutume de cette époque, ils eurent soin, à chaque 
avènement, de faire confirmer leur droit par le nouveau souverain. 
Le registre à qui j'ai emprunté les éléments de cette notice contient 
la confirmation de leurs diplômes faite à Luxembourg, le 7 octobre 
1480, par Maximilien et Marie de Bourgogne, à la requête du 
prieur d'Arlon. Il en contient une autre faite le 15 juillet 1516, à 
Bastogne, par deux maîtres des requêtes que Charles Quint, à son 
avènement, avait délégués à cet office (ad receptionem patriarum 
suarumj dans tout le pays de Luxembourg : c'étaient Frédéric 
comte palatin du Rhin, et Jérôme de Busleyden. Cette dernière 
confirmation est constatée dans un acte notarié du 2 septembre 
1527, délivré à Arlon par le notaire Mathias Iccius de Luxembourg. 
L'exactitude avec laquelle sont dressées les notes chronologiques 
de cet acte atteste chez le notaire Iccius un homme consciencieux. 
Voici le libellé de la date : Arlon, le lundi 2 septembre 1527, XIV 
indiction, à 10 heures du matin, 4^ année de Clément VII. Notre 
notaire atteste également que les confirmations de Maximilien 
d'Autriche et de Charles Quint lui furent présentées ce jour dans 
la chambre inférieure de sa maison, près de la cuisine (in caméra 
inferiori apud coquamj, par le frère prieur Jean Jongerjohan, lec- 
teur en théologie, en présence des témoins Nicolas Beck, boucher, 
Mathias de Warchen, tailleur, et Pierre Clinclaus, tisserand. 

Là s'arrêtent les documents relatifs au Carmel d'Arlon qui sont 
contenus dans les archives de la Cour des Comptes. 

IL 

L'INCENDIE DE 1563. 

La malheureuse ville avait été saccagée et incendiée deux fois 
en 16 ans, en 1542 et en 1558, et elle était loin d'avoir fermé 
toutes les plaies que lui avaient faites ces deux désastres, lorsque 



— 493 — 

le 21 septembre 1563, éclata un nouvel incendie. Celui-ci, quoique 
accidentel, n'en fut pas moins terrible. L'église, l'hôpital et la 
halle publique furent consumés par les flammes. Un vrai désespoir 
s'empara des Arlonais. Fallait-il abandonner le sol sacré de la 
ville natale et laisser les ruines en marquer le souvenir? Dans 
leur détresse, ils se tournèrent vers le gouvernement, le suppliant 
1» de leur faire remise de tous les termes d'impôts qui restaient 
encore à payer ; 2° de les autoriser à lever à leur profit ces arriérés 
pour aider les habitants à rebâtir leurs édifices tant publics que 
privés. 

Le décret royal du 24 novembre 1563, rendu en conformité de 
cette demande, accorde remise aux Arlonais de tout ce qui leur 
restait à payer pour 1563, et de toute la part de leur ville dans 
l'aide de 1564; de plus, il les déclare francs, pour un terme de 
douze ans, de toutes aides qui seront accordées dans le pays. Ce 
terme commencera à la date du décret. Enfin « de sa plus ample 
grâce et pour les bons services par eux faits es dites guerres passées » 
le roi accorde aux Arlonais la somme de 3000 livres à 4 gros 
monnaie de Flandre. L'emploi de cette somme est fixé de la ma- 
nière suivante : 2500 livres seront partagées par le justicier et les 
échevins à tous les incendiés qui dans un délai de six ans vou- 
dront rebâtir leur maison et la couvrir d'ardoises ; les 500 autres 
livres devront être employées à la reconstruction de la halle et de 
l'église paroissiale. Un compte sera rendu par le justicier et les 
échevins à la Chambre des comptes à Bruxelles. 

On remarquera qu'une des conditions mises à la libéralité de son 
souverain, c'est que les maisons à rebâtir seront couvertes d'ar- 
doises. Ceci fait supposer qu'un grand nombre auparavant l'étaient 
en paille, et que le public s'était rendu compte des facilités que 
des toits de chaume offraient à l'incendie. 

Un autre point digne de remarque, c'est que l'église paroissiale, 
pour la seconde fois depuis 13 ans qu'elle était établie au milieu 
de la ville, se voyait comprise dans l'incendie. En efi'et, il y avait 13 
ans à peine que la chapelle de l'hôpital des Thérapiennes avait été 
transformée en église à l'usage de la population, qui auparavant 
n'avait d'autre sanctuaire religieux que l'église située au milieu 
du cimetière. Il avait fallu agrandir et aménager le modeste édi- 
fice des sœurs hospitalières, et peut-être que ce travail était encore 



— 494 — 

inachevé lorsque le désastre de 1558 vint tout détruire. De nou- 
veau les Arlonais s'étaient remis à l'œuvre, lorsque le deuxième sac 
de la ville par les Français, en 1562, vint les priver de leurs der- 
nières ressources. C'est au milieu des misères causées par tant 
de malheurs accumulés que lesfrappal'incendiedelSCS. En vérité, 
peu de villes ont été aussi éprouvées que la nôtre, et j'en crois 
sans peine les historiens affirmant qu'avant tous ces désastres 
elle jouissait d'une splendeur et d'une prospérité qu'elle ne connut 
plus depuis. 

Voici le diplôme royal. 

Lettres patentes contenct.ites certaines faveurs et octrois faicts aux ha- 
bitants de la ville d'Arlon. 

Charles par la grâce de Dieu roi de Gastille de Léon d'Arragon 
de Navarre de Naples de Sicille de Maillorque de Sardaigne des 
ysles d'Indes et terres fermes de la mer océanne, archiduc 
d'Autriche duc de Bourgoigne de Lothier de Brabant de Lembourg 
de Luxembourg de Geldres et de Milan, comte de Hasbourg de Flan- 
dre d'Artois de Bourgoigne palatinede Haynaut de Hollande de Zeel- 
lande de Namur et de Zuytphen, prince de Swane marquiz du 
Saint Empire de Fryse de Salins de Matines des cités villes et pays 
d'Utrecht d'Overyssel et Groeninghe et dominateur en Asie et en 
Afrique, à tous ceulx qui ces présentes verront salut. 

Receu avons lumble supplique de nos bien amés les justicier 
echevins et bourgeois de nostre ville d'Arlon en nostre pays et 
duché de Luxembourg contenant comme depuis les guerres com- 
mencées en lan XV^ quarante deux jusques après ces dernières 
les dits suppliants auroient continuellement à leurs grands coûts 
despences et non sans grands domaiges oultraiges et insolences 
militaires toujours soustenu plus que tous aultes leurs voisins 
grande gendarmerie de gens de pied et de cheval avec perte et 
déboursements d'argent, en quoy plusieurs capitaines d'alors 
sont encoires redevables, sans en avoir esté récompensés ou pour 
ce avoir esté supportez ou excusés du payement d'aulcunes aydes 
ny autrement ayant aussi la dite ville d'Arlon par deux diverses 
fois esté mise à feu et a flamme par les ennemis qui estoyent au- 
dict an quarante-deux et cinquante-huit dernier passé en cette ville, 
etdestruicte jusques aux fondements, sans que les dits suppliants 
pour l'afTection fidélité et obéissance qu'ilz congnoissent nous de- 



— 195 — 

voir ayent oncques faict difficulté de réparer et selonc leur possibi- 
lité restaurer jusque à la seconde fois les édifices et maisons tant 
publiques que particulières à leurs propres frais cousts et des- 
pens estans aussy prests de satisfaire aux aydes et aultres rede- 
vances comme ils ont faict jusques a présent ; or est que le 21ine 
septembre dernier passé, plus grand esclandre y serait advenu 
par feu de mescheif que oncques auparavant par lequel le peu de 
bien quy pouvoit estre eschappé des ennemis guerres et fortunes 
que dessus et par les dits supplians employés es bâtiments et ré- 
paration du dit Arlon auroient esté sur une nuictee par le dit feu 
de meschief pour la 3^ fois totallement consommé et iceulx sup- 
pliants réduits et rengés en extrême misère et perpétuelle pauvreté. 
Estans tellement gastés et ruynés quilz ne pussent jamais re- 
mectre leur ville en estât deu ains seront constraincts la délaisser 
déserte et désolée comme elle est a présent et l'abandonner de 
tout sans y pouvoir plus longuement séjourner ou habiter. Et ne 
leur seroit aussy possible de satisfaire aux aydes par eulx a vous 
dernièrement accordées ou aultres redevances non seulement pour 
les termes a escheoir ains aussy pour les termes eschus qui restent 
encoirres a payer, n'estoit qu'il nous plust les tenir quictes et 
indempnes desdites aydes dernièrement accordées et aultes que 
se pourront accorder cy après par les estais de nostre dict pays et 
duché de Luxembourg et davantaige pour recompense secours et 
recouvrance dune partie des pertes ruynes et calamités que des- 
sus, leur consentir et permectre de pouvoir lever a leur prouffict 
ce que desdictes dernières aydes reste encoirres a payer par le 
marquisat d'Arlon pour le distribuer entre eulx et s'en ayder a 
redresser leurs domicilies. Et en oultreaffin que les pauvres bour- 
geois de la dicte ville d'Arlon par desespoir ne soient constraincts 
s'esgarer et à la longue délaisser icelle ville et le pays, ains 
que leur soyt donné couraige et aide pour recommencer et 
relever les ediffices et maisons tant pour l'utilité et commodité 
particulière d'ung chascun comme du public et de nos demaines 
et mesmes pour reddresser et reddiffier l'église et Ihopital de la 
dicte ville d'Arlon ensamble la halle illecq ayans esté par le dict 
feu de meschief entièrement brusles et détruicts, leur accorder 
quelque bonne somme de deniers à prendre sur nostre demaine 



-- 496 — 

dudict Arlon, dont et de tout ce que dessus les dicts suppliants 
nous ont très humblement suppliés et requis ensemble de nos 
lettres patentes en tel cas pertinentes. 

Scavoir faisons que les choses dessus-dites considérées et sur 
icelles eu l'advis premier de nostre recepveur général de Luxem- 
bourg Herman Bresgin, en après de nos amés et féaux les prési- 
dent et gens de nos comptes à Bruxelles, et conséquemment des 
chief trésorier général et commis de nos demaines et finances, 
inclinans favorablement à la supplication et requeste desdits de 
la ville d'Arlon, supplians et désirans aulcunement les soulager 
et subvenir à leurs grandes nécessités et misères, esquelles ils 
sont présentement tombés pour les causes cy dessus déclairées 
même pour de tant plus les anismer à eulx ramaisonner et 
remectre sus, Nous pour ces causes et aultres à ce nous mou- 
vantes leur avons par délibération de nostre très chière et amée 
sœur la ducesse de Parme et de Plaisance pour nous régente et 
gouvernante de nos pays de par deçà, octroyé consenti et accordé, 
octroyons consentons et accordons de grâce espécialle par ces 
présentes les poincts et articles que s'ensuyvent. 

Assavoir premier qu'ilz seront dressés de leur deu procédant 
des prests par eux faicts à aulcuns capitaines de gens de guerre, 
comme dict est, et ce avec le temps et au plus tost que nos affaires 
le pourront comporter ; octroyant et accordant davantaige à tous 
endommaigiés par ledit dernier feu de meschief grâce et quictance 
de ce quilz pourront debvoir en layde courante pour les termes 
qui escherront en ceste présente année XV^ soixante trois et en 
l'année XV^ soixante quatre prochainement venante, et par dessus 
ce leur avoir encoirres octroyé et octroyons par ces dictes pré- 
sentes quilz seront tenus francqz et exempts des aydes quy nous 
seront accordées en nostre dict pays de Luxembourg pour ung 
temps et terme de douze ans aussy prochainement venans et 
ensuyvans l'un l'aultre commenchans aujourd'huy date de ceste, 
durant lequel temps ilz ne seront tenus de contribuer en aucunes 
aydes susdites et en oultre de nostre plus ample grâce et pour les 
bons services par eulx faicts esdites guerres passées, et affin de les 
animer comme dict est, leur avons donné et accordé donnons et ac- 
cordons par ces dictes présentes la somme de trois mille livres du 



— 497 ~ 

prix de quarante gros nostre monnaie de Flandre la livre, une fois 
assignée sur telles parties que cy après seront ordonnées, et sera 
la dite somme distribuée par les dits justicier et eschevins de la 
dicte ville d'Arlon assavoir deux mille cinq cens des dictes livres 
aux endommagés par le dict dernier feu de meschief qui en dedans 
six ans prochainement venans vouldront maisonner et rebastir 
maisons en icelle ville et les faire couvrir d'ardoises, à chacun 
selon sa faculté et qualité, et les aultres cinq cens livres dicte 
monnaie seront^employées par les dicts justicier et eschevins à la 
rediffication des dites halle et église parrochiale pourveu toutefîois 
que de la dicte manianceet distribution d'iceulxjusticier et esche- 
vins seront tenuz faire et tenir bon registre et en rendre bon et léal 
compte en nostre dicte chambre des Comptes audict Bruxelles, 
et ce au boult des dictes six années fourniz et quictances desdits 
endommaigés et rectiffication des clercs-jurés comme il appartien- 
dra, pourveu aussy que les dits supplians seront semblablement 
tenuz envoyer ces dictes présentes tant en nostre chambre des 
finances, que de nos dits comptes à Bruxelles pour y estre enregis- 
trées là et aincy qu'il appartiendra. Sy donnons en mandement a nos 
amés et feaulx les chiefs président et gens de nos privé et grand 
consaulx gouverneur président et gens de notre Conseil au dict 
Luxembourg aux dicts de nos finances et de nos dicts comptes à 
Bruxelles, receveur général de' nostre dict pays et ducé de 
Luxembourg et à tous aultres nos justiciers officiers et subjects 
cuy ce regardera. Que de nostre présente grâce octroi quictance 
consentement et accord pour le temps, aux conditions selon et en 
la forme et manière que dict est, ils facent soufrent et laissent les 
dicts suppliants plainement et paisiblement jouyr et user, sans 
leur faire mectre ou donner ne souffrir estre faict mis ou donné 
aucun trcuble ou empeschement au contraire, car aincy nous 
plait il, nonobstant quelconques ordonnances restrictions mande- 
mens ou deffences à ce contraires. En témoignage de ce nous avons 
faict mectre nostre scel a ces présentes donné en nostre ville de 
Bruxelles le 24^ jour de novembre lan de grâce mil cinq cens 
soixante trois de nos règnes assavoir des Espaignes Sicille etc. le 
huitième et de Naples le lO^. 
Sur le revers est escript : par le roy la duchesse de Parme etc. 



— 198 — 

régente. Le sgr de Hachicourt chief messire Josse de Damhoudere 
chevalier et Albert Van Loo commis des finances et aultres 
présens. Signé d'Overloepe. 

Sur le dos est escript : Les chief trésorier général et commis des 
finances du Roy nostre sire consentent en tant que en eux est, le 
contenu en blancq de ceste estre fourny et accompli tout ainsy 
par la mesnie forme et manière que Sa Majesté le veult et mande 
estre faict par icelles. Escript soubz les seings manuels des dits 
chief trésorier général et commis le XV jour d'apvril XV^ soixante 
quatre après pasques. Ainsy signé P. de Montmorency. J. Dam- 
houdere et A. Van Loo. Et scellées dung grand scel de cire ver- 
meille a double queuwe pendante. Encoirres escript sur le dict 
ply ces présentes lettres ont esté leues en la chambre des comptes 
du Roy nostre sire. Icelles lettres illecq este enregistrées en cer- 
tain registre y tenu pour les affaires du pays et duché de Luxem- 
bourg commençant au mois de janvier XVXXXIV dessus marqué 
ou signé avec la lettre R. fohis xh, xhi, et xliii. Faict en ladite 
chambre des comptes à Bruxelles le 21 « d'avril XV^ soixante 
quatre après Pasques. Signé P. de Waelhem. 

Collationné aux lettres originales et trouvé concorder le 27^ jour 
d'apvril xv^ soixante quatre par moi. 

(Signé) P. de Waelhem. 

Le lecteur aura pu remarquer que par suite d'une erreur de 
copiste le nom de Charles remplace celui de Philippe en tête de 
ce document. Charles-Quint avait déposé le fardeau du pouvoir en 
1555 et était mort en 1558. La preuve qu'il n'y a ici qu'une simple 
distraction dans la transcription d'un nom propre, c'est que tout 
dans le diplôme se rapporte parfaitement à Philippe IL C'est lui 
qui, en 1563, est dans la 10^ année de sa domination à Naples et 
dans la 8^ année de son règne en Espagne ; c'est lui qui peut dire 
de la duchesse de Parme nostre très chiere et amee sœur. Tous les 
titres pris par le monarque dans le préambule du diplôme sont 
ceux de Philippe II ; Charles-Quint aurait fait figurer sa qualité 
d'empereur en tête de toutes les autres. 



— 499 — 

m. 

L'INCENDIE DE 1569. 

On a vu que pour dédommager en partie la pauvre ville de toutes 
les calamités qui avaient fondu sur elle, le gouvernement lui 
avait accordé une remise d'impôts pour un terme de douze ans 
(1563-1575.) La moitié de ce terme n'était pas encore écoulée, et 
les travaux de réparation de la ville étaient loin d'être achevés, 
lorsqu'éclata l'incendie de 1569, qui réduisit en cendres les édi- 
fices à peine renaissants de leurs ruines. Devant une telle accu- 
mulation de misères, on ne peut qu'admirer la vitalité et l'éner- 
gie d'une population qui ne se laisse pas briser par les malheurs, 
et dont l'amour pour le sol natal triomphe de la malédiction qui 
semblait attachée à la colline arlonaise. Arlon se remit courageu- 
sement à la besogne, et de nouveau, quelque temps avant l'expi- 
ration du terme de douze ans, s'adressa à la bienveillance du 
souverain. La ville le suppliait de lui accorder un second terme, 
dont elle s'abstenait d'ailleurs de préciser la durée, avec une 
somme de six ou huit mille florins pour relever les fortifications 
d'Arlon. La requête n'entre dans aucun détail sur les circonstances 
de ce nouveau désastre, qu'elle qualifie simplement de feu de 
mescMefy mais elle invoque de sérieuses raisons pour faire répa- 
rer au plus tôt les murailles et les forts dont la démolition, jointe 
à celle de la forteresse d'Ivoix, fait que Luxembourg, la capitale 
du duché, se trouve converti en ville frontière. 

Je ne sais quelle fut l'issue de cette requête, mais tout porte 
à croire qu'elle reçut un accueil favorable, et que la demande fut 
accordée, du moins en partie. J'ajouterai que ce document ne 
figure pas, comme tous les autres, aux Archives de la Chambre des 
Comptes, je l'ai copié à la bibliothèque de Bourgogne, M S. 6870- 
6917 ; il fait partie d'une collection fort intéressante de pièces 
réunies au xviF siècle par le savant jésuite Wiltheim, qui a rendu 
tant de services à notre histoire provinciale. 

AU ROY. 

Remonstrent très humblement les justicier eschevins et bour- 
geois de la ville d'Arlon au pays de Luxembourg comme ladite 
ville depuis lan 58 serait esté par trois fois mise en feu entièrement 



consommée y ayans les Français pour lors ennemys de notre 
Majesté audit an mis le feu et les aultres inconvéniens seroient 
advenus en l'an 63 et 69 par feu de meschieff ayant auparavant 
aussi este la dite ville en l'an 42 entièrement bruslée quoy 
considère et au regard que es guerres commencez en l'an xv^ 
quarante deux jusques à la fin dicelles les remonstrans ont 
continuellement a leurs grands costz despence et non sans grands 
domaiges oultraiges et insoluments militaires soubtenu plus que 
tous aultres voisins grand gendarmerie de pieds et de chevaulx 
ensemble toutes aultres charges et molestations des guerres voires 
sy avant questant les feu de meschieff susdit en après ensuiviz il 
ny auroit apparence que ladite ville se pourroit oncques remectre 
en estât ains plus tost que les bourgeois seroient constraincts 
de la délaisser déserte et désolée affin que cela ne se fist 
ensemble pour avoir meilleur couraige et ayde pour recommencer 
et relever leurs ediffices et maisons tant publiques que aultres et 
ausci les églizes et hospitaux Aura vostre Majesté aux supplians 
entre aultres poincts benignement accordé l'affranchissement des 
aydes pour lespace de douze ans Accordez a icelle a votre dict 
pays de Luxembourg comme est a veoire par la copie de telle 
octroyé icy joincte et d'aultant que telle terme va expirer et que 
lesdits suppliants se treuvent encoires aultant interesses desdites 
guerres et feuz ensuivis comme auparavant sayant lesdits 
supplians radresse ladite ville aultant que possible at este A quoy 
les ung ont employé tout leur avoir les aultres sont estees con- 
straincts de faire grands debtes et les aultres sont encoires a 
bastiere restant encoires celluy qui auroit entièrement achevé son 
bastiment singulièrement en façon comme auparavant supplians 
les remonstrans bien humblement qu'il plaise à Votre Majesté 
avoir esgarde sur les inconvénients susdicts et en considération 
de ce et affln que les susdicts supplians soient tant plus animes 
et pour avoir meilleur moyen de rediffier et restaurer ladite ville 
den orner quelque aultre terme pendant lequel les bourgeois de la 
dite ville d' Arlon en conformité de la i'^'^ concession soient francqz 
et quiets des aydes et subsides que Ion pourroit a vostre dict 
pays de Luxembourg. 
Daultre part ne se contentant les François en l'an 58 davoir 



:- 201 — 

bruslez les maisons de la dicte ville ains scachans icelle ville leur 
avoir toujours faict grande résistance comme pour la qualité et 
condition du lieu elle pourroit sy besoing encoires faires, auroient 
aussy rompu brisez et en plusieurs lieux entièrement avec force 
de pouldre renverse les murailles et ramparts dicelle ville laquelle 
par la destruction divoix est maintenant ville frontière nayans les 
subjects alentour dicelle ville darlon a neufs et dix lieues daultre 
retraite et refuge en cas de nécessite que audit lieu estant toutefîois 
ledit lieu ainsy dispose que en aulcun endroit Ion peult entrer et 
sortir de nuict et de jour parmy les dites murailles et comme la 
restauration dicelle est entièrement nécessaire et ce point seulle- 
ment au regarde des supplians et circonvoisins ains aussy pour le 
bien de vostre Majesté estant notoire que il y ait bien peu de 
forteresses au pays de Luxembourg et que sans réfection dudit 
Arlon Luxembourg vostre ville capitalle audit pays seroit frontière 
et ayant mesme vostre Majesté requis les aydes et subsides a 
vostre dict pays pour la réfection et réparation des villes dicelluy et 
que daventure présentement nest la commodité de faire telle 
bastiment audit Arlon comme bien est besoing et nécessaire sup- 
plient les suppl. du moings le bon plaisir dicelle estre daccorder 
présentement au remonstrans desdites aydes et subsides quelque 
somme de six ou huit mille florins ou telle somme comme il 
plairat à Votre Majesté pour maintenant sans aulcun delay redifier 
lesdites murailles et lieux rompus, et mesmes redresser ce que 
les François ont abattuz affin de pouvoir seurement cloiere et 
fermer la dite ville et empescher que par lesdites murailles Ion 
ne puisse entrer dans ladite ville le tout jusques a ce que la 
commodité soit de plus bastiere ou que telle pourrait estre la 
volente de Votre Majesté sy ferés bien. 

Ainsy estoit escript au marge : Soit ceste requeste avecq la 
copie cy joincte envoyée au recepveur gênerai de Luxembourg afin 
de le venir visiter et de son avis sur la continuation de l'exemption 
de l'ayde cy mentionnée advertir le sieur comte de Mansfelt 
lequelle la verra aussy y joindre semblablement son advis tant sur 
le faict de la mesme continuation que de ce que les dicts remon- 
strants requerans ultérieurement et renvoyra le tout à ceulx des 
finances pour après en estre faict comme sera trouvé convenir 

U 



- 202 — 

Faict à Bruxelles au bureau des d. finances le 10^ jour de décembre 
1574 et estoit signé Sterck et en bas estoit escript : Collationne a 
loriginal et tenuz concorder de mot à aultre par moy soubscript 
en lordonnance de mon frère le recepveur gênerai Gospel ce XV 
de juing 157G Ainsy soubscript Jacque Gospelz. 

Collationne de rechief par moy recepveur darlon soubscript tes- 
moigne de moy par signe manuel y mis le 17 jour de juing xv^ 76. 

WARGK. 
IV. 
L'INCENDIE DE 1661. 

Le dernier de mes documents contient, avec bon nombre de 
détails intéressants ou pittoresques, une des pages les plus émou- 
vantes de l'histoire d'Arlon. C'est encore une fois d'un incendie 
qu'il va être question, car il semble dans la destinée de cette 
ville que la nuit de ses annales ne puisse être éclairée que par la 
lueur des flammes qui la consument. Otez les récits d'incendie et 
de pillage, et l'histoire d'Arlon se réduit à rien. A ce compte, il 
n'y a personne qui puisse redire avec plus de conviction que les 
Arlonais cette parole célèbre : Heureux les peuples qui n'ont pas 
d'histoire ! 

En 1658, les commandants militaires d'Arlon firent remiser dans 
les voûtes ou souterrains de la vieille église paroissiale quantité de 
munitions de guerre, comme poudre, grenades, feu d'artifice, 
mèches à canon. Cette vieille église, nous dit le document, était 
CL scituée immédiatement souhs la nouvelle église bastie et érigée dejjuis 
peu d'années par les bourgeois et habitants. ï> Quelques explications 
sont ici nécessaires. On a vu qu'après l'incendie de 1563, l'église 
paroissiale avait été rebâtie, et nous apprenons ici que quelques 
années avant 1661, une nouvelle église avait été substituée à 
l'ancienne. Nous ne savons pas quelles circonstances détermi- 
nèrent cette reconstruction. Un nouvel incendie avait-il consumé 
l'édifice, ou bien était-il trop petit pour la population ? Toujours 
est-il que l'on avait exhaussé la nouvelle église, puisque la nef de 
celle de 1563 était devenue la voûte souterraine qui supportait le 
pavement de l'autre. L'emploi que les commandants militaires 



— 203 — 

firent de cette voûte pour y loger leurs munitions de guerre donne 
une idée de l'indifférence aveclaquelle, en ces temps calamiteux, 
les intérêts les pins précieux d'une ville étaient sacrifiés aux 
exigences de sa garnison. 

Les Arlonais protestèrent énergiquement. Ils firent valoir 
l'horrible désastre que le moindre accident pouvait entrainer pour 
toute la ville ; ils firent valoir notamment que l'église était située 
au milieu d'une rue populeuse, entourée d'ateliers de serruriers 
et de maréchaux ferrants, qui rendaient le danger pour ainsi dire 
inévitable. Mais l'autorité militaire allégua les besoins du service 
du Roi, et promit une indemnité en cas de malheur. Ce malheur 
ne devait pas tarder. Dès les premiers jours de l'année 1661, le 
feu prit vers minuit à une maison située à vingt ou trente pas de 
l'église. En un clin d'œil, tout le quartier fut en feu. La panique 
était tellement grande que personne n'osait s'approcher pour 
éteindre l'incendie, car l'église inférieure contenait alors 200 tonnes 
de mèches qui avaient pris feu et qui étaient tout près du dépôt 
de poudre. De la sorte, la flamme put se donner libre carrière. 
Toute l'église haute et basse fut réduite en cendres, à part cet 
enfoncement de la voûte où étaient logées 230 tonnes de poudre 
avec les grenades et les feux d'artifices. Si la flamme avait pénétré 
jusque là, c'en était fait à tout jamais de la ville d'Arlon ! Aussi 
les habitants attribuèrent-ils d'une voix unanime à un miracle de 
la Providence la conservation de leur ville natale. 

On lira dans le document même, que je reproduis ci-dessous, 
le détail de cet événement, et la détresse où Arlon se retrouva 
plongée. C'est alors qu'à la requête du doyen de la ville, sire 
Augustin Rumhng, le gouvernement accorda aux bourgeois qui 
n'avaient pas souffert du feu, une remise d'impôts pour un terme 
de deux ans, à condition d'employer une somme équivalente à la 
reconstruction de l'église. Précédemment déjà, dans une pièce à 
laquelle celle-ci fait allusion et que je n'ai pu me procurer, le gou- 
vernement avait accordé aux Arlonais victimes du désastre une re- 
mise de six années d'impôts, afin de les aider à rebâtir leurs 
maisons. 

Il se présente ici une difficulté assez grave. M. Prat, dans son 
histoire d'Arlon, parle d'un incendie du 2i mai 1660, qui aurait 
consumé l'église, la halle, le couvent et l'hôpital, avec 140 mai- 



— 204 — 

sons. L'incendie dont il est question dans notre document est du 
commencement de 1661. Peut-on admettre qu'à si peu de distance, 
il y ait eu deux événements aussi désastreux, sans que la pièce de 
1001 en ait fait le moins du monde mention ? Gela ne me semble 
pas vraisemblable : car ce document est trop préoccupé de mettre 
en relief la détresse excessive qui a déterminée la libéralité royale, 
pour avoir oublié le trait principal de son tableau. Tout au con- 
traire, il nous montre, dans l'incendie de 1601, les cloches fondues, 
les images et ornements perdiiz. Ce n'est pas six mois après un 
premier incendie que l'église aurait pu se retrouver en possession 
de cloches, ni d'images et d'ornements de quelque prix. Tout 
donc me porte à croire que l'incendie de 1001 et celui que M. Prat 
rapporte sous la date du 24 mai 1060 n'en sont qu'un. Dans ce 
cas, l'historien d'Arlon aurait donné une date inexacte : comme je 
ne sais pas à quelle source il a puisé, il m'est impossible de véri- 
fier son assertion. 



Lettres patentes de prolongation de la grâce de l'exemption et modé- 
ration accordée aux inhabitans de la ville d'Arlon de leurs feux 
aux charges publiques pour un autre terme de deux ans. 

Philippes par la grâce de Dieu roi de Castille de Léon d'Ar- 
ragon de deux Sicilles de Hierusalem etc. A tous ceulx qui ces 
présentes verront salut receu avons l'humble supplication de 
notre cher et bien ame messire Augustin Rumling curé et doyen 
de notre ville d'Arlon contenant que comme passé environ trois 
ans les commandans et officiers de guerre de notre dite ville 
d'Arlon auroient trouvé nécessaire pour notre service de retirer 
quantité de munitions de guerre comme pouldre grenades feu 
d'artific e mesches a feu de canon dans les vouttes de la vielle 
église parochiale scituée immédiatement soubs la nouvelle église 
bastie et érigée depuis peu d'années par les bourgeois et habitans 
de notre dite ville d'Arlon ayans les remonstrants remonstré par 
diverses fois le grand dangier d'un malheur irréparable qu'encour- 



— 205 — 

roit non seullement ladite église scitaée au milieu de rue envi- 
ronnée des maisons d'artisans si comme mareschaux serruriers 
prians avecq toutes les instances immaginables lesdits comman- 
dans et officiers de mectre lesdites munitions en autre place sur 
quoy il n'auroit sceu tirer autre responce sinon que s'estoit notre 
service ny ayant autre place plus propre dans notre dite ville et 
qu'en cas de malheur nous indemniserions et comme passé quattre 
a cincq mois le malheur est arrivé que le feu s'est prins sur la 
minuict dans une maison a vingt ou trente pas proche ladite église 
et ensuicte les maisons contigues de ladite église ont esté promp- 
tement embrassées ce qui a causé telle espouvante parmy le 
peuple que personne n'osoit aprocher pour estaindre le feu tant 
plus qu'environ deux cents tonnes de mesches contigues à la 
poudre furent incontinent embrassées dont toutte l'église restoit 
si plaine de feu et flamme que l'on n'y sceut entrer pour sauver 
aucun ornement ou meuble en sorte qu'a moins d'une heure toute 
l'église haute et basse fust bruslee a la reserve d'un quoing ou 
estoient deux cent et trente tonnes de pouldre avecq les grenades 
et feu d'artiflce ce que l'on ne peut attribuer qu'a un miracle de 
Dieu puisque toutes les mesches et affûts de canons contigues a 
ladite pouldre furent tous mis en cendres les cloches fondues 
les images et ornemens perduz et par la quantités desdits mèches 
et bois des affûts et roues de cannon les pierres et pilliers des 
murailles et voutte de ladite église basse qui servoil de fonde- 
ment a celle d'en hault furent calcinées en sorte que pour re- 
bastir une nouvelle église faudrat commencer au fondement il 
est vray que les bourgeois fort catholicques pieux et devotz 
seroient de bonne volonté de contribuer à la construction d'une 
nouvelle église mais pour le grand dommage qu'ils ont soufl'ert 
immédiatement après les charges d'une si longue guerre il leur 
est du tout impossible de tant plus que la plus part d'entre 
eulx sont reduicts a une disette et pauvreté extrême ayans 
perdu maisons et meubles et toute leur chevance sont encor 
redevables de leur quartier d'hyver de l'année passée pour la 
satisfaction duquel on leur a depuis peu de jours enlevé le bes- 
tail pendant que l'on leur exige derecheff le quartier d'hyver 
de ceste année oultre qu'il leur reste encor des debtes a payer 
qu'ils avoient contractez en battisant leur église maintenant 



— 206 — 

bruslee le suppliant mesme ayant perdu sa maison et la plus part 
de son meuble n'at pas ou se pouvoir retirer ny pour sa personne 
ny pour les deux chappelains qu'il doibt entretenir pour le service 
de Dieu et l'administration des S's-Sacremens au grand interest de 
notre foy catholicque et preiudice des pauvres âmes d'un peuple 
si catholicque n'ayant aucun lieu ou il puisse exercer les functions 
spirituelles de sa charge célébrer la S^e Messe prescher cathechiser 
chanter le divin office confesser ny administrer les S*» Sacremens 
n'estant resté dans toute ladite ville que la petite église des révé- 
rends pères capucins c'est pourquoy il se trouve obligé de recour- 
rir a nous et nous supplier en toute humilité que comme nous 
avons eu la bonté d'octroyer une franchise de six ans a la bour- 
geoise intéressée par ce dernier feu afin qu'ils se puissent resta- 
bhr et rebattir leurs maisons qu'il nous pleust pareillement avoir 
la mesme bonté pour le restablissement de la maison de Dieu, en 
ordonnant et octroyant a ladite bourgeoise non intéressée de ce 
feu pareille franchise pour six années a charge et condition 
qu'iceulx non intéressez soyent obliges en endeans le terme de 
six ans remectre et restablir ladite église avecq la maison pasto- 
rale en tant que pourront porter les deniers que l'on leur auroit 
exigé pour les charges communes pendant ce terme et sur ce luy 
faire depescher nos lettres patentes en tel cas pertinentes. Scavoir 
faisons que les choses susdites considérées et suricelleeu l' ad vis 
tant de notre très cher et féal cousin le prince de Chimay, cheva- 
lier de notre ordre de la Thoison d'Or, gouverneur et capitaine 
général de notre pays et duché de Luxembourg et comté de Chiny 
que de noz chers et féaux les président et gens de notre conseil 
provincial illecq et consequamment celluy de noz très chers et 
féaux les chef trésorier général et commis de noz domaines et 
finances nous pour ces causes et autres a ce nous mouvans incli- 
nans favorablement a la supplication et reques^e du dit messire 
Augustin Rumling, curé et doyen de notre dite ville d'Arlon, sup- 
pliant, luy avons par la délibération de notre très cher et féal cou- 
sin don Louys de Benavides Carillo et Toledo marquis de Fromista 
et Garacena comte de Pinto de notre conseil d'Estat lieutenant 
gouverneur et capitaine général de nos Pays-Bas et de Bour- 
gongne etc. donné et accordé donnons et accordons de grâce 
especiale par ces présentes a l'efîect que dessus prolongation de 



— 207 — 

la grâce de l'exemption et modération accordée aux inhabitans de 
notre dite ville d'Arlon de leurs feuz aux charges publiques pour 
un autre temps et terme de deux ans pour la portée de ce a quoy 
montera la quote pour ledit temps estre tenue et employée a la 
restauration de ladite mère église déclarans que les deniers a 
procéder de ladite exemption debvront estre employez a l'effect 
cy-dessus a la participation de notre prevost ou son lieutenant du 
doyen suppliant et des centeniers et autres estans les plus no- 
tables de notredite ville d'Arlon pouveu qu'avant pouvoir jouir de 
l'effect de ces dites présentes ledit suppliant sera tenu de les 
faire présenter tant au conseil de nosdits finances qu'en notre 
chambre des comptes à Bruxelles pour y estre respectivement 
registrees veriffiées et interinees a la conservation de noz droicts 
haulteur et authorité la et ainsy qu'il appartiendra parmy payant 
auxdits de notre chambre des comptes à Bruxelles l'ancien droict 
pour ledit interinement si donnons en mandement a noz très 
chers et féaux les cheff président et gens de noz Privé et Grand 
conseilz gouverneur président et gens de notre conseil de Luxem- 
bourg auxdits de noz finances et de noz comptes à Bruxelles et 
a tous autres noz justiciers officiers et subiects cui ce regardera 
que de ceste notre présente grâce exemption et modération aux 
charges et conditions selon et en la forme et manière que dict est ilz 
facent souffrent et laissent ledit suppliant plainement et paisible- 
ment jouyr et user cessans tous contredicts et empeschemens au 
contraire car ainsy nous plaist il en tesmoing de ce nous avons faict 
mectre notre seel a ces présentes donne en notre ville de Bruxelles 
le XlIIe jour de may l'an de grâce mil six cent soixante un et de 
noz règnes le XL^ paraphé Cho. V. sur le ply estoit escript par le 
roy le marquis de Fromista et de Caracena comte de Pinto lieute- 
nant gouverneur et capitaine général etc. le comte d'Isembourg 
chevalier de l'ordre de la Thoison d'Or, premier cheff messes Jaec- 
ques Dennetieres chevalier S^" de Harlebois la Barliere etc. tréso- 
rier général Pierre Roberti S^" d'Aisne et Egide Mottet commis des 
finances et autres présens signé Verreyken et scelle du seel de 
Sa Majesté en cire vermeille appendant à double queue de par- 
chemin sur le dos estoit encores escript Les chefi" trésorier gé- 
néral et commis des domaines et finances du roy censentent et 
accordent en tant qu'en eulx est que le contenu au blancq de 



— 208 — 

ceste soit furny et accomply tout ainsy et en la mesme forme et 
manière que Sa Majesté le veult et mande estre faict par icelluy 
blancq faict à Bruxelles au bureau desdites finances soubs les 
seings manuels desdits cheff trésorier gênerai et commis le der- 
nier de may 1G61 ainsy es toit soubsigné le comte d'Isenburg 
J. Dennetieres J. Gockaerts J. d'Ognate sur ledit plyestoitencores 
escript aujourd'huy xxiP juing 16G1 ont ces présentes lettres pa- 
tentes este veues et leues au bureau de la chambre des comptes 
du roy à Bruxelles et illecq selon leur forme et teneur este inte- 
rinées et enregistrées au registre des octroys Chartres et autres 
affaires du pays et duché de Luxembourg et comté de Ghiny com- 
mençant au mois de janvier l'an 1630 au dehors marque des 
lettres L. L. n-^ IIII folio 127 paraphé le R V^ et signé F. de Bie. 
Accordé avecq les lettres patentes originelles 

F. DE BIE. 

Après avoir lu cette page lugubre des annales de la bonne ville 
d'Arlon, le lecteur ne s'étonnera plus de leur obscurité et com- 
prendra pourquoi la plus ancienne cité de Belgique n'a ni 
archives ni souvenirs historiqnes. J'ai été d'autant plus heureux de 
pouvoir, en publiant les documents ci-dessus, lever un coin du voile 
qui couvre son vénérable et lointain passé. 

Godefroid KURTH. 



» W i 



DOCUMENTS 



POUR 



L'HISTOIRE D'ARLON. 



Sous le titre que nous venons de transcrire, M. F. G. Prat a 
publié, dans les Annales de l'Institut archéologique du Luxembourg 
(t. III, p. 253), quelques extraits d'un livre curieux, sur le couvent 
des Capucins, à Arlon (1). 

Nous croyons devoir signaler, à notre tour, deux ouvrages ano- 
nymes, peu connus, qui concernent aussi le même établissement. 
Ces ouvrages ont paru simultanément en français et en allemand ; 
on y retrouve une partie des détails contenus dans le livre men- 
tionné par M. Prat (2). 

Voici la description des deux volumes édités en français : 

I. 

La Dévotion au Sacré Cœur de Notre Seigneur Jesus-Christ. 
Erigée en Confrérie ou Confédération d'amour dans l'Eglise des 
RR. PP. Capucins d'Arlon, par autorité de Nôtre Saint Père le 
Pape Benoit XIV, et par Approbation de Monseigneur l'Evêque 
d'Emmaûs Suffragant de Trêves etc. Avec plusieurs belles prières 
et pratiques de piété. — A Luxembourg, chez André Chevalier, Ln- 
primeur de Sa Majesté la Reine de Hongrie et de Bohême et Marchand- 
Libraire 1743. 

(1) Eclaircissement sur l'origine du culte qu'on rend à la Sainte Vierge, dans l'Eglise des 
RR. PP. Capucins d'Arlon,ctc. Luxembourg, André Clievalier, 1739, 2 parties pet. ia-8. — 
Nous avons entre les mains un exemplaire de cet ouvrage, mais la première parlie^çtorie la 
date de 1740. Comme dans rédition en allemand, la gravure représentant l'ara d'Arlon, est 
intercallée entre les pages 2 et 3. Cette première partie se compose de viij et 69 pages ; 
les planches qui l'accompagnent, ont été gravées par J. S. VVeiser, à Luxembourg. La 
deuxième partiey datée de 1739, comprend 62 pages. 

(2) Voy. pp. 11-41 de la Confédération d'amour (n» II). 

15 



— 210 — 

Pet. in-8 de 2 ff., 86 pp. et 2 fî., avec un frontispice gravé sur 
bois, représentant un cœur surmonté d'une croix et accompagné 
de cette légende : 

IGNEM VENI MITTERE IN 

TERRAM, ET QVID VOLO NISI 

UT ACCENDATVR. 

Frontispice (If.).-Titre.- Errata (1 f). — Avertissement {\)'^A-'i).—' 
Bulle de Nôtre Saint Père le Pape Benoit XIV. pour l'érection cano- 
nique de la Confrérie du Sacré Cœur de Jésus, datée du 8 septembre 
1740 (pp. 3-7). — Bulle de Nôtre Saint Père le Pape Benoit XIV. 
pour privilégier l'Autel de la Confrérie du Sacré Cœur de Jésus, datée 
du 30 septembre 1740 (pp. 8-9).- Erection solemnelle de la Confrérie 
du Sacré Cœur de Jésus, dans l'Eglise des BB. PP. Capucins d'Arlon 
(pp. iO-30). -Eclaircissement sur cette Dévotion ou Confédération d'à- 
mour du Sacré Cœur de Jésus (pp. 31-44). — La pratique de la Dévo- 
tion.^ ou Confédération d'amour au Sacré Cœur de Jésus (pp. 45-59). 
— Les exercices de la Dévotion, ou Confédération d'amour au Sacré 
Cœur de Jésus (pp. 60-86). — Permission du B. P. Provincial des 
Capucins de la Province Wallone (F. Ghilain de Blaugy), datée de 
Tournai, 18 décembre 1742. — Approbation des Théologiens (F. Lam- 
bert de Martilly et F. Bonaventure de Luxembourg), datée de 
Luxembourg, 4 janvier 1743 (1 f.) — Approbation du B. P. Petit- 
didier de la Compagnie de Jésus, Docteur en Théologie, et Chancelier de 
l'Université de Pont-à-Mousson, au sujet du Livre d'où on a tiré les 
principales pratiques et prières qui sont ici, datée de Nancy, 17 
décembre 1732 (1 f.). 

On lit à la page 10 : 

« L'Erection canonique et perpétuelle de cette Confrérie, Association, ou 
Confédération d'amour, se fit dans l'Eglise des RR. PP. Capucins d'Arlon, en 
vertu de la Bulle de nôtre saint Père le Pape Benoît XIV. et de l'Approbation de 
Monseigneur l'Evêque d'Emmaus, Suffragant de Trêves, le second Dimanche 
du Carême 18. Février 1742. Il y eut grand concours de monde; le Doyen 
de Chrétienté y officia ; toutes les personnes du Clergé Séculier et Régulier, 
du Magistrat, de la Bourgeoisie de la Ville, et des lieux circonvoisins, qui 
avoient déjà souscrit d'avance à cette Confrérie ou Association, y firent ce 
jour-là leur entrée solennelle. Une foule d'autres personnes.de toute condi- 



— 211 — 

tion s'y fait aussi inscrire ; et on y prononça en Allemand et François le dis- 
cours suivant, qui renferme l'éloge, l'esprit et le caractère de cette Dévotion, 
Association, ou Confédération d'amour. » 

Suit le discours. 

II 

La Confédération d'amour ou Confrérie dévote sous le titre de 
la Protection de Nôtre-Dame d'Arlon, érigée canoniquement à 
perpétuité dans l'Eglise des RR. PP. Capucins d'Arlon. Par Autorité 
de Notre Saint Père le Pape Benoit XIV. et Approbation de Mon- 
seigneur l'Evêque d'Emmaûs, sufîragant de l'Archevêché de Trêves. 
Avec un Office, et quelques belles prières sur le même sujet. — A 
Luxembourg, chez André Chevalier, Imprimeur de Sa Maj. la Reine 
de Hongrie et de Bohême, et Marchand Libraire. 1743. 

Pet. in-8 de 2 ff., 104 pp. et 1 f. — Avec une gravure sur bois 
offrant un cœur percé d'une flèche et entouré de douze étoiles ; 
au dessous du cœur on lit cette devise : 

Mater eivs con serva 

eat omnia verra h^g 

corde suo. 

Frontispice (1 f.) — Titre (1 f.). — Avertissement (pp. 1-2). Bulle 
de N. S. P. le Pape Benoit XIV pour l'érection canonique de la 
Confrérie sous le titre de la Protection de Notre-Dame d'Arlon, datée 
du 30 septembre 1740 (pp. 3-7). — Bulle de N. S. P. le Pape Be- 
noit XIV, pour privilégier l'Autel de la Confrérie de la Protection de 
Nôtre-Dame d'Arlon, datée du 30 septembre 1740 (pp. 8-9). — 
Erection solemnelle de la Confrérie ou Confédération d'amour sous le 
titre de la Protection de Nôtre-Dame d'Arlon (pp. 11-41). — Eclair- 
cissement de cette Confédération (pp. 41-52). — Le petit Office de la Con- 
fédération d'amour, tiré du Pseautier de St-Bonaventure (pp. 53-81). 

— Manière de réciter dévotement le Chapelet de la Confédéralion, etc. 
(pp. 82-94). — Les Litanies du Sacré Cœur de Marie, etc. (pp. 95-102). 

— Formulaire du renouvellement de l'hommage qui se fait tous les 
ans à la Sainte-Vierge par le Prédicateur, publiquement en chaire, 
au nom de la Confrérie, le jour de la Fête principale de la Confédéra- 
tion d'amour (pp. 103-104). — Permission du R. P. Provincial des 
Capucins de la Province Wallone, 18 décembre 1742. — Approbation 
des Théologiens^ 7 janvier 1743 (1 f.). 



— 212 — 

(Pages 11-12) : « L'érection canonique et perpétuelle de cette Confrérie, ou 
Confédération d'amour se fit dans l'Eglise des Révérends Pères Capucins 
d'Arlon le 25. de Février 1742, en vertu de la Bulle de Nôtre Saint Père le 
Pape et de l'Approbation de l'Evêque d'Emmaiis Suffragant de Trêves, il y eut 
grand concours de monde, le Doyen de Chrètienneté y officia, toutes les 
personnes du Clergé Séculier et Régulier ; du Magistrat et Bourgeoisie de la 
Ville et des Lieux circonvoisins, qui avoient déjà souscrit d'avance à cette Con- 
fédération d'amour, y firent ce jour-là leur entrée solemnelle. Une foule d'au- 
tres personnes de toutes conditions s'y fit aussi inscrire, et on y prononça en 
Allemand et en François le discours suivant, qui renferme l'histoire, l'éloge, 
l'esprit, le motif, et les avantages de cette Confédération d'amour. » 

Vient ensuite le discours, dans lequel se trouvent des passages 
que nous reproduirons ici. 

• 5 

« Je passe sous silence Nôtre-Dame de Lorrette en la Marche d'Anconne, 
Nôtre-Dame de Celle en Stirie, Nôtre-Dame de Halle en Hainaut, celle de Liesse 
en France, celle de Montserrat en Espagne, celle de Montaigu en Flandre, et 
une infinité d'autres, pour venir à la montagne d'Arlon qui n'a pas un moin- 
dre rang dans l'histoire, soit par rapport à son antiquité, soit par raport (sic) 
au choix que la sainte Vierge en a fait, soit par rapport à l'exécution de ce 
choix. 

€ Si je remonte à son antiquité, je verrai qu'elle étoit déjà une montagne 
fameuse du tems du Paganisme et des Romains, qu'elle a servi de théâtre à 
l'Idolâtrie ; que sur sa cîme il y eut autrefois un Temple avec son autel, où on 
adoroit la Lune sous la figure d'une femme parfaitement bien faite, dressé sur 
un pied d'estal, ayant des souliers pointus, une robe fort courte, un chaperon 
à oreilles, et tenant la Lune dans ses mains : Car tel est le sentiment commun 
fondé sur l'ancienne tradition et sur tous les Auteurs qui ont parlé d'Arlon 
jusqu'à présent. 

c Si je recherche le choix particulier que la sainte Vierge a fait de cette 
montagne, je le trouve figuré d'avance dans le 12. chap. de l'Apocalypse de 
St. Jean, lorsque cet Apôtre vit au milieu de l'air une femme revêtue du Soleil, 
qui avoit la Lune à ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête : 
Mulier amida sole, et luna suh pedibus ejus, et in capite ejus corona stellarum 
duodecim. 

c Je sais parfaitement que cette femme figuroit l'Eglise qui est toute envi- 
ronnée du Soleil, c'est-à-dire, de Jésus-Christ, et qui a la Lune, c'est-à-dire 
l'éclat et la gloire de toutes les choses du monde sous ses pieds ; et que cette 
couronne de douze étoiles qu'elle a sur sa tête, figuroit les douze Apôtres qui 



— 213 — 

nous ont communiqué la lumière qu'ils avoient reçue de J. C. comme les 
étoiles la communiquent à la terre après que le Soleil s'est retiré. Mais je sais 
bien aussi que cette femme n'étoitpas moins la figure delà Ste. Vierge revêtue 
du Soleil de justice, qu'elle porta dans ses chastes entrailles, foulant la Lune 
à ses pieds pour marquer la stabilité dans la grâce, et ayant sur sa tête une 
couronne de douze étoiles, qui sont les douze dignités ou privilèges ausquels 
Dieu l'a élevée, t Personne n'ignore, dit St. Augustin, que cette femme ne 
« figure la Ste. Vierge aussi bien que l'Eglise ; que l'une et l'autre ont enfanté 
« le chef et les membres. » 

« Or, chrétien Auditeur, dans le dessein que je traite, cette vision misté- 
rieuse de l'Apocalypse figuroit parfaitement bien la Ste. Vierge qui devoit être 
dans tout le monde l'exterminatrice des idoles et des hérésies, cunctas hœreses 
sola interemisti in universo mmido ; qui par la splendeur, la lumière, l'éclat 
dont elle est environnée, mulier amicta sole, devoit un jour dissiper de la 
montagne d'Arlon et de ses environs les ténèbres épaisses du Paganisme, et 
établir son Trône sur cette montagne, en foulant à ses pieds les débris de 
ridôle de la Lune : et luna suh pedibus ejus, 

« Si je m'arrête à l'exécution réelle de ce choix pronostique, je vois que 
tout y est conduit de la main invisible d'une Providence supérieure à toutes 
choses. Je vois démolir l'ancien temple et autel de la Lune ; je vois ensevelir 
ses plus remarquables morceaux dans le sein de cette montagne, et en mé- 
moire du fait passé, prendre le nom d'Arlon ; je vois les anciens Comtes et 
Marquis d'Arlon y faire leur demeure, et y dresser une Chapelle à l'honneur 
de St. Biaise, à cause de ses Reliques. Mais comme un triomphe plus éclatant 
sur les débris du Paganisme lui est léservé par la Providence, je vois tout 
cela se ruiner par les guerres, je vois les Reliques de St. Biaise se transporter 
à l'Eglise des Pères Carmes, pour y être continuées à la vénération ; je vois 
les anciens monumens du Paganisme se tirer de la sépulture de l'oubli, et se 
transporter au Palais de Mansfeldt, pour y être mieux considérés, et les avoir à 
la main au tems marqué par la Providence ; je vois enfin arriver ce tems 
marqué de la Providence, l'établissement d'un Couvent de Religieux de St. 
François sur cette colline en est comme le prélude ; et vingt-cinq ans après 
on y ramené en triomphe un des monumens anciens quia été tiré de son sein 
au tems de Mansfeldt, et qui est à présent placé sous ce chandelier, afin de 
servir de preuve sensible à notre ancienne tradition, et de trophée de gloire à 
la Ste. Vierge sur les débris du Paganisme : Ara fuit Lunœ, quœnunc est ara 
Mariœ. 

« Ce fut, Chrétien Auditeur, l'an 1654, le 8. Septembre, lorsque le Soleil par- 
courant le Zodiaque, brilloit au signe de la Vierge, que cette Auguste Reine 
du Ciel et de la Terre fut placée sur le Trône qu'elle s'étoit choisi, et que la 
piété de nos Ancêtres lui avoit dressé : Elegi locum istum. 



— 214 — 

« La Fête dura trois jours avec grand concours de monde qui y vint de 
toutes parts, et tel que fut le transport de Jacob lorsqu'il jetta ce grand cri à 
la première vûë de Rachel ; telle que fut la joye de David lorsqu'il dansa 
devant l'Arche en l'introduisant dans Jérusalem ; telle que fut la tendresse 
d'Assuérus lorsque la Reine Esther se présenta à son Trône avec tous ses 
charmes ; tels furent aussi les transports de joye, les sentimens d'allégresse, 
les mouvemens de tendresse dans toute la Ville et ses environs, à la première 
vùë de cette céleste Rachel, à la coilocation de cette Arche de la nouvelle 
alliance sur le mon (sic) d'Arlon, à l'éclat des charmes de cette Reine Eslher 
qui portoit dans son cœur les intérêts de son peuple. Les yeux, les cœurs, 
les esprits en furent suspendus dans un doux enchantement ; pulchra ne luna, 
luna sub pedlbus ejus, étoient les expressions des sacrés cantiques et des 
chants mélodieux qu'on fit retentir en son honneur ; aussi tout le monde se 
signala par un dévoûment parfait à cette Auguste Vierge, qui fut reconnue 
dès lors pour la Dame et la Princesse d'Arlon ; car il ne fut personne de la 
Ville, ni des environs, depuis le premier jusques au dernier, qui ne se soit 
fait un devoir de venir rendre ses respects et ses hommages à cette incom- 
parable Princesse, couronnée d'un diadème de douze étoiles brillantes, et 
foulant la Lune à ses pieds : Et luna suh pedihus ejus. 

« Les jeunes filles, les personnes mariées, les veuves, les militaires, et les 
gens de distinction, vinrent en corps séparés lui présenter des cierges du 
poids de 40. à 50. livres chacun, ornés de fleurs et de figures, dont il reste 
encore aujourd'hui 5. pour monument. 

« C'est en mémoire de cette célèbre inauguration, que les Capucins d'Arlon, 
d'un commun consentement et de l'autorité de leurs Supérieurs Majeurs, 
prirent le Portrait de Nôtre-Dame d'Arlon pour leur Cachet conventuel avec 
cette inscription. Sigillum Capucinorum Conventùs Arœ Lunœ. Le Cachet des 
Capucins de l'Autel de la Lune. » 

« Je ne rapporterai pas ici, chers Auditeurs, les effets merveilleux, les mi- 
racles visibles et invisibles que Dieu, par son infinie miséricorde; voulut bien 
opérer à l'invocation de cette Auguste Vierge ; ceux qui les ont ressentis, ou 
qui les ont entendus de leurs ancêtres, qui en avoient été témoins oculaires, 
peuvent vous les raconter, narrent hi qui sentiunt; mais je ne puis passer 
sous silence ce qui arriva l'an 1G55, lorsque le Magistrat d'Arlon la choisit 
pour Patronne spéciale de la Ville. 

« Comme on étoit alors en guerre, le Duché de Luxembourg soufTroit beau- 
coup, dans le Plat-Pays, des courses de l'ennemi ; et tous les jours on se 
croyoit à Arlon à la veille d'un siège on d'un saccagement général ; siège ou 
saccagement d'autant plus facile à entreprendre, et difficile à repousser, qu'il 



— 215 — 

n'y avoit alors aucun secours de Troupes à espérer pour la Ville. Dans cette 
consternation, telle que fut celle de Béthulie lorsque le Général des Assiriens 
vint l'investir, on délibéra sur les moyens qu'il y avoit à prendre pour dé- 
tourner l'orage dont on se sentoit menacé ; et après avoir tout considéré, on 
jugea que le plus prompt et le plus efficace, étoit de se mettre sous la protec- 
tion de la Ste. Vierge nouvellement érigée^ de la reconnoître pour Patronne 
spéciale de la Ville, et d'implorer son secours dans un si pressant besoin, avec 
beaucoup de foi et d'humilité. 

« En conséquence de cette résolution unanime, tout le Clergé, le Magistrat 
et la Bourgeoisie vinrent en procession solennelle le premier de May avcc un 
cierge du poids de 50. livres orné de fleurs, de figures, et d'un travail très- 
curieux rendre leurs hommages à la Ste. Vierge, et la réclamer comme Dame 
et Patronne de la Ville et Marquise d'Arlon. On portoit avec le cierge les 
Armes de la Ville, comme aussi l'inscription écrite aujourd'hui en lettres d'or 
aux pieds de la Ste. Vierge. 

« La Ville d'Arlon, reconnaissant Marie comme une Lune sacrée qui succède 
« avec gloire au Trône de l'Idole de la Lune, la reconnoît par un vœu spécial 
«c pour sa Dame et sa Patronne : et présentant ce Cierge en hommage et en 
« gage de son dévoilement, elle reprend de cette Vierge solemnellement le 
« nom d'Arlon le 1. de Mai 1655. 

« Ce fut par cette action mémorable, et cette confiance filiale sur la puis- 
sante protection de la Ste. Vierge, comme BéthuUe sur le dessein de Judith, 
que la Ville a été délivrée de l'épée menaçante qui lui pendoit sur la tête ; 
et qu'un grand Général, à la tête d'une puissante Armée, la fit inutilement 
sommer de se rendre ; c'est par des traits si marqués d'une protection visible, 
que la Ville de Luxembourg vint aussi en procession réclamer son secours ; 
que son Gouverneur Général le Prince de Chimay, vint également avec la 
musique, des timbales et trompettes lui rendre ses hommages, et qu'un autre 
Général ayant dans un Pays éloigné remporté une victoire sous la protection 
de Nôtre-Dame d'Arlon, envoya une Médaille de prix, pour monument, qui 
fut long-tems pendue au bras de la Ste. Vierge. » 



Il est encore question du couvent des capucins d'Arlon, dans 
deux ouvrages du xviii^ siècle, dont voici les titres : 

1. La Vie de S^ Donat, martyr, Patron contre les Orages, Tempêtes, 
Foudres, Tonnerres, et autres Intempéries de l'air. Par M'" l'Abbé*** 
Docteur de Sorbonne. — A Liège, chez S. Bourguignon, Marchand 
Libraire, et Imprimeur de la Noble Cité, Rue Neuvice au Livre d'or 
(1758], 



— 216 — 

Pet. in-8 de 2 ff. et 115 pp., frontispice. 
Ce livre renferme le passage suivant : 

< Les Révérends Pères Capucins de la Ville d'Arlon reçurent un ossement 
de St. Donat en l'an 1738, et depuis ce temps-là ni eux, ni la Ville, tant de fois 
auparavant frappés de la foudre du Ciel ne souffrirent plus aucun dommage 
des tempêtes et du tonnerre si fréquent dans ces Cantons (p. 69). » 

Une traduction flamande de cette vie de S'-Donat, parut à 
Bruxelles, en 1764. Elle est intitulée : Het leuenvanden H. Donatus 
martelaer ; Patroon tegen aile schaedelyk Onweder, van storm-winden, 
Regens, Droogte, van Hagel, Donder en Blixem. Getrokken uyt een 
Fransch Boekxken, gemaekt door eenen Doctor van de Sorbonne, en 
gedmckt tôt Luyck in't /aerl758. —Tôt Brussel, by F. T'Serstevens 
Stads-Drukker (1764). 

In-18 de 48 pp. 

2. Origine et progrès de l'invocation de S^. Donat, martyr, dans 
l'église des P. Capucins d'Arlon. Liège, 1761, in-12. 

J.-B.DOURET. 



COUTUMES 

DE LA 

VILLE ET DU COMTE DE LAROCHE 

EU ARDEITUTES 0), 



7 août 1586. 

Droicts et coustumes criminels et civils de la ville et conté 
DE La Roche en Ardinne, faict et comenchiez le viP d'aougst 

QUINSE cents QUATTRE VINGS ET SIX. 

Hault et doublé seigneur monsieur le gouverneur, président et 
gens du Conseil du Roy, nostre sire, ordonné à Luxembourgh. 

Aiant receupt vostre ordonnance et lettre du xxv<^ d'octobre 
dernière, contennant comme Son Excellence, par ses lettres du 
xve dudit mesmes mois, auroit commandé et ordonné vous informer 
des coustummes ou previleges que les villes, seigneurs, haultz 
justiciers ou partyculiers de vostre ressort peuvent avoir et user 
aux procedeures criminelles, au dehors des termes du droict com- 
mun, et aussy, le ix^ de décembre, vostre ordonnance et lettre 
touchant sur le fait de la réduction des coustumes observées et 
usitées au district des offices de ce quartier où que coustummes 
diverses et contraires à la nostre pouroit estre, affm qu'en con- 
formité des lettres de Son Excellence soies adverty de ce quy en 

1. Ce document paraît inédit. Je rai en vain cherché dans le Recueil des Coutumes des 
paijs, duché de Luxembourg et comté de Cldny, publié par M. n.-j. lecleucq, procureur 
fîénéral lion, prés lu cour de cassation, et dans l'Histoire de Laroche, que M. de leuze vient 
de faire paraître dans les annales de l'Institut archéologitjue du Luxe»d)oiirg, t. XI. 
Il forme un cahier de papier de li feuillets in folio, qui, s'il n'est pas l'original (il ne porte 
aucune signature^ est au moins une copie du temps. Sur le feuillet de gai'de on lit : « Estant 
ce jour icy arrivé le messagier, lequel disoit avoir esté présent. » — .l'ai respecté l'orlho- 
graphe que fournit ce texte, (juelque défectueuse qu'elle soit. .le n'ai fait qu'y ajouter la 
ponctuation. Les notes placées entre guillemets se rapportent à la coutume de ilan-sur- 
Lesse. — Stanislas iîoumans. 

16 



— 218 — 

at estez passé : plaises voz seignories scavoir que nous, les lieu- 
tennant, prevost et hommes, maieur, eschevins et gens de la loix 
de la ville et conté de La Roche en Ardinne, en avons appanis (1), 
veu, usez et accoustummez, tant en procédures criminelles que 
civilles et focalles (2), comme s'ensuit : 

Premières, des cas et procedeures criminelles. 

Les maieur et eschevins de la ville et franchiese de la Roche, 
comme juges criminelles d'icelle et conté, sur les cas et proce- 
deures criminelles déclarent ce que s'ensuit, asscavoir : 

Que du temps de feu de très digne, très hault et louable mé- 
moire Sa Majesté Impérial Charles le (3) (cuy Dieu absolve !), 

revennant, commenceant et faisant faire la retraicte de l'engai- 
geure de ceste ville et conté, en l'an XV^ et douses, le xxvi^ jour 
du mois d'octobre (4), par apostile mise sur le compte de son recep- 
veur de La Roche feu Adam Brisbois, fut ordonné par messei- 
gneurs des comptes à Bruxelles qu'il feroit ample déclaration des 
cas et compositions criminelles selon et ensuyvant le premier 
chapitre du compte du prevost de La Roche, lors feu Jean de 
Hodister ; et fut dedans le compte ensuyvant déclaré que, en- 
suyvant ledit chapitre, l'on avoit usez et veu user là auparavant 
que : 

Quant il y avoit aulcuns delinquans ayans commis cas de crimes 
dedans la ville et conté, sy que pour estre appréhendé, tels deUn- 
quans se debvoient livrer à La Roche, et par le prevost, au chas- 
teau, es mains et fermes du chastelain et recepveur illecque ; 
lequele est tenus les garder aux despens de Sa Majesté ; et, selon 
son cas, sy partie n'est satisfaite, ledit chastelain ne les peult 
délivrer (5). 

Et sy ainsy est que exécution ou purgation y appartienne, le 
prevost le fait exécuter aux despens de Sa Majesté (6). 

Et sy composition se faisoit de tieulx delinquans et malfaicteurs, 
après partie satisfaite, tel composition se doibt faire par le chaste- 

1, Lisez apprins? —2. Lisez feodalles 9 — S. Lacune dans le manuscrit. Suppléez cin- 
quiesme. — 4. Document non mentionné par m. de leuze. — 5. « Est punis au lieu de Han- 
sur-Lesse pour (par) l'ordonnances des eschevins. « — G, « Au lieu de Han, au despens 
du seigneur et par Tenseignemens des eschevins. » 



— 219 — 

lain, en présence de justice de La Roche, affin que, selon le cas, 
le droit de Sa Majesté seroit gardée (1). 

De laquelle composition le cliastelain et recepveur, suivant ledit 
chapitre, en respond au nom et pour Sadite Majesté (2). 

Et quant est des coustummes ou previleges es procedeures cri- 
minelles au dehors des termes du droit commun, et de user, n'en 
scavons qu'il en soit estez que comme s'ensuit, assavoir : 

Que es procès crimineles criminellement intentés, et criminelles 
civillement intentez, avons accoustumez y procéder aulcune fois 
ordinairement, aulcune fois extraordinairement (3) : 

Ordinairement, quant il y at partie complaignante non (4) formée 
quy accuse et se présente à le faire apparoir, ou quant le cas 
peult estre inquis ou veriffié par preuve ordinaire ; et ainsy 
se donne ausdits procès leurs plains et entiers cours, de tierces 
jours à aultre, partie contre partie, ou le fisque contre partie ; 

Extraordinairement, quant il n'y at partie formée, ains que le 
recepveur, comme fisque commis au nom et de par Sa Majesté, à 
cause d'office procède et requier par enqueste et torture, sur 
signes et presumptions ; dont en tel cas l'on procède sommere- 
ment quant le fait est notoire (5). 

Simplement, de plain et sans figures de procès, quant enten- 
dons la matière requérir accélération et que le cas seroit dange- 
reux, ou seroit aussy requis par prudence dissimuler le tout ; en 
ce, au milheur sens, foid et coustume de ladite justice, par les 
maieur et eschevins (6). 

Accordant aux parties et fisque termes et dilay de tierces jours 
à aultres, et selon que la matière le requiert, pour ouyr, veriffier 
ou excuser leurs fait, prendre et délibérer leurs fins et conclu- 
sions (7). Et après ce fait, l'on procède à la sentence, jugement 
et condempnation comme es conscience d'icelle justice est troeuvé 
convennir, soit par dernière supplice, bannissement, fustigation, 
confiscation, ou telles peines et correction que l'on troeuve au 
cas convenir (8). 

1. « Il appartient, à lieu de Ilan, au seigneur ou à son officier. » — 2. « Le tout appartient 
au seigneur, à lieu de Han, car il est seigneur hault, moiens et bas.» — 3, « Ainsy se fait-il 
à Han. » — 4. Lisez ou? — 5. « Ita fit à Han par les maieurs et eschevins. » — 6. « Ainsy so 
fait-il à Han. » — 7. « Ita fit à Han. » — «. Cela ce (se) fait ainsy à Han pour (par) les 
maieurs et eschevins. » 



— 220 — 

Item, quant les delinquans et malfaiteurs en cas crimineles sont 
absent et fugitifîz, l'on procède par adjournement personele fait à 
la personne du délinquant et malfaiteur, si l'on y peult avoir accès ; 
sinon, au lieu où il tenoit sa résidence (1). 

Et s'il ne compare, ses biens, au moyens de son defïault et 
contumace, sont inventorisez à l'instance du fisque, et l'accusé 
est annotté et décerné readjournement par aultres tierces jours 
ensuyvant. 

Auquelle jour s'il ne compare, l'on décerne contre luy le se- 
conde deffault et contumace, avec readjournement. 

Item, advennant qu'il ne compare, le tiers deffault et contumace 
est accordé, en décernant adjournement à peines de forclusions 
de toutes exceptions. 

Ce fait, s'il est encor deffaillant, et veu ce quattriesme deffault 
et contumace, l'on décerne adjournement à peine peremptoire. 

Auquele jour s'il est encore deffaillant, ayant veu lesdits deffail- 
lants, contumaces et inobediens, ensamble les informations, actes, 
enseignemens et merittes de la cause, est lors déclaré le ban et 
confiscations de ses biens, appréhensions de corps, ou aultres 
apointements que se troevent requis et raisonnables, tant et 
jusques qu'il s'aurat expurgé du cas et de ce dont il est accusé, 
et les despens pour ce et en ce advenuz (2). 

Item, et de cas criminels civillement intentés, que (3) s'entendent 
et sont pour propos injurieux et diffamatoires — quy sont iceulx 
procès desquels la fin s' employé seullement au proufflt de la 
partie dont la réparation et excuse est à icelle adjugiee, et l'amende 
procédant du fourfait s'adjuge au proufflt de Sa Majesté à requeste 
du fisque — , en at esté et est procédé comme s'ensuit (4), asscavoir: 

Requeste du fisque et des parties coustumierement, si avant 
qu'ilz ne soient d'accord de tierces jours à aultres, dilativement 
et probativement, jusques'à dire droit exclusivement. 

Et quant est sur la conté, dedans les limittes d'icelle, les quattres 
haultains maieurs commis départ Sa Majesté ont cognoissances es 
procedeurs criminelles, seufiement contre les delinquans absens 
et fugitiffz, et procèdent comme dessus par adjournements, deffaultz 
et contumaces. 

1. « Ita fit à Ilan. » — 2. « Ainsy en usent à llan. » — 3. Que pour qui. On trouve encore 
cette forme ailleurs. — 4. « Ainsy à Ilan, mais l'amende est à seigneur. » 



— 221 — 

Item, es cas criminelles civillement intentés pardevant eulx 
pour propos injurieulx et diffamatoires, procèdent aussy comme 
dedans ceste ville et franchiese et qu'il est ci-dessus déclaré. 

Item, dedans la conté at esté trœuvé du prevost et justice de 
La Roche, le XXIX^ de maye XV^ LXX, que quant au fait de leurs 
dites coustumes es procédures criminelles, saulffz que, les ayant 
requis de la forme et manières qu'ils prononcent leurs sentence, 
et sur les points des confiscations dont il ne faisoient assez parti- 
culier mention par leur dit , (1), ilz dient et déclarent qu'ils 

ont coustumme de speciffier l'espèce ou genre de mort, disant 
que le delinquans doit estre chastoié de tel ou tel supplice tant 
que mort s'ensuive, sy dont ne plaist à Sa Majesté le remis- 
sionner (2). 

Et quant au fait de confiscations, dient qu'ils n'ont coustume 
d'adjuger confiscation des biens, soit meubles ou immeubles, en 
donnant sentence de mort ou chastoy corporelle, sinon en cas où 
la confiscation est par exprès déclarée par les placarts de Sa 
Majesté, sy comme d'heresye ou (3), et point es crimes ordi- 
naires, sy comme de larecin, homicide ou sorcellerye ; ains 
convient que l'expédition se face aux despens de Sa Majesté, 
laquelle partant n'applicque à son proffit aultre chose sinon le 
meuble et larecin trœuvé sur le malfaiteur, quant on ne sceit à quy 
le rendre (4) ; mais sy le larecin se sceit à quy rendre, le seigneur 
ne le doibt point avoir à son proffit, mais le faire rendre à quy 
l'on l'auroit prins et desrobé. 

Des droitz et coustummes civils de ladite vile et conté. 

Convient entendre que les loix et coustumes d'icelle ville et 
conté sont de deux nature : l'une se dit « loy et coustume de 
Luxembourgh, » et l'autre « de Liège ; » lesquelz usent, tant en 
fleffz que es allodiaux, censaux, comme s'ensuit (5) : 



1. Lacune d'un mot. Suppléer record? L'acte de 1570 n'est pas cité par M. de leuze. — 
2. « Ainsy le fait-on à Han, mais le segneur y at haultynité de le pardonner. » — 3. Lacune. 
SuppiCez de leze Majesté? — 4. « Ainsy en usons à Han. » — 5. « A Han se dit loùv de 
Luxembourrjh tant seuilement, et féodales. » 



— 222 — 
La ville. 

La ville et franchiese est de nature allodiaulx et loix de Luxem- 
bourgh, dont les maieur et eschevins ont cognoissances de toutes 
actions et procedeures criminelles et civilles, attraitz, reelz et 
personnelz (1). 

Item, de tous contractz, vendition, deschanges, œuvres, assenés, 
arrentemens et transport, tant lieritables que gaigiers, pour estre 
tenus et apprœuvez de valleur : lesquels se debvent faire et passer 
pardevant eulx ; et suffie quant il n'y auroit que le maieur ou son 
lieutenant, et deux eschevins (2). 

Lesquels maieur et eschevins ont accoustummé tenir leur plaids 
et journées de quinsaine à aultre, et de plus brieffz termes sy 
parties requerent, tant pour actions reelz que pour personnelles (3). 

Et es matières et procès criminelles d'injures et propos diffa- 
matoires, force publicque et privée, se demennent de tiers jours à 
aultres, n'est que le fisque et parties d'ung commun accord le 
requerent aultrement, ou que le cas le requiert aultrement, à la 
discrétion du juge et importance du cas ; desquels les demerittes 
et amendes se jugent selon les délits et offences (4). 

Actions personelz. 

Tous adjournementz premiers se font, à l'ordonnance du maieur 
et enseignements des eschevins, par le sergeant du maieur et 
justice, au domicile de l'adjourné ou à sa personne (5). 

Et quant quelcuns est adjourné, il at deux quinsaine, ausquels 
il ne compare s'il ne veult (6). 

Mais il est tenus de comparoir au in^, surpeyne de defFault(7). 

Et s'il ne comparissoit audit 111^ jour, premier deffault serat 
octroie à partie actrice, et l'adjourné serat forcloz de ses exceptions 
declinatoires, saulfï ses excuses; et serat readjourné pour le 1111^ 
adjours : auquel s'il compare, serat ouy à ses excuses, et icelluy 
deffault deculpé sy elles estoient trouvées raisonnables ; et sinon, 
en purgeant les despens premiers, il serat ouy à ses defîenses (8). 

1. V. A Han ont les maieur et eschevins les semblables cognoissances ceulx de la haiilt 
court, et ceulx de la court de Ilamteau ont leur usance et cognoissance de fond et roye de 
terres, etc., ainsy qu'il ont accoustumez. » — 2. « Ainsy en usons à Han, tant pardevant 
lahault court que pardevant celle de Ilamteaux. »— 3.« Ainsy se fait-il à Han.» — 4. « Ainsy 
à Han. » — 5. a Ainsy à Han. » — 0. « A Han il (at) trois adjours de tiers à aultres jour. » 
— 7. « Ainsy à Han, à ix» jour doibt comparoir. » — 8. « Ainsy se fait-il à Han. » 



— 223 — 

Item, s'il ne compare audit readjournement, serat condempné au 
second deffault et forclos de ses exceptions dilatoires, saulf ses 
excuses, et sera readjourné sur le III^ deffault : auquele jour s'il 
compare, en deculpant, excusant ou expurgeant iceulx deffault, 
serat ouy à ses deffences ; et s'il ne le peult excuser ou deculper, 
il serat condempné à les expurger, s'il compare (1). 

Item, advenant qu'il fuisse deffaillant, le tiers deffault serat ac- 
cordé au demandeur le requérant, avec readjournement, àpaines 
peremptoires (2). 

Lequele adjour fait à peine peremptoire, sy ladite partie faisant (3) 
apparoir de ses excuses, et en expurgeant les despens, il 
est admis sur caution ; et en cas qu'il ne peult excuser ne decul- 
per lesdits deffault et contumaces, avant que d'estre ouy serat 
tenus les expurger au tauxe de la court (4). 

Item, s'il ne compare audit jour, la demande de l'acteur proeuvee, 
l'adjourné par interlocutoires est condempné comme contumax et 
deffaillant à faulte de comparission et poursuittes à satisfaire à la 
demande dudit acteur, et l'amende et despens (5). 

Item, si le demandeur (6) deffaillant d'estre à sa journée, ou 
procureur pour luy sufflssamment fondé, et partie deffendresse et 
adjournee y compare, soy présentant contre le demandeur, re- 
quérant que pour son absence congié de court luy fust ordonné, 
ledit congié luy est accordé ; et depuis ne le pouroient faire appe- 
ler avant pour icelle cause sans nouveaux readjournement et pur- 
gierles premiers despens, n'est que ledit demandeur, pour causes 
d'aucunnes urgentes causes et nécessité, il fuist esté empesché 
et son procureur : dont l'on le pouldroit relever, expurgeant les 
despens dudit jour et readjour (7). 

Et en prétendant ledit deffault, il peult faire resigniffier ledit 
deffendeur au jour de plaids ensuivant, pour voloir accepter ses- 
dites excuses et est (8) procédé en la cause et matière comme 
faire se doibt au jour dudit deffault ; et sur ce, après les dites 
parties ouyes, en est appointié et déclaré comme en raison et 



1. V. Ainsy se fait-il à Han. » — 2. « Ainsy à Ilan. » — 3. Lisez faisait ? — 4. « Ainsy à 
Ilan. » — 5. « Ainsy à Han. » — 6. Suppléez estait ? — 7. « Ainsy à Han. » — 8. Est =z estre. 



— 224 — 

conscience il se troeuve appartenir, au prouffit d'une des dites 
parties qu'il est troeuvé convenir (1). 

Item, sy aulcunes causes tunibent en probations et contre- 
proeuves, les proeuves se feront pardevant le maieur ou son lieu- 
tennant, et ladite justice présentée (2) ou partie d'iceulx (touttes 
fois que les parties le requièrent), aussy bien hors jours de plaids 
que en iceulx ; et sont les proeuves horsportez quant ils sont 
achevez, et en at parties adversaires coppies et termes pour contre- 
prouver, contredire, et reprocher et servir de leurs salvations sy 
faire enveullent, tant l'une partie que l'autre, jusques à dire droit 
exclusivement (3). 

Item, sy celuy quy se vante de faire enqueste, exiber lettres, 
tiltres et documents pour la justification de son droit, dedans le 
jour assigné, ou d'exhiber ses escriptures, interrogatoires, furnir 
ses répliques, dupplicques ou reproches, contredits et salvations, 
et il ne le fait (4), escheit et tumbes es frais du jour, tant de partie 
adverse que de son procureur, justice, greffier et sergeant (5). 

Item, est usé dedans ladite ville et franchiese que quant il y at 
aulcune personne ayant respondu d'aulcune debte, telles person- 
nes sont tenues, à la requeste de la partie vers laquelle elle sont 
plesges et respondans, de livrer petit gaige, sans venir pardevant 
justice s'il ne leur plaist ; et le doibt sans aucune opposition ; 
lequel petit gaige est amuiti (G) dedans IX jours, et ne dolent 
pour ce aulcuns droits s'il ne requerent justice (7). 

Et après iceulx IX jours expirés, icelluy respondant est tenus 
livrer à partie ou justice le grand gaige, lequele est amuitis dedans 
tiers jours. 

Lesdits tierces jours passés, le créditeur peult faire vendre par 
justice icelluy grand gaige, et le plesge est tenu le faire, ban (8) en- 
dedans aultres tiers jours ; amende y est escheue et tous les 
despens. 

Et après ce, le respondant se peult reprendre à son principal 
pourhiy du tout indempniser de la debte, amende et despens, et par 

1. « Ainsy à Ilan le fait-oi). » — 2. Lisez présente. — 3. « Ainsy se fait-il à llan. » — 
4. Mot douteux. — 5. « Ainsy à Ilan. » — G. Sic. Ce mot se représente encore trois lignes 
plus bas. — 7. « A Ilan ilzont accoustummé de donner gaiges bourgeois à bourgeois, mais 
il le fault faire bon deans ix jour ; et se doibt telz gaiges demander sus le chemins du sei- 
gneur, et présent i ou ii aultres bourgeois. » — 8. Lisez bon ? 



— 225 — 

la justice et sergeants faire se gaigement, subhastations et vendi- 
tions de se biens meubles ; et à fault de meubles, les im- 
meubles (1). 

Item, sy aulcun estoit refusant furnir et livrer lesdits petit et 
grand gaige, entendu qu'il soit cogneu et approuvé qu'il soit 
plesge, serat de son (2) comdempné à l'amende et paier droit de 
justice et partie (3). 

De droit réel. 

Quelcun seroit et est trouvé possesseur d'aulcuns heritaiges, 
cens ou rentes, y doibt demeurer tant que par loy et justice en 
sont desjectez (4). 

Forcomands, deminements et saisines. 

Item, quelcun [qui] vouldrat actioner par action réelle, doibt pro- 
céder comme s'ensuit, ascavoir : 

Pour heritaiges et fond de terre, requérir que par l'enseignement 
de loy et justice, sur caution, forcomand soit mis sur telle ou 
telles pièces d'héritage ou de terre qu'il prétend avoir droit ; 
et sur caution d'ester en droit, leditforcomandluy est accordé(5). 

Item, icelluy forcommand mis, le détenteur et possesseur, s'il 
entend se defîendre ou opposer, ne peult user de ladite pièce 
forcommandee s'il n'at main levée dudit forcommand, et baillier 
caution aussy d'estre et demeurer au droit pour principale, amende 
et despens (G). 

Et s'il ne le faict lever en-dedans XL jours du jour du forcom- 
mand, la pièce est adjugée au 'demandeur, et saisine luy en est 
rendue (7). 

Item, sy ledit possesseur et détenteur usoit de ladite pièce sans 
lever le forcommand, l'amende est escheue à Sa Majesté et la 
partie peult requérir sur caution d'estre introduit à ladite pièce ; 
laquele effraction prouvée volun taire, ladite induction — sans pré- 
judice du droit de partie — luy est adjugé jusques (parties ouyes) 
soit fait droit en la cause principale (8). 

1. « A Ilan lo totit se f;iit par justico. ot à renseignement des eschevins. » — 2. Un mot 
paraît avoir été onblié ici. — 3. « A Han, ponr leurs gaigesa coustume, s'il faisoient relTu.« 
— 4. «On en useainsy à Ilan. « — 5.« Ainsy à Han se fait-il. » — 6. « Ainsy à Han.» — 7. «Id. » 
— 8. « Ainsy à Han ; mais l'amende est au seigneur. » 



— 226 — 

Item, sy lesdites parties tumbent en procès et collitigation après 
ledit forcommand mis et levés, le procès est demeurez de terme 
de XVe à aultre ; sauve que les parties peuvent faire leur proeuves 
et ossy demenner leur procès par plus brieff termes sy elles le 
requerent, consentent et faire le veuUent (1). 

Et quant est pour actions de cens ou rentes assiegies sur quel- 
que lieritaiges et abotz, soyent perpetueles, heritables ou gaigiers, 
convient procéder par trois deminements avant que pouvoir 
prendre saisinne ; et ne se peult deminner que pour la dernière 
année escheue, et non pour les précédentes et estantes de res- 
tances (2). 

Pour lesqueles restances l'on at accoustummé procéder par ac- 
tion personnelle vers ceulx quy en sont obligés, en (3) ont fait 
debtes, ou possedoient les heritaiges et biens ypotequés quant 
les cens, rentes et canons sont tumbés et escheuz (4). 

Gagierres et acquestes à rachaptz. 

Tous contractz, œuvres, cessions et transport à rachapt et par 
œuvres de gaigiers, pour estre de valloir, se dolent passer et faire 
pardevant justice ; et sont reputez pour meubles, soit que ce soient 
maisons, burons, preis, terres arrables ou sartables, cortilz, jar- 
dins, cens ou rentes (4). 

Mais quant il en convient actioner et procéder, fault procéder 
par forcomands, deminnements et saisinne, comme dit est (4). 

Item, sy aulcun a pris et dheu saisinne d'aulcune heritaiges, et 
le musons levées, touts ce quy est et serat depuis troeuvé sus 
tels heritaiges non coppez, est tenus et réputés pour nature d'he- 
ritaiges et immeubles (4). 

Item, celluy lequele at cens ou rentes sur certains habotz, con- 
trepans et heritaiges, s'est saisypar fault de payement sur lesdits 
abotz et contrepans, les aultres ayans cens ou rentes acquis après 
sur le mesme heritaiges et contrepans, ou tennant partie d'iceulx 
par acquestes postérieurs, sont tenus de purger endedans l'année 
de ladite saisinne à rendre ; aultrement, laissant passer ladite an- 
née, perdront leurs cens et rentes (4). 

N'est que se (5) soyent orphelin, expatrié, viagiers ou aultres, 

1. « Ainsy se fait-il à Han. » — 2. « Ainsy àHan en usons. » — 3. Lisez ou? —4. « Ainsy à 
Han. »— 5. Lisez ce. 



— 227 — 

lesquels par legittimmes nécessités l'on le pouroit relever et ex- 
cuser, comme les susdits, en purgeant arrieraiges, amendes, inte- 
rests et despens (1). 

Item, le propriétaire porat purgier biens d'humiers et usufruc- 
tuaires en payant les cens, rentes, arrieraiges, relieffz, amendes 
et despens de conduction et saisinne. 

Item, celuy, ceulx ou celles que détériorent et ruynent ou dis- 
tribuent la propriété dont ilz sont usufructuaire, durant leurs 
dowayres et usufruict, perdent leurs droit d'usufruict de la chose 
détériorée. Et bois de hault futailles sont réputés propriété (2). 

Item, pour loyr d'unne maison ou aultre heritaiges, le loyr bien 
cogneu, non paie, sy celluy quy le tient par loyr n'a aulcuns 
meubles aultres en la jurisdiction de la ville que celuy estant sur 
le lieu tenu par loyr, se peult par enseignements de justice faire 
gaigier par le sergeant, moiennant caution, pour ouyr parties es 
leurs différent (3). 

Possessions et prescriptions. 

Quelconcques allègue possession, soit sur héritage ou choses 
mobiles, en cas qu'il y survienne négation par partie, il est tenu 
le veriffier par tesmoing et proeuve suffissans (4). 

Et s'il se proeuve estre en possession de la chose mobile par le 
terme de trois ans, s'il n'y at contract ou conditions au contraire, 
il y est maintenu jusques que droit soit fait sur la cause prin- 
cipale (5). 

En nature d'heritaiges et biens heritables, par le terme de trengte 
ans, comme prescript, si partie ne monstre aulcunne tiltre pour 
annuUer ladite possession (6). 

Item, sy dedans ladite possession y avoit pied et juste tiltre, 
comme de vendaiges, donnations, eschanges ou aultres loyaulx 
documents et enseignements, et de ce le possesseur en fist appa- 
roir, il seroit jugé vraye possesseur et héritier de la chose liti- 
gieuse (7). 

Item, l'on ne pourat par possession, viaige ny engaigiere, ac- 
quérir droit de prescription (8). 

1. « Ainsy à llan. » — 2. « Id. » _ 3. « Id. «- 4. « Id. , - 5. « Id. «• — G. « Ainsyà Ilau val la 
possession de trengte ans.» -7. « AinsyàHan, la possession de trengte ans doibt avoir lieu.» 
— 8. « Ainsy à Han. » 



— 228 — 
Des successions. 

Quant aux successions, selon Fusance de ceste ville et fran- 
chiese, comme biens allodiaulx, l'on succède es heritaiges d'hoirs 
en hoirs, sans nuls relieffs affaire et sans nuls droitz à paier (1). 

Mais quant aulcunne personne se veult déshériter d'aulcuns 
heritaiges ou biens heritables, il convient que elle en face lors 
relieff pour estre lors le transport vaillables (2). 

Pour ung viaige ou usufruict n'est besoing de relieff (3). 

Item, en sucession paternele et maternele les enffans succèdent 
l'ung comme l'autre, le filz comme la fille (4). 

Toutesfois, selon qu'il s'entend des anciens et anciennes, l'hoir 
maie et enffant premier nez avoit la maison, parmy rasignant et 
recompensant les aultres. 

Mais présentement s'en accordent et partent l'ung avecque 
l'autre, sans qu'il en soit estez soubstenu sy avant que pour 
juger (5). 

Quant aulcun decede sans hoirs de son corps, les héritiers re- 
tournent chascun en sa ligne, assavoir ceulx de ligne paternele à 
la ligne paternele, et maternele à la ligne maternele (6). 

Mais les biens meubles vont au plus prochain, duquele costé 
qu'il soit ; par ainsy il doibt paier les debtes et ensepulturer le 
deffunct, sy les biens meubles sont suffissans (7). 

Et s'il ne les font (8), l'on prend des héritiers des deux lignes 
pour satisfaire aux debtes et service du deffunct. 

Item, sy deulx conjoints en mariaige ont enffans de leurs corps, 
et l'ung d'eulx, soit l'homme ou la femme, va de vie à trespas, et 
le supervivant se remarie et il ayt enffans du seconde mariage, 
les heritaiges se partent comme s'ensuit, asscavoir : 

Les enffans du premier mariage ont entièrement les heritaiges 
du premier deffunct et la moictié des acquestes heritables faictes 
constant leur mariaige ; et les héritiers vennant du costel dudit 

1. « Ainsy au lieu de Han, des boires à hoires, et tousiours au plus proixme linagieres. » 
— 2. « Ainsy à Han. » — 3. « On l'a fait à Han pour biens feodalles. » — 4. « Ainsy à Han. n — 
.'"). « A Han partent aultant les ung que les aultres, sans avancer les lilz non plus cpie les 
filles. « — (i. « Ainsy à Han, n'est qu'il y soit convention au contraire. » — 7. » Ainsy à 
Han. » — 8. Lisez sont ? 



^ 229 — 

supervivant, et l'autre moictié desdits acquestes en ont la moi- 
tié (i). » 

Et ceulx du seconde mariage ont l'autre moictié (2). 
• Des acquisitions faictes au seconde mariage, les enffans du se- 
conde mariage ont les trois partes ; et ceulx du premier, l'autre (3). 

Quant aux debtes faites constant les deux mariage, elle se paient 
selon que chascun prend des heritaiges, ne fust que leurs biens 
meubles fuissent esté suffissants (4). 

Item, quelconcques mect les mains aux biens meubles d'ung 
trespassé sans beneffice d'inventoire, tele serat tenu de payer 
touttes les debtes dudit trespassé (4). 

Item, sy le bastard a fait testament, luy estant bourgeois, le 
seigneur n'y at riens ; mais s'il termine vie par mort sans laisser 
enffans legittimes et sans délaisser vesve, ses biens seroient au 
seigneur (4). 

Donations'_et venditions. 

Item, donation entre viff se doibt donner sans rettenir (4). 

Item, ung homme en plain siège de mariage peult vaillablement 
vendre ou donner et aultrement aliéner tous ses biens heritables, 
sans le greit et consentement de sa femme, tant vennant de son 
costé que du costô de sa femme (4). 

Item, un homme ou femme vesve ayant fait quelcque acqueste 
durant et constant sa viduité, en peult, constant sa viduité, faire 
vaillable donnation (4). 

Convennances de mariages. 

Convennances de mariaige se peuvent approeuver et veriffier 
tant que tesmoing vivent (4). 

1. Ce passage parai I altéré. — « A illan les (enfants du premier mariaige ont bien en- 
tièrement les héritages dudit deffunct jet moictié des acquestes entièrement, et aux heri- 
taiges de supervivant leurs partent nultant Fung comme l'aultre, tant du premier mariaige 
que du secundo, et à l'autre moictié des acquestes'; aux acquestes du seconde mariaige les 
enffans seconde ont la moictié part pour leurs parens, et à Tautre moictié partent autant 
l'ung que Tautre, teste pour teste, tant du seconde que du premier mariaiges, après le 
trespas des leurs deiilx parents, père et mère. » — 2. « Allan, s'il sont tous d'ung père, 
partent en unm acqueste aultant Fung comme Fautre, tant du seconde mariaige que du 
premier, ou tous d'une merc ; mais les enlVans du premier delfuntit enportent entièrement 
la moitié des acquestes fait par leurdit parent, et part à l'autre moitié, teste par teste, aul- 
tant l'ung comme l'ntitre du seconde mariage que du premier. » — 3. « A Hau, les enllans 
du seconde mariaige ont la moitié part, et l'autre moitié partent teste pour teste, tant les 
enffans du premier mariage que du seconde. —4. « Ainsy à Han. » 



— 230 — 

Testmnents. 

Quelconcque veiilt approeiiver im testament, faire le peult sy 
briefvement et sy longuement qu'il veult, moiennant qu'il ayt tes- 
moings et gens encor vivans, croiables et non suspect (1). 

Item, sy deux conjoints par mariage auroient, constant leur 
mariage, acquesté aulcuns biens réels, et d'ung commun accord 
en auroient testatez et (2) pour leurs derniers volunté, retten- 
nant en eulx pouvoir de revocquer, et l'ung vat de vie par mort 
avant et sans avoir conjoinctement revocqué, le dernier vivant ne 
le peult revocquer, ains doibt sortir son efTect (3). 

Item, ung homme ou femme vesve ayant fait quelcque acquestes 
constant sa viduité, en peult, constant sadite viduité, vaillablement 
testater (3). 

Item, ung homme ou femme vesve peult testater de ses 
meubles, leur execques et debtes préalablement fait et contenté (3). 

Recheances et retractes. 

Les rescheans fraternelles. Les frères seront egaulx, soit es he- 
ritaiges ou biens meubles; et, afîault des frères ou seures, retumbent 
aux nepveu et niepces également (3). 

Item, touttes aultres rescheans elle vont aux plus prochains (3). 

Item, en retraicto de proiximité, le droit en appartient au plus 
prochain de la ligne des vendeurs ou venderesse, moiennant 
qu'ils viennent dedans l'an et jour du vendaige, offrant les (4) 
rendre les deniers de l'achapt, ensambleles cousts raisonnables (5). 

Et es retraicts et purgements des saisinnes rendues pour faultes 
de cens ou rentes non payé, quant le propriétaire ausquels ils 
appartiennent les laisse sans purger et retirer, celuy lequele est 
saisy dedans les fruicts sont siennes jusques que la retraicte en 
soit faicte comme il appartient, et que le propriétaire ou son 
proixmie ayt paie et purgé arrieraiges, despens et amendes, que 
lors ladite saisinne luy est rendue arrière (5). 

Dowaires et assignations d'enfans d'ung mariage rompus. 

Asscavoir deux conjoincts en mariage, le super vivant empor- 
tez (6) tous meubles, acquestez, gagiers et a rnchapt que sont 

1. « Ainsy à Ilan. » — ± Suppléez disposé ? — 3. « Ainsy à Han. » — 4. Lisez de ? — 5. « Ainsy 
à Han» » — G. Lisez emporte^ 



— 231 — 

réputées et tenues pour meubles ; mais en faisant ce, il doit 
accomplir le testament du premier deffunct et paier les despens, 
sans les cousts des enffans ou des hoirs du deffunct (1). 

Item, ont les hommes et femmes desseurdis leurs dowaire sur 
les heritaiges les ung des aultres, leur vie durante (2). 

Item, et quant il y at enffans d'un mariage rompu, dont le père 
ne la mère ne le vollissent nourir, ils donneront (selon qu'avez 
entendu de noz prédécesseur en office) la moictié des heritaiges 
du deffunct; mais n'en avoir veu wuyder en diffmitisve ; et l'autre 
moitié seroit pour leurs douvaires (3). 

Des crimes et delictz. 

Item, en cas des delinquans et malfaiteurs, en at esté usé selon 
et ensuyvant qu'il en est ci-devant escript pour le fait des proce- 
deures criminelles. 

Item, quant il y at aulcun homicide et que l'on ne le peult appré- 
hender, ses biens sont inventoirés et annotés tant et jusques qu'il 
soit remissionné et ayt satisfait à partie intéressée. 

Item, ung homicide se saulvant en la maison d'un bourgeois y 
est tenu francque l'espace de XL jours ; mais le bourgeois homi- 
cide dedans sa maison, non. 

Mais pour aultre cas, sy comme d'heresye, crime de leze Majesté, 
meurdre, raptz et force de femme, larecins et aultres cas énormes, 
le cas estant preallablement approuvé, l'on les peult chercher 
et appréhender ; et non pour delicts, cas menuz ou amende civilz : 
mais leurs biens et non leurs corps. 

Amendes. 

Les amendes, selon que on en at usez du passez et encores 
fait, sont : celuy ou ceulx qu'entrent dedans la maison d'ung 
francque bourgeois de ladite ville et conté, par fureur et cour- 
roux, pour battre ou fouller quelcque bourgeois, ses gens, sa fa- 
mille ou aultre là estants, et que complaincte en soit faicte, est 



1. « Ainsy à Ilan. « — 2. « Ainsy à Ilan. Unne vesve n'a point nnlz dowaire à Ilan, l'iieii- 
taiges soy veuIt(Jo\V( r unne fois. » — 3. « A Han, le cas arlvennant, le supervivant auroit 
pour son dowaire allant que Tungdes enffans et non plus avant aux heritaiges du deffunct.» 



— 232 — 

condempnable à soixante florins caroius ou à perdre le poing s'il 
n'obtient le greit de l'officier receveur de Sa Majesté, par ensei- 
gnement de justice, pour entendre le demeritte du cas, en satis- 
faissant les mesuz à partye interressee et ladite bourgoisie, sans 
que tel délinquant puisse fréquenter dedans la franchiese et conté 
jusques qu'il ayt satisfait comme dessus (1). 

Item, celuy ou ceulx qu'auroient frappé d'espee nue, d'espieu, 
liallebard ou aultres battons de fer ou d'acier, de massue ou 
coup de pièce (2), de traict de feu ou d'arbalest en la maison 
d'ung bourgeois, et complainte en soit faite, sont condempnable 
comme dessus (3). 

Item, celuy ou ceulx quy, par fureur et courroux, appellent 
quelcque bourgeois hors sa maison, sy avant que plainte en viegne, 
sont condempnables à unne liaulte amendes (appréciées à dix 
francques deux tiers, faisant six florins huits soltzj (3). 

Item, celuy ou ceulx quy se battent et font playe de mesure 
tele que justice saulve et garde, sont aussy condempnables comme 
dessus (3). 

Et sy c'est par ungjour de francque foyre (que s'entend : de- 
puis midi, la moictié du jour de la foire, et le lendemain jusques. 
à midi), le double. (4) 

Item, celuy ou ceulx quy se battent sur le pont en ladite ville, 
amende comme jour de francque foire, soyent haultes ou basses. 

Item, celui ou ceulx quy se battent du poing et font steudz (5) 
et bourinnes, sans faire plaies de mesure à sang coulant, doyent 
l'amende de septz soltz, hors la franche foire ; et en franche foire, 
le double (6). 

Item, pour amende de désobéissance à justice, sans toucher ny 
comprende les peines et amendes contenues es placarts et man- 
dements de Sa Majesté, asscavoir pour aulcuns commands ou 
enseignement de justice rompu, refîu et reclioz de gaige, celuy ou 
ceulx qui le font sont condempnable à l'amende de soixante solz (7). 

Item, quant est des confiscations, forces privées et publiques, 
estantes approuvées (8), en est usez selon les demerittes des cas, 
soit de les conformer selon et ensuyvant le droit ou mandementz 
escripts, ou les cous tûmes des cas criminelz (9). 

i. « Ainay à Han. » — 2. Lisez piere ? — 3. « Ainsy ù Han. » — 4. « A ilan nihil. » — 5. Lisez 
stours. — G. (t A Han VI patars. >. — 7. « Ainsy à Han. » —8, Approuvé, prouvé. — 9. « Ainsy 
à Han. • 



- 233 - 

Item, des réparations d'injures et propos diffamatoires, amende 
de dix francques deux tiers (1). 

Et des amendes des procès d'actions reelz et personnels, qui 
se disent « amende de clain, » sont de sept solz (2). 

Sentences. 

De toutes sentences des exceptions du dernière supplice qui 
ostent la vie, portantes mutulations et punitions et chastoy cor- 
porelz, l'on n'en at accoustumé provocquer ny appeller, et s'en 
font les excusations suyvant et selon qu'il en est escript dedans 
la déclarations des cas et procedeures'criminelz (3). 

Item, ne se doient appeller des cas et ce dont Sa Majesté a 
prohibé et deffendu par ses placartsjet mandements derniers à 
Bruxelles, le XII^ jour d'apvril, en l'an'quinse cents quarante six. 

Item, de touttes aultres sentence, exploixfet enseignements de 
justice peult ung chacun appeller pardevant messieurs du conseil 
de Sa Majesté à Luxembourgh (3). 

Et peuvent les appellans appeller,'et eulx délaisser dedans et 
avant dix jours expirés du jour de la sentence, de relieffz ; et 
l'adjournement doibt estre dedans quarante jours d'icelle sen- 
tence (3). 

Et à toutes appellations advons accoustummez porter révérence, 
sans pouvoir procéder ny user plus avant;|sur icelle sans sur ce 
avoir provision dudit conseil de Sa Majesté à Luxembourgh. 

Des vacans. 

Item, usons de deulx vacances : la premier commencheant le 
mardy après dominica Letare, et dure jusques au mardy après 
Quasimodo geniti ; et l'autre commence au jour de la Magdalenne, 
et dure jusques au jour de saint Giele ; esqueles vacances, sy 
aulcunne partie requiert administration de justice et loix, doibt 
double droit. 



1. « A Ilan, à la discrétion du juges ou arbittres. » — 2. • A Ilan sont de VI. » —3. « xVinsy 
à Han. > 

17 



— 234 — 

Chieffz apportée pardeuant maieur et escheuins 'de la ville de La 
Roche de dehors les limites d'icelle ville et conté pour cas criminelz 
et civils. 

Premier : les maieur et eschevins de la ville de Bastoingne ont 
par chieffz et conseil d'ancienneté accoustumez y vennir ; et n'y 
viennent plus, l'on n'en sceit pourquoy ny pour quelles raisons ; 

Semblablement, maieur et eschevins de la ville de Marche en 
Famenne ; et n'y viennent plus comme dessus dit est ; 

Item font et y viennent continuellement les ceulx de Houffalisse, 
Beaurains, Han-sur-Lesse et Humins, perreryes (1) et plains fieffz, 
retennans des prevost et hommes de La Roche ; 

Item, de la seigneurie de Wiltz, 

La seigneurie de Vervoz, 

Item, celle de Grunne, 

Item Verme (2), 

Item, Jemeppe et On en partie, 

Item, Bellen, 

Bricquemont, 

Souhiers, 

Montjardins, 

Daverdis, 

Halsen (3), 

Les deux Fouriers, 

Et Hotton, lequel, comme dessus, n'y vient plus. 

Hors la ville. 

Quant est hors la viUe, sur le plat pays de la conté, dedans les 
limittes d'icelle, il y at quattre haultaines mairyes, dont les trois, 
asscavoir : la mairye de la haulte court d'Iortho (4), icelle de Wion- 
pont, et Engreux, ont coustumme de plaidoier et succéder aux 
heritaiges mouveans d'icelles, égales et conformes à celles tenues 
et observées dedans ladite ville et franchiese ; saulye seulement 
que, des acquestz faites constant le premier mariage, ont les deux 
tiers ; et les enffans du seconde, l'autre tier;^. 

1. Pairies. — 2. Viemme ? — 3. AJsenne? — 4. Ortho. 



— i35 — 

Et, en converse (1), les acquestes fait en seconde mariage, les 
enfîans du seconde mariage ont les deux tiers, et ceulx du pre- 
mier l'autre tierce. 

N'ayant icelles trois mairies et les eschevins cognoissances des 
venditions et transportz non plus hault que de vingte cincque 
florins Braibant des heritaiges et biens heritaubles mouvans de 
leurs justice ; et quant ilz excédent la cognoissance, en appartient 
aux prevost et hommes. 

Item, la mairie de Lingnier (2) usent conformément que lesdits de 
la ville et desdits trois mairies, saulffz qu'ils ont accoustummé 
.faire relever touttes personnes succedans et tendans à la jouys- 
sances des heritaiges de leur mouvance ; et ont cognoissance de 
touttes œuvres et transport d'iceulx heritaiges, cens, rentes et 
JDiens heritaubles. 

Item, sur ledit plat pays et conté, dedans les'quattres mairies, 
y sont plussieurs bas court, lesqueles ont maieur et eschevins, 
lesquels ont por chascun an ung (2) jours de plaids gênerai : aus- 
quels jours et plais chascun mannans subjectz et possedans d' he- 
ritaiges soubz lesdites courtes sont tenus obéir et comparoir à 
escouter et entendre sy quelcun luy at à demander ou actioner 
pour actions personnelles ou réelles, queles qu'ilz soient, à payne 
de l'amende de désobéissance ; dont aulcunne d'icelle court usent 
de six solz pour l'amende, aultres de sept, et autres de VIII solz. 

Et est ledit plaid gênerai de vertu et importance telle que tous 
créditeurs peult faire appeller et convenir en justice lors consti- 
tués en siège, ses debteurs, sy aulcuns en y at soubs ladite court. 

Et au cas qu'à iceste instance le debteur recognoist la debte, le 
créditeur peult requérir ladite justice, et par icelle au mesme jour 
se faire conduire aux biens dudit debteur, pour satisfaire princi- 
palle et despens, n'est qu'avant ce, le debteur satisface au grez 
et consentement du créditeur. 

Item, que à tous acteurs faisant demande à tel jour, la partie 
est tenue de respondre sans delays ; n'est que ce soit d'ung com- 
mun accord et consentement de chacunne partie. 

Touttes les seignories et courtes estantes sur ledit plat pays, 
lesquels ne sont et n'usent de la nature de la loix de Liège, ont 
coustumme de relever d'hoirs en hoirs. 

1. Au contraire (c converso). — 2. Lignières. — 3. Mot douteux. 



- 236 — 

Item, de succéder et plaidoier comme ce fait dedans la ville de 
tous heritaiges, cens, rentes et biens heritables mouvans tant 
d'alloux que de fîeffz et censaulx. 

Et icelle seignories et courtes lesqueles se disent de la nature 
et loix de Liège, ont et tiennent plaids gênerai comme dessus dit 
est, et succèdent es heritaiges de hoirs et (i) hoirs comme s'ensuit, 
asscavoir : 

Filz et filles du premier mariage equallement, les ung comme 
les aultres, tant es héritages feodaulx que sensaux, eulx rassignant 
ou participant les uns les aultres et s'en accordans, sans observer 
en ce ladite loix de Liège ; les fieffz se départent ou se rassignent 
et relèvent de hoirs en hoirs ; et veuillant venir à la jouissance 
d'aulcuns heritaiges, cens ou rentes heritaubles. 

Item, quant il y at enfïans du premier mariage et ossy du se- 
conde mariage, les enffans du premier mariage emportent tous les 
heritaiges de père et mère et les acquests fait constant le premier 
mariage, et le supervivant et enffans du seconde emportent et on (2) 
tous les meubles et les acquests fait_ constant et du tamps dudit 
seconde mariage. 

Item, usent et appellent icelle loy municipal, asscavoir que les 
censaulx (3) des hommes les gaignent à leurs femmes discendans 
sans relinquir hoirs, et ossy les femmes à leurs hommes. 

Et es fieffz, le supervivant a dowairye dessus, et par après re- 
tournent à la ligne desquels ils procède et au plus prochain ligna- 
gier trouvé au jour du trespas du deffunct, et à ceulx et celles 
qui sont trouvé en pareil degreit. 

Les convenances de mariage, pour estre de valleur, se doyent 
approeuver dedans cincque ans et xl jours. 

Testaments s'approeuvent à tousiours par tesmoings suffissants 
et digne de foid, parmy qu'il y ayt clercque ou justice croiables 
et ydoines à ce faire, pour éviter fraude et dolz. 

Le filz, au lieu de Han, peult faire bon et lealle vendaige de ses 
heritaiges, cents et rentes, ayant eages de|vingts ans ; la fille, de 
XVIII ans, assistée par son mambour print et livrés pardevant 
justice. 

Vale. 

Archives communales de Dînant, liasse n® 16 B. 

i. Lisez en"} — 2. Lisez ont. — 3. Mot douteux. 



SUPPLEMENT A LA BIOGRAPHIE 

DU 

PRINCE Célestin THYS. 



(voir Neyen, biographie luxembourgeoise.) 



Les Thys, nom illustré par le dernier prince-abbé de Stavelot et 
de Malmédy, appartiennent à l'ancienne noblesse des deux régions 
de Belgique, flamande et wallonne. Leurs blasons ont été décrits 
en dernier lieu dans l'article que M. le docteur Neyen a consacré 
au prince Célestin dans le volume supplémentaire de sa Biographie 
luxembourgeoise. Loyens, dans son Recueil héraldique des Bourg- 
mestres de la noble cité de Liège, Liège 1720, 1 vol. petit in-f», men- 
tionne aussi des Thys, aux pages 192 et 357, sans description de 
blason ; mais, dans un exemplaire de cet ouvrage, annoté de la 
main de feu le curé de St-Jean à Liège, Gh. du Vivier de Streel, 
qui, comme moi, comptait une Thys de souche wallonne dans sa 
parenté ascendante, on voit, à la dite page 192, dessinés en marge, 
deux écussons : le premier, souscrit Thys ancien, d'hermines à 
la fasce d'azur ; le second, souscrit Thys moderne, d'argent à la 
fasce d'azur, accompagné en chef de trois roses de gueules et 
en pointe d'un cœur de môme sur deux flèches en sautoir, abso- 
lument comme l'écusson placé en abime sur le grand sceau du 
prince Célestin, qui orne le frontispice de l'ouvrage de M. de Noue : 
Etudes historiques sur l'ancien pays de Stavelot et Malmédij. 

Les trois documents qui vont suivre, auxquels la présente notice 
sert de préface, sont extraits du registre de la fabrique de l'église 
primaire de Stavelot ; ils m'ont été obligeamment communiqués 
par M. Detrixhe, secrétaire communal de Stavelot. 

18 



— 238 — 

A la bibliographie qui termine l'article de la Biographie luxem- 
bourgeoise, il convient d'ajouter : Gacliard, Notice historique et 
descriptive des archives de l'abbaye et principauté de Stavelot, con- 
servées à Dusseldorff (extrait du tome XXI des mémoires de l'aca- 
démie ROYALE DE BELGIQUE, 1847). Outre Ics documcnts y men- 
tionnés, concernant l'époque du prince Célestin Thys, il en existe 
quelques autres, que M. Harless, archiviste- secrétaire, a eu ]'ol)li- 
geance de me signaler par lettre du 29 avril 1866 ; en voici la liste : 

1° Pièces relatives à l'élection de l'abbé Célestin le 4 janvier 
1787, à sa confirmation et à l'hommage lui fait. 

2° Collection de décrets capitulaires, 1763-93. 

3» Papiers touchant la mission du cardinal Annibal Délia Genga, 
1794. 

4° Une collection de pièces sur la révolution qui éclata dans la 
principauté de Stavelot en 1789. 

5° Dernières propositions des députés des chapitres de Stavelot 
et Malmédy, adressées â l'assemblée de l'empire après la paix de 
Lunéville en 1801. 

6» Correspondance de l'abbé avec son plénipotentiaire à Ratis- 
bonne, plusieurs princes de l'empire et le directoire du cercle de 
Westphalie, 1786-1792. 

7° Registre marqué n" 15, D, intitulé : Registre deuxième aux 
mandements, ordonnances, etc., 1772-1794 (V. Gachard, Notice, 
p. 40, no 42). 

8° Registre marqué no 16, c, et intitulé : Troisième registre aux 
grâces, etc., 1780-1794 (V. Gachard, 1. c, p. 42, n» 4j). 

90 Registre marqué n» 101 et intitulé : Registre aux répartiments, 
etc., 1741-93 (V. Gachard, 1. c, p. 43, n» 48, et surtout Polain, 
les édits et ordonnances de la principauté de Stavelot). 

Le prince Célestin ïhys, dernier souverain de l'abbaye de Sta- 
velot, ô vicissitudes humaines ! a été enterré dans un cimetière 
protestant ; voici l'acte authentique qui le constate : 

5tu§3ug ûu§ bem Sobtenbuii^c ber ebangeli[c^en ©emeinbc ber 2Jo!^ûnneêîtr^e 311 
^anûu in iîurfjefîen. 
2;n ben Sobtenbiic^ern ber So^ûnneSfir(|c finbet [id; folgcnber ëintrag : 



- 239 - 

'Sienftag, ben britteit D^Jobember, eintau[enb fieBenfiunbert fe(ï)§ unb neunjig, ift 
beerbigt iDorben : 

2)er ûïï^ier berftorbene rômifc^e 9îeic^§furft (d. ^rdlat bon ©tabïo unb 9)îatmebt). 
Sobteêtag unb [onftige ^Jîotijen [inb md)t angegeben. 
tÇiir bie 5i;reue oBtger ^ilngaben biirgt mit UnterfcC^rift unb ^ir(ï)en[icgeï, 
§anûu am 22. 5Jîobember 1864 

S)û§ ^faromt ber ^ol^anmèlhâ^t, 
(L. S.) ©{^afer. 

Suivent les légalisations du consistoire à Hanau, du Ministère des 
affaires étrangères de la Hesse Electorale à Gassel et de la Léga- 
tion de Belgique à Francfort. 

Au mois d'octobre 1867, me trouvant à l'hôtel de ville de Stave- 
lot pour affaires de service, j'eus l'occasion d'y voir le portrait 
du prince Gélestin Thys, peint par Renarstein. Il existe plusieurs 
exemplaires de ce portrait armoiié. Il s'en trouvait un chez Ma- 
dame veuve Piéret, l'une des nièces du prince, au château de 
Rennes, commune de Hamoir, ancienne propriété de l'abbaye de 
Stavelot. Quant au troisième exemplaire, M. le chevalier Louis du 
Vivier de Streel, employé au Ministère des travaux publics, qui 
l'avait hérité de son oncle le curé de St-Jean à Liège, a bien voulu 
consentir à me le céder. La toque que le prélat tient en mains 
dans le portrait de l'hôtel de ville de Stavelot, est remplacée dans 
le mien par un livre ouvert. 

Un Thys, d'Havelange, s'établit à Gônes en qualité de régisseur 
de la terre de Gônes. Marié depuis peu de temps avec une de- 
moiselle Jeangette, il revenait d'avoir visité ses parents d'Have- 
lange lorsqu'il reçut près de sa maison d'un braconnier un coup 
de fusil qui le détacha raide mort du bras de sa femme qui por- 
tait le père du prince Gélestin. Gette branche de la famille Thys 
s'établit ensuite à Fairon-Gomblain ; le neveu ou petit neveu du 
prince en est encore bourgmestre. Là elle possédait une propriété 
où le prince est né. Je tiens ces renseignements, donnés par lettre 
du 28 novembre 1805, de M. le docteur Binon, de Giney. L'An- 
nuaire de la noblesse de la Belgique, volume de 1802, contient, à 
la page 238, quelques détails sur la famille du prince Gélestin. 

On a gardé le souvenir de la maison où Son Altesse est née. 
Voici comment s'exprime sur ce point M. le curé Bodson, dans 



— 240 — 

une lettre datée de Gomblain-au-Pont le 4 mars 1865 : « Célestin 
(( Thys, dernier prince-abbé de Stavelot et de Malméd'y, est né à 
« Fairon-Comblain dans une principale maison de ce lieu, actuel- 
ce lement occupée par Madame veuve Célestin Dlspa née Biron. » 
Ce souvenir mérite d'être consacré par une pierre ou une tablette 
en marbre, avec inscription, à encastrer dans la façade de la mai- 
son désignée, qui acquerrait par là une valeur historique. 

Bruxelles, juin 1880, 

Xavier HEUSCHLING. 



i. — Installation du dernier Prince de Stavelot. 

In Nomine Domini Amen. 

Par ce présent public instrument soit notoir à tous ceux qu'il 
appartiendra que ce jourd'hui huit du mois de juillet 1787, vers 
les 9 heures du matin Messeigneurs les R^s prieurs des Monastères 
de Stavelot et de Malmedy, Ordre de S' Benoit et des Diocèses 
respectifs de Liège et de Cologne, assemblés en chapitre Général 
au Monastère Impérial de Stavelot ensuite de la convocation et 
citation leur faite le trois du courant, vinrent deux en Dalmatique, 
cinq en chape prendre Son Altesse Célestin notre Celcissime 
abbé-Prince dans son quartier Abbatial et principal sous le dais 
porté par quatre des Seigneurs du Conseil principal, et le condui- 
sirent à l'Eglise abbatiale de Stavelot, les R^s pères Capucins, M. 
le Pi^i Curé, le clergé de cette ville en surplis précédant et 
marchant en forme de procession, M. le Baron de Sélys étant 
immédiatement devant le dais, l'épée nue, suivis par les gentils- 
hommes Messieurs les Conseillers des Conseils privés et provincial. 
Messieurs les Mayeurs et Echevins des hautes Cours et Bourg- 
mestres de Stavelot et Malmedy, Messieurs les Officiers de cette 
Principauté Comté de Logne et dépendances et beaucoup d'autres 
personnes de distinction, où étant arrivé ladite Altesse fut placée 
sous le dais à côté du maître Autel et célébra pontificalement la 
Messe, laquelle étant finie Monsieur le R^ prieur de Stavelot en 



— 241 — 

chape lui présenta sur un plat d'argent le serment accoutumé, 
lequel Son Altesse celcissime a là même prêté et signé de sa 
propre main en présence des dits R^^ prieurs de Stavelot et 
Malmedy, des Officiers mentionnés du Pays et d'un grand nombre 
d'autres personnes, après quoi Son Altesse reçut au baise-main les 
susdits Révérends prieurs et Religieux, les R^^^ prêtres et Capucins, 
Mrs les gentils-hommes Conseillers, Echevins, Bourgmestres, 
Officiers du Pays et beaucoup d'autres personnes de distinction 
présentes à cette solennité pendant quoi l'on a chanté le Te Deum, 
accompagné de l'orgue au son des cloches, et incontinent après 
les Rds prieurs Religieux, prêtres capucins et gentils-hommes. 
Conseillers, mayeurs, Echevins, Bourgmestres et Officiers etc. 
ont reconduit S. A. C. sous le dais et dans le même ordre que 
dessus à son quartier principal et abbatial, où placée sous un dais, 
elle a reçu les serments et hommages accoutumés et lui dûs par 
ses sujets et prêté respectivement par M. de Selys de Fançon en 
qualité de Potestat pour la postellerie de Stavelot et par M. Neuville, 
mayeur de Malmédy pour la postellerie du même lieu, par M. le 
susdit de Selys en qualité de châtelain pour le Comté de Logne, 
M. A. Decerf, mayeur de St-Hadehn, M. Ancion et M. Nicolas 
Legrand, pour la Communauté de St-Hadehn, M. Rouvroy pour la 
communauté de Horrion et Député d'icelle, M. Body, Député de 
la cour de Linhet. 

Ce fait les Bourgeois et jeunesses entières de Stavelot et Mal- 
médy avec tous autres ses sujets de la Principauté et dépendances 
cités, assemblés et rangés à cet effet par de là le pont sur la place 
des Isles et environs ayant fait trois décharges de mousqueterie, 
défilèrent successivement suivant leur ordre et passant par devant 
le quartier de S. A. C. tirèrent chacun leur coup de fusil en hom- 
mage et témoignage de leur entière joie et contentement. 

Ce fait S. A. C. se mit à table accompagné des R^i» prieurs et 
Religieux de Stavelot et Malmédy, gentils hommes, ( onseillers, 
mayeurs, Echevins, Bourgmestres, officiers des trois quartiers et 
beaucoup d'autres personnes de distinction et il fut servi un repas 
très-magnifique, l'on a bu avec acclamation et des témoignages 
de joie et de contentement extraordinaires à la santé de S. A. C. 
et ad Multos et plusieurs pièces de vers y furent déclamés à sa 



— 242 — 

louange et les décharges de boites et autres armes à feu ne ces- 
sèrent d'exciter la joie universelle des sujets. 

De tout ({uoi je soussigné ai requis et dressé acte pour l'avoir 
bien vu, Thomas-Joseph Servais prêtre et Nicolas-Godefroid Dewez, 
aussi prêtre et notaire du même lieu, témoins spécialement ap- 
pelés. 

(signés) Thomas-Josephus Servais, Presbyter testis. 

Ita tester Nic.-God. Dewez notarius apost. Imp. quod. 

munivi siictis Meis infidem. 
I.-L. De Remouchamps notaire apost. et Imp. immatie 

requis infidem ayant pour ce apposé mon cachet 

accoutumé. 



9 



Hommages du Sgr et des habitants de Fraipont. 



Par le présent public instrument ad perpetuam rei memoriam 
soit notoire à tous ceux qu'il appartient que cejourd'hui neuf 
juillet 1787, environ les dix heures et demie du matin Son Altesse 
Gelcissime Monseigneur Cœlestin de Thys abbé des Monastère de 
Stavelot et Malmédy, Prince du St-Empire, Comte de Logne, etc. , etc. , 
a dans son appartement principal à Stavelot, assis sous un dais 
reçu le serment et hommages luy dûs et accoutumés en cas pa- 
reil, prêté par noble Monsieur Englebert De Calwart Baron de 
Fraipont en ces termes : 

Je Guillaume Englebert de Calwart Baron de Fraipont jure et 
promet que de cejourd'huy et de ce jour en avant je serai bon et 
loial à Son Altesse Gelcissime et Révérendissime Monseigneur le 
Prince Cœlestin abbé des Monastères de Stavelot et Malmédy, 
Prince du St-Empire, Comte de Logne, etc., etc., etc. et de l'aider 
à défendre maintenir et promouvoir ses droits et Juridictions en 
lui rendant et faisant toute telle loyalle fidellité et obéissance qu'un 
bon et loyale sujet est tenu de faire à son Seigneur et Prince. 
Ainsi m'aide Dieu et tous les saints. Fait à Stavelot, le 9 Juillet 
1787 puis signé G. E. Baron de Calwart et de Fraipont avec pp^e. 

Et là même ledit noble Monsieur de Calwart eut l'honneur de 
baiser la main de Son Altesse Cel'"« et luy faire ses très-respec- 
tueuses congratulations et au même instant les manans de Frai- 
pont rangés avec leurs officiers dans la grande cour de l'Abbaye 



— 243 — 

Impériale de Stavelot, par devant le quartier de Son Altesse ont 
fait quantité de décharges de mousqueterie, en reconnaissance de 
Son Altesse le Prince par applaudissement et en témoignage de 
leur très-grande et entière joye. De tout quoi je soussigné notaire 
avec Messieurs les Eschevins Dupierry et Massange témoins entre 
une grande quantité de personnes y présentes, à ce requis, avons 
très-bien observé en foi de quoi avons signé la présente. 
Fait à Stavelot, le dit neuf juillet 1787. 

(Signés) J. Dupierry. 

H.-J. Massange. 

J.-L. De Remouchamps, notaire apiiq^^ et 
Imp^e Immie requis in fidem ayant pour 
ce apposé mon cachet notarial accou- 
tumé. 

3. — Entrée à Malmédy. 

In nomine Domini amen. 

Par le présent pubhc instrument soit notoire à tous ceux qu'il 
appartiendra que cejourd'hui 10 du mois de juillet 1787 vers les 
10 heures du matin, en présence de moi soussigné, notaire et 
témoins sous nommés. Monseigneur Gelestin de Thys, abbé Prince 
des monastères de Stavelot et de Malmédy ordre de st. Benoit des 
respectives diocèses de Liège et de Cologne a fait sa joieuse et 
solennelle entrée au dit Malmédy en la manière suivante : Le ma- 
gistrat de cette ville. Messieurs de la Cour, de l'Illustre Chapitre, 
les Rds curé et clergé séculier en surplis, les Rfi» pères capucins 
se sont rendus jusqu'à l'entrée de la ville pour y recevoir son 
Altesse celcissime accompagné du sgr R^i prieur de Stavelot et plu- 
sieurs des Rfis Sgrs de l'un et l'autre chapitre des Gentils hommes 
du pays, des seigneurs du Conseil provincial de M"' du Magistrat 
de Stavelot, de M^^^ les officiers du Pays, où étant arrivé, son. Al- 
tesse ayant reçu les très-respectueux compliments de félicita- 
tion, sous le dais de sa paroisse porté par W^ les Echevins de 
Malmédy, fut conduite ainsi en forme de procession entre une 
double haie de Bourgeois rangés sous les armes de la jeunesse 
qui entourait le dais devant lequel marchait immédiatement, l'épée 



— 244 — 

nue, noble seigneur Baron de Selys de Fanson précédés des dits 
R. pères Capucins, du clergé séculier, de la plupart des officiers du 
pays, mayeurs et échevins, de Stavelot à cheval, et derrière le dais 
n larchait immédiatement les sgr du Conseil, le Magistrat de Malmedy, 
la Cour du vénérable Chapitre et quantité d'autres personnes de 
distinction suivis d'une cavalcade composé de Noble sgr Baron 
de Calwart de Fraipont avec ses officiers militaires et quantité 
d'officiers et personnes notables de ce pays, c'est dans cet ordre 
que Son Altesse Celcissime au son de toutes les cloches de la 
ville et au bruit continuel des boites et parmi un concours ex- 
trême de personnes tant du Pays qu'étrangères fut conduite par 
le milieu du marché jusqu'à la porte du chàtelet, où elle fut pa- 
reillement reçue par les Seigneurs du Chapitre de ce lieu aussi en 
forme de procession avec leur dais, sous lequel, porté par les 
Echevins comme dessus. S. A. C. s'étant placé, sgr R^ prieur en 
chape, lui présenta l'eau bénite, puis ensuite avec les deux chantres 
aussi en chappes, ayant entonné le cantique Benedictus Dominus 
Deus Israël conduisirent sa dite Altesse à l'Eglise, sous le dais, 
au Cœur où le dit sgr Révérend prieur l'ayant placé fut au maitre 
autel entonner le Te Deum qui fut chanté accompagné de l'orgue 
par les Sgrs du Chapitre pendant quel temps S. A. C. placé sous 
le dais reçut ad osculum manus les dits sa^s Rd» prieurs et capitu- 
laires du clergé séculier, nobles, conseillers, mayeurs, échevins, 
Bg^'"'' et quantité d'autres personnes de distinction après quoi S.A. G. 
fut dans le même ordre que dessus conduitte à son appartement où 
sous son dais elle reçut serment, les respectueuses félicitations et 
vœux ardens de toutes les personnes susdites et d'abord la bour- 
geoisie et les jeunesses firent plusieurs décharges de leurs fusils en 
signe de leur joie et S. A. C. donna un repas magnifique où sa santé 
fut élevée plusieurs fois au bruit des boites et où les différents 
corps de la dj^e jeunesse, de la Bourgeoisie firent déclamer par 
des enfants des vers qui furent universellement applaudis, ce 
que firent aussi plusieurs particuliers, après quoi une Compa- 
gnie de petites Demoiselles, depuis 6 jusque 11 ans, vinrent jouer 
une comédie en l'iionneur de S. A. et exécutèrent deux bal- 
lets le tout avec une précision admirable, enfin tous les âges 
et toutes les conditions témoignèrent une joie qui ne peut s'ex- 
primer. 



— 245 — 

De tout quoi je soussigné Notaire ait été requis de dresser acte 
après l'avoir bien vu avec les Rds S^^ Thomas Dewez prêtre et 
notaire de Malmedy, témoins à ce requis et spécialement appelés. 
(Signés) Thomas-Josephus Servais presbiter. testis. 

Ita tester Nie. God. Dewez not. apost. Imp. quod 

muniar sastis meis infidem. 
J. L. De Remouchamps, notaire apiique et Impie imm^e 
requis infidem ayant pour ce apposé mon cachet 
accoutumé. 



19 



RENSEIGNEMENTS BIOGRAPHIQUES 

SUR LE 

professeur Etienne HEUSCHLIÎTG, 

TIRÉS DE SA CORRESPONDANCE INÉDITE. 



La Biographie luxembourgeoise, par M. le docteur Neyen, contient, 
sur Etienne Heuschling, un article rédigé d'après les sources 
indiquées tout à la fin et dans le volume supplémentaire. Il est 
une autre source d'informations, inexplorée : ce sont des lettres 
de famille, dont le contenu est de nature à répandre de nouvelles 
lumières sur la carrière du personnage en question. Philosophe 
et philologue, théologien et jurisconsulte, il est au nombre des 
hommes célèbres de la Belgique. 

La notice que M. Félix Nève lui a consacrée dans V Annuaire 
de l'université catholique de Louuain, volume de 1848, a été repro- 
duite par lui dans son Mémoire historique et littéraire sur le colléqe 
des trois langues à l'université de Louvain, couronné par l'académie 
royale de Belgique, Bruxelles 1856, 1 vol. m-¥. 

Il existe d'autres certificats que celui auquel se rapporte la note 
3 au bas de la page 303 de l'Annuaire, ainsi qu'une trentaine de 
lettres, les seules qui se soient retrouvées d'une correspondance 
suivie qu'Etienne Heuschling avait entretenue avec son frère 
François-Xavier, son protecteur et bienfaiteur comme il l'appelait 
en toutes circonstances (1). Je suis ainsi à même d'éclaircir et de 
compléter les faits rapportés d'une manière sommaire dès la 
page 302 de V Annuaire. Une correspondance semblable a existé 
entre Etienne Heuschling et son frère aîné, Hubert (2;, duquel il 

(1) Mon père F.-X. Heuschling, primitivement arpenteur juré, est décédé notaire ù Luxem- 
bourg, le 12 octobre 1834, âgé de 74 ans. Sous le gouvernement républicain de la France 
il avait été commissaire du directoire exécutif du canton de Dudeldort'. X. H. 

(2) Mentionné avec quelques détails page 422 de l'Annuaire de l'université pour 1864. 

20 



— 250 — 

écrivait à F. -Xavier Heuschling dans sa lettre du 19 décembre 
1790 : (( Un grand service que je vous prierais de me rendre, ce 
serait, en cas que vous puissiez avoir les lettres que je lui ai 
écrites, et surtout certain papier qui contient des copies des 
témoignages cUfférens, qu'il m'avait demandés avec tant de mystère, 
de les prendre et de les garder par devers vous, ou de les brûler. » 
Les copies de témoignages se sont conservées avec une lettre du 
11 décembre 1788 ; les autres lettres auront été anéanties, perte à 
jamais regrettable ! 

Après avoir fini leurs humanités à Luxembourg, F. -Xavier 
Heuschling et son frère Etienne, plus jeune que lui d'un an et demi, 
obtinrent le certificat collectif suivant, que je copie textuellement 
sur l'original. 

Ad majorem Del gloriam. 

Franciscus Xaverius Heuschling et Stephanus ejus frater Luxemburgenses 
humaniorum litterarum cursum in collegio nostro peregerunt, tantâque assi- 
duitate animique fervore, tum publicis studiis tum privatis operam navave- 
runt, ut locum inter primes semper obtinuerunt, et junior non raio palmam 
cseteris condiscipulis prsecipius, tertium tandem rhetorices prsemium in fine 
anni scholastici retulent et nunc logici ambo non minoris in scientiis philoso- 
phicis capacitates et diligentise signa non ambigua commonstrent. Prseterea 
sedula in densa pietate, frequenti sacramentorum usu observantiâ erga supe- 
riores, pacificâ et affabili inter condiscipulos conversatione, omni denique 
virtutum génère, se ita commendabiles reddidêre ut spes maxima concipi 
possit fore ut reipublicœ vel ecclesiasticse vel civili aliquando utiles reddantur. 

Dabam Luxemburgi in seminario nostro 17^ iQbris 4776. Erat signatum : 
Mathieu seminarii director. 

Le cachet en cire rouge est formé des lettres C L entrelacées 
(Colleg. Luxemh.). C'est encore sous les jésuites que les deux 
frères commencèrent leurs études, le certificat qui précède n'étant 
que de trois ans postérieur à la bulle de suppression de l'ordre 
par le pape Clément XIV. 

Les pièces qui suivront maintenant, à l'exception des lettres 
autographes d'ELienne Heuschling, sont toutes des copies écrites 
de sa propre main. 

Voici d'abord la dépêche de la commission royale des études, 
qui lui annonce sa nomination de professeur au collège de Namur. 



— 251 — 

Monsieur, nous vous donnons avis par cette lettre que le gouvernement 
vous a conféré la chaire des figures au pensionnat de Namur en conséquence 
de votre demande. Vous vous y rendrez assitôt que l'abbé Delhaye aura repris 
la place de surveillant au Thérésien. Vous jouirez d'un fixe de fl. 350 à Namur 
outre la table et les minervalia. Nous nous flattons au reste que nous ne serons 
pas trompés dans l'espérance que nous avons conçue de vos talens et de votre 
zèle pour l'enseignement, et que par votre application vous vous rendrez ca- 
pable d'enseigner une des classes supérieures. Fait à Bruxelles le 5 avril 
1783. Etait signé J. des Roches actuaire. Au bas était écrit à l'abbé Heusch- 
ling surveillant au Thérésien. 

Cet établissement était le collège royal Thérésien à Bruxelles. 
Etienne Heuschling avait fait ses études en théologie à Luxem- 
bourg, comme il conste du certificat de séminaire. 

Infrascriplus tester D. Stephanum Heuschling Luxemburgum, collegii regii 
ac seminarii ecclesiastici Luxemburgensis quadriennium convictorem eodem 
tempore lectiones ss. litterarum theologieeque tanta cum profectu fréquen- 
tasse, ut thèses in theologiam universam, mérita applaudente auditorio, sub 
finem cursus propugnarit ; plures in eodem seminario conciones sacras 
habuisse pari cum applausu, necnon demum morum honestate, pacifica exem- 
plarique cum condiscipulis conversatione erga moderatores observantia om- 
nimoda, assiduâ denique sacramentorum perceptione sese omnibus quorum 
interest, undequaque commendabilem exhibuisse. In fidei robur has collegii 
regii sigillé à latere munitas dabam Luxemburgi die 1» decembris 1785. Erat 
signatum : F. J. Quenon S. theol. prof, necnon dicti coll. pcplis. A sinistro 
latere impositum erat sigillum coll. Luxemb. in cerâ rubrâ. 

Par le rapprochement des dates, on voit que ce témoignage a 
été délivré plusieurs années après l'accomplissement des études 
auxquelles il se rapporte ; Etienne Heuschling doit l'avoir pris 
après deux années de professorat au collège de Namur en vue de 
se rendre au séminaire à Paris : c'est du moins ce que permet de 
supposer la lettre suivante de Mgr l'archevêque. 

Paris, 23 septembre 1786. 

Je consens bien volontiers, Monsieur, que vous vous présentiez samedi 30 
de ce mois pour recevoir la tonsure. Mais il est néces^;aire que vous vous y 
disposiez par une retraite. Vous voudrez bien aller voir sans délai M. Hure 
au séminaire St-Nicolas avec vos papiers. Il vous indiquera ce que vous avez 



— 2S2 — 

à faire. Vous ne devez pas douter des sentimens avec lesquels je suis, Mon- 
sieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur. Etait signé : -[- Ant. E. L. 
Arch. de Paris. Au bas était : à M. l'abbéj Heuschling aux Eudistes rue des 
Postes. 

Etienne Heuschling, qui s'est marié à Bruxelles sous le régime 
français comme l'indique une note de sa biographie, page 318 de 
l'Annuaire, n'a jamais été ordonné prêtre, quoiqu'il ait conservé 
la qualification d'abbé jusqu'à la cessation de la domination au- 
trichienne dans nos provinces. 

Dans une lettre datée d'Aix en Provence le 13 mai 1787, c'est- 
à-dire près de huit mois après la lettre de Mgr l'archevêque de 
Paris, Etienne HeuschUng est signé : l'abbé Heuschhng, directeur 
des élèves-corses au grand séminaire d'Aix en Provence. Adressée 
à son frère F. -Xavier, à Luxembourg, elle débute ainsi : « Mon 
très-cher frère, vous devez jouir d'une satisfaction inexprimable 
à faire tant de bien à la chère famille et à soulager nos parens, 
pour lesquels nous sommes réduits nous autres, et moi particu- 
lièrement, à former des vœux, ardens, il est vrai, mais impuissans 
jusqu'à présent. Nous sommes obligés de vous témoigner notre 
reconnaissance pour la générosité de vos sentimens.... J'ai eu 
l'honneur d'écrire aujourd'hui à nos chers parens et à notre cher 
frère l'échevin à Arlon, pour les assurer qu'ils n'ont qu'à disposer 
de mon pauvre individu, lorsque l'on verra quelque jour favorable 
à me rappeler avec avantage dans la patrie, et dans les Pays-Bas 
souverainement malheureux, si la nouvelle, qui vient de frapper 
mes oreilles, est bien vraie : on prétend hélas ! que les choses en 
sont venues à une révolte ouverte à Bruxelles et à Anvers ! . . . . » 
La lettre se termine par cette période, aussi remarquable pour le 
style que pour le fond de la pensée : « Il me seroit infiniment 
doux et agréable d'apprendre par vous-même le florissant état de 
vos affaires. Il est si naturel qu'on réussisse quand on s'y prend 
d'une manière solide, raisonnable, courageuse, noble, suivie et 
conséquente! J'espère que nous nous entretiendrons plus longtems 
et plus souvent que du passé. Je suis prêt à vous donner ou plu- 
tôt à essayer de vous donner toutes les notions que vous désirerez 
sur les pays que j'ai parcourus, sur celui que j'habite, sur les 
ports de mer que j'ai vus, ainsi que sur les vaisseaux de guerre 



— 253 — 

et les vaisseaux marchands, les galères, la construction et toutes 
les parties relatives à la marine. » 

Jusqu'ici les documents qui précèdent nous montrent Heuschling 
successivement : 

1» Séminariste à Luxembourg ; 

2" Surveillant au Thérésien à Bruxelles ; 

3° Professeur au collège de Namur ; 

¥ Attaché au séminaire des Eudistes à Paris ; 

5° Directeur des élèves du Roi corses à Aix, où il se rapprochait 
de l'Italie. 

Désormais ses lettres seront datées de Rome ; mais, pour ne 
pas interrompre l'ordre chronologique, épuisons d'abord la série 
des certificats ou des lettres qui en tiennent lieu. 

Lettre de M. l'abbé Malvaux, vicaire général de Paris, datée le 
25 juillet 4787, dont l'adresse est à M. l'abbé Heuschling, directeur 
des élèves du Roi corses au séminaire à Aix en Provence. 

Je suis, Monsieur et cher abbé, plus affligé que je ne puis vous le dire du 
mauvais état de votre santé. Vous étiez pour moi l'objet des plus grandes es- 
pérances. Je comptais que vous resteriez parmi nous etque vous y répandriez 
les lumières que vous y avez apportées. Mais voilà que vous parlez de retour- 
ner dans votre Flandre au moment même où elle est agitée de troubles. Mes 
regrets les plus vifs vous y suivront. Ne puis-je donc plus espérer de vous 
retenir en France? Il se présenterait peut-être quelque place plus tranquille 
et où vous feriez plus de bien. Réfléchissez encore sur le parti que vous allez 
prendre. Ouvrez votre cœur à M. l'abbé de Crouzeilhes qui en a un excellent, 
et ne vous déterminez à rien sans son conseil et sa participation. Je me pro- 
pose d'avoir l'honneur de voir M. l'archevêque d'Aix ou de lui écrire. Je lui 
ferai part de vos peines, mais je lui dissimulerai votre résolution, à moins 
que déjà il ne l'ait apprise. Si je ne vous ai pas rendu plus heureux jusqu'ici, 
vous rendrez du moins justice au tendre attachement que je vous ai voué, et 
avec lequel j'ai l'honneur d'être, Monsieur et cher abbé, votre très-humble et 
très obéissant serviteur. Signé Malvaux vie. gen. 

Lettre de S. E. le Cardinal de MaUnes, écrite toute de sa propre 
main. 

Malines le 22 de févr. 1788. 

Je me rappelle très bien, Monsieur, d'avoir eu le plaisir de vous voir à 
Louvain à l'abbaie de Ste Gertrude. Je suis bien aise de pouvoir vous être 



— 254 — 

utile à quelque chose, et je vous envoie le certificat que vous m'avez demandé 
et qui renferme le témoignage de la justice que M. le président Vandevelde a 
rendu à votre mérite. J'accepte avec beaucoup de reconnaissance les vœux 
que vous faites pour moi et je vous prie d'y ajouter vos prières afin que le 
pasteur des pasteurs daigne répandre sur moi spiritum consilii et fortiludinis 
si nécessaire dans les circonstances où je me trouve. Je suis bien sincèrement, 
Monsieur, votre très humble serviteur. Signé : f J. H. card. arch. de Malines. 
L'adresse était h M. l'abbé Heuschling de l'académie théologique de la sapience 
à Rome. Piazza di Pietra. 

Cette lettre contenait le certificat suivant, en bonne et due 
forme. 

Joannes-Henricus, miseratione divina S. R. E. presbyter cardinalis à 
Franckenberg et Schillendorff, archiepiscopus Mechliniensis, primas Belgii, 
ordinis sancti Stephani Régis Hungarise crucis majoris eques, sacrée cesarese 
et regia3 apostolicse Majestati à consiliis intimis etc., etc., etc. 

Omnibus prœsentes litteras inspecturis salutem in Domino. Praesentium 
tenore fidem facimus et attestamus R. D. Stephanum Heuschling Luxembur- 
gensem, tempore quo in diœcesi nostra studiorum sacrorum causa degit, ita 
sese gessisse, ut diligentia, regularique in studio assiduitate consodalibus prse- 
luxerit, atque pietate in Deum et irreprehensibili morum probitate sese 
quammaximè commendabilem exhibuerit, dignum proinde qui ad altiora pro- 
moveatur. Datum Mechliniee in palatio nostro archiepiscopali die 13 mensis 
februarii anni 1788. 

Erat signatum f Joann. Hen. card. archiep. Mechl. Et infra : De mandate 
Eminentice suae, J. F. van Zeebroeck Secrets. A latere sinistro sigillum Emi- 
nentissimi in hostia rubra impressum. 

Lettre de Mgr l'évêque d'Anvers à l'adresse rapportée au n" pré- 
cédent, écrite tout entière de sa propre main. 

Monsieur, des circonstances malheureuses pour la Belgique, où la division 
parmi les esprits règne et régnera probablement quelque tems encore, des 
occupations multipliées et sans fin, des voyages fréquens et nécessaires, tout 
cela m'a empêché d'être à même de vous satisfaire plus tôt. Voici donc une 
lettre pour S. E. le cardinal Herzan, que ma première pensée était de vous 
envoyer ouverte ; mais la réflexion m'a fait craindre que ce ne fût un moyen 
de la rendre moins efficace, moins opérante. Au reste, je puis vous assurer 
que quand je l'aurais écrite sous votre dictée, je ne pourrais pas la rendre 
plus touchante. Elle est enfin comme vous la méritez si bien. Je vais la faire 



— 2o5 — 

transcrire ici pour plus de satisfaction encore. Recevez, je vous prie, les 
assurances de tout l'attachement avec lequel je suis, Monsieur, votre très- 
humble et très-obéissant serviteur, f Cor. François, év. d'Anvers. Anvers le 
13 mars 1788. 

Copie. Monseigneur, c'est aux prières et désirs d'un jeune et excellent sujet, 
que j'ai cru ne pouvoir refuser plus longtems la liberté respectueuse qu'il me 
fait prendre d'oser importuner votre Eminence par une très-humble recom- 
mandation, ou plutôt par un témoignage rendu à la vérité. Le jeune abbé 
Heuschling, après avoir appris avec une application extraordinaire et un zèle 
infatigable presque toutes les langues, a été employé d'abord à enseigner les 
belles-lettres, latines et grecques, et tout ce qui s'appelle les Humanités dans 
le collège royal Thérésien de Bruxelles et ailleurs ; d'où il est allé (toujours 
pour se perfectionner) dans un séminaire de la célèbre université de Paris, 
où il a obtenu et toujours conservé les bontés et attentions de M. l'abbé de 
Malvaux, grand vicaire de Mgr. l'archevêque de Paris, homme d'une science 
profonde et d'un mérite étincelant. Enfin, Monseigneur, l'étoile de ce jeune 
homme et son ardeur pour les langues savantes, pour les orientales surtout, 
l'a conduit aujourd'hui dans la capitale du monde chrétien, cette ancienne 
patrie du savoir et des lettres, et il peut se féliciter, et je le félicite certaine- 
ment du plus profond de mon cœur, d'avoir eu le bonheur de s'y faire con- 
naître à l'illustre et éminentissime Mécène à qui je prends la confiance de 
dire tout le bien possible de ce savant et vertueux jeune homme que j'aurais 
voulu fixer dans mon diocèse et l'aggréger à mon clergé si les tems et des 
circonstances plus heureuses me l'avaient permis. Me serait-il permis d'espé- 
rer que Votre Eminence me pardonnera en faveur du motif, la liberté que je 
prends? et qu'elle daignera agréer à cette occasion l'hommage si sincère et 
profond que j'ose lui réitérer de mon inviolable gratitude pour ses anciennes 
bontés pour moi, ainsi que de la vénération et du respect et du dévouement 
sans bornes avec lesquels je suis etc. 

Lettre de M. l'abbé Malvaux à l'adresse ci-dessus. 

Vous devez. Monsieur et cher abbé, avoir reçu maintenant deux lettres de 
recommandation qui vous ont été adressées par M. l'abbé Pey, chanoine de 
l'église de Paris et connu par plusieurs ouvrages estimés sur la religion. Je 
les lui ai demandées pour vous avec tout le zèle que vous m'inspirez toujours. 
L'une de ces lettres est pour M. le cardinal Borromée, l'autre par M. le cardi- 
nal Garampi. Si vous êtes assez heureux pour obtenir de M. le cardinal Bor- 
romée la permission qu'il avait daigné m'accorder aux eaux de Spa d'aller lui 
faire ma cour, même fréquemment, je vous prierai. Monsieur, de me rappeler 
à l'honneur de son souvenir et de lui faire agréer mes hommages respectueux. 



— 256 — 

Je conserverai h jamais la mémoire de ses vertus et de ses bontés. Je me 
propose toujours de prier M. le coadjuteur d'Alby de vous faire connaître 
aussi de M. le cardinal de Bernis son oncle. Il doit arriver très-incessamment 
à Paris. Soyez bien persuadé de tout mon zèle pour vous donner des preuves 
du tendre et constant attachement avec lequel j'ai l'honneur d'être, Monsieur 
et cher abbé, votre très-humble et très-obéissant serviteur. Malvaux vie. gen. 
de Paris. Paris le 24 mars 1788. 

Autre lettre du même datée de Paris le 12 mai 1788. 

Puisque vous pensez, Monsieur et cher abbé, que mon suffrage peut vous 
être de quelque utilité, quoiqu'il ne doive pas vous paraître d'un grand prix, 
je me fais un plaisir autant qu'un devoir de rendre justice à votre inépuisable 
ardeur pour l'étude, à vos talens cultivés, à vos connaissances multipliées, à 
la douceur de votre caractère, à la pureté de vos mœurs et à l'excellente con- 
duite qui vous a distingué parmi les ecclésiastiques, tout le tems que vous 
avez passé à Paris. Puisse cette faible marque de mon zèle vous convaincre 
de plus en plus de la parfaite estime et de l'attachement tendre avec lesquels 
j'ai l'honneur d'être. Monsieur et cher abbé, votre très-humble et très-obéis- 
sant serviteur. Malvaux vie. gén. 

Lettre de l'abbé Pey, chanoine de l'église de Paris. 

J'ai l'honneur, Monsieur, de vous envoyer ci-joint deux lettres de recom- 
mandation, l'une pour Mgr le cardinal Garampi et l'autre pour M. le card. 
Borromée. Je suis charmé de pouvoir contribuer en quelque chose aux progrès 
des sciences dans une partie où vous pouvez servir heureusement la religion: 
mais vous savez, Monsieur, que la science n'est qu'un airain sonnant, si elle 
n'est accompagnée de cette foi vive qui la fait fructifier, et qui met toutes les 
choses humaines sous les pieds pour ne s'occuper que de l'intérêt de J.-G. 
L'idée que j'ai de votre piété sur cet article est pour moi une certitude des 
progrès que vous ferez. Vous avez dessein, à ce qu'il paraît, d'aller en Egypte 
et en Syrie ; mais est-ce en qualité de missionnaire ou simplement pour vous 
perfectionner dans la langue arabe : et dans ce dernier cas où comptez-vous 
enfin vous fixer ? J'ai l'honneur d'être avec une parfaite considération, Mon- 
sieur, etc. Paris le 17 mars 1788. 

Le dernier certificat est celui du concours pour la chaire de 
langue syriaque, imprimé d'après le texte original dans la notice 
de M. Nève, page 304. 



— 257 — 

Dans une lettre adressée à son père, notaire résidant alors à 
Eischen près Arlon et dont la date est déchirée, Etienne Heuschling 
informe ses parents qu'à la suite d'une maladie terrible qui lui a 
rendu le climat de la Provence insupportable, il a résolu de quitter 
Aix pour se transporter à Rome oîi il se tient depuis une couple 
de mois. « Je vous conseillerais, écrit-il, pour votre satisfaction 
et mon repos, de travailler, comme on dit, des pieds et des mains, 
et de faire toutes les diligences possibles pour me faire conférer 
quelque bénéfice aux Pays-Bas, et cela de peur que je ne succombe 
peut-être à la tentation de faire un tour dans la Syrie et l'Egypte, 
comme l'occasion peut s'en présenter tous les jours, tentation 
très-naturelle, très-forte et quasi légitime, en supposant les pro- 
grès que j'ai déjà faits dans les langues grecque et surtout le grec 
vulgaire, et l'arabe. Du reste ceci n'aura jamais lieu aussi long- 
tems qu'il y aura seulement quelqu'espérance ou apparence de 
succès du côté de ma patrie. Ces études, je le dirai en passant, 
ne doivent pas paraître inutiles, bizarres, singulières dans un 
homme qui fait profession de se livrer aux sacrés monumens de 
notre religion. » Cette lettre, comme celles qui vont suivre, est 
signée : l'abbé Heuschling, de l'académie théologique de Sapience 
à la Piazza di Pietra. 

Dans la lettre suivante, portant la date du 13 mai 1788, après 
s'être informé de la famille, « quant à moi, mon très-cher père, 
continue-t-il, quoi qu'il puisse arriver, je compte avec la grâce de 
Dieu, me retrouver bientôt aux Pays-Bas. Je courrais après une 
chimère si je prétendais encore espérer de me placer à Rome. 
Malgré les plus belles lettres de recommandation pour S. E. le 
cardinal Herzan, que m'ont envoyées Mgr l'évêque d'Anvers et 
Son Eminence le cardinal de Malines, qui a daigné m'écrire la 
lettre la plus obligeante de sa propre main, malgré l'accueil le 
plus favorable que S. E. le cardinal Herzan m'a fait dans trois au- 
diences consécutives, je ne saurais me flatter d'être employé 
chez lui (quoiqu'il m'ait parlé tout au long des devoirs d'un se- 
crétaire chez lui, surtout lorsqu'il est incommodé), parce qu'an 
mot qui lui est échappé m'a convaincu que c'est la politique qui 
m'écartera toujours de son service, et que, pour y être reçu, il 
faudrait que cette Eminence ne fût pas ambassadeur de S. M. l'Em- 



— 258 — 

pereur ou que mes protecteurs ne fussent pas précisément le 
cardinal de Malines et l'évêque d'Anvers, ou au moins enfin que 
les circonstances fussent toutes autres dans notre bonne Flan- 
dre (i).... Après tout, la protection de M. le cardinal Herzan 
pourra sans doute m'être d'une utilité infinie dans nos pays même 
et auprès du gouvernement de Bruxelles; et je rends grâce à Dieu 
d'avoir pu me faire connaître à cet illustre et éminentissime Mé- 
cène selon l'expression de M. l'évêque d'Anvers, qui a bien voulu 
l'assurer qu'il aurait bien voulu me fixer dans son diocèse et 
aggréger à son clergé, si les tems et des circonstances plus 
heureuses le lui avaient permis... Cette grandeur fera beaucoup 
pour moi en tems et lieU;, j'en suis sûr. 

« Un autre point préliminaire, pour ainsi dire, à la demande que 
je dois vous faire, c'est que dans peu de jours je dois subir un 
concours pour la chaire de langue syriaque en Sapience, devant 
le cardinal camerlingue. S'il ne se trouvait pas un autre sujet, qui 
a déjà concouru une fois pour la même chaire, et auquel elle est 
déjà comme promise, j'espérerois très-fort de me voir bientôt 
professeur en Sapience.... Il faut remarquer que ce n'est qu'après 
un examen qui a fait conster de ma capacité en ce genre, que je 
fus admis audit concours. Ainsi tout cela me servira beaucoup 
aussi auprès du gouvernement et des prélats illustres, et des 
autres personnages dont j'ai obtenu la faveur jusqu'ici.... Il faut 
remarquer encore qu'on ne peut vivre avec cette seule chaire, et 
les émolumens de la meilleure chaire de Sapience ne valent pas 
ceux de la moindre des chaires d'humanités ou collèges royaux 
de vos pays... et ce qui plus est, il est certain qu'en général il y 
a peu de places à Rome auxquelles soient attachés des honoraires 
convenables et suffisans. Par une infinité de contre tems, je me 
vois donc dans le cas de ne pouvoir rester plus longtems que 
jusqu'au mois de septembre à Rome. » 

Toujours inquiet de son propre sort, il mande à son frère 
F. -Xavier, dans une lettre du 27 août 1788 : « il me faudrait écrire 
plusieurs feuilles si je voulais vous indiquer seulement toutes les 
portes auxquelles je frappe pour me procurer de l'emploi. Le plus 
essentiel est ce qui suit, parce qu'il concourt plus directement à 

(1) Allusion à la politique de Joseph IL 



— 259 — 

la fin unique de toutes mes pensées et de tous mes vœux. Mettez 
en oeuvre tous vos amis, toutes vos connaissances, et recom- 
mandez, je vous en prie, à tous nos frères, à tous nos amis la 
même chose ; mettons-nous tous, dis-je, aux aguets pour être in- 
formés à tems de tous les bénéfices simples ou cures qui vaque- 
ront dorénavant, soit au pays de Luxembourg, soit au pays de 
Liège, soit au pays de Trêves. Pour ceux du pays de Liège, je ne 
parle que de ceux qui vaqueraient dans les mois du pape. Ces 
mois du pape commencent par janvier, mars et toujours comme 
cela alternativement. Je voudrais pour tout au monde avoir un 
agent dans tous les endroits où il y a des chapitres pour que l'oc- 
casion de me pourvoir ne m'échappe pas. Le cardinal Borromée 
et M. Maïence m'ont conseillé de tenter cette voie, et l'ouverture 
est fort bonne et peut produire quelque chose tôt ou tard.... Il 
faut de la diligence et de l'exactitude. Si vous pouvez inspirer 
votre zèle à me combler de bonté à beaucoup de personnes, ce 
serait très-bien. M. l'abbé Malvaux, vicaire général de Paris et M. 
l'abbé Pey, chanoine de la métropole, auteur de V autorité des 
deux puissances, m'ont envoyé en bons amis des lettres de recom- 
mandation aux cardinaux Garampi, qui a été nonce à Vienne, et 
Borromée, un des plus anciens du sacré collège. 

(( Le cardinal Garampi doit venir à Rome pendant l'automne. 
L'autre m'a fait un accueil si plein d'affabilité, de cordialité, de 
bonté ravissante, que j'en étais touché, consolé et je me dois pro- 
mettre beaucoup de sa protection pour l'avenir. Son ])remier mot 
a été : je cours chez le pape tant que vous désirerez; je pais lui aller 
faire ma cour aussi souvent que je veux... Il m'a assuré que si cela 
convenait, il m'aurait présenté lui-même à Sa Sainteté. Je dois 
écrire à M. l'évêque d'Anvers de me faire présenter au pape, 
selon le conseil du susdit cardinal, qui est un saint et vénérable 
vieillard dans toute la force du terme. 

« Pour le pays de Trêves, l'agent de l'Electeur, en sa qualité 
d'évêque d'Augsbourg, doit m'avoir recommandé au premier mi- 
nistre à Coblence, et si le cas échoit, je peux être assuré que 
l'abbé Pey écrira directement à l'Electeur, dont il est infiniment 
estimé. 

« M. l'abbé Malvaux m'a promis de me faire connaître sans 



— 260 — 

délai à M. le cardinal de Bernis, de manière que j'aurai la protec- 
tion de quatre cardinaux, qui peut fructifier quand il plaira au 
bon Dieu ; car, pour vous nommer le quatrième, M. le cardinal 
Herzan, j'espère de recevoir de lui, si c'est nécessaire, une lettre 
pour le Ministre de Bruxelles, et même pour Leurs Altesses, et 
pour Vienne s'il faut aller jusque là, où le cardinal Garampi me 
viendra fort à propos. Si donc il vient à vaquer une cure dans 
notre pays de Luxembourg, ou autre bénéfice, quelque petit et 
mince qu'il soit, je vous prie tous en général et en particulier 
d'expédier sur l'heure même une lettre d'avis à Louvain à notre 
cher oncle (1), et une autre à Bome à moi, et nous travaillerons 
à lever les obstacles qui empêchent ma nomination à ces béné- 
fices, à laquelle j'ai bien un certain droit, puisque j'ai servi en 
qualité de professeur royal, et que je me suis vu hors de portée 
de satisfaire à la dernière ordonnance de l'empereur précisément 
parce que le gouvernement m'a appelé hors de la patrie pour 
m' employer : il me semble qu'on n'aura pas bien fait valoir cette 
raison pour la cure d'Aywaille. 

« Ces maudites révolutions et troubles de Flandres ! Si les 
choses étaient dans leur état ancien, on ne serait pas si embar- 
rassé à trouver du pain. » La lettre se termine par cet intéressant 
récit d'un concours dont il a déjà été question. 

ce Le 22 juillet j'ai été au concours pour la chaire de langue 
syriaque, et d'institutions aux liturgies orientales, de Sapience ; il 
a eu lieu au palais apostolique du mont Quirinal, aujourd'hui 
Monte-Cavallo, résidence du pape en été, dans les appartemens 
du cardinal-secrétaire d'Etat, qui y assista avec les avocats con- 
sistoriaux, le recteur de l'université à la tête. Ce dernier m'a pro- 
testé avant et après le concours, et d'autres avocats consistoriaux 
l'ont assuré à des personnes qui s'intéressent pour moi, que j'au- 
rais remporté sans difficulté la chaire, si l'un des concurrens 
n'avait pas eu 1» le mérite d'un premier concours, et 2'' celui 

(1) Cet oncle était J.-P. Heuschling, dont la notice, écrite par M. Thonissen, est insérée 
dans l'Annuaire de l'univerdté pour 1864 ; voyez aussi son article dans le supplément de 
la Biographie luxembourgeoise. Une lettre que M. Britz, greffier du tribunal de première 
instance de Bruges, m'écrivit le 2 octobre 1S6G, renferme ce passage : « J'ai lu l'autre jour 
quelque part que Jean Heuschling, le professeur des Pandectes à Louvain, a été chanoine 
de Tournai ; M. Thonissen ne parle pas de ce fait. » X. H. 



— 261 — 

d'avoir rendu de grands services^à la Propagande, etc.; c'est l'abbé 
Assemani, professeur actuel de langue arabe au collège de la 
Propagande. Ses oncles et grands-oncles sont des hommes célèbres 
dans la république des lettres. L'autre concurrent était un vieux 
prêtre syrien-maronite, et nous ne fumes que trois. Si de pareils 
concours se tiennent pendant mon séjour à Piome, pour la langue 
hébraïque, arabe, grecque, etc., je suis déterminé à m'y trouver. 
Les certificats que j 'en remporte peuvent être utiles pour ailleurs. » 

Une autre lettre à son frère F. -Xavier, est ainsi datée : « Rome, 
29 novembre 1788, à 23 heures, ou 4 heures après-midi. » Il y est 
dit : (( en Itahe, le printemps commence en février, et l'hiver n'est 
rien en comparaison des vôtres, dont le souvenir glace quiconque 
a habité le jardin de l'Europe. » 

La lettre suivante, portant la date du 11 décembre 1788, à 16 
heures, 9 du matin, est adressée par Etienne Heuschhng à son 
frère l'avocat ; comme je l'ai remarqué plus haut, elle doit, quand 
on l'a lue, faire regretter la perte des autres. Après les compli- 
ments de famille, il continue en ces termes. 

(( Mais, outre les liens de la nature, mon cher frère, il y a une 
autre dette infiniment plus précieuse à mes yeux, une obligation 
d'un genre bien plus relevé, qui m'oblige à vous bénir toutes les 
fois que j'y pense, et qui exige de moi le juste tribut d'une recon- 
naissance éterneUe. Mes progrès, quelques modiques qu'ils soient, 
dans la littérature, même orientale, je vous les dois. Vous fûtes 
le premier qui m'inspirâtes le goût des lettres. Attaché à la 
lecture, comme vous avez toujours été par une grande faveur du 
ciel, votre exemple et vos livres ont éveillé, enflammé en moi 
l'ardeur d'apprendre, qui est enfin devenue une soif dévorante, 
que je commence à peine à pouvoir étancher, et qui ne cessera 
entièrement qu'avec le dernier souffle de ma vie. De là, de cette 
passion, toutes les peines que j'ai dû prendre pour la satisfaire, 
peines bien douces, puisque dès à présent je commence à être 
vraiment heureux, content, tranquille pour toujours : de là tant 
de cliangemens, de voyages, de projets, de dangers, d'embarras. 
Grâces à la Providence, il n'en reste plus qu'un seul, et c'est le 
voyage que je serai forcé d'entreprendre au commencement de 
mars au plus tard : mais j'ai des frères et des amis qui ont des 



— 262 — 

entrailles Quelques langues modernes et européennes que j'ai 

étudiées dans mes premières années avec les productions des plus 
grands génies des nations les plus renommées aujourd'hui, voilà 
le premier essai de mes forces. Les chefs-d'œuvre de la Grèce, 
trop vantée, trop orgueilleuse, me parurent quelque tems le non 
plus ultra du littérateur le plus courageux, le plus insatiable. 
J'admirai Homère, Platon, Euripide, Xénophon, Hérodote le véné- 
rable père de l'histoire : malgré l'enthousiasme que la lecture de ces 
écrivains et des autres auteurs, vrais modèles de l'élégance et de la 
beauté, produisent nécessairement et d'une manière irrésistible, 
pour ne parler que de l'histoire, pourra-t-on se contenter du naïf, 
de l'antique, du charmant Hérodote ? Encore moins de Diodore 
de Sicile, de Plutarque, etc. Est-ce bien chez eux qu'il faut aller 
puiser les véritables notions des annales des anciens peuples, des 
Egyptiens, Assyriens, des Perses ? On ne saurait plus méconnaître ce 
que les plus profonds esprits de tous les siècles ont aperçu, ce 
qu'on pourra un jour démontrer, qu'il n'y a plus d'autre monu- 
ment qui nous conserve les traits principaux des fastes des 
anciens peuples, que nos livres saints. Les auteurs grecs, et tous 
les payens en général, ont tout défiguré. Je veux qu'on consulte 
les grecs sur ce qui s'est passé pendant quatre ou cinq siècles 
dans ce beau pays, que la nature avait favorisé de tant de manières, 
qui fut si longtems la nourrice féconde des sciences, des beaux- 
arts, le centre de la philosophie, de la politesse, de la magnificence; 
mais en même tems le siège et l'école de l'idolâtrie, de l'orgueil, 
de la vanité, de la fourbe : pour moi je ne puis m' empêcher de 
penser souvent que s'il a été dans les desseins de la providence 
de permettre qu'il nous restât encore quelques monumens de la 
Grèce préférablement à ceux des autres peuples ^)lus fameux; c'a 
été pour nous convaincre du néant des vertus et des plus grandes 
quahtés purement humaines et naturelles et de l'inutilité de toutes 
les lumières et de tous les efforts des enfans des hommes, sans 
un guide surnaturel et céleste. On peut le prononcer hardiment. 
Nous sommes émerveillés des grandeurs, de l'éclat, de la gloire 
de la Grèce, et nous devons rougir à la vue de sa nudité, de son 
opprobre, de son ignominie. 

« Il est donc une érudition plus noble, plus sublime, plus pure 

ce serait un grand sujet de regret au ht de la mort, que de m' être 



— 263 — 

borné aux études profanes. Au bout de ma course je devrai me 
comparer alors à ces voyageurs aériens qui, après avoir parcouru 
une petite partie de notre atmosphère avec les plus grands périls, 
n'emportent de toutes leurs fatigues qu'un peu d'argent et la 
fumée des applaudissemens. Dans le cercle immense des connais- 
sances humaines, immense relativement à notre faiblesse et peu 
de capacité, mais réellement et en effet très-étroit, où fixer la 
curiosité de l'esprit qui, ainsi que les désirs du cœur, n'a pas de 
bornes?... A la science delà religion, des êtres primitifs de notre 
•foi, science qui, seule capable de contenter en quelque sorte le 
vaste besoin d'apprendre d'une âme immortelle, la conserve dans 
une union étroite avec son créateur et lui fait goûter en cette vie 
les prémices des joies de l'autre : à la méditation des prophètes 
et des apôtres. On est forcé enfin par sa propre conviction de 
regarder la Bible comme le grand code de la sohde littérature de 
tous les siècles, comme la seule vraie encyclopédie, lorsqu'on a 
enfin le bonheur d'en contempler les beautés sans voile dans les 
originaux, par le moyen des langues orientales, principalement 
l'hébraïque, aussi ancienne que le monde ; l'arabe, qui est la 
langue vulgaire d'une grande partie du monde, et la langue la plus 
riche du monde ; et c'est le point où je suis arrivé, heâûn allali ! 
avec le secours de Dieu comme disent les Arabes. Vous 
n'aurez peut-être jamais vu de caractères de ces langues 
exotiques, belles , mais difficiles et trop peu connues de nous 
autres Européens. Après donc m'être perfectionné quelques mois 
à Rome dans la langue éthiopienne et persane, à quoi je suis 
vivement occupé, je songe à me fixer. Je souhaite surtout de me 
trouver toujours à portée de vous voir souvent ou au moins de 
vous entretenir par lettre, pour vous prouver sans réplique que 
celui qui veut puiser dans la première sonnée de toute érudition 
quelconque, doit porter ses recherches jusque dans l'Orient, en 
Syrie, en Egypte, et prendre pour son premier point de vue et le 
terme de son départ les plaines de Sennaar. » 

Une lettre à son frère F. -Xavier, du 14 février 1789, n'a pour 
objet que des intérêts de famille. Dans la suivante, lui annonçant 
son départ de Rome, éclate, comme on va le voir, une joie toute 
enfantine. 



— 264 — 

ce Roma, 1 Aprile 1789, ore IG — à midi. Bravo, bravissimo, 
amatissimo, dolcissimo fratello mio. Votre lettre du 14 février, 
contenant une lettre de change sur Vienne, me remplit le cœur 
d'une joie qui ne me laisse pas le pouvoir de vous l'exprimer. Je 
ne puis que tourner mes yeux trempés de larmes vers le ciel pour 
le remercier de ce bienfait et pour le supplier de ne pas me faire 
éprouver le malheur de ne pouvoir pas un jour témoigner effica- 
cement ma gratitude à un frère qui a fait pour moi de si généreux 
efforts, etc. » et ainsi deux pages remplies d'expressions de 
contentement et de reconnaissance. « Je partirai, écrit-il, avec le 
baron de Vogten, chanoine de Breslau, le 6 de ce mois, lundi 
prochain de la semaine sainte. Nous devons nous trouver à Trente 
le 24 du dit mois... Notre voyage sera par Lorette, Bologne, 
Mantoue, Vérone, etc. ; » puis il ajoute : (c II ne sera pas néces- 
saire de vous assurer que je quitte Rome avec les regrets les plus 
vifs. Six à dix ans de séjour dans la reine des cités, la maitresse 
du monde, suffiraient à peine à pouvoir s'en rassasier. » La lettre 
se termine par des adieux à la ville éternelle. Voici cette tirade, 
qui tient réellement du sublime ; malheureusement, deux lignes 
du commencement sont lacérées. 

ce Adieu, aux basiliques, aux palais galeries, aux chefs- 
d'œuvre des arts .... sept montagnes si pittoresques de toutes 
parts, si bien décorées par la nature et par l'art de tout ce qui 
est capable de réveiller et de contenter et de perfectionner le 
goût, à l'antique et vénéré père Tibre, aux délicieuses ville, à 
l'ombre du laurier rafraîchissant et aromatique, des cyprès majes- 
tueux, mélancoliques, des myrtes odorants et amoureux, aux eaux 
les plus saines et les plus abondantes du monde, aux bosquets, 
aux lacs, aux pasteurs, aux gazons délicieux, aux monumens infi- 
nis en nombre, admirables, inestimables en beauté et en perfec- 
tion, aux marbres, aux granités, aux jaspes, aux lapis-lazuli, etc., 
aux bronzes, à l'or, à l'argent, aux pierreries, etc., à une terre 
imprégnée du sang des martyrs, sanctifiée par les sueurs et la 
demeure des plus grands apôtres, aux catacombes, aux tombeaux 
des Pierre et Paul, des Léons, des Grégoires, au théâtre glorieux 
et frappant de tout ce qu'il y a jamais eu de plus héroïque, de 
plus merveilleux au monde, à une ville immense, magnifique quoi- 



— 265 — 

que abattue, superbe, orgueilleuse, après avoir souffert tant de 
calamités, de saccagemens, de révolutions étonnantes, où il n'y a 
pas d'endroit qui ne rappelle au souvenir exalté le triomphe de 
la religion sainte sur l'idolâtrie infâme, les fameuses scènes du 
peuple-roi dans ses différens états, le capitole, le Forum, le champ 
de Mars, les consuls, les dictateurs, les césars et tout ce que 
l'imagination de l'homme est capable de se représenter de plus 
saint et de plus auguste en contraste (par respect aux différentes 
époques et divers siècles) avec la superstition, la férocité, la 
cruauté. » 

A son arrivée à Trente, il en informe son frère F. -Xavier, par 
lettre du 25 avril. Après avoir annoncé qu'il prend sa route par 
Inspruck, Ulm, Mayence, Cologne, pour arriver à Louvain, ou à 
Anvers, ou à Liège, il copie deux lettres qu'il a reçues, l'une de 
M. Magnée, chanoine écolâtre de Maeseyck, et l'autre de l'évêque 
d'Anvers, qui l'invite à venir passer quelques mois dans sa mai- 
son et dans sa bibliothèque. 

De Mayence il écrit à son frère en toute hâte : « 7 mai 1789 au 
soir, de la maison de la poste ; dans deux minutes le courrier 
part. » Sous l'influence de la fatigue du voyage, il signe : « Votre 
très-obligé frère e strapazzato, dirosato, fracassato servitore. » 

Le 19 mai il est à Louvain chez son oncle, le docteur et profes- 
seur, d'où il rend compte à son frère de la suite de son voyage, 
heureusement accompli (1), et le 3 juin suivant, il y est encore, 
chez M. Heuschling avocat est-il dit à la suite de la signature. Cet 
avocat était le fils, habitant la même maison que le père, alors 
malade à Hoegaerde. 

Par lettre du 8 juin, Etienne Heuschling annonce à son frère 
qu'il part le lendemain pour aller demeurer quelque temps chez 
Monsgr. l'évêque d'Anvers ; après quoi, frappé, effrayé des con- 
séquences de la révolution brabançonne qui vient de finir et de 
celle qui vient de commencer en France, il s'exprime ainsi : 
« J'ose vous demander instamment vos prières, comme je ne cesse 
d'offrir les miennes pour vous, comme pour un de mes grands 
bienfaiteurs, afin d'implorer la sagesse qui nous est nécessaire à 

(1) C'est par erreur que, dans la notice de M. Thonissen, page 417, la lettre du 19 mai 
porte la date du 29, 

21 



— 266 — 

tous pour ne pas faire de faux pas et des démarches inconsidé- 
rées, insensées, et ne pas écouter la voix de la chair, de l'intérêt 
du moment, de la légèreté, qui a répandu un vertige presqu'uni- 
versel sur le globe ; mais demeurer au contraire inébranlable dans 
son devoir, attaché à l'honneur, à la vérité, aux sentimens de 
l'honnêteté, de la bienséance, de l'estime bien ordonnée et d'un 
noble amour de soi-même. de combien de bassesses le monde 
actuel est couvert ! Malheur aux âmes viles et lâches qui sont 
encore capables d'en commettre malgré l'horreur et la honte que 
tant d'exemples effrayans d'une infidélité évidente et caractérisée 
à sa propre conscience, au bon sens, à sa patrie, à sa famille, à 
sa religion devroient inspirer à des coeurs bien nés et à des gens 
bien élevés. Et voilà cependant la peste de nos malheureux jours! 
Je ne puis m'empêcher de tourner souvent mes pensées sur cet 
objet. » 

Viennent ensuite deux lettres datées d'Anvers le 17 juin 1789 et 
le 14 juiUet suivant. Dans la première, Etienne Heuschling, installé 
à l'évêché, demande à son frère F.-Xavier d'user de toute l'in- 
fluence de la famille pour lui procurer un bénéfice ou titre de la 
valeur de 3000 florins de Brabant, titre que Monsgr l'évêque dé- 
clare n'être que pour la forme ; qu'il ne sera point obligé d'en 
faire usage. « Tout dépend du titre, dit-il plus loin ; celui-là une 
fois obtenu, dans une semaine (après que j'aurai les démissoires), 
je suis prêtre et peut-être .... car je ne saurais absolument pas 
douter le moins du monde de l'efficacité des intentions infiniment 
avantageusess pour moi de Monsgr. y> Et, en terminant : « J'avais 
pour ainsi dire fait vœu de ne jamais me faire ordonner sinon 
à simple titre, et de ne recevoir la prêtrise qu'avec un bénéfice et 
poste assuré, pour ne pas être un prêtre errant et sans destina- 
tion. Mais ayant trouvé un évêque qui m'est aussi attaché qu'un 
oncle, qu'un père, je pense que tout scrupule, toute difficulté doit 
s'évanouir, et qu'on doit se jeter entre les bras d'un prélat qui 
m'a ouvert généreusement les siens. » L'autre lettre traite encore 
d'un titre à obtenir, titre suffisant pour recevoir les ordres (le 
sous-diaconat s'entend) de son évêque propre, alors Monsgr. de 
Hontheim à Trêves, ou de celui de Liège. Les événements du 
temps l'ont jeté dans un profond découragement, révélé par ces 
lignes qui terminent la lettre : « par des relations et par mes 



— 2C7 — 

propres yeux dans mes voyages, je suis dans la conviction la plus 
parfaite que tous les pays de cette domination se ruinent, s'ap- 
pauvrissent, gémissent sous un joug de fer et se trouveront bien- 
tôt, malgré leur désespoir et leur reluctance convulsive, sans 
commerce, sans moyens de subsistance et sans religion. Quel 
fléau que la guerre humaine ! et qui pardonnera à vos sots Etats 
d'aller au-devant des vœux de la tyrannie ? d'accorder plus que 
l'on ne leur demande? des subsides permanens-extraordinaires. 
Quelque honteux que cela soit, je leur pardonne, ce sont de 
bonnes gens, nesciunt enim quid faciunt. » 

Dorénavant, les choses ont changé de face : au lieu de prendre 
les ordres, il se dispose à prendre les grades à l'université de 
Louvain. Une lettre qu'il écrit à F.-Xavier le 22 mars 1790 l'in- 
forme que depuis le mois de février on lui a conféré la leçon de 
langue hébraïque à cette université, et se loue, dans une lettre 
du 28 du même mois, des bons procédés de M. le président du 
collège des trois-langues où est sa chaire. A la page 161 de l'Al- 
manach de la cour pour l'année 1794, Et. Heuschling est porté 
comme professeur de langue hébraïque à l'université de Louvain. 

Les lettres suivantes, au nombre de treize, toutes d'intérêt privé 
et de famille à l'adresse de F.-Xavier Heuschling, sont datées de 
Louvain les 21 et 30 mai, 8 et 12 juillet, 6 et 19 décembre 1790, 
24 mai et 18 juin 1791, 11 et 19 septembre 1795, 16 floréal an 5, 
et les deux dernières de Bruxelles les 5 brumaire et 19 floréal 
an 7. Dans la lettre du 6 décembre 1790, en parlant de la fortune. 
Et. Heuschling déclare qu'il la méprise, parce que l'expérience 
qu'il a acquis à regarder les choses de près, lui a inspiré de l'hor- 
reur pour la plupart; des moyens ordinaires de parvenir. Cela ne 
l'empêche pas de reconnaître dans la lettre suivante, du 19 dé- 
cembre, que, pour obtenir la moindre chose dans ce monde, il 
faut frapper à bien des portes; il annonce, en commençant la 
lettre, qu'il demeure au collège de Cranendonck. Dans la lettre du 
24 mai 1791 : « il faut absolument, écrit-il, que je passe licence 
pendant ces vacances, soit à Cologne, Trêves, soit à Nancy, Rheims 
ou toute autre université, et naturellement et même nécessaire- 
ment je choisirai l'endroit où il me coûtera le moins et dont la 
distance se puisse le mieux combiner avec l'envie mortelle que 
j'éprouve d'être au milieu de vous. Je joins ici en conséquence 



— 268 — 

un billet pour notre frère qui est au séminaire de Trêves (1), que 
je vous conjure de lui faire parvenir sans retard, où je le prie de 
s'informer exactement et de me mander avec toute précision les 
frais et dépenses qu'y exige le grade de licencié en droit canon 
et civil. Ce serait dans moi une stupidité de ne pas profiter de 
l'ordonnance que vous connaissez sans doute et de ne pas saisir 
l'occasion la plus favorable qui puisse se présenter d'acquérir à 
moins de frais et dans le moins de tems possibles la capacité de 
posséder tout bénéfice ecclésiastique et tout office civil. » 

Tout étant préparé comme il l'avait demandé, il change tout à 
coup de résolution : « Quant au projet qui a occasionné toutes 
ces démarches, écrit-il dans sa lettre du 18 juin 1791, je dois vous 
dire que des renseignements nouveaux que j'ai eus de bonne part 
touchant l'intention que le gouvernement peut avoir eue en émet- 
tant l'ordonnance qui concerne le degré de licence, me persuadent 
fortement de différer encore l'exécution de mes desseins. » 

M. Nève dans la note 1 au bas de la page 315 de l'Annuaire, 
rapporte qu'Etienne Heuschling était membre de la société de 
jurisprudence de Bruxelles ; comme tel, il est ainsi qualifié à la 
page 371 de l'Almanach de Bruxelles pour l'an XIII de la Répu- 
blique française : « licencié en droit, ex-professeur de métaphy- 
sique et logique de l'école centrale de la Dyle. » 

Dans l'Almanach de l'année précédente, an XII, il est porté, à 
la page 197, comme avoué près le tribunal d'appel de Bruxelles, 
avec l'indication de sa demeure : coin de la rue Saint-Laurent, 
section C. Cette maison était sa propriété ; il l'a toujours habitée 
jusque peu d'années avant sa mort. 

La taille d'Etienne Heuschling était d'un mètre, 66 centimètres, 
d'après un passe-port à l'étranger, lui délivré le 30 août 1839. Ce 
passe-port, il l'avait pris pour se rendre à Luxembourg voir les 
rares survivants de sa famille ; mais, arrivé à Namur, la fatigue du 
voyage lui fit rebrousser chemin. Il vécut encore huit ans, attei- 
gnant un âge très-avancé. Né à Luxembourg le 6 avril 1762, il est 
décédé à Bruxelles le 29 août 1847. Il avait, ainsi que son savant 
biographe le fait observer à la page 318, disposé de ses biens de 
son vivant. 

Bruxelles, juillet 1880. 

Xavier HEUSCHLIITG. 

(1) C'est celui qui est décédé curé de Neumagen ; voir son article dans le supplément de 
la Biographie luxembourgeoise. 



VARIA. 



INSCRIPTIONS TOMBALES 



J'ai relevé dans quelques églises de l'arrondissement d'Arlon- 
Virton des inscriptions tombales qu'il m'a paru intéressant de 
reproduire et de conserver. 



T RGN Y. 

Dans l'église de Torgny, on trouve l'inscription ci-après : 

Cy-Git 

Messire Joseph Pierre Philippe 

comte de Reifîemberg ; en son vivant 

seigneur d'Aix, Battincourt, la Madeleine, 

etc. etc ; décédé au château de la Val le 

10 Aoust 1782. 

Priés Dieu pour son âme. 

Puis d'autres pierres sur lesquelles se remarquent les dessins 
reproduits à la planche 1 à la fm du volume. 



DAMPIGOURT. 

ÉPITAPHES 

qui se trouvent sur 3 pierres tombales incrustées dans l'un des 

murs de l'église de Montquintin (DampicoartJ. 
Cy-git le corps de Jean-Jacques de Hontheim, né à Trêves le 4 
décembre 1741, décédé à Montquintin, le 3 mai 1821 ; en son 
vivant conseiller aulique de l'électeur de Trêves. Vous qui lisez 

22 



— 270 — 

ceci, priez Dieu afin que celui qui mettait tout son bonheur à être 
fidèle serviteur de Dieu et le père des pauvres jouisse du repos 
éternel. 

R. I. P. 



Gy-gissent les corps des trois nobles seigneurs Charles Rolant 
comte de Suys, chevalier de l'ordre militaire de SUacqiies, colonel 
du régiment de cuirassiers au service de S. A. M. J. M. P. décéda 
le 9 septembre 1670; le très-nôble seigneur Ernest F;3rdinant, son 
fils, seigneur de Monlquintin et Couvreux, collateur de celte 
église, décéda le 17 novembre 108... . le très noble seigneur Albert 
Michel son fils, décéda le l^'" mars 1715 et dame Made Marie 
Elisabeth de Manteville, son épouse, décéda le i^^ mars 1727. 

Seigneurs et dames de Montquintin et Vaudoncourt et Dampi- 
court, priez Dieu pour leurs âmes. 

R. I. P. Amen. 



Hic 

in Castro obiit II septembre ann. MDCGXG. Joannes Nicolaus ab. 
Hontheim episcopus myriophitanus sufi'racaneus Trevirensis do- 
minus in. Montquintin codominus in Dampicourt et Rouvoix. 

Treviris XXVIII ann. MDGG natus ibidem biduo post mortem 
tumulatus in prosperis et adversis semper sibi prsesens amicus 
constans prudens et plus. 

Pater suorem 

Pater pauperum 

Patrue 

Ave atque vale. 

R. I. P. 



GUERLANGE (Messancy). 

Dans le cimetière de Guerlange, au fond d'une petite chapelle, 
se trouve la pierre tumulaire dont la description vient ci-après : 



— 271 — 

HIR LIGT DIE * • . 

Armoiries Armoiries 

EDLE-ERENDUGEN 

à demi à demi 

TRICH. KATARINA 

EFFACÉES. ^^^ SCHIFEDINGEN. ^""^'^"'• 

CHEFELDINGEN 

1572 

DEREN GOT-GENADE. AMEN, 



O 



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i; ^ 



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s: S Ici est sculptée une figure qu'on dit être celle de >, 

S K^ Ste-Catherine. >>, 



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5 o* Kg 

50 



i I 

i § 



Î2Î 



^ BETSEIN-BNSCH ^: 

. — Largeur : 0^90 centimètres — ^ --. 



— 272 — 

Voici la traduction de cette inscription : 

Jci repose la noble-respectable Catherine de Schifeldingen. 

Quant à l'abréviation TRIGH, je n'en saisis pas le sens. 

Chefeldange 

1572 

à laquelle Dieu fasse grâce, Amen. Au temps de sa vie Dame à Dies- 

dorf et Noedlange, laquelle est morte en Dieu le 23 mai, l'an après 

la naissance du Christ, 1572. 

Quant aux mots BETSEIN-BNSGH, je ne les comprends pas 
non plus. 



HABAY-LA-NEUVE. 
Inscriptions dans l'église de Habay-la-Neuve. Voir planches 2 et 3. 



FOUILLES ET DÉCOUVERTES. 



Pendant l'été de 1880, des campagnards qui travaillaient dans 
un champ, à lieu dit Bick, sur le côté droit du chemin de lleinsch 
à Tontelange, territoire de Heinsch, ont mis à jour deux pierres 
assez frustes, de 0<^d sur O^ô'd environ, d'une hauteur de 0m40 ; 
creusées toutes deux comme pour recevoir de l'eau ; l'une de ces 
pierres est brisée en trois morceaux. 

A côté, se trouvaient de nombreux débris de poteries romaines, 
d'urnes funéraires parfaitement reconnaissables. 

Ces pierres et ces débris se trouvent dans la cour du secrétariat 
communal à Heinsch. 

Arlon, août 1880. 

Emile TANDEL. 



UN SOUVENIR DE 1831. 



L'Archéologie ? 

A quelle date faut-il remonter pour que le travail dont on 
s'occupe soit qujilifié d'œuvre archéologique? 

Faut-il ne pas dépasser le moyen-âge, ou bien doit-on s'arrêter 
aux Grecs et aux Romains ? ou bien encore est-il nécessaire de 
ne pas sortir des temps préhistoriques ? 

Toutes questions qui n'ont pas encore de solution. 

La latitude la plus grande semble donc donnée aux fureteurs et 
aux amateurs de vieux souvenirs. 

Qu'il me soit par conséquent permis à ce titre de sauver de l'oubli 
une feuille volante, sans doute bien rare aujourd'hui, et que j'ai 
découverte chez un ami du Grand-Duché de Luxembourg en 
fouillant dans des papiers jaunis. 

C'est l'appel aux armes adressé, le 21 Décembre 1831, aux 
populations luxembourgeoises, appel qui eut pour résultat la for- 
mation de ce qu'on appela alors la Ba.ide Tornaco. 



AVIS 

AUX 



LUXEMBOURGEOIS. 

Mac\)xxcl)t 

au Me £uvcnUnîrfler. 



Nous avons fait, sous la date 
de ce jour, un appel à nos con- 
citoyens, pour les engager à se 
joindre à nous et aux communes 
qui ont déjà fourni leur adhésion 
au gouvernement de Sa ivl.ajesté 
le Roi, Grand-Duc de Luxem- 
bourg. 

Nous ferons, par le présent, 
un appel particulier à ceux qui 
sont dans le cas de servir dans 
le corps qui est destiné à pro- 
téger ce retour à l'ordre légal, 
et à garantir la tranquillité pu- 
blique, la sûreté des personnes 
et des propriétés. 

Luxembourgeois! vos ancêtres 
vous ont légué une réputation 
d'un prix inestimable, celled'une 
fidélité inébranlable à leur Sou- 
verain légitime. Vous sauverez 



SBir î'akn l^eute tinen îfufruf an 
unferc 5Jîitbihi]cr erlûffen, uni fie bû^'n 
311 6eu}ei]en, [id) im§ unb bcnjcnigon ®e= 
meinbeii ûn3ufd)liciîen, loeldje bet 9îc= 
Qicrung 2r, 9Jîujc[lai beê .Qoiiigs, ®roè= 
tjcrjogë Don Sujcmbuvg, bacit» bcige=> 
pflidjtct l)ûbîï\. 

'^nxâ} ©pgentuûrtigeS mad)cn h)ir 
einen boionbevn ''iJtiifruf an biojniigen, 
iDe(d)C in bcm Gorpâ ^ienfle jn ne()men 
gcneigt raiuen, t>a% bcriifen ift, bie 'Kiiif= 
ft'î)r ,^ur t]cîclilid)en Orbnung ,^u bi'id/Ut;en 
unb bie ôt[i'nllid)e îlhilje, bic êid)erf;cit 
bcr ^crfonen unb .beâ 6igcnt()umâ ju 
ïjûnb()aben. 

Cnjeniburger ! 6ure î^oniftern 
l)ahen Gud) cinen 9îuf Don unfdjd^bûrcm 
5B}crff)e ^inlcrlaffen, ndmiid) b^n bcr 
uncr[d)iitter(ii^[tcn îreuc gegen i^ren 
redjtmûBigen iîanbcâ^etrn. 3^r roubct 



— 276 — 



ce noble héritage en vous repla- 
çant spontanément sous le gou- 
vernement du Monarque que 
l'Europe entière vous a donné 
en 1815. 

Aux armes donc, Citoyens, 
venez vous joindre à nous pour 
le soutien de la plus juste des 
causes. 

Aux armes surtout, vous an- 
ciens Soldats, Miliciens et autres 
en état de faire un service mili- 
taire. Une solde d'un franc par 
jour vous est assurée. 
Hollerich, le 21 décembre 1831. 
Le Comité des Amis de 
l'ordre légal, 
Baron Du PREL, 
Baron Auguste De TORNAGO, 
SGHANUS. 



bic[e§ ebte (Srbe rettcii, tnbem 3^r Su.ï| 
cigcntDiQiçj rclebcr uiitcr bic 9îciveri]ung 
be§ 'DJÎonantcn fleQet, toeldjcn im ^ai)xt 
1815 gonj Guropa Sudj.gab. 

?ïuf bann, Witbiirgcr ! 3u bcn 
SSûften! %xeM Uii§ bei jur Sliitje ber 
alïergcred}!eften SiLi)c ! 3Sor aflon ader 
Sf)r, Uovmûlige ©olbaten, W\{ii= iinb 
anbere, militùrbienfdljiçje 'OJÎanner, er = 
g r e i f t b i e 23 a f [ e n ! 6in tdglidier 
(Solb Don einem t^^roiiten i[t eud^ juge» 
fidjert. 

^oKerid^, ben 21 î)ecemî)eï 1831. 
3)er ?ïii§id)uB ber ^^futibe ber 
gcfcl^l dien Orbnung, 
S3ûron ^it ^rcl. 
^aroti Sluftuft ti* Xovttaco* 



LUXEMBOURG, de l'Imprimerie de J. LAMORT, Place d'Armes. 

A cet appel, répondirent bien peu d'hommes, qui se mirent à 
battre le pays, pour venir échouer à Ettelbrùck et se disperser 
devant les volontaires belges. 

Combien d'événements se sont produits depuis cette tentative 
de restauration, qui n'a pis empêché la Belgique de célébrer, cette 
année même, le glorieux cinquantenaire de la fondation de son 
indépendance et de sa dynastie nationale ! 

Combien de changements survenus et dans les hommes et dans 
les choses ! 

Que sont devenus les signataires de cette proclamation ? Que 
sont devenus les chefs de la bande qui fut organisée alors? 

Je ne sais. 

L'un d'eux seulement, le principal, M. le B»" V. de Tornaco, est 
mort il y a très-peu d'années, en Belgique. Il était grand croix de 



— 277 — 

l'Ordre de Léopold. (Le 28 septembre 1875 au château de Voordt, 
Limbourg.) 

Le document ne remonte pas aux périodes diluviennes, mais à 
coup sur il est intéressant et philosophique. 

Emile TANDEL. 
Arlon, 21 septembre 1880. 



NÉCROLOGE. 



L'Institut archéologique a perdu trois de ses membres dans le 
courant de l'année 4880. 
MM. J.-P. Nothomb, membre effectif. 

L. de Mathelin, j 

E. Van Bemmel, ( ^'^^'^' correspondants. 



Jeax-Pierre nothomb, ancien commissaire de l'arrondissement 
d'Arlon-Virton, chevalier de l'Ordre de Léopold, né à Messancy 
le 7 janvier 1807, décédé à Arlon le 12 août 1880. La biographie 
du défunt est retracée dans le discours prononcé sur sa tombe 
par M. E. Tandel, son successeur. 

Discours île M. Tandel. 

M. Jean-Pierre Nothomb, auquel nous rendons en ce moment les derniers 
devoirs, a occupé [tendant près d'un demi siècle des fonctions publiques. 

Bourgineb-tre de la commune de PéLanga, où sa famille élaii vernie ré-ider, 
et conseiller provincial pour le canloii de Mcsiancy, au chef-lieu duquel il 
é'aii né le 7 janvier 1SU7, M. Nothomb .se vit confier, bien jeune encore et 
dans des circonstances cerlainement pleines de ditlicuUés et de périls, l'ad- 
ministra! ion do l'arrondissement d'Arlon. 

Sûr- de ses for'ces, de sa volonté, <ie son intelligence, il osa assumer la lâche 
qui lui était propo>ée, et celle lâche, il la continua sans fiiblir jusqu'à l'heure 
où la retraite le déchargea d'un fardeau devenu lourd pour une vie déjà si 
pleine d'années. 

Nous .sortions d'une révolution qui avait brisé d'anciens liens ; le sol de la 
patrie était couvert de ruines ; l'éditice administratif était renversé ; tout était 
à refaire, presque tout à ci'éer. 

Avec des éléments insuffisants, avec des ressources que le développement 
de la richesse nationale n'avait pas encore multipliées, avec des agents inex- 



— 279 — 

périmentés, il fallait faire face à la désorganisation des services publics et 
reconsfituer de toutes pièces un ordre nouveau qui fit oublier, en l'amélio- 
rant, l'ordre auquel il succédait. 

Et à côlé de ces ruines à relever, il y avait des souvenirs à effacer, des 
rancunes, parfois des haines, à apaiser, tout en initiant le peuple à la pialique 
des libertés les plus larges qui se soient encore trouvées inscrites dans une 
Constitution. 

Tel éiair. le rôle des agents du gouvernement naissant, de ces citoyens 
dévoués qui contraclaiont ainsi l'eng-igemeiit saciéde faire triom|.her l'œuvre 
de 1830 en faisant pénétrer son esprit et ses piincipes jusque dans les couches 
les plus profondes de la nation. 

Ce rôle, qui a ses amertumes inévitables mais qui a aussi ses consolations, 
ce rôle devait tenter il'énergie de M. Nolhonib. 

Aussi l'a-t-on vu pendant quarante huit ans diriger l'administration de l'im- 
portant ressort à la tête duquel il était placé, prodiguer ses conseils, provo- 
quer toutes les améliorations, guider les communes dans les voies nouvelles 
qui leur étaient tracées. 

Travailleur infatigable, il a eu sa part dans la plupart des progrès réalisés 
dans cette partie du Luxembouig. 

D'un caractère bienveillant, d'un accès facile, d'un e=pritconciliant, M. No- 
thomb a laissé un durable souvenir dans rarroiidissemeiil d'Arlou-Virton où 
j'ai eu l'honneur de lui succéder et où je retrouve, à chatiue pas encore, les 
traces de son activité. 

Un ami va vous retracer ce qu'a clé \î Nothomb comme homme et comme 
père; il vous dira quel fut son dévoue nenl aux siens dévouement de tous 
les instants ; quelle fut sa \ie iulime si simple, si pleine de couiagruse abné- 
gation, si entièrement consacrée aux devoirs du père de familile, si exclusive- 
ment concenliée dans les joies du fi»yer dornestic^ue 

Je n'ai voulu parler que de l'iioinine public dont la longue carrière fut si 
remplie et dont l'existence, par une ironie cruelle du sort, s'éteint au moment 
où l'œuvre dont il fut un des ouvriers va recevoir sa glorieuse consécration ; 
au moment où le nom qu'il porte, nom illustre dans les annales de notre 
patrie, va retentir encore une fois, mêlé au.x noms si chers à la Belgique des 
fondateurs de sa nationalité. 



Jean-Léopold-Bernard-Louis-Frédéric de MATHELIN, ancien 
Agent de la Banque Nationale à Arlon et Conseiller provincial, 
Président de la Commission d'agriculture, chevalier de l'Ordre de 
Léopold et de la Légion d'honneur, décoré de la Croix civique de 



— 280 — 

l^e classe, né au château de Messancy où il décéda le 4 mars 1880, 
à l'âge de 6i ans. 

Notice biographique publiée par le Luxembourgeois. 

L;i Soiié.é iigriculc du l.uxeiriboiirg vient de [iHi'dre l'un de ses ndministrn- 
t''ur.s les plus disliMu'iiés dans la [j'Tsonne de M. Lkoi'OLO de MATIIELIN, 
décédé au clià!.i?-au de Messancy, le i m ii's IHSO, à l'âge d»^ ()4 ans. 

M. de M.iih lin éknl pié-ideiil du (.■omice d'Arlon-Messaney, vicc^-pi'ésident 
dô la Sueiélé a,^n'iei.)le, pré-sidenl de la (^)mmissi()u provinciale d'agriculture 
et vice-présidenl du Conseil snpériein- d'ayricnllure. 

Toutes ces dignilés a'testenl la grande noloriéié qui s'altachaiL ii son noT). 
Il l'avait ac { lise par >^o i pi'ol'ond alt.icheinent. à la cause du jti'ogi'es agrit'nio 
dont il a élé l'ua des' premiers et des plus conslanls promoteurs dans la 
provinee, 

M de Matlielin n|ipartenail à la généralion rpii a suivi iesjt^çons de Mathieu 
de U.tmbasie Petsunne plus (jue lui n'a contribué à vulgariser par son 
exemple et ses cons./ils l'usage des instriîments perfectionnés, à pro[)ager les 
bonnes méihodes culturaies, en un mol à faire sortir l'agriculture luxembour- 
geoise de sa routine invétérée. 

Aussi sa réputation d'agronome émérite s'é.tendit-elle bi» nlôt au delà 
des limites de la pi'ovince Pt c'est ainsi qu'il fut, quoique bien jeune encore, 
choi-i comme délégué du Gouvernement à la première Exposition univeiselie 
de Londres. 

M. de Malhelin s'acquitta de cette mission avec tant de succès que le Roi, 
tenant compte des services qu'il avait déjà rendus à la chose publique, le 
nomma chevalier de son ordre. 

Plus tard, il fut délégué à l'Exposition universelle de Paris, à la suite de 
laquelle il publia un remarquable rapport qui lui valut la décoration de la 
légion d'honneur. 

Ces éclatantes distinctions ne firent qu'augmenter son zèle pour le bien de 
l'agiiculture, ce que le Gouvernement reconnut en lui décernant, au mois de 
septembre dernier, la croix civiijue de l"""^ classe. 

A ses mérites publics, M. de Mathelin joignait tous les dons du cœur. Les 
personnes qui l'ont connu ne l'oublieront jamais. 



Eugèxe-Paul-Philippe Van BEMMEL, professeur à l'Université 
et aux écoles normales de la ville de Bruxelles, membre de l'Aca- 
démie Royale de Belgique, né à Gand, le 16 août 1824 et décédé 
à Saint-Josse-ten-Noode, le 19 août 1880. 



— 281 — 

Un de nos écrivains les plus fins, les plus aimables et les plus érudits, 
M. Eug. Van Beinmel, p ofetseurà rUiiiveisilé libre de Bruxelles, est décédé 
hier 19 août. 

M. Van Bemmel est un de nos éi^rivains les plus justement estimés et qui 
ont le plus payé de leui' personne pour propager dans noire pays le goût de 
la belle et saine lilléialure. Esprit très-délié, travailleur inlaiigable, doué d'un 
jugement sûr et d'un guût exquis, il a semé dans tous les champs ouveits à 
l'aclivilô du penseur, du savant et de l'histoi'ien. 

Les œuvres qu'il liiisse sont considérables. 

M. Van Bemmel était un organisateur; son affabilité, sa douceur et sa 
constance dans le travail, la sûreté de ses relations lui donnaient les qualités 
voulues pour giouper et maintenir autour de lui les éciivains dont le con- 
cours était nécessan-e pour des œuvres litiémires de longue haleine. La lievue 
trimestrielle, Idl^alrvi Bel(/ica et plus réceninienl la Belgique ynomonexlale 
sont nées de cet ensemble de mérites dont la réunion était indispensable pour 
mener ces pnhlicalidiis à bonne fin. 

Les deux dtrniers or.vriiges d<- M. Van Bemmel sont des traités d'histoire 
et de liltéralure qui ont un cachet vérilablement national. La longue expé- 
rience que M. Van Ben mel avait des choses de renseignement leur donne 
une val<-ur et une autdiité louies spéciales. 

Ce brillaiid (-'t fécond écrivain était un causeur .déduisant ; il avait le talent 
de |)laire; ses cours éiaif-nt aussi insiruciif> qu'at'rayan s, et on ne sait ce 
qu'il fallait admirer le plus liaiis ses leçons, l;i scie ice du prolesseur ou l'art 
avec leqiK t il rendait la science agi-éabk; et charmante. 

La mort tie M. Van Bennnel est une grande jierte pour les letties belges et 
pour l'Université lie Bruxelles. Dans celte na'ure d'une délicale.sse excepiiou- 
nclle, la lame a usi» \à fourreau. M. "^dw Bemmel meurt jt^une encore; ses 
œuvres lui survivront; ce (pn survivra au.ssi, c'est le s.^nvenir r'e ses vertus 
privées ainsi (]ue l'esiime et l'aH'ccLion qu'il inspiiait à tous i-eux ipii le con- 
nuisaaiciit. {Eclio du Parlement.} 



DONS EN 1880 

A 

L'INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE 

DU LUXEMBOURG. 



— Cartulaire de Nothu:n, donné par M. Didier, bourgmestre à 
Étalie. 

— Une pièce en argent de Louis XV. 

Bene lictam — 1732 — sit nomeri Domini. Au centre un écusson 
aux fleurs de lis surmonté de la couronne royale. 

L'effigie est efl'acée. 

Donnée par M. Massonnet, instituteur à Ghassepierre, qui l'a 
trouvée dans son jardin. 

— Une lampe antique en cuivre trouvée en construisant le chemin 
de Fratin vers Virton, donnée par M. Legros, commissaire-voyer. 

— Une médaille et une monnaie romaine, donnée par M. Maitre- 
jean, ancien greffier de la justice de paix, à Arlon. 

M. Zennesch, desservant à Udange, une médaille romaine. 

M. MauSjinspecteur cantonal à Stockem, unemédaille d'Etienne VL 



LISTE 

DES 

NOUVELLES SOCIETES ETRANGERES 

AVEC LESQUELLES L'INSTITUT EST EN RELATION 

par voie d'échange de publications. 



La Société historique, littéraire, artistique et scientifique du 
département du Glier. 
Le Comité archéologique de Senlis. 
L'Académie d'Hippone à Bône, et 
Le îiBecein fur î^iiriuijijc^e (^ei4)ic^te in î)inû. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Pages. 

Procès-verbal de l'assemblée ordinaire 3 

H. GoFFiNET. Les comtes de Chiny (suite et fin) 5—7-2 

DELDiMii. Villers-la-loue et ses environs 73 — 103 

Wûrth-Paquet. Archives de Marches de Guirsch (suite) . . 105 — 183 

Goi)L.FKoiu KùKTH Anulecles pour servir à l'histoiie d'Arlon . 1S5 — 2<i8 

J.-li DouRET Documents pour l'histoire d'Arlon ti09 — 2;6 

Stanislas Bormans. Coutumes de la ville et du comté de 

Laroche en Ardenne 217 — 236 

Xavier IIeuschling. Supplément h la biographie du Prince 

Célestin Thys 237 — 245 

Id. Renstignements biographiques sur le 

Pi ofesseur Etienne Heuschling . . . 249 — 268 

Emile Tanî el. Varia. Inscriptions tombales 2(39 — 272 

Id. Id. Fouilles et découvertes i73 

Id. Un souvenir de ISJl 274 — 277 

» Nécrologe 278 — 281 

• Dons en I88u à ITnslitut archéologique . . . 282 
» Liste d^s nouvelles sociétés étrangères avec 

lesquelles l'Institut est en lelation .... 283 
» Planches. 



^.^•^(f-QJfÇyXf^i>-9>^ 



PL I 




PL.n. 




PL. m. 




DH 



Institut archéologique du 
801 Luxembourg, Arlon, Belgium 
L9I5 Annales 



1. 12 



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